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JOURNAL 

DE LA SOCIÉTÉ NATIONALE 

D'HORTICULTURE 

DE FRANGE 



Série III. T. X. Cahier de janvier publié le -2'.) février i8S8. 1 



PARIS. — iMIMUMEUIE G. ROUGIER ET Gi« 

i , H U lî C A S S 10 r T tî , 4 



JOURNAL 



DE LA 



SOCIÉTÉ NATIONALE 

D'HORTICULTURE 

DE FRANGE 



3° série 




TOME X. — 


1888 


MUW YORK 




BOI ANICAI 




riAHitfit^ 




PARIS 




AU SIÈGE DE LA 


SOCIÉTÉ 


RUE DE GRENELLl 


K, 84 



1888 



t 



iO 



SOCIÉTÉ NATIONALE D'HORTICULTURE 

DE FRANGE 



EXPOSITION GÉNÉRALE DE 1888 

ouverte du 25 au 31 mai inclusivement 

DANS LE PAVILLON DE LA VILLE 

AUX CHAMPS-ELYSÉES 



RÈGLEMENT ET PROGRAMME 



DISPOSITIONS GENERALES 

La Société nationale d'Horticulture de France invite 
MM. les horticulteurs, amateurs^ jardiniers, instituteurs, 
directeurs de jardins publics et scientifiques de tousles pays, 
à prendre part à l'Exposition générale des produits de THor- 
ticulture qu'elle organisera à Paris, en mai 1888. 

Les artistes et les industriels seront admis à exposer les 
produits se rapportant à l'Horticulture. 

Les récompenses consisteront en prix d'honneur (objets 
d'art et médailles d'honneur)^ médailles d'or, 
grandes médailles de vermeil, médailles de vermeil, grandes 
médailles d'argent, médailles d'argent, médailles de bronze 
et mentions honorables. 

Il sera donné un diplôme avec les médailles aux expo- 
sants qui en auront fait la demande à la Société, au plus 
tard quinze jours après la fermeture de l'Exposition. 

Les médailles et prix que la Société pourrait obtenir 
exceptionnellement de la munificence du Gouvernement et 
de la Ville de Paris seront considérés comme médailles et 
prix d'honneur. 



6 PROGRAMME DE L'EXPOSITION 

Des médailles seront mises à la disposition du Jury pour 
récompenser, s'il y a lieu, les apports non prévus au pro- 
gramme et ceux qui auront le plus contribué à l'ornemen- 
tation de l'Exposition (1). 

Enfin, à l'occasion de cette Exposition, la Société décer- 
nera les récompenses qu'elle est dans l'habitude d'attribuer, 
chaque année, aux personnes qui s'en sont rendues dignes 
et qui ont obtenu des Rapports favorables émanant d'une 
Commission spéciale : aux jardiniers, pour leurs longs ser- 
vices dans la même maison; aux auteurs d'ouvrages spé- 
ciaux sur l'Horticulture; aux inventeurs d'instruments et 
d'appareils nouveaux: aux propagateurs de nouvelles mé- 
thodes; enfin, à toutes les personnes qui ont contribué au 
perfectionnement de l'art des jardins. 

Avant l'ouverture de l'Exposition, la Société fixera le 
nombre de médailles d'honneur et de médailles d'or qu'elle 
mettra à la disposition du Jury. 

Toutes les récompenses seront laissées à la libre appré- 
ciation du Jury. 

Les médailles d'honneur remplaceront toutes les récom- 
penses obtenues par le même Exposant. 

Dans les genres de plantes où il y a plusieurs Concours, 
le même Exposant ne pourra recevoir plusieurs médailles 
pour ce même genre de Plantes. 

Dans les Concours de collections, il ne sera accepté qu'un 
spécimen de chaque variété. 

La même espèce ou variété de Plantes ne pourra figurer 
dans plusieurs Concours du même Exposant. 

Chaque présentation formant un Concours devra être 
nettement séparée. 

Les Concours existeront entre horticulteurs, amateurs, 
jardiniers, instituteurs, directeurs ou jardiniers-chefs des 
établissements subventionnés. 

Les lots collectifs seront acceptés et ne pourront con- 
courir avec les lots individuels. 

(1) Ne pourront être admis comme Concours imprévus que les végétaux 
et produits horticoles non prévus dans le présent programme. 



DU 25 AU 31 MAI 1888 7 

Ne seront admis avec la meiiLion hors concours que les 

produits des jardins publics ou scientifiques. 

Les autres présentations non soumises aux délibérations 

du Jury ne porteront aucune inscription autre que le nom 

et l'adresse de l'Exposant, et ne pourront recevoir aucune 

récompense (1). 

DISPOSITIONS SPÉCIALES 

§ 1". Récepiion, installation et enlèvement des plantes, 
produits et instruments horticoles. 

Art. 1". — Les horticulteurs, amateurs, jardiniers, ins- 
tituteurs, directeurs de jardins publics scientifiques et les 
industriels qui voudront prendre part à cette Exposition de- 
vront adresser, avant le jeudi 10 Mal 1888, — ternie de ri^ 
Queur, — à M. le Président de la Société, rue de Gre- 
nelle, 84, une demande écrite d'admission accompagnée : 
1° de la liste nominative et complète des genres déplantes et 
des objets qu'ils désirent présenter ; 2^ des Concours auxquels 
ils désirent prendre part; et 3" de l'indication exacte, pour 
chaque Concours, de l'espace superficiel qu ils peuvent occuper. 
Ces formalités sont obligatoires. 

Art. 2. — Les plantes, arbres, fruits et légumes qui doi- 
vent figurer à cette Exposition seront reçus à partir du di- 
manche 20 Mai, jusqu'au mercredi 23 Mai, de 6 heures 
du matin à 6 heures de l'après-midi, et le groupement des 
présentations devra être terminé le jeudi 24 Mai, avant 
5 heures du soir, terme de 7'igueur, 

Seules les fleurs coupées seront reçues le vendredi 25 Mai, 
et leur placement devra être terminé ce même jour, à 7 heu- 
res du matin, terme de rigueur. 

Aut. 3. — Chaque plante exposée doit êlre munie d'une 



(4) D'après une décision du Conseil d'Administration en date du 2.") jan- 
vier 1883, tout membre qui a été rayé des contrôles de la Sociclo ne 
peut prendre part aux expositions. 



8 PROGRAMME DE L EXPOSITION 

étiquette portant son nom scientifique (espèce ou variété) 
écrit d'une façon lisible et correcte. 

Les plantes de collection dont l'étiquette ne porterait 
qu'un numéro et non le nom de la plante seront exclues 
des Concours par le Jury d'admission. 

Les plantes qui ne sembleraient pas pouvoir rentrer dans 
l'un des Concours de ce programme devront être l'objet 
d'une demande particulière, sur laquelle il sera statué spé- 
cialement. 

Les plantes présentées comme nouvellement introduites 
devront être munies d'une étiquette indiquant leur nom et, 
autant que possible, le lieu de leur origine et la date de 
leur introduction. 

S'il s'agit d'une variété nouvelle obtenue de semis, 
l'Exposant devra renfermer dans un billet cacheté, joint à 
la plante, le nom qu'il propose de lui donner. Ce billet ne 
sera ouvert que si la plante est jugée digne de récompense. 

Art. 4, — Des produits de l'industrie spécialement appli- 
qués à l'Horticulture et admis par la Commission seront 
reçus tous les jours, à partir du mercredi 16 Mai jusqu'au 
mercredi 23 Mai, de 6 heures du matin à 6 heures du soir. 

Les frais d'installation de ces produits sur l'emplacement 
qui leur sera affecté, de quelque nature qu'ils soient, seront 
entièrement à la charge des Exposants qui devront pro- 
céder eux-mêmes à cette installation sous la direction de 
la Commission d'organisation. 

Art. 5. — Les envois devront être adressés franco à M. le 
Président de la Commission des Expositions, au local de 
V Exposition d'Horticviture des Champs-Elysées. 

Art. 6. — Chaque Exposant devra se trouver à l'Exposi- 
tion pour contribuer au placement de ses produits dans les 
emplacements qui lui seront assignés; il pourra se faire re- 
présenter par un mandataire. En cas d'absence de l'un et 
de l'autre, la Commission fera déposer les plantes à l'endroit 
désigné par elle, aux frais de l'Exposant, 



DU 25 AU 31 MAI 1888 9 

Art. 7, — L'enlèvement des produits exposés se fera 
sous la surveillance de la Commission des Expositions, le 
31 Mai, les l^"" et 2 Juin ; passé ce délai, la Société se 
trouvera dans la nécessité de les faire enlever aux frais des 
Exposants. 

Art. 8. — Les médailles non réclamées une année après 
le jour de la distribution des récompenses ne seront plus 
délivrées et appartiendront de droit à la Société. 

§ 2. — Jury. 

Art. 1«^^ — Les membres du Jury seront nommés par 
le bureau de la Société. 

Le Jury commencera ses opérations le vendredi 25 Mai, 
à 8 heures du matin. 

Art. 2. — Le Jury sera dirigé dans son ensemble par 
le Président de la Société (Art. 58 du Règlement de la Société). 

Le Secrétaire général remplira près du Jury, dans son 
ensemble, les fonctions de Secrétaire; il sera assisté des 
Secrétaires delà Société qui le représenteront près de cha- 
que section, et des membres de la Commission d'organi- 
sation, qui seront seuls chargés de recueillir les observations 
que les Exposants auraient à présenter, et de donner les 
renseignements dont le Jury pourrait avoir besoin. 

Art. 4. — Aucune personne étrangère à la Commission 
des Expositions ne pourra pénétrer dans Tenceinte de 
l'Exposition avant les heures où elle sera ouverte au public. 

Art. 5. — Après le jugement rendu par le Jury, les Expo- 
sants devront placer leur nom et leur adresse sur leurs 
lots, ainsi qu'une pancarte indiquant la nature de la récom- 
pense accordée. Cette pancarte devra rester sur le lot 
pendant toute la durée de l'Exposition, ainsi que le nom 
et l'adresse de l'Exposant (I). 

Art. 6. — Tout Exposant qui refuserait la récompense 

(1) Les p mcartes indiquant la nature des récompenses accordées seront 
à la disposition de MM. les Exposants qui pourront les réclamer au 
bureau du Secrétariat (au siège de l'Exposition), 



10 PROGRAMME DE l'eXPOSITION 

que le Jury lui aurait accordée serait privé du droit de par- 
ticiper à l'Exposition suivante. 

§ 3. — Commission d'oi^ganisation et de surveillance 
de ï Exposition. 

Art. 1". — La Commission des Expositions, constituée 
en Jury d'admission, sera chargée de la réception de tous 
les produits présentés. Elle aura sur eux un droit absolu de 
contrôle et de placement. Elle fixera, en les modifiant, si 
cela est nécessaire, les dimensions de l'espace demandé. 

Elle devra, en outre, refuser l'admission de tout ce qui 
ne lui paraîtra pas digne de figurer à l'Exposition. 

Les Exposants seront tenus de se conformer à toutes les 
mesures d'ordre et d'installation qui leur seront indiquées 
par la Commission, qui aura le droit de décision dans tous 
les cas non prévus au présent Règlement. 

Les soins d'entretien et de nettoyage à donner aux végé- 
taux et objets exposés devront être terminés tous les jours, 
avant dix heures du matin. 

Art. %. — Le Secrétariat de la Société, assisté d'un nom- 
bre suffisant de Commissaires nommés par le Conseil, sera 
chargé de la surveillance de l'Exposition. 

Art. 3. — La Société donnera tous ses soins aux objets 
exposés, mais elle ne répond d'aucune perte ni d'aucun 
dégât ne provenant pas de son fait. 

Aucune autorisation de livraison de plantes ou de pro- 
duits exposés ne sera accordée avx Eœposants pendant la 
durée de VExposition. 

Les Exposants seront personnellement responsables des 
accidents qui pourraient arriver, par leur faute, dans l'en- 
ceinte de l'Exposition. 

Tout Exposant, reconnaît de fait avoir pris connaissance 
des présents règlement et programme, et y adhérer. 

Approuvé en séance du Conseil, le 9 Février 1888. 

Le Secrétaire général, Le Pî^ésiâent, 

A. Bleu. Léon Say. 



DU 25 AU 31 MAI 1888 11 

La Société ouvre les Concours suivants : 

§ 1". PLANTES DE SERRES 

A. — PLANTES NOUVELLES 

Premier Concours. — Une ou plusieurs plantes fleuries ou à feuil- 
lage introduites le plus récemment en Europe. 

2^ Concours. — Une ou plusieurs plantes fleuries ou à feuillage 
introduites directement en France. 

3° Concours. — Lot de plantes hybrides dont les parents seront 
indiqués. 

4° Concours. — Une ou plusieurs plantes fleuries ou à feuillage, 
ligneuses ou herbacées, obtenues de semis par l'exposant et non 
encore dans le commerce. 

B. — BELLE CULTURE 

5<3 Concours. — Une plante fleurie ou à feuillage que la bonne cul- 
ture aura fait arriver le plus près de son maximum de développement. 

6"^ Concours. — De quatre à dix plantes fleuries ou à feuillage les 
plus remarquables par leur forme et leur développement. 

7^ Concours. — Le plus beau lot de vingt piaules à feuillage orne- 
mental remarquables par leur développement. 

8" Concours. — Le plus beau lot composé de vingt plantes diverses 
fleuries. 

C. — CULTURE SPÉCIALE 

9^ Concours. — La plus belle collection de cinquante plantes fleu- 
ries ou à feuillage cultivées en vue de l'approvisionnement des mar- 
chés. 

D. —PLANTES EN COLLECTIONS 

10« Concours. — La plus belle collection de cinquante plantes de 
serre chaude. 

11^ Concours. — La plus belle collection de vingt-cinq plantes de 
serre chaude. 



12 PROGRAMME DE L EXPOSITION 

12^ Concours. — La plus belle collectioQ de quarante plantes de 
serre tempérée. 

13° Concours. — La plus belle collection de trente plantes de serre, 
à feuillage coloré, panaché, maculé, etc., autres que Bégonia, Cala- 
dhim, Crotons, Dracœna et Maranta. 

\.¥ Concours. — La plus belle collection d'Orchidée? exotiques en 
fleurs. 

15^ Concours. — La plus belle collection de trente Orchidées exo- 
tiques en fleurs. 

16^ Concours. — La plus belle collection de douze Orchidées exo- 
tiques en fleurs. 

17^ Concours. — Le plus beau lot d'Orchidées exotiques en 
fleurs. 

18^ Concours. — La plus belle collection de Cypripedium en fleurs, 

19^ Concours. — La plus belle collection de soixante Gloxinias 
{Ligeria). 

20° Concours. — Le plus beau lot de cent Gloxinias {Ligeria) variés. 

21® Concours. — La plus belle collection de Tydxa, Nœgelia, Achi- 
menés et autres Gesnéracées, à l'exception des Gloxinias {Ligeria). 

22*^ Concours. — Le plus beau lot d'Ixoras. 

23° Concours. — Le plus beau lot de Bouvardias. 

24« Concours. — La plus belle collection de Broméliacées fleuries 
ou non fleuries. 

25° Concours. — Le plus beau lot de Broméliacées fleuries. 

26^ Concours. — La plus belle collection de Bégonia tubéreux, à 
fleurs simples. 

27° Concours. — Le plus beau lot de Bégonia tubéreux de semis 
à fleurs simples. 

28° Concours. — La plus belle collection de Bégonia tubéreux, 
à fleurs doubles. 

29° Concours. — Le plus beau lot de Bégonia tubéreux de semis 
à fleurs doubles. 

30° Concours. — La plus belle collection de cinquante Bégonia 
rhizomateuxà feuilles ornementales. 

31^ Concours. — La plus belle collection de vingt-cinq Bégonia 
rhizomateux, à feuilles ornementales [Rex, etc.). 



DU 25 AU 31 MAI 1888 VS 

32° Concours. — La plus belle collectioû de vingt-cinq plantes 
grimpantes de serre, en fleurs ou non. 

33^ Concours. — La plus belle collection de quarante Aroïdées, à 
l'exception des Caladium. 

34° Concours. — La plus belle collection de vingt Aroïdées, à 
l'exception des Caladium. 

35® Concours. — La plus belle collection de Caladium. 

36° Concours. — La plus belle collection de quarante Caladium. 

37° Concours. — Le plus beau lot de vingt-cinq Caladium. 

38° Concours. — La plus belle collectioû de vingt-cinq Marantées. 

39° Concours. - La plus belle collection de Crotons [Godiseum). 

40° Concours. ~ La plus belle collection de vingt-ciuq Crotons 

[Godideum). 

41° Concours. — La plus belle collection de Dracœna, 

42° Concours. — La plus belle collection de Bracdena à feuillage 
coloré. 

43° Concours. — La plus belle collection de vingt Dracaena. 

44° Concours. — La plus belle collection de Fougères arbores- 
centes, en forts exemplaires. 

45° Concours. — La plus belle collection de Fougères translucides, 
telles que Todea, Tnchomanes^ etc. 

46® Concours. — La plus belle collection de Fougères herbacées 
de serre. 

47° Concours. — Le plus beau lot de Fougères herbacées de terre 

48® Concours. — La plus belle collectioû de Selaginelles. 

49° Concours. — La plus belle collection de trente Palmiers. 

50° Concours. — La plus belle collection de quinze Palmiers. 

51^ Concours. — Le plus beau lot de vingt-cinq Palmiers cultivés 
en plein air dans le midi de la France. 

52° Concours. — La plus belle collection de Cycadées. 

53° Concours. — La plus belle collection de Pandanées. 

54° Concours. — La plus belle collection de iSepenthes. 

55° Concours. — Le plus beau lot de Nepenthes. 

56° Concours. — La plus belle collection de plantes dites carni- 



14 PROGRAMME DE L EXPOSITION 

vores : Sarracenia, Cephalotus, Dionxa, Barlingtoniay Drosera, Droso- 
phyllum. 

57° Concours. — La plus belle collection de cinquante Coleus, 

58° Concours. — Le plus beau lot de cinquante Coleiis, 

59° Concours. — La plus belle collection d'Euphorbia cacti- 
formes. 

60° Concours. — La plus belle collection de soixante Cactées 
fleuries ou non fleuries. 

61° Concours. — Le plus beau lot de Cactées fleuries. 

62° Concours. — Le plus beau lot de cent Galcéolaires her- 
bacées. 

63° Concours. — Le plus beau lot de cinquante Calcéolaires her- 
bacées. 

64° Concours. — Le plus beau lot de Calceolaria rugosa hybrides. 

65° Concours. — Le plus beau lot de cinquante Cinéraires simples 
variées. 

66° Concours. — Le plus beau lot de vingt-cinq Cinéraires doubles 
variées. 

67° Concours. — Le plus beau lot de cinquante Cinéraires hybrides 
naines . 

68° Concours. — La plus belle collection de soixante Pelargonium 
à grandes fleurs, simples, doubles ou de fantaisie. 

69° Concours, — La plus belle collection de soixante Pelargonium 
zonale et inquinans à fleurs simples. 

70° Concours. — La plus belle collection de trente Pelargonium 
zonale et inquinans à fleurs simples. 

71° Concours. — La plus belle collection de soixante Pelargonium 
zonale et inquinans à fleurs doubles. 

72° Concours. — La plus belle collection de trente Pelargonium 
zonale et inquinans k fleurs doubles. 

73° Concours. — Le plus beau lot de cinquante Pelargonium zonale 
et inquinans à feuilles panachées. 

74° Concours. — Le plus beau lot des meilleurs Pelargonium pour 
massifs . 

75° Concours. — La plus belle collection de trente Pelargonium à 
feuilles de Lierre, vertes ou panachées, à fleurs simples ou doubles. 



DU 25 AU 31 MAI 1888 15 

76<= Concours. — Le plus beau lot de Pelargonium à feuilles de 
Lierre . 

77° Concours. — La plus belle collection de i«7i^fma fleuris. 

78*^ Concours. — La plus belle collection de Verveines fleuries. 

79« Concours. — Le plus beau lot de Verveines fleuries. 

80^ Concours. — La plus belle collection d'Héliotropes. 

81^^ Concours. — Le plus beau lot d'Héliotropes. 

82° Concours. — La plus belle collection de soixante Pétunia en 
variétés nommées, fleuries, simples ou doubles. 

83° Concours. — Le plus beau lot de Pétunia pour massifs. 

84° Concours. — La plus belle collection de vingt-cinq Fuchsia. 

85° Concours. — La plus belle collection de trente Amaryllidées. 

86° Concours. — Le plus beau lot à'RimantopMjllum ou Clivia 
variés, en fleurs. 

87° Concours. — La plus belle collection de vingt-cinq Bruyères : 
Erica ou Epacris. 

88° Concours. — Le plus beau lot de Bruyères : Erica ou Epacris. 

89° Concours. — La plus belle collection de soixante Azalées de 
rinde. 

90° Concours. — La plus belle collection de trente Azalées de l'Inde. 

91° Concours. — Le plus beau lot de cinquante Azalées de l'Inde. 

92« Concours. — La plus belle collection de Rhododendrons de 
l'Himalaya. 

93° Concours. — La plus belle collection de plantes de la Nouvelle- 
Hollande. 

94° Concours. — La plus belle collection d'Orangers, Citronniers, 
Cédratiers et Myrtes en fleurs. 

95° Concours — La plus belle collection d'Araliacées. 

96° Concours. — La plus belle collection d'Echeveria, 

97° Concours. — La plus belle collection d'Agaves. 

98- Concours. — La plus belle collection d'Aloe. 

99° Concours. — Le plus beau lot d'Aloe en fleurs. 

100° Concours. — La plus belle collection de Yucca. 

101° Concours. — La plus belle collection de Phormium. 



16 PROGRAMME DE l'eXPOSITION 

102*^ Concours. — Le plus beau lot de Phormium variés. 

103° Concours. — Le plus beau lot d'Araucaria variés. 

104'^ Concours. — La plus belle collectiou de plantes industrielles 
de serre. 

lOS*^ Concours. — La plus belle collection de plantes officinales 
deserre. 

E. — CONCOURS ENTRE AMATEURS 

106^ Concours. — La plus belle collection de plautes de serre, fleu- 
ries ou non, à quelque genre qu'elles appartiennent, présentée par 
des amateurs. 

107*^ Concours. — Le plus beau lot de plantes de serre présenté 
par des amateurs. 



§ 2. PLANTES DE PLEINE TERRE 

F. - PLANTES NOUVELLES 

108° Concours. — Une ou plusieurs plantes fleuries ou à feuillage, 
introduites le plus récemment en Europe. 

109° Concours. — Une ou plusieurs plantes fleuries ou à feuillage, 

introduites directement en France. 

# 

110° Concours. — Lot de plantes hybrides dont les parents seront 
indiqués. 

111e Concours. — Une ou plusieurs plantes fleuries ou à feuillage, 
ligneuses ou herbacées, obtenues de semis par l'Exposant et non 
encore dans le commerce. 

G. — BELLE CULTURE 

112^ Concours. — Une plante fleurie ou à feuillage que la bonne cul- 
ture aura fait arriver le plus près de son maximum de développe- 
ment. 

113° Concours. — De quatre à dix plantes les plus remarquables par 
leur forme et leur développement, 

114"^ Concours. — Le plus beau lot de vingt plantes à feuillage 
ornemental, remarquables par leur développement. 

115^ Concours. — Le plus beau lot composé de vingt plantes 
diverses fleuries, à quelque catégorie qu'elles appartiennent. 



DU 25 AU 31 MAI 1888 17 



H. — CULTURE SPÉCIALE 

116'' Concours. — La plus belle collection de plantes marchandes 
fleuries. 

117® Concours. — La plus belle collection de cinquante plantes 
fleuries ou à feuillage, spécialement cultivées pour l'approvisionne- 
ment des marchés. 

L — PLANTES EN COLLECTIONS 

118e Concours. — La plus belle collection de cinquante Coni- 
fères . 

<*• 
119^ Concours. — La plus belle collection de vingt-cinq Conifères. 

120^ Concours. — La plus belle collection de douze Conifères à 
!r lillage panaché. 

121<= Concours. — Laplus belle collection de Bambous. 

122° Concours. — La plus belle collection de cinquante arbres ou 
arbustes à feuillage persistant, vert ou panaché. 

123^ Concours. — Le plus beaulotde vingt-cinq arbres ou arbustes 
à feuillage persistant vert ou panaché. 

124^ Concours. — Le plus beau lot de viugt-cinq arbres ou arbustes 
à feuillage décoratif, non persistant. 

125^ Concours. — La plus belle collection d'arbres pleureurs. 

126*^ Concours. — Le plus beau lot de douze Magnolia à feuilles 
persistantes. 

127^ Concours — Le plus bel apport de six Lauriers d'Apollon, 
remarquables par leur forme et leur développement. 

128® Concours. — La plus belle collection d'Érables japonais. 

129® Concours. — La plus belle collection d'Aucuba. 

130° Concours. — La plus belle collection de soixante Rhododen- 
drons. 

131^ Concours. — Laplus belle collection de trente Rhododendrons. 

132^^ Concours. — La plus belle collection d'Azalées pontiques et 
mollis fleuries. 

133® Concours. — Le plus beau lot de Kalmia fleuris formé de 
quinze plantes. 



18 PROGRAMME DE l'eXPOSITION 

134^ Concours. — La plus belle collection d'arbres ou arbustes 
d'ornement fleuris. 

ISB'^ Concours. — Le plus beau lot d'arbres ou arbustes d'ornement 
fleuris. 

136^ Concours. — La plus belle collection de cinquante Clématites 
fleuries. 

137° Concours. — La plus belle collection de vingt-cinq Clématiles 
fleuries, 

ISS'' Concours. — La plus belle collection de cent cinquante Rosiers 
haute tige, en fleurs. 

133° Concours. — La plus belle collection de soixante-quinze Ro- 
siers haute lige, en fleurs. 

140^ Concours. — La plus belle collection de cinquante Rosiers thés 
haute tige, en fleurs. 

141« Concours. — La plus belle collection de cent cinquante Ro- 
siers basse tige, greffés ou francs de pied, en fleurs. 

142*^ Concours. — La plus belle collection de soixante-quinze Ro- 
siers basse tige, greffés ou francs de pied, en fleurs. 

143^ Concours. — La plus belle collection de cinquante Rosiers 
thés, basse tige, en fleurs. 

144" Concours. — La plus belle collection de Rosiers grimpants. 

145e Concours. —La plus belle collection de vingt Pivoines ligneu- 
ses. 

146^ Concours. — La plus belle collection de cinquante Pivoines 
herbacées, officinales ou paradoxales. 

147*^ Concours. — La plus belle collection de Liliacées fleuries. 

148*^ Concours. — La plus belle collection de Gladiolus cardinaliSj 
ramosus, etc. 

149« Concours. — La plus belle collection d7rî'sgerma?zïca et variétés. 

150^ Concours. — La plus belle collection d'Iris Xiphium et autres, 
à bulbes. 

ISl'' Concours. — La plus belle collection de cent Œillets. 

152° Concours. — La plus belle collection de Giroflées quaran- 
taines {Matthiola annua, incana, grœca). 

153'' Concours. — Le plus beau lot de Giroflées quarantaines. 



DU 2o AU 31 MAI 1888 ly 

154" Concours. — La plus belle collection de Giroflées {Cheiranthus 
Cheiri). 

155*^ Concours. — Le plus beau lot d'Auricules variées {Friniula 
auricula). 

156'' Concours. — Le plus beau lot de Primevères du Japon {Pri- 

mula ja^jonka). 

157° Concours. — Le plus beau lot de Primula cortusoides en variétés. 

158° Concours. — Le plus beau lot de Reseda (cinquante pots). 

159° Concours. — Le plus beau lot de Reseda (vingt-cinq pots). 

160^ Concours. — Le plus beau lot de Pensées, en cent plantes va- 
riées. 

161« Concours. — Le plus beau lot de Pensées réunies par cou- 
leurs. 

162° Concours. — La plus belle collection de plantes vivaces fleu- 
ries et à feuillage. 

163° Concours. — Le plus beau lot de plantes vivaces fleuries ou 
à feuillage. 

164° Concours. — La plus belle collection de plantes annuelles et 
bisannuelles fleuries. 

165« Concours — La plus belle disposition d'un massif ou d'une 
corbeille de plantes fleuries, annuelles et vivaces. 

166° Concours. — La plus belle collection de Fougères de plein air. 

167° Concours. — Le plus beau lot de Fougères de plein air. 

168° Concours. — La plus belle collection de plantes aquatiques. 

169° Concours. — La plus belle collection déplantes vivaces pour 
rocailles, à l'exception des Fougères. 

170° Concours. — Le plus beau lot d'Orchidées de pleine terre. 

171° Concours. — Lapins belle collection de plantes alpines. 

172° Concours. — Le plus beau lot de Muguet. 

173° Concours. — Le plus beau lot de Capucines. 

174° Concours. — La plus belle collection de plantes ligneuses pour 
rocailles. 

175° Concours — Les plus beaux motifs de mosaïculture. 

176° Concours. — La plus belle collection de plantes spécialement 
employées pour la mosaïculture. 



20 PROGRAMME DE L'eXPOSITION 

177<= Concours. — La plus belle colleclion de plantes industrielles : 
textiles, tinctoriales, oléagineuses, etc. 

178« Concours. — La plus belle collection de plantes officinales. 



J. — CONCOURS ENTRE AMATEURS 

179'^ Concours. — La plus belle collection de plantes fleuries ou 
non, à quelque genre qu'elles appartiennent, présentée par des ama- 
teurs. 

180e Concours. — Le plus beau lot de plantes de pleine terre plan- 
tées par des amateurs. 

K. - FLEURS COUPÉES 

181^ Concours. — La plus belle collection de cent Roses. 

182° Concours. — La plus belle collection de cinquante Pi- 
voines. 
183'' Concours. — La plus belle collection de cinquante Iris. 

184" Concours. — La plus belle collection d'Anémones et Renon- 
cules, 

185' Concours. — Lapins belle collection de plantes bulbeuse^ di- 
verses. 

ISG*" Concours. — La plus belle collection de plantes non bulbeuses 
diverses. 

187*^ Concours. — La plus belle collection de fleurs coupées prove- 
nant des cultures du midi de la France. 

L. _ BOUQUETS ET GARNITURES D'APPARTEMENTS (I) 

188' Concours — La plus belle garniture de fleurs d'un salon. 

189" Concours. —La plus belle garniture d'un surtout de table 
(milieu et deux bouts). 

190^^ Concours. — La plus belle ornementation en fleurs de motifs 
ou sujets divers. 

(i) ?<OTA. — MM. les Exposanls de tleurs co;ipées sont tenus de remplacer 
leurs ap, orls aussi souvent que cela sera nécessaire. 



DU 25 AU 31 MAI 1888 21 

191® Concours. — Le plus beau lot de bouquets variés. 

192« Concours. — Les plus belles garnitures de jardinières et de 
suspensions d'appartement, bûches rustiques ornées de plantes à feuil- 
lage, etc. 

193® Concours. — Le plus beau lot de plantes pour suspensions. 

194® Concours. — Le plus beau groupement de fleurs dans des 

vases ou objets d'art. 

195"^ Concours. — La plus belle collection de petites planles-'vertes 
décoratives ne dépassant pas 0,50 centimètres de hauteur, employées 
pour les garnitures de jardinières, corbeilles, suspensions, etc. 

§ 3. ARBORICULTURE ET FRUITS 

196® Concours. — Le plus beau lot d'arbres et arbustes fruitiers 
forcés, en pots, portant leurs fruits. 

197® Concours. — Le plus beau lot de Vignes en pots, avec Raisins 
à maturité. 

198® Concours. — Le plus beau lot de Raisins forcés. 

199° Concours. — La plus belle collection de fruits mûrs forcés. 

200° Concours, — Le plus beau lot de fruits comestibles conservés 
frais, à l'exception des Raisins. 

201° Concours. — Le plus beau lot de Raisins conservés frais. 

202^ Concours. — La plus b 'lie collection de fruits. exotiques, com- 
prenant au moins vingt variétés. 

203« Concours. — La plus belle collection d'arbres fruitiers élevés 
en pots, de force à fructifier. 

§ 4. CULTURE MARAICHERE 

204° Concours. — La plante légumière la plus récemment intro- 
duite en France. 

205° Concours. — Une ou plusieurs plantes légumières obtenues 
de semis par l'exposant, non encore dans le commerce. 

206° Concours. — Une ou plusieurs plantes légumières obtenues 
par l'exposant, pendant les cinq dernières années, qui seront recon- 
nues très recommandables et qui, bien que dans le commerce, n'au- 
raient encore obtenu aucune récompense dans les Expositions. 



2:2 programma: de l'exposition 

207e Concours. — Le plus beau lot d'ensemble de légumes et Sa- 
lades forcés de la saison. 

208° Concours. — La plus belle collection de Salades. 

209° Concours. — Les plus beaux Melons Cantaloups, arrivés à 
maturilé. 

210° Concours. — Le plus beau lot de Melons variés autres que les 
Cantaloups. 

211° Concours. — Les quatre plus belles bottes d'Asperges. 

212° Concours. — La plus belle collection de Pommes de terre à 
châssis, plantes entières, tiges et tubercules adhérents. 

213° Concours. — Le plus beau lot de Pois à châssis. 

214° Concours. — Le plus beau lot de Haricots à châssis. 

215° Concours. — Le plus beau lot de Carottes et Navets à châs- 
sis. 

216° Concours. — Le plus beau lot de Navets à châssis. 

217û Concours. — Le plus beau lot de Choux-fleurs (au moins 
quatre spécimens de chaque variété). 

218° Concours. — La plus belle collection de Choux pommés. 

219*3 Concours. — La plus belle collection de Solanées comes- 
tibles : Tomates, Aubergines, Piments, etc. 

220^ Concours. — La plus belle collection de Fraisiers en pots, 
avec fruits à maturité. 

221° Concours. — Les plus belles corbeilles de Fraises, en variétés 
distinctes. 

222° Concours. — Le plus beau lot d'Ananas, à l'état de maturité 
(six plantes au moins). 

223« Concours. — Le plus beau lot de Champignons, avec mode 
de culture. 

224° Concours. — La plus belle collection de légumes exotiques. 



§ 5. INSTRUCTION HORTICOLE 

225« Concours. — Herbiers. 

226^ Concours. — Collection d'histoire naturelle pouvant servir à 
l'enseignement horticole. 



DU 2o AU 31 MAI 1888 2'S 

227^ Concours. — Collection de planches ou dessins pouvant ser- 
vir à l'enseignement horticole. 

228® Concours. — Collection de plantes artificielles pouvant servir 
à l'enseignement. 

229'' Concours. — Collection de fruits et de légumes imités. 

Les ouvrages concernant l'Horticulture, les publications horticoles, 
ainsi que les plans de Jardins, pourront figurer à l'Exposition. 



§ 6. ARTS ET INDUSTRIES HORTICOLES 



Seront admis à TExposilion tous les objets et produits des Arts et 
Industries se rapportant directement à l'Horticulture et classés dans 
les quatre sections ci-dessous : 

l"""^ Section. — Serres, Châssis, Appareils de chaufTage pour serres, 
Vitrerie, Claies à ombrer. Paillassons, Paniers à Orchidées, Vitrerie, 
Grilles, Ponts en fer, Kiosques en fer. Grillages et Treillages en 
fer. 

2^ Section, — Pompes et Appareils d'arrosage. Vaporisateurs, 
Pulvérisateurs, Tondeuses, Colliers pour arbres, Meubles de jardin et 
d'ornementation. 

3° Section. — Constructions rustiques, Rochers, Grottes, Ouvrages 
en ciment. Kiosques et Ponts en bois. Treillages et Grillages en bois, 
Tuteurs, Raidisseurs, Caisses et Bacs, Contre-espahers. 

4*^ Section. — Coutellerie et Quincaillerie horticoles. Outils de 
jardin, Optique, Poteries usuelles. Poteries et Faïences d'art. Jardi- 
nières, Cache-pots, Porte-fruits, Insecticides, Mastics à greffer, Éti- 
quettes pour plantes. Terre de bruyère, Engrais. 

Les autres produits non désignés ci-dessus, mais pouvant se rap- 
porter à l'Horticulture, seront soumis à l'appréciation de la Commis- 
sion, qui se réserve le droit absolu de les admettre ou de les refuser. 



-24 PROGRAMME DE l'eXPOSITION 



RÉCOMPENSES 



Les produits et objets exposés pourront motiver une récompense 
toutes les fois qu'une expérimentation ne sera pas nécessaire pour en 
apprécier la valeur. 

JS. B. — MM. les Exposants sont prévenus à nouveau que leurs 
demandes d'admission devront indiquer : 

i° L'emplacement qui leur est nécessaire (longueur et largeur) ; 

2° La section dans laquelle ils peuvent concourir; 

3" La liste exacte des objets qu'ils désirent exposer, en les classant 
dans leur section respective. 

Les demandes qui ne rempliront pas ces conditions ne seront pas 
acceptées. 



DU 26 AU 31 MAI 1888, 
OBJETS DES CONCOURS 

PAR ORDRE ALPHABÉTIQUE 



Numéros 
des Concours. 

Agaves 97 

AÎoe 98 

Amarvllidées 85 

Ananas 22-2 

Anémones 184 

Araliacces 9o 

Araucaria i03 

Arboriculture 196-203 

Âri)res ei arbustes à feuil- 
lage 106-107 

Arbres fruitiers en pots . . 49G-203 
Arbres fruitiers forcés. ... 196 
Arbres et arbustes fleuris . . 118 

Arbres pleureurs 125 

Aroïdées 33-34 

Arts horticoles p. 19 

Asperges 211 

Aucuba 129 

Auricules 155 

Azalées de l'Inde 89-90-91 

Azalées pontiques et mollis. . 132 

Bambous 121 

Bégonia 2o-3l 

Bouquets 188-195 

Bouvardia 23 

Broméliacées 24-25 

Bruyères 87-88 

Cactées 60-61 

Caladium 35-37 

Calcéolaires 62-64 

Capucines 173 

Carottes 215 

Champignons 223 

Choux-fîeurs 217 

Choux pommés 218 

Cinéraires 65-67 

Clématites 136-137 

Coleus , 57-o8 

Collection d'amateur (serre). 106-107 
Collection d'amateur (pleine 

terre) 179-180 

Collection d'histoire naturelle 226 

Conifères 118-120 

Crotons 39-40 

Culture maraîchère .... 204-224 

Cycadées 52 

Cypri podium 18 

Dracsena 41-44 

Echeveria 96 

Erables japonais 128 

Euphorbes cactiformes .... 59 
Fleurs provenant du midi 
de la France 187 



x^uraéros 
des Concours. 

Fleurs coupées 181-187 

Fougères de serre 44-46 

Fougères de pleine terre. . . 47 

Fraises 221 

Fraisiers 220 

Fruits comestibles 200 

Fruits exotiques 202 

Fruits imités 229 

Fuchsia 84 

Garnitures 188-195 

Gesnéiacées 21 

Giroflées 152-154 

Glaïeuls 148 

Gloxinia 19-20 

Haricots 214 

Héliotropes 80-81 

Heibiers 225 

Himantophyllum 86 

Industries horticoles p. I9 

Instruction horticole .... 225-229 

Iris ind 

Ixora 22 

Kalmia 133 

Lantana . 77 

Lauriers . 127 

Légumes, collections. . . . 204-224 

Légua- es exotiques 224 

Légumes forcés 207 

Légumes imités 229 

Légumes, introduction. . 204-206 
Légumes nouveaux, semis . . 205 

Liliacées 147 

iMagnoIia 126 

Marantées 38 

Massifs de plantes fleuries. . 165 

Melons 209-210 

Mosaïcullure 175-176 

Muguet 172 

Navets 215-216 

Nepenthes 54-55 

Œillets 151 

Orangers, etc 94 

Orchidées 14-17 

Orchidées de pleine terre. . . 170 

Palmiers 49-51 

l*andanées 53 

Pelargonium. . . 68-76 

Pensées 160-161 

Pétunia 82-83 

Phormiura ... 101-102 

Pivoines 145-146 

Planches ou dessins 227 

Plantes artificielles 228 



-2Q 



PROGRAMME DE L EXPOSITION 



Numéros 
des Concours. 

Plantes alpines 171 

Plantes annuelles 164 

Plantes aquatiques 168 

Plantes bulbeuses 183 

Plantes carnivores o6 

Plantes de belle culture. . . . o-8 
112-115 
Plantes grimpantes de serre. 32 
Plantes industrielles de serre. 104 
Plantes industrielles de pleine 

terre 177 

Plantes marchandes. . . . 116-117 
Plantes de la Nouvelle- Hol- 
lande 93 

Plantes de nouvelle introduc- 
tion 108-111 

Plantes nouvelles de serais. . 1-1 0-o 
Plantes officinales de serre. . 103 
Plantes officinales de pleine 
terre . 178 



Numéros 
des Concours. 
Plantes pour rocailles. ... 174 
Plantes pour suspensions . . 193 

Plantes de serre 1-107 

Plantes de serre à feuilles co- 
lorées 13 

Plantes vivaces 162 

Pois 213 

Pommes de terre 212 

Raisins 198 

Renoncules 184 

Réséda 138-139 

Rhododendrons. . . 92 et 130-131 

Roses 181 

Rosiers 138-144 

Salades 207-^08 

Sélaginelles 48 

Solanées comestibles 219 

Verveines 78-79 

Vignes forcées 198 

Yucca 100 



CONGRES HORTICOLE EN 1888 



La Société nationale d'Horticulture de France a décidé qu'un 
Congrès horticole aurait lieu à Paris, en 1888, comme les années 
précédentes, pendant la durée de l'Exposition annuelle du mois 
de mai. La Commission d'organisation fait appel aux Sociétaires 
pour assurer le succès de ce nouveau Congrès ; elle les prie d'en- 
voyer le texte de nouvelles questions à traiter et surtout des 
mémoires préliminaires sur les questions qui sont restées à 
l'étude lors des derniers Congrès. Les adhésions et les mémoires 
seront reçus dès maintenant avec reconnaissance. Des démarches 
seront faites pour obtenir des Compagnies de chemins de fer, 
comme les années précédentes, la réduction de 50 0/0 pour les 
Sociétaires se rendant au Congrès. 



♦- 



CONCOURS OUVERTS DEVANT LA SOCIÉTÉ, EN 1888 



Concours 'permanent. 

Prix Laisné. Pour l'élève le plus méritant de l'École d'Horticulture 
des Pupilles de la Seine. (V. le Journal^ 3« sér., lY, 1882, p. 631 
et 753.) 

Concours annuels. 

Médaille du Conseil tV Administration . Pour l'introduction ou l'obten- 
tion de Plantes ornementales méritantes. (V. le Journal, 2* série, 
XI, 1877, p. 445.) 

Médaille Pellier. Pour le plus beau lot de Pentstemon. 



28 compte rendu 

Compte rendu des travaux de la Société nationale 
d'Horticulture de France pendant l'année 1887, 

par M. P. Duchartre. 

Messieurs, 

C'est avec un sentiment de vive satisfaction que j'aborde 
aujourd'hui l'exposé réglementaire de la marche et des tra- 
vaux de notre Société pendant le cours de l'année 1887; c'est en 
effet que, comme j'espère l'établir dans ce Compte rendu, cette 
année a été pour elle aussi honorable qu'avantageuse : hono- 
rable, parce que tous les travaux qu'elle a entrepris pendant 
cette période ont pu être menés par elle à bonne fin; avanta- 
geuse, parce que, durant ce même espace de temps, elle a pris 
un accroissement considérable, supérieur même à celui dont elle 
avait pu se féliciter pendant les plus heureuses des années 
précédentes. Pour donner une idée de l'importance et de la 
diversité de ses travaux, il sufBra de rappeler qu'elle a tenu 
deux Expositions, l'une générale, du 25 au 30 mai, l'autre 
exclusivement horticole, du 29 septembre au 3 octobre, qui ont 
été couronnées l'une et l'autre d'un plein succès, et d'ajouter 
que le résultat durable de son activité intérieure a été la publi- 
cation d'un volume de son Journal qui ne comprend pas moins 
de 53 feuilles et demie, ou 856 pages, et auquel le Congrès orga- 
nisé par elle a fait encore annexer un supplément de 204 pages. 
Quant à l'accroissement réalisé par elle pendant l'année 1887, 
il forme le terme le plus élevé de la progression continue qu'elle 
suit depuis longtemps; il nous adonné 225 nouveaux collègues, 
parmi lesquels nous sommes flattés de compter 9 Dames patron- 
nesses. Considéré en lui-même, ce chiff're considérable montre 
combien s'étend dans notre pays le goût et la pratique de 
l'Horticulture; mais il devient encore plus éloquent à cet égard 
lorsqu'on le compare à ceux qui ont été relevés pour les années 
précédentes. En eflet^ le nombre des admissions prononcées 
avait été de 154 en 1883; il s'est élevé à 176 en 1884, à 185 en 
1885, à 210 en 1886, pour arriver à 225 en 1887. Une marche 
si nettement ascendante est certainement de nature à satisfaire 



DES TRAVAUX DE LA SOCIÉTÉ Ei\ 1887. ^9 

aux vœux même les plus impatients pour le progrès de Tart 
horticole en France. 

Je n'ai pas à m'occuper, dans ce Compte rendu, des deux 
Expositions qui ont été tenues, cette année, par la Société 
nationale d'Horticulture. Elles ont été décrites en détail dans 
une série de Comptes rendus spéciaux qui ont trouvé place dans 
le Journal. Je dois donc me borner à rappeler ici : 1" que, rela- 
tivement à celle du mois de mai, les Rapporteurs ont été : pour 
les Plantes de terre (p. 701), M. Duchartre (P.) ; pour les Plantes 
de plein air et pour l'Arboriculture fruitière (p. 723), M. Ghatenay 
(Abel); pour les Produits variés des Industries qui se ratta- 
chent à l'Horticulture (p. 732), M. Lebœuf (P.); 2<^ que, de 
son côté, celle d'automne a été décrite par M. Michelin, qui 
s'est occupé des Fruits et des Arbres fruitiers (p. 741), et par 
M. Duchartre (P.), qui en a fait connaître la composition en 
Plantes fleuries ou à feuillage ornemental (p. 751). H est vive- 
mentà regretter que M. Dybowski, qui avait bien voulu se char- 
ger de rendre compte de la nombreuse série des lots légumiers 
qu'on avait admirés dans les deux Expo.'^itions, ait été mis, par 
une douloureuse maladie, dans l'impossibilité absolue de remplir 
cette mission au moment convenable. H n'est peut-être pas hors 
de propos défaire observer que le Bureau et le Conseil d'Admi- 
nistration ayant décidé, l'an dernier, que désormais, toutes les 
fois que la Société tiendra deux Expositions dans le cours de la 
même année, la distribution des récompenses décernées à l'occa- 
sion de l'une et l'autre aurait lieu en même temps, au mois de 
novembre, il en est résulté l'impossibilité matérielle de donner 
lecture, pendant cette unique séance, des nombreux Comptes 
rendus spéciaux dont elles ont dû être l'objet ; mais, comme d'un 
autre côté, il semblait difficile de passer entièrement sous silence 
ces deux grandes manifestations horticoles dans une solennité 
dont elles étaient le motif, la difficulté qui se présentait à cet 
égard a été levée par la lecture, à cette séance solennelle, d'un 
résumé succinct dans lequel on exposait les conditions dans 
lesquelles ont été organisées et tenues les deux Expositions de 
l'année ainsi que les traits principaux par lesquels chacune 
d'elles a été caractérisée. Ce résumé, rédigé par M. Duchartre(P.), 



30 COMPTE REXDU 

a paru dans \q Journal (p. 623) sous le tiire de : Aperçu général 
des deux Expositions tenues à Paris en 1887. 

]. — he Journal, qui est le résultat principal et le plus durable 
de l'activité de notre Société, a paru, pendant l'année 1887, 
avec son invariable régularité, et l'abondance des documents 
qui ont dû y trouver place a été telle qu'il a formé cette fois un 
volume de 1060 pages, dépassant par conséquent en étendue 
tous ceux qui avaient été publiés jusqu'à ce jour. La division des 
matières qui a été adoptée de longue date dans notre publication 
mensuelle a été maintenue sans modification dans le nouveau 
volume qui, par suite, peut être regardé comme formé de deux 
grandes sections dissemblables d'origine comme d'étendue : 
l'une, peu développée et puisée à des sources étrangères, sous 
le titre général de Revue bibliographique, a pour objet principal 
de faire connaître les acquisitions dont s'enrichit l'Horticulture 
européenne, ainsi que les plantes qui, trop négligées malgré 
leur mérite réel, sont restées rares dans les collections. A cette 
première catégorie d'informations utiles, elle joint parfois des 
analyses d'articles dont l'intérêt ne saurait être méconnu, et qui 
ont été publiés en dehors de notre Société. L'autre section, qui 
forme en réalité le corps même du Journal, comprend les 
documents qui constituent l'histoire circonstanciée de notre 
Association ou qui sont dus à la plume de ses membres. 

La première de ces deux sections a toujours eu une étendue 
inverse de celle de la seconde, et cette règle constante ne s'est 
pas démentie cette année, pour laquelle la Revue bibliogra- 
phique n'a fourni que 61 pages à un volume qui, comme on l'a 
vu, en compte 1060. Cette énorme disproportion peut être re- 
gardée comme donnant la mesure de l'aetivité qui a été déployée, 
en 1887, dans le sein de notre Société, et elie indique déjà le 
nombre considérable d'écrits de toute nature auxquels cette 
activité a donné naissance. Il est assez curieux de comparer à 
ce même point de vue, avec le volume dont il est question ici, 
ceux qui ont été publiés à l'origine de notre Association^, immé- 
diatement après la fusion des deux Sociétés qui se sont unies 
pour la former^, lorsque l'ardeur "de la jeunesse aurait dû l'ani- 
mer plus que jamais et, par cela même, la rendre exception- 



DKS TRAVAUX DE LA SOCIÉTÉ EN 1887. 31 

nellement féconde. Or, le premier volume du Journal^ qui a 
paru en 1855^ comprend seulement 560 pages dont 165, c'est-à- 
dire plus que le quart, sont occupées par la Revue bibliogra- 
phique, essentiellement destinée alors à dissimuler la pauvrelé 
de la production sociale; celui de 1856 s'étail élevé au chiffre 
de 700 pages; mais il renfermait encore 171 pages d'articles 
empruntés à des sources étrangères, ou près du quart de l'éten- 
due totale. Depuis cette époque, la section bibliographique a 
été, d'année en année, de plus en plus restreinte, tandis que la 
section uniquement sociale de la publication prenait un déve- 
loppement croissant, et la disproportion entre les deux est 
devenue telle que la montre le volume relatif à l'année qui vient 
de finir. 

II. — Les articles de natures très variées qui occupent la 
place de beaucoup la plus large dans notre Journal se ratta- 
chent naturellement à deux grandes divisions : les uns sont 
relatifs à l'histoire de la Société et à ses travaux généraux, tan- 
dis que les autres sont propres à ses membres et émanent de 
leur initiative personnelle. Les premiers sont les procès-ver- 
baux des séances, les Comptes rendus annuels des travaux 
efTectués par l'ensemble de notre Association ainsi que par ses 
Comités, enfin les documents relatifs à nos propres Expositions. 
Quant aux derniers, ils se rangent sous les trois titres géné- 
raux de Notes et Mémoires, de Rapports et de Comptes rendus 
d'Expositions tenues hors de Paris. Le présent Compte rendu a 
pour objet essentiel d'indiquer succinctement quels ont été les 
sujets traités dans les écrits se rapportant à toutes ces caté- 
gories qui ont fourni en très majeure partie la matière du 
volume publié pendant l'année 1887. 

A. x\rticles relatifs à l'histoire de la Société nationale d'Hor- 
ticulture et à ses travaux généraux. 

1o Procès-verbaux des séayices. — Pour toute Société, les pro- 
cès-verbaux des séances renferment son histoire écrite au jour 
le jour, et, en outre, ils font connaître dans tous leurs détails, 
aux membres absents, les réunions auxquelles ils n'ont pu assis- 
ter; ils doivent donc être avant tout précis et exacts. Ce sont là 
les deux caractères que s'est toujours efforcé de donner à ceux 



32 COMPTE RENDU 

de notre Société celui qui est chargé de les rédiger, et il est heu- 
reux de pouvoir déclarer ici que souvent il a été puissamment 
aidé dans l'accomplissement de sa tâche par les renseignements 
que renfermaient de courtes notes jointes à des objets pré- 
sentés, parfois même par ceux qu'il recueillait de la bouche des 
présentateurs. Dans quelques cas aussi^ il a pu joindre aux pro- 
cès-verbaux des notes destinées à faire connaître plus à fond, 
d'après ses propres observations, des plantes ou des fleurs qui, 
en séance, avaient seulement passé rapidement sous les yeux de 
la Compagnie. 

2° Comptes rendus annuels. — Ces documents constituent un 
chapitre important de l'histoire de notre Société en condensant 
dans un cadre restreint le relevé des travaux qui ont été accom- 
plis pendant l'année précédente, tant par la Société considérée 
tout entière que par les Comités à chacun desquels a été con- 
fiée une portion de l'œuvre commune. Quatre de ces Comptes 
rendus figurent dans le volume du Journal publié en 1887 : 
l'un embrasse l'ensemble des travaux exécutés ou publiés par 
la Société en 1886 (p. 2,5) et a pour auteur M. Duchartre (P.); 
les autres sont spéciaux à l'œuvre annuelle de trois Comités et 
sont dus à la plume de M. Michelin pour le Comité d'Arboricul- 
ture fruitière (p. 188), de M. Michel pour le Comité de Floricul- 
ture (p. 387), de M. Touéry pour le Comité des Arts et Industries 
horticoles (p. 105). Il est à regretter que le Comité de Culture 
potagère ait gardé cette fois, relativement à ses travaux de 
l'année, un silence qui n'était pas dans ses habitudes, et, quant 
au Comité d'Arboriculture d'ornement et forestière, à celui de 
l'Art des jardins, ainsi qu'au Comité scientifique, il est à pré- 
sumer que leur organisation récente, peut-être encore incom- 
plète à certains égards, les a seule empêchés de nous signaler 
les travaux qui avaient pu être accomplis dans leur sein. 

3° Documents relatifs aux Expositions et aux Concours orga- 
nisés par la Société. — Les principaux de ceux qui concernent 
les Expositions sont les Comptes rendus, qui en font connaître 
les détails, et on a déjà vu quels sont ceux qui ont été pubHés, 
cette année, à ce sujet. Mais chacune de ces grandes assises hor- 
ticoles est organisée dans des conditions que détermine avec 



DES TRAVAUX DE LA SOCIÉTÉ EN 1887. 33 

toute la précision désirable un programme publié le plus long- 
temps possible à l'avance. Les programmes des deux Expositions 
de Tannée 4887 ont paru dans le Journal, pour celle du mois 
de mai dans le cahier de janvier (p. 5), pour celle de la fm de 
septembre dans celui de juin (p. 337). D'un autre côté, la consé- 
quence nécessaire de toute Exposition étant l'attribution d'un 
nombre considérable de récompenses de tout ordre, les listes 
des récompenses décernées ont trouvé leur place naturelle dans 
notre publication mensuelle, pour l'Exposition du mois de mai 
dans le cahier de juin (p. 348), pour celle d'automne dans le 
cahier de novembre (p. 761). 

Non contente d'organiser deux Expositions pour l'année 1887, 
la Société nationale d'Horticulture avait encore ouvert lin Con- 
cours pour les appareils destinés à répandre les matières soit 
liquides, soit pulvérulentes, à l'aide desquelles on s'efforce 
d'affranchir les végétaux des atteintes des insectes et des Cryp- 
togames parasites. Ce Concours a eu lieu les 14 et 17 mai, devant 
un Jury spécial, qui a consacré ses deux séances à l'examen 
attentif et à la mise en expérience des divers appareils présen- 
tés par les concurrents. Les résultats en ont été exposés par 
M. Ferrouillat dans deux documents successifs, dont l'un 
(p. 325) est le simple procès-verbal des opérations du Jury, 
tandis que l'autre (p. 446) est un Rapport étendu dans lequel 
sont décrits et appréciés avec autant de lucidité que de compé- 
tence tous les appareils mis comparativement à l'essai, qui 
rentraient dans les trois catégories des Vaporisateurs, des Pulvé- 
risateurs et des Insuftlateurs. 

B. — Articles émanant de l'initiative de membres de la So- 
ciété. 

Les écrits que la Société doit à l'initiative de ses membres, et 
qui sont les éléments les plus nombreux ainsi que les plus im- 
portants de son Journal, diffèrent assez entre eux de nature et 
d'objet pour rentrer dans les quatre catégories suivantes : i" les 
Lettres ou Pièces de correspondance; 2° les Notes et Mémoires ; 
3<^ les Rapports ; 4° les Comptes rendus d'Expositions tenues 
hors de Paris. 

1° Lettres. — Parmi les lettres qui, dans le cours de cette 

3 



34 COMPTE RENDU 

ann«^e, ont été adressées à notre Société, deux seulement ont 
paru à la Commission de Rédaction offrir assez d'intérêt pour 
mériter de trouver place dans le Journal. Dans Tune (p. 418), 
M. Bougon du Castel expose par quel procédé et au moyen de 
quel mélange de substances il est parvenu à délivrer des attein- 
tes du Puceron lanigère une plantation considérable de Pom- 
miers qui avait été envahie par ce redoutable insecte ; dans 
Tautre (p. 797), M. le docteur Henneguy nous apprend qu'ui» 
insecte sur la détermination duquel il avait été consulté et qui, 
dans les serres de M. Kegeljan, horticulteur belge bien connu, 
avait sérieusement endommagé les jeunes pousses de divers 
Cattleya, est un Hyménoptère térébrant, nommé Isosoma Catt- 
leyœ, qui a été certainement importé d'Amérique, et contre 
lequel malheureusement il ne connaît pas d'autre moyen de dé- 
fense que de détruire les jeunes pousses des Orchidées dès 
qu'on reconnaît qu'elles en sont infestées. 

2° ]\otes et Mémoires. — La plupart des Associations s'im- 
posent le pieux devoir d'honorer la mémoire de ceux d'entre 
leurs membres que la mort vient de leur enlever ; la Société 
nationale d'Horticulture ne manque jamais à ce devoir et non 
seulement, dans ses séances, par l'organe de son Président, elle 
paye un tribut de regrets à tous les Sociétaires qu'elle a perdus, 
mais encore elle laisse une marque durable de ces regrets soit 
dans les procès-verbaux de ses réunions, soit dans des notices 
spéciales consacrées à ceux des collègues défunts qui se sont le 
plus distingués, à un titre quelconque, dans le domaine de 
l'Art horticole. Dans le cours de l'année qui vient définir, cinq 
de ces Notices nécrologiques, après avoir été lues en séance 
publique, ont été insérées dans le Journal. Elles ont été consa- 
crées : par M. de Vendeuvre (p. 171), à M. Jules Vallerand, 
horticulteur dont le nom restera toujours honoré pour les 
nombreuses créations qu'on lui doit relativement à diverses 
plantes ornementales, particulièrement aux Gloxinias (Ligeria) ; 
par M. Thibaut (p. 382), à M. A. Malet, horticulteur d'un rare 
mérite, Yice-Président honoraire de notre Société, qui, jusqu'à 
un âge avancé, n'a cessé de concourir avec l'ardeur d'un jeune 
homme et avec des succès soutenus, aux progrès de l'Horticul- 



DES TRAVAUX DE LA SOCIÉTÉ EN J887. 35 

ture française ; par M. Hanoteau (p. 630), à M. Gellière, céra- 
miste distingué et membre actif du Comité des Arts et Industries 
horticoles; par M. Jamin (Ferd.) (p. 169), à M. Lesbre, amateur 
d'Arboriculture fruitière, qui avait acquis en cette matière l'ha- 
bileté d'un praticien consommé, et qui, dans le département de 
l'Allier où il avait fixé sa résidence, a puissamment contribué, 
par son exemple et ses conseils, au perfectionnement comme 
à l'extension de la culture fruitière ; par M. Verdier (Eug.) 
(p. 798), à M. Lacharme (Franc.), rosiériste lyonnais bien connu 
pour l'obtention de nombreuses variétés de Rosiers, qui, bien 
que n'appartenant pas à notre Association, lui avait prêté plu- 
sieurs fois, en qualité de Juré, dans ses Expositions, le concours 
de sa parfaite compétence. 

Parmi ceux de nos collègues à qui sont dus les articles ori- 
ginaux publiés cette année dans le Journal, plusieurs ont traité 
des questions d'un intérêt plus ou moins général pour l'Horti- 
culture. Ainsi M. Truffant (Alb.) s'est attaché (p. 54) à déter- 
miner le rang que devraient occuper, selon lui, les produits 
horticoles à l'Exposition internationale de 1789, et M. Joly(Gh.) 
a fait ressortir (p. 61} l'importance de la place que ces mêmes 
produits ont occupée au Concours agricole de 1887. Ce dernier 
collègue nous a, d'un autre côté, fait connaître, dans un second 
article (p. 101), les résultats du concours international pour les 
appareils destinés à répandre sur les plantes les insecticides, 
qui a eu lieu à Florence (Italie), au mois d'octobre 1886 ; puis, 
dans un troisième écrit (p. 306), il nous a donné, en se basant 
sur des documents officiels, le relevé comparatif des importa- 
tions et exportations de la France en produits horticoles, pen- 
dant les années 1884, 1885 et 1886. M. Truffant (Alb.), réunissant 
les observations qu'il avait faites pendant un voyage dans les 
départements des Alpes-Maritimes et du Var, nous a donné un 
aperçu (p. 235) des richesses horticoles que possèdent les jar- 
dins, sous ce climat privilégié, à Hyères, à Cannes, à Nice, etc., 
et s'est attaché surtout à exposer la marche suivie, particuliè- 
rement à Cannes, pour la culture hivernale des Glaïeuls qui, 
bien que toute récente, donne déjà d'excellents résultats. Enfin 
M. Michelin, réunissant dans un article d'un intérêt direct 



36 COMPTE RENDU 

(p. 510) tout ce qu'ont appris de nombreuses expériences faites 
pendant ces dernières années, nous a indiqué les meilleurs 
moyens aujourd'hui connus pour combattre les nombreux enne- 
mis qui attaquent journellement les végétaux'de nos jardins. 

S'attachant à des sujets de plus en plus spéciaux, d'autres 
auteurs ont enrichi notre Journal d'articles instructifs sur des 
questions touchant à des cultures les unes étendues, les autres 
restreintes, ou se sont proposé de décrire soit une variété parti- 
culière, soit même un seul individu végétal. Dans cet ordre 
d'écrits, M. Mouillefer a donné, d'après des observations faites 
par lui avec le plus grand soin, le relevé des effets produits par 
le froid, pendant le rigoureux hiver de 1879-1880, sur de nom- 
breuses espèces ligneuses cultivées à l'École nationale d'Agricul- 
ture de Grignon ; dans un article qui a pris les proportions d'un 
grand mémoire^ M. Bergman (Ern.) a exposé en détail (p. 180 
et 230) la culture qui convient aux Orchidées de serre froide et 
a décrit un grand nombre d'espèces et variétés que comprend 
aujourd'hui cette intéressante catégorie de plantes cultivées; 
M. Schwartz qui, pendant presque toute l'année 1886, avait 
montré à ses collègues une succession de lots de Reines-Margue- 
rites fleuries, a finalement consigné dans une note spéciale 
(p. 99) la marche de la culture à contre-saison qu'il a imaginée 
et suivie avec succès pour arriver à ce résultat inattendu ; 
M. Michel, après une visite de la propriété de M. Lecocq-Dumes- 
nil, à La Chapelle-en-Serval (Oise), a décrit les importantes 
cultures de Dahlias que possède et dirige cet habile amateur, 
ainsi que les gains remarquables qu'il a su obtenir par des 
semis poursuivis avec une fructueuse persévérance ; M. Duval 
(Léon) a donné un excellent exemple en écrivant, dans une note 
intéressante, comment et de quels parents est né dans son éta- 
blissement un beau Vricsea hybride (p. 799) qu'il croit destiné 
à devenir une précieuse plante de marché; enfin, M. Joly (Gh.) 
nous a fait connaître, en joignant à son texte d'excellentes 
figures (p. 801), un Châtaignier de proportions colossales qui 
existe dans l'île de Madère. 

Les liens qui rattachent l'Horticulture à la connaissance plus 
approfondie et plus scientifique des plantes sur lesquelles elle 



DES TRAVAUX DE LA SOCIÉTÉ EN 1887. 37 

s'exerce sont assez étroits pour qu'il soit logique de trouver, dans 
les publications des Sociétés horticoles des écrits plutôt bota- 
niques, surtout physiologiques^ que culturaux. A cet égard, les 
grandes Sociétés de l'Angleterre, de l'Allemagne, etc., donnent 
fréquemment un exemple que notre propre Société ne manque 
pas de suivre à l'occasion. D'autres sciences, et surtout parmi 
elles la physique ainsi que la météorologie, permettent encore 
d'utiles applications de leurs principes ou de leurs données à l'art 
des jardins. C'est en vue de ces utiles applications que notre Jow?'- 
n«/ publie chaque mois les tableaux météorologiques dressés avec 
une régularité digne des plus grands éloges par M. Jamin(Ferd.), 
d'après les observations qu'il poursuit, depuis plusieurs années, 
à Bourg-la-Reine, avec un soin scrupuleux et à l'aide d'instru- 
ments qui méritent toute confiance; c'est encore en se plaçant 
au même point de vue que le Comité des Arts et Industries hor- 
ticoles, ainsi que la Commission de Rédaction, ont accueilli avec 
empressement une excellente étude par M. Gh. de Yendeuvre 
(p. o70), des conditions physiques dans lesquelles devraient être 
exécutées, pour devenir concluantes, les expériences qui ont pour 
objet de déterminer comparativement la puissance calorifique 
de différents appareils destinés au chauffage des serres. Quant 
aux articles plus botaniques qu'horticoles qui ont été admis dans 
le volume du Journal publié en 1887, ils ont été au nombre de 
trois. M. le docteur Sagot est parvenu, dans un important mé- 
moire (p. 238 et 285), à établir un classement méthodique entre 
les nombreuses espèces et variétés cultivées de Bananiers ou 
Musa, et cela en même temps qu'il caractérisait ces types nom- 
breux et parfois mal connus; de son côté, M. P. Ducliartre, dans 
une première note (p. 421 et 486), a décrit en détail la curieuse 
végétation, et discuté la portée de la faculté insectivore d'une 
plante mexicaine, encore peu répandue dans les collections 
européennes, la Grassette à long éperon ou Pinguicula caudata 
SCHLECHT. ; puis, dans un second article (p. 804), il a examiné de 
près l'organisation des fleurs mâles, femelles et hermaphrodites 
d'un bel et curieux Bégonia tubéreux, qui a été obtenu, cette 
année même, par notre collègue, M. Lequin, horticulteur à Gla- 
mart iSeine), et qui n'a pas été encore mis au commerce. 



38 COMPTE RENDU 

Évidemment, nous avons sujet de nous féliciter de la richesse 
en documents originaux qui a distingué notre Journal pendant 
l'année qui vient de finir; mais n'y a-t-il pas lieu aussi de 
regretter qu'à ces travaux d'un intérêt incontestable il ne s'en 
soit joint aucun ayant trait à deux branches de l'Horticulture qui 
ont l'une et l'autre une importance capitale, la Culture potagère 
et l'Arboriculture fruitière? 

3'' Rapports. — De nombreux Rapports ont été présentés à la 
Société nationale d'Horticulture pendant l'année 1887. Presque 
tous ont pour objet de mettre en relief le mérite de livres, de 
plantes nouvellement acquises, de cultures, d'instruments cultu- 
raux, etc. ; mais quelques-uns aussi ont une relation bien moins 
directe avec la pratique horticole et s'élèvent même au niveau 
de documents officiels se rattachant à l'administration générale 
de notre Association. Ainsi l'un de nos collègues, M. 0. Laisné, 
faisant généreusement chaque année les frais d'un prix pour 
l'élève de l'établissement municipal des Pupilles de la Seine qui, 
soumis, par une Commission nommée dans le sein de notre 
Société, à un examen sur l'Horticulture, aura été reconnu le plus 
instruit en cette matière, un Rapport, dû à M. Michelin, nous a 
fait connaître (p. 521) les conditions dans lesquelles cet examen a 
eu lieu cette année et les résultats satisfaisants qu'il a donnés. Ainsi 
encore deux aflVeux orages accompagnés d'une abondante chute 
de grêle ayant, au mois d'août 1886, dévasté les cultures de plu- 
sieurs communes des environs de Paris, une souscription avait 
été ouverte sans retard par la Société en vue de réparer dans la 
mesure du possible les pertes causées par ce cruel événement. 
Les fonds que cette souscription a fournis, dans une proportion 
presque inespérée, ont été répartis par les soins d'une Commis- 
sion désignée à cet effet. Au nom de cette Commission, MM. Ver- 
dier (Eug.) etDelamarre ont donné, dans un Rapport rédigé par 
eux (p. 209), le tableau détaillé des secours que la générosité des 
souscripteurs avait permis de distribuer. 

