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Full text of "Journal de la Société centrale d'horticulture de France"

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JOURNAL 

DE LA < 

SOCIÉTÉ CENTRALE 

D'HORTICULTURE 

DE FRANGE 



PARIS. — IMPRIMERIE HORTICOLE DE E. DONNAl^O 

RUE CASSETTE, 1. 



JOURNAL 

DE LA 

SOCIÉTÉ CENTRALE 

D'HORTICULTURE 

DE FRANCE 



Sa série 

TOME IL — 1880 






PARIS 
AU SIÈGE DE LA SOCIÉTÉ 

RUE DE GRENELLE-SAINT-GERMAIN, 84, 

ET CHEZ M™« V BOUCHARD-HUZARD, LIRRAIRE DE LA SOCIÉTÉ 

RUE DE l'Éperon- SAINT -AKDRÉ- DES -ARTS, 3. 

1880 



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SOCIÉTÉ CENTRALE D'HORTICULTURE DE FRANCE 



BUREAU DE LA SOCIÉTÉ POUR Î880. 



4ki 



Président ?iIM. 

Premier Vice-Président 

Vice-Présidents .• • • 

Secretaire-géiiéral . . 

Secrétaire-général-adjoint 

Secrétaires 

Trésorier 

Trésorier-adjoint 

Bibliothécaire 

Bibliothécaire-adjoint 

Secrétaire -Bédacteur 



Lavallée (A.) 

Hardy. 

Bâillon (le docteur). 

BURELLE. 

Teston (Eugène). 
Arnolld-Baltard. 
duvivier. 
Verlot(B.). 
Lepére, fils. 
Chargueraud . 
Lavialle. 
Ciré. 

MORAS. 

Lecocq-Dumesnil. 
Wacthieb. 
Courcier . 

DucniAKTRE fP.). 






Conseil d'Administration , 



MM. 1. Drouet. 

'z. Appert. 

3. Girard (Maurice) 

4. Delamarre. 

5. Borel^ père. 

6. COTTIN (A.) 



MM. 7. Malet. 

8. Truffaut, père. 

9. Thiuaut. 

\0. Jamin (Ferdinand). 

1 1 . Marggttin, père. 

12. Carrière. 



Le Président et le Délégué de chacun des quatre Comités et des Commissions 
de Rédaction, de Secours et des Cultures expérimentales (Voir ci-après) , 

BUREAU HONORAIRE. 



Président MM. Chereai-. 

Vice -Présidents Andry, Orouart, Eugène Ti«- 

SKRA>D, LeFEBVRE DE SaINTE- 

M/RiE et Merruau. 
Trésorier " Corbay. 

Série 3. T. H. Cahier de janvier 1880 publié le 29 février 4880. 



COMPOSITION DES COMITÉS EN 1880. 



COMPOSITION DES COMITÉS EN 1880. 



Comité d Arboriculture fruitière. 

Président M.M. Chevallier (Charles). 

Vice-Président Boinnel. 

Secrétaire Michelin. 

Vice- Secrétaire Buchetet. 

Délégué au Conseil d' Administration Templier . 
Délégué à la Commission de Rédac- 
tion Pkeschez. 

Consenateurs des collections . . . . Michelin et Charollois. 

Comité de Cidturc potagère. 

Président MM. Laizier. 

Vice-Président Vincent (Ch.). 

Secrétaire Siroy. 

Vice-Secrétaire Pageot. 

Délégué aiiConseild Administration. Moynet. 
Délégué à la Commission de Rédac- 
tion Pailliel'x. 

Conservateur des collections .... Beurdeley. 

Comité de Floriculture. 

Président MM. Burelle. 

Vice-Président Baciioix. 

Secrétaire Df.lamarre. 

Vice-Secrétaire Jolibois (R.). 

Délégué au Conseil d ' A dmin istration . Ciiaté (Emile). 
Délégué à la Commission de Rédac- 
tion Bâillon (le docleur). 

Coi servuteiir des collections. . . . Veulot (B.). 

Comité des Arts et Industries. 

Président MM. Glatigny. 

Vice-Présideiit Héringer. 

Secrétaire Eorel, père. 

Vice-Secrétaire LEBœuF, lils. 

Délégué au Conseil dAdmiJiistration. Héringer . 
Délégué à la Commission de Pu'dac- 

tion Hanoteau. 

Conservateur des collections . . . . Appert. 



BIENFAITEURS DE LA fOCIÉTÉ. 7 

COMMISSIONS PERMANENTES. — 18- 0. 

Commission de Rédaction. 

Président. MM. Teston (Eug.). 

Vice-Président Bâillon (le docteur) . 

Secrétaire Buchetet. 

Vice-Secrétaire Wauthier. 

Délégué au Conseil Hanotevu. 

Commission des Cultures expérimentales . 

Président MM. Verdier (Eug.). 

Vice-Président — 

Secrétaire Ponce (Isidore). 

Vice-Secrélaire -^ 

Délégué au Conseil Jolibois (R.). 

Commission des secours. 

Président MM. Dur-\.nd, aîaé. 

Vice-Président ^- 

Secrétaire Dumont (H.-R ). 

Vice-Secrétaire — 

Délégué au Conseil Demont (H.-R.). 

Commission des Expositions. 

Président : M. Teston (Eugène). 

Secrétaire ; M . Lavialle . 

Membres : MM. Cottereau, Arnolxd-Baltard, Delamarre, Siroy, Droiet^ 

Lefèvre (Eug,), le docleur Bâillon, Appert, Borel père, Courcier, 

Durand aîaé. 
Adjoiîits ; Le Secrétaire-général. — Le Secrétaire-géncral-adjoint. — 

Le Trésorier. — Le Trésorier-adjoint. — Le Secrétaire-rédacteur. — 

L'Architecte de la Société. 

BIENFAITEURS DE LA SOCIÉTÉ, AU l^"" JANVIER 1880. 

MM. Saillet père, premier bienfaiteur. 

Vaillant (le maréchal), ancien Président de la Société. 
Andry (le docteur Victor), Vice-Président honoraire de la Société 
Pellier (Alfred), Membre titulaire de la Société. 

Membres perpétuels. 

MM. Andry (Victor), Vice-Président honoraire de la Société. 
Andry (Edouard), Membre titulaire de la Société. 
BoucHARD-HuzARD, uncien Secrétaire-général de la Société. 
Guenot (Auguste), «ncï'en Secrétaire. 



8 



lijte des membres 



MM. Laurent, aîné, Membre titulaire de,la Société 
Chauviére, — — — — 

PiGEAUx (le docteur), ancien Bibliothécaire. 
JoLY (Charles), Membre titulaire de la Société. 

Dame patronnesse à vie. 

M""' BoucicAUT jeune, au château de Chamaraude (Seine-eUOise). 

Membre» ù vie. 

MM. Ai'BERT (Alberl). 
BiOLLAY (Paul). 
CoTTiN (Ernest), 
DuciiARTRE (Henri). 
TOURASSE (P.-L.). _ 

Membres fondateurs dex firux Sociétés. 

40 DEVENUS HONORAIRES. 

MM. 

f841 Bachoux. 

4841 CllÉREAU. 

4844 Dufoy(A.). 

4811 Margottin (J.-L.). 

4844 Pelé (A.-P.). 

4 841 Lévèque dit René. 



2° RF.STÉS TiniAlRES. 



MM. 

4 827 Bertin. 
4 841 Thibaut, 



Liste des Membres de la Société admis en 1878 et 1879. 



DAMES PATRONNESSES 

AEMISESEH 1878 ET 1879. 

Mesdames. 
ISTS— Darlu (Edouard j, rue Laborde, oO, à Paris. 
4878— Jourdain (Frédéric), boulevard Haussraann, oO, à Paris. 
1878— Rousselle (Théodore), boulevard Haussmann, 13.1, à Paris 



EEÇUS EN 1878 ET EN 18:9. i> 

MEMBRES TITULAIRES (I) 

ADMIS EN 1878 ET 1879, 

A 

MM. 
187 -' — Angiboust (Edouard), à Savigny-sur-Orge (Seine-et-Oise). 
1879 — Arthus (F.), négociant, rue Oicher, 23, à Paris. 

B 

1879— Bachelet (H.), rue de la Ferme, o, à Billancourt (Seine). 

-1878 — Bachoux (Denis), pépiniériste, rue Audigeois, 8, à Vitry (Seine). 

1879 — Baillet (Victor), vétérinaire, rue de Laborde, 40, à Paris. 

1878 — Bailly (Edouard), jardinier, rue Peuin, IS, à Montreuil-sous-Bois 

(Seine). 
^878 — Barbe, père, ancien maire, à Cannes (Alpes-Maritimes). 
1878 — Barbou (Pierre), jardinier au château de Chennevièies, par Louvres 

(Seine-et-Oise). 
1879 — Bardet (Georges), à Varsovie (Pologne), et chez Mwe Bar, faubourg 

Saint-llonoré, 34, à Paris. 
1878 — Barre (Alexandre), pépiniériste, rueAudigeois (place Garnot), 9, à Vitry 

(Seine). 
1879 — Barre notaire honoraire, boulevard Haussraann, 32 bis, à Paris. 
1878~Bazelle, fleuriste-entrepreneur, boulevard Magenta, 95, à Paris. 
1879— Beaufour (Charles), rue de la Boélie, 8, à Paris. 
1878 — Beisoît (François), jardinier, à Cercy par Villecresne (Scine-et-Oise). 
1879 — Bergounioux (Henri), rue Thérèse, 10, à Paris et au domaine de 

Gamot, par Saint-Céré (Lot). 
1879 — Bertaut (Alphonse), cultivateur, rue de Noisy, 3, à Rosny-sous-Bois 

(Seine-et-Oise). 
1879 — Birot (Henri), jardinier, rue de Longchumps, €0, à Paris. 
1879 — Blanc (Jules;, jardinier chez M. Thomas, à Bue par Versailles (Seîne-ef 

(Oise)* 
1878 — Bodson, père, successeur de Guillaume, fabricant de pompes, rue 

d'Angoulême-du-Temple, 94, à Paris. 
1878 — Bolut (Charles), horticulteur-grainier, boulevard de l'Est, 17, à Chau- 

mont (Haute-Marne). 
1878 — Bonnard (Louis-Ernest), pépiniériste, rue des Étroits, 31, à Vitry 

(Seine). 
1879 — Bonherd (Joseph), jardinier-chef chez M. Perrier, à Épernay (Marne). 
1878 — Bouchet (Gustave-Edmond), jardinier-chef chez M. Delahaute, rue Saint 

Cloud, 8, à Billancourt (Seine). 
1878 — Boucicaut (Aristide), au château de Charaarande (Seine-et-Oise). 
1878— Boyer (Louis), horticulteur, rue de Marseille, 24, à Bordeaux (Gi- 
ronde). . 

1878 — Bréard (Alphonse-Pierre), propriétaire, rue de Turin, 22, à Paris. 
1878 — Breton (Louis), propriétaire, boulevard Saint-Michel, 22, à Paris. 

(1) Quelques Membres dont la date d'admission est antérieure à 1878 sont 
rentrés en 1878 ou 1879 dans la Société qu'ils avaient quittée temporairement. 



40 LIïTE DES MEMBRES 

■1866 — Bruneau (Débirc), arboriculteur, Grande-Rue, 107, à Bourg-la-Rcine 
(Seine). 

4879— Bùchner (Michel), horticuUeur, Xheresenstrasse, 54, à Munich (Ba- 
vière). 



.j879_Castillon (L. -Justin), représentant de commerce, rue de Babylonc, 11, 

à Paris, 
1878 — Chantrier (\lfred), jardinier-chef chez M. Bochcr, à Bayonne (Basses- 

l'yrénées). 
-1^74 — Chappellier (Firmin), i.igcnieur civil, avenue d'Aumcsnil, '■218, à 

Paris. 
1879 — Charollois (Claude), pépiniériste à la Montée JSoire par le C,roi:zot 

(Saône-et-Loire). 
1878— Chartier (Jules), garçon jardinier chez M. Worlh, à Suresnes (Seine). 
1879 — Chaumeron (Louis), garde cl jardinier au château de Bataille par le 

Neiihourg (Eure). 
1879 — Chevalier, architecLe-paysagisle, avenue Mac-Mahon, 7, à Paris. 
1878 — Choiseul (le comte Horace de), rue Daguesseau, 9, à Paris. 
1877 — Christen (Louis), horticulteur, rue Saint-Jules, 6, à Versailles (Seine- 

et-Oise). 
-1879 — Cirio (Francesco), à Turin (Italie). 
1879 — Clasquin (Georges), jardinier à Dun-sur-Meuse (Meuse). 
18*9— Colleu (P.), jardinier-chef du jardin des Plantes, à Rennes (Ule-et- 

Vilainc). 
4 879 — Conchon, architecte, rue Monsieur, 19, à Paris. 
1879— Cottiau (Edouard), rue de Rennes, 99 à Paris. 

D 

4879 — Dafy, constructeur d'appareils de chauffage pour serres, rue de Bagno- 

let, 110, à Paris. 
1879 — Dangueuger (Désiré), jardinier chez M. le marquis de Trévise, à Sceaux 

(Seine). 
'1879 — Dary (Jules), avenue Quihou, 27, à Saint-Mandé (Seine). 
1879 — Dedouvre (Pierre-Louis), négociant, rue du Moulin-dc la-Pointc, 3, 

à Paris. 
1S78 — Delabergerie (Désiré), horlicultcui', GiandeRue, CD, à Bourg-la-Reine 

(Seine). 
4879— Delaluisant, aîné (P.l, tonnellerie d'art, avenue de YiUicrs, 111, à 

Paris. 
1879 — Delavallée (Erncst\ rue de Lisbonne, '61, à Paris. 
1878 — Delmas (le docteur Louis-ll.?, par M. le docteur Pichardo, rue O'Rcilly, 

31, à la Havane (Ile de Cuba). 
1879 — ^enis (Charles), pépiniériste à Angers (Maine-et-Loire). 
1870— Dépinay (L.), rue du Coli-éc, 19, h Paris. 
1879 — Desmoulins (Léon), jardinier chez M. de Soubeyran, à Decauvillc-sur- 

Mcr (Calvados). 
1879 — Destouches (Adrien), rue du Luxembourg, 51, à Paris. 
1879 — DoUey (Henri), propriétaire, quai de la Mégisserie, 8, à Paris. 



REÇUS EN 1878 ET EN 1879. M ' 

'ISTS— Dubois .L.), entrepreneur de couvcrlures, avenue des Sycomores, -2 his, 

villa Montmorency, à Auleuii-Paris. 
•1S79— Dufour (Louis), rue du Sentier, lo, à P-iris et à Andrésy (Seinc-et- 

(Jise). 
4878— Dugourd (Justin', jardinier chez son altesse le Khédive, au Caire 

(Egypte). 
4879 — Duinoutier(Jean-Michel-Édouard), propriétaire, boulevard Voltaire, 13, 

à Paris. 
4879 — Duplessis (Etienne), jardinier chez M. Evrard, boulevard de rÉglise, 3, 

à 13ourg-la-Reine (Seine). 
4879— Du-Sert (Gabriel), associé de la maison Jacquemet-Bonnefont, à 

Annonay (Ardèche). 

E 

4879 — Eberlé (Antoine), horticulteur, successeur de M. Pfersdorff, avtnue de 

Saint-Ouen, 446, à Paris. 
48T9 — Elle (Alfred), jardinier, rue de Vaugirard, 74, à Paris. 
4878 — Etchegaray (Etienne), entrepreneur de serrurerie, à Meulau-Nuredux 
(Seine-et-Oise). 

F 

48Î9 — Faivre (Antoine), entrepreneur de monuments funèbres, rue Campa- 
gne-Première, 33, à Paris. 

4879 — Faroult, aîné, jardinier au château de Groussay, à llontfort-Lamaury 
(Scine-et-Oise). 

4879 — Fayard (Arlhème), éditeur, boulevard Saint-Michel, 78, à Paris. 

4879 — Fleury (Denis-Jean), cultivateur, à Argenteuil (Seine-et-Oise). 

4879 — Forey (Victor), jardinier, rue de Brancas, 89, à Sèvres (Scine-el-Oise). 

4878 — Foulieron (François), négociant, à Clamecy (Nièvre). 

G 

4879 — Gaillon (Pierre-Antoine), meubles de jardins, passage Mussard, 6, à 

Levallois'Perrct (Seine). 
487S — Galle (Emile), Secrétaire-général de la Société d'Horticulture de Nancy, 

avenue de la Garenne, 2, à Nancy l'Mcurthe-el-Moselle). 
4879 — Gando, propriétaire, place de la Fontaine, au Vcsinet (Scine-et-Oisc). 
4878 — GarnoQ (Jean-Baptiste), jardinier chez M. d'Hubert, quai d'Asnières, 35, 

à la Garenne par Saint-Denis (Seine . 
4879— Girardin (Jean-Jacques), cultivateur, rue des Gobelins. 6, àArgenleuil 

(Seine-et-Oise). 
4879 — Gondouin .Frédéric), jardinier chez M. Alexandre, rue du Parc, 4, à 

Ivry (Seine). 
4879 — Graillât (Louis), associé de la maison Jacquemet-Bonnefond, à .4nnonay 

(Ardèche). 
<878 — Granjon, mécanicien, à Chatonnay (If ère). 
4879 — Grassi (Joseph), jardinier chez MtQ<= veuve Perrier, rue d'Erlanger, 23, 

à Auteuil-Paris. 
4879— Gricourt, horticulteur, rue Colas, 7, à Boulogne (Seine). 



4 2 LISTE DES MEMBRES 

1879 — Guillouard (Alexandre), propriétaire, avenue du chemin Anglais, au 

Raincy (Seine-el-Oise). 
1879 — Guinier (Tliomas), entrepreneur de plomberie, rue Jean-Jacqucs-Rous- 

seaii, 23, à Paris. 

H 

1878 — Hachette (Georges), propriétaire, boulevard Sainl-Michel, 24, à Paris. 
1879 — Harraca, élève à l'Ecole d'ilorliculture de Versailles, rue ilu Potnger, 

4, à Versailles (Seine-el-Oi?e). 
1878 — Kauchecorne, serrurier, à Louveciennes(Seinc-et-Oise). 
1878— Hébrarcl ;Laurent), rue Marceau, 73, à Paris. 
1878— Hémar i Honoré-Marie), avenue de Paris, 46, à Saint-Denis (Seine). 
■1S79 — Hémar (Honoré-Jean), grainier-horticulleur, rue de la Co^sonnerie, 3, 

à Paris. 
1879 — Hémon (Henri), propriétaire à VilJiers-sur-Marne (Seine-el-Oise). 
1879 — Henry, tils aine, horticulteur, rue Saint-Lazare, 2, h Dijon (Cùte-d'Or). 
■^^^9 — Houdart (François), jardinier à l'hospice temporaire, rue de Sèvres, 

42, à Paris. 
■•879 — Huard, propriétaire, rue Chauveau-Lagarde, 6, à Paris. 
1879— Hugedé (Pierre-Louis), faubourg Saint-Honoré, 8, à Paris. 



1879- Jamin, membre de llnstilul, rue Soufflet, 24, à Paris. 

•1879 — Jarry fJ.-F.), propriétaire, à Saumiir (Maine-et-Loire). 

1878 - Jaux, architecte de parcs et jardins, roule de Paris, à Avallon (Yonne). 

1878 — Jobort (Armand), jardinier-chef à l'asile Fénelon, à Vaujours (Seinc-et- 

Oise). 
18.8 — Joset (Albert), capitaine au \f>^ régiment territorial d'infanterie, au 

château de la Vieille-Ferlé, par la Ferté-Léripièrc (Yonne^. 
1878 — Junot (Charles), propriétaire, rue de la Faisanderie, 63, à Passy-Paris. 

L 

1878 — Lachaume (Jules), directeur Ju Jardin d'Acclimatation de la Havane 
(île de Cuba). 

1879 — Laisné (Omer), propriéiaire, rue de 1 Échiquier, 21, à Paris, et boule- 
vard du 4 septembre, 48, à Boulogne (Seine). 

1878— Lajoie, fabricant, rue Notre-Dame, 44, à Caen (Calvados), 

1879— Lambert (Mm-), rue de la Tour-des-Daracs, 4, à Paris, elaudomaine de 
Ferney-Voltaire (Ain). 

1879— Langlade (E.), rue Berlin-Poirée, 9, à Paris. 

1879- Leblanc (Salvador-Adrien), jardinier, rue Vavin, 37, à Paris. 

1879— Leblond, fils, fabricant de serres, à iMontraorency (Seine et- Oise). 

1878— tecœur (Victor), architecte-paysagiste, rue Montcssiiy, 2, à Paris. 

1878— Le Gerriez, aîné, rue Thénard, 4, à Paris. 

1878— Léguillier-Minel, père, cultivateur, rue de la Mairie, 32, à Deuil 
(Seine-et-Oise). 

1878— Léon-de-Saint-Jean, propriétaire, président honoraire de l'Asso- 
ciation horticole Lyonnaise, à Collonges-sur-Saône (Rhône). 



IIEÇUS EN 1878 ET EN 1879. 13 

1878 — Lerosier (Jean), jardinier au Luxembourg, rue Garancicre, 4, à Paris. 
4879— Lescot (André), cuiUvateur, rue de la Liberté, 23, à Argenteuil{Seine- 

etOise). 
■1879— Levesque (J.), négociant, place de la Fontaine, 8,. à Cherbourg 

(Manche). 
1879 — Lichtenfelder, serrurerie artistique, avenue de la Grande-Armée, 45, 

à Piiris. 
•1878— Lunaret (Léon de), à Montpellier (Hérault). 

i818 — Maison (Louis', constructeur, aux Riccys (Aube). 

1878 — Malaizé (Charles), propriétaire, rue des Petites-Ecuries, 44, à Paris. 

1878— Mangin (Eugène), jardinier chez Mme Despomraiers, rue Saint-Romain, 
4, à Paris. 

1878 — Mathian fils, ingénieur-constructeur, rue de Sully, 54, à Lyon (Rhône). 

1879 — Maume, rocailleur, rue des Balkans, 2, à Charonne-Paris. 

1879 — Mayou (Eugène), jardinier chez Mni= Pia, rue de Paris, 71, à Enghien- 
les-Bains (Seine-et-Oise). 

1879— Métivier (Narcisse-Gu-tave), jardinier chez M. Gallay, rue de la Ter- 
rasse, 9, à Bellevue (Scine-et-Oise). 

1879 — Milinaire (Auguste), serrurerie, rue Polonceau, lo, à Paris. 

1879 — Milinaire (Clément), serrurerie, rue Polonceau, 15, à Paris. 

1878 — Mirande, entrepreneur de chaudronnerie, rue Trompette, 9. à Saint- 
Germain en-Laye (Seine-et-Oise). 

1878 — Mousel, fils (Mathias), horticulteur à Sandweiler-lès-Luxembourg (Grand 

duché de Luxembourg). 
1878 — Mulot (Désiré-Alexis), jardinier chez M. Guiiiier, à Maisons-Laffille (Seinc- 
et-Uise), 

N 

1879— Niobey, maire, à Bayeux (Calvados). 



1879 — Offrion (Oscar), chimiste, rue des Fossés-Saint-Jacques, 19, à Paris. 
1878 — Olivier, père (Jean-Marie), jardinier, à Dinan (Côtes-du-Nord). 
1879— Olof-Nilson, représentant de la maison J. Linden, rue /de la Paix, 5, 
à Paris. 



1879 — Pean (Armand), architecte-paysagiste, rue Gérando, 20, à Paris. 

1879 — Pelletier (E.), fabricant d'objets spéciaux pour l'horticullure, rue de 

1.1 Banque, 20, à Paris. 
1878— Pertuzès, horticulteur à Toulouse (Haute-Garonne). 
1879-^Petit (Eugène-Etienne), quai de la Tournelle, 37, à Paris. 
1879— Peujade (le docteur Clysse), à Caylus (Tarn-et-Garonnc). 
1879 — Photius (le frère), directeur de l' Asile-école Fénelon,à Vaujours ^Seine- 

et-Oise). 
1879— Pichoa, jardinier chez M. Blanc, à la Ghapelle-en-Serval (Oise). 



H LISTE DES MEMBKES 

1878— Picoré (Jean-Joseph), arboriculteur, faubourg Sainte-Calherinc, 39 6ts, 

à Nancy (Meurthe-et Moselle). 
^878 — Picot (Alexandre), jardinier chez M. Bidos, boulevard de l'Ouest, 85, 

au Raincy (Seine-et-Oise). 
■1878~Pissot (Ferdinand), propriétaire, à Vassy (Haute-Marne). 
j^-jS — Plasse (Ernest-Louis), hydraulicien, quai Valmy, 3, à Paris. 
•18o9— Posth ('Jules), boulevard Saint-Michel, 37, à Paris. 
4878 — Pottier (Albert), rue Lai lier, 4, à Paris. 

4878 — Poupat (Pierre), jardinier chtz M. Coin, à Rully (Saône-et-Loirc). 
1878 — Prunières (Jean), entrepreneur-rustiqueur, à Sannois (Seine-ct-Oise). 

R 

1879 — Reveillac (A.), négociant, avenue des Amandiers, 3, à Paris. 

1879 — Ridard (Augustin), jardinier chez M. Sacher, à Bellevue (Seinc-et-Oise). 

1879 — Rigault (Ludovic), jardinier chez M. Bertrand, à la (jueue-en-Brie 

(Seine-el-Oise). 
487,^ — Robat (Albert), propriétaire, à Rarécourt, par Clerraonl-en-Argonne 

(Meuse). 
1879— Robcis (Gustave), marchand de verres, rue du Faubourg-Saint-Antoine, 

7o, à Paris. 
4879— Robert-Couturier, jardinier-fleuriste, rue des Calèches, à Chalou 

(Seine-et-Oi^ei. 
1878 — Robin (Albert), ingénieur des arts et manufactures, place d'Iéna, 3, à 

Paris, 
1878— Rochereuil, horticulteur, à Dinan (Côtes-du-Nord). 
1878 — Roesler (le professeur Léonard), directeur de la Station physiologique 

de Kloslcrneuburg près Vienne (Autriche). 
1879 — Rouelle (Auguste), jardinier-fleuriste, à Fromenteau par Juvisy-sur 

Orge (Seine-et-Oise). 
1879— Rouscel (Julien), champignonistc, à Argenteiiil (Seine-ct-Oisc). 
1879 — Roux (Paul), jardinier au chAteau de Gouvieux par Chantilly (Oise). 
d878— Rouxel (Eugène), jardinier à Dinan (Côtes-du-ISord). 



4878 — Saint-Prix (le comte Charles de), auchflteau de Trofunlcnion par Mor- 
laix (Finistère). 

1879 — Salleron, conseiller-général de l'Aisne, Président de la Société d'Horti- 
culture de Soissons, à Soissons (Aisne). 

4878— Salmon, fils (Paul), fabricant de loiJcs, sacs, etc., rue Saint-Nicolas, 31, 
à Nancy (Meurthe-et-Moselle). 

4879 — Sigaut (J.), négociant, chemin des Prêtres, 8, à Gentilly (Seine). 

1878 — Simon (Jacques), jardinier à Ecancourt, commune de Jouy-le-Moustier 
par Triel (Seine-et-Oise). 

4879 — Solaro (Louis), jardinier chez M. Lcgendre, à Janville (Eure-et-Loir). 

4879— Suireau, fabricant de pompes, rue Neuve-Popincourt, 44, à Paris. 

T 

4S79— Tallué (J.-B.), jardinier ehcz M. Victor Beau, à Saint-Brice-sous-Forét 
(Seine-et-Oise). 



REÇUS EN 187S ET EN i879. 15 

4879— Ta-Mien, marchand de porcelaine et de thé de Chine, avenue d'Eylau, 

2o, à Paris. 
1879 — Thiéry, fils (Alexandre), grainier-fleuriste, quai de la Mégisserie, 6, à 

Paris. 
1879 — Thiriot, fontes d'ornement, boulevard Vollaire, 46, à Paris. 
1879— Tournay, rue des Vignes, 28, à ^'ogcnt-sur-Marne (Seine). 
1878 — Transon (Aimable), fabricant de coutellerie et d'instruments horticoles, 

rue Saint-Denis, 143, à Paris. 
1879 — Triboulard (Louis), entrepreneur de jardins, rue du Levant, 24, à 

Vincennes (Seine). 
1879 — Troussé (Baptiste), jardinier-chef chez M. le duc de Montpensier, au 

château de Piandan (Puy-de-Dôme). 



1878— Van-Gorp (A.), boulevard Voltaire, 3, à Paris. 

1878 — Van-Lennep (Arnoud), à Hanpad, Station royale près d'Amsterdam 

(Pays-Bas). 
1879— Vauvel (Léopold), jardinier-chef aux pépinières du Muséum, directeur 

du Journal de Vuhjarisat-on de VHorticullure, rue de Buffon,4o, à Paris. 
1878 — Villain, marchand de couleurs, vernis, produits chimiques, rue 

Vitruve, 17, à Charonne-Paris. 



CONCOURS OUVERTS DEVANT LA SOCIÉTÉ, EN 1880. 

Concours permanents. 

Médaille Pellier pour les Pentstemon. 

PrixLaisné. . pour récompenser l'aptitude au travail 

et la moralité des garçons jardiniers. 

(V. le Jmirnal, 3* série, I, p. 691). 

Concours annuels. 

Médaille Moynet pour les apports les plus remarqua- 
bles, faits pendant l'année, au 
Comité de Culture potagère. 

Médaillé du Conseil d'Administration^ pour l'introduction ou roblention de 
. plantes ornementales méritantes. 

(V. le Journal, %^ série, XI, 1 877, 
p. 145). 



16 circulaire et programme de la commission d enquete 

Circulaire annonçant l'envoi d'un Phogramme pocr l'iiNquête 
sur les effets produits pau le froid, en 1879-1880. 

Paris, 29 février 4880. 

M 

La Société centrale d'Horticulture de France s'est vivement 
émue des dégâts causés dans les cultures par la rigueur des gelées 
qui ont fait de l'hiver de 1879-1880 non seulement l'un des plus 
terribles, mais presque certainement le plus terrible de ceux qui 
ont encore désolé notre pays. Elle a pensé que, dans l'intérêt de 
l'horticulture et de ceux qui la pratiquent, il importait de cons- 
tater la nature et l'étendue de ces dégâts, les circonstances dans 
lesquelles ils ont été produits, enfin les pertes de toute nature qui 
en ont été la conséquence; mais, afin de parvenir à cette consta- 
tation, il fallait réunir un grand nombre de renseignements dont 
la comparaison et le classement permissent ensuite de tracer un 
tableau d'ensemble et probablement de tirer des conclusions géré- 
raies. Pour atteindre ce but, elle a nommé une Commission (I) 
qu'elle a chargée de rassembler le plus possible de faits et d'obser- 
vations et, à cet effet, d'adresser un appel direct aux Sociétés 
horticoles des départements, à tous ceux qu'elle compte comme 
ses Membres, ainsi qu'à divers propriétaires de grands établisse- 
ments d'horticulture. 

A sa première réunion, cette Commission a été d'avis que le? 
réponses aux demandes qu'elle se proposait d'adresser seraient 
d'autant plus précises et comparables qu'elles porteraient sur des 
points nettement déterminés, et que les données qui s'y trouve- 
raient réunies seraient rangées d'après un ordre méthodiquement 
établi. Elle a cru dès lorsqu'elle devait, avant tout, rédiger un 
programme qui serait adressé à toutes les Sociétés françaises 
d'Horticulture et à toutes les personnes dont elle espère obtenir le 
concours pour l'œuvre dont elle est chargée. C'est ce programme 
qui vous est adressé aujourd'hui. Il importe de vous faire observer 

(1) Cette Commission est composée de MM. Arnould-Biltard, Prési- 
dent ; Burelle, Vice-Président; Bergman (Fréd.) ; Bcurdeley -, Bonnet; 
Hérincq ; Jamin (Perd.); Keteleêr; Laizier ; Margoltin père; Pissol •, 
Prillieux; Quiliou ; P. Duchartre, Secrétaire. 



SUR LES EFFETS DU FROID, EN f879-18S0. 17 

que ce n'est pas là un simple questionnaire auquel il s'agisse de 
répondre par oui ou par non, mais bien le relevé des points sur 
lesquels il est à désirer que se porte votre attention et autour de 
chacun desquels il est bon que soient groupés les renseignements 
que vous avez recueillis. C'est par conséquent un cadre que vous 
ê!es prié de vouloir bien remplir autant que cela vous sera possi- 
ble. Pour que ces renseignements soient absolument positifs, la 
Société centrale prie ses honorables correspondants d'attendre, 
avaut de les lui transmettre, que ie retour de la végétation ait 
montré, sans doute possible, quelles sont les espèces et les parties 
de végétaux qui ont succombé et celles qui n'ont été que plus ou 
moins atteintes. Elle pense que l'expérience sera complète dans 
la seconde moitié du mois de mai, et elle vous prie de lui trans- 
mettre, vers cette époque, les résultats de vos observations, en les 
adressant à son Secrétaire-général, rue de Grenelle, 84, à Paris. 
La Société centra'e, en s'adressant à sesîœars des départements, 
espère que chacune d'elles voudra bien centraliser les données qui 
pourront lui être fournies, et rendre ainsi moins difficile le travail 
d'ensemble dont elle a confié l'exécution à sa Commission spé- 
ciale. Elle leur offre par avance de vifs remerciements pour le 
précieux concours qu'elle attend d'elles en cette circonstance 
importante. 

PROGKAMME devant servir de GOIDE POUR LES RENSKIGNEMEISTS 
A DONNER SDR LES EFFETS DO FROID, EN 1879-1880. 

Questions générales. 

1 . — Quelles ont été les températures les plus hautes et les plus 
ba?ses, dans la localité, pendant les mois de décembre 1879 et 
janvier 1880. État du ciel pendant les gelées (clair ou couvert). 
Durée de ces températures. 

2. — Nature du sol et du sous-sol dans lesquels les plantes 
étaient cultivées. Exposition du terrain; son altitude (plaine, 
coteau, montagne); son degré d'humidité. A quelle distance se 
irouve-(-il d'un cours d'eau et quelle est l'importance de ce cours 
d'eau ? 

3. — Indiquer quelle était l'épaisseur moyenne de la neige, 
l'époque à laquelle elle est tombée; faire connaître si la terre 



1 8 PROGRAMME DE LA. COMMISSION d'eKQUÊTE 

était gelée avant qu'elle tombât, quelle a été son influence sur le 
degré de congélation du sol. Indiquer la profondeur à laquelle la 
gelée a pénétré dans le sol, soit en l'absence de la neige, soit pen- 
dant sa présence. 

4. — Conditions dans lesquelles s'est opéré le dégel incomplet 
qui a eu lieu au commencement du mois de janvier 1880 (ciel 
clair ou couvert). 

5. — Quels ont été les effets du soleil sur les plantes atteintes 
par la gelée, suivant les expositions? 

6. — Apprécier aufsi exactement que possible, en argent, les 
pertes occasionnées par la gelée. 

Questions spéciales. 
1" Arbres, arbustes et plantes herbacées d'agrément. 

1 . ~ Faire connaître les plantes qui ont souffert de la gelée 
et le degré auquel elles en ont souffert. 

2. — Indiquer l'âge et les dimensions des arbres et arbustes 
atteints. S'il s'agit de jeunes plants, dire par quel mode de multi- 
plication ils ont été obtenus (semis, greffe, bouture, marcotte). 

3. — Quelles altérations a-t-on remarquées dans l'intérieur des 
tiges, particulièrement dans celles des résineux (Conifères)? 

4. — L'action de la gelée s'est-elle fait sentir plus vers la base 
ou le milieu que vers la cime? 

5. — A-t-on remarqué si les plantes transplantées à l'automne 
ou mises en jauge avaient souffert plus ou moins que celles qui 
étaient restées en place ? 

6. — La gelée a-t-elle agi de manières différentes sur les végé- 
taux réunis en massif et sur ceux qui étaient isolés? 

7. — Les arbres et arbustes avaient-ils été élevés dans la localité 
ou provenaient-ils de localités plus ou moins éloignées? Dans ce 
dernier cas, donner la date de leur importation. 

8. — A-!-on remarqué si des arbres avaient été fendus par la 
gelée? Dans ce cas, indiquer les essences, leur âge, leurs dimen- 
sions, la position qu'ils occupaient et l'orientation des fentes. 

9. — Faire connaître quels ont été les effets de la gelée sur les 
arbres en forêt. 

10. — Quelles sont les espèces et variétés de Rosiers qui ont été 
le plus sérieusement atteintes et comment se sont comportés les 



SDR LES EFFETS DD FROID, EN 1879-1880. 19 

Églantiers, soit greffés, soit non greff'es, selon les espèces et * 
■varié lés ? 

11. — Signaler les effets de la gelée sur les plantes herbacées 
vivaces. 

2" Arbres fruitiers. 

1. — Citer les essences qui ont le plus souffert: Abricotiers, 
Cerisiers, Pêchers et Brugnonniers, Pruniers, Poiriers, Pommiers, 
Cognassiers, Néfliers, Mûriers, Noyers, Amandiers, Groseilliers, 
Vignes. — Pour chaque essence, indiquer les variétés qui ont été 
atteintes mortellement, celles pour lesquelles le mal a été plus on 
moins grand, enfin celles qui ont été épargnées. 

2. — Dire si les arbres en plein vent ont été atteints également, 
quelle que fût leur forme; par exemple, si ceux en pyramide ou 
en fuseau ont été plus épargnés que ceux en coatre-sspalier ou à 
haute tige. Indiquer si la partie de l'arbre regardant tel point car- 
dinal a plus souffert que telle autre regardant un autre point, et 
enfin si le tronc a moir.s souffert que les branches. 

3. — Pour les arbres en espalier signaler le degré de mal selon 
l'exposition et la pente du terrain. Dire si le mal a été plus ou 
moins grand quand les murs étaient chaperonnés que dans le cas 
contraire; eofia si la partie du tronc et des branches qui regarde 
le mur a été plus ou moins atteinte que celle eu façade qui lui est 
opposée, et si l'enduit du mur est plus ou moins altéré par 
vétusté. 

4. — Les boutons à fruit ont-ils parfois échappé au désastre et y 
«-t-il quelque apparence de récolte pour 1880 ? 

5. — A-t-on remarqué des différences entre les effets éprouvés 
par ks arbres selon les sujets qui avaient reçu la greffe? 

6. — A-t-on observé que la gelée eût agi de manières diffé- 
rentes ou à des degrés inégaux sur les bourgeons ou boutons, sot 
à bois, soit à fruit? 

3° Plantes potagères. 

1. — Quels dégâts a éprouves la culture potagère, soit pour les 
plantes restées en pleine terre sans abri, soit pour celles qui 
étaient protégées par des abris (cloches, châssis, paillassons) ou 
qui étaient cultivées sur couche ? 

2. — A quel moment les dégâts sont-ils devenus manifestes? 



20 COMPTE RENDU 

3. — Les plants d'hiver onl-ils souffert et à quel deg;é? 

4. — Y a-l-il dfs plantes potagères qui aient résisté sans cou- 
verture, et dans quelle proportion? 

5. — A quelle exposition les dégâts ont-ils été les plus 
s'^rieux ? 

6. — L3S graines en terre ont-elles souffert? 



Compte rendl" des travaux de la Société centrale 
d'Hoeticilture de Frange, en 1879; 

I^ai M. P. DrciiARTRE. 

Messieurs, 

Il y a vingt-cinq années révolues qu'une fusion opérée entre la 
Société impériale d'Horticulture de Paris et la Société nationale 
d'Horticulture de la Seine a donné nai.-sance à la grande associa- 
tion horticole qui s'appelle aujourd'hui la Société centrale d'Hor- 
ticulture de France. Il pourrait être intéressant de suivre cette 
association pendant cette période d'un quart de siècle, pour ré- 
sumer les travaux qui se sont effectués dans son sein ou sous 
son impulsion et en déJuire l'expression de l'influence qu'elle a 
exercée sur l'ensemble de l'horticulture française, pour tâcher de 
reconnaître en même temps si, par ses cçnseils et ses exemples, 
elle est parvenue à développer dans notre pays l'amour des 
plantes et de leur culture au point que, sous ce rapport, nous 
n'ayons plus à porter envie à nos voisins; mais ce serait là une 
œuvre ardue et assez longue pour ne pouvoir être comprise entre 
les limites forcément étroites d'un Compte rendu annuel. D'ail- 
leurs les éléments de ce travail considérable sont consignés avec 
les développements convenables dans deux ordres de documents 
qui occupent une place importante dans notre Journal, et dont 
les uns présentent le tableau détaillé de toutes les Expositions 
tenues jusqu'à ce jour par notre Société, tandis que les autres in- 
diquent et classent méthodiquement les écijts de tout ordre qui 
eut fourni la matière des vingt-cinq volumes dont se compose 
a îluellement la collection de cette publication. Je crois donc de- 
voir me borner ici à considérer un seul côté de cet historique 



DBS TRAVAUX DE LA SOCIÉTÉ, EN I&T9. 21 

complexe, et à rappeler quel a été le point de départ de notre 
Sociéié, quant à sa composition, pour le comparer à l'état dans 
lequel elle se trouve en ce moment et pour rechercher les consé- 
quences qui peuvent découler de cette comparaison. 

Les relevés consignés dans le premier volume du Journal qui 
indiquent le nombre des Membres de toutes les catégories dont 
étaient composées les deux Sociétés d'Horticulture existant à 
Paris, à la date du T' janvier 1835, ne distinguent malheureuse- 
ment pas ceux qui appartenaient à l'une et à l'autre; ils uous 
apprennent seulement que la Société d'Horticulture de Paris, dont 
les fondateurs avaient tenu leur première réunion le \ 1 juin Î827, 
n'était plus représentée, à la fin de 1854, que par43desMembrt8 
qu'elle avait reçus jusqu'à la fin de l'année 1840. — C'est en 
1841 que fut fondée la seconde Société à laquelle, après diverses 
appellations successives, resta définitivement le nom de Société 
nationale d'Horticulture de la Seine et, à partir de cette date, les 
listes des nouvelles admissions prononcées chaque année confon- 
dent en une seule série celles qui appartenaient à l'une et à l'autre 
des deux Sociétés horticoles parisiennes. Ce document nous laisse 
donc ignorer quels éléments de force et de richesse chacune 
d'elles vint apporter à l'association issue de leur fusion ; nous sa- 
vons cependant que la plus jeune des deux avait rapidement dé- 
passé son aînée, et que c'est elle qui contribua le plus puissam- 
ment à étendre la première liste commune. 

Quoi qu'il en soit à cet égard, dès le premier jour de son exis- 
tence, le l®"" janvier 1855, la Société fusionnée ne comptait pas 
moins de M 45 Membres titulaires, 168 Dames patronnesses, 30 
Membres honoraires et 70 Membres correspondants. Elle entrait 
ainsi dans la carrière avec la somme considérable de connaissances, 
d'activité, de ressources en tout genre que créait pour elle le 
nombre, alors sans précédent parmi nos associations libres, de 
1413 collaborateurs. Mais tout élevé qu'il fût, ce nombre ne fut 
qu'un simple point de départ qui bientôt fut laissé fortement en 
arrière. En effet, dès les premiers instants de son existence, la 
Société fusionnée arrêta le plan d'un Exposition horticole univer- 
selle, dont la durée devait égaler celle de la belle saison. Ce 
projet hardi fut mis à exécution avec un plein succès * sur une 



i% COMPTE RENDU 

vaste portion des Champs-Elysées alors encore non convertis en 
un parc permanent, en face du Palais de l'Industrie qui abritait, 
cette même année, une Exposition industrielle, elle créa un 
grand et beau jardin pourvu de serres et abris de toute sorte, dans 
lequel les produits les plus variés de l'horticulture, apportés par 
555 exposants, se succédèrent sans interruption pendant cinq 
mois, et où l'on ne compta pas moins de Sot) 000 entrées payées. 
L'attrait que ne pouvait manquer d'exercer un pareil but de pro- 
menade en même temps que d'iostruction, peut-être aussi le fait 
même de la formation d'une Société rajeunie, amenèrent sans 
retard une énorme extension des cadres sociaux, et le nombre 
des Membres titulaires ainsi que des Dames patronnesses qui vin- 
rent y figurer, pour la première fois, dans le cours de l'année 1855, 
s'éleva au chiffre inespéré de 594. 

C'était donc avec les ressources importantes qui résultaient pour 
elle des cotisations payées par un peu plus de 2000 Membres que 
la Société devait aborder l'année 1856; et cependant la liste gé- 
nérale publiée cette même année ne donne à cet égard qu'un 
chiffre notablement inférieur, puisqu'il n'est que de 1750. C'est 
que, l'Exposition terminée, beaucoup de personnes qui n'avaient 
vu dans leur admission comme Membres de la Société qu'un 
moyen économique de jouir, pendant éinq mois entiers, d'une 
charmante promenade fréquentée surtout par le monde élégant, 
s'étaient empressées de se retirer aussitôt que cette promenade 
leur avait manqué; c'est, en outre, que dès cet instant, commen- 
çait à s'exercer cette versatiliié de goiits et d'humeur qu'on repro- 
che, non sans motifs peut-être, à notre nation el dont les ( ffels sont 
tels que, dès 1857, elle ne comptait plus que 1719 Membres payant 
la cotisation et qu'aujourd'hui même, après avoir admis, en mo- 
yenne, de 150 à 200 nouveaux Membres par année, de 18c9 
jusqu'à ce jour, elle se trouve à fort peu près au niveau qu'elle 
avait atteint à cette date éloignée. Si nous consultons en effet la 
dernière liste générale qui ait été publiée et qui se rapporte au 
commencement de l'année 1878, nous y relèverons les noms de 
«568 Membres titulaires et de 73 Dames patronnesses, d'où nous 
voyons que le nombre des cotisations qui constituent la partie 
fondamentale du bulget de notre association était de 16i1 au 



DE5 TRAVAUX DE LA SOCIÉTÉ, EN 1879. 23 

commencement de l'annéri 1878. Ce chiffre est saus doute consi- 
dérable, mais de combien ne serait-il pas dépassé si une foule 
d'amateurs et de jardiniers, qui portent néanmoins un vif intérêt 
aux choses de l'horticulture, n'avaient fait de leur admission 
parmi nous l'objet d'un simple caprice fugitif? 

Il serait cependant inexact d'attribuer à un seul motif le ré- 
sultat assez étrange que je viens de constater, car il est en réalité 
Tefiet de causes diverses, dont quelques-unes méritent d'être si- 
gnalées. 

El d'abord, après dix années d'intervalle, notre Société ressent 
encore le contre-coup de nos désastres de 1870-1871. A cette 
époque, de lamentable mémoire, la crainte pour le présent, la dé- 
fiance pour l'avenir étaient devenues presque générales. Dans cette 
disposition des esprits^ ce n'était pas seulement pour la prospérité 
de hotre association, mais pour son existence. même qu'il y avait 
lieu de s'alarmer. Aussi nos pertes furent-elles alors effrayantes, 
et si beaucoup ont été plus tard réparées, beaucoup aussi sont 
restées définitives. Une autre cause de pertes annuelles tient à 
l'instabilité de la position qu'occupent un grand nombre de nos 
collègues praticiens. Au moment où ils abordent une position 
dans laquelle ils peuvent espérer que leur avenir est désormais 
assuré, leur amour de l'art éminemment utile qu'ils professent, 
leur vif désir d'ajouter à leur instruction et de concourir à l'œuvre 
commune les amènent en général à nous -, mais combien de fo'.s 
les voit-on nous retirer bientôt leur utile concours sous l'empire 
d'un changement fâcheux de circonstances auquel ils n'ont pu 
échapper! Il n'est pas jusqu'à noire règlement social qui, surtout 
dès cette année, ne vienne mettre un sérieux obstacle à l'accrois- 
sement numérique de notre association. En effet, le second para- 
graphe de l'article 4 porte que « tout Membre titulaire, qui a fait 
» partie de la Société pendant vingt-cinq années consécutives, 
» devient de droit Membre honoraire, sur sa demande écrite et 
a adressée à M. le Président ». D'un autre côté, l'article 3 des 
statuts affranchit les Membres honoraires du paiement de notre 
modeste cotisation sociale. La Société centrale d'Horticulture 
comptant aujourd'hui 25 années révolues d'existence, les Membres 
qui lui ont appartenu dès l'époque de la fusion, et ils sont ea 



24 COMPTE RENDD 

grand nombre, ont tous droit à devenir honoraires et leur pas- 
sage parfaitement légitime à l'honorariat anéantit immédiatement 
pour notre caisse une partie importante de ses ressources. Déjà 
20 d'entre eux ont usé de ce droit, en 1879, et il est certain que 
ceux qui suivront leur exemple seront, dès cet instant, de plus en 
plus nombreux, d'année en année. Heureusement quelquep-uns 
de nos collègues, inspirés par un dévouement sans bornes à notre 
Société, ont eu la généreuse pensée de marquer leur passage à 
l'honorariat par le don d'une rente perpétuelle équivalente au 
taux de la cotisation dont ils n'étaient plus débiteurs dès cet ins- 
tant; puisse leur noble exemple trouver de nombreux imitateurs! 

Enfin, Messieur.', comme toutes les réunions humaines, notre So- 
ciété est sans cesse en butte aux coupsde la mori ,et son étendue même 
explique les nombreuses et cruelles lacunes qu'elle voit, chaque 
année, se former ajnsi dans ses rangs. L'année qui vient de'linir 
ne lui a pas été moins funeste que la plupart de celles qui l'avaient 
précédée, et trente-sept de ses Membres lui ont été ravis dans ce 
.:ourt esp? ce de temps. Le Joirnul a déjà signalé ces trop nom- 
breuses pertes et il conserve l'expression des vifs regrets qu'elles 
nous causent à tous ; mais il est juste qu'elles soient encore rap- 
pelées dais ce Compte rendu où doit rester la trace de tout ce 
qui a marqué, en mal comme en bien, le cours de Tannée à 
laquelle il se rapporte. 

La liste des collègues qui ont été enlevés à notre affection, pen- 
dant Tannée \ 879, comprend deux Dames patronnesses. Mesdames 
Bartholoni, Edmond-Hubert; un Membre honoraire, M. Baltet, ^ 
père, de Troyes, arboriculteur justement renommé, dont le nom a 
conservé tout son éclat en passant à ses fils ; et les trente-quatre 
Membres titulaires dont voici les noms : MM. Armet de l'Isle, con- 
seiller à la Cour d'^pp^l; Armet de l'Isle, manufacturier ; comt»; 
A'exandre Bianicki ; Boucicaut (Aristide), chef de l'une des plus 
irri portantes maisons de commerce de Paris, que son goût pour 
l'horticulture avait amené à faire établir des cultures d'une grande 
importance sur sa propriété de Chamarande; Chaperon (Paul- 
Romain) ; comte de Clocheville; Corriol, chimiste instruit, con- 
verti à Tari hoiticole vers la fin de sa carrière et dont M. Michelin 
nous a retracé dernièrement la vie trèi-bien remplie ; Dorvault, à 



DES TRAVAUX DE LA S3CIÉTÉ, EN 18J9. 23 

qui a été confiée, pendant une longue série d'années, la direction 
de la pharmacie centrale, à Paris ; Drappier ; Ducelj grand induâ- 
triel bien connu; DufFour (Ednaond), amateur distingué d'horticul- 
ture, à Beziers; Dupont (Achille); Fontaine (Jean-Pierre); Fournier 
(Eug<^.ne-Charles), jardinier de talent, qui avait dirigé ptndaat 
longtemps les importantes cultures du château de Roquencourt, 
près Versailles; Gervais (Antoine), à qui ses appareils de chaufF^ge 
pour serres avaient valu une grande et légitime réputation; Gil- 
lion ; Grisel (Pierre) ; Guenot (Auguste-Benjamin), qui avait rem- 
pli, pendant plusieurs années, avec autant de zèle que de compé- 
tence, les fonctions de Secrétaire de la Société ; Houssart 
(Jean-Baptiste), jardinier; Jolly (Prosper) ; Jouin (Léopold), de 
Juvisy; Laisné, qui pendant longtemps avait été placé comme 
Président à la îêlede la Société d'Horticulture d'Avranches; Lsjol- 
lioi (Frédéric), amateur zélé d'arboriculture; Lécuyer &îné, pro- 
priétaire; Le Collin (Nicolas), jardinier-chef au palais de Gora- 
piègne; comte Le Bourgeois du Cherray ; Levillain (Eugène); 
Mory père; Pellier (Alf.), grand industriel, qu', en fondant par tes- 
tament un prix à perpétuité, pour le perfectionnement des Pen- 
tstemon^ a donné une preuve non équivoque de son amour pour \es 
belles plantes ; duc de Périgord; Poisson (Loui£-3Iarie) ; Rouillot 
(J.-P. Edouard) ; Mme Sleiner-Pfersdorff, veuve d'un bort culteur 
qui a obtenu de nombreux succès dans nos Expositions, grâce à 
ses magnifiques collections de plantes grasses; Vuitry,père, qui, à 
la date île plusieurs années, a consigné dans plusieurs articles 
instructifs insérés au Journal les résultats de ses observations, 
notamment sur les Pommes de terre. 

Vous le voyez, Messieurs, nos pertes, en 1879, ont été aussi nom- 
breuses que cruelles ; pour en afTaiblir l'eflfetil aurait fallu que de 
nombreu ses admissions fussent prononcées pendant le rnèmeespace 
de temps; mais, sous ce rapport, l'année qui vient de finir n'a été 
que médiocrement satisfaisante, et le nombre des amateurs ou 
horticulteurs qui sont venus nous apporter leur précieux concours 
n'a.étéque de cent cinq, inférieur par conséquent à la moyenne 
des vicg!; dernières années qu'un calcul fort simple élève à envi- 
ron cent trente. Espérons que ce sera là un fait isolé, propre à une 
année qui a été funeste à toutes les branches de la culture, et que 



26 COMPTE RENDU 

nous verrons bientôt l'afflaence de nouveaux collègues redevenir 
au moins égale à ce qu'elle a été dans presque toutes les années an- 
térieures. Toutefois ne nous berçons pas de trop riantes illusions, 
à cet égard ; la marche actuelle de l'horticulture ne semble pas 
très-favorable à l'existence d'une grande Société centrale, assez 
nombreuse pour devoir être regardée comme représentant bien 
réellement l'art horticole en France, possédant par cela même des 
ressources suffisantes pour être à même d'entreprendre sans diffi- 
culté toutes les œuvres qui doivent servir au progrès de cet art. 
Pour toutes les entreprises humaines, l'union fait la force ; on 
dirait qu'aujourd'hui , au contraire , l'horiiculture française 
cherche la sienne dans une division poussée presque à ses limites, 
tant ceux qui l'aiment ou qui s'y adonnent s'empressent d'en 
fractionner de plus en plus les élément'-, les ressources et par suite 
les moyens d'action. A cet égard, il est un terme que la piudence 
conseille de ne pas ciépisser, et on peut craindre qu'il ne l'ait été 
déjà, dans quelques circonstances. 

Travaux de la Société. — Les travauxdela Société centrale d'Hor- 
ticulture ont repris, peudantl'année 1 879, leur généralité à laquelle 
l'Exposition universelle avait apporté, en IS78, une importante 
restriction; leur ensemble a dès lors compris une partie extérieure 
et une partie intérieure. La première a consisté en une grande 
Exposition générale des produits de THoriiculture et des Industries 
annexes; l^a dernière a embrassé l'ensemble des travaux accomplis 
par la Société dans ses séances bi-hebdomadaires, par les Comités 
dans leurs réunions réglementaires, par les Commissions chargées 
de missions spéciales, enfin la publication du Jnwmal. 

Exposition de 1879. — L'Exposition de 1879 a eu lieu, comme 
la plupart de celles qui Tont |5récédée, dans la nef du Palais de 
l'Industrie. On avait par avance conçu louchant sa réussite quel- 
ques craintes basées sur l'épuisement que la grande exhibition de 
1878 pouvait avoir causé à diverses cultures; mais, giàce à l'acti- 
vité infatigable de nos horticulteurs et aux richesses de tout genre 
réunies dans leurs établissements, ces craintes ne se sont nulle- 
ment réalisées, et la Société centrale a pu enregistrer un nouveau 
succès. Je n'ai pas à revenir ici sur cette grande et brillante ma- 
nifestation de l'Horticulture française, le Compte rendu circon- 



DES TRAYACX DE L\ SOCIÉTÉ, EN 4879- 27 

stancié en ayant été à(^jà j^résenté, par M. P. Dachartre pour la 
partie horticole {Journ., p. 4i0-469), par M. Hanoteau pour la 
partie industrielle (p. 470-476) ; il mé suffit donc de l'avoir rap- 
pelée au souvenir de ceux qui en ont admiré la splendeur. 

Séances de la Société et des Comités. — Le» séances de la So- 
ciété ont eu lieu avec leur régularité habituelle, les second et qua- 
trième jeudis de chaque mois. Les procès-verbaux imprimés dans 
le Journal en ont donné un tableau filèle; par là ceux de nos col- 
lègues à qui leur éloignement de Paris ne permet pas de s'y rendre 
ont pu reconnaître le nombre et la variété des objets qui y ont été 
présentés pendant presque toute l'année, l'intérêt des observations 
que ces objets ont inspirées à MM. les Présidents ou Secrétaires des 
quatre Comités, enfin l'importance de diverses communications 
verbales qui y ont été faites et de quelques discussions destinées à 
élucider divers points du domaine horticole. 

Quant aux Comités, ils ont procédé avec autant d'attention que 
de compétence à l'examen des objets de toute sorte dont les séances 
publiques avaient amené le dépôt sur le bureau ; ils se sont même 
livrés, dans certains cas, à l'étude de questions qui rentraient dans 
leur spécialité. Les résultats de tous ces travaux vous ont été ex- 
posés dans quatre Comptes rendus rédigés, conformément aux 
prescriptions du Règlement, par MM. les Secrétaires de ces Go- 
mités, c'est-à-dire par M. Siroy pour la culture potagère (p. 1 13), 
par M. Michelin pour l'arboriculture, (p. 181), par M. E. Delà- 
marre pour la Floriculture (p. 266), par M. Borel pour les arts et 
industries horticoles (p. .'^07); ce dernier avait réuni dans le sien 
les années 1877 et 1878. 

Ccmmissions. — De nombreuses Commissions ont été chargées, 
pendant l'année 1879, de porttr un jugement motivé sur dés ou- 
vrages dont il avait été fait hommage à la Société, sur des cul- 
tures de genres fort divers, sur des outils ou des appareils destinés 
à des usages horticoles. La plupart d'entre elles vous ont exposé 
les résultats de l'examen auquel elles se sont livrées dans des Rap- 
ports dont vous avez entendu la lecture avec intérêt et qui ont 
fourni l'un des éléments les plus importants de notre publication 
mensuelle. La plupart y ont déjà trouvé place; deux seulement 
sont encore manuscrits et ne tarderont oas à être mis sous vos 



2i COMPTE RENDU 

yeux. L'énumération de ces intéressants documents, au nombre 
de 28, va trouver sa place dans le relevé détaillé des nombreux 
articles que réunit le dernier volume du Journal. 

Journal. — Depuis l'année 1 855, date de sa création, le Journal 
de la Société centrale d'Horticulture de France a donné 25 vo- 
lumes in-8° qui forment deux séries de douze chacune, et dont le 
dernier, publié eu 1879, commence une 3^ série. Celui-ci, par 
suite de l'abondance des matières qui devaient y trouver place, a 
subi un agrandissement notable de son cadre habituel, et ne com- 
prend pas moins de 8.8 pegei, ou oO feuilles et demie. A ce su- 
jet, il n'est peut-être pas hors de propos de rappeler que, selon 
l'article 40 du Règlement, le Recueil de la Société « comprend 
ordinairement de 32 à 64 pages, » par cahier mensuel. Aussi les ' 
volumes qui en ont é(é publiés dans les années qui ont suivi la 
fusion étaient-ils loin de l'étendue que l'usage, surtout l'abon- 
dance des natériaux admis à l'impression par la Commission de 
Rédaction donnent à ceux qui paraissent maintenant. 

La division des matières est restée, celte année, telle que l'expé- 
rience l'a lait admettre depuis une longue série d'années. Elle 
amène, dans chaque cahier mensuel, deux parties distinctes : 
Tune comprend les procès-verbaux des séances, leurs appendices 
nécessaires (Listes des nominations et Bulletin bibliographique 
bi-mensuel) et les écrits de toute sorte qui émanent des Membres 
de la Société ou qui lui ont été présentés; l'autre, intitulée ^eywe 
bibliogra[jhique, se compose d'analyses ou d'extraits de publica- 
tions l'iançaises ou étrangères. Celle-ci, étant nécessairement 
suboi donnée à la première, ne forme que le compléiemenl de 
chaque cahier; aussi son étendue est-elle toujours en raison in- 
verse de celle de la première. En 1819, les écrits dus à des Mero- 
bes de la Société ayant été nombreux et importants, la Revue bi- 
bliographique est restée par cela même très réduite; néanmoins 
elle a pu faire conn ître aux lecteurs du Jowmal un assez grand 
nombre de plantes récemment introduites en Europe dont la des- 
cription et le plus souvent une figure venaient de paraître dans 
des recueils étrangers, principalement anglais ou allemands. 

Les articles publiés dans le volume pour 1879 du Journal de 
la Société centrale d'Horticulture de France se rapportent comme 



DES TRAVAUX DE LA. SOCIÉTÉ, EN 1879. 21^ 

toujours aux quatre catégories suivantes : hL'îttres; 2o Notes 
et mémoires , c'esl-à-dire écrits originaux ; 3° Rapports ; 
4° Commîtes rendus d'Expositions. 

1» Lettres. — Trois seulement, parmi toutes celles que le Se- 
crétariat a reçues pendant l'année 1879, ont été jugées par la 
Commission de Rédaction dignes d'être publiées en entier 
dans le Journal ; les autres ont été en général analysées ou repro- 
duites par extrait dans les procèi-verbaux des séances. Les trois qui 
ont été publiées en entier traitent de sujets d'un grand intérêt 
horticole. Dans l'une (p. 5M), notre collègue, M. Ed. André, le 
rédacteur bien connu de l'Illustration horticole, décii», selon les 
indications que lui a fournies un amaîeur distingué, M. le comte 
du Bjysson, la marche à suivre dans la préparation du sulfure 
de calcium, dont la solution est appelée vulgairement Eau de 
Gri<on, et peut rendre de grands services contre l'Oïdium de la 
Vigne ou le Blanc du Pêcher. Dans la seconde (p. 695), M. Blavet, 
Président de la Société d'Horticulture d'Éampes, communique un 
tableau d'analyses des graines de nos principales Légumineuses 
alimentaires, afin de faire ressortir la proportion exceptionnelle- 
ment élevée de matières azotées et surtout grasses qui distingue 
celles du Soja hispida. Enfin dans la troisième (p. 763), M. Py- 
naeit, professeur à l'École d'Horticulture de l'État, à Gand, nous 
apprend que les tuyaux en zinc pour les thermosiphons, dont les 
constructeurs français se refusent à admettre l'emploi, existent 
dans beaucoup de serres, chez les horticulteurs belges qui les es- 
timent pour leur prix peu élevé. 

2o Notes et mémoires. — Rendre publiquement hommage au 
mérite des collègues que la mort nous a enlevés, faire connaître 
les détails de leur existence et rappeler les qualités par lesquelles 
ils se distinguaient, c'est un pieux devoir auquel notre Société 
n'a j imais failli ; en son nom, M. Ch. Joly a redit dans l'une de 
no3 séances (p. 246), L'allocution émue qu'il avait prononcée, peu 
de jours auparavant, aux obsèques du regretté M. Guenot, et 
M. Wiche'in a raconté (p. 699) la vie d'abord toute scientifique, 
plus tard vouée à l'horticulture de l'excellent et vénérable 
M. Corriol. Notre Journal a même accueilli avec empressement 
une remarquable notice écrite par M. le docteur Sagot (p. 515) 



30 COMPTE RENDU 

sur M. Pancher, qui n'a jamais fait partie de notre association, 
mais que ses importants travaux et ses découvertes comme hor- 
ticulteur et botaniste, à Otaïli et à la Nouvelle-Calédonie, ren- 
deril digne de la vive estime de tous ceux qui aiment les plantes. 
• Toutes les branches de l'art horticole ont successivement fourni 
à plusieurs de nos collègues les sujets d'articles instructifs qui 
ont trouvé place dans le /ourna/, pendant Tannée qui vient de 
finir; mais plus que les autres, la culture potagère a eu le pri- 
vilège d'attirer leur attention. — M. Siroy nous a fait connaître 
(p. 87); dans sou histoire et ses détails, la culture du Cresson de 
fontaine qui, importée d'Erfurt, vers 1810, par M. Cardon, à 
Saint-Léonard, enîre Chantilly et Senlis, a pris plus tard, dans 
cette localité, ainsi qu'à Saint-Gratien, à Gonesse, etc., une 
extension suffisante pour fournir à l'énorme consommation qui 
se fait dans Paris de cette excellente salade. — M.Remy, père, qui, 
dès 1868, avait appelé l'attention sur le Chou de Milan d'hiver 
dit de Pontoise, est revenu (p. 247) sur cette variété recomman- 
dable pour en signaler les caractères distinctifs et décrire la 
culture dont elle est Tobjet sur le territoire de la ville dont elle, 
porte le nom.— M. Lejeune, directeur de l'Institut agricole de 
Gembloux (Belgique), nous a donné une monographie botanique 
et horticole (p. 379) de VAllhim ampeloprasum L., vulgairement 
nommé Ail d'Orient, Oignon perle, dont, se basant sur son expé- 
rience, il recommande d'introduire la culture dans nos jardios 
potagers.— M. Arnould-Baltard nous a communiqué les résultats 
(p. 767) des expériences suivies qu'il a faites en vue de recon- 
naître les caractères et les mérites relatifs de diverses variétés de 
Pommes de terre, pour la plupart récemment introduites et parmi 
lesquelles il se propose de constater expérimentalement quelles 
sont les plus recommandables. — M. Blanchard, jardinier en chef 
de la marine, à Brest, nous a communiqué un mémoire étendu et 
très-intéressant sur le Fraisier du Chili [Fragaria chilensis Ehrh.), 
dit Fraisier de Piougastel, du nom d'une localité voisine de Brest 
où la culture en est pratiquée avec succès. Il a fait l'histoire de 
l'introduction de cette plante en Bretagne; il en a exposé avec 
soin les caractères, et a indiqué les conditions spéciales sous 
l'influence desquelles sa culture prospère à l'extrémité de la 



DE5 TRAVAUX DE LA SOCIÉTÉ, EN 1879. 31 

presqu'île armoricaine (p. 47, 9;). — Enfin un Membre aussi 
zélé qu^instruit du Comité de Culture potagère, M. Paillieux a 
successivement enrichi notre Journal de trois bons articles 
sur des plantes alimentaires qui toutes ont été soumises par lui 
à des essais de culture, mais dont les unes sont déjà cultivées 
fréquemment dans le midi de l'Europe, tandis que les autres 
sont ou d'importation toute récente ou encore imparfaitement 
connues. Le premier de ces articles a pour objet (p. 253) la 
Courge de Siam [Cucurbitamelanosperma Al. Br.) qui peut four- 
nir la matière de diverses préparations alim^entaires et qui no- 
tamment donne une sorte de confiture au sucre nommée cheveux 
d'ange (Cabellos de Angel) en Espagne, ■^ù le débit en est jour- 
nalier et considérable ; le second est relatif au Fenouil doux 
d'Italie (p. 298) dans lequel la base des feuilles et de la tige, for- 
tement épaissie et devenue ainsi charnue, forme un aliment 
Irès-estimé en Italie. Cet article a pour objet de faire connaître 
à fond cette plante potagère, ainsi que la culture qui permet de 
l'obtenir en bon état sous notre climat; il vient utilement à 
l'appui des louables efforts que fait, depuis quelques années, 
M. E. Vavin pour introduire le Fenouil d'Italie dans nos jardins 
potagers où il est à peu près inconnu. Enfin, dans sa troisième 
note, qui est intitulée « le LXIV^ concours ouvert à l'Exposition 
d'Horticulture de Brie-Comte-Robert » (p. 584), M. Paillieux fait 
connaître différentes plantes exotiques dont il a fait essayer la 
culture et parmi lesquelles plusieurs lui semblent devoir consti- 
tuer d'utiles acquisitions pour nos jardins potagers. 

