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Full text of "Journal de l'agriculture"

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JOURNAL 



L'AGRICULTURE 



ANNÉE 1879, TOP/IE TROISIÈME 

JUILLET * SEPTEHBBE) 



Le JOURNAL DE L'AGRICULTURE, fondé le 20 juillet 1866, a 
successivement fusionné avec le Journal de la Ferme et des Maisons 
DE CAMPAGNE et avcc la Revue de l'Horticulture. En conséquence il 
s'occupe de toutes les questions de pratique et de science agricoles, de 
législation rurale, d'économie politique ou sociale dans ses rapporta 
avec la vie rurale; enfin il donne tous les développements nécessaires 
aux progrès de l'horticulture, de l'arboriculture et de la culture ma- 
raîchère; il traite aussi bien de la production des jardins que de celle 
des champs. 

Il appartient à une Société composée de 840 agriculteurs ou agro- 
nomes groupés autour de M. J.-A. Barrai. 



JOURNAL 



DE 



L'AGRICULTURE 

DE LA FERME ET DES MAISONS DE CAMPAGNE 
DE L'HOBTICULTUBE 

DE L'ÉCONOMIE RURALE ET UES INTÉRÊTS DE LA PROPRIÉTÉ 

FOHDÉ ET OIKIGÉ FAR 

J.-A. BAUUAL 

Secrétaire perjjêtutil de la Société nationale d'Agriculture de France; 

Menilire du Conseil yêiiér.il de la Moselle jus'iu'en 1871 ; 

Ancien élève et ancien répétiteur de chimie de l'Ecole polytechnique; 

Membre du Conseil d'administration de la Stmi-ié des agriculteurs de France 

Lauréat de l'Académie des sciences en 1863. pour le pi ix il.' StiT-njues, décerné à l'ouvrage ayant lait faire 

le plus "riuid progrès à l'it^r u iilinic en France; 

OfScier de la Légion d'honneur ; Comntandeur de 1 Ordre uttom»ii du Mt-djulié. de celui des Saints Maurice et Lazard d'Italie et 

de celui d'ls^'belle-la-CalJjoli<|ue d'Espa^ine; Chevalier des Ordres de Léopold de Belgique, 

de Notre-Dame de la Conception de Portugal; 

Membre de la Société philoniatique et du Conseil de la Société d'encouragement pour l'industrie nationale ; 

Membre honoraire de la Société royale d'agriiuHure d'Angleierre ; 

Membre honoraire de l'Académie de Metz, de la Société centrale d'agriculiure de Belgique, de la Société royale d'agriculture de 

Portug;il, de la Société des agriculteurs ilalien». 

dos Suotétés d'Agriculture du grand-durlié de Lusfnibourg, de Moscou, de Varsovie, de Spolalo, 

des GéQrgofilfi de Florence, de Grusseto, de 1 nriu. lic .S;iiiil-l'.-ln shoujg, de Pesaro, du Chili, de Hongrie, de l'Uruguay ; 

CuriespiiiKlMMl de riiistilul genevois, de lliislilul é;^ypiu[i, de la Sticiété des sciences naturelles de Milan; 

des Sociétés d'Agiiculluie, de Viticulture ou d'Hurticultuie de l'iins, d'Arras, de l'Aube, de Bayeux, des Bouches-du-Rlu5nP. 

de Compiègiie, de Caen, de Clermont, du Nord, de la Seine-lnlèn.ure, de Mayenne, de la Haute-Garonne, de la CÔte-d'Or; 

de JiJigny. de Libourne. de Lyon, de Mirecourl. de Niiiicy, du Pas-de-Calais, de Poitiers, de Poligny, de Seiilis ; 

des Comices agricoles d'Agen, de Lille, de Weanx. de Met/., de Brantùme, de ta Société des Amis de la paix 

de Valence (Espagne), des Sociétés d Agriculture de Gand.de New- York, de Vienne (Autriche), delà Gueldre (Hollande) de Hongrie; 

du Cercle agruole et horticole du gr.nd-duiliè du Luxembourg; 

Associé étranger de l'Académie itiyate de Suéde, etc , etc. 



Conseil de direction Scientifique, Politique et Agricole : 

MM. J.-A. BARRAL, DE BÉHAGUE, BELLA, 
GAREAU; P. UE GASPARIN, L. DE LAVERGNE, A. VANDERGOLME 



ANNEE 1879. TOME TROISIEME 



iJl'Il.LET A SEi'lLtlBRE) 




2î:aid 



PARIS 



AL\ lU IlEAliX DU JOIKXAL DE L'AtiRIClLTlRE 

Chez M. G. MASSON, libraire-éditeur, 120, boulevard Saint-Germain 

KT 

Bruxelles, clioz M. Henri MANCEAUX, libiaire-éJiteur, 8, rue des rrois-Têtes 

IST'J 






.On 



Le Journal de l'Agriculture parait tous les samedis en une livraison de 52 à 
68 pages, avec de nombreuses gravures noires intercalées dans le texte et des 
planches noires ou coloriées hors texte. — Il forme, par an quatre volumes de 
500 à 600 pages chacun. 



PRIX DE L'ABONNEMENT : 

FRANGE: uuan, 20 fr.; — six mois, 11 fr. ; — trois mois, 6 fr. — Un numéro, 50 centimes. 

Pour tous les pays de l'OnioB postale : un an, 22 fr. 
Pour tous les autres pays, la port en sus. 



LES PAYS FAISANT PARTIR np. I.'TTnION POSTALE SONT : 

Allemagne — Autriche — Belgique — Danemark — Espagne — Etats-Unis — Grandi-Bretagne — Grèce 

Hongrie — Italie — Luxembourg — Monténégro — Norvège — Pays-Bas — Portugal 

Roumanie — Russie — Serbie — Suède — Suisse — Turquie — Egypte — Tanger et Tunis 

Perse — Brésil — République argentine— Pérou — Colonies françaises 

La plupart des colonies étrangères. 



Typographie Labure, rue de Weurus, 9, à Paris, 



CHRONIQUE AGRICOLE 



(5 JlULLlir 1879). 



Le concours international ouvert à Londres par la Société royale d'agriculture d'Angleterre. 

Les comparaisons des expositions apricoles'en France et en Angleterre. — La population agri- 
cole dans les deux pays. — La famille agricole en Angleterre. — La crise agrioo.e. — Efforts 
faits par les propriétaires anglais pour atténuer les eftets de la ciise agricole. — Les droils à 
l'importation et la diminution des fermages. — Notice publiée par le ministère de l'agriculture 
et du commerce sur la récolte d-s Ci'-réales et les inoyettes. — I.a moisson dans le raili delà 
"France. — Hésnltats de la mission de M. Heuzé dans les di-part'ments de l'Est. — Nomination 
de M. du Peyrat comme commissaire général du concours ré,'ional de Bone. — Décoration pour 
services rendus à l'agriculture. — Exposition et vente de machines agricoles à Châlons-sur-Marne. 
— Expériences et vente de moissonnausi-s ouvertes par la Société l'agriculture de l'Indre. — 
Expériences de moissonneuses-Ueuses de la So iété d'agriculture de Meaux. — Le pliyllo.\era. — 
Résolutions prises par la section permanente de la Commission supérieure du phylloxéra. — 
Observ-rtions de M. Marion et de M. Dumas sur la réapparition du phylloxéra. — Lettre de 
M. Bohart sur l'emploi du.suUure de caibone dans les vignes. — Friatum. — Dcgàts produits 
par les orages et la grêle. -^ Noies de M.M. Villeroy, Dubosi, Gruber, BeauvilLers, Casanova, 
Julivet et Le CnrbeiUer, Vincent, de Lentilhac, de Puy-.Vluntbrun, Van der Berghe sur l'état des 
récultes dans diverses régions. 

I. — L'agriculture anglaise et l'agriculture française^ 

Londres, le 3 juillet 1819. 

La Société royale d'agriculture d'Angleterre avait voulu readre intei"^ 
nationale l'exposition de cette année; elle n'y a qu'incomplètement réussi 
àcausede la loi qui oblige le bétail étranger à faire une quarantaine assez 
longue et coûteuse, avant de pénétrer vivant sur le sol britannique. 
Néanmoins, le concoiu's tenu a Kilburn, dans un vaste parc argileux 
du nord-ouest de Londres, est splendide pour l'ensemble des animaux, 
et des machines; il a attiré, en outre, un grand nombre d'agriculteucs 
de tous les pays, malgré le mauvais temps qui n'a pas cessé de ré- 
gner jusqu'à présent, et qui fait que l'on entre littéralement dans rla 
boue jusqu'au delà des chevilles. Cela n'arrête presque personne; on 
voit même des dames delà plus haute distinction aller et venir brave- 
ment dans cette espèce d'immense cloaque afin d'étudier etde jug'er; 
quant aux agriculteurs^ ils ne prêtent aucune attention à la bwue, si ce 
n'est pour la maudire. La foule seule fait défaut, et cela causera an 
déficit notablo dans les caisses de la Société royale; mais le pt'opre de 
l'agriculture anglaise, c'est qu'elle ne se rebute jamais. Les éléments 
lui sont contraires cette année, elle ne se met pas à gémir, mais elle 
cherche les moyens de lutter. C'est un exemple que l'agricullare fran- 
çaise devrait suivre, elle qui a infiniment plus de ressources, à cause 
de son climat et de son sol plus avantageux. 

En Angleterre, on aime mieux l'agriculture qu'en France; ony est 
plus attaché dans toutes les classes de la société. Ainsi, le prince de 
Galles est venu ouvrir le concours, malgré la pluie, et il a recom- 
mencé ses visites le lendemain. Le nombre des membres de la Chambre 
des lords et de la Chambre des communes qui ont donné des témoi- 
gnages d'intérêt est trop grand pour que des citations puissent être 
faites. La foule elle-même accourra, pour peu que le temps devienne 
plus clément. Or, à Paris, la dernière exposition agricole a été à peine 
visitée, et en 1878, aux Invalides, les splendides concours de che- 
vaux et de bétail n'ont pu appeler le public, c'est-à-dire les gens qui 
ne sont pas cultivateurs ou agronomes. Est-ce (]ue tout le monde ne 
doit pas s'intéresser aux progrès de la production du sol et de tous 
les moyens d'obtenir des subsislanccs en plus grande quantité? Le 
lord-maire de Londres a ouvert .>Iiinsion liouse à la Société d'agricul- 
ture; il y a donné une gninde (etc. En France, la Préfecture de la 
Seine, depuis quarante ans (jue nous assistons aux solennités aijricoles 
françaises, ne s'est pas ouverte une seule fois pour faire tête à l'agri- 
culture. 

H' ôa'i. Tome III de 1879. — ô juillet. 



6 CHRONIQUE AGRICOLE (5 JUILLET 1879). 

Nous venons de dire que l'agriculture anglaise a un champ d'ac- 
tion infiniment plus restreint que l'agriculture française; en effet la 
Grande-Bretagne ne produit en quantité que des grams, de la viande, 
du houblon et quelques plantes textiles. En France, on a en outre le 
vin des fruits infiniment variés, des légumes en abondance. La 
richesse et la variété sont de son côté; c'est peut-être pour cela que 
l'on y fait moins d'efforts, et que l'on y professe moins d'estime pour 
ceux qui s'occupent de la terre. 

Un des problèmes qui mérite le plus de fixer l'attention est celui 
de la population. En Angleterre, il y a accroissement constant; en 
France, stagnation ou diminution. Cela est surtout apparent dans les 
campagnes.^Nous avons parcouru nombre de villages; nous avons vu 
des familles'rurales dans les deux pays. L'avantage est tout à fait du 
côté de la Grande-Bretagne où le cultivateur est mieux logé, mieux ha- 
billé. C'est chose touchanle que de voir des ménages jeunes encore avec 
cinq ou six enfants en bas âge, tous bien propres, bien vêtus ; et le 
mari ne gagne cependant au travail de la terre que 20 à 25 francs par 
somaine. Que l'on aille un dimanche dans les villages en France et en 
An<»leterre, et que l'on fasse la comparaison des demeures rurales ; 
.nous avons la conviction profonde que l'on tirera de cette étude la 
conviction que nous en avons retirée; c'est que la force de l'Angleterre 
est dans l'esprit qui anime tous les membres de la famille agricole; 
un enfant qui naît y est toujours une bénédiction; on sait qu'il trou- 
vera à vivre honorablement, et ses parents n'y prennent pas souci de 
l'héritage qu'ils lui laisseront. D'ailleurs, il y a la ressource d'aller 
chercher fortune au loin, dans une colonie ou aux Indes. L'expansion 
facile delà race sur le monde entier est un grand soutien dans le foyer; 
elle donne l'espérance; elle garantit l'avenir. Il ne faut pas qu'une 
nation se ferme. Malheur à la France si elle écoute ceux qui pensent 
consolider sa fortune en l'isolant, en diminuant la famille pour qu'elle 
vive exclusivement sur son sol. La prospérité appartient à ceux qui ont 
la force et la volonté de prendre l'essor. 

IL — Du bon exemple donne par un grand propriétaire anylais. 
Nous avons cru remplir un devoir en tenant les agriculteurs et les 
propriétaires français au courant des efforts que la crise agricole fait 
faire, en Angleterre, aux propriétaires pour aider leurs fermiers à sup- 
porter les difficultés considérables du temps présent. Nous sommes 
certain qu'on nous a compris, après une première révolte contre ce 
qu'on a appelé notre audace. 11 fallait bien constater que le remède 
aux maux dont on se plaignait n'était pas dans les droits de douane. 
Une lettre de lord ToUemache, publiée dans le Times, dont M. Richar- 
dson a bien voulu faire l'extrait suivant, jette un nouveau jour sur la 
question. Celte lettre est adressée par lord ToUemache à ses fermiers 
du comté de Suffolk. On verra qu'il cherche à les convaincre de la né- 
cessité à ne pas recourir à des droits sur le blé, en leur faisant des 
propositions propres à les retenir sur les terres par l'intérêt qu'ils y 
trouveront. Le noble lord s'exprime ainsi : 

«D'après des informations que j'ai prises, je suis porté à croire qu'avec un ca- 
ital sulfisant, des fermiers énergiques et habiles peuvent lutter avec succès contre 
es prix minimes des denrées ag icoles qui existent à présent, pourvu qu'ils aient 
des nabitations commodes et des bâtimeuts d'exploitation su lisants, et qu'ils puis- 
sent trouver des journaliers en quantité suffisante. Ces journaliers devront avoir 



Fe 



CHRONIQUE AGRICOLE (5 JUILLET 1879). 7 

une demeure convenable, un morceau de terre de 20 ares qu'ils puissent cultiver 
eux-mêmes, re qui les rendra contents de leur sort; ils seront ainsi a tachf5s à leur 
service. Les champs aussi doivent être commodément arrangés, libres du dommage 
causé par les arbres, et le fermier ne doit soutl'rir aucun tort des dégâts causés 
par le gibier. 

« D^ns la crise où nous passons, il est essentiel que la terre soit bien cultivée; 
sans cela il surviendra des pertes sérieuses pour le fermier aussi bien que pour le 
propriétaire. 

« Le meilleur cultivateur ne peut exercer d'influence sur les éléments; les sai- 
sons ont été dernièrement très contraires aux fermiers, ce qui a excité la sympathie 
de tous les propriétaires; pour cette raison, je ferai, cette année, une diujiuution 
de 10 pour 100 dans mes loyers. 

< Si les coQventions faites avec mes fermiers sont susceptibles d'amélioration, 
je serais heureux de donner ma plus complète considémtion aux propositions qui 
me seraient présentées. Plusieurs agronomes autorisés sont partisans d'un bail à 
long terme; quant à moi, je doute qu'il soit prudent pour un cultivateur de s'en- 
gager à payer pendant 14 ou 21 ans un loyerqu'uu propriétaire accepterait. Au lieu 
d'un bail j'ai donné à mes fermiers dans le comté de Ghester, une lettre qui 
contient une promesse écrite et signée, qui lui assure la possession de son exploi- 
tation pour 21 ans, sans aucun accroissement de loyer. Avec cet engagement le 
propriétaire est tenu, tant que la culture se fait comme elle doit être faite, de con- 
server le cu'tivateur, mais ce dernier peut à un moment quelconque qui lui plaira 
quitter sa ferme. Je prendrai le même engagement avec mes fermiers de Sulfolk. 
Si par ce moyen je puis assu er la bonne culture des terres et aider la prospérité 
du pays, j'aurai rempb le but que je poursuis. » 

Se lier lui-même pour vingt et un ans sans lier ses fermiers au- 
trement qu'en exigeant d'eux une culture intensive, tel est le parti 
qu'a pris résolument lord ToUemaclie. Nous croyons qu'il est dans 
le vrai. Pour un système de culture où les céréales ne sont 
plus que l'accessoire, où l'entretien du bétail est la chose capitale, 
le fermier a besoin d'un long bail, et ce n'est pas lui qui voudra quit- 
ter son exploitation; il cat naturel qu'il ait des ii;arantios écrites, de la 
part du propriétaire qui, de son côté, est assuré que l'intérêt retiendra 
sur sa terre un exploitant dont le capital est considérable et est pro- 
ductif. Ue même pour la main-d'œuvre. Elle s'atlaclie au sol qui lui 
donne l'existence; une habitation commode, un champ pour ses prin- 
cipaux légumes, un porc pour faire la soupe de chaque jour, uneécolc 
pour les enfants, du travail pour toute la famille. 

III. — La prochaine moisson. 

Voici une mesure à laquelle nous nous empressons d'applaudir. Le 
Journal officiel du 29 juin annonce que, pour prévenir autant que 
possible les perles que l'agriculture éprouve quand la moisson se fait 
par les mauvais temps, la Direction de l'agriculture au ministère de 
l'agriculture et du comtnerce a fait faire une instruction sur la récolte 
des céréales dans les années pluvieuses. Celle instruction, qu'on trou- 
vera plus loin (p. 40), a été tirée à un très grand nombre d'exemplaires 
et envoyée aux présidents des Associations agricoles pour être distri- 
buéeaux cultivateurs. 40,000 afliches renfermant les mômes instructions 
ont été envoyées aux préfets, avec ordre de les faire apposer dans toutes 
les communes rurales delà région septentrionale de la France, la plus 
exposée aux pluies d'été. 

La moisson est commencée dans le midi de la France. D'après les 
nouvelles que nous recevons de la Provence, les blés y donnent à la 
fois abondance et qualité; la saison leur a ctë exceplionncIhMiicnl 
favorable. 



8 CHRONIQUE AGRICOLE (5 JOILLÈT 1879), 

IV. — Le doryphora deceniUneata. 

Dans notre dernière chronique fp. 488), nous avons annoncé que 
M. Heuzé, inspecteur général de l'agriculture; avait été chargé d'aller 
vérifier si, comme on l'annonçait, le Doryphora decemlineata avait été 
trouvé dans un champ de pommes de terre de l'un des départements 
de l'Est. Nous sommes heureux d'apprendre que le résultat des recher- 
ches a été complètement négatif; l'insecte confondu avec le doryphora 
est une coccinelle. Ce n'est d'ailleurs pas la première fois qu'une con- 
fusion de ce genre est commise. 

V . — Le concours régional de 'Botte. 

Nous avons analysé le programme du premier concours régional qui 
doit se tenir en Algérie, et qui aura lieu à Bône, du 20 au '28 sep- 
tembre. Par une décision récente, M. le ministre de l'agriculture a 
désigné M. Charles du Peyrat, inspecteur général de l'agriculture, pour 
y remplir les fonctions de commissaire .général. M. du Peyrat avait 
été déjà, l'année dernière, chargé d'une mission agricole en Algérie. 
VI. — Décoralion pour services rendus à l'agricullure. 

Nous apprenons que M. Dutertre, directeur de l'Ecole nationale 
d'agriculture de Grignon, vient de recevoir la décoration de François- 
Joseph d'Autriche. Celte distinction accordée à l'éminéilt et sympa- 
thique directeur de Grignon, est une preuve de la haute estime 
acquise à l'étranger, comme en France, à aaotre grande école d'agri- 
culture. 

VII. — Exposition et vente de machiiies agricoles à CluUons. 

Nous avons déjà annoncé que le Comice centrale de la Marne ferait, 
comuie les années précédentes des expériences publiques suivies d'une 
vente avec primes aux membres des ÙoDaicea du département, sous la 
direction de IM. Ponsard. La date de ces expériences vient d'être fixée 
aux samedi 19 et dimanche 20 juillet. Les expériences comprendront 
les batteuses-lieuses à vapeur, les imjoissonneuses-lieuses, les lieuses 
indépendantes, les moissonneuses à un cheval, les râteaux à cheval, 
les chargeurs automatiques de fuins et fourrages, les élévateurs pour 
construction de meules, les presses à foin. Le classement des macliines 
aura lieu le jeudi 17 sur la place du Marché-au-Blé à Cliàlons; les 
ventes commenceront le lendemain ; le délai pour le droit aux primes 
sera arrêté le dimanche à deux heures. Nous ne doutons pas qu'un 
succès égal à celui des ventes précédentes couronnera encore cette 
année l'œuvre de propagation des machines perfectionnées entreprise 
avec tant de zèle par le Comice central de la Marne. Les demandes 
d'admission doivent être adressées à M. Allred Lequeux, secrétaire 
général du Comice départemental, à Châlons-sur-Marne. 
VIII. — Concours de moissonneuses et de lieuses. 

Des essais publics de moissonneuses organisés par la Société d'agri- 
culture de l'Indre, auront lieu le 6 juillet, chez M. Masquelier, à 
Treuillat, près de Châteauroux. Ces essais ne donneront lieu à aucun 
classement entre les machines engagées, ni à aucune distribution de 
primes, mais ils seront suivis d'une vente aux enchères entre les 
membres de la Société. Les adjudicataires s'engageront à conserver les 
machines pendant la -moisson de 1879 et à faire à la Société un rapport 
sur l'emploi de la moissonneuse et les résultats qui en auront été 
obtenos. 



GHRONIQDBAORICOLE (5 JUILLET 1879), 9 

La Société d'agriculture et Comice' de l'arrondissement de Meaux 
fera dans le courant des mois de juillet et août, à une époque qui sera 
fixée au moins quinze jours à Tavance, suivant la maturité des ré- 
coltes, des expériences de moissonneuses-lieuses et de lieuses indé- 
pendantes, à la ferme de Ghaiilouet, près de Meauxi. Une somme de 
2,000 francs sera distribuée par la Société, en primes de vente, aux 
acquéreurs de ces machines vendues le jpur des expériences. Cette 
prime ne sera acquise qiue pour les machines vendues aux cultiva- 
teurs et entrepreneurs de moissonnage de l'arrondissement de Meaux 
et à ceux des membres dti la Société non domiciliés dans cet arrondis- 
sement. Les concurrents devront se faire inscrii'e, avant le 15 juillet, 
par une lettre adressée au président de la Société d'agîjicûlture, à 
l'iiôlel de ville, à Meaux. 

IX. — Le phylloxéra. 

La Section permanente de la Commission supérieure t^u phylloxéra 
s'est réunie le samedi 28 juin. Elle a décidé que les nouvelles taches 
phylloxeriques constatées, ainsi que nous l'avons annoncé, dans les 
arrondissements de Narbonne (Aude) et de Perpignan (l-yrénées-Orien- 
tales), seraient traitées' administrativement, en exécution de la loi d^u 
15 Juillet 1878. 

En faisant hommage à l'Académie dès sciences de son rapport que 
nôu* avons analysé da/ns notre numéro du 21 juin, M. Rlarion a ajouté 
quelques observations sur la réapparition du pliylloxera dans les vi- 
gnobles soumis aux traitements destinés à les débairasser' dU' puce- 
ron. Après cette communication, M. Dumas a présenté les obser- 
vations qu'on va lire sur les opinions professées au sujet de la 
rcapparilion du pbylloxoru uu mois de juillet dans les vigires sou- 
mises à un traitement. 

« On a pensé qu'elle provenait de l'intervention sur les vif^nobles traités de 
quelques insectes venus de vignes voisines non traitées ou bien de l'éclosion 
tardive de quekjues œul's' d'hiver épargnés par l'inondation ou par les insecticides 
eux-mêmes. 

u M. Dumas est- d'aVis que- la cîïuse de- cet incident est bien plus simple. Il 
n'a jamais pensé qu'bn put arrivef à l'entière extermination de l'insecte par l'eau 
et même par les insecticides. Quand on immerge une masse terreuse et qu'on ne 
la souslr«it fias à la pressiou de l'air, en la plaçant dans le vide, il reste, atta- 
chées aux parcelles solides ou conliiii'es dans quelques cavités, d s liulles ou pro- 
visions d'air qui peuvent parf'ai eincnt suffire à l'existence du pliylloxera pendant 
l'hiver. Le prmteraps venu, l'insecte se multipliera, et, en été, il aura déjà con- 
stitué une population assez nombreuse pour (pie son existence puisse f'rapj)er les 
yeux les moins exercés. 

« Du reste, la Commission du phylloxéra a pensé qu'il importait do savoir à 
quelle cause il l'allait attribuer les réinvasions, et co.niuent on pouvait par suite 
arriver à les prévenir. Elle a chargé un certain nombre de délégués, spécialement 
désignés à son choix par leur science, leur compétence et leur séjoui- au milieu des 
contrées ravagées, d'étudier cette C|uestibn, et ils ont bien voulu accepter celte 
mission, qui les occupe en ce moment. Us noua ap|irendront si les invasions de 
juillet tiennent à' une nouvelle iniection par les vignes voisines, à l'éclosion tar- 
dive de quehjues œufs d'hiver aériens, à des phyll ixeras souterrains épargnés 
ou à toute autre cause encore ignorée, suit accidentelle, soit normale ou physio- 
logi |ue. » 

lîeliitivement à l'emploi du sulfure de carbone pour le traitement 
des vignes, nous avons reçu de M'. Rohai»t l'intéressante lettré qtii 
sait : 



10 CHRONIQUE AGRICOLE (5 . UILLET 1879). 

« Mon cher directeur, c'est certainement dans le but d'éclairer vos lecteurs sur 
les services que la viticulture et l'agriculture peuvent espérer de l'emploi du sul- 
fure de carbone, que vous avez publié récemment un relevé statistique des quan- 
tités de ce produit livrées aux viticulteurs de différentes régions, par la Cie Paris- 
Lyon-Méditerranée. 

a Comme le sulfure de carbone, à dégagement rapide, ne résume pas à lui seul 
tout ce qui a été fait dans cetle voie, voulez-vous bien permettre k un simple vo- 
lontaire qui a eu l'honneur d'arriver l'un des premiers sur le terrain de la défense 
de nos vignes et de s'y maintenir pendant cinq ans, de compléter ces renseigne- 
ments en y ajoutant ce qui a été fait aussi avec le même produit à dégagement 
méthodique et prolongé. 

« Par cela même que le gouvernement a lait appel à l'initiative individuelle, en 
faveur de la question phylloxéra, il ett tout naturel que chacun sache ce qui en est 
résulté jusqu'ici. Je me contenterai de citer des chiffres qui, selon l'expression 
vraie d'un chroniqueur de talent « valent toutes les démonstrations, car rien n'est 
f plus positif et plus concluant. » 

« L'usine que j'ai fondée à Libournc a livré à la viticulture française et étran- 
gère 7,786,000 cubes à base de sulfure de carbone, représentant 2,595,000 ceps 
traités, ou plus de 500 hectares de 5,000 ceps chacun. 

« Sur ce total, les apphcations ont été continuées en deuxième année, /jor /es 
«(«»/fs pr-0)[/)-if;aJ?es (dont j'ai publié les noms), dans 12 départements, à l'aide 
de 2,293,000 cubes, ou 152 hectares et 700,000 ceps. 

« En troisième année, toujours par les mêmes propriétaires : 7 départements, 
1,423,400 cubes, ou 95 hectares et 475,000 ceps. Ensemble 1,200,000 ceps en 
deuxième et troisième année. Il n'est pas douteux que s'il n'y avait pas eu de 
bons résultats, les viticulteurs n'auraient pas continué, surtout pour des quantités 
aussi impoi tantes. 

« Ici se dégagent un enseignement et une conclusion qui ne devraient pas être 
perdus, à savoir que si l'ennemi avance toujours, comme on le constate sans cesse, 
avec une exactitude affligeante et un calme inexplicable, ce ne sont pas précisé- 
ment les moyens de le combattre qui font défaut. 

'Veuillez agréer, etc. « F. Rohart. » 

Nous avons toujours été heureux rie rendre justice aux eiYorts per- 
sévérants de M. Rohart et à ses succès. Les hommes de bonne 
volonté, qui travaillent comme lui, ont droit à toutes les sympathies. 

X. — Erratum. 

Dans le compte rendu du concours régional de Charleville, inséré 
dans noire dernier numéro, le nom d'un des exposants a été mal im- 
primé. A la page AD'i, ligne 26, au lieu de M. Cubousin, il faut lire 
M. (\tisiii. Cet honorable agriculteur exploite la ferme de Cosdon, dans 
le département de l'Aube, dont le Journal a eu l'occasion de parler, 
l'année dernière, à l'occasion de l'Exposition^universeile. 

XL — Les orages. 

La semaine qui s'achève a été, comme la précédente, signalée par 
de nombreux orages, et par des chutes de grêle parfois désastreuses. 
De grands dégâls ont été causés par ce météore. On nous cite les can- 
tons de Limay et de Magny (Seine-et-Oise) comme quelques-uns des 
points qui ont été le plus éprouvés dans le rayon de Paris. La commune 
de Saint-Cyr-en-Arthier a été particulièrement frappée. Dans plusieurs 
endroits, les récoltes sont complètement détruites ; quelques champs 
paraissent avoir été criblés par une véritable fusillade. 

XII. — Nouie'.les de l'état des récoltes en terrcZ 
Les notes que nos correspondants nous ont envoyées depuis deux 
semaines, constatent les grands et rapides progrès fait par la végéta- 
tion, sous l'influence d'un temps plus favorable. Voici d'abord la note 



CHRONIQUE AGRICOLE (5 JUILLET 1879), 11 

que M. Villeroy nous envoiede Rittershof (Bavière rhénane^, à la date 
du 15 juin : 

I La grande nouvelle pour les cultivateurs, c'est que l'été est enfin arrivé. Il 
n'y a pas eu de printemps, la végétation était en retard d'un mois ; depuis que 
la chaleur est venue, tout a poussé avec une merveilleuse rapidité, et le mal est 
en partie réparé De fréquents orages, qui dans divers endroits ont fait beaucoup 
de mal, nous ont amené de petites pluies que l'on peut dire satisfaisantes. 

« La reçoit ; la plus importante est ici celle des pommes de terre Celles qui 
ont été plantées fin de mars ont pourri, ou sont devenues véreuses, celles plan- 
tées dans la seconde quinzaine d'aviil poussent vigourcuseiient. Mais les derniè- 
tes plantées, fin de mai, ne sortent pas encore de terre. Les travaux des champs 
ont été retardés d'une manière exceptionnelle. Leur prix a plus que doublé, elles 
ont valu pendant l'hiver 2 mark, elles valent à présent 4,40 m. les 50 kilog — 
1 ma k := 1 f r 25. Il est à remarquer que les pommes de terre ne peuvent pas 
venir de loin comme le blé, et que leur culture doit être une des plus lucra- 
tives. 

« Beaucoup de trèfles ont péri pendant l'hiver, ceux qui restent poussent vigou- 
reusement. Les prés, particulièrement les prés secs, ont beaucoup d'h< rbes. Après 
une année calamiteuse, on espère l'abondance. Cependant dans la vallée du Rhin, 
les vignerons ne sont pas sûrs que la température actuelle si favorable, puisse 
entièrement réparer le mal causé par la température de l'hiver. 

« En Allemagne comme en France, l'agriculture est en souffrance, d'un côté 
les protectionistes, de l'autre côté les libre-échangi<tes réclament l'aide des gou- 
vernements. Mais que peuvent, avej. les meilleures intentions, les gouvernements 
contre des faits de force majeure. Toute l'Europe est dans un état de crise. Dieu 
sait comment elle finira. Le plus sage conseil à mon avis, qu'on puisse donner 
aux pauvres cultivateurs, si durement éprouvés, c'est de leur dire : Aiile-toi, le 
ciel t aidera. Il faut supporter les maux qu'on ne peut pas empêcher et lutter 
courageusement. ■>■> 

En Alsace, d'après la nouvelle note que M. Gruber nous envoie de 
la Pelitu-Pierre, à la date du 23 juin, la végétation des orges Chevalier 
est toujours très bsUe : 

« Je me trouve en ce moment à la Petite-Pierre, petit pays sur le plateau des 
Vosges, célèbre dans nus concotiis [)i<ur le'* nombreuses primes qu'il emporte tOUS 
les ans Ici aussi, les cultures hivernales d'orge Chevalier, faites en très grand 
nombre, sont très belles; tout est en plein épiagc; nous avons rencontré des tal- 
lages de 34 et .36 tiges. — Les ensemencements printaniers, surtout ceux 
du mois de février, sont aussi d'une végétation vigoureuse et prête à entrer en 
épis. » 

Dans le département de l'Aisne, d'après ce que M. Dubosq nous 
écrit (le (^liàteau-Tliieri'y, à la date du 20 juin, il y a eu une grande 
amélioration dans la plupart des récoltes : 

« Depuis que le temps s'est réchauffé, la végétation prend du développement. 
Les blés, depuis une quinzaine de jours, se sont beaucoup améliorés; s'il n'y a pas 
une abondante récolte, il y a au moins l'espérance que le grain pourra arriver à 
bonne maturité. 

« Les avoines sont généralement belles; jusqu'ici, le temps leur a été très favo- 
rable; on a l'espoir d'une abondante récolte. 

« Il ne faut pas compter opérer la première coupe des prairies naturelles et arti- 
ficielles avant le 15 juillet prochain, il est probable qu'il y aura un fourrage peu 
abondant 

" Les betteraves ont été semées dans du bonnes conditions, elles sont bien le- 
vées; elles subissent en ce moment le premier binage. 

« Le temps froid et pluvieux a empêché qu'on s'occupe en temps opportun des 
pommes de terre; aussi, elles ne fout ([ue commencer leur végétation » 

M. Beauvilliers nous envoie la noie suivante de Marcilly-le-Royer 
(Aubci, à la dale du 5 juin : 

« Depuis 8 jours, dans le canton de Marcilly-le-Royer. la plaine est véritable- 
ment translorinée Dans ces derniers temps, le mélmge Je sécheresse et de pluie 
a singulièrement activé la végétation de notre campagne nogentaise. 



12 CHRONIQUE AGRICOLE (5 JUILLET 1879). 

« Les seigles qui, à la mi-mai, au moment de l'épiage, atteignaient à peine à la 
hauteur des avoines ordinaires, ont Ijeaucoup grandi. Les épis sont longs, la fleur 
a bien passé, et il se pourrait que la qualité des seigles de 187;i dépassât celle de 
ceux de 1878. Les froments sont beaux, plus gras, plus durs, plus serrés et mieux 
levés quelos seigles qui, généralement, sontun peu clairs, ayant longtemps sou iïert 
pendant l'hiver. 

« Les avoines, les orges, les prairies artificielles sont de toute beauté. La fin 
de mai a été bien plus lavorable aux récolles en terie et aux ensemencements de 
toute sorte que la première quinzaine de mai qui, dans nos contrées, a été très 
froide. En résumé, le canton de Marcilly qui en i 878, a fait une bonne récolte de 
fourrages et de céréales, promet d'être aussi bien partagé et peut-être mieux 
en 1879. » 

Mme Casanova nous envoie de Monlilfaut, près Bourges, à la date 
du 22 juin, les renseignements suivants sur l'élat des récoltes dans 
celte partie du département du Cher : 

« Dans notre contrée, la récolte promet d'être meilleure qu'on ne l'espérait. Les 
foins promettent beaucoup, les prairies tombent en ce moment sous la faux. Nous 
ne demandons qu'un peu de sécheresse pour les rentrer d'une faç n convenable. 
La vigne laisse beaucoup à désirer. 

« j'ai lu avec beaucoup d'intérêt, dans le numéro du 21 juin du Journal de 
l'Agriculture, la lettre de AL le marquis de la Tuur-du-Pin. Je trouve comme lui 
que la classe des propriétaires fonciers, que je ne sais pourquoi ou signale trop 
souvent comme vouée à tous les boniieurs, est celle qui depuis de longues années 
est appel e (quoique une des plus méritantes) le plus à souffrir. N'est-ce pas sur 
elle que pèse en partie noiable la charge des im).ôts (ce ne sont jamais mes ler- 
niiers qui ont eu à en suppoiter le poids) et les réparations, — les réparations qui 
font vivre nombre d'ouvriers, — n'est-ce pas encorele pro]jnétaire qui les connaît. 
Celui qui a un fermier, n'a, dit-on, que la peine de touclier les revenus que celui- 
ci lui sert, et les charges, tous les jours de plus en plus lourdes qui incombent à 
la propriété, n'est-ce pas sur le maître qu'elles tombent? 

« Dans notre pays, nous ne louons guère nos terres à l'hectare, plus de 30 à 
55 francs. Est-ce trop vraiment? Et ce faible revenu, combien de mois nous faut- 
il souvent l'attendre ; il doit nous ètie versé vers le 24 juin, et le propriétaire e.-t 
parfois heu' eux d'avoir à l'enregistn^r au nombre de ses recettes, vers le mois de 
novembre Le propriétaire peut moins que tout autre former le moindre projet. Il 
lui est I eu souvent permis d'aller demander aux villes d'eaux, ce que les favorisés 
du sort vont chercher, le plaisir ou la santé. 

<c En tous cas, la hberté doiteNister pour tous, et le propriétaire a bien le droit 
d'aller, tout comme un autre, oiî bon lui semble, d'affermer sou bien si cela lui 
plaît. Ce droit existant pour les débits de tabac, comme pour toute industrie, on 
ne peut en priver la classe qui reçoit le moins et donne le plus. Il serait plus sage 
de s'étonner de ces lortunes rapides qui, sans grand effort de travail, surgissent 
parfois au milieu de nous, étalant un luxe que le propriétaire ne peut guère se 
donner. 

« La iiropriété est un des pivots de la société, et le jour où le rôle l'o proprié- 
taire, déjà si peu agréable, deviendra impossible, la prospérité de la France n'y 
gagnera rien! » 

Les conditions dans lesquelles la récolte se présente sont moins 
favorables, dans le départenaent de l'Indre, d'après la lettre ([ue 
MM. Jolivet et Le Corbeiller nous envoient de la ferme de Cungy, à la 
date du 2G juin : 

« Nous subissons toujours un temps peu approprié à la saison où nous nous 
trouvons. Les blés montent et entrent en Heurs; mais les épis sont assez grêles et 
n'ont pas cette belle vigueur qui réjouit l'œil du cultivateur et flatte ses espérances. 
Les avoines seules semblent devoir donner satisfaction, je parle de celles de prin- 
temps, car celles d'hi>er n'existent plus. — Les betteraves sont passablement levées, 
on procède au premier binage, mais elles n'ont pas la force que l'on sciait en 
droit de leur voir au 25 juin Les maïs lèvent avec une teinte jaune qui indicjue 
qu'ils souffrent déjà du manque de chaleur. — On fauche et on fane diffici- 
lement; les giboulées presque i|uotidiennes nuisent à la bonté du travail. — En 
somme rien n'annonce une amélioration très grande dans la position agricole. 



. CHRONIQUE AGRICOLE (5 JUILLET 1879). 13 

« Les laines se vendent difficilement et en baisse sur l'an passé : on nous offre 
■1 fr. 70 au lieu de I fr. 90 le kilog en suint. Les foires présentent un commerce 
languissant avec transaction diflicile. 

u Les /ofiei de domestiques ont été un peu plus faciles que les années précédentes, 
mais sans baisse sensible. — Enfin la maiii-d'qeuvre est un peu plus abondante, 
cela tient à ce que les vignes ont très vilain aspect, c'est-à-dire que la récolte dans 
nos parages sera sinon nulle, toujours bien au-dessous de la moyenne.» 

Sur la situation des récoltes dans le département de l'Ain, M. Vin- 
cent nous envoie du Treffort, à la date du l''' juin, la note qui suit : 

« Le mois d'avril avait eu chez nous 17 jours de plu'c; mai en a eu 9 ; une 
■énorme masse d'eau a donc été versée sur le sol; elle a nui grandement aux tra- 
vaux et à la végétation. 

« Les semailles de printemps ont souvent été interrompues et rendues fort pé- 
nibles par l'excessive humidité du sol. Il en a été de même pour le fosserage des 
vignes. Les semailles sont à peine achevées; le fosserage n'est guère fait qu'aux 
deux tiers. Si les pluies continuent, le coulage est à craindre. Les blés n'ont pas 
partout une bien belle apparence. 

« Les prés en penle poussent vigoureusement; mais les autres n'ont qu'une 
berlie peu haute et peu fournie. Les pommes de terre qui ont été plantées de 
bonne heure poussent maintenant avec vigueur, après untemps d'arrêt assez long; 
celles ((ue l'on a mises en terre plus tard ne donnent pas encore signe de vie. 

« Parmi les arbres fruitiers, les pêchers, les cerisiers, les pruniers, gelés le 
12 avril, ne donneront à peu près rien; les poiriers non atteints, promettaient 
beaucoup; mais le fruit est tombé en très grande partie. Ou ne sait pas encore ce 
que donneront les pommiers qui étaient tout récemment encore abondamment 
pourvus de fleurs. » 

Dans le dép:irtement de la Dordogne, d'après la note que M. de 
Lentilliac nous transmet de Saint-Jean d'Ataux, à la date du 9 jixin, 
l'humidité était encore excessive : 

« On ne se demande plus quel temps il fait! Il pleut, c'est la règle; s'il sur- 
vient deux jours, trois jours sins pluie, c'est un événement Les travaux ne mar- 
chent pas, rien ne se fait dans de bonnes conditions, mais le temps s'écoule, la 
saison s'avance, et beaucoup de récoltes seront -lÀrement compromises. L'invasion 
des limaces, favorisée par la constante humidité du sol, prend les proportions 
d'un lléau; Femis de trèfle, luzerne, betteraves, tabac, haricots, vigne même : tout 
leur sert d'aliment, et leur nombre en est si considérable que peu de jours leur 
sufli-ent pour anéantir un champ Quant à l'herbe, elle pousse partout excepté 
dans les pr.iiries. Que nous réserve l'avenir? Dieu seul pourrait le dire. » 

Li notfî suiva it3 sur lasituitioadjs diverses récaltcs dans le dépar- 
tement do la llaute-Garonni, nous est envoyée de Toiilouse par M. de 
Puy-^Ionthrun, à la date du 14 juin : 

« Nous attendions beaucoup de soleil, il est arrivé plusieurs jours, sanslacune, 
il nous a verse ses bienfaisants rayons. Les résultats ne sont pas au niveau de nos 
espérances, il y a eu sans nul doute une grande amélioration en toutes choses. 
Nos prairies temporaires donnent mieux que leur aspect ne semblait le promet- 
tre. Pai'ci, par là, ilse trouvait quelquesplanies robustes que l'eau, que l'humidité 
surabondante de l'hiver n'avait pas fait périr soitdans leurs grainis, soit dans des 
racines ; elles se sont réveillées à l'échautVement du sol, sous l'action des rayons 
lumineux. Sous la faux elles se courbent et viennent remplacer la plante fourra- 
gère cultivée laquelle lait défaut; elles rendent la pénurie moins grande. 

« Nos blés sont à une période de leur croissance, pendant laquelle il ne faut 
pas les .apprécier; à l'heure de l'épiase, il est rare qu'un champ de lilé présente un 
aspect satisfaisant Cette année les inégalités de végétation sont plus accentuées 
que de coutume, tout est en très grand retard; l'épi est lent à se montrer, il est 
grêle; on me signalait, ces jours passés, qucliiues régions, ipelques parties de la 
région où il semble que la plante ayant montré l'épi a épuisé toutes ses forces à ce 
premier travail, elh' courbe sa tige, pour ne plus la relever. Nous avons signalé, il 
y a longtemps déjà un étal de la plante qui nous faisait craindre ce résultat ; le blé 
est mal planté, disions nous, il a peu de racines, celles qu'il a pu mettre où con- 
server sont insuffisantes pour le nouri'ir, le tallage a été nul, tout espoir d'abon- 



U ^CHRONIQUE AGRICOLE (5 JUILLET 1879). 

dante moisson doit être déposé.. Que les chaleurs ne soient pas trop vives, que le 
thermomètre ne monte pas trop et nous pourrons encore avoir une modeste 
récolte de blé Supérieure comme qualité et quantité à celle de l'an pass^. Ce qui 
nous fera défaut sera la paille; elle sera rare, elle ne viendra pas atténuer la disette 
de fourrages qui apportera une gêne sensible dans la marche de nos exploita- 
tions. , j- 

-t On conseille sans cesse la culture du maïs-fourrage, comme plante directe- 
ment alimentaire pour nos bestiaux, en ne peut donner grande extension à cette 
production. Elle apporte une perturbation tiop sensible à la marche, à la succession 
de nos récoltes. La place occupée par le maïs-fourrage est rarement en état de nous 
donner une récolte en blé, l'année suivame; il faudrait pour atteindre ce résultat 
une série de soins, de précautions qui ne sont pas encore entrées dans le faire de 
beaucoup de jultivateurs. 

« On a à peu près terminé les semailles du maïs; elles ont été aussi bien réussies 
que le permettait l'état du sol, les travaux qui assurent le succès de cette céréale 
seront très fatigants, le plus minime essai d'outillage nouveau n'est pas tenté. Si 
jamais ces essais eussent été utiles et concluants, c'est bien à 1 heure actuelle. Nos 
foires, nos marchés présentent peu d'animation, ceux qui ont des bestiaux vou- 
draient bien les vendre, ils refusent seulement les prix offerts par les rares acqué- 
reurs. La vigne seule, dans la Haute- Garonne, se présente bien, elle est en 
retard comme toutes choses; que le soleil nous continue ses bienfaits et tout 
s'améliorera. 

« Un seul point nous attriste, c'est la désolation et le deuil que les orages à grêle 
ont semés dans quelques parties du Gers et du Tarn-et-Garonne, de nombreuses 
communes ont payé leur tribut à ce fléau. Dieu veuille que l'huTnidité du sol ne 
multiplie pas ces désastres. Nos récolles en retard y sont encore exposées pour 
de longs jours. » 

Pour compléter ces renseignements, nous donnerons ici une appré- 
ciation de Télat de la récolte des blés à la lin du mois de mai, qui 
nous est transmise par M. Van den Berglie, courtier à Paris : 

«Ensemencement d'automne incomplets, germination du grain incomplète, tal- 
lage du tronc incomplet, tels sont les faits considérés comme acquis aujourd hui; 
tel'e a été l'évolution des deux premiers phénomènes physiologiques dont la ré- 
colte des blés est subjective. Ne pourrait-on pas en conclure, d'ores et déjà que, 
quoi qu'il anive, cette récolle péchera toujours par sa base fondamentale, par le 
nomlM-e de plants, par le dernier ressort? Non assurément, car les phénomènes 
auxquels elle est encore soumises peuvent être largement réparatei:rs, notamment 
la formation et le développement de l'épi, ainsi surtout que la fécondation du grain 
qu'il renfermera, mais poyr que cette récolte puisse aboutir à bonne un, il nous 
faudrait indispensablement, à br f délai, le concours d'une température quasi ex- 
ceptionnelle et sur la([uelle il serait peu prudent de compter aujourd'hui. Dans 
ces conditions, toutefois, il nous serait encore permis d'espérer une récolte moyenne, 
mais difficilement une récolte supérieure à la moyenne, ni surtout une récolte 
hâtive, car elle ]) ésente encore aujourd hui un retard de plus de quinze jours, et 
tout effort de la nature, pour récupérer précipitamment ce retard, ne ferait ([u'éner- 
ver la sève qui a- besoin de sa toute [luissance pour l'accomplissement des graves 
phénomènes de l'épiage, de la floraison et de la maturation. S'il en était autre- 
ment, le remède serait pire que le mal. » 

Toutes les cultures se sont parfaitctnent trouvées des chaleurs qui 
sont enfin arrivées. La végétation a pris rapidement, dans la première 
quinzaine de juin, un vigoureux ess-or. Cet effet s'est parlienlièrement 
produit, dans un grand nombre de régions, pour les prairies naturelles 
et artificielles qui ont donné une première coupe meilleure que celle 
que l'on espérait. J.-A. Baiul^l. 

DROIT RURAL. 

CHASSE SUR UN CHEMIN GREVIÎ D'UN DROIT DE PASSAGE. 

On nous pose la question suivante : 

« Lorsqu'un propriétaire a cédé gratuitement au public le droit de 
passer sur un cliemin qui traverse sa propriété, le public a-l-il par ce 



DROIT RURAL. 15 

seul fait le droit de chasser sur ce chemin, et de s'y tenir à l'affût pour 
tirer le gibier qui passe à portée? » 

Cotte question ne nous paraît présenter aucune difficulté juridique, 
quel que soit le point de vue auquel on se place, que 1 on envisage les 
rapports du j)ublic avec le propriétaire, ou les prohibitions générales 
édictées par la loi pénale. 

En elfet, d'une part, on n'est pas facilement présumé renoncer à un 
droit, et l'abandon d'une partie de ce droit ou le partage de son exer- 
cice avec les tiers ne saurait, en l'absence de conventions expresses, 
être arbitrairement étendu iu delà de ce qui est strictement l'objet de 
cet abandon ou de ce partage. Or, il est évident qu'un droit de passage, 
pour si étendu, pour si généralj pour si universel qu'il soit, n'emporte 
pas nécessairement au profit de ceux qui en bénéficient, etcommeune 
conséquence naturelle, le droit de chasse. Ce dernier droit est d'une 
nature toute spéciale, et la loi du 4 mai 1844 a pris soin dans son ar- 
ticle Mi'Z de le consacrer en termes formels, en disant que « nul 
n'aura la faculté de chasser sur la propriété d'autrui sans le consen- 
tement du propriétaire. » 

Le droit de chasser sur un terrain quelconque est en effet un acces- 
soire, une fraction de la propriété de ce terrain et appartient en con- 
séquence au propriétaire du fonds qui peut céder tous les démem- 
brements de sa propriété sans aliéner celui-là. 

Cela est si vrai que presque tous les auteurs enseignent, conformé- 
ment à une jurisju'udence aujourd'hui constante, que le droit de 
chasse n'appartient au fermier qu'autant qu'il lui a été concédé par le 
bail. Suivant eux, ce droit est essentiellement inhérent à la propriété. 
Il apfKirlient au maître du fonds, à moins qu'il ne s'en soit dépouillé 
en tout ou en partie par une convention expresse. 

Si l'on dénie le droit de chasse au fermier, il est clair qu'on doit 
à plus forte raison, le dénier au bénéficiaire d'un simple droit de 
passage. 

D'autre part, la loi est formelle et son article 11 est ainsi conçu : 
« Seront punis d'une amende ceux qui auront -chassé sur le terrain 
d'autrui sans le consentement du propriétaire. » Si l'on rapproche ce 
texte de celui de l'article l^etde l'article 9 lequel dit que « dans le 
temps où la chasse est ouverte, le permis donne à celui qui l'a obtenu 

le drdit de chasser sur les terres d'autrui avec le consentement 

de celui à qui le droit de chasse appariient », il n'y a pas de doute 
possible; l'intention du propriétaire doit se manifester d'une manière 
non é(piiv()ipi(;. 11 est vrai que la loi ne déterminant aucune forme de 
la preuve du consentement donne au chasseur par le |)ropriélaire du 
terrain sur lequel il a été trouvé chassant, et n'exigeant pas que ce 
consentement soit écrit ni même exprès, les tribunaux ont le droit de 
décider et décident souverainement, d'aj)rès les éléments du procès, 
si ce consentement a ou non existé. Mais en aucun cas, dans le silence 
du propriétaire, un droit de passage pur et simple ne saurait être con- 
sidéré comme emportant le droit de chasse au profit de celui ou de 
ceux à qui ce droit a été accordé. 

Veut-on soutenir qu'un chemin, dans les conditions indiquées, ne 
constitue pas à pro[)rement parler un terrain de chasse? A cela deux 
réponses : 

D'abord les termes dont se sert le législateur sont aussi larges et 



16 DROIT RURAL. 

aussi compréliensifs que possible. Propriété, dit l'art, l"; possessions, 
dit l'art. 2; terres, dit l'art. 9 ; terrain, dit l'art. 1 1. Esl-il possible 
d'établir une distinction, au point de vue qui nous occupe, entre une 
allée ou un chemin traversant un bois et ce bois même ? Bois et che- 
min sont la propriété de la même personne, et la publicité à laquelle 
ce chemin a été livrée ne saurait mettre à la disposition des passants le 
gibier qui peut le traverser. 

A cet égard, il a été jugé, antérieurement à la loi de 1844, qu'un 
seul coup^ de fusil tiré dans une avenue sur une corneille, constitue 
un fait de chasse et autorise l'action du propriétaire sans la per- 
mission duquel il a eu lieu. (Cass. 13 nov. 1818, B. cr.) — et sous 
l'empire di^ la loi de 1844, la Cour de cassation a également décidé 
que le fait de tirer sur une sarcelle sans permis de chasse ne peut être 
excusé par le motif qu'il s'était accompli dans une ville et sans inten- 
tion de chasse (Cass. 6 mars 1 857, B. cr.). 

Mais les derniers mots de la question nous en indiquent la véritable 
portée, et ils appellent une autre réponse qui contiendra la solution 
que notre correspondant paraît poursuivre. 

« Le public a-t-il le droit de se tenir à l'affût sur ce chemin pour 
tirer le gibier qui passe à portée? » 

Yoilà bien ce qui, en dei'nière analyse, intéresse le lecteur. 

En admettant même que le public ait le droit de chasser sur le 
jchemin, il n'a pas le droit de s'y mettre à l'affût pour tirer sur une 
pièce de gibier qui est sur le terrain traversé par ce chemin. En effet 
cela constitue un véritable fait de chasse sur la propriété d'autrui. 
Sans doute (par hypothèse) le chasseur était posté sur un terrain non 
prohibé; mais le fait de chasse s'est accompli, non pas sur le chemin, 
mais sur le champ ou dans le bois voisin oîi le gibier a été tué et est 
tombé. 

Le délit de chasse sur le terrain d'autrui n'est point en effet subor- 
donné à l'introduction du chasseur sur le terrain; il existe par cela 
même qu'on se livre, même du dehors, à des actes de chasse ayant 
pour but la recherche et la poursuite du gibier qui se trouve sur cette 
propriété, quels que soient les moyens employés. 

La jurisprudence est constante sur ce point. Il a été jugé notamment 
que le chasseur qui, bien qu'en se bornant à suivre un chemin publie, 
envoie son enfant dans un champ voisin pour y faire lever le gibier et 
le rabattre de son côté, commet un délit s'il n'est pas muni du consen- 
tement du propriétaire. (Angers, 'i? janv. 1873, Dali. 73. '2. 51.) 

En vain objecterait-on qu'il ne s'agit pas d'un fait actif comme celui 
relevé dans l'arrêt, mais bien d'une simple attente, sans manœuvre. II 
a été décidé maintes fois, et notamment par un arrêt de la cour de 
Caen du 18 août 1875 (Dali. 78. 5. 1)0), qu il y a fait de chasse non 
seulement lorsqu'on poursuit le gibier, mais même « lorsque l'on se 
place sur son passage pour l'attendre « c'est-à-dire lorsqu'on est à 
l'affût. 

_ On le voit, quel que soit le point de vue auquel on se place, la solu- 
tion est la même, et il faut dire qu'en l'absence du consentement du 
propriétaire, la cession d'un droit de passage, pour si étendu qu'il soit, 
n'autorise pas les bénéficiaires de ce droit à se mettre à l'affût sur le 
chemin qui en est grevé. Eug. Pouillet, 

Avocat à la Cour de Paris. 



RAPPORT AU COMICE DE SEINE-ET-OISE. 17 

RAPPORT AU COMICE DE SEINE-ET-OISE 

SUR LES PROGRÈS AGRICOLES DANS L'ARRONDISSEMENT DE RAMBOUILLET '. 

En 1866, le concours se tenait, comme cette année, dans l'arrondissement de 
Rambouillet. A cette époque, l'agriculture, éprouvée par de mauvaises récoltes, 
jetait un regard inquiet vers l'avenir, et envisageait avec terreur la crise qui s'an- 
nonçait menaçante. Le gouvernement ordonnait une vaste enquête, et il demandait 
aux sociétés, aux comices, aux cultivateurs, de faire connaître les causes des 
souffrances de l'agriculture, d'indiquer les moyens propres à y remédier. 

Le président du Comice, dans cou discours d'ouverture, invitait ses collègues à 
répondre à l'enquête : 

« Nous ne pouvons pas demander au gouvernement, » disait il, « de nous faire 
vendre le blé plus cher; cela ne dépend ni de lui, ni de nous, pas plus que de 
régler la [iluie et le beau temps; mais demandons-lui ce qui peut nous aider à 
produire le blé à bon marclié ; l'abolition successive de tous les droits qui, aussi bien 
à l'intérieur qu'à la frontière, grèvent inutilement les produits et les m itières pre- 
mières de l'agriculture; le perfectionnement des voies de communication, l'abais- 
sement des prix de transport. ... Il en coûte meilleur marché pour transpor- 
ter un hectolitre de blé d'Odessa à Marseille que d'un bout de la France à 
l'autre. » 

Ne dirait-on pas que ces paroles s'appliquent à la situation actuelle? Aujour- 
d'hui comme en 1866, l'agriculture souffre. Après deux mauvaises récoltes, elle 
écoule difficilement ses produits ; les prix qu'elle en retire ne couvrent pas ses 
dépenses. Bien plus, les cultivateurs français voient se dresser, de l'autre coté de 
l'Océan, comme un spectre qui les menace dans leur existence, la production exu- 
bérante d'un pays neuf, possédant d'immenses terrains encore incultes, qu'il 
suffit de labourer et d'ensemencer en blé pour jeter, quelques mois plus tard, des 
quantités de grains considérables sur nos marchés. 

La vapeur a rapproché les distances, le télégraphe électrique supprime le 
temps; l'éloignement n'est plus, dit-on, une protection suffisante pour nos fer- 
miers, qui ne pourront lutter contre les torrents de produits dont l'Amérique doit 
inonder l'ancien monde. 

On raconte des choses merveilleuses sur les opérations agricoles aux Etats- 
Unis. On cite, entre autres, un étalilissement situé dans le Dacotah, à l'ouest du 
lac Micliif^an, où le propriétaiie, M. Dalrymple, a cultivé, en 18"8, 5,0C'0 hec- 
tares de blé; l'étendue des terres emblavées cette année, doit s'élevt-r à 8,000 hec- 
tares. Tous les travaux se font à l'aide de machines : on laboure, on herse, on 
moissonne, on bat à la vapeur. La ferme aurait pro luit, en 187«, 1 iO,OOii hecto- 
litres de blé. Ces nouvelles ont causé une vive émotion parmi les agriculteurs de 
France qui ont vu naître une crise plus terrible que celles qu'ils ont traversées 
jusqu'ici et qui craignent cotte fois de succomber à la tâche. 

Mais, à côté de ces nouvelles alarmantes, on a cité des faits de nature à nous 
rassurer. Si quelques exploitations ])rivilégiées des Etats de l'Union ont récolté 
d'énormes quantités de blé, à un prix de revient minime, tous les agricul euis des 
prairies de l'Ouest ne sont pas dans les mê.nes conditions; les terres, rapidement 
épuisées par la culture répétée de la même plante, dnnnent de très faibles rende- 
ments; bientôt il faudra employer des engrais, et, à ce moment, la lutte entre les 
produits étrangers et h's nôtres ne sera plus possible. 

De quel côté cependant est la vérité? C'est ce (ju'il importerait de savoir. 

Il n en est pas moins vrai que nous assistons en ce moment à une transforma- 
tion complète de la situation économique générale, conséc^uence fatale de l'exten- 
sion et de la rapidité des relations internationales. 

Ce n'est pas la première fois que l'agriculture française se trouve en présence de 
semblables diflicultés. Si nous remontons aux épo |ues reculées de 1 histoire agri- 
cole de no re pays, nous voyons les barrières de ])iovince à province mettre obstacle 
à la circulation des grains et créer des disettes périodiques. 

Il fallait en effet consommer sur jdace , au risque même de perdre en grande 
partie, les jirodtiits d'une récolte abondante, pendant que les provinces moins heu- 
reuses ne ]jouvaiont pas sullire aux besoins de leur consommation. 

Les rois cependant, à diverses époques, suivant leurs besoins financiers ou les 
exigences de leur ])ulilique, sup]}rimaieat ou rétablissaient ces barrières, ce qui 
jetait un grand trouble dans la production agricole du pays. 

1. Voir le IV du 28 juin, page 490 du tome II de 18"9. 



18 RAPPORT AU COMICE DE SEINE-ET-OISE. 

L'adrainistralion de l'agriculture a essayé plus tard, et à diverses reprises, de 
régler la production par des ordonnances, par l'obligation de livrer les grains sur 
des marchés déterminés, à jours fixes; elle n'a, le plus souvent, réussi qu'à 
effrayer les agriculteurs qui dissimulaient une grande partie de leurs produits ou 
renonçaient à cultiver des grains dont les prix étaient taxés à l'avance. Ces en- 
traves créaient des disettes factices; l'alimentation n'a été assurée qu'à partir du 
moment où le commerce des grains a été libre. 

Nous avons vu, de nos jours, l'établissement des chemins de fer modifier com- 
plètement la situation de fermes voisines de Paris. Avant la création des pre- 
mières lignes, l'un des principaux revenus consistait dans le produit des 
étables. 

Dès que le lait a pu ître importé des pays oij la main-d'œuvre et les loyers 
étaient à bas prix, la concurrence est devenue impossible pour les agriculteurs 
des environs de Paris, qui ont dû se créer de nouvelles ressources. Les che- 
mins de fer n'ont pas tardé d'ailleurs à niveler, en France, le pri.x des 
denrées 

Le nivellement tend à s'établir aujourd'hui sur toute la surface du globe. 

L'agriculture française ne peut re ter impassible devant cette grande solulioD, il 
lui faut faire des efforis considérables pour sortir victorieuse de la lutte qui 
s'engage. C'est en réalisant de nouveaux progrès, en perfectionnant les engins mé- 
caniques et les procédés de la science que nous pourrons lutter à armes égales avec 
des concurrents plus favorisés que n(]us sous bien des rapports. 

Ce n'est pas tout, nous devons nous unir pour réclamer du gouvernement les 
réformes et les dégrèvements qui nous permettent de produire à meilleur marché. 
On ne peui remonter le courant du passé et entraver la liberlé des transactions 
commerciales. N'oublions pas que l'intensité de la crise chez nous, provient sur- 
tout du faible rendement de nos deux leinières récoltes et de la mauvaise qualité 
des grains. Que serait-il arrivé sans l'appoint des importations'; Nous aurions atteint 
les prix de famine. 

Les pouvoirs publics ont été saisis de nos réclamations; M le ministre de 
l'agriculiure, dans son remarquable discours de Lille, a fait, au nom du gouver- 
nement, des promesses que nous avons hâte de voir se réaliser. ^ Si, au lieu d'en- 
tasser des milliers d'inlividus qui végètent dans les grands centres de population, 
a dit M. Tirard, nous parvenions à les fixer au village, si par l'enseignement agri- 
cole introduit dans l'école primaire, nous parvenions à les retfinir aux champs et 
à leur faire apprécier, comme elle mérite de l'être, la noble piofession d'agi icul- 
teur, nom rendrions à l'agriculture un service plus grand, à coup sûr, qu'en rele- 
vant plus ou moins les tarifs de douane. i> 

C'est vrai, et nous devons remercier M le ministre de sa sollicitude, mais nous 
demandons la permission de lui signaler d'autres réformes urgentes. Il est un 
point sur lequ 1 tous les agriculteurs seront d'accord : c'est la protection due au 
sol français. Le sol, c'est la patrie; à ce titre, il a droit à tous les égards. Que 
de charges cependant lui incombent! Le cultivateur paye l'impôt foncier, les pres- 
tations pour l'entretien des routes; s'il est industriel, s'il établit une sucrerie, il 
acquitte une contribution spéciale pour la dégradation des chemins Qu'il conver- 
tisse les betteraves en sucre ou en alcool, on lui impose la patente, et ses produits 
sont frappés de droits tels qu'ils s'élèvent le plus souvent à un taux supérieur à la 
valeur du sol. 

L'abaissement des droits sur les sucres et les alcools donnerait une première 
satisfaction à l'agriculture. Le Parlement a rejeté, il est vrai, le projet de loi sur 
le vina.e, mais nous ne c sserons d'en appeler de la Chambe à la Cbajibre 
mieux informée, et nous espérons qu'elle nous rendra enfin justice. 

L'abaissement et l'unification des tarifs de chemins de fer, la révision du 
cadastre, la réunion des parcelles qui s'est opérée avec tant de succès en Saxe, 
l'application de la juridiction consulaire aux affaires agricoles, sont autmt de 
réiurtnos que nous recommanderons à 1 attention des pouvoirs publics; elles sont 
appelées à diminuer les frais d'exploitation et à permettre aux agriculteurs de pro- 
duire à meilleur marché. 

Votre Commission des progrès agricoles ne pouvait rester muette sur une ques- 
tion qui nous préoccupe tous à un si iiaut degré; elle a cru d3voir vous faire part 
de ses impressions sur un sujet où les opinions peuveut être divisées, mais où 
chacun de nous n'a ([u'un objectif : la prospérité de l'agriculture française. 

Il nous reste maintenant à vous faire connaître les résultats du Concours pour 



RAPPORT AU COMICE DE SEINE-ET-OISE. 19 

les prix culturaux. La tournée que vient de faire le jury, il y a quelques jours seu- 
lement, à cause de l'état peu avancé des plantes en terre , lui a inspiré quelque 
confiance pour l'avenir. 

Sur les fermes que nous avons visitées , dans l'arrondissement que nous 
avons parcouru, la récolte s'annonce sous des auspices favorables, et si le 
temps demeure propice, l'année 1879 pourra réparer une partie des pertes 
de 1878 

M. Dosne cultive la ferme d'Invilliers depuis 1356. Cette ferme, d'une étendue 
de 180 hectares, a trté visitée en 1866 par le jury des Progrès agricoles qui l'a 
signalée à votre attention comme l'une des mieux dirigées de l'arrondissement, et 
qui a décerné à l'intelligent fermier la médaille d'or du Comice. Depuis cette 
époque, de nombreuses améliorations ont été faites. 

Invilliei-s se trouve à une trop grande distance de Paris pour qu'il soit avanta- 
geux d'y importer de grandes quantités de fumiers. M. Dosne a pensé qu'il était 
préférable de faire consommer sur place ses produits ; aussi a-t-il fait construire 
de vastes hang-trs, non seulement pour abriter ses charrettes et son matériel agri- 
cole, mais pour loger des bestiaux pendant l'hivrr. 

Toutes les terres ba'îses ont été drainées au moyen de collecteurs de 13 centi- 
mètres, qui suffisent à enlever la plus grande partie des eaux, et qui peuvent 
attendre un rés au plus complet de petits drains, si la nécessité en devenait appa- 
rente. Des drains intermédiaires servent d'ailleurs à écouler quelques mares qui 
ont ét-^ mises en culture. 

En 1875, M. Dosne adjoignait à sa culture la ferme de Fresneau, qui n'est 
distante d'Invilliers que d'un kilomètre euviron; l'exploitation comprend aujour- 
d'hui ^ll' hectares. Dès 1-69, le fermier songeait à installer une distillerie comme 
le moyen le plus pratique d'entretenir de nombreux animaux, et montait provi- 
soirement une machine à vapeur de la force de 8 chevaux avec un générateur de 
16 chevaux, quand les événements de 1871 et la mort de son beau-père, M. San- 
glier, cultivateur à Brûs-sous-Forges^ vinrent pour quelque temps modili -r ses 
projets. M Dosne dut s'occuper de la gestion de la ferme de Brus-sous-Forges 
qu'il surveille encore, ce qui porte à 540 hectares l'étendue des Icri'es dont il a la 
direction. 

En 1874, cependant, une distillerie était installée à Invilliers; les dispositions 
en sont bien entendues; les cuves, autour du pied desquelles on peut tourner très 
à l'aise, sont d'une surveillance facile; la moindre fuite peut être aperçue et 
réparée en un instant. Le travail est parfait, et à sa première vi site, votre Com- 
mission a pu constater des fermentations d'une entière régularité, malgré l'époque 
avancée de la campigne. 

Un petit chemin de fer sert à amener les beiteraves à l'usinea un autre à con- 
duire les pulpes vers les silos où elles sont conservées. Les vingsses, les eaux du 
laveur de racines, les égouts des pulpes sont dii'igées par une ri oie à ciel ouvert, 
dans un réservoir contenant 125J mètres cubes. Pendant l'été, ces eaux sont ré- 

Îiandtws au moyen d'un tonneau d'arrosage sur les luzernes ou les terres dépouil- 
ées de leurs récoltes. 

Dès que M. Dosne eut pris possession de la ferme de Fresneau, il fit, comme à 
Invilliers, placer trois grands drains collecteurs qui traversent une partie de la 
plaine. Ils sont destinés à attendre un système plus complet de drainage. On peut 
toutefois apprécier dès maintenant leur utilité; ils déversent les eaux dans une 
mare du iiarai'au de Mulleron, qui était à sec une grande partie de l'année, et où 
les habitants peuvent aujourd'hui puiser à volonté. 

La cour de la ferme était un mauvais état; les fumiers noyés par les pluies et 
les égouts des bâtiments, nageaient dans l'eau et perdaient toutes leurs j)ropriétés 
fertilisantes, les )iurins s'écoulaient dans les écuries et jusque dans 1 abreuvoir 
des bestiaux. M. Dosne l'a nivelée, établi une plateforme avec des ruisseaux qui 
dirigent les purins dans une citerne qui contient 100 hectolitres. Il a fait con- 
struire de larges passages pavés pour les voitures tout autour des bâtiments, et 
élever la porte d'entrée pour permettre la sortir des voitures de paille entière- 
ment chargées. 

Les pailles de blé et l' excédant des fourrages sont vendus ii Paris, d'où 
M. Dosne ramène, malgré la distance, de 80 à 100 voitures de fumier; les pailles 
d'avoine et la plus grande partie des fourrages sont consommés sur place par 
20 chevaux, 16 à 18 Lœuls de travail, 900 moutons, 20 vaches laitières. 

Le troupeau se compose de 700 à 800 animaux d'élevage de race southdown 



20 RAPPORT AU COMICE DE SEINE-ET-OISE. 

mérinos; les agneaux mâles sont vendus; M. Dosne conserve les brebis auxquelles 
il donne des béliers southdown purs. En hiver le troupeau s'augmente de 200 à 
300 moutons destinés à consommer des pulpes et à fabriquer du fumier. 

Aux fumiers produits par ces animaux s ajoutent des poudrettes, tourteaux et 
guanos pour une valeur annuelle de 10,000 francs. 

Les te ri es des deux fermes sont très réunies et d'une culture facile. Elles sont 
néanmoins assez compactes pour que M. Dosne ait cru nécessaire de les marner. 
L'opération a été faite à Invilliers dès la prise de possession; les terres de Fres- 
neau ont été marnées par l'ancien fermier. On amende de nouveau les terres qui 
l'ont été les premières. 

M. Dosne cherche surtout à rendre les transports moios pénibles; il fat con- 
struire en ce moment, entre les deuxiermes, une route de 8u0 mètres qui lui ren- 
dra les plus grands services. 

Toutes les araélioratioas que nous avons signalées ont été faites depuis la visite 
du jury de i866. Ce qui ne s'est pas modifié, ce sont les soins avec lesquels est 
conduite l'exploitation. M. Dosne est un administrateur attentif, qui n'abandonne 
rien au liasard; il doit ses succès à son intelligente activité, et votre Commission, 
d'une voix unanime, vous demande pour lui votre plus haute distinction : la coupe 
d'honneur. 

La ferme exploitée à Ablis par M. Albert-Thirouin comprend 207 hectares de 
terres très divisées, de diverses natures, d'assez bonne qualité toutefois, et où de 
belles récolles, très propres, témoignent des soins qui leur ont été prodigués et de 
l'état de fertilisation où elles 'ont entretenues. 

Les bâtiments île la ferme sont neufs et parfaitement disposés pour tous les ser- 
vices, liélasl c'est à la suite des terribles événements de 1870 qu'ils ont été 
reconstruits; la ville d'Ablis a été livrée aux flammes pir un ennemi implacable 
qui a rendu toute une population responsable d'un fait d'armes isolé. Il nous 
semble encore entendre le vénérable père de ]M. Tairouin, qui joua un rôle si 
honorable à cette époque, nous supplier, les larmes dans la voix, de ne pas lui rap- 
peler ces cruels souvenirs. 

Les granges, les étables, les écuries sont spacieuses et bien aérées. La Commis- 
sion y a remarqué ; 15 chevaux, 30 vaches laitières et d'engraissement, 
300 biebis d'élevage ; la moyenne du troupeau •entretenu sur la terme est de 
700 bêles 

Les fumiers fournis par ces bestiaux ne seraient pas suffisants, M. Thirouin 
recueille au dehors le fumier de 14 chevaux, et il emploie pour 1j,00u francs de 
tourteaux et d'engrais du commerce. 

Il n'y a jias de distillerie sur la fi rme, on y cultive cependant 28 hectares de 
betteraves qui sont livrées à la sucrerie d'Ablis. Il y a quelques années encore le 
système suivi dans la contrée était l'assolement triennal avec jachères pures. 
M. Thirouin l'a heureusement modilié en donnant une grande extension à la sole 
de fourrages, qui atteint plus du quart des terres exploitées, et en introduisant la 
culture des plantes sarclées Les résultats répondent aux améliorations et nous 
avons pu constater que les blés et es avoines sont vigoureux, et en excellentes 
conditions malgré le temps peu favorable qu'ils ont subi jusqu'à ce jour. 

En résumé, M. Thirouin a présenté au jury une be le et bonne culture, mar- 
quant un réel progrès sur la plupart des exploitations environnantes. Nous 
vous proposons de lui attribuer la giande médaille ofl'erte par AI. le ministre de 
l'agricuituie. 

Ki les 245 hectares de la ferme de Guiherville sont assez réunis, en revanche 
M. Marchais a à lutter contre l'extrême humidité du sol, ce qui lui cause de grands 
ennuis et un retard assez considérable dans les travaux, dans une année comme 
celle que nous parcourons. M. Marchais n'est pas un incounu pour vous, mes- 
sieurs. Déjà, en 1873, nous signalions l'ardeur avec laquelle, depuis quatre ans, 
il s'était mis au travail, et les espérances que le jury fondait sur son activité. 

Nous avons retrouvé M. Marchais aux prises avec les mêmes diflicultés. La 
nature argileuse du terrain, où l'on rencontre un sous-sol pierreux imperméable 
sur la moitié de l'étendue de la ferme, s'oppose à l'extension de la culture des 
betteraves. Aussi le fermier n'a-t-il pas pu monter de distillerie. Son assolement 
est resté triennal, et si l'on y voit dominer encore la sole des céréales, les 
plantes sarclées prennent chaque année plus d'imj]ortance, M. ]\I:uxhais s'ap- 
pliquant à augmenter ses animaux, afin de fabriquer de plus grandes quantités 
d'engrais. 



RAPPORT \U COMICE DE SEINE-ET-OISE. 21 

Il entretient toute l'année : 14 chevaux, 8 bœufs en été et 16 en hiver, 
400 moutons. 

La plus grande partie des pailles et fourrages est vendue et remplacée sur la 
ferme par l'importation de 225 voitures de fumier, de 10,000 kiloç. de guano et 
phosphoguano, auxquels sont venus s'ajouter cette année, 50,000 kilog. de résidus 
de fonderie provenant des abattoirs de Paris. 

Le seul reproche qu'on puisse faire à ce système de fumure, c'est d'introduire 
dans le sol d'énormes quantités d'azote, au détriment des autres éléments de ferti- 
lisation, M. Marchais, estimant que la quantité de racines qu'il récolte est insuf- 
fisante pour la nourriture et l'engraissement de son troupeau, a songé à y sup- 
pléer en faisant consommer à ses animaux des résidus de féculerie. Il a fait 
monter un appareil à cuire, chauffé au moyen d'un échappement de sa machine à 
vapeur; il a pu laire cuire ainsi 50,000 kdog. de résidus qu'il a achetés à raison 
de 10 fr. les 1,000 kilog. 

Les résultats ont été très satisfaisants. L'expérience en a été faite sur deux lots 
de 10 moutons. 

Les premiers ont reçu chacun 6 kilog. de betteraves à 20 fr. les 1 ,000 kilog., soit 
une ration journalière de 12 centimes, les seconds mangeaient 5 kilog. de résidus 
cuits; la ration ne s'élevait donc qu'à 5 centimes. 

Les moutons ont été pesés au commencement de l'expérience , puis après 
40 jours de régime. L'augmentation de poids était la même sur les deux lots, le 
bénéfice est donc dans l'économie des frais, qui est de 2 fr. 80 par mouton pour 
les 40 jours sur le lot qui a consommé des résidus cuits. 

Les effets produits par cette alimentation sont encore beaucoup plus sensibles 
sur les porcs; aussi M. Marchais a- t-il fait installer une porcherie où il entretient 
avec succès un trentaine d'animaux. 

Lp jury, reconnaissant les efforts constants de M. Marchais, lui décerne la mé- 
daille d'or oft'erte par le Conseil général. 

M. Isambert, à Boinville, cultive une ferme de 230 hectares de terres dissémi- 
nées et où la réunion des parcelles sous le même assolement est très difficile. Le 
terrain argileux, un peu froid, semble cependant se travailler aisément; il est d'ail- 
leurs fort bien soigné et les récoltes sont très propres. 

M. Isambert ne perd pas de vue l'obligation où il est de fabriquer tous ses 
fumiers, aussi conserve-t-il une as.sez grande étendue en fourrages, 60 hectares, 
ce qui lui permet d'entretenir: 18 chevaux de travail, 10 poulains, 12 bœufs, 
35 vachts, bOO moutons. 

Il emploie en outre 30,000 kilog. environ de tourteaux de colza. Comme on 
le voit, il y a encore ici importation considérable d'éléments azotés. 

M. Isambert, suivant en cela le précepte énoncé par Caton l'Ancien, il y a plus 
de deux mille ans, estime que le cultivateur doit être avant tOit commerçant; il 
établit en conséquence son système d'exploitation d'après les besoins de la con- 
sommation; il ne suit pas d'assolement régulier, c'est la demande qui règle l'éten- 
due de la sole pour chaque plante cultivée. Cette année, par exemple, le tiers 
des terres de la ferme est en betteraves, un cinquième seulement est semé 
en blé. 

Hàlons-nous de dire que si M. Isambert subordonne en principe la question 
agricole à la partie commerciale, il a grand soin de ses terres, que les récoltes 
se présentent sous le meilleur aspect et qu'elles n'ont pas trop soulfert de l'excès 
d'humidité. 

Le jury vous demande, messieurs, de signaler M. Isambert à l'attention de ses 
confrères, en lui décernant une médaille d'or. J. (jODEFRoy. 

CONCOURS RÉGIONAL DE GUËRET. 

Le dernier concours régional que nous ayons visité cette année, est celui de 
Guéret. Il s'est tenu du 7 au 16 juin, et il s'étendait à la région comprenant les 
départements de l'Ardèche, de la Creuse, de la Loire, de la Haute-Loiie, de la 
Lozère, du Puy-de-Dôme et du Rhône. La ville de Guéret étant au centre d'une 
contrée montagneuse où les communications sont restreintes et difticiles, le dépar- 
tement de la Creuse étant un des moins fortunés de la France, on ne devait pas 
compter que le concours aurait l'importance et l'ampleur de beaucoup d autres, 
tenus dans des centres plus favorisés. Néanmoins, tel qu'il était, il dépassait 
encore, surtout au point de vue du bétail, ce que l'on aurait pu atten lie. Nous 
tenons à le dire tout de suite pour rendre un légitime hommage aux agriculteurs 



22 CONCOURS RÉGIONAL DE GUÉRET. 

qui sont venus prendre part à l'exposition. L'installation a été aussi réussie que 
possible, quoique le concours ait été réi'-gué sur la pente d'une colline, un em- 
placement beaucoup plus favorable ayant été réservé par la ville aux saltimbanques, 
dont le-^ baraques forment l'accessoire obligé de toutes les fêtes. M. Lefebvre de 
Sainte-Marie inspecteur général de l'agriculture, assisté de M. Vassilière, comme 
commissaire principal, a su tirer très bon parti de l'espace défavorable dont il 
disposait 

A tout seigneur, tout honneur. Nous commencerons par les races bovines qui 
formaient la principale partie du concours. Contrairement à ce qui se jiasse dans 
quelques régions, l'exposition est plus nombreuse qu'au dernier concours régional 
de Gucret qui a eu lieu en 1869. Dans ce pays de petite culture, de métayage, 
l'élevacre du bétail est prospère. Sur 52 exposunis dans les races bovines, 37 appar- 
tiennent ail département de la Creuse. La plupart des agriculteurs s'en tiennent 
aux familles locales, à la race marchoise notamment. De longues et vives discus- 
sions se sont élevées sur la pureté de cette race; nous n'y entrerons pas. Il suf- 
fira de constater que, parmi les animaux exposés dans cette catégorie, à côté de 
bêtes à la côte resserrée, au cuir épais, il s'en trouvait d'autres provenant d'une 
habile sélection, à fanon court, à la poitrine plus ample, à la peau souple. Le lot 
d'animaux présenté par M. Déguison, et d'autres aussi, offraient à l'œil ces carac- 
tères à un degré suffisamment tranché. Dans. les catfgories consacrées aux races 
d'Aubrai' de Salers, du Méz<;nî-, ce sont les vaches qui nous ont paru les meil- 
leures La race tarine a été importée dans les montagnes du centre par quelques 
éleveurs, et ils ont obtenu d'excellents résultats. M. Couderchet brille à la lèt3 
de ces innovateurs qui commencent à avoir quelques imitateurs. Parmi les races 
étrangères, la race Schwitz était la plus nombreuse ; la ferme école de Villeneuve 
avait une exjiosilion nombreuse; de même M. Caubet. A côté, on remarquait 
quelques Durhams expisés par M. Dubreuil et M Fourot. Les bandes de vaches 
laitières en lait, exposées au nombre de neuf, offraient un très bel ensemble. — 
Il n'y à que peu de choses à dire des croisements; la fantaisie domine souvent 
dans ces opérations. Ce qu'il faudrait, ce serait de voir les produits successifs qui 
en sortent, et les concours ne peuvent les montrer. Il serait enfin injuste de ne 
pas parler de l'exposition de la race limousine; quoique la Creuse ne soit pas au 
centre du pays d'élevage de cette belle race, quelques é'eveurs marchent dans la 
voie d'amélioration si bien tracée; au premier rang, il faut placer M. de Léo - 
bardy et M. du Authier. • 

Les races ovines comptaient 168 têtes ainsi réparties : races indigènes, 56; 
races étran:_'èri'S, 60; croisements, 39; agneaux et agnelles concourant pour le 
prix d'ensemble, 13. Le plus beau succès a été pour les southdowns exposés d'une 
part par M Teisserenc de Boit fils, et d'autre part par M. de Léobardy, et pour 
les southdowu-berrichons, de M. Couderchet C'est à ce dernier qu'est échu le 
piix d'ensemble, si reclierché par les éleveurs. 

Dans les races porcines, à part quelques craonnais, les animaux français faisaient 
généralement mauvaise ligure à côté de leurs congénères d'origine anglaise. La 
grande race du Yoikshire était particulièrement bien représentée. C'est à M. Fou- 
rot, lauréat de la prime d'honneur de la Creuse en 1869, qu'a été décerné le prix 
d'ensemble pour les animaux de cette race 

La section des produits agricoles présentait des objets d'étude variés. Ici encore 
nous trouverons une très bidle colleciion de produits divers exposés [lar M. Dé- 
guison. Le lauréat de la prime d'Jonn-ur a tenu à l'are apprécier sous 
toutes ses f^ces son exploitation, par le bétail comme par les divers produits 
qu'elle fournit. Il présentait une très belle collection de céréales et de racines, 
qui ont vivement appelé l'attention. A côté, on remarquait des fromages façon 
Gruère, exposés par M. Fourot, de très belles asperges d« M. Pauly, etc. Il y 
avait un concours spécial de vins; mais en l'absence de vins du pays, le jury a 
décerné les principales récompenses à des exposants de vins de Champagne, de 
Bordeaux, des Cliarentes. Quelques labricants d'engrais avaient fait des exposi- 
tions hors concours, notamment MM. Gallet, Lefebvre et Cie, et MM. Gauchet, 
de Nantes. 

L'exposition de machines et instruments d'agriculture coraplnit à peu près 
800 numéros; c'est beaucoup pour un centre d'une aussi faible importance, et 
c'est presque le double de ce qu'on avait vu au concours régional de 1869. A côté 
des grandes maisons de construction, les fabricouts du pays avaient quelques 
expositions intéressantes qui prouvaient que le progrès s'accélère de plus en plus 
partout. 



CONCOURS REGIONAL DE GUÉRET. 23 

Les concours spéciaux, pour les instruments d'extérieur de ferme, compre- 
naient les charrues, les faucheuses, faneuses et râteaux. Le concours des charrues 
pour labours ordinaires a permis d'apprécier de bons instruments construits par 
M. Roué, à la Souterraine, et par M. Chambonnière, à Gusset. Les grandes char- 
rues de MM. Bajac-Delahnye, Souchu-P.net, Henry, ont soutenu aussi leur 
haute réputation. 

Dans la catégorie des instruments d'intériteur de ferme, les constructeurs de 
batteuses, MM. Gautreau, Gérard, Del, Hidien, Sauzay, ont particulièrement appelé 
l'attention. AL Pilter, d'une part, M. Valck-Virey, d'autre part, se sont partagé 
les pal Des pour les trieurs, les coupe-racines, les dépulpeurs. — Un constructeur 
des Basses-Pyrénées, M. Mailhe, d'Orthez, avait amené son excellent égrénoir de 
maïs. Le prem er prix des pompes à purin a été attribué à M. Heaume, dont les 
pompes sont bien connues de nos lecteurs. 

En dehors des concours spéciaux, nou-^ citerons principalement les bacs et les 
auges en ciment, de M. Mabille, de Limoges, au([ucl une médaille d'or a été 
attribué; les couveuses artificielles de M. Voitellier, les harnais viticoles de 
M. Souchu-Pinet, le matériel de transports agricoles de M. Decauville. 

Voici la li-^te des prix décernés dans les divers sections du concours : 

Prime d'honneur. — Consistant en un.e coupe d'arjent de la valeur de 3,500 fr. pour l'exploita- 
tion du dépanement de la Creuse, ayant réalisé les améliorations les plus utiles et les plus propres 
à être ofTerîes comme exemple. M. Déguison, aux Chfttres, commune de Sainte-Feyre, prJs Guè- 
re!, lauréat du prix oultural de la 1" catégorie. 

Prix culturaux. 

Prix eulhiral de la I" Catégorie. — Consistant en un objet d'art et une somme de 200 fr., pour 
propriétaires exploitant directement ou par régisseurs et maîtres valets, M. Déguison. 

Prix cuUural de la 1' Cotégarie. — Consisiant en un objet d'art de &00 fr. et une somme de 
2,00n fr., p-iur fermiers, culiivateurs-propnétaires, méiayers isolés, cultivant des domaines de plus 
Ai 20 hectaes, M. Duiton, propriétaire au Marcliedieu, "commune d'Aubus-on. 

Prix cwliiralde la 'i' Cali'yorie. — Consistant en un objet d'art de ôOû fr., destiné au proprié- 
taire, et une somme de '200 fr., à répartir entre métayers, pour propriétaires exploitant par mé- 
tayers, M. Delage (.\nat île), propriétaire-agriculteur â Rig.,ur, commune de Bourgançuf. 

Prir cuiturald'' la k' Caléijorie. — Consistant en un oUjet d'art de 200 fr. et une somme de 
600 fr., pour métayers isolés, petits cultivateurs, propriétaires ou fermiers de domaines au-dessus 
de ô hectares et n'excédant pas 20 hectares, M. Rousseau propriétaire à la Nou/.ière, prèi Guéret. 
Objets d*art et médailles de ■pécialité. 

Un objet d'art, M. le prince de Galitzin, propriétaire au chilteau de Cliatain, commune d'Ar- 
feuille-C hâtai n, pour la irinsformation et la reconstitutiou ^o lomiines i r nies fixes i-n métairies. 
— Médailles d'ur yrand modale, Jl. Picaud, propriétaire à Evaux, pour ci-éatiori d un important 
vignolile en evceil-ni rapport; .M. Fourot, propriétaire à Evaux, pour créa'ion de 40 hectares de 
prairies naturelles; M. le marquis de Ligondè^, à Sainte-Feyre, près Guéret, pour élevage delà 
race hovi ^e charolaise. — .Médaille d'or et 300 fr., M. Delage, propriétaire à la Vergue, commune 
de Cevrouv, pour I iiiiportanie et le bon entrelien de ses animaux des espèces bovine et ovine. — 
llédaillrs d'or, M. Tramonieil, propriétaire à Villegouleix, commune d- S lint-Marlin-le-Château, 
pour travaux de canali-alion par dérivation de la Meaude, sur un parcours de 2,000 mètres; M. Co- 
quelet, à Muutier-Maléard, couiraune de lîonnat, pour la bonne culture de ses céréales; M. Bou- 
rotle, sous-inspectoiir des furets à Guéret, pour l'ensemble de ses travaux de reboisement rlans le 
département. — ilédaille d'aryent {irand module, M. Frcssinaud-Saint-Romain, popriétaire à 
Collon.-es, commune du Grand-Bourg, pour création île prairies. — Hélaille d'argent, M. Duprat, 
propriétaire au l'rat, commune de Sainl-.Maixent, pour introduction de la culture du lupin dans 
sa commune. 

Récompenses aux agents des exploitations primées. 

Médailles d'argent. M, I'liili[ipe ,Iar.ly, nialtre-valet ch'-z M. l)égui^on depuis IDans; M. .lean 
.lardy, vacher chez .M. Déguison depuis 1!) ans; M. Jules Hhilippon, bouvier che^ M. Déguison 
depuis 14 ans; V. Léon Palle, rnattre-valet ilepuis 12 ans chez .M. Danton; M. Baptiste Loth, labou- 
reur depuis S ans che/ M, Danton; M. François .lulliet, maître-valet chez M. Rousseau; Mlle Marie 
Sauton. mén.igèro chez M. Rousseau. Médailles de bronze, Mlle Laurence JarJy, ménagère chez 
M. Déguisiin depuis 9 ans; Mlle Marie Tourtauil, vachère chez M. Déguison depuis 11 ans; 
Mlle Marie Vinci ni, ber.;ère chez M. Déguison depuis 11 ans; M. Pierre Angody, homme de peine 
chez M. Rousseau; M. Guillaum.! Duleil, che? M. Rousseau ; .M. Barrât, labour-îur depuis 8 ans 
chez M. Doil'ii. ; M. Louis D.igat. vicher depuis .') ans chez M. Danton; M. .lean Dugat, bouvier 
depuis 4 ans chez M. Danton. 400 fr,, M. Léonard Lal«ni laure, métayer de M. Delilge. à Uigour ; 
M. Léonard Asnor, métayer de ,M. DetAge, à Rigoiir. 30() fr ; M. Pierre Lardy, métavcr de M. De- 
lage, à Ri 'our; M. .Vntoine Doumy, métayer de M. Delage, l'i Rigour; M. Pierre Rivière, métayer 
de M. Delflgn, a Rigour; M. .lean Jaloux, méliyer de M. Delàgo, à Rigour 40 fr., Mlle Françoise 
Barrât, méiiau'ère depuis 8 ans chez yi. Danton, '.V) fr., Mlle Louise Joanique, porehère depuis 
6 ans chez M. D.inion. 20 fr., M. Jean C.iranion, porcher depuis 5 ans chez M. Déguison; M. Léo- 
nard 'l'idard, bouvier depuis 3 ans chez M. Déguison; M. Je;tn Giraud, bouvier depuis 2 ans chez 
M. Déguison. 

Espèce bovine. 

1" Catégorie. — Race marchoise. — M;^lfS. — 1" Section. — Animaux de 1 à 2 an«, nés depuis 
le l"' mai I8'i7 et avant le l" mai 1878. — 1"' prix, M. Déguison; 2', M. Nadaud, h Dun-le-Pelle- 
teau (Creuse); 3', M. Florand, à Guérel (Creuse). Montions honorables, M. Déguison; M. Dùssandes- 
Lïvillatte, à Guéret, — 2* Section.— Animaux de 2 à 4 ans, nés depuis le 1"^ mai 1875 et avant 



24 CONCOURS RÉGIONAL DE GUÉRET, 

le 1" mai 1877. — 1" prix, M. Déguison;2", M. Florand; 3°, M. Dissandes. Mention honorable, 

M Dé'>uison. Femelles. — 1"' Nection. — Génisses de 1 à 2 ans, nées depuis le 1" mai 1877 et 

avant le l"mii 1878.— l"prix, iVI. Dégmson; 2-. M. Flûraml ; 3'', M. Dissandes. — 2' Section. 

— Génisses de 2 à 3 ans, nées depuis le 1" mai 1876 et avant le 1"' mai 1877, pleines ou à lait. — 
l" prix M. Déguison; 2', M. Dissandes; 3", M. Florand. — 3" Section. — Vaciies de plus de 3 ans, 
nées avànl'le l"' mai 1876, pleines ou à lait. — 1" prix, M. Florand ; 2*, M. Dégiison; 3", M. Ciiau- 
vin- 4% M. Dissandes. Pii< supplémentaire, M. Martin, à Ajain (Creuse). Mentions honorables, 
M. Lafond, à. Saint-Sebastien (Cieusel; M. Gallard à Guéret. 

2" Ca'Égorie. — Race d'Aubrac. — Màleif. — 1" Section. — Animaux de 1 à 2 ans, nés depuis 
le 1" mai 1878. — 1" prix, M. Cuuderchet, au Puy (Haute-Loire) ; 2% M. Grousset, à Barjac (L:>- 

2ère). 2" Seclion. — Animaux de 2 à 4 ans, nés depuis le 1" mai I87j et avant le 1"' mai 1877. 

l..r p[.|x ji. Grousset; 2", .M. Couderchet. — Femelles. — 1" Section. — Génisses de 1 à 2 ans, 

nées depui's le 1" mai 1817 et avant le 1" mai 1878. — 1" prix, M. Grousset;'2°, M. Couderchet. 

2" Seclion. Génisses de 2 à 3 ans, nées depuis le l"mai 1876 et avant le l" mai 1877, pleines 

ou a lait. 1" piix, M. Grousset. — 3" Section. — Vaches de plus de 3 ans, nées avant le- 

1" mai 1876, pleines ou à lait. — 1" prix, M. Grous;et; 2% M. Chanal (Régis), à Chaudeyrolles 
(Haute-Loire). 

3' Catégorie. — Race de Salers. — Milles. — 1" Section. — Animaux de 1 à 2 ans, nés depuis 
kl" mai 1877 et avant le 1" mai 1878. — 1" prix, M. Hamillon-Billon (Jaciiues), à t^ainl-Floret 
(PuY-iie-Dôme); 2°, M. Hamillon-Billon (Pierre), h Ronzitres (Puy-de-Dôme). — '1' Section. — 
Animaux de 2 à 4 ans, nés depuis le I" mai I87.J et avant le I" mai 1877. — 1" prix, M. Hamil- 
lon-Billon (Pierre) ; 2'' et 3°, non décernas. — Ff melles. — 1" Sectian. — Génisses de 1 à 2 ans, 
nées depuis le 1" m^i 1877 et avant le \" mai 1878. — 1" prix, M. Hamillon-Billon (Jaciues); 
2°, M. Hamillon-Billon (Pierre). — 2" Section. — Génisses de 2 à 3 ans, nées depuis le 1" mai 

1876 et avar.t le 1" mai 1877, pleines ou à lait. — 1" prix, .M. Hamillon-Billon (Pierre) ; 2% M. Ha- 
millon-Billun (Jacques). — 3" Section. — Vaches de phs de 3 ans, nées avant le I" mai 1876, 
pleines ou à lait. — 1" prix, M. Hamillon-Billon (Jacques); 2°, M. Hamillon-Billon (Pierre) ; 3», 
M. Fourot. 

4' Catégorie. — Race du Mézenc. — Mâles. — 1" Section. — Animaux de 1 à 2 ans, nés depuis 
le 1" mai IK77 et avant le l»' mai 1878. — Prix unique, M. Rochelle, à Béai,'e (Ardèche). Prix 
supplémentaire, M. Chanal (Pierre). — V Section. — Animaux de 2 à 4 ans, nés depuis le 1" mai 
1875 et avant le 1" mai 1877. — Prix uni|iie, M. Chanal (Pierre). Prix supplémentaire, M. Clianal 
(Régis). — Femelles. — 1"' Section. — Génisses de 1 à 2 ans, nées depuis le P" mri 1877, et avait 
le 1" mai Im78 — 1" prix, M. Descouri, à Estable (Haute-Loire) ; 2', M. Rochelle. Prix supplé- 
mentaire, M. Chanal (Piene). — 2' Section. — Génisses de 2 à 3 ans nées depuis le l" mai 1876 
et avant le l" mai 1877, pleines ou à liit. — \" pris *'• Chanal (Pierre); 2% M. Descourt. Prix 
supplémentaire, M. Chanal (Régis). — 3" Section. — Vaches de plus de 3 ans, nées avant le 1"' mai 
1876, pleines ou à lait. — l" prix, M. Chanal (Pierre); 2", M. Rochelle; 3", M Descourt. 

5" Catégorie. — Race limousine. — .\IAIes. — \'' Section. — .\nimaux de 1 A 2 ans, nés depuis 
le I"' mai 1877 et avant le 1" mai 1878. — 1" prix, M. Pouyat, à ïhauron (Creuse); 2", M. de 
Léobardy, à Saint-Prie-t-Palus (Creuse). — 2° Section. — Animaux de 2 à 4 ans, nés depuis le 
1" mai 187.1 et avant le 1 " mai 1877. — 1" prix, M. de Léobardy; 2% M. Gardavau.v, à S.iint-Cha- 
hrais (Creuse). Prix supplémentaire, M. le toiiite du Authier, a Auriat (Creuse). — Femelles. — 
l'« Secrifln. — Génisses de 1 à 2 ans, nées depuis le 1" mai 1877 et avant le !'■■ mai 1878. — P^prix, 
M. de Léobardy, 2°, .M. Gardavaux. Prixtiupplémentaire, M. Nadand. Mention honorable, M. Pouyat. 

— 2° Seclion — Génisses de 2 à 3 ans, nées depuis le 1" mai 1876 et avant le 1" mai 1877, 
pleines ou à lait. — l" prix, M. le comte du Authier; 2", M. de Léobardy. Prix supplénienlaire, 
M. Pouyat. Mention honorable, M. Gardavaux. — 3' Section. — Vaches de plus de 3 ans, nées avant 
le 1" mai 1876, pleines ou à lait. — 1"' prix, M. de Léobardy, 2», M. Mondon, à Chén^raihes 
(Creuse). Prix supplémentaire, M. Gardavaux. Jlentions honorables, M. Rebierre de Land, à Saint- 
Dizier-la-Tour (Creu.se); .M. Rebierre de Land. 

Prix d'ensemble. — Un objet il'art attribué a M Déguison, pour ses animaux de race mar- 
choise. Mention très honorable, M. le comte du Authier, pour son ensemble d'animaux. 

6' Catégorie. — Race tarentaise — Mâles. — l" Section. — Animaux de 1 à 2 ans, nés depuis 
le I" mai I8i7 et avant le l" mai 1878. — Prix unique, M. Couderchet. — 2° Section. — Animaux 
de 2 à 4 ans, nés depuis le \" mai 187.0 et avant le 1"' mai 1877. — Prix unique, M. Grousset. — 
Femelles. — 1" Section. — Géni.sses «le 1 à 2 ans, nées depuis le 1" mai 1877 et avant le 1" mai 
1878. — V prix, M. Grousset; 2", M. Coudercliel. — 2" Section. — Génisses de 2 à 3 ans, nées 
depuis le 1" mai 1876 et avant le I" mai 1877, pleines ou à lait. — 1" prix, M. Couderchet; 2", 
M. Grousset. — -^r Section. — Vaches de plus do 3 ans, nées avant le l" mai 1876, pleines ou à 
lait. — 1" prix, M. Couderchet; 2', M. Grousset. Mentions honorables, M. Couderchet; M. Grousset. 

7' Catégorie. — Races et sous-races françaises diverses, pures ou croisées entre elles. — Mâles. 

— 1" Section. — . Aniruajx de 1 à 2 ans, nés depuis le l" mai 18Ï7 et a^ant le 1" mai 1878. — 
1" prix, M. Rebierre de Land; 2", M. le mari|uis de Ligondès, à Sainte-Feyre (Creuse). Prix sup- 
plémentaire, M. Grousset. — 2" Srction. — Animaux de 2 à 4 ans, nés depuis le I" mai 1875 et 
avant le l" mai 1877. — 1" prix, .M. le prince de Galitzin; 2', M. Rebierre de Land. t'rix supplé- 
mentaire, M le marquis de Ligondès. — Feuielles. — 1'° Section. — Génisses lie 1 à 2 ans, nées 
depuis le l"'' mai 1877 et avant le 1"' mai 1878. — 1" prix, M. le marquis de Ligondès; 2°, M. le 
prince de Galitzin. Prix supplémentaire-, M. Couderchet; M. Grousset. — 2° Seclion. — Génisses de 
2 à 3 ans, nées depuis le 1" mai 1876 et avant le 1" mat 1877, pi ines ou à lait. — l" prix, 
M. Matly, à Boussac-Bourg (Creuse); 2*, .\I. Grousset. — 3" Section. — Vaches de plus de 3 ans, 
nées avant le 1" mai 1876, pleines ou ilail. — l<" prix, .M. le marquis de Ligondès; 2", M. Na- 
daud. Prix supplémentaires, M. ilc Léobardy; M. Couderchet. Mentions honoraliles, M. le marquis 
de Ligondès; M. le marquis de Ligondès; M. Jouanaud,à Bourganeuf (Creuse). 

8' Catégorie. — Races étrangères diverses. — Milles. — 1" Section. — Animaux do 6 mois à 
1 an, nés depuis le 1" mai 187S et avant le )"' novembre 1878. — 1°' prix, non décerné; 2°, 
.M. Raynaud, à Montlignier (Allier). — 2° Section. — Animaux de 1 à 2 ans, nés depuis le I" ma: 

1877 et avant le P" mai 1878. — l"' prix, non décerné ; 2°, M. Caubet, à Villeurbanne (Rhône). — 
'.i' Seclion. — Animaux de 2 à 4 ans, nés depuis le 1" mai 187,5 et avant le P" mai 1877. — l"prix, 
M. Duquénelî 2", M. Caubet; 3% M. Fourot. — Femelb s. — 1'" Section. — Génisses de 6 mois à 
I an, nées depuis le 1" mai 1878 et avant le 1" novembre 1878. — 1" prix, M. Dubreuil, à Li- 

1' 



CONCOURS REGIONAL DE GUERET. 25 

■moges; 2", 51. Raynaud. Mention honorable, M. Fourot. — 2" Sectinn. — Génisses de 1 à 2 ans, 
nées depuis le 1" mai 1877 et avant le 1 " m^i I8i8. — l" prix, M. Journiil, à Pierre-Bénite 
(Rhône); 2', M. Diibreuil. — 3' Sectinn. — Vaches de plus de 3 ans, nées avant le 1" mai 1876, 
pleines ou à lait. — 1"' prix, non décerm' ; 2", M. Dubreuil. — 4' Section. — Vachi^s de plus de 
3 ans, n'es avant le 1" m li 1876, pleines ou à lait. — 1" prix, M. Ciubel; 2", M. Dubreuil; 3«, 
M. Four t. Mention honorable, M. Caubet. 
9° Catégorie — Croisements divers autres que ceux de la 6' catégorie. — Milles. — 1" Section. 

— Animaux de 1 à 2 ans, nés depuis le 1" mai 1877 et avant le 1" mai 1878. — I" prix, non 
décerné; 2", .M. I" prince de Gulilzin. — 2" Section. Animaux de 2 a 4 ans, né^ depuis le 1" mai 
187.Set avant le '=' mai 1877- — 1"' prix, non décerné; 2", M. du Mirai, à Vallières (Creuse). — 
Femelles. — 1'- Section. — Génisses de 1 à 2 ans, nées depuis le l" mai 1877 et avant le l" mai 
18'i8. — 1" prix, M. le prince de Galitzin; 2», M. Caubet. — 2' Section. — Génisbcs de 2 à 3 ans, 
nées depuis le I" mai 1876 et avant le 1" mai 1877, pleines ou à lait. — l"' prix, non décerné; 
2", M. .'^u■amy, à la Celle (Creuse) . — y Section. — Vdclie- de plus de 3 ans, nées avant le 1" mai 
1876, pleines ou à lait. — 1" prix, M. Lafont, à Siint-Sébastien (Creuse) ; 2", M. le prince de Ga- 
litziu ; ;V, M. du Mirai. 

Prix d'rnxcnihle. — Un objet d'art à M. Couderchet, pour ses animaux de race ta'entaise. 

Bandes de vaches laitières (en lait). — ^l" prix, M. Déguisun; 2", M. Caubet; 3", M. Koarol; 4', 
M. Cûudercliet. 

Espèce ovine. 

1" Catégorie. — Races françaises diver^s. — Mâles;. — 1" prix, non décerné; 2% Mlle Couder- 
chet, ;\ Aipuilhe (Haute-Loire); 3", M. Coudercliet; 4% M. Moreau, à Bonnat (Creuse). Prix supplé- 
mentaire, M. Duché, à Al eyrat ((-Ireuse). — Femelles. — (Lots de î) brebis). — 1" prit, M. Chanal; 
2', M. Ko isseJU ; ;V', M. Moreau; 4°, M. Gardavaux. 

2' Catégorif. — Races étrangères diverses. — Mâles. — I" prix, M. Macé, à Germigny (Cher); 
1', M. Teis-crenc de Bort, à Saint-Priest-Tlianrion (Haute-Vienne): 3', M. Béguin, à Vallon-en 
Sully (Allier) l>rix supplémentaires, M. Duquénel. M. de Léobardy. — F.^melles. — (Lots de 3 bre- 
bis). — 1" piix, M. Teisserenc de Bort. Rjpp-l de 2' prix, M. de Léobardy; 2° prix, M. Duquénel; 
3", M. le comte duAulhier. Mentions honorables, M. Duiuénel; M. Teisserenc de Bort. 

3° C'iti'ijorie. — Croisements divers. — Mâles — \" prix, M. Coudrchet; 2°, M. Nadaud, à Diin- 
le-Palletau (Creuse); S", M. le vicomte de Ligondés. Mention honorable, M. Couderch t. — Fe- 
melles. — (Loi lie 3 brebis). — l" prix, M. Cou icrcliet; 2% M. Nadaud; 3", M. Ketière de Land 

Prit d'enaemhlc. — Va objet d'art attribué à M. Couderchet, pour ses animaux de race south- 
down berrichons. 

Espèce porcioe. 

!'■ Catégorie. — Races indigènes pures ou croisées eiitie elles. — Mâles. — 1" prix, non décerné; 
2», M. Villechenour, à Saint-Sulpice-le-Guérélois ('Ireuse). — Femelles. — 1" prix, M. Voisin, & 
Saint-Vaiiry (Creusé); 2% M. Déguison ; 3°, M. Lemur. 

2* l'atégitrie. — Races étrangères pures ou croisées enire elles. — 1" Section. — Grandes races. 

— Mâ'es. — 1"' prix, M. Dubreuil, à Limoges; 2°, M. Teisserenc de Bort. Prix suip'.émenlaires, 
M. Fourot; M de Léobardy; M. Bouttelas, au Grand-Bourg (Creuse). — Femelles. — 1" prix, 
M. Teisserenc de Bjrt; 1", M. Dubreuil; 3°, M. de Léobardy. Prix .supiilémentaire, M. Bouttelas. 
Mentions honorables, M. Uulireuil ; M. Teisserenc de But. — 2' Section. — Peines races. — Mâles. 

— 1" p'ix, M. UubiQuil , 2', Ml Teisserenc de Bort. Pri> supplèmonlaire, M. île Léobardy. Mention 
honorab e, M, Caubet. — Femelles. — 1" prix, M. Iiubr.-uil; T. M. Teisserenc de Bort ; 3°, M. d^ 
LéoUanly. Prix supplémenta re, M. Caubet. Meniion Imnoralda, M Teisserenc de Bort. 

3' Catégorie. — Croisements divers entre ra.-es Étrangère» et races fcaiiçaises. — Mâles. — 
1" prix, M Koiirot ; 2'', ion décerné : .')", M. Jouanand. — Keinelles. — l'' prix, M. Fourot ; 2', 
M. Cauliet;3°, M. de Léobardy. Mention h morahle, M. Fourot. 

Prix d'ensemble décerné à M. Fourot, à Evaux (.;reuse), pour l'ensemble de ses animaux de races 
croisses. 

Animaux de basse-cour. 

I" Catrgoiie. — i:oqsel poules. — \''S''Cti{in. — Kaces françaises direr^es. — 1" prix, M. Pauly, 
à Chénéraillrs (Creuse); 2", M Voitellier, i Mmtes (.S-dne-et-Oise); 3', Mme Déguison, à Guéret 
(Creuse) Mention honorable, M. Pauly. — T Sectiipi. — Races étrangères di\ erses. — l'''' prix, 
M. Voilellier; 2' Mme Caubet. Mentions honorables, Mme Caubet. — 'i' Section. — Croisements 
divers. — I" prix, M. Voitellier; 2', .M. Pauly. 

2' Cati'gnrie — Dindons. — 1" prix^ Mme Caubet; 2°, Mme Déguison. 

3' Catégorie. — Oies. — 1" prix, M. Pauly ; 2", Mme Caubet; 3*, Mme Déguison. Mention hono- 
rable, M Lemur. 

k' Catêgirie. — Canards. — 1 ' prix, .M. Pau'y; 2% Mme Déguison, 3', M. Dresse!. Mention ho- 
norable, M. Kebière de Land. 

■y Catégorie. — Pintades et pigeons. — 1" prix, M. Voilellier; 2"', M. Dressel. Meniion hono- 
rable, .Mme Déguison. 

ti" Catégorie. — Lapins et léporides. — 1" pfix, M. Moreau; 2". Mme Déguison. Mention hono- 
rable M. Moreau. 

Prix d'ensemble. — Un objH d"art, attribué à M. Pauly pour ses volailles de races diverses. 

Prime< accordées aux serviliurs ruraux, pour les soins intelligents accordés aux animaux 
primés. Sléilaille.i d'argent . M. Jean Vitet, vacher chez. M. Couderch't; M. Philippe Jardy, vacher 
clic/. .M. Déguison; '1. Camille Reversac, vacher M. Grousset ; .M. Léonard Mariiand, vacher chez 
M, de Léulnr.ly. Mi'dailU.s Uf: lrm:e, fimo Marianne V.irlange, piirchi''re chez M. Dubreuil; 
M. Joseph .Sch lier, vacher chez M. Caubet; M. Louis Alix, vacher chez. M, Chanal (Pierre) 
M. Pelle, vacher ch'Z M. le piince de Gilitziu ; M. Jean Radier, chez M. Am lion Billon (Pierre) ; 
W. Marcellin Baréjiis, vacher chez M. Fonrol; 2) fr. : H. Etienhe Gif, vacher cher M. Amillon- 
Billon (Jaoi|ucs); M. Martial Mérct, vacher chez M. Mon on; M. Antoine Noyer, v.icher chezM. Des- 
court; .M. Jeau Lalarge, cliez M. Ribierre de Lau'l; M, Louis Chanal, vacher chez .M. Chanal 
(Régis); M. Kli'iiir' l'ecrinas, vacher chez ^^ le cmnle du Authier. 

Iffachioes et instrumeutB agricolci. 

Initrumenis d'extérieur de ferme. — 1" Charrues pour labours ordinaires. I"' prix, médaille 
d'or, .M. Doué, à la Souterraine (Creuse); 2*, médaille d argent, M. Clnrab jnnière, à Cu<set (illior). 



26 



CONCOURS RÉGIONAL DE GUÉRET. 



Prix supplémentaire. Médaille de bronze, MM. Henry frères, a Dury-les-Amiens (Somme). Men- 
tion honorable, M Mou ier-Sipeyre, à Calvisson (G .rd). — 2" Charrues pour lahours profonds. — 
1" prii, médaille d'or, M. Bajac-Delauaye, à Liancourt (Oise); 2% médaille d argent, M. Souchu- 
Pinet à Lan;,'eais (Indre et-Loir). Mention honorable, M. Gachon, à Gouzon (Creuse). —Char- 
rues dite brabant doubles, 1" prix, médaille d or MM. Henry frères. — 4" Charrues vigneronnes. 
1" prix, médailed'or, M. Souchu-Pinet; 2% médaille d'aigeni, M. Mourler-Sipeyre. — .")° Semoirs 
à toutcb graines. 1" prix, médaille d'or, M. Lecleic, à Rouen (Seine-Inférieure). — 6° Machines à 
faucher les prairies, l"prix, médaille d'or, M Picard , à Nefers (Nièvre): 2", médaille d'argent, 
II. PiUer, à Paris, pouT si faucheuse Saniiielson;:)" méd.iilledebronzeM. PiUer,pour sa faucheuse 
Wocd. Prix supplémentaire, médaille de bronze, M. Malgoulrès, à Bordeaux (Gironde) pour sa 
faucheuse Kearsley. — 7° Faneuses et râteaux achevai. — l''' Division. — Faneuses, I" prix, mé- 
daille d'or M. Pilier; 2% médaille d'argent, M. Pécard. — 2* Division. — Râteaux à cheval, 
l"prix, médaille d'or, M.M. Waite-Brunell et Cie, à Paris; 2% médaille d'argent, M. Pilter;3% mé- 
daille de bronze, M. Pécard. 




Fig. 1. — Petite machine à vapeur exposée k Guéret par MM. Sauzay. 

Conducleuru lie faucheusrs et de faneuses. — Médaille d'argent, M. Trolly, de la maison Pé- 
tard, médaille de bronze, .M. While de la maison Osborne et Cie. Mention honorable, M. A. Pé- 
card fils de la maisoe Picard. 

Instruments d'intérieur de ferme. — 1° Machines à battre à vapeur. — 1" Division. — Machines 
à grand travail, 1" prix , médaille d'or, M. Géraid. à Vierson (r.her) ; 2°, médaille d'argent, M. Del, 
à Vierzon-Village (Cher). Meniions honorable, M. Favry, a la Souterraine; M. Hiilien, à Château- 
roux (Indre) — 2° Division. — Machine à petit travail, 1'^' prix, médaille d'or, M. Sauzay, à Au- 
tun (?aônn-et-Loiro); 2% médaille d'argent, M. Hidien. — 2° Machine à battre en travers, à ma- 
nège, pour grandes et moyennes exploitalions, 1"' prix, médaille d'or, M. G.iutreau, Uourdan 
,Seine-el-Oise). — 3' Machines à ballre eu boul, pour moyennes et petites exploitations, 1" prix, 
médaille d'or, M. Renou . à Abilly (Indre-et-Loire); '2", médaille d'argent, M. Walk-Viiey, à Saint- 
Dié iVosge.-). — 4° Pressoirs à vin, 1" prix, médaille d'or, M. Malgoulrès, à Bordeaux (Gironde). 
5* Tarares et cribles trieurs. — 1" Division. — Trieurs. — \" prix, médaille d argent, M. Walck- 
Virey. — 2* Division. — l'arares. — I" prix , médaille d'argent, M. Mallhieu, à Faux la-Montagne 
(Creuse); 2*, médaille de bronze, M. Doué. — 6' Coupe-racines dépulpeurs. — )" Division. ■ — 
Coupe-racines. — 1" prix, médaille d'argent, .M. Valck-Virey; 2". médaille de bronze, M. Hidien. 
— 2* Division. — Dépulpeurs. — 1" prix, médaille d'argeni, M. Pilter; 2", médaille de bronze, 
M. Renou. — 7° Egrenoirs pour maïs, tri fie et luzerne. — Prix uniqxte. Médmlle d'argent, 
M. Mailhe, à Orthez (Basses-Pyrénées). — 3°Baratles perfectionnées. — 1" prix, médaille d'argent, 
M. Carré-Carron, Saint-Ouen, (Seine-el-Oise); 2'', médadie de bronze, M. Lapérine, à Guéret 
( Creuse). — 9° Pompes à purin. — l^prix, médaille d'argent, M. Beaume, à Boulogne (Seine). 
Prix supplémentaire, médaille de bronze, M. Noël, à Paris. 



CONCOURS RÉGIONAf. DE GUÉRET, 



27 



Collections d'instrumenls agrico'es n'ayant pas concouru holément et présentés par des agricul- 
teurs. Médaille d'nr. M. Déguison. — InsIrume-nU non prévus pour prendre part aux concours 
spéciaux.— Happehde médaUle d'or , M. DecauviUe, à i'etiiBou'-g(-^eine-et-Oise), pour son matériel 
de transports agricoles; Mme J. Radenne, à Sainl-Junien (Haute-Vienne), pour son système d'at- 
tache à crochet des ardoises. — MédMlts d'or, M. Mabille, à Limoges (Haute-Vienne), pour ses 




de faux; M. riltcr, pour son grillage. 

Produits agricole! et matière* utiles k l'agriculture. 

CONCjUtiS SPI-.CIAUX. 

1* Produits des fruitières, caves et burons. — aédailies d'or, M. Kourot, pour ses fromages, façon 
gruyère; M. Uéguison, pour son beurre. — UédaïUe d'anjcnl, M. Gallard, à Guôret pour soa beurre. 



28 CONCOURS RÉGIONAL DE GUÉRET. 

— 2" Semences de céréales diverses. — Hédailles il'or, M. Duquénel, à Saint-Somin-de-Conac 
(Charente-In'érieure); M Déguison. — ^/«((aide.s- ifargcfit, M. Couderchel; M. Rousseau; M. Gal- 

larfl. 30 Produits horticoles (collections d'arbustes, (leurs, plantes industrielles et tinctoriales). 

Médaille d'or, M. Lecour, fils, k Boussac (Creuse). 4° Produits maraichers. — Médailles d'or, 
M. Alanord, à Guéret; M. Pauly, pour ses asperges. — Médailles d'argent, M. Pujols, à .Moutiers- 
d'Aliun (Creuse); M. Chèronneau fils, à Guéret. — 5° Produits forestiers. — Médaille d'argent, 
M. Aniin;it garde forestier. — Médailles de bronze, M. Pauly; M. Gallard; M. Sauterel, garde 
forestier' M. Leîrand, garde foresiier. — 6° Produits séricoles. — Pas d'exposints. — 7° Vins et 
eaux-de-vie. — Médailles d'or , 11. Chauft'our, à Mareiiii (Marne), pour ses vins de Cliampagne; 
M. Mathey, à Bord aux, pour ses vins; M, Ferrand, à Sézonzic (Charles), pour ses eaux-de-vie; 
M. Arbouin, à Lignières-Sonneville (Charente), pour ses eaux-de-vie. — Médailles d arynil. M. Du- 
quénel, pour ses vins blancs; M. hscande, à Toulouse, pour ses vins; M. Gallemart, à Clugnat 
(Creuse'), pour ses vins rouges; M. Duquénel, pour ses vins rouges; M. Maupetit, à Limoges, pour 
ses eaux-de-vie. M. Duquénel, pour ses eaux-de-vie; M. Escinde, pour ses eaux-de-vie — Mé- 
dailles de bronze, M. Picaud, pour ses vins; M. Noël, à «vaux, pour ses vins. 

Produits agricoles et matières utiles à l'agriculture, non prévus pour les coo ours spé-iaux. — Jf^- 
dailles d'iir, M. Deguison, pour ses racines; M. Gorsse, à Guéret, pour ses conservrs al mentaires; 
M. Viailiis-Giroii, pour ses huiles à graisser les machines. — Médailles d'argent, M. Dutuénel 
pour ses racines; M. Duquénel, pour ses toisons; M. Pujols, pour ses graines; M. Couderchel, pour 
ses pomu. es de terre; M. Dressel, pour ses toisons; M. Bessède, pnur ses liqueurs et tapiocas; 
M. Escand-, pour son alcool- M. Deguison, pour ses toisons; M. Gallard, pour ses toisons; M. Rous- 
seau, pour ses racines; M. Escande, p:)ur son vinai.;re; M Albin-Maiey, pour ses eaux de rose et 
de fieuis d'oranger. — Médailles de bronze, M. Rousseau, pour ses toisons; M. Viendray, pour ses 
liqueurs. 

Nous ne pouvons terminer ce compte rendu sans signaler particulièrement 
deux machines qui ont eu un o;rand succès auprès des visiteurs du concours. Ces 
deux machines, exposées par MM. Sauzay frères, à Autun (Saône-et-Loire), sont 
représentées parles figures 1 et 2. Le jury leur a déc-rné le premier prix des 
machines à battre à vapeur, à petit travail. 

La rtiachine à vapeur, montée sur trois roues seulement, est lioriz ntale; mais 
la chaudière est verticale. L'ensemble des orf^anes présente une grande simplicité 
en même temps que beaucoup de solidité. Une des qualités réside dans la rapidité 
do la mise sous vapeur et dans l'économio de combustible. La machine de ii che- 
vaux, qui coi'tte 1,500 fr., ne consomme, d'après les renseignements qui nous ont 
été fournis, que 1 hectolitre et demi de charbon en dix heures. Cette économie 
provient do ce que la chaudière est alimentée avec de l'eau réellement cliaude ; car 
le réservoir d'eau est traversé par le tuyau do la cheminée, comme le montre le 
dessin, et parle tube d'échappement de la vapeur. La surface de chaulTe, dans la 
machine de 2 chevaux, est de 2"'.i0. La machine pèse IjluOkilog. 

Quant à la batteuse, elle est dune simplicité lemarqu-ible. Les organes fonc- 
tionnent avec beaucoup de régularité ; d'ailleurs, les constructeurs ont eu soin de 
supprimer toute cause de fragilité. Le grain sont très proprement vanné. Son 
rendement, avec des gerbes ordinaires, est de 5 à 6 hectolitres à l'heure. Le prix 
de la batteuse, dont le tambour a une longueur de 65 centimètres, est d^ 950 fr. 
Ces deux machines, par leur bas prix, ainsi que par leur fonctionnement éprouvé, 
se recommandent à l'attention de la moyenne et do la petite culture. Aussi les 
agriculteurs de la Creuse leur ont-ils fait très bon accueil. 

Henry Sagnier. 

L'AGRICULTURE AU BRÉSIL. 

Parler d'agriculture au Brésil, c'est causer de palmiers au pôle 
Nord. Il y a pourtant de gigaiites(|ues proj)riétés rurales dans cet 
immense pays; mais on y lue les forêts pour produire du café ou du 
sucre, et personne ne songe à rendre au sol ce qu'on lui enlève, en 
sorte que ce pays si riclie jadis, est en pleine décadence, précisément 
parce qu'il ignore les bases de la culture qui reposent sur ce fait que, 
pour que la terre garde élernellenient sa fertilité primordiale, on doit 
lui fournir en engrais un peu plus de ce qu'on lui enlève en récoltes. 
JMais, ce n'est pas tout, dans ce pays isolé, oii nulles guerres ne sont 
possibles, on entretient une flotte et une armée considérables; on a 
une cour et une véritable légion d'employés; tout cela coûte foit cher 
et ne rapporte rien, en sorte que les dépenses croissent toujours et les 
revenus diminuent. L'avenir du Brésil est donc bien sombre, et les 
émigrants feront bien d'aller planter leurs tentes ailleurs. 

Les Portugais avaient importé au Brésil, du bétail, et les cultures 



L AGRICULTURE AU BRESIL, 29 

d'Europe, qui ont amené un développement rapide de celte admirable 
colonie; mais la traite des nègres a fait délaisser ces deux sources de 
richesse honnête pour lancer toute la population à la culture du sucre 
et du café. Ces deux produits ont tant donné, qu'on ne s'est plus 
soucié de faire autre chose, et qu'on s'est habitué à acheter tous les 
vivres au dehors. En ce moment, le Brésil achète son bétail, sa 
viande, sa farine et son maïs aux Etats de la Plata; son foin et ses 
pommes de terre aux Etats-Unis. Le Brésil, qui sur son territoire im- 
mense possède tous les climats et tous les sols, pourrait jouer en 
Amérique le rôle que la Russie remplit en Europe et en Asie; il pour- 
rait être le pays le plus riche et le plus puissant. 

La canne à sucre ne vient que dans des terres d'alluvion très hu- 
mides; elle ne reçoit jamais d'engrais, ce qui explique pourquoi elle 
donne chaque année, des récoltes de moins en moins abondantes. Le 
mal est d'autant plus grave, qu'on la cultive toujours sur le même 
terrain, où il est surprenant qu'elle puisse donner encore quelque 
chose sans autre engrais que les feuilles qu'on en détache lors de la 
récolle, et qu'on laisse à terre. 

Par ci, par là, on voit quelques vaches et chevaux errants dans les 
pâturages; mais on ne les emploie que comme bêtes de trait ou de 
selle, et nulle part on n'en utilise les déjections. 

Les moutons, qui viennent de la République argentine, perdent ici 
leur laine au bout de quelques semaines et se couvrent d'un poil gros- 
sier et brillant. Une fois ainsi métamorphosés ils se reproduisent sans 
peine, et on ui'a assuré que leur viande était meilleure, que celle des 
moutons d'Europe. 

Le café est cultivé sur des collines dont on bri^dc d'abord les forêts; 
il est en plein rapport à trois ans et cesse de donner à neuf. Alors on 
abandonne la plantation, on la transporte plus loin sur un nouveau 
brûlé; c'est le mode de culture le plus barbare qu'on puisse imaginer. 

Dans les mêmes localités, on cultive le manioc dont les grosses 
racines charnues servent à fabriquer la farine que les Brésiliens mêlent 
à tous leurs aliments, et surtout au^ haricots nains, qui font la base 
de leur alimentation, avec la carne spca^ ou viande salée et séchée au 
soleil, qu'on prépare sur les deux rives de la Plata. On sait que cette 
plante est vénéneuse, ce qui force à exprimer le jus des racines et à 
les sécher avant de les manger ; comme le poison est volatil, ce trai- 
tement le fait disparaître. Le manioc, dont les feuilles sont palmées, a 
une variété à feuilles digilées appelée Aipi, dont les racines sont blan- 
ches et parfaitement saines; on les mange apprêtées comme les 
pommes de terre dont elles ont le goût et l'apparence. 

On cultive eiH'ure les dioscorées ou ignames, dont on recoupe les 
racines; puis dilTérentes espèces de catadiuins ou lanas, dont les 
racines sont très farineuses et dont les feuilles excellentes en légumes 
ont le goût des meilleurs épinards. S\cc, 

Inspecteur gOncriil de Tagriculture de l'Urugay. 

PISCICULTURE 

La question du grossissement des poissons nous rappelle toujours ce 
qu'était, il y a trente ans, la méthode expérimentale en zootechnie ; 
milieux économiques, choix des races, élevage, engraissement; le 
tout devant se résumer par ce mot : profit. 

La culture de l'eau ne doit pas avoir d'autre secret. 



30 PISCICULTURE. 

Un milieu étant donné, en tirer la plus grande sonlme de produit, et 
cela avec le moins de frais. Quoi du reste nous en démontrerait le 
mieux l'urgence que les quelques chiffres suivants, oii toute est telle- 
ment inexplicable dans l'assolement de nos eaux qu'on ne sait par 
quel effort d'esprit marier certains faits. 

Exemple, dans la locution des cantonnements de pêche, les prix vont 
de 500 francs pour la Seine, 3o9 francs le Loiret, à 8 francs pour 
l'Isère et 2 francs pour la Diirance. 

Cette question bien obscure il y a 25 ans, s'est éclairée depuis de 
grandes lueurs : il y a maintenant des faits précis depuis Comma- 
chio (Italie) aux pêcheries de Ballysadare (Irlande), sans omettre 
notre bois de Boulogne. 

Rappellerons-nous la lotte célèbre du prince de Gondé rapportée du 
Danube à Chantilly, lotte de 1'".20 qui nous remit en mémoire les plus 
célèbres silures de laTliéis qui d après Vogt dévoraient les poulains qui 
la traversaient, jusqu'aux carpes trois fois centenaires de Fontainebleau, 
sans parler des brochets contemporains de Fréderich Barberousse; 
tout, ou presque tout n'était-ce pas fables ou légendes! 

Pour plus de détails nous prierions nos lecteurs de se reporter à 
l'ouvrage si justement classique de M. Koltz, pisciculteur dont 
nous invoquons toujours le nom avec tant de plaisir (Voir son Traité 
de Pisciru/tare, page 41). 

Un fait constant, c'est que la richesse ichthyologique des eaux est en 
raison directe des calcaires et des suintements de potasse et de feldspath 
sur lesquels elles coulent : aux premiers la quantité et aux seconds la qua- 
lité. Le Doubs est un exemple frappant des uns et la Moselle des autres. 

L'étude de la formation géologique des sols sur lesquels coulent les 
eaux, leur faune, leur ilore, voilà les premiers éléments de ce 
problème que d'abord chaque pisciculteur doit résoudre avant tout. 

Nous avons dit ailleurs (Pisiiculture, Paris, chez Dussacq 1854, 
page A9) que notre bon Jobart, la plus fine loutre de Seine que nous 
ayons rencontrée (il en affermait depuis près de 25 ans le cantonne- 
ment du pont d'Austerlitz aux Invalides), nous soutenait imperturba- 
blement que l'anguille naissait du goujon; à notre mission nu bassin 
d'Arcachon en juillet 1853, nous entendîmes la même légende que le 
brochet ne mangeait (ju'une fois par mois durant ses neuf mois de 
chasse et cependant qu'à partir de deux ans il croissait de plus de 2 li- 
vres par an!l Eh pourtant cet homme si intelligent était avec son ami 
Alexandre, commissionnaire aux poissons, la plus grande autorité du 
carrcnu de la lial-e. 

Voilà quelle était la note populaire sur la pisciculture à cette épo- 
que de mes débuts. Heureusement nous n'en sommes plus là ! Des 
faits nous furent donnés, précis et scientifiquement constatés. 

Enfin Cotto nous vint, 
Et le premier en France 

nous fit d'abord connaître Corn iiiachio ! Page 01 de son travail sur la 
lagune il dit : une livre de montée de Muge introduite dans 1 immense 
métairie aquatique donne en un an 750 kilog de matière alimentaire 
ou une moyenne de 140 grammes par individu pour la première 
année. Sur l'anguille, sans être aussi précis, il formule un coeficient 
de croissance de 500 grammes par an (pour Commachio). 

M. de Lacépède nous rapportant les expériences du Suédois Iledcrs- 
Irem, dit qu'en G ans elle n'atteint que 500 grammes! et Baudrillat 



PISCICULTURE. 31 

8 pouces en 10 ans. Notre défunt ami Jourdier dans sa. Pisciculture, 
page 105, flxe à 0,50 par an le produit de l'anguille. On voit que la 
marge est grande. 

Nous ne regardons que comme de la pure fantaisie une expérience 
faite dans certains marais de l'Aisne par un pisciculteur forestier. Là 
I kilog. de montée d'anguilles produirait '2,500 kihg. en 5 ans ! 

Où sont ces marais'PQui vériûales pesées? A renvoyer, croyons-nous, 
aux fameuses anguilles de la Poméranie atteignant 5 mètres en 1 00 ans ! 

M. le docteur Lamy, ce pisciculteur sérieux et consciencieux dont 
nous avons parlé si souvent, donne le chiffre de 250 grammes pour 
■les 3 premières années, chiffre confirmé par les pécheurs de 
pibeaux dans nos marais delà Sèvre et de la Vendée; il y serait admis 
que 4 formeraient la livre à 2 ans. Là, ^elon nous, pourrait entre les 
deux assertions, se trouver enfin la vérité sur ce point tant contro- 
versé. 

Le brocheton de 2 ans et demi, ayant 0"'.25, mis dans un étang 
pour y être pèche, 2 ans et demi après, au nombre de 1 ou 12 par 
hectare, atteint ordinairement 2 kilog. 

Pour faire une livre de brochet, il est admis qu'il faut au moins 6 li- 
vres de poissons. Ce que nos pères traiiuisirent par ce mot si plein 
de vérité dans sa concision : Un écu de brochet en coûte six. 

Arrivons à la reine des étangs, s'il est vrai (jue le chiffre de grossisse- 
ment donné par M. Puvis pour les Dombes soit aujourd hui trop faible 
pour la carpe. 

400 fr. le mille de 0,25 entre œil et bat (lète et queue) devant repré- 
senter un revenu de 45 ou 50 fr. net par hectare, ceux donnés par notre 
honorable collaborateur (numéro du 18 octobre i867j de 300 fr. nous 
paraissent à priori difficiles à admettre. 

4 livres à 5 ans 1/2 (la pèche étant toujours supposée en carême), 
nous semble être le chiffre à accepter tout au moins pour le rayon de 
Paris. Pour détails voir £'/(cyc/'j/jeW/eM()lI et Gayot, notre article Carpe. 

Ce poisson atteignant 8 kilog. en 8 ans, comme cela s'est imprimé 
dans des piihlications mi-olTicielles, nous semble devoir être aussi 
rangé dans la catégorie de ces contes bleus dont M. Koltz a déjà fait 
haute justice. .; nUp . 

Tel fond, telle nature d'eau, tel assolement comme celui dont les 
frères Simon à d'iluyson pur e\em[)le ncms ont raconté les résultats 
il y a 8 ou 9 ans, doivent avoir sur ce chitTre une inlluence dont seules 
des expériences précises et scicnliliquemcnt conduites fixeront la limite. 

La question du prix de revient de la livre de poisson et partant du 
produit net de cette culture en dépendent direclenKmt. 

Bien intéressante occupation serait-ce! Aussi prendrons-nous la 
liberté de la recommander à l'attention de nos directeurs de fermes- 
écoles, afin de pouvoir une fois être fixé sur ce point d'aquiculture 
dans les diverses régions de la France. 

Dans notre entrelien du 15 mai dernier, numéro 518 du Journal, 
nous avons [)arlédescoeficienls de grossissement de la truiteen Suisse, 
chiffres confirmant à peu jirès ceux obtenus en 1 850, lors de l'em- 
poissonnement du bois de Boulogne. 

Là la lumière cstdonc faite et cela dans des conditions d'exactitude 
telle que la critique la plus minutieuse, si elle veut être impartiale, 
n'y trouverait rien à redire. 



32 PISCICULTURE. 

Reiny du reste, dont nous n'avons plus parlé depuis bien longtemps, 
avait, à 10 ou 12 grammes près, obtenu pour sa mosellotte les mêmes 
résultats. 

Nous voilà enfin aux beaux travaux de M. Cooper dans ses pêcheries 
de Ballysadare sur lesquels nous nous arrêterons quelque peu, selon 
l'engagement que nous en avons pris. L'opulent propriétaire du châ- 
teau de Jhirkree Casile n'a pas eu comme les frères Ashwort la bonne 
fortune d'un succès immédiat. 10 à 12 ans de difficultés de toutes 
sortes étaient faites pour arrêter net tout autre ami des choses utiles ; 
mais c'est que cet énergique homme de bien n'en était pas à ses dé- 
buts avec la piscisculture, ses immenses travaux de physique et de 
météorologie lui avaient depuis longtemps démontré que le bien, pas 
plus que le reste, n'a le privilège de la génération spontanée. 

Mis en expérience en 1855, ce ne fut qu'en 1862 que furent formu- 
' lés des faits précis, qui sont aujourd'hui acquis à la science et la pra- 
tique pour les saumons. Ces résultats ne furent pas seulement plato- 
niques , mais simplement splendides pour le persévérant expéri- 
mentateur. Décrire par quelles séries d'épreuves, M. Cooper arriva à 
formuler le coeficient depuis si longtemps cherché nous entraînerait 
hors des limites dont nous disposons ici. Mais en voici le résumé. 

En juin 1858, on repêcha les premiers grilses marqués comme 
smolt en 1857 (avril), lesquels smolt provenaient des fécondations 
de 1855-1856; ils pesaient entre 5 et 6 livres anglaises (la livre n'a 
que 453 grammes). Résolvant ainsi le problème de la création de 5 
livres de matières alimentaires en 30 mois, soit de 10 livres en 4 
ans 1/2 (livres anglaises toujours). 

Avis à messieurs les ingénieurs chargés de l'empoissonnement de 
la Seine avec le grand réservoir des Settons, commencé en 1859! ! 

En 1855 la pêcherie de Ballysadare donnait à son propriétaire un 
revenu de IO.'jO francs. En 1862, M. Cooper touchait 18,824 francs; 
qu'ajouter à de pareils chiffres!! 

Nos lecteurs, pour terminer, nous permettront la réparation d'un 
grand oubli. Comment à propos du souvenir reconnaissant que LéJève 
donnait à Uoyère dans l'histoire de la renaissance de la pisciculture, 
avons-nous pu oublier cet autre professeur de l'Institut que notre 
illustre clief, M. de Gasparin, avait enlevé à la Suisse pour le placer 
à Versailles? Dieu en soit loué; le nom de M. Nicolet est au-dessus de 
nos omissions par le rôle aussi modeste que puissant qu'il a joué 
dans l'Iiistoire des sciences naturelles appliquées. Son ex-collabora- 
teur Agassiz mort archimillionuaire en Amérique, est autrement 
connu; mais vous très honoré maître qu'êtes-vous devenu? Vous qui 
avec lui, en 1840, aviez fait l'empoissonnement supérieur du Doubs 
par les procédés artificiels. 