Les autres Rapports, qui ont trouvé place dans le volume du 
Journal publié en 1887, sont au nombre de quinze, et, faute 
d'espace, deux autres, dont la présentation a eu lieu pendant le 
mois de décembre dernier, ont dû être réservés pour une publi" 



DES TRAVAUX DE LA SOCIÉTÉ ES 1887. 39 

cation ultérieure. Sur ce nombre, trois ont eu pour objet des 
livres ou mémoires dont les auteurs en avaient sollicité 
l'appréciation par des personnes compétentes. Pour répondre à 
ce désir, M. L. Henry a soumis à l'approbation de la Société un 
Rapport laudatif (p. 66) sur un ouvrage de M. Lacaille (Hipp.) 
qui traite de la Culture du Pommier, des herbages et de la 
plantation des arbres à haute futaie; M. Levèque a examiné 
avec sa parfaite compétence en fait de Rosiers (p. Ml), le 
Dictionnaire des Roses publié par M. Max Singer, de Tournai 
(Belgique), à qui il a adressé des félicitations sur cet ouvrage, 
« à titre de confraternel encouragement;» enfm, M. Michelin 
(p. 577) a recommandé comme « essentiellement instructif» un 
mémoire de M. le baron Constant de Benoist, qui traite de 
l'amélioration de la culture du Pommier et de la fabrication du 
cidre. 

Dans la série des autres documents du même ordre qui ont 
été publiés pendant l'année 1887, les trois grandes branches 
de l'Horticulture tiennent la plus large place. La Culture pota- 
gère y est représentée par un Rapport de M. Hébrard (Laurent) 
(p. 575) sur un nouveau Haricot à grain vert, obtenu par 
M. Bonnemain, d'Étampes, qui lui a donné le nom de Roi des 
verts. L'Arboriculture fruitière nous a valu deux grands e^ 
importants Rapports de M. Michelin, l'un (p. 250 et 315) sur la 
28® session de la Société pomologique de France qui avait été 
tenue à Nantes, les 20 et 21 septembre 1886; l'autre (p. 437) sur 
le Congrès de l'Association pomologique de l'Ouest pour Tétude 
des fruits à cidre, qui a eu lieu à Yersailles, du 25 au 30 oc- 
tobre 1.886. Quant à la Culture d'agrément, elle a figuré lar- 
gement dans la catégorie de documents dont il s'agit en ce 
moment : M. Michel a fait l'éloge (p. 67) de la culture de 
diverses plantes ornementales, surtout des Reines-Marguerites, 
que M. Bornage cultive pour l'obtention de leurs graines; 
M. Hariot (Paul) a consacré deux Rapports également laudatifs, 
l'un (p. 633) aux Pelargonium zonale cultivés par M. Foucard, 
à Chatou, l'autre (p.- 635) aux importantes cultures de Dracœna 
et de Cyclamen que renferme l'établissement de M. Truffant 
(Alb.), à Yersailles ; de son côté, M. Truffant (Alb.) nous a donné, 



40 COMJ'TE KKNDU 

SOUS le titre de Rapport (p. 813), et à propos de la riche col- 
lection de Népenthès qui a été formée au Muséum d'Histoire 
naturelle de Paris, un tableau étudié avec soin des richesses en 
espèces^ variétés et hybrides de ce genre que possède aujour- 
d'hui l'Horticulture européenne, ainsi que l'indication de la 
culture qui, d'après M. Loury, l'habile chef des serres de notre 
grand établissement national, amène sûrement ces curieux végé- 
taux à leur parfait développement; enfin, M.Delahogue-Moreau 
nous a fait connaître (p. 819) les derniers accroissements que 
M. Duval (Léon), horticulteur à Versailles, a fait subir à son 
établissement, dont la marche rapidement ascendante a été con- 
tinue depuis plusieurs années. 

Un seul jardin d'amateur a donné lieu, cette année, à un 
Rapport destiné à en décrire l'ensemble ; c'est celui de M""^ Gri- 
pon, à Limours, dont le jardinier, M. Parrain, a reçu, surtout 
pour sa bonne conduite des arbres fruitiers, les félicitations du 
Rapporteur, M. Ch. Margottin (p. 822). 

Enfin, trois instruments de jardinage ont été l'objet de Rap- 
ports favorables. Le premier est un râteau auquel M. Bigot a 
adopté un mécanisme qui permet d'en dégager les dents lors- 
qu'elles sont engagées dans des feuilles ou de la terre; 
M. Éon, Rapporteur (p. 112), déclare « que cet outil répond 
bien à sa destination ». Le second est un sac à Raisins muni 
d'un fermoir en zinc, qui a reçu de son inventeur, M. Grosdi- 
dier, le nom de Préserve-fruits, et dont le Rapporteur, M. Hano- 
teau, recommande l'emploi (p. 113). Le troisième est un sécateur 
perfectionné par M. Pradine sous deux rapports, notamment 
par l'application d'un ressort à boudin, modification avanta- 
geuse, selon l'avis du Rapporteur, M. Ch. de Yendeuvre 
(p. 519). 

4" Comptes rendus d'Expositions. — Les relations confrater- 
nelles entre la Société nationale d'Horticulture de France et ses 
sœurs les Sociétés des départements déterminent annuellement 
l'envoi réciproque de délégués qui ont mission de prendre part 
aux travaux des Jurys d'Expositions. Ceux de nos collègues qui 
ont été chargés officiellement d'une pareille mission à remplir 
hors de Paris ne manquent jamais de nous communiquer 



DES TRAVAUX DE LA SOCIÉTÉ EN 1887. 41 

ensuite leurs impressions dans des Comptes rendus circonstan- 
ciés qui ont leur place marquée dans notre publication men- 
suelle. Ceux de ces Comptes rendus que renferme le volume du 
^oi/rwa/publié en 1887 sont au nombre considérable de vmgt et un, 
et, en outre, il en reste un que le défaut d'espace n'a pas permis 
de livrer encore à la publicité. Ces intéressants documents, 
étant nécessairement composés de longues énumérations de lots 
exposés et de récompenses décernées et, d'un autre côté, l'objet 
en étant nettement indiqué par le titre général, je crois qu'il 
suffira, pour ne pas prolonger outre mesure ce Compte rendu 
déjà bien long, d'y consigner la liste par ordre alphabétique 
des villes dans lesquelles ont été tenues les Expositions décrites 
dans le volume du Journal pour 1887, en y joignant la date de 
chaque Exposition et le nom de l'auteur du Compte rendu dont 
elle a fourni le sujet. Or, ces Comptes rendus sont ceux des 
Expositions de : Alençon, octobre 1886, par M. A. Louesse 
(p. 137) ; Cannes, janvier 1887, par M. H. de Vilmorin (p. 197) ; 
Chalon-sur-Saône, septembre 1887, par M. Dybowski (p. 660) ; 
Dammartin, août 1887, par M. Remy père (p. 652); Elbeuf, 
mai 1887, par M. Bach (p. 525); Havre, juillet 1887, par 
M. Joly (Ch.) (p. 580); Lyon, septembre 1886, par M. A^erdier 
(Eug.) (p. 115) ; Nancy, juillet 1887, par M. Bergman (Ernest) 
(p. 585); Nantes, septembre 1886, par M. Jamin (Ferd.) (p. 130); 
Nice, mars 1887, par M. H. de Vilmorin fp. 264); Nogent-sur- 
Seine, septembre 1887, par M. P. Hariot (p. 823); Poitiers, 
mai 1887, par M. Forgeot (p. 527); Raincy, juin 1887, par 
M. Yitry (p. 533) ; Rennes, octobre 1886, par M. Michelin (p. 68); 
Rennes, mai 1887, par M. Chauré (Luc.) (p. 592); Saint-Dizier, 
septembre 1887, par M. Dybowski (p. 663); Saint-Germain-en- 
Laye, septembre 1887, par M. Tavernier (p. 828); Troyes^ 
juillet 1887, par M. Eug. Verdier (p. 638); Toulouse, mai à 
octobre 1887, par M. Ch. Joly (p. 656); Vernon, septembre 1886, 
par M. Léon Delaville (p. 73) ; Versailles, mai 1887, par M. Léon 
Delaville (p. 648). 

Mouvement de la Société. — J'ai déjà dit que le nombre des 
nouveaux collègues qui, en 1867, sont venus joindre leurs 
efforts aux nôtres a atteint le chiffre sans précédent pour nous 



42 COMPTE RENDU DES TRAVAUX DE LA SOCIÉTÉ EN 1887. 

de 225; malheureusement à cette cause de vive satisfaction une 
loi cruelle de la nature a donné une bien triste compensation 
par les deuils nombreux dont elle nous a affligés. En effet, 
notre Société n'a pas perdu moins de 34 de ses membres; tous 
nous étaient chers comme nos confrères en Horticulture, à 
litre soit de praticiens, soit d'amateurs; mais, en outre, plusieurs 
d'entre eux avaient rendu de tels services à l'Art horticole qu'à 
notre affection confraternelle s'était jointe une profonde estime. 
Ces collègues dont nous déplorons la perte sont : MM. Bertron, 
amateur zélé, mais qui était connu surtout pour des motifs non 
horticoles ; Besson ; Gellière, membre actif du Comité des Arts et 
Industries horticoles, qui a été souvent juré dans nos grandes 
Expositions; Chaucheprat; Chéreau; l'un de nos Vice-Présidents 
honoraires, dont le nom se rattache surtout à l'histoire de l'an- 
cienne Société royale d'Horticulture de Paris; Choppin; Cor- 
bière; Delaroche ; Dieulafoy, Membre honoraire; Dubois; 
Faucon de laGoudalie; Gautreau père, rosiériste bien connu; 
Le Boucher; Lechevaher, membre honoraire;, à qui on doit 
un grand nombre de transplantations d'arbres déjà forts 
dans Paris; Le Gcrrier ; Lelandais père, Membre honoraire; 
M"'^ Léon (Emile), Dame patronnesse, qui envoyait souvent des 
produits de sa propriété située dans les Basses-Pyrénées; Lesbre, 
amateur zélé, qui était devenu, dans le département de l'Allier, 
un habile promoteur de l'Arboriculture fruitière; Malet (A.), l'un 
de nos Vice-Présidents honoraires et horticulteur justement re- 
nommé; Margueritte, Membre honoraire, jardinier distingué par 
son habileté, qui habitait depuis longtemps Varsovie; xMuussart; 
Noblet, l'un des membres les plus compétents et les plus zélés 
du Comité de Culture potagère; Odyniée; Ritter; Robert; Sablé, 
Membre honoraire; Salleron, amateur zélé, Président de la 
Société soissonnaise, aux travaux de laquelle il savait imprimer 
une vive impulsion; Salmon; Scheffer; Senez; Trouillet, habile 
professeur d'Arboriculture; Vallerand (Jules), horticulteur d'un 
rare mérite, et dont le nom restera attaché aux magnifiques 
plantes ornementales qu'il a créées en grand nombre; Weick 
(Adolphe), de Strasbourg, qui n'avait abandonné la carrière 
horticole qu'après y avoir obtenu de nombreux succès. 



SÉANCE DU \^2 JANVIER 1888. 43 

Cette liste fanèbre est bien longue, on le voit; espérons toute- 
fois que, grâce au rajeunissement qui s'opère sans cesse dans 
notre Associatien par la venue de nouveaux collègues, l'œuvre 
commune ne souffrira pas trop sensiblement de la perte de 
ceux qui ont si tristement cessé d'y collaborer. 



PBOCÈS-VERBAUX 



SÉANCE DU 42 JANVIER 1888 

Présidence de M. H. de Vîlmorîn. 

La séance est ouverte vers trois heures. D'après le registre de 
présence, les Membres qui y assistent sont au nombre de deux 
cent vingt-sept titulaires et vingt-sept honoraires. 

Le procès- verbal de la dernière séance est lu et adopté. 

M. le Président dit qu'une circonstance fortuite l'ayant amené 
à occuper aujourd'hui le fauteuil de la Présidence, lui qui a été 
tout récemment appelé à la Yice-Présidence par les suffrages de 
ses collègues, il profite de l'occasion qui vient de lui être ainsi 
offerte pour applaudir aux progrès de divers ordres qui ont été 
effectués par la Société nationale d'Horticulture, ainsi qu'à l'im- 
portance des travaux qu'elle a su accomplir dans le cours de 
l'année qui vient de finir, et pour exprimer l'espoir, ou bien 
plutôt la certitude, que, dans le cours de l'année qui commence, 
à ces progrès et à ces travaux viendront s'en joindre de nou- 
veaux qui ne le céderont aux précédents ni en importance ni 
en utilité. 

Il proclame ensuite, après un vote de la Compagnie, l'admis- 

N. B. — La Commission de Rédaction déclare laisser aux auteurs 
des articles admis par elle à l'insertion dans le Journal la responsa- 
bilité des opinions qu'ils y expriment. 



44 PROCÈS-VERBAUX. 

sion de trente et un nouveaux Membres titulaires dont la pré- 
sentation a été faite dans la dernière séance, sans soulever la 
moindre opposition, et il annonce que cinq Dames patronnesses 
ont été admises parle Conseil d'Administration, dans sa séance 
de ce jour. 

Enfin, il exprime un profond regret d'avoir à annoncer de 
nombreuses pertes que la Société vient d'éprouver par le décès 
de Membres dont plusieurs lui appartenaient depuis une longue 
série d'années, et au nombre desquels il en est qui comptaient 
parmi les représentants les plus honorés de l'Horticulture fran- 
çaise. Ces Membres dont nous déplorons la perte sont : M. Cheva- 
lier (François-Gharles-Désiré), de Montreuil-sous-Bois, arbori- 
culteur justement renommé; M. Lcsserteur; M. Maréchal, Membre 
honoraire; M. Née, qui faisait partie de la Société depuis l'année 
1853; M. Poisson (Ernest) ; M. Simona (Jacques-Jean-Pierre), et 
^jme Boucicaut, Dame patronnesse à vie, dont l'admirable bien- 
faisance a rendu le nom populaire. 

M. Yitry (Désiré) donne alors lecture de l'allocution qu'il a 
prononcée aux obsèques du regretté M. Chevalier, au nom du 
Syndicat des cultivateurs du département de la Seine, dont il est 
Président. 

M. le Secrétaire-général Bleu adresse à ses collègues de vifs 
remerciements, pourPhonneur qu'ils lui ont fait et la confiance 
qu'ils lui ont témoignée en l'appelant de nouveau à remplir les 
importantes fonctions dont il était chargé depuis quatre années. 
Il a pu déjà reconnaître la difficulté de la tâche qui lui incombe; 
mais il espère que son dévouement sans bornes à la Société lui 
donnera les moyens de s'en acquitter à la satisfaction de tous, 
et non sans utilité pour notre grande Association. Dans tous les 
cas, vu l'état un peu précaire de sa santé, ses forces pourront 
peut-être le trahir quelquefois, mais son zèle ne faiblira jamais. 

M. le Président remercie M. Bleu d'avoir bien voulu, malgré 
l'état médiocrement satisfaisant de sasanté_, accepter les impor- 
tantes fonctions de Secrétaire-général. Une expérience de quatre 
années a, dit-il, mis notre honorable collègue parfaitement au 
courant de la marche générale et des détails de l'administration 
de notre Société; il lui suffira donc de vouloir pour imprimer à 



SÉANCE DU 12 JANVIER 1888. 45 

cette administration une direction de tous points profitable, et 
les paroles qu'il vient de prononcer donnent la certitude que 
jamais en lui la volonté ne fera défaut. 

M. le Président apprend à la Compagnie que M. Ch. Baltet, 
horticulteur-pépiniériste à Troyes, et Membre de la Société 
nationale d'Horticulture, vient de recevoir la décoration de la 
Légion d'honneur. Cette haute distinction est, dit-il, la légitime 
récompense des services importants que cet honorable collègue 
a déjà rendus et rend encore tous les jours à l'Horticulture fran- 
çaise, tant par ses travaux pratiques que par des ouvrages d'une 
grande valeur. L'honneur qui vient de lui être conféré rejaillit 
sur notre Société qui ne peut qu'y applaudir chaleureusement. 

Les objets suivants ont été déposés sur son bureau : 

i° Par M. Bourgeois (Aimable), horticulteur à Chambourcy 
(Seine-et-Oise), une corbeille de Pommes Reinette du Canada, 
fort beaux fruits pour la présentation desquels il lui est accordé 
une prime de 2* classe. 

2° Par M. Jamet, propriétaire à Chambourcy (Seine-et-Oise), 
une corbeille contenant quinze Poires, dont neuf sont de la 
variété Belle du Berry et quatre des Doyennés d'hiver, ainsi 
que quatre Pommes Reinette du Canada. Ces fruits ont été jugés 
beaux parle Comité d'Arboriculture fruitière, sur la proposition 
duquel M. Jamet obtient une prime de 2^ classe. 

3** Par M. Bleu (Alfred), Secrétaire-général de la Société, qua- 
tre Orchidées remarquablement fleuries. Ce sont : un Angrecum 
sescjuipedale qui porte épanouies et en parfait état neuf grandes 
et belles fleurs d'un blanc pur, remarquables par l'extrême lon- 
gueur de leur éperon que rappelle le nom de l'espèce ; un 
Sophronitis violacea pourvu de neuf fleurs et un Sophronitis mili- 
taris qui en porte six; enfin, un Odontoglossum gloriosum. — Sur 
la proposition du Comité de Fioriculture, il est accordé, pour 
cette présentation, une prime de \'^ classe qui s'applique parti- 
culièrement à V Angrecum, et à laquelle M. Bleu déclare renon- 
cer. 

4° Par M. Cornu (Maxime), professeur de Culture au Muséum 
d'Histoire naturelle, un pied fleuri d'Franthis hgemalis Salisb., 
charmante Renonculacée indigène, qui a le mérite de fleurir, 



46 PROCÈS-VERBAUX. 

comme on le voit, au cœur de l'iiiver, et à laquelle M. Cornu 
regrette qu'on ne donne pas, dans les jardins, la place qu'elle 
mériterait d'y occuper. Cette plante, dit-il, est parfaitement rus- 
tique et peu difficile sur la nature du sol. Au Muséum, il la fait 
essayer en bordure et les résultats qu'il en obtient ainsi sont 
satisfaisants. 

5° Par le même, des branches fleuries du Rhododendron dahu- 
ricum L., arbuste qui, comme la plante précédente, est entière- 
ment rustique, à ce point que les — 12" C. auxquels il a été 
soumis, dans le cours du présent hiver, ne l'ont pas empêché, 
comme on le voit, de bien fleurir en pleine terre. Les fleurs n'en 
sont pas très grandes; mais, venant au cœur de l'hiver, elles en 
acquièrent un mérite qui n'appartient qu'à un nombre bien 
minime de végétaux. Aussi M. Cornu est-il d'avis qu'il y aurait 
intérêt à le répandre dans les jardins et les parcs beaucoup plus 
qu'on ne l'a fait jusqu'à ce jour. Cet arbuste a besoin de terre de 
bruyère ou tout au moins d'une terre franche sableuse. 

A propos de ces plantes à floraison hivernale, M. Ghargue- 
raud en signale quelques autres qui se recommandent par le 
même mérite. Ce sont : le Jasminum nudiflorum Lindl., arbuste 
originaire de la Chine, dont les branches longues et grêles se 
prêtent bien au palissage, et qui produit en abondance, dès le 
mois de février, des fleurs jaunes assez grandes, mais inodores; 
le Chiinonanthus flagrans Lindl. [Cahjcanthus prœcox L.), qui 
nous est venu du Japon, dont les fleurs se montrent à la fin de 
décembre et en janvier, et sont très agréablement odorantes; le 
Daphne Mezereum L. ou Bois gentil, espèce indigène, à fleurs 
violet clair, ou blanches dans une variété, parfumées, dont la 
floraison commence en février et se prolonge jusqu'en avril. 

6" Par M. Ch. Baltet, horticulteur-pépiniériste à Troyes (Aube), 
des branches garnies de fruits du Cratœgus Carrierei. M. le 
Secrétaire du Comité d'Arboriculture d'ornement et forestière 
rappelle que, pour une présentation antérieure de cette belle 
espèce, il a été déjà donné une prime de l'"'^ classe. Aussi le 
Comité propose-t-il de faire aujourd'hui à M. Baltet, pour sa 
présentation, l'honneur d'un rappel de cette prime. Cette propo- 
sition est adoptée par la Compagnie. M. le Secrétaire du Comité 



SÉANCE DU 12 JANVIER 1888. 47 

fait observer qu'on a souvent confondu à tort le Cratœgus 
Carrierei avec le C. Lavallei, et que la première de ces espèces 
est ornementale entre toutes. 

M. le Président remet les primes aux personnes qui les ont 
obtenues. 

M. Michelin fait hommage à la Société du volume que vient 
de publier l'Association pomologique de France et dans lequel 
sont résumés les travaux accomplis par elle. Ce volume qui, 
dit-il, résume fort bien l'état actuel de la Pomologie, étant par- 
ticulièrement destiné à en propager les saines notions, est^ 
dans ce but, mis en vente au prix minime de 4 fr. 50. Il en a 
fait venir une vingtaine d'exemplaires en vue d'en rendre l'ac- 
quisition facile sur place à ses collègues. 

M. Hardy présente à la Société un manuscrit considérable 
dont l'auteur est M. Robinet, et qui n'est autre que le résumé 
du Cours d'Horticulture et d'Arboriculture que cet horticulteur 
est chargé de faire annuellement à l'École normale d'Insti- 
tuteurs, à Toulouse. Sur sa demande, MM. Jamin (Ferd.) et 
Michelin sont chargés d'examiner cet intéressant travail et d'en 
faire l'objet d'un Rapport spécial. 

Il est donné lecture ou fait dépôt sur le bureau des documents 
suivants : 

1° Essai sur la composition des bouquets au point de vue 
artistique, par M™® Lacoin, née de Vilmorin. 

2° Compte rendu de l'Exposition pomologique d'Eure-et- 
Loir, par M. Courtois (Adolphe), pépiniériste, à Clamart 
(Seine). 

L'un de MM. les Secrétaires annonce de nouvelles présenta- 
tions ; 

Et la séance est levée à quatre heures et un quart. 



48 PROCÈS-VERBAUX. 

SÉANCE DU 26 JANVIER 1888 

Présidence de M. Hardy. 

La séance est ouverte à deux heures et demie. D'après le 
registre de présence, on y compte deux cent deux Membres 
titulaires et quinze Membres honoraires. 

Le procès- verbal de la dernière séance est lu et adopté. 

M. le Président proclame, après un vote de la Compagnie, 
l'admission de quinze nouveaux Membres titulaires dont la pré- 
sentation a été faite dans la dernière séance et n'a soulevé 
aucune opposition. Il informe ensuite ses collègues d'une perte 
éminemment regrettable que la Société a éprouvée par le décès, 
remontant à quelque temps déjà, de M""® Milon, qui était Dame 
patronnesse depuis Tannée 1861. 

Les objets suivants ont été déposés sur le bureau ; 

'1° P^r M. Prudhomme (Henri), propriétaire à Montreuil-sous- 
Bois (Seine), un lot important de fruits conservés, qui comprend 
douze Pommes de Calville blanc et cinq Reinettes du Canada, ainsi 
que des Poires des cinq variétés Bergamotte Espéren, Catillac, 
Joséphine de Malines, Passe-Crassane et Saint-Germain Vauque- 
lin. Ces fruits ont été reconnus très beaux par le Comité d'Arbo- 
riculture fruitière, qui a distingué surtout, dans le nombre^ les 
Poires Bergamotte Espéren ainsi que les Pommes de Cal- 
ville, et qui demande qu'une prime de l'^ classe soit accordée à 
M. Prudhomme pour l'ensemble de sa présentation. Mise aux 
voix, cette proposition est adoptée par la Compagnie. 

M. le Secrétaire du Comité fait observer que la Poire Saint- 
Germain Yauquelin, qui est comprise parmi les variétés pré- 
sentées par M. Prudhomme, est un fruit dont on ne saurait 
recommander la propagation. L'arbre a une bonne végétation ; 
le fruit a bonne apparence, mais il est absolument sans qualité. 
Il ne sert absolument, dans le commerce, qu'à des mélanges 
frauduleux avec des fruits plus recommandables. 

2° Par M. Berthault (Jean), jardinier chez M™^ Vallée, à Wis- 
sous (Seine- et-Oise), une corbeille de Pommes Calville blanc et 



SÉANCE DU 26 JANVIER 1888. 49 

Reinette du Canada, avec six Poires Bergamotte Espéren. Ces 
fruits sont jugés beaux, surtout les Poires Bergamotte Espéren, 
et valent à M. Berthault (Jean), une prime de 2^ classe. 

3° Par M. Gautier, de Meaux, un lot comprenant dix Poires 
Joséphine de Malines avec deux Poires de Curé, ainsi que neuf 
Pommes Reinette du Canada et six Pommes étiquetées Reinette 
dorée, mais dans lesquelles le Comité d'Arboriculture fruitière 
verrait plutôt la Reinette de Caux. Une prime de 3® classe est 
accordée à M. Gautier. 

4° Par M. Debrie, fleuriste, rue des Capucines, 12, à Paris, un 
pied fleuri de Lselia anceps, pour la présentation duquel il ob- 
tient une prime de 2® classe. Cette belle Orchidée a été importée 
au mois d'avril 1887. Elle a été alors placée en plein air, sous 
des Palmiers, où elle est restée pendant tout l'été. Elle a été 
ensuite enfermée, pour l'hiver, dans une serre tempérée, à une 
température moyenne de 7 ou 8° C. On voit que, traitée de la 
sorte, elle a fort bien fleuri. 

5° Par M. Giilard (A.), horticulteur, rue Maître-Jacques, 4, à 
Boulogne-sur-Seine (Seine), dix pieds .fleuris de Cyclamen de 
Perse, provenant d'un semis qui a été fait le 13 septembre 1886. 
M. le Président du Comité de Floriculture fait remarquer que 
les fleurs de ces plantes sont peu variées de couleur, mais que 
les macules de leurs feuilles sont très bien marquées et d'un 
joli eff'et. En somme, le Comité propose de donner une prime 
de 2° classe pour la présentation qui en est faite, et sa proposi- 
tion est adoptée par la Compagnie. 

6° Par M. Chappellier (Paul), amateur, des fleurs à'Hellebo- 
rus niger L., ou Rose de Noël, et de Tussilage fragrans VilL; 
(Petasites fragrans Presl) ou Héliotrope d'hiver. 

M. Chappellier (P.) dit que, comme il a été question, dans la 
dernière séance, de plantes fleurissant en hiver, il lui a semblé 
à propos de mettre sous les yeux de ses collègues deux plantes 
parfaitement rustiques qui possèdent ce mérite fort rare. L'Hé- 
liotrope d'hiver est une Composée dont les fleurs se recomman- 
dent moins par leur beauté que par leur odeur suave. C'est une 
herbe vivace, très vigoureuse, qui, cet hiver, vient de supporter 
jusqu'à — 13^ C. de froid, dans son jardin, sans en avoir 



50 PROCÈS-VERBAUX. 

souffert et sans que, comme on le voit, la floraison en ait été en- 
travée. Selon qu'elle est abritée ou non, elle fleurit depuis le 
commencement du mois de décembre jusqu'à la fin de celui de 
janvier. C'est un peu plus tard qu'elle montre ses feuilles. Quant 
à la Rose de Noël, elle est aussi parfaitement rustique et vigou- 
reuse ; néanmoins, ses fleurs, qui se montrent en décembre et 
janvier, souffrent des variations atmosphériques ; aussi M. Ghap- 
pellier (P.) se trouve-t-il bien de protéger la plante, pendant 
l'hiver, au moyen d'une grande cloche de verre soutenue au- 
dessus d'elle, à 0°',15 environ du sol. 

7'^ Par M. Bergman, chef des Cultures sur le domaine de 
Ferrières- en-Brie, des branches du Que?' eus ac ut a Teu^b. el d\i 
Ruscus racemosus Lin. [Danae racemosa MoENce). Sur la proposi- 
tion du Comité d'Arboriculture d'ornement et forestière, il lui 
est accordé une prime de 2® classe qui s'applique spécialement 
au Quercus aci^^a; toutefois, l'échantillon qui en est présenté 
aujourd't^ui n'étant pas absolument complet, le Comité demande 
à M. Bergman de lui en apporter ultérieurement un autre, au 
moment de sa floraison. 

M. Bergman (Ernest) donne de vive voix, sur ces deux espèces, 
les renseignements suivants. Peu de temps après l'hiver de 1879- 
1880, pendant lequel le thermomètre était descendu^ à Ferrières, 
jusqu'à — 28° C, M.Bergman reçut de la maison James Veitch et 
fils, deLondres, plusieurs jeunes pieds d'une espèce de Chêne éti- 
quetée Quercus acuta, c'est-à-dire Chêne à feuilles aiguës, nom 
qui lui vient de ce que ses feuilles plus ou moins oblongues, 
sont brusquement rétrécies en pointe au sommet. Cette espèce 
nouvelle pour les cultures européennes avait été importée du 
Japon, en 1861, par M. John Gould Veitch, en même temps que 
les Q. cuspidata et bambussefolia. Au bout de plusieurs années 
de culture, MM. Veitch, ayant reconnu que le Q. acuta méri- 
tait d'être propagé, s'en firent envoyer, vers 1876, par l'un de 
leurs collecteurs, des glands qui leur permirent d'en obtenir 
du plant en assez grande quantité. C'est de là que sont venus 
les pieds qu'on en cultive à Ferrières. Ce Chêne japonais se 
recommande par son joli feuillage d'un beau vert et absolument 
persistant. Il est assez rustique pour avoir déjà supporté sans dom- 



SÉANCE DU 46 JANVIER 1888. 51 

mage des froids de — 15° C. Il mérite donc de se répandre dans 
les parcs et jardins. Il est bon de savoir toutefois qu'il se déve- 
loppe lentement. Quant au Fragon à grappes ou Rascus race- 
mosus Lin., M. Bergman (Ern.) dit qu'il mériterait d'être com- 
munément cultivé à cause de la fraîcheur et de la permanence 
de sa verdure. Il pourrait être surtout employé à la confection 
des bouquets, attendu que ses branches coupées restent vertes 
et fraîches pendant fort longtemps, à ce point que M. Bergman 
en a gardé pendant six semaines, dans un salon et sans les faire 
plonger dans l'eau. L'arbuste lui-même est très rustique et peut 
venir dans les plus mauvais sols. 

8° Par MM. Baltet frères, horticulteurs-pépiniéristes à Troyos 
(Aube), des branches en fruits du Cratxgus Carrierel. — A 
propos de celte présentation, la feuille du Comité d'Arboricul- 
ture d'ornement et forestière porte l'observation suivante : 
« MM. Baltet ont déjà présenté des fruits semblables, à la der- 
« nière séance, et le Comité a proposé alors un rappel de prime 
« de I'® classe, une prime de cet ordre ayant été attribuée prô- 
(( cédemment au Muséum pour une présentation de ce végétal. 
(( Le Comité ne peut que persister dans sa proposition, mais il 
« adresse à MM. Baltet frères ses remerciements pouravoir rap- 
« pelé cet arbuste très méritant. » 

9° Par M. Jubelin, boulevard Poissonnière, 12, des bordures 
de parterre en acier galvanisé, destinées aux pelouses, corbeilles, 
pièces d'eau, etc. — Le Comité des Arts et Industries horticoles en 
confie l'examen à sa section spéciale. 

10° Par M. Fromont (Léon), boulevard Diderot, 20, à Paris, 
un î;em/5 destiné à préserver de toute altération les étiquettes 
employées dans les jardins. — Le même Comité en confie l'exa- 
men et l'essai à sa section spéciale. 

M. le Président remet les primes aux personnes qui If s ont 
obtenues. 

M. le Secrétaire-général procède au dépouillement de la 
correspondance, qui comprend les pièces suivantes : 

1° Unelettre de M. Beurdeley, annonçant etaccompagnantl'en- 
voi d'une note dans laquelle sont indiqués les résultats d'une ex- 
périence faite par lui comparativement sur des pieds d'Asperge j 



52 l'ROCÈS-VKRBAUX. 

les uns mâles, les autres femelles. Les résultats de cette expé- 
rience sembleraient prouver que les pieds mâles sont plus pro- 
ductifs que les pieds femelles. — La [note de M. Beurdeley est 
renvoyée par M. le Président à la Commission de Rédaction. 

2° Une lettre de M. Harraca, pépiniériste à la Yilla Tourasse, 
à Pau (Basses-Pyrénées), accompagnant l'envoi d'une note sur 
le Nandina domestica et sa culture. — La note de M. Harraca 
est renvoyée à la Commission de rédaction. 

3° Une lettre dans laquelle M^es E. et R. Chrétien signalent 
ce fait que les Crosnes du Japon, c'est-à-dire les tubercules du 
Stachys iuberifera Naud., viennent de faire leur apparition dans 
un grand dîner diplomatique, auquel assistait M. le Président 
de la République, et ajoutent que la meilleure manière de pré- 
parer ce nouveau produit alimentaire consiste, après l'avoir 
cuit à feau avec sel, à le mettre à la sauce blanche ou au 
roux. 

Parmi les pièces de la correspondance imprimée, M. le Secré- 
taire-général signale : 1" les programmes des Expositions qui 
auront lieu à Coutances, du 16 au 18 juin 1886; à Epinal, du 9 
au 14 juin 1888 ; à Rouen, du 16 au 21 mai 1888; S^' la bro- 
chure intitulée : Index seminum quœ Hortus botanicus Universi- 
tatis Valentinse pro motua commutatione offert (Liste des graines 
que le Jardin botanique de l'Université de Valence offre à titre 
d'échanges); in-4. Valence, 1888. 

M. Ed. André, Président du Comité de l'Art des jardins, après 
avoir dit que, dans le sein de ce Comité, il a été question aujour- 
d'hui des divers appareils qui ont été, ou sont encore actuelle- 
ment employés pour la transplantation des arbres déjà formés, 
résume l'échange d'idées et de renseignements qui a eu lieu à 
ce sujet dans la communication suivante : 

« Le Comité de l'Art des jardins, dit-il, procédant à l'étude 
des divers procédés de transplantation des gros arbres, et sans 
s'occuper autrement qu'en passant des opérations de ce genre 
tentées sous Louis XIV, et sur lesquelles on possède peu de 
renseignements, a examiné ce qui se passait, il y a un peu plus 
d'un demi-siècle, en Ecosse. Là un grand seigneur, sir Henri 
Stewart, dans son parc d'Allanton House, plantait par centaines 



SÉANCE DU 26 JANVIER 1888. 53 

de gros arbres, au moyen d'une machine de son invention, et 
transformait un site dénudé en une véritable forêt d'aspect 
ancien, ou mieux en parc bien dessiné et couvert de grands 
arbres. 

« La machine employée par sir H. Stewart ne ressemblait pas 
à celle dont nous nous servons aujourd'hui. Elle était destinée 
à transporter les arbres à racines nues, et se composait d'un 
long timon et d'un avant-train placé sur deux roues mobiles. 
On déplantait d'abord l'arbre, en ménageant avec le plus 
grand soin toutes les racines, même les plus ténues; après quoi, 
l'on dressait le timon debout le long du tronc de l'arbre auquel 
on le fixait solidement; puis, par un mouvement de bascule 
bien combiné, on abattait l'arbre qui se trouvait en équilibre 
sur l'axe transversal du chariot. On plaçait les roues ; on con- 
duisait le tout à la place indiquée, et on mettait Tarbre en 
place, par une opération inverse de la première. La prépara- 
tion du sol, la plantation et la consolidation étaient l'objet de 
soins qui contribuaient beaucoup à la réussite finale de l'opé- 
ration. 

« Le succès de ces transplantations fut si grand que sir H. 
Stewart, après avoir opéré la transformation totale de son 
parc, surtout entre les années 1816 et 1821, voulut faire con- 
naître sa méthode et, dans ce but, fit paraître un livre qu'il 
intitula le Guide du planteur (The Planter's Guide); le succès 
en fut tel qu'il était arrivé, en 1848, à sa troisième édition. 

« Le procédé était fort simple : il fut appliqué d'abord en An- 
gleterre, puis sur leContinent, et jel'ai vu, dit M. André, mettre en 
pratique, avec de bons résultats, à Vienne (Autriche), en 1880. 

« Mais il ne s'agissait là que de la transplantation d'arbres à 
feuilles tombantes et d'une opération à effectuer pendant 
l'hiver. Pour arriver à mouvoir de forts exemplaires de Coni- 
fères ou d'autres gros arbres couverts de feuilles^ et cela même 
pondant la période active de la végétation, il fallait que les 
racines de ces arbres restassent enfermées dans une motte de 
terre. Dès lors l'appareil mécanique ne pouvait plus être le 
même. Pour atteindre le but qu'on se proposait, on imagina 
divers modèles de chariots. Le plus connu aujourd'hui est celui 



54 PROCES-VERBAUX. 

que la Yille de Paris emploie journellement pour ses transplan- 
tations de gros arbres et qu'elle loue même à des particuliers. 

« On croit généralement que le dessin de ce chariot dont les 
diverses forces et dimensions n'ont pas sensiblement modifié la 
forme générale, est dû aux agents du service des Promenades et 
Plantations de la Ville de Paris. Gela n'est pas tout à fait exact, 
et la vérité oblige à dire que l'idée première de cette machine 
paraît être venue de l'Angleterre. Les citations suivantes pour- 
ront fixer les idées à cet égard. 

« En '1831, le jardinier en chef du comte de Harrington, à 
Elvaston Gastle (Derbyshire) se nommait William Barron. 
C'était ufi praticien habile, qui, ayant à transplanter de gros 
Cèdres du Liban de 35 pieds de haut et dont le tronc mesurait 
de 3 à 4 pieds de circonférence, imagina un chariot, dont nous 
avons vu le dessin, et qui ressemble, dans ses traits principaux, 
è celui de la Yille de Paris. La transplantation effectuée, la 
réussite de ces arbres fut parfaite, et, en 1852, leur tronc avait 
plus de 6 pieds de circonférence. Depuis cette époque, le pro- 
cédé s'est perfectionné entre les mains de AV. Barron et de ses 
enfants qujl'employent encore avec grand succès. 

« Le Comité de l'Art des jardins se propose de reprendre 
crtte question en détail et de la traiter avec des dessins à 
l'appui dans des communications ultérieures. Il tenait simple- 
ment aujourd'hui à préciser un point qui touche à l'histoire 
de la transplantation des gros arbres. 

(( Dans le cours de la même séance, le Comité a entendu la 
lecture d'un article dû à la collaboration de deux membres de 
la Société, M. Eug. Deny et Marcel. Cet article se rapporte à 
l'invention d'un chariot-traîneau économique, également 
destiné à la transplantation de gros arbres, mais spécialement 
dans les cas où les chariots d'un autre modèle ne peuvent être 
recommandés. Ce procédé a été l'objet des éloges du Comité et 
l'article de MM. Deny et Marcel a été transmis au Secrétariat 
pour qu'il soit renvoyé à la Commission de rédaction. » 

M. le Président remercie M. Ed. André de son intéressante 
communication et ajoute que, en la faisant, le Président du 
Comité de l'Art des jardins a le premier donné satisfaction à 



SÉANCE DU 12 JANVIER 1888. 55 

l'article 33 du règlement qui porte que (c chacun des Comités 
est tenu de fournir, à tour de rôle, les éléments de l'ordre du 
jour d'une séance de l'Assemblée générale, sur une question 
rentrant dans sa spécialité ». Il invite tous les Comités à se 
conformer au règlement, en suivant, dès ce jour, l'excellent 
exemple qui vient de leur être donné. 

Il est fait dépôt sur le bureau des documents suivants : 

i°Le chariot-traîneau, par MM. Deny et Marcel. 

2^* Compte rendu de l'Exposition d'Horticulture et de Viticul- 
ture tenue à Lyon, du 14 au 19 septembre 1887, par M. Jamin 
(Ferd.). 

L'un de MM. les Secrétaires annonce de nouvelles présenta- 
tions ; 

Et la séance est levée à trois heures quarante-cinq minutes. 



NOMINATIONS 



SÉANCE DU 12 JANVIER 1888. 

MM. 

1 . Abondance (Etienne), fabricant de treillages, à Taverny (Seine-et- 

Oise), présenté par MM. Debray et Jollivet. 

2. Alny (Alfred), marchand de terre de bruyère, à Ermenonville 

(Oise), présenté par MM. Cliantrier (A.) et Chantrier (E.). 

3. Andrieux (François), jardinier chez M™^ veuve Abel Laurent, 

château de Brolles, par Bois-le-Roi (Seine-et-Marne), pré- 
senté par MM. Bergman (E.) et Bergman (F.). 

4. Cogneau, jardinier en chef à la Quinta normale de Agricultura, 

à Santiago (Chili), présenté par MM. Hardy et Verlot. (B.). 

5. CoRNELY (Max), propriétaire, Rond-Point des Champs-Elysées, 6, 

à Paris, présenté par MM. Laisné (0.) et Hardy. 

6. David (Emile), rue de Lafayette, 43, à Paris, présenté par MM. le 

baron de Moracin et Michelin. 

7. Destombes (Pierre), Président de la section florale de la Société, 

artistique de Roubaix-Tourcoing (iNord), présenté par MM. Berg- 
man (E.) et Cordonnier (A.). 



56 NOMINATIONS 

MM. 

8. Déclin, cultivateur, rue des Petites-Murailles, 2, à Genuevilliers 

(Seine), présenté par MM. Rothberg (A.) et Welker. 

9. FoMBELLK (René de), à Echérat, par Blond (Haute-Vienne), et rue 

Raynouard, 92, à Passy- Paris, présenté par MM. Jolibois (R.) 
et Hardy. 
dO. FouQUET, maire de Neuilly-Plaisauce, à Neuilly-Plaisance (Seine), 
présenté par MM. Garaudé et Jolibois. 

11 . Gaillard (A.), jardinier, rue Lafontaine, 96, à Paris, présenté par 

M. Delamarre (E.). 

12. Gautier (Hippolyte), propriétaire, rue Bossuet, à Meaux (Seine-et- 

Marne), présenté par MM. Barigny (J.) et Denis (V.). 

13. Gentilhomme (P.), propriétaire, pharmacien, à Plombières (Vosges), 

présenté par MM. Huard et Chouveroux. 

14. GuiGx\ARD, professeur à l'École supérieure de Pharmacie, rue des 

Feuillantines, 1, à Paris, présenté par MM. Duchartre (P.), 
Verlot (B.) et Bornet (E.)- 

15. HouDOT (Edmond), jardinier-chef chez M™^ Dufour, aux Connes, à 

Bellevue (Seine-et-Oise), présenté par MM. Denis (V.) et Berg- 
man (E.). 

16. Jacob (B.), jardinier au domaine d'Armanvilliers, à Armanvilliers, 

par Tournan (Seine-et-Marne), présenté par MM. Bergman (E.) 
et Leroy (J.). 

17. Jandriot (Armand), propriétaire-jardinier, rue du Moulin-de-la- 

Ville,à Chagny(Saône-et-Loire), présenté par MM. DuvaletBleu. 

18. Hutter (Georges), jardinier au potager du château du Val, près 

Saint-Germain-en-Laye (Seine-et-Oise), présenté par MM. De- 
lamarre (E.) et Sallier. 

19. Latour, propriétaire, à Neuilly-Plaisance (Seine-et-Oise), pré- 

senté par MM. Garaudé, Jolibois et Bouzigues. 

20. Lechevalier (Edmond), avenue Victor-Hugo, 61, à Paris, présenté 

par MM. Cottant et Delamarre (E.). 

21. Legros (Ernest), jardinier chez M. Foucault, Gôte-d'Argent, 6, à 

Ville-d'Avray (Seine-et-Oise), présenté par MM. Denis (V.) et 
Bergman (E.). 

22. Merle, fabricant de vannerie de luxe, rue Chariot, 7, à Paris, 

présenté par MM. Delamarre (E.) et Chargueraud. 

23. Poiret (Edmond), jardinier chez M™*' Démon, rue de Courcelles, 

63, à Paris, présenté par MM. Poiret-Delan, Bourin et Dela- 
marre (E.). 

24. Fol, fondeur, propriétaire, à Viry, par Chauny (Aisne), présenté 

par MM. Michelin et le baron B. de Benoist. 

25. Robert (Éloi), ancien notaire à Paris, avenue d'Antin, 61, à Paris, 

présenté par MM. Chouveroux et Bleu (A.). 



SÉANCK DU 26 JANVIER 1888. 57 

MM. 

56. Robert (Kustache), artiste-peintre, rue Chaptal, 9, à Paris, pré- 
senté par M\i. Chouvcroux et Bleu (A.). 

27. Sallier iJouanni), au château du Val, près Saint-Germain-en-Laye 

(Seine-et-Oise), présenté par MM. Sallier père, Hardy et Thi- 
baut. 

28. Thirion (Jouanni), propriétaire, à Moret-sur-Loing (Seine-et- 

Marne), présenté par MM. Charnay, Lepère (A.) et Chouve- 
roux. 

29. TuLEU (A.), Bibliothécaire-archiviste de la Société d'Horticulture 

de Montmorency, rue de Deuil, 4, à Montmagny (Seine-et-Oise), 
présenté par MM. Jamin (F.) et Huard. 

30. Weyler, jardinier-chef chez M°^° Halphen (G.), château du Monas- 

tère, à Ville-d'Avray (Seine-et-Oise), présenté par MM. Denis 
et Bergman (E.). 

31 . Demonfeurand, rue de Clichy, 14, à Paris, présenté par MM. Miche- 

lin et le baron de Moracin. 

DAMES PATRON>ESSES. 

1 . M"^° Berckheim (baronne de\ rue de Berri, 22, à Paris, présentée 

par MM. Bergman (E.) et Bergman (F.). 

2. M^'^Bixio, quai Voltaire, 17, à Paris, présentéepar MM. Villard(Th.) 

et Bleu (A.). 

3. M'"^ Depred, rue Jacob, 26, à Paris, présentée par MM. Villard (Th.) 

et Bleu (A.). 

4. M°^e Jagerschmidt, rue de Prosny, 59, à Paris, présentée par 

MM. Villard (Th.) et Bleu (A.). 

5. M°»e Sighel-Dulong, rue d'Amsterdam, à Paris, présentée par 

MM. Villard (Th.) et Bleu (A.). 



SÉANCE DU 26 JANVIER 1888. 



MM. 

Boulé (Anatole), jardinier chez M. Bazin, au Plessy-Trévise (Seine- 
et-Oise), présenté par M. Lenoir. 

Contour (Charles), avenue des Champs-Elysées, 55, à Paris, pré- 
senté par MM. Chouveroux et Chargueraud. 

Déleaux (Simon), horticulteur, spécialité de Chrysanthèmes, à 
Saint-Martin-du-Touch, près Toulouse (Haute-Garonne), pré- 
senté par MM. Verdier (Eugène) et Verdier (Charles). 

Gagey (B'e), horticulteur, rue Croix-Nivert, 225, à Paris, présenté 
par MM. Violet et Cottereaux. 



58 NOTES ET MÉMOIRES. 

MM. 

5. Leclerc (Eugène), jardinier chez M. Gérard, Villa du Rois des 

Moines, à la Varenne-SainL-Hilaire (Seine), présenté par 
MM. Breton (L.) et Cauchois (J.-B.). 

6. Leday (^André), horticulteur, rue de la Chevretterie, 46, à Cha- 

tellerault (Vienne), présenté par MM. Delavau (H.) et Bleu (A.). 

7. LoREiLLE (Frédéric- V.), horticulteur-fleuriste, rue Lafayette, 3, à 

Paris, pré-enté par iMM. Vauvel (L.) et Hamelin (A.). 

8. Maurice (Alfred), fabricant de caisses à fleurs, au château du 

Loir (Sarthe), présenté par MM. Maume (E.)et Ghouveroux (A.). 

9. Paillard (G.), Grande-Rue. 57, à Enghien-les-Bains (Seine-et- 

Oise), présenté parIMM. Goraux (G.) et Tabar (E.). 

10. Pernet (Joseph) fils Ducher, rosiériste, route d'Heyrieux, 114, à 

Montplaisir-Lyon (Rhône), présenté par MM. Verdier (Eugène) 
et Verdier (Charles). 

11 . Radais (Louis), sous-chef jardinier au Palais de Gompiègne (Oise), 

présenté par MM. Ducerf (A.) et Neumann (L.). 

12. Raffeneau (François), jardinier, avenue de Ghâtillon, 32, à Mont- 

rouge-Paris, présenté par MM. Chantin et Denis. 

13. Ramé (A.), insectologiste, rue Berlioz, 19, à Paris, présenté par 

MM. Glatigny et Bleu (A.). 

14. ViAiARD (L.), employé à la Banque de France, avenue Calmel, 5, 

à Colombes (Seine), présenté par MM. Jolibois (R.) et Bouzi- 
gues (J.). 
J5. Véber (J.-B.), quai Saint-Michel, 29, à Paris, présenté par MM. Lu- 
quet et Vilmorin (M.-L. de). 



NOTES ET MÉMOIRES 

Allocution prononcée aux obsèques de M. Chevalier (Désiré), 

ARBORICULTEUR, A MONTREUIL (SeINE), LE 9 JANVIER 1888 (1), 

par M. ViTRY fils, 
Président du syndicat des cullivateurs du déparlement de la Seine. 

Messieurs, 

Je viens, au nom du Syndicat des cultis^ateurs du département 
de la Seine, adresser quelques mots de regret à notre compa- 

(1) Lue le -12 janvier 1888. 



I 



ALLOCUTION SUR M. CHEVALIER (dÉSIRÉ). 59 

triote Chevalier, enlevé en si peu de temps à rafTection de sa 
famille et de ses nombreux amis; bien qu'il fût miné par une 
maladie qui ne pardonne pas, rien ne nous laissait prévoir une 
fin si prompte. 

Chevalier (François-Charles-Désiré) est né à Montreuil, le 
11 novembre 1820, d'une des plus anciennes familles de culti- 
vateurs de Montreuil ; il devint un habile praticien et sut mettre 
à profit l'enseignement de ses devanciers. Professeur d'Arbori- 
culture, il reçut, il y a quelques années^ en 1880, les palmes 
académiques. En 1858, il fit établir un jardin dans lequel nous 
avons pu admirer ses superbes espaliers de Pêchers, traités 
avec un art et un soin tout particuliers, sous les formes les plus 
diverses et les plus régulières. II était, en outre, chercheur infa- 
tigable, et toujours occupé à étudier les améliorations à 
apporter à cette intéressante culture. 

On lui doit l'obtention de quelques bonnes variétés de Pêches 
et la propagation de variétés nouvelles qui ont r^^ndu grand 
service à la culture commerciale de Montreuil. 

Si quelques-uns d'entre nous ont pu se trouver en désaccord 
avec lui sur l'application de certains procédés de culture, disons 
néanmoins à son honneur que, par son travail et ses aptitudes 
toutes spéciales, il a su se créer un nom; et que c'est au prix 
de grands sacrifices qu'il a tenu à honneur de représenter la 
culture de Montreuil dans nos dernières grandes Expositions 
internationales, où il a obtenu les plus hautes récompenses. 

J'aurais donc cru. Messieurs, manquer à mon devoir en me 
dérobant, en n'associant pas les regrets de noire corporation à 
ceux de sa famille et en ne déposant pas, au bord de cette tombe 
encore béante, un juste hommage de reconnaissance à celui qui 
a si dignement représenté la culture de Montreuil. 

En terminant, je crois pouvoir ajouter aux regrets que je viens 
d'exprimer ceux de la Société nationale d'Horticulture de 
France à laquelle Chevalier appartenait depuis 1863. Quoi- 
que je n'en aie pas été chargé officiellement, mes collègues ici 
présents m'approuveront, j'en suis certain. 

Les nombreuses récompenses remportées par notre collègue 
dans nos Concours et no'', Expositions avaient marqué sa place, 



60 NOTES ET MÉMOIRES. 

dans la Société nationale, parmi nos iiorticulteurs les plus 
émérites. Elle perd en lui un collègue dévoué et sympathique, 
un habile praticien, un arboriculteur distingué à tous égards. 



Les Chrysanthèmes a Roubaix en novembre 1887 (1), 
par M. Bergman (Ernest). 

La Société artistique de Roubaix-Tourcoing a eu l'excellente 
idée de constituer dans son sein une section florale; elle a de 
plus eu la chance de trouver comme Président de cette section 
M. Pierre Destombes, un grand amateur de tout ce qui touche à 
la fleur; et, comme Secrétaire, notre collègue, M. Anatole Cor- 
donnier, un autre fervent de Flore, et organisateur émérite, car 
c'est à lui que revient la plus grande partie, pour ne pas dire 
tout l'honneur, de l'Exposition de Chrysanthèmes qui s'est 
ouverte à Roubaix, le 15 novembre dernier, dans la grande salle 
de la Société artistique. Le Jury, qui était composé de 
MM. Edouard Pynaert, de Gand; Edouard André, de Paris; 
Gh. Baltet, de Troyes; E. Constant, de Douai; G. Croux, d'Aul- 
nay; Delrue-Schreveus, de Tournai ; Ch. Joly, de Paris; Ernest 
Bergman, de Ferrières, s'est trouvé en face d'une magnifique 
Exposition de Chrysanthèmes, en plantes, en pots et en fleurs 
coupées. 

Les principaux lauréats ont été MM. Albert de Léau, amateur 
à Douai; Phatzer, horticulteur à Roubaix ; puis MM. Jules Ma- 
zurel, à Monveaux ; Delobel, Willem, Delombaerde, Lefebvre, 
Buchon-Dujardin^ Ghys, du département du Nord; MM. Simon 
Délaux, de Toulouse ; Chantrier, de Rayonne; Lacroix, de Tou- 
louse ; Sautet, des Bouches-du-Rhône ; de Reydellet, de 
Valence. 

Ces différents exposants avaient apporté de bien belles 
choses, des fleurs d'une grosseur et d'un fini comme on n'en voit 
que rarement. M. Harman-Payne, de Londres, avait envoyé un 



(1) Déposé le 8 décembre 1887. 



LES CHRYSANTHÈMES A ROUBAIX EN 1887. 61 

album contenant des gravures coloriées de plus de deux cents 
variétés. 

Voici les noms de quelques-unes des plus belles variétés : 

Blanche Pigny : fleurs énormes, globuleuses, d'un blanc 
pur; 

Tacei blanc : très grandes fleurs plates, d'un beau blanc, 
rayons extérieurs tuyautés ; 

Golden Beverley : incurvée, jaune pur, très belle ; 

M™® Audiguier : grande fleur rose lilacé, bien ronde. 

Val d'Andorre, rouge feu ; 

L'Ébouriflé : grandes fleurs plates, peu régulières^ ainsi que 
l'indique son nom, rouge jaunâtre ; 

Edouard Audiguier : longs rayons rouge lie de vin, le dessus 
plus pâle ; 

Hélène : blanc pur, larges pétales pointus, fleurs globu- 
leuses ; 

Le Nègre : grandes fleurs semi-plates, lie de vin ; 

Queen of England : grande fleur incurvée, blanc légèrement 
teinté delilas en dessous; 

Jeanne Peyrat : fleurs moyennes, d'un blanc pur, rayons 
tortillés, le modèle du vrai Chrysanthème que nous voyons re- 
produit sur les vases japonais ; 

L'Or du Rhin : fleurs moyennes_, jaune pur; même remarque 
que pour la précédente ; 

Georges Glenny : fleur incurvée, globuleuse, jaune très pâle ; 

Fleur de Marie : alvéolée, grandes fleurs, blanc pur; 

Aimé Perrière : grosse fleur globuleuse, blanche, extrémités 
des pétales rosée; 

Jeanne d'Arc : à pétales arrondis, d^me couleur quelque peu 
indécise qui semble être rose, très pâle, charmante ; 

Albert Delaux : variété japonaise, grande fleur blanc pur; 

Esperanza : fleur lilas pâle, à larges pétales bi-et trifurqués, 
genre spécial ; 

Grandiflorum : variété japonaise, jaune-canari, à pétales bi-et 
trifurqués ; 

Et encore une quantité d'autres variétés dont l'énumération 
nous conduirait trop loin. 



62 NOTES ET MÉMOIRES. 

En plus de l'Exposition spéciale de Chrysanthèmes dont je 
viens de parler, notre infatigable Secrétaire, M. Cordonnier, 
avait réuni, dans ses serres à Yignes, une merveilleuse collec- 
tion de Chrysanthèmes. Le produit des entrées de cette fête des 
Heurs était destiné à une œuvre de bienfaisance ; à juger par le 
nombre des visiteurs, la recette a dû être bonne. 

Nous trouvons dans les serres de M. Cordonnier plus de deux 
mille Chrysanthèmes en fleurs, chose qui, je crois, ne s'était 
encore vue chez aucun amateur; nous y trouvons les meilleures 
variétés anciennes et presque toutes les nouveautés. Nous pou- 
vons dire de noire collègue et ami M. Cordonnier que c'est un 
amateur militant et non platonique. 

Avant notre départ de Roubaix, on nous fait admirer le nou- 
veau jardin situé à l'extrémité du. grand boulevard de Houbaix. 
Ce parc, qui est fort bien dessiné, a de nombreux accidents de 
terrain, des pièces d'eau et de belles plantations; il sera, dans 
quelques années, quand les arbres et Conifères nouvellement 
plantés auront atteint un plus grand développement, l'un des 
plus jolis du nord de la France. M. Pierre Destombes a été, 
croyons-nous, le principal instigateur de cette ciéation. C'est à 
regret que nous quittons la place en emportant le meilleur sou- 
venir de l'accueil aimable qui nous a été fait. 



Visite aux cultures fruitières de M. Jamet (Hippolyte) fils, 
A Chambourcy, 

par M. Michelin (1). 

Messieurs, 

Le :27 octobre 1881, j'avais l'honneur de déposer sur le burt au 
de notre Société un Rapport rédigé au nom d'une Commission 
qui avait été chargée d'examiner les cultures fruitières et légu- 
mières de M. Jamet, propriélaire à Chambourcy, près de Saint- 
Germain et de Poissv. 



(1) Déposé le 8 décembre 1888. 



VISITE AUX CULTURES DE M. JAMET FILS 63 

En raison de ce Rapport, qui naturellement fut très élogieux, 
une médaille d'or avait été décernée à cet habile et laborieux 
cultivateur, qui non seulement avait apporté la perfection dans 
ses cultures fruitières et légumières, mais qui avait, en outre, 
par son exemple, fait la fortune de son village où il fut imité par 
ses concitoyens qui, aujourd'hui, font un commerce des plus im- 
portants avec les Halles de Paris, où ils portent les Choux-fleurs 
en quantités considérables, comme aussi les fruits à pépins et 
surtout les Poires. 

Mon Rapport, inséré à la page 652 du Joiu^nalde l'année 1881, 
expliquant quelle était la nature des produits récoltés par 
M. Jamet, entrait dans les plus grands détails sur les procédés 
employés par lui pour les obtenir. Je me garderai aujourd'hui 
de reproduire les mêmes développements et me bornerai à vous 
présenter un compte rendu de l'état actuel de l'exploitation 
fruitière qui est exclusivement dans les mains de M. Jamet 
(Hippolyte) fils, dont le père commence à jouir d'un repos bien 
mérité, après des succès bien justifiés. 

M Hardy, notre honorable premier Vice-Président, M. Bonnel, 
Yice-Président du Comité d'Arboriculture fruitière, et moi, rap- 
pelés au souvenir des cultures de M. Jamet par les belles cor- 
beilles de fruits à pépins qu'il avait exposées tout récemment,, 
nous eûmes le désir de revoir les jardins dans lesquels s'exerçait 
l'art de cet habile arboriculteur, et, le 7 octobre dernier, nous 
exécutâmes le projet de les visiter. Nous y reçûmes un accueil 
cordial de la part de M. Jamet (Hippolyte) et de son vénérable 
père, et nous résolûmes de vous entretenir de cette exploitation 
sans doute la plus importante, dans son genre, parmi celles qui 
avoisinent Paris et qui sont destinées à la fourniture des Halles 
de la capitale. 

Nous avons visité trois grands clos entourés de murs sur les- 
quels sont étalés les arbres qui exigent l'espalier ou s'en accom- 
modent le mieux ; parmi eux dominent très largement les 
Doyennés d'hiver^ qui, on peut le dire, forment la majeure partie 
des arbres en espaliers. On ne peut dire cependant que les trois 
clos donnent des produits égaux ; ils sont assez éloignés les uns 
des autres et leurs terrains sont de nature différente; aussi les 



64 NOTES ET MÉMOIRES. 

fruits n'y atteignent pas partout le même volume ni une aussi 
belle apparence : dans certaines parties, on ne voit que des fruits 
depremière valeur. Quant à l'abondance, elle règne à peu près par- 
tout. Tous les arbres sont dressés en palmettes à branches verti- 
cales à deux, quatre ou six branches charpentières, selon les 
arbres, et qui atteignent promptement le sommet des murs, la vé- 
gétation étant généralement bonne, M. Jamet, sans s'imposer une 
règle absolue, taillant peu et souvent pas du tout le prolonge- 
ment des branches charpentières. Notre hôte a remarqué que 
les branches de charpente de certaines variétés, des Beurrés Diel 
par exemple, mais surtout des Doyennés d'hiver, après cinq 
années environ d'existence, s'usent, deviennent chancreuses, 
durcissent, et, en résumé, donnent des fruits moins nombreux et 
de qualité inférieure. Or, voici le moyen qu'il a imaginé pour 
obvier à cet inconvénient : il cherche à rajeunir ses arbres et à 
leur donner de nouvelles branches charpentières au moyen des 
bourgeons vigoureux, qu'on pourrait appeler gourmands, qu'il 
peut rencontrer autant que possible vers le bas. Il les conserve, 
les tient en liberté sans les comprimer par le pahssage, leur 
donne à peu près et insensiblement la direction voulue et, au 
moment propice^ ils remplacent avec avantage les branches de- 
vant lesquelles ils ont été élevés. Ce procédé n'avait pas été si- 
gnalé dans le rapport de 1881 ; il est bon de le signaler ici. 

Les carrés des jardins sont plantés d'innombrables pyramides; 
sur elles, comme'^sur les arbres d'espaliers, sont remplacées par 
des surgreffes les variétés qui ne donnent pas de bons résultats. 

Les pyramides sont plus larges que hautes ; dans cet état, 
elles sont plus à la main pour les opérations de la taille des 
branches et de la récolte des fruits. 

Une observation peut être faite sur la conduite des Pommiers 
en cordons, sur lesquels il importe d'avoir une végétation modé- 
rée et des fruits de premier choix. M. Jamet, pour atteindre ce 
résultat et maîtriser la végétation, lorsque c'est le cas, laisse 
s'élever librement une branche gourmande qu'il supprime à la 
taille d'hiver. 

Toutes les variétés de fruits gros et bons ont leur place dans 
ce grand ensemble, dont les maturités s'espacent entre le mois 



VISITE AUX CULTURES DE M. JAMET FILS. 65 

d'août et l'hiver ; ce sont : les William, Doyenné du Comice, 
Amanlis, Louise Bonne d'Avranche^ Beurre' Clairgeau, Curé, 
HardenpouF, Diel, Passe-Crassane, Belle de Flandre, Duchesse 
d'Angoulême, Olivier de Serres, Doyenné d'Alençon, Doyenné 
d'hiver, et quelques autres encore. On doit signaler que la Poire 
Passe-Crassane, dont la qualité est supérieure, tend à obtenir 
une place plus importante dans ces cultures, son volume ayant 
gagné sensiblement et la faisant presque rivaliser avec les 
Doyennés d'hiver. J'ajouterai qu'elle est superbe, même sur Jes 
pyramides. 

J'insiste sur cette question, car elle a une importance capitale, 
quand il s'agit de fruits de commerce et de marché pour lesquels 
on tient essentiellement au volume. 

Les Pommes figurent dans cette exploitation fruitière, mais 
seulement par des cordons qui sont en avant des espaliers et 
qui fournissent de beaux spécimens de Reinettes du Canada. 
Le sol sableux et fertile de Ghambourcy convient mieux aux 
Poiriers qu'aux Pommiers ; il est largement fumé avec des ga- 
doues consommées. 

Quant aux soins et précautions pour la culture des fruits, ils 
ne font pas défaut, et la finesse des Doyennés d'hiver que nous 
avons vus sur les arbres en donne la meilleure preuve. Les abris 
€n planches posés sur les chaperons en tuiles des murs et les 
bandes de grillages à mailles un peu serrées en fer galvanisé, 
en saillie de 50 centimètres environ, apportant un prolonge- 
ment aux abris en planches, tout cela procure une défense 
utile contre les intempéries et les atteintes de la grêle qui cause- 
raient une dépréciation fort préjudiciable à ces fruits élevés pour 
ie commerce ; tous ces procédés ingénieux et efficaces sont con- 
tinués tels que je les ai décrits dans mon Rapport de l'an- 
:née 1881, ce qui prouve que M. Jamet en a reconnu l'utilité. Il 
en est de même de ces planches posées dans certains cas sur 
des broches en fer scellées dans les murs, à moitié de leur hau- 
teur, et qui sont destinées à protéger les fruits dans la partie 
inférieure des arbres. 

La culture des Pommes de terre hâlives, sur laquelle je 
m'étais assez étendu dans mon Rapport de 1881, tend à perdre 



or» RAPPORTS. 

de ses avantages dans le pays, en présence de la concurrenc e 
que lui font les produits similaires récoltés avec plus de facilité 
dans les contrées méridionales; on voit encore, au milieu des 
(^houx-fleurs, des champs de Persil frisé. 

La culture des Choux-fleurs suit son cours à Ghambourcy, et 
il en sort par voitures de chez MM. Jamet père et fils, qui nous 
ont montré des spécimens remarquables au milieu d'un en- 
semble de premier choix. 

En résumé, notre visite a été fort intéressante ; elle nous a 
mis à même de constater que M. Jamet fils a persévéré avec 
intelligence, soins bien compris et un rare savoir-faire, dans la 
grande exploitation dont la Commission de notre Société avait 
rendu compte en 1881 ; qu'il y a apporté de nouveaux dévelop- 
pements. En le quittant, nous lui avons adressé les plus vives 
et les plus sincères félicitations, dont je reproduis ici le sens 
parce que, en donnant une nouvelle publicité à ses travaux, 
nous voulons rendre hommage à l'habileté qu'il a acquise, sur- 
tout par l'expérience, attendu que, presque sans maîtres, il a 
trouvé une voie que nous voulons indiquer, en encourageant à 
la suivre ceux qui, comme lui, voudraient y entrer. 



RAPPORTS 



Rapport sur les serres construites par M. L. Grenthe, de 

PONTOISE, DANS L'ÉTABLISSEMENT DE M. A. TrUFFAUT, HORTICUL- 
TEUR, RUE DES Chantiers, n'' 40, a Versailles (1); 

M. QuENAT, Rapporteur, 

Messieurs, 

Le 9 novembre 1887, à deux heures de l'après-midi, une Com- 
mission, composée de MM. Dormois, Ozanne,Gochu, Ferry, Mou- 

(1) Déposé le 8 décembre 1887. 



SUR DES SKRRES CONSTRUITES PAR M. GRENTRE. ()7 

lier, p. Lebeaf, Lusseau et Qaenat, se réunissait chez M. Alb. 
Truffaut, horticulteur distingué et bien connu, à l'efTet d'exa- 
miner les serres construites dans son établissement par 
M. Grentbe, pour lesquelles ce dernier avait sollicité de la 
Société nationale d'Horticulture de France, la nomination d'une 
Commission chargée d'en faire l'objet d'un Rapport. Après 
avoir nommé comme Président M. Dormois, nous priâmes 
MM. TrufTaut et Grenlhe, qui étaient présents, de vouloir bien 
nous éclairer sur le but de ces constructions, qui se composent : 

1° D'une serre à deux versants, de 22 mètres de long, 11 
mètres de large et 4 mètres de hauteur. 

2^ D'une serre à deux versants, dite d'horticulteur, ayant 
27 mètres de long sur 2°',80 de large. 

3^ Enfin, d'une bâche double, également de 27 mètres ile 
longueur sur ^"'^SO de largeur. 

M. Truffaut, en horticulteur consommé et chercheur infatiga- 
ble, voulant faire construire des serres qui répondissent spéciale- 
ment à ses cultures, et en observant la plus stricte économie de 
construction, toujours mise en avant dans toute industrie, traça 
un programme en conséquence à M. Grenthe, que ce dernier, 
en constructeur émérite, sut mettre à profit. 

Le but principal à atteindre par ce programme était certai- 
nement de trouver un système de construction dont la simpU- 
cité fût la base première, tout en donnant satisfaction aux exi- 
gences de la culture, et cependant tout en restreignant la 
dépense à sa plus simple expression. 

La grande serre d'abord^ spécialement affectée par M. Truf- 
faut à la culture des Palmiers, qui, ainsi qu'il est dit plus haut, 
a 22 mètres de longueur sur 1 1 mètres de large et 4 mètres 
de hauteur sous faitage, est à deux versants rectilignes, sur 
une pente d'environ 0°^,40 par mètre et forme une surface 
développée de 300 mètres cubes. Les pieds droits sont en 
maçonnerie de briques; les deux pignons ont un double vitrage, 
à l'exception des deux portes à deux ventaux qui sont à simple 
vitrage, et cela toujours à la demande de M. Truffaut qui 
s'est placé au point de vue pratique et économique du chauffage. 

