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JOURNAL 



L'AGRICULTURE 



ANNÉE 1885. — TOME PREMIER 

(janvier a juin) 



Le JOURNAL DE L'AGRICULTURE, fondé le 20 juillet 1866, 
s'occupe de toutes les questions de pratique et de science agricoles, 
de législation rurale, d'économie politique ou sociale dans ses rapports 
avec l'agriculture ; il donne tous les développements nécessaires aux 
progrès de la viticulture, de l'horticulture, de l'arboriculture et de la 
culture maraîchère ; il traite aussi bien de la production des jardins* 
que de celle des champs. 

Il appartient à une Société composée de 840 agriculteurs ou 
agronomes de toutes les parties de la France et de Tétranger. 



CONSEIL DE DIRECTION SCIENTIFIQUE ET AGRICOLE 

MM. 

GASTON BAZILLE, sénateur, membre de la Société nationale d'agriculture, 
lauréat de la prime d'honneur (Hérault) • 

BOULEY, membre de l'Institut et de la Société nationale d'agriculture ; 

DE GHAMPA&NY (Comte), agriculteur-éleveur, lauréat de la prime d'honneur 
(Finistère) ; 

DEHERAIN, professeur au Muséum d'histoire naturelle et à l'Ecole nationale 
d'agriculture de Grrignon ; 

GAREAU, membre delà Société nationale d'agriculture; 

PAUL DE (tASPARIN, membre de la Société nationale d'agriculture, corres- 
pondant de l'Institut; 

CRÉA, membre de la Société nationale d'agriculture, lauréat de la prime d'hon- 
neur (Jura) ; 

HERVÉ MANGON, député, membre de l'Institut et de la Société nationale 
d'agriculture; 

MASSON (Georges), libraire-éditeur; 

NOUETTE-DELORME, membre de la Société nationale d'agriculture, lauréat 
de la prime d'honneur (Loiret) ; 

DE PONCINS (Marquis), membre de la Société nationale d'agriculture; 

POUILLET, avocat à la Cour de Paris, membre du Conseil de l'ordre des 
avocats ; 

HENRY SAGNIER, rédacteur eu chef du Journal de l'agricidture; 

TEISSONNIERE, propriétaire-agriculteur, secrétaire général de la Société des 

agriculteurs de France ; 
TIERSONNIER, membre de la Société nationale d'agriculture, éleveur à 
Gimouille (Nièvre) ; 

VANDERCOLME, agriculteur à Rexpoede (Nord), correspondant de la Société 
nationale d'agriculture. 



JOURNAL 



DE 



L'AGRICULTURE 

DE LA FERME ET DES MAISONS DE CAMPAGNE 
DE LA VITICULTURE, DE L'HORTICULTURE 

DE L'ÉCONOMIE RURALE ET DES INTÉRÊTS DE LA FPROPRIiÉTÉ 

FONDÉ PAR J.-A. BARRAL en 1866 

AVEC LE CONCOURS 

D'AGRICULTEURS DE TOUTES LES PARTIES DE LA FRANCE 
ET DE L'ETRANGER 



RÉDACTEUR EN CHEF : HENRY SAGNIER 



VINGTIEiVIE ANNEE — 1885 
TOME PREMIER — JANVIER A JUIN 




PARIS 

AIX BUREAUX M JOURNAL DE L'AGRICIILTURE 

Chez M. G. MASSOX, libraire-éditeur, l^O, boulevard Sainl-Germain 

1885 



AJ 



On 



Le Journal de l'Agriculture paraît tous les samedis en une livraison de 52 à 
58 pages, avec de nombreuses gravures noires intercalées dans le texte et des 
planches noires ou coloriées hors texte. — Il forme par an deux volumes de 
1,000 à 1,200 pages chaoun. 



PRIX DE L'ABONNEMENT : 

,J 1 I M I I I ■ » 1 1 ! .1 / 

FRANCE : un an. 20 fr.; — six mois, 11 fr.: —trois mois, 6 fr. — Un numéro, 50 centimes 

•,(f 'm; \^o\\\^'^' • ' 

Pour fous les pays de ljyp^n,f|9f^f|lç.: un .an, 22 fi". 
Pour tous les aqtjiQSipajifij'Itilwrt en sus. 

i — tn^ — • 

LES PAYS FAISANT PAP>TIE| ,I;),Iï:, l'uNION POSTALE SONT '. 

Allemagne — Autriche — Belgique — Danemark — Eâpagne — États-L'nis — Grande-Bretagne — Grèce 

Hongrie — Italie — Luxembourg — Monténégro — Norvège — Pays-Bas — Portugal 

Roumanie — Russie — Serbie — Suède — Suisse — Turquie — Egypte — Tanger et Tunis 

Perse — Brésil — République argentine — Pérou — Colonies françaises 

La plupart des colonies étrangères. 



JOURNAL 



DE 



L'AGRICULTURE 



CHRONIQUE AGRICOLE (3 janvier i885). 

Réorganisation du Conseil de direction du Journal de, l'agricidtuve. — Programme des travaux 
et de l'avenir du Journal. — Déclaration de M. Méline sur la date de la 'discussion des projets 
relatifsau relèvement des tarifs de douane. . — Lettres de M. Léon Say à M. Carlier, sur les con- 
séquences de l'élévation des tarifs. — Connuerce du blé et de la farine depuis le l" août jusqu'au 
30 novembre. — Vœux des associations agricoles. — Vote de la Société agricole et industrielle 
du Lot et de la Société d'agriculture des Hautes-Alpes. — Création d'un haras de la race cheva- 
line boulonnaise. — Inspection générale de l'agriculture. — Retraite de M. Heuzé. — Nomination 
de MM. Randoing et Vassilliôre comme inspecteurs généraux. — Récompense décernée par la 
Société d'encouragement à l'industrie nationale. — Séance solennelle de la Société d'agriculture 
de Poitiers. — Culture de la vigne en chaintres. — Résultats obtenus par M. Hemmer en Lorraine. 
— Les vins au prochain concours régional de Montpellier. — Note de .M. Paul Sol. — Nouvelles 
des récoltes et des travaux agricoles. — Notes de MM. Rronsvick, Nebout, Dupuy-Montbrun, de 
Bardier, Allier, sur la situation des récoltes dans les départements des Vosges, de l'Allier, du 
Tarnj de l'Ariège et des Ilautes-Alpes. — Recrudescence de .litlivôli.. 

I. — Le Journal de l'agriculture en 1885. 

Le Journal de l' agricuhuwi&iù'e dans sa vingtième année. Par son 
talent, son infatigable dévouement aux intérêts a2;i'icoles, M. Barrai 
avait rapidement placé \eJaurhala\i premier rang dans la presse, et il 
lui avait acquis la plus lé^itittié' iïuTOl'ité. Appelé à le remplacer ici, 
notre ambition sera de maintenir notre publication à la place qu'elle 
a conquise. Nous appuyant sur l'autorité des bommes éminents 
qui forment notre Conseil de direction scientifique et agricole, nous 
avons assumé une tâclie dont n'o'u^ comprenons toute l'importance. 
Pour former un faisceau encore plus solide, nous avons fait appel à 
quelques autres bommes, placés au premier rang, les uns par les ser- 
vices rendus à la science agricole, les autres par leur expérience et 
leurs succès comme agriculteurs praticiens. Le Conseil de direction 
scientifique et agi^cole se trouve ainsi renforcé par des adbésions qui 
nous sont précieuses pour le présent et pour l'avenir. Fier de la con- 
fiance qu'on nous témoigne, de la sympatbie dont on entoure notre 
œuvre, nous défendrons avec une ardeur nouvelle les intérêts des 
agriculteurs, nous nous ferons l'écbo de leurs légitimes revendications, 
nous porterons leur voix devant le Parlement, comme devant les pou- 
voirs publics, avec la modération de la force, mais avec une indé- 
pendance complète. Le Journal est et restera une tribune libéralement 
ouverte à tous les progrès, à toutes les manifestations utiles pour 
l'agriculture. Tel est l'engagement que nous avons pris envers nos 
lecteurs ; nous comptons sur nos collaborateurs et nos correspondants 
pour nous aider à le remplir. 

II. — La réforme des tarifs de douane. 

Le rapport de M. Georges Graux sur le relèvement des tarifs de 
douane sur les céréales et autres produits agricoles n'a pas été distribué 
aux membres de la Chambre des députés avant la clôture de la session 
de 1884; nous en publierons le texte dans un prochain numéro. A 

N" 82L — Tome 1" de 1885. — 3 Janvier. 



6 CHRONIQUE AGRICOLE (3 JANVIER 1885). 

cette occasion, quelques explications ont été échangées entre M. Graux 
etM. Méline, ministre de l'agriculture, dans la séance du 26 décembre. 
Voici le texte de la déclaration que M. Méline a faite à la Chambre : 

« Le Gouvernement a le désir et la volonté de voir venir en discussion le plus 
tôt possible le projet de relèvement des tarifs de douane sur certains procluits 
agricoles. Il n'ignore pas toute l'importance que l'agriculture attache à ce projet 
et avec quelle impatience elle attend une solution. Il est donc résolu, pour sa 
part, à lui donner satifaction. Il n'a pas pensé qu'il pût introduire ce grave 
sujet à la fin d'une session aussi chargée que la vôtre. Il s'est consolé de ce 
retard, comme l'honorable M. Grraux, en pensant c{u'il y aurait, en effet, un très 
grand inconvénient à mettre un long intervalle entre les délibérations de la 
Chambre et celles du Sénat, car pendant ce temps le champ serait ouvert à la 
spéculation, comme on l'a fait observer très justement, et ime partie des bienfaits 
de la loi pourraient se trouver détruite d'avance. C'est une raison de plus pour 
que nous ne perdions pas un moment lors de votre prochaine session. Mou 
intention est de vous demander alors de mettre le projet de loi à votre ordre du 
jour, avant tous les autres. Je crois c[ue nous rencontrerons sur ce point l'as- 
sentiment unanime de Ja Chambre. 

« Je considère donc que l'agriculture peut se rassurer, car elle sera la première 
dans les préoccupations du Gouvernement à la rentrée. » 

M. Méline a fait la même déclaration au Sénat, le 29 janvier, en, 
annonçant qu'il n a pas renoncé à défendre, devant le Parlement, son 
pro^jet de loi sur le [bétail. 

Nos lecteurs savent que M. Léon Say est le président de la Ligue 
contre le renchérissement du pain et de la viande dont il a été plu- 
sieurs fois question dans nos colonnes. M. Paul de Gasparin a ré- 
pondu victorieusement aux arguments du manifeste publié par cette 
Ligue. M. -Carlier, président du comice de Saint-Quentin (Aisne), a 
cru devoir protester, de son côté, contre les allégations des adversaires 
de la réforme des tarifs de douane. M. Léon Say lui a adressé une 
réponse que publie le Journal des Débats, et dont nous croyons de- 
voir reproduire un passage qui en forme la principale substance : 

« Vous croyez qu'un droit pi'otecteur sur les blés et sur les bestiaux rendrait à 
l'agriculture sa prospérité, et c'est là justement ce que je ne crois pas. 

a On parlait autrefois, et on parle même encore aujourd'hui, de certaines cul- 
tures en disant fpi'elles sont industrielles. La vérité, qui se fait de plus en plus 
jour, c'est qu'il n'y pas de culture qui ne soit industrielle. Toute exploitation 
agricole est une industrie et doit être conduite dans un esprit industriel. Ce 
sont les principes que l'industrie applique dans la direction de ses affaires qui 
seuls peuvent mettre l'agriculture dans la situation qui lui appartient. Comme 
l'industrie, l'agriculture ne pourra luUer contre les conséquences de l'abaisse- 
ment du prix de vente de ses produits que par l'abaissement de ses prix de 
revient, et vous n'ignorez pas que rien ne relarde autant une industrie dans 
l'abaissement de ses prix de revient que l'établissement de droits protecteurs. 

(■. Cela est môme si bien compris des partisans du système protecteur j)our 
1 industrie, qu'ils prétendent toujours ne demander la protection que pour un 
temps, jusqu'au jour, disent-ils, où ils auront pu faire assez de progrès pour 
leur permettre d'abaisser leurs prix de revient au niveaii de ceux de l'étranger. 

<■; Il semble résulter des termes de votre lettre que vous en jugez autrement en 
ce qui concerne l'agriculture. Ce serait, à mon avis, ime très grave erreur; car 
il est impossible de supposer que la France doive rester isolée du reste du monde 
et soit condamnée à vivre plus chèrement que les autres pays de l'univers. 

« Ce serait décréter la déchéance inévitable et irrémeaiable de notre beau 
pays que de parler ainsi. « 

Les considérations qu'on vient de lire résument complètement la 
théorie de la liberté commerciale absolue. Cette tliéorie est absolu- 
ment séduisante ; mais oîi est-elle appliquée? La France en a fait 
rexpérience depuis vingt-cinq ans, pour l'agriculture seulement, 



CHRONIQUE AGRICOLE (3 JANVIER 1885). 7 

tandis que la plupart des autres industries ont été placées sous le régime, 
non des droits compensateurs, mais des droits réellement protecteurs. 
Voilà poiirquoi l'agriculture, qui traverse aujourd'hui une crise plus 
cruelle que toutes celles qu'elle a dû subir jusqu'ici, se retourne vers 
les pouvoirs publics, et leur demande d'étendre sur elle une faible 
partie de cette sollicitude qu'elle témoigne pour les autres. Les agri- 
culteurs np sont ni des hommes de parti, ni des sectaires de théorie ; 
ils se contentent de réclamer, pour les diverses branches de leur 
industrie, une solution analogue à celle qui a été adoptée pour les 
sucres. Qui donc pourrait prétendre que cette prétention est exagérée? 
L'impôt sur le sucre a été augmenté de 25 pour 100, la surtaxe sur 
les sucres étrangers a été élevée de 3 à 7 fr.; dans quelle commune de 
France paye-t-on le sucre plus cher que l'année dernière ? Les résul- 
tats seront les mêmes, si l'on donne satisfaction aux vœux des agri- 
culteurs en ce qui concerne les céréales. C'est ce qui ressort clairement 
du rapport de M. îlisler sur l'enquête relative à la situation de l'agri- 
culture dans le département de l'Aisne. Nous avons déjà signalé cet 
important document; nous devrons y revenir encore. 

III. — Le commerce du blé. 

Le Journal officiel du 28 décembre publie le relevé des quantités de 
froment (grains et farines) importées et exportées du I " au 30 novem- 
bre 1 884 (commerce spécial) . Voici ce relevé : 

Importations (quint, met.) E.xportations (qui nt, me t.) 

Grains. Farines. Grains. Farines. 

Du 1" août au 31 octobre 1884 3,391,259 110,421 11,536 23,724 

Première quinzaine de novembre.. 304,173 14,950 681 1,188 

Deuxième — — 648,904 52,083 2,535 9,855 



Totaux 4,344,336 177,454 14,752 34,767 

Le mouvement des importations s'est encore accéléré pendant la 
deuxième quinzaine de novembre, tant pour les grains que pour les 
farines. 

IV. -^ Vœux des associations agricoles. 

Les manifestations des associations agricoles continuent; la plu- 
part arrivent aux mêmes conclusions que celles que nous avons précé- 
demment signalées. Voici le texte des vœux adoptés par la Société 
agricole et industrielle du Lot, dans sa séance du 13 décembre, sous 
la présidence de M. le docteur lley : 

1" Que les vins étrangers |>ayent, à leur entrée en France, les droits actuels de 
ralcool pour la quantité excédant 12 degrés; 

2" Que les blés soient frappés à la frontière d'une taxe de 5 fr. par 100 kilog., 
et les autres céréales de droits équivalents, eu égard à leur valeur ; 

3" Que les animaux vivants soient taxés à l'importation conformément aux tarifs 
demandés par la Société des agriculteurs de France ; 

4° Que les revenus provenant de ces taxes fassent retour à l'agriculture sous 
forme de dégrèvements, d'encouragements, de travaux utiles, etc.; 

5" Que des institutions de crédit agricole soient établies, de manière à mettre 
à la ctisposition du cultivateur des capitaux à bas prix. 

M. Allier, professeur d'agriculture des Hautes- Alpes ; nous adresse 
la note suivante sur une délibération de la Société d'agriculture de ce 
département : 

« Dans sa séance du 18 décembre, le bureau central de la Société départe- 
mentale d'agriculture des Hautes-Alpes, réuni sous la présidence de M. Edouard 
Faure, président de la Société, a discuté le relèvement des droits de douane sur 



8 . CHRONIQUE AGRICOLE (3 JANVIER 1885). 

le bélail et sur les cére'ales; voici le résultat de la discussion, tel qu'il est libelle' 
dans le procès-verbal de la séance : 

« Considérant que l'industrie manufacturière est actuellement protégée par des 
« droits compensateurs variant du 10 au 20 pour 100 de la valeur vénale de ses 
« produits, le bureau central de la' Société d'agriculture émet le vœu que le 
« tarif douanier soit revisé, et que l'agriculture et l'industrie y soient traitées- 
« sur le pied de l'égalité. » 

« Dans la pensée du bureau, ce vœu comporte soit l'abolition de tous droits 
sur les produits industriels, abolition qui aurait pour conséquence une diminu- 
tion dans les prix des vêtements, outils, machines et autres objets de première 
nécessité ({ue le cultivateur est obligé d'acheter; soit l'établissement de droits 
modérés, équivalents à ceux qui protègent l'industrie, sur tous les produits agri- 
coles, spécialement sur le blé, les autres céréales, le bétail, la laine et les pro- 
duits de la sériciculture. » 

Les vœux des aiiriculteiirs ne peuvent pas rester sans solution; nous 
espérons que cette solution ne se fera pas attendre au delà du terme 
indi(|ué par M. le ministre de l'agriculture à la Chambre des députés, 
V. — Création d'un haras de la race boulonnaise. 
Les agriculteurs et éleveurs du Boulonnais se préoccupent, depuis 
plusieurs années, de maintenir à leur précieuse racechevaline lalégitime 
notoriété dont elle jouit. Pour atteindre ce but, plusieurs propriétaires 
viennent de créer à Guines (Pas-de-Calais), à proximité de la gare du 
chemin de fer entre Boulogne et Calais, un haras spécial, ou établisse- 
ment d'élevage, qui possè(,le , dès aujourd'hui les plus beaux spécimens 
déjeunes chevaux mâles de deux ans de la race boulonnaise. C'est une 
innovation excellente, qui pourra ren(;l^i,'^,de très sérieux services en 
empêchant les trafics, déplorables à tous égiirds, dont les spécimens 
de la race boulonnaise sont depuis longtemps l'objet. En effet, chaque 
année 8,000 à 10,000 chevaux élevés dans le' département du Pas-de- 
Calais sont vendus à des étrangers, qui' leié' élèvent et les revendent 
comme chevaux perdierons, norrii'cind^V etc., la véritable origine 
ne pouvant être établie que par l'életeur boulonnais qui reste toujours 
inconnu. Il paraît que cette opératîoh se pratique surtout sur une 
large échelle dans la Somme, la Seiïie-lnférieure, l'Aisne, l'Oise, etc. 
Le nouvel établissement donnera toute^ 'garanties aux personnes dési- 
reuses de se procurer des chevaux de premier choix. Le comité fon- 
dateur, composé des propriétaires et agriculteurs les plus recomman- 
dables du département, compte à sa tête M. F. Robbe, chevalier du 
Mérite agricole, lauréat bien connu des grands concours français et 
étrangers. 

VL — Inspection générale de l'agriculture. 

M. iïeuzé, inspecteur général de l'agriculture, vient d'être admis à 
faire valoir ses droits à la retraite. Il emportera le souvenir des agri- ^ 
culteurs qui ont eu tant d'occasions d'apprécier ses connaissances 
approfondies, son activité et son zèle infatigables pour remplir ses 
délicates fonctions. Nous annonçons avec le plus vif plaisir que 
M. ileuzé vient de recevoir une haute distinction du gouvernement 
portugais, qui lui a conféré la croix de commandeur de l'ordre de la 
Conception. 

M. liandoing et M. Vassillière, inspecteurs de l'agriculture, ont été 
promus au grade d'inspecteur général. Dans les régions où ils ont 
exercé jus({u'ici leurs fonctions, l'un et l'autre ont conquis l'estime 
des agriculteurs qui ont été en rapports avec eux. — MM. Grosjean et 
Hérisson, inspecteurs de l'enseignement agricole, ont été nommés 



CHRONIQUE ACtIUGOLE (3 JANVIER 1885). 9 

inspecteurs de ragriculture. — Le corps de Finspection de ragricul- 
tiire est donc formé comme il suit : MM. de Lapparent, Kandoinir et 
Vassillière, inspecteurs généraux; MM. Fournat de Brézenaud, 
Grosjean, Hérisson et Menault, inspecteurs. 

VIL — Société cC encouragement pour Vindustrie nationale. 

La Société d'encouragement pour l'industrie nationale a tenu, le 
vendredi 26 décembre, sa séance générale, sous la présidence de 
M. Becquerel, membre de l'Académie des sciences. Parmi les récom- 
penses décernées, nous signalerons celles qui se rattachent spéciale- 
ment à l'agriculture. Sur le rapport de M. Risler, un prix de 
1,500 francs a été décerné à M. Bouchard pour une étude sur l'agri- 
culture et l'économie rurale de Maine-et-Loire, et un prix de 500 francs 
à M. Auguste Eloire, yétérinaire à la Capelle, pour une étude sur le 
départeriient de l'Aisne. Un encouragement de 1,000 francs a été 
attribué, sur le rapport de M. Prillieux, à M. Paul Boiteau pour 
l'aider à continuer ses recherches sur l'œuf d'hiver du phylloxéra. Sur 
le rapport de M. Muntz, un encouragement de 300 francs a été accordé 
à M. Piallat, de Sèvres, pour l'engager à continuer ses recherches sur 
les moyens de reconnaître les falsiiications du beurre. Sur le rapport 
de M. Prillieux, une médaille d'or a été décernée à M. Gastine pour 
son pal pour l'injection du sulfuHe de èaraone dans les vignes phyl- 
loxérées, et sur le rapport de M. Lavalard, une médaille d'argent a 
été donnée à M. Aureggio poùi* ses ferrures à glace pour chevaux. 
VIIL — Société d'agriculture de Poitiers. 

La Société d'agricultu^|e^,J:).^|les-lettres, sciences et arts de Poitiers 
a tenu le 20 décembre copi^ant sa séance annuelle, sous la présidence 
de M de Touchimbert. Le prpg;'a^me des lectures comprenait : Météo- 
rologie, la prévision du temps,,^,par M. de Touchimbert, président; — 
le rapport du secrétaire, M. Delp^e, sur les travaux de l'année; — Le 
Raisin, poésie par M. Roy; — le, l'apport sur le concours de 1844, orga- 
nisé par la Société, avec la subvention d'Etat, parM. Coyreau des Loges 
et la distribution des primes; — une excursion au travers de Cham- 
pagné-saint-Hilaire, par M. de Soubeyran, notaire; — la présentation 
d'un objet d'art à M. Malapert, propriétaire du haras de Champagné- 
saint-Hilaire. — Une nombreuse assistance avait répondu à l'appel delà 
Société. Les différentes lectures ont été chaleureusement applaudies. 

L'objet d'art, d'une grande valeur, offert à M. Malapert, proprié- 
taire du haras de Champagné-saint-Hilaire, consiste en un superbe 
bronze représentant un jockey montant un cheval de course. Ce témoi- 
gnage de haute sympathie et de reconnaissance méritée a été offert à 
M. Malapert par un groupe d'habitants de la Vienne pour l'excellente 
direction donnée à ce haras où sont nés et où ont été élevés Frontin et 
Little-Duc. M. Serph, député de la Vienne, s'est fait l'organe de cette 
manifestation spontanée, et dans un langage élevé il a mis en relief les 
succès hippiques de MM. de Soubeyran et Malapert, fondateurs du 
haras de Champagné-saint-Hilaire. Depuis que la Vienne, classée autre- 
fois dans la région du nord pour les courses, est passée dans la région 
du midi, M. Malapert est resté seul propriétaire de ce haras. 
La Société a décerné les primes qui suivent : 

Petite culture au-dessous de 15 hectares : 1" prix : un diplôme, une médaille 
d'argent grand module et 500 francs à M. Leblanc, de Briard. — 2« prix : un 



10 CHRONIQUE AGRICOLE (3 JANVIER 1885). 

diplôme, une médaille d'argent et 300 francs à M. Biet, maire de Ghéneché. — 
3*^ prix : une médaille de bronze et 150 frans àM, Ragonneau, à Chardon-Champ. 
4e prix : une médaille de bronze et 60 fr. à M. David, àBenassais. 

Hors concours : une médaille d'argent grand module et 100 fr. à M. Babin, 
à la Bugellerie, pour traitement au sulfure de carbone. 

Instrumenls aratoires, sans égard à la contenance : V jirix : un diplôme, 
une médaille d'argent grand module et 300 fr. à M. de Sevelinges, au Bierçon, 

2" prix : un diplôme, une médaille d'argent et 200 fr. à M. de Larclause, 

directeur de la ferme-école de Mont-Louis. — 3*^ prix : un diplôme, une mé- 
daille d'argent et 150 fr. à M. Tribert, de Fontioux. — 4'" prix : une médaille 
de bronze et 60 fr. à M. Tanneau", à la Roche. 

C'est une excellente mesure que de créer des concours spéciaux 
entre les aii^riculteurs pour Feinploi, dans leurs exploitations, des 
instruments perfectionnés. 

IX. — Cultufe de la vigne en chaintres. 

A plusieurs reprises, il a été question, dans nos colonnes, des efforts 
faits en Lorraine par M. Hippolyte Hemmer, propriétaire à Rodemack, 
pour y propager la méthode de culture de la vigne en chaintres, qui 
donne des résultats si remarquables tant sous le rapport de la qualité 
des récoltes qu'en ce qui concerne la vigueur des plantations. M. Hem- 
mer nous transmet, sur les résultats qu'il a obtenus, une note dont 
nous extrayons les passages suivants : 

«Le but principal de ma lettre est d'affirmer à ceux qui sont venus voir mes 
vignes, et surtout à ceux cjui plantent en ce moment, que mes chaintres conti- 
nuent toujours à tenir toutes leurs promesses. Je leur signalerai notamment, pour 
cette année, l'immunité à peu près complète des pineaux rouges et gris, des 
francs-noirs et des gamays conduits en taille longue traînante, en regard des 
autres vignes qui ont eu tant à souflrir des gelées printauières, à la lin d'avril, 
et de la coulure en juin. 

« Les gouais blancs et rosés ont également pou souffert de la gelée, mais un peu 
de la coulure. Somme toute, cependant, le rendement, même de ces derniers, a 
été supérieur, cette année, à celui des mômes cépages conduits aux anciennes 
méthodes. 

« Aussi puis-je aujourd'hui, décembre 1884, être plus affirmatif que je ne le suis 
dans ma brochure publiée il y a deux ans. Si je ne devais me borner, pour ne 
pas abuser de l'hospitalité de vos colonnes, je transcrirais ici ce que je dis à la 
page 108, et je démonti'erais que les cépages fins conduits en chaintres donnent 
un produit au moins égal à la moyenne des vignes en plein. Quant aux gamays, 
mon expérience me fait un devoir de prémimir contre leur culture en chaintres ; 
contrairement à ce que je croyais en 1882, leur végétation ne se maintient pas 
suffisamment vigoureuse ; en ce moment, je contreplante les miens par des pi- 
neaux ; mais ils ne seront arrachés c[ue lorscjue ces derniers seront à'-dge et de' 
taille à les remplacer. Et, au fait, n'y a-t-il pas là double avantage : faire beau- 
coup et bon. » 

La culture de la vigne en chaintres, partie du département de Loir- 
et-Cher, s'est propagée dans un grand nombre de régions. 

X. — Les vins au concours régional de Montpellier. 

A l'occasion du programme du prochain concours régional de Mont- 
pellier, notre correspondant M. Paul Sol, de Narbonne, nous transmet 
la note suivante : 

« Les déclarations relatives au concours régioiial agricole qui doit se tenir à 
Montpellier du 2 au 10 mai, doivent être adressées au ministère de l'agriculture 
au plus tard le P"" avril 1885. 

« C'est- avec un grand déplaisir que nos viticulteurs ont vu qu'une seule caté- 
gorie a été faite pour les vins de la région, cépages français, récoltes de 1883 et 
1884, alors que deux catégories ont été formées pour les vins de cépages amé- 
ricains, l'une pour les producteurs directs, l'autre pour les vins de plants fran 
çais greffés sur souches américaines. 



CHRONIQUE AGRICOLE (3 JANVIER 1885). 11 

« Nous ne désapprouvons nullement ces encouragements à ce qui peut être la 
viticulture de l'avenir, mais il ne faudrait pas dédaigner le présent, et quand 
bien même on eût formé pour les vins de cépages français une catégorie de plus, 
pour vins blancs, par exemple, il nous semble que cela eût été rationnel. 

ce Sur les 10 millions d'hectolitres de vin fournis annuellement par les 
huit départements de la région sud, les vins produits par les cépages exoticfues 
ne rentrent certes que pour une bien faible part ; malgré cela, le chiffre des 
récompenses sera supérieur, ce n'est vraiment pas juste. Nous comptons surtout 
sur les démarches de M. le sénateur Graston Bazille pour faire revenir, s'il en est 
temps encore, sur cette décision, « 

Quelle que soit l'importance croissante des vignes américaines pour 
la reconstitution des vignobles détruits par le pliylloxera, les vignes 
françaises présentent toujours, dans la région de la Méditerranée, 
comme M. Sol le fait observer, une valeur suffisante pour qu'on ne les 
relègue pas absolument au dernier plan. 

XL — Nouvelles des récolles et des travaux agricoles. 
Dans la note qu'il nous envoie de Mirecourt, à la date du 28 décem- 
bre, M. Bronsvick signale la recrudescence de l'hiver dans les Vosges. 

« L'année nouvelle s'annonce bien, l'hiver commence à nous montrer ses 
rigueurs, et cettet empérature, depuis si longtemps désirée par les "cultivateurs, 
va permettre de pouvoir continuer les travaux de l'époque et faire la conduite 
des engrais avec facilité. 

« Les plants de blés, d'avoines et de seigles paraissent être dans d'excellentes 
conditions de végétation, mais, hélas! malgré la belle apparence des blés en 
terre, le producteur ne les voit plus d'un œil aussi satisfait qu'auparavant. La 
vente des céréales ne produit plus de bénéfice, car au prix de 19 fr. les 1.00 kilog., 
le fermier éprouve une perte sèche. Pendant des mois, tous avaient confiance à 
cette fameuse promesse du relèvement des droits de douane sur les blés exo- 
tiques. Aucun résultat n'a été donné, l'espoir d'une hausse s'est évanoui. 

« La culture a donc tourné ses regards vers une autre production, celle de l'éle- 
voge des bestiaux et des porcs. A un moment donné, on en a trop nourri, car les 
foires débordaient de porcelets. Cette grande quantité a amené non seulement une 
baisse rapide, mais l'écoulement n'était plus possible. Cependant, il faut le 
reconnaître, les animaux de belles races, notamment les bêtes à cornes ont repris 
faveur dpuis cette semaine sur toutes les foires de notre région. On recherche à 
de bons prix les plus belles vaches laitières et les plus beaux bœufs d'engrais, cela 
doit indiquer à nos nourrisseurs ce qu'ils doivent faire lorsqu'ils garnissent leurs 
écuries. Bien que les chevaux soient dépréciés soit par les marchands étrangers, 
soit par la remonte de l'armée, on estime toujours ici la belle cavalerie ; malheu- 
reusement, les dépôts des étalons de l'Etat sont mal compris, car on ne nous 
amène que des chevaiLX demi-sang, trop fins et trop légers pour la jumenterie de 
la région; les produits sont défectueux et par conséquent délaissés, j^ 

Dans la note qu'il nous adresse d'Arfeuilles, à la date du 26 décembre, 
M. Nebout fils donne des renseignements sur les dernières récoltes 
dans le département de F/Vllier : 

«La dernière quinzaine de novembre a mis fin dans nos parages à la séche- 
resse; le 18 la neige faisait son apparition et le 20 la terre en était toute cou- 
verte; et le 28, elle disparaissait sous l'influence du vent du sud, sans nous 
donner de l'eau, mais humectant cependant assez le sol pour pouvoir permettre 
à^la charrue d'attaquer les labours des anciennes prairies artificielles que la 
sécheresse avait empêché d'exécuter jusqu'ici, et comme la saison était avancée, 
l'on faisait marcher de pair et la charrue et la herse pour recouvrir la semence. 
Cette neige a été un bienfait pour les récoltes en terre premières semées, car 
elles présentaient un triste aspect et dans certains parages les limaces ou 
limaçons leurs causaient de graves dégâts. La neige a de nouveau recouvert la 
terre d'un pareil manteau le l'''' décembre. Du 20 au 25 il est tombé du verglas qui 
tient toujours en ce moment. 

«Comme produit de la dernière récolte dans nos parages, nous avons eu peu 
de grains, moins de pommes de terre qni ne se conservent pas dans nos caves, 



12 GimONIOUE AGRICOLE (3 JANVIER 1885). 

peu ou point de fruits ; la vigne a suivi l'exemple des céréales, mais son produit 
est de qualité supérieure; nos bestiaux ont bien pâti de la sécheresse, heureuse- 
ment leur état sanitaire a toujours été excellent. Seul le rouget fait de mai à août 
tous les ans des ravages affreux sur les porcs, mais cette année la perte en est 
moins sensible, attendu que maigre et gras sont à vil prix et nous laissent leurs 
élevages en gi-ande perte; cette branche était cependant l'une de celles qui rem- 
plissaient le plus notre porte-monnaie et qui donnaient quelque gain aux pauvres 
fermiers, et faisaient faire comme l'on dit les affaires des petits cultivateurs, 
l'économi que nous avions cumulée dans nos campagne a disparu pour faire place 
à la gêne qui devient de jour en jour plus manifeste.» 

■ Voici une nouvelle note que M. Dupuy-Montbrun nous envoie 
(l'Albi, à la date du 24 décembre, sur la situation dans le Tarn : 

«Depuis que ma précédente note a été écrite, la pluie est venue, peu abondante. 
Elle n a pas été suffisante pour faire surgir les germes des grains en retard, 
établir un beau tapis végétal. La sécheresse a été telle que les trèfles etesparcettes 
retournés n'ont pu encore être emblavés : c'est un vide à noter dans une partie 
de notre région : on ne peut le combler. 

«Les variétés des céréales à végétation rapide, blés, orges, avoines de printemps 
sont peu employées, on sème ce qui se trouve dans le grenier, produit de la der- 
nière récolte ;le rendement par suite, est faible. 

«La dépression funeste qui pèse sur tous les faits de l'industrie rurale a atteint 
le commerce des juments mulassières; il y a eu peu d'entrain dans les foires. 

«Les foires à viande grasse sont plus animées; nos porcs, de 80 fr. les 100 ki- 
logrammes , ont atteint le prix de 100 fr. dans les belles qualités ; même hausse 
sur les oies et canards vendus pour fabrication des pâtés. Les truffes apparaissent 
sur les marchés d'Albi, de Graillac. Elles ont bel aspect. » 

La note suivante que M. de Bardies nous adresse de Soulan, ré- 
sume la situation dans le département de l'Ariège : 

« Les semailles ont été favorisées par un temps magnifique; nous avons joui 
pendant près de sept semaines d'un soleil radieux et d'une température printa- 
nière, brusquement remplacée par la neige le 20 novembre. 

« A l'arrachage des pommes de terre, qui vient à peine de se terminer, on a 
constaté une diminution de la maladie, mais les tubercules sont petits et peu 
nombreux, sauf dans les sillons traités sans fumier avec de la cendre et du plâtre. 

« Pendant que la France presque entière traverse une pénible crise agricole, la 
région pyrénéenne s'enrichit par le commerce des bestiaux, particulièrement des 
brebis et des vaches laitières qui atteignent des prix très élevés; mais les races 
chevaline et porcine ont subi une forte dépréciation. » 

Sur la situation agricole dans les Hautes-Alpes, M. C. Allier, profes- 
seur départemental d'agriculture, nous écrit le 27 décembre : 

« Depuis un mois, l'hiver sévit rigoureusement dans les Alpes. La fin de 
novembre a été particulièrement rude; à l'observatoire météorologique de l'école 
normale de Gap, le thermomètre est descendu plusieurs fois à 16 degrés au- 
dessous de zéro. Ce grand froid a dû être préjudiciable aux récoltes en terre, car 
la neige n'avait pas encore recouvert les chamiDS de son écran protecteur. 

« Pendant la première quinzaine de décembre, il y a eu racfoucissement dans 
la température. Depuis le 19, la neige est plusieurs fois tombée en abondance; à 
Gap, elle forme une couche de près de 40 centimètres d'épaisseur; dans le 
Bnançonnais, il y en a plus d'un mètre. Les agriculteurs se réjouissent de sa 
venue; Dieu veuille qu'elle ne soit pas trop tardive. » 

Le froid s'est fait sentir assez vivement dans la plus grande partie 
delà France, depuis quelques jours; ce refroidissement a arrêté la 
crue d'un grand nombre de cours d'eau qui devenait menaçante. Froid 
sec dans la région septentrionale, et dans l'ouest; chutes abondantes 
de neige dans le centre et dans l'est. La neige a même pris dans 
quelques régions, notamment dans les départements du Rhône, de la 
Loire, de l'Ain, de la Savoie, de l'Ardèche, des proportions tout à fait 
insolites. Hemiy Sagmer. 



CONCOURS DE L'ASSOCIATIUN DES FERMIERS LAITIERS D'ANGLETERRE. 13 



CONCOURS DE L\\SSOCIATION DES FERMIERS LAITIERS 

D'ANGLETERRE 

La Société des fermiers-laitiers d'Angleterre, dont j'ai raconté, dans ce 
Journal^ l'origine, la formation, le développement et le succès extraor- 
dinaire de son action, vient de tenir son neuvième concours annuel, 
avec un éclat, un succès et une utilité toujours croissants. Cette Société 
est véritablement venue à son heure. La pensée qui lui a donné nais- 
sance, la lacune qu'elle a comblée, le besoin qu'elle a satisfait, étaient 
arrivés à leur période de maturité et d'opportunité. Aussi cette création 
a franchi d'un bond la période de l'enfance et l'institution a révélé son 
existence tout d'un coup, sans transition, d'un seul jet, eta commencé 
immédiatement son existence d utilité pratique et sa mission de pro- 
grès et de lumière. 

Un des côtés les plus utiles de cette institution, c'est la démonstra- 
tion pratique, équitable, sans parti pris, sans conclusion préconçue, 
du mérite comparé des races les plus laitières, et de celui, non moins 
important, des méthodes de manipulation du lait et des ustensiles à 
l'aide desquels on en extrait le beurre et le fromage. Chaque année, à 
l'exposition solennelle qui se tient dans les,grandes salles du palais de 
l'agriculture à Islington, un des faubourgs de Londres, on peut con- 
stater soit un nouveau progrès, ou bien la confirmation et l'améliora- 
tion des progrès antérieurepi^nti produits, progrès et confirmation que 
chacun peut apprécier et comprendre, et dont tous les hommes pra- 
tiques, même les plus expériinehtès, peuvent faire leur profit. 

Depuis l'origine de cette Soeiété, je n'ai jamais manqué de rendre 
compte, dans ce Journal^ de .ses expositions annuelles et des 
faits les plus saillants, des résultats les plus utiles et des enseigne- 
ments qui s'en dégagent, lesqii'els se sont produits dans ces solenni- 
tés. Je compte bien continuel;), Taccomplissement de cette tâche tant 
que je le pourrai; car j'ai la conscience de faire une œuvre utile au 
progrès de l'agriculture, en développant les progrès dune industrie qui 
est appelée, par le perfectionnement de ses méthodes, et le choix des 
meilleures races laitières, à contribuer, dans une large mesure, à la 
prospérité de l'agriculture, surtout dans les circonstances actuelles, où 
la perspective de la ruine est si menaçante. 

Le concours qui vient d'avoir lieu, on peut le dire sans bana- 
lité, a été le mieux réussi et le plus remarquable, que l'on ait encore 
vu. L'exposition des races laitières était mieux remplie et plus com- 
plète que jamais. Pour bien comprendre 1 importance de cette expo- 
sition et celle du but proposé, il importe d'en rappeler l'économie et la 
disposition. 

Les animaux exposés consistaient en spécimens des espèces bovine, 
caprine et porcine, c'est-à-dire les deux espèces qui produisent le lait, 
telles que les vaches et les chèvres, et dans celle qui consomme les ré- 
sidus du lait, tels que les porcs. Il y avait en outre une belle et com- 
plète exposition des produits du lait, tels que beurres et fromages. On 
y voyait aussi une autre exposition fort intéressante : c'était celle des 
nouveaux aliments condimentés, récemment introduits dans la pra- 
tique des exploitations laitières, sous forme de farines nourrissantes et 
contenant tous les éléments chimiques du lait, sous une forme appétis- 



14 CONCOURS DE L'ASSOCIATION DES FERMIERS LAITIERS D'ANGLETERRE. 

santé pour les vaches et autres femelles dçs ruminants, qui les 
mangent a\ec avidité. 

J'ai déjà traité ce dernier sujet dans un des derniers numéros de ce 
Journal, je n'ai donc pas besoin d'y l'evenir. D'un autre coté, les 
ustensiles de la laiterie sont bien connus ; j'ai eu plusieurs fois l'oc- 
casion d'en parler et de les décrire, je n'y reviendrai donc pas. Quant 
aux produits, beurre et fromage, ce sujet n'offrirait aucun intérêt à nos 
lecteurs, vu que sur ce sujet il n'y a absolument rien de nouveau à 
dire ; mais il n'en est pas de même des races laitières : là réside l'in- 
térêt principal, sinon unique, de ce concours. Le caractère comparatif 
de cette exposition et les nombreux termes de comparaison qui y sont 
réunis, les expériences qui servent à déterminer la quantité et la qua- 
lité des produits, expériences conduites par des jjraticiens, des chi- 
mistes et des savants d'un mérite exceptionnel et d'une loyauté recon- 
nue et incontestable ; tout cela, dis-je, rend ces concours solennels fort 
importants et leur donne une valeur pratique, en même temps qu'un 
attrait dont tous les agriculteurs savent apprécier le caractère utile et 
sérieux, comme spectacle et comme enseignement. 

L'espèce bovine était divisée par catégories dont l'énumération et la 
nomenclature indiqueront suffisamment le caractère distinctif. ('es 
catégories étaient les suivantes, di^isées |)ar races : 

1" Race durham, 2" race de Jersey, 3° race de Guernesey, V race 
d'Ayr, 5° races étrangères, au premier rang desquelles était naturelle- 
ment la race hollandaise. 

Ces diverses catégories étaient, elles-mêmes, subdivisées en classes 
d'Age et d'origine. Par exemple, la race durham était partagée en deux 
sections principales : celle qui comprenait les vaches «de pur sang, 
éligibles à l'inscription an Herd-Book et celle des vaches qui, bien que 
de race durham, n'a\aient pointdegénéalogie authentique, et par Consé- 
quent, étaient inéligibles à cette inscription. Seulement, à en juger 
})ar leur apparence, on pouvait dire que c'était une distinction sans 
différence, un classement plutôt fantaisiste que réel, car il n'était guère 
possible de distinguer celles-ci de celles-là. Toutes les vaches exposées 
dans ces deux divisions semblaient appartenir ahsolument à la même 
race, sinon à la même famille. J^e fait est que l'emploi des taureaux 
durhams de sang pur est devenu si général dans l'élevage de l'espèce 
boAine par toute T Angleterre, qu'il en est résulté une liomogénéité de 
formes, de ro])e et de développement qui, à la longue, a fini par faire 
disparaître entièrement ou à peu près les distinctions génériques au 
moyen desquelles les éle^eul's (>xpérimentés savaient distinguer, au 
preniier coup d'œil, les animaux de race pure, à pedigree authentique, 
de ceux qui ne sont que les produits d'un croisement avec le sang du- 
rham. Aussi, dans les concours laitiers comme celui dont il s'agit, le 
nom de race durham, ou plutôt s/iortliom (courtes cornes) est-il appli- 
qué à tous les animaux de cette même origine, en conservant seule- 
ment la distinction consacrée par la déclaration des exposants, entre 
les animaux insfrits au Herd-Book ou pou^aut lêtre, et ceux qui ne 
possèdent pas ce droit. 

Dans la catégorie des vaches laitières de race durham, inscrites au 
Herd-liook ou pouvant fêtre, il y avait seulement quatorze inscriptions, 
tandis que la classe de celles qui n'étaient point éligibles pour cette 
inscj'iption, ne comptait pas moins de 45 vaches, toutes superbes. 



CONCOURS DE L'ASSOCIATION DES FERMIERS LAITIERS D'ANGLETERRE. 15 

aux amples mamelles et réunissant tous les traits distinctifs de la race 
durham, c'est à dire l'envergure énorme des hanches, la profondeur 
de la poitrine, la forme cubique de l'ensemble, avec la tête fine, les 
pattes courtes, les cornes amincies et gracieusement recourbées en 
avant du front, la peau douce et souple au toucher, et l'énorme 
développement de la masse du corps forte, imposante et symétrique. 

Cet ensemble de 59 vaches durham était, sans contredit, le trait 
principal de l'exposition. C'était là sa gloire et sont triomphe. L'œil 
s'y reposait avec complaissance et en parcourait la ligne superbe avec 
plaisir et satisfaction. A côté de cette ligne triomphante, les autres 
races, malgré leur mérite particulier, semblaient se soustraire à 
l'attention des visiteurs, comparativement diminuées par l'éclat de 
leurs rivales. 

Une description minutieuse des animaux exposés dans les diverses 
catégories, offrirait peu d'intérêt à mes lecteurs; je me bornerai donc 
à constater les résultats du concours principal de cette exposition, 
c'est-à-dire de celui des vaches laitières entre elles, concours ouvert à 
toutes les races, et devant déterminer à laquelle appartient le sceptre 
delà meilleure race laitière. C'est dans cette épreuve, conduite avec 
les soins les plus minutieux que gisait l'intérêt principal du concours, 
en même temps que son enseignement et son utilité. Les races rivales 
étaient les plus renommées de toute l'Europe, à l'exception de la race 
normande qui aurait dû figurer dans cette lutte pacifique, et où elle 
eût sinon triomphé, du moins affirmé le rang distingué qui lui 
est dû. 

La récente exposition agricole internationale d'Amsterdam avait 
réuni les meilleures vaches laitières delà race hollandaisG, et un choix 
avait été fait parmi les plus belles et les meilleures de cette- race, pour 
figurer au concours dirlington et parmi ces dernières celle qui avait 
remporté le prix d'honneur. Les races de Jersey et de Guernesey, 
aujourd'hui généralement élevées en Angleterre où elles jouissent d'une 
faveur qui ne fait que s'accroître, avaient fourni leurs plus beaux 
spécimens et leurs plus fécondes laitières. La lutte était ainsi rendue 
sérieuse et décisive par le nombre et la qualité des concurrentes. Mais 
le résultat ne pouvait être douteux ; il a été, cette fois encore, ce 
qu il a toujours été depuis l'institution des concours laitiers, c'est-à- 
dire que la palme de la victoire est demeurée à la race durham, la 
race laitière par excellence, et qu'on est en droit de proclamer, sans 
conteste, la meilleure race laitière du monde comme elle est en même 
temps la meilleure race de boucherie. 

Afin d'arriver à une décision d'une justice absolue, dans laquelle le 
parti pris, les prédilections individuelles des membres du jury ne 
pouvaient exercer aucune influence, les juges avaient adopté le système 
des points dont le nombre, comme on le sait, est fixé à cent comme 
maximum. Chaque qualité recherchée dans la vache laitière compte 
un certain nombre de points selon son importance, et c'est l'animal 
qui en additionne le plus grand nombre qui remporte le prix, quelqu'ait 
été son rang dans la catégorie particulière où il ait été exposé. Le sys- 
tème du jugement par points est si précis et si absolu, qu'il arrive 
souvent que des vaches exposées dans une catégorie particulière, et 
n'y ayant obtenu qu'une distinction secondaire remportent un prix 
supérieur dans le concours final comme \aches laitières. C'est que 



16 CONCOURS DE L'ASSOCIATION DES FERMIERS LAITIERS D'ANGLETERRE. 

dans le concours ordinaire les juges ne s'occupent que de l'apparence 
extérieure, tandis que dans le concours spécial, où il s'agit de déter- 
miner la meilleure vache à lait, on a recours à des expériences pro- 
longées dont le résultat détermine l'existence des points, quant au 
rendement laitier comme quantité et comme qualité. 

Comme je l'ai dit, le nombre maximum des points était de cent, un 
certain nombre de points étant donné pour la quantité de lait, fourni aux 
deuxmulsions, celle du matin et celle du soir, soigneusement recueilli 
dès le lendemain de louverture du concours, et un certain nombre 
pour le temps écoulé depuis la naissance du dernier veau, de manière 
à arriver à une juste appréciation du rendement moyen pour toutes 
les vaclies concurrentes. Les épreuves et analyses étaient conduites 
par un jury présidé par léminent chimiste agricole, le D'' Voelcker'. 

Le prix champion, c est à dire la plus liante récompense du concours, 
a été adjugé à une vache croisée durham, ou plutôt à une vache 
durham, non éligible au Herd-Book pour insuffisance de générations 
inscrites : Red Cherry âgée de huit ans, vêlée depuis le 8 mai der- 
nier, et présentée par M. Joseph Philips. Le nombre de points attribués 
à cette vache par le jury n'était pas moins de 99.95, c" est-à-dire à 
1 vingtième près de la perfection. Le poids de son lait, aux deux 
mulsions, avait été de 23 kilog. 103 grammes. On admettra que pour 
une vache volée depuis cinq mois, c'est un beau i'endem,ent. 

Le premier et le second prix des vaches pur sang de race durham, 
ont été adjugés à M. J.-jN. Ed^^ards, pour Corvella âgée de six ans, 
vêlée depuis le 16 juillet ayant donné aux deux mulsions, à une 
fraction près, 1 1 kilog. de lait. Otte vache avait obtenu en points 
76.94. Le deuxième prix fut accordé à une vaclie présentée par le 
même éleveur Match less, 5" âgée de douze ans, vêlée depuis le 5 mai, 
ayant donné aux deux mulsions 1 1 kilogrammes 325 grammes de 
lait. Cette vache a\ait obtenu en points, 73.34. Pour une vieille vache 
de douze ans, ce n'est pas un mauvais résultat. 

Dans la catégorie de vaches durham non éligibles à l'inscription au 
Herd-liook, le l'"" prix, comme l)ien entendu, a été adjugé à la vache, 
prix d'honneur comme ci-dessus. Le 2'" prix a été remporté par 
M. Hanfield, pour la vache Una, âgée de cinq ans, vêlée depuis 
le 16 décembre, ayant donné aux deux mulsions 20 kilogrammes 
150 grammes de lait. 

Le premier prix des races des îles de la Manche Jersey et Guernesey 
concourant ensemble, a été donné à une vache de race Guernesey âgée 
dehuitans, vêlée depuis le 7 liiars et ayant donné, aux deux mulsions, 
9 kilogrammes 380 grammes de lait, (lette vache qui n'avait obtenu 
que le 2' prix dans sa catégorie spéciale, obtint au concours laitier de 
cette catégorie des races de Jersey et Guernesey, en points, 89.32. Le 
2'' prix fut adjugé à une vache Jersey âgée de 4 ans vêlée depuis 
le 14 juillet, ayant donné 16 kilogrammes 308 grammes de lait et 
ayant obtenu en points 81 .42. 

Dans la catégorie des autres races pures^ le 1 "■ prix a été donné à 
une vache de race du Pays de Galles, âgée de cinq ans, vêlée depuis 
le 1" septembre ayant donné aux deux mulsions 20 kilogrammes 

1. Depuis le dernier concours d'islington, le célèbre chimiste Auguste Vo:lcker est mort. C'est 
une granilc perle pour l'agriculture du monde entier. Quil me soit permis de donnera la mémoire 
de rillusire savant l'expression de mes regrets personnels, et le Irihut d'admiration qui est du à 
la science et à ses travaux. 



CONCOURS DE L'ASSOCIATION DES FERMIERS LAITIERS D'ANGLETERRE. 17 

838 grammes de lait et ayant obtenu en points, 85.66. Le 2'" prix a été 
remporté par une vache croisée ayrshire-durham, âgée de six ans, 
vêlée depuis le 12 septembre, ayant donné, à une fraction près, 17 kilo- 
grammes de lait, et obtenu en points, 81 .78. 

La catégorie suivante comprenait les vaches de races diverses et 
croisements autres que les précédents. Dans cette catégorie, le l" prix 
a été remporté par une vache croisée, âgée de sept ans, vélée depuis le 
25 août, et ayant donné 14 kilogrammes 722 grammes de lait. Le 
2" prix a été obtenu par une vache de cincf ans, croisée, vélée depuis 
le 28 août, et ayant donné 9 kilogrammes de lait. 

Les chiffres ci-dessus permettront d'établir d'utiles comparaisons 
et cela doit suffire. Les autres traits de ce remarquable concours n'ont 
qu'un intérêt secondaire, sur lequel il serait superflu d'insister. Par 
exemple, le concours de l'espèce caprine et celui des races porcines 
nepossèdent point assez d'importance générale pour qu'une description 
détaillée puisse intérresser mes lecteurs. Qu'il me suffise de dire de ces 
hors d'œuvre peu importants en eux-mêmes, qu'ils ajoutaient un attrait 
auxiliaire à la foule des visiteurs qui semblaient y prêter uue grande 
attention. L'intérêt principal gisait, sans contredit, dans les catégories 
des vaches laitières et dans les épreuves et expériences pour déterminer 
le rendement laitier. On trouvera dans ces résulats les termes d'une 
comparaison instructive dont chacun pourra faire son profit. 

F.-R. DE LA TRÉH0N^AÏS. 

ANALYSE DES POMMES A CIDRE 

DE L'EMPLOI DU DENSIMÈTRE POUR L'ESSAI PRATIQUE DES MOUTS. — 
RICHESSE MOYENNE EN SUCRE DES POMMES EXPOSÉES AU CONGRÈS DE 
RENNES, EN 1883. 

A la suite du concours de l'Association pomologique de l'Ouest à 
Rennes en 1883, plus de 300 analyses de pommes à cidre ont été 
effectuées dans divers laboratoires*. 

Les résultats de ces analyses ont été pul)liés dans le tome premier 
du Bulletin de l'Association. Nous avons présenté au congrès de Rouen 
les premières conséquences pratiques que l'on peut tirer des résultats 
publiés. Elles ont rapport : ]" à la valeur des indications du demimètre 
pour l'essai pratique des moûts, 2" à la richesse moyenne en sucre des 
pommes exposées au congrès de Rennes en 1883 et à la richesse alcoolique 
des cidres quelles ont pu produire. Nous avons comparé ces derniers 
résultats à la composition de cidres de provenance authentique. 

Voici un résumé de ce travail : 

1" De remploi du densimètre pour l'essai pratique des moûts. — Le 
densimètre donne la densité du moût de pommes c'est-à-dire le poids 
du litre de la liqueur. Peut-on déduire decette densité avec une approxi- 
mation suffisante la quantité de sucre existant dans le moût et par 
suite la proportion d'alcool que contiendra le liquide fermenté? Dans 
la pratique, pour le jus de betteraves, on se contente souvent des indi- 
cations de cet instrument et on a dressé des tables donnant la richesse 
saccharine apparente pour chaque degré du depsimètre. On a fait de 
même pour le moût de pommes; mais dans oe 'dernier cas les indi- 
cations fournies par le densimètre peuvent donner lieu à des déceptions. 

1. Laboratoires de Flnstitut agronomique, — de l'Ecole nationale de (jrand Jouan, — de la 
Mayenne^ — des stations agronomiques de Nantes et de Rennes. 



18 ANALYSE DES POMMES A CIDRE, 

C'est un fait dont chacun peut se convaincre en comparant dans le 
5M//6'f7?«^ de l'Association les quantités de sucre trouvées par l'analyse et 
les densités fournies par l'instrument. Cette comparaison peut se faire 
sur un nombre de variétés de pommes supérieur à deux cents. 

On constatera que la proportion de sucre contenue dans un moût est 
loin de croître toujours en même temps que la densité et qu'une même 
densité peut correspondre à des poids de sucre différents, laissant entre 
eux des écarts considérables. 

Ainsi la densité 1,060 revient 22 fois elles nombres trouvés pour 
les poids de sucre varient de 97 gT.3 à 135 gr. 9. La différence exis- 
tant entre ces deux nombres est voisine de 39 grammes. Les tables 
dressées pour les moûts de pommes indiqueraient un poids de sucre 
égal à 133 grammes ; cette richesse n'est atteinte que deux fois. 

On retrouve 10 fois la densité 1,064 correspondant à des poids de 
sucre compris entre 95 gr. 7 et 136 gr. 6. Tous ces poids sont infé- 
rieurs à la teneur déduite de la densité et qui est égale à 143 grammes. 
On pourrait multiplier ces exemples. En général pour les jus de 
faible densité, les poids de sucre déterminés par l'analyse sont égaux 
ou même quelquefois supérieurs à ceux qui sont incrits dans les tables ; 
mais les moûts dont la densité dépasse 1,060, ont fourni des rende- 
ments notablement inférieurs à ceux que faisait prévoir le densimètre. 
La densité d'un liquide varie avec la totalité des matières qu'il tient 
en dissolution. Dans le moût de pommes le tanin, les substances 
salines, les princi})es pectiques ou mucilagineux accompagnent les 
sucres. Si l'on n'avait affaire qu'à une seule variété de pommes, on 
pourrait tenir compte de l'influence de ces divers principes ; mais leur 
proportion change d'une variété à l'autre et le nombre des variétés 
est considérable. Les expérimentateurs qui ont extrait par la pression 
le jus d'un certain nombre d'échantillons de pommes différentes, savent 
combien ces moûts se ressemblent peu au point de vue de la viscosité : 
Le sucre n'intervient pas seul pour en modifier la fluidité. 

On est ainsi conduit à penser qu'au delà d'un certain degré, l'aug- 
mentation de densité n'est due qu'en partie à un acroissementdans la 
proportion de sucre et provient aussi de la présence d'une quantité 
plus forte de mucilage, à tel point qu'on pourrait se demander si, 
connaissant par une détermination directe la richesse en sucre d'un 
moût de pommes, on ne pourrait pas se servir du densimètre pour se 
renseigner sur la proportion des matières pectiques. 

En résumé, les résultats analytiques obtenus sur les pommes 
récoltées en 1883 montrent que les indications que l'on peut tirer du 
degré densimètrique avec les tables que l'on possède actuellement ne 
suffisent pas pour permettre de comparer au point de vue de la richesse 
en sucre des pommes de variétés différentes provenant des régions 
éloignées les unes des autres et de territoires n'ayant aucune analogie 
dans leur constitution physique et chimique. 

Sans abandonner l'emploi du densimètre, on doit se rappeler que 
les renseignements qu'il fournit se rapportent essentiellement à la 
totalité des matières que ce jus tient en dissolution. Plus le degré den- 
simètrique est élevé, plus cette proportion totale de substances dis- 
soutes dans le moût est forte elle-même. 

Les écarts déjà observés sont-ils accidentels ou spéciaux aux pommes 
analysées en 1883? Si ces écarts doivent se reproduire pour d'autres 



ANALYSE DES POMMES A CIDRE. 19. 

variétés, serait-il possible de les atténuer en modifiant dans une certaine 
mesure les tables dont on se sert actuellement? C'est pour tenter de ré- 
soudre ces diverses questions et pour faire complètement la lumière sur 
l'emploi du densimètrepour le dosage du sucre dans le moût de pommes, 
que des essais spéciaux ont été demandés en 1 884 aux laboratoires 
qui ont bien voulu prêter leur concours à l'œuvre entreprise par l'As- 
sociation pomologique de l'ouest. 

Ricliesse moyenne en sucre des pommes exposées au Congrès de Rennes. — 
Dans l'intérêt de l'extension de la consommation du cidre dans les grandes 
villes, il est utile que l'on sache exactement ce que peut contenir le 
cidre pur fabriqué avec les pommes que produisent les divers départe- 
ments de l'ouest de la France. Ces renseignements ont une certaine 
importance pour les laboratoires qui sont chargés de formuler un 
jugement sur la valeur des boissons livrées au consommateur. Possé- 
dant le résultat de l'analyse de pommes provenant de diverses com-' 
munes, il était possible d'en tirer quelques indications sérieuses. 

Supposons que l'on prenne dans chaque collection des poids égaux 
des variétés de pommes analysées, qu'on les mélange et qu'on 
fabrique du cidre avec l'ensemble ainsi obtenu. On peut calculer la 
moyenne du poids de sucre que renfermerait le moût fabriqué et en 
déduire la proportion d" alcool qu'il contiendrait après fermentation 
complète, c'est-à-dire après disparition complète du principe sucré. 
On se rend ainsi compte approximativement de la richesse en alcool 
des cidres purs qu'il a été possible de fabriquer en 1883 dans divers 
départements. 

Dans 1 Ille-et-Yilaine, la proportion moyenne du sucre par litre de 
moût s'est trouvée égale à 1 12 gr. 2; une seule collection a donné un 
poids de 146 gr. 7; le nombre le plus faible est 100 grammes. Sui' 
16 collections analysées provenant de communes différentes, 13 pré- 
sentent une richesse moyenne comprise entre 106 et 122 grammes. 

Dans les Côtes-du-Nord (environs de Lamballe), la moyenne des 
analyses s'est élevée à 112 gr. 2. 

Pour le Morbihan, la seule collection analysée a donné un résultat 
égal à 123 gr. 7. 

Dans la Manche, la teneur moyenne en sucre pour deux collections 
analysées a été 106 gr. 7 et 124 gr. 5. 

Il en résulte que le sucre contenu dans les pommes de Bretagne 
analysées en 1883 était en quantité suffisante pour produire, après 
fermentation complète, des cidres dosant 6.08 à 7.50 pour 100 d'al- 
cool. Une seule collection aurait fourni 8.95 pour 100. 

Dans la Manche, la richesse en alcool a été comprise entre 6.48 et 
7.57 pour 100. 

Si l'on considère que la fermentation n'est jamais complète et qu'un 
cidre, après un an, conserve encore 10 grammes de sucre par litre et 
même davantage, on voit que la proportion d'alcool des cidres purs 
se trouverait diminuée de ce fait de 0.61 pour 100, au moins, et serait 
alors comprise entre 5.50 et 7.0 pour 100. Nous devons faire observer 
que ces résultats sont spéciaux à l'année 1 883 qui a été signalée par 
une abondance très grande de pommes et par des saisons humides. 

En analysant un certain nombre d'échantillons de cidre, nous 
sommes arrivés à des résultats qui se sont trouvés d'accord avec ces 
derniers. 



20 ANALYSE DES POMMES A CIDRE. 

Seulement, il arrive souvent que, dans un cidre, le sucre n'est pas 
complètement transformé en alcool et qu'une portion de l'alcool est 
devenue acide acétique. Donc, pour comparer des cidres avec les 
pommes analysées, il fallait tenir compte de l'alcool déjà formé, des 
sucres réducteur et non réducteur qu'ils contenaient encore et même 
de l'acide acétique. 

En opérant ainsi, nous avons obtenu les résultats suivants : 

Alcool, sucre et acide acétique 
Provenance. évalués en alcool. 

Canton de Pipriac. Récolte de 1882 ' 5.50 pour 100. 

— Feins (Ille-et-Vilaine). Hécolte de 188'2 6.08 — 

— Baguer-Pican (Ule-et-Vilaine). Récolte de 1882 5.46 — 

— Gennes-sur-Seiche (Ule-et-Vilaine). Récolte de 1882 5.83 — 

Ferme-école des Trois-Croix (Ule-et-Vilaine). Récolte de 188.3 6.84 — 

Lamballe (Côtes-du-Nord) 6 . 54 — 

Notre-Danie-de-Franqueville (Seine-Inférieure) 6.94 — 

Garnetot (Calvados) 6 . 82 — 

Pour donner une idée des proportions relatives d'alcool de sucre e 
d'acide acétique pouvant exister dans un cidre de Bretagne de bonne 
qualité, nous indiquerons le résultat brut de l'analyse du cidre de la 
ferme-école des Trois-Croix, près Rennes : 

Alcool 6.30 pour 100. 

Sucre réducteur 5 gr. 66 par litre. 

Sucre non réducteur 1 1.3 — 

Acide acétique 1 41 — 

L'analyse a été effectuée au mois d'août qui a suivi l'époque de la 
fabrication. G. Lechartier, 

Directeur de la Station agronomique de Rennes. 

LE TÉLÉPHONE DANS LES EXPLOITATIONS RURALES 

Parmi les inventions modernes, il n'en est aucune qui ait trouvé 
rapidement des applications aussi nombreuses que l'invention du 
téléphone. Ce merveilleux appareil de transport de la voix humaine a 
pris immédiatement droit de cité dans toutes les parties du monde, 
non seulement dans les villes, mais aussi dans les usines et dans les 
fabriques isolées; il commence à pénétrer dans les exploitations 
rurales, et il y rendra certainement des services. 

Il n'entre pas dans notre cadre de donner la théorie du téléphone ; 
mais nous devons rappeler qu'une des principales dépenses d'installa- 
tion consiste dans l'achat et la pose des poteaux qui servent à porter le 
lil de transmission, analogue au fil du télégraphe. Afin d'éviter des 
frais considérables, M. le marquis de Poncins, membre de la Société 
nationale d'agriculture, qui a établi un téléphone sur sa ferme des 
Places (Loire), a eu l'idée d'employer les arbres comme supports pour 
le fil. Mais il s'agissait de ne pas nuire aux arbres, et de maintenir 
le fil suffisamment tendu sans que les vents aient une influence 
néfaste sur sa conservation. 

Pour obtenir ce résultat, M. de Poncins a adopté divers systèmes 
qui sont réunis dans la figure 1 . Le premier arbre à droite est un 
arbre d'âge. On a pu, sans inconvénient, sceller l'isolateur du fil dans 
le tronc; le fil passe sous les branches principales. — Quand l'arbre, 
quoique jeune, est déjà assez fort, M. de Poncins fixe lisolateiir à 
l'extrémité d'une perche, et il attache cette perche horizontalement à 
deux branches de l'arbre; tel est le second exemple. — Si l'arbre n'a 
pas de branches assez solides, M. de Poncins fixe la perche qui porte 



LE TÉLÉPHONE DANS LES EXPLOITATIONS RURALES. 21 

l'isolateur aux tiges de deux jeunes arbres rapprochés; il considère 
cette disposition comme excellente. — Enfin, si le jeune arbre est trop 
faible pour recevoir une perche transversale, l'isolateur est fixé sur une 
perche liée verticalement au tronc même de l'arbre; c'est le dernier, 
exemple que montre le dessin. — Grâce à ces combinaisons très sim- 
ples, M. de Poncins a pu établir, d'une extrémité à l'autre de son 
domaine, distantes de 6 kilomètres, un fil téléphonique qui fonctionne 
très régulièrement depuis deux ans. 

Ajoutons, pour terminer, qu'un impôt assez élevé est établi sur les 
lignes téléphoniques. On doit payer au Trésor 25 francs par an pour 



Fig. 1. — Téléphone agricole, d'après le système de M. de Poncins. 

chaque kilomètre de fil et pour chaque poste intermédiaire*' entre les 
deux extrémités de la ligne. Henry Sagnier. 

ACTION DE QUELQUES SUBSTANCES ANTIPARASITAIRES 

SUR LE MILDEW ET L'OIDIUM DE LA VIGNE. — SOUFRAGE ÉCONOMIQUE 

Traitement contre le mildew 
Une nouvelle apparition du mildew dans les vignobles de Vaucluse 
pendant le cours de l'éLé dernier, nous a permis d'étudier l'action de 
quelques substances antiparasitaires sur ce champignon, autre ennemi 
de la vigne, aussi tenace et aussi redoutable que le phylloxéra. En effet, 
non seulement il peut compromettre une récolte en entraînant la chute 
des feuilles avant la maturation du raisin, mais encore il épuise la 
plante, fait qui se manifeste par une végétation moins vigoureuse, 
l'année suivante, et par un enracinement difficile des boutures em- 
pruntées aux sarments mildiousés. Son action, à cet égapd, est bien 
plus nuisible que celle de l'oïdium. 



22 ACTION DE QUEI.QUES SUBSTANCES ANTIPARASITAIRES SUR LE MILDEW. 

Les expériences ont été entreprises sur des vignes américaines de 
Jacquez de la pépinière départementale annexée au champ d'expé- 
riences de la station agronomique d'Avignon. 

Ces vignes ont été envahies vers la fin de juillet. Presque toutes les 
feuilles, surtout celles des sarments supérieurs, étaient atteintes. 

Plusieurs moyens de destruction du champignon ont été déjà pro- 
posés, notamment le mélange pulvérulent de soufre, de plâtre et de 
sulfate de fer indiqué par M. Millardet. de Bordeaux, un mélange ana- 
logue connu sous le nom de fungivore, la solution de soude caustique 
employée en Italie, l'acide phénique dans une solution d'eau de savon 
additionnée de glycérine proposé récemment par M. Foëx, directeur de 
l'Ecole de Montpellier et projeté sur les feuilles, à l'aide du pulvéri- 
sateur de l'entomologiste américain Riley. 

L'emploi de l'agent antiparasitaire sous forme liquide nous a paru 
biçn supérieur à l'emploi sous forme de poudre projetée sur la feuille 
d'une manière quelconque. • 

Pour faire adhérer la poudre à la feuille, surtout quand il faut l'at- 
teindre, comme dans le cas du mildew, à la face inférieure, des circon- 
stances météorologiques spéciales sont indispensables. La poudre 
tombe à terre, inutilisée en grande partie, ou se concentre en certains 
points d'une façon dangereuse pour la feuille. 

La forme liquide permet, à l'aide du pulvérisateur, d'atteindre la 
feuille sur ses deux faces, d'opérer en tout temps, de régler et de ré- 
])artir uniformément l'action de l'agent antiparasitaire, et enfin, de 
l'utiliser sans pertes notables. 

Aussi avons-nous eu recours à des substances solubles dans l'eau : 
l'acide phénique et les sulfates de protoxyde et de peroxyde de fer. 

Acide phénique. — L'acide phénique, en solution aqueuse à la 
dose de 1 pour 100, seul ou additionné de glycérine (doses de 2 pour 
1000 à 5 pour 1000) pour en prolonger l'action, projeté sur les feuilles 
à l'aide du pulvérisateur Riley, est sans effet sur le mildew. 

La solution phéniquée, additionnée de 2 pour 1000 de potasse caus- 
tique, avec ou sans glycérine (5 pour 1000), paraît affecter le cham- 
pignon, mais n'en arrête pas le développement. 

Sulfate de protoxyde de fer cristallisé (FeO.S O'THO). — Le sul- 
fate de protoxyde de fer, aux doses de 2 pour 1000 à 1 pour 1000, en 
solution aqueuse, projetée avec le pulvérisateur, flétrit le mycélium et 
le détruit, mais ne paraît pas attaquer les spores qui restent blanches 
et conservent leur forme. A ces doses les feuilles ne sont pas altérées. 
Suivant la délicatesse des feuilles, il est prudent de ne point dépasser 
1 pour 1000. 

A des doses de sulfate de protoxyde supérieures à 2 pour 1000, les 
feuilles sont plus ou moins altérées, tachées en noir, recroquevillées, 
friables, et peuvent se détacher, à la base du limbe, au moindre choc. 

Sulfate de peroxyde de fer. — Le sulfate de peroxyde de fer, en 
solution aqueuse projetée avec le pulvérisateur, malgré son acidité 
marquée, altère beaucoup moins les feuilles que le sulfate de pro- 
toxyde aux mêmes doses, et est, par suite, d'un emploi moins dangereux. 

Aux doses variant de 8 pour 1000 à 5 pour 1000, la feuille n'est 
pas altérée, le mycélium du mildew brunit et se flétrit, mais les spores 
paraissent épargnées. 

Le sulfate de protoxyde de fer pourra être employé efficacement 



ACTION DE QUEr<QUE« SUBSTANCES ANTIPAIVVSITAIRES SUE LE MIEDEW. 23 

contre le mildew à des doses yariant de 5 pour 1000 à 8 pour 1000, 
suivant la délicatesse des feuilles des divers cépages. 

Quant à la destruction des spores ou au moins de leur faculté ger- 
minative, l'époque avancée où ces résultats ont été acquis, ne nous a 
pas permis d'étudier la question dans des conditions favorables. 

Mais la grande vitalité des germes des végétaux inférieurs, si bien 
établie par M. Pasteur, ne nous autorise guère à penser qu'on puisse 
détruire les spores du mildew sans altérer du même coup profon- 
dément les feuilles qui leur servent de support. 

{La suite prochainement). P. Pichard, 

Directeur de la station agronomique de Vaueluse. 

BARRAOES POUR LES IRRIGATIONS 

Comment peut-on établir économiquement des barrages sur les 
cours d'eau, pour dériver les eaux en vue des irrigations? 

L'établissement des barrages sur les rivières est un travail du res- 
sort des ingénieurs; nous ne pouvons pas nous en occuper ici. Il ne 
peut être question que des opérations auxquelles les agriculteurs 
peuvent se livrer sur les cours d'eau non navigables ni flottables, dont 




Fig. 2. — Barrage établi avec des poutres et des pieux. 

les agriculteurs peuvent dériver les eaux, à la condition de les resti- 
tuer à la sortie de leurs domaines. Nous emprunterons à la conférence 
sur les irrigations faite à Montpellier, en 1879, par M. Barrai, la 
plupart des éléments de notre réponse à cette question. 

Pour un petit ruisseau, dont la pente est faible, on établit un bar- 
rage souvent suffisant, en enfonçant dans le. lit quelques pieux contre 
lesquels on dispose des branchages servant à maintenir des pierres et 
du gravier. Quelquefois on se contente de jeter des pierres perdues 
dans le lit du cours d'eau ; peu à peu les interstices de cet enrochement 
artificiel se remplissent, et le barrage finit par bien retenir l'eau. — 
On se sert, dans les terrains montagneux, pour le barrage des cours 
d'eau dont le lit est limité, à droite et à gauche, par des rochers, de 
poutres placées horizontalement ; on les consolide au moyen de pieux 
enfoncés dans le lit; les poutres sont d'ailleurs arcboutées sur les 
rochers des rives (fig. 2). 



24 



BARRAGES POUR LES IRRIGATIONS. 



. Lorsque la largeur des rivières est assez grande, il faut avoir recours 
à des ouvrages plus importants. On fait des barrages assez solides avec 
des chevalets coiujjosés de troncs d'arbres ; on les relie les uns aux autres 




Fig. 3. — Barrage submersible formé de madriers et de cailloux. 

par des poutrelles ; en amont on établit une ligne de forts piquets ; en 
aval on garnit le talus avec des fascines. Ces barrages peuvent être 




Fig. h. — Profil du barrage submersible, 

facilement réparés après les destructions partielles que produisent^les 
orages. 

Jaubert de Passa a décrit, il y a déjà longtemps, dans les Mémoires 




Fig. 5. — Plan du barrage submersible. 

de la Société nationale d'agriculture, une bonne disposition adoptée, 
dans le Roussillon, pour les barrages en madriers en larges rivières; 
cette disposition est représentée par les figures 3 à 5. L'ouvrage est 
construit avec des poutres assemblées de manière à former des carrés 
que l'on remplit soit avec des cailloux, soit avec des pavés solidement 
tassés. Pour les établir, on enfonce dans le lit des rangées de pieux 
parallèles, dont la hauteur est déterminée par le niveau auquel on veut 



B.iRRAGES POUR LES IRRIGATIONS. 25 

élever l'eau. Les pieux sont moins élevés au-dessus du lit en amont 
et en aval de la ligne centrale. En travers de ces rangées de pieux on 
fixe les poutres qui réunissent les deux extrêmes en s'appuyant sur la 
ligné du milieu; sur celles-ci on en place d'autres carrément, assem- 
blées entre elles à mi-bois de manière à former un plan incliné, divisé 
en échiquiers et supporté par autant de pieux verti«caux qu'il y a 
d'intersections. Toutes les cases sont ensuite remplies par des pierres 
et des cailloux, et on termine l'ouvrage par un pavé solide qui arase 
la charpente. Ces digues ont une très longue durée. ... 

Les dispositions que l'on petit adopter sont extrêmement nombreuses; 
en se rapprochant de celles qui viennent d'être indiquées, on fait un 
travail à la fois sûr et peu coûteux. L. de Sardriac. 

LES DROITS A DOUBLE EFFET 

Après de longues années d'efforts, les vrais amis de l'agriculture 
française sont parvenus à faire, entendre leurs voix. Mais n'y a-t-il 
pas lieu de s'étonner qu'il faille si longtemps pour faire triompher 
la vérité? 

Enfin, les pouvoirs publics se sont émus, et nous allons obtenir 
justice. 

Mais, de tous côtés, des objections sont soulevées, soit de la part de 
gens qui ont quelque intérêt à voir les marchandises étrangères péné- 
trer en France, parce qu'ils en font le commerce, soit qu'ils recher- 
chent la popularité, soit enfin parce qu'ils s'imaginent que les droits 
nouveaux leur feraient payer le pain plus cher que par le passé. 

Il est inutile de répondre à d'autres personnes qu'à celles dont le 
but est de défendre des intérêts respectables, les droits imprescriptibles 
des familles ouvrières surtout que l'on croit menacés, tandis qu'il est 
désirable pour elles que lagriculture soi-t soutenue et encouragée par 
tous les moyens possibles. 

Il n'y a pas de plus grave erreur que celle qui consiste à faire 
accroire aux classes laborieuses qu'elles doivent demander le bon 
marché poussé à ses dernières limites. 

Le bon marché, c'est presque toujours la preuve du marasme com- 
mercial et, par suite, de la ruine des patrons comme de la misère de 
leurs employés. Est-ce donc là ce qu'il faut appeler de tous nos 
vœux? Le' pain d'un prix peu élevé et l'impossibilité pour les tra- 
vailleurs de s'en procurer dans de pareilles conditions! 

Consultons les ouvriers honnêtes; il ny en a pas wi qui ne soit prêt 
à nous confirmer ce fait indiqué par les éléments les plus simples de 
l'économie politique et par le bon sens public. 

. Ainsi l'agriculture est-elle la puissance d'où dérivent la pauvreté et la 
richesse nationale suivant qu'elle-même est prospère ou malheureuse. 
Quand le fermier apporte régulièrement au propriétaire l'argent qu'il 
lui a promis, quand de plus il achète à la ville, grâce à quelques pro- 
fits, bien des objets qu'il remporte chez lui, l'activité commerciale est- 
poussée à ses dernières limites et la souffrance fait de tous cotés place 
à la satisfaction; mais quand il na rien à offrir que des plaintes aux 
citadins dont il devrait être le soutien, tout languit au sein du pays. 
Plus de circulation, plus de vie, le chômage étend son voile lugubre 
sur les grandes cités, et l'on commence, à. comprendre, combien est 



26 LES DROITS A DOUBLE EFFET. 

dangereuse l'ingTatitude de ceux qui appellent de leurs vœux la 
misère de cette grande industrie qui est la mère nourricière des popu- 
lations. 

Et puis, c'est toujours à elle que l'on en veut. Si les intermédiaires 
s'enrichissent aux dépens des consommateurs tandis qu'elle se ruine 
en faisant des efforts inouïs, on l'accuse encore, on lui jette la pierre. 
Elle est coupable, criminelle. Cest elle qui veut affamer les familles, 
au moment oii elle leur apporte le pain, la viande et le vin!... Oiiest 
donc la justice? .. . 

Mais grâce au ciel, les hommes intelligents qui liront ces lignes ne 
sont pas disposés à sacrifier l'agriculture française. Ils veulent au con- 
traire la défendre énergiquement, et le moment est venu de monter 
sur la brèche. 

Les droits compensateurs vont nous être accordés. Le gouvernement 
n'osera point les élever au niveau que nous voudrions pouvoir indi- 
quer, parce qu'il craindrait de mécontenter les classes laborieuses des 
grandes villes. D'autre part, frapper de taxes considérables le bétail 
maigre à son entrée en France, ce serait imposer un tribut fort lourd 
aux cultivateurs qui vont chercher en Hollande, en Suisse, en Alle- 
magne, en Belgique, les animaux qu'ils ne trouvent pas autour d'eux. 

On voit donc que les droits nouveaux seront insuffisants s'ils ne 
sont employés de manière à rendre immédiatement des services certains 
à l'agriculture et. à faire réaliser le progrès. Pour cela, voici ce qu'il fau- 
drait : que tout ce qui viendrait s'ajouter aux impôts existant aujour- 
d'hui soit consacré à faire livrer au plus bas prix possible des se- 
mences de choix, des machines perfectionnées, des animaux de bonnes 
races aux cultivateurs. 

Les Comices pourraient être chargés d'accomplir cette œuvre de haute 
utilité, en recevant des sommes importantes au moyen desquelles 
ils solderaient les différences' entre les objets de grande valeur et le 
plus (^l'dinaires. 

Que des subventions soient ainsi accordées à des banques spéciales 
de l'agriculture, que des chemins d'exploitations soient créés pour 
affranchir les champs morcelés soumis à l'assolement triennal. Ainsi 
l'on Verrait le découragement des campagnes faire place à la confiance, 
la production se développer et nos adversaires seraient forcés de 
reculer devant ces efforts tout puissants de la nation entière. 

E. DUROSELLE. 

RICHESSE DES CUIRS EN AZOTE ORGANIQUE 

L'agriculteur qui emploie comme fumure à long terme des débris 
de cuirs ne saurait, s'il en a le choix, les employer indifféremment. 
Il est évident que, indépendamment de la substance qui a servi au 
tannage, la préparation, l'âge, la race, le mode d'élevage de l'ani- 
mal, etc., font varier la quantité d'azote organique qui [reste dans les 
cuirs. 

C'est dans cet ordre d'idée que j'ai été conduit à faire quelques 
analyses qui m'ont donné les résultats suivants : 

. ' Taux pour 100 

d'azote orp;aiiiquo ' 

Bœuf d'Amérique apporté salé et tanné en Ffance 6.4.5 

Bœuf de France 5.43 

Vache de France. 6 . 87 



RIGIiESSE DES CUIRS EN AZUTE ORGANIQUE. 27 

Taux pour 100 
d'azote organique. 

Peau blanche, abat de Paris , 5.96 

Veau mégis noir de fabrication allemande 5 .04 

Veau corroyé à Paris 5.75 

Veau mégis blanc de fabrication allemande. . . . , 5.98 

Cheval de France 4.41 

Mouton fabriqué à Paris 4 . 00 

Chèvre ordinaire ■ 3 . 57 

Chèvre noire grain du Levant, fabrication anglaise 3 . 4"2 

Chèvre grain blanc, naturel, fabrication anglaise • 4 87 

Chevreau glacé noir de Russie 4 . 38 

Chevreau doré de Russie 4.43 

A la vérité, ces analyses n'ont pas été assez multipliées, le nombre 
des échantillons étudiés n'a pas été assez considérable et le procédé 
employé (chaux sodée, oxalate de chaux et titrage à l'acide normal) 
n'est pas par lui-même assez exact, pour qu'on puisse donner ces 
résultats, même comme des moyennes générales. 

J'ai seulement tenu à indiquer que, sil'on en a la possibilité, il n'est 
pas sans importance de faire une sélection attentive des débris de 
cuirs employés. R. Danguy. 

LE PRESENT ET. L'AVENIR DE L^AGRICULTURE ' 

M. lledier a publié, dans un précédent numéro de ce Journal, un 
article sur le présent et l'avenir de l'agriculture ; cet article m'a suggéré 
quelques réflexions que je demande la permission de présenter. 

En commençant, M. Redier met en doute le vieil axiome : (c De la 
discussion naît la lumière ». Je suis entièrement de son avis, si les 
adversaires ne doivent jamais répondre aux objections qu'on leur pose; 
ce qui se pratique un peu trop ; mais dans le cas où la discussion 
s'inspire des principes de la bonne foi, l'axiome est vrai et lésera 
toujours. 

C.ette grande question a trop souvent été traitée au seul point de 
vue des avantages particuliers, et rarement dans l'intérêt du plus^rand 
nombre. 

Siirement on atrouvé de grandes exagérations dans les deux partis; 
mais les plus modérés sont bien encore du côté de ceux qui réclament, 
sinon la protection, du moins l'égalité devant l'impôt. C'est à ce parti 
que je suis heureux d'appartenir. 

M. Redier nous accuse de vouloir faire de T arbitraire envers l'indus- 
trie et le commerce. 

L'industrie ne peut se plaindre qu'au nom des ouvriers qui sup- 
porteraient un enchérissement sur le prix du pain. Or, depuis un 
siècle le salaire de l'ouvrier a plus que triplé etle prix du ])Ié est à un prix 
inférieur à la moyenne des cours de ces cent dernières années. Ce n'est 
réellement pas là un motif de plaintes pour l'industrie. 

Pour ce qui est du commerce, je me contepterai de poser une simple 
question : « C-ombien comptez-vous de producteurs pour un commer- 
çant intéressé à l'entrée libre ». Quelques centaines, n est-ce pas? 
Quantité négligeable, suivant l'expression consacrée. Tout comme s'il 
s'agissait de prendre des mesures contre une épizootie et que l'on ne 
ne pensât qu'à l'intérêt de l'équarrisseur. 

Voici donc que vous vous préoccupez de ces quelques armateurs qui 

1. Réllexions inspirées par l'article de M. Redier sur l'avenir de l'agriculture {Journal du 
20 décembre, page 467 du tome IV de 1884). 



28 LE PRÉSENT ET L'AVENIR DE L'AGRICULTURE. 

sont intéressés à l'entrée libre et que vous négligez ces privilégiés donfo 
il ne vaut pas la peine de s'occuper; privilégiés qui, d'après les 
chiffres que l'on nous donne, forment 800,000 familles comprenant 
3,200,000 individus. 

Ah! comme disait l'autre jour M. de Gasparin, quels cris ne pous- 
seraient pas les directeurs et les ouvriers d'industries, qui n'occupent 
pas le quart du nombre de ces individus, si on leur refusait la 
protection. 

Puis enfin ce n'est pas un privilège que nous demandons, c'est 
l'égalité devant la loi : Libre-échange pour tous ou protection pour 
tous. 

C'est la doctrine du savant agriculteur que je citais plus haut; c'est 
du l'esté celle delà grande majorité. 

Quant aux quelques millions de petits propriétaires, M. de Gasparin 
a répondu bien mieux que je ne suis capable de le faire à ceux qui les 
regardent comme désintéressés dans la question. 

M. Redier, poussant un peu plus loin, dit en parlant des agriculteurs 
privilégiés qui entourent les grandes villes : « Et qui oserait affirmer 
que ces messieurs emploieront leur excédent de recettes à modifier leur 
système de culture. » Eh ! Monsieur, ils en feront ce que bon leur 
semblera, je ne crois pas que jusqu'à ce jour on ait eu la prétention 
de régler l'emploi des revenus de qui que ce soit. 

•Du reste, puisque ces propriétaires ont, 'd'après vous, des revenus 
exceptionnels, je ne vois pas ce qu'ils ontiiùiia^ïiéliorer. Se maintenir 
dans le statu quo est bien suffisant. nÀ M'*<j t«ul<' «m ; ♦ 

Quant à jamais lutter pour le prix^dfe"¥eVî*ënt"*atiéc l'Amérique où 
les terres sont pour rien et où l'jimppt.esi ^'hsigniïjif^nt, j^^^^ 
vous n'avez pas la prétention d"y arriver [ja,mjiis. ,,,' , , , „. 

Il faudrait pour cela se délivrer des charges dont M. de la Tréhon- 
nais nous donne une nomenclature dans son article de samedi dernier, 
et alors nous ferons mieux qu'eux. 

Ce résultat ne peut être obtenu avec tous les moyens perfectionnés, 
pour la simple raison qu'ils sont aussi bien applicables en Amérique 
qu'en France, et que la différence résultant du prix de la terre et de 
l'impôt se retrouvera toujours; différence bien suffisante, pour per- 
mettre aux producteurs du Nouveau-Monde de faire les frais de 
transport. 

Une remarque en passant ; je voudrais bien voir figurer sur le 
compte des dépenses et recettes de la production du blé autour de 
Paris, la rente de la terre et les frais de culture ; je crois qu'après cette 
soustraction les revenus se trouveraient bien diminués. 

On a beaucoup parlé des changements de culture ; la chose est géné- 
ralement peu pratique. M. Redier est, je crois, de notre avis sur ce 
point. Admettant, en effet, que l'on puisse se passer du grain, com- 
ment pourra-t-on faire de l'élevage sans paille? Puis dans un cas de 
guerre avec une puissance navale, nous pourrions nous trouver obligés 
à disputer chaque sac de blé à coups de canon. 

Je me suis permis de présenter ces quelques observations à 
M. Redier, et je ne terminerai pas sans le remercier de nous avoir 
offert un remède. L'usine agricole, quoique un moyen probablement 
insuffisant contre la crise actuelle, est appelée, je le crois, à un grand 
avenir dont la gloire lui reviendra. Louis MiiUN. 



NOUVELLES INVENTIONS AGRICOLES. 29 



NOUVELLES INVENTIONS AGRICOLES 

ANALYSE SOMMAIRE DES DERNIERS BREVETS DÉLIVRÉS 

161,462. SUMMERTON. 30 mai 1884. Perfectionnements dans le mode d'a- 
justage et de suspension des meules de moulin. — Ce brevet démt une dispo- 
sition spéciale des ferrures des meules, qui a pour but de faire que ces der- 
nières soient constamment en rapport ensemble, de manière à rester toujours 
parallèles, quelle que soit la position qu'elles prennent et de manière, en outre, 
à ce que l'une d'elles s'écarte si un obstacle quelconque se présente. En second 
lieu, le brevet indique un mode de montage de l'arln-e ou gros fer dans des boîtes 
pourvues de segments à genouillère, pour permettre de varier sa position sui- 
vant les besoins. 

162,474. GoLOMBiEs. 29 mai 1884, Charrue sulfureuse. — La charrue sulfu- 
reuse décrite est à deux injections de sulfure au lieu d'une, au moyen de deux 
bidons injecteurs système Sant perfectionné, disposés côte à côte sur des tra- 
verses mobiles et pourvues de tubes distributeurs qui descendent derrièie les 
socs ; la manœuvre de ces bidons injecteurs se fait par un levier à main. Le bâti 
de la charrue est en fer ; il est relié à l'âge par des pièces que l'on peut allonger 
ou raccourcir au moyen de vis de pression, pour régler l'entrure ; on achève ce 
réglage en remontant ou abaissant les roues tasseuses, qui sont montées à l'ex- 
trémité de tiges à crémaillère. 

162,485. (jAUTRiiAU, 31 mai 1884. Perfectionnements apportés aux ma- 
nèges à plans inclinés. — Dans le genre de manège consistant en vui tablier 
sans fin placé dans une position inclinée et qui se dérobe sans cesse sous les 
pieds de l'animal employé comme moteur, on lixe ordinairement sur ce tablier 
les axes des galets qui doivent faciliter son développement. Le breveté emploie, 
au contraire, des galets fixés au bâti ; cela lui permet d'en diminuer le nombre 
des deux tiers environ ; de plus, cela facilite le graissage qui était très difficile, 
et cela réduit beaucoup les frottements. 

162,507. Roussel et Cauchois. Perfectionnements aux herses. — Dans le 
genre de nerse décrit dans ce brevet, les entretoises et les tronçons de rives sont 
reliés ensemble au moyen de douilles en fonte malléable, ayant la forme d'un T, 
et ces pièces sont maintenues dans les douilles en question par les dents de tra- 
vail, oe section carrée, qui servent de clavettes, en pénétrant dans un trou qui 
entame l'entretoise et le tronçon de rive en même temps crue la douille ; une vis 
de pression vient appuyer latéralement sur la dent. Le brevet comprend aussi 
un système de lien flexible qui maintient l'écartement des châssis tout en leur 
laissant la liberté de se mouvoir verticalement. Enfin, il est décrit une volée 
d'attelage à verrous permettant l'accrochage et le décrochage instantanésdes 
châssis. 

162,513. FoHSTER, 3 juin 1884. Perfectionnements dans les machines à 
creuser des fossés ou tranchées pour tuyaux de drainage, etc., pour les champs 
et les forêts. — L'excavateur roulant qui fait l'objet de ce brevet se compose 
d'un châssis en fer porté par deux grandes roues et un avant-train muni de deux 
roues très petites ; il est traîné par des chevaux ; en avant des grandes roues 
porteuses tournent deux cercles munis sur leur pourtour d'outils en forme de 
pioches qui creusent le sol ; des pointes fixes descendant un peu plus bas que le 
point d'attaque des pioches servent à faire ébouler la terre fouillée par celles-ci; 
cette terre est ramassée par un tablier incliné muni d'une vis d'Aj-chimède pour 
la remonter. 

CERTIFICATS D'ADDITION. 

Denizot, 7 mai 1884. (Br. n" 143,785). Système de moissonneuse-javeleuse. 
— Dans ce certificat d'addition, l'inventeur modifie à peu près toutes les parties 
de la machine décrite dans son brevet principal, afin d'en améliorer le fonction- 
nement ; il ne serait pas possible d'entrer dans le détail des perfectionnements 
sans l'aide de dessins. De plus, il décrit l'application de son système à une ton- 
deuse de gazon. 

Promis, 8 mai 1884. (Br. n° 149.081). Charrue Promis-Farge. — La char- 
rue décrite au brevet principal avait l'inconvénient de laissser au fond du sillon 
ouvert une portion de terre non relevée. Pour y remédier, on modifie la forme 
du soc et, surtout, on ajoute derrière le premier corps de charrue un deuxième 



3Û NOUVELLES INVENTIONS AGRICOLES. 

corps semblable, mais toul petit, qui nettoie le sillon en rejetant à droite et à 
gauche la terre laissée au fond du guéret. Gii. Assi et L. Genès, 

Ingénieurs-Conseils en matière de brevets d'invention, 
36, boulevard Voltaire, Paris. 

PRIX DE REVIENT DE LA VIANDE DE BOUCHERIE • 

A propos du rapport de M. Raoul Duval, député. 

Monsieur le rédacteur en chef, vous avez publié dans le numéro du 
20 décembre de votre excellent Journal, deux documents d'une 
Gjrande importance : l'un par son caractère officiel, émanant de 
'honorable M. Raoul Duval, rapporteur de la Commission parlemen- 
taire chari^ée d'examiner le projet de relèvement de droits sur le bétail 
étranger proposé par M. le ministre de l'agriculture et concluant 
qu'il n'y avait pas lieu de l'adopter. L'autre document est un tableau 
des prix de revient du bétail dans l'exploitation de M. le marquis de 
Poncins, qui sans phrases et dessein prémédité répond indirectement 
aux arguments de M. Raoul Duval parles chiffres précis d'une comp- 
tabilité détaillée et soigneusement tenue. Permettez-moi de vous fournir 
également le prix de revient du bétail dans l'arrondissement de Nev€i*s. 
Mes chiffres ne s'accordent que trop avec ceux de M. de Poncins. 

Les prix de revient Kont cependant un peu moins élevés chez moi, 
ce qui tient probablement à ce que la plaine du Forez oii habite 
M. de Poncins est dépourvue de calcaire et moins favorable à l'accrois- 
sement du bétail que nos excellents herbages du Nivernais. 

Tous ces prix de revient sont ceux d'un élevage pastoral se prati- 
quant aux moindres frais ])ossibles. Je fais appel aux fabricants de 
sucre du Nord qui tous les ans engraissent à l'étable de grandes 
quantités de bœufs, pour savoir au juste quel est actuellement le 
chiffre exact de la perte subie sur chaque animal. 

M. Raoul Duval constate que les éleveurs ne font pas entendre des 
doléances analogues à celles que provoque la culture des céréales. J'es- 
père que désormais il nous rendra la justice que nos plaintes, pour 
être plus tardives, sont aussi vives et aussi fondées. 

Prix de revient du bétail dam une ferme de t arrondissement de Nevers. 

A un an les veaux mâles de race charolaise-nivernaise valent 200 fr.' 

D'un an à deux le veau nourri parcimonieusement l'hiver avec delà 
paille d'avoine et un peu de foin, Tété à la pâture, coûte environ, à 
raison de 41 centimes par jour, 150 fr. 

De, deux à trois ans le bouvillon, plus gros consommateur, dépense 
à raison de 54 centimes par jour environ 200 fr., auxquels il faut 
ajouter 5 pour 100 de risques et 5 pour 100 d'intérêt, soit 10 pour 100 
pendant son existence, soit environ 50 fr. Total du prix de re\ient à 
trois ans, 600 fr. 

A ce moment, ce bœuf mis au printemps à Tengrais dans un bon 
herbage valant 1 50 fr. de location par hectare dépense environ 1 00 fr. 
— Total du prix de revient du bœuf gras à 3 ans et demi, 700 fr. ^ 

* Le prix de re\ienl(ie 200 Ir. à un an est extrêuienient bas, si on considère que dans ce prix, 
doit être compris une partie de la nourriture de la mère, l'intérêt du capital qu'elle représente 
les risques de mortalité, viduité, avortement, etc. A la vérité la vactie peut fournir un peu de lait 
toul en nouiTissant sou veau. Du reste il est inutile de discuter des chiffres à ce sujet, la valeur 
du veau étant fixée par le cours des foires. 

- Il faudrait atoujer à ces prix de revient, les frais de pansage l'hiver, soins des clôtures l'été, 
l'intérêt des constructions des étables, médicaments, vétérinaire, etc., dépassant 50 fr. qui_ se 
compensent à peu près par la valeur du fumier (540 jours d'ètable à 8 kilos de fumier par jour 
soit 4,240 kilog. à 10 fr. =: 42 fr. 50). 



PRIX DE rp:vient de la viande de boucherie 31 

Ces bœufs pèsent en moyenne 720 kilog. pouvant donner un rende 
ment de 54 à 55 pour 1 00 de viande nette, soit 400 kilog. X 1 .60, cours 
actuel, soit 620 fr., laissant une perte de 80 francs. 
Engramement des bœufs de trait. 

Outre les jeunes boeufs n'ayant jamais travaillé, la boucherie con- 
somme surtout les anciens bœufs de trait. Suivant le compte ci-dessus 
le bœuf de trois ans re^ient à 600 fr.; il peut alors travailler utilement 
jusqu'à 1 âge de six et sept ans. Alors il vaut encore exactement le 
même chiffre de 600 fr. (1,200 fr. la paire) ce qui a fait dire que le 
bœuf payait son travail par sa nourriture, formule inexacte; il ne perd 
pas de valeur, ce qui est énorme. Sous ce rapport, c'est une force motrice 
plus économique que le cheval, indispensable dans certaines condi- 
tions, et dont les frais d'entretien pouvant excéder son travail doivent 
être mis aux comptes frais de culture. Cependant parmi ces frais 
d'entretien devant être appliqués au compte de sa valeur de boucherie 
ligure une période de quelques mois de repos précédant sa mise à l'en- 
grais et pouNant s'évaluer en\iron à 50 fr. Mis à l'herbage, ce bœuf 
consomme en herbe pour environ 120 fr.; intérêts et risques à 10 pour 
1 00 pendant six mois d engrais, 30 fr. Total du prix de revient du bœuf 
de six ans ayant travaillé, 800 fr. 

Ces bœufs pèsent en moyenne 850 kilog. pou vaut donner un rendement 
d'environ 54 ou 55 pour 100 de viande nette, soit 450 kilog. X \ .60 
cours actuel, soit 720, fr. laissant une perte de 80 fr. 

Lorque ces bauifs, aussi bien que ceux de trois ans, sont vendus à 
Paris (et c'est le plus grand nombre), il faut augmenter les frais, et 
actuellement la perte de 25 fr. pour prix du transport et consigna- 
tion à la Villette. 

Yollà où en est arri\ ée cette spéculation de l'élevage et de l'engrais- 
sement pastoral, qui passe encore pour la seule branche de notre 
agriculture devant et pouvant se suffire à elle-même, et que la Com- 
mission parlementaire se refuse de protéger (à une voix de majorité, 
il est vrai). 

Cette Commission, dit M. Raoul Duval, a été tout d'abord frappée 
du peu d'importance des importations de bétail étranger et constate 
qu'il ne vient plus de bœufs américains. 

Cette assertion est parfaitement fondée : les bœufs américains ne 
peuvent plus arriver en France aux cours actuels; mais ils sont tout 
- près de revenir dès que les cours se relèveront par suite de la dispari- 
tion de nos troupeaux de bêtes bovines, comme arrivent par masses 
•^ immenses les moutons des steppes de la Hongrie ou de la Russie pour 
remplacer les nôtres, qui disparaissent peu à }>eu devant eux. 

En réalité, dit M. Raoul Duval, la seule importation de bœufs et 
vaches se fait par l'Italie (80, 184 têtes en 1883), au grand profit de 
nos départements du sud-est. Mais M. Raoul Duval a oublié d'ajouter 
que ces animaux italiens sont généralement de détestable qualité, se 
vendent à prix réduit et contribuent encore à l'avilissement des cours. 

Un des faits saillants de la situation actuelle, c'est l'écart considé- 
rable qui existe entre le prix réel de la viande sur pied et le prix de la 
viande à l'étal, c'est une conséquence directe de notre situation écono- 
mique ; autrefois les bouchers pouvaient vendre la viande au prix 
coûtant, les abats (ou le cinquième quartier, en terme technique), 
produisaient un bénéfice suffisant sur chaque bœuf. 



32 PRIX DE REVIENT DE LA VIANDE DE BOUCHERIE. 

11 n'en est plus ainsi, les suifs, peaux, os, ete., venant à vil prix de 
l'étranger, Plata, etc. Le boucher, pour obtenir un bénéfice légi- 
time, est obligé de majorer le prix de la viande (peut-être plus que 
de raison). Joignez-y la lourde charge de l'octroi qui, à Paris, aug- 
mente la viande de plus d'un sol par livre. Il en résultera que le con- 
sommateur souffre, alors que le producteur se ruine. 

Si cette situation se prolonge, les éleveurs et engraisseurs ne pour- 
ront continuer leurs opérations qu'en o])tenant une grande diminution 
de fermaoe. La baisse locative du sol entraînera la baisse de sa valeur 
vénale. Les impôts, déjà trop lourds, deviendront absolument insup- 
portables. L'ancien équilibre de la richesse publique se rompra d'une 
manière violente et amènera des désastres sans nombre qui frappe- 
ront, non pas seulement quelques grands propriétaires privilégiés, 
comme on le prétend, mais la majorité de la nation, vu l'extrême 
division de la propriété foncière en France. 

Parallèment à l'avilissement du sol, il va se produire un abaisse- 
ment encore plus inquiétant dans le taux des salaires. 

Dès le moment où il n'existe plus de barrière et qu'il se fait un 
nivellement dans le prix des objets de consommation dans le monde 
entier, le même nivellement doit avoir lieu sur les instruments de pro- 
duction, terre et travail des hommes, attendu que nul ne peut produire 
au-dessous du prix de revient. Déjà cette loi commence à se faire sen- 
tir d'une manière douloureuse : le prix de la main-d'œuvre diminue 
chaque jour dans les campagnes, et par cont^-e-coup va diminuer dans 
les villes. ^' ■^"■♦f 'l ' 

M. Raoul Duval dit qu'il y aurait d'autatot pkïs. d'inconvénient à 
surtaxer la viande que mangent les ouvriers de Marseille, Lyon, Saint- 
Etienne, etc., que l'industrie du Sud-Est a aujourd'hui plus dô peine 
à lutter sur le marché du monde. M. Rrfoul Ùuval est-il certain que, 
même à son prix actuel, ces ouvriers pourront continuer à manger de 
la viande? L'honorable député est trop intelligent et trop au courant 
des affaires du pays pour ne pas se rendre compte que l'avilissement 
des prix de la viande tient maintenat à l'absence de consommation, 
par suite de la misère générale qui s'accentue de plus en plus, misère 
qui est le résultat direct de la crise agricole. 

Il ne suffit pas que la viande soit bon marché, il faut encore gagner 
de quoi la payer même à prix réduit. Il n'y a pas un grand nombre 
d'années en arrière, la viande valait six et huit sons dans nos pro- 
vinces du centre. Pas un paysan n'en pouvait manger ; dès que le 
prix de la viande a doublé, ils en ont tous consommé, parce que simul- 
tanément leur salaire avait triplé ou quadruplé. 

Au lieu d'ofîrir aux masses la promesse décevante de la vie à bon 
marché, il eût été plus sage de leur assurer le bien-être qui naît de la 
prospérité. Alphonse Tiersonnier, 

Membre de la Société nationale d'agriculture, 

membre du Conseil de la Société des agriculteurs de France, 

président du Comice agricole de l'arrondissement de Nevers. 

SOCIÉTÉ NATIONALE D'AGRICULTURE 

Séance du 24 décembre 1884. — Présidence de M. Chevreul. 
M. le ministre de l'agriculture transmet une ampliation du décret 
nommant M. Louis Passy secrétaire perpétuel, en remplacement de 
M. Barrai. 



SOCIÉTÉ NATIONALE D'AGRICULTURE DE FRANCE. 33 

M. Chevreul installe M. Passy, et M. le secrétaire perpétuel remercie 
la Société ; il s'exprime à peu près en ces termes : 

a Vous ne doutez pas de la sincère émotion que j'éprouve en vous donnant 
communication du décret qui confirme le vole cpie vous avez émis dans la der- 
nière séance. De hautes convenances, que chacun appréciera, m'interdisent de 
donner à l'expression de mes sentiments une trop grande étendue. — Je vous 
prie tous, mes chers confrères, de lire plutôt dans mon esprit et clans mon cœur 
pour vous rendre compte de ma reconnaissance et de mon dévouement. Tout ce 
que je sais, tout ce que je puis affirmer, c'est qu'en recevant ce mandat si im- 
portant et si délicat de secrétaire perpétuel, j'en sais tout le prix et tout le poids. 
Je chercherai doiîc à le remplir dignement, tant à l'égard de l'administration à 
lac[uelle vous attachent des relations si étroites qu'à l'égard de tous nos confrères 
auxquels m'unissent tant de liens d'estime et d'amitié, et je ne négligerai rien, je 
vous assure, pour remplir la haute fonction que vous m'avez confiée, avec l'indé- 
pendance, l'assiduité et le dévouement qui sont le devoir de ma charge. » 

M. Verlot pose sa candidature à la place laissée vacante, dans la 
section des cultures spéciales, par la mort de M. Lavallée. — Trois 
candidats sont dès à présent sur les rangs : MM. Henry Vilmorin, Du- 
claux et Verlot. 

M. Narcisse Boulanger, de Guines (Pas-de-Calais), envoie un 
article sur un haras boulonnais, institué par un ('omité qui compte à 
sa tète M. Robbe, de Guines, lauréat des concours français et anglais. 

M. Vilgrain, à Nancy, fait hommage de deux brochures inti- 
lées : Quelques indications sur la loi jp'ojetée pour rétablissement 
d'un droit de 5 francs par 100 kilog. à Ventrée des céréales en France; 
et De la revision des tarifs douaniers sur les céréales et les farines. 

M. Bicheyre , professeur à la ferme-école de Royat (Ariège) , 
adressée, , un exemplaire . d^Ci son Traité d'agriculture théorique et pra"^ 
lique-i, ^,, l'usage . dc^ sfei/lîiie^Snètîolies, des écoles normales et des culti- 
vateur,^, ,,', n(l' f- t^'*l-< 

M. Prillieux présente à la Société un nouveau travail de M. Schribaux, 
directeur de la station d'essai des graines à l'Institut national agrono- 
mique, dans lequel il analyse des mélanges de graines de prairies 
vendus par divers marchands grainiers et donnés comme composés en 
vue de conditions particulièrement spécifiées (terrains frais, cal- 
caire, sec, etc., prairie permanente, temporaire, pâture). — Beaucoup 
laissent fort à désirer. 11 en est dont la composition semble avoir été 
abandonnée au hasard. Plusieurs sont à peu près exclusivement for- 
més de ray-grass vivace. Il en est qui ne contiennent qu'une quantité 
très faible de bonnes graines; on en peut citer un (n" 227 du tableau 
donné par M. Schribaux), mélange pour terres un peu humides pour 
prairies temporaires à pâtures, qui ne renferme que 46.68 pour 100 
de graminées et dont le reste est formé de graines de plantes qui 
vivent, non dans les prairies mais dans les bois, comme VAira 
flexuosa et le Molinia cxrulea. Un pareil mélange de graines sans 
Aaleur et de telle provenance, avec de bonnes graines de prairies qui 
se vendent cher, ne peut guère être attribué au hasard. 

D'autres mélanges provenant de maisons sans doute plus éclairées 
ou plus scrupuleuses sont bien plus satisfaisants. Leur composition 
est variée en vue de la nature du sol à ensemencer, et on peut les 
accepter comme fort convenables. Mais pour évaluer la composition 
vraiment efficace d'un mélange de graines de diverses espèces, il ne 
suffit pas de les reconnaître et de les compter, il faut voir dans quelle 
proportion chacune d'elles germe; souvent, à la levée, la relation entre 



34 SOCIÉTÉ NATION ALP: D'AGRICULTURE DE FRANCE. 

les différentes espèces est tout autre qu'on ne devait s'y attendre et 
souvent, malheureusement, c'est la proportion des bonnes espèces qui 
se trouve notablement réduite. — Au point de vue du prix, y a-t-il 
avantage pour l'acheteur à demander au commerce, un mélange tout 
fait? M. Schribaux ne le pense pas; il recommande d'acheter de 
préférence les graines pures de chaque sorte pour les mélanger 
ensuite ; il cite un mélange coté 1 05 francs et qui serait revenu à 
73 francs seulement, si l'on avait aclieté isolément, chez le même four- 
nisseur, les semences qui entrent dans sa composition. — En résumé, 
dit M. Schribaux, l'agriculteur qui demande au commerce des 
mélanges tout préparés court au devant de la fraude et des mécomptes 
les plus imprévus. 

M. de lAicay oifre à la Société une brochure qu'il vient de publier 
et intitulée : La crise agricole. 

M. Chevreul informe la Société que M. Reiset, l'un de ses membres 
associés nationaux, vient d'être nommé à l'unanimité membre de 
l'Académie des sciences dans la section d'économie rurale, en rempla- 
cement de M. Thenard, décédé. 

M. Bouquet de la Grye entretient ensuite la Société d'un mode 
d'exploitation peu connu jusqu'à présent ; il s'agit d'un semis en mas- 
sif de bourdaine à exploiter pour les poudreries de l'Etat. — La bour- 
daine, dit M. de la Grye, est un arbuste très répandu qui sert à la 
fabrication du charbon employé dans les poudreries; cet arbuste 
pousse à l'état sporadique dans les forets humides et marécageuses. 
Actuellement, on le ramasse brin à brin dans les massifs jeunes; il 
est exploité lorsqu il mesure m, 10 de diamètre ou m. 35 de tour; 
il est pelé et livré à l'administration en Jjottes de 1 m. 30 de hauteur 
et de I mètre de tour. — M. de la Grye a essayé le semis en massif 
dans des terrains impropres à toute autre culture que celle de l'osier; 
uiir hectare a été ensemencé; les résultats obtenus jusqu'à présent sont 
satisfaisants et M. de la Grye espère d'ici tieux à trois ans donner les 
chiffres de la production. 

M. Cornu présente à la Société de la part de M. Jeanjean, président 
du Comice agricole du Vigan, une Notice géologique et agronomique sur 
les phosphates de chaux du département du Gard. Viiuteur est un géolo- 
gue distingué et un agronome qui emploie ses loisirs à l'étude delà 
géologie et à la direction de ses propriétés. Georges Marsais. 

SOCIÉTÉ DES AGRICULTEURS DU NORD 

La séance de distribution des récompenses ])Our les concours ouverts 
en 1 844 par la Société des agriculteurs du Nord a eu lieuà Lille le 28 dé- 
cembre avec une grande solennité. M. Macarez présidait, assisté de 
M. Cambon, préfet du département, et de M. Vassillière, inspecteur 
général de l'agriculture, représentant le ministre de l'agriculture qui 
n'avait pas pu se rendre à l'invitation de la Société. Une immense 
allluence de cultiyateurs assistait à la réunion. Les discours pronon- 
ces par M. Macarez, par M. Renouard, secrétaire général, par M. Jac- 
qmart, secrétaire ont été vivement .applaudis, surtout dans leurs pas- 
sages relatifs aux revendications que les agriculterurs font entendre. 
jNous reproduirons dans notre })rochain numéro le discours prononcé • 
par M. Macarez, ainsi que la liste complète des récompenses. 



SOCIÉTÉ DES AGRICULTEURS DU NORD. 35 

Toutefois, nous devons siiiiialer dés aujourd'hui les lauréats des 
deux grands prix d'honneur offerts par la Société des agriculteurs de 
France et par la Société d'encouragement à l'agriculture, pour la cul- 
ture de la betteraye. Ces lauréats sont M. Dupont, cultivateur à 
Thiant, et M. Alfred Brabant, fabricant de sucre à Onnaing. Les 
objets d'art constituant ces prix leur ont été remis par M. Lecouteux, 
au nom de la Société des agriculteurs de France, et par M. Lavalard, 
au nom de la Société d'encouragement à l'agriculture. 

Le soir, un grand banquet réunissait environ 200 convives : lauréats, 
membres de la Société, agriculteurs de toutes les parties du départe- 
ment. Des toasts ont été portés par M. (-ambon, par M. Macarez, par 
M. Vassillière, par M. Renouard, par M. Trystam, etc. C'est toujours 
le même sentiment qui dominait dans toutes ces manifestations. 

Henry Sagnier. 

BOULANGERIE COOPÉRATIVE A MOSCOU 

A Moscou existe depuis peu une boulangerie centrale formée par 
actions de 1,000 rouldes, au capital de 400,000 roubles, autorisée 
par le gouvernement; elle a al)ai8sé les prix de 25 jM)ur 100. 

L'établissement a coûté 250,000 roubles ; il fournit chaque 
jour 65,000 kilog. de pain qui sont étalés dans 40 magiusins dans les 
différents quartiers de la ville. La l)oulangerie travaille avec 5 fours à 
vapeur, dont chacun fournit 13,000 kilog. de pain par jour. 

Le prix des boulangers est de 85 à 90 copeks pour le pain de seigle 
par poud, la boulangerie centrale fournit ce même ])ain pour 
65 copeks par ])0ud, soit 16 centimes le kilog. Le pain de froment se 
vendait 2 roubles 50 copeks, la boulangerie centrale l'a réduit à 2 
rou])les, soit 50 centimes .le kilog. Max Hofemainx. 

EXPOSITION D'HORTICULTURE A MOULINS 

La Société d'horticulture de FAllier, présidée par M. Doumet- 
Adanson, organise une exposition des produits de l'horticulture et des 
arts et industries qui s'y rattachent ; cette exposition aura lieu à Mou- 
lins, du 20 au 25 mai 1885 à l'occasion du concours régional. 

Tous les amateurs, horticulteurs et producteurs, industi'iels de 
tous pays, les établissement publics, les Sociétés dhoiliculture et 
les instituteurs du département sont invités à y prendi-e part. Les 
demandes d'admission devront parvenir au secrétariat de la Société à 
Moulins, avant le 1'' mai 1885, terme de rigueur; passé cette date, 
tous les objets acceptés par la Commission d exposition pourront être 
admis, mais hors concours. Les demandes devront indiquer : 1" les 
noms, prénoms et domicile de l'exposant; 2" la nature des produits et 
l'espace superficiel qu'ils doivent occuper ; 3" le ou les concours 
auxquels on désire prendre part; les concours spéciaux sont au 
nombre de 107. • . J. de Pradel. 

REVUE COMMERCIALE ET PRIX COURANT DES DENRÉES AGRICOLES 

I. — Situation générale. 
La dernière semaine de l'année présente toujours beaucoup de calme, même 
quand l'activité règne dans les transactions. Gela est d'autant plus vrai aujourd'hui 
que les aSaires agricoles sont absolument restreintes. 

II. — Les grains et les farines. 
Les tableaux suivants résument les cours des céréales, par QUINTAL MÉTRIQUE, 
sur les principaux marchés de la France et de l'étranger : 



36 



HEGIÛ.N — 



REVUE COMMERCIALE ET PRIX COURANT 
NORD-OUEST. 

Blé. Seigle. Org«. 

fr. 



Calvados . Caen 

— Lisieux 

C.-du-Nord. Tréguicr. 

— Poiili'ieiix 

/•'/ii/.s'/'Tc . Morlaix. . . . 
Jllc-cl- 1 liai ne. Uenncs 

— FoUgtTPS 

Manche. Saiiit-Lù 

— Avranc.hes 

— Valognes 

Mayenne. Mayenne 

— Evron 

Morbihan. Ilennebont. 
Urne. Aleiiçon 

— Vinioutiers 

— Fiers 

Sarthe. Le Manis 

— Mamers 



fi-. 
l'i.tij 

17. 3d 



15.75 
17.70 
15.25 

15.5!) 
l'i .75 
Ki.OO 

17. 'lO 
Ki.15 
IG.OJ 
Ui.l5 
10. 25 



Prix moyens 

2° RÉGION 

Aisne . Laon .' 

— Marie 

— La Fcre 

Eure. Evrcux 

— Pacy 

— Lonviers 

Eure-et-Loir . Chartres. 

— Chàteaudun 

— Anneau 

JVord. Lille 

— Valenciennes. . . . 

— Bergues 

Oise. Beauyais 

— Senlis 

— Compiègne 

Pas-de-Calais. Arras... 

— Béthune 

Seine. Paris 

S.-et-Mame. MeluiV, . .i. . 

— Coulommiers. . . . 

— Monlereau. 

S.-et-Oise. Versailles 

— Angerville 

— Houdan 

Seine-Infér. Rouen 

— Yvetot 

— Caudfibec 

Somme. Amiens 

— Doullens 

— Roye 

Prix moyens 

3" RÉGION. - 

A rdennes. Sedan 

— Charleville 

— Retliel 

Aube. Bar-sur-Aube. . . . 

— Méry-sur-Seine . . 
Marne. Chàlons 

— Vitry-Ie-François. 

— Sle-Menebould.. . 
Ulc-Marne. St-Dizier... 

— Chaumonl 

Meurthe-et-Mos. Nancy. 

— Toul 

— Lunéville 

Meuse. Bar-le-Duc 

— Verdun 

Ilaule-Saône. Gray 

Vosges. Epinal 

— Mirecourt.. .. ■ . . . 



18. -i? l'i.(>5 

20.75 18.00 
20.15 » 

21.40 Iti.OO 

19.75 15.25 

20.50 lti.75 

20. 6G 15.89 
. — NORD. 



!I0 



\voJDe. 

fr. 
20.50 
21.00 
15.25 

15.5(i 
l'i.tiO 
15.50 
15. OU 
23 00 
2'i.00 
18.00 
17.00 

17.00 
17.35 
20.50 
17.00 
20.50 
Ui.OO 



15.00 
15.25 

10.10 18.10 



18.50 
17.50 
18.50 
18.85 
19.00 
18.85 
21.'iO 
1 8 . 20 
18.85 
20. 'lO 
20.15 
18.75 
19.75 • 
18.50 
20.25 
18.85 
20.00 
20.25 
20.00 
19.75 
19.80 

19.70 
18.50 
19.75 
18.50 
19.15 
20.30 
19.80 
18.85 



1 5,25 

15.00 
14.10 
12.65 
12'80 
14.00 

» 
15.20 
17.10 
16.00 

15.25 
15.50 
13.75 
15.05 
10.65 
15.75 

'•lu 
14.75, 
l'i.05 
15.50 
14.65 
13.80 
14.00 

1 4 . 00 
15.00 
14.35 
16. 15 



18.00 
18.25 

17.70 

15.75 

15.00 

16.50 

15.90 

17.40 

15.00 

19.20 

18.20 > 

17.25 

s 
17.00 
17.70 
18.00 
18.90 

-.1 1" 
18.00 

19.00 
16.90 
17.25 
18.00 
18.00 
18.00 

10.50 



19.43 14.86 
NORD-EST. 



20.00 
20.00 
18.50 
18.50 
18.15 
19.00 
19.25 
19.15 
19.25 
19.25 
20.00 
19.75 
20.00 
19.90 
20.00 
20.00 
20.75 
19.50 



10.25 
15.10 
l 'i . 50 
14.50 
14.35 
16.00 
15.50 
15.25 
14.00 
14.50 



15.50 
15.00 
17.00 
15.00 
15.00 



Prix moyens 19.49 15.16 

4' RÉGION. — OUEST. 
Charente. Angoulème... 21.15 » 

— Barbezieux 20.80 » 

Charente -Inf. Marans . . 19.40 » 

— St-Jean-d'Angély. 19.50 » 

Deux-Sèvres. Niort 20.45 » 

Indre-et-Loire. Tours.. 18.45 

— Bléré 18.10 

Loire-lnfér. Nantes... 20.15 
M.-et-Loire. Saumur... 20.15 

— Angers 18.50 

Vendée. Luçon 19.15 

— Roche-sur- Yon 19.80 

Vienne. Poitiers.' 20.00 

Haute- Vienne. Limoges 20.80 

Prix moyens 19.31 



12.65 
13.00 
14.00 
15.25 
14.05 



14.05 
15.00 



19'. 00 
19.00 
10.50 
17.75 
10.75 
19.00 
19.50 
18.25 

18.50 
20.00 
18.00 
17.50 
19.50 
18.50 
15.50 



18.13 



18.25 



15.75 
16.00 



17.30 
16.90 



18.05 
16.50 



16.00 

15.00 
17.80 
17.75 
16.95 
16.00 
15.70 
16.00 
17.00 
16.75 
17.90 
16.50 
16.50 
20.00 
14.00 
13.00 
18.25 

17.75 

16.15 

15.50 

21.70 

24.00 

23.00 

9.75 

3.00 

5.00 

TTTô 



6.50 
6.50 
0.00 
8.00 
5.25 
7.00 
0.00 
5.00 
4.00 
6.50 
0.50 
0.00 
7.00 
0.50 
6.00 
5.30 
6.25 



7.25 
7.00 
9.50 
7.00 
6.00 
7.50 
5.00 
6.75 
6.40 
8.50 
7.00 
7.50 
5.00 
4.50 



14.17 17.09 16.78 



Allier. Moulins 

— Montluçon , 

Cher Bourges 

• — Vierzon 

— Sancerre 

Creuse. Guéret 

Indre. Chàteauroux. . . , 

— Valençay 

— Issoudun 

Loiret. Orléans....... 

— Conrtenay 

— ■ Patay 

L.-el-Cher." Blois 

— Mondoubleau. . . 
Niiivre. Nevers 

— Clamecy 

— La Charité 

Yonne. Sens 

— Saint-Florentin. 

— Brienon 



5° RÉGION. — CENTRE. 

Blé. Sei;,'!Ë. 

fr. 

10.25 
15.75 
14.50 
14.00 



fr. 
20.50 
20.25 
18.50 
20.15 
20.20 
20.80 
19.25 
19.50 
20.65 
19.15 
20.00 
18.90 
20.80 
19.40 
19.45 
19.00 
19.75 
19.80 
19.80 
19.40 



15.50 
14.75 
13.35 
14.60 
1 4 . 65 
14.50 



50 



14.75 
17.50 
15.00 

l 'i . 60 
14.90 
14.60 
13.60 



Ol':(e. 

fr. 

10.60 
ri.75 
17.30 
13.85 

16.50 
10.80 
18.25 
10.00 
16.50 
17.75 
17.75 
10.80 
1 7 . 30 
10.15 
15.75 
17.50 
10.75 



Avoine. 

fr. 

16.75 
16.10 
16.00 
15.80 
14.75 
14.00 
15.40 
13.75 
10.00 
16.25 
15.75 
16.75 
18.00 
16.60 
17.00 
15.20 
10.45 
16.50 
16.75 
17.00 



Prix moyens 14.76 14.85 10.01 16.04 



10.00 
15.97 
■ OUEST. 



6° riÉGiox. — EST. 

.4m. Bourg 23.05 10.35 

— Nanlua 22.75 » 

Côte-d'Or. Dijon 20.25 10.00 

— Semur..' 19.75 14.50 

— Beaune 21.40 w 

Doubs . Besancon 20.10 » 

Isère. Grenoble 22.50 16.50 

Jura. D(Me 20.25 15.25 

Loire. Montbrison 20.50 16.50 

P. -de- Dôme. Issoire. .. . 20.75 17.15 

Rhône. Lyon 20.80 15.50 

iSaô/ie-e<-/.oire. Chalon. 20.00 16.00 

— Autun .' 20.50 » 

Savoie. Chambéry 22.75 » 

Hte-Savoie. Annecy.... 21.10 

I^rix,i^(jf'y^^^..,.,..,2K^10 

Arieqe. Koix , 24.10 16.00 

■ -JXn l'àblèi-S'.f.J] . . J . . J ISlfitlo -- 16.00' 
Z)o(|(^pfl(!|e.,-;P*rigOeux. . , ,22.pjC^,.,<f).'^0 
Hle-Çarènne. Toulouse. 24.00 ,10.75 

-^'' Bt-Ga<iidéiis., •i2'.^0''>10.00 

Clçff^.,\C(MiàoTfi,,■.■.f,'^.., 22.75 » 

— Eauze 22.90 » 

— Mirande 19.50 » 

Gironde. Bordeaux 21.40 

— Lcsparre 22.80 

Landes. Dax 24.35 

Lot-et-Garonne. Agen. . 21.30 

— Nerac 22.80 

B.-Pyrénées. Bayonne.. 23.40 
Iltes-Pyrénées. Tarbes.. 23.40 

Prix moyens 22.33 

8" RÉGION. — SUD. 
Aude. Caslelnaudary.... 23.40 18.00 

— Carcassonne 22.75 

Aveyron. Rodez 20.80 

Cantal. Aurillac 23.40 

Corrèze. Tulle 22.90 

Hérault. Béziers 21.75 

— Cette 21.50 

Lot. Cahors 23.10 

Lozère. Mende 22.75 

Pyrcnées.-Or. Perpignan ;24.35 

Tarn. Gaillac 22.75 

Tarh-et-Gar. Montauban 22.40 

Prix moyens 22.05 

9° RÉGION- — Su D- EST 
Bosses-^lipe.s.Manosque. 25.95 » 
Hautes-Alpes. Briançon. 23.00 
Aipes-Mariiimes. Nice. 25.30 

Ardèche. Privas 23.20 

B.-du-Rhône. Arles.... 24 70 

Drame. Valence 21.50 

Gard. Alais 24.70 

Haute-Loire. Brioude... 20.80 

Var. Draguignan 23.25 » 

Vaucluse. Avignon 21.70 » 

Prix moyens 23.41 16.95 

Moy. de toute la France. 20'.34 15.85 
— de la semaine précéd. . 20.88 15.74 

Sur la semaine ( hausse. » 
précédente... (Baisse. . 0.54 



17.00 
10.50 
10.75 
15.50 
17.25 
17.10 
19.00 
10.75 
10.50 
17.40 
17.50 
17.75 
18.00 
» 17.85 

» 16.50 

17.66 17.82 



18.00 
19.00 
17.00 
16.90 



in y- / 

') -lU > 
15,40 



17.00 
15.75 
19.35 
17.50 



,35 



18.50 
4'9'.40 

:^i.oo 

18.50 
■^8.00 

' » 
20.00 

18.40 
18.75 



18.50 
22.00 



16.84 16.20 18.71 



16.65 
17.60 
18.70 
18.00 
17.65 

18.00 
18.00 

17.80 

18.80 
17.92 



18 00 
16.00 
16.25 

» 
14.50 

18.00 



16.90 
16.15 

17.00 
16.60 
14.60 
12.00 
16.60 
18.45 
22.00 

15.75 



19.00 
18.50 
18.50 
16.75 
16.50 
20.00 
17.50 
16.40 
18.00 
24.40 
18.50 
18.50 

16.61 18.54 



20.30 
19.00 
19.50 
18.60 
19.25 
18.25 
21.25 
15.00 
17.80 
» 18.75 

10.43 18.77 
16.91 17.56 
16.89 17.18 



16.00 
16.00 
16.15 
15.50 



16.90 
18.00 



DES DP:NRKES agricoles (3 JANVIER 1885^. 37 

Bit'. Soigle. Orpe. Avoine 

fr. fr. fr. fr. 

Algn-ie. ' MsevWf^f'^'^-- H^f} 

^ " ( Lie dur.... ].i.î:j » 10.. jO » 

Arir/leterre. Londres IS.Tn » 11.. ^jO » 

Belgique. Anvers 17.7.5 KL "25 19. '25 18.00 

— Bruxelles 1S.80 « » » 

— Lièffe 18.10 liLOO 18.00 KLiO 

— Naniur 18. .50 JtLOO 18.00 15. .50 

Pays-Bas, Rotterdam 19.00 » 17.60 17.75 

Luxembourg. Luxembourg '2"2 10 18 65 15.40 17.00 

A Isace-Lorraine. Strasbourg. '2-2 . '25 19. '25 ■2"2 . '25 1 8 . '25 

— Mulhouse '21.75 18. '25 19. .50 IH.IO 

— Colmar '21. '25 J9.90 '21.15 19. .50 

A llemagne. Berlin 1 9 . .'i5 17. 50 » « 

— Cologne 19.:i5 18.10 » « 

— Hambourg 18.90 15.10 » « 

SuUsc. Genève.." '23.00 17.50 18. .50 19.50 

Italie. Turin '2-2.. 50 16.75 » ^ 17.00 

Espagne. Barcelone » » 13. "25 18. "25 

Autriche. Vienne 17.10 » » » 

Hongrie. Budapest 17.60 14.00 15.50 13.75 

Bussie. Saint-Pétersbourg... 17.15 13.90 » r2. 75 

Etats-Unis. New-York 15.30 » » » 

Blés. — La baisse a encore continué cette semaine. Les marchés étaient peu 
approvisionnés, et quoique les affaires aient été calmes, les besoins de idéalisation 
de la culture, ont fait fléchir les cours. A la réunion du 29 décembre à Paris, les 
blés de mouture se sont cotés de 19 fr. 50 à fil fr. les 100 kilog. — Le marché 
des blés à livrer a vu des transactions assez suivies, avec des cours faiblement 
tenus comme suit: disponible et janvier 20 fr, 50; janvier-février 20 fr. 50 à 

20 fr. 75; quatre premiers mois, 20 fr. 75; quatre mois de mars, 21 fr. 25 à 

21 fr. 50. — A Marseille, les affaires ont été nulles; les prix sont restés sans 
variation. — A Nantes, ôîi il y a eu quekpies demandes pour la Normandie, les 
blés américains' 6*nt été côtés de 21 fr. à 22 fr, les 100 kilpg. — A Londres, les 
prix sont restés aoiâiinalement les mêmes que la semaine dernière, 19 fr, pour les 
blés de. Califcjrnïè, "et 19 fr: 25 pour les Australie, sur les marchés intérieurs de 
l'Angleterre^' le nprï'x moyen .a,;' été de 18 fr. 20 les 100 kilog. 

Farines. — Les affaires se bornent strictement aux besoins courants pour 
lesquels la meunerie maintient ses prix. On cote toujours à Paris, les farines de 
coxisommation : marque de Corbeil, 47 fr.; marques de choix, 47 à 50 fr.; pre- 
mières marques, 46 à 47 fr.; bonnes marques, 44 à 45 fr.; marques ordinaires, 
43 à 44 fr,; le tout par sac de 159 kilog, bruts, toile à rendre, ce qui correspond 
aux prix extrêmes de 27 fr, 39 à 31 fr, 85 les 100; kilog, ou 29 fr, 55 en moyenne. 
— Sur les farines de spéculation, les prix ont été assez bien tenus avec des trans- 
actions assez suivies à la réunion du 29 décembre à Paris, On a coté : farines 
neuf -m arque s, courant du mois, 44 fr, 10; janvier, 43 fr, 80; janvier- février, 
43 fr, 90; quatre premiers mois, 44 fr. 15; quatre mois de mars, 44 fr. 90. 

Seigles. — On constate de la lourdeur sur les seigles dont le prix a légèrement 
baissé pour les premières qualités. On cote 15 fr. 50 à 16 fr. les 100 kilog. 

Orges. — Les orges offrent également un peu de ])aisse, aux cours de 14 fr, 75 
à 20 fr. Les escourgeons se cotent 18 fr, 75 à 19 fr, les 100 kilog. 

Avoines. — Les prix se soutiennent mais sans affaires. On demande de 17 fr. 25 
à 19 fr. les 100 kilog, suivant provenance et qualité. 

Issues. — On cote à la halle : gros sons seuls, 12 fr, 50 à 13 fr, 50; sons trois 
cases, 12 fr. à 12 fr, 25; sons fins, 11 fr, à 11 fr. 50; recoupettes, 11 fr, 50; 
remoulages blancs, 15 à 17 fr,; remoulages bis, 14 fr, à 14 fr, 50 le tout aux 100 
kilog, 

IlL — Fourrages et graines fourragères. 

Fourrages. — Le marché a été faiblement approvisionné, et les prix se son; 
soutenus en moyenne. On cote, à Paris : foin, 52 à 58 fr,; luzerne, 50 à 56 fr,; 
paille de blé, 28 à 32 fr, ; paille de seigle, 36 à 40 fr.: paille d'avoine, 22 à 26fr.t 
les 100 bottes de 5 kilog. — Sur wagon en gare, on paye le foin 36 à 44 fr, ; la 
luzerne, 34 à 46 fr, les 100 bottes, déchargement et octroi à la charge de l'ache- 
teur. — A Versailles, les fourrages se vendent: foin, 40 à 43 fr. les 100 bottes; 
sainfoin, 35 à 40 fr. ; regain, 38 fr. ; paille de blé, 26 à 30 fr. ; paille d'avoine 

22 à 24 fr. — A Verdun, le quintal de foin se paye 8 fr., et le quintal de paille 
6 fr. 



38 1\I<;VUE COMMERCIAIE ET PRIX GOURANT 

Graines fourragères. — Les cours du marché de Paris sont les suivants - 
trèfle violet, 100 à 115 fr. les 100 kilog. ; trèfle blanc, 160 à 190 fr. ; trèfle hy: 
bride, 160 à 180 fr. ; luzerne de Provence, 145 à 165 fr. ; d'Italie, 120 à 130 fr. ; 
du Poitou, 85 à 100 fr. ; minette, 35 à 40 fr. ; ray-grass anglais, 35 à 40 fr. ; 
d'Italie, 37 b 42 fr; sainfoin à une coupe, 34 à 35 fr. ; à deux coupes, 39 à 40 fr.; 
vesces de printemps, 22 à 24 fr. ; pois jarras, 17 à 18 fr. — A Avignon, on a 
paye' la graine de luzerne, 122 à 128 fr. les 100 kilog. la première qualité, et 112 
à 118 fr. la seconde; le trèfle violet vaut 104 à 106 fr. 

IV. — Fruits et légumes frais. 

Fruits. — Poires, 80 à 120 fr. les 100 kilog.; à cuire, 20 à 50 fr.; pommes 
Canada, 50 à 70 fr.; reinette, 28 à 30 fr.; grises, 22 à 25 fr.; blanches, 15 à 
18 fr.; oranges de Valence, en vrac, 4 fr. le cent; citron, 4 à 7 fr.; mandarines 
d'Afrique, la caisse de 50, 1 fr. 75 à 8 fr.; marrons, 15 fr. les 100 kilog. 

Légumes. — La vente est facile depuis que le temps est devenu sec et froid. 
On cote à la halle : chouxfleurs, 7 à 8 fr. la douzaine; artichauts d'Afrique, 25 à 
40 fr. le cent; endives de Bruxelles, 45 à 50 fr. les 100 kilog.; oignons 10 à 
20 fr.; haricots verts, 110 à 120 fr.; petits pois, 1 fr. 10 à 1 fr. 20 le kilog.; 
pissenlits verts, fr. 30 à fr. 40; blancs, 1 fr. 10. 

Pommes de terre. — Hollande triées, 14 fr,; ordinaires, 8 fr.; rondes, 8 à 
9 fr.; rouges, 6 fr.; chardon, 5 fr.; vosgiennesj 6 fr.; le tout aiLX 100 kilog. 

V. — Vins. — Spiritueux. — Vinaigres. — Cidres. 

Vins. — Le commerce des vins est en ce moment au calme "complet, aussi 
bien dans le Bordelais et le Midf, qu'en Bourgogne, dans le Centre et les Cha- 
rentes. — C'est à Narbonne seulement que l'on constate encore quelque activité 
commerciale. Les ventes de la semaine dernière ont atteint dans le rayon 
45,000 hectolitres, dont les prix sont restés de 32 à 35 fr. pour les premiers choix 
et 22 à 25 fr. les ordinaires. — A Béziers, on signale aussi de petites ventes à 
des prix variant entre 13 et 18 fr.; des vins de qualité supérieure ont été vendus 
de 24 à 27 fr. — A Lésignan (Aude), on a coté : Aramons, 15 à 18 fr. l'hecto- 
litre nu pris à la propriété; petits Montagnes, 20 à 22 fr.; Montagne et Lésignan 
ordinaires, 25 à 28 fr.; Narbonne et Lésignan premier choix, 30 à 32 fr.; Nar- 
bonne supérieurs et Corbières, 34 à 35 fr. A La Flotte (Ile-de-Ré), les vins blancs 
pour la brûlerie s'enlèvent au prix de 150 fr. le tonneau, et les rouges pour Bor- 
deaux et les marchés du Nord et de l'Est à 200 fr. 

Spiritueux. — Au marché du 29 décembre, à Paris, les affaires ont été assez 
actives et les prix ont marqué de la fermeté. On a coté les trois-six fins du Nord 
90 degrés, 42 fr. 75 à 43 fr. l'hectolitre disponible; le livrable janvier 43 fr. 50; 
les quatre premiers mois, 44 fr. 25, et les quatre mois de mai, 45 fr. 25. — Les 
trois-six fins du Languedoc valent toujours 110 à 112 fr. — A Lille, l'alcool de 
betterave disponible est coté 42 fr., avec tendance à la fermeté. — A Bordeaux, 
les trois-six du Nord sont également fermes aux cours de 49 à 50 fr. pour le 
disponible, et 50 à 51 fr. l'hectolitre nu pour le livrable dans les quatre premiers 
mois de 1885. Les qualités neutres type allemand valent de 60 à 70 fr.; les pre- 
mières marques de Berlin, 82 à 88 fr.; les secondes marques, 75 à 77 fr. — A 
Cognac, les prix des eaux-de-vie vieilles varient ae 215 à 285 fr. l'hectolitre nu ; 
celles de 1884 sont cotées 100 fr. l'hectolitre logé pour coupages. — Dans l'Ar- 
magnac la marchandise est peu off'erte, et les cours sont en hausse. On cote à 
Condom, Haut-Armagnac 1884, 112 fr. 50 l'hectolitre logé, Ténaroze ordinaires, 
120 à 122 fr. 50 ; Bas-Armagnac, 132 à 140 fr.; Bas-Armagnac premier crii, 
150 à 152 fr. 50. — A la Rochelle, les eaux-de-vie nouvelles sont cotées 200 fr. 
l'hectolitre. — A Tomay-Charente on paye les eaux-de-vie de 1884, 55 degrés, 
64 fr,; les esprits fine Champagne 52 degrés 97 fr.; 86 degrés 150 fr. l'hectolitre. 
— Les trois-six bon goût du Languedoc sont cotés àPézenas, 101 fr.; à Nimes, 
100 fr,; à Béziers, 103 fr,; à Cette 110 fr. — Les marcs valent toujours de 95 à 
97 fr. suivant les places. 

Raisins secs. — Le marché des raisins secs est assez actif. — A Marseille, 
on cote : Corinthe, 32 fr. 50 à 35 fr.; Thyra, 28 à 29 fr.; sultanines en sacs, 
32 fr.; raisins à distillerie, 20 fr.; Samos noirs, 27 fr. 50 à 28 fr.; Samos mus- 
cats, 31 fr.; Candie noirs, 27 fr. 50 à 28 fr. rouge, 47 à 50 fr.; Seglerdges, 27 à 
28 fr.; Vourla, 35 à 36 francs ; le tout aux 100 kilog. 

Plants (le vignes américaines., — Voici les cours d'Albi : boutures, le raille, 
Jacquez, 10 à 30 fr.; Herbemont, 15 à 35 fr.; Cunningham, 15 à 35 fr,: Othello, 



DES DENRÉES AGRICOLES (3 JANVŒR 1885). 39 

75 à 100 fr. — Plants racines : Jacquez, 40 à 100 fr.; Herbemont, 60 à 130 fV.: 
Gunningham, 60 à 100 fr.; Othello, 250 à 300 fr.; Plants greffes sur Riparia, de 
20 à 50 fr.; racines, de 100 à à '310 fr.; Loutures porte-greffes de Riparia, 10 à 
35 fr. 

VI. — Sucres. — Mélasses. — Fécules. — Houblons. 

Sucres. — Les cours sont légèrement en hausse sur ceux de la semaine der- 
nière. Au marche' du -29 décembre, à Paris, on cotait par 100 kilog. : sucres 
bruts, 88 degrés saccharimétriques, 32 fr. 50 à 32 fr. 75; sucres blancs, 99 de- 
grés, 37 fr. 75 à 38 fr.; sucres blancs, n" 3; disponibles et janvier, 39 fr. 75 à 
40 fr.; livi-ables 40 fr. 25 à 42 fr. 50. — Les sucres raffinés pour la consomma- 
tion valent toujours 98 à 99 fr. avec des demandes très restreintes; pour l'expor- 
tation, 40 fr. 50 à 42 fr. — Le stock de l'entrepôt réel, à Paris, était, le 27 décembre, 
de 1,166,960 quintaux. — A Lille, on demande 31 fr. à 31 fr. 50 pour les sucres 
roux, 88 degrés et 39 fr. pour les blancs, n» 3. — A Valenciennes, la cote est 
descendue à 3 fr. 25 pour les sucres roux. A Marseille, on cote 31 à 32 fr. les 
88 degrés; les raffinés pour la consommation, 103 à 105; pour l'exportation, 
53 à 5^6 fr. — A Nantes, les 88 degrés valent de 31 fr. 50 à 32 fi\ 50. 

Mélasses. — Mêmes cours à Paris, de 18 fr. pour la mélasse de raffinerie. — 
A Valenciennes, les mélasses de fabrique disponibles valent 9 fr. 50. — A Borr 
deaux la demande est active à 35 et 40 fr. pour la première qualité, et 25 fr. pou- 
les qualités inférieures. — A Marseille, la mélasse en fûts se cote de 27 à 23 fr. 
les 100 kilog. 

Fécules. — La fécule première est cotée 26 fr. 50 les 100 kilog,, à Paris en 
hausse de 50 centimes ; à Gompiègne, le cours reste stationnaire à 26 fr. — A 
Marseille, la fécule première vaut de 35 à 38 fr.; la fécule deuxième, 33 fr. 

Houblons. — Même situation c[u'il y a huit jours. Quelc[ues petites affaires se 
sont traitées en Bourgogne au prix de 80 à 85 fr. les 50 kilog. Les vendeurs se 
tiennent toujours sur la réserve en attendant le relèvement des cours. 

VII. — Tourteaux. — Noirs. — • Engrais, 

Tourteaux. — Les tourteaux d'œillette sont demandés à Arras ; la fabrication 
est très limitée; ceux de lin ont une vente courante. On cote aux 100 kilog., 
œillette, 16 fr. à 16 fr. 50; colza, 16 fr. 50; cameline, 15 fr.; pavots, 11 fr. 50 à 
11 fr. 75; lin, 22 fr. 25. — A Rouen, les tourteaux de colza indigènes valent 
toujours 15 fr. 

Noirs. — On cote à Valenciennes: noir animal neuf en grains, 33 à 36 fr.; 
vieux grains, 10 à 12 fr.; noir d'engrais, 2 à 8 fr. le tout aux 100 kilog. 

Engrais. — Les derniers cours à Paris sont établis ainsi qu'il suit : nitrate 
de soude, 15 pour 100 d'azote, 22 fr. 50; nitrate de potasse, 13 pour 100 d'azote, 
45 pour 100 de potasse, 46 fr.; sulfate d'ammonia([ue, 20 à 21 pour 100, 36 fr.; 
sulfate de potasse, 21 fr.; phosphate précipité, fr. 65; le degré d'acide phos- 
phorique, fr. 65; superphosphate de chaux, 14 à 15 pour 100 d'acide phos- 
phorif£ue soluble, fr, 64 le degré; sang desséché, 1 fr. 80 l'unité d'azote. 