Nous avons écrit 1840! Cette date sur laquelle nous aurons à 
revenir et que nous avions déjà rappelée aux Prussiens, dans notre 
polémique sur la question des origines d'Huningue, est de la plus 
extrême importance. Elle fixe un point désormais acquis à ces deux 
célèbres naturalistes. Le premier document que l'on avait l'habitude 
de citer en France était une communication faite par M. Mancion à la 
Société d'émulation des Vosges en mai 1842 à propos de Uemy. 

Nos lecteurs savent donc qu'il ne s'agit pas seulement d'une ques- 
tion de reconnaissance, mais d'une revendication historique que nous 



PISCICULTURE. 33 

nous empressons do restituer à ce maître toujours vénéré, et dont par 
une fatalité que nous ne pouvons expliquer, nous n'aviop.s jamais 
prononcé le nom dans cette revue, on depuis tant d'années nous avons 
parfois l'honneur de tenir une plume. Gharot-Kvrlen, 

Correspondant de la Société nationale d'agriculture de France. 

EXPOSITIOxN DE LA SOCIETE CENTRALE D'HORTICULTURE 

DE FRANCE. 

Après avoir loiigtemps, très longtemps parcouru l'Exposition que 
la Société centrale d'horticulture a ponctuellement ouverte, du 7 au 
10 juin, au Palais de l'Industrie; après avoir pris et relevé toutes les 
notes possibles, je m'aperçois que je me suis donné là un travail tout 
à fait inutile. Mon article était déjà tout fait, mieux que cela, tout 
imprimé dans le Journal de l' igriculture. Il a paru, à cette même 
place, en 1S*8, 1877, 1876, 1875, etc., en remontant toujours; les 
lecteurs le connaissent d'avance : « Ici, à gauche en entrant, M. un 
tel, médaille d'or; adroite, M. un tel, médaille de vermeil; là-bas 
au bout, M. X., médaille d'honneur ; en face, M. Y., grand prix, objet 
d'art. » Et l'an prochain, à pareille époque, on reverra au Journal : 
« A gauche, en entrant, M. un tel, etc., etc. » 

C'est que, il faut bien le dire, c'est quelque chose de terriblement 
monotone que ces exhibitions annuelles au Palais de l'Industrie ! Ces 
longues allées toutes droites, bordées de ces longues plates-bandes qui 
emprisonnent ces longs gazons; ces quatre massifs de plantes orne- 
mentales qui jouent régulièrement aux quatre coins dans la vaste 
nef, toujours beaux, toujours verdoyants, c'est vrai, mais toujours les 
mêmes; puis, d'un côté, toutes ces plantes mines ou moyennes qui 
s'étalent sur un sol uni, à la queue-leu-leu, sans presque jamais 
changer de place; puis, de l'autre, ces rangées de grands bâtons au 
sommet desquels s'attachent du feuillage et des roses qui s'enchevê- 
trent; puis, ces llacons pleins d'eau surmontés de pompons jaunesj 
rouges, violets et même noirs! 

Je connais un amateur qui, tous les ans, religieusement, s'en vient 
admirer VIxia à fleurs vertes. Il ne se trompe pas de chemiu, allez! 
tout droit d'abord; la première ailée à gauche; la première à droite; 
demi tour à gauche, et le voici ! Il est toujours là, son abominable 
Ixia, méthodiquement planté pour quatre jours ; chaque année, en 
s'en allant, il a déposé son gant ou son mouchoir à sa place, comme 
d'aucuns font au théâtre, et pas une autre plante ne se permettrait de 
s'y fourvoyer; il a sa stalle. C'est d'un monotone impossible ! 

Vous iiii^ direz à cela : « C'est pourtant la grande Société centrale 
d'horticulture qui organise tout! Comment donc s'y prend elle? » Eh, 
mon Dieu, oui, c'est elle, et les homiiu^s ne lui manquent pas, certes, 
ni les talents, ni les goûts artistiques, ni le coup d'œil, ni le zèle 
que rien ne rebute. Oui, mais voilà; c'est que la Société n'est pas 
chez elle; c'est une locataire, et il ne lui est pas permis de changer 
l'état des lieux. 

« Voici nos carrés, voici nos sculptures, nos allées et notre sable 
rouge; remplissez-nous cela, et le plus vite possible! » Aux commen- 
cements, li.'s organisateurs ont eu des velléités d'indépendance: 

« Nous allons placer ici tel groupe; ce sera d'un bon effet. 
— Ncnni ! monsieur, nonni! vous empêcheriez de voir cette statue 
de bacchante, qui désire ne rien cacher de ses charmes! — Alors, 



3i EXPOSITION DE LA SOCIÉTÉ CENTRALE D HORTICULTURE. 

on va le transporter là-bas. — Du tout ! cela masquerait le dos de ce 
Mercure! — Ici, alors? — Y pensez-vous! et la gorge de la Sirène de 
M. Z., qui serait dissimulée au public!... » Et comme cela pour tout 
le reste! Si bien qu'a ces Expositions d'horticulture, qui s'en viennent 
là pour montrer aux promeneurs tous les progrès d'une année, toutes 
les beautés de cet art aimable, ce sont les statues, les groupes, les 
allées, les bancs, le buffet et le reste, dont on consulte les convenances; 
les plantes s'arrangent comme elles peuvent. 

Et dire que de tout ce qui se trouve réuni là on ferait un ensemble si 
splendide ! Quel superbe jardin on pourrait organiser sous cette voûte 
de verre, avec des allées qui serpentent, des gazons émaillés de 
groupes à feuillage, des plates-bandes garnies de fleurs, des rochers, 
des eaux, des ponts, des fontaines ! 

Que manque-t-il donc à la Société centrale d'horticulture, qui l'em- 
pêche de montrer au public ce que sauraient si bien faire nos horticul- 
teurs el nos dessinateurs de jarilins?Peu de chose, mais c'est tout : 
un emplacement à elle, un emplacement spécial^ où elle se remue 
comme elle l'entend, oîi elle s'étale à l'aise. Oh ! la bonne idée qu'au- 
rait celui qui lui donnerait, en toute propriété, ce bel espace, par 
exemple, qui s'étale entre le palais des Tuileries et la grille du Car- 
rousel, oii elle s'installerait d'une ftiçon définitive, oîi elle créerait un 
jardin modèle, permanent, où elle se livrerait à des expériences, et 
où, le moment venu, elle établirait ses exhibitions annuelles ! Je sais 
bien que si ces lignes venaient à tomber sous les yeux de ses deux 
excellents trésoriers, mieux vaudrait presque pour moi tomber entre 
les mains des tribus néo calédoniennes. Vouloir, c'est vrai, n'est pas 
pouvoir! nous autres, leurs collègues, nous ne pouvons que louer 
leur prudence; et puis, pour accomplir ces choses-là, même en sup- 
posant le don de terrain, il ne faudrait pas avoir un hôtel dont, grâce 
à l'habileté des architectes, les réparations dévalisent annuellement la 
caisse. .Mais enfin, l'on est revenu de plus loin encore; avec le temps, 
la prudence, non toutefois sans un peu d'audace, nos vœux finiront 
par se réaliser un jour, et nous ne serons pas toujours réduits, Uieu le 
veuille! à reléguer dans des coins du Jardin les trésors de nos plates- 
bandes et de nos serres, pour ne pas endommager la gorge majestueuse 
de Mme la Baronne une telle , ou le grand sabre du Général Irois 
étoiles! Nous verrons. 

Il ne faut cependant pas que lamour-propre des exposants en pâ- 
tisse; ce n'est pas leur faute s'ils sont contraints de passer sous ces 
fourches caudines. Je citerai donc ici leurs lots et leurs récompenses. 

Et d'abord, il faut être juste, il y a une innovation. En entrant, à gauche et à 
droite, sont installés deux salons, l'un vu de jour, l'autre vu de nuit. On ne-sau- 
rait trop en louer les organisateurs, M. Charles Joly en tète. A gauche, les frères 
Debrie ont garni le pavillon : tentures, glace au fond sur laquelle se détachent 
gracieusement des frondes; groupes de Palmiers, d'Azalées et de Rhododendron; 
Fougères, corbeilles et bouquets de Roses, bouquet à surprises qui, au moyen 
d'un ressort s'entr'ouvre el laisse voir un joli coftVet de satin, puis se referme sans 
que rien ne décèle la cachette. Tel est le lot de M. Bernard Debrie. M. Gabriel 
Debrie continue l'ornementation : coussin fait de Bleuets entourés de Roses, bou- 
quets de Lilas blancs, lyre de Roses sur fond noir, digne d'un orphéon, chiffres, 
grandes cor) eilles. Chacun des deux frères a obtenu une médaille d'or. 

Le pavillon de gauche entr'ouvre sa portière; la nuit est à l'intérieur, mais des 
lumièies eu révèleut les richesses. C'est un spécimen de tout ce qui peut égayer 
une soirée dans un salon : les consoles regorgent de fleurs; les angles sont gar- 



EXPOSITION DE LA SOCIÉTÉ CENTRALE D'HORTICULTURE. 35 

nis de groupes à feuillage ; les cadres ont remplacé cet or banal par des bindes 
de fleurs du plus heureux efîet. Immense couronne d'Azalées rouges borlées 
d'œillets blancs, bouquets, corbeilles, cheminée dont l'âtre est dissimulé avec le 
goût le plus déboat : tout charme dans cette exposition, et la médaille d'honneur 
n'est pas trop forte pour M. Briollet, l'exposaot. 

En inaugurant ce genre de décoration, la Société a rendu service au 
public et aussi aux horticulteurs, qui trouveront un débouché avan- 
tageux dans ces riches ornementations. 

(4 suivre). Th. Buchetet. 

CONCOURS RÉGIONAL DE LAVAL. 

Nous publions la liste des prix du G ncours régional de Laval; dans un pro- 
chain numéro, nous insérerons le compte rendu du Concours par notre collabora- 
teur M. Camille Boudy. 

Prix culluraux. 

l" Caléijnrie. — Propriétaires evploi'ant leurs domunes directement ou par régisseurs et 
maîlres-valets (Un objet d'art de 500 fr. et une somme de 2,000 l'r.) ; Non décerné. 

T Culcyurie, — Fermiers, cultivateurs, propriétaires, tenant à ferme une partie de leurs terres 
en culture; métayers isolés cultivant des domaines au-dessus de 20 liectaras (Un objet d'art de 
600 l'r. et une somme de '2,000 fr.) : Non décerné. 

3° Caiei/iirie. — I ropriétaires exploitant plusieurs domaines par métayers (L'n objet d'art da 
500 fr. et une somme de '2,100 fr partagée entre les métayers) ; Ji M. le comte de Laucrau de 
Brécn, au château de Breon, commune de Marigné-Peuton (canton et arrondissement de Ghâ- 
teau-Gonlif r). — La somme de 2,000 fr. a été répartie ainsi qu'il suit entre les métayers : 
MM. Houssin, au domaine de la Klècbe, 2.50 fr.; Toquet, au f'iessis, 2.50 fr.; H.mlllot, à 'louche- 
guy, 200 l'r. : Joseph Gaillard, à Peuton, 200 fr.; Gumoiseau, à Homeau, 2u0 fr.; Alexandre 
Lépine, au Fauconnier, 200 fr.; Balu, au Verger-Marigné, 150 fr.; Louis Cousin, à la Sancie, 
150 fr. ; Bcllanger, à la LisembarJiire, 100 fr.; Gaillard, à la Petite-Chaussée, 100 fr.; Boulier, à 
la Volue, 100 Ir.; Rezé, à la Ciiêiiaie, lOO fr. 

4' Catcyone. — Métayers isolé.-: ou petits cultivateurs, propriétaires ou fermiers de domaines 
au devsus de 5 hectares et n'excédant pas 20 hectares (Un objet d'art de '200 fr. et une summe de 
600 fr.) : à M. et Mme Frar.çois Bouvier, métayers de M. de La Valette, à la MaïUardière, 
commune de Villiers-Charleiriagne (canton de Grez-en-Bouère , arrondissement de Chàteau- 
Gontier). 

Prime d'honneur, consistant en une coupe d'argent de la valeur de 3,500 fr., M. le comte de 
Laucrau de Bréon, au château de Bréon, commune de Marigné-Peulon (canton et arrondisse- 
ment de Cliilteau-Gonlier), lauréat du prix cultural de la o" catégorie, pour l'ensemble des progrès 
qu'il a réalisés sur sa propriété et l'escellont exemple qui eu résulte, pour la contrée. 

Médailles de spécialité. 

Médailles d'or (ijran'l module), M. Victor Desvaleltes, propriétaire à Mayenne, pour l'extension 
et les Suins doni.éi aux prairies naturelles des ditféientcs nietiiries qu'il possède dans les com- 
mniies de Liazuu.e et do Saint-Georgos-Buttavfni (canton de Mayenne), de Châliilon-sur-Colmunt, 
Colombier.^ et tiercé (canton de Gorrou, arroudissemerit <lf Mayenne. — M. Camille Pouleau, pro- 
priétaire, ^ l.i Bacnnnière (tanlon de Chiilland, arrondissemeni. de Laval), pour la création et 
l'amélioration de prairies imporiantes , dans ses diverses métairies et sur son exp oiiation 
directe. 

lUéilaillcs d'or. — II. Leroy, vice-président du Comice agricole à Sainte-Gemmes-le-Robert 
(canton d'Evron, arrindi-sement de Laval), pour la cié.itlon de 4 lectares de bonne prairie, sur 
un d Iricliemjiit de landes, dans la commune d'Izc (canton de Bais, arrolJdis^cm3nt de Majenne). 
— M. Julien .\I.ii,,'n:in, métayer, à Changé (canton et arrondissement de Laval), pour le bon choix 
et l'exceileni entretien de son béia'l. 

Médaille darf/rnt [grand module). — M. Cosson, propriétaire, à Sainte-Gemmes-le-Robert 
(canton dKvron, arrondissement ds Laval), pour la création de 2!) hectares de bois, sur des terres 
improductives situées sur la butte de .Morigiu, dépendant de ladite ooaimunc. 

Espèce bjviuo. 

[" cati'ijorir. — Race bretonne. — M,-lIes — 1"' Section. — .\niniaux de I h 2 ans. l"' prix, 
M. l'iern^ Caill, à laurice Finistère); 2°, M. Yves teuntcun, à F.rgié-.\rmel (Finislcre); 3", M. Le 
Floch. à Vannes (.Morbihan); 4', M. Conan, à Lrgué-Armel (Fin stère). Mention honorable, 
M. Hervé Feunleun, à Ergué-.\rmel (Fiidstèri') — 2" .Section. — Animaux de 2 ii 3 ans, l" prix, 
M. Hervé Feunteun; 2", M. Yves Feunleun. — Femelles. — 1'" section — Génisses de 1 à 2 ans. 
1" prix, M. Conan; 2", M. Yves Feunteun: 3' , M Hervé Feunteun. — Mentions honorables, M. Le 
Floch ; M. Conan. — 2' Stclton, — Génisses de 2 à 3 am. \" prix, M. Conan ; 2°. M. Hervé Feun- 
teun ; 5", .M Le Floch — 3' Section. — Vach"S de plus de 3 ans. l" prix, M. le comte du Buatj à 
Méral (Majenne); 2% M Gautier, à Loudéac (Cotes-du-Nord) , 3', M. Le Floch; 4', M Pierre Caill. 
Menti. n lionorable, ,M. Gautier. 

2" Catégorie. — Race parthenai.se et ses dérivées (Nrintaise, Vendéenne). — Màlos.^ — 1'" Sec- 
tion. — Animaux de I et i ans. 1" prix, M. Henri Lucas, à Cuuëron (Loire-Inférieure); 2', 
M. Gucrchet, à Saint-Eiienne-de-Monlluc; 3'. M. Si.liman, à Couëron ; 'i', M. Cninet, à Couéron. 
Meulion honorable, M. Jean Martin, à. i ouèron . — 2' Section. — Anim.iul de 2 à 3 ans. 1" prix, 
M. Oavid, à Saint-Etienne (le-.Montluc (Loir^-lnférieure); 2', M. Rousseau, à Saint-Etienne de- 
Monliuc. Mentions honorables, .M. Cri-met; M. Henri Lucas. — Femelles. — 1'" Section. — Gé- 
nisses de 1 à 2 ans. l"prix, M. Lucas (Henri) ; 2'. M.Julien Mohilais, à S.iint-Elinnne-de-Mont- 
lue (Loire- Inlérieuri ■); 3', M. Choateau, à Couëron. — l'Seetwn. — Génisses de 2 à 3 ans. 
1" prix, .M. Aufiray, à Samt-Eliemie-de-.Moutliic (Loire-liifeneure); 2*, M. Jean PiUet; 3", M. Guil- 



36 CONCOURS RÉGIONAL DE LAVAL. 

lard, à Coiiëron. — 3" Section. — Vaches de plus de 3 ans. 1" prix. M. Julien Babin , à Sainl- 
Elienne-de-Montluc (Loire-Inférieure); 2", M. .lulien lUaliilais. Rappel de 3' prix, M. Guer- 
chet; 3% .M. Jean Pillet ; 4", M. Cuchet, à Couiiron. Mention honorable, M. Jean Baudin, à 
Couéron. 

3- Catégorie. — Race Durliam. — Mâles. — 1" Section. — Animaux de 6 mois h 1 an. l" prix, 
M. Grégoire et fils, à Almenèches (Orne); 2", M. de Vaubernier, à Saint-Jean-sur-Mayenne 
(Mayenne); 3", M. Louis Abafour, à Miré (Maine-et-Loire); 4% M. Daudier, à Niafle (Mayenne); 
h», M. Louis Dubois, à Arquenay (Mayenne). Prix supplémentaire, Mme la comtesse D'Armaille, à 
La Selle-Ciaonnaise (Mayenne). Mention très honorable, M. le comte de F.iUuux , à Bouig-d'Iré 
•(Maine-et-l.oire). Mention honorable, M. le comte du Buat. — 2'. Section. —Animaux de 1 à 
2 ans. 1" prix, M. le comte de Falloux; 2', M. le marquis de la TuUaye, à Ménil (Mayenne); 
3«, M le romte de Traissan. à Mézanger-; 4°, M (irollier. à Durtal (Maine-et-Loire); â°, Mme la 
comtesse d'ArmaïUé; 6% M Dauditr, 7% M. Massé, à Germiny (Cher); 8', M. le baron le Guay, à la 
Meignanne (Maine-et-Loire). Mentions tri"<s Imnoiable^, M. le comte de Falloux; M. Daudier. 
Menlious honoiables, Mlle de Rouge, à Percigné (Sarthei; Mme la comtesse d'ArmaiUe. — 3» Sec- 
tion. — Animaux de 2 à 4 ans. T' prix, M. le baron le Guay; 2% M. delà Valette, à ViUiers- 
Charlemagne (Mayenne); 3", M. le comte du Buat. Hrix supplémeutaire, Mme la comtesse d'Ar- 
mailli-. Meiiliou très honorable. M. le comte du Buat. Mentiuns honorables, M. Després du Temple, 
à la Guerche (lUe-et- Vilaine); M. Trouillard, à Chaires (.Mayenne); M. le mariuisde la TuUaye; 
M. Daudier. — Femelles. — 1" Section. — Génisses de 6 mois à 1 an. 1" prix, M. le comte de 
Falloux; 2°, M. de la Vallette; 3% M. le comte ilu Buat; 4% M. le baron le Guay; 5", M. Daudier. 
Prix supidémentaire. M. Dubois, à Cossé-le Viv en (Mayeune). Mentions honorables, M. le comte 
du Buat. .M de la Vallette, M. le baron le Guay. M. le maquis de la TuUaje. M Daudier, M. le 
baron le Guay, M Hévin, à Erbrée (lUe-et- Vilaine). M. Després du Temple. — 2* Section. — 
Génisses de 1 à 2 ans. 1" prix, M. le comte de Fal oux; 2% M. GroUier; 3% M.Gasiinel, à Tiennes- 
sur-Seioht' (Ille-et-Vilaine): 4% M. François (Auguste), à Chàleau-Gontier (Mayf-nne); 5% M. Des- 
prés du Temple; 6". .M le comte du Buat. Prix supplem-nlaire , M. Pierre Mariin, à Gossé-le- 
Vivien (Mayenne) Mentions honorables, M GroUier, M. Després du Temple, M. Ségot, à Sainte- 
Gemmes (Maii.e-et-Loire, M. le vicomte Piul de Champagny, à h'ioujean (Finistère). — 3' Sert on. 
Génisses de 2 à 3 ans. l"' prix, M. Gro lier; 2°, M. ue la Vàllelte; 3", .Mme la comt-sse d'Armailié; 
4% Mlle lie Rnugé, à Précignè (Sartlie); .V, MM. Després fils et Sinoir, à Ballots (Mayenne), 
6% M. Gastiupl; 7% M. le baion le Guay. Prix supplémentaire, lOU fr., M. le • omte du Buai. Men- 
tions honorables, M. Ricossel, à Pai'né (Mayenne): M. Després du Temple, M. l'r.iuilard, M. Ri- 
Cossel, M. le comte de Falloux, M. de la Poterie, — 4» Srclinn. — Va;;hes de plus de 3 ans. 1"' prix, 
M. le comte de Falloux; 2«, M. Després du Temple: 3°, M. le mar-iuis de la TuU'ye; 4°, M. Dau- 
dier; ô", M. Grollier: 6°, M. le baron le Guay; 7", M. le comte du Buit; 8°, Mme la comtesse 
d'Armailié; 9°, M. Gernigon, à Cbclieau-Gontier (Mayenne). Prix supplémeut:iire, M Guichard. 
Mentions très honorables, M. Ricosset, .M le comte di: Falloux, .M. GroUie'-. Mention honorable, 
M. Després du Temple, Mme la comtesse d'Armailli^, M. d-i la Vallette, M. Aimerio de ChUeau- 
vieux, à Etrelles (lUe-et-Vilaiiie), M. Dubois, M. Anquetil-Delisle, M. Daudier, M. le baron le 
Guay, M. Gastinel 

Pri.T d'ensemble. — Ce prix, qui consiste en un objet d'art, a été décerné à M. le comte A. de 
Falloux. — Le jury regrette vivement qu'il ne puisse être décerné qu'un seul prix, la plupart 
des bandes exposées présentant, à des degrés différents, les caractères d'un mérite excep- 
tionnel. 

4" Catégorie. — Croisements Durham-br^tons. — Miles. — l" Section. — .Animaux de 1 à 
2 ans. 1" prix, M. Henry, à Plourin (Finistère); 2", M. .lamin, à P.eyl.ert. Mention honorable, 
M. Rendu, à Plourin. — 2'^ Section — Animaux de 2 à 3 ans. Prix un que, M. le vicomte I aul de 
Chami agny Memion honorable, .M. Cherbonneau, à Contiané (Maine-et-Loire). — Fem-lles. — 
1" Section. — Génisses de 1 à 2 ans, 2' prix, .M. le comte du Buat. — 2'' Seciiun. — Génisses de 
2 à 3 ans. l"' prix, .M. le vicomte Paul de Chanpagny. — 3° Section — V.iches de plus de 3 ans. 
1'" prix, M. Louis Abafour; 2*, M. Henry; 3°, M. Pouliquen, à Saint-Thégonnec (Finistère). Men- 
tion tionorable, M. le vicoiiiie Paul de Champagny. 

5* Catégorie. — Croisements Durham, autres >|ue ceux de la 4' catégorie. — Milles. — 1" Sec- 
lion. — Animaux de 6 mois k 1 an. 1°' prix, .M. Parage, à Chazé-sur-Argos (M line-et-Loire); 
2°, M. Louis Abalour. Krix supplémentaire, M. Clierbonneau. — 2" Seclinn. — Animaux de 1 à 

2 ans. 1" prix, M Cherbonneau; 2°, .M. Louis Abafour; 3", M. Daudier. Mcntiim honorable, M. Ri- 
cosset. — 3" Srction. — Animaux de 2 à 3 ans. Prix uilique, M. Clierbonneau — Femelles. — 
1" Seclinn. — Génisses de 6 mois à l an. 1" prix, M. Ricosset; 2°, M. Paiage; 3°. M. Cherbon- 
neau. Mention honorable, M. Després du T mple. — 'i'Seciion. — Génisses de 1 à 2 ans. I" prix, 
M. Cherbonneau; 2', M. Daudier; 3", M. Paiage; 4% M. Louis Abafour; y, M. André Mahier, au 
Mesnil (Mayenne). Mentions très honorables, M. Chr ibonneau, M. Daudier. — 3" Section. — Gé- 
nisses de 2 à 3 .ins. 1" prix, M. Parage; 2°, M. Hevin, ,à Erbrée (Ilie-et-Vilaine) : :i", M. Cherhon- 
neaii: 4°, M Se::ot, à Saint-Gemmes (Maine-et-Loiie); h', M. Daudier; (>% M. Louis Abafour. Prix 
su|iplémeiiia res. M. Guichard, à Sainl-Pi. rre-li-Coiir (Mayenne), M. Cavillard, à Chemazé 
(Mayenne). Mention henorable, M. le vicomte Caiiiilie de Rougé, à ( heiil é-Changé (Maine-et- 
Loiic). — 4' Secticn. — Vaches de plus de 3 ans. — l'prix, .M. Cher' onn' au; 2", .M. Haudier; 
3', M Parage; 4», M. Ricosset; 5«, M. Gavillard; (;>■, M. Rezé; 7*, M. Guicbaid; 8». M. Prioux, à 
Ballots (Mayenne). Prix supplémentaire, MM. Chailleux et Cherbonneau, à Miré (Maine-et-l oire). 
Mentions honorables, M. Daudier; M. Cheibonneau, M. Houtin, M. le vicomte Camille de 
Rougé. 

y'ri.t d'cmemble. Ce prix, qui consi.'-te en un objet d'art, a été décerné à M. Cherbonneau. 
_ 6" Catégorie (Spéciale). — Races laitières fra çaises ou étrangères, pures ou croisées, à l'exclu- 
sion de tiuites le> races ayant une catég..rie spéc'ale. — Mâles. — 2" Section. — Animaux de 2 i 

3 ans. Prix unique, M. Claude CaiU, à Plouzévédé (Finislèrel. — Femelles. — l"' Section. — 
Génisses de 1 à 2 ans. 2' prix, M. Marfn à P, uitivy (Morbihan). ^— 2° Section. — Génisses de 2 i 
3 ans. 2' prix, M. Claude CaiU. — y Sectiin. — vaches de plus de 3 ans. l" piix, M. Claude 
CaiU; 2", .M. Prodhomme, à Soulgé-le-Bruanl (Mayenne). 

Espèce ovine. 
1" Catégorie. — Races françaises diverses pur s. — Milles. — 2' prix, M. le Floch. 
2* Catégorie. — Races étrangères à laine longue. — Mâles. — 1°' priif, M. Massé, à Germigny 



CONCOURS RÉGIONAL DE LAVAL. 37 

(Cher); |2', M René Mihier, à Ménil (Mayenne); 3% à M. Cherbonneau. Prix supplémentaire, M. 
Louis A'.iafour. — Femelles. — 1" prix, M. Louis Abifour; 2', M. René Mahier; 3", M. Massé. 
Prix supplémentaire, M. Lecomie, à Villiers-Charlemagne (Mayenne). 

3° Catégorie. — Races étrangères à laine courte. — Mâles. — 1" prix, M. le baron Le Guay; 
2', M. Daudier; 3", M. le marquis de La Tullaye. — Femelles. — 1"' priv, M. Daudier; 2% M. Ma- 
rhin . 

4* Catégorie. — Croisements diver». — Mâles. — 2' prix, M. Cherbonneau; 3«, M. Bezé. — 
Femelles. — 1" prix, M. Rezé; 2', M. Cherbonneau; 3', .M. Toquet, à Marigné-Peuton (Mayenne). 

Espèce porcine. 

1" Catégorie. — Baces indigènes pure, ou croi.-ées entre elles. — Mâles. — 1" prix, M. le 
comte du Bual; 2', M. Février, au Genest (Mayenne). — Femelles. — 1" prix, M. Magloire Sinoir, 
à Fontaine-Couverte (Mayenne); 2', M le comte du Buat; 4*, M. Graland,à Goven (lUe-et-Vilaine). 
Mention honorable, M. le cnmte du Buat. 

2* Catégorie. — Races étrangères pures ou croisées entre elles. — Mâles. — 1" prix. M. Aime- 
ric de Chateauvieux; 2", M. le marquis di La Tullaye; 3°, M. Hervé Feunteun;.4', M"" de Beau- 
laincourt, à Louvigné (Mayenne). — Femelles. — l--' prix, M. Guichard, à Saint-Picrre-la-Cour 
(Mayenne) ; 2', M. le comte des Nétumières, à Balazé (Ille-el-VildineJ; 3", M. Aimeric de Cha- 
teauvieux; k', M. Graland. 

3* Catéijorie. — Croisements divers entie races étrangères et races françaises. — Mâles. — 1" 
prix, M. Davuux, au Genesl (Mayenne); 2°, M. le comte des Nétumières. Prix supnlémentaire. M. 
Yves Feunieiin. — Femelles. — l" prix, M Guichanl ; 2', M. le comte du Buat; 3", M. Cherbon- 
neau. Prix supplémentaires, M. Soucliu, à Laval (Mayenne); M. le comte desNélumiéres. 

Prix d'ensemble. — Un ob;et d'art, a M. le comte du Buat. 

ADÎmaux de basse-cour. 

1" Catégorie. — Coqs et Poules. — 1" Se:tion. — Race de la Flèche. 1" prix, M. TrouiUard, 
â La Suze (Sarthe) ; 2% M. le comte de la Touche, à S lini-Brieuc (Côti'S-du-Nord); 3'. M. le comte 
des Nétumières; 4', M. Martin, à Laval (Mayenne). — 2" Section. — Races françaises diverses. — 
1" prix, M. TrouiUard; 2', M. le comte de'laTouche. Mentiim honorable, M. TrouiUard. — 3" Sec- 
tion. — Haccs étraug'res diverses. — l"' pris, M. le comte de la Touchp; 2«, M. TrouiUard, 3", 
M. de Chtlais; à Laval (Mayenne); 4% M. Gcalaud. — 4' Section. — Croisements divers. — 1" 
prix, M. Griland. 

2' Cntgorie. — Dindons. — 1"' prix. M. le comte de la Touche. 

3" Catégorie. — Oies. — 1" prix, M. le comte de la Touche. 

4* Caié'jorie. — Canards. — 1" prix, M. le comte de la Touche; 2', M. le comte des Nétumiè- 
res; 3', M. Graland. 

5* Catégorie. — Pintardes et Pigeons. — 1" prix, M. le comte de la Touche. 

6" Catei/orie. — Lapins et Léporides. — 1" prix, M. le comte de la Touche. 

Pri.x d'ensembk. — Un objet d'art, à M. le conit- de la Touche. 

Serviteurs primés. Employés cliez les lauréats et réi.ompeiisi.'s pour les bons soins donnés aux 
animaux piimés. — Une médaille d'argent et dO fr., au .sieur t ouis Dehan, vacher, chez M. le 
comte de FaUoux; au sieur Louis Houtin, vacher, chez M. Cherbonneau; et 50 fr., au si ur René 
Auger, vacher, chez M le comte du Buat; au sieur A'igusie Hamon, vacher, cliez .M. le biron le 
tiuay. — Une médaille de bronze et 40 fr.. au .-ieur Pierre Cartier, vacher, chez M. GroUier; au 
sieur Jean Cliaiiveau, vacher, chez M. Parage; an sieur François Hardy, vacher, chez M. Louis 
Abafour; et 3.') fr., au sieur François .lanie!, vaclier, chi'Z M. Conan; au sieur Jean-Marie Guille- 
rin, chez M. Claude Caill; et 30 Ir,, à la veuve Bugle, domestique, chez .M. Guichard 30 fr., au 
sieur Métairie, varher, chez M. de 'a Valette, au sieur Andr^' Pinaull, vacher, chez M. Lucas. 
MicHiaes et instruments agricoles, — Concours spéciaux. 

1" Sei'.lion. A."Mat'« d'inslrumeiUs d'eitérieur de fi-nn". — CUarrues, ar.iires et brahant douilles, 
pour lalioiir.-; crlinaires, avec ou sans avint-trai 11. 1" prix, M. Garnier, à Redon (Ill-'-et-Vilaine); 
2*, M.Baj^ic-Drlhive.à Liancourt (Oise): :i\ M.M. Geniouin frères, à Sablé (Sarthe). Mention hona- 
rable, M. Boitel, à Soissons (Aisne). — Charrue-i, araires et brabant doubles, pour labours de dm. 15 
à m. 2.'> de profondeur. 1" prix, M. Bajac-Delaye; 2", M. Garnier; ,3". M. Boitel. Mention hono- 
rable, M Guilloux. î> Cuillé (Mayenne). — Charru-s polysocs, scarilicateurs et autre.-i instruments 
pour labours expéditifs. ]" prix, M.\L Gerbouin frères; {t'olgsoc) ; 2°, M. BnJMC-Delahaye, 
{Polysnc): 3', M. Bodin, à Renn'-s (lllp-et-Vilaine) {Srarifiaiteur) . — Semoirs à toutes graines. — 
1" prix, MM. .Limes-Smyth et fils, ;\ Paris; 2% MM. Robilhird et .Maréchal, à Arr.is (Pas de-i'a- 
lais); 3'. M. Bo 'in. Mention honorable. M. Driinft, à ChâuauUn (Finistère). — Mnchines à faucher 
les prairifs. — \-' pri.x. MM. Osboinc et C'e, â Paris (.System" Kirliy); 2", M. Houdmix, i Laval 
(dite Albion); 3', MM. (ierbouin (Système Samuelson). Mentions très honorables, MM. Rigauit et 
Cie, àPaiis((lite New-Cbampion); lilM. Dmker et Mot, à Paris. (Système Johnstun). Mentions ho- 
norables, M. Ilenou. à AbiUy (liidre-el-Loire) (dite la Tourangelle): M. Bodiii (dite la Bietonne); 
M. Pécart, à Paris (Système Hornsby). — Faneuses à cheval. — 1" prix, .M. Rov, à Nantes Loire- 
Inférieure) (Système Boby); 2*, MM. lligault el Cie (Système Barrett); 3% M. Bodin (Systènae 
Howard). ' 

2' Section. — Estais d'instruments /l'intérieur de ferme. — Alachines h baltie, à manège, piur 
moyennes et petites exploitations. — 1" | rix, M. I.olz, à Nantes 'Loire-lnféneure), 2'. MM. Gerbouin 
frères; 3", M. Fortin, à.Monlereau (^eine-et- Marne). M en tien honorable, .M. Limare, à Fécamp (Seine - 
Inférieure) — Cribles et trieurs. — 1" prix, M. Marot. à Niort (Deux-Sèvres); 2', M. Presson, à 
Bourges (Cher); ô", M. Clert, à Niort (Deux-Sévre.s). — Hache-pdlle, hache-maïs, hache-ajoncs.— 
T'prix, .MM. Gerliouin frères; 2*, M, Gin ier : :r, M. Bodin. Mention honorable, M. Saiary, à 
Ouimperlé (Finistère). — Coupe-racinos et dépulpeurs. — 1" prix, M. Henoii; 2', M. Pressor ; 3*, 
MM. Gerbouin frères. — Pressoirs à vins, ,i cidre pt à hnil". — 1" prix, M. Chapelier, à Ernée 
(May' iinel;2', MM. Budin et Capclb-, à Tours (Indre-et-Loire); 3', M. Fouclier. â Bon<-hainp(Mayenne). 
Mentions honorables, M. Coulange, A And. mille (Wayenn'); M. B'M-son, à Entramnie-s (Mayenne); 
M. Cr.isnier, à S.iinl-Gormaii-le-Fouilloux (Miyenne). — Barattes 1 br.is et à manètre ; usiensiles 
de laiterie. — 1" pr x, M. Chipelier; 2", M, Bertron, à Andouillé (Mayenne); 3', M. Savary. Men- 
tion honorable, M. Stubenrauch, à Laval. 

Concoiir'; d'instrument': non prérus au programme. — Médaille d'or, M. Labbé, à Bourges 



38 CONCOURS RÉGIONAL DE LAVAL. 

(Cher), pour ses essieux et ses roues à boîtes métilliques. — Médailles d'argent, M Sibut aîné, i 
Amiens (S^rame), pour l'ensemble de son exposition de fers à cheval; MM. Kaivre frores, à Nantes 
(Loire-Inlérieure), pour leur pompe à man^iiie; MM. Louet, à Issoudun (In Ire), pour l'ensemble de 
leur ex,iositiun; M. Voitellier, a Mantes (Seine-et-Oise), pour ses couveuses artificielle;: et son 
ovoscope. — ilédailles de brome, U. Guillou.x, à Cuille (Mayenne) , pour son tombereiu; M. DM- 
pinb, à Cliàteau-jontier (Mayenne), pour s°s liens de gerbes; M. Garnier, pour son mani'ge à dis- 
que amortisseur; .M. Brunel, à l.hàleaulin (Finistère), pour son tarare; MM. Texier et tils à Vitré 
(llle-e -Vilaine), pour leurraoulm à farine, avec concasseur. Mention honorable, MM. Bertin et 
fils, à Montereau (?eine-et-Marne), pour leur machine à vapeur, à cylindre oscillant et iiijecteur 
automatique; M. Lherron, à Drest (Finistère), pour sa brouette; M. Pêne, à Paris, pour ses liens 
de gerbes gradués. 

Produits ag^rîcoles et matières utiles à Tagriculture. 

Beurres frais (par mottes de 5 kilog. au moins); fromages frais ou affinés. — Médaille d'or, M. 
Ragot, à Lo idé.ic (Cotes-du- .Nord), pour son lieurre destiné à l'exportation. — M dnllu d'argent, 
M. Douat-Chevalier, à Nantes (Loire-Inferieure), pour ses fromages, façons Brie et Neuf<;hâtel; 
M. Itier, à Ly.in (Rliône) , pour ses fromages, façon Roquefort. — Méd lill-s de bronze, M. Toreau, 
à Laval (iMayemie), pour son beurre frais; M Graland, à Goven (lUe-et-Vi aine), pour son beurre 
demi-sel; M. Fayet, à Veiduu-sur-Meuse (Meuse), pour ses fromages, façon lirie. 

Cidres et poirés. — Médaille de bronze. — M. Kezé, à Beaumont (Mayenne). 

Produits dirers. — Médailles d'or, MM. Darier de Roufdo et Cie, à Marseille (Bouches-du- 
Rhône), pour leurs tourteaux de graine de colon d'Egypte; M. Guichard, à Saint-Pierre-la-Cour 
(Mayenne), pour ses Idés et racines. — Médailles d'argent, M. Mesnard, à Angers (.Maine-et- 
Loire), pour son vm blanc; .M. lîscande, à Toulouse (Haute-Garonu'^), pour ses vins, vinaigre, 
eaus-de-vie et trois-si.x. — Médailles de bronze, M. Bessède fils, h Marseille (Bouches-du-Rliône), 
pour ses huiles et liiueurs diverses; M. Boureau-Guénnière, au Mans (Sarthe), pour son huile à 
graisser, etc.; M. Arbouin, à Lignières-SonueviUe (Cliarente) , pour ses eaux-de-vie. 

CONSTRUCTION DES CHAIS. - III- 

Caves. — Les caves creusées tlaas le sol, soit maçonnées et voûtées, 
soit taillées dans un sol de pierre où de craie compacte, suftisammeat 
résistant pour que les pieds-droits ne s'affaissent pas sous le poids des 
constructions supérieures et taillées en voûte, sont les meilleurs locaux 
pour conserver les vins au frais. 

La nature de ces bancs de craie, de calcaire ou de tuf aggloméré, est 
trop variable, pour pouvoir préciser quelques l'ègles de construction. 

Dans certains pays où le tuf ne présente pas assez de consistance 
pour y creuser des voûtes sous la charge du sol supérieur, on se con- 
tente de construire des voûtes en maçonnerie sur des pieds-droits 
naturels, craie, tuf ou calcaire tendre, pour bénélicicr encore de leur 
fraîcheur naturelle, car, lors(|u elles sont possibles, ces caves doivent 
être préférées pour la régularité de leur température froide; aussi, en 
tous pays, a t-on de bonne heure utilisé les carrières abandonnées. 

A défaut de celles-ci, il faut construire des caves voûtées, 
auxquelles on peut alors donner les dimensions et les proportions 
les meilleures, en les construisant sous les celliers. La surface de la 
cave résulte alors de celles du bâtiment supérieur, et si la hauteur 
est proportionnelle à la largeur des berceaux, n-jus pouvons cependant 
dire que : 

1° ("ette largeur pour les bas-celliers ou premières caves, recevant 
des vins on lûts, doit être réglée d'après la longueur des fûls et la lar- 
geur des passages; or, un fût d'une pièce ayant 1 mètre, les passages 
doivent permettre à un caviste de passer commodément entre les ran- 
gées de fûts en tenant un panier à chaque main, soit 1"'.25 et ce qui, 
pour 4 fûts et deux passages avec les isolements, contre les pieds droits, 
donne une largeur totale de 7 mètres; comme les berceaux de caves 
doivent contenir aussi des vins en bouteilles, et des foudres il est 
préférable, lorsqu'on le peut, de leur donner plus de largeur; les ton- 
neaux sont alors rangés d'après un autre ordre. 

2° Que cette hauteur doit avoir de 3™. 50 à A mètres et plus. 

Comme les travées du cellier, les caves peuvent être simples ou 
doubles et même triples, en assurant la ventilation du berceau milieu. 



CONSTRUCTION DES CHAIS. 39 

Les caves sont préférables à deux étages, pour y avoir les deux de- 
grés de fraîcheur; les premières dites caves tempérées ou bas-celliers; 
les secondes, creusées ou bâties en dessous, forment les caves froides. 

Les unes et les autres doivent de préférence être voûtées en ber- 
ceaux, forme qui facilite la ventilation. Lorsqu'elles sont doubles ou 
trip'es, des passages suffisants doivent être établis entre les berceaux, 
non seulement pour la manutention, mais encore pour le renouvelle- 
ment de l'air par les soupiraux latéraux. 

L'aérage des caves doit se faire par des soupiraux proportionnés à 
leur importance, les uns percés dans les pignons, les autres dans les 
façades lalérales, de préférence au Nord et à l'Est. 

Ces soupiraux doivent être établis, la plupart, au-dessus des tas de 
bouteilles, de faron à enlever suivant les besoins, la chaleur et les 
vapeurs acides qui s'accumulent dans les voûtes; quelques-uns vont 
jusqu'en, bas au dehors. Us doivent pouvoir être hermétiquement fer- 
més par des portes en tôle ou en bois, pour permettre au caviste de 
régler la température de la cave en toutes saisons. 

Les pieds droits et les voûtes, construits avec les matériaux que four- 
nit la contrée, meulières, moellons calcaires ou briques cuites au tas, 
doivent avoir des épaisseurs réglées d'après les calculs des résistances 
du sol dans lequel on a creusé, des matériaux employés, des charges 
à faire porter sur les voûtes et de la portée do celles-ci. 

Si la nature du sol et surtout la hauteur à laquelle on rencontre 
l'eau ne permettent de construire qu'un étage de caves, la voûte doit 
alors être recouverte de 1 mètre de terre végétale ou de remblai de tuf 
pour maintenir la température de la cave au degré de fraîcheur néces- 
saire. 

Mais nous pensons, eu égard aux avantages des caves froides, que 
les constructeurs d'un chai doivent s'ingénier, lorsque l'eau ne se 
rencontre qu'à. 7 mètres, à trouver des combmaisons de largeurs de 
caves et de voûtes pUites pour arrivera avoir ces deux étages. 

Locaux ficcesHoires. — Comme nous l'avons fait remarquer, les gale- 
tas plafonnés au-dessus des celliers sont d'excellents magasins pour 
le dépôt des tonneaux vides, des paniers, corbeilles, etc. 

Les bouteilles vides doivent être rangées dans des magasins à com- 
partiments couverts dits cases à bouteilles, oîi elles sont disposées en 
tas larges, élevés et profonds; aussi les cloisons de séparation doivent- 
elles être construites assez solidement pour résister à une assez grande 
pression lorsqu'une case est vide, les voisines restant boudées, et on 
sait que la forme cylindrique des bouteilles et le glissement du verre 
favorisent leur tassement, surtout lorsipi'il y en a cpii se ronqient sous 
la charge dans les rangées inférieures; les pans de fer et bois, ayant 
leurs montants principaux maintenus par des tendeurs, olîrent l'avan- 
tage d'imo grande résistance avec jk'u d'épaisseur, et celui de parois 
relativeuHMit s(ju|)les sons la conq)ression des bouteilles. 

Nous en avons fait construire ainsi avec succès qui ont jusqu'à 
10 mètres de largeur, jiour une très grande maison d'exportation des 
vins de (Champagne '. 

Les autres dépendances d'un chai : la rincerie, la tonnellerie, etc., 
sont des locaux qui n'offrent pas d'autre particularité que celle d'avoir 
des aires, en bitume ou en portland avec pentes et rigoles d écoule- 

1. MM. Moël et Chandoii à Kpernay, pour les nécessiiés de leur tirage rapide. 



40 CONSTRUCTION DES CHAIS. 

ment pour les eaux sales dans la rincerie, et en bois pour la tonnel- 
lerie. Leurs dimensions sont évidemment facultatives et proportion- 
nelles à celles du chai. Alph. Gosset, 

Archilecte à lieims (Marne). 

PARTIE OFFICIELLE. 

Instruction sur la récolte des céréales dans les années pluvieuses. 

Le ministère de l'agriculture et du commerce (Direction de l'agri- 
culture) publie la notice suivante que nous nous empressons de mettre 
sous les yeux de nos lecteurs : 

>< En présence des pluies continuelles, il a paru utile de rappeler aux cultivateurs 
les procédés les plus e ficaces pour soustraire les céréales à l'influence pernicieuse 
de l'humidité. Ces moyens consistent à disposer les seigles, les blés, les orges ou 
les avoines en dizeaux circulaires ou en moyeiles, au fur et à mesure qu'ils tom- 
bent sous la faucille, la faux, la sape ou la moissonneuse, et alors que leurs tiges 
ne sont pas mouillées. 

« A- Dizeaux circulaires. — Les dizeaux circulaires ou rjerberonsoa rosettes sont 
très faciles à établir. Dès que la mise en gerbe est possible, on dre=se une gerbe 
sur le sol, et on l'entoure de six ou huit gerbes, selon leur grosseur, en ayant 
soin d'éloigner un peu leur pariie intérieure du pied de la gerbe centrale. 

« Il est tiès utile que les gerbes ne soient pas très serrées. Quand les liges sont 
fortement pressées, les eaux pluviales, en cas de grandes orages, résident souvent 
au centre des gerbes pendant plusieurs jours, ce qui nuit à la qualité du grain 
et la paille. 

« Lorsrpie les gerbes ont été ainsi disposées, on couvre leurs épis avec une forte 
gerbe ouverte en forme d'entonnoir est renvei'sée. Ce chapeau protège Inen les 
gerbes contre la pluie et il permet au dizeau de résister aux vents violents. 

& Ce procédé, le plus simple de tous, est mis en pratique avec succès sur un 
grand nombre d'exploitations dans l'Artois, la Picardie et la Flandre, même lors- 
que l'état de l'atmosphère inspire le plus de sécuiiié 

« B. Moi/ct'.fs flamandes. — La moxjNle flamande ou moyette normande, qu'on 
appelle souvent viUoVe, madame ou cavalière, est simple et expéditive. Elle a été 
proposée pour la première fois en 1760, par L. Rose, ancien échevin Se Béthune 
(Pas-de-Calais). Elle fut adoptée avec succès en 1816 dans plusieurs départements. 
Crepel en a répandu l'usage dans les départements de la Seine-Inférieure, de 
l'Eure et du Calvados. Voici comment on l'exécule : 

« A mesure que le blé est.coupé et alors qu'il n'est pas mouillé, on prend unu 
quantité de tiges équivalant à cinq ou six gerbes du poids moyen de 12 kilo- 
grammes environ; on réunit ces tiges par un grand lien de paille à 33 centimètres 
environ au-dessous des épis et ou ouvre ensuite ce faisceau par le bas. afin de lui 
donner du pied et pour faciliter intérieurement la circulation de l'air et la dessic- 
cation des mauvaises herbes. 

a Après avoir terminé ce gros faisceau, que l'on appelle poupée ou bonhomme, 
on le couvre d^vn chapeau formé de deux ou trois fortes brassées de tiges liées le 
plus bas possible. 

K On doit profiter des intermittences de soleil et de pluie, si les tiges et les épis 
ne sont pas parfaitement secs, pour enlever le chapeau et aérer la gerbe qui 
repose sur le sol. 

« Lorsque le moment est arrivé de procéder à la mise en gerbes, on enlève le 
chapeau et on déplace successivement les javelles selon l'ordre suivi pour former 
la raoyette. On doit, aiitant que possil)le, opérer par une belle journée. 

« C. Moi/elles picardes^ — La vinyrue nicardi ow Jiultelolte,moie ou. viV.otle, a été 
imaginée il y a un siècle par Ducarne de Blangy. Elle a été recommandée aux 
agricu leurs, en 1784, par Rozier; en 1802, pa'r'Parmentier; en 1816, par Bosc; 
en 1826, par Mathieu de Dombasle, et en 1855 et 1857, par le ministère de 
l'agriculture. 

« Li's moyetles picardes sont connues dans la Flandre, la Picardie, l'Artois et 
la Normandie; mais on les fait moins rapidement que les moyettes flamandes. 
Voici comment on les exécute : 

« Sur un endroit un peu élevé du champ, on place une javelle repliée sur elle- 
même, de telle sorte que les épis ne reposent pas sur le sol. On peut aussi se 
servir d'une petite gerbe liée au-dessous des épis. 



PARTIE OFFICIELLE. 41 

« Quand cette première javelle a été ainsi placée, on commence la construction 
du meulon. Un ouvrier secondé par trois ou quatre femmes, pose d'abord un pre- 
mier rang de javelles sur celle t[ui a été pliée sur elle-mène vers son milieu, en 
ayant soin de les séparer les unes des autres et de les disposer de manière que 
tous les épis soient au centre. 

« Sur cette première rangée de javelles, il en place une seconde, puis une troi- 
sième et ainsi de suite jusqu'à ce que la paroi circulaire du meulon soit parvenue 
à 1 mètre ou l"'.20. Il est nécessaire, lorsque l'on termine le meulon, de croiser 
assez fortement les épis des deux ou trois dernières rangées. 

« Tous les épis étant réunis au centre, ce point est b<'.aucoup plus élevé que la 
circonférence. I Irésulte de cette disposition que toutes les tiges sont inclinées du 
dedans au dehors. Alors s'il survient des pluies abondantes près la confection de 
la mo3ette, l'eau s'écoule toujours au dehors en suivant l'inclinaison des tiges. 

« On termine la moyctte en la couvrant d'une forte gerbe liée près de son extré- 
mité inférieure et qu'on ouvre en forme d'entonnoir. 

« Si l'on craignait des pluies abondantes et continuelles, on pourrait employer 
une boUe du luni/ue paille pour former le chapeau. Toutefois, comme cette paille 

fieut être soulevée par les vents violents, il laut la maintenir au moyen d'un grand 
ieu ou d'un cerceau fixé à l'aide de quelques épingles de bols. 

« On peut, quand le temps est beau, laisser les raoyettes déiouvertes pendant 
toute la journée et ne les couvrir que vers cinq ou six heures du soir. 

« Ob'iircalions générales. — Les moyettes flamandes ou les moyettes picardes, 
une fois terminées, sont abandonnées à elles-mêmes. Si elles ont été faites 
avec soin, elles résistent très bien à la pluie pendant di.x à vingt jours et même 
davantage. 

a Tuute moyette mal confectionnée ou faite avec des céréales encore humides 
ne préserve pas les grains de toute altération. Celles, au contiaire, qui ont été 
bien faites permettent toujours au gi'ain d'achever sa maturité, d'acquéiir une 
plus belle couleur, d'être mieux nourri, ]ilus coulant à la main et plus pesant. 

« Les dizeaux circulaires bien confectionnés jouissent des mêmes avant^iges. Les 
eaux pluviales ne pénètrent pas les g rbes qui le^ composent parce qu'elles glis- 
sent le long des tiges qui sont fortement inclinées. 

" Ces divers procédés de conservation ne sont pas très coûteux, mais ils exi- 
gent des ouvriers intelligents Ils oat aussi l'avantage de permettre de couper les 
seigles, les blés, les avomes elles orges un p''it prénialurémenl. Les céréales que 
l'on récolte avant leur entière maturité et celles versées qui ont végété inégale- 
ment achèvent toujours de mûrir quand elles ont été convenablement mises en 
moyettes, et leurs grains acquièrent plus de qualité. 

« Dans les circonstances ordinaires, on est forcé, qiland le temps est pluvieux, 
de retourner les ja elles ou de dresser les gerbes debout pour les faire sécher et 
empêcher la germination des grains La mise en moyettes dispense de ces opéra- 
tions, qui augmentent les frais de récolte et cjui diminuent toujours le reniement 
par hectare et la qualité et la valeur commerciale du grain. » 

LES PÉPINIÈRES ANDRÉ LEROY A ANGERS 

I. — Coii^iidéralions ofjrkoles mr les environs d'Angtrs. 

Angers, eliol'-lieu du département de Maine-et-Loire et de l'ancienae 
province d'Anjou est, par sa position géographique, située à 47" 20' de 
latitude nord et à 'i"."),')' de longitude ouest. Elle est bâtie sur les deux 
rives de la Maine, petite rivière Cormée par la réunion delà Mayenne, 
de la Sarthe et du Loir, et qui va se jeter dans la Loire au village de 
la Pointe, après un jjarcours d'une dizaine de kilomètres au sud de 
cette ville. 

Le climat de l'Anjou est des ])lus tempérés : les chaleurs, quoi([uc 
assez fortes dans le courant du mois d'août, s'élèvent rarement 
au dessus de 3'!" centigrades ; en hiver, le thei'inomèlre ne s'abaisse 
guère au-dessous de — 4" à — 5». Mais si les chaleurs et les l'niids 
n'y sont jamais excessifs, en revanche, les pluies légères sont fré- 
quentes, surtout d'octobre en mai, et l'humidité qui en résulte se 
prolonge quelquefois assez longtemps pour que la lignification com- 



ki LES PKPINIKRES ANDRÉ LEROY A ANGERS. 

plète des végétaux ne se fasse pas dans les meilleures conditions. 

La constitution géologique des environs d'Angers appartient presque 
exclusivement à l'époque silurienne de la période dite de transition: 
en quelques points, on trouve les granits des sols primitifs; d'autres 
localités reposent sur les terrains turoniens de la formation crétacée, 
mais outre ces terrains anciens, les alluvions modernes forment les 
vallées des nombreux cours d'eau qui sillonnent la contrée. 

Les premiers de ces dépôts ont donné lieu à des sols argileux, ou 
tout au moins argilo-siliceux; les terrains primitifs ont fourni des 
sols légers, tandis que l'étage turonien ou de la craie tufîau est carac- 
térisé par des sols calcaires ou argilo calcaires. En somme, tous ces 
terrains, sauf les alluvions et quelques calcaires purs, sont d'une 
constitution qui permet aux eaux d'être retenues assez longtemps pen- 
dant les chaleurs de l'été, qualité précieuse pour une culture aussi 
variée que celle de l'Anjou. 

Le département est sillonné par six lignes de chemins de fer qui 

entraînent les denrées agricoles du pays vers la capitale, l'intérieur, 

l'étranger ou les ports de l'Océan, dont il n'est séparé que par celui de 

la Loire-Inférieure. La Loire le traverse dans le sens de sa longueur et 

un nombre considérable de belles routes le parcourent en tous sens. 

La population angevine est essentiellement rurale, probe et labo- 
rieuse, et quoiqu'étant rigoureuse, ses mœurs retlèlent la douceur du 
climat sous lequel elle vit : l'homme des champs aime le foyer 
paternel et il l'agrandit tout en l'améliorant. 

Ce climat, ces terrains, ces voTos de communication, cette popula- 
tion forment un ensemble de facteurs bien combinés pour une pro- 
duction végétale abondante, car la situation agricole qui en résulte 
peut être appropriée à la culture d'un grand nombre de plantes qui, 
tout en exigeant beaucoup de soins, ne peuvent subir sans inconvé- 
nients graves l'intluence des brusques changements de température. 

Nous venons de voir que l'agriculture devait avoir là plus qu'ail- 
leurs des avantages considérables : elle les a, en effet, rien qu'à en 
juger par l'étendue de l'immense jardin potager et fruitier qui entoure 
la capitale de l'Anjou, lequel met sous les yeux du visiteur étranger 
l'image la plus haute de la richesse horticole du pays. 

Parmi tous les produits retirés d'une aussi ricins culture, les uns sont 
consommés sur place, d'autres sont expédiés sur toute l'étendue du 
territoire français et même dans la plupart des contrées civilisées du 
monde. Dans cette dernière catégorie se trouvent les arl)res, arbustes 
et arbrisseaux fruitiers, forestiers ou d'ornement, dont Angers est à 
coup sûr, en France, un des principaux centres de production. 

Les horticulteurs anyevins sont souvent sortis victorieux des luttes 
pacifiques de nos concours, car chez eux science et pratique marchent 
de pair. Qui ne connaît, en effet, au moins de renom, les niagnitiques 
établissements de iVIM. .4ndré Leroy, Louis Leroy, Audusson, Perrault, 
Détriché, Lemoine, etc.? (jter 1(mu's noms, c'est redire leur succès! 

Notre but n'est point de nous étendre en particulier sur chacun de 
ces établissements; nous nous bornerons seulement à décrire le pre- 
mier d'entre eux, parce qu'il a reçu sa plus vigoureuse impulsion de 
la part d'un directeur instruit et zélé dont le monde savant regrettera 
à jamais la perte. 



LES PÉPINIÈRES ANDRÉ LEROY A ANGERS. 43 

II. — Les pépinures A. Leroy. 
Sous les règnes de Louis XIV et de Louis XV, l'horticulture^ jus- 
qu'alors délaissée dans la plupart de nos provinces, devint en honneur 
à la cour. Les savants architectes paysagistes Le Notre, La Quiutinye, 
Dul'resniy, enrichissaient les jardins royaux de végétaux rares alors, 
communs aujourd'hui, venus à grands frais de toiis les pays du monde, 
l^es seigneurs d'abord, les particuliers ensuite suivirent l'exemple 
donné à Versailles, et bientôt chacun eut un jardin de quelques ares 
dans son voisinage. De là, l'heureuse contagion gagna jusqu'aux 
moins favorisés par la fortune; le goût pour la culture des jardins 
s'accroissait sans cesse, et dès lors tout bourgeois voulut avoir des 
arbres qui lui rapporteraient des fruits au bout de quelques années 
afln de jouir plus lût des résultats de son travail. (Turgan.) 

Sous l'influence de ce goût croissant et prononcé pour l'horticul- 
ture, qui était entré dans les mœurs communes en passant par l'ap- 
parat royal, il semble naturel qu'il devait se fonder des maisons 
spéciales destinées à fournir aux amateurs des arbres fruitiers déjà 
grands, c'esl-à-dire créés, élevés, formés. Angers se trouvait admira- 
blement situé pour la culture de ce genre de produit, et un homme qui 
avait compris quels pouvaient en être les avantages, Leroy, songea à 
tirer parti de la situation en créant aux portes de la ville même une 
pépinière que de nos jours on qualifierait de modeste. 

Au commencement du dix-huitième siècle, le bisaïeul de M. André 
Leroy, Pierre Leroy, fonda donc l'établissement actuel. Mais comme 
les relations d'alors étaient peu suivies, que les voies de communica- 
tion faisaient défaut et que, par suite, les besoins étaient involontaire- 
ment réduits, la pépinière ne couvrait, en 1780, qu'une faible surface 
de deux hectares, encore sufûl-elle longtemps à toutes les commandes 
qui lui étaient faites. 

Cependant de nouveaux besoins se faisaient sentir chaque jour da- 
vantage, et c'est à celle dernière époque que remonte la fondation sé- 
rieuse des pépinières dont le chef fut M. Leroy père, de 1 780 à 1 808, et 
Mme veuve Leroy, de 1808 à 1820, date à laquelle une surface de 
quatre beclares était consacrée à l'éducation de jeunes arbres fruitiers 
et forestiers, ainsi qu'à celle des quelques conifères à la mode vers celte 
époque. 

André Leroy, alors âgé de vingt ans, prit en mains la direction des 
pépinières, etquehiues années plus tard, il devait être une des hautes 
sommités de l'horticulture française. Ardent, aimant les sciences et 
par dessus tout la bolani(jue, il noua des relations suivies avec les mai- 
sons les plus importantes, se créa de cette façon des débouchés qui 
devinrent immenses, et ses pépinières s'agrandirent successivement 
par l'adjonction de nouveaux terrains. En 18;50, ses cultures s'éten- 
daient déjà sur une surface de 15 hectares; en 1840, 75 hectares 
étaient plantés eu arbres de toute nature, et sept années plus tard, 
108 hectares étaient couverts par les produits de l'illustre manufac- 
turier. 

M. Leroy avait senti la nécessité de puiser d'utiles enseignements 
là où il pouvait es[)érer de les rencontrer, et c'est uniquement dans ce 
but qu'il visita à plusieurs reprises les plus beaux établissements hor- 
ticoles d Europe, d'où il rapportait chaciue fois de nouveaux j)rocédé3 
de culture qu'il s'empressait de mettre en pratique dans l'intérêt de 



44 LES PÉPI^^ÎÈMJS ANDRÉ LEROY A ANGERS. 

tous. Dans les intervalles- de- s^ voyages il' s'occupait soit de science 
pure, soit à des tracés de jardins paysagers, art dacis lequel il excel- 
lait, — car on estime à douze cents le nombre de ceux qu'il a installés 
sur presque tous les points de la France, mais plus particulièrement 
dans rOuest. — Cependant, vers 1840, il dut cesser ces travaux no>- 
mades pour ne s'occuper que de sa maison dont les relations deve- 
naient de plus en plus considérables, et qui exigeait à sa tète la 
présence continuelle d'un directeur habile. 

Quoique renommé déjà dans l'Europe entière. Mi teroy voulait faire 
franchir l'Atlantique aux arbres les plus divers qu'il' produisait sur 
une si grande échelle. Il était à peu près convaincu qu'il réussirait 
dans son entreprise, car les Américains s'approvisionnaient en Angle^ 
terre, pays où- les marchandises françaises de ce genre passaient eu 
transit pour gagner le Nouveau Monde, de sorte qu'en expédiant direc- 
tement à New York il dégrevait le consommateur de tous les frais faits 
par des intermédiaires. 

Sur sa demande, des lettres de recommandation furent adressées 
par le ministre des affaires étrangères à nos consuls de l'Amérique du 
Nord, et M. Leroy confia ces lettres de créance à un de ses auxiliaires 
les plus dévoués, M. Baptiste Desportes, aujourd'hui chef de la comp»- 
tabilité de son importante maison. A la suite de ce voyage, la voie 
était frayée et les portes des Etats-Unis furent ouvertes au bel établis*- 
sement d'Angers. Un représentant de commerce reçoit maintenant à 
New York les nombreuses demandes des clients : celles-ci sont transi- 
mises en France, et on y expédie aussitôt les végétaux ligneux qui 
font l'objet de ces commandes. 

De nouveaux besoins se faisaient progressivement sentir^ et' André 
Leroy agrandissait toujours l'étendue de ses belles pépinières qui, en 
18G3, avaient atteint une superficie de près de cent soixante-dix hec- 
tares. 

{La suite prochainement) F. Bréhtîuet, 

• stagiaire à l'*li:coie nationale' cl'ai^ricuiture do Montpelliap; 

LES FOURRAGES EN MOYETTES '• 

La mise en moyettes des céréales, dans les années pluvieuses, aus- 
sitôt après la fauchaison, est devenue une opération courante de l'a 
pratique agricole éclairée de notre pays. C'est que, en effet, l'expéri- 
mentation, qui est la règle et la base de la science, a établi depuis 
longtemps déjà que les céréales, coupées un peu en vert et disposées 
en moyeltes, se conservent longtemps dans celte situation, à l'abri de 
l'eau, qu'elles y mûrissent leurs graines et leurs pailles. 

Les beaux Mémoires de M. Isidore Pierre, sur les développements 
du blé et du colza, démontrent clairement la migration, à un certain 
moment, de la végétation, de l'acide phosphorique et des principes 
azotés. Ces principes, d'abord existants dans tous les oi'ganes, émi- 
grent un peu avant maturité complète aux sommités des axes lloraux, 
et on peut ainsi couper en vert et avant maturation sans porter aucun 
trouble à cet acte physiologique. 

ftlais ce que nous voyons pour la maturation et la conservation des 
céréales en moyettes, nous l'observons incidemment pour les fourrages 
qui se trouvent mélangés avec elles, qu'il s'agisse de léguminenses on 
de graminées. 

s? „ 

1. Nute piésentte à la Société nationale d'-igricuUure dé KrâiiCéi "" 



LES FOURRAGES EN MOYETTBS. 45 

Combien n'y a-t-il pas d'agriculteurs, en effet, qui aient mis en 
moyettes, par des temps incertains, des céréales mélangées avec des 
fourrages, et qui aient constaté, à leur grande satisfaction, que 
fourrages et céréales mûrissaient bien et se conservaient longtemps 
dans cette situation. Pourquoi alors les fourrages qui mûrissent et se 
conservent avec les céréales ne mûriraiettl-ik pas et ne se conserve- 
raient ils pas seuls en moyettes? 

Si les lois de la maturation et de la conservation des plantes her- 
bacées sont exactes dans un cas, elles doivent se vérifier dans l'autre. 

Il m'a été donné de voir récemment qu'il en était ainsi. Des four- 
rages artificiels (trèfle et luzerne), déposés en moyettes depuis huit 
jours, alternativement pluvieux et secs, ont donné, chez l'habile agri- 
culteur du canton de Patay, M. Charles Lefèvre, un foin parfaitement 
fait, à couleur verte passant au brun et à odeur très aromatique. La 
partie extérieure de la moyette avait bien été blanchie un j)eu sous 
l'action des pluies ; mais mélangée à l'ensemble, elle n'en altère nulle- 
ment la qualité. Cette expérience est également faite, à Chevilly, chez 
l'honorable président du Comice d'Orléans, M. Jules Darblay. 

M. Lefèvre emploie deux femmes à la construction d'une moyette de 
fourrage qui a lieu à l'aide de deux fortes brassées représentant un 
poids de 50 kilog. environ. 

Ces deux brassées de fourrage vert sont placées à côté l'une de 
l'autre dans une position un peu oblique à la verticale, les inflores- 
cences en haut, de manière à former un volume conique reposant sur 
le sol par sa base et attaché à son sommet par un lien du même four- 
rage. 

Le travail se fait en trois temps. Dans le premier temps, les deux 
femmes ramassent simultanément le fourrage vert sur î'andin, qui 
vient de tomber sous l'action de la faux. 

Dans le deuxième temps, les deux brassées sont portées sur un 
point commun et libre de I'andin et redressées dans la position dé- 
crite. 

Dans le troisième temps, enfin, l'une des femmes tient la moyette 
dans la dite position pendant que l'autre fabrique un lien avec le four- 
rage et l'attache à son sommet. 

La déj)ense, à l'hectare, est de 7 fr. environ, tandis que le fanage 
ordinaire revient à 12 fr. 

Conclusions. En résumé, le fourrage vert peut être transformé en 
foin par un temps pluvieux à l'aide de la moyette; et cette transforma- 
tion a lieu plus sûrement et plus économiquement que par le procédé 
de la fenaison ordinaire. Cette pratique de la moyette, déjà connue, 
doit être signalée de nouveau à l'altention di's liomiues de progrès 
pour être propagée dans les années humides, comme l'année 1879. 

J. DrPLESSis, 

Professeur d'agriculture du Loiret. 

SOCIRTË NATIONALE D'AGRICULTURE DE FRANCE. 

>>éancc du 2 juillet 1879. — PrcsiJence de M. CfievrcuL 
M. Barrai, retenu au concours internalional de Londres par ses 
fonctions de membre du jury, s'excuse de ne pouvoir assister à la 
séance. .M. Vielur Horie, vice-secrétaire, dépouille la correspondance. 
M. Chambrelent, récemment élu, écrit à la Société pour lui adres- 
ser ses rcmercîments. 



45 SOCIÉTÉ NATIONALE D'AGRICULTURE DE FRANCE. 

M. Léo.d'Ounous, correspondant de la Société, envoie une notice 
nécrologique sur M. Lefèvre, correspondant récemment décédé, et dont 
la mort a été annoncée dans la précédente séance. 

M. le ministre de l'agriculture et du commerce envoie une notice 
qu'il vient de faire publier sur la récolte des céréales dans les années 
pluvieuses. Cette instruction est insérée dans ce numéro. 

M. Duplessis, professeur d'agriculture du département du Loiret, 
envoie une note sur les fourrages en moyettes. Cette note est publiée 
plus haut (p. 44). A cette occasion, M. Gayot donne quelques détails 
sur les procédés qu'il a employés autrefois à Pompadour, puui' obtenir 
la conservation des fourrages récollés humides, et M. Chevreul présente 
quelques observations sur l'importance que présente, dans l'observa- 
tion des faits agricoles l'application de la méthode expérimentale. 

M. Pierre Méheust envoie une lettre relative au partage et à la mise 
en valeur des terres vaines et vaijfues en Bretagne, llenvoi à la Section 
d économie, le statistique et de législation agricoles. 

RDI. Thannaron, de Longuemar, de Boullenois, Monseignat, Bou- 
dy, d'Hombres, Legoyl, liecquel d'Orval, Malo, Lacour, Jeannin, 
Bonnemaison, Le Sénéchal, envoient leurs réponses à l'enquête ou- 
verte par la Société sur la situation de l'agriculture. Renvoi à la 
Commission spéciale. 

M. Bardoux, président de l'Association française pour l'avancement 
des sciences, invite la Société à se faire représentera la huitième ses- 
sion qui se tiendra à Rlontpellier, à la un du mois d'août. M. Barrai, 
qui est président de la Section d'agronomie de l'Association, est dési- 
gné pour représenter la Société. 

M. Gayot présente les observations faites par la Section d'économie 
des animaux au programme des concours ouverts par la Société et 
des prix à décerner. La Section propose de maintenir la plupart des 
anciens concours, et d'en ajouter deux, l'un sur les agents les plils 
propres à cautériser les plaies virulentes et les plaies venimeuses : 
l'autre sur les causes, la nature et les traitements de la maladie du 
porc connue sous le nom de rouget. Les conclusions proposées par la 
Section sont adoptées. 

M. Victor Borie donne lecture, au nom de la Section d'économie, 
de statistique et de législation agricoles, d'un rapport sur la note pré- 
sentée par M. d'Esterno, dans une séance précédente, sur les modifica- 
tions à introduire dans la législation du bail à cheptel. La Section 
propose que la note de M. d'Esterno et le rapport soient renvoyés à 
M. le ministre de l'agriculture, en le priant de les transmettre à la 
Commission du Crédit rural au Sénat. Ces conclusions sont adoptées. 

Henry Sagnier. 

REVIE COMMERCIALE ET PRIX-COURANT DES DENRÉES AGRICOLES 

(5 JUILLET 1879). 

]. — Situation générale. 

Les transactions sont calmes sur le plus grand nombre des denrées agricoles. 
Les ventes sont toujours peu importantes sur la plupart des marchés. Quant aux 
cours, ils demeurent à peu près sans changements. 

II. — Les çjrains et les farines. 

Les tableaux suivants résument les cours des céréales, par QUINTAL MÉTRIQUE, 
sur les principaux marchés de la France et de l'étranger : 



DENRÉES AGRirOLES (5 JUILLET 18791. 



47 



I" HÉOION. — NOBD-Ol'EST. 

Blé. Seigle. Orge. 

fr, fr. fr. 

Calvados. Usieax 27.2b 19.00 21.00 

— Orbec 27.00 » 2100 

Côtet-du-Nord Lannion. 26.25 » 17.23 

— Treguier 2S.7S 21.00 16.75 

Finw(ère. Landerneau.. 28.00 f6.50 21.00 

— Morlaix 26.00 17.25 17. CO 

JUe-el-Vilaine. Rennes. 25.50 » 15.00 

— Sainl-Malo 26.50 » 16.25 

J/anc/te. Avranches.... 29.25 ■ » 

— Pontorson 29.00 • » 

— Villedleu 32.50 22.00 21.00 

A/ayenne. Laval 26.50 » 16-25 

— Cbiteau-Gonlier.. 25.75 » 18.00 
Morbihan. Hennebonl. . 26.00 22.00 » 
Orne. Montagne 27.25 19.00 20.50 

— Viraoutiers 26.00 • 21.00 

Sarlhe. Le Mans 27.25 18.50 16.00 

— Mamers 29.25 • 20 00 

Prix moyens 27.28 19.41 18.53 

2« RÉGION. — NORD. 

^t<n<. Soissons 25.46 16.40 • 

— Sl-Quenlin 27.00 17.00 » 

— Villers CoUerets.. 25.75 17.25 » 
Bure. Bernay 25.00 17.50 20 00 

— Concbes 24.75 » 20.25 

— Neubourg 24.75 16.00 19.50 

Eure-et-Loir. Chartres. 26.50 » 17.00 

— Auneau 27 00 17.25 19.25 

— Nogent-le-Rotrou. 28.25 • 20.95 
Nord. Cambrai 27.75 16. 50 » 

— Douai 26.50 18.00 21.00 

— Valenciennes 28.25 18.00 21.75 

Oise. Beauvais 24.50 17.00 18.50 

— Conipiègne 26.25 16.75 » 

— Noyon 26.00 16.75 ■ 

Pas-de-Calms. Arras,.. 28.50 18.00 21.25 

— Saint-Omer 27.75 17.50 19. S5 

Seine. Paris 27 50 17.75 19 50 

S.-et-Marne. Dammartin 25.25 16 50 18 50 

— Nemours 27.25 18.00 >> 

— Provins 26.75 16.25 18.00 

S.-e/-Oise. Angerville .. 26.50 >> » 

— Poiitoi^e 25.00 17.50 1900 

— Versailles 25 50 • » 

Seinc-/H/er(eure. Rûueo 24.65 15.50 21. 00 

— Dieppe 26.80 » M 

— Fecamp 25.50 16.25 16.50 

Somme. Abbeville 24.75 16.00 » 

— Péronne 26.25 » 19.50 

— Roye 25.00 17.00 19.25 

Prii moyens 26.17 16.93 19.47 

3« RÉGION. — NORII-esT. 

Ardennei Vouziers 26.50 16.50 18.75 

Aube. Bar-siir-.^ube. . . . 26 25 » 19.00 

— Nogenl-sur-Seine. 26.25 » » 

— Mery-sur-Seiue... 28.25 18.00 18.50 
ifarne. Chillons 26 50 17.50 20.00 

— Epernay 27 00 15.50 19.00 

— Reims 26.75 17 00 19.50 

— Ste-Menehould. .. 27.50 17.25 20.00 
Hte-Mame. Roiirhonne. 27.75 « s 
Jtfeurl.-eli1/()Ke/(e. Nancy 27.75 17.25 18.50 

— LiinéviUe 28.50 17.50 18.25 

— Pont à-Mousson.. 27.00 18.00 20.00 
Meuse. Bar-lc-Duc 27.50 18.00 18 00 

— Verdun 27.75 17.50 19.25 

//oule-Soonc. Vesoul.. . 28.00 19.25 19 50 

— Gray 27.7.5 18. 00 >. 

Kojge*. Mirecourt 28.00 » » 

— Rambervillers... . 29.25 » n 

Prix moyens 27.34 17.48 19.09 

«• RÉGION. — OUEST. 

Charente. Angoulcme.. 29.50 21 00 » 

-.— RufTec 30. 00 21.00 21.50 

Charerxte-li^rer Marans. 26.00 > 18 00 

Deuj;-Sét>rc». Niort 27.25 ■ 20 50 

Indre-el-i.oire. Tours.. 27.25 17.50 18.25 

— Ç'*''^ 36.75 17.25 18.00 

— Châiean-llcnault. 26.75 17.00 20.00 
toire-M/crieurc Nantes 26.50 19 50 19 50 
A/.cl-/,oirf. Saumur. .. 26 50 19.00 2000 
Vendée. Luçon 26.25 > 18 00 

— Fonlenay 26 00 . 19.00 

l'iennf. Chillellerault.. 20.25 19.25 18.75 

,,— Poitiers 26.75 17.20 20 00 

Haule-Vienne. Limoges 22.75 20.50 » 

Prix moyen» 26. a? 18.92 19.29 



AToine. 

fr. 

24.00 
20 ■ 00 
17 75 
16.75 
20.00 
17.50 
18.50 
17.50 



24.50 
21.00 
22 . 00 
21.25 
20.75 
24 50 
22.25 
21.00 

20.58 



19.50 
20.00 
19.50 
18.50 
20.00 
20 50 
19 25 
20.00 
15.00 
19 00 
18. 
19.00 
20.75 
18.50 
16.75 
17.50 
17.00 
19 50 

18.82 



24 . 00 
20.70 
20.00 
20.00 
20.50 
18.50 
18.75 
21.70 
21.00 

s 
17.25 
19. 50 
20 50 
30.00 
20.18 



5" REGION. — CENTRE. 

Blé. Seigle. Orge. 

fr. fr. fr. 

Allier. Moulins 28 25 18.25 19.50 

— Wontlu^^oa 26.50 17.50 n 

— Gannat 26.50 » 20.25 

Cher. Bouriies 26.25 18.75 20 00 

— Graçay 26.50 19.00 21.00 

— Auliigny 27.50 18.50 18.50 

Creitse. Animsson 26.00 17.75 » 

Indre, Chilleauroux.. . . 26.00 18 50 19.00 

— ^ Issoudlin 26 75 » 19.00 

— Valençay 26.25 19 00 20.50 

Loiret. Orléans 25.75 17.00 17.00 

— Montargis 27.25 19.50 19.00 

— Patay 26.50 » 13.00 

/,oir-e/-C7iei'. Blois 26.75 18 50 19.75 

— Montoire 27 00 20.00 20.50 

Nièvre. Nevers 28.00 20.00 » 

— La Charité 26.58 20.50 21.50 

Vonne. Brienon 27 75 18.00 19.50 

— Joigny 27-00 » 19.25 

— St-Florentin 27 50 17.25 19.50 

Prix moyens 26 82 19.52 19.52 

6" RÉGION. — EST. 

Ain. Bourg 30.75 19.50 » 

— Pont-de-Vaux .. 29 Ou 19.25 » 
Câle-d'Or Dijon 27 00 » 21.00 

— Seinur 25.50 » " 

Doubs. Besançon 28 25 » » 

Isère. Grenoble 26 50 19 jO ir 

— Bourgoin 27. Oi 19.00 » 

Jura. Dôie 27.75 18.25 18.50 

Loire. St-F.tienne 32 0' 20.00 « 

K-rfe-Do?ne Clermont-F. 29.25 19.25 » 

fihône. Lyon 27.00 » » 

Sadiie-e(-Z.oire. Chalon.. 30.50 18.75 18.50 

— Loilhans 29.75 19.25 20.50 

Sai'oj'e. Chambery 30 50 20.90 " 

Hte-Savoie. Annecy 29.25 ■ » 

Prix moyens 28.67 19.36 19.62 

7" RÉGION. — SrD-OCEST. 

Arieqe. Pamiers 29.75 19.50 ■ 

Dordogne Bergerac..., 29 50 21.50 • 

y/^e-tJaraime. Toulouse. 28.50 18.25 19.50 

— Villefrancbe Laur. 29.50 20.00 18.50 
Gers. Condom 29.50 » » 

— Eaijze 31.00 » » 

— Mirande 2'. 50 » » 

Oironde. Bordeaux.... 28 00 19.25 • 

— La Réûle 30.00 20.25 » 

Landes. Dax 30.25 20.50 ■ 

Lot-et-Garonne. Agen. . 28.25 21.00 » 

— Nerac 29 50 » » 

B. -Pyrénées. B^yonne. . 29.50 19.50 20.00 

Ules-Pyréntes. Tarbes. 29 25 19.25 » 

Pri.\ moyens 29.35 19.90 19.33 

8" RÉGION. — SUD. 

Aude. Casteinaudary... 29.00 20 50 20.25 

Avfyron. Rodez 29.75 20. 2i » 

Cantal. Mauriac 31.35 30.55 » 

Corrt:e. Luberzac .30. 25 18.50 19.25 

//^^o^i^ Beziers 28.50 a » 

— Montpellier 29.00 » 18 25 

io(. Vayrac 29.50 • » 

Lozère. Mende 30.15 25.15 24.20 

— Marvejols 27.10 21.95 » 

— Florac 26.80 30.40 20.40 

/'yr('iii?cs-Or. Perpignan 28 60 21.20 23.00 

Tarn. Aibi 30.00 21 00 19.75 

ïui'ii-cMiar. Monlauban 28.25 19.50 20.25 

Prix moyens 29.09 21.90 20.09 

9" RÉGION. — SUD-KST. 

Rasses-Alpes Manosque 30.85 » • 

IIa\Ues-/\lpes. Briançon 30.30 19.80 19.60 

AlpeS'MaritimesC'.innes 30.50 19.25 19 50 

Ardcche. Privas 28.85 20.15 19.60 

U.-du-Klione. Marseille 27.75 » 17.00 

Ordme. Romans 27.50 15.50 » 

Onrd. Nimes 30 00 » 20.50 

Ilaute-Lnire. Le Puy... 27.75 21.00 22.00 

l'ar. Drayuigiian 31.00 o « 

Vaucluse. Carpentras.. 27.50 » 22.00 

Prix moyens 2920 19.14 20.03 

Moy. de toute la France 27.87 19.07 19.51 

— de 11 semaine prcced. 27.96 19.04 19 .15 

Sur la se Tiaine ^Hausse. » 03 0.16 

précédente.. (Baisse. 0.09 • • 



Aveioe. 

fr. 

20.00 

20.50 
19.75 
19.00 
17.50 
17.50 
18.00 
19.50 
19.00 
17.50 
19.00 
19.50 
18.50 
20.50 
19.00 
21.00 
17.25 
19.75 
18.50 
19.25 

19.02 



20.00 

18 25 
17.50 
18 50 
20 00 

20 50 
18.75 

21 .00 
20.25 
19.75 
19.00 
20.00 

30.00 



20.25 
21.50 
21.50 

20.50 

22 . 50 
23.50 
20.50 



22.00 
23 00 
19.25 
20.00 

21.32 



20.00 
27.90 
20.00 
21 75 
19.00 
20.25 
22.75 

17.40 
25.55 
21.25 
21.50 

21.58 



20 


00 


20 


75 


19 


25 


20 


80 


16 


75 


21 


25 


19 


50 


18 


50 






19 


00 


19 


53 


19 


99 


19 


96 



*.•! 



48 REVUE COMMERCIALE ET PRIX-GOUiUNTS 

Blé. Seigle, Orge. Avoine, 

fr. fr. fr. fr. 

,, , . ., (Blé tendre. 24.60 » » . 

Algérie. A'g'^'' • j _ dur.... 23 bO . 14.75 15 00 

Angleterre. Londres 27 75 » 19.:-0 1'I.2d 

Belgit^ue. Anvers.,,... 25.25 16.25 17 75 Iri 50 

— Bruxelles 26 35 17.75 • . 

_ Liège 26.25 18.90 21.00 18.60 

_ Naiiiur 26.00 17.25 21.00 18.00 

PayS'Ilas. Amsterdam 24.25 15 ;10 ■ • 

l.uxtmbi'urg. Liixoinbour^g 2650 20 00 » 18 25 

Alsace Lorraine. Mulhouse 27.25 18 50 » 19.75 

_ Sirasbijurg 27.00 19 25 21.50 18.25 

_ Colmar 28 00 18-85 19 50 17.00 

Allemagne. Berlin 23 00 14.50 

_ Cologne 25.60 17 £0 • 18.10 

_ Hambourg 23 00 14 25 

Suisse, Genève 2«.50 ■> - 21.50 

_ Zurich 28.25 • 

Italie. MLlan -29.25 2150 .• 19 00 

Autriclxe. Vienne 21.95 14.75 • 12 90 

Hongrie. Buda-Pesth.. 21.. 50 » • 12.25 

Hussie. Saint-Pétersbmrg... 21.30 12.40 " 12.4;0 

Etats-Unis. New York 22.60 » 

gl^s_ — Le temps est toujours inconstant; de nombreu.\ orages sont constatés 
dans un crand nombre de dt'partements; on signale aussi des ravages causés par 
la grêle. Mais ces derniers sont généralement locaux. Les nouvelles des blés en 
terre sont toujours assez contradictoires : ici bonne apparence, plus loin circon- 
.«tances moins favorables. La moisson est commencée dans le midi de la France; 
iles cultivateurs y paraissent généralement satisfaits, surtout dans k Provence. — 
A la halle de Paris, le mercredi 2 juillet, la situation a été à peu près la même 
que la semaine précédente; les cultivateurs du rayon ne faisaient que des offres , 
■•restreintes. La meunerie se refusait d'ailleurs à acheter plus cher que la semaine 
(précédente. On cotait de -26 à 2^ fr. par 100 kilog. suivant les quahtés. Le prix 
moyen est resté fixé à 27 fr. 50 par luu kilog , comme le merciedi précédent. Au 
Tuarché des blés à livrer, on payait par 100 kilog., suivant les qualités : courant 
du mois, 26 fr. 75; août, 26 fr. 75 à ^7 fr.; quatre derniers mois, 27 fr. à 27 fr. 25; 
quatre derniers mois de novembre, 27 fr. 26. — Au Havre, il y a eu, pendant cette 
semaine, quelques affaires à des prix assez fermes pour le^ blés. On tote les blés 
américains de z6 fr. à -27 fr. 25 par lOu kilog., suivant les sories. A AlarseiUe, les 
arrivages ont atteint, durant cette semaine, 2m2,0U>i hectolitres; les transactions 
sont restreintes; les cours se maintiennent avec peine. Au dernier jour, on cotait 
par 100 kilog.: Pologne, 25 fr. 50 à 26 fr. 75; Irka, Nicolaïeff, 24 fr. : à 25 fr.; 
frka, Odessa, 24 à 25 fr.; Michigan, 28 fr. à 28 fr. 50; Azotïdurs, 26 à 28 fr. — 
A Londres, l-s arrivages de blés étrangers, durant la semaine dernière, ont dépassé 
165,483 quintaux métriques II y a une grande fermeté dans les prix. Les cours 
s'établissent, suivant les sortes, de 26 fr. 50 à 29 fr. 15 par 100 kilog., suivantles 
qualités et les provenances. 

Faiines. — Nous ne pouvons que répéter notre appréciation de la semaine der- 
nière. Les affaires sont très calmes sur les diverses sortes de farines, et les cours 
demeurent sans changements sensibles. -— Pour les farines de consommation, on 
cotait à la halle de Paris, le mercredi 2 juillet : marque D. 60 fr.; mare(ues de 
choix, 60 à 62 fr.; bonnes maïques, 58 à 59 fr ; sortes ordinaires et courantes, 
56 à 57 h'.; le tout par sac de 1.^9 kilog. toile à lendre, ou 157 kilog net, ce qui 
correspond aux cours extrêmes de 35 fr. 65 à 39 fr. 50 par 100 kilog., ou en 
moyenne 37 fr. 55, exactement comme le mercredi précédent. — Les cours sont 
un peu plus faibles que la semaine précédente pour les farines de spéculation. On 
cotait, à Paris, le mercredi 2 juilletau soir : farines huU-manjues, courant du mois, 
59 fr. à 59 fr. 25; août, 59 fr. 50; quatre derniers mois, 60 fr. 25; farines supé- 
rieures, courant du mois, 5b fr. 75; août, 57 fr.; quatre derniers mois, 57 fr. 75; 
quatre mois de novembre, 58 fr.; le tout par sac de 159 kilog , toile perdue, ou 
157 kUog. net. — La cote officielle en disponible a été établie comme il suit, pour 
chacundes jours de la semaine, par sac de 157 kilog. net : 

Dates (juin-juillet) 26 27 2â 30 1" 2 

g Farines huit-marques .59.62 59.25 59.25 59.00 59.25 59.15 

— supérieures 57.25 57,00 57.00 57.00 56.85 56.75 

Le prix moyen a été pour les farines huit-marques, de 59 fr. 25 et pour les la- 



DES DENRÉES AGRICOLES (5 JUILLET 1879). 49 

rines supérieures, de 57 fr.; ce qui correspond aux couis de 37 fr. 80 et de 36 fr. 30 
par lUO kilog., c'est une hausse de 20 centimes pour les premières d<>puis huit 
iour>-, sans changements de prix pour les secondes. — Pour les farines de gruaux, 
on cote à Paris, de kb à 32 l'r. par 100 kilog-.; et pour les farines deuxièmes de- 
28 ù 32 fr. 

Sevjli'S. — Les demandes sont toujours peu importantes', et les cours varient 
peu pour les diverses sortes. On payait à la halle de Paris de 17 fr. 50 à 18 fr; 
par 100 kilog. Quant aux farines, elles sont payées, en baisse, de 25 à 26 Ir. par 
quintal métrique. 

Orges. — Les ventes sont à peu près nuHes'à la' halle dëParis; ef les prix sont 
en baisse. On cote de 19 à 20 fr. par 100 kilog. suivant lessortes: — Les escour- 
geons sont vendus aux' prix de- 20 à 21' fr. par quintal métrique. — A Londres, 
les arrivages d'orges étrangères sont très- peu importants ; les cours demeurent 
sans changements; on paye' de 19' à 20' fr. 50 par quintal métrique, suivant les 
sortes. 

\lalt, — Les affaires sont très restreintes; les prix ne varient pas beaucoiq]. On 
paye à Paris les malts d'orge, de 31 à 35 fr. par 100 kilog. : ceux d'escourgeon, 
de. 32 à 34 fr. 

Avoi' es — Les cours varient peu à la halle de Paris; les cours des diverses 
sortes demeurent sans changements. On cote suivant les qualités, de 19 à -21 fr. 25 
par 100 kilog. — A Londres, les importations d'avoines étrangères ont été assez 
importantes durant la semaine dernière; on cotait de 17 fr. 50 à 20 fr 60 par 
100 kilog., suivant les sortes. 

Sarradn. — Les ]jrix sont assez fermes à la halle de Paris, de 17 fr. 50 à 
17 fr. 75 par 100 kilog. pour les sarrasins de Bretagne. 

]iT,iis. — Sur les marchés du Midi, les prix se maintiennent de 18 à 21 fr. par 
quintal métrique, suivant les qualités et les marcliés. Au Havre, on paye les maïs 
américains 12 fr. 50 à 14 fr. par quintal métrique. 

Issues. — Les affaires sont assez difliciles, et les prix varient peu. On cote par 
100 kilog. à la halle de Paris : gros son seul, 13 fr. 75 à 14 fr.; son trois cases, 
12 fr 50 à 13 fr. 50; recoupettes, 12.fr. à 12 fr. 50; remoulages bis, 12 à 14 fr.; 
remûulages blancs, 13 à 18 fr. 

III. — Vins,, spinlueux, vinaigres, cidres. 
Vins. — La situation ne s'est pas sensiblement modifiée Le Midi est satisfait,' 
la floraison s'est passée dans d'excellentes conditions, il n'y a un peu de coulure 
que scw les aramons, et la coulure de ce plan, ne saurait en rien diminuer la 
quantité de la récolte. Le Bordelais est en pleine lloraison et on espère que tout se 
passera à souhait; les chaleurs actuelles ont si ' bien activé la végétation, que la 
vigne qui accusait, il y a à peine deux semaines, un mois de retard, n'accuse ]]las 
aujourtl liui que quinze jours. Dans l'Est : Beaujolais, Maçonnais, Jura, Haute- 
Bourgogne, la vigne est en fleurs, et à moins d'accidents imprévus, on espère que 
tout se passera au mieux des intéiêts de tous. L'Orléanais, le Cher, la Touraine, 
le Centre enfin, ne se plaint pas, encore huit jours la floraisou sera close et il faut 
l'espéi'er sans coulure. I-ies Ctiarentes, seules, font ombre dans ce riant tabbau : 
On se plaint non seulement du phylloxéra, mais encore du mauvais temps, des 
suites des gelées hivernales et piintanières. S'il fallait écouter les pessimistes, les 
deux Cliareiites ne feraient pas celte année deux raillions d'hectolitres; espérons 
que ces )irophèle8 de malheur appartiennent à la grande société du doigt dans 
1 œil, ([ui compte toujours un nombre considérabU^ d'adhérents. Brrcy et l'Entre- 
pôt de Pans se plaignant également : on ne fait pas d'affaires. L'an dernier, di -on, 
à la même époque, c'est-à dire à la veille et pendant le |)remier mois de rex])osi- 
tion, la vente marchait activement. Aujourd'hui les transactions sont quasi nulles. 
En répon.'-eà ces doléances nous répondrons par des chilfres statistii|ues. En 1878, 
année d'exposition, pendant les cinq premiers m' is, il est entré dans Paris, 
l,76-i,03') liectohtres 47 litres de vins en cercles et en b')uteilles; en 1^79 il en 
est entré : 1,776,149 hectJolitres 68 litres. Soit en' faveur des cinq premiers mois 
Je 18"9, 14,114 heitolitres 21 litres. Les prix se maintiennent fermes, mais sans 
changements, malgré les bonnes apparences de la récolte. Gela s'ex])li((ue : les 
vendanges dernières ont été faibles, la consom nation n a pas faibli, par suite le 
stock est excessivement restreint, et nous avons ([uatre à cinq mois à attendre, 
a'vant qu'une seule pièce de vin paisse être livrée à la consommation. Dans notre 
prochain bulletin, nous donnerons une cote détaillée. 

Spiritueux. — A mesure que les acheteurs se iont rares, à mesure les ven- 



50 REVUE COMMERCIALE ET PRIX-COURANTS 

deurs deviennent plus nombreux. Il y a une dizaine de jours, on craignait la 
continuation du mauvais temps, par suite les cours avaient uae certaine fermeté. 
Actuellement on paraît plus rassuré, au sujet de l'avenir de la vigne et de la bet- 
terave. Ainsi, de 53 fr. 50 que valait le 3/o bon goût, le cours, à la fin de la 
même semaine, était descendu à 53 francs. Le stock, à Paris, est actuellement de 
9,775 pipes contre lu, 360 l'an dernier. Le marché de Lille est également très 
calme; le AJidi continue à rester sans variati m. Cette, Nîmes, Béziers, Pé- 
zenas, etc., restent stationnaires aux prix précédents. — A Paris, on cote 3/6 bet- 
terave, 1" qualité, iiO degrés, disponible 153 fr., julllet-aoùt 53fr. 50 ; quatre der- 
niers 54 fr.; quatre premiers mois 1880, 54 fr. 

Vinaigres. Les vinaigres comme les vins sont sans variations. Il en est enlré 
pendant le mois de mai dans Paris : 3,360 hectolitres. 

Cidres. — Rien de nouveau sur cet article. Il en est entré dans Paris, pendant 
le mois de mai dernier, 6,257 hectolitres 33 litres. 

IV. — Sucres. — Mélasses. — Fécules. — Glucoses. — Amidons. — Houblons. 

Sucres. — Les ventes sont toujours difficiles pour la plupart des sortes. Les 
offres sont d'ailleurs pei) importantes, principalement pour les sucres bruts. On cote 
à Paris par 100 kilog., pour les sucres bruts 88 degrés saccliarimétriques : n"^ 10 
à 13, 4b fr. 50 à :8 fr. 75; n°* 7 à 9, 54 fr. 75 à 55 fr ; sucres blancs en poudre 
n° 3, 56 fr. 50 à 56 fr. 75. Au 2 juillet, le stock de l'entrepôt réel des sucres à 
Paris était de 344,000 sacs, tant en sucres français qu'en sucres coloniaux. Sur 
les marchés des départements, on cote par quintal métrique : à Valenciennes, 
n"' 10 à 13, 44 fr. 50; n"' 7 à 9, 53 fr. 50 à 53 fr. 75; sucres au-dessous du n° 7, 
64 fr.; à Péronne, n<" 7 à 9, 54 fr.; sucres blancs, 55 fr. 50; à Saint-Quentin, 
n»> 10 à 13, 48 fr.; n°s 7 à 9, 54 fr. 25. — Les sucres raffinés sont à des prix 
toujours très faibles. On paye à Paris 135 à 16 fr. par 100 kilog. à la consom- 
mation, et de 59 fr. 75 à 61 fr. 75 pour l'exportation. — Dans les ports, les stocks 
en sucr^s coloniaux sont toujours très peu fournis; les prix des diverses sortes 
sont faiblement tenus. On paye à Nantes 47 fr. 25 par 100 kilog. pour les sucres 
bruts de toutes provenances, aux conditions des marchés de l'intérieur.. Les raf- 
finés y sont payés 138 fr. 50 à la consommation 

Mélasses. — Les prix sont assez faiblement tenus. On cote à Paris 10 fr. 75 à 
11 fr. par 100 kilog. pour les mélasses de fabrique; 12 fr. 50 pour celles de raffi- 
nerie. 

Fécules. — Il y a toujours des demandes assez actives et une grande fermeté 
dans les prix. On paye à Paris 38 fr. par 100 kilog. pour les fécules premières du 
rayon disponible. A Compiègne, la cote officielle se fixe à 37 fr. 50 

Glucoses. — Les ventes sont calmes avec des prix sans changements. On paye 
par KO kilog. à Paris ; sirop de froment, 52 à 53 fr.; sirop massé, 40 à 41 fr.; 
sirop liquide, 35 à 36 fr. 

Amidons. — Les t'^ansactions sont assez calmes, sans changements dans les 
cours de~ semaines précédentes. 

Houblons. — Les nouvelles d'.Vngleterre signalent une végétation tout à fait 
anormale dans le Kent. Sur le continent, les plantations sont moins compromises; 
mais il faudrait de la chaleur et moins d'humidité, pour permettre à la plante de 
se développer. 

V. — Huiles et graines oléagineuses, tourteaux, savon, noirs. 

Huiles. — Après avoir subi uae basse assez sensible, les cours des diverses 
sortes d'huiles de graines sont plus fermes aujourd'hui. On paye, à Paris, par 
100 kilog. pour les diverses sortes : huile de colza, en tous fûts, 80 fr. 50; en 
tonnes, 82 fr. 50; épurée en tonnes, 90 fr. 0; huile de lin en tous fûts, 70 fr. 75; 
en tonnes, 72 fr. 75. Sur les mai'chésdes départements, on paye par quintal mé- 
trique pour les huiles de colza : Rouen, 80 fr.; Gaen, 78 fr 50; Cambrai, 80 fr.; et 
pour les autres sortes: huile de lin, 68; de cameiine, 72 fr. A Marstille, les af- 
faires sont assez calmes sur les huiles de gi aines, et les prix varient peu. 
Quant aux huiles d'olive, on signale de la fermeté sur la plupart des marchés de 
Provence. 

Graines oléagineuses. — Les cours se maintiennent sans changements impor- 
tants. On paye à Fécamp: graine de colza, 36 fr.; de navette, 50 fr.; de lin, 30 à 
31 fr.; de chanvre, 32 à 33 fr. 

Tom-leaux. — Il y a assez de fermeté dans les prix. On paye, à Cambrai, par 
100 kilog.; tourteaux de colza, 17 fr.; d'oeillettes, 17 fr.; de hn, 23 fr.— A Rouen, 
tourteaux de colza, 14 fr. à 14 fr. 50; d'arachides en coque, 10 fr. 75; de sésame, 
15 fr. 50; de lin, 24 fr. 



DES DENRÉES AGRICOLES (5 JUiLLET 1879). 51 

Noirs. — On cote à Valenciennes : noir animal neuf en grain, 32 à 36 fr. par 
100 kilog.; noirs d'engrais, vieux grains, 10 à 13 fr.; du lavage, 3 à 5 fr. par hec- 
tolitre. 

VI. — Hatières réxineuses, colorantes el tannantes. 
Matières résineuses. — Les prix sont très faible. On paye à Bordeaux, en baisse, 
'.îfr. par 100 kilog. pour l'essence pure de térébenthine. 
Gaudes. — Les prix sont sans changements dans le Languedoc, de 12 à 13 fr. 
par 100 kilog. 

vil. — Textiles. — Suifs et corps gras. 

Textiles. — Les transactions sont assez peu actives, en général, dans le rayon 
de Paris, ]iour les laines en suint. A la dernière foire de Chartres, il y a eu des 
ventes actives; on payait suivant les qualités de l fr. 70 à 2 fr. par lOO kilog. 
en suint pour les laine>-mères ; celles d'agneaux valaient de 2 fr. 10 à 2 fr. 20. 

Suifs. — A Paris, le mercredi 2 juillet, la cote oflicielle des suifs frais a été 
établie à 76 fr., soit avec une baisse de 1 fr. depuis huit jours. 

Cuir.'i et peaux. — Aux ventes mensuelles de la boucherie, le 20 juin, à Paris, 
on payait par 100 kilog. : taureaux, 78 fr. 75; bœufs, 85 fr. 90 à 109 fr. 90; va- 
ches, 91 fr. 60 à loi fr.; veaux, 141 fr. à lf37 fr. 30. Les cours sont en hausse 
pour presque toutes les sortes. 

VIII. — Beurres. — Œufs. — Fromages. — Volailles. 

Beurres. — On a vendu, pendant la semaine à la halle de Paris, 244,788 kilog. de 
beurres de toutes sortes. Au dernier jour, on payait par kilog. : en demi-kilog , 1.90 
à 3.70; petits-beurres, 1.38 à 2.40; Gournay, 1.42 à 3.90; Isigny, 1.66 à 6.68. 

Œufs. — Du 24 au 30 juin, il a été vendu à la halle de Paris, 4,686,100 œufs. 
Au dernier jour, on payait par mille : choix, 75 à 94 fr.; ordinaires, 53 à 81 fr.; 
petits, 42 à 49 fr. 

Fromages. — On paye à la halle de Paris : par douzaine, Brie, 6 fr. ' à 1 7 fr. 50 ; 
Montlhéry, 15 fr.; par cent. Livarot, 34 à 58 fr ; Mont-d'Or, 6 à 12 fr., Neufchâtel, 
6 à 12 fr.; divers, 8 à 54 fr.; — par 00 kilotc., (jru)èrp, 98 à 154 fr. 

Volailles. — On vend, à la halle de Paris : agntaux, 12 à 2d fr.; canards, 
1 fr. 75 à 5 fr. 20; canards gras, 4 fr. 4b à 5 fr. '2u : chevreaux, 2 f r à 5 fr. 15; 
crêtes en lots, 1 à 25 à 8 fr 50; dindes communs, 5 à 15 fr.; lapins domes- 
tiques, 1 fr. 40 à 4 Ir. 80; oie^ communes, 3 90 à 8 fr.; pigeons de volière, 
ir. 68 à 1 fr. 64; pigeons bizets, fr. 5*1 à I fr 35; poules ordinaires, 3 fr. 25 
à 5 fr. 40; poulets gras, 4 fr. 55 à 8 fr ; poulets communs, 1 fr. 30 à 3 fr. 40; 
pintades, 2 fr. 55 à 5 fr.; pièces non classées, 6 à 18 fr. 
IX. — Chevaux — bétail — viande. 

Chevaux. — Aux marchés des -25 et2Sjuin,à Paris, o:i comptait, 1,032 chevaux; 
sur ce nombre, 376 ont été vendus comme il suit : 



Chevaux de cabriolet 


Amenés. 
184 


Vendus. 

28 

80 
121 

.•)0 

m 


Prix extrêmes. 
2.50 à 1 100 fr, 


— de t ail 


29.S 


300 à 1 '180 


— nors d'âge 


4f)fi 


8.T à 1 ,08.=) 


— à l'enchère 


30 


80 à h\n 


— de bouctierie 


117 


45 à 160 



Anes el chèvres. — Aux mêmes marchés, on comptait 24 ânes et 16 chèvres; 
16 ânes ont été vendus de 35 à 145 fr.; ^ clièvres, de 32 à 55 fr. 

Bétail. — Le tableau suivant résume le mouvement officiel du marché aux bestiaux 
de la Villette du jeudi 26 au mardi l""' juillet : 



Amenés. 

Boeufs 5,47't 

Vaches 1 ,0.i2 

Taureaui 223 

Veaux 3,37.S 

Moutons 38,703 

Porcs gras 5,71 fi 

— maigres. 14 









Poids 


Prix du kilog. 


de 


viande 


sur pied 




Vendus 




moyen 

des 
quartiers. 


au 1 


marché ( 


iu 


lun^li 30 


juin. 


Pour 


Pour 


En 4 


'ï'" 


2' 




3« 


Prix; 


Paris 1 


l'extérieur. 


totalité. 


kil. 


quai. 


quai. 




quai. 


moyeo 


3.096 


920 


4,016 


3.38 


1.78 


1.62 




1.44 


i:6i 


676 


i86 


962 


2.25 


1.64 


1.32 




1.16 


1.39 


\b7 


28 


I8.S 


3.80 


1.44 


1.32 




1.18 


1.31 


3 ,2.i7 


923 


4,180 


79 


2.10 


1.90 




1.70 


J.80 


26,124 


11,000 


37,1>4 


19 


1.98 


1.86 




1.54 


1.76 


2,494 


3,133 


5,627 


84 


1..=.0 


1.46 




1.40 


1.46 


2 


7 


9 


40 


1.30 


» 




m 


1.30 



Sauf pour les veaux et pour les mouton? les approvisionnements ont été à peu 
près aussi abondints rpie la semaine précédente en ce qui concerne les diverses 
espèces d'animaux. Li: gros bétail s'est vendu à peu près dans les mêmes condi- 
tions (pie la semaine dernière : quant aux veaux et aux moutons, il y a un peu 
de hausse dans les cours, principalement pour cette dernière catégorie. 



52 REVUE COMMERCIALE ET PRIX-COURANTS (5 JUILLET 1879). 

A Londres, les arrivages d'animaux étrangers, durant la semaine dernière, se 
sont composés de 21,512 tètes, dont 1,09^ moutons, 625 veaux et 29 porcs venant 
d'Amsterdam; 2,2 i5 moutons d'Anvers; 2,67 5 moutons de Brème; klii bœufs 
■et 592 moulons de Boston; 423 bœufs, 14 veaux, 642 moutons et 69 porcs d'iEb- 
jerg; 4-ibœufset 71 veaux deGothenbourg; 2,398 moutons d'Hambourg; 1,131 mou- 
tons, 130 veaux et 100 porcs dHarlingen; 120 bœufs de Montréal; 431 bœufs 
de New York; 22 bœufs, 46' veaux, 7,503 moutons et 286 porcs de Rotterdam. 
Prix du kUog.: Bœit/, première qualité, 1 fr. 9 •! à 2 tr. 10; z\ I fr. 5s à 

1 fr. 75; qualité inférieure, 1 fr. 40 à 1 fr. 58. Venu, première qualité, 2 fr. 10 
à 2 fr. 22; i% 1 fr. 93 à 2 fr. li». Moulon, première qualité, 2 fr. 28 à 2 fr. 45; 
2% 1 fr. 75 à 2 fr. 10; qualité inférieure, 1 fr. 40 à 1 fr. 76. Agneau, 2 tr. 45 à 

2 fr. 80. Porc, première qualité, 1 fr. 58 à 1 fr. 75; 2«, 1 tr. 40 à 1 fr. 58. 
Viande à la criée. — On a vendu à la halle de Pari« du 24 au 30 juin : 

Prix du kilog. le 30 juin. 



kilog. .i"qual 2« quai. 3» quai. 

Bœuf ou vache.. 12u,590 1.46àl 85 l.DOàl 66 0.80àl.'3S 

Veiu... 186, SOI 1.92 2-20 1 48 1.90 I 10 1.46 

Mouton 60,609 i 72 180 1.40 70 1 10 1.3S 

Porc 25.324 Porc frais. 



Choix. Basse boucherifi. 
1 00 4 2 50 O:-20 à 1 06 
1.28 2.36 
1.40 2.40 



1.10 à 1.54 

393,024 Soitparjour 56 146 kilog. 

Les ventes ont été à peu près les mêmes que la semaine précédente. C'est de la 
hausse que nous devons enregistrer pour toutes les sortes de viandes. 

Cours de la charcuterie. — On vend à la Villettè par 50 kilog. : 1" qualité, 
55 à 88 fr.; 2% 77 à 80 fr.; poids vif, 55 à 60 fr. 

X. — Marché aux bestiaux de la Villettè du jeudi 3 juillet. 
Bœufs. Veaux. Moutons. 



1" 


2« 


3« 


qiial. 


quai. 


quai 


fr. 


fr. 


fr. 


.«4 


■;8 


73 



|'« î« 3» 1" 2« 3» 

quai. quai. quai. quai. quai. quai. 

fr. fr. fr. fr. fr. fr. 

116 100 94 90 83 77 

-XI. — Cours de la aiande à l'abattoir de la Vitlette du Z juiikl {par 50 kilog.) 

Cours des commissionnaires 
Cours officiels. en bestiaux. 



Animaux 

amenés. 
Boeufs 2.i7'i 



Vaches .. 
Taureaux. . 
^ eaux 

Moutons.. . 
Porcs gras. 
— maigres 



4il 

95 

1.4-87 

19.129 

3.758 

13 



Invendus. 
196 
13 
7 
200 
312 



Poids 
moyen 
.général. 1^" 
quai. 



kil. 

338 

273 

397 
79 
19 
87 
40 



1.82 
1.70 
1.52 
2.00 
2:06 
1.60 
1.20 



1' 3' 
quai. quai. 



1.7.i 
1.42 
1.40 
1.80 
1.85 
1.66 



1.48 
1.30 
1 32 
1.60 

1.6'. 
1.46 



Prix 

extrêmes. 

1.40àl.88 

1.25 1.75 



1.25 
1.40 
1.50 
1:40 



1.00 
2.20 
2.10 
1.06 



1" 2« 3= 
quai. quai. quàl. 
1,82 1.74 iLSie 
1.6S 1 'lO 1.30 
1.50 l.'iO 1.30 



Prix 

extrêmes. 
)t>40 à{).86 
1.20 1.72 



1. 



1.60 



Vente assez active:sur toutes les autres espèces. 

XI. — Bésunv!. 
Les cours des céréales et des farines, ceux des fécules, des sucres, des produits 
animaux, se maintiennent avec assez de fermeté. A. Remy. 

BULLETIN FINANCIER. 

Réaction à nos fonds publics : la rente 
à 1 15,95, perd 0,75. Les Sociétés de créd 
de ter, conservent leurs cours avec cepend 
OuK de la Soitr^e dit 25 juii 
Principales valeurs françaises 



Rente 3 o/o 

Rente 3 o/o amortiss. 



Plus 
bas. 
«1.80 
84. 



Plus Dernier 



Rente 4 1/2 o/o 111.80 

Rent>' 5 o/o 115.95 

Bani^ue de France. .. 3100.00 
Comptoir d'escompte. «35. oO 

Société générale -601.25 

Crédit foncier 830.00 

Crédit agricole » 

Est Actions .500 720.00 

Midi .d* 880.00 

'Nord id" 1550 00 

Orle^ms d' 1200.00 

ouest d" 775.25 

Paris- Lyon-Méditer.d tl50.0o 
PariSI871.obl. 400 30/0 410.00 
5 0/0 Italien si .40 



hait. 
82.40 
85 67 
112.00 
116.55 



cours. 
81.80 
84.25 
111.80 
115. ï^ 



3150.00 3100.00 
850.00 850.00 



SIO.OO 
850.00 

723.75 
890.00 
1548.75 
1206.25 
780 00 



.506.25 
830.00 

723.75 
882.50 
1457.50 
1200.00 
780.00 



1162.60 1150.00 
412.00 412.00 
■S2.00 SI. 40 



Le Gérant: A. BOUi^HÉ. 



3 0/0 perd 0.80 à 81,80; la -rente 50/0 
it conservent lerr faveur et -nos cliemins 
ant une tendance à la baisse. 

au 2 juillet {a<i comptant) 

Valeurs diverses : 
'Créd. Tonc. obi. 5110 4 0/0 

d" d- d° d- 3 0/0 

d' obi. c" 500 3 0/0 

Cie algérienne act. 5O0 

Bqiie de Paris acl. 500.... 
Cred. ind. et com' 500. ... 
Depùts et optes cls 500. . . 

Crédit lyonnais d*» 

Créd. mobilier d» 

Cie parisienne du gaz 23o 1275.00 
cie gêner, translat. 500 

Messag. maritimes d" 

Canal de Suez d" 

d» délégation id* 

d" obi. 5 0/0 d* 

Créd. fonc. Autrich. -500 
r.rêd. mob. Esp.'igaol.. d* 
Cr. -fonc. de Russie. 500 



5i)5 


00 


511 


00 


510 


00 


5-i5 


00 


560 


00 


560 


00 


497 


50 


505 


00 


505 


00 










'» 


825 


00 


835 


00 


825 


00 


705 


00 


710 


00 


705 


00 


636 


00 


687 


50 


637 


50 


697 


50 


710 


00 


710 


00 


5'iS 


75 


557 


50 


5'i3 


75 


1275 


00 


1277 


50 


1275 


00 


605 


00 


«•20 


00 


017 


50 


670 


.00 


630 


00 


675 


00 


K3 


75 


757 


60 


■■757 


50 


■647 


.50 


«50 


00 


648 


75 


562 


50 


567 


.50 


567 


.50 


«37 


.«0 


6i5 


.00 


637 


50 


12,36 


.25 


1-280 


00 


liî6 


.25 










392.50 




Letbshier, 







CHRONIQUE AGRICOLE (i. juillet im). 

La crise agricole en Angleterre, en France, en Europe. — La tolérance et la liberté dans les dis- 
cussions. — Vote par le Parlement britanni |ue de la motion de M. Cbaplin sur une enquête 
agricole. — Les fermiers et les propriétaires. — Conciliation et non pas opposition de leurs 
intérêts. — Les grands et les petits propriétaires. — Les propriétaires f|ui s'occupent d'agricul- 
ture. — Crise générale des affaires. — Hyd«-Park. — Le Comice agricole de Seino-et-Oise. — 
Lettre de M. Pliichet père. — La recherclie de la vérité — Le Concours international de Londres. 
— Le marais de Kilburn. — Le triomphe de l'agriculture anglaise. -= Appréciations par M. Richard- 
son de la participation du bétail étranger à Kilburn. — .Articles du Journal de l'Agriculture. — 
Excursion des élèves de l'Institut national agronomique au Concours de Londres. — Visites dans 

f.__ les fermes et à Kothamsteed. — Le phy loxera à Cort m, dans la Côte-d'Or. — Les paysans de la 
Savoie et le sulfure de carbone. — Concours de la Société industrielle et agricole d'Angers. — 
Concours international de moissonneuses à Chaumont (Haute-Marne). — Ouverture de nouveaux 
bureaux de douane à l'importation du bétail étranger. — Examens des élèves du cours départe- 
mental d'arboriculture de .\L Du Breuil. — Concours de machines à moissonner à Pilbiviers 
(Loiret). — Concours pour la culture de la betterave. — Prochain concours du Comice agricole 
de Luuéville. 

I. — La crise agricole. 

Londres, 8 juillet. — Pari«, 10 juillet. 

S^ Cette chronique, commencée à Londres, ne sera terminée qu'à Paris. 
Mais quel que soit le lieu oia nous écrivons, nous n'entendons parler 
que de la crise agricole, et peut-être est-elle plus aiguë en Angleterre 
qu'en France. La différence entre les deux pays, c'est que dans la 
Grande-Bretagne, on croit davantage à l'influence de réformes inté- 
rieures pour faire cesser des souffrances trop réelles, tandis qu'en 
France on paraît, en général, accorder à des mesures douanières une 
influence décisive en faveur du relèvement de la situation des agricul- 
teurs. Nos lecteurs savent que, sur ce dernier point, nous avons, après 
de grandes études, acquis la conviction que, bien loin de remédier au 
mal dont tous se plaignent avec raison, l'application du système pro- 
tecteur ne ferait que l'aggraver. Elle ne serait même pas, nous le 
croyons, un palliatif de quelque durée. Nous admettons néanmoins 
qu'on pense autrement que nous ; nous ne songeons même pas à nous 
fâcher contre tes contradicteurs que nous rencontrons. Partisan décidé 
et résolu des idées libérales, depuis quarante années que nous 
appartenons à la vie publique, nous les mettons toujours en pratique. 
Aussi laissons-nous librement et impartialement insérer dans les 
colonnes de ce journal, la défense des opinions et des systèmes con- 
traires à notre manière de voir, nous réservant seulement de maintenir 
nos propres idées et de les défendre au besoin. Mais alors que rencon- 
trons-nous? Des hommes emportés par la passion, n'admettant pas 
qu'on puisse raisonner autrement qu'eu.x et qui montrent une vérita- 
ble colère, non seulement de ce que nous ne partageons pas leurs idées, 
mais encore de ce que nous nous permettons d'émettre nos propres 
sentiments. Ils voudraient pour eux la liberté de tout dire, et la prohi- 
bition absolue de toutes opinions opposées. Nous les supplions de 
nous accorder la tolérance, en échange de celle que nous avons toujours 
eue pour eux. 

Cette petite question vidéi>, il reste le graml problème de remédier à 
la crise actuelle de l'agriculture, et d'en euqjêcher, s'il est possible, le 
retour. En Angleterre, la Chambre des Communes a adopté une motion 
de M. Chaplin, ordonnant une enquête sur la situation de l'agriculture 
et sur les moyens d'améliorer la position des parties intéressées. C'est 
dire que le Parlement britannique cherclio ou bien à gagner du temps, 
diront les pessimistes, ou bien à trouver la vérité sur des choses 

N» 535. Tome UI de 1879. — 12 juillet. 



54 CHRONIQUE AGRICOLE (12 .UILLET 1879). 

•encore obscures. En Angleterre comme en France, la politique n'est 
■as étrangère à l'événement. Aux. prochaines élections, les votes des 
fermiers vont exercer une grande influence, et il en résulte que le parti 
conservateur, comme le parti libéral, leur font des avances. Des deux 
côtés de la Chambre des Communes, on se montre donc empressé à 
écouter leurs plaintes et à tenir compte de leurs réclamations. Entre 
ixîmps, les circonstances météorologiques sont de plus en plus mau- 
vaises et font craindre, disent quelques-uns, une récolte encore plus 
détestable que celle de l'an dernier. 

Les pronostics sont encore plus pessimistes dans la Grande-Bretagne 
que dans l'Europe continentale. L'agriculture des Etats-Unis d'Amé- 
rique fera nécessairement concurrence à la production euro- 
péenne. Peut-on s'y opposer? Pour répondre à une telle question, 
il faut envisager les besoins des consommateurs que l'on ne peut pas 
condamner à la cherté, alors qu'une crise industrielle, bien plus grave 
encore que la crise agricole, pèse sur tous les peuples de l'ancien 
monde. On peut affirmer que, si les affaires des manufactures et du 
commerce étaient prospères, l'agriculture elle-même serait florissante. 
Ce qui le prouve, c'est qu'il n'y a jamais eu de plaintes vives de la 
part des cultivateurs, tant que l'industrie était active, quand les usines 
étaient en plein travail, quand le commerce faisait de grandes tran- 
sactions. Dès que les cheminées des usines cessent de vomir dans 
l'atmosphère des torrents de fumée, on voit le luxe diminuer, les con- 
sommations se réduire, l'agriculture mal vendre ses productions et 
redouter alors la concurrence étrangère. 

Que constate-t-on en Angleterre aujourd'hui? C'est que les manu- 
factures, pour la plupart, ont réduit leur travail à deux ou trois jour- 
nées par semaine et même moins. Les exportations sont partout 
restreintes, le monde tout entier acliète pou. Aussi, au milieu de la 
saison de Londres, on ne voit pas, dans Hyde-Park, la moitié des équi- 
pages qui y circulent lorsque les affaires sont brillantes. Par contre- 
coup, les fermiers atteints d'ailleurs par une succession ds mauvaises 
récoltes, ne trouvant plus pour leurs denrées des prix rémunérateurs, 
demandent à la fois une réduction dans le taux des fermages et une 
modification dans la répartition des impôts. Ils recevront, ils reçoivent 
déjà une satisfaction partielle, car on est prêt à leur accorder une 
représentation directe dans le Parlement et une plus large participation 
dans l'administration des districts. On s'apprête aussi à rendre plus 
faciles la vente et la division des terres. Mais chose remarquable, les 
fermiers déclarent qu'ils aiment minux les grands propriétaires que 
1-es petits, parce qu'Us trouvent moins dexigences chez les premiers 
que chez les seconds. Ce sont, en effet, les grands propriétaires, pres- 
que exclusivement, qui ont consenti à des diminutions passagères de 
10 à 20 pour 100 dans les taux des fermages. Les petits propriétaires, 
au contraire, se montrent plus durs envers leurs fermiers. Si, dans 
les conventions entre fermiers et propriétaires, on supprimait toutes 
les entraves mises à l'exploitation du sol pour laisser aux fermiers 
toute liberté d'action, ces derniers se montreraient très satisfaits. 
Ils redoutent, en général, qu'on dépouille la propriété de quelques pri- 
vilèges légaux, parce que, disent-ils, ils payeraient en augmentations 
de fermages la diminution des droits de la propriété. Ils réclament la 
liberté et l'égalité dans leurs rapports avec les propriétaires. 



CHRONIQUE AGRICOLE (12 JUILLET 1879). 55 

C'est bien ainsi que nous voulons que les choses se passent en 
France On nous a reproché, parce que nous avons fait connaître les 
réductions de fermage accordées par les propriétaires de la Grande- 
Bretagne, d'ameuter les fermiers français contre leurs propriétaires. 
C'est toute simplement un reproche insensé. En agriculture comme 
partout ailleurs, il y a avantage à ne pas étouffer la discussion et à 
faire connaître tous les faits. L'homme intéressant, pour nous, est 
l'agriculteur lui-même, c'est-à-dire le propriétaire s'occupant d'amé- 
liorer ses domaines ou qui cultive soit directement soit par régisseur, 
le fermier, le métayer, l'ouvrier des champs. De tous ceux-là nous 
avons le plus grand souci. Si le propriétaire ne s'occupe de ses terres 
que pour en tirer une rente dépensée dans les villes, nous disons qu'il 
n'est pas Juste qu'il continue sa fonction de pompe aspirante, sans 
tenir compte de l'état d'épuisement de ses fermiers. Mais nous avons 
en très haute estime tout propriétaire qui a souci de l'amélioration de 
ses terres et du bien-être des exploitants du sol. Sur une pareille ques- 
tion, il faut la libre discussion, comme elle est nécessaire d ailleurs 
sur toutes les questions soulevées par le libre échange ou la pro- 
tection. Faire faire silence n'est pas résoudre un problème difficile. 
Voilà pourquoi, alors que nous trouvant loin de Paris, lorsqu'on nous 
a écrit que, dans le Comice de Seine-et-Oise, on avait interdit la parole 
au rapporteur de la Commission de la prime d honneur, parce que 
quelques doctrines qu'il soutenait déplaisaient, nous avons répondu 
de publier le rapport, et c'est ainsi que, dans notre dernier numéro, 
a paru le rapport de M. Godefroy. .4 ce sujet, nous avons reçu de notre 
confrère de la Société nationale d'agriculture de France, M. Pluchet, 
la lettre suivante, dans laquelle il donne des explications sur ce qui 
s'est passé. Nous insérons cette lettre, d'autant plus volontiers que 
nous désirons que la lumière se fasse. N'ayant pas vu les faits nous- 
même, nous devons laisser la parole à ceux qui y ont pris part. Voici 
la lettre de M. Pluchet : 

a Paris, 2 juiKel 18:9. 

« Monsieur et cher confrère, j'ai lu avec un vif regret, dans le numéio du 28 juin 
du Journal de l'AijricuUure que vous dirif^ez, la critique pu bienveillante el, mal 
inlormée d'une décision du Bureau du Comice agricole de Seine-et-Oise relative- 
ment à la suppression du préambule de M. GodFioy, nqiporteur du jury des pro- 
grès agricoles, ([ui traitait une question rentrant spécialement dans les attributions 
du président chargé de parler au nom de l'Association toute entière, de la situa- 
tion de l'agriculture, après avoir dans deux réunions spéciales, étudié cette ques- 
tion et délibiM'é sur l'avis à émettre en cette circonstance. 

« M Godefroy chargé de rendre compte des progrès accomplis dans l'arrondis- 
sement de Rambouillei depuis le dernier concours du Goinice, pouvait sans nuire 
à l'intéiêt de son rapport, se dispenser de manifester puldi([uement la divergence 
de ses vues personnelles, qui le jury, doni il est le rapporteur, ne partage pas 
(quant à sa grande majorité), et ne pas soulever dans une assemblée publique un 
sujet suscepiiblc dediviserl union qui fait la force et le charme de nos concours- 
ainsi l'a pensé le Bureau du Comice. M. Ijodefroy disait entre autres choses ; que 
sans les importations américaines, nous aurions eu des prix de famine; cela n'est 
])as exact el en outre, vous savez bien el M Godefroy le sait aussi, (pic l'agricul- 
ture ne repousse pas la concurrence étrangèi'e, elle demande seulement au pays 
de lui ira()oser l'équivalent des charges que nous piyons nous-mêmes à l'Etat. 
G la est juste; je sais que vous ne partagez pas cMc 0[)inion ; mais cela n'est pas 
une raison pour autoriser votre rédacteur à écrire que U: discours du président 
demande au gouvernement de décréter la cherté du blé. Nous dem indons au gou- 
vernement les moyens de le produire au meilleur marché possible en favorisant 
surtout tout ce qui peut concourir à la production économique du blé. Ce qui 
peut, et ce qui doit augmenter le prix du pain, ce sont : toutes les taxes inté- 



56 CHRONIQUE AGRICOLE (12 JUILLET 1879). 

rieures et cependant, la suppression de certaines taxes est ce qui a le plus con- 
tribué à fausser le prix du pain. Il est malheureux de voir les publications agri- 
coles prendre à parti et les agriculteurs et les associations qui sont poussés par 
un sentiment de légitime défense, et exciter contre eux, l'opinion publique en 
dénaturant conplètement leurs intentions, leurs pensées et la libre expression 
dans laquelle ils ont le droit et le devoir de la formuler. 

« J'ai écrit hier à la Société, les observations ci-dessus que je comptais vous 
adresser verbalement, persuadé que vous y verriez par la franchise de ces explica- 
tions le désir sincère de conserver de bons rapports avec le Journal de l'Agri- 
culture. 

a Recevez, etc. « Em. Phjchet, père. » 

L'appel à la conciliation que fait notre excellent confrère équivaut à 
un appel à la libre discussion, c'est-à-dire à des débats dans lesquels 
on ne s'offense pas de rencontrer la contradiction. Lorsqu'on cherche 
le bien du pays, on ne doit pas se regarder comme possesseur exclusif 
de la vérité. D'ailleurs il faut se garder de faire des personnalités; on 
doit rester dans les régions plus élevées de la discussion des doctrines. 
Pour résoudre le difficile problème de rendre à l'agriculture une nou- 
velle prospérité, alors que les cultivateurs se plaignent d'éprouver des 
pertes considérables, il est bien juste qu'on puisse soumettre à un 
rigoureux examen une prétendue panacée à laquelle on attribue le 
privilège de guérir tous les maux. 

IL — Le concours mternalional à Londres. 

Le concours international ouvert à Londres, dans le parc de Kilburn, 
par la Société royale d'agriculture d'Angleterre, a éprouvé les rigueurs 
des intempéries. Comme l'agriculture elle-même, il a eu des désastres. 
Les quarante hectares de prairies argileuses et situées dans un bas-fond, 
sur lesquels on l'avait installé dans l'espoir du beau temps, se sont 
transformés en un véritable marécage. Malgré tous les efforts de 
M. Jenkins, secrétaire de la Société, et de M. Jacob Wilson, commissaire 
général, il a été impossible de rendre praticable une grande partie de 
la vaste surface sur laquelle se trouvaient placées les tentes destinées 
à abriter les instruments ou les animaux. Cela a singulièrement nui au 
succès du concours qui méritait un meilleur sort. Au lieu de 1 50,000 
visiteurs qui, pendant les huit jours du concours ont eu le courage 
d'affronter les ennuis et la fatigue causés par la nécessité de patauger 
dans une boue épaisse et profonde, il y aurait eu certainement de 
300,000 à 400,000 visiteurs payants, si le soleil s'était mis de la partie. 
Malgré la foule on eût alors pu faire des études complètes et fructueu- 
ses, précisément à cause d'une bonne répartition de tous les objets ex- 
posés sur une grande étendue de terrain. Mais malgré l'impossibilité 
absolue de parcourir toutes les parties de l'exhibition, il n'en est pas 
moins vrai que les animaux, les machines et les produits exposés mé- 
ritaient un meilleur sort et formaient une exposition hors ligne. C'est 
l'opinion de tous ceux qui ont examiné de près quelques parties de 
cette magnifique représentation de l'agriculture anglaise; elle méritera 
des comptes rendus spéciaux. Pour aujourd'hui, nous nous bornons à 
insérer deux notes dues à notre savant correspondant et ami, M. Ri- 
chardson, sur les animaux étrangers des espèces bovine et ovine. Notre 
collaborateur, M. de la Tréhonnais, nous enverra de son côté ses 
appréciations. Nous publierons aussi divers articles spéciaux sur les 
machines et sur les produits. Il est venu à Londres, à cette occasion, 
un assez grand nombre d'agriculteurs français ; tous ont été frappés 



CHRONIQUE AGRICOLE (12 JUILLET I87&). 57 

par la puissance de l'agriculture anglaise. Il faut sortir de chez 
sui pour se faire une idée du progrès. Les comparaisons sont 
nécessaires. On croit bien faire, et tout d'un coup, quand on peut 
étudier ce que produisent les autres, on reconnaît la i"aiblesse des 
moyens dont on se sert. Ce n'est pas que tout soit à imiter en 
Angleterre. Sur beaucoup de points, l'agriculture française est supé- 
rieure à celle d'outre-Manche ; mais sur d'autres points, elle est int«- 
rJeure. Discerner ce qui est à imiter de ce qui doit être laissé de côté en 
Angleterre, ce sera la pensée qui inspirera nos articles. Nous tenions à 
le dire, avant toute publication. Les agriculteurs anglais sont de grands 
et d'admirables agriculteurs ; mais comme les colosses, ils ont aussi 
quelquefois des pieds d'argile. 

in. — Excursion des élèves de rinslitiU agronomique au concours de Londres. 
Les élèves de la l" division de l'Institut agronomique se sont 
rendus la semaine dernière à Londres, pour visiter le concours intei*- 
national organisé à Kilburn. La Société royale d'agriculture leur avait 
gracieusement accordé des cartes permanentes d'entrée à moitié prix. 
Le concours a été visité en détail, sous la direction de 31. Sanson, 
professeur de zootechnie, et de M. Vuaillet, chef de travaux de génie 
rural. On jugera de l'importance de ces études, si l'on songe que 
l'exposition comprenait 2,879 tètes de bétail, sans parler des chevaux 
et I 1 ,800 machines ! 

Le jeudi, les élèves se sont rendus à Rothamsteod. chez MM. Lawes 
et Gilbert. Malgré le mauvais temps, ils ont visité le laboratoire et les 
cinq champs d'expériences; ils étaient guidés par M. le docteur GU- 
bort, qui, pendant plusieurs heures, n'a cessé, sous une pluie bat- 
tante, de leur donner les explications nécessaires. Un dîner splendide 
attendait les excursionnistes chez M. Jlardall, de liarpenden; après 
quoi ils sont allés visiter la ferme de Lulton et le parc, qui sont clas- 
sés parmi les plus beaux de l'Angleterre. M. Buker leur a tait lui-même 
les honneurs de son exploitation et a donné, avec une obligeance infa- 
tigable, des renseignements intéressants sur l'agriculture anglaise. 
Dimanche soir, les jeunes excursionnistes rentraient à Paris, enchantés 
de leur voyage et de l'excellent accueil qu'ils avaient rencontré par- 
tout en Angleterre. 

IV. — Le phylloxéra. 

Les nouvelles que nous recevons cette semaine relativement au 
phylloxéra, montrent de nouveaux progrès réalisés par le terrible pu- 
ceron. D'après une note envoyée à ['Avenir républicain de Troyes, par 
un membre du Comité du phylloxéra de la Côte-d'Or, l'insecte a été 
constaté le 7 juillet à Aloxe-Corton, en pleine vigne hne. Les taches 
sont de très grandes dimensions, et l'on s'attend à découvrir, sous peu 
de jours, de nouveaux foyers d'infection. L'émotion est grande dans 
les riches coteaux de la Bourgogne. 

M. Demole, dans une note (ju'il nous envoie à la date du 4 juillet, 
nous apprend que le nombre des taches phylloxeriques aujourd'hui 
constatées dans la Savoie, atteint h'Z; ([ueh|ues-unes de celles décou- 
vertes dans ces derniers temps sont très importantes. Au sujet dos 
difficultés que rencontre le traitement, M. Deuiole ajoute les obser- 
vations (}ui luiveut ; 

a La situalioQ s'est aggravée en outre au poimt do vue du irailemeni dts mgnes 
phylloxerées. X la suite de rarrêt proviîoire du végétation, qui est lu conaé- 



58 CHRONIQUE AGRICOLE (12 JUILLET 1879). 

quence naturelle du traitement par le sulfure de carbone, les paysans de Saint 
Jeoire et de la Boisserette et se sont émus et se sont opposés à la continuation 
du traitement de leurs vignes; leur résistance s'est traduite par des voies de fait, 
ils ont versé au ruisseau de la Boisserette le contenu des barils de sulfure de car- 
bone et en ont brisé un ou deux (ce sont des barils en fonte cerclés en fer). De 
plus les ouvriers du pays, intimidés, refusent leur concours et les soldats deman- 
dés en remplacement, n'ont pas été accordés par le général commandant à Cham- 
béry, qui n'étant pas autorisé et n'ayant pas d'ordres, en a référé au ministre de 
la guerre. 

» On espère beaucoup cependant pouvoir continuer avec la troupe, car sur les 
42 taches phylloxeriques découvertes, il n'y en a que quinze de traitées; vingt-sept 
étaient donc encore à traiter et l'époque de l'essaimage du phylloxéra s'approche à 
grands pas. 

« A la fin du mois, l'essaimage commencera probablement et, dès lors, il n'y 
aura plus intérêt à pratiquer le traitement estival. En attendant, le service d'inves- 
tigations continue, et il est fort à craindre que, par suite des incidents ci-dessus, 
les taches, que l'on constatera dans le courant du mois de juillet, ns puissent être 
traitées av nt l'époque de l'essaimage, fin juillet. Nous nous plaisons à espérer en- 
core que l'énergie persévérante des hommes qui sontàla tète du service phylloxe- 
rique dans le département de la Savoie triomphera de la résistance iaconsciente 
de la population viticole. » 

La résistance que les vignerons opposent au traitement des vignes 
provient certainement de l'ignorance. C'est en développant les connais- 
sances relatives au phylloxéra et aux désastres qu'il amène qu'on arri- 
vera à vaincre cette résistance dont les vignerons sont eux-mêmes les 
premières victimes. 

V. — Concours de la Sociélr indus'rielle, et agricole d^ Angers. 

La Société agricole et industrielle d'Angers a tenu le samedi 21 juin, 
sous la présidence de M. Blavier, son 40" concours départemental 
d'animaux reproducteurs. Cette réunion a été une excellente occasion 
pour faire ressortir les grands succès que les éleveurs de l'Anjou ve- 
nait de remporter au concours régional de Laval, où les étables de 
M. de Falloux, de M. LeGuay, de iM. Grollier, etc., ont eu un si grand 
nombre de prix. Il ressort d'un intéressant compte rendu que nous 
envoie ]\L A. Bouchard, secrétaire de la Société, que le concours a 
offert un grand intérêt, au double point de vue de l'extension toujours 
croissante de la race Durham dans le pays, et de l'introduction récente 
par quelques éleveurs de la race charolaise. Ces tentatives doivent être 
signalées et suivies avec soin, pour en faire ressortir les résultats. Le 
concours a été suivi d'une vente à l'amiable des animaux de la race 
durham exposés. Cette vente, comme celle qui avait déjcà eu lieu l'an- 
née dernière, a donné des résultats importants; les jeunes taureaux 
mis en vente ont été achetés à des prix très élevés. Une médaille de 
vermeil a été attribuée à M. Lelessier, au Plessis-Grammoire, pour 
les études de météorologie qu'il poursuit depuis trente ans; c'est un 
bel exemple de persévérance mis au service de la science. 

YI. — Concours ouvert par la Société d'agriculture de Chauinont. 

La Société d'agriculture de Ghaumont (Haute-Marne), ouvrira du 
25 juillet au 5 aoiit, un concours international de moissonneuses, de 
charrues pouvant être rendues fixes ou mobiles à volonté, Irisocs, sous la 
présidence de M. Tisserand, directeur de l'agriculture au ministère de 
l'agriculture et du commerce. Les appareils à moissonner compren- 
dront quatre sections : moissonneuses-lieuses, moissonneuses ordi- 
naires à grand travail, moissonneuses à un cheval faisant la javelle 
automatiquement, et machines liant les javelles seulement. Les décla- 
rations des exposants devront être envoyées, avant le 15 juillet, à 



CHRONIQUE AGRICOLE (12j JUILLET |1879). 59 

M. Sauvage, professeur départemental d'agriculture, à Chaumont. La 
date exacte du concours sera fixée huit jours à l'avance. 