L'arboriculture fruitière n'a pas été plus négligée que ia culture 
potagère par les collaborateurs bénévoles de woiveJournal. M. Glady, 
de Bordeaux, nous a entretenus (p. 303) de la Figue Col de Dame 
blanche dont il conteste le prétendu mérite, même sous le climat 
du sud-ouest, et surtout du Figuer dit à trois récoltes des frères 
Audibert, de Tarascon, qu'il regarde comme méritant d'être cul- 
tivé, jusque dans nos départements septentrionaux. — M. Gati- 
neau (Fr.), habile jardinier de Soissons, a exposé les raisons 
(p. 383) qui lui semblent rendre nécessaire la taille des arbres 
fruitiers dès la première année de leur plantation. — M. Arnould- 
Ballard qui le premier avait signalé à la Société l'idée assez étrange 



32 COMPTE RENDU 

(le M. le docteur Brébant, de Reims, selon laquelle la suppression 
faite d-- bonne heure de l'une des deux branches de la vrille de la 
Vigne déterminerait le développement en grappe de l'autre 
branche, nous a exposé (p. 513) les réniUats négatifs que lui a 
donnés la mise en pratique de ce système. — M. Léo d'Ounous, 
de Saverdun (Ariège), a décrit une variété à fruits ovoï les du 
Noyer noir d'Amérique, à laquelle il donne le nom de Juglans 
citriformis ; selon les lois de la nomenclature botanique, ce nom 
devrait être écrit Juglans nigra citriformis, sous peine de faire 
croire à l'existence d'une espèce nouvelle et non d'une .«simple 
variété. — M. Chevallier (Ch.), le zélé Président du Comité d'Ar- 
boriculture, par une étude comparative des nombreux systèmes 
qui ont été conseillés, dans ces derniers temps, pour le traitement 
lie la branche à fruit du Pêcher, a mon'ré (p. 637) que, en der- 
nière analyse, la meilleure marche à suivre, à cet égard, est celle 
qu'ont adoptée depuis longtemps les habiles cultivateurs de \)on- 
ireuil (Seine), — Enfin M. Michelin nous a décrit (p. 703) l'état 
dans lequel se trouvent actuellement les cultures au moins sécu- 
laires d'Abricotiers de plein vtnt, à Triel (Seine-el-Oise), et la 
taille spéciale qu'on fait subir à ces arbres pour en obteiiir en 
abondance d'excellents fruits très-recherchés par la confiserie pari- 
sienne. 

Deux notes seulement, mais très instructives l'une et l'autre, se 
rapportent à la floricuUure, dans le volume du Journal qui a paru 
en 1 879. Dans Tune, M. Bergman ( Ernest) a relevé et décrit (p. 259) 
les nombreuses Orchidées qui ont été obtenues jusqu'à ce jour en 
Angleteire, an moyen de l'hybridation artificielle, et dont il im- 
porte essentiellement de connaître l'origine ainsi que les carac- 
tères; les hybrides signalés dans ce travail sont au nombre de 61, 
parmi lesquels 52 ont pris naissance dans le célèbre établisse- 
ment de MM. Veitch. Dans l'autre note, M. A. Malet, l'un de nos 
p'us heureux semeurs de Bégonias tubéreux, a rendu aux amateurs 
de ces belles plantes le service de leur apprendre (p. 382) com- 
ment ils peuvent sans difficulté les cultiver et les multiplier avec 
succès dans un jardin dépourvu de serre. 

Une question importante, celle qui consiste à savoir quels sont 
le métal et la forme qu'il convient d'adopter pour le.> tuyaux, 



DES TRAVAUX DE LA SOCIÉTÉ, EN 1879. 33 

dans les Ihermosiphons des serres, a été traitée en détail par 
M. Cil. Joly qui a joint à son texte plusieurs bonnes figures (p. 39). 
Cet honorable collègue ayant rappelé que le cuivre est meilleur 
conducteur de la chaleur que la fonte, s'éîant prononcé ensuite 
en faveur de ce métal pour les appareils de luxe, en faveur de la 
fonte pour les grandes installations, et ayant conseillé, en outre, 
l'essai du z"nc comme devant être beaucoup plus économique, 
deux de nos plfs habiles constructeurs d'appareils de chauffige, 
M. de Yandeuvre et P. Lebœuf se sont élevés (p. 305) contre ces 
assertions. Selon ces deux auteur?, la fonte l'emporte sur le cuivre 
pour la conductibilité ; les tuyaux à ailettes, auxquels M. Gh. Joly 
attribuait des avantages, n'offriraient guère que des incoûvénienis; 
enfin le zinc ne pourrait être employé, son extrême dilatabilité 
devant rendre sujets à d'incessantes réparations les tuyaux dont il 
fournirait la matière. Il n'est pas inutile de rappeler que, dans 
une lettre citée plus haut, M. Pynaert reconnaîi, au contraire, 
des avantages marqués aux tuyaux de zinc dont il fait lui-même 
usage et qui, dit-il, sont appliqués à beaucoup de tliermosiphons, 
en Belgique. 

L'histoire naturelle appliq^jéa à l'horticulture a fourni la ma- 
tière de plusieurs articles publiés dans notre Journal, pendant 
l'année qui vient de finir. M. le docteur Girard (Miurice), qui 
veut bien mettre au service de notre Société s\ profonde connais- 
sance de l'entomologie, nous a donné successivement quatre notes 
instruc'ives qui ont trouvé place dans notre publication mensuelle. 
La prr mière (p. 43) est relative à la Phalène hérissée {Biston hir- 
tarius L,), papillon de nuit, dont la présence en grand nombre 
sur des Poiriers avait beaucoup efiiayé notre collègue M. Gau- 
thier (R.-R), et qui cependant n'est que rarement nuisible; la 
seconde (p. 95) fait connaître les Bruches, pet'.ts Charançons qui 
vivent dans les graines des Légumineuses, et met les cultivateurs 
en garde contre l'arrivée probable de la Bruche du Haricot [Bruchuf 
obtectus Say) inconnue jusqu'à ce jour dans nos département» 
septentrionaux, mais qui existe déjà dans les Pyrené^is-Orientale? 
et qui, en outre, a été trouvée dan> des Haricots exposés en 1878, 
au Champ de Mars, par le Venezuela et par la République argen- 
ti'ue; la troisième, qui est succincte (p. 171), renferme la 

3 



34 COMPTE RENDU 

détermination d'un Kermès trouvé sur des Orange?, qui vit sur les^ 
Orangers de la Provence et de l'Algérie, mais non sur ceux qui 
sont cultivés en orangerie, dans le centre et le nord de la France; 
enfin par la quatrième (p. 696) M. Girard (Maur.) a montré que des 
galles envoyées par la Société d'Horticulture de Cholet (Maine-et- 
Loire) et qui s'étaient formées sur des feuilles de Poiriers, avaient 
été produites par la piqûre d'un insecte qui ne peut être déterminé 
sur un renseignement si vague. 

Les insectes ne sont malheureusement pas les seuls ennemis 
parasites des plantes de nos jardins; des végétaux cryptogames 
les attaquent aussi, même plus fréquemment encore et en se dé- 
veloppant, tantôt à la surface Je leurs organes, tantôt dans la 
profondeur de leurs tissus, ils en amènent raffaiblisseineuf, 
trop souvent aussi la mort. Plusieurs de ces parasites végétaux, 
grâce à leur facilité effrayante de propagation, sont devenus de re- 
doutables fléaux qu'on est quelquefois parvenu à conjurer, comme 
dans le cas de l'Oïdium de la Vigne, mais contre nombre desquels 
le cultivateur est resté désarmé jusqu'à ce jour. Au nombre de ces 
derniers est un Champignon microscopique {Peronospora ganglii- 
foi^mis Berk.) qui, en envahissant les Laitues, leur donne la ma- 
ladie vulgairement désignée sous le nom de Meunier. Les pertes 
qu'il cause annuellement aux maraîchers parisiens sont considé- 
rables; aussi y aurait-il très grand intérêt à découvrir une subs- 
tance ou un procédé qui permît de le détruire. C'est ce à quoi ont 
tâché de parvenir MM. le docteur Bergeret et Moreau qui nous 
ont exposé en détail (p. 2 S 8) les résultats des expériences faites 
par eux dans ce but. Ces résultats sont qu'on peut espérer détruire 
le Meunier ou tout au moins en atténuer fortement les effets en 
arrosant les plantes qu'il envahit avec de l'eau additionnée d'un 
peu de borax ou aiguisée d'acide ezotique. 

On peut rapporter à la nième catégorie d'articles deux notes 
de M. P. Ducharlre qui ont été insérées dans le volume du Jour- 
nal pour 1879; l'une (p. 171) donne la description de fleurs 
monstrueuses du Safran cultivé dans lesquelles des segments du 
périanlhe ont pris la forme et la couleur des branches stigmati- 
fères du style; ces Safrans à fleur monstrueuse ont pris nais- 
sance dans les cultures de notre collègue, M. Paul Chappellier 



DES TRAVAUX DE LA SOCIÉTÉ, EN l879. 35 

qui, les voyant se conserver depuis quelques générations, espère 
arrivera la création d'une race devant donner un produit double 
de celui qu'on obtient du Safran à fleur normale; l'autre (p. 568) 
résume une série d'observations faites sur des Marronniers d'Inde 
à développement hâtif, desquelles l'auteur croit pouvoir tirer des 
conclusions générales quant à la stérilité plus ou moins complète 
de ces arbres et aux différentes sortes de hàtiveté qu'on observe 
chez les végétaux. 

Enfin on peut établir une dernière catégorie pour les articles 
originaux qui se rapportent à l'horticulture considérée en général 
et dans son ensemble; elle ne comprend, dans le dernier volume 
du Journal, qu'une note dans laquelle (p. 535) une comparaison 
établie entre la marche suivie dans les Expositions étrangères et 
celle qui est généralement adoptée en France conduit M. Ch. 
Joly à proposer, dans notre manière de procéder, à cet égard, 
quelques modifications dont il espère des avantages marqués. 

Rapports. — Les Rapports qui ont été présentés à la Société 
centrale d'Horticulture de France et qui ont paru ensuite dans 
son Journal, pendant le cours de l'année 1879, sont très-nom- 
breux et prouvent de la manière la plus nette que pour elle la 
nomination de Commissions spéciales amène toujours le résultat 
désiré et n'est pas, comme pour beaucoup de Sociétés savantes, 
une simple apparence de satisfaction donnée à des demandes 
presque importunes. Comme toujours, ils oni eu pour objet, les 
uns des ouvrages, la plupart des cultures, d'autres enfiu des 
créations, des appareils ou des procédés rentrant dans le domaine 
de l'horticulture. Pour des motifs de convenance et de bonne 
confraternité, ces Rapports sont tous laudatifs et même la plupart 
concluent au renvoi à la Commission des Récompenses ; il est 
d'usage, en efi"et, que MM. les Rapporteurs gardent absolument 
le silence quand leur opinion, si elle était exprimée, ne pourrait 
se formuler que par des critiques ou par une complète désappro- 
bation. 

Les ouvrages qui, en -1879, ont été l'objet de Rapports spé- 
ciaux sollicités par les auteurs, étaient les uns imprimés, les 
autres manuscrits. Les premiers sont : /e.« Études historiques sur 
V adminit ration de V Agriculture en France, par M. Mauguin, qui 



36 COMPTE RENDU 

ont été considérées (p. 187) dans leur portion relative à rhorti- 
culture ; le beau livre de M. Ed. André qui a pour titre : VArt des 
jardins (p. 328); les 5^ et 6' volumes du Dictionnaire de Pomo- 
logie, dont la publication commencée par André Leroy a été 
poursuivie et terminée par M. Donneserre de Saint-Denis (d. 385); 
le Cours pratique d Arboricultm^e fruitière publié à Rennes et 
spécialement pour la Brelagine par le frère Henri (p. 3^5). Les 
R^ppo^teurs qui nous les ont fait connaître sont MM. Chandèze, 
Gh. Joly, Buchetet et Michelin. Quant aux derniers, ils consis- 
tent en un bel album de plantes spontanées peintes d'après na- 
ture par M™e Garnier, sur lequel un Rapporta été fait (p. 333)' 
par M. P. Djchartre, et un grand mémoire de M. Jankow ki 
sur le Jirlin pomologique du gouvernement russe, à Varsovie, 
qui a été mélhodiquement analysé et lavorablement apprécié 
par M. Ch. Chevallier (p. 338). 

Il serait peu facile d'établir un cldssement rigoureux entre les 
cultures très diverses qui ont été, cett '. année, l'objet de Rapports 
spéciaux; on peut cependant rattacher : <° à la Culture potagère, 
un Rapport rédigé par M. Anould-Biltard, au nom de la Com- 
mission qui a été chargée d'étudier le? variétés aujourd'hui cul- 
tivées de Pommes de terre et d'en régulariser, autant que pos- 
sible, la classification ainsi que la synonymie (p. 132, 210); 2° à 
l'Arboriculture, le Rapport de M. Cottin (Alfc), sur la Figue dite 
Barbillonne que cultive et piopage M. Dp.fresne, d'Argenteïiil 
(p. 428); celui de M.Michelin (p. 403) sur un clos de Poiriers situé à 
Ecancourt, dont la conduite ei la culture sontconfiées à M.Sinun 
(Jacques) ; et celui du môme Membre sur les grands éîablisse- 
ments horticoles de M. Jacquemet-Bonnefoni, à Annonay (p. 713, 
775); enfin ceux de M. Templier, qui se complètent l'un 
l'autre, touchant les cultures fruitières de M. Berlaut, à Rosny 
(p. rj9S) ; 3° à la culture d'agrément, l'important Rapport de M. le 
D' Elug. Fournji-r sur les Bégonias obtenus de semis p:ir M. A. 
Malet (d. 497, 275); celui de M. Verdier (Eug.) sur l'abondante 
fiorai;on des Rosiers à lo'iguris branches éialées, dans lo jardin de 
M. Cauthier (R.-R.) (p. 5'io); celui de M. Lesueur (Victor) sur 
les beaux Gloxinias de RI. Duval (Léon), à Versailles, 4° aux 
arts et industries horticoles, les deux Rapports de M. Boureiie 
*ur les serres construites par M. Dormois, dans le jardin de la 



DES TRAVAUX DE LA SOCIÉTÉ, EN 187^. -37 

nouvelle École de pharmacie (p. 344), et sur les appareils de 
chauffage que M. Letœuf a établis dans ces serres (p. 348); 
celui de M. Lavialle sur un ihermosiphoa construit par M. de 
Vandeuvre pour chaufTcr les séries de M, Vallerand, à Asnières 
(Seine) (p. 599); celui que nous devons encore à M. Lavialle et 
qui a fait ressortir l'habileté et le goût avec lesquels r:otre col- 
lègue, M. Péan a opéré une complète trausfcrmation du parc de 
Robécourt près Ham (p. 708); enfin celui que M. le docteur 
Girard (Maur.) a rédigé au nom delà Commission dite des Insec- 
ticides, et qui est à l'avantage de la Poudre foudroyante de 
M. Ruseau, pour la destruction des Mollusques qui dévastent nos 
jardiis. 

Plusieurs des Rapports qui ont été présentés à la Société cen- 
trale, pendant l'année qui vient de finir, sont le résultat de 
visites de jardins faites par des Commissions nommée?!, sur la 
demande expresse des intéressés, dans ce but spécial; c'est ainsi 
que M. Lepère, fi's, a fait un juste éloge (p. 218) de l'habileté et 
du soin avec lesquels M. Picot cultive le jardin de M. Bidos, au 
Raincy; que M. Chatenay a fait ressortir la parfaite compétence 
que montre M. Venteclaye, propriétaire à Argenteui', en taillant 
et dirigeant lui-même les aibres fruitiers de son jardin (p. 594); 
que M. Urbain nous a appris comment, à force d'art, M. Mangin 
est parvenu à faire, en plein Paris, un lieu de délices de l'hô d 
qu'habite M""^ De?pommiers,rue Saint-Romain (p. 658);enfinque 
M. le docteur Eug. Fournier nous a appris et expliqué (p. 6i?j 
le succès complet avec lequel M. Lesueur (Victor) est parvenu 
àcrétr un véritable jardin tropical, pendant l'é'é tristement 
exceptionnel de 1879, en transportant en plein air les plantes 
qui en hiver, garnissent les serres, dans la belle propriété de 
W^& la baronne de Rothschild, à Boulogne-sur-Seinp, et en 
reproduisant aussi bien que possible autour d'elles les conditions 
qu'elles trouvent dans leur pays natal. 

J'aurai terminé l'énumération de ces nombreux et intéressants 
rapports quand j'aurai rappelé que M. Héiincq nous a donné l'his- 
torique animé du Congrès de Botanique et d'Horticulture qui a 
été tenuâ Paris, penclant l'Exposition universelle de 1878 (p. 312) 
et que le volume de 1879 a terminé la publication des Rapports 
sur l'Exposition universelle en ouvrant ses colonnes (p. 56,M8) 



38 COMPTE RENDU DES TRAVAUX DE LA SOCIÉTÉ, EN 1879. 

à celui de M. Bretoa, organe de la 2® sous-Commission du 
Comité des Arts et Industries, l'abondance des matières à insérer 
au Journal n'ayant pas permis de le faire paraître avant la fia 
de l'année 1878. 

Comptes rendus d'Expositions. — Les relations cordiales qui 
existen entre la Sociélé centrale et ses sœurs des départenif-nts 
l'amèQenlàse faire représenter par des déléguésaux Expositions or- 
ganisées par celles-ci, toutes les fois qu'elles lui en expriment le 
désir. En rendant ensuite un compte détaillé de ces Expositions, 
nos délégués font profiter ces Sociétés de la vaste publicité qui 
résulfe du tirage considérable de notre /oMrna/ ; la publication de 
ces Comptes rendus tait, dans une certaine mesure, de notre re- 
cueil mensuel un organe commun à la grande famille lioiticole 
frarçaise. Cette année, le nombre de ceux qui ont été ainsi li- 
vrés à la publicité a été de <4, abstraction faite de ceux aux- 
quels a donné lieu la tenue de nctre propre Exposition et de celle 
qui a eu lieu à Tournai (Belgique), et qui nous a été dépeinte par 
M. Hélye fp. 726) et par Cb. Joly (p. 609). Les grandes assises 
horticoles dont ils tracent le tableau fidèle ont été tenues à Alen- 
çon, à Brie-Comte-Robert et Grisy-Suisnes,à Épernay, à la Feité- 
sous-Jouarre, à Lyon, à Nancy, à Nantes, à Nogent-sur-Seine, à 
Poitiers, à Pontoise, à Reims et à Troyes ; nous en devons la 
description à M. le docteur Boisduval (p, oi9); à M. Verdier 
(Eug.) (p. 603) ; à M. Delavallée (p. 408) ; à M. Bergman (Fréd.) 
(p. 673) ; à M. B. Veriot (p. <34 pour 1878, p. 728 pour 1879) ; 
à M. Ch. Joly (p. 666) ; à M. Hemy, père (p. 4H) ; à M. Cappe 
(p. 612) ; à M. Gougibus (p. 661) ; à M. Cottin (p. 720) ; à M. 
Carrière (E. A.) (p. 669) ; à M. Cottin (p. 787). 

Eu somme, toute rapide qu'elle ait été torcément, l'énuméra- 
tion qui précède prouve que l'activité déployée par la Société cen- 
trale d'Horticulture de France, pendant l'année 1879, a été fruc- 
teuse pour toutes les branches de l'art horticole, et que le volume 
qui réunit les fruits de cette activité est au moins aussi bien rem- 
pli que ceux qui l'ont précédé de matériaux choisis avec une im- 
partiale sollicitude par la Commission de Rédaction. Ce fait, dont 
nous avons tout lieu de nous féliciter, est de bon augure pour la 
série nouvelle qu'inaugure ce volume. 



PaOCÊS-VERBAUX, — fÉANCE DU 8 JANVIER 1880. 39 

PROCÈS-VERBAUX 



SÉANCE DU 8 JANVIER 1880. 
Présidence de M. Uard^r. 

La séance est ouverte à deux heures. Les Membres qui y assistent 
sont au nombre de 169. 

Le procès -verbal de la dernière séance est lu et adopté. 

M. le Secrétaire-général Duvivier donne lecture de la lettre sui- 
vante qui lui a été adressée de Cannes (Alpes-Maritimes) par 
M. Âlph. Lavallée, Président de la Société. 

a Retenu à Cannes par l'état de santé de l'un de mes enfants, 
» j'aurai le très vif regret de ne pas assister à notre prochaine 
» séance. J'avais un grand désir de remercier mes collègues du 
» précieux témoignage de sympathie et d'estime qu'ils ont bien 
» voulu me donner en me plaçant à la tète de notre Société. Veuil- 
» lez donc vous charger d'être l'interprèie de mes regrets et de 

ma profonde gratitude. — La Société, mon cher Secrétaire-gé- 
» néral, en vous appelant aux importantes fonctions qu'elle vous 
» a confiées, a bien compris quel zèle et quel dévouement vous 
.) apporteriez à les remplir. Permettez-moi de vous dire que je 
» m'appliudis de eon choix et que je suis sûr de pouvoir compter 
» absolument sur vous, comme sur les membres de notre bureau 
» pour maintenir et élever l'importance de notre Société, et coû- 
» tribuer à son rapide développement. Assurés des bons conseils de 
» notre excellent premier Vice-Président, M. Bardy, et de la ges- 
» tion aussi intelligente que dévouée de nos dignes Trésoriers, 
» certains de la bonne harmonie de tous, ne devons-nous pas es- 
)•> pérer un nouvel élan qui assurera une nouvelle grandeur à la 
» Société centrale de France ? C'est le but vers lequel doivent ten- 
» dre tous nos efforts. » 



La Commission de Rédaclion déclare laisser aux auteurs des articles publiés 
dans le Journal la responsabilité des opinions qu'ils y expriment. 

(Avis de la Commission de Rédaclion.) 



40 PROCÈS-VERBAUX, 

M. le Secrétaire-général entretient la Compagnie de la visite 
qui a été faite p )r le Bureau, à M. le Ministre de l'Agriculture et du 
Commerce, à l'occabion du jour de l'an. M. le Ministre a rfçu les 
représentants de la Société centrale d'Horticulture de France, en 
leur exprimant autant de bienveillance que de sympathie pour 
notre nsbociaiion. Il a bien voulu les assurer de son appui dans 
lescircoDsiances cù il pourrait être nécessaire. 

M. le Président proclame, après un vote de la Compagnie, l'ad- 
mission de six nouveaux Membres titulaires qui ont été présentés 
dans la dernière séance et contre lesquels il ne s'est pas élevé 
d'opposition. >— Il annonce ensuite que le Conseil d'Administra- 
tion, dans sa. séance de ce jour, a admis à l'honorariat, sur leur 
demande écrite, conformément à l'article 4 du Règlement, les 
cinq Membres suivants qui appartiennent à la Société depuis vingt- 
cinq années révolues: MM. Bigot (J.), rue Gambon, 27, à Paris ; 
IzHmberf, boulevard Picpus, 87, à Paris; Lechevalier (L.), rue de 
Lauriston, 105, à Paris ; Vavin (Eug ), boulevard Bineau, 52, à 
Neuilly (Seine) ; Vtrdier (Charles), horticulteur, rue Baudricourt, 
28, à Paris. 

Il annonce enfin à la Société qu'elle vient de perdre cinq de ses 
Membres par le décès de MM. le comte de Cardaillac, Bourgeois, 
propriétaire au Perray près de Rambouillet, de Montalivet,Sédilloa 
(Napoléon-Adolphe), et Tavernier. 

Les objets suivants ont été déposés sur le bureau : 

1''. Par M. Vilette, jardinier au château de Polangis, près 
Joinville-le-Pont (Saine), une botte d'Asperges foi cées, produites 
par des pieds de trois ans, et une botie de racines de W'tloof ou. 
Chicorée belge. — Les Asperges de M. Vilette ont été forcées au fu- 
mier, d'après le procédé habituellement employé par les jardi- 
niers parisiens; elles sont très belles, pour la saison, mais blan- 
ches par suite du défaut de soleil. — Une prime de 2® classe est 
démandée pour ce jardinier, par le Comité de Culture potagère et 
accordée par la Compagnie. 

2». Par M. Curé, jardinier-maraîcher, rueLecourbe, à Grenelle- 
Pdris, une botte d'Aspei^ges venues sur des pieds qui ont été 
cliauti'és au termosiphon. Elles sont plus belles et plus colorées 
que celles dont il vient d'être question ; aussi le Comité de Culture 



SÉANCE DU 8 JANVIER 1880. 41 

potagère propcse-t-il d'accorder, pour celte présentation, une 
prime de \'^ classe. Celte propos-ilion est adoptée, mais M. Cuié 
renonce à recevoir la récompense dont il a été reconnu digue. 

fîl. Curé donne des renseignements sur sa culture d'Asperges au 
Ihermosiphon. Il pense être le premier qui ait fait usage du ihei- 
raosiphon pour cette culture, et il a tout lieu de se louer de cette 
importante modification apportée par lui à la méthode universel- 
lement adoptée. Il demande qu'une Commission soit chargée d'aller 
examiner cetle modificalioa et d'en faire, s'il y a lieu, l'objet 
d'un Rapport à la Société. Il dit que les pieds sur lesque's il a re- 
collé ses Asperges OQt été semés par lui le 15 mars 1877, sur 
couche. Quand illes a transplanlé^, il l'a fait en motte, et il recom- 
maude ce mode de transplantation comme le plus avant ageui de 
tous. Il déclare aussi regarder comme excellente, d'après sa pra- 
tique, la p'antatioii faite au moisa'aoùt du plant qu'on se pi'opose 
de forcer; à cette époque de l'année, on fait en toute sûreté le 
choix des pit;ds qui donneront de beaux produits et par là on 
n'i^-st pas exposé à cultiver dispendieusen.ent des plantes qui n'ien 
valent ni la peine, ni les frais. L'an deri.ier, les Asperges qui de- 
vaient èlve chauffées au fumier en ont été couvertes dès que la 
gelée a commencé. Les turions ont mis trente-quatre jours à je 
montrer. Cette année, employant le thermoi^iphon, il a commencé 
de chauffer le 14 décembre dernier; au bout de qualoize jours, 
les asperges commençaient de se montrer. La différence entre les 
effets des deux procédés de chauffage devient ainsi nettement ap- 
préciable. M. Curé invite ses collègues à aller examiner chez lui 
sa culture d'Asperges au thermosiphon. 

M. H .rdy ne croit pas que iM. Curé ait eu le premier l'idée de 
chauô^îr des Asperges au thermosiphon. Il y a, dit-il, une dizaine 
d'anr.ées que M. Parent, de Rueil, a imaginé et employé un pro- 
cé'Jé du même genre. Seulement ce procédé était peu commode et 
revenait cher. Il espère mieux de la manière dont M. Gui é a 
coEÇ'i le .^ien. 11 fait observer que, comme rétablissent avec pré- 
cision les chiffres fournis par M. Curé, le chauffage au fumier, 
pour la plante dont il s'agit, est plus long et en réalité plus 
coùieux que celui au thermosiphon. 

3° Par M. Chappellier ( Paul), un corps brun foncé ou noir et 



42 PROCÈS-VERBAUX. 

déjà sec, qu'il croit être une Truffe. Cet objet a été trouvé dans 
le département du Loiret, à la date d'environ deux mois par la 
personne qui le lui a remis. Cette personne désirerait savoir si 
c'est réellement une Truffe et, dans ce cas, si cette Trufl'e est de 
bonne qualité. C'est dans ce but que M. Chappellier ( Paul) met 
cet objet sous les yeux de ses collègues, leur demandant leur 
?.vis. 

40 par M. Touchais, jeune, horticulteur, rue de Paris, à 
Bagneux (Seine), une potée de Muguet de mai {Convallaria 
maialis L.) en fleurs et feuille. — Celte présentation, qui est faite 
hors concours, a pour objet de montrer les progrès considéral>!es 
que ces plantes ont faits depuis le 1 8 décembre dernier. A cette 
date, les Muguets étaient bien fleuris mais ne portaient que des 
feuilles naissantes ou même ne portaient pas de feuilles ; au- 
jourd'hui, au contraire, leurs tiges sont garnies de feuilles larges 
et bien développées qui les rendent beaucoup plus beaux. Les 
fleurs elles-mêmes sont sensiblement plus amples, de telle sorte 
que, sous ces deux Rapports, il y a eu amélioration évidente. — 
Le Comité de Florioulture remercie M. Touchais de son apport et 
le félicite du résultat obtenu par lui; rarement, dit-il, on voit, à 
cette époque, des Mugjets garais de feuilles bien développées. 

M. le Président de ce Comité rappelle que c'est à la date d'une 
quinzaine d'années qu'on a commencé dd forcer le Mnguet à 
Paris. Depuis cette époque encore peu éloignée, celte culture a 
pris un développement innportant, et aujourd'hui la quantité de 
fleurs qu'on en obtient ainsi en hiver est réellement énorme. Il est 
même à remarquer que la saison actuelle, bien qu'étant excep- 
tionnellement rigoureuse et défavorable à la gérjéralité des cul- 
tures forcées, n'a pas influé défavorablement sur celle-là non 
plus que sur celle des Roses forcées et des LiUs blanchis, qui 
sont aussi abondants et aussi beaux que de coutume. Il faut attri- 
buer ce résultat remarquable à la bonté des procédés de culture 
et des appareils de chauffage auxquels recourent aujourd'hui les 
horticulteurs spécialistes. 

M. le Président remet les primes accordées. 

M. le Secrétaire-général procède au dépouillement de la corres- 
pondance qui comprend les pièces suivantes : 



SÉANCE bu 8 JANVIER f880. 43 

1» La lettre par laquelle M. le Conseiller d'État, Directeur du 
Cabinet et du •Personnel, au Ministère de l'Agriculture et du 
Commerce, annonçait que M. le Ministre recevrait M. le Président 
et MM. les Membres du Bureau de la Société centrale d'Horticul- 
ture, le mercredi 31 décembre 1879, à 10 heure?. 

2^ Une lettre datée du Petit-Quincy près Brunoy ( Seine-et- 
Oise), et adressée à M. le Président par M. J. Bigot, Membre 
de la Société. Bien qu'elle ait été écrite le 13 décembre dernier, 
cette lettre n'a pu être communiquée plus tôt à l.i Société, la der- 
nière séance ayant été presque complètement consacrée aux élec- 
tions. — M. Bigot écrit que la plupart des jeunes Frênes qui, sur 
sa propriété de Quincy, sont plantés dans un sol humide et glai- 
seux, dirigé en pente vers le nord, à 150 mètres environ de la 
rivière d'Yerres et au milieu d'un taillis clair, ont été fendus par le 
froid, à peu près du haut en bas, la fente étant dirigée vers le nord. 
Ces arbres ont, en général , de 1 2 à 1 8 centimètre? d'épaisseur, à un 
mètre du sol, et ils étaient bien venants. — M. Bigot ajoute que, 
le 9 décembre, à 7 heures et demie du matin, un thermomètre à 
alcool muni d'une planchette en porcelaine, suspendu en plein 
air et du côté du nord, au tronc d'un arbre, bien que étant abrité 
de toutes parts, est descendu à — 28' o centig. Le lendemain, à la 
même heure, il marquait encore — 28* C. En même temps, un 
thermomètre à mercure avec planchette de porcelaine, étant sus- 
pendu le long de la fenêtre d'une pièce bien chaufiée, à l'Exposi- 
tion du Sad, à 6 mètres environ du sol et à l'abri de tout vent, 
marquait — 23° 5. Des températures semblables ont été observées 
dans les environs. L'épaisseur de la neige dans cette localité 
atteignait 45 à 80 cenlim., selon la direction du vent. M. Bigot 
craint et, ce semble, avec raison, que la plupart des treilles, cor- 
dons, arbustes, plantes vertes des jerdins ne soient gravement 
endommagés, sinon môme totalement perdus par l'action de tem- 
pératures si exceptionnellement rigoureuses, sous le climat des 
environs de Paris. 

A propos de cette lettre et sur l'invitation de M. le Président, 
M. Pissot, consevateur du Bois de Boulogne, communique les ré- 
sultats des observations qu'il a pu faire jusqu'à ce jour sur les 
effets des froids exceptionnels de cet hiver. Ces effets, dit-il, sont 



i 4 PROCÈS-VERBAUX. 

désastreux et malheureusement ils paraissent s'étendre à tor.te la 
France. L'administration municipale se préoccupant des moyens 
de réparer Us pertes qui ont eu lieu dans sf s plantations, àP.'-ris, 
a fait demander des arbres et arbustes dans les pays qu'on pouvait 
croire moins frappés, notamment à Angers et p'us au sud. Il lui a 
é'é répondu que là aussi le désastre avait été immense, et qu'on ne 
savait encore de quelles ressources on pourrait dispose. Il pense 
qu'il serait ut:le de nommer une Commission en lui donnant la 
mission de relever les végétaux ligneux et plus en général d'agré- 
ment, les arbres fruitiers et les plantes potagèi-es, qui ont soutïért 
du froid et de constater les difïerents degrés auxquels ils en ont 
souffert. 

Ceite proposition étant appuyée, M. le Président en confie la 
mise à exécution aux différents Comités, dont chacun, dans l'en- 
quête à faire, s'occupera des faits qui sont de sa compétence. 

Reprenant sa communication, M. Pissotdit que, dès cet in:- 
tant, ou peut considérer comme entièrement perdus tous les Lau- 
riers, les Hyper imm, les Spirées, et, parmi les Conifères, le Sé- 
quoia giganiea, le Pin maritime et le Pin Pignon, les jU'aucaj-ia, 
le Taxodium sempervirens, etc. Les Lauriers-amandes [Cerasus 
Lauro-Cerasvs Lois.) les plus vieux sont gelés. Les jeunes Platanes 
le sont également et on en a vu de très-vieux, âgés même de deux 
cents ans, se fendre sous l'action de la gelée. Les Magnolias sont 
aussi perduF,et il en ejt malheureusement de même pour beaucoup 
d'autres espèces. Se basant sur un article d'un journal quoti- 
dien, M. Pissot exprime un vif regret de ce que, comme l'auraient 
montré les observations de MM. Edm.et Henri Becquerel, la nnige, 
malgré l'épaisseur de la couche qu'elle formait, n'aurait pas pro- 
duit, celte année, l'effet d'abri préservateur qu'on lui attribue 
toujours et n'aurait pas empê:hé la gelée de se faire sentir éner- 
giquement dans la profondeur du sol. 

M. P. Duchartre dit que l'auteur de l'article auquel vient de 
faire allus'on M. Pissot n'a peut-être pas eu sous les yeux les 
chiffres exacts des températures ob:ervéts dans le sol par MM. Bec- 
querel, et que dès lors il s'est s'ex8géré,pour ce motif, les craintes 
que pouvait inspirer la pénétration de la gelée dans le f ol. MM. Bec- 
querel oi;t observé la température dans un sol abîolument dénudé 



SÉAACt; DU 8 JANVIER fSSO. 45 

de végétation et sablé, à la surface duquel.se trouvait une 
couche de neige qui mesurait d'abord Om 23 et plus tard Om 19 
d'épaisseur. Or, d'après les do.onées que ces savants physiciens ont 
consignées dans les Comptes rendus de l'Académie des Sciences 
(cahier du 15 décembre 1879), la température la plus basse qui 
ait été observée dans ce sol, à 0™ 05 seultment de prof jndeur, non 
pas après mais avant la chute de la neige, a été de — 3M7. A 
partir du 3 décembre, jour pendant lequel la neige est tombée en 
abondance, « malgré l'abaissement graduel de la température de 
» l'air, qui, d'abord de — 1 1°, le 3 décembre, a dépassé — 20" le -fO 
* décembre, la température à Qm 05, sous le sol dénudé et couvert 
» de neige, s'est relevée et a varié de — Oo 8 à — 1" 4. » Ainsi, par 
des gelées qui ont dépassé — 20°, la température, à la faible pro- 
fondeur de 0m05, dans un sol sans la moindre végétation et sablé, 
mais couvert de neige, n'est pas descendue tout à fait à \ degré et ■ 
demi au-dessous de zéro, il semble que la plupart des végé- 
taux cultivés à l'air libre n'aient guère à redouter une gelée si 
peu rigoureuse. Encore faut-il ajouter que, sous le sol ouvert de 
gazon, avant comme après la chute de la neige, la température 
mesurée à Om 05 de profondeur, « a été constamment au-dessus 
» de 0°, » et MM. Becquerel font observer avec pleine raison que 
» s'il existe sous la neige, à la partie supérieure du sol, des c<irps 
» organisés, de la paille ou simplement les radicelles d'un gazon 
)) suffisamment épais couvrant la terre végétale, la mauvaise con- 
» duclibilité de ces matières sufût pour arrêter la propagation de 
t> la gelée. » On conviendra qu'il est rare que ces dernières condi- 
tions ne soient pas plus ou moins réalisées dans les endroits où 
exiâtent dt^s plantes cultivées qu'où ne place pas d'habitude dans 
un sol de remblai couvert d'un sable entièrement nu, comme était 
celui dans lequel ont été faites les observations de MM. Bâcquerel. 
M. Margottin fait observer que, si la neige avait été moins pré- 
servatrice, cette année, que de coutume, cela pourrait tenir à ce 
que, sous l'aclioa de températures extrêmement basses, elle était 
sèche et à particules mobiles comme du sable; néanmoins et 
malgré cet état particulier, elle a certainement produit un effet de 
préservation appréciable. On verra au moment de la pousse quel 
aura été oet efifdt. Pour le mornenf, les Rasiers semblent morts, et ce 



46 " PROCÈS-VERBADX. 

qu'il y a de très fâcheux c'est que les Églantiers greffés sont tous 
gelés, sauf environ 0™ 20 de longueur qui se trouvait sous la neige. 

M. Groux, fils, croit que tous les Rhododendron sont perdus; il 
n'en restera guère que les petits pieds jeunes que couvrait la 
neige. Il confirme ce qui a été dit par M. Pissot quant à différentes 
espèces de végétaux ligneux; par compensation, il est porté à 
croire que les arbres fruitiers auront moins souffert qu'on ne le 
pense généralement, sauf les variétés de Poiriers à Lois tendre, 
comme la Duchesse, la Louise Bonne, etc. Il signale ce fait que 
les Pruniers vieux ont souffert plus que les jeunes. 

M. Hardy dit que, au Potager de Versailles, où le thermomètre 
est descendu à — 26", les arbres fruitiers paraissent avcir souffert 
horriblement. Les Groseilliers ont fait seuls exception sous ce rap- 
port. Des arbres déjà forts ou même vieux sont dans un tel état 
qu'il est probable que, après les avoir laissés végéter pendant un 
ou deux ans, on sera forcé de les recéper. Sur les Pêchers, les 
branches à fruit sont perdues et, quant à la Vigne, même les 
cultivateurs de Thomery pensent être obligés de la recéper au 
pied. En somme, le mal est très grand et les conséquences s'en 
feront sentir pendant quelques années. 

M. Chatenay, de Vitry, est d'avis que, relativement au» Poi- 
riers, il n'y a pas encore sujet de s'alarmer outre mesure. A la 
suite de l'hiver de 1871 , dans lequel la température a été^ pendant 
peu de tempe, il est vrai, presque aussi rigoureuse que cette année, 
beaucoup de rameaux de Poiriers, qui étaient noirâtres et qu'on 
aurait pu croire morts, ont repoussé au printemps. Il a fait subir 
à ces arbres la taille ordinaire et il a eu ensuite à se féliciter d'avoir 
agi ainsi. 

M. Aubrée pense également que les dégâts éprouvés par les 
Poiriers sont moins grands qu'on ne le dit généralement. 

M. le Président présente à la Société, pour sa bibliothèque, un 
ouvrage intitulé : Nouveaux légvmes d'hiver, expériences d'étiole- 
ment pratiquées en chambre obscure; par MM. A. Pailliecx et D. 
Bois (gr. in-i8 de 128 pages. Librairie agricole, rue Jacob, 26). Il 
charge M. Prillieux de faire un Rapport sur cet ouvrage. 

M. Laizier fait un Rapport verbal sur une brochure qu'il avait 
été chargé d'examiner et qui a pour titre : Culture industrielle et 



SÉANCE DU 8 JA.NYIER 1880. 47 

hivernale de V Asperge, suivie de la manière d'en faire des conser- 
ves; par M. P. RoKCERAY (in-8° de 59 pages. Pari?, sans date ; chez 
Aug. Goin, rue des Écoles, 6^). L'aQteur de ce travail, dit 
M. Laizier, attribue à l'Asperge cultivée selon la méthode qu'il 
conseille un rendement tellement considérable qu'il semble diffi- 
cile d'en admettre la possibilité. Ainsi, avec 2 000 fr. de frais 
on obtiendrait, selon lui, une récolle d« 10 000 fr. par hectare; 
ainsi encore, avec un genre de culture tout nouveau qui a été 
imagiaé par cet auteur, dans une chambre de 1 2 mètres carrés, on 
ferait entrer la quantité de griffes de trois ans qui est suffisante pour 
un hectare, c'est-à-dire 18 000 grifïes; or, M. Laizier pense que 
même mises simplement en tas, ces i8 000 grifies feraient un 
volume plus grand que la capacité de celte chambre. Dans ces 
conditions, M. P. Ronceray dit qu'on aurait seulement \ 000 fr. 
de frais et on récolterait 17 500 fr. de produits ; or, dit M. Laizier, 
les maraîchers payent, en moyenne, 3 500 fr. les griffes d'Asperges 
qui leur sont nécessaires pour la plantation d'un hectare de terre. 
En somme, bien que familiarisé avec la culture ordinaire de l'As- 
perge, M. Laizier déclare ne pas se charger de juger les modes de 
culture tout extraordinaires que M. P. Ronceray conseille d'adopter 
pour cette plante; il est donc d'avis qu'il conviendrait de confier 
à une Commission l'examen et l'appréciation de ces modes de 
culture. 

M. le Secrétaire-général donne connaissance à la Compagnie 
des nominations qui ont été faites aujourd'hui, conformément aux 
prescriptions du Règlement, par les quatre Comités et par les 
Commissions permanentes. 

Le Comité du Culture potagère a nommé M. Laizier Président, 
M. Vincent Vice-Président, M. Siroy Secrétaire, M. Pdgeot Vice- 
Secrétaire, M. Moynet délégué au Conseil d'Administration et 
M. Paillieux délégué à la Commission de Rédaction. 

Le Comité d'Arboriculture a élu M. Gh. Chevalier Président, 
M. Bonnel Vice-Président, M. Michelin Secrétaire, M. Buchetet 
Vice-Secrétaire, M. Templier Délégué au Conseil d'Administration, 
et M. Preschez Délégué à la Commission de Rédaction. 

Dans le Ci>mité de Floriculture ont été choisis comme Président 
M. Burelle, comme Vice-Président M. Bachoux, comme Secrétaire 



48 , PROCÈS-VERBAUX. 

M. Delamarre, comme Vice-Secrétaire M. Jolibois, coTime Délé- 
gué au Conseil d'Adrainistiation M. L Toy (ï.), comme Délégué à 
la C )mmission de Rédaction M. Bâillon. 

Le Comité des Arts et Industries a choisi pour Président 
M. Gliiiigny, pour Vice-Président M. Héringer, pour Secrétaire 
M. Bore), pour Vjce Secrétaire M. Lebœuf, pour Délégué au Con- 
seil d'Administration M. ^éringer, pour Délégué à la Commis- 
sion de Réiacîiou M. Hmoteau. 

La Commission des Galtures expérimentales a nommé M, Ver- 
dier (Eug.) Président, M. Ponce Secrétaire et M. Jolibois Délégué 
au C)nsei! d'Administration. 

La Commission des Secours a désigné comme son Président 
M. Durand, aîné, et comme sou Secrétaire M. Dumout(H,-R.)qui 
est en même temps son Délégué au Conseil d'Administration. 

Enfin M. le Secrétaire-général apprend à la Compagnie que le 
Conseil d'Administration, adoptant les propositions des Comités, a 
nommé Conservateurs des collections : M. Beurdeley pour la 
Culture potagère, et pour la Pomologie M. Michelin à qui est 
adjoint M. Charollois. 

Il est fait dépôt sur le bureau du Compte rendu des travaux 
du Comité de Culture potagère, pendant l'année 4879; par 
M. SiRoY, Secrétaire de ce Cmiité. 

M. le Sîcrétaire-général annonce une nouvelle présentation; 

Et la séance est levée à quatre heures. 



SÉANCE GÉNÉRALE DU 22 JANVIER 1880(1). 
Présiukisck de m. Oardy 

La séance est ouverte à deux heures. Le nombre des Membres 
qui y assistent est de 150 titulaires et 7 honoraires. 

(1)iV. jB. Par siute d'une circousunce i arliculière, le Rapport de la 
Commission de ComptabiUté, sur los comptes de l'exercice iS/O, bien 
qu'ayant élé lu au Conseil dAdininistralion et approuvé par lui, n'a pas 
élé communiqué à la Société, dans la 2" séance de janvier, ainsi que 
l'exige le 3' paragraphe de l'article 50 du règlement. 11 ne pourra doac 
paraître que dans le prochain cahior ia Journal. 

(Note de la Commission de Rédaction.) 



SÉANCE DU 22 JANVIER 1880. 49 

Le procèî-verbal de la dernière séance est lu et adopté. 
M. le Président proclame, après un vote de la Compagnie, 
l'admission d'un nouveau Membre titulaire dont la présentation, 
faite dans la dernière séance, n'a soulevé aucune opposition. 

Il annonce ensuite que la Société centrale d'Horticulture vient 
d'éprouver u»e perte des plus cruelles, qui ne peut que lui causer 
d'unaniuies regrets. M. le docteur Boisduval vient de mourir, à 
l'âge de 81 ans, à Ticheville, en Normandie, où il s'était retiré 
depuis quelques années. Ce regretté collègue, dit !M. le Président, 
a montré à la Société centrale, peuilant une longue suite d'années, 
un dévouement sans bornes. Il a été plusieurs fois l'un de ses 
Vice-Présidents. Il a été aussi, pendant plusieurs années, Prési- 
dent de la Commission de Réd^iction dans les délibérations de 
laquelle il apportait, avec une parfaite compétence en matière 
d'Horticulture, des connaissances aussi variées que profondes qui 
lui permettaient, dans beaucoup de cas, de corriger des erreurs 
ou de faire disparaître des incertitudf s. Ea effet, il était à la fois 
médecin expérimenté, naturaliste instruit et amateur distingué 
d'horticulture, passionné surtout pour la culture des plantes bul- 
beuses et des espèces alpines dont il cultivait lui-même une riche 
collection. Dès l'année 1828, il avait publié, dans la collection 
des Manuels Roret, une petite Flore française, en trois volumes 
in-18, qui prouvait qu'il s'était beaucoup occupé de l'étude des 
plantes spontanées en France ; plus tard il s'est consacré plus spé- 
cialement à l'entomologie et il a fait paraître à ce sujet plusieurs 
ouvrages qui lui ontvalu une grande et légitime réputation. Quant 
aux plantes, il les a toujours aimées, et, s'il n'a plus publié à leur 
sujet d'ouvrage de longue haleine, il leur a cependant consacré 
plusieurs articles instructifs qui, pour la pCupart, ont trouvé place 
dans notre Journal. M. le Président annonce que M, le docteur 
Girari (Maurice ), qui est lui-même un entomologiste très-dis- 
tingué, a été prié d'écrire une notice biographique sur notre re- 
gretté collègue, M. le docteur Boisduval. 

Les objets suivants ont été déposés sur le bureau : 

1" Par M. Paillet (Louis ), horîiculteur-pépiniériste à Chatenay, 

près Sceaux (Seine), une collection de Pommes de terre qui ne 

comprend pas moins de ^ 02 variétés nouvelles, encore rares ou 

reconnues comme très-recommandab'es et d'origine, soit anglaise, 

4 



50 PaOCÈS-VEUBAUX. 

soit américaine. Les lub^rcules présentés sont tous plus beaux les 
uns que les autres, dit M. le Président du Comité de Culture po- 
tagère qui, selon l'avis de ce Comité, propose d'accorder à M. L. 
Paillet,pour cette magnifique présentation, une prime de 1 ''^ classe. 
Mise aux voix par M. le Président, cette proposition est adoptée. 

M. Paillet ( L, ) dorme à la Compagnie quelques renseignements 
sur les Pommes de terre qu'il a déposées sur le bureau Depuis 
quelques années, dit-il, beaucoup de nos Pommes de terre semblant 
dégénérer et, à peu d'exceptions près, nos cultivateurs paraissent 
ne passe préoccuper de l'avantage qu'ils trouveraient eux-mênif^s, 
soit à les régénérer, si cela est possible, soit à en obienir de nou- 
velles sortes, meilleures que celles quMs cultivent habituellement. 
En Angleterre, au contraire, et plus encore aux États Unis, plu- 
sieurs cultivateurs met ent tous leurs soins, depuis quelques 
années, à des semis de cette précieuse plante alimentaire, ei ils 
sont ainsi parvenus à en obtenir de nombreuses variétés parmi les- 
quelles il est démontré que beaucoup se recommandent au plus 
haut point, soit par la bonne qualité soit par Tabondance de 
leurs produits. Ainsi, sous ce dernier rapport, il en e^t pour les- 
quelles le chiffre de la récolte, pendant la saison dernière qui a été 
des plus (^favorables, a att'^int 30 000 à 34 0)0 kilog. à l'hectare. 
Dans cette collection sont réunies des variétés pour la grande cul- 
ture et d'autres pour la petite culture; quelques-unes aussi sont 
spéciales pour la féculerie ; il en est de bâtiv-is, de demi-bâtives et 
de tardives. Il en est aussi qui souffrent peu de la maladie ou qui 
même échappent, assure-t-on, à ses atteintes. M. Paillet ( I,. ) ne 
veut pas dire que, parmi les variétés de nos cultures il n'en existe 
pas d'aussi bonnes que la généralité de celles qu'il met sous les 
yeux de la Compagnie; mais il pense que l'introduction de 
celles-ci n'en a pas moins une importance considérable. 

M. Paillet appelle encore l'attention de la Société sur un échan- 
tillon à" Avoine de Californie qui, dit-il, ne produit pas moins de 
100 p. 1 et qui a été nommée, par ce motif. La Prolifique. Le 
grain d'une bonne Avoine pesant ordinairement 50 ki|,og. à l'hec- 
tolitre, celui de la variété qu'il présente pèse habituellement 
65 kilog. pour la même quantité. 

2° Par M. Véniat (H.), jardinier chez M. Feyeux, à Crosnes 
(Seine-et-Oiîe), divers objets présentés hors concours, savoir : 



SÉANCE DU 22 JANVIER 1880. ti 

quelques fruits du Physalis peruviana ou Capuli du Pérou; un 
lot de Pe-tsai de Mongolie, variété hâtive et un autre lot de la 
même plante, variété tardive ; enfin de la poudre de Mélilot bleu 
{Mel'dotm cœrulea Lamk.). 

Dans une noie écrite qui est jointe à ces objets il est dit que les 
graines de Pe-tsai remises à M. H. Véniat pour son semis étaient 
mélangées et ont donné naissance à des plantes dont les unes ont 
mûri leurs graines quinza jours plus tôt que les autres; mais la 
distinction en une variété hâtive et une variété tardive est faite 
sous toutes réserves. Ces plantes se sont montrées toutes parfaite- 
ment rustiques; le semis ayant éié fait au mois d'août 1879, 
«lies ont résisté aux froids exceptionneliement rigoureux que nous 
avons subis, cette année; néanmoins elles ont pris moins de déve- 
loppement que l'an dernier. La variété tardive est meilleure que 
l'autre; mais elle a une végétation un peu moins vigoureuse. — 
Pour employer le Pe-tsai comme aliment, on en attache les 
feuilles par petites r-ottes ; on les fait blanchir et ensuite on les 
accommode au jus, comme des Laitues entières. — Les fruits du 
Physalis peruviana sont présentés en vue de montrer que cette 
plante, dont le fruit est bon à manger et peut, en outre, servir à 
faire des confitures, vient et fructifie bien sous le climat de Paris. 
— Quant à la poudre de fleurs du Mélilot bleu, elle est présentée 
comme fournissant le moyen de remplacer le Schabzieger, sorte 
de fromage fabriqué en Suisse, dans le canton de Claris, qui em- 
prunte à la même Légumineuse sa qaalitedistinciive.il faut mé- 
langer cette poudre au beurre frais pour lui donner l'arôme qui 
distingue le Scliabzieger. M. Véniat prie le Comité de Culture 
potagère de confier à Tun de ses Membres la mission de faire cet 
essai. 

3° Par M. Va vin, propriétaire à Neuilly (Seine), trois Pommes 
de terre présentées par lui hors concours et dont il. dit qu'elles se 
cultivent de la même manière. Bien qie toutes soient fort recom- 
mandables, celle qu'il regarde comme la meilleure est la variété 
Champion d'Ecojsequi est, dit-il, une masse de fécule et qai 
d'ailleurs est moins sujette que les autres à la maladie spéciale. 

i" Pàv M. Fiqaet (Eugène), jiriinier chez M. Raspail (Emile), 
à Arcueil (Seine), route de la Place, 15, deux pieds fleuris de 
Pnmevère de Chine h fleurs sem'-loubles, qu'il a obtenus de semis. 



52 PROCÈS-VERBAUX. 

L'une de ces plantes a la fleur rose glauque, pointée de blanc; l'au- 
tre a la sieiiue blanche teintée de rose. — Une prime de 2« classe est 
demandée pour M. Fiiiuet, par le Comité de Floriculture et accor- 
dée par la Compagnie. 

M. le Président de ce Comité dit que ces Primevères, Qulre 
qu'elles sont fort belles, sont très-raroifiées et ne s'emportent 
point. 

5° Par M. Pescheux, entrepreneur de serrurerie, rue de Gre- 
nelle, 32. ù Paris, un tuteur rayonnant destiné principalement 
aux Rosiers et aux autres arbustes, ainsi qu'un abri pour les 
semis qu'il nomme Paragraine. Ce tuteur se compose de plusieurs 
gros fils de fer fixé> au bout d'une lige commune également eu 
fer ou bien à une douille en ferdjnlon peut coiffer un tuteur quel- 
conque et rayonnant tout autour de leur point d'attacLe. Comme la 
flt;xibililé de ces fils de fer permet de leur donner difiérentes direc- 
tions et formes, les branches qu'on y attache donnent ainsi à vo- 
lonté à la cime de l'arbuste la forme générale d'une boule, d'un 
v.tse, d'une table, etc. Quant au paragraine, c'est un demi-cylindre 
exhaussé, en treillis de fil de fer, qu'on pose sur les lignes où Von 
a f.iit un semis et qui les préserve des déprédations dts oiseaux. L? 
prix en est de 3 francs le mètre courant. — Le Comité des Arts 
et Industries horticoles propose d'accorder à M. Pescheux une 
prime de 3<= classe pour son tuteur rajonnant et il recom- 
mande le paragraine. — Celie proposition est mise aux voix et 
adoptée. 

M. Je Président remet les primes aux personnes qui les ont 
obtenues. 

A la suite des présentations, M. Chevalier, aîné, de Montreuil- 
sous-Bois (Seine), met sous les yeux de la Compagnie diCFérents 
échantillons d'arbres au sujet desquels il fait une communication 
verbale. En 1877, dit-il, il avait un beau scion d'A-manùier qui 
mesurait environ deux mètres de hauteur ; il l'a garni d'une série 
de greffes de Pêcher qui, une fois développées, ont promptement 
constitué un arbre formé, 11 pense que celle manière de procéder 
peut être employée quand on se propose de combler rapidement 
un vide dans un espalier. Il estaussi d'avis qu'en divers autres cas, 
l'Amandier est un sujet avantageux pour les greffes de Pêchers. — 
Passant ensuite aux effets qu'ont produits les gelées rigoureuses de 



SÉANCE DU 22 JANVIER 1880. S3 

cet hiver, il montre des arbres dont la partie inférieure, qui se 
trouvait dans la neige, est restée verte, tandis qu'à partir de cette 
base tout le reste en est mort. Il rapproche ce fait d'une observa- 
tion faite par lui ^ans laquelle, la végétation d'un jeune arbre ré- 
cemment greffe étant très-vigoureuse dans le haut, il a fait au 
bas une entaille profonde. Au-dessous de cette entaille il est sorti 
deux bonnes branches. Il pense que, cette année, on pourra pro- 
céder de même pour regarnir les murs plus rapidement. — Il 
présente des rameaux de Pêchers qai se trouvent à l'exposition du 
couchant; on y voit beaucoup de noir, mais aussi un peu de vert 
qui laisse un peu d'espoir de les voir pousser, au printemps pro- 
chain. A cette exposition le mal est sensiblement moindre qu'à 
celle du Midi. — Il parle enfin de Pêchers qui sont appliqués 
contre des murs munis d'un chaperon vitré. Sous cet abri il n'est 
pas testé un bouton à fleurs et la charpente de l'arbre est elle- 
même perdue. En la coupant il a vu que le bois en est noir. Il a 
même trouvé au milieu de la masse de ce bois une gelivure qui a 
été produite par la rigoureuse gelée du mois de décembre 1871. — 
Enfin M. Chevalier montre à la Compagnie de jeunes Pêchers de 
trois ou quatre ans dont l'intérieur est noir et pour lesquels, dit- 
il, on ne peut compter que sur les parties qiii, s'étant trouvées au 
milieu de la neige, ont été garanties du froid le plus rigoureux. 

M. Lepère, fils, confirme ce que vient de dire M. Chevalier, que 
les Pêchers ont plus souSert à l'exposition du sud qu'à celle de 
l'ouest; il attribue cette différence à l'action du soleil qui frappe 
les arbres exposés au sud presque immédiatement après qu'ils 
ont subi l'action du froid. Il croit aussi que les abris en verre 
ont été nuisibles aux arbres qu'ils étaient destinés à protéger. En 
somme cependant, ayant parcouru hier même plusieurs jardins 
de Montreuil, il en a rapporté l'impression que le mal y est 
moins grand qu'on ne l'avait d'abord supposé. — Quant aux Poi- 
riers, il en a vu plusieurs parfaitement intacts sur le territoire 
de Vincennes. Il ajoute à leur sujet qu'il faut bien que ces arbres 
résistent à des gelées très-rigoureuses puisqu'il en a trouvé des 
pieds fort âgés jusque dans le nord de l'Allemagne. — M. Lepère, 
fils, déclare ne point partager l'opinion de M. Chevalier, aîné, 
quant aux avantages qu'offrirait l'Amandier en qualité de sujet 
pour recevoir la greffe du Pêcher, ou pour garnir prcmpteraent 



ti PROCÈS- VERBADX. 

les vides des espaliers. L'Amandier est notablement plus sen- 
sible au froid que le Pêcher, et cette antée, tous les Amandiers 
ont été tués. Il est d'avis que, lorsqu'il s'agit de garnir un vide, 
ce qu'il y a de mieux à faire c'est de recourir à une branche 
gourmande du Pêcher.— Le même Membre signale enfin co fait 
remarquable que certaines variétés de Pêchers qui étaient regar- 
dées comme rustiques, notamment la Reine des vergerg, ont été 
presque entièrement déttuites, cet hiver, tandis que d'antres, 
dans lesquelles on n'avait pas la même confiance, comme h 
Grosse-Mignonne hâtive, ont été beaucoup moins atteintes. 

M. Hardy insiste sur ce que vient de dire M. Lepère, fils, que, 
dans le nord de l'Allemagne, des Poiriers, qui semblaient forte- 
ment atteints par des gelées rigoureuses, repartent ensuite au 
printemps. Il voudrait pouvoir espérer que les nôtres se compor- 
teront de même ; mais il est évident que l'avenir peut seul pro- 
noncer à cet égard. 

M. Jamin rappelle que, après la gelée exceptionnelle de <87< 
qui, à la vérité, avait eu peu de durée, tous les bourgeons qui 
«valent gardé quelque apparence de vie, même sur du bois mort, 
se sont ouverts au printemps suivant; mais la condition efsen- 
tielle était que l'écorce fût restée verte. 

M. Aubrée dit que, à la date d'une quinzaine de jours, ses 
arbres fruitiers ne lui avaient point paru très-sérieusement 
frappés; mais, les ayant revus tout récemment, il a constaté 
qu'ils étaient en bien plus mauvais état qu'il ne l'avait cru d'abord. 
Il !es a sondés en y pratiquant des entailles, et il a ainsi reconnu 
que leurs racines sont seules restées vivantes. (1 devra dès lors 
rabattre, dans sa propriété, environ 200 Poiriers ; il n'y aura 
d'exception que pour ceux qui ont été plantés à la. date de deux 
ou trois ans. 

M. Arnould-Baltard donne ce triste renseignement que, eu 
Champagne, les gelées ayant élé plus fortes encore qu''à Paris et 
étant arrivées jusqu'à — 30», surtout dans les vallées et le long 
des cours d'eau, les Vignes paraissent avoir élé gelées. L'épaisse 
neige qui les aurait protégées ayant été fondue par le soleil, tout 
autour des ceps, il s'est produit autour de ceux-ci un espace vide 
par lequel le froid a pu les frapper librement. Les Vignes en co- 
teau sont celles qui ont le plus souffert par celte cause. Dans un 



SÉANCE DU 22 JANVIER 1880. 55 

bois, il a vu des Chênes qui se sont fendus de part en part; d'au- 
tres dont récorce est toute noire. Il est à remarquer que, au mi- 
lieu de ce désastre, quelques arbres exotiques ont été épargnés. 

Comme pièce de corrrspondance imprimée, M. le Secrétaire-gé- 
néral signale un ouvrage intitulé : Le Poirier^ sa culture et sa 
taille, avec la nomenclature l'es 100 meilleures espèces de Poires 
à cultiver dans la région du nord-ouest de la France; par M. J. 
Leveïque, professeur d'Arboriculture de la Société d Horticulture 
de Cheibouîg (in-lâ de ïii et 80 pages). Cherbourg; 1879. 

M. le Président apprend à la Compagnie que la Commission 
qui, sur la demande adressée par M. Curé, doit aller examiner la 
culture d'Asperges, à l'aide du thermosiphon, qui a été organisée 
par cet habile horticulteur, clans son établissement, rue Lecourbe, 
315, sera composée de MM. Arnould-Baltard, Cattereau, Noblet, 
Prillieux, Siroy et Vauvel. Elle se rendra chez M. Curé le mardi, 
5i7 janvier. 

* M. le Secrétaire-général dit que, dans sa séance de ce jour, le 
Comité de Cu'ture potagère a décidé que la médaille d'argent 
oôerte par M. Moynet comme devant être donnée pour les plus 
nombreux et les plus beaux apports de produits maraîchers faits 
dans le cours de cette anriée sera décernée à M. Fouillot, jardinier 
chtz M. Sueur, à Montreuil-sous-Bois, et que celle qui a été 
offerte par M. Vavin pour les plus beaux lots de Fenouil d'Italie, 
seia donnée à M. Henri Véniat, jardinier chez M. Feytux, à 
Crosnes (Seine-ei-Oise). MM. Moynet et Vavin désirent que les 
deux médailles dont ils font don soient remises aux dettinataires 
le plus tôt possible. 

M. le Président remercie, au nom de la Société centrale, 
M. Moynet et M. Vavin pour leur don généreux. 

Il est fait dépôt sur le bureau des documents suivants : 

i* Restauration et rajeunissement des arbres dépérissant de ma- 
ladies ou de vétu&té; vi^ite au jardin du Grand séminaire d'Autun ; 
par M. Michelin. 

A propos du rajeunissement des arbres, M. Aubrée dit 
que souvent les Poiriers ne paraissent malades ou mourants 
que parce que des insectes les fatiguent. En détruisant ces 
insectes, on rend la vigueur aux arbres. Ainsi lui-même avait, 



56 NOTES ET MÉMOIRES. 

dans son jardin, des Poiriers envahis par le Tigre, qu'il était sur 
le point d'arracher, tant leur état était grave. Il eut alors l'idée 
de les traiter à l'eau bouillante, et il répéta ce traitement Tannée 
suivanie. Les arbres ainsi délivrés de tout insecte sont devenus 
\is plus beaux de sa propriété. 

2" Note sur l'Horticulture en Angleterre; par M. Cu. Joly. 

3° Note sur le Méiilot bleu ; par ft». Paillieux. 

M. le Secrétaire- général annonce de nouvelles présentatioDs; 

Et la séance est levée à quatre heures. 



NOTES ET MÉMOIRES. 



Note sur les Serres du Jardin Botamque de Copenuague; 
Par M. Ch. Joi.y. 

Toutes les villes du monde civilisé élèvent à l'envi des palais 
aux sciences et aux arts. L'Horticulture aura peut-être un jour 
son tour, chez nous, lorsque la ville de Paris déplacera les serres 
de la Muette, ou lorsqu'on en construira de nouvelles au Jar-lin 
des Plantes. Kew montre avec orgueil sa splendide serre aux Pal- 
miers; Gand a le jardin d'hiver de M. de Keichove; Latken, la 
la magnifique serre du roi Léopold; Pétersbourg, les serres du 
jardin botanique. La ville de Copenhague a voulu aussi élever un 
palais à l'horticulture et faire construire des serres monumentales 
dans le nouveau jardin botanique de l'Université. La ligure \ donne 
l'ensemble et la disposition générale des jardins : denière les senes 
et en avant des murs d'espaliers se trouvent le jarJin d'essai, les 
châssis de couches et l'aquarium, à gauche les carrés destinés aux 
plantes médicinales, annuelles, etc., el le musée; enfin, à droite, 
en bas, l'observatoire astronomique. 

La figure 2 représente, en élévation, les serres principales: ces 
figures sont réduites et tirées de la « Description officielle publiée 
à Copenhague, à l'occasion du 4® centenaire de l'Univeraiié, en juin 
dernier, par MM. J.-C. Jaccbsen et Tyge Rothe. » 



fcUR LES SERRES DD JABDLN BOTANIQUE DE COPEiNHAGUE. o7 




58 



NOTES ET MÉMOIRES. 





'K. 



5UR LES SERRES DU JARDIN BOTANIQUE DE COPEN'nAGUE. o9 

La CDiitenance des jardins fstcie 9 hect. 76 : ils ont été disposés 
sur les anciennes fortifications qui offraient des surfaces très irré- 
gulières, propres aux différentes plantations que demande un 
jardin d'études. Lorsque la configuration du sol, au lieu d'être 
horizontale, B'^t accidentée, outre qu'elle a un aspect général plus 
pittoresque, elle permet de disposer des emplacements ouverts ou 
abrités, secs ou humides, et de satisfaire aux conditions de cul- 
ture et d'exposition les plus diverses. Le nouveau jardin botanique 
àf Gères offre en ce genre une disposition des plus remarquables 
où, sur un espace relativement restreint, on peut voir dans des 
sols et des expositions les plus opposés, des plantes de latitudes 
très différentes. 