Cette serre est divisée en cinq travées par trois cours de 



68 



RAPPORTS. 



colonnes, (fig. I), dont une sous le faitagejes deux autres parta- 
geant également la partie du versant. Nous remarquons que le 
comble est composé seulement de chevrons en fer reposant sur 
un système de poutrelles longitudinales, que supportent, de place 
en place, dessupportsaupieddesbâches, de manière que la charge 
faite sur ceux-ci puisse équilibrer, dans une certaine mesure, 
la poussée du comble. Ces supports sont scellés dans les murs 
d'appui aux pieds droits en maçonnerie, formant clôture et sou- 
bassement de la serre. Les travées sont distinguées par l'emploi 
d'un chevron renforcé servant à porter les supports de tablettes 
suspendues intérieurement. Les chevrons en fer de 30/35 sont 
reçus dans des gaines du système de M. Grenlhe, qui elles- 




Fi-. 1. 

mêmes sont fixées sur un fer en gouttière reclangulaire de 
0™,06, servant de sablière basse. Les pannes formées en fer I de 
0™, 08, sont placées sous les chevrons; un fer u est disposé sur 
ces pannes pour arrêter la buée susceptible de couler le long 
du chevron supérieur. 

Le faitage, formé également par un fer I de 0°^,08, est placé 
extérieurement par-dessus le chevron, de sorte que les verres 
se rencontrent à points vifs. 

Il est à remarquer que les pannes, bien que placées exté- 
rieurement, sont isolées du contact de l'air extérieur, et, dès 
lors^ prennent moins de refroidissement, ce qui permet d'atté- 
nuer, dans les limites du po-sible, l'effet de la formation de buée. 



SUR DES SERRES CONSTRUITES PAR M. GRENTUE. 69 

La ventilation de cette serre est faite d'abord par le bas, sur 
l'instigation de M. ïrufl'aut, par des ventouses ou carreaux de 
bois, dans le soubassement en maçonnerie, soit au-dessous des 
bâches de pourtour ; ensuite dans le haut, par deux séries de 
petits châssis, d'un système particulier et actionnés par deux 
arbres de couche, qui permettent de les ouvrir par série, soit 




V\g. 2. 

isolément, soit simuUancment. Un mécanisme pour le relevage 
simultané des claies des deux versants complète le service delà 
serre, et il faut ajouter que ces arbres sont montés sur un sys- 
tème de supports d'une nouvelle combinaison qui permet aussi 
le placement de deux planches pour le service supérieur de la 
serre. 




En résumé, cette grande serre, construite sur les données de 
M. Truffant, et répondant bien aux exigences de la culture des 
Palmiers, est d'une construction parfaitement étudiée et intelli- 
gemment exécutée; elle peut servir de guide ou de type pour 



70 RAI'PORTS 

les horticulteurs, suivant leurs besoins, et aussi pour les cons- 
tructeurs de serres ayant à en construire pour des usages ana- 
logues ; mais pour les serres bourgeoises dites d'amateurs, qui 
sont destinées à abriter des plantes beaucoup plus variées, d'une 
culture difTérenle, exigeant plus d'aération, comme aussi plus 
d'élégance, en raison de leur emplacement dans un parc ou dans 
un jardin d'agrément, il serait peut-être difficile d'observer stric- 
tement ce genre de construction, qui estrecommandable surtout 
par sa simplicité et par son prix de revient des plus minimes. 

La serre dite d'horticulteur (fig. 2), que nous avions égale- 
ment à examiner, et qui mesure 27 mètres de longueur sur 2™, 80 
de largeur, est à recommander tout particulièrement pour la 
simplicité des assemblages, la facilité du montage et démontage, 
en cas de changement d'installation, et enfin toujours parce que 
le prix de revient en est excessivement bas. 

Les bâches doubles (fig. 3), que nous avons également exami- 
nées, sont aussi recommandables par une très grande simplicité 
de construction, et elles sont en outre bien agencées au point 
de vue de la solidité. 

C'est un carreau en fer, composé de fermettes reliées entre 
elles par des châssis mobiles, s'adaptant à des planches de sapin 
qui forment le coffre ordinaire de ces bâches. Entre deux 
fermes, se trouve établi le sentier de service commun aux deux 
bâches. 

Comme conclusions du présent Rapport, en adressant toutes 
ses félicitations à MM. Truffant et Grenthe sur les constructions 
ci-dessus désignées, aussi sérieusement étudiées qu'intelligem- 
ment exécutées, la Commission est unanime pour demander 
l'insertion du présent Rapport au Journal de la Société nationale 
d'Horticulture de France et le renvoi à la Commission des 
Récompenses. 



COMPTE RENDU DE l'eXPOSITION DE ROUEiN. 71 

COMPTES RENDUS D'EXPOSITIONS 



CO.MPTE RENDU DE l'ExPOSITION DE RoUEN fi), 

par M. Jules Poisson. 

La Société centrale d'Horticulture de la Seine-Inférieure 
organisait une Exposition de fleurs et de fruits, le 29 octo- 
bre 1887, dans la salle dite des Consuls, au Palais de la Bourse, 
k Rouen. Les délégués des Sociétés d'Horticulture de divers 
points de la France, conviés pour former le Jury, devaient 
être au nombre de quinze, et treize répondirent à l'appel de 
M. le Président Héron qui les réunissait dans le bureau des 
Secrétaires. 

La salle de l'Exposilion, un peu obscure alors, à cause d'un 
ciel obstinément voilé, présentait néanmoins un coup d'œil 
gracieux, quoique les fleurs, en cette saison, soient rares, 
puisque les Chrysanthèmes en formaient le principal ornement. 
Mais le jardin de la ville, par les soins de M. Varenne, ainsi 
que MM. Delivet, récompensés de leurs efl'orts par une 
m édaille de vermeil, contribuèrent à orner la salle de belles 
plantes vertes et fleuries qui lui donnaient un air de fête. 

Une annexe en auvent avait dû être ajoutée dans le jardin 
du Palais pour recevoir l'excédent de la partie fruitière si mer- 
V eilleusement représentée d'ordinaire dans la région classique 
du cidre et du poiré. 

Le jugement à porter sur les fleurs (à tout seigneur tout 
honneur) ne fut pas long. Sur cinq lots de Chrysanthèmes, trois 
méritaient surtout l'attention ; mais leur état d'épanouissement 
était si inégal que le Jury dut scinder le mérite des apports. 
Ce pendant, l'avantage d'être arrivé à temps l'emporta et le 
superbe lot de M. H. Fouquer, de Caudebec, composé de 
cent dix variétés nommées, toutes à grandes fleurs, et toutes 

(1) Déposé le 8 décembre 1887. 



ri COMPTE RENDU 

épanouies, obtint la médaille d'or offerte par la Compagnie du 
chemin de fer et les Dames patronnesses. 

Le lot exposé par M. Lemaître, de Sotteville, faisait l'admi- 
ration du Jury par sa bonne culture et un pincement bien fait; 
mais la floraison rare et inégale des exemplaires le mit fata- 
lement au second rang. Cependant, le Jui\y, voulant témoigner 
à cet exposant la satisfaction qu'il avait éprouvée à l'ex'amen 
de son lot, ajouta à la grande médaille de vermeil ses félicita- 
tions. 

Un amateur, M. Farez, de Lescure, présentait un joli choix 
de, variétés de Ghrj^santhèmes à grandes fleurs, bien étiquetées 
et disposées en deux massifs à l'entrée de l'Exposition. Le goût 
qui avait guidé l'exposant dans son apport lui valut la grande 
médaille d'argent de la Ville de Rouen et les sympathies du 
public. 

M. G. Neveu^ horticulteur à Rouen, obtenait une médaille 
d'argent pour un lot important, comprenant des Chrysanthèmes 
de toutes variétés, à grandes et petites fleurs, mais qui étaient 
très inégalement fleuris. Enfin, un exposant hors concours 
recevait les félicitations du Jury. — Un exposant arrivé trop 
tard ne put faire juger ses produits; espérons qu'une autre 
fois il se souviendra du proverbe trop connu pour être rappelé 
ici. 

Parmi les lots de Chrysanthèmes en fleurs coupées, citons 
celui de M. S. Delau, horticulteur à Toulouse, qui avait 
envoyé un bel assortiment de variétés, mais fatiguées sans doute 
par un long voyage, ainsi que les résultats de nombreux semis. 
Il obtenait pour [cet ensemble deux médailles de bronze. Enfin, 
M. H. Deschamps recevait, pour le même objet, une mention 
honorable. 

Les concours de fruits sont réellement ce qu'il y a de plus 
remarquable dans les Expositions de Normandie ; c'est sur ces 
produits que les vrais connaisseurs peuvent exercer leur talent. 
11 n'était guère possible de voir un ensemble plus complet ni 
plus varié que celui de l'Exposition de cette année : Poires, 
Pommes, Pêches et Raisins faisaient l'admiration des visiteurs. 

La première collection, par ordre de mérite, était celle 



DE L EXPOSITION DE ROUEN. 73 

de M. J. Baron, de Bernières, qui remporta ]a médaille d'or 
offerte par M. le Préfet. Elle ne comprenait pas moins de 
cent soixante-dix-huit variétés de Poires nommées et avec 
synonymes. Nous avons admiré de superbes Bergamottes 
Heimbourg, Beurré superfin, B. d'Arménie, B. Allard, B. de 
Bordeaux, Anna Audusson, Bonne d'Ezée et Court-pendu 
énorme ! La Poire Collette, à forme de Crassane colorée, est 
aussi un bien beau fruit. Les Pommes étaient au nombre de 
cent quatre variétés des plus belles ; citons parmi les plus 
remarquables : Calville des femmes, Rhood Island, Belle de 
Ségueville, Royale d'Angleterre, Reinette de Bretagne, R. Mons- 
trueuse, Blanche de Champagne, Belle fille des environs de 
Paris, etc.; enfin sept variétés de Pèches bien conservées pour 
la saison avancée. Son lot de Pommes valut à M. Baron une 
grande médaille de vermeil. 

La Société d'Horticulture de Pont-l'Évèque exposait des 
fruits splendides, contribution d'un Comité qui s'y enlend à 
merveille. On ne peut se dispenser de signaler, parmi le& 
Poires : Duchesse de Mouchy, Bon-Chrétien du Yernois, Bon-Chré- 
tien d'Espagne; parmi les Pommes : Gros papa, fruit de 0°\15- 
de diamètre; Belle fille de Normandie, de O'^j'lS à 0°',lo; Belle 
Dubois, une Reinette inédite, R. de Bretagne, R. d'Angleterre 
extra, etc., ensemble qui a été récompensé par une grande 
médaille de vermeil. 

Une médaille de vermeil était également attribuée à M. Yedie, 
horticulteur à Bois-Guillaume, pour une remarquable collec- 
tion de quatre-vingt-douze variétés de Poires soigneusement 
nommées^ et dix variétés issues de semis; enfin vingt-cinq 
variétés de Pommes bien choisies. 

Le lot de M. Furcy-Lacaille , de Belleville-en-Caux , était 
composé de quatre-vingt-deux variétés de Poires superbes et 
de vingt-quatre Pommes, puis cinq variétés de Pêches. Les 
Poires surtout étaient de première grosseur, et le Jury décerna 
à cet apport la grande médaille de vermeil, avec félicitations. 

Si le lot exposé par AL Mail, de Bolbec, n'eût pas été fatigué, 
il l'eût emporté sur la plupart de ses concurrents, car il était 
d'une importance capitale : cent quatre-vingts variétés de 



74 COMPTE RENDU 

Poires, soixante-seize de Pommes et douze variétés de Raisins, 
fort beaux, valurent à son propriétaire une grande médaille 
de vermeil et une médaille d'argent. 

MM. Cabourg, au Yal-d'AilIy, Grenier, à Bois-Guillaume, obte- 
naient pour leurs beaux fruits, Poires et Pommes, une grande 
médaille d'argent. La même récompense était accordée à 
M. Kaolin, à Maromme, qui exposait un petit nombre d'espèces, 
mais remarquables, entre autres des Doyenné Boussoch et D. 
d'Alençon superbes ; ainsi qu'à M . Dumont-Fournier , horticulteur 
à Aumale. On remarquait, dans ce dernier lot, des Beurré Bache- 
lier, Doyenné du Comice et Beurré d'Anjou hors ligne. 

Une médaille d'argent était remportée par M. Liard, de Saint- 
Adresse, pour ses Poires el ses Pommes bien déterminées et 
choisies. Même récompense à M. Boutigny, de Rouen, pour ses 
Poires et Pommes ; citons des Doyenné Boussoch, Beurré 
d'hiver nouveau, B. de Rance, B, Bretonneau de toute beauté. 

Des grandes médailles de bronze étaient attribuées à MM. Du- 
hamel, amateur, et Deschamps, pour leurs lots de Poires et de 
Pommes. Dans le lot du premier, signalons la Duchesse de 
Bordeaux, Triomphe du jardinier, La France, D. de Gérolstein, 
Beurré Perraut. Enfin, des médailles de bronze étaient décer- 
nées à MM. Platel, Hérisson, Nolard, et des mentions à MM. Blin 
et Paul Leroy. 

Un lot bien remarquable était celui de M. Saunier, pépinié- 
riste bien connu, à Rouen. Il comprenait une collection de 
fruits de semis, la plupart inédits, obtenus après croisement de 
variétés choisies ad hoc. On pouvait sur ces produits constater 
les rapports avec les parents et d'autres fois des écarts saisis- 
sants. Nous signalerons les variétés suivantes au milieu de beau- 
coup d'autres : Blanche Saunier, Souvenir du vénérable de la 
Salle, Antoine Lormier, Président de la cour, Doyenné Ghatenay, 
D. Buchetet, D. Bernardin, Souvenir de M™« Charles, Beurré 
Amande, etc, etc. M. Saunier se livre depuis longtemps à la cul- 
ture en pots des arbres pour la mise à fruits des égrains. Certai- 
nement son lot était des plus intéressants qu'on pût rencontrer 
à cette Exposition, et le Jury lui attribua avec satisfaction une 
grande médaille de vermeil. 



DE L EXPOSITION DE ROUEN. /O 

Une Exposition organisée par les soins de M. Sylvestre de Sacy 
avec le concours de MM. Chevasse, D'" Prévost, Ledoux, Bazin, 
A. Fourcy, Bapt et Neel, obtenait la nnédaille de vermeil du 
Ministre de l'Agriculture pour quatre-vingt-dix variétés de 
Poires et Pommes très bien choisies. 

Un lot de fruits de semis, appartenant à M. Pinel, l'ut réservé 
par le Jury pour être soumis au Comité de Pomologie de la 
Société, chargé de décerner la récompense méritée. 

Un diplôme d'honneur était décerné à la plus importante 
collection nommée de Poires et de Pommes exposée par M. Va- 
renne, directeur des Jardins publics de Rouen. Elle ne compre- 
nait pas moins de deux cent-vingt variétés de Pommes et 
cent seize variétés de Poires. Au point de vue pomologique 
pur, cette collection avait une grande valeur. On sait quelle 
importance a pour la fabrication du cidre la connaissance des 
variétés, surtout au moment où l'administration supérieure va 
prêter son appui et son concours à la formation d'une Ecole 
d'arbres à Rouen, destinée à l'étude des races propres à amélio- 
rer la boisson traditionnelle de la Normandie. 

Gomme concours de fruits à noyaux, M. Douvrandelle pré- 
sentait un très beau choix de Pèches d'une conservation par- 
faite. Nous avons remarqué Cardinal de Furstenberg, Ghevreuse 
tardive, Déesse tardive de toute beauté. Une grande médaille de 
bronze récompensait l'exposant. 

Deux lots qui attiraient particulièrement l'attention étaient 
de magnifiques Raisins qu'on ne s'attendait guère à voir dans 
cette Exposition. M. Marc, horticulteur à Notre-Dame-du-Vau- 
dreuil (Eure)^ recevait la médaille d'or du Ministre de l'Agricul- 
ture pour ses cent vingt-cinq variétés de Raisins bien étiquetés. 
On y remarquait des races noires, roses et blanches de toutes 
grosseurs et de toutes formes. Il faudrait donner une liste trop 
considérable si l'on cédait au désir d'énumérer les spécimens 
les plus frappants. 

M. Macaire, à Saint-Pierre-les-Elbeuf, obtenait une grande 
médaille de vermeil pour le même objet ; les cinquante-huit va- 
riétés qu'il présentait étaient hors ligne comme beauté, taille et 
fraîcheur. Si nous sommes bien renseigné, ces Raisins sont 



/O EXPOSITION DE ROUEN 

cultivés dehors et sans chauffage, avec de simples abris de verres 
mobiles et à une exposition exceptionnelle, ce quenous regrettons 
bien de n'avoir pu constater de visu. D'ailleurs, ces deux spécia- 
listes sont bien connus en Normandie et leurs établissements 
jouissent d'une réputation méritée. 

Comme concours imprévu, mentionnons les fruits imités qu'un 
adroit amateur d'Amiens, M. Lebrun, confectionne avec nne 
grande habileté. Son procédé, breveté d'ailleurs, est des plus 
simples. Au moyen de pelotes d'étoffe rembourrées de sciure de 
bois, de la dimension du fruit qu'il veut imiter, il donne à la 
main la forme qu'il désire obtenir, puis il enduit et finalement 
peint la surface en rapport avec la variété à représenter. Sa 
collection fort belle est destinée à être offerte à la ville d'A- 
miens. Le Jury récompense M. Lebrun d'une grande médaille 
d'argent. 

Comment ne pas témoigner à l'organisateur de l'Exposition 
la satisfaction da Jury pour son concours actif et intelligent? 
Aussi s'emprcssa-t-il d'attribuer une grande médaille de ver- 
meil à M. Lucet, sa modestie dût-elle en souffrir. 

Ce Compte rendu achevé, n'oublions pas d'offrir le témoignage 
de notre reconnaissance à M. le Président Héron, pour sa cour- 
toisie et les efforts qu'il a faits en vue de mener à bien la mission 
des membres du Jury. Nous souhaitons vivement qu'un homme si 
distingué et si compétent continue longtemps à diriger la Société 
centrale d'Horticulture de la Seine-Inférieure. Nous devons éga- 
lement adresser nos remerciements à M. Alexandre Legrand, 
Secrétaire, grâce à qui les travaux du Jury ont été facilités et 
très heureusement accomplis. 

Le soir, à l'Hôtel de ville, un banquet d'une centaine de cou- 
verts était offert par la Société aux membres du Jury et aux 
notabilités de la ville; M. le Préfet et M. le Général commandant 
la place de Rouen, absents^, s'étaient fait excuser. M. Héron, 
ayant près de lui M. le Maire, M. l'Inspecteur d'Académie et d'au- 
tres hauts fonctionnaires, présidait le banquet. Au dessert, dans 
une improvisation heureuse, et après avoir salué les autorités 
présentes, il esquissa sommairement l'histoire de la Société, 
constata la progression et les succès toujours croissants de ses 



PLANTES NOUVELLES OU RARES. 77 

Expositions. M. Lebon, maire de Rouen, avec une élocution 
facile et un entrain pétillant d'esprit, répondit en assurant que 
la Société d'Horticulture pouvait compter sur son concours et 
son dévouement, comme il en avait, d'ailleurs, déjà donné des 
preuves nombreuses. La Société peut s'estimer heureuse d'avoir 
un tel protecteur, mais la ville de Rouen plus encore d'avoir 
pour premier magistrat un homme de la valeur et de l'activité 
de M. Lebon; qu'elle le conserve longtemps, c'est ce que nous 
pouvons lui souhaiter de mieux. — Suivirent les discours de 
M. Dupré, Vice-Président, du Président du Jury, des membres 
de la presse, etc., etc., et^ après une conversation des plus agréa- 
bles, les convives se séparèrent^ les membres du Jury emportant 
le meilleur souvenir de leur trop court séjour dans cette ville, 
aussi célèbre par son passé historique que par ses richesses ar- 
tistiques et si agréable par l'intelligence et l'aménité de ses 
habitants. 



REVUE BIBLIOGRAPHIQUE ÉTRANGÈRE 



Plantes nouvelles ou rares 

DÉCRITES dans DES PUBLICATIONS ÉTRANGÈRES 
THE GARDEN 

Calantlie x V' eîtcliî. — The Garden du 9 juillet i887, pi. 604, 
p. 12. — (Orchidées.) 

Belle Orchidée hybride qui a été obtenue chez MM. Veitch et 
fils, de Ghelsea, par le croisement du Calanthe vestita Lindl., 
avec le Limatodes rosea Lindl., plante d'un genre qui est très 
voisin du genre Calanthe. L'hybride ainsi obtenu l'emporte 
considérablement en beauté et en vigueur sur l'un et l'autre 
de ses parents. Ses fleurs, larges de O'^,06-0°',07sont colorées en 
beau rose carmin avec le centre jaune; elles sont en très grand 
nombre et forment une grappe qui, sur les pieds déjà forts. 



78 REVUE BIBLIOGRAPUrOUE ÉTRANGÈRE. 

atteint 0'^,60 et même près de 1 mètre de longueur. Il est 
seulement à regretter que, comme chez la généralité des plantes 
du même genre, ces magnilîques inflorescences se développent 
avant les feuilles. Pour remédier à cet inconvénient, l'auteur de 
l'article sur le Calanthe X Veitchi conseille de semer, autour des 
pseudo-bulbes de l'Orchidée, des spores de Fougères qui germent 
facilement, telles que le Nephrodium molle ou le Pteris serrulata, 
dont les feuilles, se développant rapidement, cacheront la nudité 
du bas de la tige florifère, ou bien de former un groupe d'autres 
Orchidées feuillées et non fleuries, du milieu duquel partiront 
les tiges fleuries du Calanthe. Les fleurs de l'hybride dont il 
s'agit ici, de même que celles de toutes les espèces et variétés de 
la même section du genre (secl. Preptanlhe Reichb. f.) ont une 
longue durée. 

Le Calanthe X Veitchi n'est pas le seul hybride du même 
genre qui existe aujourd'hui dans les collections européennes. Lo 
Garden indique encore les suivants dont il est bon de signaler, 
après lui, l'origine et les caractères saillants. 

Calanthe X Sedeni.yQnw d'un croisement entre le C, X Veitchi 
et le C. vesiitarubro-oculata; il a les sépales et les pétales d'un 
rose brillant, ainsi quele labelle qui, en outre, présente une macule 
pourpre intense et une zone blanche à la base. 

C. X àella,né du croisement des C. Turne7n Reicdb. f. et C. X 
Veitchi. Ses fleurs ont les sépales blancs, les pétales couleur de 
chair et le labelle rose, avec une zone blanche et une macule 
cramoisi foncé à la base. 

C. X/>o^'P%^'^«> rare et très bel hybride issu du C . vestita rubro- 
oculata et du Limatodes labrosa Reicub. f. Il a les sépales et les 
pétales d'un beau pourpre, le labelle pourpre dans sa partie 
antérieure et jaunâtre à la base, qui est ponctuée de pourpre. 

G. X Sandhurstiana, dont les parents sont les mêmes que 
ceux du C. X Veitchi; il ressemble à celui-ci en général, mais 
ses fleurs sont plus grandes, de couleur rose cramoisi intense et 
réunies en inflorescences tellement développées qu'on y en 
compte jusqu'à une cinquantaine. 

Schubertîa grandiflora Mvrt. et Zucc. — The Garden du 



PLANTES NOUVELLES OU RARES. 79 

30 juillet 1887, pi. 607, p. 84. — Schuberlie à grandes fleurs. — 
Brésil et République Argentine. — (Asclépiadées.) 

Le Garden appelle l'attention des amateurs de belles plantes 
sur cet arbrisseau grimpant, de serre, qui, malgré le mérite 
supérieur que lui donnent un charmant feuillage et des grandes 
fleurs blanches, très agréablement odorantes, estresté fort peu 
répandu dans les collections depuis son importation, qui re- 
monte à une époque déjà éloignée. Les fleurs de cette espèce 
se conservent longtemps fraîches sur les branches coupées plon- 
geant inférieurement dans l'eau. Des graines reçues de la Répu- 
bhque Argentine et semées en janvier 1885, chez M. Bartho- 
lomw, Park House, ont donné des pieds qui, au mois de 
septembre 1886, avaient déjà grimpé jusqu'à 7 et 8 mètres 
de hauteur. Malheureusement^ bien que la plante soit vivace 
dans son pays natal, elle est morte pendant l'hiver, dans la serre 
de M. Bartholomew. 

Gardeners' Cqronicle 

Aristea platycaulîs Baker, Gard. Chron. du 4 juin 1887, 
p. 732. — Aristée à large tige. — Partie orientale de la colonie du 
cap de Bonne-Espérance. — (Iridées.) 

Plante très nettement caractérisée par sa tige et ses branches 
aplaties au point d'être presque aussi larges que les feuilles. 
Elle a fleuri l'été dernier chez J.-H. Tillett, à Spowston, près 
de Norwicb. Ses feuilles radicales sont ensiformes, fermes^ d'un 
beau vert, longues de 0°i,30, larges de O'^jOSS. Son inflores- 
cence est une ample panicule à ramifications aplaties_, dans 
laquelle des fleurs petites, bleues, sont réunies en capitules 
serrés, qu^accompagnent de petites bractées scarieuses. 



Le Sec7'étaire'rédcic.teur'gêrantf 
P. Duchartre. 



Paris. — Imprimerie G. Rougikr et G'", rue Cassette, i. 



80 



JANVIER 1888 



Observations météorologiques faites par M. F. Jamin, a Bourg-la-Reine, 
PRÉS Paris (altitude : 63"* environ) 



TEMPÉRATURE 



Miaim. Maxim. 



HAUTEUR 

du baromètre. 



Matin. Soir. 



VENTS 

dominants. 



ÉTAT DD CIEL. 



-12,0 

— 6,3 

-3,6 

- 4,7 

0,2 
3,0 

0,7 



3,3 
0,3 

1,2 
3,2 
4,0 
5.4 
6,4 
7,0 
7,8 
4,0 
o,l 

0,9 

3,8 

0,7 
2,2 

1,5 

0,8 

1,6 

6,3 



— 8,8 
-13,1 



- 0,8 

7,0 

9,4 

4,4 
7,1 

4.1 

8,0 

8,0 

7,6 

6.3 

5,3 
4,6 

6,2 
2,7 

- 4,1 
4.7 
4,6 
2,0 

-2,2 

- 1,7 
1,9 

9,7 

6,3 

4.0 

o;3 

8,2 

7,2 

4,0 
3,0 

- 4,0 

- 1.4 



.;)4,o 

750 

761 

766 
759,5 

769 

770,0 

777,5 

779,5 

780 

778,5 
776,0 

777 

775, 

771 

771 

773,5 

774 

777 

776 

772,5 

761 

769,5 

777 
775 

765, 5 



758 
759 



763 



/o/,o 



•67 

760 
765, 5 

770,5 
776 

779, ? 

780 

779 

777,5 

/77 

776, 5 
773 
770 
772,5 

773,5 

777 

777 

776,5 

764 

767,5 

776 

7*6,0 
771 



764 

760 
761,5 



763 
748 



SE. 

S. 

SO. 

SE. 
SE. 

SO. 
SO. 0. 

SO. 

0. ONO. 

N. NNE. 

NE. 
E.NE. 

NE. 

NE. 

E. 

NE. S. 

NE. 

NE. 

NE. SE. 

SE. S. SE. 

SE. S. 

S. 

0. NO. 

S. SO. 
0. 

SO. wo. 
0. SO. 

NO. 

NO. N. 



N. NNO. 
SSE. S. 



Clair le matin, quelques nuages l'apr.- 

midi, nuageux, couvert à partir de 

10 heures du soir. 

Nuageux le malin, couv. et pluv. 

l'ap.-midi, pluie plus forte le soir. 
Presque clair, un peu de pluie ve 

9 heures du soir. 
Nuageux. 
Couvert, pluie dans la matinée, belle 

éclaircie le soir. 
Brouillard toute la journée. 
Couv. et pluie de grand matin, légè- 
rement nuageux. 
Légèrement brumeux le matin, cou 

vert. 
Légèrement brumeux le matin, cou 

vert. 
Légèrement brumeux le matin, cou- 
vert. 
Couvert. 
Brumeux le matin, nuageux, petite 

bruine le soir. 
Clair. 

Légèrement nuageux. 
Clair de grand matin et le soir, nuiJg 
Nuageux. 

Clair, nuageux au coucher du soleil 
Clair. 

Couvert et légèrement brumeux. 
Couvert et légèrement brumeux. 
Couvert, pluie fine et froide de midi 

à 5 heures. 
Couvert et pluvieux, quelques éclair- 

cies dans la matinée. 
Couvert et brumeux, brouillard plus 

intense le soir. 
Couvertet brumeux. 
Couvert et légèrement brumeux, petite| 

pluie le soir. 
Clair de grand malin, nuageux. 
Nuageux, pluie entre 10 el 11 heure 

du soir. 
Nuageux, un peu de neige le soir. 
Neige assez abondante de 6 à 10 h, 

du matin, belles éclaircies, neige de 

nouveau vers 4 heures, clair. 
Clair le matin et le soir, nuageux 

dans le milieu de la journée. 
Couvert, un peu de neige dans là 

journée, neige abondante de 5 a 

7 heures du soir. 



CONGRES HORTICOLE EN 1888 



Le Congrès horlicole que doit tenir, cette année, la Suci -h'' 
nationale d'Horticulture de France s'ouvrira le lundi 28 mai, à 
deux heures, dans Thôtel de la Société, rue de Grenelle, 84. 

La Commission d'organisation adresse un appel pressant aux 
Sociétaires pour que leur concours éclairé et leurs communica- 
tions assurent le succès de ce nouveau Congrès. Elle sera.t heu- 
reuse de recevoir, le plus tôt possible, avec leur adhésion, des 
mémoires sur les questions portées au programme. Ces mémoires 
pourraient ainsi être imprimés avant l'époque à laquelle aura 
lieu cette grande réunion. — Les compagnies de Chemins de fer 
ont bien voulu nccorder, comme les années précédentes, une 
réduction de 50 pour 100 sur le prix des places aux membres 
de la Sociélé qui viendront à Paris à l'occasion du Congrès. 



CONCOURS OUVEUTS DEVANT LA SOCIÉTÉ, EN 1S88 



Concours "permanent. 

Prix Laisné. Pour l'élève le plus méritant de l'École d'Horticuîni! e 
des Pupilles de la Seine. (V. le Journal, 3e sér., IV, 1882, p G3I 
et 753.) 

Concours annuels. 

Médaille du Conseil d'Administration. Pour l'introduction ou l'obtcn- 
tion de Plantes ornementales méritantes. (V. le Journal, 2^ sét-ie, 
XT, 'Î877, p. 445.) 

Médaille Pcllier. Pour le plus beau lot de Penfstemcn. - 



Série III. T. X. Cahier de février public le :U mars 18S8. 



82 PROCÈS-VKRBAUX. 

PROCÈS-VERBAUX 



SÉANCE DU 9 FÉVRIER 1888 
PRÉSIDEACE DE M. Jolîbois, ViCE-PrÉsIDEIST. 

La séance est ouverte à deux heures et demie. Le registre de 
présence a reçu les signatures de deux cent quarante-deux Mem- 
bres titulaires et douze Membres honoraires. 

Le procès-verbal de la dernière séance est lu et adopté. 

A propos du procès-verbal, M. Maurice de Vilmorin ajoute 
un renseignement importantà ceux qui, dans la dernière séance, 
ont été donnés au sujet d'un Chêne japonais à feuillage persis- 
tant, le Quercus acuta Thunb. C'est que le bois de cet arbre est 
d'excellente qualité, à ce point que_, comme l'a constaté l'ingé- 
nieur de la marine M. Dupont, ce bois est, de tous ceux des 
Chênes japonais qui ont été soumis à des expériences spéciales, 
celui qui a le plus résisté à la rupture. Il y aura donc grand 
intérêt, si ce Chêne est décidément rustique sous notre climat, à 
le cultiver non seulement comme espèce ornementale, mais 
encore comme essence forestière donnant un excellent produit. 

M. le Président proclame, après un vote de la Compagnie, 
l'admission de onze nouveaux Membres titulaires dont la pré- 
sentation, faite dans la dernière séance, n'a pas soulevé d'oppo- 
sition. 

Il exprime ensuite de vifs regrets au sujet d'une perte cruelle 
que la Société vient d'éprouver en la personne de M. Chauvière 
(Pierre), l'un de ses Membres perpétuels et de ses fondateurs, 
qui est décédé, à Pantin (Seine), dans sa quatre-vingt-neuvième 
année. 



iS. B. — La Commission de Rédaction déclare laisser aux auteurs 
(les articles admis par elle à l'insertion dans le Journal la responsa- 
bilité des opinions qu'ils y expriment. 



SÉANCE DU 9 FÉVRIER 1888. 83 

Il est alors donné lecture d'une allocution qui a été pronon- 
cée, aux obsèques du vénérable et très regretté M. Ghauvière, 
par M. Verdier (Eug.). 

Les objets suivants oftt été déposés sur le bureau : 

r Par M. Berthault (Jean), jardinier à Wissous (Seine-et-Oise), 
un lot de Pissenlit à cœur plein et un lot de Chicorée à grosse 
racine, da Bruxelles, ou Whitloof, habituellement désignée à 
Paris sous le nom d'Endive. Le Comité de Culture potagère, vu 
la beauté de ces produits, propose d'accorder une prime de 
2® classe pour la présentation qui en est faite, et sa proposition 
est adoptée par la Compagnie. 

M. le Président de ce Comité dit que le plus beau des deux 
lots présentés par M. Berthault (Jean; est celui de Pissenlit. Ce 
jardinier cultive cette plante sur couche chaude, à une tempéra- 
ture de + ^2-25'' C, sous châssis constamment ombrés et qui ne 
sont soulevés qu'à de longs intervalles en vue de donner alors un 
peu d'air aux plantes. Dans ces conditions, celles-ci se dévelop- 
pent si rapidement qu'elles deviennent bonnes à consommer dans 
l'espace de douze à quatorze jours. Celles que la Compagnie a 
maintenant sous les yeux sont restées en place deux ou trois 
jours de plus, uniquement à cause de la date de la séance à 
laquelle la présentation devait en être faite. Quant au Whitloof, 
il en a été apporté, entre autres pieds, deux auxquels on a laissé 
leurs racines. M. Jean Berthault s'est proposé, en faisant cet 
apport, de montrer à ses collègues l'amélioration qu'il a obtenue 
depuis trois années, date de la première présentation qu'il en 
a faite, dans l'état de cette plante. Il reconnaît qu'il 'reste 
encore quelque progrès à réaliser pour amener cette Chicorée à 
donner une pomme plus serrée, ou au moins se tenant mieux; 
mais il espère ne pas tarder à déterminer en elle ce dernier 
perfectionnement. 

2° Par M. Ed. André, architecte-paysagiste, rue Chaptal, 30, 
un lot considérable formé de branches fraîches de dix espèces 
ou variétés &' Eucalyptus, àowi deux n'avaient pas encore été pré- 
sentées, à'Hakea eucalyptoides, d'Acacia dealbata et de feuilles 
de Palmiers, le tout cueilli par lui, hier vers midi, dans son jar- 
din de la villa Columbia, à Cannes (xA.lpes-Maritimes). Une prime 



84 PROCÈS-VERBAUX. 

de V® classe lui étant accordée, pour cette importante pré- 
sentation, sur la proposition du Comité d'Arboriculture d'orne- 
ment et forestière, il déclare renoncer à la recevoir. Les Euca- 
lyptus déposés sur le bureau par M. Ed. André sont les uns 
fleuris, d'autres en fruits, d'autres encore sans fleurs, la rigueur 
exceptionnelle de l'hiver actuel sur nos côtes des Alpes-Mari- 
times en ayant retardé la floraison. Celles-ci sont, les E. calo- 
phylla; E. Globulus avec sa variété nommée Victoria, dont les 
feuilles sont plus grandes que celles du type; E. siderophlœa ; les 
espèces en fleurs sont les E. longifolia et E . occidentalis; celles 
avec fruits sont E. Stuartiana, E. morginata et E. obliqua; 
enfin 1'^. robusta, fort belle espèce, qui devrait êlre largement 
répandue, ne porte encore que des boutons de fleurs. 

M. Ed. André fait de vive voix la communication suivante 
relativement aux végétaux qu'il a mis sous les yeux de ses collè- 
gues, ainsi qu'aux conditions auxquelles ils ont été soumis pen- 
dant le présent hiver. La saison a été marquée, dit-il, dans le 
Midi, par des froids qui ont sévi particulièrement en décembre 
et janvier, et qui ont nui sérieusement à de nombreux végétaux. 
Dans le voyage qu'il vient de faire, il a constaté de sérieux 
dommages causés par les gelées, dans toute la vallée du Rhône, 
et même sur les bords de la Méditerranée, dans des stations 
renommées pour la douceur de leurclimathivernal, par exemple 
à Saint-Raphaël. Sous ce rapport, Cannes a été relativement 
épargné, grâce à l'abri des montagnes qui le protègent contre le 
vent du Nord. Néanmoins, la floraison de différents végétaux, 
particulièrement de divers Eucalyptus^ y a été notablement 
retardée; en général;, les espèces qui ont le plus souffert de la 
rigueur du temps sont, outre plusieurs Eucalyptus^ les Acacia^ 
les Orangers et Citronniers, les Dattiers, même des Cratœgus. 
Parmi les plantes dont M. Ed. André a rapporté des spécimens 
de son jardin de Cannes, se trouve V Acacia dealbata, au sujet 
duquel il fait connaître une particularité intéressante. On sait 
que, dès l'instant oi^ cette Légumineuse commence à fleurir sur 
les bords de la Méditerranée, sesbranches fleuries sont apportées 
à Paris en quantité assez considérable pour former l'objet d'un 
commerce relativenient important. D'autres espèces, qui sont 



SÉANCE DU 9 FÉVRIER 1888. 85 

cultivées aussi dans les mêmes localités, sont également envoyées 
à Paris, mais en bien moins grande quantité, le feuillage qui 
en accompagne les fleurs, et qui se réduit à des phyllodes sem- 
blables à des feuilles indivises, les rendant beaucoup moins 
gracieuses et par suite peu recherchées. Or, ï Acacia dealbata ne 
vient pas également bien partout en Provence ; les terrains cal- 
caires lui conviennent peu, tandis qu'il prospère dans les terrains 
dérivés du granit et du gneiss; c'est pour cela qu'il vient bien 
à Cannes et mal à Nice. En outre, dans les conditions naturelles, 
la floraison en est un peu tardive; aussi sentait-on qu'il y aurait 
intérêt à trouver les moyens de l'avancer. Le procédé qui 
pouvait conduire à ce résultat vient d'être trouvé et a pu déjà 
être employé avec un tel avantage commercial que quinze jours 
d'avance dans la floraison ont suffi pour élever à 3 et à 
4 francs le prix du paquet de branches fleuries, qui, à l'é- 
poque naturelle, ne vaut que 75 centimes ou 1 franc. Ce pro- 
cédé consiste simplement à soumettre à une chaleur de 30 
à 35 degrés les rameaux de l'Acacia qu'on a coupés dès l'instant 
où ils portaient des boutons formés. Sous l'influence de cette 
chaleur, les boutons se développent beaucoup plus rapidement 
qu'ils ne l'auraient fait si les rameaux qui les portent étaient 
restés sur l'arbre. 

M. Ed. André parle ensuite des Palmiers dont il a mis des 
feuilles sous les yeux de ses collègues. Les premiers sont des 
PAœ)îia?, constituant deux espèces et un remarquable hybride 
qui a été obtenu à Cannes et, paraît-il, accidentellement, par 
leur croisement. Le Dattier [Phœnix dactylifera L.) est fré- 
quemment cultivé sur les bords de la Méditerranée où il fleurit 
et fructifie, mais sans que ses fruits soient jamais mangeables, 
bien que la graine qu'ils renferment mûrisse parfois assez com- 
plètement pour pouvoir germer. Quant au Phœnix canariensis, 
les dattes qu'il donne aussi sont petites et non mangeables ; or, 
celles que produit l'hybride obtenu entre ces deux espèces sont 
bonnes à manger. Malheureusement le noyau ou graine qu'elles 
renferment est très gros, dételle sorte que la partie pulpeuse et 
comestible qui l'enveloppe n'a qu'une faible épaisseur. M. Ed. 
André montre que les feuilles de ce même hybride sont intermé 



86 PROCÈS-VERBAUX. 

diaires, par leurs caractères, entre celles des deux espèces qui 
lui ont donné naissance. Il se propose de publier prochainement 
une description détaillée de cet intéressant végétal qui se 
recommande particulièrement par la rapidité de son développe- 
ment. Les autres Palmiers dont parle notre collègue sont deux 
Pritchardia, qui, d'après M. Hermann Wendland, doivent por- 
ter le nom de Washingtonia, savoir les Pritchardia ou Washing- 
tonia filifera et robusta. La première de ces deux espèces, origi- 
naire du Colorado, est assez répandue dans les cultures 
méditerranéennes; quant à la seconde, elle a été introduite 
presque en cachette, dans ces mêmes cultures, par Yan Houtte, et 
elle y est aujourd'hui fort appréciée, surtout parce qu'elle se 
développe beaucoup plus rapidement que la première. Elle a 
de plus le mérite de venir bien en pots, tandis que le Washing- 
tonia filifera s'accommode si mal de cette manière d'être qu'on 
l'a presque abandonnée pour ce motif, à Paris. Pour donner une 
idée exacte de la rapidité de croissance du Washingtonia 
robusta, M. Ed. André dit que, en 1883, il en a mis en pleine 
terrC;, dans son jardin de Cannes, un pied qui, tenu en pot jus- 
qu'alors, n'avait que 0'". 50 de hauteur. Aujourd'hui, cette même 
plante est haute de S'^jSO et possède 29 feuilles dont le limbe 
mesure i^'jSO de diamètre en moyenne et surmonte un pétiole 
long de 1°',60. Ces deux espèces de Palmiers sont faciles à distin- 
guer l'une de l'autre par leurs feuilles qui, comme on le sait, ont 
un grand disque plus ou moins arrondi, plissé en éventail et divisé 
sur ses bords en lobes lancéolés. Dans le W. filifera, les plisse- 
ments et les lobes marginaux sont dirigés dans un demi-cercle, 
tandis que, chez le W. robusta, ils rayonnent dans un cercle à 
peu près entier; en outre, le pétiole de ce dernier est armé sur 
ses bords d'épines brunâtres, beaucoup plus fortes que celles 
dont est muni le pétiole du premier qui, en revanche, porte à 
son extrémité, par conséquent à la base du limbe, une languette 
lancéolée, beaucoup plus grande que celle de la seconde 
espèce. 

M. Maurice de Vilmorin rappelle, relativement aux Acacias 
dont les feuilles sont entières, constituées seulement par un 
pétiole aplati et élargi qu'on nomme un phyllode, que ces végé- 



SÉANC1-: DU 9 FÉVRIER 1888. 87 

taux ont eu, dans les premiers temps de leur développement, 
des feuilles composées, assez généralement semblables à celles 
que conserve, pendant toute son existence, VAcacia dealbata. 
Seulement, peu après la germination, les feuilles composées 
disparaissent d'ordinaire et la plante n'a plus dès lors que 
des phyllodes ; parfois aussi on observe une transition entre les 
deux sortes de feuilles, le nombre des folioles diminuant dans 
les feuilles successivement produites, à mesure que le pétiole 
commun s'élargit et s'aplatit ; même chez l'A. helerophylla 
WiLLD., pendant toute la vie du végétal, il y a mélange de 
feuilles composées, présentant des folioles plus ou moins nom- 
breuses, et de phyllodes sans folioles ou n'en portant qu'un 
nombre peu considérable. 

M. Ed. A-udré dit que le Comité de l'Art des jardins s'est 
occupé, dans sa séance de ce jour, de divers plans de jardins ; 
mais qu'il n'y a pas lieu encore de faire sur ce sujet une 
communication spéciale à la Société. Il ajoute que ce Comité 
s'est vivement réjoui d'un fait récent qui constitue un éclatant 
triomphe pour l'art français. Le Gouvernement portugais, 
ayant décidé de créer à Lisbonne un grand parc public, avait 
ouvert un concours en vue d'amener la présentation de plans 
nombreux pour cette importante création. Or, les lauréats de 
ce concours, aujourd'hui jugé, sont tous des architectes-paysa- 
gistes français, dont plusieurs font partie de notre Société. Le 
premier prix du concours a été remporté par notre collègue 
M. Lusseau, le second par M. Duchêne, le troisième par notre col- 
lègue M.Deny(Eug.). Il aété ensuite accordé trois mentionshono- 
rables, dans l'ordre suivant, à MM. Durand, Licorne et Morel. 

M. Joly (Ch.) présente à la Société, de la part de l'auteur, 
M. Charles Baltet, de Troyes, la quatrième édition de VArt de 
greffer, dans laquelle cet honorable collègue a introduit des 
chapitres nouveaux et opéré des modifications importantes. 
Conformément au désir exprimé par l'auteur, il sera fait un 
Rapport sur cet intéressant ouvrage. 

Il est donné connaissance de la composition du Bureau et de 
la délégation de chaque Comité, telle qu'elle résulte des 



88 PROCrilS-VEKDAUX. 

L'ieclions qui, conformément au règlement, ont été faites à la 
(laie de la première séance du mois de janvier dernier. 

Le Comité de Culture potagère a nommé Président, M. Lai- 
zier; Yice-Président, M. Beudin; Secrétaire, M. Hébrard 
(Alexandre); Yice-Secrétaire, M. Dybowski; Délégué au Conseil 
d'Administration, M. Miilet; Délégué à la Commission de Rédac- 
tion, M. Hébrard (Laurent). 

Dans le Comité d'Arboriculture fruitière ont été élus : 
M. Templier, Président et Délégué au Conseil d'Administration; 
M. Bonnel, Vice-Président; M. Michelin, Secrétaire; M. Du val, 
Yice-Secrétaire; M. Preschez, Délégué à la Commission de Rédac- 
tion. 

Le Comité de Floriculture a choisi pour Président M. Savoye ; 
pour Vice-Président, M. HouUet; pour Secrétaire, M. Birot; 
|)Our Vice-Secrétaire, M. Delaville (Ch.); pour Délégué au Conseil 
(l'Administration, M. V^rdier (Ch.); pour Délégué à la Commis 
?ion de Rédaction, M. Chouvet père. 

Le Comité d'Arboriculture d'ornement et forestière a notïxmé 
i\i. Maurice de Vilmorin, Président et Délégué à la Commission 
de Rédaction; M. Drevault, Vice-Président; M. Luquet, Secré- 
taire; et M. Pavard, Délégué au Conseil d'Administration. 

Le Comité de l'Art des jardins a élu M. André (Ed.), comme 
Président et Délégué au Conseil d'Administration; M. Deny, 
Vice-Président; M. Thays, Secrétaire et Délégué à la Commis- 
sion de Rédaction; M. Marcel, Vice-Secrétaire. 

Enfin, pour le Comité des Arts et Industries horticoles, le 
Président est M. Hanoteau ; le Vice-Président, M. Quénat; le 
Secrétaire, M. ïouéry; le Vice-Secrétaire, M. Ozanne; le Délégué 
au Conseil d'Administration, M. Dormois; le Délégué à la Com- 
mission de Rédaction, M. Appert. 

Quant au Comité scientifique, une circonstance particulière 
l'a mis dans l'impossibilité de constituer son Bureau à la date 
réglementaire. 

Il est fait dépôt sur le bureau des documents suivants : 

i° Compte rendu des travaux de la Société nationale d'Horti- 
culture de France, pendant l'année 1887, par M. P. Ducharïre. 

2° Compte rendu des travaux du Comité d'Arboriculture 



SÉANCE DU :23 FÉVRIER 1888. 89 

d'ornement et forestière, pendant Tannée 1887, par M. J. 
LuQUET, Secrétaire de ce Comité. 

3° Les plantes et les fleurs au Concours agricole de 1888, à 
Paris, par M. Bergman (Ernest). 

L'un de MM. les Secrétaires annonce de nouvelles présenta- 
tions ; 

Et la séance est levée à trois heures et demie. 



SÉANCE DU 23 FÉVRIER 1888 

Présidence de M. Léon Say, Président de la Société, 
PUIS DE M. Jolibois, Vice-Présidem. 

La séance est ouverte à deux heures et demie. Cent quatre- 
vingt-huit Membres titulaires et seize Membres honoraires ont 
signé le registre de présence. 

Le procès-verbal de la dernière séance est lu et adopté. 

M. le Président avertit la Compagnie d'une modification 
sérieuse qui vient d'être forcément apportée à Tordre du jour 
de cette séance. La Société avait été convoquée en assemblée 
générale pour entendre la lecture du Rapport sur les comptes 
de Tannée 1887. Mais, par Teflet d'une circonstance particu- 
lière, ce Rapport n'est pas prêt aujourd'hui ; il ne pourra donc 
être lu que dans la prochaine séance. 

M. le Président proclame, après un vote de la Compagnie, 
l'admission de douze nouveaux Membres titulaires, dont la 
présentation a été faite dans la dernière séance et n'a donné 
lieu à aucune opposition. — Enfin, il informe ses collègues de 
la perte douloureuse que vient d'éprouver la Société par le décès 
de M. Lefèvre (François), de Paris, Membre titulaire. 

Les objets suivants ont été déposés sur le bureau : 

1° Par M. Battut, négociant en fruits et primeurs^ rue Quin- 
campoix, 18, un lot de Tomates nouvelles, provenant des cul- 
tures de M. Millot, horticulteur au cap d'Antibes (Alpes- 



90 PROCÈS- VERBAUX. 

Maritimes), et un lot de légumes de primeur variés, qui viennent 
tous de l'Algérie; ce sont : des Pois verts^ des Pois mange-tout, 
des Haricots verts, des Fèves de marais, des Artichauts. — Le 
Comité de Culture potagère propose d'accorder à M. Battut une 
prime de 1'^^ classe pour sa présentation dans laquelle il distingue 
particulièrement les Tomates, et, mise aux voix^ sa proposition 
est adoptée par la Compagnie. 

Au nom de ce Comité, M. Dybowski fait ressortir le grand 
intérêt qu'a le lot de Tomates déposé en ce moment sur le 
bureau. Depuis longtemps on pratiquait la culture forcée de ce 
légume; mais cette culture est nécessairement dispendieuse en 
raison du chauffage qu'elle exige ; or, dans notre extrême Midi, le 
soleil fournit un moyen de chauffage naturel qui permetd'obtenir 
sans frais, sous verre, la température nécessaire pour les cul- 
tures hors saison. C'est ce qu'a très bien senti l'horticulteur 
d'Antibes qui a obtenu les Tomates présentées par M. Battut, et 
on voit que l'essai qu'il a fait dans cette nouvelle direction a été 
couronné d'un plein succès. 

M. Curé insiste sur la haute importance que ne peuvent 
manquer d'avoir les cultures sous verre faites dans nos départe- 
ments les plus favorisés du soleil. Les Belges, dit-il, ont consi- 
dérablement développé les cultures forcées légumières et frui- 
tières, grâce au bas prix auquel ils payent la houille et qui 
leur permet de réaliser ainsi de beaux bénéfices. A Paris, où le 
combustible est incomparablement plus cher, on ne peut essayer 
de lutter avec eux sous ce rapport ; mais divers points de notre 
littoral méditerranéen et l'Algérie pourraient faire avec profit, 
grâce au soleil, ce qui est impossible dans nos départements plus 
septentrionaux. Il est donc vivement à désirer que les cultiva- 
teurs de ces pays privilégiés entrent résolument dans la voie qui 
s'ouvre largement devant eux. Outre les légumes, les fruits et 
particulièrement les Raisins qu'ils obtiendront ainsi à contre- 
saison, trouveront toujours un placement avantageux sur le 
marché de Paris et des grandes villes sur lesquels on voit fré- 
quemment aujourd'hui ces produits apportés de pays étrangers^ 
tandis qu'ils devraient être obtenus chez nous. 

2° Par M. Berthault(Jean), jardinier à Wissous (Seine-et-Oise), 



SÉANCE DU 23 FÉVRIER 1888. 9\ 

un lot de Fraisiers en pots et en fructification, dont quatre sont 
de la variété Marguerite (Lebreton) et le cinquième de la variété 
Vicomtesse Héricart de Thury. Il lui est accordé, pour cette 
présentation, une prime de 2^ classe. 

M. Dybowski fait observer que les Fraisiers déposés sur le 
bureau par M. Berthault (Jean) portent assez peu de fruits. Avec 
le Comité dont il est l'organe, il voit la cause de ce fait dans 
l'absence à peu près continue du soleil pendant l'hiver que nous 
traversons. Dans ces conditions, dit-il, les fruits nouent diffici- 
lement. 

3*^ Par M. Dallé, horticulteur, rue Pierre-Charron, à Paris, 
trois Orchidées fleuries dont la présentation lui vaut une prime 
de ^<^ classe. Ce sont VOdonloglossum inaculatum du Mexique, 
VOncidium Cavendishianum du Guatemala et le Sophronitis mili- 
taris de Rio-de-Janeiro. 

M. le Président du Comité de FloViculture insiste de nouveau 
sur l'importance qu'il y a, pour les personnes qui soumettent 
des plantes à l'examen du Comité, à joindre toujours à ces objets 
une note contenant des renseignements de culture, d'origine, 
ou tout au moins leur propre adresse, car, parfois la négligence 
des présentateurs va jusqu'à ne pas même indiquer leur nom ni 
leur adresse. 

4° Par M. Éon, opticien, rue des Boulangers, 13, un Hygromètre 
à cheveu ou de Saussure perfectionné par lui, pour la présenta- 
tion duquel, sur la proposition du Comité des Arts et Industries 
horticoles, il lui est accordé une prime de 2*^ classe. 

Au nom de ce Comité, M. Touéry fait connaître à la Compagnie 
les modifications importantes que M. Eon a introduites dans la 
construction de cet instrument. On sait, dit-il, que l'hygromètre 
de Saussure a pour organe fondamental un cheveu fixé par l'une 
de ses extrémités et qui, non loin de son autre extrémité, qui 
porte un petit poids, passe dans la gorge d'une petite poulie à 
l'axe de laquelle est fixée une aiguille destinée à en rendre 
visibles les moindres mouvements. Le cheveu s'allongeant par 
l'humidité et se racourcissant par la sécheresse, fuit mouvoir 
l'aiguille dans un sens ou dans l'autre; or, l'extrémité de cette 
aiguille marche sur un cercle dont les divisions constituent les 



92 PROCÈS-VERBAUX. 

degrés de l'hygromètre. Jusqu'à ce jour les diverses parties de cet 
instrument ont été faites en métal, soit acier, soit cuivre, et, par 
suite^ dans les serres, dont l'atmosphère est constamment humide, 
mais à des degrés différents qu'il importe de déterminer, leur 
oxydation met, en peu de mois, l'appareil hors d'état de fonc- 
tionner. M. Éon a modifié très utilement cette construction. D'un 
côté, il a rendu l'hygromètre plus sensible en donnant au cheveu 
jusqu'à 0™60 de longueur, |c'est-à-dire une longueur plus que 
double de celle qu'il a dans les instruments construits jusqu'à 
ce jour. D'un autre côté, il a remplacé les pivots qu'on fait habi- 
tuellement en acier ou en cuivre par des pivots de cristal, et il 
a substitué une poulie d'ivoire montée sur un axe de cristal à 
la poulie de' cuivre avec axe métallique qui était constamment 
employée. x\insi construit, l'hygromètre à cheveu peut rester 
fort longtemps au milieu d'une atmosphère surchargée d'humi- 
dité sans en éprouver la moindre altération^ et en conservant 
jusqu'au bout sa sensibilité première. Tout en apportant ces 
importants perfectionnements à la construction de l'hygromètre, 
M. Éon a pu en réduire le prix à 16 francs, au lieu de 25 qu'il 
coûtait auparavant. 

5" Par M. Jubelin, boulevard Poissonnière, 12, des bordures 
pour parterres, en fils d'acier ondulés. Le Comité, ayant reconnu 
que ces bordures sont à la fois légères et solides, en outre, fort 
gracieuses et d'un prix très abordable, demande qu'il soit donné 
une prime de 2" classe pour la présentation qui en est faite. Sa 
demande est favorablement accueillie par la Compagnie. 

6" Par M. ïessier, pharmacien à Beauvais, une encre pour 
écrire sur le zinc que le Comité a reconnue comme étant d'un 
bon usage. 

T Par M. Bénard, de Triel, des tuteurs que surmonte un 
évasement formé d'une spirale, et qui permet d'étaler les bran- 
ches fleuries. 

8" Par M. Duneuffour, un râteau disposé en vue du ramassage 
des feuilles, mais dans lequel le Comité compétent déclare n'a- 
voir rien vu qui soit particulièrement avantageux. 

6° Par M. Cailler-Griveaux, un sécateur-greffoir, dont le Co- 
mité a confié l'examen et l'essai à une Commission spéciale. 



SÉANCK DU 23 FÉVRIER 1888. 93 

M. le Président remet les primes aux personnes qui les ont 
obtenues. 

Au nom du Comité scientifique, M. Mussat entretient la Com- 
pagnie de deuK arbustes dont M. B. Yerlot a envoyé des échan- 
tillons en vue d'en connaître les noms. Le Comité a reconnu que 
ce sont deux espèces du grand genre Sumac ou Rhus Lin., de 
la famille des Térébinthacées, qui l'une et l'autre croissent na- 
turellement au cap de Bonne-Espérance et qui diffèrent consi- 
dérablement d'apparence, en raison de la grande différence qui 
existe entre les dimensions et la conformation de leurs feuilles. 
L'une est le Sumac à feuilles en coin, ou Rhiis cuneifolia Desf., 
qui, dans son aspect général, ressemble assez à un Splrœa et 
constitue un arbuste touffu, d'un vert grisâtre, à très petites in- 
florescences, dès lors bien moins recommandable pour ses fleurs 
que pour ses feuilles qui sont courtes, à trois folioles rétrécies 
en coin dans le bas et glabres. L'autre espèce est le Sumac Osier 
ou Rhus viminaiis Vahl, dont les fleurs sont plus élégantes que 
celles de la première et dont les feuilles sont très remarquables 
par la grande longueur de leurs trois folioles linéaires, dont la 
verdure est claire et un peu cendrée. En raison de leur origine, 
ces deux arbustes ne sont pas très délicats ; toutefois, ils ne sont 
pas assez rustiques pour supporter sans en souffrir les fortes ge- 
lées du climat parisien. Il faut donc, à Paris, leur donner un abri 
pendant l'hiver; mais cet inconvénient n'existe pas pour eux 
dans notre Midi, où ils peuvent être cultivés en pleine terre. Il 
est bon de rappeler néanmoins que le Rhus viminaiis a résisté, 
pendant plusieurs années, dans une plate-bande du Jardin des 
Plantes de Paris. Une dizaine d'espèces de Sumacs sont plantés 
çà et là dans les jardins et les parcs; mais deux seulement y 
sont assez répandues. Ce sont le Rhus typhina Lm., Sumac de 
Virginie ou S. Amarante, qui a donné une variété à feuilles 
incisées (i?. typhina var. laciniata), et surtout le R. CotinusL., 
bien connu sous lesnoms vulgaires de Fustet, arbre à perruque, 
fort curieux parce que les ramifications nombreuses de son in- 
florescence, restant le plus souvent stériles, se chargent de 
longs poils, de sorte que l'ensemble forme une grande houppe 
soyeuse, qui est même devenue rouge dans une variété. 



94 NOMINATIONS. 

M. Jolibois dépose sur le bureau un Manuel de jardinage écrit 
spécialement pour les sourds-muets, mais qui, dit-il, convien- 
drait fort bien pour l'enseignement, dans les écoles primaires, des 
éléments de l'Horticulture et même de l'Agriculture. M. Rivière 
(Paul) est l'auteur de cet ouvrage, dont MM. Jamin (Ferd.) et 
Vitry sont priés de rendre compte à la Société. 

Le même Membre dit ensuite qu'ayant demandé tout récem- 
ment à l'Administration du jus de tabac qui ne fût pas addi- 
tionné de pétrole, il lui a été répondu que jamais il n'avait été 
ajouté du pétrole au jus de tabac. Si donc des horticulteurs ont 
quelquefois reconnu une odeur de pétrole au jus de tabac qui 
leur avait été fourni, cela tenait très probablement à ce que ce 
liquide avait été mis, pour le transport, dans des tonneaux qui 
auparavant avaient contenu du pétrole. 

L'un de MM. les Secrétaires dépose sur le bureau : 1° les pro- 
grammes des Expositions horticoles qui auront lieu, à Autun 
(Saône-et-Loire), du 2 au 10 juin 1888; à Marseille (Bouches-du- 
Rhône), du 2 au 11 juin 1 888 ; à Nantes, les 27, 28 et29 avril 1 888 ; 
2" une brochure intitulée Culture et soins pratiques à donner 
aux plantes en appartements, par M. Laumaille (J.) (Broch. gr. 
in-18 de 58 pag. Paris ; sans date). 

Il annonce ensuite de nouvelles présentations ; 

Et la séance est levée vers trois heures et demie. 



NOMINATIONS 



SÉANCE DU 9 FÉVRIER 1888. 

MM. 

\ . Briffault (Auguste), cultivateur, rue des Petits-Pères, à Genne- 
villiers (Seine), présenté par MM. Rothberg et Ghouveroux. 

2. Chevallier (Albert-Louis), jardinier à l'École d'Arboriculture de 

la Ville de Paris, avenue de Saint-Mandé, 69, à Saint-Mandc 
(Seine), présenté par MM. A. Chargueraud et E. Delamarre. 

3. Crison (Louis), négociant, rue Groix-des-Vis:nes, à Gennevillicrs 

(Seine), présenté par MM. Rothberg et Ghouveroux. 



SÉANCE DU TS FÉVRIER 1888. 95 

4. DuPLESSY (M'"e Emilie), propriétaire, boulevard Montmorency, 
7 biSj à Passy-Auteiiil (Paris), présentée par MM. Lacombe et 
Vallois. 

o. Gautier (Albert), jardinier àMontlignon (Seine-et-Oise), présenté 
par MM. J. Duval et Ch. Jolj. 

6. Goulet (Gustave), jardinier, rue de l'Est, à la Mairaaison, àRueil 

(Seine-et-Oise), présenté par MM. Couturier aîné et R. Jolibois* 

7. JouBERT (M™*^ Edmond), rue de Balzac, 23, à. Paris, présentée par 

MM. E. Bergman et F. Bergman. 
8 Lebroc, libraire-éditeur, rue Garancière, 8, à Paris, présenté par 

M. Hardy. 
9. Maître (Ernest), à Auvers-sur-Oise (Oise), présenté par MM. Ad. 

Chatin et Max. Cornu. 
10. SiMorsA (Séraphin), rue de Verneuil, '60^, à Paris, présenté par 

M. Ch. Joly. 
M. Treveran (Daniel), quai des Chartrons, 130, à Bordeaux (Gironde), 

présenté par MM. H. Glady et Jeaucour. 



SÉANCE DU 23 février 1888. 

MM. 

■1 . Aymar de la Rochefoucault (M™" la comtesse), hôtel de la Roche- 
foucault, rue Saint-Ferdinand, 25, à Paris et au château de 
Belloy-sur-Somme, près Picquigny (Somme), présentée par 
MM. Godefroy-Lebeuf et Mantin. 

2. Bondonneâu (Emile), négociant en charbons, quai Jemmapes, 138, 

à Paris, présenté par MM. Lévêque et L. Delaville. 

3. Chabrillat-Durier, avenue Groix-Morel, \'6, à Clermont-Ferrand 

(Puy-de-Dôme), présenté par E. Delamarre et G. Chevalier. 

4. Curé (Célestin), chef des cultures, établissement des Pupilles de 

laSeine, à Yzeure (Allier), présenté par MM. Ch. Curé etA. Duvil- 
lard. 

5. Duchefdelaville (Auguste), jardinier chez M. Carel, rue d'Alsace, 

41, à Saint-Germain (Seine-et-Oise), présenté par MM. Savoye 
père et Savoye fils. 

6. DuYDT, treillageur, rue de Lougchamps, 128, à Paris, présenté 

par MM. H. Lebœuf et C. Lebœuf. 

7. Flouet (Marie-Maurice), opticien, boulevard Diderot, 1, à Paris, 

présenté par MM. E. Verdier et A. Hébrard. 

8. Gadkt (Auguste), jardinier chez M. Brard, boulevard du 



96 NOTES ET MÉMOIRES 

Château, 35, à Neuilly (Seine), présenté par MM. Poiret-Delan, 
L. Poiret et Bourin. 
9. Gaillard (Alexandre), jardinier, rue de la Fontaine, 96, à Aiiteuil- 
Paris, présenté par MM. Poirel-Delan, L. Férard et Bouriti. 

10. Hélie (Guillaume), architecte-paysagiste, boulevard Péreire, 275, 

à Paris, présenté par MM. Deny et E. Bergman. 

11 . Meslier (Amand), à Sarcelles (Seinc-el-Oise), présenté par MM. Isa- 

beth et L. Delaville. 

12. Soi-DiEux (Charles), chez M. Haichédéacon, rue Charles VU, à 

Nogent-sur-Marne (Seine), pi-c?enté par MM. Bouzigues, Joli- 
bois et Loizeau. 



NOTES ET MEMOIRES 

Paroles prononcées sur la tombe de M. Ghauvière (Pierre), 

Fondateur et Membre perpétuel 
de la Société nationale d'Horticnitiire de Fruuce (1), 

par M. Verdier (Eug.) 

Messieurs, 

Vous voudrez bien ni'excuser si je prends la parole dont je 
sais si mal me servir ; mais il est pour nous un devoir que je 
veux essayer de remplir. Je ne puis laisser fermer cette tombe 
sans dire adieu à celui qu'elle va recouvrir. 

Je ne suis nullement autorisé pour parler au nom de la 
Société nationale d'Horticulture de France, que je regrette 
vivement de ne pas voir représentée ici officiellement; je suis 
cependant certain d'être son interprète en exprimant ses plus 
profonds regrets pour la perte sensible qu'elle éprouve en la 
personne de Fun de ses fondateurs, qui a été, pendant de lon- 
gues années, l'un des membres les plus assidus et les plus sym- 
pathiques de son Conseil d'Administration, et qui restera l'un 
de ses membres perpétuels. 

Ghauvière a été le fils de ses œuvres. 11 est venu à Paris, de 



[\) Lu le 9 février 11 



ESSAI SUR LA COMPOSITION DES BOUQUETS. 97 

Bourgogne;, je crois, et, comme l'on dit parfois, avec ses gros 
sabots. Il était actif et intelligent ; aussi créa-t-il, il y a plus 
d'un demi-siècle, ce bel établissement qui devait devenir l'un 
des premiers de France, et qui est^si dignement continué de nos 
jours par notre anni Rougier, son gendre. 

Chauvière appartenait à cette phalange d'Horticulteurs 
célèbres, travailleurs infatigables et studieux, qui dotèrent 
l'Horticulture de tant de belles plantes et qui firent de si 
nombreux élèves. LesJacquin, les Jamin, les Laffay, lesLepère, 
les Lévêque, les Mabire, les Malet, les Modeste Guérin, les 
Paillet, les Pelé et mon père étaient tous ses bons amis ; son 
nom sera gravé avec les leurs, au frontispice du Temple de 
Flore et de Pomone. 

Au nom de l'Horticulture, au nom des nombreux élèves qu'il 
a faits, j'adresse à Chauvière un éternel adieu, et je salue 
respectueusement les mânes de ce respectable et vénéré 
Maître. Adieu ! 



Essai sur la croiPosiTiON des Bouquets, 

AU POINT DE VUE ARTISTIQUE (1), 

pai' Madame Lacoin^ née de Yilmorix, 

Dnnio palronncsse de la Société. 

Dans un temps oîi l'art est appliqué à presque toutes les 
industries et aux choses usuelles de la vie, les bouquets ne 
doivent pas rester en arrière de ce mouvement; d'autant plus 
que le goût des fleurs est plus répandu que jamais^ et que nos 
appartements sont remplis de fleurs ; Part doit s'appliquer aux 
bouquets comme à l'ameublement et à tout ce qui nous entoure. 

L'idée d'employer l'art à l'arrangement des fleurs va peut- 
être contrister beaucoup d'âmes sensibles qui pensent que les 
fleurs s'arrangent d'elles-mêmes, que tout est harmonie dans la 

(1) Lu le 12 janvier 188S. 



98 NOTES ET MÉMOIRES. 

nature et que des fleurs réunies d'une manière quelconque ne 
peuvent produire qu'un effet charmant. C'est une erreur qui 
leur vient sans doute de ce que les fleurs s'arrangent harmo- 
nieusement sous leurs doigts. Mais s'il en est ainsi, c'est tout 
simplement parce qu'elles ont du goût et font de l'art sans y 
penser, comme M. Jourdaiu faisait de la prose sans le savoir. 
Du reste, la seule bonne recette pour faire un joli bouquet est 
d'avoir du goût, et les règles les plus savantes ne donneront 
jamais ce sentiment intime des convenances qui fait l'artiste et 
les gens de goût. Il n'est pas nécessaire de poser des règles 
pour eux et pour les Parisiennes non plus. A Paris, on n'a pas 
le temps de faire ses bouquets soi-même ; heureusement la 
ville abonde en ressources de toutes sortes, et, comme on sait où 
il faut aller pour commander ses toilettes, on connaît également 
où il est de bon ton d'acheter ses fleurs. 11 serait impertinent 
de vouloir donner des conseils à des gens si bien renseignés. 
Mais la saison de Paris ne dure pas toujours : l'été, il faut 
habiter la campagne pendant de longs mois, loin du fleuriste 
à la mode, n'ayant souvent pour toute ressource qu'un brave 
homme de jardinier qui s'entend mieux à faire pousser ses 
fleurs qu'à les grouper dans un bouquet. Il a besoin d'être 
dirigé ; aussi est-il nécessaire d'avoir des idées précises sur la 
composition d'un bouquet. 