VIL — Ouverture de bureaux de douane à l'importation du bétail. 

Un décret en date du 30 juin a ouvert quatre nouveaux bureaux de 
douane à l'importation et au transit des animaux des espèces bovines, 
ovine, caprine et porcine, admissibles en France après vérification de 
leur état sanitaire. Ces bureaux sont ceux d'Oost-Cappel et de Beau- 
rieux (Nord), de Courtelevant (territoire de Belfort) et des Aldudes 
(Basses-Pyrénées) . 

VIII. — Cours public d'arboriculture à Paris. 

Les examens pour les élèves du cours départemental d'arboriculture, 
professé à Paris par M. Du Breuil, ont eu lieu ces jours-ci. Le jury, 
nommé par M. le préfet de la Seine, a proposé d'accorder un brevet de 
capacité aux élèves suivants : MM. Adolphe 3Ioutier, de Bazoches 
(Orne); — Hippolyte Lemé, de Louvigny (Sarthe) ; — Jean François 
Baudoin, de Metz (Alsace-Lorraine); — Jacques Fourchotte, de Saulieu 
(Côte-d'Or). 

IX. — Concours de moissonneuses à Pithiviers. 

Le Comice agricole dé l'arrondissement de Pithiviers (Loiret), pré- 
sidé par M. Jules Rabier, organise un concours de moissonneuses, de 
faucheuses et de moissonneuses-lieuses, qui aura lieu à Manchecourt, 
le dimanche 10 août. Chaque machine aura environ 2 hectares à 
couper. Les récompenses consisteront en médailles d'or, d'argent et de 
bronze et des sommes en argent. 

X. — Concours pour la culture de la betterave. 

Les associations agricoles font, dans quelques régions, oia la bette- 
rave est encore peu cultivée, des efforts pour la développer; le système 
des primes est excellent pour arriver à des résultats sérieux. C'est ainsi 
que le Comice de Pithiviers a institué deux prix, l'un consistant en 
une grande médaille d'or pour la grande culture de la betterave, la- 
quelle ne devra pas être inférieure à 10 hectares, et l'autre consistant 
en une médaille d'argent pour la petite culture de la betterave qui devra 
s'étendre au moins sur un hectare. 

XI, — Concours du Cor.nce de Lunéville. 

La fête annuelle du Comice de Lunéville aura lieu le 7 septembre, 
sous la direction de son président, le vénéré M. Noël, un des doyens 
de l'agriculture française. Ce concours comprendra les animaux repro- 
ducteurs, les instruments et machines, etc.; il sera précédé d'essais de 
moissonneuses-lieuses, dont la date n'est pas encore fixée. Dans cette 
solennité, le Comice distribuera aussi ses primes de culture, spéciale- 
ment réservées cette année aux exploitations du canton sud de Luné- 
ville, et ses cncourancmunts aux instituteurs ayant le mieux réussi à 
propager les notions agricoles. J.-A. Baiiual. 

LES ANIMAUX ÉTRANGERS AU CONCOURS DE LONDRES. 

I. — Espèce bovine. 

Pendant les premiers jours de la jurande Révolution française, lorsque chaque 
minute voyait des ovénemeiits de la plus haute importance pour la constitution de 
la société Irançaise, Louis XVI, encore à Versailles, inscrivait (|U(itidien'neinent 
sur un agenda, et cela jour par jour : Kien; puis de temps à autre le nombre de 
pièces de gibiers qu'il avait tuées. On pourrait inscrire de luème pour les bestiaux 
envoyés de France à notre concours de Kilburn : Rien; aussi ce concours ne justifie 
guère son titre d'international. 



60 LES ANIMAUX ÉTRANGERS AU CONCOURS DE LONDRES. 

Nous nommons surtout la France ; car, d'après le catalogue, c'est le pays qui 
aurait dû nous fournir le plus grand nombre d'exposants. Nou-; avions oEfert 
10,000 francs de prix pour les Durhams nés à l'étranger, et nous savons que les 
meilleurs sont en France; 4,125 francs pour la race Charolaise; 3,625 francs pour 
la race Garronnaise; 3,500 francs pour la race Limousine; 3,500 francs pour la 
race Normande; 3,500 pour la race Bretonne; soit une somme de 28,250 francs, 
et seulement une somme de 27,750 francs pour les races étrangères venant d'autres 
pays que la France 

Et (]u'est-il arrivé? Les Durhams étrangers sont représentés par un seul ani- 
mal venant du Danemark! De France, pas un seul, et cependant il y a plus de 
douze troupeaux en France, qui chacun auraient pu fournir une bête pour enlever 
les douze prix, et chacune d'elle digne de remporter les deux prix d'honneur de 
2,500 francs chaque; nous affirmons cela d'après ce que nous avons vu l'année 
dernière à Paris. Quant aux C/wro^ai^, rien; Garonnais, rien; Limousins, rien; 
Flamands, rien; Normands : treize; Bretons: huit excellents spécimens venant de 
France, mais appartenant à des Anglais. 

Quelle est donc la cause de cette absiention, de ce refus de concourir pour 
la gloire, les médailles et l'argent? La crainte de la quarantaine. C'est la seule 
raison que les représentants à Kilburn de l'agriculture française, aient pu nous 
donner. On s'est souvenu des tribulations des exposants anglais après le concours 
de Paris, à l'Esplanade des Invalides. On a entendu parler de mesures restrictives 
pour les animaux qui pourraient être malades, et qu'au moindre indice de maladies 
tous les animaux exposés à Kilburn seraient abattus et enfouis en moins de vingt- 
quatre heures. 

La peur de la quarantaine ne s'explique guère ; les arrangements pris par la 
Société royale étaient excellents, et aucun de ceux qui ont envoyé des animaux 
n'ont eu d'ennuis. Les bêtes sont arrivées dans de très bonnes conditions, et nous 
sommes convaincu que, si outre Ihonneur et la gloire, il y avait eu quelque 
chance de gagner de l'argent, il y aurait eu un plus grand nombre d'animaux 
français ; mais il n'y avait pas la plus faible probabilité qu'on puisse entre- 
prendre un commerce avec les bœuts Gharolais, Garonnais ou Limousins; tandis 
que la race normande, vu ses hautes qualités laitières, peut courir cette chance. 
Aussi y avait-il quelques bètes normandes; il aurait dû en être de même de la 
race flamande, cependant elle n'a pas été représentée. Ici l'orgueil est en jeu. La 
race hollandaise a été classée avec la race flamande; c'était une erreur, les éleveurs 
français, de la race flamande, ne voulaient pas être confondus avec ceux de la race 
hollandaise. Quoiqu'il en soit, aucun spécimen de la race flamande, ni de la race 
hollandaise n'ont figuré; c'est à regretter, cai' ces races sont deux des meilleures 
des races laitières. 

En fin de compte, les seuls animaux de race française envoyés par des Fran- 
çais appartenaient à la race normande; ils étaient en tout: 13, dont? envoyés par 
M. Lesueur et 6 par M. G. ÎNIaillard. Le premier exposant a obtenu 1,760 francs 
en prix, et le second 1,500 francs. Franchement, leurs animaux ne méritaient pas 
de telles récompenses ; aucun n'aurait obtenu les mêmes honneurs dans un con- 
cours local de leur propre pays. Certes, ils étaient de pure race; mais les deux 
vaches auxquelles on a donné les premiers prix, ne possédaient pas les caractères 
spéciaux de bonnes laitières; les seconds prix leur étaient supérieurs sous ce rap- 
port, mais elles manquaient de formes. En passant, notons que le second prix, 
dans la classe des génisses, n'était pas noire et blanche, comme inscrite au cata- 
logue. Du reste, noir et blanc ne se rencontre jamais sur les animaux normands 
exposés dans aucun concours. 

Les 8 petits Bretons étaient magnifiques, excellents, et tous les prix ont été 
donnés avec la plus grande satisfaction ; mais il paraît absurde de distribuer 
2,500 francs entre 7 sur un concours de 8 bêtes seulement, soit plus de 355 francs 
chaque, c'est-à-dire son prix d'achat. Quoi qu'il en soit, la race bretonne devrait 
être plus employée; on peut la garder dans un petit espace, elle mange tout ce 
que peut produire le potager, jusqu'aux épluchuxes de pommes de terre, et donne 
jusqu'à 8 litres de lait par jour. Il y a des centaines de jardins où les légumes 

Ïierdus suffiraient pour nourrir un couple de cette race, et un gamin suffirait pour 
es soigner et les traire. 

La Suisse n'a rien envoyé; Schlewig-Holstein, rien, et ceci est d'autant plus 
regrettable que les Durhams ont été créés au moyen de croisement entre des 
Schlewig-Holstein et des races anglaises, il y a quelques centaines d'années; l'Es- 



LES ANIMAUX ÉTRANGERS AU CONCOURS DE LONDRES. 61 

pagne et le Portugal, rien. Eofin les autres races étrangères, race de boucherie ou 
race laitière, rien. 

Nous arrivons enfin à la partie la plus agréable de notre tâche, nous allons 
pouvoir signaler une race bovine qui mérite de grands éloges, nous voulons parler 
des races de l'Angeln et du Jutlaud. La race de l'Angeln étant essentiellement 
laitière, les taureaux ne réclament pas grande attention ; aussi les juges ont passé 
devant les deux jeunes taureaux pour s'arrêter longtemps devant leurs huit com- 
pagnes. Ces huit vaches étaient très intéressantes; elles sont petites, ont une robe 
rouge vif et possèdent tous les caractères des bonnes laitières : de bous pis, l'écus- 
son bien développé, la peau souple et un caractère très doux. Les principaux pro- 
priétaires de cette race prennent de grands soins, ils enregistrent chaque jour la 
quantité exacte de lait donné par chaque vache, et les conditions dans lesquelles 
ce lait a été donné; les veaux des meilleures [laitières et les tauieaux seu- 
lement les plus parfaits sont conservés. C'est de cette manière que la pro- 
duction moyenne dans le pays a augmenté de 30 pour 100 | endant les dernières 
années; le climat est dur au printemps dans ces îles, et quand les vaches sont au 
pâturage on leur met des couvertures. Les troupeaux de vaches dans ces îles sont 
importants; le professeur Wilson nous dit qu'on peut en voir 400 à 5u0 à la fois 
pâturant dans un cliamp, tt ([u'une vache donne jusqu'à 4,540 litres par an 1 
et qu'un très grand nombre de vaches arrivent presque à cette quantité moyenne. 
La Société du Jardin d'acclimatation de Paris a acheté l'année dernière tous les 
animaux de cette race qui avaient été exposés à l'Esplanade des Invalides, et est 
très satisfaite de son achat, bien que la production annuelle du lait ne soit plus 
ce que cette race donne dans leurs prairies natales. 

Quant à la race du Jutland, elle était très représentée; les taureaux très remar- 
quables comme animaux de boucherie, épais, larges, peau tendre, bas sur 
jambe ; en vérité, le second prix, un taureau noir et blanc, âgé de cinq ans, 
portait la plus grande masse de viande sur les jambes les plus couriesqu'on puisse 
imaginer, excepté seulement les porcs. La race du Jutland est soit brune et 
blanche, soit noire et blanche; les vaches brunes ressemblent beaucoup à la vache 
suisse de même robe ; et si les noires et blanches contiennent du sang hollandais, 
elles ont grandement changé de caractère. Le promontoire du Jutland est très 
exposé, le climat en est très dur, aussi cette race est-elle très rustique ; le beurre 
produit dans celte province prend chaque jour le premier rang en Europe, grâce 
aux peines que se donne la Société royale d'agriculture du Danemark. 

Les qualités apparentes des races danoises sont confirmées par lesrécompenses 
décernées aux beurres. Il est inutile, de vouloir prétendre que la France n'avait 
pas envoyé ses beurres d'Isigny, attendu que leur supériorité est incontestable et 
que les beurres exposés étaient seulement des beurres de Gournay ; les Danois 
affirment qu'en lutte contre les beurres d'Isigny, ils obtiendraient la victoire. Ce 

Equi est certain en tout cas, c'est que les beurres danois font une concurrence des 
lus sérieuses aux beurres d'Isigny; c'est que sur le marché écossais à Leith, les 
eurres danois ont la préférence et se vendent les plus cbers; il en est de même 
maintenant surle marché de Newcastle dans le nord de l'Angleterre ; et aujourd'hui 
ils essayent d'enlever les marchés de Londres. Et si les Danois n'obtiennent pas la 
victoire, ils la méritent bien et font tout pour atteindre ce but. Dans une bro- 
chure très bien faite et distribuée à Kilburn sur le champ du concours, nous 
lisons : « Le royaume du Danemark, comprenant la péninsale du Jutland et les 
îles de Sealand, Fyen, Laaland, Falster, Langeland et quelques autres îles 
plus petites, occupe une superficie de 3,890,000 hectares , divisés en l^Q,i'QO 
ermes ou petites cultures de toutes descriptions, sur lesquels se trouvent ennron 
« de 8 0,000 à 900,000 vaches ; les troupeaux sur chaque ferme variant en nom- 
« bre comme les lermes elles-mêmes en imporlance ; on y voit de petits étabhsse- 
« ments ne possédant que 2 ou 3 vaches, mais aussi il en existe un grand nombre 
« qui en ont 100, et jusqu'à 300. » 

Le résultat de ces soins et de cette lutte, est frappant : de 1866 à 1869 l'exporta- 
tion des beurres danois se composaitde4, •38,544kilog. ; de 1870àlH73. elle s'éle- 
vait à 7,339,136 kiiog. ; et de 1874 à 1877, elle atteignait 12,037,368 kilog. 

A en juger par les taureaux et les vaches exposés à Kilburn, les fermiers 
danois peuvent, outre les beurres, compter sur un bon rendement de viande, 

IL — L'espèce ovine. 
Les Français sont forts seulement en mérinos. Ils ont fait de cette race une 
race française par une centaine d'années de soins. A proprement parler, ce n'est 



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62 ■ LES ANIMAUX ÉTRANGERS AU CONCOURS DE LONDRES. 

pas une race française, mais elle est réellement devenue française, et le mérinos de 
Rambouillet est un type qui a influencé le monde entier plus qu'aucun animal 
d'aucune autre race ; il n'y a pas un autre exemple de race qui se soit autant pro- 
pagée que celle-là II y a un siècle environ, il n'existait guère plus d'un million 
de tètes de moutons mérinos, et c'était en Espagne qu'étaient ces moutons. A en 
uger par un bélier e*, cinq brebis mérinos espagnols, ce doit être d'animaux sem- 
blables que descend le Rambouillet; la comparaison est frappante. Le fait est 
qu'aujourd'hui il existe en France au moins 9 millions de moutons mérinos, et 
dans les colonies anglaises, plus de 60 millions produits des troupeaux français 
pour la plus grande partie ; un très petit nombre provenant de Saxe. 

En France, le mérinos est représenté par quelques variétés ; quelques éleveurs 
se soni évertués avec raison à améliorer les formes, à augmenter la production de 
la viande, et ils affirment tous sans avoir changé les qualités de la laine. Ceci ne peut 
être admis dans le sens propre du mot; la laine a dû changer, elle a incontestable- 
ment changé, peut être est -elle même meilleure; mais il n'est pas douteux aue la 
laine du mérinos dans le Châlillonnais n'est pas la même que la laine du mérinos 
de Rambouillet pur; quoiqu'il en soit, les changements ne sont pas obtenus par 
croisement, mais par sélection, et probablement aussi par le changement de nour- 
riture et de climat. 

Les troupeaux qiu se maintiennent le plus rapprochés du type du vieux Ram- 
bouillet sont dans la B.'auce, dans le département d'Eure-et-Loir; et bien que 
beaucoup d'éleveurs prétendent n'avoir jamais fait de croisements, aucun n'a pris 
autant de soins et n a conservé la pureté de cette fière race comme M Bailleau, 
d'Illiers, près de Chartres. Il a exposé à Kilburn dix béliers et cinq brebis; trois 
des béliers sont des types du vieux Rambouillet, bonnes formes, laine très serrée, 
tels que les Australiens et les Zélandais ont coutume d'acheter; les trois autres 
béliers sont desiioés au marché allemand, ou pour les colonies où la terre est forte; 
leur laine est p'us ouverte. Le lot de M. Bailleau est su[)érieur, surfont la brebis 
n° 38 ^, elle doit donner au moins k kilog. de laine, et les béheis 10 à 11 kilog. 

Les béliers envoyés par M. Manceau-Griiérin sont plus gris que ceux de 
M. Bailleau, leur laine plus longue, et en général leur sont iuférieurs. Les deux 
lots de brebis de M. Guérin sont très bons, et quoique différents de ceux de M. Bail- 
leau, sont sans aucun doute aussi purs. 

M. Bailleau a remporté le premier prix pour les béliers et pour les brebis, 
M. Gruérin le second prix : un meilleur troupeau que celui de M. Bailleau, il n'en 
existe pas. Nous appreno s qu'il veut abandonner l'élevage et vendre son troupeau 
tout entier; il a travaillé un grand nombre d'années, il est âgé maintenant, il est 
fier des grands succès que ses moutons ont obtenus. Il n'a écouté aucun conseil 
pour améliorer les qualités de la viande : «Non, répondait-il, je veux conserver 
mon troupeau dans son état de pureté, car il a plus fait pour améliorer la laine du 
monde entier que n importe quel homme; laissez ceux qui pensent pouvoir amé- 
liorer le mérim s, je ne crois pas pouvoir le faire, et je ne chercherai pas. » 

Il y a en effet un grand nombre d'éleveurs qui pensent pouvoir obtenir des 
perfectionnements, aussi font-ils toutes sortes de croisements avec les Dishleys les 
Southdowns, Cotswols, Lin^ oins, etc.; ils obtiennent toutes sortes de résullats 
et surtout le plus malheureux de tous que maintenant le mérinos Rambouillet 
disparaît. Les meilleurs croisements quant à la laine sont ceux du Rambouillet 
avec le Lincoln. 

Les seuls moutons exposés en outre à Kilburn viennent de Normandie et 
sont envoyés par M. Maillard, l'exposant des vaches normandes. A proprement 
parler, ce sont des animaux purs Dishley, nés en France ; ils sont excellents, et il 
devait en être ainsi, car les brebis ont originairement été choisies parmi les meil- 
leurs troupeaux anglais et le sang est renouvelé périodiquement par des achats de 
brebis chez des éleveurs, tels que M. Turner, de Thorpeland. 

Nous ne devons pas passer sous silence les mérinos espagnols envoyés par 
M. Hararaick de lîle de Wight; nou< devons le remercier de nous avoir montré 
les types de cette race; il nous montre quel'e source de grands événemems peut 
jaillir d'une cause insignifiante Qui pensait que Lou's XVI pouvait ne pas témoi- 
gner ses remercîments au roi d'P>spagne pour cet affi-eux lot de moutons mérinos, 
un bélier et quelques brebis, (|u"il lui avait fallu tant d'habileté diplomatique pour 
obtenir. G est de ce peti lot que la trinsformation de la laine du monde entier a 
été 0' tenue, c'est de ce lot que d'^scondent les 70 millions de moutons qui portent 
la plus belle laine que le monde ait jamais vue. Geo. Gibson Richardson. 



CONCOURS RKGIONAL DE POITIERS. 63 

CONCOURS RÉGIONAL DE rOITIERS- 

La ville de Poitiers a offert, du 7 au 16 juin, l'hospitalité au\ agriculteurs de« 
six départements qui composent la région du centre Sud-Ouest, comprenant la 
\ienne, la Vt-ndée, les Deux-Sèvres, la Gironde, la Dordogne, la Charente et la 
Gliarente-Inlérieure. Le temps s'était rais de la partie et nous a favorisas pendant 
toute la durée du concouis. A part quelques averses pendant les premiers jours, 
il n'était jas possible de jouir d'une température d'autant plus agréable que, depuis 
fort longtemps, on n'y était plus habitué. 

La munio)|)alité avait grandement l'ait les clioses et, par des fêtes, avait attiré 
une foule énorme qui a dû favoriser le commerce poitevin. Le concours a égale- 
ment profité de cette aflluence, à tel |ioint que, certains jours, il devenait diflicile 
de circiiler dans cette magniliijue promenade de Blossac, mise entièrement à la 
disposition de M, l'inspecteur général Lembezat. Il est rare de trouver un empla- 
cement aussi vaste et aussi commode. Placé sur uoe hauteur, d'où l'on jouit 
d'une vue magnifique fur la vallée du Clain, le parc de Bbssac, ]/lanté d'arbres 
formant de vastes al'ées ombreuses, otfre au visiteur une très belle promenade. 

L'organisation faite par M. Lembe/at, commissaire général, était complétée! 
ne laissait rien à désirer. Les loges d'animaux placées de cliaque côté de l'allée 
principale, permettaient d'en visiter l'intéressante collection, en restant toujours 
a l'ombre. De côté, dans une vaste prairie, étaient les instruments. 

Si l'on compare le concours tenu à Poitiers en 1879 avec celui qui eut lieu 
enI8ô9, on est frappé de certains faits. Le nombre d'animaux de l'espèce bovine 
est moins considérable qu'en 1869. Nous comptions sur le catalogue de cette 
é;oque, 440 bètes à cornes, alors que, cette année, nous n'en trouvons plus que 
262; 133 lots de moutons au lieu de 126 en 1879; 87 porcs, en 1869 et 65 seule- 
ment celle année. Cette dilïéi-ence sensible a été également constatée dans divers 
concours régionaux de cette année. Beaucoup d'esprits pessimistes en ont conclu 
((ue les concours perdaient de leur valeur et n'offraient plus le même intérêt pour 
les exposants. A quoi peut-on attribuer alors cette différence? Il y a, à mon avis, 
jilusieurs causes; la première de toutes, c'est qu'aujourd'hui les éleveurs savent 
mieux apprécier ((u'autrefois la valeur et la qualité des animaux, et ne se risquent 
plus à exposer des bètes très inférieures, ainsi que nous avons pu en trouver au- 
trefois. D'un autre côté, la mauvaise qualité des fourrages, récoltés l'an dernier, a 
dû in'luer beaucoup sur l'élevage. 

Si nous envisageons spécialement le concours de Poitiers, la différence du nombre 
n'est pas aussi considérable c[u'elle peut le paraître à premièi-e vue. En 1869, la 
région possédait un dépaiteiiient en plus, la Haute-'Vienne, qui, à lui seul, avait 
di'jà fourni environ 60 animaux de race Limousine, sans compter ceux qui pou- 
vaient être exposés dans d'autres catégories. Ce département qui doit, dit-on, faire 
retour à la région, l'année pi'ochaine, est un de ceux où l'on élève le plus. 

Notre intenlion n'est pas d'entrer dans la description des diverses races expo- 
sées et sufhsamment connues aujo\ud'iiui. Cependant nous ne pouvons passer sous 
silence l'ensemble remanpiahle des animaux de la race parihenaise si connue et 
jouissant, sous le nom de Clioletaise, d'une estime justement méritée auprès de la 
boucherie de Paris. Le jury s'est quelifuefois trouvé fort embarrassé pour l'attri- 
bution des prix et il a été' obligé d'ajouter, dans chaque catégorie, un certain 
nombre de prix supplémentan'es. 

La race Bazadaise était représentée par quelques beaux spécimens. Les animaux 
de race limousine appartenant à M. Autelet, propriétaire à Poitiers, lui ont valu 
le prix d'ensemble des six premières catégories. Il a obtenu tous les premiers prix 
et il avait un ensemble très remarquable. 

Les Durhams exposés avaient une très grande valeur. Les exposants de la 
région se sont vu enlever les ])reraiers prix ))ar l'étable de M. de Falloux, hors 
région. Du reste, à part les départements de la Charente-Inférieure et de la 
\ eiidée, presque tous les animaux de celle race avaient été envoyés par des pro- 
priétaires n'appartenant pas à la région. Cela se comprend très bien ((uand on 
envisage l'ensemble de la région où l'on recherche, non seulement des bu'ufs s'en- 
graissant facilement, mais aussi des animaux de travail. Les deux déparlements, 
cites plus haut, jiossèdent de riches pâturages qui leur permettent de se livrer à 
un élevage plus précoce et le petit nombre d'exposants indique (pie cette race y 
est encore peu répandue. 

Les croisements Durham, rpioique peu nombreux, l'taiiMit tri"J brillanN. M. T'u- 



64 CONCOURS RÉGIONAL DE POITIERS. 

lier, à Fouras (Charente -Inférieure), a obtenu le prix d'ensemble décerné aux ani- 
■ine des 7', 8" et 9' catégories, 
'espèce ovine étaient ioit remarquables en général. La race 



maux de l'espèce bovine des 7', 8« et 9^ catégories. 
Les animaux de l'espèce ovine étaient l'oit rt 



gouthdown, qui sert à des croisements fort judicieux dans la région, était par- 
faitement représentée. Depuis quelques années l'élevage du mouton y a fait beau- 
coup de progrès, et les reproducteurs achetés chez MM. Nouette-Delorme et de 
Bouille, ont beaucoup contribué à l'amélioraiion. M. Teisserenc de Bort fils est 
venu enlever aux exposants de la région deux premiers prix sur les quatre caté- 
gories de mâles et de femelles. Nous avons déjà été à même d'apprécier la valeur 
des animaux de cet exposant. Il n'est pourtant pas possible de ne rien dire des 
services rendus par la race de la Charmoise aux cultivateurs de ces coatrées. On 
trouve encore de bons animaux de cette race qui, malheureusement, tend à dégé- 
nérer chaque jour. Les animaux, parfaits de forme, deviennent beaucoup trop 
petits ; ils ont du reste presque complètement absorbé la race berrichonne, qu'il 
devient, pour ainsi dire, impossible à rencontrer pure. Il y a, nous croyons, lieu 
de s'en féliciter, aujourd'hui que la viande augmente continuellement de valeur. 
M. Boncenne, propriétaire à Fontenay (Vendée), a obtenu le prix d'ensemble pour 
ses animaux de race southdowa. Il y avait évidemment quelques très bons ani- 
maux, mais il nous a semblé que l'ensemble laissait un peu à désirer. 

M. de la Massardière, lauréat de la prime d'honneur, a été assez heureux pour 
remporter le prix d'ensemble de l'espèce porcine. La lutte a été vive, car cette expo- 
sition brillait pour la qualité plus que par le nombre. Gomme toujours, les races 
françaises disparaissent sous l'infusion plus ou moins grande de sang anglais. 
Nous avons cependant perdu une race qu'il y aurait un intérêt sérieux à voir amé- 
liorer; je veux palier de la race craonnaise, très estimée par les charcutiers. Les 
populations des campagnes n'aiment pas beaucoup les masses de graisse dont les 
muscles ont presque complètement disparu. 

Les expositions d'animaux de basse-cour prennent une extension toujours plus 
grande. Les bonnes races de volailles sont recherchées de tous les côtés avec un 
très grand empressement. La vente des œufs, des volailles, fournit à la fermière 
de grandes ressources et ces produits contribuent également à varier agréablement 
la nourriture des gens de ferme. Les races fantaisistes ne figurent plus guère dans 
les exploitations ; ces monstrueux Brahma, Cochinchinois et autres semblables 
passeront bientôt à l'état de légende. On apprécie de plus en plus nos bonnes 
races françaises, Grèvecœur, Houdan, La Flèche, etc , dont les mérites sont indé- 
niables : bonnes pondeuses et s'engraissant ensuite parfaitement, avec une chair 
d'excellente qualité. Les éleveurs de volailles sont nombreux dans le Poitou ; 
MM. de Traversay, de Larclause, Boncenne, de la Massardière et Laverré, 
dans la Gironde, avaient envoyé à Poitiers de magnifiques collections. AI. Bon- 
cenne a remporté le prix d'ensemble de cette section avec une grande quantité de 
lots, plus de quarante. 

Si les animaux étaient un peu moins nombreux que d'habitude, en revanche, quelle 
exposition d'instruments ! Nous n'avions jamais vu un concours de machines aussi 
considérable; 1,700 se trouvaient réunies sur la promenade de Blossac Toutes les 
grandes maisons s'étaient donné rendez-vous à Poitiers; les Pilter, Gérard, Ma- 
bille, Ilidien, Brouhot, Decker et Mot, Waito-Burnell, Daru, Tritschler et beau- 
coup d'autres encore, avaient envoyé leurs plus belles collections. Nous devons dii-e 
que l'ensemble était imposant : plus de cinquante locomobiles formant l'allée cen- 
trale et flanquées de chaque côté des machines les plus diverses-et indispensables 
pour la plupart dans les fermes bien tenues. Getle masse de machines, réunies 
dans le même endroit^ prouvent combien les agriculteurs éprouvent le besoin de 
remplacer les bras qui leur font défaut, et aussi la valeur pratique des machines 
fabriquées aujourd'hui. Tous les instruments, mis en vente actuellement, sont sé- 
rieux et peuvent être livrés sans crainte aux ouvriers des fermes. Ils apprennent 
bien vile à s'en servir et comprennent parfaitement qu'ils doivent devenir la ma- 
chine dirigeante. Du reste les réparations de ces diverses sortes d'où ils devien- 
nent très faciles; on trouve, dans toutes les maisons citées plus haut, des pièces 
de rechange, parfaitem.enl ajustées, que le premier ouvrier venu peut remonter fa- 
cilement. Il faut dire aussi que les cliarrons, les maréchaux du village, sont plus 
habiles qu'autrefois et savent presque tous réparer les machines agricoles. 
Nous connaissons des propriétaires qui n'ont pas hésité, ayant acquis une 
loconiobile, à envoyer leur contre-maître passer quelques jours dans une grande 
fabrique pour lui apprendre à conduire et à réparer la machine confiée à ses soins. 



CONCOORS REGIONAf. DE POITIERS. 65 

C'est là une excellente idée à. mettre en pratique plus fréquemment. Nous avons 
entendu beaucoup de constructeurs se louer des excellentes affaires qu'ils avaient 
faites. On ne peut que s'en féliciter, car c'est évidemment le but des concours. 

Il n'est pas possible d'entrer dans l'appréciation de chaque machine; cela 
augmenterait notre compte rendu d'une façon démesurée. Il y a d'autant moins de 
raison que la plupart des machines sont les mêmes que celles exposées daus 
d'autres concours. Nous ne voulons cependant pas quitter les instruments sans 
féliciter les membres du jury de la tâche longue et dillicile qu'ils ont pu mener à 
bonne fin. Pendant trois jours nous les avons vus au milieu de la poussière, et bra- 
vant (juelquefois la pluie, pour s'acquitter de la mission qui leur était confiée. 
Nous n'avons vu nulle part jury plus consciencieux, recherchant, par tous les 
moyens scientifiques et pratiques, à reconnaître la valeur réelle des choses qu'ils 
avaient à examiner. 

Le commissariat a eu une lourde tâche à remplir; le classement d'une si grande 
quantité de machines, la préparation des essais par le jury ont demandé une ac- 
tivité extraordinaire. Nous ne pouvons que rendre justice à l'éloge qui en a été fait 
par M. Lerabezat, lors de la disti ibution des prix. 

Les produits de toute nature exposés à Poitiers formaient une exhibition fort 
intéressante et complète. On y rencontrait les choses les plus variées, produits de 
grande culture, les eaux-de-vie si justement renommées et incomparables dts Cha- 
rentes ainsi qu'une collection très remarquable des vins de la Gironde. 

On trouvait réunis sous la même tente, les fabricants d'engrais les plus con- 
nus, tels que MM. .laille, Pichelin, (iallet-Lefebvre, Thomas, etc., etc. Cela 
prouve l'importance que l'on att che dans le département de la \ienne aux engrais 
artificiels Toutes ces maisons ont en effet des représentants à Poitiers. 

Nous parlerons très brièvement des expositions hippique et horticole, organisées 
par la Société d'agriculture de la Vienne. Quelques magnifiques baudets qui font 
la fortone du Poitou, et aussi de très beaux étalons. Les animaux étaient assez 
nombreux, d'autant qu'il nous a été dit que cette exposition n'avait été organisée 
qu'au dernier moment. 

Le très beau jardin installé dans un coin de IJlossac, avait été parfaitement des- 
siné. ^Malheureusement il manquait un peu de fleurs. 

Le dimanche 15, M. Lepère minis're de l'intérieur, accompagné de M. Baile, 
préfet de la Vienne, a visité le concours dès les huit heures du matin. A différentes 
reprises, il a complimenté les exposants des succès qu'ils avaient remportés. 

A deux heures a eu lieu la distribution des prix, présidée par M. Lepère. 

Après un discours de M. le préfet de la Vienne, M. I.epère a prononcé les 
reman[uables paroles reproduites dans le numéro du Journal du 21 juin. Puis 
M Leml)ezat, inspecteur général de l'agriculture, a jtrononcé le discours suivant : 

« Monsieur le ministre, messieurs, la présence de M. le ministre de l'inté- 
rieur, qui a bien voulu abandonner pour quelque temps, ses nombreuses et im- 
portantes occupations pour venir présider la séance à laquelle il nous fait l'honneur 
d'assister, prouve combien le gouvernement de la République s'intéresse aux 
choses de l'agriculture. Je suis assuré, monsieur le ministre, d'être l'interprète 
des sentiments de tous, en vous exprimant la satisfaction qu'éprouvent les hommes 
qui s'occupent des choses agricoles de vous voir aujourd'hui parmi eux. 

« Vous n'auriez pas pu, monsieur le ministre, choisir une meilleure occasion 

Ïiour vous rendre compte des progrès de l'agriculture, que celle qui était offerte par 
e concours régional de Poitiers. Il est impossii)le, en effet, je ]iuis le dire haute- 
ment, de rencontrer une réunion plus remarquable des moyens employés pai- 
l'agriculture et les résultats obtenus, que celle que vous avez visitée avec tant 
d'intérêt ce matin. 

« Ce serait une tâche au-dessus de mes forces que d'essayer, dans le moment 
actuel, de donner une analyse, aussi succincte fût-elle, des merveilleuses collec- 
tions d'instruments, d'animaux vivants et de produits de toute sorte, qui compo- 
sent l'ensemble du concours, et je la restreindrai en disant que l'agriculture la 
plus avancée, comme la plus exigeante, trouverait dans le splendide parc de Bios- 
sac tout ce {pi'elle pourrait désirer comme moyen d'action. 

« En voyant cet imposant bataillon, ces puissants moteurs à vapeur faisant 
fonctionner, sans trêve et sans fatigue pour l'homme, les engins les plus perl'ec- 
tionnés, qui étaient autrefois mus à bras, l'on éprouve, à mon avis, une profonde 
et singulière satisfaction en pensant que l'agriculture, elle aussi, a pu et su pro- 
gresser comme l'industrie, puisqu'elle a adopté, quoique e-ur une moindre écljcllt*, 
les mêmes moyens. 



66 CONCOURS RÉGIONAL DE POITIERS. 

a L'outillage agricole, on peut le dire hardiment, a atteint un niveau qui répond, 
à tous les besoins du moment; et sa bonne qualité comme sa perfection, sont 
l'honneur des constructeurs français, qui se feraient un cas de conscience de livrer 
des instruments mauvais ou de fabrication médiocre. Les transactions sont telle- 
ment sûres actuelement, qu'il n'est pas un constructeur qui n'offre à l'essai tous 
les types de sa fabrication. Je ne crois pas que l'on puis-:e faire un plus bel éloge, 
ni plus vrai, de l'honneur commercial Irançais. Je dois dire, pour être juste, que 
beaucoup de fabricants étrangers en agissent de même. L'exhibition des machines 
et engins agricoles de toute sorte qui se trouve encore sous vos yeux est aussi con- 
sidérable qu'excellente. C'est tout ce que je puis dire, pour résumer mon senti- 
ment sur cette partie du concours. 

« L'exposition des animaux domestiques est, dans son genre, extrêmement 
belle. Le juiy chargé de décerner les primes, comme le public qui a assisté, avec 
le plus grand intérêt, à toutes les opérations préparatoires des jugements, ont 
été unanimes pour reconnaître le mérite exceptionnel de toutes les catégories. Le 
progrès se généralise tellement de jour en jour qu'il devient extrêmement diffi- 
cile aux exposants d'obtenir les récompenses à cause de la lutte acharnée qui 
s'établit entre des mérites si rapprochés les uns des autres; mais ds ne se décou- 
ragent pas, et le vaincu de la veille devient le vainqueur du lendemain. Ces tour- 
nois paciliques ont la lionne fortune de n'altérer en rien les bonnes et amicales 
relations que les agriculteurs sont dans l'habitude d'avoir entre eux et d'être une 
cause incessante d'émulation. Aussi chaque année, le concours régional est attendu 
avec impatience; c'est un rendez-vous donné à ses amis que l'on est heureux de 
retrouver pour s'entretenir des faits agricoles qui se sont passés depuis la dernière 
séparation, à des constructeurs auxquels l'on avait promis d'a-cheter divers instru- 
ments, après que l'on avait vu ailleurs comment ils fonctionnaient; en un mot, 
c'est le terrain le plus solide d'un enseignement mutuel dont les conséquences 
sont incalculables. Le côté moral de ces réunions, pour les hommes qui ont 
suivi le mouvement intellectuel qu'elles ont provoqué, a été le plus puissant levier 
du progrès que l'on puisse imaginer, et a produit des résultats considérables eu 
égard à la faible dépense qu'ils exigent. 

« Le gouvernement de la République, au lieu de penser à restreindre ou à 
supprimer les encouragements à l'agriculture, donne chaque jour la preuve du 
contraire, en augmentant les subventions des associations agricoles, en dévelop- 
pant l'enseignement spécial de l'agriculture, qui, comme M. le ministre de l'agri- 
culture l'a dit tout récemment dans le remarquable discours qu'il a prononcé à 
Lille, doit rayonner le plus tôt possible sur toute la France. C'est là une heureuse 
pensée et qui produira des résultats féconds. 

ce Dans quelques instants, monsieur le ministre, le rapporteur de la Commission 
chargée de la visite des domaines qui ont concouru pour la prime d'honneur, les 
prix culturaux et les autres récompenses portées au programme, va vous donner 
une idée très exacte, quoique très sommaire, des éléments qui ont décidé le jury. 
L'honorable baron Desgraviers a fait, sur cette panie importante du concours, un 
rapport complet, très détaillé, et qui est une peinture exacte des faits. Je suis 
l'interprète de tous ses collègues, en lui exprimant publiquement, ici, toute la 
satisfaction qu'ils ont éprouvée à la lecture de son Mémoire. 

« Je vous demande encore, monsieur le ministre, la permission de remplir un 
devoir de reconnaissance, en remerciant d'abord M. le préfet de la Vienne pour le 
concours actif, et, je puis bien le dire, dévoué qu'il n'a cessé de me prêter pour 
l'organisation de cette splendide solennité agricole. L'aft'abilité, la courtoisie, 
l'entrain et la droiture, monsieur le prélet, que vous mettez dans vos relations, 
vous gagnent tous les cœurs, et vous attirent toutes les sympathies, comme vous 
l'a die hier M. le ministre de l'intérieur. Depuis que j'ai l'honneur de vous con- 
naître, j'ai eu la preuve des paroles que M. le ministre vous a adressées, et qui 
ont beaucoup plus de portée que ne pourraient en avoir les miennes; mais j'aime 
à penser que vous voudrez bien tenir compte du sentiment sincère qui m'anime 
en vous parlant ainsi, \euillez, je vous prie, remercier le Conseil général de la 
Vienne de la part qu'il a eue dans le succès du concours, en accordant des sub- 
ventions importantes soit pour l'installation matérielle, soit pour l'exposition hip- 
pique. La Vienne est un département dont toute la fortune repose sur l'agriculture, 
et je ne doutais pas que le Conseil général ne s'associât largement, comme il l'a fait, 
à cette belle maiiifeslaiion des progrès de l'agriculture. 

- r.a ville de Poitiers a une l'épufation acquise d'hospitalité. Dans la circon- 



CONCOURS RÉGIONAL DE POITIERS. 67 

stance, elle a justilié en tous points cette bonne renommée. Il est impossible, en 
effet, de se montrer plus généreux, plus lil)éral, plus prodigue — dans le bon 
sens, toutefois — que ne l'a fait le ville de Poitiers pour accueillir les hôtes 
qu'elle recevait. L'honorable maire de Poitiers, retenu par une indisposition pas- 
sagère et que je regrette vivement de ne pas voir ici, a été remplacé dignement 
par l'honorable M. Doucet, premier adjoint et par ses collègues. Je ne saurais 
trouver des termes assez vifs pour exprimer à la municipalité toute la satisfaction 
qu'ont éprouvée les innombrables étrangers qui, depuis quinze jours bientôt, par- 
courent incessamment la merveilleuse promenade de Blossac, ce cadre unique 
peut-être en France pour l'organisation d'une fête agricole, et qui, je ne crains 
pas de le dire, a été remplie avec un bonheur complet. Aucun moyen d'action ma- 
tériel ou moral ne m'a été refusé; et, sans modestie, je retourne à la municipalité 
de Poitiers tout le succès du concours régional. 

« Le jury, composé des hommes les plus en vue dans toute la région par leur 
situation agricole ou scientifique, a eu une lourde tâche à remplir. Il l'a accomplie 
au milieu d'un nombreux public, qui lui a rendu justice en ratifiant ses juge- 
ments. C'est le plus bel éloge que je puisse faire du jury, que je connais assez 
pour me porter garant qu'il suffit à le récompenser de son pénible labeur. 

a Le commissariat, composé déjeunes gens sortis tous des écoles nationales 
d'agriculture, a donné la preuve des connaissances qu'il y a acquises. Ici, comme 
partout, il a bien rempli sa mission et accompli son devoir, et il a déjà reçu sa 
récompense par les sympathies qui l'entourent et les regrets qui lui ont été mani- 
festés par tous les exposants , quand ils ont su que c'était la dernière fuis qu'il 
prendrait part aux concours de la région. 

« Je ne laisserai pas dans l'ombre des mérites modestes, mais réels. M. Mar- 
tin, directeur des travaux delà ville, chargé de toute la partie matérielle du Con- 
cours, a apporté une intelligence, un zèle et un dévouement que je suis heureux de 
reconnaître en lui adressant publiquement mes félicitations. J'en dirai autant de 
M. Soulé qui avait l'entreprise de cette installation et qui s'est acquitté à sou 
lionneur et à la satisfaction de tous de la charge qu'il avait acceptée. 

« Je sen.s, monsieur le ministre, que j'abuse de vos instants et de ceux de la 
nombreuse assistance devant laquelle l'ai l'honneur de parler; mais je vous 
demande la permission d'ajouter un dernier mot. Ma mission est terminée désor- 
mais dans la région où je viens de passer huit années, encour-igé, soutenu dans 
mes modestes efforts pour faire le bien, par des hommes dévoués aux progrès de" 
l'agriculture. J'ai rencontré ici un concours universel de bonne volonté dans toutes 
les classes du monde agricole, et j'ai eu bien peu de choses k faiie pour diriger 
une force qui m'entraînait toujours vers la poursuite du mieux. J'ai été payé au 
centuple du peu que j'ai fait par des t'^moignages, trop iïatteurs pour moi, pour 
que je n'en sois pas ])ro'ondément touché. Vous tous, messieurs, agriculteurs et 
exposants, ([ue je confonds dans un sentiment unique de vive sympathie, recevez 
ici l'expression sincère des regrets ((ue j'éprouve à me séparer de vous. C'est avec 
un cteur pleia de tristesse que je dis adieu à la plupart d'entre vous, et au 
revoir à ceux que j'aurai la bonne fortune de rencontrer sur un nouveau terrain 
pour parler des absents. » 

La parole a été ensuite donnée à M. l" baron Desgraviers (jui a lu un extrait de 
son remarquable rapport sur la prime d'honneur. 

Immédiatement après a eu lieu la proclamation de la liste des prix. 

l'rime d'Iinnneur cons slant en une coupe d'argent de la valeur de ;i,ôOO fr. pour l'explcilation 
du déparlement de la Vienne, ayant obtenu l'un des jirix culturiuix et ayant réalisé les améliora- 
tions les plus utiles et les plus propres à être oiïortcs coaime exemple, décernée à M. de la jMas- 
sardière, lauréat du prix ruUural de la 1" catégorie. 

l'riz cutturaux. — l" Catéjnne. — Propriétaires exploitant directement leurs domaines ou par 
lépisseurs ou maitres-valets. Prix consistant en un olijet d'art de ô(jO fr. et une somme de 
2,000 francs, décerné à M. de la Massardière, propriétaire exploitant le domaine de la Gatinalière, 
coHiune d'Anlran. 

2* Cnli'ijnrie. — Propriétaires exploitant plusieurs domaines par métayer. Prix consistant en un 
olijHi d'an de .'lOO francs et une somme de 2,01)0 francs à répartir entre métayers, décerné à M. Au- 
(j'uis, à la Morcifre. canlon de Coulié. 

P.ir di'cis'on do M. le ministre de l'agricullure et ilu commerce, sur la proposition du Jury, des 
objets (l'art ont été décernés : \° à M. Hue Hier, propriétaire à Ouzilly, commune de I.aihus, pour 
création et adminislr,ition d'un très grand doinauie, exploité yir colonage partiaire, niarn.nfus 
considéral)les, résultats importants obtPiiiis par l.i culture cxlensive, «yant pour base le bétail ri 
lescéroab'S. 2» à M. de Curzay, propriétaire à Curzay. cant"n de Lusigiian. pour délricbuineul 
et mise en culture récente de terres en brandes, ensemble et emploi d'instruments perfcclioniiés, 
bon ordre dans tous les services de l'exploitation, noir.breux bétail, comp abilité bien tiiuie. 



68 CONCOURS UÉGION.Vr, DE POITIERS. 

Médailles de spécialité. 

Médailles d'or (grand module). — A M. Autelet, au Léché, commune de Sau'gé, pour installa- 
tion de ferme remarquable, bîUes cultures de céréales, nombreux et excellent bétail, emploi d'in- 
struments perfectionnés, fumiers bien soignés, marnages, dramagesbien compris sur 36 hectares; 
à M. Pin, au Treuil, commune de Celle-l'Évescault, pour création de ôO hectares de prairies artifi- 
cielles, plantation de l.'S hectares de vignes, cultivées à la charrue, et emploi de la faucheuse et de 
la moissonneuse; à M. Robin, à la Tomberrard, commune de Coulombiers, pour défrichement et 
mise en valeur de terres en brandes et bons résultats obtenus; à M. le comte de Briey, à La Roche, 
commune de Gençay, pour création de 30 hectares de prairies artificielles, bonne culture de cé- 
réab's et nombreux bétail. 

Médailles d'or. — A M. Ufccle, à Normandmie, commune de Teroé, pour plantation de 23 hec- 
tares de vignes, bien cultivées à la charrue et à la houe à cheval ; à M. Frère, à Roche, commune 
de Cloué, pour culture fourragère remarquable, faite sur une grande échelle et persévérance dans 
la carrière agricole; à M. Paulze-d'Ivoy, à la .Motte, commune de Ligugé, pour créntion d'un vi- 
gnoble de 20 hectares, dont une partie plantée en chaintres, d'après la méthode de Chissay (Indre- 
et-Loire). 

Récompenses aux agents des exploitations qui ont obtenu les prix culturaux. — \" Catégorie. — 
(Agents de l'exploitation de M. de la Massard ère). M>'dailles d'argent, MM. Bourguejl (Louis), pre- 
mier domestique ; Babin (Delphin), premier charretier; Barbotteau (François), garde. Médailles de 
bron:e, MM. Lel'ort, vigneron; Auger (Louis), bouvier; Mofineau (Jean), bouvier. 

3'" Catégorie. — Agents de l'exploitation de M. Auguis). Une somme de 1,000 fr., M. Moussac 
(Jacques), métayer. Une somme de 1,000 fr., M. Coudret (Pierre), métayer. 
Animaux reproducteurs. — X*«pèce bovine. 

1'° Catégorie.. — Race parthenaise et ses dérivés (vendénne, nantaise). — Mâles. — Animaux de 
1 i 2 ans, nés depuis le 1"' mai 1S77 et avant le 1" mai 1878. 1" prix, M. Germain, à Saint-Au- 
bin-le-Clûud (Deux-Sèvres); 2*. M. d'Auzay (Charles), à la Ferrière (Deux-.Sévres); 3% M. Delisle, 
au Boupére (Vendée); 4", M. Petit, à Chàtellerault (Vienne); a', M. Garsuault, à SaintPardoux 
(Deux-Sèvres) ; 6", M . Frère, à Cloué (Vienne). — Femelles. — l" Section. — Génisses de 1 à 2 ans, 
nées depuis le 1" mai 1877 et avant le l" mai 1878. 1»' prix, M. Germain ; 2*, M. Ch. d'Auzay; 3", 
M. Rambaud, aux Clouzeaux (Vendée). Mentions honorables, M. d'Auzay, M. Germain. — 2' Sec- 
don. — Génisses de 2 à 3 ans, nées depuis le 1"' mai 1876 et avant le 1" mai 1877, pleines ou à 
lait. 1" prix, M. de la Massardière, 2°, M. Delisle, au Boupére (Vendée); 3% M. Pervmquière, à 
Bazoges-eu-Prireds (Vendée). — S' Section. — Vaches de plus de' 3 ans, nées avant le 1"' mai 1876, 
pleines ou à lait. 1" prix, M. Pervinquière; 2°, M. Séguinot, à Malliers (Vendée); 3', M. d Auzay 
(Théobald), au Tallud (Deux-Sèvres); 4", M. de la Massardière; 5', M. Renaudeau, à la Payratte 
(Deux-Sèvres); 6'. M. Poilineau, à Ëchiré (Deux-Sèvres); 7", M. Ch. d'.\uzay; 8', M. Delisle 
Mention honorable, M. Bouille, à la Boissière-en-Gâtine (Deux-Sèvres). Mention très honorable îi 
toute la catégorie. 

2' Catégorie. — Race maraichine. — Mâles. — Animaux de 1 à 2 ans, nés depuis le 1" mai 1877 
et avant le 1"' mai 1878. 1" prix, M. Ambert, à Tonnay-Charente (Charenie-Inférieure; 2%M. Nau- 
. diu, à Saint-Liguaire (Deux-Sèvres; 3', M. Pelon, à Saint-Clément (Charente-Inférieure), — Fe- 
melles. — 1" Section. — Génisses de 1 à 2 ans, nées depuis le l»' mai 1877 et avant le 1" mai 
1878. 1" prix, M. Ambert. — 2» Section. — Génisses de 2 à 3 ans, nées depuis le 1" mai 187G et 
avant le 1" mai 1877, pleines ou à lait. 1" prix, M. .Ambert; '!', M. Moissier, à Loire (Charente-In- 
férieure). — 3° Section. — Vaches de plus de 3 ans, nées avant le 1°' mai 1876, pleines ou à lait. 
1" prix, M. Moissier ; 2% M. .Ambert. Rappel de 3° prix, M. Séguinot (François), à Sainte-Gemme- 
la-Plaine (Vendée); 3' prix, M. Delisle. 

3" Catégorie. — Race de Salers. — Mâles. — Animaux de 1 à 2 ans, nés depuis le l"' mai 1877 
et avant le 1'' mai 1878. 1" prix, M. le comte de Briey, à Magné (Vienne). — Femelles. — 1'» Sec- 
tion. — Génisses de 1 à 2 ans, nées depuis le 1" mai 1877 et avant le l"' mai 1878. 1»' prix, M. le 
comte de Briey; 2", M. Lévrier, A Rom (Deux-Sèvres). 2' Section. — Génisses de 2 à 3 ans nées 
depuis le 1" mai 1876, et avant le 1" mai 1877, pleines ou à lait. I" prix, M. Leviier ; 2", M. Ro- 
geon, à Saint-Secondin (Vienne). — 3' Section. — Vaches de plus de 3 ans, nées avant le 1" mai 
1876, pleines ou à lait. 1"' prix, M. Rogeon ; 2°, M. le comte de Briey, 3", M. Lévrier. 

4° Catégorie. — Race garoiinaise. — Mâles. — Animaux de 1 à 2 ans, nés depuis le 1" mai 1877 
et avant le I" mai 1878. 1" prix, M. Tujas Vital, à Blaignac (Gironde); 2°, M. Tujas Nicolas, à 
Saint-Sève (Gironde); 3", M Sirrauste, à Bourdelles (Gironde); 4°, .M. Rougier, à La Réole (Gironde). 

— Femelles. — 1" Section. — Génisses de 1 à 2 ans, nées depuis le 1" mai 1877 et avant le 
1" mai 1878. 1" prix, M. 'fujas Nicolas; 2", M. Rougier, à La Réole (Gironde); 3«, M. Courrech , à 
.Massugas (Gironde). — 2" Section. — Génisses de 2 à 3 ans, nées depuis le 1"' mai 1876 et avant le 
1"' mai 1877, pleines ou à lait. I" prix, M. Régimon, à Saint-André-du-Garn (Gironde). 2°, M. fu- 
jas Nicolas; 3", M. Jor.iit, à Saint-André-du-Garn (Gironde). — 3" Section. — Vaches de plus de 
3 ans, nées .avant lel" mai 1876, pleines ou à lait. I"' prix, M. Tujas Nicolas; T, M. Régimon; 3°, 
M. Rougier; 4", M. Courrech. 

fi" Catégorie. — Race Bazadaise. — Mâles. — Animaux de 1 à 2 ans. nés depuis le 1"' mai 1877 
et avant le I" mai 1878. 1" prix, M. Courrégelongue, à Bazas (Gironde); 2°. M. Darroman Washin- 
gton à Lignan (Gironde); 3=, M. Labbé, à Bernos (Gironde); 4% M. Darroman (Henry), à Bazas 
(Gironde). — Femelles. — l" Section. — Génisses de 1 à 2 ans, nées depuis le 1" mai 1877 et 
avant le 1>"' mai 1878. 1" prix, M. Courrégelongue. Mention honorable, M. Courrégelongue. — 
2" Section. — Géni.sses de 2 ;'i 3 ans , nées depuis le l"' mai 1876 et avant le 1«' mai 1877, pleines 
ou à lait. 1" prix, M. Darroman (Henry); 2°, M. Courrégelongue; 3«, M, Darroman Washington. 

— 3" Section. — Vaches de plus do 3 ans, nées avant le ï" mai 1876, pleines ou à lait. 1" prix, 
M. Courrégelongue ; 2», M. Mothes, à Bernos (Gironde); 3% M. Ferbos, à Langon (Gironde). Mention 
honorable, M. Ferbos. 

6" Catégorie. — Race limousine. — Mâles. — Animaux de 1 à 2 ans, nés depuis le 1" mai 1877 
et avant le l" mai 1878. P'prix, .M. Autellel, à Poitiers (Vienne); 2*, M. Régimon ; 2', M. Henrotte, 
à Lésignat (Charente), - Femelles. — 1" Section. — Génisses de 1 à 2 ans, nées depuis le 1" mai 
1877 et avant le 1" mai 1878. 1" prix, M. Autellet. Mention honorable, M. Autellet. — 2' Section. 

— Génisses de 2 à 3 ans, nées depuis le l"' mai 1876 et avant le 1"' mai 1877, pleines ou à lait. 
}" prix, M. Autellet. — 3" Section. — Vaches de plus de 3 ans, nées avant le 1" mai 1876, pleines 
ou â l.iit. \-' |Mix, M. Aiiii'llet; 2«, M. de Villars. à Porsac (Vienne), 



CONCOURS RÉGIONAL DE POITIERS. 69 

Prix d'ensemble à attribuer au meilleur lot d'animaui des 1'% 2% 3% 4', 5* et 6' catégories. Un 
objet il'nrl décerné à M. Autellet, propriétaire des animaux de race Limousine. 

7" Catégorie. — Race durham. — Mâles. — 1" Section. — 'Animaux de 6 mois à 1 an, nés depuis 
le I" mai 1878 et avant le I" novembre 1878. 1" prix, M. Abafour, à Miré (Maine-et-Loire) ; 2°, 
M. le marquis de Surrineau, à Saint-Vincent-sur-Graon (Vendée) ; 3', .M. le comte de Falloux, au 
bourg d'Iré (Maine-et-Loire); 4°, M. le comte de Briey. Mention très honorable, M. le comte de 
Chabot, à Mouchampe (Vendée). — 2« Secli<m. — Animaux de 1 à 2 ans, nés depuis le I" mai 1877 
et avant le 1"' mai 1878. l" prix, M. le comte de Falloux; 2", M. le comte de Vassal, à Montbadon 
(Gironde); 3', M. Daubin, à Magnac-Laval (Haute-Vienne). — 3' SfCtion. — Animaux de 2 à 4 ans, 
nés depuis le 1" mai 187.5 et avant le 1" mai 1877. 1" prix, M. Proux, à Marencennes (Charente- 
Inférieure); 2", M. Montrioux, à la Jumellière (Maine-et-Loire); 3". M. Abafour. Mention honorable, 
M. de Buor, à ChaiUé-les-Ormeaux (Vendée). — Femelles. — 1'" Section. — Géniàses de 6 mois à 
1 an, nées depuis le 1" mai 1878 et avant le 1"' novembre 1878. 1" prix; M. Montrieux; 2", M. Du- 
quénel, à Saint-Sorlin-de-Conac (Charenie-Inférieure). Mention honorable, M. Richard, à .Ardillière 
(Cbarente-Inférieure). — 2" Section. — Génisses de 1 à 2 ans, nées depuis le 1" mai 1877 et avant 
le 1" mai 1878 Rappel de l"prix, M. le comte de Falloux ; 1" prix, .M. Daubin; 2°, M. le marquis 
de Surineau. — 3" Section. — Génisses de 2 à 3 ans, nées depuis le 1" mai 1876 et avant le 1" mai 
1877, pleines ou i lait, l" prix, M. le comte de Falloux ; 2", M. Monnerie, à Muron (Charente-Infé- 
rieure) ; 3*, M. le comle de Chabot. — 4' Stclion. — Vaches de plus de 3 ans, nées avant le 1" mai 

1876, pleines ou à lait. l"prix, M. le comte de Falloux ; 2*, M. Proux; 3% M. Daubin. Mention très 
honorable, M. le comte de Falloux. 

8' Catégorie. — Croisements durham. — Mâles. — Animaux de 1 à 2 ans, nés depuis le 1" mai 
1877 et avant le b'mai 1878. 1" prix, non décerné; 2°, M. Proux; 3", M. de Saint-Exupéry, àBreuil- 
Magné (Cbarente-Inférieure). — Femelles. — 1" Section. — Génisses de 1 à 2 ans, nées depuis 
le 1" mai 1877 et avant le 1" mai 1878. l" prix, M. le marquis de Surineau; 2', M. de Saint-Exu- 
péry. — 2* Section. — Génisses de 2 à 3 ans, nées depuis le 1" mai 1876. pleines ou à lait. I" prix, 
M. Monnerie; 2". M. le baron d'Ailaud de Saint-Saud, à la Roche-Chalais (Dordogne). — 3' Section. 

— Vaches de plus de 3 ans, nées avant le 1" mai 1876, pleines ou à lait. I" prix, M. Putier.à 
Fouras (Charente-Inférieure). Rappel de 2' prix, M. Esgonnière, à la Chaise-le-Vicomte (Vendée). 
2° prix, M. Monnerie. Mentions honorables, M. Putier, M. Proux. 

9° Catégorie. — Races laitières françaises ou étrangères pures, à l'exclusion des races ayant une 
catégorie spéciale. — Mâles. — Animaux de 1 à 2 ans, nés depuis le 1"' mai 1876 et avant le 1" mai 

1877. 1"' prix, non décerné; 2°, M. Fradin, a Béruges (Vienne). — Femelles. — \" Section. — Gé- 
nisses de 1 à 2 ans, nées depuis le 1" mai 1877 et avant le 1" mai 1878. 1" prix, M. Fradin. — 
2' Section. — Génisses de 2 4 3 ans, nées depuis le l"' mai 1876 et avant le 1°' mai 1877, pleines ou 
à lait. 1"' prix, non décerné; 2°, M. le marquis de Dampierre. — 3" Section. — Vaches de plus de 
3 ans, nées avant le 1" mai 1876, pleines on à lait. 1" prix, M. le marquis de Dampierre; 2*, M. Bo- 
bin, àLavausseau (Vienne). 

Prix d'ensemble à attribuer au meilleur lot d'animaux des 7', 8' et 9* catégories. Un objet d'art, 
décerné à M. Putier, propriétaire des animaux de race croisée Durham. 

Espèce ovine. 

1" Catégorie. — Races françaises diverses. — Mâles. — 1" prix, M. Lévrier: 2% M. Autellet; 
3", M. Ducellier; 4°, M. Couturier, à Verruye (Deux-Sèvres. — Femelles. — (Lots de 3 brebis). 
1" prix, M. Ducellier; 2% M. Autellet; 3", M. Bouchet, à Châtillon (Vienne). 

2* Catégorie. — Races étrangères diverse. — 1" Section. — Animaux de 1 an à 18 mois. — Mâles. 

— 1" prix, M. Boncenne, à Fontenay-lo-Comte (Vendée) ; 2', M. Despéroux, à Châteauneuf (Cha- 
rente): 3', M. Teisserencde Bort, à Saint-Priest (Haute-Vienne); 4', M. le marquis de Dampiere. — 
Femelles. — (Lots de 3 brebis), l" prix, M. Teisserenc de Bort; 2", .M- Boncenne; 3', M. Despé- 
roux; 4', M. le marquis de Dampierre. Mention très honorable à toute la c'atégorie. — 2* Section. 

— Animaux de plus de 18 mois. — Mâles. — l"' prix, M. Teisserenc de Bort; 2', M. le marquis 
de Dampierre; S", M. de Laprade, à Mazerolles (Vienne); 4", M. Abafour. — Femelles. — (Lots de 
.3 brebis). 1°' prix, M Boncenne; 2°, M. Teisserenc de Bort; 3", M. Despéroux. Mention honorable, 
M. le marquis de Dampierre. Mention très honorable à l'ensemble de l'exposition de M. Tesserenc 
de Bort. 

3* Catégorie. — Croisements divers. — Mâles. — 1" prix, M. le comle de Chabot; 2', M. de Sa- 
vatte, à Ceaux (Vienne) ; 3', M. de L;iprade. Mention honorable, M. le marquis de Dampierre. ■ — 
Femelles. — (Lots de 3 brebis), l'prix, M. Petit; 2', M. Autellet; 3% M. Du Ché, à Montmorrillon 
(Vienne) ; 4", M. le marquis de Dampierre. Mention honorable, M. de Laprade. 

Prix d'ensemble. Un objet d'art, décerné à M. Boncenne fils. 

Espèce porcine. 

I" Catégorie. — Races indigènes pures ou croisées. — Mâles. — 1" prix, M. Goumard, à .Ma- 
zières (Charente) ; 2", M. Moussac, à Vaux (Vienne) ; 3°, M. Proux. — Femelles. — I" prix. 
M. Naudin; 2% M. Dècle; 3", M. de Laprade. 

2' Catégorie. — Races étrangères pures ou croisées. — Mâles. — l"prix, M. de la .Massardiùre ; 
2*, M. Moussac ; 3', M. de Buor; 4% M. le comte de Vassal. Mention honoraMe, M. Duquénel. — 
Femelles. — l"prix, M. Duquénel : 2% M. de Buor; 3°, M. Auguis; 4°, M. Proux; 5% M. de la 
Massardière. Mention honorable. M. le vicomte de Traversay, à -Marigny-Brizay (Vienne). 

3' Catégorie. — Croisements divers entre races étrangères et races françaises. — Mâles. — Prix 
unique, M. le vicomie de Taversay. — Femelles. — Prix unique, M. Robin, à Fontenay-le-Comte 
(Vienne). .Mention honorable, M. Dècle. 

Prix d'ensemble. — Un objet d'art décerné à M. de la Massardifcre. 

Animaux de basse-coura 

I"" Catégorie. — Coqs et poules. — 1" Section. — Race de Barbezieux. — 1" prix, M. Boncenne 
fils, à Fonleiiay-le-Comte (Vendée); 2", M. René de Larclause, à Jardres (Vienne) ; 3% Mme la vi- 
comtesse de Traversay, à .Marigny-Brizay (Vienne). — 2* Section. — Races limousine cl du Poitou. 

— 1" prix, Mlle de la .Massardière, à Aiitran (Vienne); 2°, M. Boncenne lils; 3% M. René de Lar- 
clause. — 3* Section. — Races françaises diverses. — 1" prix. M. Boncenne fils; 2", M. Voisin, à la 
Suze (Sarthe); 3', M. Troulllard, à l'a Suze (Sarlhc) ; 4*, M. Voitellier, & Mantes (Seine-el-Oise). — 
'i' Section. — Kaces étrangèies diverses. — 1" prix, M. René de Larclause: 2', M. Boncenne 
fils. — ,=)' Section. — Croisements divers. — Prix uiii()ue. Mme la comtesse de Traversay. 



70 CONCOURS RialIONAL DK POITIEltS. 

2' Ctdêynrif. — DiiiJons. — Priï unique, Mme la vicomlesse de Traversay. 

'i' Catégorie. — Oies. — 1" prix, M. René de Larclausa; 2', Mme I.averré, à Bordeaux (Gironrlp) ; 
:t', M. Bincenne fils. 

4' Catégorie. — Canards. — l" prix, M. Boncenne fils; 2% Mme Laverré; 3«, M. Pineau, à Poi- 
tiers (Vienne) . 

■S' Catt'gorie. — Pintales et pigeons. — 1" prix, Mme la vicomtesse de Traversay; 2°, M. Bon- 
cenne fils. 

6' Catégorie. — Lapins et léporides. — \" prix, M. Bnncenne fils; 2% M. Masse, à Poitiers. 

Prit d'fnsem!){f à attribuer aux animaux de bis-^e-cour. — Un objet d'art décerné à M. Bon- 
cenne, propriéla're de 40 lots d'animaux de basse-cour. 

Ré-ompemc? aux servilea-s ruraux pour les soins donnés aux animaux primés. — Médailles 
d'argent, M. Morillon, em[iloyé depuis 20 ans chez M. Autellet, laur at d'un prix d'ensemble de 
l'espèce bovine; M. Pelleiier (Loui-s), employé depuis 3 ans chez M. Boncenne fils, lauréat du prix 
d'ensemble de l'espùce ovine; M. Cauteau (Jean), employé depuis 2 ans Ciez M. Putier, lauréat 
d'un prix d'ensemble de l'espèce bovine; M. B)ur«ueil (Louis), employé depuis 23 ans cliez M. de 
la Massardière, lauréat du prix d'ensemble de l'espèce porcine. Médailles de bronze, M. Pacrauil 
(Etienne), employé depuis 18 ans chez M. Ambert, propriétaire de 4 animaux primés; H. Déban 
(Louis), employé depuis 18 ans chez M. de Falloux, propriétaire île ô animaux pnmés ; M. Mail- 
lart employé depuis 18 ans chez M. de Dampierre, propriétaire de 6 animaux primés; M. Mel 
(Auguste), employé depuis .5 ans chez M. Proux, propriétaire de .5 animaux primés; M. Brotier, 
emiiluyé depuis li ans chez M, Lévrier, propriétaire de 4 animaux primés; M. Daney (Jean), em- 
ployé depuis 40 ans chez M. Courrégelonge, propriétaire de 4 animaux primés. 
Machines et instruments agricoles. 

CONCOURS SPÉCIAUX. 

Instruments d'extérieur de ferme. — 1" Charrues double-Iiral)anl. — 1" prix, M. Noir, à Haimps 
(Charente-Inférieure); 2", M.B[anvill.iin-Breton, à Chinon (Indre et-Loire). Mention très lionoralile, 
M. Bajac-Delahaye, à Liancourt (Oise). Mention honoralile, M. Bernard, à Chàtellerault (Vienne). 
— 2° Charmes vigneronnes. — 1" prix, M. Moreau-Cha imier, à Tours (Indre-et-Loire) ; 2% M. Sou- 
chu-Pinet, à Langeais (Indre-et-Loire). Mention très honorable, M. Muray, à la Varenne (Maine- 
et-Loire). Mention honorable, M. Renault-Gouin, à Sainte-Maure (Indre-et-I.oire). — ;i° Charmes 
de tons systèmes. — 1" prir, M. Baiac-Debihaye; T, M. Girnier, à Redon (Ille-et -Vilaine) ; W, 
M. Fondeur, à Virey-Noureuil (Aisne); 4*. M. Noir. Mention très honorab'e, M. Souchud'inet. Men- 
tion honorable, M. Dernier, à Krozes (Vienne). — 4" Herses. — l" prix, M. Rmile Puzenal, à 
Bourbon-Lancy (Saone-et-Loire) ; 2', M. Hidien, à Châleauroux (Indre). Mentions honorables, 
M. Garnier ; M. Pétillât, à Vichy (Allier). — 5° Rouleaux, — 1"" prix, M. Emile Piizenat. 

Insirum'nti d'intérieur de ferme. — I" Machines à batire à grand travail, vannint et criMant, 
mues par la vapeur. — 1" prix, M. Gérard, à Vierzon (Cher) ; 2", M. Brouhot, à Vierzon (Cher): 
3". M. Hidien. Mentions honorables, M. Del. à Vierzon (Cher); M. Breloux, k Nevers (Ni'''vre). — 
2" Macliines à battre, ne vannant ni ne criblant, mues par la vapeur. — l"' prix. M. Lolz. à Nantes 
(Loire-Inférieure); 2% M. Petit, à Saintes (Charente-Inférieure); 3", MM. Chaillou et Roullin. h 
Nantes (Loire-Inférieure). Mention honorable, M Trits-hlor, à Limoges (Haute-Vienne). — 3° Ma- 
chines à bittreà manège. — 1" prix, M. Maréchaux, à Monlnionllon (Vienne) ; 2', M. Coinpain, 
à la Rochefoucauld (Charente); 3% M. Waile-Burnell. à Paris. Mention honorable, MM. Decker et 
Mot, à Par. s. — 4" Machines à égrener le trèlle, la luzerne, etc. — 1" prix, M. Gérar I ; 2", 
M. Brouhot; 3", M. Rimbert, à Chàtellerault (Vienne); 4", M. Del. — 5° Trieurs de grains. — 
1" prix, M. Clert, à Niort (Deux-Sèvres); 2'', M. Jpannin, K Mirebeaii (Vionne). — 6° Pressoirsà 
vin et à cidre. — I*'^ prix, M. Roudier, à Berger.ac (Dordozne) ; 2", M. Piquet, à Sartrouville (Seme- 
et-Oise); ,3', M. Decombe, à Bléré (Indre-et-Loire); 4°, MM. Bulan et Capelle, à Tours (Indre-et- 
Loire); 5% M. Lebeau, à Saint-Germain-Mont-d'Or (Rhône); 6", M. Millet-Pichot, à Monts-sur- 
Guesnes (Vienn»). Mention honora'le, M. Noguès, ,à .Vureilhan (Hautes-Pyrénées). — 7" Pompes 
d'arrosage et à purin. — 1" prix, M. Kaivre, à Nan!es (I.oire-lnférieiire) ; 2% M. Noël, à Paris; :>•, 
M. Beaume, à Boulogne-sur-Seine (Seine). Mention très honoi-able, M. Hirt, à Paris. 

Cnllretinn d'instruments agricol's perfectionnés n'ayant pas concouru isolément et présentés 
par des agriculteurs qui justilieroiit de l'usage de ces différents instruments sur leurs exploita- 
tions. — Médaille d'or, M. de la Massardière. 

Machines et instruments divers. 

firandç med'itWe d'or, M. Duru, à Bordeaux (Gironde), pour ses instruments de pesage. 

Médad.les d'or, M. Pilter, à Paris, pour sin chargeur de foin; M. Hidien, pour l'extincteur de 
flammèches et la bonne construction de ses moissonneuses et faucheuses, MM. MabiUe frères, ît 
Anibmse ;Inilre-et-Loire), pour leur presse à fourrages. 

Médailles d'argent, MM. Brouhot et Cie, à Vierzon (Cher), pour perfectionnement aux locomo- 
biles; MM. Rigault et Cie. à Paris, pour leur faucheuse et leur meule; M. Del, .à Vierzon (Cher), 
pour son concasseur de pierres; M. .Marambat, à Auch (Gers), pour sa soufreuse; M. Hoiillier 
Arnoul, ,à Gambais (Seine-et-Ose), pour ses couveuses; M. Mongruel, à Jaulnay (Vienne), pour son 
chariot-transport; M. Chauveau, à Loudun (Vienne), pour sa distillerie; M. Griffon, à Bordeaux 
(Gironde), pour sa pompe d'épuisement; M. Gallié, à la Charilé-sur-Loire (iNièvre); M. Louel, ii 
Issoudun (Indre). 

Médailles lie bronze, M. Champion, à Tours (Indre et-Loire), pour sa machine à cintrer et 
refouler le fer : M. Branger-Bigot, à Lochos (Indre-et-Loire), pour son liarnais viticole; .M. Mabille, 
à Limoges (Haute-Vienne), pour ses bacs en béton; M. Desvignes, à Libourne (Gironde), pour sa 
bonde automatique : M Mésot, a Lyon 'Rhône), pour ses filtrés; M. Richon, à Borde mx (Gironde), 
pour son tractoir agricole; M. Clavier, i Saiiil-Mnurice (Vienne), pour son jnug .-i coiilisse-i; 
M. Paravicini, à Pantin (Seine), pour sa tond.;use: M. Brisgault, .à Coiq-Mars lndreel-t.oire), pour 
sa rhabilleuse de meules ; MM. Noir frères; M. Snuchii-Pinet, à Langeai (Indre-et-Loire); M. Muray, 
à la Varenne (Maine-el-Loire); M. Renault-Goiin, à .Sainte-.Maure (IniIre-et-Loirel ; M. Audiger,'à 
Poitiers (Vienne): M. Guilhpm, à Toulouse (Haute-Garunn-), pour si's botteleuses. 

Le jury expiime le regret qu'l n'ait pu être accordé île récompense, faute de déclaration, à 
M. Borie-Chanal, fabricant de tuiles, .i Toulouse (Haute-Garimne), pour les produits céramique.s 
expo es hors concours. — Il reiretle également que, par défaut de déclaration, M. Dei-.ombes, à 
Bléro (InJre-el-Loire), n'ait pu être récompensé pour sa presse i huile, admise hors concours. 



CONCOURS RKGIONAL nEPOIllERS. 71 

Produits agricoles et matières utiles à l'agriculture. 

1" Céréales, fourrages, racines, lin, chanvre, produits séricicoles, laine, toisons, graines, 
arbres, arbustes, elc. de, — iléiaUlt: d'or, M. Uouvyer, à ChiUelloranlt (Vienne), pour ses cham- 
pignons sur couche. — ilédailles d'arijfnl ; ^[. Maisonneuve, à .Monts-sur-Guesues (Vienne), pour 
ses céréales: M. Petit, à Périgucux (Dordogn"), ])our ses produits séricicoles; M. Rogeon, à Saint- 
Secondin (Vi»iuie5, pour ses fourrages et racines. — Médailles di> bronze, M. Crosnier, à la Garde- 
Monllieu (Charente-Inférieure), pour utilisation du 'ympliylun' asperrimum; M. de Laroque- 
Latour. à Saini-Sornin (Vendée), pour sesraciiics; M. Chamldet, à Salles-en-Toulon (Vienne), pour 
ses produits ; M. Allierl, ,\ Poitiers (Vienne), pour ses grains 

2" Beurre, fromai-ps, mais ensilé, miels, cires, fécules, glucoses, pâtes alimenlaires, conserves 
de fruits, de légumes, de lait; préparations alimentaires propre.-; aux animaux domestiques, 
hiides, liqueurs, hydromels, bières; modelés, j'ian.^, cartqs, dessins, etc., etc. — ilédail^e 
d'or, M. Pouey, il Bordeaux (Gironde), piuv son beurre; M. Pion, à Loudun (Vienne), pour ses 
cordages — SI edaille d'argent . M. Michelin, à E-Youdun (Deux-Sèire.*). pour ses fromages; 
Jlmc Carreau, à Poitiers (Vienne), pour sa provende; M. Bessède, à jl.irseille (Bouches-dn- 
hhôrie), pour ses huiles d'olive et ses làtos alimentaires; M. l'iadin, à .Montcoulant (Deux- 
.Sévres), pour ses farines; Si. Ragot, ;\ Loudéac (Côles-du-Nord), pour son beurre: M. .\lbin- 
Marey, à Grasse (Alpes-Maritimes), pour ses eaux distillées et ses huiles. — ilèdaiUe de 
hninze, l'Asile d'aliénés de Lafond, à la Rochelle (Charente-Inférieure), pour ses farines; 
M. Robain, à Poitiers (Vienne), pour ses bières: M. Colas, à Poitiers (Vienne), p ur ses 
bulles; M. Duperron, à f hAtellerault (Vienne), pour ses vinaigres; M. Cuny, à la Chapelle- 
Tyreuil (Deux-Sèvres), pour son beurre; M. de Beauroyie, à Vilh-toureix (Dordogne), pour ses 
fromages. : 

3" Vins. — Médaille d'or, M. Cardes, à Riom-sur- baronne (Gironde), pour ses vins rouges et ses 
vin.': blancs ; M. Duquénel, pour une collection de vins; M. Deauriiic, à Saint-Vivien (Durdogne), 
rour ses vins. — Médailles d'aryenl. M. Pressnc. à Saint-Eœilion (Gironde), pour ses v^ns rouges; 
M. le comie des Courlis, à Marigny-Brizay (Vienne), pour ses \ins rouges et ses vins blancs, 
M. Lim'uzini'au, à Cliarrais (Vienuel. pour ses vins lous-'es et ses " ns blancs; M. Paz ot, à Jlonti- 
fiiiac (l'harente), pour ses vins. — Médaille de brtmte, M. Piiitfe-Magonde.iux,.à Bernos (Gironde), 
pour ses vins rouges; M. Paris, à Aulnay (Chaienle-lnféiieure), pour ses vins rouges; M. le 
vicomte deTraversay, pour ses vins rouges et ses vins blancs. 

4° Eaux-ile-vie. — Médaille d'or, M. Ferrand Flie, à Segonzac (Charente), pourson eau-de vie 
do gr,inde clnmpagne; M. Duiuénel, pour ses eaux-de-vie. — Médaille d'argent, "iI.Giraud, à 
Lignières-Sonueville (Charente), pour ses eaux-de-vie de grande Champagne; M. Kschasscriaux 
(I.oui>), .1 la Rochelle (Charente-Inférieurp), pour ses eaux-de-vie. 

.V Grandes colleotions de produits maraîchers et fruitieis. — Médaille d'or, M. de la Mes- 
sardière. 

t" Grandes collections de produits agricoles. — Médaille d'nr, M. de Traversay. — Médaille 
d'anjent, M. Boncenne. — Médaille de bronze, M. Dcauriac, ù Saint-Vivien (Dordogne). 

Nous ne voulons pas terminer ce compte rendu sans parler des témoi<!;nages de 
regret cpii ont été donnés à M. Lembezat. Tous les exposants se sont réunis yiour 
sit'ncr une adresse, qui lui a été remise, ex|)riiiiant combien ils lui étaient recon- 
naissants de ce qu'il avait fait pour la cau>e agricole, pendant les buit années qu'il 
a été cliargé d'inspecter les régions du Sud-Ouest. Nous pouvons dire que tous le 
regrelteut et le voient avec peine quitter ces régions. G. GaUdot. 

DROIT RURAL. 

RÉPONSE AUX QUESTIONS POSÉES. 

Un do nos abonnés nous adresse la question siiivanle : 

« .l'ai besoin de bâtir jusqu'aux limites d'un terrain; mon voisin a un arlire cen- 
tenaire, planté à cinquante cenliiuètres dt^s limites; cet arbre, par sa grosseur, 
dépasse de trente centiinèties les limites de la propriété; de plus, le corps de 
l'arbre pend des trois quarts de sa grosseur sur ma |iropiiété. Quels sont mes 
droits dans ce te circonstance '? » 

Voici noire réponse : 

Quand tin arl)re est planté sur la liinile exlrt'nio de deux héritages, 
de telle sorte que le tronc |)orte sur l'un et sur l'autre terrain, il doit 
être considéré comme commun aii.v deux propriétaires. Cliacun de ces 
derniers a des lors le droit d'exii^a^r que l'arhrc soit ithaltu, eunrurmé- 
meut à l'art. Cùli G. civ. (Fournel, Traité du voisinage, 1. 1., p. lâG. — 
Duranloii, t. V, n° 380). 

Mais il peut se faire que cette présoniplion de mitoycnnelé soit com- 
battue j)ar des preuves contraires, un titre par exemple. Ilay lieu de se 
demander alors si, l'arhre app.'irtenant excUisiveinent à l'un îles pro- 
priélaires, l'auli'e a It; droit d en exiger l'arraeliement. 

L'art (171 G. civ. fixe la distance qui doit séparei- les plantations de 
la limite des propriétés voisines. A défaut de rèi^lenitmls ou d'usai;es 



72 DROIT RURAL. 

constants et reconnus, cette distance est de deux mètres pour les arbres à 
haute tige et d'un demi-mètre pour les autres arbres et haies vives. 

La distance se mesure à partir du cœur de l'arbre jusqu'à la ligne 
séparative des deux héritages (Aubry et Rau, t. II, p. 2\'X). 

Dans l'intérieur des villes, un usage constant permet, surtout lorsque 
les propriétés sont closes de murs, de planter les arbres Jusqu'à l'ex- 
trême limite de la propriété, pourvu qu'il n'en résulte aucun i)réjudice 
pour l'héritage voisin (Bordeaux, 13 mars 1866, D. P. 67-5-4'i8). 

Pour résoudre la question il faut donc examiner : 1" s'il existe des 
règlements ou usages, 2° si les propriétés 'sont situées dans l'intérieur 
d'une ville. 

Lorsqu'il n'existe ni règlements, ni usages, et qu'il s'agit d'héritages 
ruraux, le droit d'exiger l'arrachement d'un arbre à haute tige, planté 
à 0"'.50 de la limite des héritages, est incontestable. Toutefois le pro- 
priétaire de l'arbre peut avoir acquis par prescription, le droit de le 
maintenir à la distance prohibée. La prescription s'accomplit par trente 
ans et commence à courir du jour de la plantation (Aubry et Rau, 
t. Il, p. 214. — Req. rej., 13 mars 1850. Sir. 50-1-385. — Rouen, 
12 mars 18G9, D. P. 72-1-257). 

Si l'arbre planté à une distance prohibée a, par suite de son déve- 
loppement, empiété sur l'héritage voisin, le propriétaire n'en a pas 
moins le droit de le maintenir; car il a prescrit la faculté d'avoir, à la 
distance prohibée, un arbre tel qu'il pourra se comporter dans l'ave- 
nir, avec tout l'accroissement dont il est susceptible. 

Voilà pour le tronc de l'arbre. Quant aux branches qui avancent 
sur son héritage, le propriétaire peut en exiger l'élagage comme il 
peut couper lui-même les racines qui avancent sur son terrain 
(art. 672). C'est là un droit inprescriptible et absolu qui ne peut être 
enlevé par aucun usage contraire. 

Toutefois il importe d'y apporter un tempérament : .Le droit d'éla- 
gage cesserait si l'arbre avait été planté trop près de la propriété pour 
qu'il fût possible, sans en compromettre la vigueur ou l'existence, de 
l'élaguer à la ligne séparative des deux héritages (D. P. 67-1-252, 
note). C'est ce qui arrivera le plus souvent lorsque le tronc de l'arbre 
est à cheval sur les deux propriétés, et que ses branches s'étendent 
également sur l'un et sur l'autre héritage. Eug. Pouuxet, 

Avocat à la Coir de l'aris. 

SUR LA RÉAPPARITION DU PHYLLOXERA'. 

J'ai eu déjà l'occasion d'écrire qu'il me semblait convenable d'attribuer à 
plusieurs causes la réapparition du phylloxéra, signalée au mois de juillet dans 
les vignobles soumis à des opérations insecticides culturales. Sans doute la migra- 
tion des aptères ordinairas, quittant à cette époque de l'année les racines de la 
plante pour errer sur les organes aériens ou à la suilace du sol, est susceptible, 
avec l'aide du vent, d'occasionner des invasions nouvelles dans un champ entouré 
de vignes contaminées, mais il est certain aussi que les individus issus de l'œuf 
d'hiver, et surtout que les insecles épargnés par l'agent toxique, jouent un rôle 
important dans le phénomème. J'espère pouvoir montrer, en rendant compte de 
la mission que l'Académie a bien voulu me confier, que dans nos contrées, les aplii- 
diens de nouvelle génération, toujours très rares et d'une recherche difficile, sont 
réunis sur les racines dès le milieu du mois de mai. Je rappellerai les petits 
aptères particuliers soumis en 1876 à l'examen de M. le professeur Balbiani, et je 
mentionnerai quelques nouvelles observations relatives aux mêmes phases du para- 
site. On conçoit facilement qu'un délai de plusieurs mois soit nécessaire pour que 

1. Communication faite à l'Académie des sciences, le 23 juin 1879, — Voir le n" du b juillet, 
page 9 de ce volume. 



SUH LA RKAPPARITIOX DU PHYLLOXERA. 



73 



quelques insectes descendus sous terre au printemps se muHipIient au point que 
leur progéniture occupe tout le système radiculaire. La même remarque s'applique 
aux pucerons hibernants qui peuvent échapper aux agents insecticides dans les 
opérations simplement culturales. 

Le terme de réinvasion, par lequel on désigne le phénomène du mois de juil- 
let, a été surtout employé à propos des vignobles submergés. Il a été dit que le 
procédé de submersion, dont les bons ett'ets restent indiscutables, détruisent 
totalement chaque année les phylloxéras hibernants, et que les colonies qui se 
montrent en juillet proviennent uniquement des foyers voisins laissés sans traite- 
ment. J'ai cru pouvoir émettre à ce propos, et en diverses circonstances, des 
doutes qui se trouvent aujourd'hui parfaitement justifiés par les résultats des 
recherclies que nous venons de faire, le 4 juin, M. Faucon, M. Foëx, le moniteur 
Lieutaud et moi, dans les belles vignes du mas de Fubre. Le parasite est certai- 
nemenf très rare en ce moment dans ces terrains, soumis depuis de longues 
années à une submersion bien régulière, mais nous l'avons trouvé cependant dans 
une tache déjà ancienne, située aux aijords mêmes de la ferme. Dans une vigne 
voisine, .dépendant du mas de Martin, submergée convenablement depuis deux 
ans, la présence de l'insecte a été également constatée. Il convient de remarquer 
que, tandis que dans la propriété Fontaine, sise dans la même région et aban- 
donnée sans traitement, les pondeuses sont déjà entourées de leurs pseiidova, les 
phylloxéras observés dans les terres submergées en hiver et encore peu réchauffées 
entrent à peine en activité. L'un d'eux n'avait pas achevé ses mues; aucun n'avait 
commencé la ponte. 

Il est donc bien acquis que la submersion ne détruit point absolument tous 
les insectes et que, sans parler des pucerons de nouvelle génération et de la dis- 
persion possible des ajitères durant le mois de juillet, l'origine des colonies qui 
obligent M. Faucon à submerger chaque hiver doit être attribuée en grande partie 
à ces insectes épargnés dont nous venons de constater l'existence. 

On aurait tort de conclure à l'impossibilité d'anéantir complètement un foyer 
phylloxérique. Le procédé de submersion, excellent au point de vue cultural, n'est 
ceitainement pas le plus énergique. 11 suffit de rappeler que, dans des champs 
traités culturnleraent au sulfure de carbone, la réinvasion de juillet tend prompte- 
ment à s'amoindrir. Elle a été à peu près nulle dès la seconde année dans une 
parcelle du vignoble du Galetas (Alarseilie). Tout nous laisse espérer enfin que 
ce résultat aura été promptement réalisé dans les taches de la Côte-d'Or au moyen 
des opérations intensives que j'ai analysées ailleurs, et malgré toutes les conditions 
défavorables du sol peu profond et roclieux qui, à Norges principalement, pou- 
vaient contrarier laaiti'usion dos vapeurs toxiques. Marion, 

Professeur à la Faculté des sciences de Marseille. 

LA PRÉSKRVATIOX DES FOURRAGES ET DES GERBES 

Dans lo dernier nnmérodu Journal, (p. 40), on a trouvé riiislruclion 
publiée par le ministère de rai>riciillure et du coininercc relativement 





l'iu'. 3. — Moyette llairaiiUe leriuince. Kig. 4. — Moyelle picarde. 

à la récolte des céréales dans les aimées pluvieuses. Celle instruclion 
donne la description des nioyeltcs llamandes et des moyettes picardes. 



7'1 LA PRÉSERVATION DES FOUURAGRS ET DES GERBES. 

Les figures 3 et 4 indiquent la forme de ces deux sortes de moyettcs 
terminées. 

Les rigueurs persistantes de la saison appellent l'attention sur le i 

4., 




F'if,'. 5. — Meule miinie d'une couverture mobile imperméable, montrant la disposilion 
des rigoles qui l'entourent. 

moyens à adopter pour préserver les meules defourrages. Nous croyons 
utile de rappeler un procédé proposé, il y a une dizaine d années, par 
M. Ctisanova. C'est l'emploi de roseaux réunis en rangées parallèles, pour 
construire une toiture mobile. Voici comment il décrivait ce système : 
« Pour construire la toiture mobile (lig. 5), on commence parle 



^'l\ 




■^^%>m^^%^^l^ 



Fig. 6. — Meule couveitc avec ses rigoles, recouvertes de fagots. 

sommet pour la première rangée, rcNlréniilé baese des roseaux étant 
llexible, on peut la soulcvei' et y placer la deuxième langée, ainsi de 
suite Jusqu'à ce que l'on arrive à couvrir les bords du toit de la meule. 
Pour éviter la violence des coiipsde vent, il sera nécessairede poser de 
<listance en dislance des perclielles avec crochet de 2 mètres «le hau- 
teur, que l'on enfoncera dans la toiture de roseaux et dans la meule 



LA PRÉSERVATION DES FOURRAGES ET DES GERBES. 75 

de foin. La crête de la ineide devra être racouverte d'une couche épaisse 
de paille et ensuite d'une couche de roseaux bien serrés entre eux. 
Pour plus de précaution, on pourra ajouter sur cette crête des plaques 
de gazons. La toiture d'une meule ainsi contéclionnée se conservera 
plusieurs années, si, en défaisant la meule, on a soin de mettre cette 
toiture à couvert. Les figures 5 et G indiquent qu'il faut pratiquer 
des fossés autour des meules et entourer ces dernières de bourrées 
d'épines. Ces rigoles me paraissent indispensables pour faciliter l'écou- 
lement des eaux et éloigner ainsi toute humidité d'eau sta"nante autour 
d'elles. En outre, il faut avoir soin de faire la base de la meule moins 
large que les bords du toit; les toitures égoutant verticalement les eaux 
du ciel, l'humidité, avec le réceptacle des fossés pratiqués, ne sera 
nullement à craindre. Les bourrées d'épines placées couchées ou 
droites, autour de la meule, serviront à éloigner les moutons et les 
vaches. » 

On peut aussi avoir recours aux bâches imperméables, pour recouvrir 
les meules. Ces bâches, employées sur une grande échelle dans le com- 
merce des fourrages, se trouvent chez un grand nombre de fabricants. 
Nous citerons notamment i\L Ernest Cauvin, rue de Lyon, .^5; MM. De- 
lattre-Camblin et (^ie, 15, rue Berlin-Poirée; l^L lliisson, rue du 
Temple, 13; M. Saint, rue du Pont-Neuf, 'i ; M. Yvose Laurent et Cie, 
rue Neuve-Popincourt, 17, à Paris. Chez MM. Saint, les bâches en toile 
galvanisée, de 10 m. de côté, munies d'oeillets en cuivre, valent 175 à 
335 fr., suivant la qualité. Henry Sagnier. 

CROCHET POUR LE PALISSAGE DES ARBRES- 

3L J. Jarry, tabricanta Saumur i^Maine-et-l.oire), vient d'inventer un 
crochet métallique pour accoler la vigne et palisser les arbres sur fil 
de fer, que nous croyons utile de signaler et qui donne une très grande 
économie sur la main-d'œuvre. (>c crochet, qui est fait avec du lil de fer 
galvanisé, est représenté par la ligure 7. Il est inutile d'en faire la des- 
cription. Il permet à toute femme ou à tout ouvrier 
non exercé de faire aussi bien et en beaucoup moins 
de temps le même travail que le jardinier le plu s adroit 
ferait en employant du jonc ou de l'osier. M. Jarry 
vend. ces crochets à 2 fr. 25 le kilog. par quantité 
de 100 kilog. et 2 fr. 50 au-ilessous. Le kilo- 
gramme contient 1,500 crochets, ce qui faitO fr. 15 
le cent. L'inventeur offre d'en envoyer à toute per- 
sonne qui eu fera la demande par lettre alTranchie 
Fig. 7. — Crochet (le contenant un tindjre-i)oste de 15 ccntimrs, 50 gram- 

M.r arry pour le ralis- , ' . . .,i -,i"."i 

sage .lesaibres. mcs par la postc comme échantillon. 

Pour accoler la vigne très promptement et conserver les crochets 
pour les années suivantes, il faut metirc au-dessus du cep que l'on 
veut accoler la quantité de crociicts que l'on suppose nécessaires 
pour attacher toutes les branches, en les tournant tous du même côté. 
L'ouverture du grand crochet sera ;i droite pour les personnes ([uise ser- 
vent le mieux de la main droite, à gaucho pour celles qui se servent de 
la gauche. C'est le petit o'il du crochet qui doit être mis sur le fil de 
fer et fermé avec une j)etite pince afin ([u'il ne puisse plus sortir. 
Lorsque ce travail est fait, l'on n'a plus qu'à relevcrles branches une à 
une en les faisant passer par l'ouvertiu'c du grand crochet. 

Les années suivanles, api'ès la laiiledela vigne, on retroUNc les cro 




76 CROCHET POUR LE PALISSAGE DES ARBRES. 

chels en place, et comme ils glissent sur les fils de fer comme les an- 
neaux de rideaux sur leur tringle, l'on pourra s'en servir indéfiniment. 
Comme on n aura plus à fermer le petit œil, l'accolage ira beaucoup 
plus vite que la première t'ois. J. de Pradel. 

EXPOSITION DE LA SOCIÉTÉ CENTRALE DTIORTICULTURE 

DE FRANCE. — II. 

Sous le même vestibule, M. Durand, de Paris (grande médaille d'argent), 
expose les corbeilles de Bambous, simples et charmantes, qu'il prépare toutes 
montées pour les bourses plus modestes; la simpbcité n'en exclut pas le goût, au 
contraire. J'avais déjà constaté cet esprit ingénieux de M. Durand, alors qu'il était 
simple jardinier au Luxembourg. 

— Une médaille d'honneur est venue récompenser les Pelargonium de MM. Thi- 
baut et Kételeer; j'admire ici en particulier le gracieux liebecca; Juvénal, qui 
ressemble presque à une Azalée; le joli petit Jeanne d'Arc. Plus loin, des Cala- 
dium et des Bégonias à feuillage, autres spécimens de leurs belles cultures. Si la 
modestie devait faire disparaître les mérites, on serait tenté d'en accorder bien 
peu à MM. Thibaut et Ivételeer; ces horticulteui-s-là opèrent sans bruit, sans 
fatras, se contentant d'être les chefs d'un des établissements les plus honnêtes et 
les plus appréciés des véritables amateurs, et bs praticiens les plus sérieusement 
capables peut-être de toute l'horticulture parisienne. Comme ces aimables collè- 
gues n'ont jamais su faire eux-mêmes leur éloge, il faut bien que ceux qui le 
peuvent en assument une bonne fois l'agréable tâche. 

— Un jardmier de Melun expose un bouquet massif, en mosaïculture : R. F. 
sur un fond d'Ageratiun. C'est trop plat. 

— Dans le gazon, trois énormes pieds de Chrysanthèmes dé M. Poiret-Delan. 
Médaille d'argent. 

— ]NL Gricourt [Médaille argent), fort beaux Anlhurium Schcrzeriavum, à la 
brillante floraison rouge. Autre médaille de même valeur pour de beaux Bégonias 
tubéreux, ces plantes auxquelles l'avenir réserve le succès des Géranium. 

— M. Geeswiller (Médaille vermeil). — Beaux Caiadhim. 

Puis vient la collection habituelle de M. Delahaye : Iris, Anémones simples à 
l'aspect attristé; Anémones doubles, plus égayantes; Renoncules-Pivoines au 
rouge éclatant; Renoncules blanches; Scilles du Pérou, blanches et bleues; 
Sciiles d'Algérie, curieuses, mais non jolies ; Muscaris aux aigrettes violettes qui 
simulent des plumes frisées d'autruche; gracieuses l^alangères blanches, et l'in- 
signifiant Ixia à fleurs vertes de notre amateur enthousiaste. — Grande médaille 
d'argent.. 

— M. Petit (Médaille d'argent). — Bégonias à feuillage; celui qui a nom 
Mlle Louise Clirélkn, est tout à fait original; puis grande médaille d'argent pour 
Caladium bien variés.— Un petit lot de Coleus, parnii lesquels se font remarquer 
le très joli Duchcsfe d'Edimbourg et Gcorgrs Bougard. 

— j\l. Edmond Perret; Caladium. — Médaille de bronze. 

— M. Duvala unfortjolilotde l'Ilydrangea Thomas Hogg, grand, beau, d'un blanc 
pur (Grande médaille argent). C'est encore à lui, si je ne me trompe, ce lot de 
Tydccas, hybrides inédits. 

— M. Simon (Médaille d'argent). — Collection de Cactées attendant leurs 
fleurs. 

— Une médaille d'honneur récompense le bel ensemble des plantes ornemen- 
tales de M. Mathieu. 

— M. Eberlé obtient plusieurs médailles : une grande médaille d'argent pour 
de lai'ges Euphorbes ; une de vermeil pour une riche collection d'.\gaves et d'Aloés ; 
une d'or pour une collection plus riche encore de plantes grasses. 

— M. Vincke, de Bruges, dont je me rappelle les petits Araucaria com- 
merciaux qui foisonnaient dans les gazons de l'Exposition universelle, a envoyé 
cette fois un ensemble tout à fait remarquable de plantes d'ornement ; une mé- 
daille d'honneur le récompense justement. 

Les grandes cultures de M. Chantin forment un massif splendide ; la haute 
culture d'ornement y est largement représentée, comme d'ordinaire; je ne saurais 
que répéter les éloges habituels. Grand prix d'honneur, oljjet d'art. Au centre du 
jardin est un massif de riches plantes provenant également de ses cultures ; elles 
servent de ceinture au modèle du monument élevé à la mémoire de Van Houtte. 



EXPOSITION DE LA SOCIÉTÉ CENTRALE D'HORTICULTURE. 77 

Au dire d'amis particuliers du fameux horticulteur, la rcsseuibknce du buste ne 
serait pas l'rappante. La figure qui lui offre la couronne est Lien posée; le long 
piédestal me semble un peu nu. 

— MM. Lévèque et tils ont e.xposé hors concours ; la haute récompense qu'a 
obtenue leur maison à l'Exposition universelle les y a décidés sans doute. Cette 
collection de Rosiers est magnilique ; on se perd dans ces variétés toutes plus 
belles les unes que les autres. 

— Hors concours également, l'unique collection de Broméliacées que cultive 
M. Jolibois dans les serres du Luxembourg ; un Vriesea Glaziovana est tout 
particulièrement remarquable. Le jury a tenu à faire inscrire sur ce lot ses félici- 
tations les plus ffatteuses. C'était justice. 

— Félicitations du jury également pour les superbes Azalées en pots qu'avait 
exposées, sur le gazon, M. Lesueur, jardinier de Mme la baronne de Rothschild. 

— Viennent ensuite les admirables cultures de M. MoSîr; !""■ grand prix d'hon- 
neur de l'Exposition; objet d'art. Rien de majestueux comme cet immense lot de 
Rhododendron, comme ces Azalées pontiques, comme ces Kalmias aux énormes 
ombelles blanches et rosées, comme ces Fougères. Quel précieux concours appor- 
tera plus tard M. Moser aux Expositions que je rêve 1 

— Beaux Pelargonium simples et doubles de j\L Poirier (médaille d'argent). 

— M. Margottin fils a voulu rappeler au public ses succès de l'Exposition au 
Champs de Mars: ^oute une collection d'énormes Rosiers cultivés en pots, et 
d'une culture comme il sait la faire ! Il ne se doute pas toujours, le pulilic admi- 
rateur, des dépenses incroyables qu'impose à certains exposants le seul transport 
de leurs plantes, sans compter les accidents et les pertes. — Médaille d'honneur. 

— M. Paintèche. — Trois médailles d'argent. — Belle culture déjeunes Yucca. 
Collection tout à f'Hit intéressante à'Eclieveria. — Autre collection de nouveautés 
et de plantes naines cultivées en vue des mosaïculteurs. 

— M. le docteur Bâillon avait généreusement offert, à la Société d'horticulture, 
une médaille d'or, pour l'introducteur d'une plante exotique n'ayant pas encore 
fleuri en France. C'est M. Valentin qui l'a obtenue, au moyen de ÏOclina alro- 
purpurea, à la floraison tout à fait curieuse; jeune plante encore, mais qui pro- 
met beaucoup. 

— Grande médaille d'argent à M. Yvon. — Belles primevères du Japon, race 
rustique, passant l'hiver en pleine terre, et qui feront parler d'elles; gracieux 
Pyrhètres Henry et Jolin Murger. 

— ?kL B lyer (Médaille vermeil) — Lot petit, mais écLitaiit, d'Azalées da 
l'Inde; je recommande Météore, qui éblouit les yeux de son rouge carminé; Sou- 
venir du prince Albert, qui les repose doucement, et Baronne de Vricre, aux larges 
lleurs blanches. 

— Sur le passage, M Ferdinand Jamin avait placé, pour le faire connaître au 
public, un écliantiilon du Cedreta sincnsis, introduit chez nous par M. Eugène 
Simon ; arbre très rustique et d'un grand avenir, appelé à remplacer, comme arbre 
d'alignement, les Ailantlies ffaux vernis du Japon). Les lleurs et le feuillage sont 
inodores; que l'Allante ne peut-il en dire autant! 

— M. Louis Cliaté a qnebpies plantes grasses fleuries, parmi lesquelles un 
Triomphe de Poissij, remar([ual)le pour ses larges fleurs roses, et une collection de 
modestes petites plantes, qui lui vaut une médaille de bronze. Même récompense 
à M. Poirier, pour Pétunias doubles. 

— M. A. Roy a toujours sa belle collection de Clématites (grande médaille 
d'argent), mais cette fois celle de M, Christen (médaille d'or) la surpasse. La flo- 
raison de la première s'est trouvée attardée par la saison ; celle du second avait 
été accélérée pour figurer déjà à l'exposition de Versailles. Elle est admirable, cette 
collection 1 

— M. E. Chaté, médaille de vermeil pour de beaux Pelargonium simples et 
doubles. 

— M. Landry. — Bonnes plantes ornementales, de tout genre (médaille de 
vermeil). 

Où s'arrêtait le public, le public connaisseur surtout, c'est devant le lot de 
Croton nouvellement obtenus par M. Chantrier; ces feuillages sont d'une richesse 
incroyable de coloris, de tiquetures et de ]ianachures; le Baron James de Rothschild 
se distingue s|)écia'emcnt De riches Dracvna régis, aux feuilles rouges et assom- 
bries donnent également une idée de la culture hors ligne de ces habiles horticul- 
teurs. Ils s'étaient j)larés hors concours; le jury leur a adressé des félicitations 



78 EXPOSITION DE LA SOCIETE CENTRALE D HORTICULTURE. 

toutes spéciales. Il eu a agi de même avec M. Morlet (médaille d'or). Sa collection 
de Goleus est tout à fait extraordinaire ; elle contient des nouveautés encore innom- 
mées. Parmi cell s qui ont reçu le baptême, il faut citer Abcl Carrihre, Prisidenl 
Hardy, HippolijU Ja'ii'iin, Baron de Habci\ M. Lafourcade, Gloire du Mo)iccau, 
M. Charles Johj, Souvenir du comlit Henri de Gn'/fliiJIc. 

— Forts et embaumants Résédas en arbre de M. Legendre-tiarriau, (grande 
médaille d'aigent) 

La Ville de Paris avail,en récusant toute récompense, offert son généreux con- 
cours à la Société; son lot de grandes plantes d'ornement, dont quel |ues-unes 
encore rares, répondait à la renommée de ses jardiniers. Le public aurait bien 
désiier en noter queli|ues-unes; mallieureusement, faute de temps sans Joute, les 
étiquettes manquaient. 

— Le maître en fait de cultures de plantes d'appartement, M. Savoye, avait là 
sa lameuse collection, non aussi âgée que la précédente, mais toujours vigoureuse, 
variée et supérieurement choisie (Médaille d'or). 

— Très belles Pensées de M. Falaise, larges, variées. (Grande médaille d'ar- 
gent). 

— Plantes de pleine terre de M. Vyéaux-Duvaux, avec Lauriers, Rodanthes, 
Chrysanthèmes, etc. (Médaille d'argent). 

— Médaille d'argent également aux Pensées de M. Moulard. Il y a, dans le 
nombre, deux variétés d'un coloris absolument remarquable, panachées et d'un 
colorii sombre que je ne saurais trop définir, mais qui m'ont semblé des plus 
précieuses pour leur originalité. 

— Grandes médailles d'argent à M Jules Alexanlre pour ses larges Bégonias 
à feuillage, et à M. Gentilhomme pour sa charmante petite colleclion de Fou- 
gères Ueuries. 

^ M. Conesse a donné un écnantillon de a manière de traiter les mosaïques; 
réserve faite de mon opinion sur ce genre de tapisserie, c'est bien traité. Médaille 
de vermeil; plus une de bronze pour un lot de petites plantes grasses destinées 
au même objet. 

— M. Bouchet, Bégonia. tubéreux. (Médaille d'argent). 

Enfin, médaille d'honneur à MM. Vilmorin. C'est toujours le même beau choix 
des plantes de pleine teire, la même abondante iloraison, la même vigueur des 
sujets. Je ne î-aurais que faire un rappel de tous les précédents éloges. 

Nous pénétrons maintenant dans le clair-obscur du jardin, sous les 
■galeries. Quand le temps est clair, on trouve encore mo}'en de s'y con- 
duire; quand le soleil se cache, dame! on prend bien un peu les plates- 
jjandes pour des allées; mais il n'y a là-dedans que des fruits et des 
légumes. Les fruits et les légumes, cela ne représente guère que 5 ou 
G millions de gens qui travaillent en France, qu'est-ce que c'est que 
cela pour les Beaux-arts ! 

J'avoue, du reste, que je bénis chaque nuage qui vient cacher au 
public ces abominables et sales bottes d'énormes Asperges épatées, 
sans coloris ni forme, que les jurys mettent autant d'acliarnement à 
récompenser que les exposants à réclamer pour elles des récompenses. 
Pour moi, arrivées à ce point-là, c'est indigne de la table, c'est dégoû- 
tant! A ces horreurs M. Louis Lhérault ajoute de belles corbeilles de la 
Fraise, Lucie Flament. — ftiédaille d'or. Vrai, ce n'est pas ma 
faute ! 

— M. Fleury. — 4 bottes d'.Vsperges d'un aspect un peu moins repoussant, 
par consét[uent médaille un peu moindre. Vermeil. 

— MM. Girardin et Defresne, descendent encore. Grande médaille d'argent. 
Voilà ce que c'est que de ne choisir que des spécimens qui pourront, à la rigueur, 
entrer dans les larges bouches. 

Ah! bon! voici un rayon de soleil 1 cela tombe à merveille; j'allais bousculer 
cette magnilii(ue collection de Vignes cultivées en pots depuis 15 mois seulement, 
par M. Margottin lils, qui a obtenu un si grand succès à l'Exposition universelle. 
C'est vigoureux et bien garni de fort grosses graphies de White-Tohaij^ Black - 
Harnburf/h, Fnsirr's sevilinij, Miisrat d'Alexandrie. Médaille d'honneur. 



EXPOSITION DE LA SOCIÉTÉ CENTRALE D'HORTICULTURE. 79 

Profitons du jour pour voir ceux de M. Rose Charmeux et ses appareils à con- 
servation (médaille de vermeil), et les Poiiiers et Cerisiers de M. Ghappellier, 
transportés ici dans les pots qui leur servent de demeure habituelle, et promettant 
déjà une récolte. (Grande médaille d'argent). 

— M. Lapierre (médaille de vermeil) read jaloux les cultivateurs de Fraisiers; 
que fai'-il donc pour avoir une si robus e culture? 

— M dailles de bronze : à M. Haugest, Pois secs; à M. Hamelin, Fèves; à 
M. Bonnet, meule de Champignons qui commencent à lever; Its malheureux se 
croient dans une carrière; à M. Hédiard, Ignames et Patates fraîchement débar- 
quées du bateau; à M. Dumont, petits Melons. 

— M. Aurent (médaille d'argent), d'a^-sez beaux légumes et des ananas; 
M. Lacroix, une très belle collection de légumes (Grande médaille d'argent), et la 
Société de secours mutuels des jardiniers de Paris, étale, sur terre ou sous châs- 
sis, les spécimens des cultures pour lesquelles les maraîchers de Paris n'ont pas 
de rivaux. Médaille d'or. 

Autre médaille d'or, à M. Millet : beaux Raisins, Pruniers et Pêchers en pots, 
belles Fraises, Docteur Moière, Marguerite et Qualre-Saisons ; culture toujours 
remarquable. 

Exposition habituelle des produits exotiques, fruits et légumes, par M. Hédiard. 
Médaille d'argent. 

On passe à d'autres couloirs; mêmes alternatives de demi-lumière 
et de demi-obscurité. Seulement, là, grâce à l'eau dont les fabricants 
de pompes veulent bien gratifier les allées, on sent d'instinct qu'on est 
dans la section de l'industrie horticole. J'y retrouve les tondeuses, les 
tentes, les aquarium, les statues de fonte, les librairies, les insecti- 
cides, les instruments, les ponts rustiques, les cloches et le verre 
trempé. 

J'y vois des serres, pour lesquelles sont récompensés MM. Nattier (médaille 
de bronze), M. Dormois (médaille d'argent), M. O/tanne (i^rande médaille d'ar- 
gent), M. Grenthe (médaille de vermeil); des poteries de M.VI. Sergent (médaille 
d'argent), et Wiriot (grande médaille d'argent); des pompes de MM. B'^aume 
(médaille d'argent), et Dehray (médaille de vermeill; des arrosoirs de MM. Champ- 
ton (médaille d'argentl, et Legalland (méiaille debroQzei; des bacs de M VI. Méry 
(médaille d'argent^, Binet (médaille d'argent), Maraud (inédaillB d'argent). 

— M. Dary expose des paragelées mûrisseurs ; M. Sohier, son treillage galva- 
nisé (grande médaille d'argeni); M. Lavaux, ses sièges, ses fruitiers (grande 
médaille d'argent); M. Lejeune, ses ràtissoires pour allées (médaille de bronze); 
M. Durand, ses appareils pour protéger les arbres (médaille de bronze); 
M. Mathias-GuiUoux, ses toiles pour abris; M. Gumier, ses bordures métal- 
liques. 

— Un chaperon mobile, de M. Thiry, m'a semblé intéressant. Il est très sim- 
plement établi ; un cadre simple entoure une vitre plate et se pose, au moyen de 
fils de fer, au-dessus des fruits qu'on veut protéger ou chaulïer sur l'espalier. 

— M. Gauthier iR.-R.) prépare des tuyaux juil introduit dans les silos, les 
meules, les fumiers, les tas de Pommes de terres, pour les ventiler (médaille de 
bronze). 

M. HardviUié avait réservé pour cette Exposition la présentation de nouveaux 
outils qu'il a imag nés ou perfectionnés, sécateurs, greffoirs pour vigne<, pour 
rosiers, etc. Le jury en a apprécié le mérite et la bonne confection en lui décernant 
une médaille d'or. 

— Que je n'oublie pas les tableaux de M. Deyrolle. Oa connaît depuis longtemps 
ses tableaux peints d'histoire naturelle, de plantes, d'insectes, d'oiseaux, etc.; 
celte iol"^, c'est autre chose ; ce sont des tableaux sur lesquels sont appliiiués des 
bois collectionnés de toute sorte, coupés en rondelles et scellés au carton ; des 
notices et des observations les a compagnont. D'autres représentent également des 
plantes sèches et sont de la même njatièrc. Cela constitue de petits traités |)or- 
tatifs, avec preuves naturelles à l'appui, e.xeni;des qui Irappeut les yeux bien autre- 
ment (pie les figures coloriées, et qui seront de la plus grande utilité dans les 
écoles [médaille d'argent). 

Que l'on réunisse maintenant par la pensée toutes les belles choses 



80 EXPOSITION DE LA SOCIÉTÉ CENTRALE D'HORTICULTURE. 

que nous venons de parcourir; qu'on les mette à la disposition d'or- 
ganisateurs comme nous en avons; qu'on leur concède l'espace voulu 
et tout le reste; quelle superbe exposition l'on pourrait faire! Ce serait 
pour Paris un événement horticole, renouvelable chaque année; ce 
serait la renommée grandissante de l'horliculture française; chacun 
s'en retournerait de là, disant : Jamais l'on n'avait vu pareille chose I 

Et cependant, cette chose-là, on la voit tous les ans ; tout êe qui 
semblerait ici nouveau et inconnu aurait déjà passé plusieurs fois sous 
les yeux; bien des beautés ressortiraient devant lesquelles on s'est pro- 
mené insensible, fatigué que l'on est de cette longue accumulation de 
produits, hors de leui- place naturelle, et sans rien qui repose la vue 
ni les fasse ressortir. 

L'horticulture parisienne et celles qui viennent s'adjoindre à elle 
dans ses manifestations publiques, sont incroyablement riches ; seu- 
lement, pour les faire valoir, il leur faut de vrais jardins et non pas 
des marchés aux fleurs. Th. Buchetet. 

DE LA VALEUR COMME ENGRAIS 

DES CENDRES FRAICHES ET DES CENDRES LESSIVÉES. 

La Bavière rhénane contient deux parties bien distinctes. A Test, la 
vallée du Rhin, pays fertile, qui produit les grains, les légumes, le 
tabac, les fruits, le vin, et qui n'a rien à envier aux départements les 
plus fertiles de la France. Cette riche plaine est bornée à l'ouest par 
une ligne de côtes, prolongement des Vosges, et au delà le sol est très 
accidenté, il n'y a que très peu de terres en culture, et presque tout 
est couvert de beaux bois dont la plus grande partie appartient à l'Etat. 
On n'y vend pas les coupes comme en France, l'administration fores- 
tière fait abattre et façonner les bois. Il a été un temps où le bois avait 
si peu de valeur qu'un forestier ne trouvant plus à placer les branchages 
du bois de service et du bois de corde qu'il avait fait abattre, fut auto- 
risé à les faire brûler. Il en résulta pour lui une grande quantité de 
cendres dont il espérait de magnifiques récoltes dans les terres qu'il 
cultivait, et le résultat, à sa grande surprise, fut nul. 

Dans ce même temps oîi le bois était abondant et à bas prix, il y 
avait dans les villages des industriels qui achetaient les cendres, etqui 
brûlaient beaucoup de bois pour faire des cendres dont, par des procé- 
dés tout primitifs, ils extrayaient la potasse. Ces cendres lessivées 
étaient très recherchées des cultivateurs, elles donnaient de très beaux 
produits et leur effet durait jusqu'à huit ans. 

Depuis cette époque le bois a augmenté de prix, l'usage de la houille 
est devenu général ; il n'y avait plus de cendres pour la fabrication de 
la potasse, et par conséquent plus de cendres lessivées pour les culti- 
A'ateurs. 

Ces faits m'étaient sortis de la mémoire et viennent de m'être rap- 
pelés. Le 1" avril dernier, j'avais fait planter, dans un jardin, des 
pommes de terre de choix. Il était resté un petit espace pour lequel le 
fumier manquait, et celui qui plantait les pommes de terre crut très 
bien faire en mettant dans chaque trou un peu de cendres fraîches 
qu'il avait à sa di.sposilion. On faisait un trou à la pioche, on y jetait 
des cendres autant qu'un homme pouvait en prendre entre ses cinq 
doigts, on plaçait dessus la pomme de terre, et on la recouvrait de 
terre. Le temps venu, toutes les autres pommes de terre poussaient vi- 



DE LA VALEUR GOMME ENGRAIS DES GENDRES FRAIGHES. 81 

goureusement, celles auxquelles on avait donné des cendres ne pous- 
saient pus. Plus tard quelques-unes ont donné des pousses cliétives, 
et une partie ne donne pas signe de vie. 

Le 29 juin, tout près de deux mois après la plantation, j'ai voulu sa- 
voir ce qu'étaient devenues ces pommes de terre qui n'avaient pas 
poussé, je les ai cherchées en terre et je lésai trouvées saines. Elles 
avaient de petits germes qui étaient morts, presque desséchés. 

Evidenmient la potasse contenue dans les cendres avait (ait périr les 
germes des pommes de terre. Mais les cultivateurs ne doivent pas tirer 
de ce fait la conséquence que les cendres fraîches n'ont aucune valeur; 
ils savent que l'urine, qui est un si puissant engrais, peut aussi être 
mal employée, et que, répandue par un temps sec sur une terre sèche, 
elle fait périr les plantes. 

La science pourra-t-elle apprendre aux praticiens quelle est la valeur 
comparative des cendres fraîches et des cendres lessivées, et comment 
les cendres fraîches doivent être employées pour en obtenir tout ce 
qu'elles peuvent produire comme engrais ? Ritter. 

SOCIÉTÉ NATIOXALE D'AGRICULTURE DE FRANCE. 

Séance da 9 juillet 1879. — Présklence de M. Cheureul. 

M. le ministre de l'agriculture et du commerce transmet l'amplra- 
tion du président de la République qui approuve l'élection de M. Cliam- 
brelent dans la Section de silviculture en remplacement de M. Clie- 
vandier de Valdrôme. — Il transmet aussi, pour la bibliothèque un exem- 
plaire du tome XCI do la collection des brevets d'invention. — M. le 
président invite M. Chambrelent à prendre placeparmi ses confrères. 

M. Pluchet, à l'occasion du procès-verbal de la séance précédente, 
rappelle qu'il emploie depuis plusieurs années, pour la fenaison, le 
système des moyettes, et il insiste sur l'importance de ce procédé dans 
les années pluvieuses. 

]\L ic secrétaire perpétuel fait homnuige, de la part de M. Pasteur, 
de l'ouvrage que celui-ci vient de publier sous le titre Élude critique 
d'un écrit posthume de Claude Bernard sur la fermentation. Des remer- 
cîments lui sont adressés. 

M. Du Breuil envoie une notice sur l'époque relative du bourgeon- 
nement des principaux cépages français cultivés pour la cuve. — 
Renvoi à la Section des cultures spéciales. 

M. 3Iauguin envoie un tableau présentant, par périodes quinquen- 
nales, l'état de la production, du commerce, et de la consommation de 
la viande do boucherie de 1850 à 1877. — Renvoi à la Section d'écono- 
mie des animaux. 

M. le comte de Toustain, président delà Société française do l'indus- 
trie lailière, envoie le programme du concours qui doit se tenir à Meaux, 
au mois de novembre prochain. 

3L le marquis de Poncins envoie une note relative à la destruction 
d'un champ de betteraves pai- les fourmis. — Renvoi à l'examen de 
-M. Rlanchard. 

M. Gaston Cazal envoie le rapport fait au Comice agricole de Nar- 
bonue sur le congrès de greffage tenu à .Montpellier les 3 et 4 mars 1879. 

M. le secrétaire perpétuel rappelle qu'il a promis de rapporter d'An- 
gleterre tous les actes relatifs à l'introduction du bétail étranger et à la 
surveillance des maladies contagieuses des animaux domestiques. 11 



82 SOCIÉTÉ NATIONALE D'AGRICULTURE DE FRANCE. 

dépose ces actes, en en faisant connaître la substance. II dépose aussi 
les catalogues du concours international de Londres pour les chevaux, 
les autres animaux domestiques et les instruments. Il donne, en outre, 
quelques détails sur le concours qui, malgré un temps affreux, a reçu 
un jour la visite de 50,0(iO visiteurs, c'est-à-dire cinq à six fois plus 
qu'il n'y a de visiteurs à la magnifique exposition tenue l'an dernier à 
l'Eïiplanade des Invalides. 

M. Berlin rend compte des visites qu'il a faites à Deptford et de celle 
faite à Soulliampton par M. de Felcourt. Dans les établissements de ces 
ports, sont placés les animaux mis en quarantaine ou qui doivent être 
abattus à leur introduction en Angleterre. Il dépose, en en même temps, 
la traduction certifiée par le consul général de France à Londres, de 
de l'un des arrêtés du Conseil privé dont le texte anglais vient d'être 
déposé par M. le secrétaire perpétuel. Cette communication est suivie 
d'une discussion à laquelle prennent part MM. Gayot, Muret, Barrai et 
Tisserand; il en résulte que le meilleur moyen d'arriver à un résultat 
utile pour l'agriculture française, c'est que la Chambre des députés 
adopte le plus vite possible la loi adoptée déjà par le Sénat sur l'orga- 
nisation du service sanitaire de surveillance de l'introduction du bétail 
étranger. 

M tieuzé fait une communication sur l'état des récoltes en terre; il 
croit qu'elles sont gravement compromises et que l'année sera compa 
rable aux plus mauvaises ; il insiste sur l'emploi des meules avec drai- 
nage à air, soit pour le foin, soit pour les gerbes. M. Boussingault fait 
des réserves relativement à ce système pour les meules de foin; il a 
constaté par expérience qu'il y a danger à favoriser l'accès de l'air dans 
des foins susceptibles à s'échaulTer. M. Dadly dit qu'on ne peut pas 
aujourd'hui affirmer que, dans le rayon de Paris, les blés et les avoines 
aient mauvais aspect, et qu'il n'y a de préjudice que pour les foins; 
pour ces derniers, il a fait à la Société en 187G un rapport sur le sys- 
tème des moyettes proposées par M. Voilant; ce rapport est reproduit 
dans ce numéro. M. Pluchet appuie les observations de M. Dailly, et 
ajoute qu'il est déplorable qu'aujourd'hui on annonce, dans certains 
journaux, que la prochaine récolte en France sera mauvaise dans son 
ensemble; rien ne le prouve quant à présent. 

M. Barrai fait ensuite trois communications sur la sériciculture dans 
les Alpes, où les petites chambrées pour la production des cocons 
employés au grainageont parfaitement réussi, sur la dissémination du 
phylloxéra par le vent, et sur la variabilité des limons de la Uurance. 

M. Tiersonnier présente, de la part de M. Gréa, le compte rendu de 
plusieurs concours d'animaux gras dans la région de l'Est. Il donne 
ensuite un compte rendu de l'exposition du bétail au concours intei'- 
national de Kilburn et il insiste, avec iM. Barrai, sur les bonnes dis- 
positions prises pour les opérations du jury. Henry Sagnier. 

REVUE COMMERCIALE ET PKIX-IIOURANT DES DENRËKS AGRICOLES 

(12 JUILLET 1879). 
1. — Situation générale. 
Les marchés agricoles coutiiuu'ut à présenter, dans le plus grand nombre des 
départements, une situation très calme. Les cours de la plupart des denrées ne 
subissent que de faibles variations. 

II. — Les grains et tes farines. 

Les tableaux suivants résument les cours des céréales, par quintal métrique, 
sur les principaux marchés de la France et de l'étranger : 



DENRÉES AGRirOLES (12 JUILLET 1879). 



83 



l" RÉGION. — NORD-OCEST. 

Blé. Seigle. Orge. 

fr. Ir. fr. 

Calvados. Condé 28.00 18.50 20.50 

— Orbec » 'iti.'ih » » 

Côti's-du-Xoi-d. Lisieux. îT-dO 19.00 30.75 

— Trëguier 26.00 21.50 17.00 

fimi(f.i-e. Landerneau.. 29.00 17.50 21.00 

— Morl.-iix 25.75 17.50 17.50 

IUe-et'\'ilaine. Rennes. 20.00 » 15.25 

— Saint Malo 26.50 » 16.50 

Manche. Avranches.... 30.00 • 20 00 

— Pontorson 28.50 • » 

— ViUedleu 32.75 » 31.00 

A/oi/emie. Laval 26.60 ■ 16.25 

— Chilean-Gonlier. . 25.00 » 18.50 
.Morbihan. ïlQiineùoni.. 25.25 31.50 » 
Orne. Montagne 27.25 19.50 20.25 

— Vimoilticrs 26.75 » 22.00 

Sarthe. I.e Mans 27.25 18.50 16.50 

— Sablé 25.50 • 16.50 

Prix moyens 27.31 19.06 18.63 

2« RÉGION. — NORD. 

i4tsne. Boissons 35.25 » ■ 

— St-Qnentin 26.50 17.00 « 

— Villers Concrets.. 26.25 17.10 » 
Eure. Bernay 26.00 17.75 20 50 

— Conches 25.00 » » 

— Neuboiirg 25.00 16-25 20.00 

Eure-et-Loir. Chartres. 26.50 17.00 20.50 

— Auneau 2'i 25 17.20 20.00 

— Nogent-le-Rotrou. 36.00 » 21.50 
\ord. Cambrai 28.00 » 20.50 

— Douai 28.00 17.50 " 

— Lille 27.75 17.75 » 

Oise. Beaiivai'i 24.00 16.25 18.50 

— Compiègne 25.00 16.00 18.00 

— Noyon 26.50 16.50 » 

Pas-de-Calais. Arras... 28.50 18.00 21.30 

— Saint-Omer 27.50 20.50 » 

Set'ne. Paris 33 00 17.35 19.50 

S.-et-Marne. Dammarlin 35.00 16 50 18 50 

— N..-mours 27.25 18.00 » 

— Provins 26.75 16.25 19-50 

S.-ei-Owe. Angerville... 27.50 17 oo 19.75 

— It.imbouillet 26.00 17.00 19. 00 

— Foiitoise 25.50 17.25 18.75 

Seine-Inf^érieure. Rouen 25.95 15.00 20.35 

— Dieppe 26.50 ■ » 

— Yvetot 26.03 » » 

Somme. Ahbeville 25.75 16.0» » 

— Péronne 26.25 » 19.50 

— Roye 25.00 15.75 19.00 

Prix moyens 26.19 16.98 19.73 

3' RÉGION. — .\ORD-EST. 

.irdennes Vouziers. . . . 36.50 16.75 18.50 

/lude. Bar sur-Aube 26.50 » 17 00 

— Nogeni-sur-Seine. 26.50 17.25 n 

— Mery-sur-Seine... 36.31 17.00 18.00 
A/orne. Chaions 26 25 17.25 20.25 

— Kpernay 27 ou 15.75 19.00 

— Reims 26.75 17 00 19.50 

— vitry-le-François. 26.00 17.25 18.50 
lIle-.Marnc. Hniirbonne. 28.00 » ■ 
iVcur(.-«( A/o.<:ff/^iî, Nancy 27.75 17.25 18.50 

— Pont à-.Mousson.. 27.25 18.00 20.00 

— Toul 37.75 1S.25 19.50 

.Veuse. Bar-le-Duc 27.25 18.00 18.50 

— Verdun 27.75 17.50 19.00 

llautc-Snone. Vesoul... 27.85 » 19.50 

— Grav 27.75 18.00 » 

Vosges. Epinal 2S.50 19.50 • 

— Neulcliitcau 28.00 19.00 » 

Prix moyens 27.20 17. .^8 19.09 

4' RÉGION. — OUEST. 

Charente. Angoulème.. 29.50 20 00 19.00 

— Cognac 31.25 » » 

C/uir«rUe /ii/er. Marans. 2g.oo » 18.00 

Deux-Sivres.Hion 37.00 • 20.35 

Indre-tt-i.oire. Tours.. 27.50 17.25 18.50 

— Bléré 26.50 17.00 10.00 

— Clullean-Renaull. 27.50 17.00 30.00 
toir(>-M/.'n>«re Nantes 36 50 19.50 19.50 
M.-et-l.oire. Saumur, ., 27.25 » » 
Vendis. Luçon 20.10 i I8.00 

— Foniinay 26.00 » 19.00 

Vienne. Cllitellerault.. 26.50 17.00 20 00 

— Loudin 36.25 11 17.75 

Êlauie-l'ienne. Limoges 27.75 20.25 • 

Prix moyens 27 26 18.29 19.00 



Avoine. 

fr. 

25.00 
18.00 
2i 00 
20.50 
20. CO 
18.U0 
18.50 
17.35 
26.00 

>i 
25 (10 
21 .10 
22 -..0 
21.00 
20.75 
21 50 
22.25 
21.50 

21.52 



18.65 
21.00 
20.00 
20.00 
18.25 
19.00 
19.00 
18.50 
21.70 
18.25 
13.00 
18.25 
20.50 
19.00 
18.50 
19.00 
20.00 
20 23 
20.00 
19.00 
20.75 
17.75 
18.25 
20.00 
23.50 
20.30 
20.00 
17.50 
19.00 
19.50 

19.16 

19.50 
19.50 
19.50 
18.50 
20.25 
20 00 
19 25 
18.50 
13. 7i 
19.00 
19.00 
20.00 
21.00 
18.25 
17.00 
17.50 
17.60 
19.25 

18.81 



23 


7S 


21 


00 


20 


00 


20 


00 


20 


25 


18 


50 


19 


00 


21 


70 


■ 


20 


00 


17 


25 


19 


00 


20 


50 


20 


00 



30.07 



5' RÉGION. — CESTRE, 

Blé. Seigle. 

fr. fr. fr. 

.lid'er. Moulins 28 25 18.00 19.50 

— Mor.tluïon 26.75 17. 7j 11 

— Gannat 26.50 » 20.00 

Cher. Bour;;e3 26.50 11 » 

— Gr.iray 27.75 18.50 20.30 

— Aubigny 27.50 18.23 18.50 

Creuse. Anbnsson 27.25 32.30 o 

Mdre. Cliileauroux.... 36.50 20 50 18. .50 

— Issoudun 37.00 11 18.75 

— Valençay 26.50 18.75 21.00 

Loire*. Orléans 26.25 18.25 17. '0 

— Monlargis 27.25 19.50 20.00 

— Patay 26.50 11 17.75 

ioir-e/-C7i«i\ Blois 28.50 18 00 19.50 

— Monloire 26 75 20.00 20.50 

Nièvre. Nevers 38.00 20.00 » 

— La Charité 26.50 20.00 21.25 

Kojme. Brieiion 27.50 »7.0o 18.75 

— Joigny 27.20 ■ 18.80 

— St-Florentin 27.5 17.50 19.00 

Prix moyens. 27.12 13.97 19.26 

6" RÉGION. — EST. 

Ain. Bourg 30.50 19.50 • 

— Pont-de-Vaux. .. 29. 25 19.25 « 
Côte-d'Or Dijon... 27 00 19.00 21.50 

— Beaune 38. CO » 21.00 

Doubs. Besançon 28 50 » » 

Isère. Grenoble 26.50 19 30 )i 

— Vienne 26.75 n n 

Jura. Dôle... 28.50 » 18.75 

Loire. St-Elienne 31.50 18.50 « 

P.-de-Dôme Clermont-F. 29.50 19.25 » 

fl/iône. Lyon 27.00 18.50 20.50 

Sa(Jne-e/-/,oire. Chalon.. 30.00 » » 

— Louhans 29.75 19.00 31.00 

Savoie. Chamhéry 30 50 20.90 n 

Ilte-âavoie. XfiViQzy 39.15 » » 

Prix moyens 30.16 19.27 20.55 

7' RÉGION. — SUD-OUEST. 

Ariege. Pamiers 29.75 19.50 • 

Dordogne. Bergerac... 29 50 21.50 » 

lUe-Garonne. Toulouse. 29.00 30.50 18.30 

— Villefranche Laur. 29.50 19.75 18.30 
Gers. Condonl 29.50 » ■ 

— Eaiize 31.00 • » 

— Mirande 28.75 » ■ 

Oironde. Bordeaux.... 28.00 19.20 » 

— La Reole 29.00 " » 

Landes. Dax 30.00 20.50 » 

Lot-et-Garonne. Agon,. 28.00 21.00 » 

— Nerac 29 25 » » 

D.-Pyrénées. Bayonne.. 39.60 19.25 19.75 

lUes-Pyrénées. Tarbes. 29.25 19.00 » 

Prix moyens 39.36 20.02 lu. 85 

8" RÉGION. — SUD. 

/lucfc. Castelnaudary... 29.20 30 00 20.35 

Avryrnn. Rodez 39.50 30.35 u 

Cantal. Mauriac 30.65 29.85 » 

6'or?-e;e. Lilberz.-iC 30.00 18.50 19.00 

Hérault. Montpellier... 39 00 « 18.50 

Loi. Vayr.ic 29.50 » » 

Lo:ire. Mende 30.00 25.70 21.20 

— Marvejols 27.10 31.95 » 

— Florac 36.65 30.95 20.70 

Pt/ranées-Or. Perpignan 28.60 21.20 23. 00 

Tarn. Allii -..., 29.50 » 19.73 

roni-cl-tJnr.Monlauban 28.50 19.30 20.3" 

Prix moyens 29.02 21.99 20.71 

9» RÉGION. — SUn-EST. 

Basses-Alpes, \linasqae 28.35 » » 

Ilautes-.ilpes. Briançon 30.30 19.80 19.60 

il //)r8-,Vrtri/ime« Cannes 30.25 19.00 19 50 

Ardiche. Privas 28.85 20.15 19 60 

n.-du-Hhnne. .Marseille 27.50 • 17.00 

OrnnlrT. Romans 37.25 ' » 

Gard, tlimei 30.00 " 20.50 

llaule-Lnire. Le Puy... 28.25 21.50 21.50 

l'ar. Draguiguan 25.00 • » 

V'aucluse. Carpcntr.i3. . 27.50 " 20.00 

Prix moyens 28.31 20.11 19.67 

Moy. de toute la France 27.97 19.11 19.50 

— d« 1 iseinaine prcced. 27.1)7 19.07 19.31 

Sur la 8P naine ^ Hausse. 0.10 07 • 

précédente.. { Baisse. ■ » 0.01 



Orge. Avoine. 



fr. 

20.00 
20.25 
19.50 
17.50 
20.00 
19.50 
19.00 
17.50 
19.00 
17.50 
19.00 

» 
18.00 
30.75 
13.50 
21.00 
17.50 
19.50 
18:75 
19.00 

18.91 



19.80 

18.35 
19.50 
18.75 
30.00 
20 50 
18.75 
22.00 
20.50 
20.00 
10.75 
10.50 

» 
20.00 



20.00 
21.50 
30.50 
20.25 

22.50 

23.25 
20.75 



21.30 
22 75 
19.25 
20.00 

21.11 



20 


00 


25 


55 


19 


50 


19 


00 


20 


00 


23 


85 


» 


17 


"iO 


35 


55 


20 


23 


21 


50 



20 


00 


20 


7S 


19 


25 


20 


80 


17 


00 


21 


00 


19 


25 


18 


00 


» 


17 


25 


19 


26 


20 


03 


19 


99 



8't Prévue go-mmergl\le et prix-courants 



Algérie. 

Angleterre, 
Belgique. 


., (Blé tendre. 
Alger. { _dur.... 
Londres 


Blé. 
fr. 
25.25 
26.23 
27.50 
.24.75 
26.40 
26.25 
26.00 
24.50 
26.25 
26.50 
27.50 
27.75 
23 50 
25.75 
23.25 
28.50 
28.25 
29.25 
21.45 
21.05 
21.30 
23.33 
25.70 


Seigle. 
fr. 

» 

m 

20.00 
18.75 
18.50 
17.25 
15.25 
20.00 
18.75 
18.50 
18.25 
14.35 
17. .=,0 
14.35 

a 

20*60 
14.50 

12.50 

» 
» 


orge. 

» 

16.00 
19.25 

a 

21.00 
21.50 

a 
» 

21.50 
19 00 

» 
m 
a 
» 

» 
» 
» 

» 


Avoine. 

fr. 

» 
14.00 
19.50 
21.50 


Bruxelles •• • . 






Liège 


18.50 






18.00 


Pays-Bas. 

Luxembourg. 

Alsace-Lorraine. 


Amsterdam 

Luxembourg 

Strasbourg 


Is'oO 
18.25 
19.75 




Colmar.. 


19.20 


Allemagne. 


Berlin 


]» 




18.15 




Hambourg 


21.50 




Zurich 


21.50 


Italie. 


Milan 


18.90 


Autriche. 
Hongrie. 
Ilussie. 
Etats-Unis, 


Vienne 

Budd-Pesth 


12 70 
12.10 


Saint-Pétersbourg. . . 
New-York 


12.40 

m 




San -Francisco. , 


a 



Blcs. — Deux faits sont désormais acquis en ce qui concerne la prochaine 
récolte de Lié qui est toujours la plus vive piéoccupation de l'agriculture et du 
commerce : c'est d'abord que dans le centre et le nord de la France, le retard 
déjà signalé dans la végétation est toujours aussi accentué ; c'est ensuite que la 
récolte a été sensiblement supérieure à la moyenne dans le Midi. Dans cette 
situation, les ol'fres du commerce, aussi bien ([ue celles de la culture, continuent 
à être restreintes. La meunerie, pour s'approvisionner, e.st obligée de faire quel- 
ques concessions et d'accepter un peu de hausse. — A la halle de Paris, le mer- 
credi 9 juillet, les cours se sont lacilement établis, avec fr. 50 de plus qu'à la 
halle précédente. On cotait, suivant les qualités, de 26 fr. 50 à 23 fr. 50 par 
100 kilog. Le prix moyen s'est ainsi fi.xé à 28 fr. Sur le marché des blés à livrer, 
les cours accusent assez de fermeté. On paye par 100 kilog. : courant du mois, 
27 fr. 25; août, 27 fr. 25 à ii7 fr. 50; quatre derniers mois, 27 fr. 75 à 28 fr.; 
quatre mois de novembre, 27 fr. 75. — Au Havre, les ventes ont été assez actives 
pendant cette semaine, avec des pri.x fermes. Les blés d'Amérique sont cotés, 
avec un peu de hausse, de 26 à 28 fr. par 100 kilog., suivant les provenances. — 
A Marseille, les arrivages de la semaine ont été très considérables ; ils ont atteint 
370,00(1 hectolitres. Ils ont pesé sur les cours. Les affaires ont été peu actives. Au 
dernier jour, on cotait par quintal métrique : Berdianska. 25 fr. 50 à 26 fr.; Irka, 
Odessa, 23 fr. £0 à 24 fr. 50; Azolï durs, 24 fr. à Î6 fr. 50. — A Londres, les 
arrivages de blés étrangers, durant la semaine dernière, ont été un peu plus faibles, 
ils n'ont été que de 127,163 quintaux métriques. Il y avait une grande activité 
dans les transactions; les cours se sont fixés en hausse. On cotait de £6 fr. 50 à 
29 fr. 65 par 100 kilog., suivant les qualités et les provenances. 