A Copenhague, les allées des jardins sont larges et bien disposées; 
l'eau y est partout à profusion; les visiteurs sérieux y abondent 
ainsi qu'à Rtw ; à Kew, qui étant situé à plusieurs milles de 
Londres, a compté en 1878, jusqu'à o7 121 visiteurs en un jour 1 

Les serres qui soct l'objet de celte note ont un intérêt spécial 
en raison des précautions paiticulières qu'exige le climat du 
Danemark. On les a établies sur un plateau protégé au nord par 
des constructions et des plantations appropriées. Leur superficie 
est de 2 400 mètres carrés : elles sont divisées en deux rangées 
parallèles, placées à un niveau différent, comme l'indique la fig. 2. 
Cette disposition procure un excellent abri aux serres basses, faci- 
lite le travail et la surveillance, permet de chauffer l'ensemble avec 
les mêmes foyers; enfin, la terrasse qui les sépare sert d'abris et 
de magasins indispensables pour un grand établissement. 

Dans la serre monumentale de Ktw, comme dans les autres 
constructions analogues, les toitures sont curvilignes et ont par 
conséquent une forme plus gracieuse : mais celte forme rend fort 
difficile et fort coûteux l'établissement et l'entretien des doubles 
vitrages si nécessaires dans le Nord. Pour obtenir une forme moins 
raide, on a élevé, au milieu et aux deux extrémités, des construc- 
tions circulaires dont les toi' s sont divisés en triangles. Les grandes 
serres, placées à l'étage supérieur, ont une longueur de 94- mètres 
sur une hauteur de 19 mètres. L'étage inférieur, consacré aux 
petites plantes, se compose de deux serres séparées par un esca- 
lier monumental qui relie l'ensemble des constructians ; elles 



60 HOTES ET MÉMOIRES. 

ont chacune 30 mètres de long sur 4 mètres 40 de haut. Pour la 
facilité du travail, les deux étages communiquent en outre par 
des escaliers intérieurs. 

Comme dans la serre de M. le comte de Kerchove, à Gand, ou 
ri*a employé la fonte et le fer que pour les colonnes et les montants 
principaux : les barres métalliques nécessaires pour les châssis ont 
été renfermées dans des gaines en bois, pour les soustraire au 
contact de l'air et éviter la buée. Toutes les serres ont un double 
vitrage et pour empêcher les accidents provenant de l'accumula- 
tion des neiges en hiver, on a pris une mesure des plus intelli- 
gentes : En premier lieu , le bord des toits est muni d'une ornemeu- 
lation en fonte qui empêche le glissement des neiges des coupoles 
sur les parties inférieures et pai conse'quent le bris des verres; S" on 
a fait passer des tuyaux de vapeur dans la partie inférieure de la 
double capacité vitrée, d'abord pour empêcher le refroidissement 
des châssis intérieurs et la formation de la buée, puis, pour fondre 
les neiges au fur et à mesure qu'elles tombent sur les verres exté- 
rieurs. Le surcroît de dépense du chaufifage est bien inférieur aux 
frais qu'occasionnerait l'enlèvement des neiges à main d'homme 
par des galeries extérieures. 

Les souterrains des serres principales renferment les chaudières, 
les magasins à charî^on, les plantes d'orangerie, les outils, etc. 
Le mode de chauffage adopté est la vapeur : on sait que ce mode 
a été usité chez nous avant le chauffage à l'eau et que nous Tavons 
proscrit parce qu'il exige la présence continue d'un bomme 
spécial et expérimenté : il demande des soins particuliers d'instal- 
l lion, pour éviter les inconvénients de la condtnsa'jon dans les 
appareils; il donne un air trop chaud pour les plantes placées 
dans le voisinage des tuyaux ; enfin, à moins de dispositions 
particulières qu'où ne peut prendre que dans les grands établisse- 
ments, il n'offre pas la sécurité, la régularité ni la durée du chauf- 
fage à l'eau. On connaît, par contre, ses avantages principaux, 
qui sont d'employer des tuyaux moins gros, parce qu'ils sont à 
une température plus élevée; puis, la vapeur, sous pression, peut 
plus facilement porter la chaleur au loin ; enfin, en cas de besoin, 
on peut plus rapidement élever la température des appareils de 
circulation. 



SUR LES SERRES DU JARDIN BOTANIQUE DE COPENHAGUE. 6{ 

On a employé environ 1 200 mètres de tuyaux de Om 1 ; 400 mè- 
tres de tuyaux de û^ 05, enfin 30C mètres de tuyaux de Om 04 de 
diamètre. 

La ventilation générale de la grande serre en hiver et l'égalité 
delà température en haut et en bas, dans les grandes rotondes,- 
est obtenue par l'appel en contre-bas vers des orifices ouverts 
dans le sol et des canaux chauffés au contact des tuyaux de 
fumée des chaudières. De là, Tair se rend dans la double enve- 
loppe qui entoure le tuyau d6 fumée placé dans la cheminée 
principale : cette dernière remplit ainsi une double fonction. 
Quant à l'air neuf, il arrive par le dessous des terrasses et passe 
dans des capacités ménagées au-dessus des chaudières, puis sous 
les tuyaux de vapeur dans la serre : voilà pour la ventilation 
d'hiver. En été, on Tobtient naturellement par l'ouverture des 
lanternes des dômes, puis par de larges orifices ménagés dans les 
murs des soubassements extérieurs. 

J'arrive à la question capitale dans des constructions sembla- 
bles, celle de la dépense. D'après les comptes officiels que m'a 
obligeamment fournis M. Tjge Rothe, voici les chlfl^res : 

Le terrain actuel a été obtenu par voie d'échange : les installa- 
tions ont coûté : 

Serres, bâches et couches 509 7i8fr. 48 

Maison d'habitation 99 823 03 

Clôtures et espaliers 3i 563 25 

Terrassements, eaux, égouts 215 5io 96 

Plantations et divers . 45 457 28 

Musée, bibliothèque et herbier 165 000 » 

1 070 078 fr. » 



On voit que la dépense est relativement très modérée et que le 
nouveau jardin botanique, mis à la hauteur de la science mo- 
derne, fait honneur à la fois au gouvernement qui en a voté les 
fonris et aux hommes distingués qui ont fait les plans et suiveillé 
l'exécution de ces importants travaux. 



62 RKVUE BIBLIOGRAPHIQUE ÉTBANGÈRE. 

REVUE BIBLIOGRAPHÎQUE ÉTRANGÈllE. 

Gardeners' Chronicle. 

Quaqua Bottentotorum N.-E. Br., Gard. Chron.., 5 juillet 1879, 
• p. 8, fig. 1. — Quaqua des Holtentots. — Afrique australe. — 

(Asclépiadées) . 

En ciéant un genre nouveau pour cette plante grasse de la 
tribu «les Stapélii'es, M. N.-E. Browa lui conserve comme nom 
générique ia déQoniiuation vulgaire sous laquelle elle est désignée 
dans son pays natal. Il nous appren 1 que le type de ce nouveau 
genre a été envoyé au Jardin botanique de Kew par sir Henry 
Bark'y et que la figure qu'il en donne a été dessinée d'après une 
bouture enracinée qui a flriuri pour la première lois en septembre 
4875. Le (Juaqua des Hottenlots ressemble beaucoup, pour le 
port et pour l'aspect général, au Boncerosia incamata, dans des 
proportions plus faibles. C'est une plante grasse, à lige dressée, 
ne paraissant pas dépasser 0™ \ 0-Om 20 au plus de bauteur, glabre, 
d'un vert grisâtre ou rougeâîre, relevée de quatre angles longitu- 
dinaux émousoés, mais qui forment chacun une série de grandes 
dents droites et piquantes. Ses fleurs sont très-petites et insigni- 
fiantes, pourvues d'un calyce court, à sépales triangulaires; d'une 
corolle monopétale, campanulée, à 5 lobes lancéolés et étalés, 
qui n'a pas nième un centimètre de largeur. — Celte plante n'aui-a 
guère, au point de vue horticole, d'autre mérite que d'ajouter une 
espèce aux collections de plantes grasses. 

fSlanhopea Iteiehenbachiaii.i RoEZX.— Gard. Chron., 12 juili.^879, 
p. iO. — Staahoi-ée de Reichenbach. — Amérique centrale. — 

(Orchidées). 

Cette belle Orchidée a été signalée par M. Roezl à M. Reichen- 
bach, en 1874; mais c'est seulement à unedate récente que l'origine 
en a été connue, grâce à M. F. Charles Lebmann, qai s'est rap- 
pelé l'avoir rencontrée sur la Cordillère, à trois ou quatre ctnts 
mètres d'altitude. Ses fleurs viennent par deux sur le même pé- 
doncule; elles sont d'un blanc délicat, qui passa au jaune d'ocie 
sur les sépales et les pétales; !a colonne est d'un vert foncé et la 
base du labelle est rosée. Ses pseudobulbas et ses f-;uilles ressem- 
blent à ceux du Stanhopea connata Klotzscq. 



PLANTES NOUVELLES OU RARES. 63 

Passiflora chelidonea Mast., Gard. Chron., 'I2jaill. 1879, p. 40, 
fig. 5. — Passiflore Hirondelle. — Ecuador sur le montCoraziQ. — 
(Passifloracées). 

Cette Passiflore est curieuse par la forme de ses feuilles ovales, 
à base arrondie, qui se termioent supérieurement par trois lobes, 
un médian très-petit entre deux latéraux beaucoup plus grands 
et triangulaires ; c'est de là qa'a été tiré son nom spécifique, parce 
q'ie M. Masters a comparé cette conformation particulière avec 
une Hirondelle dont les grandes ailes dépassent la tête. G'^s feuil- 
les sont un peu coriaces, d'un vert lustré eu dessus, un peu ve- 
loutées et colorées en violet pâle en dessous. Qaant aux fleurs, 
elles sont peu brillantes et n'offrent guère qu'un intérêt botani- 
que ; leur couleur est verd Être, et elles mesurent environ quatre 
centimètres de diamètre. 

Heterostalis Ilueg^eliana ScHOTT. — Gard. Chron., 19 juill. 18*9, 
p. 70. — Héléroslalide de Huçgel. — Himalaya. — (Âroïlées). 

Cette Aroïlée a le port et jusqu'à un ceriain point l'aspect d'un 
Arum, genre dont est voisin celui auquel elle appartient. Envoyée 
au Jardin botanique de Kew par le docteur Duthie, directeur du 
jardin des Plantes de Saharunpore, elle y a fleuri récemment. 
Elle a un petit tubercule souterrain arrondi, qii émet une ou deux 
feuilles; celles-ci ont un pétiole arrondi, long de Om 10-Om rJO, et 
un limbe très-variable de configuration, en fer de flèche, ou en 
fer de hallebarde, ou à 5 lobes. Sahampe courte et peu épaisse se 
termine par une spaths longue de Om lO-O"^ 175, qui forme dans 
le bas un tube un peu resserré à son extrémité, et se dilate plus 
hiut en un limbe oblong-lancéolé, acuminé, deux fois et demie 
plus long que le tube. Cette spathe est en dehors d'un vert foncé 
sur le tube et sur le dos du limbe; ses bords sont largement colo- 
rés en pourpre-brun foncé. La face interne de son limbe fst d'un 
beau pourpre-brun velouté, sur lequel 5.6 d^achent, à sa base et à 
son sommet, quelques larges bandes longitudinales vertes, p'us 
ou moins réticulées de pourpre-brun. Le spadice enfermé dans 
cette spathe est plus court qu'elle et offre des ovaires pourpres sur- 
montés de stigmates blancs, qu'un intervalle long de 2-3 centi- 
mètres, où se trouvent des fleurs avor.tées, sépare de l'ensemble 



64 REVUE BIBLIOGRAPHIQUE ÉTRANGÈRE. 

des fleurs raâ'es. G'3tte inflorescence exhale une mauvaise oJeur 
très-forte, comme celle de diverses autres Aroïdées. 

Arisseraa g^aleatam N.-E, Br , Gm'd. Chron , 26 juill. IS'O, p. 102. 
— Arisème à casque. — Sikkitn Himalaya. — (Aroïjée-). 

AroïJée dont le port et la feuille rappelleiit VAiHsxma speciosian, 
mais qui se distingue nettement de toutes ses congénères in'Jien- 
nes par sa curieuse spalhe capuchonnée en forme de casque, 
avec un lobe terminal pendaht et plissé. Elle a une seule fe':ilie 
à trois folioles elliptiques, avec le sommet brusquement et briève- 
ment cuspidé-acumiué, et la base aiguë, munies chacune d'un 
pétiolule, longues d'environ 0" 5, larges de OmOO-Omlo, les 
deux latérales un peu plus grandes que la médiane, toutes les 
trois portres sur un pétiole commun arrondi, qui mesure 
environ 0™ 30 de longueur ; cet e feuille est d'un beau vert, 
bordée de rouge-pourpre, avec la côte médiane blanchâtre. 
La hampe haute seulement de O"" 08-0"" 10, arrondie, porte une 
spathe longue de G™ 10, dont le tube cylindrique occupe la moitif^ 
de cette longueur, et qui est colorée extérieurement en vert clair, 
teiniée de rouge dans le bas, avec nombre de lignes longitudinales 
blanches, tandis qu'intérieurement elle a le tube pourpre et le 
limbe vert, marqué dj lignes longitudinales blanches. Les deux 
Aroïdées dont il vient d'être question sont des plantes de serre. 

L.»elia Philbrickiana (hybr.). — Gard. Chion., 26 juill. 1879, 
p. 102. — Laelia de Philbrick. —(Orchidées). 

Cette magnifique plante est un hybride qui a é!é obtenu en fé- 
condant le Cattleya Aclandiœ avec le pollen du Lxlia elogmis. 
Les fleurs en sout d'une rare beauté et d'une ampleur égale à celle 
d'anLœliaelegans soumis à une excellente culture. Leurs sépales 
et pétales sont brun-marron clair, avec des macules rouge-pour- 
pre ; le labelle a son lobe médian transversal, presque en cœur et 
échancré, coloré en très-beau pourpre foncé, marqué sur le mi- 
lieu de sa base d'un petit triangle blanc prolongé en ligne; ses 
lobes latéraux sont blanchâtres, bordés de pourpre clair. C'est 
cluz MM. Veitch que ce bel hybride a été obtenu. Il est dédié à 
M. Philbrick, amateur d'Orchidées. 



fe Secrètaire-Rèdacteur-Gérant : impr. de E. DONNaud, rueCassette, i , 

P. DUCHARTRE. 



MINISTÈRE DE L'AGRICULTURE ET DU COMMERCE 



SOCIÉTÉ CENTRALE D'HORTICULTURE 
DE FRANCE 

EXPOSITION 

DES 

PRODUITS DE L'HORTICULTURE 

ET 

DES OBJETS D'ART ET D'INDUSTRIE 

EMPLOYÉS POUR LE JARDINAGE OU SERVANT 

A LA DÉCORATION DES PARCS ET JARDINS 
DU 5 AIJ 8 JLTl.V ±HHO 



CES EXPOSITIONS AURONT LIEU 

DAi\S Li NEF DU PALilS DE L'ii\DUSTRlE AUX CBAMPS-ÊLYSÉES 

A PARIS 

en même lemps que l'Exposition des Beaux-Arts. 



RÈGLEMENT 

§ 1 . Objet et durée de T Exposition. 

Art. 1''^ — L'Exposition ouverte par la Société est destinoi 
à recevoir tout ce qui se rattache directement à l'art des jar- 
dins, produits et instruments. 

Tous les horticulteurs, jardiniers, amateurs, industriels, fa- 
bricants, etc., sont invités à prendre part à l'Expositioa et à 

Série 3. T. II. Cahier de février 1880 publié le 31 mars 1880. 3 



66 PROGRAMME 

concourir pour les récompenses qui seront décernées à celte 
occasion. 

Art. 2. — L'Exposition principale des produits de l'horticul- 
ture est limitée à 4 jours, du 5 au 8 juin 1880 inclusivement {i). 
Pourront y figurer toutes les plantes utiles ou d'agrément, 
de serre ou de plein air, à quelque division horticole qu'elles 
appartiennent. 

]° Les Plantes nouvellement introduites, comprenant: 
1 ° Légumières ; 

2° Plantes fleurissantes 6u non, desen^e ou de plein air. 
2° Les Plantes obtenues de semis : 
1° Légumières ; 



(1) AVIS IMPORTANT. — La Société centrale d'Horticulture de 
France ayant, sur la demande de radministration minisiérielie, 
accepté l'obligation de garnir de plantes diverses le jardin du Palais 
de l'Industrie, pendant toute la période de l'Exposition des Beaux- 
Arts, c'est-à-dire du 1" mai au 20 juin, 1880, recevra volontiers des 
horticulteurs et des amateurs, pendant la durée de ce temps, tous 
les végétaux fleurissants ou à feuillage persistant de plein air ou de 
serre, pouvant contribuer à la décoration de ce jardin, tels que: 
Rhododendrons, Aucubas, Houx, Conifères, Fougères arborescentes, 
Cycadées, Palmiers, etc., et, parmi les plantes herbacées, celles que 
la saison permettra de montrer en bon état. La déclaration d'envoi 
devra être faite quelques jours à l'avance; on y joindra l'indication 
du nombre de jours que les plantes pourront rester au Palais. — Ces 
apports ne donneront droit à aucune récompense; mais des pancartes 
placées au centre des lots porteront à la connaissance du public le 
nom des présentateurs qui auront ainsi contribué d'une manière gra- 
tuite à la décoration du jardin. 

Toutefois, selon le désir des exposants, les plantes de haut orne- 
ment devant rester dans le Palais pendant teute la durée de l'Exposi- 
tion deîBeanx-Arts^ets'y trouvant par conséquent le 5 juin, au moment 
du passage du Jury, seront examinées par lui et pourront valoir des 
récompenses, même de premier ordre, si elles en sont jugées dignes. 

Les personnes qui se proposeraient d'exposer des plantes dans ces con- 
ditions sont priées d'en prévenir la Commission des Expositions avant le 
A 5 avril et d'expédier leurs produits au Palais de l'Industrie au plus 
tard le 29 avril. 

La Commission d'organisation pourra autoriser le remplacement 
des plantes dont elle jugerait l'enlèvement opportun. 



DE l'exposition PaOCHAINE. 67 

2» Fruitières. 
3° D'agrément. 

3° Les Plantes remarquables par leur belle culture, fleu- 
ries ou NON. 
4° Les légumes variés de la saison et les légumes forcés. 
5° Les fruits forcés ou conservés. 
6° Les Plantes d'agrément de serre chaude. 
7° Les Plantes d'agrément de serre tempérée et d'orangerie. 
8o Les Plantes d'agrément de plein air : 

\° Arbustes ou arbrisseaux fleurissants; 

â° Arbustes ou arbrisseaux à feuillage persistant. 

9° Les Plantes d'agrément herbacées, annuelles ou vivaces. 
\ 0° Enfin les bouquets et garnitures de fleurs. 

Art. 3. — Seront admis tous les instruments et appareils 
employés en jardinage, ou utilisés pour son enseignement: 

X" Outils, instruments à main, appareils mécaniques, etc.; 

20 Les abris: serres, bâches, châssis, toiles, claies, etc., pour 
protéger les plantes ; 

Appareils de chauffage pour les serres ; 
Vases en bois et poteries, etc. ; 

3° Pompes et appareils à'zxrQ?>Qm&!ii portatif s seulement; 
40 Meubles de jardin : 

Objets d'ornementation pour les jardins: kiosques, fon- 
taines, etc. ; 

50 Objets ayant pour but l'instruction horticole: 

Livres traitant particulièrement de sujets horticoles , dessins, 
peintures à l'aquarelle, gravures représentant des plantes 



68 PROGRAMME 

d'ornement ou économiques, ayant été faits spécialement pour 
des publications horticoles; 
60 Plans deldiràms exécutés, de constructions rustiques, etc. (1). 

§ 2. Réception, ins' allation et enlèvement des plantes, produits 
et instruments horticoles. 

r 

Art. 4. — Les horticulteurs ou amateurs qui voudront prendre 
part à l'Exposition des produits de THoiticulture devront adres- 
ser, jusqu'au 31 mai 1880 inclusivement, à M. le Président de 
la Société, rue de Grenelle-Saint-Germain, Si, une demande 
d'admission accompagnée de la liste des objets qu'ils désirent 
présenter, ainsi que l'indication de l'espace superOciel qu'ils 
peuvent occuper. 

Art. 5. — Les plantes, fruits et légumes qui doivent être 
présentés à cette Exposition, seront reçus les 3 et 4 juin,»de 
8 heures du matin à 2 heures de l'après-midi. 

Les fleurs coupées seront seules reçues le 5 juin, avant 8 
heures du matin. 

Art. 6. — Les végétaux ne seront admis à l'Exposition que 
s'ils sont lisiblement et correctement étiquetés. 

Art. 7. — Le 5 juin, au matin, M\L les Exposants sont tenus 
de se trouver à l'Exposition avant le passage du Jury, pour 
terminer l'arrangement de leurs lots, s'il n'avait pu être fait 
la veille. 

Il est interdit aux Exposants de placer des pancartes indi- 
quant leurs noms et adresses avant que la décision du Jury leur 
ait été communiquée par le Secrétariat de la Société. Tout con- 
trevenant serait, par ce fait, déclaré hors concours. 

Art. 8. — Les produits de l'Industrie, spécialement appliqués 
à l'Horticulture et admis par la Commission, seront reçus de 

(1) Des récompenses pourront être altribuées pour tes livres, des- 
sins, peintures à l'aquarelle, gravures, etc. Il en sera de même pour les. 
outils, appareils, etc., relatifs à l'industrie horticole. Toutefois les 
livres, engrais et insecticides ne pourront être récompensés que s'ils 
ont été préalablement Tobjet d'un Rapport spécial. 



DE l'lXPOSITION PROCHAINE. 69 

8 à 1 1 heures du matin; ceux dont rinstallation exige un 
temps plus long pourront être apportés dès le 1^' juin. 

Leur arrangement définitif devra être terminé la ^veille du 
jour de l'ouverture de l'Exposition. 

Art. 9. — L'enlèvement des produits exposés ne pourra se 
faire que sous la surveillance de la Commission d'Exposition, 
les 9 et 10 juin; pour les plantes, de 7 heures à 10 heures du 
matin; pour les objets d'art et d'industrie horticole, de 6 heures 
du matin à 4 heures du soir. 

§ 3. Commission d'organisation et de surveillance de V Exposition. 

Art. 40. — Une commission d'organisation, nommée par le 
Conseil d'Administration de la Société et constituée en Jury 
d'admission, est chargée d'examiner préalablement tous les 
produits présentés. 

Cette Commission a le droit de refuser tous les objets qui ne 
lui paraîtraient pas dignes de figurer à l'Exposition. 

Elle fixera, en les modifiant, s'il est nécessaire, les dimen- 
sions de l'espace demandé. 

Les Exposants seront tenus de se conformer à toutes les me- 
sures d'ordre ou de disposition qui leur seront indiquées par la 
Commission d'organisation. 

Art. 11 . — Le Secrétariat de la Société, assisté d'un nombre 
suffisant de Commissaires nommés par le Conseil, sera chargé 
de la surveillance de TExposition. 

Art. 12. — La Société donnera tous ses soins aux objets expo- 
sés ; mais elle ne répond d'aucune perte ni d'aucun dégât ne 
provenant pas de son fait. 

Les Exposants seront personnellement responsables des acci- 
dents qui pourraient arriver, par leur cause, dans le local de 
l'Exposition. 

§ 4. Jury. 

Art. 43. — Le Jury sera composé d'horticulteurs et d'ama- 
teurs. Le nombre des Jurés est fixé à 18, dont o pour l'Industrie 



70 FKOtiRAMME 

horticole. Ils sont désignés par le Conseil d'Administration, con- 
formément à l'article 58 du Règlement. 

Art. U. — L'acceptation des fonctions de Juré prive, sans 
exception, du droit de concourir, mais non du droit d'exposer. 

Art. \h. — Le Jury sera dirigé par le Président ou par l'un 
des Vice-Présidents de la Société. ' 

Art. 46. — Pour l'Exposition des produits de rHorticulture, 
les Membres du Jury se réuniront, le 5 juin, à 8 heures du 
matin, dans le local qui leur sera désigné par la lettre de con- 
vocation, au Palais de l'Industrie; mais ils ne devront pas péné- 
trer, sous quelque prétexte que ce soit, dans l'enceinte de 
l'Exposition (1) avant le moment où ils entreront en fonction, 
introduits par le Président, le Secrétaire-général de la Société 
et les Membres de la Commission désignés à cet effet. 

Les Jurés pour l'Industrie horticole se réuniront le môme 
jour et à la même heure. 

Art. 17. — Le Secrétaire-général de la Société remplira, 
près du Jury, les fonctions de Secrétaire; il sera assisté des 
Secrétaires de la Société et de deux Membres de la Commission 
d'Exposition qui seront seul "'shargés de donner les renseigne- 
ments dont le Jury pourrait avoir besoin. 

Art. 18. — Après le jugement rendu par le Jury, il sera 
placé au centre de chaque lot une pancarte individuelle in di- 
quant le nom et l'adresse de l'Exposant ainsi que la récompense 
obtenue. 

§ b. Des Récompenses. 

Art. 19. — Les récompenses consisteront en médailles d'or, 
de vermeil, d'argent et de bronze ; l'attribution en sera laissée 

(1) La Commission d'Exposition est composée de MM. Teston, Pré- 
sident, Lavialle, Secrétaire, Appert, Arnould-Baltard, D'. Bâillon, Borel 
Cotlereau, Courcier, Delamarre, Drouet, Dur and aîné, Lefebvre (E.), 
Quénat, Siroy, Membres, à qui sont adjoints MM. Duvivier, Secrétaire- 
général, B, Verlot, Secrétaire- général-adjoint, Moras, Trésorier, Lccocq- 
Duraesnil,Trésoriei -adjoint, Duchartre (P.), Secrétaire-rédacteur, Dutron, 
Architecte de la Société. 



DE l'exposition PROCHAINE. 71 

à la complète disposition du Jury qui, dans chaque catégorie de 
produits, pourra donner tel ordre de médailles qu'il jugera 
nécessaire. 

Art. 20. — Ces récompenses se composeront : 
1o D'un objet d'art provenant de la manufacture de Sèvres, 
donné par M. le Ministre de l'Instruction publique ; 
2o De grandes médailles d'honneur en or, et spécialement : 

D'une grande médaille d'honneur en or donnée par M. le 
Ministre de l'Agriculture et du Commerce; 

D'une grande médaille d'honneur eo or donnée parM.le Préfet 
de la Seine, au nom du département de la Seine ; 

D'une grande médaille d'honneur en or donnée au nom de la 
ville de Paris ; 

D'une grande médaille d'honneur en or des Dames Patron- 
nasses de la Société ; 

D'une grande médaille d'honneur en or fondée par le Conseil 
d'Administration en mémoire de iM. le Maréchal Vaillant, 
ancien Président de la Société centrale d'Horticulture de France ; 

D'une médaille d'argent grand module donnée au nom 
de M""* Lusson, Dame Patronnesse, pour une Rose, ou un lot de 
Réséda. 

D'une médaille d'argent grand module donnée au nom de 
M. A. Pellier, pour des Pentstemon réunis en collection. 

30 De médailles d'or de la Société ; 

4o — de vermeil de la Société; 

50 — d'argent grand module de la Société ; 

6» — d'argent de la Société ; 

70 — de bronze de la Société. 

Art. 21. — Les médailles d'honneur remplaceront toutes 
celles qui auraient été obtenues par le même exposant. 

Art. 2?. — Tout exposant, qui refuserait la récompense que 
le Jury lui aurait accordée serait privé du droit de participer à 
l'Exposition suivante. 



72 PROGRAMME DE l'EXPOSITION PROCHAINE. 

Enfin, à l'occasion de cette Exposition, la Société décernera 
les récompenses qu'elle est dans l'habitude d'attribuer, chaque 
année, aux personnes qui s'en sont rendues dignes et qui ont 
obtenu des Rapports favorables émanant d'une Commission 
spéciale : aux jardiniers pour leurs longs services dans la 
môme maison: aux auteurs d'ouvrages spéciaux sur l'Horticul- 
ture, aux inventeurs d'instruments ou d'appareils nouveaux ; 
aux propagateurs de nouvelles méthodes, enfin à toutes les 
personnes qui ont contribué au perfectionnement de l'Art des 
jardins. 



Adopté en séance du Conseil, 
le 26 février 1880. 



Le Président de la Société, 
A. Lavallée. 



Le Secréiaire-général^ 

DCVIVIER. 



PROCÈS-VERBAUX. — EÉANCE DU i'i FÉVRIER 1880. 73 

CONCOURS OUVERTS DEVANT LA. SOCIÉTÉ, EN 1880. 

Concours peirmanents. 

Médaille PeUier pour les Pentstemon. 

Prix Laisné pour récompenser l'aptuude au travail 

et la moralité des garçons jardiniers. 

(V. le Journal, 3« série, I, 1880, 

p. 691.) 

Concours annuels. 

Médaille Moynet pour les apports les plus remarqua- 
bles, faits pendant l'année, au 
Comité de Culture potagère. 

Médaille du Conseil d'Administration, pour l'introduction eu l'obtention de 

plantes ornementales méritantes. 
(V. le Journal, 2* série, XI, 1 877^ 
p. 145.) 



=-*« 



PROCÈS-VERBAUX 



SÉANCE DU 12 FÉVRIER 1880. 

Présidence de M. Alph. liavallée, PRÉsmENx de la Société. 

La séance est ouverte à deux heures. On y compte 167 Mem- 
bres titulaires et 5 Membres honoraires. 

Le procès-verbal de la dernière séance est lu et adopté. 

A l'occasion du procès-verbal, M. Chevalier, aîné, de Montreuil- 
sous-Bois (Seine), dit qu'il ne peut partager l'opinion qui a été 
exprimée, dans la dernière séance, par M. Lepère, fils, au sujet 
de l'influence que des chaperons vitrés doivent exercer sur les 
espaliers. M. Lepère, fils, a dit que ces arbris étaient nuisibles; 
lui les regarde, au contraire, comme utiles en diverses cir- 
constances. Il leur attribue notamment une action très avanta- 
geuse pendant les fortes chaleurs de rété, comme empêchant, par 
exemple, que les Pèches ne soient brûlées sur les arbres. Il ne 
peut non plus souscrire à ce que le même arboriculteur a dit 

La Commission de Rédaction déclare. laisser aux auteurs des articles publiés 
<lans le Journal la responsabilité des opinions qu'ils y expriment. 

^Avis de la Commission de Réd;;ction.) 



74 PROCÈS-VERBADX; 

contre l'Amandier employé comme sujet devant recevoir la greflFe 
du Pêcher; entre autres mérites, dit-il, l'Amandier a celui d'être 
peu sujet à la gomme, et on ne peut en dire autant du Pêcher. 

M. le Président proclame, après un vote de la Compagnie, 
l'admission de cinq nouveaux Membres titulaires qui ont éié pré- 
sentés dans la dernière séance et contre qui aucune opposition 
n'a été formulée. Il annonce que le Conseil d'Administration, 
dans sa séance de ce jour, a prononcé l'admission sur la liste des 
Membres honoraires de MM. Coulombier, pépiniériste, rue Audi- 
geois, 1 4, à Vitry (Seine), et Lardy, jardinier, rue de Gliaronne, 
476, à Paris, qui font partie de la Société depuis vingt-cinq 
années révolues, et qui ont demandé par écrit de passer à 
l'honorariat, conformément à l'article 4 du Règlement. 

Il apprend à la Compagnie qu'il doit y avoir, à trois heures, 
une réunion de la Commission d'Exposition à laquelle ont été 
convoqués de nombreux horticulteurs. Après un hiver aussi 
désastreux pour les cultures en général que celui que nous traver- 
sons, il importait de prendre l'avis des horticulteurs avant de 
décider s'il y aurait ou n'y aurait pas, cette année, une Exposition 
générale. C'est afin de pouvoir connaître cet avis qu'aura lieu l» 
réunion annoncée par M. le Président. 

M. le Secrétaire-général informe la Société de pertes malheu- 
reusement nombreuses et toutes douloureuses qu'elle vient 
d'éprouver par le décès de MM. de Bouis, Dambricourt (Louis), 
Fournier (Charles- Antoine), Joly (J.-E.-Auguste), Moulard 
(Eugène) et Pincebourde. 

Les objets suivants ont été déposés sur le bureau : 

l» Par MM. Baltet, frères, horticulteurs-pépiniéristes, à Troyes 
(Aube), 26 variétés de Pommes de saison, qu'ils envoient comme 
pouvant servir de sujets pour les éludes du Comité d'Arboriculture. 
— M. le Secrétaire de ce Comité dit que ces fruits, dont l'envoi 
fait suite à plusieurs autres qu'on doit déjà à MM. Baltet, frères, 
seront conservés pour être examinés à mesure qu'arrivera le 
moment favorable pour chacun d'eux. Reconnaissant envers nos 
honorables collègues de Troyes pour les envois successifs de fruits 
qu'ils ont bien voulu lui faire, en vue de ses études, le Comité 
d'Arboriculture se propose de faire un peu plus tard une proposi- 



SEAKCE DU 12 FÉVBIER 18S0. 75 

lion générale en rapport avec l'importaDce de la collection de 
fruits qu'ils lui ont ainsi mise sous les yeux. 

2° Par MM. Couturier et Robert, horticulteurs, rue des Calèches, 
à Chatou (Seine-et-Oise), un pied fleuri d'un ^é^onm qui, écri- 
vent-ils, s'est trouvé parmi les produits d'un semis de Bégonias tu- 
béreux fait au printemps de l'année 1879. Cette plante fleurit abon- 
damment et ses fleurs, colorées en rose tendre, sont portées sur de 
longs pédoncules qui se tiennent bien droits. — Le Comité de 
Floriculture propose d'accorder une prime de 2* classe à MM. Cou- 
turier et Robert pour la présentation de cette belle plante. — M. le 
Président de ce Comité fait observer qu'elle a le mérite d'être 
naine, tandis que les Bégonias qui fleurissent en ce moment ont 
en général le défaut d'être trop hauts. Il ajoute que le Comité n'a 
pas pensé que ce pût être là le produit de graines de Bégonias 
tubéreux ; il a été d'avis que la plante devait plutôt sortir du B. 
lucida ou de quelque espèce analogue. 

3° Par M. Millet, horticulteur à Bourg-la-Reine (Seine), une 
collection de Violettes à fleurs simples, dont deux nouvelles, pré- 
sentées en pots, et les autres déjà connues, présentées en bouquets 
de fleurs coupées. Les deux premières sont : \° Armandine Millet, 
Violette des Quatre-Saisons, très odorante et très florifère, à 
feuilles panachées, mais dont, dit M. le Président du Comité, la 
fleur est petite ; 2" la Sans pareille, de la catégorie de la variété 
Czar, que le présentateur dit surpasser toutes les Violettes connues^ 
pour la grandeur des fleurs et des feuilles, être des plus rustiques 
et très hâtive, donnant, pendant l'hiver, de belles fleurs à pétales 
arrondis. — Pour ces deux variétés nouvelles, le Comité de Flo- 
riculture propose de donner à M. Millet une prime de r^ classe. 
Quant aux sept variétés dont cet horticulteur a déposé des bou- 
quets de fleurs sur le bureau, ce sont les suivantes: Le lilas, 
variété très hâtive, et très florifère; le Czar ordinaire et le Czar 
à fleur blanche, dont le Comité déclare que la fleur est d'un 
blanc plus pur que chez toutes les Violettes qui lui ont été 
présentées jusqu'à ce jour; la Brune de Bourg-la-Reine; la Sans 
prix, Quatre-Saisons à grandes fleurs; la Quatre-Saisons hâtive, à 
fleurs violet bleu ; enfin Souvenir de Millet père. — Pour la pré- 
sentation de ces sept dernières variétés, le Comité de Floriculture 



76 PBOCÈS-VERBAUX. 

propose d'accorder à M. Millet une prime de 3« classe. — Les deux 
primes demandées pour cet horticulteur sont mises aux voix et 
adoptées. 

- M. le Président du Comité de Floriculture dit que c'est proba- 
blement la première fois que la Société voit la présentation d'une 
si nombreuse série de Violettes à fleur simple. Il exprime le désir 
que maintenant il lui soit présenté une collection de Violettes à 
fleurs doubles, car, parmi ces variétés, il en est qui sont devenues 
rares ou même à peu près introuvables, notamment la Violette 
de Bruneau que lui-même a recherchée avec persévérance, sans 
parvenir à la découvrir. 

M. le Président remet les primes aux personnes qui les ont 
obtenues. 

M. le Secrétaire-général procède au dépouillement de la corres- 
pondance qui comprend les pièces suivantes : 

]° Une lettre de M. Laisné, Membre de la Société, relative au 
prix qu'il institue comme piix de probité et d'aptitude profes- 
sionnelle et qui doit être décerné aux garçons-jardiniers pour leur 
bonne conduite, leur probité et leur aptitude aux travaux horti- 
coles. M. Laisné pense que ce prix, qui doit recevoir le nom de 
Prix Laisné, devra être donné à la tin de chaque année. 11 trans- 
met, avec sa lettre, un règlement indiquant les conditions requises 
pour que ce prix soit décerné. 

M. le Président adresse de vifs remerciendents à M. Laisné au 
sujet de son utile fondation. Il dit qu'une lettre d'accepiaticu et 
de remerciement sera écrite officiellement à ce généreux donateur, 
au nom de la Société. 

2" Une lettre par laquelle M. J. Rothschild, libraire-éditeur, 
rue des Saints-Pères, 13, à Paris, fait hommage à la S ciélé de 
quatre ouvrages qu'il vient d'éditer et sur chacun desquels il 
demande qu'il soit fait un Rapport ; ce sont : un ouvrage sur les 
Orchidées, par M. de Puydt, pour lequel les îlapporteurs sont 
MM. Thibaut et Kételeêri un ouvrage sur la Culture maraîchère, 
par M. DuMis, au sujet duquel le Rapport sera fait par M. L-riizier ; 
un ouvrage sur le Reboisement pour lequel le Rapport est confié 
à M. Carrière ; un ouvrage de Chimie et Géologie traduit de 
l'anglais, dont il sera rendu compte par M. Arnould-Baliard. 



SÉANCE DU 12 FÉVRIER 1880. 77 

3° Une lettre par laquelle M. Mouillet demande qu'une Commis- 
sion soit chargée d'examiner des appareils de chauffage construits 
par lui, est renvoyée par M. le Président au Comité des Arts et 
Industries horticoles. 

M. Michelin donne lecture d'une note qu'il a communiquée 
tout récemment à la Société des Agriculteurs de France, au nom 
de la 5® section de cette association, dont il est Secrétaire, et 
qui tendait à demander qu'un prix fût accordé à l'auteur du 
ot meilleur mémcire sur les dégâts causés à l'horticulture par 
» l'hiver de 1879-i 880, sur les moyens curatifs qui auront été em- 
,» ployés ainsi que sur les résultats obtenu?. » Les mémoires sur 
ce sujet devront être remis au siège de cette Société, avant le 
1^' décembre 1880. 11 ajoute que cette proposition a été adoptée 
par l'assemblée delà Société des Agriculteurs de France, ainsi que 
par son Conseil d'Administration. Le prix dont il s'agit consistera 
en un objet d'art. — M. Michelin exprime la pensée que la 
Société centrale d'Horticulture de France, dont les Membres ont, 
pour la plupart, éprouvé des pertes plus ou moios considérables 
par l'effet des froids excepiionnellement rigoureux de cet hiver, 
ne peut qu'applaudir à la mesure prise par la Société des Agri- 
culteurs de France, et qu'il serait à désirer qu'elle-même provo- 
quât la rédaction de travaux analogues à ceux pour lesquels cette 
dernière association vient d'ouvrir un concours. 

M. le Président dit que la Société centrale d'Horticulture s'est 
déjà vivement préoccupée des dégâts considérables qu'ont faits dans 
les cultures les gelées rigoureuses de cet hiver. Elle a nommé 
une Commission nombreuse (i) qu'elle a chargée d'ouvrir une 
enquête afin de constater, aussi exactement que possible, la 
nature et l'étendue des pertes que le froid a causées aux cultures 
horticoles de toute sorte. Dans les réunions qu'elle a eues déjà, 
cette Commission a rédigé un programme détaillé dans lequel sont 
indiqués tous les points sur lesquels la Société serait heureuse 



{{) Cette GoinmissioQ est composée de MM. Arnould-Baltard, Prési- 
dent ; Burelle, Vice-Président ; Bergman (Fréd.), Beurdeley, Bonnel, 
Hérincq, Jamin (Ferd.), Keteleêr, Laizier, Margottin père, Pissot, Pril- 
iieux, Quihou, Duchartre (P.), Secrétaire. 



7iJ PROCÈS-VERBAUX. 

d'obtenir, des diverses parties de la France, des renseignements 
précis. Ce programme, accompagné d'une circulaire destinée à 
préciser le sens dans lequel il serait bon qu'il fût compris, sera 
mis d'abord sous les yeux de tous les Membres de la Société par 
l'effet de son insertion dans le prochain cahier du Journal. Il en 
sera fait ensuite un tirage à part dont des exemplaires seront 
envoyés à toutes les Sociétés d'Horticulture des départements et à 
diverses personnes étrangères à ces Sociétés qu'on sait êlre à 
même de fournir des indications utiles. Il sera même soumis à 
M. le Ministre de l'Agriculture et du Commerce avec prière de 
vouloir bien le faire répandre par l'Administration, si cela lui 
semble pouvoir amener de bons résultats. En un mot, on donnera 
à ce document une grande publicité, afin de réunir les éléments 
nécessaires pour la rédaction d'un Rapport d'ensemble sur l'im- 
portante question dont il s'agit. — M. le Président accorde alors 
la parole à M. P. Duchartre qui donne lecture du programme 
rédigé par la Commission d'enquête sur les effets du froid de cet 
hiver. 

M. Prillieux communique de vive voix les principaux résultats 
auxquels il a été conduit par ses observations sur une grave ma- 
ladie qui sévit parfois cruellement sur la Vigne, dans nos dépar- 
tements méridionaux où elle est connue depuis longtemps et dans 
différentes parties du midi de l'Europe, notamment en Espagne et 
en Grèce. Ce mal, qui a reçu différents noms, selon les localités, 
mais que Dunal et Esprit Fabre ont nommé Antracnosë, s'est 
étendu jusqu'à Berlin où on l'a observé sur les Vignes forcées des 
jardins de Sans-Souci. En France, M. Prillieux l'a rencontré dans 
le département de Loir-et-Cher, et même, l'an dernier, à Avon 
près Fontainebleau (Seine-et-Marne). Il est donc fort à craindre 
qu'il n'arrive prochainement dans les environs immédiats de 
Paris, le Champignon qui en est la cause ayant des corps propa- 
gateurs d'une petitesse extrême, et qui sont produits en grand 
nombre. C'est afin de mettre les viticulteurs sur leurs gardes que 
M. Prillieux a consigné les résultats de ses études et l'indication 
des remèdes employés jusqu'à ce jour, dans une note que M. le 
Président renvoie à la Commission de Rédaction. 
M. P. Duchartre a la parole et entretient la Compagnie d'un 



SÉANCE DU 12 FÉVaiER 1880. 79 

mode de culture de Champignons comestibles qui est mis en pra- 
tique avec un plein succès dans certaines parties du Japon, où 
il fournit, à peu de frais, une masse considérable de matière 
alimentaire. Les renseignements sur cette culture entièrement 
différente de celle qui est usitée à Paris, pour le Champi- 
gnon de couche, ont été recueillis sur les lieux par M. Dupont, 
ingénieur des constructions navales, qui vient de passer trois 
années au Japon, avec une mission du Gouvernement, et qui 
a profité de ce séjour ainsi que de la position élevée qu'il occu- 
pait pour réunir les éléments d'un travail important, publié 
récemment en plusieurs articles, dans la Revue maritime et co' 
loniale (1). — On sait que les Champignons se divisent en deux 
grandes catégories : les uns vivent en parasites sur des êtres 
organisés et vivants, végétaux ou animaux, et déterminent l'alté- 
ration de leur substance, de manière à causer à ces êtres aux 
dépens desquels ils vivent des maladies^graves, souvent même mor- 
telles, tout au moins à causer la destruction des parties dans les- 
quelles ils se sont développés. Tels sont ; le Peronospora infestans 
qui produit la maladie spéciale des Pommes de terre, le Charbon 
et la Cirie des céréales, la Mascardine {Botrytis Bassiana) des 
Vers à soie, etc., etc. Les autres Champignons qu'on qualifie gé- 
néralement de sap7'ophi/(es, puisent leur nourriture non plus 
dans la substance d'êtres encore vivants, mais dans les résidus de 
la décomposition de cette substance ; il faut donc qu'ils trouvent 
cette substance dans l'état de décomposition qui leur convient et 
sous lequel elle est capable de les nourrir. C'est, par exemple, 
pour amener cet état que nos Cbampignonistes mettent en tas, 
puis remanient le fumier qui doit ainsi devenir le terreau propre 
à nourrir le Champignon de couche. C'est de même pour amener 
la matière du bois de quelques espèces de Chênes à feuilles tom- 
bantes, surtout des Quercus serrata Thunb. et glanduligera Bl., 
plus rarement du Q. cuspidata ou même du Châtaignier du Japon 



(i) Dupont (E.) : Les essences forestière? du Japon; tirage à part ea 
1 gr. in-8, de <72 pages. Paris, 1880; chez Berger-Levrault, rue des 
Beaux- Arts, 5, 



80 PROCÈS-VERBAUX, 

(Castanea japonica Bl.) au degré de décomposition qui la rend 
propre à nourrir certains Champignons comestibles du pays, que 
les Japonais lui font subir une série d'opérations que M. Dupont 
décrit en détail. Le bois de ces arbres, comme celui des arbres 
feuillus en général, est à peu près sans valeur dans ce pays où on 
ne fait guère usage que de celui des arbres résineux ou Conifères. 
Ces arbres sont coupés à l'automne, et débités en bûches de lon- 
gueur à peu près égale à celle des nôtres, qu'on refend quand elles 
soût un peu grosses. Dans des paities de bois où le feuillage 
soit un peu clair plulôt que toLfFii, on dénude le sol des berbes 
qui y croissaient et des feuilles tombées; puis, sur les places ainsi 
préparées, on fait une couche de ces bûcbes en les disposant sur 
des traverses qui les maintiennent bors du contact de la iQiie. On 
les laisse là pendant trois années. A l'automne de la troisième 
année, avec un instrument bien tranchant, on y pratique des 
séries d'entailles transversales bien nette?, espacées de 8 ù 15 
centimètres l'une de l'autre et dirigées selon un plan incliné. 
Aussitôt après les avoir ainsi entaillées, on les plonge dans l'eau 
où elles restent immergées pendant 24 heures. Enfin, dès qu'on 
les a retirées de l'eau, on les range, dans un»bois,où elles doivent 
se trouver à l'ombre, dressées contre un support ou plus ordinai- 
rement appuyées obliquement à une traverse horizontale qu'on 
fixe à quelques décimètres au-dessus de la surface du sol. Les en- 
tailles ont alors leur ouverture en bas. Sur les bois amenés ainsi 
à un dej!;ré convenable de décomposition, les spores de Champi- 
gnons indigènes, principalement d'une espèce que M. Di:ipont dé- 
signe seulement par son nom japonais de Siitaké, ayant été trans- 
portées par les mouvements de i'air, germent promptement; le 
mycélium ou Blanc qui en provient se développe avec assez de 
rapidité pour que, dès le printemps suivant, on commence à ré- 
colter des Champignons. Celte première récolte est un peu 
faible; mais elle est suivie d'autres plus abondantes, et, en somme, 
la production dure pendant cinq ou six années. Le volume total 
de substance comestible ainsi obtenue est évalué par M. Dupont 
à 6-9 pour 100 de la masse du bois employé. Les Champignons 
récoltés sont desséchés pendant cinq jours au soleil, puis pendant 
une soirée devant le feu. Ils sont dès lors un al'ment usuel et 



SÉANCE DU 26 FÉVRIER 1880. 81 

fournissent en outre la matière d'un commerce avec la Chine assez 
considérable pour que rexportation s'en soit élevée, pendant l'an- 
n^.e 4876, à une valeur de 1 SCO 000 francs. 

M. Jamin (Ferd.) annonce qu'il a commencé, dans son établis- 
sement de Bourg- la-Reine (Seine), une série d'observations mé- 
téorologiques qu'il se propose de continuer r^'gulièrement, et dans 
lesquelles il tient compte des températures maxiraa et minima, 
de la hauteur du baromètre observé le matin et le soir, des vents 
dominants, enlin de l'état du ciel. Il présente le tableau, pour le 
mois de janvier 1880, des observations qu'il a faites d'après ce 
plan (Voyez plus loin, p. 127). 

M. le Président renvoie ce tableau à la Commission de Rédac- 
tion, et remercie vivement M. Jamin d'avoir bien voulu entre- 
prendre ce travail éminemment utile à tous les horticulteurs, 
mais fort assujettissant pour celui qui l'exécute. 

Il est fait dépôt sur le bureau des documents suivants : 

1° Compte rendu des travaux du Comité d'Arboriculture, en 
1879 ; par M. Buchetet, Vice-Secrétaire de ce Comité. 

2° Rapport sur l'ouvrage intitulé : Les Conifères de petites et 
grandes dimensions, par M. Gast. Morlet; M. Keteleèr Rapporteur. 

M. le Secrétaire-général annonce de nouvelles présentations; 

Et la séance est levée à quatre heures. 



SÉANCE DU 26 FÉVRIER 1880. 
Présidence de M. Hardy. 

La séance est ouverte à deux heures. On y compte 152 Membres 
titulaires et 8 Membres honoraires. 

Le procès- verbal de la dernière séance est lu et adopté. 

M. le Président proclame, après un vote de la Compagnie, 
l'admission de huit nouveaux Membres titulaires qui ont été pré- 
sentés dans la dernière séance et au sujet desquels il n'y a pas eu 
d'opposition. 

Les objets suivants ont été déposés sur le bureau : 

1» Par M. Evrard, horticulteur à Caen (Calvados), des inflo- 
rescences de quatre belles espèces d'Orchidées exotiques, savoir ; 

6 



S2 PROCÈS-VERBAUX. 

Oncidium Papilio LiNDL., de l'Amérique centrale; Phalœnopsis 
Schilleriana Reich. F., de Manille ; Cattleya Trianœi Lindl., de 
la Nouvelle-Grenade; Cœlogyne cristata Lindl., du Népaul.— 
M. le Secrétaire du Comité de Floriculture dit que ce Comité a 
trouvé ces plantes si belles qu'il propose à la Société de décerner à 
M. Evrard une prime de 1 ère classe en raison de la présentation 
qu'il en a faite. — Cette proposition, mise aux voix par M. le 
Président, est adoptée par la Compagnie. 

M. R. Jolibois fait observer, à ce propos, que M. Evrard s'at- 
tache particulièrement à cultiver les Orchidées dont les fleurs 
produisent le plus d'effet, et qu'il recherche même, dans ces 
plantes, les variétés les plus remarquables, comme on peut en ju- 
ger notamment par la magnifique variété de Cattleya Trianœi 
qu'il a envoyée aujourd'hui. Il est d'ailleurs si versé dans cette 
culture qu'il obtient toujours des plantes qu'il cultive des fleurs 
et des inflorescences d'une grande beauté, comme on a pu le voir, 
en diverses circonstances, par ses envois. C'est donc à bon droit 
que le Comité de Floriculture et la Société elle-même récompensent 
cet habile horticulteur de ses efforts soutenus. 

2° Par M. Plé, jardinier chez M. Eullier, propriétaire à Sarcelles 
(Seine), un pied fleuri d'une Orchidée exotique terrestre, à grandes 
euilles oblongues- lancéolées, à fleurs assez petites, portées en petit 
nombre à l'extrémité d'une longue hampe rouge. Il en ignore le 
nom et sait seulement qu'elle a été donnée pour une espèce du 
genre JVay^rea Lindl. — Le Comité de Floriculture déclare que 
cette espèce ne lui est pas connue, mais qu'il la juge intéressante, 
et il demande qu'une prime de 3« classe soit donnée à M. Plé, 
pour cette présentation. Cette demande est favorablement accueillie 
par la Compagnie. 

M. R. Jolibois, jardinier-chef au Luxembourg, dit que cette 
Orchidée est arrivée en France, en nombreux exemplaires, à la 
date d'une vingtaine d'années, mais que ces exemplaires paraissent 
avoir été à peu près tous perdus, depuis celte époque. Il ajoute que 
M. BuUier a formé, dans ces dernières années, une belle collec- 
tion d'Orchidées dans laquelle figurent surtout des plantes remar- 
quables pour leur beauté ou pour leur rareté, comme celle que la 
Société a aujourd'hui sous les yeux. 



SÉANCE nu 26 FÉVRIER 1880, 83 

3° Par M. Auriau, jardinier chez M. le docteur Roger, boule- 
vard d'Auteuil, à Boulogne (Seine), un pied de Bégonia grandis 
remarquable par le nombre et l'ampleur de ses feuilles et qui 
néanmoins n'a pas encore une année de végétation.— Le Comité 
de Floriculture propose d'accorder à M. Auriau une prime de 
2^ classe pour la bonne culture de cette plante, et sa proposition 
est adoptée. 

4° Par M. Schwarz, jardinier chez M. Lemercier, à Bagneux, 
des Cinéraires hybrides, les unes en pots, les autres en fleurs 
coupées, qu'il a obtenues de semis, et pour la présentation des- 
quelles le Comité de Floriculture lui adresse des remerciements. 

5° Par M. Mallel (Gyprien), de Moissac (Tarn-et-Garonne), des 
vases de forme conique, en terre poreuse, auxquels il donne le 
nom de vase irrigateur. Ces vases sont destinés à être enfouis en 
terre à côté des plantes cultivées; l'eau dont on les remplit, pas- 
sant lentement à travers leurs parois, entretient le sol autour des 
racines dans un état d'humidité constante dont M. Mallet (Cyprien) 
dit avoir reconnu que les effets avantageux sur la végétation sont 
très prononcés. — La mise en expérience de ces vases irrigateurs 
est confiée par le Comité des Aris et Industries à M. Jolibois (R.), 
qui avait été déjà prié de mettre à l'essai des vases de la même 
matière mais cylindriques, dont la présentation a été fdite, il y a 
quelques mois, par le même fabricant. 

6° Par M. Eon, fabricant, rue des Boulangers, 13, à Paris, un 
ibermométrographe destiné à être employé dans les serres. Ainsi 
qu'on le sait, un ibermométrographe est comme la réunion d'un 
thermomètre à maxima et d'un thermomètre à minime ; en 
effet, un index mobile placé dans l'une de ses branches montre la 
' température la plus basse qu'il y ait eu depuis la dernière obser- 
vation, tandis qu'un autre index mobile contenu dans l'autre 
branche indique la température la plus haute qui se soit produite 
dans le même espace de temps. — Cet instrument est renvoyé par 
le Comité compétent à l'examen de MM. Lavialle, Bourette et 
Jolibois. 

7° Par M. David, entrepreneur de seirurerie, rue Vandamme^ 
13, à Pjrls, un châssis de couche muni d'une crémaillère de son 
invention, qu'il non: me crémaillère à hélice et qu'il dit être d'un 



84 PROCÈS-YIRBAUX. 

usage liés avantageux pour maintenir ouverts à tous les degrés Tes 
châssis, vasistas, vérandas, etc.— Le Comité des Arts et Indus- 
tries déclare ne voir rien de bien nouveau dans cet appareil. 

8° Pdf M. Bonnette, mécanicien, rue Ménilmontant, 85, àParis^ 
des étiquettes pour plantes, en cuivre étamé et un flacon d'une 
encre spéciale pour écrire sur ces étiquettes. Le Comité compétent 
estd'avisqueSeprix, qui estde7fr. 50 c. le cent, est trop élevépour 
que ces étiquettes puissent devenir usuelles. 

M. le Président remet les primes aux personnes qui les ont ob- 
tenues. 

L'un de MM. les Secrétaires procède au dépouillement de la 
correspondance qui comprend seulement une lettre par laquelle 
M. Lemeunier, rue du Puits-de-1'Ermile, 19, à Paris, prie M. le 
Président de nommer une Commission qui ait à examiner des ap- 
. pareils de chauffage fonctionnant au moyen de l'air et de l'eau 
combinés, qu'il a établis dans les serres du Fleuriite municipal, à 
la Muette, et du Muséum d'Histoire naturelle. — Faisant droit à 
cette demande, M. le Président dé.'iigne comme Commissaires de- 
vant examiner les appareils de chaufifage construits par M. Lemeu- 
nier, MM. Carrière, Cellière, Dormois, Drouet, Hanoteau, Hélye, 
HouUet, Izambert, Lavialle, Lebeuf, Mérinde, Michaux, Ozanne, 
Péantt Kaveneau. 

M. Michelin donne lecture d'une lettre qu'il avait écrite pour 
le cas où il ne pourrait pas se rendre à la séance de ce jour et par 
laquelle il demande la rectification d'une inexactitude qui a été 
commise dans le procès-verbal de la séance du 1 1 décembre der- 
nier et au sujet de laquelle il n'a pu faire de réclamation par«e 
qu'il n'était pas présent lorsque ce procès-verbal a été lu et 
_ approuvé, il est dit, en effet, dans ce document (cahier de dé- 
cembre 1879, p. 752), que l'établissement de MM. Simon-Louis, 
à Plantières"le£-Metz, a été divisé en deux, les pépinières ayant 
été transportées à Nancy où elles sont dirigées par M. Léon Si- 
mon-Louis, tandis que l'établissement pour la production et la 
vente des graines est resté à Metz, dirigé par M. Emile Simon- 
Louis. Or, le fait est, dit aujourd'hui M. Michelin, que M. Léon 
Simon-Louis n'a transporté à Nancy que son propre domicile et 
celui de sa famille, et que ses pépinières sont restées à Pianiières- 



SÉANCE DU 26 FÉVRIER 1880. 85 

les-Mefz. D'un autre côté, son cousin, M. Emile Simon est resté 
habitant de Melz, tout en conservant la nationalité française, et 
s'est chargé du commerce des graines pour la production des- 
quelles il a été créé, en outre, une succursale à Bruyère-le- 
Châtel, près Arpajon (Seine-et-Oise). 

L'un de MM. les Secrétaires lit une rote de M. Girard (Maur.) 
dans laquelle sont rapportés les résultats d'observations faites, il 
y a plusieurs années, par M. Géhin, de Mefz, relativement à des 
galles que cet entomologiste avait vues sur des feuilles de Poiriers 
et qui pourraient bien être analogues à celles dont la Société cen- 
trale a dû la communication à la Société d'Horticulture de Cholet 
(Maine-et-Loire) (Voyez le Journal, 1879, p. 696). Aucun insecte 
n'a été trouvé dans les galles envoyées parla Société de Cholet et, 
lorsqu'il en a parlé, M. Girard (Maur.) s'est tenu dans une réserve 
complète quant à leur origine. Or, d'après M. Géhin, un très petit 
Acarien (Arachnides dégradés), le Typhodromm PeW Scheuten, ' 
pique les feuilles du Poirier quand elles sont encore tendres et y 
détermine ainsi la formation de boursoufilares rouges, percées 
de trous, qui deviennent plus tard d'un rouge foncé et même 
presque noir. Sur ces renflements se développe ensuite une végé- 
tation cryptogamique que M. Géhin rapporte au genre jEcidium. 
« Les horticulteurs de Maine-et-Loire pourront, dit M. Girard 
w (Maur.), vérifier, au printemps prochain, si les choses se pas- 
» sent ainsi pour leurs Poiriers malades. Dans le cas de l'affirma- 
» tive, il n'y aura pas d'autre remède qu'un sacrifice énergique 
» de branches et même d'arbres entiers coupés et ensuite brûlés 
» avec soin. On ne peut songer à atteindre avec des insecticides 
» des myriades d'Acariens microscopiques. L'action toxique en 
» épargnera toujours quelques-uns, et bientôt, sous Tinfluence 
» d'une fécondité excessive, on verra reparaître le mal, comme 
>) cela a lieu, dans bien des cas, pour le Phylloxéra, qui semblait 
» d'abord détruit et qui néanmoins reparaît ensuite. » 

M. Drouart donne lecture du Rapport rédigé par lui, au nom 
de la Commission de Comptabilité, sur les comptes de l'exercice 
de l'année 1879. 

M. le Président fait observer que ces comptes ayant été déjà 
soumis au Conseil d'Administration et approuvés par lui, il n'y a 



86 NOMINATIONS. 

pas lieu de les soumettre à un vote de la Société. Il adresse de 
vifs remerciements à MM. le Trésorier Moras et le Trésorier- 
adjoint Lecocq-Dumesnil pour la sollicitude avec laquelle ils 
veillent aux intérêts de la Société et pour la parfaite exactitude 
qu'ils montrent dans tous les comptes de recettes et dépenses. Il 
remercie également MM, les Membres de la Commission de Comp- 
tabilité et particulièrement M. le Rapporteur Drouart. 

M. Arnould-Baltard lit un Rapport rédigé par lui, au nom 
d'une Commission, sur la culture forjtée des Asperges au thermo- 
siphon, telle que l'a établie et la pratique M. Curé (Charles), hor- 
ticulteur, rue Lecourbe, 315, à Paris. Les couclusions de ce 
Rapport tendant au renvoi à la Commission des Récompenses sont 
mises aux voix et adoptées. 
Il est fait dépôt sur le bureau des documents suivants : 
4° Rapport sur un ouvrage intitulé : Le reboisement par les 
essences résineuses, par M. Fillon ; M. Carrière (E.-A.), Rapporteur. 
— Les conclusions, qui tendent au renvoi à la Commission des 
Récompenses, sont adoptées par la Société. 
2° Compte rendu du Traité pratique de Chimie et Géologie 

agricoles de M\l. Johnston et Cameron, traduit par M. Meunier 

(Stanislas) sur la 4 1'' édition decetouvrage; M. Arnould-Baltard, 
Rapporteur. 

. M. le Secrétaire annonce de nouvelles présentations; 

. Et la séance est levée à quatre heures moins un quart. 



NOMINATIONS. 



SÉANCE DU 12 FÉVRIER 18 8 0. 

MM. 

t, AuBRT (Joseph-Emile), fabricant d'instruments de jardins, chez 
M. Stoeckel, rue Vieille-du-Temple, 131, à Paris, présenté par 
MM. Willemotel J. Pagcot. 

2. Bach (Paul), jardinier-chef aa châleau de Couremus, par Milly(Seine- 

et-Oise), présenté par MM. A. Barré et Duvivier. 

3. Fontaine (Paul), garçon jardinier chez M, Guidou, à Fontenay-aux- 

Rosss (Seine), présenté par MM. A. Malet et J*" Fontaine. 



DU 26 FÉVRIER 4880. 87 

ScHWARz (André), jardinier chez M. Lemercier, place de la Croix, à 
Bagneux (Seine), présenté par MM. A. Malet et J"" Fontaine. 

VuiTRY (Adolphe), membre de l'Institut, rue de Téhéran, 43, à Paris, 
et à Saint-Donain, par Montereau (Seine-et-Marne), présenté par 
MM. A. Lavallée et Duvivier, 



SÉANCE DU 56 FÉVRIER 1880. 

MM. 

i . Brécy (Henri), ancien architecte, rue Ménilmontant,i20,à Paris, pré- 
senté par MM. Hélye et Jolibois. 

2. Chartier (Emile)^ jardinier chez Mme veuve Louvet, rue de l'Hermi- 

tage, 2, à Montmorency (Seine-el-Oise), présenté par MM. Dupuy 
et Parisot, 

3. Crouzet (Joseph-Augustin), jardinier à Mouy-de-l'Oise (Oise), pré- 

senté par MM. Jamin et Lavialle. 

4. DuMESNiL (Alfred), propriétaire, à Vascueil, par Crossy-la-Haye, pré- 

senté par MM. Chaté, Margottin père, et Léon Leroy. 

5. EoN (L.-J.-H.), fabricant d'instruments de météorologie, rue des Bou- 

langers, 43, à Paris, présenté par MM. Pescheux et Débraye. 

6. Jacob (Charles), horticulteur, au Petit-Colombe (Seine), présenté par 

MM. Pigny père et Robert. 

7. JosT (Georges), pépiniériste, Grande-Rue, 84 , à Bourg-la-Reine (Seine), 

présenté par MM. Désiré Bruneau et Lapierre. 

8. PiNGET (Auguste), rue Saint-Lambert, 18, à Paris, présenté par 

MM. Cottereau et Laignier. 



ADMIS A l'H0N0R\R1AT PAR LE CONSEIL, LE 4 2 FÉVRIER 4 880 : 

MM. 

•CouLOMBiER, pépiniériste, rue Audigeois, 44, à Vitry (Seine)» 
Lardy, jardinier, rue de Charonne, 476, à Paris. 



g8 BULLETIN BIBLIOGRAPHIQUE. 

BULLETIN BIBLIOGRAPHIQUE. 



MOIS D£ J-iNVIER ET FÉVRIER 1880. 

Annales agronomiques, àitigéts T^&T M. P. -P. Dehérain (décembre 1879). 

Paris-, iii-8. 
Annales de la Société d'Émulation de l'Ain (4« trimestre de 1879). Bourg; 

in-8. 
Annales de la Société d'Émulation du département des Vosges (1879). 

Epiual ; in-8. 
Annales de la Société d'Horticulture et d'Histoire naturelle de l'Hérault 

(no 5 de 1879'. Montpellier; in-8. 
Annales de la Société horticole, vigneronne et forestière de TA u6e (décembre 

1879 et janvier 1880). Troyes-, ia-8. 
Apiculteur (février et mars 1880). Paris; in-8. 
Bulletin agricole du Puy-de-Dôme (a"' 9, 10, 11 et 12 de 1879). Riom; 

in-8. 
Bulletin de la Société botanique de France (a° 2 et Revue D de 1879). 

Paris ; in-8. 
Bulletin de la Société centrale d'Horticulture de Nancy (décembre 1 879 

ei janvier 1880). Nancy; in-8. 
Bulletin de la Société centrale ■ d'Horticulture de la Seine-Inférieure 

(2* cahier de 1879). Rouen ; in-8. 
Bulletin de la Société d'Agriculture Sciences et Arts de Poligny (janvier, 

1880). Poligny; in-8. 
Bulletin de la Société d'Encouragement {décemhre 1879 et janvier 1880). 

Paris; in-4. 
Bulletin de la Société d'Encouragement de Bagnéres-de-Bigorre (3« et 4* 

trimestres de 1879). Bagnères ; ia-8. 
Bulletin de la Société des Agriculteurs de France {n" 1, 2, 3, 4 de 1880). 

Paris ; in-8. 
Bulletin de la Société d'Horticulture de Compiègne (4« trimestre de 1879). 

Compiègne ; in-8. 
Bulletin de la Société d'Horticulture de la Côtc-d'Or (n° 5 de 1879). 