Les contrastes. 

Si la nature n'est pas toujours belle et harmonieuse, si elle a 
ses dissonances et ses laideurs, c'est pourtant dans la nature 
seulement que nous pouvons trouver nos modèles. Mais la 
nature, pour nous plaire, a besoin d'être vue par nos yeux et 
sentie par notre cœur, d'être réfléchie en nous-même. 

Beaucoup de choses nous plaisent dans la nature : la beauté 
des formes, de justes proportions, un équilibre qui rassure loeil. 
La lumière brillante ou adoucie qui varie l'aspect des objets est 
encore une source de jouissances, et ce plaisir est plus vie 
encore quand la lumière se décompose en une variété infinie de 
nuances. Mais ce qui nous plaît par-dessus tout, dans la nature 



ESSAI SUR LA (:()MPOSITI(^\ DES BOUQUETS. 99 

et dans la vie, ce sont, les contrastes: le soleil après la pluie, 
une vive lumière brillant dans les ténèbres, la joie après la 
douleur. Dans toute œuvre d'art, on ménage l'intérêt par un 
contraste. Dans un drame, le rôle du traître fait ressortir les 
vertus de la jeune héroïne ; à la fin d'un roman, nous avons 
d'autant plus de plaisir à voir marier les pauvres amoureux 
qu'ils ont eu plus de difficultés pour arriver à cet heureux 
dénouement. En peinture, on ne peut pas faire un tableau sans 
ombres ; c'est une vérité si évidente qu'on en a fait un proverbe. 
Il est donc nécessaire, dans un bouquet bien fait, qui est aussi 
une œuvre d'art, de ménager un contraste en opposant ce 
qui peut être opposé dans la forme ou la couleur des fleurs. 

L'opposition dans la forme doit se trouver entre les fleurs en 
épis, comme les Pieds d'alouette et les Glaïeuls, et les fleurs en 
boule, comme les Pivoines et les Roses ; de même que, dans un 
tableau représentant un paysage, on oppose les Peupliers aux 
masses arrondies des Chênes et des Ormes. C'est là l'opposition 
la plus tranchée ; mais on peut_, d'une manière générale, opposer 
toutes les fleurs légères, de n'importe quelle forme, aux fleurs 
plus volumineuses, soit individuellement, soit par leur réunion 
à l'extrémité de la tige, comme dans les Rhododendrons. On 
peut encore opposer les lignes simples aux lignes compliquées, 
par exemple les formes pures d'une Tulipe au fouillis de 
fleurettes d'une grappe de Lilas. 

Dans la couleur, il y a deux sortes d'oppositions : celle qui se 
trouve dans la dififérence d'intensité de la coloration et l'opposi- 
tion beaucoup pi us caractéristique des couleurs complémentaires. 
La lumière décomposée donne une vive sensation de plaisir, 
mais ce plaisir peut aller jusqu'à la fatigue si on n'a pas soin de 
disposer les couleurs en contrastes harmonieux. Chaque couleur 
regardée séparément plaît peut-être plus que la lumière blanche ; 
mais l'œil s'en fatigue et tend à reconstituer l'ensemble. Quand 
on a fixé une couleur quelconque et qu'on cesse de la regarder, 
l'œil est ébloui et nous présente d'abord la couleur opposée ou 
complémentaire ; aussi, la réunion de deux couleurs complé- 
mentaires mises à côté l'une de l'autre est-il ce qui satisfait le 
plus la vue. 



100 NOTES ET MÉMOIRES. 

La forme. 

Il faut mettre dans la forme générale d'un bouquet l'équi- 
libre nécessaire à toute œuvre d'art, suivant notre idéal euro- 
péen; mais il ne faut pas pousser ce besoin d'équilibre jusqu'à 
la sj^métrie absolue. Les Japonais, qui sont fort à la mode 
dans ce moment, et non sans raison, car ils ont le sentiment 
décoratif très développé, n'ont pas notre besoin d'équilibre et 
d'unité; ils posent leurs motifs de décoration dans un coin quel- 
conque de l'objet à décorer, avec un sans-façon admirable, et ils 
poussent l'horreur de la symétrie jusqu'à ne pas pouvoir souffrir 
les nombres pairs dans leurs compositions artistiques. Ils 
représenteront trois ou cinq poissons na,i^eant dans un bassin, 
jamais quatre. 

Cet idéal ne sera pas le nôtre, de longtemps au moins; il 
répugne trop au génie de notre race. Nous avons plus à nous 
garer de l'excès de sj^métrie que des fantaisies japonaises. 
Dans les deux siècles derniers, qui ont été de grands siècles, 
l'art a suivi le mouvement général; il a eu de beaux côtes; 
mais il a péché par excès de symétrie dans l'architecture et 
surtout dans le dessin des jardins. Nous en voj'ons un exe:nple 
à Yersailles. La beauté grandiose de ces allées d'arbres magni- 
fiques, mais toujours plantés en ligne droite, ne va pas sans un 
peu d'ennui. 

« dieux! ô bergers! ô rocailles! 
Vieux Satyres, Termes grognons, 
Vieux petits Ifs en rang d'oignons, 
bassins, quinconces, charmilles! 
Boulingrins pleins de majesté. 
Où les dimanches, tout Tété, 
Bâillent lant d'honnêtes familles! -» 

De nos jours, ce goût n'existe plus poui- les jardins; on se 
préoccupe d'effets pittoresques, et les jardins paysagers ont 
remplacé les lignes droites des jardins d'autrefois. Mais les bou- 
quets conservent encore trop souvent ces vieilles formes. Nous 
voyons sur nos tables des corbeilles où les Roses et les Tulipes 
sont disposées en « rang d'oignons » comme les Ifs du parc de 



ESSAI SUR LA COMPOSITION DES BOHOUETS. iOl 

Versailles. Cette symétrie ne se retrouve pas aux belles époques 
de l'art ; on y voit une allure plus libre et une diversité dans les 
détails plus conforme à la variété infinie de la nature. Il n'y a 
pas de symétrie absolue dans la nature; les fleurs dont la forme 
paraît la plus régulière n'ont jamais tous leurs pétales faits sur 
le même patron; on ne trouve pas deux feuilles semblables sur 
un même arbre. Il y a toujours diversité dans la nature; c'est ce 
qui fait son charme et l'empêche d'avoir la froideur de nos 
ornementations faites à la machine, où le même motif se 
répète indéfiniment toujours semblable à lui-même. 

Il ne faut pas qu'un bouquet ait une forme absolument régu- 
lière, mais il doit être bien équilibré. Si on le partage par le 
milieu, de bas en haut, chacun des côtés doit avoir la même 
importance comme volume, mais il n'est pas nécessaire qu'ils 
aient la même forme; une silhouette accidentée donne, au con- 
traire, plus de grâce et de légèreté au bouquet. 

Il faut éviter de serrer les fleurs les unes contre les autres, ce 
qui empêche de voir la tige et les feuilles qui les accompagnent 
et leur font un cadre charmant. Elles ont besoin d'air pour 
être vues dans toute la grâce de leurs formes. Il ne faut pas 
non plus les poser indifféremment dans un bouquet ; leur 
forme indique la place qu'elles devront occuper. Un bouquet 
doit être construit comme un édifice, comme un château 
gothique. On mettra au bas et au centre les fleurs les plus 
loui'des; elles seront comme les assises solides sur lesquelles 
sont posées les parties plus légères de l'édifice. Les fleurs eu 
épis et les fleurettes légères qu'on mettra au-dessus représen- 
teront les tourelles et les clochetons. On obtiendra ainsi une 
impression de stabilité qui satisfera la vue. On pourra mettre, si 
l'on veut, quelques fleurs légèi-es au bas, entre les grosses fleurs, 
comme un ornement. 

Dans un bouquet plus petit, on doit toujours observer les 
mêmes principes, varier les formes et mettre les fleurs les plus 
légères en haut. C'est une chose facile du reste, car ce sont 
généralement les fleurs les plus légères qui ont le^ tiges les plus 
longues. 

On doit aussi harmoniser la forme du bouquet avec la forme 



10:: NOTES ET MEMOIRES. 

du vase qui doit le contenir. Dans un vase élancé, en cornet, on 
mettra une gerbe de fleurs légères ; dans un vase de forme 
plus arrondie, offrant à Fœil une base solide, on pourra 
mettre toute espèce de fleurs et élargir davantage son bou- 
quet. 

La couleur. 

Parmi les combinaisons de couleurs qui peuvent entrer dans 
un bouquet, la plus parfaite est celle des couleurs complémen- 
taires; mais il y en a d'autres qui sont encore très barmonieuses. 
En allant de la plus simple à la plus^ compliquée, on peut les 
classer ainsi: 1° une seule couleur variant seulement comme 
intensité ; 2° les harmonies de petits intervalles ; 3° les couleurs 
complémentaires ; et 4° la réunion de toutes les couleurs. 

Dans un bouquet d'une seule couleur, le contraste qui doit lui 
donner de l'intérêt se trouvera dans la diflerence d'intensité de 
la coloration. Si le bouquet est rose, on pourra opposer les tons 
pâles d'une Rose Baronne de Rothschild aux tons grenat foncé 
d'un Empereur du Maroc. Ce contraste principal devra se 
trouver au centre du bouquet. S'il est trop vif ou trop dur, on 
pourra l'atténuer en mettant une demi-teinte entre le rose et 
le grenat; mais il suffit généralement d'accompagner ces deux 
teintes de nuances intermédiaires. On fera suivre la teinte la 
plus claire d'une teinte plus foncée ; puis on la foncera encore en 
allant versle bordextérieurdubouquet.Du côté de la teinte foncée, 
on mettra des teintes plus claires; mais cette dégradation ne doit 
pas être uniforme; il faut la couper d'autres contrastes rappelant 
celui du milieu, mais moins accusés, formant comme un écho 
du contraste principal. On peut mettre du grenat dans un bou- 
quet rose, mais il faut éviter le rouge vif qui éteindrait les 
nuances délicates du rose ; on peut se permettre pourtant un 
peu de rouge-cerise entre le grenat et le rose ; il avivera l'en- 
semble sans rompre l'harmonie. 

Après les bouquets d'une seule couleur qu'on pourrait appeler 
camaïeu, si la teinte du feuillage ne venait pas former une 
opposition quelquefois complémentaire avec celle des fleurs, 
la combinaison des nuances qui s'en rapproche le plus est 



ESSAI SUR LA CUMruSITlON DES BOUQUETS. 103 

l'harmonie de « petits intervalles ». Il y a une partie du spectre 
où les couleurs^ quoique rapprochées, s'harnnoDisent entre elles; 
ce sont les couleurs les plus vives, celles qui vont du jaune an 
rouge. On peut ari'iver avec ces teintes à des effets excessive- 
ment brillants, sans être durs ni criards, quand on emploie ces 
couleurs dans toute leur intensité; mais si on les prend à des 
degrés plus atténués, on y trouve des nuances admirables : les 
tons chair et saumoné, les grenats veloutés et les ors. On peut 
produire avec ces teintes des effets merveilleux. 

Les couleurs complémentaires qui doivent s'harmoniser théo- 
riquement forment quelquefois un contraste très dur; pour 
radoucir, il est bon de ne pas employer deux nuances de même 
intensité. Si on oppose Torangé au bleu, il est préférable de 
mettre le bleu clair auprès du brun et les nuances thé avec le 
bleu foncé. L'orangé intense est une couleur difficile à employer 
comme le rouge vif; ces deux teintes ne sont vraiment à leur 
place que dans les harmonies de petits intervalles. Dans un 
bouquet d'une certaine dimension, il faut mettre plusieurs nuaiv 
ces de chacune des couleurs. L'opposition la plus vive doit être 
au centre et accompagnée de teintes dégradées qui viennent en 
adoucir la dureté. Il ne faut pas mettre une égale quantité des 
deux couleurs qu'on oppose; la couleur la plus vive doit se 
trouver en plus petite quantité. 

On peut faire de magnifiques bouquets en y introduisant 
toutes sortes de couleurs; mais ces bouquets sont très difficiles 
à composer. Chaque couleur ne peut pas être mise impuné- 
ment à côté d'une autre quelconque. Il y a des couleurs enne- 
mies; pour les accorder, on est obligé à beaucoup de ménage- 
ments. Un bouquet de toutes couleurs doit toujours avoir une 
certaine dimension; on a besoin d'espace pour ménager ses 
effets et ses transitions. Il y a deux moyens de faire accorder les 
couleurs ennemies : les gradations de teintes et les contrastes. 
On peut mettre entre les deux teintes dissonantes toutes les 
nuances qui se trouvent entre elles dans le spectre, ou bien une 
seule teinte qui soit complémentaire du total de ces deux nuances 
additionnées; c'est-à-dire qu'il faut que le mélange de ces deux 
teintes forme une couleur exactement complémentaire de celle 



i04 NOTES ET MÉMOIRES. 

qu'on interpose entre elles. Par exemple, pour faire accorder 
ensemble un violet bleuâtre et un rouge violacé qui, réunis, forme- 
raient un violet franc, il faudrait les séparer par une nuance 
jaune, qui est la couleur complémentaire du violet. On trouve 
parmi les fleurs toutes les nuances dont on a besoin pour ces tran- 
sitions et même quelquefois on trouve la transition toute faite 
dans une fleur de plusieurs nuances. 

La principale opposition d'un bouquet de toutes couleurs doit 
être dans la différence d'intensité de la coloration. Au centre on 
placera les nuances les plus claires; au-dessous, comme une 
ombre portée, on mettra des teintes très foncées formant un 
contraste vigoureux. Au-dessus des nuances claires on mettra 
des couleurs d'une intensité moyenne sur lesquelles les nuances 
claires pourront se détacher. Les couleurs complémentaires 
auront aussi leur rôle à jouer, mais elles formeront des opposi- 
tions accessoires. Un exemple fera mieux comprendre la 
manière de composer ces bouquets. 

Au centre on mettra des Pivoines herbacées d'un rose pâle et 
d'autres roses avec le milieu soufré, puis des Roses thé de diffé- 
rentes nuances. En opposition avec ces teintes claires un placera 
au-dessous, un peu à droite, des Pivoines rouges, puis des Roses 
grenat foncé ou des Œillets de poète de la même nuance, le 
rouge se trouvant au-dessous du rose_, et le grenat correspondant 
aux nuances thé et soufre. Au-dessus des Roses thé on mettra 
des Ancolies et des Digitales jaune soufré, qui se détacheront sur 
un fond de Pieds d'alouette vivaces de différentes nuances de 
bleu et de lilas, qui formeront le sommet du bouquet. Les 
nuances les plus claires se trouveront en avant, et derrière les 
bleus foncés on pourra mettre quelques fleurs rouge foncé 
qui s'apercevront en transparence. Faisant suite aux Pieds 
d'alouette, on mettra d'autres fleurs d'un lilas plus rose : 
Campanules, Pentstemons, Digitales ou autres, se rapprochant de 
plus en plus du rose comme teinte, et qui combleront l'espace 
entre le centre et le haut du bouquet sur la gauche. De la sorte 
on aura, au centre, un contraste très accentué dans la diffé- 
rence d'intensité des teintes, à droite une opposition de couleurs 
complémentaires entre les nuances de thé à jaune et les bleus 



ESSAI SCR LA COMPOSITION DES BOUQUETS. 105 

et lilas, et à gauche une gradation de teintes reliant le rose au 
bleu en passant par le lilas. On peut faire bien d'autres combi- 
naisons de teintes, mais celle-ci a l'avantage de renfermer tous 
les genres de transitions et de contrastes. 

Il faut assortir la couleur du vase à la couleur du bouquet 
aussi bien que sa forme. Le vase ne doit être qu'un support 
faisant valoir le bouquet; il ne faut pas qu'il attire sui- lui 
l'attention. On doit donc éviter les ornementations de couleurs 
vives et crues qui sont d'uu mauvais effet à côté des nuances 
plus délicates des fleurs. Les vases d'une seule teinte, douce et 
un peu éteinte, sont ceux qu'on doit choisir de préférence. On en 
trouve un grand choix parmi les poteries de Yallauris. Les grès 
ont aussi de bonnes teintes ; les cristaux blancs ou légèrement 
teintés sont excellents. Il y a cependant certaines couleurs assez 
vives qui s'harmonisent bien avec les fleurs ; ainsi, les bleu- 
turquoise légèrement verdàtres font valoir les tons chair et 
généralement toutes les nuances allant du rose-crevette au 
jaune doré. Mais ces couleurs sont rares, et il vaut mieux s'en 
tenir aux cristaux et aux poteries à teintes douces. 

Les règles pour la composition d'un bouquet sont donc très 
simples; elles se résument dans l'harmonie de laTorme et celle 
de la couleur et dans l'unité de composition venant d'un contraste 
principal auquel se relient tous les autres. Un jardinier à qui 
on les explique avec soin peut les comprendre et les appliquer. 
Si cependant quelques-uns d'entre eux trouvaient trop difficile 
l'emploi des contrastes et l'unité de composition, ils pourraient 
toujours s'en tenir à quelques indications élémentaires qui sont 
à la portée de tout le monde, telles que l'équilibre dans la forme 
qui consiste à mettre les fleurs les plus lourdes en bas et les 
plus légères en haut du bouquet^ et certaines combinaisons de 
couleurs qui sont toujours harmonieuses. Par exemple, on'pour- 
rait couper des fleurs de couleurs complémentaires d'intensité 
de coloration différente, les mettre dans un saladier, les remuer 
dans tous les sens, comme de la Laitue ou de la Mâche, et toutes 
les combinaisons que formeraient ces fleurs en changeant de 
place seraient toujours harmonieuses. On peut donc impu- 
nément se servir des couleurs complémentaires. Il en est de 



lOH NOTES ET MEMOIRES. 

même des camaïeux et des harmonies de petits intervalles. Les 
gens de goût peuvent en tirer un meilleur parti, mais un ignorant 
ne fera jamais avec ces teintes quelque chose de dissonant. 

Pour les bouquets de toutes couleurs, la chose est plus déli- 
cate. Il faut du goût naturel et le sentiment de la couleur pour 
les bien composer. Il sont du ressort exclusif de la maîtresse de 
la maison. 



Les plantes et les fleurs au Concours agricole de 1888 

A Paris (i), 

par M. Ernest Bergman. 

Quoique n'nyant pas été chargé de rendre compte du Con- 
cours agricole, j'ai pensé qu'il serait intéressant, à plusieurs 
points de vue, d'entretenir nos collègues, à qui il n'a pas été 
donné d'aller visiter cette Exposition, de choses rentrant dans 
le domaine de notre IlorlicuUure, et cela me sera d'autant 
plus facile et agréable qu'organisateurs et exposants font partie 
de notre Société. 

Nous ne devons pas nous dissimuler que le fait d'exposer au 
Concours agricole a un grand attrait pour les exposants : les 
récompenses sont nombreuses et de valeur; le public qui se 
presse au Palais de l'Industrie se compte par milliers, ce qui 
fait connaître les exposants et leurs produits mieux que partout 
ailleurs. 

Celte année encore on avait installé dans une des grandes 
salles d'angle, côté du rond-point des Champs-Elysées, la 
partie florale. La salle était garnie d'un plafond vitré ; les 
grandes baies qui, l'année dernière, n'étaient fermées que par 
des rideaux, étaient closes cette année par des portes pleines, 
les rideaux en plus. La salle étant placée dans l'angle, on 
n'avait pas les courants d'air inévitables de Tan passé. Tout 

(I) Déposé le 9 février 1888. 



PLANTES ET FLEURS AU CUXCOUUS AGRICULE DE 1888. 107 

l'honneur de cette organisation revient à M. Thomas, architecte 
du Palais et de notre Société. La salle était très bien chauffée 
par les poêles-thermosiphons de notre collègue M. Paul Lebœuf, 
et, malgré une température extérieure de 12 degrés au-dessous 
de 0, la température de la salle n'est jamais descendue au- 
dessous de -f- 14 degrés. Cette application du système Ghou- 
berski adapté à des poèles-thermosiphons, ne se chargeant que 
toutes les douze heures, nous semble appelée à rendre les 
plus grands services aux amateurs ayant de petites serres ou 
de petits jardins d'hiver. M. Lebœuf a fait faire là un grand 
pas au chauffage à eau chaude ; il Ta simplifié d'une manière 
remarquable, et nous ne pouvons que l'en féliciter. 

Nous ne devons pas oublier que le principal instigateur de 
toute cette organisation est notre collègue M. Dybowski, qui, à 
force de zèle et de persévérance, est arrivé à faire de l'Horti- 
culture au Concours agricole Tun des attraits de cette Exposi- 
tion et non plus un supplément négligeable, comme cela était 
par le passé. M. Dybowski avait installé les différents lots des 
exposants avec beaucoup de goût, et l'effet en était on ne peut 
plus agréable. 

Le Concours était divisé en deux parties : une première 
partie venait avec les animaux reproducteurs, et la deuxième 
avec les animaux gras. 

Ne voulant pas abuser de la place mise à notre disposition, 
nous allons parler des deux parties réunies, et cela d'autant 
plus facilement qu'une partie de la première série était restée 
comme complément à la deuxième. Le Jury chargé de juger la 
partie florale était composé de : MM. Prillieux, inspecteur géné- 
ral de l'Enseignement agricole ; Max. Cornu, professeur-admi- 
nistrateur au Muséum d'Histoire naturelle ; Chantin père, horti- 
culteur à Paris ; Edouard André, rédacteur de la Revue hor- 
ticole ; cq^ quatre messieurs nommés par le Gouvernement, et 
M. Ernest Bergman, nommé par les exposants. 

Dans les lots de plantes vertes nous devons citer en première 
ligne M. Dallé, rue Pierre-Charron, 29, à Paris, pour un magni- 
fique groupe de Palmiers, Fougères et Orchidées, le tout 
arrangé avec beaucoup de goût : médaille d'or pour ce lot, 



108 NOTES ET MÉMOIRES. 

dans lequel nous avons remarqué entre autres de beaux Areca, 
de grands Kentia, des Phœtiix, etc. 

Médaille de vermeil à M. Lellieux, pour ses Palmiers. 

Médaille d'argent grand module à M. Lange, rue de Bour- 
gogne, 30, pour Palmiers, Bracœna, elc. 

Diplômes d'honneur (hors concours) à M. Chantin, avenue 
deChàtillon, 31^ pour un lot de ces magnifiques Palmiers qui 
ont fait la renommée de ce doyen des horticulteurs parisiens ; 

Et à M. Ch. Rivière, directeur du jardin d'essai du Hamma, 
à Alger, qui, comme les années précédentes, avait apporté 
d'Algérie de fort belles plantes. Musa, Chaimerops et Phœnix. 

Médailles d'or à MM. Lévéque et fils, rue du Liégat, à Ivry- 
sur-Seine, pour magnifiques Camellias en pleine fleur et un 
beau groupe de Lilas forcé ; à M. Moser, de Versailles, pour ses 
Rhododendrons, Andromeda^ etc.. arrivés bien à point. 

Dans la grande nef du Palais, au rez-de-chaussée, nous 
trouvons M. Fouquet, de Sinceny, avec ses Peupliers régénérés ; 
puis deux lauréats de médailles d'or : MM. Defresne, de Yitry, 
avec de fort beaux Conifères, entre autres :^èies lasiocarpa, 
Nordmanniana^ commutata, concolor ; Taxm adpressa stricta ; 
Wellinglonia giganiea pendula; Sciadopifj/s verdcillata, etc. ; et 
MM. Croux et fils, d'Aulnay, avec de belles plantes, surtout un 
magnifique Abies concolor, des Juniperus virginiana glauca, 
Cnjptomeriajapouica^ etc., etc. 

La deuxième partie du Concours comprenait les plantes 
bulbeuses et non bulbeuses, ainsi que les Orchidées. M. Dy- 
bowski avait fait laisser aux exposants de Palmiers leurs 
plantes autour de la salle, ce qui faisait un fort beau cadre 
aux magnifiques Cinéraires de MM. Vilmorin, et aux Cyclamens 
et Jacinthes de M. Forgeot. M. Lévéque avait refait un char- 
mant massif en entremêlant ses Camellias et ses Lilas. 

Les héros de cette deuxième série ont été MM. Vilmorin, avec 
deux médailles d'or pour leurs Jacinthes, Tulipes, Muguets et 
autres plantes bulbeuses fleuries et pour leurs Cinéraires 
et Primevères absolument remarquables comme vigueur et 
floraison. Viennent ensuite M. Forgeot et C''', médailles d'or et 
argent grand module, pour leurs Cyclamens, Jacinthes et 



PLANTES ET FLEURS AU COXCODRS AGRICOLE DE 1888. 109 

ensnile leurs Primevères et Violettes. En plus des plantes 
exposées dans la serre, ces deux maisons occupaient d'antres 
malles où étaient une partie de leurs autres fleurs, leurs 
graines, légumes, etc. 

Médaille d'argent à MM. Billard et Barré, à Fontenay-aax- 
Roses, pour leurs Cyclamens ; médaille d'argent anssî à 
M. Torcy- Van nier, de Melun. pour ses Tulipes, ainsi qa'à 
MM. Lange et Dugonrd, le premier pour nn lot A^ Himantopkyl- 
/d///î, Primevères, etc., et le second pour ses Hellébores de semis. 
Un seul exposant d'Orchidées, M. Régnier, de Fonlenay-soos- 
Bois, qui avait affronté la grande gelée et nous montrait an 
très beau lot de Phalcenopsis amabilis, Saccelabium illustre et 
autres._ Médaille d'or. 

Dans la même salle, quoique ne faisant pas partie da même 
concours, de très beaux Ananas de MM. Crémont, de Sarcelles, 
dans les variétés Charlotte de Rothschild et Cayenne à feuilles 
lisses, ainsi que de belles potées de Fraisiers forcés variété 
Marguerite (Lebreton . 

Dans une autre salle, nous avons admiré, celle année encore, 
les Raisins renommés de M. Salomon. de Thomery. le grand 
viticulteur, qui connaît si bien Tart de conserver les Raisins 
en hiver. 

Après avoir dit tout le bien que nous pensions tous de Torga- 
nisalion de ce Concotirs. yy ne puis manquer de signaler une 
excellente innovation du Commissaire général, M. Ernest 
Menault, qui, pendant la durée du Cîoncours. avait organisé 
une série de conférences sur les objets ou produits se rappor- 
tant à TAgriculture et à ses nombreuses branches. Voici les 
noms des conférenciers qui onl tenu à honneur de parler de 
rHorliculture ; 

MM. Henri de Vilmorin : Pommes de terre. 

Max. Cornu : Produits des colonies. 

Ed. André: Plantes d'ornement de serre. 

Ch. Baltet : Fruits de table. 

E. Salomon : Conservation des Raisins. 

Hédiard: Fruits exotiques. 

Forgeol: Culture potagère. 



110 NOTES ET MÉMOIRES. 

Ces conférences, fort intéressantes, ont été suivies par un 
grand nombre d'amateurs et de praticiens. M. Menault a l'in- 
tention de les réunir toutes en un volume et de les faire publier 
comme corollaire au Concours de cette année. Nous ne pouvons 
que féliciter -M. le Commissaire général de cette idée pratique 
qui permettra à tous ceux qui n'ont pu les entendre de les lire 
chez eux. Nous espérons que cette série de conférences n'est que 
le prélude de nombreuses nouvelles séries, soit aux Concours 
régionaux de province, soit aux Expositions horticoles ou 
autres. 

Bref, le Concours a été un succès, succès qui aurait été de 
beaucoup supérieur à celui de l'année dernière, si le temps 
n'avait pas été détestable ; c'a été le plus mauvais moment de 
l'hiver, avec neige et gelée, comme on n'en avait pas vu 
depuis 1879. A Ferrières, nous avons eu 17 degrés au-des- 
sous de 0. 



Sur LE chariot-traineau-Marcel (1), 
par M. Denï. 

Le chariot-traîneau, dont la Revue horticole a parlé dans son 
numéro du 16 février 1884, est un appareil très simple : quatre 




Fig. 1.— Chariût-traîueaa au repos. 

traverses assemblées, tenues par quatre boulons, en forment le 
cadre; deux rouleaux, traversés par une tige de fer qui sert 

(1) Déposé le 16 janvier 1888. 



SLR LE CirAKlOT-THALNEAU. 



111 



d'essieu, soutiennent ce cadre et en permettent la traction. 
Deux autres traverses pour supporter la motte de l'arbre ; deux 
crics, quelques cordages et quelques planches pour faire le 
chemin complètent le matériel. Le tout pèse deux cent vingt-cinq 
à deux cent cinquantê^kilogrammes. 

Ce petit appareil peut rendre de grands services dans les cas 
où la transplantation devient difficile, sinon impossible, par 
suite des pentes rapides ou des passages trop étroits que l'on 
rencontre communément dans les jardins de ville. Là où le tra- 
vail paraît impossible avec tout autre appareil, il ne demande 
pas plus de complications dans son exécution. 




Fig. 2. — Le chariot-traîneau soulevé pour montrer de quelle manière 
les pièces s'assemblent. 



11 faut, pour le passage du plus petit chariot de la Yille de 
Paris, ^"'jTS. Le chariot n'' 5, qui est le type moyen^ demande 
3'°,'10. 

Une grille d'entrée n'a pas souvent cette largeur. Dans ce cas, 
notre chariot-traîneau est de toute utilité. 

Au lieu de démolir un pan de mur, ce que nous avons dû 
faire souvent pour livrer passage, on dépose l'arbre sur le petit 
chariot; les haubans sont rattachés à ses angles et l'arbre peut 
être traîné et mis en place avec facilité. 

Nous venons d'effectuer, il y a quelques jours, un travail sem- 



112 NOTES ET MÉMOIRES 

blable à rExposition de l'ancienne Bastille, au Ghamp-de-Mars. 
Nous avons placé sept gros arbres dans un couloir de \^,7o de 
largeur, bordé par un grand mur et par une haute construction. 




Fig. 3. — Arbre ch;irgé sur le chariot-truîiieau. 1, barreau longitudinal, 
2, traverses principales. 3, traverses supplémentaires. 4, 5, motte de 
l'arbre. 6, rouleaux. 7, madriers. 8, haubans. 9, frettes. 10, crochets pour 
fixer les haubans. 11, encoches dans les barres où s'emboîtent les traverses. 

Ces arbres ont été amenés avec le chariot de la Ville de Paris 
n'' 7 et repris, comme je l'ai dit plus haut, avec notre petit appa- 
reil, pour être traînés à 20 mètres. Le plus petit de ces arbres 



SUR LE CHARIOT-TRAINEAU. 113 

a 0™,75 de circonférence mesuré à i mètre du sol, et 15 mètres 
de hauteur. 

Pour transplanter un arbre avec notre chariot, voici comment 
on opère. On creuse une tranchée circulaire d'environ un mètre 
et plus, suivant la grosseur de Tarbre et la profondeur des 
racines, pour les prendre toutes; ensuite, avec une bêche, on 
dégage la terre sous la motte, de manière à laisser porter l'arbre 
sur un pivot de terres (5, fig. 3). On cercle la motte avec deux cor- 
des lâches sous lesquelles on a eu soin de passer des branches 
d'arbre (les branches de sapin sont préférables aux autres), et 
on serre en tordant les cordes avec un bâton. 

On place ensuite le chariot en commençant par les deux 
barres longitudinales, puis avec des crics on soulève successi- 
vement les deux côtés, pour y placer les rouleaux et les 
madriers; enfin, on fait tomber avec la bêche le pivot de terre, 
et l'arbre se trouve ainsi complètement séparé du sol ; on 
l'attache avec des cordes aux angles du chariot et dès lors il 
est prêt à rouler. On prépare un chemin pour le monter du trou, 
comme pour le descendre dans celui où on doit le planter, en 
creusant une tranchée en pente; ou, si la place est restreinte et 
qu'on ne veuille rien endommager, on lève tour à tour les deux 
bouts en remplissant de terre jusqu'à hauteur du trou. On met 
facilement l'arbre en place en levant avec un cric, et on refait le 
pivot de terre; l'arbre, ens'appuyant sur ce pivot, laisse libre 
le chariot que Ton enlève sans aucune difficulté. 

On peut, avec cet appareil, déplacer des arbres de fortes dimen- 
sions; il suffit pour cela d'augmenter la force du chariot. 

Nous avons aisément déplacé des arbres qui mesuraient l'^jSO 
de circonférence, avec des mottes de 3 mètres de diamètre, en 
nous servant du chariot type de la Revue horticole^ dont les 
dimensions sont les suivantes : longueur, S'^jSO sur l™,7o de 
largeur; épaisseur des deux plus fortes traverses, 0™20 et 0™10. 
Les rouleaux ont O^ïl de hauteur. 

X. B. Les clichés des trois figures jointes à l'article sur le chariot- 
traîneau ont été obligeamment prêtés par M. Bourguignon, libraire-éditeur 
de la Revue horticole. 



il 4 RAPPORTS. 

RAPPORTS 



Compte rendu du vlngt-neuvième Congrès de la Société 

POMOLOGIQUE DE FRANCE TENU A LyON LE 14 SEPTEMBRE 1887 (1), 

par M. Michelin. 
Messieurs, 

La Société pomologiqiie de France remonte à l'année 1856; 
depuis celte époque, réunie chaque année en Congrès, elle a tenu 
ses assises dans les principaux centres de la culture fruitière, et 
partout elle a laissé des traces de son passage, de meilleurs 
choix dans les cultures fruitières et des éclaircissements sur la 
nature des fruits, leur mérite, leur origine, leur historique. Elle 
a puissamment contribué à l'unification des dénominations et à la 
simplification des nomenclatures. De temps en temps, dans le 
cours de cette longue période de trente et une années, elle a 
tenu ses réunions à Lyon, son point de départ, et notamment 
elle a été invitée parla Société d'Horticulture pratique du Rhône 
à y tenir, en l'année 1887, sa vingt-neuvième session, dont j'ai été 
appelé à vous rendre compte par mes honorables collègues, 
MM. Ferdinand Jamin et Lapierre, délégués comme moi pour y 
représenter, cette fois encore, noire Société. 

La Société d'Horticulture lyonnaise avait fait coïncider la 
session du Congrès pomologique avec une grande Exposition 
fruitière qui était tenue au Cours du Midi, devant la gare dePer- 
rache, dans une vaste enceinte, au pourtour intéiieur de laquelle 
se développait une galerie couverte, garnie de tables sur les- 
quelles étaient étalées des collections de fruits qu'on remai'quait 
généralement pour la beauté de divers spécimens et le bon choix 
des variétés. Un coté de l'enceinte était occupé par les produits 
de l'Horticulture; mais l'autre, par suite d'une heureuse entente 
avec l'importante Société de Viticulture de Lyon^ était consacré 

(1^ Déposé le 22 décembre 1887. 



VINGT-NEUVIÈME CONGRÈS DE LA SOCIÉTÉ POMOÈrOGlQUE. 115 

à une Exposition de Raisins de cuve qui offrait un haut intérêt 
pour l'époque présente et au moment où tant d'efforts intelli- 
gents sont réunis pour reconstituer utilement le vignoble fran- 
çais gravement atteint par ie Phylloxéra et par les maladies 
cryptogamiques. De l'union de ces deux Sociétés locales était 
sortie une exhibition dont l'importance répondait à sa grande 
utilité. 

Le Congrès pomologique fut ouvert le 14 septembre, à deux 
heures, par M. le Préfet du Rhône, qui, dans une aiiocution des 
mieux inspirées, s'appliqua à faire ressortir l'utilité des études 
horticoles qui doivent enseigner à résister aux lieaux destruc- 
teurs et à accroître la richesse nationale en concourant à Tamé- 
lioration des produits. 

M. le Maire de Lyon, qui avait accompagné M. e Préfet, a rap- 
pelé que la Société pomologique de France, née à i^yon, avait su 
étendre son action sur toute la France, en accomplissant des tra- 
vaux de la plus haute importance ; en troisième lieu, l'nonorable 
M. Senelar, Président de la Société d'Horticulture du Rhône, a 
adressé ses félicitations et ses remerciements aux délégués des 
Sociétés étrangères qui avaient répondu à l'appel du Congrès, et 
a déclaré ouverte la vingt-neuvième session. 

M. de la Bastie, Président de la Société pomologique de 
France, a pris place au bureau, entouré des membres du Conseil 
d'Administration présents à la réunion, et M. Cusin, Secrétaire- 
général, a rendu compte de la situation de l'Association et a 
indiqué sommairement l'ordre dans lequel les travaux devaient 
être accomplis, comme le but auquel ils devaient tendre. 

L'Assemblée procéda ensuite à la constitution du Bureau du 
Congrès, qui fut ainsi composé : 

Présidents d'honneur : M. Senelar, Président de la Société 
d'Horticulture pratique du Rhône; M. delà Bastie, Président de 
la Société pomologique de France; 

Présidetît chargé de diriger les travaux delà session : M. Fer- 
dinand Jamin, délégué de la Société nationale d'Horticulture de 
France; 

Vice-Présidents : xM. de Mortillet, de la Société d'Horticul- 
ture de l'Isère; M. Hortolès, professeur d'Arboriculture à 



116 RAPPORTS. 

Montpellier ; M. Bernède, délégué de la Société d'Horticulture 
de la Gironde ; M. Luizet, Yice-Président de la Société d'Horti- 
culture du Rhône ; 

Secrétaire-général : M. Daurel, Président de la Société d'Hor- 
ticulture de la Gironde ; 

Secrétaires : M. Henri Michelin, délégué de la Société natio- 
nale d'Horticulture de France ; M . Varot, maître de conférences à 
l'Institut agronomique de France ; M. Nivet, délégué de la 
Société d'Horticulture de Limoges ; M. Desfossés, délégué de la 
Société d'Horticulture d'Orléans et du Loiret; 

Trésorier : M. Varenne, directeur des Jardins publics de la 
Ville de Rouen; 

Président de la Commission de dégustation des fruits : 
M. Lapierre, délégué de la Société nationale d'Horticulture de 
France ; 

Secrétaire : M. Henri Michelin, de la même Société. 
Le premier soin du Congrès ainsi constitué fut de rendra un 
hommage bien mérité à la mémoire de M. Louis Reverchon, 
Trésorier de l'Association, dont le concours remontait à sa fon- 
dation et qui, par ses longs services et ses dons généreux, avai t ac- 
quis des droits à la reconnaissance de ses collègues. Le vénérable 
M. Reverchon, plein de sollicitude pour l'œuvre commune, bon 
et affable pour tous ses collègues, ne les abandonna que lorsque 
les forces lui manquèrent; il succomba, le 19 juin 1887, sous le 
poids de ses quatre-vingt-neuf ans, et emporta les regrets de sa 
famille, de ses nombreux amis, de tous ceux qui l'ont connu et 
ont été à même d'apprécier ses rares qualités. 

Plusieurs questions d'un haut intérêt pour la prospérité de la 
Société pomologique furent traitées pendant le cours des 
séances. H a paru nécessaire de prendre certaines mesures 
propres à rendre son action plus efficace. H a été reconnu à 
propos, dans ce sens, de donner plus d'extension aux publica- 
tions et de les rendre plus fréquentes ; il a été décidé, par 
exemple, que les bulletins paraîtraient six fois par an. M. de la 
Bastie, Président^, très porté à appuyer l'exécution de ce projet, 
a déclaré que, pour l'assurer, il avait besoin du concours dévoué 
des membres qu'il invitait à lui adresser les documents divers 



VINGT-NEUVIÈME CONGRÈS DE LA SOCIETE POMOLOGIQUE. 117 

qui pourraient être utiles pour donner de l'intérêt aux publi- 
cations devenues dès lors rigoureusement périodiques. 

Envois de fruits soumis à l'appréciation de la Commission df s 
études qui est permanente à Lyon, notes, écrits, comptes rendus 
d'observations, d'expériences et d'études, tout ce qui se rattache 
à la Pomologie sera accueilli avec satisfaction par une Commis- 
sion de Rédaction qui sera instituée à Lyon, auprès du Conseil 
d'Administration et qui pourra en même temps concourir pour 
la préparation des matières à soumettre aux Congrès annuels. 
Les avis ont été unanimes sur la nécessité de travailler dans ce 
sens. 

Une question de haute importance sur la nature même des 
travaux de la Société pomologique de France a été soulevée et 
a donné lieu à un échange d'observations nombreuses et appro- 
fondies. Il était question de savoir si la Société devait étendre 
le cadre de ses études, qui se rétrécit de plus en plus chaque 
. jour, à mesure que s'étend l'examen des fruits existant dans la 
culture. Les Congrès qui se sont succédé depuis environ trente 
années ont épuisé les matériaux qui méritaient le plus d'êtie 
étudiés et les fruits qui proviennent de nouveaux semis ou 
d'importations étrangères sont peu nombreux; d'ailleurs, les 
Congrès, pour les admettre à l'étude, pourraient attendre qu'ils 
eussent été éprouvés un peu plus longtemps dans le domaine 
public. Aujourd'hui, au moment où la Pomologie générale est 
en grande partie débrouillée d'une manière efficace, la Société 
pomologique de France et ses Congrès annuels pourraient 
admettre franchement dans le programme l'étude des Raisins 
de cuve et celle des fruits avec lesquels on fabrique le cidre. 
Lorsque la Vigne périclite sous les atteintes du Phylloxéra et 
des autres insectes, ainsi que des maladies cryptogamiques qui 
l'assiègent ; lorsque le cidre est appelé de tous côtés pour venir en 
aide au vin, on ne saurait unir trop d'efforts pour conjurer le 
mal, rechercher les cépages les plus productifs et ceux qui, s'ils 
ne sontpas indemnes, sont aumoins lesplusrésistantsauxfléaux ; 
d'autre part, les fruits les plus riches en éléments constitutifs de 
bonnes boissons, les fruits les plus propres à fournir le sucre, le 
tannin, à produire en abondance des cidres agréables et assez 



118 RAPPORTS. 

alcoolisés pour supporter les transports aussi bien que la longue 
conservation. 

Les semis, les élevages en pépinière, les minutieuses études 
comparatives des fruits sont essentiellement du ressort de l'Hor- 
ticulture, et celle-ci ne peut que se rendre utile à la culture 
des champs, des plantations fruitières et des vignobles, en 
prêtant son concours à la grande culture, dans la limite des 
études de sa compétence. 

D'ailleurs, la Société pomologique des fruits de table réunit 
des membres du Midi qui sont très versés dans les travaux de la 
Viticulture; d'autre part, elle se mettra en rapport avec la 
Société pomologique de l'Ouest, instituée pour l'étude toute spé- 
ciale des fruits à cidre et de la fabrication des boissons qui en 
dérivent, Société qui fonctionne depuis quatre années et a son 
siège à Rennes, sous la présidence de l'honorable M. Lechartier,, 
correspondant de l'Institut et professeur de chimie à la Faculté 
de Rennes. 

La Société lyonnaise s'inspirera auprès de la Société de 
l'Ouest sur les fruits les meilleurs à piopager; elle en répandra 
au besoin dés greffons, encouragera l'élevage des arbres et la 
plantation dans les terrains qui paraîtront propices et où, les 
vignes qui ont été anéanties n'étant pas remplacées, la boisson 
manque aux habitants. Les considérations ainsi développées 
paraissent concluantes, et l'assemblée décide que le programme 
de la Société sera à l'avenir étendu dans le sens qui vient 
d'être indiqué. 

Pendant la première période de son existence de trente et une 
années, la Société a fait paraître, en huit volumes accompagnés 
de dessins, la nomenclature historique et descriptive des fruits 
qu'elle avait adoptés et qui, on peut le considérer ainsi, for- 
maient alors le fond de la culture française. Ces volumes, un 
peu oubliés aujourd'hui, ou qui du moins tendent à l'être, res- 
teront comme un monument pour l'avenir et une preuve des 
efforts qui ont été faits, vers le milieu de notre siècle, pour étudier 
les produits des cultures fruitières et en chercher l'amélioration 
par une sélection bien entendue. 

Depuis, on a trouvé que parfois les semis et les introductions 



VINGT-NEUVIÈME CONGRÈS DE LA SOCIÉTÉ l'OMOLOGIQUE. 119 

étrangères procuraient des fruits d'une qualité supérieure à celli' 
des variétés déjà adnnises, et Ton a cru bien faire en pronoiiçai t 
l'élimination de celles que le jugement des Congrès classait 
comme comparativement inférieures. Il reste à juger si le modo, 
de procéder ainsi sommairement était le meilleur. En tout ca.î', 
il a donné lieu à quelques observations fondées sur ce que, dan.s 
un pays de l'étendue de la France et qui embrasse des contrées 
dans lesquelles les circonstances de sol et de température sont 
très variées, il ne pouvait y avoir un mode absolument uni- 
forme d'apprécier les fruits ; on a eu l'idée de demander l'avis 
d'un plus grand nombre d'intéressés et, par exemple, la com- 
munication préalable des fruits dont la suppression serait mise 
en cause l'anoée suivante. Ce serait un moyen d'associer plus 
intimeinent aux opérations de la Société pomologique les mem- 
bres que leur éloignement empêche d'assister aux Congrès 
annu'els. Dans le même ordre d'idées, on a désiré fju'un ordre 
du jour, publié à l'avance, fit connaître aux associes les ques- 
tions scientifiques et pratiques d'Arboriculture fiuitière qui 
seraient déterminées par le Conseil d'Administraliun pour être 
soumises chaque année aux appréciations des Congrès. 

Toutes les observations qui ont été échangées dans le? 
séances du Congrès ont révélé un sentiment unanime et com- 
mun chez tous les membres d'imprimer aux actes de Tinstila- 
tion une activité qui, la rendant d'autant plus ulile^ en affer- 
mirait la vitalité ; je suis heureux d'avoir à en publiin- l avis. 

Je dois ajouter avec satisfaction que le concours d'un plus 
grand nombre de membres aux réunions annuelles sera désor- 
mais encouragé et facilité par la réduction à moitié prix des 
places pour les membres adhérents qui, cette année pour la 
première fois, a été concédée par les C^lffnpagnies de chemins de 
fer. Ce sera un puissant attrait pour l'avenir, si cette conces- 
sion est renouvelée. 

On a adopté l'excellente mesure de réduire de moitié le taux 
de la cotisation pour les instituteurs, autre décision qui sera 
approuvée. 

Pour remplir le programme de ses travaux, l'assemblée avait 
à procéder à l'examen des fruits qui, depuis un temps plus ou 



120 RAPPORTS. 

moins long, sont maintenus à l'étude. Or, M. le Président fit 
l'appel de tous les fruits inscrits sur la liste arrêtée l'année der- 
nière et envoyée à l'avance à tous les membres de l'Associa- 
tion. 

Dans mes Comptes rendus des sessions tenues ces dernières 
années, j'ai donné sur chacun de ces fruits des indications som- 
maires qui suffisent pour en faire connaître la nature; je crois 
inutile de les reproduire au complet dans le présent Compte 
rendu. 

Abricot de Boulbon. 

A l'étude depuis l'année 1883, ce fruit n'a pas donné, dans 
le Midi, une entière satisfaction sous le rapport de sa qualité; 
on n'est pas bien d'accord sur l'époque de sa maturité. Sa 
radiation est décidée. 

Cerises. 

1883. Guigne hâtive de Pontarnau; c'est la plus hâtive des 
Cerises. — Maintenue. 

Coing . 

1883. Bourgeaut; pas assez connu. — Maintenu. 

Noisette. 

1882. Impériale de Trébizonde. — Maintenue. 

Noix. 
188.0. Glady. 

1884. Lanfrey. 
1882. Martin. 

A étudier encore. — Maintenues. 

Pêches. 

1886. Arkansas, très nouvellement signalée à l'attention. 
— Maintenue. 

1879. Baltet. — Maintenue pendant huit ans à l'étude et ayant 
fait ses preuves au cours de cette longue attente. Reconnue 



VINGT-NEUVIÈME CONGRÈS DE LA SOCIÉTÉ POMOLOGIQUE. 121 

comme ayant de la valeur à titre de Pêche tardive, atteignant 
facilement le commencement d'octobre. — Adoptée. 

1882. Baronne de Brivazac; gros fruit du Bordelais, beau et 
qu'on peut recommander. — Maintenue avec espoir qu'elle 
s'accommodera de notre climat. 

1882. Comtesse de Montijo; très bon fruit mûrissant à la 
moitié de septembre, obtenu par feu M. Gauthier, de Paris, et 
auquel il ne manque que de se répandre. — Maintenue. 

1883. Gumberland; appartenant à la série des Pêches très 
précoces. — Maintenue ; 

1880. Daun; plus tardive, de bonne qualité. — Maintenue; 

1883. Downing; 

1884. Governor Garland ; 

1884. Honeywell; 

Pêches américaines. — Maintenues. 

1885. Marie Talabot (Gougibus); très belle Pèche obtenue 
près de Limoges. — Maintenue. 

1881. Michelin (Luizet); fruit bon, bien coloré, productif, 
qui ne surpasse pas ceux très nombreux du milieu de septembre. 
— Rayée de la liste. 

1884. Musser; 

— Précoce du Canada ; 

— Précoce Harper ; 
1880. Précoce Tillotson ; 

1884. Rouge de Mai, très appréciée à Bordeaux; 

1884. Saunders ; 

De la série des très précoces. — Maintenues. 

1885. Tardive Béraud ; maturité en octobre. — Maintenue. 
1884. Waterloo; 

1884. Wilder; 

Pêches très précoces. — Maintenues. 

Parmi les Pêches indiquées ci-dessus, les précoces sont nom- 
breuses; elles ont besoin d'être étudiées pour qu'on puisse faire 
choix des meilleures. 

Pêches nectarines. 

1884. Advance. — Maintenue. 



l^i^ RAPPORTS. 

1882. Incomparable. — Maintenue; c'est la plus belle des 
Nectarines. 

1882. Prince de Galles (Rivers); valeur insuffisante, le fruit 
tombant prématurément et ne se colorant pas. — Rayée. 

1881. Stanwick (Elruge): ferlilc;, d'un joli coloris. — Main- 
tenue 

Poires. 

1881. Abbé Lefebvre (Saunier). --- Maintenue. 
1886. Baronne Leroy (Boisbunel). — Maintenue. 

1883. Bergamotte Hérault (Hérault). — Maintenue; fruit re- 
commandable, atteignant le commencement de l'hiver. 

1881. Beurré Amande (Sannier); 

1885. Beurré de Jonghe, très bon, fertile; 

1881. Beurré de Naghin (Daras); 

1885. Bon Vicaire (frère Louis); 

1884. Charles Cognée (Baltet); 

A étudier encore. — Maintenues. 

1885. Comtesse Clara Frijs; qualité non soutenue: d'ailleurs 
pas assez répandue. — Rayée. 

1886. Courte queue d'hiver (Boisbunel). — Maintenue. 
1883. Délices de Huy; beau fruit bien noté. — Maintenue. 

1880. Giram; fruit précoce, très apprécié vers les Pyrénées, 
mûrissant en août, à goût d'amande, d'un beau coloris, très 
productif. — Adopté. 

1883. Grosse Figue de Jonghe; non répandue, qualité insuf- 
fisante. — Rayée 

1883. Joyau de Septembre (^Hérault); excellente Poire d'un 
goût très fin. —Maintenue. 

1886. Louis Cottineau (Grousset). — Maintenue. 

1886. Lucien Quinquandon (Quinquandon). — Maintenue. 

1883. Madame Chaudy (Chaudy). — Maintenue. 
1886. Madame Chervet (RoUet). — Maintenue. 

1882. Notaire Lepin (Rollet). — Maintenue. 

1881. Président Barrabé (Sannier). — Maintenue. 

1884. Professeur Delaville (Sannier). — Maintenue. 
1886. René Dunan (frère Louis). — Maintenue. 



VINGT-NEUVIÈME CONGRÈS DE LA SOCIÉTÉ POMOLOGIQUE. 1^3 

1882. Souvenir Deschamps (Deschamps). — Maintenue. 

1881. Trésorier Lesacher (Sannier). — Maintenue. 

1884. Valflore de Fontenelie. — Maintenue. 

1880. Vice-Président Decaye (Sannier). — Maintenue. 
Tous ces fruits demandent à être encore étudiés, éprouvés et, 
pour la plupart, plus connus. 

Pommes . 

1883. Belle d'Avril. — Maintenue. 
1886. Ananas. — Maintenue. 

1885. Calville du Roi. — Maintenue. 

1884. Cerina di Roma. — Maintenue. 

1882. Djerbi Griffe. — Maintenue. 

1884. Duc de Devonshire, très tardive. — Maintenue. 

1884. Éternelle d'Allen, très tardive aussi. — Maintenue. 

1884. Fenouillet long. — Maintenue. 

1885. Gloire de Fauquemont. — Maintenue. 

1885. La Fameuse; passe pour la meilleure Pomme d'au- 
tomne; originaire du Canada. — Maintenue. 

188i. Napoléon. — Maintenue. 

1884. Pearmain de Claygate. — Maintenue. - 

1884. Reinette d'Adenaw. — Maintenue. 

1884. Reinette de Bihorel (Boisbunel); on la dit très fertile 
et très bonne. — Maintenue. 

1884. Reinette de Brives. — Maintenue. 

1884. Reinette de Chenée (Descartes); Pomme belge, excel- 
lente. — Maintenue. 

1885. Reinette Van Mons; très bonne; on devrait l'appeler 
Reinette dorée de Van Mons. — Maintenue. 

1885. Sans pareille de Welford Park. — Maintenue. 

1883. Victor Trouillard; arbre peu vigoureux; fruit ayant 
parfois de la qualité; mais ne se répandant pas. — Rayée. 

1884. William Penn; bonne Pomme, encore peu connue. — 
Maintenue. 

Prunes. 

1885. Belsiana; Prune hâtive, de qualité ordinaire; joli fruit, 
plutôt espèce que variété. — Maintenue. 



124 RAPPORTS. 

1883. Grosse Marange violette ; très hâtive. — Maintenue. 

1882. Monsieur à fruit vert; fruit préconisé dans la Gironde 
où on remploie comme la Reine Claude pour les confitures; 
grosse, fertile, verte, vermillonnée du côté du soleil. M. de la 
Basile dit que l'arbre est faible et que le fruit tombe facilement 
de l'arbre. A étudier. 

1882. Tardive de Corny; fruit médiocre, très tardif et man- 
quant de qualité, de la grosseur des Mirabelles. — Rayée. 

Baisins. 

1882. Allen's Hybrid; Raisin précoce, blanc, juteux, sucré, 
produit de l'hybridation du Chasselas doré et de l'Isabelle. — 
Adopté. 

1883. Boisselot. — Maintenu. 

1886. Canada (Arnold). — Maintenu. 

1882. Chasselas Marvaux; n'offre aucun avantage sur le Chas- 
selas de Fontainebleau; ne mûrit pas avant; ne se répand pas. 
— Rayé. 

1884^ Chasselas Tokai Angevin. — Maintenu. 

1885. Duchesse. — Maintenu. 

1882. Emily. — Maintenu. 

1886. Excelsior; très tardif (Rickett). — Maintenu. 
1886. Golden Gem (Rickett); excellent. — Maintenu. 

1883. Le Commandeur (Besson). 

1884. Muscat hâtif du Puy-de-Dôme; Raisin blanc, à grains 
assez gros; bonne variété ancienne. — Adopté. 

1883. Muscat Reynier. — Maintenu. 

1885. Secretary; grain noir; très précoce. — Adopté comme 
Raisin de cuve principalement. 

Après le compte rendu des fruits qui ont été maintenus à 
l'étude et de ceux qui ont été rayés de la liste de ceux à étudier, 
il convient de faire connaître ceux qui y ont été introduits 
comme présumés avoir assez de mérite pour être signalés à 
l'attention de la Société, en vue d'une adoption ultérieure. 

Les fruits nouvellement admis à l'étude sont les suivants : 

Poif'e Beurré Fouqueray. — Beau fruit d'automne ; excellente 



VINGT-NEUVIÈME CONGRÈS DE LA SOCIÉTÉ POMOLOGIQUE. 125 

variété obtenue d'un semis par M. Fouqueray, de Souzay (Indre- 
et-Loire). 

Doyenné Boisselot. — Gain nouveau de M. Boisselot, de 
Nantes ; excellent fruit d'automne, à chair fine, fondante et 
parfumée. 

Bergamotte Liabaud. — Fruit de novembre à décembre, 
d'excellente qualité. 

Pomme Reinette Desplanches. — Maturité en janvier, courant 
d'hiver, présentée par M. Babou, de Thoissey (Ain), et dont 
l'arbre est très vigoureux. 

Pomme de Salé. — Fruit jaune. 

Pomme de cave. — Fruit rouge ; deux variétés en grande 
faveur pour les vergers et les marchés, dans le département de 
rOise, recommandés par M. Delaville, de Beauvais. 

Poire Maria Lesueur. — Renvoyée à la Commission des études 
de Lyon pour être préalablement examinée avant présentation 
au Congrès. 

Comme Raisins de table : 

Clairette à gros grain. — Semis de M. Besson, de Marseille ; 
grains ronds, bien juteux ; variété très fertile. 

Œillade ambrée, — Semis de M. Besson ; grosse grappe ailée ; 
très beau Raisin à peau épaisse, à grain oblong, très juteux, 
manquant de sucre comme Raisin de cuve et de table. 

Diana Hamburg. — Bon Raisin à peine foxé, un peu musqué ; 
croisement du Diana et du Black Hamburg. 

Comme Raisins de cuve: 

Pizarro[KiçkQii). — Joli Raisin rouge, productif et résistant 
aux maladies. 

Saint -Sauveur. — Gain de M. Gaston Basile ; très bon Raisin 
noir, très fertile, gros, juteux ; semis du Jacquez. 

Peabody. — Semis de Rickett ; précoce, fertile, à grains 
noirs. 

Noah. — Blanc, vigoureux, fertile, très résistant au Phyl- 
loxéra, mûrissant en septembre, propre au vin blanc. 

Une Figue est admise à l'étude ; elle est dénommée Coy^r 



126 RAPPORTS. 

courelle brune. Elle a la peau assez ferme ; elle est de moyenne 
grosseur, à chair vineuse, sucrée, très bonne. 

Tel est le résumé des travaux accomplis et des décisions 
prises parle Congrès. 11 me reste à rendre compte d'une partie 
qui n'est qu'une simple étude préparatoire pour les décisions 
ultérieures, mais qui, à mon avis, doit intéresser dans une cer- 
taine mesure les personnes qui s'occupent de Pomologie et ne 
peuvent assister aux réunions annuelles ; il s'agit des dégusta- 
tions effectuées chaque jour par la Commission spéciale dont 
les procès-verbaux ont été soumis, dans le cours de chaque 
séance, à l'assemblée générale ; — elles portent sur des fruits 
apportés de diverses contrées, ce qui augmente l'intérêt. 

DÉGUSTATIONS 

Les séances sont présidée? par M. Lapierre; M. Michelin, 
Secrétaire, rédige les procès-verbaux. 

Séance du i 5 septembre, à huit heures du matin. 

Figue Coucourelle brune, — Non bifère, moyenne, aplatie, 
verdâtre-jaunâtre, teintée de gris; queue très courte ; chair très 
rouge, peau un peu mince, ferme, vineuse. Très bonne. On 
proposera la mise à l'étude. Elle est présentée par M. Besson. 

Pêche baronne de Brivazac.^ Apport de M. Bernède. Ronde, 
très grosse, légèrement mamelonnée, à sillon peu prononcé, 
faisant parfois le tour du fruit; fond jaune pâle, assez coloré 
de rouge à l'insolation; chair blanche, verdâtre, juteuse, 
vineuse, peu fine, un peu filandreuse, légèrement acide. Très 
beau et très bon fruit, qui d'ailleurs est déjà à l'étude. 

Madame Bernède. — Gain du même obtenteur. Pêche grosse, 
ronde, à fond jaune, très richement coloré de rouge sur une 
partie qui est très foncée. La cavité est profonde ; il y a un 
mamelon un peu enfoncé; la chair est fine, bien suci'ée, juteuse, 
bonne. 

Pêche Superbe de Trévoux. — Semis de M. Nazet. Moyenne, 
fond jaune pâle, fortement colorée d'un côté, irrégulière, sail- 
lante d'un côté et profondément sillonnée ; chair assez fine. 



V1NGT-NEUVIKME CONGRÈS DE LA SOCIÉTÉ POMOLOGIQUE 127 

juteuse, fondante, acidulée, peu sucrée, un peu vineuse, assez 
bonne. 

Pêche n'' 17. — Du même, Moyenne, bien colorée, ronde, 
partiellement sillonnée ; chair blanche, à peine rosée vers le 
noyau, assez fine, un peu ferme, juteuse, légèrement acidulée, 
assez bonne. 

Semis n"" Ib. — Du même. Forme irrégulière; filandreuse, 
amère, mauvaise. 

Semis n'^ 8. — Sanguine, non mûre. 

Du même, Poire de semis n° 33. — Piriforme, assez grosse, 
jaune verdàtre, un peu marbrée de fauve ; queue mince, longue, 
arquée; chair blanche^, ferme, un peu grossière, sans jus, aci- 
dulée; fruit véreux et manquant de maturité, qu'on ne peut 
juger. 

Pomme n° 38. — Du même. Assez grosse, irrégulière, jaune; 
œil grand, plissé autour; pédoncule court, dans une dépres- 
sion profonde; chair blanche, assez fine, juteuse, acide, assez 
sucrée ; fruit manquant de maturité. A revoir. 

Poire semis n^ 3. — De M. Liabaud. Fruit à peine moyen, de 
forme de Bon-Chrétien, tronqué au sommet; pédoncule assez 
long, arqué; chair blanchâtre, peu juteuse, très parfumée, âpre. 
A revoir. 

De M. iodiuon, Pêche n"" 3. — Très irrégulière, moyenne, ayant 
une lèvre saillante, fortement sillonnée, colorée d'un cùlé d'un 
rouge brun; chair verdàtre, assez juteuse, peu sucrée, peu par- 
fumée, médioci'e. 

Du même. Pêche /?° 10. — Petite, ronde, assez régulière, fond 
verdàtre, un peu colorée d'un côté ; queue dans une dépression 
large et très profonde ; chair verdàtre, juteuse, peu sucrée; 
l'iuit sans valeur. 

Du même. Poire, semis n° 30. — Petite, conique, jaune 
verdàtre; queue assez longue sur la pointe ; œil presque à fleur; 
chair blanche, assez juteuse, demi-fine, un peu sucrée, astrin- 
gente, passable. 

Du même, Semis if 48. — Moyenne ou assez grosse, conique, 
Ironquée au sommet, jaune unicolore, finement pointillé de 
gris; œil ouvert, moyen, dans une cavité large, peu profonde, 



128 RAPPORTS. 

plissée; chair blanche, un peu grenue au centre, juteuse, par- 
fumée, bonne. 

Du même, Pomme n^ 60. — Moyenne, ronde, un peu aplatie, 
jaune verdâtre unicolore; pédoncule très court, dans une cavité 
profonde; œil fermé, enfoncé ; chair blanche, fine, tendre^ 
douce^ peu juteuse, qu'on déclare se conserver très longtemps, 
assez bonne. Il parait que l'exemplaire n'était pas à son point 
de maturité. 

Poire Triomphe de Vienne. — Envoyée par M. Boucher (Georges), 
de Paris. — Elle estbonne, mais, comme elle est adoptée par le 
Congrès, on n'a plus à s'en occuper. 

Pomme Reinette Desplanches. — Obtenue par M. Babou, de 
Toissey. — Grosse Pomme non mûre, renvoyée à la Commission 
permanente des études, à Lyon. Elle passe pour un bon fruit. 

Séance du i 5 septembre^ à deux heures. 

BeuiTé Fouqueray . — GrossePoire, turbinée, obtuse; chair fine, 
juteuse, aromatisée, bonne. On proposera de la mettre à l'étude. 

Pavie ?i° 7. — Semis de M. Auguste Fau jeune, de Bordeaux. 
Fond jaune d'or lavé de rouge passant au brun, le tout d'un beau 
coloris; récolte de M. Daurel; grosse chair jaune d'or; maturité 
incomplète. A revoir. 

De M. Daurel, Pavie «** 3, dénommé Jean Daurel. — Fruit 
moyen; sillon marqué sur les deux faces; beau jaune pâle, 
coloré de rouge brun; chair jaune^ cassante, juteuse, assez 
fondante; pas assez mûre; paraissant un bon fruit. 

Du même, Pavie n° 4. — Petit ; peau jaune pâle, un peu coloré 
d'un côté ; mauvais. 

Par M. Guillot, d'ÉcuUy. — Pêche 6\iQ des confiseurs. — Fruit 
local, moyen, sphérique; sillon peu prononcé; peau jaune pâle, 
bien colorée à l'insolation; chair fine, fondante, juteuse, sucrée, 
trop acidulée; passable. On dit l'arbre très rustique et le fruit 
se reproduisant généralement de noyau. 

Par le même, Pêche Panaye. — Autre fruit local; ronde, 
moyenne, à fond jaune blanchâtre, presque recouvert de car- 
min foncé; chair juteuse, acidulée, manquant de sucre, assez 
bonne. 



VINGT-NEUVIÈME CONGRÈS DE LA SOCIÉTÉ POMOLOGIQUE. 129 

Par M. Brun, Pêche n° 3 de semis. — Ronde ; sillon peu pro- 
fond; peau duveteuse, presque recouverte de pourpre; chair 
blanchâtre, teintée de pourpre clair autour du noyau, fine, fon- 
dante, bien juteuse, sucrée, vineuse, bonne. 

Raisins envoyés par M. Piola et présentés par M. Daurel. 

Alleris Hybrid. — Grappe moyenne, non ailée; grains ronds, 
un peu aplatis, moyens, bien juteux, sucrés; vigoureux, très 
fertile, propre à la cuve et à la table, craignant peu le Mildiou; 
bon. A maintenir à l'étude. 

Emily. — Grappe un peu ailée; grains moyens; peau un peu 
dure; juteux, bon; manquait un peu de maturité. 

Canada. — -Culture de M. Daurel; grappe grosse, ailée, noire 
intense, à chair blanche ; fruit bien juteux, propre à la table et 
surtout à la cuve; très fertile; bon. A maintenir à l'étude. 

Duchesse. — Culture de M. Daurel; grain jaune doré, moyen, 
rond, sucré, juteux,, bon ; exempt des maladies cryptogami- 
ques. A maintenir à l'étude. 

Secretary. — Culture de M. Piola ; hybride américain; 
grappe grosse, ailée; grains noirs, assez gros, un peu oblongs, 
juteax, un peu acidulés, sucrés, qu'on dit très propres à la cuve 
et ayant résisté jusqu'ici aux maladies; jugé très bon et dont 
on proposera Vadoption comme Raisin de cuve et de table. 

Croton. — Culture de M. Piola; grappe Moyenne, à peine 
ailée; grains blancs, tout au. plus moyens, ronds, assez serrés, 
juteux, sucrés; cépage assez fertile, non foxé ; bon. 

Diana Hamburg . — De M. Piola; Raisin violet foncé, à grains 
gros, ronds, bien juteux, légèrement foxé, très fertile. Sera 
proposé pour la mise à l'étude. 

Rudlandêr. — Grappe petite; goût très foxé; mauvais; 
proposé pour la cuve par M. Daurel. Rejeté. 

A'° 32 de Roger (Roger's Hybrid). — Grains à peine moyens, 
ronds, rose vif, foxés. Ne sera pas proposé. 

Pizarro. — Proposé pour la cuve; très fertile, résistant aux 
maladies; grains noirs, ronds, peu serrés, de petite moyenne 
grosseur. Sera proposé pour la mise à l'étude, à titre de Raisin 
de cuve. 

Excelsior. — Raisin rosé, muscat. A maintenir à l'étude. 

9 



130 RAPPORTS. 

Golden Gem. — Petit Raisin blanc, rond, sucré, muscat, très 
bon. A maintenir à l'étude à titre de Raisin de table. 

Erivingt. — Raisin mauvais, ne méritant pas d'être mis à 
l'étude. 

Séance du 16 septembre, à huit heures du matin. 

Semis n" 1 . — De M. Bréchon, de Lyon ; Raisin blanc, à. grosse 
grappe ailée; grains gros, paraissant se dorer un peu, charnus, 
bons. 

Du même, Raisin- Fraise. — Blanc, gros, ublong, juteux, très 
légèrement musqué; maturité incomplète. A revoir. 

Du même, Semis n° 2 d' Herhemont . — Raisin noir ; grains 
assez gros ; grappe un peu ailée; non foxé, propre à la cuve ; 
non suffisamment mùr. A revoir. 

Du même. Semis de hasard. — Noir, de grosseur moyenne, à 
grains ronds, très serrés. Raisin propre à la cuve, qu'on dit de 
grandes vigueur et fertilité ; maturité incomplète. A revoir. 

Raisins de M. Besson, de Marseille, ou présentés par lui : 

Allen s Hybrid. — Raisin blanc, à grains moyens, d'un goût 
très relevé ; en bon état de maturité ; très bon. 

Saint-Sauveur , — Grappe ailée, très longue; grains moyens, 
noir foncé, peu serrés_, à jus blanc, abondants, peu sucrés ; 
recommandé comme Raisin de cuve très résistant aux maladies; 
c'est un semis du Jacquez. 