VIII. — Huiles et graines oléagineuses. 

Huiles. — Les huiles sont peu off'ertes à Paris, et les prix ont une tendance 
à la fermeté. On cote, huile decolza tous fûts 66 fr. 50 les 100 kilog: en tonnes, 
68 fr. 50; épurée en tonnes 76 fr. 50; huile de lin disponible en fûts 52 fr. 50; 
entonnes, 54 fr. 50. — A Arras, l'œillette sui'fine vaut 94 fr. ; le colza 69 fr.; et 
la cameline, 60 fr. les 100 kilog. — A Lille, les huiles de lin disponibles se 
payejit de 52 à 56 fr. et l'huile cle colza 60 fr. l'hectolitre. 

Graines. — La graine d'œillette se place facilement à Arras, au cours de 
26 fr. à 26 fr. 50 l'hectolitre: celle de colza nouveau vaut de 18 à 21 fi'. ; celle de 
lin, 18 à23fr. et celle de cameline, 14 à 16 fr. 50. 

IX. — Matières résineuses et textiles. 

Essence de térébenthine. — L'essence de térébenthine s'est vendu 49 fr. les 
100 kilog. à Dax et 52 fr. à Bordeaux. — Pour les raisinés, la demande est 
nulle et les prix faiblement tenus. 

Chanvres. — Dans la Sarthe, les marchés sont très calmes, avec un approvi- 
sionnement réduit. On coteau Mans, les chanvres blancs 37 à 40 fr. Ies50 Kilog. ; 
les gris, 34 à 36 fr. — A La Flèche les prix varient de 36 à 45 fr. 



40 REVUE COMMERCIALE ET PRIX COURANT 3 JANVIER 18851 

X. — Suifs et corps (jras. 

Suifs. — Le suif frais de la houcliene de Paris est toujours au cours de 79 fr. 
les 100 kilog. disponibles; affaii'es calmes. 

Saindoux. — Les saindoux sont mieux tenus: ils obtiennent au Havre, 48 fr. 5o 
pour les 50 kilog. disponibles. 

XI. — Beurres. — Œufs. — Fromages. 

Beurres. — Les ventes à la balle de Paris se sont élevées pendant la semaine 
179,262 kilog. de beurre aux prix suivants : au demi-kilog. 2 fr. 60 à 4 fr. 04- 
(journay, 2 j'r. 50 à 4 fr. 60 ; Isigny, 2 fr. 06 à 7 fr. 70. 

Fromages. — On cote à la halle, par douzaine : brie, 6 fr. 50 à 35 fr. 50 ; 
Montlhéry, 15 fr. — par cent : Livarot, 27 à 55 fr. ; Mont-d'Or, 7 à 1 1 fr. ; Neuf- 
bâtel, 2 fr. 50 à 21 fr. 50; divers, 6 à 68 fr. 

XII. — Chevaux. — Bétail. — ]'iande. 

Bétail. — Le tableau suivant résume le mouvement officiel du marché aux 
bestiaux de la Villette les 27 et 28 décembre. 

■^ Poids Prix du kilog. <\o viande nette sur 

Yguijji^ moyen pied au mar che du '29 déccembre. 

Pour Pour Kn 4 quartiers, i" 2° 3° Prix 

Amenés. Paris. rextérieur. totalité. Ivil. quai. quai. quai. moyen* 

Bœufs 2.543 1,841 454 2,295 340 \.m 1.4G 1.18 1.39 

Vaches 7tl2 476 193 fifV.) 228 1.54 ].36 1.14 1.33 

Taureaux 116 94 14 108 390 1.42 1.32 1.22 1.31 

Veaux, 1,937 1,204 524 1,718 81 1.88 1.68 1.48 2.72 

Moutons 18,211 12,690 4,379 17,069 20 1.82 1.66 1.46 1.62 

Porcs gras 3,997 1,646 2,343 3,989 80 1.28 1.22 1.18 1.23 

Les prix de toutes les sortes sont en baisse, surtout celui des veaux, qui est 
inférieur de 13 centimes à celui de la semaine dernière. 

Sur les marchés des départements, on cote : Sedan, bœuf, 1 fr. 50 à 1 fr. 80; 
veau, 1 fr. 40 à 1 fr. 90; mouton, 1 fr. 50 à 2 fr. 50: porc, 1 fr. 40 à 1 fr. 60. 
— Mirecourt; bœuf, 1 fr. 65 à 1 fr. 70; veau, 1 fr. 70 à 1 fr. 80; mouton, 

1 fr. 90 à 2 fr.; vache, 1 fr. 60 à 1 fr. 70. — Évreux, hœuî, 2 fr. 10; veau; 

2 fr. 30; mouton, 2 fr. 30; porc, 1 fr. 70. — Neubourg, hœnï, 1 fr. 60 à 1 fr. 70; 
vache, 1 fr. 40 à 1 fr. 50; veau, 1 fr. 80 à 1 fr. 90; mouton, 1 fr. 80 à 1 fr. 90; 
porc, 1 fr. 30 à 1 fr. 40. — Dijon, bœuf, 1 fr. 56 à 1 fr. 68; vache, 1 fr. 10 à 
1 fr. 64; veau, fr. 90 à 1 fr. 10; mouton, 1 fr. 40 à 1 fr. 70; porc, fr. 80 à 

fr. 88. — Bourges, bœuf, 1 fr. 60 à 1 fr. 80; veau, 1 fr. 60 à 1 fr. 80; mou- 
on, 1 fr. 80 à 2 fr.; porc 1 fr. 20 à 1 fr. 50. ^ Nevers, bœuf, 1 fr. 60 à 1 fr. 80]; 
vache, 1 fr. 40 à 1 fr. 60 ; veau, 2 fr.; mouton, 2 fr.; porc, 1 fr. 60.. — Bour- 
Xgoin, bœuf sur pied, 64 à 74 fr. les 100 kilog.; vache, 63 à 73 fr.; mouton. 75 à 
80 fr.; veau, 90 à 95 fr.; porc, 84 à 86 fr. — Brioude, vache, 1 fr. 40 le kilog.; 
veau, 1 fr. 90; mouton, 1 fr. 80; porc, 1 fr. 80. — Villefranche, bœuf fr. 75; 
vache, fr. 75; veau, fr. 90; moulon, fr. 90; porc, fr. 85. — Condom, 
bœuf, I fr. 60 à 1 fr. 80; veau, 1 fr. 20 à 1 fr. 40; vache 1 fr. à 1 fr. 20; mou- 
ton, 1 fr. 60 à 2 fr. 10; agneau, 1 fr. 60 à 1 fr. 80; cochon, 1 fr. 50. — Nice, 
bœuf, 1 fr. 50 à 1 fr. 55; vache, 1 fr. 40 à 1 fr. 45; veau, 1 fr. 55 à 1 fr. 60; 
mouton, 1 fr. 45 à 1 fr. 50 ; agneaux et chevreaux, 1 fr. 50 à 1 fr. 55 ; chèvres, 

1 fr. 05 à 1 fr. 10; porc, 1 fr. 30 cà 1 fr. 35. 

Viande à la criée. — Il a été vendu à la halle de Paris, du 22 au 29 décembre : 

Pri\ ilu kilog. le -29 déeeniliri\ 

kilog. ['- quai. T quai. 3" quai. Clioix. Basse houclierie. 

Bœuf OU vache.. 189, 170 1.64 à 2.06 1.42 à 1.62 1.00 à 1.40 1.44 à 2.80 0.20 à 1.34 

Veau 181,994 1.78 2.14 1..56 1.76 1.20 7.54 » » » » 

Moutons 91,538 1.48 1.76 1.26 1.46 1.96 1.24 1.60 3.10 » » 

Porc 84,852 Porc frais 1.04 à 1.24; salé, 1.60 

547,554 Soit par jour.. 78,222 kilog. 

Les ventes ont été supérieures de près de 1,3000 kilog. par jour à celles de la 
semaine dernière ; les prix sont un peu plus élevés pour les bonnes qualités. 
XIII. — Cours de la Villette du \" janvier 1885. 
■ Les nécessités du tirage de ce numéro, à raison de la fête du 1" janvier, nous 
empêchent de publier aujourd'hui les derniers cours du marché de la Villette. 

XIV. — Résumé. 
En résumé, les marchés de la dernière semaine de l'année ont présenté peu 
d'intérêt. La baisse sur les blés s'est un peu accentuée, mais les prix des autres 
denrées sont restés en général stationnaires. A. Remy. 



CHRONIQUE AGRICOLE (lo janvier isss). 

Exagéralion des polémiques engagées contre les vojux des agriculteurs. — Moyens à employer 
pour enrayer le renchérissement du pain et de la viande. — Urgence d'une solution immé- 
diate. — Formation du bureau de la Société nationale d'agriculture pour 1885. — .Manifesta- 
lion des étudiants de Paris en l'honneur de M. Chevrcul. — Décorations dans la Légion d'hon- 
neur pour services rendus à l'agriculture. — Nominations dans l'ordre du Mérite agricole. — 
Nécrologie : M. Pieri'c Cliauniont, M. Gandrille. — Sériciculture. — Comparaison des rende- 
ments des éducations en 188.3 et 1884. — Evaluation de la production des vins et des cidres 
en 1884, faite par le ministère des finances. — Vieux de la nouvelle Société d'agriculture 
d'Avranches. — Assemblée générale des agriculteurs il'Eure-et-Loir. — Sucres et betteraves. — 
Observations sur le discours prononcé par .M. Macarez à la Société des agriculteurs du Nord. 
— La police sanitaire au marché aux bestiaux de la Villette à Paris. — Décisions de la Com- 
mission spéciale. — Nomination de M. Rivet comme professeur de sylviculture à Tlnstitut 
national agronomique. — Nomination de M. Levalois comme directeur de la station agrono- 
mique de xNice. — Ouverture de lécole prati(iue d'agriculture de Valabre. — Organisation de 
l'école pratique d'agriculture et de viticulture de Reaune. — Notes de MM. Jacquet et Ravoux 
sur l'état des récoltes dans les départements des Vosges et de la Drôme. 

I. — La loi de disette. 

La loi de disette ! (Test de ce nom qu'on décore aujourd'hui les 
projets présentés à la Chambre des députés pour essayer d'apporter 
un soulagement aux souffrances des agriculteurs. Autant dire que les 
cultivateurs sont d'affreux égoïstes qui ne cherchent qu'à s'engraisser 
de la misère des autres classes de la société. Voilà o\x l'on est réduit 
dans le camp des adversaires de la réforme des tarifs de douane. A 
bout d'arguments, on en vient aux mots creux, aux excitations pas- 
sionnées, aux injures; on espère gagner ainsi une popularité absente. 
Nous pourrions répondre pal^ des épithètes analogues, mais à quoi 
bon; la solution en avancerait-elle dun pas? Confiants dans leur bon 
droit, espérant dans le patriotisme du Parlement, les agriculteurs 
resteroï)Lt calmes, nja^s : ils • continueront à faire entendre lë^irs plaintes 
légitimes; les quelqties jours que les représentants ont consacrés à leurs 
circonscriptions auront été bien erùployés pour leur faire toucher du 
doigt, dans toutes les parties du pays, l'état réel des choses. Les cla- 
meurs hostiles n'y pourront plus rien : la vérité sortira éclatante, 
comme elle est sortie du rapport de M. llisler sur l'enquête ordonnée 
dans le département de l'Aisne, l'agriculture recevra enfin une satis- 
faction qu'elle attend depuis trop longtemps. On sait bien que 
cette satisfaction est indispensable, on ne Aoudra pas commettre la 
faute antipatriotique de la refuser plus longtemps. 

Et puis si vous craignez la répercussion de l'élévation des tarifs de 
douane sur le prix du pain et sur le prix de la viande, voils avez 
mieux à faire aujourd'hui que de crier haro sur l'agriculture. Est-ce 
que le pain n'est déjà pas assez cher, dites-vous; est-ce que la 
viande surtout n'est pas assez chère? Nous le savons bien, mais ce 
que nous savons aussi, c'est qu'il y a un écart énorme entre le prix du 
blé et celui du pain, entre le prix du bétail et celui de la viande? Est-ee 
la faute des agriculteurs? Non, mille fois non. Au lieu de nous cou- 
vrir d'anathèmes, employez donc votre énergie et votre activité à faire 
disparaître ces anomalies monstrueuses. Un bœuf ou un mouton ame- 
nés au marché de la Villette sont des otages précieux qui ne sont admis 
à paraître sur vos tables qu'après avoir payé partout sur leur passage : 
prime au commissionnaire, prime à l'octroi, prime au boucher che- 
villard, prime à létalier, et j'en passe. Supprimez la moitié de ces 
primes, organisez-vous pour supprimer les parasites, et vous aurez 
supprimé les principales causes du renchérissement. Voilà oi!i est le 

N" %Tl. — Tome 1" de 1885. — 10 Janvier. 



42 CHRONIQUE AGRICOLE (10 JANVIER 1885). 

but, et pour ratteinclre, les apjirultetirs seront toujours avec vous, 
tant parce qu'ils ont l'esprit de justice inné que parce qu'ils sont Les 
piîemières victimes de l'état actuel descJioses. Les abstrac-tions n^e somt 
plus (le saison; il faut des faits. 11 est constaté officiellement désor- 
mais que les dernières années ont été désastreuses pour la production 
at^ricole, non parce que les champs ont été ingrats, mais parce que tes 
prix de vente ont subi un effondrement qui dure toujours. Nous soip- 
plions le Parlement, enfin éclairé, de débouter les doctrinaires et de 
donner i^ain de cause à la justice et à l'équité personnifiées, d'ans le 
débat actuel, par les cultivateurs aux abois. 

II. — Société nationale d'agriculture., 
Dans ses séances du 4 décembre et du 7 janvier, la Société nationale 
d'agriculture a procédé au renouvellement de son bureau pour l'année 
1885. M. Chevreul, président sortant, a été réélu, à l'unanimité des 
suffrages, vice-président ])0ur 1885 ; c'est la trente-septième année que 
l'illustre savant, quasi centenai.re, reçoit de ses confrères cet hommage 
de respect et d'affection. M. Bouquet de la Grye a été élu vice-secré- 
taire, en remplacement de M. Louis Passy, précédemment élu secré- 
taire perpétuel. Le bureau de la Société pour 1885 se trouve dome^ 
composé comme il suit : président,, M. Léon Say ; vice-président,. 
M. Chevreul ; secrétaire perpétuel, M. Louais Passy ; trésocier perpé^ 
tuel, M. Berlin; vice-secrétaire, M. Bouq;uet de la Grye. 

A l'occasion du renouvellement de Tannée, les étudiants des facultés 
de Paris ont tenu à faire une manifestation en Thonneur de M. Che- 
vreul, qui se déclare avec tant de modestie le doyen des étudiants de 
France. Ils lui ont porté une déclaration.' dans Lacjuelle ils lui expjcir- 
ment leurs sentiments de respect et d'admiration. Cette pensée hioncïPe 
les jeunes gens qui l'ont conçue et mise à exéffution. 

m. — Décorations pour services rendus à V agriculture. 

Les listes des décorations dans la Légion d'honneur, décernées à 
l'occasion du 1" janvier, ont paru au Journal Officiel; voici la liste de 
celles qui ont été décernées sur la proposition du ministre de l'agri- 
culture. Ont été nommés chevaliers de la Légion d'honneur : 

MM. Bernard (Victor-Tonin), coaseïvateur des foimts à Bourges;, 39 aas de 
services. 

BuREL (Artliur|, proprie'taire-agricul'teur à Fongueu«einare (Seine-Inférieure). 
Dirige de la façon la plus intelligente une ferme importante.. A re'alisé des pro- 
grès sérieux dans l'élevage des bestiaux. Très nombreuses récompenses dans les 
concours agricoles. Membre du jury dans divers concours régionaux et à l'Expo- 
sition universelle de Paris en 1878; 40 ans de services. 

Darier (Emile), armateur à Marseille. Dirige une importante maison dé 
commerce dont les produits industriels et agricoles lui ont valu une médaille 
d?or à l'Exposition universelle de 1878; administrateur de la société française 
qui a mis en valeur le domaine de l'Enfida en Tunisie. Services exceptionnels. 

Fontes (Joseph-Anne-Casimir), ingénieur des ponts et chaussées à Toulouse. 
Services rendus à l'occasion des études relatives aux irrigations dans les dépar- 
tements de la Haute-Garonne et de l'Ariège; 20 ans de services. 

_ G'UARY (François-Albert), conservateur des forêts à Toulouse; 36 ans de ser- 
vices. 

Labarthe (Auguste), chef du cabinet du ministre àe l'agriculture, anciea ahsd 
du cabinet du préfet de la Dordogne, du préfet du Bhône,. ancien sous-pjjéfet ; 
plus de 10 ans de services. Titres exceptionels. 

Leblond (Auguste), chef de division au ministère de l'agriculture; 26 ans de 
services. 



iCHROiSrrQ'LTE AGRICOLE (10 JANVIER 1885). 43 

■ l>eiix croix de clievciliers de la Légion dlionneiir ont été atribuées, 
en outre, à Foccasion de l'Exposition internationale agricole d'Ams- 
terdam : 

MM. DuMOUTiER, agncnlleur-éleveiir à Glaville (Eure), lauréat d'une médaille 
d'ox grand module au concours régional d'Evreux, en 1879. pour sa culture de 
betteraves à sucre, lauréat de prix d'honneur dans les concours généraux agri- 
coles de Paris, nombreuses récompenses dans les concours régionaux agricoles, 
lauréat de l'exposition internationale agricole d'Amsterdam, en 1884; 22 ans de 
services. 

' Lefebvre (Charles), propriétaire-éleveur à x-Vrlen-ay (Loiret), nombreuses 
récompenses pour son élevage de moutons mérinos aux concours régionaux 
agricoles et à l'Exposition universelle de 1878, lauréat de l'exposition d'Ams- 
terdam. Services exceptionnelR. 

Parmi les décorations attribuées sur les propositions des autres 
ministres, nous devons signaler la promotion au grade de Grand-officier 
de M. Henry Milne-Ed>Yards, membre de l'Institut et de la Société 
nationak d'agriculture; la nomination au grade de chevalier de 
MM. Way, président de la Chambre syndicale des grains et farines de 
Paris; Ferrtmd, directeur du Pénitencier agricole de Berrouaghia 
(Algérie): Pommier, maire de Gennevilliers (Seine), l'un des promo- 
teurs de l'emploi des eaux d'égont pour les irrigations; Daireaux, 
vice-président de la Société d'horticulture de Valognes (Manche) ; 
Stora, membre fondateur de la Société dagriculture de Constantine 
(Algérie). 

Fâv arrêté du ministre de 1" agriculture, en date du 28 décembre, la 
4ée0ratiion du Mérite agricole a été conférée aux personnes dont les 
'ii©ms suivent : 

M. FouciiER DE Gaheil, sénateur, ambassadeur de la République à Vienne, 
^ice-président du conseil supérieur de l'agriculture, ancien président fondateur 
de la Société nationale d'encouragement à l'agriculture; auteur de travaux im- 
portants sur l'agriculture et le crédit agricole, 

M. Allix-Goukbov (Emile), propriétaire-éleveur à Saint-Gôme-du-Mont 
(Mauche), vice-président du comice agricole du Gotentin, S'est aUaché à l'amé- 
lioration de la race chevaline et particulièrement à l'élevage du trotteur, A 
obtenu les plus hautes récompenses dans les concours ; 23 ans de services. 

M. Bastide (Scevola), propriétaire-viticulteur au château d'Agnac, commune 
deFabrègues, près Montpellier (Hérault). Reconstitution d'un vignoble impor- 
tant. Nombreuses médailles dans les concom^s régionaux pour ses travaux et ses 
produits. 

M. Batiot aîné, maire de Talmont (Vendée), un des principaux organisateurs 
des comices cantonaux en Vendée, membre fondateur et vice-président du Gomice 
agricole des cantons réunis des Sables-d'Olonne, de Talmont et des Moutiers, 
Nombreuses récompenses dans les concours. Prime culturale en 1882^ plus de 
10 années de services. 

M. Bertiielot (Pierre-Henri -Ferdinand-Dieudonné), maire de la Gropte 
(Mayenne), agriculteur distingué. Dirige l'exploitation agricole la plus impor- 
tanle de son canton. Président du Gomice agricole de Meslay. 

M. BiDOYEN, propriétaire à la Malmaison (Meurthe-et-Moselle), Membre du 
comice agricole de Briey depuis 38 ans, ancien membre de la Chambre consul- 
tative d'agriculture. 

M. Bieussart, propriétaire-agriculteur à Saint-Amand-les-Eaux (Nord). Lauréat 
dans Ifis concours pour la propagation des meilleurs instruments de oullur-e. 
Lauréat de l'exposition d'Amsterdam en 1884. 

M. Bonduel (Jean-Baptiste), agricultem- à Wervicq-sud (Nord). 'Transfor- 
mation complète, au moyen des travaux de défrichement et de drainage et par 
l'emploi d'amendements, de 35 hectares de terrain des plus ingrats. Gréation d£ 
grandes et belles pâtures. Elevage d'un noml^reux bétail. Met sa ferme à la dis- 
position des fils de cultivateurs, pour lesquels il a créé dans sa commune un 
cours d'enseignement agricole. Agriculteur d'un mérite supérieur. 



44 CHRONIQUE AGRICOLE (10 JANVIER 1885). 

M. DE Gardes, propriétaire-agriculteur à Bonnefont (Gers), président de la 
Société d'encouragement à l'agriculture du Gers. Exploite un domaine de plus 
de 700 hectares, où il a etïectué des améliorations considérables et planté un 
vignoble de 100 hectares. A introduit le labourage à la vapeur pour la cul- 
ture des fourrages ; plus de 20 ans de services. 

M. Gabhier-Ladevèze, agriculteur à Saint-Gyprien (Dordogne), membre de 
la société départementale d'agriculture de la Dordogne. A contribué, par son 
exemple et ses conseils aux agriculteurs, à la reconstitution des vignobles de sa 
région. Plusieurs fois lauréat dans les concours. 

M. Gauguin, cultivateur à Montmagny (Seine-et-Oise). A obtenu de très nom- 
breuses récompenses dans les concours agricoles. Médaille d'or en 1878; 26 ans 
de services. 

M. Gazes (Alexis), agriculteur à Labro, commune d'Espalion (Aveyron), pré- 
sident du Gomice agricole de Laguiole, membre de la Société centrale d'agri- 
culture de l'Aveyron. A contribué avec le plus grand succès à l'amélioration de 
la race d'Aubrac par une sélection des mieux entendues. A introduit les machines 
agricoles dans l'arrondissement d'Espalion. Nombreuses récompenses dans les 
concours ; plus de 30 ans de services. 

M. GiiAURÉ (Lucien), horticulteur à Paris, membre de plusieurs jurys horti- 
coles et de diverses sociétés agricoles, secrétaire de la Société nationale d'horti- 
culture, correspondant et membre honoraire de plusieurs sociétés d'agriculture 
françaises et étrangères. Directeur et propriétaire du Moniteur d'horticulture. 

M. GoLLix, vétérinaire à Wassy (Haute-Marne), secrétaire du Gomice agricole 
de Wassy et de la Société d'agriculture de l'arrondissement; 30 années de 
services. 

M. GooPMANN-HuRST (Gilbert-Lucicn-Pierre) , demeurant à Paris, ancien pré- 
sident du tribunal de commerce, publicisle. Promoteur et organisateur des 
comices cantonaux ; 40 années de services agricoles. 

M. GoRMOULS-HouLKS (Gharles-Ferdinand-Jules-Hcnry) , agriculteur à Maza- 
met (Tarn). A effectué des améliorations importantes dans l'agriculture de sa 
contrée. Ensilage des fourrages verts. Secrétaire du Gomice agricole de Mazamet 
depuis sa fondation. 

M, GouANON, ancien préparateur des sciences physicrues à l'Ecole d'agriculture 
de Grignon. Nombreux écrits sur le phylloxéra. Membre du jury de nombreux 
concours régionaux. Délégué du service du phylloxéra au ministère de l'agricul- 
ture; plus de 15 années de services. Titres exceptionnels. 

M. Goudert, agriculteur à Saint-Pardoux-le-Vieux (Gorrèze). Améliorations 
agricoles très importantes par la création de fours à chaux et tuilerie pour la 
fabrication des tuyaux de drainage. Travaux de reboisement et de vicinalité. 

M. GoupuT, directeur de la bergerie nationale de Moudjebeur (Algérie). Ser- 
vices exceptionnels. 

M. GouRAUD, directeur de la ferme-école de Machorre (Gironde), lauréat du 
prix des fermes-écoles; 30 ans de services agricoles. Membre des jurys des con- 
cours généraux et régionaux agricoles. 

M. Guo (Paul), fondateur et président du Gomice agricole de Mascara (Algé- 
rie. Gréation de vignobles importants. Grands travaux d'irrigation. A contribué 
par son exemple au développement et au progrès de l'agriculture en Algérie ; 
23 ans de services. 

_M. Dayot (Jean-Glaude), vétérinaire à Paimpol, Secrétaire, en 1847, du Go- 
naice agricole de Paimpol (Gôtes-du-Nord). Depuis 1878, président de cette asso- 
ciation agricole ; 44 ans de services. 

M. Declemy-Parenty, maire de Peuplingues (Pas-de-Galais), vice-président 
de la Société d'agriculture de Boulogne. A rendu à l'agriculture du département 
des services considérables. Lauréat du concours international agricole d'Amster- 
dam (race flamande). 

M. Delage (Michel-Amance-Anatole) agriculteur à Bourganeuf (Greuse), 
conseiller général. Transformation d'une propriété de 300 hectares. Médaille d'or 
en 1869 pour mise en valeur de terrains improductifs. Prix cullural en 1879. 
Diplôme d'honneur, en 1883, de la Société centrale d'horticulture. 

M. Derome (Alphonse), cultivateur à Bavai (Nord). Auteur de plusieurs publi- 
cations sur le mode d'emploi des engrais pour la culture de la betterave. Nom- 
breuses récompenses dans les concours; plus de 30 années de services. 

M. d'HERS, vétérinaire au 4« régiment de chasseurs d'Afrique, à Tunis. S'est 



CHRONIQUE AGRICOLE (10 JANVIER 1885). 45 

particulièrement distingué dans les e'pidémies survenues en 1877-78 dans la pro- 
vince d'Oran, Ses travaux sur l'hygiène et l'agriculture lui ont valu, en 1881, 
des félicitations du ministre de la guerre. 

M. DuBOY (Pierre-Hippolyte), propriétaire-agriculteur à Hagetmau (Landes), 
maire et conseiller général. Lauréat dans les concours. Dirige une exploitation crui 
a obtenu un premier prix pour sa bonne tenue ; plus de 30 ans de services agri- 
coles. 

M. DuMON (Paul), agriculteur à Marmande (Lot-et-Garonne). Exploite par les 
meilleurs procédés d'importantes propriétés. Services rendus à l'agriculture par 
la propagation des meilleures méthodes de culture. 

M. Durand (Henri), agriculteur à Ghampcevrais (Yonne). Améliorations agri- 
coles importantes. A propagé l'emploi des machines agricoles ; 50 ans de services 

M. DuRANDO, chargé des cours de botanique dans les écoles communales 
d'Alger. A composé un herbier très important et a envoyé des échantillons de ses 
récoltes aux savants du monde entier, auxquels il a ainsi donné le moyen d'étu- 
dier la flore algérienne et de connaître l'Algérie. Lauréat dans diverses exposi- 
tions agricoles. 

M. Fabiani, chef de bureau à la préfecture d'Alger. Services rendus à l'occa- 
sion du concours régional de Blidah. 

M. Fanfan (Jules), propriéîaire-agriculteur à la Martinique. Agriculteur dis- 
tingué, lauréat dans les concours agricoles pour l'élève du bétail. Défrichements 
importants. Membre du jury dans divers concours. 

M. Favre, cullivateur à Neufchâteau (Vosges). Membre de la Chambre con- 
sultative d'agriculture. Lauréat d'un prix cultural et de plusieurs récompenses 
en 1875 au concours régional d'Epinal, 70 ans d'âge; plus de 20 ans de ser- 
vices. 

M. Fayolle, chef de bureau à la direction de l'hydraulique agricole (minis- 
tère de l'agriculture) ; 32 ans de services. 

M. FiLOQUE (Désiré), constructeur-mécanicien à Bourgtheroulde (Eure). Ate- 
liers très importants de construction de machines agricoles. A obtenu : 1 diplôme 
d'honneur, 11 médailles d'or, 3 ij^édailles de vermeil, 24 médailles d'argent, 7 
rappels de médailles d'argent, 3 médailles de bronze. 

M. Georoer, médecin-vétérinaire à Sainte-Menehould (Marne). 50 années de 
services actifs. Fondateur du Comice agricole dont il est membre depuis 20 ans, 
lauréat en 1848 d'une médaille d'or décernée par la Société centrale de médecine 
vétérinaire. 

M. DE Ginette (Prosper), propriétaire-agriculteur à Lavaur (Tarn). Amélio- 
rations de vastes propriétés par des opérations de défrichement, de drainage, etc. 
l'"" prix d'agriculture au Comice agricole de Lavaur, en 1874; médaille d'or au 
concours régional d'Albi, en 1882; 35 ans de services. 

M. Griffon (Eugène), mécanicien, fabricant de pompes à Bordeaux (Gironde). 
A obtenu 120 médailles et 12 diplômes d'honneur dans les concours agricoles et 
Comices 

M- Guerrier (Constant), propriétaire à Surville (Calvados), secrétaire fonda- 
teur de la Société d'horticulture de Pont-l'Evôque, fondateur de la Société des 
courses, auteur de nombreuses publications agricoles; i>0 ans de services. 

M. HiDiEN, fabricant de machines agricoles à Châteauroux (Indre). Membre 
de la Société d'agriculture et de la Chambre consultative des arts et manufactures 
de l'Indre. Ancien juge du tribunal de commerce. A obtenu dans les concours 
régionaux 177 récompenses, dont plusieurs diplômes d'honneur. Médaille d'or à 
l'exposition universelle de 1878; 21 ans de services. 

M. Laforcade (Joseph), jardinier en chef de la ville de Paris; a été chargé de 
la rédaction de projets et de la direction de travaux de jardinage les plus impor- 
tants qui aient été exécutés depuis 30 ans. Création et embellissement des bois, 
squares, jardins appartenant à la ville de Paris. Missions dans plusieurs villes 
de France et d'Europe, etc., etc. 

M. Lasne (Charles), propriétaire-agriculteur à Brétigny (Seine-et-Oise). 
Exploite deux fermes d'une contenance totale de 200 hectares. Médailles d'or et 
d'argent du Comice agricole de Seine-et-Oise. 

M. Legendre (Louis), cultivateur au Poncet (Manche), inventeur d'instru- 
ments agricoles. A obtenu un grand nombre de médailles dans les concours; 
32 ans de services. 

M. Lesueur (Constant), horticulteur-pépiniériste à Rouen (Seine-Inférieure), 



46 CHRONIQUE AGRICOLE (10 JANVIER 1885). 

membre-fondateur du Cercle pratique d'horticulture et; de Lolauique de la, Seine- 
Inférieure dont il a été le président. Auteur de nombreux travaux sur l'arbori- 
culture et la pomologie; 40 ans de services. 

M. Loui:t, conseiller d'arrondissement, maire de Suilly (Indj:e)-; plus de 40 ans 
de services agricoles. 

M. Malle (François-Alfred- Anatole), inspecteur des forêts. A prête' un con- 
cours dévoué et des plus utiles à la rédaction de la statistique agricole IbrestièEe ; 
30 ans de services. 

M. Mangenot (Marie-Josepli-Gélestin), vétérinaire au dépôt d'étalons die 
Rozières (Meurthe-et-Moselle). Professeiu- à cet établissement; 19 ans de ser- 
vices. 

M. Marsais (Georgesl,, secrétaire du Comité d'organisation e,t d'admissiem et 
îittaché au commissariat français de l'exposition internatioffliaJe agricole d'Ams- 
terdam. Services exceptionnels. 

M. Martin- (Etienne),, directeur de la ferme.de Mézu. à Ghavenay (Seioe-et- 
Oise). Amélioration du sol de sou exploitation. Nombreuses récompenses dams 
les concours des Comices agricoles. Plusieurs médailles d'or et d'argent, naen- 
tions honorables et primes, notamment pour ses vaches laitières et la tenue de sa 
ferme. 

M. Maud'iilux, président dm Comioe agricole d'Epinal (Vosges) de-puis 20 ans. 
Membre du jury dans plusieurs concours. A contribué à la création deconco^iars 
annuels d'instruction agricole entre les élèves des écoles primaires. A obtenu,, en 
1873, du Comice d'Epinal,. une médaille d'or grand modiule pour ses services ; 
21 ans de services. 

Mme Millet (Cora), née Robinet, agriculteur à Saint-Benoist (Vienne). 
Membre de la Société nationale d'agriculture de France et de la Société poite- 
vine. Publication d'ouvrages agiicoles nomlueux et estimés. Exploitation d'un 
domaine important dans le département. A obtenu de nombreuses récompenses 
dans les expositions et Concours. 

M. MouiLLEFEUT, professeur à l'école naliouale d'agriculture de Grignon 
iSeine-et-Oise). Propagateur des procédés de M. Dumas pour la destru<;tion du 
phylloxéra par le sulfocarbonate. 

M. Raveneau, membre du Comice agricole d'Indre-el-Loire. A obtenu de 
nombreuses récompenses dans les Concours comme éleveur et comme agriculteur; 
plus de 20 ans de services. 

M. Rézé (Léon-Grégoire), membre de la Chambi'e d'agriculture de la Mayenne, 
de la Société nationale d'encouragement à l'agriculture et du Comice agricole de 
Grez-en-Bouère. S'est beaucoup occupé de l'amélioration de la race oviae. 
80 médailles et uu objet d'art au Concours de Saint-Brieuc en 1881. 

M. Renauuat, conseiller d'arrondissement, fermier du domaine du Clos, près 
Nogent-sur-Seine (Aube)> Dirige d'une façon remar({uable une im^portante ex- 
ploitation. Progrès réalisé dans la culture de la ])et,lerave à sucre. 

M. RoDiER (Joseph), propriétaire au CheyUiret (Lozère). Progrès importants 
réalisés dans l'exploitation de sa propriété. Lauréat de la prime d'honneur au 
Concours régional de Mende. en 1883. 

M. Solignac, horticulteur à Cannes (Alpes-Maritimes). Dirige un établisse- 
ment horticole important. Nombreuses récompenses dans, les Concours. Premier 
prix à l'exposition imiverselle de Paris en 1878. 

M. Sauvageût (Denis), vétérinaire à Mirebeau-sur-Bèze (Côte-d'Or), ancien 
conseiller d'aiTondissement ; depuis plus de quinze ans mem/bre du conseil mu- 
nicipal de la commune de Mireljeau. Exerce la médecine vétérinaire d'une façon 
très désintéressée depuis le mois d'août 1883, et a rendu des services signalés 
aux agriculteurs de la région. 

M. Tanvez (Pierre), président du Comice agricole de Guingamp (Côtes-du- 
Nord). A apporté des perfectionnements à la culture et à l'élevage du bétail. Vul- 
garisation des instruments aratoires perfectionnés. 

M. Thibault^ (Paul), m.aire de Sassay (Loir-et-Cher). A le premier dans sa 
commune planté des vignes cultivées à la" charrue, et cet exemple a produit un 
excellent effet. Lauréat dans les concours. Secrétaire, du Comice agricole de 
l'arrondissement de Blois; 25 ans de services. 

M. Thierry (Antoine), maire de Buffon (Gôle-d'Or), président du Comice 
agricole d'Ancy-le-Franc. A largement contribué par son exemple et ses pulili- 
cations aux progrès de l'agriculture dans la région en propageant l'introduction 



GHROiSriQUE AGRICOLE [W JANVIER 1885). 47 

4'iaBtii'umients agricoles perfectiomiéft. Lauréaft dans les odMicours régionaux et 
départementaux, et à diverses reprises membre du jury des concoiu'S régionaux.: 
28 ans de services. 

Mme veuve Thomas, née Cosmao (Marie-Anne), de Kerviel (Finistère), agricul- 
te^ir. Transformation de son domaine de Kerviel par de grands travaux d'irri- 
ratian et de drainage, par 'la conastru'CticKn de ro^utes agricoles. Prix cultural au 
concours régional de Blrest, en L884 : plus de 20 ans de services. 

M. TuHnUAND (Avril , propriétaire agriculteur à Preuilly (Indre-et-Loire)., vice- 
président du Gomice agricole de Loches depuis 25 ans. A vulgarisé les nou- 
veaux procédés de culture et contri])u,é à la diffusion des machines agricoles per- 
fectionnées. Prime ■d"honue^^r au concours régional de Tours. Nombreuses 
médailles: 25 aas de services. 

M. ViALLET (Michel-Adrien), propriétaire-agriculteur à Beaufort ^Savoie). 
Lauréat de la prime d'honneur de la bavoie en 187L Nombreuses récompenses 
dans les concours régionaux e.t déj)artementaux ; plus de 30 ans de services 
ugricoles. 

M. YiNCEXS (Louis), agriculteur à Raux près Gahors (Lot). Memlare depuis 
vingt ans de la société d'agriculture du Lot et membre dujurydans lesconcours. 
Agriculteur distingué. Lauréat dans les concours. Prime d'honneur de la Société 
d'agriculture du Lot en 1;876 et médaille d'or au concours régional de Gahors 
en 1881", 20 ans de semces. 

€ette liste compte &o noms. Pour la ij)remière fois, on y itrouTe le 
nom de femmes clistinïïjiiées ; on doit applaudir à Tidée henreuse qui 
a poussé le ministre de ragriculture à eonférer la croix du Mérite 
ao-ricole à M""" Cora Millet et à M""' veuve Thomas. 

l\. — Nécrologie.. 

Nous avons le ren^ret dannoncer la mort de M. Pierre Cliaumonî, 
direxîfeiir de lEcole pratique d'agriculture de La Molière (Puy-de- 
©ôme). ]\I. -^^-haumont devait à son travail et à son activité une grande- 
•situatToai de fortune, dont il savait se servij- pour le profit de l'agri- 
cul'î/U'Pe et de l-eTi'seigneTïDfent. 

Nous apprenons aussi la mort de M. Gandrille, vice-présideut du 
GoinitcB 'de Pibhi«\^ers (fjoiret), décédé à l'âge de soixante-dix ans. 

Y. — Sériciculture. 

Nous publions plus lom (pag^e 5-1) le résultat de 1 enquête sérici- 
cole faite, en 1883, par le ministère de lagriculture. Si ion compare 
les chiffres de ce document à ceux de Tannée précédente, on constate 
une diminution notahle indiquée p'ar le tahleau suivant : 

Nuinltpo Graines mises Proiiuiîtion totale ;Ron(lnmont mtiyen 

('.es L'diiratoui-i. en incubation. eu cocons frais. par uiice de . graine. 

1S«3, lit, 404 318,1745 .onces 7,6.^9,830 kilo^. 24 bilog. 031 

1884 147.477 •279,til3 — 0,19»;, 994 — " Tl = IGU 



Diinintilioii.. 9,9-27 39,,'i.32 'Oûces l.,4tj'2,841 'kitog. 1 kiWitg. 871 

Ladi'minuti'on dans la prod mention totale ne provient pas seulement 
de 'ce qu'une qiianttté moindre de graines a été mise en éclosion, 
mais aussi de ce que le rendement moyen a été plus faihle. Dautre 
[>ait, il y a eu augmentation dans la quantité de cocons mis à graines 
pour '1-885: 'J5€>3!| kilog-. en 1'88:4, contre 148:928 en 1884'; on 
peut en concluTe que les producteurs sont toujours satisfaits du com- 
merce des graines. Quant aux prix des cocons destinés au <fîlage, ils 
ont suM tLne nouyelie baisse eaa 1884. 

W.. — 'Production clés nins et âes cidres en r-8'84. 

Le BiiUetiu de statisti({ue et de législation comparée, puMié par le 
ministère des liiiances, publie Je tableau de la production des ^ins el 
(k^s cidres en 1884. D'après ce document, les vendanges ooit 'djonné 



48 CHRONIQUE AGRICOLE (10 JANVIER 1885). 

im total de, 34,780,726 liectolitres, inférieur de 1 ,248,456 hectolitres 
au rendement de l'année précédente. La production des cidres a été 
de 1 1 ,907,1 77 hectolitres, soit à peu près la moyenne des dix dernières 
années, mais la moitié seulement de la production de 1883. Dans 
notre prochain numéro, nous publierons le tableau complet, départe- 
ment par département, qui nous parvient trop tard pour être inséré 

aujourd'hui. . , 

YIL — Vœux des Associations agricoles. 

Nous recevons la note suivante sur l'a réunion tenue, le 28 décembre, 
par la nouvelle Société d'agriculture d'Avranches (Manche), sous la 
présidence de M. Morel, député : 



a. 



M. Basire, secrétaire de la Société, expose qu'en ce moment toutes les Sociéte's 
agricoles s'occupent de la question des tarifs de douane à appliquer aux blés 
étrangers et qu'une Société aussi importante que la nouvelle Société d'agriculture 
d'Avranches ne pouvait laisser se traiter cette question sans donner son avis. 

« La réunion adopte les vœux svivants : 

ce 1» Que le blé venant de l'étranger ne jouisse pas de privilèges refusés à nos 
blés français, et qu'il paye en entrant en France des droits d'entrée écpiivalents 
aux impôts de toute nature payés par le blé français. 

« 2» Que les tarifs différentiels soient abrogés et que le ministre des travaux 
publics impose aux compagnies de chemin de fer le tarif kilométrique, de sorte 
que les marchandises étrangères importées en France soient soumises sur les 
lignes françaises aux mêmes tarifs que les produits similaires français. 

a 3" Que le prix de transport par chemin de fer des produits agricoles et des 
engrais chimiipies soit abaissé. 

« 4° Que la remonte achète tous ses chevaux en 'France. « 

Une assemblée générale des agriculteurs du département d'Eure-et- 
Loir a eu lieu à Cliartres, le 27 décembre. Voici le texte de la protes- 
tation qui a été adoptée, dans cette séance, sous la présidence de 
M. P. Roussille, contre les conclusions des rapports de la Commission 
des tarifs de douane à la Chambre des députés : 

Les agriculteurs d'Eure-et-Loir, réunis en Assemblée générale, à Chartres, 
le 27 décembre 1884; 

Considérant que la détresse de l'agriculture, parfaitement démontrée par les 
faits (diminution de la valeur vénale et locative de la terre, abaissement consi- 
dérable des droits d'enregistrement et de mutation, crise industrielle et ouvrière 
des villes, baisse générale des salaires, qui n'en sont que les fatales consé- 
quences), a pour cause principale la concurrence étrangère; 

Considérant que les pays importateurs sont placés, sous tous les rapports, dans 
des conditions de ])roduction inliniment plus favorables que la France ; 

Considérant que l'agriculture a le droit incontestable cFètre placée eu face des 
produits étrangers similaires aux siens sur le pied d'une parfaite égalité avec les 
autres industries nationales; 

Considérant que cette égalité ne peut être obtenue que par la compensation des 
charges qui grèvent ses prix de revien*; que l'état de nos finances ne permettant 
pas de dégrèvements d'impôts, le seul moyen d'obtenir cette compensation 
réside dans le relèvement sérieux des tarifs de douanes appliqués aux produits 
étrangers ; 

Considérant que M. le ministre de l'agriculture a reconnu la justice de ce 
principe en présentant deux projets de loi relevant les taxes douanières sur tout 
le bétail et sur deux céréales venues de l'étranger, projets qui ont été renvoyés à 
la Commission parlementaire, dite Commission des douanes; 

Mais, considérant que cette Commission, mal renseignée ou hostile, a rejeté à 
la majorité d'une voix le projet de relèvement sur le bétail, à la suite d'un rap- 
port qui contient beaucoup d'affirmations sans preuves-, de chiffres inexacts, de 
calculs erronés; 

Considérant que cette même Commission, sur les conclusions d'un autre rap- 
port, ne propose au Parlement qu'un relèvement insuffisant sur c[uelques céréales 
[b\é, avoine, orge) ; 



CHRONIQUE xVGRIGOLE (10 JANVIER 1885). 49 

Considérant que ces demi-mesures n'apporteront aucun soulagement à l'agri- 
culture et ne feront que prolonger son agonie: 

Considérant enfin que les chiffres réclamés par les agriculteurs de tous les 
départements ne représentent qu'à peine la compensation des charges de toutes 
sortes qui grèvent les prix de revient des produits agricoles français et les avan- 
tages dont jouissent les produits étrangers sur le sol même de la France; 

Protestent de la façon la plus énergique contre les conclusions de la Commis- 
sion des douanes, et, à l'exemple de la Société des agriculteurs du Nord, deman- 
dent à M. le ministre qu'il veuille bien reprendre devant les Chambres ces deux 
jîrojets de loi sur le bétail et sur les céréales, en adoptant, pour en réclamer le 
vote à bref délai, les chiffres réclamés par toute l'agriculture française, chiffres 
qui n'atteignent même pas le taux des droits accordés à toutes les autres indus- 
tries, et qui seuls pourraient ranimer l'agriculture et ramener la prospérité dans 
toutes les classes de la nation. 

La session ordinaire du Parlement va commencer le mardi 13 jan- 
vier. Nous espérons que, conformément à la j)romesse faite ()ar M. le 
ministre de l'agriculture, la question agricole sera mise immédiatement 
à l'ordre du jour. 

VIII. — Sucres et betteraves. 

On trouvera plus loin dans ce numéro (p. 90) le discours prononcé 
par M. Macarez à la séance solennelle de la distribution des récom- 
penses décernées par la Société des Agriculteurs du Nord. Il est de 
notre devoir de présenter à ce sujet quelques observations. Autant 
nous sommes d'accord avec M. Macarez lorsqu'il parle de la nécessité, 
de relever les tarifs de douane sur les produits agricoles, autant nous 
sommes éloigné de son opinion lorsqu'il élève des plaintes contre le 
nouveau régime des sucres et qu'il en demande l'abandon. Nous ne 
trouvons pas mauvais qu'une voix discordante se fasse entendre, et 
déclare que la loi de 1884 n'est pas parfaite ; mais nous estimons que, 
si cette loi peut et doit être i)erfectionnée un jour, on devra en con- 
server la base, le principe, c'est-à-dire l'impôt sur la betterave, le 
seul mode de perception de l'impôt qui assure à l'agriculture et à 
l'industrie un avenir plus ])rospère que le présent. C'est un argument 
suranné que de prétendre que, dans certains départements, on ne 
peut pas produire de betterave assez riche pour profiter du nouvel état 
de choses. Le concours même dans lequel M. Macarez a prononcé son 
discours est la meilleure réponse à ses paroles décourageantes ; pour- 
quoi ces prix, pourquoi ces récompenses brillantes, si l'exemple de 
vos lauréats ne doit pas porter des fruits? 

IX. — La police sanitaire au marché de la Villette. 

Le Journal officiel pulïlie le compte rendu suivant de la réunion de 
la commisi^^ion nommée pour étudier les mesures de police sanitaire 
à ado})ter sur le marché aux bestiaux de la Villette, à Paris : 

<c La Commission du marché de la Villette, après avoir pris connaissance de 
l'enquête faite sur l'organisation des principaux marchés d'Europe et d'Amé- 
rique, a tenu, le 24 décembre, Une nouvelle séance sous la présidence de M. Mé- 
line, ministre de l'agriculture. 

« La question des mesures à prendre sur le marché de la Villette pour satis- 
faire l'intérêt sanitaire sans apporter à l'approvisionnement de Paris des entraves 
qui se traduiraient par une augmentation du prix, a été à peu près résolue. Sous 
réserve de l'examen ultérieur des points de détail, la Commission a formulé les 
propositions suivantes : 

« 1° Les animaux seraient soumis à une première visite au moment de leur 
arrivée sur le marché ; 

« 2" Les animaux reconnus malades et les animaux contaminés seraient con- 



50 GHRÛNIOUE AORÏGÛLE (16 JANVIER 1885,. 

dtiits à un marche spécial éta])!! dans les terrairns réHevvés de l'ahattair conligu 
et d'où ils ne pourraient plus sortir vivants ; 

« 3» Au cours des opérations de vente sur le marclié de la Villette, aurait lieu 
une contre-visite; 

« 4" Après cha'(î[ue tenue de rafarcM, le quai de débarquement, les voies d'accès, 
le sol des parquets de vente et toutes les parties en élévation jusqu'à la hauteur 
de la tète des animaux, en un mot tous les lienx où les animaux auront séjourné 
ou qu'ils auront pu souiller, seront lacvés à grande eau et soigneusement désin- 
fectés; 

ce h" La ville de Paris «era autorisée, pour couvrir les frais de cette inspeclion 
et ceux delà désinfection, à perce'voiT une taxe par tête d'animal mis en vente. 

ce Le produit de cette taxe ne devrait pas dépasser île coût réel de la dépense ; 
d'après les évaluations déjà faites par le service municipal, elle serait très peu éle- 
vée et inférieure même à celles qn'ont à payer les expéditeurs d'animaux pour 
la désijifection des wagons de chemins de fer. 

ce La Commission a appris avec satisfaction que, depuis sa dernière réunion, 
à la demande du ministre de l'agriculture et sur l'intervenlion du ministre des 
travaux publics, le quai de débarquement de la gare Paris-ibesîtiartix ava t été en- 
tièrement pavé. » i 

Nous espérons que ees 'mesures seront bientôt mises en vigueur ; 
il est important que le plus grand marelié au Jjétail de France puisse 
servir de modèle sous le rapport de la valeur des mesures pri-ses pour 
sauvegarder les intérêts des agriculteurs qui y expédient des animaux. 

X. — Enseignement agricole. 
• M. Rivet, inspecteur des forêts, a été nommé professeur de sylvi- 
culture à rinstitut ;igi-(momique. 

A la suite du concours ouvert pour la direction de la station agro- 
ti'omique de Nice, M. Levallois, pTéparateur à l'Institut agronomique, 
a été nommé directeur de -cette statiom. 

L'organiisation delEcole pratique d'agriculture de Yalabre, à Gar- 
dantie (*Boiic'h'es-^du-llhone), 'est achewe. L'ouverture des cours a eu lien 
le 5 janAler. 

Les examens d'admission et le concours pour ies 'bourses imstitiiées 
par l'Etat et le département de la Corte-d'Or anront lieu, le 14 janvier, 
au siège de rEco)le d'agri'cultu're eit de viticidture, à iBeaune. J^es candi- 
dats doivent adresser au Directeui", ?ivant cet?te date, les pièces suivan- 
tes : 1" Demande des parents ; 2*' extrait de naissance du candidat; 
3° certificat de vaccine ; ^'certificat de bonne conduite délivré par le 
chef de l'établissement dans lequel le candidat a accompli sa dernière 
année d'études. 

XI. — Nouvelles des recolles et des travaux agricoles. 

Les notes de nos correspondants sont princijjalement consacrées 
aux pliases présentées par ^lli^er que nous traversons. M. Jacquol 
nous adresse de Vagney (Vosges), à la date du 31 décembre, la note 
suivante : 

ce L'hiver a fait son apparition le 18 novembre par des chutes de neige assez 
abondantes, sur les hautes montagnes particulièrement. 

ce Pendant les gelées qui ont maintenu cette première neige, les eaux étaient 
aussi basses qu'à la fin de la sécheresse de l'été, et l'on craignait que l'hiver se 
prolongeât et devint rigoureux par cette situation. Mais vers le comiuencemenl, 
de ce mois, un temps pluvieux et doux, malgré les tempêtes fré([uentes, a 
ramené les eaux en abondance. 

ce Depuis quinze jours, nous avons une nouvelle neige qui atteint sur les 
hautes montagnes un mètre d'épaisseur. Les céréales en terre, et l'état de la 
culture en généi'al doivent bien se trouver jusqu'alors de ce commencement 
d'hiver, » 



GHROXIQUE AGRICOLE (10 JANVIER 1885. 51 

A la date du 30 décembre, M. Uavoux nous signale de Buis-Ies- 
Baronnies (Drôme) la fin de la sécheresse df)nt on souiîrait dans ce 
dé[)arteuient : 

« Enfin la pluie est venue donner quel([ue espoir à nos laboureurs qui 
voyaient leurs travaux et leurs semences perdus ; car, pas un grain de Lié n'e'tait 
encore sorti, tant la sécheresse persistait à désaler nos campagnes. 

« La plupart des fontaines et des puits même étaient taris, c'était une consler- 
naliou générale. Pour peu que cela eût duré, dans beaucoup de localités, on 
aurait été en peine d'avoir de l'eau pour les usages ordinaires de l'existence. 

« Nos oliviers perdaient leurs feuilles, la terre se fendillait comme au cœur 
de l'été. Bienlôl cette pluie fera sortir les céréales jetées en terre, et nos champs 
se revèlii-out de cette parure verte si agréable à la vue. 

« Au Buis et dans les environs, bi cueillette des olives est en pleine activité. 
Notre canton ne produira cette année cp'une récobe bien médiocre d'olives; la 
grêle d'abord a porté un grand préjudice à ce fruit, le ver ensuite est venu en 
altéi-er la qualité. Espérons qne l'année qui va commencer sera meilleure et plus 
féconde; l'espérance est toujoui^ ce qui soutient le ])ropriétaire. » 

Les con-ditions atmosphériques se sont modifiées, de})uis quelques 
jmirs, dans l'ouest et le nord de la France : une température plus 
doutée a succédé à un froid assez rigoureux ; mais dans les départe- 
ments de lest et du centre^ le froid est toujours âpre, la neige abon- 
dante. On peut espérer que les circonstances que nous avons traversées 
auront contribué à détruire une partie des mulots dont les ravages 
plus ou moins étendus nous sont signalés depuis le Nord jusqu'à la 
Garonne. 

Hemiy Sagmer. 



PARTIE OFFICIELLE 

Enquête séricicole de l'année 1883, publiée par la Direction de 
l'agriculture au ministère de l'agriculture. 



Départements. 



A!n 

Vlprs (liasses-) 

AI[M.s (H;ui(l-s-) 

VI[)('s-.\lari(inK's..'. . . . 

Kv'lrdiv 

Aiule 

Aveyron 

Ijoutlies-ilu-RlMiiif. . . . 

Corse 

Drôiae 

Gaid 

Garonne (IJaule-) 

Hérault 

Isère 

Loire 

Lot 

L(j/.ri-e , 

P\ l'énées-Orientules . . 

l'.hône 

Savoie 

Tui-n 

Tam-et-Garonne 

Var ; . . 

Vuucluse 



Nombre 
de 



culteurs. 



•i'J 



397 
,-277 

505 

:i5rt 

,(j:!7 

7 

•201 

,y2s 

599 
, 39-2 
,87-2 
.S3 
,05-2 
,04,S 

114 

3 

,1-24 

455 

49 

817 
'206 
611 
,075 
,2Gi 



(QUANTITÉS DE GRAINES 

DE DIVKHSES UACi;S MISBS EN INCUBATION 

(En once* de 'ii grammes). 



Racesfran- Kaovs du Kacesja,>o- 

çaises(race Japon prove- naisas pr ive- Races 

indigène nanide nant de d'auti'es pro- 

pruvenanl graines direc- graioesdcrace venances 

de graines ment japonaise de étran- 

de races iiiipor- reiirodiiction gères. 

françaises). tees. française. 



onces. 

344 

3.381 

448 

475 

(■,3,871 

■■) 

-.13 i 

4,7-27 

793 

44 , 83-2 

75,77*) 

13-> 

4,945 

8,(;7S 

•2117 

10 

4,(3.58 

.534 



175 

340 

7,OC.O 

37.7(iO 



1 ,-20-2 



14 



Tulau.> 



■23 
ïir, i77 2!J0,lt)i) 



,381 
144 



10 
-2C.1 



37 
>) 

1 



(,1 
loi 



10 
^•>17 



414 

» 

l,03-> 

•20vS 

15 

30 

1,3:J1 



onces. 
. 1-2 



. ..9... 
•2,593. 

» , 

. ;ii). , . . 

5,1(J4 
382. 



Qtices. 

356 

3,391 

448 

494 

68,883 

8 

'231 

5,713 

S'^y 

5-2. W9 
76,âlU 



58 



171 
2-24 



.». . 


. 147 


n.. 


, 5,008 


454 . . 


10,714 


» 


m 


)> 


10 


)) 


4,(395 


.14 . 


54i> 


...... 


on 


. » 


756 


. . p. . . 


18Q 


.,v... 


340 


45 


7,337 


1,6.59 


39,744 



,•237 



,,312 10^898 •i7y,6l3 



52 



PARTIE OFFICIELLE 



PRODUCTION TOTALE EN COCONS FRAIS 
obtenue de ces graines (en kilog. 



RENDEMENT MOYEN en COCONS FRAIS 
d'une once de 25 gr. de grainesÇenkil.) 



Déparlements. 



Races Races 

françaises japonaises 

(race in- provenant 

digènepro- de graines 

venant de de race 

graines 

de races 
françaises), française 



Races 
d'autres 
prove- 
nances 

japonaise étrangères. 

df reprodaclion ° 



kilog. 

Ain 10,442 

Alpes (Basses-) 106,748 

Alpes (Hautes-)... 19,156 

Alpes-Maritimes.. . 11 ,.^82 

Ardèche 1,267,510 

Aude 101 

Aveyron .^i , 1 1 

Bouch.-du-Rhône. 109,194 

Corse 33,701 

Drôme 865,6.36 

Gard 1,884,274 

Garonne (Haute-) . . 1 , 454 

Hérault 126,871 

Isère 150,384 

Lot 4,765 

Loire ^ 370 

Lozère 65,837 

Pyrénées-Orient . . 26 ,816 

Rhône 1,187 

Savoie 17,777 

Tarn 3,798 

Tarn-et-Garonne . . 1 1 . 03 1 

Var 296,268 

Vaucluse 733,524 



kilog. 
)> 

292 
» 

423 
22,941 
» 
» 
3,171 
» 
31,853 
4,346 
182 
9.30 
27,335 



1,454 

151 

» 

5 .896 

4,156 



kilog. 
600 
153 
» 
190 
66,653 
376 
» 
5,735 
1,690 
137,797 
11,152 
» 
790 
9,495 



552 



2,065 
37,564 



Total. 



kiloe. 

11,042 

107,193 

19,156 

12,195 

1,380,748 

477 

5,110 

118,421 

35,391 

1,061,739 

1,902,187 

1,636 

128,981 

193.851 

4,765 

370 

66,887 

27,368 

1,217 

19,731 

3.949 

11,031 

306,139 

777,410 



Races 
françaises 
(race in- 
digène 
proTenant de 
graines 
de races 
fnnçaises). 

kil. gr. 
30 000 
33 729 
42 750 
26 480 
19 814 
50 500 
23 100 
23 520 
42 460 
19 000 
26 250 
11 030 
33 240 
17 328 
17 840 
37 000 
14 1.30 
50 210 
21 981 
26 260 
21 700 
32 444 
42 550 
19 425 



Races 
du Japon 
prorenant 

de 
graines 
directe- 
ment 
importées. 

kil. gr. 



19 670 



22 930 

» 
19 000 
21 790 

» 
39 000 
25 425 



14 240 

» 
30 000 
20 000 



34 500 
21 445 



Races 
d'antres 
prove- 
nances 
étran- 
gères. 



Total 



kil. gr. 

50 000 

51 000 
» 

21 110 

25 750 
64 000 

» 
10 270 
46 940 
27 000 

26 276 
» 

35 000 
20 911 



38 060 



46 (XMl 
22 642 



kit. gr. 

31 017 
33 749 
42 750 
24 686 
20 044 
57 250 

23 100 
20 7-20 
42 660 

20 052 

24 860 
11 150 

25 750 

18 093 
17 840 
37 000 
14 240 
49 890 
22 127 

26 090 

21 930 

32 444 
41 722 

19 560 



Totaux. . , 
Moyennes 



5,753,536 103,130 274,812 6,196,994 » 
91.84 0/0 1.66 0/0 4.43 0/0 » 22 11 



20 23 25 21 22 16 



Départements. 



COCONS MIS 
à graines par 
le p roducte ur. 

Quantités Quantités 

employées de graines 

pour le obtenues 



grai- 
nage. 

(En 
kilog ) 



de ces 
cocons. 
(En onces 
de 25 gr.) 



PRIX DE VENTE 

d'une once 

(de 25 grammes de graines) 

Races Races 

françaises Races japonaises Races 

(raceindi- du Japon, prori-nanlde d'antres 

gène pro- proienmt graines de proTe- 

lenant de de graines race japo- nances 

graines ilirecteraenl naise de élran- 

de races imporlÉes. reprodoclon gères, 

françaises, françsise. 



Pri.\ du kilog 

Vendus pour 
le filage 

Races Races 
françaises dn Japon 

(race in- protenan 

digene de 
prorenant graines 
de graines directe- 

de Ticti mentim- 
françaises; portées 



de coc ons frais 

Vendus pour 
le grain age. 

Races Races 

françaises dn Japon 

t(race in- proienant 

digène de 
proTenant graines 
de graines directe - 

de races ment in- 
françaises) portées. 



kilog ) 

Ain 40 

Alpes (Basses-).... 19,416 

Alpes (Hautes-)... 1,127 

Al pes-Maritimes ... 30 

Ardèche 1,724 

Aude » 

Aveyron 153 

Bouches-du-Rhône 741 

Corse 23,910 

Drôme 1.058 

Gard 4,021 

Garonne (Haute-) . 206 

Hérault 197 

Isère 230 

Loire » 

Lot 90 

Lozère 21 

Pyrén. -Orientales . 9,645 

Rhône 3 

Savoie 12 

Tarn » 

Tarn-et-Garonne .. 139 

Var 91,595 

Vaucluse 2,633 

Totaux 156,991 

Miii^ennes > 



onces. 

75 

51,773 

2 ,802 

4 

4,680 

» 

170 

1,418 

73,277 

3,255 

12,189 

467 

533 

443 



56 

28,933 

9 

35 

fi 

394 

288,168 

6,954 

475,635 



fr. c. 

14 64 
11 19 
13 » 

15 50 
13 62 

8 » 
13 58 
13 » 

9 83 
13 » 
13 15 

7 75 

11 09 
15 03 

19 » 

20 » 

13 23 
7 90 

10 86 

15 21 

» 

12 33 

14 64 

13 67 



13 



fr. c. 



13 » 

13 » 

» 

15 » 

16 10 



12 ,50 



16 » 
12 » 



12 50 
16 77 



fr. c. 

» 
16 » 



12 .39 12 57 



13 )> 

12 33 
11 50 

13 ). 

14 27 



12 » 



23 66 
14 % 



fr. c. 

» 
10 » 



12 58 
6 » 



10 » 13 75 15 30 



14 » 
13 10 



16 » 
13 08 



12 » 

13 69 



fr. c. 
3 52 

3 99 

4 10 
3 50 
3 78 



3 03 



75 
65 
89 
60 
70 
19 
56 
52 
59 



fr. c. 



3 32 



3 10 

» 
3 34 

3 62 
» 

4 37 
3 41 



4 25 

» 
3 60 
3 70 



3 06 
3 60 



fr. c. 
4 » 

4 64 

5 » 
5 » 

4 35 
» 

5 » 

3 22 

6 61 

4 03 
4 79 

3 67 

4 22 
4 22 



fr. c. 



28 



84 



4 03 
6 16 
4 15 



4 90 



5 » 
3 90 



4 50 
4 37 



13 M 14 27 12 57 3 78 3 58 4 76 4 ft 



A lACUh) ('.ONTHM LK RENCHERISSEMENT DU PAIN. 53 



LA LIGUE CONTRE LE RENCHERISSEMENT DU PAIN 

ET DE LA VIANDE 

Je sais bien que, de toutes les figures de rhétorique, la plus puis- 
sante est la répétition, et je suis bien foreé d'adhérer à cette maxime, 
Tant la chose en preuves abonde. 
Mais je suis à un âge où le commencement du radotage est juste- 
ment la crainte de radoter, et il me répugne, malgré le proverbe, de 
sei'N ir comme étrennes aux lecteurs du Journal de l'agriculture une 
cinquième édition de l'exposé de nos justes réclamations et de la 
réfutation des sophismes qu'on nous oppose. 

Cependant que pouvons-nous dire? Les membres du conseil de la 
Ligue, malgré les ressources bien connues de leur science et de leur 
esprit, se gardent bien de réfuter notre réfutation ; ils exécutent des 
variations sur ce fameux manifeste que nous avons percé à jour, et 
forts de la maxime inscrite en tête de cet article, espèrent vaincre en 
répétant des apophthegmes économiques qui ne sont pas en cause, et 
en écartant avec soin la vraie question, celle de la situation de l'indus- 
trie agricole et des souffrances de tous les intérêts qui s'y rattachent, 
enfin l'étude des moyens pratiques et actuels d'atténuer une crise dont 
personne, pas même les libre-échangistes les plus absolus, ne con- 
teste la oravité. 

Mais les promoteurs les plus accrédités, et j'ajouterai les plus juste- 
ment accrédités de la Ligue en raison de leur valeur personnelle, 
M. de Molinari entre autres, ajoutent à la figure de rhétorique, la répé- 
tilioti, une seconde figure, Tironie compatissaîite, et cette nouvelle 
forme d'argumentation me met la plume à la main, parce qu'au moins 
elle rajeunira l'expression de la mienne. 

Pourquoi cherchez-vous bien loin ce qui est sous votre main'/ dit-on 
aux agriculteurs. Vous souffrez et vous cherchez à vous réunir, à 
concentrer vos efforts pour obtenir non pas laguérison de vos maux, 
mais un palliatif sans durée et sans valeur sérieuse; vous êtes sans 
boussole et sans guide; venez à nous, nous vous offrons à la fois une 
organisation, un code économique, et des chefs pour vous conduire; 
ralliez-vous à la Ligue contre le renchérissement du pain et de la 
viande. Cette Ligue renforcée par vos bataillons devient sûre de sa 
victoire et de la vôtre. Vous êtes écrasés d'impôts; vous parlez de 
900 millions; mais vous en oubliez beaucoup, vous oubliez tout ce 
que vous payez sous forme de taxes sur les objets que vous consommez ; 
vos charges dépassent de beaucoup le milliard. Combattons ensemble, 
abattons toutes ces murailles de la Chine; réduisons d'abord les dé- 
penses publiques; faisons disparaître ces droits qui grèvent les char- 
bons, les fers et les tissus, réduisons largement les impôts qui vous 
écrasent; vous soutiendrez alors facilement la concurrence étrangère, 
et tous en même temps victorieux, instruits, nous pourrons rire à 
l'aise et prendre du bon temps. Voilà ce qu'on nous propose {sans 
rire, je n'en crois rien), et nous ne ferons à cette offre galante qu'une 
réponse, celle des officiers français à Fontenoy : « Messieurs les 
Anglais, tirez les premiers. » ,^ ; 

En d'autres termes, messieurs de la Ligue, commencez par refaij'e 
votre manifeste, et l'ornant des ressources de ^()tre style, dites à ])eu 
près ceci : 



54 LA LIGUE CONTRE LE RENCHÉRISSEMENT DU PAIN. 

« En instituant notre Ligue : Ligue contre le renchérissement du 
pain et de la viande, nous ne voulons pas que nos adhérents se mé- 
prennent et croient que nous voulons refaire la Ligue de Cobden qui 
sacrifiait l'agriculture anglaise à des intérêts infiniment supérieurs. 
Nous savons que l'Angleterre n'est pas la France et que notre situation 
continentale et notre puissance navale ne nous permettent pas le sacri- 
fice de nos intérêts agricoles 

« Mais la France comme l'Angleterre a intérêt à avoir le pain et la 
viande à bon marché. L'agriculture française est écrasée par les 
impôts et par le renchérissement des objets qu'elle consomme, ren- 
chérissement dont les taxes de douane sur les tissus, le charbon et le 
fer sont la principale cause. Nous nous proposons donc par tous les 
moyens légaux de poursuivre l'abolition de ces taxes à la frontière, et 
l'égalisation des charges fiscales supportées par les différentes branches 
de la richesse nationale. Nous convions les agriculteurs à se joindre à 
nous dans ce but. Et avant tout, nous réclamons une large réduction 
des dépenses publiques dont l'exagération a donné carrière au génie 
fiscal pour établir ou augmenter toutes ces cfiarges. )i 

Sans doute le manifeste de la ligue présidée par M. Léon Say 
indique ces questions, mais il ne fait que les indiquer et renvoie leur 
solution aux calendes grecques ; ce qu'il y a d'actuel, de pressant (hms 
ce manifeste, c'est d'empêcher rétablissement d'un droit compensateur 
sur l'entrée du blé étranger. Le reste est dans la spéculation, dans les 
nuées. Il faut que ce qui est spéculation devienne action, et que ce 
qui est action dans le manifeste devienne au contraire une ressource 
nécessaire dans le cas où l'action pour soulager l'agriculture dans ses 
charges deviendrait impuissante. J'avoue même que je ne comprends 
pas comment le président de la Société nationale d'agriculture de 
France a pu concevoir autrement un rôle dont il a\ait lui-même 
nettement indiqué les principaux traits quand il réclamait une large 
réduction des taxes foncières. 

Mais en suivant nos adversaires dans les nuages, nous nous y 
perdons nous-même; tout cela, comme nous le disions plus haut, n'est 
que de l'ironie compatissante. 

On ne réduira pas notablement les dépenses puJjliques ; on ne tou- 
chera pas aux droits protecteurs de l'industrie nationale, et nous 
sommes forcés de répéter ce que nous avons dit à satiété : Eta- 
blissez sur les ])lés étrangers une taxe équivalente à celle qui sous 
différentes formes augmente le prix de revient du blé français. C'est 
le seul et unique remède que vous puissiez opposer à la crise. Si 
vous ne voulez pas l'employer, c'est qu'il vous est indifférent que le 
malade souffre et meure. " P. de GaspariiN, 

Mcmlirc: de la SociiHo nationale rl'acricultui'e, 
Con'espondaiit de l'Institut. 

PRIX DE REVIENT ET RzVPPORT D'UN VIGNOBLE 

DANS l'arrondissement DE CONSTANTINE. 

' Les superbes résultats donnés en Algérie par Iji culture de la vigne 
ne font plus aujourd'fiui aucun doute pour personne. Partout ^les 
colons s'y adonnent avec fureur : les économies (jue font les lial)itauts 
des villes, négociants, commerçants, fonctionnaires, médecins, etc., 
sont presque exclusivement employées à la ^création de vignobles. 



UN VIGNOBLE DANS L'ARRONDISSEMENT DE CONSTANTINE. 55 

Dans la région propre à la culture de la vigne, s'étendant du bord de 
la mer jusqu'à une distance de 70 à 100 kilomètres à l'intérieur 
autour de tout centre habité par les Européens, on admire de beaux 
vignobles, dont l'étendue s'accroît rapidement chaque année. 

La construction des caves n'a pas l'ait malheureusement des progrès 
aussi remarquables que la culture de la vigne. Il en résulte que 
souvent la fermentation s'accomplit dans des conditions défavorables, 
que le vin mal logé s'altère et que lorsqu'il est exporté en France, 
il y arrive détérioré et laissant beaucoup à désirer. Mais s'il est un 
point acquis, c'est celui-ci : tout vin provenant de cépages judicieusement 
choisis, fait et logé dans de bonnes caves, est d'une conservation facile 
et supporte r exportation, sans altération. La chose est surtout certaine 
quand on parle du vin de coteau, atteignant de 11 à 12", comme 
celui qui est produit en général dans l'arrondissement de Constantine. 

Une exposition des vins de toute l'Algérie a lieu à Constantine du 
20 décembre 1 884 au 5 janvier 1885; on n'aura pas de meilleure occa- 
sion pour apprécier la bonne qualité des vins produits dans la contrée 
environnante, dans les cantons voisins de Milah, de Smendon, etc. 

On sait déjà que cette exposition attirera un grand nombre de 
visiteurs. Nous pensons qu il sera intéressant pour nombre d'entre 
eux d'évaluer ici, même a^ec le faible degré d'approximation que com- 
porte le sujet, les dépenses qu'entraîne l'établissement d'un vignoble 
dans l'arrondissement de (iOnstantine : achat du terrain, plantation 
de la vigne et sa culture jusqu'au moment où, prenant sa quatrième 
feuille, elle entre en rapport, bâtiments nécessaires pour loger les 
hommes ou animaux employés, et les caves. 

Nous supposons que le vignoble est de 100 hectares et qu'il n'est 
rien négligé pour qu'il soit établi dans de bonnes conditions, en 
toutes ses parties. 

Il est situé près d'un des nombreux centres viticoles, où l'expérience 
a démontré que la culture de la vigne réussissait parfaitement, et où 
il se trouve déjà une nombreuse population de colons et de Kabyles 
connaissant la culture de la vigne. Une bonne route facilitant les 
transports passe près du vignoble. 

Dans une région ondulée, surtout comme celle où nous opérons, il 
est indispensable de posséder un terrain plus grand que celui qui sera 
mis en vigne, parce qu'on ne doit planter que les parties bien expo- 
sées, parce qu'il faut un certain espace pour le parcours des ani- 
maux, etc. 

Pour un vignoble de 100 hectares, un terrain de 150 hectares sera 
nécessaire et suffisant; ce terrain, entièrement défriché, ayant déjà été 
cultivé, au moins à la charrue arabe, coûtera 40,000 francs. 

Le sol mis en vigne est défoncé à 40 centimètres au moyen d'une 
forte charrue attelée de 12 à 16 bœufs et d'un mulet servant à guider 
les bœufs. On achèvera de le préparer pour la plantation au moyen 
de nombreux coups de charrues attelées de 2 à 4 bœufs, de scarifi- 
cateurs et de herses. 

La plantation sera exécutée à trous de 30 centimètres de profon- 
deur. La bouture reviendra à 15 francs le mille, pour 3,500 boutures 
par hectare. 

Ces diverses opérations, y compris la bouture, reviendront à bien 
près de 500 francs par hectare, soit pour 100 hectares 50,000 francs. 



56 UN VIGNOBLE DANS L'ARRONDISSEMENT DE GONSTANTINE. 

La plantation sera complètement terminée au mois de mars. — i^a 
culture sera faite au moyen de la charrue vigneronne et du scarificateur. 
Elle exigera un employé permanent européen et 2 mulets arabes 
par 1 5 hectares ; il sera fait usage surtout de Kabyles pour les pio- 
chages et autres travaux exigeant à certains moments un grand nom- 
bre de bras. 

La vigne prend sa feuille en mars ou avril. 

La culture de la l'" feuille coûte par hectare 200 fr., soit 20,000 fr. pour 100 hectares 

— 2" — — 250 fr., soit 25,000 fr. — — 

— 3" — — 250 fr., soit 25,000 fr. — — 

On voit donc que la plantation et la culture jusqu à la fm de 
la troisième année, c'est-à-dire jusqu'au moment où la vigne prenant 
sa quatrième feuille entre en rapport, reviennent à 1 ,200 francs par 
hectare, soit 120,000 francs pour 100 hectares. 

Frani'.s. 
Le régisseur et les valets de ferme seront logés dans deux maisons coûtant 12,000 
Les animaux et instruments de culture seront abrités dans des hangars 

coûtant fi ,000 

Les dépenses pour chemins, clôtures, etc 6 ,000 

Soit pour maisons, hangars, etc., un total de 24,000 

Les caves seront construites suivant le type universellement adopté 
dans le Narbonnais, le Roussillon, en Espagne, en un mot dans tous 
les pays chauds. En admettant, comme il convient, une production de 
50 hectolitres, et des foudres de 150 à 200 hectolitres, les caves coûte- 
ront 500 francs par hectare, soit 50,000 francs, pour les caves non 
munies des foudres et autres instruments de vinification (pressoirs, 
fouloirs, etc.). Ces divers objets seront achetés au fur et à mesure des 
besoins ; leur acquisition entraînera une dépense d'environ 500 francs 
par hectare, laquelle sera payée sur le produit des récoltes au fur et 
à mesure de l'acquisition, ou bien au moyen d'un emprunt à long 
terme fait sur le vignoble. 

En additionnant les diverses dépenses, nous trouvons pour le vignoble 
de 100 hectares : 

Francs. 

Acquisition du terrain de 150 hectares 40,000 

Plantation et culture du vignoble jusqu'au 1°'' avril de Tannée où 

prenant sa 4° feuille, il entre en rapport 120,000 

Bâtiments d'exploitation, chemins, etc 24,000 

Caves non munies des instruments de vinification .50,000 

Frais d'actes et dépenses imprévues 16,000 

Total 2.5'0,000 

Soit 2,500 fr. par hectare. 

Moyennant ce prix de 2,500 francs par hectare, on pourra facilement 
se faire établir à forfait un vignoble de 1 00 hectares ; le prix tend à 
s'élever quand l'étendue du vignoble diminue. 

Dans la région où nous supposons le vignoble établi, on devra cher- 
cher à produire du bon vin d'ordinaire pesant de 1 1 à 12 degrés, d un 
goût agréable, d'une conservation facile, pouvant se transporter sans 
détérioration. On obtiendra ce résultat en employant pour cépages, le 
Mourvèdre surtout, le Morastel, le Côt et diverses autres espèces en 
usage dans le pays. La production à partir de la cinquième feuille sera 
en moyenne de 50 hectolitres (sans engrais) ; ce chiffre semblera assez 
bas, si on le compare à ceux cités pour d'autres contrées. Mais la qua- 
lité compensera la quantité, et l'on peut compter que pendant de nom- 
breuses années, tout au moins, le prix de l'hectolitre ne s'abaissera 
pas au-dessous de 30 francs, vendu nu ; de sorte que le produit brut 
de la \ente de la récolte sera de 1 ,500 francs, ('e cliifYre est loin d'être 



UN VIGNOBLE DANS L'ARRONDISSEMENT DE CONSTANTINE. 57 

forcé, surtout si l'on tient compte du produit important donné par la 
distillation des marcs. 

On doit compter pour les frais d'exploitation de toute sorte 350 fr. 
par hectare (sans engrais) : 1 ,500 fr. — 350 fr. = i ,1 50 francs. 

Si nous enlevons 150 francs pour payer la vaisselle vinaire et autres 
instruments de vinification, ])our parer aux accidents, il restera 
1 ,000 francs de bénéfice net par hectare, à partir de la cinquième feuille, 
ce qui pour le prix de revient de 2,500 francs par hectare, donne à 
l'argent dépensé un rendement de 40 pour 100. 

' Quel commerce ou industrie donne aussi rapidement un bénéfice 
aussi considérable ! 

La nouvelle con\ention conclue entre la CiOmpagnie Transatlan- 
tique et la Compagnie P.-L.-M. fait disparaître rinconvénient que la 
grandeur des distances pourrait présenter pour l'exportation des vins 
algériens. Le transport de l'hectolitre, y compris le retour de la futaille, 
s'élève, chiffre rond, de Constantine à Paris, à 8 francs ; pour les 
points situés sur la grande ligne de Marseille à Paris, même prix ; de 
Constantineà Marseille, 3 francs. 

Quant au phylloxéra, aucune trace n'en a été constatée en Algérie. 
Tout le monde y est convaincu que la colonie jouira indéfiniment de 
cette immunité. En tous cas, les grandes distances qui séparent les 
divers centres \iticoles rendront ses progrès peu rapides. Néanmoins, 
pour calmer toute appréhension à cet égard, nous rappelons qu'il existe 
une loi, fort sage et trop ])eu connue, laloi du 21 mars 1883, prescri- 
vant les mesures à prendre contre l'invasion et la propagation du phyl- 
loxéra en Algérie. 

L'autorité, ap])iiyée ])ar toute la population, veille à son application 
la plus stricte. Il en résulte : 1" qu'il est impossible d'introduire, non 
seulement un cépage étranger à la colonie, mais tout objet susceptible 
de porter avec lui le phylloxéra, et 2" que tout vignoble dont la végé- 
tation se ralentit est immédiatement signalé à l'administration qui le 
fait visiter par l'inspecteur départemental. 

Enfin, dans le cas où toutes les prévisions et précautions seraient 
déjouées et où le ])hylloxera apparaîtrait, l'administration, de par cette 
loi, mettrait la main sur la vigne infectée, la ferait détruire et accor- 
derait à son propriétaire une indenmité égale au bénéfi(;e net de tnjis 
récoltes moyennes que cette vigne aurait pu produire, ce qui ferait au 
moins 3,000 francs j)ar hectare, c'est-à-dire le prix de ]'e\ient du vigno- 
ble, y compris les ('a\es et toutes dépenses accessoires. La terre, les 
constructions et le matériel de toutes sortes continueraient d'appartenir 
au propriétaire. Une telle com])ensation ne doit-elle pas rassurer les 
plus timides f* de CiiiAH s, 

Aiu'ieii l'iêyp (le l'école polytechnique, propritHaire 
dans l'aiTondissement de Gonstantiiie. 

BIBLIOGRAPHIE AGRICOLE. 

Lpr droits de bandile dans le romlr de Nice. — Études d'économie a^rirole et pastorale, par 
i\l. LiîoNiDE GuiOT, ancien conservateur des forêts. — Librairie Visconti. — Nice, 1884. 

Dans la plus grande partie du bassin méditerranéen, au pied des 
Alpes et des Pyrénées particulièrement, l'exploitation du bétail est 
intimement liée avec le va et vient périodique des troupeaux. Les 
agriculteurs de la plaine ne sont pas parvenus jusqu'ici à entretenir 
leurs bétes à laine durant la saison cliaude de l'année. 11 est pourtant 



58 BIBLIOGRAPHIE AGRICOLE. 

reconnu, l'expérience de chaque jour le prouve, que l'abus de la trans- 
humance est une des causes les plus graves de la dénudation des 
montagnes. D'excellents auteurs ont montré aussi l'incompatibilité de 
cette pratique avec l'amélioration du bétail et avec l'adoption d'un 
système de culture plus avancé; mais la transhumance n'en est pas 
moins encore très générale et tant que le régime des eaux ne sera pas 
mieux réglé, tant que des canaux d'irrigation ne sillonneront pas le 
Midi de la France, comme ils sillonnent la Lombardie, tant que les 
torrents et les rivières emporteront à la mer et sans compensation pos- 
sible, les eaux de notre ciel, la terre de nos montagnes et de nos 
vallons au lieu de fertiliser nos plaines, les troupeaux de moutons 
et les chèvres quitteront le littoral pendant les mois chauds 
pour aller chercher dans les pâturages des montagnes, la nourriture 
fraîche et substantielle que la plaine desséchée par le soleil et par le 
mistral leur refuse à ce moment de l'année. Non pas, comme 
l'a démontré le regretté fondateur de ce journal, que le séjour de la 
montagne soit indispensable aux troupeaux de bétes à laine pour les 
soustraire aux chaleurs de l'été, mais bien parce que les troupeaux ne 
trouvent pas en général sur le littoral, une existence suffisamment 
favorable à leur développement et parce qu'ils ne donneraient aucun 
bénéfice à l'éleveur. C'est sans doute ce qui fait dire à M. Sanson dans 
son Traité de Zootechnie : « Tant qu'il y aura des pâturages de mon- 
tagne à louer dans les Alpes et dans les Pyrénées, les agriculteurs des 
plaines voisines feront bien d'y envoyer, durant la saison d'été, les 
moutons qu ils se trouvent hors d'état d'entretenir sans cela. » 

Cependant Barrai répond : « Faites dès irrigations partout où elles 
sont susceptibles d'être faites, vous aurez des fourrages abondants 
durant toute l'année, et vous aurez résolu trois grands problèmes : la 
préservation des populations et des propriétés contre le danger pério- 
dique des inondations désastreuses, le moyen de porter au maximum 
de rendement chaque morceau de terre cultivable et la production 
de la viande en quantité toujours croissante. )> 

L'argument est sans réplique ; le temps se chargera sans doute de 
réaliser ce beau programme ; les nombreux syndicats qui se sont fondés 
pour la défense et pour l'irrigation des terres, les immenses travaux 
de reboisement entrepris par l'administration forestière fort préoccupée 
de l'avenir de cette région, en sont un sûr garant. 

Mais en attendant cet âge d'or il faut subir la transliumance ou, si 
l'on veut la supprimer sur quelques points, étudier attentivement les 
conditions dans lesquelles elle s'exerce afin de bien connaître tous les 
intérêts qui sont en jeu. 

Dans un livre qu'il vient de publier sous le titre : Les droits de 
bandite dans le comté de Nice, M. Guiot, ancien conservateur des 
forêts, se préoccupe vivement de la situation faite à la propriété et à la 
culture par l'exercice de la transhumance sur le littoral provençal. 

Les pâturages d'hiver du littoral portent, dans l'ancien comté de 
Nice, le nom de bandites'- qu'on peut si l'on veut traduire par pâtu- 
rages soumis au ban ou réservés à des ayants droit déterminés et sur 
une étendue nettement délimitée. Au premier aspect, ces bandites 
paraissent dépourvues de toute végétation, mais en gravissant 

1. Cette expression, dit M. Guiot, dérive du mot latin hannum., qui veut dire hun. d'où provient 
elle-même la locution provençale bandita ou bandia, dont on a fait en italien le mot bandita 
qui veut dire réserve dans l'une et l'autre langue. 



BIBLIOGRAPHIE AGRIGOLPJ. 59 

les collines et en examinant pins attentivement, l'on ne tarde pas à 
décoiivrir, dans les interstices des rochers, dans les petites cuvettes où 
la terre a pu se maintenir, entre les pierres détachées des rochers, des 
touffes de plantes aromatiques : graminées, légumineuses, composées 
odoriférantes, que les moutons et les chèvres recherchent avec avidité 
et dont les qualités nutritives compensent très largement la rareté. Le 
fait n'est point ])articulier au comté de Nice; il s'observe sur tous 
les bords de la mer bleue soumis au pâturage. 

Les bandites comprennent, outre des propriétés communales boi- 
sées ou non boisées, un grand nombre de propriétés particulières 
soumises à diverses cultures et qui se trouvent ainsi grevées d'une 
servitude fort onéreuse, car le pâturage qui a force de loi cause des 
dommages réels aux propriétés foncières, détruit leur avenir et pré- 
sente un obstacle infranchissable au progrès. Il n'est donc pas éton- 
nant qu'on ait songé à racheter ces anciens droits pour les faire 
éteindre. La chose paraissait au premier abord toute simple; mais 
lorsqu'on a voulu réaliser la chose, on s'est heurté à une foule de 
difficultés non prévues ; on s'est aperçu en fin de compte que la ques- 
tion des bandites était plus complexe, et que pour prendre une dé- 
cision équitable, l'administration intéressée* avait besoin d'une étude 
plus approfondie si elle voulait respecter la multiplicité des intérêts 
qui s'y trouvent engagés. 

Les droits de bandite remontent à la plus haute antiquité; ils ont 
constitué et constituent encore le revenu le plus clair des propriétés 
territoriales. Les propriétaires des terrains asservis dans le comté de 
Nice encaissent annuellement un revenu qui, d'après M. Guiot, n'est 
pas inférieur à 40,000 francs sur une étendue de 41 ,555 hectares. 
Ensuite viennent les intérêts des bergers. Les troupeaux paissent sur 
les bandites des premiers jours d'octobre jusqu'aux derniers jours de 
mai, c'est-à-dire huit mois. Pendant ce temps, les bergers vendent leurs 
produits : lait, fromage, agneaux, chevreaux, laine, etc., et leurs 
bénéfices sont notables lorsque les bandites sont dans le voisinage 
des villes. 

Mais ce n'est pas tout, lîien qu'ils soient en usage de temps immé- 
moriaux, ces droits ne sont pas de simples servitudes qu'on peut 
éteindre par le rachat du jour au lendemain; ils reposent sur des textes 
authentiques, sur des contrats passés entre les, communes et leurs 
habitants, contrats qui ont toujours été fidèlement exécutés. 

A l'aide de ces textes et à l'aide de savantes fouilles faites dans 
l'histoire du passé, M. Guiot a débrouillé la confusion qui régnait sur 
cette question des bandites. 

Il a déterminé d'une façon irréfutable, en procédant par l'histoire 
et par la jurisprudence, la nature légale des droits de bandite. Avec 
une profonde connaissance de son sujet, car pendant dix ans il l'a 
étudié sur les lieux mêmes, il a également établi que les bandites 
n'étaient pas des servitudes proprement dites, mais de véritables 
biens résultant d'un dédoublement de la propriété : le bien foncier et 

1. Dans l'annexion du conilé de Nice, les experts éclairés siofnalaient l'opportunité de l'extinc- 
tion de ces anciens droits. Depuis quelques années, celte question intéresse de nouveau l'opinion 
publique. I-lllo est à Tordre du jour dans les Alpes-Maritimes. Le Conseil général du département 
s'en est occupé plusieurs fois et de|)uis quelques sessions, a frirmulé énergiquement son opinion 
par des vœux fortement motivés. Le ministre de Fagriculture venu à Nice en avril dernier a 
porté l'attention la plus sérieuse à cette afi'aire délicate, pour laquelle le cf ncnurs pécuniaire du 
gouvernement est indispensable. 



60 BIBLIOGRAPHIE AriRIGOLi:. 

le bien superfîciaire. Ce démembrement constitue pour le droit de 
bandite une sorte de copropriété ; non pas une copropriété suivant 
l'article 81 5 du Code civil, puisque les bandites sont indivises, mais 
bien une copropriété d'une espèce particulière qui n'a point d'ana- 
logue dans la loi française, et dont M. Guiot a retrouvé les traces dans 
le droit romain. Il l'a appelée la propriété super ficiaire. 

Les propriétés soumises au droit de bandites sont à proprement 
parler hypothéquées et ne sont pas aliénables tant que Ibypothèque ne 
sera point enlevée. 

Il est fort intéressant de lire dans l'ouvrage de M. Guiot les nom- 
breux détails historiques qu'il cite à l'appui delà théorie superfîciaire. 
A notre grand regret, la place nous manque pour le suivre dans les 
développements qu'il donne à ce côté de la question. 

Nous nous bornerons donc à appeler sur cet excellent livre l'atten- 
tion de l'administration et des personnes intéressées à voir donner 
une solution équitable au problème soulevé par le rachat des droits de 
bandite. M. Guiot a présenté la question sous un jour qui donne à 
réfléchir à ceux qui croiraient pouvoir trancher d'un coup de plume 
les difficultés quelle soulève. <c II est démontré à nos yeux, dit-il, en 
forme de conclusion, que dans certaines contrées, notamment en Pro- 
vence et dans le. comté de Nice, qui en faisait partie intégrante, les 
droits de pâturage, soit d'été, soit d'hiver, suivant les cas, ont été 
organisés, pendant le moyen âge, en vastes pro])riétés indépendantes 
des fonds, c'est-à-dire en propriétés superficiaires, lesquelles n'ont pas 
été moins recherchées, parce qu'elles étaient les plus productives, à 
une époque où l'industrie n'existait pas encore, où les bras étaient 
rares et où la culture du sol ne pouvait servir qu'à faire vivre ceux qui 
le défrichaient avec peine et qui en tii'aient les plus médiocres 
produits. 

« Assurément le fait que nous signalons était déjà connu, notam- 
ment dans la Franche-CiOmté où la jurisprudence la consacré ; mais là 
on était en présence de titres précis et formels, tandis que les titres 
constitutifs des bandites ne le sont pas et qu'ils n'ont pas encore été 
interprétés par les tribunaux et par les cours d'appel. Si nous ajoutons 
que leur origine féodale ou souveraine a été complètement perdue de 
vue avant notre travail, il nous sera permis de dire que la situation 
était restée assez o])scure pour avoir besoin d'être complètement 
éclaircie. )) F. Gos, 

Rc'pi'titiMir (i'agrirultiirp (•umpart^p h rin-^tilut a<rroiiomiqiiP. 

NOUVEAU SEMOIR DISTRIBUTEUR D'ENGRAIS 

L'outillage agricole vient de s'enrichir d'un semoir à engrais tout 
à fait digne d'être signalé. Cet appareil est dû à un cultivateur fran- 
çais, M. L. Couteau, bien connu comme excellent agronome, à qui 
l'on doit déjà un très bon appareil pour la formation des menions. 

Avec ce semoir on peut semer tous les engrais, quels qu'ils soient, 
depuis les poudrettes les plus grossières jusqu aux engrais chimiques 
les plus humides. Plusieurs de ces semoirs fonctionnent déjà en France. 
Partout les résultats obtenus ont dépassé les espérances de ceux qui 
s'en sont servis. Citons, entre autres, MM. Gustave Rousselle, à Géro- 
court; Gillot, à Marolles en Brie; Gilles, à Tliieiix ; Gatellier, à 
la Ferté-sous-Jouarre ; Lambert, à Toury. 



NOUVEAU SEMOIR DISTHIP.UTKUH D'KXGRAIS. 61 

Ce semoir est dune grande simplicité. L'appareil semeur se com- 
pose de deux cylindres lisses tournant dam le même sens. Les mou- 
vements et les efforts de traction ont été combinés de telle façon 
qu'un seul cheval mène aisément le semoir; l'appareil distributeur 
diffère complètement de ceux employés jusqu'à ce jour et qui se com- 
posent soit de chaînes, soit de dis([ues à l'essort. 

Les avanta_iies de cet ini>énie(i\ iustriunent ont été niénie reuiar(|iiés 




par des constructeurs étrangers ; c'est ainsi qu'une grandemaison 
allemande vient d'acheter à M. L. Couteau le droit d'exploiter son 
brevet pour l'Allemagne et l'Autriche-Hongrie. l ne maison écossaise 
vient d'en faire autant pour l'Angleterre. 

M. L. Couteau a confié la vente de son semoir à M. Dudouy, bien 
connu des agriculteurs français ; ce dernier saura certainement pro- 
pager en peu de temps cet excellent instrument. L. de Sardriac. 



62 MOULIN DU CHATEAU A BOURBON-L'ARCHAMBAULT. 

MOULIN DU CHATEAU A BOURBON-L'ARCHAMBAULT 

Mes affaires m'avaient appelé ces jours derniers à Bourbon-l'Ar- 
chambault (Allier). Elles furent vite terminées, et je ne savais trop où 
passer mon temps; je connaissais déjà cette vieille cité, ses ruines 
historiques, sa tour célèbre de Quinquene;roiine. J'avais encore à la 
mémoire le monotone boniment du cerbère de ces lieux. Que faire? 
A tout hasard je résolus d'aller visiter le moulin que M. Bignon a fait 
reconstruire il y a quelques années sur le bord de son étang, et que 
l'on m'avait dit très intéressant à voir. 

J'avoue que je ne m'attendais pas à trouver une installation sem- 
blable. Aussi prendrai-je la liberté d'entrer dans quelques détails, 
persuadé qu'ils seront favorablement accueillis, surtout à cette époque 
où l'agriculture et les industries qui en dépendent souffrent si péni- 
blement. 

Je dois dire tout d'abord que M. Gautlierin, le minotier qui exploite 
le moulin du château, est un maître dans son art. Il y a consacré sa 
vie entière, et c'est à force de travail qu'il est parvenu à acquérir la 
grande notoriété dont il jouit. Aujourd'hui sa marque est des plus 
estimées. 

Cet homme* de lutte ne s'est point laissé abattre par les mauvaises 
années que toutes les industries traversent, et résolument, malgré des 
dépenses énormes, il a transformé tout son matériel. Pour cela, il n'a 
point traité à forfait avec un mécanicien, il a été son propre ingénieur, 
choisissant et réglant lui-même la marche de ses machines. 

Je visite d'abord les diverses pièces d'un nettoyage à blé, et j'en ad- 
mire le travail minutieux. Le grain passe sucoessivement dans di- 
verses machines, tarares, brosses, colonnes épointeuses. Chacun de 
ces appareils débarrasse le blé des matières étrangères, des grains 
trop petits ou imparfaitement mûrs. Le blé, à sa sortie, est admira- 
blement nettoyé, d'une grosseur égale et dépouillé de tout ce qui peut 
nuire à la parfaite qualité des farines. 

Les froments livrés à l'usine sont de bonne nature; ils ont été, au 
préalable, vannés avec soin dans les greniers, et cependant ce nouveau 
nettoyage donne encore un déchet de 5 pour 100. 

Dès lors on pourrait croire que le blé ait toutes les qualités requises 
pour faire des farines irréprochables, mais notre minotier ne s'arrête 
pas là. 

Malgré cette épuration si parfaite, M. Gautherin conduit encore ses 
grains, avant de les moudre, dans un appareil tout nouveau et dont il 
a réglé lui-même la construction et la marche. 

Cet appareil très-simple ouvre légèrement le grain du blé ; il en 
chasse la poussière la plus ténue et toutes les autres impuretés qui 
pourraient se trouver dans la fente entre les deux lobes ; enfin il dé- 
tache du grain le germe qui y est adhérent et dont le mélange avec 
l'amande pure du blé pourrait nuire à la qualité et à la blancheur des 
farines. 

Je ne vous dirai point les divers autres instruments sous lesquels 
passe le grain pour se transformer en farine. De création nouvelle, 
leur mécanisme et leur fonctionnement ne laissent rien à désirer. 
On admire malgré soi cette farine plus blanche que la neige que 



MOULIN DU CHATEAU A BOURBOX-L'ARGHAMBAULT. "63 

viennent de transformer ces machines si multiples, et c'est en 
Tain que l'œil le plus attentif y découvrirait un atome de matières 
étrangères. 

Je me retirai ravi de ma visite, et tout en remerciant notre coura- 
geux meunier de l'obligeance avec laquelle il nous avait fait les hon- 
neurs de son usine, je le félicitai sur son installation si parfaite et si 
intelligente. 

Nous souhaitons que de tels exemples soient connus, parce qu'ils 
doivent être imités. Si du temps du brave homme Jojj il était digne 
de se complaire dans ses malheurs, aujourd'hui nous ne devons point 
nous attarder dans de pareilles doléances sous peine de nous laisser 
distancer. Le temps marche avec une vitesse vertigineuse et la lutte 
pour la vie nous crie sans cesse en avant : commandement impérieux 
auquel il est de nécessité absolue d'obéir. C'est ce que M. Gautherin 
a fort bien compris. Max-Gruaux. 

ACTION DE QUELQUES SUBSTANCES ANTIPARASITAIRES 

SUR LE MILDEW ET L'OÏDIUM. — IL 

Traitement de l'oïdium par les polysulfures alcalins 

L'emploi du soufre en poudre contre l'oïdium exige des conditions 
météorologiques spéciales pour être efficace : temps calme, rosée sur 
les feuilles, afm de faciliter ladhérence de la poudre. Si l'action n'est 
pas immédiate, un vent un peu violent détache le soufre de la feuille 
et en annule l'effet. En outre, projeté comme il l'est, le soufre n'atteint 
pas toutes les parties de la feuille envahies par le champignon, et son 
action est très précaire. Dans tous les cas, une grande partie du soufre 
tombe immédiatement à terre et semble avoir été employée en pure 
perte. 

Nous avons pensé qu'il y avait lieu de substituer à ce procédé pri- 
mitif et d'un effet aléatoire, un autre d'une application plus régulière 
et d'un effet plus sûr. L'usage si commode du pulvérisateur Riley 
nous a suggéré l'idée d'employer une solution aqueuse de polysulfure 
alcalin . 

Les expériences ont été faites dans le courant d'août dernier sur 
une vigne de muscat romain fortement atteinte par l'oïdium. 

Résultats. — Le polysulfure de sodium (foie de soufre) en solution 
aqueuse récente projetée en fines gouttelettes, à l'aide d'un pulvérisa- 
teur, sur des feuilles de vignes atteintes de l'oïdium, laisse déposer sur 
ces feuilles une mince pellicule de soufre, discontinue et très adhé- 
rente. 

A la dose de 5 millièmes, l'oïdium est flétri, arrêté dans son déve- 
loppement, et la feuille ne subit aucune altération. 

A des doses supérieures à 1 centième, la feuille est plus ou moins 
altérée, marquée de taches brun-jaunâtre, peut se recroqueviller et 
se détacher du pétiole, à la base du limbe. Le contact de l'acide car- 
bonique de l'air avec le liquide répandu en fines gouttelettes sur les 
feuilles, facilite la décomposition du polysulfure déjà commencée lors 
du mélange avec l'eau ordinaire. Aussi, le soufre employé sous cette 
forme et à la dose de 5 millièmes de polysulfure avec les eaux ordi- 
naires plus ou moins chargées d'acide carbonique est presque 
entièrement utilisé là où il tombe, c'est-à-dire mis en liberté. 



64' ACTION DE QUELQUES SUBSTANCES ANTIPARASITAIRES SUR LE MILDEW. 

L'adhérence de la pellicule de soufre sur la feuille permet d'espérer 
qu'un seul soufrage suffira, un peu avant la floraison, alors que le 
végétal a acquis tout son développement. 

Les proportions de soude à l'état de carbonate ou de sulfure non 
décomposé, de 3 grammes à 4 gr. 5 par litre, nous portent à croire 
que le mildew qui se rencontre souvent simultanément avec l'oïdium 
sur les feuilles pourra être frappé du même coup. Le pulvérisateur 
Hiley permet, d'ailleurs, d atteindre les feuilles dans tous les sens. En 
tous cas, la couche persistante de soufre sur la feuille sera certaine- 
ment un grand obstacle au déseloppement du mildew. 

Il \ aurait avantage au point de vue de la vigueur de la vigne et 
de son rendement, à substituer le pol) sulfure de potassium au poly- 
sulfure de sodium, ou foie de soufre du commerce. 

Prix de rerAenl. — Le polysulfure de sodium se vend dans le cf>m- 
merce de 50 à 60 fr. les 100 kilog., celui de potassium de 75 
à 80 fr. 

Pour LOOO litres d'eau on emploie 5 kiloif. de polysulfure, soit 
2 fr. 50 à 4 fr. 

Or, nous estimons qu"a\ec 1 litre de liquide, on peut traiter 10 sou- 
ches; avec 1,000 litres on traitei'a 10,000 souches, soit I, 2, 3 hec- 
tares, suivant la compacité du vignoble. 

Dans tous les cas la dépense de sulfure alcalin ne dépassera pas 
•4 francs pai' liectare. Le soufrage habituel, avec ses trois opérations, 
exige de 150 à 200 kilog. de soufre, soit de 30 à 40 francs. La main- 
d'œu^re n'est pas plus coûteuse que pour un soufrage ordinaire. 

Le pulvérisateur indiqué par l'entomologiste américain Riley, déjà 
répandu dans le Midi, convient à cet emploi des polysulfures alca- 
lins. Il n'y aurait quà changer la matière de la ])onqje et de 1 aju- 
tage, de façon à ce qu ils ne soient pas altérés par le sulfure : ainsi, 
pour la pompe, delà fonte émaillée ou du fer galvanisé ; pour 1 aju- 
tage, les mômes matériaux, ou encore du verre ou de la porcelaine. 

L'économie qui résulte de l'emploi de ce procédé, son effet plus sûr 
contre loïdium que celui du soufrage ordinaire, la possibilité de son 
aj)])licalion en tout temps et à toute beuce, son efficacité probable 
contre le mildew, nous portent à en recommander l'usage aux viticul 
leurs. P. PiciiARD, 

l)i l'Pi-tpur Ac la station agi-unomiinio ilc Vaiirhisp. 

MÉTÉOROLOGIE DU MOIS DE DÉCEMBRE 1884 

Voici le résumé des observations météorologiques faites au parc de 
Saint-Maur, en décembre 1884 : 

Moyenne baromélriqve à midi : 756™"'. 70; minimum, le 20 à 7 heures du 
matin, 731'"'". ;{2; maximum, le 13 à 10 heures du matin 768'"'". 39. 

Moyennes thermomefriqiies : dei^ minima, 2".77; des maxima, 6". 49; du mois, 
4". 63; moyenne vraie des 24 heures, 4°. 22. Minimum, le 29 vers 5 heures du 
matin, — 4". 2 i^le 1''', — 4".li. Maximum, le 7 entre 1 heure et deux heures du 
soir 13°. 3. II y a eu 8 jours de gelée dont les deux derniers sans dégel, plus deux 
jours de gelée blanche. 

Tension moyenne de la vapeur : 5"'"'. 61 : la moindre le H/à 1 heuie du malin, 
le 26 à 4 heures du matin, le 29 à 6 heures et 7 heures du matin et le 31 à 
minuit, 3"'"\3. La plus grande, le 7 à 2 heures du soir, 10"'"\0. 

Humidité relative moyenne, 88; la moindre le 4 à 2 heures du soir, 55; lapins 
grande 100, en 9 jours. 

Pluie: 73"i'".l en 100 heures réparties en 18 jours; les jours de plus foite pluie 



MÉTÉOROLOGIE DU MOIS I)K DÉCEMBRE 1884. 65 

ont été les 3,15 et 20; ce dernier jour adonné à lui seul 16""". 5 d'eau en 17lieures 
de chute. Il est tombé un peu de grêle ou grésilles 1, 17, 20, 25, 26 et un peu 
de neige les 1 et 25; ce dernier jour, la terre a été recouverte de près de un centi- 
mètre de neige. 

Il y a eu 3 jours de brouillard. 

Les vents de SSW ont dominé au commencement du mois et ceux de NNE à 
la fin. L'intensité moyenne du venta été plus grande que d'habitude. Du 20 au 
22, on a eu une tempête qui a commencé par des vents de SW puis du NO et a 
tourné au NE en conservant sa force. 

Nébulosité moyenne 32. Aucun jour clair; les 28 et 29 seulement ont été 
assez beaux. Nous avons vu éclairer deux fois le 17 au soir entre 5 heures et 
5 heures un quart. 

Température moyenne de la Marne : 4°. 87; elle a varié de 0'*.57 le 29 à 7°. 55 
le 12. Très-claire au commencement du mois, puisque sa transparence était de 5"' 
le 2, elle est devenue fort trouble dès le 1 1 ; elle ne s'est un peu éclaircie ({ue le 
dernier jour du mois. Elle était très-basse aussi au commencement, puis(|u'elle 
était à2"\27 le l*"'; elle s'est élevée le 27 à 4"\98 pour redescendre à 4'" le 31. 

Moyenne à 7 heures du matin : Baromètre 756""". 66: thermomètre 3".75 ; 
tension de la vapeur 5""". 64; humidité relative 91 : nébulosité 88. 

Relativement aux moyennes normales, le mois de décembre 1884 
présente les résultats suivants : baromètre plus bas de 2'""'. ; ther- 
momètre plus Iiaut de 1".44; tension de la vapeur plus grande de 
0'°'".47 ; humidité relative moindre de 2 à 3 ; j)luie plus forte de 
29""". 2 ; nébulosité plus grande de 8. E. Rexoi , 

MiMiiliiv lie la Sficiéti' iltHuikiIc d'agrii'iilturc. 

SOCIÉTÉ DES AGRICULTEURS DU NORD 

I. — Discours de M. Macarez, président, à la séance solennelle 
du 28 décembre 1884 

Avant d'ouvrir pour la quatrième fois la distribution des récompenses de notre 
concours betteravier, permeltez-moi, messieurs, de rendre tout d abord un pieux 
et reconnaissant hommage à notre cher et regretté Gorenwinder, qui aurait dû 
siéger aujourd'hui à cette place. La mort nous l'a enlevé prématurément, encore 
plein de force et de vie, toujours animé, pour le progrès agricole, de cette ardeur, 
de cette passion, de cet entrain qui l'ont rendu populaire dans toutes les cam- 
pagnes de notre région et cj[ui ont fait de sa perte un deuil public. 

Il est mort au lendemain même d'une réunion dans laquelle il examinait avec 
nous les moyens les plus propres à venir en aide à l'agriculture ; et la parole si 
bienveillante, les conseils de cet agronome expérimenté étaient écoutés par tous 
avec respect et sympathie. 

Mais que son souvenir ne nous attriste pas plus longtemps, il ne nous le par- 
donnerait pas. 

Nous regrettons tous, M. l'inspecteur général, l'absence de M. le ministre ; il 
aurait été accueilli, ayez-en la conviction, avec sympathie parmi nous. 

Lors([ue vous rentrerez près de lui. veuillez lui dire que nous suivons avec re- 
connaissance ses efforts pour amener le gouvernement et les Chambres à donner 
à l'agriculture la protection qui lui est nécessaire, dites-lui que nous avons 
écouté avec émotion les paroles si éloquentes, si vraies, si convaincues qu'il a 
prononcées à la tribune pour la défense des cultivateurs. 

Les cultivateurs savent apprécier ce qu'on fait pour eux, el ils ont pour M. Mé- 
line une vieille et durable reconnaissance dont nous vous prions de lui trans- 
mettre l'expression. 

Si M. le ministre n'est pas toujours arrivé à donner pleine satisfaction à 
leurs revendications, ils savent que ce n'est pas faute d'avoir lutté pour y arriver. 

En ce cjui concerne la betterave, l'an dernier, reconnaissant avec nous qu'on 
ne pouvait plus la produire dans des conditions rémunératrices, il nous assurait 
que sa volonté était de faire modifier la législation sUcrière dans un sens favo- 
rable à l'agriculture. Il a tenu parole. 

L'impôt sur le jus que nous espérions, que nous ci'oyions être le seul conijia- 
tible avec les intérêts généraux agricoles, induslriels et finMiiciei's, n'a ])u êlre 
obtenu. 



66 SOCIÉTÉ DES AGRICULTP]URS DU NORD. 

Pour ne pas compromettre tant d'efforts, il a dû se rallier, comme nous, à un 
système provisoire, ayant la betterave pour base, et sagement, le Parlement, sur 
ses conseils a réservé une période de trois années d'études, après lesquelles on 
iugera si réellement on peut exiger du fabricant, et par ricocnet du cultivateur, 
un rendement en sucre dii poids de la betterave devant, bon gré, mal gré, s'aug- 
menter graduellement d'année en année. Nous ne pensons pas qu'il puisse en 
être ainsi, et c'est cette perspective qui nous effraye. 

Si la loi était maintenue telle quelle a été votée, le Trésor arriverait à perce- 
voir un droit sur une denrée n'existant pas dans une matière première, quoi 
qu'on ait fait pour l'y créer. Ce serait injuste et exorbitant. 

En ce cas, le fabricant serait forcé de retenir au cultivateur le droit payé indû- 
ment, ou de lui refuser sa récolte. 

Cet état de choses conduirait promptement à l'anéantissement de la culture de 
la betterave sucrière, car le cultivateur qui, pour la produire, doit, bien avant 
l'époque de sa récolte, avancer à la terre un gros capital, ne pourrait jamais le 
récupérer si la température ne restait pas constamment favorable et si les prix 
des sucres se maintiennent aux cours actuels. 

Nous savons bien qu'on affirme que le cultivateur peut à volonté produire dans 
la betterave la quantité de sucre indiquée comme base de l'irnpôt, et toujours en 
proportions plus élevées ; mais c'est de la théorie dont la pratique diffère du tout 
au tout. 

Jamais on n'a nié qu'il fût impossible d'améliorer la qualité de la betterave, 
pas plus que de toute autre plante, mais il ne faut pas oublier que les circons- 
tances climatériques jouent le principal rôle dans n'importe quelle culture, 
qu'elles peuvent modifier, anéantir même, du jour au lendemain, tous les tra- 
vaux, toutes les dépenses, toute une longue année de labeurs. 

Il faut aussi tenir compte de la diversité des sols, des sous-sols. 

Et tenez, monsieur l'inspecteur général, en retournant à Paris, veuillez exa- 
miner les tranchées ouvertes pour le passage de la voie ferrée que vous parcour- 
rez, vous constaterez que si la surface semble uniforme, la coupe ne l'est pas et 
que l'irrégularité est des plus complètes. 

Gomment veut-on que le cultivateur change ce que la nature a fait dans de si 
grandioses proportions ! Même à force de bras et d'argent, cela serait impossible. 

Il serait donc injuste, je le répète, de rendre l'agriculteur seul responsable du 
manque de qualité et de quantité des produits qu'il cultive, et pour la betterave 
de sa teneur saccharimétrique. C'est pourtant ce qui arriverait si le projet de loi 
actuel était appliqué après la période triennale dans sa rigoureuse proportionna- 
lité de base imposable. 

Le concours de cette année, monsieur l'inspecteur, dont notre secrétaire géné- 
ral va nous rendre compte, prouve suffisamment que l'agriculture, malgré la 
meilleure volonté, malgré un traitement du sol irréprochable, malgré l'emploi 
des graines les plus renommées et des engrais reconnus les plus propres à aider 
à la production du sucre, n'a pu arriver à produire une racine que les organisa- 
teurs du concours croyaient être en droit d'exiger. 

On ne peut pourtant pas douter que les concurrents n'aient tout fait pour arri- 
ver à la première place, et qu'avons-nous constaté? Les preuves en sont là, 
dans un volumineux dossier; pour ne pas avoir à éliminer les neuf dixièmes des 
concurrents, nous avons dû abaisser sensiblement le minimum de la densité que 
nous avions fixé avant l'ouverture de la campagne. 

Si notre concours avait lieu pour la première fois-, on pourrait nous objecter 
C£ue la culture a été prise au dépourvu, mais la plupart des concurrents luttent 
depuis quatre années. 

De plus, nous avons pris soin de faire publier et de bien indiquer que seuls 
seraient admis au concours les champs contenant de la betterave riche, supé- 
rieure en quantité et qualité, et ayant été traités suivant les meilleures méthodes. 
A grands frais, notre Société a fait imprimer et distribuer les brochures indi- 
quant la marche à suivre pour la plantation et les soins à donner à la terre, à la 
plante. 

Et voilà les résultats. — Pourquoi n'ont-ils pas été meilleurs? Uniquement à 
cause des circonstance atmosphériques : une pluie est tombée ici à propos, là 
elle a fait défaut, en septembre le temps a été trop froid, trop chaud en octobre... 
Vous voyez donc, monsieur l'inspecteur, que le cultivateur n'est pas si cou- 
pable qu'on veut bien le dire, et que si l'on allait étudier ses pratiques de plus 



SOCIÉTÉ DES AGRICULTEURS DU NORD. 67 

près, constater le mal qu'il se donne pour arriver à des résultats problématiques, 
souvent ruineux, presque jamais suffisamment rémunérateurs, on tiendrait mieux 
compte de ses plaintes; on lui rendrait meilleure justice. 

Il semble que c'est pour lui que la fable du bon La Fontaine : Les animaux 
malades de la peste, a été faite, et les puissants du jour, de leur cabinet, lui 
donnent par trop cavalièrement le rôle de l'âne. 

En résumé, monsieur l'inspecteur, si la loi avait été appliquée cette année 
comme elle le sera dans trois ans, le Trésor aurait encaissé un droit considérable 
sur du sucre n'existant pas dans la betterave. Dans ces conditions, il n'y a pas 
de doute que c'est le cultivateur qui aurait eu à supporter toute la charge de ce 
lourd supplément d'impôt, le fabricant n'étant qu'un intermédiaire. 

Voilà, monsieur l'inspecteur, ce qui inquiète les producteurs de la betterave 
sucrière, ce qui amènera certainement l'abandon de celte culture, la seule indus- 
trielle encore possible, s'il n'est donné des garanties à ceux qui font des efforts 
pour maintenir cette suprême ressource des campagnes du Nord. 

Certes, il n'entre pas dans notre pensée de rendre le gouvernement respon- 
sable des causes physiques que nous avons énumérées, pas plus que les fabri- 
cants de sucre, mais il est essentiel qu'on en tienne compte et que ceux qui ont 
à profiter de la production sucrière en France s'efforcent de la rendre possible et 
quelque peu rémunératrice. 

C'est au législateur qu'il appartient de bien y prendre garde. L'expérience des 
trois années transitoires lui fournira du reste toutes les indications nécessaires 
pour arriver, s'il y a lieu comme nous le pensons, à parer aux lacunes de la loi 
nouvelle, et c'est parce que nous avons l'espoir qu'il en sera ainsi, que nous 
continuerons à faire nos efforts pour que l'expérience commencée depuis un an 
soit vraie, sincère et réellement concluante. 

Nous avons tenu, monsieur l'inspecteur, à vous dire nettement ce que nous 
pensions de la nouvelle législation sucrière, dont la réforme était annoncée pour 
la première fois ici même, il y a un an, par M. le ministre de l'agriculture; ces 
réflexions nous étaient naturellement inspirées par le concours betteravier dont 
nous allons décerner les récompenses. 

Avons-nous besoin d'ajouter que l'agriculture, qui depuis plusieurs années ne 
connaît plus les bénéfices et accumule les pertes, attend avec impatience le vote, 
sur les produits agricoles, des droits protecteurs qui sont proposés aux 
Chambres. 

Ce serait se répéter, ce serait vouloir faire la preuve de faits que pas un 
homme compétent ne conteste aujourd'hui que de vouloir démontrer que des 
droits réellement compensateurs de nos charges sont nécessaires aux cultivateurs, 
non pas pour prospérer, mais pour vivre, et pour payer des salaires déjà trop 
abaissés aux ouvriers agricoles. 

Un grand cri de détresse s'est élevé des campagnes, sur tous les points de 
la France; il a été entendu par M. le ministre de l'agriculture, qui a voulu 
venir immédiatement à notre aide ; nous souhaitons que nos représentants au 
Parlement lui donnent la force nécessaire pour triompher à brève échéance de 
ceux qui s'enivrent de folles théories et qui ferment les yeux devant la triste et 
pénible réalité. • 

IL — Liste générale des récompenses des concours de 1884. 

Grands prix d'honneur : objet d'arl, offert p;ii- la Société des agriculteurs de France, M. Dupont, 
cultivateur à Tliiant. Objet d'art offert [)ar la Société nationale d'encouragement à l'agriculture, 
M. Alfred Brabant, fabricant de sucre à Onnaing. 

I. — Cultivateurs. — Arrondissement d'Avesnes. — Prix d'honneur de la Société des agri- 
culteurs du Nord, M. Alphonse Derome, agriculteur à Bavai. — Prix de la Société nationale d en- 
couragement à Tagriculture, M. César Deharvengt, agriculteur à Feignies. — Médaille de 
vermeil (grand module), M. Firmin Blary, cultivateur à la Flamengrie. — Médailles de vermeil 
(|jetit module), MM. Jean-Baptiste Eloire, "cultivateur à Forest; Léon Dupire, cultivateur à Orsin- 
val. — Médailles d'argent (grand module), MM. Augustin Cartier, cultivateur à Bettrechies; 
César Thomas, cultivateur à Cerfontaine. — Médailles d argent (grand module), MM. Jules Gillet, 
cultivateur à Hautmont ; Delos, cultivateur à Boussois; Albert Prévôt, cultivateur à Malplaquet; 
Scarcériaux, cultivateur à Bettrechies. 

Arrondissement de Cambrai. — Prix d'honneur, objet d'art de la Société des agriculteurs du 
Nord, M. F]mile Wiart, cultivateur à Paillencourt. — Prix de la Société nationale d'encourage- 
ment à l'agriculture, M. Louis Lucas, cultivateur à Sailly. — Médailles d'or, MM. Henri Fosse, 
cultivateur àEscarmain; Jean-Baptiste Sallée, cultivateur à Hem-Lenglet; Jean-Baptiste Ducant, 
cultivateur à Villers-Outreau; Victor Germe, cultivateur à Itamillies. — Médailles de vermeil 
(grand module), MM. Gustave Bourson, cultivateur à Romeries; Crépin-Crépin, cultivateur à San- 
court ; Franç(jis Delcroix, lits, cultivateur à Cambrai, — Médailles de vcriucil {\tcVil module). 



68 SOCIÉTÉ DES AGRICULTEURS DU XORl). 

MM. Jean-Hii|)lisle Gainez, cultivaleur à Morencliies; Louis Luusiii, cultivateur à Ha> riecourl ; 
Quenesson-Miiiot, cultivateur à Ligny ; Gormont-Dumonl. cultivateur à Abauc(jurt. — Médailles 
d'argent {gvdud module). .MM. Pierre-Joseph Forcau, cultivateur à Bantiffn\ : Lecomte-Delahaye, 
cultivateur à Ligny: Gosset-Taine. cultivateur à Ligny; Sœulin. cultivaleur à Bantigny. ' — 
Médailles d\irg eut {piiiil module). MM. Denoyelle, cultivateur à Ramillies: Louis Italique, "culti- 
vateur à Ramillies; Chowin. cultivateur à Hamillies. — Rappel d'objet d'art, M. Léon Macarez, 
cultivateur à Escormain. — Rappel de inédailles d'or. MM. Valentin Lesne, cultivateur à Aban- 
court: .Vubliii Loriaux, cultivateur à Sninl-Ililaire : Gustave Cardon, cultivateur à Saint-Python ; 
Jules .Millot. cultivateur à Glary : GulTroy-Iiarbare, cultivateur à Villers-Guislain. — Rappel de 
■médaille de vermeil (grand module). .M. Joachim LeI'ebvre, cultivateur à Bantigny. — Rappels de 
médaille de vermeil (petit module), M.M. Fénelon Maillard, cultivateur à Romeriesj Lecomte- 
Dcpierre. cultivateur à Ligny. 

Arrondissement de Douai. — Prix de la Sociélé nationale d'encouragement à l'agriculture, 
M. Alexandre Bpuhours, cultivateur à Landas. — Médailles d'or. MM. Darthenay, cultivateur à 
Monchecourt; Lasne-Becquembois, cultivateur à Dcchy. — Médailles de vermeil (grand module), 
MM. Louis Guislain. cultivateur à Nomain : Dumonl-Bauvois, cultivateur à .\ubigy-au-Bac. — 
Médaille d'argent (grand module), M. Bonte-Landrieux, cultivateur à Landas. — Rappel de 
médaille de vermeil (grand module), M. François Blanquart, cultivateur à Nomain. 

Arrondissement de Dunkerque. — Prix d'honneur de la Société des agriculteurs du Nord, 
M. Arsène Wemaere, cultivateur à Armbouts-Gappel. — Prix de la Société nationale d'encoura- 
gement à l'agriculture, M. Louis Goevoet, cultivateur à Armbouls-Gappel. — Médailles d'or, 
M.M. Pierre Vanboekstael, cultivateur à Rexpoëde : Benjamin Looten, cultivatein- à Arnibouls- 
Gappel ; Amand Mecginion, cultivateur à Armbouts-Gappel; Louis Beyaert. cullivateur à Saint- 
Pierrebrouck. — Médailles de vermeil (grand module), Mme Vve Deblock. cultivatrice à 
Armbouts-Gappel; M. Paul Béliague. cullivateur à Rex|)oëde. — Médailles de vermeil (petit mo- 
dule), MM. Emile Maegherman. cultivateur à Grande-Synthe; Stanislas Deram. cultivateur à 
Brouckerque; Léonard l'icquendas, cultivateur à Saint-l'ierrebrouck. — Médaille d'argent (grand 
module), M. Henri Deturck, cultivateur à Ilondschoote. — Médailles d'argent (petit module), 
M.M. Jules Daullé, cultivateur à Bray-Duncs; Henri Bouclet, cultivateur aux Moëres; Désiré Van- 
denbilcke, cultivateur à Bray Dunes ; Gonstantin Loul', cultivateur à Sainl-Pierrebrouk. 

Arrondissement d'Hazebi'ouck. — Prix d'honneur de la Société des agriculteurs du Nord. — 
M. Jean-Baptiste Tallin, cultivateur à Doulieu-Estaircs. — Prix de la Société nationale d'encou- 
ragement à l'agriculture, M. Jean-Baptiste Gourdent, cultivateur à Doulieu-Estaires. — Médaille 
d'or, M. Gélestin Bourel, cultivateur à Doulieu-Eslaires. — Médailles de vermeil (grand module), 
MM. Louis Lobbedez. cultivateur à Thiennes; Louis Guise, cultivateur à Doulieu-Estaires. — 
Médaille de vermeil (pelit module), M. .\uguste Hennion, cultivateur à Doulieu-Estaires. 

Arrondissement de Lille. — Médaille d'or de la Société des agriculteurs de France, 
Mme Vve Lefebvre, cultivatrice à Mons-en-Pévèle. — Prix d'honneur de la Société des agricul- 
teurs du Nord, M. Ileddebault, cultivateur à Wannehain. — Médaille d'or. M. Ségard-Masson, 

cultivateur à Ostricourt. Médaille de vermeil (grand module), ^I. Ségard-Lefebvre. cultivateur 

à Ostricourt. 

Arrondissement de Valcnciennes. — Prix d'honneur de la Socic'lé des agriculteurs du Nord, 
M. Charles Chérubin, cultivateur à Maing. — Pri.r de la Socii'lé n.ilionale (rcncouiagemont à 
l'agriculture, M. François Goroenne, cultivateur à Onnaing. — MéiloUles d'or. .M.M. Léon Dupont, 
cultivateur à Maing; François Dayez, cultivateur à Onnaing; Julien E(iuipart. cultivateur à Quié- 
vrechain. — Médailles de vermeil {gv&nd module). MM. llilephonse Decamps. cultivateur à Sebour- 
(juiaux (hameau de Sebourg) : Gélestin Lecerf. ciillivateur à Verchain. — Médailles de vermeil 
(petit module). M. Danhiez-Souplet, cultivateur à Oucrciiains- : ^Inie Vvi^ Tamboise-Dumelz, culli- 
vali'ice à (Juerenaing. — Médailles d'argent (petit module). M.M. Gélestin Dupont, cultivateur à 
Maing; Clément Boursier, cullivateur à Verchain; Joseph Dupont, cultivateur à Maing; Charles 
Dell'errière, cultivateur à Querenaing. 

IL — F.\BRiCANTS DE SUCRE. — Prix d'konneur de la Société des agriculteurs du Nord, M. Ris- 
bourg, fabricant de sucre à Gauroir. 

III. — Bonne tenue des fermes. — Production et conservation du fu.mier. — .Vrrondissenient 
de Cambrai. — Médailles d'or, MM. Dejardin, cultivateur à Garniéres; Herbet, cultivateur à 
Ilaynecourt. 

ArrondissenKMit de Douai. — Médailles de vermeil (grand module), MM. Jules Simon, cultiva- 
teur àAuchy: Dumont-Bauvois. cultivateur à Aubigny-au-Bac. 

Arrondissement de Dunkerque. — Médaille don', M. Aimé Stevenool, cultivateur à Armbouls- 
Gappel. 

Arrondissement de Lille. — Médaille de vermeil (grand module), M. Bonduel. cultivahMir à 
Wervicq-Sud. — Médaille de vermeil (petit module), M. Pierre-François Six, cultivaleur à 
Lys-lez-Lannoy. 

IV. — Utilisation raisonnée du sol suivant sa nature. — Anondisscmciil Ar Cambrai. Objirt 
d'art, ^I. Valiez, cultivateur à Briastrc. — Arrondissement de Dunkerque. Médaille de vermeil 
(grand module). .M. François Duriez, cullivateur à Goiipciiaxiort (haïueau de Gra\wick). 

V. — Prix spécial accordé à l'auteur d'uiK^ brochure dans laquelle seront ('ludiés les moyens les 
plus eflicaces pour améliorer labetterave dans ledépartcinenl du Nord. — Objet d'art, .M. Jacqiuart 
aîné, chef d'institution à Cambrai. 

VL — Instituteurs. — Arrondissement de Cambrai. — Objet d'ail. M. Dambrine, instituteur à 
Ovillsrs (Solesmes). — Médaille d'or. .M. Gapont. instituteur à No)elles-sur-Escaut. — Médaille 
de vermeil (grand module), M. Huart, instituteur à Ramillies. — Médailles de vermeil (petit 
module), M.M. Wanecq, instituteur à Ligny; Regneaull, instituteur à Marcoing. — Rappel d'obji't 
d'art, M. Piot, instituteur à Hem-Lenglet. 

Arrondissement de Douai. — Objet d'art, M. Boudailliez, inslituteur à Roosl-Warendin. — 
Médailles de vermeil (grand module)^ MM. Soufflet, instituteur à Dechy; Bouliours. institul<'ur à 
Auchy. — Médaille de vermeil (petit module). M.M. Delattre, instituteur à Flines-les-Raches ; 
Gambray. inslituteur à .\niche. — Rappel d'objet d'art, ,M. Desnoullet-Varlet, instituteur à Arleux. 
Arrondissement de Dunkerque. — Objet d'art, M. Auguste Ducorney, instituteur à Rexpoéde. — 
Médaille d'or, M. Aiii<'et Vercouttrc, instituteur à Bray-Dunes. — Médaille de vermeil (grand 
I luli'i. M. Macs, iii^lilnleiir ;'i M'esl-Giippcl. — Médaille de vermeil (petit module). M. Niqucl. 



SOCIÉTÉ DES AGRICULTEURS , DU NORD. 69 

instituteur à Volckerinchove. — Médaille d'argent (grand module), M. Vanoorenberglie, inslitu- 
teur aux Moëres. — Rappels de prix d'honneur, MM. Ryngaert, instituteur à Arnibouts-Cappel ; 
Debeyre, institulcur à Saint Plerrebrouck. 

Arrondissement d'Hazebrouck. — Médaille de vermeil (grand module), M. Degrave, instituteur 
à Neul-Berquin. — Médaille de vermeil (petit module), M. Basiez, instituteur à Hazebrouck 
(hameau du Souverain). — Rapyirl (V()h]('{ d'art, M. Derensy, insliluleur à Doulieu-Estaires. 

Arrondissemenl de Lille. — Mriliilllcs d'argent (grand module), MM. Leveaux. instituteur à 
Ennetières-en-\Veppes ; Laurent, insliluleur à Prémesque. 

Arrondissement de Valenciennes. — Objet d'art, M. Lesluin, instituteur à Lourclies. — Médaille, 
de vermeil (grand module), Ghantreau, instituteur à Qiierenaing. — Rappelde médaille de vermeil 
(grand module). M. Dela'tre. instituteur à Millonfonse. 

VII. — Rrcoinprnsrs déccinées aux agents agricoles. — Arrondissement d'Avesnes. — Médaille 
d'argent. Mcolas llossignol, ijremier domestique cliez MM. Moreau frères, à Feignies ; 54 ans do 
services dans la même famille: Jean-Baptiste Dolion, valet de charrue chez M. François Houzeau, 
à Brettechies: 5'2 ans de services : François Leroux, domestique chez .Mme Vve Courtin. |)rnpriétair(i 
à Noyelles ; 40 ans de services ; .\ugustin Tiuerry, valet de charrue chez M. Léon Kenaux, à Beau- 
fort, serviteur dévoué. 

Arrondissement de Cambrai. — Médailles d^argent, MM. Pierre Cany, garçon de cour chez 
Mme Vve Crépin. à Noyelles-sur-Escaut ; Alfred Nigot, né à Capeile en 18.37 : 3t) ans de services 
chez M. Macarez. cultivateur à Capeile; Félicis Déloge, surveillant chez M. Pelit-Rappe. brasseur à 
Solesmes ; âgé de 65 ans, 34 ans de services dans la même maison ; Eloi Godon, maître de labour 
chez M. Desmoutiers, à Crèvecanir ; 30 ans de services. 

Arrondissement de Douai. — Médailles d'argent, Jean-Baptiste Lenne. domesiii|uc de ferme chez 
Mme Vve Hurpy, à Flines-les-Raches ; 49 ans de services dans la même exploitation; François 
Tranciianl, âgé de 7C> ans ; attaclu'^ au service de M. Gélestin Boulangé, cultivateur, à Fcnain, en 
qualité d'ouvrier depuis 48 ans sans interruplion ; Charles Dhellemmes. âgé de 58 ans. valet de 
charrue ; travaille depuis 43 ans chez M. Dorchies, cultivateur àNomain; Philippe Oeilandre ; 
38 ans de bons et loyaux services dans le même iHablissenient. 

Arrondissement de Dunkerque. — Médailles d'argent, MM. Julien Schraen, domestique chez 
M. Lefebvie, cultivateur à Esquelbecq depuis 48 ans ; Charles-Louis Desmidt, attaché au service de 
l'établissement de M. Araand Mecginion, cultivateur et meunier à Araibouls-Cappel, depuis 1847 
comme domestique agricole et garçon meunier ; Laurent Verbeck, ouvrier agricole chez M. Dantu- 
Dambricourt, agriculteur à Steene, âgé de 60 ans, employé dans la même exploiialion agricoU^ 
depuis plus de 36 ans ; Augustin .NIagnié, berger chez M. Way, à Dr.nkerque ; âgé de 87 ans ; 
35 ans de services. 

Arrondissement d'Hazebrouck. — Médailles d'argent, MM. Martin Wesieel, ouvrier agricole chez 
M. Auguste Vanderlynden, à Steenvorde ; 45 ans de bons et loyaux services : Charles-Louis Legris; 
depuis 54 ans au service des époux Vieillard,. de Steenwerck. 

Arrondissement de Lille. — Médailles d'argent, MM. Xavier Jourvcaux, dit Tommeau, ouvrier à la 
ferme de la basse-cour du Château, à Sainghin-en-Mélantois, depuis 67 ans; Pierre Jjarbe ; entré 
en 1842 au service de M. ileddebauld, est resté depuis cette i'po(|ur idoignée au service de la même 
famille; Charles-Joseph Debaisieux, âgé de 74 ans; a été occu|)é sans interrup ion depuis 60 ans 
en qualité d'ouvrier journalier chez M. Dewauvrain-Jourdain, agriculteur à Campliin; Sophie Waroc- 
quier, femme Hespel, domestique chez M. Stien, à Chéreng, âgée de 65 ans, 48 ans de service. 

Arrondissement de Valenciennes. — Médailles d'argent, MM. Pierre Stelfe. domestique depuis 
69 ans chez M. Jérôme Miroux (aujourd'hui Auguste Miroux), cultivateur à la Briquette (Marly) 
prés Valenciennes : Auguste Baralle, domestique depuis 67 ans chez M. Jules Foulon, à Mastaing ; 
Jean-Baptisle Deloigne depuis 58 ans chez Mme Vve Dupriez à Hergnies ; Joachim Georges, ouvrier 
chez M. Lanlhiez à Wbscon. 

III. — Toast de M. Macarez au banquet. 

Messieurs, je vous propose la santé de M. Vassillière, inspecteur général de 
l'ao-riculture. 

M. Vassillière est le collaborateur de tous les jours de M. le ministre de l'agri- 
cultuve, et nous chercherions en vain un avocat plus autorisé pour la défense de 
notre cause. 

Dites bien, monsieur l'inspecteur, à M. le ministre de l'agriculture combien 
nous avons regretté de ne pas avoir pu exprimer à lui-même notre reconnais- 
sance pour ce qu'il a fait en faveur des populations agricoles. 

Dites-lui que nous sommes tous avec lui, dites-lui que nous attendons de ses 
efforts non pas un droit minime et insuffisant, mais une protection sérieuse et 
réellement efficace. 

Dites-lui que les campagnes, déjà appauvries, ne peuvent pas attendre, et que 
ce sera les secourir deux fois que de leur donner immédiatement la protection qui 
leur est nécessaire. 

Veuillez lui rapporter que les progrès incessants de la science ayant rapjpro- 
ché les distances, le métier de cultivateur ne peut plus s'exercer comme autrelois. 

Dites-lui encore que l'agitation agricole n est pas politique, comme nos adver- 
saires en principes économiques voudraient le faire croire. 

Non, nos cultivateurs sont et veulent rester indépendants. 

Ayant vu M. Méline à l'œuvre, ils sont devenus ses amis; ils ont entière con- 
fiance en lui, ils comptent que dans les conseils du gouvernement, auquel il 
assiste, il continuera à réclamer pour eux le droit commun, contre le régime 
d'exception dans lequel certains doctrinaires voudraient les voir maintenir. 



70 SOCIÉTÉ DES AGRICULTEURS DU NORD.. 

Dites-lui bien, monsieur l'inspecteur, que c'est dans cette pensée de reconnais- 
sance pour le présent, de confiance et d'espoir dans l'aVenir, que nous portons 
aa santé. Messieurs, à M. Méline, ministre de l'agriculture, et M- Yassillière, 
iûspecteur général. 

LES MULOTS EN BEAUGE 

A la crise agricole qui sé\it sur la France est venue s'ajouter en 
Beaiice une crise locale terrible. Des nuées de mulots ont envahi nos 
plaines. La, récolte dernière a été gravement atteinte et la prochaine 
sera des plus misérahles : dans nombre de cantons, les céréales d'au- 
tomne n'ont point été semées, et partout ailleurs les jeunes pousses 
servent de nourriture aux rongeurs. Les prairies seront bientôt détruites. ■ 
Un tel état de choses ne pouvait manquer d'émouvoir nos représen- 
tants et l'administration. Les députés des circonscriptions éprouvées 
ont demandé un crédit de dix mille francs pour létude des moyens à 
em])loyer p^our la destruction des mulots qui ravagent les récoltes. 

M. Bernier, dé|)utédu Loiret, est mimté à la trilmne et a osé |mrler 
muloU. La ('bambre a ri et M. le ministre de Fagriculture a répondu 
qu'il s'occupait de conjurer le fléau. « Il a envoyé des inspecteurs dans 
toutes les directions, il a ouvert à i-es inspecteurs des crédits néces- 
saires pour faire des expériences sur toius les points où le fléau s'est 
déclaré. Ces fonctionnaires se sont mis en relation avec les populations, 
ils les dirigent et, par conséquent, il n'est pas nécessaire d'ouvrir un 
nouveau crédit alors que le budget du ministère peut actuellement 
suffire à tout ce qui est nécessaire. » • 

Mais pendant ce temps-là les liuilots mangent toujours et nos popu- 
lations se ruinent. La question n'a-t-elle pas été déjà maintes fois étu- 
diée et résolue? 

Si les mulots ne sont pas très nombreux, l'etnploi des pots, des trous, 
cekti des graines et pâtes empoisonnées, prescrit par arrêté de M. le 
préfet d'Eure-et-Loire, peut suffire à enrayer le fléau. 

Que si, au contraire, les mulots sont en très grande (|uantité, le seul 
moyen de destruction reconnu efficace et jwaliquc consiste à répandre 
sur toutes nos terres du blé arseniijué. 

Cette mesure est aussi simple dans ses applications que certaine 
dans ses effets ; malheureusement aucun préfet n'ose IVu'doimer. (l'est 
(.jue &i k cuiltivaiteur tient à sa récolte, le chasseur tient à son gibier ;, si 
le premier est à plaindre, le second est tout puissant. Les paysjms 
seront ruinés, mais les perdreaux seront sau\és. 

Et si vous objectez que la vie de queh^ue milliers d'oiseaux ne vaut 
pas une fécoAte perdue, on vous arwte et r(m vous Qxi% : Et l'hygji/ène 
publique? Ne voyez-vous pas que tout ce gibier empoùonné sera expts- 
(iié et consommé dans les villes? Et quand cela sei-ait. Admettons que 
(pielques milligrammes d'arsenic se réfugient dans le foie des infor- 
tunés j)erdreaux. Croyez-vous ([ue le consommateur s'en portera [)lus 
mal? liien au contraire : on lui aura servi tout à la fois un })latdéli- 
cieifx et on précieux toni(|'iie'; et peut-être verrions-nous bientôt figurer 
sur les cartes de Véfour : les foies de perdreaux arseniijués ! 

Allons, Messieurs, nous vous en supplions, détruisez nos mulots, 
détruisez nos perdreaux ; mettez du même coup un peu d'or dans la 
bourse du paysan et un |;>eu de simg dans les veines du citadin : vous 
aurez satisfait deux pi-essants besoins. BiGOTEAriX, 

Médccift-vélériiiaire à Awneau (Bure-et-Loii''-) 



OSTREIGULTUKK. 71 



OSTREICULTURE - IV 

A notre communication du 17 décembi'e, à la Société nationale 
d'agriculture, sur la culture de Thuître portugaise dans le syndicat de 
l'Estrée, communicartion en partie reproduite par le numéro 819 du 
Jlournwî, nous voyons se produii'e deux ordres d'objections auxquelles 
nous croyons (ju'il importe de répondre aussitôt. 

Ce sont toujours sur les rpu^stions mal posées rpie naissent les po- 
lémiques auxquelles tout se mêle : généralités, personnalités, faits , 
tout -se brouille et aux situatiom^ les plu-s cIlaiTes 'On ne c0nma;ît ibientôt 
plus rien. 

Nos lectteurs se souviennent peut-iêtiie de la tpeirn'e que nous eûmes 
lorsqu'il y a deux ans, nous avons eu rhomneur de la pirésenter pour 
la première fois à notre savante compagnie. 

A quelles précautions ne fùnies-noifis pas obligé de l'ecourrr pour 
qu'il soit bien entendia qoe nous •écartii'0)'ïts .aljsolumient la question de 
savoir si la portugaise était une h'uître ou ne l'était r{.)as. 

Et malgré cela à quelles distinctions microscopiques ne se livrait- 
on pas sur un fait que nous avions écarté du débat? 

Bref, le Pyrée n'ayant pas 'été pris pofirr un homme, la question 
sortit donc entière de la discussion. 

Seul le côté économique et cultnral de la giyphée Mi ac(^epté, et sur 
nos propositions les ouvriers decette œuvre M»/?Vyi(e ont été récompensés. 
Un an ne s'était pas écoulé q-ue les résultats dépassaient toutes nos 
prévisions. 

■L'Europe regarde ce qui se fait sur ce cmn privilégié de l'Estrée, 
avions-nous dit. On sait maintena/nt si îioiis lavioais été trop loin, et 
comment les Anglais répondent à ces critiques auxquelles, il est 
vrai, nous aurions bien eu quelque diroit de répétei' le mot d'Ape-lle à 
son cordonnier. 

Mais à quoi bon s'attarder dans des polémiques inutiles! Est-ce €{ue 
les vérités économiques se laissent tordre par le rire d'esprits étroits 
ou aigris ? Est-ce que quand nous papliions, il y -a 3 uste trein^e ans, de 
la culture des crassats du bassin d'Arcachon, nous n'eûmes pas à voii' 
les mêmes rires et les mêmes objections ! 

L'idée lancée pour la premiètre ifois îuu^ ost-réicultieurs du bîissin 
n'en a-t-elle pas moins fait son cfhemin? 

Constatona seulement, hélas ! qu'entre Arcachon et Et<trée towte une 
génération a à peu près complètement disparu! 

A nos bienveillants correspondants et aux j)essimistes mal re-nsei- 
gnés nous répondrons : reportez- vous d'ajbord à ce que nous avons 
puldié si vous voulez suivre avec fruit ce que nous allons répondre. 
Quelle responsabilité n'allez-vouis pas encourir si notre gravette 
vient à disparaître devant la gryphée, car là ;a;ussi le fort tuera le 
faible, nous dit-on. 

Sans entrer plus avant dans les théories darwiniennes, nous re- . 
marquerons d'abord que i'exemtple esit d'autant plias onal lehoisi que, 
sur l'Estrée, nous avons tout spécialement fait remarquer à la Société 
la coexistence de ces deux consities de la mer ; que, sur les mêmes 
colfecteurs, gravetfees et gryphées ciro-issaienit li*bres -et.à sou'hait ; qu'un 
fait même autrement curieux y avait été remarqué, c'est que certains 



72 OSTRKIGULTURE. 

cantonnements du l'oclier, à l'ouest du plateau, surtout |)i'ès de la 
f/rande eau étaient, exclusivement peuplés de gravettes. Toutes les 
théories de Darwin ne parviendraient pas, je pense, à changer ce 
jwemicr fait! 

Maintenant quant au peuplement de toute la cote d'entre Loire et 
Gironde et cela mathématiquement et incontestablement du Sud au 
Nord, navons-nous pas nous-méme pris soin de le faire remarquer 
quand nous avons parlé de la nécessité d'étudier au plus vite les cou- 
rants permanents et mperflciels de cette si ijitéressante ])artie de nos 
cotes. Qu'ont à faire ces grandes lois naturelles encore si mal expliquées 
dans la marche de la gryphée?Ne cachons pas notre inertie et notre 
ignorance derrière des mots. Cherchons! 

Ce])endant pour nous, la culture, la sélection de la gryphée en vue 
fie son amélioration, de sa. démocratisation (nous avons dit ailleurs 
})Ourquoi et comment), ne touche ])ar aucun coté à cette objection. 

Nous mettons au défi la preuve du contraire, car sans cela il ne 
restera plus à nos contradicteurs qu'à nous rendre responsable de 
l'accident du Verdon, en 1864, puis de l'ensablement de certaines 
passes de la Gironde par les bancs de gryphées. 

Sur ce terrain, nous ne saurions accepter la discussion, la cause 
de M. 1 avocat du diable étant vraiment là trop belle à plaider. 

Les faits sont ce qu'ils sont ; à notre intelligence et notre persévérance 
d'en tirer le meilleur parti, et de ce que vous appelez, peut-être avec 
raison, le mal, d'en faire sortir le bien. 