Dijon ; in-8. 
Bulletin de la Société d' Horticulture de l'atrondissement d'Épernay (n" 4 

de 1879). Epernay; ia-8. 
Bulletin de la Société d'Horticidture de Picardie (les 3 n»^ de 1879). 

Amiens ; in-8. 
Bulletin de la Société d'Horticulture de l'arrondissement de Saint-Quentin 

(2e semestre de 1879). Saint-Quentin ; in-8. 
Bulletin de la Société d'Horticidture de Soissons (nov.-déc. 1879). Sois- 
sons ; in-8. 



MOIS DE JANVIER ET FÉVRIER. 89 

Bulletin de la Société (T Horticulture et de Viticulture d'Eure-et-Loir 

(décembre 4 879). Chartres ; in-8. 
Bulletin de la Société d'Horticulture et de Viticulture des Vosges (n»* 27 

et 28 de 1879). Epinal; in-8. 
Bulletin de la Société di' Horticulture pratique du Bhône (a" 3 de 1879), 

Lyon; in-S. 
Bulletin de la Société de Viticulture, Horticulture et Silviculture de 

Reims (n» 13 de 4879). Reims; in-8. 
Bulletin de la Société pomologique de France {n° 6 de 1880). Lyon; 

in-8. 
Bulletin de la Société pratique d'Horticulture de r arrondissement d'Yvetot 

(18:8-1879). Yvetot; in-8. 
Bulletin de la Société protectrice des animaux (novembre 1870). Paris; 

in-8. * . ^ 

Bulletin des séances de la Société nationale d'Agriculture de France 

(novembre 1879). Paris; in-8. 
Bulletin d'insectologie agricole ^janvier 1880). Paris; in-8. 
Bulletin du Cercle horticole du Nord (a"^ I à 12 de 1879). Lille; in-8. 
Bulletin du Comice agricole d'Amiens (15 janvier ; l»' et 15 février 1880). 

Amiens; feuille in-4. 
Bulletin mensuel de la Société agricole et horticole de Mantes (janvier et 

février 1880). Mantes; in-8. 
Bulletin mensuel de la Société d'Acclimatation (novembre 1879). Paris; 

in-8. 
Bulletin mensuel de la Société d'Horticulture et d'Acclimatation du Var 

(décembre 1879 et janvier 1o80). Toulor. ; in-8. 
Bulletin mensuel de la Société départementale d'Agriculture des Bouches- 

du-Rhône (juin à décembre 1879). Marseille; in-8. 
Bulletin mensuel du Comice agricole de l'arrondissement de Tarbes (dé- 
cembre 1879; janvier, février 18S0). Tarbes; in-8. 
Bulletliiio délia R. Società toscana di Orticultura (Bulletin de la Société 

R. toscane d'Horticulture, cahiers de novembre et décembre 

1879, janvier 1880). Florence; in-8. 
Catalogue do M. Crousse (février 1880), horticulteur à Nancy (Meurthe- 
et-Moselle). 
. Catalogue de MM. Jacquemet-Bonnbfont, père et fils, horticulteurs à 

Annonay (Ardèche). 
Catalogue des graines du jardin des Plantes de la ville de Toidouse, 

récollées en 1879. 
Chronique horticole de l'Ain (janvier et février 1880). Bourg; feuille 

in-4. 
Comptes rendus hebdomadaires des séances de l'Académie des Sciences 

n°' 1 à 8 de 1880). Paris ;in-4. 
Cultivateur (le Bon) (21 janvier, 7 et 21 février 1880). Nancy; in-4. 



90 BULLETIN BIBLIOGRAniIQUE. 

Cultivateur (Le) de la région lyonnaise (n"» 159 à 465 de <879 et 7 et 8 

de 1880). Lyon; iû-8. 
Beledus seminum (Choix de graines que le Jardin botanique impérial de 

Saint-Pétersbourg offre en échange). Saint-Pétersbourg ; 1 879 ; 

in-8 de 38 pages. 
Gartenflora (Flore des jardins, recueil mensuel g^éral d'horticulture, édité 

et r-^digé par le D' Ed. Regel, avec plusieurs collaborateurs ; 

(cahiers de décembre 1879, janvier et février 1880). Stuttgart; 

in-8. 
Gemral-Sachregister (Table générale des travaux contenus dans le recueil 

de la Société silésienne pour la culture intellectuelle du pays, de 

1804 à 1876 inclusivement (Breslau, 1878; in-8; cahiers 1 et 2 de 

1880). Hambourg; in-8. 
Hamburger Garten- itnd Blumenzeitung (Gazette d'Horticulture et deFlo- 

riculture de Hambourg; cahiers 1, 2 et 3 de 1880). Hambourg; in-8. 
Jahresbericht des Prœsidenten des Gurtenbau-Vereins zu Darmstadt,\%'7Q 

(Rapport annuel du Président de la Société d'Horticulture de 

Darmstadt, pour 1879). Darmsladt, 1879; in-8. 
Journal d'Agriculture pratique du midi de la France (décembre 

1879)- Toulouse; in-8. 
Journal de V Agriculture (n°* 561 à 568 de 1880). Paris; in-8. 
Journal de la Vigne (9 numéros jusqu'au 29 février 1880). Paris ; feuille 

in-4. 
Journal de la Société d'Horticulture du département de Seine-et-Oise 

(n"" 10, 11 et 12 de 1879). Versailles; in-8. 
Journal des Campagnes (nos 419 à 426 de 1880). Paris; feuille in-4. 
Journal de vulgarisation de l'Horticulture (décembre 1879). Paris ; ia-8. 
Lyon horticole (n°« 2, 3 et 4 de 1880). Lyon ; in-8. 
Maandblad van de Vereeniging ter bevordering van Tuin- en Landbouio 

(Feuille mensuelle de la Société pour le perfectionnement de l'Hor- 
ticulture et de l'Agriculture dans le duché de Limbourg, cahiers 

de janv. et fév. 1880). Maestricht; in-8. 
Maison de Campagne (La) (16 janvier, 1*"^ et 16 février 1880). Paris; 

in-8. 
Monatschrift des Vereines zur Befœrdening des Gartenbaues (Bulletin 

mensuel de la Société pour le perfectionnement de l'Horticulture 

en Prusse et de la Société des Amate'irs des jardins d'j Berlin, rédigé 

par le D'' L.Wittmack (cahiers de janvier et février 1880). 

Berlin; in-8. 
Moniteur d'Horticulture [Le) (février et mars 1880). Paris ; in-8. 
Phylloxéra (Le) (11« fascicule, octobre 1879). Paris, in-8. 
Revue agricole et horticole du Gers (décembre 1 879,jan\ier et février 1 880). 

Auch; in-8. 
Revue des Eaux et Forêts (janvier et février 1880). Paris; in-8. 



MOIS DE JANVIER ET FÉVRIER. • 91" 

Revue horticole (du 1*' janvier au l^r mars 1880). Paris ; in-8. 

Revue horticole des Bouches -du-Bhône (décembre 1879, janvier 4 880). 
Marseille; in-8. 

Bévue géogrwphique (n«s 48 et 49 de 1879). Paris ; in-8. 

Bivista agricola romana (Revue agricole romaine, publication officielle 
du Comice agricole de Rome, cahier de décembre 1879 et supplé- 
ment). Rome; in-8. 

Sechsundfùnfzi^ster Jahresbericht der schlesischen Gesellschaft (56« rap- 
port annuel de la Société silésienne pour la culture intellectuelle 
da pays, pour l'année 1878). Breslau, 1879; in-8. 

Sieholdia^ Weekblad voor den Tuinboiiw in Nederland (Sieboldia. Feuille 
hebdomadaire pour l'Horticulture dans les Pays-Bas, n'>^ 1 à 9 de 
1879). Leyde; ia-4. 

Société centrale d'Agriculture, d'Horticulture et d'Acclimatation de yice 
et des Alpes-Maritimes (4^ trimestre de 1879). Nice; in-8. 

Société centrale d'Horticulture d'Ille-et-Vilaine (1879). Rennes ; in-8. 

Société d'Agriculture de l'Allier (n's { et 2 de 1880). Moulins; in-8. 

Société d'Horticulture de la Gironde (4^ trimestre de 1879). Bordeaux; 
in-8. 

Société d'Horticulture de l'arrondissement de SenUs{n°' 13 et 14 de 1880). 
Senlis; in-8. 

Société d'Horticulture de Limoges (n°» 1 et 2 de 1879). Limoges; in-8. 

Statut der schlesischen Gesellschaft fur vaterlsendische Cultur (Statuts de 
la Société silésienne pour la culture intellectuelle du pays) .Breslau, 
1879; in-4. 

Sud-Est (Le) (décembre 1879 et janvier 1880). Grenoble -, in-8. 

The Garden (Le Jardin, journal hebdomadaire illustré d'Horticulture dans 
toutes ses branches ; cahiers des 10, 17, 24 et 31 janvier, 7, 14, 
21, et 28 février 1880). Londres; in-4. 

The Gardeners'Chronicle (La Chronique des Jardiniers, journal hebdoma- 
daire illustré d'Horticulture et des sujets voisins; cahiers des 10, 
17, 24 et 31 janvier, 7, 14, 21 et 28 février 1880). Londres; 
in-4. 

Vigneron champenois (Le), (S numéros du journal, du 7 janvier au 25 
février 1880). Epernay; feuille in-4. 

Vignoble (Le) (septembre et octobre 1879). Paris, chez l'éditeur G. 
Masson; in-8. 

Wochenblatt des landwirthschaftlichen Vereinsim Grosshej'zogthum Baden 
(Feuille hebdomadaire de la Société d'Agriculture du Grand- 
Duché de Bade, n"» 52 de 1879, 1 à 6 de 1880). Carlsruhe; in-4. 

ZHtschrift des landwirthschaftlichen Vereins in Bayern (Bulletin de la 
Société d'Agriculture de Bavière, février 1880). Munich; in-8. 



92 KOTES ET MÉMOIRES. 

NOTES ET MÉMOIRES. 



Encore l'Auracarja imbricata. 

Revue des plus beaux exemplaires de cet arbre qui existent 
EN France. Recherches sur la répartition des 'Sexes dans ce 

VÉGÉTAL, SUR SA CULTURE, ETC. 

Par M. J.-H. Blanchard, Jardinier-Chef de la marine, à Brest. 

Depuis longtemps, en Europe, on s'occupe de V Araucaria im- 
bricata; les journaux d'agriculture et d'horticulture en font 
constamment mention : aussi les amateurs d'horticulture le re- 
cherchent-ils avec activité. Les économistes le recherchent égale- 
ment dans l'espoir de l'acclimater (t d'en employer le bois pour 
les constructions ; mais malheureusement, il n'est pas assez connu, 
et il ne pourra peut-être pas croître partout. Jusqu'ici on ne l'a 
rencontré encore en Europe qu'en Angleterre et en Bretagne, et il 
n'en existe jusqu'à ce jour que quelques exemplaires isolés dans 
chaque département. 

C'est Dombey, voyageur français au Pérou, qui, en 1777, si- 
gnala le premier celte esj èce et envoya au Muséum d'Histoire natu- 
relle de Paris des échantillons secs que Lamarck décrivit dans 
sou Dictionnaire de Botanique (t. II, p. 301). 

Après Dombey, l'abbé Molina le signala de nouveau dans son 
Essai sur C histoire naturelle du CAz/i, publié en 17S9. Voici ce 
qu'il en dit : 

a Le Pchuen {Pinus foliis turbinatis. imbricatis, hinc mucrona- 
tm, ramis quaternis cruciatis). Les Espagnols le nomment 
Pinoterriere. Cet arbre ressemble plus au Sapin [Abi'es) qu'au 
Pin, quoique, à l'examen de pré?, il diffère de tous les deux ; 
c'est le plus bel arbre du Chili ; il croît naturellement dans la 
province des Arauques, mais on le cultive dans tout le reste du 
pays. Le tronc de cet arbre arrive souvent à 80 pieds de hauteur 
et sa circonférence porte au moins sur 8 pieds... » 

Bien qu'il fût connu des Européens depuis 1777, il ne vint que 
fort tard dans les cultures. M. Carrière, d'après Loudon et Sweet 



LES ARAUCARIA IMBRICATA DE l'ODEST DE LA FRANCE. 93 

[Hort. Brit.), dit qu'il fut apporté en Europe en 1796 et qu' « il 
» doit avoir disparu de nos cultures, car les individus que l'on y 
» rencontre sont d'iniroduclion plus récente (I)». Il a raison ; 
mais ce qu'il ne dit pas, c'est l'âge exact qu'ont les plus anciens 
Araucarias de l'Angleterre. 

Les premiers Araucarias qiii apparurent à Paris sont venus 
d'Angleterre en 1837, d'où Mirbei, professeur de culture au 
Muîéum, les reçut d'une riche Anglaise, Mistress Mariyat, qui elle- 
même avait reçu, quelques années auparavant, des graines venant 
du Chili. Sur deux qui avaient été offerts au iMuséum, Neumann, 
qui était alors chef de culture de cet établissement, en mit en 
pleine terre, au bas du Labyrinthe, près du bureau de l'adminis- 
tration, un qui vécut jusque vers 1865. 

Ce n'est que dans la Revue horticole du \^ février 1873, p. 64, 
que nous trouvons des renseignements exacts sur un Araucaria 
planté au château du Colombier, commune de Moncontour (Gôtes- 
du-Nord), chez M. le comte de Lorgeril, qui a bien voulu nous 
communiquer, à ce sujet, les renseignements suivants, le 26 juil- 
let 1869 : 

« Les graines dont il provient furent apportées ea Fiance 

par M. de Courville, officier de marine, en 1829, et furent semées 
à leur arrivée ; sur un lot de \ 00 graines, trois seulement levèrent ; 
deux pieds furent détruits par les oiseaux ; un seul résista ; c'est 
celui qui existe en ce moment, que l'on considère comme le plus 
beau existant en Europe. Cet arbre mesure, au collet, près de 2 mè- 
tres de tour; sa hauteur est de 15"^ 30. 11 est un peu dégarni du 
côté du nord, possède toutes ses branches du cô,té du midi, et pré- 
sente une pyramide régulière. 

» Tous les ans il donne des cônes, mais, depuis leur apparition, 
les graines n'ont été fertiles que trois années seulement ; cela 
vient uniquement de ce qu'au moment de la formation des 
cônes, il apparaît deux ou trois chatons moles, plus allongés et 
donnant, au moment des chaleurs, un pollen assez semblable au 
pollen des autres Conifères. Les cônes fécondés ont la forme 
d'un gros artichaut et se séparent au mois d'août; une année 



(1) Carrière, Traité des Conifères, i" édit., p, 417. 



94 NOTES ET MÉMOIRES. 

après la formation, ils laissent échapper des graines d'une couieur 
orangée. 

» D'une première récoite, j'ai obtenu trois Araucaria ; j'en ai 
donné deux, et le mien a dans ce moment 4 mètres d'élévation ; 
il est splendide. Dans ma seconde récolte, j'ai obtenu environ 
50 jeunes plants; j'en possède encore 25, qui ont en ce moment 
quatre «ins et semblent dans d'excellentes conditions. » 

En nous donnant l'âge de son Araucaria, M. de Lorgeril nous 
guide et cous met sur la voie de l'introduction des premiers vé- 
gétaux de cette espèce en Bretagne. L'époque de rintroduclion de 
son arbre coïncide tellement avec celle de l'introduction du pre- 
mier qui fut planté au jardin de la Marine, que nous sommes 
porté à croire qu'ils proviennent du même voyage. Celui qui 
existe au jardin vient de graines apportées du Chili, en 1827, par 
M. Berdeiof, médecin de la marine, qui avait acheté des cônes 
à' Araucaria sur le marché de Yalparaiso, dans le but d'en manger 
les graines pendant la traversée; placées à fond de cale, ces 
graines entrèrent en germination. A son arrivée, M. Berdelot en 
donna une partie à ses amis et l'autre à M. Ncël, alors jardinier- 
chef du jardin botanique. Des exemplaires qui en provinrent, 
quelques-uns furent donnés à des amateurs des environs de Brest, 
et un fut planté dans le jardin ; c'était en 1834. Aujourd'hui celui- 
ci mesure S^i 40 de hauteur. 

Il existe cependant en Bretagne des Araucarias plus anciens, 
ce sont ceux qui existent au manoir de Pénan-Pénandreff. 

Le premier qui fit connaître ces arbres est M. Frédéric Haulin, 
horticulteur à Brest, qui avait lu dans la Revue horticole du 
1^' janvier 1866, p. 205, que « le plus beau spécimen A" Araucaria 
» que possède l'Angleterre se trouve dans le vaste élabiisoement 
» de M. Mischeld, horticulteur àPiltdown, près Maresfield, comté 
» de Sussex. » 

C'est probablement de cet arbre que veut parler M. Carrière, 
lorsqu'il dit qu' « on en voit plusieurs en Angleterre qui mesurent 
y- 8 à 12 mètres». En supposant que'cet ylrai<cam anglais ait 
poussé autant que ceux de Pénandreff (c'est-à-dire de 0"" 87 par an- 
née), il n'arriverait pas encore à leur hauteur, car il ne mesurerait, 
en 1879, que 20m 88. Donc, si les Araucaria anglais sont aussi 



LES ARAUCARIA IMBRICATA DE L OUEST DE LA FRANCE. 95 

anciens que les français, ils ne sont pas les plus hauts que possède 
l'Europe, et s'ils sont plus anciens que les fracçais, ils n'ont pas 
poussé tous les ans de m 37 et n'arrivent certainement pas à la 
hauteur de nos Araucaria français. 

Avant de parler de ces magnifiques végétaux, permettez-nous 
de vous conduire à Pénandreff et de vous faire la description du 
manoir où se trouve cette merveille de l'horticulture française. 

Le manoir de Pénandreff, situé à 18 kilomètres de Brest, est 
uce modeste maison bourgeoise très ancienne, entourée d'arbres 
de tous côtés, appartenant à la famille de Kersauzon, depuis 
Tan 1500. On y arrive par une très belle allée de 500 mètres de 
long, terminée par un hémicycle et plantée de Sapins de Norman- 
die {Abies pectinata DC). Derrière la maison, se trouve le jardin 
formant un quadrilatère d'environ 500 mètres carrés, au milieu 
duquel est planté un magnifique Tulipier de Virginie [Lùioden- 
dron tulipifera L.) 

En dehors du jardin, au nord des murs qui le closent, se trouve 
une petite pépinière qui était jadis traversée par une allée con- 
duisant aux champs. Cette allée était anciennement garnie de 
chaque côté d'une plate-bande oiî furent semés sur place, par 
M. de Kersauzon lui-même, en 1823, les six Araucaria qui font 
le sujet de cette notice. 

Ces arbres ont élé apportés du Chili, en graines, par son père, 
qui était alors enseigne de vaisseau à bord de la Clorindet com- 
mandée par le capitaine de vaisseau, baron de Mackau. 

M. Hautin, en 1866, et nous, en 1871, avons dit que « les plus 
hauts de ces ArûMcam atteignaient 20 mètres de hauteur (1) ». 
Ils auraient poussé en moyenne de 0^ 37 par an, ce qui donne 
pour le plus grand, en 1879, 22'°^ 76, ce qui est à peu près sa 
hauteur. Nous les avons mesurés de nouveau approximativement, 
le 27 mai 1 878 et voici les derniers résultats que nous avons ob- 
tenus : le premier mesure 20 mètres de haut ; sa circonférence, à 
1 mètre au-dessus du niveau du sol, est de 1°^ 70. Le n° 2 me- 
sure 19 mètres de hauteur et 1°^ 90 de circonférence ;>et arbre 
parait tronqué par le haut ; on croirait à le voir qu'il a perdu sa 

(1) Journal de la Société centrale d'Horticulture, novembre fS71 , p. 487. 



66 NOTES ET MÉMOfRES. 

flèche ; mais il n'en est rien; cette dernière existe toujours; seule- 
ment, elle pousse moins que les branches horizonfales, et disparait 
dans la masse; c'est celui qui fructifia le premier. Le n^S mesure 
20 mètres de hauteur et 1"^ 5.0 de circonférence, c'est celui des 
trois dont nous venons de parler qui fructifia le dernier. Le n» 4 
mesure 22 mètres de hauteur et 1"^ 90 de circonf Jrence ; il est le 
plus haut du groupe et n'a pas encore fructifié, non plus que les 
numéros 5 et 6, qui mesurent chacun 15 mètres de hauteur et 
] mè;re de circonférence. Ils sont tons régulièrement garnis de 
branches de la base au sommet. Nous en avons également mesuré 
les branches; les primaires, c'est-à-dire celles qui partent du 
tronc, atteignent 5"^ 50 à 6 mètres de longueur et les secoadaires 
2"^ 50 à 3 mètres ; elles sont d'une verdure luxuriante. Malheu- 
reusement lorsque M. de Kersauzon planta ces arbres, il ne pré- 
voyait pas qu'ils dussent atteindre de si grandes proportions et 
que plus tard ils se gêneraient réciproquement. De cette gêoe il est 
résulté que ces arbres sont magnifiques au dehors, mais qu'à l'in- 
térieur, où les branches s'entrelacent,ilssont dégarnis jusqu'aux 
deux tiers ; en un mot, ce groupe est plutôt un aibre gigantesque, 
monstrueux et imposant à voir. La distance qui les sépare l'un de 
l'autre est de 5™ 20 et la superficie du terpain qu'ils couvrent est 
de 304 mètres carrés. 

Les Araucarias n'ont pas été répandus bien loin. Ceux de Pénan- 
drefi" sont les seuls de cette importation qui existent en France. 
Ceux de M. Berdelot n'ont pas été plus loin que la Bretagne; à 
part celui qae nous avons cité, nous n'en connaissons pas 
d'autres. 

Une troisième importation de graines, en petite quantité, fut 
faite de nouveau, en 1840, par M. Fournier (Jean-Pierre), capi- 
taine de vaisseau, qui les offrit à un horticulteur de Brest, nommé 
M. Jaoueo, établi à la cour Hollard, où est actuellement l'entrée 
du pont de Brest. Ces graines furent semées dès leur arrivée; elles 
germèrent et se développèrent très rapidement en raison de leur 
position sur le bord de la mer. 

Les quelques graines que M. Jiouen avait reçues de 
M. Fournier donnèrent des résultais auxquels on était loin de 
s'attendre. Leur vigueur et leur verdure engagèrent un commis^ 



LES ARAUCARIA IMBRICATA DE l'OCEST DE LA FRANCE. 97 

saire de la marine, M. Birgevin, à en acheter quelques-uns pour 
plantera sa propriété de Kérourien-en-Ploumogues, qui est, après 
Ouessant, la commune la^plus éloignée du Finistère. 

Les Araucarias de M. Bergevin furent planlés dans une vieille 
carrière qui a été recomblée avec les détritus qui en étaient sortis. 
Sur 6 ou 7 qui y ont été plantés, il n'y en a que deux qui se 
soient bien développés.Le plus grand mesure environ 1 mètres de 
hauteur sur 1 mètre de circonférence, à 1 mètre au-dessus da 
niveau du sol. Il a commencé en 1 878 à montrer ses premiers 
cônes qui étaient au nombre de 7. A côté de ce bel arbre, il en 
existe un autre qui peut mesurer 7 mètres de hauteur ; quant 
aux autres, qui sont du même âge, c'est à peine s'ils atteignent 
2 mètres. 

En même temps que M. Jaouen vendait des Araucarias à 
M. Bergevin, il en offrait aussi un pied à M. Paugam, pour l'école 
de Botanique du jardin de la Marice, qui fut planté pour mar- 
quer la place qu'occupe le genre dans la famille des Conifères. 
Au bout d'une dizaine d'années (en 1850) comme il était devenu 
embarrassant à la place qu'il occupait, M. Paugam, qui était alors 
jardinier en chef, le fit arracher et transplanter à la place qu'il oc- 
cupe, dans la troisième partie du jardin. Il fut planté sur un petit 
mamelon formé de pierres, terres et gazon et servant do lieu de 
repos, ce qui nécessita la suppression de quelques branches infé- 
rieures. Le mauvais terrain et la suppression de ces branches 
font que les branches supérieures ne pouvant se soutenir horizon- 
talement, fléchissent sous leur propre poids^se dessèchent, ensuite 
et rendent l'arbre défectueux. 

L'exemplaire en question mesure 7°^ 90 de hauteur et 0"^ 85 de 
circonférence. 

Un quatrième envoi de graines eut lieu à Brest, en 1859. Il 
fut fait par les soins de M. Blaize, capitaine de frégate, comman- 
dant r^/aéiae^e. Elles furent récoltées par lui-même aux envi- 
rons de Valdivia et transportées de là à Valparaiso, où elles furent 
stratifiées, emballées et expédiées directement à Brest, à M. Mar- 
chand, beau-père de M. Biaise, qui les offrit à ia Société d'Agri- 
culture pour être distribuées aux Membres qui en faisaient 
partie. Cet envoi, qui était considérable, répandit l'Araucaria dans 

7 



98 NOTES ET MÉMOIRES. 

une grande partie des jardins du Finistère. On en rencontre déjà 
quelques-uns mesurant 5 ou 6 mètres de hauteur. C'est le 
dernier envoi à notre connaissance qui fat fait à Brest par les soins 
des officiers de marine. 

II 

A partir de 1830, le commerce a introduit aussi un certain 
nombre d'Araucarias dans la Bretagne; ils ne sont pas aussi an- 
ciens que ceux qui avaient été apportés par des officiers de marine, 
mais ils n'en sont pas moins beaux. 

Le premier qui se présente à nos observations est planté à 
l'Hermitage en Lambézellec, près Brest, sur la propriété de M. Le 
Bihan. C'est le plus bel exemplaire que nous connaissions comme 
port, forme et verdure. Il fut acheté à l'établissement A. Leroy, à 
Angers, en 1862, et il compte par conséquent dix-sept années 
d'existence à l'Hermitage; il mesure 10 mètres de hauteur, 
1 mètre de circonférence et montra ses chatons pour la pre- 
mière fois en 1879. 

Viennent ensuite ceux qui furent plantés, en 1847, chez M. de 
Lauzanne, dans son parc de Partz-en-Trez, à Morlaix. Ils sont au 
nombre de 20, très-beaux, alternant avec des Abies Morinda bor- 
dant une allée qui longe le quai. Ils produisent l'effet le plus 
pittoresque qu'on puisse voir. Les plus élevés mesurent environ 
10 mètres de hauteur. La moyenne et majeure partie ont de 8 à 
9 mètres ; ils sont d'une régularité parfaite et d'une très-belle 
verdure. Aucun d'eux n'a montré encore ni fleurs ni fruits. 

Après les Araucarias de M. de Lauzanne viennent ceux de 
M. Gowland, près Quimper, qui furent plantés vers 1853. Ils sont 
au nombre de quatre ; les plus élevés mesurent environ 9 mètres, 
les autres 6 et 7 mètres; deux donnent des chatons en abondance, 
depuis 1873. 

On voit encore, à une demi-lieue de Pont-l'Abbé, au château 
de Trébéoret, chez M. Layné, un autre Araucaria planté égale- 
ment en 1857 ou 1858, à Quimper; cet arbre au bout de quelques 
années, fut transplanté à la campagne où il reprit si facilement 
qu'il atteint aujourd'hui la taille de 9 mètres. Il montra pour la 
première fois ses chatons en 1878. 



LES ARAUCARIA IMBRXATA DE l'OUEST DE LA FUANCE. 99 

Dans les Côtes-du-Nord, après l'Araucaria de Moncontour dont 
il a déjà été question, les plus remarquables existent au château 
de Saint-Léonard, près Guingamp. Ils ont été plantés en 1857 
ou 1858, par des horticulteurs de Saint-Brieuc. Ils sont au nombre 
de deux, mesurent 9 mètres de hauteur et sont plantés isolément 
sur une pelouse. Ils produisent en abondance, depuis 1876, des 
chatons qui mesurent 0"^ 1 2 de long, sur 0"» 02 de large. 

Les environs de Rennes paraissent la localité la plus riche en 
Araucarias du département d'Ille-et-Villaine, et en même temps 
les dernières limites de ce végétal vers l'Est. On en rencontre 
assez dont la hauteur est de 3 à 4 mètres, et un entre autres, chez 
M. Marçais, à la Piquetière en Saint-Méeu, atteint 7 mètres de 
hauteur. 

Le plus remarquable a été planté en 4856, chez M. le marquis 
de Bréon, au château de Lampothe, commune de Govin. 11 a 8 
mètres de hauteur et donne des chatons depuis 1876. 

Le département de la Manche est encore moins riche en végé- 
taux de cette espèce que celui dont nous venons de parler. Le 
seul et unique exemplaire remarquable que nous en connaissions 
est planté à Brix, près Cherbourg, dans la propriété de M. Herpin 
de Fiémont. Cet Araucaria signalé pour la première fois par 
M. Ternisien, dans la Revue horticole du 16 août 1866, fut donné 
par M. Decaisne à M. de Frémont, en 1848. 11 mesure 1 \ mètres 
de hauteur et l^a 10 de circonférence à 1 mèlre du sol; il donne 
des cônes depuis plusieurs années. 

Parmi les Araucarias cultivés aux environs du Havre, il en 
est un à Honfleur (Calvados) qui donne des chatons depuis 
1874. 

Le deuxième est planté à Montivilliers ; il mesure 8 mètres de 
hauteur, donne des chatons depuis plusieurs années et fut planté 
en 1353. 

Le troisième et le plus fort se trouve à Criquetot-Lesneval. Il 
fut apporté en graines du Chili, par le capitaine d'un navire 
marchand de Fécamp qui en fit don au propriétaire actuel, en 
1848. Il mesure 10°* 80 de hauteur ; il est garni de branches de 
la base au sommet, donne des cônes depuis 1875 et fut fécondé 
artificiellement en 1878, par M. Haugiel qui constata que la 



<00 NOTES ET MÉMOIKES. 

maturation des fruits de celte espèce est annuelle {1).Sur 53 cônes 
qu'il portait, on récolta environ 300 graines. 

Un quatrième se trouve à Saint-Romans de Colbos j il fut planté 
en 1843; il mesure 9 mètres de hauteur, donne des cônes depuis 
4876 et fut aussi fécondé artificiellement en 1878. Sur 8 cônes qui 
ont reçu les influences de la fécondation, on récolta environ £00 
graines paraissant fertiles. Cet exemplaire provient du commerce. 

Un cinquième, planté en 1848, chez M. Louvel, à Lillebonne, 
près de l'embouchure de la Seine, mesure 8 mètres de hauteur et 
montra des cônes pour la première fois en 1878. Étant planté 
dans un mauvais terrain, il n'est pas très vigoureux. 

Un sixième, planté à Sainte-Adresse, mesure environ 6 mètres 
de hauteur et donne des chatons depuis 1876. 

Enfin un septième, planté à Bolbec, en 1856, mesure 7 mètres 
de hauteur et donne aussi des chatons depuis 1876. 

Le département du Morbihan n'est pas beaucoup plus riche en 
Araucarias que celui des Côtes-du-Nord. On y en rencontre plu- 
sieurs mesurant 7 à 9 mètres. Le plus fort existe chez M. Chardon, 
au château de Kerscamp en Hennebon. Il est âgé de vingt-quatre 
ans, mesure 12 mètres de haut et donne des cônes depuis 1876. 

Uu très bel exemplaire existe au couvent de la Chartreuse d'Au- 
ray. Planté en 1854, il mesure 8™ 80 de hauteur, O"» 90 de cir- 
conférence et donne des cônes depuis 1 875. 

Dans le département de la Loire-laferieure nous trouvons, à 
Nantes, un magnifique exemplaire qui mérite d'être signalé ; ce bel 
arbre se trouve dans un petit jardinet de ville, situé rue de la 
Bastille, 56, où il a été planté vers 1833. Il est dépourvu de 
branches jusqu'à la hauteur d'environ 3 mètres, haut d'environ 
13 mètres ; il paraissait porter, à l'époque où nous l'avons visité 

(1) Dans une leitrc adressée à M. Carrière, le 12 seplembre"1872, pu- 
bliée par la Revue Horticùle du 16 février 1873, M. de Lorgeril dit que ; 
« le chaloa mâle paraît en juillet et août, où se montrent de leur côlé les 
petits cônes femelles. Le printemps suivant, il laisse échapper le pollen 
et les cônes femelles s'ouvrent et éclatent au mois d'août. » Donc les 
observations faites par M. Hauguel viennent confirmer les remarques 
faites auparavant pat M. de Lorgeril, qui donne un an pour la durée des 
cônes à' Araucaria imbricata. . ■ , 



2ÉS ABAUCARIA IMBRICATA DE l'OUEST DE LA FARNCE. lO'l 

(20 septembre 1878), un cône presq^ue desséché qui semble mon- 
trer qu'il est femelle. 

Nous avons également vu un assez joli Araucaiia planté en 18 51 , 
à la Gilardière, près Nantes; il mesure 7™ 20 de hauteur,Om 80 de 
circonférence et donne des chatons depuis 1876. 

Nous devons à l'obUgeance de M. Harmange, les renseignements 
suivants,sur trois Araucarias qu'il cultive depuis 1 846, dans sa pro- 
priété du Plessix, prèi Aigrefeuille. « Ces végétaux, dit-i), pro- 
viennent de l'établissement A. L ;roy, d'Angers, qui en avait reçu, 
trois ou quatre ans avant l'apnée ci-dessus, quelques graines d'An- 
gleterre. 11 sont au nombre de trois dont un femelle et deux mâles; 
l'individu femelle mesure 9 mètres de hauteur tt 1m 05 de circoc- 
férence ; les mâles sont un peu moins élevés. Ils fleurissent et fruc- 
tifient depuis 1 875, et les graines qu'ils ont produites ont donné de 
très bons résultats. 

Après les Araucarias de M. Harmange, viennent ceux qui sont 
cultivés dans la propriété de M. Léon Péquin, filateur à Hucheloup, 
commune de Cugand (Vendée). Ils sont aussi au nombre de trois, 
dont deux mâles et un femelle; ils furent plantés en 1833. Les 
mâles sont hauts de 8m 30, et leur tronc à Qm 70 de tour. Le pied 
femelle mesure 8"a 60 et a Om 92 de circonférence. Ce sont les mâles 
qui ont fleuri les premiers, en 1864; la femelle ne montra ses 
cônes que cinq ans plus tard. Depuis cette époque, elle donne 
annuellement des graines qui lèvent très bien. Ces Araucarias 
sont les plus forts que nous connaissions parmi ceux qui s'avan ■ 
cent vers le sud. 

L'Anjou paraît être le berceau des premiers végétaux de celte 
espèce que le commerce ait répandus sur le sol français ; cependant 
les plus forts que l'on rencontre dans celte localité ne sont pas 
aussi anciens que ceux que nous venons de citer, car ce ne fut qu'eu 
1848 que ceux que l'on remarque au château de l'île Briant, 
près le Lion-d'Angers, furent mis en place. M. Giffard, ex-jardi- 
nier-chef de cet établissement, nous dit qu'ils proviennent de l'éta- 
blissement A. Leroy, qu'ils mesurent 7 mètres de hauteur, fleuris- 
sent et fructifient depuis 1871 . Il y en a deux, l'an mâlp, l'autre 
femelle ; ce dernier donna, en 1872, sa première récolte de cônes 
qui renfermaient environ 2 000 graines. M. Audusson-Hiron, 



'1 02 RAPPORTS. 

pépiniériste à Angers, en sema au moins \ 200 qui ont parfaite- 
ment levé et ont donné des sujets très vigoureux. La majeure 
partie des autres cultivés en Anjou ne dépassent pas 4 et 5 mètres. 

Nous terminons cette revue par l'indicationdesAraucariasquisont 
cultivés aux environs de Paris. Après celui du Muséum, les plus 
forts que nous connaissions sont ceux du jardin d'Acclimatation du 
bois de Boulogne. Ces végétaux, qui étaient cultivés en caisse et en 
serre, dans l'établissement de MM. Thibaut et Keteleêr, mesuraient 
1m 50 en 1860, époque où ils ont été plantés à la place qu'ils oc- 
cupent. Le plus fort a fructifié en 1871. Leur nudité presque com- 
plète indique que le sol ne leur convient pas. 

Le résultat des recherches que nous venons de faire est : que 
nous avons trouvé dans les départements que nous venons d'ex- 
plorer 30 Araucarias produisant des organes reproducteurs; sur ce 
nombre, 15 sont mâles, 14 sont femelles et un seul est monoïque. 
Le département du Finistère en possède 8 à lui seul, dont 4 mâ^es 
et 4 femelles. Les départements du Nord 10, dont 5 mâles, 4 fe- 
melle? et celui qui est monoïque ; ceux du Sud 12, dont 6 mâles 
et autant de femelles. Il s'en trouve encore dans nos départements 
bretons beaucoup d'autres qui nous ont été indiqués comme étant 
remarquables; ils rivalisent peut-être en force avec ceux que nous 
venons de signaler, mais ils ne fructifient pas, ou les renseigne- 
ments qui nous ont été fournis ne nous ont pas paru suffisants ; 
d'autres enfin fructifient dans des conditions anormales, ce qui 
nous empêche de les citer. {A suivre.) 

'-s>8 . . t-gg-- 

RAPPORTS 



Compte rendu des Travaux du Comité de Culture potagère 
■pExNDANT l'année 1 879; 

Par M. SiRoy, Sacre laire de ce Comité, 

Messieurs, 

Je viens vous rendre compte des travaux du Comité de Culture 

potagère pendant l'année qui vient de s'écouler. Nous avons eu la 

bonne fortune cette fois d'avoir 2 médailles à distribuer, affectées 

spécialement aux apports faits à ce Comité : premièrement celle 



TRAVAUX DU COMITÉ DE CULTURE POTAGÈRE. 103 

qui est donnée tous les ans par M. Moynet au jardinier ou ama- 
teur qui, dans le courant de l'année, fait les plus nombreuses et 
les plus belles présentations; l'autre due à la générosité de M. 
Tavin. Celle-ci est attribuée aux plus beaux lots de Fenouil d'Ita- 
lie présentés pendant toute l'année. C'est afin d'encourager à la 
calture de cette plante que M. Vavin a offert cette médaille. On a 
souvent de la peine à s'habituer aux légumes nouveaux; celui-ci 
est très bon, d'une culture assez facile. 

Plusieurs concurrents se sont présentés : M. Véniat, jardinier 
chez M. Feyeux, à Crosnes (Seine-et-Oise), a eu les plus beaux ; 
ensuite venaient M. Pageot, propriétaire àMontrouge, et M. Alex- 
andre, jardinier chez Mme de la Renaudière, au château de la 
Herbellière près Vire (Calvados). M. Véniat a présenté cinq fois du 
Fenouil d'Italie et chaque fois il a dépassé de beaucoup les antres 
concurrents. Il avait sur eux l'avantage de l'avoir cultivé depuis 
plusieurs années ; les autres débutaient. Ils méritent pour cela 
des félicitations , car leurs lots étaient déjà beaux. Néanmoins la 
médaille revient de droit à M. Véniat. 

La médaille de M. Moynet a été obtenue par M. Fouillot, 
jardinier chez M. Sueur, à Montreuil, qui a faitdetrèsbeauxapporis 
de divers légumes pendant toute l'année. 5 primes lui ont été 
accordées: 2 de première classe, 2 de seconde et 1 de troisième. 
Si nous cherchons qui a mérité les autres primes de li'e classe, 
nous trouvons M JI. Lhérault (Louis) et Coltard, tous deux culiva- 
teurs àArgenteuil, pour apports de trèshelles Asperges; toutefois 
ces messieurs, satisfaits d'avoir acquis le suffrage de la Compa- 
gnie, ont renoncé à recevoir ces primes. M. Lhérault a rappelé en 
quelques mots, dans une séance, l'utilité du buttage de l'Asperge 
et le soin qu'il faut prendre de soutenir les tiges de cette plante 
lorsqu'elles ont pris un grand développement; car si elles vien- 
nent à se rompre, il ne pousse rien sur les griffes. M. Bain (Louis), 
jardinier chez M. R.-R. Gauthier, avenue de Suffren, à Paris, 
a reçu une prime de lr» classe pour un magnifique apport de 
onze Choux-fleurs de la variété obtenue, il y a quelques années» 
par M. Pageot; ces Choux-fleurs étaient parfaitement réussis. 

M. Véniat, en outre de ses 5 apports de Fenouil d'Italie, nous 
•a fait plusieurs présentations intéressantes : premièrement, au 



104 RAPPORTS. 

mois de février, des Choux Pe-tsaï ou chinois, plante rustique, 
qui n'exige aucun abri pendant l'hiver. Celle-ci paraît consti- 
tuer une variété nouvelle ; ce n'est pas le Chou chinois que nous 
connaissons depuis longtemps. Secondement des racines de 
Chervi. Ce légume a un goût tout particulier; il a été d'un grand 
usage autrefois, mais il est très délaissé depuis longtemps. Il 
était employé dans les petits soupers du temps de Louis XV; c'est 
plutôt un condiment qu'un légume proprement dit. Les racines 
du Chervi prennent peu de développement et demandent beau- 
coup de temps pour répluchage ; toutefois la présentation est 
assez intéressante ; il se trouvera certainement quelques person- 
nes qui seront bien aises de connaître cet aliment oublié depuis 
longtemps. Troisièmement trois variétés de Fèves, une à fruits 
violets, dont la semence lui a été envoyée du Japon. C'est pro- 
bablement la première fois que cette Fève est cultivée en France; 
les graines en sont tendres, sucrées et de fort bon goût; une 
deuxième Fève à fleurs pourpres, variété très-productive, culti- 
vée en Angleterre sous le nom de Asper Baan ; la troisième 
est une Fève mange-tout du Yucatan, qui est aussi très recom- 
mandable. Quatrièmement deux Melons du Japon, l'un nommé 
Siro Ouri, l'autre Makowa ; ce dernier a la forme d'une Poire; ils 
feont tous deux très sucrés et seraient plutôt des Melons de des- 
sert. Cinquièmement des fruits du Physalis peruviana ou Coqueret 
comestible; c'est, à notre avis, un fruit très recommendable; 
pour la forme il ressemble h. l'Alkekenge lequel est employé comme 
plante médicinale et quelquefois comme comestible; M. Va- 
vin nous en a présenté, l'année dernière, confits au vinaigre 
comme des Cornichons. Le Physalis peruviana est bien préféra- 
ble. On ie mange sans aucune préparation ; il a un goût aci- 
dulé, très agréable dans l'été. Nous sommes étonné qu'il ne soit 
pas plus répandu ; la culture en est facile; c'est celle des Toma- 
tes. Au Pérou et dans l'Inde il s'en fait un grand usage. Différentes 
primes ont été accordées à M. Véniat pour tous ces apports dignes 
d'intérêt, car la plupart de ces produits sont peu ou pas connus. 

Dans les mêmes conditions nous pouvons citer M. Hédiard, 
négociant en fruits et légumes exotiques. Ses apports n'ont pas 
cependant pour nous tout à fait ie même intérêt, en ce sens que^ 



TRAVAUX DU COMITÉ DE CULTURE POTAGÈUE. ItS 

la plupart de ces produits ne sont pas susceptibles d'être cultivés 
sous le climat de Paris ; mais, étant Société centrale de France, il 
ne doit pas être indifférent pour nous de savoir ce qui peut être 
cultivé dans le Midi ou en Algérie. 

Les Patates et les Ignames de la Guadeloupe et de la Martinique 
sont très bonnes, particulièrement les Patates qui sont peut-être 
meilleures que nos variétés anciennement connues ; mais c'est en 
vain que j'ai voulu essayer de cultiver celles qui m'ont été con- 
fiées par M. Hédiard -, je n'ai pu obtenir que de très petits tuber- 
cules, tandis que les deux variétés blanche et rose me donnent 
au contraire de très beaux résultats. Pour l'Igname de la Guade- 
loupe, qui est excellente, plus courte que l'Igname de Chine, je 
réussis encore moins bien. Nous devons aussi à M. Hédiard le 
Gombo, plante de la famille des Malvacées, qui demande beaucoup 
de soin, sous le climat de Paris. Le jardinier de M. Lavailée nous 
en a présenté quelquefois de très beau. Dans le Midi et principa- 
lement à Marseille, on l'obtient très facilement. Nous avons eu du 
même des Chayottes récoltées en Algérie ; afin que chacun pût 
les goûter, M. Hédiard en a fait préparer deux plats de différentes 
manières. Ces mets ont été trouvés très bons. Le goût delà Ghayotte 
rappelle beaucoup celui du Chou-fleur; c'est là une plante alimen- 
taire très recoramandable. Plusieurs variétés de Piments ont été 
aussi présentées par M. Hédiard : le gros Piment doux d'Espagne, 
le Piment du Chili, le Piment Corail, variété nouvelle peu connue, 
dont on fait une grande consommation " à Marseille. Plusieurs 
primes ont été votées pour M. Hédiard, mais il a l'habitude d'y 
renoncer, son but étant seulement de faire connaîire tous ces 
produits exotiques. 

Le 10 avril, M. Philippon, jardinier à Clichy, nous présentait 
des Navets hâtifs semés sur couche, le 12 janvier; une prime de 
2^ classe lui a été accordée pour cet apport. Je dois faire remar- 
quer que la culture des Navets comme primeur a pris, depuis une 
vingtaine d'années, une importance extraordinaire. C'est M. Du- 
pont, qui, le premier, eut l'idée de semer des Navets sur couche 
et sous châssis. Comme il a bien réussi, un grand nombre de 
jardiniers l'ont imité, et aujourd'hui plus de trente maraîchers se 
livrent à ce travail sur une grande échelle ; quelques-uns en font 
annuellement plus de 600 panneaux. 



406 RAPPORTS. 

M. Dudoûy et C'c, rue Notre-Dame-des-Victoires, à Paris, a 
fiit plusieurs présentations de Pois, Fèves, Haricots secs et frais ; 
la plupart sont des nouveautés importées d'Angleterre ; tous sont 
en général très jolis, mais il est difficile et même souvent impos- 
sible de juger à première vue, sur un simple échantillon, du 
mérite de ces légumes ; c'est seulement par la culture comparée 
avec celle des variétés connues et déjà si nombreuses qu'on peut 
émettre un avis. Il importe peu qu'un légume soit nouveau s'il 
lie constitue pas un progrès sur les anciens. 
, Un légume que nous pouvons regarder comme nouveau, 
quoiqu'il soit connu depuis longtemps par les botanistes et même 
de quelques jardiniers, c'est le Soja hisptda. Il a fait son appari- 
tion à notre Société seulement celte année, mais il ne pouvait pas 
nous manquer. Un grand nombre de présentations nous en ont 
été faites; nous les citerons toutes, car tous les présentateurs ont 
droit à nos remerciements. Le premier a été M. Cof6n, jardinier au 
château de Brunehaut, chez M"»* Tutfeton,qui paraît l'avoir cultivé 
tout à fait en grand; le second notre honorable Président, M. La- 
vallée; le troisième M. Havenard (Jules), jardinier chez M™^ veuve 
Bordeauj à Sucy-en-Brie; le quatrième M. Dndoiiy et enfin 
M. Vavin, lequel nous en a seulement présenté un petit échan- 
tillon déjà sec. Nous aurons besoin d'étudier cette plante; 
d'abord il y en a plusieurs variétés; quelle sera la meilleure? 
M. Lavallée en a mis une assez grande quantité à la dispo- 
sition de la Société. 'Ga légume a un goût tout particulier 
qui ne peut se comparer à celui d'aucun légume connu. On le dit 
meilleur à l'état sec; dans tous les cas, il sera d'un emploi 
plus commode, car il est très difffcile à écosser à l'état tout 
frais. Au Japon, d'où il paraît être originaire, on en fait un 
très grand usage. L'analyse chimique nous apprend qu'il con- 
tient une très grande quantité de matières azotées et de matières 
grasses, deux propriétés importantes pour une plante alimen- 
taire. 

M. Melin (Charles), cultivateur, rue Dumontier, à Suresnes, 
nous a envoyé de la graine et de jeunes plants d'une plante qu'il 
nomme Soap root ou racine à savon. Aucune note explicative 
n'accompagnait l'envoi; nous ignorons et le mode de culture et la 
manière de l'utiliser ; du reste, le plant que nous avons eu sous les 



TRAVAUX DU COMITÉ DE CULTURE POTAGÈRE. 107 

yeux offrait bien peu de développement; c'est pourtant un semis 
de deux ans. 

M. Curé, jardinier, rue Lecourbe, à Paris, a présenté, au mois 
de février, des Carottes nouvelles cultivées à la chaleur du ther- 
mosiphon ; c'est la première fois, croyons-nous, que cette expé- 
rience est tentée avec succès pour les plantes potagères. Cet essai 
a parfaitement réussi ; une prime de 2* classe a été votée pour 
M. Curé, lequel a pour habitude d'y renoncer. Nous avons reçu plu- 
sieurs apports de M. Cottereau, horticulteur, rue Javel, àParis : au 
commencement de juin, des Artichauts très beaux, surtout pour 
l'époque de l'année. Il nous a présenté aussi, à différentes reprises, 
des Fraises Quatre-saisons de toute beauté, puis des Haricots, dès 
le mois de juin, de la variété dite Flageolet d'Étampes ; ce Haricot 
est fort recomraandable pour sa qualité, sa précocité et a l'avan- 
tage de durer très longtemps. M. Cottereau nous a apporté, au 
mois de septembre, des cosses de ce Haricot cueillies sur les 
mêmes pieds qui avaient déjà produit au mois de juin. Plusieurs 
primes ont été accordées à M. Cottereau pour ces appDrts. 

La Commission des Pommes de terre continue son œuvre avec 
zèle ; cependant elle a encore beaucoup à faire. M. Arnould- 
Baltard a donné deux Rapports dans lesquels il rend un compte 
très détaillé de ce qui a déjà été fait ; il nous dit aussi que le but 
est encore loin d'être atteint. Plusieurs Membres ont déposé des 
tubercules dans le but de faciliter ce travail : c'est d'abord 
M. Mayeux, cultivateur à Villejuif, lequel prévoyant, à cause du 
printemps humide, la maladie des Pommes de terre hâtives, a 
arraché les tubercules de 5 variétés quand les tiges étaient encore 
vertes. Déposés au Comité depuis les premiers jours de juillet, ils 
sont,en ce moment encore, en très bon état, sauf quelques-uns. 

M. Lecaron, horticulteur-grainier, quai de la Mégisserie, 20, a 
fait un travail qui a du rapport avec celui de M. Mayeux. Sur un 
champ de Pommes de terre d'un hectare il aperçut des traces de 
maladie; il coupa, sur une moitié de son champ, toutes les tiges et 
■laissa l'autre moitié intacte. Il s'est trouvé que tous les tubercules 
des tiges coupées étaient très sains, tandis que les autres étaient 
€n partie perdus, ce qui prouve une fois de plus que la maladie 
commence toujours par les tiges et que, si on les supprime à 



108 TRAVAUX DU COMITÉ DE CULTURE rOTAGÈRE, 

temps, on peut sauver le produit ; mais les tubercules prennent 
alors peu de développement, la végétation étant ainsi brusque- 
ment arrêtée. 

M. Rigault, cultivateur à Groslay, a donné aussi une belle 
collection de Pommes de terre pour servir d'étude, à la Commis- 
sion. Elles resteront au Comité jusqu'au printemps ; chacun 
pourra les visiter. M. Rigault est très connu pour ses cultures de 
Pommes de terre ; il expose, chaque année, aux concours agri- 
coles et obtient toujours les premières médailles ; c'est dire que 
sa collection est très intéressante. M. Rigault a publié, il y a 
quelques années, un petit traité très bien fait sur la Pomme de 
terre. 

M. Vavin en a déposé aussi plusieurs variétés peu connues ; 
nous en citerons une entre autres : c'est la Champion d'Ecosse qui 
est très belle; elle figurait l'année dernière dans les belles collec- 
tions des Anglais à l'Exposition du Champ-de-Mars. 

M. Welker, jardinier-chef au château de la Celle-Saint-Cloud, 
a présenté des Romaines Alphange à graines noires. Cette variété, 
présentée déjà plusieurs fois aux séances, convient surtout aux 
propriétaires, parce qu'elle monte difficilement ; quant aux. 
jardiniers-maraîchers , c'est différent; ils coupent toutes leurs 
salades le même jour, et ils ont besoin de variétés qui poussent 
très vite. 

M. Rémy, horticulteur à Pontoise, a présenté de très beaux 
Choux de la variété dite Chou Milan de Pontoise, et a offert aux 
Membres présents de la graine de ce Chou obtenu, il y a quelques 
années, par M. Chennevière ; ce croisement du Chou de Vaugi- 
rard avec le Chou frisé d3 Norwège est très dur à la gelée et peut 
se conserver longtemps pendant l'hiver. 

M. Ledoux, fils, nous a présenté différentes variétés dePraisiers 
en pots, et parmi eux une variété nouvelle qu'il a obtenue par un 
croisement des Fraisiers Docteur Nicaise et Marguerite Lebreton; 
le fruit diffère peu de celui de celte dernière variété, mais il en 
rappelle tous les caractères et ne lui est pas supérieur en qualité. 
Une prime de 2« classe a été accordée à M. Ledoux. 

M. Carrière nous a fait connaître un Fraisier à fleurs doubles. 
Cette plante n'a d'intérêt que par sa rareté ; c'est à ce point de vue 



SUR l'orshidophile de m. le comte du buysson. 109 

qu'elle nous a été présentée. Elle appartient à la variété lu Fraisier 
des bois et ne donne qu'une seule fois. 

Pour finir, nous rappellerons que M. Pageot, propriétaire à 
Montrouge, nous a montré des Romaines d'une grosseur el d'une 
beauté tout à fait exceptionnelles ; une prime de 2® classe lui a été 
votée pour ses belles salades, prime à laquelle il a renoncé. 

Les Notes et Rapports concernant les plantes potagères ont été 
assez nombreux cette année. Au mois de février (page 87 du Jour- 
nal), une uotesur la culture du Cresson ; février (page 132) et mars 
(page 21 0), deux Rapports sur les Pommes de terre, par M. Arnould- 
Bdltard ; avril (page 247), note sur le Chou Milan de Pontoise, 
par M. Rémy, cultivateur à Pontoise ; avril (page 253), ncte sur la 
Courge de Siam, par M. Paillieux ; mai (page 21 8), note sur le Fe- 
nouil d'Italie, également par M. Paillieux; un article intitulé le 64^ 
concours à TËxposition de Brie-Comte-Robert, également de M. 
Paillieux en septembre (page 584). 

Pour clore ce Compte rendu, je risquerai un petite critique; 
non, je ne me permettrai pas cela; une simple observation : il me 
semble que M. Clievrier, l'obtenteur du Haricot toujours vert, a 
été peu récompensé. Nous n'avons pas, dans tous les Haricots 
connus comme les plus recommandable-, un seul qui puisse lui 
être comparé, car il réunit toutes les qualités des autres et lui seul 
reste entièrement vert après la cuisson, sans addition de sel de 
cuivre. Si ce pauvre Haricot eût été une fleur, il aurait ceriai- 
nement motivé une plus belle récompense; mais hélas! ce n'est 
qu'un Haricot! 

Notice sur VOrckidophile, Traité théorique et pratique de la 
■ culture des Orchidées, ouvrage de M. le comte François du 
Buysson; 

Par M. BERGMA.N. 

Chargé par la Société centrale d'Horticulture de France de lui 
faire connaître un ouvrage de M. le comte du Buysson, nous 
venons aujourd'hui lui soumettre nos observations à cet égard. 

M. le comte François du Baysson a publié un traité théorique 
et pratiqua de la culture des Orchidées. • Nous ne saurions qu'ap. 
plaudir à la bDune idée qu'a eue l'écrivain d'écri re un livre utile 



410 RAPPORTS. 

au botaniste et à riiorticulteur, mais surtout mis à la portée de 
l'amateur etdu jardinier. Nous devrions tous, amateurs et horticul- 
teurs, faire de notre mieux pour répandre en France la culture 
de ces plantes si remarquables à tous égards et dont beaucoup 
peuvent être cultivées en serre tempérée. 

Le goùl des plantes en général est malheureusement moins ré- 
pandu en France qu'en Angleterre et qu'en Belgique. A quoi cela 
tient-il? Beaucoup, croyons-nous, à l'apathie des amateurs et à 
leur nombre restreint. Nous avons en France de grandes fortunes; 
mais où trouverons-nous, pour ne pas sortir de notre sujet, des 
collections d'Orchidées aussi remarquables que celles de lordLon- 
desborough, de sir Trevor Lawrence, de M. Day, de M. Philbrick, 
à Londres; sans oublier les collections du duc de Devonshire, à 
Chatsworlh, et la belle serre d'Orchidées froides du duc de Sulher- 
land, à Trentham? Quiconque a vu cette serre au moment de la 
floraison ne l'oubliera jamais. Nous ne manquons pas en Fr-mce 
d'horticulteurs très intelligents qui, le jour où ils croiront pou- 
voir vendre des Orchidées, en auront des collections qui pourront 
avec le temps être aussi complètes, sinon aussi nombreuses, que 
celles des fameuses maisons anglaises Veitch, Williams et W. 
Bull, de Londres, sans oublier celle deM.Linden, à Gand. Un de 
nos horticulteurs français que nous engagions, à Londres, à ache- 
ter des Orchidées de 500 francs nous répondit ceci : « Pourquoi 
faire ? quand nous demandons 4 00 francs d'une belle plante à un 
amateur, il nous rit au nez; il faut donc avoir des plantes à très- 
bon marché, et, pour les Orchidées, il ne faut pas encore y songer.» 
Nous voilà loin des prix fabuleux auxquels on vend des Orchidées 
en Angleterre. Nous connaissons une maison de Londres qui a 
refusé 2 500 francs d'un bel exemplaire de Cattleya Exonlensis. 
La manière dont M. du Buysson a écrit son livre propagera, nous 
l'espérons, parmi nos amateurs, l'amour des Orchidées, si on peut 
s'exprimer ainsi. 

L'ouvrage dont nous nous occupons en ce moment est divisé 
par son auteur en quatre parties. La première partie contient des 
données générales de Botanique sur les Orchidées ainsi que sur les 
climats où elles végètent. Nous sommes de l'avis de l'écrivain qui 
recommande aux voyageurs horticoles de donner des notions 



SUR l'orchidophile de m. le comte du buysson. 1 1 1 

exactes sur la température ainsi que les différents détails relatifs 
aux endroits où ils découvrent leurs nouveautés. N'oublions pas 
de mentionner, dans cette partie, les bonnes indications q\ienous 
y trouvons sur l'établissement et la construction d'une serre à Or- 
chidées. 

Une chose qui nous surprend c'est la division de la serre de M. du 
Buysson en trois compartiments ayant chacun une température 
différente. La division de ces compartiments entre eux a lieu au 
moyen d'un treillage garni de plantes grimpantes, sans portes. 
Nous ne comprenons pas comment il arrive de cette façon à un 
résultat aussi heureux que celui qu'il nous relate dans son livre. 
D'après notre expérience personnelle, nous avons supprimé les 
plantes grimpantes dans nos serres à Orchidées, parce que, malgré 
tous nos soins, ces plantes étaient de vraies fabriques d'insectes. 
Nous sommes heureux de voir que M. du Buysson n'en souffre 
pas. Nous engagerons aussi à arranger la serre à Orchidées avec le 
moins de symétrie possible et à intercaler des plantes à feuillage 
panaché, par exemple Bertolonia Van Houttei et autres, Fittonia 
Pearcei et argyroneura , Maranta Li'nden i, M. Massanyeana , Panicum 
variegatum, Adiantum et surtout quelques plantes en fleurs d'An- 
thurium Scherzeinanum dont la belle couleur rouge relèvera la 
monotonie d'une serre, quand les fleurs y sont rares. 

La deuxième partie est intitulée : « Gouvernement des serres à 
Orchidées. » Nous aimerions à donner des extraits des chapitres 
les plus intéressants, mais malheureusement nous sommes restreint 
par l'espace et obligé de passer sans nous arrêter. Cette pattie 
comprend différents chapitres sur la température des serres, les 
thermomètres ordinaires, àminima et à maxima, paillassons, hu- 
midité, lumière, ombr*age, ventilation, arrosage et engrais. M. du 
Buysson a obtenu de bons résultats en se servant de guano du 
Pérou. N'ayant jamais fait usage d'engrais pour nos Orchidées, 
nous ne pouvons donner notre expérience personnelle. Nous 
conseillons aux amateurs d'essayer à leur tour, mais avec prudence, 
et de communiquer à la Société les résultats qu'ils obtiendront. 
La troisième partie intéressera beaucoup le praticien. L'auteur y 
traite avec énormément de justesse du groupement horticole des 
Orchidées dans les trois compartiments de sa serre; nous engagerons 



11^ RAPPORTS. 

en plus tout amateur qui ne tient pas à risquer la vie de ses plantes 
en les mettant dans les appartements (nous ])arlons par expérience) 
à faire construire, attenant à sa serre, un pavillon où il pourra 
exposer ses Orchidées, au moment de la floraison. Ea ayant soin 
de tenir cette partie à une température convenable et sans humi- 
dité, on y conservera longtemps des fleurs qui, laissées dans leur 
serre ordinaire, perdraient vite de leur beauté. 

Il est donné au chapitre xvi une description de serre à Odonto- 
glossum qui nous paraît répondre on ne peut mieux aux besoins des 
plantes de ce genre; nous conseillerons de ne jamais en faire con- 
struire sans y mettre au moins deux tuyaux de chauffcige, car il 
faut pouvoir les garantir contre les froids rigoureux. En parlant 
des matériaux de plantation, l'auteur dit se servir de paniers faits 
de bois de sapin raboté puis peint; nous préférons de beaucoup le 
bois naturel avec son écorce. Nous faisons usage depuis de longues 
années de branches d'Orme galeux ; on les coupe vivantes et on 
s'en sert Tannée suivante. Pour les Phahcnopsis, nous conseillons 
de les mettres sur bûchettes de Poirier ou de Pommier, coupées 
vivantes et que l'on emploie la deuxième année; on pose ces bû- 
chettes dans un pot avec du charbon de bois et du sphagnum. 

Les chapitres sur la multiplication, ainsi que ceux sur les mala- 
dies et sur les insectes, doivent être lus ayec soin par toutes les 
personnes intéressées. 

La quatrième partie, qui est la plus longue, contient une mono- 
graphie complète des espèces et variétés connues d'Orchidées. A 
chaque genre est joint l'exposé de la culture, puis la descrip- 
tion des différentes espèces. Cette description est faite avec beau- 
coup de soin et d'une façon fort claire. L'écrivain a eu raison de 
donner la traduction française de la phipart des noms latins 
(pourquoi pas tous?); c'est un grand point de répère pour les per- 
sonnes qui ignorent le latin ; par exemple : Odontoglosaum vexil' 
larium (porte-étendard) REicuENJBAcn ; Illustration, vol. XX., pi. 
443; Flore, vol. XX, page 2058 » Suit la description de la plante et 
aussi, pour beaucoup, par qui elle a été découverte, où et quand 
elle a fleuri pour la première fois en Europe. 

Nous ne voulons pas terminer cette trop courte notice sans dire 
qu'à un point de vue au moins, nous ne sommes pas d'accord avec 



BÉGONIAS TUBÉREUX DE MM. COUTURIER ET ROBERT. 113 

l'honorable auteur. Dans sa préface, M. le comte du Buysson dit 
ceci en parlant des Orchidées: « Leur mode de végétation si anor- 
mal ferait croire qu'elles sont très-délicates et que leur culture 
présente de sérieuses difficultés. Il n'en est rien pourtant. Je ne 
connais pas de plantes plus robustes et de vie plus tenace : il faut 
les tuer pour les voir périr. » Tel n'est pris notre avis ; nous conti- 
nuerons à considérer, et cela avec beaucoup d'autres horticulteurs 
et amateurs, les Orchidées comme demandant beaucoup de soins 
et des connaissances spéciales. Pour beaucoup, comme par 
exemple pour des Cattkya, Saccolabiwn^ Vanda, Odontoglos- 
sum, etc., etc., nous avons failli perdre et nous avons même, dans 
certains cas, perdu des plantes qui étaient restées un jour ou deux 
dans les appartements, et cela malgré les plus grandes précau- 
tions. Souvent aussi une plante que l'on a cultivée avec succès 
dans un endroit dépérit ; on l'examine attentivement, on ne 
découvre rien ; on la change de serre, on lui donne un traitement 
différent et malgré tout la plante me^rt. 

L'ouvrage de M. du Buysson est un ouvrage éminemment utile, 
fort bien écrit et contenant 550 pages dont on ne devra passer 
aucune sans la lire. Par la modicité de son prix (6 fr.), il esta la 
portée de tout !e monde, et nous engageons toute personne qui pos- 
sède des Orchidées à se le procurer chez Téditeur, M. Goin, rue 
des Écoles, 62, à Paris. Nous croyons pouvoir prédire qu'après en 
avoir fait la lecture, elle augmentera sa collection dOrchidées. 



Rapport sua le> cultures de Bégonias tubéreux de MM. Kobert 
ET Couturier, horticulteurs a Chatoïï (Seine-et-0ise); 

M. Lequin, Rapporteur, 

Messieurs, 

A la suite d'une demande à elle adressée par MM. Robert et 
Couturier, horticulteurs, la Société centrale d'Horticulture de 
France a décidé, dans sa séance du 8 octobre dernier, qu'une 
Commission prise dans son sein se rendrait, le 12 de ce même 
mois, à Ghatou, à l'effet de visiter les Bégonias tubéreux que ces 
Messieurs cultivent sur une assez grande échelle. Celte Commission 



/H4 RAPPORTS. 

était composée de MM. Pigny, Lequin, Fontaine (Gaston), Bauer, 
Vincent, Fontaine (Joseph) etliouchet. A l'exception de ces deux 
derniers, dont la Commission a regretté l'absence, tous ces 
Membres se rendirent à Chatou, au jour fixé. M. Drouet, ingénieur 
et jardinier en chef de la ville de Paris, accompagné de M. Mathieu, 
horticulteur à Passy, ainsi que M. Drevault, jardinier en chef à 
l'École de pharmacie, se joignirent à eux. 

Tout d'abord, • votre Commission remercie vivement ces 
Messieurs de lui avoir fait l'honneur de l'accompagner dans cette 
visite horticole et de lui avoir apporté le concours de leurs lumières. 

A C'i sujet, le Rapporteur, au nom de la Commission, croit 
devoir rappeler qu'il est toujours utile que quelques Membres 
s'adjoignent librementaux Commissions chargées de visiterles cul- 
tures et participent à leurs travaux; car il arrive souvent que 
plusieurs Membres délégués se trouvent, par suite de circon- 
stancfis imprévues, dans l'impossibilité de remplir leur mandat. On 
ne saurait donc trop louer et remercier les Membres de notre 
Société qui se dévouent à ces intéressants travaux. 

A l'arrivée des Membres de la Commission à la gare de Chatou, 
MM. Robert et Couturier, qui les attendaient, les reçurent de la 
manière la plus gracieuse et les conduisirent ensuite dans leurs 
cultures. 

Avant de commencer ses travaux, la Commission se consti- 
tua ; elle nomma pour son Président M. Pigny et pour Rappor- 
teur M. Lequin ; puis elle procéda à l'examen" faisant l'objet de 
sa réunion et dont voici le résultat : 

L'établissement que dirigent MM. Robert et Couturier est divisé 
en deux parties parfaitement situées. Dans la première se trouve 
la maison d'habilatiqn ainsi que tout le matériel horticole. Ce 
matériel se compose d'une grande serre adossée à un mur d'une 
très-grande étendue ; au bout de celte grande serre se trouve un 
pavillon pouvant servir de rempotoir ou de logement pour les 
grandes plantes, local souvent nécessaire dans un établissement. 