Black Défiance. — Raisin noir, assez gros, à grosses grappes^ 
tardif, propre au Midi, foxé, s'accommodant des terrains humi- 
des et de submersion. Ne sera pas proposé pour l'étude. 

Commandeur. — Gros grains de couleur ambrée; grappe 
courte, ailée, assez serrée; grains un peu oblongs; peau un peu 
épaisse; précoce comme les Chasselas. Très bon à maintenir à 
l'étude avec recommandation. C'est le produit d'un semis de 
M. Besson. 

Muscat hâtif du Puy-de-Dôme. — Raisin blanc, rond, assez 
gros ; peau assez fine ; bien juteux, un peu charnu, à grains un 
peu serrés ; agréablement musqué ; maturité du Chasselas. Va- 
riété très ancienne, dont on proposera l'adoption. 

Muscat Reynier. — Raisin blanc, à gros grains ronds, à grappe 



VINGT-NEUVIÈME CONGRES DE LA SOCiÉTÉ POMOLOGIQUE. 131 

moyenne ; assez fertile pour les uns, peu fertile pour les autres ; 
très bon au goût. A étudier et à maintenir à l'étude. 

Chasselas Tokai Angevin. — M. Besson en présente des grappes 
dont M. de la Bastie conteste l'identité. Celui de M. Besson est 
gris et celui de M. de la Bastie est rosé. Or, l'échanlilloD pré- 
senté n'étant pas reconnu^ on ne peut statuer. 

Raisin Boisselot. — Blanc ; grosse grappe ailée, à gros grains 
un peu oblongs ; peau épaisse; pulpe fondante; non muscat; 
assez bon. A maintenir à l'étude. 

Clairette à gros grains. — Semis de M. Besson. Grappe 
grosse, allongée, cylindrique; grains assez gros, légèrement 
ovoïdes, de couleur verdàtre, à peau fme, juteux, bons. A mettre 
à l'étude. 

Raisin de semis du même, nommé Flammarion. — Blanc, 
gros, oblong ; grappes assez grosses ; couleur verdàtre ; tardif; 
pas assez mùr. A revoir. 

Semis du même, nommé Jules Monge. — Grappe moyenne, 
un peu serrée ; grains assez gros^ ronds, fondants, juteux, peu 
sucrés ; peau assez fine ; passable. A revoir. 

Œillade ambrée, ancienne variété. — Grappe grosse, ailée, 
courte ; grains assez gros, oblongs, un peu ambrés ; peau épaisse, 
dure^ juteuse, peu sucrée, la maturité de la grappe était insuf- 
fisante. Néanmoins, on proposera la mise à l'étude. 

Ici s'arrêtent les nombreuses présentations de M. Besson, qui 
est si appliqué à utiliser pour l'étude de la Pomologie les faci- 
lités que lui donne l'excellent climat de Marseille. 

La Commission reprendles envois faits par M. Piola, par l'en- 
tremise de M. Daurel. 

Raisin PTauer/ey hybride, semis de Rickett. — Grains moyens, 
de couleur noir intense ; très foxé, destiné à la cuve. Ne sera 
pas proposé pour l'étude comme trop foxé. 

Pcahody hybride, semis de R,ickett. — Raisin noir ; grains 
moyens, ronds, à peau épaisse, juteux, sucrés, de g ;ùt relevé : 
précoce, très fertile. Propre exclusivement à la cuve, titre au- 
quel on proposera la mise à l'étude. 

Triumph, semis de M. Campbell. — H3'bride de grande produc- 
tion : grosses grappes ailées; gros grains verdâtres^ à peau 



132 RAPPORTS. 

épaisse, juteux, un peu foxés, et dont il ne paraît pas à propos 
de demander la mise à l'étude. 

Noah hybride. — Grains moyens, ronds, blanc verdâlre, à 
peau épaisse, juteux ; très propre à la distillation et ayant un 
goût de Fraise. On proposera la mise à l'étude en vue de la cuve 
et surtout de la fabrication de l'alcool. 

M. Hortolès présente une Pêche sous le nom de Golden Eagle, 
à chaii' jaune abricotée, produit des semis de Rivers. On dit 
qu'elle exige le midi et ne mûrirait pas à Paris. Elle n'est que 
passable au goût. On n'en proposera pas la mise à l'étude. 

Séance du même jour, à deux heures après-midi. 

Poire Baronne Leroy, apportée par M. Luizet_, gain de M. Bois- 
bunel, de Rouen. Chair fine, blanche, sucrée, très bonne; fruit 
moyen, rond, prenant un beau coloris rouge. 

La série des fruits à déguster est épuisée. 

ASSEMBLÉE GÉNÉRALE 

L'assemblée générale, en outre des travaux techniques, a dû 
s'occuper de diverses questions qui se rapportaient à l'admi- 
nistration de la Société ; elle a entendu un Rapport sur la situa- 
tion financière et elle a voté l'approbation des comptes du Tré- 
sorier. Elle a procédé aux nominations nécessaires pour la 
constitution du Conseil d'Administration et de la Commission 
permanente des études, dont les séances régulièrement pério- 
diques sont tenues à Lyon, siège de l'AssO^ciation et d'où est 
partie, depuis trente et un ans, l'impulsion dont les résultats ont 
été satisfaisants pour la Pomologie française, où enfin le Con- 
grès a été réuni sept fois après sa fondation. 

Une élection devait avoir lieu pour une fonction de haute 
importance, par suite du décès du si vénérable et si regretté 
M. FLCverchon : celle de Trésorier, dans laquelle ce sympathique 
\loyen avait rendu de si cminents services à la Société. 

M. de Vayssière, propriétaire, habitant Éculiy-les-Lyon, fut 
élu à l'unanimité, à la grande satisfaction de l'asseniblée. 

11 me reste à parler d'une autre élection qui a eu lieu régle- 
mentairement le 13 septembre. Il a été dans les sentiments des 



VINGT-NEUVIÈME CONGRÈS DE LA SOCIÉTÉ POMOLOGIQUE. 133 

membres qui ont concouru à Torganisalion de la Société pomo- 
logique de France d'encourager tous les efforts des person- 
nages qui s'appliquent à faire progresser la Pomologie et de 
les récompenser même en leur décernant, à l'occasion de 
chaque Congrès annuel, une médaille d'or dont l'Association 
fait les frais. 

La fondation de cette médaille a eu lieu en l'année 1866, à la 
session de Melun, sous la présidence de M. le Sénateur Réveil, 
et la première a été offerte en 1867, à la session de Paris, à 
notre regretté collègue Jamin (Jean-Laurent), dont le nom res- 
tera attaché aux souvenirs des progrès obtenus par la Pomo- 
logie dans le milieu de notre siècle. En tout, vingt-quatre de ces 
médailles ont été décernées et honorent ceux qui les ont obte- 
nues, comme toutes les récompenses qui s'adressent aux travaux 
intelligents, accomplis avec zèle, persévérance et dévouement 
aux sciences utiles. Quatre de ces médailles ont été décernées 
jusqu'ici à des membres de la Société d'Horticulture parisienne. 
Je dois dire qu'en principe, la Société donne par an une médaille, 
mais que, par exception, deux médaille sont été décernées lorsque 
des villes, des Sociétés horticoles ou quelques membres notables 
dans l'œuvre pomologique en ont généreusement fait les frais. 

C'était le cas pour l'année 1887, la Société d'Horticulture 
pratique du Rhône ayant voulu très gracieusement offrir aussi 
une médaille pour doubler les moyens de récompenser les 
efforts des hommes dévoués à cette œuvre horticole, dont la 
fondation fait honneur à la ville de Lyon et dont la durée 
prouve déjà l'organisation bien conçue et la bonne direction. 

Pour répondre à cet appel^ l'assemblée a élu deux lauréats : 
l'un, M. Varenne, directeur des Jardins publics de la Ville de 
Rouen, qui^ depuis nombre d'années, suit les réunions annuelles 
et y apporte son zèle et son savoir horticole acquis par l'expé- 
rience des cultures fruitières; l'autre, M. Desfarges, horticul- 
teur à Saint-Cyr-au-Mont-d'Or (Rhône), Tun des fondateurs 
et des membres les plus zélés de la Société pomologique, qui 
s'est particulièrement adonné à prendre part, à Lyon, aux 
travaux de la Commission permanente des études et aux cul- 
tures fruitières. 



134 COM[>TE RENDU 

L'élection si justifiée de ces deux sympathiques collègues 
a été accueillie avec une vive satisfaction par tous les membres 
qui y ont pris part, et ils ont reçu deux'les félicitations les plus 
vives et les plus sincères. 

Quand on se sépare chaque année, après un Congrès pomo- 
logique, on arrête le lieu où Ton se retrouvera l'année suivante ; 
or, à cet égard, M. Daurel, de Bordeaux, a rappelé les engage- 
ments antérieurs qui avaient été pris avec la Société d'Horti- 
culture de Bordeaux, dont il est Président. Ses observations 
ont été accueillies par une acceptation très, empressée de la 
part du Congrès et par l'expression d'une sincère reconnaissance. 

M. Nivet, délégué de la Société d'Horticulture de Limoges, 
a formulé une invitation, au nom de sa Société, pour Tannée 
1889; mais l'assemblée n'a pu se prononcer d'une manière 
précise, pensant que l'Exposition internationale, pour laquelle la 
France se prépare en ce moment, amènerait naturellement la 
réunion à Paris, en l'année 1889; il est décidé que, dans ce cas, 
la tenue du Congrès à Limoges serait remise à l'année sui- 
vante, 1890. 

Les sujets pour mon Compte rendu seraient épuisés si je 
n'avais encore à accomplir un devoir, celui de rendre hom- 
mage au cordial et sympathique accueil qui a été fait aux trois 
délégués de notre Société par leurs confrères de la Société 
lyonnaise. 

Rien, en effet, n'a été négligé par eux pour leur faire appré- 
cier ce que leur ville offrait d'intéressant au point de vue 
de rHorlicuUure. '■ 

Hs avaient beaucoup à voir dans ce grand centre essentiel- 
lement horticole, sous le rapport de la Floriculture, et particu- 
lièrement de la Pomologie, favorisée par un climat moyen, 
entre le Nord, y compris la région parisienne, et le Midi. En 
outre des satisfactions causées par un accueil des plus gracieux ^ 
vos délégués, par des visites horticoles pleines d'intérêl, ont 
profité de leur voyage, ainsi rendu aussi utile qu'agréable, et 
dont ils ont emporté un précieux souvenir. 



f 



DE l'exposition d'hoRTICUL. et de VITICUL. A LYON. 135 

COMPTES RENDUS D'EXPOSITIONS 



Compte rendu de l'Exposition d'Horticulture et de 
Viticulture TENUE a Lyon du 14 au 19 septembre 1887 (1), 

par M. F. Jamin. 

Messieurs, 

Dans votre séance du 28 juillet dernier, vous avez bien voulu 
désigner MM. Michelin, Lapierre et Jamin pour remplir les fonc- 
tions de Jurés à l'Exposition qui, sous les auspices de la Société 
pratique d'Horticulture du Rhône, allait s'ouvrir le 14 septem- 
bre suivant. Nous venons vous rendre compte de notre mis- 
sion. 

Cette Exposition, qui comprenait l'Horticulture et la Viticul- 
ture^ s'est tenue sur une partie du Cours du Midi, tout près de 
la gare de Perrache. Les arbres fruitiers, les fruits et les légu- 
mes occupaient le côté droit, les Vignes et les Raisins le côté 
opposé. L'installation avait été confiée à MM. Luizet père et fils, 
horticulteurs-paysagistes bien connus d'Écully^ et nous ne pen- 
sons pas qu'il eût été possible de tirer un meilleur parti de cet 
emplacement. A cet égard, les éloges étaient unanimes. 

Nous commencerons ce Compte rendu par les produits de la 
partie droite, les seuls que le Jury dont nous faisions partie fût 
appelé à juger. 

Divers apports d'arbres fruitiers avaient, été faits, et, parmi eux, 
deux surtout étaient remarquables : l'un de M. Morel, de Vaise, 
comprenait non seulement une série de jeunes et beaux sujets 
dits de pépinière, mais encore de nombreux exemplaires déjà 
dressés et représentant les formes le plus généralement adop- 
tées : pyramides, palmettes, cordons horizontaux et verticaux, 
palmettes Verrier, etc. L'autre, du à MM. Luizet père et fils, 
était exclusivement composé d'arbres de pépinière, mais très 
variés et indiquant une excellente culture. 

(l) Déposé le 26 janvier 1888. 



136 COMPTE RENDU 

M. Treyve père, de Trévoux, avait un lot de Noyers, variétés 
du Dauphiné, greffés d'après la méthode si sûre et si rationnelle 
dont il est l'inventeur; il avait aussi q.ielques Pommiers à cidre 
en bonnes variétés. 

Dans l'exhibition des fruits, nous retrouvons M. Morel avec 
un lot formidable, comprenant tous les genres et diverses varié- 
tés provenant de ses propres semis; plusieurs de ces derniers 
sont, depuis plusieurs années, dans le commerce : Souvenir du 
Congrès, Professeur Hortolès, Favorite Morel, etc. Le même 
exposant avait aussi des arbres à fruits non comestibles, mais 
qui jouent un grand rôle dans nos jardins au point de vue de 
l'ornementation, tels que Cotoneaster, Cratœgus divers, Pom- 
miers baccifères, etc. 

Là nous retrouvons également MM. Luizet avec un 
apport considérable de Poires, Pommes, Raisins de table, 
Prunes, Nèfles, Poires et Pommes à cidre et surtout de Pèches; 
ces dernières sont tout à fait chez elles, à Écuilly et dans les 
environs. Les arbres qui les portent ont la même santé et la 
même vigueur que les Pommiers de Normandie. Sans doute, les 
espaliers ne sont pas exclus dans le pays, mais c'est un luxe 
dont le§ habitants de cette localité privilégiée pourraient se 
passer. Disons aussi que le sol consiste généralement en une 
alluvion siliceuse reposant sur des schistes. Sur les sujets en 
plein vent, les Pêches atteignent un volume et une beauté qui 
souvent ailleurs manquent à ces mêmes fruits venus sur espa- 
lier. 

Beaucoup d'autres lots n'étaient pas sans importance. Ainsi 
M. Dervieux, de Cusset-Villeurbanne, avait une belle centurie 
de variétés de Poires; M. Brun, d'Écully, quatre-vingts variétés 
de Poires et quarante de Pèches; M. Bouvant, de Saint-André- 
de-Gorcy, quatre-vingts variétés de Poires, trente-six de Pommes 
et divers autres fruits; MM. Fayard père et fils, un lot im- 
portant de Poires et de Pommes de toute beauté; M. Besson, de 
Marseille, cinquante variétés de Poires et trente-cinq de Figues; 
M. Desfarges, de Saint-Gyr-au-Mont-d'Or, soixante-quinze varié- 
tés de Poires, etc. 
Un concours spécial était ouvert pour les Pêches, et cela 



DE L EXPOSITION DHORTICUL. ET DE VITICUL. A LYON. 137 

se conçoit dans cet autre pays classique du Pécher. Il adonné 
lieu à une lutte des plus vives, et c'est ici surtout que le 
Jury a dû ouvrir les yeux, Après un minutieux examen, il 
a dû décerner une médaille d'or à M. Guillot et une récom- 
pense semblable à M. Brun, tous deux d'Écully. M^^^ veuve 
Barret, de la même localité, n'arrivait qu'en second ordre. 
Quelques variétés de Pèches sont spéciales au pays et fort 
appréciées, entre autres la Nivette veloutée, la Pourprée tardive 
(non celle des anciens auteurs), l'une et l'autre de la deuxième 
quinzaine de septembre. 

Ce que nous avons constaté avec plaisir, c'est la bonne 
dénomination des fruits exposés ; sous ce rapport, très peu de 
lots laissaient prise à la critique. A dire vrai, il ne devait pas 
en être autrement dans une ville qui a été le berceau de la 
Société pomologique. 

Nous devons des éloges bien mérités à l'École pratique 
d'Arboriculture d'Écully. La collection de fruits qu'elle exhibait 
hors concours était des plus remarquables et l'étiquetage des 
mieux soignés; celui-ci indiquait pour chaque variété la nature 
de la chair, la qualité, l'époque de maturité, le mode de 
culture et jusqu'au plus ou moins de vigueur de l'arbre. 

De persévérants semeurs et qui n'en sont pas à leur coup 
d'essai : M. Joanon, de Saint-Gyr-au-Mont-d'Or, M. Fougères, 
de Saint-Priest, et M. Morel, déjà nommé, exhibaient divers 
fruits inédits. Le Jury, dans l'impossibilité où il se trouvait de 
se prononcer sur des variétés dont il ne pouvait apprécier le 
mérite, en a renvoyé le jugement à une Commission spéciale de 
la Société pratique d'Horticulture du Rhône. 

La culture maraîchère, elle aussi, se trouvait dignement 
représentée. Nombreuses étaient les collections de Pommes de 
terre, de Gucurbitacées, de Tomates et d'autres légumes de 
saison. 

M. Grozy, de la Guillotière-Lyon, avait planté un lot consi- 
dérable de ses superbes Canna, et d'autres horticulteurs, par des 
apports désintéressés, avaient également contribué à l'ornemen- 
tation de l'Exposition. 

Voici quels ont été les principaux lauréats : 



138 compte rendu 

1" Arboriculture 

Prix d'honneur. 
M. Morel : Arbres fruitiers et fruits en collection. 
Médailles d'or. 

MM. Luizet père et fils : Fruits en collection. 
Fayard père et fils : Poires et Pommes. 
Brun : Pèches. 
Guillot : Pêches. 

Médailles de vermeil. 

MM. Treyve : Noyers greffés et Pommiers à cidre. 
Bouvant : Fruits en collection. 
Brun : Poires. 
Besson : Poires. 
Besson [dpjà nommé) : Figues. 
Dervieux : Poires. 

Grandes médailles d^ argent. 

MM. Luizet père et fils : Arbres fruitiers de pépinière. 
Bernède : Pêches nouvelles. 

Médailles d^ argent. 

M"^ veuve Barret : Pèches. 
MM. Défarges : Poires. 

Joanon : Poires. 

Bréchon : Amandes. 

1" Horticulture 
Diplôme d' honneur à M. Grozy : Canna. 

3° Culture maraîchère 

MM. Guillet : Légumes en collection ; médaille d'or. 

Guillet {déjà nommé) : Pommes de terre ; médaille de 
vermeil. 

Gambrillat ; Pommes de terre ; médaille de vermeil, 



1)K l'exposition d'iIORTICUI.. et de VITICUL. A LYON. 139 

MM. Chipier : Pommes de terre de semis ; médaille de vermeil. 
Charrault : Légumes en collection ; médaille de vermeil. 
Perrier : Légumes en collection ; médaille de vermeil. 
Viilard : Tomates et P hy salis ; médaille de vermeil. 
Guichard : Pommes de terre ; grande médaille d'argent. 
Chipier : Pommes de terre ; grande médaille d'argent. 

Viticulture 

Comme nous l'avons déjà fait observer^, un Jury spécial était 
chargé d'examiner cette partie de l'Exposition lyonnaise, par- 
tie un peu, du reste, en dehors de notre cadre. [Elle présentait 
toutefois un tel intérêt d'actualité et elle avait une telle im- 
portance, que nous croyons de notre devoir d'en dire quelques 
mots. 

Dans presque tous les lots exposés, on pouvait voir les Rai- 
sins de l'ancien monde côte à cùle avec ceux du nouveau, et 
nous ne croyons pas nous tromper en alléguant que souvent 
ceux-ci l'emportaient par le nombre. 

M. Salomon, de Thomery, l'un des Jurés, et comme tel hors 
concours, représentait dignement la culture des environs de 
Paris. On remarquait beaucoup, dans son lot, un Raisin de cuve 
de la Cùte-d'Or, du nom de Pineau-Poinier, cépage dont on dit 
le plus grand bien. 

M. Besson, de Marseille, avait une collection de Raisins 
de cuve et de table; mais pourquoi notre sympathique confrère 
et les autres horticulteurs du Midi s'obstinent-ils à ne pas pra- 
tiquer le ciselage sur ces derniers? Ils devraient au moins le 
faire pour les Raisins qu'ils exposent; leurs lots y gagneraient 
inconlestablem.ent. Dans tous les cas, cette observation tout 
amicale ne concerne pas le Muscat de Hamburg, variété an- 
glaise, ilont les grains ne sont jamais trop serrés: il n'en noue 
tout juste que ce qu'il faut. Elle réussit merveilleusement dans 
toute la légion du Midi. 

Les lots ci-dessus n'étaient pas les seuls dans lesquels figu- 
raient des Raisins de table; les citer tous allongerait par trop 
ce Compte Vendu; puis, il faut bien l'avouer, la grande 



140 COMPTE RENDU 

« attraction », c'étaient plutôt les Raisins de cave et, dans cet 
ordre d'idées, nous avons cru reconnaître deux courants bien 
accentués : l'un consistant à utiliser les cépages américains, dont 
le rendement est énorme, comme producteurs directs et à obtenir 
ainsi en quantité des vins de table ordinaires. Il ne faudrait 
pas toutefois qu'ils présentassent cette saveur foxée, si désa- 
gréable au palais, mais qui, d'après ce qu'on nous a affirmé, 
disparaît peu à peu si on laisse le liquide assez longtemps dans 
les fûts. Nous savons aussi que des croisements de ces variétés 
exotiques avec nos cépages indigènes ont déjà donné des hy- 
brides qu'on dit aussi résistants au Phylloxéra que les va- 
riétés primitives, et chez lesquels cette saveur foxée est à peu 
près nulle. 

L'autre courant consiste dans l'emploi des plants américains 
comme sujets pour recevoir la greffe de nos bonnes variétés 
françaises. 

Dans bien des lots, nous avons observé l'un et l'autre modes 
de culture; mais deux exposants nous ont paru surtout les 
résumer. 

Ainsi, M. Gaillard, de Briguais (Rhône), avait apporté dans 
de grands pots, comme producteurs directs, des sujets déjà 
forts et pliant sous la charge des grappes. Les onze variétés 
suivantes appelaient surtout l'attention : Bacchus ; Bidwil's 
Seedling ; Cynthiana; Delaware; Duchess ; Général Pope; 
Herbemont; Noah; Othello; Secretary; Senasqua. 

Maintenant, si nous tournons nos regards vers le Bordelais, 
pays des grands crus, nous trouvons M. Piola qui, fort d'une 
expérience déjà longue, ne veut pas se départir des cépages 
qui font la gloire de sa province. Nous le voyons greffant le 
Gabernet franc sur Vialla ; le Gabernet-Sauvignou sur Rupes- 
tris ; le Malbeeck sur York-Madeira; le Pineau-franc sur 
Taylor. M. Piola connaît la nature du sujet qui convient le 
mieux à telle ou telle de ces bonnes et vieilles variétés, et il 
met à profit une expérience peut-être chèrement acquise. 

Encore une fois, nous ne prétendons pas que ces deux mes- 
sieurs n'aient, l'un et l'autre, des imitateurs et que, dans n'im- 
porte quelle région, on n'opère pas dans les deux sens. A ce sujet, 



DE l'exposition d'hORTICUL. et de VITICUL. A LYON. 141 

nous pouvons même citer tout particulièrement M. Richter, de 
Montpellier, dans Je lot très remarquable duquel on voyait de 
nombreux exemples des deux modes de culture. 

Quiconque a pu visiter cette importante Exposition et écouter 
les observations des hommes instruits et compétents qui s'y 
trouvaient, soit comme jurés, soit comme visiteurs, en est sorti 
convaincu qu'un pas immense a été franchi et que la reconsti- 
tution du vignoble en France n'est plus douteuse. Ce sera cer- 
tainement un honneur indiscutable pour notre cher pays d'être 
parvenu, à force de travail et de persévérance, à dominer le 
fléau phylloxérique. 

Nous devons de nouveau féliciter l'École d'Arboriculture 
d'Écully. Son lot de Vignes et de Raisins était des pkis remar- 
quables et des mieux présentés. 

Nos félicitations bien sincères également à la Société d'Agri- 
culture du département de la Savoie, dont l'exhibition était la 
preuve évidente de l'intérêt que nos compatriotes de celte région 
portent à la question viticole. 

Voici comment les principales récompenses ont été réparties : 

Objet d'art offert par M. le Président de la Jîépublique, 

M. Gouderc, d'Aubenas : Semis de Raisins américains déjà 
hybrides^ faits sur une échelle considérable, dans le but 
d'obtenir de bons producteurs directs. 

Diplômes d'honneur. 

Société centrale d'Agriculture de la Haute-Savoie ; 
MM. Piola, de Saint-Émilion : Vignes greffées ; 

Richter, de Montpellier : Lot considérable de Vignes 
greffées avec les bonnes variétés locales et d'autres non 
greffées pour production directe. Sarments nombreux 
avec fruits. 

Médailles d'or. 

MM. Verchère, de Villié-Morgon : Collection dépassant trois 
cents variétés en Raisins français et américains ; 



142 COMPTES RENDUS 

MM. Besson, de Marseille : Collection à peu près de même im- 
portance ; 

Petrus-Magat, de Ghazey-d'Azergues : Vignes greffées ; 

Gaillard, de Brignais : Vignes américaines en pots, pro- 
duction directe ; 

Gaillard, de Brignais : Sarments de cépages américains 
avec fruits, production directe ; 

Médailles de vermeil. 

MM. Poisard frères, d'Anse: Vignes greffées, dont plusfeurs en 
forts exemplaires ; 
Rolland et Arnaud Goffin, de Villefranche : Collection de 
Vignes françaises et américaines en sarments; 

Grandes médailles d'argent. 

MM. Grégoire, de Nice : Collection de cent variétés de Raisins 
de cuve ; 

Raborier, de Chavas : Vignes greffées ; 

Rolland et Arnaud Goffin : Vignes françaises et améri- 
caines, celles-ci comme producteurs directs ; 

Poisard frères : Raisins de cuve ; 

Bréchon : Semis de Raisins de cuve. 

Un des lots assurément les plus importants de l'Exposition 
sinon le plus important de tous, puisqu'il comprenait près de 
400 variétés de Raisins, 240 de l'ancien monde et 'loO du nou- 
veau, n'a pu concourir, M. Aimé Champin, qui le présentait, 
étant arrivé trop tard et alors que les opérations du Jury étaient 
commencées. 

Si^ Messieurs, le travail de vos délégués a été quelque peu 
ardu, disons que leur mission n'en a pas moins été des plus 
agréables, car, de tous côtés, ils ont rencontré l'accueil le plus 
bienveillant, aussi bien de la part des autorités de la ville que 
de celle de M, le Président de la Société pratique d'Horticulture 
du Rhône et de toutes les personnes avec lesquelles ils se sont 
trouvés en rapport. Qu'il nous soit permis de leur offrir de 
nouveau, à tous, l'expression de notre profonde gratitude. 



PLANTES NOUVELLES OU RARES. 143 

REVUE BIBLIOGRAPHIQUE ÉTRANGÈRE 



Plantes nouvelles ou rares décrites dans des publications 
étrangères 

the garden 

Maxillaria Saiidei'îaiia . — The Gayden du. 28 juillet 1887, 
pl.GOG, p. 60. — Maxillaire de Sander. — Pérou. — (Orchidées.) 

Cette Orchidée, la plus belle du genre auquel elle appartient, 
a été introduite récemment et est restée, jusqu'à ce jour, extrême- 
ment rare. Elle a été découverte par M. Edouard Klaboch, col- 
lecteur pour M. Sander, de Saint-Albans, sur les montagnes du 
Pérou, à l'altitude de 4,000 pieds anglais, c'est-à-dire 1,220 
mètres. Il y a lieu, dès lors, de penser qu'elle se contentera delà 
serre froide. Sa première floraison a eu lieu dans la collection 
de M. le baron Schnx^der, en 1885. Le Gai^den, dans l'article qu'il 
consacre à cette plante, n'indique ni les caractères par lesquels 
elle se distingue, ni la coloration de sa fleur, ni l'autorité à 
laquelle est dû le nom de l'espèce. Nous nous bornerons donc 
à dire, d'après la planche qui la représente, que chacun de ses 
pseudo-bulbes se termine par une feuille longue d'environ 0™,15 
et large d'environ 0™,03, oblongue, aiguë, rétrécie comme en 
pétiole dans le bas sur une longueur de O'^jO^, largement ondu- 
lée, et que sa fleur solitaire, presque sessile, selon toute appa- 
rence, mesure O'^jISS de largeur; la couleur générale en est un 
blanc pur sur lequel tranchent brusquement une très grande 
macule à bord sinueux, occupant toute la base des sépales et des 
pétales, ainsi que de grosses ponctuations, qui sont également 
d'un rouge pourpre foncé; le labelle en cornet plissé longitudi- 
nalement et redressé est tout entier de cette dernière couleur; 
sépales et pétales sont ovales-lancéolés, les deux sépales latéraux 
étant notablement plus grands que le supérieur et que les deux 
pétales. 



Le Secrétaire-rédacteur^gérant, 

P. DUCHARTRE. 



Paris. — Imprimerie G. Rougieu et C^^, rue CasseUe, \ 



144 



FEVRIER 1888 



Observations météorologiques faites par M. F. Jamin, a Bourg-la-Reine, 
PRÈS Paris (altitude : 63™ environ) 







1 


HAUTEUR 






tJ: 


TEMPÉRATCRE 1 


du baromètre. 


VENTS 




H 


^-*.^^ 


-—-— V 


^ — -»^ 


-— — ^ 




ÉTAT DO CIEL. 


■< 










dominants. 






Minim, 


iMaxim. 


Matin. 


Soir. 






1 


- 6,2 


0, 


7ol 


760,5 


NE. 


Couvert. 


2 


— 11,0 


— 3,0 


764,0 


767 


NO. NNE. NE. 


Légèrement brumeux le matin, clair. 


3 


-16,2 


1,0 


767 


767,5 


S. SE. S. 


Nuageux le matin, couvert l'après- 
midi, l)rume le soir. 


4 


0,6 


6,0 


768,0 


771 


S. 0. NNO. 


Gouv. jusqu'à 2 h. de l'apr.-m., nuag. 


5 


3,0 


8,7 


771 


767, 5 


0. NO. 


Nuageux le matin, couvert, légère- 
ment pluvieux le soir. 


6 


^,7 


8,7 


767,0 


769 


« N. 
N. 0. 


Couvert. 


7 


0,0 


7,3 


768, 


757 


Couvert et légèrement brumeux, éclair- 














cics l'apr.-midi, petite pluie le soir. 


8 


4,1 


7,0 


764 


762 


0. ONO. 


Couv., un peu de pluie dans la matin. 


9 


5,6 


8,9 


761 


764 


NO. 


Couvert et pluvieux, éclaircics dan^ 
la soirée. 


10 


2,-/ 


9,4 


762 


759 


SO. 


Nuageux, pluie dans l'après-midi. 


H 


3,8 


",0 


757,5 


753 


NO. N. 


Petite pluie dans la nuit, couvert el 
pluvieux, éclaircies l'après-midi. 


12 


2, S 


7,2 


751,0 


752, 5 


0. SO. 


Pluie presque toute la nuit et une 
partie du matin, couvert, un peu de 
neige le soir, éclaircics ensuite. 


13 


— 2,2 


8,0 


758, 5 


760 


SO. 


Nuageux, un peu de grésil le matin, 
averse mêlée de grésil l'après- 
midi, clair le soir. 


14 


— 0,9 


5,0 


756 


756, 5 


sso. 


Nuag. de grand matin, grésil et neig( 
de 7 à 10 h. du mat., nuag. ensuite 


KH 


0,6 


5,9 


756,5 


759 


s. N. NO. 


Couvert, grésil et neige dans le milieu 
de la journée, nuageux. 


16 


— 1,9 


1,0 


759 


757,5 


NNE. 


Neige assez abondante de grand mat., 
cbuv., neige cont. à partir de midi 


n 


— 0,3 


1,1 


756 


754,5 


N. NNE. 


Pluie, neige et gr. vent dans la nuit, 
neige presq. continue dans la journ. 


18 


— i,y 


2,2 


755 


751 


N. 


Eclaircies dans la matinée, un peu dt 
neige, nuageux à partir de 4 h. 


19 


— 3,0 


1.0 


745 


747 


NNE. 


Neige dans la nuit et presc^ue toute 
l'après-midi, nuageux. 


20 


-9,3 


0,1 


748 


748 


N. 


Couvert et légèrement brumeux, clair, 
couvert à partir de 8 h. du soir. 


21 


— 3,4 


1,9 


748,5 


7.52 


N. 


Vent dans la nuit, couvert. 


i?, 


~ 5,6 


— 2,2 


754 


756 


N. 


Couvert, il voltige de la neige. 


23 


— 3,4 


- 0,2 


757,5 


758,5 


NNE. E. 


Couvert et brumeux le matin, couvert 
et un peu de neige l'après-midi. 


24 


— 7,7 


- 1,3 


756, 5 


755,5 


N. 


Nuageux de grand matin, un peu de 
neige l'après-midi, clair dans le mi- 
lieu de la journée et le soir. 


25 


— 9, 7 


— 1,' 


756,5 


758, 5 


NNË. NE. 


Un peu de ueige dans la nuit, légère- 
ment brumeux, clair le soir. 


-26 


— 7,2 


2,8 


757,5 


761 


NNE. 


Légèrement bruïueux le matin, nua- 
geux l'après-midi, clair le soir. 


27 


— 6,7 


2,7 


764 


764 


NNE. NO. N. 


Nu;igeux le matin, couvert. 


28 


— 0,4 


0,3 


766 


767,? 


N. NE. 


Couvert. 


29 


— 8,7 


— 1,3 


768 


766 


N. NE. N. 


Couv., un peu de neige le matin, clair 














dans le mil. de la journ., nuageux. 



CONGRÈS HORTICOLE EN 1888 



Le Congrès horticole que doit tenir, cette année, la Société 
nationale d'Horticulture de France s'ouvrira le lundi 28 mai, à 
deux heures, dans l'hôtel de la Société, rue de Grenelle, 8k 

La Commission d'organisation adresse un pressant api3el aux 
Sociétaires pour que leur concours éclairé et leurs communica- 
tions assurent le succès de ce nouveau Congrès. Elle serait heu- 
reuse de recevoir, le plus tôt possible, avec leur adhésion, des 
mémoires sur les questions portées au programme. Ces mémoires 
pourraient ainsi être imprimés avant l'époque à laquelle aura 
lieu cette grande réunion. — Les Compagnies de Chemins de fer 
ont bien voulu accorder, comme les années précédentes, une 
réduction de 50 pour 100 sur le prix des places aux membres 
de la Société qui viendront à Paris à l'occasion du Congrès. 



CONCOURS OUVERTS DEVANT LA SOCIÉTÉ, EN 1888 

Concours permanent. 

Prix Laisné. Pour l'élève le plus méritant de l'École d'Horticulture 
des Pupilles de la Seine. (V. le Journal, 3« sér., IV, 1882, p. 631 
et 753.) 

Concours annuels. 

Médaille du Conseil d Administration. Pour l'iotroduction ou l'obtcn 
tion de Plantes ornementales méritantes. (V. le Journal, 2^ série, 
XI, 1877, p. 445.) 

Médaille Pellier. Pour le plus beau lot de Pentstemcn. 



Série lll, T. X. Cahier de luars publié le 30 avril 18S8. 10 



146 PROCÈS-VKRBAUX. 

PROCÈS-YEUBAUX 



SÉANCE DU 8 MARS 1888 

pRÉsiDE.NCE DE M. Léoii Say, Président de la Société, 
PUIS DE M. Hardy, Vice-Présideint. 

La séance est ouverte à deux heures et demie. D'après le 
registre de présence, les Membres qui y assistent sont au nom- 
bre de cent quarante-neuf titulaires et quatorze honoraires. 

Le procès-verbal de la dernière séance est lu et adopté. 

A propos du procès-verbal, M. P. Duchartre demande et ob- 
tient la parole. On vient d'entendre, dit-il, un passage du pro- 
cès-verbal qui rapporte que, à la dernière séance,. M. Jean Ber- 
thault, jardinier à Wissous, ayant déposé sur le bureau cinq 
pieds de Fraisiers à gros fruit forcés, le Comité de Culture 
potagère a fait remarquer que ces plantes, malgré la bonne cul- 
ture à laquelle elles avaient été soumises, ne présentaient que 
peu de fruits. M. Dybowski, qui portait la parole au nom de ce 
Comité, a expliqué ce fait par le défaut à peu près continuel de 
soleil pendant le cours de cet hiver, le manque d'insolation em- 
pêchant fréquemment, a-t-il dit, les Fraises de nouer. Cette 
exphcation peut, dit M. P. Duchartre, être parfaitement exacte; 
mais une observation publiée récemment dans un recueil alle- 
mand (Botanisches Centralblalt, n° 49 de 1887, p. 313) autorise 
à penser qu'il pourrait bien y avoir une autre cause à ce peu 
de fécondité des Fraisiers forcés. En effet, d'après l'article 
de cette publication allemande, la culture forcée du Fraisier 
Ananas étant pratiquée fort en grand, au potager royal de Mu- 
nich, et donnant régulièrement d'excellenis résultats, on a été 
péniblement surpris de voir, en 1885, les choses changer entiè*- 

IV. B. — La Commission de Rédaction déclare laisser aux auteurs 
des articles admis par elle à l'insertion dans le Journal la responsa^ 
bilité des opinions qu'ils y expriment. 



SÉANCE DU 8 MARS 1888. 147 

renient à cet égard. Dès les mois de novembre et décembre, les 
Fraises ont commencé à se produire en quantité rapidement 
décroissante, et, deux mois plus tard, les plantes ne donnaient 
plus de fruits, ne montraient même presque plus de fleurs. 
Chargé de rechercher la cause de cette stérilité, M. le D' Harz 
a reconnu qu'elle venait de ce que les Fraisiers avaient été 
envahis par un Blanc spécial, c'est-à-dire par un Champignon 
parasite analogue à l'Oïdium de la Vigne, mais constituant, selon 
lui, une espèce nouvelle à laquelle il a donné le nom d'Oidiiim 
Fragarix, ou Oïdium du Fraisier. Ce parasite abondait à la face 
inférieure des feuilles; il se développait aussi sur les pétioles, 
sur les pédoncules et jusque sur la partie de la fleur qui, dans 
la marche normale des choses, est destinée à devenir la Fraise. 
Pour détruire ce Blanc et rendre aux Fraisiers leur fécondité 
première, M. Harz a conseillé d'aérer le plus possible les bâches 
et serres dans lesquelles se faisait cette culture. Ce traitement 
bien simple a produit tout l'efl'et qu'on en attendait. Au bout de 
quelques semaines, la végétation des plantes était redevenue 
vigoureuse; les fleurs se montraient en abondance; les Fraises 
nouaient et se développaient parfaitement; en un mot, le mal 
était conjuré. M. P. Duchartre a pensé qu'il n'était pas inutile 
d'avertir MM. les Horticulteurs qui se livrent à la culture forcée 
des Fraisiers de l'existence d'un parasite spécial pour ces plan- 
tes, des efl"ets qu'il produit, et de leur signaler le traitement des 
plus simples au moyen duquel on peut le combattre. 

M. le Président annonce deux pertes douloureuses, que la 
Société vient d'éprouver par le décès de M. A. Deleau, Président 
de la Société d'Horticulture de Douai (Nord), et de M. P. Thier- 
rard, horticulteur, qui avait créé en 1868, et dirigeait, depuis 
cette époque, à Alexandrie, en Egypte, un établissement pour 
Texpédition et la commission de graines et végétaux. 

M. le Président proclame, après un vote de la Compagnie, la 
nomination de neuf nouveaux Membres titulaires dont la pré^ 
sentation a été faite dans la dernière séance et n'a rencontré 
aucune opposition. Il annonce ensuite que le Conseil d'Adminis- 
tration, dans sa séance de ce jour^ a admis cipq Dames patron-^ 
nesses. 



'148 t>ROCÈS-VERBAUX. 

Il rappelle que, conformément à l'avis donné par lui à la 
dernière séance, la réunion de ce jour a pour objet principal la 
communication des comptes pour l'année 1887, avec l'exposé de 
la situation des finances de la Société, puis la lecture du Rapport 
de la Commission de contrôle sur l'exercice 1887. 

En conséquence, il donne successivement la parole à M. le 
Trésorier Chouveroux et à M. Sylvestre de Sacy, Rapporteur de 
la Commission de contrôle. Les deux lectures faites, il adresse 
de vifs remerciements à ces deux honorables Membres, au nom 
de la Société, qui déjà, par ses applaudissements, leur a témoigné 
sa satisfaction. 

Les objets suivants ont été déposés sur le bureau : 

l°Par M. Hédiard, négociant en comestibles exotiques, place 
de la Madeleine, différents tubercules qu'il a reçus de la Marti- 
nique, et pour la présentation desquels il lui est adressé de vifs 
remerciements par le Comité de Culture potagère. Ce sont: 
4° les volumineuses bulbilles qui se développent à l'aisselle des 
feuilles du Dioscorea bulbifera ou Igname bulbifère ; 2° des 
tubercules de deux Ignames [Dioscorea) qui lui ont été envoyés 
gous le même nom et qui néanmoins lui semblent appartenir à 
deux variétés bien distinctes; 3° des Choux caraïbes ou tubercu- 
les d'une Aroïdée, le Colocasia esculenta Schott [Caladium escu- 
lentum Vent.). Il n'est pas hors de propos de faire observer que 
c'est seulement dans les Antilles qu'on applique à la Colocase 
comestible, bien connue dans toute l'Océanie sous le nom de 
Taro ou Tarro, la dénomination de Chou caraïbe, qui est aussi 
donnée à une autre Aroïdée, le Xanthosoma sagittifolium Schott 
[Caladium sagittifolium Vent.). D'après les renseignements 
donnés de vive voix par M. Hédiard, les volumineuses bulbilles 
de l'Igname bulbifère peuvent être préparées comme la Pomme 
de terre et constituent un aliment estimé. Quant au Chou caraïbe, 
on le râpe et on en prépare ensuite la farine pour la table. 

2° Par le même, des Oranges de Bahia (Brésil), des Bananes 
rouges qui lui sont venues du Mexique, et des spécimens du 
fruit vulgairement désigné, dans les régions intertropicales, sous 
les noms de Poire d'Avocat ou simplement d'Avocat (Avocado 
Pear des Anglais). Le Comité d'Arboriculture fruitière remer- 



SÉANCE DU 8 MARS '1888. 149 

cie vivement M. Hédiard pour cette intéressante présentation. 
Les Oranges de Bahia, dit iM. Hédiard, sont très bonnes, lors- 
qu'on les mange à leur maturité; mais, pour les expédier en 
Europe, on est forcé de les cueillir non mûres, en raison de la 
longue traversée qu'elles ont à faire pour arriver du Brésil en 
Europe et, dans cet état, on les trouve inférieures à celles de 
Blidah. — La Banane rouge qui se trouve en ce moment sous les 
yeux de la Compagnie est une variété très rare qu'il n'avait pas 
encore reçue d'Amérique. Elle paraît se rapporter au type que 
M. Sagot, dans son mémoire sur les espèces du genre Musa (Voyez 
le Journal, cahiers d'avril et de mai 1887), décrit dans les termes 
suivants : « A^ariété à fruits colorés en pourpre violet, de couleur 
plus claire à la maturité. Le fruit est grand et la tige est élevée. » 
Ce fruit est surtout bon à cuire au beurre, comme une Pomme 
de Reinette. Quant à la Poire d'Avocat, c'est le fruit du Persea 
g)'atissima G. ERTN. (Laurus Persea Li^.). Elle arrive rarement en 
Europe ; c'est un produit essentiellement tropical; sa forme res- 
semble assez à celle d'une Poii'e de doyenné, mais la couleur 
en est violette. Quant à sa chair, elle est pâteuse, fondante, 
non sucrée. Si l'on y ajoute du sucre, elle se rapproche de la 
crème; employée dans son état naturel, elle sert à peu près en 
guise de beurre, à ce point que, dit M. Hédiard, on la qualifie 
parfois de beurre végétal des Antilles. On a essayé en Algérie la 
culture de l'Avocatier; mais on assure qu'il y fructifie mal, ce qui 
peut s'expliquer parce que le climat de notre possession afri- 
caine n'est nullement tropical, contrairement à ce que pensent 
à tort bien des personnes. Toutefois, M. Hédiard est porté à 
croire que si l'on poursuivait avec persévérance Tessai de cette 
culture, on finirait par en obtenir de bons résultats. H base sa 
conviction à cet égard sur ce que l'Avocatier mûrit son fruit 
dans le midi de l'Espagne ; seulement il est bon de faire observer 
que ce fait a lieu à Elche, dans la province de Valence, et que 
cette localité circonscrite jouit exceptionnellement d'un climat à 
peu près tropical. Quant au nom d'Avocat, donné au fruit dont 
il s'agit par les colons des Antilles, il paraît qu'il est venu par 
corruption du mot Aguacate, sous lequel le désignent les Espa- 
gnols. 



150 PROCÈS-VERBAUX. 

3° Par M. Truffaut (Albert), horticulteur, rue des Chantiers, à 
Versailles, un lot considérable qui comprend les plantes sui- 
vantes : l'^cinq Os'chidées fleuries, savoir : un Cattleya Triansei 
alba, variété peu commupe, dont la fleur a les sépales et les 
pétales blancs, et la gorge teintée de jaune clair; un Cœlofjyne 
cristata, variété de Chatsworth , dans laquelle les fleurs sont 
deux fois plus grandes que celles du type de l'espèce et qui se 
distingue, en outre, par la forme allongée de ses pseudo-bulbes ; 
un Oncidium Weltoni, un Trichopilia suavis et un bel Odonto- 
glossiim Alexandrse ; 2° un pied remarquablement fleuri de 
Clivia miniata ou Hlmantophyllum miniatum, hybride obtenu 
par M. Truff'aut (Alb.) à la suite d'un croisement opéré entre 
les variétés maxima et M""^ van Houtte ; cette nouveauté est 
très remarquable pour l'ampleur de ses inflorescences et pour 
ses fleurs colorées en rouge plus vif que dans toutes les variétés 
cultivées jusqu'à ce jour ; 3*^ deux Broméliacées dont l'une est 
un Nidularium Innocenta dans lequel les bractées colorées sont 
en plus grand nombre que de coutume et dont l'autre est un 
Nidularium hybride, issu d'un croisement entre le A'. Meyen- 
dorffii ou splendens etleA^ Princeps ; 4° un Anthurium de semis 
et hybride, qui provient d'une fécondation opérée entre les 
Anthurium Scherzerianum et Williamsii. Conformément à la pro- 
position faite par le Comité de Floriculture, il est accordé à 
M. Trufl'aut (Alb.) une prime de première classe pour son 
nouveau Clivia, et deux primes de deuxième classe, dont l'une 
pour ses Orchidées, l'autre pour ses Broméliacées et son Anthu- 
rium. 

M. Truffaut (Alb.) apprend à ses collègues que lorsqu'il a 
apporté son Clivia, il ne lui avait pas encore donné de nom ; mais 
le Comité de Floriculture l'ayant engagé à le nommer, il le 
dédie à notre éminent Président, M. f^éon Say. 

4** Par M. André (Edouard), architecte-paysagiste, rue 
Chaptal, 30, un pied bien fleuri du Dendrochilum glumaceum 
LiNDL., Orchidée de Java et des Philippines, dont le nom rappelle 
la ressemblance qu'ont ses inflorescences avec certains épis de 
Graminées munis de leurs glumes, et dont les fleurs sont très 
agréablement odorantes, plus un très fort exemplaire de Clivia 



SÉANCE DU 8 MARS 1888. 151 

miniata qui n'a pas moins de vingt-sept tiges florifères. Une prime 
de première classe lui étant décernée pour cette dernière plante, 
M. André (Ed.) renonce à la recevoir. Il fait ensuite de vive 
voix la communication suivante à l'occasion de sa présentation. 
La belle Amaryllidée, dit-il, qui se trouve en ce moment 
sous les yeux de la Compagnie est rapportée par les uns au 
genre Olivia, et appelée par eux Olivia miniata, est rangée par 
les autres dans le genre Himantophyllum, et dès lors désignée 
par eux sous le nom d'Himantophyllum miniatum. Or, le genre 
dans lequel elle rentre ayant reçu à la même date (1) les deux 
noms proposés chacun par un botaniste différent, on ne peut 
invoquer la loi d'antériorité en faveur de l'une ou l'autre de ces 
dénominations. Celle de Olivia étant évidemment plus facile à 
retenir et à prononcer que celle d'Himantophyllum qui, en 
outre, a été écrite successivement par son auteur lui-même de 
manières différentes, M. André (Ed.) la préfère et, ce semble, 
avec raison. Notre collègue fait ensuite observer que, dans le 
Dendrochilum glumaceum, il existe une analogie marquée entre 
l'apparence et Todeur: l'inflorescence de cette Orchidée ressemble 

(1) Il n'est peut-èlre pas inutile de retracer Tliistoire des deux noms 
de Clivia et Himantophijlliim. Ainsi que j'ai eu occasion de le dire à 
nue date éloignée (Voyez le Journal, 1859, p. 625), l'Angleterre a eu, 
pendantlongtemps, l'avantage de posséder deux publications dirigées 
etrédigéespardeuxbotanistesjustement célèbres, et quil'uueet l'autre 
donnaient, dans chacun de leurs fascicules mensuels, plusieurs planches 
coloriées de plantes nouvelles ou remarquables, qu'accompagnait un 
texte descriptif. L'une était le Botanical Register, rédigé par Lindley, 
dont la publication a été arrêtée à une date déjà ancienne ; l'autre 
était le Botanical Magazine, fondé par Curtis en J787, qui a été 
ensuite rédigé pendant longtemps par sir Will. Hooker, et dont la 
direction est aujourd'hui confiée à sir J. Dalton Hooker, fds de ce 
dernier botaniste. Or, au commencement du mois d'octobre 1859, 
parurent simultanément dans ces deux recueils deux figures et deux 
descriptions différentes d'une même Amaryllidée de l'Afrique aus- 
trale, qui venait de fleurir pour la première fois, dans les serres de 
Syon-House, propriété du duc de Northumberland, et qui apparte- 
nait à un genre nouveau. Ce genre était nommé par Lindley, dans 
le Botanical Register (pi. 1182), Clivia, du nom de la famille de Clive, 
à laquelle appartenait la duchesse de Northumberland, et il recevait, 



132 PROCÈS-VERBAUX. 

assez à un épi de céréale, et l'odeur de ses fleurs rappelle, dit-il, 
celle du Blé. D'autres analogies du même ordre, entre l'appa- 
rence et l'odeur, se voient dans d'autres plantes : ainsi les fleurs 
du Vanda Batemanni ont la consistance et, à un certain degré, 
l'apparence de cuir, dont elles possèdent également l'odeur; 
ainsi encore il a découvert en Amérique un Peperomia, qu'il a 
nommé resedœflora , parce qu'en eff'et l'aspect et l'odeur des 
fleurs de cette plante sont tout à fait ceux d'un Réséda. 

5" Par M. Bréauté, jardinier chez M. Finet, à Argenteuil 
(Seine-et-Oise), deux potées remarquablement fleuries de Cœlo- 
gyne cristata, var. de Trentham et de Cattleya Trianœi. Sur 
la demande du Comité de Floriculture, il lui est attribué une 
prime de première classe en raison de la bonne culture de ces 
deux Orchidées. 

6° Par M. V°^ Driger, jardinier-chef au pensionnat des 
Frères, à Passy, deux Orchidées qu'il a achetées, à l'automne 
de 1886, comme des Oncidiam Cavendishianitm et dont une 
seule lui semble justifier cette dénomination. Quant à l'autre, 
dont il désirerait apprendre le vrai nom, des membres du Comité 
de Floriculture ont cru voir en elle un Oncidium mtermedium 
ou carthagenense. 

d'un autre côté, de AVill. Hooker, dans le Botanical Magazine (pi. 2856), 
la dénomination d'Imatophyllum, tirée du grec et dans laquelle même 
étaient violées deux des lois qui président à la formation des mots 
ainsi créés. Plus tard, ^\. Hooker voulut faire disparaître la difficulté 
qui résultait de la simultanéité de publication des deux noms géné- 
riques dont il s'agit ici et, dans ce but, il proposa de former un 
genre distinct et séparé pour une nouvelle espèce, et de réserver pour 
ce nouveau genre, qui aurait été ainsi distinct du genre Olivia, le 
nom d' hnantopnyllum, écrit cette fois par lui moins incorrectement. 
Mais ce nouveau genre ne repose pas sur des caractères suffisants 
pour autoriser à l'admettre, et, en somme, les deux plantes décrites 
l'une simultanément par Lindle^^ et W. Hooker, l'autre un peu plus 
tard par le dernier de ces botanistes, constituent un seul et même 
genre qu'on serait également, en droit d'appeler Olivia el Himanto- 
phyllum (orthographe rectifiée par Sprengel) si, comme le dit avec 
raison M. André (Ed.), le premier de ces deux mots n'était à la fois 
plus court, plus euphonique et plus facile à retenir en raison de sa 
brièveté. [Note du Secrétaire-rédacteur.) 



SÉANCE DU 8 MARS 1888. 153 

7° Par M. Maron, jardinier-chef au fleuriste de M"^ Darblay, à 
Saint-Germain-lès-Corbeil (Seine-et-Ois^e), deux pieds fleuris de 
deux Pitcairnîa, hybrides, dont l'un, appelé par lui Pitcairnia 
Darblayana, provient du croisement d'un Pitcairnia indéterminé 
avec le P. coraîlina, et dont l'autre, qui reçoit le nom de 
P. Maroni, est issu de la fécondation croisée des P. corallitia 
et Allensteinii. La présentation de ces deux nouveautés lui vaut 
une prime de deuxième classe. 

Dans la note dont il a accompagné ses plantes, M. Maron dit 
que les graines de son Pitcairnia X Barblayana ont été 
semées au mois d'octobre 1883. La première floraison des 
plantes qui en sont venues a eu lieu en 1887. Il suffit d'un 
très léger tuteur pour soutenir la tige florifère de cet hybride, 
malgré sa hauteur, qui atteint ou dépasse même un mètre. En 
outre, l'efl'el décoratif qu'il produit date du développement de 
cette tige, qui est colorée en rouge vif, et commence ainsi plus 
de deux mois avant que les fleurs s'épanouissent. 

8° Par M. Bûhler, architecte-paysagiste, rue de Grenelle, 147, 
à Paris, une très belle inflorescence du Rhododendron argenteum 
qui ne réunit pas moins de vingt-sept grandes et belles fleurs 
blanches. Le pied sur lequel elle a été cueillie en portait sept 
semblables. Une prime de troisième classe est accordée pour 
cette présentation. 

Dans sa lettre d'envoi, M. Biihler dit que le Rhododendron ar- 
genteum supporte la pleine terre à Cherbourg, mais qu'il estfort 
peu probable qu'il pût résiter de même sous le climat de Paris. 
Cette belle espèce fleurit rarement. 

M. le Président remet les primes aux personnes qui les ont 
obtenues. 

A ce propos, M. André (Ed.) obtient la parole ot exprime 
ridée que les Comités devraient pouvoir être autorisés à for- 
muler des propositions de récompenses d'un ordre supérieur à 
celui des primes qui, sur leur demande, sont accordées pour 
des présentations faites aux séances. En eff*et, dit-il, les objets 
présentés peuvent avoir des mérites fort dissemblables. Si la 
plupart se recommandent par la vigueur de leur végétation ou 
la beauté de leur floraison, qui sont le plus souvent les résultats 



loi PROCÈS-VERBAUX. 

d'une culture bien dirigée, il en est auxquels leur nouveauté 
donne un intérêt bien supérieur, et cependant les récompenses 
accordées pour ceux-ci sont également des primes qui ne peu- 
vent dépasser le degré de celles dont la simple culture déter- 
mine l'attributiun, M. André (Ed.) est donc d'avis qu'une 
plante nouvelle devrait motiver une récompense plus élevée 
qu'une plante déjà connue mais bien cultivée, et devrait par 
suite valoir plus qu'une prime, même de première classe, à celui 
qui Ta obtenue, et il propose de modifier le règlement dans ce 
sens. 

M. le Président renvoie cette proposition à l'examen du Con- 
seil d'Administration. 

A la suite des présentations, M. le Président appelle l'atten- 
tion de ses collègues sur des plans et dessins qui ont été exposés 
dans le grand vestibule de la salle des séances ; ce sont les 
pièces du concours qui vient d'être jugé à Lisbonne et qui avait 
pour objet la création^ dans cette capitale, du parc de la Liberté. 
Le Comité de PArt des jardins a examiné attentivement ces 
plans, et il en a fait l'objet d'un Rapport qui a été rédigé par son 
Secrétaire, M. Thays. 

Sur l'invitation que lui adresse M. le Président, M. Tbays 
donne lecture de ce Rapport. 

Il est procédé au dépouillement de la correspondance qui 
comprend les pièces suivantes : 

1° Une lettre par laquelle M. Magny, Président de la Société 
d'Horticulture de Coutances, annonce l'envoi d'une note dans 
laquelle il a consigné les résultats d'expériences dans lesquelles 
il est parvenu, au moyen d'un badigeonnage avec la bouillie 
bordelaise légèrement modifiée dans sa composition, à délivrer 
ses arbres fruitiers de divers animaux qui les dévastaient. La note 
jointe à cette lettre est renvoyée à la Commission de Rédaction. 

2" Une lettre par laquelle M. Maurice de Yilmorin fait 
bommage à la Société, pour sa bibliothèque, au nom de la 
maison Vilmorin-Andrieux, de deux exemplaires de la 7« édi- 
tion de l'ouvrage intitulé : Instructions pour les semis de fleurs 
Ae pleine terre, par Vilmorin-Andrieux et C (In-8 de 151 pag. 
et fig. Paris, 1887). — M. le Président remercie, au nom de la 



SÉANCE DU 8 MARS 1888. 455 

Société, la maison Vilmorin-Andrieux pour le don de cet 
ouvrage dont le succès dit assez l'utilité. 

3° Une lettre de M. J. Barigny, Vice-Président de la Société 
d'Horticulture de l'arrondissement de Meaux (Seine-et-Marne), 
qui annonce que cette Société tiendra, à l'occasion de son cin- 
quantenaire, une grande Exposition horticole, à Meaux, les 7, 8 
et 9 septembre prochain. 

Parmi les pièces de la correspondance imprimée, l'un de 
MM. les Secrétaires signale le programme de l'Exposition que 
la Société d'Horticulture de l'Allier doit tenir à Moulins, 
du 31 juillet au 5 août 1888, et l'annonce de deux Expositions 
organisées par la section florale de la Société artistique de 
Roubaix-Tourcoing (Nord), dont l'une sera spéciale pour les 
Roses et aura lieu du 23 au %o juin 1888, tandis que l'autre, 
qui sera internationale, aura pour objet les Chrysanthèmes et 
s'ouvrira le 17 novembre 1888. 

il est donné lecture ou fait dépôt sur le bureau des docu- 
ments suivants : 

1° Rapport sur le mode de culture à contre-saison des Reines- 
Marguerites pratiqué par M. Schwartz, jardinier à Bagneux ; 
M. SAVOYEpère, rapporteur. — Les conclusions de ce Rapport, 
tendant au renvoi à la Commission des Récompenses, sont 
mises aux voix et adoptées. 

2° Compte rendu de l'Exposition tenue à Nice du 2o au 
29 février 1888, par M. H. de Vilmorin. 

M. Hébrard (Laurent) appelle l'attention de ses collègues 
sur la situation que font à l'Horticulture les lois et règlements 
motivés par l'invasion du Phylloxéra. Les seuls établissements, 
dit-il, qui puissent expédier librement des végétaux sont ceux 
dans lesquels la Vigne n'est pas cultivée ; or, dans le douzième 
arrondissement, quatre seulement se trouvent dans ces condi- 
tions. C'est dire que les exportations de plantes sont ainsi 
interdites. Le Phylloxéra existe -t-il donc dans le département 
de la Seine pour qu'il soit soumis à ce régime ? 

M. Hardy répond que le Phylloxéra n'a pas été signalé dans 
le département de la Seine, car, sur la carte que publie annuel- 
lement le ministère de l'Agriculture pour indiquer l'état de 



456 PROCÈS-VERBAUX. 

l'invasion phylloxérique, ce département ne porte pas la teinte 
indicative de l'existence de l'insecte ; mais il a été signalé à 
Arpajon, dans le département de Seine-el-Oise, ainsi que dans le 
département de Seine-et-Marne. 

M. Verdier (Gh.) fait observer que tous les établissements 
d'Horticulture peuvent expédier des plantes, à la condition d'y 
joindre un certificat d'origine. 

M. Jamin (Ferd.) ajoute que la présence de pieds deYignes 
dans un établissementhorticolene crée pas une difficulté pour les 
expéditions, pourvu que ces Yignes soient plantées à une cer- 
taine distance des autres cultures ou qu'elles en soient séparées 
par un mur. Les expéditions ne sont interdites que par l'Espa- 
gne et l'Italie, qui cependant ont le Phylloxéra. 

L'un de MM. les Secrétaires annonce de nouvelles présenta- 
tions, 

Et la séance est levée après quatre heures. 



SÉANCE DU 22 MARS 1888 
Présidence de M. Jolîboîs, Yicr-Président. 

La séance est ouverte à deux heures et demie, devant cent 
soixante-un Membres titulaires et quinze Membres honoraires. 

Le procès-verbal de la dernière séance est lu et adopté. 

M. le Président proclame, après un vote de la Compagnie, 
l'admission de neuf nouveaux Membres titulaires dont la présen- 
tation, faite dans la dernière séance^ n'a pas rencontré d'oppo- 
sition. — Il apprend ensuite à ses collègues qu'un télégramme 
qui vient d'arriver fait connaître une nouvelle perte que la So- 
ciété vient d'éprouver : c'est celle de M. Izambert père, Membre 
honoraire, qui faisait partie de notre Association depuis l'an- 
née 1855. Il exprime de vifs regrets au sujet de ce nouveau 
deuil. 

Les objets suivants ont été déposés sur le bureau ; 



SÉANCE DU 2:^ MARS 1888. , 157 

4° Par M. Horat (Charles), jardinier au château de la Folie, 
près Draveil (Seine-et-Oise), une corbeille de /^ra«ses Margue- 
rite (Lebreton) et un bouquet de Fraises Docteur Morère. — Le 
Comité de Culture potagère juge les Fraises Marguerite très 
remarquables pour leur beauté et pour leur belle coloration ob- 
tenue dans les conditions éminemment défavorables de cet hiver ; 
aussi demande-t-il qu'une prime de première classe soit don- 
née à M. Horat pour la présentation qu'il en a faite. Quant aux 
Fraises Docteur Morère^ elles sont moins remarquables quoique 
belles ; elles sont d'ailleurs en petite quantité. — La proposi- 
tion du Comité est adoptée par la Compagnie. 

2."* Par M. Battut, négociant en fruits et primeurs, rue Quin- 
campoix, 18, à Paris, divers produits potagers de primeur, sa- 
voir : une botte à' Asperges récoltées à Guyotville (Algérie) et 
une qui provient de la première récolte qui ait été faite, cette 
année, à Arcachon (Gironde) ; six Artichauts venant de Perpi- 
gnan (Pyrénées-Orientales); un lot d'Epinards provenant de 
Saint-Rémy-de-Provence (Bouches-du-Illiùne); enfin, un lot de 
Pommes de terre nou\e\\es qu'il a reçues de l'Algérie. Il est ac- 
cordé pour cette présentation une prime de troisième classe. 

Au nom dû Comité de Culture potagère, M. Dybowski dit que 
les Asperges présentées comme récoltées à Guyotville sont très 
belles el indiquent une excellente culture. Elles donnent à pen- 
ser que, avec quelques efforts, les cultivateurs algériens ob- 
tiendront sans difficulté des produits de celte nature égaux aux 
plus beaux de ceux que donnent les meilleures cultures forcées, 
sous le climat de Paris. Quant aux Asperges venues d'Arcachon, 
elles n'offrent rien d'extraordinaire. 

M. Curé désirerait savoir dans quelles conditions sont venues 
les Asperges de Guyotville présentées par M. Battut. Il n'en 
avait pas vu encore d'aussi belles. Il savait très bien que les 
cultivateurs de cette localité algérienne ont fait de très beaux 
bénéfices par la vente de Raisins de table et de différents pro- 
duits maraîchers; mais il ne croyait pas qu'ils eussent obtenu 
encore de pareils résultats dans la culture de l'Asperge. Si la 
botte de celles qui se trouvent en ce moment sous les yeux de 
la Compagnie a été fournie par des pieds cultivés à l'air libre, 



158 PROCÈS- VERBAUX. 

elle est la preuve de l'influence éminemment avantageuse que 
le climat algérien peut exercer sur cette culture, et, dans ce cas, 
on voit que les cultivateurs de notre colonie africaine pourront 
faire, dans de bonnes conditions, une redoutable concurrence à 
nos maraîchers parisiens. Il désirerait donc savoir si ces Asper- 
ges sont de plein air ou si elles proviennent de cultures forcées. 

M. Dybowski répond que, malheureusement, le Comité n'a 
reçu à ce sujet aucun renseignement. 

3° Par M. Laizier, Président du Comité de Culture potagère, 
des Ca7'ottes nouvelles qu'il met, hors concours, sous les yeux 
de ses collègues, afin de leur montrer les bons résultats que lui 
donne un mode de culture imaginé par lui, et qui diffère entiè- 
rement de la marche habituellement suivie. 11 sème les Carottes 
en planches^ du 20 au 23 juillet. Quand les froids arrivent, il 
pose simplement des coffres sur ces planches, et on voit que, 
dès le moment présent, le produit qu'il récolte est tout aussi 
beau queFanalogue qu'on vend partout et qui est, non pas nou- 
veau, mais conservé. 

4° Par M. Bullier, amateur, un pied d'une belle Broméliacée^ 
VOrtgiesia tillandsioides, venue en panier, qu'il met soua les yeux 
de ses collègues, surtout pour leur montrer avec quelle facilité 
elle se maintient dans l'intérieur des appartements. Cette plante 
sert en effet, depuis trois semaines, comme objet d'ornement 
chez lui^ et on voit qu'elle ne parait souffrir en aucune ma- 
nière de cette situation. — Une prime de troisième classe étant 
décernée pour cette présentation, M. Bullier déclare la réserver 
pour son jardinier. 

5° Par M. Dugourd, jardinier chez M. le comte de Circourt, à 
Fontainebleau, des fleurs coupées &' Hellébores représentant qua- 
rante variétés sur lesquelles trente sont nouvelles. — Il lui est 
accordé, pour cette présentation, une prime de deuxième classe. 

6° Par M. Battut, un lot de fleurs coupées de Jacinthes appar- 
tenant à une demi-douzaine de variétés et paraissant provenir 
d'une culture en pleine terre, ainsi qu'un lot de fleurs de Co- 
mellias accompagnées d'un rameau fleuri delà même espèce. 
Ces fleurs proviennent de la Villa Quincenet, située à Beaulieu 
(Alpes-Maritimes), qui appartient à M, Roussel. 



SÉANCE DU 22 MARS 1888. lo9 

7" Par MM . Yilmorin-Andrieux et G'*' , hoi ticulleurs- 
grainiers, quai de la Mégisserie, une série de fleurs coupées 
de Cinéraires, présentées par eux hors concours, et que le 
Comité de FloricuUure'ajugées fort belles. Ils font observer qu'ils 
se sont bornés aujourd'hui à déposer sur le bureau des fleurs 
coupées, le temps étant trop mauvais pour qu'ils aient pu son- 
ger à apporter des plantes entières. 

8° Par M. V. Lemoine, horticulteur à Nancy (Meurthe-et- 
Moselle), des branches fleuries de ses deux variétés de Lilas à 
fleurs doubles, Lemoinei et Max. Cornu. 11 obtient, pour cet en- 
voi, une prime de deuxième classe, sur la proposition du Co- 
mité d'Arboriculture d'ornement et forestière. 

9" Par M. Henri de Vilmorin, des branches fleuries d'Euca- 
lyptus amygdalina, — Cette présentation lui vaut une prime de 
deuxième classe, qu'il renonce à recevoir. 

M. le Président du Comité d'Arboriculture d'ornement et fo- 
restière fait observer que, depuis longtemps, on cultive dans le 
midi de l'Europe un Eucalyptus auquel on donne à tort le nom 
&\imygdalina et qui n'est autre que V E. viminalis. Le véri- 
table /TifCrt/^/^î^Ms amygdalina n'avait pas encore fleuri en France, 
et les branches fleuries que la Compagnie a maintenant sous les 
yeux proviennent des premiers pieds de cette espèce qui aient 
montré leurs fleurs sur notre littoral méditerranéen. Ces pieds 
se trouvent dans le jardin de M. H. de Vilmorin, au Golfe Juan 
(Alpes-Maritimes). Il y en a là deux qui, ayant été plantés 
en 1882^ atteignent aujourd'hui 13 ou 14 mètres de hauteur. 
\JE. amygdalina diffère de VE. viminalis, avec lequel on le 
confond généralement, parce que ses fleurs sont portées en 
grand nombre sur le même pédoncule, tandis qu'elles ne se 
trouvent qu'au nombre de trois sur chaque pédoncule de Y E, 
viminalis. En outre, les rameaux jeunes de VE. amygdalina 
sont roses, et ses branches sont pulvérulentes. Quant à son 
tronc, il a l'aspect de celui d'un Bouleau. Cette espèce, dont le 
développement est très rapide, comme le montrent les deux 
individus que possède M. H. de Vilmorin, est des plus remar- 
quables par les proportions colossales qu'il atteint dans son 
pays natal, l'Australie. Là, on en a trouvé des pieds qui n'avaient 



160 PROCÈS-VERBAUX. 

pas moins de 500 pieds anglais, c'est-à-dire 152'", 50 de liauleur, 
et qui dépassaient, par conséquent, en hauteur tous les arbres 
connus, y compris les gigantesques Séquoias de la Californie. 
Il paraît que plusieurs pieds de cette espèce viennent de fleurir 
cette année, car hier on en voyait des branches en fleurs à 
l'étalage de plusieurs fleuristes. 