Le fatalisme doublé de paresse et paré de belles phrases ne résolut 
jamais rien. 

C'est l'observation, le travail, l'action, en un mot, qui sont là d'au- 
tant mieux à leur place qu'il s'v trouve au bout richesses et vie })Our 
toute une population si digne d'intéresser tout ce qui tient à l'hon- 
neur et à la gloire de notre nation. 

Al'aigre-douv l'on nous dit aussi : Pourquoi votre étude des travaux 
allemands au laboratoire marin de Naples (voir h Journal, n" 804). 

Mais là encore est-ce que notre devoir de tenir au courant le monde 
piscicole des faits sérieux et nouveaux qui l'intéresse ne nous en fai- 
sait pas une obligation i* Notre silence aurait-il fait que ce qui est ne 
soit pas ? 

A bas ces murailles de Chine dans lesquelles se parquait un chau- 
vinisme qu'une science jacobine ne saurait réédilier. 

Comme MM. Dupuy de Lomé et le général Favé l'ont fait ailleurs, 
nous nous croyons le devoir de faire connaître aux Français qui s'in- 
téressent à la ])isciculture, et dont sans cesse nous voyons avec tant 
de joie augmenter le nombre, ce que l'Europe lit. Eh comment, à 
nous ([ui avons assisté à la naissance de notre Concarneau, sa 
décrépitude actuelle nous empêcherait de saluer les enfants nés de ses 
cendres. Ah ! non, jamais ! 

Nous avons expliqué ailleurs et profitons de cette occasion pour le 
répéter: Non ce n'est pas ainsi que nous entendons le patriotisme! 

Si la résurrection, le mouvement en avant qui se dessine si visi- 
Idement en France de])uis quelques années sur cette question de Li 
pisciculture marine et fluviale doit se continuer, il lui faut aussi 
pour l)ase le vrai, le sérieux, la vérité dans les faits! le sérieux dans 
les actes; 



OSTRÉICULTURE. 73 

Maintenant nous croyons vidée cette double question de la culture 
de la g^rypl^ée et de son importation, et qu'une fois pour toutes nulle 
confusion ne sera possible dans l'esprit de nos contradicteurs éclairés 
et de bonne foi. 

Un dernier mot de reconnaissance et d'encouraiîement à ceux de 
MM. les professeurs d'agriculture chargés de l'enseignement et de Tap- 
plication de la pisciculture dans les établissements désignés par l'ad- 
ministration de l'agriculture. 

Merci surtout de ce quajjrès la parole ils nous rendent comjDte de 
leurs actions. 

Double bonne fortune pour les amis des poissons qui seront ainsi 
débarrassés de cette persistante importation d'une prose piscicole pro- 
menée dans toutes les revues étrangères et qu'on nous sert toujours 
avec la plus scrupuleuse attention, et surtout pour eux-mêmes. Quoi 
de meilleur pour se faire des luibitudes d'ordre, dexactitude et de 
travail, que le récit précis et clair des faits dont vous avez été témoin? 
Pour qui, si non pour les auteurs, en doivent être les premiers fruits! 

Les nommer dans cette revue est inutile, puisque pour la plupart 
ils V ont figuré avec profit pour tous et honneur pour eux. 

('hâbot-KarlExX, 

Membre de la Société nationale d'agriculture. 

SOCIETE NATIONALE D'AGRICULTURE 

Séance du 31 décembre 1884. — Présidence de M. Chevreul. 

M. le ministre du commerce envoie un exemplaire du tome CXIV 
de la Collection des brevets d invention pris sous le régime de la 
loi de 1844. 

M. le ministre de l'instruction publique et des beaux-arts adresse 
le programme des sujets détudes recommandés par la section des 
sciences économiques et sociales du Comité des tra^aux historiques 
et scientifiques institué au])rès de son ministère. 

Les questions proposées sont les suivantes : 1" Histoire d'un 
domaine rural; 2" L Etat et la valeur de la })i'(>priété biîtie; 3" Effets 
économiques d'une nouvelle voie de communication; 4" Jiltudier pour 
une région déterminée les modifications qui se sont introduites dans 
la pratique des régimes matrimoniaux depuis le Code civil. 

M. Sacc, correspondant de la Société, adresse de Cochabamba 
Bolivie;, l'analyse d'une betterave en plein développement, laquelle 
contient seulement 6.95 pour 100 de sucre, et d'une carotte montée, 
prête à fleurir. — M. Sacc appelle également l'attention de la Société 
sur 1 analyse de la graine de cotonnier, analyse qui vient d'être 
adressée à l'Académie des sciences et qui prouverait que cette graine peut 
devenir de la plus haute imjjortance pour l'alimentation de l'homme. 

M. de Luçay offre à la Société le compte rendu des quatre séances 
tenues les 20 et 21 novembre 1884, par les délégués des Sociétés et 
Comices agricoles de France, sous les auspices de la Société des agri- 
culteurs de France. — Les vœux émis })ar cette réunion ont été re])ro- 
duits dans le Journal. 

La direction générale d'émigration et d'agriculture de Buenos-Ayres 
adresse le compte rendu de ses travaux de l'année 1883. 

M. Dailly rend compte des résultats qu'il a obtenus de la culture 
du grain de maïs Cuzco, adressé par M. Sacc. — M. Cornu a déjà 



74 SOCIÉTÉ NATION.VLK D'.^&RI€.ULTURE DE FRANCE. 

fait connaître, dit M. Dailly., les ^uésiiltats qu'il a otenius .; oe grain a 
donné naissance à un pied qui n'a pas mesuré naowins de4™..30 ; le g^rain 
remisa M. Pludiet n'a pas levé. — M. Dailly prét^ente la tige obtenue 
par lui; le grain a été mis enterre le longd'im mur exposé au levant; 
la ti^e arradié^ le 15 novembre mesure 3"°. 30; elle est garnie de deux 
cônes qui ne sont pas arrivés à maturité. — M. Mickel Perret ajoute 
que la tige du pied produit par le grain qui lui a été 'Confié., a atteiait 
4"". 50; le grain n'a pas mûri. En buttant le soi, autour du pied, idies 
radicelles se sea-aient peut-être développées et auraieaat eknné au pied 
la force de nourrir les cônes qu'il portait. 

M- Heuzé fait remarquer que le ma'is Cmzoê ;ait^?ive idifiiicikment à 
maturité dans notre pays; ce .n'^st ^qu'aux envircras d'Hyères qm'on 
en a obtenu des graines, — Il faut lui préférer le mais dent de ohevai 
qui est moins délicat et qui ne donne pas moins de 'l 50,000 kilog. de 
fourrage vert à l'hectare. — Ces deux variétés, dit M. Heuzé, sont 
faciles à distinguer; le maïs Cuzco a un grain allongé à ca-ssure 
vitreuse, alors que la variété dent de ciieval produit un grain aplati, 
à cassure farineuse; les peds de maïs dent de cheval ont atteint 
jusqu'à 6 mèti'es de hauteui', à Ce-rçay, chez M. Lecouteux. 

L'ordre du jour a,ppelle ensuite l'élection dun vice-président pour 
l'année 1885, L« dépouillement du scrutin pour l'élection du vice- 
président donne 26 voix à M. Chevreuil, pi'ésident sortant, contre une 
à M. Boussingault. — M. Chevreul remercie la Société de la bien- 
veillan^ïe qu'elle vewt biem 'lui témoigner. 

Séance du 7 janmer 1885. — Prémëencc ëe M. téun Say. 
En prenant possession du fauteuil présidentiel, M. Léon Saj. 
prononce l'allocution suivante : 

« Il ne m'appartient pas de crem- clés précédents dans notre Conipagnie, et je 
sais qu'il n'est pas dans nos n^sagtis de faire de la première séance de l'année 
èine -séance d'in-stallation du nouveau président ; mais comment voulez-vous que 
.je ne dise pas une parole, qaie je n'exjprime pas la c®iifusiion q.ue je ressens en me 
"voyant assis sur le siège quej 'occupais hier, celui auquel appartient un titre que 
les rc'glements ne connaissent pas, mais que notre reconnaissance et natre véné- 
ration lui ont donné dans nos cœurs, celui de président perpétuel. 

« Gomment voulez-vcrus que je n'éprouve pas de confusion à me trouver sur le 
fauteuil où il a siégé ;avant moi; je tàche";ai>de m Mispirer des sentiments de notre 
vénérable doyen dans la direction des travaux de la Société,. » 

M. Pion, de Pari-s, fîiit cemnaître qu'aLest l'aTaîtear d'un nouveau 
système de faucheuse et de imoissonn'euse, 

M. Cliamponnois seiiitretijent en&uite da Société des expériences qui 
se poursuivvent sur 4m nooivieau onede d'«xrt,i^cftïon d'^épuratioTi du jus. 
— Ces expérieaaces -ont pour fbase la cuisson >d(e la betterave. Cette pra- 
tif ue, une des plus ancitinites d-e la fabn'icalfion du ^siacTe, renorivelée 
depuis .et sans sitocès,, n'-avatiit touj-Oiiaa'S laissé que cette im-pTessifyn de 
doiLuer une pulpe d'une très grande valour, mais \e jus obtenu résis- 
tait il tous les moyens déiuinaitiom poiar obtenia' une cristallisatrion 
satisfaisajite. On savaifb qu'-i/l i^iavait yavoi'r dans la nmtière cellndaire 
une Gertaine action potu-r £xer et retenir ceilaines «ubstaimces, maiisil y 
.avait aussi dans l'action des agents qui devaient ajider à la compléter, 
le -danger de proidwire des a'éactions nTii:^iMes. ;lS.eaucoup de se*k pou- 
Taient aider à cettte .épiairati«n ^ar la ,niîiLière Gellulaire, mais ils "^ 
laissaient des tnïioes inuisillDles et la »chau'x sejale a fiHé 1 artteoïtion du 
cMmiste q.vw a poiur.s4i bn «oeï te «étoide . 



SOCIETK NATIONALE D'AGRICULTURE DE FRANGE. 75 

D'après M. Cliamponnois,les conséquences de cette épuration seront 
(le conserver, dans la pulpe, la totalité de l'azote nutritif de la bette- 
rave; de réduire au cinquième du poids de la ])etterave la pulpe pro- 
duite, ce qui en rendra le transport plus facile ; et enfin de faciliter l'é- 
puration du jus qui n'exige plus que le tiers delà chaux employée dans 
toiias les autres systèmes d'extraction tout en obtenant par une seule car- 
bonatation un degré de purelé du jus déjà plus élevé; en te-iiiiîinant, 
M., (^liamponnois dit que le procédé qu'il analyse demande des mani- 
pulations et un travail simple qui font espérer que les frais de fabri- 
cation et le prix de revient du sucre pourront être notablement réduits. 

M. Cornu rend compte à la Société du résultat de la culture du lot 
de pommes de terre de la variété Joseph RigauU (|ui lui avaient été 
remiseià. Le '29 avril 1884, il a été planté dans un terrain du pofager 
du Muséum (jui n';ivait jamais été fumé, '20 tubercules de cette variété 
lesquels jjesaient I kilog. 870 ; il a été récolté 84 gros tuber€«les"'et 
80' ordinaires, pesiiut ensemble l3kilog. 870. 

M. lîoïKjuet de la. (irye ra[)pelle que M. Uoisselot, de Nantes, avait 
fait conniiitre un procédé employé jjar son père [)our utiliseï les pieds 
d'une ancienne charmille qu'il faisait arracher; ces arbres avaient été 
replantés dans les prés et les haies et avaient parfaitement repris. 
L'opération exécutée par M. Boisselot, dit M. de la Grye, ne saurait être 
recomnumdée d'une manière générale : utiliser des arbres tout venus 
est certainement une manière plus prompte de créer des plantations 
(pie celle qui consiste à employer de tout jeunes sujets, mais les, frais 
d'extraction, de transport et de plantation sont si considérables c[u'elle 
paraît peu avantageuse; le succès dépend d'ailleurs beaucoup de la 
qualité du sol. S'il s'agit de charmes, la réussite est presque siii"e ; pour 
des cliénes, elle est plus incertaine. Dans tous les cas, il faut couper la, 
tête chargée de chicots et diriger par des élag^ges le développement 
des bourgeons pour ([u'il se forme une cime à peu près régulière. 

M. des Cars présente un régime de Cocos campeslris, provenant du 
jardin de M. de Yallombrosa, à Cannes; cet exemple de fructification 
est le i-.econd qui ait été signalé en France; le fruit est comestible, 
acidulé et de bon ûoût. 

o 

Le dépouillement du scrutin pour rélecti(i»n du vice-secrétaire doane 
les résidtats suivants : M. Boitquet de la Grye,. 2'2 voix; MM. Cornu et 
lieiizé, cliacun 5 voix, M. Cliatin, I. En conséquence M. le ])rési(lent 
invite M. Boutjuet de la Grye à prendi*e place au bureau. 

M. Uouquetde la Grye remercie ses confrères de l'avoir choisi pour 
seconder M. Passy, le s^mpatique secretaire perpétuel. 

Il est ensaiite prttcédé à l'élection de la C(i)mmission des fonds poui' 
l'année 1885. MM. Dailly, Gareau et des Cars, membres sortants, sont 
réélus à l'unanimité. GiEoiiGES Mausais. 

KEVUE COMMEUCîAbi^ ET PtUX CÛUHANÏ DES DENRÉES AGRICOLES 

^10 JANVIER 1885). 
1. — tiUatj\Li&n générale. 
La' sitiitrtion des marchés agric&les s'est encore resseaitie des fêtes de Bauveslle 
année. Les prix des cerisaies sont sans changements. Les autres denre'es n'ont 
donné lieu qu'a un mouvement restreint d'ulîaires. 

II. — Les go^ains et les farines. 
Les tableaux suivants ré uunieat leâ eours des' céréales', par QUINTAL MÉTRIQUE, 
sur les principaux marchés de la France et de l'étranger : 



76 



REVUE COMMERCIALE 



i'° RÉGION — NORD 

Blé. 

fr. 
Calvados. Caen '20. 'i5 

— Bayeiix '^l.SJ 

C.-du-No)-d. Ti-éguier.. l!).7i 

— Pontrieux 19. 7â 

Finistère. Morlaix 10. âO 

llle-el-Vilaine . Rennes. i8.7ô 

— Fougères 19 80 

Manche. Cherbourg 2>.85 

— Saint-Lô -23.50 

— Avranches 25.35 

Mayenne. Mayenne 19.50 

,_ Evron 19.75 

Morbihan. Hennebont. . 18.75 
Orne. Vimoutiers 20.15 

— Mortagne 20.25 

— Séez 20 . 80 

Sarthe. Le Mans 19.75 

— Beaumont 20.75 

Prix moyens 20.65 15. 'il 

2° RÉGION. — NORD 
Aisne. Château-Thierry. 18.25 

— Soissons 18.00 

— Sainl-Quentin. .. . 18.35 
Eure. Evreux 18.00 

— Pacy 18.70 

— Neubourg 19.00 

Eure-et-Loir . Chartres. 21. 'lO 

— Nogent-le-Roi . . . 20.00 

— Auneau 18.75 

Nord. Douai 20.75 

— Cambrai 1 8 . 20 

— Valencienaes. . . . 19.50 
Oise. Beauvais 19.00 

— Senlis 18.50 

— Compiegne 18.00 

Pas-de-Calais. Arras. .. 18.50 

— Béthune 20.00 

Seine. Paris 20.00 

S.-et-Mame. Melun 20. 'lO 

— Montereau 19.15 

— ' Meaux 19.75 

S.-et-Oise. Etampes 19.50 

— Pontoise 20 00 

— Dourdiin 22.50 

Seinc-Infér. Rouen 19.50 

— Yvetot 18.95 

— Fécamp 19.40 

Somme. Amiens 19.15 

— DouUens 19.45 

— Roye 17.25 

Prix moyens 19.32 14.79 

3° RÉGION. — NORD-EST 

Ardennes. Sedan I9.oo 15.00 

— Charleville 19.75 15.15 

— Rethel 18.25 14.50 

/lî«be. Bar-sur-Aube 18.50 14.50 

— Bar-sur-Seine... 20.15 14.00 
Marne. Châlons 19.00 15.50 

— Reims 18.50 15.40 

— Sézanne 18.75 14.50 

Hte-Mame. Langres 19.25 14,00 

— St-Dizier 18.75 14.50 

Meurthe-et-Mos. Nstncy.. 19.75 17.00 

— Toul 19.50 17.00 

— Lunéville 19.75 15.75 

Meuse. Bar-le-Duc 19.90 15.00 

Haute-Saône, \esoul.... 19.60 15.25 

— Gray 20.00 15.00 

Fosges. Mirecourt 19.25 15.50 

— Neufchâleau 19.55 15.00 



-OUEST. 

Seigle. Orje. Avoine. 



fr. 


fr. 


fr. 


14.65 


15.55 


21.00 


18.00 


16.00 


21.50 


14.50 


15.50 


15.50 


» 


15.25 


15.25 


» 


14.75 


14.75 


" 


15.80 


15.60 
15.00 


» 


15.15 


21 65 


» 


16.95 


22.00 


» 


18.80 


25.00 


» 


16.15 


17.50 


)i 


10.25 


» 


14.65 


,, 


17.00 


,1 


17.30 


20.30 


1) 


16.25 


15,00 


» 


16.55 


16.00 


15.25 


16.40 
15.25 


20.50 



16.08 18.35 



14.90 


H 


16.00 


15.50 


„ 


15.45 
17.50 


13.35 


16.90 


16.95 


12.65 


15.75 


15.80 


12.00 


18.45 


17.60 


14.00 


16.15 


17.00 


13.25 


16.50 


15.90 


15.10 


17.50 


16.00 


16.65 


16.15 


15.25 


15.35 


16.50 


12.50 


16 40 


18.25 


16.40 


15.25 


17.25 


16.50 


15.00 


v 


16.50 


14.75 


16.50 


16.00 


15.65 


17.50 


14.50 


16.70 


18.00 


13.25 


15.60 


18.40 


18.10 


15.50 


18.50 


16.00 


14.90 


17.25 


16.25 


14.50 


17.00 


17.00 


15.00 


17.50 


16.00 


15.00 


17.50 


17.00 


15.20 


20.20 


17.65 


14.00 


17.00 


21.00 


.) 


17.50 


24. (0 


14.00 


» 


18.50 


15.00 


16.15 


18.00 


14.00 


16.15 


1 3 . 00 


16.00 




15.00 



17.27 16.55 



19.00 
19.00 
17.25 
17.50 
14.60 
19.00 
18.50 
17.50 
16.25 
18.50 

(8.50 
17.50 
19.50 
16.75 
15.50 
18.00 
18.25 



16.00 
16.50 
16.25 
17.75 
16.50 
17.00 
16.50 
16.25 
14.75 
16.50 
18.00 
15.75 
16.50 
16.50 
16.20 
15.60 
16.00 
16.10 



Prix moyens 19.29 15.14 

4" RÉGION. — OUEST. 
Charente. RulTec 19.70 » 

— Barbezieux 21.40 » 

Charente-Inf. Marans . . 19.40 » 
Deux-Sévres. Niort.... 20.45 » 
Indre-et-Loire. Tours.. 18.10 

— Bléré 18.00 

— Châteaurenaull. 
Loire-lnfér, Nantes., 
M.-et-Loire. Saumur.. 

— Angers 20.15 

Vendée. Luçon 19.20 » 

Vienne. Poitiers 20.10 14.65 

— Loudun 19.15 » 

Haute-Vienne. Limoges 18.40 15.60 

Prix moy«ns 19.43 



17.71 16.37 




14.36 17.30 16.60 



ET PRIX COURANT 

5° RÉGION. — CENTRE. 

Blé. Sdi^le. Oi'je. Avoine. 

fr. fr. fr. fr. 

.-IHjec. Gannat 21.00 » 17.50 16.75 

— St-Pourcain 21.50 »' 18.50 17.00 

Cher Bourses! 18.45 14.00 16.90 16.00 

— Aubigny 18.80 13.65 16.15 16.50 

— Sancerro 19.80 » 16.50 14.65 

CreM.se. Guéret 20.50 15.00 » 14.00 

Indre. Chàteauroux 18.50 14.25 16.00 15.25 

— Valencav 20.80 14.00 17.70 15.00 

— Issouduii 19.45 15.35 18.45 16.00 

Loiret. Orléans 19.50 15.25 17.50 17.80 

— Gien '. . 19.45 14.00 16.15 15.50 

— Montargis 19.50 14.70 17.50 16.35 

L.-et-Cher. Blois 19.80 14.25 17.75 17.50 

— Mondoubleau 19.15 17.50 16.70 17.00 

iVi'ft'ce. Nevers 10.45 15.00 17.00 17.00 

— Clamecy 19.75 » m 16.40 

— La Charité 18.85 o 14.00 14.80 

Vanne. Saint-Florentin. 10.25 14.75 16.75 16.75 

— Brienon 19.80 16.25 17.00 17.75 

— Tonnerre 19.10 13.75 15.50 16.20 

Prix moyens 10.62 14.78 16.81 16.17 

6° liÉGioN. — EST. 

.lui. Bourg 23.05 16.35 » 17.00 

Côie-d'O»". Dijon 20.75 15.75 18.25 16.75 

— Beaune 20.80 » 18.45 16.00 

Doubs Besancon 20.10 » » 17.10 

/sère. Grenoble 22.75 16.50 » 19.00 

— Bourgoin 25.50 15.25 17.00 17.00 

Jura. D<Me 20.25 15.25 » 16.75 

Loire. Charlieu 21.10 16.35 18.45 16.75 

P.-de-Z)ôj>ie. Clermont-F. 21.20 17.00 16.85 15.00 

Rhône. Lyon 21.10 16.25 10.25 17.60 

— ViUefranehe 20.75 15.25 17.00 17.75 

Saône-et-Lnire. CHialon. 20.00 16.00 17.00 17.75 

— Autun 20.25 14.35 17.10 18.50 

Savoie. Chambéry 22.75 » » 17.85 

lUe-Savoie. Annecy 21.10 16.00 » 16.50 

Prix moyens 2 1 . 09 15.86 17.71 17.15 

7" RÉGION. — SUD-OUEST. 

Ariège. Foix 24.10 16.00 » 18.50 

— Pamiers 21.50 16.45 » 19.40 

Z>ordogHC. Périgueux... 21.00 18.25 » 16.75 

Hte-Garonne. Toulouse. 21.00 17.20 16.00 18.75 

— St-Gaudens 22.10 16.00 » 10. oo 

Gers. Condom 22.75 » » » 

— Eauze 20.50 » » 18.80 

— Mirande 20.40 » « 20.00 

Gironde. Bordeaux 23.00 17.00 17.00 17.75 

— La Réole 20.15 19.35 » » 

Landes. Dax 24.35 19.35 » » 

Lot-et-Garonne. Agen. . 20.60 » » >> 

— Nèrac 22.40 « » » 

B.-Pyrénces. Rayonne.. 23.40 » » 22.00 

//<es-Pt/rértces. Tarbes.. 23.40 17.35 » » 

Prix moyens 22.31 17.44 16.50 18.99 

8° RÉGION. — SUD. 

.litde. Carcassonne 22.75 16.65 16.15 18.50 

Aveyron. ViUefranehe.. 20.75 » » 16 00 

Cantal. Aurillac 23.00 17.15 16.40 16.60 

Oorrè^e. Tulle 22.00 18.00 16.60 17.80 

Hcraull. Béziers 21.85 18.00 16.15 20.00 

— Montpellier 21.85 » 14.35 10.50 

Lot. Cahors 23.50 18.30 » 15.75 

Lozère. Mende 22.75 18.00 18.45 18.00 

P^reHt'tis.-O;'. l'erpignan 24.30 17.80 22.00 25.55 

Tarn. Gaillac 22.60 » » 18.50 

ïarn-et-Gar. Montauban 22.40 16.65 15.75 13.50 

— Moissac 20.00 » 16.00 13.50 

Prix moyens 22.31 17.57 16.87 18.60 

9" RÉGION. — SUO-EST. 

Ba.5se.ç-^i'pe.ç.Manos(iue. 25.55 » » 20.30 

Hautes- Alpes. \it\a.nf on. 23.00 18 00 16.00 19.00 

Alpes -Maritimes. Nice. 25.30 16.00 16 00 19.50 

Ardèche. Privas 23.20 16.25 16.15 18 60 

B.-du-Rhône. Arles 23 75 » 16.50 21 00 

Dcôme. Romans 21.50 15.50 » 18.25 

Gord. Alais 24 70 » » 21.00 

Haute-Loire. Brioude... 20.80 18.00 16 90 15.00 

Var. Draguignan 2^.00 » 18.00 17.40 

Fauchtse. Api 23.40 18.65 » » 

Prix moyens 23 . 52 16.95 17.07 18.89 

Moy. de toute la France. 20.84 15.82 16.98 17.52 

— de la semaine précéd.. 20.84 15.85 16.91 17-56 

Sur la semaine ( hausse. » » 0.07 » 

précédente.., (Baisse. . » 0.03 » 0.04 



. DES DENRÉES AGRICOLES (10 JANVIER 1885). 77 

Blé, Seigle. Orge. Avoine. 

Algérie. Alger ^ j>j<r ^^''^''^ • • jj-^'^ '» J' 

^ ° ( ble dur 14. "25 » 10.25 » 

Angleterre. Londres 19.75 16.65 15.50 21.00 

Belgique. Anvers 14.75 16.25 19.25 18.00 

— Bruxelles 20.00 15 50 13.50 15.25 

— Liège 19.50 15.00 18.00 16.10 

— Namur 18 50 16.00 18.00 15.50 

Pays-Bas, Amsterdam 18.65 15.50 » » 

Luxembourg. Luxembourg 22 10 18 65 15.40 17.00 

Alsace-Lorraine. Strasbourg 22.75 19.40 22.75 18.40 

— Mulhouse 21.75 18.10 19.. 50 18.10 

— Golmar 21.25 17.35 19.60 19.50 

Allemagne. Berlin 20.50 17.60 » » 

— Cologne 20.40 18.10 » « 

— Hambourg 18. 35 15 60 « » 

Suisse. Genève 23.00 17.50 18.50 18.25 

Italie. Turin 22.50 16.75 » » 

Espagne. Barcelune » » 13.25 13.75 

Autriche. Vienne 19.00 » » » 

Hongrie. Budapest 18 00 » » » 

Russie. Saint-Pétersbourg .. 18.90 14.15 » 13.00 

Etats-Unis. New-York 16.50 » » » 

Blés. — Le prix des Liés est resté stationnaire depuis liuit jours. Sous l'in- 
fluence de la hausse des blés américains qui s'est produite la semaine dernière, 
les vendeurs avaient voulu élever les cours; mais une réaction en baisse a arrêté 
ce mouvement et la meunerie continue à se tenir sur la réserve. A la halle de 
Paris, le mercredi 6 janvier, les bons blés de mouture du rayon se sont cotés 
19 fr. 25 à 21 fr. ou en moyenne 20 fr. 10 par 100 kilog. — Au marché des blés 
à livrer, les affaires ont été prescrue nulles, et les prix sans variation comme suit : 
janvier, 20 fr. 50 à 20 fr. 75; février, 20 fr. 75 à 21 fr. ; mars-avril, 21 fr. à 

21 fr. 25; quatre mois de mars, 21 fr. 50 à 21 fr. 75. — Au Havre, les 
acheteurs sont très rares sur les blés exotiques; les prix se maintiennent nomi- 
nalement avec tendance à la hausse. On demande 20 fr. 50 à 20 fr. 75 pour les 
blés roux d'hiver d'Amérique; 20 fr. 75 à 21 fr. pour les Californie; 21 fr. 50 à 

22 fr. pour les Australie; et 18 fr. 75 à 20 fr. pour les Bombay. — A Marseille, 
il y a eu peu d'affaires en fm d'année, mais les prix se sont soutenus. On cote 
par 100 kilog. : Red-Winter, 22 fr. à 22 fr. 25; Berdianska, 22 fr. 50; Irka, 
19 fr. et 19 fr. 50 ; Azima-Azoff, 18 à 19 fr. ; Azoff durs, 18 fr. 50 à 19 fr. 50.— 
A Londres, on signale une tendance ferme sur tous les marchés de l'intérieur qui 
sont en hausse de 1 fr. 25 environ; les blés indigènes se cotent 19 fr. 75 en 
moyenne. 

Farines. — La situation se raffermit un peu pour les farines; la vente est 
plus facile, quoique les cours soient les mêmes. Pour les farines de consom- 
mation, on cotait à Paris : marcjue de Gorbeil, 47 fr.; marques de choix, 47 à 
50 fr.; premières marques, 46 à 47 fr.; bonnes marques, 44 à 45 fr.; marques 
ordinaires, 43 à 44 fr.; le tout ]îar sac de 159 kilog., toile à rendre, ce qui corres- 
pond aux prix extrêmes de 27 Ir. 39 à 31 fr. 85 les 100 kilog. ou 29 fr. 55 en 
moyenne. — Quant aux farines de spéculation, les cours sont en hausse de 
50 centimes environ. On cotait le 5 janvier : farines neuf-marques, janvier, 
44 fr. 50 à 44 fr. 75; février, 44 fr. 75 à 45 fr. ; mars-avril, 45 fr. 25 à45 fr. 50; 
quatre mois de mars, 46 fr. ; par sac de 159 kilog. bruts, loile à perdre, ou 
157 kilog. nets. — Les farines deuxièmes se vendent toujours de 21 à 22 fr. les 
100 kilog. 

Seigles. — Affaires calmes et prix sans variation. On paye d, la halle de Paris, 
de 15 fr. 25 à 16 fr. par 100 kilog. — Les farines sont toujours au cours de 20 à 

23 fr. les 100 kilog. également. 

Orges. — Les prix sont bien tenus ; les bonnes cjualités sont recherchées pour 
l'exportation. On vend à la halle de 17 fr. 75 à 22 fr. les 100 kilog. suivant pro- 
venance. Les escourgeons se cotent de 18 à 19 fr. avec demande calme. 

Avoines. — Demande très calme et prix sans changement. On paye à la halle 
de Paris, 17 fr. 25 à 20 fr. les 100 kilog. pour les avoines indigènes disponibles,- 
suivant provenance et qualité. L'es avoines noires de Suède sont fermes au cours 
de 17 fr. 50 à 17 fr. 75. 

Sarrasins. — Les offres sont peu nombreuses à la halle, où on cote 15 fr. 75 à 
16 fr. les 100 kilog. disponibles. 

Maïs. — Les prix restent bien tenus pour les maïs disponibles au Havre ; on 



78 REVini-: OOMMERiCîIAr E ET PRIX GOURANT 

cote 14 fr. 50 à 14 û'- 75 le^> 100 kilog. sur wagon pour les maïs du Danube et 
de la mer Noire. A livrer, ou demande de 13 fr. 50 à 14 fr. 50. 

Issues. On constate de la hausse sur les issuea, qui sont l'objet d'une 

demande' assez suivie. La cote d« la balle esl par 100 kilog. : gros son seul, 
13 fr. 75 à 14 fr. ; sons gros et moyens, 13 fr. 25 à 13 fr. 50; sons trois cases, 
12 fr. 50 à 13 fr- ; sons fins. 11 fr. 50 à 12 fr. ; recoupettes, 11 fr. 50 à 12 fr.: 
remoulages blancs, 15 fr. 50 à 16 fr.; remoulages bis, 14 fi'. à 15 fr. 

111. — fourrages et gniiiies fonrrngi'res. 

Fourrages. — On signale un peu plus d'affiiires, m^is les prix restent san^ 
Ichani^-ement. A Paris, on cote par 104 bottes de 5 kilog. : foin, 52 à 58 fr.? 
uzerne, 50 à 56 fr.; paille de blé, 30 à 34 fr. ; paille de seigle, 36 à 40 fr.: paille 
d'avoine, 22 à 26 fr. — Les prix en gare sur wagon sont de 36 à 44 fr. pour le 
foin, et 34 à 46 fr. pour la luzerne. -déobargement et ocrroi à la cbarge des ache- 
teurs. — A DijoTi. on paye le foin de 38 à 42 fr. le millier, et la paille i8 à 
22 fr. — A Blois, le foin vaut de 8 fr. 50 à 100 fr, par 100 kilog.; la paille, de 
5 fr. à 5 fr. 50 ; la paille de seigle, 4 fr. 75 : la luzerne, 8 fr. 38, et le trèfle ou 
sainfoin, 3 fr. 13. — A Saint-lxaudens, on paye par 100 kilog. : foin, 4 fr. 50 à 
5 fr.; paille, 3 fr. 50 à 4. fr. 

Graines fourragères. — Dans le ]\Iiili. la graine de luzerne devient rare : on 
paye à Lyon de 115 à 120 fr. les 100 kilog., la graine brute, et de 130 à 140 fr, 
fa graine épurée-; la graine de trètle riolet est cotée de 95 à 110 fr.; celle de sain- 
foiu, 30 à 32 fr.: la yesce de pTiiïtemps, 2'0 fr, en moyenne. — A Paris, les cours 
se maintiennent comme suit : trèfle -sùolet, 100 à 1.15 fr.; trèfle blanc, 160 à 
190 fr. ; trèfle hybride, 160 i l'80 fr. ; luzerne de Provence, 145 à 165 fr.; d'Ita- 
lie, 120 à 130 "fr.; du Poitou, 85 à. 100 fr.; minette, '35 'à 40 fr. ; ray-grass 
anglais, 3'5 à 40 fr-. ; d'Italie, 37 à 42 fr.; sainfoin â une coupe, 34 à 35 fr. ; à 
deux coupes, 39 à 40fr.; vesces de printemps, 22 à 24 fr.; pois jarras, 17 à 18 fr. 

JV. — I'mjs. — Spinitueux^. — - Vînaù/rcs. — Cklves. 

Vms. — L'influence d«fsfê»tes de fin'd'amnée se fait encore sen'tir et la situation 
est toujours aTioalme; mais on peut présumer mie dès la seconde quinzaine d« 
jaiavier, ks affaires repren^dront. Les offres "des détenteiirs devi^mnent plu'S 
nombreuses, et le commerce de son côté a besoin fc combler les vides de la con- 
sommation de^ -dernières siemaines. On ne signale que c[uelque3 ventes sans 
grande iraporrancc dans le Midi et le Bordelais. — A Béziers, les vins de plaine 
s'achètent à 12. 15 let 18 fr. l'hectolitre. — A Goursan (Aude^, les affaires 
t;i-ait.ées ont fait ressortir les pri-x <de 13 à 18 fr. 50 pour les vins ordinaires légers, 
et 26 fr. poiu* les vins supérieurs en couleur. — A Nîmes, on cote les Aramons 
noiiveau"x 14 à l'8 fr. ](^ rouges ordinaires, 19 à 21 fr. les Montagne supéiieurs, 
24 à 26 fr. — Dans le Nantais, les cmivs 'des Muscadets varient de 60 à 65 poux 
les sortes ordinaires, et 75 fr. l^es qualiti's extra; les gro-s plants se payent 32 à 
35 îfir. la barricpu^ sut li«. — Dans les vignobles de la Vendée, les Muscadets 
valent de S5 à 60 fr. la 'barrique.. — En So^logne les vins rouges du 'Cher 
Talent LOO à 105 fr. les 250 litres nus pris au vignoble: les gros noirs 100 à 
l'02 fr. les 228 litres, les'Graraays, TO à 80 fr. Les vins blancs sont cotés 58 à 
6S fr. «1 OP'UK de la oôte, 48 à 52 fr les 228 litres. 

Spiritueux. — Sur la plaice de Pa^nis. les alcools ont -eu pendant la semaine 
mn moaivement de hausse qui a porté les oo-ursà 1 fr. 25 de plus f{ue la semaine 
précédente. Au marché du 6 janvier, les acheitevirs ont été plus rares et la ten- 
dance s'est alourdie. On cote aujourd'hui : trois-six fins du Nord 90 degrés dis- 
ponibles et livrables, jan^•d'er, 44 fr, 50 à 44 fr. 75 l'hectolitre; février, 44 fr. 50 
à 4'5 fr.: mars-avril, 44 fr. 7^ à 45 fr. 25; rpiatre mois de mai. 45 fr. 75 à 46 fr. 

Matières de tartre. — On cote à Montpellier : crème -de tartre, les 50 kilog., 
14'5 fr.: cristaux de tartre, 128 fr.: verdets en pains, 65 à v8 fr. les fcO kilog.; 
en boules, 62 fr. — A Lyon, on paye: crème de tartre, 320 à 325 fr. les 100 
kilog.; cristaux de tartre. 310 à 315 fr. 

Cidres. — Sur les marchés d'Iile-et-Vilaine, le cidre se vend pris au cellier , 
B^u, -die 12 à 15 fr. les 325 litres. 

V. — Sucrex. — Mélasses. — Fccidcs. — Ilonhhns.. 
Sucres. — La légère hausse de la semaine dernière ne s'est pas maintenue, le s 
offres ont été très nombreuses aux derniers marchés et les couî's ont par suite 
fléchi de 25 à 50 cenlim'es. Le 6 janvier, on cotait à Paris, par 100 kilog. 



DICS CENRKES AGRICOLES (10 JANVIER 1885)'. 79 

sucres bruts, 88 degiiés saccbai-irnéh-iffues, 33 fr.; sucres blancs, 99 degrés? 
38 fr. à 38 ft-. 25: sucres n*" 3, livrables couranl du mois,, 39 fr. 25 à 39 fr. 50; 
février,. 3^9 fr. 50 à 39 fr.. 75; livraJjles mois suivants,. 39 fr. 75 à 41 fi-. 50. — 
Les affaires sont très calmes sur les sucres raffinés, qui valent, 97 à 98 fr. pour 
la consommation et 40 fr. 50 à 42. fr. pour l'exportation. — Le stock de l'entre- 
pôt réel, à Paris, s'est encore élevé pendant la semaine; il était,, le 5 janvier, 
de 1,199.649 quintaux. — A Valenciennes, les sucres roux 88 degrés sont cotés, 
32 fr. les 100 kilog. — A Lille,, les quelques affaio/es traitées donnent le prix de 
32. fr. 25 pour les 88 degrés et de 101 fii". pour les rallinôs n" 1. 

Fécules. — La fécule première est toujours cotée 2.6 fr. à Gompiègne, et 
26 fr. 50 à Paris, les 100 kilog. Dans les Vosges ou paye 26 fr. et sur la Loire 
25 fr. à 25 fr.. 50. — La fécule verte clisjjonible se vend 15 fr. à Paris et dans 
dans les Vosges^ et 14 fr. 50 dans l'Oise. 

VI. — Tourlcaux. — No'i/s. — h'iigi'ais- 

Tourteaux. — Les affaires socittitès calmes sur tous les marcbés. — A Mar- 
seille, on cote : Lin, 18 fr. les 100 kilog. Aracbide découstiquée, 12 fr. 50: sésame 
blanc, L2 fr. 25.: cocotier ou coprah, 11 fr. 25; colza du Danube, 11 fr. 50; 
œillette exotique, 10 fr.; coton d'Egypte 12 fr.; palmiste. Il fr. 25. — A Lyon, 
les tourteaux de colza valent 12 fr. 50 à 12 fr. 75; à (laea 16 fr. ; àKouen 15 fr. 
— A Aj'ras, on cote : colza, 16 fr. 75; œillette, 17 fr.; tourteaux de graines 
étrangères : paivot, 11 fr. 75; lin,. 22 fr.: Le tout aux 104 kilog. disponible. 

js^oins. — Le noir animal neuf en grains a baissé à Valenciennes, où il se 
paye aujourd'hui de 30 à 32 fr. les 100 kilog..; le noir vieux grain reste au prix 
de 10 à 12 fr.; et le noir po.ur engrais à celui de: 2 à 8 fr. Le tout aux 100 kilog. 

Engrais. — Sans changements. à Paris. — A Marseille, le nitrate de soude est 
coté 33, fr. 25 les 1,00 kilog. 

VU. — Suifs et arrps gras. 

Suifs. — Le suif frais de la boucherie de Paris abaissé de fr. 50 par 100 ki- 
log., et reste au prix de 78 -fr. 50; le suif de la Plata est coté nominalement 
88 fr. 50. 

Saindoux. — On cote au Havre, 49 fr. les 50 kilog. disponible, avec- une légère 
faveur de 50 centimes sur les cours précédents. 

VllL — Chevaux.. — Bétail. — Viande. 

Bétail. — Le tableau sui\^nt résume le mouvement officiel du marché aux- 
bestiaux de la Villette du 1" au mai'di 6 janvier. 

Poids Prix liu kiioç. de viande nette suî 
,r , moyen pi ed au maroh é du 4 j anyier 18 85 

Pour Pour Kn 'i ((uarticrs. 1" 'î' 3° Prix 

Anionés. Paris. li'csrtériear. tolsaJilé. kil. quaj. f[ual. quai. moy«n- 

Bœuis 4.777 2,913, l,.19-2 4,1L5 :i3Ji l.C,l 1.46 1.18 1.40 

Vacfies 1,553 792 492 1,284 239 1.52 1.3fi 1.14 1.32 

Taureaux 297 226 31 257 403 1 40 l.'M) 1.12 1.27 

YeauK 2.985 l.,927 646 2,573 79 2. 0(5 l.W. 1.1)6 l.»7 

Moulons :i3,422 22-.869 6,078 28,947 20 1.86 1.68 1.-50 1.69 

Porcs gras 7,240 2.915 3,691 6,606 81 l.'iO 1 -.16 1.10 1.16 

Les arrisages de la semaine se dBcom«poseiiti ainsi : 

Bœufs. — Ain. 20: Allifr. 225: Calvaitos. .53:. Charente. 245: Clier, 170!;.Corrèze, 12; Côte- 
tfOr, 20: CrpuW, 193: D(ux-S«vVes. 119: Dwdngne. 304: Eure, 4; Finistère, 24;- me-et-\ilame, 
7 ; liaule Loire. 81 : Loire-Mérieure. 106: Loir-et-Cher, 8;. Loiret. 15 ; Malne-et-Loire, 1;588 ; 
Manche, 22 : M'a\enne. 101: Morbihan, 40; Nièvre, 81 ; Oise, 4; Puy-de-Dôme, 10; Rhône, 17; 
Saône-et^Loire. 16; Sarthe. 5: Somme. 4: Vendée, 597: Haule-Vienne, 353 ; Yonne, 16. 

Vaches. — Allier. 57 : Aiihe, 20: Calvados, 77 ; Charente, 86 ; Cher, 44 ; Cùle-d Ur. 16 ; Creuse, 
81 ; Dordogne. 91: Eure, 14: Loire-Inférieure. 16; Maine-et-Loire, 23; .Manche, 5; Marne, 2; 
Haute-Marne, 5 : Nièvre, 97 : Oise, 15; Pin-de-Ii'ôme', 39: Saône-et-Loire, 5 ; Sarthe, 2; Seule, 154; 
Seine-Inférieure, 23; Seine-et-Marne, 20; Seine-et-Oise, 2A; Somme, 3; Vendée, 16; Haute- 
Vienne, 322; Yonne, 22 ; Suisse, 17. 

Taureaux. — Aisne, 5 : Allier. 17: Aube. 3'; Calvados, 8 ;■ Charente, 1; Cher, 24; Côte-d Or, 
2; Creuse, 1': Deux-Sèvpes', 2 : R-ordocrne, 3 : Eure. 4; Eure-et-Loir, 4; rile-et-\dame, 7; Loire- 
Inférieure, 7: Loir-et-Cher, 3: Loiret. 3: Maine-et-Loire, 32; Manche, 2; Marne, 1; Haute-Mai-ne^ 
6; Mayenne. 17; Morbihan, l': Nièvre, 15; Oise, 3; Pui-de-Dôme, 8; Saône-et-Loire, 3; Sarlto, 
1 ; Seine-lnlerieure, 2; Seine-et-Marne, 10; Seine et-Oise, .12 ; Somme, 8; Vendée, 3 ; Hauifir- 
Vienne, 10: Yonne, 7: Allemagne, It. ,,./:." 

Veaux. — Aube, 292: Avevron. 47; Calvados, 28; Eure, 223; Eure-et-Loir, 240; Haute-ba 
ronne, 8: Loiret. 230: Marne." 148; Oise. 66; Puv-de-Dôme, 1.39; Sarthe, 64; Seine-lnleneure 
104; Seine-et-Marne, 232: Seine-et-Oise, 76; Haute-Vienne, 31; Yonne, 105. . , r-.,n 

Moutons. — Aisne, 1.666; Allier. 2.093; Ardennes, .50; zVube, 908; Aveyron, 470; Cantal, 570; 
Cher, 60; Càte-d"Or, 169; Creuse, 61 ; ' Doubs. 3« ; 
60; Nièvre, 904: Nord. 181: Oise, 200; Puy-de-I 

1,346; Seine-et-Ôise. l.KSO: Somme, 108-': Vienne, _, , ...,,, 

gne, 14,269; Aulridie, 297; Hongrie, 2,671; Italie, 113; Pi^iirae, .500; Russtfij 1,199. 



80 BEVUE COMMERCIALE ET PRIX COURANT (10 JANVIER 1885). 

Porcs. — Allier, 333; Calvados, 46; Charente, 13'2; Cher, 43'2; Corrèze, 76; Creuse, 274; Deux- 
Sèvres, 408; Eure, 41; Ille-et-Vilainc, 230; Indre, 1,084; Indre-et-Loire, 48; Loire-Inlôrieure, 159j 
Loir-et-Cher, 91: Maine-et-Loire, 511; Manche, 45; Mayenne, 161; Nièvre, 363; Puy-de-Dôme; 
334; Saône-et-Loire,, 36: Sarthe, 1,396: Seinc-InlVrieure, 9; Seine-et-Oise, 34; Vendée, 521; 
Vienne, 187; Haute-Vienne, 189. 

La vache, le veau et le mouton se sont vendus avec un peu de hausse sur les 
prix de la semaine dernière; la vache, le taureau et le porc ont au contraire, 
diminué. 

Sur les marchés des départements, on cote : Nancy, bœuf, 82 à 86 fr. les 100 
kilog. bruts; vache, 60 à 80 fr.; veau, 50 à 56 fr.; mouton, 100 à 105 fr.; porc, 
60. à 65 fr. — Amiens^ vache, 1 fr. 50 à 1 fr. 70 le kilog.; veau, 1 fr. 50 à 
1 fr. 80; porc, 1 fr. 08 à 1 fr. 18. — Rouen, bœuf, 1 fr. 55 à 1 fr. 85; vache, 
1 fr. 50 à 1 fr. 80; veau, 1 fr. 55 à 1 fr. 95; mouton, 1 fr. 80 à 2 fr. 10; porc, 

1 fr. à 1 fr. 20. — Evreux, ba'uf, 2 fr. 10; veau, 2 fr. 30; mouton, 2 fr. 30; 
porc, 1 fr. 70. — Louviers, bœuf, 1 fr. 40 à 2 fr.; veau, 2 fr. à 2 fr. 40; mou- 
ton, 2 fr. à 2 fr. 40 ; porc 1 fr. 80 à 2 fr. — Barbezieux, bœuf 1 fr. 60 à 1 fr. 80; 
veau, 1 fr. 80 à 2 fr.; mouton, 1 fr. 40 à 1 fr. 60; porc, 1 fr. 40 à 1 fr. 60. — 
Nevers, bœuf, 1 fr. 60 à 1 fr. 80; vache, 1 fr. 40 à 1 fr. 60; veau, 2 fr.; mou- 
ton, 2 fr.; porc, 1 fr. 60. — Chàlons, banif 1 fr. 40 à 2 fr.; veau, 1 fr. 80 à 

2 fr. 40; mouton, 1 fr. 40 à 2 fr. 60; porc, 1 fr. 50 à 2 fr. 20 — Dijon, bœuf, 
1 fr. 50 à 1 fr. 64; vache, 1 fr. 12 à 1 fr. 60; veau, 1 fr. à 1 fr. 12; mouton, 

1 fr. tO à 1 fr. 70; porc, fr. 82 à fr. 94. — Condom, bœuf, 1 fr. 60 
à 1 fr. 80; veau, 1 fr. 20 à 1 fr. 40; vache 1 fr. à 1 fr. 20; mouton, 1 fr. 60 à 

2 fr. 10; agneau, 1 fr. 60 à 1 fr. 80; porc, 1 fr. 50. — Pamiers, bœuf, 1 fr. 50; 
vache, 1 fr. 30 ; veau, 1 fr. 60; mouton, 1 fr. 80 ; brebis, 1 fr. 50; porc, 1 fr. 40. 

A Londres., les importations du bétail étranger ont été, pendant la semaine, 
de 656 bœufs, 8,075 moutons, 428 veaux et 3 porcs, dont 58 bœufs venant de 
Boston, et 348 bœufs et 325 moutons venant de New-York. — Prix par kilog. : 
bœuf, 1 fr. 38 à 2 fr. ; mouton, 1 fr. 72 à 2 fr. 13 ; veau, 1 fr. 72 à 2 fr. ; porc, 
1 fr. 15 à 1 fr. 40. 

Viande à la criée. — Il a été vendu à la halle de Paris, du 29 décembre au 
4 janvier : 

Prix liu kilog. le 'i janvier 1885. 

kilog. 1" quai. 2" quai. T quai. Choix. Basse bourlieric. 

Bœuf ou vache.. 192,986 1.54 à 1.96 1.32 à I.. 52 0.90 à 1.30 1..50à2.90 0.20 à 1.24 

Veau 183,282 1.78 2.16 1.56 1.76 1.16 1.54 » » » » 

Moutons 88,578 1.50 1.76 1.28 1.48 1.00 1.26 1.56 3.10 » » 

Porc 78,497 Porc frais 1 . 10 à 1 .30; salé, 1.38 

543,343 Soit par jour.. 77,620 kilog. 

Les ventes ont été à peu près semblables à celle de la semaine dernière ; le bœuf 
a baissé de fr. 10 ; le mouton elle veau ont conservé leurs prix; le porc frais 
a haussé de fr. 06. 

IX. — Cours de la viande à l'abattoir de la Villetle du jeudi S janvier 1885 (par 50 kilog.) 
Cours de la charcuterie. — On vend à la Villette par 50 kilog. : l'''" qualité, 
58 à 60 fr. ; 2% 50 à 55 fr. Poids vif, 38 à 43 fr. 

Bœufs. ^__^ Veaux. Moutons- 

1" T 3" 1" 2' r i" r 3' 

quai. quai. quai quai. quai. quai. (|iial. quai. quai, 

fr. fr. fr. fr. fr. fr. fr. fr. fr. 

77 68 60 110 100 94 82 74 66 , 

X. — Marche aux bestiaux de la Villette du jeudi 8 janvier 1885. 

Cours des commissionnaires 
Poids Cours officiels^ en bestia ux.^ 

.\nimaux général. l" 2° 3° Prix l" 2° 3* Prix 

amenés. Invendus. kil. quai. quai. quai, extrêmes. quai. quai. quai. exlrèuies. 

BœOfs 2.168 IfiS 3'.8 1.60 1.46 1.16 l.I2àl.66 1.60 l.'i'i 1.16 1.16a 1.6'i 

Vaches .569 G3 234 1.52 1.38 1.14 1.08 1.56 1.50 1.35 1.12 1.12 1.52 

Taureaux I26 4 400 1.40 1.30 1.14 1.10 1.44 1.38 1.30 1.12 1.12 1.40 

Veaux 1.079 123 7Î 2.10 1.90 1.70 1.50 2.30 » » » " 

Moutons 18.653 2.080 20 1.86 1.68 1.50 1.44 1.92 » » » » 

Porcs gras... 4.597 163 81 1.18 1.12 1.06 0.95 1.22 » » » » 

— maigres... » » » » » » » » » » » 

Vente lente sur \ gros bétail assez active sur les autres espèces. 

XL — Résumé. 
En résumé, les marchés ont été encore relativement calmes ; mais les prix se 
sont en général mieuc soutenus. A. Remy. 



CHRONIQUE AGRICOLE m janvier i885). 

Réunion du Parlement. — Dépôt' du rapport de M. Georges Graux relativement au relèvement des 
droits sur les céréales. — L'agriculture dans la période électorale. — Relevé des déclarations 
pour le concours général agricole de Paris en 1885. — Convocation de la Société d'encourage- 
ment à l'ao-riculture. — Date de la session de la Société des agriculteurs de France. — Décora- 
tions dans'^la Légion d'honneur. — Nécrologie. — M. Frédéric Baudry. — Vœux des Associations 
agricoles. — liéunion des agriculteurs du département de la Loire. — L'Importation du bétail 
niaigre. — Lettre de M. de Vesvrotte. — Relevé du commerce des grains et farines du 1" août 
au 15 décembre. — Sucres et betteraves. — Tableau de la production et du mouvement des 
sucres indigènes depuis l'ouverture de la campagne jusqu'au 31 décembre. — Prochain con- 
cours d'animaux de boucherie^ à Bordeaux. — Premier concours d'animaux 'de boucherie, à 
Reims. — 1-a production des vms et des cidres en 1884 d'après le BuUelin du ministère des 
finances. — Détails sur les effets de la marche du phvUoxera. — Tableaux des récoltes, dépar- 
tement par département. — Mouvement de la production, de l'importation et de l'exportation 
des vins et des cidres de 1874 à 188.3. — Etudes sur l'analyse des pommes à cidre. — Lettre 
de M. Truelle. — Le phylloxéra. — Etudes de M. Paul Boiteau sur la reproduction des phyl- 
loxéras agames et sui' l'emploi des appareils à traction pour le traitement des vignes par le 
sulfure de carbone. — Propagation des vignes américaines dans le département des Deux- 
Sèvres. 

I. — V attente. 

La nouvelle session du Parlement est ouverte ; mais les séances 
ont été peu nombreuses, le Sénat s'étant ajourné au 29 janvier, et la 
Chambre des députés au 27 : la période électorale retient dans leurs dé- 
partements un nombre considérable de sénateurs et de députés. Le rap- 
portdeM. Georges Graux, au nom de la Commission des tarifsde douane, 
aété distribué dansla séance du 14 janvier; on en trouvera les conclu- 
sions plus loin (page 109). Quant à la discussion, la date n'en est 
pas encore fixée, mais elle ne pourra pas tarder désormais. Les agri- 
culteurs, dans l'attente d'une solution conforme à leurs vœux, lisent 
et méditent les professions de foi que publient les candidats au 
Sénat, dans les départements où la réélection va avoir lieu le 
25 janvier. Dans ces proclamations, la question agricole occupe 
presque partout le premier rang; des candidatures surgissent, et 
elles sont immédiatement appuyées, parce qu'elles sont des candidatures 
agricoles, parce qu'elles serviront en quelque sorte de manifestation, 
les nouveaux élus ayant charge d'exprimer dans la haute assemblée 
les voeux réitérés des agriculteurs qui les y auront envoyés. Il est donc 
probable que le nombre des défenseurs des intérêts agricoles au Sénat 
sera augmenté par les nouvelles élections. C'est un excellent signe, de 
même que l'on n'a qu'à se réjouir de voir les intérêts économiques 
passer au premier rang dans les manifestations de la vie publique. 
Trop longtemps sacrifiés, payés de belles et sonores promesses, les 
agriculteurs se sont réveillés; pressés par le besoin, ils commencent 
à faire comprendre qu'ils ont le droit de ne plus être traités en parias 
dans le sein de la patrie même, que leurs intérêts sont solidaires de 
ceux de la France tout entière, et que continuer à les sacrifier, ce 
serait décréter la ruine du pays. Nous l'avons dit et répété sous toutes 
les formes : il est nécessaire que nos législateurs s'inspirent de ces 
pensées. Les théories ne sont plus écoutées, les promesses ont lassé 
toute patience ; on demande aujourd'hui des faits. Les adversaires de 
la réforme des tarifs de douane ont réussi à gagner du temps ; nous 
demandons aujourd'hui l'exécution des engagements pris à la fin du 
mois de décembre, c'est-à-dire la discussion rapide des projets 
restés trop longtemps en suspens. Est-ce à dire que tout sera dit 
lorsque les tarifs de douane auront été élevés? Loin de nous cette 
pensée, mais l'agriculture aura l'espoir de n'être pas écrasée pendant 
l'œuvre de transformation à laquelle elle se livre résolument. 

N' 823. — Tome 1" de 1885. — 17 Janvier. 



82 CHRONIQUE AGRICOLE (17 JANVIER lî 

II. — Le concours agricole général de Pans. 
L'importance des concours généraux agricoles organisés à Paris va, 
chaque année, en augmentant. Celui de 1 885, qui sera sous la direc- 
tion de M. Vassillière, inspecteur général de l'agriculture, sera, pour 
quelques-unes de ses parties, encore plus considérable que les précé- 
dentes solennités. C'est ce qui ressort du relevé des déclarations adres- 
sées au ministère de l'agriculture. Le concours comprendra, en effet: 
amimaux gras, 370 bétes bovines, 70 lots et 10 bandes de moutons, 
146 bêtes porcines; animaux reproducteurs, 65 taureaux, 63 béliers et 
15 verrats. Il y aura 2/106 lots d'animaux de basse-cour (1,300 de 
coqs et poules, dindons, oies, canards, 506 de pigeons et 300 de lapins) 
et 260 lots de volailles mortes, l^es expositions de beurres et de fro- 
mages, de produits d'agriculture, d'enseignement agricole primaire, 
de laiterie, seront très nombreuses ; on n'y comptera pas moins de 
1 ,200 échantillons de vins d'Algérie. Quant à l'exposition des instru- 
ments, elledépasse toutes les proportions prévues, car on n'y comptera 
pas moins de 5,500 instruments et machines de toute sorte. 
III, — Réunions agricoles à Paris. 
Avec le concours général, coïncideront, comme chaque année, les 
grandes réunions agricoles qui se font à Paris. — La Société d'encou- 
ragement à l'agriculture tiendra sa réunion générale les 6 et 7 février; 
la question des céréales a été mise à l'ordre du jour. La réunion aura 
lieu sous la présidence de M. llécipon, député. — La session annuelle 
de la Société des agriculteurs de France sera ouverte le 9 février, sous 
la présidence de M. le marquis |de Dampierre ; elle sera close le 
17 février. 

IV. — Décorations clans la Légion' d' honneur. 

Par un décret en date du 8 janvier, rendu sur la proposition du 
ministre du commerce, ont été nommés chevaliers de la Légion d'hon- 
neur : M. Arbey, constructeur de machines-outils pour les exploita- 
tions forestières et pour le travail du bois ; M. Stieldorff, directeur de 
la Compagnie algérienne, qui s'est distingué par plusieurs créations 
importantes en Algérie, notamment par la mise en valeur du domaine 
d'Amourah, par la création de vignes. — Nous applaudissons k ces 
deux distinctions qui sont venues trouver des hommes qui ont rendu 
des services importants à l'agriculture. 

V. — Nécrologie. 

Nous avons le regret d'annoncer la mort de M. Frédéric Baudry, 
membre de l'Institut, qui vient de disparaître à l'âge de 66 ans. 
M. Baudry a été, en 1849, bililiothécaire de l'Institut agronomique de 
Versailles. Il a publié en 1853, en collaboration avec Jourdier, un 
Catéchisme d'agriculture qui est encore très estimé. 

VL — • Vœux des Associations agricoles. 
M. .Jean Gaudet nous communique le procès- verbal suivant de la 
réunion tenue à Saint-Etienne le 3 janvier, par le groupe des membres 
de la Société des agriculteurs de France appartenant au département 
de la Loire, sous la présidence de M. de Poncins : 

« M. le président déclare la séance ouverte et donne la parole à M. Jean Graudet 
qui demande à donner lecture, avant la discussion de l'ordre du jour, d'un 
article de V Economiste français intéressant particulièrement les agriculteurs de 
la Loire. 



CHRONIQUE AGRICOLE (17 JANVIER 1885). 83 

« Après lecture, l'Assemblée reconnaissant que les vœux exprimés par les cul- 
tivateurs du département sont en complète contradiction avec les citations de 
l'article en question, M. Jean Grandet propose à la réunion de se rallier au projet 
de rédaction ci-après : 

« Les membres de la Société des agriculteurs de France habitant le départe- 
ment de la Loire, réunis à Saint-Etienne, le samedi 3 janvier 1885, sous la 
dénomination de groupe de la Loire, protestent énergiquement contre les opi- 
nions émises par Y Economiste français et notamment contre l'article de ce 
journal (numéro du samedi 27 décembre 1884), intitulé : « Le mouvement anti- 
protectionniste. y> Cet article contient, à la page 803, ces lignes : « Mais ce ne sont 
pas seulement les populations urbaines qui manifestent leur réprobation à l'en- 
droit des mesures restrictives dant on nous menace : la Société d'agriculture de 
la Loire s'est prononcée d'une façon très nette contre le relèvement des droits sur 
le bétail. » 

« Le groupe de la Loire comprend dans son sein plusieure membres de la 
Société d'agriculture, industrie, sciences, arts et belles-lettres du département de 
la Loire, qui sont en majorité partisans de droits compensateurs; il peut donc, 
d'après des renseignements précis, affirmer : 

« 1° Que cette Société n est pas une Société départementale au point de vue 
agricole, et qu'elle représente uniquement l'agriculture de l'arrondissement de 
Saint-Etienne; 

t' 2'^ Que le vote contre la surtaxe à appliquer au bétail étranger a été émis dans 
une Assemblée ordinaire du commencement de novembre; réunion à laquelle les 
éléments compétents en cette question, c'est-à-dire les agriculteurs, n'avaient pu 
prendre part, étant retenus aux champs par les récoltes d'automne; 

« 3" Le groupe de la Loire tient à rappeler que dans la séance suivante, qui a eu 
lieu le 4 décembre, les agriculteurs de la Société de Saint-Etienne étant cette 
fois en nombre, l'Assemblée a voté, à une très forte majorité, une surtaxe de 
cinq francs par quintal métrique de blé importé. 

« Dans cette même séance du 4 décembre la Société d'agriculture de Saint- 
Etienne a repoussé, à une forte majorité, la proposition faite par un de ses 
membres d'adhérer à la Ligue contre le renchérissement du pain et de la viande. 

■t Cette décision annule en quelque sorte le vote défavorable aux droits sur 
le bétail étranger précédemment émis dans la séance du 6 novembre. 

« 4° Le groupe de la Loire proteste d'une manière formelle contre les asser- 
tions de ce journal tendant à insinuer cfue le vote émis contre la surtaxe du bétail 
représente les idées économiques des cultivateurs de la Loire ; attendu que la 
Société d'agriculture de Montbrison, la Société d'agriculture de Roanne, et enfin 
les membres de la Société des agriculteurs habitant ce département ont voté pour 
les blés des surtaxes variant de 5 à 7 francs par quintal métrique, et pour le 
bétail des surtaxes s'élevant à 60 francs par tète de gros bétail. 

« Le groupe de la Loire déclare a])ptaudir aux sages paroles prononcées par un 
de ses membre les plus éminents, l'honorable M. Euverte, président de la Société 
d'agriculture de Saint-Étienne, qui, dans la séance de cette société, le 4 décembre, 
s'est élevé contre l'antagonisme que l'on tendait à créer entre l'industrie et 
l'agriculture et a montré combien ces deux éléments de la vie nationale étaient 
également essentiels et étroitement solidaires, et combien il leur importait de 
se prêter un mutuel appui pour traverser, sans trop de désastres, la crise 
commune. 

« Le Groupe de la Loire proteste hautement contre la Ligue anti-patriotique 
dite « Ligue contre le renchérissement du pain et de la viande » qui tend à faire 
croire que les cultivateurs veulent affamer les populations des villes. 

Le Groupe de la Loire émet le vœu que cette protestation soit communiquée 
à la presse; et décidant cju'elle sera annexée au procès-verbal, passe à l'ordre du 
jour. 5i 

Il résulte de ce document que c'est en vain qu'on chercherait à se 
prévaloir de quelques manifestations isolées pour en tirer cette con- 
clusion que l'agriculture française n'est pas unanime dans les reven- 
dications qu'elle fait entendre. 

Vn. — Sur Vimportation du bétail maigre. 
Dans notre numéro du 27 décembre (page 490 du tome IV de 1884), 



84 CHRONIQUE AGRICOLE (17 JANVIER 1885), 

nous avons publié le manifeste de la Ligue des herbagers de la région 
du Nord-Est, protestant contre les projets d'élévation des di-oits de 
douane sur le bétail. A cette occasion, M. le vicomte de Vesvrotte, 
agriculteur dans la Côte-d'Or, nous adresse la lettre suivante : 

« Monsieur le directeur, voulez-vous me permettre une olDservation à propos 
de la Ligue des herbagers du Nord-Est. MM. de Poncins et Tiersonnier ont ré- 
pondu mieux que je ne saurais le faire, à cette affirmation : l'e'levage du gros 
bétail , son engraissement, ne sont nullement en souffrance. Mais puisque le 
but de cette ligue est de continuer à permettre l'entrée du bétail maigre dans les 
conditions actuelles, bétail devant être vendu gras à l'étranger, pourcmoi ces 
droits d'entrée, élevés comme nous le demandons à 60 fr., ne seraient-ils point 
remboursés àla sortie ! Gela n'est-il point appliqué pour plusieurs industries ; 
cela surtout ne vient-il point actuellement grandement en aide aux sucreries 
en Allemagne, les sucres, à leur sortie de l'empire, recevant plus qu'ils n'a- 
vaient réellement payé comme betteraves. A l'administration de régler ce mode 
de faire, qui ne saurait être bien complicfué ni bien onéreux. 

« Recevez, etc. « Yte Henri de Vesvrotte. » 

L'opinion exposée dans cette lettre mérite d'être examinée sérieuse- 
ment. Ainsi que le fait observer M. de Vesvrotte, l'établissement 
d'acquits-à-caution sur le bétail ne serait pas impossible à réaliser. 
VIII. — Le commerce du blé. 

Le Journal officiel publie le relevé suivant des quantités de froment 
(grains et farines) importées et exportées du 1''' août au 15 décem- 
jjre 1 884 (commerce spécial) : . . 

Importations (quin t, met.) Exportations (q uint, mi' t.) 

Grains. Farines. Grains. Farines. 

Du 1" août au 30 novembre 4,344,336 177,454 14,752 34,767 

Première quinzaine de décembre.. 424 ,219 14,966 "2,732 819 

Totaux 4,768,555 192,420 17,484 35,586 

Vinsi qu'il arrive toujours, les importations ont été un peu plus 
faibles en décembre. Néanmoins, elles sont toujours en grand excès 
sur les besoins de la consommation. 

IX. — Sucres et betteraves. 

Le Journal officiel du 13 janvier publie le tableau de la production 
et du mouvement des sucres indigènes depuis l'ouverture de la cam- 
pagne 1884-85 jusqu'au 31 décembre 1884. A cette date, les travaux 
de défécation étaient achevés dans 391 fabriques, sur 439 qui ont 
travaillé durant cet exercice. Les charges exprimées en sucre raffiné se 
sont élevées à 158,609,000 kilog. dans les fabriques non abonnées, 
et à 101,738,000 kilog. dans les fabriques abonnées, soit en tout 
260,347,000 kilog., contre 348,035,000 kilog. à la fin de décembre 
1884. 11 y a donc, au 31 décembre, une diminution de 87,687,000 
kilog., comparativement à la campagne précédente. Les décdiarges 
exprimées en sucre raffiné ont été de 175,410,000 kilog., et il restait 
en fabrique 49,756,000 kilog. de sucres achevés et 35,182,000 kilog. 
de produits en cours de fabrication. Dans les fabriques abonnées, les 
quantités de betteraves mises en œuvre ont été de 603,429,000 kilog. 
au rendement de 5 pour 1 00, et de 1 ,024,631 ,000 kilog. au rendement 
de 6 pour 100. Ces nombres correspondent à 91,649,000 kilog. de 
sucre; par suite des excédents constatés aux deuxième et troisième 
aventaires, cette quantité s'est élevée au total indiqué plus haut de 
101,738,000 kilog. Cette quantité de betteraves correspond approxi 
mativement à la récolte de 27,000 à 28,000 hectares. 



GHIWNIQUE AGRICOLE (17 JANVIER 1885). 85 

X. — Concours d'animaux de boucherie à Bordeaux, 
Le concours général d'animaux de boucherie, organisé sous la di- 
rection de la Société d'agriculture de la Gironde, se tiendra à Bor- 
deaux, le 31 janvier et le 1" février. Les animaux présentés devront 
être nés et engraissés en France. Parmi les bovins, des catégories spé- 
ciales seront ouvertes aux races bazadaise, garonnaise, limousine, 
landaise; les moutons et les brebis concourront par lots et par bandes, 
sans distinction de races pour les jeunes animaux; quant aux porcs, 
ils seront répartis en races françaises, races étrangères et croisements 
divers. Les exposants devront envoyer leurs déclarations au siège de la 
Société, rue de la Merci, 7, à Bordeaux. 

XL — Concours d'animaux gras à Reims. 

Le nouveau marché aux bestiaux de la ville de Reims a été inau- 
guré les 5 et 6 janvier par un concours d animaux de boucherie, orga- 
nisé par le Comice agricole de l'arrondissement, sous la direction de 
M. Charles Lhotelain. Les agriculteurs des départements de la Marne, 
de l'Aisne et des Ardennes y étaient admis. Les principaux lauréats 
ont été : pour les bœufs, M. Namur-Daire, à Coucy (Ardennes), et 
M. Polonceau; pour les moutons, M. Conseil-Triboulet, à Oïdchy-le- 
Clîâteau, et M. Hyncelin, à Loupeigne ; pour les porcs, M. Beuzard- 
Philéas, à Sommepy, et Mme Andrieux, à Marco ux. Après le con- 
cours, le Comice de Reims a offert aux lauréats un banquet dans 
lequel M. Lholelain, M. Ballot et M. Charlier ont rappelé les légitimes 
revendications des ai^riculteurs français. 

XIL — La production des vins et des cidres en 1884. 

Ainsi que nous l'avons annoncé dans notre précédente chronique, 
le ministère des finances Aient de publier, comme il le fait chaque 
année, le tableau de la production des vins et des cidres en 1884. Ce 
document est accompagné de quelques considérations que nous croyons 
utile de placer sous les yeux de nos lecteurs : 

La reprise qui s'était signale'e en 1883 dans le produit de la récolte des vins 
(36,029,000 hectolitres au heu de 30,886,000 en 1882) ne s'est pas intégralement 
maintenue en 1884. Le rendement n'a atteint que 34,780,726 hectolitres, présen- 
tant ainsi une diminution de 1,248,456 hectohtres sur les résultats de l'année 
dernière et de 10,264,116 hectolitres sur la moyenne des six dernières années, 
mais dépassant encore de près de 4 millons d'hectolitres le produit de 1882. 

Bien que cette situation ne soit pas satisfaisante, les gelées survenues au prin- 
temps, dans la région de l'Est notamment, et plus particulièrement dans les dé- 
partements de Meurthe-et-Moselle, de la Haute-Saône, de Saône-et-Loire et des 
Vosges, et les ravages occasionnés sur d'autres points par la gelée ont fait craindre 
un instant que le résultat ne fût encore moins favorable. Heureusement les cha- 
leurs de l'été et les pluies qui ont régné pendant une partie des mois de sep- 
tembre et d'octobre ont favorisé le développement du raisin qui avait été épar- 
gné, et la maturité s'est accomplie dans de bonnes conditions. 

Les départements du Centre et de l'Ouest ont eu moins à souffrir des pertur- 
bations atmosphériques. Aussi y remarque-t-on un accroissement notable de la 
production. La progression est surtout marquée dans les départements d'Indre- 
et-Loire, de Loir-et-Cher, du Loiret, de Maine-et-Loire, de la Sarthe, de la 
Vienne et de la Vendée. 

Dans le Midi, deux causes spéciales ont nui au rendement de la récolte : la 
sécheresse excessive des mois de juillet et d'août, et plus spécialement l'enva- 
hissement du phylloxéra. Les départements les plus éprouvés sous ce dernier 
rapport sont ceux de l'Aude, de la Charente, de la Corrèze, de la Dordogne, de 
la Gironde, du Lot, de Lot-et-Garonne, de la Lozère et du Var. Le fléau continue 
également dans l'arrondissement de Béziers. Sur ces divers points on persiste 



86 CHRONKJUE AGRICOLE (17 JANVIER 1885). 

toujours dans les essais de reconstitution de vignobles à l'aide des planis améri- 
cains, mais la réussite ne s'est accentuée d'une façon complète que dans certaines 
parties de l'Hérault, dans l'arrondissement de Toulon et dans le Tarn. L'accli- 
matation des plants d'Amérique continue également dans l'Ardèclie, les Bouches- 
dui-Rhône, la Lozère, la Loire et la Vienne, mais ces heureux efforts ne par- 
viennent pas encore à balancer les pertes occasionnées par les atteintes de la ma- 
ladie sui' les cépages indigènes. Enfin on a dû arracher les plants contaminés 
dans certaines régions oià le fléau a fait son apparition ou accentué ses progrès. 
C'est ainsi que les défrichements ont porté sur 2,500 hectares dans l'Allier, 
25,000 hectares dans la Charente, 7,000 hectares dans le Gers, 4,000 hectares 
dans la Cironde, 3,000 hectares dans l'Isère, 3,800 hectares dans le Rhône et 
2,900 hectares dans les Deux-Sèvres. 

Le mildew, dont on signalait l'année dernière l'apparition dans le Gard, les 
Basses-Pyrénée, le Vaucluse et l'arrondissement d'Aix, est resté à peu près can- 
tonné dans les mêmes régions. Sa présence est néanmoins constatée dans l'Ain 
et dans quelques communes des Landes. 

En résumé, malgré les causes de déficit qui viennent d'être énumérées, on 
compte encore 39 départements présentant une augmentation sur les résultats de 
1883, et 28 départements dans lesquels le produit de la récolte a dépassé la 
moyenne des dix dernières années. 

La qualité des vins paraît généralement satisfaisante. 

Voici quel a été, depuis 1874, le mouvement de la production, de l'importa- 
tion et de l'exportation des vins : 

Hectares ^ Vins de toutes sortes. 

Années. en vignes. Production. Importation. Exportation. 

hectolitres. iiectolitres. hectolitras. 

1874 2,446, 8(i'2 63,146,000 681, UÙO 3,232.000 

1875 2,421,247 83,836,000 292,000 3,731,000 

1876 2,369,834 41 827,000 676,000 3,331,000 

1877 2,346,497 56,405.000 707,000 3,102,000 

1878 2,295,980 48.729,000 1,603,000 3,795 000 

1879 2,241,477 25,770,000 2,938,000 3,047,000 

1880 2,204.459 29,667,000 7,219.000 2 488,000 

J881 2,699,923 34,139,000 7,839,000 2,572,000 

1882 2,135,349 30,886,OoO 7,537,000 2,618,000 

1883 2,095,927 36,029,000 7,980,000 3,093,000 



Moyenne 2.325,755 45,045,000 3,847,000 3,0(Jl.0()0 

1884 (11 première moisj.. 2,040,759 34,781,000 7,219,000 2,265,000 

Grâce au disponible laissé par le rendement de la récohe en 1883, on n'a pas 
dû, pour satisfaire aux besoins de la consommation, recourir à Timportation dans 
une aussi large proportion c(ue l'année dernière. Pour les 1 1 premiers mois, le 
chiff"re de cette importation est tombé de 7,903,000 hectol. (1883) à 7,219,000 hec- 
tolitres, dont 4,432,000 hectolitres de vins d'Espagne et 2,028,000 hectolitres de 
vins d'Italie. 

Gomme les années précédentes, la consommation est en partie alimentée à 
l'aide des vins obtenus par addition d'eau sucrée sur les marcs et des vins de 
raisins secs. On constate néanmoins un certain ralentissement dans ces fabrica- 
tion, dont les résultats sont descendus de 3,730,000 hectolitres, chiffres de 1883, 
à 2,885,000 hectolitres environ, savoir : vins de marcs, 1,255,000 hectolitres; 
vins de raisins secs, 1,630,000 hectolitres. 

La culture de la vigne en Algérie continue à prendre de l'extension. La récolte 
de 1883 avait donné 822,000 hectolitres, avec une augmentation de 5,715 hec- 
tares dans la superficie des terrains complantés. La récolte de 1884 a produit 
896,000 hectolitres, savoir : 

Provmce d'Ale;er 431,680 ) 

— (le Constantine 103, R42 ^ 896,291 hectol. 

— d'Oran 360,769 ) 

La superficie complantée s'est, de nouveau, accrue de 7,127 hectares. 

Les derniers renseignements qu'on vient de lire sur l'extension de 
la culture de la vigne en Algérie concordent avec ceux que nous 
avons donnés à plusieurs reprises. — Voici le tableau de la production 
des vins, département par département (ceux qui ne figurent pas dans 
ce tableau ne produisent pas de vin) • 



CHRONIQUE AGRICOLE (17 JANVIER 1885). 

Hectares en Année 188'i Anniie 18S3 Augmentation Diminution 

Départements vignes 

— — hectol. hectul. hcctol. hectol. 

Ain : .. 17,594 324, 126 376 027 ■. 51 901 

Aisne 3,375 91.744 71,250 20,494 » 

Allier 13,766 135,790 207,587 » 71 797 

Alpes (Basses-) 10,570 66,292 63,410 ■2,882 » 

Alpes (Hautes )..... . 5,482 74,686 83,270 » 8584 

Alpes-Maritimes 13,120 47,409 79 643 » 32' 234 

Ardèche 17,935 92,218 73,448 18.770 » 

Ai-dennes 828 15 , 923 12 .598 3 , 325 » 

Ariège 17,988 161,994 140,939 21,055 » 

Aube 17,362 392,128 622,887 « 230 759 

Aude 118,913 4,371.771 4,844,441 . 472,670 

Avcyron 21,791 354,637 358,201 » 3,564 

Bouches-du-Rliône . . . 13.355 156,589 154,668 1,921 » 

Cantal 419 8,473 8,630 » 157 

Charenle 34,053 216,790 306, 3S9 » 89,599 

Charente-Inférieure... 82,164 1,144,819 1,463,884 » 319 065 

Cher 14,844 209,453 199,043 10,410 » 

Corrèze 16,805 165,317 206.361 » 41,044 

Côte-d'Or 37,432 551,529 1,001,693 » 450,164 

CiVHise 14 146 152 » 6 

Dordogne 72 , 935 232 , 571 296 ,750 » 64 , 179 

Doubs". 6,8.50 41,100 206,152 » 165,052 

Drôme 10,795 89,235 74,292 14,943 » 

Eure. . 52 i 10.738 2,660 8,078 » 

Eure-et-Loir 1,298 21,746 7,348 13,898 » 

Gard 19,702 6,55,010 450,663 204,347 » 

Garonne (Haute-) 70,908 1,266,643 1,273,938 » • 7,295 

Gers 126,360 1,907.580 1,421,394 486,186 » 

Gironde 138,366 1,338,183 1,867,559 » 529,376 

Hérault 87,219 2,575,704 2,715,037 » 139,333 

Ille-et-Vilaine 43 1.010 480 530 » 

Indre 25,301 245,593 235.497 10,096 » 

Indre-et-Loire 55 , 500 904 , 000 499 . 256 404 , 744 » 

Isère 30 , 480 404 056 359 , 329 44 , 727 » 

Jura 19,886 67,970 250.857 » 182,887 

Landes 21,406 220,390 251,527 » 31,137 

Loir-et-Cher 34,867 985,799 364,141 621,658 » 

Loire 14 , 130 280 , 188 .307 , 525 » 27 , .337 

Loire (Haute-) 7 ,285 57 ,480 70 039 » 12,559 

Loire-Inférieure 31,000 1,395,000 1,-347,329 47,671 » 

Loiret. 30,917 587 929 451,702 136,227 » 

■Lot ■ 46,418 209,860 226.344 » 16,484 

Lot-et-Garonne 70,053 523,211 504,450 18,761 » 

Lozère 841 10,447' 11,857 » 1,410 

Maine el-Loire -i4.237 8.53,300 543,644 309,656 » 

Marne 44,299 524,043 411,430 112,613 » 

Marne (Haute-) 15,750 403,508 412,243 » 8,735 

Mayenne 500 9,981 906 9,075 » 

Meurthc et-Moselle... 16,811 6.54,320 615,921 38,399 » 

Meuse 10,162 366,017 310,284 55,733 » 

MorhUian 899 53,384 40,882 12.502 » 

Nièvre 11,084 174.295 175,443 » 1,148 

Oise 333 4,5.59 3,423 1,136 » 

Puy-de-Dôme .32,609 713,-559 894,780 » 181,221 

Pyrénées (Basses-) 22,988 121737 184,701 » 62,964 

Pyrénées 'Hantes-) ... 16,389 227,641 303 771 » 76,130 

Pyrénées -Orientales.. 54,991 1,407,477 1,374,517 32,960 » 

Rliône 32,740 4-50.949 .541,485 » 90,536 

Saône (Haute-) 11,432 99,235 222,166 » 122,931 

Saône-et-Loire 43,591 534,565 1,028,938 » 494,373 

Sarthe 9,018 200,891 45,334 155.557 » 

Savoie 12,605 248,903 177,068 71,835 » 

Savoie (Haute-) 8,287 196.703 146,447 50,256 » 

Semé 702 16,749 15,848 901 » 

Seme-et-Marne 8,156 116.792 127,637 » 10,845 

Seineet-Ose 6 6,36 182,514 142,391 40,123 « 

Sèvres (Deux-) 16,314 187,596 184,051 3,545 » 

Tarn 60,302 749,474 1,150.255 » 400,781 

Tarn-et-Garonne 45,180 418,882 628,725 » 209,843 

Yar 45,810 322,334 436,900 » 114,566 

Vaucluse 12,168 167,908 156,543 11,365 » 

Vendée....... 19.279 701,928 365,474 336,454 » 

Vienne 42,190 1,227,740 976,196 251,544 ■» 

Vienne (Haute-) 1,604 13,183 11,192 1,991 » 

Vosges 4,875 129,245 116,051 13,194 » 

Yonne 37.704 688.037 813,389 » 125,352 

Totaii.\ 2,040,7.59 34,780,726 36,029,182 3.599,562 4,848,018 

Diminution: 1,248,456 



87 

Innée moteani; 
de 1874 à' 1883 
hectol. 
412,255 
95,873 
232,442 
71,846 
82,914 
63,434 
134,574 
25,042 
108,025 
545,276 
3,785,-501 
361,155 
148,815 
9,402 
1,932,606 
3,662,7,87 
299 ,224 
195 ,024 
989,945 
111 
690,-331 
175,898 
110,671 
11.037 
25,972 
484,422 
8-35,984 
1,281,376 
2,572,523 
5,937,574 
572 
267,873 
924,348 
472,003 
327 , 104 
340,220 
829,329 
26*), 765 
68,853 
1,110,752 
584.317 
417,456 
477,028 
9,140 
567,570 
470,928 
475,841 
782 
675,345 
342,410 
23,648 
227,874 
5,401 
855,188 
154,506 
197,826 
1,600,302 
751,202 
297,487 
1.274.983 
91,614 
195,576 
148,929 
23,-543 
221,029 
245,411 
275,477 
882,166 
338,057 
624,663 
75.651 
461,016 
1,090,351 
18,461 
149,938 
1,150.859 

45,044,842 



88 CHRONIQUE AGRICOLE (17 JANVIER 1885). 

Voici le tableau de la production, en 1883 et 1884, dans les 58 dé- 
partements producteurs du cidre : 

,,. . , Année 1884 Année 1883 Ausinciitation Diniiniitioii *,°"I!,,"'!^!SÔ~ 

Départements. de 4»74 i 1883 

hectol. hectol. hcctul. heetol. Iitctol. 

Ain I,"i3r. 1,370 » 135 1,057 

Aisne 115,-293 374 ,03(i » 258,743 -230,915 

Allier 10,5-20 1-2,30-2 » l,7X-2 6.449 

Ardennes 16,131 1-21. 5Sl » 105,450 84,099 

Aube 18,750 45,640 « -26,890 . 31,-295 

Avejron -2'2,665 13,774 8,891 » 13,841 

Bouches-du-Uhône 5/200 » 5,-200 » » 

Calvados 930,777 -2,808,495 » 1,877,718 1.413,037 

Cantal 4,4.56 4,7-21 ;> -265 -2,259 

Charente. 3,769 3,-23-2 .537 » -2,062 

Cher 12,108 '24,1-22 » 12,014 15,195 

Corrèze 55,640 9,214 46,426 » 16,497 

Côtes-du-Nord 1,037,-2-27 1,780,632 » 743,405 782,-272 

Creuse 3,490 11.932 » 8,442 6,052 

Dordogne 9,354 2,551 6,803 » 2,551 

Doubs ''y» '296 » -296 '296 

Eure 1^*9,701 1,316.089 » 516,388 753,9'28 

Eure-et-Loir 104,519 '221.183 » '26,664 l'22,180 

Finistère "^;yi3,078 '258.710 » 155,632 114.588 

Ille-et-Vilaine 6,053 3.660,393 » 1,144,340 2,015,875 

Indre 11,429 18 849 » 7,4'20 10,310 

Indre-et-Loire '23,180 21,191 1,989 » 8,672 

Isère 3,(170 100 3,570 » 416 

Loir-et-Cher 27,417 56,916 » '29,499 24,443 

Loire ^■>'i i^^o » 428 268 

Loire (Haute-) 327 383 » 56 l'20 

Loire-Inférieure 417 ,484 412 .942 4,542 » '230 ,572 

Loiret 11.065 40,892 » -29,8-27 19,842 

Lot 2, .565 2,840 » 275 4,773 

Lozère » 86 » 86 86 

Maine-et-Loire 73 ,-258 56,400 16,858 » 46,096 

Manche 780,-247 2,434,175 » 1,6,53,9-28 1,311,(>85 

Marne 11,7-23 -25,-2-26 » 13,503 19,540 

Marne (Haute-) 1 00 240 » 140 303 

Mayenne.: 854,482 1,044,980 » 190,498 563,9-25 

Meuse 294 1,194 » 900 797 

Morbihan 6-22,792 2,1.52,1.59 » 1,5-29.367 843,658 

Nièvre 4,736 11,406 » 6,670 5,968 

Nord l,2f")7 16,991 » 15,7'24 12,707 

Oise.' 278.840 942,711 » 663, «71 466,519 

Orne 911,906 1,762,980 » 851,074 1, '288, 710 

Pas-de-Celais 30,1'2S 1-20,306 » 90,178 52,-259 

Ptiy-de-Dônie 16,064 39,495 » 23,431 8,151 

PMV.nècs (liasses-) 4,856 4,318 5.38 » 4,664 

Saône (Haute-) 1,058 1,415 » 357 854 

Sarthe 703,337 894,113 » 190,776 392, '202 

Savoie 4 ,-20(J 6,-239 » 2,039 2,348 

Savoie (Haute-) 28, .506 34,451 » 5,945 35,199 

Seine 200 380 » 1 80 267 

Seine-Inférieure 806,. 507 1,754,638 » 948,131 1,081,962 

Seine-et-Marne 80,496 116,4'26 » 35,930 111,072 

Seine-et-Oise 161,'2'27 172,064 » 10,837 182,141 

Sèvres (Deux-) 6 ,449 5 ,762 687 » 3 , 702 

comme 87,991 404,732 » 316,741 182,575 

yarn 2,700 1,-200 1,500 » 1,200 

vienne 14,185 15,560 » 1,375 3,166 

vienne (Haute-) 31,639 67,070 » 35,431 31,513 

onne.. 30,4-29 180,-280 » 149,851 95,637 

Totaux 11,907,177 -23,492,-268 97,541 11,682,632 12,662,770 

Diminution : 11,585,091 

En ce qui concerne la production des cidres, le document officiel 
présente les réflexions suivantes : 

La récolte du cidre qui, en 1883, avait atteint le chiffre exceptionnel de 
23,492,268 hectolitres, avec une augmentation de plus de 14 millions d'hecto- 
litres sur les résultats de 1882, n'est, cette année, que de 11,907,177 hectolitres, 
d'où une diminution de 11,585,091 hectolitres sur l'année correspondante, mais 

de 755,593 hectolitres seulement sur la moyenne décennale, grossie cependant 
par les résultats de 1883. La production des- pommiers n'étant généralement pas 



CHRONIQUE AGRICOLE (17 JANVIER 1885). 8& 

abondante deux ans de suite, cette situation n'a rien d'anormal ; elle peut même 
être considérée comme relativement satisfaisante. 

Voici le mouvement de la production et du commerce des cidres depuis 1874 : 

AniK'es* Production. Importation. Exportation. 

liectûlitres. iieetolitres. hectolitres, 

1874 13,312,000 lH\ 24,000 ' 

187,-) ••• 18,-2-)7,0(J(J l(i3 -il, 000 

187(i 7,036,000 78 17,000 

1877 13,345.000 3.^ 14,000 

1878 11,936.000 277 20,000 

1879... 7,738,000 1,804 21,000 

1880 '. 5,46,T,000 150 11,000 

1881 17,122,000 2,8.53 8,000 

1882. . 8,921,000 912 10,000 

1883.....'..' 23,492,01)0 » 10,000 

Moyenne 12.i')62,00U 645 16,000 " 

1883 (11 premiers mois) 1 1 ,907 ,000 » 15,000 

Nous devons faire quelques réserves relativement à ces tableaux 
Vinsi qu'il a été plusieurs fois expliqué dans nos colonnes, ils ne 
peuvent donner que des approximations sur l'ensemble de la récolte, 
r.es approximations concordent (railleurs à peu près, pour la plupart 
des départements, avec celles données déjà par le commerce, 

XIII. — Étude des pommes à cidre. 
A l'occasion de l'article de M. Lecbartier, directeur, de la station 
agronomique de Hennés, sur l'analyse des pommes à cidre, inséré 
dans notre numéro du3jan\ier (page 17), nous recevons de M. Truelle, 
pharmacien à Trouville (('alvados), la note suivante : 

« J'ai lu dans le dernier numéro de votre intéressant Journal un article dû k 
la plume autorisée du savant M. Lechartier au sujet de l'emploi du densimètre 
comme critérium de la valeur des moûts de pommes. 

« J'ai éprouvé la plus vive satisfaction en voyant ffue les conclusions qu'il a 
formulées sont identiques à celles que j'ai émises moi-même, il y a quatre ans, 
dans deux mémoires consécutifs consacrés à l'analyse des moûts de pommes pro- 
venant des récoltes des années 1879 et 1880, mémoires que M. Clialin, directeur 
de l'école supérieure de pharmacie de Paris, m'a fait l'honneur de présenter à la 
Société nationale d'agriculture où il doit être facile d'en prendre communi- 
cation. 

» Je m'occupe depuis huit ans d'études comparées sur les fruits, poires et 
pommes du pays d'Auge, et bien que je n'aie rien livré à la publicité, je pos- 
sède des documents assez curieux ([ui me permettront, quand je jugerai mon 
programme accompli, d'écrire un ouvrage qui, je l'espère, ne sera pas dénué 
d'intérêt. 

« Veuillez agréer, etc. A. Truelle, 

Pharmai'icn de première classe. 

La multiplicité des études et des recherches scientifiques ne peut 
qu'être d'une grande utilité pour les agriculteurs des départements où 
le pommier est cultivé. 

XIV. — Le phylloxéra. 

Dans une note intéressante qu'il vient de communiquer à l'Aca- 
démie des sciences, M. Paul Boiteau, de Villegouge (Gironde), fait 
connaître la suite de ses recherches sur la reproduction du phylloxéra 
et sur la distribution du sulfure de carbone dans le sol des vignes. En 
ce qui concerne la reproduction de l'insecte, l'habile expérimentateur 
a obtenu de nouvelles générations d'individus élevés dans des tubes, 
ce qui porte à quinze le nombre des générations agames qu'il a suivie 
depuis quatre ans. Cette longueur de la reproduction par les agames 
est utile à connaître : M. Boiteau en conclut qu'il est difficile de voir 
ce que pourra donner la destruction de l'œuf d'hiver sur les parties 



•90 CHRONIQUE AGRICOLE (17 JANVIER 1885). 

aériennes des ceps. On peut répondre que si cette destruction ne fait 
pas disparaître rapidement les anciennes colonies, c'est le seul moyen 
possible d'empêcher la formation de nouvelles colonies. Sous ce rap- 
port, les recherches de M. Balbiani, les expériences de MM. Sabaté, 
Prosper de Laffite, Couanon, et d'autres encore, ont déjà donné des 
résultats satisfaisants. 

Relativement à l'emploi du sulfure de carbone, M. Boiteau estime 
que les appareils à traction sont suffisamment perfectionnés désormais 
pour être employés avec sécurité et avantage sur les pals. Elles 
assurent une grande économie de main-d'œuvre, elles permettent 
d'opérer en toute saison et surtout en été, et enfin elles procurent des 
effets supérieurs à ceux qu'on obtient avec les injecteurs à main. 
ce Contrairement, dit M. Boiteau, à ce qui a été enseigné pendant 
longtemps, le sulfure doit être déposé dans les couches relativement 
supérieures du sol, pour produire son maximum d'effet ; la profondeur 
qui paraît devoir donner les meilleurs résultats est comprise entre 
0"12 et 0™15. 11 est bon aussi que le sulfure soit déposé dans la terre 
située au-dessous du travail cultural; s il était projeté dans ce 
guéret, ses effets seraient bien amoindris, à moins cependant que le 
guéret ne fût travaillé depuis plusieurs mois et qu'il y eût un tasse- 
ment naturel' suffisant, ou provenant de })luies |)lus ou moins abon- 
dantes... Avec les machines, peu d'insectes échappent à la mort. Ces 
résultats proviennent d'une meilleure répartition et de la facilité de 
diffusion due à la galerie longitudinale tracée par la fouilleuse. Cette 
galerie permet aux vapeurs de se répandre rajùdement et unifor- 
mément dans tous, les sens et de produire, par suite, leur maximum 
d'effet. » D'après les observations de M. Boiteau, le sulfure déposé 
dans les couches superficielles descend dans le sol, à l'état de vapeurs 
concentrées, et y entretient une atmosphère empoisonnée de haut en 
bas. Enfm, l'emploi des machines permet de réduire notablement les 
doses de sulfure; avec 100 Ivilog., on obtiendrait des résultats analogues 
à ceux auxquels on arrive avec 180 à 200 kilog. distribués par les pals. 

Le Comité central d études et de vigilance du départemeutdes Deux- 
Sèvres a décidé d'acheter aux viticulteurs du département les boutures 
de vignes américaines venues sur leur terrain. C'est pour développer, 
surtout dans les arrondissements de ISiort et de Melle, la culture de 
ces vignes que le Comité vient de prendre cette résolution. 

Henry Sagmer. 

MELANGES DE GRAINES FOURRAGÈRES DU COMMERCE 

Les agriculteurs sont édifiés aujourd'hui sui' la valeur de ces pana- 
cées merveilleuses qu'on nomme mélanges spéciaux d'engrais chimi- 
ques pour céréales, prairies, etc. Leur confiance, ébranlée par de 
coûteuses expériences, est passée de la fabrique d engrais au magasin 
de semences. Avec quelques indications sommaires, le marchand grai- 
nier prépare sur la demande de son client des compositions savam- 
ment imaginées répondant aux conditions les plus diverses ; on assure 
même qu'il s'en trouve d'assez habiles pour suppléer aux renseigne- 
ments que le cultivateur oublierait de leur fournir. 

Avant d'admirer des aptitudes aussi remarquables, j'ai pensé ([u'il 
Btait au moins prudent de réunir quelques observations pour en 



MÉLANGES DE GRAINES F0URR.\OÈRES DU COxMMERGE. 91 

faire profiter ensuite ceux qui aiment à voir clair dans tout ce au'ils 
entreprennent. i ^ 

A cet effet j'ai prélevé dans six importantes maisons de Paris dix 
échantillons différents. Voici, avec leur analyse: botanique, quelques 
indications relatives au prix et à la quantité à employer plr hectare\ui 
m ont ete fournies par les vendeurs : ^ 

l*^ Prairies temporaires. 

N* I." ■. . 1 

'VnZ^'^f Destination , '^e'boLe'îuallir'' ^ t'êm' Prix 

danal^^e ^ rentermées dans le mélange. ^""P^-nlm^ Pm 

et online r^^i^„„,^ : -«.- --_- ^ . retés. P'^f ' P^r ^J^^ 

de lechan- — Légumineuses. Graminées. P- ^00. ....^ ^^<^- ,oo til 

tillon. p. 100. ,, ,,,,, |l°ee- tare '"" ^"• 

— _ _ ' _ • tare. 

I'~^ '-';—' — ."3 
Mînetle renfermée Ray-grass vivace . . 73.47 J * '^' '^' 

dans SOS gous Houqiie laineuse. s'.bsl 30 40 

seseUrèflelîli Diver.ses 5.98/10.76 à à 133 33 
forme. ' G. 21 ■ ^^ ,-.., \ 4.5 60 

S<J.U.:! I 

/ Mélange «ap- 

0,4 \ loui les Rai-grass vivace.. 38.93 

^^'^«"^«- pai;/n Diverses....::::: J^ U7.5O eO.OO 

I faufiler et à :VJ.5()' 

^ pâturer. 

Mélange pour Ray-grass vivace.. 49.01 \ 

uneterre Fléole 7*64J 

226 } calcaire se- Autres graminées! 7^89/ 100 120 

Maison Cl che. Prairie Houque principale- > 3.5. 4(1 à à 120.00 

temporaire ment \ 1.50 180 

à faucher. ' ' 1 

64.04,1 

[Mélange pour Ray-grass vivace.. 07.0-) ) 

„^_ I un sol un FL-nfA o / T i 

\ à pâturer. 46.68 ] 

Mélange pour Ray-grass vivace.. 46 13\ 

228 1 «nsoi;™^. Fléole 0.73 

Maison ci P'airie Houque -^-^e 39 01 " ? ion m 

temporaire Diverses 9 47 * ~^ .t^ .L 1-0.00 

à faucher. ' —1 li loO 180 

60.79/ 

/Minette. 6.10 n 

T r è 11 e1 Ray-grass vivace . . 39 . 80 

Mélange pour blanc. 4.. 50 J?'"'>'"e des prés.. . 11.48 

terre cal-l Trèfle des Homental.. . , . . . . 10.28 

900 ) caire uni prés.. 2.46 1^^.^'ly'e et avoine 

Maison I) peu sèche. (Anthyllis jaunâtre 7.4of ^^ 60 66 

J^iaison IK «^ppairie vulné- f;ieole 5.66)6.50 à à 110.00 

/ temporah'e/ mire.. 0.60 f.^^luque ovine.... 2.681 '0 ^70 

f à pâturer. fTrèllehy. Houque, paturin, 

1 bride.\ 0.46 "*^"^« 2.08 

^ \ Û7n 79.38 

Mélange pour [ Ray-grass vivace . . 47 . 08 ^ 

1 une" terre V Rrome des prés... 14.20 

.231 1 moyenne. ) ,- • , ^f^"fl"« ovine.... 7.08/ m^^ 50 m 

Maison D.i Prairie p«"' le n^ 2.30. Fleole 5.661 7 56 V à lin on 

temporaire/ Dactyle, paturin et ( ' '^'^ fr, ^% ^^0.00 

à pâturer. houque 4.20 ^ ' 

^ 78.22] 

/ Dactyle 24.87 

Mélange pour l Paturin des prés.. 19 63 

un sol si-lx,.,^fledes Ray-grass vivace. . 16]. 33 

2.34 ) "eo-calcai-j pp^,g^ ^ J2 Fétuque durelte.. . 14.40| 

Maison F. ^ '■f.""J^e."\ Minette . 4*10 ^^oine jaunâtre et l 7.7 ^^ ,. .„ „, 

Irais. Prai-1 _L_!^ Fromental 2..54( ^'o3.33 

rie à fau-l 12.23 Houque, brome des ' 

cber. r pi'és, vulpin^. . 2.33 

^ ■ 80.10 



92 



du journal 
d'analyse 
et origine 

de l'échan- 
tillon. 



2-29 
Maison 



MÉLANGES DE GRAINES FOURRAGÈRES DU COMMERCE, 

2" Prairies permanentes. 



Destination 

des 

mélanees. 



f Composition 
de premier 
clioix 'pour 
une terre 
moyenne, 



Espèces botaniques 

de bonne qualité 

renfermées dans le mélange. 



Légumineuses, 
p. 100. 



Graminées, 
p. 100. 



235 
Maison 



Composition 
pour sol 
d'alluvion 
frais. 



iTrèfle 

blanc . 
f Minette.. 
Trèfle 

violet . 
Trèfle hy- 
bride.. 



iTrèfle 

blanc. 
[Trèfle 

violet. 

Sainfoin 

à deux 

coupes. 

Minette.. 

lAnlhyllis, 

Lotier.. 



9.79 
8.75 

2.26 

1.64 
22.44 



5.45 



30.62' 

19.89 

8.30 

4.98; 

4.78( 
1.82, 
1.82 



10.38 



Ray-grass vivace. 
I Fétuque ovine. .. 
I Dactyle 

Palurin des prés. 

Flèole 

' Houque laineuse. 

Flouve odorante.. 

jApostis 1.39 

I Diverses 0.58 

74.18 

Ray-fïiass vivace. 15.44 
Ray-grass d'Italie. 2.28 
Brome des près.. 13.84 

Fromental 12.76 

Fétuque ovine et 

durelte 12.36 

Paturin des près. 

DactUe 

Fétuque des près 
Houque laineuse. 
Vulpin des prés.. 

Agroslis 

Fléole 

Flouse 

Crélelle 

Jacéc 

Avoine jaunâtre.. 



Qsantité 

,„„ a nec- 
p. 100. ,.■ „ , 
' I hec- tare. 

tare. 



kil. fr. 



3.38 50 10.' 



Prix 

des 

100 kil 



fr. 



210.00 



5.60 

5.00 

3.681, 

2.48/ 

2.081 

1.27i 

l.lOl 

0.68 « 

0.63 

0.60 

0.20 

80.00' 



9.62 50 76.35 152.70 



On aurait tort de s'étonner de la diversité de composition que pré- 
sentent des associations de graines livrées par des maisons différentes, 
alors même qu'elles devraient servir à la création, dans une même terre, 
de prairies identiques quant à leur durée et à leur destination. La 
difficulté de caractériser nettement la nature d'un sol, les aptitudes 
multiples d'une même espèce fourragère, sufliraient à les expliquer et 
à les justifier; mais lorsque les variations entre ces mélanges sont 
telles que toute comparaison devient impossible, on a bien le droit, je 
pense, de se demander si quelques marcbands grainiers ne sont pas 
dans une ignorance absolue des choses de leur profession, ou s'ils 
regardent simplement celle-ci comme un trafic facile destiné à les 
conduire en peu de temps à la fortune, persuadés quils sont de n'être 
jamais troublés dans leur confiante sécurité. 

Il serait difficile d'imaginer des mélanges plus défectueuv que les 
cinq premiers du tableau précèdent : composition botanique, puis- 
sance de germination, prix de vente, rien ne témoigne en laveur des 
vendeurs qui les ont livrés. 

En réalité, ces mélanges ne renferment que du ray-grass impur 
auquel on a peut-être ajouté, dans le n° 223, de la minette très infé- 
rieure et de la fléole dans les trois lots de la maison C. Je formule 
certaines réserves relativement à l'origine de la minette et de la fléole, 
parce qu'il n'est pas non plus invraisemblaljle de supposer que ces 
espèces, se trouvant là tout naturellement, aient été récoltées en même 
temps que le ray-grass dans un champ mal nettoyé. Pour la minette 
encore renfermée dans ses gousses, le doute n'est guère possible. 

La faculté germinative du ray-grass a varié dans ces cinq lots entre 
19 et 46 pour 100; du r^y-grass de qualité moyenne germe à raison 
de 75 pour 100.] 



:mélaxges de graines fourragères du commerce. 93 

Si les bonnes graines encore vivantes sont trop rares, en revanche, 
les mauvaises ne font pas défaut. Sur 47.5 pour 100 d'impuretés que 
renferme le n" 224, il s'en trouve 26.69 pour 100 des dernières; le 
n° 237 en contient 37.15 pour 100 sur 53.32 de matières étrangères 
qui sont représentées surtout par les espèces suivantes que je range 
par ordre d'importance décroissante : candie flexueuse, molinie bleue, 
candie gazonnante, agrostis jouet des vents, renoncule acre, petite 
oseille, nielle des champs, etc., etc. Les trois premières espèces, sans 
valeur culturale aucune, devraient disparaître du catalogue de toutes 
les maisons sérieuses. Recueillies dans les clairières des bois, en 
Allemagne principalement, elles constituent, à cause de leur bas prix, 
une précieuse ressource pour les négociants déslionnétes qui les incor- 
porent dans toutes les compositions de prairies ou les vendent sous 
une fausse étiquette. 

Les bonnes semences étant stériles en grande partie, celles de ma^- 
vaise nature plus vivaces prendront la meilleure place dans les herba- 
ges. Je m'explique à présent comment il se trouve encore des agrono- 
mes d'une notoriété incontestée qui, sans doute après avoir employé 
des mélanges analogues aux précédents, en sont revenus aux balayures 
des greniers et s'en font à l'occasion les défenseurs convaincus. Je 
démontrerai prochainement, avec preuves à l'appui, que l'emploi des 
fleurs de foin est en contradiction flagrante avec le bon sens. On ne 
ruine pas un principe, parce que faussement interprété, l'application 
en a été malheureuse ; avant de condamner sans appel les mélanines 
du commerce, il aurait été rationnel de reclierchei' d'abord ce qu'ils 
sont, puisce qu'ils pourraient être; le meilleur instrument ne produit 
rien qui vaille entre les mains de qui ne sait s'en servir. 

Les résultats de l'analyse botanique des n"" 229, 230, 231, 234 et 
235 présentent avec les précédents un agréable contraste; au moins, 
les négociants qui les ont effectués établissent des distinctions entre 
une prairie temporaire et une prairie permanente, entre une pâture et 
un pré à faucher; on remarque qu'ils ont quelque souci des intérêts 
de 1 agriculture. 

Je veux admettre, pour ne pas encourir le reproche de voir partout 
des vendeurs de mauvaise foi, que les échantillons qui m'ont été livrés 
sont conformes aux marchandises fournies aux clients, bien que la 
grande pureté de 1 un d eux ait éveillé chez moi quelques doutes, et je 
passe à la discussion de leur valeur culturale. Des recherches nom- 
breuses m'ont démontré que la faculté germinative des graines four- 
ragères soi-disant a pures » du commerce, celle des graminées tout 
spécialement, varie entre des limites extrêmement éloignées, et peut être 
presque nulle dans certains cas; des mélanges d'espèces différentes qui 
fournissent un moyen si commode de se débarrasser de marchandises 
de rebut, avariées, vieillies, sans valeur pour un agriculteur, ne sau- 
raient logiquement offrir plus de garantie. 

Le n" 234 ne compte aucune graminée dont la faculté germinative 
ait attemt le taux moyen que présente une bonne semence marchande ; 
il s'en trouve une seule (tléole) dans le n" 231 , deux dans les n"' 230 
(fléole et fromental) et 235 (ray-grass et houque), quatre (fléole, pa- 
lurin, houque, agrostis) dans le n" 229; par contre les légumineuses 
de ce dernier, sauf le trèfle qui est d'origine américaine, ont une puis- 
sance germinative insuffisante. 



94 MÉLANGES DE GRAINES FOURRAGERES DU COMMERCE. 

Les formules de mélanges telles qu'on les trouve dans les ouvrages 
d'aiïriculture et dans les catalogues des maisons les plus connues 
sont tout simplement absurdes, parce qu'elles assimilent des êtres 
vivants, les semences, à des corps inertes, à des espèces chimiques 
d'une composition invariable. Faisons, par exemple, la tare des graines 
stériles du n" 230, l'un des plus partaits assurément de la série que j'ai 
examinée, et voyons ce que devient la formule précédente : 

Composition botanique du mélange Faculté Kenninative Valeur eulturale. 

p. 100. p. 100. 

Minette 6.10 \ 61 3.72 \ 

Trèfle blanc 4.50 87 3.91 i 

Trèfle des prés 2.46 U4. 12 87 2.14 110.46 

Anthvllis vulnéraire 0.60 l 72 0.43 1 

Trèfle hybride 0.46 j 56 0.26] 

Ray-grass vivace 39. 80 \ 55 21 .89 

Brome des prés 11.48 J 23 2.64 

Fromcntal 10.28 ( 59 0,07 

y Dactyle et avoine jaunàlrc. 7.40 > 79.38 29 2.15 } 39.23 

Flcole 5.66 i 93 5.26' 

Fètiique ovine 2.68 27 0.72 

Houquc, pâturin et flouvc. 2.08 / -^ 24 o-50 

93.50 49.69 

Les proportions relatives des meilleures espèces ne se trouvent pas 
dans le cas présent modifiées dans un sens défavorable. C'est un heu- 
reux hasard qui ne justifie en rien les hal)itudes que nous dénonçons 
comme fautives, car le hasard est un guide aveugle auquel un homme 
sensé ne se livre jamais. 

Une dernière observation : si Ton rapproclie les prix qui figurent 
dans le premier tableau, on remarque immédiatement que les produits 
les plus mauvais sont souvent ceux qui coûtent le plus cher. 

Un négociant m'objectait récemment qu'en fournissant des mélanges 
tout préparés, les maisons loyales s'inspirent des intérêts de leurs 
clients, attendu qu'en y faisant entrer des fenasses bien nettes, d'une 
composition l)otanique déterminée, elles s'épargnent les frais de cri- 
blages coûteux que nécessiterait la vente d'espèces rigoureusement iso- 
lées et font bénificier les agriculteurs des économies qu'elles réalisent 
de ce chef. Reste à démontrer : s'il est possible de bien é])urer un 
pêle-mêle de semences de différentes grosseurs; en second lieu, s'il 
est avantageux pour un agriculteur d'acheter à bon compte des 
graines étiques portant à la vérité des noms avantageusement connus, 
mais qui germent mal ou ne germent pas du tout. 

J'ai calculé quels seraient les prix de revient des mélanges précé- 
dents, les cinq premiers étant laissés de côté à cause de leur infériorité 
manifeste, dans l'hypothèse où l'agriculteur achèterait isolément au 
prix de détail les espèces qui le composent. 

Je les ai trouvés, à peu de différence près, égaux aux prix facturés, 
sauf pour le n" 229 coté 105 fr., qui reviendrait à 73 fr., soit environ 
un tiers meilleur marché. 

Dans le même mélange 229, le catalogue du vendeur annonce six 
espèces qui font défaut : j'en citerai trois des plus précieuses, le vul- 
pin des prés, la crételle et la fétuque des prés. 

En terminant, je dirai aux agriculteurs : voulez-vous des composi- 
tions répondant à tous les desiderata auxquels elles doivent satisfaire? 
Faites-vous une loi d'acheter chaque espèce de graines en particulier 
lorsque vous ne pouvez les produire, ce qui serait préférable, et exigez 
du vendeur une garantie de pureté et de faculté germinative ; quant au 



MELANGES DE GR.UNES FOURRAGÈRES DU COMMERCE. 95 

choix et à la proportion des semences à associer, prenez conseil de 
vous-mêmes ou de personnes désintéressées et compétentes. En agri- 
culture, les causes d'insuccès sont toujours trop nombreuses ; ne fai- 
sons rien pour les multiplier. G. Schribaux, 

Directeur de la station d'essais de semence 
à l'Institut national agronomique. 

JURISPRUDENCE AGRICOLE. — VAINE PATURE 

On nous demande de formuler notre avis dans l'espèce suivante : 

Un champ d'une certaine étendue était en jachère et par conséquent soumis à 
la vaine pâture ; mais il se trouvait enclavé de tous côtés par d'autres parcelles 
couvertes de récoltes et appartenant à des propriétaires différents. Pour 
exercer la vaine pâture sur le terrain enclavé, il fallait donc traverser les terres 
couvertes de récoltes. C'est ce que fit le berger de quelques propriétaires. Procès- 
verbal fut dressé parle garde champêtrepour violation de l'art. 475 duGode pénal. 
L'affaire vint à F audience et le juge de paix rendit un jugement 
dont voici le texte : 

« Le tribunal, considérant qu'en fait, le berger des sieurs L.... et autres pour 
faire manger son troupeau de moutons dans un terrain faisant partie de la vaine 
pâture, a traversé avec ses moutons une propriété cultivée en foin artificiel appar- 
tenant au sieur G...., propriétaire à Pont-Faverger, et sise sur le territoire de cette 
dernière commune; 

ce Considérant qu'il est établi et d'ailleurs non contesté par le ministère public que 
le champ livré à la vaine pâture dans lequel il se rendait était réellement enclavé* 

« Considérant qu'il y a lieu d'examiner, en droit, si le berger Lambert a pu 
dans cette circonstance réclamer le passage autorisé en cas d'enclave par les 
articles 682 du Code Nap., ou si des restrictions doivent être apportées à la servi- 
tude de passage pour le cas où celui qui prétend l'exercer et qui n'est pas proprié- 
taire vient, non exploiter l'héritage enclavé, mais y conduire ses bestiaux à la 
vaine pâture ; 

« Considérant que les droits de vaine pâture sont définis et réglés aujourd'hui 
par la section 4 du titre I" de la loi du 28 novembre-6 octobre 1 79 1 ; 

« Que cette vaine pâture est le droit appartenant à tous les habitants d'une com- 
mune ou d'une section de commune, d envoyer leurs bestiaux sur les fonds non 
clos des uns et des autres, lorsque ces fonds sont en jachère ou après qu'ils ont 
été dépouillés de leurs fruits ou qu'ils ne consistent qu'en friches, c'est-à-dire 
sans culture par rapport à l'infertilité du sol ; 

« Qu'à la vérité cette loi ne maintient que provisoirement la vaine pâture, 
mais que, tant qu'elle ne sera pas abolie, elle constituera un droit incontestable en 
faveur de ceux entre lesquels le pâturage se répartit ; 

« Qu'il est certain qu'en se tenant'rigoureusement au texte de cet article 682 
du Code Nap., le passage ne serait dû que jDour un acte d'exploitation et qu'il 
est peut-être vrai de dire qu'on ne peut considérer comme tel un fait de pâtu- 
rage exercé par autrui en vertu du droit de vaine pâture autorisé par la loi de 




acquiert la certitude qu il se rattache a 1 exercice du droit de vaine pâture; 

« Que, s'il en était autrement, les dispositions de la loi de 1 79 1 seraientméconnues 
et que les héritages assujettis à l'exercice de la servitude en seraient affranchis, 
qu'il ne peut en être ainsi et que l'on est forcé de reconnaître que, si l'on ne peut 
accéder à ces héritages de la voie publique qu'en passant sur des fonds qui n'y 
sont pas soumis, tout ayant droit à la vaine pâture doit avoir la possibilité de se 
faire livrer passage; 

ce Qu'il serait trop facile pour certains propriétaires, guidés par la mauvaise foi 
ou la cupidité, de conserver pour eux-mêmes un pâturage qui, dans l'état actuel 
de la législation appartient à tous ; 

« Qu en effet, pour s'affranchir du vain pâturage, il suffirait qu'un cultivateur, 
propriétaire de terrains plus ou moins considérables, bordant la voie publique, 
ensemençât une bande de ces terrains en prairie artificielle pour paralyser 
l'exercice d'un droit qu'en définitive la loi consacre et qu'elle garantit; 

« Qu'il ne peut lui être loisible de se dispenser d'employer, pour en opérer l'af-^ 



96 JURISPRUDENCE AGRICOLE. — VAINE PATURE. 

franchissement, le seul moyen que la loi prescrit, c'est-à-dire la clôture conforme 
aux prescriptions de l'article 6, section 4, titre P"" de la loi précitée; 

« Par ces motifs : Dit que le berger Lambert n'a commis aucune contraven- 
tion et le renvoie sans dépens de la poursuite dirigée contre lui par le ministère 
public ainsi queses maîtres appelés comme civilement responsables. » 

C'est ce] iigement qu'on nous demande d'apprécier ; on voudrait savoir 
si, à notre sens, le juge de police a fait une saine application delà loi. 

Nous n'hésitons pas à penser qu'il s'est trompé. 

La question, telle qu'elle naît de l'espèce qui nous est soumise, n'est 
pas de savoir si un propriétaire pourrait se soustraire à l'exercice du 
droit de vaine pâture sans faire la clôture voulue par la loi et en 
ménageant simplement au bord de sa propriété, dépouillée de récolte, 
une bande de terrain sur laquelle au contraire il laisserait la récolte 
debout. Il est clair qu'on ne ])0urrait pas dire, dans un cas pareil, 
qu'il y a enclave. L'hypothèse faite parle juge de police et sur laquelle 
il fonde la décision ne nous paraît donc avoir aucun trait direct a^ec 
la difhculté qu'il avait à résoudre. 

Dans l'espèce, il est certain qu'il y avait enclave; le terrain qui 
était en jachère appartenait à un propriétaire, et Ion n'y pouvait 
accéder d'aucun côté, entouré qu'il était par des cluimps, appartenant 
à d'autres personnes. (Tétait bien l'enclave, telle que la loi la délinit. 

Dès lors, il n'y avait à rechercher qu'un point : L'ayant droit à la 
vaine pâture pouvait-il passer sur les terrains enclavant, quoiqu'ils 
fussent couverts de leur récolte, pour aller sur le terrain enclavé? 

Or, la question est résolue par le texte même de 1 article 682; cet 
article, en effet, n'accorde ce droit qu'en vue de l'exploitation du 
terrain enclavé et à des conditions déterminées, à charge notamment 
de payer une indemnité. Est-il possible de dire que celui qui va 
exercer dans un champ le (h'oit de vaine pâture exploite à un degré 
quelconque ce champ? Evidemment non. Il s'ensuit que, dans l'espèce, 
le berger en question traversait sans aucun droit les champs encore 
couverts de leur récolte qui le séparaient du terrain en jachère et 
qu'à nos yeux il commettait bel et bien la contravention prévue et 
punie par l'article 475 du Code pénal. 

Nous sommes dès lors obligé de reconnaître que le jugement qui 
nous est soumis a fait, selon nous, une fausse application de la loi. 

Elgèîse Pouillet, 

Avocat à la Cour de Paris. 

EXPOSITION INTERNATIONALE D'HORTICULTURE 

A PARIS 

Nous rapi)elons l'attention du public horticole sur l'exposition inter- 
nationale qui aura lieu du 20 au 31 mai prochain aux Champs- 
Elysées, dans le pavillon de la ville de Paris et sur les terrains envi- 
ronnants, y compris le jardin iîesselièvre qui sera décoré à cette occa- 
sion dune manière exceptionnelle. En grand nombre d'horticulteurs ' 
anglais et belges ont déjà promis leur concours. 

Cette Société, on le sait, aclioisi pour président l'iionorable M. Léon 
Say à la ])lace de M. A. Lavallée. Aux élections annuelles du 
18 décembre ont été nommés : vice-présidents : MM. Charles Joly et 
Truffa ut père ; secrétaires : MM. Charguéraud et Ernest Bergman. 
M. Cliarles -Joly est président de la Commission d'organisation del'Ex- 
position internationale. J. de PftADEL. 



BIBLIOGRAPHIE A( IRK lULE. 



97 



BIBLIOGRAPHIE AGRICOLE 

Les oiseaux de chasse, dcscri|)tion, nio'urs, acclimatation, chasse, par M. le marquis G. de Cher- 
ville. — Un volume avec 30 chromotypographies et gravures noires. — Librairie de J. Roths- 
child, cditeui', 13. rue dos Saints-Pères. — Prix, relié : 12 fr. 

Un volume de notre excellent confrère M. de Cherville est toujours 
une bonne fortune pour les amis de la bonne et saine littérature, de 
l'esprit fin et délicat, de l'observation juste et francbe des choses de 
la nature. Parmi les écrivains d'aujourd'hui, il compte au premier 
rang des peintres de la vie rurale, de ceux qui savent le mieux la 
faire apprécier, c'est à-dire la faire aimer. C'est avec la passion du 
naturaliste saisissant les mœurs des animaux sur le vif, ayant passé 
de longues heures à les épier, qu'il les dépeint, en leur donnant une 
vie nouvelle sous sa plume alerte, souvent incisive, toujours fidèle. 

De tous les charmes de la vie rurale, aucun n'est plus vif que le 
plaisir de la chasse; c'est la grande distraction des jours d'automne et 
d'hiver, exercice hygiénique et passionnant, bien meilleur, à coup 
sûr, que la plupart des passe-temps des citadins désœuvrés. M. de 





^^^P-"^^ 




Fig. 



Loge de parquet jiour faisans. 



Fig. S. 



Panier couveur pour les faisans 



Cherville en est un des grands historiographes et un des défenseurs 
les plus convaincus, ajoutons aussi un des plus éloquents. Mais ce 
n'est pas un pédant, tant s'en faut. « Nous estimons, dit-il, qu'il n'est 
pas de théorie, de quelque savant praticien qu'elle émane, qui vaille 
la pratique, pas de conseils aux jeunes chasseurs qui puissent être 
aussi instructifs que leur propre expérience. )> Mais cette expérience 
demande souvent beaucoup de temps, elle ne vient pas sans déboires. 
Pourquoi ne pas emprunter au bagage d'un maître émérite, qui offre 
avec tant de bonne grâce, comme M. de Cherville, les ressources de sa 
propre expérience ? C'est la raison pour laquelle son nouveau livre sera 
accueilli avec la faveur que ses précédents ouvrages et que ses arti- 
cles périodiques ont toujours trouvée. 

Après une introduction consacrée spécialement aux principes de la 
chasse à tir et au dressage du chien d'arrêt, le livre de M. de Cher- 
ville est consacré à une série de véritables monographies des diverses 
espèces d'oiseaux qui forment le gibier à plume^ des chasseurs fran- 
çais. Cette liste est longue, mais toutes les espèces ne présentent pas 
la même importance sous le rapport cynégétique. La caille et la per- 



98 



BIBLIOGRAPHIE AGRICOLE, 



di'ix occupent le premier rang; puis vient le faisan, qu'on ne chasse 
pas seulement, mais qu'on élève aussi pour la chasse; l'organisation 
des faisanderies, les soins à donner aux jeunes faisans sont décrits 
avec minutie, ce n'est pas là une des parties les moins intéressantes 
du livre. Citons ensuite les tétras, la gelinotte, l'outarde canepetière, 
la bécasse, les bécassines, le râle de genêt, qui termine la série des 




oiseaux? de plaine. Les oiseaux de marais et de rivière viennent en 
dernier lieu : le courlis, le vanneau, le pluvier, le canard sauvage, le 
combattant, la poule d'eau, l'oie cendrée, la sarcelle, la macreuse. 
Les mœurs de cliaque espèce, les époques de passage pour les 




Fig. 10. — Chasse au marais. 

oiseaux migrateurs, le mode de chasse sont décrits avec le plus grand 
soin. Pour chacune, une belle planche coloriée en montre le type, et 
des gravures intercalées dans le texte, dont nos figures 7 à 11 donnent 
des types, servent soit à expliquer le texte, soit à l'orner agréable- 
ment. 

En somme, le livre de M. de Cherville est un excellent guide pour 



BIBLIOGRAPHIE AGRICOLE. 99 

les chasseurs, et en même temps un bon livre d'histoire naturelle : 
quand vous l'aurez lu, vous aurez certainement appris quelque 
chose, et vous aurez passé quelques heures très agréables. 

De l'élevage du elicval de guerre dans le midi de la Franee, par M. le marquis de MauléoNj 
— Une brochure in-8. 

Les encouragements à la production chevaline sont très-inégalement 
répartis entre les diverses parties du pays : cette inégalité est-elle 
uniquement basée sur les conditions de l'élevage, il est permis d'en 
douter. C'est ce qui .ressort d'une intéressante brochure que M. le mar- 
quis deMauléon, ancien officier de cavalerie, a publiée récemment 




Fig. 11, — Chasse en bateau. 

sous le titre : De l'élevage du cheval de guerre dans le'midi de la 
France. Après avoir mis en évidence que les prix payés par la remonte 
sont insuffisants, M. de Mauléon démontre que, dans le sud-ouest de 
la France, on pourrait produire une très-grande proportion de chevaux 
de cavalerie légère, si l'administration des haras consentait à placer 
dans chacune des stations de la région, au lieu d'étalons de demi-sang, 
des étalons anglais, anglo-arabes, et de Norfolk, et si elle ouvrait 
ensuite de nouveaux concours dans la région. Ces vœux ont été 
examinés par le Conseil général du Gers, qui, dans sa séance du 
17 septembre 1884, sur la proposition de M. de Thézon, s'y est 
associé. 

Les haras français, par le comte Gabriel de Boxneval. — Un volume in-8. — Librairie agri 
cole, 26, rue Jacob, à Paris. — Prix : 5 fr. 

Nous, ne devons pas omettre de signaler ici un intéressant ouvrage 
qui a paru récemment sous le titre : Les haras français, production, 
amélioration, élevage, par le comte Gabriel de Bonneval, ancien direc- 
teur et ancien inspecteur général des haras . Cet ouvrage a été publié 
par le comte Timoléon de Bonneval, petit-fils de l'auteur; M. Eugène 
Gayot en a écrit la préface. A la suite de considérations historiques 
qui présentent un réel intérêt, M. de Bonneval s'occupe du choix des 
étalons et des poulinières, des procédés de reproduction, de la monte, 
de la gestation, de l'élevage des poulains, des modes d'éducation usités 
en Limousin, dans les Pyrénées, en Normandie; il décrit aussi un mode 



100 P.lRf-TOaUAPIIIK AORICÛM-:. 

spécial d'écluoation qu'il avait adopté pour les poulains depuis l'âge de 
six mois jusqu à 1 époque de la mise en service; il s occupe enfin des 
encouragements à la reproduction et à ramélioration du cheval. Quoi- 
(jue ces pages aient été écrites il v a cinquante ans, l'expérience et 
1 autorité de l'auteur les recommandent encoi-e à l'attention. 

llENllY SagNIER. 

LA COMPTABILITÉ 

si le lecteur \eut bien me ])rèter quelque attention, je veux lui 
exposer en quelque lignes le secret de la comptabilité. Il v a (pielque 
temps déjà (]ue Ion ai'lirme dans difterents articles que, faute de se 
rendre compte du gain de leur ex])loitation, la plupart de nos culti- 
vateurs ne sont })as à même de juger sainement du coût de leur })ro- 
duction. Je \oudi'ais. dans le présent travail, donner à chacun un 
moyen facile de de\enir son propre comjjtable. 

La comj)tabilité a pour objet ])rincipal d établir nettement les 
déj)enses et les recettes dune industrie quelconque. Elle se divise donc 
en deuv])arties : l'actif, ou les recettes, exprimées jjar le mot « doit » 
et le passif, ou les dépenses, exprimées par le mot c< avoir )>. Une fois que 
Ton s'est rendu comj)te de ces deux termes et de leur emploi, on 
possède le secret de la comptabilité. 

^ ous avez ])u , lecteur, être effrayé des innombrables écrits publiés pour 
vulgariser l'étude de la comptabilité, et vous vous dites, avec raison 
peut-être, quelles ne sont pas faites pour en faciliter lapratiqiu'. Vous 
avez dû passer par les mêmes craintes, les mêmes scrupules que j ai 
éprouvés moi-même dans ma jeunesse. Eh bien, il suffira de (quelques 
réilexions j)our faire cesser votre embaras. 

Prenez un registre ; ouvrez-le de façon à avoir deux j)agesen regard : 
Tune, celle de droite, sert à inscrire toutes les recettes ; l'autre, celle de 
gauche sert à inscrire toutes les déj)enses. Voilà déjà une idée du livre 
de caisse divisé en doit et avoir. Prenez un autre registre, sur lequel 
vous inscrivez vos commandes et a os achats, en ayant soin de séparer 
par un trait les écritures concernant vos ventes et autres opérations, 
et vous a\ez établi un Journal. Toutefois ])our rendre l'écriture à faire 
conijjréhensible, il faut réfléchir chaque fois que vous aAez à passer un 
article, que si vous donnez quelque chose, argent ou marchandise à 
quel(|u"un, nous avez affaire à quelqu'un qui vous doit, et qui devient 
ainsi débiteur, tandis qu en même temps vous qui a\ez donné, vous 
avez rem])li un engagement, effectué un })ayement, livré un tra\ail 
ou un ])roduit, vous êtes devenu par rapport à votre caisse ou autre, un 
créancier. (iOm|)renez bien cela ! Supposons que vous a\ez donné de 
largent en échange dune livraison, ou que vous ayez au contraire 
li\ré une fourniture. Celui qui a reçu argent ou fourniture est devenu 
débiteur de votre caisse ou de votre magasin; mais votre caisse, votre 
entreprise au contraire est devenu créancier, car vous avez donné 
d une main ce que vous avez payé ou fourni de l'autre main. Vous 
recevez de l'argent pour n'importe quelle opération :' vous avez donc 
d abord à inscrire l'argent à droite dans votre livre de caisse, c'est le 
compte créditeur, tandis que la fourniture que vous avez sortie pour 
1 équivalent de cette entrée en caisse doit être portée au compte débi- 
teur. Précisons l'exemple : 



LA COMPTABILITÉ. IjQI 

- Vous avez veii<]ii un oljjt-t I .OOOfranos, voti-e caisse reçoit ce'i av'jcnt, 
ellf est devenue déhiU'ur jioni- valeur é;.^ile, laquelle consiste en four- 
niture. En bonne eomptahilité vous n'aurez qu'a placer l'ar^^ent reçu 
au doit de votie caisse; les comptes '^ Distillerie, industiie. culture » 
qui auront fourni la matière livrée, c'est-à-dire I < fpii\;i]ent de lardent 
reçu, et qui auront éprouvé par cette vente une fliuiinution dans leur 
stock, seront devenus créditeur: h iirruniptc dcMa être passé à luxolr. 
>'ous aurons donc à mentionner dans un troisième rejLnstre un état 
qui débitera d un compte la caisse, qui a reçu, et qui créditera la 
« Distillerie, l'industi'ie, la Culture " (\\\\ iiuront fmirni 1 objet cendu. 
Ce ref^istre est apj>elé Grand-Livre. 

\ oilà sous quelle forme se passent ces sortes d écritures : 

DOIT CALSSE AVOIB 

Tel jour : 
Reçu pour l/XXJ kilot'. drirtre IsO fr. 

Culture d'orgp. 

Tfcl jour : 
Fourni 1.000 kiloL'. d'orée 180 fr 

Avec ce système, vous n'avez qu à additionner cbaque compte ; la 
caisse doit posséder le ju'oduit net de sos additions ; le compte <' Culture 
dorge » pour suivre notre exemple vous indique les dépenses et les 
recettes. Vous faites linventaire de ce qui existe dans vos greniers: le 
surplus, sil y a plus au cbifîre des rentes (pià celui des dépenses, 
représente le bénéfice ; si au contraire le surplus est du côté des dé- 
penses, il y a jierte. 

^ <ùlà ce qu on apjjelle la conqjtubiliff t-n partie double. 

Voici maintenant en quoi consiste la comptabilité en partie simple, 
qui suffit à nos modestes cultivateurs. L'argent reçu ou dépensé, les 
ventes efTectuées au comptant sont inscrites au doit ou à \ avoir de la 
caisse; si le payement ne se fait quen partie et si le client reste devoir 
quelque chose, on inscrit l'argent à la caisse et on débite le débiteur 
dans le .Journal au moyen de la formule : Doit M. B. pour achat, et 
dans le Grand-Li\re : 



M. h. 



Tel jour : 

Ma fourniture. 



Tel jour : 
Son pa\ement. , 



Si vous faites au contraire acquisition de quelques objets au 
comptant, vous inscrivez vos déboursés à gauche de la caisse et dans 
le Grand-Livre comme suit : 

DOIT Culture du froment. avoir 

Tel jour : 
Pour achat de | 

Si VOUS ne payez qu'un acompte, vous écrivez ce payement dans 
la caisse, et dans votre .Journal vous inscrivez : Avoir. M. B. pour sa 
livraison de et dans votre Grand-Livre : 



DOIT 



Tel jour : 
Mon payement. 



Tel jour : 

Sa fourniture. 



Je vous ai donné la formule des écritures du grand livre; et vous 



102 LA COMPTABILITÉ AGRICOLE. 

êtes à même, à la simple oinertiire de ce livre, de connaître la situation 
de chaque compte, de savoir si l'on yous doit, ou si c'est vous qui devez. 

A la fin de l'année, vous établissez chaque compte. De même qu'à 
la comptabilité en partie double, si le doit est plus fort que V avoir ^ on 
vous doit ; si V avoir, est plus fort que le doit vous devez. Vous faites 
l'inventaire de votre stock en magasin, et vous l'ajoutez à votre 
avoir; vous pouvez ainsi de suite vérifier si la campagne vous a 
laissé des bénéfices ou des pertes. Dans l'inventaire il y a lieu de 
tenir compte de l'intérêt de l'argent employé soit à l'achat, soit à l'en- 
tretien des machines ou autres outils, à l'achat du terrain, à rétablis- 
sement, au taux courant de l'argent et vous en débiterez les différents 
comptes au prorata de chaque industrie. Car cet argent dépensé 
doit porter profit. Vos dépenses pour main d'oeuvre, toutes opéra- 
tions autres que la vente simple, s'inscrivent de la même façon. 
Dans la comptabilité en partie double, on les met à la charge de cha- 
que nature de culture. Dans la comptabilité en partie simple, ils figu- 
rent simplement à gauche dans les dépenses. Si la caisse a reçu plus 
que vous n'avez dépensé, et qu'il vous reste encore des marchandises à 
votre disposition, en défalquant le coût de l'argent, vous avez un béné- 
fice. Si au contraire vous avez dépensé plus que vous n'avez reçu après 
avoir tenu compte du stock, vous êtes en perte. Quant aux frais, et 
si vous ne voulez pas faire une comptabilité en partie double, vous 
tiendrez un livre pour chaque sorte d'industrie, pour chaque nature de 
culture, dans lequel vous écrivez dépenses et recettes. Vous fournissez 
de la semence : le prix d'achat ou le prix du jour vous servira de base. 
Vous fournissez des engrais achetés, la dépense figurera dans votre 
caisse à gauche. Vous fournissez des engrais recueillis chez vous, vous 
aurez à débiter la culture de charrettes de fumier au prix courant : 
car cet engrais vous coûte, et doit figurer comme dépense. 

Vous vendez des œufs, l'argent reçu sera à droite dans la caisse. 
Vous fournissez des pommes de terre, du blé de votre grenier, et vous 
savez facilement la quantité fournie, vous faites le compte à la lin de 
chaque mois ou de chaque antiée, et vous en débiterez le compte de 
votre poulailler. Grâce à ces écritures portées à chaque compte par 
recettes et dépenses, et complétées par l'inventaire, vous pouvez faci- 
lement vous rendre compte si vous avez gagné ou perdu. 

Il m'a semblé superflu de donner de plus amples détails. Ce 
serait embrouiller une matière qui exige au contraire de la clarté. 
Entrons chez n'importe quel industriel, vous trouverez une manière 
différente d'établir la comptabilité, car chacun entend les détails à sa 
façon. Le principal, c'est de connaître le principe de la comptabilité et 
je crois l'avoir clairement indiqué. Si cependant vous éprouvez encore 
quelques incertitudes, ne vous gênez pas, lecteurs, pour m'en informer; 
je vous aiderai à en sortir, car il importe à votre intérêt que vous 
ayez une comptabilité que la loi impose à chaque commerçant. 

Max Hoffmann. 

THÈSE D'ÉCONOMIE POLITIQUE APPLIQUÉE 

A LA PROPRIÉTÉ FONCIÈRE 

L'utilité, la valeur, le monopole. 
Je né juge pas inutile d'appeler la sérieuse attention des agriculteurs 
sur des questions qu'on regarde généralement comme réservées à des 



THÈSE D'ÉCONOMIE POLITIQUE SUR LA PROPRIÉTÉ FONCIÈRE. 103 

initiés familiers avec les ouvrages d'Adam Smith, de Ricardo, de Jean- 
Baptiste Say et de l'école économique des physiocrates qui les a pré- 
cédés. Cette vénération un peu superstitieuse est à regretter. Déjà 
Bastiat avait fortement ébranlé l'arche sainte dans ses sophismes écono- 
miques; là hrêche s'est agrandie et l'expérience des faits, plus forte que 
toutes les théories, nous apprend que tantôt il convient à l'intérêt des 
peuples de les exalter, tantôt de les fouler aux pieds. Dans ce dernier 
cas les économistes crient en chœur : attendons la fin ! Mais la fm 
n'arrive jamais, et en attendant le profit reste aux mains de ceux qui 
ont su, à propos, secouer les préjugés scientifiques, pourvu qu'ils 
aient assez de soldats et de canons pour faire respecter leurs résolu- 
tions, qu'ils se donnent le plaisir de mettre en théorie à leur tour. 

Le lecteur ne doit pas conclure de là que j'approuve les théories de 
la force, et que je méconnaisse les axiomes de la science économique; 
mais ils sont si simples qu'en les traduisant en langage ordinaire on 
peut les mettre à la portée des esprits les moins cultivés, et il y a 
intérêt à le faire, surtout en faveur des agriculteurs. En effet, on 
spécule à la fois sur leur ignorance de l'économie politique, sur leur 
défaut decoliésion, sur leur résignation proverbiale, leur dirai-je, sur 
cette espèce de fatalisme auquel les porte la lutte contre les forces de la 
nature, et on tâche de leur persuader qu'ils sont la race élue pour 
l'application des doctrines économiques et que si le reste de la nation 
s'en afîrancliit ils doivent dire : Etiamsi omnes, ego non. 

Cette exploitation ma toujours indigné. En ma qualité de libéral 
incorrigible, je ne peux accepter cette inégalité entre les enfants de la 
même mère, surtout quand les sacrifiés sont les plus dévoués, et cela, 
sans vanité, humblement, uniquement parce qu'ils sont les plus 
attachés matériellement et moralement au sol sacré de la patrie. 
J'entre donc en matière hardiment, et je dis aux agriculteurs : 

Vous allez savoir ce qu'on appelle dans la science économique uti- 
lité, valeur et monopole, vous appliquerez ces définitions à la terre 
que vous cultivez, et vous pourrez répondre nettement aux docteurs, 
et résister aux exploiteurs. 

Vous savez tous ce que c'est que l'utilité. Un objet vous est utile 
quand il ^ous sert: lair que vous respirez, l'eau que vous buvez à la 
rivière vous sont utiles comme le blé ou le vin que vos travaux ont 
fciit produii'e à votre terre. Vous voyez tout de suite qu'un objet utile 
peut être sans valeur échangeable, c'est-à-dire qu'étant gratuitement à 
la disposition de tous, on ne peut en faire un objet de commerce. 
Encore ne faudrait-il pas pousser trop loin l'affirmation, cardés que la 
jouissance de cet air dans des conditions particulières a nécessité des 
travaux pour le mettre à votre portée ; dès que l'eau de cette rivière a 
été emprisonnée dans des canaux pour être distribuée dans vos 
demeures, leur utilité a été mise à AOtre portée au moyen d'un travail ; 
leur jouissance dans les conditions offertes vous économise un travail. 
Ils deviennent par cela même valeur échangeable dont le prix est 
débattu et fixé en tenant compte des frais de celui qui vous les offre, 
et de l'économie de temps et de fatigue qu'il vous procure. 

Mais si quelqu'un, par force ou par surprise, s'empare d'une de ces 
utilités naturelles, se l'approprie sans autre travail que sa volonté et 
les moyens de la faire respecter, si cette rivière, par exemple, qu'il a 
mise sous séquestre, est le seul abreuvoir à la portée d'une agglomé- 



104 THÈSE D'ÉCONOMIE POLITIQUE SUR LA PROPRIÉTÉ FONCIÈRE. 

ration formée, cette personne peut faire mourir de soif les habitants 
ou les forcer à émigrer; mais, en général, elle préfère tirer parti de 
son usurpation et se faire un revenu en faisant payer l'usage de la 
rivière à un prix réglé, non plus par un travail qui n'existe pas, 
mais par le sentiment des frais et des peines que le déplacement impo- 
serait aux habitants de Faûjelomération. 

Voilà ce que c est qu'un monopole : une valeur sans travail de pro- 
duction de l'objet utile. 

Le monopole absolu est une fiction, mais il y a monopole toutes 
les fois que la valeur échangeable de l'objet est loin de représenter un 
travail équivalent pour la production. Ainsi dans l'intérêt des dépen- 
ses publiques, l'Etat a établi des monopoles, dont la vente du tabac est 
le plus important. Ces monopoles sont justifiés par l'application aux 
œuvres d'utilité nationale des ressources qu'ils procurent, et qui ne 
pourraient être obtenues que par des moyens beaucoup plus onéreux 
aux contribuables. On admet donc que l'Etat établisse des monopoles 
au profit du Trésor public; mais ce qu'il est plus difficile d'admettre, 
c'est que l'Etat emploie sa puissance à établir des monopoles au profit 
d'un particulier ou d'une classe de citoyens. C'est là le grand cheval 
de bataille des économistes ; dès qu'un droit de douane est établi sur 
un objet produit également dans le pays, ils l'appellent droit protec- 
teur, et déclarent qu'on institue ainsi partiellement un monopole au 
profit des producteurs nationaux. L'Etat répond que les revenus per- 
çus aux douanes viennent s'ajouter à ceux perçus sur les produits 
nationaux pour pourvoir aux dépenses publiques, et que c'est une 
extension d'autant plus permise du droit de monopole reconnu à 
l'Etat, que c'est en même temps une justice rendue aux producteurs 
nationaux qui voient ainsi la concurrence étrangère supporter les 
mêmes charges qu'eux au profit du Trésor. En d'autres termes, c'est 
comme toutes les questions pratiques, affaire de mesure. Si le fisc ne 
dépasse pas sensiblement sur les produits étrangers la perception que, 
sous diverses formes, il a prélevée sur les produits nationaux, il est 
dans son droit, et peut répondre à ceux qui lui objectent que ces pro- 
duits ont déjà été imposés dans les pays d'origine, que les finances de 
l'étranger ne sont pas son affaire. Enfin l'Etat peut, quoique avec beau- 
coup de prudence, établir des droits temporaires pour favoriser l'éta- 
blissement d'une industrie importante ; encore fera-t-il mieux de s'en 
abstenir, tant l'appréciation est délicate quand il s'agit d'intérêts privés. 

Mais si l'Etat établit des droits énormes sur l'entrée des produits 
étrangers, uniquement pour leur fermer le marché national et le 
mettre à la disposition des producteurs du pays, il établit franche- 
ment un monopole au profit de ces producteurs, et mérite les anathè- 
mes des économistes. 

Enfin, si l'Etat impose modérément à l'entrée en douane certains 
produits similaires aux produits nationaux et n'impose pas les autres, 
il faut, pour qu'il soit justifié, que le produit non imposé n'entre pas, 
ou n'entre qu'en quantité insignifiante, ou bien enfin que la quan- 
tité du produit national soit elle-même insignifiante et énormément 
en dessous des besoins du pays ; sans cela l'inégalité des charges est 
une iniquité. 

Ces quelques lignes résument à peu près toute l'économie poli- 
tique dans son application à la production agricole et industrielle. 



THÈSE D'ÉCONOMIE POLITIQUE SUR LA PROPRIÉTÉ FONCIÈRE. 105 

Seulement il faudrait examiner également la part que chaque indus- 
trie supporte de l'impôt sous ses différentes formes, car l'égalité de- 
vant l'impôt n'est pas moins précieuse que l'égalité devant la douane, 
et cette péréquation, même en ne considérant que l'impôt foncier, 
est un des problèmes économiques les plus difficiles à résoudre. 

Toutefois l'économie politique ne mériterait pas, on le voit, le nom 
de science, si ce n'était pas une science bien profonde, très laborieuse 
et très difficile que de rendre compte des efforts et des effets des diffé- 
rentes branches de l'activité humaine. C'est ce qu'on appelle la statis- 
tique, et les agriculteurs savent par ce qu'ils lisent sur les statistiques 
agricoles, combien elles sont loin de la perfection. 