Farinea. — La fermeté des prix des blés a eu son contre-coup sur le marché 
des fajines; les cours de toutes les sortes sont plus fermes. En ce qui concerne 
les farines de consommation, les demandes de la meunerie sont plus actives. Ou 
cotait à la halle de Paris, le mercredi 9 juillet : marque D. 61 fr.; marques de 
choix, 61 à 63 fr.; bonnes marques, 59 à 60 fi'.; sortes ordinaires et courantes, 
57 à 58 fr.; le tout par.sac de 159 kilog. toile à icndre, ou 157 kilog. net, ce qui 
correspond aux prix extrêmes de 36 fr. 30 à 40 fr. 10 par 100 kilog., ou en 
moyenne 38 fr. 20. C'est une hausse de fr. 45 sur le prix moyen du mercredi 
précédent. — Pour les farines de spéculation, on cotait, à Paris, le mercredi 9 juil- 
let au soir : /arineshuit-marQues, courant du mois, 59 fr. 75; aoirt, 60 fr.. 25; quatre 
derniers mois, 61 fr. 25; quatre mois de novembre, 61 fr. 25; farines supi rie urcs, 
courant du mois, 57 fr. à 57 fr. 25; aoijt, 57 fr. 50; quatre derniers mois, 58 fr. 25 
à 58 fr. 50; quatre mois de novembre, 58 £r. 25 à 58 fr. 50; le tout par sac de 
159 kilog., toile perdue, ou 157 kilog. net. — La cole officielle en disponible a 
été établie comme il suit, pour chacun des jours delà semaine, par sac de 157 kilog. 
net : 



Dates (juillet). 



Farines huit-marques. 
— supérieuroî 



59.10 


.59.00 


59.00 


59.35 


59.50 


59.75 


56 . 50 


56.35 


56 30 


56.73 


56.75 


5T.25 



DES DENRÉES AGRICOLES (12 JUILLET 1879). 85 

Le prix moyen a été pour les ferines hnit-marqaes, de 59 fr. 50 et pour les fa- 
rines supérieures, de 56 fr. 75 ; ce qui correspond aux cours de 38 fr. et de 36 fr. 
par luO kilog., c'est une hausse de 20 centimes pour les premières depuis huit 
jours et une baisse de 30 pour les secondes. Il y a maintien des cours pour les 
farines de gruau, qui sont cotées de 45 à 52 fr., et pour les farines deuxièmes, 
qu'on paye de 28 à 32 fr. par 100 kilog. 

Seiçjks. — Quoique les offres sur ce grain soient assez restreintes, les prix 
sont faiblement tenus. On paye, à la halle de Paris, de 17 fr. 25 à 17 fr. 50 
par 100 kilog. Les farines restent aux cours de 25 à 26 ir. par quintal mé- 
trique. 

Orges. — Les transactions sont toujours restreintes, et les prix sont sans chan- 
gements à la halle de Pans. On paye de 19 à 20 fr. par 100 kilog., suivant les 
sortes. — Quant aux escourgeons, ils sont cotés de 20 à 20 fr. 50. — A Londres, 
les arrivages sont restreints; malgré des affaires peu importants, les prix sont très 
fermes, de 19 fr. 25 à 20 fr. 55 par 100 kilog. 

Malt. — Les ventes sont toujours faibles. On paye, à Paris, de 31 à 36 fr. par 
100 kilog. pour les malts d'orge, suivant les provenances. 

Aminés. — Les demandes sont peu actives; mais les cours se maintiennent 
assez bien. On cote, à Paris, de 19 à 21 fr. 50 par 100 kilog., suivant les prove- 
nances et les qualités. — A Londres, les prix sont très fermes, de 19 à 21 fr. 05 
par 100 kilog. 

Sarrasin. — Peu d'affaires à Paris, aux cours de 16 fr. 50 à [17 fr. 75 par 
100 kilog. pour les sarrasins de Bretagne. 

Issues. — Les ventes sont peu importantes et les prix sont cotés en baisse. On 
paye, par 100 kilog., à la halle de Paris : gros son seul, 13 à 13 fr. 50; son trois 
cases, 12 à 12 fr. 50; recoupettes, 11 à 12 fr.; remoulages bis, 13 à 14 fr.; remou- 
jages blancs, 13 à 17 fr.j 

m. — Tins spiritueux, vinaigres, cidres. 

Vins. — Le temps continue à être détestable et on commence sérieusement à 
craindre pour l'avenir non seulement pour la récolte des vins, mais encore des ré- 
coltes en général. Le Midi cependant continue à être satisfait, le soleil y est tou- 
jours splendide, la floraison s'est passée dans d'excellentes conditions et le raisin 
commence à grossir. Le vignoble du Bordelais a aussi passé fleur, sans encombre, 
mais depuis quelques jours, le temps s'est mis à la pluie et la température s'est 
refroidie. Il en est de même dans le Maçonnais. Tous les autres vignobles situés 
au Nord de ces deux points extrêmes sont plus ou moins maltraités par les intem- 
péries atmosphériques, on ne sait pas encore comment la vigne passera fleur, 
jamais la saison n a été aussi en retard, c'est une vraie calamité. En présence de 
la situation qui nous est faite par le temps, les cours ont éprouvé dans le Midi une 
hausse de 1 à 3 francs par hectolitre et ajoutons que cette hausse s'est également 
fait sentir sur les vins du Bordelais, du ^Maçonnais, de la Bourgogne et du Centre. 
Là où elle n'est encore qu'apparente, les prix sont fermement tenus et le détenteur 
se tient sur une prévoyante réserve, ^'oici les derniers cours qui nous sont par- 
venus cette semaine : — A Condom (Gers), les vins blancs valent, la barrique de 
225 litres nu, 43 à 45 fr. — A Bordeaux (Gironde), on paye le tonneau de 4 bar- 
riques, 1878 : Graves supérieures, 800à850 fr., Graves bonnes et petites, 550 à 
650 fr. Blaye et Bourg, 1"' crus, 500 à 550 fr.; artisans et paysans, 350 à 450 fr. 
Les vins blancs, 1878, valent, Bas-Preignac, le tonneau, 500 à 575 fr.; Cadillac, 
Rions, Béguey, 400 à 425 fr.; Entrc-deux-]\Iers, 250 à 275 fr.; petites Graves, 
325 à 36ii fr. — A Cheray d'Oleron (Charente-Inférieure), on paye vins rouges, 
1878, le tonneau do 4 barriques nu, 225 fr.; vins blancs, 125 fr. — A ildcon 
(Saône-e.t-Loire), on cote : Tournus, l&78,la pièce de 210 litres, 1" choix, 75 fr.; 
2' choix, 70 fr.; 3" choix, 65 fr Côtes chàlonnaises, 1" choix, 75 à 80 fr.; 
2' choix, 70 fr. — A Nantes (Loire-Inf.), les gros plants ordinaires, 1877, valent 

36 à 40 fr.; la pièce, les 1"» choix 1878, 36 à37fr.;les muscadet, 1877, se 
payent 75 à 80 fr. — Béziers (Hérault), on cote l'hectolitre nu : Araraons, 18 à 
19 fr.; Montagne, courant, 21 à 22 fr., 1" choix, 24 à 26 fr.; supérieur, 27 à 

"29 fr. Narbonne, 2' choix, 30 à 31 fr.; 1" choix, 32 à 34 fr. Bournet, 21 à 23 fr. 
Picpouls, 24 à 26 fr.; 1" choix, 14 degrés, 31 fr. — A Perpignan ^Pyrénées- 
Orientales), voici les cours : Roussillon, l'hectolitre nu, 1877, 38 à 40 fr.; 1878, 

37 à 3S fr.; 1" choix, 33 à 3"^ fr.; 2" choix, 27 à 28 fr.; petit vin, 21 à 22 fr. 
Spiritueux. — Le temps froid et pluvieux, aussi préjudiciable à la vigne qu'à 

la betterave a eu pour conséquence une modération dans les offres, plus d'activité 



86 REVUE OOMMERCIALE ET PRIX-GOURANTS 

dans les achats et par suite \ine élévation des cours. De 52 fr. 75, la semaine a 
clôturé à 54 fr. Le stock est actuellement de 9,67b pipes contre 10,275 l'an dernier 
à la même date. Les affaires sont presque nulles sur la place de Lille et les cours 
restent stationnaires. Les nfiirchés du Midi sont toujours au grand calme avec des 
prix sans variation ; oscillant entre 95 à 98 fr. — A Paris, on cote 3/6 betteraves, 
1" qualité, 90 degrés dis[.onible, 55 fr. 75; août, 55 fr. 75 à 56 fr.; quatre der- 
niers, 55 fr. 75; quatre premiers, 54 fr. 50 à 65 fr. 

Vinaigres. — Les vinaigres de Bourgogne, pesant 8 degrés, va'ent 14 fr. l'hec- 
tolitre nu, pesant 12 degrés, 20 fr. A ût^yon (Côte-d'Or), on paye le vinaigre 
1" ciioix, l'hectolitre nv, en gare, 18 fr. 

Cidres. — On nous éi;rit de Vinouliers (Orne), que la fleur des pommes, sous 
l'inlluence d'un temps affreux, disparaît tous les jours, qu'on ne doit plus compter 
sur la première fleur. On ignore comment se comportera la deuxième et la troi- 
sième. En attendant, les cours sont en hausse. 

IV. — Sucres. — Mélasses. — Fécides. — Glucoses. — Amidons. — Houblons. 

Sucres. — Les transactions sont un peu plus actives sur les sucres bruts, et les 
cours présentent beaucoup de fermeté depuis huit jours, pour les diverses sortes. 
On paye à Paris par quintal métrique : sucres bruts 88 degrés saccharimétriques, 
n" 10 à 13, 4-< fr. 75; n" 7 à 9, 55 fr ; sucres blancs en poudre, n» 3, 57 fr. 25. 
Au 9 juillet, le stock de l'entrepôt réel des sucres était de 334, OuO sacs, tant en 
sucres français qu'en sucres coloniaux, avec une diminution de 10,000 sacs depuis 
huit jours. — On paye par 100 kilog. sur les marchés du Nord : Péronne, n"' 7 
à 9, 54 fr. 25; sucres blancs, n" 3, 55 fr. 57; — à Saint-Quentin, n" 7 à 9, 
54 fr. 50; sucres blancs, n° 3, 56 fr. 25; — à Valencienaes, n°' 10 à 13, 47 fr. 50; 
n"' 7 à 9, 53 fr. 50 à 53 fr. 75; moins n" 7, 54 fr. — H y a toujours, une assez 
grande faiblesse dnns les prix des sucres raffinés; ils sont payés de 134 fr. 50 à 
135 fr. 60 par quintal métrique à la consommation; en ce qui concerne l'expor- 
tation, ils sont cotés de 59 fr. 50 à 61 fr. 50 par 100 kilog. — Dans les ports, les 
affaires sont toujours calmes sur les sucres coloniaux, aussi bien pour les bruts 
que pour les raffinés; les stocks sont restreints, et les cours sont sans change- 
ments sensibles. 

Me!asse<t. — Les prix sont les mêmes à Paris, où l'on paye, 10 fr. 75 à 11 fr. 
par 100 kilog. pour les mélapses de fabrique; 12 fr. 60 pour celles de raffinerie. A 
Valenciennes, les mélasses de fabrique sont cotés 12 fr. 

Fécules. — Quoique les transactions aient toujours peu d'activité, les prix sont 
très fermement tenus. On paye à Paris 37 fr. 50 à 38 fr. par 100 kilog. pour les 
fécules premières du rayon; à Compiègne, 37 fr. 50 pour celles de l'Oise; dans 
les Vosges, 41 à 42 fr. 

Glucoses. — Les demandes sont presque nulles ; les prix se maintiennent avec 
peine. On cote à Paris par ICO kilog. : sirop premier blanc de cristal, 52 à 55 fr.; 
sirop massé, 42 à 43 fr.; sirop de maïs, 40 à 41 fr. 

Amidons. — Les prix sont toujours à peu près les mêmes. On paye à Paris par 
100 kilog. : amidons de Paris en paquets, 75 à 78 fr.; ami Jons de province, 68 à 
70 fr., amidons de maïs, 46 à 52 fr. 

Houblons. — La semaine dernière, nou'; disions ([u'on se plaignait de l'état des 

houblonnières en Angleterre. La situation est la même en Alsace, comme dans 

quelques parties de la Lorraine. Mais dans le nord de la France, aussi bien qu'en 

Belgique, la plante se maintient bien. Il y a peu d'affaires sur les houblons de 1878. 

V. — Huiles el graines oUagincuses, tourteaux, saoon, noirs. 

Huiles. — Les affaires sont un peu plus actives, principalement en ce qui con- 
cerne les huiles de colza, et les prix des diverses qualités accusent de la fermeté. 
On cote à Paris, par 100 kilog. : huile de colza, en tous fûts, 81 fr. 2j; en 
tonnes, 83 fr 2.t; épurée en tous fùts,41 fr. 2 ■ ; huile de lin en tous fûts, 70 Ir. 50; 
en tonnes, 72 fr. 50. — Sur les marchés des déptrtements, on paye par quintal 
métrique pour les huiles de colza : Caen, 78 fr. 50; Rouen, 80 fr. 50 ; Cambrai, 
82 fr.; Arras. 80 à 81 fr.; et pour les autres sortes, à I\ouen : huile de lin, 
70 fr. 50; d'arachides, 87 fr.; d'olives de Mdaga, 135 fr. — A Maiseille, les 
transactions sont toujours calmes sur les huiles de graines, et les prix sont 
faiblement tenus. On cote actuellement par 100 kilog. : huile de sésame, 76 à 
■76 Ir. 50; huile d'arachide, 77 fr. 50 à 78 fr.; de lin, o9 fr. 50 à 70 fr. peu d'af- 
faires sur les huiles d'olive. 

Graines oléagineuses. — Les cours demeurent à peu près sans changements 
pour les diverses sortes. On paye dans le Nord par hectolitre : graine de colza, 



' "^" DES DENRÉES AGRICOLES (12 JÙj^LET 1879). 87 

24 fr. à 24 fr. 50; d'oeillette, 39 fr. 25 à 39 fr. 50; (fc lin, 24 fr. A Rouen, on 
cote les graines de colza 36 fr. par quintal métrique/ 

Tonneaux. — Cours fermes partout. On paj'fe, à Marseille, par 100 kilog. : 
tourteaux de lin, 17 fr. 75; d'arachides en coque, 8 fr. 50; d'arachide décortiquée, 
13 Ir. 50; de sésame, 13 fr. 25 à 13 fr. 75; de colza, 11 fr. 50; d'œiliettes, 12 ir.; 
de palmiste naturel, 7 fr, 75; de coton, 12 fr. 

VI. — Malières résineuses, colorantes et tannantes. 

Matières résineuses. — Quelques ventes ont eu lieu à Bordeaux, aux mêmes 
prix que la semaine dernière, à 49 fr. par 100 kilog. pour l'essence pure de téré- 
benthine. 

Gaudes. — Les cours se maintiennent dans l'Hérault, de 12 à 15 fr. par 
100 kilog. suivant les sortes. 

vu. — Textiles. — Suifs, cuirs et peaux. 

Laines. — Il y a peu de variations, dans les divers départements, sur les cours 
des laines nouvelles en suint que nous avons déjà indiqués. On paye, à Bourges, 
de 1 ir. 50 à 1 fr. 60 par kilog. pour les laines ordinaires; 1 fr. 80 pour les Jaines 
fines. Les laines lavées à dos valent, par kilog. : à Arcis-sur-Aube, 3 fr. 20 à 
3 fr. 50; à Neufchàteau, 2 fr. 70 à 2 fr. 80. 

Suifs. — Quoique les affaires soient assez faibles, les prix se maintiennent sans 
changements. On cote, à Paris, 76 fr. par 100 kilog. pour les suifs purs de l'abat 
de la boucherie. 

VIII. — Beurres. ^- Œufs. — Fromages. — Volailles. 

Beurres. — On a vendu, pendant la semaine à la halle de Paris, 235, '•45 kilog. de 
beurres. Au dernier jour, on payait, par kilog. : en demi-kilog , ordinaires et cou- 
ranis, 1 fr. 80 à 3 fr. 30; petits-beurres, 1 fr. 44 à 2 fr. 20; Gournay, 1 fr. 54 
à 4 fr. 78; Isigny, 1 fr. 52 à 6 fr. 18. 

Œufs. — Du I" au 7 juillet, il a été vendu à la halle de Paris, 4,501,605 œufs. 
Au dernier mar:;hé, on payait par mille : choix, 72 à 95 fr.; ordinaires, 52 à 83 fr.; 
petits, 42 à 48 fr. 

Fromages. — Derniers cours de la halle de Paris : par douzaine, Brie, 7 à 
17 fr.; Montlhéry, 15 fr.; par cent, Livarot, 24 à 80 fr.; Mont-d'Or, 16 à 26 fr.; 
Neul'chàtel, G à 18 fr.; divers, 10 à 122 fr.; — par 100 kilog., Gruyère, 130 à 
150 fr. 

IX. — Chevaux — 6e(atJ — viande. 

Chevaux. — Aux marchés des -2 et 5 juillet, à Pans, on comptait, 1,111 chevaux; 
sur ce nombre, 424 ont été vendus comme il suit : 

Amenés. Vendus. Prix extrêmes. 

Chevaux de cabriolet 205 .V2 îflO à 1 ,070 fr. 

— lie lait 314 lOi 3)0àl,:)00 

— nors d'à(,'e 4ô2 130 35 à 1,060 

— à l'e:icliere 36 30 70 à 390 

— de boucherie 104 104 45 à 130 

Bétail. — Le tableau suivant résume le mouvement officieldu marché aux bestiaux 
de la ViUette du jeudi 3 au mardi 8 juillet : 

Poids Prii du kilog. de viande sur pied 
Vendus moyea au m;irché du lumli 7 juillet. 

Pour Pour En 4 quartiers. !»• 2« 3« Prix; 

Amenés. Paris l'extérieur, totalité. kil. quai. quai, quai. moyen 

Bœufs 5,490 3.08: 1,4K6 it.htiH 3.50 1.78 1.70 1.45 1.61 

Vaches 1,129 769 324 1,093 2 20 1.(16 1.40 1.30 1.47 

Taureaux 265 180 38 218 3.80 ..• 1.40 1.30 1.38 

Veaui 4.077 3,223 985 4,208 79 2.00 1.80 160 1.76 

Moutons 40,738 27,185 11,7.56 38,941 19 2.00 1.80 1.55 1.73 

Porcs gras 5,759 2,545 3,214 5,7.59 85 1.60 1.50 1.46 1..53 

— maigres. 13 1 6 7 40 1.25 » • 1.25 

Les animaux amenés au marché, pendant cette semaine, ont été très nombreux, 
principalement en ce qui con'erne les veaux et les moutons. La vente a été assez 
lente sur les diverses catégories, et nous devons signaler un peu de baiss-i sur 
les cours de la plupart des sortes. C'est surtout sur les veaux et les moutons que 
cette baisse sVsi produite. 

A Londres, l'importation des animaux étrangers, durant la semaine dernière, 
s'est corn; ose» de 22,167 tôles, dont 2,195 moutons, 597 veaux et 26 porcs venant 
d'Anislcidam ; 672 moutons d'Anvers; 4,095 moutons de Brème; 127 bœufs 
de Christiana; 99 bu'uiset 11 veaux de (lothenbourg; 2,192 moutons et 120 porcs 
d'Hambourg; 7 bceufs, 160 veaux, 2,216 moutons et 206 porcs dHarlingen; 



88 REVUE COMMERCIALE ET PRIX-COURANTS (12 JUILLET 1879). 

444 bœufs, 388 moutons, 5 veaux et 256 porcs de Montréal; 757 bœulsde New 
York; 7 bœufs, 6,499 moutons, 584 veauxet 396porcs de Rotterdam; 118 bœufs 
de ^'igo. Prix du kilog. : Bœuf, première qualité, 1 fr. 99 à 2 Ir. 10; 2% 1 i'r. 75 
à 1 fr. 93 ; qualité iuférieure, 1 fr. 40 à 1 fr. 75. — Veau, première qualité, 2 fr. 10 
à 2 fr. 22; 2«, 1 fr. 93 à 2 fr. 10. — Mouton, première qualité, 2 fr. 28 à 
2 fr. 45 ; 2", 1 fr. 75 à 2 fr. 10 ; qualité inférieure, 1 fr. 40 à 1 fr. 75. — ApneaUy 
2 fr. 45 à 2 fr. 80. — Porc, première qualité, 1 fr. 60 à 1 fr. 75 ; 2% l' fr. 40 
à 1 fr. 55. 

Viande à la criée. — On a vendu à la halle de Paris du 1" au 7 juillet : 



kilog. 
Bœuf ou vache.. 126,98-2 

Veau 205,329 

Mouton 54,270 

Porc 23,478 

410,059 



Priï du kilog. le 7 juillet. 

1" quai 2** quai. a** quai. Choix. Basse boucheria. 

1.52àl.94 1.26àl,64 0.80àl.36 l,24à3.00 0. 16 à 1 10 

1.80 2.00 1.48 1.78 1 20 1.46 1.26 2.26 

1.56 1.78 1.38 1.54 1.10 1.36 1.30 3.46 
Porc frais. 



1.20 à 1.70 

Soit par jour 58,579 kilog. 

Les tentes ont été supérieures de 2.000 kilog. environ par jour à celles de la 
semaine précédente. Sauf pour la viande de bœuf qui est vendue avec des prix en 
hausse, il y a de la baisse sur les cours depuis huit jours. 

Cours de la charcuterie. — On vend à la Villette par 50 kilog. : 1" qualité, 
85 à 90 fr.; 2% 80 à 85 fr.; poids vif, 55 à 60 fr. 

X. — Marché aux bestiaux de la YUlette du jeudi 10 juillet. 
Bœufs. Veaux. Moutons. 



l" 2« 3» 


1" 


2* 


3' 1" 


oe 


3« 


quai. quaU quai. 


quai. 


quai. 


quai. quai 


quai. 


quai. 


fr. fr. fr. 


fr. 


fr. 


fr. fr. 


fr. 


fr. 


83 77 71 


115 


100 


95 88 


81 


74 


XI. — Cours de la viande à l'abatto 


r de la YilleUe dit 10 jidUet {par 50 kilog.) 


1 








Cours des commissionnaires 




Poids 


Cours officiels. 


en bestiaux. 




moyen ,- — 




^ — -^^ 




,^Wl ~ — ~^^ 


Animaux 


général. 1"» 


3' 


Prix 


,r« 2. 30 


Prix 


amenés. Invendus. 


kil. quai. 


quai. quai. 


extrêmes, quai. quai. quai. 


extrêmes. 


Bœufs 2.233 21S 


310 1.80 


1.70 1.45 


1.40àl.S5 


.iiO 1.70 1.44 


l.iO a 1.8* 


Vaches 45iiggg 111 


336 1.66 


1.40 1.30 


1.25 1.70 


.64 1.40 1.30 


l.-»0 1.68 


Taureaux.. 132 12 


392 1.50 


1.40 1.30 


1.25 1.55 


.50 1.40 1.30 


l.-'j I.&5 


Veaux 1.465 249 


80 1.98 


1.78 1.5S 


1.38 2.03 


s » 9 


B » 


Moutons... 19.864 1.074 


19 2.00 


1.80 1.60 


1.40 2.06 


s » 1 


B > 


Porcs gras. 3.899 » 


87 1.64 


1.54 1.44 


1.20 1.30 


s s a 


9 P 


— maigres. li » 


35 1.25 


» s 


» » 


a a a 


» > 



Vente difficile sur les veaux ; active sur les autres espèces. 

XII. — Résumé 

Sur la plupart des céréales, les sucres, les fécules, les huiles, la plupart des 
produits animaux, les cours accusent cette semaine, une assez grande fermeté. 

A. Remy. 

BULLETIN FINANCIER. 

Marchés d'expectative : nos fonds publics conserveront les cours acquis, ou 
reviendront-ils à une cote moins élevée qu'il eut été sage de ne pas dépasser, tel 
est le litige pendant. En a.Uenàa.nl stulu quo : avec oscillations de hausse et de 
baisse, du reste sans beaucoup d'affaires. 

Cours de la Bourse dit 2 au 9 juillet {au comptant). 
Principales valeurs françaises : Fonds publics et Emprunts français et étrangers' 





Plus' 


Plus Dernier 




Plus 


Plus 


Dernier 




bas. 


haut, cours. 




bas. 


haut. 


cours. 


Rente 3 O/O 


81 30 


8'^ 50 8 1 . 50 


obligations du Trésor 
remb 4 500.4 0/0. 


524 00 


525 00 


524 00 


Rente 3 o/o amortiss. 


34.60 


84.35 84.80 








Rente 4 i/2 o/o 


112.50 


113.50 113.50 


Consolidés angl. 3 0,0 


» 


» 


98. t/S 




115.50 
3065.00 


116.80 116.80 
3095.00 3077.50 


5 0/0 autrichien 

4 1^2 0/0 belge 


104.25 


105.10 


58. 1/2 


Banque de France... 


105.00 


Comptoir d'escompte. 


8.5.00 


380.00 880.00 


6 o,'o égyptien 


242.00 


249.00 


242.00 


Société générale 


505.00 


507.50 505.00 


3 o;o espagnol, extér'. 


14. 3/4 


15.1/2 


15.1/2 


Crédit foncier. ..-,.. 


807.50 


835.00 807.50 


d' intérieur 


'ï 




14.00 


Crédit agricole 


» 


» 485 00 


6 OElats-Unis 


107.00 


107 1/2 


107 1.2 


Est Actions 500 


721.25 


728.75 727.50 


Honduras, obi. 300... 


13.50 


13.50 


13.50 


Midi d" 


865.00 
1502.50 
1200.00 

780.00 
1155.00 


890.00 870.00 
1550.00 1505.00 
1215.00 1215.00 

785.00 783.75 
1162.50 1162.50 


Tabacs ital., obi. 500.. 
6 péruvien 


9 

» 

89.75 
11.90 


• 

92.90 
12.10 

» 


B 


Nord d' 


12.00 




90.43 


Ouest d' 


5 o/o turc 


12.00 


Paris-Lyon-Méditer. d 


5 0/0 roumain 




Pari9lS7l.obl.400 3û/o 


404.50 


414.00 406.00 


Bordeaux, loo, 3 0/0. . 


> 


» 


103.00 




80.25 82.00 80.25 

érant : A. BOUCHÉ. 


Lille, I00,30o;o 


• 


o 

Leterrie 


103.25 


Le G 


R. 



CHRONIQUE AGRICOLE (19 juillet i87«). 

Mémoire présenté par M. Dubost à .M, le ministre de l'agriculture sur la réforme de la compta- 
bilité dans les exploitations rurales et dans renseignement dps écoles d'agriculture. — Motifs 
invoqués en laveur de cette réfonue. — Urgence pour l'Etat de pouvoir être renseigné exacte- 
ment sur l'intensité des crises agricoles 'juand elles se produisent. — Pour s'éclairer, il faut 
des faits bien constatés. — La comptabilité pratiquée et celle enseignée dans les écoles. — La 
comptabilité agricole dans l'enseignement pratique. — Quelssont les faits à constater. — Notions 
sur le capital, le produit, les Irais et les bénéfices.' — Leur coordination. — Suite des discus- 
sions sur la crise agricole. — Nouvelle lettre de M. Petit. — La propriété foncière en France et 
en Angleterre. — Lettre de M. Godefroy en réponse à M. Plucliet. — La gran le culture et la 
petite propriété. — Lettre de M. Python. " Connexion entre la marche de l'agriculiure et celle 
de l'industrie. — Les doctrines passionnées. — Décoration pour services rendus à l'agriculture. 

— Projet (le loi relatif à l'ouverture d'un crédit pou'' la réparation des dommages causés aux 
routes nationales par les intempéries du dernier hiver. — Le phylloxéra. — Le traitement offi- 
ciel en Savoie. — Nouvelles taches constatées dans le département de l'Ariège et celui du Tarn. 

— Jugement rendu par la Cour d'Orléans. — Mémoire de M. Mouillefert sur le traitement des 
vignes par les sultocarbonates, — Rapport sur le canal d'irrigation du Rhône. — Jugements 
relatifs à la ti auile dans le commerce des engrais. — Les betteraves attaquées par tes lourmis. 

— Lettre de M. de Poncins. — Concours du Comice départemental de l'Aube. — Pro.iet d'en- 
quête sur le régime des boissons. 

I. — Sur la réforme de la comptabiHtc dam les exploitations ruraks, 
et par conséquent de son ense'ujnernent. 

Nous avons sous l«s yeux un Mémoire auto2;raphié que notre colla- 
borateur, M. Dubost, professeur d'économie et de législation rurales à 
Grignon, a présenté à M. Tirard, ministre de l'agriculture et du com- 
merce. Nos lecteurs connaissent les importants travaux de M. Dubost 
sur la réforme de la comptabilité agricole. En se basant sur les no- 
tions d'économie rurale qu'il enseigne, M. Dubost demande au mi- 
nistre la faculté d'exercer, d'après samétbode, les élèves de Grignon à la 
notation des faits journaliers du domaine de l'Ecole. Son but est d'en 
déduire les notions propres, soit à renseigner le cultivateur sur la 
situation et la marche de son entreprise, soit à le guider dans le choix 
et la direction de ses opérations. 11 invoque trois ordres de considéra- 
tions à l'îtuppui de sa demande. 

Le premier concerne plus particulièrement l'Etat, qui aurait besoin 
d'être renseigné exactement et rajndemcnt sur les laits de la produc- 
tion agricole, et qui ne l'est que tardivement et incomplètement, à 
cause de l'impossibilité de tirer parti, à tout momentdonné, delacomp- 
tabilité agricole telle qu'elle est actuellement pratiquée presque par- 
tout. L'administration devrait trouver des sources d'information dans 
les comptabilités des domaines joints aux écoles nationales d'agricul- 
ture, aux écoles pratiques et aux fermes-écoles; mais dans l'état acluel 
des choses, elle ne saurait en tirer parti pour apprécier exactement 
la situation réelle de l'agriculture'. La même remarque s'applique à 
l'étude des fermes visitées par les inspecteurs généraux d'agriculture, 
avec les jurys de primes d'honneur. Il y aurait là des faits du plus 
grand intérêt à recueillir. La comptabilité agricole ne s'est pas atta- 
chée jusqu'à ce jour à établir avec précision le produit total ou la 
somme des valeurs créées dans nos exploitations. Or, c'est là le véi'i- 
lable critérium de la situation faite à l'agriculture. La comptabilité, 
telle qu'elle existe, peut diflicilemeut fournir des indications sur la 
marche comparée d'une exploitation pendant un certain nombre d'an- 
née*. On n'y trouve par consétpiont, aux moments opportuns, aucune 
indication utile sur le degré d'intensité des crises qui surviennent, 
soit à la suite de ])hén()mènes cHiiiatériques, soit par l'effet des cir- 
constances écono'Uiiqnes au milieu desquelles les transactions peuvent 
ou doivent se faire. M. Dubost, comme tous les observateurs, recon- 
naît que l'agriculture se trouve à une époque de crise, mais il ajout'e 
qu'il est profondément regrettable que l'Etat ne puisse pas mesurer faci- 

N' 536. Tome HI de 1879. — 19 juillet 



90 CHRONIQUE AGRICOLE (19 JUILLET 1879). 

lement l'étendue des souffrances des populations agricoles, en consultant 
rapidement les comptabilités qui se tiennent aujourd'hui, il faudrait 
des faits; on ne recueille guère que des opinions qui ne donnent pas 
la mesure de l'intensité du mal signalé. On constate des sentiments, 
des impressions; on ne rencontre pas des démonstrations positives. 
L'intérêt de 1 enseignement agricole fournità M. Dubost une seconde 
catégorie d'arguments. D'après lui, dans les écoles nationales d'agri- 
culture, la comptabilité agricole enseignée n'est pas pratiquée. Les 
faits économiques de la production agricole, c'est-à-dire le capital 
employé, le produit obtenu, les frais dépensés et enfin les résultats 
définitifs, tout cela resterait un livre fermé pour les élèves, comme 
s'ils n'étaient pas destinés à devenir des cultivateurs. Or, ils au- 
raient évidemment le plus grand intérêt à connaître les règles de bonne 
gestion financière et de contrôle sérieux d'une exploitation. M. Dubost 
remarque avec raison que les procédés n'ont de valeur que par leurs 
résultats. Si l'enseignement des procédés techniques est nécessaire, 
celui de la méthode qui permet de constater le résultat ne l'est pas 
moins. A ses yeux, l'enseignement agricole ne deviendra prospère et 
n'attirera en masse dans les écoles les fils de grands propriétaires et de 
grands cultivateurs, qu'à la condition d'aborder résolument l'étude et 
la discussion des questions financières qui sont en jeu dans les opéra- 
tions de la ferme. 

Enfin, M. Dubost trouve un troisièuie ordre d'arguments dans la 
création récente de l'enseignement départemental et communal de 
l'agriculture, qu'une loi vient d'établir. 11 est évident que cet ensei- 
gnement destiné aux instituteurs et aux élèves des écoles primaires, 
doit comprendre dans son programme la comptabilité agricole. Mais 
quelle méthode adopter? C'est aux écoles d'agriculture qui disposent 
d'une culture et d'un personnel instruit, à faire cette méthode, à l'en- 
seigner et à l'apjiliquer, la tâche des écoles, d'après M. Dubost, étant 
de faire la lumière sur les problèmes que soulève l'agriculture. 

Le Mémoire dont nous venons de résumer l'esprit est complété par 
deux notes : l'une sur la comptabilité agricole, l'autre sur l'améliora- 
tion de l'enseignement de l'économie rurale à Grignon. Dans la pre- 
mière de ces notes, l'auteur explique sommairement, mais très claire- 
ment, que la comptabilité en partie double, appliquée à l'agriculture, 
n'a de commun que le nom avec la comptabilité en partie double du 
commerce et de la banque. Pendant que cette dernière a simplement 
pour but de constater les dettes et les créances qui résultent des opé- 
rations de crédit, la première affiche la prétention d'établir les gains 
et les pertes de la production, sans se douter que si le débit contrôle 
le crédit en matière de banque, c'est parce qu'il n'y a pas de dette sans 
créance, ni de créancier sans débiteur, tandis qu'en matière de pro- 
duction agricole, il n'y a aucune connexité entre le gain et la perte; dès 
lors le double jeu de débit et de crédit se contrôlant l'un par l'autre, 
n'a pas de place naturelle. Nous ajouterons qu'en agriculture les mé- 
téores apportent, dans la production, des perturbations qu'on ne ren- 
contre ni dans le commerce ni dans l'industrie. Le compte de profits et 
pertes n'a pas grande importance dans la comptabilité du commerce 
et de la banque; mais il est le compte dominant, le maître-compte, 
si l'on peut parler ainsi, de la comptabilité agricole. Les gains et 
pertes fictifs, qui résultent des arrangements du comptable, ne peuvent 



CHRONIQUE AGRICOLE (19 JUILLET 1879). O: 

servir de base à aucune conclusion, à aucune résolution du cultiva- 
teur, parce que la fiction ne peut engendrer que des chimères. La 
seule conclusion logique à déduire des pertes d'un compte, c'est que 
le ecnipte aurait dii être établi d'une autre façon. Et de l'ait, c'est la 
seule qu'en tirent ceux qui s'obstinent à appliquer à l'agriculture une 
méthode si essentiellement vicieuse, et qui^ ne pouvant ou ne vou- 
lant plier leurs opérations aux résultats de leurs comptes, trouvent plus 
simple d'adapter leurs comptes à leurs opérations. Dans les compta- 
bilités telles qu'elles sont généralement tenues, on-trouve, comme 
dans toute formule matiiématique, tout ce qu'on y a mis; comme on 
on y introduit des principes d'erreur, on en tire le faux au lieu du 
vrai, l'ubscurilé au lieu de la lumière. Pour s'en servir utilement, il 
faut toujours élaguer avec sévérité. 

La note sur l'amélioration de l'enseignement de l'économie rurale 
a pour but d'exposer quelles sont les notions à demander à une comp- 
tabilité rationnelle, c'est-à-dire précieuse et utile. Les notions qui sont 
de l'ordre économique dont le professeur fait connaître l'utilité dans 
son enseignement et dont il demande à faciliter l'application à ses 
élèves par des exercices pratiques, sont au nombre de quatre : le capi- 
tal, le produit, les frais et le bénéfice. Il est indispensable, en agricul- 
ture, comme dans toute industrie, de fixer ces notions avec une pré- 
cision rigoureuse, si l'on veut s'assurer toutes les chances de succès. 
Après avoir établi que le capital foncier et les divers éléments qui le 
composent, notamment les pailles, les fourrages et les fumiers, ne 
doivent pas être compris dans les comptes du cultivateur, sous peine de 
confusions funestes; après avoir défini le produit dans le sens de va- 
leurs créées, l'auteur ajoute que les deux notions du capital et du bé- 
néfice sont données par l'inventaire; mais que les notions du proiluit 
et des frais, ([ui sont nécessaires pour avoir la justification et l'expli- 
cation du bénéfice porté dans l'inventaire, ne peuvent être fournies 
([ue par les éléments de la conqjtahilité. Il établit ensuite le jeu de ces 
notions pour montrer le parti à en tirer. Le capital est le moyen de la 
production; le produit en est le résultat. Le rapprochement du caplial 
et du produit est comme le rapprochement de la force et de l'eiret 
ulile : il donne la mesure de la fécondité et du bon emploi du capital. 
Les frais se prélèvent sur le produit; ils laissent une marge de pro- 
fit plus ou moins grande, suivant qu'ils sont moins ou plus élevés. On 
ne peut agir sur (juelques frais qu'à l'époque du renouvellement des 
baux ; telle est la rente de la terre. Mais sur d'autres frais, on peut 
agir même en cours de bail; tels sont les salaires et les dépenses de 
maison. Avant tout les divers chapitres de frais doivent être établis 
avec soin, afin de rechercher quels sont ceux à restreindre pour ac- 
croître l'écart entre le produit et les frais, c'est-à-dire le bénéfice, sans 
amener un abaissement proportionnel du produit. On dirige bien 
mieux son entreprise, quand on en connaît le fort et le faible. C'est 
justement cette connaissance que doit donner rigoureusement une 
bonne méthode de comptabilité. 

Nous venons de résuiiu'rlcs idées exposées par M. Dubost. A une 
époque oii le gouvernement témoigne de sa sollicitude pour l'enseigne- 
ment public à tous les degrés, de son désir de faire pénétrer partout 
les lumières et les bienfaits de la science, il ne saurait faire rpic bon 
accueil aux réformes proposées par un homme convaincu et d'une 



92 CHRONIQUE AGRICOLE (19 JUILLET 1879). 

"•rande expérience. Nous espérons donc qu'il lui sera donné lea 
moyens qu'il réclame de faire appliquer sa méthode par ses élèves. Ce 
serait même une heureuse expérience à faire que de mettre en compa- 
raison la nouvelle méthode avec l'ancienne. Les vérités ne s'infiltrent 
que difficilement et lentement dans les esprits. L'essai ne pourrait 
avoir que d'heureuses conséquences ; l'insuccès, s'il venait à se pro- 
duire, ne compromettrait que son auteur. M. Dubost a droit à être 
écouté parce qu'il est, depuis dix, ans sur la brèche et que l'on ne saurait 
contester ni son talent, ni son dévouement, ni sa compétence. La liberté 
de l'enseignement consiste précisément à permettre aux méthodes nou- 
velles de se faire jour. Or, la méthode' est, en tout, la chose essentielle:. 
C'est par l'absence d'une bonne nuéthode do comptabilité que les revers 
en agriculture ont été souvent irrémédiables. 

II. — La crise agricole. 
Si les souffrances de l'agriculture sont certaines-, on est loin d'être' 
d'accord sur les moyens d'y porter remède, et d'ailleurs elles sont 
très-variabtes selon les divers pays, et même &uivaMt les régions voi- 
sines. 11 importe donc de laisser exposer les faits et les doctrines en 
toute liberté. Selon nous, on a tort surtout lorsqu'on veut imposer 
silence à ses adversaires. Cette considération nous a décidé à faire 
connaître les faits qui s'étaient produits au Comice de Seine-et-Oise. On 
a lu, dans notre dernier numéro, les explications données par notre 
confrère M. Pluchet. Nous devons donner place à la réplique de 
M. Godefroy : 

« Monsieur le directeur, je trouve dans la lettre de M. Pluchetpère, que vous 
avez publ'ée dans votre dernier numéro, le passage suivant : 

« M. Godefroy pouvait, sans uuire à l'intérêt de son rapport, se dispenser de 
« manifester publiquement la divergence de ses vues personnelles que le jury, 
(c dont il est rapporteur, ne partage pas (quant à sa grande majorité). « 

« Celte assertion tombe d'elle-même. M. le président du Comice sait fort bien 
que le rapport, tel que je l'ai lu au Bureau, a été approuvé par le jury dans son 
entier et que la forme m'appartient; le fond, comme chaque année, est le résumé: 
de nos conversations, pendant la tournée de visite des fermes, et de nos enti'eliens 
avec les concurrents à la coupe d'honneur. 

te Quant aux limites dans lesquelles peut se tenir le rapporteur, elles avaient 
été jusqu'ici aussi larges cpie possible ; je ne veux pas discuter l'incident quia 
amené le retraii du rapport, non est hic locus. M. Pluehet n'ignore pas qu'il n'est 
pour lien dans la décision prise par le jury, ainsi que jfi l'en ai avisé par la lettre 
(lue je lui ai adressée le 20 iuiu. Il y a là une question do discipline et de règle- 
ment intérieur- qui sera soulevée à son temps et qui n'a aucun intérêt pour vos 
lecteurs. 

« M. Pluehet m'accuse d'être inexact lorsque j''avance ffue sans l'importation 
des blés américains, nous aurions atteint les prix da famine. Tout le monde sait 
pourtant que la qualité des grains de la récolte de 1878 est si mauvaise que l'ad- 
jonction de blés étrangers est indispensable pmr faire de bonnes farinas. 

« Je ne veux pas continuer la discussion, vous avez publié mon travail. M. le 
président afiirme qu'il parle au nom de la majorité du Comice. Nous cherchons 
l'un et l'autre la solution de la vie à boB mwché. Je crois que cette solution 
est dans les réformes intérieures; M. Pluehet croit la trouver en fiappant les 
grains étrangers de droits à leur entrée en France. Au public d apprécier. 
« Veuillez agréer, etc. « Jules Godefroy. » 

Pour que toutes les pièces du débat soient sous les yeux de nos lec- 
teurs, nous publierons le discours de M. Pluehet. On ne pourra certes 
pas dire que nous ménageons la place à ceux qui nepensent |)as comme 
nous. C'est encore une remarque que nous pouvons bien faire, au mo- 
ment de donner place à la lettre suivante de M. Petit : 



CHRONTODE AGRICODE (19 JUILLET 1879). gS 

IBeam, le '8 juillet 1879. 

c< Monsieur le directenr, j'ai l'hoimeur de reprendre la plume pourvouK féliciter 
de l'article de votre journal intitulé « Du hon exemple donné par un grand pro- 
priétaire anglais ». 

« Malheureusement, cet article en dit trop ou trop peu. En effet, il eût été fort 
intéres ant de connaître à combien de fermiers lord ToUemache applique sa lionne 
^volonté et sa sollicitude, et surtout à quel chiffre de revenus se montent appro.xi- 
raativement tous ces fermages qui viennent se réunir dans la même hourse, même 
après une remise de 10 pour 100. 

« Il n'y a pas aujourd'hui eu France de noble lord pour dire «mes fermiers de 
la Bourgogne, mes fermiers du Languedoc ou mes fermiers de Normandie. •» 

« Non, la France est un pays démocratique, et il y aurait un curieux parallèle à 
établir entre le nombre des propriétaires qui possèdent le sol anglais et celui des 
propriétaires de France. 

« Non s savons déjà qu'il y a tel comté de l'Ecosse qui se trouve tout entier 
entre les mains d'une douzaine de propriétaires seulement. 11 y a bien dans les 
départements du nord de la France, de grandes fermes d'une surface de 200 à 
300 hectares, exploitées par des agriculteurs qui correspondent dans la hiérarchie 
sociale aux gentlemen-farmers d'Angleterre ; mais ces grandes fermes, à peu d'ex- 
ceptions près, sont composées de marches appartenant souvent à quinze ou à 
vingt possesseurs différents. C'est ce qui fait même qu'aujourd'hui les grands 
corps de fermes sont devenus l'objet de tant d'embarras dans les successions, car 
ils ne se trouvent plus en rapport avec la proportion de terrain qui lenr corres- 
pond, et que beaucoup de fermiers sont réduits à s'en faire acquéreurs pour les 
sauver de la démolition. 

« La conckision se déduit facilement : jamais les petits propriétaires français 
dont le nombre est incalculable et qui parfois n'ont pour unique ressource que 
leur modeste fermage, ne pourront s'imposer les mêmes sacrifices qu'un lord an- 
glais n'hésitera pas à faire par générosité ou par patriotisme, surtout avec des 
fortunes teiritonales qui se chiffrent par plusieurs millions de revenus, comme 
chez les ducs de Partland, de Devonshire et tant d'autres. 

tt Que lord Tollemache augmente de 21 ans la jouissance de ses fermes du Nor- 
folk ou du Chester, c'est à merveille, car si le noble lord vient à mourir le lende- 
main, ses propriétt»s restent intactes, ne se désagrègent pas, rien n'y est cliangé, 
il n'v a qu un Anglais de moins et un nouveau lord Tollemache de plus. 

«Telle n'est pas la situation du propriétaire français i[ui jamais ne consentira à 
aliéner jiourun temps aussi long la jouissance de sa propriété, surtout s'il se sent 
derrière lui de nombreux enfants dont les uns dans le commerce, d'autres dans 
l'industrie, seront peut-être empressés de vendre leur part d'héritage pour accroî- 
tre le chiffre de leurs capitaux, ou faire face à leurs obligations. Chacun sait en 
effet que de très longs baux sont souvent nuisibles à la vente des biens-fonds. 

« En Angleterre, vous avez un seul propriétaire pour un grand nombre de fer- 
miers, tandis qu'au contraire en France on rencontre à chaque pas un fermier 
unique pour beaucoup de propriétaires, ce qui compliiue singulièrement la situa- 
tion. 

« Ne nous étendons pas plus longuement. M. le directeur, car plus vous ferez 
l'éloge de ce qui se passe actuellement en .Angleterre, plus vous condamnerez de 
point en point la constitution de la propriété française telle que nous la voyons 
aujourd'liui. Elle a cependant aussi du bon. Ce serait surtout la condamnation la 
plus éclatante du régime du libre échange, qui, comme vous le reconnaissez fort 
judicieusement, amène les diflicultés considérables du temps présent, difficultés 
(]ui n'ont pas besoin de se comnlirpier de la diminution des revenus du sol, ce 
qui, dans tous les cas, serait un Lien triste remède. 

« Lorsque de grands fléaux, tels que la guerre de 1870, s'abattent sur un pays, 
est-ce que nous ne voyons pas tous les contribuables de ce pays, depuis le plus 
petit jusqu'au plus gros, supporter leur part des impôts nécessaires à la libéra- 
tion du territoire? Et lorsque d'autres calamités, indépendantes de la volonté 
humaine, telles que les mauvaises récolles, viennent désoler un pays, est-ce qu'au 
nom de l'égalité il n'est pas juste que tous les habitants de ce pays en supportiuit 
leur part? C'est parce que nous ne voulons pas (pi'on puisse dire à une classe d'in- 
dividus, celle des agriculteurs et des projiriélaircs du sol : « Tu seras seule à sup- 
porter tout le poids et toutes les conséf[uenccs des mauvaises récoltes, » c'est 
pour cela, dis-je, que nous demandons à être traités comme tous les autres indus- 



94 CHRONIQUE AGRICOLE (19 JUILLET 1879). 

triels qui sont favorisés par des droits de douane, autrement dit par des impôts 
qui ira ipent tout le monde sans distinction. Qui dit impôt, d'ailleurs, dit néces- 
sité; et' la nécessité, aujourd'hui, ce n'est plus de libérer le territoire, mais de 
n'admettre sur les marchés français les produits étrangers qaaprbs leur avoir 
imposé des charges équivalentes à celles que payent les produite de notre sel. — 
Pour nous, voilà le vrai remède, et nous repoussons énergiquement celui qu'on 
prétend trouver dans l'appauvrissement des propriétaires , comme celui qu'on 
trouverait aussi dans l'abaissement des salaires de nos ouvriers agricoles. 

« Ce parallèle entre deux nations voisines, me suggère encore une réllexion sur 
les mœurs des deux pays. En Angleterre, lorsqu'un groupe d'industriels, de com- 
merçants, d'agi iculteurs ou d'ouvriers, juge convenable de se réunir pour causer 
de ses intérêts et s'éclairsr sur les besoins du jour, leurs meetings passent ina- 
perçus, et sont partout acceptés; nul n'eu prend ni souci, ni ombrage, la liberté 
est aussi bien respectée que sagement pratiquée. 

« En France au contraire, on commence par accuser les propriétaires A' absen- 
téisme, d'indifférence à l'égard des questions agricoles, et si, par hasard, au 
milieu' des temps difficiles que nous traversons, ces hommes, sortant de leur 
réserve habituelle, et cherchant la vérité sur la situation qui leur est faite, se per- 
mettent d'accourir des quatre coins de la France et de se grouper comme nous 
l'avons vu il y a peu de semaines au Grand-Hôtel, vite, la même presse qui les 
taxe d'indifleren'-e et d'absentéisme, se hâte de crier à l'agitation politique, et 
n'hésite pas à les accuser sans vergogne de vouloir affamer leur pays. 

K Voici ce que j'ai l'honneur de livrer à vos réflexions en vous priant d'agréer, 
etc. " ^' Petit. » 

Nous recevrons sans doute d'Angleterre, peut-être de lord ToUeiaache 
lui-même, le supplément d'explications que désire M. Petit. Aussi ne 
ferons-nous aujourd'hui que de courtes remarques. Que penser de cette 
objection contre les longs baux, qu'on ne les conclut pas parce qu'on 
ne veut pas mettre obstacle à l'émiettement de la propriété par ses héri- 
tiers'? En y réfléchissant, les vrais conservateurs estimeront certaine- 
ment que si les longs baux doivent améliorer l'agriculture, ils seront 
également avantageux aux familles dont les biens acquerront une plus 
ffrande valeur. Dans tous les cas, les hommes d'Etat ne doivent pas, 
selon nous, s'occuper de rendre plus facile la vente des biens-fonds. 
Certes, si l'on pouvait faire payer aux étrangers une partie des charges 
qui pèsent sur notre agriculture, nous n'y ferions pas obstacle. Mais 
nous croyons que M. Petit s'abuse en s'imaginant que le système 
économique qui possède ses ardentes convictions réaliserait le vœu 
qu'il poursuit. 11 a raison d'ailleurs de louer la sage pratique que 
l'Angleterre sait faire de la liberté. Nous avons vu dans la Grande- 
Bretagne les propriétaires chercher, dans la discussion avec leurs fer- 
miers, les moyens de venir en aide à ces derniers. Ils n'ont pas formé 
un groupe à part; ils sont venus dans les mêmes meetings; ils ont 
pensé qu'ils devaient à leurs tenanciers aide et soutien. C'est un 
exemple que nous livrons aux réflexions deM. Petit. — Au sujet de nos 
récits sur l'Angleterre, M. Python nous adresse aussi des réflexions 
que nous publions, aUn d'accentuer davantage notre impartialité : 

^ . Tourny,_ le 15 juillet 1879. 

« Monsieur le directeur, dans votre chronique agricole du 12 courant, vous 
avez fait renonciation suivante que je rapporte textuellement : 

(I On peut alfirmer que, si les afl'aires des manufactures et du commerce étaient 
« prospères, l'agriculture elle-même serait florissante Ce qui le prouve, c'est 
« qu'il n'y a jamais eu de plaintes vives de la part des cultivateurs, tant que l'in- 
« dustrie était active, quand les usines étaient en plein travail, quand le commerce 
V. faisait de grandes transactions. Dès que les clieminées des usines cessent de 
« vomir dans l'atmosphère des torrents de fumée, on voit le luxe diminuer, les 
« consommations se réduire, l'agriculture mal vendre s;s productions ei redouter 
« alors la concurreaèe étrangère. » 



CHRONIQUE AGRICOLE (19 JUILLET 1879). 95 

« 11 ne m'est pas permis, monsieur, de douter ni de vos connaissances en agri- 
'Culture, ni de votre grande expérience des choses agricoles ; permettez-moi cepen- 
dant de venir vous dem'ander co:nmentii se l'ait qu'un homme comme vous ait pu 
confondre l'effet avec la cause et faire dépendre la prospérité agricole de la prospé- 
rité commerciale ? Plus jeune que vous.j'aidéjà vu des crises industrielles, alors que 
l'agriculture était prospère et sans qu'elle ait cessé de lètre; mais je n'ai 
jamais vu une mauvaise récolte en France sans entendre le commerce se plaindre 
du manque d'affaires. 

« En effet, qu'arrive-t-il quand il se produit une crise agricole? 

« Les cultivateurs et les ouvriers qu'ils emploient, c'est-à-dire les deux tiers 
de la population, sont atteints dans leurs intérêts, quelquefois même dans leurs 
existences. Alors ils se restreignent complètement, vivent sur eux-mêmes, n'achè- 
tent plus rien. Le petit commerce souffre, le grand commerce s'arrête et . .. c les 
« cheminées des usines cessent de vomir dans l'atmosphère des torrents de fumée.» 

« Est-ce que vous n'êtes pas de mon avis, monsieur? Si , assurément. Seule- 
ment aujourd'hui, vous êtes avant tout libre échangiste et vous avez éprouvé le 
besoin d'écrire votre chronique pour que vos lecteurs puissent tirer cette conclu- 
sion : « qu'il faut protéger le grand commerce pour rendre la vie à l'agriculture. » 
Tandis que d'une plus juste appréciation des faits et de la rectification que je me 
permets de faire ci-dessus, il faut tirer cette autre conclusion, beaucoup plus 
rationnelle : « qu'il faut protéger l'agriculture ipour rendre le commerce plus 
ce prospère. » 

« J'ai l'honneur d'être, etc., « Python, 

« CuUivatfur à Tourny (Eure). » 

Notre correspondant se trompe s'il croit que l'agriculture a été pros- 
père quand l'industrie traversait une crise grave. La jeunesse derrière 
laquelle il s'abrite lui a fait certainement illusion. Toutes les forces 
productives d'une grande nation telle que la France sont solidaires. Les 
souffrances de l'industrie et du commerce rejaillissent sur l'agricul- 
ture, et réciproquement. L'expérience le prouve à tous les esprits at- 
tentifs, et nous n'avons pas dit autre chose. M. Python nous accuse 
d'être, avant tout, libre échangiste ; il se trompe. Nous sommes, 
avant tout, ami do notre pays, nous sommes passionné pour le bien 
de son agriculture. Si l'on nous démontrait que, dans l'application des 
doctrines contraires aux nôtres, l'agriculture devrait trouver sa pros- 
périté et la France sa grandeur, nous n'hésiterions pas un seul instant 
à nous rendre à une telle démonstration. Mais hélas ! l'histoire des 
peuples, non pas durant quelques années, mais pendant des espaces 
qui permettent d'apprécier les fluctuations, nous fait redouter de grands 
désastres pour notre pays, si Fécole passionnée, dont nous ne pouvons 
partager les illusions, arrivait à un triomphe momentané. 

Nous avons encore reçu d autres lettres sur la même question ; mais 
le défaut de place nous force à en ajourner l'insertion. La discussion 
n'est pas close. Les circonstances météorologiques que nous traversons 
rendent bien difficile une décision (jui ne reposerait pas tout .entière 
sur le libre jeu de l'initiative de tous. 

tu. — Dccoration pour services rendus à l' agriculture . 

Nous apprenons et nous nous empressons d'annoncer que M. Bous- 
singaullvient d'être nommé, par l'empereur d'Autriche, grand-officier 
de l'ordre de François-Josc[)h. C'est un hommage rendu à la science 
agronomique française dans son représentant le plus élevé. 
IV. — Les dommages causés aux roules nationales. 

Los dé[)loi'ables circonstances météorologiques que nous traversons 
encore donnent un caractère complet d'actualité au projet de loi que 
M. le ministre des travaux publics vient deprésenter àla Chambre des 
députés et qui a pour but l'ouverture d'un crédit de 1,700,000 francs 



96 CHRONIQUE AGRICOLE (19 JUILLET 1879), 

sur l'exercice 1'879, pour la réparation des dommages causés aux routes 
nationales par les intempéries de l'hiver 1878-1879. C'est surtout aux 
départements des Basses-Alpes et des Hautes-Alpes, du Var, de la 
Haute-Garonne et de Lot-et-Garojane que ces crédits seraient appliqués 
dans les plus grandes proportions. 

Y. — Le phylloxéra. 
Dans notre dernier numéro.^ nous avons signalé l'opposition faite par 
plusieurs vignerons, en Savoie, contre le traitement officiel de leurs 
vignes malades. Nous apprenons qu'une enquête a été ouverte sur ce 
sujet, et que des poursuites pourront être exercées contre les récal- 
citrants. 11 est nécessaire que la loi du 15 juillet 1878 et les arrêtés 
qui en sont la conséquence soient obéis par les populations viticoles. 
Comme pour tout ce qui concerne la police rurale, on a d'abord con- 
staté une sorte d'indifférence qui doit prendre fin. C'est ainsi que cer- 
tains viticulteurs continuaient à transporter des cépages de vignes 
étrangères, malgré les prescriptions de la loi. Un arrêt récent, de la 
Cour d'Orléans, qui réforme un jugerrient du tribunal correctionnel de 
la même ville, en date du 26 avril dernier, éclairera nos cultivateurs. 
En voici le texte : 

« La Cour d'appel d'Orléans, Chambre des appels de police correctionnelle, a 
rçijdu l'arrêt suivant : Entre AI. le Procureur g néral près ladite Cour, pousuir 
vant sur l'appel interjecté par M. le Procureur de la République d'Orléans d'un 
jugement d'acquittement rendu par le tribunal correctionnel d'Orléans le 
:26 avril 1879. — Et la nommée Peliet Victorine-Pelagie, femme Rime, 61 ans, 
propriétaire à Orléans, prévenue d'introduction de plants de vignes phylloxérés ; 

« La Cour : 

« Attendu que l'aiTrèté ministériel du 1 1 décembre 1878, pris en exécution de la 
loi du 15 juillet précédent, déclare phylloxérés les deux arrondissements de Blois 
et d'Orléans ; 

« Attend'U que l'article 3 de cet arrêté éuumère les arrondissements dans lesquels 
il permet d'int/roduire librement les vignes étrangères et celles provenant des ar- 
rondissemeats phylloxérés, qu'il exige pour tout arrondissement autre que ceux 
exceptés que cette introduction soit précédée d'un arrêté du ministre de l'agriculture 
et du commerce; 

« Altenduque l'arrondissement d'Orléans n'est pas coxpris dans l'exception et 
qu'il n'a été l'objet d'aucun arrêté d'autorisation; 

«j Attendu que le nouvel arrêté ministériel du 13 décembre, même année, loin de 
déroger au précédent, s'y réfère expressément, qu'il permet dans son article 3, 
d'expédier des plants de vignes, sarments et boutures provenant de territoires 
phylloxérés à destination d'un arrondissement phylloxéré, à la condition que cet 
arrondissement soit régulièrement autorisé à la cul ure des vignes étrangères; 

« Attendu que ces dispositions i]ui ont exclusivement pour objet les plants de 
vignes, sarments et boutures, n'ont rien de contradictoire avec l'article 2 de ce 
second arrêté dont l'objet est tout différent puisqu'il se borne à réglementer la cir- 
culation'des souches arrachées, des sarments secs et autres débris et produits de 
la vigne ne servant pas à la reproduction ; 

« Attendu que la veuve Rime reconnaît que les cinq paquets de plants de vi3;nes 
saisis à la gare d'Orléans le 14 aiars dernier lui ont été sur sa demande expédiés 
de Mer, arrondissement de Blois, à destination d'Orléans où elle demeure, qu'en 
se faisant expédier ces plants de vignes d'un territoire phylloxéré à destination 
d'Orléans, arrondissement phylloxéré et non réqulièreinenl autorisé, à cidiiver des 
vignes étrangères, elle a contrevenu aux articles 1, 2, 3, de l'arrêté du 11 dé- 
cembre 1878; 1, 2, 12, 15 de la loi du 15 juillet 1878; 3 et 6 de l'arrêté du ] 3 dé- 
cembre 1878; 

(- Par ces motifs, faisant di-oit à l'appel du ministère public correctionnel d'Or- 
léans du 26 avril 1879 ; — Emendant et attendu les circonstances atténuantes, 
condamne la prévenue à !U francs d'amende. 

« Fait, jugé, prononcé par la Cour d'appel d'Orléans, Chambre correctionelle, le 
lundi 2 juin 1879. » 



CHRONIQUE AGRICOLE (19 JUILLET 1879). 97 

Le phylloxéra continue son invasion, et probablement dans quelques 
mois on aura à signaler de nouveaux désastres. Pour le moment, nous 
devons dire que des taches nouvelles ont été découvertes, durant la 
dernière quinzaine, à Saint-Amudoux, près de Foix (Ariège), et dans le 
département du Tarn. La section permanente de la Commission supé- 
rieure du phylloxéra a donné un avis favorable au traitement officiel de 
ces taches. 

En ce qui concerne le traitement des vignes malades, nous devons 
signaler un mémoire que M. Mouillefert vient de présentera l'Acadé- 
mie des sciences sur l'application du sulfocarbonate de potassium 
avec les appareils imaginées par M. Hembert. De ce mémoire il résulte 
que 210 hectares sont aujourd'hui traités par ce procédé, et que le 
prix de revient a été, en moyenne, de 234 francs par hectare. — 
M. Mouillefert ajoute que ce prix peut être encore diminué ; car on 
peut abaisser le prix de vente du sulfocarbonate, ainsi que le prix dû 
location des machines de distribution d'eau. 

VL — Le canal d'irrigation du Rhône. 

Dans la séance de la Chambre des députés du 15 juillet, M. P. Devès 
a déposé le rapport fait sur le projet de loi avant pour objet la décla- 
ration d'utilité publique d'un canal dérivé du Rhône en \aie de l'irri- 
gation des terres et delà submersion des vignes dans. les départements 
de l'Isère, de la Drôme, de Vaucluse, du Gard et de l'Hérault. C'est 
du canal Dûment qu'il s'agit. Nous souhaitons que la discussion 
vienne rapidement; car aujourd'hui la cause est entendue. 

Vir. — La fraude des engrais. 

La croisade entreprise contre certaines maisons qui vendent à un 
prix excessif de prétendus phosplio-guanos et font extorquer les signa- 
tures des cultivateurs commence à porter ses fruits. Ces jours derniers, 
plusieurs agriculteurs des envii'ons d'Ancenis (Loire-Intérieure), éclai- 
rés par les avis émanés du laboratoire agronomique de Nantes, ont porté 
plainte au parquet. Il a été démontré par la déposition de M. Bobierre 
que les engrais vendus par la maison Lévy Salles et abusivemenL dénom- 
més phospho- guanos, bien qu'ils ne renfermassent pas trace de guano, — 
contenaient en moyenne 1 .00 pour 100 d'azote et 7 pour 100 d'aride 
phosphorique solublc et réduit, alors que la garantie portail expres- 
sément 2 à 3 pour 100 d'azote et 11.45 à 13.74 d'acide pliospho- 
rique : or ces engrais étaient livrés au prix excessif de 32 francs les 
100 kilog. M. Bubicrre, après avoir mis en lumière la déploral)le 
influonce de ce mode dn vente qui assure aux commis voyageurs des 
remises deSàlOfr.par 100 kilog., n'a pas eu de peine à montrer au 
tribunal la -portée de telles manœuvres. C'est en effet, a-t-il dit, au 
moment oii il serait si nécessaire de diminuer le prix de revient de 
nos froments en vue de soutenir une concurrence redoutable que 1 on 
gaspille les forces vives dont on dispose en payant 32 france des 
engrais qui en valent 14. 

Malgré la brillante plaidoirie de M. Desmaretz du barreau de Paris, 
M. Lévy Salles, qui n'a trouvé pour se défendre que le prétexte d'une 
erreur de fabrication, a été rcindamné pour, tromperie sur le dosage des 
éln.mcnts <h ses engrais à mille francs d'amende et aux frais du procès. 
Le tribunal a écarté le délit de tromperie sur la nature bien que l'en- 
grais qui ne rcufermaitpas de guano portât la désignation de phosj)ho- 



98 CHRONIQUE AGRICOLE (19 .UILLET 1879). 

guano. — Des poursuites sont commencées à Angers et à Nantes pour 
des ventes faites dans des conditions identiques. Nous rendrons 
compte de leurs résultats. 

VIII. — Les betteraves. 

Les betteraves se trouvent mal du temps humide et froid qui a persisté 
durant les dernières semaines. Elles ne poussent que faiblement et 
sont généralement dans une situation assez précaire. — Un de nos 
correspondants, M. le marquis de Poncins, nous adresse, au sujet de 
la dévastation d'un cbamp par les fourmis, la lettre suivante : 

« Ferme des Places (Loire), le 6 juillet 1S79. 

a Monsieur le directeur, je viens d'éprouver la dévastation complète d'un champ 
de betteraves de 4 hectares par les fourmis; n'ayant jamais eu connaissance de 
pareil désastre, je viens vous prier de me dire si un fait semblible a été constaté 
chez d'autres agriculteurs, si on connaît les raisons qui ont pu l'occasionner, et 
s'il y a un moyen pour le prévenir une autre année. 

« Le sol de la pièce en question est une alluvion de la Loire très compacte. 
Chaque motte de terre est sillonnée par les fourmis, absolument comme un pré 
est sillonné par les taupes. Les betteraves sont attaquées par les racines, elles 
sèchent et disparaissent; celles qui échappent restent sans vigueur. 

« Je vous prie d'agréer, etc. « Marquis de Poncins. » 

On recommande généralement rameublisseinent du soi fait avec 
beaucoup de soin pour la destruction des fourmilières; mais nous ne 
connaissons pas de cas d'invasion analogue à celle qui vient d'être 
décrite. Toutefois, pour les fourmis comme pour les autres insectes, il 
est important, quand on a des causes particulières de redouter leur 
action, d'activer la végétation des betteraves par des semis hâtifs ou 
des engrais appropriés, afin de donner aux jeunes plantes plus de 
vigueur pour résister aux attaques de leurs ennemis. 

IX. — Concours du Comice départemental de l'Aube. 

Le système des ventes, avec primes, des machines agricoles se pro- 
page de plus en plus. Dans sa dernière séance, le Comice agricole de 
l'Aube a décidé que des expériences publiques de moissonneuses, fau- 
cheuses, râteaux à cheval , batteuses-lieuses avec engreneur automa- 
tique et chargeurs automatiques de foin et de fourrages, auraient lieu 
le dimanche '21 juillet, et en cas de mauvais temps le lundi "28, à la 
ferme de la Cliapelle-Saint-Luc, près de ïrdyes. .V la suite de ces expé- 
riences, des médailles seront distribuées aux entrepreneurs de mois- 
sonnage mécanique qui ont moissonné le plus grand nombre d'hectares. 
En outre, le Comice consacre une somme destinée à réduire les prix 
d'achats faits par les membres du Comice d'instruments figurant au 
concours. Les constructeurs qui désirent prendre part aux essais, 
doivent en prévenir, le secrétaire du Comice, à Troyes. 
X. — Projet d'enquête sur les vins. 

On sait que la Chambre des députés avait été saisie de diverses pro- 
positions relatives à une enquête à faire sur le régime des vins. La 
Commission chargée de leur étude avait demandé la formation d'une 
Commission d'enquèle le ■2"2 novembre. M. des llotours ayant demandé 
que cette enquête portât non seulement sur les vins, mais sur le ré- 
gime des boissons, la Commission s'est ralliée à cette manière de voir. 
Dans un rapport déposé le 3 juillet, M. Armand Caduc demande donc, 
en son nom, la nomination dans les bureaux d'une Commission de 
22 membres, chargée d'étudier et d'indiquer les rélbrmes à apporter 
aux divers droits actuellement perçus sur les boissons. J.-A. Darral, 



SUR LA DESSICCATION DES FOURRAGES. 99 

SUR LA DESSICCATION DES FOURRAGES" 

31. Voilant, agriculteur à Saint-Leu-Taverny, département de Seine- 
el-Oise, a, dans une note adressée par lui, le 27 juin 1875, fait con- 
naître à la Société un procédé qui lui a très bien réussi pour arriver à 
sécher les fourrages en temps de pluie. 

M. YuUant dit qu'il a récolté, avec un plein succès, du foin et du 
trèfle, en disposant ces plantes, aussitôt après leur fauchaison, en 
moyettes, pour arriver à les dessécher. Le fourrage ramassé derrière 
les faucheurs, doit, suivant lui, être mis debout en forme de ruches 
liées par le haut avec quelques brins de foin. Pour donner de l'assise 
à ces ruches, qui sont posées sur la terre par leur pied, on doit écar- 
ter à leur base, en tous sens, les brins de foin qui les composent; l'air 
peut ainsi circuler focilement dans l'intérieur de ces ruches en entraî- 
nant avec lui l'eau de végétation qui était contenue dans le foin. 

Les ruches doivent, lorsqu'elles ont été bien desséchées, peser de 
8 à 12 kilogrammes. La dessiccation peut être opérée complètement, 
malgré le mauvais temps, au bout de huit jours. 

Les ruches renversées par M. Voilant sur un lien de paille, se trou- 
vent serrées par ce lien et par le lien en foin qui a été placé à la partie 
supérieure, et elles forment ainsi des bottes pouvant être facilement 
placées sur les voitures qui doivent les rentrer à la grange. 

Suivant M. Voilant, du foin ainsi disposé arrive, malgré une per- 
sistance de mauvais temps, à devenir d'une qualité parfaite; il pré- 
sente, à la suite de grandes pluies, tout autour de la botte, une teinte 
blanchâtre de l'épaisseur d'une feuille de papier ; mais cela ne nuit pas 
à sa qualité et à son parfum. 

M. Voilant n'est pas seul à appliquer le procédé de dessiccation des 
fourrages dont il a adressé la description à la Société. Notre confrère, 
RL Pluchet, nous a, de son côté fait connaître dans la séance de la Société 
du 28 juillet 1875, qu'ils s'étaient, lui et ses fils, servis avec succès 
d'une méthode semblable pour sécher leurs récoltes de fourrages dans 
les années humides, et M. Fiévet, de Masny, a aussi fait chez lui, avec 
succès, application de ce procédé. 

Votre Section de grande culture pensant que tout ce qui peut 
tendre à la conservation des fourrages, qui ont en agriculture un rôle 
si important à jouer comme moyens de production de la viande et du 
fumier, est d'un grand intérêt, a jugé qu'il y avait lieu de vous 
proposer de remercier M. Voilant de la communication qu'il a faite à 
la Société au sujet du procédé employé par lui pour la dessiccation des 
fourrages. Adolphe Dailly, 

Membre de la Société n.itionale d'agriculture de France. 

CONCOURS REGIONAL DE LAVAL- 

Le concours régional qui, cette année, se tenait à Laval du 3 au 12 mai, com- 
prenait dans sa circonscription les départements des COtes-du-Nprd, du Finistère, 
d'iUe-et-Viiaine, du Morbilian, de la Loire-Inférieure, de Maine-et-Loire et de la 
Mayenne. D'un climat doux et ordinairement humide, avec un sol généralement 
granitique ou schisteux, cette région, devenue l'un de nos principaux centres de 
production en céréales, est éminemment favorable à la production herbagèrCj ainsi 
que le témoigne l'importance de son élevage en bétail ((ui vient d'avoir un si bril- 
lant reOetau concours de Laval. Le déparlement de la Mayenne est, en outre, doté 
par la nature de manière à posséder en abondance deux matières premières, la 
nouille et la pierre calcaire, qui lui permettent de pouvoir se livrer éconoraique- 

I. Rapport présenté à la Société nationale d'agriculture de France, le 12 avril |8:u. 



100 CONCOURS RÉGIONAL DE LAVAL. 

ment à une immense fabrication de chaux, dont la Bretagne peut profiter pour la 
fertilisation des sols dépourvus de calcaire 

Le précédent concours régional agricole de Laval eut lieu en 1870. Neuf an- 
nées se sont doue écoulées depuis cette épocrue néfaste que la France ne devra ja- 
mais oublier, et qu'on ne saurait trop rappeler aux populations rurales qui furent 
les principales victimes des malheurs et des hontes sans pareilles que nous valut un 
régime déchu à Sedan. 

Expression des progrès accomplis malgré les difficultés à vaincre pendant cette 
période tourmentée et surchargée des conséquences incalculables d'une funeste 
guerre, la remanpiable exposition agricole que la ville de Laval s'était généreuse- 
ment applii(uée à rendre aussi belle que possible, comprenait ce qui suit en ani- 
maux, instruments et produits agricoles': espèce bovine, 450 têtes; espèce ovine, 
84 tètes; espèe porcine, 25; animaux de basse-cour, 150; machines et instru- 
ments agricoles, 912; produits agricoles, 100. 

Les 450 têtes de l'espèce bowne se trouvaient répartis en catégories de la ma- 
nière suivante : 

1" catégorie. Race bretonne "... 31 

2' — Races parthenaise, nantaise, vendéenne. 25 

3' — Race durham 256 

4" — Croisements durham-bretons 22 

5" — Autres croisements durham . . . • 100 

6° — Races laitières 16 

Le siège du concours se trouvant à un point extrême de la région, par rapport 
au pays de production de la race bretonne, cette race n'est représentée que par 
neuf taureaux et vingt-deux vaches, venus en grande partie du Finistère et du 
Morbihan. Ces deux déparlements, bien qu'étant dans une bonne voie de transfor- 
mation, ont encore beaucoup de landes à défricher et ne sont pas arrivés, d'une 
manière générale, à cette abondance en production fourragère qui lui permettrait 
l'engraissement sur une grande échelle, et, par suite, l'élevage des races aptes à 
cette spéculation. On s'en tient encore à la petite race bretonne, qui ancienne con- 
vive des landf-s du pays, donne en assez grande quantité un lait particulièrement 
convenable à la fabrication du beurre. Il est de plus en plus visible toutefois que 
cette race subit, elle aussi, l'heureuse influence d'une agriculture avancée, qui lui 
permettra d'atteindre progressivement un plus grand développement, tout en con- 
servant ses qualités particulières. Cette transformation se produit notamment 
dans le département des Gôtes-du-Nord d'où nous recevons de très bons petits 
tœufs de boucherie. 

La 2* catégorie, comprenant la race parthenaise ou ses dérivées, les races nan- 
taises et vendéenne, est représentée par 10 taureaux et 15 vaches venus du dépar- 
tement de la Loire-Inférieure, et appartenant en grande partie à la race nantaise. 
On sait que les animaux de cette race, produits de fertiles vallées de la Loire et de 
la Sèvre, qui avoisinent Nantes, sont, par leur grande taille comme par l'ensemble 
de leur conformation, particulièrement aptes au travail. De toutes nos races fran- 
çaises, ce serait donc l'une de celles dont il importerait de conserver, autant que 
possible, le caractère primitif. Cependant le but final, plus ou moins éloigné, de 
nos races de bœufs étant l'aptitude à l'engraissement facile, il peut convenir, aux 
éleveurs de la Vendée et des rives de la Loire, de 'viser à ce but par une 
sélection toujours en rapport avec les progrès de la culture et les besoins de la 
consommation. 

Les catégories comprenant la race Durham et ses croisements ofl'raient, sans doute, 
la plus belle collection de ce genre ayant paru jusqu'à présent dans un concours 
régional. Par leur nombre, s'élevant à 378 têtes, comme par la beauté de la plu- 
part de ces anima"ux, on peut se faire une idée favorable à l'agriculture des dépar- 
tements de la Mayenne et de Maine-et-Loire, qui en étaient les principaux expo- 
sants. Dans ces deux départements on a compris depuis longtemps tout l'avantage 
qu'il est possible de tirer du mélange du sang durliam avec celui des races locales 
pour se livrer à une spéculation lucrative de l'engraissement quand on est arrivé à 
une suffisante production fourragère. 

Les agriculteurs de la Mayenne se sont particulièrement signalés dans cette 
voie en u^ant largement de la culture du trèfle si merveilleusement favorisé, dans 
leurs sols dépourvus de calcaire, par la chaux qu'ils pouvaient se procurer facile- 
ment et à bas prix. Mais l'excès en tout étant nuisible, à force de chauler et de 
taire revenir trop souvent le trèfle à la même place, il en résulte un effritement du 



CONCOURS REGIONAL DE LAVAL. lûl 

sol qui a diminué de beaucoup la production de cette légumineuse, et qui exige, 
pour l'avenir, plus de modération dans l'emploi de la chaux et du trèfle. 

Par la 6' catégorie un appel était fait aux races laitières autres que la race 
bretonne, formant une catégorie spéciale. On voit que cet appel a été assez faible- 
ment entendu en considérant que 10 vaches ou génisses et 6 taureaux seulement 
fijjuraient dans cette catégorie. La plupart de ces animaux appartenaient à la race 
d'Ayr ou à ses croisements avec les races bretonnes et durham. On sait que la 
race d'Ayr, plus forte que la race bretonne, est, également, bonne laitière. Les 
produits du croisement de ces deux races conviendraient par suite aux exploita- 
tions de la région, à culture avancée, où on a des raisons pour tenir encore à la 
production du lait. Tel serait le cas, par exemple, du clépartement d'IUe-et- 
Vilaine, qui eût certainement pu se produire davantage au concours avec sa race 
rennaise tenant des races bretonnes et cotentine. 

Dans les petites exploitations, représentant la force d'une famille de métayers ou 
de petits fermiers, comme cela se voit dans les départements qui forment la région 
du présent concours, le mouton n'a pas l'importance qu'on lui voit dans certaines 
contrées à grandes exploitations, où des bergers spéciaux peuvent être affectés à 
la garde des troupeaux de plusieurs centaines de têtes; aussi l'espèce ovine ne 
joue-t-elle, dans cette région, qu'un rôle secondaire. 

La plupart des animaux de cette espèce exposés au concours sont de races à 
développement précoce et à engraissemest facile ou leurs croisements avec les 
races locales. La finesse et l'abondance de la laine importe beaucoup moins depuis 
que les laines étrangères ont fait baisser les prix de nos laines mérinos. 

La presque totalité des quatre-vingt-quatre têtes exposées appartenaient aux 
dishley, aux southdown purs ou aux southdown-bretons, dont plusieurs étaient 
d'une beauté remarquable. 

L'espèce porcine était moins bien représentée par le nombre qu'on eût pu 
l'espérer dans le pays de l'excellente race craonnaise. Six animaux seulement de 
cette race figuraient au concours; les autres, au nombre rie dix-neuf, appartenaient 
à des croisements divers où dominent les Berkshire et les new-leycester-craon- 
nais. Vingt et un prix, de 100 à 200 francs, étaient cependant offerts dans cette 
elasse. Il est étonnant qu'il y ait eu un nombre aussi restreint de candidats pour 
chercher à les obtenir. 

Les animaux de basse-cour, comprenant les différentes catégories de volailles 
et de lapins, jouent dans l'alimentation publique et par suite dans une exploitation 
rurale, un rôle qui devient de plus en plus grand. Aussi ces animaux meritent-ils 
qu'il leur soit assigné une certaine importance dans les encouragements accordés 
par les concours régionaux. 

Cette classe d'animaux était du reste très bien représentée par les belles collec- 
tions de coqs et poules de la Flèche, de Grèvecœur, de Houdan, de Dorking, ainsi 
que par les oies, les dindons, les canards, les pigeons et les lapins exposés par 
MM. Trouillard, de la Touche, et Martin. 

L'ex|)Osition des instruments et machines agricoles présentait à Laval un 
ensemble des plus remarquables et des plus complets. Les instruments servant 
à la préparation du sol, tels que charrues, herses, scarificateurs, fouilleuses, ont 
atteint, chez la plupart de nos grands fabricants, un haut degré de perfectionne- 
ment difficile à dépasser. Il en est de même des machines à battre, figurant en 
grand nombre au concours. 

Les améliorations qu'ont enfin subies les machines à faucher et à moissonner 
permettent l'emploi de ces machines dans les moyennes comme dans les grandes 
exploitations. La plupart d'entre elles font un bon travail, d'autant plus avanta- 
geux que la main-d'œuvre devient de plus en plus difficile à se procurer aux 
époques des travaux pressants de fenaison et de moisson. 

Il a été beaucoup parlé pendant ces dernières années d'une nouvelle invention 
appli(|uée aux moissonneuses, par laquelle ces machines peuvent faire et lier la 
jerbe en même temps qu'elles coupent la céréale. Tout en reconnaissant le mérite 
l'une telle invention, nous ne croyons pas qu'il lui suit réservé un grand avenir 
sous nos climats. Dans l'intérêt de la ([uaiité du grain comme [)our éviter l'égre- 
nage, les céréales étant ordinairement coupées un peu sur le vert, et se trouvant 
entourées, à leur base, d'herbes adventices encore vertes, ont besoin de subir une 
certaine dessiccation, par la mise en javelle avant d'être liées. La simultanéité de 
la coupe et du liage ne serait donc pas à recommander. 

Les expositions des produits agricoles sont ordinairement dégarnies dans la plu- 



f 



102 CONCOURS, RÉGIONAL DE LAVAL. 

part des concours régionaux. Cela s'explique si l'on considère que le mois de mai, 
époque de l'année où se tiennent les concours régionaux, étant le mois des fleurs, 
se prête peu à l'exposition des fruits. 

Aussi une exposition horticole, comprise dans la division des produits agricoles, 
nous paraîtrait-elle à sa ])lace dans un concours régional, où elle réunirait l'agréable 
à l'utile en encourageant une branche de la production agricole digne d'intérêt. 

Pour compléter le bon accueil fait aux représentants de l'agriculture^ la muni- 
cipalité de Laval avait ofl'ert un banquet aux lauréats du concours régional. Deux 
bons discours furent prononcés à ce banquet, l'un par M. Marchai, maire de 
Laval, et l'autre par M. Marfin-Feuillée, sous-secrétaire d'Ktat au ministère de 
l'intérieur. 

La distribution des récompenses se fit avec solennité le dimanche 1 1 mai, sous 
la présidence de M. le préfet de la Mayenne, ayant à ses côtés M. le maire de 
Laval, M. Malo, commissaire générdl du concours, et les principales notabilités 
du département. 

Le lauréat de la prime d'honneur, M. de Lancrau de Bréon, ancien élève de 
l'Ecole polytechnique, continuant l'œuvre commencée par son père, a mérité la plus 
haute distinction du concours régional par les résultats obtenus en exploitant ses 
terres au moyen d'un faire-valoir direct, et avec la collaboration de douïe métayers. 
S'intéressant au bien-être de ses collaborateurs, M. de Lancrau de Bréon a con- 
sacré avantageusement des sommes élevées pour loger ses métayers d'une manière 
convenable, et pour mettre en bon état de production les terres qui leur étaient 
confiées. 

Pour joindre l'exemple à la prédication, l'exploitation directe de M. de Lan- 
crau de iiîréon mettait sous les yeux de ses métayers, qui pouvaient ainsi toucher 
du doigt, les bonnes opérations culturales qui leur étaient prescrites, et lesquelles 
ont pu être signalées comme exemple pour la contrée. 

La Société des anciens élèves de Grand-Jouan avait profité du concours régio- 
nal de Laval pour tenir sa réunion annuelle Gomme au concours de 1870 une 
trentaine d'anciens élèves étaient heureux de se retrouver groupés autour de leur 
maître sympathique M. Rieffel et de boire à sa santé. L'année prochaine la réu- 
nion devra avoir lieu à Grand-Jouan même ; mais il s'agira alors d'y célébrer le 
cinquantième anniversaire de la fondation de Grand-Jouan, en donnant au 
directeur-fondateur de l'établissement un témoignage de considération et de recon- 
naissance pour les services qu'il a rendus à la cause de l'agriculture, services qui 
n'ont pas été sans influence sur les progrès que témoignait si brillamment le con- 
cours régional de Laval. Camille Boudy, 

Correspondant de la Société nationale d'agricullure de France, 

LA FAUCHEUSE AULTMANN- 

Chaque année, le nombre des bonnes machines mises à la dispo- 
sition de l'agriculUire française pour la fauchaison des fourrages et 
pour la moisson des céréales, est plus considérable. En même temps 
que nos constructeurs se distinguent par une fabrication plus par- 
faite et plus abondante, un plus grand nombre de constructeurs étran- 
gers viennent offrir leurs machines sur notre marché. C'est que 
celui-ci augmente, grâce aux nombreux, concours qui, dans les der- 
nières années, ont fait apprécier dans toutes les parties de la France, 
les avantages des machines. Le temps n'est désormais plus éloigné, 
où la faucheuse et la moissonneuse seront presque aussi répandues 
que la machine à battre. Parmi les machines le plus récemment intro- 
duites en France, nous devons aujourd'liui signaler la faucheuse 
Aultmann, qui s'est fait connaître dans les concours régionaux de 
Cliambéry, d'Evreux, de Lille et de Limoges, et dans les concours de 
plusieurs associations agricoles. 

La faucheuse Aultmann , que représente la figure 8, se distingue 
tout d'abord de la plupart des autres systèmes par l'absence de cou- 
ronne dentée ou d'engrenages sur les roues motrices. Les organes mo- 
teurs sont portés sur un cùlé de l'essieu des l'oues, et enfermés de 



J 



LA FAUCHEUSE AtlLTMANN. 



103 




104 



LA FAUCHEUSE AULTMANN. 



manière h éviter soit les accidents par l'action des roues dentées, snil 
l'action de la poussière ou de la boue. Comme le montre le dessin, la 
scie est placée en avant des roues motrices ; elle est supportée par 
deux sabots placés à chacune de ses extrémités. Les gardes de la scie 
sont fabriquées en fer forgé doublé d'acier aux points les plus fragiles, 
le tranchant et les pointes ; elles sont creusées au centre, de manière à 
assurer la régularité de la coupe. L'embrayage et le débrayage, de 
même que le changement de hauteur de coupe, se font facilement, 
avec des leviers placés sous la main du conducteur. Pour le transport 
de la faucheuse dans les champs, on peut, par un mécanisme très 
simple, débrayer les roues motrices; de cette manière, il y a une 




Fig. 9. — Rabatteur indépendant pour transformer la faucheu:e en moissonneuse. 

moindre usure dans les pignons et les coussinets des organes moteurs. 

Le prix de la faucheuse à deux chevaux est de GOO francs , avec 
deux lames. M. Aultmann construit aussi une faucheuse à un seul 
cheval, dont le prix est de Sî.'i francs avec deux lames. Cette machine 
est établie d'après les mêmes principes que la précédente; la diminu- 
tion de poids a été obtenue dans la réduction de quelques pièces 
secondaires, mais la force des organes a été maintenue avec soin. 

La fau(dieuse Aultmann peut être transformée en moissonneuse, par 
1 adjonction d'un appareil à moissonner à la main , ou de rabatteurs 
indépendants du bâti, tels que ceux que représente la figure 9. Ces 
rabatteurs sont circulaires, et le dessin en montre suffisamment le 
mécanisme pour qu'il soit inutile d'insister davantage. 



LA FAUCHEUSE AULTMANN. 105 

Toutes les pièces de la faucheuse sont numérotées, pour qu'elles 
soient facilement remplacées en cas d'usure ou de bris. — Dans un 
protîliain article , nous reviendrons sur les moissonneuses du même 
constructeur. L. de Sai!Diuac. 

FANAGE DES FOURRAGES DANS LES TEMPS HUMIDES'. 

Voici quelques détails sur une méthode très utile à employer pour la 
fenaison dans les années humides. Elle consiste à relever les andains 
par poignées et à dresser les poignées les unes contre les autres, comme 
on fait pour le lin. Ce procédé, par les mauvais temps, est de plus 
préférable à l'emploi de la fourche, et j'ai pu constater que les prairies 
artificielles, où cette méthode a été employée, donnaient des produits 
meilleurs que les autres. L'intérieur de la poignée est ainsi, en effet, à 
l'abri de l'eau, et se conserve très bien; le seul inconvénient qu'on 
puisse signaler, c'est le bottelage en hiver. Dans l'opération du botte- 
lage il tombe toujours une certaine quantité de feuilles; ces feuilles ne 
sont pas toujours perdues, il est vrai, puisqu'on peut les ramasser et 
les donner au bétail après les avoir mélangées à des balles de blé. On 
peut d'ailleurs, éviter ces inconvénients en faisant le bottelage à l'inté- 
rieur et non sur le pré. 

D'ailleurs le foin rentré bottelé est beaucoup plus sujet aux altéra- 
tions que le foin rentré non bottelé Le foin, lorsqu'il est rentré humide, 
a souvent besoin d'être additionné d'une certaine quantité de sel; 
quand il n'est pas bottelé, les mélanges sont plus faciles, et ils. sont 
généralement nécessaires. E. Pluchet, 

Membre de la Société nationale d'aj^ricuitore de France. 

PROJET D'ENQUÊTE SUR LE RËGLME DES EAUX- 

Le Sénat, dans sa séance du 1" juillet, sur la proposition de l'hono- 
rable I\L George, sénateur des Vosges, et de 55 autres de ses collègues, 
acceptait d'urgence la nomination d'une Commission de cinq membres 
pour faire une enquête sur le régime des eaux fluviales et maritimes de 
la France. Dans le n° du 4 octobre 1873 du Journal, nous écrivions: 
<i Nul doute j)our nous que la France rentrée en possession d'elle- 
même ne reprenne cette question de la pisciculture par le côté industriel, 
que l'initiative privée, secondée par les pouvoirs pidjlics, communes, 
départements, libres et affranchis de cette centralisation qui sous le 
dernier régime a conduit notre chère patrie à de si beaux résultats, 
que l'exploitation, en un mot, des immenses richesses de nos côtes et 
de nos tleuves n'arrivent à mciihiurc fin. J'entends dire : et le cabo- 
tage, etc., etc. )) 

Le voilà donc enfin ce moment dont l'arrivée pour nous ne devait 
être qu'une question de temps pour la Fnince démocratique. 

Si une chose utile s'impose à ses travaux, en est-il de plus urgente 
et de plus populaire, au double point de vue des intérêts matériels et 
surtout de la cause toujours sainte de nos force^î, nationales. 

\ la ])iscieultun! d'un passé dont, pendant plus de dix ans, nous 
n'avons cessé de prédire l'inanité, et ccsla à Cosle lui-même, en dehors 
des pages que nous livrions à la publicité, la Képublitpie enfin doit 
suhstitiKM' l'juïlion ; car, svnihèst; île iDutes les aspii'al ions, elle doit, en 
éliminant l'inutile ou le mal, marcher au bien par le concour.s de Ions. 

Si, comme nous en conservons l'espoir, ces quelques lignes passent 

1. Communication faite à la Sociélù nationale d'ag: c iliure. 



106 PROJET D'ENQUÊTE SUR LE RÉGIME DES EAUX. 

SOUS les yeux de quelques-uns des membres de notre Chambre haute, 
qu'ils nous permettent d'appeler leur attention sur les quelques pages 
intitulées la Pisciculture anglaise, parues dans cette revue le 21 juin 
dernier. Ils y verront quelle gloire un jusque-là bien modeste député 
du Sutherland, M. Fenwich, s'est acquise, et quels services il a rendus 
à son pays en proposant son enquête de 1863 sur le même sujet, quels 
chiffres ont été produits, quels faits ont été révélés, et seulement 3 ou 
4 ans après, quels résultats déjà immenses étaient sortis de ces débats 
et du bill obtenu. Chiffres, faits et résultats inutiles à rappeler ici, 
puisque quelques-uns y ont déjà paru. 

Ce sur quoi nous prendrions la liberté d'insister auprès de nos sé- 
nateurs, ce serait de recueillir surtout, à l'exemple de leurs collègues 
d'outre-iManche, les témoignages des humbles, des pêcheurs, des pa- 
trons de barque, des associations, d'écarter, dans la limite du pos- 
sible, le monde officiel, en se garant de la façon la plus absolue, des 
missionnaires de la pisciculture en chambre ou en bocal. 

Dans un petit travail que nous publiâmes en 1 853, relativement au 
bassin d'Arcachon, nous empruntions quelques lignes à un ingé- 
nieur, M. de Freycinet, sur cette intéressante question de l'avenir 
réservé à ces lieux abandonnés et désolés. Le jeune ingénieur de ces 
temps éloignés ne serait-il pas le puissant et fécond ministre de la 
République d'aujourd'hui? 

Après lui, nous avions été tellement frappé de tant de ressources si 
ignor'ées et si inutilisées que le stagiaire du ministère de l'agriculture 
n'en put retenir son étonnement. Consigné dans cet humble travail, nous 
insistions surtout sur la question huître, qu'en compagnie de Coste, 
nous revoyions l'année suivante. 

Le chiffre que nous relevions, en 1854, pour le produit du bassin, 
était de 800,000 fr. Or, dans un rapport à l'empereur, du 9 no- 
vembre 1859, Coste le prédisait de 11 à 12 millions; en 1866, il 
avait atteint 9 millions. Tels sont les faits que nous tenions à rap- 
peler. Là on a donc bien marché! 

Mais est-ce qu'il n'y aurait plus à faire? Les règlements ont été mo- 
difiés et sévèrement appliqués, très i)ien. La science préside aux amé- 
nagements des eaux; encore mieux ! 

Est-ce tout? Sommes-nous arrivés? Qu'on nous permette une seule 
interrogation comme exemple. Où en est-on avec l'empoissonnement 
du bassin de la Seine par les settons, commencé en 1859? 

En Angleterre, des Ashwort, des Clooper ont, en dix ans, sextuplé 
et décuplé leurs produits. C'est officiel. 

Toute critique est loin de notre pensée; notre but unique est de 
montrer l'utilité de la demande de l'honorable sénateur des Vosges, et 
surtout son opportunité. 

Qu'on permette donc à un vétéran de la pisciculture d'en témoigner 
sa joie, mais à la condition qu'un si bel élan n'aille pas s'endormir, 
pour y mourir, dans les cartons du Sénat. Ciubot-Karlen, 

Correspondant de la Sociéta nationale d'agriculture de France. 

CONSERVATION DES FOURRAGES VERTS 

PAR l'ensilage. 

Le Journal de V Agriculture n'a pas seulement en France des lecteurs, 
b il en a aussi beaucoup hors de la France. Les articles de M. Goffart 



CONSERVATION DES FOURRAGES VERTS PAR L'ENSILAGE. 107 

et ses pressantes recommandations pour l'ensilage du maïs, ont dû 
attirer lattention de ceux qui cultivent le maïs en grand, ainsi que 
cela a lieu en Hongrie, et il est probable que c'est là ce qui a donné 
lieu à une analyse que rapporte un journal d'agriculture qui paraît à 
Berlin, et que je crois bon de faire connaître en France à ceux que la 
question intéresse. M. GofTarl fera probablement faire aussi une ana- 
lyse pour s'assurer si celle de la Hongrie est ou n'est pas exacte. 

On savait déjà que le maïs n'est pas un aliment complet, que c'est 
surtout le sucre qui lui donne de la valeur. <Jue reste-t-il si les trois 
quarts de cetlte valeur sont anéantis par la fermentation? — On voit 
que la question mérite d'être examinée. — Voici la traduction de l'ar- 
ticle de V AUgemcinc Zeitunç] fiir Land. forstwirthe du 7 juin : 

« Des principes contenus dans le mois vert et le 7naïs aigri et dis perles que 
subit le mais conservé dans des fosses. — Le professeur Moser a, pour essai, sur 
un domaine en Hongrie, immédiatement après la récolte, fait séclier une partie de 
maïs et mis une pariie égale à aigrir dans une fosse. Après que la fermentation du 
maïs dans la fosse lut terminée, on en sortit une portion pour la soumettre à une 
analyse, dont voici les résultats : 

Maïs séché . Mais aigri. 

Protéine..., 4.07 p. 100 8.76 p. 100 

Graisse ...■ 3.96 6.07 

Azote .58.48 56.34 

Substance fibreuse 27.5.0 35.29 

Cendres 5.57 12.84 

« Gomme par la fermentation les substances constituantes des cendres ne pou- 
vaient subir ni une augmentation ni une diminution de leur quantité absolue. On 
pouvait déj.i voir que c'étaient les parties nutritives du maïs i[iii avaient subi la 
perte. De cette augmentation des cendres de b.57 à I'2.84, il résulte que la sub- 
stance sèche a perdu 56.5 pour 100 de son poids. Les parties constituantes du 
maïs prennent part à cette perte dans les proportions suivantes : 

« La perte du poids primitif a été. 

Pour protéine 6.8 p. 100 

Graisse 31.8 

Substances qui ne contiennent pas d'azote 72.1 

Substance fibreuse 41.2 

« De ces chiffres, on voit que la perte en protéine est relativement insignifiante. 
I.a perte la plus considérable est celle des substances extractives qui ne contiennent 
as d'azote; cette perte est de 72.1 pour 100. C'est-à-dire que par la fermentation, 
es trois quarts des substances non azotées ont été anéanties. 

« Comme on sait que ces parties constituantes du mais, non azotées, sont sur- 
tout du sucre, on ne se trompera pas, si on admet que l'énorme perte que subit 
le maïs est amené par la fermentation du sucre. 

« Faire aigrir le maïs est donc une opération irrationnelle qui amène la perte 
d'une quantité colossale de substance alimentaire. » 

Tel est cet article que j'ai cru utile de faire coimaitre en France. 

F. VlLLEROy. 

SUR LE PRIX DE REVIENT DU lU.E \ M.VSXY. 

Lettre à M. Baucarne-Leroux, président du Comice agricole de Lille. 
Monsieur le président, je lis à la page 287 du nuiuéro de mai des 
Archives de V Agricullure du nord de la Fra7ice^ publiées par le Comice 
agricole de Lille, une critique faite par. "\I. Guermonprez (lt;s calculs que 
j'ai publiés sur le prix de revient du blé à la ferme de Alasuv, dans 
mon ouvrage sur l'Agriculture du nord de In France. Cette critique est 
absolument erronée. Comme M. (îuermonprez semble parler ofliciel- 
lement au nom du Comice de Lille, et que d'ailleurs je fais partie de 
votre association, je vous demande de coinmuni([uer cette lettre à nos 
confrères, et de lui donner la publicité de votre recueil. 



f 
le 



108 LE PRIX DE REVIENT DU BLÉ A MASNY. 

J'ai établi, d'après les docunients puisés dans la comptabilité de 
IM. Constant Fiévet, avec sa collaboration et son approbation, que, de 
1853 à 18G3, le prix de revient de l'iiectolitre deble avait été, à Masny, 
de 16 fr. 05. J'ai donné le tableau du prix de revient de chacune des 
onze années de la période, et j'ai reproduit tous les cliiiTres, afin que la 
vérification pût être faite. Cette vérification était facile; mais il ne 
fallait pas, pour la faire, s'y prendre comme M. Guermonprez, en com- 
mettant une grosse faute contre les règles du calcul des moyennes. 

M. Guermonprez s'exprime ainsi : 

« Nous avons eu la curiosité d'additionner les chiffres de la colonne où sont 
inscrits les prix de revient de l'hectolitre pendant les onze années ; nous avons eu 
un total de 213.19; ce total, nous l'avons divisé par onze, c'est-à-dire par le 
chifl're des années, et nous avons obtenu une moyenne pour chat|ue année, de 
19. 'iS, au lieu de 16.ii5. Ceci doit considérablement modifier les opérations aux- 
quelles s'est livré M. Barrai, et atténuer la valeur des considérations qu'il a 
émises. » 

Non, il n'est pas vrai que le chiffre de la moyenne du prix du blé, 
pour les onze années de la comptabilité de Masny, doive être relevé de 
Ui fr. 05 h 19 fr. 48. Si M. Guermonprez avait pris la peine de lire 
mon ouvrage, il eût trouvé les explications suivantes qui l'eussent 
éclairé sur l'erreur qu'il commet aujourd'hui sous prétexte d'apporter 
une correction à un livre qui a paru il y a plus de douze ans. J'ai dit, 
en effet, pages 310 et 311 du tome I" de r Agriculture du Nord : 

« Nous ne devons pas omettre de mentionner ici une remarque : c'est que si 
l'on prenait la moyenne des onze prix de r vient du tableau ci-dessus, on trouve- 
rait 19 fr. 38, nombre bien supérieur à celui de Ib fr. 05, que nous avons déduit 
du calcul dans lequel nous avons fait intervenir les. quantités produites annuelle- 
ment. On calcule, en effet, très mal les prix moyens quand on ne tient p;is compte 
des masses des produits et quand on considère seuleiuent les valeurs. Les erreurs 
de ce genre sont cependant très fréquentes ; on peut les remarquer dans les écrits 
de la plupart des économistes et des statisticiens. « 

Ce passage a été écrit à une époque oîi je ne pouvais prévoir les 
ardentes discussions auxquelles se livrent aujourd'hui les adversaires 
et les partisans du régime des droits sur les blés étrangers. 11 n'est 
donc pas fait pour les besoins de la cause. Il est l'expression de la 
vraie doctrine mathématique, telle que W maîtres de la science, les 
Laplace, les Lagrange, les Poisson, l'ont fixée, et telle qu'on me l'en- 
seignait, il y a plus de (piarante ans, à l'Ecole polytechnique, telle 
qu'on l'y enseigne encore. M. Guermonprez et M. Vianne, sous l'auto- 
rité duquel le premier se place, ne sauraient faire prévaloir aujourd'hui 
un système qui est une grosse faute J'avais donc bien raison, il y a 
dix ans, de mettre en garde mes lecteurs contre cette erreur, puisque 
M. Guermonprez et M. Vianne Font commise. 

La conclusion est que les chiffres et les calculs que j'ai donnés dans 
mon ouvrage sur Masny, sont absolument exacts et ne doivent pas être 
C()rrij;és. 

Recevez, etc. J.-A. Bakkal. 

ÉTAT ACTUEL DE LA RÉCOLTE DE BLÉ EN FRANGE. 

(5 JUILLET 1879.) 

La floraison s'accomplit aussitôt après la formation du grain. Pour qu'elle soit 
com.lèle, il faut qu'elle soit rapide, il lui faut des rayonnements solaires, une cer- 
taine somme de calorique prolifique qui excite la fécondation ; ce qu'il ne lui faut 
3as, c'est de la pluie qui lave le iiollen, le détruit et fait couler la fleur. Or, durant 
a dernière quinzaine, c'est tout le contraire qui est arrivé, car à peine avons-nous 



l 



ÉTAT ACTUEL DE LA RÉCOLTE DE BLÉ.' 109 

eu deux jours consécutifs sans pluie, avec une température de 6 à 10 degrés au- 
dessous de la moyenne ^ La floraison qui doit être, pour ainsi dire instantanée, s'est 
trouvée soumise à des conditions raétéorologi'jues diamétralement contraires à 
celles qui lui sont indispensables, elle a langui partout où elle est déjà laite et il 
est à craindre qu'elle languisse encore partout où elle ne l'est déjà pas, car nous 
paraissons être sous l'influence du génie climatologique pluvieux, humide et Iroid 
pour toute l'année, il est à craindre encore, par conséquent, qu'elle icsfe inégale, 
incomplète ; on ne s'en apercevrait toutefois qu'au battage et ce ne serait pas la 
première fois du reste ([u'une récolte luxueuse et splendideeii apparence aurait pro- 
duit des déceptions de rendement ayant pour unique cause, une floraison incom- 
iilète. Car la grenaison n'est que la conséquence de la floraison. 

En remontant à l'oiigine de la récolte, on peut constater que les ensemence- 
ments étaient restés incomplets, qu'il en a été de même du tallage et de l'épiage. 
Un hiver long et pourri avait lavé les terres, déplacé, entraîné les semences, 
ainsi que les engrais et, comme nous n'avons pas eu de printemps, la végétation 
a langui, la tige et l'épi sont restés courts, ainsi que nous les voyons aujourd'hui. 
La plante ainsi forcée d'épier, de se nourrir, de se déve'opper, de fleurir et de 
miirir en trois ou quatre semaines, pourra-t elle arriver à bonne fin? Une recolle 
surprise de la sorte, par une pareille déséquilibiation atmosphérique, par une 
pareille perturbation des grands courants aériens, pburra-t-elle être normale? Dans 
les terrains naturellement secs et siliceux, elle se tient encore assez bien et con- 
serve encore les apparences de la santé, mais il est bien loin d'en être ainsi dans 
les terrains où l'argile domine, dans les vallées, sur les marges des cours d'eau 
où le plant a fait défaut et ne s'est pas développé plus que l'épi. Nous éludierons, 
quand il y aura lieu, le phénomène de la maturation; mais cette phase ultime, la 
plus épuisante, arrivera quinze jours en retard et rester i dépendante de la puis- 
sance végétative qui pourra encore rester alors dans un sol dont les engrais ont 
été dilués et dissous avant le temps et dont l'énergie a déjà fait défaut au dévelop- 
pement de la tige et de l'épi. Quoi qu'il en soit, une récolte retardée de quinze 
jours ne saurait être une bonne récolte, parce que ce retard coïncide générale- 
ment avec les rosées dumatin qui corrodent la fleur etrident legrain en l'épuisant. 
Si nous n'avons pas à craindre l'échaudage ni la verse, nous avons à craindre les 
brouillards et les mauvaises herbes dont les blés sont envahis. 

Sans doute la récolte s'est améliorée durant la dernière quinzaine, mais plus 
en apparence qu'en réalité, elle n'a pu se refaire complètement, puisqu'elle péchait 
par sa base, par son défaut général de plant; dût donc la floraison, qui se fait 
présentement, dans notre rayon et dans le Nord, être largement réparatrice, qu'il 
n'y aurait pas lieu de compter sur une récolte moyenne, car la gerbe ne saurait 
être abondante. Il est doue plutôt à craindre que la fatale série de nos mauvaises 
récoltes ne soit pas encore épuisée, et si jusqu'ici l'on avait pu chercher à pres- 
sentir dans quelles proportions la récolte devait être plus ou moins bonne, dans 
ce moment on ne ]ieut chercher à pres^sent'r que dans quelles proportions elle sera 
plu« ou moins mauvaise. En somme, le maximum de notre espoir est aujourd'hui 
réduit à une récolte moyenne, et, pour que ce modeste espoir puisse même se 
réali>er, il faudrait que nous sortions à l'instant même de ce cycle maudit d'in- 
tempéries, car le moment actuel est psychologique et chaque mauvaise journée nous 
achemine vers une récolte pire que la dernière qui, elle, ne péchait pas par 1-i 
nombre de la gerbe. Il est bien entendu, du reste, que les appréciations qui pré- 
cèdent ne 5'appli([Ment qu'à la récolte considérée dans son ensemlile, mais nulle- 
ment à des contrées isolées, ni surtout à nos départements du Sud-Est où elle 
paraît privilégiée celte année. Malheureusement, ce n'est là qu'une goul le d'eau 
dans l'Océan de noire production, car la France agricole i''est pas là, mais sur- 
tout au nord de la Loire, dans notre rayon cl dans le Nord, c'est à -dire sur les 
points où la récolte est le plus menacée. Cependant à quelque chose malheur est 
Don : si la floraison n'avait pas eu de retard et qu'elle se fût accomplie depuis 
quinze jours, c'est-à-dire en temps normal, le désasire eût élé complet, irrépa- 
rable; rattachons-nous donc à respoii- d'un changement iramt'dial de température 
et à une floraison réparatrice. 

Cijup d'œil sur la future récolte européenne. — Pour quiconque sait lire entre 
les lignes de la presse agricole anglaise, si savamment disciplinée sous le joug 
d'acier d'une situation unique dans le monde, au point de vue de ses impéiio- 
sités alimentaires, l'état actuel de la récolte se présenterait sous des auspices 
beaucoup moins rassurants que l'an dernier, et l'on devrait en augurer de bien 



110 ÉTAT ACTUEL DE LA RÉCOLTE DE BLK. 

plus grands besoins d'importation. — La Belgique subit l'influence de la tempé- 
rature menaçante dont nous sommes affligés; sa récolte, en retard comme la 
nôtre, n'y sera relativement pas meilleure. — L'Allemagne s'inquiète; si sa 
récol e se tient assez bien dans les parties méridionales, elle parait compromise 
dans les pp.rties centrales et septentrionales. — L',A.uiriche, la Hongrie surtout, 
accusent de moindres espérances qu'il y a quinze jours. — L'Italie nous signifie 
une récolte certainement beaucoup inférieure à la dernière; il en est à peu près 
ainsi de l'Espagne et du Portugal. — La Russie méridionale n'est pas satisfaite, 
les derniers avis d'Odessa sont même inquiétants. Somme toute, la nouvelle pro- 
duction agricole de l'Europe ne paraît pas aujourd'hui devoir être égale à la der- 
nière qui fut bonne partout, excepté en France. — Quant à l'Amérique, les avis 
sont aujourd'hui moins unanimement favorables que l'an dernier ; ils commencent 
même déjà à faire entendre des notes discordantes, et il serait difficile d'admettre 
que ce vaste continent puisse exporter plus qu'il vient de le faire cette année ; 
mais c'est encore en ce moment l'inconnu, aussi bien de l'antre côté que de ce 
côté-ci de l'Océan. B. Van Den Berghe, 

Courtier û Paris. 

SUR L'AGRICULTURE AU BRÉSIL. 

Le Journal de l'Agriculture du. 5 juillet renferme une note de M. Sacc 
sur ïagriculture au Brésil. Bien que cette note soit très courte, elle 
contient plusieurs erreurs graves, mêlées à des assertions exactes. 
M. Sacc n'a foit que passer au Brésil, oii il m'a fait l'honneur de 
venir me voir à Rio de Janeiro; il juge le Brésil à travers les préjugés 
des gens de l'Uruguay, généralement hostiles aux Brésiliens. Le fait 
des moutons qui perdent leur laine au Brésil pour la remplacer par 
un poil grossier et brillant, est absolument controuvé. Le mouton garde 
sa laine, qu'on ne tond pas, tout simplement pour ne pas s'en don- 
ner la peine. Il est presque toujours mal soigné, couvert de gale, 
mais il vivrait fort bien au Brésil, avec des soins convenables et s'y 
reproduit régulièrement. 

Autre erreur capitale : la farine consommée au Brésil ne vient pas 
de la Plata, qui n'en produit pas assez pour elle-même, mais bien des 
Etats-Unis. Gl'ignet, 

Directeur de la Station agronomique de la Somme. 

LES PÉPINIÈRES ANDRÉ LEROY A ANGERS. - II. 

Telle était la maison Leroy lorsque son éminent directeur, fils de 
ses œuvres, mourut en 1875, après avoir conquis de hautes récom- 
penses nationales pour les progrès qu'il avait ftvit faire tant à la science 
horticole qu'à la culture des arbres fruitiers. Ses balles pépinières 
lurent alors placées sous la direction de Mme veuve Leroy et de ses 
enfants, secondés par 3L^L Baptiste et Henri Desportes comme agents 
principaux. Nous allons les décrire maintenant sous l'aspect qu'elles 
présentent aujourd'hui, en ne faisant ressortir que les points spéciaux 
qui les caractérisent. 

Etant dans la nécessité de disposer de sols de nature diverse, l'éta- 
blissement Leroy comprend deux parties bien distinctes. L'une, por- 
tion prmcipale, située à Angers dans différents enclos assez voisins 
les uns des autres et d'un accès facile, est établie sur un sol argileux 
ou ari^ilo-siliceiix; elle est consacrée aux arbres d'ornement de toute 
espèce ainsi qu'aux arbres à fruits à pépins. La seconde partie, de 
nature calcaire, est située sur le territoire de la commune des AUeuds, 
canton de Thouarcé. C'est là que sont principalement cultivés les ar- 
bres à fruits à noyau et les arbres forestiers, car ([uoique certains di 
ces derniers puissent végéter dans un sol argileux, ils s^ vendent tous 



LES PÉPINIÈRES ANDRÉ LEROY A ANGERS. 111 

à un prix trop bas pour qu'il soit avantageux d'utiliser avec eux un ter- 
.rainavoisinant une ville de quelque importance. 

Dans le principe les pépinières étaient aux portes d'Angers. Elles y 
sont encore ; mais par suite de l'agrandissement de la ville, force l'ut 
de reculer un peu et de transporter dans un nouvel enclos de magni- 
fiques arbres dont l'éducation avait absorbé beaucoup de ca])itaux. 
Cependant si d'un côté l'établissement a perdu quelques liectares dans 
ces dernières années, il s'est rattrapé en i-eplantant ailleurs une éten- 
due au moins égale à celle qui venait d'être détruite. 

Près de la maison des directeurs, un enclos existe encore et sur une 
étendue de plusieurs hectares, on y cultive les spécialités délicates, 
celles qui nécessitent une surveillance de tous les instants. Mieux 
qu'en tout autre endroit elles étaient toujours en présence du maître 
regretté qui les voyait naître, prospérer sous son œil vigilant et qui en 
annotait sans cesse les moindres particularités. 

Une autre parcelle, éloignée de 1,500 mètres environ de la précé- 
dente est entièrement consacrée à la culLura des rosiers; un contre- 
maître spécial est chargé de leur éducation et des soins qu'ils récla- 
ment aux diverses époques de l'année. 

De tous les terrains situés à Angers même, la portion la plus 
importante comme étendue est la propriété du Pin, distante de quel- 
ques centaines de mètres de la direction. Là, sont cultivés les arbres 
fruitiers et d'ornement les plus divers ; poiriers, coignassiers, pins, 
sapins» cèdres, araucarias, séquoias, thuyas, paulownias, magnolias, 
camcllias, rhododendrons, etc., etc., tous produits que les immenses 
débouchés de l'établissement consomment en nombre considérable 
chaque année. 

Plusieurs arbres et arbustes d'ornement peuvent être considérés 
comme étant une spécialité dans la culture des pépinières Leroy. Les 
principaux sont : le magnolia, le camellia , le rhododendron et 
l'azalée. 

Le magnolia comprend un grand nombre de variétés dont quarante 
environ sont cultivées à Angers; il aime une terre "riche, profonde et 
un peu fraîche. Sa multiplication est des plus simples et se fait par 
marcottage au printemps; l'année suivante on sépare les rameaux enra- 
cinés du pied-mère et on les transplante en pleine terre à une dislance 
d'un mètre environ en tous sens. C'est là qu'ils se développent en 
attendant qu'ils soient bons à être livrés au commerce. Dans le cas oîi 
les magnolias doivent être expédiés à l'étranger, leur transplantation 
s'opère d'abord dans un pot, lequel est placé en terre comme s'il 
s'agissait d'une marcotte ordinaire. On comprend que lors du second 
arracliage qui est définitif aucune des racines n'est froissée, la motte 
n'est pas brisée et le jeune arbre est très apte à supporter un long 
voyage ; mais dans ce cas le prix de vente subit une augmentation qui 
correspond aux frais supplémentaires. 

Le camellia dont la maison Leroy cultive près de quatre cents varié- 
tés, végète très bien en phùne terre dans l'ouest de la France sans 
exiger impérieusement la terre de bruyère. On le multiplie cependant 
dans cette dernière afin d'obtenir de plus beaux sujets. 

Il redoute l'exposition de l'ouc^st qui ne l'abrite pas suffisamment 
des pluies qui arrivent dans cette direction; les rayons du soleil le font 
aussi souffrir et les plus beaux échantillons que nous ayons vus se 



112 LES PÉPINIÈRES ANDRÉ LEROY A ANGERS. 

trouvent le long d'un mur, exposés au nord. En un mot, les brusques 
variations dans l'état de l'almosphère lui sont très funestes. 

Des abris en thuyas disposés en lignes parallèles entre des planches 
garnies d'unecoucbe de terrede bruyère deO'". 20 d'épaisseur, legaran- 
tissent des vents et surtout des pluies, taudis que des claies posées 
horizontalement aune hauteui' qui varie de 1°'.80 à 2 mètres environ, 
empêchent les rayons solaires ou la neige d atteindre directement son 
feuillage délicat. En hiver une couche de sable de 0.10 à 0.15 est 
ajoutée sur la terre de bruyère afin d éviter la congélation de cette 
dernière lorsqu'elle a absorbé une grande quantité d'eau qui, à l'état de 
glace, serait très préjudiciable aux plantations. 

Le camellia commun prend de bouture avec une grande facilité et 
c'est sur lui que l'on greffe en placage les belles variétés obtenues de 
semis et constamment sélectionnées. 

Le rhododendron est cultivé très en grand dans les pépinières d'An- 
gers sur des planches garnies de terre de bruyère comme pour le ca- 
mellia, avec cette différence qu'il n'exige pour ainsi dire aucun abri. 
On peut juger de son importance dans les cultures de la maison Leroy, 
en sachant que celle-ci peut en livrer au commerce plus de quatre 
cent vingt variétés. 

La multiplication est des plus faciles : on prend les graines du R. 
commun que l'on sème au printemps en terre de bruyère, puis on 
transplante à plusieurs reprises à des distances de plus en plus gran- 
des, dans les années qui suivent ; au bout de trois ans les pieds ob- 
tenus peuvent être greffés en employant le même genre de greffe que 
pour la propagation de l'espèce précédente. 

Les azalées réussissent très bien dans les pépinières d'Angers qui en 
comptent une trentaine de variétés. Comme les deux espèces qui pré- 
cèdent, ce sont des plantes de terre de bruyère, délicates et qui se 
multiplient par greffe, bouture ou marcotte. 

Avec une étendue aussi importante que celle de l'établissement 
Leroy, il fallait nécessairement un personnel qui fût en rapport avec 
les soins si nombreux que les plantes exigent depuis leur naissance 
et même avant jusqu'au jour où elles sont livrées au consommateur. 
Environ 250 à 300 ouvriers y sont pour ainsi dire annuellement occu- 
pés sous les ordres d'une vingtaine de contre-maîtres dirigeant des 
ateliers spéciaux. L'un de ces contre-maîtres s'occupe des poiriers : 
d'autres des pommiers, conifères, camellias, etc., et l'habilelé acquise 
par chacun d'eux dans la connaissance des plantes placées sous leur 
surveillance est vraiment remarquable. Les greffages sont exécutés par 
des ouvriers expérimentés qui manquent rarement leur opération. En 
un mot, la division du travail qui donne journellement dans l'indus- 
trie de si merveilleux résultats, les procure aussi dans toute autre 
branche lorsqu'on peut aisément l'appliquer, et l'entretien des pépi- 
nières se prête admirablement à une telle combinaison. 

Pendant sept à huit mois de l'année, d'octobre en mai, se font les 
envois d'arbres qui nécessitent une main-d'œuvre de 150 ouvriers. Les 
uns déplantent, d'autres comblent les trous faits par les premiers, tan- 
dis qu'un troisième chantier s'occupe de l'emballage des produits qui 
doivent être conduits aux compagnies de transports pour rayonner 
ensuite dans le monde entier. 

L'expédition des arbi-es précieux, comme le sont presque tous ceux 



LES PEPINIERES ANDRE LEROY A ANGERS. 113 

d'ornement, se fait avec la motte de terre adhérente au pied et retenue, 
pour ceux qui sont forts, au moyen d'un solide panier en osier. L'ar- 
bre n'y est pas introduit, comme on serait tenté de le croire, après la 
déplantation; mais le panier est fabriqué sur place d'une manière assez 
ingénieuse. Voici comment on opère : on creuse un fossé circulaire 
à une distance variable suivant la grosseur de l'arbre en lui donnant 
une profondeur qui varie avec le mode de racinage; lorsque ce fossé 
est terminé, un ouvrier dispose verticalement des osiers autour de la 
motte, puis il en entrecroise d'autres dans un sens horizontal, en ayant 
soin toutefois de garnir les vides avec de la mousse à mesure que 
l'opération avance. Il n'y a plus ensuite qu'à incliner l'arbre qui se 
décolle facilement au niveau de la partie inférieure de la cavité prati- 
quée, à fabriquer grossièrement un fond et à le sortir du trou après 
avoir enroulé le tronc et réuni les branches en cône au moyen d'une 
torsade de paille ou de foin qui protège ces diverses parties pendant 
le transport. Un chariot spécial emmène les arbres ainsi emballés à la 
gare d'expédition. 

Les jeunes plantes ligneuses délicates sont aussi expédiées avec la 
motte, mais avec moins de précautions que dans le cas précédent. Lors 
de la déplantàtion qui est très facile, on entoure le pied de l'arbuste 
avec du foin mouillé maintenu enplaceau moyen d'un osier. Plusieurs 
sont réunis dans un même panier dont on a garni les contours avec 
de la mousse humide, en ayant soin de maintenir les tiges dans une 
direction verticale. Sur le pourtour du panier sont disposées de petites 
baguettes flexibles que l'on réunit par leur sommet en formant un cône 
dans lequel se trouvent les jeunes tiges ; le tout est garni de paille, 
recouvert d'une toile d'emballage, et envoyé à destination. 

La plupart des arbres fruitiers sont expédiés soit en France surtout 
vers le nord, le centre ou l'ouest, soit à l'étranger, en Angleterre, Bel- 
gique, Hollande, Allemagne, Suisse, Espagne, Portugal, côtes de la 
Méditerranée et Amérique, car il esta remarquer que cette catégorie 
constitue la presque totalité des produits expédiés dans toutes les con- 
trées étrangères. Un exemple va le prouver : en 1859 la maison Leroy 
adressa aux Etats-Unis 1,.500 caisses déjeunes arbres pesant 600,000 
kilog. ne renfermant que 4 pour 100 environ d'espèces ornementales. 
Dans le courant de l'année 1860, on y expédia 140,000 poiriers pyra- 
mide; 300,000 pommiers paradis; 1,000,000 de poiriers francs de 
semis; 800,000 pieds de coignassier; 600,000 plants de résineux di- 
vers ; 1,000,000 de plants de diverses essences et seulement 150,000 
arbres de fantaisie. 

Le fret n'augmente le prix de chaque arbre que de 15 à 20 centimes 
en\-iron. 

Les arbres et arbrisseaux d'ornement sont expédiés dans toute la 
France sans distinction de département. 

Les arbres forestiers se vendent presque exclusivement dans la ré- 
gion ; cela se conçoit aisément, car huir peu de valeur relative sur un 
poids considérable grèverait le prix d'achat d'un transport trop oné- 
reux. 

Si par la douceur de son climat, l'Anjou est une contrée très favo- 
rable à la culUiif (les végétaux indigènes et exotiques, elle est aussi 
essentiellement horticole et productrice d'une quantité considérable de 
fruits et de légumes dont une partie alimente chaque jour les mar- 



]\k LES PEPINIERES ANDRE LEROY A ANGERS. 

ches de la capitale. La statistique des chemins de fer de l'Ouest nous 
indique qu'il est expédié chaque année, à Paris, ou au Havre, pour 
l'Anyleterre et la Russie environ 1 million de kilogrammes de poires; 
les pommes hgurent de leur côté pour 5 millions do kilogrammes. Ce 
sont là seulement les quantités exportées à l'étranger, mais conihien 
sont importantes celles qui sont consommées sur place ou dans les 
départements voisins? 

Les besoins locaux en arbres fruitiers sont donc très grands pour 
qu'on puisse remplacer ceux qui dépérissent ou qui sont nécessaire 
j)Our agrandir les plantations au fur et à mesure que de nouvelles 
voies de communication s'ouvrent et créent de nouveaux débouchés 
dans les diverses parties de la France moins favorisées, ou même avec 
l'étranger. Ces besoins, qui doivent être satisfaits, constituent un élé- 
ment sérieux de vente et nous font dire que, tout en étant un grand 
producteur, le département de Maine-et-Loire est aussi un grand con- 
sommateur. 

Depuis quelques années la maison Leroy s'est adjointe un important 
jnagasin de graines qui est, en quelque sorte, le complément obligé de 
ses magnifiques plantations. 

Les arbres expédiés par l'établissement voyagent aux risques et 
périls de l'acheteur et c'est ce dernier seul qui peut se faire rem- 
bourser par l'entreprise de roulage du montant des avaries survenues 
dans le transport des avaries survenues dans le transport, car d'après 
les articles 98, 99, 100, 103 à 108 du Code de Commerce, l'expédi- 
teur ne peut se pourvoir contre le commissionnaire pour dégradations 
à la marchandise fournie par lui, laquelle ne lui appartient plus en 
fait aussitôt qu'il en a effectué la remise. 

Les payements sont dus à Angers au comptant; mais si les acheteurs 
ont déjà des relations avec la maison, celle-ci dispose sur eux à la fin 
de la saison des expéditions, c'est-à-dire dans le courant des mois de 
mai ou de juin. Dans tous les cas, s'ils habitent l'étranger il n'est 
expédié de marchandises que sur l'envoi d'un mandat sur la poste, sur 
Paris ou toute autre grande ville ; il leur est encore loisible d'indiquer 
une maison ([ui se charge d'effectuer les payements. 

Nous terminons ici l'étude très sommaire que nous avons faite sur 
l'un des principaux établissements horticoles de France. Mais avant 
de clore ce travail nous tenons à remercier publiquement M. Loriol de 
Barny, gendre de feu A. Leroy, et M. Desporte pour l'obligeance dont 
ils ont fait preuve à notre égard pendant notre séjour à Angers, en nous 
facilitant l'accomplissement d'une tâche que nous avions à cœur de 
bien remplir, Puissions-nous avoir réussi, le succès ne nous appar- 
tiendra pas tout entier. F. Bréhéuet, 

stagiaire agricole, attaché à TÉcole natioiiaU» d'a'^ri ulture de Montpeli*^r. 

SUR DIVERSES VARIÉTÉS DE BLÉS- 

Sachant que le Journal de l'Agriculture est toujours disposé à faire usage de sa 
grande publicité pour faire connaître les variétés de grains et graines les plus re- 
corûmanda))les ; je viens aujourd'hui appeler votre attention et celle des nombreux 
agriculteurs quivous lisent, sur une variété de blé, très ]>récoce, que j'ai beau- 
coup remarqué cette année, parmi mes autres variétés. J'estime (|ue chacun doit, 
surtout dans une crise agricole, comme celle que nous traversons, faire profiter 
les autres des expériences qui ont réussi et donné de bons résultats pratiques et 
cela pour le progrès agricole et le bien général. Ensuite les frais de culture n'étant 
pas plus grands pour une bonne variété que pour une mauvaise, le produit en 
argent est plus grand avec la bonne. 



SUR DIVERSES VARIETES DE BLES. 115 

Depuis quelques années, il existe dans ma région une espèce de blé très rustique, 
appelé blé précoce, mûrissant en même temps que le blé bleu de Noë. La cul- 
ture de ce blé va en augmentant tous les ans d'une manière très sensible, parce 
qu'on en a reconnu les avantages. Le blé de Noë, que je cultive aussi, est atteint 
cette année de la maladie du pied ou pourriture, causée par l'excès d'bumidité. 
L'autre en est exempt; les épis sont plus forts, plus longs, plus garnis, plus 
serrés, et le nombre des grains plus considérable par épi, et ceux-ci n'ont pas la 
moindre barbe; le rendement à 1 hectare est plus granu. La paille est blanche et 
le grain rouge, pèse plus lourd que la plupart des autres blés, 80 à 8k kilog. 
à l'hectolitre ras, selon les terres et les années. Ce blé, très rustique, se convient 
très bien dans les terres médiocres, peu profondes ou en côtes, mais il demande à 
être semé très dru, 300 litres environ à l'nectare, cariltalle peu. Celui que j'ai a été 
semé très tard, à cause du mauvais temps, c'est à-dire au 20 novembre après 
une récolte de betteraves dans une terre crevée par les transports faits par la 
pluie; il a levé en mars après l'hiver, s'est développé d'une manière remarquable, 
surtout après avoir reçu un engrais artificiel en couverture, fin avril, et présente 
aujourd'liui une apparence superbe. Après une expérienceaussidécisive, je vais dès 
cette année abandonner la culture du blé bleu et augmenter celle du blé précoce. 

Mes autres blés anglais des variétés de Spalding, Goldendrop, White-Chaff, 
Prince-Albert, se présentent dans de bonnes conditions et avec une bonne appa- 
rence. Le Rivette, surtout, est magnifique, avec ses gros et longs épis bien 
serrés. A. Quillet, 

Agriculteur à Villerost, par Écoais (Eure), 

CONCOURS DE BEAUVAIS- — VISITE A BALLEUX- 

La Société départementale d'agriculture de l'Oise tenait cette année 
son concours dans le canton de Beauvais. En même temps, la ville de 
Beauvais ouvrait une exposition artistique, industrielle, scolaire, 
horticole, qui a réuni plus de 1,C00 exposants, et qui, malgré le 
mauvais temps, a eu, pendant quinze jours, un comj)let succès. 

Les constructeurs qui ont répondu à l'appel de la ville de Beauvais 
étaient nombreux ; leurs machines formaient certainement une des 
parties les plus intéressantes de l'exposition. A côté de celles 
exposées hors concours par la grande maison Albaret, il faut citer 
spécialement la belle collection de charrues et d instruments aratoires 
de M. Bajac-Delahaye, sur laquelle nous aurons à revenir, les fau- 
clieuses et moissonneuses Aullmann, les machinc^s diverses de 
M.M. Decker et Mot, les pompes de M. Beaume, les appareils de 
M. Legrand, de Bresles. Les principales récompenses ont été attri- 
buées comme il suit : objets d'art, à iM. Bajac-Delahaye, ainsi qu'à 
M. Beaume^ pour l'ensemble de leurs expositions; médailles d'or, à 
MM. Lemaire-Auger et Amyot, Henry frères, Legrand, pour leurs 
instruments aratoires. 

Des essais publics de machines d'extérieur de ferme ont eu lieu. 
Ils comprenaient d'une part les faucheuses, et d'autre part les char- 
rues brabanl, les Ibuilleuses, les extirpaleurs, les distributeurs d'en- 
grais. Pour les faucheuses, à la suite des essais qui, pour toutes les 
machines, ont donné de bons résultats, le jury a adopté le classement 
suivant : Wood, Johnston, Samuelson, Harrison, Aultmann et Kirby. 
Les essais de cliarrues ont démontré l'excellence de celles (|ui coucou- 
raientetqui sortaient des ateliers de M. Bajac-Delahaye, de M. Lemaire- 
Auger, de MM. Henry frères, liniin, la moissonneuse lieuse a été 
essayée dans un champ de seigle encore trop vert pour qu'on pût en 
tirer tout le parti possible. 

A l'occasion du concours de Beauvais, une réunion a eu lieu à la 

•ferme de Balleux, dont nous devons dire quehiues mots. On sait que 

le fermier de Balleux, M, Théodule Ancelin, a reçu la croix de la 



116 CONCOURS DE BEADVAIS. — VISITE A BALLEUX. 

Léo'ion d'honneur au concours régional de Lille. Un grand nombre 
d'a<^riculteurs du déparlemeut et des départements voisins avaient été 
heureux de venir offrir l'expression de leur sympathie au nouveau 
chevalier qui a su, avec le concours d'une femme aussi distinguée 
que courageuse et ardente au travail, transformer son exploitation et 
en faire un véritable modèle. La réunion a été des plus cordiales et 
des plus animées, sous la présidence de M. Lagache, sénateur, qui a 
profité de l'occasion pour dire à M. Ancelin tout le bien que ses visi- 
teurs pensaient de lui. La réunion a eu d'ailleurs, dans les circon- 
stances actuelles, son côté réellement pratique. Elle a permis d'appré- 
cier sur place le procédé de fanage des fourrages adopté par M. Ance- 
lin, et qu'il a décrit dans le Mémoire qui lui a valu, au mois de 
février dernier, une médaille d'or de la Société des agriculteurs de 
France. Nous empruntons à ce Mémoire la description du procédé : 

« Le troisième procédé de fanage consiste à ramasser le fourraee tout vert en 
forme de petites javelle«; c'est ordinairement la femme ou lus enfants du faucheur 
qui font cette besogne. Suivant la disposition du temps, on relève ce fourrage le 
soir même, ou on attend au lendemain pour le dresser et en former ce que j'ap- 
pelle des crinolines. Ces crinolines se font en déposant trois petites javelles en 
pied de marmite que l'on réunit à la partie supérieure au moyen d'une petite tor- 
sade qui les fixe solidement à l'extrémité; l'écartement observé dans la partie infé- 
rieure permet à fair i'\ pénétrer. L'eau provenant des pluies y trouve également 
un écoulement suffisant; le moindre rayon de soleil suffit pour la faire disparaître 
rapidement, d'est une excellente méthode de préservation; f expérience que j'en 
ai faite durant les intempéries des dernières années me permet de recommander 
ce système préférablement aux autres moyens de fanage. Si la couleur extérieure 
du fourrage se trouve légèrement altérée |iar la prolongation du séjour, il n'en 
est pas de même de la partie préservée du contact de l'air qui a conservé sa cou- 
leur naturelle sans perte d'aucune feuille constituant la richesse nutritive du 
fourrage. Ces crinolines doivent être changées de place quelques jours après avoir 
été façonnées ; on les dépose sur un terrain sec. Ce travail ne peut être effectué 
efficacement que pendant l'ardeur du soleil. Cinq ou six jours après, le foin peut 
être lié et rentré immédiatement. » 

La production des fourrages joue un grand rôle à Balleux. L'étable 
remplie de vaches normandes choisies avec le plus grand soin, est, 
avec l'écurie d'élevage, la principale source de profits de la ferme. Le 
lait et la viande sont les deux grands facteurs de la prospérité mani- 
feste de l'exploitation. Henry Sagnier. 

LES FOURRAGES EN BILLOTTES' MCANIQUES^ 

Dans une note précédente, que j'ai eu l'honneur de présenter à la 
Société nationale d'agriculture de France, j'ai signalé d'heureuses 
applications de la moyette à la fenaison et à la conservation des four- 
rages par les temps humides. Aujourd'hui je complète cette note en 
indiquant une autre solution du même problème. 

Ici encore les lois de la maturation se vérifient et permettent d'ob- 
tenir et de conserver du foin par une moyette spéciale. Le procédé 
employé consiste essentiellement à couper les fourrages à la machine 
à faucher, puis à les laisser faner vingt-quatre ou trente-six heures 
sans les remuer; alors ils sont disposés, encore verts, en rouleaux, 
à l'aide du râteau à cheval, et mis en billoltcs par une machine (dite 
ambillottruse), récemment inventée par M. Couteau, agriculteur émérite 
du canton d'Oularville, déjà connu du monde agricole. 

1. Billotte est un mot beauceron désignant une petite meule de foin. 

2. Note présentée à la Sociclé nationale d'agriculture de Fiance. 



LES FOURRAGES EN BILLOTTES MÉCANIQUES. 117 

Le point capital ici est la fabrication mécanique coniplcle du foin avec 
la billotte et le concours àe la faucheuse qui dispose l'IierJje à plal^ et 
du râteau à cheval qui le met en rouleaux. 

La machine qui permet d'obtenir ce résultat est une sorte de grande 
caisse montée sur deux roues, à section transversale ti'apézoïdale dé- 
croissante de l'arrière à l'avant et munie de bords «levés, excepté à 
l'arrière où il n'y en a pas. Le fond est remplacé par des chaînes 
fixées à l'avant et à l'arrière à deux cylindres sur lesquels elles peu- 
vent s'enrouler pour se raidir. La machine, menée par un cheval, se 
vide lorsqu'elle est charijée de foin en débrayant le cylindre d'arrière; 
alors les chaînes tombent sur le sol et, et si ou fait avancer le véhicule 
il laisse sa charge sur la place choisie. 

Pour se charger, L';imltillotteuse passe entre deux rouleaux de foin 
et avance au fur et à mesure que deux cliargeurs y ont déposé le four- 
rage le plus rapprocbé. Le contenu de la caisse contitue le corps de la 
billotte, tandis que la partie extérieure et supériem'e, terminée en 
pointe, sert de couverture. 

Théoriquement ^la machine doit avancer sans cesse tandis qu'on la 
charge et qu'on confectionne la billotte. Pour la construction de celle- 
ci, à la muin au contraire, l'ouvrier est obligé ])0ur chacune de ses 
cliarges de foin, de se déplacer du centre à la circonférence et récipro- 
quement. Dans le premier cas, pour une billote de 400 kilog. de foin 
sec, il parcourt 130 mètres, taudis que dans le second, le développe- 
ment de son chemin parcouru est de 1,7tJ0 mètres. D'où le rapport 
1,760 à 130 = 14 exprimant l'avantage, au point de vue du chemin, 
de la billotte mécanique sur la mise en meule ordinaire. 