A la suite de ce pavillon est une petite serre à multiplication 
indispensable à tout établissement d'horticulture. Presque en face 
se trouve une serre hollandaise tempérée, d'une assez grande lon- 
gueur ; le tout est d'une bonne construction, fait avec économie 



BÉGONIAS TUBÉIIEUX DE MM. COUTURIER ET ROBERT. 415 

et intelligence. Un carré de châssis de couche relié avec les 
serres complète ce matériel, qui constitue un très bel ensemble. 
L'autre partie du jardin nous a paru entièrement réservée aux 
plantes de pleine terre. 

Dans chacune des deux parties de cet établissement se trouvent 
placés ces jolis Bégonias dits erecta qui ont tout d'abord frappé 
nos yeux. Nous devons vous dire, Messieurs, que nous avons été 
émerveillés à la vue d'une culture si importante. Tous ces Bégonias 
sont cultivés en pleine terre, soit dans des bâches à l'air libre, soit 
en planches, soit disposés en plates-bandes ; ils sont tous en par- 
fait état, et. témoignent d'une culture bien entendue et parfaite- 
ment suivie. C'est ainsi que la Commission a pu les admirer 
dans toute leur beauté, car ils sont presque tous sortis de ce beau 
type connu sous le nom à'intermedia. Nos honorables collègues 
cultivent les Bégonias depuis plusieurs années, et ils sont arrivés, 
par le bon choix de leurs graines et par plusieurs semis successifs, 
à un grand degré de perfection comme forme de fleurs et tenue des 
plantes. Leur but, parait-il, serait d'obtenir des plantes bien fixées 
et se reproduisant très-exactement par la voie du semis, afin de pou- 
voir composer des massifs ou des plates-bandfs avec des plantes 
d'un même coloris. Nous avons donc, Messieurs, constaté un grand 
progrès dans la culture de ces Bégonias erecta et notamment, nous 
ne saurions trop le répéter, dans la bonne tenue des plantes. La cou- 
leur dominante est surtout le rouge, et la beauté de ces fleurs, qui 
sont d'une forme parfaite, produit dans son ensemble un effet ma- 
gnifique. Cependant, Messieurs, nous devons vous dire que, malgré 
le bon soin dans le choix aes graines que nos collègues ont dû ap- 
porter pour faire ce semis de Bégonias, nous avons été étonnés 
d'y trouver mélangées un certain nombre de plantes à petites 
fleurs très-ordinaires, ayant des coloris qu'il nous serait très-dif- 
ficile d'expliquer. Cela nous prouve, ce qui est d'ailleurs presque 
incontestable,que les Bégonias ont une tendance à retourner à leur 
type primitif. Il est donc de toute nécessité que MM. Robert et 
Couturier apportent le plus grand soin dans le choix de leurs 
porte-graines, afin d'éviter de retomber dans nos premiers types; 
car il ne suffirait que d'un mauvais choix de graines pour détruire 
tout le travail de plusieurs années de persévérance. Comme en 



1 1 6 RAPPOBTS. 

culture et en améliorations le champ est très-vaste, ces Messieurs 
ont l'espoir d'obtenir un jour un rose et un blanc à grandes 
fleurs, se reproduisant aussi par le semi?, afin d'arriver à compo- 
ser les plus heureux contrastes dans la décoration de nos par- 
terres. Votre Commission a engagé ces habiles horticulteurs à 
poursuivre le but qu'ils se proposent et à tâcher que ces plantes 
soient un jour nettement fixées. Le nombre des Bégonias, que votre 
Commission a examinés attentivement, peut être évalué environ 
à 4 ou 5 Où 0, et, après un examen sérieux, elle a cru devoir en 
désigner spécialement quelques-uns qui lui ont paru dignes de 
figurer dans nos meilleures collections. Elle s'est arrêtée à quatre 
seulement. Ce nombre vous paraîtra sans doute bien restreint par 
rapport à la si grande quantité qui vient d'être indiquée ; mais 
nous avons cru devoir êtie sévères dans notre choix, ne voulant 
nommer que des plantes vraiment méritantes. 

Voici les noms et les descriptions de ces Bégonias : 

\° M. Lequin^ plante d'une bonne tenue, sortant bien ses fleurs 
du feuillage ; fleurs portées sur un solide pédoncule, d'un coloris 
vermillon foncé ; très florifère, plante extra. 

2° M.Pignij, plante très vigoureuse, à très-grandes fleurs, d'une 
forme parfaite, d'un coloris groseille légèrement carminé ; bonne 
tenue. 

3" M. Mathieu, plante très florifère, à grandes fleurs cerise^ 
centre légèrement lavé de blanc ; tenue parfaite. 

4° M. Henri Couturier, plante d'une tenue irréprochable ; fleurs 
portées sur pédoncules courts, d'un coloris vermillon couleur 
orange ; assez florifère. 

Mais les Bégonias tubéreux ne sont pas le seul objet des cultures 
de MM. Robert et Couturier ; ils font encore plusieurs genres de 
plantes de serres, telles que les Dracxna rubra^ congesta et mdïvisa 
qui sont disposés dans des bâches ou en serre et parfaitement cul- 
tivés. Tous ces ûracsena, encore jeune?, sont rempotés par trois 
dans des pots à bords de <3 à 1 4 centimètres ; ils ne paraissent 
nullement soufl'rir de ce traitement, car ils jouissent tous d'une 
santé parfaite et poussent très vigoureusement. Cette manière 
d'opérer nous a paru commode et économique, surtout pour les 
jeunes plants. Nous avons aussi remarqué un semis d'Aralias et 



BÉGONIAS TÏÏBÉREUX DE MM. CODTUniEa ET ROBERT. 4^7 

•de Phormium tenax ayant déjà de3 à 4 feuilles, ainsi que des 
plants de Palmiers dans les espèces ordinaires, le tout en bon 
état de culture. Une certaine quantité de Ficus placés dans une 
serre et disposés pour la multiplication ont été encore l'objet de 
notre attention. Mais ce que votre Commission a regretté de ne 
pouvoir juger, c'est une serre renfermant environ 1 500 Gloxi- 
nias, les fleurs de ces plantes étant malheureusement passées. 
Leur culture nous a paru parfaitement suivie et nous avons pu 
toutefois nous faire une idée de la beauté de leur floraison par la 
quantité de fleurs passées qui restaient sur chaque pied. Toutes 
ces plantes de serre servent à nos collègues pour la décoration 
des appartements, des serres, etc. Les plantes molles, telles que 
Pelargonium zonale, Pétunias, Coleus, etc., sont aussi d'une 
certaine importance dans cet établissement; elles servent à la 
décoration des massifs et parterres pendant la belle saison. La mo- 
saïculture s'y trouve également représentée par les AUemanthera^ 
Echeveria, Sedum, etc., ce genre de garniture étant très à la 
mode dans ce charmant pays. Joignons à cela quelques fleurs 
printanières, telles que : Pensées, Giroflées, Silènes, Myosotis, et 
vous aurez, Messieurs, une idée de la quantité de plantes que 
cultivent MM. Robert et Couturier. La totalité de ces produits 
trouve son écoulement dans Chatoa et aux environs. 

On peut dire que cet établissement est une véritable fabrique 
dont chaque atelier est parfaitement tenu. Tout y est bien compris 
comme matériel et culture, et votre Commission a pu constater 
qu'elle avait devant elle des travailleurs et des hommes inteUi- 
gents, méritant l'attention de notre honorable Société. 

Elle a donc l'honneur de solliciter en leur faveur le renvoi de 
€6 Rapport à la Commission des Récompenses. 

Elle gardera le meilleur souvenir de l'accueil sympathique 
qu'elle a reçu et de l'excellente impression qu'elle a rapportée de 
la visite de ces cultures. 



l'IS COMPTES EENDUS d'EXPOSITIONS. 

COMPTES RENDUS D'EXPOSITIONS. 

Compte rendu de l'Exposition tenue par la Société d'Horticulture 

autunoise, a autun, lis 7, 8 et 9 sept. 1879 ; 

Par M. Michelin. 

Messieurs, 

La Société Autunoise d'Horticulture avait organisé une Expo- 
sition qui, conformément au programme, a eu lieu les 7, 8 et 9 du 
mois de septembre dernier et à laquelle étaient conviés à prendre 
part tous les horticulteurs, amateurs ou commerçants sans dis- 
tinction de résidence; les Jurés devaient être rendus à Autun dès 
le 6 septembre. 

Ayant été désigné par M. le Président de notre Société, dans la 
séance du l'a juin, pour prendre part aux opérations du Jury, je 
me suis trouvé à Autun au jour indiqué. 

La Société de cette ville, Messieurs, remplit sa mission avec 
zèle et régularité ; dans des Expositions périodiques, elle cherche 
à entretenir l'activité des producteurs, et par l'attrait des belles 
plantes qui sont exhibées elle s'efforce d'entretenir le goût des 
consommateurs et desamateurs et de le développer le plus possible. 

L'Exposition avait lieu au collège, dans les salles du bâtiment, 
comme en plein air et dans le jardin, même sous une tente élevée 
à dessein : on profitait ainsi de l'absence des élèves en vacances. 

Avant de me rendre à la réunion du Jury, j'ai parcouru cette 
ville située à 287 mètres au-dessus du niveau de la mer, d'une 
population de 12 000 âmes, placée au centre d'un beau pays 
où la vue se prolonge agréablement jusqu'aux célèbres coteaux de 
la Bourgogne. La ville d'Autun est ancienne, paisible ; les habi- 
tants des grands centres agités la regarderaient peut-être même 
comme un peu triste. Elle donne beaucoup â réfléchir, à étudier et 
même à discuter sur son passé d'origine romaine, dont les preuves 
d'antiquité sont palpables, par les ruines apparentes, compae aussi 
par les vestiges que le sol recouvre et que les fouilles mettent par- 
fois au jour. 

Autun est une ville de nos jours laissée à l'écart et qui, aban- 



EXPOSITON d'autan. 1 t 9 

donnée par l'industrie active, a vu successivement réduire des deux 
tiers le périmètre qui Tenveloppait du 'temps des Romains el 
dont les anciennes limites, encore très-appréciables, sont attestées 
par les anciens remparts et les deux grandes portes romaines, 
sortes d'arcs de triomphe d'Arroux et Saint-André, qui sont encore 
debout et solides. 

Les monuments du moyen âge se réunissent à ceux de l'époque 
gallo-romaine et parfois même se confondent avec eux. 

La cathédrale, remontant au xi® siècle, ancienne chapelle des 
ducs de Bourgogne, est un monument historique qui a été agrandi 
et remanié vers l'année 1463, et qui est sis au point culminant de 
la ville qui, elle-même, s'étend sur la déclivité d'un plan incliné. 
L'Évêché, l'un des édifices les plus imposants, est établi dans l'an- 
cien palais des ducs de Bourgogne et en partie sur une fondation 
romaine. Le petit séminaire est dû à Louis XIV et les jardins en 
ont été dessinés par Lenôtre; le grand séminaire occupe les bâti- 
ments d'un ancien hôpital et j'y ai vu un jardin fruitier dont j'au- 
rai l'honneur de vous entretenir dans une note spéciale. Je termi- 
nerai cet aperçu bien sommaire en vous disant qu'Âulun est le 
centre d'un important bassin houiller et qu'après en avoir parcouru 
.les divers quartiers, je siiis resté persuadé que les habitants doivent 
y vivre sous l'influence d'une vie paisible qui doit les porter tout 
particulièrement à la culture des jardins. J'arrivai à l'Exposition 
avec la pensée que j'en verrais lapnuveet, sous ce rapport, je ne 
fus pas trompé. 

D'après le programme, quatorze concours divers étaient ou- 
verts; un quinzième était réservé pour les cas imprévus; tous 
n'ont pas été remplis. 

Mes collègues du Jury étaient M. Chauvelot, professeur d'Horti- 
culture à Besançon; M. Heniy fils, de Dijon ; M. Gaillard, de 
Gbâlon ; MM. Sirdey et Beliœuf, tous deux horticulteurs-amateurs 
à Autun. 

Je ne citerai que les concurrents qui ont eu droit à des récom- 
penses d'une certaine importance. 

i®"" CONCOURS. — Légumes. 

Le premier concours, dit d'ensemble, avait pour objet la culture 
des légumes. Les lots dans cette partie n'ont pas été nombreux; 
mais ils ont été très-importants et méritants. 



120 CCMPTES EENDUS d'eXPOSITIONS. 

W. Plks-t, maraîcher, placé au piemier rang, a obtenu une 
médaille d'cr pour un lot nombreux et tiès-bien assorti en fort 
beaux spécimens. 

Encore très satisfaisant a été le lot de M. Périgneux, autre ma- 
raîcher, auquel a élé décernée une médaille de vermeil. 

Enfin, au troisième rang, est arrivé M.Sarf,raarchandgrainier, 
qui a été récompensé au moyen d'une médaille d'argent. 
• 2^ ET 3e co^cou[lS. — Légumes. 

Djus des concours spéciaux pour les Choux et salades, puis pour 
les plantes tuberculeuses, les Pois et H<iricots, ces mêmes 
horticulteurs ont reparu, pour des médailles d'argent et de 
bronze. 

4® COKCODRS. — Ensemble de fruits à pépins et à noyau. 

Malgré tout ce que l'année a eu de défavorable dans le pays 
pour cette culture, M. FiUion Jeannot a mérité la médaille d'or qui 
avait été promise au plus méritant. 

6* CONCOURS. — Arb7'es et arbustes. 

Une médaille d'or destinée au concours pour les arbres et arbustes 
d'ornement a été attribuée à M. Fillion Jeannot, pépiniériste à 
Autun,déjà nommé; une d'argent grand module à M. Poizeau 
(Claude), fils, horticulteur de la même ville et une d'argent petit 
format à M. Charollois, horticulteur au Creuzot, qui, au profit des 
amateurs qui n'ayant pas de murs d'espaliers voudront conquérir 
des Poires de Doyenné d'hiver, a introduit dans la contrée le 
système des arbres fruitiers cultivés en pots de M. Firm.Chappellier . 
dont nous avons souvent vu les œuvres à Paris. 

7* CONCOURS. — Plantes feuries et ornementales. 

Après les arbres et arbustes, les plantes fleuries et ornementales 
pour lesquelles MM. Poizeau jeune et Poizeau (Claude), fils, ont lutté 
et ont laissé dans l'embarras le Jury qui. a donné à chacun une 
semblable médaille de vermeil, destinant celle d'argent grand 
module à M. Bourgeois, fils, maraîcher à Autun. 

9« CONCOURS. — Bouquets montés. 

Il y a eu de la concurrtnce pour les bouquets montés qui ont 
paru être en faveur dans le pays ; les œuvres des Exposants 
étaient empreintes de goût et le Jury a décerné : 

Une médaille de vermeil à M. Poizeau (Claude), fil- ; 

Une d'argent giand module à M. Poizeau, jeune 



EXP>.S1TI0-N d'aUTUN. 121 

Une d'argent ordinaire à M. Bourgeois, fils, déjà nommé. 

Tout a élé embrassé dans le cadre qui précède à l'égard des 
horticulteurs de profession ; mais la Société, voulant encourager et 
récompenser tous les efforts, ceux des cultivateurs voués exclusi- 
vement à l'horticulture comme ceux des amateurs qui en satisfai- 
• sent leur goût soutiennent l'industrie des premirs, a ouvert un 
concours spécial pour les amateurs ou les jardiniers travaillant 
pour eux. Les subdivisions ont été les suivantes : 

10* et 8* CONCOURS. — Plantes fleuries et ornementales; fleurs 
coupées. 

A M. Gonot (Gabriel), jaidinier à Dijon, une médaille d'argent 
petit module. 

A M.Thibaut, jardinier à Autun, une méJaille semblable. 

\\^ coscouRS. — Les meilleurs et les plus beaux fruits. 

M. Thibaut, à Autun, d'éjà nommé, une grande médaille d'ar- 
gent. 

M. Delhomme, jardinier à Autun, médaille du même ordre. 

M. Cottin, amateur à Autun, petite médaille d'argent. 

42^ CONCOURS. — Ent?'e les Instiluteu7'S. 

M. Graillot, instituteur communal à Autun, s'applique à don- 
ner à ses élèves des leçons qu'il compose de telle sorte qu'elles 
profitent à l'horticulture, d'une manière qui est avérée. Une mé- 
daille d'argent a été oflerte à cet instituteur zélé en raison des 
services qu'il s'efforce ainsi de rendre à l'horticulture. 

CONCOURS IMPRÉVUS. 

Je termine en donnant une mention à la mosaïculture, cette 
fantaisie à la mode et qui joue en ce moment un rôle important 
dans l'ornementation des jardins. On peut ne pas en aimer les 
coquetteries apprêtées, mais cet art a une place dans la pratique 
et on doit tenir compte du talent qui s'y révèle. 

M. Pozieau ( Claude ), fils, a fait dans ce genre un travail dont 
le Jary a qualifié la réussite en décernant à son auteur une mé- 
daille d'argent grand module. 

Pour des lots de plantes propres aux suspensions, M. Poizeau, 
jeune, a obtenu une grande médaille d'argent et M. Poizeau 
(Claude), fils, une de petit module. — Ce dernier a présenté, à côté 
de ses autres plantes de suspension, quelques exemplaires d'un 



12*2 COMPTES RENDUS d'ëXPOSITIOMS. 

Fuchsia pleureur, gain acquis par lui au moyen d'une semence, 
arbuste très-bien caractérisé, jugé propre aux suspensions et 
qui seul a valu à son obtenteur une médaille d'argent grand 
module. 

Celte plante a attiré l'attention du Jury. 

Il est dans les habitudes de la Société d'Autun de laisser aux 
lauréats le droit d'opter entre les médailles décernées et leur va- 
leur équivalente en numéraire. 

Je cite cette particularité sans commentaires, par cela même 
qu'elle révèle une mesure rarement appliquée et qui cependant 
aurait parfois de l'opportunité. 

1 3° et 1 i® CONCOURS. 

Un treizième et un quatorzième concours faisaient appel aux ex- 
posants d'objet d'art et d'industrie horticole. 

Je ne m'attache pas à des instruments et objets de ferronnerie 
et de quincaillerie en assez grand nombre déjà signalés dans pres- 
que toutes les Expositions, ou légèrement modifiés ou même amé- 
liorés; je me renferme plus régulièrement dans mon sujet horti- 
cole en ne vous citant que des plants de parcs et jardins, dénotant 
de l'entente et du goût, qui ont été exposés par M. Jaux, architecte 
paysagiste à Avallon, et qui lui ont valu une médaille d'argent. 

En résumé, dftns cette Exposition, on remarquait des lots bien 
composés et bien assortis, de bonnes plantes et un ensemble dé- 
notant que l'horticulture est dans un état satisfaisant à Autun, 
ville qui avait fourni presque tout ce qui composait l'exhibition. 

Rien, Messieurs, n'étonne un Délégué de notre Société, quand, 
arrivant en votre nom pour remplir une mission, il est bien reçu 
par les membres d'une Société départementale qui a demandé 
notre concours; néanmoins, c'est un devoir de reconnaissance 
pour lui, devoir que je viens remplir aujourd'hui, de rendre un 
public hommage aux sentiments de bonne confraternité qui 
inspirent ces hôtes qui savent accueillir avec une si délicate cor- 
dialité ces collaborateurs étrangers, venus de loin pour prendre 
part à leurs fêtes horticoles. 

Quant à moi, Messieurs, m'étant trouvé pour la première fois 
au milieu des membres de la Société Autunoise, je puis dire en 
toute sincérité que j'ai été profondément touché de leur gracieux 



REVUE BIBLIOGRAPHIQUE ÉTRANGÈRE. 1*23 

accueil, de l'affdbilité de M. le marquis de Saint-Innocent, leur 
honorable Président, membre de notre Société parisienne et que 
j'en conserverai un bien agréable souvenir. 



REVUE BIBLIOGRAPHIQUE ÉTRANGÈRE. 



Gardeners' Chronicle. 

Cypripedinm Sfastersiannm Reichb. t., Gard. Chron., 26 jnill. 
4879, p. 102. — Cypripède de Masiers. — Iles delà Sonde. — (Or- 
chidées). 

Curieuse nouveauté dont les grandes fleurs rappellent celles du 
Cypripedium insigne^ tandis que ses feuilles ressemblent à celles 
des espèces du groupe du C. venustwn, seulement avec les ma- 
cules en damier beaucoup moins marquées. Comme espèce, elle 
est voisine du C. Bulhnianum. Son pédoncule floral est vigou- 
reux, allongé, rouge-pourpre foncé. L'ovaire de sa fleur est arqué, 
très-velu : le sépale supérieur est large, ovale, vert, avec une 
large bordure blanche j le sépale inférieur, formé par la con- 
fluence des deux latéraux, est beaucoup plus petit, vert, bidenté 
au sommet ; les pétales sont très-larges, obtus, de couleur de 
cuivre, avec de nombreux points de couleur foncée; le labelle est 
brun, bordé de jaune d'ocre, très-renflé. — Cette jolie espèce a été 
introduite par ME. Veitch.|j 

Pratia ang:nla<a D. HooK. — Gard. Chron., 2 août 1879, p. 136. 
— Pratia aDguleux. — Nouvelle-Zélande. — (Lobéliacées). 

Charmante petite plante rampante, parfaitement rustique et 
qui est très propre à orner desrocailles ; elle a été importée dans 
l'établissement de MM. Veitch par M. Peter Veitch. Sa tige ram- 
pante, grêle, ports des feuilles brièvement pétiolées, un peu 
épaisses, presque orbiculaires, bordées de grandes dents qui sont 
presque des lobes. De l'aisselle de ces feuilles partent des pédon- 
cules grêles, longs de Om 05, sacs bractée; les fleurs sont blanches; 
larges d'environ 0°" 012, nombreuses et bien dégagées du feuillage. 



124 REVUE BlBL:OGnAPHIQUE ÉTRANGÈRE. 

Cette plante sera trè-propre à orner non-seulement les rocailles, 
mais encore le bord des plates-bandes. 

Zin^iber coloratnm N.-E. Br., Gard. Chron., 9 août 1879, p. 166. 

— Gingembre coloré. — Bornéo. — (Zingibéracées). 

Nouvelle plante appartenant à la section de son genre que ca- 
ractérisent des inflorescences radicales. Elle a été découverte par 
M. Burbidge, dans la partie nord-ouest de l'î e de Bornéo, et in- 
troduite par lui dans rétablissemerlde MM. Veitch comme espèce 
d'ornement. Elle n'a pas grand intérêt, son inflorescence étant peu 
visible, en raison de sa situation dans le bas des pieds. Ce qu'elle 
offre de plus élégant, ce sont ses bractées qui sont d'un rouge vif 
avec une bordure blanche. 

Dracoccphaliim Riiyschiana là., var. japoniciim A Gr\Y. — 
Gard.Ckron., 9 août 5 879, p. 166, fig. 29.-- Dracocépbale de Ruysch 
var. japonais?. — Japon. — (Labiées). 

Le Dracocephalum Ruyschiana est un vieil habitant de nos 
jardins, où cependant il est devenu rare dans ces derniers temps. 
Il croît naturellement sur les montagnes de l'Europe centrale, du 
Caucase, de l'Altaï, ttc; mais, en 1859, M. Asa Gray nous a appris 
que le Japon en possède une variété assez belle pour faire meil- 
leure figure dans les plates-bandes que le type même de* l'espèce. 
C'est celte variété que M. Mories a envoyée à l'établissement de 
MM. Veitch. C'est une plante herbîrcée-vivace, haute de 0™ 50 à 
€™60, ramifiée dès sa base, dont les fleurs violet-bleu sont 
longues de O" 04, en plusieurs faux-verticilles rapprochés presque 
tous dans le haut de la tige; M. Ma; ters vante beaucoup l'tfïet 
qu'elle produit. 

Psychotrîa jasmînifloraMA&T. ,Ga?'CÎ. C^ron., 16 août 1879, p. 2C0, 
fig. 33-34. — Pàycbolrier à fleurs de Jasmin, — Brésil méridional. 

— (Rubiacées). 

Ce bel arbuste de serre chaude a été décrit par MM. Linden et 
André, dans Vlllustration horticole, 1871, Î^VllI, pi. .60, comme 
le type d'un genre nouveau, sous le nom de Gloneriajasminiflora; 
mais MM. Benlham et Hooker ont acquis la certitude que la créa» 



PLANTES NOUVELLES OD RARES. 125 

lion de ce genre repose sur de mauvais échantillons qui ont induit 
en erreur MiM. Linden et André, et que leur Gloneria est un véri- 
table Psychotria, qui devient dès lors le Ps. jasminiflora. Cette 
espèce forme un joli arbuste à feuilles ovales-lancéolées, entières, 
aiguës, brièvement pétiolées, et dont chaque rameau se termine 
par un grand corymbe hémisphérique et assez £erré de fleurs blan- 
ches qui mesurent environ O"» 03 de largeur. Ces fleurs ont la 
corolle à quatre lobes ovales-oblongs, obtus, étalés, à peu près de 
la même longueur que le tube qu'ils surmontent ; leurs étamines 
dépassent beaucoup la gorge de la corolle. 

Alocasia scabriascala N.-E. Br., Gard. Chron., 6 septembre 1879, 
. p. 296. — Alocase un peu s cabre. — Boraéo. — (Aroïdées). 

Cet Alocasia n'a pas l'élégance de certains de ses congénères 
tels que A. Loivii, metallica^ Thibautiana; mais il a par com- 
pensation le mérite des fortes proportions, car il est l'une des plus 
grandes espèces de son genre. Il a été découvert par M. Burbidge, 
dans la partie iiord-ouest de l'î'e de Bornéo, et introduit par ce 
voyageur dans l'établissement de MM. Veitch. C'est une plante 
haute de 1m 30 à 1^50, dont le rhizome épais de 0^07 à 
0"^ 08 s'élève quelque peu au-dessus de terre. Ses grandes feuil- 
les ont un pétiole long de 1 mètre ou un peu plus et un limbe 
presque cartilagineux, en fer de flèche, étalé, long de G™ 55 à 
.OmSO, large de 0™ 30 à O'^ 45, à bords légèrement sinueux 
.et ondulés ; la côte médiane, les nervures principales et le pétiole 
de ces feuilles sont un peu rudes au toucher, d'où a été tiré le nom 
de l'espèce. Les inflorescences sont ramassées au centre de la 
plante, portées chacune sur une hampe haute de Om 15 à 0™ 20, 
qu'embrassent par deux de longues gaines rougeâtres. Dans cha- 
cune, la spathe est blanche tant en dehors qu'en dedans, avec 
l'extrémité verle; elle est longue de 0™ 12 et forme, dans son tiers 
inférieur, un tube ovcïde. — Celle plante est deserre chaude. 

€ra8sala impressa N. E. Ba., Gard. Chron., 13 sept. 1879, p. 328. 
— Crassule à fossettes. — Afrique australe (?) — (Crassulaeées) . 

Cette nouvelle plante est cultivée dans le Jardin botanique de 
Kew sans qu'on sache au juste de quel pays elle y a été envoyée ; 



4 26 REVUE BIBLIOGRAPHIQUE ÉTRANGÈRE. 

mais il et très-probable qu'elle est originaire de l'Afrique australe. 
Elle est voisine du Cra&sula Bolusii qui, comme elle,o2re des dé- 
pressions ou fossettes à la face supérieure de ses feuilles, mais 
plus larges et moins nombreuses. C'est une plante herbacée-vi- 
vace, très petite, dont les feuilles radicales, au nombre de six à 
une douzaine, forment une petite rosette lâche et sont épaisses, 
planes en dessus, convexes en dessous, linéaires-lancéolées, 
aiguës, longues dé 3 ou 4 centim,, ciliées, plus ou moins rougeâ- 
tres à leur face inférieure. Sa lige florifère feuillée ne dépasse pas 
0^ 10 de hauteur et supporte une cyme corymbiforme de fleurs 
rose vif, larges d'environ 0™ 08. 

Pescatorea Ijehmanni Reichb. F., Gard. Chvon,, i octobi 1879, p. 
424. — Pescatorée de Lehmann,— Amérique centrale. — (Orchidées). 

Magnifique plante découverte par M. F.-C. Lehmîinn, sur les 
Andes, à l'altitude de 300 à 400 mètres, là où la température est 
de 17 à 49" G. Ses feuilles sont rubanées, aiguës, longues d'envi- 
ron O'^ 30 ou un peu plus, larges de 0"^ 025 ; ses fleurs sont très 
grandes: leurs sépales et pétales oblongs et rétrécis en coin dans 
le bas, presque obtus, sont blancs, couverts d'une grande quantité 
de veines lilas, avec le labelle lilas intense, ayant sa portion anté- 
rieure oblongue, révolutée, obtuse, toute chargée de longues pa- 
pilles qui ressemblent à des soies, et la rendent très-hérissée. C'est 
une très belle espèce, mais qui ne paraît pas avoir été encore im- 
portée vivante en Europe. Ce sera, si elle est introduite, une re- 
marquable addition à un genre qui renferme déjà des plantes jus- 
tement recherchées par les amateurs d'Orchidées. M. Reichenbach, 
fils, dit que, en raison de sa beauté, il a été heureux de pouvoir la 
dédier au voyageur qui l'a découverte, et dont les explorations ont 
été fort profitables à la science. 



Le Secrétaire Rédacteur-Gérant : Impr. de E. DOMNAUD, rae Cassette, i , 

P. DUCHAKTRE 



OBSERVATIONS MÉTÉOROLOGIQUES. — JANVIER 1880. 427 



JANVIER 1880. 



OBSERVATIONS MÉTÉOROLOGIQUES FAITES PAR M. F. JAMIN, A BOURG-LA-REINE, 
PRÈS PARIS, (altitude 72m ENVIRON.) 







JOURS DE LA 


TEMPÉRATUnE 


HAUTEUR 

du baromètre. 


VEXIS 








û 




^^*-- ^ 


— ""^ 


' ""^ — 


■^ " 




ÉTAT DC CIEL. 






- 


SEMAINE. 


Minim. 


Maxim. 


Matin. 


Soir. 


dominants. 








1 


Jeudi. . . . 


+7 


+ 10 


765 


770 


s.o.,s. 


Couvert. 






2 


Vendredi. . 


+5 


+9 


770 


771 


s. 


Couvert, puis nuageux. 






3 


Samedi. . . 


—0,5 


+6 


774 


776 


0., N. 0. 


Clair. 






4 


Dimanche.. 


—2 


+1 


775 


774 


N. E., N. 


Couvert (brouillard intense de 2 
à 4 heures du soir). 






3 


Lundi . . . 





-U3 


773 


774 


N., N. E. 


Couvert, puis nuageux. 






6 


Mardi. . . . 


— 1 


— 1 


773 


777 


N. N. E. 


Couvert. 






7 


Mercredi . . 


2 


— ^,5 


777 


778 


N. E. 


Couvert. 






8 


Jeudi. . . . 


—4 


—2,5 


776 


774 


N. E. 


Couvert, 






9 


Vendredi. . 


—3,5 


2 


774 


774 


E. N. E. 


Couvert. 






40 


Samedi. . . 


—4 


+1,5 


773 


773 


N. N. E. 


Clair, puis nuageux. 






11 


Dimanche.. 


-O.o 


+1 


773 


774 


E. 


Couvert. 






12 


Lundi. . . . 


—8 





774 


773 


E. N. E. 


Clair. 






13 


Mardi. . . . 


—10 


-5 


773 


772 


E., S. 


Ciair, puis couvert. 






14 


Mercredi. . 


2 


+0,5 


767,5 


769 


S. E., N. G. 


Couvert (neige le matin). 






15 


Jeudi. . . . 


—0,5 


-1,5 


769 


767 


E.,O.N. U. 


Couvert. 






46 


Vendredi. . 


— 1 


—4 


764 


762 


S., N. 0., 0. 


Couvert (neige le matin, pluie 




















dans l'après-midi). 






17 


Samedi. . . 


-1-2 


+3 


760 


761 


E, N. E. 


Couvert (brouillard le malin). 






18 


Dimanche.. 


—3 . 


— l 


760 


764 


K. N. E. 


Couvert le m^tin, clair l'après- 
midi, couvert le soir. 






19 


Lundi . . . 


—6 


—4 


7f6 


774.5 


N. E. 


Clair (avec bise}. 






20 


Mardi. . . . 


—11 


—4 


773 


776,5 


N. 


Clair, puis nuageux, puis cou- 
-vert. 






21 


Mercredi. . 


—10 





776,5 


775 


N. G. 


Wuageux, puis couvert. 






22 


Jeudi. . . . 


2 


-J-2 


771 


767 


E., N. G. 


Couvert, avec quelques rares 
éclaircies (neige dans la soirée). 






23 


Vendredi. . 





+1 


769 


772 


N., N. E. 


Couvert, 






24 


Samedi. . . 


— 1 


+1 . 


771,5 


769 


N.E. 


Couvert, clair le soir à partir de 
5 heures. 






23 


Dimanche.. 


—9,0 


—6,5 


766 


766 


E., N. E. 


Couvert, clair le soir à partir de 
3 heures (givre). 






26 


Lundi . . . 


—12 


— 1 


767 


769 


E.,N. 


Sans nuage, mais un peu bru- 
meux. 






27 


Mardi.. . . 


—12 


—2 


769 


768,5 


N. 


Sans nuage, un peu brumeux dans 
le milieu du jour. 






28 


Mercredi . . 


—14,5 


2 


769 


767,5 


iN. N. E.,N. 


Clair. 






29 


Jeudi. . . . 


-14 


+4 


768 


768 


E, S. E. 


Sans nuage, mais un peu bru- 
'meiux. 






30 


Vendredi. . 


—7 


+0,5 


768 


770 


S., E. 


Sans nuage mais un peu brumeux; 
le soir, nuageux à l'horizon. 






31 


Samedi . . 


—6,5 


+2 


770 


771 


E., N. E. 


Brouillard le matin, quelques nua- 
ges dans l'après-midi, clair le soir. 





128 



OBiERVATIONS MÉTÉOROLOGIQUES. — FÉVRIER 1880. 

FÉVRIER 1880. 



OBSERVATIONS MÉTÉOROLOGIQUES FAITES PAR M. F. JAMIN, A BOORG-LA- REINE, 
PRÈS PARIS, (altitude 72™ ENVIRON.) 



JOURS DE LA 
SEMAINE. 



Dimanche 
Lundi. . . 
MarJi. . . 

Mercredi . 
Jeudi. . . 
Vendredi. 

Sanaedi. . 

Dimanche. 

Lundi . . 
Mardi.. . 

Mercredi. 

Jeudi. . . 

Vendredi. 
Sam'di. . 
Dimanche. 
Lundi. . . 
Mardi. . . 

Mercredi. 

Jeudi. . . 

Vendredi. 
Samedi. . 
Dimanche. 
Lundi . . 
Mardi. . . 

Mercredi. 
Jeudi. . . 

Vendredi. 
Samedi. . 
DimaDihe. 



TEMPERATLIIE 



Minim. 


.Maxim. 


—9 
—7 

— 


fo,o 

+".0 
-6 


—4,5 
-9 


+3,0 

-7 


— 4 


-9 


— 1 


rfS 


f4 


•!-S 


-1,0 


-^8 
+8.5 


f4,5 


fS 


-3 


4-6 


-0.3 
2 

-fi,o 

+6,o 


J-9 
J 8 
+11 
+1-2 
4-10,5 


-f^ 


+12 


+5 


+16 


+7 

—0,2 

+11 


-!-14,.^ 
4-13,5 

+il 
+8 
+4,2 2 



— { 


+2 
+6 


4-0,4 

2 

+6,1 


+8 

+9,5 

+11 



HAUTEUR 

du baromètre. 



771 
771 
773,; 

772 
768 
764 

739 

730 

T.")3 
7aU 

749 

7G0 

770 

763,; 

7d9 

743,; 

741 

750 

753 

733, i 
739 
735,1 
757 

763 

771 
766 

760 
7o3 
756 



771 

772,3 

773 

709. 5 
763, 3 
762 



734 

736 

730 
743 

759 

764 

767 
761 
732 
740 
748 

733 

■732, 5 

736 

758,3 

736 

760 

769 

770,3 
760 

758 
736 
757 



VEXTS 

dominants . 



S. E. 
S., S. F. 
S. E., E. 

.N. N. E. 
S. E. 
S. E. 

S. E. 

S, E., E, 

S. E., S. 
S. K. 

S., N. G. 

S. 

S., E. 
S. E. 

S. S. E.,E. 
S. E. 
S. E. 

S.,S. 0. 

S, S.O. 

S. S. 0. 
S. S.O. 
S.S.O.,N.N.O. 
N. 

N. N. E. 

.\. N. E. 

^s. s. 0. 

E.,S.,0. 

s. s. 0. 
s. 



f.T\r UU CIEL. 



Brouillard, nuageux, clair. 

Brouillard, clair. 

Brouillard intense, excepté dans' 
le milieu du jour. 

Brouillard intense surtout le matin. 

Brumeux, clair. 1 

Quelques nuages le matin et Icj 
soir, clair le reste .du jour. 

Nuageux puis couvert, pluie (ine 
une partie de l'après-midi. 

l'hue le matin, nuageux dans la 
journée, clair le soir. 

Nuageux, clair le soir. 

Nuageux, couvert, pluie à partir 
de 3 heures du soir. 

Pluie dans la nuit et une grande 
partie de la journée. 

Nuageux le matin et le soir, pluie 
dans le milieu de la journée. 

(louvert, nuageux, clair le soir. 

Nuageux. 

Petite pluiç dans la nuit, couvert. 

Pluie presque continue. 

Pluie d<<ns la nuit^c.l dans la ma- 
tinée, couver! l'après-midi. 

Pluie dans la nuit, couvert, quel-l 
ques averses. 

Nuageux et couvert aUernativement 
avec averses et grand vent. 

Nuageux, beaucoup de venl. 

Nuageux, pluie dans la soirée. 

Couvert, puis nuageux. 

Couvert. 

Couvert, le temps s'est sensible- 
ment refroidi 1 apçès-midi. 

Couvert. 

Couvert, avec quelques rares 
éclaircies, pluie fine l'après-midi. 

Nuageux, clair le soir. 

Brumeux le maiin, puageux. 

Couvert, quelques rares éclaircies. 



1 Température de l'après-midi. 
- Température du malin. 



CONCOURS OUVERTS DEVANT LA SOOIÉTÉ EN 1880. 

Concours permanetits. 

Médaille PeUier pour les Pentstemon. 

Prix Laisné pour récompenser l'aptilude au travail 

et la moralité des garçons jardiniers. 

(V. le Journal, 3= série, I, 1879, 

p. 691.) 

Concours annuels. 

Médaille Moynet pour les apports les plus'remarqua- 

bles, faits pendant l'année, au 
Comité de Culture palagère. 

Médaille du Conseil d'Administration, pour l'introduction ( ul'oblention de 

plantes ornementales méritantes. 
(V. le Journal, V série, XI, 4 877, 
p. 145.) 



PROCÈS-VERBAUX (1) 



SÉANCE DU \\ MARS I8S0. 
PûÉ&lDEKCE DE M, Hardy. 

La séance est ouverte à deux heures. Oa y comple 1 40 Membrei 
titulaires et 4 Membres honoraires. 

Le procès-verbal de la deiDière séance est lu et adopté. 

M. le Président proclame, après uu vote de la Compagnie, l'ad- 
mission de deux nouveaux Membres titulaires dont l?i présenta- 
tion a été faite dans la dernière séance et n'a pas soulevé d'oppo- 
sition. — Il annonce que M. Courcier, rue Tailbou^, 80, à Paris, 
faisant partie de la Société depuis 25 années révolues, a été admis 

(1) Une décision du Conseil d'AlminisIration a suspendu la publication 
des comptes relatifs à l'exercice '\H19 (voir le Journal, cahier de février 
4 880, p. 85). 

1-a Coturaission de RéJaclion déclare laisser aux auteurs des articles publiés 
dans le Journal la responsabilitc des opinions qu'ils y expriment. 

(Avis de la Commission de Réd;;clion.) 
Série 3. T. il. Cahier dj mars 1880 publié le 30 avril 1880. 9 



1 30 PROCÈS-VERBAUX. 

à l'honorariat, sur sa demande écrite, par le Conseil d'Aministra- 
tion, conformément à l'ailicle 4 du Règlement. 

M. le Sacrétaire-général informe la Société des pertes malheu- 
reusement nombreuses qu'elle -vient d'éprouver par le décès de 
MM. AUart, avenue Malakof, 11, Aude (Ernest), Dufetelle, horti- 
culteur, Esnault-Peltrie, Guérin (René), Hayaux-du-Tilly, Héri- 
court (Isidore-Stanislas), Lemoine-Montigny et Persin (G.-J.). 

Les objets suivants ont été déposés sur le bureau : 

1° Par M, Remy, père, horticulteur à Pontoîse (Seine-et-Oise), 
des échantillons d'une /^om^ne qu'il a obtenue de semis, à laquelle 
il donne le nom de Belle de Pantoise, et qu'il a déjà présentée au 
concours permanent ouvert pour les fruits de semis. — L'avis du 
Comité d'Arboriculture sur ce fruit est que la chair en est fine, 
tendre, passablement juteuse, acidulée, moyennement sucrée et 
manque d'arôme. C'est un fruit d'un assez beau volume et d'une 
longue conservation, m.ais seulement de qualité passable. 

2" Par M. Venteclaye, amateur, des Poires de Catillac, des 
Pommes d'Api et Calville de Saint-Sauveur. Ces fruits proviennent 
d'arbres qui ont été cultivés en caisses. La dégustation des Pommes 
n'y a pas fait reconnaître l'arôme normal et les a montrées sensi- 
blement acides. Cela tiendrait-il , dit M. le Secrétaire du 
Comité, à ce que les arbres qui les ont produites étaient plantés 
dans un sol mélangé d'une forte proportion de boue d'étang ? Le 
Comité désire que l'expérience de cette culture particulière soit 
renouvelée pendant une année moins défavorable, pour la qualité 
des fruits, que ne l'a été l'année 18T9. 

3» Par M. Thil, amateur, des Oranges et des Mandarines de 
Blidah (Algérie), qu'il a reçues directement. — La qualité en a 
été trouvée inférieure à celle qui distingue habituellement les fruits 
similaires récoltés dans celte localité. Gela paraît résulter, dit 
M. le Secrétaire du Comité d"Arboricullure, de ce que l'année 18/9 
a été mauvaise pour les fruits des Aurantiacées, et cela probable- 
ment par suite d'un coup de sirocco qui avait fait tomber les 
feuilles de ces arbres. 

4° Par M. Bonnel, amateur à Palaiseau (Seine-et-Oise), des 
branches de Pêcher qu'il a apportées pour montrer quels ont été 
les dégâts faits par les gelées ligoureuses de cet hiver. 



SÉANCE DU II MARS 188}. 131 

Ces branches, dit M. leSecrélaire du Comité, avaient résisté aa 
froid très rigoureux mais seulement momentané du mois de dé- 
cembre i 871 ; mais elles n'ont pu supporter les températures encore 
plus basses et de longue durée qui ont marqué tristement l'hi- 
ver actuel. En 1871, leur bois avait été gelé en presque totalité ; 
mais il en était resté cependant une couche mince en état de livrer 
passage à la sève; aussi ont-elles continué de végéter et même de 
fructifier. D'où on doit conclure qu'il n'y a pas toujours lieu de 
désespérer d'un bois qui paraît gelé et que parfois, en le laissant 
en place, on voit reprendre la végétation qu'on croyait être pour 
toujours arrêtée (1). 

5° Par M. Bergman, chef de cultures chez Mme la baronne de 
Rothschild, au domaine de Ferrières-en-Brie (Seine-el-Marne), 
4 "Un Anthurium qu'il a obtenu de graines venues à la suite d'une 



{\) Il n'est pas inutile de rappeler à ce propos que, d'après M. Gœp- 
pert {TJeher dib W<erme-Entiiylckelimg inden Pflanzen; Breslau; 1830-, S°) 
chez les arbres dicotylédons, tels que nos arbres fruifiers, sous l'action 
de fortes gelées, c'est d'abord le tissu cellulaira situé au pourtour delà 
moelle qui est altéré et bruni; l'altération gagne ensuite les rayons mé- 
dullaires, du centre vers la périphérie, ordinairement sans affecter les 
parties fibreuses et vasculaires du bois que le microscope montre en gé- 
néral comme n'ayant pas changé de couleur. Si le mal s'arrête à ce poiat, 
l'arbre continue à végéter faiblement, puis reprend avec plus de force. Aussi 
Link a-t-il conseillé depuis longtemps d'attendre le retour de la végétation 
pour couper les branches et les arbres qu'on croit gelés, et de ne suppri- 
mer flaalement que ceux qui ne poussent pas. Les expériences faites à 
Berlin par Lenné, en 1823, justifient ce conseil. Dès le mois de mars, 
il fit rabattre à quelques centimètres du sol plusieurs centaines de jeunes 
Cerisiers qui avaient considérablement souffert de la gelée, tant dans leurs 
racines que dans leur tige; tous ces arbres périrent, à l'exception d'un 
petit nombre. Au contraire, des arbres semblables, placés à coté des 
premiers, étant restés intacts, poussèrent faiblement au printemps, mais 
prirent ensuite leur force et leur vigueur premières, à la seconde pousse. 
11 est bon d'ajouter que, comme l'a constaté encore M. Gœppert, les 
tissus altérés par la geléo n'influent en aucune façon sur l'élat des tissus 
adjacents qui étaient restés sains, et que dès lors on n'a pas à craindre 
qu'il ne se produise, dans ce cas, quelque chose d'analogue au fait d'une 
pourriture gagnant de proche en proche. . 

{Note du Secrétaire-rédacteur) . 



132 PROCÈS-VERBAUX. 

fécondation, opérée en 1 876, de VAntkwium Scherzerianum par 
le pollen de 1'^ . Williamsu. Les hybrides ainsi obtenus ont donné 
une première floraison en 1879; sur 25 qui étaient issus du 
même semis, 4 seulement sont semblables au pied que la Com- 
pagnie a sous les yeux ; les 20 autres sont rentrés dans le type A, 
Scherzeinanum. La plante présentée par M. Bergman a mainte- 
nant sa seconde floraison; î^'Un Boi-onia megastigjna, Rutacée- 
Diosmée encore très-peu répandue, qui a dû être introduite en 
Angleterre vers 1874, et qui a été reçue par M. Beigoian, en 1877, 
de chez MM. Veitch. Cetle plante est de serre tempérée (f). Ls 
Comité de Floricûlture propose d'accorder à M. Bergman, pour 
cette remarquable présentation, une prime de 1'"'^ classe, et sa 
proposition est adoptée par la Compagnie. 

6o Par M. Lecaron, horticulleur.-grainier, quai de la Mégisserie, 
20, une collection de 20 pieds fleuris appartenant à tout autant 
de variétés de Primevère de Chine. — Le Comité de Floricûlture 
a trouvé cttte collection fort remarquahle; il y a distingué sui tout 
une variété dont la corolle est d'un rouge vif et foncé, ainsi 
qu'une à fleurs bltinches bien frangées, notablement plus amples 
que ne le sont habituellement les fleurs de celle cspècr. Une 
prime de 1'« classe est demandée pour M. Lecaron et accordée par 
la Compagnie. 

7o Par M. S:hwarlz, jardinier chez M. L?mercier, à Bagneux 
(Seine), 1° des Cinéraires hybrides, les unes en pieds, les autres 
«n fleurs coupées, de variétés que lui ont données des serais*; 
2^ un pied de PeJargonium zonale à fleur double et un Fuchsia 
grefl'és l'un et l'autre en placage, qu'il présente pour montrer l'ap- 
plication et les avantages de ce procédé de grefle. — Sur la pro- 
position du Comité de Floricûlture, une prime de 3« classe est ac- 
cordée à M.Schwarlz pour cette présentation. 

8° Par M. Jolibois (li.), jardiniei-chef au Luxembourg, un pied 
très bien fleuri de Sophronitis grauliflora Likdl., charmante 
Orchidée, à grandes fleurs colorées en beau rouge-écarlate, avec 



(1) Voyez riiistoirc el ladesciiptioa du Boronia megastigma Nées dans 
le Journal, l^ iiéne,\ m, 1874, p. 422. 



SÉAKCE DU \\ MARS 1880. 133 

lelabelle jaunp, qui croît naturellement au Brésil, principalement 
sur les montagnes des Orgues, jusqu'à une assez grande altitude 
pour que le thermomètre y descende quelquefois à zéro. — Une 
prime de 1^^ classe est demandée eu raison de celte intéressante 
présentation et accordée par la Compagnie ; maisM. Jolibois déclare 
renoncer à la recevoir. 

9" Par MM. Chantrier, frères, horticulteurs à Mortefontaine, 
deux beaux pieds des Croton {Codiœum) Bergmanii et Carrierii^ 
qui sont l'un et Tautre des gains obtenus par eux, en 1875. La 
piemière de ces plantes est issue du Croton maximum fécondé par 
le pollen du C. Veitchii, tandis que la seconde provient du C. 
Hookeri fécondé avec le pollen du C. Veitchii. D'après la descrip- 
tion contenue dans une note envoyée par MM. Chantrier, \è Croton 
Bergmanii a la tige grosse et vigoureuse, verte, pourvue le nom- 
breuses feuilles étalées, dont le pétiole, de longueur moyenne, 
est blanc rosé en dessous, vert en dessus, dont le limbe ovale-ellip- 
tique, gaufré ou ondulé sur les bords, est vert foncé, parcouru dans 
toute s ilongueurpar une bande médiane irrégulière, large de 2 ou 3 
centimètres, et d'unbeaublancd'ivoire; toutes lesnervuressontéga- 
lement dessinées par des bandes blanches ; ces feuilles atteignent 
facilement Qm 38 de longueur sur O^i 11 -Om 12 de largeur. — 
Quant au Croton Carrierii, sa tige verte atteint plusieurs mètres 
de hauteur ; les nombreuses feuilUs qu'elle porte sont oblongue:- 
laneéolées, avec un péfiole jaune d'or long de 0"^ 06, et leur 
limbe, qui n'a pas moins de C™ iC-Oni 4o de longueur sur 
Om 06-Om 07 de largeur, ebt gracieusement arqué et nuage d'un 
beau jaune d'or fort luisant. — Le Comité de Fioriculture a trouvé 
ces deux plantes très belles, et il demande qu'une prime de l^e 
classe soit accordée à MM. Chantrier. Cette demande est favora- 
blement accueillie par la Co.iipagQie. 

10° Par M. Remy, père, des graines du Chou de Pantoise dépo- 
sées par lui sur le bureau pour qu'elles soient distribuées aux 
Membres de la Société qui voudront essayer la culture de cette 
Vdriéié recoiumandable. 

M. le Président remet les primes aux personnes qui les ont 
obtenues. 

M. Lepère, fils, a la parole et présente des observations relatives 



134 PROCÈS-VERBADX . 

à ce qu'a dit M. Chevalier, aînp, dans la séance duî2 janvier 
dernier (voir ]q Journal, 3^6 série, '11,-1880, p. 52). 11 n'admet pas 
que l'Amandier, bien qu'il soit fréquemment employé comme sujet 
pour les greffes de Pêcher, ait les avantages particuliers que lui 
attribue jM. Chevalier. Il ne partage pas non plus la confiance de 
M. Chevalier dans l'tffdt avantageux des entailles pratiquées aux 
arbres ; il croit que, cette année^ les arbres étant souffrants, de 
pareilles entailles en amèneraient la mort par la gomme. Quant 
aux chaperons vitrés que recommande M. Chevalier, M. Lepère, fils, 
les regarde comme ayant nui aux espaliers qu'ils devaient protéger. 
Il pense que, pendant les grands froids, comme il fait plus chaud 
tous ces abris, dès quels soleil paraît, qu'à des places découvertes, 
cette chaleur succédant brusquement à la gelée ne peut que nuire 
aux arbres, et que c'est là ce qui a eu lieu cet hiver. Il admet que ces 
chaperons peuvent rendre service pendant les années très humi- 
des, mais non pendant les autres. Ildit qu'ilsfavorisent lamullipli- 
cation des insectes ; qu'ils empêchent que les arbres ne reçoivent la 
pluie, dont cependant les bons effets sont connus; qu'ils intercep- 
tent de la lumière; enfin qu'ils attirent vers le haut les pousses 
contrôle trop grand allongement desquelles on a toujours à lutter. 
Pour ces divers motifs, il en désapprouve l'emploi. 

M. le Secrétaire-général procède au dépouillement de la corres- 
pondance qui comprend les pièces suivantes : 

1°llue lettre de l\\: Laisné qui annonce l'envoi de nombreux 
exemplaires imprimés du programme relatif au prix qu'il a 
institué et qui portera son nom. M. Laisné pense qu'il serait bon 
qu'un de ces exemplaires fût envoyé avec chacun des cahiers d'un 
prochain numéro du Journal, car, dit- il, il y a un intérêt de 
moralité à ce que la Société centiale d'Horticulture répande la 
connaissance du règlement qui indique les conditions requises 
pour l'obtention de ce prix. Le but qu'il s'est proposé, en faisant 
cette fondation, a été d'exciter les garçons qui sont appelés à deve- 
nir un jour chefs, à faire de bons et honi êtes jardiniers ; tan- 
dis que, de leur côté, les patrons ont un intérêt majeur à faire con- 
naître la récompense que peuvent obtenir, dès ce jour, ceux de 
leurs employés qui se feront distinguer par leur moralité et par 
leur application au travail. 



SÉANCE DU 11 MA.RS 1880. 135 

2' Des demandes de Jurés adressées pour les Exposilions qui au- 
ront lieu: à Rennes, les 21, 22 et 23 mai prochain; àPérigueux,du 
29 mai au 7 juin prochains, l'une et l'autre en même temps 
qu'un concours régional. MM. LouisLeroy, d'Angers, et Malet, fils, 
sont priés de représenter la Société centrale d'Horticulture de 
France, le premier à Rennes, le second à Périgueux. 

3° Une lettre écrite de Boissy près Ghaumont(Oise), par M-. Dau- 
din et dans laquelle sont Indiquées plusieurs des espèces qui ont 
succombé au froid de cet hiver, dans la propriété de cet honora- 
ble collègue. Les renseignements contenus dans cette lettre ne 
sont donnés que comme les résultats de la première impression, et 
M.Daudin se propose de répondre plus lard avec les détails conve- 
nables aux questions contenues dans le programme que la Société 
vient de publier. De ces renseignements il résulte que, chez M. 
Daudin, presque tous les Rosiers, francs de pied ou greffés, sont 
entièrement perdus, ainsi que tous les arbustes à feuilles persistan- 
tes, Lauriers, Mahonias, etc., et que des pertes considérables ont 
été éprouvées pour les Conifères, notamment en fait de Pins à lon- 
gues feuilles, de Cèiire Déodara, de divers Abies^ des Séquoia, de 
Y Ai^aucaria imbricaia, etc. 

M. Daudin écrivant que VÂbies Nordmanniana est, chez lui, tout 
roussi, ainsi que le Pinsapo, M. Pissot dit que, dans le Bois de Bou- 
logne et à Auteuil, cette espèce est restée en parfait état, de même 
que les Abies cephalonica et canademis ; au contraire, le Cedrela 
sinensis, arbre remarquable à divers égards et qui constituait une 
introduction d'un grand intérêt , n'a pas résisté à l'hiver. De son 
coté, le Paulownia présente en ce moment un fait intéressant 
et inattendu : à la date de quinze jours ou trois semaines, les 
pousses extrêmement vigoureuses que cet arbre développe et dont 
des spécimens sont en ce moment sous les yeux de la Compa- 
gnie, paraissaient toutes mortes. Or, hier M. Pissot, en ayant exa- 
miné de nouveau un certain nombre,- a été surpris de voir leur tissu 
sous-épidermiqne redevenu vert, et un examen attentif qu'il en a 
fait alors lui a donné la conviction que la plupart de ces arbres 
survivront. Sur ces Paulownia, ainsi que sur diverses autres espè- 
ces, le bas des tiges était resté vert, dans l'étendue quelaneige avait 
abritée ; plus haut tout était sec, l'écorce même se détachant 



136 PROCÈS-VERBADX. 

souvent d'elle-même, tandis que les sommités étaient généralement 
vertes ; c'est dans la portion intermédiaire, qui étaitd'abord sèciie, 
que la vie paraît reprendre maintenant. 

M. Aubréefait observer qu'on nedoit pas trop se presser dédire 
que des végétaux dont l'écorce reverdit plus ou moins, ou même 
qui poussent sont pour cela définitivement sauvés. On sait en effet 
que la sève et les matières nutritives qui étaient Testées dans les 
tiges peuvent fournir les matériaux nécessaires pour un certain dé- 
veloppement; mais dès que ces matières nutritives sont épuisées, 
l'arbre n'en reste pas moins mort ; il n'y avait donc eu là qu'une 
apparence trompeuse de reprise de la végétation. 

4" Une lettre dans laquelle M. Auriau, jardinier ch-rz M. le doc- 
teur Roger, à Boulogne (Seioe), apprend que le Bégonia, remarqua- 
ble pour la beauté de son développement, qu'il a présenté dans la 
dernière séance et qui lui a valu une prime de2,^ classe, a dû essen- 
tiellement sa luxuriante végétation à ce qu'il a été arrosé avec la 
dissolution .«aline complexe que les horticulteurs français ap- 
pellent engrais Jeannel. « Voici déjà, dit-il, plusieurs années que 
» j'emploie l'engrais Jeannel pour ces plantes, dans le courant 
» de l'été, et je m'en trouve très bien. Cet engrais leur donne une 
» végétation extraordinaire. » D'autres engrais chimiques em- 
ployés comparativement n'ont pas produit un aussi bon effet. 

5° Une lettre de M. Chevalier, rue des Quatre-Fils, 4, à Paris, 
qui annonce l'envoi de 50 exemplaires d'une petite brochure avec 
figures coloriées, sur le Phylloxéra, destinée à faire bien connaître 
ce redoutable insecte {iux différentes phases de son existence. 
Ces exemplaires sont mis à la disposition des Membres de la 
Société. 

M. le Vice- Président Arnould-Baltard, qui vient de remplacer 
M. Hardy au fauteuil de la présidence, avertit la Compagnie que 
l'Exposition qui doit être tenue, cette année, par la Société, dans 
le Palais de l'Industrie, est maintenant fixée au 5 juin et durera 
quatre jours. 

Il avertit ensuite que M. Curé qui a déjà ouvert son jardin aux 
élèves des écoles du15« arrondissement, l'ouvre également aux 
Membres de la Société qui croiraient pouvoir y trouver des sujets 
d'étude. 



SÉANCE DU II MARS !880. 137 

M. P. Duchai tre présente à la Société, de la part de leur au- 
teur M. E. Dupont, ingénieur des constructions navales, deux 
travaux que celui-ci vient de publier et dans lesquels il a consi- 
gné les résultats d'observations faites par lui au Japon. L'un, dont 
il a déjà été question dans la séance du 1 2 février dernier (voyez 
le Journal, cahier de février 1880, p. 78) est intitulé : Les essences 
foi^estières du Japon (in-8o de 172 pages; Pari?, iSSO; chez Ber- 
ger-Levrault, rue des Beaux-Aits, 5); c'est la réunion de plusieurs 
articles insérés dans la Revue maritime et coloniale; l'autre, qui 
a pou? titre : Notes relatives aux Kakis cultivés japonais, a été 
publié dans le Bulletin de la Société d'Horticulture et d'Acclima- 
tation du Var (tirage à part en brochure ir-S» de 8 pages et i pi. ; 
Toulon; 1880). C'est à ce dernier mémoire que M. P. Duchartre 
demande à la Compagnie la permission d'emprunter quelques 
renseignements qui lui semblent n'être pas dépourvus d'oppor- 
tunité. En effet, M. Hédiard ayant présenté, dans la séance du 
i7 décembre 1879, des fruits du Diospyros Kaki h. récoltés en 
Algérie et, dans celle du 11 décembre suivant, des fruits qu'il 
attribuait au Diospyros costata Carr., qui lui venaient de l'île de 
la Réunion (voyez le Journal, 3« série, I, 1879, p. 691 et p. 745), 
l'avis du Comité d'Arboriculture, qui avait dégusté ces fruits 
séance tenante, fut nettement défavorable. Dans l'un et l'autre 
cas, M. Hédiard fit observer que les fruits des Plaqueminiers ou 
Diospyros en général n'ont leurs qualités et ne doivent dès lors 
être mangés que dans l'état de surmaturation, qui les rend plus 
ou moins blets. Or, M. E. Dupont nous apprend que, tant qu'ils 
sont verts, les Kakis cultivés au Japon sont très riches en tannin, 
et par suite fort aslriagents, à ce point que, dans cet état, les 
Japonais les pilent et les laissent ensuite digérer dans l'eau 
pour obtenir un liquide nommé par eux Chiboukaki qu'ils em- 
ploient comme mordant dans la fabrication des laques, dans la 
teinture et dans la tannerie. C'est dans cet état de maturité 
imparfaite que le Comité d'4rboticulture a dégusté les échantil- 
lons de ces fruits apportés par M. Hédiard; il ne pouvait donc 
que les trouver mauvais. Le tannin disparaît à mesure que ces 
fruits achèvent leur développement et mtirissent. et à sa place se 
produisent le jus, le sucre et Tarome qui s'y trouvent au maximum 



438 PROCÈS-VERBADK. 

quand ils sont blets. Il faut donc, après les avoir cueillis lorsqu'ils 
sont arrivés à leur grosseur, les conserver comme nous le fai- 
sons pour les Nèfles, ou hâter l'arrivée de cette surmaturalion par 
des procédés divers employés habituellement au Japon. Le plus 
usité de ces procédés consiste à placer les Kakis ou Caques dans 
des tonneaux, par couches alternatives de fruits et de menue 
paille de riz, de façon que chacun soit bien isolé de ses voisins. 
Ceux qui veulent obtenir plus promptement le même résultat 
mettent ces fruits dans un tonneau enveloppé de matières iso- 
lantes, après quoi ils y versent de l'eau chaude qu'ils laissent re- 
froidir le plus lentement possible. Les fruits des Kakis cultivés 
sont tous comestibles, mais plus ou moins agréables à manger. 
Il en est (notamment le Tsouroumarou et le Tsourounoko) dont 
M. Dupont dit qu'ils sont plus fondants, plus sucrés et plus juteux 
que les meilleures Poires de Beurré d'hiver. — On distingue des 
Kakis d'été très fondants et des Kakis d'hiver plus fermes, selon 
l'époque à laquelle ces fruits atteignent leur cotnplète maturité; 
ces derniers ne perdent leur amertume que tard dans la saison. 
Ces fruits se consomment tantôt frais, tantôt secs. A l'état frais, il 
en est plusieurs variétés dont la substan(fe est tellement molle 
qu'on les mange à la cuiller. Quant à ceux qu'on veut faire sé- 
cher, ils sont pelés, suspendus par la queue, exposés un mois au 
soleil, après quoi on les aplatit et met en caisse où ils se conservent 
bien. Un lait fort remarquable c'est î'extrème variabilité de forme 
et de couleur qu'offrent les fruits des Plaqueminiers japonais. Là 
planche in-folio qui est jointe au mémoire de M. E, Dupont en 
montre le profil et les dimensions dans vingt-deux sortes diffé- 
rentes. On y voit qu'il en e.-t d'arrondis et notablement déprimés 
(Sakoumiolaa), de globuleux (Zendji), de globuleux-ovoïdes (îsou- 
roukaki, Torokoukaki), d'ovoïdes (Toyama, Kochioumarou), 
d'oblongs (Ghinanokaki, etc.), enfin d'oblongs-lancéolés, trois fois 
plus longs qu'épais (Foudékaki). Leur couleur varie beaucoup 
tant pour la chair que pour la peau, depuis le jaune pàle(Na- 
chimiotan), jusqu'au rouge très foncé (Kourocouma, Tsourouma- 
rou, etc.). Quant à leurs dimensions, un tableau donné par 
M. Dupont montre qu'elles vont de Om 03-0"^ 04 dans certaines 
variétés (A.mankaki, Ghinomarou, etc.), jusqu'à Om 09 (Miotan, 



SÉANCE DU 1 \ MARS 1880. 139 

EDzakcki, etc.) et même 0^ \2 (Deuhaï) de diamètre. «Le Kaki 
» du Japon, écrit M. Dupont, est très rustique; c'est un arbre de 
» plein champ qui supporte vaillamment les froids du Japon et 
» dont l'acclimatation promet d'êlre facile et fructueuse. » Ces 
arbres ont les dimeusions des beaux Pommiers de la Normandie ; 
ils sont tellement productifs que, lorsque leurs feuilles tombent, 
au début de l'automne, il reste à découvert une quautité de fruits 
souvent assez considérable pour cacber les branches. 

M. P. Duchartre dit que M. E. Dupont a laissé entièrement de 
côté la question botanique des espèces de Diospyros fruitiers du 
Japon et de la Chine, et il ajoute que lui-même ne croit pas devoir 
Taborder, tant elle a été embrouillée dars ces dernières années. 
Il croit devoir sb berner à rappeler que certains botanistes font 
dériver tous bs Kakis japonais et chinois du Diospyros Lotus L., 
qu'on trouve spontané jusque dans l'est de l'Asie; que d'autres, 
au contraire, admettent comme espèces distinctes de celui-ci le 
Diospyros Kaki L. f., des régions plus ou moins chaudes, le D. 
Schi-tsé BuNGE, des régions froides, auxquels on a ajouté, dans 
ces dernières années, le D. costata Garr., le D. Mazeli Garr., etc.; 
que d'autres enfin, notamment M. A. Lavallée [Arbor. Segrez., 
p. 161), rattachent les Diospyros costata et Mazeli de M. Carrière, 
comme variétés, du D. Schi-Tse Bunge, conservant comme espèce 
à part le D. Kaki L. f. Il est vivement à désirer, dit M. P. 
Duchartre en terminant, que. la lumière se fasse bientôt à cet 
égard . 

M. Jacquin, de Bessancourf, rapporte que M. Uédiard lui ayant 
donné deux échantillons des Kakis qu'il avait montrés à la Société, 
il goûta, le jour même, à l'un de ces fruits qu'il trouva mauvais. 
Comme il n'avait essayé que sur une moitié d'un échantillon, il 
conserva l'autre moitié et l'échantillon auquel il n'avait pas 
touché. Au bout d'un mois de conservation, celui-ci fut reconnu 
excellent, et, quinze jours plus tard, la moitié de l'échantillon 
dégusté en premier lieu fut trouvée parfaitement saine et déli- 
cieuse. 

Il est fait dépôt sur le bureau des documents suivants : 

1° Note sur les Acariens qui se nourrissent de végétaux vivants ; 
par M. le docteur Girard (Maur.). 



HO PROCÈS- VERBAUX. 

2o Notice sur le Jardin d'Essai ou du Hamma, près d'Alger; 

par M. P. DUCHARTRE. 

M. le Secrétaire-général annonce de nouvelles présentations ; 
Et la séance est levée à quatre heures. 



SÉANCE DD 25 MARS 1880. 
Présidence de M. Hardy. 

La séance est ouverte à deux heures. Le nombre des Membres 
qui y assistent est de 129 titulaires et 5 honoraires. 