J'aurais fini cette leçon élémentaire d'économie politique si je n'a- 
vais pas à cœur de discuter un point qui touche encore plus directe- 
ment les agriculteurs et dont ce qui précède était le préambule néces- 
saire. Vous ne savez pas, mes chers confrères en culture du sol natio- 
nal, qu'aux yeux de certains économistes, nous agriculteurs écrasés 
d'impôts, sans protection à la frontière, travaillant sans relâche toute 
l'année à faire rendre à la terre ce pain que nous ne gagnons qu'à la 
sueur de notre front, heureux si nous tirons un revenu de 3 pour 1 00 
du prix de notre propriété, nous sommes des monopoleurs. C'est tout 
simple, vous allez voir. La terre a une force productive naturelle qui a 
été donnée à l'homme gratuitenient ; il y a différents degrés de ferti- 
lité ; il y des terres de l"", de 2", de 3' et de h' classe, suivant leur 
fertilité naturelle. Vous possédez ces terres, vous profitez de leur force 
productive, vous vendez des produits pour lesquels elle a contribué 
avec votre travail ; vous avez un monopole d'autant plus criant que 
votre terre est plus fertile, et on peut vous partager, comme le cadastre, 
en monopoleurs de V% de 2% de 3" et de 4'" classe. Voilà à quelles 
inepties mène la spéculation théorique qui s'abstrait du monde réel 
et établit son échafaudage sur la pointe d'une aiguille. 

Certainement la terre a été quelquefois un monopole : il y a mono- 
pole toutes les fois qu'il y a abus delà force, ces deux expressions sont 
synonymes. Quand les Normands conquéraient l'Angleterre et s'em- 
paraient des terres des Saxons, entre leurs mains la propriété était 
un monopole. Ils avaient eu pour rien les forces productives de la 
terre, et les majorats, la substitution, perpétuaient l'œuvre de la vio- 
lence. Mais vous, mais moi, qui avons employé un capital (c'est-à- 
dire du travail accumulé) à payer cette force productive le double à 
peu près de ce que nous aurait coûté l'équivalent en une bonne obli- 
gation de chemin de fer, ou une rente sur l'Etat, et qui sommes peut- 
être le centième acquéreur de ce morceau de terre où se sont accu- 
mulées les sueurs de trente cénérations, où il y a eu tant de travail 
perdu par les accidents, les intempéries, etc., etc., que cette industrie 
est celle dans laquelle, sans comparaison, il y a le plus de travail dé- 
pensé, on viendra nous dire : vous avez un monopole! Allons donc! 
Mais on ne se prendra pas pour battu. Dans une vieille société, nous 
dira-t-on, toutes les terres sont occupées, ceux qui en veulent n'en 
trouvent pas ; par cela seul que vous détenez une richesse limitée en 
quantité, vous avez un monopole. Nous répondrons : « Au fait, ceux 
qui voudraient acheter des propriétés n'en trouvent pas, dites-vous. « 
Gardons notre sérieux et demandons simplement, vous et moi, qu'on 
nous envoie des acheteurs : ils ne viendront pas, malheureusement, 



106 THÈSE d'économie POLITIQUE SUR Lk PROPRIÉTÉ FONCIÈRE. 

et pourquoi? C'est que la terre ne rend pas la valeur du travail qu'elle 
demande. Je crois que la question est jugée. 

Enfin on se rejette sur le premier occupant. Celui-là s'est emparé 
naturellement dii terrain le plus fertile, et ceux qui viennent après 
sont oblii^és de se contenter d'un sol d'une qualité inférieure. Le 
premier n'a-t-il pas un monopole? Je ne demande pas la réponse à ce 
sophisme à des Français, je la demande aux Américains. Le premier 
ou les premiers qui s'enfoncent dans le Far West pourront vous 
raconter les souffrances et les fatigues endurées pour faire ce premier 
établissement et à quel prix ils ont payé la fertilité de leurs terres. La 
seconde caravane pourra vous dire aussi de quel secours a été pour 
elle l'établissement qui l'a précédée, et. si ses membres ont cru la dif- 
férence de qualité de leurs terres suffisamment compensée par les 
œuvres de leurs devanciers dont ils profitent. C'est que là est tout le 
secret de la constitution libre des sociétés; ce que l'un a de plus en 
fertilité du sol, il l'a payé par une plus ancienne participation des 
œuvres sociales. En un mot : 

L'abus de la force et la fraude écartés. 

Toute valeur échangeable est uniquement le prix du travail ; la 
propriété foncière n'est nulle part un monopole. 

P. DE Gasparin, 

Membre de la Société nationale d'agriculture, correspondant de l'Institut 

NOUVELLES INVENTIONS AGRICOLES 

ANALYSE SOMMAIRE DES DERNIERS BREVETS DÉLIVRÉS 

162,531. BoNTEMPS-GiioiSET. 3 juin 1884. Semoir donnant la graine par 
pots. — Ce semoir est destiné à semer les graines de betteraves, de carottes et 
généralement toutes les graines qui se sèment par pots; il donne la faculté de 
réo-ler, dans les deux sens, l'intervalle des dépôts de semence, ainsi que de ré- 
gler la quantité de graine déposée en chaque point. Tout l'appareil est porté 
par des crics qui permettent de le remonter si les roues du véhicule se trouvent 
dans le fond d un sillon. Les rayonneurs, les lierses et les rouleaux peuvent glis- 
ser à volonté sur les arbres transversaux qui les portent, de manière à permettre 
de régler à volonté l'écartement des raies ; on fixe en place ces organes au moyen 
de vis de pression, les trémies qui conduisent la graine de la caisse dans les 
rayonnements sont formés de godets emmanchés les uns dans les autres et sont 
flexibles en tous sens, pour se prêter à ces déplacements. D'un autre côté, les 
rayonneurs et les herses peuvent, sous l'action cf'un même levier à main, décrire 
un quart de cercle autour de leurs arbres, de manière à se relever horizontale- 
ment sous le châssis. Une roue, dite roue d'intervalle, commande par intermit- 
tence l'arbre qui traverse la caisse et qui porte deux distributeurs, de manière à dé- 
poser aux intervalles voulus, dans le sol, la quantité convenable de graine. 

162 544. AuzANNE.6juin I88k. Perfectionnements aux couveuses artificielles. 

La couveuse décrite dans ce brevet est surtout caractérisée par les dispositions 

suivantes : 1» application d'un tube d'aération et de déperdition de chaleur qui 
se projette hors de l'appareil et qu'il suffit de déboucher pour mettre celui-ci en 
communication avec 1 atmosphère et abaisser ainsi sa température .si elle se 
trouve trop élevée ; 2° application sous les tiroirs dont le fond est formé d'un 
grillage en fil de fer galvanisé, de plateaux dits injecleurs, qui sont^ chargés de 
sable imbibé d'eau chaude et qui servent k répandre de l'humidité dans f air 
contenu dans l'appareil ; les tiroirs, au nombre de deux, sont disposés au même 
niveau, au-dessous de la chaudière en zinc, et ils se tirent par les côtés latéraux 
de l'appareil, l'un à droite et l'autre à gauche ; les plateaux injecteurs coulissent 
sous ces tiroirs ; 3" un thermomètre est disposé horizontalemfint au milieu de la 
largeur de chaque tiroir, et on peut le tirer sans ouvrir celui-ci, à travers une ou- 
verture qui se trouve ménagée à cet effet dans la face antérieure et que le thermo- 
mètre remplit exactement quand on l'a fait rentrer à sa place. Cette disposition, en 



NOUVELLES INVENTIONS AGRICOLES. 107 

permettant d'observer la température sans ouvrir les tiroirs, a l'avantage d'éviter 
des refroidissements nuisibles. Dans la paroi de la couveuse, au-dessus des ti- 
roirs, sont pratiqués huit trous d'aération. 

162,553. Meyer. 4 juin 1884. Boulettes cVavoine pour V alimentation des 
chevaux. — Le breveté propose comme un très bon aliment pour les chevaux, 
économique et facilement assimilable, le mélange suivant, qui doit être d'abord 
mis en pâte, puis moulé en boulettes ou sous toute autre forme, et cuit ensuite 
comme du biscuit de mer : 

100 kilog. bonne avoine sèche et inodore, égrugée; 10 kilog. farine de fro- 
ment, de maïs, etc., servant d'agglutinant; 500 grammes semen anis ; 500 grammes 
sulfite de soude ; 500 grammes radix aromaticus. 

Les trois dernières substances sont destinées à augmenter les propriétés diges- 
tives du produit. 

162,598. (jREGOR (les sieurs), 6 juin 1884. Charrue tourne-oreille perfec- 
tionnée. — Dans la charrue tourne-oreille que décrit ce brevet, l'âge et le cep 
servent de supports aux extrémités supérieures et inférieures d'un arbre légère- 
ment incliné en avant et qui porte deux socs munis chacun d'vm versoir et symé- 
triquement opposés; l'arbre, avec le double système de socs et de versoirs qu'il 
porte, peut être tourné d'un demi-tour, au moyen d'une manivelle, de manière à 
remplacer un soc par l'autre ; dans ce but, des coussinets ont été disposés sur 
l'âge et sur le cep, qui présente à l'arrière un coude vertical venant s'attacher à 
l'extrémité de l'âge, près du point d'attache des mancherons. 

Lorsque l'on est arrivé à l'extrémité d'un sillon, pour pouvoir pratiquer aussi- 
tôt un second sillon à côté du premier en retournant simplement la charrue, il 
suffit de faire décrire à l'arbre un demi-tour préalablement, au moyen de sa 
manivelle, de façon à ce que celui des socs qui se trouvait en avant et dirigé vers 
le bas se trouve au contraire en arrière et relevé, et réciproquement. Par suite de 
ce changement de soc, la terre se trouvera encore versée du même côté pendant 
la nouvelle course de l'instrument. 

162,600. Lambert, 6 juin 1884. Râteau de jardin en fer T avec dents d'une 
seule pièce, découpées dans l'âme du fer et légèrement tordues. — Le breveté 
arrive à une fabrication très simple des râteaux en prenant un fer à T qu'il 
coupe à la longueur voulue et en découpant les dents dans l'âme de ce fer, tandis 
que les ailes servent à former la traverse ; il ne reste plus qu'à tordre les dents 
d'un quart de tour, afin de les amener dans des plans perpendiculaires à la lon- 
gueur de la traverse, puis à river sur cette dernière les pattes qui continuent la 
douille recevant le manche du râteau. Avec ce système, par cela même que l'on 
évite la nécessité de rapporter les dents, on n'a plus d'assemblages susceptibles 
de se déranger. 

162,602. Dajon, 7 juin 1884. Appareil ou petite machine agricole dite: 
Sarcleuse mécanique. — La sarcleuse de M, Dajon se compose d'une bande de 
fer en U située dans l'axe de l'instrument et dans chaque extrémité de laquelle 
passe une tige qui se termine inférieurement par une petite roue porteuse ; à la 
partie antérieure s'attache la tige de traction. Sur le dessus du longeron central 
sus-indiqué sont articulés deux bras arrondis qui s'étendent en arrière, l'un à 
droite et l'autre à gauche, et qui sont destinés à porter chacun une lame de 
sarcloir; les deux sarcloirs ne sont pas situés à la même distance du point 
d'attache de leurs bras respectifs et, par conséquent, ils ne se trouvent pas non 
plus à la même distance de l'axe. On peut ouvrir plus ou moins, à volonté, les 
deux bras dont il s'agit et déplacer par cela même les deux sarcloirs, grâce à 
une disposition de leviers qui est la suivante : une tige est articulée par son 
milieu sur le longeron central, et chacune de ses extrémités se relie par_ une 
bielle à l'un des bras; il suffit donc de pousser à droite ou à gauche un levier à 
main qui^est solidaire de la tige pivotante ou manivelle pour faire écarter ou 
pour rapprocher les bras qui portent les sarcloirs. En arrière du mécanisme 
dont il vient d'être parlé, le longeron fixe porte une dent légèrement inclinée en 
avant à sa partie inférieure, et un trident situé un peu en arrière. Enfin, le même 
longeron se termine par deux mancherons au moyen desquels on guide l'instru- 
ment. La tige verticale qui prolonge la chape de la roue postérieure est percée 
de trous dans l'un ou dans l'autre desquels on place une goupille de manière à 
pouvoir relever ou abaisser la partie postérieure du châssis de l'instrument, pour 
régler l'entrure des outils. Gh. Assi.et L. Genès, 

Ingénieurs-Conseils en matière de brevets d'invention, 
36, boulevard Voltaire, Paris. 



108 DKSTRUCTIOX DES MULOTS. 



SUR LA DESTRUCTION DES MULOTS 

Les mulots ont recommencé à pulluler dans un grand nombre de 
départements, comme on l'a \u parles notes que nous avons déjà 
publiées dans nos précédents numéros. Le froid et la neige vont-ils en 
puriier les champs? Espérons-le, sans trop y compter, et continuons 
à indiquer les moyens de les détruire. Sur ce sujet, M- de Saint-Mar- 
sault nous envoie la note suivante : 

« Le numéro du Journal de ragriculture du 27 décembre nous parle 
de la destruction des mulots et campagnols par l'emploi de Tarsenio. C'est 
en etiet un moyen bon. mais dangereux. Il y a mieux et je suis surpris que 
nul n'ait eu la pensée de citer l'ouvrage de ]\L Gavot publié en 1871 : Lt^s• ]>elits 
(juadrupcdes de la maison et des champs.h'-drûAc des mulots et campagnols est 
traité in extenso et de main de maître. Il y est bien question de l'arsenic, mais 
le soufflet est conseillé de préférence. X-a manipulation et surtout l'emploi de 
l'arsenic, même dans des trous bouchés, ne laissent pas que de présenter des incon- 
vénients. Le soufflet au contraire est très simple et très efticace. Sa tubulure 
renflée contient des chiftons soufrés enflammés, dont la fumée projetée dans les 
clapiers des mulots les asphyxie immédiatement. 

uNous connaissons aussi les mulots et campagnols dans la Charente-Inférieure 
et même en ce moment ils nous font redouter de notables ravages dans les terres 
hautes des environs de La Rochelle. Dans nos marais on emploie les trous en 
terre argileuse. Dans ces terres nous nous servirons du soufflet à l'épocpie du 
réveil des souris déterre dès les premiers beaux jours à la fin de février, pour 
nous mettre à l'abri des ravages de ces petits et très nombreux ennemis de nos 
prés comme de toutes nos autres récoltes. 

«Veuillez agréer, etc. Gte de Saint-Marsault, 

rréjiJeut lie la Sociéto d'agriculture de La Rochelle. 

Nous ajouterons que, pour la destruction des mulots par les trous, 
on peut employer avec avantage la tarière de M. Pluchet. — Lu enfu- 
moir imaginé par M. Delaplace, et construit par M. Houlon, ingénieur 
civil, à Ueims ^Marne , a donné d'excellents résultats. — Enfin, on 
s est très-bien trouvé de 1 emploi dim appareil de M. A ictor Josepii, 
à Petit-Quevilly (Seine-Inférieure), pour répandre dans le sol le sul- 
fure de carbone qui asphyxie les mulots, He.mh Sag.mEU. 

PARTIE OFFICIELLE 

Décret désignant les bureaux de douane ouverts à l'importation et au transit des ani- 
maux des espèces chevaline, asine. bovine, ovine, caprine et porcine, et les bureaux 
qui sont et demeurent fermés à limportation et au transit desdits animaux. 

Le président de la République française. 

Sur le rapport du ministre de l'agriculture, du ministre des linances et du 
ministre du commerce : 

"\'u la loi du 21 juillet 1881 sur la police sanitaire des animaux; 

Vu le décret du 22 juin 1881 portant règlement d'administration publique 
pour l'exécution de ladite loi ; 

Vu l'article 4 de la loi du 5 juillet 1836; 

Vu la loi des finances du 9 avril 1878: • 

Vu le décret du 6 avril 1883, relatif à l'importation des animaux ; 

Vu l'avis du comité consultatif aes épizooties : décrète : 

Article 1". — Les bureaux de douane de Matton lArdennes'i, de Réchésy (ter- 
titoire de Belfort', de Morteau-gare ^Doubs^ et de Saint-Maraet jHaute-Caronnel, 
sont ouverts à l'importation et au transit des animaux des espèces chevaline, 
asine. bovine, ovine, caprine et porcine, admissibles en France après vérifica- 
tion de leur état sanitaire. 

Art. 2. — Les bureaux de douane de ^'illers-gare, de Montlebon et des Gras 
\,Doubsi sont et demeurent fermés à l'importation el au transit desdits animaux. 



PARTIE OFFICIKI.LK. 109 

Art. 3. — Lf ministre de l'agriculture, le ministre des finances et le ministre 
du commerce sont chargés, chacun en ce qui les concerne, de l'exécution du pré- 
sent décret. 

Fait à Paris, le 23 décembre 1884. Jl"lp:s GhÉvr. 

Par le président de la Répuijliqu*- : Le ministre de l'a ffricuUure. .1. Mllinl. 
Le ministre des finances, Le ministre du commerce, 

P.TiHAHD. MaLHICE RoUVIKP.. 

L'ËLÉVATJOX DES DROITS SUR LES CÉRÉALES 

Extrait du rapport présenté à la Chambre des députés. 
La P^ance, avec ses 50 millions d'hectares, ses 23 millions d'habitants des 
campagnes, est nécessairement un pays de production agricole. Le conseil de 
transformer les champs de blé en prairies, et de substituer l'engraissement du 
bétail à la récolte des céréales est sans doute conforme à la vérité agronomique. 
Mais, si tous les cultivateurs n'ont pas les capitaux nécessaires pour se livrer à 
l'élevage, si tous les pi-opriétaires ne peuvent pas augmenter leur cheptel, si l'ac- 
croissement du bétail entraînf l'agrandissement des bâtiments de ferme, tous les 
terrains ne peuvent au surplus être transformés en prairies. Sans parler des 
régions du Midi, où la sécheresse est permanente, n'y a-l-il même pas dans la 
Beauce des contrées qui n' nt pas l'humidité suffisante pour la culture nerbagère? 
Enfin, il faut six ans pour faire une prairie naturelle, trois ans pour faire une 
prairie artificielle, et tous les propriétaires ne peuvent immobiliser leurs capitaux 
pendant un aussi long espace de temps. 

Dans la région du Nord, l'agriculteur peut essayer successsivement de tous les 
produits: il n'en peut cultiver un seul qui soit rémunérateur. La culture du chan- 
tre et du lin, jadis si prospère, est abandonnée. Le blé, l'orge et l'avoine se 
vendent à des prix inférieurs aux prix de revient. Les colzas et les cameliues 
sont concurrencés par les arachides et les sésames. Restait la betterave, que la 
crise sucrière a ruinée et qui ne pourra retrouver quelque valeur qu'au moment 
où la loi sur les sucres produira tous ses effets. Donc, le cultivateur du Nord 
n'a que le choix entre des cultures également désavantageuses. Les régions du 
Midi, ravagées par le phylloxéra, ne "donnent certes pas au propriétaire foncier 
une meilleure situation! Les nécessités de la concurrence et les devoirs de la 
lutte obligent assurément tous les agriculteurs à diminuer leur prix de revient par 
l'augmentation de leurs rendements. Mais leurs efforts seront impuissants, si 
l'Etat ne favorise pas le développement de la production nationale en permettant 
à l'agriculture de résister à l'une des crises les plus terribles qu'elle ait jamais 
traversées. 

C'est un fait incontestable que le producteur augmente d'autant plus sa pro- 
duction qu'il est certain de vendre ses denrées à des conditions plus avanta- 
geuses. Il perfectionne d'autant mieux son outillage qu'il place plus facilement 
ses produits. Lorsque, au contraire, le producteur vend à perte, il ne peut faire 
les sacrifices nécessaires pour développer sa production. Les perfectionnements 
de la culture sont donc à la fois la cause et le résultat de la prospérité agricole. 
Si la culture n'a pas fait tous les progrès rju'elle eût pu réaliser, il faut recon- 
naître (|ue l'enseignement agricole est à peine organisé, et qu'aujourd hui, au 
contraire, les Comices et les Sociétés d'agricultui-p envoient leurs membres les 
plus distingués visiter les fermes modèles de l'Autriche et de l'Allemagne et en- 
couragent, jjar tous les moyens, l'application des infilleures méthodes. Il faut re- 
connaître également qu'en France l'augmentation du salaire a constamment coi- 
respondu à l'augmentation des revenus culturaux et n'a pas permis au cultivateur 
de consacrer son épargne à l'amélioration du sol ou à 1 accroissement de la pro- 
duction. 

Si l'on peut reprocher au petit propriétaire d'avoir employé ses bénéfices et ses 
économies à acheter une nouvelle parcelle de terre au lieu d'augmenter son bé- 
tail et son outillage, il est juste de rendre hommage au sentiment du père de 
famille qui a voulu laisser un champ, si petit qu'il fût, à chacun des enfants, et 
il ne faut pas méconnaître que la plus grande force d'une nation et d'une démo- 
cratie est cette population de 9 millions de petits propriétaires foncier?, si forte- 
ment attachés au sol. si intéressés à le défendre vaillamment, si habitués à 1 é- 
pargne, qui sont la suprême ressource de l'Etat lorsqu'il est obligé dejaire les 
levées en masse ou de contracter d'immenses emprunts 



110 l'élévation des droits sur les céréales. 

En résumé, votre Commission a l'honneur de vous proposer, Messieurs, un 
droit de 3 francs sur le Lié, de 2 francs sur le seigle et sur l'orge, de 1 fr. 50 
sur l'avoine et de 7 francs sur les farines. En votant ces droits, vous donnerez 
satisfaction aux intérêts des propriétaires fonciers, de cette démocratie rurale 
représentée parles 10 millions de très petites cotes. Si l'on a pu dire que la rente 
du sol était trop élevée, cette rente subit aujourd'hui une dépréciation qui ne 
peut s'accentuer davantage sans accumuler des ruines. La progression de la valeur 
vénale et du prix de location des terres a-t-elle d'ailleurs été si accentuée ? En 
prenant l'année du siècle où toutes les valeurs ont eu les cours les plus Las 
— 1815 — ou trouve qu'en cette année l'hectare de terre valait 700 francs et 
qu'il est arrivé en 1851-1853 à une valeur de 1,276 francs. De 1851-1853 à 
1879-1881, voici la marche ascensionnelle du prix de la propriété terrienne, pour 
l'ensemLle des cultures: 1,276 fr., d'après l'enquête de 1851-53; 1,830 fr. 39, 
d'après l'enquête de 1879-81. 

L'enquête dans le département de l'Aisne démontre que la valeur vénale de la 
propriété foncière est déjà dans la période décroissante. La GhamLre de commerce 
de Lyon reconnaît que « déjà le prix moyen des fermages, qui de 46 francs l'hec- 
tare en 1852 s'était élevé à 69 francs d'après la grande enquête agricole de 1866, 
aurait fléchi au-dessous de 61 francs. » 

Ce prix moyen de 61 francs (exactement 60 fr. 67) a été calculé par l'Adminis- 
tration des contriLutions directes sur 368,085 Laux. [Nouvelle évaluation du 
Revenu foncier ^ p. 276.) 

Et, depuis que ce travail a été puLlié, le prix a encore fléchi. 

Il faut donc à la fois faire disparaître cette fantasmagorie dés grandes fortunes 
réalisées par la rente du sol ou par la culture dans les années d'ahondance. Il 
faut songer au paysan laborieux, qui, par un travail opiniâtre, une épargne inces- 
sante, et des privations (juotidiennes, a acquis un coin de terre, son unique for- 
tune, menacée d'être Lientôt une non-valeur. Si l'on ])cut citer quelques exemples 
d'agriculteurs ayant réalisé de grands Lénéfices, c'est par l'industrie agricole ou 
par la spéculation, et à l'aide de capitaux cousidéraLles, que ces privilégiés sont 
arrivés à la richesse. La terre a toujours été considérée avec raison comme un 
placement sur, mais peu rémunérateur. 

Un champ ne se transforme pas comme une usine. Un assolement ne se dé- 
place pas comme un générateur. Pour demander à la culture le perfectionnement 
de ses méthodes, il faut lui donner le temps nécessaire pour réaliser des progrès 
et la facilité de vendre ses produits. 

Si le morcellement de la propriété foncière a été une des conquêtes de la Ré- 
volution, il est impossiLle de présenter comme uni idéal à notre démocratie la 
reconstitution des grands domaines, qui étaient l'une des institutions de l'ancien 
régime. Il est impossiLle de séparer l'intérêt de ce petit propriétaire, ouvrier 
rural, de l'intérêt du grand propriétaire, puisque la terre de l'un et la terre de 
l'autre seront vendues le même prix, le jour où il faudra liquider le capital, et 
donnent proportionnellement le même revenu, sous forme de travail ou sous 
forme de fermage. Il est impossiLle de séparer l'intérêt du propriétaire et l'intérêt 
de l'ouvrier. Un grand industriel du Nord, M. Lecomte-Dupond, entendu devant 
la Commission des 44, à Lille, a tenu le langage suivant : 

« L'agriculture, sous le régime du liLre échange, paye ses ouvriers de 2 francs 
à 2 fr. 50 par jour et se ruine ; 

« Nos industries, insuffisamment protégées, payent les salaires de 2 fr. 50 à 
3 Ir. 50 par jour et végètent et souffrent ; 

« Les industries textiles, sérieusement protégées, payent les salaires 4, 5 et 
6 francs et plus par jour, et prospèrent » 

Il est impossiLle de séparer l'intérêt de l'agriculture et l'intérêt du commerce, 
lorsqu'il est manifeste que la crise agricole a été le déLut de la crise économique, 
et lorsque les négociants des villes se plaignent de ne plus voir visiter leurs 
magasins par les haLitants des campagnes. 

Il est enfin impossiLle de séparer l'intérêt des travailleurs agricoles de l'in- 
térêt des travailleurs industriels. En quittant le clocher de sou village, l'ouvrier 
des villes ne devient pas citoyen d'un pays nouveau. Il ne reste pas seulement 
attaché à son lieu de naissance par des souvenirs et par des liens de famille. Il 
oLéit aux mômes lois, il paye les mêmes impôts, il supporte les mêmes souf- 
frances, il suLil les mêmes causes de revers, et il bénéficie des mêmes éléments 
de prospérité que ses frères sous le toit paternel. 



L'ÉLÉVATION DES DROITS SUR LES CÉRÉALES. 111 

C'est au nom de cette solidarité des intérêts nationaux que votre Commission 
a l'honneur de vous présenter la proposition de loi suivante^ 

Article unique. -*- A partir de la promulgation de la présente loi. le tahleau 
A tarif d'entrée du tarif gérerai des Douanes, établi par les lois des 7 et 8 mai 
1881, est modifié comme suit : 

Droits (itéci nies et -'i pour Iflo com pris). 

Fruiiuils d'ori- Produits d'ori- 

Unités ffitie purupéenni> gine extra-euro- 

Farineu.x alimentaires. sur Lesquelles ou importés directe- péeune importés 

portent les ment d"uii pays des entrepôts 

droits. Iiors d'Europe. d'Europe. 

Froment, épeautre i Graines 100 kil. .3 » 6.60 

et méteil. I Farines — 7 » 10.60 

Seiiile et orsre — 2 » y . 60 

Avoine T — l-aO •''-•M 

Georges G-r.\ux, 

Député. 

SITUATION AGRICOLE DANS LES ALPES-MARITIMES 

Toute la région méditerranéenne des Alpes a subi cette année une sécheresse 
sans précédent. On peut bien dire que, depuis quinze mois, la terre n'a pas reçu 
les bienfaits d'une bonne pluie La température froide et sèche qui règne en ce 
moment est loin de satisfaire agriculteurs et horticulteurs. Aussi partout, ce sont 
des plaintes et des lamentations. En décembre et au commencement de janvier 
nous avons eu des matinées très froides. Quand les journées sont au contraire 
ensoleillées, ce cj;ui arrive fréquemment, le ciel est d'un bleu et d'une pureté esti- 
vale, aussi la sécheresse de f atmosphère est pareille à celle des mois d'été. Les 
quelques gouttes de pluie tombées en décembre et en janvier n'ont apporté 
aucune humidité utile à la terre. Les blés ont beaucoup de peine à germer; les 
rosiers, les plants de violettes, les œillets, les giroUées, toutes les plantes et 
même les arbres ont beaucoup souffert de cette sécheresse prolongée. 

Presque partout on a gaulé les oliviers; mais l'olive est maigre et fort 
petite, elle n'a que la peau sur ... le noyau et souvent l'olive est encore rongée 
par le ver. Aussi s'est-on hâté de faire la cueillette, car les fruits envahis par la 
larve du Dacus (le Keiroun en niçois auraient pu. si on les avait laissés trop 
tard sur les arbres, créer des causes d'infection pour l'année prochaine qui doit 
être honne^ car après une mauvaise récolte ou est presque toujours assuré d'une 
bonne. 

Les orangers ont leur feuillage très jaune, les oranges sont minuscules et 
si d'ici à quinze jours de fortes pluies ne viennent renforcer la sève et raviver la 
végétation, la majeure partie de la récolte des oranges et des mandarines sera 
totalement perdue. — Toute les Heurs en général, mais principalement la rose, la 
violette et l'œillet, se vendent fort cher vu leur rareté. 

On a payé les olives gaulées, 1 fr, 50 et 1 fr, 75 et même 2 fr. le double 
décalitre; l'huile laisse beaucoup à désirer comme finesse et comme goût. Sui- 
vant sa qualité on la cote de 109 à 134 fr. les 100 kilog. c'est-à-dire àe S, fr. 50 à 
11 fr. le rup, la mesure du pays, et encore iL ne s'est guère vendu que huit à 
neuf mille rups en décembre, mais le travail des moulins se prolongera encore 
jusqu'au commencement de février. 

Les montagnes couvertes de neige sur bien des points empêchent l'arrivée des 
denrées sur le marché de Nice ; aussi les blés et les fourrages sont chers, on 
paye le blé 33 à 35 francs la charge; les pommes de terre, 11 francs les 100 ki- 
logrammes ; quant aux légumes secs, ils valent, suivant leurs variétés, 6, 7 et 
8 fr. le double décalitre. Les produits maraîchers, choux, épinards, potirons, 
céleri, cardons, carottes, poireaux, salades, sont livrés à bas prix par suite des 
grandes cultures qui existent dans la plaine du Var. Les champignons de couche 
commencent à faire leur apparition sur le marché, où l'on voit aussi de magni- 
fiques fruits conservés, pommes, poires, melons, raisin, et jusqu'à des kakis. 
De ces derniers fruits, les plus recherchés sont ceux c[ui proviennent du Diospy- 
ros virgineana. Ernest Bosc 

LES RAGES LAITIÈRES DANS LE SUD-OUEST. 

Les agriculteurs du sud-ouest ont à se plaindre de la situation 
abaissée que l'administration de lagriculture fait dans les concours 



112 LES RAGES LAITIP^RES DANS LE -SUD-OUEST. 

régionaux aux races laitières, qui seraient pour eux d'une si grande 
importance, si on savait les utiliser. » 

L'industrie laitière française rencontre à l'étranger de redoutables 
concurrents, dans le commerce de dangereuses sophistications, les 
nouvelles méthodes de fabrication du ijeurre et des fromages lui sont 
à peu près inconnues, et il semblerait que le devoir du gouvernement 
serait de l'encourager, de la fortifier, par tous les moyens, dans des 
contrées surtout où elle est à l'état rudimentaire, malgré les conditions 
excellentes que lui font le sol, le climat et la facilité des débouchés. 
Les immenses prairies qui bordent la Gironde, la Charente et leurs 
affluents, cellesqui, sous le nom demarais, avoisinent les embouchures 
de ces fleuves, ne reçoivent qu'un nombre insuffisant d'animaux, leur 
population bovine n'est pas à la hauteur des magnifiques travaux 
aujourd'hui accomplis de leur dessèchement : quelle différence avec les 
prairies couvertes de bestiaux de la basse Normandie! Cependant la 
qualité de ces herbages serait éminement favorable à la production 
laitière ; il faudrait seulement des encouragements sérieux, persévérants, 
pour' entraîner les populations dans une voie nouvelle. La vigne était 
leur culture de prédilection, elle leur manque aujourd'hui, on ne 
saurait leur conseiller de la remplacer par la culture des céréales, 
ruineuse pour ceux qui s'y adonnent, et elles se tourneraient volontiers 
du côté de la production du beurre et du fromage, si on leur en montrait 
les avantages, si on récompensait dignement les efforts de ceux qui 
donnent l'exemple. 

Mais tout, dans l'attitude des délégués du gouvernement, semble, au 
contraire, dire auxpopulations que c'est un pis-aller qu'ils ne sauraient 
recommander et qui mérite de moins en moins leur attention. L'admi- 
nistration de l'agriculture, en effet, trouve chaque année le moyen de 
diminuer un peu, au profit des seules races de boucherie, les encoura- 
gements donnés dans les concours du sud -ouest aux races laitières. 
En 1 884, le concours régional de Bordeaux consacrait aux races laitières 
d'Ayr, de Jersey et analogues, et, dans une seconde catégorie, aux 
autres races laitières, indigènes ou étrangères, une somme de 3.200 fr. 
Cette année, pour le concours d'Angoulême, elle suprime la catégorie 
des races d'Ayr, de .lersey et analogues, ne laisse qu'une seule caté- 
gorie qu'elle intitule : races laitières françaises ou étrangères pures, ne 
donne pour cette catégorie unique que 1 ,700 fr. et consacre à des prix 
de bandes de vaches laitières, catégorie nouvellement créée, 1 ,200 fr. , ce 
qui porte le total des crédits affectés aux races laitières de toutes 
sortes à 2,900 fr., soit 300 fr. de moins que l'année dernière. 

On connaît l'importance de la production de la viande, et il n'entre 
dans la pensée de personne de critiquer les allocations données aux 
excellentes races de travail et de boucherie du sud-ouest : 4,350 fr. à 
la race limousine; 3,050 fr. à la race parthenaise; 2,950 fr. à la race 
maraîchine; 2,975 fr. à la race bazadaise; 2,325 fr. à la race garon- 
naise. Mais si l'attention s'arrête plus spécialement sur les 4,800 fr. 
donnés à la race durham, il est difficile de ne pas remarquer la pré- 
dilection que rencontre cette race depuis trente ans dans tous les con- 
cours régionaux. (iCrtes, la race de durham est une race de boucherie 
de premier ordre; que ses taureaux soient du sang Booth ou du sang 
Bâtes, tout éleveur de l)étail en connaît la haute utilité; mais ce n est 
pas la race de toutes les contrées et de toutes les situations, et l'on 



LES RACES LAITIERES DANS LE SUD-OUEST. 113 

s'est souvent étonné à bon droit, non de T estime dans laquelle la tient 
l'administration de l'agrieulture, mais de F uniformité des encourage- 
ments qu'elle reçoit presque indistinctement dans tous les concours 
régionaux de France. Où veut-on aller ainsi? On ne prétend sans doute 
pas recommander les durliam à titre de race laitière, puisqu'on ne 
s'est jamais préoccupé d'indiquer spécialement les reproducteurs des 
familles vraiment laitières de cette race, ainsi que cela se fait très 
judicieusement en Angleterre; c'est donc la race de boucherie seule- 
ment que l'on entend prôner. Si on voulait la répandre dans sa 
pureté, je n'y trouverais rien à dire; mais on veut entraîner les éle- 
veurs à croiser les durhani avec les excellentes races de travail et de 
boucherie du sud-ouest, et c'est là une grande faute. Heureusement, 
que l'altération de ces races précieuses a rencontré des résistances qui 
nous rassurent sur ces tentatives : elles auraient dû éclairer le gouver- 
nement, et sa persistance à doter toujours les durham, dans les con- 
cours du sud-ouest, des primes les plus élevées est vraiment bien 
étonnante. Au concours de Bordeaux, pendant que toutes les races 
laitières françaises ou étrangères réunies se partageaient 3,200 fr., les 
durham avaient à eux seuls 4,700 fr. ; or, on trouvait au catalogue 86 
animaux de races laitières et 56 seulement de race durham. Cette 
année, la proportion des inscriptions sera sans doute la même et les 
races laitières n'ont plus que 2,900 fr. pendant que la part des Dur- 
ham est élevée à 4,800 fr. 

On voit par ces chiffres quel triste rôle on fait jouer aux races lai- 
tières dans le sud-ouest, quelle situation humiliée on leur impose, et 
on se demande si cela est habile, si cela est conforme aux intérêts du 
pays, qui trouverait dans l'industrie laitière un adoucissement à la 
grande infortune qui l'accable. Pourquoi les dévoués présidents des 
Comices et des Sociétés d'agriculture de la région ne provoqueraient- 
ils pas des protestations contre une parcimonie à l'égard des races 
laitières qui entraine les plus fâcheuses conséquences? Ce serait vrai- 
ment un acte judicieux à faire. X. 

SOCIÉTÉ NATIONALE D'AGRICULTURE 

Séance du 14 janvier 1885. — Présidence de M. Léon Say. 

M. Daurel, de Bordeaux, fait hommage d'un exemplaire de son 
ouvrage sur les plantes maraîchères, alimentaires, industrielles et 
fourragères. 

M. Duclaux, professeur à l'Institut national agronomique, adresse 
son deuxième mémoire sur le lait. 

M. Renou présente ensuite le résumé des observations météorolo- 
giques faites à l'observatoire du parc de Saint-Maur, pendant le mois 
de décembre 1884 (Voir le Journal du 10 janvier, page 64). 

M. Eloire, vétérinaire, à La Capelle (Aisne), adresse une note 
sur l'empoisonnement des animaux de basse-cour par les graines de 
\ Agrostemm a Githago, connue vulgairement sous les noms de nelle ou 
nielle des blés. — Chez les poules, ^dit M. Eloire, les symptômes d'em- 
poisonnement pour un observateur peu attentif, peuvent être, jusqu'à 
un certain point, confondus avec ceux du choléra. Jl n'existe cepen- 
dant pas de diarrhées, et la crête légèrement violacée et flétrie n'a pas 
la teinte noirâtre du choléra *^des poules. Les plumes sur l'animal 



114 SOCIÉTÉ NATIONALPJ D'AGRICULTURE DE FRANCE. 

vivant ; quelques heures avant sa mort, sont ébouriffées, de couleur 
terne, l'animal est triste et secoue fréquemment le bec de droite à 
gauche. La peau ne présente rien d'anormal, la chair est belle, sans 
ecch}moses. A l'autopsie, on trouve le jabot plein d'aliments; le gésier 
renferme quelques graviers; sa coloration extérieure est plus foncée 
qu'à l'état normal, sa cavité intérieure est diminuée de capacité par 
une sorte de boursouflure delà muqueuse ; cette membrane, qui s'en- 
lève facilement, laisse à nu, à l'endroit de la tuméfaction, une masse 
S'élafineuse du volume d une noix. Les glandes intestinales sont légè- 
rement enflammées. 

M.. Clavé expose à la Société que la gelée de Ihiver 1879-1880 a 
produit des effets dont les forêts se ressentent encore aujourd'hui et 
qui en aggravent singulièrement les désastres. On pouvait espérer, 
dit M. CJavé, qu'après l'exploitation des arbres tués par le froid, tout 
serait dit ; et qu'on n'aurait pas d'autres sacrifices à supporter. Il s'en 
faut de beaucoup qu il en ait été ainsi, grâce à un phénomène dont il 
ne croit pas qu il ait encore été question. Un très grand nombre d'ar- 
bres ont été frappés par la gelée d'un côté seulement, particulièrement 
à l'exposition du sud-ouest. îls ont, pendant quelques années, con- 
tinué à végéter sans que rien au dehors pût faire su})poser qu'ils 
avaient été mortellement atteints; mais, peu à peu, la carie du bois 
gagnant de proche en proche, 1 écorce se détache et l'arljre se met à 
dépérir. Lorsqu on 1 abat, il est à moitié pourri et n'est plus bon à 
rien. Sur les brins de taillis, la carie en envahissant le bois sain, 
diminue la fbrce de résistance de l'arbre qui se brise au moindre 
vent. Aujourd'hui, les forêts sont remplies de jeunes Imliveaux brisés, 
qui au moment des e\j)loilations avaient été réservés comme des sujets 
vigoureux. 

M. Chalin ajoute que dans certains arbres, gelés partiellement, une 
nouvelle écorce s est formée, mais que 1 exjjloiiation en est rendue très 
difficile, que le déchet est assez considérable et que dans les parties 
nouvellement formées, la quantité de tanin est moins considérable. 

M. Chevreul expose ([ue la liaison de l'écorce avec l'aubier tient à 
des causes très complexes; il signale sur les arbres atteints de carie 
la présence de champignons dont le m} (hélium s'introduit sous 
l'écorce et la détaclie de l'aubier, ce qui explique la mort des arbres 
atteints. 

La Société se forme ensuite en (romité secret pour discuter les titres 
des candidats à la place de membre titulaire dans la section des 
sciences physico-chimiques agricoles, en remplacement de M. Dumas. 
La section présente : en première ligne, M. Berthelol ; en deuxième 
ligne. M, Schlœsing. L'élection aura lieu dans la séance du 21 jan- 
^ier 1885. Georges Marsaïs. 

REVUE COMMERCIALE ET PRIK GOURANT. DES DÉNUÉES AGRICOLES 

(17 JANVIER 1885). 

I. — • Situai ion générale. 

Les marchés agricoles ont été contrariés sur phisieurs points par le mauvais 

temps, et les transactions sur les céréales enoat souifert. Néanmoins la situation 

est un peu plus animée que ces dernières semaines pour la jUupart des denrées. 

II. — Les grains et les far'ines. 
Les tableaux suivants résument les cours des céréales, par QUINTAL MÉTRIQUE, 
sur les |)rincipaux marchés de la France et de Tétranger : 



REVUE COMMERCIALE ET PRIX COURANT (17 JANVIER 1885). 



l" BÉGioN -^ NORD-OUEST. 



[le. 



fr. 



16.00 
15.25 



15.00 
15.00 
15.65 

15.25 



Blé. 

fr. 
Calvados. Caen 20.00 

— Lisieuï 20.60 

C.-dv,-Nord. Tréguier., 19.75 

— Lannion 19.25 

Finistère. Worlaix 19.50 

llle-el-Vilaine . Rennes. i9.50 

— Fougères 19 80 

Manche. Cherbourg 22.70 

— Saint-Lô 22.70 

— Pont-Labbé 23.40 

Mayenne. Mayenne 19.50 

— Evron 20.15 

Morbihan. Hcnnebont.. 18.75 

— Lorient 19.00 

Orne. Vimoutiers 20.15 

— Bellême 19.25 

Sarthe. Le Mans 19.75 

— • Beaumont 20.75 ■> 

Prix moyens 20.25 15.36 

2° RÉGION. — NORD. 
Aisne. Château-Thierry. 19.00 15.10 

— Soissons 17.75 

— Saint-Quentin.... 19.00 
filtre. Evreux 19.50 

— Pacy 20.15 

— Gisors 19.30 

Eure-et-Loir . C\is.nre&. 20.15 

— Nogent-le-Roi ... 20.80 

— Auneau 18.50 

Nord. Doua; 20.45 

— Cambrai 18.20 

— Valenciennes 20.15 

Oise. Beauvais 19.75 

— Clerinont 19.30 

— Compiégne 20.30 

Pas-de-Calais. Arras. . . 1 8 . 20 

— Bapaume 18.00 

Seine. Pans 20.25 

S.-et- Marne. Melun 20. 80 

Montereau 19.40 

— Meaux 19.75 

S.-ôt-Oise. Versailles 21 25 

— Couloramers .. . .. 19.25 

— Rambouillet 18.80 

Seine-Infér. Rouen 19.35 

— Doudeville 19.15 

— Fecamp 19.75 

Somme. Amiens 19.15 

— DouUens 19.45 

— Roye 18.85 

Prix moyens 19 



Orge. 

fr. 
15.50 
17.70 
15.25 

14.75 
16.50 



Avoine. 

fr. 
20.00 
20.00 
15.25 
16.00 
14.75 
15.50 
15.00 



15.25 
14.50 
14.65 
16.15 
16.50 



15.25 
16.25 
15.40 



21.50 
19.00 
17.00 

17.00 
16.00 
21.50 
16.00 
20.50 



15.67 IS.O'i 



16.00 
15.50 
17.50 
15.75 
16.60 
15.30 
12.60 
15.50 
16.00 
15.25 
13.00 
16.50 
16.50 
15.30 
20.00 
14.75 
12.50 
18.00 

il. m 

16.25 
17.00 
l.S.OO 
16.00 
14.50 
21.10 
1 6 . 00 
18.00 
18.00 
13.00 
15.00 

14.77 16.98 16.08 



15.75 
16.00 
13.50 
13.00 
15.35 
14.00 

15.10 
16.35 
15.35 

15 00 
15.35 
14.10 
13.65 
15.65 
14.40 
15.60 
15.50 
15.00 
1 4 . 50 
15.50 
15.50 
13.35 
14.35 
14.00 
14.50 
15.00 
14.00 
14.00 



18.50 
16.90 
15.00 
15.75 
16.50 
18.60 
18.20 
16.15 
16.15 
16.90 
13.45 
16.70 
14.00 
17.60 
17.00 
18.40 
18.50 
17. -*5 
17.00 
19.00 
17.50 
16.50 
17.75 
16.50 

16.15 
14.60 



3° RÉGION. — NORD-EST. 

Ardennee. Sedan 19.75 15.50 18.75 

— Charleville 19.00 15.25 19.00 

Aube. Troyes 19.75 14.60 17.50 

— Méry-sur-Seine... 21.50 16.25 16.50 
Marne. CJi'àlons 18.50 15.15 18.25 

— Reims 18.50 15.50 18.50 

— Epernay 20.00 » 17.50. 

Hle-Mame. Ch:iuinoai.. . 19.25 14.00 » 

— Langres 19.25 14.50 16.00 

Meurthe-et-Mos.Nancy.. 19.75 16.00 » 

— Toul 19.15 17.00 18.10 

— Lunéville. 19.75 15.75 17.50 

Meuse. Bar-le-Duc 19.90 16.25 19.50 

— Verdun 19.30 16.75 18.50 

Haute-Saône. Gva^i 19.50 15.00 15.50 

s. Mirecourt 19.50 15.50 18.00 

Raoïi l'Eiape 20.25 15.50 » 

Ramberyilliers . . . 20.00 a » 



9 15.53 17.79 



Prix moyens 19 

4° RÉGION. — OUEST. 
C/iarenie. Ruflec 19.70 

— Barbezieux 21.40 

Charente-Inf. Marans.. 19.25 
Deux-Sèvres. Niort 19.50 

— Parthenay 20.15 

Indre-et-Loire Tours.. 19.35 

— Biéré 18.75 

— Chàteaurenault... 19.25 
Loire-In/'ér. Nantes... 19.75 
M.-et-Loire. Saumur... 20.15 

— Angers 19.90 

Vendée. Luçon 19.50 

Vienne. Poitiers 20.10 

Haute- Vienne. Limoges 18.40 

Prix moyens 19.66 14.42 17.30 16.00 



» 


16.20 


17.50 


» 


» 


17.00 


)) 


16.00 


17.00 
16.50 


14.65 


» 


16.00 


12.65 


15.25 


17.50 


13.35 


18.00 


15.50 


13.85 


16.95 


i6.4i0 


14.50 


18.50 


17.00 


15.25 


18.60 


16.60 


15.25 


18.60 


16.75 


>. 


16.90 


17.00 


14.G5 


18.00 


15.50 


15.60 


" 


16.15 



5° RÉGION. — CENTRE. 



Allier. Lapalisse 

— Montlucon 

Cher Bourges 

— St-Amand 

^ Vierzon 

Creuse. Guérel , 

Indre. Chàteauroux. . . . 

— Issoudun , 

— Valan , 

Loiivt. Orléans....... 

— Gien 

— Pilhivier.s 

L.-et-Cher. Blois 

— Montoire 

Nièvre.- Nevers 

— Clamecy , 

— La Charité 

Vomie. Saint-Florentin 

— Brienon 

— ■ Tonnerre 



Blé. 

fr. 
20.15 
19. 15 
19.00 
18.85 
21.10 
20.50 
18.75 
19.00 
19.50 
19.40 
19.50 
21.00 
19.80 
18.50 
19.50 
19.75 
18.85 
19.25 
19.75 
19.00 



Seigle. 

fr. 
14.65 
16.00 
14.00 
13.40 
14.35 
15.00 
14.50 
14.00 
14.00 
15.50 
14.00 
15.10 
14.25 
14.00 
15.00 



17.50 
14.60 



Orge. 

fr. 
18.75 
Ui. 15 
17.00 
16.55 
16.15 

17.50 
17.30 

» 
17.50 
16.15 
17. ÏO 
17.75 
1 5 . ') 
17.00 

15.00 
15.50 
17.00 
16.75 



115 



Avoine. 

fr. 
15.00 
16.00 
16.06 
15.30 
15.00 
14.25 
15.25 
15.25 
14.00 
17.00 
15.50 
16.45 
17.25 
15.50 
16.00 
16.40 
14.80 
16.10 
17.00 
16.75 



Prix movens 19.51 14.64 16.77 15.74 



6° RÉGION. — EST. 

.4m. Bourg 22.00 15.00 » 

St-Laurenl-les-Mâeons. 21.50 14.75 15.00 

Côte-dVr. Dijon 19.60 15.50 18.50 

— Beaune 19.50 » 17.00 

Doubs Besançon 19.75 » » 

Isère. Grenoble 22.50 16.50 » 

— Bourgoin 20.50 15.25 

Jura. Dôle. 20.25 15.50 

Loire. Montbrison 20.50 16.25 

P.-de-Ddme. Cleruiont-F. 21.20 17.00 

Rhône. Lvon 21.00 16.00 

Saône-el- Loire. Chalon. 20.00 16.00 

— Scmecey 20.50 » 

Savoie. Chambéry 22.75 » 

Hte-Saroie. Annecy 21.10 16.00 

Prix moyens. .... . 20.84 15.01 

7- RÉGION. — S U 0-0 U ES 
18.65 



17.00 
17.25 

16.85 
19.25 
17.25 



17.84 
T. 



Ariège. Foix 24.10 

— Pamiers 22.10 

Dordogne. Périgueux... 21.00 
Hle-Oaronne. Toulouse. 22.20 

— St-Gaudons 22.10 

Gers. Condom 22.65 

— Eauze 23.50 

— Miraiide 19.50 

Girmide. Bordeaux 22.50 

— La Keole 20.15 

Landes. Dax 24.35 

Lol-et-Ga/ronne. Agen. . 20.80 

— Nerac 22.55 

B.-Pyrénëes. Bayonne.. 23.40 
Hies-Pyrénées. Tarbes.. 23.50 

Prix moyens 22.80 

8° RÉGUON 



15.35 
18.75 



17.00 
19.35 
19.35 

18.65 



Aude. Carcassunne 22.75 

Aveyron. Rudoz 20.80 

— Villefrauche 20.75 

Cantal. Auiillac 23.00 

Corrèze. Tulle 22.00 

Hérault. Béziers 21.55 

— Montpellier 21.40 

■Lot. Cahors 23,50 

Lozère. Mende 22.75 

Pyrénées -Or. Perpigaain 24.30 

Tarn. Gaillac 22.70 » » 

To/^rn-et-Gar. Montauban 22. iO 16.35 15.75 



17.83 
SUD. 

16.65 
17.65 

17.15 
18.00 

17.65 
18.30 
18.00 

17.75 



16.50 
16.15 



16.40 
16.60 
13.65 
15 . 65 

» 
18.45 
.22.00 



Prix moyens 

9" RÉGION. - 

Ba.vses-Alpes.MaMOsqu.e. 
llaulei^-Aljies. Briaui.;on. 
Alpes- Mnriiimos . Nice. 

A rdèche . Privas , . 

B.-du-Rhône. Arles 

Z>rô/ne. Valence 

Gard. Alais 

Haute -Loire. Le Puy... 

Var. Draguiguan 

^'(z ucluse. Avijïnou 

Prix moyens 

.Moy. detouie la France. 
■ — de la semaine précéd.. 

Sur la semaine ^ hausse, 
précédente.., ( baisse.. 



22.31 17.50 16.83 
- SU D-EST. 



18 00 
16.00 
16.30 



16.00 
16 00 
16.00 
16.50 



13,45 
18.00 



23.39 16.41 16.82 
20.82 15.80 16.94 
20.84 15.82 16.98 



16.75 
16.10 
16.00 
16.50 
16.90 
18.75 
17.25 
16.75 
15.50 
15.00 
17.50 
17.50 
17.75 
17.85 
16.50 

16.91 



17.20 
18.00 
16.75 
18.75 
19.00 

» 
20.00 
18.70 
17.75 



19.00 
22.00 



18.50 
19.40 
16 00 
16.60 
17.80 
20.00 
20.00 
16.00 
1 8.OO 
25.50 
18.50 
19.00 

18.77 

20.30 
19 00 
19.50 
19 00 
21 00 
18.25 
21.25 
17.00 
17.40 
20.00 

19.27 
17.37 
17. 52 



0.02 0.02 0.04 0.15 



116 REVUE COMMERCIALE ET PRIX COURANT 

Blé, Seigle. Orge. Aroine. 

fr. fr. fr. fr. 

., , . Ài„ûr ^ blé tendre.. 17.75 » » » 

Algérie. ^'S*^"^ '( blé dur. . . . 14.25 » 10.50 » 

Anoleten-e. Londres 19.60 16.65 15.50 21.00 

Belqique. Anvers 17.75 16.00 19.25 17.75 

_- Bruxelles 19.25 15.50 » » 

_ Liège 18.85 16.00 17.50 16.60 

_ Naniur 18.75 16.00 18.00 15.50 

Pays-Bas, Amsterdam 18.70 15.50 » » 

Luxembourg. Luxembom-g 22,10 18 65 15.40 17.00 

Alsace-Lorraine. Strasbourg 22.00 19.25 22.25 18.75 

— Mulhouse 21.75 18.10 19.50 18.10 

_ Colmar 22.75 19.50 21.15 19.50 

Allemagne. Berlin 20.75 18.25 » » 

— Cologne....; 20.25 18.10 » » 

— Hambourg 19.90 15.75 » » 

Suisse. Genève 23.00 » » 20.50 

Italie. Milan 21.25 16.00 » 13.75 

Espagne. Barcelone 21.45 » 10.60 9.00 

Autriche. Vienne 23.20 » » » 

Hongrie. Budapest 21.00 14.20 12.60 13.90 

Russie. Saint-Pétersbourg.. 19.45 12.15 » 13.90 - 

Etats-Unis. New-York 17 . 50 » » » 

Blés. — Les cours du blé accusent plus de fermeté sur la place de Paris; les 
belles qualités surtout ont obtenu de la faveur. A la halle du mercredi 14 jan- 
vier, les bons blés de mouture du rayon sont tenus de 19 fr. 50 à 21 fr. 25, 
soit en moyenne 20 fr. 40 les 100 kilog. — Sur le marché des blés à livrer, la 
tendance est également ferme ; les cours suivants sont en hausse de fr. 25 sur 
ceux de la semaine dernière : livrable janvier, 20 fr. 75 à 21 fr.; février, 21 fr. à 
21 fr. 25; mars-avril, 21 fr. 50; quatre mois de mars, 21 fr. 75 à 22 fr. — Les 
blés exotiques, quoique peu demandés sont très fermement tenus au Havre, ou 
l'on cote : roux d'hiver d'Amérique, 20 fr. 75 à 21 fr.; Californie, 21 fr. à 
21 fr. 75; Australie, 21 fr. à 22 fr.; Bombay blancs, 10 fr. 75 à 20 fr. 25; Bom- 
bay roux, 18 fr. 75 à 19 fr. 25 par 100 kilog. sur wagon. — A Marseille, les 
prix restent stationnaires. — A Londres, les affaires sont très calmes et les prix 
nominaux à 21 fr. pour les blés d'Australie. Sur les marchés de l'intérieur de 
l'Angleterre, les cours sont bien tenus, mais les affaires sont sensiblement ralen- 
ties, surtout sur les menus grains. 

Farines. — La vente est un peu meilleure, mais les prix restent sans variations 

Êour les farines de consommation. On cotait à Paris le 14 janvier : marque de 
orbeil, 47 fr.; marques de choix, 47 à 50 fr.; premières marques, 46 à 47 fr.; 
bonnes marques, 44 à 45 fr.; marques ordinaires, 43 à 44 fr.; le tout par sac de 
159 kilog., toile à rendre, ce qui correspond aux prix extrêmes de 27 fr. 39 à 
31 fr. 85 les 100 kilog. ou 29 fr. 55 en moyenne. — Sur les farines de spécula- 
tion, on constate encore de la hausse, aux cours suivants : farines neuf-mar- 
ques, janvier, 45 fr. 50 à 45 fr. 75; février, 45 fr. 50 à 45 fr. 75; mars-avril, 
46 fr. 'à 46 fr. 25; quatre mois de mars, 46 fr. 50 à 46 fr. 75 par sac de 159 
kilog. bruts, toile à perdre, ou 157 kilog. nets. — Les farines deuxièmes sans 
affaires, valent 21 à 22 fr. les 100 kilog. 

Seigles. — Peu de demandes et offres très modérées. Les prix à la halle sont 
toujours de 15 fr. 25 à 16 fr. les 100 kilog. — ,Les farines de seigles restent cotées 
de 20 à 23 fr. les 100 kilog. en gare d'arrivée. 

Orges. — Les prix sont toujours bien tenus pour les belles qualités qui sont 
très demandées sur le marché de Paris. On cote de 17 fr. 75 à 22 fr. les 100 
kilog. suivant provenance. — Les escourgeons sont également fermes, mais la 
demande est moins active; les bonnes qualités valent de 18 fr. 25 à 19 fr. 

Avoines. — Offres et demandes très modérées; cours sans variations sensibles. 
On vend à la halle, les avoines indigènes de 16 à 20 fr. les 100 kilog. disponi- 
bles suivant provenance. Les avoines exotiques sont toujours rares; les prix sont 
bien tenus de 17 fr. 50 à 18 fr. pour les Suède, et de 17 fr. à 17 fr. 50 pour les 
Liban noires. 

Maïs. — Demande calme, et prix sans changement pour les maïs du Danube 
et de la mer Noire, qui se vendent 14 fr. 50 à 14 fr. 75 les 100 kilog. sur wagon 
au Havre ou à Rouen. — Pour les maïs à livrer, on demande toujours 13 fr. 50 
à 14 fr. 50 suivant provenance. 

Sarrasins. — La demande est toujours assez bonne; les prix se maintiennent 
de 15 fr. 75 à 16 fr. les 100 kilog. jlour le sarrasin de Bretagne disponible en 



DES DENREES AGRICOLES (17 JANVIER 1885). 117 

gare d'arrivée à Paris, et de 15 fr. 25 à 15 fr. 50 pour le sarrasin de Sologne. 

Issues. — La demande s'est ralentie depuis huit jours ; les cours ne varient 
pas. La cote de la halle est par 100 kilog. : gros son seul, 13 fr. 75 à 14 fr. ; 
sons gros et moyens, 13 fr. 25 à 13 fr. 50; sons trois cases, 12 fr. 50 à 13 fiv 
sons lins, 11 fr. 50 à 12 fr. ; recoupettes, 11 fr. 50 à 12 fr. ; remoulages blancs' 
15 fr. 50 à 16 fr.; remoulages bis, 14 fr. à 15 fr. ' 

m. — Fruits et légumes frais. 

Fruits. — On cote à la halle de Paris : Poires, 15 à 70 fr. le cent* fr. 50 à 
fr. 75 le kilog.; pommes, 10 à 80 fr. le cent; fr. 25 à fr. 60 le kilog.; 
raisin commun, 3 à 4 fr. le kilog. ; noir, 4 à 5 fr. 

Légumes. — Carottes communes, 37 à 40 fr.les 100 bottes; navets, 20 à 25 fr. 
panais, 8 à 10 fr. ; poireaux, 5 à 6 fr.; oignons en grains, 17 à 20 fr. l'hectolitre • 
navets de Freneux, 4 à 5 fr. l'hectolitre ; choux-ileurs de Bretagne, 6 à 25 fr. le 
cent ; de Paris, 20 à 60 fr.; choux de Bruxelles, fr. 15 à fr. 20 le litre ; cham- 
pignons, fr. 80 à 1 fr. 50 le kilog,; potirons, fr. 75 à 4 fr. la pièce ; sal- 
sifis, fr. 30 à fr. 40 la botte ; betteraves, fr. 30 à 1 fr. 40 la manne. 

IV. — Fourrages et graines fourragères. 

Fourrages. — Le marché de Paris a été moins approvisionné que la semaine 
dernière. Les prix sont bien tenus comme suit : foin, 52 à 58 fr. les 104 bottes 
de 5 kilog.; luzerne, 50 à 56 fr.; paille de blé, 30 à 34 fr. ; paille de seigle, 36 à 
40 fr.: paille d'avoine, 22 à 26 fr. — Sur wagon en gare, on paye le foin, 34 à 
42 fr., et la luzerne, 34 à 44 fr. selon qualité, déchargement et octroi à la charge 
des acheteurs. — A Nancy, le foin vaut 40 à 45 fr. les 500 kilog. ; la paille, 22 
à 26 fr. — A Lyon, on cote : foin 9 fr. à 11 fr. les 100 kilog.; luzerne, 8 fr. 50 
à 10 fr. ; foin de Bourgogne, 12 fr. 75 à 13 fr. ; regain, 7 fr. 50 à 8 fr. 25 ; paille, 
7 fr. 25 à 7 fr. 50. — A Rouen, les prix sont de 11 fr. 80 à 13 fr. 20 pour le 
foin, et 7 fr. 20 pour la paille. 

Graines fourragères. — Les prix sont moins soutenus qu'il y a huit jours. On 
cote à Paris, par 100 kilog. : trèfle violet, 90 à 115 fr.; trèfle blane, 160 à 
190 fr.; trèfle hybride, 160 à 180 fr. ; luzerne de pays, 110 à 115 fr.; de Pro- 
vence, 140 à 160 fr.; d'Italie, 120 à 130 fr.; du Poitou, 75 à 100 fr. ; minette, 
40 fr. ; ray-grass anglais, 35 à 40 fr. ; d'Italie, 37 à 42 fr.; sainfoin à une coupe, 
34 à 35 fr. ; à deux coupes, 40 fr.; vesces de printemps, 22 à 24 fr.; pois jarras, 
17 à 18 fr. — A Bourges, la graine de trèfle violet vaut 85 à 90 fr.; les sainfoins 
simples, 26 à 28 fr. ; ceux à deux coupes, 30 à 32 fr. ; la vesce du pays, 20 fr. — 
A Marans, on paye la graine de trèfle 100 fr.; celle de luzerne, 80 fr. les 
100 kilog. 

V. — Fins. — Spiritueux. — Vinaigres. — Cidres. 

Vins. — Les affaires ont encore été très calmes cette semaine, quoique, des 

Sourparlers assez suivis fassent présager une reprise à court délai. Dans le 
ordelais, où la moite de la récolte de 1883 et les deux tiers environs de celle 
de 1884 restent encore aux vignobles, on signale quelques ventes; divers chais 
artisans et paysans du Blayais se sont placés de 550 à 600 fr. le tonneau ; des 
crus bourgeois ont trouvé acheteurs à 800, 825 fr. et 1,000 fr. ; des. Gautenac 1884 
se sont vendus 1800 fr. et des Saint-Emilion de 1,000 à 1,200 fr. — Dans l'Aude 
et l'Hérault, des achats isolés se sont faits aux prix que nous avons déjà signalés. 
Aux environs de Mâcon, les vins nouveaux forts en couleur se payent de 80 à 
90_ fr. — A Neuvicq, dans les Gharentes, il s'est traité quelques affaires aux 

Erix de 70, 75 et 80 fr. pour les vins rouges, et de 40 à 45 fr. pour les vins 
lancs. -— Les vins d'Espagne arrivent en abondance à Cette, mais on trouve 
leurs prix trop élevés; il s'est vendu des vinsd'Alicante nouveaux à 43 fr. l'hecto- 
litre, et des vins vieux à 38 fr. — A Nice, les vins italiens sont aux cours sui- 
vant : Scoglietti, 52 à 54 fr. l'hectolitre; Pacchino, et Marsala, 48 à 50 fr.; 
vins blancs de Gastellamare, 38 à 40 fr. 

^ Vignes américaines. — On signale dans l'Hérault un mouyement assez vit 
d'offres et demandes de boutures et de plants racines de vignes américaines. 
Voici les cours moyens pratiqués à Béziers pour les plants eu gare de départ 
ou chez le vendeur : boutures, Riparia premier choix, 20 fr.; 2'' choix, 15 fr.; 
Jacquez l^'^ choix, 20 fr. 2" choix, 15; Solonis, 25 fr.; Rupestris, 50 fr. ; 
plants racines, Riparia, 60 à 80 fr. Jacquez, 60 à 100 fr,; Rupestris, 50 fr. 

Spiritueux. — La hausse constatée il y a huit jours ne s'est pas soutenue ; 
les cours ont un peu fléchi ; au marché du 13 janvier, à Paris, on cotait les trois- 



118 REVUE COMMERCIALE ET PRIX COURANT 

six fins du Nord 90 degrés 44 fr. 50 Thectolitre disponible ; février, 44 fr. 25 à 
à 44 fr. 50 ; mars-avril, 44 fr. 50; quatre mois de mai, 45 fr. à 45 fr. 25, Les 
trois-six du Languedoc sont à 110 et 112 fr. disponibles. — Les eaux-de-vie 
d'Armagnac ont été l'objet d'une hausse sérieuse depuis quelques jours : on cote 
aujourd'hui à Gondom : Haut-Armagnac, 127 fr. 50 à 130 fr. l'hectolitre logé; 
Ténarèse ordinaire, 13 j à 37 fr, 50; Bas-Armagnac, premier crû, 160 à 162 fr. 50. 
— A Lille, l'alcool de betterave disponible vaut 43 fr.; l'alcool de mélasse, 
43 fr. 50. — Dans le Languedoc, les trois-six bon goût sont cotés de 100 à 
103 fr, l'hectolitre; 110 francs à Cette, et 113 fr. à Bordeaux. Les eaux-de-vie de 
marc se payent de 93 à 97 fr., suivant les localités. 

Vuiaigres. — A Orléans, le vinaigre nouveau se paye de 28 à 30 fr. l'hecto- 
litre logé ; le vieux, 34 à 38 fr. 

Pommes à cidre. — Dans l'IUe-et-Vilaine, les pommes à cidre valent de 27 à 
32 fr. les 500 kilog., et le cidre de 12 à 20 fr. les 225 litres, nus pris au cellier. 

VI. — Sucres. — Mélasses. — Fécules. — Houblons. 

Sucres. — Les cours se sont améliorés depuis la semaine dernière. Aujour- 
d'hui ils restent bien tenus, et l'oncotait au marché du 13 janvier, sucres bruts, 
88 degrés saccharimétriques, 33 fr. 25 à 33 fr. 50 les 100 kilog.; sucres blancs, 
99 degrés, 38 fr. 50 à 38 fr. 75: sucres n" 3, livrables courant du mois, 40 fr, 50 
à 40 fr, 75; février, 40 fr, 75 à 41 fr. ; mars et avril, 41 fr. 25 à 41 fr. 50; 
quatre mois de mars, 41 fr, 75 à 42 fr, ; quatre mois de mai, 42 fr. 50 à 42 fr. 75. 
Les raflinés sont très calmes,, de 96 fr. 59 à 97 fr, pour la consommation et de 
40 à 41 fr, 50 pour l'exportation. — Le stock de Tentrepôt réel, à Paris, était, 
le 12 janvier, de 1,218,000 quintaux. — A Valenciennes, les sucres roux 88 de- 
grés valent toujours 32 fr. les 100 kilog. — A Lille, ils se payent 31 fr. 75 à 
32 fr., et les raffinés, 101 fr. — A Londres, les sucres coloniaux sont sans af- 
faires, mais ceux de betteraves sont demandés et en hausse. 

Mélasses.; — La mélasse de raffinerie vaut toujours 18 fr. les 100 kilog. à Pa- 
ris. — A Valenciennes, les mélasses de fabrique se payent 9 fr. 50, 

Fécules. — On cote la fécule première du rayon 25 fr. 50, avec 50 centimes 
de hausse, à Gompiègne et à Pans. 

Houblons. — Dans plusieurs centres, on signale une légàre reprise du mou- 
vement commercial. A Dijon, la demande est plus active; il s'est traité quelques 



attaires aux prix de 70 à 90 fr, les 50 kilog. Dans le Xord, à Alost, on constate 
une hausse de 5 à 10 fr.. aux cours de 65 à 75 fr. ; à Peperinghe, les belles qua- 
lités ont été recherchées et se sont vendues de 72 à 75 fr,; on dit que des achats 



pour la prochaine récolle ont eu lieu déjà au prix de 85 fr. les 50 kilog, — En 
Alsace, les bonnes qualités sont en hausse de 10 à 12 fr. 
VU. — Tourteaux. — Noirs. — Engrais- 

Tourteaux. — A Arras, les tourteaux de graines indigènes se payent : 
œillette, 16 fr. les 104 kilog. disponibles; colza 16 fr. 75; cameline, 15 à 15 Ir. 25, 
lin de pays, 25 fr.; et ceux de graines étrangères, pavot, 12 fr.; lin, 22 fr. — Les 
tourteaux de colza valent, 16 fr. les 100 kilog. à Gaen, et 15 fr. à Rouen. — A 
Marseille, les cours sont les mêmes qu'il y a huit jours, sauf pour l'œillette exo- 
tique qui se vend, 9 fr. 75 au lieu de 10 fr. 

Nuirs. — Sans changement à Valenciennes, où l'on cote : noir animal neuf 
en grains, 30 à 32 fr.; noir vieux grain, 10 à 12 fr.; noir d'engrais, 2 à 8 fr. Le 
tout aux 100 kilog. 

Engrais. — Voici les derniers cours pratiqués à Paris : nitrate de soude, 
15 pour 100 d'azote, 22 fr. les 100 kilog.; nitrate de potasse, 13 pour 100 d'azote, 
46 fr.; sulfate d'ammoniaque, 20 à gg pour 100 d'azote, ib fr.; sulfate de 
potasse, 21 fr.: phosphate précipité, fr. 65 le degré d'acide phosphorique; 
superphosphate de chaux, 14 à 15 pour 100 d'acide phosphorique soluble, 
fr. 64 le degré: s»luble au citrate, fr. 56; sang desséché, 1 fr. 80 l'unité 
d'azote. 

Mil. — Huiles et graines oléagineuses. 
Huiles. — Les prix se soutienoent, mais les transactions resten t peu impor- 
tantes. On cote, à Paris : huile de colza disponible 67 fr. livrabk% 67 fr. 25 
à 69 fr. 25, suivant époques; huiles de lin disponible 52 fr. 75 à 53 fr. ; livrable 
52 fr. 75 à 53 fr. 25; colza épurée 71 fr. 50 à 75 fr. 75. — Arras, l'œillette 
surfine vaut 96 fr, ; le colza 69 fr. —A Cambrai, on paye : colza, 70 fr.; lin, 
55 fr.; a^illette 105 fr. le tout aux 100 kilog. 



DES DENREES AGRICOLES (17 JANVIER 1885), 119 

Graines oléagineuxe>i. — Les graines d'oeillette et de lin sont en hausse à 
Arras. Voici les cours actuels : œillette, 26 fr. 50 à 28 fr. 25 ; lin, 21 à 23 fr,; 
colza, 19 fr. 50 à 21 fr.; cameline, 13 à 16 fr. 50. — A Cambrai, l'œillette vaut 
24 fr. 50 à 26 fr. : la cameline, 12 à 15 fr. 

IX. — Matières résineuses et textiles. 

Matières résineuses. — La gemme nouvelle est cotée à Bazas 20 fr. les 
250 litres; celle au système liugues 22 fr. 50. — L'essence de térébenthine se 
paye 52 fr. les 100 kilog. à Dax. 

Chanvres. — Il règne une grande activité sur les marchés de la Sarthe et de 
l'Anjou, où les chanvres blancs se vendent de 74 à 80 fr, les 100 kilog. et les 
gris de 68 à 72 fr. — Dans l'Ile-et-Vilaine on paye les chanvres de 70 à 80 fr. 

Lins. — Les lins sont cotés de 50 à 60 fr. les 100 kilog. à la Gruerche (Ille- 
et- Vilaine). 

Bois. — La vente des bois a été peu active en général pendant ces dernières- 
semaines. On signale néanmoins depuis quehpies jours un certain mouvement 
dans le commerce des bois de feu à Paris, où l'on cote : bois de flot, 115 à 
120 fr. le décastère ; traverses, 120 fr. ; bois pelard, 130 fr. : bois neuf dur gris, 
12,0 fr, ; bois blancs, 115 fr. : pin pelé, 115 fr.; non gelé, 150 fr. — Sur les ports 
de la Nièvre, de l'Oise et de la Marne, les mouvements de marchandises ont été 
très faibles. — A Bordeaux, la situation du merrain s'est un peu améliorée par 
suite de la rareté des arrivages. On cote : merrain de Bosnie pour barriques, les 
1,616 douves de 34 *à H 6 pouces de long sur 12 à 14 lignes d'épaisseur, 925 à 
950 fr. ; 14 à 16 lignes, 1,100 à 1,150 fr. ; 16 à 18 lignes, 1,175 à 1,225 fr. ; 
18 à 20 lignes, 1,350 à 1,400 fr. — A Glamecy, le meri-ain se vend 635 fr. le 
millier de 2,600 pièces ; les lattes de première qualité, 135 fr. les 104 bottes; de 
seconde qualité, 88 à 95 fr.; les échalas, 30 à 52 fr, le mille. 
X. — Beurres. — Œttfs. — Fromages. 

Beurres. — On a vendu à la halle, du 5 au 11 janvier, 235,101 kilog. de 
beurre aux prix de : en demi-kilog. 2 fr. 50 à 3 fr. 80; petits-beurres. 1 fi'. 68 
à 2 fr. 78 : Grournay, 2 fr. 22 à 4 fr. 40 ; Isigny, 1 fr. 90 à 8 fr. 

Fromages. — On cote à la halle, par douzaine, Brie, 7 à 31 fr.; Moutlhéry, 
15 fr. — par cent; Livarot, 40 à 102 fr.; Mont-d'Or, 7 à 27 fr.; Koufchàtel, 
3 fr. 50 à 15 fr. 50; divers, 6 à 72 fr.; —par 100 kilog., Grruyère, 90 à 180 fr. 
XI. — Chevaux. — Bétail. — Viande. 

Bétail. — Le tableau suivant résume le mouvement officiel du marché aux 
bestiaux de la Villette du jeudi 8 au mardi 13 janvier. 

Poids Prix du kilog. de yiande nette sur 
\T \ ■ moyen pied au marché du 12 janvier 1885 

l^our Pour En 4 quartiers. 1" 2° 3° Prix 

Amenés. Paris. l'eslérieur. totalité. kil. quai. quai. quai, moyen* 

Bœufs 4,505 2,912 1,326 4,238 352 1.60 1.46 1.16 l"..39 

Vaches 1,322 671 521 1,192 241 1.52 1.40 1.14 1.32 

Taureaux 311 . 246 34 280 392 1,40 1.30 1.14 1,27 

Veaux 2,713 1,881 632 2,513 77 2.20 2.00 1.80 2.00 

Moutons 35,546 27,476 5,561 33.037 20 1.88 1.68 1..50 1.60 

Porcs gras 6,474 2,734 3,548 6,282 81 1.26 1.20 1.16 1.20 

Les arrivages de la semaine se décomposent ainsi : 

Bœufs. — Ain, 10; Allier, 381: Avexron, 18; Calvados, 53 ; Charente, 257 ; Cher, 182; Cor- 
rèze, 16; Côte-clOr, 20; Creuse, 197; De"ux-i<èvres, 154; Dordog:ne, 383 : Eure, 11 ; IlIe-et-Vilaine, 
7; Indre, 137 ; Haute-Loire, 81; Loire-Inférieure, 1.30; Loir-et-Cher, 2; Loiret, 22; Maine-et- 
Loire, 1,521; Manche, 36; Mayenne, iOl. Morbihan, 60; Nièvre, 82; Nord, 6; Puy-de-Dôme, 
27; Rhône, 18; Haute-Saône, 6; "Saône-et-Loire, 10; Sarthe, 5; Vendée, 605; Vienne, 40: Haute- 
Vienne, 105; Yonne, 20 ; Italie, 16. 

Vaches. — Allier, 95; Aube, 18; Aveyron, 10; Belfort, 12 ; Calvados, 77 ; Charente, 73 ; Cher, 
54; Côte-d'Or, 4-, Creuse, 136; Dordogne, lOl : Eure, 7 : Gironde, 8; Indre, 9 : Loire-lnlérieure, 
29; Maine-el-Loire, 37, Manche, 22 ; Haute-Marne, 5 ; Nièvre, lOo ; Oise, 18; Ptiy-de-iiônie, 66 ; 
Sarthe, 2; Seine, 140; Seine-Inférieure, 14; Seine-et-Marne, 18; Seine-et-Oise, 30; Vendée, 16- 
Haute-Vienne, 189 ; Yonne, 12; Suisse, 17. 

Taureaux. — Aisne, 6; Allier,- 14; Aube, 1; Cakados, 8; Charente, 1; Cher, 26; Côte-d'Or, 
5 ; Deux-Sèvres, 3 ; Dordogne, 2 ; Eure, 5; Eure-et-Loir, 5; llle-et-Vilaine, 25; Loire-Inférieure, 
9; Loiret, 4; Maine-et-Loire, 29; Manche, 7; Haute-Marne, 12; Mayenne, 12; Nièvre, 12; Oise, 3; 
Puy-de-Dôme, 8; haône-et-Loire, 3; Sarthe, 1 ; Seine-el-Marne, 10; Seine-ct-Oise, 12; Somme, 8; 
Vendée, 4; Haute-Vienne, 2; Yonne, 6: Allemagne, 11. 

Veaux. — Aube, 230; Aveyron, 62; Calvados, 16; Eure, 260; Eure-et-Loir, 238; Haute- 
Garonne, 8; Loiret, 197; .Marne, 1]U; Oise, 61; Puy-de-Dôme. 181; Sarthe, 62; Seine-Inférieure, 
70; Seine-el-Marne, 249; Seine-et-Oise, 76; Haule-Viennc, 38; Yonne. 96. 

Moutons. — Aisne, 1,284; Allier, 4,083; Ardennes, 116; .\ube, 530; Aveyron, 485; Cantal, 
573; Cher, 216; Côte-d'Or, 461; Eure, 281; Eure-et-Loir, 344; Loiret, 247; Lot, 259; Marne, 60; 



120 REVUE COMMERCIALE ET PRIX GOURANT (17 JANVIER 1885;>. 

Nièvre 1039- Nord, 170; Oise, 497; Puy-de-Dôme, 667; Seine-et-Marne. '2. '291: Seine-et-Oise, 
2,234;' Somme, 331; Haute-Vienne, 290; Yonne, 187; Allemagne, 11,748; Hongrie, 4,837; 
Russie, 272. , , 

Poj.cs. — Allier, 300; Calvados, 54; Charente, 99; Charente-Inférieure, 80; Cher, 282; Corrèze, 
218; Creuse, 518; Deux-Sèvres, 468; Dordogne, 19; Eure, 41; Il le-et- Vilaine, 286: Indre, 1,061: 
Indre-et-Loire, 68; Loire-Inférieure, 107; Loir-et-Cher, 34; Loiret, 57; Lot! 76; Maine-ét-LoireJ 
687: Manche, 58; Mayenne, 95; Nièvre, 217; Puy-de-Dôme, 137; Sarthe, 1,334; Vendée, 377; 
Vienne, 213; Haute-Vienne, 155. 

Les arrivages ont été à peu près les mêmes que ceux de la semaine dernière, 
sauf pour les moutons qui sont supérieurs de 2,000. Le prix du veau et du porc 
a augmenté; celui des moutons a diminué de 9 centimes par kilog. — Sur les 
marchés des départements, on cote : Sedan, bœuf, le kilog. 1 fr. 20 à 1 fr. 80 ; 
veau, 1 fr. 40 à 2 fr. ; mouton, 1 fr. 50 à 2 fr. 20 : porc, 1 fr. 40 à 1 fr. 70. — 
Nancy, bœuf, 82 à 86 fr. les 100 kilog. bruts; vache, 60 à 62 fr,; veau, 55 à 

62 fr.: mouton, 100 à 110 fr.; porc, '65 à 68 fr. — Evreux^ bœuf, le kilog. 
2 fr. 10; veau, 2 fr. 30; mouton, 2 fr. 30; porc, 1 fr. 70. — Louviers, bœuf, 
1 fr. 40 à 2 fr.; veau, 2 fr. à 2 fr. 20; mouton, 2 fr. à 2 fr. 20; porc 1 fr. 60 
à 1 fr. 80. — Le Mans vache, 1 fr. 44 à 1 fr. 54 ; veau, 1 fr. 65 à 1 fr. 75; 
mouton, 1 fr. 80 à 1 fr. 90; porc, fr. 70 à fr. 80 — PUhiviers, vache, 
1 fr, 50; veau, 1 fr, 60 à 2 fr, 30 ; mouton, 1 fr, 90 ; porc fr, 90. — Chartres, 
veau, 1 fr. 50 à 2 fr. 20; mouton, 1 fr. 80; porc 1 fr, 20 à 1 fr, 30, — Bar- 
bezieux^ bœuf 1 fr, 60 à 1 fr. 80; veau, 1 fr. 80 à 2 fr.; mouton, 1 fr. 40 à 
1 fr. 60; porc, 1 fr, 40 à 1 fr. 60, — Dijon, bœuf, 1 fr. 50 à 1 fr. 60; tau- 
reau, 1 fr. 10 à 1 fr. 25; vache, 1 fr. 12 à 1 fr. 56; veau, T fr, 10 à 1 fr. 22, 
vif; mouton, 1 fr. 40 à 1 fr, 70; porc, fr, 84 à fr, 94, vif, 

A Londres^ les importations du bétail étranger, pendant la semaine, ont été 
de 715 bœufs, 4,097 moutons, 554 veaux et 7 porcs. — Prix par kilog. : bœuf, 
1 fr. 38 à 1 fr. 98; mouton, 1 fr. 72 à 2 fr, 13; veau, 1 fr, 52 à 6 fr,; porc, 
1 fr, 15 à 1 fr, 45, 

Viande à la criée. — Il a été vendu à la halle de Paris, du 5 au 12 janvier : 

Prix fin kilog. le 11 janvier ISSô. 

kilog. 1" quai. •.'■■ quai. 3' quai. Oiioix. Basse boucherie. 

Bœuf OU vache.. 176,726 1.58 à 1.94 1.36 à 1.56 1.00 à 1.34 1.50 à 2.80 0.20 à 1,28 

Veau 164,042 1,92 2.26 1.70 1.90 1.20 1.68 » » « » 

Moutons 77,786 1.42 1.72 1 ,20 1.40 0.98 1.18 1.56 3.00 » » 

Porc 75,423 Porc frais,.... 1 .06 à 1 .22; salé, 130 

493,977 Soit par j(»ur.. 70,568 kilog. 

Les ventes ont été inférieures de 7,000 kilog. à celle de la semaine précédente* 
Le veau s'est vendu plus cher ; les autres viandes ont conservé le même prix. 

XII. — Cours de la viande à l'abattoir de la Villette du jeudi Ib janvier 1885 (par 50 kilog.) 
Cours de la charcuterie. — On vend à la Villette par 50 kilog, : l""'" qualité, 

63 à 67 fr. ; r, 55 à 61 fr. Poids vif, 45 à 49 fr. 

Ba'iifs.^ ^__^^ Veaux. ^^___^ Moutons 

l" -2' 3' l" 2» 3" 1" T y 

quai. quai. quai quai. quai. quai. quai. quai. quai. 

fr. fr. fr. fr. fr. fr. fr. fr. fr. 

76 68 60 113 102 96 82 74 67 

XIH. — Marche aux bestiaux de la Villette du jeudi 15 janvier 1885. 

Cours des commissionnaires 
Poids Cou rs offi ciels^ eu bes tiaux. 

Animaux général. 1" 2° 3° Prix i" 2" 3° Pi'ix 

amenés. Invendus. kil. quai. quai. quai, extrêmes. quai. quai. quai. extrêmes. 

BœOfs 1.990 21 3'j8 1.64 1.50 1.20 1.10^1.68 I.6.' 1.50 1.20 1.15à(.64 

Vaches 5r.:i 33 237 1.54 1.40 1.16 1.10 1.58 1.52 1.40 1.15 f.lO ^.i^ 

Taureaux.... Kil 16 391 1.42 1.32 1.16 1.12 1.46 1.40 1.30 1-13 1.10 1.44 

Veaux 1.07.". 59 79 2,24 2.06 1.86 1.64 2.46 » » » » 

Moulons 17.280 2.186 20 1.90 1.72 1.54 1.50 1.96 " » " " 

Porcs gras... 3.386 23 79 1.32 1.26 1.22 1.18 1.38 » » » " 

•—maigres... » » » » » » » » » " " 

Vente assez active sur toutes les espèces. * 

XIV. — Résumé. 
En résumé, les céréales sont restées stationnaires, avec légère tendance à la 
baisse; les autres denrées conservent leurs prix ; les houbbns sont mieux tenus; 
et l'on a l'espoir d'une reprise ])rochaine. A., Remy. 

Le Gérant : A, Bouché. 



CHRONIQUE AGRICOLE (24 janvier im). 

Résultats de la réunion organisée à Paris par la Ligue contre le renchérissement du pain et de 
la viande. — Conséquences nécessaires de l'élévation des tarifs de douane. — Tableau du 
commerce de la France pendant Tannée 1884. — Comparaison avec les résultats de l'année 1883. 
— Conclusion d'une étude de M. Grandeau sur la situation agricole et sur les moyens d'y remé- 
dier. — Vœux des Associations agricoles. — Conclusions adoptées par le groupe de la "Société 
des agriculteurs appartenant au département de la Loire. — Le prochain concours général agri- 
cole à Nevcrs. — Programme du concours régional d'animaux de Ijoucherie à Limoges.^ — 
Notes de M. Ballot. sur la viande de vache. — Achat de taureaux de race normande pure par 
le Comice de Neufchàtel. — Catalogue des Ampélidées cultivées à l'école nationale d'agricul 
lure de Montpellier. — Tableau de la production des alcools en 1884. — Bulletin du minis- 
tère de l'agriculture. — L'enseignement agricole aux Etats-Unis d'Amérique. — Circulaire du 
ministre de l'agriculture relative à l'échenillage. — Réunion de la Société libre d'agriculture 
de l'Eure. — La question des impôts en Algérie. —Réunion annuelle des fondateurs du Journal 
de Vagricullure. — Notes de MM. Pagnoul, Bronsvick, Garin, de Lentilhac sur l'état des 
récoltes et les travaux agricoles dans les départements du Pas-de-Calais, des Vosges, de l'Ain 
et de la Dordogne. 

I. — Une manifestation anti-agricole. 

La Ligne dite nationale contre le renchérissement du pain et de la 
viande a fait à Paris, le dimanche 18 janvier, une grande manifestation 
dans la vaste salle Tivoli, sous la présidence de M. Léon Sa) . Pins 
de 3,000 auditeurs étaient venus entendre les orateurs dont les noms 
figuraient sur les aflîches dont on avait couvert les murs de la capitale. 
Quoique le Journal de ^agriculture n'ait pas été convoqué à cette 
réunion, il peut affirmer à ses lecteurs, sans craindre aucun démenti, 
que les revendications agricoles n'ont rien à redouter du résultat 
qu'elle pourra ohtenir; en effet, sur cette foule de 3,000 personnes, au 
milieu de la capitale, 300 à 400 mains seulement se sont levées en 
faveur de l'ordre du jour proposé par le bureau de la Ligue contre 
les projets de loi relatifs à l'élévation des droits sur les céréales et les 
bestiaux; le plus grand nombre des assistants se sont abstenus. Il est 
vrai qu'un autre ordre du jour, présenté par M. Demarçay en faveur 
de droits modérés temporaires sur les céréales et les bestiaux, n'a pas 
«té adopté. Mais le but visé par la Ligue a été manqué ; la popularité 
lui fait défaut, même à Paris. Quelle autorité peut-on attacher à un 
vote émis par la dixième partie dune assemblée! 

Toutefois, il est une phrase du discours de M. Léon Say que nous 
devons signaler. L'honorable président de la Ligue a affirmé que 
presque tous les partisans de la réforme des tarifs de douane con- 
viennent que le droit de 3 fr. par 1 00 kilog. sur le blé sera insuffi- 
sant et ne produira aucun résultat, de sorte que, en même temps 
qu'on constate une maladie, on apporte un remède, sachant qu'il ne 
sera pas efficace. Il y a là une erreur d'appréciation qui a échappé à 
M. Léon Say. Tout d'abord, de ce que le rapport de M. Georges Graux 
conclut à un droit de 3 fr., rien ne dit que le Parlement n'admettra 
pas un droit plus élevé et plus conforme aux revendications des agri- 
culteurs de toutes les parties de la France. Quand bien même le Par- 
lement s arrêterait à ce droit de 3 fr., quand bien même il n'en 
résulterait aucun relèvement des prix, il n'en est pas moins certain 
que l'Etat percevrait les droits de douane à la frontière, et que cette 
augmentation de recettes permettrait de commencer à opérer des 
dégrèvements des charges qui pèsent sur l'agriculture, dégrèvements 
dont M. Léon Say a proclamé naguère l'absolue nécessité, et qu'il 
serait bien difficile de réaliser par d'autres moyens. Les agriculteurs 
ne réclament de cadeaux de qui que ce soit; ils n'ambitionnent aucun 
privilège, ils demandent simplement l'équité. 

N° 824. — Tome l" de 1885. — 24 Janvier. 



122 CHRONIQUE AGRICOLE (24 JANVIER 1865!. 

II. — Le commerce de la France. 
Le ministère des finances vient de faire connaître le résultat général 
du commerce de la France pendant l'année 1884. Le tableau suivant 
résume ce document : 

Importations Fx porl;! lions 

" 1884 '""'^ 1883 ~~'' 1884"""^^^ ' 1883 ^ 

francs. francs. francs. francs. 

■Objets d'alimentation l,49y ,507,000 1,614,1(57,000 799,209,000 828,358,000 

Matières nécessaires à l'industrie 2,194,255,000 2,278,627,000 679,145,000 655,993,000 

Objets fabriqués 643,775,000 704,4.50,000 1,722.311,000 1,813,776,000 

Autres marchandises 188,430,000 207.1 05. 000 149.435.000 153.745,000 

Totaux 4,525,967,000 4,804,349,000 3,3.50, 1 OU, OOO' 3.451,872,000 

Il ressort de ce tableau que, en 1884, le commerce extérieur de la 
France a subi une diminution de 380 millions comparaliveraent à 
1883, dont 278 millions pour les importations et 102 millions pour 
les exportations. — Toutefois, il faut ajouter que, si l'on compare les 
deux mois de décembre de ces années, on constate pour décembre 
1884 une diminution de G2 millions de francs aux importations, et 
un excédent de 37 millions aux exportations. On peut espérer que 
cette amélioration se maintiendra. 

III. — Etudes sur la situation agricole. 
Le journal Le Temps vient de publier une série d'articles sur la 
situation agricole et sur les réformes qui pourraient l'améliorer. Ces 
articles sont dus à la plume de M. Grandeau, directeur de la Station 
agronomique de lEst.Nousne pouvons assurément pas les reproduire 
ici ; mais comme on nous demande d'y répondre dans nos colonnes, 
il est de notre devoir d'en placer les conclusions sous les yeux de nos 
lecteui's. M. Grandeau se déclare opposé à toute élévation des tarifs de 
douane sur les produits agricoles, et il formule comme il suit les 
réforines urgentes à réaliser : 

« Lfs réformes virgentes pour atteindre cet objectif: raccroissement des reii"* 
dempRîs, sont nombreuses et d'ordres divers. Voici les principales : 

« I. Réformes léjif'latives. — 1" Modiiicalion de la loi qui régit les successions 
et s'op])ose à rallongement des baux (modilication des articles 1429 et 1430, ne 
permettant pas au mari d'affermer pendant plus de neuf ans le bien de la femme, 
et df'-i articles 481 et 595 fixant à neuf ans la durée des baux des fermes dont jouit 
l'usufruitier, et celle des baux consentis par le mineur, art. 1718) ; 

« 2*" Extension aux opérations d'abornement général de la loi du 21 juin 1865 
sur les associations syndicales. Celle simple add.ilion à la loi permettra le 
remembrement et la réfection cadastrale, à très peu de frais, des territoires 
morcelés d'un très grand nombre de communes. Son effet certain serait de 
rendre possible l'abandon de l'assolement triennal et la suppression de beaucoup 
d'autres entraves apportées par la législation actuelle aux améliorations cul- 
turales ; 

ce 3" Modifications à la loi de 1867 sur la répression de la fraude dans le 
commerce des engrais. La loi projetée affranchirait le cultivateur des manieuvres 
dolosives dont il est charpie jour la victime et contribuerait très efficacement à 
l'extHi'usion de TeniDloi des fumures artificielles, vendues loyalement sous le con- 
trôle des stations agronomiques et des syndicats. 

« II. Réformes culturales. — 1" Réduction notable des surfaces emblavées. — 
Réserver à la culture du froment les terres particulièrement aptes à le porter. 
Transformation en prairies et en autres cultures, partout où cela sera possible, 
des mauvaises terres à blé; 

. « 2" Propagalion des machines et notamment des semoirsen ligne et des outils 
achevai propres au nettoyage du sol: 

a Choix des graines de bonne qualité et de variétés prolifiques; ^ 

« 4" Extension de l'emploi des engrais chiiî;i(p(('S judicieiisement appliqué 
aux diverses cultures ; ' ^ 



CHKuxiijL;!': AiiiUi: -' ... >-:-.;_..- >'i;:ii 1835. 123 

<c 5*^ Transformation inrlustrielle de l'agriculture : 

■i 6° Augmentation du jjétail, 

« Nous avons montre quelle large part peut être dévolue dans ces améliorations 
aux slalions agronomiques, que nous demandons au Parlement de mettre à 
même, par des subventions suffisantes, d'exercer efticacenient, et dès aujourd'hui^ 
leur action sur l'agriculture française. 

« Si le Parlement élève les droits à l'entrée sur les céréales, et qu'un i-elè- 
vement du prix du Blé en soit le résultat, ce. que nous persistons à considéi-er 
comme douieux, nous ne saurions trop engager les cultivateurs français à ne point 
se laisser aller à augmenter, au lieu de la réduire notablement, la surface 
emblavée, 

'< Faire plus de blé sur une plus grande étendue serait un nouveau péril pour 
notre agriculture. Elevei- nos rendements, en réduisant en même tempsla surface 
emblavée, telle est la voie rationnelle, la seule qui puisse conduire à une atté- 
luiation de la crise et aider rà sa disparilion plus ou moins prompte. 

K Instruire par tous les moyens et sous toufes les formes possibles, le culti- 
vateur français, faire disparaître les entraves législatives, provoquer l'association 
des cultivateurs, propriétaires et fermiers, tel est le rôle de l'Etat. 

« S'instruire, s'associer, faire acte d'initiative individuelle et collective, tels 
sont les devoirs, conformes à leurs intérêts, de tous ceux qui, de près ou de loin, 
appartiennent au monde agricole. Une meilleure instruction technique, des capi- 
taux et le concours de conditions météorologiques, voilà les remèdes efficaces à la 
situation présente. 

« Hors de l'initiative privée, de l'association et de la science, il n'est point 
de salut. » 

Toutes f-es conclusions de M. Grandeau s'imposent à l'attention de 
nos législateurs, d'une part, et des agriculteurs, d'autre part. Ce n'est 
donc pas sur les questions de principe que peut porter la discussion, mais 
sur des points de fait. Dans notre prochain numéro, nous publierons 
le premier article que M. Paul Gêna) , président du (-omice agricole 
de Lunéville, nous a envoyé sur la question. 

IV. — Voiu-c des ^issoctalio)is a^/ricules. 
Dans notre dernière chronique '^page 82), nous avons publié le 
lexLte d'une des résolutions adoptées, dans sa séance du 3 janvier, par 
le groupe des membres de la Société des agriculteurs de France appar- 
tenant au département de la f.oire. Voici deux autres résolutions votées 
dans la même séance : 

« 1° Le groupe de la Société des agriculteurs de France du département de la 
Loire : considérant que les vœux formulés par la Société des agriculteurs de 
France ainsi que par un très grand nombre d'autres Sociétés d'agriculture, rela- 
tivement à l'élévation des tarifs douaniers, n'ont été jusqu'à ce jour suivis d'au- 
lune décision d_e la part des pouvoirs publics; 'considérant que tous les retards 
apportés dans l'exécution des mesures destinées à atténuer la crise agricole entraî- 
lU'Qt des pertes irréparables ; considérant que les oppositions formulées contre 
l'élévation des tarifs douaniers n'ont aucun caractère d'intérêt général, et qu'elles 
sont toutes motivées par des intérêts locaux ou particuliers; considérant que ces 
intérêts particuliers, quelque respectables qu'ils puissent être, ne doivent pas 
contrebalancer les intérêts généraux de la France entière, réitère les \'œux émis 
}»ar lui le 16 octobre. Ces vœux étaient ainsi conçus : 

•c 1" Que les pouvoirs publics soient saisis immédiatement d'un projet de loi 
([ui aura pour objet d'établir des tarifs douaniers suffisamment compensateurs 
pour que l'agriculture française puisse, résister à la concurrence étrangère. 

«; 2" Que la loi votée à cet effet soit promulguée et mise en vigxieur en temps 
utile pour protéger les opérations de la récolte prochaine. 

•<- Confirme ceux que le Conseil de la Société des agriculteurs de France a pris 
de concert avec les Sociétés et Comices dans les séances tenues à Paris les 20 et 
21 novembre 1884. — Engage le bureau de la Société des agriculteurs de France 
à intervenir de nouveau auprès du gouvernement pour obtenir que les relèvements 
dos tarifs douaniers concernant les blés et les bestiaux soient votés à bref délai. 



124 CHRONIQUE AGRICOLE (24 JANVIER .1885). 

Demandé qu'au prochain Congrès de la Société des agriculteurs, un vœu 

nouveau soit présenté pour solliciter du gouvernement l'application de droits 
compensateurs sur tous les produits du sol, à mesure que l'expiration des traités 
de commerce permettra la réalisation de cette mesure. 

ce 2" Considérant que le projet de loi déposé par M. le ministre de l'agriculture 
pour organiser la représentation officielle de l'agriculture n'a pas été mis en dis- 
cussion par la Chambre des députés, le groupe de la Loire renouvelle le vœu 
qu'il a formulé le 10 janvier 1894. Ce vœu était ainsi conçu : 

ce 1° Séparation complète entre les intérêts agricoles et les rouages politiques, 
même communaux ; 

ce 2° Formation d'un corps électoral constitué sur des bases absolument agricoles, 
par assimilation à ce qui se fait pour les Chambres de commerce ; 

ce 3" Organisation d'une représentation à trois degrés : Premier degré, collèges 
cantonaux; — deuxième degré, Chambre consultative départementale, formée à 
raison d'un membre par canton, lequel sera élu par son collège cantonal ; — 
troisième degré, Conseil supérieur consultatif de 1 agriculture établi auprès du 
ministre et formé à raison d'un membre par département, lequel sera élu par la 
Chambre consultative de son département. » 

Il a été décidé, en outre, sur la proposition de M. dePoncins, que, 
dans la prochaine session de la Société des agriculteurs de France, 
on reprendrait le vœu que l'assiette du droit de douane à percevoir 
sur les bestiaux fût fixée non par tête, mais au poids, c'est-à-dire par 
1 00 kilog. 

V. — Concours général agricole de Nevers. 

D'après une note que nous recevons de la Société d'agriculture 
de la Nièvre, le concours général de Nevers, iqui aura, lieu du 28 jan- 
vier au 1" février prochain, ne sera pas moins important que les 
précédents. On y comptera 250 animaux gras et 300 animaux repro- 
ducteurs, dont 250 taureaux nivernais-charolais, et 50 béliers des 
races southdown, dishley et shropshire. La réunion d'un aussi grand 
nombre de reproducteurs de même race donne au concours de Nevers 
un caractère tout particulier. 40 étalons de gros trait et 60 pouliches et 
juments de même race formeront la section hippique du concours. 
Les machines tagricoles et les produits (volailles vivantes, fromages, 
beurres, produits divers) y tiendront une place considérable. Le pro- 
gramme sera envoyé aux personnes qui en feront la demande à 
M. G. Vallière, secrétaire de la Société, à Nevers. 

VI. — Concours d'animaux de boucherie à Limoges. 

Le concours régional d'animaux de boucherie, organisé par la 
Société d'agriculture de la Haute-Vienne, se tiendra à Limoges les 
31 janvier et 1"' février. Il comprendra les animaux gras des races 
bovines limousine, garonnaise et autres, les animaux des races ovines 
et porcines. Un prix d'honneur, consistant en un objet d'art, offert 
par M. Teisserenc de Bort, vice-président de la Société, sera décerné 
au plus bel animal. Dans la catégorie des jeunes bœufs, on n'admettra 
que ceux ayant au moins une dent de lait. Pour être admis à concourir, 
on doit adresser, au plus tard le 26 janvier, à M. Gérardin, secrétaire 
général de la Société d'agriculture, 15, rue du Saint-Esprit, à Limoges, 
une déclaration indiquant : le nom et la résidence des propriétaires, 
la catégorie dans laquelle l'animal doit concourir, la race, la robe et 
l'âge, le lieu où l'animal a été engraissé et la durée de possession de 
son propriétairé. L'animal ne pourra concourir que dans la catégorie 
où il aura été présenté ; cependant un animal non primé dans la caté- 
gorie pourra elacore concourir pour les prix de paires et de bandes. 



CHRONIQUE AGRICOLE (24 JANVIER 1885). 125 

VIL — La viande de vache. 
A l'occasion du concours d'animaux de boucherie tenu à Reims 
(voir page 35 de ce volume), M. Ballot, vice-président du Comice de 
Reims, nous transmet la note suivante dans laquelle il plaide spiri- 
tuellement la cause de la viande de vache : 

« La catégorie des vaches a positivement séduit tous les visiteurs ; c'est parmi 
elles que se trouvaient les animaux les plus finis et les plus remarquables. Une 

génisse exposée par M. Polonceau était un véritable prodige d'engraissement, 
'était une exhibition capable de plaider bien éloqueniment contre le préjugé 
et l'ostracisme qui s'attachent encore à la consommation de la viande de vache. 

« Ces animaux, avec leurs têtes légères, au regard doux et placide, avec leur 
peau douce, fine et moelleuse, les contours gracieux et arrondis de leurs muscles, 
leurs squelettes délicats, semblaient dire aux visiteurs : 

« Serons-nous encore longtemps les victimes de ce préjugé injuste qui nous 
refuse le privilège de paraître ouvertement aujourd'hui sur les tables opulentes ? 
Ce préjugé pouvait avoir sa raison d'être il y a quelque cinquante ou soixante 
ans, alors qu'on ne pensait pas encore à nous faire procluctrices de viande. Notre 
rôle se bornait à donner du lait pendant une carrière qui nous menait quelque- 
fois jusqu'à l'âge de vingt ans et plus. On n'essayait même pas de nous engrais- 
ser, c'eût été peine perdue ; nos muscles secs et rigides n'auraient pu être péné- 
trés par la graisse qui les eût attendris. On nous livrait donc à quelque boucher 
rouge qui nous payait un prix dérisoire; peut-être était-ce encore plus que nous 
ne valions, et, pour manger notre chair, il fallait une organisation privilégiée : 
des mâchoires vigoureusement musclées, des dents de requin, un estomac d'au- 
truche ; c'est alors qu'on ne nous désignait que sous le nom de vache enragée. 
Il paraît que cette viande de vache enragée était un remède souverain contre les 
fredaines -des jeunes gens, qui ne manquaient pas de revenir corrigés quand ils 
avaient mangé assez de vaclie enragée. 

« Mais aujourd'hui quelle différence ! Ne reconnaissez-vous pas en nous les 
vaches grasses entrevues en songe par Pharaon? Est-ce que nous ne sommes pas 
arrivées à l'époque d'abondance prédite par Joseph, avec du blé à 18 fr. et une 
production de viande illimitée? 

« Ne sommes-nous pas plus tendres, plus succulentes que ces bœufs à l'œil 
stupide, au cuir épais, au poil bourru, au squelette volumineux? Est-ce que 
la poularde n'est pas supérieure au poulet, la faisane au faisan, la dinde au 
dindon ? » 

C'est, en effet, un simple préjugé qui fait dédaigner la viande de 
vache. Mais ce préjugé tend à disparaître, et Ton s'en aperçoit de plus 
en plus dans les foires, aussi bien qu'au marché de la Villette. 
VIII. — Achat de taureaux cotentins. 

L'arrondissement de Neufchâtel-en-Rray (Seine-Inférieure) est célè- 
bre par sa production de fromages, mais ses nombreuses vacheries 
laissent souvent à désirer sous le rapport de la qualité des animaux 
qui les peuplent. Alin d'améliorer cet état de choses, le Comice de 
l'arrondissement, à l'instigation de son président, M. Rasset, vient 
de faire, dans le département de la Manche, une acquisition impor- 
tante de quatorze jeunes taureaux de race normande pure, dans le but 
d'améliorer promptement, et par les voies les plussiîres, les troupeaux 
du pays. Ces taureaux ont été revendus aux enchères publiques à 
Neufchâtel ; les nombreux éleveurs qui ont assisté à cette vente étaient 
unanimes à les trouver aussi remarquables par la finesse que par la 
beauté des formes. Les enchères ont donné les résultats suivants : 
quatre animaux ont été adjugés au-dessous de 500 fr., trois de 500 à 
600 fr. et sept de 600 à 720 fr., prix maximum. 
IX. — Questions de viticulture. 

M. G. Foex, directeur et professeur de viticulture à l'École natio- 
nale d'agriculture de Montpellier, vient de publier le Catalogue des 



126 CIIKONIOuK AaUlC'JL!-:|(24 JAXVi;-:u 1885;. 

Ampélidées cultivées dans ce grand établissement en 1884. Ce cata- 
logue ne comprend pas moins de 575 variétés, dont 564 appartenant 
au genre Vitis, et 1 1 appartenant à d'autres genres- La répartition <[<' 
ces variétés ou cépages entre les espèces de vigne est la suivante : 
Vitis xstiralh, 49; Vitis' Riparia, 78; Vitis Labrusca, 55; vignes 
hybrides, 80; semis de vignes américaines ayant fructifié à l'écîole et 
offrant quelque intérêt, 6; vignes diverses, 7; Viiis vinifera, 272; 
autres vignes asiatiques, 7. Parmi les autres Ampélidées cultivées à 
Técole, on compte 7 espèces du genre Ampélopsis, 3 du genre Cissus, 
et i du genre Ampelocissus. Nous croyons utile d'ajjpeler l'attention 
■sur ce fait que, dans les collections de l'école, on cultive aujourd'hui 
V272 cépages du Vitis vinifera, en d'autres termes, 272 variétés de 
vignes françaises. C'est une réponse catégorique aux quelques per- 
sonnes qui prétendent que l'Ecole d'agriculture de Montpellier est 
inféodée auK vignes américaines et qu'on en écarte systématiquement 
les vieux cépages français. 

X. — La production des alcools. 
Lq Journal officiel du 18 janvier publie le tableiiu de la production 
et du mouvement des alcools pendant 1 année 1884. Voici les résultats 
afférents aux douze premiers (il n'y a que le Journal officiel pour 
imprimer de semblables naïvetés) mois de l'année : 

1884 1883 

Iler'lolilro':. Heotolttnes. 

Alcools (le vins 2b , 'l'i l \ 14 ,678 \ 

1 — cidres et poirés 746 i 1551 

Distillateurs } — marcs et lies 8,538 f 6,547f 

de ' — substances farineuses. 485,00] 1,87-2,534 562,967) 1,97! ,'i3'4 

profess-on i — l)ett<'raves 569 , 257 \ 629, 998 \ 

_ nirlasses... 778,7l4 1 751,2721 

^ — autres substances 5,037/ 5,817/ 

(Alcools de vins.. 10,010^ 8,032) 

Bouilleurs de eni ] — cidres et poirés 14,821 > 61,930 7,832> 3î).5H2 

f _ marcs et lies 37 ,099 ) 23 , 7 18 ) 

Totaux 1,934,464 ' 2,011.016 

Il y a eu, en 1884, une augmentation sensible dans la production 
■des diverses sortes d'acools, sauf pour les alcools de grains et de bet- 
teraves ; mais comme ces dernières distilleries sont les plus importantes, 
il y a sur l'ensemble de la production une diminution de 77,000 lie(-- 
tolitres. Les importations d'alcool ont été de 188,509 hectolitres en 
1884, contre 164,714 en 1883; quant aux exportations, elles ont été 
de 260,768 hectolitres, contre 265,763 en 1883. Il faudrait ajouter 
que la'baisse dans le prix des alcools a fait encore de nouveaux pro- 
grès depuis un an. 

XI. — Bulletin du ministère de l'agriculture. 

Le 8" fascicule pour l'année 1884 du Bulletin du ministère de 
l'agriculture a paru récemment. A la suite des documents officiels, ce 
fascicule renferme un rapport de M. .loseph iioussingault sur la falsi- 
fication des marcs de raisins secs, puis plusieurs notices intéressantes 
sur l'agriculture étrangère. C'est d'abord la traduction de la loi sur 
les baux agricoles rendue en 1883 en Angleterre; cette loi, dont il a 
été question plusieurs fois dans nos colonnes, détermine les conditions 
dans lesquelles les fermiers ont un droit absolu à une indemnité en 
fin de bail. Viennent ensuite la traduction des nouvelles lois italiennes 
sur les irrigalions, un rapport de M. de Laboulaye, ministre de 
France à Lisbonne, sur le commerce des vins en Portugal, un rapport 



C.iilO.N-IUUH AGIUCOLI:: ^2''i JANVIER 1886j. 127 

de M. Marteau, consul, sur le chemin de fer de l'Arlberg et son 
influence sous le rapport des relations commerciales entre la France 
et r Autriche-Hongrie, un intéressant rapport de M. Lezé, professeur 
à l'école nationale d'agriculture de Grignon, sur l'exposition de lai- 
terie à Munich en 1884, une note de M. Grosjean sur les universités 
et collèges agricoles des Etats-Unis, la lin du rapport de M. Sauvage 
sur l'exposition internationale des produits et engins de pèche à Lon- 
dres. Il résulte de la note de M. Grosjean que l'on compte aujourd'hui 
45 universités et collèges agricoles aux Etats-Unis ; le nom])re total 
des élèves y est de 7,329. 11 est vrai que, dans im certain nombre de 
ces établissements, l'enseignement n'est pas exclusivement agricole; 
mais que 1 on défalque même la moitié des élèves, et l'on sera encore 
bien loin au delà de ce que nous voyons en France. Il y a là un sujet 
pour des réflexions sérieuses. 

XII. — Véchenillage. 
Le ministre de l'agriculture a adressé, à la date du 14 janvier, la 
circulaire suivante aux préfets : 

ce Monsieur le pre'fet, j'ai riionneur de vous rappeler qu'aux termes de l'arti- 
cle 8 de la loi du 26 ventôse, an IV, sur l'e'cheniiiage, les dispositions de cette 
loi doivent être publie'es par les maires, le 21 janvier de chaque anne'e sur la 
réquisition des préfets. 

« L'article !"■ porte que l'échenillage devra être exécuté dans les dix jours qui 
suivent la publication de la loi. 

ce Je ne saurais trop vous recommander de vouloir bien, conformément aux 
prescriptions dudit article 8, publier immédiatement votre arrêté sur l'éche- 
nillage, si cela n'est point déjà fait. 

ce En transmettant votre arrêté à MM. les maires, je vous engage à leur rap- 
peler qu'aux termes de l'article 4 de la loi de l'an IV, ils sont tenus, ainsi que 
leurs adjoints, de surveiller l'exécution de la loi, et déclarés responsables des 
négligences qui seraient découvertes dans leurs communes. 

« \gus voudrez bien inviter, en même temps, MM. les commissaires de police 
à s'assurer exactement, comme ils y sont tenus par l'article 5, des résultats de 
l'échenillage, ainsi que des négligences qu ils auront constatées, et dont les 
auteurs seront renvoyés devant les tribunaux compétents. 

<c Je vous prierai, aussi, de ne pas perdre de vue que la protection des petits 
oiseaux contribue etî'icacement à la destruction des chenilles et autres insectes 
nuisibles. Les articles 9 et 11 delà loi du 3 mai 1844, sur la chasse, les instruc- 
tions données par le gouvernement, en 1861 notamment, ainsi que la loi du 
22 jan^der 1874, vous ont armé de moyens de répression pour empêcher la des- 
truction ou l'enlèvement des nids, œufs et couvées, ainsi que la chasse des petits 
oiseaux. Vous aurez soin de prendre, à cet égard, par votre arrêté, ou tout autre 
pris en dehors, ainsi d'ailleurs c{ue vous y autorisent les textes précités, le-, dis- 
positions qui vous paraîtront de nature à protéger la reproduction des petits 
oiseaux. 

ce Enfin, il sera utile également de recommander aux maires l'adoption des 
mesures propres à favoriser la destruction du hanneton et de ses larves. 

ce Recevez, etc. Le tninistre de V agriculture, J. Méline. » 

Quoiqu'il soit bien établi que les prescriptions de la loi sur l'éche- 
nillage sont impuissantes à assurer la destruction d'un grand nombre 
d'insectes nuisibles, il est important que ces prescriptions soient exé- 
cutées. Malheureusement, elles restent trop souvent à l'état de lettre 
morte dans un grand nombre de départements. 

Xni. — Société d'agriculture de t'EureM 
Dans sa séance générale du 28 décembre, la Société libre d'agricul- 
ture de l'Eure a procédé au renouvellement de son bureau pour l'an- 
née 1885. M. Barbie du Bocage, membre de la Société nationale 



128 CHRONIQUE AGRICOLE (24 JANVIER 1885). 

d'aoriciilture, a été élu président. Dans la même séance on a entendu 
un intéressant rapport de M. Léon Petit, secrétaire, sur les efforts 
poursuivis par la Société, depuis sa dernière réunion, pour la prospé- 
rité de l'agriculture dans le département et sur les bons résultats qu'a 
donnés en particulier le concours d'enseignement agricole qui fonc- 
tionne depuis 1871. M. Bourgne, professeur départemental d'agricul- 
ture, a fait connaître les succès obtenus par M. Marc, au Vaudreuil, 
dans la culture des raisins de table ; une très belle collection de rai- 
sins a été exposée par M. Marc à la dernière exposition de l'Associa- 
tion pomologique de l'Ouest, à Rouen. 

XIV. — Les impôts en A Igêrie. 
Consulté par un de ses lecteurs sur les conditions de l'émigration, 
un de nos confrères, M. Louis Hervé, s'exprime comme il suit : « Le 
gouvernement offre des terres en Algérie aux émigrants. Mais les 
plaintes des colons contre! les impôts excessifs ef contre l'avilissement 
des prix dû à la concurrence étrangère sont si peu encourageantes pour 
les émigrants nouveaux, que nous n'osons prendre la responsabilité 
d'un conseil en faveur de l'Algérie. » H y a là une erreur de fait que 
nous devons relever : les colons algériens n'ont payé jusqu'en 1885 
aucun impôt, ni direct, ni indirect. Les ressources du budget de la 
colonie sont prises dans les impôts payés par les indigènes; quant 
aux colons, ils n'ont aucune charge à supporter de ce chef. Un impôt 
foncier vient d'être établi sur les propriétés bâties, mais les propriétés 
non bâties ne supportent aucune charge. Quant au bas prix relatif de 
la main-d'œuvre, les colons en profitent, et ne peuvent pas s'en 
plaindre. 

XV. — Liéuaion des fondateurs du Journal de l' ayricuiture . 
L'assemblée générale annuelle des fondateurs du Journal de l'agri- 
culture aura lieu le lundi 9 février, à dix heures du matin, dans les 
bureaux de la rédaction, 2, carrefour de la Croix-llouge, à Paris. 
L'ordre du jour porte lapprobation des comptes, le règlement de 
l'exercice 1884 et le vote du budget de l'exercice 1885. 

XVI. — Nouvelles de l'état des récoltes. 
L'hiver continue à se faire sentir. Sur la situation agricole dans le 
Pas-de-Calais, M. Pagnoul, directeur de la station agronomique d'Ar- 
ras, nous transmet la note suivante : 

« L'état des semailles paraît satisfaisant partout. La levée a été bonne et toutes 
les céréales d'hiver sont dans les m;iilieuras conditions; on se plaint seulement 
un peu des mulots sur certains points. Les colzas sont également beaux, ainsi 
que les plantes fourragères. Los gelées du mois n'ont pas été nuisibles et n'ont 
servi qu à favoriser le transport des fumiers. » 

Voici la note que M. Bronsvick nous adresse de Mirecourt (Vosges), 
à la date du 18 décembre : 

« L'hiver se continue dans notre région avec les mêmes éléments. La neige 
couvre les récoltes, ce qui satisfait la culture, car la végétation est arrêtée et le 
plant prend de la consistance sans risquer les froids excessifs. 

« Les marchés continuent à présenter le plus grand calme, on attend toujours 

la décision du Parlement à propos des droits s ir les céréales étrangères et cette 

latlente rend les affaires difficiles, surtout les grands marchés. Pour les petits 

lots, !a meunerie achète avec plus de fermeté, et une hausse de 50 centimes sur 

es blés indique la légère reprise que l'on signale sur nos marchés du nord-est. 

« Le mouvement des foires s'accentue et les animaux amenés s'enlèvent faci- 



CHRONIQUE AGRICOLE (24 JANVIER 1885). 129 

lement. Il y a de la hausse sur les vaches et les bœufs d'engrais, les chevaux 
sont également plus recherchés. Il en est de même pour les petits porcelets de 
campagne qui ont presque doublé de valeur dans l'espace d'un mois. Les prix 
varient pour les chevaux de race vosgienne de 350 à 750 fr. Bœufs de travail, 
750 à 900 fr. la paire; bœufs gras, 1,000 à 1,100 fr. la paire; vaches laitières, 
de 350 à 500 fr. ; veaux, 48 à 50 fr. les 52 kilog. ; et porcelets, 30 à 50 fr. la 
paire, suivant grosseur. 

« Les fromages dits de Gréromé, très recherchés cet hiver, restent à des prix 
dérisoires; ainsi on a payé 28 à 30 fr. les 50 kilog. des fromages de (juali té supé- 
rieure, exempts de fraude et portant le cachet de la bonne fabrication. 

« Les volailles de pays valent 28 à 33 fr. la douzaine; les poulets de la Bresse, 
38 à 50 fr. la douzaine; pigeons pattus. 14 à 15 fr. la douzaine; fuyards, 8 à 
9 fr. ; canards, 2 fr. 50 à 3 fr. pièce; dindes, 8 à 12 fr. ; et oies, 4 à 6 i r pièce.» 

Dans la note suivante qu'il nous adresse de Pont-de-Vaux (Ain), 
à la date du 6 janvier, M. Garin résume les principaux caractères 
météorologiques de l'année 1884 : 

ce L'année 1884 est l'une des plus sèches que nous ayons eues depuis long- 
temps; car la totalité des pluies au lieu d'être de 700 à 750 millim. n'a été (|ue 
de 422 millim. La sécheresse a un peu nui, d'abord aux seconds foins, ensuite 
à la récolte da froment dont la paille est restée courte, quoique la graine ait été 
de première qualité. Un autre eftet de la sécheresse a été de tarir la plupart des 
puits et des serves, et d'arrêter nombre de moulins. Toutes les récoltes eu géné- 
ral ont été bonnes et abondantes. Seulement les semailles ont du. être indéfini- 
ment retardées, par suite de la dureté du terrain que l'on ne pouvait pas labourer. 
La récolte de la vigne (jui avait beaucoup souffert de la gelée du mois d'avril a 
été nulle, surtout dans notre localité. La moyenne barométrique a été de 5 mil- 
limètres au dessus de la normale. La tempéra!;ure moyenne a été celle d'une 
année ordinaire. 

« Malgré les grands froids que nous avaient annoncés certains prophètes, peu 
versés sans doute dans les sciences météorologiques, il paraît que l'hiver de 
l'année 1885 sera aussi bénin que celui de l'année dernière, car jusqu'à présent 
nous n'avons encore eu que des froids insignifiants et très peu de neige. Une nou- 
velle chute semble devoir s'annoncer aujourd'hui; elle serait saluée avec bonheur 
j)ar les agriculteurs ». 

M. de Lentilhac, dans la note qu'il nous adresse de Saint-Jean- 
d'Ataux, à la date du 15 janvier, résume comme il suit la situation 
dans le département de la Dordogne : 

« Les travaux effectués par les cultivateurs de notre région pendant le mois de 
décembre se réduisent d'ordinaire aux transports des fumiers sur les prairies na- 
turelles et aux approvisionnements des litières et bois de chaufiage ; il en a été de 
cette année comme des précédentes. Ceux d'entre eux qui n'avaient pas encore 
terminé les manipulations des tabacs en feuilles, les ont continuées, secondés du 
reste, par une température humide sans excès, qui leur a permis de mener à bien 
cette délicate opération. 

« Les blés sont toujours filiformes, clairsemés, surtout ceux confiés à la terre 
dans l'arrière-saison. 

« L'aspect des fourrages annuels, seigle, jarosse, farouch, ne s'est pas sensi- 
blement modifié, et les gelées intenses ( — 12 degrés centigrades) que nous su- 
bissons en ce moment ne peuvent que les préserver des atteintes des divers in- 
sectes qu'une température trop douce eiit favorisés. » 

L'hiver sévit avec rigueur, et surtout avec persistance. Ce n'est pas 
qu'il se soit montré jusqu'ici exceptionnellement rigoureux; mais de 
tous les points de la France, on nous signale les mômes faits : chutes 
assez abondantes de neige, suivies de gelées continues. Les plantes, 
abritées par la neige, ne doivent pas être atteintes dangereusement 
par le froid; mais, dans beaucoup de départements, les communica- 
tions sont devenues difficiles, les routes étant encombrées par les nei- 
ges. Quant à la plupart des travaux agricoles, ils sont interrompus 
presque partout. Heivry Sagnier. 



130 AVANTAGES DP: LA PRÉCOCITÉ DANS LES RACES. 



AVANTAGES DE LA PRÉCOCITÉ DANS LES RACES 

DE BOUCHERIE. — I ■ 

Concours du club de Smithfield 

Tous les ans, à ceite époque, je piijjlie, dans ce Journal, le compte 
rendu de l'exposition d'animaav i^ras, tenue dans le Hall dîslington, 
à Londres, par le club de Smitlifield. Les détails ordinaires de ce con- 
cours, en ce qui regarde les exposants et les animaux primés, ne sau- 
raient intéresser beaucoup mes lecteurs ; aussi, je m'abstiendrai doré- 
navant de m'appesantir sur ces traits de puriiitérét local et individuel, 
je me contenterai de faire ressortir les grandes lignes de ces con- 
cours et de mettre en relief les faits principaux qui s'en dégagent, au 
point de vue du progrès accompli dans l'économie de l'élevage des 
animaux de boucherie, et à celui du choix des races les plus avanta- 
geuses, comme facteurs de la production économique de la viande. 

Quelques jours avant l'ouverture du concours de Smithfield, le club 
central des Fermiers avait tenu, à Londres, une séance des plus inté- 
ressantes. C'était comme une introduction préliminaire, une préface 
0[)portune et brillante à cette grande exposition. Le sujet de cette con- 
férence était celui-ci : La maturité précoce du bétail. Cette conférence 
était donnée par M. Parsons, un praticien bien connu dans le monde 
des éleveurs et engraisseurs de l'espèce ovine. 

Il n'était guère possi])le de choisir un sujet plus opportun, à la veille 
de la grande exposition du club de Smithiield, laquelle devait four- 
nir la démonstration pratique de la théorie du conférencier, et lui 
servir de corollaire éclatant. Dun autre côté, les circonstances néfas- 
tes que traverse l'agriculture en Angleterre, aussi ])ien qu'en France, 
donnaient à ce sujet une importance et une actualité saisissantes, qui 
ajoutaient encore au caractère opportun et à l'intérêt du sujet- Il 
s'agissait, en effet, pour tous les agriculteurs venus de tous les points 
du pays, de considérer et de discuter les moyens prati(|ues de conju- 
rer la ruine dont la crise actuelle les menace, et de trouver, si cela est 
possiltle, une modification quelconque dans les assolements et les cul- 
tures, qui permette d échapper à cet avilissement dans le prix du 
blé, lequel en rend la culture ruineuse, alors que cette culture 
demeure toujours le pivot principal, sur lequel gravite l'économie de 
la production agricole. 

Parmi les autres produits de la ferme, il y en a un fort important, du 
reste, qui résiste plus obstinément à l'atteinte de la concurrence 
faite à la vieille Europe, en général, et d'îine manière plus immédiate 
et surtout plus destructive, à l'agriculture de la France et de l'Angle- 
terre en particulier : c'est la production de la viande. La viande de 
boucherie, par le rôle important qu'elle possède dans l'alimentation, 
la nature encombrante des animaux qui la fournissent, la difficulté et 
le coLit de son transport, possède une sorte de monopole local qui 
oppose une barrière plus ou moins protectrice, selon les distances, 
contre l'importation des produits de l'étranger, et cependant les con- 
ditions économiques de la production étrangère sont tellement favora- 
bles, en comparaison de celles qui pèsent sur la nôtre, que môme sur 
ce point, la concurrence étrangère nous fait une guerre si acharnée 
que nous en ressentons les eileta à un degré menaçant. Nous ne pou- 



AVANTAGES UK LA PRÉCOCITJ': DANS LKS 11 ACES. 131 

Tons nous défendre par la production moins onéreuse des fourrages et 
autres aliments du bétail ; de ce côté-là nous sommes vaincus et par- 
tant impuissants. Le seul moyen qui nous reste, (t'est l'amélioration du 
tempérament de nos races dans le sens d'une plus grande aptitude à 
l'assimilation rapide de la nourriture que nous leur donnons et surtout 
dans la diminution de lespace de temps (pie le hétail reste dans nos 
étables ou sur nos pâturages, avant darrixer au degré de développe- 
ment et de maturité propre à la consommation. En un mot, l'issue de 
l'économie de la nourriture nous étant fermée, il ne nous reste plus 
que celle du temps, et c'est vers cette issue que doivent évidemment, 
tendre nos efforts, si nous voulons éviter la i-uine et l'anéantissement 
dont nous sommes menacés. 

Il est de la plus incontestable évidence (jue moins on mettra de 
temps à déterminer, (^liez les animaux destinés à la boucherie, une 
condition normale de développement et d'engraissement, moins (îes 
animaux consommeront de nourriture, (car, quelle (jue soit la na- 
ture des aliments dont oh nourrit le bétail à 1 engrais, la capacité de 
l'estomac étant limitée, il est impossible de faire consommer à un 
ruminant plus de nourriture qu il n'en peut digérer dans un temps 
donné;, moins ils coûteront pour être amenés à un poids normal. Si, })ar 
exemple, l'ingéniosité des éleveurs peut donner aux animaux qu'ils 
cultivent un tempérament actif et généreux, susceptible d'une as- 
similation rapide et complète de la nourriture qu on leur donne, 
de manière à utiliser pour leur ac-croissement et leur maturité toutes 
les parties nutritives des aliments qu'ils absorbent ; si 1 on parvient 
à améliorer leur appai'eil digestif de manière à utiliser toute la nour- 
riture sans déchet appréciable, sans dissipation aucune des éléments 
qui forment les muscles et la graisse, on aura résolu le problèma 
de la maturité précoce, et partant, celui de la production de la viande, 
à bon marché. 

On ne saurait tr(jp insister sur 1 importance du facteur temps, dans 
la production économique de la viande. La nourriture, sans doute, est 
un facteur important, mais, comme je l'ai déjà remarqué, il n'est pas 
possible de réaliser une économie quelconque dans le coût de la nour- 
riture. La dépense d'une quantité donnée de fourrages et de farineux ne 
peut être diminuée ; ce n'est donc pas de ce côté-là qu'il faut chercher 
a amoindrir le coût de la production de la viande. (Test sur la dimi- 
nution de la durée de préparation de l'animal pour l'abattoir et l'étal 
du bou(!her, que doivent porter nos refdierches et nos améliorations,, 
car c'est le seul champ qui reste libre à nos efforts. 

L'autre jour, un de nos éleveurs les plus éminents et les plus pra- 
tiques, M. le marquis de Poncins, nous donnait, dans ce Journal, une 
étude bien peu encourageante sur le prix de revient d'un bœuf. Il éta- 
ijiissait, par des chiffres précis, lesquels, venant d'un observateur 
si habile et si consciencieux, peuvent être considérés d'une exac- 
titude incontestable, qu'un bœuf ne peut être considéré comme 
étant arrivé à sa maturité qu'au bout de trois ans et huit mois, et 
([ue le coût de son engraissement n'est pas moindre de 811 fr- 89^ 
pour un poids total de 606 kilogrammes. 

M. de Poncins est certainement l'un des hommes instruits et intelli- 
gents, s'occupant sérieusement de ce qu'ils entreprennent, que j'ai 
rencontrés dans ma vie, qui se rend le mieux compte du but qu'il se 



132 AVANTAGES DE LA PRECOGIT;'J DANS LES RACE?. 

])ropose, des moyens dont il use, et des résultats qu'il obtient. On peut 
donc admettre l'exactitude rigoureuse de son calcul, à l'exception, 
toutefois, selon moi, de son observation au sujet du fumier dont il 
dispose par cette phrase : Le fumier est toujoure laissé à Vexploitant 
comme son bénéfice nécessaire. — Ce bénéfice, dans mon opinion, ne 
saurait être considéré comme une quantité néo-li geable . (Test, au con- 
traire, un facteur très important du bénéfice de l'élevage et doit être cal- 
culé à l'avoir de l'opération, dont il est un important élément. A cette 
objection près, je le répète, on peut considérer les chiffres de M. de Pon- 
cins, comme absolument exacts. Or, il résulte de son calcul que les 
606 kilogrammes, poids vif, de son bœuf, reviennent à 812 francs en 
chiffres ronds, c'est-à-dire à 1 fr. 33 le kilog. En comparant ce chiffre 
avec celui du prix de la viande sur pied, poids vivant, on arrive à un 
résultat qui révèle, s'il est correct, une situation désastreuse au-des- 
sus de toute expression, et qui est bien faite pour effrayer les écono- 
mistes. 

• Cette situation ainsi posée, voyons quel serait le résultat de l'opé- 
ration de l'élevage et de l'engraissement d'un bœuf, qui par la nature 
d'un tempérament plus généreux que celui du bœuf de M. de Poncins, 
au lieu d'une période de trois ans et huit mois, pour arriver à un poids 
de 606 kilogrammes, pourrait, au bout de 22 mois seulement, non 
seulement arriver à un poids égal, mais même su])érieur. 

Ainsi, toujours d'après le calcul de M. de Poncins, un bœuf Agé 
de I an et 8 mois coûte d'entretien 162 fr. 60. 

• Au dernier concours de Smitlifield, la catégorie des jeunes bœufs 
au dessous de deux ans présentait des exemples merveilleux de pré- 
cocité. Un jeune bœuf de race Durham, présenté par M. Hugh Gorring, 
âgé de 23 mois seulement, prix d'honneur de tout le concours pesait 
696 kilog. Un autre bœuf, âgé de 2 ans et 10 mois, de la même race, 
premier priif. de la catégorie des bœufs au-dessous de trois ans, pesait 
850 kilog. Le bœuf de M. de Poncins, au même âge, et toujours 
d après son calcul, ne pèserait, à cet âge, que 483 kilog. 

En puisant dans le catalogue des concours de Smitlifield, il me 
serait facile de citer bien d'autres exemples de précocité semblable, 
même parmi les animaux non primés, et cela, presque dans toutes les 
races exposées, mais surtout et avec une supériorité constante, dans 
la race Durham. 

En comparant ces chiffres avec ceux de M. de Poncins, il est facile 
de comprendre l'immense avantage que présente l'élevage des races 
précoces de l'Angleterre sur nos races élevées en France, lesquelles 
donnent des rendements inférieurs de moitié. 

Les avantages des races précoces sont donc manifestes à tous égards, 
car ils portent non seulement sur une plus-value en argent, qui peut 
se chiffrer par une proportion de cent pour cent, mais encor» sur la 
question non moins importante du temps. En effet, l'engraisseur avec 
un animal de race précoce, comme la race Durham par exemple, peut, 
comme je l'ai déjà remarqué, se pratiquer sur deux têtes contre une 
dans une temps donné. C'est donc une économie de temps et décapi- 
tai, car ce capital engagé dans la valeur d'un animal précoce ne reste 
que moitié moins de temps immobilisé et il en résulte qu'avec ce 
même capital on peut entreleuir deux têtes au lieu d'une. 
> Voilà donc une nouvelle conquête dont la science et la pratiqua) 



AVANTAGES DE LA PRÉCOCITÉ DANS LES RACES. 133 

éclairée des éleveurs anglais a enrichi l' agriculture, et cette conquête 
est d'autant plus précieuse qu'elle est en quelque sorte abritée contre 
l'attaque de la concurrence étrangère. Cet avantage se trouve, en effet, 
localisé pour ainsi dire, et protégé par les frais et les risques d'un 
transport beaucoup plus coûteux et plus exposé aux accidents que celui 
des matières inertes telles que les céréales et autres produits végétaux. 

Ce ne sont pas seulement les races de l'espèce bovine améliorée dans 
le sens de la précocité qui ont été l'objet des efforts intelligfl'nts des éle- 
veurs anglais, les races ovines ont aussi subi une amélioration tout aussi 
radicale dans le même sens, et les concours agricoles de l'Angleterre, 
ont, depuis quelques années, mis en évidence un progrès tout aussi 
merveilleux. Ainsi, on en est arrivé aujourd'hui au point d'établir comme 
règle d'une bonne économie agricole, de ne pas garder un mouton plus 
de dix mois dans la bergerie. On en est arrivé à pouvoir réaliser les 
jeunes moutons pour la boucherie à une époque qui permet d'éviter les 
frais et l'encombrement de l'hivernage. On comprend, du premier coup 
d'œil, le grand avantage pour le cultivateur, de pouvoir réaliser ses 
moutons à la fin de l'automne, avant que les intempéries de l'hiver ne 
viennent nécessiter l'hivernage dans les bergeries. Avec ce système, 
toutes les bêtes de rente disparaissent de l'exploitation, réalisées en 
argent à la sortie des pâturages, économisant ainsi le coûteux entretien 
et les risques de mortalité d'un hivernage à couvert, et les dépenses 
sérieuses d'une alimentation coûteuse et d'un engraissement tardif, 
encore plus onéreux. Avec ce système de réalisation avant l'hiver, il 
ne reste plus à la bergerie pour y passer la mauvaise saison que les 
brebis et les béliers destinés à la reproduction. 

Les avantages de cette révolution merveilleuse dans l'élevage des 
races de boucherie, sont tellement manifestes, qu'il n'est pas besoin de 
longs arguments pourenfaire ressortir l'importance. Toiis les éleveurs 
qui liront ces lignes en seront frappés. Seulement quelques-uns d'en- 
tre eux, sinon tous, demanderont, bien naturellement, si la chose est 
possible et pratique, et si je ne me laisse pas entraîner à des exagéra- 
tions fantaisistes. Le doute se comprend ; il importe donc de citer des 
faits et des chiffres incontestables, pour démontrer la parfaite exactitude 
de la proposition que je viens d'émettre et la réalité de cette nouvelle 
phase du progrès accompli en Angleterre dans l'élevage des animaux 
de boucherie. 

D'abord, il convient de bien définir ce que l'on doit entendre par 
précocité. La précocité dont il s'agit ici, n'est point seulement une 
croissance rapide et l'acquisition d'un poids relativement élevé, à un 
âge peu avancé ; ce résultat peut généralement s'obtenir par une ali- 
mentation prodigue et abondante. Il s'agit non d'une précocité de 
développement et de poids seulement, mais d'une complète maturité 
précoce. Il faut, pour qu'on recueille tous les avantages de la précocité, 
que l'animal acquière, non seulement un poids élevé à un âge relati- 
vement peu avancé, mais qu'il atteigne aussi, en même temps, une 
maturité parfaite, de sorte que sa chair contienne à un degré normal 
les qualités nutritives que le consommateur exige de la viande de bou- 
cherie, comme élément essentiel de son alimentation. Le problème à 
résoudre est donc celui-ci : améliorer les races de boucherie, de ma- 
nière à hâter leur maturité normale et à donner à leur viande le maxi- 
mum de qualité nutritive, dans le moins de temps possible. 



134 AVANTAGES DE LA PRÉCOCITÉ DANS LES RACES. 

Pour démontrer que ce problème est bien résolu, nous n'avons guère 
d'autre moyen pratique et concluant, que de citer les chiffres fournis 
par les rapports officiels des expositions du club de Smithfield; car là, 
on enregistre soigneusement le poids et 1 âge des animaux exposés, et 
on peut considérer les chiffres fournis par les archives de cette société 
comme absolument exacts, surtout depuis l'année 1880. 

Dans les années 1880, 1881, 1882 et 1883, c'est-à-dire à partir 
de la création de la catégorie des bœufs au-dessous de deux ans, 
période que, pour une comparaison plus facile, nous partagerons en 
deux parties, de deux années chacune, on a exposé, dans la première 
partie biennale, de 188j0 et 1881, 67 jeunes bœufs au-dessous de 
deux ans. La moyenne d'âge de ces animaux était de vingt mois 
et trois semaines, et leur poids moyen était de 575 kilogrammes. Dans 
la catégorie des bœufs au-dessous de trois ans, il y eut 83 animaux 
exposés, dont la moyenne d'âge s'élevait à 32 mois, avec un poids 
moyen de 763 kilogrammes. 

Les bœufs au-dessous de quatre ans étaient au nombre de 68, dont 
l'âge moyen était de 43 mois et le poids de 902 kilogrammes. 

Voyons maintenant quels furent ces chiffres dans la seconde 
période biennale, 1882-1883. 

Aux expositions de cette seconde période, le nombre des jeunes 
bœufs au-dessous de deux ans, qui dans la première période, de 1 880-81 
était de 67, s'accrut sensiblement. Les animaux de cette jeune caté- 
gorie se trouvèrent au nombre de 78 têtes. La moyenne de leur poids 
était de 609 kilog., et celle de leur âge s'abaissa à vingt mois et une 
semaine. La catégorie des bœufs au dessous de trois ans comprenait, 
dans cette même période biennale, 98 animaux, d'une moyenne d'âge 
de 32 mois et 1 semaine, et d'une moyenne de poids de 776 kilog. 
Dans la catégorie des bœufs au-dessous de quatre ans, il y avait seu- 
lement 43 animaux d'un poids moyen de 929 kilog. et d'un âge 
moyen de 43 mois 1 semaine. 

Il résulte de l'examen de ce qui précède, que d'un coté le nombre 
des jeunes bœufs a augmenté, ainsi que la moyenne de leur poida. 
L'augmentation acquise par la continuation de la période d'engrais- 
sement jusqu'à l'âge de près de trois ans, n'a été que de tout au plus 
165 kilogrammes, augmentation qui ne répond nullement à la 
dépense additionnelle, nécessitée par l'entretien, les frais généraux 
et la nourriture d'une année entière. Il ressort donc de la comparaison 
de ces chiffres que l'engraisseur réalise un bien plus grand bénéiice, 
en livrant son bœuf au boucher à l'âge de vingt mois, avec un poids 
de 609 kilog. comme font les anglais, que s'il le gardait jusqu'à l'âge 
de trois ans et huit mois, pour ne gagner qu'un poids additionnel de 
320 kilog. En un mot, si l'éleveur Anglais, avec ses races améliorées, 
peut livrer un bœuf de vingt mois, pesant 609 kilog., il est bien 
certain que, quel que soit le mode d'engraissement employé, il doit 
réaliser un bien plus grand bénéfice que l'éleveur de M. de Poncins, 
qui nobtient qu'un poids de 606 kilog. en gardant son bœuf jusqu'à 
l'âge de trois ans et huit mois. Cette différence, à elle seule, doit 
constituer un bénéfice en faveur du bœuf de race anglaise, àl'encontre 
de la perte énorme que signale M. de Poncins, avec le bœuf dont il 
calcule le poids acquis et la dépense encourue pour y arriver. 
{La suite prochainement.) F. -II. de la Tréhonnais. 



SITUATION DE L'AGRICULTURE DANS L'AISNE. 135 



• SITUATION DE L^VGRICULTURE DANS L'AISNE 

Dans une de ses précédentes chroniques, notre rédacteur en chef 
M. Sagnier a signalé la publication du rapport que M. Risler, directeur 
de l'Institut agronomique, a donné à M. le ministre de l'agriculture, 
à la suite de l'enquête faite dans le département de l'Aisne par 
MM. Risler, Barrai, Heuzé, Philippart, Lecouteux et Menault. Les né- 
cessités de la chronique hebdomadaire ne permettent guère de présen- 
ter aux lecteurs que des analyses succintes de ces publications ; mais 
il s'agit cette fois d'un rapport qui résume d'une façon claire, métho- 
dique, sans détails oiseux, les causes de la crise agricole dans une 
région où naguère la richesse des cultivateurs était proverbiale, et les 
moyens d'y porter remède. 

Ce n'est point une analyse du rapport de M. Risler que nous pré- 
sentons ici ; par sa concision même, cet important travail se refuse à 
l'analyse. C'est le tableau précis de la situation agricole non seulement 
de l'Aisne, mais de tous les pays à culture intensive et où le fermage 
est le mode dominant dexploitation du sol. Nous croyons donc que 
les lecteurs du Journal trouveront avec plaisir ici les passages les 
plus saillants du rapport de M. Risler. 

Le tableau de la situation des fermes dans l'Aisne avait été singu- 
lièrement assombri; ceci ressort de l'enquête; il y a du mal, mais 
heureusement moins qu'on a bien voulu le dire. 

« Dans tout l'arrondissement de Soissons, ditM. Risler, on n'a pu me désigner 
qu'une seule ferme, c'est-à-dire une terre pourvue de bâtiments d'exploitation, 
qui est tout en friche, mais cela provient de circonstances particulières qui n'ont 
rien à faire avec la situation de l'agriculture ; le caractère difficile du propriétaire 
en est la seule cause. Je dois faire une distinction qui est très importante. Il y a 
dans l'arrondissement de Soissons, comme dans tout Je département, beaucoup 
de terres sans bâtiments que l'on appelle marchés de terre. Elles ont été sépa- 
rées des autres, soit par des partages de successions, soit par des ventes. Un cer- 
tain nombre de grands propriétaires ont vendu à leurs fermiers ou à d'autres 
cultivateurs les bâtiments de ferme et n'ont conservé que des terres. Ces proprié- 
taires ont ainsi réalisé une partie de leur capital foncier, mais aujourd'hui il leur 
est impossible de faire cultiver eux-mêmes les marchés de terres pour lesquels 
ils ne trouvent pas de fermiers. Or, les terres qui m'ont été signalées comme 
étant laissées en friche depuis quelques années, sont des marchés de terres. Ce 
sont des terres ou de qualité passable trop éloignées des villages et des fermes 
pour que leur culture soit facile, ou des terres de très mauvaise qualité qui étaient 
autrefois boisées et qui auraient dû rester, mais qu'on a eu le grand tort de 
défricher, il y a une quarantaine d'années, à l'épocpe où l'agriculture donnait 
de grands bénéfices. Les marchés de terres laissés en friche n'atteignent pas 
encore 1 pour 100 de la surtace totale de l'arrondissement, mais leur abandon et 
leur dépréciation paraissent augmenter de jour en jour, et nous verrons que c'est 
là ce qui fait la gravité toute particulière de la situation économique de cette 
contrée. » 

Ici, M. Risler donne le tableau des fermes abandonnées dans l'ar- 
rondissement de Soissons. Sur les 1 24,000 hectares de l'arrondissement 
il y en a 1 ,144 en friche, et 29 propriétaires sont obligés de cultiver 
eux-mêmes, faute de fermiers pour prendre le bail. Mais beaucoup de 
propriétaires sont obligés de faire des diminutions de loyers de 10, 20, 
30 et jusqu'à 50 pour 100 s'ils ne veulent pas que leurs terres restent 
en friche. Ce sont surtout les marchés de terres qui sont atteints par 
cette baisse; les fermiers les abandonnent; les nouvelles locations se 
font difficilement et encore faut-il que les propriétaires consen- 



136 SITUATION DE L'AGRICULTURE DANS L'AISNE. 

tent à des diminutions de 25 à 50 pour 100 sur le prix du loyer. 
Donc, la situation n'estpas brillante et elle fait craindre pour l'avenir. 
Quelles ont été les causes de cette dépréciation de la valeur du sol et 
de la rente i* D'abord, la liausse exagérée des fermages, arrivée après 
une période de prospérité agricole comme l'agriculture en traTerse peu. 
M. Risler en cite un exemple. Les fermages des 1 ,677 hectares appar- 
tenant aux hospices de Soissons ont monté de 28 pour 100 de 1831 à 
1880; depuis 1880, ils ont baissé de 19 pour 100. 