M. le Président remet les primes aux personnes qui les ont 
obtenues. 

M. le Secrétaire-général procède au dépouillement de la cor- 
respondance, qui comprend les pièces suivantes : 

1° Une lettre datée de Gand (Belgique), par laquelle M. Jules 
Burvenich, Secrétaire-adjoint de la chambre syndicale des Hor- 
ticulteurs belges, demande le concours de la Société nationale 
d'Horticulture de France au Meeting international d'Horticul- 
teurs qui, organisé par cette chambre, sera tenu à Gand, du 14 
au 22 avril prochain, date qui coïncide avec celle de l'Exposi- 
tion quinquennale de la Société royale d'Horticulture et de Bota- 
nique de cette ville. 

2° Une lettre-circulaire, par laquelle M. le Président de la 
Société d'Horticulture de Picardie annonce que cette Société 
tiendra une Exposition générale d'Horticulture, à Amiens, les 2, 
3 et 4 juin prochain. 

Comme pièces de correspondance imprimée, M. le Secrétaire - 
général signale : 1° l'annonce des Expositions horticoles qui 
auront lieu : à Gorbeil, les 15,16 et 1 7 septembre prochain ; à Sens, 
du 16 au 25 juin prochain; à Valognes^ du 1^'' au 4 septembre 
prochain; 2° une circulaire de M. le Ministre de l'Instruction 
publique relative au Congrès des Sociétés savantes qui aura lieu 
au mois de mai prochain. ^I. le Ministre invitant la Société na- 
tionale d'Horticulture à se faire représenter a cette grande réu- 
nion, le Bureau a désigné comme ses délégués MM. Chalin, Max. 
Cornu, P. Duchartre et Prillieux ; 3° VAn?iuaire, compte rendu 
pour Tannée 1887 publié par la Société dite des Jardiniers hor- 
ticulteurs du département de la Seine. 

M. Maurice de Vilmorin, Président du Comité d'Arboriculture 
d'ornement et forestière, se conformant à l'article 33 du règle- 
ment, fait une conférence sur les Séquoias de la Californie. 



SÉANCE DU 22 MARS 1888. 161 

Celai de ces arbres, dit-il, dont on a le plus parlé est le 
Séquoia gigantea Endl., que, sans motifs suffisants, les Anglais 
appellent souvent Wellingtonia, tandis que les Américains du 
Nord le nomment Washingtonia ; il est exclusivement califor- 
nien. On le trouve uniquement sur le versant occidental de la 
Sierra Nevada, sur une bande étroite, dirigée du Nord-Ouest au 
Sud-Est, longue de 240 milles, qui s'étend depuis la partie méri- 
dionale du comté de Placer, où se trouve le bois de Calaveras, 
jusqu'à la limite sud du comté de Tulare. Dans cette étendue, il 
forme quelques massifs peu étendus, distincts et séparés, dont 
les plus connus, parce qu'ils sont les plus abordables, sont, au 
Nord, celui de Calaveras, et, au Sud, celui de Mariposa, que 
M. Maur. de Vilmorin a visité, et dans lequel ont été prises plu- 
sieurs grandes et fort belles photographies qu'il met sous les 
yeux de ses collègues. Dans la portion septentrionale de cette 
bande, sous 38" de latitude N.^ il existe un nombre peu consi- 
dérable de vieux pieds, et fort peu de jeunes individus, ce qui 
montre que le repeuplement ne s'}^ fait que faiblement; au con- 
traire, dans sa partie méridionale, à 36°, o — 37° de latitude N., 
les jeunes arbres sont beaucoup plus nombreux et d'âges plus 
divers. Naturellement, l'altitude delà bande augmente à mesure 
qu'elle s'étend plus au Sud, et, dans ce sens, partant de 1400 
mètres, elle arrive à 1800 mètres. Dans toute son étendue, les 
points où se trouvent les Séquoias présentent la même nature 
de sol : ce sont des terres sableuses et fraîches; de là on a pensé 
(Asa Gray), que c'est par suite du dessèchement de la région que 
les peuplements de ces arbres se sont réduits de siècle en siècle. 
Toutefois, M. Meehan a fait remarquer que, soit à Calaveras, 
soit à Mariposa, il en existe de beaux sujets sur des bourrelets 
de sable très sec, mais qui se trouvent à proximité d'endroits 
frais ou même marécageux; or, comme sur ces places sèches on 
ne voit pas de jeunes individus, il pense que là le terrain s'est 
desséché et que, par suite, les graines n'y rencontrent plus assez 
d'humidité pour germer. A l'altitude où se trouvent les Séquoias 
gigantesques, le climat est doux et uniforme. Pendant l'hi- 
ver, la neige ne persiste que deux mois au plus et les gelées ne 
sont pas très rigoureuses ; ce qui est dû en grande partie à 

dl 



162 PROCES-VERBAUX. 

ce que sur les côtes de la Californie règne un courant marin 
tiède, analogue au Gulf Streano, ou courant du golfe, qui existe 
dans l'Atlantique ; pendant l'été, la chaleur, qui devrait être forte 
sous cette latitude, est tempérée par des brumes fréquentes 
qui, en outre, ont l'avantage d'obvier aux inconvénients qu'en- 
traînerait la rareté des pluies. Il y a là, en somme, toutes les 
conditions de l'un de ces climats que l'on qualifie de climats 
marins. 

Le Séquoia gigantea Endl. ou l'arbre géant de la Californie, 
comme on le nomme souvent, acquiert des proportions qui jus- 
tifient bien sa dénomination spécifique. On en connaît plusieurs 
sujets qui atteignent de 75 à 90 mètres de hauteur; on en a 
même cité comme arrivant à 119 mètres. Avec cette élévation 
considérable, dont on peut prendre une idée en songeant que 
nos plus grands arbres européens ne dépassent pas 40 mètres et 
au plus 45 mètres, le tronc du géant californien a une épaisseur 
plus que proportionnée. L'individu qui a été baptisé Grizzly 
Géant, l'un de ceux qui font partie du massif de Mariposa, a été 
mesuré par M. Maur. de Yilmorin, qui lui a trouvé 95 pieds ou 
environ 31 mètres de tour, ce qui donne environ 10 mètres de 
diamètre. Près de King's River, à l'extrémité sud de la station, 
il s'en trouve un pied qui mesure W\^^ de diamètre. L'élé- 
vation des vieux arbres, quelque grande qu'elle soit, n'est 
généralement pas encore ce qu'elle pourrait être, attendu 
que, lorsque leur sommité dépasse celle des arbres envi- 
ronnants, elle est brisée, le bois en étant peu résistant, soit 
par le vent, soit par le poids de la neige qui s'y amasse. La 
force de la végétation se porte alors sur les branches latérales. 

Quel est l'âge que peuvent avoir ces géants végétaux? On a 
d'abord supposé qu'il s'élevait à un très grand nombre de siè- 
cles; mais des observations précises ont amené à réduire nota- 
blement ces premières exagérations. M. Meehan a constaté sur 
de jeunes sujets que six couches ligneuses annuelles forment une 
épaisseur de bois, dans le sens du rayon, égale à un pouce 
anglais (0™,025), tandis que, pour former la même épaisseur, 
dans des arbres vieux, il faut dix-huit couches. La moyenne est 
ainsi de douze couches annuelles par pouce d'épaisseur ; par 



SÉANCE DU 2:2 MARS 1888. 103 

suite, un mètre d'épaisseur de bois comprend 472 couches et 
correspond à tout autant d'années d'existence, puisqu'il est 
reconnu qu'il ne se forme qu'une couche de bois par année. On 
peut déduire de là que le Grizzly Géant doit être âgé de deux 
mille trois cents ans. 

Le bois du Séquoia gigantea est très léger, mou, cassant; le 
grain en est grossier, compact ; il a une durée remarquable 
quand il est en contact avec la terre; le cœur en est rouge clair 
et se fonce beaucoup à l'air, tandis que l'aubier est blanc et 
mince; on ne l'emploie guère que sur place et pour des usages 
assez secondaires. Soumis à des expériences comparativement à 
un grand nombre d'autres bois, il n'est arrivé qu'au 295° rang 
sur 310 sous le rapport de Télasticité, et au 288^ rang sur 310 
quant à sa résistance à la rupture. Sa densité est très faible, 
puisqu'il ne pèse que 288 grammes par décimètre cube, et même 
comme bois de chauffage il a très peu de valeur. 

On voit qu'il n'y a intérêt à cultiver en Europe le Séquoia gi- 
gantea qu'à titre d'arbre d'agrément. Or, la culture n'en est pas 
aussi facile qu'on aurait pu l'espérer. lia, en effet, des exigences 
particulières aux points de vue du sol et du climat. Originaire 
d'un pays sans grands extrêmes de température, et d'un sol à la 
fois léger et humide, il a besoin de retrouver là ob. on le plante 
des conditions aussi peu éloignées que possible de celles-là. Il a 
très médiocrement réussi en Angleterre. En France, il en existait 
plusieurs assez beaux sujets; mais comme il ne peut supporter 
des gelées inférieures à — 23° ou — 24° G., il a succombé presque 
partout pendant le rigoureux hiver de 1879-80. M. Maur. de 
Vilmorin cite comme ayant alors résisté un pied, haut actuelle- 
ment de 20 mètres, qui se trouve à Versailles, chez M. Berlin; 
un autre, haut d'environ 15 mètres, qui existe à Verrières et qui 
a été fatigué parle froid; enfin, un troisième qui, ayant été 
planté dans les Landes, en 1862 ou 1833, mesure aujourd'hui 
15 ou 16 mètres de hauteur. Celui-ci, qui avait été donné par 
M™® Louis de Vilmorin, est très vigoureux. Tout porte à penser 
que les localités oîi il prendra le plus beau développement sont 
les parties les moins sèches de notre Midi et le Portugal. 

L'honorable conférencier entretient ensuite plus brièvement 



164 PROCÈS-VERBAUX. 

ses collègues de la seconde espèce du genre Séquoia^ le .9. semper- 
virens Endl. Celui-ci est encore un très grand arbre, mais qui 
reste au-dessous des plus fortes proportions du précédent; il 
atteint de 61 à 92 mètres de hauteur, sur S^'jSO à 7 mètres 
d'épaisseur. Comme il vient le plus souvent par pieds isolés et 
jamais en massifs serrés, il forme une superbe pyramide garnie 
de branches sur la plus grande partie de sa longueur. Il ne croît 
naturellement qu'en Californie^ depuis le nord de cet État, par 
41° de latitude N., jusqu'à Monterey, par 36° de latitude N. Il 
acquiert sa plus grande beauté dans les parties de ce pays qui 
sont situées au nord de la baie de San Francisco. Il s'éloigne peu 
de la mer, et ne s'élève guère sur les coteaux et montagnes, 
dont il habite le versant occidental, plus haut que 200 mètres 
d'altitude. Il aime surtout les situations basses, abritées et 
humides, le bord des ruisseaux et des ravins. Son tronc présente 
cette particularité que l'écorce très épaisse, de couleur brunâtre 
et de faible consistance, dont il est revêtu sur les vieux sujets 
est facilement entamée par les Pics, qui y cachent des glands 
de différents Chênes verts du pays [Quercus chrysolepis et aqui- 
folia), ainsi que des graines de Conifères [Abies Douglasiï). Cette 
espèce a la propriété de donner des rejets sur ses souches cou- 
pées un peu au-dessus de terre; aussi, en voit-on souvent des 
pieds jumeaux. Son bois est sensiblement moins mauvais que 
celui de l'espèce précédente : il est léger, mou, très cassant; 
bien que le grain en soit un peu grossier, il est susceptible de 
prendre un beau poli. Le cœur en est d'un beau rouge clair, 
tandis que l'aubier est jaunâtre. Son poids est de 420 grammes 
par décimètre cube; son élasticité et sa résistance à la rupture 
sont faibles, quoique sensiblement supérieures à celles du pré- 
cédent. La résistance de l'arbre à la gelée est à peu près la 
même que celle du Séquoia gigantea. Cultivé, il réussit mieux 
que celui-ci en Angleterre, surtout en Ecosse. En France, l'un 
des plus beaux individus qu'on en connaisse se trouve dans la 
propriété de M. Herpin de Frémont, entre Valogne et Cher- 
bourg. A Verrières, il en existe un haut de 12 à 14 mètres, qui 
a perdu sa flèche pendant l'hiver de 1879-80, sur une hauteur 
de 4 à 5 mètres, et qui, depuis cette époque, se refait lentement. 



SÉANCE DU 22 MARS 1888. 1 6o 

On en cite un pied de 20 mètres de hauteur comme se trouvant 
à Manosque (Basses-Alpes). 

Les applaudissements de la Compagnie montrent avec quelle 
satisfaction elle a entendu la conférence faite par M. Maurice de 
Vilmorin. 

Il est donné lecture ou fait dépôt sur le bureau des documents 
suivants : 

• 1° Compte rendu des travaux du Comité des Arts et Indus- 
tries horticoles, par M. Touery, Secrétaire de ce Comité. 

2'' Rapport sur la 4® édition de L'art de greffer, par M. Ch. 
Baltet; M. J. Luquet, Rapporteur. 

3° Rapport sur le Manuel de Vacclimatein\ publié par M. Ch. 
Naudin; M. P. Duchartre, Rapporteur. 

Les conclusions de ces deux Rapports, tendant au renvoi à la 
Commission des Récompenses, sont mises aux voix et adoptées. 

4" Compte rendu de l'Exposition horticole de Cannes et de 
Tarrondissement de Grasse, tenue du 26 au 29 janvier 1888, par 
M. L. Argence. 

L'un de MM. les Secrétaires annonce de nouvelles présenta- 
tions; 

Et la séance est levée vers quatre heures. 



NOMINATIONS 



SÉANCE DU 8 MARS 1888 

MM. 

1 . GoMTAL, architecte-paysagiste, rue des Pyramides, 23, à Lille 

(Nord), présenté par MM. Deny et E. Bergman. 

2. Daigrement (Georges), propriétaire, à Soisy-sous-Montmorency 

(Seiue-et-Oise), présenté par M. L. Thibaut. i 

3. JcLiE.N(Narcisse),ruede la Bourse, 3, à Paris, présenté par MM.Mar- 

gottin fils et Coulombier père. 

4. PÉROT (Adolprie), jardinier-chef chez M. de Vaumoret, propriétaire, 

à Massy (Seine-et-Oise), présenté par MM. Billard (Alexandre) 
et Hummel. 



466 NOMINATIONS. — SÉANCE DU 22 MARS '1888. 

6. PoDEViN, constructeur de chauffages, à Meudori (Seine-et-Oise), 

présenté par MM. Lequin et Delaville. 

7. De Sai.nt-Victor, au château de Ronno, par Amplepuis (Rhône), 

et rue du Bac, 108, à Paris, présenté par MM. Ch. Joly et A.Bleu. 

8. Sautel, horticulteur-grainier, à Salon (Bouches-du-Rhône), pré- 

senté par MM. A. Bleu et Verlot. 

9. Yayriot, fabricant de châssis, à Luné ville (Meurthe-et-Moselle), 

présenté par MM. L. Dallé et A. Bleu. 



DAMES PATRONNESSES 

Mesdames 

4. Bergman (F.), à Ferrières-en-Brie (Seine-et-Marne), présentée par 
MM. F. Bergman et E. Bergman. 

2. GiROUX, propriétaire au Vésinet (Seine-et-Oise), présentée par 

MM. Jolibois et Hardy. 

3. DaigrEiMent (Georges), à Soisy-sous-Montmorency (Seine-et-Oise), 

présentée par MM. Thibaut et Hardy. 

4. DupLEssY (Emile), propriétaire, boulevard Montmorency, 7 bis, 

à Paris, présentée par MM. Lacombe et Vallois. 
o. Mettez (0.), avenue Victoria, 1, à Paris, présentée par MM. R. Jo- 
libois et E. Verdier. 



SÉANCE DU 221 mars 1888 

MM. 

d. BuTEAU (François), cantonnier-chef des plantations, cité Guénot, 
à Paris, présenté par M. Chargueraud. 

2. Glinard (Théophile), constructeur de chauffages de serres, rue 

de la Légion-d'Honneur, 43 et 45, à Saint-Denis (Seine), pré- 
senté par MM. Cochu et A. Bleu. 

3. FouGEU (Emile), directeur de la maison Glinard, rue de la Légion- 

d'Honneur, 43 et 4o, à Saint-Denis (Seine), présenté par 
MM. Gochu et A. Bleu. 

4. GiiNouzE aîné, place Dauphine, 15, à Paris, présenté par MM. Bat- 

tut et E. Delamarre. 
b. HiMBEAUx (Hippolyte), rue des Petites-Murailles, à Gennevilliers 
(Seine), présenté par MM. A. Gauchin et L. Deulin. 

6. JuBELL\(J.j, fabricant de grillages métalliques, boulevard Pois- 

sonnière, 12, à Paris, présenté par MM. L. Ghauré et P. Lus- 
seau. 

7. Lambert (Emile), jardinier-chef du marquis de Beauvoir, au châ- 



BULLETIN BIBLIOGRAPHIQUE 167 

teau de Sandricourt, par Méru (Oise), présenté par MM. E. 
Bergman et F. Bergman. 

8. Schneider (Numa), jardinier-chef du comte de Kergorlay, au châ- 

teau de Fresseuse, par Bornel (Oise), présenté par MM. E. Berg- 
man et F. Bergman. 

9. Werner (Joseph), rue Borghèse, 10, à Neuilly (Seine), présenté 

par MM. Bauer, Latour et E. Delamarre. 



BULLETIN BIBLIOGRAPHIQUE 



MOIS DE JANVIER, FEVRIER ET MARS 1888 

Algérie agricole (L'), bulletin de la Golooisation, Agriculture, Viticul- 
ture, Horticulture, Économie rurale, n"^ 164 à 169. Paris; iQ-4. 

Almanach de l'Ain pour 1888. Annuaire de la Société d'Horticulture. 
Bourg; in-12. 

Annales de la Société d'Agriculture du département de la Gironde^ 
42« année; 4*^ trimestre, 1887. Bordeaux ; in-8. 

Annales de la Société d'Agriculture, Sciences, Arts et Belles-Lettres 
d'Indre-et-Loire, n»^ 7 à 12 de 1887. Tours; in-8. 

Annales de la Société d'Agriculture, Sciences, Arts et Commerce du 
département de la Charente, décembre 1887. Angoulême ; in-8. 

Annales de la Société d'Émulation, Agriculture, Lettres et Arts de 
VAin, octobre, novembre et décembre 1887. Bourg; in-8. 

Annales de la Société d'Horticidture de la Haute-Garonne, septembre, 
octobre 1887. Toulouse; in-8. 

Annales de la Société d'Horticulture de la Haute-Marne, janvier-février 
1888, n° 36. Chaumont ; in-8. 

Annales de la Société d'Horticulture de l'Allier, n»* 6 et 8. Moulins; 
in-8. 

Annales de la Société d'Horticulture et d'Histoire naturelle de l'Hérault^ 
n"^ 4 et o, juillet à octobre 1887. Montpellier; in-8. 

Annales de la Société horticole, vigneronne et forestière de l'Aube, 
n'^ 22, 23, 24 et 25. Troyes ; in-8. 

Annales de la Société régionale d'HorticuUare du Raincy, résumé géné- 
ral des travaux de la Société en 1887. Paris; in-8. 

Annales du Commerce extérieur, 12*^ fascicule de 1887, l'^'', 2^ et 3« 
fascicules de 1888. Paris; in-8. 



168 BULLETIN BlBLIOGRAPfllQUE. 

Aniiales forestières, Revue des Eaux et Forêts, Économie forestière, 
Reboisement, etc., n*^^ 2 à 6. Paris ; in-8. 

Annuaire de la Société lV Émulation de la Vendée^ 34'' an., 1887. La 
Roche-sur- Yon ; in-8. 

Annuaire de la Société nationale d'Agriculture de France, année 1888. 
Paris; in- 12, 

Annuario délia R. Scuola superiore d\igric('llura in Portici [Xnnudihe de 
l'École R. supérieure d'Agriculture de Porlici), vol. V, fasc. 3 
et 4. Napies; gr. in-8. 

Apiculteur {V), journal des cultivateurs d'abeilles, marchands de miel 
et de cire, par M. H. Hamet, n°^ 1,2, 3 et 4, janvier à avril 1888. 
Paris i in-8. 

Boletim da Sociedade Broteriana (Bulletin de la Société Brotérienne), 
vol. V, 1887, fasc, 3. Coïmbre; in-8. 

Bon Cultivateur {Le), organe de la Société centrale d'Agriculture de 
Meurthe-et-Moselle, n°^ 1 à 13 de 1888. Nancy; feuille in-4. 

Bulleibi' Annuaire de la Société d'Horticulture de V arrondissement de 
Meaux, n°' 1, 2, 3 et 4. Meaux ; in-8. 

Bulletin bimensuel de la Société nationale d'Acclimatation de France, 
5 et 20 janvier, 5 et 20 février, 5 et 20 mars 1888. Paris; in-8. 

Bulletin de la Société académique d'Agriculture, Belles-Lettres, Sciences 
et Arts de Poitiers, mars à décembre 1887. Poitiers ; in-8. 

Bulletin de la Société botanique de France, comptes rendus des séances, 
tome XXXIV, 1887, n^ 7, et tome XXXV, 1888, n» 1. Paris: in-8. 

Bulletin de la Société centrale d'Horticulture de Nancy, novembre-dé- 
cembre 1887. Nancy; in-8. 

Bulletin de la Société centrale d'Horticulture des Ardennes, n°* 33 et 34. 
Charlevilie; in-8. 

Bulletin de la Société centrale d'Horticulture du département de la Seine- 
Inférieure, 3<^ cahier de 1887. Rouen; in-8. 

Bulletin de la Société d'Agriculture de l'arrondissement de Boulogne-sur- 
Mer, septembre à octobre 1887. Boulogne-sur-Mer; in-8. 

Bulletin de la Société d'Agriculture et d'Horticulture de l'arrondissement 
de Pontoise (Seine-et-Oise), 4*= trimestre de 1887. Pontoise; 
in-8. 

Bulletin de la Société d'Agriculture, Sciences et Arts de Poligny, no- 
vembre et décembre 1887, janvier, février et mars 1887. Poli- 
gny ; in-8. 

Bulletin de la Société d'Encouragement pour l'Industrie nationale, décem- 
bre 1887 et janvier 1888. Paris; in-4. 

Bulletin de la Société des Agriculteurs de France, décembre 1887, 
l^"^ et 15 janvier, le»- et 15 février, 1" et 15 mars 1888. Paris, 
in-8, et Comptes rendus des travaux de la Société des Agriculteurs 
de France, session de 1888, l^^ 2^61 3« fascicules. Paris; in-8. 



MOIS DE JANVIER, FÉVRIER ET MARS 1888. 169 

Bullelin de la Société d'Horticulture, d'Arboriculture et de Viticulture 
des Deux-Sèvres, 2" semestre de 1887. Niort ; in-8. 

Bulletin de la Société d'Horticulture, de Botanique et d'Apiculture de 
Beauvais, janvier 1888. Heauvais ; ia-8. 

Bulletin de la Société d'Horticulture de Compiègne, janvier et février 
1888. Compiègne; in-8. 

Bulletin de la Société d'Horticidture de Dùle, 3° et 4° trimestres de 1887. 
Dôle; in-8. 

Bulletin de la Société d'Horticulture de Fontenay-le-Comte, \^'\ 2^, 
- 3« et 4° trimestres de 1887. Fontenay-le-Comte; in-8. 

Bulletin de la Société d'Horticulture de Genève, janvier 1888. Genève; 
in-8. 

Bulletin de la Société d'Horticulture de V arrondissement de Clermont 
(Oise), janvier, février, marsetavril 1888. Clermont; in-8. 

Bulletin de la Société d'Horticulture de l'arrondis^emtnt de Coulommiers, 
janvier 1888. Coulommiers ; in-8. 

Bulletin de la Société d'Horticulture de l'arrondissement d'Étampes 
(Seine-et-Oise), année 1887. Étampes; in-8. 

Bulletiii de la Société d'Horticulture de V arrondissement de Sentis, 
janvier, février et mars 1888. Senlis; in-8. 

Bulletin de la Société d'Horticulture de laSarthe, 1^'"^ trimestre de 1888. 
Le Mans ; in-8. 

Bulletin de la Société d'Horticulture de l'Orne, 2° semestre de 1887. 
Alençon; in-8. 

Bulletin de la Société d'Horticulture de Picardie, septembre, octobre, 
novembre, décembre 1887, janvier et février 1888. Amiens; 
in-8. 

Bulletin de la Société d'Horticulture de Saint-Germain-en-Laye, avril à 
décembre 1837. Saint-Germain-en-Laye;, in-8. 

Bulletin de la Société d'Horticulture d'Orléans et du Loiret, 4" trimestre de 
1887. Orléans; in-8. 

Bulletin de la Société d'Horticulture du canton de Dammartin (Seine- 
et-Marne), 1^1" semestre de 1887, Dammartin; in-8. 

Bulletin de la Société d'Horticulture et de petite Culture de Soissons, 
décembre 1887. Soissons; in-8. 

Bulletin de la Société d'Horticulture et de Viticulture de la Côte-d'Or, 
septembre, octobre, novembre, décembre 1887 et janvier et fé- 
vrier 1888. Dijon; in-8. 

Bullet'in de la Société d'Horticulture et de Viticulture d'Épernay^ jan- 
vier, février et mars 1888. Épernay; in-8. 

Bulletin de la Société d'Horticulture et de Viticulture des Vosges, novem- 
bre et décembre 1887. Épinal; in-8. 

Bulletin de la Société d'Horticulture et de Viticulture du Cher, t. 111, 
2« semestre de 1887. Bourges, in-8. 



170 BULLETIN BIBLIUGRAPUIQUE. 

BuUeti7i de la Société d'Horticulture et de Viticulture d'Eure-et-Loir, 

décembre 1887 et janvier 1888. Chartres; in-8. 
Bulletin de la Société de Viticulture et d'Horticulture d'Arboia (Jura), 

118 an., 1887. Arbois; in-8. 
Bulleti7i de la Société de Viticulture, Horticulture et Sylviculture de 

ï arrondissement de Reims, février et mars 1888. Reims; in-8. 
Bulletin de la Société horticole du Loiret, 3^ trimestre de 1887. Orléans ;' 

in-8. 
Bulletin de la Société philomatique de F aris, années 1886-1887. Paris; 

in-8. 
Bulletin de V Association pour la protection des Plantes, n° 6. Genève ; 

in-8. 
Bulletin de l'Association professionnelle de Saint-Fiacre, mars 1888. 

Paris; in-8. 
Bulletin de la Société pratique d' Horticulture de V arrondissement d'Yvetot^ 

années 1886 et 1887. Yvetot; in-8. 
Bulletin de la Société régionale d'Horticulture de Vincennes, 4® tri- 
mestre de 1887. Vincennes; in-8. 
Bulletin des séances de la Société nationale d' Agriculture de France, 

an. 1887, n«^9 et 10; année 1888, n-^l. Paris; in-8, 
Bidletin d'Insectologie agricole, journal mensuel de la Société centrale 

d'Agriculture et d'Insectologie, septembre et octobre 1887, 

janvier 1888. Paris ; in-8. 
Bulletin. Documents officiels. Statistique, Rapports, Comptes rendus de 

missions en France et à V Étranger. 6" année, n» 8. Paris; in-8. 
Bulletin du Cercle horticole du Nord, janvier, février et mars 1888. 

Lille; in-8. 
Bulletin du Comice agricole et Société de Viticulture, cV Horticulture et 

d'Apiculture de Brioude, n°^ 25 et 26. Brioude; in-8. 
Bulletin du Comice viticole et horticole du canton de Cadillac (Gironde). 

Bordeaux; in-8. 
Bulletin-Journal de la Société d'Agriculture de V Allier, janvier 1888, 

Moulins; in-8. 
Bîilletin- Journal, organe mensuel de la Société et des Comices du 

département des Alpes-Maritimes, décembre 1887, janvier et 

février 1888. Nice; iu-8. 
Bulletin mensuel de la Société agricole et horticole de V arrondissement 

de Mantes, janvier, février, mars et avril 1888. Mantes; in-8. 
Bulletin mensuel de la Société d'Horticulture de Chalon-sur-Saône, fé- 
vrier et mars 18S8. Chalon-sur-Saône; in-8. 
Bulletin mensuel de la Société d'Horticulture pratique du Rhône, janvier 

et février 1888, Lyon ; in-8. 
Bulletin officiel du syndicat des Viticulteurs du département d'Alger, 

décembre 1887 et janvier 1888, Alger; in-8. 



MOIS DE JANVIER, FÉVRIER ET MARS 1888. 171 

Bulletin semestriel de la Société cl Agriculture de Joigny, janvier à juin 
1887. Joigny; in-8. 

Bulletin trimestriel de la Société botanique de Lyon, juillet à décembre 
1887. Lyon; in-8. 

Bulletin trimestriel de la Société d/ Horticulture de Limoges, octobre, no- 
vembre et décembre 1887. Limoges; in-8. 

Bullettino délia R. Società toscana di OrticuUura (Bulletin de la Société 
R. toscane d'Horticulture, cahiers de janvier, février et mars 
1888). Florence; in-8. 

Chronique horticole, ioMYXidil de la Société d'Horticulture de l'Ain, n^* 25, 
26 et 27. Bourg; feuille in-4. 

Comptes rendus hebdomadaires des séances de l'Académie des Sciences, 
n°s 1 à 13, année 1888, et Table des Comptes rendus pour le 
l^"" semestre de 1887. Paris; in-8. 

Economista (L') (L'Économiste, gazette hebdomadaire : science écono- 
mique, finances, commerce, banques, chemins de fer, intérêts 
privés; n° du 23 mars 18S8). Florence; in-4. 

France agricole (La), journal des Syndicats agricoles, n°^ 1 à 14. 
Paris; feuille in-4. 

Gartmflora (Flore des jardins, Bulletin pour l'Horticulture et la Bota- 
nique, fondé par M. Ed. Regel, édité par M. le professeur D'' 
L. WiTTMACK, de Berlin ; cahiers des 15 janvier, 1^'' et 15 février, 
1" et 15 mars, l-^f avril 4 888). Berhn; in-8. 

Het nederlandsche Tuinbouwblad (Feuille horticole néerlandaise, 
organe de la Société néerlandaise d'Horticulture et de Bota- 
nique, n°* 1 à 13 de 1888). Arnhem; feuille in-4. 
Histoire physique, naturelle et politique de Madagascar, par M. Alfred 

Grandiwer, 15% 16^ et 17^ fascicules. Paris; in-4. 
Idée moderne {V), journal d'initiative individuelle, économique, scien- 
tifique, etc., 1<='" février, 1^»' et 15 mars 1888. Paris; feuille in-4. 
Illustrierte Monatshefte fur die Gesamt-Interessen des Gartenbaues 
(Bulletin mensuel illustré pour l'ensemble des intérêts de l'Hor- 
ticulture, cahiers de janvier, février et mars 1888). Munich et 
Leipzig; in-8. 
Journal d'Agriculture pratique et d'Économie rurale pour le midi de la 
France, publié par les Sociétés d'Agriculture de la Haute- 
Garonne, de l'Ariège et du Tarn, novembre et décembre 1887, 
janvier 1888. Toulouse ; in-8. 
Journal de l'Agriculîure, de la Ferme et des Maisons de campagne, de la 
Zootechnie, de la Viticulture, de l'Horticulture, etc. , par M. Henry 
SAG^'iER, n"s 979 à 990. Paris; in-8. 
Journal de la Société de Statistique de Paris, janvier, février et mars 
1888. Paris-, in-8. 



17â BULLETIN BIBLIOGRAPHIQUE. 

Journal de la Société cV Horticulture du département de Seine-et-Oiseï 

n°« 7 à 12 de 1887. Versailles; ia-8. 
Journal de la Société régionale d' Horticulture du nord de la France, à Lille 

(Palais-Rameau), janvier, février et mars 1888. Lille; in-8. 
Journal des Camipagnes, journal d'Agriculture progressive, industrie 

agricole, 33° an., 1888, n^M à 3, o à 13. Paris; feuille in-4. 
Journal des Roses, publication mensuelle spéciale, par xMM. S. Cochet, 

P. Cochet et C. Bernardin, janvier, février et mars 1888. 

Paris; in-8. 
Journal de vulgarisation de l'Horticulture, recueil de jardinage pratique, 

par M. Vauvel, n^^ 9 et 10 de 1887, 1 et 2 de 1888. Paris; in-8. 
Le Musée, Bulletin de la Société d' Agriculture de V arrondissement de 

Clermont 'Oise), novembre 1887 et février 1888. Clermont ; 

in-8. 
Lyon horticole, revue bi-mensuelle d'Horticulture, publiée aveclacolla- 

boralion de TAssociation horticole lyonnaise, par M. Viviand- 

MoREL, n°» 1 à 6 de 1888. Lyon; in-8. 
Maandblad van de Vereeniging ter hevordering van Tuin- en Landbomo 

(Feuille mensuelle de la Société pour le perfectionnement de 

l'Horticulture et de TAgriculture, dans le duché du Limbourg, 

n^^de décembre 1887, janvier et février 1888). Maëstricht; in-8. 
Maison de Campagne {La)^ journal horticole et agricole illustré des 

châteaux, des villas, par M. L. de la Roque, n^^^ \ à 7. Paris; 

in-4. 
Maître Jacques, journal de la Société d'Agriculture du département 

des Deux-Sèvres, janvier et février 1888. Niort; in-8, 
Marseille horticole, Journal de V Association horticole marseillaise, dé- 
cembre 1887, janvier, février et mars 1888. Marseille; in-8. 
Mémoires de la Société d' Agriculture et des Arts du département de 

Seine-et-Oise, 1887. Versailles; in-8. 
Mémoires de la Société nationale des Sciences naturelles et mathématiques 

de Cherbourg, tome XXV, 1887. Cherbourg; in-8. 
Munatsschrift des Gartenbauvcreins zu Darmstadt (Bulletin mensuel 

de la Société d'Horticulture de Darmstadt, n"» de février et 

mars 1888). Darmstadt ; in-8. 
Moniteur d'Horticulture [Le], organe des amateurs de jardins et 

d'Orchidées, parM. Lucien Chauré, 10 et 25 janvier, 10 et 25 fé- 
vrier, et 25 mars. Paris; in-8. 
Nouvelles de Paris (Les), finances, politique, commerce et industrie, 

no» 1 à 14, du 1" janvier au 1" avril1888. Paris; feuille in-folio. 
Orchidophile (V), journal des amateurs d'Orchidées, par M. Godefroy- 

Lereuf, n°* 81 et 82. Argenteuil; in-8. 
Petit Cultivateur {Le), protection douanière, crédit à l'Agriculture, 



MOIS DE JANVIER, FÉVRIER ET MARS 1888. 173 

augmentation de la production nationale, n^^ 453 à 195. Paris; 
feuille in-8. 

Pomologie française {La), Bulletin de la Société pomologique de 
France, n° 2, année 1888. Lyon; in-8. 

Revue horticole des Bouc hes-du- Rhône, journal des travaux de la So- 
ciété d'Horticulture et de Botanique de Marseille, décembre 1887 
et janvier 1888. Marseille; in-8. 

Revue horticole, journal d'Horticulture pratique, par MM. E.-A. Car- 
rière et Ed. André, n°^ 1 à 7, janvier à avril 1888. Paris; in-8. 

Rivista agricola romana (Revue agricole romaine, cahiers de janvier 
et février 1888). Rome; in-8. 

Sempervirens, geillustreerd Weekblad voor den Tuinbouw in Nederland 
(Sempervirens, feuille hebdomadaire illustrée pour l'Horticul- 
ture des Pays-Bas, n»^ 2 à 13 de 1888). Amsterdam; feuille 
gr. in-4. 

Seventeelh annual Report of the Secretarij of the State horticultural So- 
ciety ofMichigan (17*^ rapport annuel du Secrétaire de la Société 
d'Horticulture du Michigan). Lansing; 1887; in-8 de xiii et 
587 pages. 

Sociélé centrale d'Agriculture du département de la Seine -Inférieure 
(Extrait des travaux de la), 3« et 4« trimestres de 1887 et 1^'" tri- 
mestre de 1888. Rouen; io-S. 

Société centrale d'Horticulture d'Ille-et-Y Haine (Compte rendu des tra- 
vaux de la), année 1887. Rennes; in-8. 

Société d'Agriculture, d'Horticulture et d'Acclimatation du Var, La Pro- 
vence agricole et horticole, décembre 1 887, janvier et février 1 888. 
Toulon; in-8. 

Société d'Agriculture du département du Cher, bulletin n° 15, an. 1887, 
et bulletin n° 1 de l'année 1888. Bourges; in-8. 

Société d'Encouragement pour l'Industrie nationale, 23 décembre 1887, 
13 et 27 janvier, 10 et 24 février, et 9 mars 1888. Paris; in- 12. 

Société d'Horticulture, d'Agriculture et de Botanique du canton de Mont- 
morency, bulletin des travaux de la Société, 4<^ trimestre de 1887. 
Montmorency; in-8. 

Société d'Horticulture de Cannes et de l'arrondissement de Grasse, dé- 
cembre 1887. Cannes; in-8. 

Société d' Horticulture de la Gironde (Nouvelles annales de la), octo- 
bre, novembre et décembre 1887. Bordeaux; in-8. 

Société d'Horticulture de l'arrondissement de Corbeil, année 1887. Cor- 
beil ; in-8 . 

Société d'Horticulture de Nogent-sur-Seine, bulletin n° 18. Nogent-sur- 
Seine; in-8. 

Société d'Horticulture de Villemom,ble, Annales et Résumé des travaux, 
années 1886-1887. LeRaincy; in-8. 



174 BULLETIN BIBLIOGRAPHIQUE. 

Société libre cV Agriculture, Sciences, Arts et Belles-Lettres de VFAire^ 
bulletin agricole. Évreux ; in-8. 

Société nantaise d'Horticulture, Annales et Résumé des travaux, 4^ tri- 
mestre de 1887. Nantes; in-8. 

Sud-Est (Le), journal agricole et horticole de la 7° région agricole, dé- 
cembre 1887, janvier et février 1888. Grenoble; in-12. 

The american Florist (Le Fleuriste américain, journal semi-mensuel 
pour le commerce, n»^ des 1" et 15 janvier, l^"" et 15 février, 
l^ï" et 15 mars 1888). New-York et Chicago; in-4. 

The Garden (Le Jardin, journal hebdomadaire illustré d'Horticulture 
et d'Arboriculture, n*'** des 14, 21, 28 janvier, 4, 11, 18, 25 
février, 3, 10, 17, 24 et 31 mars 1888). Londres; in-4. 

The Gardeners' Chronicle (La Chronique des Jardiniers, fondée en 1841 ; 
no^des 14, 21, 28 janvier, 4, 11, 18, 25 février, 3, 10, 17 et 
31 mars 1888). Londres ; in-4. 

Viestnick Sadovodstva, Plodovodsfva i Ogorodnitchestva (Le Messager 
de l'Agriculture, de l'Arboriculture et de l'Horticulture, n°* 41 
à 52 de 1887). Saint-Pétersbourg; in-8. 

Vigneron champenois (Le), Viticulture, Agriculture, Horticulture, Com- 
merce et Industrie, n°* 1 à 13. Reims; feuille in-folio. 

Wiener illustriste Garten-Zeitung (Gazette horticole illustrée de Vienne, 
cahiers de janvier, février et mars 1888). Vienne; in-8. 

Wochenblalt des landwirthschaftlichen Vereins im Grossherzogthum 
Baden (Feuille hebdomadaire de la Société d'Agriculture du 
Grand-Duché de Bade, n°« 52 de 1887, 3 à 10 de 1887). Carls- 
ruhe; in-4. 

Zeitschrift des landunrthschaftlichen Verei?2S in Bayern (Bulletin de la 
Société d'Agriculture de Bavière, cahiers de novembre et dé- 
cembre 1887, janvier-février 1888). Munich ; in-4. 



ASPERGES MALES ET FEMELLES. 175 

NOTES ET MÉMOIRES 



Note sur le produit comparé du plant d'Asperges 

MALE ET femelle (I ) , 

par M. Beurdeley. 

Lors du Congrès tenu, l'année dernière, au siège de la 
Société, la trente-neuvième question, relative à la culture des 
Asperges, m'a suggéré l'idée de soumettre à l'attention de nos 
collègues le résultat d'une expérience que j'ai faite sur une 
plantation datant de six années. 

Partant de cette donnée que, au moment de la floraison, il 
est facile de reconnaître, sur chaque pied d'Asperges, même 
encore jeune^ la différence des organes sexuels qui le caracté- 
risent, j'ai eu l'idée de rechercher si l'un des deux plants, mâle 
ou femelle, ne serait pas plus productif que l'autre. 

Voici comment j'ai procédé : 

Avant de couper les tiges, avant l'hiver, j'ai distingué, par 
une étiquette, la plante mâle de la plante femelle, c'est-à-dire 
ayant produit des graines, afin qu'au printemps, à la récolte et 
jusqu'à la cessation de la production, au 24 juin, on pût compter 
le nombre d'Asperges recueillies séparément sur chaque pied 
mâle et sur chaque pied femelle. 

Voici quel a été le résultat de cette expérience : 

Sur 12 pieds étiquetés femelle^ j'ai récolté, en moyenne^ 
76 Asperges, soit environ 6 Asperges 1/2 par pied, le plus pro- 
ductif m'en ayant donné jusqu'à 16. 

Sur 20 pieds étiquetés màle^ j'ai récolté 244 Asperges, soit en- 
viron 12 par pied, le plus productif en ayant rapporté jusqu'à 19. 
Ce premier résultat tendrait donc à faire penser que le plant 
mâle serait plus productif que le plant femelle. 

J'aurais désiré poursuivre l'expérience une seconde année avant 

(l)_Présentée le 26 janvier 1888. 



176 ' NOTES ET MÉMOIRES. 

d'en communiquer le résultat à la Société. Une circonstance 
indépendante de ma volonté ne m'ayant pas permis de le faire, 
il m'a paru qu'il ne serait peut-être pas sans intérêt que l'un ou 
l'autre de nos collègues voulût bien se charger de la réitérer, 
même sur une plus large échelle, avant d'en fixer la conclusion. 



Emploi du sulfate de cuivre appliqué aux arbres fruitiers 
sous forme de bouillie bordelaise modifiée, dans deux cas 
particuliers (1), 

par M. Magny , Président de la Société d'Horticulture 
de Goutances. 

Premier cas. 

Tous les ans, vers les mois de février et de mars, alors que 
les boutons à fruit commencent à grossir sur les arbres fruitiers, 
à quelque espèce qu'ils appartiennent, des oiseaux (les Bou- 
vreuils et les Mésanges notamment) s'abattent dans les jardins 
de notre contrée et vident ces boutons au point de compromettre 
la récolte des fruits dans une forte proportion. 

Ayant eu recours sans le moindre succès à divers moyens 
pour me mettre à l'abri de ces maraudeurs, j'ai eu l'idée, 
l'année dernière, de couvrir entièrement mes arbres, surtout les 
bambourdes à fruit, de la bouillie suivante : 

Chaux, 2 kilogrammes à éteindre, dans 4 litres d'eau ; 

Sulfate de cuivre, i kilogramme à dissoudre à chaud, dans 
12 litres d'eau. 

Mélanger les deux, chaux et sulfate; ajouier ensuite de 
l'argile pour donner de la consistance et 500 grammes de suie. 

Je me basais sur ce que le sulfate de cuivre étant un poison, 
l'instinct des oiseaux les en éloignerait. Quelle qu'en soit la 
cause, le résultat a été bon, car, sur tous mes arbres ainsi 
enduits, aucun bouton n'a été endommagé et la floraison s'est 
faite d'une manière normale. 

(1) Note présentée le 8 mars 1883. 



LE NANDINA DOMESTICA. ' 177 

Celte bouillie, ainsi que je l'ai constaté, a encore l'avantage 
de détruire les insectes qui hivernent sous les écorces, et de 
combattre la tavelure des fruits. 

Deuxième cas. 

C'est contre un autre ennemi de mes jardins que j'ai encore 
employé la bouillie dont j'ai donné la formule plus haut, en 
augmentant un peu la proportion de sulfate de cuivre. 

Tous les horticulteurs connaissent le goût très prononcé des 
limaçons pour les Brugnons ; depuis bien des années, j'avais 
presque renoncé à en récolter malgré la chasse matinale faite 
à leurs visiteurs. Me basant encore sur la propriété toxique du 
sulfate de cuivre, j'ai enduit tous les murs de mes espaliers, 
le tronc des arbres, ainsi que toutes les branches avec la 
bouillie, et j'ai eu la satisfaction de cueillir une pleine récolte 
de Brugnons parfaitement indemnes. 

Ces faits ont été constatés par plusieurs membres de la 
Société d'Horticulture dont j'ai l'honneur d'être Président, elle 
succès me fait un devoir de les vulgariser. 



Note sur le Nandina domestica (1), 
par M. Harraca, pépiniériste à Pau. 

Ces ravissants arbrisseaux, d'origine japonaise, méritent 
certainement d'être très répandus et d'être cultivés avec soin. 

C'est à Pau, dans les jardins de quelques amateurs de belles 
plantes, notamment dans le parc de la villa Tourasse, qu'il faut 
voir les Nandinas pour se faire une idée exacte de leur beauté. 
Là, ils s'élèvent, dans une grande corbeille ou massif, plantés en 
touffes, de O'^jSO à 5 mètres et plus de hauteur. 

Le bois du Nandina ressemble assez à celui du Mahonia. Son 
feuillage est aussi persistant, mais beaucoup plus léger, plus 

(1) Présentée le 20 janvier 1888. 

12 



178 NOTES ET MÉMOIRES. 

gracieux, et il varie de couleur avec les saisons. Pendant l'été, 
il est d'un vert tendre sur les jeunes pousses et d'un vert foncé 
bleuâtre sur les branches. Dès les premiers jours d'octobre, il 
revêt des teintes variées, à reflets métalliques, puis une teinte 
purpurine dominante, qui s'accentue parfois jusqu'au rouge 
intense. La floraison de cet arbuste serait perpétuelle si la 
richesse du sol et la température de notre région le permet- 
taient. Ordinairement, les piemières fleurs apparaissent en juin 
et les dernières fin octobre. Elles sont blanches ou blanchâtres. 
Les fruits, d'abord veit-, deviennent ensuite d'un rouge-corail. 
Ils sont disposés en grappes qui s'élèvent çà et là au-dessus 
d'un élégant et riche feuillage. Chacun de ces arbrisseaux 
ressemble alors à un beau bouquet de verdure et de fruits écla- 
tants, qui persiste pendant tout l'hiver, d'octobre en avril. 

Le Nandina se multiplie de graines, de boutures et de dra- 
geons. 

Les graines se sèment de février à mai, dans de la bonne 
terre ou du terreau do couche, sous châssis ou en serre tem- 
pérée froide. La germination est lente et très irrégulière. 

En novembre, les jeunes plants peuvent être placés isolé- 
ment, dans de petits pots, dans une serre froide où leur végéta- 
tion se continue pendant tout l'hiver. En mai, on les livre défi- 
nitivement au plein air et à la pleine terre. 

Les boutures se font en toute saison, mais de préférence en 
août ou septembre, avec des rameaux de l'année, munis ou non 
d'un bourrelet de vieux bois. Aussitôt qu'ils ont été séparés du 
pied-mère, les rameaux-boutures sont coupés à une longueur de 
0™,20 à 0°',30, débarrassés d'une partie de leurs feuilles, écorcés 
légèrement, puis placés, au nord d'un mur, dans du sable 
vaseux, sous châssis froid. 

Les drageons reçoivent les mêmes, soins que les boutures de 
rameaux. En juin-juillet de l'année suivante, ces plants-bou- 
tures sont suffisamment enracinés, et sont alors placés en 
pleine terre. 

Les Nandinas se développent dans les terres fortes, argi- 
leuses même, aussi bien que dans les terres franches, légères ou 
tourbeuses. 



COMITÉ d'arboriculture d'ornement et forestière 179 

L'essentiel est que ces terres soient abondamment fumées, 
tenue? dans un bon état de fraîcheur et labourées, si parfois 
elles devenaient trop compactes. 

Une cTcposition bien éclairée et chaude favorise la production 
des fruits et augmente l'intensité des nuances du feuillage. 

Il est quelquefois utile, pour obtenir des sujets bien touffus, de 
courber ou même de receper leur tige, ou deux ou trois de leurs 
branches principales. 

Cultivés en pot, les Nandinas se dénudent à mesure qu'ils 
s'élèvent en hauteur. Des arrosages fréquents avec des engrais 
liquides empêcheraient peut-être cet accident. 



RAPPORTS 



Compte rexdu des travaux du Comité d'Arboriculture 

d'ornement et forestière, pendant l'année 1887 (1), 

par M. J. Luquet, Secrétaire de ce Comité. 

Le Comité d'Arboriculture d'ornement et forestière n'en était, 
en 1887, qu'à sa deuxième année de formation, et c'est pour- 
quoi ses travaux n'ont pas eu toute l'importance désirable. 

Comme toute chose nouvelle, il s'est vu barrer le chemin par 
l'hésitation... et, en outre, il a été ralenti dans sa marche par 
quelques difficultés temporaires. 

Mais iln'yalcà, pour lui, qu'une question de temps; nous savons 
parfaitement que d'ici à deux ou trois ans, instruit par l'expé- 
rience et ayant montré ce qu'on peut attendre de lui, il aura 
déjà justifié surabondamment sa création récente et permis de 
mesurer toute l'importance des services qu'il est appelé à rendre. 

Peut-être ne saii-on pas encore assez qu'il est aujourd'hui en 
bonne voie d'action. L'année 1888 se présente comme devant 
être très féconde en présentations diverses, et nul doute qu'à 

(1) Déposé le 9 février 1888. 



180 RAPPORTS. 

la fin de ladite année bien des hésitations ne soient vaincues. 
La plupart des objets qui ont été apportés en 1887 étaient de 
nature à intéresser vivement notre Société. 

Il n'a pas été constaté beaucoup de nouveautés, c'est vrai ; 
mais à peu près tous les arbres et arbustes présentés apparte- 
naient à une catégorie toujours trop grande : celle des végétaux 
méritants qui ne sont pas cultivés ou dont la culture a été 
délaissée. 

On ne saurait trop engager les personnes qui savent être en 
possession de plantes d'une grande valeur à les faire connaître 
par l'intermédiaire de notre Société, qui rayonne maintenant 
dans tous les pays. Nous remercions pour notre part, et au 
nom du Comité dont nous sommes ici l'organC;, les aimables 
collègues qui ont bien voulu nous en soumettre. 

Le Comité d'Arboriculture d'ornement ne se contente pas 
d'apprécier avec un soin judicieux tous les objets qui lui sont 
soumis ; il conserve encore, sous forme d'herbier, un spécimen 
de chacune des espèces ou variétés d'arbres et arbustes qui lui 
sont présentéos. Ce travail a été confié à notre collègue, M. Dré- 
vault, dont la compétence est bien connue. La collection 
recueillie comprend actuellement un grand nombre d'échantil- 
lons intéressants, tous étiquetés scientifiquement, et les ama- 
teurs pourront la consulter aussitôt que son installation dans le 
local des séances du Comité sera terminée. Nous n'avons pas 
besoin d'insister sur ce qu'un herbier de ce genre peut rendre 
de services pour l'étude des arbres et arbustes d'ornement. 

Ces végétaux se trouvent là réunis avec tous leurs organes 
essentiels, et la distinction positive en est par conséquent 
facile. 

Voici maintenant la nomenclature des objets apportés, avec 
les noms et adresses des présentateurs : 

M. Arnoult-Baltard, rue de Rennes, 104, à Paris, nous mon- 
trait, en mars, des branches garnies de fleurs à' Eucalyptus 
Globulus, qu'il avait adressées de Cannes (Alpes-Maritimes). On 
sait que, à l'instar de la plupart de ses congénères, ce géant 
australien se comporte admirablement bien comme arbre de 
pleine terre au golfe Juan, et qu'il y fleurit abondamment. 



COMITÉ D'AKBOKICULTLRIi D'oHXEMENT ET FORESTIÈRE. 181 

MxVI. Ballet frères, horliculteurs à Troyes (Aube), nous ont 
envoyé toute une collection d'Hibiscus syriacus, vulgairement 
Althéa, composée de vingt et une variétés parmi lesquelles se trou- 
vaient de nouveauxgains, etdont dix-neufavaientla fleur double. 

Les Althéas sont déjà dans tous les jardins, mais par leur 
beauté ils méritent d'y figurer encore plus en nombre. 

M. Bergman (Ernest), jardinier en chef au domaine de Fer- 
rières-en-Brie (Seine-et-Marne), nous a présenté plusieurs 
rameaux avec fruits à maturité du Rosa rugosa, Rosier rugueux. 
Il est rare de voir à ce Rosier du Japon une fructification aussi 
abondante que celle qui a été constatée sur les rameaux pré- 
sentés ; il arrive souvent que la coulure se manifeste sur la 
moitié au moins des fleurs de cet arbuste ; c'est le défaut qu'on 
lui reproche, car ses fruits sont d'un beau rouge écarlate et, 
quand il n'en possède pas, son cachet ornemental est bien 
amoindri. — Des branches fleuries &'Osmanthus aquifoliuSy 
LouR., plus connu dans les cultures sous le nom d'O. ilicifolius. 
Cet arbuste japonais, dont l'aspect rappelle celui d'un Houx, 
mérite doublement d'être cultivé pour la beauté de son feuillage 
persistant, ainsi que pour l'odeur suave de ses fleurs, qui se 
montrent à l'automne. De plus, l'Osmanthe à feuilles de Houx 
est très ru6ti(iue sous le climat de Paris. 

M. Bergman a aussi présenté une branche de Rosier sur 
laquelle des Bédéguars s'étaient formés en un certain nombre. 
La production appelée Bédéguar, qui est commune sur le genre 
Rosier, est, comme on le sait, due à une réunion de petits 
insectes nommés par Linné Rhodites Rosse, dont la piqûre forme 
celte sorte de galle. 

M. Ghargueraud, professeur d'Arboriculture de la Yille de 
Paris, une branche en floraison du Pittosporum Tobira^ présentée 
dans le but d'attirer l'attention sur la rusticité de cet arbuste 
qui est toujours cultivé en orangerie; le pied qui a fourni cette 
branche est depuis quatre années en pleine terre, à l'air libre, 
et depuis sa plantation il a parfaitement résisté, sans aucun abri, 
aux froids de l'hiver. 

M. GornU;, professeur de Gulture au Muséum d'Histoire natu- 
relle, nous a soumis des échantillons de divers végétaux 



182 RAPPORTS. 

intéressants, dont quelques-uns sont nouveaux, en France, et dont 
les autres sont déjà anciens mais peu connus. — Envoie! la liste : 
Branches fleuries du Syringa pubescens TuRCZ., Lilas duveté. 
Cette espèce est nouvelle ; elle est originaire du nord de la Chine 
où elle croit naturellement; on la doit au docleur Bretschnelder, 
qui, en 1880, en envoya des graines au Muséum. Cet arbrisseau 
serait rustique sous le climat de Paris; ses fleurs, qui se montrent 
dans la première quinzaine de mai, ont une odeur forte, presque 
nauséabonde; elles se distinguent de celles du Lilas commun p*ar 
le tube de leur corolle, qui est beaucoup plus long dans cette 
espèce nouvelle. D'ailleurs, les feuilles, au lieu d'êlre en cœur 
comme celles au S. vulgaris, sont franchement ovales. M. Decaisne 
avait nommé ce Lilas, Sijringa villosa, qui serait le nom d'une 
espèce cultivée à Pékin, mais non encore déterminée en Europe. 
— Une branche fleurie d'une Borraginée encore inconnue dans 
les cultures, bien qu'introduite depuis longtemps au Muséum, 
VEIiretia senata. Ce magnifique arbuste, qui en était, paraît-il, 
à sa première floraison dans notre pays, a un feuillage très orne- 
mental, consistant, et il montre d'élégantes panicules de fleurs 
blanches, exhalant une odeur de miel très prononcée. Il est ori- 
ginaire des montagnes de l'Inde ; il atteint 3 à 4 mètres 
de hauteur. Au Muséum, il est en pleine terre et il a déjà sup- 
porté sans abri plusieurs hivers. — Rameaux avec fruits du 
Zizyphus î;i(/^«>'/s ou Jujubier commun, provenant d'un pied cul- 
tivé en pleine terre au Muséum. L'arbre dont il s'agit se trouve 
en espalier ; il fleurit presque tous les ans et noue même ses 
fruits, qui tombent ensuite sans être à maturité. Cette année, 
quelques-uns sont restés sur une branche et y ont mûri. — 
Rameaux de Cilrus trifoliata, avec fruits mûrs, provenant d'un 
sujet planté contre un mur, en pleine terre et abrité par un 
vitrage. C'est une espèce à fruits non comestibles et à fleurs peu 
odorantes ; mais cette présentation est intéressante en ce sens 
que ce Citrus ne mûrit généralement pas ses fruits sous le climat 
de Paris. — Rameaux garnis de fleurs du Manihot carthagenense, 
pris sur un pied planté en pleine terre, à l'air libre. Cette 
Euphorbiacée présente ainsi une assez curieuse particularité : 
c'est qu'étîmt traitée comme plante de serre chaude, elle réussit 



COMITÉ d'arboriculture d'ornement et forestière. 183 

bien, et qu'elle supporte aussi la culture de plein air dans la 
région de Paris, qu'elle y fleurit et mûrit même ses fruits. Elle 
n'aurait même pas été atteinte par l'hiver de 1879-1880. 

MM. Groux et fils, horliculteurs-pépiuiériste?, vallée d'Aulnay, 
près Sceaux (Seine), une collection importante d'arbrisseaux et 
arbustes d'un vrai mérite, déjà connus dans les culturos, mais 
dont beaucoup ne sont pas encore bien répandus, ce sont : 
Buddleya Lindleyana ; Ligustrum Quihoui, aux feuilles arrondies 
et aux longs Ihyrses floraux, et L. japonicum robustum^ l'une 
des meilleurs variétés du Troène du Japon; Leijce^teria formosa, 
élégant arbuste du Népaul, de la famille des Gaprifoliacée?^ 
trop peu cultivé ; Hijpericum patulum et //. calyciniim, deux 
Millepertuis intéressants; Clethra alnifolia, superbe arbuste de la 
famille desÉricacées, aux fleurs blanches, disposées en grappe?, 
légèrement odorantes ; le Clethra à feuilles d'Aulne a besoin pour 
vivre d'un sol un peu humide et d'une exposition tant soit peu 
ombragée. — Cassia marylandica, aux grappes de fleurs jaune 
foncé. — Armeniaca Mume Àlpkandi, rameaux garnis de fruits. 
Ce serait la première fructification, en France, de cet Abricotier. 
Cette espèce fut apportée à Paris^ en 1878, par les jardiniers 
japonais qui prirent part à l'Exposition universelle qui eut lieu 
cette année-là ; les fruits n'ont aucun mérite, mais il n'en est pas 
de même des fleurs qu'elle donne à profusion et avant toutes ses 
congénères ; ces fleurs, d'un beau rose carné, agréablement odo- 
rantes, se montrent dès le mois de mars, si la température n'est 
pas trop rigoureuse, et elles ont une durée beaucoup plu? grande 
que dans toutes les autres espèces ou variétés du genre. — 
Branches fl uries des cinq belles variétés de Ceanothus dont 
voici les noms : Triomphe d'Angers, Marie Simon, Gloire de 
Versailles, Théodore Froebel et Président Réveil. — Branches 
avec fleurs de deux variétés de Faux- Acacia : Robinia pseudo- 
Acacia semperflorens et his/Ada rosea ; de deux formes du Vitex 
Agmis Castus^ Verbénacée à floraison automnale ; du Kœlreuteria 
paniculata, Sapindacée remarquable par son feuillage luisant et 
ses panicules de fleurs jaunes. — Peux rameaux en floraison du 
McignoUa Lennecina, ^.di^noVm de Lenné, espèce horticole très mé- 
ritante par l'ampleui'de son feuillage et par labeauté de ses fleurs, 



184 RAPPORTS. 

pourpres à l'extérieur et blanches à l'intérieur, se succédant du 
printemps à l'automne. 

M. Yillard, propriétaire aux Kermès, près Hyères (Yar), des 
branches fleuries des arbres et arbustes suivants, provenant de 
sujets cultivés dans sa propriété : Arbutus Unedo ou Arbousier 
commun; Rkus viminalis ; Bignonia capensis o\\ Tecoma capensls, 
arbuste sarmenteux, très floribond; Correa rosea, magnifique 
Diosmée fleurissant tout l'hiver, en pleine terre, dans le Midi; 
S chi nus Molle ou Poivrier d'Amérique, arbre du Pérou, à feuilles 
persistantes et à fleurs blanches en grappes; les fruits sont 
employés à la falsification du poivre dont ils ont la saveur; 
Eriobotmjajaponica ou Néflier du Japon ; Cuphea emmena Planch. 
ou C. Jorullensis H. B. K : Hakea Victorix, Protéacée re- 
marquable par son feuillage bizarre. 

M. Henri de Vilmorin, des rameaux avec fleurs et fruits des 
Eucalyptus suivants, qu'il cultive à Antibes (Âlpes-Marilimes) : 
E . amygdalina amhigua^ E . urnigera, espèce assez rustique pour 
résister à des gelées de — 8° ; E . microtheca ou à petits fruits ; 
E. roshata, très grand arbre, produisant un bois fort estimé ; E. 
gracilis, belle espèce, à bois rouge, et E. gomphocephala. 

M. Maurice de Yilmorin, des branches fleuries de deux végé- 
taux cultivés dans le domaine des Barres (Loiret) : le Gillenia 
irifoliata, charmante Rosacée originaire de l'Amérique du Nord, 
rappelant le Gaura Lindlieimeri par la légèreté de ses rameaux 
et l'élégance de ses fleurs ; elle est très rustique et elle devrait 
être dans tous les jardins. VIndigofera albiflora^ arbuste aussi 
trop peu cultivé, originaire du nord de la Chine, remarquable 
parses fleurs blanches, qui se montrent dèsla première quinzaine 
de mai, et vont se succédant jusqu'à la fin de l'été, si la tempé- 
rature n'est pas trop aride. 

Les présentations qui précèdent ont été récompensées, sur la 

proposition du Comité, par 

sept primes de première classe ; 
six primes de ^deuxième classe. 

Des remerciements ont, en outre, été adressés à plusieurs per- 
sonnes dont les présentations ont été faites dans le seul but de 
la propagande. 



L ART DE GREFFER. 185 

Rapport sur la A" édition de « l'Art de greffer », 

PAR M. Gii. B ALT et ('!) ; 

M. J. LuQUET, Rapporteur. 

Messieurs, 

M. Gh. Baltet, horticulteur à Troyes, vient de faire paraître 
la 4° édition d'un livre dont il est l'auteur : VArt de greffe?'. Il 
en a adressé un exemplaire au Comité d'Arboriculture d'orne- 
ment et forestière par l'intermédiaire de M. le Président de 
notre Société, et j'ai été délégué par ce Comité pour vous 
présenter un Rapport détaillé sur les modifications et les addi- 
tions qui ont été apportées à cet ouvrage. 

L'Art de gre/fer est dans toutes les mains, et la valeur des édi- 
tions précédentes vous est connue. Vous savez avec quelle clarté 
ce traité a été rédigé, avec quelle précision tous les faits y sont re- 
latés? Eh bien. Messieurs^ notre honorable collègue a encore, 
dans la 4*^ édition^ taillé, rogné, augmenté certaines parties de 
son livre qui ne lui paraissaient pas suffisamment compréhen- 
sibles, si bien qu'aujourd'hui il suffit, même au plus novice, de 
lire une fois la description de n'importe quelle greffe pour 
savoir la réussir. 

J'ai lu attentivement le nouveau travail de M. Ch. Baltet, et 
j'ai constaté qu'il ne s'était pas borné à le revoir et à en cor- 
riger les préceptes, mais qu'il y avait encore introduit une quan- 
tité considérable de matériaux ; je vais vous en donner un 
aperçu. Tel qu'il est actuellement, ce livre renferme tout l'art 
du parfait grefieur. 

Parmi les adjonctions dont la 4<^ édition de VArt de greffer a 
été enrichie, et en dehors des nouveaux principes sur le sur- 
greffage, la double greffe avec intermédiaii'e, ou entre-greffe, 
appelés à rendre de grands services dans les pépinières frui- 
tières, forestières ou d'espèces ornementales, l'auteur a intro- 
duit une vingtaine de genres, tous d'ornement. Ces genres com- 
prennent surtout des espèces d'arbres et arbrisseaux exotiques, 

(1) Déposé le 22 mars 1888. 



186 HAl^PORTS. 

à fruits comestibles, ou ceux qui sont employés dans les arts et 
dans Tindustrie. 

Pourquoi la greffe, ce mode si avantageux de multiplication, 
ne serait-elle pas aussi bien usitée sur les végétaux qui peuplent 
nos colonies, et qui en font la richesse, que sur ceux que nous 
cultivons dans nos vergers ou dans nos serres ? Il y avait là 
quelque chose à faire ; M. Gh. Baltet Ta compris en étendant 
l'opération du greffage aux plantes suivantes, et nos colons lui 
en sauront gvé : 

Manguier de Tlnde {Mangifera indica)^ et ses nombreuses va- 
riétés. On sait que les fruits de ces arbres sont appelés Mangues 
et sont très estimés. 

Anacardier occidental [Anacardlum occidentale). Arbre qui 
produit Thuile d'acajou. 

Avocatier [Persea gratissima), dont le fruit, de la grosseur 
d'une Poire ae Bon Chrétien, est très savoureux. 

Cannellier [Laurus Cinnamomum). — C'est l'arbre dont on 
retire la Cannelle du commerce. 

Caféier iCoff'ea] ; les principales sortes commerciales. 

Caroubier à silique [Ceratonla Silirjua); arbre producteur des 
Caroubes. 

Corossolier commun (Anona mu?icata), ainsi que plusieurs 
autres espèces et variétés du même genre. Les Corossoliers sont 
des arbres ou arbrisseaux dont les fruits, appelés Pommes de 
Corossol, Pommes Cannelle, Chérimoga, sont très goûtés des 
habitants de plusieurs contrées du Nouveau Monde, et sont 
Tobjet d'un grand commerce. 

Eugenia. — On sait que certaines espèces de ce genre donnent 
des fruits déjà mangeables, mais très susceptibles d'améliora- 
tion par le croisement. Il en est de même du Jambosa à feuilles 
de Myrte, qui est un arbrisseau de très grand rapport. 

Goyavier [Psidium). — On trouve des Goyaviers à la Guyane, 
en Chine, au Brésil, au Mexique, etc., et les Goyaves de ces dif- 
férents pays sont estimées dans le commerce. 

Maclure orange (J/ac/wra aurantiaca). — Il produit des fruits 
de la couleur d'une orange, qui sont très recherchés par les ha- 
bitants de l'Amérique du Nord. 



l'art de greffer. 187 

Mélaleuque armillaire {Melalenca armillaris). — Cette espèce 
est désignée pour servir de sujet aux autres espèces ou variétés 
du même genre. Beaucoup de Mélaleuques donnent au com- 
merce des produits utiles, notamment le Mélaleuque nain {Mela- 
leuca minor)^ duquel on retire l'essence ou plus vulgairement 
l'huile de Cajeput, d'un usage fréquent en médecine. 

Quinquina. — On connaît la valeur des arbres de ce genre, dont 
toutes les parties sont employées dans les arts. M. Baltet con- 
seille de se servir du Quinquina commun [Cinchona officinalis) 
comme sujet pour greffer les autres espèces. Cette indication 
a une importance capitale pour les habitants des pays de pro- 
duction. 

En plus des végétaux utiles et à fruit des tropiques, un cha- 
pitre exclusivement consacré au greffage des plantes herbacées 
ou sous-ligneuses a été introduit. Il a trait aux Chrysanthèmes, 
Coleus, Dahlias, Héliotropes, OEillets, Pelargonium, Pétunias, 
Roses trémières, Crotons, Erythrines, Fuchsias, Tacso- 
nias, etc., etc. 