Le procès-verbal de la dernière séance est lu et adopté après 
quelques observations de M. Lepère, fils, qui reprcduit les ciiti- 
ques faites par lui (voyez plus haut, p. 133), dans la dernière séance, 
de ce qu'avait dit M. Chevalier, aîné, de Montreuii-sous-Bois, 
aux séances du 22 janvier et du 12 février derniers, touchant 
les avantages ofïerts, selon celui-ci, par l'Amandier, comme sujet 
et quant aux chaperons vitrés permanents (voyez le yoMrna/, 18S0, 
p. 52 et 73.) 

M. Lepère, fils, ayant dit, entre autres choses, qu'on ne devrait 
pas admettre à l'impression dans le Journal l'exposé d'opinions 
qui ne rentrent pas dans le domaine de la saine horticulture, 
M. le Président répond que la Société centrale d'Horticulture de 
France, pas plus que les autres Sociétés, ne se porte garante des 
opinions exprimées dans ses séances ou dans les communica- 
tions qui lui sont présentées. L'expression de ces opinions étant 
toujours donnée avec le nom de leur auteur, c'est à celui-ci que 
revient la responsabilité de ses énoncés, et c'est ce qu'indique de 
la manière la plus formelle un avis imprimé, au nom delà Com- 
mission de Rédaction, en tête de chaque cahier du Journal. 

M. le Président proclame, api es un vote de la Compagnie, 
l'admission de cinq nouveaux Membres titulaires qui ont été pré- 
sentés dans la dernière séance et contre qui aucune opposition 
n'a été formulée. 

Les objets suivants ont été déposés sur le bureau : 

1° Par M. Leguay, cultivateur à Argenteuil, une botte à' Asperges 
variété hâtive, violette, qui ont été obtenues dans des vignes cul- 
tivées à la charrue vigneronne. — M. le Président du Comité 
de Culture potagère dit qu'il est rare de voir des Asperges 



SÉANCE DU 25 MARS 1880. 141 

aussi belles, à celte époque de Tannée, que le sont celles de M. Le- 
guay. Il pense que cette extrême hâtiveté, dont on n'a pas va 
d'exemple depuis une dizaine d'années, est due essentiellement à 
ce que les gelées rigoureuses de cet hiver ont déterminé un ex- 
trême ameublissement de la terre. Quant au mode de culture des 
Asperges à la cliirrue, que M. Leguay regarde comme nouveau, 
le Comité de Culture potagère y voit une telle analogie avec celui 
quiestmisenpratique,à Ruei), par M. Parent, qu'illui estdifficile 
d'en admettre la nouveauté, sous ce rapport. Il serait donc bon 
qu'une Commission fût chargée d'aller examiner sur place ce mode 
de culture, afin de reconnaître s'il offre en effet de la nouveauté 
à un point de vue quelconque. — Une prime de 2^ classe est 
demandée pour M. Leguay et accordée par la Compagnie. 

20 Par M. Hédiard, négociant en comestibles exotiques, du 
Fenouil doux ou d'Italie qu'il a rfçii d'Italie. A ce propos, M. Hé- 
diard dit que, plusieurs personnes lui ayant conseillé de faire venir 
d'Italie une certaine quantité de ce Fenouil dont la culture est 
très-répandue dans ce pays, il a suivi ce conseil, à une date 
récente. Cette expérience lui a prouvé que ce serait là toujours 
un aliment d'un prix assez élevé. En efllet, un envoi qui 
en contenait 80 kilogrammes n'a fourni que 360 pommes suscep- 
tibles d'être vendue?, Or, en raison du prix d'achat, qui est de 
1 5 francs le cent, pris sur place, des frais d'emballage, de port, etc. , 
chaque pomme de Fenouil est revenue à 26 centimes au moins; 
cependant la vente s'en est très bien faite, même avec un profit 
suffisant. Il pense donc que, si nos maraîchers s'adonnaient à la 
culture de cette plante alimentaire, en en vendant le produit à 
raison de 25 francs les cent pommes, ils pourraient réaliser un 
bénéfice convenable. Il les engage à joindre désormais cette espèce 
polagère à celles qu'ils cultivent aujourd'hui. 

M. Garé dit qu'il y a déjà longtemps que la culture du Fenouil 
doux d'Italie a été tentée par les maraîchers parisiens. Lui-même 
s'en est occupé, l'an dernier. Malheureusement la plante monte 
facilement et, quand cela a lieu, le produit n'est guère de nature 
à trouver des acheteurs, à Paris, au prix de fr. 25 que leur 
donne M. Hédiard. Il doute même que, dans les circonstances 
ordinaires, on puisse en avoir de non monté, au moins avant le 



142 PROCÈS-VERBAUX. 

mois d'octobre. Il pense que le même fait peut hien avoir lieu 
en Italie. 

M. Hédiard répond que le Fenouil qui lui a été envoyé était 
très bon, même mangé cru, en salade. Il croit qu'il n'était pas 
monté; toutefois il offrait, à son centre, un tube assez large pour 
que le doigi pût y entrer. 

M. Curé fait observer que l'existence de ce tube central semble 
prouver qu'il était monté. 

3" Par M. Rigault. jardinier-chef chez M. Bertrand, à Laqueue- 
en-Brie (Seine-et-Oise), un pied û'Anthurium Scherzerianum 
Wardii qui offre trois tiges florifères, avec diverses anomalies 
dans les spathes, et un pied de Tillandsia Lindeni vera. — M. le 
Président du Comité de FloricuUure dit que la dernière de ces 
plantes appartient à une espèce d'introduction récente, très 
bonne à cultiver, rustique et néanmoins encore si rare qu'on peut 
la regarder comme une nouveauté. Aussi le Comité (ieraande-t-il 
que M. Rigault reçoive, principalement pour la présentation qu'il 
en a faite, une prime de l""» classe, et la Compagnie fait droit à 
cette demande. 

Dans une note écrite, M. Rigault dit que son Anthurium ScheV' 
zerianum appartient à une variété mise au commerce par 
MM. Veitch, de Londres, à la date de quatre ou cinq ans, et qui 
est regardée comme l'une des plus belles que l'on possède, en 
raison de l'ampleur et du vif coloris de ses spathes. Celles-ci, sur 
le pied qui se trouve en ce moment sous les yeux de la Compa- 
gnie, sont affectées de deux anomalies différentes : l'une est 
presque foliacée et sa couleur a beaucoup perdu de sa vivacité, 
surtout à la face externe ; les autres, dont je coloris est resté rouge 
éclatant, sont accompagnées à leur base d'une petite pièce ou 
spathe supplémentaire, qui leur est opposée. M. Bigault pense 
que ces anomalies sont dues à ce que, au mois de juin dernier, on 
a coupé l'extrémité de la tige. C'est du talon, écrit-il, laissé sans 
changement dans le même pot, que sont parties les trois tiges 
florifères qui existent aujourd'hui, et les anomalies offertes par 
les inflorescences que portent ces tiges pourraient tenir à ce que 
ropération faite en juin a jeté « une certaine perturbation dans 
» l'équilibre de la végétation, car jamais cette plante n'avait pré- 



SÉANCE DU 25 MARS 1880. 143 

» sente la moindre variation, ni dans ses spadices, ni dans ses 
» spathes. » 

M. P. Duchartredit éprouver quelque difficulté à faire découler 
de la suppression d'une tige les anomalies qu'offrent celles qui 
sont venues à sa place. Ce sont là des monstruosiîés dont la cause 
serait peu facile à déterminer, mais dont la nature est plus aisée à 
comprendre, surtout pour la principale d'entre elles. En eff*it, 
on sait que, dans le voisinage des fleurs, les feuilles subissent 
chez beaucoup de plantes des modifications dans leur configuration, 
leurs dimensions, leur couleur, qui les fout passer à l'état de ce 
qu'on appelle des bractées. La spathe de VAnthurium Scherze- 
rianum et des Aroïdées ou Aracées en général, ainsi que de beau- 
coup d'autres Monocotylédones, est une bractée. Or, les altérations 
qui ont changé des feuilles en bractées peuvent cesser accideniel» 
lement de se produire et alors la bractée reprend plus ou moins 
complètement ses caractères primordiaux de feuille. C'egt ce qui 
est arrivé dans le cas présent. La spathe d'an rouge-feu qui dis- 
tingue Y Anthurium Schei'zeriaman est redevenue une feuille verte 
en dehors, faibleaient teintée de rouge en dedans, dont la forme 
générale plus allongée que de coutume rappelle déjà celle des 
feuilles ordinaires de la même plante, et qui s'est même rétrécie à 
sa base eu un pétiole nettement accusé, tandis que les spathes bien 
caractérisées de cette espèce sont toujours parfaitement sessiles. 

4» Par M. Chenu, jardinier chez M"^ la comtesse de Nadaillac, 
un pied de ûenirobium densifïoriim Lindl., splendide Orchidée 
indienne, appartenant à une variété rare, remarquable par la 
richesse du coloris oraagé de son la'-ge labelle, qu'encadre un 
périanthe d'un beau jaune-citron. Cette magnifique plante ne 
porte pas moins de six amples inflorescences, qui réunissent cha- 
cune un grand nombre de fleurs. — Sur la proposition du Comité 
de Floriculture, une prime de 1''« classe est accordée à M. Chenu 
pour celte présentation. 

5» Par M. Lecaron, horticulteur-grainier, quai de la Mégisserie, 
à Paris, six pieds en pots de Cinéraires naine?, pour la présenta- 
tion desquelles il lui est donné une prime de 2^ classe. — Ces 
plantes ont été jugées trè^ belles et M. le Président du Comité fait 
observer que les capitules (vulgairement appelés fleurs) en sont 
assez amples pour que plusieurs mesurent 0°^ 07 de largeur. 



144 PROCÈî-YERBAUX. 

M. Lecaron apprend à la S^jciété que ses Cinéraires ont été 
semées en terrine du 10 au 15 juillet 1879. Quand le jeune 
plant a eu quatre ou cinq feuilles, il a été repiqué sur une vieille 
couche et finalement mis en pots à la fin d'octobre. Alors on 1'? 
rentré en serre. M. Lecaron fait observer que, si l'on veut obtenir 
une belle floraison des Cinéraires, il faut leur faire subir un 
second rempotage au mois de février, en enlevant un tiers de la 
vieille terre. Cette opération donne beaucoup de vigueur à ces 
plantes et en détermine la ramification. 

M. le Président remet les primes aux personnes qui les ont ob- 
tenues. 

M. le Secrétaire-général procè Je au dépouillement de la corres- 
pondance qui comprend les pièces suivantes : 

]° Une lettre de M. Léo d'Ounous, de Saverdun, adressée à IM. 
Vavin et communiquée par celui-ci. Elle est relative à divers 
sujets, notamment aux progrès delà culture potagère dans le sud- 
ouest de la France. 

5,0 Une lettre de M. Ch. Baltet, horticulteur à Tioyes, qui fait 
hommage à la Société d'un exemplaire de la 2" édition de son ou- 
vrage sur l'art de greffer. 

3° Une demande de Commission pour l'examen d'un appareil 
de chauffage construit par M. Fauriat. Cette demande n'étant pas 
accompagnée de l'autorisation du propriétaire du jardin dans le- 
quel est posé cet appareil, il ne peut y ôire fait droit immédiate- 
ment. 

4» Une lettre de M. Th. Denis, jardinier-chef au Paie de la 
Tète-1'Or, à Lyon, à laquelle est jointe une note manuscrite rela- 
tive à la continuation de ses expériences sur la destruction de l'œuf 
d'hiver du Phylloxéra par i'éboaillautag-i de la Vigne avec du lait 
de chaux additionné de potasse. 

Il est faii dépôt sur le bureau des documents suivants : 

'|o L'A, B,C du chaufi'dge des serres; par M. Cu, de Vendeuvre. 

2° Rapport sur la 4"= édition d'un ouvrage de M. A. Dumas sur 
la culture maraîchère ; M. Laizier, Rapporteur. 

M. Cjré avertit que, désirant aider le plus possible à la propa- 
gation des principes de l'tiorticulture, il a ouvert son jardi:i aux 
instituteurs laïques du l j« arrondissement qui peuvent y donner 
des leçons à leurs élèves au vu des plantes et Jes cultures dont ils 



SÉAWCE ÛD 25 MARS ISSO. U5 

ont à leur parler. Il ajoute que ceux de ses collègues qui auraient 
intérêt à voir par eux-mêmes les détails de la culture potagère se- 
raient les bienvenus dans son établissement. 

M. Laizier dit que ce que fait, en cette circonstance, M. Curé 
est déjà méritoire et très utile ; mais les résultats seraient encore 
bien plus avantageux s', au lieu de laisser les instituteurs faire 
des leçons à leurs élèves sur les cultures qu'ils ont devant eux, il 
donnait aux maîtres eux-mêmes des leçons que ceux-ci répéte- 
raient ensuite à leurs élèves ; car il ne faut pas se dissimuler que, 
dans l'état actuel des choses, les instituteurs ne sont pas assez 
versés en matière de culture pour donner une saine instruction à 
cet égard. 

M. le docteur Girard (Maurice) fait observtr que l'on commence à 
peine en ce moment à organiser l'enseignement agricole et hor- 
ticole par les instituteurs, et qu'il faudra du temps pour complé- 
ter cette vaste organisation. La loi donne cinq années pour cela 
et ce délai ne sera certainement pas trop long, attendu que le per- 
sonnel enseignant actuel non seulement est étranger aux sciences, 
mais encore semble être peu attiré vers elles. Faisant partie de la 
Commission qui doit présider à cette organisation, il a dû faire 
dernièrement une inspection en différentes parties de la France, et 
c'est ainsi qu'il a reconnu l'état de choses dont il vient de parler. Il 
n'a trouvé qu'un petit nombre d'écoles normales dans lesquelles il 
fût donné des leçons d'horticulture. Aujourd'hui la Commis-^ ion a 
arrêté un plan qui sera soumis à l'approbation de l'autorité supé- 
rieure, et il y a lieu d'en espérer d'abord l'adoption, puis la réalisa- 
tion. Elle a décidé que l'enseignement de l'agriculture serait séparé 
de celui de l'horticulture ; elle a pensé ensuite qu'il fallait commen- 
cer par ce dernier qui sera donné, non par des professeurs faisant 
un cours, mais par un praticien qui, pendant trois années, mon- 
trera sur place aux élèves la pratique de la culture. Les jeunes gens 
sont en général bien disposés à apprendre, et on obtiendra certaine- 
ment avec eux de meilleurs résultats qu'avec les hommes faits à 
qui s'adressent les conférences des professeurs d'agriculture dé- 
partementaux. Avant tout, dit j\I. Girard (Maurice), il faudra bien 
l'aire comprendre aux jeunes élèves que l'enseignement qui 
leur est donné n'est pas du tout celui qui convient dans une 



U6 NOMINATIONS. — SÉANCE DO 11 MARS 1880. 

ferme-école, et qu'eux-mêmes auront plus tard à faire connaître, 
à leur tour, les bonnes méthodes agricoles et horticoles qui leur 
auront été enseignées. On devra s'efforcer de leur faire aimer la 
campagne pour les y attacher et pour qu'ils impriment une bonne 
dire>.'tion aux tPrtVaux de ceux qui ont à y travailler; il faudra 
donc leur faire comprendre l'objet de ces travaux auxquels eux- 
mêmes ne sont pas appelés à prendre part. C'est là le but que l'on 
se propose et il y a lieu d'espérer qu'il sera atteint. 

M. Hardy dit que l'enseignement de l'horticulture existe déjà 
dans quelques écoles normales. Il cite comme exemple celle de 
Versailles dont les élèves se rendent une fois par semaine à l'Ecole 
nationale d'Horticulture: là il leur lait lui-même chaque fois une 
leçon d'une heure et demie sur l'arboriculture fruitière, dans le 
jnrdin et devant les arbres fruitiers. 

M. Michelin fait observer qu'un point fondamental, pour l'orga- 
nisation de l'enseignement horticole, c'est que chaque école ait 
son jardin; or, les choses sont encore bien loin d'en être arrivées 
là. Il a eu cependant occasion d'en voir une où tout était bien or- 
ganisé sous ce rapport; mais les élèves semblaient dédaigner 
cette nature d'enseignement. Il importera donc d'en développer le 
goût dans leur esprit. 
M. le Secrétaire-général annonce de nouvelles présentations; 
Et la séance est levée à quatre heures. 



NOMINATIONS. 



SÉANCE DU 11 MARS 18 8 0. 

MM. 

1. BRiSAC(le généiaH, rue d'Hauteville, 5j!, à Paris, présenté par MM. 

Lecocq-Dumesnil et Dczobry. 

2. Grandveau (Emile), jardinier chez M"^ la baronne Nathaaiel de 

Rothschild, à l'Abbaye-des-Vaux de Ternay, par lePerray (Seice-et- 
Oise), présenté par MM. F. Jamin et Duvivler. 

3. Kaltenbach, négociant, rue des Petiles-Écuries, 46, à Paris, présenté 

par MM. Courcier et VVauthier. 



CORRESPONDANCE. — LETTRE DE M. DAUBIN. 147 

4. Leguay (Paul), cultivateur, rue des Ouches, 36, à Argenleuil (Seine- 

ei-Oise), présenté par MM. A. Cottin et Lepère, fils. 

5. RoBLiN, propriétaire, boulevard Magenta, 55, à Paris, présenté par 

MM. R. Jolibois et Duvivier. 



SÉANCE DU 25 MARS'ISSO. 

MM. 

1. Mallet (Cyprien), fabricant de vases irrigateurs, à Moissac (Tarn-et 

Garonne), présenté par MM. Charies Joly et B. Verlot. 

2. Mélage (Adrien), jardinier chez M. Hector Poiret, à Gonesse (Seine- 

et-Oise), présenté par MM. H. Poiret et Lecocq-Dumesnil. 



ADMIS A l'hONORARIAT PAR LE CONSEIL, LE H JIARS 1880. 

M. 

CouRCiER, rue Taitbout, 80, à Pads. 



CORRESPONDANCE. 



Lettre DE M. Daudin a M. P. Duchap.tre. 

Boissy près Chaumont (Oise), 10 mars 1880. 
MONSIEDR ET CHER COLLÈGUE, 

En attendant qu'i 1 soit possible de donner une réponse raisonnée 
aux différentes questions indiquées dans le programme que contient 
le dernier numéro du Journal de la Société, permettez-moi de 
faire connaître en peu de mots les effets les plus sensibles de l'hiver 
désastreux que nous venons de traverser. 

Dès les derniers jours de novembre, un refroidissement notable 
de la température s'était produit. Le 27 et le 28, le thermomètre, 
à 7 heures du matin, maiquait7 et 9 degrés de congélation, et le 
30, la neige commençait à tomber. 

Dans la journée du 4 décembre, de nouveaux tourbillons de 
neige chassés par un vent impétueux ont couvert le sol, comblant 



148 CORRESPONDANCE. — LETTRE DE M. DAUDIN. 

les fossés et les parties creuses des chemins. Jusqu'au 29 décembre, 
cette couche épaisse et glacée s'est conservée, sous l'influence d'une 
rigueur souvent excessive. 

Une circonstance remarquable, pendant cette longue période 
sibérienne, c'est que, du 6 décembre au 28, à l'approche du dégel, 
un calme absolu n'a cessé de régner dans l'atmosphère; la neige 
qui s'était attachée aux rameaux des arbres et arbustes à feuilles 
persistantes, n'étant pas chassée par le vent, y est demeurée fixée 
pendant plusieurs semaines. 

Voici les principaux eflets produits chez nous par cet état de 
choses exceptionnel. 

Presque tous les Rosiers, francs de pied ou greffés, sont entière- 
ment perdus ; il ne reste rien des Rosiers Thés, Noisettes, Ben- 
galfcs, remontants ; et j'ai vu à peine deux ou trois Rosiers Gent- 
feuilles ayant conservé une apparence de végétation. 

Je dois signaler un joli Rosier à fleur jaune, de la variété appelée 
Persian Yellow, franc de pied, qui ne paraît pas avoir soufTert. 

Tous les arbustes à feuilles persistantes, Lauriers, Genêts, Ma- 
honias sont atteints d'une manière irréparable; cependant quel- 
ques-uns repousseront du pied étant rabattus. 

C'est parmi les Conifères que les pertes les plus graves et les 
plus regrettables se sont produites. 

J'ai entièrement perdu les Araucaria imbricata, dont un sujet de 
6 mètres parfaitement régulier et vigoureux. 

Tous les Cèdres Deodara, grands et petits, sont gelés sans res- 
source. 

Les Cèdres du Liban et de l'Atlas ont beaucoup souffert, même 
les plus vieux ; il est douteux qu'ils reprennent leur verdure. 

Les Séquoia gigantea sont gelés, surtout les plus jeunes ; quel- 
ques-uns des plus grands ont conservé verts leurs rameaux supé- 
rieurs ; ils sont roussis et comme brûlés dans les deux tiers infé- 
rieurs. Toutes les feuilles de ces rameaux tomberont. 

Le Séquoia sem^jervirens est encore plus maltraité. Parmi les 
Sapins, VAbies bracteata est entièrement gelé. 

Le Pinsapo, sans être trappe à mort, est tout roussi ; il perdra 
ses feuilles. 

VAbies Nordmanniana est dans le même cas. 



NOTES ET MÉMOIRES — SUR l'ARAUCARIA IMBRIGATA. 149 

Parmi les Pins, le plus délicat, auquel il faut renoncer chez 
nous, est le Pinvs insignis. J'avais un superhe Pinus Lambertiana^ 
dont j'attendais la fructification; je le regarde comme mort. Pre?- 
que tous les Pins à longues feuilles : Pinus Sabiniana, Coulteri, 
Benthamiana^pinea, Finaster, disparsîiront de ma collection. 

Il en est de même des Cephalotaxus pedunculata et Fortunei ; 
ils sont tout à fait morts. 

Après ce martyrologe, je veux mentionner les espèces parfaite- 
ment rustiques et qui n'ont pas souffert. 

Ce sont d'abord les espèces anciennes, l'A è^es^^ce<^, VA. taxifoha\ 
puis je dois citer le bel Abies nobilis, VA. Douglasii, VA.canadensù. 

Parmi les Pins, nos anciens /^mMssîVyes^m, P. Laricio, P. aus~ 
triaca, P. Strobus, P. excelsa, sont intacts. Je veux mentionner 
aussi une charmante espèce, restée aussi verte qu'avant l'hiver, le 
Thuiopsis dolabrata. 

En ce qui concerne les arbres fruitiers et autres à feuilles tom- 
bantes, il faut attendre le premier mouvement de la sève pour ap- 
précier leur état. 

Recevez, etc. 

H. Daudin. 

NOTES ET MÉMOIRES. 



Encore l'Araucaria imbricata. 

Revue des plus beaux exemplaires de cet arbre qui existent 
EN France. Recherches sur la répartition des sexes dans 
CË VÉGÉTAL, sur SA CULTURE, ETC. {Suite et fin); 

Par M. J.-H. Blanchard, Jardinier-Chef de la marine, à Brest. 

L'Araucaria est assez connu pour que nous soyons dispensé d'en 
donner ici la description botanique ; mais le point sur lequel les au- 
teurs ne sont pas d'accord et sur lequel nous ne pouvons nous em- 
pêcher d'attirer l'attention des lecteurs, c'est la répartition des 
sexes dans ce végétal. 



150 NOTES ET MÉMOIRES. 

Il est monoïque pour les uns et dioïque pour les autres. Cer- 
tains praticiens vont jusqu'à dire qu'ils se font fort de recon- 
nsître les sexes de l'Araucaria dans s^î jeunesse, comme on recon- 
naît les variétés de Poiriers ou de Pommiers. Tls donnent pour 
caractères distinctifs aux suj-its mâles, un port très élancé, des ver- 
ticilles très écartés et les branches presque simples ; les feuilles sont 
aussi assez éloignées les unes des autres et la plante en général est 
d'un vert clair. Les sujets femelles au contraire, sont, d'après eux, 
beaucoup plus trapus, à verticilles plus rapprochés, à branches plus 
courtes et en plus grand nombre ; la plante s'élève moins haut et 
le vert en est plus intense. Pour ces praticiens l'espèce serait 
dioïque. 

Ceci pouvait bien paraître vrai, lorsqu'on ne connaissait pas bien 
le moie de fructification de l'Araucaria, car le premier qui fruc- 
tifia à Pénandreff est très trapu et tronqué au sommet. Cette tron- 
cature, qui est due au peu de développement de sa flèche, le fait 
paraître différent des autres qui sont plantés à côté de lui. 

Lors de notre première visite à Pénandreff, en 1866, iln'y avait 
que lui qui donnât des fruits et pût en donner depuis longtemps. 
En voyant le spécimen dont nous parlons fructifier et n'en ayant 
jamais vu d'autres, nous avions cru nous-même qu'il était possible 
de distinguer les sexes de cette façon lorsque les sujets étaient 
jeunes ; mais plus tardnous avons pu constater, en en voyant d'au- 
tres fructifies, que cette troncature est due à une modification de 
l'individu plutôt qu'à l'indication d'un sexe ou aux suites d'un 
accident quelconque. 

En examinant l'espèce de près on trouve déjà plusieurs va- 
riétés différant tellement du type, par des caractères qui leur sont 
propres, qu'on serait tenté de prendre certains exemplaires 
rour des espèces particulières. Dans le plus grand nombre 
des cas, la tige est très grosse, les verticilles écartés et les branches 
simples et roides (A imb. rigida). D'autres fois ces branches 
sont courtes, faibles, pouvant à peine se soutenir horizontale- 
ment et donnant à l'arbre un air triste (A. imb. pendula). On en 
remarque un assez bel exemplaire de 5 mètres d'élévation dans le 
jardin de l'Hermiîage. Le parc de Partz-en-Trez, à Morlaix, en 
renferme aussi une variété excessivement curieuse, plantée à l'une 



SDR l'araucaria jmbricata. 151 

des extrémités de l'allée dont nous avons jîarlé. Cet exemplnire, 
qui mesure environ 6 mètres de hauteur, diffère da type par ses 
branches excessivement abondantes et pas plus grosses que celles 
de nos Sapins ordinaires, par ses feuilles très fines et par son port 
rappelant plutôt celui de l'A. Bidivillii que celui de l'.4. imhricata 
[A. imb. intermedia). Il arrive aussi quelquefois que la tig;e de cer- 
tains individus pousse jusqu'à une certaine hauteur et s'atrophie 
ensuite; alors l'arbre s'étale et ne s'élève que très lentement (A. 
imb. truncata), comme celui de Pénandreff dont nous avons parlé, 
et un autre que nous avons remarqué chez M. Gillois, à sa pro- 
priété de Gramoire-en-Vertou. Notre jardin botanique en possède 
aussi u a exemplaire dont la tige s't^st trifurquée à la base, ce qui 
lui donne l'air de vouloir plutôt s'étaler que de s'élever; on aura 
alors un Araucaria nain (A. tmb. nana). M. Lanctzeur dit aussi 
qu'il en possède un dans son établissement, poussant 5 tiges sur • 
les racine.-', près du collet, comme le ferait un Prunier émettant 
des rejetons. Ce sont toutes ces formes plus ou moins caractérisées 
qui font dire aux praticiens que Ton peut reconnaître les sexes 
de l'Araucaria avant l'apparition des organes reproducteurs. Ils se 
figurent que les sujets mâles doivent s'élever plus haut que les sujets 
femelles, et cependant la preuve que l'élévation n'a aucun rapport 
avec la sexualité nous est fournie par ceux de Hucheloup et ceux 
du Plessis, parmi lesquelles sujets femelles sont plus élevés que 
les sujets mâles. Tous les caractères que présentent les formes ci- 
dessus exposées, ne sont que des modifications produites par la 
culture et non des caractères distinctifs pour faire reconnaître les 
sexes, qui ne se reconnaissent généralement chez tous les végétaux 
que par la floraison. 

Molina (/. c.) dit que a la fleur est amentacée et ressemble par- 
faitement à celle du Pin. » S'il en est ainsi pour lui, l'espèce est 
monoïque. 

Son traducteur, Gravel, dit qu'il est dioïque. 

Dans son traité des Conifères, M. Carrière dit aussi que cet arbre 
est dioïque. Plus tard, dans une lettre que j'ai reçue de lui, lé 1 8 août 
1878, il dit « qu'il est monoïque; ce qui a pu faire croii e qu'il 
était dioïque, c'est que les deux sexes ne se montrent jamais sur 
un même arbre que quand il est très âgé. » Mais il ne dit pas qael 
est le sexe qui paraît le pr,emier. 



<52 NOTES ET MÉMOIRES. 

Sur quelle base M. Carrière fonde-t-il sa théorie de sexualité? 
Nous n'en savons rien, car tous les Araucarias que nous avons 
vus jusqu'à présent, à l'exception de celui de Moncontour, nous ont 
paru dioïques. 

Dans son Dictionnaire de Botanique, fasc. 4, p. 24R, M. Bâillon 
dit aussi, que : « Le genre Araucaria est caractérisé par des fleurs 
dioïques, rarement monoïques, n 

Pour peu qu'on examine les végétaux monoïques, on reconnaît de 
suite que leur floraison commence presque toujours par des fleurs 
staminées ; les pistillées ne viennent qu'en second lieu. Tous les 
genres qui composent la grande famille des Conifères produisent 
des fleurs unisexuées ; les staminées paraissent généralement un 
an ou deux, quelquefois même davantage avant les pistillées. Si 
VA. iinhricata est monoïque, pourquoi présente-t-il des individus 
portant des fleurs pistillées avant les fleurs staminées, et pourquoi 
ne montrerait-il pas, comme les autres végétaux de cette famille, 
des fleurs mâles avant les fleurs femelles ? Il IVrait donc exception 
à la règle générale des choses en produisant sur certains individus 
des cônes avant les chatons. Nous ne le pensons pas. 

Chez les végétaux dioïques, c'est encore l'individu mâle qui 
fleurit le premier et le plus jeune. 

Les Araucarias du Plessis et ceux du Lion-d'Angers provien- 
nent de l'établissement Leroy et paraissent ê're du même âge, 
quoique nous n'en soyons pas parfaitement sûr. Ces localités 
renferment chacune des Araucarias des deux sexes, mais aucune 
ne nous a montré des individus femelles ayant fleuri avant les 
individus itiâles. 

Le jardin botanique de Brest possède deux Chatnœrops exceha 
du même semis et par conséquent du même âge, plantés le même 
jour, l'un à côté de l'autre, dans les mêmes conditions. Ces Pal- 
miers qui sont bien dioïques prouvent que, chez ces végétaux 
comme chez ceux qui sont monoïques, les fleurs staminées appa- 
raissent toujours les premières. 

M. Eiig. Delaire, Secrétaire de la Société d'Horticulture d'Or- 
léans, publiait, en février 1873, dans la Revue horticole, p. 64, 
une note sur la fructification de l'Araucaria du château du Co- 
lombier dans laquelle il disait qu'il est monoïque. Le fait est in- 



SUR l'araucaria IMBRICATA. 1o3 

contestable puisque chez M. de Lorgeril il n'en existe qu'an seul 
et que les graines qui ont été données par cet arbre ont fourni 
des sujets très vigoureux. Cet arbre paraît être jusqu'à pré-ent le 
seul exemplaire monoïque existant en France. Si l'espèce est vrai- 
ment monoïque, il est très étonnant que, depuis 1855, époque où 
M. Carrière signalait un Araucaria cultivé au jardin de Kew 
(Angleterre), dont les cônes n'ont pas atteint leur entier dévelop- 
pement, le même cas ne se soit pas représenté, et cependant, de- 
puis ce temps, il f n a fleuri ei fructifié plusieurs autres en Eu- 
rope. 

M. Rivière a observé, au Hamma, des Araucaria excelsa monoï- 
ques; mais cet Araucaria appartient à la section des ^wtoc^aENDL. 
plantes appartenant à l'Australie et connues sous le nom de Pin 
colonnaire ou de Norfolk. Cette section se distingue de la précé- 
dente section Co/î/rném Endl., à laquelle appartient l'i4rfli/mm 
imbricata, par ses feuilles cylindriques et quatre cotylédons épïgés. 
11 en est de mêmedes Araucarias cultivés au jardin de l'École poly- 
technique de Lisbonne (Port'igal) dont parle M. Carrière, dans la 
Bévue horticole du 16 avril 1878, p. 145. 

En France, on n'a pas encore vu des Ai^aucaria imbricata de- 
venir mocoïquesf 

Le genre Araucaria n'est pas le seul qui renferme dfs espèces 
monoïques et des espèces dioïques. 

Dans sa séance du 7 juillet 1878, !a Société nantaise d'Horti- 
culture eut aussi à discuter la question de sexualité de YArau- 
caria imbricata. L'avis prédominant fut « qu'il devait être mo- 
noï:jue ; que chaque Araucaria, dans les conditions ordinaires, 
porte des fleurs mâles et des fleurs femelles sur diverees parties du 
végétal; que, lorsque les organes mâles et femelles sont séparés 
sur des sujets différents, il y a exception. » Tout ceci est très 
bien, mais où sont les sujets qui portent ces exemples? Pourquoi 
la Société nantaise ne les cite-t-elle pas? 

Laissant de côté les Araucarias de Pénandreô', de Ploumaguer et 
de Criquetot qui ont été semés sur place et dont on connaît sûre- 
ment l'âge, on peut dire que leur âge véritable date du jour de 
leur naissance que nous ne pouvons préciser; mais on peut bien 
admettre qu'ils n'avaient pas moins de 6 à 8 ans, lorsqu'ils ont 



1 54 NOTES ET MÉMOIRES. 

été mis en place ; quelques-uns même devaient être plus âgés. 
S'il fallait aussi s'en rapporter au nombre de verticilles qu'ils 
portent, on n'en arriverait pas plus vite à connaîire leurs années 
d'existence, puisqu'on ea trouve qui poussent trois verticilles en 

2 ans, comme celui de l'Hermitage, et d'autres qui sont âgés 
lie 40 ans qui n'ont que quelques verticilles et 1^50 ou 2 
mètres d'élévation, comme la majeure partie de ceux de Plouma- 
guer. 

Pour faciliter nos recherclies, nous avons établi, dans le tableau 
ci-joint, l'âge de la plantation et celui de la floraison de ceux 
que nous considérons comme étant les plus remarquables et crois- 
sant dans les meilleures conditions possibles, sous notre climat, 
en ajoutant à chaque sujet une moyenne de 8 ans en plus, qui est 
supposée avoir servi à l'élevage. Ce tableau nous donne approxi- 
mativement l'âge qu'avait chaque individu au moment de sa pre- 
mière floraison ou fructification. 





z — 


o 




MALES 


§ 


FEMELLES j| 


LOCALITÉS 


w 5 

a. " 
-a 2 


il 






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oc ic'" 




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1 








L'HermiUige. . . 


1862 


1879 


1 


17 


25 










Quimper . . . . 


53 


73 


2 


20 


28 










Tiébéorel. . . . 


n 


78 


4 


•i\ 


s9 










Sl-Léoiiard . . . 


58 


76 


2 


18 


se 










Liimpatte .... 


5C 


76 


I 


20 


2s 










Gtierbourg . . . 


48 










1873 


\ 


n 


35 


M'JiUivilliers . . 


53 


76 


4 


23 


31 










St-Humaiis . . . 


43 










76 




33 


41 


Lillebouno . . . 


48 










78 




30 


38 


Bolbec 


56 


76 


\ 


20 


28 










Heniicbonl . . . 


55 










76 




22 


30 


La Cliaiireuse . 


54 










75 




21 


29. 


rSantes 


33 










78 




46 




La Gillardière. . 


51 


76 


\ 


S5 


33 










Le Plessis. . . . 


46 


73 


2 


29 


37 


78 




29 


37 


Hucheloup . . . 


?8 


64 


% 


11 


19 


69 




16 


24- 


Le Lion- d'Angers 


48 


71 


^ 


23 


31 


71 




23 


31 






mâles 


15 






femelles 


9 







Ce tableau, quoique très imparfait, cous montre que, sur 24 



SUR l'araucaria imbricata. 455 

Araucarias replantés et poussant dans les meilleures conditions, il 
s'en trouve 15 qui sont mâles, dont la majeure partie a fliuri dans 
la période de 20 à 30 ans et 9 qui sont femelles. Si à ces 9 indi- 
vidus femelles nous ajoutons ceux de Pénandrefî, de Ploumaguer 
et de Criquelot, qui sont au nombre de 5, nous aurons ainsi 14 
individus femelles dont la majeure partie a fleuri pendant la pé- 
riode de 30 à 40- ans, ce qui prouve que la floraison de ce végétal 
est plus précoce chez l'individu mâle que chez l'iudividu femelle 
et qu'il est bien dioïque. S'il en était autrement, on ne trouverait 
pas à nombre égal des individus portant des cônes el d'autres por- 
tans des chatons, et certains individus portant des chatons depuis 
quelque temps auraient commencé à montrer quelques cônes. 
S'ils ne deviennent monoïques que quand ils sont très- âgés, comme 
le dit M. Carrière, nos Araucarias français ne sont probablement 
pas assez vieux pour permettre de constater ce fait, et celui de Mon- 
contour nous donne encore la preuve que la monoïcité n'a aucun 
rapport avec l'âge, puisqu'il a montré des cônes et des cha- 
tons en même temps et qu'il est plus jeune que ceux de Pénan- 
dreff. 

Puisque jusqu'à présent nous n'avons trouvé que cet exem- 
plaire de monoïque, nous n'avons aussi trouvé que lui présentant 
des particularités qui semblent caractériser cette monoïaité et dé- 
montrer qu'elle est anormale : 1° par les intermittences longues et 
inégales du temps qui s'écoule entre chaque apparition des cha- 
tons, qui ne se montrent pas annuellement, comme le font ses 
cônes, ou comme les chatons des individus unisexuésqui parais- 
sent tous les ans à la même époque; 2° par le peu de chatons qu'il 
produit dont le nombre est, d'après M. de Lorgeril, de deux ou 
trois, qui semblent prouver que l'individu est plutôt femelle que 
mâle, phénomène qui n'aurait pas lieu si l'espèce était vraiment 
monoïque ; 3° par la faible quantité de graines fertiles qu'il pro- 
duit qui n'est pas en rapport avec* l'abondance des cônes. 
M. Lancezeur dit que, sur 150 graines qu'il sema cette année, il 
obtint environ 50 sujets ; il dit aussi qu'il cassa quelques-unes des 
graines qui ne levèrent pas et remarqua que l'endosperme était 
dépourvu d'embryon. Toutes ces particularités tendent à prouver 
que cette monoïcité n'est qu'anormale. 



'ISô NOTES ET MÉMOIRES. 

Les groupes du Plessis, de Hucheloup et du Lie a -d'Angers se 
fécondent aussi naturellement, et les graines en sont bonnes. 

Celui de Criquetot fut fécondé artificiellement et les résultats 
furent aussi très satisfaisants, puisque le nombre de graines fer- 
tiles fut environ de 57 par cône. 

Si l'espèce est vraiment dioïque, comme nous avons tout lieu 
de le croire, on doit considérer ce spécimen monoïque comme 
une anomalie ou un cas exceptionnel, mais qui n'est cependant 
pas sans exemple. Notre Chanvre cultivé, qui est aussi une plante 
dioïque, nous ofTre quelquefois des individus qui sont polygames. 
Ce fait n'est pas rouveau, puisque Dubois le signalait déjà en 
1803, dans sa Flore orléanaise. De plus, il nous est encore dé- 
montré aujourd'hui par un Chamxrops excelsa cultivé au jardin 
des plantes de Nantes, depuis 1867. Ce Palmier avait déjà com- 
mencé à fleurir en 1865, chez M. Alp. Lefèvre , oti il était cultivé 
avant que d'être au jardin ; les fleurs qu'il montra jusqu'en 187 tj 
étaient toutes staminées. En 1877, il en montra quelques-unes de 
pistillées, en petite quantité, c'est vrai, mais assez pour donner 
des fruits et montrer qu'il devenait monoïque. Il est aussi le seul 
exemplaire que nous connaissions de cette espèce présentant ce 
phénomène et prouvant que les végétaux unisexués peuvent bien 
de temps à autre montrer des anomalies dans la répartition des 
sexes. Aussi, d'après les recherches que nous venons de faire et 
jusqu'à preuve du contraire, nous continuerons à considérer 
VAraucaria imbricata comme dioïque. 

Faire l'histoire d'un végétal sans parler de sa culture ne serait 
faire que la moitié de la besogne, et on ue peut non pk^s traiter 
de sa culture sans le connaître lui-même, sans avoir étudié en 
outre le pays où il croît, l'attitude et la position où il se trouve 
dans la nature. Examinons donc la répartition naturelle de VA- 
raucaria imbricata et disons quelques mots de sa patrie. 

Molina (/. c, p. 254) dit que « c'est le plus bel arbre du Chili; 
qu'il croît naturellement dans la province des Arauques; mais 
qu'on le cultive dans tout le reste du pays, » ce qui porte à 
croire que l'aire qu'il occupe naturellement est assez restreinte. 

Le Chili est un Étal de l'Amérique méridionale, situé entre 
72° et 77° de longitude Ouest, et entre 25o et 44' de latitude 



SUR l'araucaria IMBRICATA. 457 

australe. Il s'éttnd le long des côies du Grand-Océan, sur une 
longueur de plus de 2 000 kil. et sa plus grande largeur est de 
220 kil. L'Araucanie ou pays des Arauques, qui est la patrie de 
l'Araucaria, en est une province située entre le Biobio, le Valdivia 
et la mer; elle s'étend de 3ô° 44' à 39" 50' de latitude australe, 
c'est-à-dire qu'elle occupe un sixième de l'étendue du Chili. Si 
l'Araucaria ne croît naturellement que dans cette province, on 
voit qu'il n'occupe pas un grand espace de terrain. 

M. Carrière dit qu'il croît entre Sh" et 5ô* de latitude australe; 
selon cet auteur, il s'avancerait jusqu'en Patagonie. 

Si l'Araucanie se trouve sur un sixième de l'étendue du Chili en 
longueur, qui est de 333 kilora., sur 220 kilom. de largeur, son 
aiie est de 74 3o0 kilom. carrés ; là, il vit depuis les bords de la 
mer. jusque vers le milieu des montagnes, mais non jusqu'à une 
grande hauteur ; il n'habite donc que la région maritine. 

Le Chili est très accidenté ; le sol s'y élève graduellement à partir 
de la mer ; de nombreux cours d'eau le rendent très humide ; 
son climat est très peu varié ; la chaleur n'y est jamais excessive. 
Le ciel y reste constamment serein, du printemps à l'automne, 
principalement entre le 24^ et le 36« degré, qui est la latitude sous 
laquelle se trouve l'Araucanie. De plus, cette chaleur est tempérée 
par les brises fraîches venant de la mer, par des pluies continuelles 
et par le grand courant polaire austral, dont une des branches 
baigne les côtes du Chili et du Pérou. Le froid n'y est pas non plus 
très rigoureux, puisque la neige fond en tombant sur le sol; en un 
mot, le climat du Chili est un climat très égal, doux et humide, 
qui a beaucoup d'analogie avec notre climat breton. 

Désirant comparer les terrains et climats du Chili avec ceux 
de la Bretagne, nous emprunterons aux savantes recherches 
faites sur ce pays par M. le D"^ Liégard les renseignements sui- 
vants. 

Les météorologistes divisent la France en o régions climatéri- 
ques, dont la deuxième est celle du Nord-Ouest ou climat séqua- 
nien, comprenant l'étendue des départements compris depuis les 
Ardennes jusqu'à la Loire. Il conviendrait de diviser le climat 
séquanien, pour donner à l'Armorique un climat particulier. 

En effet, la Bretagne jouit de conditions climatériques toutes 



458 NOTES ET MÉMOIRES. 

spéciales qui en font un pays à part au milieu des contrées avoi- 
smanles. 

Les conditions qui créent ce climat particulier sont complexes; 
les principa'es sont les suivautes : lo L'exposition générale de la 
contrée, 2o la constitution du sol, 3o la direction ordinaire des 
vents, 40 le voisinage de la mer et l'influence du courant d'eau 
tiède qui vient effleurer les côtes de l'Armorique. 

40 Exposition générale. — La chafne du Menez, qui traverse la 
Bretagne de l'est à l'ouest, partage cette province en deux ver- 
sants inégaux; le versant méridional comprend au moins les 
trois quarts de la Bretagne ; cette disposition contribue à la dou- 
ceur du climat, en donnant à la plus grande partie de la contrée 
l'exposition du Midi et en la protégeant contre les vents rigoureux 
du Nord. 

2" Sol. — La Bretagne diffère par sa constitution géologique 
des provinces qui l'avoisinent ; le granité et l'argile y sont com- 
muns, autant que le calcaire y est rare, tandis que l'inverse se 
montre dans les contrées limitrophes. Le sol, en général peu per- 
méable, conserve une humidité qui favorise la production de 
l'humus et s'oppose à son infiltration dans les couches profondes. 
L'absorption du calorique trouve des conditions propices dans la 
coloration noiiâtre du sol, avec lequel s'harmonisent le sombre 
feuillage des Pins et des Chênes et la teinte foncée des Bruyères et 
des Landes. D'un autre côté, l'humidité du sol en s'évaporant 
dans l'atmosphère donne naissance, dans les nuits sereines, à des 
brouillards qui diminuent la déperdition du calorique en com- 
battant ie rayonnement vers les espaces célestes. Aussi, la Bre- 
tagne souffre peu des gelées qui , pour la Gironde, sont souvent 
désastreuses. 

3° Vents. — Le vent dominant, eu Bretagne, est le vent du Sud- 
Ojestj c'est celui que les Druides appelaient Kirck, et que les 
Romains nommaient Circius ; c'est celui qui, portant contre le ri- 
vage méridional de l'Armorique les flots soulevés de l'Océan, a 
créé les baies nombreuses, creusé les grottes profondes et découpé 
les caps étroits qui donnent au littoral son aspect pittoresque. C'est 
celui qui, dans ces parages, courbe la cime des arbres en imprimant 
à^Lurs rameaux la direction du Nord-Est. Il souffle en moyenne 



SLR l'araucaria IMBRICATA. 159 

150 jours par an et fait passer sur la Bretagne un air réchauffé 
par le soleil des tropiques. Plus fréquent en hiver qu'en été, il 
joue pour la province le rôle d'un calorilère providentiel destiné 
à tempérer l'action des froids rigoureux. 

4° Mer. — L'observation a démontré, depuis longtemps, que 
les contrées baignées par la mer jouissent d'un climat plus con- 
stant et plus tempéré que les pays placés à l'intérieur des conti- 
nents. Les surfaces liquides s'échauffent et se refroidissent plus 
lentement que les masses solides; sur les côtes, l'équilibre est ré- 
tabli par les brises diurnes et nocturnes qui, d'une façon générale, 
joaftlent alternativement sous l'influence solaire. Ces conditions 
tendent à donner à la température un caractère uniforme qui 
établit une difl'érence tranchée entre les climats maritimes et les 
climats continentaux. 

L'Armorique est disposée mieux que nulle autre contrée de la 
France pour bénéficier de cette condition favorable, la mer s'y 
étendant sur une étendue de côtes d'environ 300 lieues. C'est bien 
le pays de la mer par excellence, et le nomd'Ar-worquilui fut donné 
par les Celtes traduit admirablement son caractère fondamental. 

Les eaux qui baignent l'Armorique n'agissent pas seulement sur 
son climat par une Simple influence de voisinage, elles lui 
apportent un puissant auxiliaire constitué par la température des 
courants. Un rôle important doit être, à notre avis, réservé à l'ac- 
tion du courant d'eau tiède connu sous le nom de Gulf-strèam^ 
dont un rameau pénètre dans le golfe de Gascogne, contourub les 
côtes de la Bretagne et traverse la Manche pour se jeter dans la 
mer du Nord. 

La vitesse et la température du courant diminuent graduelle- 
ment à mesure que les eaux s'avancent vers les régions boréales. 
M. le D''Liégard a constate que, entre Ouessant et Cherbourg, le 
refroidissement peut être évalué à \ degré, tandis qu'entre Cher- 
bourg et Calais il est de plus de 2 degrés, pour une distance à peu 
près égale. 

Si, nous comparons maintenant le climat elle terrain du Chili 
au climat et au terrain de la France, nous ne trouvons que la Bre- 
tagne qui puisse y ressembler par son climat à ia fois doux et 
humide, par sa température égale, par son terrain el sa position 



460 ROTES ET MÉMOIRES. 

géographique ; tous ces éléments y sont à peu près identiques à 
ceux du Chili. Du reste, ceci est démoatré par TAraucaria même, 
dont la culture est comprise entre les rives de la Loire et celles de 
la Seine. Il n'y a en Europe que le sud de l'Angleterre qui puisse 
rivaliser avec la Bretagne pour cette culture. 

La constitution robuste de cet arbre, la rapidité avec laquelle il 
croît, la grosseur de ses membres, indiquent qu'il exige beaucoup 
d'eau. De plus, son élancement et son port, en général, indiquent 
auisi qu'il est créé pour résister aux venls les plus violents.Or, étant 
construit de la sorte, on comprend qu'il demande à être planté au 
grand air ; sa place n'est donc pas dans les petits jardinets envi- 
ronnant les habitations, ni dans les parcs très boisés. Si on veut 
le voir prospérer, il faut le placer isolément au milieu de grandes 
pelouses, à l'air et à la lumière, et non dans des endroits où l'un 
ou Vautre de ces éléments lui manquent. Comme au Chili, il 
arrive jusque sur les bords de la mer. Il piéfère au^si l'air salin 
des brouillards maritimes à l'air sec et chaud de l'intérieur des 
continents. 

Van Houtte, dans la //ore des serres, t. V, p. 510-512, dit que 
« pendant l'hiver de 1845, plusieurs pieds d'Araucaria furent 
plantés dans un parc, au sud deTAiiglelerre (il ne cite pas l'en- 
droit). Malgré les diversités assez notables dans le choix d'exposi- 
tion et de sol, tous les sujets paraissaient être placés sous les 
conditions les plus favorables à leur croissance, à l'exception 
. d'un seul auquel on crut devoir prédire d'avance une destinée 
malheureuse ; exposé en effet aux longs brouillards et aux rafales 
d'une vallée basse, ombragée par de grands arbres durant tout 
rhiver, occupant la base du versant septentrional d'une colline, 
reposant enfin sur un sol où l'on trouve, au-dessous d'une 
couche de 0"i 1 5 d'humus, un lit composé de cailloux, sa posi- 
tion semblait ne pouvoir être plus mal choisie, et cependant, 
l'arbre en question offre aujourd'hui (1 849) l'aspect le plus luxu- 
riant et sa croissance dépasse, dans la proportion de 3 à 1, celle 
des pieds du même âge plantés à côté de lui. On ne saurait douter 
que les vents impétueux, le lit de cailloux et la privation absolue 
de soleil, durant plusieurs mois de l'année, n'aient en réalité tout 
à fait tourné à son avantage. Sans doute (ajoute la rédaction du 



SUR l'araucaria IMBRICATA. <61 

Gardeners' Ch?'omcli), le fait s'explique aisément par les habi- 
tudes tt la station de l'arbre dans son pays natal. » 

En comparant deux Araucarias du même âge, dont an planté 
à Paris, dans un sol sec et chaud, sous un climat variable comme 
celui de Paris, et l'autre planté sous un climat brumeux comme 
celui delà Bretagne, nous verrons que ce dernier l'emportera de 
beaucocp en force et en vigueur sur celui de Paris, qui est cepen- 
dant tous la même latitude. Ceux du Jardin d'Acclimatation pou- 
vaient avoir 1 m 25 de hauteur, lorsqu'ils ont été mis en place. Onze 
ans plus tard, lors de leur première fructification, ils mesuraient 
2" 50 et avaient crû en moyenne de 0"" H par aD, ce qui donne, 
en 1879, 3" 62, et à ptu près 26 ans d'âge (ils sont certainement 
plus âgés). Si nous les comparons à ceux de Saint-Léonard, qui 
n'ont que deux ans de plu^% nous trouvons déjà une grande diffé- 
rence dans la taille, ceux de Guingamp se ressentant déjà de 
l'influence exercée par la mer. Il en est de même du terrain : 
celui de l'Hermitage, qui ne date que de 186?, mesure 10 mètres 
de hauteur; il est planté dans un terrain granitique et est également 
beaucoup plus élevé que ceux de Paris qui sont plantés en terrain 
calcaire. 

Si nous comparons l'Araucaria de Moncontour à son frère 
supposé qui est au jardin de Brest, nous le voyons plus grand dans 
toutes ses parties, et cependant le terrain est le même dans les 
deux localités ; mais Moncontour est, dit-on, placé sur la fin des 
montagnes du Menez, où l'air et la lumière arrivent de toute 
part, tandis qu a Brest le jardin est renfermé dans la ville, en- 
touré de maisons et d'arbres de tous côtés. Il en est de même du 
deuxième cultivé dans ce jardin, dont le frère est à Ploumaguer ; 
ce dernier, qui habite les bords de l'Océan, constamment exposé 
aux tempêtes et aux rafales qui viennent souvent visiter ces con- 
trées, est aussi plus fort que celui de Brest. 

Le plus grand Araucaria de Pénandreff n'a encore donné ni 
fleurs, ni fruit", et les plus petits non plus ; c'est encore au manque 
d'air que l'on doit attribuer cette stérilité : le plus haut est placé 
à l'est et au milieu du groupe, les plus petits au nord ; ils ne re- 
çoivent que peu ou pas de lumière, tandis que les trois qui fruc- 
tifient sont placés à l'ouest et au sud et ne sont masqués par aucun 

11 



] 62 NOTES ET MÉMOIRES . 

arbre ; ils reçoivent toute la journée le soleil et le vent qui souffle 
plus souvent en Bretagne du sud-ouest que des autres points. Ces 
Araucarias, qui sont les premiers qui aient fructifié en France, 
étaient porteurs, en 1878, d'au moins 150 à 200 cônes. Ce n'est 
donc pas le vent qui les gêne. 

L'air n'est pas le seul élément qui convienne à l'Araucaria ; il lui 
faut aussi de l'eau, puisque le Chili est un pays humide. Les 
Araucarias de la Loire-loférieure et ceux de la Seine-Inférieure 
sont à peu près semblables entre eux, parce que les terrains et les 
climats sont à peu près pareils, mais ceux du Finistère sont 
beaucoup plus forts et plus vigoureux, ce département étant 
beaucoup plus humide que les autres. 

Nous avons vu plus haut que la chaleur n'était pas excessive 
au Chili ; que le thermomètre n'y montait pas beaucoup au-dessus 
de So*» et que cette chaleur était tempérée parles brises fraîches 
venant de la mer. Ces mêmes effets se produisent également sur 
notre littoral français ; les brises qui viennent de l'Océan rafraî- 
chissent aussi notre zone maritime et en rendent la température 
beaucoup plus uniforme que celle de l'intérieur du continent. 
C'est à ces conditions que l'Araucaria doit sa réussite en Angleterre 
et en Bretagne. 

A mesure que l'on s'éloigne du littoral, on voit les Araucarias 
diminuer graduellement en force et en vigueur, ce qui tend à 
prouver que le manque de brouillards et la plus grande quantité 
de rayons solaires leur est nuisible et quelquefois funeste. Nous 
avons remarqué plusieurs fois que des exemplaires assez forts 
sont morts par des jours de chaleur extraordinaire, comme il 
s'en présente quelquefois dans nos départements maritimes. Le 
premier de ces exemples qui attira notre attention eut lieu au jar- 
din botanique, en 1876, sur un Araucaria âgé de dix-huit ans, 
mesurants mètres de haut et cultivé en pleine terre depuis neufans. 
11 était d'une santé parfaite ; il commença à se desi^écher pendant 
l'été et mourut quelque temps après sans qu'on pût en connaître 
la cause. Le même fait se reproduisit en 1877, sur un autre sujet 
d'environ 4 mètres de hauteur planté dans le jardin du palais de 
justice, à Saint-Brieuc, localité très élevée au-dessus du niveau de 
la mer. En 1878, un autre, mesurant également 3 mètres de 



SUR l'araucaria imbricata. 463 

hauteur, planté dans la propriété de M. Ansart, à Lambézellec, 
qui se portail admirablement la veille des grandes chaleurs qui 
survinrent le 2 et le 3 juillet, où le thermomètre monta à 32 degrés 
centigrades, par un temps très calme où brillait un soleil sénéga- 
lais, fut tué par la chaleur, ainsi que d'autres végétaux ligneux 
cultivés non seulement dans ce jardin mais encore dans plusieurs 
autres des environs de Brest. 

Si l'Araucaria n'aime pas les grandes chaleurs, il ne craint pas 
non plus les grands froids, pourvu toutefois que ces froids ne 
soient pas secs et vifs comme ceux de l'intérieur de la France'; les 
froids humides, neigeux de nos départements de l'Ouest lui con- 
viennent assez. Ceux de Péoandrefï, quoique jeunes, ont passé 
en pleine terre, sans couverture, l'hiver de 1829-30, sans souffrir; 
celui du Jardin botanique de Brest a supporté, sans couverture, 
l'hiver de 1837, où le thermomètre est descendu à — 7 degrés. 
Nôumann a vu celui qu'il avait planté à Paris supporter 6, 7 et 
8 degrés de froid sans souffrir. Tous ceux du Finistère ont égale- 
ment passé le désastreux hiver de i 870-71 , qui fut, selon M. Borius, 
l'hiver le plus dur qu'on ait eu à Brest depuis le commencement 
de notre siècle, où le thermomètre est descendu à — 9 degrés, au 
Jardin botanique. Les Araucarias de la Seine-Inférieure n'ont pas 
plus soufiert de ces gelées que ceux du Finistère; le vent souf- 
flant de l'est-nord-est devait rendre la température plus basse 
au Havre qu'à Brest. On peut donc admettre que l'Araucaria peut 
aisément supporter 10 degrés de froid sans souffrir, pourvu que ce 
froid soit humide. 

Le terrain qui convient à l'Araucaria doit être une terre franche, 
profonde, légèrement humide; il préfère les terrains schisteux, 
granitiques aux terrains calcaires ; la terre de Bruyère est trop lé- 
gère pour lui, elle se des-èche trop facilement. La terre trop ar- 
gileuse lui est également funeste ; ses racines longues et peu che- 
velues ne peuvent s'y enfoncer librement. Il n'aime pas non plus 
les labours; on fera donc bien, pour éviter ces inconvénients, de 
le planter isolément sur les pelouses, où le gazon entretient tou- 
jours un certain degré d'Itumiiité à son pied, et si lesgiandes 
cholturs persistaient pendant longtemps, on fera bien aussi de 
l'arroser copieusement de temps à autre. 



^64 NOTES ET MÉMOIRES, 

Toutes les espèces de ce beau genre peuvent se multiplier 
de marcottes qui mettent généralement deux ans à s'enraciner, 
ou de boutures qui s'obtiennent en coupant la cime de l'arbre 
qu'on veut multiplier ; il en repousse alors plusieurs jets qu'on 
peut faire servir aux mêmes usages, et on a de jeunes plantes pous- 
sant verticalement; mais ces boutures ne réussissent pas toujours. 
Souvent les branches horizontales sont préférables; elles réussis- 
sent généralement mieux que les verticales ; mais elles ont l'in- 
convénient, quoique bouturées, de conserver toujours leur posi- 
tion horizontale, comme chez beaucoup d'autres Conifères ; alors 
Oïï est obligé de couper la cime de l'espèce^ou variété qu'on veut 
multiplier et delà grelfer au bas de cette branche horizontal?, et 
l'on obtient par ce moyen une plante à tige verticale. Les sujets 
obtenus de marcottes peuvent également servir de sujets pour re- 
cevoir des greffes. Toutes ces sortes de multiplications ne peuvent 
êire appliquées que pour 1-s plantes qu'on cultive en petite quan- 
tité et non à VAi^aucaiHa imbricata ; elles deviendraient trop coû- 
teuses ^t peu praticables au point de vue agricole. Les espèces ou 
variétés d'Araucarias qu'on grtfft-, pour avoir la chance de réussir, 
doiventavoir aussi un lien de parenté entre elles. On ne pourrait pas 
greffer une espèce à feuilles cylindriques sur un sujet à feuilles 
planes, et vice versa ; elles ne réussiraient pas. C'est généralement 
sur ï Araucaria imbricata que se greffent les espèces et variétés à 
feuilles planes ainsi que les Dammara, et sur V Araucaria excelsa 
celles à feuilles cylindriques. 

Le moyen le plus sûr, en même temps que le plus commode, 
est la multiplication par le semis. Avant que nos sujets français 
ne nous donnassent de bons fruits, on était obligé défaire venir 
des graines du pays natal, ce qui coûtait fort cher et ne donnait 
pas toujours des résultats satisfaisants. Aujourd'hui, nous n'avons 
plus cesiûconvénients à craindre, attendu que nous sommes à la 
veille d'en récolter chez nous plus qu'il ne nous en faudra, puisque 
nous voyons tous les ans de nouveaux sujets fleurirai fructifier. 

Aussitôt après la maturité des graines, on les récolte et on les 
sème de suite, sous un châssis où l'on a préalablement pi éparé un 
lit de (jm20 de terre de bruyère dans laquelle on les repique la 
pointe ,€& bas; on couvre le châssis d'un panneau, en ayant ioin. 



SUR l'araucaria imbricata. 165 

de donner de l'air lorsque le temps le permet et de tenir la terre 
toujours modérément humide. Au bout d'un mois, toutes les 
graines qui sont bonnes sont pourvues d'une radicule assez 
longue. A partir de cette époque, on donne de l'air à profusion et 
les jeunes plantes ne tardent pas à atteindre la hauteur de C^Oô 
à O'^OS. Au printemps suivant, on les repique chacune dans un 
petit pot ; on les remet sous châssis pendant quelque temps pour 
favoriser la reprise, ensuite on les livre au plein air, en ayant soin 
d'enterrer les pois afin que la chaleur ne les dessèche pas trop. 

Les jeunes Araucarias restent pendant 3 ou 4 ans à la taille de 
Om 10 à 0™ 15 ; à partir de cet âge, ils commencent à se dévelop- 
per; alors on leur donne chaque annés un pot un peu plus grant^, 
ou on les livre définitivement à la pleine terre. Les pépiniéristes 
les nnettent quelquefois en panier qu'ils enterrent ; ce moyen de 
les cultiver permet d'en assurer plus facilement la reprise au mo- 
ment de la transplantation. 

L'Araucaria peut se replanter avec chance de reprise jusqu'à 
l'âge de 4 2 ans; passé cette limite, il ne reprend pas toujours faci- 
lement. C^ci tient à ce que ses racines sont assez grosses, très 
longues et peu chevelues ; aussi, lorsqu'on l'arrache pour le replan- 
ter, il faut avoir soin de faire un trou très large, afin de les avoir 
de toute leur longueur sans les blesser. Avant cette opération, on 
aura également eu le soin de préparer à l'avance un trou très large 
et très profond, afin de défoncer le terrain et de rapporter des terres 
convenables si celles du lieu ne l'étaient pas. Dans ce cas, celles 
qui sont préférables sont de la terre de gazon dans le fond et de la 
terre franche, friable et légère pour mettre autour des racines, 
qu'on tâche d'allonger obliquement le plus possible sans les bles- 
ser ni les casser ; si quelques-unes avaient été détériorées par des 
coup de bêche pendant l'arrachage, on fera bien de les supprimer 
près de la blessure, et de ne pas enterrer la plante ni plus haut 
ni plus bas que le collet de la racine. Après la plantation, malgré 
le temps et la saison, on a soin d'arroser copieusement : cette opé- 
ration est indispensable pour affermir la terre sur les racines. Si la 
plante est un peu haute, on fera bien aussi de la soutenir au mo- 
yen de trois tuteurs piqués en arc-boutant pour empêcher le vent 
de l'ébranler, ce qui nuirait beaucoup à la reprise. La meilleure 



466 NOTES ET MÉMOIRES. — SUR L'aRAUCARIA IMBRICATA. 

saison pour faire la transplantation de l'Araucaria paraît être les- 
mois d'octobre et de novembre; en plantant à cette époque, les ra- 
cines ont le temps de pousser déjeunes radicelles pendant l'hiver 
qui empêchent la piaule de souffrir de la sécheresse, l'été 
suivant, inconvénient qui n'a pas lieu lorsque les plantes sont 
cultivées en pots, ce qui permet de les planter en toute saison. 

Gomme tous les autres végétaux résineux, l'Araucaria n'aime 
pas la suppression de ses branches, mais il arrive cependant qu'on 
est quelquefois obligé d'en couper; on fera bien alors, en les sup- 
primant, de conserver à la base de chacune un tronçon d'environ 
O'a \ 5, qui permet à la plaie de se cicatriser plus facilement et 
d'entraîner la perte d'une moins grande quantité de sève que 
lorsque l'on coupe près de la tige. 

Jusqu'à présent l'Araucaria n'a encore été employé qu'à l'orne- 
ment des jardins paysagers, où il se montre le plus pittoresque des 
végétaux ligneux ; mais il n'est pas douteux que, dans un temps 
peui-être peu éloigné, il ne devienne un arbre forestier de premier 
mérite dont le bois pourrait remplacer avantageusement celui du 
Pin dans l'industrie. Ses fruits pourraient également servir de 
nourriture, soit à l'homme, soit aux animaux,. alors ii pourra 
rendre des services immenses à l'agriculture bretonne, surtout 
si on le plante en futaies, sur les rivages de l'Océan ou de la 
Manche. Ces futaies, tout en rapportant du bois et d'autres pro- 
duits économiques comme nos Pins et nos Chênes, serviraient en 
même temps d'abris aux récoltes, en les protégeant des vents' des- 
tructeurs qui ravagent de temps en temps nos départements du 
littoral. 

Ici se termine notre tâche, dont le but était de faire connaître 
les plus beaux exemplaires d'Araucaria qui se trouvent en France, 
et d'appeler l'attention des agriculteurs sur les services immenses 
que pourra rendre cet arbre à notre péninsule bretonne, dont il 
est la plus belle acquisition végétale qui ait été faite depuis le 
commencement de notre siècle. 



RAPPORTS. — TRAVAUX DU COMITÉ d'ARBORICULTURE . 467 

RAPPORTS 



Rapport sur les travaux du Comité d'Arboriculture en 1879 ; 
Par M. Th. Buchetet, Vice-Secrétaire du Comité d'Arboriculture. 

Messieurs, 

Si vous avez bien voulu reconnaître jusqu'à présent, sans qu'il 
y ait, je crois, de contestation à cet égard, que votre Comité d'Ar- 
boriculture est un Comité laborieux, ce n'est pas l'année qui vient 
de s'écouler qui vous fera repentir de votre bienveillant jugement, 
car 1879 nous a donné une forte tâche. En dehors de nos travaux 
courants, la grande Exposition universelle nous avait légué de 
nombreux sujets d'études pomologiques ; aussi, les registres où 
elles sont consignées ont-ils pu s'enrichir d'une infinité de des- 
criptions de fruits, dont l'intérêt se trouve augmenté par la diver- 
sité de leurs origines. 

■ Les présentations qui nous ont été faites se sont montrées sulli- 
samment remarquables pour une année mauvaise ; nos Commis- 
sions ont eu à étudier de près des cultures intéressantes, et, dans 
nos conversations intérieures, quelques sujets n'ont pas été 
traités sans profit. Nous espérons que le résumé suivant vous en 
donnera la preuve. 