« On m'a cité, dit M. Risler, un certain nombre de propriétés où le fermage 
avait doublé. L'augmentation a été en moyenne de 50 à 60 pour 100 de 1830 ià 
1870. De plus, les fermiers, toujours chargés du payement des réparations et des 
impôts avec centimes additionnels, ont eu, de ce côté-là, des charges également 
croissantes à supporter. 

ce On voit que la hausse, déjà sensible de 1831 à 1840 (elle avait, d'ailleurs, 
commencé à se produire dès le commencement du siècle), s'est accentuée dans la 
période 1840-1851; et cette période coïncide avec l'établissement des premières 
fabriques de sucre dans le département. » 

La culture de la betterave se répand, le produit brut augmente, les 
salaires ne montaient pas dans la même proportion ; on obtient 400 à 
500 francs de bénéfice net par hectare ; le blé mieux fumé donne 3 à 
4 hectolitres de plus par hectare ; les résidus servent à engraisser les 
bœufs qu'on emploie maigres pour le transport des racines; la bette- 
rave envahit les champs incultes ; on défriche les bois ; de grandes for- 
tunes s'édifient; c'est l'âge d'or du département. Mais au milieu de 
cette prospérité, M. Risler découvre les signes précurseurs de l'âge 
de fer. 

« La demande des fermes devint très grande et les propriétaires en profitèrent 
pour augmenter les loyers. Ge qui contribua beaucoup à accélérer cette hausse, 
ce fut 1 arrivée de nouveaux fermiers venus du déparlement du Nord ou de la 
Belgique. Ces cultivateurs, habitués dans leurs pays à des fermages de 150 à 
200 francs par hectare, ne faisaient nulle difficulté pour en accepter de 80 à 
90 francs; ils ne se doutaient pas qu'ils allaient trouver des terres moins riches 
et des ouvriers moins chers que chez eux. Malheureusement, les propriétaires, 
séduits par ces offres brillantes, négligèrent trop souvent de s'assurer si les nou- 
veaux venus avaient les capitaux et les qualités nécessaires pour réussir ; quelques- 
uns de ces Flamands sont devenus d'excellents fermiers, mais on prétend que 
c'est le petit nombre. La concurrence des ouvriers flamands ne fut pas la seule 
seule de la diminution du nombre des fermiers. Cette génération était composée 
d'hommes laborieux et économes qui connaissaient bien la culture, mais qui ne 
connaissaient qu'elle et ne songeaient à faire rien d'autre. Une partie de la nou- 
velle génération, tout en étant plus instruite et plus riche, est restée fidèle à la 
vie de la campagne ; les fils sont les meilleurs cultivateurs du pays et les filles ne 
dédaignent pas de diriger, comme le faisaient leurs mères, le ménage de la ferme. 
Mais beaucoup d'entre eux (et le vide fut d'autant plus sensible que les familles 
étaient moins nombreuses qu'autrefois) abandonnaient la carrière agricole ; et l'on 
prétend que les filles furent plus vivement attirées que les fils par l'existence, en 
apparence plus brillante et plus facile, des grandes villes. Avec eux s'en allèrent 
une grande partie des capitaux formés par les bénéhces de la culture. Ils servent 
à acheter des rentes sur l'Etat, des actions de chemins de fer, des valeurs de 
Bourse de toutes sortes, ou à fonder des maisons de commerce, des manu- 
factures, etc. 

« Ainsi commença à disparaître l'ancienne génération des fermiers qui avaient 
contribué à augmenter la richesse du département, et elle commença à disparaître 
au moment môme où cette richesse arrivait à son apogée. Je crois devoir insister 
sur ce fait, parce qu'on dit et répète souvent que les fermiers riches et expéri- 
mentés ont aJDandonné la culture, parce qu'elle ne donne plus de bénéfices. C'est 
peut-être vrai pour les derniers survivants et pour les héritiers de ceux qui sont 
restés agriculteurs jusqu'à présent; ce n'est pas vrai pour le grand nombre, car 



SITUATION DE L'AGRICULTURE DANS L' AISNE. 137 

les \ides qui se sont produits ou qui se sont préparés à cette époque, n'ont fait 
sentir leur influence que plus tard, quand les baux commencés furent arrivés à 
leurs termes et que l'on reconnut l'impuissance des fermiers sans capitaux par 
lesquels on avait essayé de les remplacer. 3> 

L'élévation croissante du prix de la main-d'œuvre, élévation due 
aux grandes entreprises de travaux publics, constructions de chemins 
de fer ou autres, et au développement de l'industrie, vient alors peser 
sur la propriété et rendre les baux à ferme de moins en moins avanta- 
geux. Les industries, placées pour la plupart sous un régime favorisé, 
enlèvent à ragricultiire ses ouvriers et font augmenter les salaires. 

Enfin, la baisse qui s'est produite sur les denrées vient consommer 
la ruine. Le blé d'abord, qui, de 26 fr. 23, prix de l'hectolitre en 
1869, est tombé à 16 francs et menace de tomber plus bas; puis la 
laine, dont les prix ont baissé de moitié depuis 1860, sans qu'il soit 
possible d'en attribuer la cause au traité de 1860; — car l'avilisse- 
ment du prix est plutôt dû à un changement de goût et de mode qui 
fait préférer aujourd'hui les laines médiocres aux laines fmes qui nous 
arrivent d'Australie ; — ensuite les bestiaux qui rémunèrent moins le 
cultivateur parce que les intermédiaires : octroi, bouchers, étaliers, etc., 
absorbent en primes la majeure partie des bénéfices ; enfm les bette- 
raves qui ont subi une forte baisse par suite de l'avilissement du 
prix des sucres et .aussi, il faut le dire, par suite de leur faible teneur 
saccharine. 

Toutes ces questions sont traitées de main de maître et avec une 
réelle impartialité dans ce rapport. M. Risler n'a pas grande confiance 
dans un relèvement à outrance des droits de douane ; mais il ne 
repousse pas une surtaxe qui aurait pour effet de rétablir l'équilibre 
désormais rompu entre l'industrie agricole et les autres industries, et 
qui assurerait dans les recettes du fisc une plus-value permettant de 
dégrever un peu les cultivateurs de leurs lourdes charges. C'est rame- 
ner la question si fort agitée en ce moment, aux saines lois de l'écono- 
mie politique desquelles on ne devrait jamais s'écarter 

Il résulte de cet ensemble de faits que les fermages du département 
sont loin d'être prospères en ce moment, ainsi que M. Sagnier le disait 
dans un précédent numéro. 

« En résumé, dit M. Risler, les ouvriers agricoles ne souffrent pas, car ce 
sont, au contraire, surtout leurs salaires de plus en plus élevés qui ont amené la 
crise. Les fermiers, qui ont des capitaux suffisants, ne gagnent plus rien depuis 
deux ans, ou sont obligés de couvrir leurs pertes avec une partie des bénéfices 
antérieurs. Les cultivateurs qui ont pris, il y a huit ou dix ans, des fermes trop 
chères et trop grandes pour les capitaux dont ils disposaient, sont dévorés à la 
fois par les dettes et les mauvaises années cpi'ils ont eu à traverser ; ils se rui- 
nent. Beaucoup de propriétaires n'ont pas touché les fermages sur lesquels ils 
comptaient ; ils sont forcés de consentir à une réduction pour les nouveaux baux 
ou de faire cultiver eux-mêmes leurs terres, ce c[ui exige une mise de fonds qu'ils 
ont de la peine à se procurer en ce moment. Tous diminuent leurs dépenses, et 
la gêne de l'agriculture réduit les profits du commerce. En même temps, cer- 
taines industries ne donnent plus les bénéfices auxquels on s'était accoutumé. 
Toutes les valeurs de bourse ont subi une baisse considérable ; toutes les fortunes 
sont plus ou moins atteintes. On confond toutes ces causes avec celles qui rési- 
dent spécialement dans la crise agricole. L'inquiétude est générale, et, suivant 
une habitude encore trop enracinée en Frnace, on se tourne vers le gouvernement 
à la fois pour l'accuser de tous les maux et pour lui demander tous les remèdes. » 

Les remèdes que la Commission d'enquête propose sont : l'établisse- 
ment de surtaxes modiques sur l'entrée des bestiaux (elle laisse le gou- 



138 SITUATION DE L'AGlUGULTaRE DANS L'AISNE. 

Yernement et les Chambres décider si les droits sur les blés doivent 
être élevés), la réformç des tarifs de chemin de fer, poursuivie depuis 
lonc;temps déjà par le directeur de l'agriculture, M. Tisserand; la 
diminution des impôts, le dégrèvement des propriétés situées dans les 
départements à cultures de céréales, la baisse des fermages, le dévelop- 
pement de l'instruction agricole, question importante s'il en fut, — et 
la réforme des baux. 

« Au point de vue de l'instruclion agricole, le département de l'Aisne est un 
des plus arriérés de la France. II a un excellent professeur d'horticulture, mais 
il n'a eu jusqu'à présent ni professeur d'agriculture, ni école praticfue. ni station 
agronomique. Dans sa dernière session, le Conseil général a voté une partie des 
crédits nécessaires pour ces utiles créations, et nous l'en félicitons sincèrement. 
C'est l'instruction technicjue surtout qui pourra l'aider à reconstituer le personnel 
de son agriculture, en lui fournissant les recrues capables de devenir de bons 
cultivateurs, soit régisseurs sous la direction de propriétaires, soit fermiers, 
s'ils ont les capitaux nécessaires pour le devenir. » 

M. Risier, on le voit, assume à chacun sa part de responsabilité 
dans la crise du département de l'Aisne ; la conclusion de son rapport 
intéressera les agriculteurs de tous les pays. 

■ « Dans son rapport sur l'enquèle de 1867, M. Suin, président dans la b" cir- 
conscription qui comprenait les départements- de l'Aisne, du Pas-de-Calais et du 
Nord, s'exprimait enlin : « On a, dans ce pays, l'honneur et le bonheur de ne pas 
connaître le métayage ; ici, le propriétaire et le fermier sont trop intelligents 
pour admeUre cet absurde contrat qui est un obstacle à tout progrès, enlève toute 
initiative à l'exploitant, ne lui laisse point assez de durée pour lui permettre des 
améliorations; il lui enlève môme la dignité de cultivateur pour ne lui laisser 
que le rôle d'un valet de labour qu'on paye avec une portion de la récolte. 
Les pays à colonage et à métayage sont et seront toujours, en fait de culture, 
les plus arriérés de tout l'Empire. » 

« Je crois qu'aujourd'hui l'honorable M. Suin porterait un jugement nioins 
favorable sur le fermage et parlerait peut-être avec moins de dédain du 
métayage. 

« Les contrats valent plus ou moins suivant la manière dont on les applique. 
Le métayage oblige le propriétaire à fournir le cheptel, et il donne d'excellents 
résultats, quand le propriétaire fournit assez de capital pour améliorer et bien 
exploiter les terres et quand il donne à la culture une direction à la fois intelli- 




îpresenter tes trois lacteurs nécessaires a la pi 
tat et le travail, et ces trois agents se trouvent associés d'une manière fort natu- 
relle. La crise actuelle est peu sensible dans les pays de métayage, c'est-à-dire 
dans les deux tiers de la France. Depuis 1883, on s'y plaint également du bas 
prix des céréales; mais on n'en parlera plus dès que le blé sera remonté à 19 ou 
20 francs l'hectolitre. 

« La crise n'existe pas davantage dans les pays de petites cultures où le pro- 
priétaire est en même temps fermier et ouvrier et où, par conséc£uent, les trois 
agents de la production agricole, réunis dans la môme personne, sont insépa- 
rables. Dans te département môme de l'Aisne, nous l'avons vu, la petite culture 
est très prospère, la population augmente et s'enrichit dans les vallées, à côté 
des plateaux où la grande culture s'appauvrit et est abandonnée. 

« La crise existe surtout dans les pays à fermage et particulièrement dans les 

f)ays à grandes fermes et à culture intensive, parce que c'est dans ces pays que 
es fermiers riches et instruits sont le plus indispensables; et elle a pris une 
gravité exceptionnelle dans le département de l'Aisne, parce que ce département 
a beaucoup de marchés de terres sans bâtiments. C'est la crise des fermages. 

« En Angleterre, le pays par excellence du fermage, la plupart des proprié- 
taires connaissent les besoins de l'agriculture aussi bien que leurs fermiers ; 
c'est la mode de s'en occuper. Ils résident presque toute l'année à la campagne*, 

1. Il n'en est pas de même en Irlande et l'on connaît les tristes conséquences qu'y a amenées 
l'aliseiiléisme des propriétaires. 



SITUATION DI-: L'AGRICULTURE DANS L'AISNE. 139 

et beaucoup d'entre eux cultivent une de leurs fermes à leur compte pour y 
essayer et y donner l'exemple des perfectionnements qu'il convient d'introduire 
dans l'exploitation. Ils cherchent à retenir les fermiers, non seulement en leur 
construisant des habitations très agréables et des bâtiments de ferme très com- 
modes, mais ils prennent une part dans les dépenses pour drainages, chemins, 
irrigations, etc., ou avancent la somme nécessaire pour les exécuter, à la con- 
dition que son intérêt de 4 ou 5 pour 100 sera payé en sus du fermage convenu 
Dans ces derniers temps, on a introduit dans les baux des clauses qui assurent 
au fermier le remboursement des améliorations qu'il a faites à ses frais et dont 
il n'a pas réalisé toute la valeur ou plutôt épuisé tous les effets avant l'expiration 
du contrat. Voilà une réforme à introduire dans nos baux. 

« Enfin, pour fixer autour des fermes une partie des ouvriers dont elles ont 
besoin, on a construit des cottages avec jardins et champs contigus qui peuvent, 
moyennant une annuité ajoutée à un loyer très modéré, devenir peu à peu leur 
propriété, comme les maisons des cités ouvrières dans quelques-unes de nos 
grandes villes manufacturières. 

« Les propriétaires des grandes fermes de l'Aisne ont-ils imité les proprié- 
taires anglais? Un certain nombre, oui; la majorité, non. Souvent ils résident 
loin de leurs fermiers et les connaissent à peine. Ils se servent, pour traiter leurs 
affaires, d'intermédiaires qui n'y résident pas davantage et qui sont eux-mêmes 
ignorants des besoins de l'agriculture. 

<c Crédit agricole. — Le ministère a présenté au Sénat un projet de loi sur le 
crédit agricole. A-t-il été compris et appuyé ? Dans la pénurie de fermiers où se 
trouve le département de l'Aisne, il a fallu louer des terres à de pauvres culti- 
vateurs qui empruntent au fabricant de sucre sur les betteraves à li\rer et au 
meunier sur le blé encore en herbe, qui font consommer leurs pulpes et labourer 
leurs champs par des animaux que les marchands de bestiaux leur ont prêtés. 
C'est du crédit agricole, c'est même du nantissement sans déplacement de gages, 
mais c'est un crédit crui coûte 20 à 30 pour 100; les mauvaises langues disent 
même c[u'il coûte quelquefois 50 pour 100 au malheureux cultivateur qu'il achève 
de ruiner. Ne vaudrait-il pas mieux avoir des banques de crédit agricole dont 
les réformes législatives proposées par le ministère devaient faciliter la 
création ^ » 

Les rapporteurs de ces sortes d'enquêtes ne nous ont point habitués 
à cette concision scientifique, si nous pouvons nous exprimer ainsi. 
Au parler beaucoup pour ne rien dire, M. Risler a substitué le parler 
peu pour diï'e beaucoup. Ce n'est pas nous qui nous en plaindrons! Il 
est bon qu'à côté de ce qu'on voit clairement, on devine une partie de 
ce qu'on ne voit pas. F. Gos. 

MANUEL DU GREFFEUR DE VIGNE 

Jusqu'à une époque, relativement récente, la greffe a été exception- 
nellement appliquée à la vigne pour remplacer des variétés peu pro- 
ductives ou de mauvaise qualité. Il a fallu l'invasion phylloxérique 
et la propagation des cépages du nouveau monde, résistant à l'insecte, 
mais qu'il était nécessaire de greffer, afin d'en utiliser les produits, 
pour en généraliser la pratique. 

Bien que la greffe, pratiquée sur la vigne, présente peu de difficulté, 
la nécessité d'opérer sur une grande échelle, afin de hâter la reconsti- 
tution des vignes détruites, a fait rechercher les moyens d'opérer vite, 
tout en assurant la réussite d'un grand nombre de greffes. 

C'est pour obtenir ce résultat que la Société de viticulture de Lyon 
a organisé, dans les principaux vignobles du Rhône, des écoles de 
greffage. Ces écoles, fondées en 1883, ont pris en peu de temps un 
rapide accroissement; en avril 1884, elles ne comptèrent pas moins de 
1 ,200 élèves. 

Dans les écoles de greffage les moniteurs donnent à leurs élèves les 



140 i MANUEL DU GREFFEUR DE VIGNE. 

leçons pratiques. Pour rendre ces leçons plus intelligibles, il était 
utile d'expliquer, de démontrer les phénomènes qui produisent la 
soudure d'un sarment de vigne sur un sujet de même espèce. 

C'est pour faciliter cette étude que M. Pulliat vient de publier un 
manuel du greffeur de vignes. 

Cet excellent petit traité initie ses lecteurs au mode d'organisation 
des écoles de greÎYage, puis leur fournit, dans un style clair et précis, 
quelques notions de physiologie végétale applicable à la vigne. 

Ces notions préliminaires amènent M. Pulliat à décrire et à parler, 
en les accompagnant de figures, de la greffe en fente simple et de la 
greffe en fente anglaise, des instruments les plus simples dont on 
doit se servir, des ligatures reconnues les meilleures, enfin des soins 
à donner aux greffes-boutures et aux greffes sur racines au moment où 
on les fait, à l'époque de leur mise en pépinière ou en place et des 
soins dont elles doivent être l'objet pendant l'année du greffage. 

Cette étude se complète par l'indication des porte-greffes que l'on 
doit préférer pour planter les diverses natures de terrains composant 
les sols arables dans lesquels la vigne prospère. 

Le savant professeur termine son travail en apprenant aux vigne- 
rons comment l'on peut se procurer rapidement et sans frais les bou- 
tures et les racines américains, dont on aura besoin, pour reconstituer 
les vignes en voie de destruction. 

Nous ne saurions trop recommander \eMmmel du Greffeur, dont nous 
venons d'indiquer sommairement les principales données. Les viticul- 
teurs y trouveront le moyen de créer chez eux des écoles de greffage ; 
les vignerons y apprendront l'utilité et la pratique rationnelle des opé- 
rations que comporte le greffage de la vigne et les moyens de reconsti- 
tuer leurs vignes détruites*. Pierre Tochon, 

Président di; la SocitHé d'agriculture de la Savoie. 

BALANCE HYDRO-MOTRICE DE M. BEAUME 

Parmi les appareils hydrauliques employés à l'élévation de l'eau, la 
balance hydro-motrice, qu'on appelle aussi balancier hydraulique, se 
place au premier rang, tant par la simplicité de sa construction que par 
son rendement considérable. Les applications qu'elle a reçues doivent 
se multiplier dans de très grandes proportions, d'autant plus que, con- 
trairement à une opinion assez répandue, la balance liydro- motrice 
n'exige pas des chutes considérables, et qu'elle fonctionne avec la plus 
grande régularité. 

La fig. 12 représente une balance hydro-motrice, établie par 
M. Beaume, constructeur hydraulicien à Bourgogne-sur-Seine, près 
Paris, connu depuis longtemps pour ses pompes et les béliers hydrau- 
liques. Elle affecte la forme générale d'une véritable balance. Deux 
plateaux D,D, sont reliés par des chaînes C à un balancier B mobile, 
oscillant autour de son axe, lequel est porté par un bâti solidement 
fixé. Ces plateaux, appelés plateaux récepteurs, sont en tôle galvanisée ; 
le plateau de gauche est représenté en vue, et celui de droite en coupe. 
Au centre de cliaque plateau, se trouve un corps de pompe E, scellé 
sur des assises; la tige du piston F est reliée à la chaîne C, au même 
point que les tiges sup])ortant les plateaux. Le canal d'arrivée I de 

1. En vente an\ bureaux du Propres agricole el vilicolc do Villel'iaiiche, ou cliez rauleur, à 
(^Ijirouhle (Uliûne), au i)ii\ de 1 IV. 



BALANCE HYDRAULIQUE DE M. BEAUME. 



141 



l'eau motrice débouche sur le bâti du balancier; il est fermé par des 
Yannes à tabatière J, qui s'ouvrent de bas en haut, et qui sont main- 
tenues fermées par des tiges munies de contre-poids K. Enfin, au fond 
de chaque plateau récepteur, deux clapets H s'ouvrent aussi de bas en 
haut, et sont ouverts ou fermés par le jeu de petites tiges qui dépassent 
le fond. Les tuyaux d"élévation de l'eau débouchent dans le récipient 
G, garni de clapets de retenue, et communiquant avec la colonne 
montante pour l'eau. 

Supposons que l'un des plateaux soit au haut de sa course, et 
l'autre en bas. Le premier a soulevé la tige à contre-poids K; la 




BlIÉllIliWllM 



Fig. 12- — Ualancc liydro-motrice construitelpar M. Beaume. 




vanne s'est ouverte, l'eau s'écoule et remplit le plateau. Au même 
moment, les tiges des clapets H du second plateau ont touché le sol, 
les clapets se sont ouverts, et le plateau s'est vidé. Le premier plateau 
étant rempli, le poids de l'eau le fait descendre, tandis que le second 
plateau monte. Au haut de sa course, ce dernier se remplit à son tour, 
pendant que le premier se vide. Ce mouvement alternatif se continue 
automatiquement; à chaque course, les pistons des corps de pompe 
suivent le mouvement des plateaux, et ils refoulent l'eau dans le 
récipient. Le mouvement est ainsi à double effet. 

La balance hydro-motrice donne un rendement très-élevé. L'eau 
motrice s'accumule dans les plateaux sans déperdition ; sur la hauteur 
de chute, on ne perd que l'épaisseur du plateau et du coursier; sur 



]42 BALANCE HYDRAULIQUP] DE M. BEAUME. 

une chute de 3 mètres, cette perte sera de 5 à 6 pour 100. Il n'y a 
aucune transformation de mouYement, et par suite pas de perte de 
force de ce chef. 11 n'y a de frottement qu'à l'axe du halancier et dans 
les corps de pompe. Il n'est donc pas étonnant que l'effet utile soit au 
moins de 60 pour 100, et qu'il dépasse souvent cette proportion. — 
Quant à la hauteur à laquelle on peut élever l'eau, elle dépend de 
la hauteur de chute, du diamètre des plateaux, de la profondeur à 
laquelle on va chercher Teau ; toutes ces conditions varient dans 
chaque circonstance. 

La description qu'on vient de lire permet de comprendre qu'il peut 
y avoir séparation ahsolue entre l'eau qui sert à faire marcher l'appa- 
reil et celle qu'il s'agit d'élever. On peut réserver toute l'eau d'une 
source, d'un puits creusé à une moyenne profondeur, ou même d'un 
faux puits creusé spécialement pour obtenir l'eau de chute filtrée par 
son passage à travers le sol. Quant à l'eau motrice, elle peut être trouble 
et même bourbeuse"; le seul inconvénient présenté par une eau de 
cette sorte, c'est qu'on est obligé d'enlever plus souvent sur les pla- 
teaux récepteurs les dépôts qu'elle y laisse. Hemiy Sagmer. 

DE LA DÉCHÉANCE INÉVITABLE ET IRRÉMÉDIABLE 

DE LA FRANGE 

J'ai lu quelque part qu'à une certaine époque de l'histoire, des 
barbares venus de tous les points de l'horizon, attirés par la fertilité 
des terres du monde latin, se ruèrent sur les pays d'Occident dont ils 
se partagèrent les richesses, traînant après eux le cortège de toutes les 
invasions : la dévastation, la misère et la ruine. 

La civilisation fut longue à se remettre de cette terrible secousse, et 
il fallut bien des siècles^pour défricher les ronces qui couvraient le 
sol envahi. 

Depuis, le temps a fait son œuvre ; la stérilité a été vaincue par 
l'énergie de l'homme, la science a franchi les distances, les peuples se 
sont rapprochés, les mœurs se sont adoucies, mais les convoitises sont 
restées les mêmes. Les armes seules ont cliangé pour conquérir la 
fortune. Ce n'est plus avec l'épée que les hommes combattent pour la 
richesse et la vie; mais c'est toujours la lutte à outrance, toujours 
l'écrasement du faible par le fort, toujours le vx victis de Brennus 
aux Romains; et c'est avec une force à laquelle rien ne résiste, avec 
la supériorité de leurs climats, de leurs sols, de leurs lois, que les 
nations nouvelles veulent exproprier l'Europe, et d'abord la France, 
de leurs possessions séculaires. 

Et ,ces dépossessions, ce ne sont plus celles de la terre, mais de 
leur propre marché et de la fortune acquise par des siècles de tra- 
vail et d'économie. 

La question de la défense contre cette invasion nouvelle, c'est-à-dire 
des tarifs protecteurs, est donc une question de vie ou de mort pour 
le pays tout entier, du premier au dernier de ses habitants, tous éga- 
lement producteurs et consommateurs. 

Aussi est-ce avec une véritable stupéfiiction que je lis, dans la lettre 
de M. Léon Say au Journal des Débats, la phrase suivante : « // est 
impossible de supposer que la France doive rester isolée du reste du 
monde, et soit condamnée à vivre plus chèrement que les autres pays de 



DE LA DÉCHÉANCE INÉVITABLE DE LA FRANGE. 143 

l'univers; ce serait décréter la déchéance inévitable et irrémédiable de 
notre beau -pays que de parler ainsi. » 

Mais cette cherté de la vie qui est le grand cheval de bataille des 
économistes, n'est-ce pas la conséquence et le symptôme de la prospé- 
rité générale? Ne sont-ce pas les contrées de l'excessif bon marché 
des produits et, par conséquent, des salaires, qui sont le plus misé- 
rables et, comme on Ta dit si souvent, ne vaut-il pas mieux payer le 
pain trente centimes le kilogramme, si l'on a un franc pour l'acheter, 
que cinq centimes si Ton n'a rien? Je croyais cette vérité démontrée 
et acceptée depuis longtemps. 

M. le président de la Ligue contre le renchérissement des denrées 
alimentaires ne veut pas que la France reste isolée du reste du 
monde, et dans sa sollicitude pour son pays, il commence par 
mettre hors la loi vingt-cinq millions d'hommes qui en couvrent 
la surface et forment les deux tiers de sa population : ceux-là nour- 
rissent le pays ; leur labeur est pénible et ingrat ; mais ils ne sauraient 
avoir les mêmes droits que les autres citoyens qui doivent s'enrichir 
de leur détresse. 

Si M. le président de la Ligue estime que la prospérité d'un peu- 
ple se mesure à l'avilissement du prix des denrées alimentaires, qu'il 
décrète que le blé viendra sans culture, que le paysan français est un 
rouage inutile, qu'il le chasse du sol où sa présence gène, qu'il 
fasse le désert sur cette terre plantureuse et se décide à demander à 
l'Amérique, aux Indes, à l'Australie, le blé, le bétail et leurs soldats 
dont la France a besoin pour sa nouriture et sa défense. 

N'est-ce pas le dernier mot du libre-échange, dans un pays où le 
travail de la terre serait sans rémunération, où celui qui la cultive 
verrait les hommes et leurs lois ligués contre lui ? 

Cette ligue provoquée aujourd'hui contre le renchérissement des 
denrées alimentaires, contre les ouvriers du sol, on la comprendrait 
contre des spéculateurs, des accapareurs qui affameraient les 
populations. 

En est-il ainsi dans l'état actuel des choses, quand le prix du blé est 
tombé à un degré d'avilissement qui n'a pas été atteint depuis un 
siècle, et que les prix des terres et des objets qui complètent l'existence 
ont doublé et triplé ? 

Mais que n'organise-t-on la ligue contre le renchérissement des prix 
de l'industrie, du commerce, contre toutes les classes de travailleurs, de 
producteurs, qui n'ont cessé de multiplier leurs bénéfices tandis que 
les salaires du producteur agricole ne cessaient de baisser? Que 
deviendrait alors un pays hérissé de ligues ennemies où chaque cor- 
poration se cantonnerait dans ses intérêts exclusifs pour disputer aux 
autres leurs moyens d'existence ? Le désordre, la perturbation et fina- 
lement la ruine générale seraient bientôt le châtiment de ces divisions 
antipatriotiques. 

La France, et en France l'agriculture traversent une crise qu'il est 
impossible de nier. 

Le remède à cette crise agricole est-il de signaler l'homme du sol 
comme un ennemi public, n'ayant droit ni aux ménagements ni à la 
justice du pays qu'il nourrit? Je ne le pense pas, caria terre est la seule 
source inépuisable de toute richesse, et celui qui y fait pousser le blé 
et les soldats a droit à nos respects et à notre reconnaissance. 



144 DE LA DÉCHÉANCE INEVITABLE DE LA FRANCE. 

Je n'hésite pas à le dire : l'application immédiate des théories du 
libre-échange, dans l'état actuel du monde, aurait pour nous d'abord 
et pour l'Europe, au point de vue économique, des résultats aussi 
désastreux que les terribles invasions des premiers siècles de notre 
ère : la misère et la dépopulation. L. de Praingy. 

A PROPOS DU PRIX DE REVIENT DU FROMENT 

Si l'on admet que le revenu d'une propriété, dont le principal pro- 
duit est le froment, dépend du prix que coûte l'hectolitre de grain, on 
doit aussi reconnaître que ce prix varie suivant les divers systèmes 
agricoles, et qu'on a intérêt à adopter celui où les frais de culture du 
froment sont les moins élevés. 

Ainsi, voici deux assolements : l'un de deux ans, — jachères, blé — 
reçoit trois façons de labour et hersage ; l'autre de quatre ans, — raci- 
nes, blé, trèfle et blé, — ne reçoit qu'une façon pour le froment. En 
comptant, pour cette récolte de chaque assolement, les mêmes frais et 
le même produit par hectare, il y a pour le premier en plus : 

Deux façons de labour et hersages estimées 80 fr., une année de 
frais généraux et de loyer 70, soit 1 50 fr. 

150 francs répartis sur 15 hectol. de rendement portent l'un à 
30 francs, celui de l'assolement de 4 ans étant évalué à 20 fr. 

En suivant un autre assolement où toute la jachère et la moitié de 
la récolte de froment sont remplacées par des prés et pâturages, l'autre 
partie de la céréale peut recevoir le double de fumier, et produire 
25 hectol, au lieu de 15, soit un excédent de 150 fr. à 15 fr. l'hectol. 
de froment, ce qui porte le prix de revient à 14 fr. 

Cependant, malgré le grand écart qui existe entre ces trois assole- 
ments, on ne peut pas dire que les propriétés où la jachère est encore 
pratiquée représentent une perte. La plupart ont plus que doublé 
de valeur depuis trente ou quarante ans, et elles olfrent encore cet 
avantage aux propriétaires qui se ruineraient en peu d'années, s'ils 
étaient obligés de les exploiter par domestiques et ouvriers, en suivant 
le même système de culture, cle trouver des familles qui les louent à 
moitié fruit. De plus, ces propriétés sont tellement recherchées par 
suite de renchérissement du bétail, que les propriétaires en sont 
venus, la concurrence aidant, à tripler l'impôt qui est à la charge du 
métayer, mais ils ne trouvent plus de fermiers qui consentent à payer 
le revenu qu'ils retirent de ce mode de culture. 

Lorsque le métayer a partagé le grain, qu'il a semé et qu'il a mis de 
côté celui qui est nécessaire pour le nourrir, il lui en reste bien peu 
pour vendre, et même dans les mauvaises années, le propriétaire est 
obligé de lui en avancer. Mais pour payer ses dépenses, il a la res- 
source du bétail. 

Comme il est probable que le prix du bétail continuera à s'élever, 
par la raison principale que la consommation de la viande augmente 
plus vite que la production, on a tout lieu de penser que la crise 
actuelle affectera peu la valeur des propriétés qui sont soumises au 
métayage et à l'élevage du bétail à cornes, préférablement au fermage 
et à l'élevage du cheval et du mouton. D'un côté, en outre de la 
viande et du lait produits , dont* la valeur augmente sans cesse, on a 
le travail qui, étant modéré, ne nuit pas au croît du bœuf et de la 



LE PRIX DE REVIENT DU BLÉ. 145 

vache, jusqu'à rûc;e de six ans, où on les vend pour l'embouche. De 
l'autre coté, à part la viande du mouton et sa laine, qui tend à baisser 
de prix, le cheval n'a d'autre valeur que son travail, dont les frais 
sont supportés par les récoltes, entre autres celle du froment. On peut 
donc, sans exagération, évaluer le rendement en ])étail à 100 fr. par 
hectare pour le premier système de culture, et à 25 fr. pour le second ; 
et dans ce cas, l'on conçoit sans peine que le revenu de ce dernier ne 
peut se compléter que par le produit du grain, et que, si le prix de 
celui-ci vient à baisser d'un quart, le propriétaire est obligé de dimi- 
nuer d'autant le fermage, s'il ne veut pas changer le système de 
culture. 

A mon avis, le prix de 15 francs l'hectolitre de froment, avec la 
faculté, en cas d'une baisse plus grande, d'établir un droit d'entrée 
sur le blé étranger, favorisera le progrès agricole en forçant les pro- 
priétaires à s'entendre avec leurs fermiers ou métayers pour faire des 
améliorations dans leurs domaines, principalement sous le rapport de 
la production fourragère. 

En agissant ainsi, ils serviront leur intérêt et celui de tous, bien 
mieux qu'en réclamant une surtaxe dont le résultat serait un surcroît 
de revenu, qui, en le supposant de 200 mihons de francs pour 30 
millions d'hectares, lesquels appartiennent, d'après L. de Lavergne 
{Economie rurale)^ à 550,000 familles, produirait par hectare 6 fr. 65, 
somme dépassant celle de l'impôt. Alamartine, 

Agriculteur à Saint-Martin d"Estréaux (Loire). 

ETUDE POUR FAIRE PLANTER UNE GRANDE QUANTITÉ 

DE VIGNES AMÉRICAINES 

I. Examinons (Tahord les conséquences qui ont été amenées par la des- 
truction d'une grande partie des vignes françaises. 

Les documents officiels font savoir que sur une surface totale de 
2,400,000 hectares plantés en vignes avant l'invasion du phylloxéra, 
760,000 ont complètement disparu, et 640,000 sont fortement 
atteints. Il y a donc 1,400,000 hectares que l'on peut considérer 
comme perdus. 

Cette destruction de vignes françaises a causé une insuffisance de 
production de vin, qui oblige de faire des achats de vin et de raisins 
secs à l'étranger pour une somme de 350 millions, tous les ans, 
depuis quatre ans. 

' La France s'appauvrit donc de 350 millions tous les ans, par suite 
des ravages causés par le phylloxéra, et le mal va toujours en aug- 
mentant. L'appauvrissement sera de trois milliards et demi en dix ans, 
en supposant que les dépenses pour achats de vins et de raisins secs 
n'aillent pas en augmentant. 

L'emploi de certaines variétés de vignes américaines permet de 
récolter du vin malgré les attaques du phylloxéra. Il est donc très 
important de planter une grande quantité de ces vignes. 

Il n'a été planté jusqu'en 1884 que 20,000 hectares de vignes amé- 
ricaines. Admettons que l'on plante, tous les ans, cette quantité de 
vignes; il faudra 70 ans pour planter la surface de 1 ,400,000 hectares 
de vignes que l'on peut considérer comme perdus. 

Il faut aussi remarquer que le million d'hectares de vignes fran- 
çaises, qui est encore intact en 1884, sera très probablement détruit 



146 ÉTUDE POUR FAIRE PLANTER DES VIGNES AMÉRICAINE.S. 

dans quelques annéees. Si on ne plantait que 20,000 hectares de vignes 
américaines par an, il faudrait 120 ans pour replanter toute la surface 
que les vignes occupaient avant l'invasion du phylloxéra. 

II. Nous allons recherche)' quelles sont les meilleures dispositions que 
l'on peut employer pour faire planter une grande quantité de vignes 
américaines. — Il est d'abord nécessaire de déterminer quelles sont les 
variétés de vignes américaines que l'on doit choisir pour chaque 
nature de terrain. Il faut encore faire connaître les méthodes les meil 
leures pour planter et pour greffer les vignes américaines. 

On emploiera plusieurs moyens pour résoudre ces questions. 

1° On créera un grand nombre de petites pépinières de vignes 
américaines dans les arrondissements où l'introduction de ces vignes 
est autorisée. 

On placera des écriteaux dans ces pépinières pour donner les prin- 
cipaux renseignements qu'il est utile de connaître. 

Des commissions seront nommées pour clioisir les variétés de 
vignes américaines, qui leur paraîtront les meilleures pour chaque 
nature de terrain où l'on fera les pépinières. 

2" Des leçons pratiques seront données, tous les ans, sur les planta- 
tions et le greffage des vignes américaines, dans les endroits qui 
seront désignés par arrêté du préfet. Ces leçons seront rédigées à 
l'avance et approuvées par une Commission nommée par le ministre 
de l'agriculture. 

3" Les leçons pratiques sur les plantations et le greffage des vignes 
américaines seront imprimées et mises en vente à un prix aussi faible 
que possible. 

4" On fera savoir aux habitants de la campagne quelles sont les 
personnes qui sont chargées d'enseigner les méthodes qu'il faut 
employer pour greffer les vignes américaines. 

5" On fera des avances aux viticulteurs, qui en auront besoin pour 
planter des vignes américaines, lorsqu'il sera possible de faire ces 
avances avec une grande sécurité. 

On sait par une"^ expérience de tous les jours que l'argent employé 
pour planter et entretenir une vigne est rapidement retrouvé, dès que 
cette vigne est en plein rapport. Il en résulte que les capitaux que l'on 
emploie pour planter des vignes sont un très bon placement. 

III. Etude pour Rétablissement de petites pépinières de vignes améri- 
caines dans les arrondissements oii l'introduction de ces vignes est autori- 
sée. — Nous admettons, dans ce qui va suivre, qu'il sera fait dix pépi- 
nières, par arrondissement de grandeur moyenne, dans le courant de 
la première année. 

Les détails que l'on donne ci-dessous font voir que la dépense totale 
pour l'établissement d'une pépinière de 10 mètres de longueur sur 
7 mètres de largeur est de 65 francs, y compris les frais d'entretien 
pendant une année. La dépense pour dix pépinières semblables sera 
de 650 francs, et la dépense pour un département où il y a quatre 
arrondissements sera de 2,600 francs. 

Ces sommes étant relativement peu élevées, il sera facile de trouver 
l'argent qui sera nécessaire pour les pépinières. 

Si l'on tient compte de la valeur des plants racines des pépinières, la 
dépense par pépinière est réduitelà^40 francs après une année de 
plantation, comme on le verra plus loin. 



ÉTUDE POUR FAIRE PLANTER DES VIGNES AMERICAINES. 



147 



Les plants racines des pépinières pourront être utilisés de diverses 
manières, à la fin de la première année de plantation. Les dispositions 
qui vont être indiquées présentent plusieurs avantages. 

La plus grande partie des plants racines sera arrachée et vendue 
aux enchères ou de gré à gré, à des prix établis à l'avance. 

Une partie des plants qui resteront sera greffée sur place avec des 
greffons de vignes françaises. Une autre partie sera conservée pour 
donner plus tard des boutures de vignes américaines. 

Les plants que l'on aura laissés dans les pépinières auront acquis, 
à la fm de la deuxième année, une plus-value qui diminuera encore 
le montant de la dépense d'établissement des pépinières. 

IV. Emploi de cantonmers pour rétablissement de pépinières de 
vignes américaines. — L'emploi des cantonniers des routes et des can- 
tonniers des chemins vicinaux pour faire les pépinières de vignes 
américaines présenterait de grands avantages. Les cantonniers sont 
des personnes sur lesquelles on peut généralement compter pour bien 
faire un travail. Ils sont habitués à exécuter exactement et promptement 
tous les ordres qu'ils reçoivent. 

Le préjudice causé aux routes et aux chemins vicinaux serait bien 
peu de chose par l'emploi en moins de cinq à six journées de 
cantonniers, dans le courant d'une année. On pourrait d'ailleurs, si 
on le jugeait nécessaire, employer des manœuvres sur les routes et sur 
les chemins vicinaux pour remplacer ces journées. 

Si Ion employait les cantonniers pour faire les pépinières il serait 
avantageux de confier la surveillance et la comptabilité de ces pépi- 
nières aux conducteurs des ponts et chaussées et aux agents voyers. 

V. Evaluation des dépenses qui sont nécessaires pour l'établisse- 
ment d^une pépinière. — Prenons un terrain de 1 mètres de longueur 
et de 7 mètres de largeur pour faire la pépinière. Le plan ci-dessous 
représente cette pépinière. 

10 luMri'S. 



Fig. 13. — Plan d'une petite pépinière de vignes américaines 

Mettons 400 plants de vigne américaines dans la pépinière. On les 
placera sur 8 rangs, en laissant des distances de 50 centimètres entre 
les rangs qui sont sur les côtés de la pépinière et un mètre de distance 
entre les rangs ([ui sont au milieu. 

Cinq ou six journées de main-d'œuvre seront généralement suffi- 
santes pour faire une pépinière comme celle qui est indiquée ci-dessus. 
Admettons que la dépense pour cette nicun-d'a^uvre soit de 15 francs. 



148 ÉTUDE POUR FAIRE PLANTER DES VIGNES AMÉRICAINES. 

Le prix de la clôture de la pépinière peut varier depuis dix centimes 
jusqu'à un franc le mètre courant suivant les matériaux que l'on 
emploiera. Comme l'on pourra le plus souvent trouver des matériaux 
de peu de valeur pour cette clôture, on adoptera le prix de fr. 15 
pour le mètre courant : 34 mètres de clôture à fr. 1 5 donnent 5 fr. 1 0. 
La porte nécessitera des frais supplémentaires que l'on peut évaluer 
à 3 fr. Le total pour la clôture sera de 8 fr. 1 0. 

L'évaluation du prix de location du terrain pourra s'établir de la 
manière suivante : supposons que la valeur moyenne des terrains 
sur lesquels on fait les pépinières soit de quatre mille francs l'hectare, 
un are vaudra 40 francs, dont l'intérêt à 5 pour cent est 2 francs. La 
contenance de la pépinière étant moindre que un are, on comptera 
largement en prenant 2 francs pour le prix de location. 

Prenons pour faire la pépinière les quantités suivantes de trois 
variétés de visçnes américaines résistant très bien aux attaques du 
phylloxéra : 300 boutures de Riparia, 75 boutures de York-Madeira, 
25 boutures de llupestris. 

Les prix-courants pour 1 884-85 de plusieurs propriétaires de plants 
de vignes américaines permettent de déterminer les prix que l'on peut 
adopter pour les plants indiqués ci-dessus. 

300 boutures de Riparia, à 20 francs le mille ' 6.00 

75 — de York-Madeira, à 40 francs le mille 3 .00 

25 — de Rupestris, à 50 francs le mille 1 . 25 

Total . . . , 10.25 

On peut compter 3 demi-journées pour les sarclages de la pépinière 
dans le courant d'une année : 3 demi-journées à 1 franc font 3 francs 
pour les sarclages. 

Les frais généraux sont évalués en supposant que l'on fait 10 pépi- 
nières semblables par arrondissement de grandeur moyenne. On 
comprend dans ces frais les dépenses pour la surveillance, pour la 
comptabilité, pour écriteaux, pour aller choisir et louer les terrains sur 
lesquels on doit faire les pépinières, etc. 

Récapitulation des dépenses : 

Francs. 

Main-d'œuvre 15-00 

Clôture ' 8. 10 

Location du terrain "i-OO 

Plants 10-25 

Sarclages 3 . 00 

Transport des plants et frais généraux 26.65 

Total.... ' 65.00 

Les dépenses nécessaires pour rétablissement d'une pépinière sont 
de 65 francs. 

VL Évaluation de la valeur des plants d'une pépinière après une 
année de plantation. — Les pépinières, après une année de plantation, 
auront acquis une plus-value, qu'il faut déterminer. Les prix-courants 
qui ont donné la valeur des boutures servent aussi pour déterminer la 
valeur des plants racines. 

Admettons qu'il n'y ait que 2 boutures sur 3 qui aient bien poussé. 
Le nombre des plants racines d'une pépinière ne sera que les deux 
tiers des boutures que l'on avait plantées. On aura pour une pépinière : 

Francs. 

200 racines de Riparia, à 100 francs le mille 20.00 

50 racines de York-Madeira, à 120 francs le mille. 6.00 

16 racines de Rupestris, à 1.50 francs le mille 2.40 

Total 28.40 



ÉTUDE POUR FAIRE PLANTER DES VIGNES AMÉRICAINES. 149 

La valeur des plants racines d'une pépinière, après une année de 
plantation, sera de 28 fr. hO. 

Yîl. Réduction des dépemes après une année de plantation d'une 
pépinière. — On a vu précédemment que les dépenses pour une pépi- 
nière sont de 65 francs. Iletranclions 28 fr. 40, valeur des plants 
racines, et ajoutons à la différence l'intérêt de 65 francs pendant un 
an; on trouve ainsi que la dépense faite pour une pépinière est ré- 
duite à 40 francs environ, après une année de plantation. 

YIII. Les renseignements concernant les pépinières peuvent être mis 
dans deux tableaux dont nous donnons les titres ci-dessous. 

V tableau : Département d 1. Numéros d'ordre. — 2. Arron- 
dissements. — 3. Cantons. — 4. Communes, sections, n"' du plan 
parcellaire. — 5. Propriétaires des terrains. — 6. Surfaces des pépi- 
nières. — 7. Noms des variétés de vignes. — 8. Boutures. — 9. Racines. 
— 10. Plants greffes. — II. Total. — 12. Observations. 

2'"" tableau : Nature des dépenses. — Numéros de pépinières. — 
On a vu précédemment que la nature des dépenses se compose de : 
main-d'œuvre, clôture, location du terrain, plants, sarclages, trans- 
port des plants, frais généraux. A. CgurdIiV. 

LES ACQUITS A CAUTION POUR LE BÉTAIL 

Monsieur le directeur, permettez-moi de vous faire part des réflexions 
que m'ont suggérées votre reproduction de la pétition de la Ligue des 
herbagers du Nord-Est (page 490, tome IV de 1884) et l'article sur 
l'importation du bétail maigre (page 83, tome I de 1885). 

Je suis cultivateur de la région du Nord-Est, et chaque année 
j'achète en Belgique des bestiaux (vaches et moutons) que j'entre en 
France avec un acquit à caution. Ces bestiaux retournent générale- 
ment en Belgique pendant le cours de la campagne. Les acquits à 
caution pour les bestiaux existent depuis très-longtemps, et on peut 
les prendre pour six mois, si on le juge convenable. 

Il résulte de ceci que le principal grief de la Ligue des herbagers du 
Nord-Est tombe à l'eau, car par le moyen des acquits à caution les 
herbagers pourront toujours, comme par le passé, acheter en Belgique 
leurs bestiaux maigres et les y revendre gras sans payer les droits 
compensateurs que la culture réclame à si juste titre. 

Le Comice agricole de Rocroi (qui fait bien partie du nord-est de 
la France) dans sa séanee du 9 novembre 1 884 a émis à l'unanimité de 
ses membres présentsle vœu dont je vous envoie ci-joint un exemplaire. 
Les droits que le Comice a proposés ont été discutés par des hommes 
compétents. Les droits sur les bestiaux portés aux 100 kilog. seraient 
beaucoup plus justes et plus équitables que portés à la tête. J'appelle 
toute votre attention sur ce détail qui, selon moi, a une grande im- 
---portafteê,.^^ ,- 

Dans leur pétition, les herbagers disent qu'il n'ignorent pas que 
quelques vœux contraires à leurs conclusions ont été émis par plusieurs 
sociétés ou réunions agricoles, mais ils font remarquer que ces vœux 
en ce qui touche l'espèce bovine se trouvent englobés et pour ainsi 
dire noyés au milieu d'autres vœux relatifs aux céréales, aux farines, 
au bétail de tonte espèce, aux laines, en un mot à tous les produits et 
dérivés de ragriciillure; ii iriir semble que la généralité même de ces 



^50 LKS A<;nr!TS- A CAUTKJX SI u 1J-: h';tai[.. 

demandes leiii' enlève une partie de leur autorité, car il n'est i^iière 
admissible que les personnes qui ont formulé eta])puyé ces desiderata 
soient à la fois interressées etpar conséquent compétentes dans toutes 
les brandies de la production. 

11 me send>le que MM. les herjjagers iiînorent ou feignent d'ignorer 
autant ce qui se passe dans les fermes que leur droit de prendre des 
aîîquits à caution. En effet. <lans notre pays, le a rai fei-mier, celui 
(lui cultive une ferme de 50 à 100 hectares, élève et nourrit des che- 
vaux, des \aches, des moutons, des porcs, beaucoup nu^me engrais- 
sant des bestiaux, tous cultivent les céréales, les fourrages, les 
racines, etc., chacun fait moudre la farine d^mt il a besoin pour sa 
consommation, presque tous fabriquent du beurre et du fromage, etc. 

Ils ont, de plus, affaire avec tous les corps de métiers, maréchal, 
sellier, bouii'elier, charron, menuisier, mécanicien, etc. (l'est ce qui 
expliîpie les connaissances multiples dont ils ont besoin et l'expé- 
rience (pi'ils doivent forcément a(H]uérir sur tous les prodails et dérivés 
de l'agriculture. 

Veuillez agréer, etc. Stamslvs Frnat:\, 

Membre du (lumice agricole de Rocroi el cultivatinir à (JiveL (Ardenues) 

Séance du 9 novembre 1884 du Comice de Rocroi. 

M. le président donne lecture d'im procès-verljal de la séance extraordinaire 
tenue le 7 octobre dernier par la Société des agriculteurs du Nord, et d'une lettre 
des Comices agricoles de l'Aisne réunis à Laou en assemblée plénière. 

La discussion s'engage sur la question. Avant d'entendre M. Fenaux, qui 
demande à développer des considérations qui pourraient servir de base à une 
délibération, le Comice, « V unanimité des membres présents, lient à constater 
que, d'après lui, le seul remède à la situation désastreuse de l'agriculture esl 
rétablissement de droits compensateurs sur tous les produits agricoles importés, 

La parole est alors donnée à M. Fenaux, qui soumet le projet suivant : 

« Le Comice agi'iciilc de Rocroi, considérant que la crise agricole prend une intensité telle 
<iu'elle devient un vrai péril social ; 

« Considérant que cette crise provient de deux causes principales : l'exagération des cliargcs 
ilonl nous sommes écrasés, et surtout l'invasion excessive des produits étrangers: 

« Considérant, en ce qui concerne les charges publiques, que la situation financière du pays ne 
permet d'espérer aucune diniiiiuiion ; 

« Considérant, en ce qui touche l'invasion des proiluits étrangers, que ces produits entrent sur 
notre territoire en franchise de droits; qu'ils usent de nos ports, de nos chemins de fer, de nos 
canaux et de nos routes, sans supporter aucune des charges qu'entraîne notre organisation 
nationale; 

« Considérant que l'égalité dans la réj)artition des charges est le premier des principes du droit 
moderne: 

« Considérant qu un grand l'aNS conime la fiance ne peut se disintéresser de pourvoir ])ar lui- 
même aux hesoins de l'alimentation générale: 

« Considérant que les inlér. ts du consouimateur ne sauraient être en rien compromis f)ar l'éta- 
blissement des droits compensateurs (leu)andes; 

« Considérant enfin que l'ouvrier des chanq)s retrouvera dans le relèvement de l'agriculture la 
source inépuisable du travail qui lui échappe par l'effet de la crise actuelle, 

« Emet le v<i'u : que des tarifs douaniers suflisamment compensa leurs soient établis pour per- 
mettre à l'agriculture française de résistera la concurrence tlrangére; que ces tarifs soient 
établis en temps utile pour protéger les opérations de la récolte prochaine. » 

Le Comice adopte cet exposé et le convertit en résolution. 

Gomme base des droits dont il demande l'établissement, il croit devoir pro- 
poser les chiffres suivants : 

Blé, ,5 fr. les 100 kilog. ; farine, 7 fr. ; seigle, avoine et orge, 2 fr. 

Bœufs, vaches, taui'eaux et moutons : pour les bêles sur pied, 8 fr. les 
100 kilog. ; pour les bêtes abattues, 15 fr. 

Porcs : bêles sur pied, 12 fr, les 100 kilog,; bêtes abattues, 18 fr. 

Et pour les laines, lorstju'il sera possible de reviser les traités actuels : laine 
lavée à dos, 1 fr. le kilog. ; laine en suint, fr, 50; 

M.. Boulet, vice-président, fait observer que tout en étant favorable au droit 
de 8 fr. qui vient d être indiqué pour les bestiaux, il croit que ce droit favorisera 
l'éleveur, mais qu'il sera onéreux aux herbagers. 

Le présiclejit du Comice^ Eu, Carniei^. 



PERFECTIONNEMENTS DANS LES DISTILLERIES AGRICOLES. 151 



PERFECTIOX^^EME^TS DANS LES DISTILLERIES 

AGRICOLES 

Je reçois de divers côtés des demandes de renseignements des dis- 
tillateurs, an snjet des propositions qui leur sont faites pour trans- 
former en diffusion leur système de travail ordinaire par les simples 
cuviers ; mais en même temps je reçois des communications d'autres 
distillateurs qui estiment qu'avec les moyens dont ils disposent et en y 
appliquant tous les soins qu'ils comportent, ils arrivent à des résultats 
tout aussi rapprochés de la perfection (|ue ceux qu'on leur promet. 

Et en effet, de ces explications, on voit que chez beaucoup, tous les 
soins à donner sont bien compris et bien exécutés • et même chez 
plusieurs avec des améliorations de détail qui ont une très grande 
importance. 

La régularité du découpage, qui est, dans tous les systèmes, macé- 
ration, diffusion, la première condition à remplir, me paraît bien 
observée et même chez plusieurs, avec une attention et des soins qui 
donnent toute crarantie de bonne exécution. 

o 

Aussi, le lavage a été perfectionné et complété par un épierreur pour 
éviter la présence de })ieiTes et même de parties sableuses qui altèrent 
le tranchant des couteaux, et l'entretien de ces derniers est, chez 
plusieurs distillateurs, ce qui appelle le plus leur attention. 

Quelques-uns même ont adopté une métliode qui me paraît bonne, 
c'est de ne pas attendre que le tranchant des lames soit émoussé et se 
fasse connaître par un découpage irrégulier et mâché. Ils renouvellent 
la garniture, régulièrement toutes les six ou toutes les douze heures, 
et dans ce cas, il leur sufht souvent de n'a\oir à toucher aux dents, 
pour avoir une coupe franche et nette, qu'en battant l'extrémité du 
tranchant comme on le fait pour les faux. 

Avec ces soins et un arrosage aussi rapide et régulier que possible 
en eau acidulée, on évite l'action de l'air qui rougit promptement 
le jus mis à nu par la section. 

La distribution des cossettes dans le cuvier est aussi faite avec soin 
pour éviter les tassements irréguliers. Cette précaution consiste à dis- 
tribuer à la pelle ou mécaniquement les cossettes contre les parois du 
cuvier, ce qui évite le tassement au centre, qui tend toujours à se 
produire. 

Un autre soin qui a une très grande importance et (jui s'applique 
chez plusieurs distillateurs, c'est d'éviter tout refroidissement dans le 
jus faible qui sort du cuvier épuisé, pour en reporter la chaleur au 
plus près du cuvier nouvellement chargé. Les uns même, par une 
combinaison très intelligente, reportent à l'extrémité de la série des 
cuviers toute la chaleur qu'ils peuvent prendre à la vinasse bouillante 
sortant de rap})ai'eil, là où elle n'a aucune utilité, étant employée sur 
le cuvier épuisé ; tandis qu'appliquée sur la betterave entrant en tra- 
vail, elle l'amortit et la prédispose à ime macération et à un épui- 
sement rapides. * 

Aussi, les résultats qu'on me communique confirment bien l'utilité 
de tous ces soins et la possibilité par eux d'obtenir les plus hauts ren- 
dements. Les uns ne constatent que quelques centaines de grammes 

Celte disposition est appliquée à Noyon dans la distillerie de MM. Muret, 



152 PERFECTIONNEMENT DANS LES DISTILLERIES AGRICOLES. 

de sucre perdu dans les résidus; d'autres obtiennent un épuisement 
presque absolu, même avec un rendement de 6, de 7 et jusqu'à 
8 pour 100 d'alcool. Ce qui indique que la betterave extra-riche 
peut être aussi bien épuisée par ces moyens simples et sans nouvelles 
dépenses de transformations. H. ('himponinois, 

Membri^ île la Socirtc rialioiiale d'ac-riculture. 



ENGRAIS TOXIQUES 

La culture du ricin et l'extraction de l'huile contenue dans ses 
graines se sont suffisamment répandues dans le midi de la France et 
en Algérie pour que cette industrie ait pu fournir à l'agriculture ses 
tourteaux, résidu de la fabrication. On sait que l'huile extraite de ces 
graines renferme un principe vénéneux qui en fait, prise à petite dose, 
un purgatif drastique. . 

Ce principe qui est en partie entraîné par l'huile, se retrouve en 
proportion bien plus notable dans les tourteaux, à telle enseigne 
qu'il est impossible de les faire entrer dans l'alimentation des ani- 
maux domestiques. 

A ce propos, la question est de savoir si ce tourteau toxique peut, 
sans inconvénient, être employé comme engrais, et si, par suite, le 
principe nuisible n'est pas capable de passer et de se fixer dans la 
plante à laquelle ce tourteau a servi de nourriture. 

Bien qu'il n'ait pas été fait, que je sache, d'expériences probantes à 
ce sujet, lesquelles, je m'empresse de le dire, seraient la meilleure 
réponse que l'on puisse donner à la question qui m'est posée, tout 
porte à croire qu'il ne peut y avoir aucun danger dans leur emploi. 

L'on sait comment se fait l'absorption par la plante des principes 
que celle-ci rencontre dans le milieu dans lequel elle est placée. Cette 
absorption n'a lieu jamais que par osmose; ce qui revient à dire que 
pour qu'une substance soit absorbée, il est de toute nécessité qu'elle 
soit cristallisable et soluble dans l'eau ; aucun corps ne passe donc 
qu'à l'état de dissolution. De nombreuses expériences ont été faites à 
ce sujet et elles ont péremptoirement démontré qu'à quelque état de 
ténuité que ce soit, une substance serait-elle réduite, si elle n'est pas 
soluble, il n'en passera pas un atome dans la plante. D'autre part, si 
la substance est en dissolution, quelle qu'en soit la nature, elle pas- 
sera dans la plante, devrait-elle lui être nuisible. La plante est donc 
absolument incapable de choisir ses aliments ; les substances qui 
sont mises en sa présence, seraient-elles absolument nuisibles pour 
elle, elle les absorbera infailliblement si ces substances sontdialisables. 

Les remarquables études de M. Bouchardat sur l'absorption par les 
plantes des matières nuisibles le prouve suffisamment; il est, de plus, 
facile de voir, en arrosant des plantes avec des substances qui leur sont 
nuisibles, tels que des sels de mercure ou de cuivre, que ces matières, 
bien que leur ingestion soit mortelle pour la plante, se retrouvent 
dans le végétal avec lequel elles sont mises en présence. 

A cet égard, la solution est donc nette et ne laisse aucune hésita- 
tion : la plante ingérera toutes les substances qu'on lui fournira, 
pourvu qu'elles soient dialisables. Si donc, dans notre cas, la matière 
toxique contenue dans les graines de ricin est cristallisable, ce qui 
jusque-là n'a pas été démontré, cette substance passera dans la plante 



ENGRAIS TOXIQUES. 153 

à laquelle le tourteau de ricin aura servi d'engrais. Mais ce n'est pas 
là une raison pour que, une fois absorbée, elle conserve ses propriétés 
nocives; car, une fois entraînée dans la circulation, elle pourra 
changer d'état. 

Dans une étude qu'il a faite sur le sorgho, M. Meunier ^ a dé- 
montré que toutes les fois que l'on fournissait à cette plante des en- 
grais riches en nitrate de potasse, on retrouvait cette même substance 
dans les tissus du végétal, au point que l'emploi de ce sorgho pour- 
rait devenir dangereux pour les animaux auquels il sert de nourriture. 
M. Meunier a trouvé jusqu'à kilog. 043 par kilog., ce qui, dans une 
ration de 40 kilog. pour un gros ruminant, donne k. 172, c'est-à- 
dire une dose plus que suffisante pour devenir nuisible. Mais ce n'est 
là, on peut le dire, qu'une exception, et si l'on considère l'ensemble 
des plantes cultivées, on constate que peu d'entre elles se comportent, 
comme le sorgho. Le plus souvent, en effet, les substances absorbées 
changent d'état ; c'est ainsi que toutes les substances cristallisables 
que l'on retrouve dans les plantes, telles que sucre, oxalates di- 
vers, etc., n'ont pas pénétré telles quelles dans le végétal. 

Toutes les fois cependant que la plante aura absorbé un composé 
métallique, ce métal se retrouvera dans la plante, mais à un état qui 
pourra être différent de celui dans lequel il y est entré. Si donc tous 
les composés de ce métal sont vénéneux, il est certain que l'absorption 
par la plante d'un composé de ce métal rendra la plante vénéneuse. 

Dans le cas où la substance absorbée est organique, celle-ci serait- 
elle vénéneuse que, suivant toute probabilité, la plante qui l'absor- 
bera ne deviendra pas pour cette raison nocive. C'est que cette matière 
changeant d'état et les substances qui la composent n'étant pas vé- 
néneuses par elles-mêmes, mais simplement par leur relation, le résidu 
cessera d'être vénéneux, par cette raison que leur rapport sera rompu. 
C'est ainsi que les plantes qui sont arrosées avec de l'eau de tabac qui 
contient de la nicotine, ne deviennent pas pour cela vénéneuses. 

D'où l'on peut déduire que toutes les fois qu'une plante absorbera 
une substance toxique, elle deviendra vénéneuse si cette substance 
est le composé d'un métal ou d'un métalloïde ne donnant que des 
composés vénéneux. Il y aura grande chance que cette plante ne devien- 
dra pas vénéneuse par l'ingestion d'une substance toxique organique. 

Sans vouloir trancher la question, par la raison que l'expérience ici 
n'a pas dit son mot, tout me porte à croire, que l'emploi du tourteau 
de ricin peut se faire sans qu'il y ait lieu d'en redouter les effets nui- 
sibles. J. Dybowski. 

SOCIÉTÉ NATIONALE D'AGRICULTURE 

Séance du 21 janvier 1885. — Présidence de M. Léon Say. 

M. le ministre d'agriculture d'Italie adresse deux fascicules des 
Annales d'agriculture contenant un rapport sur l'enseignement agri- 
cole spécial en 1884 et le rapport de la Station d'entomologie agricole 
de Florence, dirigée par M. Targioni-ïozzetti. 

M. Rœssler, directeur delà station œnologique de Klosterneuburg, 
près Vienne, adresse le compte rendu de travaux sur l'emploi de 
l'acide sulfureux dans l'économie vinicole, sur la présence et le dosage 
des acides sulfureux et sulfurique dans le vin et sur l'influence de 

l. AnnaLes ayronomiques, année 1881. 



154 SOCIÉTI'J NATIONALE D'AGRICULTURE DE FRANCE. 

« 

l'acide sulfureux sur le moût et sur le vin, ainsi que sur l'augmen 
tation de la proportion de cet acide dans le \in par suite de manipu- 
lations œnologiques. 

M. le colonel Basserie envoie le compte rendu des expériences 
comparatives sur le drainage hygiénique des locaux à sol ou pavé 
horizontal, au point de vue de l'accroissement des animaux. 

La Société d'agriculture de Fontainebleau envoie une notice inti- 
tulée : Proposition (T amélioration de renseignement technique agricole 
dans les écoles p7i maires. 

M. Wehenkel lait hommage du 2" fascicule du tome II du Bulletin 
du Comité consultatif des épizooties du royaume de Belgique. 

M. Bouley présente, au nom de M. Thierry, directeur de l'Ecole 
pratique d'agriculture de la Brosse, près Auxerre (Yonne), une note 
sur la prédisposition héréditaire aux étranglements intestinaux chez 
le cheval. 

M. Passy signale, dans le Bulletin n" 8 du ministère de ragricul- 
ture, un rapport de M. Joseph Boussingault sur la falsification des 
marcs de raisin sec. — Dans ce rapport, M. Boussingault signale un 
genre de falsification employé dans le Palatinat, et qui consiste à 
émettre dans le commerce des marcs de raisin sec, retirés du pres- 
soir, auxquels on mélange de la glucose de fécule pour remplacer le 
sucre réducteur enlevé pendant la fermentation. — Ce mélange, après 
avoir été suffisamment pressé et exposé à l'air, ressemble assez à du 
raisin sec, surtout si l'on y a mêlé une certaine quantité de grains non 
altérés. — Cette falsiiication est regrettable sous deux rapports : 
d abord, en remplaçant les sucres réducteurs du raisin sec par de la 
glucose d'amidon, on introduit un élément dont la saveur est souvent 
désagréable ; puis cet élément remplace incomplètement la matière 
soluble du raisin, |)uisqu"il napporte ni la crème de tartre, ni les 
autres principes solubles qui entrent dans le liquide résultant de 
la fermentation d'un fruit de bonne constitution. — Le vin obtenu 
est donc imparfait, et les consé(|uences de cette fraude sont des plus 
fâcheuses, car le marc additionné de glucose est surtout vendu à des 
personnes qui font leur vin elles-mêmes dans les ménages. L'absence de 
la crème de tartre et autres principes solubles autorise à envisager les 
boissons alcooli(}nes ainsi obtenues comme n'ayant pas toutes les con- 
ditio*ns de salubrité que présente un vin normal. 

M. Cornu offre à la Société le catalogue des graines récoltées en 
1884, au Muséum d'histoire naturelle. 

La Société procède à l'élection d'un membre titulaire dans la section 
des sciences physico-chimiques agricoles. — M. Berthelot obtient 
28 Aoix contre 7 données à M. Schlœsing. — En conséquence, M. Ber- 
thelot est élu. Georges Marsais. 

REVUE GOxMMERGIALE ET PRIX GOURANT DES DENRÉES AGRIGOLES 

(24 JANVIER 1885). 
]. — Situation générale. 
La neige a entravé l'approvisionnement de la phipart des marchés agricoles. 
Néanmoins, la situation générale s'est maintenue favorable, et les cours des 
denrées agricoles n'ont j^as baissé. 

IL — Les grains et les farines. 
Les tableaux suivants résument les cours des céréales; par QUINTAL MÉTRIQUE, 
sur les principaux marchés de la France et de l'étranger : 



REVUE COMMERCIALE ET PRIX COURANT (24 JANVIER 1885). 155 



V RÉGION — NORD -OU EST. 



Calvados . Caen 

— Cundé-sur-Noireau 
C.-du-Nord. Laiiiiion... 

— Treguicr 

Finistère . Morlaix 

Ule-el-Vilaiae. l'.ennes. 

— Foiigerei 

Manche. Cherbourg 

— Saint-Lô 

— V'alo^iifs 

Mayenne. Mayenne 

— Evron 

Morbihan. Hcunebont. . 

— Lorient 

Orne. Vimoutiers 

— Bellème 

Sarthe. Le Mans 

— Beaumont ' 

Prix moyens 

2° RÉGION. 

Aisne. Soissons 

— Vervins 

— Sainl-Quenlin. ... 
Eure. Cnnehes 

— L'ouviers 

— Pacy 

Eure-et-Loir. Chartres.. 

— Chàtea'idun 

— » Anneau 

Nord. Dûiiai 

— Valenciennes .... 

— Dunkerque 

Oise. Beauvais 

— Compiegne 

— Senlis 

Pas-de-Calais. Arras... 

— Bapaume 

Seine. Pans 

S.-el- Marne. Melun 

Montereaa 

"' Meaux.. 

S.-et-Oise. Versailles, . . . , 

— Ht-Gerrn.-en-Laye. 

— DouriJan 

Seinn-lnfér. Houen 

— DoudeviUe 

— Pei-amp 

Saiiitne. Amiens 

— DouUeris 

— Roye 

Prix moyens 

3° RÉGION. — 

Aril^ïmes. Sedan 

— Reïhel 

— CharieviUe 

Ajftie. Troye« 

— Méry-sur-Seine... 
Marne. Cliàlons 

— bajnte-MeneJuLOuld. 

— Reims 

Hte-Marne. Gh.iuinont.. . 

— Saint-Dizier 

MeurUie-et-Mos.Naac\. . 

— Toul 

— LunevjUe 

Meuse. Bar-le-Diur 

Haule-Saône. Vcsoul.... 

— Giay 

Vo.tges. Mirecourt 

— Neufchàteau 

Prix moyens 

4° RÉGION. 

Charente. Ruffec. 

— Barbezieux 

ChareiUe-Inf. Marans.. 

— Sl-Jean-d'Angely.. 
Deux-Siivres. St-Maxent. 
Indre-et-Loire Tours.. 

— Blére 

Loire-hifér . Nantes . . . 
M.-el-Loire Saumur. .. 

— Cholel 

Vendée. Lucon 

— Roche-sur- Yon.. . 

Vienne. Poitiers 

Haute- Vienne. Limoges 

Prix moyens 



Seigle. 

fr. 



15.05 
17.00 



16.15 
16.50 



15.93 18.01 



16.00 18.50 

!5 15.30 

la 16.15 

10 16.50 
17.00 

17. 'lO 

16.15 

18. 25 

18.25 

5 17.25 

5 16.50 
» 

5 17.50 

17.00 

18.60 

17.50 
5 » 

lO 16.50 

.0 19.00 

lO 18.50 

.0 19.00 

i5 18.00 

)0 16.50 
(0 » 

10 16.15 

10 14,60 
10 » 

10.63 14.67 17.20 16.5.3 



NOBO-EST. 

20.25 
18.25 
19.00 
18.25 
18.50 
19.25 
18,85 
18.50 
18.75 
18.90 
19.75 
20.00 
20.00 
20.00 
19.60 
49.50 
20.25 
19.60 



19.00 
17.25 
19.00 
17.25 
16.60 
18.75 
18.75 
18.50 

i> 
18. &0 

19.00 
17.50 
19.50 
16.75 



19.29 15.32 
— OUEST. 

19.70 » 

20.80 » 

19.25 » 

20.80 » 

19.50 

19. ';0 

20.45 

20.15 

20.15 

19.15 

19.15 

19.80 

19.35 

18.50 



16.00 
12.65 



14.65 
15.60 



15.75 



16.50 
13.50 
16.50 



18.19 16.20 



14.60 
15.50 

18.45 
16.90 
18.60 



.10 
16.60 



— CENTRE. 

Blé. Seigle. 



fr. 
20.45 
19. 



fr. 
13.65 
16.05 
14.50 
14.65 



15.00 
14.75 
14.00 
14.00 
14.90 
14.50 

14.50 
13.35 



15.15 
14.15 
44 .55 



19.60 



15.50 



15.25 
15.25 
15.50 
17.75 
16.25 
17.00 
16.00 
16.00 



.illier. Cusset 

— Montlucon 

Clier Bourges \_ 19^65 

— Vierzon 20.80 

— Saucerre 19.75 

Creuse. Guéret 20.50 

hidre. Chàleauroux. . . . . 19.10 

— Issoudun 19.50 

— Vatan 19.50 

Loiret. Orléans........ 19.75 

— Beaugenry 19.80 

— Patay '. 19.50 

L.-al-Cher. Blois.-. 20.70 

— Montoire 19.20 

Nièvre. Nevers 19.45 

— Clameçy I8.50 

— La Charité 18.85 

Yonne. Sens... 19.60 

— Brienon 19.20 

— Saint-Florentin.. 19.40 

Prix moyens 19.65 14.73 

6° RÉciox. — EST. 
-lin. Bourg 21.75 

— Pont-de-Vaux 21.25 

Cote-d'Or. Dijon 19.75 

— Beaune 19.50 

Doubs. Besançon 19.75 

Isère. Bourgoin 20.50 

— Côte-Saint-André.. 20.75 

Jura. Dole ,,.. 20.25 

Loire. Firminy 21.50 

— Montbrison 20.50 

P.-de-flôme. Clermont-F. 21.20 

Rhône. Lyon 21.25 

Saônc-et- Loire. Chalon. 20.00 

Savoie. Chambéry 32.75 

Ilte-Savoie. Annecy 21.55 

Prix moyens 20.81 

7° RÉGI 

Ariège. Foix 24.15 

— Pamiers 22.10 

Dordogne. Sarlat 22.10 

Ille-Harnnne. Toulouse. 22.00 

— St-Gaudens 22.10 

6'ers. .Ccindoin 23.05 

— Eauze 23.50 » 

— Miraiide 19.05 « 

Gironde, Bordeaux 22.75 17.35 

— La Réole 21. 00 19.35 

Landes.^ Dax 24.35 19.35 

Lol-et'Garonne. Agen.. 20.80 19,00 

— Nerac 22.55 « 

/î.-Pyréuée-s. Bayonne.. 23.40 » 
i/ie.s-Pi/rénees. Tarbes., 23,50 17.35 

Prix moyens 22.43 17,89 

8" RÉGION. — SUD. 

Aude. Carcassonne 22.75 16.65 

Aveyron.WoAez 20.80 

— Villefranche. .... 20.80 

Cantal. Aurillac 23.00 

Corrèze. Tulle 22.00 

Hérault. Béziers 21.60 

— Montpellier 21.50 

Lot. Cahors 23.50 

Lozère. Mende 22.75 

Pyré?iées.-0(\ Perpignan 24.30 

Tarn. Gaillac 22.70 » 

7arn-et-Gar. Montauban 22.10 16.35 

Prix moyens 22.32 17.50 

9' RÉGION. — SUO-EST. 
Busses-Alpes. Manosque. 24.55 » 

llauies-Alpes. Briancon. 23.00 18 00 

Alpes -Maritimes. Nice. 25.70 16.00 

Ardrche. Privas 23.20 16.30 

B.-du-ïthône. Arles 2.Î 75 » 



Ol'jîe. 
Ir. 
18. 'i5 
17.70 
IS.OO 
17.30 
1 5 . 30 

18.50 
17.30 

5> 

17.40 
17.90 
17.75 
18.60 
15.00 
16.90 
15.75 
15.00 
17.00 

1 6.75 
16.98 



Avoine. 

fr. 
15.80 
17.50 
10.00 
15.50 
14.90 
14.25 
15.75 
15.25 
14.25 
16.75 
16.00 
16.40 
17.75 
15.50 
17.00 
16.00 
14.80 
16.50 
16.50 
16.50 

15.95 



15.50 
18.25 
17.00 

» 
17.00 

17.25 



16.85 
17.75 
17.25 



16.41 
SUO-OUE 

18.65 
15.35 
18.00 

16.00 



17.11 

ST. 



17.65 



17.15 
18.00 



17.65 
18.30 
18.00 

17.75 



17.00 
16.20 



16.50 
16.60 
13.65 
15.60 

16.50 
22.00 



17.50 
18.25 

i6.r.o 

16.50 
16.90 
17.25 
17.25 
16.75 
19.50 
16.50 
15.25 
19.00 
17.75 
17.85 
16.75 

17.30 



17.20 
18.00 

18.75 
18.50 

20.00 
19.10 
19.50 



19.25 
22.00 

19.14 

18.50 

19.40 
16 00 
16.60 
17.80 
20.00 
20.00 
18.00 
18.50 
25.50 
18.50 
19.00 



Droine. Dr^niie , 



16.84 IM.SO 



16.00 
16 00 
16.00 
16.50 



Gard. Alais 24 70 

Haute-Loire. LePuy... 21.10 

Far. Draguignan 24.00 

Vaucluse. Carpeu'.ras... 23.75 

Prix moyens 23.50 

Moy. de toute la France. 20.75 

— de la semaine précéd. . 20.82 

Sur la semaine ( hausse. » 

précédente...^ baisse.. 0,07 



21.50 14.50 



10 90 
18.00 



17.30 


» 


10.46 
13.91 
! 5 . 80 


16.56 
1 6 . 92 

1 6 . 94 



156 REVUE COMMERCIALE ET PRIX COURANT 

Blé, . Seigle. Orge. Avoine. 

fr. fr. fr. fr. 

Aln^yiP A 1 „„.. S blé tendre . . 17.00 » » » 

Algérie. Aigei ^ ^^^ dur.... 14.25 » 10.50 » 

Angleterre. Londres 19.00 « » » 

Belgique. Anvers 17.85 16.00 19.00 17.75 

— Bruxelles 19.50 15.50 » 17.50 

— Liège 19.50 16.00 18. 00 16.60 

— Namur 19.00 15.50 18.00 15.25 

Pays-Bas, Amsterdam 18.65 15.75 » » 

Luxembourg. Luxembourg 22 10 18 65 15.40 17.00 

Alsace-Lorrame. Strasbourg.". 24.25 20.00 23.00 19.25 

— Mulhouse 21.75 18.10 19.50 16.00 

— Colmar 22.20 20.00 21.50 19.50 

Allemagne. Berlin 20.60 18.10 » » 

— Cologne 20.60 18.50 » » 

— Hambourg 19.60 15.60 » » 

Suisse. Genève.." 22.50 17.50 18.50 18.75 

Italie. Milan 21.75 16.00 » 14.00 

Espagne. Barcelone 21.45 » 10.60 9.00 

Autriche. Vienne 23 . 25 » » » 

Hongrie. Budapest 22.40 14.10 15.50 13.00 

Russie. Saint-Pétersbourg... 18.25 12.15 » 13.90 

Etats-Unis. New-York 17.85 » » » 

Blés. — La situation est la même qu'il y a huit jours sur la place de Paris. 
La tendance générale des cours est ferme, mais sans hausse déterminée. A la 
halle du mercredi 21 janvier, les Liés de mouture du rayon restaient cotés de 
19 fr. 50 à 21 fr. 25 les 100 kilog. — Au marché des blés à livrer, les prix 
sont tenus sans changement, avec affaires très calmes. On cote : livrable janvier, 
21 fr. à 21 fr. 25; février, 21 fr. 25; mars-avril, 21 fr. 50 à 21 fr. 75; quatre 
mois de mars, 22 fr. à 22 fr. 25. — Les blés exotiques, sont peu demandés; 
les cours restent sans variation au Havre, où l'on cote : blés roux d'hiver d'Amé- 
rique, 20 fr. 75 à 21 fr.; Australie, 21 fr. 50 à 22 fr.; Californie, 21 fr. 25 à 

21 fr. 50; Bombay blancs, 19 fr. 75 à 20 fr. 25; Bombay roux, 18 fr. 75 à 
19 fr. 25 le tout par 100 kilog. sur wagon. — A Marseille, les affaires ont 
repris de l'activité dans ces derniers jours, et l'on constate une très grande fer- 
meté sur les. cours du disponible, qui sont les suivants : Red-Winter, 22 fr. à 

22 fr. 25 les 100 kilog ; Berdianska, 23 fr. ; Marianopoli, 22 fr. ; Irka-Odessa, 
19 fr. 50; Irka-Nicolaïefl', 20 fr. à 20 fr. 50; Azima Azoff, 18 fr. 50 à 20 fr. ; 
Danube, 18 à 19 fr. ; Burgos, 17 fr. 50 à 18 fr. 50; Balchick, 17 fr, 50 à 
17 fr. 75; Azoff durs, 18 fr. 50 à 20 fr. — A Londres, les blés roux d'hiver 
trouvent preneurs à 20 fr. 58 les 100 kilog. Les marches intérieurs de l'Angle- 
terre sont très calmes, et les prix restent sans changements. 

Farines. — Sans changements dans les cours. On cotait à Paris, le 21 janvier : 
marque de Gorbeil, 47 fr.; marques de choix, 47 à 50 fr.; premières marques, 
46 à 47 fr.; bonnes marques, 44 à 45 fr.; marques ordinaires, 44 à 45 fr.; le 
tout par sac de 159 kilog., toile à rendre, ce qui correspond aux prix extrêmes 
de 27 fr. 39 à 31 fr. 85 les 100 kilog. ou 29 fr. 55 en moyenne. — Au marché 
des farines de spéculation, on constate de la hausse, et l'on cote : farines neuf- 
marques, janvier, 46 fr. ; février, 46 fr. ; mars-avril, 46 fr. 25 à 46 fr. 50'; 
quatre mois de mars, 46 fr. 75, par sac de 159 k-ilog. bruts, toile à perdre, 
ou 157 kilog. nets. — Les farines deuxièmes valent 24 à 25 fr. et les gruaux, 
37 à 39 fr. les 100 kilog. 

Seigles. — Les prix demeurent bien tenus, avec offres limitées. On cote à, la 
halle, 15 fr. 25 à 16 fr. 25 les 100 kilog. — Les farines de seigle ont une vente 
ordinaire aux prix de 22 à 23 fr. 50 les 100 kilog. 

Orges. — Les belles qualités sont demandés, et les prix fermement tenus. On 
paye par 100 kilog. : 17 fr. 75 à 22 fr. suivant qualité et provenance. — Les 
escourgeons sont sans affaires en raison des prix élevés et de la faiblesse des 
stocks; les bonnes qualités valent, 19 fr. les sortes ordinaires, 18 à 18 fr. 75 les 
100 kilog. 

Avoines. — Prix fermement tenus, avec offres restreintes. On vend à la halle, 
les avoines indigènes de 16 fr. 25 à 20 fr. 25 les 100 kilog. disponibles suivant 
qualités et provenances. Les avoines exotiques sont sans affaires et se cotent 
nominalement : Suède, 17 fr. 50 à 18 fr.; Liban noires, 17 à 17 fr. 50. 

Maïs. — Les prix restent assez bien tenus avec des affaires calmes de 14 fr. 50 
à 14 fr. 50 les 100 kilog. sur wagon au Havre ou à Rouen. En livrable, on cote 
de 13 fr. 25 à 14 fr. 50 suivant provenance. 



DES DENRÉES AGRICOLES (24 JANVIER 1885). 157 

Sarrasins. — Les offres sont toujours limitées et les cours en hausse de fr. 25. 
On demande, 16 à 16 fr. 25 les 100 kilog. pour les provenances de Bretagne et 
15 fr. 25 à 15 fr. 75 pour les autres. 

Issues. — On constate une hausse de fr. 25 à fr. 50 ; la meunerie tient ses 
prix à cause des mauvais temps. Les cours actuels sont : gros son seul, 14 fr. 25 
à 14 fr. 50 les 100 kilog.; sons gros et moyens, 13 fr. 25 à 14 fr.; sons trois 
cases, 12 fr. 75 à 13 fr. 25; sons tins, 12 fr. à 12 fr. 50; recoupettes, 12 fr. à 
12 fr. 50; remoulages blancs, 15 fr. 50 à 16 fr.;. remoulages his, 14 fr. à 15 iv. 
III. — Fourra ff es et graines fourragèi'es. 

Fourrages. — Les apports au marché de Paris sont toujours moins abon- 
dants que d'habitude ; les prix se sont bien tenus, et sont en hausse pour la 
paille. On cote : foin, 52 à 58 fr. ; luzerne, 50 à 56 fr.; paille de blé, 30 à 38 fr.; 
paille de seigle, 36 à 40 fr.; paille d'avoine, 25 à 29 fr. Le tout par 104 bottes 
ae 5 kilog. dans Paris. Sur wagon en gare, les fourrages valent : foin, 34 à 
42 fr. ; luzerne, 35 à 42 fr. les 104 bottes. — A Nevers, on paye le foin 8 fr., et 
la paille, 4 fr. 50 les 100 kilog. — A Lyon, on cote aux 100 kilog. : paille de blé 
et de seigle, 7 fr. 50 à 7 fr. 75 ; paille d'avoine, 7 fr. 50 ; foin de pays, 9 fr. 50 
à 11 fr. ; luzerne, 8 fr. 50 à 10 fr. ; regain, 7 fr. 50 à 8 fr. 25; foin de Bour- 
gogne, 12 fr. 75 à 13 fr. — ^ Bordeaux, le foin vaut 55 fr. les 100 bottes; la 
paille de blé, 32 fr. ; la paille d'avoine, 26 à 27 fr. 

Graines fourragères. — On signale de la hausse sur les trèfles d'Amérique 
et les prix des trèfles de pays s'en ressentent; en général, la demande est 
meilleure qu'il y a huit jours. On cote à Paris, par 100 kilog. : trèfle violet, 95 
à 120 fr.; trèfle blanc, 160 à 190 fr. ; trèfle hybride, 160 à 180 fr. ; luzerne 
de Provence, 145 à 150 fr. ; de pays, 140 à 145 fr.; d'Italie, 120 à 130 fr. ; de 
Poitou, 75 à 100 fr.; minette, 35 à 40 fr. ; ray-grass anglais, 35 à 40 fr. ; 
d'Italie, 37 à 42 fr.; sainfoin à une coupe, 34 à 35 fr. ; à deux coupes, 40 fr.; 
vesces de printemps, 22 à 24 fr.; pois jarras, 17 à 18 fr. — Sur le mirché de 
Lyon, les belles qualités de luzerne de Provence sont très rares, et se tiennent 
de 145 à 150 fr. pour les supérieures, et 130 à 140 fr. pour les qualités cou- 
rantes; les trèfles d'Amériquti valent 110 à 115 fr.; ceux du pays, 108 à 115 fr. ; 
ceux du centre, 104 à 106 fr.; le sainfoin très demandé est en hausse à 35 et 
36 fr. simple, et 39 à 40 fr. double ; les vesces valent 23 fr. 

IV. — Frui'.s et légumes frais. 

Fruits. — La marchandise est assez rare à la halle, et les prix ont une ten- 
dance à la hausse. On cote : poires, 10 à 80 fr. le cent; fr. 25 à fr. 75 le 
kilog.; pommes, 10 à 80 fr. le cent; fr. 20 à fr. 70 le kilog.; raisin com- 
mun, 3 à 5 fr. le kilog. ; noir, 4 à 6 fr. 

Salades. — La salade est très recherchée aux prix suivants : barbe de capucin, 
G fr. 60 à fr. 75 la botte; céleri, fr. 30 à fr. 60; céleri-rave, fr. 10 à 
G fr. 20 la pièce; chicorée frisée, le cent, 6 à 15 fr. ; sauvage, le kilog , fr. 40 
à fr. 60; ciboule, fr. 10 à fr. 15 la botte; cresson, fr. 40 à 1 fr. 70 la botte 
de 12 bottes; escarole, 5 à 12 fr. le cent; laitue, 6 à 10 fr. le cent; mâches, 
G fr. 50 à fr. 60 le kilog. ; persil, fr. 25 à fr. 30 ; cerfeuil, fr. 30 à fr. 50 
la botte; pissenlits, fr. 40 à l fr. Is kilog.; raiponce, fr. 50 à fr. 60 lé 
kilog. ; salsifis, fr. 35 à fr. 40 la botte ; betteraves, fr. 30 cà I fr. 40 la 
manne. 

Légumes. — Carottes communes, 35 à 40 fr. les 100 bottes; carottes d'hiver, 
4 fr. 50 à 8 fr. l'hectolitre; navets, 30 à 35 fr. les 100 bottes; panais, 8 à 10 fr.; 
poireaux, 5 à 6 fr.; oignons en grains, 16 à 18 fr. l'hectolitre; potirons, fr. 75 
à 4 fr. la pièce. 

Pommes de terre. — Hollande, 9 à 10 fr. l'hectolitre, 12 fr. 85 à 14 fr. 28 le 
quintal ; communes, 7 à 8 fr. l'hectolitre, 10 à 11 fr. 42 le quintal. 
V. — Vins. — Spiritueux. — Vinaigres. — Cidres. 

Vins. — On constate une légère reprise d'activité sur certains points, mais ce 
n'est pas encore un mouvement général. Les cours se soutiennent toujours 
fermes et empêchent la conclusion de beaucoup d'aH"aires entamées. Dans les 
environs de Blaye, des ventes très importantes ont été faites en premiers crus 
bourgeois de 1884, qui sont demandés; ces vins ont obtenu 825 fr. le tonneau. 
Dans le Loir-et-Cher, les vins rouges supérieurs se placent bien à 80 et 82 fr. les 
225 litres logés, et les seconds choix 75 à 78 fr. En Sologne il en est de même 
pour les vins blancs supérieurs pesant 10 degrés, que l'on paye 58 à 62 fr., nus, 



258 REVUE CUMMEKCIALK ET PiUX CuEiiAAT 

suivant mérite ; les deuxièmes choix et les vins de la côte valent 50 à 55 fr. Dans 
l'Hérault, les achats sont assez suivis à des prix variant de 15 ta 22 fr. les petits 
vins, et 25 à 35 fr. les vins foncés en couleur. A Cette, les arrivages en vins exo- 
tiques sont de plus en plus nombreux, mais les achats sont très réduits et les 
cours fléchissent. — A Paris, les arrivages par voie ferrée ont été très nombreux 
la semaine dernière; mais il s'est conclu peu d'affaires nouvelles. Lacote officielle 
des courtiers de Bercy établit les cours ainsi qu'il suit pour les vins nouveaux : 
Basse-liourgogne, le muid 140, à 160 fr.; Onzain, 100 à 120 fr. la pièce : vins 
noirs du Blésois, 130 à 150 fr. ; bordeaux ordinaires, 150 à 160 fr. ; Cher, 110 à 
145 fr.: Chinon, 130 à 200 fr.; Fitou, 45 à 58 fr. l'hectolitre; GailJac, 110 à 
115 fr. la pièce : Maçonnais et Beaujolais, 135 à 220 fr. ; Montagne, 35 à 44 fr. 
l'hectolitre; Narbonne, 43 à 56 fr, : Orléans, 115 à 150 fr. la pièce: Benaison, 145 
à 170 fr.: Boussillon, 45 à 60 fr. l'hectolitre; Sancerre, 125 à 170 fr. la pièce; 
Selles-sur-Cher, 115 à 135 fr.; Touraine, 110 à 130 fr. — Vins blanc^ : Anjou, 
130 à 140 fr. la pièce ; basse Bourgogne, 140 à 200 fr. le muid ; Bergerac et 
Sainte-Foy, 150 à 170 fr. la pièce; Chablis, 170 à 220 fr. le muid ; Nantais, 50 
à 60 fr. la pièce ; Pouilly-Fuissé, 240 à 250 fr. ; Pouilly-Sancerre, 140 à 185 fr.; 
Sologne, 65 à 75 fr.; Youvray, 130 à 140 fr. — Vins étrangers : Espagne, 42 à 
58 fr. l'hectolitre; Portugal, 48 à 52 fr.; Sicile, 48 51 60 fr.;'Biposto, 38 à 48 fr.; 
Italie, 50 à 60 fr.; Dalmatie, 52 à 54 fr.; Turquie, 55 à 60 fr. 

Spiritueux.. — Les cours se sont relevés sensiblement sur la place de Paris 
depuis le commencement de la semaine. Au marché du 20 janvier, on colait les 
trois-six fins du Nord 90 degrés : disponible, 45 fr. 25 à 45 fr. 50 ; livrable 
février, 45 fr. 25 à 45 fr. 75 ; mars-avril, 46 à 46 fr. 25; quatre mois de mai, 
46 fr. 25 à 46 fr. 50. Les trois-six bon goût du Languedoc disponibles conser- 
vent le cours de 110 à 112 fr. — A Lille, l'alcool de betterave fin vaut 43 fr. 50; 
celui de mélasse, 44 fr. — A Bordeaux, les trois-six du Nord sont très fermes à 
50 et 51 fr. disponibles et 51 à 52 fr. livrables; les trois-six neutres, type alle- 
mand, valent 72 à 72 fr. nus. — A Cognac, des eaux-de-vie nouvelles, dans la 
région des bois, ont été traitées de 100 à 230 fr. suivant mérite; le stock des 
eaux-de-vie vieilles s'épuise sensiblement, et les prix sont de mieux en mieux 
tenus. 

Cidres. — A Paris, les cidres valent, 23 à 35 fr. la barrique de 225 litres, 
droits d'octroi non compris et fût à fournir. 

Pommes à cidre. — La campagne se termine; les dernières affaires traitées 
établissent les prix de 84 à 93 fr, les 1,000 kilog- à l'arrivée en gare de Paris. — 
Sur place on vend encore : à Bouen, 6 fr. 80 à 7 fr. l'hectolitre; droits d'entrée 
de 1 fr. 25 compris; dans la Sarthe, les dei-niers prix ont été de 3 fr. 90 
à 4 fr. ' 

VI. — Suci'e.<. — Mélasses. — Fécules. — Houblons. 
Sucres. — La tendance sur les sucres était assez ferme au commencement de la 
semaine, et indiquait uue hausse sur nos derniers prix. Au marché du 20 janvier, 
on cotait sucres bruts, 88 degrés, 33 fr. 75 à 34 fr. les 100 kilog. : sucres blancs, 
99 degrés. 39 à 39 fr. 25; sucres n" 3, livrables courant du mois, 41 fr. à 
41 fr. 25;'février, 41 fr. 25 à 41 fr. 50; autres mois, 41 fr. 75 à 43 fr. 25; sui- 
vant époque. Les raffinés sont sans changement à 96 et 97 fr. les 100 kilog. 
pour la consommation et 41 fr. 25' à 44 fr. pour l'exportation. — Le stock de 
l'entrepôt réel, à Paris, était, le 19 janvier, de 1,214,134 quintaux. — A Valen- 
ciennes, les sucres roux sont mieux tenus à 32 fr. 75 les 100 kilog. — A Lille, 
on les cote, 32 fr. 50 avec tendance à la baisse, et les blancs, 39 fr. 

Mélasses. — Prix sans changement de 18 fr. les 100 kilog. à Paris pour les 
mélasses de raffinerie, et de 9 fr. 50 à Yalenciennes pour les mélasses de 
raffinerie. 

Fécules. — Les fécules de l'Oise disponible sont cotées, 25 fr. 50 à Com- 
piègne ; la fécule sèche vaut, 26 fr. 50 à Paris; le tout aux 100 kilog. 

Sirops. — '\oici les cours pratiqués, à Paris, par 100 kilog. : sirop cristal, 
44 degrés, 43 à 45 fr.; massé, 40 degrés, 36 à 37 fr.; 42 degrés, 58 à 40 fr,; 
liquide, 36 degrés, 33 à 34 fr. 

Houblons. — Dans le Nord, les affaires ont continué lentement: les cours sont 

à peu près les mêmes que ceux de la semaine dernière. A Alost, on obtient à 

grand'peine 70 fr. les 50 kilog.; les acheteurs ne veulent pas dépasser 65 fr.; 

à Poperinghe, on a obtenu 70 cà 75 fr., et 65 à 67 fr. aux villages. — Les affaires 

sont un peu plus animées en Alsace où les qualités moyennes valent 80 à 



DES Dî:NRKES AGRICOLES 1,24 JANVIER 1885). 159 

90 fr., et les sortes fines, 90 à 100 fr. — Eu Bourgogne, on signale seulement 
quelques demandes à 80 et 90 fr. les 60 kilog. 

VII. — Tourteaux. — Noii^s. — Engrais, 

Tourteaux. — Les tourteaux sont toujours fermes à Arras, aux prix suivants : 
oeillette, 16 fr. 75 les 100 kilog.; colza 16 fr. 50; lin de pays, 25 fr.; cameline, 
15 fr. 25 ; pavot, 12 fr.; — A Rouen, les tourteaux de coka valent toujours 15 fr., 
€t à Gaen, 16 fr. les 100 kilog. 

Noirs. — Prix en hausse, à Valenciennes, pour le noir animal neuf en grains, 
qui se paye 33 à 36 fr.; les 100 kilog.; le noir vieux grain, est toujours coté de 
10 à 12 fr.; noir d'engrais, 2 à 8 fr. 

Engrais. — Les prix sont les mêmes à Paris que la semaine dernière, sauf 
le sulfate de potasse, qui se vend 22 fr. les 100 kilog., en hausse de 1 fr. 
VIII. — Matières résineuses et textiles. 

Matières résineuses. — L'essence de térébenthine a eu une hausse de 1 fr. 
par 100 kilog. cette semaine; elle se paye à Dax 53 fr. — A Bazas les gemmes 
marchandes conservent leurs cours de 20 fr. les 250 litres pour la gemme de 
crot récolte 1884, et22 fr. 50 pour la gemme au système Hugues. 

Lins. — A Doullens les lins de première qualité sont cotés 2 fr. les 2 kilog. 

IX. — Suifs et saindoux. 

Suifs. — Le suif frais de la boucherie de Paris reste tenu à 78 fr. les 
100 kilog. ; le suif de mouton vaut 90 fr. et le suif d'os pur, 70 à 72 fr.. — A 
Bordeaux, on cote : suif en branches, 60 fr. les 100 kilog.; suifs fondus, 85 fr. 

Saindoux. — Le marché des saindoux est toujours calme au Havre : on cote 
48 fr. 50 les 50 kilog. disponible. 

X. — Beurres. — Œufs. — Frninages. 

Beurres. — On a vendu à la halle, du 13 au 19 janvier, 199,716 kilog. de 
beurre aux prix de : en demi-kilog. 1 fr. 80 à 3 fr. 30 ; petits-beurres, 1 fr. 40 
à 3 fr. 20: CTOurnay, i fr. 80 à 4 fr. 36; Isigny, 1 fr. 92 à 8 fr. 28. 

Œufs. — Les ventes de la semaine se sont élevées à 3,447,213 œufs, aux 
prix par naille de : choix, 108 à 148 fr.; ordinaire, 90 à 108 fr. 

Fro-'ta/jcs. — On cote à la halle, par douzaine. Brie, 6 à 28 fr.; Montlhéry, 
15 fr. — par cent: Livarot, 32 à 102 fr.: Mont-d'Or, 5 à 19 fr.; Neufchàtel, 
3 fr. 50 à 21 fr. 50; divers, 6 à 72 fr.; — par 100 kilog. : (jruyère, 90 à 180 fr. 
XI. — Chevaux. — liélail. — Viande. 

Bétail. — Le tableau suivant résume le mouvement officiel du marché aux 
bestiaux de la Yillette du jeudi 15 au mardi 20 janvier. 

Poids Prix du kilog. de viande nette sur 
Y j moyeu pie d au ma rché du ly j anrier 1385 

Pour l'oui- En 4 (juaitiers. 1" 2° 3° Prix 
Amenés. Paris. l'extérieur, totalité. kil. quai. quai. ([ual. moyen- 
Bœufs. .. . 4.204 2,800 1,298 4,098 346 1.65 1.50 1.20 1.43 

Vaches 1,338 823 410 1,2.33 2.35 1.54 1.40 1.16 1.35 

Taureaux 334 264 41 305 392 142 1.32 1.16 1.29 

Veaux 2,935 1,969 7l2 2,6S1 79 2.16 '2.00 1.76 1.85 

Moutons 39,183 23,862 8,622 32,484 20 1.84 1.68 1.50 1.67 

Porcs gras 5,993 2,703 3,240 5,943 82 l.:30 1.24 1.20 1.27 

Les arrivages de la semaine se décomposent ainsi : 

Bœufs. — Aisne. 3 ; Allier, 394; Aveyron. 7 ; Belfort. 6 : Calvaaos, 20 ; Cantal, 14 : Charente, 311 
■Cher, 99 ; Cùte-d'Or, 16; Creuse, 193; Deux-Sèvres, 142; Dordogne, 173: Ule-et-Viiaine. 28; 
Indre, 15; Loire, 29; Loire-Inférieure, 151; Loir-et-Cher, 6; Loiret, 22; Lot, 18; Maine-et- 
Loire, 1,358; Manche, 3; Mayenne, 112: Morbihan, 101; Nièvre, 110; (tise, 3; Puy-de-Dôme, 
51; Rhône, 73: Saône-el-Loire, 33; Haute-Saône, 10; Sarllie, 13; Tarn-et-Garonne, 29; Vendée, 
.548; Haute-Vienne, 1S2: Yonne, 22; Italie, 33. 

Vaches.— Aisne. 2; Allier, .54; Aube, 12; Belfort, 5; Cantal, 16; Charente, 97; Cher, 27; 
Côte-d'(Jr. 23 ; Creuse, yi; Dordogne, 54; Eure, 10; Eure-et-Loir, 14; Indre, 8 : Loire-Inférieure. 
]1; Loir-'el-Clier, 2: Loiret, 22; Maine-et-Loir, 34; Manche, 14; Haute-Marne, 4 : Mayenne, 16; 
Nièvre, 44; Oise, 8; Ptiy-de-Dôme, 79; Saône-et-Loire. 11; Haute-Saône, 2; Sarthe, 16; Seine, 
,130; Seine-Inférieure, 8; Seine-et-Marne, 13; Seine-et-Oise, 57; Vendée, 16 ; Haute-Vienne, 242; 
Yonne, 13 ; Suisse, 11. 

• Taureaux. — Aisne, 4; Allier, 22; Aube, 10; Belfort, 1; Calvados, 7; Charente, 2; Clier, 15; 
Côte-d'Or, 6; Deux-Sèvres, 1 ; Do'ubs, 2; Eure-et-Loire, 14; Finistère, 12; Gironde, 4; lUe-et- 
Vilaine, 1 ; Loire-Inférieure, 17; Loiret,' 11 ; Maine-et-Loire, 33 ; Manche, 2; Marne, 1; Ma\enne, 
36; Meuse. 1 ; Nièvre, 28; Haute-Saône, 6; !;aône-et-Loire, 3 ; Sarthe, 12 ; Seine-et-Marne, 8; 
Seine-et-Uise, 24 ; Vendée, 7; Haute-\ ienne^ 6; Yonne, 14: Allemagne, lU. 

Veauv. — Aube, 4G0; AveNron, 25; Cantal, 2; Eure, 243; Eure-et-Loir, 272; Loiret, 2'i6; 
Marne, 60: Oise, 54; Puy-de-Dôme, 94: Sarthe, 27; Seine-Inférieure, 112; Seine-et-Marne, 288; 
Seine-et-Oise. 23: Yonne. 114. 



160 REVUE COMMERCIALE ET PRIX COURA^^T (24 JANVIER 1885). 

Montons. — Aisne, 1,785; Allier, 2,856; Aube, 492; Aveyron, 68; Canlai, 376; Cher, 192; 
Corrèze 143; Creuse, 245: Eure, 46; Eure-et-Loir, 526; Indre, 71; Indre-et-Loire, 183; Haute- 
Loire 200; Loiret, 680; Lot, 655; Marne, 117; Nièvre, 753; Oise, 742; Puy-de-Dôme, 832; Seine- 
et-Marne, 2,693; Seine-et-Oise, 2,221; Somme, 241; Vaucluse, 65; Vienne, 70; Ihiute-Vienne, 185; 
Yonne, 359'; Alleniai^ne, 10,749; Hongrie, 5,341; Russie, 100. 

Porcs. — Allier, 2l4: Calvados, 9; Charente, 127; Ciiarente-Inférieure, 16; Cher, 220; Corrèze, 
133 • Creuse, 463: Deux-Sèvres, 323; Ille-et- Vilaine, 278; Indre, 551; Indre-et-Loire, 30; Loire- 
Inférieure. 156; Loire-et-Cher, 60; Lot, 85; Maine-et Loire, 597 ; Manche, 31; Mayenne, 135; 
Puy-de-Dôme, 138: Sarthe, 764; Seine, 190; Seine-Inférieure, 12; Vendée, 360; Vienne, 150; 
Haute-Vienne, 225.' 

Les arrivages de moutons ont été plus considérables que ceux de la semaine 
dernière; ceux des autres sortes sont restés à peu près les mêmes. Les prix ont 
été supérieurs, excepté celui du veau, qui est en baisse de fr. 15. — Sur les 
marchés des départements, on cote : Sedan, bœuf, le kilog. 1 fr. 20 à 1 fr. 80; 
veau, 1 fr. 40 à 2 fr. ; mouton, 1 fr. 50 à 2 fr. 30 ; porc, 1 fr. 40 à 1 fr. 70. — 
Nancy, bœuf, 78 à 84 fr. les lOu kilog. bruts; vacne, 60 à 75 fr.; veau, 52 à 
60 fr.: mouton, 100 à 110 fr.; porc, 65 à 70 fr. — Louvier.s, bœuf, le kilog., 
1 fr. 40 à 2 fr.; veau, 2 fr. à 2 fr. 20; mouton, 2 fr. à 2 fr. 20; porc 1 fr. 60 
à 1 fr. 80. — Rouen, bœuf. 1 fr. 50 à 1 fr. 80: vache, 1 fr. 50 à 1 fr. 75; 
mouton, 1 fr. 75 à 2 fr. 05. — Evreux, bœuf, 2 fr. 10; veau, 2 fr. 30; mou- 
ton. 2 fr. 30; porc, 1 fr. 70. — Barbezieux, bœuf 1 fr. 60 à 1 fr. 80; veau, 
1 fr. 80 à 2 fr.; mouton, 1 fr. 40 à 1 fr. 60: porc, 1 fr. 40 à 1 fr. 60. — 
Nevers, bœuf, 1 fr. 60 à 1 fr. 80; vache, 1 fr. 40 à 1 fr. 60; veau, 2 fr.; 
mouton, à fr. ; porc, 1 fr. 60. — Le Pw/, bœuf, 1 fr. 80; vache, 1 fr. 40; 
veau, 1 fr. 90; mouton, 1 fr. 80; porc 1 iV. 75. — Cavaillon, bœuf, 1 fr. 50; 
mouton, 1 fr. 60; porc, 1 fr. 25. — Pamiers, bœuf, 1 fr. 50; vache, 1 fr. 30; 
veau, 1 fr. 60; mouton, 1 fr. 80 ; brebis, 1 fr. 50; porc, 1 fr. 40. — Manosque, 
bœuf, fr. 85 ; mouton, 1 fr. 90. — Nice, bœuf, 1 fr. 50 à 1 fr. 55; vache, 
1 fr. 20; veau, 1 fr. 55 à l fr. 60; mouton, 1 fr. 45 à 1 fr. 50. 

Viande à la criée. — Il a été vendu à la halle de Paris, du 13 au 19 janvier : 

Prix du kilog. le 19 janvier 1885. 

kilog. 1" quai. T quai. 3° quai. Choix. Basse boucherie. 

Bœuf ou vache.. 176,969 1..54 à 1.90 1.32 à 1.52 96 à 1.30 1.30 à 2.60 0.20 à 1.24 

Veau 173,821 1.76 2.20 1.54 1.74 1.10 1.52 » » » » 

Moutons 87,119 1.44 1.70 1 22 1.42 0.96 1.20 1.46 2.60 » » 

Porc 71.019 Porc frais 1 .00 à 1 ..30; salé, 1.44 

■ .508,928 Soit par jour.. 70,568 kilog. 

Les ventes ont été supérieures de 15,000 kilog. à celle de la semaine dernière. 
Le prix a été plus élevé pour le mouton, et inférieur pour les autres sortes. 

XII. — Résumé. 
En résumé, les céréales conservent leur situation, avec tendance à la hausse; 
les cours des autres denrées sont bien tenus. A. Remy. 

MARCHÉS DE LA YILLETTE DU tt JANVIER 

L — Cours de la viande à l'abattoir (par 50 kilog). 

Cours de la charcuterie. — On vend à la Villette par 50 kilog. : 1"^ qualité, 
68 à 71 fr. ; 2% 60 à 65 fr. Poids vif, 45 à 51 fr. 

Bœufs. Veaux. Moutons 



1" 


T 


3' 


1" 


2" 


quai. 


quai. 


quai 


quai. 


quai, 


fr. 


fr. 


fr. 


fr. 


fr. 


77 


68 


60 


113 


105 



3' 


1" 


2' 


3" 


quai. 


quai. 


quai. 


quai. 


fr. 


fr. 


fr. 


fr. 


98 


80 


72 


65 



Marchés du bétail sur pied. 



Poids Cours officiels. 



Cours des ronirnissiounaires 



moyens . 

Animaux général. 1" 2° 3° Prix 1" 2' 3' Pnx 

ymencs Invendus. kil. quai. quai. quai, extrêmes. quai. quai. quai. extrêmes. 

BœOfs . ... 2.374 133 348 1.64 1.50 1.20 1.16 1.70 1.62 1.50 1.20 l.i5àl.68 

Vaches . 476 85 234 1.54 1.40 1.16 1.12 1.58 l.â'i 1.40 1.15 1.10 1.54 

Taureaux.... 121 10 394 1.44 1.34 1.18 1.14 1.48 1.40 1.30 1.20 l.lo 1.4S 

Veaux 1.090 162 80 2.16 2.00 1.76 1.54 2.36 » » » » 

Moutons 19.709 1.124 20 1.84 1.70 1.50 1.46 1.90 » >' » » 

Porcs gras... 3.783 37 81 1.34 1.28 1.24 1.18 1.40- » » » » 

— maigres... » » » » » » » » " » » 
Vente calme sur les bœufs et les moulons, ordin.iire sur les veaux et les porcs. 



Le Gérant : A. Bouché. 



CHRONIQUE AGRICOLE (31 janvier im). 

15 éprise des travaux clii Parlement. — Prochaine discussion sur la réforme des tarifs de douane.' 

— Véritable caractère des souffrances agricoles. — Portée des palliatifs proposés pour la crise. 

— Vœux de la Société d'agriculture de Chalon-sur-Saône. — Lettre du Comice de Cambrai au 
président des Sociétés d'agriculture. — Importations et exportations de grains et farines du 
V août au .31 décembre 1884. — Nécrologie. — Mort de M. Bertholon. — Prochaine réunion 
de l'Association amicale des anciens élèves de l'école nationale d'agriculture de Grignon. — 
Nouvelles observations de M. Balbiani sur la destruction de l'cL'uf d'hiver du phylloxéra. — 
Témoignages relatifs à l'efticacité des badigeonnages. — Concours du Comice agricole de 
Béziers. — Les vignes de Haboulet régénérées par le sulfure de carbone. — La lutte dans la 
Charente-Inférieure. — Bibliothèques agricoles dans l'armée. — Lettre de M. Maud'heux, pré- 
sident du Comice d'Epinal. — L'emploi des semoirs. — Concours d'animaux gras à Tarbes. ■ — 
Programme d'une exposition internaLionole agricole à Ruenos-Ayres. — Les canaux dérivés du 
Rhône. — Brochure de M. Darbousse sur la- réunion des souscriptions d'arrosage. — Les tra- 
vaux divers dans les prairies. — L'exposition d'Iiorticulture à Strasbourg. — Traduction d'iinc 
étude de M. Fawkes sur l'emploi des thermosiphons. 

I. — La situation. 

Les séances du Parlement ont recommencé. La Chambre des députés 
a mfs à son ordre du jour la discussion de la réforme des tarifs de douane, 
immédiatement après le vote du budget extraordinaire laissé jusqu'ici 
en susp.ens. Quelques jours nous séparent donc désormais d'une dis- 
cussion que les agriculteurs attendent avec la plus vive impatience ; 
malgré les efforts des doctrinaires ligués contre nous, malgré les 
récriminations des privilégiés de l'industrie et du commerce, la 
victoire restera au bon sens, à l'équité, à la justice, et l'on verra enfin 
la disparition de cette iniquité qui consiste à sacrifier les intérêts de 
l'aoriculture nationale aux intérêts mal entendus des autres classes de 
-4a société que l'on cherche à réunir contre les pionniers du sol. Vous 
'aurez pendant des années poursuivi un travail opiniâtre sous toiiûes 
les intempéries, vous aurez par votre persévérance fécondé le sol de 
la patrie, vous aurez donné l'exemple vivifiant d'une énergie toujours 
en haleine, sans cesse en lutte contre les éléments, et l'on vous arra- 
cherait les derniers lambeaux d'une épargne lentement et péniblement 
acquise. Voilà quelles seraient les conséquences d'un vote qui, en main- 
tenant l'état actuel des choses, condamnerait inévitablement les agri- 
culteurs français à travailler sans profit, à se ruiner sans rémission. 
Ainsi que M. de Gasparin le rappelle plus loin, la patience manque- 
rait désormais aux cultivateurs, si l'on repoussait leurs revendications. 
On les accuse de n'être que de mauvais routiniers, de s'endormir 
dans des pratiques désormais condamnées par la science, de ne pas 
imiter leurs concurrents qui sont toujours à l'aftiit des moyens d'aug- 
menter leur production et de diminuer leurs frais. Mais on oublie, 
volontairement peut-être, les véritables caractères des souffrances 
actuelles. Nous devons donc répéter encore une fois ce qui ressort de 
toutes les manifestations, de toutes les enquêtes qui se sont succédé 
dans ces derniers temps : c'est que les premières victimes de la crise 
actuelle ont été partout ces agriculteurs progressifs des régions 
à culture intensive qui ont fait naguère l'honneur de l'agriculture 
française; de proche en proche le mal s'est étendu à toutes les classes, 
et ceux-là seuls ont été moins éprouvés pour lesquels la production 
animale est la branche à peu près exclusive de leurs opérations. Voilà 
la vérité réelle qu'aucun sophisme ne peut désormais masquer, et 
dont le Parlement français doit tenir compte aussi bien pour le présent 
que pour l'avenir. 

J']st-ce à dire, comme nos adversaires le prétendent encore, que la 

N° 825. — Tome l»-- de 1885. — 31 Janvier. 



162 CHRONIQUE AGRICOLE (31 JANVIER 1885). 

réforme de tarifs de douane est pour nous une panacée qui fera dis- 
paraître comme par enchantement les souffrances de l'agriculture et qui 
fera succéder la prospérité aux misères actuelles? Loin de nous cette 
pensée et nous layons siiffisamment répété pour qu'il soit inutile d'y 
revenir encore. JMais on change à plaisir le terrain de la discussion ; 
pour évincer les agriculteurs, on leur prête des thèses qu'ils ne pro- 
fessent pas. Nous devons donc dire encore une fois avant la discussion 
solennelle qui s'ouvrira devant la Chambre, que si les agriculteurs 
réclament aujourd'hui une prompte élévation des tarifs de douane, 
c'est que cette mesure est la seule qui puisse donner des résultats 
immédiats, la seule qui permette d'effectuer l'évolution qui se pour- 
suit dans la production française, et qui puisse donner aux cultivateurs 
le temps qui leur est nécessaire pour forger les nouvelles armes indis- 
pensables dans la lutte contre leurs concurrents. En résumé, c'est le 
retour à l'égalité qu'on vous demande, vous n'avez pas le droit de vous 
y refuser. 

II. — Vœux des Associations agricoles. 

A la longue liste qui a paru dans nos colonnes des manifestations 
des Sociétés d'agriculture et des Comices, nous devons encorç en ajou- ' 
ter quelques-unes. Dans son assemblée générale du 9 janvier, la Société 
d'agriculture de l'arrondissement del'halon-sur-Saùne, présidée par 
M. Emile Petiot, a adopté, en ce qui concerne les céréales, le .bétail, 
les vins, plusieurs résolutions dont voici le texte : 

Question des céréales. — La Société d'agriculture de Chalon-sur-Saône, 
réunie eu assemblée générale, 

Considérant : 1° que depuis cinquante ans la valeur de toutes choses a 
presque doublé en France ; 

2" Qu'on ne doit excepter de cette plus-value générale que quelques jiroduits 
industriels, dont le prix de revient n'est rémunérateur que parce que leur 
consommation a centuplé ; 

3° Que la consommation du blé reste la même., et que, cependant, anomalie 
évidente, sa valeur demeure stationnaire et tend môme à baisser chaque année ; 

Considérant que, d'après ces faits, la main-d'œuvre ayant doublé, l'équilibre 
est complètement rompu entre le prix de revient des céréales et leur prix de 
vente, qu'avec les charges de toutes sortes supportées par l'agriculture française, 
et en présence de la pression constante des hlés étrangers sur nos marchés, la 
lutte est devenue impossible ; 

Considérant qu'un relèvement rationnel des droits de douane ne profiterait pas 
seulement aux grands propriétaires, comme certains économistes tendraient à le 
faire croire, mais bien plus aux petits propriétaires, aux cultivateurs, aux journa- 
liers mômes, puisque dans une grande partie de la France, et en particulier dans 
l'arrondissement de Chalon-sur-Saône, la terre est tellement divisée qu'elle ap- 
partient surtout à la petite et à la moyenne culture ; 

Considérant que, par le fait de ces bas prix, la valeur locative et vénale des 
terres propres à la culture s'est abaissée d'un quart environ, cause immédiate 
d'une diminution sensible de la fortune publique ; 

Considérant que les divers moyens proposés, culture indiistrielle, intensive, 
extension de l'élevage du bétail, ne sont que des palliatifs, point à la portée de 
tous, ne pouvant convenir à tous les terrains et, dans tous les cas, ne pouvant 
modifier que progressivement le mode de culture actuel ; 

Considérant enfin que la baisse persistante du blé est la ruine de l'agriculture, 
notamment dans l'arrondissement de Chalon-sur-Saône, et que l'ouvrier dont les 
intérêts sont solidaires de ceux du producteur se ressent vivement du désastre 
du cultivateur ; 

iS'associe entièrement aux vœux formulés par la Société des agriculteurs de 
France, ainsi conçus : 

1° Que le droit actuel à l'importation soit relevé; 



CHRONIQUE AGRICOLE (31 JANVIER 1885). 163 

2° Que le tarif de ce droit soit de 5 francs par quintal, au lieu de 60 centimes, 
pour le blé, méteil et épeautre ; 

3" Qu'il soit de 3 francs par quintal, au lieu de la franchise actuelle, pour le 
seigle, l'avoine, l'orge et le maïs; 

4» Qu'il soit de 9 francs par quintal, au lieu de 1 fr. 20 accordés actuellement 
à la seule farine de froment, pour les farines de toute nature. 

Question du bétail. — D'autre part, la Société d'agriculture de Chalon-sur- 
Saône, estimant que si jusqu'alors les bètes bovines étrangères n'ont pas fait 
grande concurrence au commerce français, les moutons de toute provenance admis 
presque en franchise ont contribué à diminuer le prix de vente de cette viande 
•en particulier, et de la viande en général;. 

Considérant, d'un autre côté, que le relèvement des droits de douane sur les 
céréales ne pouvant suffire à 'rendre la culture du blé rémimératriee en France, 
il est essentiel, comme l'a très bien compris M. le ministre de l'agriculture, de 
donner une sécurité complète, pour le prix futur de la viande, aux cultivateurs 
qui opéreront progressivement et à grands frais la transformation de certaines" 
terres en prairies naturelles ou temporaires, et que le relèvement des droits sur 
le bétail est le corollaire du relèvement des droits sur les céréales ; 

Déclare s'associer aussi au vœu formulé par la Société des agriculteurs de 
France, établissant ainsi le tarif des droits de douane sur le bétail étranger : 
chevaux, par tète, 70 fr. ; poulains ayant toutes les dents de lait, 35 fr. ; bœufs, 
par tête, 60 fr.; taureaux et vaches, par tête, 60 fr.; taurillons, bouvillons et gé- 
nisses, 20 fr. ; moutons-, par tête 7 fr.; porcs, par tète, 5 fr. ; porcs de lait, par 
tête, 3 fr. ; viandes fraîches, par 100 kilog., 20 fr, 

Relèvement des droits sur les vins. — La Société cFagriculture de Chalon- 
sur-Saône, considérant que les vins étrangers vienineiït faire sur les marchés 
français une concurreaiee des plus préjudiciables aux produits de notre soi, émet 
les vœux suivants : 

1** Que les vins étrangers contenant plus de 10 degrés d'alcool' soient imposés 
à raison de 312 fr. pour l'alcool excédant 10 degrés; 
2" Que les vins de fabrication ne soient vendus que* sons leur vrai nom. 

D'autre part, la lettre suivante vient d'être adressée, au nom du 
Comice agricole de Cambrai (Nord), à tous les présidents des Sociétés 
d'agriculture en France : 

Garni (l'ai, le 20 janvier 1885.. 

« Monsieur et: cher collègue, le. rappoirt de la Commission parlementaire char- 
gée d'étudier les modifications à apporter au tarif général des douanes vient 
d'être distribué à la Chambre. 

« La majorité de la Commission s'est ralliée à un droit de trois francs seule- 
lement sur lès blés de provenance étrangère. 

« Depuis quelcmes mois, la triste situation de l'agriculture dli Nord s'est 
encore aggravée. Chaque marché voit enregistrer une baisse sensible des produits 
agricoles. Dans ces conditions. Monsieur et cher collègue, je crois* devoir vous 
demander si vous ne jugez pas indispensable de faire connaître aux représentants 
de la région cette aggravation de la crise et l'impérieuse nécessité de voter, sur 
les blés étrangers, un droit qui ne soit pas inférieur à cinq francs. 

<c Un moindre n'aurait, en effet, aucune influence sur le sort des cultivateurs. 
Il mécontenterait les libre-échangistes, parce qu'il condamnerait leur doctrine 
et il ne satisferait nullement les agriculteurs parce qu'ils n'en ressentiraient pas 
les effets. 

« J'espère, Monsieur et cher collègue, cj"ue vous partagerez notre manière de 
voir, et que vous jugerez utile, après avoir pris, d'urgence, l'avis de votre 
Société, de montrer de nouveau à nos sénateurs et députés quelle est l'étendue de 
la crise, et combien il est indispensable Cfue le Parlement vote, à bref délai, sur 
les produits agxicoles les droits réclamés récemment par la Société des agricul- 
teurs de France. 

« Veuillez agréer, etc. Pour le président du Comice agricole de Cambrai, 

« Le secrétaire?, Jacqmart. » 

Des réunions agricoles importantes vont se tenir dans quelques jours 
à Paris. Elles fourniront l'occasion de manifester une fois de plus l'una- 
nimité des demandes de l'agriculture. 



164 CHRONIQUE AGRICOLE (31 JANVIER 1885). 

III. — Le commerce du blé. 
Le Journal officiel publie le relevé suivant des quantités de froment 
(grains et farines) importées et exportées du 1 " août au 31 décembre 1 884 
(commerce spécial) : 

Importations (quin t, met.) Exportations (qu int, met .) 

Grains. Farines. Grains. Farines. 

Du 1" août au 30 novenîbre 4,344,336 177,454 14,752 34,767 

Première quinzaine de décembre.. 424,219 14,966 2,732 819 

Deuxième quinzaine de décembre.' 1,0.56,887 62,219 1,144 1,825 



Totaux 5,825,442 254,687 18,628 39,411 

On voit que les importations de grains sont toujours considérables ; 
elles dépassent notablement les besoins du commerce. La spéculation 
profite des lenteurs apportées à la discussion des projets relatifs à la 
réforme des tarifs de douane. 

IV. — Nécrologie. 

Nous devons annoncer la mort de M. Bertbolon, membre de la 
Chambre des députés. M. Bertbolon a été, en effet, un des fondateurs 
du Comice agricole d'Alger ; il a été pendant plusieurs années président 
de ce Comice et de la Société d'agriculture d'Alger. 

V. — Ecole nationale cV agriculture de Grignon. 

L'assemblée générale annuelle des membres de l'association amicale 
des anciens élèves de l'école nationale d'agriculture de Grignon se 
tiendra le samedi 7 février à 5 lieures et demie, au restaurant du 
Grand Véfour au Palais-Royal, Paris. Cette réunion sera présidée par 
M. Boitel, inspecteur général de l'enseignement agricole. 

YI. — Le phylloxéra. 

Ainsi qu'on devait s'y attendre, la note de M. Paul Boiteau que 
nous avons analysée dans une précédente chronique (17 janvier dernier 
page 89 de ce volume), n'est pas restée sans réponse. On se souvient 
que M. Boiteau a émis des doutes relativement a l'efficacité de la des- 
truction de l'œuf d'hiver du pliylloxera. M.Balbiani, dont on connaît 
les persévérantes recherches sur cet important sujet, vient d'adresser 
à l'Académie des sciences une note par laquelle il communique des 
lettres de plusieurs viticulteurs qui se louent des bons effets oI)tenus 
avec les mélanges de naphtaline employés pour combattre l'œuf 
d'hiver ef sa progéniture. C'est ainsi que M. Rouanet, à Clermont 
(Hérault), et M. Antonio Grand, à Villeurbanne (Rjiône), exposent les 
excellents résultats qu'ils ont obtenus, ce dernier depuis déjà plusieurs 
années. Il en résulte que les badigeonnages, les décorticages, les 
fumigations, préconisés contre l'œuf d'hiver, ne doi^ent pas être con- 
damnés à la légère, et que les viticulteurs feront bien de multiplier 
avant la fin de l'hiver sur une vaste échelle des essais dont on a lieu 
d'attendre les plus heureux résultats. 

On ne doit pas oul^lier, en effet, que ces procédés sont les seuls 
qui, d'après les connaissances actuelles sur la propagation du phyl- 
loxéra, puissent empêcher la formation de nouvelles colonies d'in- 
sectes. 

On se souvient certainement des efforts poursuivis par le C-omice 
agricole de Béziers (Hérault), sous l'impulsion de son président, 
M. Giret, et de son vice-président, M. Jaussan, pour multiplier dans 
cet arrondissement la lutte des viticulteurs contre le fléau. Un con- 



CHRONIQUE AGRICOLE (31 JANVIER 1885). " 165 

cours, qui vient d'avoir lieu en 1 884, et dont le rapport est sous nos yeux, 
a permis de constater les résultats obtenus, lesquels datent d'un nombre 
d'années suffisant pour qu'on puisse en tirer des conclusions solides. 
Tout d'abord, il résulte de ce rapport que le célèbre vignoble de 
Baboulet, appartenant à M. Jaussan, sur lequel tant d'appréciations 
contradictoires ont été émises, a été sauvé en réalité par l'emploi du 
sulfure de carbone ; quelques parcelles ont succombé, mais la con- 
fiance du propriétaire est telle qu'il n'a pas hésité à les replanter en 
cépages français. Le Comice agricole de Béziers vient de donner à 
M. Jaussan, dans sa séance du 9 décembre, un témoignage de recon- 
naissance pour l'exemple qu'il a donné avec une rare persévérance. 
Au même concours, M. Culeron, propriétaire à Lignan, a montré de 
bons résultats obtenus par son mode spécial d'application du sulfo- 
carbonate de potassium, dont nos lecteurs ont naguère trouvé la des- 
cription dans nos colonnes. Quant aux vignes américaines, elles con- 
tinuent à donner aux environs de Béziers d'heureux résultats entre 
les mains de viticulteurs habiles. MM. Despétis, Elie Douysset, Béde- 
rines, Théveneau ont été les principaux lauréats du récent concours 
du Comice de Béziers. 

On trouvera plus loin dans ce numéro une note de M. le D"" Menu- 
dier sur la situation dans la Charente Inférieure. Cette note^ montre 
que les efforts poursuivis par le Comité central de ce département 
n'ont pas été inutiles. C'est ce qui ressort aussi de rapports de 
MM. Pillant, Daniel Bethmont, Albert Verneuil, dans lesquels on 
constate les progrès réalisés dans la plantation des vignes américaines 
et les succès de plus en plus nombreux obtenus par la greffe. 
VII. — Bibliothèques agricoles dans l'armée. 

On s'est beaucoup préoccupé depuis un certain nombre d'années 
de la formation, dans les villes de garnison et dans les forts, de 
bibliothèques destinées aux soldats et aux sous-officiers. La plupart 
des militaires appartiennent aux classes rurales, il serait donc d'une 
utilité réelle que les bibliothèques qui leur sont destinées fussent 
pourvues de livres agricoles. A cet égard, M. Maud'heux, président du 
<'omice d'Epinal (Vosges), a adressé aux membres de ce Comice une 
lettre qu'on lira certainement avec intérêt : 

« Les amis de l'agriculture ont manifesté souvent la crainte que le séjour sous 
les drapeaux ne fît perdre aux militaires sortis des rangs des populations rurales 
la connaissance et le goût de leur profession. Une occasion s'offre à nous de pré- 
venir ce danger dans quelque mesure. 

« On vient de créer des bibliothèques destinées à instruire et à distraire par 
d'utiles lectures les soldats qui tiennent garnison dans nos forts. Une loterie a été 
organisée dans ce but. Les ressources qu'elle a procurées sont employées à l'achat 
de livres. Mais ces livres seront étrangers à la science agricole. 

« J'ai pensé que si j'ouvrais parmi les membres du Comice une souscription, 
si le produit en était consacré exclusivement à l'acquisition de bons ouvrages 
d'agriculture qui seraient répartis entre les bibliothèques des divers forts, confor- 
mément au règlement adopté par l'autorité militaire, nous aiderions à entretenir 
chez nos soldats l'attachement à la vie des champs, peut-être même à développer 
en eux l'instruction agricole. 

«M. le préfet des Vosges, que j'ai entretenu de ce projet, l'a accueilli avec faveur 
et m'a même rappelé son titre de président d'honneur du Comice, pour revendi- 
quer le droit de s'inscrire en tête de la souscription. M. le général Gailliot, 
gouverneur de la place d'Epinal, a bien voulu m'accorder son adhésion et ses 
remerciements. J espère enfin que M. le ministre de l'agriculture s'intéressera 
à notre tentative dont je l'ai informé, et qu'il nous enverra quelques volumes. 



166 CHRONIQUE AGRICOLE (31 JANVIER 1885). 

« Je vous prie donc de vouloir bien, gi vous vous associez à mes intentioas, 
m'adresser votre offrande, et celles que vous oLtiendrez de personnes étrangères 
au Comice. Les plus modestes seront reçues avec plaisir, et c'est avec plaisir que 
je recevrai de votre part toute indication d'ouvrages qu'il vous paraîtra opportun 
d'acheter. Maud heux, 

Président du Comice. 

Nous espérons que l'exemple donné par M. Maud'heux et parle 
Comice d'Epinal trouvera de nombreux imitateurs. 

YIII. — Sur l'emploi des semoirs. 

Un lecteur du Journal de ragrlndture ;ious écrit qu'il aurait besoin 
d'un semoir semant à 12 centimètres pour l'avoine et il nous prie dé 
lui indiquer où il trouverait ce semoir. Tous les semoirs à céréales 
peuvent servir pour 1" avoine, et dans la plupart des modèles on peut 
varier Técartement des lignes. La question se résout donc à savoir 
quels sont les bons types de semoirs. Nous n'hésitons pas à dire à 
notre correspondant qu'il peut choisir entre le semoir Smyth et les 
semoirs de Gautreau,AUjaret,Hurtu, Jacquet-Robillard, Leclerc, etc. 
On peut lui citer aussi les semoirs écossais de Ben lleid, les semoirs 
allemands de Zimmermann. S'il s'agît de petits semoirs à 'brouette, 
nous ne devons pas omettre de citer ceux de Meixmoron de Dom- 
basle dans l'Est et ceux de la fabrique des Trois-Croix dans l'Ouest. 
XI. — Concours d'animaux, gras de Tarhes. 

M. Joseph Sempé nous transmet une note sur le concours départe- 
mental d'animaux gras tenu à ïarbes le 18 janvier. On n'y .comptait 
pas moins de 50 bœufs, 36 vaches, 27 veaux, 110 porcs., M bandes 
de moutong et 30 lots idie ^volailles gra&ses. .€e .cooajcours a donné la 
preuve d'une amélioration dans l'élevage qui s'accentue de plus en 
)lus chaque année. Le principal prix a été décerné à M. Marcassus, de 
forgnes, pour un bœuf agenais âgé de q,uatreans et pesant 1 ,01 7 kilog. 
X. — Exposition internationale à Buenos-Ayres. 

Le Journal a déjà annoncé qu'une exposition agricole internationale 
se tiendra en 1886 dans l'Amérique du Sud, à J3iienos-Ayres. Ceitle 
exposition, organisée parla Société rurale Argentine, sera ouAerte du 
25 avrilau 24 mai. Elle sera internationale pour les animaux reproduc- 
teurs et pour les instruments et maohines. BâJag le programme, des 
catégories spéciales seront ouvertes pour plusieuj's races françaises, 
notamment : pour les races bovines charolaise et normande; pour la 
race ovine mérinos de Rambouillet ; pour les races chevalines ambe, 
normande, percheronne, anglo-normande.; pour la race porcine nor- 
mande. En outre, les oiseaux de basse-cour de totite provenance pour- 
ront figurer à l'exposition. Les constructeurs français de machines 
agricoles pourront trouver à Buenos-Ayres l'occasion d'ouvrir de nou- 
veaux débouchés à leur importante industrie. 

XI. — La question des cancmx dérivés du Rhâne. 

L'étude de la construction des canaux dérivés du Rhône, que les 
agriculteurs méridionaux attendent avec une si vive impatience, ne 
paraît pas avoir fait de grands pas depuis quelques mois. .Sains raj)- 
peler l'odyssée de tous les projets qui se sont succédé «depuis que hi 
loi du 20 décembre 1879 a déclaré l'exécution de ces canatix d'utilité 
publique, on peut dire que jamais entreprise ne suscita un plus grand 
norajjre de contradictions, ne donna lieu à un plus grand assaut de 



ï 



CHRONIQUE AGRICOLE (31 JANVIER 1885). 167 

projets et decontre^projets. Questions techniques d'une part', questions 
financières d'autre part, voilà les deux puissants obstacles* qu'on a mis 
en travers de la réalisation des vœux des agriculteurs* 

Au train dont marchent les choses, le siècle pourra bien s'achever 
avant qu'une goutte du Rhône ait fécondé les terres brûlées par le soleil, 
où les plantes meuirent de soif. Au milieu de toutes ces péripéties, il est 
indispensable que les agriculteurs remplissent de leur côté la condition 
préalable que la loi exige pour l'exécution des travaux. Cette condition 
est la réunion de souscriptions assurant une garantie réelle de 3 mil- 
lions de francs en redevances annuelles. M. Darbousse, membre du 
Conseil général du Gard et de la Commission interdépartementale 
formée pour poursuivre l'exécution des canaux du Rhône, vient de 
s'attacher dans une brochure récemment publiée à démontrer que les 
départements intéressés doivent organiser le service des souscriptions 
à réunir dans le périmètre irrigable,^ afin de faire disparaître l'argu- 
ment de certains adversaires de l'entreprise j qui consiste à prétendre 
que les populations directement intéressées ne s'en préoccupent pas. 
Dans sa brochure qui se recommande d'iiilleurs par un exposé histo- 
rique intéressant, M, Darbousse démontre , avec des arguments 
irréfutables l'urgente nécessité de l'eau pour relever l'agriculture méri- 
dionale des ruines qui se sont accumulées depuis vingt ans. 
XII.^ — Travaux dans les prairies. 

Au commencement de l'hiver, on procède au curage des fossés et 
des rigoles afin qu'ils soient en état de service pour l'écoulement des 
eaux provenant de la fonte des neiges. Ce travail aura été particuliè- 
ment utile cette année, car la neige a été abondante dans une grande 
partie du pays. Les terres provenant du curage des fossés peuvent 
servir avec avantage pour la régénération des prairies, surtout dans 
les bas-fonds et dans les dépressions qu'on doit chercher à faire dis- 
paraître graduellement. Après le dégel et avant la reprise de la végé- 
tation, on répand à la pelle ces terres sur la surface des prés. C'est un 
des meilleurs procédés pour améliorer sans dépenses la production 
fourragère. 

XIII. — Exposition dliorticulture à Straibourg. 

La Société d'horticulture de la Basse-Alsace tiendra à Strasbourg, à 
partir du 1 1 avril prochain, sa 49^ exposition de fleurs, d'arbustes, de 
fruits, de légumes et d'objets fabriqués se rapportant à l'horticulture. 
Les horticulteurs de tous les pays seront admis à prendre part à cette 
solennité ; il y aura 22 concours spéciaux pour la floriculture, et 4 pour 
les fruits et légumes. Les exposants devront envoyer leur déclaration, 
avant le l*"" avril, à M. Wagner, secrétaire général de la Société, 
49, route du Polygone, à Strasbourg. 

XI Y. — Le thennosiphon. 

Les thermosiphons ou appareils de chauffage à circulation d'eau 
«haude sont généralement adoptés pour produire et maintenir une 
température élevée dans les serres grandes et petites : il en existe 
aujourd liui un assez grand nombre de types. Quel est le modèle que 
l'on doit adopter, quels sont les principes à suivre pour obtenir le 
maximum d'effet utile, avec le minimum de dépense, telle est la 
question que M. Fawkes, architecte à Londres, a traitée dans un 
opuscule très-répandu en Angleterre. M. Fousny et M. Morren, pro- 



168 CHRONIQUE AGRIGOLP: (31 JANVIER 1885). 

fesseur à l'Université de Liège, ont eu Theureuse pensée d'en faire une 
traduction française qui a paru récemment (Boverie, 1 , à Liège Belgique) . 
Cet opuscule renferme les principes sur lesquels est basé le chauffage 
par circulation d'eau chaude sous basse pression, la description des 
appareils et de leurs parties, l'application de ce mode de chauffage 
aux divers édifices. C'est un véritable traité qu'on consultera avec 
fruit. Henry Saginier. 

SITUATION DANS LES ALPES-xMARITIMES 

Depuis ma dernière correspondance sur la situation agricole (n» du 17 janvier 
courant), une abondante pluie qui a duré trois ou quatre jours a fortement dé- 
trempé le terrain et permis d'exécuter les travaux agricoles de la saison. 

Il est tombé ensuite une grande quantité de neige dans le département, princi- 
palement dans nos montagnes ; dans la plaine, le soleil l'a vite dissipée. 

L'amoncellement des neiges a produit à Breilune avalanche extraordinaire qui 
ne cubait pas moins de 3,000 mètres cubes. Cette avalanche est descendue de la 
cime de l'Ubac de Gonelle avec une telle vitesse, qu'elle a parcouru en quelques 
secondes, environ deux kilomètres, sur une pente très abrupte, entraînant tout 
ce qu'elle rencontrait sur son passage. Elle s'est arrêtée sur la route nationale de 
Givondale, qu'elle a encombrée de blocs, de pierrailles et d'arbustes, de racines 
st de neige sur une longueur de 175 mètres environ. L'agent-voyer du canton 
chargé du service estime à environ 5,000 mètres cubes les déblais opérés en 
quelques jours. 

Le 16 janvier nous avons eu en mer un ouragan épouvantable ; de l'observa- 
toire du Mont-Gros, les météorologistes ont aperçu, au loin en mer, la croupe 
d'une véritable montagne liquide qui pouvait mesurer environ 20 à 22 mètres de 
bauteur sur une largeur indéterminée. Aux approches des côtes, cette immense 
vague s'est divisée par tranches, emportant et endommageant tout ce qui se trou- 
vait sur les bords de la mer : banquettes, bancs, établissements de bains, planta- 
lions, arbustes, etc., et déposant des milliers de mètres cubes de sables. Dans 
quarante-huit heures, la municipalité a fait réparer tous les dégâts réparables. 
La forte dépression barométrique survenue dans la soirée du 15 pouvait faire 
pressentir la tourmente survenue le 16. C'est sous l'excitation d'une violente 
bourrasque soufflant du Sud que s'est formée, le long de la rive africaine, la 
montagne d'eau gigantesque qui est venue s'échouer sur nos côtes le 16, à huit 
heures du matin. S'étant mise en marche vers une heure, et d'ondulation en 
ondulation, elle a donc mis sept heures pour traverser la mer. Huit jours après, 
heure pour heure, est survenu un léger ouragan, mais d'une bien moindre im- 
portance. Ernest Bo.sr;. 

UN DERNIER MOT SUR LA QUESTION DU MAINTIEN 

DE LA CULTURE DU BLÉ EN FRANCE 

La ligue contre l'établissement de droits compensateurs sur l'entrée 
du blé étranger en France vient de tenir, sous la présidence de 
M. Léon Say, une réunion publique à la salle Tivoli, et je n'apprendrai 
rien aux lecteurs du Journal de l'agriculture, en leur disant que le 
président et M. Raoul Duval ont répété, contre le projet du gouverne- 
ment, les mêmes arguments que nous avons déjà discutés plusieurs 
fois dans les colonnes du Journal. M. Raoul Duval cependant, en par- 
ticulier, comme propriétaire en Normandie, trouve qu'il vend sa viande 
trop cher, et je crois qu'en effet sur certains points du territoire le 
bétail donne des bénéfices suffisants, paye la rente de la terre, et que 
M. Raoul Duval ne souffre pas. Il peut donc faire du désintéressement 
agricole à bon marché. Tout le monde agricole sait que les fermes de 
Normandie à pâturages, les fermes d'engraissement, les prés d'embouche 
ont augmenté de valeur. Mais M. Raoul Duval se garde bien de parler 
de la production du blé et des fermes de labour. Celles-là souffrent, 



LA QUESTION DU MAINTIEN DE LA CULTURE DU BLÉ EN FRANGE. 169 

même en Normandie, et on ne peut dire que ces souffrances seront 
passagères, puisque les causes sont permanentes. M. Raoul Duval a 
répété que ce que Ion demandait en définitive, c'est un remède contre 
l'abaissement de la rente des terres, et qu'en sa qualité de maire de sa 
commune, il pouvait dire que la grande majorité des petits proprié- 
taires était désintéressée dans la question de la rente et beaucoup plus 
intéressée à ce que le prix du pain n'augmentât pas. Dans la grande et 
consciencieuse enquête faite par Barrai sur le département de la 
Haute- Vienne, il est constaté que plus de la moitié de la petite pro- 
priété n'est pas cultivée par les propriétaires, mais est donnée à rente 
ou à mi-fruit. C'est ce que nous avons constaté et signalé nous-même 
dans une plus forte proportion encore pour la région du Sud-Est. 
C-roit-on que l'avilissement de la rente soit indifférente aux petits pro- 
priétaires, et s'ils sont à mi-fruit, que l'avilissement du prix du blé ne 
les touche pas? 

Mais on oublie un point très important et qui touche bien autre- 
ment la propriété foncière que lavilissement de la rente ; c'est la dimi- 
nution du capital, de la valeur du fonds. C'est cet oubli étrange qui 
me met encore la plume à la main. 

Les mutations de la propriété et surtout de la petite propriété sont 
fréquentes, et quand ma rente a diminué de moitié, mon capital a 
diminué dans la même proportion. J'avais une propriété se louant 
aisément 150 francs et valant 4,000 francs. Je ne peux plus la louer 
que 75 francs. Je pourrais d'abord faire remarquer que j aurais de la 
peine dans une année, avec le meilleur appétit, à retrouver sur la diffé- 
rence de prix du pain acheté, les 75 fr.de rente que je n'ai plus. Mais c'est 
là le moindre de mes soucis. Quand je voudrai vendre (et ce sera bien- 
tôt, car il me faut nécessairement aller chercher fortune ailleurs), je ne 
trouverai plus que 2,000 francs au lieu de 4,000. J'aurai perdu la 
moitié de mon avoir. Voilà la vérité de la situation faite aux agricul- 
teurs et pour laquelle nous demandons, non pas une protection, mais 
la justice, l'égalité avec les autres industries. M. Raoul Duval nous 
apprend que, grâce aux droits spécifiques, la taxe en douanes en 
faveur des filés de coton a passé de 20 pour 100 ad valorem à 
40 pour 100. Nous ne demandons pas de ces énormités. Mais après 
tout, ces énormités existent et à un moindre degré, j'en conviens, 
pour tout ce que nous consommons sans le produire, nous autres 
pauvres agriculteurs. Et seuls, seuls, entendez-le bien, dans la patrie 
française nous sommes livrés sans défense à la concurrence étrangère. 
Voulez-vous la vérité brutale? La voici, elle a été dite par un anar- 
chiste, dans cette réunion même de la salle Tivoli, par M. Leboucher : 
« Nous voulons le capital 1 Rendez-nous le capital que vous avez 
usurpé, vous autres bourgeois qui vous disputez entre industriels et 
agriculteurs! » 

Ces messieurs de la Ligue qui sont parlementaires au fond, amis de 
la liberté, mais entraînés par les liens doctrinaires, ils savent comme 
nous que le capital n'est que du travail accumulé entre les mains qui 
le détiennent, et que nier la propriété sacrée du capital, c'est retour- 
ner à l'état sauvage ; ces messieurs, dis-je, ne se doutent pas qu'ils 
raisonnent à moitié comme les anarchistes, et qu'en disant aux pro- 
priétaires du sol : « c'est à vous à supporter les frais de la lutte indus- 
trielle, vos produits au plus vil prix possible nous sont nécessaires 



170 LA QUESTION DU MAINTIEN DE LA CULTURE DU BLÉ EN FRANGE. 

pour la soutenir, » c'est exactement comme s'ils nous disaient : « il 
nous faut votre capital, sinon en entier, au moins pour moitié, non par 
la violence, mais à l'aide de dispositions légales ; par Fimpôt direct et 
indirect, par les droits de mutation, par les taxes de douane sur ce 
que vous consommez, par l'inertie opposée à vos plus justes réclama- 
tions, comme on. le voit pour les viticulteurs de Montpellier, etc., etc. 
Nous vous confisquerons tout doucement une bonne part de votre ca- 
pital, et vous vous consolerez, en bons citoyens, en voyant que votre 
capital n'est pas perdu pour tout le monde. » 

Enfin M. Say nous a dit pour dernière consolation r « mais 3' fr. 
c'est tout à fait insuffisant, ce n'est pas assez : vous êtes malade ; 
seriez-vous assez simples pour vous contenter d'un remède^ insuffi- 
sant? » Nous répondons : nous demandons avant tout la ferme volonté 
d'essayer un remède ; s'il est insuffisant nous aviserons. Mais noiis 
ne voulons pas de ces remèdes efficaces que nous énumèrent ces mes- 
sieurs de la Ligue, tout en déclarant qu'on n'est pas en mesure de 
nous en administrer un seul, et qu'on n'a qu'une seule panacée à 
nous offrir : la patience. Nous n'en avons plus ! 