L'économie du procédé de fabiication du foin est aussi manifeste 
dans son ensemble. A Outarvillc, le fauchage, le ramassage et la mise 
en meule, à la main, d'un hectare de foinaitiliciel revient à 25 fr. Les 
mêmes travaux faits mécaniquetnenl ne coûtent, au contraire, que 8 fr. 
D'oii le rapport '25 à 8= 3, indicjuaut l'économie de la récolte méca- 
nique des fourrages. Sur une ferme de 2tJ0 hectares, où il fallait à l'é- 
poque de la fenaison 32 pers^jnnes, il n'y eu a plus que !) aujourd'hui, 
qui ne sont autres (|ue les em])loyés ordinaires de la ferme, il y a aiusi 
8uppressi(m complète du personnel de la fenaison. 

Chez i\L\L G)uteau, Gandville et llautefeuille, grands agriculteurs de 
Beauce, il m'a été possible de voir des expériences concluautes. Des bil- 
lotes mécaniques faites depuis 25 jours avaient un foin de belle cou- 
leur, àodeiu' aroii)ati([ue, bien conservé contre l'action des pluies. 

Conclusions. En l'ésumé, le fourrage esl Irans formé en foin cl conservé 
par la hilUde vn'ccuwiuc comme avec la moyelte ordinaire, le f .narie est 
.sw/jprf'wc' avantageusement, et l'emploi simultané de la faucheuse, du 
râteau à cheval et de WimbillotU'Usc permet de réaliser une économie 
considérable sur les anciens moiles de récolle et de conservation 
des foiu'rages comme aussi sur les procédés modernes. J. Dui'lessis, 

Professeur d'agriculture du Loiret. 

SOCIÉTÉ NATIONALE D'AGRICULTURE DK FRANCE. 

Sùance du 1(5 juMel 1879. — Présidence de M. L'hcvrcul. 
M. le ministre de l'agriculture envoie, pour la bibliothèque de la 
Société, (pialre fasci<'ules des brevets d'invention pris en 1878. Il eu- 
voie aussi une instruction sur le soufrage de la vigne attaquée par 
l'oidium, rédigée par M. Ueuzé. 



118 SOCIÉTÉ NATIONALE D'AGRICaLTURE DE FRANCE. 

M. le comte de Toreno, ministre de l'agriculture d'Espagne, envoie 
à la Société plusieurs ouvrages importants sur les variétés de vignes 
cultivées en Andalousie, sur les conférences agricoles de la province 
de Madrid, et sur l'exposition nationale vinicole de 1877. 

M. Barrai fait hommage des discours sur les concours d'irrigation 
dans les Bouches-du-ilhône, dans Vaucluse et dans la Haute-Vienne, 
qu'il aprononcés auxconcours de Marseille, de Chambéry et de Limoges. 

M. le docteur Eugène Robert, correspondant de la Société, envoie 
une note sur la situation des récolles dans le canton de Sézanne. 

M. Duplessis, professeur départemental d'agriculture du Loiret, 
envoie une notice sur les fourrages en billotes mécaniques. 

M. Sacc, inspecteur de l'agriculture de l'Uruguay, envoie une lettre 
relative aux importations de denrées agricoles d'Amérique en Europe; 
et M. Gueyraud, professeur à l'université libre d'Angers, une bro- 
chure relative aux effets delà législation sur le commerce des céréales 
en France, de 18-20 à 1878. 

!\L Barrai dépose le rapport fait au Sénat par M. Jobard, qui ren- 
ferme la traduction des lois les plus récentes rendues en Allemagne, 
en Autriche, en Angleterre, en Hollande, en Suède et en Suisse, sur la 
surveillance sanitaire du bétail. Il donne ensuite les chiffres de Yim- 
portation du bétail de toutes les races et des viandes de toutes sortes 
en Angleterre, depuis cinq ans, en taisant la pari de cliaquc pays im- 
portateur. Le Journal de l AgricuUure reproduira celte importante com- 
munication qui a donné lieu à une longue discussion très intéressante 
à laquelle ont pris part MM. Boussingault, Moll, Gayot, de Parieu, 
Chevreul, Bella, Pasteur et Magne. Il en résulte que l'importation du 
bétail vivant n'a pas subi de grandes modifications dans son ensemble, 
mais que la France qui expédiait 8,000 têtes bovines a cessé d'en expé- 
dier. L'importation de la viande de porc, comme lard, jambons ou 
autres morceaux, a pris une importance croissante; elle a atteint, en 
1878, un total de '232,G3I,L50 kilog., non compris 55,511 porcs 
vivants; les quatre cinquièmes de cette viande de porc viennent des 
Etats-Unis d'Amérique. — M. Barrai décrit ensuite une expérience de 
fabrication du beurre, faite à Londres, par le procédé suédois del'écré- 
mage par le froid, et par la séparation de la crème au moyen de la 
turbine Laval; il y a eu identité dans la quantité de beurre obtenue, 
soit 4 kilog. 644 par le procédé Swarz, et 4 kilog. G09 par la turbine, 
pour 136 litres du même lait employé. La qualité a été trouvée à peu 
près identique. M. Clievreul et M. Pasteur présentent, à ce sujet, quel- 
ques observations sur la formation et l'appréciation des arômes. 

M. Gayot présente, au nom de la Section d'économie du bétail, un 
rapport sur \c Manuel hippique de t éleveur -cultivateur^ par le colonel 
Basseric. Les conclusions du rapporlqui sont d'adresser des remer- 
cîments à l'auteur, sont adoptées. Henry Sagnier. 

REVLE COMMERCIALE ET PRIX-OOUR\NT DES DENRÉES AGRICOLES 

(19 JUILLET 1879). 
I. — Situation générale. 
Quoique les marchés agricoles continuent à être peu fréquentés par les culti- 
vateurs, les transactions des denrées accusent beaucoup d'activité. 

II. — Les grains cl les farines. 
Les talsleaux suivants résument les cours des céréales, par quintal métrique, 
sur les principaux marchés de la France et de l'étranger : 



DENRÉES AGRIC. .ILES (19 JUILLET 18791. 



119 



!'• RÉGION. — NORD-OrEST. 

Blé. Seigle. On 



fr. 
Calvados. Condé 37. 7ô 

— Orbec 37.75 

Cô(»s-du-.Vo>-d. Lannion. 26.50 

— Treguier 26.55 

Finistère. Moilaix 25.75 

— Landerneau 31.00 

lUe-et-Vilaiiie. Rennes. 26.75 

— Saint-Malo 26.50 

A/a>ic/i8. Avranches.... 31.00 

— Poiitorson 29.00 

— ViUedicu 32.75 

A/ayfnne. Laval 26.50 

— Mayenne 27.75 

Morbihan. Hennebont.. 25.50 
Orne. Klers 211.75 

— Mortagne 27.25 

Sarlhe. Le Mans 27.25 

— Sablé 25.50 



fr. 
19.50 



17.25 
17.50 
17.50 



fr. 
20.60 
21.25 
17.50 
17.25 
19.00 
21 .00 
15 50 
16.50 



Avoine. 

fr. 

26.00 
22.00 
17 75 
17.50 
18.50 
21. CO 
18.50 
17.25 



21.00 
16.50 
17.50 

» 
19.50 
20.25 
15.50 
16.50 



25.00 
21.00 
21.00 
21.00 
21.50 
20 75 
22.25 
21.50 



Prix moyens 27.74 18.86 18.35 20.78 



2' REGION. 



' NORD. 



.4isne. Soissons 25.50 

— La Fere 27.25 

— Villers CoUerels.. 26.75 
Eure. Bernay 26.00 

— Gisors 25.00 

— Neubourg 25.20 

Eure-et-Loir. Chartres. 26.00 

— Auneau 25.75 

— Nogentle-Rotrou. 27.50 
Nord. Cambrai 30.50 

— Douai 28.00 

— Valenciennes 29.75 

Oi.«e. Beauvais 25.50 

— Corapiègne 27.00 

— Crépy 26.25 

Pas-de-Calais. Arras... 30.75 

— Saint-ûmer 27.50 

Seine. Paris 29. CO 

S.-et:Marne. DammarLin 26.00 

— Meaux 25-. 00 

— Nemours 27.25 

S.-ei-0(se. Angerville... 26.00 

— Pontoiie 20.00 

— Uambuuillel 26 25 

Seine-hiférieitre. Rouen 25.95 

— Dieppe 28.50 

— Yvetol 27.25 

Somme. Abbeville 2S.00 

— Péronne 26.25 

— Roye 25.00 

Prix moyens...'. . .. 26. 74 

3« RÉGION. — \ORI>-EST. 



16.00 
17.25 
17 00 
17.00 
16.00 
18.75 
17.50 



18.00 
18.00 
17.75 
16.25 
15.75 
19.00 
20.25 
17.75 

16 50 
17.00 
18.00 

17.00 

17 0) 
15.00 



16.00 

16 00 
17.11 



20 25 
22 . 00 
20.00 
17.00 
20 . 50 
20 00 
20.50 

22.00 
2-.'. 50 
19.00 
20.00 
21.50 

» 
19.50 
18 50 
19.00 



23 00 
19 25 
20.35 
16.75 



19.25 
19.00 



18.75 
19.50 
18.50 
20.00 
20.00 
20.50 
19.25 
19.00 
21.00 
18.00 
18.50 
17.50 
19.00 
18.50 
I il . 00 
19.75 
20.00 
21 75 
20.00 
21.00 
19.00 
18.75 
1 îl . 50 
88.50 
22.25 
21.50 
20.00 
17.50 
19.00 
19.50 



19.92 19. 



18.25 

17.25 
18.00 
17.25 
16.00 
17 25 
17.25 

» 
18.00 
17.75 

18.00 
17.50 



19.50 

19.25 



Ardennes Charleville.. 28.00 
AuOe. narsur-Aulie 27.00 

— Mery-sur-Seiiie... 26.75 

— No;;eiit-sur-Seine. 27.25 
Afarnc.Chilons 27.75 

— Epcrn-iy 27 00 

— Ueims 27.00 

— Sic .Menehould... 27.25 
llte-Marne. Bourbonne. 29.00 
Meurt.-et Moselle.Htxncy 28.50 

— Lunéville 28.75 

— Toul.... 28.00 

Meuse. Bar le-Duc 28.50 

— Verdun 28.00 

//au/c-Sao(i« Gray 27.75 

— Vesoul 27.85 

l'osjej. Epinal 29.50 

— Raon-l'Elape 29.50 

Prix moyens 27.96 

4« RÉGION. — or EST. 

Charente. Cognac 31.25 

— RufTec 30. 00 

Charente-Itifer. Marans. 26.00 

Deux-Sèvres. Niorl 27.00 

Indre-et-Loire. Tours.. 27.50 

— Bléré 26.75 

— Cblteau-Rcnault. 27.00 
/.oirc-ln/éricurc Nantes 27. jo 
M. et- Loire. Saumur... 27.50 
Vendée. Liiçon 26.00 

— Fonlenay 26.00 

Vienne. Ch.llellcrault.. 27.00 

— Poitiers 37.25 

Houle- Cieniie. Limoges 27.75 

Prix moyens 37 ki 



21.00 

16.75 
18.00 

19.75 
19.25 
19.50 
19.50 

20.00 
19.50 
18.00 
18.50 
18.75 

19.50 



21.00 
19.50 
18.00 
20.00 
19.75 
20 00 
20 25 
20.00 
15.50 
19 00 
19.00 
19.50 
21.00 
20.50 
18. 00 
17.00 
18.00 
19.50 



17.86 19.08 19.19 



). 


» 


21.00 


21.00 


21.25 


20. 


» 


18.00 


20-00 


» 


20.50 


20.00 


17.50 


18.25 


20.50 


17.00 


19.25 


18.75 


17.00 


20.00 


19.0" 


18.75 


» 


20.50 


» 


» 


> 


> 


19 00 


19.50 


* 


19.00 


17.50 


19.25 


18 50 


19.00 


17.25 


20.00 


30.50 


20.00 


s 


20 00 



Allier. Moulins 

— Monlluçon ... . 

— Gannat 

Cber. Bourses 

— .Vubigny 

— St-Amand 

Creuse. Aubusson..., 
Indre. Cbâleauroux.. 

— Issoudun , 

— Valençay 

Loiret. Orléans 

— Monlargis 

— Patay 

Loir-et-Cher. Blois... 

— iMontoire 

Nièvre. Nevers 

— La Charité 

Koïine. Brieaon 

— Joigny..., 

— Sens 



— CENTRE. 

Blé. Seigle. 

fr. 

28.25 
25.75 
25.50 
27.75 
27.50 
25.20 
27.25 
26.75 
27,00 
26.75 
36.50 
27.75 
27.00 
28.00 
27.50 
28. 00 
26,00 
28 50 
27, 50 
27.25 



fr. 
18.00 
20.00 

» 
19.50 
18.50 
18.75 
22.00 
20 00 
18 75 
18.00 
18.00 
19.50 

18 00 
20.00 
19.50 



Orge. 

fr. 

19.25 
19.50 
20.00 
22.00 
21.75 
20.00 

s 
18.50 
19.00 
2M,00 
17.50 
19.50 
17.50 
19.50 
21.50 

» 
22.50 

» 
19.00 
19.00 



Avoine. 

fr. 

20.00 
20.0) 
19.00 
19.00 
17.00 
18, 50 
19.00 
17.75 
18.75 
17.50 
19,00 

19.00 
20 25 
19.00 
21.00 
17.25 
20.25 
18.75 
18.00 



Prix moyen?.. 



27.08 18.93 19.76 18 89 



6» RÉGION. — EST. 



Ain. Bourg 

— l'ont-de-Vaux. .. 
Côte-d'Or Dijon... .. . 

— Beaunc 

Doubs. Besançon 

Isère. Grand-Lemps. . .. 

— Vienne 

Jura. Dùle 

Loire. Montliiçon 

H.-de-Dàme Clermont-F. 

lihône. Lyon 

Saône-et- Loire. Chalon,. 

— Louhans 

Savoie. Chambery 

Hte-Savoie. Annecy 



30.75 

29 50 
27.00 
30.00 
28 75 

26 50 
26.25 
28.75 

27 01 
29,50 
26.50 
30.50 
31.50 

30 50 
29.15 



18.75 
19.25 



18 00 

» 
17.25 
20.00 
19.25 
•15.50 

19.50 
20.90 



Prix moyens 28.81 18.93 20.62 

?• RÉGION. — SUD-OrEST. 



^Wèoe. Pamiers 

Dordogne. Bergerac.... 
Ilte-Oaronne. 'loulouse. 

— Villefranche Laur. 
Gers. Condom 

— Eaiize 

— Mirande 

Gironde. Bordeaux.... 

— La Réole 

Landes. Dax 

Lot-et-Garonne. Agen.. 

— Nerac 

B. -Pyrénées. Rayonne. . 
lïtes-Pijrénees. Tarbes. 



29.75 
29 50 
28.75 
29.75 
29.25 
29.00 
28.50 
28 25 
29.00 

28 00 
28.00 

29 00 
29.25 
29 50 



19.50 
2 1 . 50 
20.75 
19.50 



19.50 
20.50 



19.50 
19.00 



17.10 
18.25 



30.00 

17 75 
19.50 

18 50 
"20 50 

20 50 
17.75 
19.50 
20.00 
20.50 
19.75 
22.50 

20.00 
19.76 



20.50 
21.50 
20 50 
20.25 

23.00 
23.50 
20.50 



21 .50 
23 00 
19.50 
20 . 00 



Prix moyens 28.96 19. 



18 12 21.25 



18. W 19.37 19.75 



8* RÉOIO: 

.\ude. Castelnaudary... 29.20 

Aveyron. Rodez 29.75 

Canlal. Mauriac 30.65 

Corréze. Luberzac 29.75 

//érouif. Montpellier... 28.25 

Lot. Fige.ic 29.25 

Lozire. Mcnde 27.85 

— Marvcjols 27.10 

— Klorac 26.75. 

Pyrênécs-Or. Perpignan 28. 60 

Tarn. Albi 29.50 

7arn-eï-(ïar. Montauban 29 00 



■sno. 

20 00 
20. 2i 
29.85 
18.75 



24.65 
21.95 
20.00 
15.50 

» 
19.25 



19.00 
16.50 



24.45 



20.25 
25.55 
19.75 
17 00 
20.00 
23.85 




Prix moyens 28.83 21.13 20 49 2108 



9' REGION. — SPD-EST. 



Basses-Alpes. Mainosqne 28.55 
llautes-..\lpe^. Briançon 30.30 
Alpes-.\tnrititnes Ciinnan 30.00 

Ardeche. Privas 28.35 

B.-du-llhime. Arles 27.50 

Drôrnc. Valence 38.00 

Grtrrf. Nîmes 30.00 

Ilaute-Lnirc. Le Puy... 28.50 

l'at*. Draguignan » 

Vaucluse. Carpentras.. 27.50 

Prix moyens 28 74 

Moy. de toute la France 28.03 
— d<i 1 i-'iiiiaine prced. 27.97 

Sur la S' naine i Hausse. 0.06 
précédente.. (Baisse. > 



19.80 

18.75 
19.85 



21.00 
32.00 



19.60 
18 25 
19.80 
17.25 
18.00 
20.25 
31 50 
19.00 
19.50 



20.<i0 
20 75 

19 

20 HO 
17.50 

21 00 
19 .0 
19.75 
20,00 
17 50 




11 0.05 0.06 



Blé. 


Seiarle. 


Or»e. 


Avoine 


fr. 


b. 


fr. 


fr. 


25.15 


m 


» 


» 


26.25 


» 


15.75 


14.00 


28 00 


B 


19.75 


l!).50 


27.00 


18.. 50 


s 


21.50 


26.75 


17.65 


» 


. 


26. 7â 


18.50 


21.00 


18.50 


26.00 


17.00 


21.00 


18.00 


24.75 


15.50 


a 


M 


27.80 


20.00 


» 


19.00 


38.25 


19 00 


21.50 


18.76 


27.75 


18.25 


» 


19.50 


28.00 


18.50 


19 00 


19.25 


24.50 


15.10 


» 


» 


26.85 


18 10 


> 


18.10 


23.60 


14.75 


• 


u 


28.50 


à 


» 


21., 50 


28.25 


> 


» 


21.00 


29.00 


19 25 


» 


18.75 


2î.oa 


14.75 


» 


12 50 


21.75 


» 


» 


12.25 


22.00 


1^.00 


» 


12.50 


22.90 


» 


■ 


m 


26.10 


» 


a 


a 



120 REVQE CO.MMERCI.\LE ET PRIX-COURANTS 



j, j ■ , , ( Blé tendre. 

Algérte. Alger. { _dur...; 

Angleterre. Londres., 

Belgique. Anvers 

— Bruxelles 

— Liège 

— Namur 

PayS'Das, Amsterdam 

Luxembourg. Luïeo! bourg 

Alsace-Lorraine. Strasbourg 

— Mulhouse. , 

— Colmar. 

Allemagne. Berlin 

— Cologne 

— Hambourg 

Suisse. Genève 

— Zurich 

Italie. Milan 

Autriche. Vienne 

Hongrie. Buda-Pesth , 

Hussie, Saint-Pétersbjurg.. . 

Etats-Unis New -York , 

— San-Francisco 

Blés. — Les appréciations sur la prochaine récolte sont toujours contradictoires, 

non seulement en ce qui concerne les diverses régions, mais encore pour les par- 
ties d'un même département. Néanmoins, vu la continuité des pertubations atmos- 
phérique, les avis pessimistes commencent à devenir sensiblement plus nombreux. 
Il en est de la plupail des pays d'Europe comme de la France; c'esl surtout dans 
les contrées septentrionales que les craintes se manifestent aujourd'hui avec le 
plus d'intensité. Aussi malgré des arrivages toujours assez abondants particuhè- 
rement de la Méditerrannée, les cours ont pris presque partout une marche ascen- 
sionnelle assez sensible. Les cultivateurs ne l'ont d'ailleurs, sur la plupart des 
marches, que des offres restreintes. — A la halle de Paris, le merci'edi 16 juillet, 
les cultivateurs du rayon ne faisaient que des offres très restreintes. Les cours ont 
été maintenus avec une grande fermeté, et c'est de la liausse que nous devons enre- 
gistrer sur loutesles sortes. On cotait, par 100 kilog. de 27 fr. 50 à 30 fr. bO 
par 100 kilog. suivant les qualités. Le prix moyen s'est fixé à 29 fr. avec 1 fr. de 
hausse depuis huit jours. — Sur le marché des blés à livrer, le marché présente 
aussi beaucoup de fermeté. On cotait le 16 juillet : courant du mois, 27 fr. 50; 
août, 27 fr. 50 à î7 fr. 75; quatre derniers mois, 28 fr.; quatre mois de novem- 
bre, 27 fr. 75 à 28 fr. — A Marseille, quoique les arrivages continuent à être 
abondants, les demandes sont actives et les cours accusent une grande fermeté. On 
cote actuellement par 100 kilog. : Berdianska. 25 fr. 50; Irka, Odessa, 23 fr. 75; 
et pour les sortes secondaires, Pologne, 23 fr. 25; Tagamok durs, 22 fr.; Nico- 
polli, 23 fr. 50. — A Londres, les arrivages delà semaine dernière, en blés étran- 
gers, ont été de 112,000 quintaux. Les transactions sont assez actives, et ici éga- 
lement les cours accusent une grande fermeté. On paye, au dernier marché, de 
27 fr. à 30 fr. par 100 kilog., suivant les provenances et les qualités. 

Fdiiiies. — La hausse a continué à se produire, pour les diverses sortes; mal- 
gré les efforts de la boulangerie, tlle se maintient assez facilement sur les farines 
de consommation. Celles-ci se payaient, le mercredi 16 juillet, à la halle de Paris, 
marque D, 62 fr.; marques de choix, 62 à 64 fr.; bonnes marques, 60 à 61 fr.; 
sortes ordinaires et courantes, 58 à 59 fr.; le tout par sac de 159 kilog. toile à 
rendre, ou 157 kilog net, ce qui correspond aux prix extrêmes de 36 fr. 95 à 
40 fr. 75 par 100 kilog. Le prix moyen s'est ainsi fixé à 38 fr. 85, avec une hausse 
de 65 centimes sur la semaine précédente. — Les transactions sont moins actives 
qu'au commencement de la semaine sur les farines de spéculation, mais les prix 
te maintiennent encore avec fermeté. On cutait, à Paris, le mercredi 16 juillet au 
soir à Paris : farines huit-marques^ courant du mois, 60 fr. 50; août, 61 fr.; quatre 
derniers mois, 61 fr. 75 à 62 fr.; quatre mois de novembre, 61 fr. 75 à 62 fr.; 
farines supérieures, courant du mois, 58 fr. 25 à 58 fr. 50; août, 58 fr. 50; quatre 
derniers mois, 59 fr. 75; quatre mois de novembre, 19 fr. 75; le tout par sac de 
159 kilog., toile perdue, ou 157 kilog. net. — La cote officielle disponible s'est 
établie comme il suit, pour chacun des jours de la semaine, par sac de 157kilog.net: 

Daies (juillet) 10 ' Il 12 14 15 16 



Farines huit-marciues. 
, — supérieures...., 



59.75 


59.50 


59.75 


60.00 


60.75 


CO.-iO 


57. 2j 


57.00 


67.25 


58.00 


58.50 


58.50 



DES DENRÉES AGRICOLES (19 JUILLET 1879). 121 

Le prix moyen a été, pour les farines huit-marques, 60 f'r. 25, et pour les fa- 
rines supérieures, 57 fr. 75; ce qui correspond aux cours de 38 fr. 40 et de 36 fr. 
50 par 100 kilog. C'est une hausse de 40 centimes pour les premières et 50 cen- 
times pour les secondes, sur les prix moyens de la semaine précédente. — Il v a 
également hausse pour les autres sortes. Les gruaux sont cotés de 47 à 54 fr. par 
100 kilog.; les farines deuxièmes sont aux prix de 29 à 33 fr. par quintal métrique. 

Seigles. — Les olïres ;ur ce grain sont toujours très restreintes, et les prix sont 
encore en hausse. On paye, à la halle de Paris, de 17 fr. 50 à 18 fr. par 100 ki- 
log. Les farines de seigle sont aussi vendues en hausse, aux cours de 25 à 26 fr. 
par quintal métrique. 

Orges. — Les transactions sont à peu près nulles à la halle de Paris. Les cours 
demeurent nominaux, de 19 à 20 fr. par quintal métrique. Les escourgeons sont 
faiblement tenus, de 19 fr. 50 à 20 fr. 50. — A Londres, quoique les transactions 
soient assez calmes, les prix sont fermes de 19 fr. 25 à 20 fr. 50 par quintal métrique. 

Malt. — Les affaires sont peu importantes, et les prix sont sans changements. 
On cote, à la halle de Paris, de 31 à 36 fr. par quintal métrique suivant les qualités. 

Avoines. — La demande est assez active sur ce grain. Les bonnes qualités sur- 
tout sont recherchées à des prix très fermes. On paye, par quintal métrit|ue, à la 
halle de Paris, de 19 à 22 fr. 30, suivant poids, couleur et qualité. — A liOndres, 
les cours sont à peu près les mêmes que la semaine dernière, de 19 à 21 fr. par 
100 kilog., suivant les sortes. 

SarrasLiu. — Les cours varient peu. On paye, à la halle de Paris, de 17 fr. 25 
à 17 fr. 50 par 100 kilog., pour les sarrasins de Bretagne. 

Mais. — Peu d'affaires au Havre, pour les maïs américains, qui se vendent ac- 
tuellement de 13 à 14 fr. par quintal métrique. 

Issues. — Les prix sont ceux de la semaine dernière, à la halle de Paris, où l'on 
paye, par 100 kilog., : gros son seul, 13 à 13 fr. 50; son trois cases, 12 à 
12 fr. 50 ; recoupettes, lia 12 fr.; remoulages bis, 13 à 14 fr.; remoulages bkncs, 
15 à 17 fr. 

Fourrages. — Sur un grand nombre de marchés, on constate une qualité défec- 
tueuse dans les fourrage nouveaux. Néanmoins, les prix sont très fermes pour 
toutes les sortes. On paye actuellement, à Paris, par 1,000 kilog. : foin, 100 à 
120 fr.; luzerne, 112 à 130 fr.; regain, 92 à 108 fr.; paille de blé, 72 à 84 fr.;, 
paille de seigle, 68 à 80 fr.; paille d'avoine, 46 à 52 fr. — Dans les départements, 
on cote: Nancy, foin, 76 à 84 fr.; paille, 56 à 66 fr.; — Verdun, foin, 60 fr.; 
paille, 40 fr.; — Sens, foin, 80 à 90 fr.; paille, 90 à 100 fr.; — Saint-Germain, 
foin, 80 à 100 fr.; paille, 72 à 76 fr. 

III. — Vins, spiritueux, vinaigres, cidres. 

Vins. — • Le temps continue à être affreux, aussi les nouvelles du vignoble sont- 
elles très mauvaises. Le Midi seul, semble échapper aux calamités atmosphériques 
qui arrêtent la végétation et qui bouleversent toute l'économie de nos travaux. Avec 
le retard que la vigne éprouve dans son évolution, on se demande à quelle époque 
auront lieu les vendanges. On se demande de même, ce qui adviendrait, si par im- 
possible le mauvais temps continuait. Tout cela n'est pas gai et réagit sur le com- 
merce, et particulièrement sur les détenteurs, dont les prétentions augmentent à 
mesure que la saison avance. Nous donnons aujourd'hui les cours des vins tels 
qu'ils se pratiquent à Bercy et à l'entrepôt. — Vins rouges : Auvergne, la pièce, 
95 à 105 fr. — Basse-Bourgogne, vieux, le muid de 272 litres, 135 à 15t) fr.; 
nouveau, 85 à 130 fr. — Bayonne, nouveau, l'hectolitre, 48 à 55 fr. — Blois, 
vieux, la pièce, 85 à 90 fr.; nouveau, 70 à 90 fr. — Blois, vins dits noirs, nou- 
veau, la pièce, 90 à 100 fr. — Bordeau\, vieux, la pièce, 115 à 150 fr.; nou- 
veau, Il 5 à 130 fr. — Gahors, vieux, la pièce, 135 t'r.; nouveau, 115 à 130 fr. 
— Charente, vieux, la pièce, 75 à 85 fr.; nouveau, 85 à 100 fr. — Cher, vieux, la 
pièce, 85 à 125 fr.; nouveau, 80 à 115 fr. — Ghinon, vieux, la pièce, 115 à 
140 fr.; nouveau, 100 à 130 fr. — Côtes chalonnaises, nouveau, la pièce, 95 à 
100 fr. — Côtes du Rhône, vieux, l'hcct , 50 à 55 fr.; nouveau, 50 à 55 fr. — 
Pitou, vieux, l'hect., 50 àOOfr.; nouveau, 50à 60 fr. — G;ulluc, la pièce, nouveau, 
95 à 110 fr. — Italie, vieux, rheclolitre, 50 à 52 fr.; nouveau, 40 à 52 fr. Màcon- 
nais-Beaujolais, vieux, la pièce, 120 à 160 fr.; nouveau, 115 à 160 fr. — Mon- 
tagne, vieux, l'hectolitre, 34 à 40 fr.; nouveau, 34 à 40 fr. — Narbonne, vieux, 
l'hectolitre, 43 à 50 fr.; nouveau, 43 à 52 fr. — Orléans, nouveau, la pièce, 75 i 
95 fr. — Renaison, nouveau, la pièce, 100 à 110 fr. — Roussillon, vieux, l'hec- 
tolitre, 52 à 60 fr.; nouveau, 50 à 60 fr. — Sanccrre, vieux, la pièce, 100 fr.; 



122 REVUE COMMERCIALE ET PRIX-COURANTS 

nouveau, 70 à 85 fr. — Selle5-sur-Cher, nouveau, la pièce, S5 à 100 fr. — Espa- 
gne, vieux, l'hect., 50 à 55 fr.; nouveau, 38 à 50 fr. — Sicile, vieux, l'hect., 47 à 
55 fr.; nouveau, 40 à 55 fr. — Viiu blancs : Anjou, vieux, la pièce, 90 à 150 fr.; 
nouveau, 85 à 150 fr. — Basse-Bourgogne, vieux, le muid de 272 litres, 65 à 
130 fr.; nouveau, 90 à 130 fr. — Bergerac, Sainte-Foy, vieux, la pièce, 105 à 
160 fr.; nouveau, 100 à ItO fr. — Chablis et environs, vieux, le muid, 115 à 
160 fr.; nouveau, 110 à 160 fr. — Entre deux-Mers, vieux, la pièce, Ï5 fr.; nou- 
veau, 75 à 80 fr. — Iles de Ré et d'Oléron, nouveau, la pièce, 60 à 65 fr. — Nan- 
tais, nouveau, la pièce, 65 à 70 fr. — Pouilly-Fuissé, vieux, la pièce, 150 à 180 fr.; 
nouveau, 125 à 135 fr. — Picpoul, vieux, l'hectolitre, 40 à 5ujfr. — Pouilly-San- 
cerre, vieux, la pièce, 1 10 à 130 II'.; nouveau, llOà 120 fr. — Sologne, nouveau, la 
pièce, 65 à 75 fr. — Yauvray, vieux, la pièce, 110 à i70fr.; nouveau, 90 à 1-0 fr. 

Spiri'.ueux . — Les temps froids et pluvieux entretiennent l'inquiétude. On 
craint non seulement pour la vigne, mais encore pour les betteraves, aussi les 
couis, pendant la semaine écoulée, ont été bien tenus et la hausse a même fait 
de nouveaux progrès. Commencée à c4fr. 50, la semaine a clôturé à 55 fr. 75. Le 
stock est de 9,575 pipes contre 10,175 en 1878 à la même époque. Le commerce 
agit avec circonspection. La baisse perd tous les jours du terrain, dans l'opinion 
générale. Le marché de Lille est assez ferme, ceux du Midi nous arrivent comme 
toujours, sans variât on. Les marchés allemands sont en hausse. — A Paris, on 
cote, 3/6 betteraves, 1" qualité, 90 degrés, disponible, 55 fr. 50, à 55 fr. 75; 
août, 55 fr. 50, à 55 fr. 75; quatre derniers, 55 fr. 75, à 56 fr.; quatre premiers, 
55 fr. 25, à 55 fr. 50. 

Vinaigres. — Orléans et iXantes nous arrivent sans changement. 

Cidres. — Rien de nouveau sur cet article. 

IV. — Sucres. — Mélasses. — Fécules. — Glucoses. — Amidons. — Houblons. 

Sucres. — La demande a été un peu plus active, pendant cette semaine, sur 
la plupart des marchés pour les sucres bruts, et les cours accusent une certaine 
hausse depuis huit jours. On paye à Paris par 100 kilog., pour les sucres bruts 
88 degrés saccharimétriques : n'" 10 à 13, 49 fr. 75; n"* 7 à 9, 56 fr ; sucres blancs 
en poudre, n" 3, 59 fr. 50 à 59 fr. 75. Le stock de l'entrepôt réel était au 10 juil- 
let de 31 ,000 sacs, avec une nouvelle diminution de 17,000 sacs depuis huit 
jours. Dans le Nord, on paye par 100 kilog. : Valenciennes, n»' 7 à 9, 64 fr. 50; 
n" 10 à i3, 48 fr. 50; Lille, n" 10 à 13, 48 fr. 50; Saint-Quentin, sucres blancs, 
59 fr. ; Péronne, n" 7 à 9, 55 fr.; sucres blancs, n" 3, 58 fr. 50. — Il y a hausse 
également sur les cours des sucres raffinés qui sont cotés de 135 à 136 fr. 50 par 
100 kilog. à la consommation à Paris, et de 60 fr. 50 à 62 fr. 50, suivant les 
sortes pour l'exploitation. — Les transactions sont toujours peu importantes dans 
les ports, surlessucres coloniaux; les prix se maintiennent bien pour les diverses 
sortes. A Marseille, on cote par 100 kilog. 140 à 142 fr. 50; à Bordeaux, 140 
à 144 fr. à la consommation suivant les sortes. 

Mélasses. — Les prix sont sans changements. On cote à Paris, 11 fr. par 100 ki- 
log. pour les mélasses de fabrique; 12 fr. 50 pour celles de raffinerie. 

Fécules. — La hausse déjà signalée depuis plusieurs semaines se maintient 
assez lacilement. On cote à Compiègne, 38 fr. 50 par 100 kilog. pour les fécules 
premières de l'Oise. 

Glucoses. — Les demandes sont toujours aussi calmes pour les diverses sortes. 
On paye à Paris par quintal métrique : sirop premier blanc de cristal, 52 à 53 fr.; 
sirop massé, 40 à 41 fr.; sirop liquide, 35 à 36 fr. 

Amidons. — ASaires calmes, avec maintien des anciens cours, savoir : amidons 
de pur froment en paquets, 75 à 78 fr.; amidons de province, 68 à 70 fr., amidons 
d'Alsace, 62 à L4 Ir.; amidons de maïs, 46 à 52 fr. 

Houblons. — La grande préoccupation est toujours dans l'avenir des houblon- - 
nières. Sous l'influence d'un temps qui ne s'améliore pas, la végétation est lan- 
guissante et il se développe beaucoup d'insectes. Néanmoins, dans la plupart des 
centres de production, notamment en Lorraine, si le temps devenait plus favorable 
on pourrait espérer une récolte moyenne. 

V. — Huiles et graines oléagineuses, tourteaux, savnn, noirs. 

Huiles. — Les demandes sont assez actives sur les diverses sortes d'huiles de 
graines, avec des prix très fermes, et même en hausse pour les huiles de colza. 
On paye à Paris par 100 kilog. : huile de colza, en tous fûts, 82 fr. 25; en 
tonnes, 84 fr. 25; épurée en tonnes, 92 fr. 2S ; huile de lin en tous fûts, 70 fr. 50; 
en tonnes, 70 fr. 50. Il y a aussi plus de fermeté sur les marchés des départe- 
ments pour les huiles de colzaqui sont cotées par quintal métrique : Caen, 77 fr ; 



DES DENRÉES AGRICOLES (19 JUiLLET 1879). 123 

Camljrai, 77 fr.; Rouen, 80 fr. 75 ; pour les autres sortes, on cote à Cambrai : 
huile de lin, 67 fr.; d'oeillette, 125 fr. — A Marseille, les cours sont trè;; fermes 
pour les diverses sortes d'huiles de graines, mais sans hausse depuis huit jours. 
On cote par 100 kilog. : huile de sésame, 76 à 76 fr. 50; d'arachide, 77 fr. 50 à 
78 fr.; de lin, 69 fr. 50 à 70 fr. — A Grasse, les huiles d'olive surfines sont cotées 
145 fr. par 100 kilog.; celles étrangères de qualité ordinaire, 120 fr. 

Grahic! oléapineuses. — Les prix var'eat peu sur les marchés du Nord, où l'on 
paye par hectolitre : colza, 24 fr. à .4 fr. 50; lin, 24 fr.; œillette, 37 fr. 50à 39 fr. 50. 

Tourteaux. — Prix fermes On cote à Cambrai : tourteaux d'oeillette, 19 fr. 59 
à 20 fr.; de colza, 16 à 18 fr.; de hn, 23 à 24 fr.; le tout par 100 kilog. 

Noirs. — A Valenciennes, on cote : noir animal neuf en grain, 32 à 36 fr. par 
100 kilog ; noirs d'engrais vieux grains, 9 à 13 fr. ; de lavage, 3 à 5 fr. p ir hec- 
tolitre. 

VI. — Matières r/'ainenses, colorantes et tannantes. 

Matières résineuses. — Les prix demeurent à peu près sans changements. 
On paye, à Bordeaux, 49 fr. par 100 kilog. pour l'essence pure de térébenthine. 

Gaudes. — Le cours sont faibles dans l'Hérault, à 12 fr. par 100 kilog. 
VIT. — [Textiles. — Suifs et corps gris. 

Laine';. — Il y a peu de choses à ajouter à nos précédentes appréciations. Les 
prix demeurent à peu près sans changements sur la plupart des marchés, aussi 
bien pour les laines en suint que pour celles lavées à dos. En résumé, les cours 
sont ]ilus faibles que l'année dernière. 

Cocons. — La campagne séricicole est achevée. Dms les .\lpes-Maritimes, les 
cocons, après avoir été en hausse, sont plus faibles. A Nice, on les piye actuelle- 
ment de 5 fr. à 5 fr. 50 par kilog.; à Grasse, à 5 fr. 

Suifs. — C'est encore de la baisse que nous devons signaler cette semaine. lA 
cote offuielle des suifs frais de la boucherie de Paris s'est fixée à 75 fr. par 
100 kilog., soit 1 fr. de moins que la semaine dernière. 

VIU. — Beurrcf:. — Œufs. — Fromages. — Volailles. 

Beurres. — On a vendu, pendant la semaine à la halle de Paris, 244,826 kilog. de 
beurres de toutes sortes. Pour les diverses catégories, les prix n'ont pas changé. 
Les beurres d'Isigny sont cotés de 1 fr. 60 à 5 fr. 74 par kilog. 

Œufs. — Du 8 au 14 juillet, il a été vendu à la halle de Paris, 4,525,550 œufs. 
Au dernier mar:-hé, on payait par mille : choix, 79 à 104 fr.; ordinaires, 50 à 90 fr.; 
petits 48 à 46 fr. 

Fromages. — Derniers cours de la halle de Paris : par douzaine, Biie, 6 fr. 50 à 
17 fr. 50; Montlhéry, 15 fr.; par cent, Livarot, 23 à 75 fr.; Mont-d'Or, 18 à 28 fr.; 
Neufchàtel,6 à 24fr.; divers, 11 fr. à 99 fr. par : 00 kilog.. Gruyère, 130 à 150 fr. 

Volailles. — On vend, à la halle de Pans : agneaux, 12 à 25 fr.; canards, 
1 fr. 85 à 5 fr.; chevreaux, 1 fr 90 à 5 fr. 50; ciêtes en lots, fr. 50 à 12 fr ; 
dindes gras ou gros, 8 fr. 90 à 14 fr ; dindes communs, 4 fr. 50 à 8 fr. 25 ; lapins 
domestiques, l fr. 40 à 6 ir.; oic-i grasses, 6 fr. 25 à 8 fr. 50; oies communes, 
3 fr. 80 à 5 fr 70; pigeons de volière, fr. 70 à 1 fr. 97; pigeons bizets, 
fr. 55 à 1 fr 15; poules ordinaires, 3 fr. à 5 fr. 20; poulets gras, 4 fr. 75 à 
9 f r ; poulets communs, 1 fr. 25 à 2 fr. 8: ; pintades, 2 îr. à 6 fr. 50; pièces non 
classées, 6 fr. à 18 fr. 

IX. — C'ievaux — bétail — viande. 

Chevaux. — Aux marchés des 9 et 12 juillet, à Pans, on comptait, 889 chevaux; 
sur ce nombre, 427 ont été vendus comme il suit : 

Amènes. Vendus. Prix extrêmes. 

Chevaux de cabriolet 2(;;i 64 '270 à 1 ,105 fr. 

— détail Sr/i 100 300àl,2r)0 

— nors d'âge 143 143 4.ià 1,090 

— à l'enchère 28 28 80 à 385 

— de boucherie 92 92 32 à 125 

Bétail. — Le tableau suivant résume le mouvement officieldu marché aux bestiaux 
de la ViUette du jeudi 10 au mardi 16 juillet: 

Poids Prix du kilos, de viande sur pied 
Vendus moyen au marclic du lundi l't juillet. 

Pour Pour En 4 quartiers, l" 2" 3» Prix; 

Amenis. Paris l'extérieur. * totalité. kil. quai. quai. qvial. moyen 

Breufs 5,80.T 3.^64 1,400 4,664 3.35 1.78 1.66 1.42 1.59 

Vaches 1,222 594 260 854 2 'i5 1.65 1.40 1.30 1.46 

Taureaux .-131 212 .53 265 3.80 1,46 1.38 1.28 1.36 

Veaux 4,901 3,172 987 4,1.59 79 1.92 1.74 1.54 1.68 

Moutons 43, .580 26,840 ri,l9'i 39,0,34 19 2.00 1.80 I..58 1.71 

Porcs gris 5,4,50 2,393 3,057 5,4.50 85 1,64 1.54 1,44 l.,55 

— maigres. 14 5 6 14 35 1.25 » » 1.25 



124 REVUE COMMERCIALE ET PRIX-COURANTS (19 JUILLET 1879). 

Les approTisioimements du marché ont été très abondants, durant toute la se- 
maine, pour toutes les catégories d'animaux, principalement pour les Lœui's elles 
moutons. Il en est résulté beaucoup de lenteur dans les transactions. La baisse 
dans les prix que ncAis signalions durant la semaine dernière s'est encore accentuée 
depuis huit jours, — Sur un grand nombre de marchés des départements, on 
signale des arrivages de bétail considérables, produits par la crainte, peut-être 
exagérée, de ne pas avoir une nourriture suffisamment abondante pour les couserver. 

Viande à la criée. — On a vendu à la halle de Paris du 8 ana 14 juillet : 

Prix dQ kilog. l'e 14 juilkt. 

kilog. if"qaal 2^ quai. 

Bœuf OU vaclie.. 132,186 I.42àl.84 1.20 il 64 

Veau 203,085 1.82 2.00 1.48 1.80 

Mouton 50,489 1.68 1.80 1.42 1.66 

Porc 29,966 Porc frais 

415,726 Soit par jour 59,389 -kilog. 

Les ventes ont été stapérieures de 800 kilog. seulement par jour à celles de la 
semaine précédente. Sauf' en ce qui concerne la viande de bœuf, les prix se main- 
tiennent avec fermeté. 



3« quai. 
0-80 à 1.36 
1.10 1.46 1.34 2.30 
1.00 1.40 1.20 3.30 
I.ÎO à 1.68 



Chou. Basse houcheria 
1 30 à 3 00 0.20 à 106 



Cours de la charcuterie. — On vend à la Villette paj 50 kilog. : 
85 à 90 fr.; 2% 80 à 85 fr.; poids vif, 58 "à 60 fr. 

X. — Marché aux bestiaux de la Villette du jeudi 17 juillet. 
Bœufs. Veaus. Moulons. 



qualité, 



1" 

quai, 
fr. 

82 

XI. 



quai. quai, 

fr. fr. 

■•.1 71 



1" 
qaal. 
fr. 
103 



2» 

quai, 
ifr. 
96 



3' 

quai, 
fr. 
87 



i" 
quai, 
fr. 
85 



2" 

quai, 
fr. 



3" 

quai. 

fr. 

71 



Animaux 
amenés. 
Bœufs 2.363 



Cours de la viande à l'abattoir de la Tillette du 17 juillet {par 50 kilog.) 

Cours des commissionnaires 
Poids Cours officiels. en bestiaux, 

moyen ^' 



Vaches . 
Taureaux. . 

Veaux 

Moutons.. . 
Porcs gras. 
^ maigres. 



617 

136 

1.152 

■Jl.»34 

3.813 

16 



Invendus. 

1.231 

124 

38 

307 

I.57Ô 



général, p^ ^e 3e 
kiU quai. quai. quai. 



338 
238 

386 
79 
19 
85 
30 



1.71 
1.60 
1.46 
1.90 
1.96 
1.64 
1.20 



1.60 
1.36 
1.33 
1.70 
1.76 
1.54 



1.36 
1.25 

1.25 
1.50 
1.50 

1.44 



Prii 
extrêmes. 
1.32àl.78 



1.30 
1.20 
1.30 
1.35 
1.40 
1.10 



1;66 

1.50 
2.00 
2.00 
1.70 
1.30 



1 '• 2» 3» 

quai. quai. quai. 

1.72 1.58 1.35 

1.75 

1.35 



1.60 

1.40 



-l.;25 
1.25 



Prix 
extrêmes 
1.30 
1.10 



1.15 



1.13 

1.64 
1.50 



Vente assez active sur les porcs; difficile sur toutes les autres espèces. 

XIl. — Résumé 

Les cours de la plupart des denrées, et particulièrement des céréales, des four- 



rages, des 
fermeté. 



sucres, des huiles, des fécules, accusent 



Cette semaine une 
A. Hemy. 



ide 



BULLETIN FINANCIER. 



Nos fonds publics ont repris leur marche ascensionnelle : Ja rente 3 0/0 est à 
82,40 gagnant 0,90, la" rente 5 0/0 à U7,70, gagnant, également 0,90, l'amortis- 
sable conserve son cours. Les Sociétés de crédit conservent leur faveur., ainsi que 
les actions et les obligations des chemins de fer. 

Cours de la Bourse du 9 ou 16 juillet {au comptant). 



Principales valeurs françaises : 

Plus 
bas. 

Rente 3 O/o... S2.I0 

Rente 3 0/0 amortiss. 84.75 

Rente 4 1/2 o/0 112.50 

K ente 5 0/0 116.75 

Banque de France... 3095.00 
Comptoir d'escompte, 865.00 

Société générale 506.25 

Crédit foncier 800.00 

Crédit agricole 

■Est Actions 500 727,50 

Midi d* 867.50 

Nord d* 1512.50 

Orléans d' I2i2.50 

Ouest d' 782.50 

Paris-Lyon-Méditer. d 1162.50 
Pari91871. obi. 400 30/0 404.50 

5 0/0 Itaiieu 80,20 

Le Gérant : 



chemins de fer français et étrangers ; 



Plus 


Dernier 






l'IllS 


l'Iiis 


Dernier 


haut. 


cours. 






bas. 


Imiit. 


cours. 


82.40 


62.40 


Autrichiens. 


d- 


600,00 


015.00 


615.00 


84.80 


«4.75 


Lombards. 


d- 


190.00 


190.50 


190.00 


114.00 


114.00 


Romains. 


d- 


101.25 


104.50 


102.50 


1 1 7 . 70 


117.70 


Nord de l'Espagne. 


d- 


285.00 


290.00 


285.00 


3150.00 


3150.00 


Saragûsse àMadcid 


d- 


330.25 


340.00 


336.25 


880.00 


865.00 


Portugais. 


d- 


415.00 


332,50 


431.25 


533.75 


530.00 


Est. 


d- 


383.00 


384.50 


383.00 


810.00 


310.00 


Midi 


d- 


381.75 


382.50 


382.00 


» 


471.25 


Nord. 


d- 


387,50 


390.00 


387.50 


740.00 


740.00 


(Irléan^. 


d- 


386.00 


390.00 


387.00 


875.00 


807.50 


Ouest. 


d- 


383.00 


385.00 


383.50 


1520.00 


1518.75 


Paris-Lyon-Méditer. 


d- 


383.50 


384.25 


384.00 


1217.50 


1215.00 


Nord Esp, priorité. 


d' 


326.00 


330.00 


330.00 


787.50 


787.50 


Lombards. 


d* 


259.75 


260.25 


260.23 


1170.00 


1170.00 












407.50 


405,25 












80.45 


80,30 












. BOUCHÉ. 






Letehrier. 



CHRONIQUE AGRICOLE (26 juillet ib79). 

Discussion à la Chambre des députés et ndoplion du projet de loi relatif à la prorogation des 
traités de commerce. — DeniitTes nouvelles relaiives à la récolte des céréales dans les diverses 
parties de l'Europe. — Impossildlilé de faire des prévisions basées. — La rentrée des fourrages 

— Accori sur la nécessité de diminuer les charges de l'agriculture. — La question de la réduc- 
tion du taux des ferm ises en Ai.gleicrre. — Lettre de M. Richardson relative aux diminutions 
consenlies par les propriétaires. — Comparaison de la constitution de la propriété en France et 
en Angleterre. — Nouvelle \^n e de M. Petit. — Lettre de M. Vinot. — Questions remises. — 
Nouvelle de l'apparition du dnryplmra di-cemlineata en Allemagne. ^^ Nomination de nouveaux 
membres de la Commission supérieure du phylluxera. — Nomination de trois inspecteurs régio- 
naux pour la survedl.ince des vignes et la recherche des taches. — Communication de M. Fau- 
con à l'Académie des sciences sur les résultais olitenus cette année pir la submersion. — La 
sulimersion et un procédé culluial. — l'apport de M. Marion offert à nos lecteurs. — ïîécrologie. 

— Lettre de M. de Monicault sur la mort de M. Nivière. — nuvertiire île bureaux de douane à 
riiiportation du liétail en France. — Rforg.inisation des bergeries nat onales en Algérie. — For- 
mation d'une Commission pour étudier le projet de chemin de fer trans-saharien. — La conser- 
Tatinn lies fourrages verts par l'ensilage. — Lettre de M. GofTart. — Note de la Société d'aKri:ul- 
lure de 11 SeL-îe-Inférieure relative à la récolte ries colzas par les temps humides. — Dates des 
Concours de machines agricoles à Troys et à Cliaumoiit. — L^s beiieraves. — Propo.'ition de 
loi sur le sucrage des vendanges. — Compte rendu du laboratoire départemental du Finistère. 

— Le Comice de Remiremont. — La rage des chie:is. — Note de la prélecture de police. — Con- 
cours de la Société d'agriculture de l'.Vude sur l'emploi des marcs de raisins. 

I. — Prorogation des traités de commerce. 
La Chambre des députés, dans sa séance du 22 juillel, a adopté le 
projetdela loi proposé et défendu éloquerament par 31. Tirard, ministre 
de Tuirriculture et du commerce, et qui autorise le gouvernement à pro- 
roger les traités de commerce actuellement existants. La durée de cette 
prorogation ne pourra pas excéder six mois, à partir de la promulgation 
'du nouveau tarif général des douanes. Comme il n'est pas probable 
que ce tarif" puisse être discuté dans son ensemble cette année, puisque 
la Chambre suspendra ses séances après le vote du budget, vers le 
10 août, et que d'ailleurs les rapports de la Commission sur les prin- 
cipaux articles du tarif ne sont pas déposés, la prorogation votée 
ajourne toute solution détinilive à plus d'une année. 

II. — La crise afjrico'e. 
Il ne s'est produit cette semaine aucun événement qui ait pu modi- 
fier, d'une manière grave, la situation agricole. Cependant les circon- 
stances météorologiques ayant continué à ôtre détestables sur la plus 
grande partie de l'Europe, et les nouvelles d'Amérique ayant présenté 
comme moins favorable (|u'on ne l'avait pensé, l'état de végétation des 
céréales, les cours des principaux marchés ont tourné à la hausse. De 
là un certain arrêt dans les plaintes des uns et les appréhensions des 
autres. Si les prix s'élèvent sufTisamment et que la récolte, en France, 
ne soit pas trop mauvaise, l'agitation qui s'est produite pour dcmaa- 
dcr l'établissement de droits de douane sur les blés, manquera de son 
élément essentiel. D'ailleurs toute espérance d'un succès immédiat étant 
enlevée, par suite de la prorogation des traites existants, il faut bien 
qu'on laisse les choses aller d'elles-mêmes, La nouvelle récolte va se 
faire au milieu de circonstances anormales, et personne ne saurait au- 
jourd'hui en prévoir les rcsidtats définitifs. Tous les calculs essayés 
en vue de déterminer les besoins de la consommation manquent de 
base sérieuse, car il est absolument impossible aujourd'hui d'évaluer 
le déficit de la production, si tant est même qu'il y ait un déficit 
en France. Dans beaucoup de localités , les blés sont réellement 
beaux, du moins en ce qui concerne le grain. Pour peu que le 
temps cesse d'être aussi mauvais, on pourra avoir une bonne ré- 
colte. Il n'y a pas da prévisions à faire, il faut attendre. La question 
de la rentrée des fourrages est beaucoup plus grave; il y a des perles 
irréraéfliables. Il est surtout dilHcilc d'obtenir la maturité des graines 

N- .W7. Tome UI de 1879. — '26 juillet 



126 CHRONIQUE AGRICOLE (26 JUILLET 1879). 

pour les semailles de l'année prochaine, principalement en ce qui con- 
cerne les trèfles. Mais ce ne sont pas là des acccideats qui puissent 
introduire de orandes perturbations dans les choses rurales. La situa- 
lion générale dépendra surtout des circonstances météorologiques du 
mois d'août. Les ténèbres continuent donc à couvrir absolument l'ave- 
nir; en attendant, il faut faire des elïbrts considérables pour assurer 
sa provision de fourrage en vue de conserver son bétail. C'est la grande 
diflicullé de l'heure présente. Les fermiers y sont partout atlaclié-i, et 
par conséquent ils ajournent volontiers les discussions qui ne peuvent 
pas conduire à une solution immédiate. L'accord nous paraît fait sur 
un point : la nécessité de diminuer les charges qui pèsent sur l'agri- 
culture. Seulement, tout le monde ne voudrait pas que l'on touchât à 
quelques unes de ces charges, et c'est pourquoi la citation que nous 
avons publiée de grands propriétaires anglais ayant fait une remise 
d'une partie de leurs fermages, n'a pas été accueillie sans protestation 
par quelques-uns de nos lecteurs Mais il n'appartient à personne de 
supprimer une partie des questions. Il faut loyalement tout dire. 
D'ailleurs les faits que nous avons établis ont vivement excité l'atten- 
tion, puisque des explications supplémentaires ont été données par 
plusieurs de nos correspondants. Aux demandes que nous avons pu- 
bliées dans le Journal, voici une première réponse qui nous est adres- 
sée de Londres par M. llichardson : 

« Londres, 21 juillet 1879. 
« Cher monsieur, lors de votre visite à Londres pour notre exposition, visite très 
peu agréable pour vous à cause de l'intempérie déplorable de la saison, et pas 
assez agréai le pour vos amis de ce côté du détroit à cause de votre dévouement 
excessif à vos devoirs, nous avons eu quelques discussions sur la situation diffi- 
cile dans laquelle se trouve l'agriculture de nos deux pays, et sur les moyens d'y 
remédier. Au premier rang de ces derniers se présente là diminution des charges; 
parmi ces charges, c'est la diminution, soit permanente, soit temporaire, des 
lovers. J'ai porté à votre connaissance des exemples de ces diminutions qui va- 
rient entre-10 et 20 pour lOÛ. Un autre point tout aussi important e^t l'assu- 
rance que pourrait recevoir le fermier de ne pas être lésé dans son exploitation 
s'il y engage ses fonds. On recherche aussi s'il est possible de faire disparaître les 
restrictions qui entravent aujourd'hui la culture. 

« Le premier point, celui de la diminution des loyers, est assez facile à résoudre. 
Le propriétaire déclare la diminution effectuée (t l'affaire est finie. Reste à savoir 
s'il se trouve assez de propriétaires capables de supporter cette diminution, et 
ayant assez de bonne volonté pour s'y soumettre. Nos lois, qui favorisent l'accu- 
mulation des grands domaines, permettent cette réduction sans que les proprié- 
taires soient mis dans l'embarras, et on cite généralement des réductions qui, si 
elles ne résolvent pas les dilficultés des fermiers, leur viennent en aide, et recon- 
naissent une solidarité d'intérêt entre propriétaire et fermier- On dit que le duc 
de Bedford, dont vous avez visité la propriété à Koburn. a fait des remises sur ses 
loyers qui monteront, pour cette année seulement, à 70,000 livres, soit l,750,00jfr. 
Les sacrifices d'autres propriétaires sont en proportion. 

<c Ces sacrifices sont d'un grand se>'ours, mais ce touchent pas le fond delà 
question, qui est de mettre le cultivateur dans une position qui lui permette de 
lutter contre la concurrence formidable des productions étrangères. Des proposi- 
tions qui promettent plus ou moins d'avantages ont éié émises. .T'ai appelé votre 
attention sur celle de lord Tollemaclie, parce qu'elle renferme tout ce qu'on pou- 
vait proposer : garantie de permanence de possession, maximum de loyers, liberté 
pour le fermier de se dessaisir d'une ferme à un moment donné, liberté de cul- 
ture, et provision pour attirer et retenir des journaliers à la campagne. Je vois 
que la puitlication de cette lettre vous a attiré une critique de la part de INL Petit, 
de Meaux ; je voudrais répondre à ces q'iestions eu ce qui concerne lord 
ToUemache. Mais je ne sais rien de précis, pas plus que sur le montant de 
ses revenus; c'est une affaire privée qui ne regarde personne. Seulement je puis 



CHRONIQUE AGRICOLE (26 JUILLET 1879). 127 

dire généralement que ses exploitations sont nombreuses, les revenus importants, 
et surtout dans le comté de i^liester, pays d'herbages et de fabrication de fromages. 

..< Il u'estguère possible d'établir une coinpai-aison entre la France et l'Angleterre; 
les deux pays souffrent on ce rao nent des mèjnes causes, et on est forcé de cher- 
cher des remèdes dans des directions différentes selon la position de la propriété 
dans les deux pays. 

« On -ie plaint beaucoup ici de la réunion de si fortes étendues de terrains dans 
une seule main, et on clierche des moyens de libérer ces énormes agLjrégatioos ; 
on y arrivera sans doute, et ce n'est pas des grands propriétaire-^ que viendra l'op- 
position la plus formidable. C'est une erreur économique, on en est généralement 
d'accord, mais comme dit très bien AI. Petit à l'égard de la constitulion de la pro- 
priété en France « elle a cependant du bon ». car le loyer es toujours moins exa- 
géré, les constriictionsplus convenables, les demandes d'amélorations en fait dB 
drainage, etc., etc., mieux reçues sur les grands domaines que sur lis petits. On 
comjjrend cela par ce que dit M. Petit •.< les petits propriétaires français ne pourront 
« s'im|)Oser les mêmes sacrilices qu'un lord anglais; » c'est précisément de même 
avec les|ielits pvopriéiaires anglais. De sorte qu'un fermier cherchant une exploi- 
tation préfère de beaucoup fs grands propriétaires, et comme ces derniers ont 
ainsi le choix parmi les fermiers qdonl 1- plus de capital à engager, et le plus de 
connaissance des affaires rurales, il arrive que les grands domaines donnent 
les medleurs exem, les de la hante cubure, et de l'amitié et du respect personnel 
entre « laudlordet tenant. » Le femier est fier d'exploiter les terres du duc, di mar- 
quis, de l'ancienne famille; pour lui il n'y a qu'un duc, un marquis, qu'une famille; 
j'ai eu dernièrement chez moi le régisseur d'un domaine qui rapporte deux millions 
de flancs par an, dont les loyers sont, les mêmes qu il y a cent ans, et dont les 
fermes restent encore aux mêmes mains, tandis que dans les dom.iines du 
pays de moindre étendue, les familles de fermiers changent souvent, et les loyers 
iiaus-:ent à chai|ue occasion qui se présente. Ceci explique pourquoi la proposition 
d changer la constitution de la propriété anglaise n'est pas favorisée par les cul- 
tivateurs anglais. 

« Agréez, etc. « Geo Gibson Richardsom. » 

('elle lettre répond notiiaineiit à. des questions posées par M. Petit 
qui n'a pas eessé d'être, à cet égard, un de nos correspondants les plus 
actifs II a surloiit pris le parti des propriétaires, et nous avons insisté 
pour dire (pie deux intérêts étaient en présence, ceu.v du cultivateur 
ceux du détenteur du sol. Lors(p»e ce dernier s'occupe d'agriculture 
il t'iit cause commune avec le prunier, et très souvent alors il n'y a 
quel des é.oges à lui donner. Nous ne nous sommes pas toutefois 
trompes en avançant (pir. parmi les propriétaires, il y eu a qui se 
contentent de tirer du sol des revenus dépensés au loin et qui ne rc- 
vie nient amai.s féconder la terre. L'expression de pompe aspirante 
que. nous avons appli(|uée à ces derniers, parait trop forte à M. Petit 
qui r.'i lame en ces termes : 

<■ .Meaux, le 15 juillet 18:9. 

« M 'nsieur le directeur, avant tout, je vous affirme que j'ai lu votre dernier 
art cle avec toute l'atleiUion passible, et même avec du sang-froid pour être étonné 
de l'ex pression de pompe aspirante que vous applique/, aux hommes ((ui ne s'oc- 
cupent pas d'.ii^'riculture, bien que propriétaires do biens-fonds. Voici pourijuoi, 
c'est élémentaire. 

<> La législation de 178vi. en divisant à l'infini le sol français, a réduit, et con- 
tinue à réduire chique |0ur le nombre des propriétés J' une im|)orlanc(; suffisante 
pour occuper utile lient un agricubeur. J aïonle qu'aujourd'hui le no nbre de ces 
pr(),iii-t''^s est extiè oeinent lesireint. et que c'est tout le monde, le public en un 
miii 1(111 e-*t |iropiiétaire du sol, de niê iiei(ue, c'est aussi le public i(ui possède des 
renie-^, les_ actions on obligaiio is de cliemin'» de fer, etc. La propriété foncière est 
une des mille formes de a lo tune des particuliers. 

» V luie/, v.ius nn exemple? .le prends la reinière commune venue, celle où Je 
fais vil lir en Seine-et-Marne. Le tcriioire se, compose de l,-2oO hectares, le nom- 
bre lies principaux propriétaires est de quatre cents, c'est-à-dire une moyenne de 
3 heciares seulement par propriéié. Parmi ces propriétaires, j'y ,trouve des no- 



128 CHRONIQUE AGRICOLE (26 JUILLET 1879). 

taires d'ont l'un habite Paris, des banifuiers, dont l'un réside à Lyon, un rece- 
veur de finances en retraite après quarante ans d'exercice, des magistrats, des 
militaires, un marin, un ancien minisire, un important fabricant de papier de la 
Franche-Comté, un président de section au Conseil d'Etat, des négociants de Paris 
et de province, quelques vieilles demoiselles dont la proprié é est la s^.ule l'ortane ; 
j'y vois aussi de gros et de petits fermiers qui font valoir quelques he -tares qu'ils 
possèdent, en même temps que la propnété des autres, j'y rencontre aussi des 
domestiques qui placent aux champs les économies qu'ils l'ont à la ville, et je 
termine à dessein par les plus importants de tous, ce sont les pauvres, autrement 
dit, les hospices. — De propriétaires exploitant directement leurs iiropriétés, je ne 
vois que quelques ouvriers ((ui cultivent des fiarcelles de terre ou de vignes fort 
insufiisantes pour les faire vivre en dehors de leurs travaux. 

• « Comment veut-on que tous ces gens, qui d'ailleurs ont des f<mctions et des 
professions qui les absorbent, puissent s'occuper directement de quelques marchés 
de terre qu'ils possèdent et fort souvent dans plusieurs endroits difterents? 

(c C'est là le rôle de leurs fermiers qui les remplacent, très avantageusement du 
reste, dans l'intérêt de la société et du pays. Est ce que les gens qui touchent les 
dividendes des a;tions ouïes coupons des obligations de chemin de fer s'ocupent 
le moins du monde de l'exploitation ou de l'administration de ces chemins de fer? 
Sont-ce pour cela des pompes aspirantes? 

« Non sans doute. Il n'en est pas moins vrai, que si une loi économique quel- 
conque venait à réduire leurs revenus d'un tiers ou d'un quart, comme on en est 
menacé pour les fermages, je suppose cjue ces personnes-là s'en trouveraient 
fort mal. 

« J'ai parlé des hospices, qui seraient atteints comme les autres par la diminu- 
tion des fermages; que deviendraient les malades, les vieillards et les enfants 
qu'abritent les hospices? Faudra-t-il en mettre un tiers ou un quart sur le pavé, 
en proportion de cette diminution? Voyez las conséquences. 

a II est bien entendu, par conséquent, qu'd n'est pas possible de comparer ce 
qui se passe en Angleterre avec ce que nous voyons en France. C'est pourquoi je 
repète souvent ce mot de Pascal : « Vérité au delà des Pyrénées, erreur en deç'i. » 
Cependant votre dernier article m'inspire une nouvelle pensée. Vous vous rappe- 
lez, n'est-ce pas, qu'au début de la crise agricole, et plusieurs fois depuis, vous 
nous avez dit : « En présence ai la situation nouvelle qui vous est faite, réduisez 
<€ vos cultures de céréales, faites des herbages, semez des fourrages et livrez-vous 
« à l'éducation du bétail, jj Vous arrivez d'.lngleterre, le pays par excellence des 
herbages, des fourrages et du bétail, et vous vous emp-essez, comme encoura- 
gement, de nous dire que la crise y est peut être plus aiguë encore qu'en France. 
C'est à vous, monsieur, d'en tirer les conséquences que vous jugerez convenables, 
« Veuillez agréer, etc. « A. Petit. » 

A cette leltre, nous ne répondrons qu'un mot, relatif à la comparai- 
son faite par M. Petit, entre les propriétaires du sol et les propriétaires 
d'actions d'entr.^prises industrielles ou financières. Quand ces entre- 
prises marchent mal, c'est sur le dividende des actions que se fait la 
première réduction. Le fermier ne serait-il pas admis à demander 
l'assimilation complète? M. Petit n'3'apas songé; nous n'insistons pas 
sur ce point. Nous voulons la prospérité générale, mais nous voulons 
que tout le monde s'aide. 

M. Vinot, dans une lettre qu'il nous a adressée, prend surtout la dé- 
fense des petits cultivateurs, et il a raison. Il insiste sur leinaiique de 
capitaldans un grand nombre d'exploitations ; bien des fois nous avons 
dit la même chose. Nous publierons celte lettre la semaine procliaine. 

Nous avons reçu encore plusieurs autres lettres sur la même ques- 
tion; mais le défaut de place nous oblige à en ajourner la publication. 
III. — Le dorijphora en Allemupie. 

Les journaux anglais annoncent que le dorijphora dpcemlineala aurait 
fait une nouvelle apparition en Allemagne. Il aurait été constaté, 
d'une manière officielle, dans un champ de pommes de terre à Pllanz- 
wirbach, près de Rudolsladt, dans la principauté de Swarlzbourg. 



CHRONIQaE AGRICOLE (26 JUILLET 1879). 129 

IV, — Le phylloxéra. 

Par un décret rendu le 15 juillet, sur la proposition du ministre de 
l'agriculture et du commerce, ont été nommés membres de la Com- 
mission supérieure du phylloxéra : MM. ^lathey et Issartier, séna- 
teurs; Dubois et Roudier, députés; Pasteur, membre de l'Académie 
des sciences; Uisler, directeur de Tlnstilul national agronomique; 
Balbiani, professeur au Collège de France; Ma.viine Cornu, délégué de 
l'Académie des sciences, ainsi que les inspecteurs généraux de l'agri- 
culture ayant dans leur circonscription des vignobles atteints ou 
menacés du phylloxéra. 

L'administration de l'agriculture s'occupe activement d'organiser la 
surveillance des vignes dans toutes les parties de la France. Elle vient 
de créer trois postes de délégués régionaux, qui ont été confiés à 
MM. Gastine, Calta et de Lapparent; ils sont spécialement chargés de 
l'application de la loi et des décrets et arrêtés qui l'ont suivie. Ils 
auront aussi pour mission de former des délégués départementaux en 
vue de la surveillance des vignes, de la recherche des taches phylloxe- 
riques et de leurs traitements. Ce n'est que par une vigilance de tous 
les instants qu'on peut espérer enrayer la marche du puceron dévas- 
tateur. 

Nous publions aujourd'hui une note adressée par M. Faucon à l'Aca- 
démie des sciences, et constatant, ce dont nous n'avions jamais douté, 
que la submersion ne peut pas tuer absolument tous les phylloxéras. 
Mais qu'iiupoiLe, si elle en détruit une si immense quantité ([ue, 
l'année suivante, l'insecte ne peut faire aucun mal. Nous avons tou- 
jours professé que, tous les ans, il fallait, à l'automne, recommencer 
la submersion. Il s'agit d'un procédé cultural. Du reste, tous les 
moyens de traitement sont des procédés culturaux. Nous craignons 
bien qu'ils se fassent de grandes illusions, ceux qui espèrent qu'un 
moyen quelconque pourra nous débarrasser du pliylloxera. Tout nous 
enseigne qu'il faut faire vivre la vigne avec son ennemi, en rendant 
aussi peu coûteux que possible les moyens de la faire résister, et ces 
moyens sont aujourd'hui découverts. Toutes les publications faites 
cette semaine ne nous a/jpreunenl d'ailleurs rien (h; nouveau sur la 
marche de l'invasion. Les traitements ofdciels continuent. Ce n'est qu'à 
partir du mois d'août que l'on pourra avoir quelque idée de linipor- 
tance des nouveaux essaimages. Pour ceux de nos lecteurs que la ques- 
tion intéresse, nous annoncerons que nous avons reçu de la Compa- 
gnie des chemins de fer de Paris-Lyoa-Médilerranée un certain nombre 
d'exemplaires du dernier rapport de M. Marion et de la carte du pliyl- 
loxera en France. Nous mettons le tout à leur disposition, en les priant 
seulement de nous envoyer, pour iaifranchisscment, fr. 25 en 
timbres-poste, le poids du paquet étant de 250 grammes. 

V. — Nvcrolofiic. 
C'est avec une profonde affliction que nous nous empressons d'in- 
sérer la lettre suivante : 

• Paris, le 19 juillet 1879. 

« Monsieur le rcdaclcur en chef, je viens remplir nn devoir en vous faisant part, 
au nom du Comice de Trévoux (Ain*, de la mort de !\L Nivièrc, décédé à llelley 
dans sa soixante-dix-iieuviéinc année. Ueconnaissants des services rendus, nous 
nous empressons de payer un juste triliut d'estime et de regrets à tm liorame de 
bien ipi a consacré le meilleur de ses forces à l'amélioration des Domines. 

« M. Nivière avait, on le sait, l'onde l'Ecole de la Satfl aie, qui fut si brutale- 



130 CHRONIQUE AGRICOLE (26 JUILLET 1879). 

ment supprimée en 1869, alors qu'elle arrivait, après bien des épreuves, à donnei 
de sérieux et féconds résultats dans la région lyonnaise. 

« Veuillez agréer, etc. « E. de Monicault. » 

M. Nivière était iinde nos plus anciens collaborateurs. C'est un devoir 
que nous remplissons en disant, au moment où il disparaît, qu'il doit 
être placé parmi les hommes qui, durant ce siècle, ont rendu le plus 
de services à l'agriculture française. C'est à lui que la Dombes doit 
l'heureuse transformation qu'elle a commencé à subir. Il a montré 
qu'il était faux de la regarder comme éternellement vouée au régime 
des étangs, et qu'il serait possible d'en faire un pays à la fois salubre, 
fertile et riche. En outre, en fondant vers 1840 l'Ecole d'agriculture 
de la Saulsaie, il a contribué à former un grand nombre d'hommes 
utiles qu'on rencontre à la tête des progrès dans presque toutes les 
parties de la France. L'Ecole de la Saulsaie a disparu, et on lui a substi- 
tué celle de Montpellier. Mais un jour viendra oîi, dans l'Est, la fon- 
dation de Nivière ressuscitera, sans nuire d'ailleurs à l'Ecole de 
jMontpellier, spécialement créée pour le Midi. La Trance n'a pas assez 
de grandes écoles d'agriculture. 

VI. — Sur l'importai ion du bilail en France. 

Par un décret en date du 21 juillet, les bureauxjde douane de l'Hos- 
pitalet et d'Auzat (Ariège), et de Fos (Haute-Garonne), ont été 
rouverts à l'importation et au transit en France des animaux de l'es- 
pèce bovine. 

VII. — Les bergeries de l'Algérie. 

Nous apprenons que la Direction de l'agriculture, a ministère de 
l'agriculture et du coiumerce, s'occupe activement de la réorganisa- 
tion des bergeries nationales en Algérie. C'est une excellente mesure, 
à laquelle on ne saurait trop donner son approbation. Il est indispen- 
sable que l'Algérie soit enfin dotée des mêmes moyens de progrès que 
la France. 

VIII. — Projet de chemin de fer trans-saharien. 

Il y a quelques mois, nous avons été le premier à signaler le hardi 
projet conçu par M. Duponchel, ingénieur en chef des ponts et chaus- 
sées, de relier l'Algérie au Soudan par un chemin de fer traversant le 
Sahara. Aussi c'est avec une véritable satisfaction que nous avons vu, 
dans ces derniers jours, M. de Freycinet, ministre des travaux publics, 
organiser une Commission chargée d'étudier ce projet et les moyens 
de"^ le réaliser. Nous sommes absolument convaincu que l'exécution 
du chemin de fer trans-saharien exercera une très grande influence 
sur le développement de la richesse de l'Algérie et du midi de la 

France. 

IX. — Conservation des fourrages verts par l'ensilage. 
A l'occasion de l'article de M. Villeroy, inséré dans notre der- 
nier numéro (page 106), nous recevons de M. Goffart la lettre 
suivante : 

• Burlin, 22 juillet 1879. 

« Mon cher directeur, je lis dans le dernier numéro de votre journal une lettre 
du très honorable M. Villeroy, appelant l'attention du monde agricole sur certaines 
analyses faites en Hongrie, de maïs vert et de maïs aigri, à propos des pertes que 
subit le maïs conservé dans des fosses. 

« Je n'ai pas besoin de vous dire que M. Moser, auteur de ce travail, "a évi- 
demment analysé un produit tout diil'erent de celui que j'obtiens à Burtin. 

« Vous avez assez souvent, vous et d'autres chimistes, analysé mes maïs, avant 



CHRONIQUE AGRICOLE (26 JUILLET 1879). 131 

et après l'ensilage, pour être à même de répondre, avec plus d'autorité que je ne 
pourrais le faire, à la lettre de M. Villeroy. 

« Votre bien dévoué, « Auguste Goffart. » 

Il résulte, en effets des nombreuses analyses que nous avons faites 
que lorsque l'ensilage est bien fait, il n'y a aucune fermentation ni 
aucune transformation des principes contenus dans le maïs ensilé qui 
reste absolument identi(|ue à lui-même. La fermentation ne commence 
à s'y manifester que quelques heures après que le fourrage a été en 

levé du silo, 

X. — Recolle des colzas par les temps humides. 

M. Pouyer, président de la Société centrale d'agriculture de la Seine- 
Inférieure, nous envoie la note suivante sur un procédé que cette So- 
ciété préconise pour rendre plus facile la récolte du colza et la garan- 
tir contre les intempéries : 

a Ce moyen consiste à mettre le colza en veillottes (qu'il ne faut pas confonfiro 
avec la meule flamande). Ces veillottes ont été, il y a longtemps déjà, pratiquées 
en grand et avec un plein succès par quelques agriculteurs distingués du l'arron- 
di-sement de Rouen; sur certains points du département, de nouveaux essais ont 
été tentés dans ces dernières années et ont donné d'excellems résultats. 

« Voici comment on procède à leur confection : La plante étant coupée en 
javelles ou grosses poignées, il faut placer un^ grosse poignée en travers des lignes 
pour que le pied du co!za laissé en terre la maintienne un peu soulevée; sur cette 
première, en mettre une autre qui la recouvre, les tiges les unes sur les autres et 
les pieds en dehors, naturellement; sui' cette première assise, poser deux autres 
javelles en travers ou en croix, et continuer amsi jusqu'à ce que la veillotte ait 
atteint une hauteur d'environ l'^.TOou r".75, et représente 3 ou 4 gerbes. Les 
tiges se trouvant constanunent placées au centre, les unes sur les autres, contri- 
buent à donner une inclinaison presque verticale aux deux dernières poignées que 
l'on relie entre elles par quelques brins de paille, afin Je neutraliser l'action du vent. 

ce II faut éviter de poser, la tige en bas, les deux dernières poignées qui doivent 
former ch'ipeau, car les graines provenant des siliques qui viendraient à s'ouvrir, 
tomberaient par terre et seraient perdues; tandis qu'en maintenant toujours les 
tiges en haut, quelque puisse être d'ailleurs la quantité de graines qui se trouve- 
rait battue soit par les oisaaux, la pluie, la grêle, etc., cette graine restera dans 
le milieu de la veillotte et ne descendra jamaisjusqu'au sol. 

« Lorsqu'il y a lieu de procéder au battage, deux hommes armés chacun d'une 
longue perche qu'ils passent en dessous de la veillotte, comme on le ferait d'une 
chaise à porteurs, la transportent à la batterie où ils la renversent sur la toile ; 
ainsi se trouvent supprimés les civières, draps, toiles de transport qui sont si sou- 
vent déchirés. 

«■ Si la mise en veillotte prend un peu plus de temps au moment de la coupe, 
cette perte de temps se trouve largement compensée au moment du battage par le 
transport des veillottes qui est de beaucoup plus expédilif ([uo tous les autres 
moyens employés. Ce système présente en outre de nombreux avantages ; il per- 
met de couper le colza avant sa complète maturité qui s'achève pendant le temps 
qu'il est appelé à rester en veillottes, (|uinze jours ou trois semaines ; consé([uem- 
ment, aucune perte de grain pendant la coupe; ainsi disposé, il peut braver toutes 
les intempéries, la grêle elle-mêne. La graine'acquierl en veillotte une siccité telle- 
ment grande qu'on peut l'emmagasiner en tas de Ora. iO, Om. 80 et môme 
de 1 mètre sans qu'il soit besoin de la pelleter. La paille prend une belle teinte 
jaune qui permet d'utiliser les sili((ues en les mélangeant avec des racines hachées, 
ce qui constitue pendant l'hiver une très bonne alimentation pour res[)èce bo- 
vine. » 

C'est un ex'cellcnl exemple donné que de projiager les méthodes de 
préservation des récolles, quaud celles-ci sont aussi menacées que cette 
année. 

XL — lissais (le machines. 

Les expériences publiques de moissonneuses, faucheuses et autres 
instruments agricoles, organisées par le Comice départemental de 



132 CHRONIQUE AGRICOLE (26 JUILLET 1879). 

l'Aube, qui devaient avoir lieu le 27 juillet, sont remises, par suita 
de la maturité insuffisante des récoltes, au dimanche 3 août, et au 
lundi 4, en cas de mauvais temps. — Le concours international de la 
Société d'agriculture de Chaumont se tiendra du 8 au 10 août. 
XII. — Les sucres et les betteraves. 

La série de temps variables que nous traversons n'est pas favorable 
au développement normal delà végétation des betteraves. Néanmoins, 
dans la plupart des départements sucriers, il n'y a, pour le moment, 
qu'un retard que la chaleur permettrait de faire disparaître. 

Nous avons annoncé que M. Fouquet avait repris, à la Chambre des 
députés, la proposition de la loi relative au dégrèvement des sucres 
employés au sucrage des vendanges.. La Commission d'initiative parle- 
mentaire a conclu à la prise en considération, et les conclusions de 
son rapport ont été mises à l'ordre du jour de la Chambre. 
XIII. — Le laboratoire départemental du Finistère. 

M. Philippar vient de publier le Bulletin, pour l'année 1878, du 
laboratoire départemental de chimie agricole et de la station agrono- 
mique de l'Ecole du Lézai deau (Finistèrej. A côté de détails sur l'ac- 
tivité du laboratoire qui a fait, en 1878, 123 analyses pour les agri- 
culteurs du pays, ce bulletin renferme deux notices intéressantes sur 
l'extraction des sables coquilliers et sur les sables calcaires du dépar- 
tement du Finistère, dues à M. Philippar, directeur du laboratoire et 
de l'école d'irrigation et de drainage du Lézard eau. Il a fait, en outre, 
des cultures expérimentales de panais et de carottes blanches. Le ren- 
dement des carottes a toujours été plus élevé et les frais de culture 
moins considérables. M. Philippar en conclut qu'il est préférable de 
cultiver les carottes pour l'alimentation des chevaux, dans la région 
sud du Finistère. 

XIV. — Le Comice de Remiremonl et la Société fromayére des Vosges. 

A propos d'une note insérée dans notre numéro du 1 7 mai dernier, 
sur la création de la Société fromagère des Vosges, M. Forel, prési- 
dent du Comice agricole de Remiremont, nous écrit pour nous faire 
remarquer que le rôle joué par ce Comice a été rapporté d'une manière 
inexacte. La Société fromagère des Vosges étant une entreprise com- 
merciale, digne d'ailleurs de tous éloges, puisqu'elle se propose pour 
but de relever une industrie agricole qui périclite, le bureau du Comice 
ne pouvait, sans manquer à ses statuts, s'y ingérer et lui donner une 
vie commune avec celle du Comice. 

XV. — La rage. 

Le Journal officiel du 4 juillet renferme l'analyse d'un rapport de 
M. Leblanc, l'un des vétérinaires attachés à la préfecture de police, sur 
les maladies contagieuses des animaux domestiques dans le départe- 
ment de la Seine en 1878. Ce rapport donne sur la rage canine des dé- 
tails intéressants que nous cro'yons utile de reproduire : 

« Les cas de rage signalés à la préfecture se sont répartis de la manière sui- 
vante : 

i" trimestre 141 

2« trimestre 175 

3° trimestre 133 

là' trimestre 53 

« La différence si considérable entre le chiffre dn dernier trimestre et ceux des 
trois premiers tient aux mesures tiès énergiques qui furent appliquées contre les 



CHRONIQUE AGRICOLE (26 JUILLET 1879). .133 

chiens emnts dans les mois de juillet et d'août. 3,383 chiens errants furent con- 
duits à la fourrière en juillet, et 1,33* en août. Sur ce nombre, près de 4,500 
furent abattus Ou lit abattre en outre presi[ue tous les animaux mordus ou même 
seulement soupi;onnés de l'avoir été. 

« Ces mesures énergiques ont produit leur effet : dans les trois derniers mois 
de l'année l'»78, le nombre des cas de rag-e a été réduit au tiers à peu près de ce 
qu'il avait élé dans les trimestres précédents, et ce résultat s'est continué pendant 
les premiers mois de 1879. 

« Il ressort de ces chiflVcs qu'on ne saurait soumettre à une surveillance trop 
rigoureuse la population canine avec laquelle la population humaine vit dans des 
rapports si étroits. Il ne faut pas, en elTet, que ces rapports inévitables deviennent 
pour celle-ci une cause incessante de dangers, et, s'il est nécessaire de laisser aux 
chiens une certaine liberté de circulation sur les voies publiques, ce n'est que sous 
la condition qu'ils appartiendront à queliju'un qui en aura la responsabilité, et 
dont la garantie sera donnée par un collier portant son nom et son domicile, con- 
formément aux prescriptions de l'ordonnance de police qui régit cette matière. » 

Ces prescriptions doivent s'applirjuer aux campagnes aussi bien qu'à 
Paris et aux autres grandes villes; la rage y fait^ en effet, chaque an- 
née, des victimes, et l'on ne saurait exercer une trop grande surveil- 
lance en vue d'empêcher le développement et la propagation de cette 
terrible maladie. 

X'VI. — Sur- l'emploi des marcs de raisin. 

On se souvient que, l'année dernière, la Société centrale d'agricul- 
ture de l'Aude avait ouvert un concours sur l'emploi le plus utile du 
marc de raisin. Huit mémoires ont été envoyés à ce concours. Nous 
trouvons le rapport fait sur ce concours par M. Mairie, dans le der- 
nier Bulletin de cette importante Société. Le premier rang a été attri- 
bué au mémoire présenté par M. Pourquier, médecin-vétérinaire chargé 
de conlérences à l'ixole nationale d'agriculture de Montpellier. Voici 
les principaux points traités par M. Pourquier : le marc non distillé 
et bien conservé consliltie une précieuse nourriture pour les gros ani- 
maux de la ferme; distillé, il peut encore être avantageusement et 
économiquement employé pour l'entretien et l'engraissement des bêles 
ovines et bovines; il constitue un bon engrais; le meilleur moyen de 
le rendre assimilable est de l'employer à nourrir les animaux et d'en 
tirer ainsi un excellent fumier. Le deuxième rang a été attribué au 
métuoire présente par M. le docteur Prunaire, secrétaire du Comité 
d'agriculture et de viticulture de Beaune (Côte-d'Or). J.-A. Baiuial. 

UNE EXPOSITION DE GRAINES ET DE PLANTES 

FRANÇAISES AU CONCOURS DE KILBURN. 

En même temps que son admirable exposition de bétail et son im- 
mense exposition de machines, la Société royale d'agriculture d'An- 
gleterre admet cliaque aunée des expositions variées et très intéres- 
santes de tout ce ipii concerne l'ensemencement des terres, c'est-à-dire 
graines et engrais, et en nu'ine temps ralimeutation du bétail, racines 
et coniliinents de toute nature. Cette année, rendez-vous ava'l élé pris 
à Kilburn par tous les fabricants d'engrais et grainetiers de la Grande- 
Bretagne. Ils sont très empressés d'occuper les places {[ui leur sont 
réservées, par de brillantes exhibitions; c'est qu'ils rechercbeut la 
publicité toujours suivie d'une augmentation de clientèle. Quand on 
donne satisfaction à des besoins, on est certain de prospérer. Cette 
année, il avait été fait appel aux élrangers, en même temps qu'aux 
Anglais. Dans celle catégorie, il n'était venu de France que M. Simon- 



134 UNE EXPOSITION DE GRAINES ET DE PLANTES FRANÇAISES. 

Leo-rand ; mais nous nous hâtons d'ajouter qu'il occupait très digne- 
ment la place qui lui a été accordée. 

L'exposition de M. Simon-Legrand a vivement appelé l'attention des 
visiteurs, et notamment du prince de Galles, qui a fait nommer un 
jury spécial pour l'examiner. Ce jury a décidé qu'il lui serait décerné 
un prix unique consistant en un diplôme d'honneur. La belle collec- 
tion, ainsi exposée, renfermait des blés, remarquables par la hauteur 
et la qualité de la paille, la beauté des épis et des grains. Les avoines', 
les lins, le chanvre, les fèveroles étaient également de qualité supé- 
rieure. On y voyait la nourriture des bestiaux des fermes de M. Simon- 
Legrand : de la pulpe de diffusion mélangée de foin haché, de la pulpe 
de presses hydrauliques mélangée de maïs haché, et de la pulpe de 
presses hydrauliques sans mélange, le tout ayant deux ans de séjour 
en silos, en parfait état de conservation; de l'avoine et de l'orge 
aplaties mélangées par moitié pour la nourriture des chevaux; des 
tourteaux de lin concassés pour la nourriture du bétail. Il y avait 
surtout une belle collection de betteraves de toutes les races, cultivées 
pour la sucrerie et la distillerie. Les spécimens de betteraves en b(m état 
de conservation, remarquablement beaux, avaient encore une grande 
richesse en sucre. Analysées à Londres, elles donnaient de 1 2 à 15 
pour 100 de sucre du poids de la betterave, selon leur race. 

C'est sur plusieurs centaines d'hectares que M. Simon-Legrand 
s'est adonné à Bersée (Nord), principalement à la culture des bette- 
raves porte-graines. Il a obtenu dans cette culture les résultats les 
plus remarquables; il est arrivé à créer une variété de betteraves, qu'il 
désigne sous le nom de franco-allemande, et qui présente une très 
grande richesse en sucre. A côté de cette variété, il en cultive d'autres 
moins riches en sucre et d'un rapport cultural plus élevé. Toutes ces 
variétés sont étudiées avec le plus grand soin dans un laboratoire spé- 
cial annexé à sa ferme. 

La culture des graines de betteraves, comme toutes les cultures, 
demande un assolement; aussi le producteur de graines est-il forcé- 
ment un cultivateur dans l'acception la plus générale du mot. Il faut 
qu'il varie ses ensemencements; aussi produit-iL comme tous les cul- 
tivateurs, des blés, du lin, de l'avoine, de l'orge, du colza, des 
plantes et des graines fourragères, etc., etc. Il a aussi de nombreux 
bestiaux auxquels il donne une partie des betteraves mises hors d'em- 
ploi pour ses graines. Enfin, il ne se dislingue de la culture ordinaire 
que par la recherche d'un produit de plus. On sait que la betterave est 
le meilleur instrument de préparation du sol pour les cultures sui- 
vantes : il faut des labours profonds, des sarclages réitérés, une 
fumure abondante. Aussi les récoltes (|ui succèdent à la betterave, 
dans l'assolement, sont-elles supérieures en qualité et en rendement 
à celles- qui proviennent des contrées où cette plante précieuse n'est 
pas cultivée. 

La valeur des résultats obtenus par M. Simon-Legrand a été con- 
statée dans bien des circonstances, et récemment à l'Exposition univer- 
selle de Paris, où il obtenait une médaille d'or, et au concours 
régional de Lille, où il remportait le premier prix. C'est avec une vive 
satisfaction que nous l'avons vu soutenir dignement, au concours de 
la Société royale d'agriculture d'Angleterre, la grande réputation de 
l'agriculture flamande. J.-A. Barral. 



SUR LA RETROGRADATION DES SUPERPHOSPHATES. 135 

SUR LA RÉTROGRADATION DES SUPERPHOSPPIATES'- 

Dans la séance de la Commission des engrais de la Société des agriculteurs de 
France du 25 janvier dernier, M Millot signalait un nouveau fait de rétrogra- 
dation qu'il avait constaté dans un super[ihospliate préparé avec une phdsphorite 
du Lot. Une certaine portion de l'acide [ihos|)hoii({ue primitivement soluble dans 
le citrate d'ammoniaque y était devenue insoluble avec le temps. 

Les cliiraistes et les agriculteurs connaissaient dt-jà la rétrogradation de l'acide 
phosphorique soluble dans l'eau. Il s'agit maintenant d'une rétrogradation de 
l'acide phosphorique soluble dans le citrate d'ammoniaque. 

Le fait signalé par M. Millot ne peut être contesté Je l'ai constaté un certain 
nombre de fois, tant sur des superphosphates fabriqués avec des phosphorites du 
Lot que sur ceux obtenus au moyen des phospliorites de la Bourgogne. 

Depuis cette époque, M. Jaille, fabricant d'engrais à Agen, a signalé le même 
fait dans une lettre adressée à AL Barrai, qui l'a publiée dans le numéro du l" fé- 
vrier du Journal de l'AgricuUure. Cette lettre a soulevé dans la presse agricole 
une discussion qui n'a guère éclairé la question. 

La nouvelle rétrogradation n'est pas sans gravité, car elle ne manquera pas 
d'amener entre vendeurs et acheteurs des ditïiculiés analogues à celles que pro- 
duisait autrefois la rétrogradation de l'acide phosphorique soluble dans l'eau. 

L'adoption du citrate d'ammoniaque alcalin comme dissolvant des phosphates 
immédiatement assimilables avait coupé court à tous ces embarras et donné une 
légitime satisfaction aux deux intérêts qu'il s'agissait de concilier. 

Pourquoi donc ce procédé, bon jusqu'ici, cesse-t-il de l'èire? Pourquoi la solu- 
bilité des superphosphates dans le citrate d'ammoniaque diminue -t-elle avec le 
temps, tandis que j'avais constnté dans mes recherches publiées en 1873 un phé- 
nomène diamétralement oppjsé? 

La raison en est très simple Jusqu'à ces dernières années, on n'avait employé 
à la fabrication des superphosphates que des phosphates naturels peu charges de 
fer et d'alumine et d'une richesse élevée en pliospiiate de chaux. Les phosphates 
riches étant devenus rares, certains fabricants ont cru pouvoir les remplacer par des 
phosphates plus pauvres, et, par conséquent, plus cjiargés de matières étrangères 
parmi lesquelles l'oxyde de fer et l'alumine tiennent une place importante. Il en 
est résulte beaucoup d'inconvénients et entre autres celui de la nouvelle rétrogra- 
dation qui vient d'être signalée, 

C'est évidemment àl'iijlluence des sesquioxydes qu'il faut attribuer le phéno- 
mène, mais il reste à déterminer exactement la nature des transformations dont il 
est la résultante. 

Pour y parvenir, j'ai fait quelques expériences que je crois ulile de mettre sous 
les yeux de l'Académie. 

Il était tout d'abord indispensable de bien constater la réalité du fait et d'en 
mesurer la portée. Pour cela, j'ai préparé un a>sez grand nombre de superphos- 
phates dans des conditions bien déterminées, et je les ai soumis à des analyses 
successives. Il me suffira d'en citer un seul exemple pour bien lixer le terrain sur 
lequel la discussion est engagée. 

En décembre 1876, on a pris un phosphate du Lot qui avait donné à l'analyse 
la composition suivante : 

Acide phosphorique 26.070 

Chaux 30. 7,i8 

Oxyde do fer (Ke^CP) .S. 330 

Alumine U.OOJ 

Silice, humiilité, aciJe carbonique el divers 26.842 

Total 1 OU. 000 

On l'a traité par deux quantités différentes d'acide sulfurique à 53° : 1" par 
66.40 pour 100; 2» par 52.85 pour 100. 

Dans le premier cas, l'acide sulfurique pouvait saturer toute la chaux, excepté 
un demi-é([uiva!enl ; dans le second, il devait laisser intact un étjuivaleat entier 
de chaux pouvant lorraer du phosphate muno-calcique avec l'acide phosphorique. 
L'analyse des produits faite deux jours après a donné : 

N" 1. iV î. 

Acide phosphorique tot.il 0/0 I.i. 879 0;0 du total 17.o38 ilu total 

d» solulile daos le citrate. . . 11.270 70.97 11.100 63.29 
A' d» dansl'cau 10.310 64.93 8.880 .M. 77 

1. Mémoire présenté à l'Académie des sciences dans sa séance du 23 juin dernier. 



136 SUR LA RÉTROGRADATION DES SUPERPHOSPHATES. 

On remarquera tout d'abord que dans le n° 2, la proportion d'acide phospho- 
rique rendu soluble dans l'eau n'est guère que la moitié du total, Lien que l'acide 
employé lût théoriquement en quantité suffisante pour le rendre entièrement 
soluble, si le pliosphate traité n'avait pas contenu de sesquioxydes. 

Dans le n" 1, bien que la quantité d'acide ait excédé de un demi-équivalent la 
dose nécessaire pour obtenir le même résultat, on est à peine arrivé à solubiliser 
les deux tiers de l'acide phosphorique total. 

Les sesquioxydes se sont donc tout d'abord emparés d'une certaine portion 
de l'acide sulfurique pour faire des sulfates de fer et d'alumine qui, réagissant 
immédiatement sur le phosphate acide de chaux produit eu même temps, ont 
déterminé la formation de phosphates de sesquioxydes; aussi la solubilité dans le 
citrate d'ammoniaque est-elle sensiblement plus élevée que la solubilité dans 
l'eau. JNIais dans les deux cas, il reste une partie importante de l'acide phospho- 
rique à l'état insoluble, parce que l'acide employé par les sesquioxydes qui sont 
enirés en combinaison a manqué pour l'attaque complète du phosphate tribasique 
de chaux. 

Tout naturellement, la partie inattaquée est d'autant plus forte que la propor- 
tion d'acide a été plus faible. 

Cependant, la masse est restée en pâte molle dans le n" 1 et en pâte un peu 
plus ferme dans le n" 2. 

Pour dessécher immédiatement ces produits, on a mélangé une partie de 
l'échantillon avec 10 pour 100 de craie pour le n" 1 et 5 pour 100 pour le n" 2. 
La masse est encore restée pâteuse sous le pilon, mais au bout de deux heures 
environ, elle avait fait prise et on a pu la pulvériser. On a ainsi obtenu deux' 
nouveaux échantillons qui ont été immédiatement analysés. Je les désigne par les 
n'" 1 bis et 2 bis. 

N* 1 his. N" 2 bis. 

Acide phosphorique total 0(0 lo.lGS 0/0 du total 16.600 O'O du total 

d° solutdedansle ciliate.. 9.243 60.93 8.880 .^3.49 

d° d° dans l'eau 4.700 31.12 5,994 315. 10 

Comme on devait s'y attendre, l'addition de la craie a fortement diminué, dans 
les deux cas, la solubilité dans l'eau. Mais, ce qui était alors plus sur|)renant, la 
solubilité dans le citrate était aussi descendue de 10 pour lOù environ dans les 
deux produits. Une simple addition de craie avait donc déterminé les deux rétro- 
gradations! 

Les quatre échantillons furent enfermés dans des flacons imparfaitement bou- 
chés pour se rapprocher des conditions industrielles et conservés afin de pouvoir 
juger des modifications que le temps pourrait leur apporter. 

Le 9 mai dernier, c'est-à-dire après deux ans et quatre mois, on a réexamin'' 
ces produits. Les n" 1 et 2, restés en pâte plus ou moins molle, s'étaient peu à 
peu desséchés et formaient une matière dure et cornée, difficile à pulvériser. Les 
n"' 1 bis et 2 bis s'étaient légèrement repris, mais sont retombés en poudre au 
moindre contact. 

L'analyse a donné les résultats suivants : 

N" I. V 2. 

Acide phosphorique total 17 .299 OjO du total 19.334 0)0 du total 

d° soluble dans le citrate... 14.368 8:i.0:) 11 ]'J3 57.88 

d" d° dans l'eau 5.2')7 30,39 7.536 38.97 

?>" I l,ix. N- 2 bis. 

Acide phosphorique total 16.451 0,0 du total 18.316 0/0 du total 

à' soluble dans le citrate... 7.123 43.26 8.318 45 41 

d» d" dans l'eau 3.392 20.61 3.731 20.36 

La rétrogradation de l'acide phosphori |ue soluble dans l'eau s'est fortement 
accentuée avec le temps dans les quatre échantillons. Cependant, ainsi que l'avait 
déjà constaté AL Mibot, elle a été moins forte dans les produits qui avaient reçu 
la moindre quantité d'acide. 

Si, en eflet, nous rapprochons les pourcentages obtenus, nous arrivons aux 
résultats suivants : 

N- 1. In- 2. 



Acide phosphorique 

soluble dans l'eau 

0/0 du total. 



(forte dose d'acide), (faible dose d'acide). 
Après la préparation. .. ,. 64.93 51.77 

Après 28 mois 30.39 38.97 

Rétrogradation 34.54 12 80 



SUR LA RÉTROGRADATION DES SUPERPHOSPHATES. 137 

A l'inverse, ainsi que je l'avais déjà constaté antérieurement, la solubilité dans 
le citrate a augmenté dans Je produit le plus chargé d'acide, mais elle a diminué 
dans le n» 2. 

-N' 1. N" 2. 

Acide phosphorique ( Après la préparation 70.97 63.29 

soluble dans le citrate] Après 28 juurs 83.0.5 hl . 88 

0/0 du total. ) Augmentation 12.08 Diminution. 5.41 

La rétrogradation de l'acide phosphorique soluble dans le citrate ne s'est donc 
produite, malgré la présence de fortes proportions de sesquioxydes, que dans le 
superphosphate qui n'avait pas reçu une quantité suffisante d'acide, et encore 
a-t-elle été assez peu prononcée. Mais il n'en est plus de même si l'on considère 
les superphosphates additionnés de craie. Nous trouvons en effet : 

N- 1 . N" 2. 

... , , . ; Après la préparation 70.97 63.29 

Acide phosphorique . addition de craie... 60.93 63.49 

soluble dans le citrate „ 28 mois 43.26 45 41 

0/0 du total , , . . . . 

l Rétrogradation totale 27.71 17.88 

La rétrogradation est plus prononcée dans le n" 1 que dans le n° 2, mais on se 
souvient que la dose de craie ajoutée était de 10 pour 100 au n" 1 et de 5 pour 
100 seulement au n° 2. 

On peut déjà conclure de ces observations que la nouvelle rétrogradation ne se 

produit que dans les superphosphates préparés avec des quantités insuffisantes 

'd'acide et qu'elle est d'autant plus prononcée que la proportion d'acide est plus 

faible, car l'addition de la craie revient, en définitive, à diminuer après coup la dose 

d'acide d'abord introduite dans le produit. 

Or, c'est précisément le cas le plus général des superphosphates du commerce 
préparés avec des piiosphates chargés de fer et d'alumine. Si, en effet, on ajoute 
à ces phosphates une quantité d'acide suffisante pour obtenir les résultats du n" 1 
ci-dessus, la masse reste pâteuse et n'est pas vendable. On est donc forcé de dimi- 
nuer l'acide, ce qui ramène au cas de l'échantillon n" 2. 

M. Millot a terminé son remarquable Mémoire sur la rétrogradation de l'acide 
phosphorique soluble dans l'eau ' en donnant aux fabricants le conseil d'employer 
la craie pour sécher les superphosphates qui sont pâteux. 

Ce conseil a été entendu, car j'ai depuis rencontré bon nombre d'échantillons 
de super|>hosphates faisant légèrement effervescence avec les acides et contenant 
par consé(jucnt un certain excès de carbonate de chaux évidemment ajouté après 
coup. On obtient ainsi des produits très secs et sans en abaisser fortement le 
titre total, car il suffit en général de 5 à 10 pour 100 de craie pour atteindre au 
résultat désiré. ^Nlais, par contre, on provoque la rétrogradation de l'acide phos- 
phorique assimilable (soluble dans le citraie^, ainsi que l'établissent nettement 
les exp'-riences que je viens de citer. 

Ces faits étant bien constatés, il importe de se rendre compte des phénomènes 
chimiques dont ils sont la conséquence et, pour cela^ j'ai entrepris une nouvelle 
série de recherclies dont voici les résultats. 

J'ai préparé divers phusphales de fer et d'alumine que j'ai ensuite essayés au 
citrate d'ammoniaque dans les conditions mêmes que j'ai décrites pour l'essai des 
superphosphates ^, et j'ai ainsi constaté : 

1° Que tous les phosphates d'alumine, même les plus basiques que j'aie pu 
obtenir, se dissolvent entièrement ou pres((ue entièrement. 

2' Que les phosphates de sesquioxyde de fer sont, en général^ moins solubles, 
ainsi que" l'avait déjà constaté M. Millot, et d'autant moins solubles qu'ils sont 
plus basi([ues. 

3° (^u'en ajoutant à la solution de citrate d'ammoniaque une petite i(uantité de 
sulfhydrate d ammoniaque (5" dans chaque essai), les phosphates de fer, même 
les plus basiques, deviennent tous entièrement solubles aussi bien que les phos- 
phates d'alumine. 

J'ai alors essayé plusieurs superphosphates rétrogrades, en ajoutant du sulfhy- 
drate d'ammoiiia([ue dans les essais, afin d'atteindre sîirement les phosphates de 

1. Annales asro/ioHiKyut's, tome I". page 488. 

2. Voir mon Mémoire sur l'assiniilahilité des superphosphates {Hoiiileur scienlifiiiua du docteur 
Ouesneville, page 563, année 1873, ouïe Bulklin de la Société des agriculteurs de l'rance, tome IX, 
page 314, deuxième semestre 187(i). 



138 SUR LA RÉTROGRADATION DES SUPERPHOSPHATES. 

fer et d'alumine que le citrate seul ne dissolvait pas. A ma grande surprise, l'essai 
fait dans ces nouvelles conditions n'a donné que des résultats très l'aibleraent 
supérieurs à ceux que fournissait le citrate seul. 

Il devenait dès lors impossible d'admettre que la rétrogradation de l'acide phos- 
phorique assimilable résultât de la formation de phosphates basiques de fer et 
d'alumine, comme je l'avais supposé d'abord. 

J'ai alors pensé que l'acide phosphorique libre ou les phosphates acides de fer 
et d'alumine n'étaient jjas les seuls produits sur lesquels l'oxyde de fer et l'alu- 
mine pouvaient réagir Je me suis demandé quelle devait être leur influence sur le 
phosphate acide de chaux et sur le phosphate bicalcique. 

Pour m'en rendre compte, j'ai fait agir les sesqiiioxydes sur ces produits aussi 
pur§ que possible et dans les deux cas j'ai constaté une importante formation de 
phosphates de sesquibases. 

Pour obtenir une action rapide, on a mélangé les produits avec de l'eau et on 
les a maintenus pendant trois jours à une température voisine de lOû" en rem- 
plaçant fréquemment l'eau évaporée. On a ensuite laissé la masse se dessécher 
complètement, et on a analysé les produits. Voici les résultats obtenus : 

1° Phosphate acide de chaux pur, entièrement soluble dans l'eau, 

et par conséquent dans le citrate 4 grammes. 

Alumine en gelée 50 — 

Essai de la masse sèche. 

Acide phosphorique total pour 100 47.64 

Soluble dans le citrate d'ammoniaque 33 03 

Insoluble 14.61 

L'acide phosphorique a donc rétrogradé dans la proportion de 30. 66 pour 100 
du total. 

2° Phosphate bicalcique pur entièrement soluble dans le citrate... 2 grammes. 

Alumine en gelée 30 — 

Essai de la masse sèche. 

Acide phosphorique total 40.6,')2 

Soluble dans le citrale 56.3(iO 

Insoluble 14.292 

Rétrogradation 35.1b pour ICO. 

3" Phosphate acide de chaux pur , 2 grammes. 

Hydrate de sesquioxyde de fer sec 4 — 

Essai de la masse sèche. 

Acide phosphorique total 19 373 

Soluble dans le citrate 12.227 

Insoluble 7 . 14(i 

Rétrogradation 36.88 pour 100. 

4° Phosphate bicalcique pur 2 grammes. 

Hydrate de sesquioxyde de fer sec 4 — 

Essai de la niasse scclic. 

Acide phosphorique total 18.42 

Soluble dans le citrate 13.339 

Insoluble 5.081 

Rétrogradation 27.58 pour 100. 

II est donc certain que l'oxyde de fer et l'alumine peuvent, non seulement, 
entrer en combinaison directe avec l'acide phosphorique libre, mais encore qu'ils 
peuvent réagir sur le phosphate acide de chaux et sur le phosphate bicalci(iue et 
leur enlever une partie plus ou moins importante de leur acide phosphorique. 

Mais alors, que devient la chaux jirimitivement combinée avec l'acide phospho- 
ricjne dont s'emparent les sesquioxydes '? 

Dans son Mémoire déjà cité, M. Millot a constaté une réaction des sesquioxydes 
sur le phosphate acide de chaux, produisant des phosphates de sesquioxydes et 
du phosphate bicalcique. 

Cette réaction peut être exprimée par l'équalion suivante : 

(1) 6(CaO,2HO,PhO^)-)-M-Û' = 2(2CaO,HO,PhO')-t-.M-û',2PhO' + 10HO. 

Il est bien évident qu'au lieu d'un équivalent de sesquioxyde, on peut en faire 
intervenir deux ou plus, et qu'alors on aura des phosphates de sesquioxydes de 
plus en plus basiques. 

Mais on ])eut concevoir une réaction plus complète d'où résulterait du phos- 
phate tricalcir[ue, ainsi que l'indique l'équalion suivante : 

(2) 3(CaO,2HO,l'hU') + M-Û ' = 3CaO,PbO- + M:0',2PbO!' + 6110. 

Je n'ai pas besoin d'ajouter que dans les deux cas, l'eau mise en liberté se fixe 
sur les phosphates de sesquioxydes qui restent toujours hydratés. 



SUR LA RKTROGRADATION DES SUPERPHOSPHATES. 139 

Avec le phosphate bicalcique, une seule réaction est possible, c'est la suivante 

(3) 3C2CaO,HO,PhO') + M-0"' = 2(:jCaO,PliO") + M^O^'^PhO^ + 3H0. 

Il se formerait donc du phosphate tribasique de chaux et du phosphate plus ou 
moins basique de sesquioxyde. 

La production du pliosphate tribasique de chaux aux dépens des pliosphates 
mono et bicalcique expliquerait complètement les phénomènes de rétrogradation 
constatés; car le phosphate tricalcique, même de récente formation, est peu soluble 
dans le citrate d'ammoniaque dans les conditions de l'essai. 

Dans mon Mémoire de 1873, j'ai montré que le phosphate tribasique de chaux 
se laisse d'autant moins dissoudre par le citrate d'ammoniaque qu'il est plus sec. 
Les essais que j'avais faits à cette époque m'avaient donné les chiffres suivants : 

Acide phospliorique Soluble dans le Soluble 

0,0 du produit. citrate o/O du total. 

0/0 du produit. 

Phosphate tribasique précipité à froid 

et à peine séché 2/i.00 9.55 39.75 

Phosphate tribasique précipité à l'é- 

bullition et séché à 100" 40.31 5.29 13.20 

Le même calciné 44 36 traces traces 

Dans les superphosphates commerciaux, la dessiccation ne va jamais aussi loin 
que la calcination, bien que les phosphates de sesquioxydes qui s y forment peu à 
peu, s'emparant de l'eau disponible pour s'hydrater, déterminent la dessiccation 
progressive de la masse. Mais en admettant même que le phosphate tribasique 
Formé conserve dans ces produits sa solubilité maxima, on comprendrait encore 
la rétrogradation puisque l'acide phosphoiique qui s'y trouve engagé, après avoir 
été entièrement soluble dans le citrate, ne le serait plus que pour les kO centièmes 
environ de sa masse. 

Il est donc fort probable que la rétrogradation signalée résulte de l'action lente, 
au sein d'une masse humide, des sesquioxydes sur le pliosphate acide de cliaux et 
sur le piiospliate bicalcique d'où résultent des phosphates de sesquioxydes et du 
phosphate tribasique de chaux, beaucoup moins solubles dans le citrate que leurs 
générateurs. 

Les faits que je viens d'exposer rendent cette hypothèse très vraisemblable, 
mais il me reste à démontrer qu'elle est bien réellement l'expression de la vérité. 

Pour m'en assurer, j'ai cherché à constater par l'expérience l'existence du phos- 
phate tricalcique de récente formation dans les résidus insolubles dans le citrate 
d'ammoniaque. 

Pour cela, j'ai eu recours à l'action de l'acide acétique qui dissout assez bien 
le phosphate tricalcique de récente formation et ne dissout pas les phosphates de 
fer et d alumine, ainsi que l'a reconnu M. Millot. 

Après avoir traité le produit à examiner par le citrate d'ammoniaque, on a lavé 
à l'eau le résidu insoluble dans ce réactif, jjuis on l'a mis en digestion avec de 
l'acide acétitfiie à 8". Un a filtré et lavé avec de l'eau acétique au dixième jusqu'à 



ce que l'eau de lavage ne donnât plus la réaction de la chaux. Le liquide obtenu a 
' ,é rapproclié et on y a dosé l'acide phospliorique et la chaux. 
Il me paraît inutile de reproduire les détails des expériences faites. Il me suffira, 



je pense, daflirmer que, dans tous les cas, j'ai trouvé l'acide phosphorique et la 
ciiaux dans le rapport de 71 de l'un pour 84 de l'autre, ou à très peu près. C'était 
donc bien du pliosphate tribasique de ciiaux qui se trouvait dans ces résidus. 

L'acide acétique pouvant dissoudre faiblement certains phosphaies naturels, 
lorsqu'on opère sur des superphosphates commerciaux, on peut se demander si le 
phosphate tribasique enlevé au résidu insoluble dans le citrate n'est pas précisé- 
ment celui qui a échappé dès le début à l'action de l'acide sulfurique. 

Ce doute ne pouvait èlre admis pour la plupart de mes essais, car la quantité 
d'acide |)hosp]iorique ainsi trouvée dans les produits rétrogrades dépassait de 
beaucou]) le quaiiliun resté insoluble dans le citraie avant la rétrogradation. 

Mais, dans le cas des expériences citées plus haut, où la totalité de l'acide phos- 
pliorique était jirimitivement solul)le dans le citrate, puisque c'étaient des phos- 
phates mono ou bicalci(jue purs, aucun doute no peut subsister. 

Or, voici les résultats obtenus dans l'analyse du produit n" 2 : 

Acide phosphorique soluble dans le citrate 26.360 

Acide phosphorique soluble dans l'acide acétique après l'action du citrate.. l'i.449 
Acide phosphorique resté insoluble dans le résidu 1 . 843 

Total 40.652 



140 SUR LA RÉTROGRADATION DES SUPERPHOSPHATES. 

Dans la solution acétique, on a trouvé : 

Chaux.... 14.10 

Pour faire du phosphate tribasique avec 12,449 d'acide phosphorique, il faut 
14.78 de chaux. On peut donc conclure sans crainte d'aucune erreur que sur les 
14.292 pour 100 d'acide phosphorique ayant rétrogradé sous l'influence de l'alu- 
mine, 12.449, c'est-à-dire les 85 centièmes étaient passés à l'état de phosphate 
tricalcique. 

On a fait aussi à titre de contrôle l'analyse du résidu laissé par l'acide acétique. 
Il avait retenu : 

0/0 du produit analysé. 

Acide phosphorique 1 . 843 

Oxyde de fer 0.439 

Alumine 4 .982 

Chaux 0.000 

Le fer provenait d'une légère impureté de l'alumine employée. Il n'y avait pas 
de chaux. L'acide phosphorique échappé à la dissolution par le citrate et l'acide 
acétique était donc dans le résidu sous forme de phosphates basiques de fer et 
d'alumine, mais on voit combien la proportion en est peu importante. 

Conclusions. 

1° Les superphosphates, même très chargés de fer et d'alumine, lorsqu'ils on 
été préparés avec une quantité suffisante d'acide, ne subissent pas la rétrograda- 
tion de l'acide phosphorique assimilable, mais ils restent le plus souvent à l'état 
pâteux. 

2° Lorsque la dose d'acide a été réduite et que l'attaque est incomplète, la 
masse se dessèche mieux, mais l'acide phosphorique assimilable subit une rétro- 
gradatio'j par suite de l'action des sesquioxydes sur les phosphates mono et 
bicalcique primitivement formés d'où résulte une formation de phosphate trical- 
cique et de phosphates de fer et d'alumine plus ou moins basiques. 

3° L'addition aux superphosphates de craie ou de plâtre contenant du carbo- 
nate de chaux détermine immédiatement le même phénomène dont l'intensité 
s'accentue ensuite de plus en plus avec le temps. H. Joulie. 

UTILE DULCI. 

Si je venais vous proposer un excellent moyen pour détruire la 
courtilière, la limace, le mulot qui dilapident vos récoltes, ou le cha- 
rançon qui fait le vide dans ^os tas de blé, ou la fouine qui dépeuple 
vos colombiers, ou un quelconque de ces adversaires innombrables de 
la propriété qui désolent la culture, n'est-il pas vrai, lecteur, que vous 
me prêteriez une oreille attentive? 

Si je vous faisais part d'une méthode expéditive et économique 
pour faucher vos récoltes ou pour cueillir vos fruits, il est vraisem- 
blable que celte communication recevrait un accueil aimable dans la 
très nombreuse clientèle de ce journal. 

Eh bien, je viens vous faire un véritable cadeau, en vous divul- 
guant ici un procédé perfectionné pour la destruction des renards qui 
emportent vos poules, des loups qui dérobent vos moutons, des san- 
gliers qui ravagent vos pommes de terre, et, en même temps, pour 
l'agréable cueillette des lièvres, des perdreaux et des cailles que vous 
avez nourris sur votre sol. Ce sera, suivant le précepte d'Horace, 
mêler l'utile à l'agréable, ulile dulci. 

Ces quelques mots d'introduction serviront de passeport à un 
article qui, pour être plus spécialement du ressort de la presse cyné- 
gétique, ne fera pas moins bonne figure dans un organe de publicité 
qui compte parmi ses abonnés une épaisse phalange d'hommes qui 
trouvent dans la vie des champs la double source de leur subsistance 
et de leurs plaisirs. 

C'est à ceux de mes lecteurs qui sont en même temps mes confrères 



UTILE DULCI. 141 

en saint Hubert, que je dédie cette communication. Je la leur offre en 
guise d'étrennes, à rapproche du premier de l'an des chasseurs, quel- 
ques semaines avant l'ouverLure des hostilités, dans un moment où 
déjà les plus fervents disciples de Nemrod commencent à émailler 
leurs conversations et des récits de la chasse passée et des perspec- 
tives de la chasse future. 

Les lièvres ont prospéré exceptionnellement; on le dit, du moins. 
Les perdreaux promettent d'abonder, grâce aux fauchaisons tardives. 
C'est le cas de se mettre en mesure. Fourbissez donc vos armes, sur- 
veillez vos chaussures et préparez vos guêtres, messieurs. Pour moi, 
je veux vous aider à faire de bonnes cartouches. 

Quand la poudre des Princes se vend presque 20 fr. le kilog., si 
je vous indique le moyen de diminuer d'un gramme le poids de la 
charge, en obtenant un meilleur groupement des plombs, une portée 
plus grande et une pénétration plus profonde, je ne contribuerai évi- 
demment pas à la conservation du gibier, mais j'avoue que cela m'est 
égal, parce que la conservation du gibier me semble dépendre d'une 
législation rationnelle. Le rcugiboyement de nos chasses n'aura lieu 
que quand nos législateurs le voudront. En attendant qu'ils le veuil- 
lent, occupons-nous de tuer le plus commodément possible le peu de 
gibier qui existe sous l'empire de la loi du 5 mai 1844. 

La modification que je propose pour la charge de l'arme réside dans 
la bourre. Tout le secret du procédé consiste à cirer la bourre. 

Les lecteurs qui ont parcouru l'album Galand ne vont pas manquer 
de dire : « Comment! vous appelez cela une nouveauté? » 

La nouveauté ne consiste pas à cirer la bourre. Elle consiste à ne 
pas la ramener au calibre, à l'aide d'un canif, contrairement au pré- 
cepte de l'aulour, en un mot, à lui conserver soigneusement le volume 
excessif qu'elle a acquis, cette bourre qui s'est imprégnée de cire 
comme une éponge, et qui, du calibre 16, par exemple, est passée au 
calibre 14, sinon au calibre 12. Comme conséquence, il faut charger 
à chaud, il faut ramollir la bourre pour la faire pénétrer dans la 
douille, sous peine de déchirer celle-ci. 

Cette déclaration de principe ainsi faite, le moment est venu de 
décrire le procédé. 

On fait fondre sur le feu, dans une casserole en fer battu, de la 
cire jaune. Dès qu'elle est fondue, on y dépose des bourres en feutre. 
Il se j)roduit sur-le-champ une effervescence due au dégagement des 
gaz contenus dans les bourres et que la cire expulse. On retire les 
bourres et on en met d'autres à la place, tant qu'il reste de la cire en 
fusion. Toutes les bourres cirées de la sorte se refroidissent rapide- 
ment et on les met de côté. 

Quand on veut s'en servir, on saisit chacune d'elles au moyen d'une 
petite pince et on la présente successivement sur toutes ses faces à la 
llanimi! d'une bougie. Elle devient molle, malléable, et se laisse 
introduire sans violence dans la douille. On la fait pénétrer à fond, 
jusque sur une bourre en carton préalablement appliquée sur la 
pou(h"e, à l'aide d'un mandrin sur lequel on frappe un coup sec qui a 
pour effet de faire l'user la cire sur les côtés de la bourre et de pro- 
duire une obturation complète. Puis viennent les plombs recouverts 
d'un simple carton, et l'on a ce que vous» ^Uez voir. 

Lorsque la déllagration de la poudre a lieu, la bourre cirée glisse 



U2 UTILE DULCI. 

sur les parois de l'arme sans livrer passage aux gaz, sens permeltre à 
ceux-ci de se mêler aux plombs et d'y semer l'anarchie. La déperdi- 
tion des gaz étant impossible, le coup a plus de force et les plombs 
sont mieux distribués. 

Pendant la dernière campagne, j'ai dû à cette méthode des succès 
ravissants, et mes amis, enchantes eux-mêmes de ses résultats, l'ont 
adoptée irrévocablement. Je la recommande aux chasseurs de sang- 
froid, elle leur permettra de laisser filer le gibier et de viser tranquil- 
lement. Quant aux personnes impressionnables, qui jettent leur coup 
de tout près, au moment où le lièvre jaillit de sa forme, ou quand la 
perdrix s'enlève, pour elles, la question change d'aspect. Ou bien 
elles réduiront le gibier en loques, si elles l'atteignent, ou elles man- 
queront, tant le coup est serré. 

Jadis j'employais 5 grammes de poudre, comme charge d'hiver. 
Aujourd hui, mon maximum est de h grammes, j'ai renoncé au qua- 
druple zéro et le plus gros plomb que j'emploie est du 4. Avec cela, 
on transperce un lièvre de part en part, à 75 pas, ainsi que je l'ai fait 
voir en plusieurs occasions. 

Quant aux sangliers, je ne leur fais plus l'honneur d'une balle. J'ai 
même renoncé, à leur endroit, aux chevrotines de gros calibre. J'en ai 
tué, cette année, avec du plomb moulé, c'est-à-dire avec la plus petite 
variété de chevrotines, de '2ô à 30 par coup, quelque chose comme le 
projectile du pistolet Flobert. J'ai, notamment, fêlé la Saint-Antoine, 
le Ï7 janvier dernier, en tuant, à 45 pas, une laie de 150. De mes 
deux coups elle a reçu 14 projectiles sur 150, soit 28 pour 100, ou 
14 pour 100 par coup; 4 l'ont traversée de part en part, G se sont 
arrêtés sous le cuir, du côté de la sortie, un a traversé l'omoplate, un 
autre a pénétré dans le cœur, un troisième a traversé, dans le sein de 
la mère, un fœtus arrivé au dernier terme de la gestation. 

Ces détails, auxquels je pourrais ajouter le récit de nombreux épi- 
sodes très concluants, ne sont pas superflus. Quoique afférents à un 
sujet qui a une parenté un peu éloignée avec l'agriculture propre- 
ment dite, ils seront accueillis avec un vif intérêt par une partie des 
abonnés du Journal de l'Agriculture, et tolérés, j'en ai la confiance, par 
son directeur, trop intéressé aux succès de ses clients pour ne pas s'y 
prêter, même sur les confins extrêmes de l'agriculture. 

D"' Félix Schneider, 

Correspondant de la Société nationale d'agriculture de France. 

UN BÉLIER MÉRINOS DU SOISSONNAIS- 

Le Soissonnais, comme on sait, est un des principaux centres de 
production des mérinos précoces, dits mérinos sans plis, perfectionnés 
à la fois au point de vue de l'aptitude à la viande et de celle à la laine. 
Leurs qualités particulières, aujourd'hui reconnues par tous les obser- 
vateurs compétents et impartiaux de l'Europe, spécialement par ceux 
de l'Allemagne, ainsi que notre collaborateur M. Sanson l'a ftiit voir 
à plusieurs reprises, ont été trop souvent décrites dans ce /oi^rHo/ pour 
qu'il soit nécessaire d'y revenir. Une des meilleures preuves qui puis- 
sent être fournies du degré de perfectionnement auquel sont parvenus 
les troupeaux de ce centre de production du Soissonnais, sous le 
double rapport de la régularité de la conformation des sujets qui les 
composent et des qualités de leurs toisons, résulte de ce qui se passe 
depuis plusieurs années dans les concours de la région. 



UN BÉLIER MÉKIN03 DU SOISSONNAIS. 



143 



11 y a là un groupe de cinq ou six éleveurs de béliers, dont la loca- 
tion pour faire la lutte dans les troupeaux communs de cette région ne 
produit pas moins d'une trentaine de raille francs chaque année à 
chacun de ces éleveurs. Celamontre l'iraporlance de cette industrie, dont 
quelques admirateurs exclusifs des animaux anglais paraissent disposés 
à faire si peu de cas. Chaque année, au concours régional, ces éleveurs 
se disputent le premier rang; et ce n'est pas une tâche facile pour le 
jury, dont la compétence ne saurait être mise en doute, d'assigner ce 
premier rang. Le perfectionnement est tellement général et arrivé à un 
tel point, que les béliers exposés ne se peuvent guère distinguer que 
par de faibles nuances. Il s'en suit qu'on voit alternativement tous les 
éleveurs prendre la tête. Cela dépend des bonnes chances de l'indivi- 
dualité, qui seprésentent tantôt dans un troupeau, tantôt dans l'autre, 
tous étant conduits avec une égale supériorité. 

Cette année, au concours régional de Lille, ces bonnes chances se 
sont prononcées en fave'ur du troupeau de M. Paul Bataille, de Passy- 
en-Valois (Aisne). Le bélier qu'il a pu exposer et qui lui a valu le pre- 
mier prix était irréprochable sous tous les rapports. Nous en donnons 




Fig. 9. — Bélier mérinos exposé par M. Bataille, 1" prix au concours régional de Lille en 1879. 

un dessin (fig. 9) qui permettra d'en juger; il a été fait sur une pho- 
tographie exécutée d'après nature. Par la brièveté du cou, par la lon- 
gueur du corps, par la rectitude de la ligne du dos et le parallélisme 
de celle de la poitrine et du ventre, par la largeur et la correction de 
la base de sustentation, par la brièveté des membres et la finesse rela- 
tive de la tête et des cornes, enfin par l'absence complète de plis à la 
peau du cou, on voit clairement qu'il s'agit là d'un sujet admirable- 
ment conformé. Il est facile de voir aussi que l'ampleur de son corps 
n'est point due à celte couche épaisse de graisse dont on constate la 
présence sous la peau de beaucoup de moutons anglais. Ici ce sont les 
formes du squelette et celles des masses musculaires qui l'entourent 
qui commandent la conformation générale et qiu assurent un rende- 
ment élevé en viande. 

Huant à la valeur de la toison, le dessin n'en peut donner aucune 



144 UN BÉLIER MÉRINOS DU SOISSONNAIS. 

idée. Mais on sait que les toisons du Soissonnais se distinguent parla 
finesse, la longueur et surtout le nerf de leur brin, qui leur assurent 
une plus-value incontestée. On trouvera d'ailleurs une élude appro- 
fondie sur ce sujet dans les recherches de M. Sanson sur les toisons 
des mérinos précoces, qui ont été publiées dans les Mémoires de la 
Société nationale d'agriculture de France pour l'année 1875. 

Henry Sagnier. 

SUR LE TRAITEMENT, PAR LA SUBMERSION, DES VIGNES 

ATTAQUÉES PAR LE PHYLLOXERA'. 

Jusqu'à présent j'avais affirmé que dans une vigne, qui avait été 
convenablement submergée, il ne restait pas un seul phylloxéra vivant. 
En soutenant celte affirmation, je m'appuyais sur plusieurs années 
d'observations faites avec le plus grand soin et de la meilleure foi. Je 
viens aujourd'hui avouer franchement que je m'étais trompé. 

A la suite de nouvelles recherches que je viens de faire celte année, 
depuis le 25 mai jusqu'à ce jour, quelques-unes de ces recherches 
ayant été opérées conjointement avec M\I. Foé'x et Marion, il a été con- 
staté que dans mon vignoble de Mas de Fabre, qui a subi, l'automne der- 
nier, une submersion de cinquante jours consécutifs sans la moindre 
interruption, du G novembre au 25 décembre, il était resté quelques 
phylloxéras. Le nombre de ces survivants doit être des plus restreints, 
puisque le premier jour qu'il en a été découvert, le 4 juin, trois sujets 
jeunes seulement, dont un ayant encore son habit d'hiver, ont été 
trouvés. Nous étions cinq à chercher, et deux hommes fouillaient le 
terrain ; nos recherches ont eu une durée de cinq heures, et ont porté 
sur les racines de treize souches; sept de ces souches avaient été arra- 
chées complètement. Le même jour, ayant donné un seul coup de pio- 
che dans une jeune vigne non traitée et située à une courte distance 
de mon vignoble, nous avons trouvé de nombreux insectes en pleine 
voie de multiplication. 

Les jours suivants, du 5 au 9 juin, j'ai visité plusieurs propriétés de 
l'Hérault et du Gard. Là oii la submersion a été bien faite, il ne m'a 
pas été possible de trouver un seul phylloxéra. J'en ai trouvé assez f;i- 
cilement dans les vignes traitées au sulfocarbonate de potassium et au 
sulfure de carbone, et j'en ai vu de grandes quantités dans les vignes 
qui ne sont soumises à aucun trailement. 

Les secondes recherches fructueuses ont encore eu lieu dans mon 
vignoi:»le, le 2 juillet; elles ont été faites par M. Lieutaud, moniteur 
chef du Comité P.-L.-M., représentant M. Marion, et par mon neveu et 
moi ; elle ont duré depuis une heure jusqu'à six heures du soir, et ont 
porté sur huit souches complètement arrachées. Il n'a pas été vu d'in- 
sectes isolés, mais il a été trouvé un nid, un seul, contenant une mère 
pondeuse, des jeunes et des œufs. 

Enhn, ayant eu la visite de M. Foëx, nous avons fait de nouvelles 
recherches, et nous avons constaté que les phylloxéras sont plus faciles 
à trouver qu'il y a dix jours; c'est naturel, nous sommes arrivés à l'é- 
poque ordinaire des réinvasions ou réapparitions du mois de juillet. 
Dans le vignoble du Mas de Fabre, l'insecte est cependant encore 
assez rare : il faut bien chercher pour dénicher un phylloxéra ; je le 
trouve en plus grand nombre dans les vignes traitées par le sulfure de 

1. Letlre à M. Dumas, secrétaire perpétuel de l'Académie des sciences. 



SUR LE TRAITEMENT DES VIGNES PAR LA SUBMERSION. 145 

carbone et par le sulfocarbonate de potassium, et en très grand nombre 
dans les vignes n.n traitées. 

En faisant les reclierches dont je viens de parler, j'ai remarqué que 
cette année-ci, probablement par suite de la longueur de Tbiver, des 
pluies copieuses qui sont tomljées et du manque de clialeur dans le 
courant des mois d'avril et de mai : 1° l'Iiibernation des pbylloxeras 
a duré au moins trente jours de plus qu'eu temps ordinaire ; 2° cette 
prolongation du sommeil de l'insecte a été surtout maniléste dans les 
vignes submergées, ce qui nous a permis de trouver un jeune 
pliyUoxera n'ayant pas encore opéré sa première mue, le 4 juin, au 
JMas de Fabre, et un autre insecte, dans les mêmes conditions, a été 
rencontré le 17 juin à Montpellier, par M. Foëx. 

(".elle circonstance d'un retard assez considérable dans le réveil du 
pbylloxera nous sera d'un grand secours pour élucider, avec la plus 
grande cerlilude, un des principaux points de la question que vous 
nous avez chargé d'étudier. 

Le traitement avait épargné l'insecte jeune, n'ayant pas encore mué, 
que nous avons rencontré, le 4 juin, au Mas de Fabre, et celui qui a 
élé vu dans les mêmes conditions le 17 juin, à Montpellier ; l'un et 
l'autre se trouvaient dans une vigne qui avait élé submergée, et ils 
n'avaient cerlainement pas changé de place depuis l'automne dernier. 
II est très probable aussi, vu le retard que l'insecte a éprouvé cette 
année dans son réveil, que la famille ti'ouvée au Mas de Fabre le 
2 juillet, provient aussi d'un insecte ayant échappé au traitement. 

Ces deux faits, le premier surtout, prouvent que le traitement le plus 
énergique, le plus eflicace, laisse toujours échapper quelques phylloxé- 
ras. Après une submersion bien faite, il en restera très peu, moins 
certainement qu'après tout autre traitement, mais il en restera assez 
pour explii|uer h's réap})aritions du mois de juillet. Faut-il voir d'autres 
origines dans les réinvasions de l'été ? Je pense que oui, et j'espère 
pouvoir le prouver. 

L'insecte aptère des racines ne s'est pas encore montré sur le sol; il 
est en retard ihms celle phase de son existence comme dans les autres, 
mais il ne peut tarder à y faire son apparition. Nous le surveillerons, 
et comme nous l'avons vu d'autres fois, nous-le verrons encore, sans 
nul doute, abandonnant les débris de vignes non traitées qui existent 
encore dans les environs du Mas de Fabre et pénétrant dans mon 
vignoble. Le résultat de mes investigations dans cette voie fera l'objet 
d'une seconde lettre que j'aurai l'honneur île vous adresser. 

11 restera à examiner la (|uestiou de Iduif d'hiver. Elle sera pour 
nous très facile à résoudre, n'ayant pu, jusqu'à présent, trouver cet 
reuf dans les vignes de notre région ; mais nous espérons que nos 
collègues du Centre et de l'Ouest seront, sur ce point, plus heureux que 
nous, et que, avant la fin de l'année, l'origine ou les origines des 
réinvasicns on (h\s réap|)aritions du phylloxéra dans les mois de juil- 
let et d'aonl seront snl'lisanimentexpliipiées. 

Bien que ceci soit en dehors de la mission que vous avez bien voulu 
me confier, je crois cependant vous faire plaisir en vous annonranlquc 
mon vignoble, soumis ,ui Iraitemenl de la submersion (k'i)iiis dix ans, 
ne laisse rien à désirer au double i)oint de vue de la vigueur et de la 
production ; les sarments ont de 2 à 'i mètres de long, et mes vignes 
d'Aramon produiront 200 hectolitres de vin à l'hectare. L, Faucon. 



146 UTILISATION DES PETITES SOURCES. 

UTILISATION DES PETITES SOURCES 

ET DES EAUX MÉNAGÈRES RURALES. 

Les eaux provenant des petites sources, ainsi que les eaux ména- 
gères rurales ou eaux d'égout des fermes, des villages et de la plupart 
des établissements agricoles ou industriels, quoique généralement 
excellentes pour l'irrigation, sont, presque partout, tort mal utilisées. 
Très souvent, trop souvent même, au lieu de fertiliser le terrain qui 
les reçoit, elles le stérilisent en le transformant en marécages ou en 
cloaques aussi désagréables à la vue que nuisibles à la salubrité pu- 
blique. 

Faire ressortir l'importance de ces eaux au point de vue de la pro- 
duction agricole nationale, et indiquer les moyens simples et écono- 
miques qui permettent d'en tirer parti, tel est le double but que nous 
nous proposons en écrivant ces notes. Nous nous estimerons heureux 
si nous parvenons à foire partager nos convictions à quelques-uns des 
nombreux propriétaires que celte question intéresse directement. 
I. — Eaux des petites sources. 

Lorsqu'on parcourt les contrées à sol granitique ou schisteux des 
parties montagneuses de la France, telles que le Limousin, l'Auvergne, 
le Morvan, les Vosges, le Lyonnais, etc., on est frappé de l'étendue 
considérable occupée par les prairies naturelles dans tous ces pays. 
Toutes les vallées et la plupart des plateaux y sont, en effet, couverts 
d'immenses tapis de verdure qui donnent à ces anciennes provinces, 
d'ailleurs si pittoresques par leur sol mouvementé et leurs grands bois, 
un admirable caractère de fraîcheur pendant la belle saison, et four- 
nissent l'abondante production fourragère qui fait de l'industrie du 
bétail la principale branche du revenu territorial de ces contrées. 

Cet état de choses, si remarquable à divers égards, s'explique par 
la présence d'innombrables sources qui entretiennent, dans le sol et 
dans l'air, un état d'humidité des plus favorables à la végétation her- 
bacée. 

Presque toutes ces sources ont un débit très faible; beaucoup, 
même, ne sont que des suintements incapables de donner naissance 
au moindre filet d'eau .courante. Les unes sont permanentes avec un 
étiage plus ou moins marqué; les autres tarissent pendant un ou plu- 
sieurs mois, selon leur situation et l'état pluviométrique de l'année. 

La plupart s'épanchent librement; quelques-unes, pourtant, ont 
été l'objet de travaux de captation ou, tout au moins, de direction. 
Les premières ne rendent directement aucun service, et, dans beaucoup 
de cas, sont plus nuisibles qu'utiles. Si leur débit est un peu fort et le 
sol incliné, elles forment autant de ruisselets qui, en se réunissant 
entre eux, à la rencontre des vallées, constituent les nombreux cours 
d'eau, ruisseaux ou rivières, qui sillonnent le pays, sans profiter aux 
surfaces voisines des sources qui leur donnent naissance. Lorsque, 
au contraire, le débit est faible et le terrain plat, la partie de l'eau qui 
ne s'évapore pas immédiatement, imbibe le sol de proche en proche, 
et le rend humide ou marécageux. 

Outre les sources captées ou dérivées pour l'alimentation des fon- 
taines, des lavoirs ou des usines, beaucoup d'autres ont été l'objet de 
travaux ayant pour but de les utiliser à l'irrigation. Ici, au moyen de 
simples rigoles ou canaux, ou dirige le produit de la source sur les 



UTILISATION DES PETITES SOURCES. 147 

points à arroser; là, au lieu d'employer l'eau à mesure qu'elle sort de 
terre, on la recueille dans des réservoirs que l'on ouvre de temps en temps, 
quand ils sont pleins. 