Je citerai encore la description d'une greffe dontxM. Baltet est 
l'inventeur. Ce nouveau procédé, qui a reçu le nom de greffe 
sous écorce à Canglaise, déjà connu dans les pépinières sous la 
dénomination de greffe Baltet^ est beaucoup plus avantageuse 
que Pancienne opération appelée greffe sous écorce^ dans ce sens 
qu'au lieu d'un T tranchant seulement Técorce du sujet, ce qui 
permet aux deux parties, simplement appliquées l'une contre 
l'autre, de se disjoindre avec une grande facilité, l'auteur a ima- 
giné, dans la nouvelle greffe, de constituer au greffon une sorte 
de languette à l'aide de laquelle il se trouve complètement 
agrafé au sujet; par suite, les mauvais temps n'ont plus aucune 
prise, et le poids des premières feuilles des bourgeons de certains 
arbres n'est plus trop fort. 

Je dirai enfin que trente nouveaux dessins — ce qui porte le 
nombre total à 175 — artistement rendus, comme tous ceux 
qui faisaient déjà partie de l'ouvrage, sont venus complé- 
ter le remarquable travail de M. Gh. Baltet, et lui donner tout 
l'attrait qu'un bon et beau livre peut avoir. 

Je terminerai, Messieurs^ en vous faisant connaître que le 



188 RAPPORTS. 

Comité d'Arboriculture d'ornement et forestière, après avoir 
pris connaissance du présent Rapport, a décidé, à l'unanimité 
des membres présents, qu'il y avait lieu : 

1° De demander le renvoi de ce document à la Commission 
des Récompenses; 

2*^ De demander l'insertion du présent Compte rendu dans le 
Journal de la Société. 



Rapport sur le « Manuel de l'accllmateur » publié 
PAR M. Naudin ('!); 

M. Duchartre (P.), Rapporteur. 

Messieurs,, 

M. Naudin (Charles), membre de l'Institut et directeur du 
Jardin de la villa Thuret, à Antibes (Alpes-Maritimes), a fait 
hommage à la Société nationale d'Horticulture d'un ouvrage 
qu'il vient de publier sous le titre à^ Manuel de Tacclimateur (2), 
mais qu'il donne comme le résultat de sa collaboration avec 
M. le baron Ferdinand von Mùller, botaniste du Gouvernement 
anglais, à Melbourne (Australie). Chargé par M. le Président de 
rendre compte de cet important travail, je vais en indiquer le 
plan et lâcher d'en faire ressortir la haute valeur. 

Et d'abord quelle est la part de collaboration qui revient à 
chacun des deux savants justement célèbres, dont les noms sont 
inscrits sur le titre du livre? M. Ferd. von Mûller, qui a contri- 
bué plus que tout autre à faire connaître la végétation de l'Aus- 
tralie et à en introduire des représentants en Europe, avait fait 



(1) Déposé le 22 mars 1888. 

(2) Manuel de Vacclhnateur ou choix de plantes recommandées pour 
l'Agriculture, Tlndustrie et la Médecine, et adaptées aux divers cli- 
mats de l'Europe et des pays tropicaux, par Charles Naudin, membre 
de l'Institut, directeur du Jardin de la villa Thuret, à Antibes (Alpes- 
Maritimes) et le baron Ferd. von Muller, botaniste du Gouvernement 
anglais à Melbourne, ouvrage publié sous les auspices de la Société 
nationale d'Acclimatation ; in-S» de 566 pages. Paris ; 1887 ; librairie 
agricole, rue Jacob, 26. 



LE MANUEL DE l'ACCLIMATEUR. 189 

paraître, en 1881, un ouvrage qu'il avait intitulé : Choix de 
plantes extra-tropicales, immédiatement adoptables pour la 
culture industrielle ou pour la naturalisation [Select extra-tro- 
pical Plants, readily eligible for industrial culture or naturali- 
sation). Cet ouvrage a eu une seconde édition qui a paru à Mel- 
bourne, en 1886, et qui est indiquée comme ayant été revue et 
augmentée. C'est cette seconde édition que j'ai sous les yeux et 
avec laquelle je puis dès lors comparer l'œuvre qui va faire 
l'objet de ce Rapport. M. Naudin (Cli.) a pris le volume de 
M. Ferd. von Millier comme base ; il y a ajouté un nombre 
considérable de renseignements et d'articles ; il en a élargi I0 
cadre en y introduisant des chapitres d'un grand ifitérêt ; on 
peut dire qu'il a su ainsi le faire à peu près sien ; mais néan- 
moins, il a tenu à ce que le nom de l'auteur du travail primitif 
figurât à côté du sien en tête du livre notablement modifié et 
considérablement étendu par lui-même. 

Voici d'après quel plan est rédigé le Manuel de V acclimatsur , 
Après une introduction peu étendue (p. 1-4), destinée parti- 
culièrement à faire ressortir l'importance majeure qu'a, pour 
tout pays, Tintroduction dans ses cultures de plantes étrangères, 
l'ouvrage débute logiquement par un chapitre nouveau (p. 5-12) 
qui est intitulé : Considérations générales sur l'acclimatation 
des plantes. Il aurait été facile à l'autour de développer bien 
plus qu'il ne l'a fait cette première partie de son livre ; mais il 
a voulu surtout être concis, 'sans néanmoins rien négliger 
d'essentiel, et il est parvenu à exposer avec une remar- 
quable netteté, en un petit nombre de pages, les conditions 
fondamentales de climat, de sol, même de culture dont on doit 
se préoccuper sérieusement quand on essaie d'introduire dans 
un pays quelconque un végétal qui ne lui appartenait pas. Il a 
aussi fait ressortir avec raison la différence qui existe entre 
l'acclimatation et la naturalisation^ mots qui sont souvent con- 
fondus et dont cependant il importerait de ne se servir qu'en 
raison de leur signification réelle. Je me borne à indiquer 
maintenant les sujets traités dans ce chapitre, sur lequel je me 
propose de revenir plus loin. 

Un chapitre commode à consulter à des points de vue 



190 RAF'PORTS. 

différents est celui qui vient ensuite (p- 13-27)61 qui a pour titre: 
Aperçu géne'ral des genres de plantes auxquels sont empruntées 
des espèces déjà utilisées ou qui peuvent l'être. Il existe dans 
l'ouvrage anglais ; mais M. Naudin l'a notablement amélioré; 
soit en y établissant un classement plus méthodique, soit en le 
complétant à plusieurs égards, de manière à en porter à quinze 
pagesl'étenduequi était seulement de huit dans l'édition de Mel- 
bourne. Les genres en grand nombre qui y sont signalés en 
raison de l'utilité d'une ou plusieurs de leurs espèces sont rap- 
portés à huit grandes catégories, dont plusieurs sont encore 
subdivisées à leur tour; ce sont les suivantes: \° Plantes 
alimentaires pour l'homme; 2" Céréales ou plantes alimentaires 
pour l'homme par leurs graines féculentes ; 3'^ Plantes alimen- 
taires pour les animaux ; 4*^ Plantes condimentaires ou servant 
SLirtout d'assaisonnement; 5'^ Plantes industrielles, réparties 
entre seize subdivisions d'après leurs produits ou la nature de 
leurs usages ; ^^ Plantes médicinales ; 7*^ Arbres et arbrisseaux 
dont le hois est utilisé dans la charpente, les constructions 
navales, la menuiserie, l'ébénisterie, etc. ; 8° Arbres et arbris- 
seaux d'ornemeat, ou entrant dans la composition des haies 
vives, des clôtures et des abris contre le vent. 

Le troisième chapitre du Manuel de raccUmateur{^. 28-78) a pour 
titre: « Description sommaire des familles ou groupes naturels 
auxquels sont empruntées la plupart des plantes indiquées dans 
ce volume. » Il manquait dans l'ouvrage anglais. Les familles qui 
y sont décrites, au nombre de cent, sont rangées par ordre 
alphabétique, pour la commodité du lecteur. L'article relatif à 
chacune d'elles en indique les caractères distinctifs, la distri- 
bution géographique, les genres importants, les principaux 
usages des végétaux qu'elle comprend. 

Les plantes utiles ou intéressantes à un point de vue quel- 
conque sont généralement désignées, dans les pays où elles crois- 
sent naturellement, par un nom vulgaire sous lequel elles nous 
arrivent le plus souvent et sous lequel aussi elles sont généra- 
lement mentionnées, soit dans de nombreux ouvrages qui ne 
sont pas essentiellement scientifiques, soit dans le commerce et 
dans les relations journalières. Il importe donc au plus haut 



LE MANUEL DE L aCCLIMATEUR. 191 

point, d'un côlé, de connaître ces dénominations usuelles et, 
d'un autre côté, de pouvoir les rapporter aux noms scientifiques 
des plantes qui les ont reçues. La concordance entre ces deux 
ordres de désignations avait été établie par M. Ferd. vonMiilIer 
dans une liste par ordre alphabétique des noms vulgaires en 
face de chacun desquels se trouvait le nom botanique corres- 
pondant; M. Naudin (Ch.) ne s'est pas borné à reproduire cette 
liste; il l'a complétée et tellement développée qu'elle occupe, 
dans son Manuel, une étendue double de celle qu'elle avait dans 
le livre anglais. 

Après ces chapitres dont on ne saurait méconnaître l'intérêt 
majeur et qui, comme on l'a vu, appartiennent en propre à 
notre auteur, ou ont été considérablement étendus par lui, vient 
la partie fondamentale de l'ouvrage, c'est-à-dire l'énumération, 
selon l'ordre alphabétique, des plantes qui ont déjà trouvé place 
dans les cultures ou qui méritent, à un titre quelconque, d'j' 
être introduites. Ici encore, l'œuvre de M. Ferd. von Mùller a 
subi des modifications importantes et a reçu un accroissement 
notable. Cetle énumération occupait 413 pages dans l'édition 
de Melbourne, où elle avait été augmentée de 1347 espèces non 
mentionnées dans l'édition première ; elle occupe 459 pages 
dans le Manuel de Vacclimateur. Les articles relatifs aux plantes 
qui y figurent ont été revus, à peu près tous enrichis de docu- 
ments nouveaux et ont acquis par suite un intérêt encore plus 
grand. Un certain nombre d'entre les espèces signalées par 
M. Ferd. von Millier, mais dont l'utilité était plus ou moins 
contestable, ont été éliminées; mais, par contre, beaucoup de 
genres que le savant Aoriste de l'Australie avait laissés de côté 
ont été admis dans l'ouvrage français en raison des avantages 
qu'offrirait la culture d'une ou plusieurs de leurs espèces, et il est 
à remarquer qu'ils sont, pour la plupart, composés de végétaux 
ligneux. Il serait évidemment hors de propos de signaler ici 
toutes ces additions; néanmoins, afin de permettre de se faire une 
idée approximative de leur nombre et de leur intérêt, je crois 
pouvoir indiquer celles qui se rapportent à la lettre A. Elles 
ont pour objet les genres: Abies, A^gle, Agapetes, Amomum, 
Atnygdalus, Amyris, Anacardium, Antiaris, Armeniaca, 



192 RAPPORTS. 

Arthrostylidium, Asimina, dont quelques-uns, il est vrai, figu- 
raient à un rang secondaire comme étant rattachés à des 
groupes génériques plus étendus. Quant aux articles consacrés 
à chaque genre et à chaque espèce, si le fond en est généra- 
lement le même que dans l'ouvrage anglais, en ce sens que les 
données qui étaient consignées dans celui-ci ont été conservées 
dans la nouvelle rédaction, la contexture en a été complètement 
modifiée et presque toujours ils ont été enrichis d'indications 
nouvelles, surtout au point de vue de l'utilisation et de la cul- 
ture. Leur différence dans les deux livres me semble pouvoir 
être exprimée de la manière suis'ante : dans l'ouvrage anglais, 
ils étaient principalement botaniques ; dans l'ouvrage français, 
ils sont à peu près également botaniques et utilitaireSi 

Le Manuel de V acclimateur se termine par la liste des noms 
d'auteurs cités dans le cours de Touvrage et des abréviations 
par lesquelles on est convenu de les représenter dans les livres 
de botanique descriptive. 

Il est évident que l'ouvrage de M. Xaudin (Gh.) étant 
presque en totalité descriptif et réunissant des données précises 
en nombre extrêmement considérable, presque tous les cha- 
pitres qui le composent échappent à une analyse succincte, la 
seule qu'il pût être permis de donner ici. J'ai donc dû me borner 
à indiquer en peu de lignes l'objet de chacun de ces chapitres 
non susceptibles d'analyses. Mais, ainsi que je l'ai dit, ce livre 
commence par une partie plus générale, qui a trait aux con- 
ditions essentielles de Tacclimatation. Je crois qu'il n'est pas 
hors de propos de résumer ici ce que dit, à ce sujet, notre savant 
auteur. 

D'abord, que doit-on entendre par le mot acclimatation, et 
quelle est la différence de signification qui existe entre ce mot 
et celui de naturalimtion. Au sens propre du mot, acclimater 
un végétal c'est l'habituer à un climat difi'érent de celui sous 
lequel il vient naturellement, c'est-à-dire à l'état sauvage. Le 
changement, même^parfois considérable, de conditions auquel 
on le soumet par le transport dans un pays étranger et sous 
un nouveau climat peut être sans inconvénient pour lui s'il a 
été doué par la nature d'une très grande flexibilité de lempé- 



LE MANUEL DE l'aCCLIMATEUR, 193 

rament. Ainsi, comme le disait M. le professeur Max. Cornu, à la 
séance du 22 septembre 1887 (Voy. Journal, 1887, p. 558), 
le Matiihot carthagenense, qui croît naturellement dans un pays 
1res cliaud^ et qui, par suite, est essentiellement de serre chaude, 
supporte sans difficulté la culture à Tair libre au Jardin 
des Plantes de Paris, fleurit et fructifie dans cette situation si 
étrange pour lui, ce semble, en raison de son origine. Mais 
presque toujours les limites de cette flexibilité sont bien plus 
étroites, et alors la culture ne peut s'approprier des végétaux 
étrangers plus ou moins délicats que si elle parvient à en altérer 
les caractères primitifs, surtout à en obtenir des races plus 
rustiques. Ainsi « non seulement, dit M. Naudin, la culture^ 
« surtout lorsqu'elle a été longtemps continuée, a considéra- 
« blement amélioré les plantes et leurs produits, mais elle a 
« encore fait naître et pour ainsi dire créé des races artificielles 
« très différentes par la figure, les dimensions, le tempérament, 
« la précocité, et, si l'on veut me passer ce néologisme, par la 
« climatéricité o. Les végétaux acclimatés sont donc des végé- 
taux « convenablement modifiés pour le but qu'on se propose ». 
Quant à la naturalisation, elle diiïère de l'acclimatation^ selon 
notre auteur, « en ce que certaines plantes se propagent loin du 
« lieu de leur origine sans le concours de l'homme, ou du moins 
« sans que l'homme se donne la peine de les cultiver. » Celles 
qui se sont ainsi implantées dans un pays sans l'intervention de 
la culture, souvent même en triomphant des efforts que les 
cultivateurs faisaient pour les détruire, ne sont pour nous que 
des mauvaises herbes. En d'autres termes, une acclimatation 
ne peut avoir lieu que grâce aux soins éclairés et persévérants 
de l'homme^ tandis que les naturalisations sont toutes sponta- 
nées. 

Ceci posé, quelles sont les conditions essentielles pour toute 
acclimatation? M. Naudin en reconnaît trois: «1° Il faut d'abord 
« tenir compte des conditions climatériques du pays d'origine 
« des plantes à introduire dans des pays nouveaux. Le succès 
, u sera d'autant plus assuré que ces conditions seront moins 
; « dissemblables; car, si flexible que soit le tempérament des 
(( plantes, cette flexibilité a cependant des limites, n II est 

13 



194 RAPPORTS. 

évident, en effet, que si un végétal transporté dans un nouveau 
pays y retrouve à peu près le climat pour lequel il a été créé, 
il n*y aura, ce semble, pas de raison pour qu'il y vienne moins 
bien qu'il ne le faisait dans sa patrie. Mais ici se présente une 
question de la plus haute importance. Pour reconnaître l'ana- 
logie ou la dissemblance de deux climats, on a généralement 
comme donnée principale la température moyenne annuelle de 
l'un et de l'autre; or, la température moyenne de l'année peut 
être la même ou à fort peu près pour deux pays dont les climats 
ditlèrent essentiellement. Dans le voisinage des grandes mers, 
les hivers sont doux et les étés tempérés, tandis que, dans l'inté- 
rieur des continents, ces deux saisons amènent, l'une des gelées 
rigoureuses, l'autre des chaleurs brûlantes; de là est venue la 
distinction parfaitement légitime de climats marins et de climats 
continentaux. On rencontrera toujours de grandes difficultés, 
souvent même on échouera complètement, si l'on veut faire 
vivre à l'air libre, sous un climat continental, une plante qui 
croit naturellement sous un climat marin, tandis qu'une autre 
qui a été créée pour un climat continental n'aura certainement 
pas à redouter les hivers d'un chmat marin, mais pourra ne pas 
y trouver, en été, une chaleur suffisante pour bien mûrir ses 
fruits; cependant, dans l'un et l'autre cas, le pays d'origine et 
celui d'importation pourront avoir la même température 
moyenne annuelle. 

Une autre considération de la plus haute importance est celle 
de l'altitude à laquelle vient spontanément, dans son pays natal, 
une plante qu'on veut acclimater. On sait que, à mesure qu'on 
s'élève sur une montagne, la température baisse et que, par 
suite de ce refroidissement progressif avec la hauteur, les 
grandes montagnes sont couronnées de neiges et de glaces éter- 
nelles, même quand elles s'élèvent au milieu des plaines 
brûlantes des régions équatoriales. Il importe donc essentiel- 
lement, quand on veut cultiver sous un climat tempéré un 
Végétal originaire de régions chaudes, de savoir s'il croit là en 
plaine ou sur des montagnes, et, dans ce dernier cas, à quelle 
hauteur on le rencontre. 

2" « 11 faut tenir compte de la nature minéralogique du sol- 



LV. MANUEL DK l'aCCLIMATEL'R. 195 

u Beaucoup de plantes y sont indifférentes ou presque indiflc- 
« rentes ; mais il en est aussi pour lesquelles elle est une question 
« de vie ou de mort. » La terre dans laquelle prospèrent la 
plupart des espèces est un mélange par portions à peu près égales 
de calcaire, de silice et d'alumine, auquel s'ajoutent, en faibles 
proportions, des phosphates et des sels de potasse, et qui eet 
rendu plus nutritif par l'humus ou terreau naturel, résultant c!c 
la décomposition de diverses substances organiques, tant animales 
que végétales. Mais cette composition moyenne n'est pas celle 
qui convient à toutes les plantes : certaines ont besoin d'une 
prédominance de calcaire ; ce sont celles qu'on qualifie do 
calcicoles ; d'autres, au contraire, ne prospèrent que dans un 
terrain oîi cet élément n'existe qu'en très petite quantité; elles 
sont, comme on le dit^ calcifuges; celles-ci ont besoin d'une 
terre à la fois nutritive et très perméable, comme celles qui 
réussissent uniquement ou au moins de préférence en terre de 
bruyère, c'est-à-dire dans un mélange d'humus et de sable; 
celles-là ne végètent convenablement que dans un sol fortement 
argileux, par conséquent compact et retenant fortement l'humi- 
dité; enfin, ii est des espèces plus ou moins aquatiques, etd'autres 
qui sont propres aux terrains secs. Si l'on ignore la nature du 
terrain dans lequel végète naturellement la plante qu'on veut 
acclimater ailleurs, on sera exposé à se heurter contre des 
difficultés sérieuses, ou même à échouer complètement dans les 
essais de culture qu'on en fera au hasard. Il y a donc là encore 
un ordre de notions qu'on doit s'efforcer d'acquérir si l'on ne 
veut aboutir à un insuccès. 

3*^ Enfin, dit M. Naudin, « savoir choisir les climats, les sites 
« convenables et les terrains n'est pas le tout de l'art de l'accli- 
« mateur. Il faut qu'il y ajoute une suffisante connaissance des 
« procédés de la culture, qu'il sache semer, bouturer, marcotter 
(( et greffer, élever le jeune plan, le protéger contre les vicissi- 
{( tudes atmosphériques ou les attaques des insectes, le trans- 
« planter dans la saison convenable, l'arroser quand la nécessité 
« s'en fait sentir, etc , toutes opérations qui demandent une cer- 
« taine instruction théorique et tout autant d'expérience prati- 
« que. » 



196 B APPORTS. 

On voit que le Manuel de racclimateur ne laisse dans l'oubli 
rien de ce qui peut assurer le succès à quiconque veut enrichir 
la culture de son pays de plantes empruntées à d'autres régions. 
C'est un ouvrage complet, précis, rempli de données instruc- 
tives, méthodique et, par cela même, facile à consulter; il justifie 
parfaitement son titre de Manuel, car il devra être toujours dans 
la main non seulement des acclimaleurs de profession, mais 
encore de ceux qui, cultivant, sont presque nécessairement 
désireux d'enrichir leurs cultures de raretés ou de nouveautés. 
J'espère donc que la Société nationale d'Horticulture voudra 
bien honorer de sa haute approbation l'excellent travail de 
M. Ch. Naudin et en donnera ce savant auteur une marque 
éclatante. C'est dans cet espoir que je demande le renvoi de ce 
Rapport à la Commission des Récompenses. 



Rapport sur le mode de culture de la Reine-Marguerite a 

contre-saison, imaginé et pratiqué 

par M. ScHWARTZ, jardinier à Bagneux (1); 

M. Savoye père, Rapporteur. 

Pendant l'année 1886, M. Schvrartz a apporté au Comité de 
Floriculture des Reines-Marguerites en fleurs, à plusieurs séances, 
Dotamment à celle du 23 octobre, où il en a montré une très belle 
corbeille. It a remis en même temps au Comité une note détaillée 
dans laquelle il décrit son procédé de culture, qui a pour résul- 
tat de faire fleurir cette plante à des époques où on ne l'avait 
pas encore vue en fleurs. Cette note a été publiée dans le Jour- 
nal de la Société, cahier de février 1887, p. 99-101. 

Pour remercier M. Schwartz de ses nombreux apports faits 
horsconcours ainsi que de la divulgation de ses procédés de culture 
qui sont appelés à rendre service à l'Horticulture, à l'unanimité 
de ses membres, le Comité de Floriculture demande le renvoi du 
travail de M. Schwartzà la Commission des Récompenses. 

(1) Déposé le 8 mars 1888. 



parc de la liberté, a lisbonne. 1117 

Rapport sur les projets récompenses dans le concours pour 
LE Parc de la Liberté, a Lisbonne (1); 

M. Glî. ÏHAYS, Rapporteur. 

L'emplacement choisi par la municipalité de Lisbonne pour 
la création d'un Parc public occupe une surface de 38 hectares 
1/2 environ. C'est un terrain très accidenté, complètement 
dépourvu d'arbres ou d'arbusles, depuis longtemps laissé à 
l'état de friche et liniité de tous côtés par des avenues impor- 
tantes. Sa forme est celle d'an parallélogramme allongé dont le 
grand axe traverse exactement dans son centre la grande place 
circulaire terminant l'avenue de la Liberté, qui delà ville donne 
un accès au Parc. 

C'est là une disposition très heureuse qui facilitait dans une 
certaine mesure les études des concurrents. 

Projet prsenté par M. Liisseau. Premier Prix. 

Lorsqu'on examine le plan d'ensemble de ce projet, on 
remarque de suite que son auteur ne s'est pas maintenu à cet 
article du programme remis aux concurrents qui exigeait qu'une 
avenue large de 35 mètres fît le tour du parc. Il a prévenu la 
monotonie relative de cette immense voie en renversant la 
direction de son axe tantôt à droite, tantôt à gauche et aussi en 
réunissant ses parties opposées et presque parallèles par deux 
larges avenues transversales, dès que la configuration du sol lui 
a permis de le faire. 

De ce réseau principal partent les allées secondaires et les 
sentiers, les uns et les autres peu nombreux, mais en quantité 
suffisante, d'un tracé harmonieux et conduisant d'une manière 
toute naturelle aux différents motifs d'intérêt que nous aJlons 
rapidement examiner. 

En face de l'entrée principale du Parc, et tout auprès de la 
grande avenue de ceinture, se trouve le lac, aux contours 

(l) Déposé le 8 mars 1888. 



108 RAITOIITS. 

accidentés^ ayant une surface d'environ 1 hectare 1/2 et à une 
extrémité duquel est ménagée une île dont la silhouette est très 
pittoresque. Une passerelle unique donne accès a cette île. 

Le lac est alimenté par un cours d'eau qui suit en serpentant 
une vallée naturelle conservée et prend sa source presque à 
l'autre extrémité du Parc, au pied d'une large cascade donnant 
une chute d'eau de plus de l'a mètres de hauteur, et largement 
accompagnée de mas>es de rochers qui se perdent peu à peu 
dans la verdure. 

Cette masse imposante, très décorative, est surmontée d'un 
ensemble de ruines représentant les restes simulés d'une antique 
abbaye. 

Les eaux proviennent d'une nappe d'eau souterraine existante ; 
M. Lusseau, dans son projet, les élevait au moyen d'un moulin 
à vent et les emmagasinait dans de vastes réservoirs pour les 
utiliser ensuite aux heures où les cascades devraient fonctionner. 
Parmi les nombreux autres points décoratifs principaux du 
projet de M. Lusseau, le plus important est situé sur les contours 
de gauche du Parc et auprès (le la grande avenue de ceinture. 
11 consiste en un ensemble architectural assez considérable et 
très réussi, qui réunit un café-concert, une salle de théâtre, un 
restaurant, une salle de jeux, elc. 

Ces diverses constructions, d'un style moresque très gai, 
sont symétriquement groupées sur une terrasse très élevée d'où 
la vue s'étend librement sur les diverses parties du Parc. 

Presque en face et de l'autre côté de la vallée, à un niveau 
presque aussi élevé, se trouve une vaste place circulaire, plantée 
d'arbres, avec vues dans toutes les directions et au centre de 
laquelle est placé le kiosque de musique. 

Citons encore la Ferme et la Laiterie. Celle-ci est séparée de 
l'étable par d'immenses glaces sans tain, de manière que les 
consT)mmateurs puissent se rafraîchir sans qu'aucune émanation 
désagréable parvienne à leur odorat. 

Tels sont les caractères principaux du projet de M. Lusseau. 
Ajoutons que ce projet nous a semblé très bien conçu pour le 
groupement des plantations et l'aménagement des vues. 

Son exécution totale, d'après les devis, aurait atteint le 



PARC DE LA LIBERTÉ, A LISBONNE. 199 

chiffre de 2.503.000 francs, compris la construction des égouts 
et la canalisation du gaz et des eaux. 

Les terrassements proprement dits nécessitaient une dépense 
do 1.1 39. 485 fr. 75 et la plantation 102.641 fr. 16. 

Projet présenté par M. Eug. Deny. Troisième Prix. 

Dans le projet de M. Deny, le lac occupe à peu près le même 
emplacement que celui qui a été choisi par M. Lusseau, la 
configuration spéciale du sol devant d'ailleurs amener ce 
résultat. 

L'île, aux bords très escarpés et surmontée d'une ruine, est 
placée de manière à produire son maximum d'effet de l'entrée 
du Parc et même de la place de la Liberté, qui le précède. 

Cet effet est des plus réussis. Les bords du lac ont des aspects 
très variés : d'un côté, ils sont escarpés et garnis de roches que 
recouvre en partie une végétation rampante ; de l'autre, au 
contraire, des pelouses légèrement vallonnées séparent le lac 
de la grande allée de ceinture et permettent aux promeneurs 
de jouir de l'effet des ruines, des arbres et des amas de rochers 
se reflétant dans les eaux. 

L'objectif central du projet est une statue colossale qui se 
trouve à l'extrémité opposée du Parc dans le prolongement de 
l'axe de l'avenue de la Liberté. 

Cette statue représente Minerve et symbolise la Force et la 
Liberté par la Paix. 

Une large percée traversant tout le Parc dans le sens de sa 
longueur permet d'apercevoir la statue, alors que l'on se trouve 
à l'autre extrémité de l'avenue de la Liberté. 

Sur le promontoire de droite, à mi-longueur du Parc, M. Deny 
a très heureusement placé un café-restaurant séparé par des 
jardins à la française du kiosque de musique et dont la terrasse 
élevée permet d'envisager successivement les divers aspects du 
Parc. 

Une immense pelouse entoure celte terrasse et descend d'abord 
presque à pic, puis avec une pente plus adoucie, jusqu'à une 
allée de corniche qui la limite et qui se trouve au-dessus des 
berges escarpées et rocheuses qui bordent le lac de ce côté. 



200 RAPPORTS. 

Le cours d'eau qui alimente le lac suit capricieusement la 
vallée naturelle dont nous avons précédemment parlé ; en se 
séparant plusieurs fois, il forme de petites île» dont l'effet est des 
plus pittoresques et qui sont parcourues par des sentiers coupés 
de passerelles, gués, etc. 

Il est formé de deux bras, dont l'un prend sa source au pied 
d'une cascade retombant d'une hauteur de 12 mètres comme 
une longue nappe. 

Au-dessus de cette masse de rochers se trouve un rond-point 
d'où la vue s'étend sur le Tage, la vallée, la ville et sur des 
lointains montagneux, d'un aspect sévère. 

Le projet présenté par M. Deny, avec variante comprenant 
l'établissement d'un Jardin d'acclimatation sur une surface de 
8 hectares, ne modifiait en rien les dispositions principales 
que nous venons d'examiner; seule l'avenue de ceinture subis- 
sait une modification de tracé, étant repoussée vers le centre du 
Parc, dans le quart environ de sa longueur, pour laisser le 
jardin en dehors de sa courbe. 

Cette partie du projet de M. Deny a été étudiée d'une façon 
précise et très réussie. Le tracé en est harmonieux et toutes les 
installations spéciales qui font l'attrait de ces utiles promenades 
ont été prévues et disposées avec goût, sans que le coté pratique 
ait été négligé. 

Le devis annexé au projet de M. Deny comportait une dé- 
pense totale de 2.1 87.60Ofraucs, dont 779.000francs, pour les ter- 
rassements et 1 05.952 fr. 87 pour le jardinage et les plantations. 

Nous aurions désiré prolonger cet examen, et certes les 
éléments d'intérêt sont nombreux et d'effets très variés dans les 
deux projets récompensés; aussi serait-on tenté d'en parler 
beaucoup plus longuement; mais nous avons seulement été 
chargé d'en esquisser les pj-incipaux traits, d'en indiquer l'éco- 
nomie générale, ce que nous avons cherché à faire d'une 
manière aussi concise que possible. 

La Commission, dans la conclusion de ce Rapport, dont elle 
demande le renvoi à la Commission de Rédaction, a eu surtout 
en vue de rendre hommage au talent de deux de ses collègues, 
et d'applaudir à leur succès. 



EXPOSITION POMOLOGIQUE d'eURE-ET-LOIR. 201 

COMPTES RENDUS D'EXPOSITIONS 



Compte rendu de l'Exposition pomologique d'Eure-et-Loir (1), 
par M. Adolphe Courtois, pépiniériste à Glamart (Seine). 

Messieurs, 

Je viens vous rendre compte de la mission que vous m'avez 
confiée en me désignant pour vous représenter à l'Exposition 
de Chartres, qui avait lieu le 19 octobre 1887. 

Elle se trouvait installée au foyer du théâtre, grande et belle 
salle qui se prêtait très bien à la circonstance. Elle avait 
d'ailleurs été, ainsi que l'escalier qui y donne accès, admira- 
blement décorée de plantes et de fleurs, par les horticulteurs et 
fleuristes de Chartres, sous la direction du Comité [d'organi- 
sation de la Société. 

Le mercredi 19 octobre, à midi, le Jury était convoqué chez 
M. Jules Courtois, Président de la Société. Beaucoup de Jurés 
n'ont pas répondu à l'appel qui leur avait été fait. Il était 
composé de MM. Christen, horticulteur-fleuriste à Versailles, 
délégué de la Société d'Horticulture de Seine-et-Oise, Président; 

Doublet, horticulteur à Montrichard (Loir-et-Cher), délégué 
de la Société tourangelle d'Horticulture; 

Levalois, propriétaire à Chartres, membre de la Société 
d'Horticulture d'Eure-et-Loir et de votre Délégué. 

M. Allegret, conducteur des Ponts et Chaussées à Versailles, 
a été nommé Secrétaire. Le Jury, après s'être adjoint le Secré- 
taire-général de la Société, est entré eu fonctions à midi et 
demi. 

Chaque Juré avait reçu un programme des concours, au 
nombre de trois pour les fruits de table, un pour les fruits de 
pressoir, cinq pour les Raisins de table et de pressoir, et un pour 

(1) Déposé le 12 janvier 1888. 



202 COMPTE RENDU 

les Chrysanthèmes en fleurs coupées, soit en tout dix 
concours. 

Les Chrysanthèmes n'étant pas fleuris celte année^ il n'y avait 
pas d'apport. 

Il nous restait simplement à juger les fruits. 

Le Jury a regretté, pour tous les concurrents, que leurs 
produits n'eussent pas été exposés dans des assiettes, par lots 
de trois fruits de chaque variété, au lieu d'être tassés sur de la 
mousse où ils ne ressortaient pas. 

C'est M. Vassort, pépiniériste à Chartres, qui avait la collec- 
tion la plus riche, formée de cent quarante -quatre variétés de 
Poires, toutes bien étiquetées. Son lot contenait en outre qua- 
torze variétés de Pommes, quatre de Raisins et trois de Pèches. 
Le Jury lui a attribué le premier prix, consistant en une mé- 
daille d'or. 

M. Bardiaux, propriétaire à laVilledieu, commune de Manou, 
avait un apport remarquable de fruits : soixante et une variétés 
de Poires bien nommées, quinze variétés de Pommes, sept de 
Pêches et cinq de Raisins. Les Raisins étaient remarquables par 
leur grosseur. M. Bardiaux avait pratiqué l'incision annulaire 
sur certaines grappes. Il était facile de se rendre compte de 
l'avantage de ce travail pour la précocité et la grosseur des 
grains. Le Jury lui a attribué le second prix, consistant en une 
médaille de vermeil grand module. 

M. Moreau, jardinier à l'Ecole normale d'Instituteurs de Char- 
tres, avait un ensemble de quatre-vingt-deux variétés de Poires 
et de Pommes, huit de Raisins et trois de Pêches. Ce lot lui a 
valu une médaille de vermeil. 

M. Bouchard, fleuriste et pépiniériste à Luisant, près Char- 
tres, avait cinquante-deux variétés de Poires, vingt-trois de 
Pommes, six de Raisins de table et Irois de Raisins à vin, et 
quatre corbeilles garnies de Doyenné d'hiver et du Comice, de 
Beurré Diel, de Triomphe de Jodoigne et de Bon-Chrétien d'hi- 
ver ; médaille de vermeil. 

MM. Maisonnier et Voisin, horticulteurs à Chartres, avaient 
exposé un lot composé de quarante-deux variétés de Poires et de 
Pommes, deux de Coings, sept de Raisins; médaille de vermeil. 



DE l''exposition pomologique d'eure-et-loir. 203 

M. Emile HurtauU^ jardinier de clientèle, à Chartres, avait 
exppsé un lot composé de soixante-huit variétés de Poires, 
vingt-trois de Pommes. L'éliquetaque était mauvais ; médaille 
de vermeil. Cette médaille est la réunion de deux médailles 
d'argent de deuxième classe : l'une pour son lot de Poires, 
l'autre pour son lot de Pommes. 

M. Champion, vigneron à Champhol, exposait cinquante 
variétés de Poires^ seize de Pommes, des Pêches, des Coings, 
des Noix, des Raisins et des Nèfles : médaille de vermeil grand 
module. 

M. Leclerc-Joulay, propriétaire à Chartres, avait exposé un 
lot composé de Raisins de serre et de pleine terre. On admirait 
surtout ses deux corbeilles de Frankenthal et Chasselas rose 
supérieur et quatre corbeilles de belles Poires Duchesse d'Aji- 
goulême, Triomphe de Jodoigne, Beurré Diel, Beurré Breton- 
neau et Beurré Bachelier : médaille de vermeil. 

M. Lacaille, horticulteur à Frichemesnil, par Clercs (Seine- 
Inférieure), avait exposé un lot de deux cent soixante-douze 
variétés de Pommes à cidre. Toutes ces variétés étaient étique- 
tées par un numéro d'ordre, reproduit sur des tableaux qui 
donnaient le nom et la synonymie des variétés, l'époque de la 
floraison de l'arbre, celle de la maturité, la qualité du jus, la 
santé, le port et la vigueur de l'arbre, sa fertilité et le sol, ainsi 
que la proportion utile qu'il doit avoir dans une plantation : 
médaille de vermeil. 

M. Petit, instituteur à Saint-Maurice-Sainl-Germain, avait 
exposé un lot comprenant soixante-cinq variétés de Pommes 
à cidre et quarante-cinq de Poires à cidre : médaille d'argent 
grand module. 

M. Fourcine^, pépiniériste à Dreux, exposait vingt-neuf va- 
riétés de Pommes à cidre, une Poire et deux Pommes obtenues 
de semis : la Poire Comtesse de Paris ; les Pommes Président 
Jules Courtois et Reine des Fontaines, dont Pobtenteur mérite 
de grands éloges : médaille d'argent grand module. 

Le jardin de la Société avait exposé, hors concours, ses prin- 
cipaux fruits : soixante et une variétés de Poires, treize va- 
riétés de Pommes et onze variétés de Raisins. 



204 REVUE BIBLIOGRAPHIQUE ÉTRANGÈRE. 

D'autres médailles d'argent et de bronze ont été distribuées 
à d'autres exposants dont les lots avaient moins de valeur. 

Le soir, un banquet, présidé par M. A. de Saint-Laumer, Pré- 
sident honoraire de la Société, a été offert par celle-ci aux 
membres du Jury. La plus sincère cordialité n'a cessé d'yrégner, 
et les membres du Jury en ont certainement tous emporté le 
plus agréable souvenir. 



REVUE BIBLIOGRAPHIQUE ÉTRANGÈRE 



Plantes nouvelles ou rares décrites dans des publications 

ÉTRANGÈRES 
THE GARDEN 

Ipomîca Hor.sfallîae (I). — The Garden du 20 août 1887, 
pi. 610, p. 152. — Jamaïque. — (Convolvulacées.) 

Cette plante est une belle espèce grimpante qui exige la 
serre chaude ; l'auteur de l'article qui I9 concerne dit qu'elle 
n'a pas d'égale parmi toutes celles fleurissant en hiver qu'on 
peut faire grimper contre les piliers des serres; néanmoins, bien 
qu'elle ait été introduite depuis longtemps, elle est encore rare 
dans les collections, parce que la multiplication n'en est pas 
facile. Elle ne donne pas, parait-il, de bonnes graines, quand 

('l)iV. fî. — L'article qui suit est un résumé de celui qui a paru dans 
The Garden du 20 août, signé des initiales W. H. G.; mais le même 
recueil, dans son numéro du 1 G septembre suivant,en a publié un autre 
dû à M. W. Watson, de Kew, duquel il résulte que la plante décrite 
et figurée précédemment sous le nom dlpo?nwa Horsfallix est un 
hybride issu de celui-ci et qui doit être appelé Ipomœa xBriggsi ou 
Ipomée Lady Briggs, comme on l'a nommé à Kew. La plante a été 
envoyée à Kew, de la Nouvelle-Grenade, il y a environ quatre ans, par 
sir Graham Briggs. Elle diffère de 17. Horsfalliœ type par son feuillage 
plus ample, par son calice plus long, le tube de la corolle plus 
large, etc. 



PLANTES NOUVELLES OU RARES. :2U5 

elle est cultivée, et, d'un autre côté, elle ne reprend pas de bou- 
tures. Il faut donc la greffer sur une congénère à racine tubé- 
reuse, en posant la greffe sur un tubercule de volume moyen et 
en prenant pour greffon un scion à deux yeux, long d'enviro-n 
0°^,'15, et dont le bois soit moyennement aoûlé. On enterre 
ensuite le tubercule greffé dans un compost formé par portions 
égales de terre franche, de terreau de feuilles, de terre de 
bruyère et de sable, et en soumettant le tout à une bonne cha- 
leur de fond. V/pomœa Horsfalliœ est vivace et toujours vert. Ses 
feuilles sont digitées, à segments ovales-lancéolés, acuminés, 
fortement ondulés, d'un vert foncé. Il produit en abondance, 
pendant les mois les plus sombres de l'hiver, des fleurs à long 
tube, plus ou moins étranglé au-dessus de sa base, et à limbe 
étalé, peu profondément 5-lobé, larges de 0™, 3-0"", 04, colo- 
rées uniformément en beau rouge écarlate, 

lleîiiwarcltîa tetrag'viia. — The Garden du 3 septembre 1887, 
pi. 612, p. 200. — Reinwardtie à quatre styles. — Indes orientales. 
— (Linacées.) 

Les Reinwardties ont été détachés des Lins surtout parce 
-que leurs fleurs n'offrent que trois ou quatre styles au lieu des 
cinq qu'ont les Lins et sont dépourvues des glandes qui se trou- 
vent à la base des pétales chez les vrais Linum. Le Reinwardtia 
letragijna est une plante de serre remarquable par l'abondance 
avec laquelle elle produit, pendant l'hiver, ses fleurs jaunes, 
en entonnoir, larges de 0"\05. Ses feuilles sont entières, oblon- 
gues-lancéolées, en pointe au sommet et à la base. Pour l'ob- 
tenir dans le meilleur état possible, il faut en renouveler les 
pieds annuellement de boutures faites au printemps, vers la fin 
de mars ou au commencement d'avril, qu'on tient, jusqu'à la 
reprise, dans une atmosphère à la fois chaude et humide. Les 
jeunes pieds rempotés successivement, d'abord isolément dans 
de petits godets^ puis plus au large, sont mis finalement dans 
des pots bien drainés et remplis d'un compost de terre franche, 
de terre de bruyère, de terreau de feuilles et de sable par 
portions à peu près égales. En été, on les tient en serre froide 
et on les pince pour en favoriser la ramification. 



206 REVUE BIBLIOGRAPHIQUE ÉTRANGÈRE. 

Slîgîîîapliyllon eiliatiiin. Ad. Juss. — The Gard., 25 févr. 1888, 
pi. 637, p. 170. — Stigmaphylle cilié. — Brésil. — (Malpighiacées.) 

Le Stigmaphylle cilié est un arbrisseau grimpant très recom- 
mandable pour l'abondance avec laquelle il produit ses jolies 
fleurs jaunes et son charmant feuillage ; néanmoins, bien qu'il 
ait été introduit dans les cultures européennes à une époque 
déjà assez éloignée, on ne le trouve guère encore que dans 
quelques jardins botaniques, et il manque dans à peu près 
toutes les collections d'amateurs. Il y a quelques années, il y en 
avait, dans le jardin de Kew, un pied qui couvrait entièrement 
le mur du fond d'une vieille serre, et qui, pendant plusieurs 
mois, le tapissait de ses fleurs ; actuellement il en existe un qui 
produit un très bel effet dans la serre aux Palmiers de ce grand 
établissement. Le Stigmaphylle cilié est une plante vigoureuse, 
qui prend un grand développement. Ses feuilles sont opposées, 
pétiolées, en cœur, glabres mais fortement ciliées. Ses fleurs, 
d'un beau jaune, sont disposées par trois à six en ombelles ter- 
minant chacune un long pédoncule qui part de l'aisselle d'une 
feuille ; leurs pétales rétrécis dans le bas en un assez long 
onglet ont le limbe arrondi et plus ou moins frangé au bord. Le 
Garden dit qu'au premier coup-d'œil elles rappellent celles de 
VOncidiwnbicaJlosum. La culture de celte plante est très simple. 
On la plante en pots bien drainés, remplis d'un mélange de deux 
parties de terre franchs, une partie de terre de bruyère et une 
partie de sable. Elle a besoin de beaucoup d'eau enarrosements 
et en seringages. Néanmoins elle vient mieux et surtout produit 
plus d'efl'et dans la pleine terre d'une serre tempérée qu'en pot. 

Passîflora Watsonîaiia. — The Gard., 3 mars 1888, pi. 638, 
p. 194. — Passiflore de Watson. — Patrie? — (Passiflorées.) 

Cette nouvelle Passiflore, dont l'origine est inconnue, est 
arrivée, ily a quelques années, au Jardin botanique de 
Kew, envoyée par un horticulteur de Londres, sous le nom de 
Passiflora kerynesina. Elle y a fleuri pour la première fois dans 
l'automne de 1886. Elle s'est montrée vigoureuse et très flori- 
fère, sa floraison durant environ deux mois, d'ordinaire en sep- 
tembre et octobre. Elle exige la serre chaude. De sa tige prin- 



PLANTES NOUVELLES OU RARES. ^07 

cipale pendent de longues branches grêles et nombreuses, 
chargées de feuilles trilobées, dont la face supérieure est d'un 
beau vert; tandis que l'inférieure est violacée. De l'aisselle de 
ces feuilles partent les fleurs larges de sept ou huit centimètres. 
Ces fleurs ont les sépales verts avec une large bordure blanche 
à leur face externe, teintés de violet à leur face interne ; leurs 
pétales sont d'une couleur lilas pâle ; la couronne, qui en fait le 
principal ornement, comprend deux cercles de filaments, dont 
ceux du rang extérieur, qui sont presque aussi longs que le calice 
et la corolle, sont violets avec quelques cercles blancs, tandis 
que ceux du rang interne, longs de O'", 025, sont d'un violet 
purpurin intense. 

Irî« caiicasîca. — The Gard., 24 mars 1888, p. 269 avec lig. 
noire. — Iris du Caucase. — Caucase. — (Iridées.) 

L'auteur de l'article relatif à cette plante déclare qu'elle est 
de beaucoup la plus belle d'entre les espèces à floraison hàlive 
de ce grand genre. 

Tenue dans un simple coffre froid, elle peut être déjà fleurie 
dans la seconde quinzaine de mars. Elle est du reste parfaite- 
ment rustique et, en pleine terre, elle fleurit abondamment, 
chaque année, dès que les mauvais t^mpsont pris fin. Ses fleurs 
sont d'un beau jaune d'or, avec quelques lignes et macules 
brunes ; elles sont produites successivement à l'aisselle des trois 
ou quatre feuilles supérieures. Les feuilles distiques, lancéolées, 
assez larges, ouvertes et étalées, non ployées en deux sur leur 
ligne médiane, comme elles le sont dans la généralité des Iris, 
sont remarquables par le luisant de leur facv? supérieure qui 
semble couverte d'un vernis. 



Le Secrélaire-rédcic leur-gérant y 

P. DUGUARTRE. 



Paris. — Imprimerie G. Rougier et Cit*. rue Cassette, 1. 



208 



MARS 1888 



Observations météorologiques faites par M. F. Jamin, a Bourg-la-Reine, 
PRÈS Paris (altitude : 63™ environ) 



TEMPÉRA.TCRE 



Miaim. Maxim 



HACTECR 

du baromètre. 



Matin. Soir. 



VENTS 

dominants. 



ÉTAT DD CIEL. 



1 

2 


-8,9 
- 8,2 


2 2 

3;ô 


766,5 
765 


765,5 
762 


3 


- 3, 


4,i 


759 


763 


4 


— 4,7 


4,4 


762, 5 


760 


5 

6 
7 
8 


- 4,4 

— 1,0 
0,i 
0,1 


5,1 

6,6 

-12,0 

il, 2 


763 
765 
768 
765,5 


765, 5 
767,5 
768 
762,5 


9 
10 


7,7 
8,0 


-12,8 
14,9 


758,5 
751,5 


754,5 
753, 5 


11 


f.,0 


13,6 


T4<>, 5 


747,5 


12 


■'■,0 


-11,9 


748 


749 


13 


^ 


0,4 


750, 5 


753 


14 


3,4 


9,2 


749 


745, b 


15 


2,6 


12,8 


746 


745 


16 
17 


0,6 
— 0,1 


5.7 
4,4 


745,5 
751,5 


749 
757,5 


18 
19 


- 6,4 



— 2. 2 


759,5 
757 


759 

:57,5 


10 
21 


-8,9 
-4,0 


3,0 

2,8 


758,5 
763 


761 

766 


2?. 
23 


~ 2,0 
G 


4,0 
6, 5 


765,5 
756 


760 

747 


24 


2,5 


12,2 


748 


747 


i5 


4,9 


10,3 


7-15, 5 


743,0 


26 


1,2 


1 2, 3 


7 '4 fi 


741 


27 


2,6 


10,2 


742,5 


742 


28 
29 




16,7 
11,0 


(H 
738,5 
736 


736 
738 


30 


4,2 


11,8 


743, 5 


730 


31 


2,7 


11,2 


753,5 


760 



N. NE. 
>'. NNO, 



NO. SO. E. 



N. 

S. 0. E. 

SE. 

SO. 

S. 
0. SO. 

S. SO. 0. 



OSO. 
N. NE. 

NE. SE. 

SSO. 



NNE. 
NNE. 

S. SI':. 

N. NE. 

S. 
S. 

SSO. 

0. SO. 

S. 
SSO. 

SSO. 0. 

s. 

SO. 
0. NO. 



Nuageux le malin, clair. 
Légèrement brumeux le malin, clair 

clans le mil. de lajourn., couvert. 
Couvert, grésil dans la malinée cl dan- 

l'apr.-midi, nuageux, clair le soir. 
Un peu de neige dans la nuit, nua- 
geux le malin, couvert, neige plus 

abordante entre 5 et 6 h. dn soir. 
Nuaticux. 

Nuag. et légèrement pluv., cl. le soir. 
Couvert de grand matin, nuageux. 
Nuageux le matin, couvert^ pluie entre 

3 et 5 heures du soir. 
Pluie dans la nuit, couvert. 
Pluie presque toute la nuit, nuageux. 

nombreuses averses. 
Pluie dans la nuit et toute la matinée, 

nuageux, grêle vers 4 h., grand 

vent, clair le soir. 
Nuageux, averses l'après-midi dont 

une avec un peu de grêle, couvert. 
Pluie dans la nuit, couv. et légère 

ment brum., éclaircies ; pi. le soir, 
Pluie dans la nuit, pi. moins abon 

danle et pr. continue, clair le soir 
Couvert le matin, nuag., plus, fortes 

averses et un peu de grêle, coups de 

tonnerre vers 9 h. du soir, clair 
Nuageux le matin, couvert. 
Nuageux, un peu de neige le matin 

couv. l'après-midi, grésil et neige 

par intervalles, neige et pluie plus 

abondantes le soir. 
Neige ab. toute la journ. et bise glac 
Neige toute la journ. mais moins 

abondante que la veille. 
Neige peu abond. le matin, couvert 
Neige abond. dans la nuit, moindre 

dans la mat., couv., éclaire, le soir 
Couvert te matin, nuageux. 
Éclaircies le malin, nuag. et pluv. 

pluie abondante le soir. 
Pluie presque toute la nuit, couvert 

Belle éclaircic dans le milieu de la 

journée, pluvieux à partir de 4 
Nuag., plus, averses dont l'une avec 

grêle, coup de tonnerre. 
Pluie et gr. veni dans la nuit, pi. pr. 

continue, à partir de 4 h. 
Pluie abondante presque toute la nuit 

et dans la matinée, couvert de 9 h. 

à midi, nuageux, clair le soir. 
Nuag.,gr. vent, grains et coups de tonn. 
Nuageux, averses nombreuses a partir 

de onze heures du matin. 
Pluie pr. toute la nuit, grêle, couv. de 

gr. mat,, nuag., quelques averses. 
Pluie presque toute la nuit, nuageux, 

forte averse vers o h. du soir. 



(l) Au milieu de la journée. 73i. 



CONCOURS OUVERTS DEVANT LA SOCiÉTÉ, EN 1888 

Concours 'permanent. 

Prix Lalsné. Pour l'élève le plus méritant de l'École d'Horticulture 
des Pupilles de la Seine. (V. le Journal, 3^ sér., IV, 1882, p. 631 
et 753.) 

Concours annuels. 

Médaille du Conseil d'Administration. Pour l'introduction ou l^obten- 
tion de Plantes ornementales méritantes. (V. le Journal, 2' série, 
Xr, 1877, p. 445.) 

Médaille Veiller . Pour le plus beau lot de Pentsternon, 



PUOCÈS-VEUBAUX 



SÉANCE DU 12 AVRIL 1888 

pRÉsioExcE DE Al. H. cle \'ilinoriii, Vice-Puésidë.nt. 

La séance est ouverte à deux heures et demie. Cent soixante- 
six Membres titulaire^ et dix-sept Membres honoraires ont signé 
le registre de présence. 

Le procès-verbal de la dernière séance est lu et adopté. 

M. le Président proclame, après un vote de la Compagnie, 
l'admission de douze nouveaux Membres titulaires dont la pré- 
sentation, faite dans la dernière séance, n'a pas soulevé d'oppo- 
sition. — Il annonce ensuite qu'une Dame palronnesse a été 

iV. B. — La Commission de Rédaction déclare laisser aux auteurs 
des articles admis par elle à l'insertion dans le Journal la responsa- 
bilité des opinions qu'ils y expriment. 

Série lil, T. X. Cahier d'avril publié le 31 mai i8S8. 14 



210 PROCÈS- VERBAUX. 

admise par le Conseil d'Administration, dans sa séance de ce 
jour. 

Les objets suivants ont été déposés sur le bureau : 
1° Par M. Hédiard, négociant en comestibles exotiques, place 
de la Madeleine, des Tomates qu'il a reçues des îles Canaries et 
des Pommes de terre qui proviennent de cultures algériennes. 
Cette présentation est faite par lui hors concours. 

M. Hédiard dit qu'il a voulu, en mettant aujourd'hui sous les 
yeux de ses collègues des Tomates récoltées aux Canaries, faire 
ressortir la différence qui existe entre ce produit d'origine étran- 
gère et son analogue obtenu dans notre colonie africaine. On se 
rappelle sans doute l'excellent état sous lequel était celui-ci lors- 
qu'il l'a montré dernièrement à la Compagnie ; or, on voit que 
l'envoi de même nature qu'il vient de recevoir des Canaries est 
loin de se trouver dans des conditions aussi satisfaisantes. Les 
Tomates qui le composent avaient été emballées avec beau- 
coup de soin; néanmoins, lorsqu'elles sont arrivées à Paris, 
elles étaient altérées et, au total, en très mauvais état. Il ne 
semble donc pas que les horticulteurs qui, en Algérie, obtien- 
nent des Tomates de primeur, ni même ceux qui, à Paris, récol- 
tent ce même fruit en culture forcée, aient le moins du monde à 
redouter la concurrence que pourraient essayer de leur faire, 
sous ce rapport, les cultivateurs des Canaries. Quant aux 
Pommes de terre de primeur récoltées en Algérie, leur réputation 
n'est pas à faire, et la faveur dont elles jouissent sur les marchés 
de Paris est telle que la vente qui en est faite chaque jour s'élève 
de 2 à 3,000 kilogrammes. 

M. le Président dit qu'il profite de l'occasion qui s'offre en ce 
moment pour insister sur limportance qu'il y a, sous divers 
rapports, à préférer les produits de cultures indigènes à leurs 
analogues qui peuvent nous venir de l'étranger. 

^° Par M. Hédiard, un lot de Mandarines provenant des cul- 
tures de notre collègue, M. Auguste François, cultivateur à 
BUdah (Algérie). La présentation en est faite hors concours. 

M. le Secrétaire du Comité d'Arboriculture fruitière déclare 
que ce Comité a trouvé ces Mandarines excellentes sans inéga- 
lité ; cependant, comme il y en a dans le lot présenté des spéci- 



SÉANCE DU 12 AVRIL 1888. 211 

mens de deux grosseurs diflérentes, qui peuvent constituer deux 
variétés, on a reconnu une très légère supériorité à celles qui 
ont le moindre volume. Il ajoute que cette nouvelle présentation 
confirme le jugement très favorable qui a été porté, en plusieurs 
circonstances antérieures, sur l'excellente qualité des fruits de 
cette sorte que Ton récolte à Blidah. 

M. H. de Vilmorin ne pense pas que les Mandarines de deux 
grosseurs différentes qui ont été envoyées par M. Aug. François 
constituent deux variétés distinctes et séparées. Il a vu, en effel, 
en Provence, le même pied de Mandarinier donner d'abord des 
fruits d'assez petit volume, que recouvrait une peau mince, 
exactement appliquée sur la pulpe, et, plus tard^ des fruits plus 
volumineux, dont la peau était plus ou moins soulevée, de 
manière à laisser du vide entre elle et la pulpe. En voyant 
ces fruits dissemblables sans en connaître l'origine, on aurait 
certainement pensé qu'ils appartenaient à deux variétés dis- 
tinctes, tandis qu'ils avaient été produits par le même arbre. 
M. H. de Vilmorin ajoute que l'hiver qui finit maintenant et qui 
a été exceptionnellement rigoureux sur les bords de la Méditer- 
ranée, a prouvé que le Mandarinier a une rusticité au moins 
égale à celle de l'Oranger commun. Cet arbre se recommande, 
en outre, par la rapidité de sa végétation et par sa prompte mise 
à fruit, ainsi que par la régularité de sa production. Il com- 
mence à produire dès la troisième année après qu'il a été greffé, 
et, dès lors, les récoltes qu'il donne sont régulières et égales 
toutes les années. 

M. Hédiard reconnaît que les Mandarines déposées par lui 
sur le bureau ne forment pas deux variétés distinctes et sépa- 
rées ; toutefois, il croit être certain qu'il existe des variétés carac- 
térisées de ce fruit. Il fait observer que cette année a été très 
favorable aux cultivateurs algériens qui, n'ayant pas à lutter 
contre la concurrence que leur faisait auparavant la Sicile, ont 
envoyé en France des quantités considérables de ces prodcàls de 
leurs cultures. Or, comme on l'a reconnu aujourd'hui même, les 
Mandarines algériennes sont d'excellente qualité et au moins 
aussi bonnes que celles qui, jusqu'à cette année, leur faisaient 
sur nos marchés une concurrence écrasante. L'état actuel des 



21^ PROCÈS-VERBAUX. 

choses est donc, sous ce rapport, tout en faveur de notre colonie 
africaine. Les Oranges de Blidah sont aussi de très bonne qua- 
lité ; seulement, la production n'en est pas assez considérable 
pour fournir à tous les besoins de notre pays, et, par suite, il 
est indispensable de recourir, relativement à ce fruit, à des 
cultures étrangères, particulièrement à celles de l'Espagne. Il 
est bon, d'ailleurs, de savoir que la production des Oranges se 
continue plus tard dans Tannée en Espagne qu'en Algérie. 

3" Par M. Gaubert, propriétaire à PierreOtte (SeinC;, trois 
assiettées: une de Pofres Doyenné d'hiver, la seconde dePoires Bon- 
Chrétien d'hiver, la troisième de Pommes de Galville et Reinette 
du Canada. — Tous ces fruils ont été reconnus beaux et bien 
conservés ; .aussi le Comité d'Arboriculture fruitière qui les a 
examinés demande-t-il qu'il soit accordé une prime de "2^ classe 
pour la présentation qui en est faite. Cette demande est favora- 
blement accueillie par la Compagnie ; mais M. Gaubert renonce 
à recevoir la récompense qui vient de lui être attribuée. 

4^ Par M. Lecardeur, des Pommes dont il désire apprendre le 
nom. — M. le Secrétaire du Comité d'Arboriculture fruitière fait 
observer que la détermination de ces fruits offre de grandes 
difficultés que le Comité est d'autant moins certain de surmonter 
que les spécimens présentés sont, en partie, peu reconnaissables ; 
ainsi certaines de ces Pommes sont conservées depuis deux 
années. Néanmoins, on tâchera de donner satisfaction à M. Lecar- 
deur. 

5^ Par MM. Vilmorin-Andrieux, horticulteurs-grainiers^ quai 
de la Mégisserie, un lot de trente pieds en pots de Cinéraires 
hybrides à grandes fleurs. Le jugement du Comité de Floricul- 
ture sur ces plantes est qu'elles sont <c remarquables pour leur 
belle forme naine, pour leur vigueur et principalement pour la 
beauté, la forme et l'ampleur exceptionnelle de leurs fleurs » 
(capitules). — Une prime de 1'"^ classe étant décernée pour ce 
magnifique lot, MM. Yilmorin-Andrieux renoncent à la recevoir. 

M. H. de Vilmorin fait observer que, parmi les diverses va- 
riétés de Cinéraires déposées en ce moment sur le buîeau^ il y en 
a plusieurs dont les fleurs sont colorées en rouge-sang plus ou 
moins éclatant. Or, ces coloris étaient peu fréquents, jusqu'à ce 



SÉANCE DU h2 AVRIL 1888. 213 

jour, dans les variétés cultivées de ces plantes, bien que le nom 
sous lequel est désignée, en Botanique, l'espèce à laquelle elles 
appartiennent [Senecio cruentus DG. ; Clneraria cruenia L'Herit.) 
donne lieu de penser que. dans l'état spontané, leurs fleurs sont 
rouge-sang. Il ajoute que, si les fleurs (capitules) des pieds pré- 
sentés sont larges, elles le sont moins qu'on ne pourrait les obte- 
nir, si on le voulait; on peut, en eiïet, en avoir qui atteignent 
ou dépassent même 0'",10 de diamètre; mais alors les pétales 
(ligules) ne se rejoignent pas à leur extrémité, ce qui en amoin- 
drit notablement Tefl'et.La culture tend donc à rester au-dessous 
de cet extrême développement, et elle ne conserve que les va- 
riétés dont les fleurs, tout en étant amples, forment un cercle 
continu sans vides vers les bords et dans lesquelles, en outre, 
le cœur blanc soit nettement circonscrit. 

6° Par M. Croux, borticulteur-pépiniériste, vallée d'Aulnay, 
près Sceaux '(Seine), un pied en pot et en pleine floraison d'A??- 
dromeda japonica et des branches fleuries du lihododendron 
Early Gem. — Une prime de 2^ classe lui étant décernée pour 
la présentation de ces deux charmants arbrisseaux rustiques, 
M. Groux renonce à la recevoir. 

M. Jamin (Ferd.) rappelle que ce sont nos collègues, MM. Thi- 
baut et Keteleêr qui ont répandu en France VAudromeda japo- 
nica, Sivhusie des plus recommandables pour sa parfaite rusticité 
et pour l'abondance ainsi que pour l'élégance de ses fleurs qui, 
comme on le voit, se développent très bien en plein air, dès la 
fin de l'hiver ou au printemps. 

L'un de MiM. les Secrétaires procède au dépouillement de la 
correspondance, qui comprend les pièces suivantes: 

l°Une lettre par laquelle M. J. Brière, pharmacien à Falaise 
(Calvados), annonce un faitcultural d'un grandintérêt. On sait, 
écrit-il, que les tentatives qui avaient été faites jusqu'à ce jour 
en vue de réaliser la culture des Morilles avaient toutes échoué. 
Depuis plus de quarante années, M. Ozou, habile horticulteur 
de Falaise, cherchait à reconnaître les conditions indispensables 
pour la germination des spores de ces Ghampignons, et il avait 
fait porter ses recherches sur les diverses espèces de Morchella et 
deMUrophora. Depuis quelques années, il avait bien obtenu des 



214 PROCÈS-VERBAUX. 

résultats qui avaient une grande importance au point de vue 
scientifique; mais les Champignons qu'il avait vu venir étaient 
très petits et variaient de 1 à 10 millimètres. Cette année, son 
succès a été complet, et ses semis lui ont donné des quantités 
considérables de Morilles, dont un sujet de proportions moyen- 
nes, appartenant à l'espèce du Morchella conica, a 105 millimè- 
tres de hauteur totale, le chapeau étant haut de 67 millimètres 
avec un diamètre de 40 millimètres à sa base, tandis que le pied 
mesure 38 millimètres de longueur. Un croquis représentant ce 
sujet est joint à la lettre de M. J. Brière. 

S'' Deux lettres de M. Jules Ravenel, de Falaise, Membre de la 
Société, confirment le fait signalé par M. J. Brière et ajoutent, à 
ce sujet, des détails intéressants. « Sur la demande, écrit notre 
« collègue, de M. Ozou, horticulteur de notre ville, je me suis 
« rendu chez lui où il m'a fait voir un grand nombre de Mo- 
« rilles provenant de ses cultures et résultant d'un semis fait par 
û lui dans les derniers mois de l'année dernière. Ces Morilles 
« appartiennent toutes à la variété Jiigra (1), qui fait son appa- 
« rition dans notre paj's vers la fin de mars, et dont il avait 
« recueilli les spores l'année dernière, à cette époque. C'est par 
« centaines qu'il m'a fait voir les Morilles obtenues par lui. » 
Dans sa seconde lettre, en date du 10 avril courant, M. Jules 
Ravenel s'exprime dans les termes vivants : « Pour moi, la cul- 
« ture de la Morille est un fait démontré, et cette culture ne 
« peut avoir de résultat que lorsqu'on emploie les spores de ce 
« Cryptogame, M, Ozou espère arriver à mettre à la disposition 
« des amateurs des spores de Morille préparées de manière à 
« rendre la multiplication de ce Champignon au moins aussi 
« facile que celle du Champignon de couche. Pensant tirer quel- 
« que profit de sa découverte, il désire ne pas faire connaître 
« immédiatement les procédés employés par lui, tant pour la 



(1) On a vu que, dans sa lettre, M. Brière rapporte ces Champi- 
gnons au Morchella conica Fers., dont beaucoup de mycologues font 
une simple variété de la Morille comestible ou M. esculenta Pers. Le 
dessin de M. Brière justifie cette détermination. 

(Note du Secrétaire-rédacteur.). 



SÉANCE DU 12 AVRIL 1888. 215 

« récolte des spores que poui- leur conservation et leur semis. 
a Ne pouvant disposer d'une serre exclusivement pour ses 
« essais, il les a repartis sur un grand nombre de pots où sont 
« cultivées diverses plantes, particulièrement des Rosiers et des 
« Fuchsias. Ces pots sont, pour la plupart, garnis de plusieurs 
« Morilles à divei s degrés de développement^ et ils sont livrés 
<( à la vente dans cet état. » 

3° Une lettre par laquelle M. Sallier, jardinier-chef au châ- 
teau du Val, demande qu'une Commission spéciale soit chargée 
d'aller examiner ses cultures. — Faisant droit à cette demande, 
M. le Président désigne, comme devant composer la Commis- 
sion qui se rendra au château de Val, MM. Bleu, Chargueraud, 
Dybowski, Michel et Verdier. 

Comme pièces de Ja correspondance imprimée, M. le Secré- 
taire signale les suivantes : 1° Les programmes des Expositions 
qui auront lieu à Alençon, du 19 au 24 juin prochain; à Bour- 
bonne-les-Bains (Haute-Marne), du 17 au 21 juin ; à Gournay- 
sur-Marne, du 25 au 27 août (Société d'Horticulture du Raincy); 
à Nîmes, du 26 mai au 3 juin ; à Lyon, du 23 au 27 mai. 2° L'an- 
nonce d'un concours pour les appareils à dessécher les fruits, 
que le Gouvernement italien ouvre, le 15 septembre prochain, 
à l'Ecole d'x4griculture de Portici et qui durera jusqu'au 15 oc- 
tobre au plus tard. 3° Un petit volume intitulé : Les Chrysan- 
thèmes, par M. Brassac (in-18 de 72 pages, avec fîg. ; Toulouse, 
1888). 4*^ Un numéro du Bulletin mensuel de Statistique munici- 
pale (Boletin mensual de Estadistica municipal) de Buenos- 
Ayres (gr. in-8; 2® année, janvier 1888). 

Il est donné lecture ou fait dépôt sur le bureau des documents 
suivants : 

1" De la nécessité de tailler les arbres fruitiers ; par M. Che- 
vallier (Charles). 

2° Compte rendu des travaux du Comité d'Arboriculture frui- 
tière, pendant l'année 1887; par M. Michelix, Secrétaire de ce 
Comité. 

3'^ Rapport sur un ouvrage de Mi. Henry, intitulé : Éléments 
d^ Arboriculture fruitière ; M. Michelin, Rapporteur. 

Les conclusions de ce Rapport, tendant au renvoi à la 



216 NOMINATIONS. 

Commission des Récompenses, sont mises aux voix et adoptées. 

L'un de MM. les Secrétaires annonce de nouvelles présenta- 
tions ; 

Et la séance est levée à trois heures et demie. 



AVIS IMPORTANT 



La séance du 10 mai 1888 n'ayant pas eu lien à cause de la 
fête de l'Ascension, le procès-verbal de la séance du 24- avril ne 
peut être soumis à l'approbation de la Société avant la séance 
du 24 mai. Il ne pourra donc paraître que dans le cahier du 
Journal pour le mois de mai. 



NOMINATIONS 



SÉANCE DU 12 AVRIL 1888 



MM. 



4. Bidault (Emile), cultivateur, rue des Jardins, 18, à Bagnolet 
(Seine), présenté par MM. D. Yitry et D. Charton. 

2. Divary, jardinier-chef des jardins nationaux de Saint-Cloud, 

avenue du Palais, 3, à Saint-Cloud (Seine), présenlé par 
MM. Cbouvet père et Choiivet fils. 

3. FiLLiN (M'"° V^*' Arlhnr), horliculleur, rue de Clamart, 20, à Com- 

piègne (Oise), présentée par MM. A. Ducerf et A. Bleu. 