P. DE Gaspaulx, 

Membre de la âociété nation»le d'agriaulture, 

currespondaiU de riiistitut. 

LA CRISE DU SUCRE EN AUTRICHE 

Naus assistons à un spe<rtacle absolument nouveati dans l'histoire 
de l'agriculture : toute l'Europe fait entendre des plaintes sur la situa- 
tion des agriculteurs; aucune branche n'est épargnée; producteurs de 
céréales, producteurs de betteraves, industriels agricoles, viticulteurs, 
éleveurs, fabricants de beurres et des produits du lait, tous soufi'rent, 
tous font retentir le monde entier de leurs lamentations. Et chose 
curieuse! Si la France, l'Allemagne, 1' Autriche et ses divers états, 
l'Italie, rAngleterre elle-même se trouvent dans cette passe inquiétante 
que l'on a si bien nommée une crise, ce n'est pas cette fois aux élé- 
ments, ni à la disette, que ces grandes nations peuvent s'en prendre 
de leurs soufPi'ances : jamais les récoltes n'ont été plus abondantes, 
jamais la production n'a été si exubérante, jamais les débouchés plus 
faciles. 

Le mal lui vient précisément de ce qui a pendant tant d'années 
facilité sa, prospérité. Ces moyens de transport dont le ^énie humain 
admire avec tant de complaisance rétonnante rapidité, cet outillage si 
merveilleux qui fera bientôt de tous les travaux de la terre une pro- 
menade en voiture, ces connaissances approfondies des exigences du 
sol et des plantes, le perfectionnement des races de tous les animaux, 
cet ensemble extraordinaire de toutes les causes d'un développement 
prodigieux, tout, à un moment donné, s'est retourné contre l'indus- 
trie nourricière et primordiale de la terre, et ses nombreux serviteurs. 
Dès ce moment le malheureux agriculteur, accablé de toutes parts, ne 
sachant Araiment à quelle cause attribuer sa misère, s'est porté de 
tous côtés pour implorer un remède ou des secours. Nous sommes en 
France trop bien au courant de cette situation : il. n'est pas sans inté- 
rêt ni profit d'examiner si nous sommes vraiment seuls malheureux : 
il m'a paru utile de faire une revue rapide de la situation dans les 
pays voisins. Commençons par l'industrie sucrière, que certains 
auteurs appellent cette « fille oi'gueilleuse et ingrate de l'agriculture », 



LA CRISE DU SUCRE EX AUTRICHE. 171 

mais que, pour ma part, je considère uniquement comme une 
branche de lagriculture, ne pouvant vivre sans elle et devant plus ou 
moins solidariser tous ses intérêts avec elle. 

Dans la crise sucrière, en Autriche, les fabricants du sucre, comme 
les producteurs de betteraves, sont éprouvés par l'abaissement 
ineroyable du prix du sucre. Le lien étroit qui unit ces deux facteurs 
les blesse parfois et si, dans les moments de prospérité, ces léo-ères 
blessures sont cicatrisées par de riches résultats, elles s -enveniment 
au contraire dans les années de misère. Ecoutons d'abord les plaintes 
des agriculteurs. 

Quelles sont les causes de rabaissement colossal et universel du prix 
du sucre? D'abord la surproduction, dont les chiffres sont assez 
connus, dit la Gazette agricole de Vienne du 18 octobre dernier et 
ensuite la surspéculation qui est moins connue:, 

D'où provenait cette production excessive? En ce qui touche l'Alle- 
magne et même pendant longtemps en ce qui concerne l'Autriche, elle 
provenait uniquement des conditions favorables du système d'impôt. 
En Allemagne particulièrement la mélasse est tout à fait exempte 
d'impôt. De ce produit on pouvait obtenir un sucre à peu près pur et 
par le procédé du strontium on l'obtient complètement pur : on donne 
par ce moyen une véritable prime à l'exportation. D'où les dividendes 
si élevés des fabriques de sucre. Dix fabriques du Hanovre prussien 
rendirent en moyenne pour la campagne 82-83, 42.7 pour 100 de 
dividende. Dans les trente dernières années la ftibrication du sucre a 
monté de 160,000 tonnes à 2,240,000 tonnes par an, dont la plus 
gi'ande part appartient à l'empire d'Allemagne, qui produit presque 
autant à lui seul que le reste de l'Europe. En 1884, malgré les 
menaces de la situation, on a consacré à la culture de la betterave 
15 pour 100 de plus de terres cultivables. Qu'on ne vienne pas dire 
que la crise sucrière est due à une injuste proportion entre le prix de 
la betterave et celai du sucre! C'est au contraire la situation de plus 
en plus prospère de 1 industrie qui a occasionné l'extension des cul- 
tures et la production exagérée de la betterave. 

Sur quels fondements repose l'accusation portant que des spécu- 
lations exagérées ont été la cause du mal? Ce ne sont pas d'après 
M. S... les gros approvisionnements, mais aussi les apjjrovisionne- 
raents restreints qui provoquent la spéculation, tandis que dans un 
autre ordre d idées, en présence du jeu, de la rage avec laquelle il 
sévit, dont maint article est devenu la victime, les fabricants manquent 
■d'organisation, de centre d'action; parfois aussi leur situation précaire 
est mise à profit par les spéculateurs. 

Il faut rechercher le remède à cet état de choses : les prévisions, 
il faut bien l' avouer', ne sont, pas favorables soit pour 1 écoulement des 
produits à l'intérieur, soit pour l'exportation du sucre. 

Pour ce qui est de l'écoulement intérieur, la consommation est à 
son plein et ne suffit pas pour maintenir les prix. Cependant le bon 
marché du sucre augmente toujours le chiffre de la vente dans le pays, 
soit pour la consommation directe, soit pour l'emploi du sucre pour 
la fabrication d'autres articles. La production déjà réduite dans une 
mesure appréciable pour l'année 1 884 a été équilibrée par la supé- 
riorité du rendement de la betterave. 

Pour ce qui est de l'exportation, le système de protection et de 



172 lA GRISE DU SUCRE EN AUTRICHE. 

primes que tous les pays adoptent, à l'exception de l'Angleterre, la 
rend de plus en plus difficile. La Belgique a frappé l'entrée des 
sucres d'une surtaxe de 10 pour 100, ce qui intéresse surtout les 
provenances allemandes. La France, à son tour, a élevé à 7 francs la 
surtaxe sur les sucres bruts étrangers, dans le but d'empêcher, autant 
que possible, l'importation du sucre brut allemand et des raffinés 
belges et hollandais. On verra plus tard si l'Allemagne ne retrouvera 
pas par la situation faite aux raffinés l'avantage qu'elle perd parla diffi- 
culté d'importation de ses sucres bruts. Un courant va en tout cas 
s'établir sur l'Angleterre. Ce débouché n'est pas moins nécessaire à 
l'Autriche qu'à l'Allemagne. Mais en Angleterre même, qui devient 
ainsi la régulatrice du prix des sucres, ces prix sont tombés l'année 
passsée de près de 50 pour 100. Et là, en Angleterre aussi, le 
commerce et la raffinerie souffrent de l'abaissement des prix. Les 
raffineurs anglais et les planteurs de l'Inde et de la Guyane anglaise 
ont eu à souffrir de cette importation colossale du sucre étranger. Le 
sucre des colonies anglaises cherche actuellement de nouveaux 
débouchés vers le nord de l'Amérique, le Canada, etc. 

Les fabricants, unis aux raffineurs anglais, ont ouvert des négo- 
ciations avec le ministère du Commerce britannique pour obtenir 
un droit d'entrée sur les sucres qui ne seraient pas d'une origine 
coloniale anglaise : mais ce danger immense pour toutes les sucreries 
continentales, a été conjuré heureusement par la résistance du cabinet 
anglais. En effet, le peuple anglais trouve son avantage à la pratique 
du libre-échange : spécialemement pour le sucre c'est une économie 
profitable aux petites bourses d'au moins 55 millions de francs ; de 
plus le bas prix du sucre a développé dans les dernières années des 
industries de conserves et de confitures qui travaillent 200,000 tonnes 
et occupent 12,000 hommes. 

Mais le marché anglais a ses limites : de 1 ,300 millions de quintaux 
en 1882, l'importation s'y serait élevée à 1,700 millions en 1883. 

D'autre part la question des tarifs de transport a pour l'Autriche 
une importance extraordinaire. La route de l'Angleterre par la France 
est rendue plus difficile dans ce dernier pays par les changements 
que la loi a mtroduits dans l'impôt, quoique le chemin de l'Arlberg, 
de même que pour la Suisse, facilitera les transports; en Italie et 
en Suisse lAutriche partage avec l'Allemagne. Dans le Levant et les 
pays sous les Balkans, l'Autriche doit maintenir ses débouchés; 
mais là l'importateur est accablé par les frais de consignation : il 
faudrait organiser le commerce d'importation dans cette région orien- 
tale. Enfin bien que les plantations de cannes à sucre soient éprouvées 
par la concurrence du sucre continental à si bas prix, les planteurs 
ne cherchent-ils pas à lutter sur certains marchés, ou à transformer 
leur culture? N'y a-t-il pas encore à craindre de la concurrence de la 
culture d'autres plantes à sucre croissant dans les climats tempérés? 

M. Karl de Kayser, après cet exposé de la situation que nous avons 
très sommairement analysée, se demande quelles sont les voies et 
moyens d'y porter remède. Est-ce dans la modification du système des 
impôts? Il ne peut être question de jeter encore cet élément de difficul- 
tés en pleine crise. En tout cas, la base de l'impôt doit être le rende- 
ment véritable en sucre. Tout le sucre fabriqué, quelle qu'en soit la 
forme, doit être la matière imposable. D'autres principes semblent en 



LA CRISE DU SUCRE EN AUTRICHE. 17 3 

ce moment prédominer dans les réformes, puisque le gouvernement 
français, suivanten cela l'Allemagne et l'Autriche, vient d'établir l'impôt 
sur la betterave elle-même ; mais l'auteur croit que l'industrie s'en 
repentira quelque jour. Ce n'est pas l'opinion générale. Ceux de nos 
lecteurs qui s'intéressent particulièrement à cette question peuvent lire 
une brochure ayant pour titre Y Impôt de la betterave, son utilité, 
sa possibilité, sa nécessité et ses effets économiques pour la Bel"-ique' 
que M. C.-P. Gieseker, ingénieur, à Angleux-lès-Liège, vient de 
faire paraître chez M. L. de Thier, à Liège. — Mais^'poursuivons 
l'exposé 'des idées de M. Kayser. Pour lui l'impôt doit avant tout 
viser un but : atteindre tout le sucre produit réellement, d'où il con- 
clut logiquement qu'il doit frapper, dans une proportion égale, les 
procédés les plus perfectionnés de fabrication, comme les procédés les 
plus arriérés : il ne doit pas avoir pour objectif de foire l'instruction 
des fabricants, de pousser à des découvertes nouvelles, poursuivies 
dans l'espoir d'échapper plus ou moins au fisc. Pas d'avantage pour 
la betterave plus ou moins riche en sucre; pas déprime d'exportation 
plus ou moins directe, et surtout, bien entendu, pas d'augmentation 
d'impôt. 

Nous touchons maintenant à une question plus palpitante encore : 
Comment doit s'établir le prix de la betterave? Il y a un mot d'ordre 
chez les fabricants : « Payer la betterave d'après le prix du sucre. » 
Rien de plus équitable peut-être que ce principe, rien de plus diffi- 
cile dans l'application. En veut-on un exemple? Le prix de revient 
n'est-il pas absolument différent dans les usines? Que de débats, que 
de décomptes et aussi que de mécomptes ! 

M. de Kayser est d'avis que le prix du sucre ne peut servir de base 
au prix de la betterave, mais plutôt que l'inverse serait vrai. La fabri- 
cation de sucre est une industrie auxiliaire de l'agriculture; elle doit 
accepter la matière brute de ses transformations aux prix que l'ao-ricul- 
teur détermine, d'après ses frais de production. Il va de soi d'ailleurs 
que l'agricuhure aura les yeux fixés sur la valeur du sucre pour éta- 
blir la valeur de ses produits. Il n'y a aucune raison pour l'agricul- 
teur d'abaisser le prix de la betterave; il peut seulement concéder 
que les prix actuels soient maintenus pour une betterave d'une 
richesse moyenne ou normale en sucre, pour bonifier de l'excédent ou 
diminuer suivant le déficit. 

• La réduction des tarifs de transport des sucres, des betteraves, du 
charbon, est aussi un des moyens d'améliorer la situation. Quant aux 
subventions directes ou indirectes de l'Etat, c'est un des plus mauvais 
remèdes que l'on puisse imaginer. En ce qui concerne les progrès 
dans l'industrie, cela ne parait pas à l'auteur un moyen de sortir de la 
crise actuelle. Quelle a été la conséquence du plus important de ces 
progrès, le procédé par le strontium ? — Surproduction et baisse 
des prix. — Le moyen le plus efficace de tous, ce serait l'union 
commune des fabricants de sucre à des associations de produc- 
teurs. Ces sociétés seraient réparties d'après les provinces, et for- 
meraient à leur tour des sociétés supérieures. Naturellement toute 
spéculation serait absolument interdite à ces sociétés et à leurs mem- 
bres ; il serait défendu, par exemple, de vendre d'autres sucres que 
ceux appartenant à la société, de vendre à découvert; aucun associé 
ne pourrait être en même temps négociant en sucre. Pour faire fonc- 



174 LA CRISE DU SUCRE EN AUTRICHE. 

tionner de telles sociétés, il faudrait limiter la production de toute 
fabrique déjà en fonction à 75 pour 100 du quantum qu'elle produit 
actuellement, et partant réduire proportionnellement la culture de la 
betteraYe ; fixer un minimum du prix du sucre, soutenir les membres 
associés moins solides en prenant en entrepôt leur sucre et en Surfai- 
sant des avances sur cette consignation. 

Je ne m'arrête pas sur le détail de ces propositions, tant elles sont 
contraires à tous les principes économiques qui forment le code natu- 
rel de l'industrie et du commerce dans les sociétés modernes. Il m'a 
paru curieux de les signaler, ne serait-ce que pour faire voir combien 
la situation de la fabrication et de l'agriculture en Autriche peut être 
actuellement périlleuse. 

(La suite prochainement) . P. du Prk-('OLLOT. 

EXAMEN DE QUELQUES MOYExXS PROPOSES 

POUR l'abaissement du prix de revient des récoltes 

ET principalement DU BLÉ 

Les articles publiés, à Paris, dans le journal le Temps, })ar M. L. 
Grandeau, sous le titre : La production agricole en France, son présent 
et son avenir, ont, dans le moment présent, une portée qui n'écluip- 
pera à personne. 11 me parait donc tout à fait nécessaire de relever un 
certain nombre de propositions qui sont en contradiction avec les faits 
les mieux constatés. Je le ferai le plus brièvement possible, sans entrer 
dans la partie spéculative et ]iolitique du sujet. 

J'objecterai seulement au chapitre I" que la cause dominante des 
bas prix n'est pas tant dans l'abondance de nos dernières récoltes que 
dans la masse énorme jetée sur le marché. Dans ces conditions : 
rraccroissement des rendements ajoutera à l'abondance et fera encore 
baisser les prix; 2° l'accroissement seul du rendement n'est pas forcé- 
ment une cause de l'abaissement du prix de revient, et la preuve, 
c'est que les pays et les exploitations qui obtiennent de leur sol des 
produits plus considérables que les nôtres, au moyen de la culture inten- 
sive, sont dans une situation qui ne vaut pas mieux que la nôtre. 
Voyez l'Angleterre avec sa production moyenne de 27 hectolitres, ses 
herbages et ses banques! Voyez la Jielgique, le Nord de la France, 
tous pays de culture renommés, naguère prospères, aujourd'hui en 
ruine! Les hauts rendements ne les ont pas préservés de la crise; c'est 
un fait indénia1)le qu'ils ne peuvent lutter contre l'envahissement des 
produits étrangers. Voilà le mal. Les voies de communication, de 
plus en plus nombreuses et faciles, ont modifié du tout au tout la 
situation. Voilà la cause du mal. 

Le chapitre II traite du prix de revient et de la nature des semences 
sur les rendements. 

Après avoir établi très justement qu'il était possible d'arriver dans 
chaque e\])loitation, à établir d'une façon très approchée, le prix de 
revient d'un produit donné, M. L. Grandeau s'exprime ainsi : 

c( Les expériences que je vais rapporter devant npus fournir des élé- 
ments très utiles pour l'étude de l'accroissement de la production agri- 
cole, je crois devoir les exposer avec quelques détails. De concert avec 
le directeur de la station agronomique de l'Est, M. Thiry, directeur 
de l'Ecole d'amiculture Mathieu de Dombasle, a institué, en 1884, sur 



ABAISSEMENT DU PRIX DE REVIENT DES RÉCOLTES. 175 

le domaine attenant à l'Ecole, des expériences sur l'influence de la 
nature de la semence sur le rendement en blé : 13 parcelles d'un 
même champ, variant en superficie de 7 à 20 ares, ont été préparées 
avec soin et ensemencées à l'automne de 1883 avec 13 variétés 
de blé. 

« Le sol argilo-siliceax, pauvre en éléments nutritifs, a été analysé et 
m'a donné les teneurs suivantes en principes fertilisants : 

Azote pour 100 parties de sol séché à Tair VU 

Potasse — — nu 

Acide piiospliorique — () 09iJ 

Chauv — — 11-2 

« Afin d'écarter de la discussion le prix du fumier de ferme, nous 
n'avons donné au sol qu'une fumure minérale présentant, au cas par- 
ticulier, le double avantage d'une composition rigoureusement établie 
et d'une valeur en argent indiscutable, celle du prix d'achat. Le champ 
d'expérience, très homogène dans ses diverses parties, avait été semé 
en avoine en 1882 et laissé en jachère en 1883, année pendant laquelle 
il reçut, avant la semaille, quatre labours et deux hersages. Avant 
l'hiver, le sol reçut, au moment du dernier labour, 600 kilog. (à l'hec- 
tare) de phosphate de chaux précipité à 27 pour 100 d'acide phospho- 
rique, et coûtant 21 francs les 100 kilog., soit une dépense de 
126 francs à l'hectare. Au printemps de 1884, on sema en couver- 
ture 250 kilog. de nitrate de soude (à l'hectare), au prix de 32 fr. les 
100 kilog., soit une dépense de 80 fr. La fumure à l'hectare s'éleva 
donc à la somme totale de 206 fr. La valeur moyenne de location 
des terres de cette qualité est d'environ 70 fr. à l'hectare ; la main- 
d'œuvre (frais de culture et de récolte) est évaluée à 124 fr., soit, au 
total, 400 fr. à l'hectare. Dans cette culture, une seule condition a 
varié : la nature de la semence employée. Les rendements en grains 
ont été les suivants : 

Numéros Rendement en quintaux Excédent des autres 

des Nom de la variété de lilé. métriques espèces par rapport 

parcelles. à l'hectare. au blé Chiddani. 

q. m. q. m. 

1 blé Cliiddani 14.73 » 

'2 — Aieph 16.00 1.27 

3 — White Victoria 17.87 3.14 

4 — Blé de Hâve 18.80 4.07 

5 — Galand....' 18.93 4.20 

6 — Foulard (lisse) 19.20 4.47 

7 — Dattel 20.0(J 5.27 

8 — Golden Dn.pi. 20.30 5.57 

9 — HunterWist 21.80 7.07 

10 — Blanc de Flandre 23.80 9.07 

11 — d'Australie 23.93 9.20 

12 — Blood Red 28.00 13.27 

13 — Lamed 29.70 14.97 

Mojenne 20.30 

ce La nature de la variété de blé a donc, à elle seule, plus que doublé 
le rendement pour la parcelle 13, la récolte ayant passé de 14 q. m. 
73 à 29 q. m. 70. Pour aller au-devant de l'objection qu'il s'agit ici 
de cultures expérimentales sur des surfaces relativement restreintes 
(7 à 20 ares par parcelle), je citerai les rendements obtenus cette 
année, par MM. Tourtel à ïantonville et à Ormes (Meurthe-et- 
Moselle), avec des semences provenant des récoltes antérieures de 
M. Thiry à l'école Dombasle, semées dans un sol argilo-calcaire avec 
fumier de ferme : 



176 ABAISSEMENT DU PRIX DE REVIENT DES RECOLTES. 

(Juantités de liendements en 

terre Variéti'S de; blé. prains 

emblavée. ' à riieclare. 

hectares (|. ni. 

( 3.63 Ulc de pavs 18.9,0 

\ 4.99 — Chidiiarn '20.57 

Ferme d Ormes ; ^.^ y,^ _ q,,,,,^,^ ^^.^^^^^ .j., 75 

/ 7.17 — Blanc de Flandre 20.8(5 

^ î.es — White Victoria.. 24.00 

12.80 — Blood Red 29.60 

5.97 — Ilicklins 29.91 

« L'écart maximum en grande culture, à Tantonwille, a été de 10 q. 
m. 95 à l'hectare. Voilà donc, dans une année dont le rendement 
moyen, pour la France, a été de 15 hect. 90, soit au maximum 11 q. 
m. 13 à l'hectare^ des sols de moyenne qualité qui ont donné des 
excédents de récoltes variant sur la moyenne de la France de 3 q. 
m. 60 à 18 q. m. 78, suivant la nature de la semence employée. Il 
saute aux yeux que parler du prix de revient du blé sans spécifier 
les lieux et les conditions de culture équivaut absolument à ne rien 
dire. 

c< Mais revenons au champ d'expérience de Tomblaine et cherchons 
à établir le prix de revient du blé sur chacune de nos parcelles. Pour 
nous, le prix de revient sera le quotient de la dépense à l'hectare 
(diminué de la valeur de la paille correspondant au grain récolté) 
par le nombre de quintaux de blé obtenus. Nous négligeons les frais 
généraux et l'impôt pour simplifier nos calculs; cela est d'ailleurs 
sans importance pour le but que nous nous proposons, les comparai- 
sons que nous allons faire ayant une base commune. Nous négligerons 
aussi, pour ne pas compliquer outre mesure le problème, les légères 
variations dans le poids de la paille, suivant les rendements en grains, 
et nous admettrons le chiffre très voisin de la réalité de 100 kilog. de 
paille pour 58 kilog. de grain récolté. 

« Enfin nous prendrons pour base des évaluations argent le prix de 
20 fr. 50 par quintal de blé, et de 47 fr. 50 par 1 ,000 kilog. de 
paille, cours moyen de cette semaine sur les marchés de la Lor- 
raine. 

« Le tableau suivant nous fournit tous les éléments nécessaires 
pour établir le prix de revient du blé récolté sur nos 1 3 parcelles : 

Valeur du blé Paille corres- Valeur de la Valeur totale Prix de 
Variétés du blé. Uraius eu à '.'O fr. 50 pondante paille de la revient du 

iiuintaux. le quintal. au grain. recollée. récolle quintal de blé. 

q. m. fr. q. m. fr. fr. fr. 

Ciiiddam 14.73 301.96 25. .39 119.33 421.29 19.05 

Alcph 16.00 328.00 27.58 129.63 457.63 16.89 

Wliile Vicloria.... 17.87 366.33 30.81 144.81 511.14 14.31 

Blé de Haye 18.80 385.40 32.41 152.33 537.73 13.17 

Galand 18.93 388.06 .32.64 153.40 541.46 13.03 

roulard lisse 19.20 393.60 33.10 155.57 549.17 12.73 

Daticl 20.00 410.00 34.48 162.05 572.05 11.89 

Golden Dropp . . . . 20.30 416.15 34.99 164.45 580.60 11.69 

Hunier Wist 21.80 446.90 37. .58 176.63 623.53 10.24 

Blond de Flandre. 23.80 487.90 41.03 192.84 680.74 8.70 

D'Auslrali.' 23.93 490. .56 41.26 193.92 684.48 8.61 

Blood Ued 28.00 574. (X) 48.27 226.87 800.87 6.18 

Lamed 29.70 608.85 51.20 240.64 849.49 5., 36 

« Nous sommes donc en présence d'un sol de qualité médiocre, mais 
convenablement fumé et bien cultivé dans lequel, la môme année, 

î. D'après le relevé publié par le Journal officirl sur la récolte de 1884, le ])oids nio\en de 
riiectolilre sérail celle anni'e de 76 kilog. 3; lu recolle en blé s'élanl élevée à 111,141,855 heclo- 
lilres, pesant 84,803,731 ijuinlaux. 



ABAISSEMENT DU PRIX DE REVIENT DES RECOLTES. 177 

les rendements à l'hectare présentent un écart de près de quinze 
quintaux, entraînant une différence dans le prix de revient du blé de 
13 fr. 69 par quintal, uniquement par la nature de la semence 
employée. 

(c La dépense pour chaque parcelle étant de 400 fr. à l'hectare, la 
parcelle n*' I laisse un bénéfice de 21 fr. 20 seulement, c'est-à-dire 
tout à fait insignifiant et peut-être nul, puisque nous avons négligé 
de faire entrer en ligne de compte l'impôt et les frais autres que 
ceux de la cultui*, de la fumure et de la récolte. La parcelle 5 
donne déjà un bénéfice de 141 fr. 66 à l'hectare et la parcelle 13 laisse 
au cultivateur un excédent de 449 fr. 49 à l'hectare du produit sur 
la dépense. 

« Quel peut être, nous le demandons au protectionniste le plus con- 
vaincu, l'importance, pour le producteur, d'un droit de 3, 4 ou 5 fr. 
par quintal à l'importation sur une matière dont le prix de revient 
varie, dans un même sol, entre 5 fr. 36 et 19 fr. 05, c'est-à-dire du 
triple au quintuple de ce droit? Encore faut-il tenir pour certain que 
jamais le prix vénal du blé ne s'accroîtra de la quotité du droit de 
douane. » 

Je tiens tout d'abord à dire que je suis parfaitement d'accord avec 
M. L. Grandeau sur l'importance qu'il y a pour le cultivateur à 
choisir dans chaque espèce de plantes qui conviennent au climat, au 
sol et à la situation économique de son exploitation, les variétés que 
l'expérience lui aura montré les plus avantageuses. 

Je ferai observer seulement, me réservant d'y revenir plus tard, 
qu'il faut Ijien se garder de conclure, après une ou deux années 
d'expériences, en faveur d'une variété, comme lé fait ici M. L. Gran- 
deau. En procédant ainsi, on s'expose à tomber dans une erreur 
très grave. L'année 1884, par exemple, a été très favorable aux blés 
anglais et leur a permis de donner dans bien des exploitations des 
produits tout à fait hors ligne qu'il ne faut pas considérer comme 
moyenne . 

Les rendements accusés sur les exploitations d'Ormes et de Tan- 
tonville n'ont, cette année, rien qui puisse étonner. Dans les mêmes 
conditions et dans cette année très favorable aux variétés étrangères, 
les blés anglais ont produit chez MM.Tourtel, en moyenne, un tiers 
en plus que le blé du pays. Voilà le beau coté de la médaille; mais 
il y a un revers dont il faut absolument tenir compte : c'est le 
manque de résistance de ces variétés prolifiques à certains de nos 
hivers. 

Mais où je ne suis pas d'accord avec M. L. Grandeau, c'est dans 
l'établissement de ses prix de revient. Ilien de plus en l'air et de moins 
justifié que ses comptes. Il y a là une ignorance complète des dépenses 
nécessitées par la culture du blé dans le cas choisi, et le résultat, tel 
qu'il est présenté, est tout ce qu'il y a de plus dangereux, car il tend 
à faire croire que l'on peut produire du blé à très bas prix et presque 
sans frais. 

. Je vais donc rectifier le compte de frais en prenant les bases 
données par l'auteur, sans discuter la valeur des engrais appliqués, 
bien qu'ils ne me paraissent pas du tout avoir été choisis en 
prenant pour base les données fournies par l'analyse chimique 
du sol. 



178 ABAISSEMENT DU PRIX DE REVIENT DES RÉCOLTES 

Prix de revient du blé à l'Ecole Mathieu de Dombasle. 

Loyers, impots, Semences, engrais 

I. — FRAIS' assurances. Travail, frais pénéraux. 

1883. — Jachère préparatoire. — Loyer 70 fr., 

impôts 5 Ir. prestations 1 fr 76 00 

Quatre labours 10(J Ir., deux hersages 10 fr 110 00 

Semis au semoir 5 00 

Semence ciioisie, 150 kilog. à .35 fr b2 50 

Lngrais 206 00 

Epandage en deux fois 2 00 

1884. — Loyer 70 fr.; impôts 5 fr.. prestations 1 fr. 76 00 

Hersage au printemps après engrais 500 

Moisson, coupe 25 00 

Liens, 700 à 1 fr. 25 8 75 

Liage, 700 gerbes à 1 fr. 25 8 75 

Hentrée (cliargement, transport, déciiargemenl), 

à 2 fr. les 100 gerbes 14 00 

battage (compris le logement des pailles et le 
portage des grains au grenier), à 7 fr. hO les 

100 gerbes. 52 50 

Nettoyage du grain, à fr. 25 les 100 kilog 5 25 

Mise en sacs réglés, chargement sur voiture, à 

Ofr. 10 2 05 

Conduite chez le marchand, à fr. 25 les lOfJ kil. 5 25 

Assurance (grêle) 700 fr. à 1 fr. 10 7 70 

Assurance (incendie) 700 fr. à 1 fr. .W 10 50 

Réparations aux instruments, entretien, renouvel- 
lement, 1.800 fr. pour 90 hectares. '. 20 00 

Entretien des bâtiments, 270 fr. pour 90 hectares. ."î 00 

Frais généraux divers 3 (XJ 

Régisseur pour l'exploitation, 2,700 fr 30 00 

Intérêt du capital d'exploitation, 800 fr 40 00 

170 20 24 3 5.~ 354 .50 

Véritable total des frais de un hectare de blé dans 

le système d'agriculture scientifique 768 25 

Dont il convient de déduire 100 fr. pour le prodt 

que tirera la récolte suivante de hi jachère et 

de l'engi'ais non épuisi' 100 00 

668 25 

Frais comptés |.ar M. L. Grandeau 70 00 12 (K) 206 00 

" 396 m ~ ' 

II. — PRODUITS — MOYENNE DES RENDEMENTS 

Grain, 2,025 kilog. à 25 fr. 10 = 508 fr. 25 / .^^ ,.. ,., 
Paille, 4,000 kilog. à 40 fr. » = 160 fr. « \ "^'" " • ^"^ 

La paille de froment vaut actuellement, au cours des marchés de la 
Lorraine, non pas 47 fr. les 1,000 kilog., comme le dit le compte, 
mais dans la ferme, sans frais de conduite ni d octroi, ce. qui a été 
oublié aussi, 40 fr. 

Je ne veux rien ajouter à ces chiffres, leur éloquence suffit. 

Je retournerai seulement la dernière phrase de M. L. Grandeau qui 
est une question. 

Quelle peut être, nous le demandons au savant le plus convaincu, 
la valeur réelle des procédés scientifiques qui mènent à de telles solu- 
tions, c"est-à-dire à vendre 20 fr. ce qui en coiUe 25 en bonne année, 
sinon la faillite! Paul Gevay, 

Prcsideut du ( )omk'c lie LuaiWille (.Meurtlie-et-.Moselle). 

LE SQUELETTE DES VÉGÉTAUX 

MM. Fremy et Lrbain ont entrepris depuis longtemps déjà une 
étude approfondie des diverses matières qui, associées les unes aux. 
autres en proportions variables, constituent les divers organes des 
plantes. 

Ils ont distingué dans le bois le principe constitutif des vaisseaux 

1. i.es cliiffi'es non donnt!'s par M. L. (irandeau, sont extraits de ma comptabilit(''. ils ont été 
conmiuniqiiés en décembre deinier, sur sa demande, au groupe agricole de la Chambre des 
députés. 



LE SQUELETTE DES VÉGÉTAUX. 179 

auquel ils ont donné le nom de vasculose. Cette matière abondante 
dans les bois durs, résiste bien à l'action des acides, à celle des alcalis 
étendus, mais elle se dissout dans les lessives concentrées agissant 
sous pression à une température de 120 degrés environ; en s'oxydant 
la vasculose produit les acides bruns, les matières ulmiques si répan- 
dues dans les terres arables. 

A la vasculose est associée dans le bois la cellulose, soluble dans 
l'acide sulfurique d'une concentration moyenne, soluble également 
dans une dissolution d'azotate de cuivre et d'ammoniaque; la pectose 
est peu abondante dans le bois ; elle se rencontre surtout dans les racines, 
dans les fruits, et donne par ses métamorphoses les composés pec- 
tiquesqui constituent les gelées végétales. 

MM. Fremy et L rbain ont enfin, dans une séance récente de l'Aca- 
démie des sciences, insisté sur les propriétés de la cutose qui, revêtue 
d'une résine peu abondante, forme l'épiderme des végétaux ; cette 
cutose est formée surtout de deux acides rappelant par l'ensemble de 
leurs propriétés les acides gras. 

Ces études difficiles présentent un intérêt pratique de premier ordre. 
En effet, la préparation des fibres textiles, de la pâte à papier, a préci- 
sément pour but la destruction de quelques-uns des principes immé- 
diats précédents et la conservation de celui qu'on peut utiliser ; le rouis- 
sage du lin et du chanvre a pour but la destruction de ({uelques-uns 
des principes contenus dans les fibres naturelles, et la mise en liberté 
de la cellulose qu'elles renferment. Le papier de paille est préparé en 
dissolvant la vasculose à l'aide d'une dissolution alcaline agissant sous 
pression et laissant la cellulose qui peut entrer dans la préparation du 
papier, comme celle qui provient des chiffons végétaux. MM. Fremy 
et Urbain ont appliqué ces procédés de séparatiou à la ramie comme 
au chanvre et au lin, et sont parvenus à en tirer des fibres soyeuses 
d'un admirable éclat qu'ils désignent sous le nom de fibrisoie, qui 
donnera lieu certainement à des applications nouvelles. P. P. D. 

MOLSSOMEUSE-LIEUSE DE HORNSBY 

Le Journal a publié dans son numéro du 15 novembre 1884, sous 
le titre : les moissonneuses-lieuses en Angleterre, un article dans lequel 
il a été rendu compte du concours spécial de moissonneuses-lieuses 
organisé à Shrewsbury en 1884, en y ajoutant des observations sur les 
machines qui ont pris part à ce concours. Nous recevons aujourd'hui 
de M. Pécai'd une lettre relative à cet article. M. Pécard donne les 
raisons pour lesquelles ses observations sont un peu tardives. Nous 
publions sa lettre d'autant plus volontiers que nous profiterons de cette 
occasion pour présenter quelques réflexions que nous croyons utiles. 
— Voici la lettre de M. Pécard : 

« Monsieur le rédacteur en chef, sous le titre : Les moissonneuses-lieuses en 
Angleterre, dans votre numéro 814, du 15 novembre 1884, vous avez puLlié un 
article de M, F. R. de la Théhonnais. J'ai vainement attendu jusqu à ce jour, 
pensant que la Société royale d'agriculture d'Angleterre publierait son rapport 
officiel dans lequel je savais Irouver des arguments tout faits pour répondre dune 
façon absolue et complète aux dires de votre honorable correspondant. Le rapport 
officiel n'étant pas encore publié, je me vois donc obligé tant au nom cle la 
maison Horsnby, qu'au mien propre, comme son représentant général en France, 
de vous soumetti-e les observations suivantes que je vous prie de vouloir bien 
insérer dans votre plus prochain numéro. 



180 



LA MOISSONNEUIE-LIEUSE DE HORNSBY. 



« Si M. F. R. de la Tréhonnais eût voulu faire un article général, sans parti 
pris, écrit dans le but unique d'être utile à vos nombreux lecteurs, je me trouve- 
rais assez bien partagé par la haute récompense obtenue par la machine que 
i'essave de vulgariser en France et n'aurais pas à réclamer. Mais je trouve crue 
par l'emploi exclusif des dessins de Samuelson, des Howard, c'est-à-dire des 
machines ayant été battues et par suite classées aux rangs secondaires, il a écarté 
l'attention de vos lecteurs de la machine victorieuse pour la reporter sur les autres 
qu'il semble préconiser et qu'il a cependant vu succomber pendant le cours des 
expériences au fur et à mesure que les difficultés ont grandi. Il faut qu'on le 
sache bien, la moissonneuse-lieuse de Hornsby a obtenu le 1<"" prix de 100 livres 
(2,500 francs) offert par la Société royale d'agriculture d'Angleterre, et seule a 
)u surmonter tous les obstacles rencontrés, elle seule a pu faire un travail régu- 
ier dans les céréales couchées, versées, sur les terrains en pente : en un mot, 
seule elle s'est montrée la machine pratique par excellence. Sur trois machines 
entrées à ce concours par la maison Hornsby, aucune n'a pu être exclue pour 
cause de casse ou de travail imparfait. Elles sont arrivées toutes les trois au but. 



fi 




Fig. 14. — Moissonneuse-lieuse de Hornsby en U'avtiil. 



J'attire déjà l'attention sur ce fait qui, en somme, prouve bien une supériorité 
sur celles de Howard dont l'une des machines a été arrêtée par le jury pour casse. 
Aussi, à l'épreuve finale, qui eut lieu entre les deux ehampionsHornsbyet Howard, 
fut-on obligé de retirer deux machines de Hornsby et une seule de Howard, 
c'est-à-dire que sur les trois chances cru' avait Hornsby de gagner il les avait 
conservées toutes les trois intactes. Howard ne pouvait en dire autant. Je ne parle 
pas de la Wood, car celle-ci n'a pu arriver aux derniers essais elle était tombée 
avant avec ce qui restait de machines américaines. 

« Je regrette de venir ici réfuter le rapport de M. F. R. de la Tréhonnais. Si 
cependant, pour la rédaction de ce rapport, il nous eiit été demandé à la 
maison Horsby ou à moi des dessins et cfes explications, nous nous serions fait 
un devoir et un plaisir d'y satisfaire. Mais rien de cela ne nous a été demandé. 
Alors j'arrive à cette conclusion que : la lettre-rapport de votre honorable corres- 
pondant, n'est plus un historic[ue fidèle des péripéties diverses de la lutte impar- 
tiale qui eut lieu, mais semble prendre la tournure d'une simple réclame en faveur 
d'une maison concurrente et c'est contre cela que je viens protester. 

« Les avantages qui caractérisent la moissonneuse-lieuse de Hornsby sont tout 
aussi remarqua'bles que ceux sur lesquels M. F. R. de La Tréhonnais s'étend 



LA MOISSONNEUSE-LIEUSE DE HORNSBY. 



181 



complaisamment, lorsqu'il vient nous dire qu'il croit cette machine (Howard) 
appelée à une grande faveur parmi les agriculteurs sérieux; lorsqu'il dit qu'elle 
possède un grand' avantage sur ses rivales par la facilité de son transport sur 
routes. Avant de réclamer cet avantage, si votre correspondant eiàt lu les cata- 
logues Hornsby de 1883 et de 1884 ou mes prospectus des mêmes années, 
qu'aurait-il lu? Il aurait lu que les moissonneuses-lieuses de Hornsby, outre 
les perfectionnements incontestés de leur mécanisme si robuste et si bien 
agencé, de leur facilité de manœuvre et enfin en outre de leur supériorité qui 




leur a valu la plus haute récompense décernée par la Société « la plus grande et 
la plus sérieuse du monde entier », ont aussi ce fameux avantage qu'il semble 
réclamer pour les machines Howard seules. — Elles aussi peuvent, à l'aide de 
deux roues supplémentaires, être transportées sur routes étroites, sur chemins 
raboteux, passer dans les fondrières et les ornières sans danger et enfin, ainsi 
transformées, elles n'ont que 2 m. 30, tandis que celles de Howard ont 2 m. 60. 
L'avantage là encore est pour les moissonneuses-lieuses de Hornsby. 

« En terminant cette longue défense, j'appelle l'attention de vos lecteurs sur le 
seul résultat connu, relatif aux essais clynamométriques sur la traction des 



182 LA HOISSONNEUSE-UEUSE DE HORNSBY, 

machines, résultat qui fut publié par le journal anglais VEagineer du 
23 août 1884. 

ce La moissonneuse-lieuse de Hornsby, coupant sur une largeur de 1 m. 520 ne 
demanda que 400 livres anglaises au dynamomètre, tandis que celle de Howard, 
coupant sur une même largeur, en a demandé 430. Elle exige donc une traction 
de 30 livres plus grande que celle de Hornshy. — C'est concluant. 

a Les moissonneuses-lieuses de Hornsby des nouveaux modèles 1884-85 seront 
exposées au concours général de Paris du 2 au 1 1 février prochain dans mon 
exposition où les agriculteurs pourront en étudier le mécanisme et la construction 
et en reconnaître la supériorité. A. Pécard. » 

L'article de M. de la Trélionnais dont il est question ici se compose 
en réalité de deux parties que nous devons séparer : dans la première, 
il expose avec fidélité les péripéties des essais du concours de 
Shiewsbury ; dans la seconde, il donne ses impressions personnelles 
qui sont favorables à la machine Howard. L'exposé des phases du con- 
cours est exact, M. Pécard ne le nie pas; l'indication du succès final 
remporté par Hornshy est aussi complète que possible. On ne peut 
donc pas reprocher à M. de la Trélionnais d'avoir manqué à ses devoirs 
de publiciste consciencieux. Quant à des préférences pour tel ou tel 
système de machines, M. de la Trélionnais a le droit den avoir et il a 
le droit non moins incontestable de les exprimer. 

Nous ne voyons donc pas bien ce qui a })u, dans l'article de notre 
excellent collaborateur, froisser la susceptibilité de M. Pécard, pour 
lequel d'ailleurs nous professons des sentiments d'estime toute spéciale. 
Si nous avons inséré sa lettre, c'est afin de pouvoir ajouterquele Journal 
de ragriculture n'est pas fait pour publier ce que M. Pécard appelle 
des réclames. Nous voulons conserver et nous conserverons toute notre 
liberté d'appréciation; nous voulons que l'on sache que, toutes les fois 
qu'on lira dans nos colonnes des appréciations sur des concours du 
jjenre de celui dont il est question ici, ces appréciations sont abso- 
lument indépendantes de qui que ce soit. 

Ceci étant bien entendu, nous déclarons l'incident clos. 

Henry Sagnier. 

SITUATION PHYLLO.XËRIQUE . 

DANS EA CHARENTE-INFÉRIEURE * 
Dans le résumé des renseignements ci-après sur la situation philloxérique dans 
la Charente-Inférieure, une très" grande précision nous est impossible, nos ques- 
lionnaires adressés aux maires nous revenant trop souvent avec des réponses 
incomplètes: mais en s'aidant des indications fournies par les vice-présidents et 
les membres des sous-comités d'arrondissement, il est possible d'arriver cepen- 
dant à exposer notre état d'une manière suffisamment exacte. 

Etendue approximative des vignes en étal de produire. — Nous estimions, 
en 1883, le chiffre de ces vignes à 40,000 hectares environ, et nous croyons qu'il 
a peu varié ; néanmoins la dépression de beaucoup de vignes, parmi celles en 
dernier lieu atteintes, nous fait pressentir une diminution en 1885 . 

Vignobles soumis à la submersion et résultats obtenus. — La submersion 
est toujours réduite à 18 hectares environ, très peu de terrains à vignes étant 
submersibles dans notre région. 

Vignobles traités par le sulfure de carbone. — L'inertie des propriétaires 
diminue devant les bons résultats acquis dans les vignes traitées avec persévéï-ance 
depuis quelques années; nous ne serions pas surpris de pouvoir, en 1885, 
accuser un nombre d'hectares traités, supérieur à celui actuel, et qui est de 
130 hectares. 

Vignobles traités par le sulfocarbonate de potassium. — L'efficacilé du 
moyen est des plus évidentes, mais son prix dépasse nos ressources. 
1. liappovt à M. le ministre de l'agi iculture. 



SITUATION PHYLI.OXÉRIQUE DANS LA CHARENTE-INFÉRIEURE. 183 

Vig7iobles replantés avec cépages américains producteurs directs. — Les 
cépages américains pour la production directe perdent chaque jour du terrain, la 
quantité de vin obtenue étant insuffisante. 

Vignobles replantés avec cépages américains porte-greffes. — De jeunes 
plantations greftees avec nos cépages français depuis deux et trois ans, et même 
plus, s'étant bien mises à fruit, l'attention des viticulteurs est sérieusement mise 
en éveil, et tout porte à croire qu'ils entreront avec moins de lenteur dans cette 



voie, 
av 



Le chiffre d'hectares, actuellement plantés, peut être évalué à 250 hectares, 
,'ec Riparias, Solonis, Yorks, Yialla, Jacquez. 

Mode de greffage. — La greffe en fente simple et sur place rallie la plupart 
des viticulteurs qui, en outre, ont le soin d'avoir une pépinière de remplacement. 

Résultais obtenus. — En 1884, le greffage a réussi en moyenne dans la pro- 
portion de 75 pour 100 , alors qu'en 1883 on avait à peine obtenu 
65 pour 100, et les greffages faits eu avril ont généralement donné une plus 
grande proportion de succès que ceux opérés en mai. 

Les progrès, en vue de la défense et de la reconstitution des vignobles, sont 
lents ; cependant le Comité central n'a pas ménagé son temps et sa peine pour 
éclairer la marche de la viticulture. Ainsi, dès 1877, nos collègues, MM. Dela- 
vault et Xambeu essayaient des solutions de sulfure de carbone, ainsi que M. Pe- 
ligot l'a indiqué dernièrement à l'Académie des sciences. 

A cette époque aussi, l'un des nôtres, M. Morissonneau, imaginait une charrue 
sulfureuse qui, construite sur un grand modèle et d'un prix beaucoup trop élevé, 
n'en permit pas l'application dans la pratique. 

Plus nous avançons, plus il est reconnu que si les terrains profonds se prêtent 
sans conteste à l'emploi avantageux des insecticides et des cépages américains 
résistants, les terrains maigres et superficiels continuent à s'y montrer réfractaires, 
et nos visites cette année dans les vignobles du département où de très nombreux 
essais ont eu lieu ne tendent pas à modifier les appréciations premières du 
Comité central qui est bien décidé à employer bonne partie de ses ressources à 
poursuivre ses expériences et à résoudre une difficulté qui tient en échec notre 
viticulture. 

Le Comité, comme les années précédentes, par ses pépinières d'arrondissement 
et de canton est en, mesure de distribuer des plants par centaines de milliers. 
Aussi toutes les communes seraient rapidement en position de se reconstituer si 
un point noir n'existait pas, à savoir le manque de confiance dans la résistance ou 
le succès persistant des greffages, que le temps seul pourra confirmer aux yeux 
de tous avec la dernière évidence et si nous étions en possession de plants 
résistants s'adaptant à nos sols superficiels. 

Nous espérons qu'en persévérant activement dans la voie où le Comité est 
engagé, ses efforts ne seront pas perdus et qu'il nous sera possible en 1885 
d'annoncer une marche plus décidée et un progrès plus grand de la part de nos 
viticulteurs charcutais. 

Cette année, certains vignobles en terrains profonds, et à peu près les seuls 
existants, beaucoup mieux cultivés que d'habitude, et fumés, ont eu meilleure 
apparence et donné plus de fruits, et il a semblé qu'un temps d'arrêt dans la 
marche du phylloxéra avait eu lieu, ce qui va entraîner à planter beaucoup de 
plants français sans tenir compte des tristes leçons du passé. Mais d'autres 
vignes moins favorisées, et elles sont nombreuses, ont très notablement périclité. 

Il me reste à présenter les vœux émis par le Comité central dans la séance du 
20 novembre et qui lui avaient été soumis par la Commission de visite des 
vignes * : 

Considérant qu'avant l'invasion phylloxérique le département de la Charente- 
Inférieure était comme production le deuxième département vinicole de France : 
que dès lors les pertes occasionnées par le phylloxéra y sont immenses et que 
l'importance des subventions à attribuer à chaque département doit être en raison 
des pertes subies ; 

Le Comité émet le vœu que le département de la Charente-Inférieure soit 
compris pour une plus large proportion dans les subventions de l'Etat. 

Considérant qu'il est urgent de s'assurer à quel degré les sables sont réfractaires 
)hylloxera, le Comité émet le vœu : 1° Que l'on transplante dans les sables à 



au 



1. Commission : MM. RouviER, président; Pillot. rapporteur; Dupon. Normand-Dukié Albert 
Vernel'il, Daniel Bethmont. 



184 SITUATION PHYLLOXERIQUE DANS LA CHARENTE-INFERIEURE. 

la Coubre de jeunes pieds français de trois à quatre ans, fléchissant dans les 
terres sous les atteintes du phylloxéra — et 2" qu'au printemps il soit mis des 
phylloxéras sur une portion des vignes françaises Lien prises et vigoureuses dans 
les sables de la Goubre ainsi que sur une portion des racines américaines. 

Le Comité émet aussi le vœu : Qu'une partie des ceps américains plantés dans 
les sables à la Goubre soit greffée en diverses variétés françaises afin de comparer 
la tenue, la résistance et la production des pieds ainsi greffes avec celles : 
1" des variétés françaises, 2" des variétés américaines, l'une et l'autre franches 
de pied. 

Le Gomité émet enfin le vœu que l'école de greffage instituée à Saintes en 1884 
soit continuée en 1885 et qu'il en soit fondé dans tous les centres où cela sera 
possible, notamment à La Rochelle, à la ferme-école. 

D"" Menudier, 

Membre de la Commission supérieure du piiylloxera, 
Premier vice-président du Comité central de la Charente-Inférieure. 

LA NOUVELLE CHARRUE DE L'AVENIR 

Les agriculteurs sont d'accord pour reconnaître les avantages du 
labour à plat, comme facilité et rapidité d'exécution, sur le labour 
en planches; le seul possible avec les charrues ordinaires ne versant 
que d'un seul côté. 

Mais une charrue pour labour à plat doit pouvoir verser la terre 
alternativement à droite et à gauche ; le soc et le contre doivent éga- 
lement pouvoir fonctionner de chaque côté alternativement. 

De là une construction plus difficile, plus spéciale. 

Néanmoins les avantages de ces charrues sont tellement évidents 
que dans beaucoup de pays il en existe un type, comme on peut le 
constater dans le Dauphiné, l'Ain, le Jura etc.. 

De temps immémorial les forgerons et constructeurs de ces pays 
fabriquent un modèle de charrue munie de deux versoirs, dont l'un 
est posé sur l'âge pendant que l'autre travaille. A chaque extrémité du 
sillon on change de versoir, on oriente le contre et le soc du côté où 
la terre doit être versée et la charrue reprend sa marche. 

Dans d'autres modèles le même versoir peut verser la terre à droite 
ou à gauche indifféremment, mais il est impossible par cela même 
qu'il ait une forme convenable. 

Les meilleures charrues pour labours à plat sont donc celles munies 
de deux corps de charrue parfaitement distincts, à organes indépen- 
dants et de bonne forme. C'est sur ce principe qu'étaient établies les 
charrues tourne-oreille ou charrues navettes dues à de Valcourt, il y a 
environ trente ans, et que la pratique courante n'a pas adoptées. 

Cependant la disposition dos à dos, des deux corps de charrue était 
une idée excellente ; mais les perfectionnements successifs apportés à la 
charrue double-brabant, venue à temps et répondant à un besoin 
réel firent perdre de vue pendant quelques années le principe des 
charrues tourne-oreille dos à dos à âge tournant. 

Aujourd'hui la double-brabant fabriquée par d'excellents construc- 
teurs tels que Bajac-Delahaye, Candelier, Henry, etc. est tellement 
connue et répandue que nous ne la décrirons même pas. 

Mais si elle est d'un fonctionnement très-simple on lui reproche 
d'être d'un prix élevé ; ce qui explique les efforts de plusieurs con- 
structeurs du centre de la France, tel que MM. Plissonnier, de Lyon, 
et Bruel, de Moulins, pour répandre et faire adopter des modèles plus 
simples et moins coûteux, disposés comme les charrues araires et à 
rouelles. 



NOUVELLE CHARRUE ])E L'AVENIR. 



185 



Néanmoins l'avenir est aux charrues tourne-oreille à âge fixe et à 
avant-train. C'est ce qu'avait compris M. Boreau, chef de pratique à 
l'école deGrignon, lorsqu'il imagina sa charrue il y a deux ans. Nous 
ne reviendrons pas sur la description détaillée de cette charrue qui a 
été décrite dans plusieurs articles à la suite d'essais puhlics. Rappelons 
sommairement que les 
versoirs pivotent autour 
d'un axe vertical B, 
comme dans les ancien- 
nes charrues dos à dos à 
ac;e tournant. 

L avant-tràm est sem- 
I )lable à celui des doubles- 
hrabants actuels avec la 
vis pour régler la profon- 
deur. L'âge est rendu fixe 
au moyen d'un verrou 
à ressort actionné de 
l'arrière par une tringle 
et une manette D; ce 
verrou remplace les cli- 
chets de la brabant. Sui- 
vant la profondeur, on 
peut donner plus ou 
moins d'inclinaison à 
l'axe de la sellette relati- 
vement à la verticale, en 
agissant sur les mani- 
velles à vis m et m , qui 
déplacent latéralement 
les mortaises du verrou 
maintenant l'âge fixe. 

Au moyen de la tige P 
on fait varier la profon- 
deur du labour, en même 
temps qu'on dispose le 
régulateur R à hauteur 
convenable, en élevant 
ou abaissant la tige R' . 

Voyons maintenant la 
manœuvre de l'instru- 
ment. 

Arrivé à l'extrémité du sillon, et la charrue versant à droite comme 
le montre la figure, le laboureur soulève la manette D, pour rendre 
l'âge mobile ; il appuie ensuite sur le levier M, qui n'est autre chose 
que le prolongement du contre C ; il dégage du même coup le verrou 
E qui maintenait fixe le corps de charrue. Celui-ci rendu libre, et la 
pointe du soc F piquant en terre, agit comme point d'arrêt, de sorte 
qu'en inclinant légèrement la charrue sur les versoirs, par un très 
faible efïbrt latéral sur les mancherons, et les chevaux continuant 
d'avancer, le corps de charrue pivote autour de son axe B, et F vient 
remplacer F' et réciproquement. 







186 NOUVELLE CHARRUE DE L'AVENIR. 

Dans le premier modèle, ce mouvement s'exécutait à la main au 
moyen d'une manette placée sur Taxe B prolongé. Il est aujourd'hui 
plus simple à exécuter que dans les hrabants. 

Le cran H vient alors s'engager dans le verrou E, et la charrue est 
prête à verser à gauche. 

Les deux oreilles G et G' s'appliquent d'elles-mêmes en arrière, 
poussées par la bande de terre pendant le travail. Le laboureur, avant 
de faire tourner les chevaux, soulève la manette 1), dégage le verrou 
qui empêche l'âge de tourner sur lui-même, l'engage dans la petite 
mortaise de gauche J' ; c'est-à-dire que l'instrument est fixe. Le 
verrou E du contre et celui de l'avant-train sont constamment main- 
tenus fermés par des ressorts placés sur l'âge A. 

A l'avant, se trouvent deux petits volants Q et Q' actionnant une 
\is et qui permettent d'incliner à volonté à droite ou à gauche la tige 
R' et par suite le régulateur 11. 

Le charrue de l'avenir a été, on le voit, simplifiée et peut être ma- 
niée aussi facilement qu'une double-brabant. Le verrou de la sellette 
est d'un règlement beaucoup plus simple que les clichets de la bra- 
bant, et peut même être actionné en pleine marche par les manivelles 
m et m'. Les deux oreilles G et G' des versoirs ont été agrandies, on 
peut même dire qu'elles constituent le versoir en entier. Elles sont 
très faciles à enlever et à remplacer, de sorte que l'on peut faire varier 
le genre de labour, suivant le sol, rien qu'en changeant les oreilles du 
corps de charrue. 

Actuellement la charrue de l'avenir est munie doreilles-versoirs 
dont le bas a été échancré et le haut relevé; l'ensemble est plus allongé 
et se rapproche du modèle dit versoir à qufMe dont le travail est excel- 
lent et qui ne s'obstrue pas de terre comme les versoirs ordinairement 
employés. 

Cette charrue est aujourd'hui construite par M, Durand, à Mon- 
tereau, qui en a fait le modèle actuel, susceptible de se transformer en 
toute espèce de charrue sans j)erte de temps : en araire, pour labourer 
les champs plantés d'arbres, il suffit d'enlever lavant-train ; en char- 
rue de France, en déclanchant le verrou d'avant qui rend l'âge libre ; 
enfin, en brabant double ou simple, à la volonté du lahoureur. 

Elle peut être livrée à un prix notablement inférieur à celui des 
doubles-brabants ordinaires. Son maniement très simple, pratique en 
un mot, justifie bien son nom de charrue de ravenir. 

L.-.L Grandvoixxet. 

L^HOMME ET L'AGRICULTURE 

« Une aj^riculture n(5 peut [)aa iHri' apiiivciée en Caisanl abslraclioti 
p tlo la population «iiii on est l'ànif. Au (louhlo point de vue de la 
(' consonmiation iIi'h |)ioduils ijui dirifie la prodution et de l'abon- 
« (lance ou de la ranité de la niain-d'd'uvrt! f}ui li.ve le prix des sa- 
n laires, et, par conséquent, détermine en grande partie les prix de 
'( revient ; il faut étudier le groupement et les nueurs et habitudes 
K des habitants d'un pays pour avoir l'explication d'un grand 
(( nombre de pratiques agricoles et pour pouvoir, en connaissance 
i> de cause, condamner ou approuver telle ou telle culture. 

« Barral. » 

D'où vient donc qu'on nous a laissé quitter les bancs de nos 
amphithéâtres en nous certifiant agronomes sans nous avoir donné 
aucune notion sur les caractères intimes, le genre de vie, la ma- 
nière de se nourrir, de se vêtir, de se loger, et plus particulièrement 



L'HOMME ET L'AGRICULfURÈ. 181 

sur la tournure d'esprit, la culture intellectuelle et morale, le degré 
d'instruction, des populations rurales au milieu desquelles beau- 
coup d'entre nous peuvent être appelés à séjourner, à exploiter, à 
passer même entièrement leur existence? La chose est pourtant d'im- 
portance capitale, comme vous l'allez voir. Il est clair, à priori^ que le 
I3reton transporté en Roussillon rencontrera des obstacles intellectuels 
qu'il n'avait point prévus lorsqu'il a fait son projet d'exploitation. 
Ses qualités ou ses défauts se heurtent à des défauts ou à des qualités 
contraires, et de ce conflit naîtra souvent l'impossibilité matérielle de 
poursuivre l'œuvre projetée. Car, ceci se passe de commentaires, il y 
a entre deux peuples donnés des incompatibilités originelles que rien 
ne peut détruire, pas même le temps ce grand destructeur! 

S'agit-il d'aller diriger une exploitation à l'étranger, la nécessité 
de connaître la population au sein de laquelle on va se transporter et 
dont on va avoir besoin, est encore plus évidente. Quelques études 
d'ethnographie ne seraient, dans ce cas, pas de trop avant de s'aven- 
turer. Certains de nos camarades de la jeune génération ne se seraient 
pas lancés dans une entreprise agricole hors de leur pays et auraient 
évité beaucoup de déceptions siU avaient pu prévoir d'avance jusqu'à 
quel point ils devaient compter sur le concours des habitants indi- 
gènes des pays où ils étaient allés chercher fortune et gloire. Qu'on 
me pardonne, à ce sujet, de citer un fait personnel; il tombe naturel- 
lement sous ma plume. A la suite du voyage agricole que j'ai fait 
en Grèce, il ne tenait guère qu à moi de retourner au pied du Pinde 
et de l'Olympe, de poétique mémoire, afin de réaliser les principales 
améliorations que j'avais projetées. Une chose m'a retenu : je connais- 
sais les cultivateurs grecs; j'étais et je reste persuadé qu'on ne peut tirer 
grand'chose de ce peuple factice né pour le commerce, les affaires et 
les intrigues, et dont les aptitudes agricoles sont négatives. Avant de 
connaître la population, je me serais aventuré, quitte à revenir désa- 
busé et ruiné ; la connaissant je reste sur des rives plus hospitalières 
et laisse à d autres le soin de transformer l'agriculture grecque. 

Et, sans aller si loin, le tableau que nous offre la Corse à la fin du 
dix-neuvième siècle n'est-il pas fait pour nous édifier'!' Les voyageurs 
qui ont visité et décrit ce pays s'accordent à lui attribuer tous les 
dons naturels susceptibles d'engendrer une grande richesse agricole : 
mais la dot de la nature n'est point de celles qui fructifient sans travail; 
à ce point de vue, les plus riches présents donnent souvent les plus 
pauvres espérances ! La cause de cet état de choses est résumée dans 
cette formule : Rien à faire avec la population. 

Lorsqu on fait de la pratique agricole, on n'est pas seulement en 
contact avec des animaux et des corps inertes : instruments, engrais^ 
denrées, etc., on a aussi affaire à des hommes. Jusqu'à présent, mal- 
gré les progrès de la science, on n'est point parvenu à éliminer 
l'homme des opérations agricoles. Fût-on arrivé à cet idéal, on aurait 
encore à subir l'action de l'homme quand il s'agirait de négocier les 
produits du sol. Il faut donc, d'une ftiçon ou d'une autre, compter 
avec l'élément humain ; il exerce, en bien ou en mal, une influence 
sur le résultat d'une entreprise, et je mets en fait qu'un certain 
nombre d'insuccès agricoles n'ont pas d'autre cause que l'ignorance 
de l'ethnographie de la contrée où l'on exploite. 

Par son concours indispensable, l'homme est encore et sera long-* 



188 l'homme :'et l'agriculture. 

temps la cause première de toute production agricole ; mais cette cause 
est vivante. On ne doit donc pas, ainsi que cela s'est fait jusqu'ici, 
considérer l'iiomme seulement comme un agent mécanique, comme 
un outil ; le moment est venu de l'envisager comme un être aussi 
bien libre de ses volontés et de ses caprices que soumis à l'influence 
des lois immuables de l'hérédité. C'est la seule façon de se rendre 
compte de sa valeur, de ses aptitudes, de ses facultés et de ses res- 
sources intellectuelles. Or, ce côté de la question de l'emploi de 
l'homme en agriculture, plus délicat, plus minutieux, a toujours été 
laissé dans l'ombre, pour ne pas dire dans l'oubli. Il n'est plus per- 
mis aujourd'hui à ceux qui s'occupent des sciences agricoles de le 
négliger. Le paysan n'est plus simplement un outil nécessaire à la 
production, il a acquis, même sans le souhaiter, car ses aspirations 
sont très modestes, mais par la force même du progrès qui l'entraîne 
dans sa course, une individualité complète dont il faut connaître les 
caractères. 

Certes, l'affranchissement des classes rurales est un vain mot pour 
le présent. Parmi les servitudes qui rivent l'homme à la misère et 
à l'infériorité, l'ignorance est encore, plus grande. Dans beaucoup de 
contrées, en France même, le paysan semble s'être tenu en dehors du 
mouvement de la civilisation. Quand on voit chez lui, dans son habi- 
tation, le campagnard de Bretagne et le métayer du Centre, on s'aper- 
çoit que tout n'est pas pour le mieux dans le meilleur des mondes 
agricoles. Mais, si ce n'est pas tant comme homme libre que le paysan 
pèse sur les destinées de l'agriculture, ses volontés n'en ont pas 
moins d'importance; on est exposé à s'y buter sans retour. N'en avons- 
nous pas des exemples sous les yeux. 

D'où lui vient cette résistance systématique à toute innovation, à 
toute amélioration, qui sollicite de sa part un peu d'initiative, cette 
défiance contre la civilisation avancée, ce dédain pour le beau, et 
cette incrédulité, et ce sourire de mépris qui accueille les disserta- 
tions enthousiastes des promoteurs du progrès. 

D'où vient aussi l'état d'infériorité de la femme dans la famille agri- 
cole ? La femme! l'ange du foyer, l'image de tout ce qui est beau et de 
tout ce qui est grand, l'être suprême après Dieu, et dont Dieu s'est servi 
pour la gravitation de l'espèce humaine, le symbole de tous les dévoue- 
ments, la femme enfin car ce nom résume tout — et on ne saurait le 
prononcer sans évoquer les plus touchants souvenirs, subit encore, dans 
les campagnes, une espèce de domesticité qui détruit l'harmonie de la 
famille et rabaisse l'homme lui-même. Certes, on rencontre aujourd'hui 
plus fréquemment, dans les champs, des femmes qui, fortes et douées 
d'une puissante organisation, deviennent de ces ménagères d'élite 
qui font l'honneur d'un ménage et la fortune d'une ferme. Mais à 
côté de celles-là, combien restent attachées à l'ignorance routinière et 
dont l'intervention se borne à des besognes impropres à leur sexe. Com- 
bien qui, par cela même, sont de mauvaises épouses, de mauvaises 
mères, de mauvaises ménagères, et qui n'ont jamais eu le pressenti- 
ment de la grandeur de leur mission. 

La crise actuelle ne tient-elle pas, en ])artie, ainsi que notre excel- 
lent maître M. llisler l'a montré, à l'abandon des campagnes par les 
filles de fermier et par conséquent au manque de vraies fermières. 
Pour se soustraire à cet état d'infériorité, que je décrivais plus haut. 



L'HOMME ET L'AGRICULTURE. 189 

les filles de la campagne désertent les champs, et beaucoup servent de 
domestiques dans les villes. 

D'où lui viennent enfin tant d'autres défauts, tant d'autres vices 
fort répandus dans les classes agricoles, sans compter cette superstition 
ridicule qui se mêle à toutes les pratiques du paysan, et qui le place si 
en dehors du milieu civilisé dans lequel il vit. 

Eh bien, je le demande à tous ceux qui ont, au moins une fois dans 
leur vie, eu l'occasion d'observer les mœurs rurales, l'étude de ces 
questions d'économie agricole n'offre-t-elle pas un intérêt réel et de 
premier ordre ? Et n'est-il pas étonnant qu'on n'en tienne pas plus de 
compte dans l'enseignement supérieur de l'agriculture ? 

A mon humble avis, les personnes chargées de porter renseignement 
agricole dans les campagnes ne doivent pas se borner à exposer les 
meilleures méthodes de culture, à faire connaître les meilleurs engrais, 
les meilleures machines à employer ; il serait aussi utile qu'elles fissent 
une étude plus approfondie de l'organisation de la famille et de la vie 
du paSysan. 

En abordant cette question qui me tenait à cœur, j'ai cherché 
à connaître les ouvrages publiés sur les populations agricoles à ce 
point de vue particulier. Je n'ai trouvé qu'un bon commencement 
d'ouvrage, mais un commencement qui défie déjà tous les autres : 
je veux parler de l'enquête faite par M. Baudrillart au nom de l'Aca- 
cadémie des sciences morales et politiques; j'en parlerai un peu plus 
loin. Ailleurs mes recherches ont été vaines. 

Dans les traités d'agriculture, l'amélioration du bétail, le perfection- 
nement des machines, le progrès des méthodes culturales sont l'objet 
exclusif des préoccupations des auteurs. Jamais un mot sur l'homme; 
on oublie que le succès dépend en grande partie des agents dont on se 
sert pour exploiter le sol. 

Les livres de M. de Lavergne : V Economie rurale de la France et 
ï Agriculture et la Population n'entrent pas dans cet ordre d'idées. L'émi- 
nent économiste a fait dans ses ouvrages l'historique du progrès agri- 
cole ; il en a recherché les causes et étudié la marche à travers les temps 
et dans l'espace ; mais il ne dit pas un mot sur la situation morale et 
économique des populations rurales. F. Gos, 

(La suite ]^rochaiaement). Répétiteur d'agriculture comparée à l'Institut agronomique. 

CAUSES DE L'ËTAT ACTUEL DU COMMERCE 

DES SEMENCES FOURRAGÈRES 

L'étude sommaire que j'ai présentée récemment aux lecteurs ne 
peut laisser aucun doute dans leur esprit sur Tincertitude dans la- 
quelle on se trouve, lorsqu'on achète des semences de plantes fourra- 
gères. Cet état de choses emprunte aux circonstances actuelles un 
caractère de gravité tout à fait exceptionnel. Au moment où l'agri- 
culture en détresse cherche, par l'extension donnée à ses herbages, 
le moyen de résister avantageusement à la concurrence étrangère qui 
l'étreint de plus en plus, ce ne sont pas seulement les profits de 1 agri- 
culteur qui sont en jeu, mais la richesse même du pays. 

La valeur des . prairies temporaires, en effet, sera contestée, et le 
cultivateur s'abstiendra de leur donner la place qu'elles méritent, aussi 
longtemps que des semences d'un titre bien déterminé ne lui per- 
mettront pas de procéder avec méthode ^et sûreté, d'agir à son gre. 



190 ÉTAT ACTUEF. DU COMMERCE DES SEMENCES FOURRAGÈRES. 

avec toute la précision que comporte la grande culture, sur la flore de 
ses herJjages, de laquelle dépendent principalement l'abondance et la 
valeur nutritive des foins récoltés. 

Si je n'ai pas hésité un seul instant à dénoncer, sans ménagements, 
les abus que j'ai observés dans le cours de mes investigations, ou les 
haJ)itudes commerciales qui m'ont semblé constituer une entrave sé- 
rieuse au progrès, los agriculteurs me permettront de leur dire, avec 
une égale franchise, iqu'ils neisont pas bien loin d'être étrangers à la 
situation actuelle. Ce serait une grave injustice, en effet, d'en fairp 
peser toute la responsabilité sur les marchands grainiers- Il existe bon 
nombre de maisons quii, .avec l'ambition très légitime de ne rien né- 
gliger de leurs intérêts, se préoccupent sérieusement de servir ceux de 
leurs clients. A défaut d'observations directes, j'aurai découvert, dans 
leurs catalogues où elles les. dévoilent discrètement, les pratiques désa- 
vouables de leurs concurrents ; les brèves indications qu'on i)eut y re- 
lever, mettent les personnes clairvoyantes sur la piste de celles sur 
lesquelles elles gardent le silence. 

Obligés de compter avec des concurrents peu scrupuleux qui exploi- 
tent l'indifférence des clients, avec l'esprit de fausse économie qui 
porte souvent ces derniers à donner la préférence aux semences les 
moins coûteuses, les négociants consciencieux se trouvent parfois dans 
la regrettable nécessité d'acliéter des semences d'une qualité inférieure, 
au lieu de choisir des produits d'élite qui ne trouveraient pas acheteur 
à cause de leur prix élevé. 

11 faut en outre tenir compte de ce fait que ixlusieurs plantes four- 
ragères précienaes, les graminées vivaces notamment, ne sont pas 
roJ)jet de cultures suffisamment étendues, de sorte qu'elles coûtent 
assez cher quand on les désire de bonne qualité. Depuis quelque temps 
cependant, la production en est devenue j)lus importante, grâce sur- 
tout à l'appoint fourni jjar l'Amérique. J'aurai l'occasion de revenir 
sur ce côté important de la question, lorsque je discuterai les différents 
moyens d'agir effi(;acement sur le commerce des semences. 

Une industrie, quelle qu'en soit la nature, se plie toujours aux 
exigences du consommateur. Les agriculteurs s'étant désintéressés de 
la qualité des semences ou tout au moins ayant négligé de recourir à 
des moyens certains d'en apprécier la valeur exacte, les fournisseurs 
les ont naturellement suivis dans cette voie. 

A différentes reprises, il m'est arrivé de constater des fraudes dans 
des échantillons tirés directement de maisons auxquelles j'avais fait 
connaître mon intention de les soumettre, dans un but d'étude, à une 
analyse rigoureuse. J'ai constaté, par exemple, 63.14 pour 100 de 
ray-grass dans de la fétuque des prés qui vaut environ le triple; 25.6 
pour \ 00 de minette, dans de la luzerne du Poitou qui se vend deux, 
trois fois plus clier. 

Au Concours du Pailais de l'Industrie de 1884, j'ai trouvé, exposée 
sous le nom de fïonve odorante, une mauvaise herbe annuelle, la 
flouv* de Fuel, dont j'ai recueilli un échantillon, en présence d'un 
commissaire du 'concours. 

Encore un exemple en terminant. L'été dernier, un grand propriétaire 
achetait du maïs dent de cheval pour le cultiver comme fourrage vertj 
quoique l'aspect extérieur des semences fût irréprochable, elles ne 
germèrent, m'a-t-on dit qu'à raison de 10 à 20 pour 100. Yérifica- 



ÉTAT AGTOEL I>U GOMMERCE DES SEMENCES FOURRAGÈRES. 191 

tion faite, on constata, un peu trop tard il est vrai pour l'acheteur, que 
ce maïs, primitivement destiné à la fabrication de ces magnifiques 
glucoses qui font aujourd'hui la fortune des liquoristes, avait été, en 
Amérique, séché à Fétuve pour en prévenir l'altération. Inutile, je 
pense, d'apporter d'autres faits. 

II est hors de doute que lefs fournisseurs dont je viens d'e parler 
ont agi avec une entière bonne foi : ils ont vendu leurs semences 
comme ils les avaient reçues, sans s'assurer de leur valeur. Malheu- 
reusement, FerreTiT, qu'elle soit volontaire ou non, n'atteint en défi- 
nitive que fagricuReur. Avec le médecin de Molière, le vendeur peut 
dire : « Les bévues ne sont point pour nous et c'est toujours la faute 
de celui qui aichète. « E. Scdribaux, 

' ' Directeur, de la station d"essaiâ lie semences à l'Institut national agronomique. 

NOOTELLES INVENTIONS AGRICOLES 

ANALYSE SOMAfAIRE DES DERNIERS BREVETS DÉLIVRÉS 

16'2,605. Levalloi<? fils. 7 juin 1884. Tonneaic cCarro sèment et à purin avec 
pompe empirante et foniinte, avec disposition spéciale pour son application 
au chaulage des arbres fruitiers. — Le brevet porte sur un tonneau d'arrosage 
établi en tôle plombe'e, afin de pouvoir résister à l'actron des liquides plus ou 
moins corrosifs qui pourraient y être contenus. Un agitateur mi*i par le balancier 
même de la pompe (qui est portée par le châssis) permet de l'employer pour les 
liquides bourbeux. Le mécanisme est combiné de manière à rendre le démon- 
tage aisé, et le tuyau d'aspiration est recourbé en forme de sipbon, afin de n'as|ii- 
rer que du liquide bien mélangé. 

162,622. TouRRET. 7 juin 1884. Guérison des maladies de l'a vigne et no- 
tamment de celle qui se manifeste par Ia phylloxéra. — Dans le but de don- 
ner à la vigne plus de force pour résister à l'attaque du pbylloxera tout en éloi- 
gnant l'insecte, le brevet propose de la traiter par des extraits concentrés de ma- 
tières végétales tannifères, telles que le chêne, le châtaignier (celui-ci de préfé- 
rence), etc., obtenues par décoction et évaporation. Ces extraits sont dilués et 
versés au pied du cep dans une cuvette que Ton \recouvre ensuite. L'opération se 
fait de préférence au moment de la montée de la sève. 

162,625. Grenier. 7 juin 1884. Pressoir à double levier à action continue. 
— L'appareil de manœuvre de l'écroupeut être actionné successivement par deux 
leviers, un levier dit de vitesse et un levier dit de force. Le premier porte deux 
clavettes biseautées en sens contraire, qui tombent tour à tour à chaque oscilla- 
tion du levier dans les alvéoles pratiquées sur une couronne solidaire de l'écrou, 
de manière à lui imprimer directement im mouvement continu et de même sens. 
Lorsc[u'on veut faire usage du levier de force, on le relie au levier de vitesse au 
moyen d'une biellette que Ton assujettit par une broche et qui est attachée à 
l'autre extrémité à une saillie placée d'un côté de l'axe d'articulation de ce levier 
de force ; de l'autre côté de cet axe se trouve une saillie semblable sur laquelle 
est articulé un cliquet en prise, avec une denture de rocbet pratiquée sur la péri- 
phérie de la couronne. 

En même temps on retire la clavette du levier de vitesse, placée à côté du le- 
vier de force, et on ne laisse que l'autre, qui est située de 1 autre côté de l'axe; 
il en résulte également une transformation du mouvement continu des oscillations 
du levier de force, mais ce levier exerce toujours son effet sur un brasclu levier 
plus grand. Gh. Assi et L. Genès, 

Ingénieurs-Conseils en matière de brevets d'invontion, 
36, boule-vard Voltaire, Paris. 

SOCIÉTÉ NATIONALE D^AGRICULTURE 

Séance du 28 janvier 1885. — Présidence de M. Léon Sag. 
M. Yerlot retire sa candidature à la place de membre titulaire lais- 
sée vacante dans la Section des cultures spéciales par suite du décès de 
M. La va liée. 



192 SOCIÉTÉ NATIONALE D'AGRICULTURE DE FRANCE. 

M. Gsell, vétérinaire à Mondoubleau (Loir-et-Cher), adresse un 

mémoire intitulé : Les exploits de l'empirisme en médecine vétérinaire. 

M. le ministre du commerce envoie un exemplaire de la table des 

brevets d'invention pris en 1883 et du tome 115 de la Collection des 

brevets pris sous le régime de la loi de 1844. 

M. Bicheyre adresse un exemplaire de son Traité théorique et pra- 
tique d'agriculture. 

M. Cornu présente à la Société de la part de M. Foëx, directeur de 
l'école d'agriculture de Montpellier, le Catalogue des Ampéiidées cul- 
tivées à V école nationale d' agriculture de Montpellier en 1884. — Cette 
publication, dit M. Cornu, malgré qu'elle soit uniquement une énu- 
mération, ofYre un très grand intérêt. Elle montre avec quel soin ont 
été étudiés les types et les variétés sauvages ou cultivées de vignes 
étrangères. Cela donne la mesure de l'immense travail auquel a donné 
lieu l'application des espèces américaines à la viticulture française et 
les éléments qui ont servi à constituer les armes actuellement 
employées dans la lutte contre le phylloxéra. Le catalogue des Ampé- 
iidées renferme, outre les genres autres que la vigne proprement dite 
{Ampélopsis, Cissus et Ampelocissus de M. Planchon), tout ce qui a été 
employé dans les cultures : 

1° Les vignes d'Europe sauvages et cultivées ; les curieux types de la collec- 
tion Bouschet ; 

2» Les Vilis Œstivalis, V. Riparia, types sauvages et les nombreuses formes 
si utiles, V. Solonis, Riparia tomenteux, etc.; le Vitis Labrusca; 
3" Les vignes hybrides ou considérées comme telles ; 

4» Les semis obtenus à l'école d'agriculture de Montpellier et ayant 
fructifié ; . . , . 

5« Les vignes diverses d'un intérêt pratique moindre (F. Arizomca, Can- 
dicans, Californica, etc.). 

Cette publication appelle, à juste titre, l'attention sur les cultures 
considérables et les observations très-nombreuses faites à l'école 
d'agriculture de Montpellier. L'école peut à juste titre être appelée : 
« Le rempart de la viticulture nouvelle. » 

M. Raoul Duval entretient ensuite la Société des conséquences que 
produirait, dans une commune rurale, le vote du projet de loi por- 
tant modification du tarif général des douanes, en ce qui concerne les 
céréales. — M. Duval commence par rappeler que beaucoup de per- 
sonnes se figurent que l'établissement d'un droit sur les blés ne produi- 
rait aucune augmentation ou une faible augmentation sur le prix de cette 
(jenrée. — M. Duval rappelle ce qui s'est passé en Allemagne lors de 
l'établissement d'un droit de 10 marcs par tonne, en 1883, sur le 

seigle. 

Le prix de la tonne, qui était, en 1879, à Brème de 134 marcs et 
à Berlin de 132, s'est élevé en 1883, après l'établissement de la taxe, 
à 144 marcs à Berlin, alors qu'il est resté à Brème (ville libre, 
exempte de droits) à 135 marcs. — Le droit augmente donc, dit 
M. Duval, le prix de vente de la denrée qu'il frappe et dans une pro- 
portion plus considérable que sa quotité. 

De plus, la France, si le droit de 3 francs par quintal de blé était 
voté, passerait du 9" rang au 13'' rang parmi les pays de l'Europe, elle 
viendrait immédiatement après la Turquie qui n'a qu'un droit de 
1 fr. 40 par quintal; si le droit de 5 francs était admis, il n'y aurait 
plus que le Portugal qui viendrait après elle. 



SOCIÉTÉ NATIONALE D'AGRICULTURE DE FRANCE. 193 

Ces principes posés, M. Diival examine les conséquences qui résul- 
teraient pour sa commune, celle de Genillé (Indre-et-Loire), de l'appli- 
cation du droit de 8 francs par quintal de blé. 

La population de la commune est de 2,276 habitants ; elle possède 
634 ménages. 314 consomment 3,800 hectolitres de blé, soit environ 
240,000 kilog. de pain; 240 ménages récoltent du blé, mais seule- 
ment pour leur consommation ; 80 vendent 4,950 hectolitres, mais sur 
ce chiffre 8 en vendent 3,050; les 72 autres ménages vendent donc 
1 ,900 hectolitres seulement. La production de la commune est d'en- 
viron 8,900 hectolitres, la consommation de 7,700; il reste donc 
pour l'exportation hors de la commune 1 ,200 hectolitres. 

Le bénéfice qui résulterait pour les ménages qui produisent plus 
qu'ils ne consomment, par suite de l'établissement des droits de douane, 
serait donc de : 

Droit de 3 francs. Droit de 5 francs. 

Pour 8 propriétaires 8,3-20 fr. 00 l'2.200 fr. 00 

Pour le.s 7'2 autres ménages vendant du blé,... 4,560 fr. 00 7,600 fr. 00 

Ou en moyenne par ménage 63 fr, 40 105 fr. 50 

En résumé, dit M, Duval, la commune consomme plus de 
85 pour 100 du blé qu'elle produit. Un droit sur le blé donnerait un 
bénéfice considérable à un propriétaire, un bénéfice sensible à 
7 propriétaires, très minime à 72 autres. Il serait indifférent à 
240 ménages et pèserait lourdement sur 314 ménages de la com- 
mune et environ 1 00 en dehors ; il serait donc onéreux au total à 
414 ménages ouvriers agricoles, 

M. Risler fait remarquer que pour bien examiner les conséquences 
de l'établissement d'un droit d'entrée, il est nécessaire d'isoler ce fac- 
teur et de le considérer seul ; mais les frais de transport influent 
beaucoup. 

M, de Luçay ajoute qu'il importe de connaître le nombre des mé- 
nages qui cuisent leur pain les intermédiaires profitant toujours des 
augmentations. — M. Duval répond que l'habitude s'est introduite de 
supprimer la cuisson à domicile par l'achat au boulanger; la qualité 
du pain obtenu est bien supérieure. 

MM. Gréa et Gareau disent que la question du salaire est plus im- 
portante que le prix du blé, du pain. — M. de Luçay, appuyant ces 
observations, expose que le salaire des ouvriers a varié de 1 franc et 
1 fr. 50 à 3 et 4 francs, et que le prix du pain nécessaire à la consom- 
mation de l'ouvrier agricole (1 kilog. 250) est resté à peu près 
stationnaire et peut être évalué à fr. 35. 

M. Barbie du Bocage ajoute que, d'après les renseignements fournis 
par M. Raoul Duval, les gros propriétaires bénéficieront de l'augmen- 
tation de prix du blé résultant de l'établissement du droit de douane. 
D'après lui, c'est là une conséquence heureuse, car ces propriétaires 
pourront ainsi procurer du travail aux ouvriers ruraux et leur per- 
mettre de mener une vie honnête et laborieuse. 

M. Doniol, au contraire, est frappé des tendances qui se manifestent 
et qui tendent à envisager les avantages qu'il y aurait à créer à cer- 
taines personnes une situation leur permettant de faire travailler les 
autres ; cette doctrine est contraire au travail général de la civilisation 
française. Répondant à M. Gareau qui disait que le pain fabriqué 
dans les ménages était bien supérieur à celui livré par le boulanger, 
M. Doniol rappelle qu'à la ferme, la cuisson du pain occasionne une 



im SOCIÉTÉ NATIONALE B'ASRICULTURE DE FRANGE. 

perte de matièafe première qu on peut évaluer au quart de la farine 
employée, soit par suite de l'addition d'une trop grande quantité 
d'eau, soit encore par suite d'ifine cuisson trop viTe. 

M. Barli>ié du Bocage e^^pose qu'avec' 'le libre-échange actuel les 
grands propriétaires perdètit la moitié de leur avoir,, et que l'agricul- 
tn^e étant le principal débouché de l'industrie, si des droits ne sont 
pas votés pour la défendre contre la concurrence étrangère, il s'en- 
suivra naturellement une crise industrielle plus intense. 

M. Muret insiste sur ce point que le bon marché d'une denrée ne 
résulte que de l'augmentation de la production à l'intérieur; il rap- 
pelle ce qui s'est passé lors de l'interdiction d'entrée des porcs d'Amé- 
i*ique ; tous les agriculteurs, prévoyant une augmentation de cette 
viaîide, se sont mis à engraisser; il y a eu excédent de production et 
le prix a baissé de 20 pour 100. 

M. Hervé Mangon établit que beaucoup de départements consom- 
ment plus de blé qu'ils n'en produisent et. ce sont les départements 
pauvres (Cantal, Lozère, etc.). L'établissement du droit sur le blé aura 
donc pour résulttit de frapper les pauvres. Dans 'le département de la 
Manche, dit M. Mangon, la perte subie par suite de l'établissement du 
droit serait de 600,000 fr. — M. Michel Perret rappelle qu'il y a un>point 
du débat qui n'a pas été examiné ; il est évident que les agriculteurs qui 
produisent ce qu'ils consomment n'auraient pas à souffrir,, cependant 
ils devraient payer un prix plus élevé les objets manufacturés dont ils ont 
besoin ; ceux qui achètent la matière première, et c'est là le plus grand 
nombre, souffriront de l'établissement du droit. M. Perret demande 
donc l'établissement d'un droit minime qu'il appelle droit d'encourage- 
ment; mais ce qui importe surtout, d'après lui, c'est d'obtenir la dimi- 
nution des prix de revient par l'emploi de procédés culturaux plus per- 
fectionnés, plus logiques. — M. Gréa demande également que la section à 
laquelle sera renvoyée l'étude de la question examine aussi les charges 
([ui pèsent sur Fagrieulture et qui sont un des éléments ptrincipaux de 
la question. — Sur la proposition de M. Bouquet de la Grye, la com- 
munication de M. Raoul Duval est renvoyée à l'examen des sections 
de grande culture et d'économie, de statistique et de législation agiù- 
coles. — Dès que le rapport aura été distribué, une nouvelle discus- 
sion s'engagera au sein de la Société. 

M. Josseau ojffre à la Société la 3" édition de son Traité du Crédit 
foncier. 

La Société, sur la proposition de M. le secrétaire perpétuel, décide 
qu'elle se fomiera en Comité secret à l'issue de sa séance du 4 février, 
pour entendre la lecture du rapport sur les titres des candidats à la 
place de membre titulaire vacante dans la Section deseultures spéciales. 

Georges ;Marsais. 

REVUE COMMERCIALE ET PRIX COURANT DES DENRÉES AGRICOLES 

(31 JANVIER 1885). 
I. — Situation générale. 
L'approvisionnement des marchés agricoles a encore été' entravé par la neige 
dans plusieurs régions. Néanmoins les transactions ont été soutenues et l'on peut 
voir une certaine tendance à la hausse sur les céréales. 

II. — Les grains et les farines. 
Les taHeaux suivants résument les cours des céréales, par QUINTAL MÉTRIQUE, 
sur les principaux marchés de la France et de l'étranger : 



REVUE COMMERCIALE ET PRIX GOURANT {31 JANWER 1885). 



195 



NORD-OUEST. 



Ble. Seigle. 

fr. fr. 

Calvados. Caen 20.25 » 

— Condé-sur-Noireau 20.75 16.00 
C.-du-Nord.iL^nmon.., 19.75 » 

— Pontrieux 19.75 14.50 

Finistère. Morlaix 19.50 » 

Ille-et-Vilaine . Rennes. .i8.75 » 

— Fougères 19.80 » 

Manche. Cherbourg 21.50 » 

— Saint-Lô 22. &0 » 

— Valognes 22.80 » 

Mayenne . Mayenne 19 . 4 5 » 

— Evron 20.15 » 

Morbihan. Hennebont.. 18.75 15.00 

— Lorient 19.00 15.00 

Orne. Viniou tiers 20.15 » 

— Bellème 19.25 -> 

Sarthe. Le Mans 20.00 15.25 

— Beaumont 20.50 » 

Prix moyens 20.15 15.15 

2° RÉGION. — NORD. 
15,00 
16.00 
15.50 
13.00 
14.65 
15.35 
16.00 
13.50 
l'3.75 
16.35 
16.40 

14.25 
14.25 
13.40 
15.65 
14.00 
15.75 
14.50 
14.50 
15.00 
15.50 
14.60 
1 4 . 0< ) 
15.00 



Orge. 

fr. 
15.75 
16.15 
15.75 
15.75 
14.75 
16.55 

15.10 
17.00 
15.90 
16.50 
16.50 



18.05 
15.25 
16.60 
15.50 



Avoine. 

fr. 
22 . 00 
21.00 
15.75 
15.75 
lo.OO 
16.25 
15.00 
20 . 1 5 
21.50 
19.90 
4 7.00 

17.00 
16.00 
21.00 
16.00 
20.25 
17.50 

16.07 18.41 



Aisne. Laon 18.00 

— Saint-Quentin 18.00 

— Château-Thierry., 19.00 
Eure. Evreux 19.50 

— Bernay 19.60 

— Gisors 

Enre-el-Loir. Cliartre%. 

— Maiiitcnon 

^- Nogent-Ie-Roi... . 

Nord. Douai 

— Valenciennes .... 

— Lille 



19.60 
20.00 
19.50 
20.00 
20.15 
20.25 
20.80 
Oîse. Beauyais 19.50 

— Clermont 19.30 

— Gompiégne 20.25 

Pas-de-Calais. Arras... 18.50 

— Bapaume 18.00 

Se?'ne. Paris 19.90 

S.-et-Marne. Meaux 20.00 

Damniartin 19.00 

Montereau 20.00 

S. -e^Oise. Versailles 21 25 

— Etanipes 19.40 

— Rambouillet; 18.80 

Seine-Infér. Rouen...... 20.00 

— Fauville 19.15 

— Montivilliers 20.30 

Somtne. Amiens; 19.80 

— Péronne 18.25 

— Doullens 19.50 



15.00 



Prix moyens 19.58 

3" RÉGION. 

Ar donnes. Re'.hel 18.25 

— Charleville ... 19.25 

Aube. Troyes 19.75 

— ■ Méry-3ur-^éine . . . 18.75 

— Bar-sur-Aube , ... 18.50 

Marne. Chàlons..". 19.50 

— Sézanne..., 19.50 

— Reiras 19.25 

Hte-Marne. Chaumont... 19.15 

— Langres 18.50 

Mcurlhe-et^Mos.Kaacy.. 21 .00 

— Toul 20.25 

— Luneville 20.15 

Meuse. Bar-le-Duc 20.50 

— Verdun 19.25 

Haute-Saône. Vesoul.... 19.75 

Gray 20.00 

!. Mirecourt 20.00 



14.00 
14.80 
NORD-EST 

14.40 



18.25 

18.75 

16.25 
17. .30 
17.70 
17.50 
16.50 
16.50 
16.15 
18.25 
18.75 
17.00 
15.65 
14.00 
17.50 
17.30 
18.75 
17.00 
16.50 
17.00 
19,00 
17.50 
16.55 
17.35 
17.00 

16.20 
15.25 
15.40 



15.50 
17.50 
16.00 
15.75 
17.00 
16.50 
16.50 
15.75 
Ifi.OO 
15.00 
17.00 
17.00 
16.25 
15. .30 
20.00 
14.50 
12.75 
17;60 
17.00 
15.50 
16.25 
18.00 
16.00 
14.50 
22 . 00 
16.00 
19.45 
18.00 
13.70 
13.00 



17;03 16.38 



1 5 ,25 
14.35 
14.35 
14.50 
15.25 
14.50 
16.10 
15.00 
14.00 
16.25 
16.50 
i5.75 
16.25 
16.75 
15.75 
15.00 
16.00 

Prix moyens 19.52 15.33 

4° RÉGION. — OUEST. 
Cha/i^ente. Ruffec 19.70 » 

— Barbezieux 20.80 » 

Charente-Inf. .Marans,.. 19.25 » 
Z>eMa;-Sèt)res.Bressuire. . 19.16 

— Partlienay 10.80 

Indre-et-Loire. Tours.. 19.70 

— Bléré 19.45 

— Châteaurenault,, . 18.25 
Loive-lnfér. Nantes... 20.25, 
M.-et-Loire. Saumur... 20. '15 

— Cholet 19.50 

Fende'e. Luçon 19.75 

Vienne. Poitiers 19.80 

Haute-Vienne. Limoges .20.00 

^iiPm moyens.. 



17.00 

19,00 

17.50 
16.00 
17.60 
18.75 
17.50 
1,8.50 

16.25 

19.00 
17.50 
19.50 
19.25 
17 .00 
15 . 55 
18.00 



16.25 

17.00 

15,75 

1 5 . 20 

18,00 

16,60 ' 

17.00 I 

16.50 

14,50 

14.25 

18.50 

16.50 

16.25 

17.10 

16.00 ' 

16.25 

15.50 

16.00 



17.74 16.29 



14.00 
14.65 
12.65 
14.35 
13.35 
15.35 
15.25 



14.65 
,15.00 



16.00 
'16:90 

1> 
15.50 
18.45 
16,. 15 
18.80 
18.60 

» 
16.90 
18.00 
17.30 



17.50 
16,00 
17.00 
■1 7 , 00 
Ift.OO 
17.50 
16.00 
16,00 
17.40 
16.60 
17.00 
17.00 
15.50 
14.80 



fr. 



RÉGION. — CENTRE. 

Blé. Seigle. 

fr. 
19.30 
21.00 
20.00 
21.40 



Orge. Avoine. 



Allier. Gaiinat 

— Saint-Pourcain 
Cher Bourges...". 20.00 ,1.4.50 

— Vierzon 21.40 14. &5 

— Aubiguy-sur-Nère 19.45 16.15 

Creuse. Guéret 20.50 15.00 

Indre. Chàteauroux..... 20.00 15.75 

— Issoudun 20.00 » 

— Valençay 19.45 14.00 

Loiret. Orléans 19.50 15.25 

— Ciiea 19.70 ,14.00 

— Pithiviers 20.25 16.00 

L.-el-Cher. Blois 20.50 14.50 

— Montoire 19.15 13.35 

— Romorautin 20.15 13.05 

Niàvre. Nevers 19.45 » 

— Clamecy. 18.75 » 

Yonne. Sens 19.75 15.00 

— Saint-Florentin.. 19.50 16.75 

— Brienon ......... 19.75 14.50 

Prix moyens. 19. 88 ,14,87' 

6" 'RÉGION. — EST. 

Ain. Bourg 21.75 17.00 

Côte- d'Or. Dijon 20.80 l'5.25 

— Seraur 19,50 » 

Donbs. Besançon 19.75 » 

Isère. Grenoble 22.25 16.50 

— Bourgoin 20.50 15.25 

Jtira. Dole 20.00 15.25 

Loire. Firmiiiy 21.50 17. 7â 

— Montbrîson 20.75 16.50 

P. -de-Dôme. Riom 20.00 15.65 

Rhône. Lyon 21.25 10. OO 

Saônc-et-Loire. Màeon. 22.75 15.50 

— Ghalon 21.25 16.00 

Savoie. Chambéry 22,75 » 

Ille-Savoie. Annecy 21,85 » 

Prix moyens 21. 18 

7" RÉGION. — SU D- 



fr. 
18.75 
18.00 
l.'i.OO 
t0.15 
16.90 

17.00 

14.75 
16.75 
17.50 
J7.70 
18.50 
18.60 
1 5 . 00 
1<;.55 
17.30 
16,00 
10 . 50 
17 . 00 
16.75 



ir. 
18.00 
17.00 
16.00 
15.50 
16.00 
13.50 
16.00 
15.50 
13.50 
17.10 
15.75 
16.50 
17.75 
15.50 
16.50 
17.00 
10.00 
16.50 
16.60 
17.00 



10.88 10.16 



17.75 



16.75 
17,00 



17.50 
18.75 
17.50 
17.00 



REGION. 
Ariège. Foix 24,10 

— Pamiers 22.10 

Dordogne. Périgueux... 20.25 
Ilte-Garonne. Toulouse. 21.50 

— .St^Gaudens 21.40 

Gers. Condora ,. ... 23.10 

— Eauze 24.40 

— Mirande 19.00 

Gironde. Bordeaux 22.70 

— La Réûle 21. 00 

Landes. Dax 24 .35 

Lol-atrGarùnne. Agen. .21.00 

— - Nerac 23.50 

B. -'Pyrénées. Bayonne.. 28.40 
nies- Pyrénées. Tarbes.. 33,50 



16.05 17.46 
OUEST. 

18.65 » 

15.35 a 

17.00 » 
17.00 
16.00 



15.75 



17.35 
19.35 
19.35 
17.35 



17.35 



.17.50 



17.50 
10.60 
1I5.50 
16.90 

le.oo 

17. ,25 
1«.-50 
i9.ô0 
17.25 
18.00 
18.75 
16.65 
17.50 
17.85 
17.25 

'17,47 



17. .25 
18.00 

19.25 
19.00 

» 
20.00 
19.00 
18.25 



19.40 
22.00 



17.75 
.18. 50 
■18.00 



18.30 
18.00 
17,. 80 



19,68 14.36 17.16 16,.52 \ 



Pi'is moyens.. 

8° RÉGION. . — SU.D,. 
Aude. Castelnaudary . . , 23.40 18.00 

Aveyron. Rodez 21 .00 

Vantai. Cantal 23.00 

Correze. Tulle 22.00 

Hérault. Cette. 22 . 50 

— Béziers 21.40 

— Montpellier 21.50 

Lot. Cahors 23.50 

Lozère. Mende. 22,75 

Pyrénées.-Or. Perpignan 24,70 

Tarn. Gaillae 22.70 » 

ï'«ra-ei-Gor, Montauban 22.10 18.80 

Prix moyens 2.2 . 46 18 . 09 

9° RÉGION. — SU D- ES T. 
Basses-Alpes. Manosque. 24.55 
Hautes-Alpes. Briançon. 23.00 
Alpes- Maritimes. Nice. 25.80 
Ardèohe. Privas,.....,, 22.75 
B.-du-Rhône. Arles..., 23 75 
X<pt)/fte. Valence.^.... , .. 21.50 

Gard. Alais. ., 25 . 35 

llaule-Loire. Le Puy... 22.10 
Var. Draguignan. . .,..,, 24,00 
Vaucluse, Avignou...,, 22.00 

Prix moyens 23.48 

Moy. de toute la France. 20.91 
— de la semaine préoéd,. Q0.75 

Sur la semaine ^ hausse. 0.16 
précédente. ., \ baisse.» » 



22.25 :17.48 16.00 19.24 



17.00 

16.30 
10.60 

17.70 
14^60 
15.75 

16.50 
20.00 

,15.75 



19.25 
19.40 
15.10 
16.20 
19.00 
20.75 
20.00 
13.50 
18.50 
24.40 
18.50 
19.00 



16.69 18.63 




f 



196 REVUE COMMERCIALE ET PRIX GOURANT 

Blé, Seigle. Orge. Avoine. 

fr. fr. fr. fr. 

,, , . n„^„ ^ blé tendre.. 18.25 » » » 

Algérie. '^'^^'^ ( blé dur. . . , 1.5.25 » 10.50 d 

Anoleterre. Londres 19. 25 17.10 15.80 21.00 

Belaique. Anvers 18.50 16.00 19.35 18.25 

_ Bruxelles 20.00 IC.OO » » 

_ Liège 19.50 16.00 18.00 16.60 

_ Namur 19.00 15.50 18.00 15.25 

Pays-Bas, Amsterdam 1 8 . 6(J 1 5 . 85 » » 

Luxembourg. Luxembourg 22 10 18 65 15.40 17.00 

Alsace-Lorraine. Strasbourg 24.25 20.00 2.3.00 19.25 

— Mulhouse 21.75 18.00 19.50 16.00 

_ Colmar 23.05 20.00 21.60 19.50 

Allemagne. Berlin 20.75 18.25 » » 

Cologne 21.25 18.75 » » 

_ Hambourg 19.35 15.50 » » 

Suisse. Genève 23.00 17.50 18.50 19.50 

Italie. Milan 22.00 15.60 » 15.50 

Espagne. Barcelone 21.45 » » » 

Autriche. Vienne 23.30 » » » 

Hongrie. Budapest 22.50 14.20 15.50 13.00 

Russie. Saint-Pétersbourg... 22.90 17.40 » 14.00 

Etats-Unis. New-York 1 7 . 50 » » » 

Blés. — Le mouvement de hausse qui s'est manifesté depuis huit jours sur les 
marchés du rayon de Paris a eu son contre-coup à la halle aux ^îlés, et les cours 
ont gagné fr. 25 sur ceux de la semaine dernière. Les affaires n'ont pas été 

Eour cela très actives, par cette raison que la meunerie résiste, et que les bons 
lés de la ligne de Montereau trouvent un écoulement avantageux sur la Bour- 
ogne; mais la situation est très ferme On cotait à la halle, le 28 janvier, les 
ons blés de mouture du rayon 19 fr. 75 à 21 fr. 50 les 100 kilog. — Pour 
les blés à livrer, la situation n'a pas changé ; on constate au contraire de la 
lourdeur dans les cours. Voici la cote : disponible, 21 fr. à 21 fr. 25; février, 

21 fr. à 21 fr. 25; mars-avril, 21 fr. 50; quatre mois de mars, 21 fr. 75. à 

22 fr. — Les blés exotiques ne donnent qu'à de faibles transactions et restent 
bien tenus au Havre, aux cours suivants : roux d'hiver d'Amérique, 21 fr. 50; 
Californie, 21 fr. à 21 fr. 25; Australie, 22 fr. à 22 fr. 25; Bombay blancs, 
20 fr. 75 à 21 fr.; Bombay roux, 19 fr. 50 à 19 fr. 75; le tout par 100 kilog. 
sur wagon. — A Marseille, les prix sont restés fermes, mais sans activité 
dans les affaires. Voici les prix du disponible : Red-Winter, 23 fr. ; Berdianska, 

23 fr. ; Marianopoli, 22 fr. ; Irka, 20 fr. à 20 fr. 50 ; Azima Azoff", 18 fr. 50 à 
20 fr. ; Azima Cfrimée, 21 fr. 25.: Danube, 18 à 19 fr.; Burgos, 17 fr. 50 à 
18 fr. 50; Azoff durs, 19 fr. 50 à 20 fr. 50. Les arrivages de la semaine se 
sont élevés à 122,000 quintaux environ. — A Londres, les affaires sont très, dif- 
ficiles; les importations de blés pendant la semaine ont eu une importance consi- 
dérable, et les offres entraînent de nouvelles concessions. On a payé des blés de 
Californie 19 fr. 75; les prix demandés varient de 17 fr. 50 à 22 fr. pour tous les 
blés exotiques, mais les acheteurs montrent une réserve excessive. Sur les mar- 
chés de Fintérieur de l'Angleterre, la tendance est très calme et les prix se 
soutiennent difficilement. 

Farines. — Il y eu au commencement de la semaine une légère fluctuation en 
hausse ; mais depuis les affaires sont restées très calmes. A la halle du 28 janvier 
on cotait : marque de Gorbeil, 48 fr.; marques de choix, 48 à 50 fr.; premières 
marques, 46 à 48 fr.; bonnes marques, 44 à 45 fr.; marques ordinaires, 43 à 
44 fr.; le tout par sac de 159 kilog., toile à rendre, ou 157 kilog. nets, ce qui 
correspond aux prix extrêmes de 27 fr. 39 à 31 fr. 85 les 100 kilog. ou 
29 fr. 55 en moyenne. — Pour des farines de spéculation, la tendance est lourde 
et plutôt à la baisse; voici la cote du 28 janvier au soir : farines neuf marques, 
janvier et février, 46 fr. ; mars-avril, 46 fr. 25 à 46fr. 50; q_uatre mois de 
mars, 46 fr. 50 à 46 fr. 75; le tout par sac de 159 kilog. toile perdue, ou 
157 kilog. nets. — Les farines deuxièmes valent 21 à 22 fr. et les gruaux, 
de 36 à 38 fr. les lOOkilog.ren baisse de 1 fr, sur la semaine dernière. 

Seigles. — Les prix sont toujours bien tenus, de 15 fr. 50 à 16 fr. 25 les 
100 kilog. avec offres restreintes. La farine de seigle reste au prix de 22 à 
23 fr. 50 les 100 kilog. 

Orges. — Les orges sont recherchées et peu offertes, les cultivateurs conser- 
vant leur stock pour les ensemencements, qui auront beaucoup d'importance eu 
raison des ravages occasionnés aux blés d'hiver par les mulots ; on doit donc s'at- 



DES DENRÉES AGRICOLES (31 JANVIER 1885). 197 

tendre à, un maintien régulier des cours. Aujourd'hui, l'on cote à la halle de 

17 fr.75 à 20 fr. les 100 kilog., suivant qualité et provenance. — Les belles 
qualités d'escourgeons sont toujours rares, et les prix restent fermement tenus de 

18 fr. 25 à là fr. les 100 kilog. nets, en gare d'arrivée à Paris. 

Malts. — Les affaires sont calmes, le temps n'ayant pas été favorable à la ger- 
mination pendant la huitaine ; les malts de grains exotiques sont très offerts. On 
pave à Paris les malts d'orge de 23 à 31 fr. les 100 kilog.; ceux d'escourgeon, 
29 "fr. 

Avoines. — Prix fermement tenus, avec vente assez facile, surtout pour les 
belles qualités. On cote à la halle les avoines indigènes de 16 fr. 25 à 20 fr. les 
100 kilog. disponibles. En avoines exotiques les offres sont pour ainsi dire 
nulles, et les cours restent de 17 fr. 50 à 17 fr. 75 pour les provenances de Suède 
et 17 fr. à 17 fr. 25 pour les avoines du Liban. 

Maïs. — On constate de la baisse depuis huit jours : on paye aujourd'hui 

13 fr. 75 à 14 fr. les 100 kilog. sur wagon au Havre ou à Rouen, les maïs du 
Danube et de la mer Noire, les prix sont de 12 fr. 90 à 14 fr. suivant prove- 
nances et époques. 

Sarrasins. — On offre des sarrasins de Limoge à 15 75 et 16 fr. les 
100 kilog., à Paris; ceux de Sologne valent de 15 fr. 25 à 15 fr. 50; ceux de 
Bretagne sont toujours tenus à des prix très élevés. 

Issues. — La vente est plus lente qu'il y a huit jours. On cote par 100 kilog. : 
gros son seul, 14 fr. 25 à 14 fr. 50; sons gros et moyens, 13 fr. 50 à 14 fr.; 
sons trois cases, 13 fr. à 13 fr. 25; sons lins, 12 fr. 12 fr. à 12 fr. 50; recou- 
pettes, 12 fr. à 12 fr. 50; remoulages blancs, 15 fr. 50 à 16 fr.; remoulages bis, 

14 fr. à 15 h: 

III. — Fourrages et graines fourragères. 

Fourrages. — Les marchés de Paris ont été mieux approvisionnés, malgré la 
difficulté des apports. La|tendance des cours est bonne et la vente assez régulière. On 
cote : foin, 48 à 60 fr. ; luzerne, 48 à 59 fr.; paille de blé, 27 à 35 fr.; paille de 
seigle, 30 à 36 fr. ; paille d'avoine, 25 à 29 fr. Le tout par 104 bottes de 5 kilog. 
au domicile de l'acheteur et droits d'octroi compris. — Sur wagon, la tendance 
est également ferme aux prix suivants : foin, 43 à 45 fr., les 104 bottes; luzerne, 
35 à 44 fr.; paille de blé, 22 à 24 fr.; paille de seigle, 28 à 37 fr.; paille d'avoine, 
20 à 23 fr. — A Nancy, le foin vaut de 35 à 44 fr. en gare, la paille, de 24 à 
26 fr. — A Blois. on paye le foin de 9 fr. 20 à 100 fr. les 100 kilog. ; la paille, 
de 6 fi. à 6 fr. 20. — A Lyon, on cote : foin de Bourgogne, 11 fr. 50 à 12 fr.; 
foin de pays, 9 fr. à 10 fr. tO; paille, 6 fr. 75 à 7 fr. 25. 

Graines fourragères. — Les graines de trèfle violet nouvelles commencent à 
paraître sur les marchés du Sud-Est ; on a vendu à Bourg de 100 à 105 fr. les 
100 kilog.; à Lyon, elles obtiennent de 100 à 110 fr. Les graines de luzerne de 
Provence sont déplus en plus rares: les prix varient à Arles entre 136 et 150 fr. 
pour les belles sortes et de 130 à 140 fr. pour les qualités médiocres qui sont peu 
demandées. — Voici les cours du marché de Lyon : trèfle de France, 105 à 
115 fr. les 100 kilog.: trèfle d'Amérique, 112 à 115 fr.; luzerne, 115 cà 145 fr.: 
vesce, 22 à 24 fr.; sainfoin, 35 à 39 fr. — A Paris, on cote par 100 kilog. : 
trèfle violet, 100 à 115 fr.; trèfle blanc, 160 à 190 fr. ; trèfle hybride, 160 à 
180 fr. ; luzerne de Provence, 140 à 150 fr. ; de pays, 110 à 115 fr.; d'Italie, 
120 fr. ; de Poitou, 75 à 85 fr. ; minette, 35 à 40 fr. ; ray-grass anglais, 35 à 
40 fr. ; d'Italie, 37 à 42 fr.; sainfoin à une coupe, 34 à 36 fr.; à deux coupes, 
40 fr.; vesces de printemps, 22 à 24 fr.; pois jarras, 17 à 18 fr. 

IV. — Fruits et légumes frais. 

Fruits frais. On cote à la halle de Paris : poires, 10 à 75 fr. le cent; fr. 25 
à fr. 60 le kilog.; pommes, 10 à 80 fr. le cent; fr. 22 à fr. 70 le kilog. 

Légumes. — Carottes, 50 à 50 fr, les 100 bottes; carottes d'hiver, 5 à 10 fr. 
l'hectolitre; choux, 20 à 26 fr. le cent ; navets, 30 à 35 fr. les 100 bottes; navets 
de Freneuse, 5 à6 fr. l'hectolitre; oignons en grains, 17 à 20 fr. l'hectolitre; 
panais, 10 à 12 fr. les 100 bottes ; poireaux communs, 5 à 6 fr.; betteraves, 

fr. 30 à 1 fr. 40 la manne; ail, 1 fr. à 1 fr. 25 le paquet de 25 bottes; cardon, 

1 fr. 25 à 1 fr. 75 la botte ; champignons, Ofr. 70 à 1 fr. 40 le kilog.; choux-fleurS' 
de Bretagne, 10 à 30 fr. le cent; choux de Bruxelles, fr. 20 à fr. 25 le litre; 
oseille, 10 à 12 fr. le paquet; persil, fr. 30 à fr. 40; la botte; potirons, fr. 75 
à 4 fr. la pièce; radis noirs, 6 à 15 fr. le cent; salsifis, fr. 40 à fr. 50. 



198 REVUE COMMERCIALE ET PRIX COURANT 

V. — Vins. — Spiritueux. — Vinaigres. — Cidres. 
Vins. — Le mouvement de reprise que nous signalions il y a huit jours tend 
à s'accentuer. Dans l'Hérault, les bons vins sont recherchés et les prix conservent 
leur fermeté; on signale un certain nombre de transactions à Narbonne, Béziers 
et Cette, dans les prix de 17 fr. l'hectolitre pour les vins de plaine. A Lézignan 
(Aude) les Aramons sont cotés à l'hectolitre 15 à 18 fr.; les petits Montagnes 
20 à 22 fr.; les Montagnes et Lézignan ordinaires, 25 à 28 fr.; les Narbonne 
premier choix 30 à 32 fr.; les Gorbières, 34 à 35 fr. — A Pezenas, les Narbonne 
valent 28 à 32 fr.; les Montagnes, 23 cà 27 fr.i les Aramons, 19 à 22 fr.; les vins 
légers, 15 à l'8 fr., les Roussillon, 33 à 38 fr. — Dans le Beaujolais, les affaires 
sont plus calmes. — Les vins du Nastais sont plus recherchés; les gros plants se 
tiennent à 35 fr. au vignoble; les muscadets valent 70 à 75 fr. la barrique sur 
la Sèvre, et 55 à 60 fr. dans les \ ignobles de la Vendée. — Dans le Bordelais, 
quelques petites' affaires en vins nouveaux ont été traitées cette semaine aux prix 
de 600 à 650 fr. le tonneau à Blaze et de 400 à 450 fr. à Libourne. — A Moissac, 
le vin viei:x se paye 420 à 520 fr. le tonneau et le nouveau 620 fr. — Les vins 
étrangers sont abondants sur la place de Cette, et ils ont été offerts à des prix 
raisonnables qui ont permis d'assez importantes transactions. Voici les cours de 
la semaine: Alicante vieux, 34 à41 fr. l'hectolitre suivant qualité; ALicante nou- 
veau, 39 fr. 50 à 40 fr. ; Valence vieux, 22 à 25 fr. ; Valence nouveau, 35 cà 36 fr.; 
Requena, 31 à 34 fr.; Vinaroz, 34 à 35 fr.; Catalogne, 26 à 28 fr.; vins non 
plâtrés : Catalogne, 30 à 32 fr. Vendrell nouveau. 34 à 35 fr.; Puorato, 36 à 38 fr. ; 
Naples, 22 à 28 fr.; Mayorque, 18 à 21 fr. 50 ; Milazzo, 53 à 54 fr.; Barletta, 
45 à 46 fr. 

Raisins secs pour boisson. — Les affaires sont assez calmes, mais les cours 
se maintiennent. On cote à Marseille, par 100 kilog. de 29 à 35 fr. suivant pro- 
venance. A Cette, oa a reçu des demandes assez importantes pour l'Espagne aux 
prix de 31 à 37 fr. La distillerie fait peu d'achats, en attendant la baisse. 

Spiritueux.. — Les alcools ont eu vm léger mouvement de baisse sur la place 
de Paris depuis la semaine dernière. Au marché du 27 janvier, on cotait les trois- 
six fins du Nord 90 degrés : disponible, 45 fr. à 45 fr. ^5 l'hectolitre ; livrable 
février, 45 fr. 50 ; mars-avril, 45 fr. 75 à 46 fr. ; cjuatre mois de mai, 46 fr. 50 
à 47 fr. ; aujourd'hui les cours sont mieux tenus. — A Lille, le marché est plus 
ferme ; l'alcool de mélasse disponible vaut 44 fr. 50 en hausse de fr. 50. — 
Sur la placede Bordeaux, les trois-six lins du Nord sont bien tenus à 51 fr. l'hec- 
tolitre disponible et 52 fr. livrable ; les trois-six neutres, type allemand, valent 
60 à 72 fr. et les premières marques de Berlin, 80 fr. — Dans le Languedoc, les 
Irois-six bon goût se payent 101 fr. à Pézenas, 106 fr à Montpellier; les eaux- 
de-vie de marc sont cotées de 93 à 95 fr. selon les places. — A La Rochelle les 
eaux-de-vie nouvelles se vendent 200 fr. l'hectolitre nu disponible. 

Matières de tartre. — La crème de tartre se paye 290 fr. les 100 kilog. à 
Bordeaux; les cristauv italiens sont offerts en grande quantité au prix de 238 à 
240 fr. les 100 kilog. pour marchandise titrant 90 degrés; les lies se placent à 
2 fr.^ 15 et 2 fr. 20 le degré pour marchandise titrant 25 à 30 degrés. 

Cidres. — A Nantes, les cidres supérieurs se vendent de 30 à 32 fr. 50. la 
barrique, et les qualités courantes, de 20 à 25 fr. — En pommes cà cidre on 
signale une dernière vente à Caudebec au prix de 4 fr. 50 à 5 fr. 20 l'hecto- 
litre. 

VI. — Sucres. — Mêlasses. — Fécules. — Houblons. 

Sucres. — Bonne demande sur la place de Paris, et cours bien tenus en hausse. 
On cotait le 27 janvier : sucres bruts, 88 degrés, 34 fr. 50 les 100 kilog.; sucres 
blancs, 99 degrés, 39 fr. 50 à 39 fr. 75; blancs n° 3, disponibles 41 fr. 75; 
li^Tables février, 41 fr. 75; mars-avril, 42 à 42 fr. 25; autres mois, 42 fr, 50 à 
43 fr. 50. — Les raffinés se payent 96 à 97 fr. pour la consommation, et 
41 Jr. 25 à 44 fr. pour l'exportation. — Le stock cie l'entrepôt réel, à Paris, 
était, le 26 janvier, de 1,259,941 quintaux. — Dans le Nord, la tendance est 
également à la hausse; à Lille, les sucres roux se placent à 33 fr. et 33 fr. 25 et 
les blancs à 39 fr. ; les raffinés valent 100 fr. 50; — A Valenciennes, les roux 
88 degré sont gagné 50 centimes et se vendent 33 fr. 25 les 100 kilog. 

Mélasses. — On paye toujours 18 fr. les mélasses de raffinerie, à Paris. A 
Valenciennes, celles de fabrique sont en hausse de 50 centimes, et se vendent 
de 10 fr. à 10 fr. 50 les 100 kilog. 

Fécules. — La fécule première est toujours cotée 25 fr. 50 les 100 kilog. à 



DES DENRÉES AGRICOLES (31 JANVIER 1885). 199 

Compiè^ue; à Paris, il y a un peu de hausse sur les Mies qualités; on paye de 
26 fr. 50 à 27 fi'. les 100 kilog. 

Houblons. — On signale quelques demandes à Dijon dans le courant de la 
semaine, au prix de 70 fr. à 75 fr.les 50 kilog. Dans le Nord, les marchés sont 
calmes ; on cote les Alost disponibles de 62 à 64 fr.; les Poperinghe-VUle, 70 à 72 fr. 
VII. — Tourteaux. — Noirs. — Engrais. 

Tourteaux. — Les demandes de tourteaux, à Arras, sont moins actives que la 
semaine dernière; on cote : œillette et colza 16 fr. 50; cameline,15 fr. 50; graines 
étrangères : pavot, 12 fr. 50; lin, 22 fr. —A Nancy, les tourteaux de colza valent 
18 fr. les 100 kilog.; ceux de coton, 14 fr. 70. — sur la place de Marseille, les 
cours sont les suivants : tourteaux de lin, 18 fr. 50; arachide en coque, 9 fr. 50; 
sésame du Levant, 13 fr.; cocotier, 11 fr. 25 ; colza du Danubell fr. 50; œillette, 
exotique, 9 fr. 50; coton d'Egypte, 12 fr.; palmiste, 10 75. 

VIII. — Suifs et saindoux. 

Suifs. — Le suif frais de la boucherie de Paris est demandé; les dé- 
tenteurs maintiennent les prix de 78 fr. 50 à 79 fr. les 100 kilog. — Le suif de 
mouton vaut 90 fr. et le suif d'o-s pur, 70 à 72 fr.. 

Saindoux. — Baisse de 50 centimes au ,Havre, sur le saindoux disponible 
qui est coté 48 fr. les 50 kilog. 

IX. — Beurres. — Œufs. — Fromages. 

Beivrres. — H a ^té vendu à la halle, du 19 au 25 janvier, 202,114 kilog. 
de beurre aux prix de : en demi-kilog. 1 fr. 70 à 3 fr. 36 ; petil«-beurres, ,1 fr. 60 
à 2 fr. 80: (journay, 1 fr. 60 à 4 fr. 42; Isigny. 2 fr. 02 à 7 fr. 64. 

■Œufs. — Les ventes de la semaine ont été de 3,671,926 œufs, aux prix par 
mille de : choix, 108 à 146 fr.; ordinaires, 90 à 114 fr. ; petits, 66 à 68 fr. 

Fromages. — On cote à la halle, par douzaine: Brie, 5 à 87 fr.; Montlhéry, 
15 fr. —par cent: Livarot, 35 à 75 fr.; Mont-d'Or, 6 à 20 fr.; divers, 11 à 
65 fr.; — par 100 kilog. : Grruyère, 90 à 180 fr. 

X. — Chevaux. — Bétail. — Viande. 

Bétail. — Le tableau suivant résume le mouvement officiel du marché aux 
bestiaux de la Villette du jeudi 2,2 au mardi 27 janvier. 

Poids Prix du kilog. de viande nette sur 
moyen pied au mareiié du •:>() janvier 1885 

Pour l^our En 4 quartiers. 1" 2° 3' Prix 

Amenés. Paris. l'extérieur, totalité. kil. quai. quai. quai, moyen- 

Bœufs 4.951 2:201 1,284 4,486 346 1.64 1.50 1.20 J.42 

Vacties 1,184 508 471 979 229 1.54 1.40 1.16 1.34 

Taureaux 277 219 34 253 389 1.42 1.32 1.16 1.29 

Veau.v 2„vS49 il,.77.4 662 5,436 78 2..16 2.00 1.76 1.95 

Moutons 37,220 26,547 4,220 30,767 20 1.84 1.68 -1.48 1.67 

Porcs gras 6,505 2,822 3, .339 6,161 81 1.30 1.26 1.18 1.24 

Le^ arrivages de la semaine se décomposent ainsi : 

Bœufs. — Ain. 40: Aisne, 2 ; Allier, 4^2; Beilfort, 11 ; Calvados, 20; Cliarente, 270 ; Cher, 98 : 
Côte-crOr, 32; Cùtes-du-Nord. II; Creuse, 136; Deux-Sèvres, 152 ; Dordogne, 284: Eure-et-Loir. 
8; Finistère, 18; Indre, 4; Loire, 16; Loire-Inférieure, 176; Lot, 46; Maine-et-Loire, 1,375; 
Mayenne, 75: Morbihan, 112; Nièvre, 81 ; Oise, 6; Orne. 10; Puy-de-Dùme, 63; Rhône, 41; 
Saône-el-Loire, 39; Satthe, 14; Vendée, 704; Vienne. 180: Haute-Vienne, 116; Yonne, 16. 

Vaches. — Allier, 121; Aube, 8; Bellbrt, 16: Charente, 57; Cher, 58; Côte-d'Or, 20 ; Creuse, 
103; Dordogne, 54; Eure, 5 ; Eure-et-Loir, 30; Indre, 4 : Loire-Inférieure, 34; Loiret. 6; Maine- 
et-Loir, 32; Marne, 15 ; Nièvre, 64; Oise, 11; Puy-de-Dônie, 103; Saône-eU-Loire, 13; Sarthe, 
9; Seine, 148; Seine-Inférieure, 6; Seine-et-Marne, 36 ; Seine-et-Oise, 44 ; Vendée, 33; Vienne, 8; 
Haute-Vienne, 178 ; Vosges, 11 ; Yonne, 14. 

Taureaux. — Aisne,!); Allier, 17; Ardennes, 12: Aube, 6: Calvados, 2; Charente, 1; Cher, 
12; Côte-d'Or, 7; Cùtes-du-Nord, 7; Deux-Sèvres, 3; Eure, 4 ; Eure-et-Loir, 19; Finistère, 5: 
Ille-et-Vilaine, 17; Indre, 3- Indre-et-Loir, 3; Loire-lnférjeure, 15; Loiret, 6 ; Maine-et-Loire, 23 : 
Marne, 16; Mayenne, 8: Nièvre, 14: Oise, 4; Haute-Saône, 5; Sarthe, 9; Seine-Inférieure 1; 
Seine-et-Marne, 24 ; Seinc-et-Oise, 14 ; Vendée, 20 ; Haute-Vienne, 3 ; Yonne, 9. 

Veaux. — Allier, 25: Aube 382; Calvados. 8 : 2; Eure, 212 ; Eure-et-Loir. 344; Haute-Garonne. 
3; Loiret, 243; Marne, 52; Oise, 38; Puy-de-Dôme, 179; -Sarthe, 48; Seine-Inférieure, 87; Seine- 
et-Marne, 289; Seine-et-Oise, 47; Haute-Vienne, 47; Yonne, 105: Suisse, 40. 

Moutons. — Aisne, 3,096; Allier, 3.691; Aube, 573: Avevron, 146; Cantal, 150; Cher, 247; 
Côfe-<i'Or, 719; Creuse, 222; Eure, 631'; Eure-et-Loii-, 285; Loiret, 368; Lot, 559; Lot-et-Garonne. 
21; Marne, 312; Haute-Marne, 120; Meuse, 164; Nièvre, 510; Oise, 1,005 ; Puv-de-Dôme, 383 ; 
Seine-et-Marne, 3.322; Seine-et-Oise, 3,171; Somme, 1.070; Vienne., 425': Haute-Vienne, 18.2; 
Yonne, 425; Allemagne, 8.810; Hongrie, 6,848; Italie. 1-26; Prusse, 706; Russie, 180. 

Porcs. — Allier, 389; Calvados, 92; Charente, 133; Cher, 500; Corrèze, 101; Creuse, 561;.DeuK- 
Sèvres, 286; Dordogne. 72 ; Ille-et-Vilaine. 306: Indre, 1,005; Loire-Inférieure, l'i*; Loire-et- 
Cher, 71; Lot, 257"; Maine-et-Loire, 495; Manche, 10; Mayenne, 85 ; Nièvre, 30 ; Puy-d«.Dôme, 
159; Sarthe, 761; Seine, 109; Seine-Inférieure, 36: Vendée, 316; Vienne. 171; Haute- 
Vienne, 311. 



200 BEVUE COMMERCIALE ET PRIX COURANT (31 JANVIER 1885). 

Les arrivages des veaux et surtout ceux des moutons ont e'té moins considé- 
rables que la semaine dernière. Le prix du veau a haussé de 10 centimes par 
kilog., celui des autres viandes n'a pas changé. — Sur les marchés des dépar- 
tements, on cote : Nancy bœuf, 80 à 85 fr. les 100 kilog. bruts; vache, 60 à 
80 fr.; veau, 55 à 60 fr.; mouton, 100 à 102 fr.; porc, 70 à 72 fr. — Amiens, 
vache 1 fr. 40 à 1 fr. 60 le kilog; veau 1 fr. 40 à 1 fr. 80; porc, 1 fr. 10 à 1 fr. 20. 

— Rouen, bœuf, 1 fr. 50 à 1 fr. 80: vache, 1 fr. 50 à 1 fr. 75; veau 1 fr. 60 
à 2 fr. mouton, 1 fr. 75 à 2 fr. 05.; porc 1 fr. 05 à 1 fr. 20. — Le Havre, 
bœuf, 1 fr. 60 à 1 fr. 80; vache, 1 fr. 50 à 1 fr. 70; veau 1 fr. 95 à 2 fr. 35; 
mouton, 1 fr. 85 à 2 10; porc, 1 fr. 30 à 1 fr. 50 — Evreux, bœuf, 2 fr. 10; 
veau, 2 fr. 30; mouton, 2 fr. 30; porc, 1 fr. 70. — Louviers, bœuf, 1 fr. 40 
à 2 fr.; veau, 2 fr. à 2 fr. 20; mouton, 2 fr. à 2 fr. 20; porc 1 fr. 60 à 1 fr. 80. 

— Chdlons, bœuf, 1 fr. 40 à 2 fr.; veau 1 fr. 80 à 2 fr. 40 ; mouton, 1 fr. 40 à 
2 fr. 60 ; porc 1 fr. 50 à 2 fr. 20 — PifJiiviers, veau, 2 fr. 20 à 2 fr. 40 ; mou- 
ton, 1 fr. 90 à 2 fr,; porc, fr. 90 à fr. 95. — Cholet, bœuf, 1 fr. 50; veau, 
1 fr. 80; mouton, 2 fr. ; porc, 1 fr. 40. — Barbezieux, bœuf 1 fr. 60 à 1 fr. 80; 
veau, 1 fr. 80 à 2 fr.; mouton, 1 fr. 40 à 1 fr. 60; porc, 1 fr. 40 à 1 fr. 60. 

— Le Puy, bœuf, 1 fr. 80; vache, 1 fr. 60; veau, 1 fr. 70; mouton, 1 fr. 70; 
porc 1 fr. 70. — Privas, bœuf, 1 fr. 59; vache, 1 fr. 44; veau, 1 fr. 69; mou- 
ton, 1 fr. 74; porc, 1 fr. 37. — Perpignan, bœuf, 1 fr. 70; vache,- 1 fr. 60; 
veau et mouton, 1 fr. 70; porc, 1 fr. 25. — Pamiers, bœuf, 1 fr. 50; vache, 
1 fr. 30; veau, 1 fr. 60; mouton, 1 fr. 80; brebis, 1 fr. 50; porc, 1 fr. 40. 

A Londres, les importations du bétail étranger ont été pendant la semaine de 
1,170 bo'ufs, 4,002 moutons et 285 veaux, dont 640 ba'ufs de New-York. — 
Prix par kilog. bo'uf, 1 fr. 38 à 1 fr. 89; mouton, 1 fr. 49 à 1 fr. 98; veau 1 fr, 52 
à 2 fr. 06; mouton, 1 fr. 15 à 1 fr. 37. 

Viande à la criée. — Il a été vendu à la halle de Paris, du 19 au 25 janvier : 

Prix du kilog. le 26 janvier 1885. 

liilog. 1" quai. 2" quai. 3" quai. Choix. Basse bouciierie. 

BcL-uf ou vache.. 185,701 1.50 à 1.94 1.34 à 1.54 0.96 à 1.32 1.36 à 2.46 0.20 à 1.26 

Veau 172,288 1.78 2.16 1.56 1.76 1.16 1.54 » » » » 

Moutons 78,993 1.40 1.68 1,18 1.38 0.88 1.16 1.56 2.66 » » 

Porc 72,179 Porc frais 1.06 à 1.28; salé, 140 

.W9,16i Soit par jour.. 72,737 kilog. 

Les ventes ont été de la même importance que celles de la semaine dernière. 
Le prix du bœuf a haussé; celui du mouton et du veau a baissé, celui du porc 
est stationnaire. 

XI. — Résumé. 
En résumé, les cours des denrées agricoles n'ont pas subi de grandes varia- 
lions; la tendance générale est à la fermeté. A. Remy. 



MARCHÉS DE LA VILLETTE DU 29 JANVIER 

I. — Cow^s de la viande à l'abattoir {par 50 kilog). 

Cours de la charcuterie. — On vend à la Villette par 50 kilog. : !■■« qualité, 
62 à 65 fr. ; 2% 55 à 60 fr. Poids vif, 42 à 45 fr. 

Daufs. Veaux. ^^___^ M outons - 

1" ^ '"2° ^ 3^~~" "T^ ^*- ^r""^ 3^~~~ 1" 2" 3» 

quai. quai. quai, quai. quai. quai. «jual. quai. quai. 

fr. fr. fr. fr. fr. fr. fr. fr. fr. 

77 68 58 110 100 92 80 73 64 

II. — Marchés du bétail sur pied. 

Cours des commissionnaires 
Poids Cours officiel^ en b esti aux. ^ 

Animaux général. r" 2° 3° Prix 1" 'i' 3" Prix 

amenés. Invendus. kil. quai. quai. quai, extrêmes. quai. quai. quai. extrêmes 

BœOfs 2.287 306 250 1.60 1. '18 1.20 1.16 1.6't 1.60 l.'i5 1.20 1.12àl.6 

Vaches 513 126 234 1.52 1.38 1.12 1.08 1.56 La» 1-35 1.10 1.00 1.5 

Taureaux.... 147 21 392 1.40 1.30 1.14 I.IO 1.44 1.38 1.28 I.IO 1.05 1.4 

Veaux 1.195 271 82 2.16 2.00 1.76 1.50 2.30 » » » » 

Moutons 15.214 999 20 1.84 1.60 1.48 1.44 1.90 » » » » 

Porcs gras... 4.621 203 80 1.24 1.18 1.14 1.10 1.32 » » » » 

— maigres... » »»»»»»» »»» 

Vente moyenne sur les moutons, mauvaise sur les autres espèces. 

Le Gérant : A. Bouché. 



CHRONIQUE AGRICOLE (7 février i885). 

Ouveilme de la discussion sur la réfurine des tarifs de douane à la Chambre des députés. — 
Nomination de M. Tisserand comme commissaire du gouvernement. — Publication du Diclion- 
naire d agriculture. — Ci ndilions et organisation de celte publication. — Etude de M. Risler 
sur la crise agricole en France et en Angleterre. — Elude de M. Grandeau sur le présent et 
l'avenir de la production agricole en France. — Donnée statistique sur la question du blé par 
M. Che^sson. — Etude géologique sur les terres à blé en France et en Angleterre par M. Ronna. 
— Vœux de la Société d'agriculture du Gard relatifs à la crise agricole. — Nécrologie. — Mort 
de M. Pissol. — Concours pour la chaire d'agriculture *à l'école nationale de Grignon. — 
Réunion des professeurs départementaux d'agriculture. — Commission supérieure du ph\l- 
loxera. — Préparation du concours régional de Montpellier. — Etude pour la reconstitution des 
vignes du Midi. - Lettre de M. Desprez relativement à des expériences pour la culture des bet- 
teraves à sucre. — Ouverture d'un marché des vaches laitières à la Villefte. — Concours pour 
un emploi d'inspecteur de la boucherie à Paris. — Arboriculture. — Catalogue de graines 
d'arbres de Vilmorin-Andrieux. — Catalogue de MM. Jacquemet-Bonnefont. — Le dégel et les 
travaux agricoles. 

I. — La réforme des tarifs de douane. 

C'en est fait, la grande discusssion sur la réforme des tarifs dédouane 
est enfin ouverte devant la Chambre des députés. La joute sera vive, 
car plus de 40 orateurs se sont fait inscrire pour y prendre la parole ; 
mais la solution viendra cette fois, car il n'y aura à la Chambre qu'une 
seule délibération, l'urgence ayant été déclarée, à la demande du 
ministre de l'agriculture, sur les deux projets relatifs aux: céréales et 
au bétail. Lorsque la Chambre aura achevé son travail, la parole sera 
donnée au Sénat, et nous espérons que la haute assemblée ne voudra 
pas encourir les reproches de lenteur que l'on a pu justement adres- 
ser à la commission de la Chambre. Les premières séances se passe- 
ront en discussions générales ; nous en signalerons les principaux 
points. Aujourd'hui nous nous bornerons à dire que M. Tisserand, 
conseiller détat, directeur de l'agriculture, a été nommé commis- 
saire du gouvernement pour assister le ministre de l'agriculture 
pour la discussion devant la Chambre et devant le Sénat. 

IL — Le Dictionnaire d'agriculture. 
Ainsi que nos lecteurs s'en souviennent peut-être, notre cher et 
regretté directeur, M. Barrai, avait entrepris dans les dernières années 
de sa vie de publier, sous la forme de dictionnaire, un tableau encyclo- 
pédique de la théorie et delà pratique de l'agriculture dans toutes ses 
branches et dans toutes ses manifestations. C'était une œuvre colos- 
sale qu'il entreprit gaillardement, avec l'ardeur et la persévérance 
qu'il apportait dans tous ses travaux. Il avait l'ambition de mener à 
bonne fin ce véritable monument de la science agricole moderne ; il 
voulait l'achever seul et donner à tout le travail le cachet de sa grande 
personnalité. Malheureusement ses forces l'ont trahi et la mort l'a sur- 
pris avant qu'il eût pu mener à bon terme la préparation et la rédac- 
tion du Dictio7inaired'agncullure. Fallait-il laisser inachevée une entre- 
prise semblable, ou devait-on la poursuivre, de manière à ce que les agri- 
culteurs pussent profiter de l'énorme quantité de travail dépensée poiii' 
eux? La librairie Hachette, qui a entrepris cette publication, s'est 
arrêtée au second parti. Nous avons accepté de continuer le Diction- 
naire cVagricultu^^e, en nous entourant de collaborateurs d'élite, choisis 
parmi les hommes les plus distingués et les plus compétents dans les 
diverses branches des sciences agricoles. Nous avons trouvé, pour cette 
œuvre, un concours dont nous sommes fier. Le Dictionnaire sera donc 
achevé par un groupe de savants et d'agronomes parmi lesquels nous 
devons citer MM. lîouley, président de TAcadémie des sciences ; Tis- 

N" 826. — Tome 1" de 1885. — 7 Février. 



202 CHRONIQUE AGRICOLE (7 FÉVRIER 1885). 

serand, directeur de l'agriculture; Risler, directeur, Heuzé, Sanson, 
Gos, de l'Institut national agronomique; Deliérain, Lezé, MilJot, Mus- 
sat, Dybowski, Maurice Girard, de l'école nationale d'agriculture de 
Grignon ; Hardy, Bouquet de laGiye, Maxime Cornu, Chabot-Iîarlen, 
de la Société nationale d'agriculture; Gustave Foëx, Bouffard, DegruUy, 
•de l'école nationale d'agriculture de Montpellier; Marsais, secrétaire de 
la Société nationale d'aoriculture, etc. 

Le Dictionnaire d'agriculture sera publié en fascicules de 1 60 pages 
chacun, au prix de 3 fr. 50. Les fascicules rédigés par M. Barrai 
paraîtront d'abord sous son nom. Le premier fascicule vient d'être mis 
en vente ; on comprendra que nous nous abstenions de toute appré- 
ciation. Mais nous devons dire que le plus grand soin est apporté non 
seulement à la rédaction, mais à l'exécution typographique, au choix 
des gravures, de telle sorte que la publication soit un véritable monu- 
ment des progrès que la science agricole a réalisés. Aujourd'hui que la 
nécessité s'impose partout d'accroître la production, de perfectionner 
toutes les brandies de la culture, le Dictionnaire d'agriculture viendra 
à point pour donner au cultivateur des préceptes et des exemples qu'il 
ne peut trouver aujourd'hui qu'en consultant un grand nombre d'ou- 
vrages ou de recueils qu'il est difficile de réunir. 

III. — PahJications sur la crise agricole. 

Les publications relatives à la crise agricole et aux moyens d'y re- 
médier deviennent chaque jour plus nombreuses. Le temps presse 
pour ceux qui veulent se faire entendre avant que la C-hambre des 
députés ait pris une décision. La dernière livraison de la Revue des 
Deux-Mondes renferme, sui la crise agricole en France et en Angle- 
terre, un article magistral dû à la plume autorisée de M. Eugène Ris- 
ler. L'exposé de la situation cruelle dans laquelle se trouvent les fer- 
miers français et les fermiers anglais est rédigé avec une clarté et une 
précision que 1 on rencontre rarement dans ks travaux de ce genre. 
On lira donc avec le plus grand profit les judicieuses observations que 
présente M. Risler; nous devons toutefois en signaler tout spéciale- 
ment une des conclusions. Avec une rigueur réellement mathéma- 
tique, M. Risler démontre que la réforme des tarifs de douane, dans 
les limites réclamées par l'unanimité des cultivateurs, ne sera qu'un 
acte de justice, et que les droits nouveaux auront exclusivement le 
caractère et l'effet de droits fiscaux et non pas de droits protecteurs. 
C'est une réponse absolument démonstrative aux jérémiades et aux 
'objurgations des économistes doctrinaires, partisans de droits protec- 
teurs pour la plupart des industries, mais adversaires acharnés et 
opiniâtres de toute réforme en faveur de l'agriculture. 

Nous avons déjà signalé les articles publiés par M. Grandeau dans 
le Temps, articles auxquels M. Paul Genay répond actuellement dans 
nos colonnes. M. Grandeau a réuni ces arti<'les dans un v(»lume qui 
vient de paraître à la lilirairie Berger-Levrault. Ainsi que M. Gran- 
deau le fait remarquer, quoi qu'il advienne de la question des tarifs 
douaniers, les progrès qu'il signale <-omme indispensables resteront 
pour les cultivateurs un objectif qu'ils devront avoir sans cesse sous 
les yeux. C'est pourquoi cette publication est réellement utile. A la 
suite de ses articles, M. Grandeau a placé dans le même volume des 
données statistiques sur la question du blé, réunies par M. Cheysson, 



CHRONIQUE AGRICOLE (7 FÉVRIER 1885). 203- 

ingénieur en chef des ponts et chaussées; ces tableaux sont utiles à 
consulter, mais comme tous les tableaux de ce genre, ils peuvent 
donner lieu à toutes les discussions et à toutes les interprétations. On 
y trouve encore une étude géologique sur les terres à blé en France 
et en Angleterre, par M. A. Ilonna; cette étude a pour objet de 
faire ressortir les natures de sol qui sont les plus propres à la produc- 
tion du blé. — La librairie Berger-Levrault a consenti, pourles Sociétés 
qui prendraient 100 exemplaires en une fois, à une remise de 50 pour 
1 00 sur le prix fort qui est de 3 francs. 

IV. — Và'ux des associations agricoles. 

Aux manifestations que nous avons déjà publiées en nombre si 
considérable, nous devons ajouter aujourd'hui le texte du vœu adopté 
par la Société d'agriculture du Gard (Comice de Nîmes), sous la pré- 
sidence de M. L, Molines : 

La Société d'agriculture du Gard, 

Considérant que la détresse des agriculteurs réclame des mesures promptes 
et efficaces pour atténuer une situation devenue intolérable et conjurer un dé- 
sastre national ; 

Que le relèvement de l'agriculture ne peut être espéré du perfectionnement 
des cultures, de l'emploi des machines ou des engrais intensifs, attendu quïl 
est avéré que des propriétaires d'exploitations primées et données en exemple se 
trouvent actuellement en déficit; 

Considérant, en outre, que le dégrèvement des impôts donnerait une charge 
nouvelle à l'Etat et ne serait qu'un palliatif; 

Que le développement du crédit agricole constituerait des dangers sérieux à 
côté d'avantages possibles; 

Que les bienfaits que l'on peut attendre de l'enseignement agricole ne peuvent 
être ressentis que dans un avenir lointain, alors que la détresse est immédiate 
et chaque jour plus grande ; 

Considérant, d'autre part, cju'il importe de se préoccuper sérieusement de la 
dépopulation des campagnes dont les progrès seront constants si l'agriculture ne 
peut donner des salaires équivalents à ceux de l'industrie, du commerce et de 
l'administration; 

Que le renchérissement de la main-d'œuvre est évidemment le résulta de 
cette dépopulation et nullement le signe de la prospérité agricole, et que les 
avanlages qui peuvent en résulter pour quelques populations agricoles isolées 
ne seront cpie momentanés et factices, par suite de l'abandon probable et pro- 
chain d'une grande partie du sol cultivable ; 

Que les fermiers, écrasés par les fermages en retard, n'ont aucun espoir de 
relèvement et que les petits cultivateurs, à bout de ressources et d'économies, 
marchent infailliblement à leur ruine : 

Considérant enfin que ces millions d'agriculteurs ruinés sont autant de con- 
sommateurs perdus pour les produits de l'industrie française ; 

Emet le vœu : Que l'agricullure soit mise enfin en étal de se défendre contre 
la concurrence étrangère par des droits compensateurs qui ne représenteraient 
pas une protection spéciale, mais un simple retour à l'égalité et à la justice. 

Naguère les associations agricoles des régions méridionales se mon- 
traient volontiers partisans du régime douanier actuel; ces opinions 
sont aujourd'hui complètement changées, 

V. — Nécrologie. 

Nous devons annoncer la mort de M. Pissot, ancien conservateur du 
bois de Boulogne. Sorti de l'Ecole forestière de Nancy en 1846, 
M. Pissot fut placé au bois de Boulogne en qualité de garde général; 
il y a poursuivi toute sa carrière jusqu'en 1883, et il a participé aux 
grands travaux de transformation qui y ont été opérés. 