L'emploi immédiat et continu ne donne, et ne peut donner, que des ré- 
sultats incomplets et défectueux. En eftet, les sources dont nous nous 
occupons ayant toujours un débit assez faible, il arrive, même quand 
on en réunit plusieurs ensemble, que l'alimentation de la rigole de dé- 
versement étant insufi! santé, l'eau s'infiltre ou s'évapore avant d'at- 
teindre la plupart des points qu'elle doit humecter : l'arrosage est donc 
incomplet. Mais il y a plus. L'irrigation étant continue, les surfaces 
qui reçoivent l'eau restent constamment humides; le sol se détrempe, 
devient mou, et la végétation des bonnes plantes disparaît pour faire 
place aux herbes aquatiques ou marécageuses, telles que joncs, carex, 
populage, etc. 

Avec les petits réservoirs, ou pêcheries comme on les appelle en Li- 
mousin et dans le Morvan, on évite tous ce^ inconvénients, car alors 
les arrosages sont inlermiltents, et comme l'on dispose d'une grande 
masse d'eau à la fois, on peut la diriger et la faire arriver sur des points 
qu'elle n'atteindrait jamais si son écoulement était constant. D'autre 
part, en séjournant dans la pêcherie, l'eau s'aère et se réchaufTe, ce qui, 
pour beaucoup de sources, est chose très utile, surtout en été. Mais si 
l'emploi des pêclieriespermetd'utiliser complètementl'eau des sources, 
c'est à la double condition que ces réservoirs soient ouverts des qu'ils sont 
pleins et refermés aussitôt vides, condition rarement réalisée dans la 
pratique. 

Kn résumé, les sources qui n'ont été l'objet d'aucun travail de cap- 
tulion ou de direction sont encore les plus nombreuses, et celles qui 
sont 'recueillies dans des réservoirs ou dirigées par des rigoles sont, 
en grande partie, mal utilisées. Or, si l'on compare la production des 
prairies arrosées au moyen de pêcheries bien administrées, à celle des 
prairies voisines ayant même sol et possédant des sources tout aussi 
abondantes et de même qualité, mais s'épanchant librement, on ne 
peut s'empêcher de constater que l'on est 1res loin de retirer de ces 
eaux tous les avantages qu'elles pourraient donner. 

Les seize départements suivants : Ardèche, Aveyron, Cantal, Corrèze, 
Creuse, Dordogne, Loire, Haute-Loire, Lozère, Nièvre, Puy-de-Dôme, 
Hautc-Saùne, Saône-et-Loire, Haute-Vienne et Vosges, qui appartien- 
nent tous aux régions sourcières que nous avons en vue en écrivant ces 
lignes, possèdent, d'après la statistique, près de 1 ,500,000 liectares de 
prairies naturelles, dont la moitié, environ, est arrosée par les sources 
ou les petits ruisseaux qu'elles forment. Si nous admettons qu'un meil- 
leur aménagement des eaux permettrait d'irriguer la moitié des prairies 
sèches, soit 37,5,000 hectares, et, certes, la chose n'a rien de préten- 
tieux ai l'on considère l'énorme quantité d'eau qui se rend dans les 
thalwegs sans être employée; si, disons-nous, un meilleur aménage- 
ment des eaux permet d'augmenter de iî7r),000 hectares la surface ar- 
rosée, en supposant que l'irrigation n'élève le rendement annuel en 
foin que de 1,000 kilog. par hectare, nous aurions un accroissement de 
3,7r)0,000 (juintaux métriques, dimt la valeur, à f) fr. le quintal, 
serait égale à 18,750,000 francs. Cette masse de fourrage repré- 
sente la consommation annuelle de 85,225 têtes de bétail d'un poids 
moyen de 400 kilog. 



148 UTILISATION DES PETITES SOURCES. 

Ces chiffres, tout énormes qu'ils paraissent, sont bien certainement 
au-dessous de la réalité. Or, les Pyrénées, les Alpes, la Bretagne, le 
Bourbonnais, etc., comprennent d'iuimenses surfaces de terrains grani-> 
tiques ou schisteux dans lesquels les petites sources sont nombreuses 
et tout aussi mal utilisées que dans les départements que nous avons 
cités. Nous pouvons donc, sans crainte d'être taxé d'exagération, 
admettre que la production des prairies naturelles des contrées gra- 
nitiques et schisteuses de la France pourrait être augmentée annuel- 
lement de 4 millions de quintaux métriques de foin, valant 
20 millions de fr., par une meilleure et plus complète utilisation de 
l'eau des sources innombrables que possèdent ces contrées. 

D'ailleurs, hâtons-nous de le dire, nous n'attachons à ces chiffres 
que la valeur qu'ils méritent; et si nous les donnons, c'est tout sim- 
plement pour montrer que la question que nous essayons de traiter est 
assez importante pour arrêter l'attention des propriétaires directement 
intéressés, et de toutes les personnes jalouses d'accroître la richesse de 
la France. 

Les sources et les petits ruisseaux auxquels elles donnent nais- 
sance appartiennent à la propriété sur laquelle on les trouve. Chaque 
propriétaire peut donc en disposer librement en respectant, toutefois, 
les droits acquis et les servitudes légales. Celles qui forment directe- 
ment des ruisseaux ne nuisent en rien aux terrains qu'elles traversent. 
Pour les utiliser, il suffit de les capter et de diriger leur produit sur 
les points que l'on veut arroser. Mais il n'en est pas de même des 
autres. 

Non seulement les surfaces qu'elles ijnbibent restent molles et difii- 
cilement praticables pour les hommes ou les animaux, mais encore elles 
produisent peu ou fournissent un foin de mauvaise qualité. Or, le 
nombre des sources- qui appartiennent à cette dernière catégorie est 
considérable, et les surfaces qu'elles transforment en prés humides ou 
marécageux représentent une fraction importante de l'étendue totale 
des prairies naturelles, ainsi qu'on le remarque quand on parcourt les 
terrains engazonnés des départements que nous avons énumérés plus 
haut. 

Sans insister davantage sur la proportion des sources utilisées ou le 
nombre de celles qui, non seulement ne sont pas employées, mais 
encore sont nuisibles par l'humidité permamente du sol qu'elles engen- 
drent, examinons ce qu'il convient de faire, selon nous, pour tirer 
le meilleur parti des unes et des autres. 

Le problème à résoudre est celui-ci: Empêcher les sources cfctrc nui- 
sibles, et uliliser, pour l'irrigation, les eaux quelles fournissent. 

Sa solution comprend donc deux parties bien distinctes, quoique 
étroitement connexes dans une pratique raisonnee, savoir : 1 " /e des- 
sèchement ou assainissement des parties humides; et 2" f irrigation. 

1" Dessèchement. — Le dessèchement a pour but de débarrasser le 
sol de l'eau stagnante qui le rend mou et inq)ropre à la production 
des herbes de bonne qualité. 

11 peut se faire par les procédés ordinaires de drainage; cependant, 
presque toujours, il y a avantage à modifier un peu ces procédés. En 
effet, dans beaucoup de cas, l'humidité de la partie à assainir est due, 
uniquement, à une ou deux sources dont le produit, en s'infillrant 
de proche en proche, atteint des points plus ou moins éloignés de 



UTILISATION DES PETITES SOURCES. 149 

celui de rémergoncc de la source. Dans ces circonstances il suffU, 
pour obtenir l'assainissement, de capter les sources, aux points où 
elles sourdent, et de les dirijjçer au moyen d'un conduit souterrain, 
soit dans le canal de colature, soit au point oîi l'eau peut être utilisée 
pour rirrin;ation. Nous n'insisterons pas davantage sur les méthodes 
de dessèchement, que l'on trouve, d'ailleurs, parfaitement décrites, 
dans tous les traités de drainage. Nous dirons seulement que l'assai- 
nissement doit précéder ou accompagner des travaux, d'irrigation et 
être fait en vue d'employer à l'arrosage les eaux qu'il fournit. 

En vovant l'effet produit par les eaux qui s'écoulent naturellement 
des terrains marécageux, on pourrait craindre que celles qui provien- 
nent du drainage de sols de cette sorte, fussent des eaux aigres ou 
froides, impropres à favoriser la végétation des bonnes plantes. Cette 
crainte ne serait pus fondée, car si les eaux qui sortent des terrains 
marécageux font pousser des joncs et des carex, cela tient tout simple- 
ment à ce qu'elles ont contracté des propriétés nuisibles en séjournant 
(kms un sol couvert de détritus végétaux dont la décomposition donne 
lieu à des réactions chimiques qui dépouillent l'eau de son oxygène et 
d'une partie des autres éléments utiles qu'elle contient à sa sortie de 
terre: Le drainage s'opposant à la stagnation de l'eau, l'empêche de 
subir ces altérations, et, en réalité, c'est de l'eau de source pure que 
le drain déverse à son extrémité inférieure. On doit donc, en établis- 
sant le système d'assèchement, le combiner de manière à rendre facile 
l'emploi de cette eau à 1 irrigation. 

La pente des terrains sourciers étant généralement assez forte, 
l'écoulement des eaux du drainage ne présente aucune difficulté, et, 
dans la plupart des situations, ces eaux peuvent être utilisées à l'arro- 
sage sur la même propriété. Cependant cette possibiliité n'existe pas 
toujours, et bien souvent, dans les pays oi^i les domaines sont morce- 
lés surtout, les eaux nuisibles des parties basses d'un héritage ne 
peuvent être e.nployés que sur l'héritage inférieur. Dans ces circon- 
stances, une entente entre les propriétaires est indispensable pour 
tirer le meilleur parti de la situation. 

En effet, le propriétaire qui draine son domaine a toujours le droit 
d'écouler ses eaux sur les héritages inférieurs, à la condition de les 
jeter dans le thalweg. Or, dans un grand nombre de cas, lassai- 
nissement se ferait tout aussi Itien et tout aussi économiquement si, 
au lieu d'aller s'ouvrir dans le fond de la vallée, le collecteur débou- 
chait sur le tlanc du coteau, à un point oii le propriétaire inférieur 
pourrait utiliser l'eau. Cette combinaison semble facile à réaliser, car 
elle n'exige que l'accord des deux propriétaires intéressés directement. 

On doit donc, avant d'entreprendre le dessèchement des parties hu- 
mides, bien étudier le teriain jjour se rendre compte s'il est possible 
d'utiliser, chez soi, les eaux qui proviendront de cette opération; et 
dans le cas où l'on ne pourrait se servir de ces eaux, s'entendre avec 
le propriétaire inférieur qui peut les employer. 

Une dernière observation au sujet du dessèchement. 

Les parties hautes des lianes des coteaux étant les moins bien 
dotées sous le rapport des sources, il est utile, quand on pratique le 
drainage, de faire déboucher les collecteurs au niveau le plus élevé pos- 
sible, de façon à faire profiter ces parties des bienfaits de l'irrigation. 
{La suite prochainenienl.) Ciiabaneix, 

Profcîsour à l'Ecolt; n;ilionjle d'agriculture do Montyoliier. 



IbO RECHERCHE DE L'ŒUF D'HIVER DU PHYLLOXERA. 

RECHERCHE DE L'ŒUF D'HIVER DU PHYLLOXERA 

DANS L'HÉRAULT 

Depuis trois ans que je suis à la tète du laboratoire d'entomologie 
de l'Ecole d'agriculture de Montpellier, je me suis appliqué à éclaircir 
les deux points les plus obscurs de la biologie du phylloxéra, la ques- 
tion de l'oeut'd'hiver en Languedoc et la résistance de l'insecte à la sub- 
mersion. 

Sans être arrivé à la solution, j'ai fait à ce sujet quelques observa- 
tions qu'il me paraît bon de faire connaître. Me réservant de parler 
postérieurement de la submersion, la question de l'œuf d'hiver sera 
seule traitée aujourd'hui. 

Où le phylloxéra sexué opère-t-il habituellement sa ponte dans nos 
pays? Malgré les recherches les plus actives de MM. Pianchon, 
Lichtenstein, Boiteau, et je puis ajouter, malgré les miennes, la 
question n'est pas encore résolue. 

L'hiver dernier, ayant comme les hivers précédents, consacré de 
longues heures inutiles à cette étude, j'ai été la continuer aux environs 
de Libourne, à Villegotige, chez M. Boiteau. 

Dès mon arrivée, il m'a été facile de trouver autant d'œufs d'hiver 
que j'ai voulu. Un instant, cinq se sont trouvés à la fois sous le champ 
de la loupe. M. Boiteau, il est vrai, m'avait conduit dans un endroit 
de ses vignes où la forme ailée était, en été, tellement abondante que, 
suivant sa propre expression, on en avait les vêlements remplis. 

On sait que, dans l'Ouest, les meilleures conditions pour trouver 
l'œuf d'hiver, sont d'opérer les recherches sous les écorces du bois de 
deux ans, sur des vignes de trois à six ans et dans un quartier où, 
])endant l'été précédent, les phylloxéras ailés ont été nombreux. 

De retour à Montpellier et après m'ètre remis à l'œuvre en procé- 
dant comme à Libourne, j'ai fait inutilement de nouvelles et longues 
séances la loupe à la main. 

Un instant le succès semblait prochain, plusieurs phylloxéras ailés 
se trouvaient morts sous les écorces et, dans mes recherches à Ville- 
gouge, j'avais été souvent guidé par cet indice. Cette fois-ci il ne me 
conduisit à aucun résultat. 

Au mois de novembre prochain, mes investigations seront reprises 
et dirigées d'un autre côté. Le phylloxéra sexué qui, dans l'Ouest, 
pond sous les écorces du bois de deux ans, ne pondrait-il pas ici sur 
la tige? Nos vents desséchants du nord - ouest auraient ainsi bien 
moins de prise sur l'œuf d'hiver, et l'on sait qu'en fait d'instinct pré- 
voyant pour assurer le salut de leur progéniture, les insectes ne cessent 
de nous étonner. Valéry May et, 

Professear d'entomologie à TEcole d'agriculture de Montpellier. 

ESSAIS ET VENTE DE MACHINES AGRICOLES 

A CHALONS. 

Les essais publics de machines agricoles organisés avec tant de zèle 
depuis plusieurs années par le Comice départemental de la Marne, 
sous l'infatigable direction de M. Ponsard, ont eu lieu, celte année, les 
19 et 20 juillet, avec un succès au moins égal à celui des années pré- 
cédentes. Il faut d'abord rendre justice aux exposants qui, malgré une 
saison détestable, sont venus en grand nombre de toutes parts, et aux 
organisateurs des essais, notamment à M. Lequeux, secrétaire gêné- 



ESSAIS ET VENTE DE MACHINES AGRICOLES A GHALONS. 



151 



rai du Comice départemental, cà M. Simon, secrétaire du Comice de 
Cliàlons, àM. Kirgener de Planta, professeur départemental d'agricul- 










turc. C'est dans la boue qu'ils ont dû préparer les expériences, sous 
la pluie (pi'iis ont dû les poursuivre. Colle pluie n'a toutefois ])as réussi 
à chasser les nombreux agriculteurs venus pour juger des nouvelles 
machines. Disons, en passant, que les circonstances drfavor.ihles de 
la saison ne paraissent pas avoir eu jusqu'ici de résultats inaliieureux 



152 



ESSAIS ET VENTE DE MACHINES AGRICOLES A CHALONS. 



aux environs de Châlons, sauf en ce qui concerne les fourrages, et 
que, d'après les indications qui nous ont été fournies par beaucoup 
d'agriculteurs, il paraît en être ainsi dans une grande partie de la 
Champagne. Il ne faudrait que bien peu de soleil pour obtenir une 
excellente moisson; mais se décidera-t-il à venir? 

La place du Marché-aux-Blés de Chàlons était absolument couverte 
de machines de toutes sortes, depuis les grandes locomobiles à vapeur 
jusqu'aux plus modestes coupe-racines. Parmi les inventions ou per- 
fectionnements que cet ensemble présentait, il faut d'abord citer la 
lieuse adaptée par M. Pilter à la grande batteuse de Garrett pour le 
liage des pailles battues; cette lieuse fonctionne régulièrement, et avec 
deux hommes elle fait le travail de six à sept ouvriers iieurs. A côté 





Fig. 11. — Moissonneuse à un cheval de HoiMisby, dite VliidispcnsMe. 

fonctionnait la petite machine à vapeur locomobile de Sauzay, que 
nous avons récemment décrite, et dont M. IMabille, de Reims, est le 
représentant dans la Marne. Plus loin on remarquait les excellentes 
pompes de M. Noël, puis un manège et un joint nouveau exposés par 
MM. IMarchand frères, de Givry-en-Argonne, dont nous aurons à par- 
ler bientôt d'une manière spéciale. 

Les essais sur le terrain ont été faits dans des prairies artificielles 
et des seigles aux portes de la ville. Un des instruments qui, dans ces 
essais, ont le plus vivement frappé l'attention, a été la charrue à 
avant-train de M. Voirin, président de la Société d'agriculture de 
Chaumonl. L'avant-train de M. Voirin peut être adapté à toutes les 
charrues. Nous lui consacrerons une description spéciale. Mais, dès 
aujourd'hui, nous devons dire qu'il se recommande par sa simplicité, 
son bas prix et sa solidité. Grâce à lui toute charrue peut être rendue 
fixe ou mobile à volonté; le labourage se réduit, une fois la charrue 
réglée, à la conduite de l'attelage. L'emploi de cet avant-train se géné- 
ralise d'ailleurs dans l'Est. 

A côté des faucheuses, dont nous avons peu de choses à dire, fonc- 
tionnait le chargeur automatique de foin, de ^^L Piller. Plus loin, dans 
les lots consacrés aux moissonneuses, le public étudiait surtout, 



ESSAIS ET VENTE DE MACHINÉS AGRICOLES A GHALONS. 153 

d'une part, les moissonneuses-lieuses; d'autre part, les moissonneuses 
à un eiieval. Les moissonneuses-lieuses de Mac-Cormick et d'Ault- 
mann ont bien fonctionné dans de très mauvaises conditions. Nous 
devons aussi signaler la moissonneuse d'Aultmann, que représente 
la ligure 10. Cette moissonneuse se distingue de la plupart des 
autres types par le fonctionnement des rabatteuses et des râteaux. Elle 
est montée sur deux roues. 

Parmi les moissonneuses à un cheval, figuraient celles de Johnston 
et d llornsby. Cette dernière est représentée par la fig. 1 1 . Nous avons 
été frappé de la valeur de son travail. Cette petite machine est un di- 
minutif de la grande moissonneuse Hornsby : elle coupe et fait la ja- 
velle dans les mêmes conditions, mais sur une moindre largeur. Un 
cheval, de force moyenne, mène facilement la moissonneuse. Les râ- 
teaux sont variables à la volonté du conducteur, et celui-ci peut faire 
la javelle suivant l'importance de la récolte; un jeu de levier suffit 
pour transformer les rabatteurs en râteau et réciproquement. C'est 
pour la première fois que cette nouvelle machine fonctionnait en France, 
quoiiiu'elle ait figuré, l'année dernière, dans la section anglaise de 
l'Exposition universelle. Son prix est de 750 francs. La grandemois- 
sonneuse, ï Indispensable, à deux chevaux, coûte 1000 francs. 

Les achats de machines par les agriculteurs, tant dans les champs 
d'essai que dans l'exposition, ont été très considérables. D'après les ren- 
seignements (|ui nous ont été fournis, les achats faits par les membres 
du seul Comice de l'arrondissement de Chàlons, pour lesquels le Co- 
mice faisait uneremiseproportionnelle, ont dépassé de beaucoup 70,000 
francs. C'est, en effet, sur ce total, que la remise afférente à cha .un a 
été calculée après que la valeur des achats, pour les sommes supé- 
rieures à 1000 francs, eût été réduite à ce taux. La remise proportion- 
nelle attribuée à chaque acheteur a été de 3 pour 100. Nous n'avons 
pas entre les mains les détails relatifs aux (Comices des autres ar- 
rondissements; mais nous savons que les achats ont été à peu près 
dans les mêmes proportions. Le département do la Marne continue à 
marcher à la tête de ceux qui transforment le plus rapidement leur 
outillage agricole. Henry Saomeu. 

SOCIÉTÉ NATIONALE D'AGRICULTURE DE FRANGE. 

Séance du 23 juilkt 1-79. — Présidence de il. Chevrcul. 

M. le ministre de l'agriculture et du commerce envoie les tableaux 
contenant les résultats de la récolte des céréales et des pommes de 
terre et des récoltes diverses, avec les constatations officielles du poids 
des grains pour l'année 1878. ^I. le secr.Unire perpétiuil fait remar- 
quer cond)i('n il serait important que ces tableaux renferment des don- 
nées suffisantes pour permettre d'évaluer le poids total réel de la 
récolte, yi. Tisserand répond que des mesures ont été prises pour que 
ces éléments figurent dans les évaluations de la prochaine recuite. 

Î\L Eugène 3Iarchand, correspondant de la Société, envoie deux 
notices, lune sur les engrais chimiques, l'autre sur la composition 
anormale de certains laits de lémme. 

M. Tanguy transmet une notice sur l'organisation pratique du ser- 
vice sanitaire du bétail dans les départements des Côtes-du-Nord, du 
Finistère et du Morliihan. 

M. Fléchet envoie le compte rendu de la visite d'une ferme située 
dans le canton d'Aubel (Belgique). 



154 SOCIÉTÉ NATIONALE D'AGRICULTURE DE FRANCE. 

MM. Gallicher et Sauvé envoient leurs réponses à l'enquête ouverte 
devant la Société, sur la situation de l'agriculture. — Renvoi à la 
Commission spéciale. 

M. R. Gautier envoie une note relative à un procédé de préservation 
des fourrages par l'aération des meules. 

M. Drouyn de Lhuys donne lecture de la traduction d'une intéres- 
sante notice sur Adam MuUer, due à M. Villeroy, membre étranger de 
la Société. 

M. de Parieu fait connaître qu'un habitant du Cantal a cru trouver 
la cause du maldes montagnes qui sévit sur les bêtes bovines, dans 
la consommation d'une plante qui fait partie des pâturages de ces 
montagnes. Après des observations présentées par MM. Cliatin, 
Bouley, Gayot et Plucbet, la question est renvoyée à la Section d'éco- 
nomie des animaux. 

M. Tisserand présente le rapport qu'il a rédigé sur la prime d'hon- 
neur et les prix culturaux décernés au concours régional de Charle- 
ville , et les deux volumes du Cours d'économie rurale publié par 
M. Lecoiiteux, professeur d'économie rurale à l'Institut national agro- 
nomique. 

M. Victor Borie donne lecture, au nom de M. Moll, d'un rapport 
approuvé par la Section d'économie, de statistique et de législation 
agricoles, sur un mémoire de M. ]\Iontagne, relatifaux causes de l'émi- 
gration des jeunes gens des campagnes vers les villes. 

M. Gayot présente des échantillons de soies provenant de léporides 
dits longue-soie et pouvant être tissées. M. Chevreul donne, à ce 
sujet, quelques explications sur le mélange de la soie et du colon dans 
la fabrication des tissus. 

M. Heuzé, après avoir donné quelques détails sur l'invasion du 
phylloxéra dans la Côte-d'Or, recommande l'utilité du mélange du sel 
aux fourrages mal rentrés. A cette occasion, MM. Roussingault, Che- 
vreul, Barrai et Bouley insistent sur les précautions à prendre afin 
de ne pas employer à la dénaturation dos sels des matières suscep- 
tibles de nuire au bétail. M. Berlin donne ensuite quelques détails 
sur le mélange des fourrages avariés avec les mélasses dans l'alimen- 
tation du bétail. 

M. Barrai donne la description de la turbine centrifuge de Laval, 
qu'il a vu fonctionner au Concours international de Kilburn; il 
montre comment cette turbine sépare et fait couler, d'une manière 
continue, d'une part la crème, d'autre pari le petit-lait. 

La séance s'achève par une communication de M. Bourgeois rela- 
tive aux dégâts produits dans les cultures, autour des foi'èts de l'Etat, 
par les lapins qui peuplent celles-ci. Henry Sa&nier. 

REYIE COMMERCIALE ET PRlX-COURÂNT DES DENRÉES AGRICOLES 

(26 JUILLET 1879). 
I. — Silualion générale. 
Le plus grand nombre des marchés ont été peu suivis, durant cette semaine, 
dans la plupart des départements. Les affaires sont calmes, mais les prix accusent 
beaucoup de fermeté. 

II. — Les grains et les farines. 

Les tableaux suivants résument les cours des céréales, par quintal métrique, 
sur les principaux marchés de la France et de l'étranger : 



DENRÉES AGRICOLES (26 JUILLET 1879). 



Seifle. 


Orije. 


fr. 


fr. 


21.00 


20. bO 


19.00 


21.00 


17.00 


» 



17.00 
15.00 
16 00 
16.50 



21.00 



21.25 
16-25 
17.50 

» 
19.50 
20.00 
16.25 
30 00 ■ 

1S.16 20.55 



V RÉGION. — NORD-OrEST. 

Blé. 

fr. 
Calvados. Condé 29.50 

— Lisieux 28.00 

c'<3(?s-du-.Vord.Tréguier. 26.75 

— Lannion 26.50 

Finvs(ere. Qulniper 28. 2S 

— Morhiix 27.50 

Ille-et-Mlaûie. Rennes. 26.75 

— Saint-Malo 26.50 

Manche. Avranches.... 30.50 

— Pontorson 29.50 

— Villedieu 32.25 

Afoyenne. Laval 27.30 

— Mayenne 27.75 

Morbihan. Hennebonl. . 25.50 
Orne. Fiers 28.75 

— Morlagne 27.50 

Sarlhe. Le Mans 27.25 

— Mamers 28.00 

Priï moyens 28.06 19.74 

î" HKGION. — NORD. 
Aisne. Soissons 27.35 16.85 

— Ch.iteau-Tliierry.. 26.75 16.75 

— ViUers CoUerels.. 27.25 17.25 
Eure. Bernay 2S.00 

— Gisors.. 25.00 

— Neubourg 25.20 

Eure-et-Loir. Chartres. 27.00 

— Anneau 25.00 

— Nogenlle-Rotrou. 28.50 
ft'ord. Cambrai 29.75 

— Douai 27.75 

— Valenciennes 29.75 

Otse. Beaiivais 25.50 

— Compiègne 28.25 

— Clermont 27.75 

Pas-de-Calais. Arras... 30.75 

— Saint-Omer 27.50 

Seine. Paris 29 50 

S.-et-Marne. Dammartin 26.00 

— Meaiix 25.00 

— Nemours 27.25 

S.-e(-Oise. Angerville... 26.00 

— Dourdan 28.25 

— Pontoi^e 26.50 

Seim-lnféricure. Rouen 27.35 

— Dieppe 28.75 

— Yvetol 28. 'lO 

Somme. Abbeville 28.50 

— Péronne 26.25 

— Roye 27.00 

Prix moyens 27.25 

3" BÉOION. 

Ardennes CbarleviUe. 
/Iu6e. Bar sur-Aube... . 27.00 

— Arcis-sur-Anbe... 26.50 

— Mery-sur-Seine... 27.25 
Morne. Chilons 27.75 

— Epernay 27.75 

— Reims 27.00 

— .Sézanne 26.50 

Hle-Marne. Chaumont.. 27.50 » ■ 

4/eur(.-ei J/oncde. Nancy 28.75 18.00 19.50 

— Liinéville 30.00 >' » 

— Toul 28.75 » 

Meute. Bar-le-Duc 28.50 18.00 

— Verdun 28.00 17.75 

//au/e-Saônc Vesoul ... 27.85 » 

— Gray 28.25 • 

Voage*. Mirecourt 29.00 • ■ 

— Raon-1'Etape 29.50 19.25 

Prix moyens 23.08 17.50 

4« RÉGION. — OrEST. 

Charente. Angoulême.. 29.00 20.00 

— RuITec 29.50 21 00 

Charente hifer Marans. 26.00 » 

Deux-SciTM. Niort 27.00 • 

Mdre-e^-'.oire. Tours.. 27.50 17.25 

— Bléré 26.25 17.00 

— Château-Renault. 27.50 18.50 
toire-/n/frieure Nantes 26.50 19.50 
M.-el-Loire. Saumur. .. 27.50 » 
Vendée Luçon 26.00 • 

— Fonlon.ly 26.50 » 

rienn*. Châlellerault.. 26.25 17.00 

— Loudun 26.50 » 

Haute-Vienne. Limages 27.75 19.50 

Prix moyens 36 98 18.72 



Avoine. 

fr. 

26.00 
2i.00 
IS 00 
17.75 
18.50 
13.50 
18.50 
17.00 



26.00 
21.00 
20.50 
21.00 
21.50 
20 75 
22.25 



17.00 
17.00 
16 25 
17.00 
17.25 



18.00 
18,00 
18.00 
16.50 
17.75 
18.25 
20.25 
17.85 
16 50 
17.00 
18.00 



17.00 
17.35 



16.09 



17.00 
17.32 
— KORD-EST. 

29.50 18.25 20.00 
17. 50 
18. 50 
18 00 
20.25 
19.00 
19. 25 
19.50 



17.05 


19.70 


i> 


19.00 


20.25 


20.00 


21.50 


20.50 


20.00 


20.00 


17.00 


19.50 


20.70 


18.70 


20 00 


2 HO 


20.50 


18.00 


21. 00 


19.00 


22 .00 


17.50 


21.00 


20.50 


20.00 


18.00 


21.00 


20.00 


21.00 


19.25 


• 


20.00 


19.50 


20 75 


18.50 


20.00 


19 00 


20.50 
19.00 


» 


18.50 


» 


19.50 


23. 00 
20.00 

» 


18.50 
23.00 
21.00 


20.00 
19.50 
19.25 
19.50 


20.00 
20.50 
19.00 
20.00 



16.25 
17.50 
17.75 
16.00 
17 50 
16.25 



20.08 '9.06 



20.00 
17.50 
18.75 
19. 50 
20 00 
20 00 
20.75 
18.00 
19 00 
18.50 
19.25 
20. ?0 
20.25 
17.00 

17.25 
19.50 



18.50 
18.25 
18.50 
19.50 



18. 9i 19.01 



21.00 
18.00 
20.50 
18.50 
18.50 
21.00 
21 00 



21.00 
20. -0 
20.00 
20.00 
20.25 
20.00 
19.50 
19.25 




5° RÉGION. — CENTRE. 

Blé. Seigle. 

fr. fr. 

.Ulier. Moulins 28 25 18.20 

— St-Pourcain 28.50 20.00 

— Gannat 26.75 » 

Cher. Bouriies 27.00 19.50 

_ Graçay 27.75 19.50 

— Vierïon 27.00 l-'.oo 

CrCKse. Aubusson 27.25 21.50 

Indre. Chàleauroux 26.50 20 00 

— Issoudnn 28 00 19 25 

— Valençay 27.00 20.50 

Loiret. Orléans 26.75 18.00 

— Montargis 27.50 20.25 

— Pithiviers 25.60 15.40 

Z,oir-e/-t7ier. Blois 2f.50 18 50 

— Monloire 28 25 20.50 

A'iel're. Nevers 28-00 19-25 

— La Charité 26-50 » 

Yontie. Brieaon 28 00 » 

— Joigny 27.75 » 

— Auxerre 28 25 » 

Prix moyens 27 46 

6' 



19.29 
— EST. 

,75 18.50 



155 



Avoice 

fr. 

20.00 
19.00 
19.50 
17.75 
18.50 
20.00 
19 00 
19 50 
18.50 
17.50 
19.00 

)> 
20.60 
19.50 
19.50 
20.50 
17.25 
20.00 
18.75 
■ 19-25 

20-05 19.13 



Orje 

fr. 

19.50 
20.50 
20 50 
21.00 
20 . 00 
20.00 

20.00 
22.25 
20.00 
17.75 
20.00 
16.30 
2H.00 
21.50 

22.50 

19.00 



REGION 

Ain. Bourg 30.75 

— Pont-dc-Vaux, .. 29. 50 
Cote-d'Or Dijon 27 50 

— Beaune 26.50 

Doubs. Besançon 28 75 

Isère. Grenoble 26.50 

— Grand-Lemps. ... 26.75 

Jura. Dôle 28.50 

Loire. Munlbrison 27 oi 

P.-de-Dôme lasoire 28.25 

lihône. Lyon 27.50 

Sodne-c(-/.oire. Chalon.. 29.00 

— Autun 29.50 

Savoie. Chambery 30 50 

Hie-Savoie. Annecy 29.00 

Prix moyens 28.37 

7» RÉGION. — sro 

Ariêge. Pamiers 29.50 

Doraogne Bergerac... 29.25 

Htc-Garonne. Toulouse. 28.75 

— Villefrancbe Laur. 29.50 
Gers. Condom 28.50 

— Eaiize 29.00 

— Mirande 28.50 

Gironde. Bordeaux.... 28.25 

— La Réole 29.00 

Landes. Dax.. 28 25 

Lo(-eI-Garonne. Agen.. 28.50 

— Nérac 28.90 

B. -Pyrénées. Rayonne . . 29 . 00 

Hies-Pyrénées. Tarbes. 29 50 

Prix moyens 28.89 

8* RÉGION. — 

.■lude. Carcassonnc 29.00 

Avt'yron. Villefrancbe. 28.50 

Gantai. Mauriac 32.00 

Cnrreze. Lnberzac 30. OIT 

Hérault. Montpellier... 28 50 

Lot. Fige.ic 29.25 

Lozère. Mende 27.85 

— Marvejols 27.10 

— Florac 26.75 

Pyrèixêes-Or. Perpignan 28-60 

Tarn' Albi 29.50 

rarn-e(-Gar. Montauban 29 00 

Prix moyens 28.84 

9' RÉGION. — SOI 

Basses- Alpes. ^{-Ann^^vi^ 28.55 
llautes-.llpes. Briançon 30.30 
Alpes-Maritimes Ciiinie:^ 30.00 

Ardeche. Privas 28.35 

B.-du-Rhône. Arles 29.00 

Di-ôme, Valence ...... 28.00 

Gnrd. Nimes 30,00 

llaule-Lnire. Le Puy... 28.50 

l'or. Draguignan 28.00 

Vaucluse. Avignon..,. 28.25 

Prix moyens 28 89 

Moy. de toute la France 28.08 
— de lisemaineprc. éd. 28 03 



» 


22,00 


17 =0 


)J 


» 


18.50 


» 


m 


18 50 


19 bO 


1, 


18 50 


19.00 


» 


21 .00 


17.50 


20.50 


17.75 


» 


21.00 


21.00 


19.00 


21.50 


19.50 


» 


» 


19.50 


« 


9 


19.75 


20.50 


B 


18 50 


20.90 


1) 


B 


» 


B 


20.00 








19.27 


21.25 


19.23 


or EST. 




19.25 


» 


20.50 


21.50 


B 


21.50 


20.75 


17.10 


20.50 


19.25 


18.00 


20.25 


B 


» 


» 


» 


B 


23.00 


9 


» 


23.50 


19.00 


B 


20.75 


» 


B 


B 


19.50 


B 


■ 


21.00 


B 


21.00 


n 


B 


23 00 


19.50 


19.25 


19.75 


19.00 


B 


20.00 



19.33 19.69 



Sur la sf naine \ 
précédente.. | 



Hausse. 0.05 
Baisse. » 



19.86 

sro. 

a 
22.50 
29.00 
18.50 

» 

» 
24.65 
21.95 
20.00 
15.50 

» 
19.50 
21.45 



19.80 
18,25 
19.85 



21.00 
21.50 

» 

19.90 
19.23 
19 03 

0.20 



18.12 21.25 



19.25 
17.00 

u 
24.45 

20.70 
23 . 00 
19.50 
2«.5-' 



19.00 
23 25 
19.75 
17 00 
20.00 
23.85 

» 
17.40 
25.55 
20 25 
21.50 



20 63 20.76 



19.60 
10 00 
19.80 
17.00 

20.25 

21.25 

18.00 

111.27 
19.54 
19 45 

0,09 



20.00 
20 75 
19. fO 
20,80 
17.50 
20 00 
19,50 
19.50 
20 00 
17.50 

19.57 
19 97 
19.97 



U6 [revue commerciale et prix-courants 

Blé. Seigle. Or^e. Avoine, 

fr. fr. fr. fr. 

.... ., (Blé tendre. 25.7.^ » >. . 

Algérie. *'?" ■ j - dur.... 26 iO . 15.50 14.00 

Angleterre. Londres 29 25 » 20.00 10.75 

Belgique. Anvers 26.00 20.25 • 22.00 

— Bruielles 27.75 18,25 » • 

— Liège 27.75 18.75 21.00 18.50 

— Nainur 27.50 18. EO 21.50 18.00 

Pays-Itas. .Amsterdam 24.60 15 20 » » 

Luxembourg. Luxembourg 27.25 20 00 » 18. 50 

Alsace-Lorraine. Strasbourg 28,25 19 00 21.25 18.75 

— Mulhouse 28.00 18 50 » 19.60 

— Colmar 29.25 19.85 • 19.00 

Allemagne. Berlin 24.60 15.75 • 

— Cologne 27.50 18 10 » 18.10 

— Hambourg 24.30 15.10 » 

Suisse. Genève 28.50 * » 21.50 

— ■ Zurich 28.50 • » 20 50 

Ilalie. Milan 29.25 19 00 » 19.00 

Autriche. Vienne 24.00 15.00 • 12 80 

Hongrie. Buda-Pestb 22.70 » » 12.35 

Bussie. Saint-Pétersbourg... 22.50 13.00 » 12.75 

Elats-Unis. New-York 22.50 » • • 



Blés. — La hausse dans les cours, sur un grand nombre de marchés, que nous 

gnalions !a semaine dernière, s'est maintenue depuis huit jours, Les apnrécia- 

tioDS, sur la prochaine récolte, sont toujours assez contradictoires; mais il devient 



signalions !a semaine dernière, s'est maintenue depuis huit jours, Les apnrécia- 
prochaine récolte, sont toujours assez contradictoires; mais il devient 
de plus en plus évident que les appréciations pessimistes sont plus nombreuses 



que les autres. Ce n'est pa.s tant en France que dans les autres parties de l'Europe 
que ce fait se produit, surtout en Angleterre, en Allemagne et en Autriche. Les 
avis d'Amérique tendent, de leur côté, à faire apprécier une certaine diminution 
dans les rendements espérés. La persistance du mauvais temps confirme ces crain- 
tes. A la halle de Paris, le mercredi 23 juillet, il n'y a eu que des oflVes très res- 
treintes. Pour les blés de la culture aussi bien que pour ceux du commerce, il y a 
abstention presque générale. La meunerie, qui a des besoins assez considérables, 
a dii consentir à de la hausse. On payait, par 100 kilog. de 28 fr. à 31 fr. par 
100 kilog. Le prix moyen s'est fixé à 29 fr. 50, en hausse de 50 cen.'imes depuis 
huit jours. On paye aussi en hausse, sur le marché des blés à livrer, où l'on cote : 
courant du mois, 23 fr. ; août, 27 75 à 28 fr.; quatre derniers mois, 27 75 à 28 fr. ; 
i|uatre mois de novembre, 27 75 à 28 fr. — A Marseille, les arrivages de la se- 
maine ont atteint 23f^,00ii hectolitres : ily a eu des ventes assez actives, avec des prix 
assez bien tenus pour les diverses sirtes. On cotait au dernier jour : Pologne, 26 
à 26 50; Irka, Odessa, 24 fr. tO à 25 fr. 50; Azoffdurs, 2* à'2t5 50; Michigan, 
27 à 27 50. Le stock dans les docks s'est élevé à 25i,000 quintaux métriques. — 
A Londres, les importations de la semaine ont atteint près de l'20,0ii0 quintoux 
métriques. Les ventes sont actives, avec des prix en hausse, principalement pour 
les blés de Californie; on paye de 27 20 à 31 25 par 100 kilog., suivant Its prove- 
nances et les qualités. La plupart des marchés anglais ofl'rent actuellement beau- 
coup d'irapressiounabilités, et les prix y sont très variables. 

Farines. — Les offres sur les diverses sortes de farines sont très restreintes, 
et les cours varient peu. Pour les farines de consommation, on jiaye les même.* 
prix que la semaine dernière. On cote suivant les sortes : marque D. C2 fr.; mar- 
ches de choix, 62 à 64 fr.; bonnes marques, 60 à 61 fr.; sortes ordinaires et 
courantes, 58 à 59 Ir.; le tout par sac de lf)9 kilog. toile à rendre, ou 157 kilog. 
net, ce qui correspond aux prix extrêmes de 36 fr. 95 à 40 fr. 75 par 100 kilog. 
Le cours moyen s'est fixé à 38 fr. 85, comme le mercredi précédent. — Sur les 
farines de spéculation, les affaires sont calmes, et les cours varient peu depuis 
huit jours. On cutait, à Paris, le mercredi 23 juillet au soir : /ariîifs /iUf'J-nmr- 
iyi(e,«,Courant du mois, 60 fr. 50 à 60 fr. 75; aoirt, 60 fr. 75; quatre derniers mois, 
61 fr. 50 à 61 fr. 75; quatre mois de novembre, 61 fr. 50; farines supérieures, 
courant du mois, 58 fr. 75; août, 58 fr. 50 à 58 fr. 75; quatre derniers mois, 
59 fr. 5i'; quatre mois de novembre, 59 fr. 50; le tout par sac de 159 kilog., 
toile perdue, ou 157 kilog. net. — La cote ol'Scielle en disponible s'est établie 
comme il suit, pour chacun des jours de la semaine, par sac de 157 kilog. net: 

Dates (juillet) 17 18 19 21 22 23 

Farines huit-marques 60.25 60 25 60.00 60.50 60.85 60.65 

— supérieures " 58 25 58.00 58.00 5S.25 58.50 58.75 

Le prix moyen a été, pour les farines huit-marques, 60 fr. 25, et pour les 



DES DENRÉES AGRICOLES (26 JUiLLET 1879). 157 

supérieures, 58 fr. 25; ce qui correspond aux cours de 38 fr. 40 et 37 fr. par 
100 kilog. C'est le même prix pour les premières et une Iniusse de 5) centimes 
pour les secondes, depuis iiuit jours. — Le^ cours des gruaux sont très fermes de 
'i7 à 54 fr. par quintal métrique ; ceux des farines deuxièmes sont en hausse et se 
fixent de 30 à 35 fr. 

Seii/le^. — Les transactions sont à peu près nulles fur ce grain, mais les cours 
sont fermes. On cote de 17 fr. 50 à 18 fr. 25 par 100 kilog. à la halle de Paris. 
Les farines sont vendues avec fermeté de 25 à 26 fr. 

Ori/'S. — Il y a très peu d'affaires aux mêmes cours que précédemment, à la 
halle de Paris de 19 à 20 fr. par 100 kilog. Les escourgeons sont peu offerts aux 
prix de 19 à 19 fr. 50. — A Londres, les arrivages sont assez restreints, et il y 
a un peu de hausse dans les prix qui sont fixés de 19 fr. 50 à 20 fr. 65 par quintal 
métri([ue. 

Aooins. — Les ventes sont plus actives que pour les autres grains, et les prix 
accusent de la fermeté. On paye, à la halle de Paris, de 19 à 22 fr. 30, par 
100 kilog. suivant poids, couleur et qualité. — A Londres, les importations con- 
tinuent à être très actives, mais les prix accusent beaucoup de fermeté. On paye 
de 19 à 21 fr. 40. 

Md'U. — Les prix sont ceux de la semaine dernière au Havre, de 13 à 14 fr. 
par 100 kilog., pour les maïs américains. 

Sarr-asi'is. — Les prix se maintiennent bien. On paye facilement à Paris de 
17 fr. à 17 fr. 75 par 100 kilog. suivant la qualité. 

Issues. — Il n'y a que peu d'affaires aux mêmes cours que précédemment à la 
halle de Paris : gros son seul, ,3 fr. à 13 fr. 50; son trois cases, -1 1 fr. à 
1 1 fr. 50 ; recoupettes, 1 1 à 12 fr.; remoulages bis, 13 à 14 fr.; remoulages blancs, 
15 à 17 fr. 

Fourm/jei. — Maintien des hauts cours On paye dans Paris, par 1,000 kilog.: 
foin, 108 à 12ô fr.; luzerne, 110 à 134 fr.; paille de blé, 70 à 84 fr.; paille de 
seigle, 72 à ^-O fr.; paille d'avoine, 48 à 56 fr. 

Graines fourrnfjères. — Les prix sont fer.nes pour les diverses sortes. On paye 
à Paris par IijO kilog. : trèfle incarnat nouveau, 85 à 105 fr.; trèfle vieux, tj5 à 
80 fr. 

III. — Vins spirnueux, vinaigres, cidres. 

Vins. — Où allons-nous? Qac nou5 réserve l'avenir? Nous espérons que la lune 
do juillet nous amènerait un cUangument. Le 19 juillet, avec sa lune nouvelle et 
son éclipse de soleil a passé et le vent soul'ffe toujours de l'ouest, en poussant 
devant lui des nuages chargés de pluie. Que sera la récolte prochaine, avec une 
vigne si en retard, avec une vigne qui ne pourra mûrir ses fruits qu'avec un sol'il 
d'automie? On peut dès aujourd'hui prévoir qu'elle sera sans qualité. Quant à la 
quantité, malgré le phylloxéra et ses dépraJations, tout espoir n'est pas encore 
perdu, sur oui si le mois d'août est p'us favorable à la végétation que juin et 
juillet. En présence d'une pareille situation, acheteurs et vendeurs Sont déroutés, 
on se tient mutuellement sur la réserve, on ne sdit que faire. Si nous jetons un 
coup d'œil général sur l'ensemble du vignoble, nous voyons d'une part, le Midi 
accuser de nombreux achats, avec des prix fermement tenus et même en hausse 
de 2 à 3 francs par liectolilre. Dans les autres parties du vignoble : Beaujolais, 
Maçonnais, Haute Bourgogne, Basse Bourgogne, Centre, Charentes, Bjrdelais, 
les aQ'aires n'ont pn réalité aucun entrain et cependant la hausse n'eu fait pas 
moins de notables progrès. En général, cette hausse est de 6 à 10 francs par 
pièce, c'est du reste la conséquence de la saiso i désastreuse que nous traversons 
et des craintes ({u'inspiro le sort de la nouvell-; récolte pondante. Nous lisons dans 
une njte émanant de l'administration « qu'à Bercy les affaires en vins et s|)iri- 
tueux ont été ))end;uit la première ([uinzaine de juillet très actives et que le com- 
merce de détail a fait des achats très importants. Li vente pour Paris s est élevée 
à 5,0)0 hectoliires par jour en moyenne, et celle pour l'extérieur à 700 hectolitres, 
enfin que la moyenne des arrivages a été de 5,000 hectulitres » Il n'y a heureu- 
sement de vrai clans ce^ appréciations que l'activité et 1 entrain du marché, quant 
aux chiffres de consommation, il faut, pour être dans le vrai, au moins les dou- 
bler, sinon pour le commerce du dehors, au moins pour le commerce intérieur de 
Paris Les cours commencent à nous arriver en hausse de tons les points du ter- 
ritoire, dans huit jours nous serons à même de publier une cote détaillée. 

Spirit'ieat. — La semaine a débuté à 56 francs, elle a l'ait au plus haut 
56 fr. 25, soit 1 fr. de baisse. .Vctuellement le marché est lourd, les acheteurs 



158 REVUE COMMERCIALE [ET PRIX-COURANTS 

rares et les cours sernblent subordonnés aux variations de la température. Le 
stock est aujourd'hui de 9,77o pipes contre 9,725 en IS^S; comme on le voit, 
1879 tend à s'équilib-er avec l'année précédente. Le marché de Lille maintient 
ses cours, mais il s'y lait peu d'affaires. Les prix sur les marchés du Midi sont 
bien tenus, sans toutelois que nous puissions constater de variations. Cette est 
toujours à 95 et 100 fr ; Nîmes, à 98 fr.; Béziers, Pézenas, Montpellier, Nar- 
bonne, à 96 fr. — A Paris, on cote 3/6 betterave, l" qualité, 90 degrés dispo- 
nible, 55 fr. à 55 fr. 50; aoiàt, 55 fr. 25 à 55 fr. 75; quatre derniers, 55 fr. 50 à 
55 fr. 75; quatre premiers. 55 fr. à 55 fr 50. 

Vinaigres. — A Dijon (Côte-d'Or) on vend le vinaigre rouge ou blanc, l" choix, 
8 à i4 fr. 50 l'hectolitre nu, et 20 fr. logé en feuillette; le tout pris à Dijon. 

Cidres. — A Vire (Calvados) on paye le cidre 1878, 20 à 35 fr. l'hectolitre 
logé suivant qualité; 1877, 17 à 'ZS fr. l'hectolitre. 

IV. — Sucres. — Molasses. — Fécules. — Glucoses. — Amidons. — Houblons, 

Sucres. — Les offres sur les sucres bruts sont restreintes, et la fermeté se 
maintient dans les cours des diverses sortes. On paye à Paris par 100 kilog., 
pour les sucres bruts 88 degrés saccharimétriques : n" 7 à 9, 56 fr. 75; n°' 10 à 
13, 50 fr. 5U; sucres blancs en poudre, n° 3, 59 fr. 25. — Sur les marchés des 
départements : Valenciennes, n°' 7 à 9, 56 fr. à 56 fr. 50; n°' 10 à iS, 50 fr. ; 
Péronne, n"' 7 à 9, 56 fr. à 56 fr. 50; sucres blancs, 57 fr. 25 à 57 fr. 50; Saint- 
Quentin, n" 7 à 9, 56 fr. ; sucres blancs, 58 fr Le stock de l'entrepôt réel des 
sucres à Paris était, au 23 juillet, de 286, OiO sacs, tant en sucres indigènes 
qu'en sucres coloniaux, avec une nouvelle diminution de 2'»,000 sacs depuis huit 
jours. — Pour les sucres raffinés, les prix accusent aussi beaucoup de fermeté. 
Un paye par quintal inétrique de 135 fr. 50 à 137 fr. 50 à la consommation; 
quant à l'exploitation, les cours se fixent de 61 fr. à 63 fr. 50, suivant les sortes. 
— Les affaires sont toujours restreintes dans les ports, sur les sucres coloniaux, 
et les prix accusent peu de changements. 

Mélasses. — Mêmes prix que précédemment. On paye à Paris, 11 fr. par 
100 kilog. pour les mélarses de fal rique; 12 fr. 50 pour celles de raffinerie. 

Fécules. — Les craintes sont toujours assez vives pour la récolte de pommes de 
terre, et les prix sont très fermes. On paye à Paris 38 à 39 fr. par 100 kilog. pour 
les fécules premières; 23 fr. 50 pour la fécule verte. A Compiègne, la cote offi- 
cielle se fixe à 38 tr. 50. 

Gluco.'^es. — Les ventes sont peu importantes aux mêmes prix que précédem- 
ment. On paye par 100 kilog. ; sirop premier blanc de cristal, 52 à 53 fr.; sirop 
massé, 4U à 41 fr.; s'rop liquide, 3.t à ^6 fr. 

Amidons. — Les affaires s(int difficil s aux cours de 75 à 78 fr. par 100 kilog. 
pour les amidons de pur froment en paquets; 68 à 70 fr. pour ceux de province; 
46 à 52 fr. pour ceux de maïs 

Houblons. — Par suite de la continuation du mauvais temps, les appréhensions 
se manife^tent pour l'avenir des huublonnières. Les prix sont fertues sur la plu- 
part des marchés, avec des affaires peu importantes. 

V. — Huiles et graines oléagineuses , tourteaux, savon, noirs, engrais. 

Huiles. — Quoique, sur beaucoup de points, la récolte paraisse compromise, 
les affaires sont calmes pour les huiles de graines, et les prix sont faibles — On 
paye à Paris, par 100 kilog, : huile de colza, en tous fûts, 81 fr. 75; en tonnes, 
S-' fr. 7.t; épurée en tonnes, 91 fr. 7 ; huile de lia en tous lùts, 70 fr.; en tonnes, 
72 fr. Sur les marchés des dép;iitements, on paye, par 100 kilog. : Caen, 79 fr. 75; 
Rouen, 81 fr.; Camhrai , 77 fr.; Arras, 82 fr.; et, pour les autres sortes : œil- 
lette, 147 fr., pavot, 93 fr.; lin, 71 à 72 f r ; cameline, 73 fr. — A Maigf.ille, 
les affaires sur les huiles de graines sont toujours faibles, avec des prix ten- 
dant à la baisse. On paye, par lOO kilog. : sésame, 75 fr. 50; arachide, 76 fr. 50; 
lin, 69 fr. 

Graines oléagineu<;es. — Les marchés du Nord présentent beaucoup de ca'me. 
On paye, par hectolitre : œillette vieille, 37 à 39 fr. 25; lin, 22 à 24 fr. A Fécamp, 
le colza est coté 34 à 35 fr. par lou kilog. 

Tourteaux. — Les cours varient peu. — On paye, à Arras, par 100 kilo,'. : 
tourteaux d'œillette, 18 fr. 5i; de colza, 16 Ir.; de lin, 27 Ir.; de cameline, 
16 fr. 50; de pavots exotiques, 19 fr. 

Noirs. — On cote, à Valenciennes : noir neuf en grains, 32 à 35 fr. par 
100 kilog ; noirs d'engrais, 2 fr. 50 à 14 fr. par hectolitre. 



DES DENRÉES AGRICOLES (26 JUILLET 1879). 159 

VI. — Matières résineuses, colorantes et tannantes. 

Matières résineuses. — Les offres sont restreintes et les prix en hausse. On 
paye, par quintal métrique, pour l'essence pure de térébenthine, à BorJeau.x, 
51 ir.; à DdX, 45 fr. 

Gaudes. — Le > prix se maintiennent dans l'Hérault, à 12 i'r. par 100 kilog. 

VII. — Textiles. — Sui/s et corps gras. 

Laines. — La dernière foire de Gliarlres vient d'avoir lieu. Les prix étaient 
sans changements. On payait de 1 fr. 70 à 1 fr. 90 par kilog. en suint pour les 
laines fines. 

. .Siii/^s-. — Cette semaine, les prix sont sans changements. On paye à Paris 75 fr. 
par lOO kilog. pour les suifs purs de l'abat de la boucherie. 

VIII. — Beurres. — Œufs. — Fromages. — Volailles. 

Beurres. — On a vendu, pendant la semaine à la halle de Paris, 232,427 kilog. 
de beurres. Au dernier jour, on cotait par kilog : en demi-kilog., 1 fr 80 à 
3 fr. 20; petits-beurres, 1 fr. 20 à 2 fr. 30; Gournay, 1 fr. 50 à 4 fr. 15; Isigny, 
1 fr. 50 à 5 fr. 60. 

Œafs. — Ba 15 au 21 juillet, il a été vendu à la halle de Paris, 4,127,080 œufs. 
Au dernier marché, on payait par mille : choix, 79 à 107 fr.; ordinaires, 52 à 90 fr.; 
petits, 44 à kl fr. 

Fromages. — On vend à la halle: par douzaine. Brie, 5 fr. 50 à 20 fr. 50; 
Monllhéry, 15 fr.; par cent. Livarot, 30 à 60 fr.; Montd'Or, 14 à 18 fr., Neulchâ- 
tel, 5 fr. 50 à 21 fr. 50; divers, 8 fr. à 87 fr.; — par lOO kilog., Gruyère, 106 
à 147 fr. 

Volailles. — Derniers cours de la halle de Pars : agneaux, 8 à 30 fr.; canards, 

1 fr. 80 à 5 fr.; chevreaux, 3 fr 50 à 5 fr. 50; cochons de lait, 20 à »»; crêtes 
en lots, fr. 75 à 7 fr. 25; dindes gras ou gros, 8 fr. 80 à 12 tr ; dindes com- 
muns, 3 fr. 80 à 8 fr. 50 ; lapins domestiques, l fr. -20 à 4 fr. 75 ; oies grasses, 
6 fr. 75 à 8 fr. 40 ; oies communes, 3 fr. 75 à 6 fr 20 ; pigeons de volière, fr. 65 
à 2 fr. 10; pigeons hizets,0 fr. 5b à I fr 20; poules ordinaires, 3 fr. 15 à 6 fr. 
poulets gras, 1 fr. 70 à 7 fr 20; poulets communs, 1 fr. 40 à 3 fr. Oo; pintades, 

2 fr. à 4 fr. 50. 

IX. — C'ievaux — bétail — viande. 

Chevaux. — Aux marchés des 15 et 19 juillet, à Pans, on comptait, 1,195 chevaux; 
sur ce nombre, 477 ont été vendus comme il suit : 





Amenés. 


Vendus. 

44 
107 
155 

33 
138 


Prix extrêmes, 
310 a 1,075 fr, 




393 


330 à 1,400 




381 


35 à 1,050 


— à re;iolièt*d 


33 


75 à 450 


— de boucherie 


138 


33 à 152 



Anes et chèvres. — Aux mêmes marchés, on comptait 19 ânes et 5 chèvres; 
9 ânes ont été vendus de 42 à 1 15 fr.; 4 chèvres, de 15 à 55 fr. 

llét'iil. — Le tableau suivant r.isume le mouvement officiel du marché aux bestiaux 
de la Villette du jeudi 17 au mardi -22 juillet: 

. Poids Prix du kiloK. de viande sur pied 

Vendus moyen au marché du lundi ît juillet. 

Pour Pour En 4 q 

Amenés. Paris l'extérieur, totalité. 

Bfcufs 

Vaches 

Taureaui 

Veaux 

Moutons 

Porcs (,'rts 

— maigres. 

Les approvisionnements du marché sont toujours très abondants, cela nuit à la 
vente, et nous devons constater be;iucoup de lourdeur dans les ti'ansactions. C'est 
surtout sur les moutons (jue les cours se maintiennent avec peine. Il en est de 
même sur un grand nombre 'le marchés des départements. 

A Louilrcis, les arrivages d'animaux étrangers, durant la semaine dernière, so 
sont Composés de 18,200 têtes, dont 513 veaux, 2,138 moutons et 4 porcs venant 
d'Amsterdam; 1,149 moutons de Brème; 14t> bœufs do Ualtimore; 349 bœufs, 

12 veaux et 778 moutons d'Elijerg; ll9 bœufs et 40 veaux de Cothenbonrg; 

'j04 moutons d'IIamliourg; 142 bœufs, 1,5 moutons et 319 veaux dllarhngen; 

668 bœufs de New-York; 084 bœufs et 3,213 moutons de Tonning; 466 veaux, 





Pour 


Pour 


En 4 


quartiers 


. l" 


î" 


3« 


prix; 


Amenés. 


Paris 1 


l'extérieur. 


totalité. 


Itil. 


quai. 


quai. 


quai. 


moyen 


G, 850 


2 .9(iS 


1,405 


4.373 


3.39 


1.78 


1.64 


1.36 


1.5S 


1 ,3'i7 


788 


256 


1,044 


2 43 


1.6J 


1.38 


1.25 


1.4'i 


294 


197 


33 


230 


3.80 


1.50 


1.40 


» 


1.45 


3.. 5.56 


3.062 


874 


3,936 


80 


1.93 


1.75 


1.55 


1.70 


4l,0n9 


24,093 


11,314 


35,407 


20 


1.98 


1.78 


1.50 


1.70 


(i ,0«3 


2,440 


3,515 


5,955 


86 


1 54 


1.44 


1.36 


1.45 


16 


4 


12 


16 


30 


1.20 


» 


» 


1.20 



160 REVUE COMMERCIALE ET PRIX-COURANTS (26 JUItXET 1879). 

5,285 moutons et 431 porcs de Rotterdam. — Pris du kilog. Bœuf: 1" qualité, 
1 iV. 93 à 2 fr. 10; 2% 1 fr. 58 à 1 fr. 75; qualité inférieure, 1 fr. 40 à 1 fr. 58. 
— Veau: 1" qualité, t fr, 93 à 2 fr. 10; 2% 1 fr. 75 à 1 fr. 93. — Mouhm : 1" qua- 
lité, 2 fr. 28 à 2 fr. 40; 2', 1 fr. 93 à 2 fr. 10; qualité inférieure, 1 fr. 58 à 
1 fr. 93. ~Agiieau : 2 fr. 45 à 2 fr. 69. — Porc : l" qualité, 1 fr. 40 à 1 fr. 58; 
2% 1 fr. 29 à fr. 40. 

Viande à la criée. — On a vendu à la lialle de Paris, du 15 au 21 juillet : 

Prix du kilog le 21 juillet. 



kUûg. 
Bœuf ou vache . . 138,902 

Veau 182,261 

Mouton 54,592 

Porc 27',le6 



l" quai. 
1 .42 à 1 74 
1.72 1.96 
1.Ô2 l.Oi? 



2" quai. 

1.26 à 1.52 

1.38 1.70 

1.38 l.ôO 

l'orc frais 



3*^ quai. 
O.SOà 1.34 
1.00 1-36 
1.00 1.36 



Choix. Basse boucherie. 
1.10à2.40 0.18M.0'4 
1.14 2.10 • » 

1.30 2.80 » 



1.10 à 1.60 



409,921 Suit par jour 57 ,5!)0 kilog. 

Les ventes sont inférieures de plus de 2,000 kilog. par jour à celles de la 
semaine dernière. G est de la baisse que nous devons signaler sur la plupart des 
catégories. 

Cours de la charcuterie. — On vend à la Villette par 50 kilog.: 1" qualité, 
76 à 83 fr.; 2% 70 à 75 fr.; poids vif, 57 à 60 fr. 

X. — Marché aux bestiaux de la Villette du jeudi 17 juillet. 
Bœufs. Veaux. Moulons. 



1" 2« 


3" 


1" 


2» 3« 


,,. 5. 


3' 


quai. quai 


quai. 


quai. 


quai. quai. quai. quai. 


quai. 


fr. fr. 


fr. 


fr. 


fr. fr. 


fr. fr. 


fr. 


81 -".S 


69 


95 


88 80 


82 76 


70 


XI. — Cours de la viande à l'abattoir de la Villette du 17 


juillet {par oO kilog.) 










Cours des commissionnaires 






Poids 


Cours officiels. 


en bestiaux. 






moyen _,■ — 


^^Bfc-^^^ ^ 


^ ■ III .-^.-. 


1^1 ~-~^ 


-Miimaux 




général, l" 


•ja. 3" Prix 


l" 2» 3« 


Prix 


araeues. Invendus. 


kil. quai. 


quai. quai, exlrêmes. 


qaal. quai. quai. 


extrêmes. 


Biufs 2.829 


"78 


333 1.74 


1.60 1.32 1.30àl.SO 


1.70 1.58 1.30 


1.28 à 1.7S 


Vaches.... 578 


114 


243 1 60 


1.35 1.25 1.20 1.66 


1.58 1.34 1.20 


1.15 1.62 


Taureaux.. 13S 


29 


373 1.4S 


1.36 1.25 1.20 1.50 


1.40 1.35 1.25 


1.20 l.âO 


V eaux i . 1 1 ;î 


I6i 


79 1.90 


1.70 1.50 1.30 2.00 


» » » 


B » 


Moutons... 20.71!J 


2.S71 


20 1.9S 


1.7S 1.45 I.Si 2.04 


» B • 


» 9 


Porcs gras. 5.0'ï.ï 


32S 


86 1.43 


1.40 1.34 1.28 1.56 


n » a 


» » 


— maigres. 13 


2 


» 1.20 


» » 1.10 1.30 


» » > 


> * 


Vente calme sui' toutes les es 


Dèces. 









XII. — Scsumd. 

Sauf en ce qui concerne la plupart des produits animaux, c'est de la hausse que 
nous devons constater cette semaine sur la plupart des denrées agricoles. 

A. Remy. 

BULLETIN FINANCIER- 

Une réaction de la dernière heure a ramené nos l'on Is publics le 3 0/0 de 83 à 
82.50 et le 5 0/0 de 118,25 à 117,85; ces cours sont néanmoins en hausse sur 
ceux delà semaine dernière. Les Sociétés de crédit continuent à être très recher- 
chées, mais cette faveur tient moins aux aflaires qu'elles lancent qu'à la plus-value 
que prennent les titres qu'elles tiennent en portefeuille. 

Cours de la Botirse du 16 ait'23 juillet (ou comptant. 



Principales valeurs françaises ; 



Bente 
Rente 
R>:nle 
Rente 



3 0/0 
3 0)0 



Plus plus Dernier 
bas. b-ts. cours. 

82.50 S3.0U S2.50 

3 ofo amortiss 84.70' 8S.25 S^.70 

12 0/0 114.00 113.50 114.00 

o;o 117.85 US. 25 117. «5 

Banque de Fr,ince ôin.OO 3145.00 3145.00 

Comptoir d'escompte 875.00 890 IM) S&O.OO 

Société générale 530 00 550.00 550.00 

Crédit foncier 810.(0 S«S.ao 840.00 

Crédit agricole -a » 4S5.00 

Est Actions 500 735.00 745.00 73S.75 

Midi n d" 872.50 880.00 875.00 

Nord d' 15-10.00 1531.00 I5'J5 00 

Orléans d" 1212.50 12IS-75 1217.50 

Oiest d° 7^6.25 792. .0 792 50 

Paris-Lyon Wcditerranccd* 1168 75 iHi oo 1172.50 
Paris 1871 obi. 400 3 0/0... 406. t!0 4u7.50 lOi.OO 



5 Italien. 



80.40 80.80 80.80 

Le Gérant: A. BOUCHÉ. 



826.25 S35.0O 826.75 



Valeurs diverses : 

Crëd. fonc. oW. 500 1 0,0 512.00 5i5.oi) 515.00 

d" d° d" d* 3 0/0 555.00 5i7.50 555.00 

d° obi. c'- 500 3 0/0 505 00 5IU.O0 508.75 
Cie algérienne act. 500.... 
Bque de Haris act. 500.... 
Crcd. inJ. et com' 500.... » » » 

Dépjtsetcptes cts 500 690.00 697.50 696.25 

Crédit Ij nnais d* 720.00 727.50 725 00 

Cred. mobilier d" 540.00 547.50 545.00 

Cie parisienne du gaz 250 1271..5 1307.50 1307.50 

Cie gêner, translal.... 500 570.00 5»7.50 587.50 

Messag. maritime. u" 671. '-5 675.00 671.25 

Canal de Suez d° 740 l'O 742.50 742.50 

d" délégation d* 625.00 627.50 627.50 

d» obi. 5(1,0 d" 570 00 5:2.50 572.50 

Créd. fonc. Aiitrich... 500 1205. t'O 12.50.00 1205.00 

Créd. mob. Espagnol., d» 6:i5.00 670.00 665.00 

Créd. fonc. de Russie 500 397.00 400.00 398.75 

Letebrieh. 



CHRONIQUE AGRICOLE n aoui 1879). 

L'agriculture dans les Alpes. — Heureuse inHuenoe des irrigations dans les zones élevées. — 
Efforts du cultivateur. — Transformation des terrains incultes. — Nécessité de mulliplier l'em- 
ploi de l'eau dans la réçron méridionale de la France. — Le bien-être nécessaire. — Nouvelles 
éludes de M. Pasteur sur la feiraentation. — Discussions à l'occasion d'un écrit posthume de 
Claude Bernard. — La création dn laboratoire de Carlsiicrfc en D memark. ~ An-ilyse de l'ou- 
vrage de -M. Pasteur. — Leçons que les agriculteurs peuvent en tirer. — Décoration dans la 
Légion d'honneur pour services rendus à l'agriculture. — Nécrologie. — Mort de M. Dupont. — 
Vo!e par la Chnmhre des députés du budget de l'agriculture pour l'année 1880. — .\ugmentati(in 
de crédits accordée sur l'année précédente. — Dégrèvement en faveur des chevaux et des voi- 
tures consacrés aux travaux agricoles. — Texte du projet de !<ii complémentaire sur le phyl- 
loxéra, voté par le Sénat. — Transmission à la Chambre des députés. — Rouvelles recbe ches 
sur les mœars du phylloxéra. — Note de M. Boiteau sur les résultats de la submersion et dis 
traitements inseclici les. — Le phylloxéra dans la Côte-d'Or. — Lettre de M. Magnien. — Tra- 
vaux du Comité d'études du département de Lol-et-Garonne. — Erratum. — Proposition de loi 
sur la destruction des lapins. — Vote par le Sénat d'une enquête sur la iiisciculture. — Appré- 
ciations de M. Wilckens sur le traité de zootechnie de M. Sanson. — Date des expériences rie 
moissonneuses-lieuses org misées parla Société d'agriculture de Meaux. — Prochain concours 
du Comice de Saintes. — Les prairies d'après le système de M. Goetz. — Concours départemen- 
taux à Brioude et au Mans. — Programme d'admission à la lerme-?cole de la Sarthe. — Situa- 
lion des récoltes. 

1. — La misère cl la prospérilé en agriculture. 

Embrun (Hautes-Alpes), le '29 juillet 1879. 

Pour se bien rendre compte de l'état de l'agriculture d'un grand 
pays, il faut aller partout, dans les misérables chaumières perchées 
sur d'aiides montagnes, à plus de 1,000 mètres d'altitude, aussi bien 
que dans les plantureuses termes des riches vallées. Je mets ce pré- 
cepte en action. Me voici dans les Alpes, visitant des exploitations 
rurales placées sous le plus rude et le plus extrême climat. Que d'ef- 
forts j'y constate de la part du cultivateur aux prises avec un sol 
ingrat et toutes les intempéries de l'atmosphère. Il est vraiment admi- 
rable, ce paysan alpin qui s'acharne à remuer des schistes noirâtres 
que les pluies émiettent et entraînent dans les torrents. L'été, tout 
brûle, s'il n'a pas à sa disposition quelque tllet d'eau pour donner aux 
plantes l'humidité nécessaire à leur constitution, à l'accomplissement 
des diverses phases de la végétation. Aussi rien ne le rebute dans la re- 
cherche et la captalion des sources, dans la création des rigoles d'irriga- 
tion. L'homme isolé serait souvent impuissant. C'est pourquoi, depuis 
des siècles, de nombreuv syndicats se sont formés, et le principe de 
l'association fait des merveilles. Des vallées infertiles, des plateaux 
couverts de ronces et de pierres, des délaissés des torrents ne présen- 
tant que des cailloux roulés et des roches, ont été transformés en 
riches cultures, en jardins merveilleux souvent. — Il n'y avaitrien ici 
que de la grève, il y a vingt ans, md disait hier un paysan; tout le 
monde dans le pays était pauvre; beaucoup ne parvenaient à vivre 
qu'en allant mendier; l'are de terre ne valait pas 1 franc. Nous nous 
sommes réunis une centaine; nous avons apporté tout ce que nous 
pouvions, nos bras surtout; non» avons emprunté, nous avons fait un 
canal que nous administrons. Et voici que l'aisance est venue, nous 
avons de belles récoltes, il n'y a plus dé pauvres, plus de mendiants; 
l'are de terre vaut 20 francs, même 30 francs; nous avons du bétail, 
nous nous nourrissons pres([uc bien, et nous contribuons à la richesse 
générale de la France, car nous nous intéressons aussi aux affaires du 
pays, et vous pouvez voir aux portraits qui ornent nos maisons ainsi 
que les lieux de réunion, que nous aimons ceux qui nous garantissent 
que nous continuerons à nous gouverner nous -mêmes. ^lais, si nous 
n'avions pas obtenu de l'eau, il eut été impossible de continuer à sup- 
porter la misère ([ui nous accablait. — Et en vérité, ce brave paysan 

N" 538. Tome III do 187!). — '2 août 



162 CHRONIQUE AGRICOLE (2 AOUT 1879). 

avait bien raison. Je suis monté avec mes collègues de la Commission 
<lu concours d'irrigation' des Alpes, MM. du Peyrat, Coste, Rouault, 
Richard, à plusieurs centaines de mètres oîi un petit propriétaire nous 
avait appelés pour nous montrer ce qu'il avait obtenu avec une petite 
source, et nous avons été stupéfaits de l'immensité des efforts réunis 
pour gagner quelques ares de terre et y faire régner une belle végéta- 
tion formant une oasis au milieu de roches décharnées. Peu d'hommes 
peuvent s'acharner à un tel travail. Aussi beaucoup s'en vont, et la 
dépopulation rurale se produit. Peut-il en être autrement, et doit-on 
blâmer les paysans qui vont chercher ailleurs une vie moins dure, 
moins misérable? Nous n'hésitons pas à dire non. 

Il est facile de faire des phrases pompeuses contre l'émigration des 
campagnes dans les villes, de déplorer que des familles entières quittent 
leur village natal et aillent s'établir dans des cités; mais il faut 
examiner si ce ne sont pas là des élucubrations fausses de tous points. 
Quant à nous, nous n'hésilous pas à dire que les contrées oîi l'homme 
ne peut pas faire œuvre féconde, où la misère est certaine, doivent 
être abandonnées ; il faut y faire des plantations forestières, si on ne 
peut pas y amener de l'eau fertilisante par la création de canaux. Alors 
l'émigration rurale est un bien; elle ne saurait être blâmée, et il est 
absurde de proférer anathème contre celui qui cherche à tirer un 
meilleur parti de ses bras, à obtenir un plus fort salaire, à mieux 
vivre. Lhonime d'Etat n'a qu'un parti à prendre, s'il est vraiment 
apte à gouverner, c'est de mettre les populations rurales en situation 
d'acquérir le bien-être. Pour résoudre ce problème dans le Midi de la 
France, il faut y multiplier les canaux d'arrosage. M. le ministre des 
travaux publics l'a bien compris, quand il a demandé à la Commission 
supérieure de l'aménagement des eaux, de préparer une loi nouvelle 
sur les irrigations; M. de Fi^eycinet, avec son habitude des grandes 
affaires, son coup d'œil profond et rapide, a bien vu que tout était là, 
qu'il fallait assurer aux créateurs de canaux des capitaux par la ga- 
rantie d'un minimum d'intérêt. Cette loi sera bientôt présentée aux 
Chambres; elle sera certainement adoptée, et elle ouvrira une ère 
nouvelle pour l'agriculture. Nous apercevons, du haut des Alpes, 
les vastes contrées que l'eau anciennement dévastatrice ira féconder; 
nous entendons déjà les cris de joie des populations devenues riches, 
comme dans ce village où sur les bords d'un torrent, hier, un paysan 
nous racontait en termes si heureux la transformation à laquelle 
il avait assisté, et dont il avait fait une partie, grâce à la puissance de 
l'association syndicale. 

IL — La fi'nnenlation. 
M. Pasteur vient de publier un volume sur lequel nous devons 
appeler ialtention des agriculteurs ; cet opuscule a pour titre A'a-amm 
crituine d'un écrit posthume de Claude Bernard sur la fermentation '. 
L'écrit posthume de Claude lîernard dont il s'agit a été livré aux dis- 
cussionsparM.Berlhelotet adtjàdonné lieu, entre ce dernier et M. Pas- 
teur, à une très vive polémique que nous avons résumée. On voit que 
le débat se passe entre savants de premier ordre, et, cela déjà présente 
un grand intérêt, car les recherches auxquelles se livrent des esprits 
éminents ne sauraient qu'être fertiles ; mais en outre, la question de 

1. Un vol. in-8" de 156 pages, chez Gautliier-Villars, 55, quai des Augustins, à Paris. 



CHRONIQUE AGRICOLE (2 AOUT 1879). 163 

la cause de la fermentation des moûts, qui donne naissance soit au 
vin, soit aux. liqueurs alcooliques, est capitale pour trois des plus 
grandes industries agricoles de la France. Le volume renferme une 
dédicace, une introduction, le texte même avec figures gravées fac- 
similé des notes postliumes de Bernard, avec leur examen critique par 
iM. Pasteur; diverses notes de M. Pasteur, soit sur les idées de Claude 
Bernard, soit sur les expériences faites pour résoudre quelques points 
encore obscurs de la fermentation du jus de raisin; enfin le texte même 
de la discussion qui a en lieu, à l'Académie des sciences, entre 
M. Pasteur et jM. Berthelot, à qui l'on doit la publication faite dans la 
Revue sciendlique des notes manuscrites trouvées sur les registres de 
Claude Bernard après sa mort. La dédicace adressée à M Jacobsen, 
le grand brasseur de Carlsberg, en Danemarlv, mérite d'être signalée, 
car le passage suivant met en relief un fait bien remarquable : « Après 
avoir acquis, écrit M. Pasteur à M. Jacobson, dans l'industrie de la 
brasserie une renommée européenne, vous avez fondé à Carlsber" un 
laboratoire qui doit être destiné uniquement aux progrès de l'art du 
brasseur. Quinzecent millefrancsontétéconsacrés pourservirà la con- 
struction de l'éditicc et à la dotation perpétuelle des recherclies qu'on 
doit y exécuter. » Ne serait- il pas heureux pour l'agriculture française 
que quelque grand propriétaire, au lieu de fournir des legs semblables 
à ceux que nous annoncent souvent les journaux pour des h*>pitaux, 
fit une donation su.-iceplible d'amener de grands progrès agricoles? Que 
de choses à accomplir, nous pourrions citer. Dans tous les cas, M. Pas- 
teur a raison dédire à .M. Jacobsen : «-Par cette libéralité, vous don- 
nez aux chefs des industries du monde entier un noble exemple de 
reconnaissance envers la Science, source féconde de tous les progrès 
durables. » Ajoutons que M. Jacobsen a demandé à M. Pasteur la per- 
mission « de faire exéciitei- son buste en marbre pour l'ériger dans le 
laboratoire de Carlsberg, en commémoration des services rendus à 
la chimie, à la piiysiologiç et à la brasserie par ses travaux sur la fer- 
mentation, base de tous les progrès futurs de l'art du brasseur. » C'est 
là une preuve île l'estime dans laquelle sont tenues à l'étranger les 
recherches de .^L Pasteur. 

Dans l'introduction du livre que nous annonçons, est insérée une 
notice écrite en 1860, par M. Pasteiu', sur les travaux de Claude Ber- 
nard. C'est un aperçu lumineux sur l'inq^ortancc de l'œuvre accomplie 
par l'illustre pliysiologiste, sur son enseignement, sur sa méthode de 
recherche. Kw quelques pages, tout est bien exposé et exprimé. (>eux 
qui ne connaissent pas bien encore les principales découvertes de 
Bernard les y trouveront parfaitement, quoique succinctement décrites. 
Kn raison de ces pages seules, l'opuscule de M. Pasteur mériterait 
d'être lu. Les viticulteurs pretidrout ensuite connaissance des preuves 
manifestes de l'iniluence des germes apportés par l'air sur la fermen- 
tation du jus du raisin, et ils verront comment on doit conduire des 
expériences pour arriver à mettre en évidence \i vrai ou le faux. Les 
résultats obtenus par .M. Pasteur démontrent que plus on pénètre dans 
l'élude expérimentale des germes, plus on y entrevoit de clartés impré- 
vues et d'idées justes sur les causes des maladies qui frappent inopiné- 
ment les hommes ou les animaux. 

Ln lisant ce livre, durant notre voyage dans les Alpes, nous y avons 
trouvé tant de choses à méditer, tant d'observations à creuser, que 



16i CHRONIQUE AGRICOLE (2 AOUT 1879). 

nous avons cni devoir conseiller aux autres une lecture à la fois 
extrêmement altachanle et instructive. Pour le fond du débat, nous 
ajouterons que la démonstration de la non-existence des ferments so- 
lubles nous paraît complète. C'est aux germes microscopiques con- 
tenus dans l'air, qu'on doit attribuer la cause de la foiniation des 
globules de levure dans un moût sucré, comme on doit rapporter au 
transport par l'atmosphère agitée, des phylloxéras que nous venons 
de retrouver à 800 mètres d'allilude dans les Alpes. 

III. — Décorations pour services rendus « l'agricuUurc. 

Le Journal officiel a publié cette semaine les décrets rendus sur la 
proposition des divers ministres, et portant promotion ou nomination 
dans la Légion d'honneur pour le deuxième semestre de 1879. Nous 
extrayons de ces listes les noms des nouveaux décorés qui se rattachent 
directement à l'agriculture. Ont été nommés chevaliers de la Légion 
d'honneur : 

JMM. le comte de Gasparin (Paul), maire d'Orange (Vauclufîe), ingénieur des 
ponts et chaussées pendant vingt ans, dépulé de 18^6 à 1848; — Espiuasse 
(Jacques 1, président de la Société d'agriculture et d'horticulture dePontoise; 
création de cours gratuit; services excejitionnels; — Poivre (Marie-Paul-Auguste- 
Olympe), inspecteur des ibrètsi Epinai; 3J ans de service, services rendus pendant 
la guerre de 1870-71 ; — Bricka (Charles), ingénicurdes ponts et chaussées; a 
dirigé avec succès les travaux d'achèvement du canal de Verdon. 

Nous de\ons particulièrement a})plaudir à la distinction qui est 
venue trouver notre excellent collaborateur et ami M. Paul de Gasparin. 
Nos lecteurs connaissent ses importants travaux agronomiques; ils 
savent que les méthodes d'analyse des terres arables dont il a enrichi 
la science, font autorité partout. Agriculteur émérite en même temps 
que savant éminent, il marcheavec éclat dans la voie qui a déjà rendu 
illustre le nom des Gasparin. 

IV. — Nécrologie. 

Nous avons le regret d'annoncer la mort cie M. Dupont, ancien vété- 
rinaire départemental et ancien secrétaire général de la Société d'agri- 
culture de la Gironde. iM. Dupont a légué toute sa fortune à l'hospice 
de la ville de Pau, oii il était né. Les pauvres garderont longtemps sa 
mémoire. 

V. — le budget de l'agriculture. 

La Chambre des députés a voté, dans sa séance du 'i'i juillet, le 
budget des dépenses du Ministère de l'agriculture et du commerce pour 
l'exercice 1880. Ce budget a été adopté sans chani;eraents aux proposi- 
tions contenues dans le rapport de l'honorable M. Louis Legrand, que 
nous avons analysé dans notre numéro du 14 juin dernier (page 409 
du tome il de 1879). M. Louis de Kerjégu a demandé qu'à partir de 
l'année proahainc, le budget des encouragements à l'agricuture fût 
augmenté et 3L de la Bassetière a proposé d'augmenter de 100,000 fr. 
les subventions aux associations agricoles. Cet amendement n'a pas 
été adopté. M. Louis Legrand a fîiit observer que la Chambre n'a réduit 
aucun des crédits demandés, mais que plusieurs ont été sensiblement 
accrus, notamment les services vétérinaires de 100,000 fr., l'enseigne- 
ment agricole de \ 13,000 fr., les haras de '150,000 fr., les forêts de 
1,050,000 fr. Enfin récemment un crédit do 500,000 fr. a été voté 
pour permettre au gouvei-nement de lutter contre les progrès du phyl- 



CIIROXIQL'E AGRIGOLK (2 AOUT 1879). 165 

loxera. Ces augmentations prouvent tout l'intérêt porté aujourd'hui 
aux. services agricoles par les pouvoirs publics. 

\'r. — Dégrèvement chs chevaux et des voitures des agriculteurs. 

Nos lecteurs savent, parleur propre expérience, que jusqu'ici les 
chevaux et voitures exclusivement employés aux travaux des champs, 
étaient seuls exempts delà moitié delà taxe. La Chambre des députés, 
sur la proposition et le rapportde M. Hugot, vient de substituer le mot 
hahilHcllciiirnt au mot exclusivement. Désormais si cette nouvelle rédac- 
tion est adoptée par le Sénat, les cultivateurs poun"ont se servir de leurs 
véhicules pour le transport de leurs personnes ou de leurs familles, 
sans avoir à craindre que le lise vienne imposer à taxe entière leur che- 
val et leur voiture. Avec cette modification, la (Ihambre en a fait deux 
autres destinées à atténuer légèrement lapcrte du Trésor. La première 
établit une nouvelle catégorie de population, en coupant en deux l'iin- 
cienne catégorie de 3,000 à 20, OUI) habitants. Il est très juste que la 
taxe soit plus élevée dans les villes de 10,000 à '^0,000 habitants que 
dans celles de 3,000 à 10,0i)0. Da plus, la taxe est étendue aux mules 
et aux mulets, qui avaient été jusqu'ici, contrairement à l'égalité, 
exemptés detoutimpôt. Cesdeux molilicationss produiront une recette 
annuelle de 200,0t)0 fr. En résumé, c'est un dégrèvement de 1,600,000 
francs, au profit exchisit' de l'agriculture. 

YI. — Le phylloxéra. 

Dans sa séance du 20 juillet, le Sénat, après une intéressante dis- 
cussion à laquelle ont pris part, avec M. Tirard, ministre de l'agricul- 
ture et du commerce, M.\L Gaston Bazille, Issartier, .Meinadier, 
Tamisier, etc., a adopté le projet de loi présenté par le gouvernemenl 
pour modifier plusieurs dispositions de la loi du 15 juillet 1878, sur 
le phylloxéra et le doryphora. On se rappelle que ces modifications 
avaient été provoquées dans la dernière session de la Commission 
supérieure du phylloxéra. 'V^oici le texte du projet de loi adopté pur le 
Sénat : 

Article unique. — Les articles 3, 4, 5 et 12 de la loi du 15 juillet 1873 sont 
modifies de la manière suivante : 

Art. 3. — Dis que le préfel d'un département a reçu avis, soit par le proprié- 
taire d'une vigne, soit par le maire d'une commune, soit par la (Joniinisi m dépar- 
tementale d'études et de viijilance, ((ue le phylloxéra a fait son apparition dans 
une localité, il charge un délégué de visiter la vigne signalée comme malade, et, 
en cas de besoin, les vignes environnantes. Lî délégué peut faire, dans la dite 
vigne, les opérations nécessaires pour constater l'existence du phylloxéra. 

Un arrêté du ministre do l'agriculture et du commerce peut, en tout temps, 
ordoaner ou autoriser des investigations dans les vignobles des localités considé- 
rées comme indemnes, où la présence du ])hylloxera sera soupçonnée. 

Dans des cas urgents et particuliers, le jjrélet aura le droit d'ordonner ou d'au- 
toriser ces investigations. 

Art. 4. — Lorsque l'existence du phylloxéra a été constatée dans les contrées 
indemnes dont le périmètre sera tracé tous les ans sur la carte de l'invasion pliyl- 
loxerique dont il est fait nienlion à l'article 2, conformément aux di positions de 
l'article précédent, sur le ra))port du préfet, la Commission départementale perma- 
nente et les propriétaires entendus dans les tormes et les délais qui seront déter- 
minés par le règlement d'administration publique, un arrêté du ramistre de l'agri- 
culture et du commerce, pris sur l'avis conforme de la section permanente de la 
Commission supérieure du phylloxéra, peut ordonner que la vigne malade et les 
vignes environnantes, dans un rayon lixé et sous les conditions d'exécution déter- 
minées par le même arrêté, seront soumises à l'un des traitements indiqués par la 
Commission supérieure. 



1Ô6 CHRONIQUE AGRICOLE (2 AOUT 1879). 

Le ministre peut ordonner, peniiat plusieurs anaéis, la coutinuatioa du traite- 
ment mentionné ci-dessus, et prescrire au besoin le traitj.usn' de. ta;lies nou- 
Yelles qui viendraient à être découvertes. 

Dans les circonstances exceptionnelles, lorsqu'il y aura néces?it3 et urgence de 
préserver de l'invasion du phylloxéra une contrée vitico'.e, le ministre, sur l'avis 
conforme de la section permanente, poui-ra ordonner, h irs des contrées indemnes, 
dans les formes prescrites par le règlement d'administration publique, le traite- 
ment iniiquéau premier paragraphe du présent article. 

Dans les cas ci-dessus énoncés, les dépenses occasionnées parle traitement des 
vignes sont à la char^'e de l'Etat. 

Art. 5. — Lorsqu'un département ou une commune votera une subvention 
destinée à aider les propriétaires qui traitent leurs vignes suivant l'un des modes 
approuvés par la Commission supérieure du phylloxéra, l'Etat donnera une sub- 
vention égale à celle du département ou de la commune, qui se trouvera ainsi 
doublée. 

Lorsque des propriétaires, en vue de la destruction du phylloxéra sur leur terri- 
toire, se seront organisés en associations syndicales temporaires approuvées par 
l'autorité administrative, ils pourront recevoir, sur l'avis conforme de la section 
permanente de la Commission supérieure du phylloxéra, une subvention de l'Etat. 
Cette subvention ne pourra, dans aucun cas, dépasser la somme vulée par le syn- 
dicat pour le traitemer t des vignes phylloxerées. 

Pourront également être subventionnées par l'Etat, sous les conditions et dan« 
les proportions fixées par le paragraphe précédent, les associations syndicales 
temporaires approuvées par l'autorité administrative et constituées en vue de la 
recherche du phylloxéra dans les contrées indemnes ou partiellement atteintes 

Art 12. — Les contraventions aux dispositions de la présente loi et à celles 
des décrets ou arrêtés pris pour son exécution, seront punies d'une amende de 50 
à 500 francs. 

Ce projet do loi a été transmis à la Chiimbi-e des députés, dans la 
séance du 28 juillet, et, sur la demande du ministre de l'agriculture, 
l'urgence a été déclarée. Le rapport de la Commission de la Chambre a 
été déposé à la séance du .'^0 juillet, le vote a eu lieu dans celle du 3 1 . 

Les recherches sur les mœurs du phylloxéra sont poursuivies avec 
activité. Dans la séance de l'Académie des sciences du 2\ juillet, 
M. Boiteau a comnmniqué les résultats de ses nouvelles observations 
sur l'œuf d'hiver qu'il a suivi dans ses transformations, et sur les 
causes de la réinvasion du phylloxéra dans les vignes soumises à un 
traitement. Dans cette note, il constate une fois de plus les excel- 
lents résultats obtenus par la submersion automnale des vignes. Voici 
comment il s'exprime sur ce sujet, ainsi que sur les autres procédés 
de traitement des vignes. Nos lecteurs liront certainement avec inté- 
rêt l'exposé des faits recueillis par M. Boiteau, surtout dans le dépar- 
tement de la Gironde : 

« De tous les traitements connus jusqu'à ce jour, un seul paraît amener la 
destruction à peu près complète de l'insecte vivant sur les racines. Ce traitement, 
c'est la submersion, et encore faut-il quelle soit faite dans de très bonnes condi- 
tions. J'ai en observation depuis trois ans des vignes submergées qui ont 'donné 
ce résultat d'une manière on peut dire absolue. Sur un de mes champs d'obser- 
vation, séparé dans sa plus petite distance de 50 mètres à 60 mètres des vignes 
voisines, il ne m'a pas été possible de rencontrer des insectes sur les racines 
qu'au mois de septembre. Cela se passait en 1877 et après une seule submer- 
sion. Les insectes, examinés attentivement au microscope, m'ont sembl i avoir 
certains caractères qui les rapprochaient de ceux provenant des œufs d'hiver. Il 
est vrai qu'à cette époque les générations successives ont déjà modifié l'antenne 
de manière à ne plus permettre una affirmation catégorique. J'ai cherché vaine- 
ment des galles sur ce vignoble, ce qui donnerait à penser que les produits de 
lœuf d'hiver peuvent vivre ailleurs que sur les feuilles. En 1878, ce même vigno- 
ble a été submergé pour la seconde fois et mes recherches ont été complètement 
infructueuses ; il ne m'a pas été possible de rencontrer sur les racines un seul 



CHRONIQUE AGRICOLE (2 AOUT 1879). 167 

iQsecte. Aux mois d'août et de septembre, j'ai constaté un assez grand nonabre 
d'ailés, surtout dans les toiles d'araignées tendues des échalas aux pampres. Si, 
à la seconde année de submersion, il ne m'a pas été possible de rencontrer d'in- 
sectes sur les racines, cela provient sans doute de ce que les insectes ailés- ont été 
peu abondants après une première opération et rfue tous ceux qui y s-ont arrivés 
provenaient de vignes assez éloignées. Cette année encore ces vignoblesoiitétésub- 
mergés, ce qui nie rendra diflicile la constatation d'insectes sur les racines. La 
difficulté pourra cependant être vaincue en ce sens que j'ai plusieurs autres vigno- 
bles qui n'ont subi ce traitement qu'une première fois. Ici donc, il semble que la 
réinvasion se soit laite exclusivement par des insectes issus des œufs d'hiver et 
ayant opéré leur multipli ation sur quelques parties extérieures des ceps. Gela 
parait d'autant plus probable, que ces insectes se trouvaient sur les radicelles les 
plu-^ superficielles; les racines profondes n'en présentaient aucun. 

« iuns les vignes traitées par les autres moyens de destruction, le sulfure de 
carbone employé sous les différentes formes de sulfure pur, de sulfocarbonates 
ou de cubes Rohart, les résultats sont toujours moins complets et beaucoup d'in- 
sectes échappent à la destruction, ce qui fait qu'aux mois d'été la réinvasion est 
plus ou moins considérable, suivant la réussite plus ou moins complète de l'insec- 
ticide. La deuxième année la réinvasion est moins considérable, et souvent la troi- 
sième elle est presque nulle. Les insectes qui échappent sont principalement ceux 
nui sont fixés au collet de la plante ou sur les racines tout à l'ait superficielles. 
Nous avons ici deux causes de rcinvasion : les insectes agames épargnés et les 
descendants de l'œuf d'hiver. » 

Dans quelques départemenls, les nouveaux Comités de surveillance 
des vignes, organisés en vertu de la loi du 15 juillet 1878, montrent 
imo grande activité. Un de ceux qui travaillent avec le plus d'ardeur 
est celui de la Côlo-d'Or. Il vient de faire imprimer et il distribue 
gratuitement à tous les intéressés, une excellente notice due à M. Ma- 
gnien, professeur départemental d'agriculture; cette notice renferme 
des instructions pratiques sur les moyens de reconnaître les vignes 
attaquées par le fatal puceron. La situation actuelle du traitement des 
lâches pliyllnxériques dans la Côte -d'Or est décrite dans la lettre sui- 
vante que nuus adresse M. Magnien : 

Dijon, 26 juillet 1879. 

a Monsieur le diroc'eur, voici quelques ren-eignements sur l'état de l'invasion 
phylloxérit|ue dans la Cùte-J'Or. De nouvelles taches ont été découvertes ces jours- 
ci et vont être attaquées avec la même vigueui- que les premières. A l'heure 
a-tuidle, le traitement le plus urgent, c'esl-à-dire celui qui est appliqué aux 
souches reconnues phylloxérées par le travail de délimitation méthodique effectué 
pour cha([ue tache, est très avancé et il sera achevé, sans aucun doute, avant la 
période Je l'essaimage. La situation à ce jour peut se résumer ainsi qu'il suit: 

<v Le traitement complet à haute dose est de 140 grammes de sulfure de carbone 
par mètie carré, distribués en deux ajiplications à quelques jours d'intervalle, 
soit par application, 70 grammes. 

-Noms dea localités Ktat d-.ivanccnicnt 

allciD les. selon l'ordre du traileinent 

de lu sur les parlies'f.hylloxcrécs 
dccouverlc des taches. proprement dites. 

1 Dijon groupe de taches rapprochées 1" et 2« applicalions achevées. 

1 5;eule éloignée (les autres. 
'1 Alone-Corton. ... :i Uiclies — 2 applications achevées. 

2 Scrrinny 2 — — 2 — 

4 Buxey pics Meur- 

sault 1 — — 1 sedle application achevée. 

5 Beaunc :! — — \" application terminée sur une lâche 

en voie d'exécution sur les autres, 
f) Savigny-les-Beaune 1 — — l" application acl.ev.'e. 

7 Corgoloin 3 — ' - 2 applicatl<ms achevées des taches, la 

première s'effectue surla Iroisicme. 
' B^r^Béaune-. \ \ ^« '"^■^" ^« -iélimilaliun va cotnmencer. 

« A Dijon, les opérations sur toute la surface qui doit être traitée à haute dose 



168 CHRUNIUOE AGRICOLE (2 AOUT 1879). 

et qui comprend des ceps sur les([uels la pi*ésence du phylloxéra n'a pas été cons- 
tatée, sont conduites avec une grande activité, et grâce à l'habileté du chef d'équipe, 
il sera possible d'enireprendre, dans un bref délai, le tiaiiement de la zone de 
protection. 

« Veuillez agréer, etc. « L. ilAUNiEN. >> 

Dans le département de Lol-tt-Garonne, le Comité central d'études 
et de vigilance a fait imprimer, pour chacun des arrondissements, une 
notice renfermant des détails iiistructils sur la vie et les mœurs de 
l'insecle, sur le traitement des vjgnes malades, sur les moyens de re- 
connaître le phyllo-xera. Chacune de ces notices, dues à M. Prosper de 
Lafilte, président du Comité, est accompagnée d'une carte de l'arron- 
dissement, indiquant les taches phylloxériques actuellement consta- 
lées ; malheureusement tous ont des taches assez nombreuses. 

VIII. — Erraluiit. 

Dans 1 article de M. Faucon sur le traitement des vignes phylloxe- 
rées par la submersion, publié dans noire dernier numéro, une erreur 
typographique a complèlement chanizé le sens d'une phrase. A la 
Dai^e 145, ligne -'lO, au lieu de : « Elle sera }.-uiii nous Iris /utile à 
résoudre », il faut lire « Irrs dif/icile â résoudre. » 
IX. — La ikslriiciion des lapins. 

Nos lecteurs savent que M. Fouchor de Careil a l'ait au Sénat une 
proposition de loi relative à la destruction des lapins. Dans sa séance 
du 29 juillet, la haute x\sscnihlée a décidé ([ue celte proposition serait 
prise en considération et renvoyée à l'e-xameu d'une Commission spé- 
ciale. Cette décision a été prise après une intéressante discussion à 
laquelle ont pris part MM. Foucher de Careil, de Lareinty et de Tré- 
veneuc. La guerre que l'iionorable sénateur de Seine-et Marne a dé- 
clarée aux. lapins ne peut être que suivie avec un vif intérêt par lous les 
agriculteurs. 

X. — PisckvUure. 

Dans sa séance du 28 juillet, le Sénat a adopté, sur le rapport de 
M. George, le projet de résolution présenté par M. Uohin et plusieurs 
de ses collèi^ues, et ayant pour objet la nomination d'une Commission 
chargée d'étudier et de proposer les mesures à prendre pour empêcher 
la destruction abusive du poisson et assurer le repeuplement des eaux. 
Cette Commission sera composée de dix-huit membres, et elle pourra 
s'adjoin:lre, avec voi.v consultative, les i>ersonnes même étrangères au 
Sénat, dont elle jugera le concours utile pour ses travaux. 
XI. — Le 'Lrailé de zootechnie de M. A. Sanson. 

Nous avons eu, à plusieurs reprises, l'occasion de signaler la deu- 
xième édition de son Traite de zooU'chiiie que notre collaborateur M. A. 
Sanson, a récemment publiée. Les importants travaux de M. Sanson 
sont appréciés à l'étranger comme en France. Nous en trouvons la 
preuve dans une notice que vient de publier un des principaux jour- 
naux agricoles de l'Autriclie, le Wiciier landirirthsclia'liche Zeilimg, 
dans son numéro du i-'i juin, ^oici la traduction d'un extrait de cet 
article : 

. Le Traité de zooterhvieàG .\ndré Sanson, professeur de Ecologie et zootechnie 
à 1 Ecole nationale de Grignon et à l'Institut national agronomique de Paris, est 
l'ouvrage le plus complet et le plus important que la littérature française ait pro- 
d\:it sur les animaux domestiques agricoles En outre, il ne m'en est guère connu 
dans les littératures anglaise et allemande qui puissent être mis sur la même ligne. 



1 



GHRONIQQE AGRICOLE (2 AOUT 1879). 169 

Cet ouvrage comprend cinq volumes. Dans le premier, il est traité de l'organisa- 
tion, des fonctions physiologiques et de l'hygiène des animaux domestiques agri- 
coles • dans le deuxième, des lois nature'les et des méthodes zootechniques; dans 
le troisième, des chevaux, des ânes 'et des mulets ; dans le quatrième, des bœufs 
et des buffles; dans le cinquième, des moutons, des chèvres et des porcs. Les 
deux premiers volumes, qui sont consacrés à la zoologie et à la zootechnie géné- 
rales de ces animaux, contiennent une exposition résumée, mais embrassant les 
faits les plus essentiels, de l'anatomie et de la physiologie, ainsi que le développe- 
ment complet de la doctrine génér;ile de la production animale 'dans le deuxième 
volume). Les trois derniers, qui sont consacrés à la zoologie et à la zootechnie 
spéciales des animaux domestiques agricoles; traitent de chaque genre en parti - 
ticulier, et d'après un système propie à l'auteur. Sanson examine d'abord les con- 
ditions économiques de la production; dans le tome IV, par exemple, celles de la 
production de la viande, du lait et de la force motrice des bèU'S bovines. Après 
cela vient la description de chaque race, puisce qui concerne la reproductio n, l'édu- 
cation et l'alimenlation de chaque genre en particulier. Le tome II[, traitant des 
chevaux, contient en outre une exposition et une appréciation de ce qui est relatif 
aux questions des haras, des courses et des remontes; dans le tome V on trouve 
aussSce qui concerne la conduite des bergeries. 

i 'il est vrai que Sanson a montré son activité comme chercheur aussi bien 
dans le domaine de l'anatomie que dans celui de la physiologie, il est cependant 
)>lus connu particulièrement par ses travaux zoologiques concernant les animaux 
domestiques. Il a le mérite éminent de la détermination nette des caractères typi- 
ques des races. La classificaiion des races domestiques s'appuie le plus souvent 
sur ses recherches personnelles. 'Sla.is il connaî; aussi à fond la littérature de sa 
spécialité, particulièrement la littérature étrangère, et il n'y a sans doute point de 
savant français mieux au courant que lai de la littérature allemande. Les docu- 
ments bibliographiques complets forment un ornement essentiel de l'ouvrage de 
Sanson. 

» Dans un article en rapport avec l'espace réservé par cette Gazette, il est im- 
possible d'entrer dans un examen détaillé des diverses parties de cet ouvrage 
remarquable II faut seulement ajouter que la manière d exposer de Sanson est 
concise, claire et p écise, et que de nombreuses gravures sur bois éclairent le 
texte des descriptions. Los lecteurs allemands qui comprennent la langue fran- 
çiise trouveront dans l'ouvrage de Sansjn une source abondante d'instruction, et 
son prix moJique les mettra en état d'enrichir, avec un faible sacrifice, leur biblio- 
thèque d'un livre excellent. » 

L'iuileur de cet article est ;\[. le professeur Wilckens, un des zoo- 
tccliaicieiis les plus atitorisés de notre époque, et qui s'est placé au 
premier raa^; par ses travaux personnels. L'opinion qu'il e.tprima a 
une valeur d'autant plus considérable. 

XII. — Expériences de luoissonneuscs-licuscs à Mcaiix. 

Les expériences dj moissoniicuses-lieuscs et lieuses indépendantes, 
organisées j)ar la Société d'agriculture de Meaux, sous la direction 
de M. le comte de .Moustier, auront lieu le samedi 'J août h partir 
de II heures du malin, près de la, gare de Meanx, sur la ferme de 
Cliiiillonet exploilée par ^I. Antoine Polit. Départs de Paris pour 
Meau\ à li. 'lO, h. 52, 1 1 h. 30. — Départs de Meaiix pour Paris 
à 3 h. 18,4 h. 21], 5 li. il, li. i:.. 

XIII. — Concours du Comice agricole de Saintes. 

Le Comice agricole de l'arrondissement de Saintes (Cliareute- 
Inférieure), qui a M. le comte Lcmercicr pour président et M. le doc- 
teur Meiiudlcr pour vice-président, tiendra son concours annuel les 
9 et 10 août à Cemuzac. A côté du concours des animaux i'e])roduc- 
teurs de labourage, etc., il y aura une exposition et des essais d'in- 
struments d'agriculture. Des primc's importantes sont réservées à 
celte catégorie, uotaminenl aux charrues, aux batteuses à vapeur et 
à manège, aux, entreprises de battage et de moissonnage mécanique 



170 CHRONIQUE AGRICOLE (2 AOUT 1879). 

XIV. — Les prairies du système Goclz. 

M. Cotliias, agi'iculteuL' à Gliimperreux, près Je Cliateiay iSsiiia-et- 
Marne), a coasacré depuis plusieurs années une grande partie de son 
exploitation à la création de prairies d'après le système de M. Goetz. 
Les agriculteurs qui désirent se rendre coni^ite des résultats obtenus 
par l'enfouissement des engrais verts à l'automne dernier, peuvent 
visiter en ce moment son exploitation. Ils seront certains d'y être 
reçus avec le plus grand •empressement. 

XV. — Concours départemental à Brioudc. 

Un concours départemental d'animaux reproducteurs des espèces 
chevaline, bovine, ovine et porcine, et d'améliorations agricoles, aura 
lieu à Brioude, le samedi 30 août. Les animaux appartenant depuis 
au moins six mois à des propriétaires ayant leur exploitation dans la 
Haute-Loire pourront seuls concourir. Des prix spéciaux seront consa- 
crés aux progrès agricoles, à l'enseignement, aux serviteurs ruraux, etc. 
XVI. — Concours départemental au Mars. 

Un concours départemental d'animaux reproducteurs aura lieu au 
Mans les samedi 20 et dimanche 21 septembre. Une somme de 
7,015 fr. sera distribuée en prix : 5,890 fr. pour les races bovines; 
360 fr. pour les races ovines ; 360 pour les races porcines; 405 fr. 
pour les animaux de basse-cour. Une exposition de machines et instru- 
ments agricoles sera ouverte à tous les constructeurs. Pour les décla- 
rations, le délai de rigueur est fixé au 5 septembre, elles déclarations, 
ainsi que toutes les demandes do renseignements, doivent être adres- 
sées à M. Girard, vice président, 4, place Girard, ou à 1)1. Percheron, 
secrétaire, 17, rue de l'Abbaye-Suint-Vincent, au Mans. 
XVII. — La ferme-école de la Sarllie. 

Le concours d'admission à dix places gratuites d'élèves apprentis à 
la ferme-école de la Sartlie, instituée sur le domaine de la Pilletière, 
commune de Jupilles, sous la direction de M. de Villepin, est fixé au 
mercredi 24 septembre prochain, à la ferme-école. La durée des cours 
est de trois ans. Les candidats qui voudront participer aux épreuves, 
devront être âgés de seize ans révolus au moment de l'examen. Les 
parents des candidats devront faire parvenir à la préfecture, par l'in- 
termédiaire des maires, huit jours au moins avant l'ouverture des 
examens : 1° une demande sur pa[)ier timbré; 2" l'acte de naissance 
des candidats; 3° un certificat constatant que ces derniers ont été 
vaccinés ou qu'ils ont eu Ja petite vérole; 4" l'engagement souscrit 
par les candidats et garanti par leurs parents, de rester trois ans à la 
ferme-école, ou de rembourser au département le montant de la sul)- 
vention payée pour eux (125 fr. par année). Les candidats sciunt 
examinés sur les éléments de l'instruction primaire, c'est-à-dire, la 
lecture, l'écriture, la grammaire elle calcul. On tiendra compte, pour 
leur admission, de leur aptitude aux travaux des champs. 
XVIII. — Nouvelles de l'état des récoltes. 

L'espace nous manque pour publier un certain uond)re de notes 
que nos correspondants nous ont envoyées sur la situation des récoltes 
en terre. Toutefois, nous devons dire que partout on s'est loué du 
retour général du beau temps. En quchjues jours, les blés, comme les 
autres céréales, se sont sensiblement améliorés. La situation est au- 
jourd'hui bien meilleure; la saison se montre enfin favorable. 

J.-A. Barual. 



LA PRIME d'honneur DES ARDENNES. 171 

LA PRIME DIIONNEQR DES ARDEXNÈS'- 

C'est pour la troisième fois que le Concours régional se tient dans le départe- 
ment des Ardennes. 

La lutte paciliqae qui a précédé celle à laquelle nous assistons a eu lieu en 
1870! Combien d'événements douloureux se sont passés Hepuis cette époque I Ce 
n'est "pas sans une émotion profonde que la Commission, chargée de visiter les 
exploitations concourant pour la prime d'honneur et les prix culturaux en 1879, a 
parcouru ce département témoin de tant de malheurs. Si le jury, attristé de tant 
de désastres, n'a pu en chasser le souvenir, il a eu' au moins la consolation de 
constater que la population arde.maise avait déployé une énergie, un patriotisme 
à la hauteur de son malheur; elle ne s'est pas laissé abattre, elle a montré qu'elle 
ne désespérait pas de la fortune de la France. Les fermes et les villages se sont 
relevés de leurs cendres, les étables décimées par la peste bovine se sont repeu- 
plées, la charrue a ouvert de nouveaux et féconds sillons dans ses campagnes 
dévastées. Le grand spectacle que la France vient de donner au monde dans une 
solennité qui illustrera à tout jamais l'année 1878, le département des Ardennes 
l'avait donné d'une façon sinon aussi é:latante, du moins aussi saisissante, en 
montrant aux étrangers venant le visiter peu de temps après nos malheurs, ce 
que peut un peuple énergique- el ce qu'ofl'r.-nt de ressources et de vitalité nos 
populations françaises. Le département des Ardennes n'a pas seulement guéri ses 
plaies, il n'a pas seulement fait disparaître les ruines fumantes ! il en a encore 
gardé le souvenir qrii reste gravé en caractères ineffaçables, aussi bien sur ses 
monuments qu'au fond du cu'ur de ses habitants !... 

Ceux-ci ont compris que plus que jamais le travail s'imposait à eux, qu'il fal- 
lait de nouveaux efforts pour donner à la France un rang digne d'elle et conforme 
au génie de sa race, et une puissance en rapport avec les admirables ressources 
dont elle dispose 

Partout on s'est mis courageusement à l'œuvre! Les bras manquaient; les agri- 
culteurs ont réformé leur outillage et ont adopté le matériel perfectionné qui 
permet d'accroître considéralilement la puissance productive de l'ouvrier, alfran- 
cliit celui-ci des labeurs pénibles^ souvent dangereux, en lui assignant son véri- 
table rôle : celui de la direction, celui de l'intelliL-ence ! Ailleurs, utilisant mieux 
les aptitudes du sol à la culture arable exposée à tant d'abus, à toutes les vicissi- 
tudes des intempéries, on a substitué le s>'stèrae pastoral si simple et si fructueux 
à la fois. Daus les bonnes terres on a multiplié la betterave, cette reine des plantes 
industrielles, cet admirable outil, à l'aide duquel l'homme fabrique si avantageuse- 
ment du sucre avec les éléments de l'atmosphère et de l'eau, améliore continuelle- 
ment sa terre et accroît ses récolles en grains et sa production en viande. 

La surface consacrée aux betteraves à sucre a ([uinluplé dans le département 
des Ardennes I de 50 millions de kilogrammes de racines qu'elle était il y a une 
vingtaine d'années, sa pro luction est montée à 2^0 millions de kilogrammes valant 
4 millions de francs pour la culture, et 40 à 5u millions de kilogrammes de pulpes 
qui, avec qucl([ues aliments supplémentaires, sulfisent pour 1 engraissement de 
près de 4 000 bœufs par an. 

Le département a vu disparaître la presque totalité de ses terres incultes. On 
aurait de la peine à en trouver 2,000 hectares aujourd'hui ; les tristes lUczcs s'en 
vont!... 

Si la surface des terres consacrées à la culture des céréales a été réduite par 
suite de l'extension donnée aux herbages et à la betterave à sucre, la production 
en grains du département n'a cependant pas diminué, grâce à des fumures plus 
copieuses et à de meilleurs procédés de culture. Le dé] artcment des Ardennes 
continue à livrera la consommation environ 1 million d'hectolitres de froment et 
de 1,200,000 à 1, 300,001) hectolitres d'avoine. 

La production animale s'est surtout améliorée; on fait de meilleurs bestiaux, 
dès animaux [ilus précoces et ayant plus détaille et de poids; le progrès est con- 
sidérable, comme on peut en juger par la belle exposition qu'il a été donné d'ad- 
mirer à tous les visiteurs du concours régional de Charleville. 

Gloire donc au département des Ardennes, gloire à la vaillance et aux énergiques 
efforts dd ses cultivateurs ; la Commission a tenu avant tout à leur rendre ce public 

l. Rapport de la Commissi'ii lu à la dislribution solennella des récompeoses du Concours régio- 
nal de Charlevitle, le 8 juin IKTJ. 



172 LA PRIME D HONNEUR DES ARDENNE3 

hommage ! C'esf .la première r- compense qu'elle décerne, et que toute la région 
ratifiera, que la France entière ratitierait si elle entendait ma voix ! 

N'ius devons maintenant examiner les services des hommes qui ont aidé à ces 
progrès et exposer brièvement leurs travaux. 

Si nous avions à citer lou- les noms de ceux qui ont coopéré le plus activement 
à l'œuvre des améliorations agricoles dans le dépaTtement des Ardenn'^s, et ont 
bien mérité de l'agriculture, la liste en serait longue : leur souvenir est dans vos 
cœurs et leurs noms sur vos lèvres. Mais nous devons rester dans le ciidre fixé 
par l'arrêté qui a institué la Goaimission et nous restreindre à l'examen des titres 
des concurrents à la prime d'Iionneur. 

Le rapporteur de la (^.ominission, mon collaborateur et ami, M. Benoit, devait 
tracer le tableau complet de leurs travaux, vous montrer leurs débuts et les 
résultats auxquels ils sont parvmus. 

La mort est venue malheureusement le fiapper, il y a peu de mois : il est 
tombé comme le soldat qui meurt pour son pays, sur le champ de l'honneur, 
victime de son dévouement et d- son zèle, en succombant aux fatigues de l'orga- 
nisation de l'Exposition universelle, cette grande et pacifique bataille de l'huma- 
nité où la France a reniiiorté une si éclatante victoire. Je devais à ce soldat du 
devoir, à cet ardent et modeste travailleur, ce souvenir de nos regrets. Laissez- 
moi encore payer un tribut de reconnaissance à la mémoire d'un autre membre 
de la Commission, M Barolte, victime aussi de son dévouement au bien public 
et de son zèle patriotique, et qui, même après sa mort, continue, par ses géné- 
reuses donations, le bien qu il a l'ait de son vivant! Vous avez connu pour la plu- 
part ces deux hommes dévoies, toujours présents là où il y avait un service à 
rendre. Mais ceux-là même qui n'ont pu apprécier leurs qualités solides, s'asso- 
cieront à l'expression de notre douleur, caries grands et patriotiques sentiments 
ne sont jamais invoqués en vain dans une réunion française!... Voyant la Com- 
mission privée de ssn rapporteur, je n'ai pas voulu que son travail restât sans 
manifestation. J'ai tenu à ce que les mérites des concurrents fussent analysés et 
mis en relief sous vos yeux : si je ne réussis qu'incomplètement, vous m'excu- 
serez à cause de ma bonne volonté ! 

Div-sept agriculteurs s'étaient inscrits pour se disputer les récompenses offertes 
par larrèté ministériel; la Commission les a tous visités un à un avec les plus 
grands soins, elle ne s'est même pas contentée d'une seule visite pour apprécier 
le mérite des principaux concurrents; elle s'est transportée trois fois à des époi[ues 
diflérentes dans les Ardenues pour examiner leurs exploitations et discuter leurs 
titres. 

Le déparlement des Ardennes possède beaucoup de terrains argileux compacts; 
ils sont froids, d'une culture difficile, inabordables par les temps humides ; ils 
deviennent par la sécheresse aussi durs que la pierre, ils sont presque impé- 
nétrables aux outils, ils exigent en tous temps une dépense considérable pour être 
préparés convenablement. Ces terrains sont puissamment améliorés par lo drai- 
nage. En permettant aux eaux sura'iondantes de s'écouler rapidement par des 
tuyaux souterrains, le drainaije diminue considérablement l'évaporation à la sur- 
face, et le sol se refroidit moins. Devenant plus poreux, la couche arable et le 
sous-sol se laissent pénétrer dans toute leur épaisseur par l'air ambiant qui les 
empreigne, s'y renouvelle continuellement, grâce à l'appel formé par les tuyaux 
souterrains; les masses d'air qui les traversent ainsi leur laissent une grande 
quantité de chaleur pendant le printemps et les temps froids alors que la plante en 
a tant besoin pour se déve opper; pendant les sécheresses de l'été, elles les ralrai- 
chissenl et leur abandonnent la v peur d'eau tenue en suspension, en pro- 
dui-^ant l'efl'et d'une copieuse et salutaire rosée. La couche arable reçoit sous 
cette forme les effets d'une véritable demi-irrigation. Le terrain drainé devient 
plus léger et abordable en tous temps, les engrais y produisent un effet utile plus 
grand, les labours exigent moins d'elTorts et de travail de la part des aniu.aux, la 
germination se fait plus vite, les récoltes sont moins exposées dans les saisons 
humides aux attaques des' parasites et mûrissent toujours plus tôt. Le drainage 
opère sur la température d'une terre comme si son altitude était diminuée de 
500 mètres ou comme si elle descendait do 1 à 2" de latitude vers le iniili. 

Le département des Ardennes a été l'un des premiers à comprendre les avan- 
tages considérables qu'il jiourrait tirer du drain'ige. 

Deux simples ouvriers du pays, M. Aiiroux et ]\L Lhermiltc-Namu)\ sollicités 
pa*- deux cultivateurs aussi intelligents qu'entreprenants, MM. Namur-Fromentin 



LA PRIME D'HONNEUR DES ARDENNES. 17 3 

et Lamiable, se mirent à étudier dès 1853 la pratique des opérations de drai- 
nage. A force de persévérance et de travail, ils apiirircnt le métier, devinrent 
d'abord chefs draineurs, puis entrepreneurs à leur compte. 

M. Auroux n'a pas drainé moins de 450 hectares daas les cantons de Rethel, de 
Novion-Porcien et d'Attigny. 

M. Lliermitte-Namur a drainé dans les localités voisines 550 hectares. 

C'est en tout 1 millier d'hectares que ces deux horarans laborieu'i ont transformé 
au moyen d'une dépense de 250,000 francs, créant une plus-value foncière de plus 
de 1 million de francs. La Commission aurait voulu comprendre dans une même 
récompense ces deux braves ouvriers, fils de leurs œuvres Malheureusement, l'un 
d'eux, M. .\uroux, mourait la veille de Ja visite de la Commission. Elle accorde à 
M Lherraitte-Namur, Nicolas, une médaille qui perpétuera dans sa famille le 
«ouvenir d'une carrière bien remplie et rappellera aux ouvriers ses contemporains, 
que le meilleur moyen de réussir, réside dans une vie laborieuse et bien 
ordonnée. 

M Danton^ propriétaire-cultivateur du domaine d'Hauteville, canton de Gbâteau- 
Porcien, arrondissement de Rethel, a parfaitement compris aussi les avantages 
■qu'il (lourrait retirer du drainage, en y joignant le ciiaulaa;e et le marnatre. 

Etant devenu en 1860 propriétaire du dom-iine qu il exploitait comme f rmier 
depuis 1841, M. Danton n'hésita pas à en drainer la moitié, c'est-à-dire près de 
80 hectares, et à en marner autant. Il a redressé le lit de la petite rivière de la 
Vanne qui emportait ses rives, et refait les che nins d'exploitition de la ferme. 

Grâce à ces améliorations et à l'application de bons proc-idés de culture, la ja- 
chèn; a presque disparu; là où 20 chevaux avaient graui'peine à faire les 2/ i des 
travaux de la ferme, 16 suffisent pour la totalité et cela avec 24 hectares de bet- 
teraves à sucre; la charru= qui exigeait i ou 6 chevaux, marche avec 3 ou 4 ani- 
maux, et l'on sait qu'un cheval de travail en moins représente une économie de 700 
à 800 francs par an. 

Le rendement en blé qui était de 18 hectolitres en moyenne par hectare est 
monté à 23 hectolitres; celui de l'avoine s'est élevé de 30 à 3S lieiitolitres. 

La production des fourrages a doublé; la ferme livre eafîri annuellement à la 
sucrerie d'Ecly 8 à 900,000 kilogrammes de betteraves dont les pulpes reviennent 
à l'exploitation pour entretenir un nombreux bétail. Aussi cette ferme dont la va- 
leur locativc était en 1845 do 5,000 francs, en IStiO de 8,500 francs, est-elle es- 
timée aujourd'hui par le fermier à 12,00 francs. 

D'après les comptes établis par M. Danton la vente dis grains n'entrerait plus 
que pour le 1/4 dans les chiffres des recettes, La vente des betteraves et du bétail 
représenterait les 3/4 des produits réalisés. L'intérêt obtenu pour le capital foncier 
et le capital d'exploitation réunis serait de 5 p. O/'. 

Les améliorations effectuées par M. Danton ont été jugées dignes de récom- 
pense, elle jury a décerné une médaille grand module à cet intelligent agriculteur 
qui a su rendre la profession agricole attrayante à ses filles, mariées toutes les 
quatre à d''s cultivateurs distingués. 

Le drainage, le marnage et la bonne culture permettent d'accroître la produc- 
tion agricole. Le progrès ne doit pas s'arrêter là; il faut encore savoir tirer le plus 
grand effet utile des produits et particulièremen' des fourrages. Pour cela, il faut 
que l'agriculteur poss'.'de des instruments de transformation jieifectionnés, c'est-à- 
dire des animaux bien constitués, bien conformés et canailles de fournir avec la 
même quantité de nourrityre plus de produits et du meilleurs produits;. 

Il en est de l'agriculteur comme de l'industrie; à une situaion de grande con- 
currence et de hauts salaires, il faut un outillage perfectionné et les moyens de ré- 
duire. les frais de production. 

MM. Cuif-Millel, à Rethel, et Laine, à Auge, arrondissement de Hocroi, en 
produisant de bons moutons propres à la dépaissance des jdateaux crayeux et des 
ciiaumes de céréales, concourent donc à l'œuvre gcnér.de du progrès; ces deux éle- 
veurs font un l)on élevage de mérinos et de métis-mérinos; il leur est d';cerné à 
chacun une médaille en argent grand module. 

M. Hi'iiu/iicrlit-FpqHant, cultiviteur à .\lincourt, arrondissement de Rethel, 
s'est distingué dans le même ordre d'araélioralioii : sur une ferme de ta hectares, 
par une bonne abmentation tt une habile sélfctii)n il est arrivé à produire des bé- 
liers métis-mérinos qui se vendent jusqu'à 4 francs à (juinze mois. Le jury lui a 
accordé une médaille en or. 

Eu se dirigeant plus au nord, la Commission a trouvé d'autres améliorations, 



174 I.LA PRIME D'HONNEUR DES ARDENNES. 

qui ne le cèdent aux précédentes ni en intérêt pour le pays ni en avantage pour 
1 exploitant du sol ; nous voulons parler des transformations en herbages qui se 
font dans les terres humides et froides des arrondissements septentrionaux des 
Ardennes et principalement celui de Rocroi ; il y a là une amélioration considé- 
rables et digne des plus grands encouragements. Des terres de très mince valeur 
ont pu, grâce à cette transformation, acquérir un prix parfois quintuple et même 
décuple. Telle exploitattion qui arrivait àgrand'peineàdonnerunloyer de 25 francs 
par hectare a pu être tiansformée en herbage pâturé et clos, d'une valeur locative de 
150 à 200 francs. Telle ferme qui ne pouvait nourrir qu'un maigre et chétif bétail, 
engraisse plus d'un bœuf par hectare, et quelle situation pour le cultivateur! Au 
lieu d'une existence précaire, pauvre, mal assurée, toute de labeur et de privations, 
c'est l'abondance et la tranquilUté qu'on trouve dans les exploitations pastorales ; 
avec le temps, les herbages de Rocroi ne le céderont pas aux embouches du 
centre ! La voie est ouverte, il n'y a qu'à la suivre, et ce plateau naguère triste et dé- 
solé, couvert de genêts et de bruyères, qu'illustra une grande victoire française, se 
couvrira de verts et plantureux pâturages. 

Parmi les cultivateurs qui ont a|ipelé le plus particulièrement l'attention de la 
Commission sous ce rapport, nous citerons : MM. Frougnul, propriétaire au Trem- 
blois, arrondissement de Rocroi; Jonval, propriétaire à la Maison-Rouge, près 
Rocroi. 

M. Jonval a commencé ses opérations il y a vingt-cinq ans, il possédait 1 5 hec- 
tares de terre qui ne valaient pas 1,500 francs l'un et rapportaient de maigres ré- 
coltes avec beaucoup de peine et d'ennuis. M. Jonval en a fait des herbages qu'il 
a entourés de haies vives, assainis, et qu'il fume tous les trois ou quatre ans ; ses 
pâturages valent aujourd'hui plus de 3,000 francs l'hectare ; sur ses 15 hectares il 
engraisse année moyenne 25 bè'es à cornes, entretient une jument et élève un pou- 
lain, quelquefois deux, sans compter qu'il récolte encore une provision de 40,000 
à 4 5,000 kilogrammes de foin pour nourrir ses animaux en hiver. Sur ces 15 hec- 
tares il obtient un revenu moyen de près de 200 francs par hectare. 

M. Frougnut-Mazet a opéré sur 14 iiectares de terres tout aussi maigre^. Ce 
concurrent les a mises en herbages et les a entourées d'une clôture en fil de fer ; 
il les a en outre garnies d'abreuvoirs, ce qui est indispensable pour le bon déve- 
loppement des animaux; avant l'opération, ces terrains rapportaient difficilement 
en les arrosant de sueur, 30 francs par hectare ; actuellement sans peine comme 
sans risque, ils donnent à l'état d'herbage pâturé 200 francs par an tt par hectare. 
• M. Frougnut engraisse par saison 26 vaches qui valent 8,500 francs en moyenne 
et lui rapportent 3,500 à 3,600 francs par an; on ne se ruine pas en faisant des 
herbages ! 

Lejury a récompensé MM. Jonval et Frougnut eu leur accordant une médaille 
en or. 

Une semblable récompense a été accordée à M. Carlos-Carbonniei\ propriétaire 
à Beaulieu, arrondissement de Rocroi, pour ses créations de pâturage, ses cultures 
de céréales en lignes et son outillage perfectionné. 

M^ Carlos-Caibonnier opère sur un défrichement où il a encore beaucoup à 
faire; c'est un industriel qui n'a pas visé au profit, mais a demandé à la vie rurale 
l'agrément, le repos et la santé ; il a réussi en se rendant utile. 

M. Dauchy, Pierre, cultivateur à Semeuse, arrondissement de Mézières, a aussi 
été jugé digne de recevoir une médaille en or pour un bon outillage, l'emploi des 
engrais de ville et la bonne organisation du travail dans sa ferme. 

M. Dauchy est l'aîné de treize enfants; il a élevé iui-même trois garçon et 
deux filles avec lesquels il parvient à cultiver une ferme de plus de 50 hectares. 
Tous ses enfants sont au travail avec l'aube et exécutent tous les travaux de la 
ferme, touchant exemple d'une famille unie et laborieuse. Ses fils conduisent la 
charrue, la moissonneuse, la fadcheuse, le semoir, etc.; ses filles font les gerbes 
et les autres travaux dévolus aux femmes. M. Dauchy a bien amélioré ses bâti- 
ments, il soigne jiarfaitement ses fumiers et ses cultures, fait emploi de chiffons 
de laine, de boues de ville, d'écumes de sucrerie et de phospho-guano. Au début 
il n'avait pour tout patrimoine que ses bras et de la bonne volonté; à force d'ordre 
et d'économie il a réalisé une petite fortune après avoir élevé six enfants et subi 
de grosses pertes lors du néfaste bombardement de Mézières. 

M. Schneider, Edouard, propriétaire-cultivateur à Glaire, canton et arrondis- 
sement de Sedan, s'était présenté pour concourir pour le prix cultural de la 4'' ca- 
tégorie (petites exploitations de 5 à 20 hectares). 



LA PRIME d'honneur DES ARDENNES. 173 

La Commission aurait été heureuse de lui accorder ce prix ; mallieureusement 
les termes de l'arrêté ministériel ne l'ont pas permis. M. Schneider cultive plus 
de 20 hectares; sa petite ferme a une superficie de 22 hectares 3D ares, savoir : 
19 hectares 05 de terres arables; 2.45 de prairies naturelles; 0.80 de prés nou- 
veaux. — M Schneider fait : 3 hectares de betteraves; 0.50 de pommes de terre; 
0.10 d'oeillette; 4.64 de luzerne et de trèfle; 6.33 de froment et de seigle; 4.58 
d'avoine. 

M. Schneider soigne parfaitement ses cultures; il ne se contente pas de fumer 
avec son fumier, il achète encore des engrais chimiques et des phospho-guanos. 
Les betteraves reçoivent chez lui 40,000 kilogrammes de fumier à l'hectare ; les 
pommes de terre 30,000 kilogrammes. Le froment reçoit 260 kilogrammes d'en- 
grais chimique ou de phospho-guano. Les prés naturels sont arrosés avec le purin 
de la ferme. Les trèfles sont plâtrés et les luzernes amendées avec des cendres 
pyriteuses. Indépendamment de ces engrais, pour compléter ses fumures, 
M. Sclmeider achète 65,000 à 70,000 kilogrammes d'écumes de défécation à 3 fr. 
les 1,000 kilogrammes. 

M. b'chneider a pour ses cultures un matériel excellent et très complet : houe, 
scarificateur, faucheuse, buttoir de pommes de terre, semoir, tonneau et pompe à 
purin, hache-paille, coupe-racines, machine à battre; rien ne manque pour la 
bonne préparation des terres et les travaux de l'intérieur de la ferme. Au reste, la 
Commission a constaté que partout, dans les Ardennes, la pénurie des bras a 
amena la grande comme la petite culture à adopter les machines perfecuonnées, 
dans les plaines comme sur les coteaux. Elle ne s'explique môme pas que dans un 
pays si industriel, où l'on travaille avec tant d'habileté le fer et la fonte, il ne se 
crée pas d'usine pour la fabrication du matériel agricole perfectionné. C'est 
là une indication qu'elle donne aux habiles ingénieurs des Ariennes! On devrait 
y trouver des émules des Ransomes, des Howard, des Fowler et des Wood. 

Grâce à sa bonne culture et à ses copieuses fumures, le froment donne 25 à 
26 hectolitres de graing en moyenne; l'avoine de 30 à 40 hectolitres. Les bette- 
raves à sucre rendent 35,000 kilogrammes de racines se vendant à la sucrerie 
2 1 francs les 1 ,000 kilogrammes. 

Les travaux sont efl'ectués par 3 chevaux. M. Schneider avait au moment de la 
visite de la Commission : 2 génisses pleines; 1 taureau de 18 mois; 3 veaux; 
2 porcs et une basse-cour assez importante. 

M. Schneider vend son lait à raison de fr. 15 c. le litre à Sedan; il élève 
quelques veaux et génisses; sa vacherie lui rapporterait beaucoup plus s'il se bor- 
nait à faire du lait et de l'engraissement et n'élevait pas. 

Les animaux sont d'ailleurs très Ijien tenus, les bâtimeiits soignés et propres; 
les cultures visitées par la Commission étaient assez belles. 

Cet agriculteur nous a montré qu'il tenait un registre de ses dépen es et de ses 
recettes ; il nous représente bien le type du p -tit propriétaire, laborieux, intelligent, 
cherchant à se rendre compte do tout ce ([ui se passe dans sa ferme. 

M. Schneider exploite depuis 1857 le bien que lui a laissé son père; jusqu'à 
cette époque, le Ijénélicc net, toutes dépenses payées, était de ^13 fr. 65 c. par hec- 
tare et par an. Depuis ([ue M. Schneider a pu faire une culture plus intensive et 
a eu surtout à sa portée une sucrerie pour vendre ses betteraves, l'épargne prove- 
nant de la culture a été de 115 fr. par an et par hectare. Du temps de son père, 
le capital d'exploitation était réduit à 3 ou 4 petites vaches et à quelques moutons ; 
aujourd'hui il représente une valeur de plus de 1 1 ,000 francs. 

Le jury a tenu à récompenser M. Schneider pour son outillage et surtout pour 
sa compabilité, et lui a décerné une médaille en or. 

M. Louninye, fermier du domaine de Bjaumont, près Attigny, donne aux cul- 
tivateurs im exemple, trop rare malheureusement, d'une ferme tenue avec un 
ordre parfait et munie d'un matériel propre et en excellent état. 

Généralement, on ne se dont î pas de l'importance des pertes subies par les cul- 
tivateurs négligents, abandonnant çà et là, dans la boue ou sous la pluie, sans 
s'en occuper, leurs outils, et laissant leurs animaux dans la fange et les fumiers 
sans soins. La propreté dans les étaldes e'. les bergeries, c'est cependant la santé 
conservée aux animaux, c'est le fourrage économisé parce qu'il profite davantage, 
c'est le produit net augmenté, c'est la mortalité dimin\iée, c'est la sécurité donnée 
au fermier. Pour le mal'riel, ce sont les frais d'entretien et d'amortissement 
réduits; c'est le travail plus facile-ct mieux fait. Aujourd'iiui que le capital engage 
en bestiaux et en machines est devenu considérable, il n'est plus permis de s'ex- 
poser à le voir se détériorer rapidement, se déprécier par incurie. 



176 LA PRIME D'HONNEUR 1 ES ABDENNES. 

Pour la conservation des fumiers, on ne saurait aussi prendre trop de soin ; 
celui qui en laisse couler dans les ruisseaux les parties liquides, perd la moitié des 
éléments de fertilité de l'engrais et la moitié la plus assimilable; il opère comme 
celui qui jetterait le quart de ses fourrages et de ses pailles à la rivière 

Si l'on faisait le calcul de ce que coûte annuellement à l'agriculture le défaut de 
soins au matériel, aux animaux, aux fourrages et aux fumiers, on en serait effrayé 
et les agriculteurs y regarderaient de plus près; ils seraient obligés de reconnaître 
que la somme ainsi perdue dépasse celle que nous versons à l'étranger dans les 
plus mauvaises années pour combler le déficit de nos récoltes! 

M Loumayen'a pas seulement un matériel bien tenu; il sait s'en servir. Avec 
son haclie-paille, son coupe-racines et son concasseur, il rend ses fourrages plus 
assimilables Avec la pompe à purin, il règle la fermentation de ses fumiers, 
empêche leur dessiccation et arrête l'évaporation des gaz fertilisants qu'ils con- 
tiennent. Au moyen de son excellent matériel de culture (brabants, rouleaux, 
herses articulées, scarifii-ateurs), il prépare ses terres à recevoir les semences dans 
les meilleures conditions et à favoriser la végétation active des plantes qui en 
naissent. Avec le semoir en ligne, il économise de 20 à 25 hectolitres de froment 
et autant d'avoine de semence, c'est à-dire des meilleurs grains. Avec quelques 
soins de sarclage et l'emploi de la houe, il s'assurerait une augmentation de 
rendement de 8 à 9 pour 100, en extirpant les mauvaises herbes, eu donnant plus 
de rigidité aux tiges des céréales, et empêchant par suite la verse, accident qui a 
été SI préjudiciable aux cultivateurs dans ces dernières années. 

La moissonneuse et la faucheuse lui permettent d'économiser au moins 15 francs 
par hectare sur ce qu'il aurait à dépenser avec les ouvriers les plus expérimentés. 
Il gagne du temps, et qui gagne du temps à l'époque de la moisson gagne de 
l'argent. 

La ferme de Beaumont se ])iète au reste admirablement à l'emploi des instru- 
ments de la culture perfectionnée; elle est de 125 hectares d'un seul tenant, dess 
servie par de larges chemins d'exploitatitm et à surface légèrement ondulée. — 
Les sols forts y ont été draines et la culture profonde y est facile. Les bàtimeot- 
sont spacieux, formant un grand carré au centre duquel se trouve le tas de fumier. 
La ferme de Beaumont com|irend : 117 hectares 92 de terres arables; 3.13 
de prés; 2.17 de bois; 2 de bâtiments. 

Elle est affermée par bail de 12 ans pour 8,500 francs; le fermier paye en outre 
les impôts qui sont de 750 francs par an. 

Encore ici, M. Loumaye tire ses plus grands prolits de la culture de la bette- 
rave à sucre. Comme partout, l'extension de cette culture a été le point de départ 
de la prospérité du cultivateur. — Il fait environ It hectares de betteraves par an; 
sa fumure ost de 50 à 55,00 ) kilogrammes de fumier et de 350 kilogrammes de 
superphosphate de chaux et de nitrate de soude, ou encore de 50,000 à 60, nûO kilo- 
grammes d'écumes de défécation dont il fait une consommation annuelle de 4 à 
500, Oi kilogrammes. Le rendement des betteraves est de 41,000 kilogrammes, 
vendues 20 francs sur la bascule de la sucrerie d'Attigny, distante de 2 kilomètres. 
Après la betterave, c'est au blé que M. Loumaye demande ses rece tes; il le 
cultive sur 34 hectares et demi ; il sème cette céréale eu ligne, à raison de 125 à 
140 litres de semence ]iar hectare : s-in rendement moyen est de 19 quintaux et 
demi, soit 26 à 27 hectolitres par lictare. 

La culture de M. Loumaye comprenait en outre au moment de la visite de la 
Commission: 20 iiectares \i d'avoine; 1 25 de féverolles ; 5.20 de maïs-fourrage; 
6.4-' de diavières; 0.80 de pommes, de terre; 26.62 de prairies artificielles. Ces 
cultures sont soignées, M Loumaye cherche à en augmenter sans cesse le rende- 
ment et il y parvient, grâce à une jiroduction Inen soignée de 10,uOO kilogiammes 
de fumier par hectare et par an, auxquels s'ajoutent d'importants achats d'engrais 
artificiels. Dans un champ d'essai spécial le fermier de Beaumont expérimente 
avec soin les divers sels minéraux recommandés comme étant de nature à favo- 
riser la végétation. 

M. Loumaye reprend à la sucrerie 300,000 kilogrammes de pulpes de bette- 
raves, au prix de 10 francs les 1,000 kilogrammes; il fait consommer à ses 
animaux tous ses fourrages et ses pailles. Il parvient à entretenir environ 
400 kilogrammes de poids vif ]iar hectare. 