Les travaux préparés dans notre intérieur, et qui, reportés à dos 
séances, sont allés ensuite, grâce à vous, grandir et prendre un 
développement utile, vous sont déjà connus par les procès-verbaux 
insérés dans notre Journal ; nous n'insisterons donc point sur 
ceux-là, réservant une place un peu moins mesurée aux sujets 
qui, n'ayant pas trouvé l'occasion d'être traités devant vous, pour- 
raient vous sembler avoir quelque intérêt. C'est toujours dans ce 
sens qu'ont été rédigés les Comptes rendus annuels de nos travaux, 
et je ne saurais m'écarter de cette voie, que je considère comme la 
plus profitable, et qu'a si bien suivie, depuis dix-sept années 
notre zélé Secrétaire, dont un chagrin tout récent, et que nous 
avons ressenti tous, m'oblige à prendre aujourd'hui la plume. 



468 RAPPORTS. 

Arboriculiure . 

Il est bien rare que les étrangers qui sont venus s'instruire à la 
parole et à l'exemple de nos maîtres, dans toutes les branches des 
sciences ou des arts, ne gardent pas pour nous et notre pays les 
meilleurs de leuis souvenirs. M. Jai;ko"Wski est un ancien élève 
de l'École d'Arboriculture de la ville de Paris ; devenu jardinier 
en chef du Jardin poraologique de Varsovie, il a voulu prouver 
qu'il avait su, à son tour, appliquer chez lui les bons principes 
qiV\l tenait de M. Du Breui', Dans un Mémoire adressé à notre 
Société, et dont M. G larles Chevallier, Président de noire Comité, 
nous a donné le résumé, il nous a tenus au courant de ses modes 
d'opérer, appliquant les préceptes qu'il avait acquis ici, ou les 
modifiant, d'après son intelligence et d'après ce que semblaient 
devo r lui conseiller les différences de climat et de température. 
Notre Comité a rendu justice au zèle de M. Jar;kow.-k' ; d'après 
les conseils de nos meilleurs praticiens, il l'a mis en garde contre 
quelques déceptions que pourraient lui apporter des essais hasar- 
dés, et l'a engagea persister, autant que possible, dans l'applica- 
tion des bons systèmes qui ont fait leurs preuves. 

Il n'est pas besoin devons dire, Messieurs, que notre Comité 
d'Arboriculture s'est réjoui de la création, à Varsovie, d'un Jardin 
d'étude-, précurseur de celui dont, tôl ou tard assurément, notre 
Société finira par se doter elle-même. 

Vous rappelant l'une des préoccupations de la Société -des 
Agriculteurs de France, dont la section d'Hoiticuiture a recruté 
chez nous ses membres les plus compétents, M. Oonnel nous a 
engagés à reprendre la question de la propagation des Poiriers 
par le bouturage. D'a?sez nombreux essais, qui promirent d'abord, 
ont été teatés autrefois : les boutures reprenaient assez volon- 
tiers; les jr^unes sujets semblaient d'abord vouloir suivre l'exem- 
ple de certaios arbustes ligneux; mais ils végétaient deux ans, 
trois ans, puis dépérisiaient en général. Oj employait alors 
des boutures ligneuses. Plusieurs d'entre nous renouvellent en ce 
moment ces expériences, mais au moyen de boutures herbacées. 
Nous ne saurions dire encore quels succès ou quelles décep- 
tions les attendant, mais, de même que la Société des Agricul- 



TRAVAUX DU COMITÉ d'ARBORICULTURE. < 69 

leurs, nous sommes tout disposés à les encourager au besoin et 
à les signaler à voire attention, s'ils arrivent à quelque résiltat 
sérieux. 

C'est également pour aider à une tentative intéressante que 
nous nous sommes mis en rapport avec M. Louet, qui, en pré- 
sence de l'envahissement des vignobles par le Phylloxéra, vou- 
drait amener les vignerons à introduire chez eux la culture 
en plein vent des Pêchers et des Cerisiers, au point iie vue 
commercial. L'honorable Président de la Société vigneronne 
d'Issoudun ([ndre) nous priant de lui indiquer quelles variétés 
de Pêchers principalement pourraient !e mieux résister en plein 
vent, nous lui avons signalé la Madeleine, la Galande, la Mignonne 
hâtive, la Reine-des-Vergers, qu'il s'agirait de grefifer sur Pru- 
nier ou sur Amandier, selon la nature du sous-sol, selon que 
celui-ci offrirait plus ou moins de profondeur aux racines, en se 
basant sur ce que celles de l'Amandier demandent à pouvoir y 
pénétrer profondément, tandis que celles du Prunier sont essen- 
tiellement traçantes. 

A une question d'un de nos expérimentateurs les plus zélé?, 
M. Vavin, qui désirerait savoir quels sont les moyens les plus 
connus pour guérir la chlorose des Poiriers, nous avons signalé 
principalement le sulfate de fer. Notre collègue nous ayant an- 
noncé qu'il en expérimente un autre dont il nous fera part au 
moment voulu, nous ne pouvons que former le vœu qu'il réussisse 
selon ses désirs, au grand avantage de l'arboriculture. 

Des craintes se sont manifestées, au sein du Comité, tant sur la 
vigueur du Poirier de l'Assomption que sur la bonne qualité très 
généralement reconnue de ses fruits. Pour cette dernière, nous 
n'avons pu que la confirmer, d'après les fréquentes dégustations 
auxquelles nous nous sommes livrés; quant à la vigueur de 
l'arbre, nous avons fait observer qu'il serait dangereux de con- 
damner, d'une manière absolue, une variété fruitière, parce 
qu'elle pousse ou fructifie moins bien dans certaines conditions ; 
ici, nous avons toujours, pour venir à notre aide, le secours de la 
contre-greflfe que peut procurer une variété interraéliaire plus 
vigoureuse. 

Une communication du Frère Henri, de Rennes, qui, pour 



<70 RAPPORTS. 

obtenir des boutons à fruits, emploie trois pincements successifs 
au-dessus des trois premières feuilles d'un rameau, nous a fourni 
l'occasion de rappeler encore à ceux qui dirigent les Poiriers, 
qu'il est nécessaire, si l'on veut opérer en comptant le nombre des 
feuilles au-dessus desquelles on opère, de ne compter qu'à partir 
de celles qui ont réellement des yeux à la base, attendu que, dans 
certaines variétés, il n'en existe pas à la base des premières 
feuilles. 

Quelques-uns de nospraticiensnoussouraettent quelquefois, avec 
des exemples à l'appui, les procédés qu'ils emploient dans leurs 
cultures spéciales; c'est ainsi que MM. Cottard et Lhérault (L.) 
nous ont entretenus de la manière dont ils traitent leurs Figuiers, 
lesquels demandent des soins différents selon la variété à laquelle 
ils appartiennent. Les observations qu'ils nous ont faites ont été 
reproduites dans vos séances par ces habiles horticulteur?, et 
vous avez pu, comme nous, juger de la valeur de leur pratique 
expérimentée. 

Par l'entremise de notre savant collègue, M. Maurice Girard, 
nous avons pu faire reconnaître à M. Paul Oliver, de GoUioures, 
le Vesperus Xatardi comme l'insecte qui attaque ses vignes, et ré- 
pondre à M, Henri François, de Sauvigny, que la destruction des 
nids aériens de la guêpe des arbustes, peut se faire au moyen de 
l'asphyxie par des gaz toxiques, notamment par le sulfure de car- 
bons ou le sulfhydrate d'ammoniaque. 

Consultés par la Société d'Horticulture de Gholet, nous avons eu 
encore recours à notre habile entomologiste, pour étudier des 
échantillons de feuilles et de rameaux de Poiriers gravement ma- 
lades et couverts de galles dues à des insectes. Malheureusement, 
ce n'est qu'au printemps prochain que l'étude de ces galles pourra 
aider à résoudre la question. Jusque-là, M. Maurice Girard, qui; à 
côté des ravalées qu'il se voit obligé de décrire, n'omet jamais, si 
la chose est possible, d'indiquer les moyens de les combattre, 
regarde comme inutile l'emploi des insecticides liquides ou pulvé- 
rulents en cette circoùstance ; ils ne pourraient aiieiudre les larves 
profondément logées dans les gallesjmaisc'est toujours un palliatif 
quedecouper et de brûler les feuilles et les rameaux qui les portent. 

Nous ne pouvons que remercier, en même temps que notre 



TRAVAUX DU COMITÉ d'aRBORICDLTURE. 171 

collègue, la Société de Cholet qui, comprenant le lien qui doit 
unir toutes les Sociétés d'Horticulture, nous signale les dangers 
contre lesquels nous pouvons avoir besoin de nous prémunir. 

Notre Vice-Président, M. Bonne! ,qui déjà nous avait fait partde la 
réussite qu'il avaitob!enue,enéloignantlesvsrs blancs deses plates- 
bandes au moyen du goudron degazépandusurla terre etenîoui en- 
suite avecelle,nousa signalé le non emploi qu'il a fait, pour éloigner 
les limaces, d'un procédé recommandé dans un article horticole dont 
le nom de l'auteur m'échappe, et qui consiste à placer, autour du 
végétalqu'il veut préserver,un cordage trempédans une solution de 
1 kilog. de sulfate de cuivre dans 20 litres d'eau. Les limaces recu- 
lent devant cette simple barrière. 

M. Victor Ghatel, de Vdlcongrain, a reproduit, dans une de 
nos séances, l'opinion qa'il avait émise devant notre Comité, 
d'après laquelle la tavelure des fruits, les macules plus ou moins 
frangées qui enlourent leur pédoncule, et même les taches linéai- 
res qui se rencontreot particulièrement sur certains fruits, entre 
autres sur les Poires de Curé, ne seraient dues ni aux pluies, ni 
aux intempéries, ni à l'humidité, ni à un Champignon, mais à 
l'action d'un petit Acarus qu'il a longtemps étudié etqai, à la fa- 
veur des ténèbres de la/ nuit et jimaispeniant le jour, en attaque 
répiderme. Notre Comité n'a pu que remercier M. Chatel du zèle 
passionné qu'il apporte dans ses études nocturnes, regrettant 
toutefois de ne pouvoir le suivre jusqu'au bout dans ses conclusions 
enlomologiques. 

C^ serait ici, Messieurs, le cas de vous citer les nombreux et 
tristes documents que notre Comité a pu entendre sur les dégâts 
innombrables qu'ont causés à nos arbres fruitiers les longues et 
cruelles gelées de cet hiver. L'enquèie qu'a décidée notre Société 
les réunira sans doute à ceux que nous apporteront nos collègues 
éprouvés de la Floriculture; nous les réservons donc pour cette 
lugubre et déplorable liste que contiendra plus tard notre Journal 
et qui rappellera bien des épreuves, bieu des pertes, et peut-être, 
malheureusement, quelques ruines ! 

Pomologie. 

Ainsi que je vous le disais, Messieurs, au commencement de 
ce Rapport, nous avons eu, en 1879, à étudier de nombreux 



172 



RAPPORTS. 



spécimens de fruits, dus à la libéralité toujours aclive de plusieurs 
de nos collègues, et aussi de Sociétés amies. Les uns nous ont 
été offerts daus le courant de cette année; d'autres avaient déjà 
reçu asile dans notre fruitier, à la suite de dons généreux de 
fruits tardifs, provenant de l'Exposition universelle de 1878, 

Nous ne saurions trop vous citer, pour les signaler à vos re- 
merciements: une Société d'Horticulture de Hollande; celle de la 
Gironde; puis MM. Léon Simon, de Metz; Baltet, frères et Lar- 
roumets; M. Lepère fils, qui rous a fiit souvent connaître des 
fruits cultivés en Allemagne; M. Charollois;M. Sannier et M. Des 
Nouhes de la Gacaudière, les habiles semeurs. D'innombrables 
échantillons mus ont été offerts, aidant non seulement aux études 
pomologiques de notre Société, mais aux études centralisé«s par 
le Congrès pomologique, auquel notre zélé Secrétaire va porter 
annuellement les résultats de notre expérience, y tenant tou- 
jours avec honneur la grande place qui vous est due. 

Je ne vous parlerai pas ici des fruits de semis, sur lesquels un 
Rapport ne tardera pas à paraître ; qu'il me suffise de vous dire 
que, cette année, il nous «m est venu en grand nombre et de dix- 
neuf endroits différents. C'est une nouvelle preuve que notre im- 
partialité et notre prudence rencontrent au loin des approba- 
teurs. 

Je puis dire que la quantité des fruits déjà nommés et classés, 
qui nous sont passés par les mains, en 1879, a été des plus consi- 
dérables. Vous en donner la liste entière, accompagnée de nos 
appréciations, serait un travail non seulement trop long, mais 
encore inutile, car, nous vous le dirons franchement, un grand 
nombre d'entre eux ne méritent pas la culture. Il nous suffirait 
de citer ceux q Je leur qualité a fait sortir des rangs, et seulement 
les très bons et les bons. 

FeuHetant donc les cent soixante-dix pages de nos procès-ver- 
baux, nous vous recommanderons, parmi les Poires : 

Comme trèi-bonnes, les suivantes, dont quelques-unes sont déjà 
connues de vous : Baronne de Mello, Beurré de Mortillet, Beurré 
de Naghin, Bon-Chrétien François Prevel, Comte de Chambord, 
Comte Lelieur, Emile d'Heyst, Fondante Thirriot, Jules d'Airoles, 
Madame' Appert, Raymond de MDutlaur, Saint-Michel Archange 
et Thompson. 



TRAVAUX DU COMITÉ d'aRBORICOLTURE. 173 

Comme bonnes : Alexis Luca?, Barillet-Deschamps, Beurré Ca- 
piaumont, Beurré de Ghélin, Bon-Chrétien Napoléon, Bonneserre 
de Saint-Denis, Doyenné roux d'hiver. Duchesse de Bordeaux 
(Beurré Perrault), Hélène Grégoire, Henri de Bourbon, Léon Rey, 
Maurice Desportes, Orpheline d'Enghien, Philippe Delfosse, Sou- 
venir de Leioux-Durand et Winter. Parmi ces dernières, quel- 
ques-unes, cultivées en des terrains plus favorables, seraient cer- 
tainement qualifiées aussi de ti'és bonnes^ de même que nous pour- 
rions en recommander d'auîres que nous avons dégustées et dont 
les échantillons, par suite de leur provenance, ne nous ont paru 
qu'assez bons. 

Un f jrt grand nombre d'autres fruits ont eu cette note : cueilli 
avant maturité et inappréciable. C'est une recommandation sur la- 
quelle, Messieurs, nous n'insisterons jamais trop, que celle de ne 
cueillir les fruits d'hiver qu'à la dernière extrémité; sauf en des 
cas particuliers qui obligent à une cueillette anticipée, la fin 
d'octobre n'est pas une époque trop tardive, et des expériences 
dont il vous a éié rendu compte vous ont même prouvé qu'une 
gelée de 3 ou 4 degrés leur est rarement nuisible. 

Si vous voulez bien, tandis que nous y sommes, nous permet- 
tre de vous donner un autre conseil, nous vous dirons de n'intro- 
duire chez vous qu'avec grande réserve les nouveautés trop nouvelle?, 
dont les catalogues , les prospectus et quelquefois des jour- 
naux horticoles, font parfois un éloge que vient détruire l'expé- 
rience. La beauté de quelques-unes rend souvent beaucoup trop 
indulgent à leur égard ; ce n'est pas la peau que l'on mange, ni 
la forme, mais la chair. Par contre, par la seule raison que, dans 
la première année de son apparition, un beau fruit semble pécher 
par la qualité, il ne faudrait pas- se croire en droit de le rejeter à 
tout jamais; parfois l'année suivante est bien plus favorable, et 
puis, il peut avoir été récolté sur un terrain peu propice, trop hu- 
mide, qui ne lui a pas permis d'acquérir les qualités qu'on y trou- 
vera peut-ê!re, lorsqu'il arrivera d'une autre provenance. Avant 
de porter un jugement définitif, il faut des années, et c'est avec 
celte prudence, vous le reconnaîtrez, que procède votre Comité 
d'Arboriculture. 

Parmi les Pommes, nous signalerons comme remarquées par 



474 RAPPORTS. 

nous : Azérolly anisé, Fenouillet de Ribourg, Greave's Pippin, 
Hartford sweet, Non-pareille de Lodgemore, Patte de loup (excel- 
lente), Reinelte Coulon, R. des vignes et Springfield Pippin. 

Comme Pêches, nous avons noté de nouveau Alexis Lepère, et 
une autre, connue depuis longtemps à Montreuil, la pêche Blon- 
deau, dont nous avons maintes fois reconnu le mérite, et qui, 
nous ne savons pourquoi, ne se propage que bien lentement. 

Comme Cerise bonne et très hâtive : la Guigne hâtive de Mai, 
que nous a fait connaître M. Charollois. 

Notre collègue, M. Thil, nous a mis à même de constater de 
nouveau les qualités des Oranges de Blidah, dont nous aurons à 
vous parler encore. 

A ceux d'entre vous. Messieurs, qui semblent envier quelquefois 
le sort (!es dégustateurs de tant de bons fruits, nous rappellerons 
que bien des médailles ont leur revers. Je vous ai parlé de nombre 
d'échantillons indégustable-, mais qu'il nous a fallu déguster 
quand même; j'ajouterai qu'un nombre infini ont été qualifiés de 
passables, et qu'en outre, usant d'une assez forte indulgence, nous 
en avons désigné 61 comme médiocres, et que, pour 53 autres 
nous n'avons pu faire autrement que d'employer la qualification : 
mauvais. Du reste, pour peu qu'il vous agrée de tenter par vous- 
mêmes cette laborieuse expérience, nous vous inviterons, pour 
l'an prochain, à vous joindre aux 95 collègues qui, cette année, se 
sont fait inscrire comme membres de notre Comité; en nous ser- 
rant un peu, nous vous ouvrirons nos rangs, Messieurs, avec le 
plus grand plaisir. 

Votre Commission spéciale de Pomologie, en outre de ses tra- 
vaux communs avec nous, a non seulement fonctionné régulière- 
ment tous les jeudis où la Société ne tient pas de séance, mais, 
par suite du grand nombre de fruits qu'elle a eu à étudier, elle a 
tenu souvent des séances supplémentaires. 

Présentations et Primes. 

Malgré la saison défavorable, les apports ont eu leur importance. 
Nous avors pu voir d'ass^z belles Cerises de MM. Ledoux, Chevalier 
aîné et Charollois; des Rai^im de M. Marin, de M. Templier, 
cueillis à la saison ou conservés de l'année précédente ; 12 boîtes 



TRAVAUX DU COMITÉ d'ARBORICULTURE. 175 

très bien préparées pour la vente, et envoyées par M. Gommeaux, 
de Beaune ; de jolies Pêches de iNl .Chevalier, aîné, et de M.Aubrée; 
puis des lots fréquents et remarquables de MM. Ledoux et Ber- 
taut. 

Les Poires nous sont arrivées en grand nombre, de la part de 
MM. Ledoux, Marin, AbelCbâtenay,Gomn)eaux, Aubrée, Poulain; 
puis, abandonnées à nos études, celles de MM. Baltet frères, Lar- 
roumets et Lepère fils. La Société d'Horticulture d'Étampes a 
soumis à notre appréciation un lot de Pommes dénommées Cham- 
pion, que nous aurions désiré pouvoir juger plus favorablement, 
et M"* Jourdain nous a présenté une Poire Beurré Diel, d'une 
forme et d'une construction tout à fait anormales, dont le type 
sera conservé dans notre collection. 

Les Pommes n'ont pas été nombreuses : de beaux Calvilles de 
MM. Bertaut et Ledoux ; quelques Canadas de M. Foulon, et ks 
Pommes longtemps conservées de M. Fresgot. 

Les présentations de Figues 0Tiié\.ê remarquables, particulière- 
ment celles de M. Defresne. M. Girardin est venu ensuite avec de 
beaux produits ; puis M. Cottard, avec la Figue du Midi qu'il 
apptUe Figue do7'ée, mais dont il faudra étudier plus sérieuse- 
ment la dénomination. Je ne vous parlerai pas, Messieurs, de la 
Figue qui commence avenir lutter, àArgenteuil, avec les deux 
variétés qu'on y cultive le plus spécialement ; trop d'encre et de 
paroles ont été usées déjà à son suj )i ; je mécontente de vous rap- 
peler que notre Comité admet nettement le nom de ^a/*ôe7/onwe 
comme celui qui lui semble le; mieux adapté à ce gain. 

En dehors de ces fruils, nous avons pu apprécier ceux du Sa- 
goutier, les Kakis, les Pistaches et les Noix d'Acajou, que nous 
a offerts M. Hédiard, toujours à l'aflùt des importatious de nos 
colonies ; les Nèfles du Japon de Mme Emile Léon, et les Oranges 
de Blidah, que M. Thil, usant du zèle et de la complaismce de 
son fils et de son neveu, a fait récolter, en différentes localités 
d'Algérie. Nous ne saurions trop remercier les deux parents de 
notre collègue, qui n'ont pas craint d'entreprenJre plusieurs 
excursions lointaines pour nous ère utiles. Plusieurs notes ont 
accompagné ces envois, notes fort intéressantes, et qui formeront, 
avec celles que nous attendons de M. Fontaine, de Blidah, une 



1 ; 6 RAPPORTS. 

étude que nous espéroES vous mettre plus lard sous Its yeux, 
lorsque celui-ci nous aura fourni la notice qu'il nous a promise, 
en avril 1879. 

Nous avons eu à examiner également des fruits à noyau : 
Cerises, Reine-Claude, et Pêches, mais à l'état de fruits conservés 
au moyen d'un procédé décrit à la page 629 de notre Journal. 
Ainsi que nous avons pu le constater, depuis le jour où l'un de 
nos ancien* Présidents, M.Loiseleur-Dtslongchamps, recevait de 
la Société, en 1839, une médaille d'or pour ses premiers essais 
dars une glacière, U conseivaiion des fruits n'a pas fait de pro- 
grès remarquables. 

Nous avons déjà rendu compte, en séance, de notre appréciation 
peu favorable de 3 boites de fruits préparés en conserves, et que 
nous avait offertes M. Ch. Joly, afiu que nous pussions comparer 
ces produits des Etats-Unis avec ceux de notre pays. Ces conserves 
venaient de trois fabriques différentes, mais nous n'avons pu les 
juger que très inférieures à celles qui se font chez nous. Nous 
devons ajouter toutefois que nous avons appris par des compa- 
triotes ayant habité les États-Unis, qu'Us y en ont rencontré 
d'excellentes. 

A la suite de ces diverses présentations, nous avons cru pouvoir 
vous demander 28 primes pour leurs auteurs : 10 de 1" classe 
(dont 1 rappel), 1 2 de 2« classe et 6 d« 3e classe, et vous avez bien 
voulu les accorder dans nos séances générales. 

Commissions, Rapports et Notes. 

Plusieurs visites sur place ont été faites par notre Comité, en 
1879. 

Une Commission a visité le clos fruitier dirigé par M. Jacques 
Simon, jardinier chez M. Quille, à Ecancouvt (rapporteur, M. 
Michelin ; page 403). Une autre a rendu deux visites aux cultures 
de M. Berlaut, à Rosny (rapporteur M. Templier ; page 596) ; 
une aux jardins de M. Venteclaye, à Argenteuil (rapporteur 
M. Abel Châlenay ; page 594). 

Plusieurs d'entre nous sont allés, il y a peu de temps, examiner 
comment M. Vassaux traite ses Pêchers par des pincements 
courts, à Montreuii, et, d'autre part, quels résultats on a obtenus 



TRAVAUX DU COMITÉ d'auBORICULTURE. 177 

à l'École d'Horticulture de Versailles, en préservant les Raisins au 
moyen des sacs en papier gommé de M. Angiboust. Les deux 
Rapports paraîtront prochainement. 

Vous avez bien voulu, Messieurs, donner à trois d'entre nous 
l'honorable et importante mission d'aller visiter, dans le départe- 
ment de TArdèche, les grands établissements créés par la famille 
Jacquemet-Bonnefond, dans le siècle dernier, et dont le siège 
principal est à Annonay. Le Rapport de M. Michelin (1879, 
pages 713, 775) vous aura prouvé la façon consciencieuse dont 
nos collègues ont rempli le mandat dont vous les aviez honorée 

Une autre Commission, dont les études devront se poursuivre 
sur place, est chargée de donner son avis sur la conservation des 
Pêches par l'action méthodique du froid, à rétablissement spé- 
cial de M. Gh. Tellier. 

Deux ouvrages ont été renvoyés psrvous, Messieurs, àlexamen 
de votre Comité : îe Cours pratique d' Arboriculture fruitière du 
frère Henri, de Rennes, dont M. Michelin vous a rendu compte 
au mois de juin (page 395), et les deux derniers volumes du Dic- 
tionnaire de Pomologie, d'André Leroy, dont j'ai essayé de faire 
valoir le mérite (page 385). 

En outre de ces Rapports proveaant de C<^mmissions spéciales, 
notre Comité a fourni au Journal l'intéressante étude compara- 
tive de notre Président, M. Gh. Chevallier, sur les divers trai'.e- 
ments usités dans la culture du Pêcher (page 637), et son analyse, 
que j'ai citée plus haut, du mémoire de M. Jackowski (page 335»). 
De son côté, M. Michelio nous a retracé les travaux du Congrès po- 
mologiqtje, en sa 6essionde18"9,àNancy (voir ci-dessous, p. 178); 
il a appelé notre attention sur la culture des Abricotiers à Triel 
(page 70 i), et consigné l'expression de nos regrets dans une 
Notice biographique sur M.Corriol (page 699), Président et Secré- 
taire donnant ainsi à leurs collègues l'exemple d'un zèle qui ne se 
dément pas et d'une compétence que nul de nous ne conteste. 

Collection pomologique. 

Notre collection de fruits plastiques est restée sans accroisse- 
ment depuis plusieurs années; nous l'avons un peu augmentée 
xîette année-ci, en y introduisant 46 fruits : il Poires, 7 Pommes 

M 



78 RAPPORTS. 

et 42 Pêches. Nius les avons choisis parmi les vaiiélés dont nous 
avions reconnu les mérites, et nous espérons les voir bientôt 
réunis à ceux qui, depuis leur retour de l'Exposition universelle, 
attendent l'autorisation de s'installer, sous leurs vitrines, dans 
la salle que vous semblez vouloir.leur réserver. 

Telle a été, Messieurs, l'année 1879 pour votre Comité d'Arbo- 
riculture. 

XXl™^ SESSION DE LA SOCIÉTÉ POMOLOGIQUE DE FRANCE AYANT EU LIEU 

A Nancy, le 4 août 1879 ; 
MM. Jamin (Ferdinand) et Michelin, délégués.— M. Michelin, Rapporteur. 

Messieurs, 

La Société pomologique, depuis qu'elle existe, a exploré, dans le 
cours de ses sessions annuelles, presque toutes les parties de la 
France; elle ne s'était pas encore dirigée vers la région de l'Est; 
sa vingt-unième session devait lui fournir l'occasion d'étudier les 
fruits produits par la Lorraine, cette intéressante province si 
sympathique à la France. 

La Société centrale d'Horticulture de Nancy, jeune encore, mais 
dont les membres son*! aussi actifs qu'éclairés, avait voulu offrir 
sa cordiale hospitalité à la Société Pomologique, et son honorable 
Président, M. Léon Simon, l'avait invitée avec une gracieuseté et 
un empressement qui présageaient un bienveillant accueil. 

A bien des titres, Messieurs, la ville de Nancy devrait attirer 
des membres de la grande famille horticole; car elle est un centre 
bien intéressant pour eux, possédant un certain nombre d'éta- 
blissements sur lesquels l'attention est fixée, parce qu'on en attend 
toujours de nouveaux succès; il me suffît de nommer nos collè- 
gues MM. Crousse et Lemoine. De grHndes fêtes urbaines, on l'a 
su. Messieurs, devaient avoir lieu à Nancy, à l'époque du 4 août 
dernier; or, dans la pensée des membres de la Société d'Horticul- 
ture de cette belle ville, la capitale de la Lorraine, on devait 
profiter de l'affluence qui y régnerait pour y organiser non seule- 
ment le Congrès pomologique objet de ce Rapport, mais encore 
une Exposition d'Horticulture installée dans le beau parc situé à 
côié du palais du Gouvernement. Deux membres de notre Société 



21'' SESSION DE LA SOCIÉTÉ POMOLOGIQUE. 179 

qui ont fait pariie du Jury vous rendrout compte de celte intéres- 
sante Exposition dans laquelle les fruits ont presque fait défaut, 
sous l'influence de la mauvaise saison qui leur a été si défavorable. 
Pour moi. Messieurs, délégué ainsi que notre honorable confrère 
M. Jamin (Ferdinand), l'un de nos Yice-Présidents, pour prendre 
part aux travaux de la Société pomologique, je me renfermerai 
dans le cadre tout spécial qui m'est tracé. Poursuivant ainsi 
l'œuvre entreprise par^moi, il y a une quinzaine d'années, en ajou- 
tant le chapitre de la session de 1879, je continuerai cet exposé 
des travaux de la- Société Pomologiçue qui en consigne l'histo- 
rique dans notre Journal. 

Le Rapport relatif à Tannée 1879, savoir à la vingt-unième ses- 
sion, vous est donc présenté au nom de M. Jamin et au mien. 

La réunion proposée par M. le Président de la Société de Nancy 
pour le 4 août pouvait paraître prématurée au point de vue de la 
collection fruitière; néanmoins elle devait mettre sous les yeux 
du Congrès des espèces dont la maturité, dans les années ordi> 
naires, précède habituellement les époques choisies pour les Con- 
grès pomologiques ; mais le dérangement apporté cette année 
par les intempéries de Tété a été suivi d'un retard qui a, 
pour ainsi dire, exclu les fruits à noyau sur lesquels on devait 
compter. 

M. Léon Simon, le digne héritier de la maison Simon Louis, 
frères, qui habite Nancy, mais continue à exploiter sa grande et 
belle pépinière de Plantières, près Metz, voulut présenter à la réu- 
nion les fruits disponibles à cet instant et fit venir de son établis- 
sement de riches collections de Groseilles à grappes et épineuses 
et de Framboises, dont la description sera repioduite ci-après et 
donnera à Texposé de cette année un caractère qui lui est propre. 

Après ces explications préliminaires,je n'ai plus. Messieurs, qu'à 
vous rendre un compte fidèle des travaux qui ont été exécutés et 
dans Tordre desquels a eu lieu, tout d'abord, Texposé de la situation 
apporté par les membres qui représentaient le Conseil d'Adminis- 
tration dont le siège est à Lyon ; savoir : MM. de la Bastie, Vice- 
Président; Gusin, Secrétaire- général ; Reverchon, Trésorier et 
autres membres. 

L'absence de M. le Président Réveil, à qui sa santé délicate 



18) RAPPORTS. 

ioterdit d'entreprendre de longs voyage?, a été l'objet d'un regret 
partagé par toute Tassem-blée. • 

Conformément au règlement, MM. Michelin, Besson et Baudet 
ont été nommés Membres de la Commission chargée 'de l'examen 
des comptes. 

M. Anatole Leroy a fait observer que les dessins de fruits pu- 
bliés dans la Pomologie n'ont pas été exécutés avec une perfec- 
tion qui réponde à l'importance de l'ouvrage qu'ils accompagnent 
et il a exprimé le vœu qu'ils soient rendus avec plus de précision 
et détalent parles artis'es auxquels ils sont confiés. M. Cusin ré- 
pondit que les premières publications seraient faites d'après un 
nouveau mode qui, on doit l'espérer, permettra que IfS figur^^s 
aient plus de perfection. 

Cette première partie de la séance étant épuisée, on procéda à 
la constitution du bureau de la session qui fut composé comme 
suit: 

!\î. Léon'Simon, Président de la Société de Nancy, fut nommé 
Président d'honneur; puis furent élus : 

Président : M. Ferdinand Jamin. 
Vice-Présidents : MM. de la Bastie, 
Baltet, 

Anatole Leroy, 
Pynaert, 
Alix. 
Secrétaire-général : Cusin. 

Secrétaires : Michelin, 

Gille, 
Jouin, 
Treyve. 

M. Jamin prit place au bureau ; les membres qui venaient 
d'être élus l'accorapagièrent. 

L'ordre du jour appella la discussion sur les fruits mis ou main- 
tenus à l'étude l'année précédente. 

ABRICOTS 

Chancelier (Luizet). Fruit mûrissant fin juillet, mis à l'étude 



21^ SESSION DE Là SOCIÉTÉ POMOLOGIQUE. 184 

en 1878, sur la recommandation de la Commission permanente et 
de M. Luizet qui l'avait présenté; n'est pas encore assez connu. 
Maintenu. 

Pourpré tardif. Maturité juillet; présenté par M. de Morlillet, 
en 1872. 

Depuis cttte époque reculée n'a pas été apprécié et appuyé. 
M. Besson a renoncé à le cultiver parce qu'il n'est pas plus avan- 
tageux que rAbricot-Pêche; il est décidé qu'il sera rayé. 

CERISES 

Bigarrtau des capvcins. Mis à l'étude en 1875, sur la propo- 
sition de M. Rodigas. Maintenu. Commission permanente. Pages 
299, 337. 

1874.— Champagne, mi-juin. Pages M 7, 175, 263, 297, 337. 

1873. — Du Palatinat, tin juin. Pages 23, 35, 43,132, 163,262, 
297, 337, 374. 

1875. — Eugène Funh, mi-juin. Pages 1 13, 253, 299, 337. 
1874. — Guigne blanche de Winkler, mi-juin. P;iges116, 125, 
175,255,297,337,375. 

1874. — Guigne de Zeisberg. Pages 125, 176, 298, 338. 

1875. — Précoce d'Espagne. Pages 112, 253, 299, 338. 
187t. — Prince de Hanovre, fin juin. Pdges126, 176,253, 298, 

338. 

1874. — Rose noble Burchardt, mi-juin. Pages 125, 176, 253, 
261,298,338. 

Ces cerises peu connues sont toutes maintenues sur la liste 
dans l'espoir qu'elles pourront être étudiées pour l'année pro- 
chaine, de telle sorte qu'on puisse se prononcer sur leur sort. On 
doit dire que la Guigne blanche de Winkler est appuyée par M. Bu- 
chetet et que celle de Zeisberg l'est par M. Luizet. 

FIGUES 

Figue Dauphine. Figue violette, grosse, turbinée, qui entre pour 
une forte partie dans la culture des spécialistes à'Argen(eui'(Seine- 
et-Oise) qui fournissent la Halle de Paris. Depuis longtemps elle 
est connue sous ce nom dans le pays. Celte figue, mise à l'étude 
en 1878, sur la proposition de la Société de Versailles, est aussi 
recommandée par la Société de Paris, dont le climat lui convient 



<82 RAPPORTS.- 

aussi bien que possible. Elle est belle et aussi bonne que le com- 
porte la région. Elle est maintenue, 

FRAMBOISES 

La Framboise de Herrenhausen, d'obtention récente en Alle- 
magne, a éié fortement recommaDdée,en 1 875, par le docteur Lucas. 
Elle a été éprouvée et notamment dans l'établissement de M. Léon 
Simon. Pages 300, 339. On la voit plutôt sous le nom de Royale 
de Herrenhausen^ sous lequel elle sera inscrite. Elle passe pour 
la plus grosse des rouges ; elle est détiaitivement admise. 

PÊCHES 

Avocat Collignon. Cette IJêche cultivée en Belgique a été pré- 
sentée, en 1875, par M. Rodigas qui annonçait que l'arbre était 
propre au plein vent. Pages 302, 339. Cette Pêche n'étant pas 
assez connue en France est maintenue à l'étude. 

Baron Dufour. G'esl une Pêche de septembre mise au commerce 
par la maison Simon Louis qui la recommande. M. Bizet la dit 
très bonne et grosse, et iM. Jamin lui attribue un fort beau coloris 
très avantageux pour le commerce, une très bonne végétation 
et une feriilité caractérisée; il en propose Tadmission qui est pro- 
noncée. Pages 176, 300, 306, 339. 

Claudine WilWmoz. Cette Pêche, mise à l'étude en 1878 par la 
Commission permanente, est une Madeleine mûrissant à la lin de 
septembre, dont l'arbre est fertile et rustique, et dont les frnitsont 
étéjngés excellents; elle a été obtenue de semis à Écully, par 
M. Willermoz; elle est maintenue en attendant de nouveaux ren- 
seignements. Pnge 375. 

Tardive Gros. Pêche mise à l'étude en 1874, mûrissant en oc- 
tobre et novembre; très bonne, parfumée et très grosse. L'arbre 
est assez vigoureux ; le bois est mince et toufifa; les glandes sont 
réniformes; la chair est blanche ; c'est la dernière Pèche récoltée 
dans le Lyonnais; elle prend un beau coloris. 

L'arbre a été trouvé par M. Treyve dans la propriété de M. Gros, 
à Villefranche : le même membre a reconnu que l'exposition au 
midi est contraire à la végétation et à la fructification; il convient 
de planter l'arbre au levant ou au couchant ; c'est en tout cas une 
observation qui est personnelle à M. Treyve. 



2I« SESSION DE L4 SOCIÉTÉ POMOLOGIQUE. 483 

Entrecueillie et mise au fruitier, la maturation s'y accomplit et 
se prolonge eu avant dans le mois de novembre. 

Sur ces recommandations favorables, la Pêche est admise sous 
le nom de Tardive Gros proposé par M. Treyve. Pages 71, 177, 
♦98, 301,340. 

Prince de Galles (Prince of "Wales, Rivers). Ce Pêcher, d'après 
M. Luizet, a les glandes réniformes, les fleurs petites, et ses fruits 
mûrissent à la moitié da septembre.. 

M. de ia Bastie leur trouve peu de qualité. M. Jamin leur en 
accorde davantage. 

L'arbre est vigoureux et fertile ; le coloris des Pêches est par- 
ticulier, passant du blanc au vermillon. Cette variété est maintenue 
à l'étude. Pages 156, 305, 378. 

Princesse de Galles (Princess of Wales). Pêche également 
d'origine anglaise, du même oblenteur, mûrissant fin septembre, 
dont la peau est généralement blanc crémeux, légèrement colorée 
de rouge du côté de l'insolation. Chair un peu rosée auprès du 
noyau et filamenteuse. Mise seulement à l'étude en 1878, sur la 
proposition de M. Jamin ; elle y est encore conservée. 

PÊCHES NECTARINES (LISSCS) 

Albert (Rivers). Fruit superbe, mûrissant après la mi-septem- 
bre, très estimé dans l'Ain, très gros, à chair vineuse relevée. Mis 
seulement à l'étude en 1878. Maintenu. Page 375. 

Jaune magnifique de Padoue. Page 377. Grosse et jolie Necta- 
rine dont la peau jaune très vif est frappée de rouge du côté du 
soleil; chair fine, juteuse, sucrée, relevée. Bon fruit du milieu de 
septembre. Maintenu à l'étude. 

Lord Napier {RiveTs). Page 152. On la dit excellente quand 
elle est arrivée à maturité; elle est maintenue avec recomman- 
dation. 

POIRES 

Ballet père. Poire fort grosse et belle, d'obtention récente, 
mûrissant vers le mois de novembre et même décembre, dont la 
qualité, parfois bonne, ne paraît pas assez constante pour qu'on 
soit fixé avec unanimité sur son compte. Elle doit être encore 
étudiée. Pages 5, 6, 201 , 31 0, 343, 381 . 



184 RAPPORTS. 

Belle d'Fcuily. Très gros et beau fruit, gain de M, Cuissard, 
d'Ecully, dont la maturité se prononce dès la fin du mois de 
septembre, dont la qualité est variable et qu'il est difficile de 
saisir à son point favorable. Les 'nombreuses épreuves qu'il a 
subies n'ayant pas été suffisammeni ni assez uniformément satis- 
faisantes, il est rayé de la liste. Pages 193, 209, 305, 349, 380. 

Beurré FrOmentel (Daras de Naghin). Cette Poire, indiquée 
«omme atteignant le mois de novembre, a été vue trop mûre en 
octobre. Elle ne se distingue pas, sous le climat de Paris, par sa 
qualité parmi les nombreuses variétés de premier choix qui se 
mangent à la même époque ;elle sera rayée. Pages 310, 343, 381. 

Beurré Gambier (Gambier). Ce fruit, mis à l'étude depuis 
1875, a le grand avantage de mûrir en février; les dégustations 
lui ont été favorables. On le maintient à l'étude en attendant qu'il 
se répande dans la culture. Il y a lieu de faire ressortir qu'il est 
tardif, se conserve bien, ne se tavèle pas comme beaucoup 
> d'autres, au moins dans la région Lyonnaise, mais ne pousse pas 
bien sur Cognassier et doit être grefïé sur franc. Il est maintenu 
à l'étude avec recommandation et observation qu'on le retrouve 
sous le nom de Beurré et hiver nouveau. Pages 233, 3H, 343. 

Beurré Rovge (Grégoire). Cette Poire paraissant atteindre le 
mois de novembrd, a été jugée excellente par la Commission per- 
manente; M. Baltet déclare l'arbre vigoureux et fertile. Cette 
variété aurait besoin d'être plus répandue, et, en attendant qu'elle 
le soit, elle est maintenue sur le tableau. Pages 310, 344, 382. 

Beurré Saint-Amand. Poire de septembre et octobre. A l'égard 
de ce fruit, originaire de Belgique, je ne puis que me reporter à 
mon Rapport de l'année dernière, en ajoutant qu'il est encore 
maintenu à l'étude. Pages 310, 344, 383. 

Choùnard. C'est une Poire de très longue conservation, sur le 
mérite de laquelle les avis sont partagés. Elle a été mise à l'étude 
en 1 878, sur la proposition de la Commission permanente, qui s'est 
appuyée sur sa qualité. Jusqu'à renseignements plus complets, 
elle est maintenue à l'étude. Pages 348, 385. 

Comte de Chambord (E. des Nouhes). Poire moyenne , mûris- 
sant au commencement d'octobre. Jugée excellente par les 
membres de la Société de Paris. Dégustée au Congrès de l'année 



21^ SESSION DE LA SOCIÉTÉ POMOLOGIQUE. -îSo 

18'v 8 et qualifiée de très bonne. MM. de Bazillac, Buchetet, Mi- 
chelin, Janiia et Baltet sont d'accord pour la déclarer très bonne. 
Cf s deux derniers expliquent néanmoins que l'arbre pousse peu. 
On fait observer que beaucoup de bonnes Poires mûrissent à cette 
époque ; celle-fii néanmoins est maintenue à l'étude. 

Congrès de Gand. Poire moyenne, piriforme (Daras de Na- 
ghin). Maturité fin de septembre; mise à l'étude en 1878, après 
dégustation favorable par le Congrès; maintenue à l'étude. 

Docteur Gromier (Morel). Cette Poire, dont la maturité est in- 
diquée pour octobre, ne paraît ni se répandre, ni se faire con- 
naître; elle sera rayée du tableau. Pages 3Î1 et 344. 

Docteur Jules Guyot (Baltet). Très gros fruit hâiif, mûrissant 
en aoùtj, passant vite, ayant besoin d'être observé et étudié 
encore ; maintenu. Pages 310, 345, 386. 

Doyenné Bizet (Bizet). Obtention récente. Poire très tardive, 
grosse et excellente, suivsint l'appréciation de la Commission des 
études qui. le 12 mai 1877, a jugé un exemplaire très bon. 

En maintenant cette variété à l'étude, pour qu'elle soit mieux 
connue, on doit insister pour la recommander (page 28, tome II). 
L'arbre est peu vigoureux sur Cognassier, mais très fertile. 

Doyenné Perrau. Grosse Poire de forme de Doyenné d'hiver, de 
longue conservation et que la Commission permanente , l'ayant 
dégustée le 7 mars, a classée parmi les fruits de premier ordre. 
L'arbre, dit-on, greffé sur Cognassier, est trop fertile et ne pousse 
pas assez vigoureusement. Le nom doit être écrit Perrau et il ne 
doit pas être confondu avec le ^exavé Perrault ou Dachtsse de 
Bordeaux, qui est également un fruit d'hiver et du même ob- 
tenteur. Quoique mise à l'étude (tome II, page 30) seulement 
en 1S78, cette Poire superbe et tardive qui, selon MM. Jamin et 
Baltet, est d'une bonne moyenne vigueur, est définitivement 
admise. 

Favorite Morel (Morel). 1875. Belle Poire, grosse, allongée, 
très bonne, mlîrissant en octobre, dont l'arbre est très vigoureux 
et très fertile. Pages 305, 311, 34o, 386. 

L'admission en est proposée et votée, sur la demande de la Com- 
mission des études. 

Fondante Thirriot. Cette Poire, mise à l'étude en 1872, sur la 



186 ^ RAPPORTS. 

proposition de la Société de Paris, a toujours été recommandée, 
notamment par MM. Baltet et Bjcbetet, sans qu'aucune décision 
fût prise à son égard. La question a été jugée en sa faveur, à la 
présente session, et elle est définitivement admise. Elle est assez 
grosse et grosse, mûrit en décembre, est d'une excellente qualité; 
l'arbre est vigoureux, fertile. Pages 49, 167, 307, 345, 387, et 
tome II, pages 64 et 88. 

Grégoire Bordillon. Ce fruit, bien que mis à l'étude en 1876, n'a 
paséié répandu et n'est pas suffisamment connu ; il a, en outre, 
été l'objet d'appréciations diverses. En somme, sa qualité n'a pas 
été suffisante pour le faire remarquer ; il sera rayé de la liste. 

Henri de Bourbon (de Boussineau), Poire d'octobre et no- 
vembre, présentée en 1875, par M. Bruneau, de Nantes. Elle est 
grosse et jugée bonne; décrite avec détail dans mon Rapport de 
l'année dernière. Maintenue à l'étude. Pages 199, 209, 311, 345 
et 388. 

La Quintînye. Gain de M. Boisbunel : poire d'biver désignée 
par erreur sur le tableau de 1879 comme mûrissant en novembre ; 
mais qui n'a pas assez de qualité pour prendre place dans une 
nomenclature qui doit se composer de fruits de premier choix. 
L'assemblée, sans vouloir dissuader les personnes qui voudront la 
cultiver, décide qu'elle sera rayée de la liste des Iruits à l'étude. 
Pages 76, 81, 348, 389. 

Précoce de Trévoux (Treyve). Des exemplaires de cette Poire ont 
été apportés par M. Treyve et dégustés cette année, dans une 
séance de 1879, le 6 août; en ayant emporté une, je l'ai dégustée 
vers le 12 et je l'ai trouvée conforme à la description suivante. 
M. Treyve a obtenu la première fructification en l'année 1869, 
La maturité, dans une année moins défavorable que celle-ci, pour- 
rait arriver vers la fin de juillet en même temps que celle du 
Beurré Gifi'ard. En 1878, elle a été dégustée le 8 août. C'est une 
Poire d'une bonne moyenne grosseur, qui doit être très recom- 
mandée comme précoce. Elle a la forme de la William allongée, à 
chair fine, fondante, richement parfumée et relevée, de première 
qualité. On dit l'arbre très vigoureux et se chargeant de fruits. 
Cette variété est mise à l'étude. Page 112, 2^ volume. 

Président Drouard. Cette Poire répandue par M. Louis Leroy, 



21 « SESSION DE LA. SOCIÉTÉ POMOLOGIQI'E. 487 

d'Angers, est un gain de M. Olivier, à classer dans un bon rang 
parmi les fruits d'hiver. Elle est assez grosse, un peu pyramidale. 
M. Bachetet la qualifie comme ayant la chair fine, bien blanche, 
fondante, quoique ferme, juteuse et vineuse; en somme, elle a été 
bien appréciée à la Société de Paris. 

Elle est maintenue à l'étude; je me permettrai de la recom- 
mander, en ajoutant qu'on dit l'arbre vigoureux tant sur Cognas- 
sier que sur franc. 2® volume, page 55. 

Professeur Willermoz (Joanon). Pages 36,68.151 , 178, 309,346. 
Poire à chair très fine, beurrée, sucrée, bien parfumée, à jus 
abondant ; maturité, commencement d'août. Beau fruit très-re- 
commandé. 

Souvenir de Léopold premier . Fruit dont la maturité a lieu en 
novembre., des semis de M. Grégoire, de Jodoigne; souvent bon, 
parfois assez bon. Pages 349 et 394. Ce fruit mûrit au milieu de 
beaucoup d'autres qui le dépassent par leur qualité. Sera retranché 
du tableau. 

Sucrée Troyènne (Baltet). Mise à l'étude après dégustation fa- 
vorable tin de septembre 1878; fruit agréable au goût. N'a pas 
subi une épreuve suffisante ; maintenu à l'étude. 

Triomphe de Vienne. Cette Poire avait été mise à l'étude, en 1 876, 
comme mûrissant en septembre. Semis de hasard; origine, Vienne 
(Isère). Beau fruit rappelant le William par sa forme. Oa dit Tar- 
bre vigoureux et fertile. Dégusté à Lyon, le 11 septembre 1875, il 
a été trouvé bon- Le maintien à l'étude est décidé; page 350. Un 
fruit apporté par M. Besson à la réunion est jugé avantageuse- 
ment. M. Jamin trouve cette variété très bonne; elle est recom- 
mandée à l'attention. 

(A suivre. \ 



COMPTES RENDUS D EXPOSITIONS. 

COMPTES RENDUS D'EXPOSITIONS. 



Compte rendu 'de l'Exposition de Mon tauban ; 
Par M. EuG. Verdier. 

Messieurs, 

Honoré du mandat de repréfîentant de la Société centrale 
d'Horticulture de France, comme membre du Jury, composé de : 
MM. Fabre-Tonnerre, de Périgueux; Seinteix, d'Aucli; Arnault, 
conseiller général de Tarn-et-Garonne, membre de la Société des 
Agriculteurs de France, et de votre délégué à l'Exposition horti- 
cole, viticole et œnologique qui a eu lieu à Montaiiban, du 24 au 
27 septembre 1879, je viens m'acquitter de mon devoir en vous 
soumettant le Compte rendu de ma mission. Il sera du reste très 
bref, car, il m'est pénible d'avoir à le dire, je me trouve dans la 
triste nécessité de vous déclarer que celte Exposition n'avait rien 
de ce que nous sommes appelés à constater chaque fois dans les 
solennités de ce genre et qu'elle n'était assurément pas de celles 
pour lesquelles, quoique pénétrée des meilleurs sentiments de 
bonne confraternité , notre Société dût s'imposer le sacrifice 
d'envoyer si loin d'autres délégués que ceux de ses Membres abso- 
lument les plus rapprochés de cette localité. Il est cependant pos- 
sible , je veux le croire , qu'une Exposition de printemps 
y soit plus brillante et que les exposants y soient surtout plus 
nombreux; mais elle ne peut, ou ne pourrait dans tous les cas 
être de nature à modifier sensiblement mon opinion en ce qui 
concerne le devoir de notre Société dans l'avenir; car il n'y a pas 
dans la ville et ses environs d'autres établissements d'horti- 
culture assez importants, que les deux dont j'aurai l'honneur de 
vous entretenir, ni aucune propriété particulière susceptible de 
prendre une large part à ces grands tourcois horticoles. 

Au total, quatorze exposants ont pris part à cette lutte pacifique 
à laquelle la Société Montalbanaise elle-même avait voulu parti- 
ciper, en se plaçant toutefois « hors concours. » 

En effet, cette Société, grâce à la libéralité de la ville, possède 
un jardin d'expériences (sinon de Commission) dont elle tire profit 
par une perception de droit d'entrée, dans lequel elle s'occupe de 



EXPOSITION DE MOxNTADBAN. 189 

l'éducation des vers à scie et où elle a réuni l'une des plus consi- 
dérables collections de Vignes, tant à raisins de table qu'à raisins 
de cuve, collection véritîvblement tiès-remarquable qu'elle avait 
exposée et mise sous nos yeux avec ordre et symétrie, et aussi 
avec le regret de ne pouvoir nous la montrer dans un état de plus 
parfaite maturité. 

Deux exposants de plantes, MM. Castel et Foissac, tous deux 
horticulteurs à Monlauban, avaient rivalisé de zèle et décourage, 
car, il faut aussi le regretter, il n'est pas jusqu'au temps qui ne 
leur fût marchandé, puisqu'ils ne pouvaient, sous aucun prétexte, 
commencer à déposer leurs plantes dans l'enceinte de TEx position, 
dans le jardin de la Sjciété et ses dépendances, que la veille même 
de l'ouverture, et leurs lots exposés ne contenaient pas m<)in£ 
chacun d'un millier d'individus. Le premier, M. Castel, obtenait 
une médaille d'or du Ministre pour ses nombreuses collections de 
plantes en tous genres, qu'il avait su placer par ordre et distincte- 
ment grouper par genres, à l'exception des nombreuses espèces 
de serres chaude^ et tempérée, à feuillages, telles que Palmier^, 
Broméliacées, Fougères et Lycopodes, qui étaient réunies. Oa 
remarquait parmi les autres : 40 Coleus, 30 Bégonia, 30 Fuchsias 
fleuris, 20 Giéraatites fleuries, 30 Conifères, etc. — Un fort joli 
groupe de 25 belles touffes d'CEillets remontants Alégatière, 
variétés naine très-florifère, de coloris rouge vif, ainsi qu'une 
collection de ■lOO variétés de Roses en fleurs coupées, bien étique- 
tées, et une autre de 63 Phlox obtenus de semis, compléteraient 
cette exposition, si je n'avais encore à mentionner particulièrement 
de ce même exposant une petite collection de 40 des meilleures 
variétés de Poires et notamment une splendide collection de 75 à 
80 variéiés de premier choix de Glaïeuls dont les rameaux vigou- 
reux et bien fleuris rappelaient aux connaisseurs les magnifiques 
et merveilleux échantillons exposés naguère à Paris par MM. Souil- 
lard et Brunelet, de Fontainebleau; aussi obtenait-elle pour 
l'exposant, M. Castel, une médaille spéciale de vermeil offerte par 
mesdames les Patronnesses. 

Le second, M. Foissac, avait exposé en très-grand nombre 
les meilleures plantes à feuillage de serres chaude, tempérée et 
froide, les plus connues et généralement les plus répandues, parmi 



490 COMPTES RENDUS l'EXPOSITIONS. 

lesquelles on remarquait quelques beaux échantillons de Strelitzia, 
de Phormium Veitchii fol. varieg., ùe Chumxrops excelsa, de 
Draccena indivisa et lineata, etc.; une colleclicn de 50 Fougères 
et Lycopodes ; quelques beaux Gloxinia fleuris et nombre de 
plantes variées, telles que Pelargonium zonale, Pétunia, 
Fuchsia, etc. Ces plantes, généralement de moyenne force, étaient 
en très-bon état de santé et de végétation. Une médaille de 
vermeil a été la récompense de cet exposant pour cet apport. 

La confection des bouquets est à Tétat de naissance dans cette 
ville. M. Foissac en avait exposé quelques-uns montés, pour 
lesquels une médaille d'argent, offerte par mesdames les Patron- 
nesses, lui a été accordée à titre d'encouragement, mais dont la 
forme méridionale ne saurait assurément être goûtée par les 
amateurs des gracieux bouquets Debrie. 

M. Escard, pépiniériste, a obtenu une médaille d'argent pour 
une collection de 120 variétés de fruits. Poires, Pommes et 
Pèches. 

Une autre médaille d'argent a été accordée à M. Baillère pour 
un lot assez nombreux et varié de légumes. 

Pour le concours des vin<, institué spécialement pour les 
produits du département (Tarn-et-Garonne), six concurrents 
avaient exposé leurs vins de différents cépages et de différentes 
années. Que vous dirai-je de ces vins? mon incompétence pratique 
ne peut m'autoriser à en parler sciemment ; mais si je puis me 
permettre de donner mon avis, j'avouerai qu'en général, et à part 
quelques échantillons seulement, ils ne m'ont pas paru de mer- 
veilleuse qualité. 

Un objet d'art a cependant été donné à M. Dufaur; 

Une médaille d'aigent, à M. Callelao et une médaille de bronze, 
à chacun de MM. Léon Renous et Dobia. 

Les plans de jardins de M. Casteras, de Toulouse, ont obtenu 
une médaille d'argent; ceux de M. Blanchard, de Bordeaux, une 
médaille de bronze, et une mention honorable a été attribuée à 
M. Fiacre. 

Du reste, ni fêtes, ni tambours, ni trompettes ; rien qu'une 
franche et cordiale réception de la part de MM. les Président, 
Secrétaire et Trésorier de la Société Montalbanaise. 



BEVUE BIBLIOGRAPHIQUE ÉTRANGÈRE. 194 

REVUE BIBLIOGRAPHIQUE ÉTRANGÈRE. 

GARDEiSERS' ChRONICLE. 

Adiantum BanseiT. MooRE. (hybr.), Gard. Chr07i.,\\ oct. 4879. 
p. 456. fig. 69. — Adiante <ie Bause. — (Fougères). 

Cette gracieuse Fougère est le produit d'un croisement opéré 
avec succès par M. Bause, chef de culture chez M. Wills, à Anes- 
ley, entre les Adiantum trapezi forme et decotnim. Ses frondes 
étalées, fermes, sont trois ou quatre fois penaées; leurs folioles ou 
pinnules sont larges, les basilaires obliquement ovales et tron- 
quées à la base, les intermédiaires un peu trapéziformes, la ter- 
minale en coin, toutes peu profondément lobées, portées par un 
peliolule capillaire et noir. Les sores ou groupes de capsules sont 
oblongs-réniformes, situés transversalement au sommet des lobes 
par un oiideux sur chacun de ceux-ci. La plante végète vigou- 
reusement et mesure Oin 40-011 60 de hauteur; elle est simple- 
ment d'orangerie, en quoi elle a pris le caractère de V Adiantum 
décorum. Sa particularité la plus saillante, c'est que ses pinnules 
sont déjetées de côté par rapport au plan du rachis qui les porte, 
ce qui donne à l'ensemble du végétal un aspect particulier qui, avec 
la forme des pinnules, distingue nettement cet hybride. 



REGTiFICrVTlONS. 

Dans le dernier oahier du Journal, p. 80, ligne 24, au lieu de : 
« ouverture en bas, » lisez : « ouverture en haut. ■» 

Même cahier, p. 92, ligne 2, au lieu de : « Encore I'Auracaria 
imbricata, » lisez : « Encore I'Araucaria imbricata. » 



Le Secrètaire-Rèdacteur-Gérant • Impr. de E. DONNaod, rue Cassette, I. 

P. Ddchartre 



49il OBSERVATIONS MÉTÉOROLOGIQOES. — MARS 1880. 



MARS i 880. 



OBSERVATI )NS MÉTÉOROLOGIQDES FAITES PAR M. F. JAMIN, A BOURG-LAREINE, 
PRÈS PARIS, (altitude 72™ ENVIRON.) 









HAUTEUR 








TEMPÉRATURE 


du baromètre. 
















VENTS 




H 




-"•""^ 




-^ ^ 




ÉTAT DU CIEL. 


< 










dominants. 






Minim. 


Maxim. 


Matin. 


Soir'. 






1 


-f6,2 


+10 


755 


753 


S. S. G. 


Couvert, iiuis nuageux. 


2 


+1.8 


+12,4 


757 


755, 5 


S.S.E.,S.S.U. 


Grôle dans la nuil; légèremeiU 
nuageux dans la journée, clair 
le soir; grand vent. 


3 


+6,S 


+12,s 


754 


734 


S. s. 0., E. 


Couvert, beaucoup de vent, pluie 
dans l'après-midi eldans la soirée. 


4 


+iO,Si 


+15 


737 


765,5 


M. E., E. 


Couvert, pluie et vent le matin. 


5 


+ 9,8 


4-15 


706,5 


709 


K. 


Nuageux. 


6 


+8 


{ 18 


768 


764,5 


N. E. 


Nuageux, clair le soir. 


7 


+1 


+15 


706 


708 


E. 


Brouillard. 


8 


4-5,2 


+14,5 


769 


769 


N. E. 


Nuageuxavec nombreuses éclaircies 


9 


+ 1,8 


-!-^0 "' 


76H 


707 


M. E. 


Nuageux, puis clair. 


iO 


+6 


+21 '" 


7(i7 


768 


S. S. E. 


Clair. 


U 


+2.3 


4-21,5 


770 


770,5 


N. E. 


Clair. 


12 


+:^ 


•1-22 


770 


7<8,5 


N. E.,0. 


Bruineux le matin, clair dans la 
journée, nuageux le soir. 


13 


+ 6 


+ 18,5 


768 


767 


!•:., s. 


Nuageux. 


14 


+3,6 


+17,3 


766 


705 


\. N.B., A\ 


Nuageux. 


15 


4-6,2 


414,4 


:64,S 


764 


N. N. G. 


Couvert le matin, puis nuageux 
et presque clair. 


\6 


— 1 


+ 17,2 


762 


761 


N. E., E. 


Clair; avec légère brume. 


17 


+4,4 


+16,3 


761 


764 


N. E. 


Quelques luiagrs le malin, clair 
l'aprcs miili, hAlo. 


18 


—1,2 


+ '5,5 


:05 


767,5 


lî. N. E. 


Clair , le hûle continue. 


19 


-0,5 


+16,5 


7r8 


767 


N. K. 


Clair; le vent perd deson intensité. 


20 


—4,1 


-"-18,2 


76t3 


765 


H. E. 


Clair; le soir le vent reprend. 


21 


+0,5 


-i-u 


763 


765 


N. E. 


Quelques nuages dans la nuit et 
dans la malinée. clair le reste 
ihi jour; grand hâle. 


22 


-1J 


4-11 


766 


763,5 


.N. N. E. 


Clair; le liAle conlinuc. 


23 


—2 


+12 


766 


765,5 


N. E., S. E. 


Quelques nuages dans la nuit, clair. 


24 


—3.5 


+18,5 
+ 20,5 


766,5 


765 


S.S.O.,N.E.,E. 


Clair. ^ 


23 


—1,6 


765 


762 


E. 


A peine quelques nuages, si ce 








• 






n'est le soir. 


2G 


—0,1 


+20,7 


761,5 


760 


Iv, S. 


Clair le matin el le soir, nuageux 
dans le milieu du jour. 


27 


+1,5 


+20 


760,5 


762 


i:. 


iNuageux. 






+46,5 


TOa 


763 


N. E,,N. 


Convertie malin, nuageux l'après- 


28 


+6,2 










■ 1 ■ 
midi. 


29 


—0,8 


+16 


763 


:60,5 


N.,N. E. 


Brumeux le m;ilin, clair l'après- 
midi. 
Brouillard le matin, nuageux le 


30 


—2,9 


+16,5 


760,5 


758,5 


N. E., N. 














reste du jour 


31 


-2,7 


+13,3 


756,5 


747 


S. S. E. 


Légère brume le matin, nuageux 
le reste du jour. 



CONCOURS OUVERTS DEVANT LA SOCIÉTÉ EN 1880. 

Concours permanents. 

Médaille Fellier pour les Pentstemon. 

Prix Laisné pour récompenser l'aptiiude au travail 

et la moralité des garçons jardiniers. 
^ (V. le Journal, 3» série, I, i879, 

p. 691.) 

Concours annuels. 

Médaille iloynet pour les apports les plus remarqua- 
bles^ faits pendant l'année, au 
Comité de Culture potagère. 

Médaille du Conseil d' Administration, pour l'introduction ou l'obtention de 

plantes ornementales méritantes. 
(V. le Journal, £• série, XI, 1 877, 
p. 145.) 



PROCÈS-VERBAUX (1) 



SÉANCE DD 8 AVRIL 18S0. 
PaÉsiDENCE DE H. Hardy. 

La séance est ouverte à deux heures. Ou y constate la préseace 
de 143 Membres titulaires et de sept Membres hoaoraires. 

Le procès-vefbal de la dernière séance est la et adopté. 

M. le Président annonce que, dans sa séance de ce jour, le Con- 
seil d'Administration a admis à l'bonorariat M. Cochet (Scipion) 
horticulteur-pépiniériste, àSuisnes par Brie-C imte-Robert (Seine- 
ei-Mirne), et M. A. Malet, horticulteur au Plessis-Piquet, qui 



La Go'Jiraission de Rédaclion déclare laisser aux auteurs des articles publiés 
dans le Journal la responsabilité des opinions qu'ils y expriment. 

^Âvis de la Commission de Rédaclion.) 
Série 3. T. IL Cahier d'avril 1880 publié le 31 mai 1880. i3 



494 PROCÈS-VEKBADX. 

faisant partie de la Société depuis vingt-cinq années révolues, ont 
demandé par écrit à profiter des dispositions consignées dans 
l'article 4 du règlement. 

Les objets suivants ont été déposés sur le bureau : 

1° Par M. E. Girardin, cultivateur à Argenteuil (Seine-el-Oise), 
une boite à' Asperges de la variété rose bàlive, que le Comité de 
Culture potagère a reconnues assez bellël pour motiver une de- 
mande, de sa part, d'une prime de 2* classe. Cette prime est ac- 
cordée par la Compaguie. 

2° Par M. Leguay, cultivateur à Argenteuil (Seine-et-Oise), une 
botte à' Asperges, variété rose hâiive, récoltées sur une terre qu'il 
dit être cultivée à la charrue. — Le Comité de Culture potagère 
les juge aussi belles que les précédentes, et propose dès lors d'ac- 
corder aussi à M. Lfguay une prime de 2e classe. Mise aux voix 
par M. le Président, cette proposition est adoptée. 

30 Par M. Drouet, Directeur du Jardin fl-!uriste de la Ville de 
Paris, à la Muette : lo un Dendrobium Farmeri, var. album, 
variété délicate et très élégante d'une charmante Orchidée in- 
troduite de l'Himalaya, en 1847, chez M. Far mer, amateur an- 
glaisa qui elle est dédiée; îo uq Dendrobium albosanguineum Lindl., 
fort belle Orchidée découverte, en 1851, par Lobb, dans les forêts 
du IMoulmein et introduite par lui chez MM. Veitch qui l'ont eue 
en fleursdès 1852; 3°uneforte touffe d'FnchoUriwiwoseum qui, de- 
puis 1870, est cultivée, dans l'établissement de la Muette, dans 
un fragment de tronc d'un Balantium; cette Broméliacée croît 
dans le Brésil oriental, en épiphyte sur les arbres des forêts à la 
fois chaudes et humides. Ces trois belles plantes sont remarqtiable- 
ment fleuries; ho enfia un fort exemplaire non fleuri du Vt'iesea 
gigantea, Broméliacée remarquable par les proportions excep- 
tionnellement grandes, pour cette famille, de sa toufife de feuilles, 
et originaire du Brésil méridional. — Pour cette importante pré- 
sentation, le Comité de Floriculture est d'avis qu'il y a lieu de 
donner une prime de T" classe, la plus haute des récompenses que 
le règlement autorise à décerner en séance. Cette prime est ac- 
cordée par un vote de la Compagnie, mais M. Diouet exprime le 
désir qu'elle soit remise à M. Baner, chef-mulliplicateur à la 
Muette. La Compagnie se rend à ce désir. 



^ SÉANCE ou 8 AVRIL 1880. ' 41)5 

4° Par M. A. Malef, borliculteur au Pkssis-Piquet, un jeune 
pied de Staphylea colchi'ca, grf^ffe d'un an qui est abondamment 
fleurie. Sur la proposition du Comité de Floiicullure, une prime 
de 3e classe est accordée pour cette présentation. AI. le Préident 
de ce Comité fait observer que ce Staphylea est un charmant ar- 
brisseau connu dejiuis longtemps, mais beaucoup trop négligé, 
qui esl liés floriière et qui, obtenu en petits pieds, lel que celui 
qui se trouve en ce moment sur le bureau, serait très bou comme 
plan le de marché. 