204 CHRONIQUE AGRICOLE (7 FÉVRIER 1885). 

VI. — Ecole nationale d' agriculture de Grignon. 

Par suite de la retraite de M. Eliçabide, professeur d'agriculture à 
l'Ecole nationale d'agriculture de Grignon, un concours aura lieu pour 
la nomination du titulaire de cette chaire. La date de ce concours a été 
fixée au lundi 13 avril prochain ; les épreuves auront lieu à Paris. 
Nous en ferons connaître le programme. 

VIL — Société des professeurs départementaux d'agriculture. 

L'assemblée générale annuelle des professeurs départementaux 
d'agriculture se tiendra à Paris les 7 et 8 février. A cette occasion 
deux conférences seront faites : la première, le samedi 7 février, par 
M. Cornu, professeur au Muséum d'histoire naturelle, sur le Peronos- 
pora de la vigne et de la pomme de terre ; la seconde, le dimanche 
8 février, par M. Richard (du Cantal), ancien député, sur l'enseigne- 
ment agricole. 

VIII. — Le phylloxéra. 

Par un décret du président de la République, en date du 31 jan- 
vier, M. Pasteur, membre de l'Académie des sciences, a été nommé 
président de la Commission supérieure du phylloxéra, en remplace, 
ment de M. Dumas, dont la science et l'agriculture déplorent la perte- 
— Plusieurs nominations ont été faites, à la même date. Ont été 
nommés membres de la Commission : MM. Blanchard, membre de 
l'Académie des sciences; Cheysson, ingénieur en chef des ponts et 
chaussées, propriétaire-viticulteur; Jaussan, propriétaire-viticulteur à 
Béziers (Hérault). 

IX. — La reconstitution des vignes dans le Midi. 

On se préoccupe beaucoup à Montpellier de l'organisation du con- 
cours régional qui aura lieu dans cette ville au commencement du 
mois de mai. La Société centrale d'agriculture de l'Hérault a décidé 
que les réunions viticoles qui se tiennent au mois de mars, à l'école na- 
tionale d'agriculture, sous son patronage, seraient renvoyées à l'é- 
poque du concours. Des leçons pratiques pour l'instruction des ou- 
vriers greffeurs et des excursions dans les vignes reconstituées auront 
lieu à cette époque. Enfin la Société d'agriculture de l'Hérault réunit 
les éléments d'une grande exposition de vins qui comprendra : 1° les 
vins des vignobles reconstitués par les vignes américaines, la planta- 
tion dans les sables ou la submersion ; 2" les vins étrangers (espagnols, 
italiens, grecs, dalmates, etc.), avec lesquels se trouvent en concur- 
rence les produits de nos nouveaux vignobles ; 3" enfin les vins de 
raisins secs avec lesquels doivent également lutter les vins naturels. 
On comprend que cette exposition présentera une très grande impor- 
tance, car elle montrera aux viticulteurs les types de vins qu'ils 
doivent chercher à produire pour reconquérir le marché. Les vins 
exposés seront analysés sous la direction de M. Gustave Foëx, dans 
les laboratoires de l'école nationale d'agriculture de Montpellier. 
X. — Culture des betteraves à sucre. 

M. FI. Desprez, agriculteur à Cappelle, près Templeuve (iNord), 
dont les grandes cultures de betteraves à sucre soijt célèbres, nous 
adresse la lettre suivante relativement à l'envoi gratuit de graines de 
betteraves pour des champs d'expérience : 

« Ou parle beaucoup cette année, et avec raison, de l'amélioration de la bette- 
rave à sucre ; un grand nombre de moyens sont proposés pour atteindre ce but. 



CHRONIQUE AGRICOLE (7 FÉVRIER 1885). 205 

« Certaines personnes prétendent que les races de betteraves allemandes sont 
supérieures aux bonnes races françaises, tandis que les autres sont d'un avis con- 
traire. 

« Les partisans des races allemandes n'auront que l'embarras du choix ; nos 
voisins d'outre-Rhin ne se privent pas de se faire connaître. Leurs réclames 
sont arrivées à un tel diapason, qu'il ne faut pas désespérer de leur venir 
démontrer l'inutilité de créer à grands frais des sucreries et raffineries; les bette- 
raves provenant de leurs graines sont tellement riches en sucre, leurs jus sont 
tellement purs qu'il ne s'agira plus que de découper ces betteraves en morceaux 
pour sucrer de cette façon le calé et le thé. 

« Des personnes sont persuadées que les variétés à peau blanche sont meilleures 
que celles ayant une autre couleur, les roses, par exemple. D'autres, au con- 
traires, pensent que ce n'est pas l'enveloppe qui fait la qualité de la marchandise, 
mais sa composition, et que la couleur de la peau leur est tout à fait indifférente. 

« Nous avons, nous autres, l'intime conviction que nos bonnes variétés de bette- 
raves françaises ne le cèdent en rien sous le rapport de la richesse en sucre aux 
meilleures variétés allemandes et qu'elles ont en outre l'énorme aventage d'être 
mieux appropriées à notre sol, à notre façon de cultiver et que, pour ces divers 
motifs, elles donnent plus de poids et des produits supérieurs. 

« D'un autre côté, la couleur de la peau du collet de la betterave (qu'elle soit 
rose, blanche, verte, grise ou jaune) nous est également indifférente. 

« Il y a un proverbe qui dit : Au pied du mur l'on voit le maçon. C'est pour 
nous conformer à ce vieil adage et pour prouver : 1" que les bonnes races fran- 
çaises sont meilleures pour notre yays que les meilleures races allemandes ; 
2" que la couleur de !a peau de la betterave n'a aucune influence que nous pro- 
posons à tous ce'ix qui voudront faire des champs d'expérience de leur procu- 
rer gratis les graines dont ils auront besoin. 

« Nous croyons mieux faire en agissant ainsi pour résoudre ces questions 
qu'en tenant les plus beaux raisonnements. Fl. Desprez. 

Les discussions sur la valeur comparée des diverses races de bette- 
raves ont été nombreuses depuis quelques mois ; ces questions sont de 
celles dont l'expérience donne seule la solution. L'utilité des essais 
dans les conditions que propose M. Desprez ressort donc d'elle-même. 
Mais il faut rappeler que, pour tirer des conclusions d'expériences 
comparati\es, il est nécessaire que les essais soient faits partout dans 
des conditions identiques, et que le plus grand soin soit apporté à 
toutes les phases de l'opération. 

XL — Les vadies laitières à la Villctte. 

tin arrêté du préfet de la Seine vient de décider qu'à partir du 
mois de février 1 885 un nouveau marché aux vaches laitières se 
tiendra aux marchés aux bestiaux de la Villette. Il sera placé en bor- 
dure de la rue d'Allemagne à gauche des parcs de comptage. Les 
ventes auront lieu tous les jours, sauf le dimanche, de 10 heures du 
matin à 2 heures et demie du soir. Les règlements du marché aux 
bestiaux de la Villette sont applicables à ce nouveau marché de vaches 
laitières. 

XII . — Inspection de la boucherie à Paris. 

Un concours pour l'admission à l'emploi d'inspecteur de la bou- 
cherie à Paris, au traitement variant de 3,000 à 4,000 fr., aura lieu à 
la Préfecture de police le mercredi 15 avril prochain à 10 heures et demie 
précises du matin. L'épreuve écrite comprendra: T une étude sur 
les maladies qui sont susceptibles d'altérer les viandes de boucherie ; 
2° un procès-verbal de constatation. — L'épreuve pratique est divisée en 
deux parties : I " examen des viandes insalubres et détermination des 
causes des saisies ; 2" examen microscopique des viandes insalubres. 

Les candidats devront se faire inscrire par avance au secrétariat 



206 CHRONIQUE AGRICOI^ (7 FÉVRIER 1885). 

général de la Préfecture de police (Bureau du personnel) en justifiant 
par leur acte de naissance qu'ils n'ont pas plus de cinquante ans d'âge et 
en produisant en outre : 1" un extrait de leur casier judiciaire ; 2° leur 
diplôme de vétérina,ire ; 3" des pièces établissant leur situation au 
point de vue militaire. 

Xni — Arboriculture. 

La maison Vilmorin-Andrieux et Cie vient de publier son nou- 
veau catalogue de graines d'arbres et d'arbustes de pleine terre et 
de graines de plantes d'orangerie et de serre. Ce catalogue comprend 
les plantes forestières et d'ornement, ainsi qu'un assez grand nombre 
de variétés de vignes, principalement de vignes américaines. ]\ous 
devons signaler aussi le nouveau catalogue pour le printemps et Tau- 
tomne de 1 885, de MM, Ju'Cquemet-Bonnefont père et fils, horticulteurs- 
pépiniéristes à Annonay (Ardèclie^. C.e catalogue, qui a été renouvelé, 
est consacré aux végétaux de pleine terre, aux plantes de serre chaude, 
de serre tempérée et d'orangerie, aux plants darbres, d'arbrisseaux 
et d'arbustes, aux graines de plantes potagères et fourragères et aux 
graines de plantes florales d'ornement. 

XIV. — Nouvelles des récoltes et des travaux agricoles. 

Le dégel a été général dans toutes les parties de la France; on jouit 
depuis quelques jours d'une température extrêmement douce, la 
neige disparaît. Les travaux agricoles pourront reprendre et être pour- 
suivis avec activité- Henry Sagmer. 

MÉTÉOROLOGIE DU MOIS DE JANVIER 

Voici le résumé des observations météorologiques faites au parc de 
Saint-Maur, en janvier 1 885 : 

MoL/eune barométrique à midi : 756™'". 95; minimum, le 11 à 8 heures du 
matin, 738""". 90 ; maximum, le 7 à 11 heures du malin, 769"'"\94. 

Moi/eiiues tliermomêtri<jues : des minima, — S^.Ol ; des maxima, 2'*.89 ; du 
mois, 0.06 : moyenne vraie des 24 heures, — 0".24. Minimum le 26 entre 7 heures 
i'A 8 heures du matin, — 10". 9; maximum le 29 entre 2 heureset 3 heures du soir, 
13'^03. Il y a eu 23 jours de gelée dont 7 jours sans dégel, et un jour de gelée 
Llaïuîhe. 

Tension moyenne de la vapeur 4"'"M2: la moindre le 26 à 7 heures du matin, 
2'""'.0; la plus grande, 7^""'.l, le 30 à minuit et le 31 à 5 heures du matin. 

Humidité relative moyenne, 90; la moindre le 29 à 2 heures et à 3 lieures, 
44; la plus grande 100 en 24 jours. 

Pluie et neige 23'""'. en 55 heures réparties en 9 jours. II a voltigé un peu de 
neige les 9 et 12; il y en a eu une petite couche de un centimètre le 13 et une 
de 6 centimètres le 14 ; elle est restée sur le sol jusqu'au 28. Il y a eu 7 jours de 
brouillard. 

Les vents dominants ont été ceux du SE au SW et ceux du NW à TE. 

Nébulosité moyenne 68; un seul jour sans aucun nuage, le 22. 

Température 'jnoyrnne de la Marne : 2''.04 ; elle a varié de 0".25 le 27 à 
3°. 54 le 12. Sa hauteur moyenne 3''\04 est égale à la moyenne annuelle, ce qui 
est bas j)our la saison ; elle a charrié le 26 au matin. 

Moyenne à 7 heures du matin : Baromètre 757'"'". 07 : thermomètre — 1».92 ; 
tension de la vapeur 3""°. 85; humidité relative 94; nébulosité 68. 

Relativement aux moyennes normales, le mois de janvier 1885 pré- 
sente les résultats suivants : Baromètre plus bas de 1""''.86; thermo- 
mètre plus bas de T. 81 ; tension de la vapeur plus bas de 0'"'".81 , 
humidité relative plus grande de I ; pluie moindre de 17""".1 ; nébu- 
losité moindre de 4. E. Benou, 

Membre de la Sociélé natioaale d'ttsniciillure, 



INTENSITE DE LA GRISE AGRICOLE. 207 



L'INTENSITÉ DE LA GRISE AGRICOLE 

MESURÉE PAR LES RECOUVREMENTS DES IMPOTS A REVENU VARIABLE 
PENDANT LES ANNÉES 1881-82-83-84 

M. Paul Lei'oy-Beaulieu, en reproduisant dans le Journal des Débats 
du 22jan\ier l'état des sommes perçues parle Trésor de 1 88 1 à 1 884 sur 
les impôts indirects, les douanes, le timbre et l'enregistrement, tire de 
ces chiffres, avec la perspicacité que tout le monde reconnaît au savant 
académicien, des conclusions sur l'intensité de la crise économique. 
Nous croyons rendre service aux agriculteurs en les résumant et en 
les complétant, ce que n'a pu faire M. Paul Leroy-Beaulieu, en sa 
qualité de membre de la Ligue contre le renchérissement du pain et de 
la viande, car il aurait tiré sur son armée, et si l'on a vu quelquefois 
les soldats tirer sur les officiers, il est inouï qu'un général ait dirigé 
une batterie contre ses soldats. 

Avant tout nous reproduisons les chiffres des recettes du Trésor en 
nous bornant au nombre rond des millions, l'appoint n'intéressant pas 
la discussion. 

RecouTTements en 1881 1882 1883 1834 

Sucre 127 140 139 160 

Vins 152 147 148 154 

AlcooL., 264 258 2f>7 268 

Tabac 353 362 371 376 

Douanes 304 302 314 304 

Timbre 155 15a 155 155 

Enregistrement 570 555 544 519 

Taxe de 3 pour 100 sur le revenu 

des valeurs mobilières 44 47 48 49 

Ensemble des contributions indirectes. 2,260 2,292 2,280 

On voit tout de suite, par l'ensemble des contributions indirectes, 
que la consommation n'a pas faibli, et si 1 on entre dans le détail, le 
progrès constant de la consommation du sucre, de l'alcool et du tabac, 
qui ne sont pas des objets indispensables à la vie, prouve que l'ouvrier 
ne s'est privé de rien, et que son bien-être est en progrès dans cette 
année 1884, tant décriée. La seule ombre au tableau, c'est que le pro- 
grès dans la consommation de l'alcool et du tabac ressemble un peu 
trop aux progrès des Chinois dans la consommation de l'opium en 
faveur de laquelle l'Angleterre imposa par la force des armes une 
traité de commerce au Céleste-Empire. 

Cette réserve faite, nous pouvons dire que deux centimes de plus- 
sur le kilogramme de pain n'affecteront pas beaucoup ces ouvriers qui 
font une si prodigieuse consommation d'alcool et de tabac, et que les 
agriculteurs n'ont pas beaucoup à s'alarmer des funestes conséquences 
du renchérissement du pain par l'établissement d'un droit de douane 
même de cinq francs par 100 kilogrammes. 

Si nous examinons les taxes de douane, nous voyons que le chiffre 
des perceptions du Trésor est en quelque sorte constant, et si 1 883 
présente un excédent de 6 millions, il est dû surtout à la prodigieuse 
quantité de blé importée en 1 883, malgré la minimité du droit de balance. 

Le timbre présente un revenu absolument invaiùable^ ce qui semble 
indiquer que le nombre des transactions ou des actes quelconques en- 
traînant l'obligation du timbre l'est également et n'a éprouvé aucun 
affaiblissement^ 



208 INTENSITE DE LA CRISE AGRICOLE. 

Les recouvrements provenant de la taxe de 3 pour 1 00 sur les re- 
venus des valeurs mobilières sont en progrès et représentent par con- 
séquent une augmentation de la masse de ces valeurs, c'est-à-dire des 
économies réalisées par les porteurs. Cinq millions d'augmentation en 
trois ans représentent 1 65 millions de revenus mobiliers de plus 
qui, capitalisés à 4 et demi pour 100, représentent une économie en 
capital de 3,700 millions économisés en valeurs mobilières de 1881 à 

1883, c'est-à-dire en réalité en trois années, 1,200 millions par an, 
sans compter les économies immobilières. 

. Voilà donc, comme dit M. Paul Leroy-Beaulieu, une situation qui 
n a rien d'alarmant, et il conclut avec raison que les crises industrielles, 
dans un pays comme la France, peuvent se faire sentir cruellement 
sur un point du territoire, mais n'altèrent pas gravement l'ensemble. 
Nous voilà donc à peu près rassurés sur la situation de l'industrie, 
pour laquelle la Ligue réclame l'abnégation et le dévouement des pos- 
sesseurs du sol, des agriculteurs. Mais il y a dans ce tableau si instruc- 
tif un point noir, et M. Leroy Beaulieu, avec sa conscience de savant, 
ne le dissimule pas. Ce point noir, c'est l'abaissement régulier des re- 
cettes de l'enregistrement. Les recettes, en trois années, de 1881 à 

1884, ont baissé de 51 millions: chaque année reculant sur la précé- 
dente, serait-ce que le nombre des successions, des mutations aurait 
diminué? Non, certes, les constatations et le timbre en particulier sont 
là pour prouver qu'il n'y a pas diminution dans le nombre des muta- 
tions immobilières. C'est la valeur qui a diminué, c'est le capital qui 
s'est amoindri, et si l'on pense que l'enregistrement ne comprend pas 
seulement les transactions ou mutations immobilières, mais Jjeaucoup 
d'autres qui sont en progrès notable, il faut bien s'avouer que la perte 
sur les propriétés territoriales n'est représentée qu'en partie par la di- 
minution des recettes de l'enregistrement. Mais il y a plus, une partie 
importante du sol est en voie d'amélioration, a augmenté de valeur. 
C'est sur les terres de lajjour et les vignobles que porte toute la perte. 

M. Paul Leroy-Beaulieu, en le constatant, s'en console en pensant que 
ce désastre ne frappe que les classes riches et aisées de la société et que 
même pour ces classes peu intéressantes le capital a baissé plus que le 
revenu. Sans doute quand il s'agit de subsistance, c'est au nombre 
qu il faut s'attacher, mais je ne vois pas trop ce que le nombre aurait 
à gagner à la ruine de ce que M. Beaulieu regarde comme les classes 
riches et aisées. La destruction du capital n'a jamais profité à la société 
et quant à l'assertion étrange que le capital a été atteint plus que le 
revenu, c'est exactement le contraire qui est la vérité. Le capital a 
encore une certaine apparence entre les mains de beaucoup de pro- 
priétaires, surtout des plus aisés qui résistent tant qu'ils peuvent à la 
déchéance ; mais le revenu a disparu pour la plus forte part. 

Du reste cette assertion toujours audacieusement répétée que le sol 
national appartient à une aristocratie de gens riches et aisés qu'on peut 
dégraisser sans remords est, ont le monde le sait, exactement le con- 
traire delà vérité. Le sol national, en outre des lois de sucession, est 
divisé à l'infini, est possédé par la majorilé du peuple français, est 
démocratisé^ tout comme les obligations de chemins de fer. En atta- 
quant et en amoindrissant le capital reposant sur le sol national, ce 
n'est pas un capital ordinaire que vous sacrifiez, c'est la patrie même 
que vous compromettez. Labourage et pâturage sont les deux mamelles 



intensitp: dp: la grise agricole. . 209 

de la mère-patrie, et quanta nous, dussions-nous encore une fois être 
traité d'aristocrate, nous voulons mourir en défendant notre mère. 

Paul de Gasparin. 

Membre de la société nationale d'agriculture, 
correspondant de l'Institut. 

AVANTAGES DE LA PRÉCOCITÉ DANS LES RACES 

DE BOUGHERIE. — II. 

On a vu dans mon précédent article, d'après les chiffres authen- 
tiques pris dans les archives du club de Smithfield, combien la ten- 
dance vers la précocité des races de boucherie est manifeste et accentuée 
en Angleterre. D'un côté, la proportion des jeunes bœufs au-dessous 
de deux ans augmente chaque année, tandis que celle des animaux de 
quatre ansdiminue, de l'autre la moyenne du poidsde cesjeunes bœufs 
tend à s'accroître dans une notable proportion. Ce mouvement est 
général, et semble résulter plutôt de la force des choses et de l'impul- 
sion des circonstances, que d'une règle économique raisonnée. La 
conclusion qu'il faut en tirer, c'est que la précocité des races de bou- 
cherie est une nécessité économique qui s'impose aux agriculteurs, et il 
est évident que les anciennes races exigeant quatre ans et plus, d'entretien 
et de nourriture ont fait leur temps et doivent disparaître, et il serait 
superflu de chercher à démontrer qu'il est bien plus avantageux de 
produire un animal pesant 600 kilogrammes à 20 mois, qu'un autre 
jjesant 900 kilogrammes à 44 mois. 

Il est évident que pour obtenir de semblables résultats de précocité, 
il faut que le régime d'engraissement commence dès les premiers 
jours de l'existence de l'animal. La période d'entretien, dite de rente, 
doit être absolument abolie, car cet entretien n'a plus de raison d'être, 
ni aucune utilité. C'est un gaspillage de temps, de nourriture, et une 
immol)ilisation de capital fort onéreuse, surtoutdans les circonstances 
actuelles. Rester dans cette ornière c'est se condamner à la ruine. 

Les considérations qui précèdent s'appliquent peut-être avec encore 
plus de force à l'espèce ovine pour la production de la viande de 
mouton. Les chiffres suivants, puisés à la même source que ceux 
qui sont relatifs à l'efepèce bovine, vont nous en fournir une démons- 
tration péremptoire et absolue. 

Prenons, par exemple, la période de dix ans comprenant les années 
de 1875 à 1884, c'est-à-dire, pendant la période décennale qui date de 
l'établissement de la catégorie des agneaux en classes distinctes, figu- 
rant aux concours du club de Smithfield,. et pour lesquelles des prix 
ont été offerts. 

En groupant cette période par fraction de trois années, on trouve 
que dans le premier groupe de 1875 à 1877 inclusivement le 
poids moyen de 76 lots comprenant chacun trois agneaux, d'un 
âge moyen de neuf mois et une semaine, s'élevait à 223 kilog., ce 
qui donne environ 73 kilogrammes par tête. Pendant la même période 
le poids moyen de 187 lots de trois moutons chacun, toujours d'une 
moyenne d'âge de 21 mois était de 338 kilog., soit environ 1 13 kilog. 
par tête. 

Pendant la période triennale suivante de 1878 à 1880, 90 lots de 
trois agneaux, furent exposés, lesquels étaient, comme les précédents, 
âgés de neuf mois et une semaine Leur poids moyen fut de 224 kilo- 



210 AVANTAGES DE LA PRÉCOGITÉ DANS LES RACES. 

fframmes. Les moutons de la catégorie suivante, âgés de 21 mois, 
c'est-à-dire, d'un an de plus que les agneaux, furent exposés au 
nombre de 187 lots, pesant en moyenne 319 kilog., soit lOT kilog. 
par tête, à une fraction près. 

Dans la troisième période, c'est-à-dire de 1881 à 1883, le nombre 
des lots d'agneaux exposés, s'accrutjusqu'à 162, au lieu de 76 dans 
la première^ période. Cette fois la moyenne d'âge n'excéda pas neuf 
mois, et le poids moyen de chaque lot de trois agneaux fut de 233 kilog. 
c'est-à-dire, avec une augmentation de 10 kilog. dans le poids et 
une diminution d'une senaaine dans l'âge moyen. Cliaque agneau de 
neuf mois pesait donc en moyenne, 77 kilogrammes à une fraction 
près. Dans cette môme période le nombre des lots de jeunes moutons 
au-dessous de deux ans fut de 204. LYige moyen était de 21 mois et 
le poids moyen de 350 kilogrammes, soit 113 kilogrammes pour 
chaque mouton de 2 î mois. 

Pour le dernier concours de Smithfield en décembre 1884, les deux 
tableaux suivants, donnant les poids respectifs des lots de la catégorie 
des moutons au-dessous de deux ans et des agneaux au-dessous d'un 
an, par races distinctes, donneront une idée du progrès accompli 
depuis 1881 , année dont je donne en même temps la statistique, comme 
terme de comparaison. 
Poids moyen des jeunes moutons d'une moyenne d'âge de 21 mois. 

Poids moyens Poids moyeu 

p^jpgg pai' lètè par tête Augmentation, 

eu 1881. en I88'i. 

~ kilog. kilog'. kilog. 

froisemenH 115.515 135.000 19.479 

CotsNvolds : nOJWo 130.000 10.000 

• Southdown; .... . 91.959 96.942 5.000 

oXdshiredm^ns.: 124.122 131.652 7.500 

lincolns 133.182 137.259 4.000 

New-Kent • • " 1 19 5^« 1^2.310 3.000 

Shropshh-; 'downs 108 . 720 108 . 267 » 

Hampshirc downs 123.122 130.421 7.701 

Leicestevs...., 110.079 112.797 2.000 

Poids moyen des agneaux de 10 mois. 

Puids movea Poids moyen 

j^aces pai" l«te par tète Augmentation^ 

en 1881. en 1884. 

~ kilog. kilog. kilog. 

Leiceslers ou dishleys 57 531 67.950 10 419 

Southdcnvns 63.873 /3.38b 9.113 

rnt<vvnnlds 66.591 /5.651 9.060 

rrJisenîeS; ..... 82.899 89.241 6.342 

linrSs ■ -.•• 80.181 86.523 6.342 

^S?;^ï.i.-do;;n;:::.::: 72.450 7022 6.342 

Les chiffres ci-dessus n'ont pas besoin de longs commentaires, un 
simple examen suffit pour en faire ressortir l'importance et l'intérêt.. 
Quand on voit qu'on peut fournir à la consommation un agneau 
arrivé à une parfaite maturité, à l'âge de 10 mois, avec un poids de 
78 à 80 kiloi?., il est évident qu'il est beaucoup plus avantageux de 
le réaliser à l'étal avant d'encourir les frais, les risques de son entre- 
tien et l'immobilisation du capital qu'il représente pendant toute une 
année dont au moins 6 mois de séjour à la jjergerie, pour ne gagner 
qu'une augmentation de tout au plus 30 kilog., et on doit admettre 
que cet accroissement de 30 kilog. coûte beaucoup plus que sa valeur 
à l'étal. 



AVANTAGES DE LA PRÉCOGITÉ DANS LES RACES. 211 

Il en est de même pour l'espèce bovine. Il est de la dernière évi- 
dence qu'il est infiniment plus avantageux de réaliser un jeune bœuf 
à l'âge de tout ou plus 21 mois, avec un poids moyen de 600 kilo- 
grammes, d'excellente viande, plutôt que d'attendre trois ans de plus 
pour arriver au même poids quand il s'agit de races françaises, et à 
tout au plus 1 ,000 kilog. en moyenne, avec les races plus précoces, 
plus aptes à l'engraissement, de T Angleterre. Le surplus de viande 
qu'on obtient en gardant un bœuf à l'engrais, pendant trois ans et 
huit mois, soit de 300 à 400 kilog,, n'est point adéquate au coût, aux 
risques et à l'amortissement du capital immobilisé à la charge de 
l'entretien, pendant deux années additionnelles. 

Quand on vient encore à considérer que le cultivateur peut élever et 
engraisser deux bœufs au lieu d'un, deux moutons au lieu d'un, dans 
le même espace de temps, avec les mêmes Êi'ais d'entretien et de nour- 
riture, et avec le même capital, la conclusion est péremptoire et ne 
comporte aucnne contradiction. 

Mais, pourra-t-on objecter, si les avantages de la précocité dans la 
production de la viande peuvent s'admettre au point de vue du produc- 
teur, en est-il de même ainsi à celui du consommateur? Si les intérêts 
du producteur doivent rationnellement être considérés, ceux du con- 
sommateur sont tout aussi respectables et doivent entrer comme élé- 
ment important dans la solution du problème. Cette observation 
mérite que ion s'y arrête, mais il est facile d'y répondre. 

Depuis quelques années, Fadministration de l'agriculture, en 
France, a institué, comme annexes obligées de nos concours généraux 
d'animaux de boucherie, à Paris, des expériences sur la qualité nutri- 
tive des animaux primés. Ur le résultat de ces expériences depuis 
plusieurs années comme je l'ai fait remarquer dans le Journal, a 
établi d'une façon péremptoire, la supériorité de saveur et de qualité 
nutritive de la viande des jeunes bœufs sur celles des animaux âgés. 
La démonstration de cette supériorité n'est plus à faire, et la préférence 
naturelle des consommateurs pour la jeune viande, comme étant plus 
savoureuse, plus tendre et, tout au moins aussi nutritive que la viande 
provenant d'animaux plus âgés, se trouve corroborée, expliquée et 
justifiée, par les recherches expérimentales si judicieusement faites par 
l'administration française. 

Devant des avantages aussi palpables que la précocité des races de 
boucherie et leur engraissement rapide, offrent aux producteurs aussi 
bien qu'aux consommateurs, il est bon d'examiner, au point de vue 
pratique, quelles sont les conditions nécessaires à la réalisation de ces 
avantages. 

o 

En examinant les chiffres que j'ai donnés plus haut, on trouve que 
parmi les exemples de grands et précoces rendements, dans les espèces 
bovine et ovine, les produits de croisements occupent, sinon le pre- 
mier rang, du moins une place remarquable parmi les lauréats des 
jeunes catégories. Le croisement des femelles des races diverses, avec 
des étalons de races pures améliorées depuis longtemps et possédant une 
puissance d'atavisme irrésistible et reconnue comme héréditaire par 
unelongtie suite de générations, soigneusement enregistrées, est devenu 
en Angleterre, comme il tend de plus en plus à le devenir en France, 
un des progrès les plus heureux et les plus rémunérateurs que 
l'agriculture moderne ait encore acquis. Aussi la demande de bons éta- 



212 AVANTAGES DE LA PRECOCITE DANS LES RACES. 

Ions devient-elle de pins en pins importante partont, et en Angleterre, 
même les plus linmbles cultivateurs tiennent à n'employer comme 
reproducteurs avec les femelles de leurs troupeaux, que des taureaux, 
des béliers et des verrats dune pureté d'origine notoire et garantie. Le 
succès de l'élevage, et surtout les avantages du développement et de la 
maturité précoces, ne peuvent s'obtenir qu'à ce prix. A cette première 
condition, il faut ajouter le système fécond et maintenant reconnu et 
adopté par tous les engraissements, lequel consiste à commencer le 
régime d'abondante nutrition et même d'engraissement continu, dès 
les premiers jours de l'existence du jeune animal. 

Il est évident que cet engraissement continu et copieux ne doit 
s'appliquer qu'aux produits destinés à la boucherie et aux concours. 
Les jeunes animaux destinés à la reproduction, tout en exigeant une 
alimentation généreuse, de manière à suivre et à soutenir sans arrêt 
le développement normal du jeune animal, mâle et femelle, il faut 
l)ien se garder d'exagérer cet entretien par une alimentation trop 
généreuse, car on risquerait d'atrophier les organes de la repro- 
duction, sous un amas adipeux qui ne convient qu'aux animaux 
destinés à la consommation. C'est ainsi qu'un si grand nombre de 
taureaux et de béliers se trouvent sacrifiés et rendus impuissants 
par la préparation pour les concours. C est ainsi que des animaux 
d'élite, justement choisis pour figurer dans les expositions et gagner des 
prix, à cause de leur perfection, sont perdus pour la reproduction et 
c'est ainsi que des types précieux disparaissent de nos étables et de 
nos bergeries, sans produire aucun successeur de leurs qualités. Et 
cependant, je ne saurais trop le répéter, il faut que les jeunes animaux, 
quelle que soit leur destination, consommation immédiate ou reproduc- 
tion, soient toujours bien nourris. — Entre ces deux distinctions, il n'y 
a qu'une question de mesure, le principe de généreux entretien est 
absolument le même. 

Dans les remarques qui précèdent, je n'ai rien dit des races porci- 
nes, dont l'importance cependant comme source de l'alimentation de 
nos boucheries est si considérable. C'est que, sur ce point, il n'y a 
plus rien à enseigner. L'espèce porcine, en France, soit qu'elle ait 
été améliorée par elle-même, ou par l'introduction des races anglaises, 
est arrivée à un si haut degré de perfection, qu'il n'y a plus qu'à suivre 
le courant si heureusement mis en marche. Le mouvement est aujour- 
d'hui incontesté, le progrès est tellement accentué, et devenu si irrésis- 
tible que personne, même les routiniers les plus obstinés et les plus 
récalcitrants, n'ose plus lui opposer le moindre obstacle, tous les 
agriculteurs ont fini par se soumettre à l'évidence. — C'est un progrès 
irrévocablement accompli, il n'y a plus à y revenir. Ici, la maturité 
précoce est devenue la règle générale, et tous, producteurs et consom- 
mateurs, y trouvent leur avantage et s'en trouvent bien. Il faut main- 
tenant appliquer à nos races bovines et ovines le même perfection- 
nement, et, je le dis maintenant, pour obtenir ce résultat capital, dans 
les circonstances désastreuses où se trouve l'industrie agricole, il n'y a 
qu'un moyen, c'est le croisement de nos races bâtardes, élevées sans 
système, sans suite, sans prévoyance, sans but déterminé à l'avance — 
c'est-à-dire au hasard, selon les impulsions à courte vue d'une parci- 
monie étroite et irréfléchie, j)ar le croisement, dis-je, avec les étalons 
de races précoces et d'origines pures, douées d'un atavisme prépon- 



AVANTAGES DE LA PRÉCOCITÉ DANS LES RAGES. 213 

déraiit, capable de maîtriser les intluences défectueuses du sang des 
femelles, de manière à exercer sur les produits leur précieuse et salu- 
taire influence. C'est par ce moyen seulement que nous réussirons à 
donner à notre production de viande les qualités de développement et 
de maturité précoces qui sont les conditions obligées d'une production 
lucrative et qui mettront nos marchés à 1 abri de la concurrence étran- 
gère d'une manière encore plus efticace que le relèvement des droits 
douaniers, — bien que je reconnaisse la nécessité absolue de cette 
mesure, dans les circonstances actuelles. 

F.-R. DE LA TrÉHONNAIS. 

EXAMEN DE ULËLQUES MOYENS PROPOSÉS 

POUR l'abaissement du prix de REVIENT DES RÉCOLTES 
ET PRINCIPALEMENT DU BLÉ. — Il 

Le fait connu pour le blé, que certaines variétés sont plus pi'o- 
ducti\es les unes que les autres, l'est aussi pour toutes les plantes 
écon-omiques. M. Grandcau cite les expériences faites en 1884 sur les 
pommes déterre et les betteraves à l'école Mathieu de Dombasle. Mais 
ici encore les conclusions ne doivent pas être absolues; d'abord, 
parce que, comme pour le blé, on compte sur une seule année (Idaho 
qui est au 14" rang sur 15 était au premier rang les années passées); 
et ensuite parce que dans la disposition des expériences, on a contre- 
venu à cette loi pourtant Inen connue pour la pomme de terre,, savoir, 
que toutes clioses égales d'ailleurs, le produit est favorisé par l'emploi 
d'un poids plus élevé de semence. Il importe donc d'employer pour 
chaque variété, plantée naturellement dans les mêmes conditions de 
sol et d'escarpement, le môme poids de semence; c'est élémentaire. 
Dans les expériences relatées le poids de la semence a varié plus que 
du simple au triple. Enfin pour la pomme de terre, donner simple- 
ment le poids total des tubercules récoltés, sans tenir compte de leur 
grosseur, de leur richesse en fécule, de leur résistance à la maladie 
et de leur bonne conservation, c'est laisser de côté des points très 
importants du problème. 

Des remarques analogues sont à faire pour la betterave à sucre. Sa- 
chant que les variétés les plus riches en sont le moins productives, on 
tombe dans un étonnement profond quand on voit les betteraves à sucre 
estimées d'a])rès leur poids brut, tandis que l'estimation devait en 
être faite d'après leur richesse en sucre. Ln point qu'il imjjorterait 
encore de connaître, c'est celui des soins culturaux ; la semaille de la 
betterave à sucre, l'éclaircissement des plants ont-ils été faits confor- 
mément aux conditions requises pour cette plante, toutes conditions 
si bien connues et déterminées aujourd'hui? On ne dit rien de tout 
cela. 

Influence de la fumure sur les rendements. — Ici l'auteur se livre 
d'abord à des comparaisons basées sur la statistique concernant les 
exportations et les importations, en prenant pour point de départ 
l'année 1821. Avant tout, pour qu'une comparaison soit fondée, il 
faut que les termes en soient comparables. C'estjustementcedont on n'a 
pas tenu compte. De 1821 à 1876 les voies de communications rapides 
n'étaient point encore établies dans les pays qui sont devenus depuis si 
grands exportateurs de blés. Dans ces terres très fertiles qui, d'après 



214 ABAISSEMENT DU PRIX DE REVIENT DES RECULTES 

les documents officiels, produisent k blé à 10 ou 11 fr. l'hectolitre', 
le débouché manquant totalement, faute de voies de communication, 
la culture en était autrefois impossible. Depuis 1876 il n'en est plus 
de même. 

Les chemins déferont permis de mettre en culture ces terres extra- 
ordinairement fertiles qui sont obligées d'exporter leur produits en 
Europe et les offrent à des prix bien inférieurs à nos prix de revient 
(18 fr. les 100 kilog. à Anvers). N'est-il pas de fait que depuis 3 ans, 
les récoltes en blé de la France sont suffisantes au moins pour sa 
consommation? Cela n'empêche pas l'importation d'atteindre en 1882, 
1883 et 1884, 13 millions d'hectolitres chaque année. Cest l'effet des 
voies rapides de communication, aujourd'hui établies partout, incon- 
nues il y a 8 ans. Sous ce rapport la situation est changée du tout au 
tout, il ne fautjamais l'oublier. C'est là peut-être la cause la plus pro- 
fonde de la situation fâcheuse de l'agriculture. 

Pour faire bien saisir l'influence de la fumure sur la production 
du blé, M. Grandeau rapporte les célèbres expériences que MM. Lawes 
et Gilbert poursuivent depuis 40 années sur le domaine de Rothamsted 
(Angleterre). Malgré les différences de sol et de climat, ces expériences 
méritent d'être connues des cultivateurs plus qu'elles ne le sont, et il 
faut remercier M. Grandeau de nous les avoir résumées. 

Depuis 1843, le blé a été cultivé à Rothamsted chaque année sur 
les mêmes parcelles, soit 40 récoltes consécutives de cette céréale. 
Chaque parcelle a reçu pendant 40 années, tous les ans, les mêmes 
matières fertilisantes. On conçoit de suite que l'engrais est le facteur 
le plus important de la récolte, puisque la moyenne des 40 années 
compense l'effet des saisons. 

Le tableau suivant résume les résultats de ces expériences. On y 
trouvera la nature et la richesse en potasse, acide phosphorique, azote 
des engrais employés, le poids brut des récoltes en grain et en paille, 
l'augmentation de la récolte obtenue par l'intermédiaire des engrais, 
la valeur en argent des engrais employés et enfin le profit ou la perte 
occasionnés par l'emploi de ces engrais. Le prix de ces engrais a été 
fixé comme suit : fumier,'8fr. les 1 ,000 kilog.; azote ammoniacal, 2fr, 
lekilog. ; potasse, fr. 50 le kilog. ; acide phosphorique, fr. 81 le 
kilog. ; azote nitrique, 1 fr. 80 le kilog. Le prix j)Our le blé a été fixé 
à 20 fr. et pour la paille à 4 fr. les 100 kilog. 

Produits en Excédents Valeur en argent 
Engrais. kilog. à sur de l'rix Dill'éreiice. 
l'hectare. parcelle 3. l'excédent. 

1 s = -il sf gf firain. Paille. Grain. Taille. Grain. Paille. Total . fumore. Profit. Perle. 

N° 3. Sans fumure 862 l,'i23 » » » » 

N° 2. 35.000 kilog. fumier de ferme.. 188 73.7 224 2,2.il 4,001 13,89 23,78 277.80 103.12 380.92 280 » 100.92 » 2 

N" 5. Engrais sani azote (minéral) 112 71.9 1,003 l,(i40 l,'il 2,17 28.20 8.68 36.88 113 50 • » 76.96 

iN" 6 Complet (azote ammoniacal) 112 71.9 48.15 1,608 2,814 7,'j6 13,91 149.20 ,'■,5.64 20'». 84 200.50 » » 4.6» 

N° 7. Complet (azote ammoniacal) 112 71.9 96.30 2,183 4,223 13,2128 » 264.20 112 «376.20 306,10 70.10 » " 

N» 9. Complet (azote nitrique) 112 71.9 96.30 2,384 5,265 15,22 38,12 304.40 152.48 456.88 402.50 54.38 » 

N° 8. Complet (azote ammoniacal) 112 71.0 2,'i04 5,075 15,42 36,52 308.40 146.08 454.48 285.90 168.56 » 

Pour ne pas étendre démesurément cette étude, je passe les conclu- 
sions techniques qui sont à tirer de ces expériences > j'y reviendrai 
dans un prochain travail sur les engrais, et j.e donne tel quel le tableau 
par lequel M. Grandeau établit le prix de revient du blé à Rothamsted : 

T. Biillelin «lu niiuislère de ragriculture, 3'- année, n° I. 



» » 



ABAISSEMENT DU PRIX DE REVIENT DES RECOLTES. "215 













Prix de revieut 


















du quintal 








Quintaux 


Dépense 


Valeur 


Coût 


Prix 
de revient 


excécfartt 
le rendement 


Profit 


Pèl-le 




récoltés. 


totale. 


lie la paille. 


du Lie. 


du fiuintal. 


de la parcelle 
sans engrais. 


à l'hectare. 


à l'hectare, 


Parcelle o 


8.(i2 


200.00 


71.15 


128.85 


14.95 


)) 


.52.15 


» 


Parcelle '2 


22.51 


480.00 


200.00 


280.00 


12.55 


5.90 


192.70 


1) 


Parcelle 5 


10.03 


313.50 


82.00 


231.50 


23.08 


22.34 


)) 


20.87 


Parcelle (i 


16.08 


409.50 


140.70 


268.80 


16.71 


9 . 2-' 


68. '90 


» 


Parcelle 7 


21.83 


506.10 


211.15 


294.95 


13.51 


7.18 


163.45 


»• 


Parcelle 8 


24.04 


602.50 


253.75 


348.75 


14.51 


9.64 


1.56.05 


» 


Parcelle 9 


23.84 


485.90 


263.25 


222.65 


9.34 


1.48 


277.25 


)) 



Ce tableau fournit la meilleure ])reuYe de la valeur de mes réserves 
sur révaluation des frais nécessités pour la production dun hectare 
de blé. 

La parcelle 3, a\ec un rendement de 8(12 kiloii . de grain à 
l'hectare, donne un produit net de 52 fr. 15. Si ces comptes étaient 
réels, de quoi donc se plaindrait l'agriculture française qui récolte en 
moyenne 1,200 kilog. par hectare? Une autre remarque est à faire à 
ce tableau, c'est que les frais ont été invariablement cotés au ménfie 
taux par hectare, quelle que soit la production, qu'elle ait été aii 
total de 2,285 kilog. dans la parcelle sans engrais, soit 250 gerbes à 
l'hectare, ou de 7,649 kilog. soit 850 gerbes à l'Iiectare, dans la 
parcelle 9. 

Cette manière d'évaluer les frais e.vagère encore lidée qui se 
fait jour d'un bout à l'autre du travail de M. Grandeau, c'est que 
par l'élévation du rendement on abaissera dans des proportions 
inouïes le prix de revient des denrées. On croirait que cette aug- 
mentation s'obtient sans une augmentation parallèle des frais de 
production et de capitalisation d'engrais dans le sol. La situation 
actuelle de l'agriculture anglaise m'a permis, dès le début de ce tra- 
vail, de conclure contre la proposition de M. Grandeau. Les expé- 
riences de Rothamsted vont fournir une preuve de cette capitalisation. 
En effet, depuis quarante ans, on met chaque année dans chaque par- 
celle (moins la parcelle 3 sans engrais), des doses et pour des sommes 
considérables d'engrais qui, se capitalisant dans le sol, doivent four- 
nir un intérêt de cette capitalisation. Au contraire la parcelle 3 étant 
épuisée de plus en plus, doit porter un fermage de moins en moins 
élevé. MM. Lawes et Gilbert ont d'ailleurs ])roavé ces faits d'épuisement 
dans de nombreuses expériences qu'il serait trop long de reproduire ici. 

Le prix de revient du blé, en France, étant actuellement l'objet de 
recherches de la part du groupe agricole de la Chambre des députés, 
je crois devoir fournir les éléments nécessaires à la rectification des 
chiffres du tableau précédent, car il importe de ne laisser à personne 
aucune illusion sur ce sujet capital. 

Dans ce but, afin de tabler sur des chiffres positifs, je vais exposer 
le prix de revient du blé dans mon exploitation, tel que je l'ai com- 
muniqué fin novembre 1884 au groupe agricole des dépufés. J'f join- 
drai le prix de revient, établi pour le même groupe, au blé sûr aae 
pièce de terre ayant un sol semblable, voisin de mon exploitation, 
mais qui n'a reçu aucune amélioration. 

I. — Prix de revient du blé dans une ferme d'un seul tenant dont les terres sont 
argilo-siliceuses. battantes, à sous-sol imperméable, améliorées par le drainage, le 
chaulage. l'emploi des engrais chimiques, une rotation convenable, des labours profonds, 
un nettoyage du sol aussi complet que possible, et l'emploi des variétés de blé 
capables de profiter des engrais mis en terre en donnant de forts rendements sans 



verser. 



216 ABAISSEMENT DU PRIX DE REVIENT DES RÉCOLTES. 

Renie primitive du sol (en 1869, le sol a coûté d'achat 1,500 francs l'hectare), Fr. 

àSpourlOO ^5 00 

Renie du drainaig^e (4œ francs l'hectare), à 5 pour 100 20 00 

Chaula"-e 3 mètres cubes à Thectare, (30 francs, amortissemenl en 1 

six ans • 11 tKl J 14 30 

Intérêt annuel à 5 pour 100 -^ 30 J 

Nettoyage et approfondissement du sol, équivalant au moins à une bonne 

jachère à 5 labours à Ib francs l'un * 125 00 ^ 

5 hersages à 5 francs l'un 25 00 / 

2 roulages à 10 francs l'un 20 00 V 250 

2 scarifages à 7 fr. 50 15 00 l 

Plus d'une année fermage et rente du drainage <JÔ 00 ; 

Capitalisation depuis 1869, des engrais en terre incorporés au sol pour en 
élever la fertilité, équivalent au minimum à une funmre de 40.000 kilog. 

fumier à 7 fr. 50- 3(J0 

Ce nettoyage du sol et cette capitalisation des engrais, sont susceptibles d'être 
détruits et repris en bail par des cultures épuisantes. — Intérêts et amortis- 
sement de 550 francs à 6 pour 100 33 00 

Charge annuelle par hectare, rente et améliorations 1 12 30 

Location, Eiigraisi, M^AIS 

impôts, semences, Travail Travail 
prestations. Frais gén. à Thecl. par 100 k. 

Rente du sol. intérêts et amortissement des auiéliura- 

tions Jl-2.30 

Labours, hersages, scariliages, roulages * 55. (X) 

Ensemencement au semoir 5.00 

Semence : 150 kil., variétés à iiauts rendements, à 35 fr. 52.50 

Engrais : fumier, 14.000 kilog. à 7 fr. 50 105.00 

— nitrate de soude au printemps, 100 kil. à 30 fr. 30.00 

— semis du nitrate de soude l.0(i 

Hersage et roulage au printemps 7 . 50 

Moisson : fauchage 25 .00 

— 700 liens à 1 fr. 25 ; liage de 700 gerbes 

à ] fr. 25 17.50 

— rentrée (chargement, conduite, déchar- 
gement) à 2 Ir. les 100 gerbes 14.00 

Battage (compris logement des pailles et por- 
tage du grain) à 5 fr. les 100 gerbes 36.011 

66.50 66.. 50 3 50 

Nettoyage du grain, fr. 25 par 100 kilog 4.75 0.25 

Mise en sacs,' réglés, liés, chargés, fr. JO 1 .90 0.10 

Conduite au marché. fr. 25 '. , 4.75 0. 25 

Assurances : gr.lc. 1 fr. 10. incendie, 1 fr. .50 — 2 Ir. t)0 

par 100 gerbes. ; 18.20 0.95 

Réparation en entretien de routillage, 1.8(J0 fr. pour 

yO hectares '^0.00 

Réparation et entretien des bâtiments, 270 fr. pour 

90 hectares 3 .00 

Frais généraux -^OO 

Impôts 5 fr., prestations I IV 6.oo 

Entretien du ménage du cultivateur ou régie 30. (ni 

Intérêts du capital d'exploitation (non com])ris le bétail). 

600 fr. à 5 pour 100 30.00 ^ 

] 18.30 273.. 50 189.60 5.05 
Total des frais pour un hectare de blé .581.40 

Produits : Moyenne des dix dernières récoltes 1875-1884. 

1 ,900 kilog. grains vendu 28 francs •':'•- oo 

3,800 kilog. paille en bottes, à 40 francs 152 00 

700 kilog. menue paille, mémoire 

684 00 

Les frais se montant à ^^1 ^*^* 

Le bénéfice net par hectare de blé a été de l'I"- 60 

— Prix de revient du blé dans un même sol non amélioré, soumis à la culture 
triennale (jachère fumée, blé, avoine, jachère, seigle, avoine). — A. Frais. 

Location 40 francs. — Impôts 5 francs, prestations 1 franc (deux années à Fr. 

cause de la jachère '"!n nn 

Préparation du sol, 3 labours légers à 20 francs l'un 60 00 

1. L'heure du travail de l'homme est comptée fr. 30, celle du cheval fr. 30. 

2. Le fumier de cavalerie acheté à Lunév.lle revient épandu dans les champs à 7 fr. 50 environ 
les 1,000 kilog. . , , „ , , 

3 La rotation des récoltes revêt le plus ordinairement la forme suivante. 1" l'ommes île terre 
avec engrais spéciaux. — 2" Pommes de terre avec 25,000 kilog. de fumier. — 3" Avoine — 
4» Blé avec 25,000 kilog. de fumier, 3 mètres de chaux avant le labour de seraaille et 100 kilog. 
nitrate de soude au printemps. — .5" Trèfle et Jléole. —6" Trèile et fléole. 



ABAISSEMENT DU PRIX J)K HEVIENT DES B.ÉGOLTES. ^217 

Semaillo à la volée, 1 franc. — 2 hersaj^fis à A francs = H francs 9 00 

Semence 200 kilo^. à 30 francs • r,0 00 

Fumier 5,000 kilog. (un tiers de la fumure qui est mise pour A récoltas f-n 

six années :i7 50 

Moisson-fauchage 15 francs. — liens 30O = :! fr. 75. liage, 3 fr. ':_ Tl .jO 

Rentrée .300 gerbes à 2 t'r. ï',\) (ferme morcelée) \ 7 50 

Battage 300 gerbes à fr. 05 15 0(i 

Nettoyage, mise en sacs, chargement, conduite, au marché, 5 frams .'i 'i(» 

Assurance grêle et incendie 2.(10 sur 300 francs 7 S(» 

Réparation et entretien de Toutillage, 200 franis pour 20 hectares 10 90 

Frais généraux 1 00 

Entretien du ménage (le cultivateur fait presqui; toute la besogne avec les siens). 10 00 
Intérêt du capital d'exploitation (non compris la valeur du bétail) 200 franrs 

par hectare 10 00 

345 50 
B. Produits. 

850 kilog. grain à 28 francs 2:iK 00 ) 

1,500 kilog: paille en bottes à 40 francs 5() 00 \ 298 On 

200 kilog.nienue paille, mémoire J 

Perte par hectare 'i7 50 

Quelle est la valeur à reprendre pour le profit que l'avoine qui suit le 
blé tire de la jachère? 

Nous voyons, par ces deux exemples, les différences capitales qui 
existent entre les prix de revient de deux cultures d'une même plante, 
établies sur le môme sol, côte à côte, mais soumises à des systèmes de 
culture différents. 

Dans un cas, on a capitalisé d.ius le sol, pour laméliorer, plus 
de i ,000 fr. par hectare, on a employé 600 fr. de capital mort et cir- 
culant (bétail non compris) pour arriver à obtenir un produit moyen 
de 1 ,900 kilog. de grains de blé plus la paille par hectare, ce blé 
revenant à 23 fr. les 100 kilog. Dans le second cas, originairement 
tout semblable, impropre à la culture du blé, rien n'est capitalisé ; le 
capital d'exploitation est d'environ 200 fr. par hectare, on obtient 
850 kilog. de blé qui revient à plus de 29 fr. les 1 00 kilog. Rectifions 
donc avec ces chiffres le tableau de M. Grandeau et nous aurons : 

DÉPENSES __ Pi'i.^ 

-^^^ — — Il ■"" " -■ Pi'ix (le revient 

Ouintaux par par quinlal Valeur do Coût de revient suivant 

iTcoltés. hectare 5 fr. Ens;rais. Total. la paille. ftu tilé. du quint. M. Grandeau. 

Parcelles. 8762 27^1 ' 43.10 — 515.10 .56.92 2.58.18 29.90 14.95 

— 2. 22.51 .3.50.30 112 .55 280. » 742.85 160.04 .582.81 25.88 12.55 

— 5. 10.03 350.30 .50.15 113.50 513.95 C5.60 448.35 44 70 23 08 

— )•). 16.08 350.30 30.40 209 5(t G40 20 112.56 527.64 32.80 16.71 

— 7. 21 83 350. .30 109.15 .306.10 765.55 118.92 596.63 27.35 13.51 

— 8. 24.04 3.50 30 120.20 402. ,50 873 » 203. » 670. » 27.80 14.51 

— 9. 23.84 350.30 119.20 285.90 765.40 210.60 .5.54.84 23.30 9.. 34 

Ce dernier tableau ne donne pas un prix de revient universel, mais 
celui du blé dans notre situation, en admettant que les engrais 
employés donneront les mêmes augmentations de produits à Bellevue 
qu'à Rothamsted. On objectera peut-être que les frais de culture sont 
plus élevés à Bellevue qu'ailleurs. A cette observation je vais répondre 
en publiant les prix de revient établis, pour le groupe agricole, par 
l'honorable syndic de la ligue des cultivateurs lorrains, cultivateur 
à Moncel-lès-Lunéville, M. Suisse, dont personne ne met en doute 
l'habileté pratique. Le sol de son exploitation, qui est d'un seul tenant, 
est formé par une terre légère siliceuse. La culture y est alterne, sans 
jachères. 

Enfin j'ajouterai le prix de revient du blé établi dans une ferme de 
terres fortes, d'une charr ue, comme on en compte beaucoup dans notre 

' 1. On a pris ces frais dans l'évaluation faite pour la culture en sol non amélioré. Le blé a été 
romplé à 20 fr. les 100 kilog. et la paille à 4 fr. 



218 ABAISSP^MENT DU PRIX DE REVIENT DES RECOLTES. 

pa\s, (l'une étendue de 35 à 40 lieetares, appartenant aux marnes 
irisées. L'exploitation est morcelée suivantle type lorrain. Le système 
de culture est triennal, un tiers de la jachère est occupé ])ar des 
])oinmes de terre, betteraves, trèfles et minettes. 

I. — Terres légères. — A. Frais. 

Rente du sol 65, impôts, 5 (pas do pi'estations) . .". 70 00 

Labours, hersages, scariliages, roulages |)our semer GO 0() 

Semis à volée l 00 

Semmence 200 kiiog. à. .30 francs , (iO ( )() 

Fumier lfi,000 kilog 120 00 

Moisson, liage et liens , ;}.-> 00 

Rentrée 10 00 

Rattage 3'2 00 

Nettoyage, mise en sacs, livraison 10 00 

Assurance, grêle et incendie . , . 11 00 

Onlillage (entretien), bâtiments, menus frais '21 00 

430 00 
B. Produits. 

1,.500 kilog. blé à 28 francs , 420 (MJ 

3,200 kilog. paille à 40 francs 12S OO 

.")48 00 
A déduire les frais 430 80 

Bénélicf 118 0!) 

Sur cette somme il faut prélever 1 intérêt du capital d'exploitation qui 
est d'au moins 400 fr. par hectare, non compris le bétail, à 5 pour 100, 
soit 20 fr., et l'entretien du ménage du fermier. 

Dans cet exemple, le prix de revient réel du blé approche 25 fr. 
les 100 lui. 

IL — Terres fortes. — Argiles marneuses. — Deux tiers jachère pure à 3 labours 

Un tiers prairies artiiîcielles ou plantes sarclées à un labour. — A. Frais. 

Rente du sol, 50 fr., impôts. 5 fr., prestations, 3 fr. = 58 fr. X 1,66 à cause 

de la jachère , '.tO 30 

2 labours (il faut 6 chevaux et 2 hommes à la charrue) à 50 francs l'un sui' 

partie jachérée , ôd oo 

1 labour de semaille 50 francs + 2 hersages à 7 IV. .50 l'un = 15 francs tV5 00 

Ensemencement à la volée 1 00 

Semence, 200 kilog. à 30 francs 60 00 

Fumier, 20.000 kilosï. pour six ans, dont 4 récoltes, mi tiers en première 

récolte à '7 fr. 50. '." .' .50 00 

Fcliardcjnnage '. 2 00 

Moisson, fauchage 20 francs, liens, 400 et liage 400 gerbes à I Ir. 25 30 00 

Kenlréç à 2 fr. .50 les lOO gerbes à cause du morcellement 10 00 

Battage, 400 X fr. 05. . . .' 20 00 

< àiblage, mise en sacs, chargement 6 22 

( londuite au marché, à fr. 50 6 25 

Assurance, grêle, 1 IV. 10, incendie, 1 Ir. 50 = 2 fr. 60, X 400 10 40 

Réparation et entrelien de l'outillage , 10 00 

l']nl rcticn de bâtiments et menus IVais 3 00 

Intérêts du capital d'exploitation (sans le bétail), 200 francs à 5 francs 10 00 

i^lntretien du ménage (en dehors de la fenaison et de la moisson, le cultivateur, 
aidé par un jeune doniesli(jue, qui souvent est remplacé par un fds, fait tout 

le travail et en lnuchc par conséqncnt le salain^) 10 00 

467 90 
B. Produits. 

(irains, 1.250 kilog. à 28 francs 350 00 

Paille, 2.750 kilog. à 40 francs. 110 00 

460 00 

Je lais,se aux lecteurs le soin de conclure. 

Consommation et production moijenne de la France, amélioration 
àréaliser. — Pour établir les besoins de laFrance en blé, je crois qu'il 
faut diviser en quatre séries la période des récoltes de 1871 à 1884. 

La première série comprend les récoltes 1871 , 1872, 1873, pendant 
lesquelles la quantité annuelle offerte à la consommation, semence 
déduite, a été de 85 millions d'hectolitres avec un prix moyen de vente 
de 32 fi'. 75. La deuxième sérii^ comprend les années 1 874, 1 875, 1 876, 



.\IiAISSEMENT DU PRIX DE RKVIl-JXT DES RECOLTES. 219 

pendant lesquelles la quantité ofYerte annuellement à la consommation 
a été de 9.3,667,61 3 hectolitres avec un prix moyen de vente de 27 fr. 50. 
La troisième série comprend les années de mauvaises récoltes à partir 
desquelles l'importation américaine s'est réellement fait sentir, 1877, 
1878, 1879, 1880, 1881 , pendant lesquelles la quantité offerte annuel- 
lement à la consommation a été de 98,897,600 hectolitres, avec un 
prix moyen de vente de 29 fr. 38. 

La dernière série a trait aux honnes années 1882 et 1883 pendant 
lesquelles la quantité offerte à la consommation atteint 1 1 millions d'hec- 
tolitres avec un prix de vente de 25 fr. 50 et pareille quantité jetée à 
nouveau sur le marché depuis la moisson 1884 fait tomher le prix 
à 20 fr. les 100 kilog. (les relevés statistiques, puisés aux sources offi- 
. cielles, montrent une anomalie capable de faire douter de la réalité des 
chiffres fournis pendant la troisième série. L'offre, pendant cette série, 
aurait été annuellement de 5 millions d'hectolitres de blé plus forte 
que pendant la précédente et le prix de vente au lieu de diminuer s'est 
élevé de 1 fr. 88. Il y a lieu de croire que lestimation de la produc- 
tion française a été trop considérable. Pour mon compte j'ai toujours, 
pendant ces années, trouvé les statistiques concernant notre dépar- 
tement de beaucoup supérieures à la réalité. 

D'ailleurs peut-on déterminer d'une manière un peu précise, la quan- 
tité de blé nécessaire à la consommation de la France? Je ne le crois 
pas. Dans les années où l'offre est insuffisante, et où par conséquent 
le prix s'élève, la consommation se rabat sur le seigle et la pomme de 
terre; dans le cas d'abondance, le seigle est abandonné aux animaux 
et on consomme beaucoup moins de pommes de terre. 

Les économies à réaliser par l'emploi du semoir doivent donc être 
envisagées non pas comme apport à la consommation, mais sous le rap- 
port de l'abaissement du prix de revient chez le cultivateur, car il 
n'échappera à l'esprit de personne que l'augmentation de notre pro- 
duction n'empêche en rien l'importation sur notre marché de blés pro- 
duits à l'étranger. Encore une fois, cette importation n'est pas causée 
par le sentiment de nos besoins, mais par la nécessité pour létranger 
de vendre son produit. 

L'emploi du semoir procure-t-il toujours et partout une réelle éco- 
nomie dans la ferme? Le parcellement, le manque de chemins d ex- 
ploitation et certaine nature de terres collantes ou très pierreuses inter- 
disent remploi du semoir. Ces situations hors de cause, et elles sont 
extrêmement nombreuses dans notre pays, je veux examiner à la 
lumière de la méthode expérimentale, en laissant toute supposition de 
côté, les résultats donnés par l'emploi du semoir. 

Pendant les années 1874, 75, 76 et 77, j'ai fait sur ce sujet une série 
d'expériences dont je rappelle les conclusions. 

\° Sous le rapport de léconomie de la semence je n ai trouvé aucun 
avantage, le plus haut produit étant donné par l'emploi de la plus forte 
quantité de semence, 225 litres par hectare dans un cas, 265 litres dans 
l'autre (semences sulfatées). i 

2° La moyenne donnée par 8 expériences a été une augmentation de 
rendement de 174 kilog. de grains et de 148 kilog. de paille à l'hec- 
tare, soit un dixième en plus pour le grain et un vingtième en plus pour 
la paille. 

3" Le semis au semoir coûte environ 5 IV. de plus par hectare que 
celui à la volée. 



■liO ABAISSEMENT DU PRIX DE REVIENT DES RECOL'J'ES. 

4" En somme, l'emploi du semoir a produit sur mon exploitation, 
suivant le prix des grains, un abaissement du prix de revient de 2 à 
3 fr. par 100 kilog. Je ne crois pas que l'on puisse inférer de l'expé- 
rience faite en 1884 à l'école Dombasle, que le plus haut produit 
(29 quintaux) soit dû à l'emploi de la moindre quantité de semence 
(75 kilog. à l'hectare). Cela peut être un cas tout à fait fortuit. En effet, 
le blé qui vient immédiatement avant a donné 28 quintaux avec 
150 kilog. de semence, et je trouve que celui qui a été l'un des moins 
productifs a été semé seulement avec 1 00 kilog. pour produire 1 6 quin- 
taux. Pour tirer la conclusion qu'indique M. Grandeau, il aurait fallu 
que l'on ait opéré sur la même variété de blé et toute autre condition 
restant semblable, hormis la quantité de semence employée. Ce n'est 
pas là suivre les principes de la méthode expérimentale. Ceci est tout à 
fait évident, puisque suivant les variétés, avec^ une même quantité de 
semence, le produit a varié de 1 ,473 kilog. à 2,800 kilog. à l'hectare, 
ainsi que cela j'essort du tableau suivant : 

.Nombril de Rapport du imiiN 

Poids Poids Nombre, de ([uintaiu do la senieiice 

de semé à de litres de récoltés à au poids 

l'hectolitre. l'hectare. semence. l'hectare. de la recetlc 

1 Blé Cliicldam 80.0 150 187.5 U.TA là 9..s:i 

'i Blé Aleph 79.0 100 l'26.5 RI. >. 1 ;ï l(j 

;î Blé Wh t Vic-torin.... 78.7 150 190.5 17.87 là 11.9 

4 Blé fie Ha e 80. 8 150 185. T. 18.80 J à l'i 5:i 

5 Blé Galand 77. '^ RIO -206 'i 18.93 làll.8:i 

6 Blé Poulardlisse..'.., 77.5 160 '206.4 19. '20 1 à l'2 

7 Blé Datlel 78.4 100 127 5 20.» 1 à '20 

8 Blé Golden Drnpi) 81.6 1.50 18:5.8 '2O.rj0 1 à 13.5 

9 Blé Hurtei Whii 78.0 1.50 19'2.:i '21.80 1 à 14.5 

10 Blé blanc (If FhuKiiv. 80. 'i 160 199.0 23.80 1 à 14.87 

11 Blé d'Australie 79.7 150 188.3 '23.93 1 à 15.93 

l'2 Blé Blood ri'd 81.7 1.50 183 5 "28.). 1 à 18.66 

13 Blé Lomed 79. 'i 75 94.5 '29.79 Iti 39.70 

M. Grandeau fait ensuite ressortir l'avantage que présente l'emploi 
du semoir en lignes, pouv la, destruction mécanique des mauvaises 
herbes qui affament et étouffent le blé. 

La destruction des herbes adventices ou jjarasites est, en effet, une 
des principales opérations de lagriculture, une des grandes préoccu- 
pations du véritable agriculteur. C'est à un sol bien net de toute 
espèce de mauvaises herbes, qu'on reconnaît tout d'abord le cultivateur 
habile dont l'activité sait saisir à propos toutes les occasions qui lui 
sont offertes pour nettoyer ses champs. On ne saurait trop insister sur 
ce point capital, et il est tout à fait certain que la faiblesse de nos 
récoltes est en partie due au peu de soins donnés à la propreté des 
terres. Les sarclages mécaniques des céréales, comme d'ailleurs ceux 
donnés aux plantes sarclées, n'ont toute leur efficacité que quand ils 
sont destinés à entretenir et à maintenir la propreté du sol déjà portée 
à un haut degré. C/est surtout dans les cultures préparatoires, prévues 
et facilitées par une rotation convenable, par des soins et un travail de 
plusieurs années, par une vigoureuse jachère, si cela est nécessaire, 
qu on atteindra le but. 

Poiii' faire sentir les avantages du régime dit de liberté, M. Gran- 
deau emprunte à M. Lecouteux un calcul duquel il résulte que de 1841 
à 1860, le blé s'est vendu 1 fr. 39 par hectolitre soit 1 fr. 80 par 
100 francs de moins que de 1861 à 1880. S'il en est ainsi, si tel doit 
êlre le résultat de la protection, pourquoi les chevaliers de la produc- 
tion à bon marché s acharnent-ils contre rétablissement de tout droit i!' 



ABAISSEMENT DV PKIX DE llEN'IKNT DES RÉCOL'l'ES. 221 

Mais la citation ne dit absolument rien si on ne fait figurer en regard 
et parallèlement, les prix de la main-d'œuvre, des fournisseurs et des 
fermages propres à chaque période. Il est de notoriété que ces frais se 
sont accrus dans la seconde période, dans une proportion beaucoup 
plus considérable que l'augmentation du prix constatée. Le bénéfice 
du cultivateur ne setnldit pas seulement avec le prix de vente, les frais 
doivent être pris en considération. P\iL Genay. 

INAUGURATION DE L'ÉCOLE D'AGRICULTURE 

ET VITICULTURE DE BEAUNE 

Le jeudi 15 janvier a eu lieu l'ouverture de l'école pratique d'agri- 
culture et viticulture de Beaune; M. Tisserand, directeur de l'agricul- 
ture au ministère, était venu j)résider cette séance d'inauguration, 
assisté de MM. Hoitel, inspecteur général; Bouchard, maire de 
Beaune ; Mazeau et Dubois, le premier sénateur et le second député de 
la Cote-dOr; de Vergnette, président du Comité d'agriculture de 
Beaune; de M. le préfet de la Côte-d'Or : de MM. les sous-préfets de 
Beaune et Chàtillon, ainsi que d'un grand nombre de conseillers 
généraux et d'arrondissement. Les présidents de la Chambre et du 
Tribunal de commerce, avec plusieurs conseillers municipaux, des 
maires, des agriculteurs et viticulteurs de la région, étaient également 
présents. 

M. le maire de Beaune, après avoir remercié M. le ministre de 
l'agriculture du concours qu'il avait prêté à la ville et au département 
pour la création de cette école, en a signalé limportance capitale et 
son utilité pour la conservation et 1 amélioration des vignobles de ce 
département : « Modeste à ses débuts, comme tout ce qui commence » 
a dit M. le maire avec une grande justesse, (( cette école deviendra la 
forteresse où se forgeront des armes destinées à combattre les fléaux 
qui nous menacent, en répondant aux besoins d'amélioration et de 
progrès que notre époque commande. « 

M. le directeur de ragricultiire a pris ensuite la parole, et après 
avoir transmis les regrets de M. le ministre, retenu à Paris par les 
exigences de sa position, il a montré toutes les espérances que l'on 
pouvait concevoir de cette nouvelle création. « C est à juste titre ^^ 
a-t-il dit, c( que la ville de Beaune a toujours été au premier rang 
alors qu'il s'est agi de l'enseignement, et sa municipalité a voulu lui 
donner, au prix de nouveaux sacrifices, une école de viticulture digne 
d'elle-même, digne de cette belle région vinicole dont les produits ont 
une réputation universelle, réputation bien méritée qu'il faut lui con- 
server et tacher d'étendre encore en défiant toutes les concurrences 
futures. » 

Après avoir rappelé que les sacrifices faits en vue de l'instruction 
sont toujours largement récompensés, il a ajouté quelques mots, pleins 
de bienveillance, sur la composition du personnel, ayant à sa tête un 
directeur dont les preuves ne sont plus à faire. 

Une visite à l'école et un banquet d'une centaine de couverts, offert 
par la municipalité si sympathique de la ville de Beaune, ont termi- 
né cette fête qui intéressait à un si haut point les agriculteurs et viti- 
culteurs de la contrée. 

Cette fondation, qui répond évidemment à un des besoins de la 



222 INAUGURATION DE L'ÉCOLE D AGRICULTURE DE BEAUNE. 

réf'ion, ne tardera pas à prendre une plus grande extension. En effet, 
indépendamment du vignoble dans lequel se trouvent les bâtiments de 
lécole, elle possède à Morey un domaine très important ; c'est même 
là qu'auront lieu les exercices pratiques, et que les principes enseignés 
aux élèves dans leurs différents cours, trouveront une application 
immédiate. 

Aussi à peine la date de l'ouverture des cours a-t-elle été connue, 
que les demandes ont commencé à arriver à l'école, et nous croyons 
que cette année, les candidats ne manqueront pas. 

Du reste, lorsque l'installation du champ d'études et d'expériences 
ainsi que celle des laboratoires, seront définitives, la ville de Beauné 
possédera une école pratique aussi complète que celles que l'on ren- 
contre à l'étranger, et d'ici à peu de temps il en sortira des agriculteurs 
et des viticulteurs distingués qai répandront, dans nos riches vignobles 
de Bourgogne, les principes d'une saine culture, en unissant aux 
règles que la science fournit, celles, si précieuses aussi de l'expérience 
pnitique. 1^- Bangi Y. 

ENÛRENEUSE AUTOMATIQUE DEMOXGY-MINELLE 

Depuis un certain nombre d'années, on se jjréoccupe beaucoup, tant 
en France qu'en Angleterre, de garnir les machines à battre d'organes 
d'engrènement automatique. Plusieurs constructeurs anglais ou fran- 
çais ont muni leurs batteuses d'organes de ce genre. D'autre part, les 
lecteurs du Journal ont été tenus au courant des tentatives poursuivies 
par M. Demoncy-Minelle, constructeur à Château-Thierry (Aisne), 
pour réaliser une engreneuse automatique que l'on puisse adapter à 
toutes les grandes batteuses. Après plusieurs années d'essais, M. De- 
moncy-Minelle est arrivé au type que représente la figure 17. Cet 
appareil, extrêmement simple, est disposé pour fournir à la batteuse 
une alimentation régulière et automatique, avec une dépense de force 
motrice de beaucoup inférieure au prix de l'engrènement à la main. 

D'une construction rustique et très simple, l'engreneuse de M. De- 
moncy attaque la gerbe préalablement déliée et jetée sur un tablier 
légèrement incliné •'elle la divise par portions, par poignées, au moyen 
d'une série de disques à dents montés sur un même arbre et tournant 
avec lui d'un mouvement intermittent. Les disques sont séparés les 
uns des autres par des tôles toutes pareillement courbées, les- 
quelles servent à supporter et à diriger la paille entraînée par la rotation 
des dents. Les céréales qui n'ont pas été liées, s'engrènent tout aussi 
facilement. 

Au début du travail, un râteau articulé et extensible, convenable- 
ment guidé, égalise à l'épaisseur qu'on veut la prise du grain faite 
par les' dents, rejette sur le tablier tout ce qui vient à excéder et livre 
la paille à un dernier râteau qui la prend à chacune de ses oscillations 
pour la conduire finalement, par quantités rigoureusement égales, jus- 
qu'au batteur, lequel fait immédiatement suite à l'eng'reneuse. 

Tous les organes d'action prennent leurs mouvenîents sur un arbre 
moteur unique. Pour modifier à volonté en plus ou en moins la prise 
du grain, il ne s'agit que d'écarter ou de rapprocher le râteau diviseur 
des pointes des disques. 

Il est réellement surprenant de voir comment une telle opération 



ENGRENEUSE DEMONGY-MINELLE, 223 

qu'on a peine à concevoir faite autrement qu'à la main, s'accomplit 
sans surveillance, avec autant de régularité et de ponctualité. Rien 
n'échappe au râteau égalisateur ; un surcroît d'épaisseur, quel qu'il 
soit, est toujours rejeté, tant que les dents d'entraînement ne l'ont point 
suffisamment divisé. 

On peut conclure des résultats pratiques, obtenus par les cultiva- 
teurs et entrepreneurs avec l'engreneuse, dans le battage de la der- 
nière récolte, que M. Demoncy a absolument résolu la question de 
l'engrènement automatique. Dans son modèle de 1885 il a encore 
apporté des perfectionnements et des simplifications dont les cultiva- 




I i'^. 17. — KagrciiiMisp automatique, dite la Franeaise, de M. Demnncy-MiiK 

teurs pourront juger auv essais qui vont avoir lieu, avec la batteuse 
Pécard munie de l'engreneuse, pendant le concours des animaux gras, 
;i Paris. 

l/engreneuse s'adapte très facilement à toutes les machines à battre 
en travers; elle peut débiter depuis 1 ,500jus(|u à 7,000 gerbes par jour. 

L. DE Sardriac. 

CONCOURS D'ANIMAUX GRAS A BOURGES 

La Société d'aorieulture du Cher vient de tenir, à Bourges, son sixième 
concours annuel d'animaux gras, sous la présidence de M. le marquis de Vogué, 
secondé par MM. Paskiewicz et Thirot, secrétaires. A ce concours la Société 
avait, comme les années précédentes, annexé une exposition d'animaux repro- 
ducteurs, de machines et d'instruments agricoles. 

Il est parfois des institutions agricoles rpii, par suite de circonstances dépen- 
dantes, soit des hommes, soit des choses, ne peuvent jamais parvenir à donner 
que de médiocres résultats rpiand elles ne disparaissent bientôt pour toujours; 
mais il en est d'autres heureusement, beaucoup d'autres pour lesquelles tout 
semble concourir à les perpétuer et à les faire prospérer de plus en plus. C'est 
que les premières n'ont pas leur raison d'être ou sont mal organisées, tandis 
que les secondes répondent à un besoin réel, et l'esprit de la bonne organisation 
et de la bonne direction ne leur fait jamais défaut. Le concours établi pour la 
première fois, en 1880, par la Société d'agriculture du Cher, est dans ce dernier 
cas. C'est une institution qui a déjà fait ses preuves, son succès s'accroît d'année 
en année ; si elle n'existait pas, il faudrait la créer, car elle est devenue néces- 
saire. On l'attend maintenant tous les ans avec impatience ; les uns y trouvent 
une vente rémunératrice de leurs animaux gras, les autres y achètent de magni- 
fiques reproducteurs, soit de l'espèce bovine, soit de l'espèce ovine ou chevaline. 

Les bouchers et les charcutiers du pays y font d'excellentes emplettes. Les fa- 
bricants de machines et d'instruments agricoles y concluent des affaires, et les 
uns les autres y trouvent leur compte. La ville de Bourges n'est pas non plus 
indifférente à ce concours agricole, comme le département et l'Etat, elle l'encou- 
rage pécuniairement. Les propriétaires l'encouragent également par des souscrip- 
tions et le public lui fait aussi le meilleur accueil. 

La réussite du concours de Bourges a encore cette fois dépassé toute attente. 



il24. GUNCULHS D'A-NIMAIX GRAS DK BOURGES. 

Ce succès engagera la Société à mieux faire, si c'est possible, pour l'avenir. 

La catégorie des animaux gras de l'espèce bovine était nombreuse et ne com- 
prenait que des animaux de choix dont quplf[ues-uns étaient fort remarquables 
par la régularité de leurs formes. 

Parmi les animaux qui ont obtenu les premiers prix dans cette catégorie nous 
citerons les suivants ; un jeune bu'uf durham rouge et blanc (trente-six mois) ap- 

Sartenant à M. Tiersonnier (Nièvre) ; un durham rouan (trente-deux mois), à 
[. Larzat (Cher) ; un nivernais blanc (vingt-quatre mois), à MM. Robet frères 
■Cher-) ; un durham nivernais rouge et blanc i^quarante-six mois) du poids de 
de 1,008 kilog., à M. Chaumereuil Nièvre) ; un durham rouge et blanc (qua- 
rante-cinq mois), de 9.37 kilog.. à M. Auguste Mativon (Cher); un durham eha- 
rolais rouge (trente-cinq mois', de 880 kilog., à M. F. Petit (Allier); un niver- 
nais blanc (quatre ans et dix moisi, de 1.128 kilog.. à MM. Robet (Cher); un 
bourbonnais jaune (quatre ans deux moisi, 1,050 kilog., à M. Ghaumereui 
(Nièvre); un durham charolais rouge et blanc (quatre ans cinq mois), de 
1,075 kilog., à M. Aug. Grasté 'Cher ; une vache nivernaise-charolaise blanche 
(huit ans), de 752 kilog., à M. Mary-Lépine (Chéri: une bourbonnaise jaune 
foncé (quatre ans), de 671 kilog., à M. (jasté (Cher ; une vache durham rouge 
et blanche (quatre ans cinq mois;, de 761 kilog., à M. Larzat (Cher . 

Le premier prix de bandes pour les bœufs est obtenu par quatre nivernais 
blancs de quatre ans, du poids de .3,701 kilog,, appartenant à M. (iasté (Cher ; 
le deuxième prix de bandes à des durham-charolais de deux ans huit mois, du 
poids de 3,035 kilog., appartenant à M. Suif ^Nièvre; 

Un premier prix de bandes est aussi attribué aux quatre vaches durham, 
blanches et rouges, de trois ans six mois, à M. Larzat iCner). 

Le prix d'honneur, destiné aux animaux gras de l'espèce bovine, a été décerné 
à un jeune durham (trente-cinq mois , à M. Tiersonnier (Nièvre!. 

Animaux gras de l'espèce ovine — Les premièies récompenses ont été accor- 
dées à un lot de moutons charmois, de M. Cnyot de Villeneuve Cher); aux south- 
down-berrichons, de M. Dubois Amiot (Cheri; aux berrichons de M. P. Laine 
(Cher); aux agneaux dishley-raérinos-berrichons de Mme la l)aronne de Laitre 
(Ghen; aux dishley-berrichons de M. Flin Cher. 

Animaux gras de l'espèce porcine. — Les sujets qui composaient cette caté- 
gorie n'étaient pas moins remarquables que ceux des espèces bovines et ovines. 
Les premiers prix ont été attrinués : à un yorkshire-windsor de M. Dubois 
(Cher); à deux yorkshire-craonnais de M. Chaput CJier ; à un yorkshir^-midles- 
sex de M. Gohin (Cher). 

Animaux reproducteurs de l'espèce cluivaline. — Cette catégorie comprenait 
de superbes étalons de gros trait et de trait léger. Les premiers prix ont été ol)te- 
nus par les animaux de MM. Cordier, Alartin, Rruère, Debrode, Lafay. 

Une médaille d'or, ofi'erte par la Société des agriculteurs de France, a été atlii- 
buée à un étalon de gros trait noir appartenant à M. Martin, à Mazières. 

Animaux reproducteurs de l'espèce bovine. — Dans cette section très nom- 
breuse, il y avait beaucoup de sujets qui mériteraient une mention spéciale, 
mais l'espace m'étant limité, je me bornerai à signaler ceux qui ont été classés 
les premiers. D'abord, un taureau charolais blanc (neuf mois) de M. Gentil, aux 
Bourgoings, près La Guerche; un charolais-nivernais blanc (sept mois) de 
M. Bourdeau, à Gariguy canton de Sancergues : cinq charolais blancs 
(onze moisj de M. Chaput, à Gerrnigny près La Guerche ; deux durham rouges 
et blancs (neuf mois) de M. Larzat, à Germigny ; un durham rouan (un an huit 
mois) de M. Denoux, à Orval près Saint-Amand. Un pri.c d'honneur a été 
décerné à M. Auguste Massé, à Germigny, pour son taureau durham (neuf mois) 
rouge et blanc. 

Animaux reproducteurs de l'espèce ovine. — Les animaux de MM. Massé, 
Guyot de Villeneuve, Laine (Pierre), Edme (Jean), Laine iPaul), ont remporté les 
premières récompenses. 

Les berrichons de M. Laine (Pierre) ont obtenu un prix d'honneur consis- 
tant en une médaille d'argent offerte par la Société des agriculteurs de France. 

Machines et instruments agricoles. — Cette partie de l'exposition a été aussi 
complète et aussi intéressante que l'on pouvait le désirer. Parmi les construc- 
teurs qui_ y ont pris part, je citerai la Société Irançaise du matériel agricole, 
M. Merlin, à, Vierzon MM. Presson. Bahu, Raynaud, Bernard à Bourges. 

Franc, 

Professeur départeitipntal d'açTricnltiiro li Boiirsf^. 



COMMERCE A5RIC0LE EN 1884. 225 



LE COMMERCE AGRICOLE EN 1884 

L'administration des douanes vient de publier son recueil annuel de 
documents statistiques sur le commerce de la France avec Tétranger. 
Nous allons extraire de ces tableaux ce qui se rapporte aux produits 
de l'agriculture et aux industries qui s'y rattachent, en comparant les 
résultats de Tannée 1884 à ceux des deux années précédentes. 

En ce qui concerne les céréales et les farineux alimentaires, les 
importations et les exportations ont présenté le mouvement suivant au 
commerce spécial : 

IMP ORTATIONS (qui ntaux métriq ues). EXPORTATIONS (qui ntaux métriq ues). 

1882 1883 1884 1882 1883 1884~~ 

Froment el métcil. l-i,94G,98l 10,117,(573 10,548,064 84,004 103,713 39,9-ir. 

Seigle •20,3-M 27,373 32,667 1,058,687 1,040,386 750,8(32 

Maïs 1.887,148 2.358,392 2,389,377 160,807 144.934 78,197 

Orsre 1,473 217 1,185,901 1,452,642 9.59,067 1,305,910 l,176,r,->] 

Avoine 3, 177, .573 2,830,239 2,932.673 125,978 161.223 174,950 

Farine de froment. 326,656 430,890 503,493 97,412 122,756 86,275 

Pommes de terre.. 151,228 212,207 195,098 1,667,967 1,618,500 1,205,713 

Légumes secs 8.59,524 950,107 731,240 311,708 305, .5(59 20(3,340 

Il ressort de ce tableau que les importations de grains et de farines 
ont encore été, en 1884, supérieures à celles de 1883. La récolte de la 
France ayant, cette année, dépassé pour le froment celle de 1883, de 
5 millions de quintaux environ, on voit quel encombrement il en est 
résulté sur les marchés français, et combien l'agriculture a raison de 
demander qu on 1 aide à combattre l'avilissement des prix résultant 
d'un pareil état de choses. Les principaux pa3'S importateurs ont été, 
en 1884; les Etats-Unis, 2,969,000 quintaux"; la Russie, 2,636,000; 
les Indes anglaises, 1,620,000; l'Australie, 1,148,000; la Turquie, 
713,000 quintaux. L'augmentation provient surtout de l'Australie qui, 
en 1884, a expédié sur la France 1 million de quintaux de plus que 
l'année précédente. — Pour les orges, on constate la part plus 
grande prise dans les importations par l'Algérie, dont le chiffre est 
de 300,000 quintaux plus élevé que ceux des deux dernières années. 

— Les chiffres des exportations présentent des diminutions sensibles 
pour presque toutes les sortes de marchandises ; celle du seigle provient 
de la réduction des demandes de la Belgique et de l'Allemagne ; celle 
des pommes de terre, de la Belgique et de l'Angleterre principalement, 
ces deux pays nous ayant demandé chacun 200,000 quintaux environ 
de moins que précédemment. 

Pour les fruits frais, la situation a été meilleure. AOs exportations ont 
augmenté de 10 millions de kihjg., et nos importations ont 
diminué de plus de 7 millions. Voici les chiffres : exportés en 1884, 
33,500,000 kilog; en 1883, 23 millions; importés en 1883, 

19 millions; en 1884, 11 millions et demi. Ces chiffres ne com- 
prennent pas les oranges, citrons et autres fruits des pays méridionaux. 

— L'importation des raisins secs provenant de Grèce et de Turquie a 
été de 61 millions de kilog. en 1884, contre 66 millions en 1883 et 
64 millions en 1882. — Quant aux légumes verts, les exportations se 
sont élevées à près de 22 millions de kilog., un peu moins que l'année 
précédente ; mais les importations ont été supérieures, elles ont atteint 

20 millions et demi de kilog., contre 19 millions en;l 883. C/est toujours 
l'AngleteiTe qui est le principal débouché pour nos exportations. 



226 COMMERCE AGRICOLE EN 1884. 

A côté des céréales, les sucres sont un des produits de notre indus- 
trie agricole les plus menacés par la concurrence étrangère. Sous ce 
rapport la situation ne s'est pas améliorée. Voici le tableau des impor- 
tations et des exportations pendant les trois dernières années : 

IMP ORTATI ONS (qaint anx métriq ues). EXPORTATIO NS (qui iitauxj im^rii|Ui's). 

188'2 1H83 1884 188'2 1883 (88'i 

Sucre (le canne brut,. 1,569,821 1,108,648 1,108.093 34 14 248 

Sucre de Letterave brut 751,895 882,638 897,734 397,429 469,298 208,360 

Vergeoises.. 47,409 48,347 94, 27.';. 41,605 30,650 17,303 

Sucres raflinés candis. 15,7.55 15,347 16,889 789 780 694 

— autres. 313 281 71,547 1,139,402 1,195,394 1,118,489 

On Aoit qus nos exportations de sucres raffinés ont diminué de 
près de 80,000 quintaux métriques par rapport à celles de 1883 ; elles 
sont d'ailleurs inférieures de 300,000 quintaux à la moyenne relevée 
de 1878 à 1880. iXim autre côté les impf)rtations de sucres bruts de 
betterave ont encore augmenté. Comme nous le faisions ressortir à 
propos des tableaux de douane de 1883*, l'Allemagne envabit de plus 
en plus notre marché sucrier, et c'est elle sui'tout qui a profité de la. 
réduction momentanée des droits opérée en France. Voici la marche 
ascendante qu'ont suivie ses importations de sucre brut chez nous : en 
1882, 321 ,000; en 1883, 470,000 ; en 1884, 541 ,000 quintaux. 

Les chiffres relatifs au commerce des vins accusent un peu de 
ralentissement dans les transactions. Les importations de vins ordi- 
naires en fûts, qui avaient été de 8,822,555 hectolitres en 1883 n'ont 
été que de 7,979,610 en 1884; lesvinsen bouteilles ont eu, il est vrai, 
une légère augmentation, qui se traduit par 1,000 hectolitres seule- 
ment. Les importations de vins de liqueur, qui s'élevaient à 
153,000 hectolitres en 1882 et 154,000 en 1883, sont descendues en 
1884 à 133,000 hectolitres. — Quant aux exportations, les vins en 
fûts avaient donné 2,579,853 hectolitres en 1882 et 2,500,000 en 1883: 
ils n'ont fourni pour 1884 que 2,434,727 hectolitres. Les vins de 
liqueur ont également un chiffre moindre : de 38,000 hectolitres en 
1882 et 1883^ il s'est abaissé à 35,000 hectolitres. 

Pour les eaux-de-vie, les résultats sont plus satisfaisants. Les 
importations sont restées à peu près les mêmes que celles de Tannée 
dernière : 7,750 hectolitres en 1884, contre 7,443 hectolitres pour les 
eaux-de-vie autres que celles de vin; et 62,217 hectolitres coTitre 
62,207 pour les alcools de tous genres. — Mais les exportati(ms 
d'eaux-de-vie de vins se sont élevées de 193,000 hectolitres en 1882 
et 198,000 hectolitres en 1883, à 203,000 hectolitres en 1884. Pour 
les autres natures d'alcool, les exportations ont oscillé de 1 1 ,000 hecto- 
litres en 1882 à 25,000 en 1883, et sont redescendues à 20,000 
en 1884. — Les exportations de liqueurs ont" continué leur moine- 
ment ascendant :. elles étaient de 2,589,000 hectolitres en 1882, de 
3,011,000 en 1883; elles ont atteint en 1884, 3,354,000 hectolitres. 

Les importations de bières oîit diïnhlué; elles avaient été de 
414,000 hectolitres environ en 1882 et 1883; il n'en est entré en 
France, en 1884, que 381 ,000 hectolitres ; eest sur les arrivages de 
l'Allemagne que porte cette diminution. Les exportations, par contre, 
se sont élevées de 26,000 hectolitres en 1883 à 39,000 hectolitres en 
1884. Les quantités de cidres exportées en 1884 sont également supé- 
rieures à celles de 1883 : 17,000 hectolitres contre 10,000. 

1. Voir le tome 1 de 1884, p. 146. 



COMMERCE AGRICOLE EN 1884. 2'z7 

Dans le commerce des engrais, le fait capital qui ressort est l'aug- 
mentation considérable des importations de guano ; ce fait est dû à la 
cessation de la guerre entre le Pérou et le Chili. Ces importations qui, 
de 140,000 quintaux en 1881, étaient descendues à 75,000 en 1882 
et à 1 1,000 en 1883, sont remontées en 1884, à 663,000 quintaux. 
Les exportations ont été que de 79,000 quintaux, chiffre inférieur de 
26,000 quintaux à celui de 1883. — Les importations d'autres engrais 
animaux ont été de 576,000 quintaux, contre 603,000 en 1883, et 
589,000 en 1882; les exportations ont également peu varié : de 
45,000 quintaux en 1883, elles se sont élevées à 464,000 quintaux en 
1884; la différence entre les importations et les exportations est 
moindre que l'année dernière. — En ce qui concerne les tourteaux, 
les entrées en France ont diminué. On constatait, en 1882 et 1883, 
410,000 quintaux à l'importation ; en 1884, ce chiffre est descendu à 
318,000. Par contre, les exportations se sont élevées de 1 ,01 8,000 quin- 
taux en 1883, à 1,113,000 quintaux en 1884. — Pour les engrais 
minéraux, on remarque raccroissement de l'importation des phos- 
phates naturels, qui a été de 249,000 quintaux en 1884, contre 
112,000 en 1883, et 62,000 en 1882, tandis que les exportations di- 
minuaient de 74,000 quintaux en 1883 à 28,000 quintaux en 1884. 
— L'importation du nitrate de soude naugmente pas; dé 916,000 
quintaux, elle est descendue en 1884 à 826,000 quintaux. 

A. Ferlet. 

PISCICULTURE. - ALTERATION DE LTEUVEE 

La truite fraie en ce moment dans les froides eaux de la Biaise (Haute- 
Marne). C'est ce que nous avons pu constater le 5 janvier dernier, alors 
que pour nous conformer au programme d'enseignement de la pisci- 
culture, nous cherchions à nous procurer les reproducteurs nécessaires 
aux démonstrations qui ont été faites devant les élèves de l'école pra- 
tique d'agriculture de Saint-Bon. 

Nous n'avons pas l'intention de rappeler ici les détails de la ponte 
et de la fécondation artificielles. Ces opérations sont aujourd'hui 
connues de tout le monde et, si elles exigent un certain soin, elles ne 
présentent du moins aucune difficulté sérieuse. 

Le fait suivant prouve que si la célérité dans 1 exécution est à recher- 
cher, on ne doit pas cependant s'effrayer outre mesure des incidents 
qui peuvent se présenter. 

Parmi les n-ufs qui couvrent les augettes du petit laboratoire de 
Saint-Bon, il s'en trouve qui ont été fécondés, une demi-heure après 
la mort de la femelle, par la laitance d'un mâle qui venait également 
d'être sacrifié. Ces œufs au nombre de 259 avaient échappé à nos 
investigations lors de la ponte artificielle que rous avions opérée rapi- 
dement dans la crainte de manquer à la célérité si recommandée. 

Or sur ces 259 œufs, 17 se sont altérés dans les trois premiers jours 
de l'incubation; depuis cette époque (10 janvier), aucun d'eux 
n'a blanchi. 

Il est juste de dire que des 1 ,500 œufs obtenus de cette même truite 
et régulièrement fécondés, 2 seulement ont dû être enlevés dans le 
même espace de temps. 

Les recommandations des pisciculteurs ont donc leur raison d'être; 



228 PISCICULTURE. 

mais ce résultat n'en est pas moins rassurant et nous désirons qu'il 
inspire confiance à ceux qui hésiteraient, de peur d'un insuccès, à se 
livrer aux intéressantes opérations de la pisciculture artificielle. 

Il est évident que la réussite est entièrement subordonnée à la pos- 
session de reproducteurs dans un état satisfaisant de santé et de matu- 
rité, la véritable difficulté réside précisément dans cette nécessité. 
Deux méthodes sont en présence pour se procurer les poissons : 
r Prendre, alors que la pèche est facile,, des mâles et des femelles, 
(juelon conserve séparément dans des réservoirs ou des boutiques. 

2° Pêcher, aux époques de la fraie, les reproducteurs sur les lieux 
qu'ils ont l'habitude de fréquenter. 

La première méthode semble, au premier abord, la plus rationnelle. 
La pèche des truites au moment de la fraie, c'est-à-dire au mois de 
janvier dans notre localité, est en effet rarement fructueuse. ><ous avons 
toujours, à cette époque, ou des pluies persistantes ou des tempéra- 
tures très hasses et, comme conséquence, nous l'encontrons des eaux 
trop abondantes ou trop claires. Dans un cas comme dans l'autre, la 
pêche est pénil)le et ne donne que des résultats ])eu satisfaisants. 

Il n'en est pas moins M*ai que c'est à cette dernière méthode que 
nous avons dû nous arrêter. 

On comprend qu'il a fallu des faits bien constatés pour nous déter- 
miner à abandonner les agi'éables pèches d'été et à faire reposer tout le 
succès de la pisciculture sur les rares captures que l'on peut opérer, 
en hiver, sur les bords glacés ou submergés de la Biaise. 

C'est, (juen effet, nous navons jamais pu oJ)tenir aucun œuf des 
truites conservées dans nos ])0utiques. 

Des reproducteurs enfermés, en juillet 1883, dans des boîtes en 
bois bridé et percé, avaient encore, en janvier et février 1884, la lai- 
tanc-e et loeuvée. Lautojjsie nous a permis de reconnaître (jue les 
œufs, au lieu d'être ijormalement développés, libres dans le liquide 
sécrété par l'ovaire, étaient atrophiés, adhérents. Leur expulsion était 
d'ailleurs totaleuient impossilde. Or, les truites étaient restées dans 
leur milieu naturel, de nombreuses ouvertures leur assuraient l'arri- 
vée de l'eau courante, on avait pourvu à leur nourriture ; la réclusion 
est la cause qui semble devoir être invoquée pour ex]jliquer laltération 
de l'œuvèe. Le même accident s'est produit sur des carpes conservées 
en réservoir depuis le mois d'octobre, époque de la pêche des étangs, 
jusqu'au mois de juillet où elles ont été apportées à l'école. L'œuvée 
formait une masse compacte entourée dun liquide sanguinolent. 
Les conséquences pratiques de ces observations sont les suivantes : 
La conservation des reproducteurs peut être avantageuse quand on 
dispose de grands bassins dans lesquels le poisson trouve, en même 
temps qu'un milieu approprié, une apparente liberté sans laquelle 
l'évolution de ses organes génitaux est incomplète. 

Dans les circonstances ordinaires, alors qu on ne peut se servir que 
de boutiques dont la capacité est toujours très restreinte, on ne doit 
pas hésiter à se procurer des étalons au voisinage de leurs frayères 
naturelles de façon à n'avoir à les surveiller que pendant le court 
espace de temps qui s'écoulera avant leur maturité complète. 

Grâce aux conseils de notre maître, M. Chabot-Karlen, ce derniei* 
procédé nous a parfaitement réussi. F. Bertiiàult, 

Sour^-ilii-ecti-iir ili^ récolc pralii|in' d";ii.'ric'iilhirH ilc S.-niil-Hi.ii . 



LES GAUSr<:S DE LA GRISE AGRICOLE. 229 

LES CAUSES DE LA CRLSE AGRICOLE 

I. Notre régime économique. — Lorsque les traités de 1861 furent 
conclus, l'agriculture française jouissait d'une admirable prospérité, 
et cet heureux état de choses se continuait, sauf l'arrêt de 1870, 
jusqu'en 1877. La production' moyenne du blé, qui était de 
80 millions d'hectolitres de 1836 à 1856, s'élevait à 100 millions 
de 1856 à 1876, et atteignait, en 1874, 133 millions d'hectolitres. Le 
])rix de vente s'élevait, dans les périodes correspondantes, de 21 fr. 66 
à 23 fr. 58. Presque tous les autres genres de la production agricole 
suivaient une progression semblable. Grâce à la suppression de l'échelle 
mobile, les importations avaient bien augmenté dans des proportions 
considérables, mais les exportations suivaient un mouvement analogue. 
La valeur du sol, sous la double influence de l'augmentation du revenu* 
et de l'activité de la demande, atteignait un niveau inconnu jusqu'alors : 
l'hectare, estimé 1,000 francs en 1850, valait 1,860 francs en 1877. 

On ne manqua pas alors de crier bien haut ces magnifiques résul- 
tats et de les attribuer, au moins en grande partie, au régime libéral 
de 1860. 

Mais la situation était déjà bien changée lorsqu'en 1879 on com- 
mença à discuter la question du renouvellement des traités de com- 
merce. Des récoltes médiocres avaient amené en France un courant 
supplémentaire d'importation. Précisément, à cette époque, les Etats- 
Lnis traversaient une terrible crise industrielle. Les caj^itaux se détour- 
naient des exploitations compromises et cherchaient un emploi. Cette 
coïncidence détermina la spéculation à se lancer dans les entreprises 
agricoles : la production du blé s'élevait en deux ans de 47 millions 
d'hectolitres* et cet accroissement s'est continué depuis. La France 
fut d'autant mieux inondée de ces produits que presque toute l'Europe 
faisait en même temps des récoltes assez bonnes. Ajoutons à cela que 
la guerre d'Orient avait accumulé en Russie un stock de deux années 
qui demandait à être rapidement écoulé, et que la récolte de 1879 pro- 
mettait d'être des plus mauvaises. 

L'agriculture s'émut : franchement libérale jusque-là, elle com- 
mença à passer dans le camp opposé. La réunion du Grand-Hôtel, en 
février 1879, marque le point de départ de cette évolution. Mais le char 
du libre-échange était trop bien lancé pour arêter sa course. On eut 
bientôt fait d'expliquer cet à-coup dans la marche triomphale. Les 
causes du malaise dont vous vous plaignez, disait-on, sont de deux 
ordres : permanentes et transitoires. Les premières (impôts, manqu^ 
de bras, etc..) subsisteront en dépit de tous les droits protecteurs pos- 
sibles ; quant aux autres, elles sont destinées à disparaître à bref délai 
et l'agriculture française a assez de vitalité pour sortir victorieuse de 
cette crise. Puis le mal est-il si profond? « La rente de la terre s'est- 
elle abaissée ? Sa valeur vénale a-t-elle diminué? Les populations sont 
elles plus pauvres ? Ne sont-elles pas au contraire mieux nourries, 
mieux logées, mieux vêtues? » Que si l'on examine les faits de plus 

1. En 1877, M. Léonce de Laverj^ne [Economie rurale de la France) portait à 7 milliards et 
demi le revenu agricole du pays au lieu de 5 milliards en 1850. 
2- Prodnction américaine en hectolitres : 

1870 — 82 millions 1876 — 101 millions 1878 — 147 millions 

1872 — 87 — 1877 —127 — 1882 —176 — 



230 LES GAUSP:S DE LA CRLSE AGRICOLE. 

près, l'avenir apparaîtra dégagé de tous les nuages sombres qu'une 
école rétrograde y accumule comme à plaisir. La Russie n'aura pas 
toujours un stock à nous expédier; les récoltes américaines ne seront 
pas toujours aussi favoraJdes. Viennent quelques bonnes années et avec 
elles s'évanouiront les craintes chimériques et le fantôme de l'invasion 
américaine. Il était facile d'ailleurs d'établir l'inanité de ces craintes, 
ce Le prix de revient des blés américains au Havre, écrivait 
M. Ch. de Verninac,^ n'a jamais pu descendre au-dessous de 24 francs 
les 100 kilog., non compris les frais de magasinage, chargement et 
commission. Encore ce prix de revient n'a-t-il pu être atteint que grâce 
à une lutte violente de tarifs entre canaux et chemins de fer, qui a, 
pendant toute l'année, diminué de 50 pour 100 les frais de transport 
des blés des Etats de l'Ouest aux ports d'embarquement. Ces luttes, 
inconnues chez nous, sont fréquentes aux Etats-Lnis, mais se ter- 
minent toujours par une entente entre les compagnies rivales, qui, après 
s'être (combattues, cherchent d'un commun accord, par un relèvement 
des tarifs, à faire payer au consommateur les frais de leurs discussions. 
On peut donc afhrmer, si l'on sait dégager son esprit des préoccu- 
pations de Iheure présente et envisager froidement l'avenir, que l'im- 
portation américaine restera pour notre agriculture un stimulant salu- 
taire, l'obligeant sans cesse à de nouveaux efforts pour soutenir la 
concurrence, mais ne doit être pour elle ni un danger véritable ni une 
cause de découragement. » 

Un rapport de MM. Clarellead et Albert Pell, délégués du Parlement 
anglais aux Etats-Unis, fixait le prix de revient chez le fermier améri- 
cain, à 12fr. 1 hectolitre, soit à 20 fr., prix minimum, dans les 
ports européens. 

A vrai dire, toute la peine que l'on se donnait alors pour combattre 
les partisans des droits compensateurs, les néo-protectionnistes, comme 
on les appelait ironiquement, était assez inutile. L'immense majorité 
des esprits était (convertie aux séduisantes doctrines de la liberté 
commerciale. 

Orque reste-t-il aujourd'hui des prophéties optimistes des vainqueurs 
de 1880? Et sait-on ce que nous réserve l'avenir? N'est-il pas permis 
de prévoir une réduction des frais de la production américaine à ses 
débuts. Le coût du transport n'est-il pas resté considérablement 
réduit? ^ Mais objectera-t-on, la consommation a ses limites et les 
Etats-Unis marchent à une crise agricole comme ils sont arrivés déjà 
à une crise industrielle. Dès à présent on peut en constater les symphj- 
mes. Soit; mais la production industrielle pour s'être équilibrée, on 
sait avec quelles difficultés, en fait-elle aux industries européennes une 
concurrence moins ruineuse? — Qu'arrivera-t-il? — L'encombrement 
amènera un nouvel avilissement des cours, auquel certains ne pour- 
ront résister, mais les exploitations les plus viables resteront deijout, 
perfectionneront leur outillage, et n'en seront ({ueplus redoutables. (Test 
là ce qui s'est produit vei*s 1878 pour l'industrie, et, étant donnés les 
modes spéciaux de la production agricole américaine, les deux termes 
sont de tous points comparables. 

Laissons de c()té la production indienne, — peut-être plus à craindre 
dans le présent que dans l'avenir en raison de sa perfectibilité difficile, 

l. Ch. de Verninac — La liberté des échanges — décembre 1879. 

1. Depuis 1869, les frais de transport du blé, par eau ou par rails, de Ciiicago à New-York 
ont été réduits des deux tiers. 



LES CAUSES DE LA CRISE AGRICOLE. 231 

— et n'essayons pas de prévoir des chances de concurrences plus désas- 
treuses encore. Mais, pour rester dans le présent et dans le certain 
constatons qu'en dépit de tous les calculs les blés étrangers sont livrés 
au Havre et à Marseille au-dessous de 16 fr. l'hectolitre. Et nous le 
demandons à notre tour : la rente de la terre s'est-elle abaissée? sa 
valeur vénale a-t-elle diminué? 

L'agriculteur expie cruellement sa confiance dans l'avenir. On se 
rappelle seulement avec quel enthousiasme il votait contre les propo- 
sitions restrictives du gouvernement de M. Thiers, et l'on ne veut pas 
voir le chemin parcouru depuis. S'il n'avait pas été alors aussi désinté- 
ressé, s'il avait imité l'exemple de la haute industrie, peut-être les 
esprits seraient-il mieux préparés aux nécessités de l'heure présente 
peut-être les théories spécieuses des «produits de première nécessité» 
ne se seraient-elles pas autant accréditées. 

Et cependant, la situation est malheureusement très nette. L'agri- 
culture française est actuellement impuissante à soutenir la lutte pour 
l'existence. — Qu'elle se modifie ! — Oui; mais pendant cette période 
de transition, pendant que s'opérera cette évolution encore presque indé 
terminée, les agriculteurs auront le temps de périr cent fois si vous ne 
les assurez pas contre les attaques du dehors. Sans les tarifs Morill, les 
industries américaines à leurs débuts eussent-elles pris le rapide essor 
que nous savons? Et il est facile d'établir que, plus que n'importe 

quelle industrie, une agriculture naissante — ou renaissante a 

besoin de protection. Qu'un capitaliste veuille exploiter tel genre de 
production industrielle que ce soit, il étudiera les modes déjà employés 
ou similaires, les débouchés, et lorsqu il se sera entouré de tous les 
devis nécessaires, il pourra se lancer presque à coup sûr. L'agriculteur^ 
au contraire, n'a que de vagues données, vraies sur tel point, fausses 
sur tel autre; ce qu'il lui faut étudier, c'est son propre domaine, et 
même chaque partie de celui-ci; et tous ces tâtonnements, entravés par 
mille causes d'erreur, lui causent autant de pénibles préjudices, sans 
compter les aléas auxquels, plus que tout autre, il est soumis. Une 
transformation industrielle s'opère en quelques jours ; une transfor- 
mation agricole est l'œuvre du temps, «cette étoffe dont la vie est faite» 
disait Franklin. 

En assurant à l'agriculture une protection efficace, le léi^islateur 
fera non seulement une œuvre politique, mais aussi une œuvre de 
justice. « M. Amé a évalué à plus de 2 milliards la prime pjiyée, de 
1820 à 1850, aux producteurs de fer en France ^ » Les agriculteurs 
n'ont-ils pas soldé une partie de cette prime, et sont-ils moins inté- 
ressants que les actionnaires des hauts-fouraeaux ? Mais tout a été dit 
à ce point de vue. 

Pour rester sur le terrain strictement économique, constatons seu- 
lement que les Etats-Unis, l'Allemagne, la Russie ont entendu les 

doléances des produ<,'teurs. La France seule sacrifiera-t-elle ses intérêts 
les plus vitaux à ceux de l'étranger? Si l'Angleterre produisait du blé, 
soyons bien assurés qu'elle trouverait un moyen de se défendre, diit- 
elle sacrifier les principes. N'en avons-nous pas comme preuve l'histoire 
de l'importation du bétail français, la seule qui pût lui porter préju- 
dice? C'est seulement lorsqu'il comprit que les producteurs anglais 
n'avaient rien à redouter de l'étranger que Robert Peel passa bruyam- 

1. Fournier de Flaix. — Les Traités de commerce et leurs effets. 



232 LES CAUSES DE LA CRISE AGRICOLE. 

"ïnent au free tra4e. (Test ainsi que M. Tliiers entendait la liberté eom- 
merciale. Nous aussi, le jour où nous n'aurons plus rien à craindre 
du dehors, nous jetterons bas avec joie la dernière barrière de la 
douane, et l'agriculteur ne sera pas le moins enthousiaste. 
{La suite prochainement.) E. Leclalnche. 

LA CRLSE DU SUCRE EN AUTRICHE. — II 

Cette crise amène naturellement de nombreuses difficultés entre les 
fabricants et les producteurs; la livraison des betteraves ne s'opère 
pas sans discussions, récriminations, parfois sans procès. La Gazette 
agricole de Vienne, dans son numéro du 29 octolu-e, nous en donne un 
spécimen. Un de ses correspondants attaque vivement les procédés 
employés par les fabricants pour la réception des betteraves. Il prétend 
que sur la jjalance de la fabrique on examine les betteraves par le pro- 
cédé de la broche de lialling, dans certains cas fort rares par la pola- 
risation, mais que le résultat de ces recherches ne serait pas commu- 
niqué souvent lorsque la polarisation prouve un très haut rendement 
en sucre. Ensuite on retient à la fabi'ique 80 kreutzers |)ar quintal de 
betteraves au lieu de retenir seulement 60 à 63 kreutzers, ce qui pro- 
duirait pour une seule campagne un bénéfice de 40 à 60,000 florins. 
Enfin les31 inspecteurs et les 4 inspecteurs en chef, créés en 1880, lors 
de la modification du régime des impôts, dans le but de contrôler les 
compteurs du système de la diffusion, ne coûtent pas moins de 
177,414 florins, dépense qui lui semble absolument inutile, leurs 
fonctions pouvant être remplacées parla surveillance d'un inspecteur 
des linances, pour le cas où les compteurs seraient déi'angés. 

Ces reproches, assez durs et assez graves, ne sont pas du goût de 
M. de Proskowetz junior, qui taille sa bonne plume pour répondre 
et à ces articles et à la question : Que doit faire lagriculture en pré- 
sence de ce que l'on a])pelle la crise du sucre? {Ga::. 5 novembre). 
D'abord la fajjrique est restée plus fidèle à l'agriculture qu'on ne le 
prétend : longtemps elle a payé la betterave au même prix alors que 
que les sucres étaient avilis. Donner le conseil d'abandonner la culture 
de la betterave parce quelle rapporte moins momentanément, ce serait 
faire de nos campagnes un désert. Les blés sont à la baisse. Ils baisse- 
ront encore quand l'Amérique prêtera à Cuba l'appui de ses capitaux. 
Le monopole auquel on prétendait pour l'orge ne tardera pas à dispa- 
raître ; les rapports des consuls au ministère du commerce annoncent 
que l'Amérique et le (Canada jjrincipalement produisent cette céréale, 
etbientôt surles places d'Europe paraîtra forge d'Amérique en grande 
quantité, en bonne qualité. Remplacera-t-on les champs de betteraves 
par des champs d'orge en présence de cette éventualité, alors que la 
concurrence intérieure est déjà si grande? Se livrera-t-on à la culture 
maraîchère, aux cultures spéciales'/ C'est là un bien mince déjjouché. 
Un brave homme a gagné à cultiver du muguet, sur deux arpents, 
1 ,000 francs net par arpents. Voyez-vous des centaines de cultivateurs 
se livrant à cette culture? La laiterie, l'élève du bétail, rien ne peut 
compter sur la durée. Le principe de la crise dans laquelle nous nous 
trouvons, c'est la lutte de la betterave contre la canne à sucre. La 
culture peut souhaiter ardemment (jue la betterave triomphe. Non, ce 
n'est pas le prix de la betterave qui est le principe de la crise. Suivant 



LA CRISE DU SUCRE EN AUTRICHE. 233 

M. Proskowetz, il ne s'agit pas tant de savoir s'il faut cultiver la bette 
rave, mais comment il faut la cultiver, pour qu'elle soit bonne, à bon 
marché, et lucrative encore à bas prix et aux plus dures conditions. 

M. Proskowetz a recueilli cette impression en Allemagne que le 
petit cultivateur y cultive aussi bien que les gros régisseurs des do- 
maines autrichiens. Il a parcouru en long et en large d'immenses 
champs de betteraves, il a analysé leur richesse et il ne donne des 
affirmations qu'en connaissance de cause. L'Allemagne a atteint les 
rendements en quantité obtenus par les agriculteurs français, avec 
une qualité supérieure. La France ne sera pas en état\ malgré la sur- 
taxe et d'autres mesures analogues, de lutter contre cet essor. Et à 
l'appui de son assertion, l'auteur cite des résultats assurément fort 
beaux que plusieurs agriculteurs de sa connaissance ont obtenus sur 
leurs terres. Et cependant leurs rapports avec les fabricants de sucre 
seraient fixés avec la plus stricte rigueur. Dans certains cas les clauses 
des marchés de betteraves sont sanctionnées par des amendes extrême- 
ment élevées. Une fois une indemnité de 1 .300 marks (1 ,332 fr. 50) a 
été payée pour avoir fumé avec du salpêtre du Chili, une autre fois 
280 marks pour n'avoir pas cultivé avec une charrue à quatre chevaux ! 
Autres pays, autres mœurs! 

L'idée dépaver la betterave d'après sa qualité lui paraît aujourd'hui 
encore impraticable au moins en grand. Empruntons-lui encore, pour 
terminer, ce résumé si triste de l'état de la fabrication sucrière en 
Autriche. Les frais par quintal brut de sucre s'élèvent, savoir : j 

Prix de la betterave 12 (lor. 50 kreutz. 

Impôt fi _ 30 _ 

Frais de falji'icatioii 7 — 63 — 



Au total -ifi llor. 43 kreutz. 

Comme le prix de vente est de 21 .70, 22 et 23 flor., la perte s'élève 
à 4 flor. 73, 4 flor. 43 et 3 flor. 43, soit pour une fabrication de 
200,000 quintaux à 94,000, 88,000 et 68,000 flor. — Il est à obser- 
ver qu'il n'est pas question dans ce compte de l'intérêt des dettes, de 
l'escompte de l'intérêt du capital, de l'amortissement du matériel, etc. 

Pour l'avenir, il faut compter sur les progrès de l'agriculture et 
aussi sur l'augmentation de la consommation. Déjà en Aiiû-leterre le 
bon marche du sucre a amené pour conséquence son emploi dans 
l'alimentation des animaux. L'Etat peut aussi faire quelque chose, 
mais sans toucher au système d'impôts ; les établissements de com- 
merce et de crédit peuvent aider en quelques points. Mais le mieux 
de tout aux yeux de M. Prokowetz, c'est encore « aidons-nous pour 
notre salut. » '] 

Eïi résumé, la crise du sucre en Autriche est tout aussi terrible que 
la crise de notre industrie sucrière française; le malheur d'autrui, s'il 
n'est pas consolant pour nos propres misères, nous fait voir que les 
causes du mal sont générales ; ne nous décourageons pas plus que 
nos voisins. S'il faut compter surtout maintenant sur l'habileté de nos 
cultivateurs, en France comme en Autriche, nous avons tout espoir. 
Les communications des plus avancés d'entre eux comme M. Desprez, 
de Capelle, nous font voir que sur ce terrain-là nous réussirons aussi. 
Suivons ces exemples et le succès reviendra à tous les degrés, pour les 
grands comme pour les petits agriculteurs. P. du Pré-Collot. 

1. Je prie le lecteur de bien remarquer que c'est M. Proskowetz qui parle et je crois utile da 
connaître son opinion et de la faire connaître à nos agriculteurs sans en garantir rexactitude. 



234 SOCIÉTÉ ISrATIONALE D'AGRICULTURE DE FRANCE. 



SOCIÉTÉ NATIONALE D'AGRICULTURE 

Séance du 4 février 1885. — Présidence de. M. Chevreul. 

M. le secrétaire perpétuel informe la Société de l'état de santé de 
M. Léon Say qui pourra revenir à la Société pour la prochaine séance. 

M. le ministre de la guerre adresse à la Société les 57" et 58** livrai- 
sons de la nouvelle édition de la carte de France au 80,000* revisée. 

M. le ministre de l'agriculture envoie à la Société des cartes de cir- 
culation pour visiter le concours général agricole. 

M. Levasseur pose sa candidature à la place de membre titulaire 
Isissée vacante dans la section d'économie, de statistique et de 
législation agi'icoles par suite du décès de M. Gaudin. 

M. Sagnier offre à la Société le premier fascicule du Dictionnaire 
d'agriculture, commencé par M. Barrai, le regretté secrétaire per- 
pétuel de la Société, et qui sera continué sous sa direction. 

M. le secrétaire perpétuel signale parmi la correspondance imprimée 
plusieurs brochures concernant la crise agricole. Ce sont : La pro- 
duction agricole en France, son présent, et son avenir, par M. Gran- 
deau; Données statistiques sur la question du blé, par M. Cheysson, 
ingénieur en chef des ponts et chaussées ; Etude géologique sur les 
terres à blé en France et à l'étranger, par M. Ronna; La crise agricole 
en Europe, par M. 0. Broch; Les droits sur les blés, par M. Marius 
Morand; La liberté commerciale et le droit projeté sur les blés, par 
M. Aynard. 

M. Renou présente le résumé des observations météorologiques faites 
à l'observatoire du parc de Saint-Maur pendant le mois de jan- 
vier 1885- 

M. Muret offre à la Société une brochure sur les droits de douane 
siir les céréales étrangères et principalement sur le maïs. 

M. Paul Mares fait une communication sur la météorologie agricole 
de l'Algérie pendant les derniers mois de 1 884. 

M. le ministre de l'agriculture adresse l'ampliation du décret approu- 
vant l'élection de M. Bertlielot comme membre titulaire de la Société- 
— M. Chevreul invite M. Berthelot à prendre place parmi ses 
confrères. 

La Société se forme ensuite en comité secret pour entendre la lec^ 
ture du rapport sur les titres des candidats à la place de membre titu- 
laire laissée vacante dans la section des cultures spéciales. 

La section présente : en première ligne, M. Henry Vilmorin ; en 
deuxième ligne, M. Joseph Boussingault. L'élection aura lieu dans la 
séance du 11 février. Georges Marsais. 

R'E.VUE COMMERCIALE ET PRIX COURANT DES DENRÉES AGRICOLES 

(7 FÉVRIER 1885). 
I. — Situation générale. 
Les marchés agricoles ont repris, à la suite du dé^el, leur physionomie ordi- 
naire.. Les apports sont suivis, et les transactions, sans être très actives, per- 
mettent en général le maintien des cours. 

II. — Les grains et les farines. 
Les tableaux suivants résument les cours des céréales, par QUINTAL MÉTRIQUE, 
sur les principa-ux marchés de la France et de l'étranger : 



REVUE COMMERCIALE ET PRTX COURANT (7 FÉVRIER 1885). 



235 



l" RÉGION — NORD-OUEST. 



Seigle. Orge. Avoine. 



fr. 



Calvados. Caen 20.80 l'i.G.') 

— Baveiis 21.30 » 

— Curidé-sur-Noireau 20.10 lii.OO 
€. -dit-Nord. Lannion... 20. io » 

— Tréguier 19.50 16.50 

Finistère. Morlaix i0.60 » 

Ille-et-Vilaine . Rennes. 19 50 » 

— Fougères 10.80 .. 

Afanc/ie. Cherbourg 2'. .55 » 

— Saiiit-Lô 2.'?.10 » 

— Valognes 22.85 » 

Mayenne. Mayenne 19.50 » 

JUot^bihan. Henneliont.. 18.75 15.00 

— Lorient 19.00 15.00 

■Orne. Vimoutiers 20.15 » 

— Bellème 20.50 ■> 

Sarlhe. Le Mans 20.10 15.25 

— Mamers 20.25 » 



fr. 

16 20 
17.00 
1 li . 1 5 
1 5 . 25 
15.50 
15.00 



fr. 
21.50 
21.00 
21.00 
16.25 
•5.50 
15.00 
16.50 
15 50 



15 


25 


25.65 


15 


70 


22.25 


15 


90 


20.00 


17 


00 


18.00 
17.00 
16.00 


18 


05 


21.00 


15 


50 


16.25 


16 


75 


20.25 



Prix moyens 

2° RÉGION. 

Aisne Laon 

— Saint-Quentin.... 

— Château-Thierry.. 
Eure. Erreux 

— Verneuil 

— Le Neubourg. . . 
Eure-et-Loir. Chartres. 

— Anneau 

— La Ferté Vidame 
Nord. Douai 

— Valenciennes 

— Lille 

Oise. Beauvais 

— Clermont , 

— Compiègne 

Pas-de-Calais. Arras... 

— Bapaume 

Seine. Pans 

S.-el-Mame. Meluii 

— Dammartin 

— Montereau 

S -et-Oise. Versailles 

— Etampes 

— -Angerville 

Sevne-Infér. Rouen .... 

— Pavilly 

— Montivillieis 

Somme. Amiens 

— DouUens 

— Rove 



20.38 15.40 
— NORD. 



16.10 18. 79 



18.75 
18.50 
19.50 
19. 'i5 
20.25 
19.40 
20.80 
20.80 
20.80 
20.30 
20.25 
21.'i0 
19.75 
19.30 



20.25 
19.15 
19.00 
20.60 
20.80 
18.75 
20.00 
21 25 
20.00 
20.00 
19.75 
19.50 
18.75 
19.75 
19.50 
18.75 



15.25 
16.00 
15.25 



13.00 
1 4 . 00 
15.10 

16.35 
16.40 
17.00 
17.70 
16.20 
13.35 
16.00 
15.00 
15.90 
15.50 
14.50 
15.00 
15.50 
15.25 
14.75 
15.00 
13.50 



14.00 
15.00 



17 


.50 


16 


50 


18 


75 


17 


50 




) 


16 


25 


15 


.70 


16 


35 


16 


10 


16 


40 


18 


45 


17 


00 


16 


50 


16 


00 


17 


25 


16 


00 


18 


60 


16 


00 


16 


25 


15 


50 


18 


25 


17 


15 


18 


75 


17 


75 


18 


45 


16 


50 


16 


65 


15 


30 


14 


00 


20 


00 


17 


70 


14 


50 


17 


50 


14 


00 


18 


90 


17 


50 


18 


00 


17 


20 






15 


50 


17 


00 


16 


25 


19 


00 


IS 


00 


18 


00 


16 


25 


17 


50 


16 


25 


18 


00 


21 


00 


18 


25 


IS 
14 


65 
00 


15 


75 


20 


40 


15 


40 


13 


00 


16 


50 


15 


75 



Prix moyens 

3° RÉGION. - 

Arde)i>ies. Sedan 

— Re'.hel 

— Charleville 

Aube. Troyes 

— Méry-sur-Seine . . . 

— Nogent-sur-Scine. 
■Marne. Cliâlons 

— Reims 

— Sainte-Menehould. 
■Hle-Marne. C h au mont... 

— Langres 

Meurlhe-et-Mos.î^anc\ . . 

— Einville 

— ■ Luneville. ., 

Meuse. Bar-le-Duc 

éiaute-Saône. Gray 

Vosges. Mi recourt 

— Neufchâteau 

Prix moyens 

4* RÉGION. 

Charente. RutTec 

— Barbezieux 

Charente -I II f. Marans... 
Dcitjj-Sëure.s.Bressuire. . 

— Parthenay 

Indre-et-Loire Tours.. 

— Bléré ;.... 

— Châteaurenault.. . 
Loire - Infér . Nantes . . . 
M.-et-Loire. Saumur... 

— Cholet 

Vendée. Luçon 

Vienne. Loùdun 

■Haute- Vienne. Limoges 



19.83 15.22 17.: 
NORD-EST. 



20.50 
19.25 
19.75 
19.80 
18.75 
20.00 
20.00 
18.25 
20.25 
18.75 
18.50 
21.15 
20.40 
20.75 
20.50 
19.75 
19.50 
20.00 

19.76 15.53 17.83 
— OUEST. 

19.70 
20.80 
19.40 
19.15 
19.80 
19.35 
19.30 
I.S . 85 
20.45 
19. 9<) 
19.50 
19.20 
19.65 
20.00 



16.00 
14.75 
15.25 
14.35 
14.40 
15.50 
16.25 
15.45 
15.75 
14.00 
14.50 
18.25 
16.00 
16. (K) 
16.25 
15.25 
16.00 



14.00 
14.65 
12.65 
14.00 
13.35 
14.00 
15.15 



19 


.00 


16.50 


17 


20 


16.75 


19 


00 


17.00 


17 


50 


15.75 


17 


00 


15.50 


17 


00 


17.00 


19 


50 


17.00 


17 


70 


16.75 


18 


10 


16.75 


> 


13.75 


17 


00 


14.75 
17.50 


16 


50 


16.50 


17 


75 


16.50 


19 


50 


17.25 


16 


00 


16.00 


18 


00 


16.00 


18 


50 


15.50 



16.20 


17.25 


» 


16.00 


16.00 


17.00 


16.90 


17.00 


» 


1-6.00 


16. ao 


17.50 


17.70 


15.50 


16.15 


16.00 


18.80 


17.25 


18.60 


17.25 


)) 


17.00 


17.00 


17.00 


17.70 


14.50 


17.30 


14.80 



5° RÉGION. — CENTRE. 

Blé. Seigle. 

fr. fr. 

Allier. Ganiiat 19.75 » 

— Saint-Pourcain .. 2 1. 00 » 
Cher Bourges...'. oo.OO 14.50 

— Saint-Amand 19.50 14.65 

— (Jraïay 21.10 15.65 

Cccîf.se. Guéret 20.50 15.00 

Indre. Chàteauroux. . . . . 19.25 14.00 

— Issoudun 20.25 )) 

— Valençay 19.50 14.00 

Loiret. Orléans 19.80 15.00 

— Montargis 19.80 14.70 

— Courtenay 19.90 16.50 

L.-et-Cher. Blois 20.15 14.70 

— Montoire 19.45 14.65 

— Vendôme 20.15 >i 

Nii-vre. iNevers 20.00 » 

— Claraecy 18.75 » 

Vonnc. Sens 1!).80 15.00 

— Tonnerre lO.lO 14.00 

— Brienon 19.20 15.80 

Prix moyens 19 

6° iiËoio.N. — EST. 

Jf»i. Bourg 22.80 17.00 » 

— Nantua 23.40 « » 

Côte-d'Or. Dijon 20.65 15.25 18.00 

— Beaune 19.50 » 17.50 

Doubs. Besançon 19.75 >> » 

Lsère. Bourgoin 21.00 16.00 17.50 

Jura. Saint-Marcellin... 22.75 16.65 » 

Loire. Charlieu 21.75 16.25 18.60 

P.-de-Z>dmc.Clermont-F. 20.00 17.00 19.00 

— Issoire 21.10 16.65 » 

Rhône. Lyon 21.75 16.00 19.50 

S«ÔHe-e«-/,o«>e. Chaloii. 20.75 16.00 17.50 

— Aiitun 20.00 15.50 » 

Savoie. Chambéry 22.75 » » 

Hle-Savoie. Annecy 21.55 » » 

Prix moyens 21.29 16.23 18.23 

7° RÉGION. — SUD-OUEST. 

Ariége. Foix 24.10 18.65 » 

— Pamiers 21.60 13.35 » 

Dordogne. Périgueux... 20.25 17.00 » 

Hte-Garonne. Toulouse. 21.25 » 16.25 

— St-Gaudens 21.40 16.00 » 

Gers. Condom 23.10 » » 

— Eauze 24.40 » » 

— Mirande 19.25 w » 

Gironde. Bordeaux 22.75 

— La Réole 21.00 

Landes. Dax 24.70 

Lot-et-Garonne. Agen. . 21.00 

— Nerac 23.50 » » 

B.-Pyrénces. Rayonne.. 23.40 » » 

Hles-Pyrénées.farhes.. 23.50 17.35 >> 

Prix moyens 22.35 16.77 16.85 

8° RÉGION. — SUD. 

Aude. Castelnaudary ... 23.40 18.00 17.00 

Aveyron. Rodez 21.00 17.75 Ifiiso 

Cantal. Aurillac 23.00 18.50 16.60 

Corrèze. Tulle 22.00 18.00 » 

Hérault. Montpellier 21.85 » 14.60 

— Béziers 21.40 17.65 14.60 

Lot. Cihors 23.50 18.30 » 

Lozère. Mende 20.60 16.65 17.05 

— Florac 24.05 18.00 18.00 

Pi/ré?iée.s.-Or. Perpignan 24.75 17.80 20.00 

Tarn. Gaillac 22.50 » » 

7arre-ei Gar. Montaubap 22.10 16.35 15.75 

Prix moyens 22.51 17.60 16.66 

9' RÉGION. — SU D-EST. 

Bassqu-Alpes. xManosque. 24.55 » » 

Hauies-Aipes. Brianeon. 23.00 18 00 16.00 

Alpes-Maritimes. JN'iee. 25.25 16.00 16.00 

Arduclie. Privas 22.75 16.35 15.60 

B.-du-Rhône. Aix 24 50 » » 

Drôme. Homat^ 21.50 16.50 » 

Gard. A\ai6 25.75 i> ^> 

Haute-Loire. Brioude ., 20.80 18.35 17.30 

Var. Draguignan ,. 25.00 » » 

FawciM.se. Avignon 21.75 » » 



17.35 17.50 
19.35 » 
13.25 » 
18.65 » 



19.54 

19.25 
19.40 
15.25 
16.20 

20.00 
13.50 
18.60 
16.00 
34.00 
19.00 
19.00 

18.20 

21.00 
19.00 
19.50 
19.00 

» 
18.50 
20.75 
15.00 
20.00 
19.90 



Prix moyens 191^64 14.10 17.13 16.43 



Prix moyeas 23.39 17.04 16.22 19.18 

Moy. de toute la France. 21.00 15.86 17.04 17.59 

-{-de la sefmaine précéd.. 30.91 15.93 16.87 17.56 

Sur la semaine ( hausse. 0.09 » 0.17 O.Oî 

précédente... (I baisse.. » 0.07 » • 



236 REVUE COMMERCIALE ET PRIX COURANT 

Blé. Seigle. Orge. Avoine. 

Algérie. Al^^er | 1']° tf d''^- • j^-O'^ » >> »' 

"^ ^ I Lie dur 15. /5 » 10.80 » 

Angleterre. Londres 18. «.""j » 15.80 21 .00 

Belgique. Anvers 1S.50 16.00 19.35 18.25 

— Bruxelles 21 .00 1 5 00 » » 

— Liège 19.50 16.00 18.00 16.60 

— Namur 19 .'^)0 15.75 18.00 15.75 

Pays-Bas, Amsterdam 18.35 15.80 » » 

Luxembourg. Luxembourg 22 10 18 65 15.40 17.00 

Alsace-Lorraine. Strasbourg 24.25 20,00 23.00 19.25 

— Mulhouse 22.40 18.40 19.90 18.90 

— Colmar 23.40 19.00 21.50 19.50 

Allemagne. Berlin 20.75 18.35 » » 

— Francfort 21.85 20.00 21.50 18.50 

— Hambourg 19.85 15 60 » » 

Suisse. Genève, r 22.50 18.25 18.50 18.50 

Italie. Milan 22.00 15.60 » 15.50 

Espagne. Barcelone 21.50 » » » 

Autriche. Vienne 23.25 » » » 

Hongrie. Budapest 21 50 w « » 

Russie. Saint-Pétersbourg .. 18.. 50 4.20 » 14.00 

Etats-Unis. iSe\^-York 16.75 » » » 

Blés. — Le commerce des céréales est très préoccupé en ce moment de la dis- 
cussion ouverte cà la Chambre sur les droits de douane ; il en résulte un arrêt 
dans les affaires. Les prix se maintiennent en l'absence d'offres sérieuses, et d'un 
autre côté les demandes sont 1res rares. A la halle du 4 février, les bons blés 
de mouture du rayon étaient cotés de 19 fr, 50 à 21 fr. 50 les 100 kilog. en 

gare d'arrivée. — Quant aux blés à livrer, le marché était calme, avec des prix 
ien tenus comme suit : livrable février, 21 fr. à 21 fr. 25; mars, 21 fr. 25 à 

21 fr. 50; mars-avril, 21 fr. 50 à 21 fr. 75; quatre mois de mars, 21 fr. 75 

22 f r ; quatre mois de mai, 22 fr. 25 à 22 fr. 50. — Les blés exotiques sont 
sans affaires et se placent difficilement aux prix de la semaine dernière. Voici les 
cours du Havre : blés roux d'hiver d'Amérique, 21 fr. à 21 fr. 25 ; Californie, 
21 fr. à 21 fr. 25; Australie, 22 fr. 25 à 22 fr. 75; Bombay blancs, 20 fr. 75 
à 21 fr.; BomJ)ay roux, 19 fr. 50 à 19 fr. 75, les 100 kilog. sur wagon. — A 
Marseille, on signale d'importants achats qui ont fait relever les cours. Le blé 
disponible est coté : Red-Winter, 22 fr. 25 ; Berdianska, 22 fr. ; Marianopoli, 
21 fr. ; Irka, 19 fr. 50 à 20 fr. 25; Azima Azoff, 18 fr. 25 à 19 fr. 25; Bessa- 
rabie, 19 fr. 50 à 20 fr. 50; Burgos, 18 fr. 50; Dédéagh rouge, 17 fr. 25 ; 
Danube, 17 fr. 50 à 20 fr. ; Varna, 17 fr. 50 : Kurrachée blanc, 19 fr. ; rouge, 

17 fr. 75; tuzelle d'Oran, 22 à 24 fr. ; blé dur d'Afrique, 18 à 19 fr. —A 
Londres, les affaires sont peu importantes ; on offre les Californie de 20 fr. 03 à 
20 fr. 32 et les Australie à 20 fr. 75 les 100 kilog. Sur les marchés intérieurs de 
l'Angleterre, la tendance est lourde et les cours ont subi une nouvelle 
dépréciation. 

ravines. — La situation est toujours au calme, sans changement sur la semaine 
dernière. On cotait le 2 février : marque de Corbeil, 48 fr.; marques de choix, 
48 fr. 50 ; premières marques, 46 à 48 fr.; bonnes marques, 44 à 45 fr.; marques 
ordinaires, 43 à 44 fr.; par sac de 159 kilog., toile à rendre, ce qui correspond 
aux prix extrêmes de 27 fr. 39 à 31 fr. 85 les 100 kilog. ou 29 fr. 55 en 
moyenne. — La demande est plus active sur les farines de spéculation, ou l'on 
constate une hausse de 25 centimes. La cote du 2 février au soir accusait : farines 
neuf marques, livrable février, 46 fr. 25 à 46 fr. 50 ; mars-avril 46 fr. 50 à 
46 fr. 75; quatre mois de mars, 47 fr. ; quatre mois de mai, 47 fr. 75 à 48 fr. 
le tout par sac de 159 kilog. toile perdue, ou 157 kilog. nets. — Les 
farines deuxièmes sont cotées 21 à 22 fr. et les gruaux 36 à 38 fr. les 100 
kilog. sans changement. 

Seigles. — Demande calme; les prix se maintiennent de 15 fr. 50 à 16 fr. 25 
les 100 kilog. en gare d'arrivée. — Les farines de seigle ont baissé et sont 
aujourd'hui cotées de 21 à 23 fr. 

Orges. — Les belles sortes sont demandées pour l'exportation ; la tendance est 
des plus fermes. On cote par 100 kilog. 18 à 20 fr. suivant qualités et prove- 
nances. — Les escourgeons deviennent de plus en plus rares, et sont bien tenus de 

18 fr. 25 à 19 fr. 

Mails. — Les transactions, toujours faibles, laissent les prix de 23 à 32 fr. les 
100 kilog. pour les malts d'orge, et à 29 fr. pour ceux d'escourgeon. 



DES DENRÉES AGRICOLES (7 FÉVRIER 1885). 237 

Avoines. — On cote toujours à la halle les avoines indigènes de 16 fr. 25 à 
20 fr. les 100 kilog., avec demande assez active. Les avoines exotiques sont 
fermement tenues aux cours de 17 fr, à 17 fr, 75. 

Maïs. — Les prix restent tenues de 13 fr. 75 à 14 fr, les 100 kilog, sur wagon 
au Havre ou à Rouen pour le disponible, A livrer, les bigarrés d'Amérique sont 
cotés 12 fr. 60 à 12 fr, 75 et les Danube, 13 fr. 05. 

Sarrasins. — Les provenances de Limoge à 15 fr. 75 et 16 fr. les 100 
kilog. en gare d'arrivée; celles de Sologne valent de 15 fr. 25 à 15 fr. 50. 

Issues. — On constate du ralentissement dans les demandes ; les prix sont en 
baisse de 25 à 50 centimes sur la semaine dernière. On cote à la halle : gros son 
seul, 14 fr. à 14 fr. 25 les 100 kilog.; sons gros et moyens, 13 fr. 25 à 13 fr. 
50; sons trois cases, 12 fr. 50 à 13 fr. ; sons fins, 12 fr. à 12 fr. 25; recou- 
pettes, 12 fr. à 12 fr. 50; remoulages blancs, 15 fr. 50 à 16 fr.; remoulages bis, 
14 fr, à 15 Ir. 

III. — Fourrages et graines fourragères. 

Fourrages. — L'approvisionnement étant dévenu plus facile, les apports étaient 
plus nombreux au dernier marché de la Chapelle, où l'on cotait : foin, 48 à 
60 fr.; luzerne, 48 à 59 fr.; paille de blé, 27 à 34 fr,; paille de seigle, 30 à 36 fr.; 
paille d'avoine, 25 à 29 fr. les 104 bottes de 5 kilog., au domicile de l'acheteur et 
droits d'octroi compris, — Pour les fourrages sur wagon, les prix des belles 
([ualités se soutiennent comme suit : foin, 37 à 45 fr.,; luzerne, 35 à 44 fr.: 
paille de blé, 22 à 24 fr.; paille de seigle, 28 à 37 fr.; paille d'avoine, 20 à 23 fr.; 
le tout par 104 bottes de 5 kilog. — A Lyon, la paille se maintient à des cours 
très élevés ; on paye par 100 kilog. : paille, 7 fr. 50 à 8 fr.; foin, 9 fr. 50 à 

11 fr.; luzerne, 10 fr. à 10 fr. 50; regain, 7 fr. 50 à 8 fr. 25; foin de Bourgogne, 

12 fr. 75 à 13 fr. — A Versailles, le foin vaut 37 à 42 fr. les 100 bottes, la paille 
de blé, 26 à 30 fr.; la paille d'avoine, 20 à 22 fr.; le sainfoin 35 à 40 fr,; le trèile, 
38 fr,; la luzerne, 27 à 38 fr.. — A Cherbourg, on paye le foin 6 fr. 50 et la 
paille, 6 fr. les 100 kilog. 

Graines fourragèr'es. — La graine de luzerne est toujours assez demandée 
à Paris; les cours de toutes les sortes sont les mêmes que la semaine dernière. 
— A Lyon, les affaires ont été assez actives; pour la luzerne de Provence on 
maintient les prix de 135 à 150 fr. les 100 kilog., les premières qualités, et de 
120 à 130 fr,, les ordinaires; les luzernes de Beauce valent 120 à 125 fr. et celles 
de Poitou, 85 à 110 fr.. Les trèfles violets de pays se payent de 100 à 105 fr., et 
les trèfles d'Amérique, 101 fr. 50 à 104 fr. 50. La demandes est régulière pour 
les vesces, qui sent cotées de 22 à 23 fr. les 100 kilog, ainsi que pour les graines 
de sainfoin qui valent : variété simple, 32 fr. 50 à 33 fr.; double, 34 fr. 50 à 36 fr. 

IV. — Fruits et légumes frais. 

Fruits frais. — On coteàlahalle de Paris: poires, 15 à 100 fr. le cent; fr.;25 
à fr. 45 le kilog.; pommes, 10 à 200 fr, le cent; fr. 25 à fr. 60 le kilog. 
raisin chasselas de serre, 3 fr, 50 à 4 fr. te kilog; commun, 4 fr. 50 à 5 fr. 

Pommes de terre. — Hollande commune, 9 à 10 fr. l'hect., 12 fr. 85 à 14 fr. 28 
le quintal: jaunes communes, 7 à 8 fr. l'hectolitre, 10 fr. à 11 fr. 42 le quintal. 
V. — Vins. — Spiritueux. — Vinaigres. — Cidres. 

Vins. — Les affaires ne reprennent pas avec autant d'activité qu'on l'espérait. 
Le mouvement est lent et l'on constate un calme relatif aussi bien dans les entre- 
pôts que dans les vignobles. La place de Paris est suffisamment approvisionnée 
et le commerce de détail attend encore pour reprendre ses achats. Dans l'Hérault 
on signale quelques ventes, qui ont donné les prix suivants : Roussillons, 33 à 
38 fr. l'hectolitre; Narbonne, 28 à 32 fr.; Montagnes, 23 à 27 fr.; Aramons, 19 
à 22 fr.; vins légers, 15 à 18 fr. Dans la haute Garonne, à Muret des caves ont 
été cédées à 24 et 26 fr. l'hectolitre, et dans l'Aude à 17 et 18 fr. — Dans le 
Bordelais, divers chais artisans et paysans ont vendu leurs vins de 400 'à 550 fr. 
le tonneau; des crus bourgeois ont trouvé acheteurs de 680 à 900 fr. — En vins 
blancs on a vendu 900 et 1,000 fr. — Dans les Charcutes, les marchés sont très 
calmes. A Surgères, on paye le tonneau nu à la propriété : vins blancs de chau- 
dière, 120 à 146 fr.; vins rouges, 160 à 200 fr. — A Dijon, les seconds crûs de 
la récolte de 1884 sont offerts à 300 et 310 fr. la pièce de 228 litres; ceux de 1883 
valent de 400 à 450 fr. — A Marengo (Algérie), les cours des vins varient de 24 
à 28 fr. l'hectolitre sur place. 

Spiritueux. — Les cours des alcools se sont élevés d'environ 1 fr. sur la 



238 REVUE COMMERCIALE ET PRIX CÛL'RAXT 

place de Paris depuis huit jours ; ils se maintiennent assez fermes aujourd'hui^ 
quoique les transactions reprennent du calme. Le 3 février, on cotait les trois- 
six fins du Nord 90 degrés, courant du mois, 46 fr. à 46 fr. 25 l'hectolilre; 
mars 46 fr. 25 à 46 fr. 50 ; mars-avril, 46 fr. 25 à46fr. 50; quatre mois de mai, 
47 fr. Les trois-six fins du Languedoc disponibles valent de 110 à 112 fr. — A 
Lille, l'alcool de mélasse disponible a encore gagné 50 centimes par hectolitre au 
cours actuel de 45 fr. — A Lyon, les trois-six du Nord fins sont cotés 55 à 58 fr. ; 
à Bordeaux, 50 à 52 fr. — Les trois-six bon goût valent 100 fr. à Nîmes; 
101 fr. àPezénas: 103 fr. à Béziers ; 110 fr. à Cette; 100 à ItO fr. à Lyon ; 
113 fr. à Bordeaux. — Les eaux-de-vie nouvelles d'Armagnac se vendent : Bas- 
Armagnac, 155 fr. ; Ténarèze, 135 fr. ; Haut-Armagnac, 125 fr. — A Villeneuve- 
sur- Yonne, les marcs de Bourgogne sont cotés à l'hectolitre nu : supérieurs, 
100 fr. ; l" choix, 90 fr. ; 2" choix. 80 fr. 

Vinaigres. — Guors soutenus à Orléans, de 20 à 28 fr. l'hectolitre pour le- 
vinaigre nouveau, et de 34 à 38 fr. pour le vieux. 