Les travaux sont effectués par 19 excellents ch^^vaux ordinaires. Cet effectif, qui 
dépasse le nomlire que comporte la culture de la ferme, est indispensable pour 
effectuer dans les délais voulus les transports de betteraves. M. Loumaye aurait 



o 



. LA PRIME d'honneur DES ARDEXNES. l'-l 

toutefois intérêt à avoir dans ce but des bœufs qui, engraissés à la fin des grands 
travaux, au moyen de pulpes, ne seraient pis, comme les chevaux, une surcharge 
pour le reste de l'année. 

Les domestiques de terme sont nourris et reçoivent par mois : 

Les laboureurs, de iiO à 50 fr. ; les bergers et vachers, de 45 à 50 ff.; k ser- 
vante, de 20 à 25 fr.; les journaliers ont en moyenne 1 fr. 65 c. et ia nourriture 
en plus. Le salaire des femmes varie de 75 centimes à 1 fr. 50, suivant la saison. 

Le bétail de rente comprend, à la ferme de Beaumont ; 

17 belles vaches hollandaises dont le lait est utilisé à la fabrication du beurre, 
qui se vend de 1 fr. HZ à 1 fr. 70 la livre à la ferme; 2 taureaux; 3 génisses; 
4 élèves ; un troupeau de moutons qui varie de 42 J à 7 50 tètes ; 4 porcs. 

Les ventes comprennent moyennement : 500 bêtes à laine de 45 à 50 kilog., 
poids vif; 1,100 kilog. de laine lavée à dos, à 4 fr. le kilog ; 8 vaches, quelques 
génisses et taurilloas; l,100,000;i 1, 200, 000 kilog. de betteraves ; 700 à 800 quintaux 
nets de froment et une centaine de quintaux d'avoine; 15 à 16 kilog. de beurre 
parsemaine. 

M. Loumaye a écrit son histoire et ses traraux dans une brochure; il a montré 
qu'avec un point de départ modeste, on peut, avec de l'ordre et du travail, arriver 
par la culture à une situation aisée, surtout quand on est secondé par une femme 
active, intelligente et économe. 

D'après les comptes qu'il a présentes, l'exploitation de la ferme de Beaumont 
lui donnerait en moyenne de 7,000 à 8,0C0 fr. de bénéfice par an, c'est-à-dire une 
somme à peu près égale au loyer payé au propriétaire. Grâce à ses épargnes, son 
capital d'exploitation qui, en 1860, était de 17,000 fr., était, au 15 mars 187B, de 
100,722 fr. _ 

La Commission de la prime d'honneur a jugé que les exemples donnés par le 
fermier de Beaumont et les résultats qu'il a obtenus méritaient une récompense et 
elle a attribué à M. Loumaye une médaille d'or grand module. 

Près de la ferme de Beaumont, le jury de la prime d'honneur a visité avec non 
moins d'intérêt l'exploitation d'un agriculteur habitué de longue date aux succès 
de nos concours régionaux, M. Lamiablc, cultivateur à Coucy, près Amague (ar- 
rondissement de Bethel). 

M. Lamiable a débuté en 1851 avec 69 hectares qu'il cultivait au moyen de 
8 chevaux; il entretenait en outre, à cette époque, avec peine, 6 vaches et 
180 moutons. Actuellement M. Lamiable exploite i86 hectares pour lesquelles il 
paye 1",600 francs de loyer et 2,835 francs d'impôts de toutes natures; il a 30 ou 
35 bètea Durham ou croisement Durham, ou Hollandaises, £00 à 600 moutons, 
20 chevaux, li poulains; il engraisse une dizaine de porcs. Il vend, année moyenne, 
pour 50,000 francs de betieraves, 600 hectolitres de froment, 1,000 kilog. de 
laine lavée, de 8 à 10 vaches, 4011 moutons gras; et son capital d'exploitation dé 
passe 100,000 fr. 

Les débuts de M. Lamiable ont été dlfliciles. Il se mettait en ferme sans avoir 
l'expérience du métier, ayant un très faible capital et il avait à lutter contre toutes 
sortes d'obstacles; dans les parties basses, les terres étaient inondées à chaque 
crue de l'.^isne; sur les hauteurs, la compacité du terrain rendait la culture 
excessivemenl difficile, les récoltes y étaient préraires. Les chemins manquaient 
pour elïcctuei- le transport; un peu de blé et de foin, c'est tout ce qu'on pro- 
duisait. Heureusement, M. Lamiable a trouvé près de lui un agriculteur aussi lai orieux 
qu'énergique et capable, M. Namur, f[ui devint pour lui un guide sur et ne cessa 
(le lui donner un concours vraiment fraternel. Exemple trop rare de deux 
hommes de valeur, vivant côte à côte, s'entr'aidant mutuellement, sans que ja- 
mais, pendant leur carrière, déjà longue, le moindre nuage se soit élevé 
entre eux. 

M. Lamiable commença par faire, avec M. Namur, les endiguernents néces- 
saires pour protéger les tcfraiiis bas contre les effets désastreux des inondations, 
puis il se mit résolument à drainer les terres humides, à marner les sols argileux; 
grâce à ces améliorations, les récoltes furent mieux assurées et les travaux devin- 
rent plus faciles et partant moins coûteux. M. Lai.iable étendit bientôt ses cul- 
turcs à 1 14 hectares. 

En 1860, la fondation de la sucrerie de Rethel, plus lard celle de la râpcrie et 
de la sucrerie d'.\magnc, lui ])ermirent .l'accomplir de nouveaux progrès II com- 
prit, avec son voisin, toutes les ressources qu'il pourrait retirer de la culture des 
Ijetteraves à sucre. 



178 LA PRIME D'HONNEUR DES ARDENNES. - 

Le froment avait été jusque-là le pivot de l'exploitation. La betterave à sucre 
prit en très grande partie sa place et ouvrit aux deux cultivateurs de Coucy une 
nouvelle ère de prospérité; c'es-t de cette époque que datent les gros bénéfices et 
aussi Its granJs progrès de Coucy. 

En -1870, il se rendit, de compte à demi avec son voisin, locataire de 100 hec- 
tares d'un riche terrain d'alluvion, le buis de Seuil. 

Ses cultures comprennent actuellement : 8 1 hectares de betteraves à sucre pro- 
duisant V;500,000 tilog. de racines; — 31 hectares de froment au rendement de 
2i à 25 hectolitres de grains en moyenne par hectare; — 20 hectares d'avoine dont 
le produit moyen est de 42 Ihctolilres de grains; — 3 hectares de féverolles. — 
25 hectares de prairies artificielles et de fourrages; — 20 hectares de prés naturels, 
rendant 3,500 kilog. de foin en moyenne par hectare. 

M. Lamiable entretient avec ses cultures en moyenne 300 kilog. de poids vif 
par hectare. Aux races dégénérées, sans caractère, comme en peut avoir la cul- 
ture extensivc, l'assolerneDi triennal avec jachères, il a l'ait succéder les races per- 
fectionnées, la race Hollandaise d'abord, puis la race Durham. 

Il a améhoré ses troupeaux, par l'introduction du sang South-down et du sang 
Dishley. Il est arrivé de la sorte, avec la même quantité d'aliments, à produire 
plus de viande, et cela dans un temps plus court M. Lamiable a un outillage 
assez bon ; il a le semoir Smyth, avec lequel il sème ses blés en ligne, il devrait 
s'en servir pour toutes ses céréales et sarcler ses blés qui y gagneraient en pro- 
preté Car il ne faut jamais oublier que toute mauvaise plante prend la place d'une 
JDonne et absorbe, sans profit pour le culiivateur, une partie de ses travaux, de ses 
dépenses, de ses engrais, etc. La machine à battre est mue par une locomobile ; 
une faucheuse, une moissonneuse, des charrues Brabant, des herses, rouleaux, etc., 
complètent l'ensemble de son outillage. 

L'exjfloitation du bois de Seuil, en betteraves, est faite avec une rare intelli- 
gence. Les terres y sont compactes, collanles, excessivement difficiles à travailler; 
elles ont été chaulées pour les alléger. Les fossés ouverts pour l'assainissement ont 
été supprimés et remplacés par drs drains, qui, ]jlacés à une profondeur conve- 
nable, ne sont pas un obstacle aux travaux cle culture. 

L'enlèvement de la récolte de 3 à 4 millions de kilog. de betteraves, et son 
transport à 3 kilomètres, par des cheuiins plus que médiocres, o fraient de 
sérieuses difficultés; les deux agriculteuis de Coucy ont établi dans leur fhamp un 
chemin de fer Corbin, mis en rapport avec la sucrerie par un petit tramway, con- 
struit sur l'accotement de la route qui y conduit. 

L'énergie et l'intelligence déployées par M. Lamiable ont été jr.steraent récom- 
pensées. Il avait débuté avec un petit capital, mais il avait beaucoup de couiage 
et la volonté de réussir, ce qui vaut bien quelque chose ; il avait de plus une 
mère laborieuse et dévouée, une femme active, intelligente et économe. M. La- 
miable devait réussir. 

En t863 son petit capital était quadruplé; au i" juillet 1877, il était plus que 
décuplé. M. Lamiable possède aujourd'hui une belle fortune uniquement due au 
travail agricole. Il a en outre élevé deux enfants auxquels il a fait donner une 
bonne insiruction professionnelle dans nos écoles d'agriculture, et il a depuis 
conquis l'estimé et la considération que donne toujours une vie honnête, laborieuse 
et bien remplie. 

Le jui-y aurait été heureux de pouvoir lui décerner le prix cultural ; mais il n'a 
pu oublier que le grand exemple donné à Coucy a dt'jà reçu en 1 870 sa récompense, 
que M. Lamiable a été en quelque sorte associé à la prime d'honneur décernée à 
M. Namur, dont les terres sont ])artout enchevêtrées avec les siennes et lui ser- 
vent de modèle; (|uc c'est ce dernier qui a été l'initiateur des améliorations et des 
travaux considérables dont Coucy a été le théâtre ; il ne pouvait donner deux fois 
de suite la même récompense pour la même opération de culture. Il aurait été à 
rencontre do l'esprit du règlement. 

Il a voulu néanmoins donner à M. Lamiable le bénéfice de la transformation 
des terres du bois de Seuil et lui a décerné à cet efl'el un objet d'art spécial, des- 
tiné à perpétuer dans sa famille le souvenir do ses travaux et de sa laborieuse 
carrière. 

M. Fagol-Neveux, cultivateur à la Haute-Maison, près Mazerny (arrondisse- 
ment de Mézières), n'a pas seulement réalisé des profits dans la culture, il y a 
encore trouvé la santé; il a été secondé dans son œuvre par une femme, aussi 
intelligente que laborieuse. 



LA PRIME D HONNEUR DES ARDENNES. 179 

Le domaine de la Haute-Maison était autrefois d'une pauvreté proverbiale- 
situé loin du villaa;e, au milieu des bois, il était peu reclierché. En 181 ) il avait 
une contenance de 100 hectares et n'était loué que 800 francs. Six francs par hec- 
tare!... Malgré ce b;is prix, plusieurs fermiers s'y étaient ruinés successivement. 

Il fut vendu en détail vers 1813 ; le grand-père de M Fagot acheta les blti- 
ments et les terres y attenantes, d'une contenance de 45 hectares. Eu 18 50 son 
père s'y établit et la fit valoir jusqu'en 1861. Cet agriculteur fut déjà un promo- 
teur du progrès, il perfectionna le système de culture suivi, et introduisit dans le 
pays le trèfle. 

En ■^■ei, quand M. Fagot-Neveux succéda à son père, la petite ferme de la 
Haute-Maison était déjà considérée comme une assez bonne exploitation. Elle 
rapportait de 13 à 15 hectolitres de blé à l'hectare, 18 à 25 hectolitres d'avoine. 

Le bétail entretenu se composait de k vaches, 3 veaux, 4 porcs, 160 moulons 
ardennais et 6 chevaux de travail. Les routes étaient néanmoins toujours médio- 
cres, les terres difficiles à travailler, ce qui explique le nombre relativement consi- 
dérable d'animaux de travail nécessaires pour une si petite exploitalion. 

M. Fagot-Neveux succéda à son père avec cette pensée, q-ue pour avoir de 
bonnes récoltes, source de tous profits en agricullure, il faut lumer convenable- 
ment ses terres, assainir les terres humides, amender au moyen de l'élément cal- 
caire les terrains siliceux et argilo-siliceux. Il n'hésita pas. Sa production était 
limitée; paur l'augmenter il fallait faire plus de fourrages, mais pour faire plus de 
fourrage il fallait faire plus de fumier. 

Afin de sortir de ce cercle, M Fagot demanda au commerce le supplément d'en- 
grais qui lui était nécessaire; il acheta de la poudre de phosphate de chaux dont 
M de Molon venait de créer l'industrie dans les Ardennes même, au milieu de 
dilficultés inou'ies et en sacrifiant sa fortune et son repos. 

11 se servit du phosphate de chaux pour saupoudrer ses fumiers elles litières de 
ses animaux; il acheta du guano du Pérou, Il savait déjà que quand des ani- 
maux sont bien nourris, le fumier s'en ressent, puisqu'il contient la plus grande 
partie des matières organiques azotées et minérales des aliments consommés, et 
que si une ration est très riche, le fumier est non seulement très abondant, mais 
encore de qualité supérieure. Des quantités assez considérable de son et de tour- 
teaux furent achetées pour la nourriture de ses animaux. 

Mais ce n'est pas tout de faire beaucoup d'engrais, il faut encore bien le faire • 
le propriétaire de la Haute-Maison, pour atteindre ce but, a aménagé avec soin 
ses étables et construit une fosse à purin. 

Pour ([ue les engrais produisent tout leur effet, il faut qu'ils soient appliqués 
convenablement ; M. Fagot, dans ce but, élimina de sa culture les mauvaises 
terres qui, en général, sont très exigeantes, demandent beaucoup de travail, d'en- 
grais, et donnent très peu de [u-oduits: il avait des cham|istrès pierreux, en pente 
forte, d'une valeur de '250 francs; en y dépensant lUO francs, il y récoltait péni- 
blement pour 50 à 60 francs de produits. Quatre hectares se trouvaient dans ce 
cas; M, Fagot les boisa en les plantant en sapins à raison de 2,500 plants par 
hectare. L'opération a parfaitement réussi et lui rapporte sans peina 9 0/0 du capi- 
tal engagé. M. Fagot -Neveux en cela, a fait preuve d'une grande sagacité, et a 
obéi à ce principe fondamental, qui veut que toute opération soit subordonnée au 
résultai économurue à en attendre, et qui commande de ne réclamer d'un sol, que 
ce qu'il peut proauire avantageusement. 

Les terres humides d'une superficie de 6 hectares 50 ares ont été drainées: Une 
surface à peu près égale a été marnée ou chaulée, enfin un pré bas a été aménagé 
pour l'irrigation. 

A la faveur de ces améliorations, M. Fagot a pu entrer dans une voie nouvelle. 
Le cinquième des terres arables fut mis en prairies artificielles de luzerne et l'asso- 
lement quadriennal lut mis en pratique. 

Si M. Fagot-Neveux a transformé ses terres sèches pierreuses en bois, il n'a pas 
négligé de faire un excellent herbage, d'une pièce de terre de 11 hectares, con- 
tigué aux bâtiments de la ferme, et que sa nature très argileuse et sa grande décli- 
vité rendaient d'une culture très difficile et partant des plus onéreuses. L'amé- 
lioration sera comidète quand il utilisera les eaux nui y naissent pour l'arroser. 

Cet agriculteur n'a pas oublié que l'une des conaitions sine quà non de la pri- 
duclion économique est d'avoir un outil'age convenable. Pour pouvoir bien culti- 
ver ses terres et leur donner des labours profonds, il a introduit dans sa ferme la 
charrue Brabant, le scarificateur, les herses articulées, les rouleaux brise-mottes ; 



180 LA PRIME D HONNEUR DES ARDENNES. 

afin d'économiser ses semences, il a acheté un bon semoir. La moissonneuse- 
faucheuse de ^^'ood hii sert à gagner du temps et à faire les moissons à un prix 
réellement bas. Des haclie-paille, coupe-racines, concasseur de tourteaux, moulin 
à farine, etc., etc., sont actionnés très ingénieusement dans la ferme, pour pré- 
parer la nourriture des animaux ; ajoutons que tout est organisé sans luxe, avec 
une grande simplicité et une entente réelle des besoins à satisfaire. 

Enfin M. Fagot-Neveux avait besoin, par dessus tout, d'une autre nature d'ou- 
tils, de machines améliorées., servant à transformer aux moindres frais les four- 
rages abondants produits dans la ferme; un bétail tardif, bon marcheur, peut suf- 
fire, est nécessaire même quand la terre abonde, que la jachère occupe de vastes 
espaces, que l'assolement comporte beaucoup de céréales, que les fourrages sont 
produits sans frais dans les vallées; mais, dans toute autre condition, il faut des 
bêtes capables d'absorber de grandes masses de fourrages de choix, dans un temps 
très court et d'en transformer la plus grande masse en produits utiles. De même 
que dans l'industrie, quand le charbon coûte cher, il faut se servir de machines à 
vapeur ne consommant que 2 kilogrammes de houille par cheval et par heure, et 
abandonner celles qui, pour une moindre production de force, en exigent le 
double. 

A cet effet, M. Fagot-Neveux a introduit chez lui le bélier Dishley et la race 
Durham ; enfin le porc de la grande race d'York. Ce puissant assimilateur par ex- 
cellence prit place à la ferme de la Haute-^ilaison. 

■Voici actuellement les résultats obtenus par cet agriculteur : 

Le blé, et ce sont les meilleurs variétés qui sont cultivées, rapporte 25 hectoli- 
tres i l'hectare, et l'avoine 40 à 50 bectoliti'es. Los belte;aves fourragères donnent 
65,000 kilogrammes à l'hectare, les féverolles 25 hectolitres, les pommes de terre 
300 hectolitres, le trèfle et la luzerne 5,000 à 6,000 kilogrammes de fourrage sec, 
les prairies 3,000 à 4,000 kilogrammes de loin. 

Le nombre des chevaux de travail qui étaient nécessaires pour 40 hectares en 
1860 n'a pas changé ; il y a plus de travail, mais ce travail est devenu plus facile, 
grâce à un meilleur outillage, exigeant moins de force, et à l'amélioration des che- 
mins. Mais le bétail de renie, celui qui donne les bénéfices, a phis que quintuplé ; 
il comprend aujourd'hui 25 belles vaches et génisses de races croisées, 200 mou- 
tons d'un poids moyen de 50 kilogrammes, un verrat et 12 truies. En tout la ferme 
de la Haute-Maison nourrit 628 kilogrammes de poids vif par hectare de terre 
arable. 

]\L Fagot-Neveux tient une comptabilité qui lui permet de noter tous Ls faits 
de son exploitation, et les résultats financiers de sa gestion. Cette comptabilité 
montre que le propriétaire de la Haute-Maison retire 1 1 pour 100 d'int'jrèt de son 
capital d'exploitation, toutes dépenses payées, et après avoir prélevé une somme 
équivalente au loyer de ses terres d'après le taux du pays. 

Le propriétaire de la Haute-Maison, grâce au concours de Mme Fagot qui, 
ayant partagé ses labeurs, doit aussi avoir part au succès, n'a donc pas fait une 
mauvaise alfaire en faisant de l'agriculture. L'exploitation de la ferme lui a donné 
de beaux profits, lui a permis de vivre largement, d'élever ses enfants et de donner 
à ceux-ci une belle éducation. Il n'est pa-i de ceux qui doutent de l'utilité d'une 
instruction élevée ; il s'est montré homme de sens et de progrès en envoyant son 
fils à l'Institut national agronomique, l'école polytechnique d'agriculure, s'instruire 
aux leçons de maîtres tels que les Boussingault, les Lecouteux, lesMoll, les Garnot, 
les Delesse, les Schlœsing, les Mangon, les Tassy et tant d'autres illustrations s'-ion- 
tifiques. 11 prépare au département des'Ardennesun homme utile, un agronome ap- 
pelé à lui rendre des services; à ce point de vue encore, il a donné un utile exem- 
ple à imiter par les propriétaires du pays. En attendant qu'il reçoive les satisfac- 
tions que l'avenir lui réserve, la Gommi sion a voulu dès maintenant récompenser 
ses mérites et lui a attribué, à l'unanimité, le prix cultural de la 1" catégorie (pro- 
priétaires exploitants) . 

M. Jcanjcan-Lorain, qui s'est présenté comme concurrent au prix cultural de 
catégorie des fermiers, tire un intérêt encore plus élevé des capitaux engagés 
dans l'exploitation du sol. Il obtient plus de 15 pour 100, mais il faut noter qu'il 
opère dans la région de la culture de la betterave à sucre. 

Le domaine cultivé par ]\I. Jeanjean est situé sur les territoire de Garignan, ar- 
rondissement de Sedan ; les bàtùoients d'exploitation sont au milieu de la petite 
ville de Garignan. Par contre ses terres divisées en nombreuses parcelles sont épar- 
pillées de tous les oOtés, au grand préjudice de la culture; c'est là le grand mal de 



LA PRIME d'honneur DES ARDENNES. 18* 

la région de l'Est, mal fâcheux qui entrave non seulement la liberté du cultivateur, ' 
le paralyse dans ses efforts pour faire di^s améliorations, pour se servir des miclii- 
nes perfectionnées, mais qui lui occasionne encore une perte de temps énormj pour 
lui et ses attelages. 

Ses terres sont de nature argilo-siliceuses d'une culture assez difficile, de prix 
très variables. Les unes sont d un accès facile, les autres sont près [ue inaborda- 
bles pour les transports. 

Avec le sens pratique et la haute intelligence que nous avons trouvés chez tous 
les cultivateurs ardennais, M. Jeaiijean-Lorin s'est posé tous les termes du pro- 
blème à résoudre pour l'exploitation de sa ferm;. 

Une sucrerie placée dans le voisinage lui otîVait des débouchés pour la culture 
industrielle de la betterave ; avec raison il se mit à cette culture avec ardeur. iVIais, 
sachant que cette plante précieuse demand.e de bonnes terres, de l'excellente cul- 
ture, de grands soms dans sou jeune âge, il s'est apiiliqué à lui consacrer les meil- 
leures terrains et ceux qui étaient les plus accessibles pour les transports. 

Les terres fortes, éloignées et difficiles d'accès, ont été transformées en herbao-es 
clos où les fourrages sont consommés sur place et donnent des produits se 
transportant d'eux-mêmes sur le marché. 

Des terres laisssées en culture, JM. Jeanjean-Lorin s'est appliaué à marner celles 
qui manquaient de l'élément calcaire et à drainer les terres humides (22 à 2 i hec- 
tares: Sachant que les dépenses en engrais sont celles qui rapportent toujours les 
Ï)lus gros intérêts, M. Jeanjean ne néglige aucun soin à ses lumitrs; les parties 
iquides en sont recueillies dans une citerne. 

Puur accroître la richesse de ses fumiers, le fermier de Garignan nourrit abon- 
damment ses bestiaux; pour en augment-'r la quantité, il achèie des fumiers d'au- 
berge, du phospho-guano, du nitr.te de soude et du superphosphate. 

M. Jeanjean-Loiin, aux prises avec les dilficultés diî la main-d'œuvre, a fait tout 
ce qu'il fallait pour y parer ; ainsi que nous venons de le dire, les terres compac- 
tes éloignées, difficiles d'accès, ont été transfor nées en herbages clos Pour ces 
travaux M. Jeanjean a introduit cht-z lui un excellent matériel, les labours son 
faits avec de bonnes charrues. Les CBréal°s sont semées en ligne avec une grande) 
économie de semences. 

Les récoltes sont faites avec la moissonneuse et la faucheuse ; avec le râteau à 
cheval conduit par un homme, il obtient le travail de six journaliers au moins. 

A l'intérieur, les meilleures dispositions sont prises pour préparer la nourriture 
des animaux et en accroître la valeur nutritive; M. Jeanjean Lorin écrase l'avoine 
donnée aux chevaux, haclie les fourrages, coupe les racines, cuit les pommes de 
terre, et rend de la sorte la ration plus assioiilable; l'animal l'utilise mieux et 
produit par suite davantage avec la même dépense. 

M. Jeanjean Lorin n'est pas tombé dans le travers de bien des cultivateurs' il 
n'a pas fait de folies pour ses bâtiments, il a utilisé tout ce (ju'il avait, tout est 
disposé avec ordre, il n'y a pas un coin de perdu. L'habitation du fermier est con- 
fortable, l'ordre et la propreté iju'on y trouve annoncent qu'une fermièie diligente 
préside aux travaux de l'inléiieur. 

Il en est des semences et des animaux comme des machines ; ce ne sont pas les 
machines grossières, dépensant beaucoup, qui conviennent dans un état de civili- 
sation avancé, il en est de même des variétés cultivées: il faut faire choix des 
espèces capables, avec les conditions du milieu où on se trouve, de donner le 
plus de produits. M. Jeanjean avec raison cultive le blé bleu ou de Noé, le blé 
Hallctt et la variété de Saumnr. Il a abandonné le rouge d'Ecosse qui gèle davan- 
tage; (juand l'automne est humide, peu favorable, il a recours au seide d'été et 
emploie l'avoine jaune de Flandre. 

(juant aux animaux, c'est le même e.'prit pratique qui préside à leur choix. 
M. Jeanjean fait la spéculation laitière, ses vaches sont des hollandaises et des 
croisements d'un engraissement facile. M. Jeanjean-Lorin a un lroiq)eau de mé- 
tis-mérinos ; il peut avec des animaux de cette race, ulilis<'r les parcours de la 
commune et les chaumes des territoires soumis à l'assolement triennal, à cause de 
l'extrême division de la propriété. 

Il faut surtout viser à faiie de la viande, en (aire beaucoup et en très peu de 
teni]is. Le mérinos n'est pas l'outil convenable pour cela, MM. Namur, Lamiable 
et Fagot lui montraient la machine à cm|)loyi;r; il est toutefois vrai de dire que 
M. Jeanjean utilise les parcours de la commune, qui exigent des animaux bons 
marcheurs, moins tendres et plus rusticjues. 



18 2 LA PRIME d'honneur DES ARDENNES. 

M. Jeanjean sait que les bons soins valent demi-ration; aussi son bétail est-il 
très bien tenu et en bon état. 

C'est en 1852 que le fermier de Garignan, succédant à son père, a pris posses- 
sion de rex|iloitation rurale; la ferme comprenait à ce moment : 21 hectares à lui 
appartenant, et 24 hectares en location. Pour la culture de cette ferme, il avait 12 
à 20 bêtes à cornes de petite taille, 4 porcs et quelques volailles. Toutes hs 
terres étnient soumises à l'assolemeut triennal. Le rendement en froment était 
de 15 à 18 hectohtres de grains en moyenne par hectare. Les avoines donnaient 
22 hectolitres. Le tiers des terres était en jachère et la fumure triennale attei- 
gnait à peine 24, (.00 kilogrammes de fumier par hectare. 

Aujourd hui M Jeanjean exploite 67 hectares. Il possède en toute propriété 
42 heutares dont 6 de prés. Il a dépensé 5,000 fr. pour améliorer ses bâtiments, 
4,500 fr. en iravaux de drainage, création d'enclos, comblé les ravins qui décou- 
paient ses terres; la jachère a disparu. Il récolte en moyenne par hectare : 23 hec- 
tolitres de froment, 28 hectolitres d'avoine, 35,000 à 40,1-00 kilog. de betteraves à 
sucre, 7,t00 kilogrammes de fourrages secs de prairies artificielles, 9,000 kilog. 
de foin de luzerne. 

Il n'a pas eu besoin, avec une culture plus étendue et plus active, d'accroître le 
nombre de ses gens à gages et de ses chevaux ; il est vrai que M. Jeanjean et ses 
enfants ne s'épnrgnent pas à la peine. Par contre, il élève 2 ou 3 poulains, il 
nourrit deux fois plus d'animaux, produit deux fois plus de lait, trois fois plus de 
viande et deux fois plus de laine. 

Sur 9 iiectares de pâture, qui naguère avaient peine à lui donner au prix des 
plus grands efforts quelques hectolitres de blé et d'avoine, il engraisse 16 vaches, 
lui rapportant sans efforts un produit de 200 à 225 fr. par hectare et par an. 

La fumure dt's terres a triplé au moins. 

Les résultats financieis ont répondu à l'habile direction du fermier de Garignan, 
la Commission a pu les apprécier nettement, grâce à une comptabilité simple et 
bien tenue, telle qu'elle i'urait voulu en trouver chez les autres concurr nts. De 
1869 à 1877, le bénéfi e moyen réalisé, toutes dépenses payées, a été de 6b fr. par 
hectare et par an. 

Les inventaiies montrent que pendant les 25 dernières années, son épargne a 
été en moyenne de plus de 5,ii00 fr. et cela sur un domaine de 67 hectares. 

M Jeanjean-Lorin a été l'initiateur du progrès dans son arrondissement, il a 
donné de bons exemples à. imiter Depuis longtemps déjà ses succès l'ont fait con- 
naître et ap|Hi'cier dans les concours. Ses concitoyens l'ont appelé à la présidence 
du GomicR de l'arrondissement de Sedan. La Commission a été heureuse de lui 
décerner la pi ime d'honneur qui sera la juste récompense de ses services, de ses 
succès et le couronnement d'une carrière bien remplie. 

La Commission a un dernier hommage à rendre à M Namur-Fromentin, de 
Coucy, laniéat il y a 9 ans de la prime d'honneur du département des Ardennes 

M. Namur Fromentin ne s'est pas reposé sur ses lauriers, il a compris 
qu'honhiiir oblige. Il a développé encore ses cultures, amélioré son outillage et 
ses troupeaux, il n'a pas reculé devant les difficultés de la culture d'un vaste 
terrain marécageux de 100 hectares. S'associant avec son excellent ami et voisin 
M. Lamiahe, il en a abordé courageusement la culture, il l'a assaini, chaulé 
et une immense nappe de betteraves à sucre couvre ce terrain, naguère ina- 
bordable. M. Namur a plus que jamais mérité; aussi la Commission de la prime 
d'honneur lui a-t-elle accordé à l'unanimité le rappel de la grande récompense 
qui lui a été décernée en' '^70. 

Le gouvern ment de la République, en lui accordant une haute distinction il y 
d quelques mois, a montré qu'il tient à cœur d'honorer le travail et qu'il sait 
trouver et recompenser les hommes qui sont l'exemple de leurs concitoyens. 

La visite que la Commission a faite dans les Ardennes, a été pour celle-ci une 
véritable révélation. 11 est dilficilf de trouver un département qui ait réalisé autant 
de progrès Le jury a été heuieux de trouver dans la population rurale de ce pays 
un sims d'une droiture remartpiable et une énergie admirable, et de voir que ces 
qualités pncieuses étaient justement r^^compensées. 

En piésence d s difficuhés ipi'offre la mam-d'œuvre, en face de la concurrence 
étrangère, les cultivateurs ardennais ne se sont pas abandonnés à de molles 
plaintes; ils ont montré qu'ils étaient les descendants de ces hommes hardis et 
sobres qui p"uplaient autrefois l'.^rdenne. Ils ont cherché dans leur initiative 
propre le remède aux difficultés du manque de bras et des mauvaises années. 



LA PRIME D HONNEUR DES ARDENNE3. 18.5 

Continuez, messieurs, vous êtes dans la bonne voie! Travaillez! travaillez sans 
relâche! Mais, messieurs, est-ce bien ici, au milieu de l'industrieuse jopulation 
des Ardennes, au centre de ce grand foyer d'activité et d'énergie; dans cette cité 
où le travail est tant honoré et si justement récompensé, qu'il faut faire entendre 
les exhoitations au travail! Non, messieurs, aussi je m'arrête... Permettez-moi tou- 
tefois de vous dire que, dans ces moments de crises qui, je l'espère, seront passa- 
gères, le gouvernement de la République ne vous auandonnera pas ; il veille sur 
V08 intérêts avec une profonde sollicitude et il ne ménagera jamais ses encourage- 
ments à ceux qui lutteront et ne désespéreront pas. 

Avec une administration aussi vigilante et éclairée que celle qui es.t placée à la 
tête du département, avec les conseils élus du pays qui ont déjà tant fait pour 
l'agriculture et viennent encore, la semaine dernière, de lui donner un témoignage 
éclatant de leur intérêt pour la classe laborieuse de nos campagnes, en votant la 
loi sur l'enseignement agricole primaire; avec des hommes enfin comme ceux dont 
nous avons passé en revue les travaux, on peut avoir confiance, le présent est 
assuré; avec les enfants qu'ils laissent derrière eux et que nous trouvons sur les 
bancs de nos écoles, l'avenir ne le sera pas moins. 

E. Tisserand, 

Inspecteur général, directeur de l'ag iculture, 
président de la Commission de la prime d'iionneur des Ardennes. 

EXCURSION AGRICOLE DANS LA PICARDIE 

ET LES FLANDRES 

Je vais rendre compte de la dixième excursion accomplie depuis la 
néfaste guerre de 1870, par les élèves de deuxième année de ri'^cole 
nationale d'agriculture de Grignon. Que le lecteur ne s'attende pas à 
trouver ici de longues dissertations sur telle ou telle question d'agri- 
culture, sur tel ou tel point d'économie rurale. Ce sont de simples 
notes de voyage, c'est-à-dire des faits rapidement exposés que nous 
avons à lui offrir. 

— Avant d'entrer en matière, je crois bon de revenir un peu sur nos 
excursions antérieures et de faire connaître de quelle façon elles ont 
été organisées et exécutées. Nous avons acquis, mes collègues et moi, 
une expérience des voyages en corps qui pourra être très utile à ceux 
qui seraient tentés de nous imiter. 

Notre première excursion, organisée au lendemain de la Commune, 
c'est-à-dire en 1871, alors qu'élèves et professeurs étaient encore dis- 
persés par suite des événements, a eu pour objectifs le Vexin, la Nor- 
mandie, l'île de Jersey, la presqu'île de li Bretagne, la Touraine et la 
Sologne. Les principales exploitations visitées dans cette excursion 
sont celles de MM. Henri Besnard, à Guitry, Hébert, à Villiers-en- 
Vexin, Bourget à Glos, IVévot à Lisieux, Lafosse à Suint Cùme, près 
Carentan, Bonnemant à Auray et Cail à la Briche. Nous avons en outre 
étudié la l'al)ricati()n du fromage de Camembert et l'engraissement du 
bétail dans la vallée de la Touques, les riches cultures, ainsi que les 
curieuses institutions de crédit des îles de la Manclie^ diverses entre- 
prises de défrichement des landes en Bretagne et le domaine de 
l'Ecole nationale de Grandjouan, dont le vénurable M. RielTel nous a 
fait l'histoire. 

Kn 1872, nous avons fait di-ux izrandes exciu-sious, l'ime dans la 
Brie, la 15eauce et le Perche, l'autre dans les départements du Nord el 
du Pas-de-Calais. La première a eu lieu en mai et juin, la seconde au 
commencement de novembre, époque où les fabriques de sucre soni 
en pleine activité. 

Dans l'excursion de mai, nous avons visité, entre autres exploit;;- 
tions importantes, celles de M.M. Bénard à Coupvray, V^avasscur à Fer- 



184 EXCURSION AGRICOLE EN PICARDIE ET DANS LES FLANDBES. 

rières, Lefèvre aux Aulnoys, Chertemps à Rouvray, Garnot à Yilla- 
roclie, Auberge à Moissy-Cramayel, Delaniarre à Réau, Noblet à Cliâ- 
teaurenard, de Bébague à Dampierre, Wartel et deClermontàCbangis, 
Hoger à Tierville, etc.. Nous avons en outre étudié la fabrication du 
fromage de Brio et l'engraisseuient des veaux dans diverses exploita- 
tions des environs de Coulommiers, et l'élevage du cheval dans le 
Perche, aux environs deCourlalin et de Nogent-le-ilotrou. 

Dans l'excursion de novembre, nous avons étudié la riche culture 
des Flandres et de l'Artois chez MM. Gustave llamoir, àSaultain, Cré- 
pin-Deslinsel à Denain et à Bonavis , Fiévet à Masny^ et Louis Pilât à 
Brébières. 

Eu 187;^, notre excursion s'est prolongée jusqu'à IMarseille avec des 
arrêts en Bosirgogne, dans le Nivernais, dans l'Auvergne, dans le Lan- 
guedoc, dans la Provence et dans les Alpes. Nous avons visité princi- 
palement l'exploitation de M. Beauvais, près Brienon, dans l'Yonne ; 
l'usine du Creuset; l'exploitation de ^L le comte de Bouille et celle de 
M. Signoret aux environs de Nevers ; la sucrerie de Bourdon et les cul- 
tures de la Limagne; les éducations de vers à soie de MM. de Lachade- 
nède et Raulin àAlais : les vignobles de l'Hérault et du Gard, chez 
M\L Mares, Gaston BaziUe, Causse, et à l'Ecole nationale d'agricul- 
ture de ftlontpellier ; les cultures arbustives de la Provence chez 
MU. Rougemont, marquis de l'Espine, Mourret, aux environs d'Arles, 
et Raybaud-Lange à Paillerol, dans les Basses-Alpes; eafin la culture 
si originale de la Camargue, chez M Maiffredy. 

En 1874, l'excursion a eu lieu dans le Soissonnais et la Champagne. 
Nous avons trouvé d'excellents exemples de culture de la betterave, 
d'exploitation des troupeaux et d'engraissement des l)onifs, chez 
M. Bataille à Passy-en- Valois, chez M. Duclert à Edrolles, chez 
M. Gadrel à Nunteuil sur-Oiircq, chez M. Conseil-Lamy à Oulchy-le- 
Château, chez M. Forzy à \'illemonloire, chez M. Desboves à Carrière- 
Lévêque, chez M. Vallerand à Mouftlaye, chez M. Boulanger à Monti- 
gny-Lengrin, etc. Nous avons étudié dans la même excursion les pro- 
cédés d'éiagage des bois chez JJ. le comte des Cars, dans sa propriété 
de Roset; ceux dé fabrication du via deChauq)agne dans les caves 
de MM. Yrroi et C% à Reims; ceux de plantation d'essences résineuses 
dans les terrains crayeux de la Champagne, chez M. Frérot et ses voi- 
sins. Enfin, nous avons visité à Reims diverses usines, et nous avons 
étudié les procédés employés pour l'utilisation des eaux d'égoul de la 
A'ill 

E'i 1875, l'excursion annuelle a été dirigée dans l'ouest, ])rinci[)ale- 
ment dans la IMayenne, dans l'Anjou et dans le Poitou. Nous avons 
visité successivement l'exploitation si curieuse et si productive de 
M. 31oreul, à la Grignonnière, près Laval ; celles de I\L>L de Lavalette, 
Picoreau, Gav illard, Gernigon, Mahier, etc., dans les communes voi- 
sines de Château-Gontier ; les étalons de M. Bourges, à la Racinière, 
de M. Saulan à Jlénil, de M. Fautras à Saint-Fort, et le dépôt de 
remonte d'Angers; les pépinières de M. A. Leroy; l'exploitation de 
M. Ce-bron Lavau, au Chêne-Landry, près Cholet; celle de M. Camille 
Richard à Puy-Saint Bonnet, enfin le haras de baudets ou atelier de 
Martigny, aux environs de Niort. Nous avons pu étudier aussi le bétail 
du pays dans les foires de Niort et d'Angers. 

En 1876, l'excursion a eu lieu en Belgique et en Hollande. Le 



EXCURSION AGRICOLE EX PICARDIE ET DANS LES FLANDRES. 185 

compte rendu de cette excursion ayant été publié dans le Journal de 
l' AyricnHuie, nous nous bornerons à rappeler ici que nous avons vu en 
Belgique l'école de réforme de Ruysselèdo, l'insiiiut agricole de Gem- 
bloux, les irrigations de la Campine et la distillerie de grains de 
Wynegliera ; en Hollande, la grande exjjloitalion de Wiliielmina-Pol- 
der; les cultures de fleurs de Haarlem, chez .M. Krélage ; les polders 
du golfe de l'Yetdu Becmster, l'exploitation de M. Amersfoordt dans le 
lac de' Haarlem ; les travaux du canal du Nord et enfin l'exploitation 
du Nord-Polder dans la province de Groningiie. 

En 1877, nows avons fait notre voyage en Algérie. Débarqués à Oran 
le '29 avril, nous nous embarquions à Bôneleiil mai, après avoir par- 
couru les trois provinces de notre si intéressante colonie. Dans la pro- 
vince d'Oran, nous avons visité les vigmibles de RIM. de Bossens, à 
Saint-[\emy, Saint-Pierre et docteur Fontene;iu, à laSénia; Decugis, à 
Saint-Aimé; Lamur, à Sainte-Rose; l'expl litation de M. Calmels, à 
Sidi-Miu'id"; celle de M. Durand, à Sainl-,iosH|)li ; celle de M. Deloupy, 
et 1 Liuion agricole, à Sainl-Denis-du Sig; lorplielinat de 31issergliin ; 
le grand domaine de l'Habra et les barrages de l'Habra et du Sig. 
Dans la province d'Alger nous avons visité diverses pépinières, au 
camp d'Iù'lon, cbez M. lierran, etc., quelipies grandes exploitations 
•de la Mitidja : chez MM. Gros, liorely-la Sapie, Bonnemain , Arlès- 
Dul'our, Fagar, Pastoureau, comte de Ricliemont, etc.; les cultures 
d'orangers et les minoteries de Blidali; les plantations d'eucalyptus de 
MM. Trottier, Ramel , Van Maseyck et Conlier; les vignobles de 
JMM. Alcay, Grélet, etc.; eniln, le domaine de Staouéli, exploité par 
les trappistes. Dans la province de Constantine, nous avons vu les cul- 
tures luaraîclif'res de MM. Grima, dans le voisinage de Pliilippeville; 
l'exploitation de M. Clauzel, à Planchon l'Alia; la culture d'oliviers de 
M. (]eccaldi, au domaine de Zerdezas, diverses exploitations et usines 
aux environs de Sétif, entre autres deux Cernies appartenant à 
M. Reingade et le grand domaine de la Société genevoise; des 'ermes 
et des pépinières aux environs de Constantine, et, dans la plaine de 
Bône, les mines de Mokta et la grande enl reprise de M. Nu'olas, à 
Montlovi. 

\in IS78, nouvelle excursion dans la Normandie, et nous avons 
parcouru successiviunent les départements de l'Orne, de la .Manche, 
du Calvados et de 1 Eure. C'est la production animale sous toutes 
ses formes, élevage, engraissement, fabri.:iiioa du beurre et du fro- 
mage, que nous avons eue principalement suus les yeux durant ceilc 
«xcursion. Les cultivateurs dont nous avons eiudié les opérations sont : 
MM. Grégoire, à Almenèclies; manpiis de Sii.ii-Pierrc, aux environs 
d'Argentan: Gévelot, à Dicufit, près Fiers; E ie Furon et Ygouff, dans le 
Bessin ; Delaville, Lavarde et Le Bastai-d, dans la plaine de Caen; 
Frère dans le pays d'.\uge et Dumontier à Claville, près d'Evreux. 
Nous avons visité encore dans cette excursion le haras du Pin, la va- 
cherie nationale de Corbon, les déjjôts de remonte de Saint-Lô et de 
Caen et l'éi-oh; de dressage de cette dernière vdie. 

Enfin l'excursion dont je vais rendre comple a eu lieu dans la Pi- 
cardie et dans les Flandres. Nous avons visi.é successivement l'exploi- 
tation dWssainvillers, de M. Triboulet; Cidle de Lieuilly, de .^L Vion; 
celle de M. Deerombec([ue, à Lens ; celle (h .^^. l'iaticau, à Loni,ue- 
nessc, près Saiut-Omer; la distillerie de .^^ Poriou, à \Vardrec(iues; 



186 EXCURSION AGRICOLE EN PICARDIE ET DANS LES FLANDRES. 

la ferme qu'exploite M. Dantu, à Steene, et les travaux de M. Vander- 
colme, à Rexpoede. 

Si l'on suit nos divers itinéraires sur une carte, on reconnaîtra bien 
vile que sauf quelques points du Centre, l'Est et le Sud-Ouest, nous 
avons parcouru dans l'espace d'un petit nombre d'années, tous les 
centres importants de production agricole en France, en Belgique, 
en Hollande et en Algérie. Il nous sulfirait de deux années pour pou- 
voir dire que nous avons visité d'importantes exploitations agricoles, 
sur tous les points de ce territoire, depuis les Pyrénées jusqu'à la Bal- 
tique, depuis les hauts plateaux de l'Algérie, jusqu'aux landes de la 
pres{(u'île Bretonne. Nous espérons pouvoir un jour combler ces 
lacunes. 

Nous ne parlons pas ici des excursions fréquentes que font nos élèves 
dans le voisinage de l'Ecole ou de Paris, sous la direction de divers 
professeurs. Userait trop long de les énumérer. 

— Dans ces voyages lointains le nombre des excursionnistes a presque 
toujours été très élevé. En moyenne chaque excursion en a compté 
30 environ. Il est même à remarquer que les excursions les plus loin- 
taines et les plus prolongées, sont, malgré la fatigue et les dépenses 
de pareils voyages, celles qui ont le plus souri à nos élèves et qui les 
ont groupés en plus grand nombre autour de nous. Nous avons été 44 
pour faire le voyage de Hollande, et V2 pour faire celui de l'Algérie. 

— Pour aller vite en utilisant le mieux possible le temps dont on dis- 
pose, l'excursion doit être préparée d'avance, non seulement dans son 
ensemble, mais encore dans ses détails. Les distances à parcourir doi- 
vent être connues, les exploitations à visiter doivent être déterminées, 
non simplement jour par jour, mais en quelque sorteheure par heure, 
parce que ces trajets et ces visiles se compliquent de trains à prendre, 
de repas, d'installations d'hùtel, qui doivent être également réglés 
d'avance avec précision. On ne voyage pas en corps, au nombre de 30 
à 40, comme on le fait individuellement ou par groupe d'un petit nom- 
bre de personnes. Il faut s'entendre préalablement avec les cultivateurs^ 
avec les voiluriers, avec les hôteliers eux-mêmes, si l'on ne veut s'ex- 
poser à perdre un temps infini à faire préparer les voitures, les repas 
et les logements. Un programme d'excursion rapide ne peut s'exécuter 
qu'à la condition que tous les déiails en aient été prévus et réglés. 

— Une fois l'excursion arrêtée dans ses détails, la première chose à 
faire est de déterminer le chiffre des dépenses aflérentes à chaque 
excursionniste. Le tarif des chemins de fer étant connu, le prix des 
voitures étant fixé, le compte des frais de transport est facile à faire. 
Restent les dépenses de nourriture et de logement. Il faut compter sur 
10 fr. par jour et par tête pour ce chapitre de dépenses. La somme 
totale des frais calculée sur ces bases, nous constituons un caissier qui 
wcevra, au départ, les versements des excursionnistes et qui acquit- 
tera ensuite toutes les dépenses d'hôtel, de voiture etde chemin de fer. 
Au retour, la caisse estliquidée.etilreste habituellement un petit reli- 
quat à distribuer entre les excursionnistes. 

— En chemin de fer, nous voyageons par billet collectif avec réduction 
de 50 pour 100 sur le prix ordinaire des tarifs. Tontes les Compagnies 
de chemins de fer, soit en France, soit à l'étranger, nous ont accordé 
la faveur de voyager en corps à prix réduit : il nous a suffi de la 
demander par avance en faisant connaître avec exactitude le trajet à 



EXCURSION AGRICOLE EN PICARDIE ET DANS LES FLANDRES. 187 

parcourir, le jour et l'heure du parcours, la gare du départ et celle 
d'arrivée. Quand des modifications à lilinéraire ainsi fixé sont devenues 
nécessaires au cours du voyage, il a presque toujours suffi de prévenir, 
quelques heures d'avance, le chef de gare de départ. Ce n'est que dans 
quelques cas exceptionnels que nous avons dû, pour lever toutes diffi- 
cultés, télégraphier à l'administration centrale. 

Nous avons emprunté souvent, dans une même excursion le réseau 
de plusieurs Compagnies distinctes. C'est ainsi que dans l'excursion 
de mai 1872, nous avons eu affaire successivement à la Compagnie de 
l'Est, à celle de Paris-Lyon-Méditerranée, à celle d'Orléans et à celle 
de l'Ouest. C'est dire qu on nous accorde la iaculté de quitter un réseau 
sur un point du trajet, sans nous imposer la condition de revenirpar 
la même voie. Les compagnies de chemins de fer ont assurément com- 
pris que nos excursions contribuaient à développer l'habitude et le 
goût des voyages : elles ont toujours été très libérales à uotre égard. 

Nous voyageons habituellement en seconde classe, et nous obtenons 
facilement qu'on nous réserve un wagon spécial dans chacun des 
trains que nous devons prendre. Dans l'excursion que nous avons ac- 
complie en 1873, jusqu'à Montpellier et Marseille, la Compagnie de 
Paris-Lyon-Méditerranée avait affecté à noire service un wagon que 
nous avions la faculté de faire accrocher à tous les trains, sauf les ex- 
press, et de faire décrocher à toutes les stations. Ce droit était con- 
signée sur les instructions données aux agents du réseau. Toutes les 
Compagnies de chemins de fer ne consentent pas à s'engager jusqu'à 
ce point. Mais en fait, nous avons presque toujours obtenu, du chef 
de la gare centrale et des chefs des autres gares de départ, la dispo- 
sition exclusive d'un wagon de 30 places. Nous sommes ainsi entre 
nous, et quand il s'agit de voyages qui se prolongent durant plusieurs 
semaines, c'est un agrément qui n'est pas à dédaigner. 

Dans notre voyage en Algérie la Compagnie Paris-Lyon-Méditerranée 
qui administre les chemins de fer de la colonie, a été particulièrement 
gracieuse pour nous. Elle nous a toujours réservé le wagon à plate- 
forme qui est à l'arrière de chacun de ses trains et qui permet à la vue 
de s'étendre au loin et d'embrasser tout le paysage dans son ensemble 
et ses détails. Les inspecteurs dOran et de Philippcvilleont même fait 
de longs trajets avec nous pour veiller à l'exécution des ordres pres- 
crits en notre faveur. 

— Le transport sur les routes de terre, car les chemins de fer ne 
vont pas dans les fermes, s'effectue ordinairement par des omnibus 
de \2 à 15 places. Les prix sont fixés d'avance et les voitures sont 
toujours prêtes, quand il s'agit d'y monter. 

Quand on a la bonne fortune d'avoir un trajet à parcourir en bateau, 
on obtient très aisément la faculté de voyager en première classe, au prix 
de la seconde. Maintofois nous avons demandé cette faveur qui ne nous 
a jamais été refusée. En Hollande, nous avons même Irèté un bateau 
à vapeur pour nous conduire d'Amsterdam à la mer du Nord par le 
nouveau canal qui n'était pas encore livré à la circulation. Le prix n'a 
pas dépassé cent ilurins. soit environ '2\A francs, tous frais payés. 

— L'une des grandes difficultés dQ ces voyages en troupe nombreuse, 
c'est l'installation au lieu du gîte. Il va sans dire que les hôteliers 
sont prévenus de l'heure de notre arrivée et que les chambres sont prê- 
tes d'avance. Mais comment distribuer les logements entre le*' <»xcur- 



188 EXCURSION AGRICOLE EN PICARDIE ET DANS LES FLANDRES. 

sionnistes, sans confusion et d'après les règles d'une impartiale jus- 
tice, qui veut que celui qui a été un peu moins favorisé la veille, le 
soit un peu mieux le lendemain? Nous avons des fourriers qui visi- 
tent d'abord toutes les chambres et assignent à chacun son numéro. 
On choisit pour ce service deux des plus alertes de la troupe. De cette 
façon chacun se case sans emltarras, et notre entrée dans un hùlel ne 
produit ni confusion, ni cris, ni désordre. 11 nous est arrivé plus d'une 
lois de nous installer ainsi à une heure très tardive, sans qu'il en ré- 
sultât aucune incommodité pour les autres voyageurs. 

Les repas sont aussi commandés à heure fixe. Us sont pris en com- 
mun à une table, et, autant que possible, dans une salle à part. 
C'est à table que l'ordre se donne et que les communications générales 
se font. Au dîner, le programme du lendemain, depuis l'heure du lever 
jusqu'à la fin du jour, est porté à la connaissance de chacun. Personne 
ne quitte la table avant que cette communication ait eu lieu. 

— Avec une pareille organisation, un voyage d'études est presque 
une partie de plaisir. Hors les commissaires préposés à divers services, 
chacun n'a à s'occuper que de sa valise et de ses études. L'excursion 
s'accomplit d'ailleurs dans les meilleures conditions sous le double 
rapport du bien-être et de l'économie. Nous descendons dans les meil- 
leurs hôtels, et cependant notre dépense moyenne par jour et par tète, 
y compris les frais de transport, dépasse rarement 16 à 17 francs. Une 
seule fois elle s'est élevée à près de 20 francs, c'est dans notre excur- 
sion en Hollande. 

— Les professeurs de Grignon, dût cet aveu scandaliser un peu 
ceux dont le siège est fait d'avance, ont pensé qu'il y aurait prohl pour 
eux, autant que pour leurs élèves, à voir de près et sur place les 
choses de l'agriculture; le professeur d'économie rurale en particulier, 
a cru que sa tâche la plus impérieuse était de rechercher dans l'obser- 
vation multipliée et dans l'étude patiente dos faits, par quels moyens 
d'action les vrais cultivateurs réussissent à faire de la culture lucra- 
tive, la seule qui mérite d'èlre enseignée, dans l'infinie variété de 
sols, de climats et de milieux dont l'ensemble constitue notre terri- 
toire. Voilà pourquoi ils ont organisé des excursions lointaines avec 
leurs élèves. Recueillir des matériaux pour leur enseignement, habi- 
tuer leurs élèves à l'observation, tel est le double bue qu'ils se sont 
proposé. L'accueil qu'ils ont partout reçu, soit en Franco, soit à 
l'étranger, et la bonne tenue de leurs élèves leur ont rendu la tâche 
aussi agréable que facile. C'est pour eux un devoir d'exprimer publi- 
quement leur gratitude aux cultivateurs de tout rang et de tout pays, 
qui leur ont fait cet accueil, leur satislaclion aux diverses promotions 
d'élèves qui ont rivalisé de bon esprit et laissé partout d'excellents sou- 
venirs. P.-C. DCBOST, 

Professeur d'économie et de législation rurales 
à 1 Ecole nationale d'agriculture de Grignon. 

LA CHARRUE YOIRIX- 

En rendant compte des essais de machines agricoles' organisés par 
le Comice du département de la Marne, nous avons signalé la charrue 
de M. Voirin, grand propriétaire à Barrémont (Haute-Marne). Ancien 
élève de l'Ecole des arts deChâlons, vice-président de la Société d'agri- 
culture de Chaumont, souvent membre des jurys dans les concours 
régionaux, M. Voirin était appelé à étudier les conditions du fonc- 



LA CHARRUE VOIRIN. 



189 



tionnement régulier des charrues, surtout depuis que les laboureurs 
habiles deviennent rares. La charrue qu'il a imaginée a reçu, au con- 
cours régional de Charleville, oii elle paraissait pour la première fois, 
une médaille d'or. Tous les agiculleurs qui ont eu l'occasion de la 
voir marcher, en ont loué, sans restriction, le mécanisme ingénieux 
et la régularité. La figm^e 12 représente la charrue toute montée. En 
voici la description : 

L'essieu de l'avant-train est surmonté d'une sorte de pont K. Un 
barreau de fer AB pivote en bas sur l'essieu et en haut il tourne dans 
la partie supérieure du pont K. C'est sur ce barreau vertical pivotant 
qu'est pris le point d'appui pour rendre la charrue [ïxe. 

La tige d'avant-train I relie la charrue à l'avant train; elle est plate 
à son extrémité, qui s'appuie sur le barreau vertical, le long duquel 
elle glisse au moyen d'une bride. Dans sa longueur, la tige d'avant- 
train est ronde, elle s'engage dans deux colliers X et Y placés sur 
l'âge de la charrue et dans lesquels elle pont loiirner; à son autre 




Fig. 12. — Ciiarrue à avaut-traiii de M. Voirin. 

extrémité la tige d'avant-train I se relève et se termine par une grilTe 
S. C'est dans cette griffe que vient s'engager à volonté le verrou V 
qui traverse l'âge de la charrue. 

Pour fixer la charrue on agit sur le levier N placé sur les manche- 
rons, on détend le fil de fer M; alors le ressort 11 pousse le verrou V 
dans la griffe S et la charrue se trouve unie à la tige d'avant-train qui 
est elle-même fixée au b:irreau vertical AB. Dès lors la charrue devient 
parfaitement fixe, (domine il y a plusieurs crans à la griffe, le labou- 
reur, tout en conduisant son attelage et sans en arrêter la marche, 
peut instantanément engager le verrou dans l'un ou l'autre de ces 
crans, afin de fixer la ciiarrue dans un aplomb convenable; ou enfin 
retirer entièrement le verrou, alors la charrue redevient complètement 
libre en tous sens. 

La ijrol'ondeur du labour est donnée, sans arrêter la marclie de 
l'attelage, par une vis concenlriqiie an barreau j)ivutanl. Cette vis se 
termine par une manivelle à charnière D qui sert à faire mouvoir 
cette vis. 

M. Voirin fait construire aussi des charrues pour lesquelles hi pro- 
fondeur du labour est donnée par un levier très bien imaginé et facile 
à manœuvrer. Henrv S.\gnier. 



190 FEUILLÉE ET FOIN. 



FEUILLÉE ET EOIN. 

Nous voici à la mi-juillet avec fauchages et fanages en retard d'au 
moins quatre à cinq semaines! Quoi qu'il en soit, tout pourtant n'est 
pas encore perdu : ingénions-nous ! faisons de la feuillée, c'est-à-dire 
ébranchons à demi (par côte) nos divers arbres ; fagottons les produits 
de cet élagage et intercalons nos bottes de ramée plus ou moins 
sèches entre nos couches de foin qui ainsi, prendra air et s'aroma- 
tisera, en achevant sa dessiccation. De la sorte, et avec un saupoudrage 
de sel (soit environ quatre kilog. par 500 de marchandise), il y a une 
quinzaine d'années, au grand ébahissement de nos voisins, nous 
avons rendu saine et savoureuse la récolte de trois hectares de prairies, 
tant naturelles qu'artificielles, dont nos diverses bêtes, en parfait, étal, 
n'ont rien perdu, et certaines même ont fourni à la boucherie de la 
vraie viande (\.& pré salé. L, Félizet. 

UTILISATION DES PETITES SOURCES ET DES EAUX 

MÉNAGÈRES RURALES. — II. 

2° Irrigation. — Les inconvénients qui résultent de l'écoulement 
libre et continu des petites sources étant reconnus, il va de soi que la 
première chose à faire pour tirer le meilleur parti possible de ces eaux, 
c'est de les recueillir dans des réservoirs d'où on les enverra, en 
grandes masses, par éclusées et au moment opportun sur les ])oints à 
arroser. L'établissement des réservoirs ou pêcheries étant admis en 
principe, nous nous trouvons en présence des questions suivantes : 

1° Fera-t-on un réservoir pour chaque source, ou en réunira-t-on 
plusieurs dans le même? 

2° Comment déterminera-t-on l'emplacement des pêcheries? 

3° Quelle capacité et quelle forme convient-il de leur donner? 

4" Comment les construira-ton? 

5° Quels sont les moyens qu'on emploiera pour assurer leur fonc- 
tionnement? 

Il est impossible de répondre à priori, à la plupart de ces ques- 
tions; c'est sur place seulement et après avoir examiné toutes les con- 
ditions, qu'on peut décider ce qu'il convient de faire. Mais s'il ne nous 
estpas possible de donner des solutions précises, nous pouvons au moins 
indiquer les ])rincipes généraux qui doivent guider dans la recherche 
des meilleurs moyens à employer pour tirer uarti d'une situation 
donnée. 

Lorsque les sources sont peu éloignées les unes des autres, moins 
de 100 mètres, par exemple, et sourde ni à peu près au màne niveau, 
on doit les réunir dans la même pêcherie aûn d'économiser les frais 
de construction et la surfiice occupée. Il en est de même lorsque le 
débit de chaque source n'est pas suffisant pour remplir en moins d'une 
semaine un réservoir ayant une capacité au-dessous de laquelle il 
n'est pas avantageux de descendre. 

L'emplacement du bassin est généralement subordonné à celui de 
la source ou des sources qui doivent l'alimenter. S'il n'y a qu'une 
seule source, on le place immédiatement au-dessous, et on le dispose 
de telle sorte que l'écoulement de celle-ci ne soit jamais contrariée par 
la pression de l'eau qui s'accumule dans la pêcherie. Faute d'observer 
cette dernière condition, on risque de voir la source diminuer ; elle peut 
même disparaître en se frayant une autre voie. 




UTILISATION DES PETITES SOURCES. —II. 191 

Quand plusieurs sources doivent être réunies, on place celui-ci 
entre elles de manière à réduire au minimum le trajet de l'eau de 
chacune de ces sources. On ne s'écarte de cette règle que lorsqu'on y 
est forcé, soit parce que les sources sont dans un terrain qu'il ne con- 
vient pas de transformer en prairie ; soit parce que la pente ou la 
forme du pré, ou encore le besoin de faire servir la pêcherie à des 
usages domestiques, tels que lavage du linge, abreuvage des ani- 
maux, etc , désignent un point qui n'est pas dans les conditions que 
nous avons fait connaître. 

La- capacité de la pêcherie dépend essentiellement du débit de la 
,_5. source ou des sources qui l'alimentent. 11 n'y a aucune 

utilité à ce que le réservoir se remplisse plus d'une 
fois en vingt-quatre heures à l'époque des grandes eaux, 
mais il importe qu'il se remplisse au moins une fois par 
semaine, dans la saison des arrosages. 11 est donc in- 
dispensable de connaître, au moins approximativement, 
le débit des sources pour fixer la dimension du 
^ ... r, •• bassin. 

Fig. 13. — Peut r. • I - J - J • i 

réservoir muni d'un Parmi ics procedes de jaugeage auxquels on peut 
barrage (plan). avoir rccours pour faire celte détermination, le suivant 
nous paraît devoir être recommandé à cause de la simplicité et de la 
rapidité avec laquelle il donne des résultats d'une exactitude bien suf- 
fisante. La source étant recueillie dans une rigole élargie de manière à 
former une espèce de réservoir R (fig. 1 3), on place en travers de 
celte rigole une plaque en tôle ou en zinc AB portant une échancrure 

rectangulaire DEFG ;ûg. 14). Le canal se trou- 
vant ainsi barré, l'eau s'élève en amont de la 
plaque AB, et lorsque son niveau est suffisant, 
elle s'écoule par l'échancrure DEFG, dont le 
seuil EF est placé horizontalement. Au bout 
de quelques instants le régime est établi et le 
Fig. 14. - Plaque servant produit (le la sourcc passe tout entier par le 
e airage. déversoir. On lit alors sur les deux échelles 

graduées, placées à droite et à gauche de l'échancrure, la hauteur 
de l'eau au-dessus du seuil EF. Dds tables calculées à l'avance font 
connaître immédiatement le débit correspondant à la hauteur constatée. 
La jauge ou déversoir mobile dont nous nous servons, est une plaque 
de zinc de O^.OOI d'épaisseur environ, 0'".'20 de hauteur et 0"'.2r) de 
longueur. L'échancrure formant déversoir a (r".05 de large et ()'". 10 de 
hauteur. Les échelles graduées en millimètres, ont 0'".02 de large et 
sont placées à 0™.0l de la paroi verticale de l'échancrure. Cliaque fois 
que nous voulons nous servir de ce piHit appareil, nous huilons ou 
graissons légèrement la face qui porte les échelles; par ce moyen' 
1 eau ne mouillant pas le zinc, la lecture de la hauteur se fait plus 
exactement et plus facilement. 

La table suivante donne, pour des hauteurs d'eau au-dessus du seuil 
du déversoir, de 0'".001 à U^.iOO, le débit par seconde et par vingt- 
quatre heures. Nous l'avons calculée au moyen de la formule : 

Q = 0.'iOLhv'2gh 
dans laquelle : 

Q =^ le débit par seconde; 
L = largeur au déversoir; 



D 


C '^Ê 


'ni 


■"El" 


E 


f 



192 UTILISATION DES PETITES SOURCES. — II. 

h =: hauteur de l'eau au-dessus du seuil, indiquée par l'échelle dont le zéro 

correspond au niveau du déversoir; 
2g = double de l'accélération de vitesse imprimée par la pesanteur à un grave 
qui tombe, soit 19"" 62; 
,0.40 = coé[ficient moyen dont l'emploi nous a toujours donné des résultats satis- 
faisants dans les vérifications directes de l'appareil dont nous parlons. 

TABLE DONNANT LE DÉBIT d''JN DeVEBS3IR EN ZINC DK 0".05 DE LARGEUR POUR DES HALTEORS 
VARIAM DE 1 A lOU MILLIMÈTRES. 



t- 


^i 


DÉBIT 


l'AB 


S /i. 3 


DÉBIT PAR 

1 = 


ui 


DEBIT PAR 

ci £ 

3 = 




DÉBIT PAR 


ai 

3 


a> 


f. 


_! 1 


ni 


— 


1 


% 


X " 




^ ^^ 


i \ 


— — 


s ^ 




m m 


m 


lèt. cub. 


miUim 


1, en 


millim 


M i» 






mi 


titres, r 


litres, mèl.cub. 


litres met. ciili. 


millim 


litres, met. cub. 




1 


0.0028 


0.2419 


26 


0.3712 32.061 


51 


1.0200 88.128 


76 


1.8.559 160.340 




2 


0.0U76 


0.6566 


27 


0.3925 33.912 


52 


1.0504 S0.7,S4 


77 


1.8926 163.516 




3 


0.0174 


1 f.o:i3 


28 


0.4149 35.847 


53 


1.0801 93.320 


78 


1.9297 166.740 




4 


0.02.4 


1.9353 


29 


0.4373 37.782 


54 


1.1113 96.016 


79 


1.9655 169.817 




5 


0.0310 


2.6684 


30 


0.460i 39.761 


55 


1.1418 98.651 


80 


2.0032 173.059 




6 


0.0403 


3.5251 


31 


0.4830 41.631 


56 


1.17(7 101.407 


81 


2.0402 176.379 




7 


0.0.18 


4.4755 


32 


0.5(i£0 43.703 


57 


1.2048 104.094 


.82 


2.0787 179.303 




8 


0.U633 


5 4h91 


33 


0.5280 45.619 


58 


1.2:i65 106.833 


83 


2.1181 182.009 




9 


0.07Ô6 


6.5318 


34 


0.5.549 47.943 


59 


1.268.=! 109.598 


84 


2.15.54 185.223 




10 


0.0880 


7.6032 


35 


0.5788 49 898 


60 


1.3020 112.492 


85 


2.1947 189.626 




11 


lOli 


8.7436 


36 


0.6048 52.254 


61 


1.3334 115.205 


86 


2.2342 192.832 




1-2 


0.1164 


9 8.569 


37 


0.6304 54.466 


62 


1.3727 118.501 


87 


2.2"24 196.334 




13 


O.liiU 


11.3270 


38 


0.6558 56.671 


63 


1.4061 121.877 


88 


2.3108 199.658 




14 


O.U.iiî 


12 5798 


39 


0.6817 58.898 


64 


1.4348 123.946 


89 


2.3513 203.153 




15 


lùlO 


3 9104 


40 


0.70,-0 61.171 


65 


1.4664 126.696 


90 


2.3904 206.532 




la 


0.179! 


15.4828 


41 


0.7347 63.478 


66 


1.495.S 129.111 


91 


2.4315 210.070 




n 


0.1961 


16.9-'i3 


42 


0.7610 65.750 


67 


1.5356 132. 57â 


92 


2.4711 213.501 




is 


0.2186 


18.714 


43 


0.7894 68.204 


68 


1.5695 135.604 


93 


2. 5110 216.953 




19 


0.2213 


19.163 


44 


0.81;5 70.632 


69 


1.6049 138.633 


94 


2.5511 220 410 




20 


0.2.i04 


20.634 


45 


0.84il 73.016 


70 


1.6394 141.646 


95 


2.5935 224.065 




21 


0.2fi68 


23.224 


46 


Û.S7:iO 75.427 


71 


1.6756 144.771 


96 


2.6342 227.598 




22 


0.2SS6 24.9o.î 


47 


0.9024 77.967 


7 2 


1.7107 147.804 


57 


2.67.52 231.134 




23 


0.30S6 


26.663 


48 


0.9312 80.455 


73 


1.7461 150.963 


98 


2 7165 234.707 




24 


0.3293 


2«.453 


49 


0.9B04 8i.978 


74 


1.:8I9 153.9.56 


99 


2.75S1 237.305 




20 


0.3500 30 240 


50 


0.9900 85.536 


75 


1.8195 157.204 


100 


2.8000 241.928 



Connaissant le débit appro.N.imatif des sources et l'intervalle de temps 
le plus convenable entre deux arrosages, il est facile de calculer la 
capacité du réservoir. D'une manière générale, le volume de l'eau que 
peut contenir la pèclierie ne doit pas être inférieur à 5 mètres cubes, 
et il y a rarement avantage à ce qu'il dépasse 100 i-nètres cubes. 
En fixant à 5 et 100 mètres cubes les limites extrêmes des capacités 
à donner aux réservoirs, il est bien entendu que nous n'avons en vue 
que l'utilisation des petites sources. S'il s'agissait d'emmagasiner des 
eaux pluviales ou des eaux de source pour les arrosages en temps de 
sécheresse, il est bien évident que les dimensions que nous venons 
d'indiquer seraient toutà fait insuffisantes. 

On peut donner aux pêcheries une forme quelconque. Cependant 
les formes carrées ou rectangulaires sont le plus usitées à cause de la 
facilité qu'elles présentent pour la construction des murs. On adopte 
quelquefois les formes circulaires ou ovales, quand les parois ulté- 
rieures peuvent être faites eu terre. 

Le fond du bassin étant presque horizontal, la profondeur est, à peu 
de chose près, la même sur tous les points; elle doit dépasser de 0™.'10 
à 0'".'20 la hauteur ou épaisseur de l'eau au-dessus du fond, quand le 
réservoir est plein, pour éviter le déversement sur la chaussée. La capa- 
cité ou volume utile de la pêcherie est égal au produit de sa surface 
par sa profondeur diminuée de la quantité ci-dessus indiquée. Pour 
une même surface, la capacité augmente donc quand la profondeur 



UTILISATION DES PETITES SOURCES. 



II. 



193 



devient plus grande; d'un autre cùlé, plus la profondeur est consi- 
dérable et moindre est la surface improductive occupée par le réser- 
voir; moindre aussi est la perte d'eau par évaporation. Mais, si à 
ces points de vue il y a avantage à augmenter la profondeur, en le 
faisant au delà de certaines limites il y a aussi de nombreux inconvé- 
nients. D'abord les fouilles sont plus coûteuses; les murs ayant une 
plus grande hauteur, ont besoin d'une épaisseur plus considérable, 
ce qui accroît leur cube et, par suite, leur prix de revient; les fuites 
d'eau deviennent plus fréquentes par le fait de l'accroissement de la 
pression; enfin, en augmentant la profondeur on abaisse le niveau de 
la rigole de distribution et on réduit ainsi la surface arrosable. Il y a 
donc lieu de tenir compte de toutes ces consiilérations quand il s'agit 
de fixer les dimensions d'une pêcherie. Toutefois, nous pensons que 
les profondeurs extrêmes doivent être comprises entre un et deux 
mètres. ^ 

(La suilr proclininemenl.) J.-B. Ciiabaweix, 

Professeur à PÉcoie jïationale d'agriculture de Mont ellier. 

MOISSONNEUSES AULTMANN- 

Dans un précédent articliî 'n" du 19 juillet, p. 102), nous avons 
donné la description de la faucheuse Aultinann. Il nous reste à parler 
des moissonneuses et des faucheut-es-moisonneuses du même con- 
structeur. 




Kig. i:.. 



Kaucbeusc-Moissonneuse combinée Aultniann. 



La fig. \'S représente la faurlieuse transformée en moissonneuse, au 
moyen de l'adjonclion d'un tablier et tic l'appareil javeleur. On a vu 
comment se fait cette addition. Nous dirons seulement que le iioids du 
tablier est calculé de manii'i'c à fairt* équilibre à celui du conducteur, et 
que le tablier peut être iacilemenl l'clevé, aliu de mener la machine à 
travers les chemins clroils. Le prix de la faucheuse-moissonneuse, 
avec deux ])arres et quatre lames, est île 1,100 francs, l'i Paris. Le mé- 
canisme de l'appareil coupeur est analogue à celui de la faucheuse; 
seulement la barre coupeuse diffère suivant que la machine doit fonc- 
tionr.er comme moissonneuse ou comme faucheuse. 



194 



LES MOISSONNEUSES AULTMANN. 



Dans les moissonneuses Aultmann, le mécanisme des râteaux diffère 
de celui de la plupart des autres machines. Les râteaux et les rabat- 
teuses sont circulaires et se meuvent suivant des plans parallèles au 
porte-scie. La récolte est toujours- droite sur le tablier et la javelle a 
beaucoup plus de chance de conserver sa régularité. Il sufût d'un 
coup de levier pour retenir la javelle sur le tablier, lorsque le con- 
ducteur le juge à propos. Le prix de la moissonneuse est de 925 fr. 
avec deux lames. M. Aultmann construit aussi des moissonneuses à 
un seul cheval, qui sont vendues 750 fr. Elles se recommandent, 
comme les autres, par une grande fixité. 




En 1878, M. Aultmann a introduit sa moissonneuse-lieuse que re- 
présente la fig. 16. On voit l'appareil lieur à droite du dessin. C'est 
surtout au double point de vue de la solidité et de la simplicité que 



LES MOISSONNEUSES AULTMANN. 195 

cette machine a été construite. Elle a bien fonctionné dans les essais 
qui ont eu lieu, depuis un mois, sur divers points de la France. 

L. de Sardriac. 

LES ARBRES FRUITIERS DANS LE SUD-OUEST- 

L'hiver s'est passé en ne donnant que d^s températures assez élevées ; les gelées 
ont été fort rares, et ce n'est qu'aux pluies froides et multipliées que l'on doit 
attribuer la chute des fruits, des amandes, abricots, prunes et pommes, que l'on 
peut compter dats les cinq à six grands vergers ou jardins fruitiers plantés dans 
les dé|iartements de la Haute-Garonne et de l'Ariège. 

J'ai fait insérer, en 1877, une courte notice sur une forte maladie qui ne frap- 
pait que partiellement ce cbtrmant aibuste dont le grand potager de "\'ersailles 
possède et cultive les meilleures variétés. 

Grâce à l'aimable générosité de son savant directeur, nos cultures et celles de 
Toi phelinat de Saverdun ont pu compléter leurs collections , et chose assez 
reman[uabk', ce ne sont que les belles et les meilleures variétés qui nous ont 
donné une récolte moyenne. La variété ancienne et généralement cultivée dans le 
Sud-Ouest, n'a rien fourni; les fleurs ont avorté et il ne restait que trois ou 
quatre grains au lieu de douze à quinze qui forment le fruit. 

Souflreteuses, cbétives, rabougries, les liges fruitières disparaissent sous les 
nouvelles ijui les dominent déjà de tiente à trente-cinq centimètres. Aussi doit-on 
se hàler de supprimer ces jets infertiles, et je m'aperçois que déj^ leurs fleurs 
apparaissent et Iructiiieront si, comme on peut le craindre, le soleil ne donne que 
des maxima de 20 à i5 degrés. 

Mêmes observations pour les groseilliers : la belle et excellente grcseille-cerise, 
la Gondoim, belle versaillaise, dont les grappes ne présentent cjue deux ou trois 
baies. Les variétés ordinaires, la blanche et la rouge, devront être garanties par 
de légères toiles bien préférables à la raille qui lait pâlir et les branches et les 
fruits; on peut les conserver ainsi penaant une partie du mois de septembre. 

La fiuctification des grosses fraises françaises, anglaises et américaines, a été 
des plus médiocres; avec de foris paillis et quelques arrosements, les fraises des 
Alpes elles biières donneront, j'espère, une deuxième et bonne récolte. Il n'est pas 
étonnant qu'après un printemps et une partie de l'été si pluvieux, les figues de 
fleurs ne se p.euvent rencontrer que sur (|uel(|ues variétés telles que figues .' Rdne, 
Goitveav, Marlinenque. Il faudra attendre le mois d'août pour les voir arriver à 
parfaite maturité. A quelle époque pourrons-nous savourer les excellents fruits 
d'automne'? 11 en sera de mêroe pour les grenadiers, jujubiers. 

Les bibaciers font seuls une heureuse exception. Je me hâte de faire opérer la 
cueillette de ces jolis petits fruits assez abondants celle année qui attirent les 
rares merles et les grives qui les attaquent avec une véritable avidité. 

Un mot seulement sur l'abondancedes cônes des Séquoias, sur ceux des pins. etc. 
J'en ai déjà compté plus de vingt, tandis que l'an dernier on ne put en cueillir 
qu'un seul du poids de 525 grammes; les pins de Salzmon, noir d'Autriche; les 
cèdres du I iban et de l'.Vtlas, n'acquièrent i|uo le tiers de la grosseur de ceux 
de Normand (jui lionnent de gros et très bons pignons. 

La floraison des grenadiers est vraiment splt'ndide. Une énorme touffe de gre- 
nadiers à fleurs doubles, âgés de trenle à quarante ans, recouvre des murailles et 
une lour fort élevée. Les passiflores et les glycines l'ouï nissent des cordons pleins 
de fleurs, de 25 à . mètres de long Les Plwrmium Urrax cultivés depuis une 
trentaine d'années dans nos jardins, n'y ont jamais fleuri, tandis que des jaunes 
beaucoup plus jeunes donnent 3 et 4 superbes panaches ornés de jilus de 100 fleu- 
rons. Léo d'Ôunou.s. 

LA PRIME D'IIOMEUR DE LA MAYENNE- 

La prime d'honneur dans les deux régions du Centre et du Nord-Ouest, est 
revenue lors des deux concours qui se sont tenus, l'un à Limoges et l'autre à 
Laval, à deux propiiétaiies exploitant plusieurs domaines par le métayage. 

On connaît le but des primes d'honneur; c'est de signaler par une récompense 
honoiifique, lors des eonc urs ([ui ont li- u allernati\ement dans les divers chefs- 
lieux d'une région, les exjdoilalions rurales qui doivent être données en exem))le 
aux agiiculteurs du département oii se tient le concours Elle peut être attribuée, 
comme on le sait, aux propriétaires exiiloitant directement leurs domaines, à des 



19C LA PRLME D HONNEUR DE LA MAYENNE. 

fermiers ou même des métayers cultivant des domaines de 20 hectares au moins, • 
enliu à des' propriétaires exploitant plusieurs domaines par métayers. En ce cas, 
outre la prime d'honneur attrihuée au propriétaire, des primes en argent 
sont distribuées aux métayers. C'est à cette taiégorie d'exploitants qu'est revenue 
la prime d'honneur dans le Limousin et la Mayenne 

L'étendue des domaines primés dans le Limousin est d'environ de 267 hectares 
dont moitié en hois, et l'autre moitié partagée en quatre domaines dont la moyenne 
paraît être entre 3 et 34 hectares. Dans la Mayenne, le domaine de Bréon par- 
tagé en 21 métairies, est d nne contenance d 552 hectares, indépendamment de la 
réserve exploitée directement par M. 1- comte de Bréon, et qui contient 4i hec- 
tares, dont 18 de prés, et 31 de terre labourable. 

Le revenu moyen est porté à 100 francs par hectare pour l'exploitation dans la 
Haute-Vienne, tandis qu'il atteint 125 dans la Mayenne La distance qui s-^pare le 
Limousin et h Maine du débouché parisien étant sensiblement la même, il en 
résulterait une plus-value d'un quart pour le revenu obtenu dans la Mayenne. 
Est-ce à la culture elle-même, au nombre et à la qualité des races agricoles qu'est 
due cette diflérence? Nous ne pousserons pus plus loin ce parallèle, nous bornant 
à le signaler. Les races du Limousin sont chères aux cultivateurs du pays, et 
nous devons dire que lexpositiou de Paris, et le concours de Limoges ont mis 
en lumière avec éclat la ruce limousine. E le étnit représentée à Limoges par 
248 tètes d'animaux, mais à Laval la race pure Durham s'élevait à ce nombre, 
à plus de 450 avec les croisements, et personne ne peut contester la supériorité du 
sang anglais qui permet de livrer à 3 ans à la boucherie les animaux purs ou 
croisés, tandis que, sans en obtenir même un prix aussi élevé, on ne pouvait 
autrelois vendre les bœufs de l'ancienne race Mancelle qu'entre 4 et 5 ans. Comme 
dans la Mayenne, l'usage de la chaux s'est répandu dans le Limousin avec la faci- 
lité de^ communications, et la production du tièlle et par suite du froment, y a 
remplacé celle du seigle qui a disp ru dans la Mayenne, où du reste on a abusé, 
en certaines localités de l'élément calcaire, en négligeant trop jusqu'ici le phos- 
phate de chaux, pour l'amélioration des jjraines sur lesquelles se porte aujou:d'hui 
l'attention des cultivateu:s du Limousin. 

Le progrès dans ces deux contrées est dû en grande partie au métayage, ce mode 
d'exploitation condamné par les théoriciens absolus qui ne tiennent aucun compte 
des conditions si variées du sol, du climat, des usages et de la tradition même 
contre laquelle on ne s'élève pss impunément dans la pratique. 

Ce n'est qu'en 1869, qu'on envisngea admiuisiralivement au moins, le métayage 
comme une association vériiable du piopiiétaire et du laboureur, du capital et du 
travail On ne se faisait pas faute du reste, dans une certaine presse, de reprocher 
leur incurie aux propriétaires fonciers qui abandonnaient trop souvent, il est vrai, 
la direction de leurs intérêts à des intermédiaires, à ceux qu'on appelle en Irlande 
des midlernen, ou à des fermiers généraux qui vivaient en réalité à leurs dépens, 
et surtout à ceux des métayers. Par une insouciance fâcheuse, ils n'envisageaient 
qu'une rente à tirer de leurs bien-fonds. Bon nombre de gens éclairés se sont fait 
pourtant une occupation sérieuse de l'agriculture qui honorera toujours, selon 
nous, les familles qui s'y dévouent. D'ailleurs a lutte des partis semble y vouer 
aujourd'hui ceux qui se tiennent éloignés des fonctions publiques, ou qui en sont 
écartés. 

L'intervention des propriétaires s'est surtout manifestée en agriculture, dans nos 
deux anciennes provinces du ^Nlaine et de l'Anjou, par le métayage qui y est en 
général réglé par les usages locaux, et de plus, y est traditionnel. C'était encore 
le mode le p us pratique d'y faire progresser l'agriculture, et de tirer un revenu 
élevé de sa terre. — L'exploitation du sol exige en etïet, comme celle de toutes 
les industries, l'emploi d'une intelligence directrice de forces et de matériaux. Le 
plus souv nt le propriétaire ne possède que le sol, et doit rechercher ailleurs les 
agents chez lesquels se rencontrent, les conditions qui lui manquent et sans les- 
quels il n'est point de culture. Souvent encore il ne renconre, comme autrefois dans 
la Mayenne, que des tenanciers qui n'ont point de capital suffisant, et ne peuvent 
apporter, dans un contrat comme le mét<yage, que leur contingent de travaux an- 
nuels — C'est en vain que dans ces conditions on s'obstinerait à conclure des baux 
à ferme. Le fermage, comme l'exploita t-'on directe, nécessite des avances indispeu- 
sables pour l'exécution des travaux de culture, avances sans lesquelles la condition 
des fermiers, des propriiHaircseux-mi-mes, est pire i|ue celle des exploitants à moitié- 
fruit avec le propriétaire qui intervient par sa direction et ses avances pour les 



LA PRIME d'honneur DE LA MAYENNE. 197 

instruments de culture et de récolle; s'associe aux mêmes épreuves, aux mêmes 
pertes que ses métayers dans les mauvaises années, comme celles que nous éprou- 
vons depuis trois ans par suite de conditions climatériques qu'on croirait modifiées 
par l'inlloxion de quelque courant aérien ou quelque autre cause inconnue, surtout 
par les conditions économiques que subit l'agriculture française et dont les esprits 
prévenus peuvent seuls méconnaître la gravité! Il faut être prudent selon nous, 
avant de condamner des pratiques suivies souvent héréditairement, en rechercher 
les motifs qui n'apparaissent pas au premier abord aux yeux d'un observateur de 
passage, et apjirécier les circonstances qui semblaient retenir certaines populations 
loin du mieux absolu et les forçaient à se contenter du mieux relatif. 

Le métayage aurait-il même une vertu cachée, puisqu'au moment où l'agri- 
culture fait entendre de justes doléances, oîi l'on ne cache plus la prob;ibilité d'une 
diminution dans la rente foncière et les baux à ferme aujourd'hui trop lourds pour 
les conditions faites à l'industrie agricole, et tandis que les fermiers épmsent leurs 
économies, s'ils en ont fait, les pays à métayage supportent sans se plaindre les 
crises dont souffrent les autres régions où cependant l'ai^ricullure passe pour être 
la plus avancée'? — Nous ne parlerons du but économique que pour dire que le 
métayage appartient forcément à la moyenne propriété, quand même la direction 
de plusieurs domaines revient à un seul propriétaire. Il nous a toujours semblé 
que le meilleur milieu économique dans l'Etat, est celui qui comnrend la grande, 
la moyenne et la petite propriété. La grande propriété aboutit au luxe et à 
l'absentéisme, la petite conduit trop souvent à la par. elle, et n'apporte, en dehors 
de ses besoins, qu'un failde concours à la consommation gén-'-rale. Les exploita- 
tions primées dans le Limousin et la Mayenne scmt des exploitations de 30 à 
40 hectares et la production y atteint \Aas d'une tôle de bétail par hectare, et si 
M. le comte de Bréon, lauréat de la prime d'honneur dans la Mayenne, et pro- 
priétaire d'un domaine de plus de 500 hectares, avait été tenu à l'exhibition à 
Laval du cheptel de ses 21 métairies et de son faire valoir direct, ses animaux 
n'auraient pas tenu sur le champ de foire "de la ville. Ceux-là môme qui considèrent 
que la consommation générale ut le bien-être sont le but donné à l'économie 
rurale ne peuvent contester les avantages d'une paeille exploitation, comparée à 
ceux de la culture parcellaire. 

En ce qui concerne le propriétaire, l'exploitation par métayage peut être un 
système progressif d'exploitation, et n'exige pas ce- soins continus de surveillance 
de l'exploitation directe. Elle n'oc upe pas toute la vie, et peut laisser du loisir et 
du temps à donner aux affaires; et si l'administralion d'un eufemble de propriétés 
force à accorder confiance à un agent, il peut se rencontrer, comme dans l'Anjou 
et la Mayenne, une classe d'hommes recommandablcs qui exercent cette profession 
avec l'intelligence et la délicatesse que donnent la pratique et la concurrence, et 
dont la mission peut être contrôlée par une bonne comptabilité comme pour le 
domaine import int rp-i a fait dans la .Mayenne l'ohjut de la jirime d'honneur, sur- 
tout par un propriétaire éclairé qui adonné depuis cpiarante-cinq ans l'exemple du 
goût de la résidence en se proposant ];our miss^ion de contribuer au bien-être 
moral el matériel des agriculteurs qui l'entourent, tout en faisant parle métayage 
une agriculture profitable. 

Enfin le métayage a l'avantage d'amoindrir l'accroissement du ])rix de la main- 
d'œuvre, qui pour l'exploitation directe devient de jjIus en plus une cause d'échecs, 
et si l'on vient à comparer le métayage bien conduit à un f. rmage hasardé, la 
comparaison n'est pas moins favorable au premier, en ce (pi'on est assuré de tirer 
une rente de sa terre et que celte rente est aussi complète que le comporte la 
localité; tandis f|u'un fermage conclu en dépit des circonstances et du milieu, fait 
courir le hasard de tout perdre, et ([u on ne peut jamais le conclure dans les pays 
où il n'est pas usité, qu'au moyen de grands sacrifices et en abandonnant une 
partie de la renie à celui qui veut liien s'en charger. 

Dans le métayage la durée indéfinie des baux, le besoin que les parlics contrac- 
tantes ont l'une de l'autre, ideniilicnt le métayer avec son domaine et la lamille 
de son maître, et les terres passent du père au fds, et au petit -fils plus souvent 
que les fermes dont les miilalious sor.t d'autant plus fréquentes que l'cnchè e peut 
s y faire par proportions plus petites, et qu'il sulfil souvent d'un léger bénéfice 
pour engager le propriétaire à renvoyer d'anciens fermiers. 

Le comte de tjasjiarin qui exploitait dans le. Midi, la plupart de ses propretés 
par métayage, et M. Uiefl'el, aujourd'hui le patriarche de l'agriculture de l'I'luest, 
ont dans leurs écrits, scruté les avantages et les désavantages du métayage. Dans 



198 LA PRIME d'honneur DE LA MAYENNE. 

la Mayenne et l'Anjou le bail à moitié-fruit constitue encore une association véri- 
table, une harmonie \ivante qui réunissant l'intelligence et le capital du maître 
avec l'expérience et le travail du laboureur, amène des résultats de plus en plus 
profitables pour tous les deux, et entretient par la solidarité des intérêts Tatlection 
et la confiance réciproques. C'est le mode de tenue héréditaire, resté cher aux 
propriétaires et aux métayers malgré les changements politiques. Avant la Révolu- 
tion, dit M. de Lavergne, les propriétaires du Maine, la plupart gentilshommes 
n'ayant pas assez de revenus pour vivre à la Cour, résidaient sur leurs terres, au 
milieu de leurs métayers avec lesquels les denrées se partageaient de bonne 
amitié. L'abondance régnait sans beaucoup d'efforts ; les besoins des uns et des 
autres une fois satisfaits, nul n'avait intérêt à augmenter sa part; le climat était 
d'ailleurs sain et tempéré, le paysage agréable et gai, le gibier, cette pomme de 
discorde, assez abondant pour suffire à tous; la vie coulait heureuse et facile. Quand 
la Révolution vint troubler ce repos, on comprend qu'elle dut être fort mal reçue ; 
mais l'insurrection, et les sanglants événements quil'accompagnaient ne pouvaient 
changer la constitution agricole du pays, et elle se retrouva avec ses défauts et ses 
avantages quand la vieille monarcliie revint en 1815. — Depuis plus de cinquante 
ans les choses ont bien changé ; le pays a été percé de chemins de toute sorte, 
les débouchés se sont ouverts, les denrées agricoles ont pris uue valeur qu'elles 
n'avaient pas, l'emploi de la cliaux a '-té décisif, les prairies artificielles se sont 
multipliées, la race anglaise de Durham s'est naturalisée, et enfin l'intervention 
de propriétaires éclairés a donné l'exemple du progrès par l'ancien mode d'exploi- 
tation condamné par des critiques agricoles et l'observateur anglais .Arthur Young 
lui-même; tant il est vrai qu'il n'est en agriculture aucun mode spécial à 
recommander. 

Après M. le comte du Buat pour le domaine de la Subrardière, M. Daudier 
pour le domaine des Landes, c'est à un grand propriétaire exploitant 21 métairies 
dans la commune de Marigné-Peut'n (arrondissement de Ghàteau-Gontier) qu'est 
revenue la prime d'honneur en 1879. 

Elève de l'école polytechnique, comme ses fils aujourd'hui, M. le comte de 
Bréon aurait pu suivre, il y a quarante ans, la carrière des armes, ou rechercher 
s'il l'eût voulu, les hauts emphjis auxquels une position brillante lui permettait 
d'aspirer; il a préféré donner à sa terre patrimoniale de Breon l'exemple du goût 
de la résidence, et faire progresser l'agriculture autour de lui, en améliorant la 
condition des nombreux métayers qui exploitaient les closeries et métairies de 
l'importante terre que lui laissait son père 

Une réserve exploitée directement autour du château a servi d'exemple aux exploi- 
tations plus éloignées et soumises au métayage: La première machine à battre y 
fut introduite dès 1832 pour remplacer le rouleau, et depuis ce temps les métayers, 
ont pu chaque année voir s'y succéder les instruments les plus perfectionnés 
comme faucheuses, moissonneuses, rateleuses, charrues Brabant, semoirs, etc., en 
comprendre les avantages et le but. Enfin, les métayers peuvent amener leurs 
vaches, et leurs poulinières aux élables, et aux écuries de Bréon, où se trouvent 
des reproducteurs de pur sang et demi-sang, de manière que le cheptel de tout le 
domaine ne comprend que des animaux améliorés, suivant le but que s'est proposé 
le propriétaire en vue d'un progrès de l'élevage, et d'une culture plus intensive, 
but qui n'est autre après tout que la voie préconisée aujourd'hui comme la seule 
à suivre. 

La production et la conservation des grands maïs qui donnent de si considé- 
rables quantités de matières alimentaii-es et de réserves, ont été tentées à Bréon 
dès 1873, et M. le comte de Bréon les envisage comme une amélioration impor- 
tante pour la culture par métayage. Les maïs de grand rendement cultivés à la 
place des maïs indigènes cultivés dans ceitaines localités de la îMayenne, permet- 
taient de doubler, de tripler même .le nombre des bestiaux nourris sur une sur- 
face donnée. Tout le monde sait, dit M Goffart le grand initiateur di l'ensilage 
des maïs, que le foin donné à l'hiver ne parvient souvent qu'à entretenir dans le 
slaiu quo les animaux de rente ; (|ue les pluies prolongées survenues pendant la 
fenaison, l'absence de chaleur en automne, sont des causes de détérioration du foin, 
et que ces inconvénients peuvent être atténués par la conservation d'une matière 
alimentaire de premier ordre pour les bestiaux pronlème, ([ui semble résolu par l'en- 
silage du maïs haché. Il est vrai que le grand maïs est épuisant pour la terre ; mais 
qu'en recourant, s'il le faut, aux engrais complémentaires on parvient aisément à 
1 introduire dans l'assolement. Sept à huit hectares du faire valoir direct de 



LA PRIME d'honneur DE LA MAYENNE. 199 

M. le comte de Bréon ont été consacrés à la culture du maïs; plus de 
200,000 kilogrammes en ont été rais dans les silos en 1876 et l'expérience a prouvé 
([ue le maïs conservé en 1 877 était consommé avec autant d'appétence par 40 bêtes 
à cornes qui en faisaient deux repas par jour, que le maïs vert lui-même. M. de 
Bréon qui possède dans lUe-et- Vilaine l'important domaine des Étangs (com- 
mune de Goven) inscrit pour concourrir aux prix culturaux qui doivent être décer- 
nés en 1880 à Rennes, y a introduit la culture à colonie partiaire qui n'était pas 
en usage dans la contrée, également aussi la culture et la conservation du maïs. 
Au mois d'octobre dernier, une machine à vapeur de la force de six chevaux, et 
deux grands hache-pailie, marchant simultanément y débitaient 100,000 kilo- 
grammes en moins de 2 jours et demi. Le maïs conservé y est donné deux fois par 
jour à kb bêtes avec de la paille à discrétion, et un peu de foin ou son équivalent 
en farine de tourteaux. 

Nous n'avons pas à parler de la terre des Étangs d'une contenance de près de 
1200 hectares, bois, étangs, friches et terres labourables. Des difficultés de plus 
d'un genre se rencontreront forcément pour M. le comte de Bréon sur un sol gra- 
nitique où le roc perce trop souvent un sol trop maigre pour le revêtir, et où la racine 
des arbres rencontre souvent aussi un sous-sol imperméable. La culture du pin y 
fut introduite parle général marquis de la Bourdonnais, beau-père de M. de Bréon 
qui a divisé à pon tour ctte terre en métairies, pour y appliquer le système d'ex- 
ploitation suivi dans la Mayenne. Le domaine de Bréon au contraire, situé dans 
l'arrondissement de Chàteau-Gontier, repose sur un sol appartenant au calcaire 
jurassique, dont l'influence se retrouve forcement sur les productions végétales et 
animales. 

Tout atteste à Bréon les goûts du véritable country gentleman. Les profpects, 
suivant le terme anglais, y sont partout ménagés, et le bourg même de Marigné- 
Pentou forme fabrique dans le paysage environnant; tout rappelle les demeures du 
Devonshire. Les haies et doubles haies soigneusement entretenues y laissent par- 
fois voir le passage du hunier. La réserve autour du château et en dehors des 
métairies qui ont fait l'objet de la prime d'honneur, est seulement de 49 hec- 
tares dont 18 de prés et 31 de terres laiiourables, et entretient 35 bêtes à cornes 
et 15 chevaux de maîtres, nourris avec les fourrages du domaine. 

Une comptabilité en partie double tenue depuis 32 ans s'appliquant au domaine 
de Bréon, et aux dix fermes qui l'entourent, en pourrait faire l'histoire la plus 
exacte et la plus détaillée, tout en attestant l'esprit analytique du propriétaire. 
]\L le comte de Bréon se présentait en outre à la Commission, comme exploitant 
21 domaines par métayers. S'il est vrai, en effet, que quelques propriétaires dans 
l'espoir de compter sur un revenu plus fixe, alïerraent leurs terres à prix d'ar- 
gent, il en est beaucoup d'autres, et M. le comte de Bréon est du nombre, qui 
pensent au contraire que le métayage offre toujours des avantages moraux et 
matériels, et l'habile direction de ce propriétaire en donne la preuve. 

La contenance des 21 métairies se réduit en définitive à 552 hectares, et le 
che|itcl conqjosé d'animaux tous améliorés est de 653 têtes dont 108 de chevaux. 
Le revenu moyen par hectare est de 125 francs, et atteste une augmentation de 
revenu de plus de 1/3 depuis vingt ans. M. le comte de Bréon a dû faire dans 
toutes ses ternies des augmentations de bâtiments, 9 d'entre elles ont été recon- 
struites, 9 ont eu des agrandissements considérables. La demeure du métayer y est 
partout l)ien entendue, les étables sont spacieuses, les greniers bien aérés. Il nous 
a paru toutefois que dans la plupart de ces exploitations la nourriture hachée des 
animaux serait un grand avantage et une amélioration à réaliser. 

Le voisinage de la ville de Chàteau-Gontier, dont les marchés à bestiaux sont 
fort fréquentés, est un déboucl é précieux pour des exploitations de l'importance 
de celle de Bréon. Cette ville agréable d'ailleurs est reliée par un chemin de fer 
et la Mayenne canalisée, aux villes de Laval, et d'Angers ; elle jouit de la pré- 
sence de quelques-uns de ceux qu'on apfielle en Angleterre les country gentle- 
men, classe si rare en France, et qui font de l'agriculture une occupation sérieuse 
de leur existence. A. de la Morvonais 

ÉTAT ACTUEL DK L'AGRICULTURE EX RUSSIE. 

L;i fjiierelle si vive, en ce moment, des pi-otectionnistes et des 
libres éeliangistcs sur les avantages et les ineonvénieiiLs de leurs tlii'i)- 
ries respectives; el le renouvellement des traités de eommerce dans 



200 ÉTAT ACTUEL DE L'AGRICULTURE EN RUSSIE. 

lesquels nombre d'agriculteurs français voudraient voir introduire des 
mesures de protection pour la culture nationale, surtout contre les 
importations toujours croissantes des Etats-Unis et de la Russie; telles 
sont les deux circonstances qui donnent quelque intérêt à Texamen 
de la situation agricole russe, situation peu satisfaisante en elle-même 
et nullement faite pour justiûer, dans l'avenir pas plus que dans le 
présent, les craintes des agriculteurs protectionnistes, en France. 
C'est, en effet, une erreur souvent accréditée que la Russie, en rai- 
son de ses exportations coissanles des produits agricoles et de ses 
vastes territoires disponibles pour la création de nouvelles cultures, 
soit le pays privilégié de l'Europe, par rapport à son agriculture à 
venir, et que ce soit elle qui, tôt ou tard, serait appelée à faire une 
concurrence menaçante, avec sa production agricole, aux pays occi- 
dentaux. Quant aux Etats-Unis, nous ne croyons pas non plus que 
l'agriculture de ce pays puisse remplir à notre égard un rôle aussi fà- 
c lieux que le redoutent les agriculteurs protectionnistes. Il est vrai 
les Etats-Unis ont pu et pourront, pendant quelque temps encore, plus 
aisément se développer, sous ce rapport comme sous beaucoup d'au- 
tres, que ne le peut faire la Russie, et qu'ils sont encore en état de 
faire à l'Europe une concurrence plus ou moins redoutable. Mais une 
raison décisive les contraindra aussi de penser bientôt plus à la pro- 
duction pour leurs propres besoins qu'à l'exportation; c'est que leur 
population clairsemée s'accroît avec rapidité. 

Rornons-nous, quant à présent, à parler de la Russie. 

La réforme si générale et radicale, née de la loi de l'abolition du 
servage du 19 février I^tîl et mise à exécution dans un laps de temps 
relativement court, a nécessairement dû causer de profonds ébranle- 
ments et, par conséquent, des oscillations de différente nature dans 
la vie des populations rurales et dans toutes les conditions de l'agri- 
culture, en Russie. L équilibre commence à se rétablir maintenant, 
et de nouvelles voies de progrès au terme desquelles On peut aperce- 
voir un meilleur avenir, s'ouvrent de nouveau à l'agriculture russe. 
Toutefois, il e\iste, encore maintes choses qui prouvent que la période 
critique de transition n'est pas définitivement traversée et que l'agri- 
cullure ne s'y fait pas dans des conditions bien normales. Ce n'est que 
sous quelques rapports, et dans quelques contrées privilégiées de l'em- 
pire seulement, que l'état de l'agriculture peut-être envisagé comme 
satisfaisant. 

La réforme dont nous venons de parler a, sans doute, entraîné des 
changements fondamentaux dans l'exploitation des biens-fonds qui 
furent et qui, pour la majeure partie, sont encore sujets à une crise 
très grave. Les pro])riétaires fonciers n'étaient pas préparés à cette 
réforme; elle les a surpris. Et eu égard à la lenteur habituelle de l'évo- 
lution progressive dans l'agriculture, en général, le mouvement de 
cette réforme a été tellement précipité, tout d'abord, qu'il serait diffi- 
cile de citer l'exemple d'une révolution si complète et si accélérée 
dans n'importe quelle autre branche économique et moins encore dans 
l'agriculture des autres pays. La plupart des grands propriétaires ne 
possédaient ni épargnes en fonds d'exploitation, ni notions pour orga- 
niser l'exploitation de leurs terres sur de nouvelles bases. Durant les 
premières années, la réalisation des titres de rachat par l'Etal se fai- 
sait très difficilement. Les conseils de tutelle qui prêtaient autrefois 



ÉT.VT ACTUEL DE L'AGRICULTURE EN RUSSIE. 201 

sur gage des biens-fonds, avaient, peu de temps avant la réforme, for- 
tuitement cessé de le faire; il n'y avait, d'ailleurs point d'autres espèce 
de crédit foncier, et c'est depuis quelques années seulement qu'un tel 
crédit conmmence à se développer et à prendre consistance en Russie. 
Et même à l'heure qu'il est ce crédit reste-t-il, pour nombre d'exploi- 
tations et d'entreprises économiques, presque inaccessible, à cause de 
sa cherté relative. Les emprunts contractés autrefois à de longues 
échéances à condition d'amortissements successifs, furent liquidés 
d'un seul coup, lors de l'opération du rachat, et n'augmentèrent, par 
conséquent, point ou augmentèrent dans des proportions très médio- 
cres le montant des capitaux dont auraient pu disposer les agricul- 
teurs pour la réorganisation de leurs exploitations. Plus tard, des 
constructions de lignes ferrées d'une grande étendue eurent lieu qui 
procurèrent aux populations rurales du travail très rémunérateur et les 
enlevèrent aux occupations agricoles. Tout cela eut une fâcheuse ac- 
tion aussi bien sur l'accroissement rapide et général des prix de mains- 
d'œuvre que sur leurs grandes oscillations. Ainsi, par exemple, ces 
prix ont pu varier dans les gouvernements méridionaux de l'empire, 
du.fant la même année et selon la différence des occupations, entre 
trente copeks et trois roubles par jour. Il n'y avait, en outre, point de 
lois ayant pour but la régularisation et l'assurance du contrat survenu 
entre les ouvriers et leurs patrons. 

Ces conditions si désavantageuses pour l'agriculture russe exercèrent 
une action relativement moins fâcheuse sur les biens-fonds dont les 
terres étaient arrentées par le propriétaire, quand même les payements 
s'y faisaient d'un an à l'autre plus irrégulièrement, et sur les biens- 
fonds situés dans le Midi de l'empire, nolamment dans la zone du 
Ichenwzime oîi les propriétaires fonciers s'étaient, depuis longtemps 
déjii, habitués au travail librement loué et où les conditions de l'ex- 
plt)ilation étaient toujours j)lus avantageuses, à cause de la ferlililé 
naturelle du sol. Par contre, ces fâcheuses conditions pesèrent de tout 
leur poids sur les biens-fonds dans les gouvernements situés en dehors 
de la zone du Ichernozèmo, et surtout sur ces contrées de la Russie, 
OLi ne se l'ait, malgré la pauvreté du sol, que de l'agrieullure et où il 
n'existe, en même temps, ni industrie, ni autres occupations acces- 
soires à l'agriculture. Une fois en possession de leur terre comnm- 
nale, les paysans ne s'entendaient que très dil'licilement avec leurs 
anciens maîtres au sujet de la cultui'8 des champs de ceux-ci, ou ils 
en exigeaient des pr x fabuleux. Par conséquent, le mode d'exploita- 
tion qui, de prime abord, jiarut aux propriétaires fonciers le mieux 
praticjuab c fut celui par ie(|uel les j)aysans, qui venaient avec leurs 
propres engins et bêtes de trait, s'eniiageaient à cultiver les champs 
du ])ropriétaire moyennant 50 pour lOÙ de la récolle; et aux mêmes 
conditions ils s'enyaireaient aussi à faucher ses i)rés. Ce mode d'ex- 
pioitation, si désavantageux ([U il fùtpourles propriétaires, ne laissait 
cependant pas dépérir leurs champs, et les paysans restèrent, jusqu'à 
un certain point, liés au'v intérêts de leurs anciens maîtres. Au con- 
traire, ceux des grands propriétaires qui passèrent d'un seul coup du 
servage au travail librement loué, avec des engins et des machines . 
agricoles perfeclioimées et importées de l'étrangt!!', diu'ent, en lie;ui- 
coup de cas, bientôt abandonner ce mode d'exploitation; car l'expé- 
rience leur apprit qu'il était pratiquement encore moins avantageux 



202 ÉTAT ACTUEL DE L'AGRICULTURE EN RUSSIE. 

que le premier mode, par suite des fautes qu'on commettail dans l'or- 
ganisation et dans l'administration de ces exploitations, et, en outre 
par suite de la négligence innée des ouvriers. De nos Jours, le mode 
qui prédomine dans la plupart des gouvernements du Centre, tant 
qu'ils se trouvent en dehors de la zone du tchernozème, est celui où 
les paysans cultivent, avec leurs propres engins, les champs du pro- 
priétaii'e foncier et en tirent leurs payements en numéraire ou, le plus 
souvent, en cessions d'usufruits tels que pâturages, prairies, etc. Cette 
manière d'exploiter les biens-fonds a, sans doute, le caractère du pro- 
visoire, et son plus grand inconvénient consiste, peut-être, en ce qu'il 
n'admet que peu ou point de sérieuses améliorations dans la culture 
des terres. 

Les paysans russes se sont économiquement mieux trouvés, durant 
cette époque de transition, que les propriétaires fonciers. L'exploita- 
tion des terres paysannes n'a point subi d'aussi grands ébranlements; 
elle a, au contraire, pu librement disposer d'une double somme de 
travail, par suite de la réforme. 31ais au point de vue économique, 
l'amélioivation plus ou moins générale survenue, depuis, dans la situa- 
tion des paysans, en Russie, doit être soigneusement séparée de l'état 
de l'agriculture paysanne proprement dite. Car, en beaucoup de cas, 
l'aisance des paysans s'est considérablement accrue par nombre de 
ressources accessoires, c'est-à-dire à côté d'une stagnation ou même 
d'une décadence complète de l'agriculture. Ainsi, en général, la situa- 
tion des paysans et notamment au point de vue agricole, s'est visible- 
ment relevée dans les gouvernements du Nord-Ouest de l'empire, 
abstration faite des régions marécageuses du Pripet et de Pins!;. En 
même temps, le bien-être des paysans s'est beaucoup accru dans les 
gouvernements du Sud-Ouest et du Midi, sans qu'il y ait à signaler 
de notables progrès dans leur agriculture. L'aisance des paysans et 
leur agriculture ne se sont que très peu modifiées, dans les gouverne- 
ments delà Petite-Russie; toutefois, on y peut déjà observer un penchant 
à l'amélioration, surtout dans les localités où la culture du tabac s'est 
grandement développée. Mais la situation économique assez malheu- 
reuse des paysans, dans ceux des gouvernements du Centre qui sont 
en dehors de la zone du tchernozème, n'a presque pas changé, tandis 
qu'en même temps l'agriculture paysanne y est restée dans un état de 
stagnation déplorable, ou même y a empiré. Un petit nombre de 
paysans y est devenu riche, il est vrai, tandis que la plupart d'entre 
eux se sont appauvris: de sorte que la classe de fortune moyenne y 
commence à disparaître. Huant aux gouvernements du Nord-Ouest et 
du Sud-Ouest, il y faut chercher la cause de l'aisance relative dans la 
plus large distribution des tci-res anx paysans, dans les très petites taxes 
d'impôts qu'ils payent, dans leur propriété personnelle séparée, et 
dans le système de la vente des boissons, qui limite le développement 
de l'ivrognerie si répandue en Russie, comme on le sait; tandis que, 
pour les gouvernements méridionaux, cette cause est dans la fertilité 
du sol et les prix très élevés de mains-d'œuvre. Dans les autres gou- 
vernements, les principales raisons de l'appauvrissement des paysans 
sont, au contraire; la stérilité relative du sol qui demande des grandes 
quantités d'engrais; le manque de prairies et, par conséquent, de four- 
rages, ce qui empêche d'y élever un nombre suffisant de bestiaux; la 
propriété communale et la resnonsabilité solidaire des membres d'une 



KTAT ACTUEL DE L'AGHICULïURE EN RUSSIE. 103 

4 

commune; la division des familles, qui va toujours croissant et en- 
traîne le démembrement du cheptel, ainsi que rim])Ossiljilité pour 
les divers membres isolés d'une fumijle de gagner ailleurs leur vie; 
enfin les impôts exagérés et disproportionnés qui pèsent sur le sol, et 
une certaine augmentation de l'ivrognerie parmi les paysans de celte 
région. Ce dernier fait a été surtout remarqué dans les gouvernements 
de Saint- Péiersbourg, de Moscuu et de Vladimir où la concentration 
d'importantes fabriques et la proximité des capitales ont exercé une 
action démoralisatrice sur les populations na-ales. 

Avant la réforme, chaque bien-fonds s'était constiliié, historique- 
ment et économiquement, en un seul ensemble d'usufruits qui s'har- 
moniaient autant que possible, avec les besoins respectifs du j)ro- 
priétaire foncier et des paysans, dont les intérêts se trouvaient encore 
d'accord sous ce rapport. La réforme du 19 février 18GI a nécessaire- 
ment divisé en deux portions séparées et indépendantes l'une de l'au- 
tre, cet ensemble d'usufruits territoriaux qui étaient devenus écono- 
miquement inséparables. Celte division, surtout dans la zone en 
dehors du tchernozème, a certainement dû entraîner beaucoup d'in- 
convénients et de dommages tantôt pour l'une, tantôt pour l'autre des 
deux parties intéressées, mais le plus souvent pour les deux parties à 
la fois. Dans la plupart des cas, il ne fut point décerné aux paysans 
des terrains buisés dont ils avaient joui et souvent abusé, avant la 
réforme; il leur fut adjugé moins de prairies qu'ils n'en avaient eu 
autrefois pour leur part, et ils furent surtout limités par rapport aux 
pâturages. Les terres restées à la dispusition des propriétaires fonciers 
perdirent, en beaucoup de cas, toute cohérence entre elles dans les 
limites de la pro[)riélé, |)jrce ([u'il lût impossible de les arrondir iso- 
lément; ou dut recourir à la formation de sections et d'enclaves sépa- 
rées, ce qui contribua à l'abaissement de la valeur de ces biens fonds. 
Pour ce qui regarde la zone du tchernozème, les pâturages y diminuè- 
rent par suite de leur conversion ea cultures. De grandes forêts y fu- 
rent gaspillées et détruites par leurs propriétaires eux mômes, comme 
consécjueiice du manque de moyens d'existence, j)ar défaut des fonds 
d'exploilaliou, ainsi que par les diflicullés qu'on éprouvait à proléger 
les forêts contre les fraudes, et aussi à cause de l'immense consomma- 
tion de combustibles par les chemins de fer, etc. Le terrain déboisé 
fut ou cultivé ou laissé inutilisé; on ne reboisa pas, on ne protégea 
même pas les jeunes plantations contre les envahissements des bes- 
tiaux conduits aux pàlurages. La diminution des forêts en Russie, est 
tellement rapide qu'elle commence à exercer une action fâcheuse sur 
le climat du pays,'qui deviimt plus rude et plus sec, sur l'ensablement 
des lits et le dessèchement des sources, sur le dépérissement, par le 
froid, des jardins, et môme sur la culture de certaines plantes agri- 
coles. 

(Juantaux changements survenus dans la j)ropriélé foncière, ils ont 
beaucoup augmenté de nos jours, à ro|)posé de ce qui se passait sous 
ce rapport durant les premières aiin es (pii suivirent la réforme. Indus- 
triels et comiuei'çanls achètent, de préférence, des biens-fonds situés 
dans les gouvernements oià prédomine la terre noire, pour y créer des 
usines, pour y exploiter abusivement les forêts, ou pour y morceller 
la terre, afin de l'afferiner plus avantageusement en petits lots. Us 
n'en achètent que relativement peu dans les autres gouvernements; et 



204 ÉTAT ACTUEL DE L'AGRICULTURE EN RUSSIE. 

s'ils le font, c'est principalement dans le but d'y créer des fabriques 
en utilisant les forces hydrauliques. Aussi les paysans achètent-ils 
avec beaucoup de zèle, tant dans les gouvernements oîi prédomine la 
terre noire, que dans les autres situés en dehors de la zone du tcher- 
nozème; et quoiqu'ils payent la terre acquise souvent très cher, ils y 
trouvent néanmoins leur compte. Ces terres sont achetées par les 
paysans comme propriété personnelle ; il arrive très rarement que plu- 
sieurs en achètent en commun. Le paysan étant devenu propriétaire 
indépendant d'une terre, l'exploite comme un cultivateur expérimenté 
et circonspect. Cela faisant, il ne sort presque jamais de la commune 
rurale dont il est membre; et ce n'est que rarement qu'il abandonne 
sa part de la propriété communale, .si même il élail forcé de la négli- 
ger; souvent il la cède en usufruit temporaire à un autre membre de 
sa commune. Il n'est pas rare, en Russie, que les paysans achètent 
des biens-fonds tout entiers. La vente de terres morcellées et séparées 
a surtout pris une grande extension dans le gouvernement de Koursk. 
{La suite prochainement.) N. de Nasakine. 

TRAITEMENT DES VIGNES PHYLOXERÊES 

POUR LA CAMPAGNE 1878-1879. 

Les résultats de nos traitements des vignes phylloxérées par le sulfure dejcarbone 
à dégagement lent, ont confirmé et maintenu chez nous, pour la campagne de 
1878-1879, les bons effets acquis pendant les deux années précédentes, et nous 
devons nous déclarer satisfaits de l'état des vignes malades qui ont été traitées, 
comme de la santé des ceps âgés de deux ou trois ans au.\quels il a été appliqué 
préventivement un seul cube gélatineux. 

Il nous paraît ressortir des laits constatés, le peu d'influence des températures 
pluvieuses de l'hiver dernier sur la disparition de l'insecte. L'état d'hum'idité pro- 
longé du sol peut enlever au mal une partie de son caractère foudroyant ; mais il 
n'a pas empêché, dans nos contrées plus qu'ailleurs, le fléau de s'abattre sur de 
jeunes replantations et même sur de vieilles vignes qui, cultivées dans des terrains 
de nature un peu sablonneuse, avaient parue3_indemnes jusqu'à ce jour. 

Le traitement pratiqué dans no re vignoble a présenté en:ore une fois de bons 
résultats sur les ceps opérés; cela est exact pour toutes les vignes qui n'étaient pa's 
à un degré de. maladie, trop avancé, car dans ce dernier cas, le mieux est d'arracher 
et de replanter, comme nous l'avon; déjà déclaré dans nos notes précédentes. 

Quant aux ceps traités en 1877-18'8 et qui, dépérissant à cette époque, sont 
revenus à la santé, l'application de nouveaux cubes, vihne sans fainure, les a 
maintenus en 1879, jusqu'à présent du moins, en parfait état. Ils portent de longs 
sarments, suffisamment chargés de raisins. 

Pour le prix de revient du traitement, les chiffres fournis par notre pratique et 
indiqués déjà, demeurent rigoureusement exacts,-du moins pour les conditions dans 
lesquelles nous avons opéré. 

Nous savons bien que l'on a constaté des résultats moins satisfaisants que les 
nôtres ; mais il faut être juste envers tous ceux|qui luttent, qui font effort pour nous 
venir en aide de toutes manières, et reconnaître que trop souvent les ceps traités onj 
plus besoin du fossoyeur que du médecin, et que leur guérison serait une véritable 
résurrection. 

Aucun des moyens proposés ne saurait prétendre à l'absolu ; il faudra toujours 
tenir compte de l'état de dépérissement de la vigne et des conditions dans les- 
quelles les traitements sont réellement applicables, afin de prémunir les viliculteurs 
contre des cliances d'insuccès qui ne dépendent pas toujours des moyens 
employés. 

iNotre expérience personnelle nous permet maintenant de formuler les conclu- 
sion's suivantes : 

1° Ne jamais traiter des ceps déjà trop atl'aiblis, à moins' qu'il ne s'agisse de 
variétés précieuses, qu'il importe de conserver ; 

2° N'appliquer de traitement qu'aux vignes et aux terrains dont on peut-être 
assuré de retirer un produit de 40 à 50 hectolitres à l'hectare, c'est-à-dire d'im- 



s 



TRAITEMENT DES VIGNES PHYLLOXÉRÉES. 205 

portancc à pouvoir supporter et payer les frais; nous ne parlons bien entendu 
que Je la production des vins communs ; 

3° Euhn, si l'on ne veut pas voir s'élever considt-rablement, en fiais de main- 
d'oîuvre, le coiit du traitenaent, n'appliquer celui-ci que sur des terres suflisam- 
nienl perméables, pour qu'en état de fraîcheur, le pal à étriorà l'aide duquel doit 
être cieiisé le trou destiné à recevoir le cube, puisse èlre enfoncé par une ou 
deux fortes pressions du pied. Il est inutile d'ajouter que, dans les terres très 
1,'laiseuses ou compactes, 1 expansion des vapeurs sulfocarboniques s'opérera moins 
facilement, et que cet inconvénient est à ajouter à celui de la difficulté de la péné- 
tration par l'outil. 

Miis même en se bornant aux terrains et aux vignobles offrant, réunies, les con- 
ditions plus haut énumérées, immenses sont les es|)aces auxquels le traitement 
de M. llo! art peut être ;ipj)Hqué. et (ju'il peut sauver de la ruine, s'il est entre- 
piis à temps. Eu joiçinant les soins et les précautions d'emploi recommandés, on 
peut dorénavant prédire presque sûrement le succès. Marquis de JoCAS. 

Mormoiroii (Vaa^luse), 13 juillet 1819. 

CRESSON EN CULTURE SOUS CHASSIS. 

liien des écrits ont été faits sur le cresson ; on en a beaucoup vanté 
les qualilés. C'pst une des plantes les ])lus salutaires et dont la phar- 
macie l'ait de nombreuses applications. Ses proprié;és dépuratives sont 
dues à une certaine proportion d iode que ses feuilles contiennent. Il 
y a peu de plantes auxquelles on ait accordé plus de propriétés favo- 
rables à la sanlé. Comme aliment, le cresson est réputé très sain et 
très rafraîchissant; toutes les parties de cette plante ont une saveur 
piquante et agréable. Aussi le recherche-t-on pour le manger en 
salade ou pour l'associer à des viandes rôties; enfin il jouit d'une 
faveur générale. 

Il y il un grand nom lire de cressonnières aux environs de Paris, là, 
où existent des cours d'eau douce ou simplement un filet d'eau; sa 
présence est. dit-on, l'indice de la pureté de l'eau. Malheureusement, 
tout le monde n'a pas la chance de posséder de l'eau courante et ce- 
pendant, chacun de nous serait désireux d'avoir de temps en temps 
du cresson à sa disposition. Je crois donc utile de rappeler que 
M. .Alayer de Joiilie signala dans la licviie horiicole du l(,« mai ISST'i 
un procédé bien simple pour obtenir du cresson, qu'il désigne sous le 
nom de cresson de fontaine. Depuis cette époque j'en fais tous les ans 
et j'ai toujours d'excellents résultats. 

Voici comment il faut procéder : on fait une couche (]ue l'on re- 
couvre de bon terreau sur laquelle on place un châssis, dont la pente 
doit être tournée vers le nord, puis on sème la graine de cresson en 
ayant soin d'entretenir toujours une certaine humidité, avec le service 
d'un arrosoir dont les trous de la pomme soient très fins. 11 faut surtout 
faire cette culture à l'ahri du soleil pour que la saveur conserve l'arôme 
aimé des amateurs. 

Je me suis toujours très bien trouvé de placer les couches sous des 
arbres. On peut, si on veut, se servir de racines de cresson ; dans 
ce cas, la récolte est presque immédiate et il est absolument pareil à 
celui que l'on vend; mais il est moins tendre que celui provenant de 
graines. 

Malheureusement le temps froid et pluvieux ipie nous avons, n'en- 
courage pas beaucoup ce genre diî culture; il est si agréable, cepen- 
dant, d'avoir à sa disposition de bon cresson. 11 faut espérer que l'au- 
tomne viendra un peu nous dédommager et que les amateurs seront 
alors heureux de pouvoir goûter à peu défiais et sans aucune peine 



206 CRESSON EN CULTaRE SOUS CHASSIS. 

d'excellent cresson. Tous ceux qui en ont mangé l'ont trouvé bien 
supérieur à celui jvovenant des cressonnières. Les feuilles sont plus 
petites, d'une teinle moins foncée, beaucoup plus tendres, et le goût 
est plus fin que celui récolté dans les cressonnières. Eug. Vavin. 

SOCIÉTÉ NATIONALE D'AGRICULTURE DE FRANCE. 

Séance du 30 juillet 1-79. — Présidence de M. Chevreul. 

M. le ministre de l'agriculture et du commerce envoie VAnnu-ire 
slatisliquc de la France pour l'année 1879, (2'' année) publié par le 
service de la statistique générale de France. Des remerctments lui 
seront adressées. 

M. Léo d'Ounous envoie une note sur les résultats de la récolte de 
diverses variétés de blés dans le département de rAriège,et sur la cul- 
ture de plusieurs plantes. 

M. le docteur Eugène Robert, correspondant de la Société, envoie 
une notice sur la situation dos diverses récoltes dans le canton de 
Vailly (Aisne). 

M. Vallet, professeur d'agriculture à Lamballe (Côtes-du-Nord), 
transmet un échantillon de liges de pommes de terre sur lesquelles 
des tubercules se développent à l'aisselle des feuilles. Renvoi à l'exa- 
men de M. Ducbartre. 

M. Gayot présente des blés provenant d'une culture du déparlement 
de Seine-et-Oise, sur lesquels lepiétain s'est développé sur une grande 
échelle. A cette occasion, des observations sont successivement pré- 
sentées par MM. Bella, Chevreul, Berlin, Piuchtt, Muret, sur les ca- 
ractères de la maladie du pied du blé et sur les circonstances dans 
lesquelles elle se développe. M. ('hevreul insiste sur l'iotluence que 
peut avoir l'emploi des engrais, et M. Roussi ugault développe l'inté- 
rêt qu'il y aurait à savoir avec quelle substance ont été chaulées les 
graines d'où proviennent les tiges malades; il n'a jamais constaté le 
piétin sur ses blés chaulés au sulfate de cuivre. 

M. Fluchel fait connaître les dégâts causés dans quelques champs 
de betteraves par des petites chenilles vertes, dont il ignore la nature, 
et il demande que ces inse-'tes soient soumis à l'étude des entomo- 
logistes. 

M. Ghatin donne les résultats de l'élude ([u'il a faite de filaments 
bruns feutrés recueillis par M. Gayot dans une cave de Dijon. Cette 
substance appartient à un champignon, ïlliinanlia ccUaris. L'aération 
des caves doit être, jiour M. (ihatin, le moyen d'empêcher le dévelop- 
pement de ce champignon qui doit favoriser la pourriture des futailles. 

Henry Sagnii:r. 

REVUE COMMERCIALE ET PRIX-r.OURANT DES DENRÉES AGRICOLES 

- (2 AOUT 1879). 
I. — Situation générale. 

Les cultivateurs sont partout au milieu des travau.v les plus pressants, et rare- 
ment ces travaux ont été aussi précipités. La fenaison n'est pas achevée que la 
moisson doit commencer. Aussi les marchés agricoles sont-ils partout très peu 
suivis. 

II. — Les grains et tes farines. 

Les tableaux suiv.Tnls accusent une hausse importante, surtout en ce qui con- 
cerne le bli, dans les coiu-s des ci>réales, par quintal métrique, sur les princi- 
paux marchés de la France et de l'étranger : 



DENRÉES AGRICOLES (2 AOUT 1879), 



207 



l" REGION. — 



Caivadns. Lisieux. ...». 

— Condé 

CùtçS'du-Xord.L^anion. 

— Tréguier 

Finislere. Morlaiï 

— Landerrieau 

Ille-et-Vilaine. Rennes. 

— Saint-Malo 

Manche. AvrancUes.... 

— Ponturson 

— Villedieu 

Mayenne. Laval 

— Chàteau-Gonlier.. 
Morbihan. Hennebont. . 
Orne. Fiers 

— Mortapne 

Sarthe. Le Nïans 

— Mailiers 



NORD-OITEST. 

Blé. Seigle. Orge. 




18. eo 

18. do 

16.75 
Il">.75 
ti 00 
■iO.bO 
17.25 
16 00 
18. îi 

a. ri 

17.75 
17.00 
17.35 



18.00 



17 00 



20 00 
20.25 
19.75 
16.50 

l'.I.OO 
2').b0 
20.75 
22.00 
20.50 
20.00 

21.00 

M 

20 00 
20. 00 

19.50 

19.00 

20 00 



20.50 
19.50 
19.50 



Prix moyens 28.2:. 19.1'. 19. u5 

2« RÉGION. — N0K1>. 
/lisrie. Soissons 28.25 17. 2o » 

— sl-Quentin 29.011 17. (lo » 

— villers Cotlerels.. 27.75 17.25 >. 
Eure. liernay 26.75 17.00 

— Conches 26.50 16.50 

— Les Andelys 25.75 16.00 

t:ure-el-Loir. Cliartres. 26.25 18.50 

— Anneau 26.50 17.20 

— Notent. le.flotroQ. 28.50 » 
Xord. Cambrai 29.75 « 

— Douai 27.75 

— Valenciennes 30.75 

Oise. Beauvais 26.50 

— Compiègne 28.50 

— NOjOil 28.75 

Pas-de-Calais. Arras.. . 31.00 

— Saint-Omer 28.00 

Seine. Haris 30 eo 

S.-el-Marnc. Meaux.... 25. CO 

— N'Mnours 28.25 

— Piovins 28.00 

S.-ei-Oise. AngerviUe.. . 20.25 

— Poiiloise 27.10 

— Dntird.in V.50 

Seine-Infêrieure. Rouen 28.80 

— Dieppe 31.25 

— Yvelol 29.80 

Somme. .AbbeviUe 27.00 

— Péronne 26.25 

— Roye 27.75 

Prix moyens 

3« nÉGION. • 

Ardennei Charleville.. 
Auhe. Iiar-sur-\ulic.. . . 

— Mcry-sur-Seine... 

— No;;eni-sur-Seine, 
Marne. Clii^Ioiis 

— Epcrnay 

— Reims 

— Sézanne 

Hle-Marne. Bourbonno. 
Meurt.-el .Mosetle. Nancy 

— LunéviUe 

— Toul 

.Meuse. Bar-le-Duc 

— Verdun 

Haute-Saône Gray 

— Vesont 

Vosges. Neufchàteau.,.. 

— Raon-PHtapc 

Prix moyens 

4* RÉGION 

Charente. Anyouléine.. 29.00 

— Cognac 31.50 

Charen/fî /«/"(îr. Marans. 2G.00 

DeuX'Sevres. Kiorl 27.00 

Indre-fl - '.oire . Toars.. 27.50 

— Bléré 26.50 

— Chiteau-Renaull. 27.25 
toire-ftiA'rieure Nantes 27.00 18.75 
M.-et-f.oire. Saumur... 27.25 » 
Vendie Luçon 26.25 • 

— Fonlenay 26.00 » 

Viennf. Châlellerault.. 2r,.5i) « 

— Poiliers 27.50 17. .S« 

Haute-Vienne. Limoges 2». no 19.50 

Prix moycog 27 37 I8.2'i 



20.85 
19.00 

» 
20.50 
2 1 . 00 
22.00 
19.00 
18.75 
21.50 
18.00 
18.50 
17.50 
20.50 
20.00 
18.75 
19.25 
20.00 
20 50 
21.00 
19.50 
20.75 
18.50 
20.75 
13.25 
23.75 
22.25 
20.00 
21.00 
19.00 
19.50 



27.90 17.39 
- NORD-EST 

30.0) 19 110 
27.75 „ 

27.00 
58.25 

29 75 

30 50 
29.75 
28.00 
29.50 
30.25 
31.00 
30 . 50 
30.50 
29.00 
28.25 
29.8-1 
30.0» 
31.50 



19.90 19.32 



21.00 20.00 

17.50 21.00 

18.00 18.50 

» 20.50 

19.50 19,50 

20.00 20 50 

19.50 20 00 

19.50 16.00 

> 16.00 

20.00 19 00 

» 18.75 

» 19.50 

la.oo 20.00 

20.00 19.00 

» 17.25 

18.50 19.10 

22.00 20.011 

19.25 .. 19 50 

31.50 I.S.25 I9,5'i 19.12 
— OITKST. 



17.25 

18.25 
18.25 
17.75 
16.25 

k 
18.00 
18.50 
19.00 
18.00 

17.75 



17.50 
18.00 



22.00 

18 eo 
20.50 
18.50 
20.00 
21.00 



18.00 
19.00 
18 50 

» 
20.7.'i 
19.63 



24.00 
2 1 . ' 
20.00 
20 . 00 
20.25 
18.00 
20.511 
20.00 

21. 0« 
17.50 
20 . 50 
20.00 
20 00 

20.48 



5" RÉGION. — CENTRE, 

S.-ijle. 



Oi'ec. Aïoiw. 



^/iicr. Moulins 

— Montluçon 

— St-Pourcain .. .. 
Cher. Bourses 

— St-Amand 

— Vierzon 

Creuse. Aubusson 

Indre. ChàLeauroux.. . 

— Issoudun ,, 

— Valen(;ay 

Loiret. Orléans 

— Monlargis 

— Pat.iy 

Loir-et-Cher. Blois. ... 

— Montoire 

A'iéuï'e. Nevers 

— La Cbarité 

Yonne. Brienon 

— Avallon 

— Joigny 

Prix moyens 



B! 

fl'. fr. Ir. fi. 

28.25 18.50 19.50 2o.ou 

27.75 21.50 21.00 19.00 

23.50 20.00 20.50 18.75 

26.75 18.50 18.50 17.75 

29.25 19.00 20 25 19.00 

27.00 IJ.OO 19.50 20.00 

27.25 21.25 .. 19.50 

26.50 20 00 20.00 19.25 

26.75 17 00 19.25 18.00 

27.00 19.75 2(1.00 17.50 

27.50 18.00 16.00 19.75 

28.50 IS.OO 19.50 19.50 

27.75 » 19.00 19.50 

27. 00 19.00 19.50 19.50 

28 50 21.00 21.50 19. OO 

27.50 20.00 » 22.00 

26.50 » 22.00 17.50 

28 50 » 19.00 19.50 

31.00 20.00 22.50 21.25 

27.7 5 « 19.00 19.00 

27.78 19.11 l'j.81 19.27 



6" REGION. — EST. 
Ain. Bourg 32.00 lS.25 

— Pont-de-Vaux .. 29. 75 18.50 
Càle-d'Or Dijon 28 00 

— Beaune 50.50 

Doubs. Besançon 2900 

Isère. Grenoble 26 50 

— Bûurgoin 27-110 

Jura. Dù\e 29.50 

Loire. IMontbrison 27 25 

P.-rfe-flome Clermonl-F. 3o.'.0 

Hhône. Lyon ,. 27.00 

Saône-el- Loire. Chalon.. 30.00 

— Louhai.s 31.00 

Saitoie. Chambéry 3o 50 

lite-Savoie. Annecy 29.75 

Prix moyens 29.1» 



21.00 
22 00 



19 50 
18.50 
17.5) 

21.00 
18.50 

19.75 
20.90 



18.50 
19.00 



20.00 

u 
18.00 
18.50 
18. 50 

18 50 

19 50 
17.50 
20.50 

19.50 
19.75 

20 00 



7° REGION. - 

Ariège. Parniers 

OordoQne. Bergerac.... 
IJte-Garonne. Toulouse. 

— ViUefrancbe Laur. 
Gers. Condom 

— Eauze 

— Mirande 

Gironde. Bordeaux.... 

— La Heole 

Landes. Dax.. 

Lot-et-Garonne. Agen.. 

— Nt-rac 

B.-Pyrénées. Bayonne.. 
tlies-Pyrcnèes. Tarbes. 

Prix moyens 

8» RÉGio: 

Aude. Carcassonne 

Areyron. ViUefrancbe. 

Canlal. Mauriac 

Cnrré:e. Luberzac 

Hérault. Heziers 

Loi. l'ige.ic 

Lozère. .Meude 

— Marvejols 

— Florac 

Pyrènèi's-Or. Perpignan 

t'arn. Aibi 

Tarn-clGar. Monlauban 

Prix moyens 

9" RÉGION. 

Basses-Alpes Manosqne 
llaules-.Mprs. Briançon 
Alpes-MaritimcsCa.ni\ei 

Ardixhc. Privas 

Il.du-Hhùne. Arles 

Drôme. Monlélimart.. . . 

Gard. Nîmes 

Haute-Loire. Le Puy... 

_ — lirioude 

\'ar. Dragulgnan 

Vauciusc. Carpenlras.. 

Prix moyens 

Moy. de toute la Franco 
— de 1 1 semaine [irered. 

Sur la semaine \ Hausse, 
précédente.. ( Baisse, 



SUD-OUl;ST. 




203 ai'^vuE co.\iMùi\:'.[\Lt: Er p.xix-gûuraxts. 







bie. 


Seigle. 


Orge. 


Avoine, 






fr. 


fr. 


1?. 


fr. 


Algérie. 


^^S^^- i -dar.... 


25.50 

26.. 'jO 


» 
m 


15 25 


14 00 


A ngleterre. 


Lonlres 


29.50 


■ 


20.00 


20.25 


Belgique. 


Aaveri 


26.00 


20 05 




22 . 00 


Bravelles 


30 25 


19.75 


a 




_ 


Liège 


27.75 


18.75 


21.00 


18.50 


-^ 


Ni.uiir 


27 . 50 


17.. 50 


2).0J 


18. OJ 


Par/t-W<i4\ 


Ansterlam 


■-'5.0) 


15 50 


. 


. 


iMt'imb'itirq, 


l.iiiK niioirg.. ...... 


29.25 


>,}.0l) 


22.50 


1) 00 


Aisaci Lortdini, 


Sîrisb^uriJ 


29.25 
29.59 


20 25 
18 25 


21.50 


19.00 




JI illioase 


19.25 





Galmar 


30 00 
25 10 


2 1 . 75 
10.25 


20.00 

• 


19.00 


Allemagne. 


ll;rUa 




_„ 


C'ïlo^iie 


2S.7 5 
2'i.S5 


l,S 2-, 
15 6U 


• 


18.00 





Hambourjj 




5 u isse. 


Genève 


28.50 
311.00 


• 


J> 


21.50 




Zurich 




Italie. 


Milan 


30.50 


20 50 


n 


19.25 


Autriche. 


Vienne 


24.01) 


15.50 


m 


12 80 


Hongrie. 


Budd-Pesth.. 


23.35 


I 


» 


12.45 


Ilussie. 


S;iint-Pétersb>urg.. . 


23 , 70 


i3.;.o 


» 


13 10 


Etats-Unis. 