4. Gréban de Poxtourny, propriétaire au château de Pontourny, 

par Avoine (Indre-et-Loire), et rue du Vieux-Colombier, 8, à 
Paris, présenlé par MM. Huard et Hardy, 
o. EscHRicii (Laurent), horticulteur, entrepreneur de jardins, rue 
des Fontis, 41 et 43, à Auteuil-Paris, présenté par MM. Bauer, 
L. Delaville et J. Hoïbian, 

6. Martinet (Henry), rue Frochot, 3, à Paris, présenté par MM. Har- 

dy et Ed. André. 

7. MÉTÉMER (Jules), quincaillerie horlicole, rue Paul-Lelong, 47, à 

Paris, présenté par MM. Francin et E. Parisot. 



SÉANCE DU 26 AVRIL 1888. 217 

MH. 

8, Paillet(L.) fils, vallée de Chatenay, près Sceaux (Seine), présenté 

par MM. Ed. André et Ch. Thays. 

9. Théve.not (Charles), pépiniériste, rue delà Barre, 45, à Vitry-sur- 

Seine (Seine), présenté par MM. D. Vitry et D. Charton. 

10. Thierry, directeur du Crédit foncier, place de la Toiir-d'Auver- 
gne, à Brest (Finistère), présenté par MM. A. Bleu etU. Boëlle. 

41. Vacherot (Henri), horticulteur, rue de Paris, o3, à Boissy-SainU 
Léger (Seine-et-Oise), présenté par M. Lequin. 

12. WooD (William), engrais et spécialités horticoles, à Wood-Green, 
Londres (Angleterre), présenté par MM.K. Bergman et F. Berg- 
man. 

DAME PATdONESSE 

1 . RoL'ssEL (M"'^), boulevard Haussmann, 135, présentée par MM. Th. 
Yillardet A. Bleu. 



BÉAC.NE DU 26 AVRIL 

MM. 

i. BouET (Georges), quincaillier, quai du Louvre, 30, à Paris, pré- 
senté par MM. L. Delavilleet Couette. 

2. Buisson (Claude), jardinier-chef du parc delà Tête-d'Or, à Lyon 

(Rhône), présenté par MM. Puvilland et Michel. 

3. Chauveau (Pierre), propriétaire, avenue de Friedland, 36, à Paris, 

présenté par MM. J. Thory et R. Jolibois, 

4. CowAN (John), directeur de la C'" d'Horticulture de Liverpool, à 

Liverpool (Angleterre;, pré.^enté par M. A. Bleu. 

5. Daurel (Joseph), Président de la Société d'Horticulture de la 

Gironde, allées de Tourny, 25, à Bordeaux (Gironde), présenté 
par MM. Ch. Joly et F. Janiin. 

6. DucHESxE (VJclor), trésorier de la Société arlislique de Roubaix- 

Tourcoing, à Roubaix (Nord), présenté par MM. E. Bergman 
et A. Cordonnier. 

7. Durand (Alfred), horliculfeiir, rue de Ménilmontant, o, à Bagno- 

let (Seine), présenté par MM. D. Vitry et D Charton. 

8. Jeangirard (M"'^), fleuriste, rue de Rambuteau, 72, à Paris, pré- 

sentée par M. Tavernier. 

9. MoMRR (Joseph), fils, cimentier-rocailleur, avenue de Paris, 151, 

plaine Saint-Denis (Seine), présenté par MM. Moscr et Vauvel- 
10. Remilly (Eugène), fabricant de capsules au sulfure de carbone, 
rue des Chantiers, 75, à Versailles (Seine-et-Oise), présenté par 
MM. Ch. Jolv, E. Delamarre et P. Lebœuf. 



218 NOTES ET MÉMOIRES. 

11. RouAULT, rue de Malakofî, cà Asnières (Seine), présenté par 
MM. Leconte et Laizier. 

J2. RouGÉ ('M"« de) au château de Diiiteville, par Château villain 
(Haute-Marne), présentée par M,M. P. Lebœuf et E. Berg- 
man. 

DAME PATRO-XNESSE 

1. Meuret (M'"^), au Clos, par Proisy (Aisne), présentée par MM. F. 
Jamin et Ch. Jolv. 



NOTES ET MEMOIRES 



De la ^'écessité de tailler les arbres fruitiers (1), 
par M. Charles Chevallier. 

A différentes époques, l'utilité delà taille des arbres fruitiers a 
été contestée ; il y a quelques années, un de nos collègues bien 
connu, le docteur Pigeaux, a attaqué avec une grande vivacité 
les partisans de la taille, et il a soutenu cette théorie que les 
arbres fruitiers devaient être abandonnés à la nature. Mainte- 
nant encore, un grand nombre d'habitants des campagnes, soit 
par ignorance, soit par routine, soit par apathie, affirment que 
la taille des arbres est nuisible à leur production. Tout récem- 
ment^ un professeur d'arboriculture distingué, M. Burvenich, 
tout en ne parlant que des abus de la taille, soutient que les 
arbres non taillés produisent plus vite et d'aussi beaux fruits que 
les arbres taillés. Ceci est le renversement de toutes les observa- 
tions que nous avons faites depuis trente ans et se trouve en 
contradiction formelle avec l'opinion des arboriculteurs éminents 
qui, depuis bientôt trois siècles, prescrivent et enseignent la 
taille des arbres fruitiers dans les jardins. Nous déclarons faire 

(1) Mémoire déposé le 12 avril 1888. 



NÉCESSITÉ DE TAILLER LES ARBRES FRUITIERS. 219 

partie des tailleurs intransigeants auxquels fait allusion l'habile 
professeur dont nous parlons plus haut, dont nous avons com- 
battu déjà et combattrons encore le système, car, selon nous, il 
veut tailler trop court la branche à fruit et trop longue la 
branche de charpente. 

La non-taille n'a pas de partisans parmi les professeurs fran- 
çais; elle en a peu parmi les jardiniers et les amateurs éclairés; 
cependant, il suffit qu'elle en ait encore quelques-uns, et elle 
en a, comme on voit, pour que nous croyions nécessaire 
d'étudier à fond la question^ de Ja discuter et de mettre les 
dissidents à même de juger entre les deux opinions; nous 
serons heureux si nous pouvons ainsi les ramener ù la nôtre, 
qui est, du reste, celle de tous les arboriculteurs les plus distin- 
gués de notre époque. 

Il faut d'abord distinguer entre les arbres des jardins et les 
arbres des champs, des routes et des vergers, destinés à la grande 
production et à Talimentation des marchés ; les premiers don- 
nent les fruits de choix, les derniers ne subissent pas la taille 
annuelle ; il suffit qu'ils soient bien dressés les deux ou trois pre- 
mières années. Ensuite, quelques soins de nettoyage^ la suppres- 
sion des gourmands, des branches mortes, le dégagement du 
centre de l'arbre, et c'est tout; on est assuré d'avoir des fruits 
moyens et d'une bonne vente courante. Mais lorsqu'on veut cul- 
tiver des arbres fruitiers dans un jardin, dans un potager, sur des 
murs de clôture ou des pignons de bâtiment, il faut de toute 
nécessité les soumettre à la taille, car ils occupent là une place 
fixe qu'ils ne doivent jamais dépasser, et ils doivent également 
garnir entièrement l'espace qui leur est destiné. 

C'est en abusant des bonnes choses qu'on les rend mauvaises; 
c'est en abusant de la taille que des jardiniers ignorants sont 
arrivés à ne faire produire aux arbres que des feuilles et pas de 
fruits; cette observation était déjà faite par de la Quintinye, il 
y a deux cents ans. 

En exposant les vrais et bons principes, nous convertirons, nous 
l'espérons du moins, les partisans de l'entière liberté pour les 
arbres fruitiers. Pour ceux-ci comme pour tant d'autres, la trop 
grande liberté amène la licence et ses excès. Nous n'aurons pas 



220 NOTES ET MÉMOIRES. 

de peine à le démontrer; les preuves abondent de tous côtés 
dans les campagnes et même dans les jardins. 

A l'état de nature, que se passe-t-il ? Lorsque Tarbre fruitier 
est jeune, qu'il a encore peu de branches, il produit d'assez 
beaux fruits; mais, chaque année, les branches s'allongent ; la 
végétation abandonne la base ; le côté de l'arbre le mieux 
éclairé ou le plus exposé au soleil pousse plus fort que l'autre ; 
certaines branches chargées de. fruits se coudent ou ploient; 
des gourmands poussent de divers côtés; les branches, les 
rameaux se mêlent et forment un fouillis de feuilles sous lequel 
les fruits ne peuvent souvent ni mûrir ni grossir; puis, l'arbre 
vieillissant toujours, les branches à fruit se ramifient à leur 
tour, et ne donnent que des produits inférieurs et petits. Telle 
est l'histoire de la plupart des arbres fruitiers des campagnes, 
et surtout des Poiriers et Pommiers, car ce sont ceux-ci qui 
souffrent le plus de l'abandon où on les laisse généralement. 

Avant de démontrer l'utiUté et la nécessité de la taille des 
arbres fruitiers, qu'on nous permette une légère digression sur 
l'historique de cette opération, qui n'est pas moderne, comme 
le croient encore bien des gens, puisqu'elle remonte, comme 
nous l'avons dit, à près de trois cents ans, ce qui a permis à de 
nombreux praticiens de l'étudier, de l'appliquer et d'en faire 
ressortir tous les avantages; quant aux inconvénients, ils ne 
résultent que d'une mauvaise application. 

Disons d'abord que la taille de la Vigne remonte à la plus 
haute antiquité. Les anciens avaient judicieusement remarqué 
que cette plante sarmenteuse s'allongeait considérablement 
chaque année et qu'elle finissnit par ne produire qu'une grande 
quantité de feuilles et peu ou point de grappes ; de là l'utilité 
de concentrer la sève sur un certain nombre de branches seule- 
ment, et de renouveler chaque année les sarments fruitiers. 

Quant aux arbres fruitiers proprement dits, ils étaient à peu 
près abandonnés à eux-mêmes, et ce n'est qu'après l'invention de 
la culture en espalier et en contre-espalier que l'on reconnut la 
nécessité de renfermer ces arbres dans certaines limiles. 

C'est Arnauld d'x\ndilly, l'un des solitaires de Port-Royal-des- 
Champs, auteur, sous le pseudonyme de l'abbé Legendre, d'un 



NÉCESSITÉ DE TAILLER LES ARBRES FRUITIERS. ^'21 

traité sur la taille des arbres fruitiers, publié en 1652, qui paraît 
avoir le premier, vers le commencement du xvii^ siècle, ima- 
giné d'appliquer le long des murs des arbres fruitiers et notam- 
ment les Poiriers, les Pêchers et les Abricotiers, ainsi que de 
les soumettre à une laille, alors très simplifiée, pour les main- 
tenir dans certaines limites et les empêcher de dépasser la hau- 
teur du mur. 

A peu près vers la même époque, quelques cultivateurs de 
Montreuil, près Paris, essayèrent la culture du Pécher en espa- 
lier, et ils arrivèrent à obtenir, au moyen d'une taille ration- 
nelle, des produits qui acquirent rapidement une grande 
réputation. Plus tard, un ancien mousquetaire de Louis XIV, 
Girardot, qui fit établir un grand nombre d'espaliers dans son 
domaine de Bagnolet, contribua fortement à propager cette cul- 
ture, qui devint très rémunératrice, puisque ce même Girardot 
vendait ses Pèches trois livi-es pièce, tandis que les Pêches de 
Gorbeil, cultivées en plein vent, n'avaient qu'une minime valeur, 
malgré leur ancienne renommée. 

De la Quintinye, horticulteur remarquable pour son époque, 
qui créa, en J680, le potager du château du roi, à Versailles, fit 
faire d'énormes progrès à la culture des arbres fruitiers et de la 
Vigne en espalier. Dans son traité, publié en 1690, il recom- 
mande cette culture comme étant la seule qui puisse produire 
de bons et beaux fruits. A Versailles, ainsi que dans les jardins 
fruitiers qu'il a créés, il multiplia les murs dans tous les sens, 
afin d'obtenir plus de surfaces utilisables; c'est lui aussi qui a 
inventé les contre-espaliers sur treillages non. loin des murs, 
ainsi que le pincement de la branche à fruits pour arrêter son 
élongation et provoquer la sortie déboutons fruitiers à la base. 

L'abbé Legendre avait parlé de la taille d'une manière un 
peu timide, puisqu'alors il se bornait à rabattre les branches 
charpentières et les branches fruitières qui's'allongeaient par 
trop et faisaient confusion. De la Quintinye perfectionna cette 
taille; il veut que Tarbre n'occupe qu'un certain espace 
sur l'espalier; que cet espace soit entièrement garni. 
Pour arriver à ce résultat, il prescrit la taille de la branche 
charpentière à la longueur d'un pied environ chaque année 



222 NOTES ET MÉMOIRES. 

(0"™,33) , afin d'obtenir deux oa trois bourgeons de prolon- 
gement qui arrivent ainsi, en se multipliant, à constituer 
une forme en éventail; puis il décide que la branche à fruit doit 
être taillée à trois ou quatre yeux, sur le Poirier et le Pommier. 
Ces principes sont toujours suivis, et avec raison, par les meil- 
leurs praticiens ; ils sont encore appliqués au potager de 
Versailles, avec les perfectionnements apportés par son habile 
directeur, M. Hardy, et donnent les magnifiques résultats que 
tout le monde connaît. 

Après de la Quintinye, dans le courant du siècle dernier, 
plusieurs horticulteurs distingués se sont occupés de la taille, 
notamment Duhamel du Monceau et Leberryais; au commen- 
cement du siècle actuel, Thouin, le Comte Letieur, Poiteau et 
Noisette; puis enfin nous arrivons aux arboriculteurs de notre 
époque, MM. Dubreuil, Hardy père et fils, qui sont unanimes 
pour prescrire et enseigner la taille des arbres fruitiers et qui ne 
diffèrent parfois entre eux que sur le traitement de la branche à 
fruit, très peu sur le traitement de la branche à bois. 

Examinons maintenant d'où vient la nécessité de la taille et 
quel en est le but. 

En ce qui concerne la Vigne et le Pécher, tout le monde est 
d'accord: la taille est absolument indispensable; elle est plus ou 
moins bien faite; mais, sans taille, on n'obtiendrait pas de fruit 
sur la Vigne; sans taille, on ne pourrait cultiver le Pécher en 
espalier, et on sait ce que sont les Pèches de plein vent dans la 
région du centre et du nord de la France. C'est donc surtout sur 
les autres arbres fruitiers qu'il y a contestation, et cependant les 
mêmes principes sont applicables. 

Si, après avoir planté un arbre le long d'un mur, on se bor- 
nait à palisser ses branches en éventail, elles auraient bientôt 
dépassé la hauteur du mur ou elles s'allongeraient indéfiniment 
•sur les côtés; le mur serait en grande partie dégarni, et, comme 
le dit l'abbé Legendre, ne protégerait plus que le tronc et la 
base des branches; de là la nécessité de la taille, qui a pour but 
principal la formation et l entretien des branches de charpente, 
la formation et l'entretien des branchf:s ou rameaux fruitiers. 

En effet, ce n'est que par la taille et en rabattant une branche 



NÉCESSITÉ DE TAILLER LES ARBRES FRUITIERS. 2^3 

OU plutôt un rameau, sur certains yeux, que l'on arrive à 
donner à un arbre d'espalier ou contre-espalier la forme qu'il 
doit avoir, qui a dû être fixée et déterminée à l'avance de 
manière à ce que tout l'espace qui est assigné à cet arbre soit 
entièrement garni. C'est encore par la taille de la branche de 
charpente que l'on arrive à la garnir de rameaux fruitiers sur 
toute son étendue, car tous les yeux qui se trouvent sur un 
rameau peuvent devenir autant déboutons à fleurs. 

Lorsque sur un arbre de plein vent. Poirier et Pommier 
principalement, on laisse en entier une pousse de l'année précé- 
dente, le premier tiers vers la base ne donne rien; les yeux 
s'éteignent et ne poussent pas. Le second tiers se garnit de dards, 
de brindilles et de boutons à fruit; le troisième tiers donne des 
pousses plus ou moins longues qui élargissent la tête de l'arbre 
et Taccroissent en hauteur. Si le rameau d'un arbre en espalier 
était laissé en cet état, il y aurait^ quoi qu'on dise, des parties 
dénudées et non garnies de boutons à fruit, malgré tous les 
crans dont on aurait accablé les yeux endormis; puis en haut, 
des pousses trop fortes qui ne donneraient que du bois. 

C'est à ces deux inconvénients que l'on remédie par la taille 
et le pincement, qui n'est, à proprement parler, qu'un rognage 
ou taille en vert. 

En raccourcissant d'un tiers environ la pousse de l'année 
précédente, on provoque la sortie des yeux sur toute la partie 
inférieure du rameau, yeux qui, nous venons de le dire déjà, 
seraient restés endormis sans cette opération. Ce sont seule- 
ment les branches de charpente placées horizontalement ou très 
obliquement que Ton peut souvent se dispenser de tailler. 

C'est aussi par la taille que l'on régularise la pousse et la 
production des rameaux fruitiers; par suite du pincement ou 
rognage à quatre ou cinq feuilles, ces rameaux ont laissé sortir 
à leur base un et quelquefois deux boutons, qui se mettront à 
fruit dès la seconde ou, au plus tard, la troisième année. Pour 
hâter la formation de ces boutons, on taille le rameau à trois 
yeux bien conformés, quatre au plus, y compris les boutons à 
fruit ou ceux qui commencent à se former. 
Lorsque la lambourde fruitière est développée, c'est encore 



.).) r. 



NOTES ET MEMOIRES. 



par la taille qu'il faut la maintenir enJDonétat; sinon elle se 
ramifierait^ s'allongerait et finirait par ne plus laisser la sève 
parvenir aux fruits qui seraient alors petits et galeux, comme 
cela arrive sur les arbres de plein vent. En rajeunissant la 
coursonne^, en la raccourcissant chaque année, on obtient de 
nouveaux boutons à fleur, forts et vigoureux, qui donneront de 
beaux et bons fruits. 

La taille des arbres fruitiers a aussi pour but de distribuer la 
sève également et proportionnellement dans toutes les parties 
de l'arbre, afin que les fruils acquièrent toute la grosseur et la 
qualité qu'ils doivent avoir. Certaines branches doivent être 
taillées plus longues que d'autres; les faibles doivent supporler 
moins de fruits que celles qui sont vigoureuses. Enfin, on rend 
la production presque égale chaque année. 

Toutes ces tailles doivent être faites avec intelligence ,et ne 
jamais être exagérées dans l'intérêt même de la végétation de 
l'arbre et de sa production; mieux vaut qu'elles soient un peu 
longues que trop courtes; c'est au jardinier à bien étudier la 
force et la vigueur de ses arbres, et à fixer alors leur forme et 
l'étendue qu'ils doivent avoir. 

La taille des branches charpentières est basée sur la végétation 
particulière de chaque espèce; mais elle est semblable pour les 
arbres à pépins comme pour les arbres à noyaux. La taille du 
rameau fruitier varie, au contraire, et est appliquée différemment 
sur ces dernières espèces. 

Le Pêcher^ l'Abricotier, le Prunier, le Cerisier, réclament une 
taille assez allongée pour leurs branches de charpente ; le 
Poirier et le Pommier demandent, dans ce même cas, une taille 
plus courte; aux uns, on supprime seulement le quart de la 
pousse de l'année; aux autres, un tiers au moins, ainsi que nous 
l'avons dit plus haut. 

Nous avons indiqué la taille des branches à fruit du Poirier et 
du Pommier; sur le Pêcher, elles sont taillées d'une manière 
spéciale, se rapprochant de celle delà Vigne; l'Abricotier, le 
Prunier, le Cerisier voient leurs rameaux fruitiers taillés courts 
et rabattus sur les boutons à fruit. 

Disons ici que les espaliers sont ordinah'ement réservés pour 



>'ÉCESSITÉ DE TAILLER LES ARBRES FRUITIERS. 225 

les Pêchers et la Vigne, ainsi que pour certaines variétés de Poi- 
riers et de Pommiers. Les contre-espaliers et les autres formes 
de jardin sont généralement résers'és aux Poiriers et aux Pom- 
miers, ces espèces se prêtant bien à la taille qui leur fait pro- 
duire de plus beaux fruits; au contraire, l'Abricotier, le Prunier 
et le Cerisier aiment l'air et l'espace; la taille leur est plutôt 
nuisible qu'utile et ce n'est que plus rarement qu'on leur 
applique des formes spéciales en espalier ou autrement. 

Nous n'ignorons pas qu'une certaine école a la prétention de 
conduire et diriger les arbres fruitiers sans taille; mais ce n'est 
qu'une fiction ; c'est en torturant les branches, c'est par le pin- 
cement ou taille en vert que ces novateurs dirigent leurs arbres, 
et encore ils ne peuvent pas éviter une petite taille en sec; car 
un pincement ne suffît pas sur une branche vigoureuse: il faut 
en faire presque toujours deux, souvent trois, et, en hiver, il faut 
tailler la branche de charpente au-dessous du premier pincement. 
Ils ne peuvent pas éviter non plus la taille delà branche fruitière 
qui, malgré les pincements, s'allonge chaque année et a besoin 
d'être raccourcie vers sa base. 

Sans la taille on ne pourrait pas cultiver les arbres fruitiers 
en espalier, contre-espalier, vase ou pyramide, et, si l'on renon- 
çait à ces formes, il faudrait également renoncer aux beaux fruits 
qui t'ont le plus bel ornement des desserts et procurent le travail 
et l'aisance à de nombreux et modestes horticulteurs. Il fau- 
drait également renoncer à cultiver les arbres fruitiers dans les 
petits jardins ; car tel de ces jardins qui contient cinquante 
arbres en espalier et contre-espalier, et donne des fruits pen- 
dant toute l'année à son propriétaire, ne contiendrait qu'une 
demi-douzaine d'arbres de haut vent donnant des fruits pendant 
quelques semaines seulement. 

Nous devons chercher à propager activement l'enseignement 
des bons principes de la taille, mais aussi à en réprimer les 
abus^ afm que les habitants de la campagne arrivent à utiliser 
tous les murs de leurs bâtiments, de leurs maisons et de leurs jar- 
dins, ce qui, en donnant de beaux et bons produits, d'une vente 
facile et élevée, contribuera à leur moralisation et à leur bien- 
être, ainsi qu'à l'augmentation de la richesse générale du pays. 



2-26 notes et mémoires. 

Note sur la vingt et unième session 
DE LA Société pomologique américaine (1), 

par M. Ce. Joly. 

Depuis une douzaine d'années (2), j'ai rendu compte à mes 
Collègues des progrès de la Société pomologique américaine, 
fondée en 1848, c'est-à-dire huit ans avant la nôtre. Ceux que 
l'Arboriculture fruitière intéresse et qui auront bien voulu par- 
courir mes comptes rendus auront pu voir quel prodigieux 
développement a pris la production fruitière aux États-Unis. 
Il y a trente ou quarante ^ns, on n'y avait que quelques variétés 
de Raisins de table^ des Fraises, et très peu de Poires ou de 
Pommes ; aujourd'hui, la production des fruits est si considé- 
rable, surtout en Californie, qu'on est obligé, pour en tirer 
parti, d'avoir recours aux divers procédés de dessiccation et 
de conserve. Leur exportation sous cette forme, et même à 
l'état frais, se fait sur une échelle considérable. Bien plus, des 
fruits qu'on n'avait pas, l'Orange, la Figue, la Noix, l'Olive, sont 
maintenant cultivés sur une échelle immense, non seulement en 
Californie, mais dans lesFlorides. Il s'est produit aux États-Unis, 
non seulement plus de deux cents variétés de Raisins de table, 
mais plusieurs excellentes variétés de Pêches précoces, dont nos 
horticulteurs ont déjà fait leur profit. Je donnerai, à la fin de 
celte note, la liste des fruits divers recommandés dans la session 
actuelle, afin qu'on puisse en faire l'essai pour enrichir nos 
cultures. Je ne parlerai pas ici des Vignes résistantes améri- 
caines, cela nous mènerait trop loin, et je me bornerai à Ti^rbo- 
riculture fruitière proprement dite. 

Tous les journaux horticoles ont relaté l'immense perte qu'a 
faite la Société pomologique dans la personne de M. Marshall 
P. Wilder, qui l'a présidée pendant plus de trente ans. 



(1) Déposée le 26 avril 1888. 

(2) Voir Journal de la Société (Mars 1876. — Décembre 1877. — 
Juin 1882. — Septembre 1884 et Mai 11 



VINGT ET UNIEME SESS. DE LA SOC. POAIOL. AMÉRICAINE. 227 

La Société a perdu aussi M. Charles M. Hovey, l'un des ama- 
teurs les plus dévoués et les plus anciens du Massachussetts. 

M. M. -P. Wilder a été remplacé par un pépiniériste des plus 
capables, M. P.-J. Berckmans^ Président de la Société d'Horti- 
culture d'Augusta, dans la Géorgie. M. Berckmans est un horti- 
culteur de premier mérite et le choix de ses collègues ne pou- 
vait tomber sur un plus digne. 

Le premier Vice-Président est maintenant M. T. -T. Lyon, de 
South Haven (Michigan), et l'on compte, en outre, quarante- 
deux Vice-Présidents représentant chacun un Etat de l'Union. 

Il y a des Commissions de diverses natures pour les fruits du 
pays, pour les fruits étrangers, pour la nomenclature, pour la 
revision du catalogue, pour l'étude des fruits tropicaux, enfin 
pour l'organisation des séances du Congrès. Le nombre des 
membres est aujourd'hui de trois cent quarante-quatre. 

La vingt et unième session a eu lieu à Boston, les 14, 1o et 
16 septembre dernier. Pour éviter la faconde de certains ora- 
teurs, on ne pouvait parler que deux fois au plus sur le même 
sujet et pendant cinq minutes, à moins de permission spéciale. 

De plus, pour éviter toute perte de temps, il était convenu 
qu'il n'y aurait qu'un seul banquet, et cela à la fin de la 
session. 

Les discussions du Congrès ont eu pour objet : les maladies 
des Pêchers dans le Michigan, la nomenclature des fruits, 
l'étude de l'hybridation, de l'influence du climat sur la couleur 
des fruits, de la nature et de la qualité des fruits suivant les 
différences d'altitude, de la nomenclature des variétés impor- 
tées de Russie pour les propager dans les États du Nord et dans 
le Canada (ce dernier travail a été l'œuvre du prof. Budd et 
de M. Ch. Gibb, avec l'aide du D'' Hegel, de Saint-Pétersbourg), 
de l'elTet de la destruction des forêts comme protectrices des 
vergers, des fruits sauvages qu'on pourrait améliorer par la 
culture, de l'influence des engrais minéraux sur la vigueur, la 
production et la qualité du fruit. 

Plusieurs mémoires des plus intéressants accompagnent le 
Compte rendu des séances du Congrès, dont la prochaine 
session aura lieu en février 1889, dans les Florides. 



^28 NOTES ET MÉMOIRES. 

Le rapport de M. J.-A. Lintner, d'Albany, expose les progrès 
de la Pomologie qu'accompagne toujours l'apparition de nom- 
breux parasites animaux et végétaux ; il signale la production 
fruitière dans son enfance, où l'on n'avait ni Pêches, ni Oranges 
et à peine quelques Poires, tandis qu'en septembre dernier, un 
né'^ociant de Philadelphie a reçu, et vendu, en un seul jour, 
665 000 livres de Raisins. La valeur de la récolte des fruits 
s'élèye annuellement à près de quinze cents millions de francs. 
Il cite à Green-Port, État de New-York, un verger qui a une 
étendue de 300 acres ; à Orchard-Hill, en Géorgie, il y a un 
verger de 790 acres, avec 84,000 pieds d'arbres; le vignoble de 
Leland-Stanford, en Californie, à Yina, à 4,000 acres de surface, 
sur une longueur de 6 milles et une largeur de 2 milles. Par 
contre, on a aujourd'hui une variété infinie de maladies incon- 
nues jusqu'à présent dans les vergers, et la pathologie végétale 
est devenue une science de première nécessité. Dans ce but, 
on a établi à Washington une Commission entomologique spé- 
ciale qui, par l'organe de M. le prof. C.-V. Riley, du D'" Packard 
et d'autres savants, est chargée de publier les observations 
reçues de tous les États de l'Union sur l'emploi des insecticides, 
ch.aque État ayant lui-même un entomologiste spécial. 

Plusieurs mémoires d'un réel mérite sur des sujets pratiques 
accompagnent le Compte rendu du Congrès. Un grand nombre 
d'États envoient aussi, par un Rapporteur spécial, des notes 
intéressantes sur leur production fruitière, sur les insectes qu'ils 
ont à combattre et sur les variétés de fruits qui réussissent le 
mieux dans le pays. 

Le rapport, dont je viens de donner un rapide Compte rendu, 
se termine par un catalogue très bien fait des fruits adoptés 
par le Congrès ; ce catalogue, en raison de la variété des 
climats, classe d'abord les fruits en trois divisions : la pre- 
mière, celle du Nord, entre le 42<^ et le 49« degré de latitude ; 
la deuxième, entre le 35« et le 45« degré ; enfin la troisième, 
entre le 35^ et le 58^ degré. Une colonne spéciale indique, pour 
chaque fruit, sa grosseur, sa forme, sa couleur, sa qualité, son 
usage, son époque de maturité, son origine, enfin les Etats où 
il prospère le mieux. 



VINGT ET UNIÈME SESS. DE LA SOC. POMOL. AMÉRICAINE. 2^1) 

Voici les variétés les plus recommandées parmi les fruits 
principaux : 

Pommes. — Alexander, Summer, Baldwin, Ben Davis, Caro- 
lina June, Early Harvest, Fameuse, Gravenstein, Jonathan, 
Maiden's Blush, Northern Spy, Oldenburg, Red Astrakan, Wi- 
nesap. 

Abricots. — Early Golden, Large Early, Moorpark, Peach. 

Cerises. — Early Richmond, May Duke, Morello, Reine 
Hortense. 

Raisins américains. — Concord, Delaware, Startford, Yves, 
Norton's Virginia, Scuppernong, Worden. 

Pêches. — Alexander, Grawford's Early, Crawford's Late, 
Heath Gling, Large Early, York^ George the Fourth, Old mixon- 
free, Old mixon Gling, Slump the worid, Troth's Early. 

Poires. — Angouléme, Anjou, Baronne de Mello, Belle Lucra- 
tive, Clairgeau, Easter Beurré, Flemish Beauty, GifTard, Howell, 
Laurence, Louise Bonne of Jersey, Seckel, Sheldon, Summer 
Doyenné^ Vicar, Winter nelis. 

Prunes. — Goe's Golden drop,DaQison, Green Gage, Impérial 
Gage, Lombard, Wild Goose. 

Fraises. — Charles Downing, Crescent, Gumberland, Miner's 
ProliOc^ Sharpless, Triomphe de Gand, Wilson. 

Il est à désirer que nos arboriculteurs fassent chez nous l'essai 
des variétés ci-dessus, qui pourraient réussir dans nos cul- 
tures. 



"■230 RAPPORTS. 

RAPPORTS 



B APPORT SUR UN OUVRAGE DE M. HexRY, INTITULÉ : 

Éléments d'Arboriculture fruitière (I); 
M, Michelin, Rapporteur. 
Messieurs, 

M. Louis Henry, ancien élève de l'École nationale d'Horticul- 
ture de Versailles, chef de culture au Muséum d'Histoire natu- 
relle de Paris, a voulu répondre à un concours, ouvert en 1882, 
par le cercle d'Arboriculture de Belgique, en vue de récompen- 
ser le meilleur traité élémentaire d'Arboriculture fruitière des- 
tiné aux écoles primaires. 

« Les candidats au prix proposé devaient, en termes simples, 
« corrects, dégagés de toute prétention scientifique, chercher à 
« vulgariser les notions acquises dans la culture des arbres 
« fruitiers. » 

Telles étaient les conditions imposées à un ouvrage qui devait 
rester élémentaire et propre à l'enseignement dans les écoles 
primaires, et en même temps servir de guide aux instituteurs 
eux-mêmes, et aux études de l'Horticulture dans les écoles nor- 
males, les écoles pratiques d'Agriculture, les fermes-écoles, etc. 

L'auteur a bien compris la tâche qui était imposée aux candi- 
dats, et, y réussissant complètement, a obtenu le premier prix du 
concours; plus tard, il en a fait un livre dont l'examen m'a été 
confié, et dont je viens vous rendre compte. 

M. Henry a fait honneur à l'Horticulture française et à l'en- 
seignement qu'il a reçu à l'École nationale d'Horticulture de 
Versailles; il était de toute justice de donner à son travail la 
publicité et les éloges qu'il a su mériter par son travail et qui 
justifie le succès qu'il a obtenu au milieu de ses concurrents. 

En effet, ce jeune horticulteur, en se renfermant dans le cadre 
restreint qui était exigé, dans un petit volume de 143 pages, 
dont le prix modique a pu être établi pour 1 fr. 50, a su dire 

(1) Déposé le 12 avril 1888. 



SUR UN OUVRAGE DE M. HEiXRY. 231 

beaucoup et a concentré tout ce qui pouvait être utile à appren- 
dre sur la culture des arbres fruitiers, leur conduite et leur mise 
à fruit. 

Le plan de l'ouvrage, qui répond parfaitement au but proposé, 
est ainsi conçu : 

Le livre est divisé en trois parties : 

1" Notions générales sur l'Arboriculture; 

2° Cultures spéciales; 

3'' Ennemis et maladies des arbres fruitiers, animaux nuisibles 
à l'Arboriculture. 

Voici les sujets traités : 

PREMIÈRE PARTIE 

Chapitre L — Quelques mots sur les diverses parties des ar- 
bres et la manière dont ils vivent. 

Chapitre II. — Multiplication des arbres fruitiers : 

l'^ Semis; 

2° Marcottage et les différentes manières de le pratiquer; 

3*' Bouturage; 

4° Greffage. 

Chapitre III. — De la plantation, cboix du terrain, soins à 
donner. 

Chapitre IV. — Du verger, de son établissement, des soins à 
donner aux arbres, espèces à planter. 

Chapitre V. — Des arbres soumis à la taille, formes à leur don- 
ner, leur taille, principales ^opérations applicables aux arbres 
fruitiers. 

Chapitre VI. — Établissement du jardin fruitier, tracé, dis- 
tribution, murs, abris, treillages, etc. 



DEUXIEME PARTIE 



Du Poirier. 
Du Pommier. 
Du Prunier. 
Du Cerisier. 
Du Pécher. 
De la Yigne. 



i23:2 RAPPORTS. 

De l'Abricotier. 

Du Coignassier. 

Du Noyer. 

Du Groseillier. 

Du Framboisier. 

Du Noyer, du Cornouiller et du Néflier. 

Pour chacune de ces espèces, il est fait mention du climat, du 
sol, de la multiplication, de la culture, du choix des bonnes 
variétés, des formes et des distances qui conviennent, etc. 

TROISIÈME PARTIE 

Avec grand drtail, insectes et maladies à redouter et à com- 
attre, pour les arbres à fruits, à pépins, comme pour ceux à 
fruits à noyaux, et enfin animaux auxiliaires dans la culture. 

Pour chaque espèce, l'auteur donne un tableau des variétés 
qu'il considère comme devant être préférées; il en indique l'épo- 
que de maturité, les formes qui conviennent le mieux, et les 
expositions les plus favorables. En cela, il suit ses propres ins- 
pirations. Je ne veux pas le critiquer sur ses choix; je veux 
seulement faire remarquer qu'il est quelque peu téméraire, dans 
un ouvrage qui repose sur des principes fixes, ouvrage qui, par 
sa nature, peut devenir classique_, d'entrer dans ces indications 
dont le caractère peut souvent varier, selon les régions, les cli- 
mats, les sols, même les habitudes locales, selon les obtentions 
nouvelles, par les introductions étrangères, les semi«, etc. 

La nomenclature des fruits est, en effet, très vai'iable et modi- 
fiable, tandis que les principes qui ont inspiré les enseignemenls 
de M. Henry sont bons, conformes à la science arboricole actuelle, 
resteront dès lors stables et fort peu discutables. 

Si une nouvelle édition vient à être imprimée, M. Henry pourra 
peut-être ajouter l'indication d'un petit nombre de formes, avec 
gravures, en addition à celles qu'il donne déj^i ; il pourra, je le 
crois, faire connaître la greffe du Noyer sur racines, pratiquée 
avec un succès incontesté par notre collègue, M. Treyve, de 
Trévoux (Ain); enfin, il pourra augmenter encore la nomencla- 
ture des procédés pour combattre les maladies et les insectes 



TRAVAUX DU COMITÉ d'aRBORIC. FRUIT. EN 1887. 233 

nuisibles qu il a déjà cherché à présenter avec des développe- 
ment très détaillés. Il y a beaucoup à dire sur ce sujet et la 
science fournit assez souvent de nouveaux moyens. 

En résumé, l'ouvrage est succinctement et habilement conçu; 
il repose sur une théorie normale et je dirai même généralement 
admise. Des travaux de cette nature doivent être encouragés par 
notre Société; aussi, je conclus en proposant le renvoi de ce Rap- 
port à la Commission des Récompenses. 



Compte remdu des travaux du Comité d'Arboriculture 

FRUITIÈRE pendant L'ANNÉE 1887 (1), 

par M. Michelin, Secrétaire de ce Comité. 

Messieurs, 
Les Comptes rendus des travaux accomplis au sein de notre 
Comité d'Arboriculture fruitière ne doivent pas rester oubliés 
et perdus dans nos archives ; une disposition de notre règlement 
veut qu'ils soient mis à la cunnaissance du public horticole apte 
à s'y intéresser et, au besoin, à s'y reporter; aussi^ pour rem- 
plir ma tache de Secrétaire, je viens vous en présenter un récit 
sommaire et néanmoins suffisant pour mettre à mèmede remon- 
ter à la source les personnes qui désireraient les connaître plus 
à fond. Dans mon exposé, je suivrai le plan que j'avais adopté 
l'année dernière et les précédentes, et qui, à mon avis, doit faci- 
liter l'étude des questions. 

Arboriculture. 

Je n'ai rien à indiquer qui soit bien nouveau sur les traite- 
ments des arbres fruitieis et sur ies procédés applicables à la 
mise à fruit conmie aux fi'uits eux-mêmes. 

M. Ledtiux, notre collègue, pour sauver un fruit qu'un ver a 
perforé latéralement, procède à l'extraction de ce ver à l'aide 
d'une lame fine et bouche ensuite le trou avec une pincée 

(1) Déposé le 12 avril 1888. 



234 RAPPORTS. 

de terre. La plaie se referme et le fruit peut être conservé 
intact. 

Ce moyen a été employé, il y a plus de vingt ans, par 
M'"'' Macs; M. Ledoux nous a fourni l'occasion de le rappeler. 

M. Ledoux nous apportait, le 24 février 1887, une Poire ainsi 
préparée; elle avait donc pu atteindre l'hiver en restant ainsi 
saine. 

Pêches hâtives : Early Rivers, Amsden, Alexander, Cumber- 
land, etc. Ces fruits, très précoces, sont originaires surtout d'A- 
mérique ; on s'occupe beaucoup en cet instant de les étudier et 
de les propager. En effet, on a besoin d'être fixé sur les meil- 
leurs. M.Alexis Lepère considère qu'elles peuvent bien venir en 
plein vent. 

Le sujet a-t-il de l'influence sur la greffe? Il y a là une grosse 
question, dont on s'est beaucoup occupé sans lui donner une so- 
lution absolue. A cet égard, je puis rapporter que, le 10 novem- 
bre dernier^ on a apporté au Comité des Poires de Beurré Diel, 
provenant de boutons à fruit greffés sur un arbre de Passe- 
Colmar, et que les Poires, par leur forme un peu conique et par 
leur goût, paraissaient légèrement modifiées sous l'influence de 
la variété Passe-Golmar. 

Une visite des cultures fruitières de M. Jamet, de Chambourcy, 
a donné lieu à des observations qui ont été consignées dans un 
Compte rendu dont le texte, déposé le 24 novembre 1887, ne sera 
imprimé dans le Journal de notre Société que dans l'année 1888 ; 
en se reportant audit Journal, on trouvera des détails qui peu- 
vent intéresser les personnes qui se livrent à la culture en grand 
des arbres fruitiers. Cette note fait suite à une première que j'ai 
rédigée en l'année 1881 et qui figure à la page 652 d\idi[ Journal 
pour 1881. 

A cet égard, sans être à même d'entrer dans des détails, je 
crois à propos de citer une culture basée sur dix-huit mille 
pieds d'arbres fruitiers, combinée en vue du commerce et établie 
depuis deux et trois ans par MM. Lévrier frères, propriétaires au 
château de la Martinière, par Rom (Deux-Sèvres). 

Cette culture industrielle toute nouvelle, faite dans un bon 
terrain neuf, qui va être encore augmentée de six mille pieds, 



TRAVAUX DU COMITÉ d'aRBORIC. FRUIT. EN 1S87. 235 

est sans doute la plus importante de l'espèce qui existe en 
France et sera plus intéressante à voir dans quelque deux ou 
trois ans. Je dois dire cependant que les propriétaires, dans un 
sentiment très louable, offrent d'y accueillir les visiteurs qu'elle 
pourrait intéresser. 

Dans quelques séances du Comité, l'attention a été particuliè- 
rement portée sur les ennemis qui, dans les jardins, attaquent 
les arbres fruitiers. J'ai résumé les observations qui ont été 
faites, et, sur le désir de mes collègues, j'en ai fait l'objet d'une 
note qui a été insérée à la page 510 du Journal de notre Société, 
année 1887. Il y est fait mention des procédés usités par les 
praticiens les plus expérimentés contre le Mildiou, l'Anthrac- 
nose, la Tavelure, le Tigre sur bois ou Kermès, la Grise, le Pu- 
ceron lanigère, les Limaces, Escargots, etc.... 

J'ajouterai encore le moyen employé par l'un de nos collè- 
gues, qui combat tous les insectes qui vivent sur le bois des 
arbres en versant sur les branches, en hiver, de l'eau bouil- 
lante à l'aide d'un arrosoir à bec très fin; et, en outre, contre le 
Puceron lanigère, celui qui est appliqué par un autre de nos 
collègues, qui écrase avec la main les Pucerons réfugiés sous 
l'enveloppe neigeuse qui dénote leur présence, et qui ensuite, 
pour compléter la destruction, enduit les branchages soit d'une 
couche de colle forte liquide qui, en séchant, enveloppe les 
insectes qui ont échappé, soit les couvre d'onguent de saint 
Fiacre, mélange d'argile et de bouse de vache. 

Une intéressante communication a été faite par un de nos 
collègues sur le Ver blanc, larve du Hanneton. 

La femelle commence fin avril et termine à la fin de mai sa 
ponte qui consiste en vingt à quarante œufs qu'elle dépose 
dans une terre meuble, à 8 ou 10 centimètres de profondeur; 
l'éclosion a lieu trois semaines environ après. Au moment des 
gelées, les larves s'enfoncent en terre pour remonter en avril. 
Elles ne peuvent supporter le soleil, dont les moindres rayons 
les font périr, d'oi^i résulte l'opportunité évidente de faire de 
fréquents binages, à partir du 15 juin; ils ont une grande effica- 
cité pour la destruction. 

11 est bon de noter encore que la femelle évite de poser ses 



236 RAPPORTS. 

œufs dans les terrains où elle rencontre du coaltar ou des éma- 
nations sulfureuses dont les larves ne s'accommodent pas. 

L'incision annulaire est un sujet qui donne matière à beau- 
coup d'observations et à des applications intéressantes à signa- 
ler. Ainsi, le 28 juillet, le frère Henri, l'excellent professeur d'Ar- 
boriculture de Rennes, envoyait à notre Société un sarment 
ayant subi l'incision annulaireet portant troisgrappes, dont l'une, 
au-dessus de l'incision, était entièrement mûre, tandis que les 
deux autre»; placées au dessous, étaient encore toutes vertes. 

Pomologie, 

Les fruits ne se répandent dans les cultures qu'avec une grande 
inégalité ; il en est qui restent localisés; nous devons néanmoins 
les connaître ; ils varient dans leurs qualités, selon les sols et les 
climats; leurs époques de maturité diffèrent selon les contrées ; 
ils doivent être l'objet d'un examen constant de Va part des pomo- 
logistes qui se livrent à leur étude. Pour notre Comité, c'est un 
devoir de donner de la publicité aux observations qu'il a été à 
même de faire pendant le courant de l'année. Je transcris 
ci-après les notes qui me paraissent devoir être les plus utiles, 
tout en faisant observer qu'elles portent sur des fruits qu'on a 
fait voyager, qui ont pu souffrir par des emballages défectueux ; 
en rappelant que parfois, aynnt dû figurer dans des Expositions, 
ils ont été cueillis avant maturité et, partant, que souvent les 
appréciations du Comité peuvent fournir des renseignements à 
consulter, mais nullement les éléments de jugement en dernier 
ressort. 

Janvier. — La Poire Doyenné Flon aîné a été qualifiée de 
bonne. 

Mê.ne jugement, au même mois, pour les Poires Charles Co- 
gnée, Beurré Perrault, Président Barrahé, Beurré Quétier. 

Féorier. — Ont été dégustés les fruits suivants : Pomme 
Pérasse, fruit local de Pau; les Poires Notaire Lepin, Charles 
Cognée, Bonne S^ rre de Saint-Denis, Marie Guisse, une de celles 
qui, en restant bonnes ou assez bonnes, se conservent le plus 
longtemps; Belle Hélène, très bonne, fruit peu répandu, méri- 
dional ; Président Barrabé, Professeur Barrai. 



TRAVAUX DU COMITÉ d'aRBORIC. FRUIT. EN 1887. 237 

Mars. — Poires Notaire Lepin, Charles Cognée, Barillet- 
Deschamps, Prince Napoléon, Doyenné de Monjean, Henri 
Courcelles, Beurré Yauban, Bon Chrétien Frédéric Baudry. 

Avril. — Beurré Henri Courcelles, Charles Cognée, Bonne Serre 
de Saint-Denis, Bon Chrétien Frédéric Baudry, Doyenné Bizet, 
Belle Hélène, Notaire Lepin, Doyenné de Monjean, toutes Poires 
de bonne qualité, comme encore la Poire Henri Courcelles et la 
Pomme Wellington et la Poire Bergamotte Sannier. 

Mai. — Poires Fortunée Boisselot, très bonne ; Charles 
Cognée et Belle des Abrès, bonne. 

Jui7î. — Poire Bergamotte Hertich, bonne; Pomme Madame 
Lesans, bonne. 

Fin d'août. — Prune Drap d'or d'Esperen, bonne; Monsieur 
Hâtif, très bonne. 

Septembre. — Brugnon de Félignie (Pèche lisse), très bon. 
Brugnon Elruge, très bon; Pèche Galande deBagnolet, Bonou- 
vrier, Malte; Brugnons de Padoue, Bowden, Victoria ; tous ces 
fruits recommandés pour leur bonne qualité. 

Octobre. — Poires Pierre Joigneaux, Sucrée Troyenne, Madame 
Appert, SufTolk, Gooclale, Charles Ernest, Madame Henri, Comle 
Lelieur, Henri Desportes, toutes qualifiées de bonnes. 

Novembre. — Poires Épine du Mas, Louise Bonne Sannier, 
Henri de Bourbon^ Duchesse bronzée. Doyenné du Cercle, Beurré 
des Augustins, toutes bonnes; Willermoz, assez bonne; La 
France, bonne. 

Décembre. — Poires Louis Vilmorin, assez bonne^ de même 
que Zéphirin Louis; Beurré Perrault, très bonne. 

Les fruits exotiques ont pour nous leur valeur; leur vue nous 
instruit, nous permet des comparaisons utiles avec les nôtres et, 
généralement, nous fait apprécier la supériorité des espèces pro- 
duites sous le climat tempéré dont nous jouissons. 

M. Hédiard a fait souvent au Comité des apports des colonies 
et d'Algérie, qu'il a accompagnés d'explications intéressantes. 
Grâce à lui, les produits de l'Algérie nous deviennent familiers 
et nous savons apprécier la supériorité des Oranges de Blidah. 

La culture des Kakis tend à se répandre en France et à s'accli- 
mater, surtout dans le Midi ; feu M. Honorati, de Toulon, a donné 



238 RAPPORTS. 

une forte impulsion à ces essais, et était, à cet égard, en corres- 
pondance suivie avec notre Comité. 

M. Audibert, de la Crau (Var), nous en a fait cette année un 
envoi imporlant, qui réunissait un certain nombre de variétés de 
formes et de grosseurs différentes. Quant au goût et aux qualités 
relatives, nous avons besoin d'être un peu plus exercés pour nous 
en rendre juges. 

Fruits de semis. 

M. Remy, de Pontoise, a fait connaître une petite Pomme 
d'hiver, provenant d'un semis de la Reinette franche et qui a été 
qualifiée de bonne. 

M. Fourcine (William), de Dreux, a envoyé des Poires belles 
et assez bonnes, se conservant jusqu'en avril, obtenues par semis 
et jugées assez bonnes, en somme, à étudier. 

Le 10 mars et le 6 janvier, le Comité disait passable et à revoir 
une Poire de M. Boisselot, de Nantes, fruit qu'on déterminait 
comme produit d'un semis. 

Le 1 mars, Poire Président de la Bastie, du même, jugée bonne. 

20 janvier, un fruit s'annoncant bien, à recommander et à 
suivre. 

3 mars. Pomme calville Madame Lesans, de très belle appa- 
rence et bonne ; la même, le 28 avril, avec la même note. 

Les 8 et 22 septembre, Pêches de semis de M. Charollois, 
bonnes et à suivre. 

Le 10 novembre, une Poire, envoyée pour la seconde année 
par M. Jeandriot, de Chagny (Saône-et-Loire), a été très bien 
jugée comme étant à recommander pour la culture. 

A partir du 24 novembre, on a pu déguster une Pomme issue 
de la Belle Fille rouge des environs de Paris, présentée par 
MM. Billiard et Barret, de Fontenay-aux-Roses, Pomme moyenne, 
de très longue garde, qui n'est pas sans qualité^ sans valoir la 
Belle Fille dont elle provient. 

Le 29 décembre, on examinait une Pomme grosse et sédui- 
sante par son apparence, qui était apportée par M. Lucien Chauré 
et qui demande à être revue. 

MM. Baltet frères, de Troyes^, comme ils le font chaque année, 



TRAVAUX DU COMITÉ d'aRBORIC. FRUIT. EN 1887. 239 

ont envoyé au Comité, pour ses études, un grand nombre de 
fruits, et notamment des Poires provenant de leurs propres semis 
qu'ils ont augmentés de jeunes plants produits par les travaux 
de feu M. Tourasse, de Pau. Le Comité avait à juger, cette année, 
tout particulièrement un lot, de ces mêmes MM. Baltet, d'une 
soixantaine de Poires transmis par le Jury de l'Exposition frui- 
tière de l'automne dernier^ pour être dgustés en temps opportun 
par le Comité. 

Or, les gains ayant de la valeur sont rares et les fruits des- 
tinés aux Expositions, étant cueillis uniformément à des époques 
déterminées et qui ne s'accordent pas, le plus souvent, avec leur 
maturité normale, il arrive que leur état fausse complètement 
les appréciations de ceux qui sont appelés à les juger. Ainsi on 
a remarqué que les Poires goûtées en automne étaient meilleures 
que celles qui étaient examinées dans l'arrière-saison et qui 
étaient fanées, sans doute ayant été cueillies avant maturité, 
tandis que celles cueillies en automne l'avaient été mieux 
dans leur époque. 

Le iO février, la Poire de semis n" 1230 était bonne. Le 
15 mars, n"" 1012 et 1028, éléments de bons fruits, fruits assez 
fanés ; à revoir. 

Le 10 mars, celle n° 991, cueillie trop tôt, présentait de bons 
éléments. 

Le 20 octobre et le 27 du même mois, le n° 1373, à chair très 
fine, juteuse, sucrée, bonne ; même jour, le n° 1040, assez 
bonne; n'^ 1019, sucrée, bien parfumée^ bonne; n*' 1179, bonne; 
le 20 octobre, n° 1026, assez bonne. 

Le 8 octobre, le n° 1359, à chair fine, juteuse, très agréable- 
ment parfumée, bonne et très bonne. 

Le 13 octobre, n° 1171, bonne^ et de même le 21 octobre. 

Le 23 février, n^ 1028, fruit fané, paraissant contenir de bons 
éléments; à revoir. 

Le 3 novembre, n° 1368, bonne. 

— n° 4 0016, bonne. 

— n*" 1160, assez bonne. 

— n" 1208, bonne. 

— n° 10026, assez bonne. 



240 RAPPORTS. 

Le 15 décembre, n° 10045, assez bonne. 
Apports caiT séances. 

Il est dans la mission du Comité de récompenser par des 
primes les horticulteurs qui apportent aux séances des fruits 
remarquables par leur aspect, et qui indiquent des cultures 
soignées et conduites avec intelligence. 

Bien que l'année n'ait pas été favorable aux Pêches, la cha- 
leur ayant fait défaut à la fin de Tété, l'art de nos cultivateurs 
de Pêchers a su en obtenir encore d'assez belles, et elles ont eu 
la plus grosse part dans la répartition des primes allouées. 

En résumé, le Comité a proposé, pendant Tannée 1887, et il a 
été accordé par la Société : dix primes de V classe; vingt 
de T^ classe et quatre de 3^; au total donc, trente-quatre 
primes. 

Comiuissions. 

Une seule Commission de visite a été demandée en Tannée 
>I887; elle avait pour objet l'examen des cultures fruitières 
de M. Parrain, jardinier de M™*^ Gripon, propriétaire à Limours 
(Seine-et-Oise). La conclusion a été l'envoi du Rapport à la 
Commission des Récompenses. 

Collection de fruits moulés. 

Les deux meubles-vitrines installés dans la salle de la biblio- 
thèque étaient combles, remplis des fruits moulés par les mains 
de notre très regretté collègue, M. Buchetet, dont les œuvres 
composent notre collection. Nous ne pouvions arrêter à ce point 
notre intéressante collection ; comme son conservateur, je me 
serais reproché de ne pas la tenir au courant de la culture con- 
temporaine. 

Deux choses étaient à obtenir pour atteindre le but: pre- 
mièrement, avoir un troisième meuble, et ensuite rencontrer un 
artiste qui put assumer la tâche de faire des reproductions 
exactes, artistiques et dignes de la science pomologique dont 
elles doivent aider l'étude. 



TRAVAUX DU COMITÉ DES INDUST. HORTICOLES EX 1887. 2-il 

D'une part, le Conseil d'Administration a bien voulu voter 
les fonds pour la construction du meuble en question; d'autre 
part, M""^ Alessandrisie, artiste mouleur, habitant Bordeaux, 
a entrepris l'exécution de nos travaux de moulage. Je vais 
reprendre les soins d'entretien de cette collection, qui a subi un 
arriéré regrettable, et achever, je l'espère, pendant l'année 
courante, la rédaction d'un Catalogue descriptif à l'appui. 
C'est un travail minutieux et de longue haleine auquel j'appor- 
terai tous mes soins. 



Compte rendu des travaux du Comité des Industries 
horticoles ex 1887 (1),' 

par M. Gustave ïouéry, Secrétaire de ce Comité. 

Les séances du Comité des Industries horticoles, pendant 
l'année 1887, ont été très suivies, ce qui témoigne de l'intérêt 
toujours croissant qu'elles ont présenté; parmi les questions qui 
y ont été étudiées, plusieurs ont présenté un caractère d'impor- 
tance réelle; on les trouvera relatées ci-dessous. 

Nous avons eu la satisfaction de voir que le vœu de la Commis- 
sion des insecticides, pour l'ouverture d'un Concours de pulvéri- 
sateurs de liquides, a été favorablement accueillie par le Conseil 
d'Administration. CeConcoursa eu lieu ; mais, malheureusement, 
trop peu de constructeurs y ont pris part; la raison en est que 
l'époque choisie coïncidait avec celle des Concours régionaux 
où les constructeurs avaient trouvé plus avantageux de se ren- 
dre pour des concours semblables. Le Rapport de M. Ferrouillat 
a été publié dans le Journal, cahier de juillet 1887. 

Nous avons aussi à nous féliciter de la prise en considération 
du vœu du Comité, tendant à classer les appareils et instruments 
horticoles dans le groupe de l'Horticulture, pour l'Exposition 
universelle de 1889, au Trocadéro. 

(1) Déposé le 11 mars 1888. 

i^r 10 



i 



242 RAPPORTS. 

Présentatiojis. 

Par M. Grosdidier, rue de Fouarre, 13, à Paris, une ferme- 
ture de son invention pour sacs à raisin et à fruits. Le Rapport, 
fait par M. Hanoteau et inséré au Journal de la Société (1887, 
page 113), dit que cette fermeture présente des avantages très 
seusibles et que le prix des sacs préserve-fruits qui en sont 
munis esl à peu près le même que celui des anciens systèmes; 
ils doivent, par conséquent, leur être préférés. Le Comité a dé- 
cidé de le recommander aux horticulteurs. . 

Par M. Etienne Guirauden, de Cette, des étiquettes métalli- 
ques à glissière qui ont été trouvées ingénieuses, quoique d'un 
prix relativement élevé; une prime de 3^ classe lui a été accor- 
dée. 

Par M. Guéroult, horticulteur, boulevard Gouvion-Saint-Gyr, 
49, un mastic de sa composition auquel il donne son nom; ren- 
voyé à la Commission compétente. 

M. Delaluisant a présenté un modèle de bac muni d'un sys- 
tème nouveau pour le dépotage. Il est invité à en remettre un 
exemplaire à M. Jolibois, jardinier en chef du Luxembourg, pour 
l'expérimenter. 

M. Pradines, rue de Courcelles, 27, à Levallois-Perret, a pré- 
senté un sécateur auquel il a apporté d'importantes modifica- 
tions. La première est l'addition d'une plaque en acier trempé, 
ajustée sur le crochet qui était habituellement cémenté; cette 
plaque, bien plus résistante^ fournira une somme considérable 
de travail sans s'arrondir et produira, même après un usage 
prolongé, des sections toujours nettes. La seconde modification 
est le remplacement de tous les ressorts connus par un ressort à 
boudin dont la tension peut être réglée à volonté. Ce ressort ne 
peut être ni faussé, ni forcé et, à rencontre des autres modèles, 
il peut, en cas d'un accident improbable, être remplacé instan- 
tanément par l'opérateur lui-même. Le Comité, adoptant les con- 
clusions du Rapport de M. de Vendeuvre, a décidé le renvoi à 
la Conmiission des Récompenses. Ledit Rapport a été inséré au 
Journal de la Société (août 1887, page 119). Une médaille 



TRAVAUX DU COMITÉ DES INDUST. HORTICOLES EN 1887. 243 

de bronze a été accordée à M. Pradines par la Commission des 
Récompenses. 

M. de Vendeuvre, constructeur d'appareils de chauffage de 
serres, rue du Clialet, à Asnières, a déposé sur le bureau de la 
Société une étude sur les expériences de chauffage des serres; 
ce remarquable travail, qui dénote chez son auteur une connais- 
sance profonde des règles à observer dans l'application des 
théories de la chaleur, a été soumis à l'examen de la section des 
chauffages, qui, par l'organe de son Rapporteur, M. Dormois, en 
a demandé et obtenu l'insertion aa Journal de la Société 
(septembre 1887, page 570). 

Par M. Tessier, pharmacien à Beauvais, une encre à écrire sur 
les étiquettes en zinc; le Comité a reconnu que cette encre est 
d'un bon usage, et a voté des remerciements au présentateur. 

Par M. Giot, rue Sedaine, 50, à Paris, un mastic de sa com- 
position, qu'il nomme Mastic des horticulteurs; il en a remis 
plusieurs échantillons qui ont été distribués aux membres de la 
Commission chargés de l'expérimentation. 

Par M. Duneutfour, rue de Colombes, 24, à Asnières, un 
râteau dit ramasse-feuilles. La modification qu'il a apportée à 
cet instrument consiste dans l'addition d'une lamelle de tôle 
traversée par les dents du râteau et fixée au milieu de leur lon- 
gueur. Le Comité a adressé ses remerciements à M. Duneuffour. 
Par M. Bénard, de Treil, des tuteurs-dresseurs de plusieurs 
dimensions. Ces tuteurs, en acier verni, sont solides, bien que 
d'apparence légère, et les ondulations du cercle supérieur per- 
mettent de répartir les fleurs plus gracieusement; le Comité a 
voté de vifs remerciements au présentateur. 

Sur la demande de M. Grenthe, constructeur de serres à Pon- 
toise, une Commission spéciale a été chargée d'examiner les 
serres construites par lui dans l'établissement de M. Truffant, 
horticulteur à Versailles. Le cadre restreint de notre travail ne 
nous permettant pas d'entrer dans les détails intéressants con- 
tenus dans l'excellent Rapport de M. Quénat, nous devons nous 
borner à dire qu'il constate que ces serres sont remarquablement 
construites, tant au point de vue des exigences de la culture, de 
la solidité, de la simpUcilé et de l'élégance, qu'à celui de 



244 RAPPORTS. 

l'économie du prix. Les conclusions de ce Rapport, demandant 
l'insertion au Journal et le renvoi à la Commission des Ré- 
compenses, ont été adoptées par le Comité. 

M. Aubry, rue Vieille-du-Temple, 131, a soumis à l'examen du 
Comité un râteau présentant d'importants perfectionnements. 
Cet outil est léger, gracieux, d'une forme et d'une solidité pai- 
faites; grâce à une disposition nouvelle, les dents ne peuvent 
tourner dans leur trou, ni en sortir, même par les temps de plus 
grande sécheresse. Le manche, au lieu de se fixer dans un trou 
pratiqué dans la tète du râteau, comme cela se fait habituelle- 
ment, entre dans une douille vissée et rivée, ce qui laisse au bois 
toute sa solidité naturelle, laquelle s'accroît encore par le blin- 
dage de la partie supérieure. Une prime de 2® classe a récom- 
pensé M. Aubry pour ces heureuses modifications. 

M. Louis Fromont, boulevard Diderot, 20, a soumis à la 
Société un vernis destiné à garantir et à conserver indéfini- 
ment les inscriptions des étiquettes en bois employées en Horti- 
culture et en Arboriculture. Des échantillons en ont été remis à 
chacun des membres de la Commission chargée de l'expérimen- 
tation; ce vernis reste donc à l'étude. 

Nous mentionnons en terminant le vœu périodiquement formé 
par le Comité pour la constitution du musée d'instruments et 
appareils horticoles appartenant à la Société. Tous ces objets, 
provenant de dons volontaires ou de présentations, sont toujours 
relégués dans les chambres hautes de l'hôtel ; ils se détériorent 
par le fait même de leur accumulation et le manque d'entretien. 
Le Comité espère que ce vœu, qui a trouvé un écho dans l'esprit 
de quelques-uns de nos collègues du Conseil, recevra enfin une 
solution digne de son importance. 



travaux du comité de floriculture en 1887. 245 
Compte rendu des travaux du Comité de Floriculture 

PENDANT l'année 1887 (1), 

par M. H. Birot, Secrétaire de ce Comité. 

Les présentations faites au Comité de Floriculture, pendant 
l'année 1887^ ont été assez nombreuses et assez variées, bien que 
beaucoup de plantes excellentes n'aient pas eu l'avantage d'être 
présentées convenablement, telles principalement que les Dah- 
lias et les Chrysanthèmes; cette absence à peu près complète de 
deux des principales espèces de plein air qui ornent nos jardins 
tientprobablementàce que deux Expositions: celle de septembre, 
où figuraient de nombreuses variétés de Dahlias, et celle de no- 
vembre, spécialement destinée aux Chrysanthèmes, avaient em- 
pêché les horticulteurs qui s'en occupent d'apporter leurs plantes 
au Comité. Cela est regrettable, car, à la suite de ces Expositions, 
aucun Rapport n'a mentionné les variétés méritantes parmi 
les plantes nouvellement obtenues ou récemment introduites. 

Il en a été de même pour les Bégonias tubéreux, dont les pro- 
grès ont été si rapides depuis quelques années. 

D'un autre côté, très peu de plantes vivaces ou annuelles ont 
été présentées; mais les amateurs ont pu se dédommager en 
partie en admirant les beaux lots qui figuraient à l'Exposition 
de mai. 

Par contre, les présentations d'Orchidées ont été nombreuses 
et très variées; elles ont fait défiler devant nosyeux une foule de 
plantes d'un grand mérite, nouvelles ou en variétés déjà connues, 
mais présentant une valeur exceptionnelle pour l'horticulteur 
ou l'amateur, en raison de leur floraison abondante, de leur 
culture facile ou de leur prix modéré, car il faut tenir compte 
qu'en France, bien que le nombre des amateurs de ces magni- 
fiques plantes ait beaucoup augmenté depuis quelques années, 
les plantes rares ne pourraient guère trouver acheteur aux prix 
fabuleux qu'obtiennent certains spécimens en Angleterre. 

D'ailleurs, la plupart des Orchidées vendues le sont générale- 

(1) Déposé le 26 avril I888.- 



246 RAPPORTS. 

ment en fleurs coupées chez nos grands fleuristes parisiens ou 
passent entre les doigts de fée des dames; ces charmantes fleurs 
se montrent à leur avantage dans les bouquets [et les cor- 
beilles. 

Quelques belles présentations de Broméliacées très méritantes, 
parmi lesquelles quelques nouveautés, ont été également faites, 
ainsi qu'un petit lot de Mhipsalis, plante à peu près délaissée. 

Les Cyclamens nous ont valu quelques belles présentations 
et nous ont permis d'admirer les variétés à grande fleur, qui 
ont maintenant complètement détrôné les variétés anciennes à 
petites fleurs. 

Les Dracsenas ont été représentés par quelques nouveautés 
d'avenir. 

La multiplicité des Expositions nous a également empêchés 
d'avoir des apports importants de Jacinthes,. Primevères et 
Cinéraires, car la plupart des présentateurs de ces plantes les 
avaient exposées en février, au Palais de l'Industrie, à l'occasion 
du Concours général agricole^, où les fleurs étaient admises ; 
pourtant un joli lot en a été apporté au Comité. 

Parmi les plantes diverses de serre, quelques Bouvardias 
hybrides nouveaux, simples et doubles, variétés d'un grand 
mérite par leur floraison hivernale, quelques Gloxinias^ le 
Ruellia macrantha, charmante plante trop peu répandue ; un 
Anthurium nouveau, V Impatiens comorensis et quelques autres 
plantes. 

En plantes de pleine terre, vivaces ou annuelles, nous avons 
à noter : un lot de Pivoines herbacées en fleurs coupées très 
remarquable, une collection très méritante de plantes aqua- 
tiques, des OEillets remontants dont la floraison hivernale est si 
appréciée, des Glaïeuls Gandavensis provenant de la région de 
Nice et cultivés à contre-saison pour obtenir un prix plus élevé 
de la fleur coupée, des Hellébores en variétés nombreuses et 
méritantes, des Anémones simples et doubles de plusieurs types, 
des Pâquerettes doubles à pétales plats ou tuyautés, des Pensées 
de divers types, des OEillets de Chine et de Heddewig, simples et 
doubles, des Glaïeuls de semis types Gandavensis et Lemoinci, 
quelques Phlox decussata, des Cannas nouveaux remarquables 



TRAVAUX DU COMITÉ DE FLORICULTURE EN 1887. 247 

par la grandeur et la teinte de leurs fleurs, des Zinnias hors 
ligne en fleurs coupées, des Reines-Marguerites variété Empe- 
reur, quelques Asters vivaces, des Giroflées, Balsamines, Roses 
trémières en fleurs coupées, des Violettes simples et doubles 
en belles variétés, quelques Bégonias parmi lesquels une nou- 
veauté, le Muguet Fortin à grande fleur, le Soleil miniature, le 
Nicotiana af finis et quelques autres plantes. 

Deux lots de Narcisses, comprenant toutes les plus belles 
variétés existantes, parmi les anciennes, et les hybrides nouveaux, 
ont démontré la beauté de ces plantes bulbeuses de pleine terre 
et le parti qu'on pourrait en tirer pour la décoration du bord 
des massifs d'arbustes. 

Une plante grimpante nouvelle, le Mina lobata, est venue 
s'ajouter à la liste des plantes annuelles à végétation rapide et à 
floraison abondante. 

Un petit lot de Dahlias simples à fleurs panachées et striées 
montre les nuances déjà obtenues dans ce genre élégant, depuis 
deux ans qu'il s'est produit. 

Deux Clématites nouvelles d'un grand mérite viennent prendre 
place dans la catégorie déjà nombreuse de ces jolies plantes. 

Deux Rosiers nouveaux d'avenir, l'un présentant le type du 
R. thé et l'autre du R. hybride remontant, ont également été 
présentés au Comité. 

Telles sont à grands traits les diverses présentations qui ont 
été faites au Comité, et ci-dessous est la liste des présentateurs, 
par ordre alphabétique, avec des notes diverses émanant des 
présentateurs, du Comité et du Secrétaire : 

M. Ed. André, rédacteur de la Revue horticole : un Billbergia 
nutans, plante extra-forte, présentant quatorze hampes de 
fleurs bien développées. 

M. Arnoux, jardinier à Savigny-sur-Orge (Seine-et-Oise), un 
lot de Primevères de Chine frangées à feuilles de Fougère, race 
assez répandue dans les cultures. 

MM. Baltet, horticulteurs-pépiniéristes à Troye.s, quelques 
Dahlias de semis de valeur contestable. 

M. Boucher, pépiniériste à Paris, une Clématite nouvelle