Yerdels. — On cote à Marseille : verdets en pains extra secs sous toile. 210 fr» 
les 100 kilog. ; sous papier, 180 à 185 fr. ; verdets secs marchands en pains, 
128 fr. ; en boules, 123 Ir.; raffinés en poudre, 182 fi\ 

VI. — Sucres. — Mélasses. — Fécules. — Houblons. 
Sucres. — La situation est plus lourde que la semaine dernière : les cours ont 
un peu fléchi. A la bourse du 3 février on cotait: sucres bruts, 88 degrés, 
34 fi'. 25 à 34 fr. 50 les 100 kilog.; sucres blancs, 99 degrés, 39 fr. 25; sucres- 
blancs n» 3, livrables février, 40 fr. 75 à 41 fr. ; mars, 41 fr. à 41 fr. 25; mars- 
avril, 41 fr. 25 à 41 fr. 50; autres mois, 41 fr. 50 à 42 fr. 50, — Les raffinés- 
valent toujours 96 à 97 fr. pour la consommation, et 41 fr. 25 à 44 fr. pour 
l'exportation. — Le stock de l'entrepôt réel, à Paris, était, le 2 févvrier, de 
1,282,954 sacs. — A Lille, les sucres bruts indigènes disponibles sont cotés 
33 fr. 25 ainsi qu'à Yalenciennes ; les raffinés n" 1, 100 fr. les 100 kilog. 

Betteraves. — On signale des contrats de betteraves pour la campagne 1885- 
1886, passés aux conditions suivantes : le prix est fixé à 22 fr. par 1,000 kilog. 
de betteraves à 6 degrés de densité, avec bonification de 1 fr. pour chaque dixième- 
de densité au-dessus de 6 degrés. 

Mélasses. — Cours sans changement de 18 fr. les 100 kilog. pour la mélasse 
de raffinerie, à Paris. — La mélasse de fabricpie est cotée 10 fr. à Lille et 10 fr. 50 
à Yalenciennes. 

Fécules. — Les transactions sont presque nulles, la consommation étant appro 
visionnée. On cote la fécule première disponible : Paris, 26 fr. ; Oise, 25 fr. 50; 
Vosges, 26 fr. ; Loire, 26 fr. 50. — La fécule verte est à 15 fr. à Paris, àl4 fr. 50 
dans l'Oise, et 15 fr. 50 dans les Vosges. Le tout aux 100 kilog. 

Sirops. — Les sirops sont calmes et faiblement tenus aux cours suivants : 
sirop cristal, 43 à 45 fr. les 100 kilog. ; massé, 36 à 40 fr. : liquide, 33 à 34 fr. 
Houblons. — Les marchés sont toujours très calmes dans le Nord: les prix 
sont pour ainsi dire nominaux de 55 à 57 fr. les 50 kilog. à Alost et a Pope- 
ringhe. — A Bischwiller (Alsace), on paye toujours 75 à 85 fr. les 50 kilog. 
suivant qualité, avec demandes restreintes. 

VII. — Tourteaux. — Noirs. — Encjrais. 
Tourteaux. — Les cours sont en baisse à Arras, et sont fixés comme suit 
par 100 kilog. disponiljles : tourteaux de graines indigènes; œillette, 15 fr.; 
colz4, 16 fr. 50; cameline, 15 fr. 50; tourteaux de graines étrangères : pavot, 
12 fr. 50; lin, 21 fr. 25. — A Saint-Quentin, on cote : tourteaux de colza 16 fr.; 
œillette, 19 fr.: lin de pays, 23 fr. — A Nancy, colza 25 fr. — à Rouen, colza 
indigène 15 fr. — à Caen, colza, 16 fr. 

Noirs. — Le noir animal neuf en grains se paye à Yalenciennes, 33 à 36 fr. 
les 100 kilog.; le noir vieux grains. 10 à 12 fr. le noir d'engrais, 2 à 8 fr. 

Enyrais. — Les prix de la potasse sont en hausse. On cote : sulfate de potasse 
90 degrés 22 fr. 50 les 100 kilog.; chlorure de potassium, par 90 degrés sel de 
potasse, 21 fr.; potasse raffinés fr. 45 à fr. 48 l'unité; salins de betteraves, 
Ofr. 45 l'unité de carbonate de potasse; sel de soude 88/90, 19 fr. 50 les 100 
kilog. 

Mil. — Huiles et yraincs oléagineuses. 
Huiles. — Demande assez active et prix bien tenus à Paris sur les huiles de 
colza, qui sont cotées de 65 fr. à 65 fr. 25 le disponible et le courant du mois, 
et 65 à 68 fr. 50 le livrable suivant époque. Les huiles de lin sont sans affaires, 



DES DP]NRKES AGRICOLES (7 4ÉVRIER 1885). 239 

aux prix de 53 fr. à 53 fV. 75 suivant livraison. — A Rouen, l'huile de colza 
€5 fr 25; celle de lin, 55 fr. — A Arras, on paye : huile de pavot à i:«ouche 75 fr; 
de colza de pays, 70 fr.; étranger, 68 fr. ; de lin étranger, 57 fr.; de cameline 
63 fr.,; de pavot pour l'industrie, 67 fr. Le tout aux 100 kilog. 

Graines oléagineuxea. — Les graines de lin disponibles sont toujours 
recherchées et bien payées à Arras. Voici les cours : lin, 21 à 23 fr.; œillette 
nouvelle, 26 fr. à 26 fr. ; cameline, 13 à 16 fr, 50 l'hectolitre. — A Orchies 
(Nord), il y a également tendance à la hausse aux prix de : colza, 19 à 22 fr. ; 
lin, 22 à 24 fr. ; cameline, 14 fr. à 15 fr. 50. 

IX. — Matières résineuses et textiles. 

MaMè^-es résineuses. — Voici la cote de Bordeaux : essence de térébenthine, 
les 100 kilog. en pipes, 51 fr. ; en barils, 65 fr. ; brai noir sec, 12 fr. ; demi-clair, 
10 fr. 50 à 11 fr. ; clair, 12 à 13 fr.; demi-colophane, 16 à 17 fr. ; colophane 
ordinaire, 14 à 15 fr. ; supérieure, 22 à 23 fr. : résine jaune, 11 à 12 fr. 

Chanvres. — Le marché du Mans est assez bien approvisionné en ce moment; 
les chanvres blancs se vendent de 37 à 40 fr. les 50 kilog.; les chanvres gris, 
33 à 36 fr. 

Lins. — On cote à Doullens (Somme) : lin l""*' qualité, 2 fr. ; a*" qualité, 1 fr. 80 
les 2 kilog. 

X. — Beurres. — Œufs. — Fromages. 

Beurres. — Du 26 janvier au 2 février, on a vendu à la halle, 201, -861 
kilog. de beurre aux prix de : en demi-kilog. 1 fr. 50 k 3 fr. 50; petits-beurres, 
1 fr. 42 à 2 fr. 60: Gournay, 2 fr. 02 à 4 fr. 38 ; Isigny, 1 fr. 90 à 8 fr. 

Œufs. — Les ventes se sont élevées à 3,865,225 œufs, aux prix par mille de : 
choix, 103 à 136 fr.; ordinaires, 85 à 108 fr. ; petits, 68 à 78 fr. 

Fromages. — On cote à la halle, par douzaine: Brie, 4 à 22 fr.; Montlhéry, 
15 fr. — par cent: Livarot, 25 à 107 fr.; Mont-d'Or, 4 à 32 fr.; Neufchâtel, 
3 à 19 fr; divers, 6 à 76 fr.; — par 100 kilog. : Grruyère, 100 à 190 fr. 

XI. — Chevaux. — Bétail. — Viande. 

Bétail. — Le tableau suivant résume le mouvement officiel du marché aux 
bestiaux de la Villette du jeudi 29 janvier au mardi 3 février. 

Poids Pi-ix du kilog. de viande nette sur 
,, j , moyen p ied au marc hé du 2 février 1885 

Pour Pour F,n 4 quartiers. 1" 2° 3* Prix 

Amenés. Paris. l'extérieur, totalité. kil. quai. quai. quai, moyen' 

Bœufs 4.^18 2,806 1,181 3,987 34-2 1.60 1.48 1.2-2 1.41 

Vaches 1,224 r)80 431 1,011 235 1.52 1.38 1.14 1.33 

Taureaux 282 219 31 250 391 140 1.30 1.20 1.30 

Veaux. 1,813 1,756 652 2,408 80 2.22 2.06 1.76 1.94 

Moulons 31,800 22,559 7,264 29.823 20 1.86 1.68 1.48 1.68 

Porcs gras 6,715 2,490 4,087 6,577 82 1.34 1,28 1.24 1.27 

Les arrivages de la semaine se décomposent ainsi : 

Bœufs. — Allier, 466: Avevron, 6; Cantal, 12; Cliarente, 389; Glier, 128: Côte-d'Or, 49; Côtes" 
du-Nord, 26; Creuse, 89; Deux-Sèvres, 2(7 : Dordogne, 227: Finistère, 58; llle-et-Vilaine, 19 5 
Indre, 225; Loire, 19; Loire-Inférieuré, 213; Lot, 6; Lot-et-Garonne, 12: Maine-et-Loire, 1,279; 
Mayenne, 62: Nièvre, 104; ()i.se, 5; Orne. 12; Puy-de-Dôme. 135; Rhône, 29; Saône-et-Loire, 33; 
Sarthe, 15; Seine-et-Marne, 4; Seine-et-Oise, 6; "Tarn-et-Garonne, 6; Vendée, 668; Vienne, 125; 
Haute- Vienne, 65 : Vonne, 24. 

Vaches. — Allier, 112; .\nbe, 9; Cantal. 13; Charerrte, 95; <Ciier, 61 ; Corrèze, 12; Côte-d'ôr, 
^1 ; Côtes-du-Noi-d. 2; Creuse, 89; Dordogne, 57 ; Eure, 5 ; Eure-et-Loir, 35; Indre, 18 : Loire-Infé- 
rieure, 17; LoireC 3: Maine-et-Loire. 13; Marne, 2; Meuse. 2; Nièvre, 69; Oise, 4; Puy-de-I>ôme, 
103; Sartiic, 7: Seine, 131; Seine-el-Marne, 18; Seine-et-Oise,' 43 ; Vendée, 15; Vienne, 7; Haute- 
Vienne, 181 ; Yonne, 18: Suisse. 12. 

Taureaux. — Allier, 10; Aube, 6: Charente, 2; Cher, 24; Gôle-d'Or, 16; Côtes-du-Nord, 8; 
Creuse, 2; Deux-Sèvres, 3; Eure, 3; Eure-et-Loir, 17; Finistère, 44; llle-et-Vilaine, 8; Indre, 2; 
Loire-Inférieure, 10: Loiret, 10; Maine-et-Loire, 23; Marne, 4; Mayenne, 9: Nièvre, 13: Nord, 10; 
Oise, 3; Orne. 1: Haute-Saône, 4; Sarthe, 8; Seine-et-Marne, 9; Seine-et-Oise, 15; Vendée, 6; 
Haute-Vienne, 1 ; Yonne, 1 2. 

Veaux. — Aube, 413; Calvados, 30: Eure, 269; Eure-el-Loire, 293; Haute-Garonne, 30: Loiret 
177; Marne, 27; Oise, 52; Puy-de-Dôiiie, 240; Sarthe, 28; Seine-Inférieure, 96; Seine-et-Marne' 
"262; Seine-et-Oise, 30; Haute-Vienne. 40; Yonne. 91: Suisse, 42. 

Moutons. — Aisne, 2,534; Allier, 2,1.36: Ardennes. 54; Aube, 203; Avevron, 120; Cantal, 284; 
Cher. 236; Côte-d"0r, 324; Creuse, lii3; Eure, 271 ;' Eure-et-Loir, 202; Loiret, 766; Lot, 551; 
Meuse, 164; Nièvre, 816; Oise, 290; Puy-de-Dôme, 655; Saône-et-Loire, 52; Sarthe, 65; Seme- 
Inférieure, 55; Seine-et-Marne, 2,423; Seine-et-Oise, 1,684; Somme, 579; Vienne, 675; 'ionne, 
754; Alleiiiagne, 6,164; Hongrie, 8,267; Luxembourg, 94; Russie, 103. 

Porcs. —Allier, 385; Calvados, 28; Charente, 219; Charente-Inférieure, 53; Cher, 405; Correze, 
319; Côtes-du-Nord, 11; Creuse, 836; Deux-Sèvres, 521; Dordogne, 165; llle-et-Vilaine, 275; Indre, 
442; Indre-el-Loire-, 26; Haute-Loire. 40; Loire-Inférieure, 202; Loir-et-Cher, 59; Lot, 180; 
Maine-et-Loire, 589; Manci-ie, 61: Mayenne, 115; Nièvre, 174; Puy-de-Dôme, 264; Sarthe, 1,111; 
Seine, 64; Seine-'Inférieure, 14; Vendée, 421; Vienne, 185; Haute Vienne, 182. 



240 BEVUE COMMERCIALE ET PRIX COURANT (7 FÉVRIER 1885). 

Les arrivages ont été moins forts que la semaine dernière, surtout pour les 
moutons. Les prix sont sensiblement les mêmes, sauf pour le porc qui a haussé 
de 3 centimes par kilog. — Sur les marchés des départements on cote : Ncmcy^ 
Lœuf, 80 à 85 fr. les 100 kilog. bruts; vache, 60 à 80 fr.; veau, 55 à 60 fr.; 
mouton, 100 à 102 fr.; porc, 70 à 75 fr. — Sedan, bœuf, 1 fr. 20 à 1 fr. 60 
lekiiog'; veau 1 fr. 40 à 1 fr. 90; mouton, 1 fr. 50 à 2 fr. 10; porc, 1 fr. 40 à 
Y fj,_ 60. — Bouen^ bœuf, 1 fr. 55 à 1 fr. 80: vache, 1 fr. 50 à 1 fr. 75 ; veau, 
1 fr. 55 à 1 fr. 95; mouton, 1 fr. 70 à 2 fr. ; porc, 1 fr. 05 à 1 fr. 25 — Caen, 
bœuf, 1 fr. 65 à 1 fr. 85; vache, 1 fr. 55 à 1 fr. 75; veau, 1 fr. 60 à 1 fr. 80; 
mouton, 1 fr. 85 à 1 95; agneau, 1 fr. 90 à 2 fr.; porc, 1 fr. à 1 fr. 20. — 
Loiiviers, bœuf, 1 fr. 40 à 2. ; veau et mouton; 2 fr. à 2 fr. 20; porc, 1 fr. 60 à 
l fr. 80. — Ambrières. bœuf 1 fr. 30 à 2 fr. 50; vache, 1 fr. 20 à 1 fr. 40 ; 
veau, 1 fr. 60 à 1 fr. 90; mouton, 1 fr. 80 à 2 fr. ; porc, 1 fr. à 1 fr. 10. — Brou^ 
bœuf et vache, 1 fr. 30 à 2 fr. 50.; veau 1 fr. 80 à 2 fr. 30; porc, 1 fr. 10 à lfr.30-. 
— Chartres, vache, 1 fr. 20 à 1 fr. 60 ; veau, 1 fr. 50 à 2 fr. 20; porc, 1 fr. 30 
à 1 fr. 40. — Barbezieux. bœuf, 1 fr. 60 à 1 fr. 80; veau, Ifr. 80 à 2 fr.; mou- 
ton, 1 fr. 40 à 1 fr. 60; porc, ifr. 40à Ifr. 60. — LePuy, bœuf 1 fr. 80; vache, 
1 fr. 40; veau, 1 fr. 20; mouton, 1 fr. 60; porc, 1 fr. 60. — Marvejoîs, bœuf. 
1 fr. 20; vache fr. 75; veau fr. 90; mouton, 1 fr. 50; porc, fr. 95. — Nice, 
bœuf, 1 fr. 50 à 1 fr. 55; vache. 1 fr. 25 à 1 fr. 30; veau, 1 fr. 50 à 1 fr. 55; 
mouton, 1 fr. 45 à 1 fr. 50; brebis, 1 fr. 35 à 1 fr. 40; porc, 1 fr. 30 à 1 fr. 35. 
A Londres, les importations du bétail étranger pendant la semaine se sont 
élevées à 1,077 bœufs, 5,652 moutons, 195 veaux, dont 331 bœufs et 250 mou- 
tons de New-York. — Prix par kilog. : Ijœuf, 1 fr. 38 à 1 fr. 85; mouton, 1 fr. 45 
à 1 fr. 98; veau 1 fr. 72 à 2 fr. 98 ; porc, 1 fr. à 1 fr. 37. 

Viande à la criée, — Il a été vendu à la halle de Paris, du 26 janvier au 
1er février : 

Prix ilii kilog. le 2 févi-ier ISs:,. 

kilog. r° quai. 2' quai. 3» quai. Choix. Basse boucherie. 

Bœuf ou vache. . 161,066 1.60 à 1.90 1.38 à 1.58 1.06 à 1.36 ].40à2.70 0.20 à 1.30 

Veau 147,662 1.76 2.10 1.54 1 74 1.20 1.52 » » » » 

Moulons 73,884 1.52 1.74 130 1..50 1.06 1.28 1.60 2.76 » » 

Porc 79,310 Porc frais 1.06 à 1.26: salé, 1.40 

461,902 Soit par jour.. 65,986 kilog. 

Les ventes ont été inférieures de 7,000 kilog. par jour à celles de la semaine 
dernière. Les prix du bœuf et du veau ont baissé ; ceux du mouton ont haussé 
de fr. 8 cent, environ par kilog. 

XII. — Résumé. 

En résumé, les cours des céréales conservent une tendance ferme; les alcools 
sont en hausse ; les autres denrées n'ont subi que peu de variations. A. Remy. 

MARCHÉS DE LA VILLETTE DU 5 FÉVRIER 

I. — Cours de la viande à l'abattoir {par 50 kilog). 
Cours de la charcuterie. — On vend à la Villette par 50 kilog. : 1'"'" qualité, 
70 à 73 fr. ; 2", 65 à 70 fr. Poids vif, 48 à 52 fr. 

Bœufs. Veaux. Moutons- 




II. — Marchés du bétail sur pied. 

Cours des commissionnaires 

Poids Cloui's officiels^ e n bestiau x. 

Animaux général. 1" 2° 3° Prix r" 2° 3' Prix 

amenés. Invendus. kil. quai. quai. quai, extrêmes. qunl. quai. quai. extrêmes 

BceOfs 1.753 12 3'i8 1.6i 1.52 1.28 1.22 1.70 1.62 1.50 1.26 1.20.11.70 

Vaches . 479 14 234 t.. ^6 1.42 1.20 1.14 1.60 1.5'i l.'iO 1.20 1.12 1.60 

Taureaux 141 » 394 1.42 1.32 1.22 1.18 1.^6 1.40 1.30 1.20 1.15 1.44 

Veaux l.'jOl 169 81 2.20 2.06 1.76 1.54 2.40 » » » » .'^ 

Moutons 16.776 444 20 1.88 1.70 1.50 1.46 1.9't • » » » 

Porcs gras... 3.806 » 80 1.38 1.32 1.26 1.20 1.42 » » » » 

— maigres... » » » » » » » » « » » 
Vente moyenne sur toutes les espèces. 

Le Gérant : A. Bouché. 



CHRONIQUE AGRICOLE (u fémuer isss). 

Uéuiiion des londateurs du Journal de l' agriculture. — Discussion à la Cliambre des députés 
sur la réforme des larils de douane. — Résumé de la discussion. — Attaques ridicules dirigées 
contre les cultivateurs l'ranijais. — Rappel de la véritable situation. — yession annuelle de la 
Commission supérieure du ph\lloxera. — Note de M. Prosper de Lafitte sur la destruction de 
l'œuf d'hiver. — Délégation de la Ligue agricole de l'ouest. — Note de M. Portier à la Société 
d'agriculture de la Seine-Inférieure. — Vieux de l'union des distillateurs et des féculiers. — 
Lettre du Comice agricole de Reims. — Le syndicat agricole de Loir-et-Cher. — Culture de la 
hetterav:ç à sucre. — Publications de M. Gustave Hamoir et de M. Cazaux. — Station d'essais 
de semences à Zuricli. — Rapport de M. Stebler. — Rrochure de M. Charles Fasquelle sur les 
prairies. — Publications séricicoles de M. Maillot. — Réunion du Congrès agricole de Provence 
à Aix. — Résumé des vœux adoptés dans cette réunion. — Les statistiques agricoles anglaises 
pour l'année 1884. — Concours pour un emploi de préparateur à la station agromimitjue de la 
Somme. — Nomination de M. Leblond comme insi)ecteur général des services sanitaires. — 
Publication des rapports des préfets sur les semailles d'automne. — Notes de MM. de Villiers 
de l'Isle-Adam, Roncenne. Bronsvick sur Tétat des cultures dans les départements de la Sarthe, 
de la Vendée, et des Vosges. — Programme du prochain Congrès agricole de Nancj. 

L — Réunion des fundateurs du Journal de l'agriculture. 

La réunion annuelle des îondateurs du Journal de l'ag ri culture s'est, 
tenue, comme nous l'avons annoncé, le lundi 9 février, dans les bureaux 
de la rédaction, carrefour de la Croi\-Ilouge, 2. Cette réunion a été 
nombreuse, et la plupart de ceux qui n'ont pu y prendre part s'y étaient 
fait représenter. L'assemblée a tenu d'abord à exprimer les regrets una- 
nimes de ses membres pour la perte du fondateur du Journal. Puis' 
elle a entendu les rapports du Conseil de surveillance, du gérant et du 
trésorier sur les comptes de l'exercice 1884. Après l'approbation de 
ces comptes, la valeur du coupon des actions a été fixée à 3 pour 100. 
L'assemblée a élu membres du C-onseil de direction scientifique et 
agricole pour l'année 1885 : MM. Gaston Bazille, Bouley, comte de 
(ihampagny, Deliérain, Gareau, Paul de Gasparin, Gréa, Hervé 
Mangon, Masson, Nouette-Delorme, Palluat de Besset, marquis de 
Poncins, Pouillet, Henry Sagnier, Teissonnière, Tiersonnier, Vander- 
colme ; puis elle a confirmé notre nomination comme rédacteur en 
chef du Journal. La situation de plus en plus prospère de notre pu- 
blication a été accueillie par les intéressés avec une vive faveur. Pour, 
notre part, nous avons été vivement touché des nombreuses marques 
de sympathie qui nous ont été prodiguées à cette occasion ; c'est un 
puissant encouragement à consacrer tous nos efforts pour conserver 
au Journal de l' agriculture son caractère et sa valeur. Nos lecteurs 
peuvent être convaincus que nous ne faillirons pas à cette tâclie. 

II. — La réforme des tarifs de douane. 
Pendant que le concours général agricole attire la foule au palais 
des Champs-Elysées, pendant que la Société des agriculteurs de 
France tient sa séance annuelle et que la Société d'encouragement à 
l'agriculture discute aussi sur les réformes qui s'imposent à l'agricul- 
ture française, la C-hambre des députés continue à entendre les nom- 
breux orateurs qui se sont fait inscrire pour prendre part à la grande 
discussion des tarifs de douane en ce qui concerne les céréales et le bé- 
tail. Jusqu'ici, nous en sommes toujours à la discussion générale ; elle 
a toute l'ampleur que l'on pouvait désirer. Les orateurs qui y ont pris 
partout été : pour l'agriculture, MM. le marquis de Roys, Méline et 
Georges Graux ; contre l'agriculture, MM. Langlois, Raoul Duval, La- 
lande et Frédéric Passy (qu'on ne doit pas confondre avec M. Louis 
Passy, se(;rétaire perpétuel de la Société nationale d'agriculture). M. de 
Roys et M. Graux ont, l'un et l'autre, exposé en excellents termes, tant 
la déplorable situation qui est faite aujourd'hui à l'agriculture, que 

N" 827. — Tome 1" de 1885. — W Février. 



242 CHRONIQUE AGRICOLE (14 FÉVRIER 1885). 

l'ensemble des causes qui l'ont amenée ; M. Méline a démontré avec 
éloquence la nécessité d'une solution conforme aux v<fux des agricul- 
teurs. Quant aux autres orateurs, quelques-uns ont réellement dépassé 
toutes les bornes que l'on peut assigner à l'ignorance des clioses agri- 
coles; la plus grosse part de leur argumentation a reposé sur les cbiCfres 
de la statistique , et l'un d'eux est allé jusqu'à prétendre que jamais les 
importations de blé étranger n'avaient jamais été aussi réduites qu'en 
1884. Pour le prouver, il a remonté jusqu'à l'année 1879 ; mais en 
avocat malin d'une mauvaise cause, il s'est bien gardé de pousser au 
delà. C'est faire implicitement l'aveu que les agriculteurs sont depuis 
cinq ans complètement dans la vérité lorsqu'ils attribuent la baisse 
régulière et constante du prix du blé depuis cette époque aux 
excédents d'importations dont le sto'ck va cliaque année grandissant 
et a amené, en 1884, l'effondrement permanent dont nous sommes 
les témoins attristés. On nous a fait aussi un sombré tableau de la 
situation des agriculteurs de l'Ouest de l'Amérique, et l'on a essayé 
d attirer sur ces colons la bienveillante commisération de nos députés. 
Mais c'est vraiment prendre le public français pour la plus belle 
. collection de dupes que l'on puisse rêver. Sans doute les colons amé- 
ricains sont dignes de toute la sympathie, parce que ce sont des 
travailleurs énergiques ; mais est-ce que le cultivateur français n'a 
pas le droit, par hasard, de compter un peu plus dans nos préocup- 
pations? Quant aux attaques malveillantes dirigées contre les agricul- 
teurs français, nous n'en avons pas cure ; nous laissons au bon sens 
de la Chambre le soin de leur tourner le dos. Mais nous devons 
répéter une fois de plus ce que nous avons dit sur tous les tons : 
ceux qui ont le plus souffert et qui souffrent le plus de l'état de clioses 
actuel, ce sont précisément les cultivateurs les plus habiles, ceux qui 
ont fait jusqu'ici l'honneur de notre pays ; de proche en proche le 
mal s'est étendu et il a atteint les couches les plus profondes de la 
culture. Voilà ce que nos députés doivent avoir constamment pré- 
sent à l'esprit, pour se mettre en garde contre les sophismes des doc- 
trinaires aux abois. La discussion qui continue se terminera d'ailleurs 
parle triomphe de l'agriculture et par une légitime satisfaction don- 
née à ses revendications. 

III. — Le phylloxéra. 
La session annuelle de la Commission supérieure du phylloxéra 
s'est ouverte à Paris sous la présidence de M. Méline, ministre de 
l'agriculture. M. Tisserand, directeur de l'agriculture, a présenté à 
l'ouverture de la session l'exposé des travaux administratifs pour 
lutter contre le terrible ennemi de la vigne. Si l'insecte dévastateur a 
encore étendu depuis un an 1 aire de ses ravages, il faut dire que 
d'autre part les efforts se sont multipliés pour réparer les désastres ou 
pour enrayer la destruction des vignobles. C'est d'un heureux augure 
et l'on peut prévoir que dans un avenir qui se rapproche de plus en 
plus le sinistre actuel ne sera plus qu'un souvenir restant dans le 
passé comme un mauvais cauchemar. 

Dans sa séance du 2 février, l'Académie des sciences a reçu communi 
cation d'une note de Prosper de Lafitte relative aux élevages dui»hyl- 
loxera en tubes, suivant la méthode de M. Paul Boiteau et à l'imjjurtance 
que présente la destruction de l'oeuf d'hiver parles procédé dus àM. Bal- 
biani. Après avoir rappelé que les applications en grand de ces pro- 



CHRONIQUE AGRICOLE (14 FÉVRIER 1885). 243 

cédés de destruction sont commencés actuellement, M. de Lafitte conclut 
avec raison que ces applications permettront de savoir si l'on pourra 
arriver à réduire suffisamment le nombre des phylloxéras pour que 
la vigne puisse . semaintenir malgré son ennemi. C'est là la question 
pratique, c'est celle qui intéresse au premier chef les viticulteurs. 

IV. — Vœux des Assocmtions agricoles. 

La Ligue agricole de l'Ouest, présidée par M. de la Nouë-Billault, a 
envoyé, à Paris, une délégation qui a été reçue par M. Méline, ministre 
de l'agriculture, le mercredi 4 février. La délégation a présenté le rap- 
port rédigé par M. Crouan, dans lequel elle expose ses vœux qui con- 
cluent à l'application de droits mobiles sur les céréales, ou, à défaut 
de ces droits, d'un tarif de 5 fr. sur les blés, de 3 fr. sur les seigles, 
orges et avoines, de 10 fr. sur les farines. Après avoir déclaré que l'éta- 
blissement de droits compensateurs lui paraissait le seul remède effi- 
cace et immédiat à la situation agricole, M. Méline a répondu que tous 
ses efforts tendraient à obtenir qu'ils soient votés par le Parlement ; 
mais il n'a pas dissimulé que le fonctionnement de droits mobiles 
créerait une incertitude souvent nuisible pour le commerce, et qu'il ne 
prendrait pas l'initiative de les défendre. Nous n'avions pas besoin de 
cette nouvelle déclaration pour connaître les sentiments de M. Méline, 
mais nous sommes néanmoins heureux de l'enregistrer. 

La Société centrale dagriculture de la Seine-Inférieure, présidée 
par M. Houzeau,a reçu communication, dans sa séance du 14 janvier, 
d'un intéressant rapport de M. Fortier sur la comparaison des prix des 
bestiaux et des céréales au marché de Rouen, pendant les années 
1883 et 1884. Ce rapport est accompagné de tableaux grapliiques qui 
donnent la démonstration la plus complète de la baisse continue qui 
s'est produite depuis deux ans sur cet important marché. 

L'Union des distillateurs agricoles, présidée par M. Pluchet, et 
l'Union des féculiers, présidée par M. Boursier, se sont réunies pour 
présenter au Parlement leurs vœux sur l'établissement des tarifs de 
douane. Un rapport intéressant sur la situation actuelle de la féculerie 
et de la distillerie agricoles conclut à demander que des droits de 
douane, en corrélation avec les droits sur les alcools, amidons et fécules 
étrangers, soient mis sur les maïs, riz, dari, et toutes autres matières 
propres à la fabrication de l'alcool et de la fécule, ainsi que sur leurs 
farineux. 

Le Comice agricole de Reims, présidé par M. Lhotelain, vient 
d'adresser, relativement à la question du bétail, la lettre Suivante aux 
membres de la Commission des tarifs de douane. 

« Messieurs les Députés, les membres du Comice de l'arrondissement de Reims 
réunis en assemblée générale, à la veille du jour où vont s'ouvrir devant le Par- 
lement les graves débats qui intéressent si vivement les destinées du pays tout 
entier, croient de leur devoir de vous adresser un dernier appel. 

« Considérant que les pays importateurs se trouvent dans des conditions de 
production bien supérieures aux nôtres ; 

« Que notre agriculture doit être placée sur le même pied d'égalité avec les 
autres industries nationales, et que le seul moyen d'obtenir la compensation des 
charges cpii grèvent nos prix de revient réside dans un relèvement sérieux de nos 
tarifs ; 

« Nous venons en ce qui concerne les céréales, demander l'adoption des 
chiffres réclamés par toute l'agriculture française. 

« Quant aux droits sur le bétail, nous devons protester de toutes nos forces 



244 CHRONIQUE AGRICOLE (14 FÉVRIER 1885). 

contre les' conclusions du rapport, qui, à la majorité d'une voix, a rejeté le projet 
de relèvement présenté par M. le ministre de l'agriculture. 

« A ce propos, nous insistons sur ce point capital, que l'importation du bétail vif , 
des Etats-Unis et du Canada est devenu un fait accompli, que trois ou quatre 
cent mille bœufs de cette provenance arrivent déjà annuellement en Angleterre, 
et qu'un simple écart dans le prix des frets peut d'un instant à l'autre amener 
les expéditions dans nos ports, en ruinant la dernière branche d'industrie agri- 
cole, qui laisse à l'heure actuelle quelque marge de bénéfice aux exploitants. 

«Nous ajouterons pour répondre aux convenances spéciales de certains herbagers 
du nord-est, dont nos adversaires ont habilement exploité l'intervention au débat 
actuel, qu'il sera toujours facile, au moyen d'un système d'acquit-à-caution, de 
réglementer l'introduction du bétail maigre provenant des pays limitrophes, et sa 
réexportation après engraissement, sur les marchés étrangers. . 

«Persuadés que les chiffres réclamés par nous, et qui n'atteignent môme pas le 
taux des droits accordés à toutes les autres industries, sont seuls capables de 
rendre confiance à l'agriculture et de ramener la prospérité dans toutes les classes 
de la nation, nous comptons sur votre sollicitude éclairée et sur celle de M. le 
ministre de l'agriculture pour soutenir nos justes revendications devant le Parle- 
ment, et dans cet espoir, nous vous prions, Messieurs, d'agréer l'expression de. 
nos sentiments les plus distingués. 

« Pour les membres du Comice de Reims. — Le prcmlent, Cii. Liiotelain. — 
Le secrétaire : Tiiéod. Maldax. « 

Ainsi que nos lecteurs l'ont vu ])ar la note de M. Fenaux, agricul- 
teur à Givet, que nous avons pul)liée récemment (24 janvier, p. 149 
de ce volume , le système des acquits-à-caution pour le bétail fonc- 
tionne déjà régulièrement sur la frontière de l'est. 

V. — Syndicats agricoles. 

A diverses reprises, le Journal a signalé 1 initiative prise par 
M. Tanvirav, professeur départemental d'agriculture de Loir-et-Cher, 
pour la constitution de syndicats de cultivateurs réunis pour acheter 
en commun les engrais complémentaires et autres matières premières 
nécessaires à l'agriculture. Le syndicat des agriculteurs de Loir-et- 
Cher a été imité dans un grand nombre de départements et des can- 
tons. Son exemple a été friu'tueux. Le compte rendu de ses opérations 
pour Tannée 1 884 nous apprend que le nombre de ses membres 
dépasse aujourd'hui 500. Au printemps dernier, le syndicat a acheté 
39,000 kiloii'. d'engrais répartis entre 43 de ses membres, à lautomneil 
en a acheté plus de 300,000 kilog. pour 197 agriculteurs. La meilleure 
preuve que l'œuvre du syndicat est excellente, c'est que des agricul- 
teurs aclietant des quantités de 20,000 et 30,000 kilog. d'engrais à 
la fois ont trouvé avantage à se servir de son intermédiaire. M. Tan- 
viray a été violemment calomnié par des gens dont il gênait le com- 
merce interlope; c'est la récompense qui suit toujours les œuvres de 

bien puldic. 

VI. — La culture des betteraves. 

Les travaux se poursuivent pour la préparation des terres destinées 
aux prochaines semailles de Ijetteraves à sucre. Il se confirme de plus 
en plus que l'étendue consacrée à cette importante culture sera réduite 
assez notablement, mais nous apprenons avec une vive satisfaction qu'un 
grand nombre de cultivateurs comprennent désormais l'urgente néces- 
sité de ne cultiver que des variétés de betteraves riches en sucre et 
qu'ils recherchent les graines de ces variétés. C'est ainsi que les races 
améliorées de Vilmorin, de Desprez, de Simon-Legrand, de Brabant, 
d'Olivier-Lecq, ont été demandées cet hiver dans des proportions 
absolument inusitées jusqu'ici. Mais ce n'est pas tout que de semer de 



CHRONIQUE AGRICOLE (14 FÉVRIER 1885). 245 

bonnes graines, il faut encore pratiquer les procédés de culture don 
l'expérience a démontré la valeur. Sous ce rapport nous devons 
signaler une excellente brochure que M. Gustave Hamoir, agricul- 
teur à Saultain, près de Valenciennes (Nord), vient de publier sous le 
titre : Quelques mots swr la culture et son avenir en présence de l'im- 
pôt du sucre appliqué à la betterave. Dans cette brocliure M. Gustave 
Hamoir donne des conseils très judicieux sur l'emploi des engrais 
appropriés à la culture de la betterave riche; il insiste surtout sur 
l'usage des engrais phosphatés dans les terres du Nord. On devra 
étudier avec soin les conseils d'un vétéran émérite de l'agriculture 
flamande. 

Nous devons signaler aussi une excellente brochure que M. Cazaux, 
professeur départemental d agriculture de Seine-et-Marne, vient de 
publier sous le titre : Instructions sur la culture de la betterave à sucre. 
M. Cazaux a réuni d excellentes observations sur le choix des graines, 
la préparation du sol, le clioix des engrais, les soins de culture, etc. 
(-ette brochure a été rédigée à la demande du Conseil général du dépar- 
tement, et elle a été distribuée à un grand nombre d'exemplaires dans 
toutes les communes. 

VII. — Le commerce des graines fourragères. 

Nos lecteurs ont lu certainement avec intérêt les articles de M. Schri- 
baux sur les travaux exécutés à la station d'essais des semences 
récemment créées à l'Institut national agronomique. Il n'y a pas lieu 
d insister sur l'utilité de cette création, mais nous croyons utile de 
faire ressortir les services rendus par des établissements de même 
nature dans d autres pays. C'est ainsi que nous avons sous les yeux 
le rapport de M. le D'' Stebler, directeur de la station fédérale 
d'essais de semence, à Zurich (Suisse), sur les travaux de cette station 
pendant l'année 1883-84. C est la neuvième année du fonctionnement 
de cet établissement. Le nombre des envois de graines et des analyses 
qui n'était que de 24 en 1875-76, s'est élevé rapidement à 406 en 
1876-77, à 884 en 1877-78, pour atteindre 1883 en 1883-84. Actuel- 
lement 54 marchands de graines ont conclu avec la station fédérale 
des contrats par lesquels ils se soumettent aux conditions de son règle- 
ment et reconnaissent ses analyses comme décisives; d'autre part 
68 sociétés d'agriculture ont fait l'achat en commun de leurs semences 
en utilisant avec succès la contrôle de la station fédérale. Ce sont là 
des faits qui montrent l'importance que doit prendre la station d'essais 
de semences de l'Institut agronomique, si 1 on parvient à faire com- 
prendre aux cultivateurs et aux marchands de graines les services 
qu'elle est appelée à rendre. 

VIII. — Les prairies. 
Parmi les travaux récents sur les plantes fourragères, nous devons 
citer une hrochure que M. Charles Fasquelle, professeur d'agriculture 
à Yesoul (Haute-Saône), vient de publier sous le titre : Notes sur le' 
prairies. Dans cette brocliure. Si. Fasquelle donne d'abord la des- 
cription des espèces (graminées, légumineuses, et autres familles) les 
plus répandues dans les prairies. Il en indique les propriétés; en 
môme temps il examine les conditions du bon établissement des prai- 
ries; il insiste notamment sur le choix des semences, leurs mélanges, 
qu'il s'agisse de prairies permanentes ou de prairies temporaires. Ce 



246 CHRONIQUE 'AGRICOLE (14 FÉVRIER 1885). 

travail de M. Fasquelle s'ajoute lieiireiisement aux publications utiles 
qu'il a faites dans les dernières années. 

Nous signalerons aussi deux brochures que M. Saint-Gai, professeur 
à l'Ecole nationale d'agriculture de Grand-Jouan, vient de publier sur 
les plantes qui forment la flore des environs de Grand-Jouan et sur 
celles qui croissent spontanément dans la Loire-Inférieure. Ces publi- 
cations sont utiles aux agriculteurs comme aux botanistes. 

K. — Sériciculture. 

On annonce la publication par M. Maillot, directeur de la station 
séricicole de Montpellier, d'une étude importante sur le ver à soie du 
mûrier. La compétence de M. Maillot dans toutes les questions sérici- 
coles est bien connue ; nous nous réservons de revenir sur cette publi- 
cation lorsqu'elle nous sera parvenue. 

X. — Congrès agricole de Provence. 

Un congrès des Sociétés agricoles de Provence a été provoqué par 
le Comice d'Aix (Bouches-du-Rhône). Ce Congrès s'est réuni à Aix le 
17 janvier sous la présidence de M. Soubrat, président du Comice 
d'Aix. Des délégués de toutes les Sociétés agricoles de la région y 
ont assité. Voici le texte des vœux adoptés : v 

1° Relèvement des droits de douane sur les céréales, farines et bestiaux. 
— Taxes votées par le Congrès. — Blé, par 100 kilog., 5 fr. ; autres céréales, 
3 fr.; farines, 9 fr.; chevaux, par tête, 70 fr.; moutons, 7 fr.; porcs, 15 fr.; viande 
fraîche, par 100 kilog., 20 fr.; viandes salées, 15 fr. 

Dans le cas 01^1 d'autres taxes, notamment celles fixées pour les blés, parle 
rapport de M. Graux, seraient adoptées par la Chambre des députés (6 fr. 60 

Sour les blés d'outre-mer), le Congrès demande, pour la surtaxe des farines, un 
roit unique de 9 fr. 45 au moins par 100 kilog. Ce chiffre pouvant seul main- 
tenir une proportion reconnue nécessaire pour empêcher une spéculation et des 
fraudes faciles à prévoir et sauvegarder les intérêts de l'agriculture et ceux du 
Trésor. 

2" Emploi des ressources obtenues au moyen des surtaxes sur les produits 
agricoles étranyers. — Le Congrès demande que les ressources obtenues au 
moyen des droits de douane ainsi établis soient affectées exclusivement au profit 
de l'agriculture et principalement au dégrèvement de l'impôt foncier et des con- 
tributions qui grèvent plus directement la propriété non bâtie. 

3" Vins. — Le Congrès demande avec insistance la liberté du vinage à l'inté- 
rieur, au droit de 25 fr. par hectolitre d'alcool employé. 

4" Représentation de l'agriculture. — Le Congrès a enfin émis le vœu qu'une 
loi organise sans retard la représentation élective et officielle de l'agriculture. 

Le Congrès, en attendant que son dernier vœu soit exaucé, a voté 
l'organisation immédiate, par les soins des délégués des divers Co- 
mices ou Sociétés représentées à la réunion, d'un syndicat régional, 
sous le titre d' Union syndicale des agriculteurs de Provence, dont la 
mission serait de représenter et de défendre les intérêts de la région, 
soit auprès des pouvoirs publics, soit auprès de la Société des agri- 
culteurs de France. 

XL — Les statistiques agricoles anglaises. 

Jusqu'ici, on ne publiait en Angleterre, en fait de statistiques agii- 
coles, que des renseignements sur les surfaces consacrées aux diverses 
sortes de culture. On devait, pour ce qui concerne les rendements, 
s'en rapporter aux appréciations des agronomes et des économistes. 
Il est vrai que quelques-unes de ces appréciations, notamment celles 
de MM. James ('aird, Lawes, Kains-Jackson, ont toujours joui d'une 
grande autorité. La lacune qui existait dans les documents officiels 



CHRONIQUE AGRICOLE (14 FÉVRIER 1885). 247 

vient de disparaître. Le Jiiireau dajïricultnre a publié, pour l'année 
1884, une statistique aussi détaillée que celles qui existent dans la 
plupart des autres pays civilisés. Nous croyons utile d'en reproduire 
le tableau résumé, pour T Angleterre et le pays de Galles : 

ProduiMion moyenne par hectare . 

Surface Proiliiction En En année 

cultivt-e. totale. I88'i. ordinaire. 

. ■ hectares. hectolitres. hectolitres. hectolitres. 

Frouiput 1,043. 3-29 27,253,6(;5 26.12 22.58 

Orgo 775,306 23,104,035 2'.». 80 29 67 

Avoine 747,787 32,439,332 33.58 35.79 

Pois 91,235 3,166,578 21.30 24.89 

Fèves 169,976 3,784,610 21.39 26.44 

quintaux. quintaux. quintaux. 

Pommes de terre... 160,480 27,563,950 68.70 62.50 

Turneps 618,045 195,405,430 12670 150.80 

Bettercives 130,627 55,323,110 169.70 198.60 

Ces rendements sont sensiblement supérieurs pour la plupart des 
céréales, et surtout pour le blé, à ceux accusés pour notre pays par les 
statistiques agricoles. C'est la confirmation d'un fait déjà bien connu. 

XII. — Station agronomique de la Somme. 

Un concours sera ouvert, le 16 mars procbain, à la station agrono- 
mique de la Somme, à Amiens, pour une place de préparateur. Voici 
les conditions de ce concours : 

Les conditions à remplir sont les suivantes : l°Elre français ou naturalisé fran- 
çais. 2° Posséder une instruction suffisante sur les mathématiques élémentaires, 
arithmétique, algèbre, y compris les équations du second degré et les logarithmes, 
géométrie élémentaire, ainsi que les notions élémentaires de physique, de chimie 
et de physiologie animale et végétale. 3" Bien connaître le travail praticpie des 
laboratoires de chimie. 

Le jury d'examen sera composé du directeur de la station agronomic^ue, de deux 
membres de la Commission de surveillance de la station et de deux autres per- 
sonnes désignées par M le préfet. 

Les candidats auront à subir trois épreuves : 

P Un examen oral sur les mathématiques élémentaires, la physique et la phy- 
siologie (lois générales et applications usuelles). 2" Une épreuve écrite (com- 
position sur un sujet choisi parmi les théories élémentaires les plus importantes, 
avec une application prise dans la pratic[ue journalière du laboratoire.) 3° Une 
épreuve praticpie, analyses cjualificatives et quantitatives exécutées au laboratoire. 

Les personnes qui désirent se présenter comme candidat à cet 
emploi qui se trouve actuellement vacant sont invitées à adresser leur 
demande, avant le 7 du même mois, à la préfecture de la Somme. 
Elle sera accompagnée de leur acte de naissance, d'un certificat de 
moralité délivré par le maire de la commune de leur résidence et, s'il 
y a lieu, des documents relatifs à leur instruction. Un traitement de 
1 ,500 fr. est attribué au titulaire et en outre un quart du produit des 
analyses faites à la station. 

XIII. — Inspection des services sanitaires. 
Par arrêté du l'"' janvier, il a été créé au ministère de l'agriculture un 
emploi d'inspecteur général des services administratifs des écoles vétéri- 
naires et des services sanitaires des animaux domestiques à l'intérieur 
etàla frontière. Indépendamment de l'administration et de la comptabi- 
lité des écoles vétérinaires, cette inspection portera sur le fonctiohne- 
ment du service institué à la frontière pour la visite des animaux 
importés en France, sur l'application à l'intérieur des règlements 
relatifs à la police sanitaire, sur la désinfection des foires et marchés 



248 CHRONIQUE AGRICOLE (14 FÉVRIER 1885). 

et tout sDécialement sur celle des waiLions employés au transjjort du 
bétail. Par un autre arrêté en date du 22 janvier, ces fonctions ont été 
confiées à M. Leblond, chef de division au ministère de l'agriculture. 
M. Leblond s'est consacré, pendant plusieurs années, à l'organisation 
du service sanitaire ; il remplira certainement ses nouvelles fonctions 
avec zèle et succès. 

XIV. — Nouvelles des cultures et des travaux agricoles. 
Le Journal officiel publie les renseignements transmis par les pré- 
fets au ministère de l'agriculture sur les semailles d'automne. Os 
renseignements se rapportent à .la préparation des terres, à l'aspect 
de la récolte, et à l'étendue ensemencée par rapport à l'année moyenne 
danschaque département. Nous ne pouvons reproduire ce long tableau, 
mais nous devons en présenter le résumé tel qu'il est donné par le 
document officiel, dans les termes suivants : 

En résumé, les conditions dans lesquelles ont été effectuées les semailles d'au- 
tomne, sont : pour 25 départements, très bonne; pour 19, bonne; pour 18, 
assez bonne; pour 19, médiocre; pour 15, mauvaise. 

L'aspect des récoltes est, dans : 15 départements, très bon; 35, bon; 16, assez 
bons ; 14, médiocre. 

L'étendue ensemencée, par rapport à l'année moyenne, est : supérieure dans 
7; égale dans 37 ; inférieure dans 24. 

Dans les régions du Nord et de l'Ouest, qui comprennent les départements 
principaux producteurs de céréales, les semailles ont ^-(méralement eu lieu dans 
de bonnes conditions, et l'apparence des récoltes semble être satisfaisante. 

Les renseignements administratifs confirment, en ce qui concerne 
la diminution des emblavures de céréales, les appréciations qui ont 
été déjà données dans nos colonnes. 

Nous recevons de M. de Villiers de L'IsleAdam, à la date du 
30 janvier, la note suivante sur la situation agricole dans le départe- 
ment de la Sarthe : 

« Nous avons eu, dans le courant de ce mois, une longue période de froid, 
mais comme la terre était couverte de neige, et que la température n'est guère 
descendue au-dessous de 5", les récoltes en terre n'ont aucunement souffert. Le 
dégel est venu lentement et sans pluie. » 

M. Boncenne nous donne dans la note suivante, qu'il nous adresse 
de Fontenay-le-Comte, à la date du 29 janvier, en môme temps que 
des renseignements sur la situation des cultures dans la Vendée, 
quelques détails, qu'on lira avec intérêt sur lagnelage : 

« La sécheresse et la douceur de la température ont permis, pendant tout le 
mois de décembre, la continuation des labours d'hiver et la préparation des terres 
destinées à être ensemencées au printemps. 

« L'année 1885 a débuté par un froid assez vif, puis le temps s'est radouci; 
mais à partir du 13, nous avons eu de nouvelles gelées, la neige est tombée à 
deux reprises, et le thermomètre est descendu, chaque nuit, à 6 et 7 degrés 
au-dessous de zéro. Les récoltes, jusqu'ici, n'ont pas souffert; on espère môme 
que le froid et la neige débarrasseront notre plaine des campagnols dont les 
déprédations provoquent de tous côtés des plaintes très vives. Dans les terres lé- 
gères où la couche arable s'est soulevée sous la gelée, où le blé tend à se déra- 
ciner, il sera nécessaire d'opérer un tassement à l'aide du rouleau. 

<c Nos agneaux southdown naissent dans d'excellentes conditions. Le berger, 
pendant ce mois, veille attentivement sur son troupeau, et donne particulière- 
ment» ses soins aux brebis prêtes à mettre bas. Après le part, on place le petit 
devant la mère, pour le faire lécher, puis on examine si le pis est sain, et l'on 
enlève avec précaution la laine qui recouvre les trayons. Gela fait, on met la 
brebis et l'agneau dans la case préparée pour les recevoir. Ils n'y restent que deux 
ou trois jours, à moins que le petit ne soit trop faii)le ou que sa mère refuse 



CHRONIQUE AGRICOLE (14 FÉVRIER 1885). 249 

de le recevoir. Dans ce cas, on laide à prendre le Irayon en le lui mettant dans 
la bouche; on renouvelle cette ope'ration toutes les deux ou trois heures, jusqu'à 
ce que le jeune animal ait pris un peu de force. 

«Les hrebis-mères, pendant l'allaitement, reçoivent, indépendamment de leur 
ration de foin, des carottes et des betteraves hachées et mélangées avec du son. 
On réserve pour la fin de l'hiver, les topinambours c[ui restent^ en terre et sont 
arrachées au fur et à mesure des besoins. 

«La vente des bœufs gras, sur nos champs de foire, est toujours fort difficile 
mais nos fermiers, las d'attendre de meilleurs cours, se résignent à la baisse. «' 

M. lirons vick nous résume le programme du Congrès qui se 
tiendra à Nancy pendant le prochain concours régional : 

« Depuis ma dernière note, la température a bien changé dans notre région; aux 
gelées et aux neiges abondantes ont succédé des pluies avec un relèvement con- 
sidérable de calorique. Aussi voit-on de jour en jour les neiges fondre sensible- 
Iment et mettre a nu les récoltes et les champs qui doivent être préparés pour 
es semailles du printemps. 

« A propos du Concours régional de Nancy, M. ^'olland. maire de cette ville- 
vient d'annoncer au président de la Société centrale d'agriculture que la Commis- 
sion municipale du Concours agricole a décidé : qu'une subvention de 200 fr. se 
rait accordée à la Société centrale pour l'aider à organiser son exposition collec- 
tive des produits et son exposition d'enseignement agricole, que toutes deux doivent 
prendre place au concours régional de 1885. 

« La Société centrale d'agriculture de Meurthe-et-Moselle, tiendra un Congrès 
régional pendant le concours, elle en prend l'initiative et elle en conservera la 
direction. 

« Le Congrès durera trois jours, les jeudi, vendredi et samedi de la semaine du 
concours, avec séance le matin de 8 heures à 1 1 heures, deux séances du soir seront 
réservées à des conférences sur la question économique et les expériences d'en- 
grais. 

« Les questions soumises aux délibérations sont les suivantes : 1" de l'augmen- 
tation du produit des principales récoltes par les améliorations foncières et cul- 
turales; 2" par l'emploi des engrais chimiques; 3" par le choix des variétés plus 
productives que celles habituellement en usage ; 4" système divers. 

« Prairies temporaires pâturées : P création d'enclos; 2'^ choix du bétail diffé- 
rentes spéculations auxquelles il peut donner lieu par l'exploitation au j)àturage ; 
3" ensilage des fourrages verts, effets de l'alimentation du bétail avec les four- 
rages ensilés, autres réflexions. 

« Des avantages du reboisement pour tirer parti des sols improductifs. 

« Du régime de la propriété rurale, et des réformes à introduire. « 

Les travaux de préparation des terres, de taille et de plantation des 
arl)res et arbustes, se poursuivent avec une grande activité. Les 
semailles de printemps commencent dans les terres ressuyées. 

HENRy SaG-MER. 

SOCIÉTÉ DES AGRICULTEURS DE FRANCE 

La session annuelle de la Société des agriculteurs de France a com^ 
mencé le lundi 9 février. Rarement plus nombreuse affluence de 
membres de la Société s'était donnée rendez-vous dans les salons de 
l'hôtel Continental. M. le marquis de Dampierre, président de la 
Société, était assisté des membres du bureau et d'un grand nombre 
de membres du conseil d'administration. Nous citerons notamment 
MM. de Bouille, Jacquemart, de Monicault, vice-présidents ; ïeisson- 
nière, secrétaire-général ; de Lucay, Ameliue, Houdaille de Kailly, secré- 
taires ; de Poncins, Tiersonnier, Vilmorin, Josseau, Henri Mares, etc. 

M. de Dampierre a ouvert la séance par le discours suivant : 

« Messieurs, l'importance exceptionnelle qu'a eue cette année la réunion des 
délégués chargés de préparer les travaux de votre session annuelle m'a obligé à 



250 SOCIETE DES AGRICULTEURS DE FRANCE. 

leur exposer la situalion économique du pays avec plus de développements qu'il 
n'était dans nos usages de le faire. Il s'agissait de mettre en lumière nos souf- 
frances et les remèdes à y apporter, nos droits et la volonté que nous avions de 
les faire respecter ; il importait de ne pas laisser les pouvoirs publics dans la fatale 
indifl'érence qui paralyse les efforts des amis que nous y avons encore, et nous 
avons fait tout ce C[ue nous avons pu pour atteindre ce résultat. Vous me permet- 
trez donc aujourd'hui d'être bref et de vous indiquer seulement les points sur les- 
quels il est sage qne vous portiez plus spécialement votre attention. 

cr Le temps presse d'ailleurs et, en ce moment môme, se discute devant le 
Parlement la grave question de la surélévation des taxes sur les produits étrangers 
(jui ne figurent pas dans les traités de commerce, et qui nous font sur nos marchés 
une concurrence désastreuse. Le gouvernement et la commission parlementaire 
ont compris qu'on devait à l'agriculture cette compensation des trop lourds impôts 
qu'elle paye au Trésor public; cju'il était juste que les produits étrangers contri- 
buassent pour une part aux charges de l'État qui donne cà leur commerce toutes 
les facilités, toutes les sécuritéspossibles, je dirai même d'injustes privilèges, en son- 
geant aux tarifs différentiels des chemins de fer, dont je vous signalais l'année 
dernière les étranges conséquences ; on a constaté, enlin, que nos finances trouve- 
raient dans une modification des tarifs douaniers des ressources qui ne sont pas 
à dédaigner, sans que la consommation en souffrît d'une manière sensible. Le prix 
du pain et de la viande à l'étal ne correspond pas, en effet, au prix du blé et de 
la viande sur pied, et il y a là des aléa qui.,montrent que la production peut recher- 
cher des jorix plus rémunérateurs sans imposer à la consommation des prix plus 
élevés. Et, d'ailleurs, l'augmentation des droits de douane n'a pas pour consé- 
quence nécessaire l'augmentation des prix des denrées alimentaires : les preuves 
en sont nom])reuses. AI. le député Graux, dans son rapport à la Chambre, cons- 
tate que les droits de douane sur la viande, surélevés par la loi du 7 mai 1881, 
loin d'amener le renchérissement, n'ont ]ias empêché la baisse, et il donne à l'appui 
un relevé des cours de la viande de 1878 à 1883. La commission de nos délégués 
d'une autre part, dans une visite faite à AI. le ministre de l'agriculture, à la suite 
de notre réunion de novembre, lui exposait ce qui venait de se passer pour la 
surtaxe de la sucrerie, et affirmait cjrue les surtaxes, lorsqu'il y a surabondance de 
produits à l'étranger, ne sauraient nuire au consommateur. Leur efi'et est, en réa- 
lité, d'imposer à la production étrangère des réductions de prix proportionnées à 
l'abondance des produits à écouler, et l'Allemagne nous en fournit aujourd'hui 
une preuve frappante. Elle a produit du sucre en excès dans la campagne der- 
nière ; or, malgré l'élévation des droits d'entrée de trois à sept francs sur les 
sucres étrangers qui a été votée l'année dernière, le prix du sucre ne s'est pas 
élevé en France, et il en est résulté, au contraire, un abaissement de prix de sept 
à liuit francs au-dessous des prix français sur tous les marchés allemands, et 
c'est le producteur étranger et non le consommateur français qui paye la surtaxe 
dont profite le Trésor. Pourquoi n'en serait-il pas de môme pour le blé et pour la 
viande ? 

« L'efïet des surtaxes cfue l'agriculture demande pour les produits laissés en 
dehors des traités de commerce serait, assurément, de l'encourager à améliorer 
ses méthodes et ]jar là à produire à meilleur marché, ce que le malaise actuel lui 
interdit absolument : c'est faire fausse route que de ne pas le comprendre. Les 
améliorations ne se font cfu'avec de l'argent, avec beaucoup d'argent, et c'est l'ar- 
gent qui lui manque bien plus encore que l'instruction, quoi qu'on en dise. 

.«Messieurs, pour lùen nous convaincre que la vérité est de notre côté, suppo- 
sons un instant que nos adversaires ont raison, et que les ouvriers des villes paye- 
raient le pain cinq centimes de plus le kilogramme, si on admettait une taxe de 
cinq francs par quintal métrique sur le blé ; que répondre à cette objection faite 
par nos délégués à M. le ministre de l'agriculture : « Ne vaut-il pas mieux pour 
« l'ouv-rier des villes avoir du travail et payer son pain cinq centimes de plus au 
ce kilogramme que de n'avoir pas de travail et payer son pain cinq centimes de 
moins? » alors, ajouterai-je, que les documents les plus irréfutables établissent 
que la consommation du pain par l'ouvrier, évaluée à 2 kil. 250 grammes par 
jour, et qui était, il y a quatre-vingts ans, le quart de ce qu'il gagnait, ne repré- 
sente plus aujourd'hui que la dixième partie de son salaire. 

« Ces sages raisonnements ont suffi cependant pour exciter la colère des parti- 
sans de la prétendue liberté commerciale sous le régime de laquelle nous vivons, 
et, empruntant à la langue socialiste ses plus dangereuses expressions, ils ont fait 



SOCIETE DES AGRICULTEURS DE FRANCE. 251 

des appels bruyants à la popularité, qui ne va que trop, hélas ! à qui promet tout 
à hou marché, sans regarder aux conclitions de ce bon marché et aux conséquences 
qu'entraînent de telles utopies. Espérons que la Chambre des députés et le Sénat 
ne s& laisseront pas entraîner par l'agilation provoquée autour de ces questions 
brûlantes, par des hommes dont la haute situation demandait, il nous semble, 
plus de prudence. Vos sages délibérations, dont la concordance avec les débats 
de la Chambre des députés présente une singulière opportunité, achèveront de 
porter la lumière sur bien des points contestés : vous êtes des hommes d'étude 
et des hommes de discussion, en même temps que des praticiens, et vous saurez 
faire ressortir ce que nous croyons être la vérité, de faits et d'évaluations que 
vous connaissez mieux que personne. 

« M. Lecouteux disait il y a quelques temps une grande vérité, c'est que le 
régime de 1860 n'avait pas créé la vie à bon marché, mais la cherté du travail 
sans hioyen de le rétribuer. — Là est le vice organicfue, en effet, de ce régime 
libre-échangiste pour les uns, protecteur pour les autres, inégal et injuste par 
conséquent et frappé par là de la réprobation qui s'attache aux privilèges, d'où 
qu'ils viennent. Aussi, qu'il soit bien entendu, Messieurs, que tout ne sera pas 
dit si vous obtenez les droits compensateurs que vous demandez aujourd'hui. Il 
nous faudra agir et protester, nous agirons et nous protesterons tant que nous 
n'aurons pas vu la fin du régime économique qui conduit notre pays à la ruine 
et qu'une expérience de vingt-cinq ans suflit à faire juger. 

« Xous croyons, nous, que toutes les industries sont solidaires et qu'elles doi- 
vent être placées sous la même loi ; qu'il faut se garder de réveiller entre elles des 
hostilités qui n'ont aucune raison d'être ; que la consommation, loin d'être livrée 
aux aventures, a besoin de la production nationale comme de sa plus sûre garan- 
tie contre des éventualités qu'il ne nous convient pas de préciser ; nous croyons 
que le commerce lui-même, malgré le peu de souci qu'il prend d'habitude de 
1 origine des produits dont il trafique, compromettrait gravement ses intérêts s'il 
laissait périr cette poule aux œufs d'or qui est la source la plus sûre de sa for- 
tune. Ces idées, qui conduisent à la paix et non à la guerre sociale, sont celles 
de l'agriculture française tout entière, j'ose l'affirmer en votre nom, et le monde 
jugera Téquilé de ceux cjui demandent le libre-échange pour l'agriculture seule 
et qui acceptent la protection pour leurs fers, pour leurs charbons, pour leurs 
tissus, dont nous sommes forcément, nous agriculteurs, les plus grands consom- 
mateurs ; qui voient la prospérité de la France dans la prospérité de ces indus- 
tries favorisées et ne la voient pas dans la prospérité de celle qui les nourrit ; qui 
ne se choquent ])as de l'inégalité de situation de ces filles d'une même patrie. 

« Messieurs, félicitons-nous au milieu de ces tristesses de voir les intérêts 
agricoles du pays prendre une place considérable dans les manifeslatiens 
de l'opinion publique jusqu'ici absorbée par les seules préoccupations de la 
politique. C'est un fait nouveau et dont il ne faut pas méconnaître l'importance ; 
nous sommes si certains de la justice de notre cause que ce que nous désirons 
le plus ardemment, c'est qu'on l'étudié et qu'on la discute. 

« Je ne puis. Messieurs, terminer ce discours sans vous parler des pertes 
cruelles que le Conseil de la Société a faites dans ces derniers temps. M. le baron 
Thenard, M. le marquis de Grinestous, M. Barrai, M. de Felcourt ont rendu à 
l'agriculture de longs et éclatants services et leur mémoire nous sera toujours 
chère. La Société a perdu cette année soixante-dix-sept de ses membres : depuis 
votre session de février 1884, six-cent douze autres sont venus les remplacer : mais 
cette prospérité croissante ne nous console pas de nous voir privés de tant de 
dévoués collaborateurs, dans des moments où leur savoir et leur expérience nous 
seraient si utiles. » 

A la suite de ce discours, M. Jacquemart a présenté Texposé de 
l'état des finances de la Société, puis M. de Luçay a donné lecture 
d'un compte rendu très détaillé des travaux de la Société pendant 
l'année 1884. Les sections se sont ensuite réunies pour constituer 
leurs bureaux respectifs et pour commencer leurs travaux. 

Les discussions générales ont commencé dans la séance du mardi 
10 février par la discussion sur la réforme des tarifs de douane. Le 
Journal publiera un compte rendu détaillé des travaux de cette im- 
portante session. Henry Sagnier. 



252 PRIX dp: revient RÉEL DU BLÉ 



PRIX DE REVIENT RÉEL DU BLÉ 

A L'ÉCOLE D'agriculture Mathieu de dombasle 
Le numéro du Journal de V agriculture du 31 janvier contient un 
tableau intitulé : Prix de revient du blé à l'école Mathieu de Dom- 
basle, qui ferait supposer que le véritable total des frais d'un hectare 
de blé à cette école s'élèverait à 768 fr. 25. J'ignore à quelle source 
M. Genay a pu puiser des chiffres aussi exagérés, qui sont en contra- 
diction, non seulement avec les prix de revient de l'école et de la 
culture du pays, qui ne dépassent pas 400 fr, par hectare, mais encore 
avec ceux qu il a extraits de sa comptabilité pour les publier dans un 
mémoire intitulé : Sept années (T agriculture en Lorraine. A la page 65 
de cette brochure, il attribue à chaque hectare de blé ensemencé à la 
ferme de Bellevue une somme de frais s' élevant à 431 fr. 99, dans 
lesquels sont compris probablement 30 francs d'appointements par 
hectare au bénéfice du régisseur de son exploitation. 

Après avoir établi dans son tableau un total de 768 fr. 25 de frais 
par hectare de blé, M, Genay déduit 100 fr, pour engrais non épuisé, 
et il conclut que pour rentrer dans ses débouchés, il faut vendre 
25 fr, 1 les 1 00 kilog. d'une récolte de 2,025 kilog, de blé par hectare. 
Etant admise cette manière de calculer le prix de revient, il en ré- 
sulterait qu'avec une bonne récolte de 1 ,500 kilog. par hectare, il fau- 
drait établir le prix de vente comme suit : 

Grain, 1,500 kilog. à 36 fr. 50 = 5^j8 ) .... ,.,. 
Paille, 3,000 kilog. à 40 fr. 00 = 120 \ ^"- "• 

Mais si Ion abaisse le rendement à 1 ,200 kilog. par hectare, ce qui 
malheureusement n'est que trop fréquent dans notre région, il faut 
arriver au prix de vente suivant : 

Grain, 1.20(» kilog. à 47 fr. (w = 57-2 ) ....^ ,. 
raille, 2,400 kilog. à 40 fr. 00 = '.)6 j '^^ ' * 

Je ne veux rien ajouter à ces chiffres qui démontrent suffisamment 
l'exagération que M. Genay a voulu faire supporter au prix de revient 
d'un hectare de blé traité par un procédé cultural qu'il a supposé 
scientifique. 

Quoi qu'il en déplaise à M. Genay, je maintiens que pour l'année 
1884 les frais par hectare de blé à l'école Mathieu de Dombasle n'ont 
pas dépassé la somme de 400 fr. que M. Grandeau a consignée dans 
son travail, et je dois même ajouter que, pour l'année 1882, ils 
ressortent de la manière suivante : 

Location 70.00 

Indemnité de culture, lunnire et irais d'ensemencement 200.00 

Semence 45 . 60 

Moisson, battage et autres frais 80.00 

Total 395 . 60 de frais par hectare , 

Le rendement moyen des seize variétés de blé semées à l'école pra- 
tique d'agriculture Mathieu de Dombasle a été, en 1882, de 2,780 ki- 
log. par hectare, ce qui en ferait ressortir le prix de revient à 14 fr. 23 
les 100 kilog, sans tenir compte de la valeur de l'engrais non épuisé, 
ni du produit que l'on aurait pu obtenir par la vente des pailles. 

TuiRY, 

Directeur de l'école praticiue d'agriculture .Mathieu de Douiljasle. 



JURISPRUDENCE AGRICOLE. 253 



.[URI8PRUDENGE AGRICOLE. — RESPONSABILITÉ 

. DE L'HOTELIER 

On nous pose la question suivante : 

<c Le propriétaire d'un cheval mis à Thôtel dont la porte de l'écurie ou de la 
l'émise porte en caractères bien lisibles cette inscription : On loge sans garan- 
tie, a-t-il le droit de demander des dommages et intérêts au maître dudit hôtel, 
alors que le cheval qu'il a reçu chez lui un jour de foire ou en toute autre cir- 
constance, a reçu des autres chevaux de l'écurie ou de la remise où il se trouvait 
un coup entraînant sa perte totale ou donnant lieu à une tare notable ou du moins 
à une incapacité de travail pendant un temps plus ou moins long ?« 

Ajoutons, ])Our bien préciser le fait qui donne lieu à la question 
sur laquelle on nous consulte, que notre correspondant indique que 
le dépôt du cheval dans l'écurie de Ihôtel n'aurait donné lieu, au 
profit de l'hôtelier, qu'à une perception insignifiante, le prix d'une 
hotte de foin, par exemple. Voici notre réponse : 

La responsabilitéde l'aubergiste, édictée par l'art. 1952 du Code civil, 
embrasse, sous le nom général d'effets, même lesanimaux(Rennes, 26 
déc. 1833; Besançon, 21 mai 1859; tribunal de Lyon, 23 déc. 1865). 
Ainsi l'aubergiste répond des blessures faites, soit au cheval, soit 
au mulet d'un voyageur j)ar d'autres animauv ])lacés dans l'écurie de 
son étaldissement, alors qu il n'a pris, jxuir ])révenir ce dommaoe, 
aucune des précautions qui lui incombent en sa qualité de dépositaire 
(mêmes décisions). 

Ily a lieu seulement "de modérer les dommages et intérêts si l'accident 
a eu en partie pour cause la nature vicieuse de lanimal blessé, laquelle 
aurait du être portée à la connaissance de l'auliergiste (arrêt de Be- 
sançon), ou si le voyageur a trop attendu pour réclamer, de façon à 
compromettre le* recours que laubergiste aurait pu exercer contre le 
propriétaire de l'animal cause de l'accident (jugement de Lyon). 

L hôtelier toutefois peut être déchargé des risques, s'il a déclai-é 
ne pas vouloir les assumer et si le voyageur y a consenti, pourvu que 
le voyageur ait pu se procurer facilement un autre hôtel et que. 
d ailleurs, l'hôtelier ait fait tout ce que lui permettaient les circon- 
stances pour protéger les choses à lui confiées. 

Mais il est certain que des affiches apparentes, danslesquelles 1 hôtelier 
avertit qu'il n'entend répondre que des effets ou des valeurs qui seront 
dé})Osés entre ses mains, ne suffiraient point pour faire disparaître sa 
responsabilité à légard des objets d'un usage commun et journalier. 
JNous pensons que cette dernière règle doit s'appliquer dans l'espècp 
qui nous est soumise; l'affiche, par laquelle l'aubergiste entend décli- 
ner toute responsabilité, ne saurait l'en exonérer, si, en fait, l'accident 
est arrivé par la faute, la négligence de ses employés, défaut de surveil- 
lance, ou vice d'installation. Il serait trop commode de se soustraire à 
toute responsabilité, s'il sufhsait de le dire pour s'en affranchir. 

Quant à ce fait (jue l'aubergiste ne touchait qu'une somme minime 
pour le dépôt du cheval dans son écurie, il est indifférent. Ce n'est pas 
le prix payé par le voyageur qui fait la responsabilité de l'auber- 
giste, c'est le fait de l'admission du voyageur dans l'auberge; et, quel 
que soit le prix payé, le dépôt de l'objet, effet mobilier ou animal, 
auv mains d.e l'aubergiste reste un dépôt, un dépôt nécessaire. 

Eugène Pouillet. 

Avocat à la Hoiir ilc Paris. 



■¥■ 



254 i>ES DRorrs A DOUBLE p:ffeT. 



LES DROITS A DOUBLE EFFET. - II 

Nous voudrions voir dans les droite compensateurs des droits sauveurs 
pour l'agriculture française, ('e n'est donc pas pour les combattre, mais 
dans le but de leur donner une efficacité complète que nous avons in- 
diqué précédemment en quelques lignes la manière dont ils devraient 
être employés. 

Il ne s'aiijit pas seulement pour les cultivateurs de tirer les marrons 
du feu et de faire percevoir à l'Etat 50 ou 1 00 millions de plus. Ce serait 
une naïveté impardonnable, comme ce serait une faute bien grave, de 
ne pas affirmer énergiquement que la prospérité publique repose sur 
celle de l'agriculture; hors de là il n'y a que des erreurs et des 
déceptions. 

Il faut dissiper toutes ces craintes erronées des esprits faibles ou 
étroits qui ne comprennent pas la grandeur de la mission sociale d'une 
industrie dont le but se résume en deux mots : fournir la 
subsistance aux populations, en conservant à la patrie le numéraire, 
fortune réelle qu'il faut se garder d'échanger contre des objets des- 
tinés à disparaître. 

La richesse accumulée et circulant au sein de la nation, au lieu de la 
ruine qui serait la conséquence de l'exportation des ressources les plus 
sûres, tel est le résultat déiinitif d'une production sagement encouragée. 

Mais poursuivons notre étude avec une impartialité absolue. Sup- 
posons que le quintal de blé soit frappé d'un droit de 5 francs à son 
entrée en France; qu'en résultera-t-il? 

L'étranger l'acquittera tout d'abord; puis s'il en provient une hausse 
équivalente sur nos marchés, il reprendra et remportera ce qu'il aura 
donné. En somme il aura trouvé de ce fait une compensation qui lui 
permettra de continuer ses apports et il ne s'arrêtera que le jour où 
une baisse sérieuse l'engagera à se tourner d'un autre côté ou à atten- 
dre. Il faut donc supposer que les nouveaux tarifs des douanes ne 
provoqueront pas de hausse dangereuse pour les familles ouvrières, 
tandis qu'ils ne seront point efhcaces pour relever une industrie 
en détresse si l'on ne les applique à lui fournir les moyens 
d'action dont elle est dépourvue en ce moment. 

C'est un second pas à faire, sans hésitation; car rien ne serait plus 
dangereux pour les cultivateurs que de se déclarer satisfaits et de 
s'arrêter en se croyant sauvés parce qu'ils auront obtenu des avan- 
tages dont notre conscience nous oblige à affirmer l'insuflisance. 

Il n'y a pas seulement des charges qui pèsent sur notre agriculture, 
et qui exigent une compensation ; il y a les faits inéluctables du morcel- 
lement du sol, conséquence d'une révolution que rien ne saurait elTa- 
cer; puis de la hausse constante et progressive du prix de la main- 
d'œuvre, puis encore celui de la spéculation qui entraîne tout vers 
l'industrie, la bourse, le commerce où les bénéfices sont bien plus 
faciles que dans la campagne^ 

Voilà ce contre quoi notre agriculture est forcée de lutter en ce 
moment, et elle ne le peut qu'au moyen des capitaux dont elle est plus 
que jamais dépourvue. 

Au moment où l'étranger va rendre à notre pays une.partie du numér 
raire qu'il en a reçu, laissera-t-on échapper une si belle occasion de 



LES DROITS A DOUBLÉ EFFET. 255 

rendre à la France sa prospérité première sans lui imposer à elle-même 
de nouvelles charges? 

Il ne s'agit ni de transiger ni de reculer. L'agriculture est perdue 
si elle ne réagit avec une volonté inébranlable contre toutes les causes 
de ruine qui l'enserrent. 

On parle de dégrèvements. Mais si la propriété foncière est dégrevée 
de 50 millions par an, soit d'un franc par hectare, au moment où les 
fermages baissent dans une proportion désolante, que résultera-t-il 
d'une pareille mesure qui ne laisserait rien à la disposition de ceux qui 
exploitent la terre? 

Ce serait à peu près ce que les droits nouveaux permettraient de 
réaliser au delà de ce qu'il fournissent aujourd'hui ! Mais alors com- 
ment lutterait-on contre les difficultés que nous venons d'énumérer? 

La première entre toutes, c'est le morcellement du sol. Il faut des 
chemins d'exploitation qui permettent de pénétrer dans les moindres 
champs durant l'année entière pour remplacer l'assolement triennal 
que les Grecs nous ont légué par l'assolement alterne, celui qui 
fournit des plantes fourragères chaque deux années et qui répond 
aux exigences de la situation. C'est ainsi que le bétail bien nourri 
donnera des résultats rémunérateurs, que l'engrais sera dans les fermes 
riche et abondant et que le produit des récoltes deviendra déplus en plus 
rémunérateur. 

Pense-t-on que 10 millions seulement pris tous les ans sur l'impor- 
tance des droits compensateurs et distribués dans les communes 
rurales pour leur permettre de réaliser un progrès nécessaire ne 
donneraient pas dans un temps très rapproché des résultats merveil- 
leux dont l'utilité est incontestable? E. Duroselle. 

DISTILLATION DE LA BETTERAVE ET DES GERËALES 

Voici la comparaison du produit à l'hectare en alcool et en 
nourriture dans la disiillation de la betterave et des céréales : 

_^^^ BETTERAVE ^^_______ _— ^^__^__ SEIGLE 

En alcool. En nourriture. En alcool. En nourriture. 

Iiectol. fr. hectol. fr. 

'iO,OOOkil.àl'iiect. Pulpo à 8 IV. par '2,400 kiL à l'Iiecl. 165 rations à 1 fr. 165' 

n 4 litr. b d'alcool 1,000 kilog. de bel- à 30 lit. alcool pour 

pour 100 kilog. 18 raves 320» 100 kilog. 7 '20 

Ce rapprochement seul suffirait pour faire apprécier la valeur de 
l'une ou l'autre application de la distillerie, si déjà avec son expérience 
et son autorité, Dombasle ainsi que les plus grands auteurs, ne 
s'étaient prononcés sur la préférence à donner aux racines sur les 
grains pour la production de l'alcool. 

Maison doit remarquer que ce produit en betteraves est aujourd'hui 
de beaucoup dépassé dans plusieurs distilleries agricoles et que les 
progrès comme culture et comme rendement promettent encore beau- 
coup d'améliorations. 

1. Dans tous les comptes de fabrication qui ont é!é publiés, on trouve des prix aux 1,000 kilo^. 
de pulpe de 8, 10 et l'2 fr. comme prix de vente aux cultivateurs. II en est même de portés 16 fr. 
à la ferme de l'Ecole de Gr gnon, mais pour la consommation sur place. 

Le résidu obtenu à raison de 70 pour 100 du poids de la betterave employée, et en prenant la 
moyenne des prix, peut donc être porté à 8 fr. par 1,000 kilog. de betteraves travaillées. Soit pour 
40,000 kilog. 320 fr. 

2. En estimant que chaque hectolitre d'alcool donne lieu à la production de nourriture de 20 à 
23 rations. Chaque ration estimée 1 fr., on a : 7 kilog. 20 d'alcool x 23 rations à 1 fr. = 165. 

Le produit indiqué en grains et en valeur nutritive est bien au-dessus de la moyenne. 



256 DISTILLATION DE LA BETTERAVE ET DES CÉRÉALES. 

Et si en dehors de ces deux^prodiiits, alcool et noiuTiture, qui sont 
déplus du double en faveur de la betterave, on recherche ses autres 
avantages en agriculture : 

Soit comme récolte sarclée, laissant la terre propre et bien préparée 
pour la récolte du blé : ce qui procure une grande économie sur les frais 
de semaille et assure un produit supérieur en grains, qui nest pas estimé 
moins de 4 à 5 hectolitres à l'hectare; 

Soit comme plante améliorante, par sa propriété de fouiller le sol 
à une grande profondeur pour en utiliser les éléments entraînés par 
les pluies, ou préexistants dans le sous-sol; ce qui, joint aux soins de 
culture qu'exige la betterave, se traduit dans toutes les fermes à dis- 
tilleries par une amélioration progressive et rapide des terres; 

Soit par l'utilisation des bras et des attelages dans les moments où les 
travaux ordinaires d'été les laissent inoccupés; 

Soit aussi pour satisfaire aux pratiques d'assolement généralement 
suivies en France, et à l'extension qu'y a prise la culture de la bette- 
rave qui, pour sa seule destination à la nourriture des animaux de la 
ferme, occupe une plus grande surface cultivée que pour celle qui est 
livrée à la sucrerie; 

On reconnaîtra qu'avant d'aller chercher encore des imitations en 
Allemagne, nous avons des ressources que ce pays peut nous envier et 
qu'il est de notre intérêt et de notre devoir d'utiliser. 

H. Champoîvnois, 

Membre de la Société nationale d'a^ricultui'c. 

SUR L'EXTENSION DE LA CULTURE FOURRAdÈRE 

On conseille aux agriculteurs de restreindre l'étendue de leurs cul- 
tures de céréales et de faire des fourrages à la place : ce conseil peut 
être utilement mis en pratique dans les terres particulièrement propres 
à la culture des fourrages, mais il y a beaucoup de terres où les 
céréales réussissent assez bien tandis que les fourrages ne donnent que 
de chétifs pi^oduits, et encore il faut faire des frais pour convertir en 
prés les terres labourables. Ce ne sont pas là les seules difficultés que 
l'on rencontre lorsqu'on veut mettre en pratique le conseil si souvent 
répété. 

Quand on a récolté du blé, on le porte au marché et l'on en fait de 
l'argent; quand on a du fourrage plus que par le passé, il faut aussi 
aller au marché, non pas pour vendre, mais pour acheter du bétail 
qui consommera le fourrage. Et ce bétail, il faudra le loger, ce qui 
nécessitera souvent une augmentation des bâtiments : encore de l'ar- 
gent à dépenser alors qu'on en manque. Ce n esl pas tout : lorsqu on 
fait de l'engraissement, on rentre dans ses avances au bout de trois ou 
quatre mois en revendant le bétail engraissé, mais ce n'est pas sur des 
pâturages établis dans des terres médiocres que l'on peut faire de 
l'engraissement; il faut se contenter de l'élevage toutes les fois que 
l'on n'a pas sous la main un débouché avantageux qui permette défaire 
de la laiterie. L'élevage donne peu de travail, mais l'argent se fait 
longtemps attendre. 

Admettons qu'un grand nombre dagriculteurs puissent suivre le 
conseil qu'on leur donne ; pour en tirer un profit sérieux, ils devraient 
réduire dans une assez forte proportion leur sole de céréales, d'un 
quart ou d un tiers par exemple, poiii' augmenter d'autant leur sole 



EXTENSION DE LA OULTCIRE FOURRAfVERE. 257 

fourragère. L'accroissement de la production du bétail ne tarderait pas 
à amener l'avilissement des prix sans que pour cela le prix des céréales 
se relevât sensiblement puisque la production étrangère serait en mesii fe 
de combler largement le déficit de notre production. 

La transformation des terres arables en pâturages, opérée sur une 
grande écbelle aurait encore d'autres conséquence^ fort graves. Un hec- 
tare de terre médiocre donne un produit brut de 1 ,000 ou 1 ,100 kilog. 
de blé, semence déduite, à quoi il ftiut ajouter 2,500 ou 3,000 kilog. 
de paille, tandis que le même terrain en pàliirage ne donnera que 
l'herbe équivalente à 1,500 ou 2,000 kilog. de foin. Le produit d'un 
hectare de pâturage est très inférieur en quantité et en valeur au pro- 
duit d'un hectare de blé : le cultivateur pourrait dans certains cas trou- 
ver avantagea la substitution, mais il en résulterait un déficit dans la 
production nationale. Avec quoi comblerions-nous ce déficit? Ce n'est 
pas en développant d'autres brandies de la ju'oduction agricole, puisque 
tous les produits agricoles ])euvent être obtenus à l'étranger à meilleur 
(;ompte que chez nous. 

En substituant le pâturage à la culture du blé on réduit considé- 
rablement la main-d'œuvre et si cette modification était appliquée à 
des étendues importantes, il faudrait congédier beaucoup d'ouvriers 
agricoles. Que ferait-on de ces bras disponibles alors sui'tout que l'in- 
dustrie laisse un grand nombre d'ouvriers sans travail. 

En somme la substitution des fourrages aux céréales peut être utile 
à quelques particuliers mais dans beaucoup de cas l'économie de main- 
d'œuvre ne compenserait pas la diminution des produits, et si cette 
réforme était appliquée sur ime gj-ande étendue, elle serait très nui- 
sible à l'intérêt général. A. DE VlLLlERS DE L'TsLE-AdAM. 

CONCOURS OÉNÉRAL AGRICOLE M PARIS 

Le succès des concours généi'aux agricoles de Paris s'est encore 
accentué cette année ; depuis le jour de l'iuiverture jusqu'à celui de la 
fermeture, une foule empressée n'a pas cessé d'en remplir toutes les 
parties. Le concours répondait d'ailleurs complètement à la faveur qui 
l'a accueilli. On dirait que, plus les circonstances au milieu des- 
quelles ils se débattent sont difficiles, plus les cultivateurs tieament à 
démontrer leur énergie et multiplient leurs efforts pour faire ressortir 
la vitalité de l'agriculture française. C'est là la leçon que donne le con- 
(•ours ; il faut le dire hautement, pour que les adversaires des légitimes 
revendications agricoles ne profitent pas de cette fêté solennelle pour en 
arguer et essayer de faire croire que la situation est bonne. L'installation 
a été parfaitement organisée d'ailleurs sous l'habile direction deM.Vas- 
sillière, inspecteur général de l'agriculture, secondé par un commis- 
sariat très expérimenté. - "tf'.rp 

Nous ne nous étendrons pas aujourd'hui sur les diverses parties du 
concours ; elles demandent des études spéciales qui paraîtront succes- 
sivement dans nos colonnes ; nous nous bornerons à dire que les sec- 
tions nouvelles introduites dans le programme ont été accueillies 
avec une vive faveur. Cette réflexion s'applique notamment aux 
expositions spéciales de vins d'Algérie , de plantes fleuries , de 
pisciculture et d'ostréiculture. Dans la plupart de ces sections les 
exposants ont été nombreux et le succès a complètement répondu à 



258 CONCOURS GÉNÉRAUX AGRICOLES DE PARIS. 

riieureuse initiative prise par le ministère de l'agriculture. Nous en 
dirons autant pour le concours spécial de matériel de laiterie qui a 
permis de mettre une fois de plus en relief les progrès réalisés dans 
ces dernières années. 

Nous devons, avant de donner la liste complète des récompenses, 
signaler les grands lauréats du concours. 

Pour les animaux vivants, les prix d'honneur étaient au nombre de 
onze, soit trois de plus que dans les concours précédents. Ces prix ont 
été décernés comme il suit : Pour les bœufs, à M. Signoret, éleveur 
à Sermoise (Nièvre), pour un bœuf durham-charolais âgé de 40 mois 
et pesant 970 kilog.; — pour les vaches, à M. Petiot, éleveur à 
Touches (Saône-et-Loire), pour une vache durham-charolaise âgée de 
6 ans ans et demi et pesant 780 kilog.; — pour les bandes de bœufs, 
à M. Charles Bouille, éleveur à Mars (Nièvre), pour une bande de 
quatre bœufs nivernais blancs âgés de 5 ans et pesant ensemble 
4,246 kilog.; — pour les bandes de vaches, à M. Elie Larzat, éleveur 
à Germigny (Cher), pour une bande de quatre vaches durham, d'âge 
variable depuis 42 moisjusqu'à 1 ans, pesant ensemble 3,068 kilog. ; — 
pour les moutons, à M. Nouétte-Delorme, éleveur à la Manderie (Loiret), 
pour un lot de trois agneaux southdown âgés de 9 mois, pesant ensemble 
228 kilog., soit 76 kilog. par tête; — pour les brebis, à M. Tiersonnier, 
éleveurà Gimouille (Nièvre) , pour un lot de trois brebis dishley âgées de 
32 mois et demi et pesant ensemble 298 kilog.; — pour les bandes de 
moutons, à M. Pluchet-Fi'issard, éleveur à Uoye (Somme), j)our une 
bande de quinze moutons ilishley-picards, âgés de 20 mois et 20 joui's, 
pesant ensemble 1 ,523 kilog.; — pour les porcs, pour M. (-haumereuil, 
à Billy-Chevannes (Nièvre; , pour un port nivernais-yorkshire âgé de 
14 mois et pesant 342 kilog.; — pour les bandes de porcs, à M. Noblet, 
éleveur à Château-Renard (F^oiret), pour une bande de trois porcs 
yorkshire âgés de 10 mois 20 jours, pesant ensemble 853 kilog.; 

— pour les animaux de basse-cour vivants, à M. Jean Farcy, éleveur à 
Fouilletourte (Sarthe) pour un lot de coqs et poules de la race de la 
Flèche, et à M, Lemoine, éleveur à Crosne (Seine-et-Oise), pour un 
lot de canards de Rouen ; en outre, une médaille d'or grand module 
a été attribuée à M. Lemoine pour le plus bel ensemble d'animaux 
exposés. 

Dans les autres sections du concours, les prix d'honneur spéciaux 
ont été décernés, savoir -.pour les fromages à pâte molle, à M. Carpen- 
tier, à Saint-Martin-de-Mailloc (Calvados), qui exposait des fromages 
de Camembert ; — pour les fromages à pâte ferme, à M. Dedron 
jeune, à Foncine-le-Haut (Jura i, qui exposait des fromagesde Gruyère; 

— pour les beurres, à M. Pierre Lecoq, à Géfosse-Fontenay (Calvados), 
exposant de beurres d'Isigny; — pour le matériel de laiterie, à M. Pil- 
ter, à Paris; — pour les fruits et légumes, à M. Salomon, à Thomery 
(Seine-et-Marne), qui exposait une collection remarquable de variétés 
de raisin ; — pour les produits divers, à M. Lepetit, à Saint-Amand 
(Cher), pour une collection très intéressante de plantes de prairies. 
Deux diplômes d'honneur ont été attribués, pour l'ensemble de leur 
exposition, à M. Cordier, directeur de l'école pratique de Saint-Remy 
(Haute-Saône), et à MM. Yilmorin-Andrieux, à Paris. 

Voici la liste complète des récompenses décernées pour les diverses 
parties du concours : 



CONCOURS GÉNÉRAUX AGRICOLES DE PARIS. 



259 



I. — Concours général d'animaux gras. 

Espèce bovine. — 1"' classe. — Jeunr.s bœufs. 

l" Catégorie. — Animaux nés depuis le l"' janvier 1882. — 1" prix, M. Siffnoret, à Sermoisc 
(Nièvre)- '> M Tiersonnier, à Gimouille (Nièvre); 3", M. Félix Petit, à Saint-Menoux (Allier) ; 
4« M Gustave Valtau. à Vindelle (Charente) ; 5=, M. Hlie Larzat, à Gennigny (Cher); 6% M. Eugène 
Delplanche, à Fléac (Charente); 7", M. le baron Desgraviers, à Murnac (Charente); 8=, M. le comte 
lîœderer, à Busard (Orne). , . , , • ,. o- . o m o n i 

■> Catégorie. — Animaux nés depuis le 1='' janvier 1881. — l"-"- prix, M. Signoret; 1% M. Bellard, 
à Gimouille (Nièvre); 3% M. Vallau; 4% M. Nadaud, à Chazelles (Charente); b% M. Dep I anche ; 
5^^ M. le comte de Massol, à Fresnes-lès-Monthart (Côte-d'Or) ; 7^. M. Edonard Point, à Langeron 
(P^i ' ■ ' " ^ ' ■ 



Allier) 



Mention honorable, M. Parrv, à Limoges 



lèvre); 8% M. Jean Brossier. à Saint-Loup 
(Haute-Vienne). 

'2= CLASSE. — Prix de races. 
V Catégorie. — Races charolaise et nivernaise. — 1" prix, M. Bel lard ; 2% M. Brossier: 
. iM Bardin à I,iithenav (Nièvre). — Mentions honorables, MM. Régnier, à Mars-sur-Allier 
^ 'lèvre)- Bella'rd: Charles ÎBouille. à Mars (Nièvre); Robert frères, à Bannegon (Cher). 

normande. ~ l""^ prix. M. Langlois, à Baveux (Calvados): V. M. Del 



^^l" Catégorie. — Race 




■tesi- 



Fig. 18. — Bœuf durhani 
éleveur à Sermoisf (Nié 
géni-ral agricole de Paris on 1885. 



i-charolais. âgé de 4U mois, pesant 970 kilog.. appartenant à M. Signoret. 
ièvre). 1'='^ prix de la deuxième catégorie et prix d'honneur au concours 

.,:^ ^., ' 1 oor 



de Bousquet, à Montrem (Dordogne) : 
Mentions honorables. MM. Olivier, à 



mare, à Bayeux (Calvados); .3", M. Castillon. à Troarn (Calvados). — Mention honorable, M. .hist 
Dupont, à Ménil-Eireiix (Orne). 

.3" Catéçjorie. — Race limousine. — 1"'^ prix, Mme Vvt 
2'. M. Sabourdin, à Vouzan (Charente): 3% M. Valtau. — 
.lusix (Lot-et-Garonne) : Rousseau; à Bordeaux (Gironde). 

4" Catégorie. — Race garonnaise. — 1"^ prix, M. Rousseau: '2% M. .lacqnes Chambaudel. à 
Meilhan (I^ot-et-Garonne) ; 3", M. Pierre Dusaux, à L<jupiac-de-Blaignac (Gironde). 

h' Catégorie — Race bîizadaise. — 1'=' prix, M.Michel Chambaudet^ à Bassaume (Gironde): 
T. M. Jacques Chambaudet; 3°, M. Dutrénit, à Bazas (Gironde). — Mentions honorables. MM. Ber- 
nède, à Meilhan (Lot-et-Garonne); Bergadieu, à Saint-Côme (Gironde). 

6" Catégorie. — Race de Salers. — 1'='^ prix, M. Vallau: 2*=, M. Eugène Deplanche. 

7® Catégorie. — Races parthenaise, choletaise et nantaise. — 1'" prix. M. Eugène Deplanche: 
1'. M. Poinet. à Saulgé (Vienne). 

8^ Catégorie. — Races françaises diverses, autres que celles dénommées ci-dessus. — 1'''' Sous- 
Catégorie. — Races llamande, mancelle. fenieline, bourbonnaise, comtoise ou analogues. — 
1" prix, M. Régnier; '2». M. Bouveret-Pitolet, à Autet (Haute-Saône); 3", M. Vannier, à Arlav (Jura). 
— Mentions honorables. MM. Robert frères: M. Chaumereuil, à Billy-Chevannes (Nièvre). — 
2= Sous-Catégorie. — Races béarnaise, basquaise, aubrac, mezenc ou analogues. — 1" prix, 
M. Langlade, à Pau (Basses-Pyrénées); 2% M. Rousseau. — 3" Sous-Catégorie . — 'R^ees, bretonne, 
tarine ou analogues, 2'= prix, M. le comte de Briey, à Magné-en-Gençay (Vienne). 

9' Catégorie. — Races étrangères diverses. — l^"- prix. M. Eugène Deplanciie ; 2" .M. Valtau. — 
Mention honorable. M. Nadaud. i 

lO" Catégorie. — Croisements divers. — l"-^ prix, M. Siirnoret: 2'=, AL Félix Petit : 3% M. Deplanche ; 



260 CUNCUURS LrENÉRAUX AGRICOLES DE PARIS. 

4^ M. Chaiiiboii, à Paray-sous-Hriaillcs (Allier): 5^.. M. Hcllavcl; Cf, M. lirossier; 7% M. Olhier. — 
Monliui» honorable, M. Valtau. 

3° CLASSE. — Prix dea femeUes. 
V Catèqoric. — Races françaises pures ou croisées entre elles. — l" prix, M. Barclin : 
•>■ M Guillerand. à Langeron (Nièvre): 3'\ M. Delamarre : 4«. M. Cherbonneau, à Conli.ffné (Maine- 
àlLoire). — Mentions honorables. MM. de Vaulx, à lioucé (Allier) j Mary-Lépine, à Préc\ 

■l- Catéijorie. — Races élranii«-res pures el croisements (li\ers. — l"' pri.v, M. Petiot, àTouclies 
(Saône-el-Loire) ; 1', M. Elle Larzat; :r. M. Sàlvat, à Nozieiix (l.oir-.-l-Chcr); h', M. Cherboniieau; 
.»-. M. Mativon, à Bannegon (Chei). 

■Y CLASSK. — Prix dos bandes. 

1"= Catrcorie — Bonils. — V" Section. — Animaux nés depuis le 1- janvier lS8l. — 
1-- prix M. Nadaud; ti". M. Valtau; 3% M. Gasté. à Vereaux (Cher). — Mentions honorables, 
MM Chaumereuil: Suif, à C.halluv (Nièvre). — 2'= Section. — Animaux nés avant le !«■ janvier 
1881 — 1 ' prix, MM. Bouille, .i Mars (Nièvre) ; 2% M. Robert frères; 3% M. Rousseau; 4% M. Bellard. 
— Mentions honorables, MM. Chambon, à Paray-sous-Briailles (Allier); le marquis des Courtis, à 
Lavau (Charente); Nadaud. , , • • ,, . -, • ■,, m- i . 

•2e CntPf/orl". — Femelles de tous âges nées avant le 1" janvi^'r ISs;-!.— l- prix. M. hlieCarzat; 





Fia', l'.t. — Vache dnrhanicliar(daise, âgée de (i ans et demi, pesant 780 kilog.. appartenant à 
M. Petiot, éleveur ;i Tdorhes (Sai'tiu'-cl-ljoire), prix d'IionufMii' au (-(incours général |[agrieole 
de Paris en 188;".. 



2', M. Bittard-Duduzeaux. à Frumciilal (Haute Vienne) : 3'. :M. lielhnd : V. M. Nin ièns du Treuil, à 
Fimoges (Haute-Vienne). 

■f ULA.ssE. — Veaux i/ras. 

1" prix, M, Léger, à Coudres (Eure-et-Foir): 2% M. Alexandre Dehors, à Anet (Eure-el-Foir). 
3', M. Lepouzé, à Houdan (Seine-et-Oise). — Mentions honorables. MM. Aug. Prunier, à Sainl- 
Lubin-de-la-Haye (Eure-et-Loir) : ïourtain. à Marchefroy (Eure-et l>oir). 

Prix d'honneur, objets dart. MM. Signoret, pour le bieuf; Petiot, pour la vache: Charles 
Houille, pour la bande de bœufs; Elle Larzat, pour la bande de vaches. 



Espèce ovine. — V 



Jcaiies mmtti 



V" Catégorie. — Animaux des agnelages de l'automne 1883, de l'hiver et du printemqs FsS^. 
— l'-'' prix, M. Nouette-Delorme, à Ouzouer-des-Chanii)s (Loiret); 2°, .M. Tiersonnier: .3'. M Béglet. 
:i Trappes (Seine-et-Oise) ; 4«, M. Guyot de Villeneuve, à Saint-Bouize (Cher). — Mentions hono- 
rables, MM. Michenon, à Ânerezel (Seine-et-Marne) ; Tiersonnier. 

2'' Catégorie.— Animaux des agnelages de l'automne 1882. de l'hiver et du printemps 1883. — 
]"' prix, M. Rasset. à MontéroUier (Seine-Inférieure); 2", M. Raoul Duval. à Gi'-nilh' (Indre-et-Foire) ; 
3^ M. Dupont-Saviniat, à Piney (Aube). — Mentions honorables, MM. Renoisl-Oscar. à Boutignies 
(Eure-et-Foir) ; Textoris. à Clienay (Yonne). 

2° CLASSE. — Moutons divisés par race, quel que soit leur âge. 
V' Catégorie. — Races mérinos et métis-mérinos. — l'^"' prix. M. Michenon: 2', M. Gonseil-Tri- 
boulet, à Oulchy-le-Chàteau (Aisne) ; .3% M. Textoris. 



CONCOURS CtKNkralix agricolp:s de paris. 



^261 



■i" Catégorie. — Itace de la Chamioise. — 1'^' |)ri\, M. Guyul de Villeneuve; 2'^, M. Bodin, à 
l'ontlevoy (Loir-cL-Gher). 

3= C'atc^or<«. — HcU-es beiTiclioiniH pliiiialoKui's. —■2'^^ ptiv, MM. Hi^non père etlils, ;i 'rinMiruill e 
(Alli.T). 

Y CçiÀéyori'-. — lUu-e Solojiiiote. — t'as de pri\ déctiniés. 

.V Catégtirli'. — Kdces (;l,i-any('M-t^s puivs, à laine long-ne (disliir\ , iirw-ki'nl. fulswold l'I ana- 
|,,y,i,.s). — i"- |>ii\. M. Rf'C'lrl : f. M. Tieisonnicr. — Mcnlion In-^ hondrahlc M. Diiponl- 
>Hvinial. 

()" Ciitéi/ui-iti. - li;ii-.'s i''lrani:rres |)in-rs. à liiiiir conrlr (suiilhdowii, slii'(p|isliiiv cl, analdoues). 

— l"'- prix, M. -Nuurllc Di'Ioinh': -2% M. Kasscl. — Mciilioii livs liononihlr. M. l'iViiriyi;iin. à 'l'jn- 
liM'x (Nièvre). 

1' Catégorif. — Itaccs non (-(inipiiso dans |r>< cah'iiuiics inr-ci'dnili'-; — l'jis de |)ri\ 
d('cernés. 

S° Catégorie. — Croisemenls de races élraniièi-esà laine lun^ue avec races IVanijaises diverses. 

— 1'-^ prix. M. l'inchrl Frissard. à Kovr (Seninie); 2% M. Dupont-Savinial. — ^Mention honorable, 
M. Osi-ar l>(Mi<jist. à Hoidigny (Énre-el-i,oir). 

y^ Catégorie. — Croisenienls de races étrangères à laine courle avec races Irançaises diverses. 

— \"- prix. M. IMuciiel-Frissard; 2". M. Uàoul Dnval. —Mention très honorable, M. Plnchet- 
Frissard. 

3" CLASSK. — Brebis. 

i'" Catégorie. Races mérinos eL niélis mérinos. — 1" prix, M. (^onseil-Trilioulet; 2", M. Hince- 
lin, à Loupiany (Aisne). — Mention très honorable. M. TexLoris. 

•> Catégorie. — Race de la Charnioise. — I'' |.ri\. M Hodin: >• . M. Pomel, à SanUV- 
(Vienne). 

3= Catégorie. — Races berricliomic jjL analogues. — Tas d'animaux préscnIV's. 




Fig. [20. — l-ot d'agneaux southdown, âgés de 9 mois, pesant 228 kilog., appartenant :'i 
M. Nouette-Oelornie. éleveur à Ouzouer-les-Chanips (Loiret), prix d'honneur des montons au 
concours séinM'al agricole de Paris en \i^Hb. 



4° Catégorie. — Race solognote. — I"' prix , M. Emile ' Lefebvre. à Saint-Florent 
(Loiret). 

h" Catégorie. — Races françaises divers»s pures, autres que celles désignées ci-dessus. — Pas 
d'animaux présentés. 

fi" Catégorie. — Races étrangères à laine longue et leurs croisements avec races françaises. — 
1"' prix, M Tiersonnier; 2=, .VL Ovide Benoist, à Gas (Eure-et-Loir). — Mention très honorable, 
M. Dupont-Savin,iat. 

7" Catégorie. — Races étrangères à laine courte et leurs croisements avec races françaises. — 
P' prix, M. Nouette-Pelorme: 2% M, Prégermain. — Mention honorable, M. Pluchet-Frissard. 

4" CLASSE. — Bandes. 

]'" Caté(/orie. — Races françaises pures ou croisées entre elles. — 1"' prix, M. Michenon : 
2^ M. Conseil-Triboulet. 

T Catégorie. — Races étrangères pures ou croisées entre elles. — !''■■ prix. M. Héglet: 
2". M. Prégermain. 

3" Catégorie. — (Croisements de races étrangères à laine longue avec races françaises diverses. 

— l" prix, M. Pluchet-Frissard. 

4" Catégorie. — Ci'oisements de races étrangères à laine courte avec races françaises diverses. 

— P'' prix, M. Raoul Duval: 2°, M. Bodin; 3% M. Dubois-Amiot, à Bessais-le-Fromental (Cher). 
Prix d'honneur., oh'\f>ls d'art. MM. Nouette-Dek)rme , pour le lot de moutons; Tiersonnier, pour 

le lot de brebis; Pluchet-Frissard, pour la bande de moutons. 

Espèce porcine. 

!'■'■ Classe, — Races françaises pures ou croisées entre elles. — I""' prix. M. Dumoutier, à Cla- 
ville (Enre): 2'". M. Sillaume. {\ Murât (Allier); .3= et 4% M. Emile Lefebvre, à Saint-Florent 



262 



CONCOURS GENERAUX AGRICOLES DE PARIS. 



(Loiret); 5°, MM. Bignon père et fils; 6", le frère Bertrandus, à Igny (Seine-et Oise) ; 
7% M. Lefebvre. 
"2" Classe. — Races étrangères pures ou croisées entre elles. — 1"'" prix, M. Nadaud. <à Chazelles 

(Charente); 2", M. Parry, à Limoges (Haute-Vienne); 3'=, M. Noblet, à Château-Renard (Loiret); 
4«, M Lucien Larrouy, à Aire (Landes) ; 5", le frère Photius, à Vaujours (Seine-et-Oise) ; 
6°, M. Bojenval, à Sainte-Geneviève-des-Bois (Loiret); 7'=, M- Boyenval ; . prix supplémentaire, 
M. Dubet, à Antonne (bordogne). — Mentions honorables, MM. Crozade, à Brives (Haute-Vienne); 
Paillard, à Quesnoy-le-Montant (Somme); Bernard Delage, à Gabillon (bordogne) ; Paillard. 

3° Classe. — Animaux provenant de croisements entre races étrangères et races françaises. — 
1« prix, M. Chaumereuil; '2% M. Bernède; 3% M. Cyprien Robert, à Cubzac (bordogne); 
4", M. bussaux, à Loupiac-de-Blaignac (Gironde); 5°, M. Larrouy; R», le frère Bertrandus; 
7% M. Allegrand, au borat (Haute-Vienne). — Mentions honorables, MM. Robert; Boyenval; lé 
frère Photius; Larrouy. 

4° Classe. — Bandes. — 1™ Catégorie. — Animaux nés depuis le l""'' janvier et avant le 1^'" avril 
1884. — ]" prix, M. Noblet; 'l', le frère Bertrandus; 3", M. Jules Boulland. à la Chapelle-Saint- 
Martial (Creuse) ; 4^ M. Parry. — Mention très honorable, MM. Souiï'rice et fils, à brancy (Seine) ; 
mention honorable, MM. Bernard frères, à Urzy (Nièvre). — '2° Catégorie, — Animaux nés depuis 
le 1°'' juillet 1883 et avant le 1^'" janvier 1884. — 1" prix, M. Bréchère. à Vitry-sur-Seine (Seine); 
•2", M. Petiot; 3% MM. -Bernard frères; 4% M. bumoutier. — Mention honorable, MM. SoulTrice 
et fils. 

Prix rlhonneur., objets d'art, MM. Chaumereuil, poiu' le porc; Noblet. ]i<iur la bande de 
poi'cs. 

II. — Concours général d'animaux reproducteurs. 

Espèce bovine. 

l''" Catégorie. — Race dnrliani. — I'" Section. — Animaux d<' 7 mois à I an. — I" et 2" prix' 




^. - 



%^l^ 




Fig. 21. — Porc nivernais-)()rkshire, âgé de 14 mois, pesant 342 kilog.,tjapparlenant à M. Cham- 
mereuil, éleveur à Billv-Clievannes (Nièvre), prix d'honneur au concours général aericole de 
Paris en 1885. 



M. Slgnoret; .3", M. Massé, h Germigny-l'Exempt (Cher); 4°. et 5% M. Seyeux. — 2''}Seclion. — 
l'^'^ prix, M. Signoret; 2", M. de Villepin, à Jupilles (Sarthe) ; 3", M. Seyeux; 4", M. de Villepin; 
h", M. Salvat, à Nozieux (Loir-et-Cher)- 6'', M. Seyenx; 7% M. de Villepin; prix supplémentaire, 
M. Seyeux. — 3" Section. — Animaux de plus de 2 ans. — 1«' prix, M. Léopold Grollier, à burtai 
(Maine-et-Loire). 

2" Catégorie. — Races charolaise et nivernaise. — 1" prix, MM. Bignon père et lils; 2", prix et 
mention honorable, M. Werlein, à Besançon (boubs). 

3" Catégorie. — Race normande. — 1" prix, M. Céran-Maillard, à Turqueville (Manche) ; 
2', Mme Vve Noël, à Valognes (Manche); 3", M. Céran-Maillard; 4°, M. Ménard-Guian, à Ménerval 
(Seine-Inférieure) ; prix supplémentaire, M. bumoutier, à Claville (Eure). — Mentions honorables, 
MM. Céran-Maillard; Ménard-Guian. 

4" Catégorie. — Race limousine. — 1" prix, M. Parry; 2'=et 3" prix, non décernés. 

h" Catégorie. — Race de Salers. — Pas d'animaux présentés. 

6° Catégorie. — Race garonnaise. — Pas d'animaux présentés. 

7" Catégorie. — Race bazadaise. — Pas d'animaux présentés. 

8° Catégorie. — Races parthenaise, choletaise, nantaise et vendéenne. — Pas d'animaux 
présentés. 

y" Catégorie. — \\:\w bretonne. — 2" prix, médaille d'argent. M. Gy. à Carnoc (Morbihan). 



CONCOURS GÉNÉRAUX AGRICOLES DE PARIS. 



263 



10" Catégorie. — Race flamande. — 3° prix, M. Vasseur, à Epernay (Marne). 

11° Catégorie. — Race hollandaise. — l"-- prix, M. Léon Roland, à Courtillet (Oise)j 
2". M. Werlein. 

12'^ Catégorie. — Race schwitz. — 1" prix, M. lliirlin, à Epernay (Marne); 2% M. Dautier, à 
Gournoy-sur-Marne (Seine-et-Oise). 

1.3'= Catégorie. — Races françaises ou étrans^ères diverses, autres que celles désignées ci-dessus. 
— Rappel de médaille d'or, M. Regnoul' de Vaires, à' Brix (Manche); 1" prix, M. Bastier. à la 
Souterraine (Creuse); 2°, M. le (;omte Lesase de la Vilh^hrune. ,i Epiiiiac (Il le-et- Vilaine) : 
3% M. Regnouf de Vaires. 

Espèce ovine. 

1™ Catégorie. — Races mérinos et métis-mérinos. — 1'' prix, M. Charles Leiébvre, à Artenay 
(Loireti; 2% M. Lerov-Portien, à Laiglc (Orne); .3% M. Conseil-Triboulet; prix supplémentaires 
MM. Hellard; Japiot. à Chàtillon-sur-Seine (Côte-d'Or) ; Charles Lefebvre. 

2^ Catégorir. — Races françaises diverses pures. — l'"'prix, M. Emile Lefebvre. 

3° Catégorie. — Races étrangères pures, à laine longue. — 1"' prix, M. Massé; 2% M. Béglet; 
•3% M. Céran-Maillard. 

h" Catégorie. — Races étrangères pures, à laine courte. — 1"' et 2° prix, M. Nouette-Delorme. 

Espèce porcine. 

\'^ Catégorie. — Races françaises pures. — l"'' 2° et 3" prix, M. Duraoulier. 

2" Catégorie. — Races étrangères pures. — 1°" prix, xMM. Souffrice et fils ; 2«, M. Noblet, 
.3", le frère Rerlrandus. — Mentions honorables, M. Noblet; le marquis de Chanvelin. à Bilh 
(Loir-et-Cher). 

III. — Concours de volailles vivantes. 

l'"* DIVISION. — Coqs et poules. — Pintades. 
V" Catégorie. — Race de Crèvecœur. — 1"''= Section. — Coqs. — 1" prix, M. Jean Farcy, à 
Fouilletourte (Sarthe); 2«, M. René Voisin, à l'Etoile (Sarthe); 3% M. Loyau, à Louplande (Sarlhe) : 
4°, M. Voitellier, à Mantes (Seine-et-Oise); b", M. Lcmoine, à Crosnes (Seine(et-Oise). — 2" Herlinn. 




Fig. 22. — Lot de canards de Rouen, appartenant à M. Lemoine, éleveur à Crosne (Seine-et-Oise) 
prix d'honneur au concours général agricole de Paris en 1885. 



— Poules. — 1" prix, M. Jean Farc\ ; V. M. Voisin : 3°, M. Voitellier; 4', JM. Pointelet, à Louve- 
ciennes (Seine-ct-Oise) ; 5% M. Loyau. 

2' Catégorie. — Race de Houdàn. — P" ^Section. — Coqs. — l"^ prix, Mme Davoust-Périot. à 
Houdan (Seine-et-Oise) ; 2'--, M. Peigné à Bry-sur-Marne (Seine); 3% M. Lasseron, à Paris, rue de 
l'Ouest, 116. — Mentions honorables, MM. Bouchereaux, à Choisv-le-Roi' (Seine) ; Gallois, à Mont- 
fort-l'Amaury (Seine-et-Oise) ; Infroit, à Paris ; Leudet. à Trouville (Calvados). — 2" .Sec//o?? — 
Poules. — 1" prix. M. Voitellier; 2", M. Lasseron; 3% M. Pointelet. — Mentions honorables, 
Mlle Davoust, à Houdan (Seine-et-Oise); MM. Lemoine; Voxeur, à Breval (Seine-et-Oise): 
Leudet. ' 

.3" Catégorie. — Race de la Flèche. — 1'" Section. — Coqs. — 1" prix, M. Jean Farcy; 2^ 
M. Voisin; 3", M. Lemoine. —Mentions honorables, MM. Voitellier; Vi^erlein. à Besançon (Doubs). 

— 1' Section. — Poules. — l"-- prix, M. Jean Farcy; 2% M. Voisin; 3% M. Voitellier. — Mention 
honorable, M. Lemoine. 

4" Catégorie. — Race du Mans. — V^ Section. — Coqs. — Prix unique, M. Voisin. — Mentions 
honorables, MM. Farcy Lemoine; Voitellier. — 2° Section. —Poules. — Prix unique, M. Voisin: 
prix supplémentaire. M. Lasseron. — Mentions honorables, M. Jean Farcv ; Mme Gorin, au Vésinet 
(Seine-et-Oise). •" ' 

5» Catégorie. — Race de la Bresse. — 1^'= Seotion. — Coqs. — !'"• prix, M. Lemoine: 2«. 
M. Derivery, à Breilly (Somme). — Mentions honorables Mme la marquise de Chauvelin, à 
Billy (Seine-et-Oise); M. Jean Farcy. — 2^ Section. — Poules. — !=■■ prix, M. Jean Farcy; 2°. M. 
Lemoine. —Mentions honorables, MM. Lemoine; Lasseron; Mme la marquise de Chauvelin. 

6» Catégorie. — Race de Caussade. — P» Section. — Coqs. — l" prix. M. Coun-out, a Amiens 
(Somme). — 2" Section. — Poules. — 1" prix, M. Courcout. 

7" Catégorie. — Race de Rarbezieux. — 1''= Section. — Coqs. — ]''■ pii\, M. Poinlelel; 2% 



564 CONCOURS GÉNÉRAUX AGRICOLES DE PARIS. 

M. Giraud. à l'aiis. — Mention honorable, M. Leiiioine. — "2" Section. — Pouli's. — h' prix. M. rlc 
Hœvc, à Lille (Nord); 2% M. Pointelel. —^ Mentions honorables, MM. Lenioine, Voilellier. 

8" Catégorie. — Races françaises autres que celles dénommées ci-dessus. — 1"^= Section. — 

f;„qs. 1" prix, M. Jean Farcy ; 2% M. Voitellier; 3^ M. Lamarche, à Saint-Chéron (Seine-et- 

Oise); prix supplémentaire, M. Lemoine. — .Mention honorable, M. Voitellier. — > Section. — 

Poiiies. 1" prix, M. Farcy; T, M. Voitellier; :v. .M. Pointelet; 4', .M. I.aniarchc: prix Bupplénien- 

taire. M. Lemoine. 

y Catégorie. — Races cochinchinoist^s. — 1'" Sous-Catégorie. — Variété fauve — 1"^ Section. — 
(j,,qj; _ i» prix. M. Lemoine: '1'. M. de Bœve; prix supplémentaire. Mme tiorin. au Vésinel 
(Seine-et-Oise). — Mentions honorables. .M.M. Giraud: Voitelliei-. — •2" Section. — Poules. - 
!<■' prix, M. Giraud: •!'. Lemoine. — Mentions honorables. .MM. iîouchereaux : Lemoine: Poinlilrl. 
•l" Sous-Catégorie. — Variétés diverses. — V" Section. — Coqs. — \" prix, M. Lemoine: T. 
Mme Gorin. — Mentions honorables, .MM. Voitellier; Jean Farc\. — "2'= Section. — Poules. — 
1" prix, M. Lemoine; 'i'., M. Labbe, à Paris. — Mentions honorabh-s. Mme Gorin, \L Lemoine, 
M.me Labreuveux. à Montreuil (Seine). 

ItV Catégorie. — Race brahma-poutra. — V" Section. — Coqs. — l"-^ prix, M. Lasseron; ■2°, 
M. Lemoirie. — Mentions honorables, MM. Lafond, au Vésinet (Seine-et-Oise); de Bœve, — 
T Section. — Poules. — 1" prix, M. liemoine; -l", M. Lemoine. — Menlions honorables, MM. Le- 
moine; Voitellier; Pointelet. 

IV Catégorie. — Race dorkins:. — !"• Section. — Coqs. — I"' prix, .M. Lemoine: '2". M. Poin- 
telet. — Mentions honorables, MM. Voitellier. Lemoine. — -t Section. — Poules. — l"' prix. 
M. Voitellier- 2° M. Lemoine. ^- Mentions honorables. MM. Poinlelet: l.emoine: de Hœve. 

12" Catégorie. — Race espairnole. — 1"" Section. — Coqs. — Prix unique, M. Lemoine. — .Men- 
lion honorable. M. Voitellier. — 2'" Section. — Poules. — Prix unique, M. Lemoine. — Mention 
honorable, M. Voilellier. 

l?," Catégorie. — Race de Padoue. — 1" Section. — Coqs. — 1" prix, M. Lemoine: 2=, M. Bres- 
chet. à Paris: prix supplémentaire, M. de Bœve. — Mentions honorables. Mme Gorin; MM. Lemoine: 
Pointelet; Voitellier; Mme Gorin; M. Giraud. — 2» Section. — Poules. — !'='■ prix, M. Lemoine; 2°. 
M. Breschet. — Mentions honorables, MM. de Bœve; Giraud; Voitellier: Lemoine. 

14'' Catégorie. — Races étrangères diverses autres que celles désignées ci-dessus. — 1" Souh- 
Catégorie'. — Grandes races. —' Coqs et poules. — 1" pd-ix, M. Delannoy, à Calais (Pas-de- 
Calais): 2^ M. Lemoine; 3=, M. Leudet. —Mentions honorables, Mme Goriii; MM. Bouchereaux; 
Lemoine; Peigné. — 1'' Sons-Catégorie. — Petites races. — Coqs et poules. — V prix. M. Leu- 
det: 2^ M. Voitellier: 3"^, M. Giraud. — Mentions honorables, M. Lemoine; .Mme Gorin. 

15" Catégorie. — Pintades. — Prix unique. M. Lasseron ; Mentions honorables, MM. I,enioine; 
Voitellier. 

2" DIVISION. — Dindons. 

W (jdtégorie. — Variété noire. — l'" Section. — Mâles. — 1'" prix. M. Courtin. à Salbris (Loir- 
et-Cher: 2'', M. Voitelli<'r. — .Mentions honorables. .M. Lemoine: Mme Massé, à (ieiiiiign> 
TExenipt (Cher); Giraud. — 2'^ Section. — Femelles. — I"' prix, M. (iiraud; 2", M. l,emoin<'; :!' . 
M. Lasseron. — Mentions honorables, , MM. (iiraud; Bouchereaux. 

17" Catégorie. — Variétés diverses. — l"- Sçction. — Mâles — 1'"' prix, le frère Berlrandu- 
2", M. Lemoine. — Mentions honorables, .M. l^enioine; le frère Photius. — 2" Section. — 
Femelles 1°'' prix, le frère Rertraiidus: 2", .M. Lemoine. — Mentions honorables, MM. Langue- 
doc, à Courbevoie (Seine) ; M. Lass(;ron. 

'.i" DIVISION. — Oies. 

18* Catégorie. — Oies de Toulouse. — l''" Section. — .Mâles. — l" prix, M. Lemoine: 2'", .M. Voi- 
tellier. — Mentions htmorables, le frère Photius: .M. Werlein. — 2" Section. — Femelles. — 
1" prix, M. Voitellier; 2'', le frère I*hotius. — Mention lifuiorable, M. Lemoine. 

ly Catégorie. — Oies diverses. — [''Section. — xMàles. — l" pirx, M. Lemoine; 2% M. Voilel 
lier. — Mention honorable, M. Ma«son. — 2° Section. — Femelles. — l" prix, M. Voilellier; 
■>", M. Lemoine. — Mention honorable. M. Lasseron. 

4" DIVISION. — Canards, 

2(J'' Catégorie. — Canards de Rouen. — L' prix, M. Lemoine; 2" .VL d'Imbleval, à Nesle-Nor- 
mandeuse (Seine-Inférieure); 3", M. Lasseron. —.Mentions honorables, MM. Relanoy: de Saint- 
Senoch; Voilellier. 

21° (catégorie. — Canards dWylesburN. — 1'' prix, "M. Lemoine; 2", M. Voilellier. — .Mention 
honorable, M. de Saint-Senoch. 

22" Catégorie. — Canards dinde ou de Barbarie. — Prix unique, M. Ebelfng, à Paris. — Men- 
tion honorable, .M. Lemoine. 

23= Catégorie. - Canards divers. — 1" prix, M.M. Lemoine: 2". Charles Coipiereau, à Alfort ; 3''. 
M. Normand, à Boutigny (Eure-et-Loir). — Mentions ho;iorables, .M. Poinlelet; M°" Tolédo, à 
Lézat (Ariège) ; .M. Voitellier. 

5" DIVISION. — Pigeons. 

24'" Catégorie. — Grosses races comestibles. — V" Sons-Catégorie. — Romains. — 1"'' et 2'' prix, 
.M. Lamarche. — Menlions honorables, MM. Lamarche; Rivière; Pointelet; Lécuyer; Breschet. — 
•2" Sous-Catégorie. — Montauban. — l"" prix, M. Pointelet: 2°, M. Courant. — Mentions hono- 
bles, M. de Bo've. 

"Ib" Catégorie. — .Moyennes races comestibles. — \" Sous-Catégorie. — Bagadais. — 1'' prix. 
M. de Bœve: 2". M. Broutechouz. — Mentions honorables, MM. Pointelet; Masson. — 2" Sous-Cate- 
gorie. — Bizets. — 1=' prix, M. Lasseron; 2% ^L Lejeune, à Paris. — .Mentions honorables. 
MM. Crignon, à Paris; Broutechoux. — 3° Sous-Catégorie. — Boulants. — 1"' piix, M. Leudet: 
T. M. Giraud. — Mentions honorables, M. Fliiit. à Saint-Cloud (Seine); Poinlelet: Lasseron; 
Pointelet. — 4" Sous-Catégorie. — Mondains. — \" prix, M. Pointelet; 2", M. Broutechoux. — 
Mentions honorables, MM. Lasseron- Lejeune: Infroit. — h° Sous-Catégorie. — V prix, -M. de 
Bœve; 2". M. Pointelet. — Mentions honorobles. MM. Pointelet: Lasseron; M"'° Gorin. 

26» Catégorie. — Races dites de volière. — V^ Sous-Catégorie. — Capucins. — 1" pri.y, 
M. Pointelet; 2', M. Giraud. — Menlions honorables, MM. Giraud: Malbo. à Montreuil-sous-Bois 



CONCOURS GENERAUX AGRICOLES DE PARIS. 265 

(Seine); Leudel : Pointelet: Bi'outechoux; Voitellier. — 2" Sous-Calégorie. — Culbutants. 

1" Pt -2" prix. Rivière. — Mentions honuiabies. MM. Alliot; Voitellier; Thuraara, à Paris. — .3» Soua- 
Catégoric. — Polonais. — 1''^ prix. M. Lécuyer; •>=, M. de B(jeve. — Mentions honorables, M. Poin 
telet: Mme Gorln : M. de Bieve. — 4° Soifs-Ca(ér/@7ne, — QueiK^ de paon. — 1<" prix. M. Pointelet: 
2=, M. Poiriei', à Sainte-Geneviéve-des-Bois (Loiret). — Mentions Jionorables. MM. Lasseron ; 
Mme Gorin ; Lasseron; Bouchereaux. — 5° Sous-Catégorie. — Tunisiens'^' — l""" prix, M. de Bone: 
■?'. M. Leiulet. — Mentions honorables. MM. Leiide: Masson : Pointelet: Lasseron. — H- Sons 
Catégorie. — Haces diverses. — 1" et 2° prix, M. de Bœve. — Mentions honorables, MM. d'' 
B(t3ve; Courant, Lasseron; Pointelet; Masson. 

6*' Division. — Lapins et Léporidcs. 

Tt' Catégorie. — Lapins béliers. — l"' prix. M. Burel, à Paris: 2°, M. Petit, à Paris; :]'= . 
M. Pointelet. — Mentions honorables. MM. Cardoso, à Paris: Fusil, à Paris; Laniarche- Lcnioiiie 
Petit. ' 

28" Catégorie. — Lapins communs. — 1" prix, M. Lasseron : 2°. M. Guéret, à Lisieux (GaL 
vados) ; 3% M. Voitellier. — Mentions honorables, MM. Lamarche; Infroit; Lejeune; Rivière. 

29" Catégorie-. — Lapins russes. — 1" prix. Mme la marquise de Ghauvelin; 2", M. Cardoso : 
3% M. Lejeune; Mentions honorables, MM. Bouchereaux: Boutillier, à Orly (Seine); Infroil : 
Lasseron ; Pointelet. 

30' Catégorie. — Lapins à fourrure ou argentés. — l" prix. M. Voitellier; 2°, Mi Lemoine ; :> 
M. Rivière. — Mentions honorables. — MM. Boutillier; Lasseron; Lejeune. 

31^ Caté.gorie. — Lapins angora ou de peigne. — 1='' prix, .M. Cardoso; 2", M. Voitellier* .3' 
M. Pointelet. — Mentions honorables, >LM. Lasseron; Lemoine. 

32*' Catégorie. — Léporides. — Prix unique, M. Voitellier. 

Prix d'honneur, objets d'art, MM. Jean Farcy, pour coqs et poules de la race de la Flèche; 
Lemoine, à Crosne (Seme-et-Oise), pour canards de Rouen. — Médaille d'or (grand module), 
M. Lemoine, |)our le plus bel ensemble d'animaux exposi's. 

IV. — Concours de volailles mortes. 

Exposants producteurs. 

l'" Catégorie. — Race de la Bresse. — 1'" Sous-Catégorie. — Variété de l'arrondissement de 
Bourg (Ain), — l"" Section. — Chapons. — 1" prix, Mme Belay-Vincent, au Miroir (Saône-et- 
Loire); 2°, Mme Uny-Rodot, au Miroir (Saône-et-Loire); S"', M. Bernard Nayard, au Miroir (Saône-et- 
Loire). — 2° Section. — Poulardes. — 2'' prix. Mme Guillet, à Frontenaud (Saône-et-Loire) ; 3'-. 
Mme Uny-Rodot. — 2° Sous-Calégorie. — Variété de Louhans (Saône-et-Loire). — 1=' Section. 
— Chapons. — 1" prix, Mme Marie-Rose Belay, au Miroir (Saône-et-Loire) ; 2% M. Prabel, au Miroii- 
(Saône-et-Loire). — 2'" Section. — Poulardes. — 1" prix, Mme Marie-Rose Belay; 2°, Mme Mois- 
sonnier-Prabel, au Miroir (Saône-et-Loire). 

2'= Catégorie. — Race de la Fléchi;. — ■ l-'' Section. — Chapons. — l'"' prix, M. François Cho- 
(juet, au Bailleul (Sarthe) ; 2", M. François Choquet; 3'', M. François Choquet; 4"=, M.François Cho- 
quet; prix supplémentaires, MM. Pierre Huet, au Bailleul (Sarthe); François Toutain, au 
Bailleul (Sarthe); Pierre Toutain. au Bailleul (Sarthe); 2'= Section. — '■ Poulardes. — 1<"" prix. 
M. Choquet; 2°, M. Pierre Besland, au Bailleul (Sarthe); 3°, M. Corbin, à Villaines-sous-Malicorne 
(Sarthe). 

3'' Catégorie. — Race de Houdan. — 2*^ prix, M. Pierre Toutain: 3", M. Houette, à Bléneau 
(Yonne). 

4= Catégorie. — Race de Crèvecieur. — ■ 1"'' prix, M. Pierre Toutain ; 2", M. Choquet; 3=, M. Cho- 
quet; prix supplémentaire, M. François Toutain. 

b" Catégorie. — • Races normandes autres que celle de Crèvecœur. — l""" prix, M. Hébert, à Beu- 
vrigny (Manche); 2", M. Giard, à Torigny-sur-Vire (Manche) ; 3', M. Pierre Mourocq, à Troisgots 
(Manche). 

6" Catégorie. — Races diverses non classées ci-dessus. — 1" prix, M. Normand, à Boutigny 
(Eure-et-Loir); 2", M. Normand; 3'^, M. Normand; prix supplémentaires, MM. Choquet; Houette'. 

7' Catégorie. — Dindons. — l" Section. — Mâles. — 1=' prix, M. Benoist-Maudemain. à Cloches 
(Eure-et-Loir); 2% M. Normand; 3°, M. Benoist-Maudemain, 4". M. Pierre Toutain; prix supplé- 
mentaire, M. Pierre Besland. — 2" Section. — Femelles. — l""" prix, M. Benoist-Maudemain ; 2^ 
M. Pierre Toutain : 3'^, M. Vasseur, à Gambais (Seine-et-Oise). 

8" Catégorie. — Canards. I"'" Sous-Calégorie. — Sujets pour la broche. — 1"'" prix. M. Eugène 
Aube, à Saint -Lubin-de-la-Haye (Eure-et-Loir); 2% M. Infroit, à Paris, rue d'Alésia, 14.ô; 3^ M. le 
comte de Lestrange, à Bois-Breteau (Charente). — 2= Sous-Catégorie. — Sujets pour la produc- 
tion des foies gras. — 1" prix, Mme la marquise de Palaminy, à Palaminy (Haute Garonne); 2". 
Mme la marquise de Palaminy; 3°, Mme Lozès, au château de Barsous (Hautes Pyrénées) ; prix 
supplémentaire, M. le marquis de Gontaut. à Courtalin (Eure-et-Loir/. 

9'' Catégorie. — Oies. — l'' Sous-Catégorie. — • Sujets pour la broche. — 1" prix, M. le mar- 
quis de Gontaut: 2 ■; M. Oudard-Marsol, à Montcony (Saône-et-Loire); 3". M. Choquet. — 2' Sous- 
CoAégorie. — Sujets pour la production des foies gras. — l"'' prix, M. Minot, à Paris; 2°, Mme la 
marquise de Palaminy; 3°. Mlle de Gauban-du-Mont, à Lézat (Ariège). 

10- Catégorie. — Pigeons. — 3" prix, M. Lasseron, à Paris. 

11" Catégorie. — Pintades et autres oiseaux de basse-cour. — 1°'' prix, M. Choquet; 2"-', M. Pierre 
Besland; 3^ M. Pierre Toutain. 

12" Catégorie. — Lapins et léporides. — \" prix, M. Guéret, à Lisieux (Calvados) ; 2", M. Lasse- 
ron; 3"=, M. Boutillier. à Orly (Seine). 

Prix d honneur, un objet d'art à M. Benoist-Maudemain. à Cloches (Eure-et-Loir), pour le lot 
de dindons. 

V. — Concours de fromages. 

Exposants producteurs. — Fromages de consistance molle. — V" Classe. — Fromages frais. 
— Catégorie unique. — Fromages à la crème ou double crème, ne.ufchàtel, boudons, malakoff, 
etc. — Médailles d'argent, MM. Li^on Got, à Vimoutiers (Oi'ne) ; Hannier, à la Neuville-Champ- 
d'Oisel (Seine-Inférieure) ; Médailles de bronze. MM. Raoul Hinfray. à Rouxinesnil (Seine-Infé- 
rieure); André Maurey, à Croisilles. 



266 CONCOURS GÉNÉRAUX AGRICOLES DE PARIS. 

2" Clasue. — Fromages raffinés. — 1''= Catégorie. — Brie (fromage de ferme). — l'" Sous-Calé- 
jrorie. — Brie courant. — Médaille d'or, M. Charles Trofût, à Oissery (Seine-et-Marne). — Médailles 
d'argent, MM. Eugène Léloup, à Bouillancy (Oise); Demotiry-Cha'elain, à Leuilly (Aisne). — 
Médailles de bronze, Mme veuve Peigné, à Bailiy-Romainvilliers (Seine-et-.Marne) • M. Tliuislier. 
à Leuilly (Aisne). — Mentions honorables, MM. Joseph Chevalier, à Mitry-Mory (Seine-et-Marne); 
Auguste Garnier, à Tresnies (Seine-et-Marne) ; Adolphe Martin, à Annet (Seine-et-Marne) ; Mme Vve 
Perrin, àDammartin-sur-Tigeaux (Seine-et-Marne) ; Louis Thiénard, à l!;rmenonville(Uise) ; 2° Sous- 
Catégoric. — Brie de saison. — Médaille d'or, M. Boger, à Cesson (Seine-et-Marne). — Médaille 
d'argent, Mme Vve Perrin. — Médaille de bronze, "Mme Vve Louis Petit, à Bailly (Seine el- 
Marne). 

2° Catégorie. — Coulommiers. — l""^ Sous-Catégorie. — Coulommiers double crènic. — 
Médaille d'argent, M. Fah), à Saints (Seine-et-Marne). — Médailles de bronze, MM. Henri Sassi- 
not, à Saints (Seine-et-Marne); Germain Laniesse, à Doue (Seine-et-Marne). — Mention hono- 
rable, M. Paul Gilles, à Thicux (Seine-et-Marne). — T Sous-Catégorie. — Coulommiers-brie. — 
Médaille d'or, Mme Vve Peigné. — Médaille d'argent, M. Thuislier. — Médailles de bronze, 
MM. Simon Roussel, à la Ferté-sous-Jouarre (Seine-et-Marne); Mme Vve Louis Petit. 

3° Catégorie. — Façon brie et façon coulommiers. — Médaille d'or, Célestin Courol, à Anzé- 
courl (Meuse). — Médaille d'argent, M. Bergeron. à Fontaine les-Corps-Nuds (Oise). — Médailles 
de bronze, MM. Léon Meignan, à Eve (Oise); Jules Magron, à Noyers (Seine-et-Marne). 

4° Catégorie. — Camembert et façon camembert. — Médaille d'or, M. Carpentier, à Sainl- 
Martin-de-Mailloc (Calvados). — Médaille d'argent, MM. Malvina frères, à Hotte-en-Auge (Calvados); 
Prosper Monnier. à Saint-Germain-de-Montgommery (Calvados); Charles Morice, à Saint-Julien- 
le-Faucon (Calvados); FIcuriot, au Benouard (Orne); Bendu, à Bobillard (Calvados); Emile Machi- 
nol, à Mrsnil-Siiiiiiii (Cal \ ados) ; G. -M. Champion, à Feins (Ille-et-Vilaine) ; Goisbaut frères, à 
Bazouges (Maynuc). — Mentions honorables. MM. Désiré Fotin, à Hiéville (Calvados); Léon Got. 
à Vimoutiers "(Orne) ; Edouard Guérin, à Notre-Dame-d'Estrées (Calvados); Albert Seigneuret. à 
Mesnil-Bacley (Calvados); Louis Serrey, à Boissey (Calvados); Hannier, à la Neuville-Chami)- 
d'Oisel (Eure); Isidore Hue, à Saint-Pierre-des-Ifs (Calvados); Maubant, à Vieux-Pont (Calvados); 
Pitel, à Saint-Denis-de-^Mailloc (Calvados). 

h" Catégorie. — Bondons, malakoil' et gournay dits « à tout bien. » — Médaille d'or, M. Eugène 
Duclos, à Saint-Saire (Seine-Inférieure). — Médaille d'argent, M. Decaux, à Saint-Saire (Seine- 
Inférieure). — Médaille d'argent, M. Duquesne, à Sommery (Seine-Inférieure). — Médailles de 
bronze, Mme Vve Ferrand, à Duneau (Sarthe) ; M. Breucque, à Sainte-Geneviève (Seine-Infé- 
rieure). 

6° Catégorie. — • Mont-d'Or, pont-l'évèque, mignot et port-du-salut. — Médaille d'or. 
M. A. Lepecq, à Pierrelitte-en-Auge (Calvados). — Médailles d'argent, MM. Félix-Joseph Favrc, à 
Saint-Sulpice (Oise); Goisbaut frères. — Médailles de bronze, MM. Jules Boulet, à Sorcy (Meuse); 
Casimir Lepecq, à Coudraj-Babut (Calvados) ; Louis Barus, à Saint-Martin-au-Chartrain (Calvados) ; 
Pierre Maurou, à, Gray (Haule-Saone). 

T Catégorie. — Livarot, rollot, marolles, langres et void. — Médaille d'or, M. Debierre. à 
Castillon-en-Auge (Calvados). — Médaille d'argent, M. Labitte. à Rollot (Somme). ■ — Médailles 
de bronze, M. S. Davy, à Livarot (Calvados); Mme Marin-Bauchart, à Courbes (Aisne). — Mentions 
honorables, MM. André Renaud, à Génevrières (Haute-Marne); Jules Boulet, à Sorcy (Meuse). 

8» Catégorie. — Troyes, saint-florentin, olivet, bourgogne, macquelines, thury. — Médaille 
d'or. M, Philippe Sornicle, à Ingré (Loiret), — Médailles d'argent, MM. Vignon, à Corcy (Aisne); 
Bergeron. — Médailles de bronze, MM. Alexandre Heurlier, à Thury-en- Valois (Oise); Alfred Leroy, 
à Villers-Hélon (Aisne). 

9" Catégorie. ■ — Géromé ou gérardmer, munster. — Médaille d'argent, M. Eugène Philippe, à 
Gérardrner (Vosges). — Médailles de bronze, M. Pierre Maurou; Mme Arnould, à Longchamps 
(Vosges), 

10" Catégorie. — Fromages divers non compris dans les catégories ci-dessus. — Médaille 
d'argent, M. Fouquet-Boussineau, à Villers (Loir-et-Cher). — Médaille de bronze, M. Henry Lal- 
lour, à Samt-Fiacre (Finistère). 

Fko.mages a PATE FERME. — • l"'" Clusse. — Fromàgcs pressés. — 1'° Catégorie. — Roquefort. 
— Médaille d'or, M. Du Luc, au Luc (Gai'd). — Médaille d'argent. Société anonyme civile des 
producteurs de fromages roquefort, à Roquefort (Aveyron). — 2" Catégorie. — Façon roquefort, 
septmoncel, gex, sassenage, mont-cenis. — Médaille d'or, M. de Laforce, à Beaulieu (Cantal). — ■ 
Médaille d argent, M. Gaucher, à Luclié (Charente-Inférieure). — Médaille de bronze, M. Tour- 
nadre, rue Quincampoix, à Paris. — 3" Catégorie. — Cantal, laguiole et autres fromages de l'Au- 
vergne. — Médaille d'or, MM. Faisse et Didaret, à Rodez (Aveyron), — Médaille d'argent, 
M. Tournadre; Médaille de bronze, M. Joseph Bonal, à Saint-Chely-d'Aubrac (Aveyron). — Men- 
tions honorables, MM. de Laforce; Marie Lenègre, à Besse-en-Chandesse (Puy-de-Dôme); Tour- 
nadre. — 4" Catégorie. — Fromages divers, non compris dans les trois catégories ci-dessus. — 
Médaille d'argent, M. Pierre Mauron. — Médaille de bronze, M. Joseph Bonal. 

2" Classe. — Fromages cuits et pressés. — U" Catégorie. — Gruyère et façon gruyère (produc- 
teurs et cavistes). — Médaille d'or, M. Dedron jeune, à Foncine-le-Haut (Jura). — Médaille 
d'argent, MxM. Eugène Philippe, à Mignovillard (Jura); Monand-Pègne, à Pierre-fontaine-lès-BIa- 
mont (Doubs). — Médaille de bronze, M. Pierre Mauron. — 2" Catégorie. — Fromages des Pyré- 
nées (associations pastorales et fromagères particulières). — Médaille de bronze, M. le marquis 
de Palaminy, à Palaminy (Haute-Garonne), — 3" Catégorie. — Fromages pressés ou cuits, non 
compris dans les catégories précédentes. ;■> — Médaille de bronz?, M. Pierre Mauron. 

Fromages de chèvre et de brebis. — Pas d'exposants. 

Prix dlionneur. — Médadie d'or (grand module), pour le lot de fromages pâte molle, M. Car- 
pentier, à Saint-Martin-de-Mailloc (Calvados). — Médaille d'or (grand module), pour le lot de fro- 
mages, pâte ferme, M. Dedron jeune, à Foncine-le-Haut (Jura). 

Exposants marchands. — Médailles d'or, MM. Dedron jeune, à Paris; Eugène Philippe, à 
Paris. — Médailles d argent, ^LM. Charles Leclerq, à Paris; Chopin, à Paris ; James, à Paris. — 
Médailles de bronze, M.M. Piochon à l'aris; Santarsiero, à Paris; Joseph Flambert, à Saint-Ouen 
(Seine); M. Singres, à Landrecies (Nord); Beaudoin, à Paris; Detot, à Paris. — Mentions hono- 
rables, MM. Jules Bieau, à Paris; Caron, à Paris; Cordier-Poitou, à Orléans (Loiret); Léon Fallet, 
à Paris; Foulon, à Paris; Jendré, à Malakolî (Seine); Noury, à Villiers (Loir-et-Cher) ; Portier, à 



CONCOURS GÉNÉRAUX AGRICOLES DE PARIS. 267 

Paris; Vincent SantarsierOj à Paris; Paul Zeichen, à Paris; Gauquclin, Laliajc et Cio, à Paris. 

VI. — Concours de beurres. 

Exposants producteurs. 1" division. — Beurres frais. — !■■'= classe. — Beurres de Normandie. 

V Catégorie. — Beurres d'Isigny et de Baveux. — Médaille d'or, M. Pierre Lecoq, à Gélosse- 
Fontenay (Calvados). — Médaille d'argent. MM. François Marion, (ilsj à Cerisy-ia-Forôt (Manche): 
Th. Paris, à Couvains (Manche); Mme veuve Michel Picquenard; à Airel (Manche). — Médaillée, 
de bronze, MM. Gustave Barassin, à Saint-Martin-de-Fontenay (Calvados); Antoine Binet, à Maisy 
(Calvados); Alexis Marie, à la Canibe (Calvados); Edmond Baize, à Maisons (Calvados).' — Men- 
tions honorables, MM. Richard Thouasmes. à Mosles (Calvados); Léon Tostain, à Vouillv (Cal- 
vados); Paul Vallée, à Neuilly (Calvados); François Bourguet, à Saint-Pierre-du-Mont (Calvados)- 
Thomas Lepetit-Dulongprey, à Englesquevilie (Calvados). 

'l^ Catégorie. — Beurres de Gournay. — Médaille d'or, M. Sébastien Decorde, au Fossé (Seine- 
Inférieure). — Médailles d'argent. MM. Taillel'esse, à la Bellière (Seine-Inférieure); Decaux fils, 
à Serqueux (Seine-inférieure). — Médailles de bronze, MAL Berthelin, à Ponimereux (Seine-Infé- 
rieure); Ernest Bienfait, au Fossé (Seine-Inférieure); J.-B. Uubuc, père, au Thil-Hiberpré (Seine- 
Inférieure) ; L. Denise, au Thil-Riberpré (Seine-Inférieure). ■— Mentions honorables, MM. Désiré 
Dubuc, à Beaubec (Seine-Inférieure); Lemonnier, à Saint-Saire (Seine-Inférieure); Patoulet liis, 
au Thil-Uiberpré (Seine-Inférieure). 

3" Catégorie. — Beurres de provenances normandes autres que celles ci-dessus désignées. — 
Médaille d'or, M. Alphonse Riom, à Troarn (Calvados). — Médailles d'argpnt, A.-T. Baquet à 
Vesly (Eure); Pierre Dauxais, à Cerisy-la-Forét (Manche). — Médailles de bronze, MM. Achi'lle 
Lemëray, au Désert (Manche); L. Abbkje, au Château du Tremblay (Eure); Mme Vve Thomine, à 
Montmartin-en-Graigne (Manche). 

'2" CLASSE. — Beurres de Bretagne. — Médaille d'argent. — Mme Guichard, Tve Marchand à 
Ouiniper (Finistère), — J/edaiZ/e de bronze, M. Edouard Le Breton, à la Ménardais'(Cotes-du-Nord). 

'■i" CLASSE. — Beurres d'autres provenances diverses. — P^ Catégorie. — Beurres en mottes 
ou en paniers. — Médaille d'or, M. Jules Boulet, à Sorcy (Meuse). — Médaille d'argent, M. Her- 
bin, à Missy-aux-Bois (Aisne). — Médailles de bronze, MM. Albert Robat, à Revigny (Meuse) ; 
J.-M. La