New-York 


21.55 


» 


« 


* 



Blcs. — Le mouvement du plus grand nombre des marcliés continue à accuser 
de la hau.sse, et une hausse de plus en plus accentuée. La meunerie qui, pendant 
toute la campagne, n'avait lait que des achats au jour le jour, se trouve dépourvue 
devant le relard de la récolle dans un grand nombre de départements; elle est 
forcée d'accepter les prix de:nandés par la culture. Les nouvelles d'Amérique 
annoncent une récolte sensiblement moindre que l'année précédente. Le mouve . 
ment de hausse des rnurs se [)roiuit non seulement en France, mais sur presque 
tous les marchés de l'Europe La beau temp? a singulièrement favorisé la végéta- 
tion des blés ; la situation se présente sous de bien meilleurs auspices que les 
semaines précédentes. — A la halle de l'aris, le mercredi 30 juillet, il n'y a eu 
que très peu d'all'aires; les offres de la culture et du commerce étaient restreintes. 
On payait de 28 l'r. 50 à .31 fr. 50 par 100 kilog.. suivant les qualités. Le pri.x 
moyen s'est fixé à 30 fr. , avec une nouvelle hausse de 50 centimes. Sur le marché 
des blés à livrer, !es prix sont fermes. On cote par 100 kilog.: courant du mois, 
28 fr. 25 à 28 fr. 50 ; aoiit, 28 fr. 2d ; quatre derniers m'ois, 28 à 28 fr. 25; 
quatre mois de novembre, 28 à 28 fr. 25. — A Marseil'e, quoique les importa- 
tions de blés de la mer Noire soient toujours nombreuses, les atî'aires sont actives 
et les cours présenion; beaucoup de fermeté. Au dernier jour, on payait par 
100 kilog.: Pologne, 26 à 27 fr.; Sandomiika, 27 fr.; L'ka-Odessa, 24 à 25 fr.; 
AzolT durs, 25 à 27 fr. La stock dans les docks est de 262, uOO quintauxmétriques. 
— A Londres, les import itions de la semaine dernière ont atteint 229,000 quin- 
taux, venant en grande partie de l'Australie et de la Nouvelle-Zélande. Les cours 
sont faiblement tenus. .-Vu dernier marché, on payait de 27 fr. 30 à 31 francs par 
100 kdog. suivant les qualités. 

Fdiinvs. — Les affaires sur les farines sont assez calmes, mais avec des prix 
bien tenus. Pour les farines de consommation, les cours sont ceux de la semaine 
dernière. On payait à la halle de Paris, le mercredi 30 juillet : marque û, 62 fr.; 
marques de choix, 6 ^ k 6k fr.; bonnes maïques, 61 à 62 fr.; sortes ordinaires 
et courantes, 59 à 60 tr.; le tout par sac de 159 kilog. toile à rendre, ou 157 kilog. 
net, ce qui correspond aux cours extrêmes de 37 fr. 60 à 40 fr. 75 par 100 kilog. 
ou en moyenne 3y Ir. 20. C'est une hausse de fr 35 sur le prix moyen du 
mercredi jirécédent. — ]*our les farines de spéculation, les alTaires sont assez 
calmes, mais les prix sont bien tenus pour toutes les époi[ues. On cotait, à Paris, 
le mercredi 30 juillet au soir : Jarines huit-marques, courant du mois, 61 fr. ; 
août, 61 fr. à 61 fr. 25; quatre derniers mois, 61 fr. 50; quatre mois de novembre, 
61 fr. 25; farines sup'rieures, courant du mois, 59 fr. 75 à 60 fr.; août, 59 fr. 25 
à 59 fr. 50; quatre derniers mois, 59 fr. 5 ; quatre mois de novembre, 59 fr. 25; 
le tout par sac de 1.^9 kdog., toile perdue, ou 157 kilog. net. — La cote officielle 
en disponible s'est élablio comme il suit, pour chacun des jours de la semaine, par 
sac de 157 kilog. net : 

Dates (juiUel) 24 Î5 Î6 28 29 30 



Farines tiiiit-mirquas. 
— suiériani'ei.... 



60.50 


61.00 


61.75 


61.85 


61.50 


61.15 


58.85 


59. 5û 


59.75 


60.00 


60. OJ 


59.75 



Le prix moyen a été, pour les farines huit-marques, 61 fr. 25, et pour Its 



DES DENRÉES AGRICOLES (2 AOUT 1879). 209 

supérieures, 59 fr. 50; ce qui correspond aux cours de 39 fr. et 37 fr. 70 par 
100 kilog. C'est une hausse do fr. 60 pour les premières et de fr. 70 pour les 
secondes sur les cours moyens de la semaine précédente. — Les cours des gruaux 
sont toujours très fermes, de 47 à 54 fr.; ceux des farines deuxièmes, de 30 à 35 fr., 
le tout par 100 kilog. 

Seif/les. — On ne présente pas encore de seigles nouveaux à la lialle de Paris. 
Les vieux sont cotés de 17 fr. à 17 fr. 50. — Les farines de seigle sont bien 
vendues, de 25 à 27 fr. 

Orqes. — Les transactions sont très calmes. On paye à la halle de Paris de 
19 fr. 50 à 20 fr. 50 par 100 kilog. pour les vieilles orges, comme la semaine 
précédente. Les escourgeons sont cotés frcilement de 19 fr. à 19 ir. 50. — A 
Londres, les arrivages d'orges étrangères sont 1res restreints; les cours sont fermes 
pour toutes les catégories. On paye de 19 fr. 40 à '20 fr. 60 par 100 kilog suivant 
les qualités. 

Mût. — Les cours sont les mêmes que précédemment. On pave de 30 à 35 fr. 
par 100 kilog. suivant les qualités. 

Avoines. — Les ventes sont assez dilliciles pour les vieilles avoines. Les prix 
sont plus laibles. On cote, à la halle de Paris, de 19 à 22 fr. par 100 kilog. 
suivant les provenances et les qualités. — A Londres, les arrivages d'avoines 
étrangères durant la semaine dernière se sont composés de 120,5'!5 quintaux; 
marclié très actif, avec des cours en hausse, de 19 fr. 20 à 21 fr. 50 par 100 kiloç. 

Sarrasins. — Les prix demeurent presque sans changements. On paye de 
17 fr. -25 à 17 fr. 75 par 100 kilog. à la halle de Paris. 

itfan-. — On paye comme précédemment, au Havre, do 13 fr. 50 à 14 fr. par 
100 kilog., pour les maïs d'.\mérii|ue. 

Issues. — Les atfaires sont restreintes, et les cours sont faibles. On paye à Li 
halle de Paris : gros son seul, . 3 fr. à 13 fr. 50; son trois cases, Il fr. à 
11 fr. 50; recoupettes, 11 à 12 fr.; renioulages bis, 13 à 14 fr.; romoulages blancs, 
15 à 17 fr. 

III — lins, spiritueux, vinaigres, cidres. 

Vins. — La siiualion n'a pa.s seasibleuieut chan,u,'é. Lo temps semble; copenlant 
vouloir se mettre au beau ; si cette espérance devient une réalité, il en résultera bieu 
certainement une amélioralion dans l'état actuel de nos vignobles. Les transac- 
tions continuent, dans le Midi, à avoir une grande activité, partout ailleui's on se 
plaint de leur peu d'entrain. Mais le fait dominant à signaler, c'est la hausse qui 
se manifeste uniformément dans tout lo vignoble. Voici du reste les cours nou- 
veaux, qui sont venus à notre connaissance pendant la semaine écoulée. — A 
Bùzieis (Hérault), on paye actuellement : .\raraon, l'hectolitre nu, 20 à 21 fr.; 
Montagne, courant, 22 à 23 fr.; 1" choix, 25 à 27 fr.; supérieur, 28 à 30 ir.; Nar- 
bonne, 2' choix, 31 à 33 fr.; 1" choix, 34 à 37 fr.; Iloussillou, selon qualité, 40 à 
47 fr.; Bourret, 24 à 25 fr.; Picpoul de choix, 26 à 28 fr. — A Nantes (Loire- 
Inférieure), voici les derniers cours [iratiqués : Gros-Plant, 1878, la pièc(> prise au 
vignoble, 37 â 38 fr.; Muscadet, 1878, 70 Ir. — A Dijon \Côte-d'Or), on paye la pièce 
de 228 litres, nu : Garaais ordinaires, 65 à7ji'r.; bon choix, 72 à 80 fr.; l'^cuoix, 
80 à 90 fr.; supérieur, 90 à 100 fr.; petits vins de plaine ou des arrières-côtes, 60 
à 65 fr. — A l'u'ignij (Gùte-d'Or), on cote la pièce de 228 litres nu, 1878 : l'uli- 
gny ordinaires, rouge, 1" choix, 100 à 105 fr.; 2" choix, 95 à 100 fr. Plaine, or- 
dinaire rouge, 90 à 95 fr.; arrières côtes ordinaires, rouge, 80 à 85 fr.; inférieurs, 
75 à 80 Ir. Qudnl aux vins blancs, on paye : Puligny, Montrachet, 1" choix, les 
114 litres avec fût, 300 à 350 fr.; bâtard, 1" choix, 200 à-.i50 fr.; Puligny, passe- 
tous-grains, 100 à 120 fr ; Puligny ordinaire, 1" choix, 70 à 80 fr.; environs de 
Puligny, 45 à 60 fr. — A Cour-Clieverny (Ijuir et-Glier), on paye la pièce de 
228 litres, sans logement, 1878; Selles, 60 il 72 fr.; Gamay, 55 à 60 fr.; Sologne 
blanc, 1" choix, 50 à 52 fr.; Sologne blanc, 2' choix, 47 à 48 fr. — A Sduinur 
(Maine-et-Loire), les cours s'établissent ainsi qu'il suit : vin blanc, vieux, la bar- 
rique de 223 litres, 6j à 65 ir.; nouvoau 5."! à 60 fr.; vins rouges, vieux et nou- 
veaux, 85 à 100 fr. — A Clicray-d'OUron (Gliarente-Inférieure), les vins rouges, 
récolte de 1878, valent 225 à 2t0 fr. le tonneau de 9 I 2 litres, le vin blanc 145 à 
150 fr. — Wlnllia (Charente -Iniorioure), le vin rouge, 1878, vaut 33 ir. l'hecto- 
lilre nu. — A Libourne (Gironde), on ])aye les 1878, le tonneau de 4 barriques : 
Saint-Emilion et Pomerol, 750 à 1,200 fr.; Sables Saint-Erailion, .■>25 à 750 ir.; 
Côtes Fronsac, 440 à 700 fr.; Côtes Bourg, 420 à .'iOO fr.; Palus et bonnes côtes, 
330 à 450 fr.; Enlre-deux-Mers, 280 à 320 fr.; Frousadais, 260 fr. — -V Sens 



210 REVUE COMMERCIALE ET PRIX-COURANTS 

(Yonne), les vins rouges, i878, valent, le muid de 272 litres, logés, l" choix, 
fc4 fV ; 2'choix, 79 fr.; 3' choix, 74 fr. 

Spii ituevx. — Les cours ont cette semaine fléchi quelque peu : de 55 fr, 75, ils 
ont l'ait 66, pour redescendre à 55 fr. 25. Les afiaires sont toujours peu actives, on 
attribue ce manque d'activité aux prix élevés demandés par les vendeurs. Quoi 
qu'il en soit, les besoins continuent à excéder les ressources. Gomme celui de 
Paris, le marché de Lillt- a été peu animé, et les prix, dans le Midi, restent sans 
variations, avec un courant d'affaires très lent, mais continu. Les marchés alle- 
mands sont en hausse. — A Parix, on cote : 3/6 betleraves, f" ([ualiié, 90 degrés 
disponible, 55 fr. 25; quatre derniers, 56 fr. ; quatre premiers, 55 ir. 50 à 55 fr. 75. 

Vinaigres — Cours sans changement sur cet article II est entré dans Paris, 
pendant le mois dernier, . ,5i9 becloliires de vinaigre comestible à tous degrés. 

Cidres, -r— Rien de nouveau sur l'article. L'eau-de-vie de cidre vaut à Vire (Cal- 
vados), 18"8, \kO fr. l'hectolitre; 1877, 155 fr. — Il e;t entré dans Paris pen- 
dant le mois de juin 6,635 hectolitres 15 lities de cidre. 

IV. — Sucres. — Mélasses. — Fécules. — Glucoses. — Amidons. — Houblons. 

Sucres. — Les affaires sur les sucres bruts sont toujours peu actives ; mais, 
en présence des retards de la végétalion des Iiet'eraves, la hausse domine sur la 
plupart des marchés. On paye actuellement par 100 kilog., pour les sucres bruts 
88 degrés saccharimé triques, à Paris : n" 7 à 9, 57 fr 50 ; n»' 10 à 1 1, 51 fr. 50 ; 
sucres blancs en poudre, n" 3, 60 fr. — A 'Valenciennes, n°' 10 à 13, 51 fr.; 
n" 7 à 9, t7 fr. à 57 fr. 50; à Lil'e, n'^ 10 à i3, 50 fr. 25; n"- 7 à 9, 56 fr. 50; 
à Péronne, n" 7 à 9, 56 fr. 50 à 57 fr.; sucres lilancs, 60 fr. Le stock de l'entre- 
pôt réel des sucres à Paris était, au 3u juillet, de 278,000 sacs, tant en sucres 
indigènes qu'en sucres coloniaux, avec une diminution de 8,000 sacs depuis huit 
jours. — Les sucres raffinés conservent les prix de la semaine dernière. On paye 
de 133 fr. 50 à 1 '7 fr. 50 par 100 kilog. à la consommation, et de bl à 
63 fr 50 pour l'exploitation, suivant les qualités — Dans les porls, les cours ont 
suivi, pour les sucr.s coloniaux, la progression ascendante des marchés de l'inté- 
rieur. Les offres continuent d'ailleurs à être restreintes. 

Me'lasscx. — Les cours sont très fermes. On paye à Paris, 11 fr. 25 à 11 fr. ÎO 
par 100 kilog. pour les mélasses de fal.rique; 12 fr. 50 à 13 fr. pour celles de 
raffinerie. 

Fécules. — Sans que les afiaires présentent une très grande activité, les cours 
sont maintenus avec beaucoup de fermeté. On paye à Paris 38 fr. 50 à 39 fr. par 
100 kilog. pour les fécules premières du rayon. A Compiègne, la cote officielle 
reste fixée à 38 fr. 50. 

Glucoses. — Les prix ont repris depuis huit jours. Le', demandes sont plus acti- 
ves. On paye par 100 kilog. ; sirop premier blanc de cristal, 52 à 53 fr.; sirop 
massé, 40 à 41 fr.; s rop liquide, 35 à 36 fr. 

Amidons. — On paye, comme précédemment : amidons de pur froment en 
paquets, 75 à 78 fr.; amidon de province, 68 à 70 fr.; amidon d'Alsace, 
62 à 6k fr. 

Houblons. — Les lioublonnières se trouvent admirabi ment bien de la tempé- 
rature des derniers jours. La végétation reprend de la vigueur, et les craintes 
exprimées dans les semaines précédentes deviennent beaucoup moins vives. 

V. — Uiiil's et ijrdinei nl,<: l'iuic nei , l.^LiileMit, savin, noirs, c/i'/riis. 

Huiles. — Les affaires sont peu importantes sur les principales huiles de 
graines, et les cours n'ont pas beaucoup varié depuis huit jours. On paye, à Paris, 
par 100 kilog. : huile de colza, en tous fûts, 81 ir. 75; en tonnes, 8( fr. 7r; 
épurée Cu tonnes, 91 fr. 7 ; huile de lin en tous fûts, 70 fr.; en tonnes, 72 fr. 
Sur les maichés des dépaiteraents, on cote, par 100 kilog. : Rouen, 81 fr. 25; 
Gaen, 80 fr ; Arras, 82 fr. à 82 fr. 50; et, pour les autres sortes : lin, 70 fr. 50; 
œillette, 16o fr. — A Maistille, il n'y a que très peu d'atfaircs sur les huiles de 
graines, mais les prix sont assez bien tenus; on paye, par 100 kilog., suivant les 
sortes : huile de sésame, 74 fr. 50; d'arachide, 76 fr. 50; de lin, 68 fr. 50. Il y 
a peu d'affaires sur les huiles d'olive, et leurs prix varient peu. 

Graines oléagineuses. — Il y a peu d'atfiires. On paye, en Normandie, 35 fr. 
)iar 100 kilog. pour la graine de colza. Dans le Nord, on paye, par hectolitrei 
16 à 18 fr. 50. 

Tourteaux. — Les prix sont très fermes sur tous les marchés. — On paye, à 
Marseille, par 100 kilog. : tourteaux de lin, 18 fr. 25; d'arachides, 8 fr. 50; 



DES DENRÉES AGRICOLES (2 AOUT 1879). 211 

d'aracliiiles décortiquées, 13 fr. 50; sésame, 13 fr. 25 à 13 fr. 75; colza, 11 fr. 50' 
d'œillcltes, 12 t'r.; dri palmiste nalurel, 7 iV. 75. 

Noirs. — Même prix que la semaine dernière . 32 à 35 fr. par 100 kilog ; 
pour le noir animal neut en grains; 2 fr. 50 à 14 fr. par hectolitre pour le noir 
d'engrais. 

VI. — Matières résineuses, colorantes et tannantes. 
Matières résineuses. — Les cours sont en baisse cette semaine. On paye à Bor- 
deaux, 50 fr. par 100 kilog. pour l'essence pure de térébenthine; à Dax, 44 fr. 
- Gaudes. — (Jours de la semaine dernière, 12 fr. par 100 kilog. dans l'Hérault. 

vu. — Textiles. — Suils. 

Laines. — La plupait des marchés aux laines sont aujourd'hui passés sauf dans 
l'est. P]n Champagne, on cote 3 fr. 80 à 4 fr. par kilog. pour les laines lavées à 
dos; à Dijon, 3 fr. 80 à 4 fr. 30. 

.Suiff:. — Prix sans changements. O.icotc à Paris 75 fr. par 100 kilog. pour les 
suifs purs de l'abat de la boucherie. Les suifs en branches sont payés 56 fr. 25. 
VIU. — Beurres — Œufs. — Fromages. — Volailles. 

Beurres. — On a vendu, pendant la semaine à la halle de Paris, 238,754 kilog. 
de beurres. Au dernier jour, on payait par kilog : en demi-kilog., ordinaires 
et courants, 2 fr 20 à 3 fr. 40; pelits-beurres, 1 fr. 38 à 2 fr. 10; Gournay, 
1 fr. 50 à 4 fr. 30; Isigny,! fr. 50 à 5 fr. 68. 

Œ iifs.—Ba 22 au 28 juillet, il a été vendu à la halle de Paris, 3,920,560 œufs. 
Au de rnier jour, on payait [lar mille : choix, 81 à 106 fr.; ordinaires, 53 à 93 fr.; 
petits. 45 à 50 fr. 

Volailles. — On vend à la halle de Pars : agneaux, 8 fr. 50^ ;\ 22 fr.; canards, 
1 fr. 45 à 4 fr. 50; chevreaux, 2 fr 50, à 3 fr. 50; cochons de lait, 8 fr. à 15 fr.; 
CI êtes en lots, fr. 50 à 8 fr 50; dindes gras ou gros, 8 fr. 25 à 1 1 fr ; dindes 
communs, 4 fr. 25 à 7 fr. 7o : lapins domestiques, 1 fr. 40 à 5 fr. 20 ; oie- grasses, 
6 fr. 30 à 8 fr. ; oies communes, 3 fr. 25 à 5 fr 80; pigeons de volière, fr. 72 
à 1 fr. 95 ; pigeons bizets,0 fr. 5 ;> à 1 fr 05 ; poules ordinaires, 2 fr. 90 à 5 fr. 50 ; 
poulets gras, 1 fr. 75 à 7 fr ; poulets communs, 1 fr. 20 à 3 fr.; pintades, 2 fr. à 
o fr. 50. 

IX. — Chevaux — bétail — viande. 

C'ieoaax. — Aux marchés des 23 et 23 juillet, à Pans, on comptait, 1,151 chevaux; 
sur eu nombre, 466 ont été vendus comme il suit : 



CUe^aux 


de cahriol-'ït 


Ameais. 
2 U 


Vcn.Iiis. 

(i) 

93 
153 

33 
116 


Pri.t extrêmes. 
3:i0 à 1 ,l.iO fr. 




(le tiait 


3T8 


29.S à 1,'i.^Û 





riors d'âge 


410 


oB à 1,090 




à l'eaclière 


33 


90 à 450 





de boucherie 


H6 


30 à 135 



Anes el chèves. — Aux mèm3=i marchés, on eo.mptait 31 ânes et 16 chèvres ; 
15 ânes ont été vendus da 45 à 135 fr.; 9 clièvras, de 20 à 85 fr. 

Bittil. — Le tableau suivant r.isum! le mouvement du marché aux bestiaux 
de la Villette du jeudi 24 au mardi 29 juillet : 

p.iiiis Prix du kilog. de viande sor pied 
Vendus moye.T ati m;irché du luti'ii 38 juillet. 

Pour Pour F.n 4 qu.irtiers. 1"» 2" 3« Prix; 

Amenés. P.iris l'extérieur, totalité. kil. quai. qu;il. qujl. moyen 

Bœufs 6,.S5'i 2.K8I) 1,519 4,399 2.40 l.Vi L.'iS \ .Ti 1.54 

Vaches 1,445 1.47 iM <l0.> 2 30 1.00 1.40 l.iO 1.32 

Tauieaut 340 1«7 34 221 3.61 1.46 1.3G 1.25 1.29 

Veaut 4.626 3,401 fiU 4,044 79 1.78 1..5S 138 1.5» 

Moutons 43,9i3 25,40'i 1 1 ,821 37,226 I"? 1.98 1.78 1.40 1.67 

Porcsgrii 6,879 2,839 3,692 6,Ô3I 88 1.50 1.40 1.30 l.r.3 

— maigres. 13 2 9 11 35 1.20 » • 1.20 

La situation est la mt'me que les semaines précédentes : approvisionnements 
nombreux et venles difficiles pour le plus grand nombre des catégories; par suite 
baisse assez sensible dans les cours des diverses sortes. 

A Londres, les arrivages d'animaux étrangi^rs, durant la semaine dernière, se 
sont comiiosés de 15,680 lèles, dont 1,694 moutons venant d'Anveis; 5 iKi'ufs 
526 veaux, 813 moutons et 36 porcs d'Amsterdam; 352 veaux, 1,702 moutons et 
294 poros de JJrèrai' ; 194 bœufs, 8 vea'ix, 416 moutons ot 71 porcs d'Elijerg; 
75 bœufs el 44 indutons de Gothenbourg; 368 moulons (t'Hambourg; 3 birnifs, 
101 veaux, 666 moutons et 509 porcs dllarlingen; 8 bœufs de Lisl)onne; 1 *5 bœufs 
de New-York; 3,000 moutons, 224 veaux et 294 porcs de Rotterdam; 98; bœufs 



212 



REVUE COMMERCIALE ET PRIX-COURANTS (2 AOUT 1879) 



et 2,935 moutons de Tonning; 140 bœufs de Yigo. — Prix du kilog. Bœuf : 1" qua- 
lité, I fr. 93 à 1 fr. 99; 2% l'fr. 75 à 1 l'r. 87; qualité inférieure, 1 fr. 40 à 1 l'r. 75. 
— Veau: l"qualité, 1 fr. 93 à 2 fr. 10; 2% 1 fr. 75 à 1 fr. 90. — Mouton : l"qua- 
lité, 2 fr. 34 à 2 fr. 45; 2% 2 fr. 10 à 2 fr. 28; qualité inférieure, 1 fr. 75 à 
2 fr. 10. —Agneau : 2 fr. 45 à 2 fr. 69. — Porc : \" qualité, 1 fr. 40 à 1 fr. 58; 
2% 1 fr. 28 à 1 fr. 38. 

Viande à la criée. — Ou a vendu à la halle de Paris, du 22 au 28 juillet : 

Prix du kilog. le 38 juillet. 



Idlùg. 
Bœuf ou vache . . 126,648 

Veau 100,425 

Mouton .56,6fi3 

Porc ." 24,821 



1" quai. 
1.42 âl 7S 
1.66 1.86 
1.52 1.70 



2" qtial 
1.12 à \.hk 
1.32 1.64 
1.18 l.oO 
Porc frais 



3" quai. Choix. Basse boucherie. 

0.80àl.24 1.10à2.76 0.14à0.90 
0.86 1.30 1.00 2.10 » » 

O.Sii 1.16 1.30 3.10 » 
.... 1.10 à 1.70 



398,557 .Soit par jour 56,939 kilog. 

Les ventes ont été inférieures de 600 kilog. ar jour à celles de la semaine, 
précédente. Les cours des diverses sortes sont demeurés presque sans changements. 

Cours de la charcuterie. — On vend à la Villette par 50 kilog. : 1" qualité, 
87 à 90 fr.; 2% 80 à 85 fr.; poids vif, 54 à 60 fr. 

X. — Marché aux bestiaux de la Villclte du jeudi 31 juillet. 
Bœufs. Veaux. Moulons. 



1" 1' 


3« 


1" 2" 3" 


1" 2» 


3« 


quai. quai. 


quai. 


quai. quai. quai. 


quai. quai. 


■quai. 


fr. fr. 


fr. 


fr. fr. fr. 


fr. fr. 


fr. 


82 75 


70 


86 80 72 


83 77 


70 


X[. ^ Cours 


de la viande d l'ahatloir de la Villette du 31 juillet {par 50 kil 


^9-) 








Cours des commissionnaires 






Poids Cours officiels. 


en bestiaux. 






moyen -^^.^ --x. mi — — ^ 


,^- III 


— ^ — ~-^ 


Animaux 




gênerai. 1" 2" 3" Piix 


!„ 2» 3' 


Prix 


amenés. Invendus. 


kil. qua!. quai. quai, extrêmes. 


quai. quai. quai. 


extrêmes. 


Bœufs 2.492 


Sià 


30a 1.70 1.56 1.30 1.23àl.72 


1.63 1.50 1.30 


1.25 à 1.70 


Vaches.... 474 


.10 


239 1.60 1.40 1.20 1.00 1-64 


1.58 1.40 1.20 


l.l'O 1.60 


Taureaux.. 122 


01 


301 1.40 1 30 1.20 1.00 1.42 


1.38 1.30 1.30 


1,00 l.VJ 


Veaux i.iôo 


254 


30 1.70 1.50 1.30 1.20 1.80 


» » » 


» » 


Moutons... I'i.;fd2 2.971 


10 1.93 1.78 1.44 1.30 2.0i 


» » » 


» D 


Porcs Rras. ;i.378 




84 1.66 1.56 1.46 1.30 1.70 


n » a 


» B 


— maigres. 15 


1) 


30 1.10 » » 1.05 1.30 


o D » 


S » 



Vente difficile sur le gros bétail, mauvaise sur les veaux; ordinaire sur les moutons et les porcs. 

XII. — Itésume. 

Sauf pour le bétail, les cours des denrées agricoles présentent, cette semaine, 
soit de la fermeté soit une hausse assez sensible. A. Remy. 

BULLETIN FINANCIER- 

Vive réaction sur tout le marché : la rente 3 0/0 est à S2,55 perdant 0,25, 
TamortissaLle à 84.^0, perdant 0,30 et la rente 5 0/0 à 117,85 perdant 0,55. Les 
Sociétés de crédit et particulièrement les cliemins de fer sont atteints : on parle 
d'un rachat par l'Etat. 

Cours de la Bourse du 23 an 20 juillet {au comp tant. 

Fonds publics et Emprunts français et étrangers 



Principales valeurs françaises : 

Plus Plus Dernier 
bas. bas. .cours. 

Rente 3 0/0 82.25 82.55 Vi.as 

Rente 3 o/O amorCiss 84.40 85.00 g<i.40 

Rente 4 1;'2 0/0 113.30 Ili.50 114.00 

Rente r. 0,0 117.30 113.00 117.30 

Banque de E'.'-ance S125.00 3143.00 .'Îl4î.00 

Comptoir d'escompte.. .... 873.73 883 OO 877.30 

Société j:ênèrale 53i) 00 

Crédit foncier 836.25 

Crédit agricole n 

Kst... Actions 500 72j.00 

Midi d" Siô.SO 

Nord... , d" 149.). 00 

Orléans d 

Ouest d' 



5',6.'.'5 


,^■-•0.00 


8i5.00 


845.00 


» 


4S:).00 


743.50 


725.00 


878.75 


855.00 



525.00 1495.00 
1140.00 1216. -35 1140.00 
775.00 "90.(10 775 00 



Paris-Lyon -Méditerranée d" 1140,00 ii7.i oo iTiO.oo 
l'aris 1871 obi. 400 3 o/O... 4ll5.0O '»li7.00 405.00 

& 0/0 Italien 79.35 80. \0 79.85 

Le Gérant .- A. BOUCHÉ. 



plus 

bas. 

511 25 



Oidigalions du Trésor 

renib [4 500.4 O'O. 

Consolidés angl. 3 0,0 » 

5 0,0 aiitriciiien 59. 1/4 

4 12 0/0 belge 104.60 

6 o/o égyptien 2.Ï5.00 

3 0/0 espagnol, e.vlér'. 15.00 

a* intérieur >» 

C 0/0 F.iats. Unis 

Honduras, obi. 300... 

Tabacs ital., obi. 500.. » 

G 0/0 péruvien » 

5 0/0 russe 91.05 

5 0/0 turc 11 «0 

5 0/0 roumain » 

Dordeaax. 100, 3 0/0.. » 

Lille, 100,300/0 • 



Fins 
baut. 
515 00 



59. 3/8 
105.50 
■-'44.00 
15. 1/S 



Dernier 
cours. 
512.50 

97. 1/8 
50. 1/4 
10 1.60 
233.00 
15.00 



108.00 108 1/2 ■ 108 1/ 



91.50 
12.00 



92.0) 
11 GO 



» 103.00 

» 103.25 

Letehrier. 



CHRONIQUE AGRICOLE (o aodt ,879). 

Les meUIfliirs encouvagemcntJ à l'egi-reiilture; — Il fiwjt aiVér trouver la paysan dans ses ohampa. 

— Difl'éiencH erure les €i)ucaurs de prime d'honneur et las Concours spéciaux pour un bit liéter- 
mmé. — Les Concours d'irri*itious dans jps Alpes. — La voit' du profîiès dins les hiutes égions, 
lùfluenee' de l'eaa e»tlU rumier, - Co!UQient le^JHrys (JoiKcnnèIre l'onués. — Encouragsinentd 
à (iciniier à. l'esprit d'assooialuin. — l.a mul. iplication des sub.^istaiices. — Trava ix de M. Uêlié- 
rain à la Staiion .gronomi|ue deGiignon. — f-^spériences sur l'emploi campiez du fumier et 
des engnis. — Oilture de Tavaioe, d»s poramns leleriis et dm mais. — Cumpinaisoii desrésuU 
tais 01 tenus. — ConNéquences déiluiles. — Circulaire du minisiri de l'agriculture r-.-lative>tient 
au Crédit agricole mobili-îr. — Déci-et relatif à linterdi' liun- d* l'entrée eii Ftmea da béiail 
d'Autriche- Hongrie. — Les éttidesi du canal d'irrigaiion dudi.vé dluKllône. — R ipport dd M. Devès 
à la di iiubre di'S iléputas. — lexle du. projet de loi portant iléclara ion d'utilité publiqie du 
caml' Diimint. — Héserves relati«e-i au nora-nri» des priMwet à leur pla»je. — Hfitarli eili mois- 
son' dans certaines. réaions. - Dacisioniduiuiiiisirede la g'ipcre relilive a l'app"! des réservistes. 

— Le phylloxéra — Trailemenl des taclies. — Promuln^ition de U loi complémeniatre de celte 
da 15 Juillet lt*7S. — ConJérs.Toe'de Mv Jou-i.^iati sur la uécassifti di'eiftptoj'cr les iase<itici)le» dràs 
leiilébdt de I invasion du l'byUoxera. — Lettre de M. Rohart. — L'assur.inae uiutu- lie cuntre le 

Shylloxera en Suisse. -- Prochaine vente d'animaur reprodociems- d«- race- Durhata dans la 
riyeane.. 

I. — Lts lions encoura<i«mênts au progrès- œgricolu 

Ristolas, à 1633 mètres d'altitude dans les Alpêi.. 

Parmi les encouragemenfs donnés à l'agrrculrure-, on l'a dit défà 
bien souvent, il n'en est pas de plus fécontls qne ceu» (fui 'viennent 
trouver le cultivaleur au milieu de ses champs, dans son villai^e, dans 
son hameau , sous son chaume. J,è n'ai jamais mietix compris cette 
vérité désormais banale que depuis que je suis dans les hautes régions 
alpines, où n'avaient jamais {)énétré aucunes commissions officMelles 
chargées de s'occuper dès intérêts des pajsans. Milgré leur grande 
utilité, les concours pour la prime d^honneur et fcis prix culturaus 
n'ont pas beaucoup touché le paysan; ils sont d'un ordre assez 
élevé, ils ont un caractère général qai ne frappe pas l'attention des 
gens qui se méfiant de tout ce qu'ils ne comprennent pas bien. Four- 
nir des mémoires dont le programme est assez compliifué, leur paraît 
une grosse alTaire qui peut cacher des pièges; ils s'abstiennent. .Vlais 
pour un concours spécial, pour un objet ayant un caractère défini, 
]irésenlant un intérêt immédiat, sans obscurité, bien tangrible, les 
cullivaleurs se montrent très empressés. 

Tels sont notamment les concours d'irriualion dans les contrées oii 
tous les cultivateurs savent par expérience que, sans eau, 1 agricnlture ne 
fournitaucun résuItaLséripiix. A la vue dps membros du jury ([ui exa- 
minent tout avec soin, qui vont et viennent à travers les chantps et les 
troupeaux, dans des régio^ns où n'ont jamais pénétré jusqu'à ce jour 
des hommes officii^Is apportant des récompenses^ les cultivateurs 
s'aniiiuMit. .Moi aussi, j'ai t'ait, s'écrie celui-ci ou celui-là, et lors même 
(juilsne se sont pas fait inscrire pour lè concours à fa date indiquée paf 
l'ariêlé ministériel, ils viennent supplier qu'on les examine, et ils s'en 
vont bien n;peutanls de n'a\oiriias été assez attentifs au moment pres- 
crit. Le gouvernement de la Uépublique ne pouvait mierr.v se l'aire' 
aimer par ces' populations éloignées des grandes voies de eommiinrca-' 
tion qu'en se manif slaiit ainsi dans ces pays de montaunes où l'exis* 
lence es' si dure .\pportcr auxpay-ans des Alpes des prix jusque chez 
eux, parce qu'ils donnent la preuve qu'ils savent bien employer 1 eau 
des canaux et des toiTcnls, alors que jusqu'à présent les gouvernements 
ne, sp manifestdient à eux que pour ieiu- demander des impôts, cela 
excite leur enthousiasme et les attache ; cela aussi leur inditpie la voie 
du progrès et de la transformation sociale. Un des résultats les plus 

rf.SSS. rome ni de 1870. — 9 août 



214 CHRONIQUE 'AGRICOLE (9 ^AOUT 1879). 

frappants, c'est de voir des esprits peu cultivés jusqu'ici accepter de 
suite cette vérité : Faire du bétail, du fromage, du beurre, vaut mieux 
que faire des céréales, rapporte davantage et doit toujours rapporter 
davantage. Arroser nos prés, nous disent-ils, mais cela double au moins 
leur production, les fumer en même temps la quadruple. Les faits sont 
ici d'accord avec la théorie; or, contrairement à ce que disait dernière- 
ment le feuilleton agricole d'un grand journal, ce sont les faits qui 
constituent les théories, et non pas les théories qui créent les faits. 
Parlez théorie aux cultivateurs, vous les laissez froids et incrédules; 
montrez-leur des faits patents, ils comprendront, ils seront enlevés; 
ils apporteront d'eux-mêmes des preuves. La conclusion est que le 
Gouvernement, pour faire du bien aux agriculteurs, pour le faire 
pénétrer dans toutes les familles rurales, doit multiplier les concours 
spéciaux. J'ajouterai qu'il ne doit pas confier ces concours à des 
hommes de la localité, car les paysans se méfieront le plus souvent 
des influences personnelles; il faut que les jurés viennent de loin et 
soient l'émanation du pouvoir central du gouvernement de la Ré- 
publique lui-même. Ceux qui sont venus dans ces froides contrées où 
a neige persiste sur le sol plus de six mois, où tout est âpre, la cha- 
eur de lété comme le froid de l'hiver, où le travail le plus dur est la 
loi, reconnaîtront la justesse de ces observations. Ici, d'ailleurs, 
Ihomme aide l'homme; les associations syndicales pour l'irrigation, 
celles pour la défense contre linondation, celles encore pour l'exploi- 
tation du lait et sa transformation en beurre et en fromage et qui portent 
le nom de fruitières, se fondent facilement; elles prospèrent. Le gou- 
vernement a fait une oeuvre profondément utile en les encourageant 
par des subventions, par des prix. Toute la France y gagne, car les 
subsistances se multiplient et deviennent meilleures en même temps 
que les populations rurales triomphent de la misère où elles crou- 
pissaient. 

IL — Sur le fumier et les engrais. 

Une Station agronomique a été fondée à Grignon. M. Dehérain en 
est le directeur, et il a pu établir, avec le concours de M. Dulertre, un 
champ d'expériences où l'on étudie sur l'avoine, sur les pommes de 
terre et sur le maïs, l'influence comparative du fumier de ferme, du 
sulfate d'ammoniaque et de l'azotate de soude, ces engrais étant em- 
ployés seuls ou bien avec l'addition, soit de phosphates, soit de sels 
de potasse. Cette étude a été faite pendant les quatre aunées IS75, 
l^iTG, 1877, 1878; les résultats viennent d'être résumés dans une inté- 
ressante brochure avec une représentation gra|ihique qui parle aux 
yeux ' d'une manière très nette. Par l'emploi d'une couleur spéciale 
pour chacune des quatre années, et d'une échelle proportionnelle, 
on mesure sur les planches coloriées les produits relatifs de toutes les 
récoltes obtenues dans les parcelles traitées par les engrais et dans les 
r»arcelles sans engrais qui servent de témoins; on mesure aussi, par 
jne disposition des figures, l'influence économifjue des engrais. 

La conclusion générale que l'on tire de la brochure que nous signa- 
lons, c'est que dans les terres où l'on a expérimenté, le fumier de 
ferme donne seul des résultats économiques. Pendant les quatre années 
rapprochées, le seul engrais qui ait laissé quelque bénéfice sur la 

1. Culhire du champ d'expériences de la Station agronomique de Grignon, par M. Dehérain ; 
«ne brochure in-S" de 36 pages avec 4 planches coloriées; chez G. Masson. 



CHRONIQUE AGRICOLE (9 AOUT 1879). 215 

culture de l'avoine est le fumier de ferme, et c'est aussi le seul engrais 
qui ait laissé sa richesse initiale au grain cultivé quatre années de 
suite sur le même terrain- Pour les pommes de terre, les parcelles 
avec fumier de ferme ont aussi fourni les plus forts rendements; tou- 
tefois, l'azotate de soude a augmenté la production ; mais en résumé, 
pour cette culture, et dans l'état actuel du sol de Grignon, il ne faut 
faire que de très faibles dépenses d'engrais. Pour la production du 
maïs-fourrage, le fumier de ferme a été surtout d'une manière évidente 
l'agent principal des forts rendements. 

Ces résultats généraux sont suffisants pour montrer l'intérêt que 
l'on doit attacher aux expériences dirigées par M Dehérain. Nous ne 
îouvons désirer qu'une chose, c'est qu'elles soient continuées pendant 
)lusieurs années encore. Dans un sol très riche, l'épuisement est très 
ent à se manifester, et de même l'addition de tel ou tel engrais chi- 
mique peut plus difficilement montrer son efficacité; un résultat néga- 
tif prouve seulement que ce composé n'introduit dans le terrain que 
des principes qui y sont déjà en suffisante quantité par rapport à la 
récolte qu'on tire du champ cultivé et par rapport aux autres principes 
qui l'accompagnent. I^a prédominance de l'action du fumier de ferme 
dans le cas particulier des expériences de Grignon, est d'ailleurs signi- 
ficative; elle indique que c'est la matière organique qui y est la plus 
utile, puisque tous les sels minéraux s'y montrent inactifs. Mais il 
nous semble néanmoins que ce serait dépasser l'interprétation exacte 
des faits que de conclure d une manière absolue. Dans d'autres pro- 
portions que celles employées, les effets ne seraient peut-être pas les 
mêmes. Des expériences de ce genre devraient être faites simultané- 
ment dans des terrains et sous des climats différents. Ce serait chose 
très utile à la science et à la pratique que les organiser d'une manière 
méthodique dans quatre ou cinq Stations agronomiques. 
III. — Le Crédit agricole mobilier. 

M. Tirartl, ministre de l'agriculture et du commerce, vient d'en- 
voyer aux préfets unî circulaire relative au Oédit agricole. Dans cette 
circulaire, il invite les préfets à provoquer, de la part des Conseils 
généraux, une enquête sur la situatiou des cultivateurs au point de vue 
des capitaux qui leur sont nécessaires [)Our l'exploitation du sol, et 
sur les moyens de procurer ces capitaux à ceux qui en manquent. 
Nous publions cette circulaire plus loin dans le numéro. 
I\'. — L' importation du bétail d'Autriche. 

On se souvient (pu;, par un décret rendu le l" avril, l'importation 
des aniiuaux des races bovine et ovine et de leurs débri.s frais, prove- 
nant d'Autriche, avait été prohibéi>en Fran';e. L'i Journal ojjicicl vient 
de publier un nouveau décret, en date du ',i\ juillet, (]ui Irve i\\u-^- 
ques-unes des interdictions mises par le premier à l'imporialiou du 
bétail austro -hongrois ou France : 

Le président de la Uépubliquo IVançriist', 

Sur le rapport du ministre de l'aLçriculture et du coramerci', ; — Vu le déi;r<^t 
du 5 septembre 1865; — Vu le décret du I»' avril MTvJ; — Vu l'article k de la 
loi du 5 juillet 18j6 ; — Vu l'avis du Comité consultatif des épi/.ooties; — Décrète : 

.\rt. l". — A p:irtirdu4 août 187 -i, le décrut du 1" avril ili;rnier e4 et demeure 
rapporté sous les restrictions ci-après mentionnées : 

.\rt. 2. — L'importation en France et le transit des animaux vivants de l'espèce 
bovine, ainsi que leurs peaux fraîches et débris frais, autres que les viandes abat- 



216 M«:HRONIQtJB AGWeOLE (9 AÛUT 1879). 

itnes, provenant Je l'empire d'Autracha-Hoûgne, cantianeot d'être interdits par 
les frontières de terre et.de mer 

Art. 3. — Le ministre de l'agriculture et du commerce et le ministre ides 
finances sont chargés, eliacim en ce qui le concerae, de 1 exécution du pr' sent décret. 
Tait à Paris, le 31 juillet 1879. Jiuies ■GREvy. 

J^aT Je président de la Répubiii^e : 

Le miniitre de i'vgriouUureel du commerce, P Tirard. 

Ces nouvelles mesures ont été dictées par l'ainélioration constatée, 
depuis plus d'un mois, dans l'état sanitaire du béiail d'Autnicije. La 
peste bovine est aujourd'hui oonfinée daûs .queliqiaes régions où elle 
«st endémique, «t où sont prises de rigoureuses mesures de police 
sanitaire. 

Y. — Le cartel (fM-rigaiion du Rhône. 

Les Chambres se sont séparées avant d'avoir :pu statuer s,ur le 
pr&jf^t de loi relatif à la déclaratioa d'utilité publique du canal dérivé 
du Rhôue pour l'irriga lion et la submersion des vignes rdan s les dé- 
partements de l'Isère, de Ja iDrôme, de Vaiicluse, du Gard et d* l'Hé- 
rault. Nous avoHs soias les yeux le rapport fait par M. Deyès,.a« nom 
de la (Commission de la Chamère des députés, ich;n"gée d'examiuer le 
projet de loi. Nous y voyons que la lutte si vive, qui dure depuis plu- 
sieurs années enitrc les intérêts agricoles «t ceux de la navigation du 
Rhône, n'est pas encjore apaisée, bien que les explications données 
maintes fois par M. Ari-tide Dumont aient dû faire disparaître des 
appréhensions des adversaires de son magnifique •projet. Voici le texte 
du projet de déclaration d'utilité i publique, adopté par la Commission 
de la Chambre des députés : 

Art 1". — Sont déclarés d'utrlitë publicfue les travanx à faire pour rétablisse- 
ment d'un canal dérivé du Rliône ou de ses affluents, en vue de l'irrigation de 
territoire situé dans les d'''partements de l'Isère, de li Drùme, de l'Ardèche, ^de 
Vaucluse, du (iard et de, l'Hérault, conformément A l'avant-projet dressé pir 
M. l'ingénieur f-n chef des ponts et chaussées Dumont, le 2'i fevri r 18 4. Le 
volume d'eau à dériver sera de .^5 mè res cubes, au maximum, par seconde, pou- 
rvant être répartis en plusieurs pri.nes. Le prélèviement permanent pour les usages 
d'eaux continus ne pourra jamais dépasser 5 mètres cubes par seconde. 

Art. i'. — La présente déclaration d'utilité publique sera non avenue si, dans 
le délai de deux ans, à partir do la promulgation de la présente loi, les dé- 
partements, les villes et coramunes, ^et les propriétaires intéressés n'ont pas sous- 
crit des engagements dont le montant atteigne, en redevanes annuelles, tant 
pour arrosage que pour sabmersion ou usages d'eaux continus, la so nme de 
trois millions au moins. 

Art. 3. — Il ne sera, danstoas les cas, procédé à l'exécution du canal projeté, 
qu'après que les conditions des prises d'waux auront été réglées de manière à ne 
préjiidicii;r en nen aux inliérèts de la navigation. Il sera statué, par des décrets 
rendus dans la forme des règlements d'administration publicpie, tanr sur les con- 
ditions d'établissement de ces prises d'eau que sur le tracé des prises nouveltes 
destinées à les relier a'i can Iprincipal 

Art. 4. — Une loi nltérieuro déuerminera.la part contributive éventuelle de 
l'Etat dans la dépense du canal projeté et les conditions de la coacession à faire 
de ce canal. 

0:1 voit que ce nouveau texte laisse à dessein de ciké la question du 
nombre des prises etiesipoints sur lesquelles ces prises doivent être 
établies, soit dans le Khône, soit dans ses affluents. 
VI. — La nwmon n i'iii<pel des rcservifites. 

On se préoccupait beaucoup, dans plusieurs parties de pays, des 
dispositions qui seraient adoptées pour éviter que l'appel des réser- 
vistes ne coïncidât avec la moisson retardée par les intempéries. 



CilRONIQUE AGillGOLE (9 AOUT 1879). 217 

L& Journal officiel annonce qae, en raison de la silualion exception- 
né Ll)e des réie&lfces daio*. unei eertaiiici pacti& de la Francj, io lainistre 
de la j^uerre a décidé que l'ap[>el du réservistes serait rotardé de div 
jours dans les 1", 1% 3", 5', 6% T\^\ y^ IH', 12', l-Tefc 14" corps 
d armée. En outre, le ministre de ta guerre a informé le Séaat qu'il 
avait donné l'ordre de reavoycr par anticipation daa* leur.i' l'oyuîrs, 
du 18 au 20 août, les liommis de la classe de 1874, libérables 
seulement le 30 juin prochain, appartenant à des con'ps d'armée qui 
n'exi^culeroût pas de grandes manœuvres à 1 automne. Oa voit que 
toutes les mesures oat été prises pour satisfaire autant que pjsible 
aux besoins, de l'agriculture, sans préjudicierà l'iiislrucition de l'armée. 

VIL — Le phylloxéra^ 

Le traitement des taeliesphylloxeri((ues réeemmiot déeouverèea dans 
plusieurs départements, et dont la section permanente de la Commis- 
sion supérieure du phylloxéra a ordonné le traitement administratif, 
se poursuit avec ardeur. D'un autre côté, la bji compléinenLiH'c de 
celle du 15 juillet IHTtî vient d'être promulguée par le J')urnal of/iciel; 
nous n'en reproduirons pas le texte (jue nos lecteurs ont lu dans notre 
précédente chronique. 

Nous avons reçu une intéressante brociiiire due à M. Joussan, pro- 
priétaire dans l'Hérault, et qui renferme une conférence qu'il a faite 
au (^oniioo agricole de Béziers sur la nécessité d employer les insecti- 
cides dèîi le début de l'iavasion pbylloxeriquc. Cette conférence ren- 
ferme des conseils fort judicieux : « Il est incontestable, dit M. Jous 
san, que lorsque le phylloxéra fait son apparition dans un vignoble^ 
quelques, légers que soient les syiuptô lies pir lesquels il manifeste sa 
présence, quelque pessimiste que l'on soit, (juelque exagération que 
l'on croie mettre à l'appréciation du mal, on est toujours beaucoup 
aii-deisous de la réalité. » Oa ne saurait trop le répéter aux vignerons; 
o'esi la vigdance de lous les jours, le traitement immédiat des taches 
constatées, qui peuvent donner espoir de salut. Huj"s de là, c'est la 
perte à peu près certaine des vignes dans le rayon aujourd'hui menacé, 
et grâce aux nombreux documenis publiés sur la question, il n'est pas 
possible d'ignorer désormais l'étendue de ce rayon. 

Au sujet de la note de M. de Jowis, insérée dans notre dernier 
numéro (p. 20'ij, M. Rohart nous ailresse la lettre suivante : 

«0 Mon cher directeur, le winpte r-ndinle M. de Jocas, publié dans le nu- 
mé o du 2 août, n'a pas assez j)recisi;, parait-il, sur le prix de revient que l'on 
m'engage à ranjeler. Plusieura chiiïres ont été indiqués, dans des documents 
|iul)lics, par différentes' Gjmmissions ou par dos particuliers. Voici ceux quo j'ai 
pu retrouver : 

« Le rapport otUciel adressé au ministre de l'agriculture jMir le vice-ijrésident 
de la Gomiaissioa'du pUylio-vera en Gironde, ayis.saiU aussi comme présideni du 
Cumiot» di) Croon, inentionuB ^<: de (i ceolimes 1/2 à 7 cenlimus par pied de vi"ne, 
« tous Irais compiia », et noa pas 5 1/2 i 6 centimes comme une erreur l'a l'ait 
dire. 

'« Dans le Var, ces chiffre-s ont été coafirmés par MM. Guberl cpii ont égalc- 
meut justitié d'i.yj prixdere.viculde^ cealiraes, miLs en n'emploj'aniquedeuxcubes 
au lieu de Iroia. 

« Eu Vaucluse, M. de .locas s'est exprimé ainsi au Congrès do Carpenlras : 
. Quint à la dépense, on peut la cliill'rer sûrement; elle varie de 5 à 7 u'enli.ues 1 2 
'< par cep, sel in la coiupicité et la dureté îles terres, et nous omutons diiis ce pri.\ 
■•./oiM" lus Irais qiie's qu'ils soient ') M Diti'our, pré.sideut de Gomice agricole de 
Méziefs^ est également arrivé au même résultai. 

Cm données s'applii[uent à des contrées dans lesquelles on ne compte guère, 



218 CHRONIQUE AGRICOLE (9 AOUT 1879). 

n moyenne générale, que sur 5,000 ceps à l'hectare; là où la vigne est beau- 
oup moins espacée, il est sage d'opérer sur toute la surface du sol et d'appliquer 
es p'ix ci-dessus par mètre superficiel et non par cep. 
« Afin de ccmpléter les déclarations de M. de Jocas, j'ajoute qu'elles viennent 
d'être confirn ées dans le Var, à Saint-Trof ez, par M. Rendu, ancien élève de 
Grignon, ainsi qu'en Gironde, par la Société d'agriculture de Bordeaux, et dans 
l'Aidèche par M. le marquis de Joryac. 
« Agréez, etc. « F. Rohart. » 

L'assurance mutuelle contre le phylloxéra entre les propriétaires de 
vignes, a déjà été instituée dans plusieurs cantons de la Suisse, notam- 
ment dans ceux de NeuCchàtel, du Valais et de Vaud. Plusieurs viti- 
culteurs cherchent à faire introduire celte mesure dans le canton de 
Genève; jusqu'ici ils n'y ont pas réussi. Dans une excellente brochure 
destinée à montrer l'importance d'une assurance mutuelle, M. le D'^V. 
Fatio revient sur la question. Comme il le dit fort bien, après avoir 
donné l'exemple de la lutte à outrance, le canton de Genève ne peut se 
laisser distancer par d'autres dans la voie de la prévoyance. 
VIII. — Vt'iiie d'animaux reproducteurs. 

Une vente publique organisée par l'Association des Agriculteurs de 
la Mayenne, sous la direction de M. Le Breton, aura lieu à Craon le 
lundi matin 8 septembre, second jour des courses départementales, 
sur l'hippodrome même situé à deux cents mètres à peine de la gare. 
— Craon est reliépar un chemin de fer avec Paris, Angers, Laval, etc., 
et occupe le centre de la contrée où l'élevage de la race de Durham a 
fait le plus de progrès. A quelques kilomètres se trouvent les étables 
de MM. le comte du Buat, Daudier, marquis de la TuUaye, de La Va- 
lette, Anquetil, Gernigou, etc., etc., qui ont obtenu d'éclatants succès 
depuis plus de vingt ans dans tous les concours, notamment au con- 
cours international de 1878 et cette année aux concours régionaux de 
Laval et d'Evreux. « A côté de ces propriétaires, et à leur exemple, nous 
écrit M. Le Breton, une foule d'agricullev.rs ont tenté depuis vingt ans 
l'élevauie de la race pure de Durham et ils y persévèrent à cause de 
cette précocité, de cette aptitude à l'engraissement et de cette régularité 
de conformation qui en font le type le plus parfait des races de bou- 
cherie. Tout nous fait donc espérer qile la vente du 8 septembre sera 
riche en reproducteurs de Durham d'un grand mérite. » La vente com- 
prendra aussi des moutons Dishley, South-Down et des porcs de la 
race craonnaise dont la réputation est établie partout. J.-A. Barral. 

CIRCULAIRE 

RELATIVE A UNE ENQUÊTE SUR LE CRÉDIT AGRICOLE MOBILIER. 

Paris, le 30 juillet 1879. 

Monsieur le préfet, depuis quelques années, notre agriculture subit des pertes 
considérables. Dans presque toutes les régions, sa production a été atte nie. Au 
Midi, ce sont les ii aladies du ver à soie et la ruine de la culture de la garance; 
dans le Midi et le Centre, le phylloxéra; ici, des séchereses prolongées, et là 
un excès d'humidilé, qui ont cumpromis les intérêts agricoles de plusieurs 
départements. Les déficits de nos récoltes ont oldi^é le pays de recourir aux 
produits étrangers; or, si grâce aux voies de communication qui se sont multi- 
pliées partout, la France a pu se procurer les ressources qui lui étaient nécessaires 
sans imposer de lourds sacrifices aux populations, les pertes des cultivateurs n'en 
ont pas été moins sensibles. 

Quoi qu'il en soit, notre agriculture se trouve actuellement en présence de la 
concurrence étrangère et des besoins toujours croissants de la consommation; 
d'une autre part, elle est aux prises avec la hausse des salaires et la rareté de la 
main-d'œuvre. 



' CIRCULAIRE SUR LK CRÉDIT AGRICOLE MOBILIER. 219 

Ces circonstances, s'ajoutant aux fléaux que je signalais plus haut, ont déter- 
miné une crise dont l'importance n'a jamais échappé au gouvernement. Beaucoup 
de bons esprits, beaucoup d'hommes compétents pensent, toutefois, que notre 
agriculture sortira de cet état de ciiose à son avantage en améliorant son outillage, 
en perfectionnant ses méthodes culturales, en créant plus de prairies, en multi- 
pliant son bétail, en faisant un meilleur choix de races d'animaux et de semences, 
en accroissant la masse des engrais, enfin en appliquant à ses opérations les prin- 
cipes et les allures de l'industrie. 

Le gouvernement de la République s'est vivement préoccupé de cette situation, 
et il ne cesse de rechercher et de mettre en œuvre les moyens propres à y porter 
remède. Déjà le Parlement, dans cette intention, a rétabli l'Ecole supérieure a'ap'ri- 
culture, fondée en IS^iS par l'Assemblée nationale, l'Institut national agronomique, 
établissement destiné à répandre les lumières de la science dans nos campagnes, à 
ouvrir et à éclairer les voies nouvelles. 

Il a créé, il y a quelques jours, les chaires agricoles départementales ; il a déve- 
loppé l'institution des stations agronomiques de recherches ; il a fourni de nou- 
velles ressources à nos principaux établissements d'élevage pour améliorer nos 
types de reproducteurs; : Ivient enf"re f^e n^ettre entre les mains de l'administra- 
tion des armes nouvelles st plus efficace!* pour combattre le phylloxéra. 

Enfin, j'ai été as-ez heureux pour associer aux efforts tentés en vue d'arrêter les 
ravages du Iléau de nos vignes, un savant illustre connu par les éminents services 
qu'il a déjà rendus à la sériciculture, services qui sont les gages de ce que nous 
pouvons espérer de ses travaux dans le laboratoire de recherches viticoles qu'il 
vient d'être mis à même de créer dans le Jura. 

Mon département n'est pas le seul, du reste, où cette grave question de la crise 
agricole soit l'objet de la sollicitude gouvernementale. Mon honorable collègue des 
travaux publics a fait étudier, depuis plusieurs mois, les moyens de procurer le 
bénéfice de l'eau aux pays qui en manquent, et de doter particulièrement le Midi 
de nombreux canaux d'arrosage. Ses grands projets de chemins de fer, dont l'ap-, 

Ï)licatiun est poursuivie avec activité, seront encore de puissants moyens mis à 
a disposition des cultivateurs et destinés surtout à aider leurs opérations et leurs 
transports. Sur ce point, M. le ministre des travaux publics sera grandement se- 
conde par M. le ministre de l'intérieur, qui complétera le réseau des voies de com- 
municiition à l'aide de la dotation de 300 millions que les Chambres ont donnée à 
la caisse des chemins vicinaux. 

Mais, monsieur le préfet , lors même que toutes ces améliorations dans notre 
état économique seraient réalisées, il resterait encore une lacune à combler. En 
eft'et, 1 instruction répandue ne constituerait ([u'un progrès insuffisant, si l'on ne 
fournissait pas à ses adeptes les moyens d'en appli(|uer les doctrines, d'en réaliser 
les fruits. Le développement des voie-» ferrées, des canaux et des chemins vici- 
naux sera certainement un stimulant très actif donné à la production, à l'utilisa- 
tion des ressources encore latentes, ou incomplètement exploitées du sol national- 
mais, ces améliorations ne produiraient pas tous leurs effets si les cultivateurs 
n'avaient pas à leur disposition les moyens de développer leur industrie, c'est-à-dire 
des capitaux suilisants. 

Déjà, à la suite de ses études, la Commission supérieure des eaux a demandé 
que les avantages offerts par la loi du 17 juillet 1856, ijui a affecté cont raillions 
pour prêts pour le drainage, fussent étendus, avec simplification des formalités 
aux travaux nécessaires en vue de mettre les terrains arrosablcs, en état d'être irri- 
gués, là où cette pritique peut être appliqui'e. Mon honorable collègue des travaux 
publics se propose de présenter au Parlement un projet de loi destiné à donner sa- 
tisfaction à ce vœu 

Toutefois, les dispositions de cette nature s'appliquent uniquement au crédit 
foncier, au crédit reposant sur l'hypotlièiiue, et laissent intacte la quesiion du cré- 
dit midiilier applicpiée aux cultivateurs. Il resterait donc toujours à ])ourvoir à ce 
modo de crédit spécial, qui concerne les besoins de la culture, i'acnat du bétail 
des e grais, des semences, du matériel, etc. 

Frappé de ces considérations et toujours désireux do donner à notre industrie 
agricole une satisfaction aussi complète ipie possible, le Gouvernement a institué 
une Commission à laquelle il a confié le soin d'étudier cette question du Crédit 
agrii.oli: nioitUier, ainsi que les moyens de faciliter aux exploitants de notre sol 
l'accès des capitaux. 

Cette Commission, qui fonctionne auprès de mon ministère a décidé qu'avant 
de poursuivre ses études, il était indispensable qu'elle fût bien fixée sur la réalité 



220 CIRCULAIRE SUR: LE CREDIT AGRICOLE MOBILIER. 

cL l'étendue des besoins dont il s'agit, ainsi que sur les moyens que les agricul- 
teurs ou leurs re-piéseiitants les plus autorisés pourraient lecominander à l'^itten- 
tion du (Jrouv-eriieiuent'. C'est en consé.jueiice de cet avis que je viuns vous prier, 
Monsieur le Préfet, de saisir le (louseil général de votre département de l'examen 
de celte importante affaire, en l'angageant à répondre aux questions que je vais 
avoir riioniieur de vous indiquer. 

Avant tout, je vous recommande, Monsieur le PréTet, de bien faire remarquer 
au Conseil géi.éral qu'il ne s'agit pas actuellement du crédit foncier, c'est-à-dire 
du crédit basé sur 1 hypolhéi|ue et destiné, soit à effectuer des améiloraiiims fon- 
cières, soit à solder des acquisitions de terre. Le crédit foncier existe de par le 
décret du 28 février lti52i-l; les actes législatifs qui l'ont coiuplété. Il n'y a lieu, 
aujourd'hui, qu'à une étude du crédit mabiiier dans son application spéciale aux 
exploitants du sol. 

Ce premier point bien arrêté, vous ajouterez que ce crédit mobilier jirésente deux 
faces bien distinctes à examiner pour obtenir une solution complète delà question. 
En effet, le crédit agiicule mobilier est lécl ou pcrsountl. 

Il est re«/ lorsqu'il repose sur une garantie mobi'ière, récoltes, matériel, etc., en 
un mot, lorsqu'il revêt la forme du prêt sur gage ou nai tissement. 

II e.'-t, au contraire, per.so-uml^ lors(|u'il n'a ]iour garantie que la signature de 
l'emprunteur seul, ou de 1 emprunteur et de cautions, comme dans la lettre de 
change ou le billet à œdre. 

Ce n'est donc que sur ces deux natures de crédit agricole raobilipr, réel et per- 
soiiuel, que devront porter les études et les réponses du Gjnseil général. 

Voici actuel ement les questions dont vous vou^lrez bien saisir cette assemblée 
dès le premier jour de sa prochaine session, afin qu'elle puisse les méditer et y 
répondre avec la maturité qu'e.xige. un sujet aussi import;uit et d'aussi grande 
conséquence : 

l» Les capitaux nécessaires pour une bonne et fructueuse exploitation du sol, 
c'est-à-dire les sommes permettant d acquérir ou représentant e bétail, l'outillage, 
les semences, les eogi'ais, les provisions et le fonds de roulement, se trouvent-ils 
généralement, dans le • éparlement, entre les maiusï 

A. des a^ii-iculteurs cultivant de gi'andes fermes? 

B. des agriculeurs exploitant des fermes de moye'nne étendue'? 

G. des agriculteurs cultivaut de petites fermes ou de |ielites surfaces de terres'? 

Qu'ils soient d'ailleurs, les uns et les autres, propriétaires ou fermiers de 
l'exploitation'? 

2" Qufl est, en général, et en moyenne, le montant actuel, par hectare, du 
camtal d'exploitalioa, chez chacune de ces trois catégories d'agriculteurs?' 

3" guelle est, k peu près, la proportion des cultivateurs qui u'out pas le capital 
suifisant, dans cliacu e de ces trois catégories? 

Les proiniétaires exploitants sont- ils, dans ce cas, en plus grand nombre que 
les fermiers, ou vice ucrurl Et pourquoi? 

Il" Les cultivateurs seplaigneut-ils de manquer decré lit pour leurs opérations? 

Daus ce wis, i|uels sont ceux, dans les trois catégories ci-dessus, qui auraient le 
plus à en soufliir? 

5° Lors(|iie les cultivateurs ne possèdent pas les capitaux nécessaires, ou ([ue 
des besoins imprévus se font sentir poui- leuu' exploitation, trouvent ils faeilemeiil 
à se piocuier les fonds qiiileur lont défaut? 

6» Dans ce dernier cas, quels sont les irêteurs? 

Existe-t-il des intermédiaires entre les pi èteurs et les emprunteurs, et (juels 
sont-ils? Exisie-t-il, dans le département, des établissements de crédit, l)anc|ues, 
comptoirs d'- la Lanque de France, comptoirs d'escompte ou d'autres établisse- 
ments financiers, magasins généraux, etc., ouverts aux cultivateurs et d'après 
quelles règles? 

7" Dans quelles conditions, pour quelle dnrée età que' taux, le crédit mobi- 
lier eet-il ouvert aux cultivateurs du département, en distinguant, dans les prê- 
teurs, les grands et les petits capitalistes, les fournisseurs, et les établissements 
financiers? 

8" Comment s-^rait-il possible d'améUo'cr les conditions actuelles du crédit 



I Celle CoiiiiJusnuii e,-t . ipiiiposée .1,- : MM. M^^iiiii, m'-ii .leur, ])ri'Si(leiil ; KeimniuiiiHii', sérKitocii . 
;;{iiiV(TiH'iir lie ti llnMi|ue do l'iaia' ; G ■niicr-, >éniilLMii' ; Laliiclie, >.i;iialeui ; Paul llelliiuoiil, ili- 
imlé ; Olirisliiplite, iléjiulé. ^oiivenicur ilu (jivilit lonciei' ; llniiiul, (ti'iMUi' ; .liiit;i)>':iu\. ilêputé ; 
.\iiloiiiii l'i'ousl, (lé|mté ; Viclcir lioiio, nicnilire.ile la .Société nationale d'ayriciilture ; Diuiayer, ili- 
leclear gi'iiéral de la Caisse des dépôts et consignations ; Tisserand, directeur de l'agriculltirc. 



CHRONIQOE AGRICOLE DE L'ANGLETERRK. 221 

mobilier appliqué aux cuitivateurs, et quelles mesures, lé^slatives, administra- 
tWes ou ce inomiques, le gouvernement pourrait-il adopter utilement pour faciliter 
aux cultivate-urs i' accès du crédit agricole mobilier : A. réel? - B parsonael? 

J'ai Tcspuir que cet aiipel sera enteuJu et que la session ne se terminera pas 
sans que le Conseil ait voté une rc'ponse au questionnaire ci-dessus. 

Dès que cette assemblée aura fait connaître son opinion, vous voudrez bien 
m'adrcKf-er une copie du rapport, ainsi que du procès-verbid de la discussion qui 
en aura été la suite, et des conclusions adoptées. La Cora^mission du crédit 
agricole ne pourra certainement pas manquer de trouver, dans ces documents, 
les précieux éléments d'examen qui lui sont actuellement nécessaires pour coiiiti- 
nuer et compléter «es études. 

'ReceTBZ, etc. Le Minisire tte l'Agricilture et duCommerce, 

P. TlWARB. 

CHRONIQUE xVGRICOLE DE L'ANGLETEME. 

Les animaux au conc&ups mlepnHiional <le la Sociéié royale d'agriculture 
d'Aiiglclerre à Londres. 

L'iiistoirc des choses agricoles qui se sont passées en Angleterre 
pendant la dernière semaine de juin et la première de juillet aurait 
pu former un des épisodes les plus remarquables que j'aie jamais 
eu à raconter, si ce n'avait été le manque total d'une chose: le soleil, 
et l'excès d'une autre : la pluie, et par-dessus tout cela Fabondance 
extrême de la résultante de cette intempérie : la boue. Vous ne vous ferez 
jamais une idée du cloaque gluant, noir et visqueux, qu'il nous fal- 
lait traverser tous les jours. Les etîorts accomplis par les commis- 
saires pour remédier à ce véritable désastre ont été vraiment liéro'i- 
ques; mais rien n'y faisait. 

Quant à moi, j'avoue n^avoir rien vu du Concours, à l'exception des 
durhams et des vaches de races laitières que j'ai pu étudier dans la 
matinée du premier jour {lendant que les jurys respectifs les exami- 
naient; — j'ai aussi pu examiner hi classe dfs soulhdowns en com- 
pagnie de quelques-uns des principaux exposants et d'un compa- 
triote désireux de s'instruire. — Je ne parlerai donc que tle ce que 
j'ai vu, laissant à notre vaillant et zélé directeur qui, lui, ne s'est 
point laissé rebuter par les fondrières et qui a poursuivi sa tâche 
avec opiniâtreté et dévouement, le soin de relater les mervedles étalées 
sous les travées inombrables, mais perdues au milieu d'un lac de fange. 
Dans les concours anglais le moment où le jury procède au juge- 
ment des animaux est le plus propice à rcxaiueu du public. Une 
vaste enceinte circulaire, entourée d'une clôture à hauteur d'appui, 
permet aux visiteurs de voir et d'apprécier les animaux concurrents 
tout à leur aise. — (Chacun peut les com[)arer hîs luis aux autr(!s et le 
verdict du public n'est pas toujours le moins juste, — car en dehors 
des trois membres du jury, il y a autour de l'enceinte oti ils opèriuU 
des groupes d'éleveurs exposants pour la [ihiparl qui comptent parmi 
les plus éminenls et dont le jugemenl, à part un sentiment d'amour- 
propre et de pré'ft'rence bien naturel pour les animaux qu'ils on( 
exposés, est généralement jiisle et iuipai liai. 

Or le ,'î juin, jour de l'ouverture de l'exposition, — les commissaires 
ayant décidé avec beaucoup de discernement, que les jurés étrangers 
ne fonctionneraient que ibins l'après-midi, afin que les membres de 
ces jurys pussent voir foni'tionner les jurys anglais, et récipro([ue- 
ment, j'ai pu profiter de cette circonstance |)our voir les Durhams', de 
toutes catégories au fur et à mesure que celles-ci étaient introduites 
dans l'enceiiile du jtu'v. 



Voici d'abord les taureaux àftés au-dessus de ;> ans. — Dans 



r 



mois 



222 CHRONIQUE AGRICOLE DE L'ANGLETERRE 

opinion, c'est^ avec la catégorie des vaches du même âge, c'est-à-dire 
ayant atteint leur plein développement, celle qui est la plus intéres- 
sante à étudier. Celte catégorie des taureaux âgés contenait 18 con- 
currents et c'était un magnifique spectacle de voir ces gigantesques 
animaux dans la plénitude de leur vigueur et de leur croissance. Voyez 
leur noble et fier maintien, leur cou large et profond à son attache aux 
épaules, s'arquant comme celui d'un cygne et s'amoindrissant vers 
la tête avec cette grâce et cette distinction qui n'appartiennent qu'à la 
noble race Durham, et aboutissant à une tête fine au front large, aux 
cornes courtes enchâssées dans une touffe de poil frisé que l'animal porte 
aussi fièrement qu'un diadème. Quelle masse de chair alliée àla noblesse 
et à la symétrie des lignes! Quelle harmonie dans ces iormes cubiques 
et massives 1 Quelle aisance, quelle élasticité dans les mouvements de 
ces superbes animaux et avec quelle placidité ils s'alignent pour être 
examinés! On dirait qu'ils sont conscients de 1 admiration qu'ils ex- 
citent parmi la foule des spectateurs empressés autour de l'enceinte. 

En embrassant l'ensemble de la bande d'un premier coup d'œil, on 
les confond tous dans une impression générale d'admiration. — 
Mais peu à peu le mérite de quelques-uns se détache plus distincte- 
ment, et, la sélection du jury aidant, on arrive bientôt à classer le 
groupe des lauréats. C'est ainsi que le taureau « Anebor »splendide 
animal au pelage rouan, âgé de 5 ans et 4 mois, exposé par lord Hath- 
donnell, et élevé par un des trois jurés, M. Chaloner, l'un des éle- 
veurs les plus éminents de l'Irlande, attire immédiatement tous 
les regards et on peut ajouter tous les suffrages. Autour de ce remar- 
quable animal viennent bientôt se grouper et former la bande d'élite, 
« Uear Admirai » de M. Thomas AVillis, "âgé de 4 ans et 3 semaines, 
taureau qui obtient le 2" prix; « Attractive Lord », de lord Ellesmere, 
taureau rouge et blanc âgé de 5 ans et 1 mois qui remporte le 3" prix; 
RoyalWindsor, deM. Jules Outh-waite, ce vétéran des concours, magni- 
fique taureau blanc, qui malgré son grand âge, 10 ans et demi, mani- 
feste encore les grandes qualités d'autrefois et soutient dans son 
extrême vieillesse la réputation glorieuse que ses triomphes passés 
lui ont acquise. On voit encore prendre place à côlé de ces lauréats un 
autre respectable et glorieux vétéran, sir Arthur Ingram, dont le nom 
a retenti si souvent dans les Concours, maintenant âgé de près de 8 ans; 
ce superbe taureau obtient sa dernière distinction, sans doute, une 
mention très honorable. 

Le lauréat l" prix, « Anchor » est un des plus beaux taureaux Dur- 
hamsque j'aie jamais vus. SonéleveurM. (]haloner, l'apercevant parmi 
les concurrents, et mû par un sentiment de délicatesse qu'on ne sau- 
rait trop a])prouver, s'est désisté pendant que ses deux collègues le 
jugeaient; mais c'est à bon droit que le l" prix lui a été décerné. 

En somme, cette classe des taureaux âgés était fort bien représentée, 
et je le répèle, c'est la plus intéressante à observer, car elle était com- 
posée d'aminaux arrivés à leur pleine maturité, et par conséquent 
exhibant le maximum de développement et de perfection auxquels la 
race Durham peut arriver. — Ah ! que j'aurais voulu tenir un mo- 
ment les détracteurs de la race Durham ; devant un pareil spectacle, 
comme je les aurais confondus! • 

La catétïorie suivante comprenait les taureaux âgés de '2 à 3 ans. 
Dix concurrents se disputent le prix. Là encore se trouvaient des ani- 



CHRONIQUE AGRICOLE DE L ANGLETERRE. 223 

maux d'élite et de mérite transceiidanls parmi lesquels je citerai 
Vice Amiral de M. Thomas Willis, l'ière de l'autre Aniiral, deuxième 
prix dans la classe précédente, lequel remporte ici le premier prix. 
C'est un taureau rouan, âgé de j)rès de trois ans, d'une perfection 
remarquable. Le deuxième prix est décerné à « Cowslip boy » présenté 
par le sympathique colonel Kingscote. Le troisième prix est adjugé 
à « Osman » de M. Tassel et le quatrième à Patricio de M. Brown. 

La troisième catégorie comprend les jeunes taureaux d'un an à deux 
ans, et couipte vingt sept concurrents. Ici le jugement linal a dû être 
iVirldillicile à déterminer, car le jury a eu fort à faire et a longuement 
délibéié; — c'est » Master Harbinger » présenté parM. W. Handley, 
qui remporte dignement le premier prix. — C'est un jeune taureau 
âgé de 1.9 mois, fils d'Alfred the great (.'Ki,12l} et d'un rare méiite. 
Le deuxième prix est décerné à « Princc-Kegent » présenté par le Révé- 
rend Robert 13. Kennard, lun des plus heureux exposants de Durham 
dans les concours de l'Angleterre. M. Kennard est un éleveur récem- 
ment entré dans la carrière; mais, avec une perspicacité qui lui fait 
honneur, il a pu en peu de temps, comparativement, réunir un des 
meilleurs troupeaux de l'Angleterre. — Les autres prix dans cette 
catégorie sont partagés entre M. Linlon qui remporte le troisième prix 
et lord Arthur Cecil qui obtient le quatrième avec un taureau issu de 
la famille des ^^'iid Eyes du sang de Baies. C'est un fils du Duc 
d'Oxford trente et unième i'3'î,713), petit-fils du duc de Genève 
(';{0,',)t)',)) et arrière petit-fils du Grand-Duc. neuvième ; 19,870) c'est- 
à-dire de trois ancêtres de sang Bâtes, dont un « Oxford « et deux 
« Duchesse ». 

Parmi les exposants de cette catégorie, on remarque les plus grands 
noms de la haute société atiglaise. C'est d'abord le prince de Galles 
qui expose deux taureaux, le duc de Northundjerland, lord PoKvarth, 
lord Arthur Cecil, puis MM. Favvkes, \Mllis, Kennard, Hosken; les 
frères Stralton, Trelhewy, Handley, Garne, Koljambe, etc. 

La catégorie suivante comprend les veaux mâles de six mois à un 
an, et compte '20 concurrents. Celte catégorie est l'une des plus remar- 
quables de tout le concours. De même ([ue la 1™, celle des taureaux 
âgés, peut être nommée la catégorie du maximum, celle-ci peut être 
nommée la catégoriede l'espérance. Je n'avais jamais vu une collection 
aussi considérable d'animaux d'élite el annonçant un avenir plus 
brillant. «Mercury » de 3L Joseph Strallon, « Devonshire Dumpling » 
de M Cruse, « Wild Freshman » de M. Wilson et « Country bov » 
de M". Mumford, se partagent les prix dans l'ordre où ils sont nom- 
més, et le public de la galerie a justifié le jugement du jury. 

Cette exposition de taureaux Durham comprenant 75 sujets de tout 
âge, forme un ensemble de perfection rarement égalée et jamais sur- 
passée dans aucun concours. J'examinerai, plus loin, l'origine des 
lauréats dans le but de déterminer l'influence exercée par le sang des 
différentes famille de la race, et particulièrement de celles qui appar- 
tiennent à l'élevagi! de Bâtes et à celui de Booih. 

Voici maintenant les catégories des femelles, [larmi lesquelles nous 
en verrons d'excessivement remarquables et intéressantes. 

La r" catégorie comprend les vaches âgées de jtlus de 3 ans. Il v 
23 concurrents pour les trois prix oiVcrls, et parmi ces concurrents on 
remarque Sa Majesti' la Hrinc, ladv Linily I'Il'hI, ]<■ marquis d'Hxelfr 



224 CHRONIUUE AGRICOLE DK L ANGLETERRE. 

qui commanoeici celte magnirique série d'animaux issus de l'étable de 
Burghley et que j'aurai plusieurs occasions de signaler à mes lecteurs au 
cours de mon travail. Voi"i encore le comte d'EUesmere qui consacre son 
ample fortune à élever, dans toutes les espèces agricoles, les races les plus 
perfectionnées et les plus utiles. On remarque encore le comte de Tan- 
kerville, propriétaire du fameux, troupeau de race bovine sauvage dont 
j'ai parlé naguère, et nombre d'autres éleveurs des plus éminents, 
tels que MlM. Ackers, Hosken, Kingscote, Handley, Hutchinson, etc. 
Celte catégorie des vaches âgées est abstraitement parlant tout aussi inté- 
ressante et instructive que celle des taureaux âgés, en ce sens que nous 
voyons là le degré de perfection et de développement maximum auquel 
les vaclies Durbam peuvent atteindre. Seulement ici, je me permettrai 
une critique, c'esl que la plupart de ces vaches si remarquables d'am- 
pleur symétrique, de noblesse, de majestueuse prestance et d'immense 
développement, manifestaientd'une manière trop prééminente l'aptitude 
à l'engraissement qui constitue une des qualités les plus précieuses 
de la race Durham. Ces animaux étaient presque tous dans un état 
d'obésité incompatible avec la fécondité et la sécrétion laitière, qualités 
qui, dans un concours d'animaux reproducteurs, devraient avoir le 
pas sur l'engraissement, lequel a mieux sa place dans un concours 
d'animaux de boucherie. A part celte critique qui me semble trop jus- 
tifiée, je me plais à rendre pleine et entière justice et mon tribut d'ad- 
miration à ces magnifiques animaux. La vache Grateful de M. Hutchin- 
son qui remporte le 1" prix est un véritable modèle de perfection. J'en 
dirai autant de la vache Telemacina du marquis d'Exeter qui remporte 
le 2™ prix, bien que dans l'esprit de bien des gens elle aurait dû être 
placée au 1"rang. Le 3""' prix est décerné à une vache splendide, 
Annette, présentée par M. Bult, et un U""' prix est décerné à la célèbre 
vache de M Ackers, lady Carevv. La belle vache Carolina.ô'"", pré- 
sentée par Sa Majesté la Riîine et que j'avais tant admirée à Windsorau 
mois d'avril dernier, obtient à bon droit uae mention très honorable. 

La catégorie des génisses pleines ou en lait, âgées de 2 à 3 ans, 
comprend 17 joyaux des plus précieux. Là encore, le jugement a été 
très difficile. Parmi les exposants, on remarque encore Sa Majesté la 
Reine, le duc de Northumberland, M. Brassey, M. Aekers, le duc de 
Richmond, M. Garne, M. Foljamhe, etc., etc. Le 1" prix est juste- 
ment décerné à M. Foljamhe, pour sa génisse « Azurena, « un véritable 
bijou. Cette génisse est pleine et est âgée de près de 3 ans. Le pelage 
est rouan et le développement et l'ampleur des formes sont tout sim- 
plement [jrodigieux. — Le 2' prix est décerné au duc de Richmond, 
pour sa génisse < Chief Lustre, » âgée de 2 ans et 7 mois, et déjà mère 
d'un veau — M. Pugb remporte le 3" avec Farewell r% et M. Brassey, 
comparativement un nouveau venu, lui aussi, obtient le 4° prix, avec 
une très belle génisse « Prisnia 5'. » 

En somme, celte catégorie est superbe et digne de celles que je 
viens de passer en revue. 

C'est dans la catégorie suivante, celle des jeunes génisses, âgées de 
1 à 2 ans, que se trouve la femelle à laquelle a été décerné le prix 
d'honneur (100 guinées), comme la plus belle femelle de la race Du- 
rham, — Cette catégorie comprenait 25 exposants parmi lesquels on 
trouve encore Sa Majesté la Reine, Son Altesse Royale le prince de 
Galles, qui fait concurrence à sa royale mère, le comte de Dunmore, 



CHRONIQUE AGRICOLE DE L'ANGLETERRE. 225 

Jord Tredegai", lord Fitzhardinge , le comte Ellesmere, le duc de 
Northumbei'land, le comte de Favershaiii, et presque tous les grands 
éleveurs, tels que 3IM. Saint John Aekers, Garne, Hosken, Attenbrougli, 
Hutchinson, etc., etc. Aussi, il n'est pas étonnant que cette exposi- 
tion de génisses ait excité l'admiration générale. — Jamais je n'avais 
encore vu une semblable collection d'animaux d'un mérite excep- 
tionnel et dont pas un ne manifestait le moindre caractère de mé- 
diocrité. 

C'est la génisse » Gainful, « présentée par M. Hutcliinson, qui rem- 
porte le I" prix de cette remarquable catégorie, et, comme je le dis 
plus haut, le prix d'honneur de 100 guinées, comme la femelle Du- 
rham la plus parfaite du Concours. La perfection des formes, 1 har- 
monie de l'ensemble, la symétrie et la régularité du bâti, le cube 
parfait du parallélogramme du corps, la finesse de l'ossature, la 
qualité exquise du revêtement musculaire, la souplesse de la peau et 
la ravissante couleur rouane du pelage de cette génisse ne laissent 
absolument rien à désirer. C'est un modèle de perfection qu'on ne 
se lassait pas d'admirer. 

Le 2^ prix a été adjugé à lord Fitzhardinge pour sa magnifique gé- 
nisse Kirklivington Empress, 3% et, si ce n'avait été la concurrence de 
la génisse « Gainful, » si bien nommée, celle-ci eût remporté le 
P' prix, ainsi que j'avais eu l'occasion de le prédire à loi'd Fitzhardinge 
lui-même, en examinant avec lui, avant le jugement, les animaux 
qu'il avait exposés. 

Ce sont mes vieux amis de quarante ans, 3L^L Hosken, qui rem- 
portent le 3° prix avec leur génisse Rose of Oxford 3% et le 4* prix est 
décerné a la génisse Tulip, 4% présentée par M. Pugh. 

A part même la grande distinction du prix d'honneur remporté par 
une des génisses de cette catégorie, l'ensemble était d'une rare perfec- 
tion, et, lorsque ces 2G jeunes bètes se sont alignées dans l'en- 
ceinte du jury, toute la nombreuse galerie (jui garnissait la clôture 
en foule serrée et compacte, n'a pu s'empêcher de jeter un cri d'admi- 
ration. 

11 en a été de même pour la catégorie suivante, celle des veaux 
femelles, âgées de G mois à 1 an. — Là encore nous voyons, 
parmi les 20 exposants, la reine et le prince de Galles ; c'est 
lord Fitzhardinge qui reuq)()rte le I" prix, avec lady Wild Eycs 
15', âgée de 10 mois seulement, une véritable merveille de dévelop- 
pem«!nt précoce, de symétrie, de distinction et de qualité. Le 2° prix 
est décerné à « Madeline Beucdicla, » génisse de sang Towneley, (}ui 
rappelle les merveilleux produits de cette étable si célèbre, et mainte- 
nant dispersée à jamais. — Le 3° prix est adjugé à sir John GreviUe 
Smytli, [)our une bien belle génisse « Countess of Woolmcîr 2". » 

La dernière catégorie était celle des vaches suitées d'au moins deux de 
leurs j)roduits. Chaque sujet formait donc un groupe des plus intéres- 
sants, et ressemblait un peu aux bandes de nos concours, mais avec 
ce caractère beaucoup plus inqiurtant, c'est que chaque groupe au 
concours de Kilburn, représentait une famille avec sa filiation dans 
laquelle on pouvait suivre la transmission des qualités héréditaires, 
tandis (jue chez nous les bandes sont recrutées de ci et de là sans 
aucune autre affinité que celle des races, des formes et quehiucfois 
de la couleur. Cette catégorie spéciale est un nouveau trait des con- 



2-26 GHROiNIQUK AGHlGÛLb) DE L' ANGLETERRE. 

cours de la Société royale d'agriculture de l'Angleterre, et on doit i'éli- . 
citer ceux qui en ont eu la première idée, car là on ne remarque 
pas seulement le mérite individuel de la mère, mais on récompense 
celle-ci dans ses produits dont le mérite entre en ligne de compte dans 
l'appréciation du rang auquel elle a droit. 

Sept de ces groupes de femelles se disputent les prix de 50, de 
25 et de 10 livres sterlings, offerts par la Société. Parmi ces sept 
groupes, il n'y avait point à hésiter pour décerner le r'prix. Le 
marquis d'Exeter avait présenté une vache dont on a rarement vu la 
pareille. — « Sea Gull, » en effet, escortée de ses deux lils Telema- 
chus 6° et Telemachus 9% est entrée dans l'enceinte en véritable con- 
quérante; non seulement on lui a donné le T" prix, mais un de ses 
fils, Telemachus G% digne rejeton de ce taureau célèbre « Telema- 
chus, » vainqueur lui-même dans tous les concours où il a été pré- 
senté, a été jugé digne du prix d'honneur de 100 livres, comme le 
taureau le plus parfait de toute l'exposition. 

Il s'est élevé, au sujet de ce prix d'honneur, une controverse assez 
vive parmi les éleveurs et dans la presse agricole en Angleterre. — 
D'aucuns prétendent que le prix d'honneur aurait dû être décerné à 
« Anchor, » le 1" prix des taureaux âgés. — Lorsqu'il s'est agi de 
décider lequel des deux rivaux « Anchor » et Telemachus 6° devait 
remporter le prix d'honneur, M. Chaloner, l'un des trois jurés, s'est de 
nouveau abstenu, comme étant l'éleveur, sinon l'exposant du taureau 
« Anchor. » Alors les deux autres jurés, étant partagés dans leur opi- 
nion, firent appeler un arbitre choisi parmi les éleveurs présents, et 
cet arbitre fit immédiatement pencher la balance en faveur de Tele- 
machus 6°. Quanta moi, — malgré l'ampleur majestueuse du taureau 
du marquis d'Exeter, son grand air de distinction, sa poitrine si déve- 
loppée, ses reins si larges et le parallélogramme si parfait de ses 
lignes, — j'aurais donné la préférence à « Anchor, » qui est bien cer- 
tainement l'un des animaux les plus complets que j'aie jamais vus 
dans un concours. 

Dans un prochain article, je ferai ressortir l'influence du sang et 
de la couleur dans chacun des lauréats. Ce sera une étude compa- 
rative qui pourra offrir quelque utilité et jeter un peu de lumière sur 
la question si perplexe du mérite respectif des familles Bâtes et Booth. 

F.-R. DE LA TrÉHONNAIS. 

EXCURSION AGRICOLE 

DANS LA PICARDIE ET LES FLANDRES.— 11. 
De Paris à Moiitdidier. 

'22 mai. — Le départ a lieu le jeudi 22 mai, par le chemin de fer 
du Nord. C'est une des rares belles journées de ce printemps pluvieux, 
et il y a course à Chantilly. Aussi les voyageurs se pressent-ils en 
foule dans les salles de la gare. 

Nous allons d'une traite jusqu'à Montdidier, dans le département 
de la Somme. Autant que nous pouvons en juger en traversant le pays 
en train rapide, les cultures ne présentent pas un aspect très satisfai- 
sant dans le département de l'Oise. La végétation y est en relard de 
deux à trois semaines, et les fourrages, principalement les luzernes et 
les minettes, ont souffert des rigueurs de l'hiver. A la place de l'herbe 
verte et drue qu'on rencoulre habituellement dans les luzernières à 



EXCURSION AGRICOr.E DANS I.A Pir.ARDIK. 227 

cette époque de l'année, on voit en abondance les tiges maigres et les 
lêles desséchées du pissenlit. 

Montdidier est une jolie petite ville qui vit principalement du com- 
merce et de l'industrie que crée une culture ilorissante. C'est la patrie 
de Parmentier. Une statue médiocre a été érigée au vulgarisateur de 
la pomme de terre dans une sorte de carrelour étroit formé par la 
joaclion de plusieurs rues. Les bas-reliefs dont le piédestal est orné 
valent mieux que la statue qui le surmonte. 

23 mai. — La ferme d'Assainvillers. — La ferme d'Assainvillers que 
nous allons visiter n'est qu'à 4 kilomètres de Montdidier, sur la route 
nationale d'Abbeville à Compiègne. Mais les 5Î0 iiectares dont elle 
se compose s'étendent à gauche et à droite de la route sur 5 à G kilo- 
mètres de longueur. >IM. Triboulet père et fils viennent de bonne 
heure nous prendre à IMontdidier et nous amènent un renfort de voi- 
lures. Pendant plusieurs heures nous parcourons la plaine, passant 
d'un champ à l'aulre, d'une pièce de betteraves à une pièce de blé, 
d'un champ d'avoine à un champ de trèfle, sans descendre de voi- 
lure, sans rencontrer ni un fossé, ni une haie qui forme obstacle à 
notre passage. C'est un admirable pays de culture, à sol silico-argileux, 
mais reposant sur un sous-sol perméable. Les pièces de terre sont tou- 
tcl'ois de dimensions 1res inégales; il y a de grandes pièces de 20 
à 30 hectares; il y en a d'autres de minime éteiidue. 

Les travaux d'ensemencemeut de la betterave ont été contrariés par 
le mauvais temps et sont fort en retard. L'ensemencement même n'est 
pas terminé. Les betteraves les plus avancées sont levées, c'est-à-dire 
sorties de terre, mais elles n'ont encore reçu aucune façon. Une partie 
des ouvriers qui ont la spécialité de ces travaux de sarclage, sont déjà 
arrivés à la ferme; on les occupe, fiiute de mieux, à épierrer quelques 
champs. 

Le blé est semé en lignes dans les grandes pièces, à la volée dans 
les petites. Les ciiamps (jue nous traversons sont très réguliers et très 
propres, mais d'une végétation très tardive. Ils n'ont pas autrement 
souffert des froids prolongés de l'iiiver et des pluies persistantes du 
printemps. 

Les avoines, également semées en lignes, sont d'un beau vert et 
présagent une récolle magnifique. La régularité de tous ces ensemen- 
cements dénote à l'œil de l'observateur le moins exercé une grande 
perfection dans l'exécution des travaux de culture. 

Ce qui nous a le plus particulièrement fra]jpés, je dirais presque 
éblouis, dans cette course à travers champs, c'est la beauté des foui'- 
ragcs, |)riucipalenu'nt du trèfle. Une pièce de vingt lieclares que nous 
avons j)arcourue (mi di\i'rs sens, sans y rencontrer un seul point l'ailde, 
restera légendaire dans le souvenir de ceux qui l'ont vue. Impossible 
de trouver rien d'aussi uniformément plantureux. Pas un vide à lais- 
ser toniJMir une aii^uiile sans touclier la teire; pas une herlje l)onne 
ou nianxaise, faisant tache dans ce vert lapis. Quel ('onlraslc avec des 
champs de trcfhi appartenant à des voisins! IS'ons Ironverons phis 
tard des trèfles luMirianls; nous n'en verrons nulle part d'aussi régu- 
liers et d'aussi j)ropres. 

Le sol n'est |)as cependant de qualité uniforme dans le \aslt do- 
maine d'Assainvillers. On y trouve des terres de médiocre l'erlililé /pii 
sont entrées tard dans l'exploitation rpic dirige si habilement M. Tri- 



228 EXCURSION AGRICOLE DANS LA PICARDIE. 

boulet ; on y trouve aussi des terres caillouteuses. Les unes et les 
autres n'en sont pas moins très productives, grâce au régime des 
fumures qu'on leur applique. C'est principalement pour les terres de 
celte nature que M. Triboulet prépare un engrais formé de tourbe 
saturée par les vinasses provenant de sa distillerie. Cette préparation 
se fait à une certaine distance de la ferme, dans une grande fosse ayant 
quelque analogie avec les silos à pulpe. On y entasse la tourbe, sur 
laquelle on dirige les eaux de la distillerie, par le moyen de canaux 
ou plutôt de conduites à pente régulière. Sous l'influence de cette 
immersion prolongée dans une eau chargée de sels alcalins, la tourbe 
perd ses propriétés acides et devient un excellent engrais, surtout 
pour la culture de la betterave. 

— En débouchant dans une grande pièce située non loin des bâti- 
ments de la ferme, un merveilleux spectacle nous attendait. Vingt 
attelages, les uns de bœufs, les autres de chevaux, exécutaient les 
travaux si nombreux et si variés qu'exigent la préparation du sol 
et l'ensemencement de la graine pour la culture de la betterave. Les 
uns conduisaient le fumier dans la pièce et le distribuaient en tas 
d'éiïal volume placés à intervalles réguliers; les autres après épandage, 
du "fumier à bras d'homme, l'enterraient à 20 centimètres de profon- 
deur par un labour au double brabant; puis venaient successivement 
les attelages conduisant une herse, un scarificateur, un rouleau Cros- 
kill, une seconde herse, un second rouleau Croskill, un rouleau uni, 
le semoir Smyth et enfin un rouleau à disque destiné à tasser le sol 
autour de la graine. On pouvait ainsi embrasser d'un seul coup d'œil 
la série complète des opérations qui précèdent ou accompagnent l'en- 
semencement de la betterave; on pouvait voir fonctionner simultané- 
ment dans la même pièce tous les instruments nécessaires à la prépa- 
ration si minutieuse du sol, qui est une condition de succès pour cette 
riche culture. Rien n'est plus propre qu'un pareil tableau à donner 
une idée des puissants moyens d'action que mettent en œuvre les grands 
cultivateurs dans nos riches contrées de la Picardie et des Flandres. 
Une fois déjà nous avions été témoins d'un spectacle de ce genre : 
c'était dans l'une de nos excursions de 1872, à la ferme de Bonavis, 
chez M. Crépin-Deslinsel. Là aussi, une vingtaine d'attelages exécu- 
taient des travaux de labour dans la même pièce de terre : attelages de 
beaux chevaux boulonnais et de bœufs de Mons à la taille gigantesque. 
A la ferme d'Assainvillcrs, les chevaux sont aussi de beaux animaux 
de race boulonnaise; les bœufs sont de grands Nivernais à robe 
blanche. 

— Les bâtiments de l'exploitation ressemblent plus à un village qu'à 
une ferme. On y trouve des bergeries pour 2,000 à 3,000 moutons, 
des beuveries pour 80 bœufs, des écuries pour 40 chevaux, une distil- 
lerie qui traite annuellement 9 millions de kilogrammes de betteraves, 
des silos pour 6 millions de kilogrammes de pulpes, des greniers 
pouvant loger Jusqu'à 700 quintaux de blé, deux machines à battre 
mues par la vapeur, des ateliers de forge et de charronnage, des han- 
gars pour loger le matériel et pour préparer les engrais de commerce, 
des granges pour abriter les approvisionnements de pailles et de four- 
rages, etc. Que l'on ajoute à cet ensemble la maison d'habitation du 
fermier, les bâtiments nécessaires au service d'un nombreux person- 
nel, les inaisonueltes, groupées autour de la ferme, qui servent au 



EXCURSION AGRICOLE DANS LA PICARDIE. 229 

logement, soit des bergers, soit de quelques ouvriers, et l'on aura une 
idée du nombre et de l'étendue des constructions qui servent à l'ex- 
ploitation de la ferme d'Assainvillers. 

Ces bâtiments sont construits sans luxe, mais ils sont bien appro- 
priés à leur destination. Les locaux occupes par le bétail sont spacieux 
et aérés; les écuries des cbevaux sont voûtées en briques; tout le long 
des greniers circulent les arbres en fer destinés à transmettre la force 
de la vapeur aux appareils d'intérieur de ferme. 

Toutes ces constructions appartiennent à M. Triboulet qui en a édi- 
fié lui-même une notable partie; il a même remanié la plupart de celles 
qui existaient avant sa prise de possession; le cbaume qui servait de 
toiture a dû faire place à la tuile; quand la première macliine à vapeur 
a été installée dans la ferme d'Assainvillers. 

Outre les bâtiments, M. Triboulet possède une partie des terres qu'il 
exploite, il est fermier pour le reste. 

— La distillerie a une grande importance: elle est desservie par un 
générateur de 40 chevaux et peut traiter 50,00(1 kilog. de betteraves par 
jour. Un appareil à rectifier deSavalle complète cette installation que 
mon collègue, M. Millot, trouve très bien entendue. 

-- Sur les 530 hectares de terre dont la ferme se compose, M. Tri- 
boulet consacre annuellement 175 à 180 hectares à la culture de la 
betterave, 190 à 200 hectares au blé, 60 à 70 hectares à l'avoine, 60 
à 70 hectares au trèfle et aux autres cultures de fourrages. La bette- 
rave occupe ainsi le tiers de la superficie, le blé un peu plus, les 
autres cultures ensemble un peu moins. Pour faire celte place étendue 
à la betterave et au blé, on suit deux assolements à Assainvillers : le 
premier, dans les bonnes terres, où la betterave et le blé se suc- 
cèdent l'un à l'autre; le second, dans les terres de qualité inférieure, 
où l'on admet, concurremment avec la betterave et le blé, l'avoine, le 
trèfle et divers fourrages. 

C'est la betterave qui est ici lacultureprincipale, sinon par l'étendue 
qu'elle occupe, du moins par les soins qu'on lui donne et par l'argent 
qu'elle fait. On dunne au sol qui doit la recevoir une fumure de 
GO mètres cubes de futnicr par hectare. Cette énorme fumure est habi- 
tuellement enfouie avant l'hiver par un labour profond qui a été pré- 
cédé d'un déchaumage, aussitôt après la moisson. Au printemps la pré- 
paration du sol est complétée par des scarifiages, des hersages, des 
roulages, etc. On sème avec la graine de betteraves, '200 kilog. de 
superphosphate de chaux à l'hectare, et l'on répand en outre à la sur- 
face un poids égal de nitrate de soude qui donnera un coup de fouet 
vigoureux à la végétation. L'écartement entre les lignes est de 50 cen- 
timètres. 

Le rendement moyen varie entre les limites de 45,000 à 50,0n0 ki- 
log. à l'hectare. Traitées par la distillerie, ces betteraves donnent habi- 
tuellement, par hectare, de 22 à 23 hectolitres d'alcool rectifié. La 
dernière récolle, celle de 1878, a été exceplionnelleinent belle : le 
rendement de 30 hectolitres à l'hectare, a été pour la première fois, 
atteint. La somme totale des ventes s'est même élevée à 2'^'l,6<>8 francs. 
Les deux récolles pr'éccdentes, celles de 1876 et de I877, u'avaicnl 
donné : l'une que lOO.OOu francs de receltes, l'autre que 212,000 IV. 
La moyenne des valeurs créées annuellement à la ft'rmed'Assaïuvilliers, 
sous forme de trois-six, est sensiblement égale à la moyenne de ces 



230 f:XGURS[ON AGRICOLE DANS LA PICARDIK. 

trois exercices, soit environ 215,000 francs. C'est bien près de 
1,300 francs par liectare de bctIeraYes, sans v comprendre la valeur 
des pulpes qui servent à la nourriture et à l'engraisGenient du bétail. 

— Le blé ne reeoit d'autre fumure que 200 kilog. d'engrais complet 
de Joulie par hectare. On le herse au printemps. Après la moisson, on 
met au moins le tiers de la récolte en moyettes. Grâce à cette précau- 
tion observée depuis longtemps à Assainvillers, la dernière récolte de 
blé a peu soutl'ert des intempéries. Le rendement a été de 28 hectoli- 
tres à l'hectare, c'est à peine 2 à 3 hectolitres au-dessous du rendement 
moyen calculé sur une longue période, qui est de 30 hectolitres par 
hectare, semences déduites C'est un blé rouge d'Angleterre, qui est re- 
cherché dans le pays comme blé de semence. Cependant le gros des 
ventes se fait à Paris. M. Triboulet en vend annuellement pour 
120,000 francs. 

On voit que la dernière campcu/ne n'a pas été absolument désastreuse 
dans la ferme d'Assainvillers. Si la culture du blé a laissé un déficit 
de 15 à 20,000 francs dans la caisse du fermier, par contre la culture 
de la betterave y a versé un supplément de recettes de 30,000 francs 
environ. Ce qui est vrai dans toutes les professions est aussi la vérité 
en agriculture : c'est surtout dans les moments difficiles que la supé- 
riorité se révèle. 

L'avoine est principalement cultivée pour la nourriture des che- 
vauj et des agneaux ; son rendement est de 70 hectolitres à l'hectare. 

Les cultures de fourrages comprennent quelques hectares de ca- 
rottes et de pommes de terre, du trètle, de l'hivernage et, sur quelques 
points, un mélange de sainfoin et de luzerne. La luzerne seule a peu 
déplace dans un pareil milieu où la betterave et le blé reviennent à 
intervalles aussi rapprocliés que possiiile; il lui faut trop de temps 
pour être en pleine vigueur et donner son maximum de produit. On 
lui préfère avec raison le trèfle et les fourrages annuels qui occupent le 
sol moins longtemps, donnent un abondant fourrage et font place, 
aussitôt après, aux cultures du blé et de la betterave. C'est ce qui 
explique pourquoi la luzerne, si précieuse dans d'autres milieux moins 
avancés en culture, ne se rencontre qu'à l'état d'exception dans les 
bonnes fermes de la Picardie et des Flandres. Le trèfle et les fourrages 
connus sous les noms d'hivernage et de dravière sont plus avanta- 
geux. P. C. Dl'bost, 

Professeur d'économie et de légii-lation rurales à PF-cole nationale 
d'agriculture de Grignon. 

(La suite prochainement.) 

UTILISATION DES PETITES SOURCES ET DES EAUX 

MÉNAGÈRES RURALES. — III. 

Les dimensions et l'emplacement du réservoir étant fixés, occupons- 
nous, maintenaat, de sa construction. 

Comme la pente du sol est généralement assez forte, — c'est là d'ail- 
leurs une des conditions de possibilité de l'emploi des réservoirs, — 
on établit la pêcherie partie en déblai et partie en remblai, de façon 
à éviter les transports de terre. Avant de commencer les fouilles, le 
niveau supérieur que doit atteindre l'eau dans le bassin étant déter- 
miné par le débouché de la source ou tout autre considération, on 
plante, à chaque angle, un piquet dont ou arrase la tête à 0"'.20 ou 
0'".25 au-dfîssns de ce niveau, en observant que l'espace délimité par 



i;tiusation des petites sources. 231 

ces piquets contienne, avec la suilace à donner au réservoir, la place 
nécessaire à l'établissement des murs et de la clave. Cela t'ait, si le sol 
est engazonné sur les parties qui doivent être déblayées ou recouvertes 
par la chaussée, on enlève le gazon eu larges plaques que l'on empile 
à côté, en attendant qu'on les emploie comme nous le verrons un peu 
plus loin. La fouille se fait ensuite en rejetant la terre sur les points 
du pourtour qui doivent être rehaussés. On donne au remblai un talus 
de ^ à 4 de base pour I de hauteur à l'extérieur, et on monte verti- 
calement la paroi intérieure, en ménageant au sommet une banquette 
horizontale dont la largeur est égale à une fois, au moins, la profon- 
deur de la pêcherie. 

Ces terrasseniL'nts doivent être faits avec soin, de manière à se tas- 
ser uniformément et rapidement. On évite d'y introduire des pierres, 
gazons, ou autres matières pouvant faciliter la formation de crevasses 
nuisib'es à la solidité et, surtout, à l'imperméabilité de la digue ou 
chaussée. Si l'on a bien pris ses mesures, les terres des déblais suffi- 
sent pour faire les remblais et sont toutes utilisées par ceux-ci. 

Aussitôt que les fouilles sont terminées, on place la bonde et autres 
appareils de vidange dont nous parlerons tout à l'heure, et on se hâte 
de construire les murs et les claves, afin d'éviter les éboulements qui 
ne manqueraient pas de se produire, malgré qu'on ait eu le soin, préa- 
lablement à toute autre opération, de détourner la source au moyen 
d'une rigole convenablement dirigée. 

Lorsque la terre est rocheuse ou compacte, et possède, en un mot, 
assez de cohésion pour ne pas se délayer et tomber sous l'action de 
l'eau, on peut se dispenser de maçonner les parois du bassin. On fait 
alors le déblai sur les dimensions exactes de la pêcherie, et on donne 
aux talus I 1/2 à 2 de base pour 1 de hauteur. Mais il est rare qu'on 
puisse agir ainsi, et, presque toujours, surtout si la profondeur est 
un peu considérable, l'cminuraillement est nécessaire. 

Les murs se font en pierres ou en briques et sans mortier. Leur 
épaisseur dépend de la profondeur et des autres dimensions du bassin, 
et aussi de la nature et de la qualité des matériaux employés ; elle 
doit être d'environ C'.âO à la base pour les pêcheries ayant un 
mètre de profondeur. Les fondations doivent reposer sur un sol ferme; 
si le terrain est solide, on se borne à les asseoir à 0"'.20 ou 0"'.3l) au- 
dessous du fond. 

Quand la terre est naturellement imperméable, on applique les murs 
exacLement contre la paroi de la chaussée, et on les établit avec une 
seule face ou parement. Si cette condition n'existe pas — et c'est le cas 
le j)lus ordinaire, — on monte le mur avec deux faces, en ménageant 
entre lui et la chaussée un intervalle de ()"'.30 à 0"'.G0 de largeur, 
destiné à recevoir la clave. — Dans l'un comme dans l'autre cas, la 
face extérieiu'i; est montée verticalement, tandis que l'on donne tou- 
jours de 5 à 10 pour 100 de fruit au parement du côté du bassin. 

La terre naturelle de la cliausséc, dans les parties remblayées prin- 
cipalement, est presque toujours plus ou moins perméable; on est 
donc obligé, |)our que h; réservoir puisse se renqilir et tenir Teau, 
d'avoir recours à des moyens jiarticuliers d'étanchemenl. Parmi ces 
moyens, le plus simple et le plus économique et, par suite, le seul 
a|)plicable aux pêclieriea est celui que l'on emploie en Dombes sous le 
nom de clave et en Limousin sous le nom de corroy. Il consiste, tout 



232 UTILISATION DES PETITES SOURCES. 

simplement, en une espèce de mur de terre très argileuse que l'on 
établit derrière le mur véritable sur toutes les parties du pourtour où 
sa présence est jugée nécessaire. La clave descend jusqu'au niveau 
des fondations ou un peu au-dessous. Son épaisseur varie de 0'".30 
à 0'".60, selon la profondeur du bassin et la plasticité de l'argile 
employée. 

La construction de la clave se fait, nécessairement, après celle des 
murs. Pour l'exécuter, on procède d'une manière un peu différente, 
en Dombes et en Limousin. Dans le premier de ces pays, la terre étant 
pulvérisée et légèrement bumectée, on l'applique par couches hori- 
zontales de 0"'.U5 à 0'".10 d'épaisseur que l'on pilonne fortement. En 
Limousin on fait, avec l'argile, une espèce de mortier très épais que 
l'on ajoute peu à peu, en ayant soin d'incorporer les différentes cou- 
ches les unes aux autres à l'aide d'une bêche ou demi-fourche que 
l'on enfonce successivement dans les parties de la masse. 

, La méthode dombiste con/ient parfaitement pour faire la clave des 
étangs, dont l'épaisseur est toujours supérieure à 0".50; pour les 
petits réservoirs celle du Limousin nous paraît préférable. Mais l'une 
et l'autre, bien appliquées, donnent d'excellents résultats. 

Après avoir terminé les travaux que nous venons de décrire, on 
recouvre la chaussée et le bord supérieur des murs avec les plaques 
de gazon qu'on avait enlevées et mises de côté, avant défaire le déblai. 
On fixe ces plaques par un damage énergique. Si elles sont 
insuffisantes pour recouvrir tout le remblai, au lieu de les placer 
joinlivement, on les espace de la quantité voulue et on en garnit les 
vides avec delà bonne terre. Cela fait, on sème par dessus des graines 
de prairie de manière que la^surface s'engazonne rapidement et com- 
plètement. 

11 nous reste à parler maintenant des moyens à employer pour utili- 
ser le réservoir. 

En recueillant et emmagasinant dans des pêcheries les eaux des 
sources et des petits ruisseaux, nous avons pour but, avons-nous 
dit: 1° d'empêcher ces eaux d'être nuisibles parleur stagnation, et 
2" de les utiliser pour la fertilisation des surfaces qu'elles peuvent 
arroser. Ce double but sera atteint à deux conditions : la première est 
que le réservoir soit ouvert dès quil est plein et refermé aussitôt vide; 
et la seconde, qu'un système de rigoles bien compris répande Veau sur 
une étendue suffisante et disposée pour profiter des arrosages. 

Dans tous les pays où l'usage des pêcheries existe, ces réservoirs sont 
munis d'une bonde de fond, dont l'obturateur, tampon, clapet ou 
vanne, se manœuvre à la main, soit pour ouvrir soit pour fermer le 
réservoir. Avec ces dispositions, pour réaliser la première des conditions 
que nous venons d'indiquer, on est astreint à une surveillance con- 
stante, ainsi qu'à des pertes de temps assez considérables, la personne 
qui ouvre le réservoir étant obligée d'attendre qu'il se soit vidé pour le 
refermer ou de revenir pour cette dernière opération, dans le cas où la 
vidange demande un temps un peu long. Il arrive quelquefois que l'on 
oublie de replacer le tampon, ou qu'on le place mal, et lorsqu'on 
vient pour ouvrir de nouveau la pêcherie, on la trouve à sec. Quand 
cet accident se produit, pendant tout le temps que le réservoir reste 
débouché, l'eau d'alimentation est à peu près perdue, son débit étant 
insuffisant pour remplir et faire déverser les rigoles de distribution. 



UTILISATION DES PETITES SOURCES. 



233 



De plus, pour peu que l'on tarde à remettre les choses en état, le corroy 
se dessèche et se crevasse; les rats d'eau et les taupes percent la chaus- 
sée, et, bref, lorsqu'on a replacé la bonde on s'aperçoit que le bassin ne 
lient plus l'eau. Delà des réparations plus ou moins coûteuses et tou- 
jours la perle d'un temps précieux pour les arrosages. 

Résultant de l'obligation où l'on est d'ouvrir et de refermer manuel- 
lement le réservoir, ces inconvénients se produiront toujours, tôt ou 
tard, à moins que les pêcheries ne soient placées tout près des habita- 
tions, de telle sorte qu'on les ait constamment sous les yeux, ou 
qu'un irrigaleur spécial soit uniquement chargé de leur surveillance et 
en aitla responsabilité. Ces dernières conditionsé tant rares et pour ainsi 
dire exceptionnelles, il est facile de comprendre combien serait utile un 
appareil ouvrant le réservoir des qu'il serait plein et le refermant aussitôt 
qn il serait vide ^ sans que la main de l'homme ei^tt à intervenir. Un grand 
nombre d'inventions ont été faites dans ce but, et parmi les engins 
essayés il s'en trouve de très ingénieux, dont quelques-uns fonction- 
nent tant bien que mal dans plusieurs contrées, notamment dans les 
montagnes de l'Ardèche. Mais, en général, tous ces appareils sont 
compliqués, fragiles, coûteux et d'un service irrégulier et peu durable. 
Tl en est un cependant qui fait exception et se recommande, selon 
nous, par des qualités opposées aux défauts reprochés aux autres : 
nous voulons parler du Siphon irrignleur ou Siphon automatique. 




Fig. 17. — Coupe théorique d'un siphon automatique. 

L'invention de cet appareil, ou plus exactement, l'idée d'employer 
à la vidange des réservoirs le siphon, instrument que tout le monde 
connaît et dont l'usage est universel dans l'industrie des liquides, est 
duc à. M. IJurjoud, architecte i^éomètre, à Bourg (Ain); elle date de 1840 
à IH.'iO. 

Vers 1853, y\. Ilaudot perfectionna la découverte de M. Burjoud et 
l'appliqua à j-lusieurs réservoirs du Morvan. Un peu plus tard nous 
l'avons importée nous-même en Limousin; mais nous avons le regret 
de dire qu'elle ne s'y est pas répandue, malgré l'admiration qu'elle 
avait d'abord excitée, et les services incontestables qu'elle est appelée à 
rendre dans ce pays. Nous ignorons si l'initiative de M. Raudot a eu 
plus de succès dans le Morvan. 

Ouoi qu'il en soit, à part Puvis, aucun des auteurs des nombreux 
ouvrages sur les irrigations que nous avons consultés, ne parlant du 
siphon automatique, nous pinsons qu'en décrivant de nouveau cet 
appareil, et en faisant connaître les modifications de détail que nos 
expériences personnelles nous ont [leiinisd'v apporter, nous pourrons 
rendre service à (|uelqucs uns des nombreux lecteurs de ce journal. 

Le siphon automatique n'est autre chose qu'un siphon ordinaire, 



234 UTILISATION DES PETITES SOURCES. 

c'cst-à dire un tul)e creux, recourbé en forme d'U ou de V, ouvert à 
ses deux extrémités, et dont une des branches est plus longue que 
l'autre (A, B, C, fig. H). _ 

Pour l'appliquer à la vidange des réservoirs, on le place à cheval 
sur, ou plutôt dans la chaussée la petite branche ayant son 
extrémité A au niveau du fond de la pêcherie, le sommet du col B 
à la hauteur que l'eau atteint dans le réservoir lorsqu'il est plein, et 
la grande branche débouchant en C dans le canal ou riirole de distri- 
bution. 

Les choses ainsi disposées et la bonde du bassin fermée, l'eau qui 
tombe dans la pêcherie et la remplit peu à peu s'élève dans la petite 
branche du siphon en même temps que dans le réservoir; arrivée au 
sommet du col B, l'eau continue à suivre le tuyau et vient s'échapper 
en C par l'extrémité de la grande branche. Si le débit de la source ne 
suffit pas à remplir le siphon, cet écoulement continuera et le niveau 
du réservoir ne montera plus, mais se maintiendra à la même hauteur, 
l'eau d'alimentation s'écoulant à mesure. Dans ces conditions, le 
siphon ne serait qu'un déversoir de trop-plein. 

Supposons maintenant qu'au lieu de laisser déboucher à l'air libre 
l'extrémité C de la grande branche, nous placions au-dessous, un 
petit bassin ou cuvette D, dont les bords sont plus élevés que le bout 
du tuyau, de telle sorte que lorsque cette cuvette est pleine d'eau, 
l'air ne puisse plus entier dans le siphon. Voici, alor.-*, ce qui 
arrive: l'eau qui descend entraîne peu à peu l'air contenu dans le 
siphon et à mesure que celui-ci disparaît, il est remplacé par de l'eau. 
La colonne liquide s'avance ainsi petit à petit dans le col, puis dans 
la grande branche, et aussitôt que son extrémité a atteint dans celle-ci 
un niveau sensiblement inférieur à celui de l'eau dans le bassin, la 
pression supportée par cette colonne dans les deux branches n étant 
plus égale, l'écoulement à plein tuyau commence : le siphon esl amorcé. 
D'abord très violent, cet écoulement se ralentit à mesure que le niveau 
de l'eau dans le bassin s'abaisse, et lorsque ce niveau atteint à Textré- 
mité de la petite branche, l'air pénètre dans le tuyau et l'appareil .tp 
désamorce, l'eau contenue dans les branches s'écoulant et étant rem- 
placée par de l'air. Le réservoir est alors fermé de nouveau, et ne recom- 
mencera à se vider que lorsque son niveau reviendra à la hauteur 
nécessaire pour l'amorçage du siphon. 

Empêcher Pair d'entrer dans la grande branche lorsque l'eau commence 
à couler dans le siphon, telle est le moyen de déterminer l'amorcnge au- 
tomatique de l'appareil, moyen que i^I. Burjouda réalisé d'une manière 
extrêmement simple en plaçant un récipient ou cuvette sous l'extré- 
mité de la grande branche. 

(La suite prochainement.) J.-B. Chabaneix, 

Professeur à l'École nationale d'aL'ricnIture de l\Tont ellier. 

EXPÉRIENCES SUR LTFFICACITÉ DE LA SUBMERSION. 

Les recherches préseules de la Commission nommée par l'Académie 
des sciences pour étudier la submersion et les causes du réenvahisse- 
ment rapide des terres submergées, donnent une certaine actualité à 
des expériences faites l'hiver dernier dans mon laboratoire de l' l'école 
d'agriculture. Deux choses étaient à étudier : le degré de résistance du 
pliylloxera à l'action de l'eau et les causes qui, dans la submersion 
la mieux faite, en laissent toujours survivre quelques-uns. 



EXPÉRIENCES SUR L'KFFK'.ACITK DE LA SUBMERSION. 235 

I. — Ayant souvent entendu dire que le phylloxéra résistait jusqu'à 
trente jours à l'action directe de l'eau, j'ai mis dans trente boiaux 

novembre 1878;, des racines fortement pliylloxerées, et les bocaux 
ont été remplis d'eau. 

Chaque jour le contenu d'un des récipients a été examiné attentive- 
ment. Voici quels sont les résultats de mon observation : les second 
et troisième jours, les phylloxéras remuaient; le quAtrièuie, la moitié 
étaient morts; le cinquième jour, il fallait chercher longtemps pour en 
trouver de vivants ; les sixième et septième enfin, aucun insecte ne 
paraissait avoir échappé à l'asphyxie. Quant aux œufs, nombreux 
encore au moment de cette submersion, quelques-uns ont éclos sur 
les racines immergées pendant six jours; mais il n'y a pas eu d'éclo- 
sion.sur celles qui avaient séjourné plus longtemps dans l'eau. 

Nous sommes loin de compte avec les observateurs qui disent avoir 
vu des phylloxéras résister à un mois d'immersion absolue dans 
l'eau; question d'époque et de température peut-être! 

II. — J'ai fait ensuite des essais de submersion avec des racines 
phylloxerées recouvertes de terre, en me servant pour cela de grands 
tubes, ou pour mieux dire, de grands manchons en verre de 1 à 
2 mètres de hauteur sur 8 ii 10 centimètres de diamètre. La submer- 
sion a été opérée avec des épaisseurs d'eau de 25, 50, 75 centimètres, 
et 1 mètre au-dessus de la terre placée dans les tubes. 

Au bout de trente jours seulement, mes racines étaient déterrées et 
tous les phylloxéras étaient trouvés morts. Avaient-ils tous succombé 
à l'asphyxie causée par l'eau, je ne le crois pas, car les bulles d'air 
étaient restées jusqu'au dernier jour; nombreuses contre les parois du 
verre. Je crois plutôt devoir attribuer leur mort à la légère fermenta- 
tion qui s'était produite dans des récipients fermés par le bas. Cette 
expérience sera reprise l'hiver prochain avec des tubes alimentés par 
le haut et ayant un léger écoulement à leur partie inférieure. 

III. — A ces essais ont succédé des expériences faites pour observer 
la quantité plus ou moins grande de bulles d'air emprisonnées sous 
l'eau dans le sol, bulles d'air qui peuvent fournir de l'oxygène aux 
insectes hypogés. 

Des cavités existent dans le sol de toutes nos cultures. Elles sont 
produites par les défoneements, les labours, les engrais et surtout par 
le travail incessant des taupes, des londjrics et autres fouisseurs qui 
sillonnent la terre en tous sens. Ces cavités résistent en partie à la sub- 
mersion, elles emprisonnent de l'air, ce qui permet a quelques phyl- 
loxéras de survivre aux subuun'sions les mieux faites. Une note pré- 
sentée récemment à l'Académie des sciences par MM. Faucon et Ma- 
rion, constate la présence positive de l'insecte hibernant sur les racines 
d'une vigne submergée pendant ciu([uante jours '. 

Voici l'expérience comparative faite à ce sujet. J'ai mis dans quatre 
bocaux quatre terres difl'érentes : 

B icaux : n°' 1, terre argileuse peu tassée de l'Ecole d'agriculture; 2, poussière 
calcaire recueillie sur nos roules: 3, sabl^ silicn-calcaire des sablières de Mont- 
pellier; 4, sable silico-calcairo des dunes de notre littoral. 

Ou a suiiuii'rgé. Au premier aboid, quand l'eau eut pénétré jusqu'au 

1. Dans une lorrc con)|iacle, fraichenicnt remuée et tris peu lassée, les bulles u'au', au lioul 
d'un mois de sulimorsion, peuvent encore occuper un dixiemo du volume lolal. J'ai f.iit l'essai 
sur une épaisseur de [)0 ccutinaùlres.de terre argileuse de l'Ecole; quand, su moyen d'une tige en 
fer, j'en ai chassé toutes les tiulles jusqu'au fond du récipient, l'eau étant rpjiosée, il n'y avait 
]dus que 4» centimètres de teue. 



236 



EXPÉHIENCES SUR L'EFFICACITE DE LA SUBMERSION. 



fond des récipients, les bulles d'air étaient aussi nombreuses dans 
les quatre bocaux. La submersion a duré trente jours, au bout des- 
quels j'ai constaté les résultats suivants : 

Le n° I, composé d'éléments compacts, n'avait perdu que quelques 
bulles de la couche superficielle; le n° 2, rempli de poussière fine, avait 
conservé près de la moitié de ses bulles, celles-ci s'étant, dès le pre- 
mier moment, entourées d'une couche d'éléments pulvérulents qui 
avaient arrêté leur marche ascendante; le n° 3, composé en grande 
partie d'éléments assez gros, débris de coquilles fossiles ou autres, en 
faible partie d'éléments très fins, avait conservé un quart à peu près 
de ses bulles; quant au n" 4, formé d'éléments fins, mais non pulvé- 
rulents, il s'était dès le premier jour, débarrassé de toutes ses bulles. 

Ce sont donc les terrains sablonneux formés de grains ni trop gros 
ni trop petits, qui conservent le moins d'air pendant la submersion; 
nouvelle qualité physique à reconnaître aux terrains d'alluvions marines 
et tluviales. Valery-Mayet, 

Professeur d'entomologie à l'Ecole d'agriculture de Montpellier. 

HERSE A CLAVIER CONSTRUITE PAR M. PELTIER- 

A la suite du Concours général de Paris, du mois de février dernier, 
le Journal a donné la description de la herse à clavier de M. Roman 
Cichowski, construite en France par M. Pellier jeune. On se souvient 
que cette herse se compose de tiges courbées à angles droits, réunies 
parallèlement, par une de leurs extrémités, sur un axe commun, tout 
en gardant un mouvement indépendant. 




Fig. 18. — Kerse à clavier pour betteraves et piaules sarclées. 

Cette disposition permet d'employer cet instrument, non seulement 
pour le hersage des terres, mais encore pour les premiers binages des 
plantes semées en ligne. La fig. 18 montre comment la herse est alors 
disposée; une partie des tiges est relevée sur l'axe central, de manière 
à laisser un esj)ace déterminé entre les tiges qui fonctionnent. Le nom- 
bre des tiges relevées dépend de l'écarlemeiit des lignes. La herse à 
clavier peut donc servir comme un instrument double. 

L. DE SAUDniAC. 

SITUATION AGRICOLE DANS LTNDRE- 

Cungy, le 27 juillet 1879. 
Le temps que nous subissons sur notre plateau paraît plus qu'anormal. Notre 
situation est paradoxale au premier chef; nous souiïrons de ïhuniidité, de la 
sécheresse el du numque de chaleur. Toaiea les vingt-quatre heures, soit par orage, 
soit par giboulée ou averse, nous recevons une quantité d'eau qui n'a qu'un efi'et 
désagréable pour nos travaux de fanage et de rentrée des fourrages et des foins. 



SITUATION AGRICOLE DANS L INDUE. 237 

D'autre part, sous la persistance et la continuité des pluies hivernales et prin- 
tanièies, nos terres ont atteint une compacité tellement tenace que herses et rou- 
leaux en fonte ne peuvent maîtriser. Nous sommes obligés de renoncer dans bien 
des pièces à rompre les vieux trèfles et les vesces d'hiver Dans les terres à bette- 
raves sur terres fortes le second binage qui s'achève se borne à un déplacement 
de mottes roulantes, atin de détruire les herbes qui croissent dans les interstices. 

Enfin nous souffrons du manque de chaleur : racines fouri'agères, maïs, ne lont 
aucun progrès et n'ont pas cet essor si désiré au mois de juillet Nous avons usé 
nos vesces d'hiver jusqu'au moment de la grenaison, celles du printemps se con- 
somment, et le mais qui devrait leur succédef va nous manquer pour notre stabu- 
lation permanente. 

Les tilés blondissent; la moisson commencera le 4 aoiît. Espérons que le temps 
sera plus propice à ce grand travail ! Les épis semblent bien nourris et présagent 
de la qualité. Les avoines de Houdan, faites en premier, sont presque en maturité. 
Celles de Flandre sont encore bien vertes et prennent un bon d'^veloppement. 

Quant aux vignes, elles ne promettent que peu de choses ; la température est 
contraire au peu de raisins qui nous restent. 

Nous avons eu, il y a une douzaine de jours, une invasion extraordinaire d'une 
espèce de chenille noire avec un liseié jaune; nos chemins, dans certains parages, 
en étaient littéralement couverts, elles rampaient sur le sol avec vivacité, et s'atta- 
quaient principalement aux chardons et autres composées, dont elles dévoraient 
les feuilles et une partie des tiges; actuellement il n'en reste plus que quelques- 
unes, j'espère que leur passage ne laissera pas de traces fâcheuses. 

JoLivET et Le Gorbeili.er. 

ATTAQUE DU PHYLLOXERA 

AU MOMENT DE SON APPARITION. 

A M. 1' à Dijou. 

Vous me faites deinaader, monsieur, ce qui pourrait être lente 
sûrement contre l'attaque partielle d'une vigne par le phylloxéra. Je ne 
comprends que trop bien vos angoisses, et voici ma réponse. Je la publie- 
rai, parce que cela concerne toutes les victimes du iléau, et que dans 
l'intérêt du sujet il faut faire la lumière. 

Nous sommes présentement dans la période criti(iue de l'essaimage 
de l'insecte; c'est le moment des pullulations et des émigrations sou- 
terraines, ainsi que du transport des femelles ailées, à distances varia- 
bles, selon l'intensité du vent, et il n'aura pas manqué cette année. 

Comme la saison aélé très en retard, et que vous n'êtes pas dans le 
Midi, il se pourrai! qu'il fût encore temps d'agir, mais à la condition 
de n'y apporter aucun sursis. 

Si vous deviez faire usage du sulfure de carbone à dégagement pro- 
longé, il suffirait, comme je l'ai in<li([ué précédemiiKînt, d'écraser au 
fond du truu cliacun des cubes em[)loyés,alin de multiplier les surfaces 
d'émission et d'obtenir un dégagement qui sera toujours assez rapide 
en opérant ainsi. 

Dans ces conditions, et en enfouissant convenablement trois cubes 
par cep, je vous répondu du succès, sans crainte de brûler un seul pied, 
malgré les chaleurs; mais je ne saurais trop vous engnger, monsieur, 
à passer l'inspection des racines autour de cliaque foyer, car l'invasion 
s'étend souvent de 10 à 50 mètres au delà, et à traiter résolument les 
parties dans lesquidles on ne trouverait encore que de rares insectes. 

C'est l'énergie des résolutions (|ui vous sauvera, comme elle a sauvé 
tous ceux qui se trouvaient dans le même cas. Vous en aurez prochai- 
nement de nouvelles preuves dans un rapport ofliciel de la Société 
d'agriculture de la Gironde, et dans des comptes rendus d'applica- 
tions réalisées en Vauclusc, dans le Var et dans l'Ardèciie. 



2.i8 ATTAUUE DU PHYLLOXERA. 

Mais uevousy trompez pas, si l'ennemi est chez vous, il cal parthiit, 
à l'étal latent d'abord, quant aux effets, et parce qu'il faut un temps 

de pour que le mal se manifeste par des signes extérieurs, comme 

dans la plupart des cas d'épuisement, ou même d'inoculation de 
virus mortels, comme celui de la rage, par exemple. On n'en a que trop 
la preuve aujourd'hui, après les puérilités de l'arrachage, ;;n;/o»/ où 
cela a été pratiqué. 

Eu faisant surveiller vos vignes et en attaquant énergiquement cha- 
que foyer, vous vous défendrez, et même vous vous sauverez, je vous 
lassure; mais il n'y a pas de milieu, c'est un siège en règle qu'il faut 
soutenir, oii plutôt un assaut qu'il faut repousser, ou bien se rendre 
à merci, car il n'y a plus d'autre alternative. 

Voilà, monsieur, la vérité, toute la vérité, et si d'autres renseigne- 
ments précis peuvent vous être utiles, je suis tout à votre disposition. 

F. ROIIART. 

LES FOURRAGES ET LES BILLOTTES MÉCANIQUES- 

J'ai lu avec plaisir l'article de .M. Daplessis sur la mis3 des fourrages 
en billotles mécaniques. Je puis en parler sciemment ayant vu mettre 
en billottes une cinquantaine d'hectares de fourrage. 

Je ne reviendrai pas sur la descnption de l'inslrumenl qui ressemble 
fort à un tombereau sans fond et que j'appelle le tombereau ambil- 
lotteur. C'est un instrument très simple, très ingénieux, d'un prix 
très abordable, d'une manœuvre très facile et qui opère vite et bien. 
C'est pour le cultivateur désireux de rentrer ses fourrages dans 
de bonnes conditions un instrument qui est le complément indispen- 
sable de la faucheuse et du râteau. 

Dix minutes suffisent pour faire mécaniquement une billotte ou 
meulon de soixante à soixante-dix bottes, et là où nous dépensions 
vingt-cinq francs par heclare pour faucher, ramasser et mettre en 
meule nos fourrages artificiels, nous ne déboursons plus que huit francs. 
C'est un résultat économique que l'on ne saurait trop mettre sous les 
yeux des cultivateurs, car la lutte ne nous est possible qu'en réduisant 
la main-d'œuvre à sa plus simple expression. Avec le libre-échange, il 
faut arriver à produire plus économiquement que nos voisins. Je re- 
connais que cela ne nous est pas facile, mais avec de l'intelligence, de 
l'instruction, des machines de l'engrais et moins d'impôts, le cultiva- 
teur français peut lutter. C'est au gouvernement à s'occuper de la dimi- 
nution des charges qui pèsent sur l'agriculture et à répandre un tor- 
rent de lumière sur nos campagnes qui fournissent au pays ses hommes 
les plus vigoureux et qui ne sont pas ftichés que ses villes et ses 
propriétaires fassent l'office de pompes aspirantes pour leurs produits. 

M. Couteau, qui est un de nos cultivateurs les plus intelligents du 
canton d'Oularville, a donc rendu un grand service aux cultivateurs 
en mettant au jour un instrument qui concourra avec les autres à la dimi- 
nution de la main-d'œuvre, et je suis sûr que dans quelque temps, 
tout fermier intelligent aura sa faucheuse, son râteau et son tombereau 
ambillotteur. A. Ciirrru::, 

Cnllivateur à Secval (Loirel), 

ETAT ACTUEL DE L'AGRICULTURE EN RUSSIE. -IL 

Sur l'importante question de savoir quelle a été la production agri- 
cole et quel a été son accroissement durant ces derniers temps, en Rus- 



ÉTAT ACTUEL DE t' AGRICULTURE EN RUSSIE. 239 

sie, nous ne sommes, mallieureusement, pas en état de répondre d'une 
manière très précise. Toutefois, les données que nous tirons à ce sujet 
d'un grand ouvrage ofliciel publié d'après les rapports d'une commis- 
sion d'enquête chargée par le gouvernement russe d'examiner l'état 
de l'agriculture de l'empire, et qui ne paraissent avoir qu'une valeur 
approximative, sont encore assez intéressantes pour que nous en par- 
lions. Oa évalue que la récolte annuelle des grains s'élève en Russie 
d'Europe, abstraction faite de la Pologne et de la Finlande, à G30 mil- 
lions d'hectolitres; et on se plaiut très justement que cette production 
ne se soit que relativement peu accrue, durant les dernières vingt-cinq 
années. Le trop petit accroissement dans la production des grains, à 
côté de l'augmentation de la population et des autres faits économiques 
favorables survenus depuis, est d'ailleurs suffisamment prouvé par les 
chiffres de l'exportation qui, pour les grains, s'est certainement beau- 
coup développée, surtout depuis la dernière période décennale, mais 
qui, à la vérité, est encore loin d'avoir atteint un chiffre tel qu'elle 
devrait atteindre, si les conditions étaient plus avantageuses pour l'agri- 
culture, en Russie. On avait exporté 21 millions d'hectolitres de grains 
en 185)-t, 21 millions d'hectolitres en I.SG)}, 40 millions d'hectolitres 
en 187;-{, 55 millions d'hectolitres en 1874, 47 millions d'hectolitres 
en 1875, 53 millions d'hectolitres en 187(», 63 millions d'hectolitres 
en 1877, et environ 65 raillions d'hectolitres en 1878. Eh bien, on 
conviendra que ce n'est pas encore grand chose, comparativement à 
la grandeur du pays, à la fertilité naturelle de sa vaste zone du tcher- 
nozème, et à ce que l'agriculture, avec ses divers produits, constitue 
pour le moment, la presque unique ressource de la nation russe, et 
surtout comparativement à ce que produisent les autres grands pays. 
Cette production est d'ailleurs, souvent et très sensiblement réduite 
en Russie, par suite des mauvaises récoltes qui ne sont pas moins 
rares dans la zone du tchernozèmeque dans les autres parties de l'em- 
pire. Si, j)our la Russie, le chitTre absoki de la production des grains 
dépasse celui des autres pays, ce sont, d'autre part, les Etats-Unis qui 
dépassent la Russie en ce qui concerne cette production évaluée d'après 
la population, et la France, la Prusse, rAngiotorn! et l'Autriche qui la 
dépassent de beaucoup sous le rapport du produit à l'hectare. 

(Juant à l'importance des dilYerentes parties de la Russie comme 
productrices des grains, on peut diviser ce pays en trois groupes dis- 
tincts, sans parler de la Russie d'Asie, ni de la Pologne et de la Fin- 
lande : r en gouvernements où la production des grains est insuffi- 
sante à couvrir leur consommation; tels sont les trois gouvernements 
septentrionaux Àrkhaiif/rl, Olonclz et Volo/fila, les six gouvernements 
du Nord-Ouest Saint-l'i'trrsbourtj, Soivjorod^ Pskof, Vitrbskj Moliilcf et 
Smolensk, et les six gouvernements du (Centre Ti'er, Moscou, ] lad/inir, 
Kalouga, laroslof al hostroma; 2° en gouvernements où la production 
des grains ne suflit (pi'à couvrir leurs propres besoins; tels sont les 
deux gouveruefiicnts orientaux \ ialka et l'enn, les trois provinces bal- 
tiques, et les quatre gouvernements occidentaux Kovno, Vihm, Grodno 
et Minsk; 3° en un groiipi- l'drimi par tous les gouvernements de la 
zone tcliernozème et [)r(jduisanl au-delà de leur propre besoin; tels 

I. Cet ouvrage, qui a paru en 1873, à Saint-PiilersbourK, en cinq gros volume», est intitulé: 
Rapport de la Commission d'enquite sur l'état de l'agriculture et de la production agricole en 
Buisie. 



240 ÉTAT ACTUEL DE L'AGRICULTURE EN RUSSIE. 

sont notamment les dix-sept gouvernements du Centre: Nijni-ISor;fornd, 
Kasan, Simbitsk, Saratuf, Pensa, Tainbo/\ Riasan, Toula, Orel, Koursk, 
Kharkof, Voronf'ge, Poltuva, Tclirrnûjof, Kicf, la Podolie etln VoUijjnie, 
les quatre gouvernements du Sud-Est : Oiifa, Orembnurg, Samnrn et 
M.ç/rfl/i7(flH, et les cinq gouvernements méridionaux, savoir : le Tfrritoire 
des Cosaques du Don, la Bessarabie^ la C/iersonèse, 'la Tauridv et Ekale- 
rinodaf. 

Il y a lieu de noter des exceptions pour plusieurs districts dans 
quelques-uns de ces gouveriiemenls. Ainsi, quelques distriels des 
gouvernements énumérés dans le second groupe rendent em-ure pos- 
sible l'exportation des grains, grâce au grand développement qu'y ia 
pris la culture de la pomme de terre; tîindis que plusieurs di.slricls Au 
troisième groupe, savoir ceux situés en dehors de la zone du tclierno- 
zème dans les départements de 'Nijm-Nnvgaro<l, de Kasan, de Riamam ; 
de Toula, à'Orel, de Tr'hcrnigof, de Kief, d' As/ru khan et de la Volhywie 
ne produisent des grains que pour leurs propres besoins. 

l) aprè^ une estimation approximative, l'ensemencement et la ré- 
colte des grains, pour les trois groupes susmenti(mnés, sont évalués 
comme suit : 

Population Enscm&ncemeiit Récolte 

pn miili'^ns. en hectolitres. 

P' , groupe (]6 gouvernements) U.88 27,^'i*4,000 8n,S*Z2,400 

11' — (9 — 10. 6