5» Par M. Garoon, jardinier chez M. Hubert, un pied d'un Vic- 
lier {Ckeiranthus Ck'îriL,)a. feuilles panachées, qu'il a obtenu de 
semis, en 4878. Comme, jusqu'à ce jour, il n'a pu multiplier cette 
plante que par le bouturage», le C)mité de Floriculture, par l'or- 
gane de son Président, l'engage à faire des efforts pour fixer celte 
forme nouvelle au point de pouvoir la propager par voie de serai?.. 

M. le Président remet les primes aux personnes qui les ont 
obtenues. 

M. le Secrétaire-générdl procèJe su dépouillement de la corres- 
pondance qui comprend les pièces suivantes : 

1° Une lettre par laquelle MM. Biudry, anciens pépiniéristes à 
Glaraarl (Seine), et M. Courtois (Adolphe), leur successeur, attes- 
tent que iM.Kobin (Jean-Joseph;, né àClamart, le 10 octobre 18 £8, 
est attaché à leur établissement en qualité de premier gaiçon, 
depuis le mois de mai 1840, et que, dans le cours de ces trente- 
quatre années de service effectif, ils ont été constcmmeni satis- 
faits de sa conduite, de sa probité et de son travail, lis sollicitent 
dès lors pour loi l'une des récompenses que la Société aceoirde en 
raison de la longue dures du service daas la même maison. — 
Cette letire est renvoyée par M. le Président à la Commission dts 
Récompense?- 

2° Une demande de délégué devant remplir les fonctions déluré 
à l'Exposition que la Société 4'"Horticu!lure de l'arrondissement 
de Senlis doit tenir du 1 1 i^u H septembre prochain. — M. Le- 
cocq-Dumesnil veut bien représenter, comme délégué, la Société 
centrale d'Horticulture, à l'Expositioa de Senlis. 

3" Une l'Eure par laquelle M. Hubinet de Soubise exprime le 
désir que des Commissaires spéciaux soient changés u'examintr 



<96 ■ PROCÈS-VERBAUX. * 

un jardin fruitier qu'il enlretient lui-même, rue Lhoraond, 68, à 
Paris. — Faisant droit à cette demande, M. le Président désigne 
comme devant composer la Commission qui sera chargée de visiter 
les cultures fruitières de M. Hubinet de Soubise MM. Chevreau, 
Jolibois, Thil, Chatenay (L.-Abel), et Th'bauU (Emile), fils. 

4* Une lettre de M. Alb. Geoffroy Saint-Hilaire, Directeur du 
Jardin d'Acclimatation, qui informe M. le Président que, par 
suite d'arrangements pris avec M. F. Chappellier, il a été installé 
dans cet établissement des cultures d'arbres fruitiers conduits sous 
la forme spirale. M. A . Geoffroy S lint-Hilaire demande qu'une Com- 
mission désignée par M. le Président soit chargée d'aller examiner 
ces arbres qui, dit-il, ont peu ou pas souffert des gelées rigoureuses 
de cet hiver. — Les Membres désignés comme devant composer 
la Commission dent il s'agit sont MM. Templier, Raimbaud 
(Alexandre), Siroy, Cotlin, CharoUois et Chauré. Ils voudront 
bien se rendre au Jardin d'Acclimatation, lundi prochain, ii avril, 
à une heure. 

5» Une lettre par laquelle M. Maishall P. Wjlder accuse récep- 
tion du Journal qui lui est, dit-il, régulièrement envoyé. 
M. Marshall P. Wilder envoie sa biographie accompagnée d'un 
beau portrait gravé. Il y a joint un fragment d'un journal de 
Bosion qui renferme le compte rendu d'une Exposition d'Azalées 
et de Rosiers tefaue dans celte ville, au mois de mars dernier. 

6° Une lettre de M. Cellière, de Rosny, demandant que la Société 
centrale d'Horticulture organise une Exposition consacrée seule- 
:ueDt aux maladies des plautes et aux parasites de toute sorte qui 
les produisent. L'auteur de celte lettre pense que de pareilles Ex- 
positions contribueraient puissamment à éclairer les cultivateurs 
f ur un sujet qui les intéresse au plus houi point. 

M. le Pfts dent renvoie celte lettre à la Commission des insec- 
licides. 

T Une lettre par laquelle M. le Sous-Secrétaire d'Étal au Minis- 
tère de l'Instruction publique et des Beaux-Arts donne avis à M. le 
Piésident de sa décision par laquelle il veut Lien donner à la 
Société centrale un vase de porcelaine de Sèvres qui sera remis 
comme prix à la prochaine Exposition. 

Parmi les pièces de la correspondance imprimée, M. le S^cré- 



SÉANCE DU 8 AVRIL 18^0. ^ 97 

taire-général signale un article du Journal de l'Agriculture, no 3 
de ce mois, qui est relatif au Soja hispida ou Pois oléagineux, et 
qui a pour auteur M. E. Vhvin, ainsi que la 3« édition de l'ou- 
vrage publié par M. le docteur Girard (Maurice), sous le titre : Le 
Phylloxéra de la Vigne, son organisation, ses mœurs; choix des 
procédés de destruction (\ in-32 de 160 pages, avec 16 figures et 
une carte, Paris, 1880; chfz Hîchs^tte). Dans cet opuscule, dit 
M. le Secrétaire-général, l'auteur cherche avant tout à réfuter la 
théorie du Phylloxera-effet en fournissant une série de preuves 
péremptoires contre celte manière de voir qui a pour conséquence 
d'égarer les vignerons et de leur faire négliger l'emploi de tous les 
moyens propres à combattre le fléau. 0:i trouve aussi dans ce 
livre l'histoire entomologique détaillée du redoutable Puceron, 
telle que l'ont établie des observations récentes, notamment celles 
de M. Balbiani. Enfin on y voit reproduit le texte des dernières 
lois, décrets et circulaires relatifs au Phylloxéra, dont la connais- 
sance est essentielle pour tous les viticulteurs. Une carte jointe à 
ce petit volume montre, conformément aux derniers renseigne- 
ments officiels, la diffusion et le degré d'intensité du fléau dans 
les quarante départements où il existe en ce moment. 

M. le Président informe la Compagnie d'une perte des plus 
cruelles que viennent d'éprouver l'Horticulture française et la So- 
ciété centrale par le décès de M. Socchet, ancien jardinier-chef des 
jardins et du parc de Fontainebleau, dont le nom est depuis 
longtemps européen, grâce au nombre considérable et à la beauté 
sans égale des variétés de Glaïeuls issus du gandavensis dont il a 
enrichi les jardin-\ M. Eug. Verdier est prié d'écrire une notice 
sur ne regretté collègue. 

M, Hardy fait connaître un procédé fort simple pour la destruc< 
tion des Loches ou Limaces qu'il a appris d'un vieux jardinier de 
Marnes nommé Loiselet, et qu'il a employé avec un plein succès 
daiiS le Potager de i'É!at, à Versailles. Ce procédé consiste à cou- 
vrir des planchettes mesurant environ 20 centimètres en carré 
avec de la graisse ou du beurre que, par économie, on choisit 
vieux ou rance. On pose ces planchettes dans les carrés qu'on 
veut préserver, en les espaçant de 8 bu 10 mètres. Si on les met 
eu place vers le soir, on les trouve, le lendemain malin, couvertes 



198 PRCCk-VERBAUX, 

de Lirùaces dont beaucoup sont tellemf nt petites que la rechercha 
directe en aurait été impossible, et qu'on enlève alors facilement 
pour les détruire. Il est prudeot de ne pas laisser ces planchettes 
exposées au grand soleil qui en fond la graisse et la fait couler ; 
mai&si on veut néanmoins les laisser en place pendant le jojr, on 
évite l'inconvénient qui vient d'être signalé en les posant à l'en- 
vers, c'est-à-dire la graisse en dessous. 

M. P. Duchartre dit que, puisqu'il s'agit de la deslruction d'a- 
nimaux nuisibles aux jardins, il demande la permission de 
signaler un moyen commode pour prendre les Vers blancs, dont il 
vierit de voir l'indication dans une lettre écrite de Saiut-Jean-de- 
Maurienne par M. Confévron, qui a été imprimée dans le dernier 
cahier du Bulletin mensuel de la Société d'Acclimatation (janv. 
1880, p. 24). Ce procédé consiste à creuser, de distance en dis- 
tance, des trous qu'on remplit de fumier d'écurie ou d'étable. Les 
Vers blancs se rendent dans ce fumier où il est facile de les trouver 
pour les détruire. 

M. Pissot rapporte avoir employé avec succès un procédé qui 
avait une assez grande analogie avec celui-là. Des planches de 
Rhododendron étant dévastées par des Vers blancs, il a eu l'idée 
d'en couvrir la terre avec une couche de feuilles épaisse d'environ 
0*»0o. Les Rannetons se sont rendus au milieu de ces feuill'es 
pour j pondre. Il les a tous détruits, et a sauvé ses Rhododendron^ 
en faisant ramasser et brûler ces feuilles. 

M. Davivier rappelle que le fumier rend de grands services pour 
la destruction de» Gourtilières. Avant l'hiver, on en remplit des 
caisses percées de trous, qu'on enterre. Quand on relire ces caisses 
vers la fin de l'hiver, on trouve au milieu du fumier une grande 
quantité de Counilières dont ou se débarrasse alors sans peine. 

M. le Secrétaire-général annonce de nouvelles présentations ; 

Et la séance est levée à trois heures et demie. 



SÉANCE DU 22 AVRIL 1880. 

Présidence de M. Burelle. 

La séance est ouverte à deux heures. On y compte 453 Membres 
titulaires et 4 Membres honoraires. 



SÉANCE DU 22 AVRIi, 1880. 199 

M. le Président proaonce, après un vote de la Compagnie, l'ad- 
mission de quatre nouveaux Membres titulaires dont la présenta- 
tioa a été faite daus la dernièni sérince et n'a déterminé aucune 
opposition. Il proclame Membre à vie M. Glatigny(Jale?-Edouard), 
rue Sainte-Anne, 14, à P.iris, qui a rempli les conditions pres- 
crites par le Règlement pour les personnes qui désirent être ins- 
crites en cette qualité sur les contrôles de la Société. 

Il informe ensuite la Compagnie d'une perte éminemment re- 
grettable que la Société vient d'éprouver par le décès dô M. Kave- 
nean, Membre titulure, hydraulicien bien connu pour ses ingé- 
nieux appareils destinés principalement à l'arrose ment des jardins 
et lies gazons. 

Les objets suivants ont été déposés sur le bureau: 

4° Par M. Leguay, cultivateur à Argenteuil (Sane-et-Oise), 
sept bottes d'Aspej^ges provenant de cultures qu'il dit être faites 
à la charrue. Ces Asperges sont remarquables, dit M. le Président 
du Comité de Culture potagère, pour leur couleur tout autant 
que pour leur grosseur. En outre, la présentation de ce jour a été 
déjà précédée de deux autres. Aussi le Comité Je Culture pota- 
gère propose-t-il d'accorder à M . Leguay une prime de 1 '''' clas -e et, 
mise aux voix, sa proposition est adoptée. 

2" Par M. Lescot (André), cultivateur à Argenteuil (Seine-et- 
Oîse),une botte d'Asperges d'une beauté exception n- Me pour la 
présentation de laquelle, sur la proposition du Comité de Culture 
potagère, il lui est donné une prime de 2,^ classe. 

3" Par M. Gottard, fils, cultivateur à Argenteuil, une botte 
^'Asperges qui lui vaut une prime de 3^ classe, conformément à la 
demande du Comité compétent. 

4° Par M. Glrardin, cultivateur à Argenteuil, une botte d'As- 
perges dont la présentation motive la demande en sa faveur, de 
la part du même Comité, d'une prime de 3® classe qui est accordée 
par la Compagnie. 

5° Par M. Joly (Léon), cultivateur à Houilles, canton d'Argen- 
teuil (Seine-et-Oise), des tubercules d'une Pofnme de terre qu'il 
a obtenue de semis et à laquelle il a l'intention de donner son 
propre nom. 11 offre ces tubercules pour que des Membres du Co- 
mité de Culture potagère puissent en easayer la culture. M. lé 



200 PROCÈS- VERBAUX, 

Pjësident de ce Comilé dit que cet epsai sera fait ; aussi ne s'agit- 
il pas aujourd'hui de donnera M. Joly (Léon), une récompense 
définitive pour l'obtention de la variété qu'il présente ; mais le 
Comité est d'avis qu'il y a lieu de lui accorder une prime de 3» 
classe pour l'encourager à continuer la culture et à poursuivre 
l'amélioration de cette variété. — Cette prime est accordée par la 
Compagnie. 

6» Par M. Dudouy, fabricant d'engrais chimiques, rue Notre- 
Dame-des-Victoires, à Paris, des tubercules de deux variétés de 
Pommes de terre obtenues récemment en Angleterre. M. le Prési- 
dent du Comité de Culture potagère déclare, au nom de ce Co- 
mité, que ces variétés étant, à '.ause de leur nouveauté, impar- 
faitement connues, il y a lieu d'en poursuivre la culture avant 
qu'un jugement sur leurs qualités ou leurs défauts puisse être 
lormulé avec assurance. 

7° Par M. Falaise, aîné, horticulteur à BouIogne-sur-Seine 
(Seine), quatre grandes boîtes de fleurs coupées de Pensées. Le 
Comité de Floriculture déclare, par l'organe de son Secrétaire, 
q.ue ces fleurs sont des plus remarquables pour la beauté et l'am- 
pleur, surtout celles à fond blanc; aussi demande-t-il qu'une 
prime de 4'® classe soit donnée à M. Falaise, aîné, pour cette re- 
marquable présentation, et la Compagnie fait droit à sa demande. 

8° Par M. Jolibois, jardinier-chef au Luxembourg, un pied de 
Vriesea Glaziouana, Broméliacée des plus fortes proportions, dont 
l'inflorescence est à moitié développée; deux Orchidées abondam- 
ment fleuries, le Maxillaria luteoalba Lindl. et le Trichopilia 
suavis Lindl. Le Comité de Fioriculture demande qu'une prime 
de i^' classe soit donnée à M. Jolibois pour cette remarquable pré- 
sentation et, consultée à cet égard, la Compagnie accorde celte 
récompense à laquelle l'honorable jardinier-chef déclare renoncer, 
selon son habitude. 

Sur l'invitation de M. le Président, M. Jolibois donne des rensei- 
gnements louchant ks belles plantes qu'il a déposées sur le bureau. 
Le Vriesea Giaziuuana croît naturellement au Brésil, sur les mon- 
tagnes des Orgues, à l'altitude d'environ 600 mètres. Il égale 
pour la grandeur le Vriesea gigantea dont un pied non fleuri a été 
présenté par M. D;ouet, à la dernière séance. Il s'en distingue 



SÉANCE DU 22 AVRIL }880. 201 

parce que ce dernier a les feuilles plus courtes et presque obtuses 
au sommet, tandis que les siennes sont lancéolées et aiguës dans 
cette même partie. Le pied que la Compagnie en a sous les yeux 
montre sa hampe florifère déjà haute d'environ i^ 25, chargée de 
nombreuses bractées vertes, oblongues-lancéolées, très aiguës au 
sommet, et poitant des fleurs en boutons. Il a été apporté au"our- 
d'hui, dans cet étal, avant l'épanouissement de ses fleurs, parce que 
la floraison en sera certainement terminée dans trois semaines, 
quand aura lieu la prochaine séance. Cette grande et belle Bro- 
méliacée n'a fleuri encore que dans les serres de l'Empereur 
d'Autriche; elle fleurit donc maintenant pour la première fois, 
en France. Il en existe un autre pied encore plus fart, dans les 
serres du Luxembourg. La plante est peu exigeante en fait de 
chaleur; elle a été tenue dans une serre tempérée où la tempé- 
rature a été maintenue, pendant tout l'hiver, entre 8 et 12.^ au- 
tant que possible, miiis dans laquelle même, par l'effet d'acci- 
dents, il y a eu plusieurs fois piès de G»; on voit cependant qu'elle 
paraît n'avoir souffert en rien de ces refroidissements. Elle a été 
traitée à l'engrais Jeanne!, ce qui a permis de la tenir dans un 
pot relativement petit. 

9° Par M. Scbwarz (A.), jardinier chez M. Leraercier, à Ba- 
gneux (Seine), des pieds de 19 variétés de belles Cinéraires (Se- 
necio cruentus DG.) à fleurs doubles, pour la présentation des- 
quelles, sur la proposition du Comité de Floriculture, il lui est 
accordé une prime de 2® classe. 

M. le Président remet lés primes aux personnes qui les 0!>t 
obtenues. 

A l'occasioQ de la prime de 1"^® classe qui a été donnée à M. Le- 
guay, d'Argenteuil, pour sept bottes d'Asperges qu'il dit prove- 
nir de cultures à la charrue, M. Girardin. d'Argenteuil, nie l'exac- 
titude de cette assertion. 

M. Jolibois fait observer qu'il serait en effet très digne de re- 
marque qu'on pût obtenir de si beaux produits en cultivant sim- 
plement à la charrue; mais il n'«i pas eu occasiou de voir par 
lui-même si tel est en effet le mode de culture employé par 
M. Leguay. 

M. Coitard, d'Argenteuil, affirme qu'il est impossible d'obtenir 



202 PHOCÈS-VliliRAUX. 

ainsi des Asperges pareilles. On sait en effet, dit-il, qu'il y a tou- 
jours beaucoup de griffes qui remoatent vers la surface du sol, et 
qui seraient blessées par le soc de la charme, ce qui nuirait 
gravement à la production. 

M. le Président du Comité de Culmre potagère fait observer 
que, s'il a dit que les Asperges de M. L^guay ont été récoltées 
9ur des terres cultivées simplemeal à la charme, c'est que le fait 
avait élé afûrmé devant le Comité par ce cuUivaienr. Au reste, 
ajoute-t-il, il est parfaitement constaté que M. l'arent, de Rueil, 
travaille à la charrue les terres dans lesquelles sont plantées ses 
Asperges, et les produits qu'il obtient ainsi sont aussi beaux que 
ceux que mon'.re aujourd'hui M. Leguay. 

M. le Secrétaire-géséral procède au dépouillement de la corres- 
pondance qui comprend les pièces suivantes : 

1° Une lettre par laq'ielle M, Ferd. Mauduit, Secrétaire de 
la Société argentine d'Horiiculture, à Buenos-Ayres (Répub'ique 
argentine), prie M. le Président d'invit r les horticulteurs fran- 
, çais à envoyer leurs catalogues à cette Société, afin d'amener 
ainsi l'établissement de relations horticoles entre la France et 
cette partie de l'Amérique du Sud. L<î sièg^î de la Société argen- 
tine d'Horticulture est à Biienos-Ayres, c;)Uy Roconquista, -lOl. 

2° Une lettre pir laquelle M, Luifour, Secrétaire de la Société 
d'Horticulture de Genève, se plaint des difîicullés majeures que 
rencontre, à la frontière, le passage des produits du l'horticul- 
ture, quelle qu'en soit la nature, ainsi que de l'incerlilude où l'on 
est quant aux formalités qu'on doit remplir pour échapper à ces 
dif{ic'jllé5. 

Al. Chaudèze fait observer qu'ua décret publié dans i i Journal 
officiel, il y a trois jours, a fait disparaître l'incertitude dout se 
plaint M. Dulour. 

M. Guttia dit que, depuis un mois, il a fait plusieurs envois 
en Suisse, en les accompagnant d'un certifii^U d'origine, et que 
.ses envois sont parvenus s.ins difdculté à leur destination. 

M. Janiin(Ferd.) déclare avoir été moius heureux. Des ballots 
expédiés par lui ont été arrêtés à la douane de Bellegarde et, 
pour en obtenir l'entrée en Suisse, il a fallu les envelopper tout 
entiers dans une toile d'emballage. 



SÉANCE DU 2î AVRFL 1880. 20Î 

î» Pluisieurs documents relatifs à l'enquèts ouverte par la So- 
ciété relativement à la constatation des dégâts causés par le froid 
exceptionnel de l'hiver 1879-Î8S0. Ce sont les suivants: 

M. le Ministre de rinstructici publique et des Beaux-Arts, à 
qui oat été envoyés plusieurs exemplaires duquestionnaire publié 
par la Société, informe M. le Secrétaire-général qa'il a fait adres- 
ser CES exemplaires aux diverses Sociétés savantes des départe- 
ments. 

M. le comte du Puy-Montbrun, Vice-Président de la Société 
d'Agriculture da Montélimar (Drôme), adresie les réponses, con- 
cernant l'arrondissement de Monîéiimar, aux questions formulées 
dans le programme publié par la Swiélé centrale. 

Lî Société d'Horticulture d'Angers et du département de Maine- 
et-Loire a fait réimprimer ce programme ou questionnaire et elle 
Ta envoy« à tousses Membre?, à tous les horticulteurs de son dé- 
parlement, ainsi qu'aux directeurs des journaux d'Angers. Une 
Commission nommée par elle voudra bieu résumer dans un Rap- 
port tous les renseignements qu'elle aura recueillis et transmettre 
ce Rapporta la Société centrale. Pour obtenir ces renseignements, 
elle a fait appel à toutes les personnes dont elle peut espérer une 
réponse, et elle adresse un exemplaire de la circulaire qu'elle a 
imprimée à cet efifet. 

MM. le Président et le Sicréîaire-général de la Société d'Horti- 
culture de la Gironde adressent le rélevé des dégâts constatés dans 
ce département. 

Les Sociétés d'Horticulture d'Epernay et des Ardennes annon- 
cent que des Commissions spéciales nommées dans leur sein ont 
été chargées de rédiger les réponses au Q lestiounaire de la So- 
ciété centrale. 

La Société d'Horticulture de Mâcon écrit, par l'entremise de 
son Seciétaire, qu'elle a pris en très sérieuse considération le 
programme qui lui a été adressée et qu'elle enverra, en temps 
convenable, sa réponse aux questions qui y sont formulées. 

Enfin M. Ch. Baltet, horticulteur à Trayes (Aube), en accusant 
récepiion du programme publié par la Société centrale, exprime 
l'idée qu'il serait utile d'y ajouter une question relative aux effets 
que les fortes gelées de l'hiver dernier ont pu produire sur les 
animaux, soit utiles, soit nuisibles à l'horticulture. 



204 PaOCÈS-VERBAUX. — SÉANCE DU 22 AVRIL 1880. 

M. Laizier, en présentant deux exemplaires de VAnnuaire 
Compte rendu de la Société de secours nfiutuels des Jardiniers hor- 
ticulteurs du département de la Seine, rappelle la part que la So- 
ciété centrale d'Horticulture a eue à la fondation de cette utile 
association et, au nom de celle-ci, exprime à ce sujet une vive 
reconnaissance. Il invite en même temps les Membres de la So- 
ciété centrale à donner leur appui à la Société de secours mutuels 
en grossissant la liste de ses Membres honoraires. 

Les documents suivants sont lus ou déposés sur îe bureau : 

i" Description de Glaïeuls nouveaux, pour 1879-1 >80, obtenus 
par MM. Souillard et BruneleT; de Fontainebleau. 

2" Note sur le Soja hispida ou Pos oléagineux; par M. Va- 
vin (E.). 

3" Compte rendu des travaux du Comité de Floriculture, pen- 
l'année 1879; par M. E. Delamarrf, Secrétaire de ce Comité. 

4'' Rapport sur l'ouvrage intitulé: L.s Orchidées, par M. de 
Puydt; Rapporteur M. Keteleêr. 

5" Rapport complémentaire sur les appareils thermosiphons 
construits par M. Ch. de Vendeuvre pour le chauffage des serres 
de M. Vallerand, à Agnières (Seine); M. A. Lavialle Rapporteur. 

6° Rapport sur les chauffi'ges thermosiphons établis par M. Le- 
meunier dans les serres du Fleuiiste de la ville de Paris et du Mu- 
séum d'Histoire naturelle; M. A. Lavialle Rapporteur. 

7" Rapport sur les effets produits par l'engrais chimique pré- 
senté par M. Dadouy sous le nom de Floral; M. Michelin Rap- 
porteur. 

Les conclusions des quatre derniers Rapports dus à MM. 
Keteleêr, Lavialle et Michelin tendant au renvoi à la Commis- 
sion des Récompenses sont successivement mises aux voix et 
adoptée?. 

8° Note sur les fleurs doubles des Bégonias tubéreux ; par 
M. P. Dijchartre. 

M. le Secrétaire-général annonce de nouvelles présentations; 

Et la séance est levée à quatre heures. 

Tian- OC? 'B ^nri ' — 



BULLETIN BIBLIOGRAPHIQUE. -» MARS ET AVRIL 1879. 205 

NOMINATIONS. 



SÉANCE DU 8 AVRIL 4 8 8 0. 
ADMIS A l'uONORARIAT 

M. 

Cochet (Scipioo), horticulteur-pépiniériste, à Suisnes, par Brie-Corate- 
Robert (Seine-et-Marne) . 



. SÉANCE DU 22 AVRIL 1880. 

MU. 

1 . AiGUESPARSEs(L.),ruede la Paix, 3, aux Lilas, à Rotnainville (Seine), 

présenté par MM. Delahagac-Moreau, R. Jolibois et E. Langlois. 

2. Balochard (Jules), pépiniériste, à Farcy-les-Lys, par Melun (Seine-et- 

Marne), présenté par MM. Bach et Hardy. 

3. Bor>"iceau-Gesmon, docteur en droit, boulevard Saint-Germain, 134, 

à Paris, présenté par MM. Jolibois, Fiel et Verwaest. 

4. Cochet (Pierre), pépiniériste, à Suisnep, par Brie-Comt;-Robert 

(Seine-et-Marne), par MM. Eugène Delamarre etR. Jolibois. 

PROCLAMÉ MEMBRE A VIE 

M. 

Glvtigny (Jules-Edouard), rue Sainte-Anne, 44, à Paris. • 



BULLETIN BIBLIOGRAPHIQUE. 



mois D£ MARS ET D'AVRIL 1880. 

A Catalogue of the forest Trees of North America (Catalogue des arbres 

forestiers de l'Amérique du nord, par M. Ch. S. Sargent). 

Washington, 1880 ; in-8 de 93 pages. 
Adiress of the hon. Marshall P. Wildei' (Discours de l'honor. Marshall 

P. WiLDER et Compte rendu de la réunion annuelle de la Société 

d'Histoire généalogique de la ISouvelle-Angleterre). Boston, 1880 ; 

in-8 de 47 pages. 
Annales agronomiques (avril 1880). Paris-, iii-8. 
Annales de la Société d'Agriculture de la Gironde (3e et 4" trimestres de 

1879). Bordeaux; in-8. 
A/maies de la Société d'Agricidlitre de la Loire (18Î9). Saint-Etienne; 

in-8. 
Annales de la Société d'Émulation de l'Ain (1" trimestre de 1 880). Bourg ; 

in-8. 



206 BOLLETfN UIBLJOGRAPHIQLK. 

Annales de hi Soucié d" Horticulture de la Gironde (\*' trime^ro de 

1880). Bordeaux; in -8, 
Annales de la Société d'Hoiticulture de la Haute-Garonne (septembre à 

décembre 18"9;. Toulouse; in-8. 
Annales de la Société d'Horticulture de l'Allier [a" 3 de 1879). Moulins ; 

in-8. 
An7iales de la Société d' Horticulture de Raincy-Livry-yillemomble (1879). 

Raincy-Liv-y-Villemomble; in-8. 
Amiales de la Sociéli- d'Horliculture de Villemomble (1879). Villemom- 

ble -, in-3. 
Annales de la Société d'Horticulture et d'Histoire naturelle de l'Hérault 

(nov. et déc. 1879). Monlpellier: in-8. 
Annuaire de la Société d'Emulation du la Vendée (1879, 2' série, vol. 9). 

La Hoche-sur-Yon ; in-8. 
Annales de la Société hoi ticole, vigneronne et forestière de l'Aube (février 

4 880). Troyes-, in-8. 
Annali délia Società agraria provviciale di Bologna (Annales de la Société 

provinciale d'Agriculture de lîologûe, vol. X.\\). Bologne, -1879; 

in-8 de 29:) pages. 
Aficultew (L") (avril 1^80 et Cakndricr apicole}. Paris; in-8. 
Betijique horticole (La) (I" trimestre de 488»). Liège; in-8. 
Bota7iiS(hes Centralblatt (Bulletin central bolanique édité parle docteur 

Oscar Uhlworm, 1880, n"* 1 à 4 1). Casssl ; in-8. 
Bulletin agricole du Puy-de-Dôme (janviei et février 4S80). Riom ; 

in-8. 
Bulletin de la Société académique d! Agnculture de Poitiers (n»» 239 à 242 

en 1879j. Poitiers ; in-8. 
Bulletin de la Socicté botanique de France (u° 3 de 4878; 3 et Revue 

E de 1879). Paris; in-8. 
Bulletin de la Société centrale d'Horticulture de la Seine-Inférieure 

(3» cahier de 4 879). Rouen ; in-8. 
Bulletin de la Société centrale d' Agriculture et des Comices agricoles de 

l'Hérault (mai à décembre 1879). Montpellier; in-8. 
Bulletin de la Société d'Agrii.ulture de Boulogne-sar-Mer (a"» 1 à 42 de 

4878; f t * à 8 de 1879). Bnulogne-i^ur-MfT; m-S. 
Bulletin de la Sotiété d'A<jriculture de Clcrmont (Oise) (décembre 4 879). 

Clermont; in-8. 
Bu llelin de la Société d' Agriculture et d'HoHiculture de Vaucluse (mars 

et avril 4 880). Avignon; in-8. 
Bulletin de la Société des Agriculteurs de France (n^* o, 6, 7 et 8 d.î 

4 880). Paris; in-8. 
Bulletin de la Société d'Encouragement (février et mars 1880). Paris, in-4. 
Bulletin de la Société de Viticulture, Horticulture et Silviculture de 

Reims (avril 1880). Reims; in-8. 



MGIS DE MARS ET AVRIL 1880. 207 

Bulletin de la Société d'SorticuUure, d'Arboricultwe et de Viticulture du 

Doiibs (3' el 4'= trimestres de 18791. Besançon; in-S. 
Bulletin de la Société d'Horticulture de Clermont [Oise) (mars 4880). 

ClermoQt; in-8. 
Bulletin de la Société d'Horticulture deGe7iéve (2« trimestre, avril 1880). 

Genève; io-S. 
Bulletin de la Société d'Horticulture de la Côte-d'Ov (n» 6 de 4879 

et n° 1 de 1880). Dijon ; in-S. 
Bulletin de la Société d'HorlicuUure de la Sarthe (3' et 4^ trimestres 

de 18*9). Le iMans, iù-8. 
Bulletin rnemuel de la Société d'BorlicuJture el d'Acclimatation du Var 

(mars 1830). ïoulor. ; in-8. 
Bulletin de la Société d'Horticulture et de petite Culture de Soisso7is 

''janvier, fév. et mars 1880). Soissons ; in-8. 
Bulletin de la Société d'Horticidture et de Viticulture d'Eure-et-Loir 

(février et mars 18à( ). Chat 1res ; in-8. 
Bulletin de la Société horticole du Loiret (i<= et 4* trimestres de 1879). 

Orléans ; in-8. 
Bidletin de la Société industrielle et agricole d'Angers (•.' semestre de 

1879). Acgers ; in-8. 
Bulletin de la Société protectrice des animarix (décembre 1870 et janvier 

Î880). Paris; in-8. 
Bulletin de la Société régionale d'Horticulture de Chaiiny (janvier et 

(février 1^80). Chauny ; in-8. 
Bulletin de la ville de Paris {a^^ 1, 2, 5, 6, 8, 9, 10, Il et 12 de 1S80). 

Paris ; feuille in-4. 
Bulletin des séances de la Société nationale d'Agriculture de France 

(décembre 1879 et janvier 18'<0). Paris ; in-8. 
Bulletin d'Insectologie agricole (février 1880% Paris; in-8. 
Bulletin du Comic.p. agricole d'Amiens (n°» 194, 195, 196 et 197 de 1880). 

Amiens; feuille in-4, 
Bidlttîn mensuel de la Société d'Acclimatation (décembre 1879; janvier 

et février 4 880). Paris; in-8. 
Bulletin mensuel de la Société agricole et horticole de Mantes (mars el 

avril 18h0). MaiitPS; in-8. 
Bulletin mensuel du Comice agiicole de Tarbes {6 mars et avril 1880) 

Tarbf?; in-8. 
Bullttin trimestriel du Comice agricole, horlicole et forestier de Toulon 

(4« trimestre de l>-79). Toulon ; in-8. 
Bulktino délia R. Sodetà toscana di Orticultura (Bulletin de la Société 
Roy lie toscane d'Horticulture, i."» 2 et 3 de 1880). Florence; 
in-8. 
Cutaîogue de }iï . A. Godefrot-Lfbeuf (A?perges), horticulteur-pépinié- 
riste à Argenleuil (S3ine-et-0i-c). 



208 BULLETIN BIBLIOGRAPHIQUE. 

■Catalogue de M.Crousse (printemps et été de 4^80), horticulteur à Nancy 
(Meurthe-et-Moselle). 

fommission supérieure du Phylloxéra (session de 1879), Paris-, in-8. 

Comptes rendus hebdomadaires des séances de V Académie des Sciences 
(tables de 1879-, n°» 9 à <6 de 4880). Paris ; in-4. 

Cultivateur (Le Bon) (n°" 5, 6, 7 et 8 de 1880). Nancy; in-4. 

Cultivateur (Le) de la région lyonnaise (n"» 166 à 173 en 1880). Lyon; 
in-8. 

Esercitazioni delV Accademia agraria di Pesaro (Travaux de l' Académie 
d'Agriculture de Pesaro, 15« année, 2« semestre). Pesaro, 1879 ; 
in-8 de 283 pages. 

Flore des Serres et des Jardins de l'Europe (n°^ 1, 2 el 3 du volume 
XXIll). Gand ; in-8. 

Garlenflora (Flore des jardins, Bulletin mensuel général d'horticulture 
édité et rédigé par le D' Ed. Regel, avec plusieurs collabora- 
teurs ; cahiers de mars et avril 1880). Stuttgart; in-8. 

Indiistry. An illustrated tccckly Journal (L'Industrie; journal hebdoma- 
daire illustré de sciences appliquées aux manufactures et à l'art ; 
n" du 25 mars 1880). Londres-, iiJ-4. 

Journal d'Agriculture pratique du Midi de la France (janvier et 
février 1S80). Toulouse; in-8. 

Journal de l'Agriculture (n»» 569 à 577 de 1880). Paris; in-8. 

Jownal de la Société d'Horticulture du canton de Vaud (mars el avril 
1880). Lausanne; in-8. 

Journal des Campagnes [n°^ lOà 17 de 18S0). Paris; feuille in-4. 

Lyon horticole (mars, n"» 5, 6, 8 de 1880). Lyon ; in-8. 

Maandblad van de Vtrceniging ter bevordering vari Tuin- en Landhouw 
(Feuille mensuelle de la Société pojr le perfectionnement de l'Hor- 
ticulture et de l'Agriculture, n"» de mars et avril 1880). Maeslrichl; 
in-8. 

Maison de Campagne (La) (n"" 5, 6, 7 et 8 de 1880). Paris in-8. 

Monatschrift des Vereines zur Befœrdenmg des Gartenbaues (Bulletin 
mensuel pour le perfectionnement de l'Horticuliure el delà Société 
des Amis du jardinage à Berlin, cahiers de mars et avril 1880). 
Berlin ; in-8. 

Moniteur d'Horticulture (Le) (avril et mai 1880;. Paris : in-8. 

Bvforme de la nomenclature botanique ^ par le docteur Sai.nt-Lager. Lyon; 
in-8. 

Revue agricole ei horticole du Gers (oiars et avril 1880).' Auch; in-P. 

Revue des Eaux et Forêts (mars et avril 1880). Paris; in-8. 

Revue géographique (31 décembre 187i» et 16 février ISiO). Paris ; in-4_ 

Revue horticole (i."» 6 et 7 de 1880). Paris ; in-S. 

Kevue horticole des £owc/ies du-JR/iWiC (février cl mars 1880). Marseille ^ 
in-8. 



MOIS- DE MABS ET AVRIL 1880. 109 

Riiista agricola romana (Revue agricole romaine, publicalion ofliciel'e 
du Comice agricole de Rome, cahier de janvier-février 1880}. 
Rome; in-8. 
Science pour tous (ii"^ 13, 1 i, 15, 17 et 18 de 1880). Paris ; feuille ia-4. 
Sieboldia^ Weekblad voor den Tuinbouw in Nederland (Sieboldia. Feuille 
hebdomadaire pour l'Horticulture dans les Pays-Bas, n"» 10 à 17 
de 1880). Leyde; in-4. 
Société d' Agrimlture de l' Allier (avril 1880). Moulins; in-8. 
Société de Viticidture, Horticulture et Apiculture de Brioiide (n"» 39 

et 40 de 18S0). Brioude ; in-8. 
Société d'Horticulture^ de Botanique et d'Agriculture de Montmorency 

(1879) Montmorency; in-8. 
Société d' Horticidture de l'arrondissement dEtampes ( 1879). Elampes ; 

in-8. 
Société d'Horticulture de l'arrondissement de Sentis (noars et avril 1?80). 

Senlis; in-8. 
Société nantaise d'HorticiJture (1879). Nantes; in-8. 
Société nationale d'Agriculture, Sciences ei Arts d'Angers (1876-1877- 

1878). Angers; in-8. 
Sud-Est {Le) (table de 18';9; février, mars et avril de <880). Grenoble-, 

in-8. 
The Garden (Le Jardin, journal hebdomadaire illustré d'Horticulture dans 
toutes ses branches ; ciihicrs des 6, 13, ÎO et 27 mars, 3, 10, 17 
et 24 avril, l'rmai 1880\ Londres; in-4. 
The Gurdeners'Chronicle (La Chronique des Jardiniers, journal hobdoma- 
•daire illustré d'Horticulture et des sujets voisins; cahiers des 6, 
43, 20 et 27 mars, 3, 10, 17 et 24 avril, i" mai 1S80). Londres; 
in-4. 
Vigneron champenois (Le) '"n"' 27 ù 33 et li" 3o de 188 i).E;jernay ; feuille 

in-4 . 
Vignoble (Le) (novembre et décembre 1879j. Paris, G. Mds?on ; in-8. 
Wochenblatt des landwirthschaftlichen Vereins im Grossherzogthum Baden 
(Feuille hebdomadaire de la Société d'Agriculture du Grand- 
Duché de Bade, n»» des 18 et 2j février, 3, 10, 17, 24 et 31 mars 
1880). Carlsruhe;in-4. 
ZAtschrifl des landwirthschaftlichen Vtreiîis in Bayern (Bulletin de la 
Société d'Agriculture de Bavière, cahiers de mars et avril 1880). 
Munich; ic-S. 



U 



210 NOTES ET MÉMOIRES. 

NOTES ET MÉMOIRES. 



Note sur l'Horticulture en Akgleterre ; 
Par M. Ch. Joly, 

Pendant longtemps, que dis-je? depuis rorigine du monde, les 
gouvernements ne se sont guère préoccupés que de leur défense 
perfonnf lie et des moyens perfectionnés de destruction. Ce qui 
caractérise surtout les temps modernes, c'est rtncouragement et 
la protection de la production agricole tt industrielle. Mais, 
qu'il y a loin encore du budget de la Guerre à celui de l'Agricul- 
lure? C'est par centaiues de millions qu'on dote le premier ; le 
second se diiffraitchez nous, en 1879, par 29 millions. On a créé 
depuis longtemps partout des chaires pour enseigner la théologie 
et les langues mortes, qui sont plu;> ou moins utiles, et il y a 
quelques années à peine que nous comptons des chaires d'agricul- 
ture et un Institut agronomique. Qael cottresens ! L'étude de la 
première industrie du pays, celle d'où dérivent loutes les autres 
et qui demande les connaissances scientifiques les plus variée?, 
a un budget de quelques centaines de mille francs ! Li première 
École d'Horticulture du monde, celle de Versailles, n'a qu'une 
cinquantaine d'élèves et ne reçoit de l'État que 90 000 francs, et 
cela en 1880 ! Ah ! si Buffon avait réfléchi sur tous ces faits, dirait- 
il encore que l'homme est un « animal raisonnable » ? 

En attendant que l'enseignement a^iricole et horticole tienne la 
piace qui lui est due dans l'opinion publique, il n'e^t pas sans 
inléiêt de comparer l'état de '/horticulture dans les difTérentts 
parties de TEuiope et d'étudier l'influence qu'exercent le sol, le 
climat, la richesse et l'intelligence des peuples sur les cultures 
perfectionnées. 

Déjà, dans notre pays, un grand nombre d'ouvrages ont été 
pub iés sur !a matière, entre autres, celui de M. Alphand, pour les 
grands travaux des villes, puis, à Londres, ctluideM.W. Robinson 
intitulé Parhs, Promenades and Gardemof Paris », cù l'auteur 
expose nos méthodes de culture et décrit nos principaux jardins, 
afin de faire connaître à ses compatriotes ce qui [eut utilement 
s'ImJter et s'implanter chez eux. 



SUR L HORTICULTURE EN ANGLETERRE. 211 

Pour ceux qui désirent connaître la Belgique, notre collègue, 
M.Ch. Ballet, a publié, en 1875, un excellent travail «Z« Belgique 
horticole », où il trace un tableau complet des ressources scienti- 
fiques qu'on trouve chez nos voisins; puis est venu l'ouvrage de 
M. F. Crépin, paru en 1878, «Ae. Guide du Botaniste en Belgique », 
où l'on trouve les renseigaements les plus intéressants sur tout ce 
qui concerne la Botiinique et l'Horticulture. Citons enfin les 
excellents Annuaires publiés par les Professeurs de l'Ecole d'Hor- 
ticulture de Gand. 

Il serait intéressant d'avoir un pareil travail sur chacun des 
pays de l'Europe. En attendant qu'une plume plus compétente 
que la mienne vienne nous éclairer sur l'Horticulture anglaise, 
j'ai pensé qu'il serait peut-être utile d'en donner un aperça, afin 
d'engager nos spécialistes à passer plus souvent le détroit pour y 
étudier une industrie immense, soit comme importation de plantes 
exotiques, soit comme production artificielle de légumes et de 
fruits sous un ciel peu favorable, soit enfin comme disposition 
générale des admirables parcs de l'aristocratie anglaise dont nous 
ne nous faisons pas idée. 

Nos voisins prétendent que c'est à Londres qu'on voit les plus 
belles fleurs, les plus beaux légumes et ies plus beaux fruits; cela 
est vrai, bien que peu vraisemblable. C'est, en effet, à Londres que 
sont les plus grandes fortunes: nulle pprt, l'aristocratie ne déploie 
plus de faste ; nulle part, je n'ai vu, dans ies Expositions, la cul- 
ture des fleurs et des fruits poussée à un plus haut point de 
perfection; nulle part, enfin, je n'ai vu la décoration florale faite, 
sinon avec plus de goût, du moins avec p'us de luxe, dans les 
fêles publiques et particulières. Avec quoi, en somme, fabriqus-t- 
on des végétaux?avec du fer, du chaibon et du verre : on sait ce que 
la nature a fait pour l'Angleterre à cet égird. Voilà pour les serres. 
Quant aux maraîchers, qu'on se figure les ressources en engrais 
qu'ofirent 4 millions d'hommes accumulés autour de Saint-Paul, 
avec des animaux en proportion! Les grands hurticulteurs anglais 
ont presque tous trois ou quatre établissements ou pépinières placés 
sur des tols différents et aux expositions les plus favorables, les uns 
pour les plantes de serre, les autres pour les arbres fruitiers, ceux-ci 
pour les Roses et les fleurs coupées, ceux-là pour les Conifèies, etc. 



!212 NOTES ET JUÉMOIUKS. 

N'es!-il pas intérîSiant d'aller élu.liersur place es grandes indus- 
tries, comme le font les jeunes gens Belges ou Allemands? Ces 
derniers font des stages chez les principaux horticulteurs et ren- 
trent dans leur pays la tête pleine d'observations instructives et, 
ce qui vaut mieux encore, avec des amitiés qui leur facilitent plus 
tard des échanges et leur créent des relations précieuses. 

Faisons remarquer en passant qu'il n'y a pas en Angleterre 
d'Ecole d'Horticulture spéciale comme à Gand et à Versailles ; 
seulement, à Chiswick, comme dans quelques jardins publics, on 
fais le soir, aux é'èves jardiniers des conférences sur la chimie, la 
physique et la botanique: de là, ils passent quelques années 
dans les établissements spéciaux, pour compléler leurs études 
pratiques. 

J'ai dit que, chfz nos voisins, le goût des fleurs était plus ré- 
pandu que chtz nous. En effet, presque partout, comme en 
Belgique, les fenêtres ;ont garnies de petites serres portatives 
où l'on cultive dts Fougères, des plantes grimpantes, etc. Il n'est 
pour ainsi dire pas une maison d'habitation dans les environs 
des villes, qui n'ait sa petite serre « Vinery » ou « Orchard- House » 
annexée à l'une des pièces du rez-de-chaussée. Lors des féies 
publiques, nulle part on ne consacre des sommes aussi considé- 
rables aux décorations florales dont M. J. Wills, d'Onslow cres- 
c«^.nt, est le principal organisateur. C'est le cas de dire deux mots 
d'une ornementation qu'il emploie quelquefois et qui est d'un 
grand iïïtt:]e veux parler des rochers de glace qu'il construit 
temporairement pour les grandes réceptions. Sur un plancher 
en plomb, il dispose une grotte et un rocher formé de gros mor- 
ceaux de glace de 50 à 100 kil. Dans les interstices et sur le sol, 
il place des plantes appropriées, des Fougères, des Lycopodes, des 
Sarracenia et le Lysimachia nitmmularia : un jet d'eau et une 
cascade complètent l'ensemble ; puis, par derrière, de larges 
miroirs et des lampes reflètent des lumières de diverses couleurs : 
l'efîet de cette décoration dans de vastes salles est des plus piitc- 
resques. C'est aussi M. J. Wills qui, lors des fêtes royales, four- 
nit par mi'liers des bouquets pour les boutonnières des cavaliers 
etd^s bouquets à main pour les dames. Pour donner une idée du 
luxe qu'on déploie en certaines occasions, lors du retour de Lord 



SUR l'horticulture en ANGLETERRE. 213 

B^acoiisliel I, après le congrès de Berlin, on a fait venir 33 wagons 
de plantes pour orner la gare de Charing Cross et la dépense de 
ce chef seul a été de 75 000 fr. 

Chez nous, tout ce qui touche aux art^ tr^.uve des connaisseurs 
et des encouragements de tout genre : quant à l'horticulture, qui 
est cependant l'expression d'une civilisation très avancé'^, on peut 
compter les vrais amateurs ayant des collections ou des serre» de 
quelque valeur. Nos Sociétés horticoles sont maigrement soute- 
nues et patronnées ; nos introducteurs de plantes rares sont peu 
encouragés. Rendons hommage, en passant, à la Villede Paris qui, 
depuis quelques années, par la création de parcs publics, par la 
culture de plantes nouvelle?, par le meiveilleux entretien 
de ses plantations, a servi de modèle aux particuliers et a prOiiagé 
le.goùt des plantes ornementales. Aujourd'hui, toutes les villes de 
province et de l'éliauger suivent à l'envi son exemple. 

Il faut le dire, Londres n'a aucun établissement municipal qui 
apprccUti du rûtre: aussi ses plantations et ses promenades sont 
loin d'égaler ce que nous avons aujourd'hui à Paris : pour une 
somme relativement très modique, nous avons ici des résultats 
qui font le plu^ grand honneur au service des « Promenades et 
plantations ». J'aurai occasion de revenir sur ce sujet pour 
rendre justice à qui de droit. 

J'ai déjà parlé précédemment des Expositions anglaises (i). 
J'ai fait remirquer qu'elles S3Qt g '^néralement partielles, c'est-à- 
dire qu'elles ont lieu à l'époque la plus favorable à la floraison 
de chaque famille de plantes. Chez nous, il serait boa d'avoir, 
outre l'Exposition générale du printemps, motivés par la présence 
à Paris des classes riches, il serait bon, dis-je, d'avoir une deu- 
xième Exposition d'automne pour cette branche si imporlaote de 
notre production nationale, l'Arboriculture fruitière : on la com- 
pléterait, bien entendu, par l'apiort des fleurs de l'arricre-saison. 

En outre des Expositions de la Société royale d'Horticulture, 
à South Ken'>ington,il y a celles de la Société royale de Botanique, 
dans Regents'Park, oii l'on fait généralement quatre ou cinq Expo- 
sitions partielles. Puis viennent les Expoiilîons du Cryslal Palace 

(!) Voir Journal d'aoùi 1 879, pago 535. 



214 • NOTES ET MÉMOIRES. 

de Sydenham et celles de l'Alexandra Palace. On y offre aux. expo- 
sants des primes considérables en argent et de plus, comme l'em- 
placement s'y prête à merveille, on y fait des concours pour des 
décorations de table, c'est-à-dire que, sur des tables toutes pré- 
parées, avec argenterie, crislaux, etc, on expose des fleurs mon- 
tées de toute manière, non seulement pour le centre des tables, 
mais aussi pour chaque convive en particulier, avec allégories, 
suivant les âges, les sexes et la position sociale. Il y a en outre 
des prix pour les ornementations de consoles, devantures de 
foyers, pour les bouquets de mariées, etc. 

Citons encore les Expositions faites par « la Société pour répan- 
dre le goùi des fleurs parmi les classes laborieuses o . Puis celles 
de la Société des « ouvriers et des habitants des modestes cotta- 
ges ». Eotin celles de « la Société d'encouragement pour la cul- 
ture des plantes sur les fenêtres » Société patronnée par la duchesse 
de Westminster. 

D'après « V Horticultural Dircctory 9 publié dans les bureaux 
du «Journal d'Horticultute » du Docteur Ilogg, on compterait à 
Londres environ iO maisons faisant le commerce des graines et, 
dans la banlieue, plus de 200 industriels qui sont à la fois pépi- 
niéristes, grainetiers et fleuristes. On en compte en outre 1200 
dans la Grande-Bretagne. Le nombre des Sociétés horticoles serait 
d'environ 264, mais la lit-te n'en est pas complète. Leurs relations 
avec la Société de Londres ne se bornent pas à un simple échange 
de leurs bulletins : moyennant une souscription annuelle de 2 
guinées, elles annoncent réciproquement leurs Expositions, elles 
font des échanges de semences et de bouture?, enfin elles se trans- 
raettent des billets de faveur à prix réduit peur leurs Exposi- 
tions. 

C'est surtout quand on examine la prêt se horticole anglaise 
qu'on voit, une incontestable supériorité. Nous n'avons à Paris 
qu'un journal horticole faisant à peine ses frais. A Londres, il y 
en a 13 dont 8 sont hebJoaiatiaires et 5 mensuels. Pour donner 
une idée de la faveur dont \\> jouissent, il me suflira de dire 
qce l'un dts journaux à un penny, le « Gardcning i(lust7'ated », 
compie doj^ plus de iu 000 abonnes; cVsi le cas d'ajouter que 
nous n'avons iien en France comme « Y Horticultural Dircctory » 



SUR LHOJITICDLTURE EN ANGLETERRE. 215 

publié parle «Journal d'HorticuUure k, ni comme les Annuaires 
belges qui donnent sur l'industrie horticole les renseignements 
les plus complets et les plus utiles. 

Pour bien connaître l'état de l'horticulture anglaise, il faut 
surtout étudier l'organisaticn des j irdins royaux de Kew qui sont, 
sans contredit, !e premier établissement botanique du monde ; 
puis décrire à grands traits l'histoire de la Société royale d'Hor- 
ticulture; c'est ce que je vais essayer de faird rapidement. 

Il n'est pas un étranger arrivant à Londres qui ne fasse un 
pèlerinage scientifique aux jardins de Kew. Le nombre des visi- 
teurs a augmenté dans les proportions suivantes : 
Il a éXé de 9 174 en 1841 
238 900 » 1855 
577 084 » 1871 
725 422 » 1878 

En août dernier, il a été de 57 121 en un jour. Les jardins ne 
sont ouverts au public qu'à partir d'une heure de l'après-midi; 
la matinée est consacrée à l'étude, à l'entretien, des collections et 
aux travaux généraux do l'établissement. Le soir, il y a des con- 
férences faites pour les jeunes jardiniers sur la chimie, la phy- 
sique, la météorologie et la botanique. En outre des nombreuses 
serres destmées aux plantes de tous genres, en outre de l'Arbore- 
tum, de la bibliothèque, des herbiers et des musses représentant 
chaque plante avec ses emplois dans l'industrie, la médecine, etc., 
Kew a sa splendide serre aux Palmiers, dont la longueur est de 
120 mètres, la largeur de 20 mètres et la hauteur do 2 2 mètres. Elle 
est chauffée par 6 600 mètres de tuyaux de 0™12. En dernier lieu, 
le docteur Hooker a lait placer, tout autour de la serre, un tuyau 
d'eau chaude, à une hauteur de 10 mètres au-dessus du sol, atiu 
de chauffer les parties supérieures et d'éviter en partie l'incon- 
vénient de la buée, car la serre, à cause de sa forme arrondie, est 
entièrement construite en fer et fonte, contrairement à l'usage 
des pays septentrionaux. lYut autour et à une hauteur de 
i mètres, règne une galerie qui permet aux visiteurs d'étudier les 
plantes vues d'en haut et par conséquent de les juger sous un 
aspect tout différent. Chaque année, la direction publie et vend, 
à un prix modique, un Rapport officiel donnant les résultats des 



216 NOTKS El MÉMOIRES 

ifavaux accomplis dans les jardins, le nom et l'usage des plantes 
nouvellement introduites, ou les échanges opérés avec les diffé- 
rents jardins botaniques du monde entier et tous les documents . 
scient fiques qui peuvent intéresser le public : elle publie en 
outre un guide officiel, vrai modèle de clarté et de simplicité 
pour le public studieux, qui, le livre à la main et à l'aide de 
nombreuses gravures, peut, en quelques heures, admirer et 
comprendre les productions végétales du monde entier. 

A Londres, il n'y a rien qui ressemble à notre Jardin d'Âccli- 
'nataiion : c'est à K w que s'élèvtnt et s'étudient les plantes 
dont l'introduction et l'usage peuvent présenter quelque utilité; 
quant à l'introductioa des animaux étrangers, elle est entière* 
ment entre les mains de la spéculation privée. 

Jetons maintenant un rapide coup d'œil sur l'histoire de la 
« Société royale d'Horticulture » qui personnifie, jusqu'à un cer- 
tain poin% les progrès de l'art horticole en Angleterre. Ses tra- 
vaui sont consignés, depuis sa fondation, dans des publications 
"emarquables qui ont pris différents titres depuis ^805 jusqu'en 
18:2 où elles ont été interrompues pour cause de difiicultés finan- 
cières. Depuis quelques années, la Société a repris la publication 
d'un journal qui en est aujourd'hui à son 5" volume. 

C'est en Belgique que fut fondée, vers 1780, la première Société 
horticole: celle de Londres ne date que de 1804. Ses principaux 
fondateurs furent Th. Andrew Knight, Sir Joseph Banks tt 
John Wedfewood. En 1,v09, une charte royale lui fut accordée et 
le comte de Darmojih fut élu président, jusqu'en 1811, tù il 
eut pour successeur un homme d'un rare mérite, Thomas An- 
drew Knight, dont la présidence dura vingt-sept ans. Les goerres 
du continent 5 aleutirent momenlanément les progrès de la So- 
ciété et cène fut qu'en 1815 qu'elle commecça à se procurer 
des graines et des plantes à l'étranger. John Reeves introduisit 
le premier la Glycine de la Chine, puis des Camélias, des Aza'é:S 
et des Chrysantbèmes. Apres iu', la Société envoya au loin, pour 
son propre compte, des collecteurs de plantes : d'abord en Afri- 
que, Georges Don, JohnForbeset Potts; en Chine, John Dampier 
Parkes ; enfin Davis Douglas aux Eiali-Unis. 
Aujourd'hui, en Belgique, Comme en Angleterre, ce sont les 



SLR l'horticulture en angleterue. 217 

grands établissemeais privés qui font les frais de ces voyages 
loiQtains et qui ajoutent tous les jours de nouvelles richess s à 
nos serres et à nos jardins. 

Ea 1818, la Société, qui avait ses jardins à Ken>ingtoa et à 
Ealing, les abandonna pour louer au duc de Devonshire les jardins 
de Chiswick jusqu'au 29 septembre 18S1. Puis, en 1825, on com- 
mença une série d'observations météorologiques, qui ont con- 
tinué jusqu'à nos jours et qui sont du plus grand intérêt pour l'é- 
tude du climat de Londres. Vers 1 830, le succès de la Société com- 
mença à décroître : les dépenses dépassaient de beaucoup les re- 
cettes ; les Expositions qu'on avait tentées étaient devenues une 
cause de perte, jusqu'au moment où un homme de grande valeur, 
le docteur Lindiey, les transforma et en fit une source de revenus 
pour la Société. 

En 1842, M. Rjbert Fortune fui envoyé en Chine et au Japon 
comme collecteur : il remplit cette fonction pour le compte de la 
Société jusqu'en 1846; puis il continua pour lui-même l'envoi de 
plantes nouvelles dont la liste, trop longue àéuumérerici, est des 
plus intéressantes. A)ièslui, la Société d'Horticulture envoya 
M. Hartwôg à Mexico, à Guatemala, au Pérou et en Californie : 
ces nombreuses et intéressantes explorations contribuèrent beau- 
coup a accroître nos richesses botanique?. 

El 1858, le Prince Albert consentit à accepter la présidence de 
la Société. C'est de là que date une convention intervenue entre 
la « Société Royale » et les Commissaires du gouvernement pour 
transformer les terrains de South Kensiogton en jardins entourés 
d'arca 'es monumentales avec serres, bassins et objets d'art. Cette 
convention, irrégulièrement tenue de part et d'autre, a donné 
lieu à des difficultés qui ne sont pas encore aplanies, et qui rem- 
plissent ia presse horticole de Londre?, d-puis plusieurs années. 

La mort prématurée du Prince Albert fut une perte in éparable 
pour la Société : les dépenses faites pour la création des jardins 
étaient hors de toute proportion avec les résultats à atteindre. Il 
est inutile de nous arrêter sur les difficultés de toiite sorte qu'à 
éprouvées la Société dans les dernières années : qu'il nous suffise 
de savoir que ses membres sont aujourd'hui au nombre de 2039, 
dont 837 membres à vie, 430 membres payant 4 guinées, soit 



218 NOTES ET MÉMOIRES. 

105 fr. annuellement, et 772 membres payant 2 guinées, soit 
52 ff . 50, en outre d'un premier droit d'admission de deux gui- 
nées. Parmi les avantages que procure cette admission, il faut 
mentionner le droit d'entrée avec deux amis aux jardins de Gliii- 
wich, ainsi qu'aux Expositions et aux fêtes de South Kensington; 
puis i»i droit de recevoir les graines et les boutures que donne la 
Société; l'année dernière, elle a distribué 10 21,0 plantes, 2 300 
collections de boutures et 44 730 paquets de semences. N'oublions 
pas de mentionner les noms des savants distingués qui président 
les différentes Comités : parmi eux, on compte sir J.-D. Hooker, 
Rév. M.-J. Beikeley, le docteur K. Hogg, Henri Webb, John 
Denny, etc. 

Dans le Journal, numéro de février 1877, j'ai comparé 
notre Société mutuelle de bienfaisance pour les jardiniers de la 
Seine avec le « G^rdener'sroyal benevolentlQsiitution.*Il y a, en 
outre, à Londres, pour les jardiniers, une Société spéciale de bien- 
faisance, c'est r « United horiiciiltural benefit and provident 
Society. » Elle a été fondée en 1S66, et, comme nos Sociétés de 
secours muluel«, elle demnnde à ses membres une légère sous- 
cription mensuelle qui leur assure des secours en cas de maladie 
ou de vieillesse. J'ajouterai que, fidè'eaux habitudes et aux goûts 
pour les Socié:és spéciales et les banquets, on a fondé à Londres, 
dans Arundel Street, un « Horticultural club » qui compte parmi 
les membres de son Comité les noms les plus respectables : c'est 
un lieu central et commode de réunion pour tous les horticulteurs 
de profession et l'on y trouve tout le confort des meilleurs clubs 
du Weit-End. 

Lorsqu'on éti^die l'horticulture anglaise, il est difficile de ne 
pas dire un mot des parcs et des jardins publics qui, longtemps 
avant que Paris n'y eût songé, étaient déjà l'un des principai.x 
ornements de Londres. Depuis une vingtaine d'années, Paris 
a dépassé son modèle, sous le rapport du goût dans la plantation 
des massifs, et rien n'égale, à l'étranger, l'habile ornementation 
du parc j\lonceau, ni les sites si pittoresques des Buttes- Ghaumont; 
mais n'oublions pas que Londres a donné l'exemple, en réservant, 
aux quatre points cardinaux, de vastes espaces plantés qui sont 
comme les poumons d'une immense capitale. Tous les grands 



SUR l'horticulture en ANGLETERRE. 2i9 

centres populeux de l'Angleterre ont créé à l'envi des parcs ma- 
gnifiques, parmi lesquels il est juste de citer celui de Liverpool 
qu'a dessiné noire collègue Ed. André. Il ne faut pas juger ces 
créations à notre point de vue pari-ien : on s'en ferait une fausse 
idée. Le climat de l'Angleterre favorise ses magnifiques pelouses 
qu'on égaie par de nombreux dessins en mosbïculture. Ici, nos 
Champs-Elysées et nos principaux squares sont gais, coquets, 
déchiquetés, et ornementés de toute manière. Lf'S parcs dt^ Lon- 
dres, au contraire, sont plus sévère, plus vastes et se prêtent 
mieux à des meetings pour une immense population. Là, en gé- 
néral, pas d'arbres taillés en lignes et rognés comme chez nous : 
de vastes et belles pelouses, de grands arbres isolés ou réunis en 
massifs; puis, pour animer le paysage, des animaux domestiques 
gardés par des enclos mobiles. Dans un grand nombre de jardins 
publics, comme au Crystal Palace, on a mêlé le genre paysager 
anglais avec le style italien composé de terrasses ornées de vases 
et de statues, puis de plates-bandes avec dessins géométriques et 
plantations en mosaïculture dont on a malheureusement fait 
abus. 

Depuis longtemps, on a compiis que la population des villes a 
besoin d'air et de lumière, surtout pour les enfants : il faut que, 
près de leur domicile, dans un lieu ouvert et sûr, ils puissent 
prendre leurs ébats, fortifier leur constitution et diminuer cette 
anémie, ces chloroses et tout ce cortège de maladies provenant 
d'une atmosphère insalubre : on doit élever la jeunesse, non 
dans les cours sombres et nues de nos collèges, mais au milieu 
des fleurs et de la verdure. Qu'on mette sous les yeux du public 
les élégants massifs et les plantes ornementales qu'y a si heureu- 
sement itifroduites la* Ville de Paris et l'on aura développé de 
bonne heure, dans nos populations, le goût du beau et du bien, 
et i'araour des choses de la nature qui ne fera que grandir à la 
première occasion. 

Donnons ici quelques chiffres sur les principaux parcs de Lon- 
dres et des environs : 



220 



NOTES ET MEMOIUES. 



KOMS DLS PARCS. 


SUPERFICIE 

en acres. 


DÉl'E.NSES d'eNTREIIF-î* 

pour l'année 

1878-1879. 


Victoria 


2!10 
174 
200 
°'90 
380 
-104 
470 
7o 
2 253 


Liv.sl. 8 701 

2 810 
7 7',tl 
1 218 

.3Î) 71 

9 179 
?0 103 . 

3 016 


Grccnwicli 


Hallefsca 




Hydi; l'ark 


Green et ^t-Jamcs 

Re^enl's 


Kew 


Kichiuond 





Il y a, en outre des parcs ci-dessus, une foule d'autres jardins 
publics entretenus, soit hux fn-^is de la Couronne, soitpar le «Me- 
tropolitan lî>)arJ of woiks, » ou par des compagnies particulières, 
comme Buckingh'.m palace gardens, Hampton court, Windsor 
park, le Cryst.il palace, Wimbledon Gommons, Finsbury Park, 
Alexandra palace, Bj^hy Patk, etc. Tout le monde a entendu 
parler de la fameuse Vigne <x Black llamburg o plantée en 1768, 
à Hampton court, cojvrant 2 20) pie Is cariés et produisant 
chaque année de 2 900 à 3 000 grappes de raisin. O.i sait aussi 
que c'est à Windsor que se trouvent les beaux jardins de Frog- 
more, cù l'on a léini, comme à Versailles, tout ce que l'art 
horticole peut oftrir de plus recherché pour la culture des fruits 
et des légumes destinés à U famille royale. 

Il est difficile de comparer les dépenses d'entretien des parcs 
publics anglais avec le service des promenades et plantations de 
Paris : ici l'extension donnée d,\ix jardins publics, la plantation 
des avenues, l'entretien des massifs, l'obligation dejfaire l'orne- 
mentation florale dans tous les bâtiments public.", lors des fêtes 
offici^tlles, exigeaient une quantité énorme d'arbres et de fleurs ; 
on a été obligé de créer de vastes pépinières au bois de B ulogoe 
et à Bry-sur-Marne. Puis on a installé une véritable manufac- 
ture de plantes sur les terrains de la Muette, où se trouvent plus de 
40 serres ûivcrses,500m.de châssis de couche et 6 000 m. de terrain 
pour la culture des plantes de pb in air. Les dépenses de premit-r 
établissement n'ont été que de 400 000 fr. et l'on y produit annuel- 
lement près de 3 millions de plantes, au prix moyf n de 1 à 1 2 cent. 



SLR l'HOUTICULTURE EN ANGLETERRE. 221 

Pardeséchauges avec les établissements horticoles étranger?, on a 
vulgarisé k très peu de frais les grandes plantes décoratives qui 
étaient pou connues chez nous, et nos jardins publics sont devenus 
de véritables modèles pour les paiticuliers.Gesmerveilleux résultats 
ont été obtenus, en 1878, ave.3 un modique budget de 1 517 490 fr. 
dont il y a à déduire un revenu annuel de 373 000 fr. pour locations 
diverses: ces chiffres comprennent l'entretien des deux bois de Bou- 
logne et de Vincennes, les deux parcs des Buttes-Chaumont et de 
. Monisouris, enfin 71 squares ou promenades publiques occupant 
dflns Paris 98 hectares. On peut dire que nulle part on n'obtient d.e 
tels résultats avec d'aussi minimes ressources et cela, grâce à l'im- 
pulsion donnée par M. Alphand et au dévouement du digne et 
modcîte directeur des serres de la Muette, M. Drouet. 

Disons maintenant un mot des marchés de Londres: nous étu- 
dierons ensuite leurs sources d'approvisionnement et d'importa- 
tion. 

L'Angleterre est ccmme Kome ancienne : malgré l'état perfec- 
tionné de son agriculture, elle ne produit qu'une faible partie de 
ce qni est nécessaire à sa vie matérielle. Aussi n'ett-il pas sans ii:- 
téièt devoir quelles ressources elle offre à notre commerce de fruits 
et de légumes : les ricties marchés de Londres nous montrent en 
étalage des fruits magnifiques, mais hors de prix; quant aux mar- 
chés des villes de l'intérieur, lorsqu'on y voit les fruits qui s'y 
vendent, on se demande si, pour cause de sanié publique, on ne de- 
vrait pas en interdire le débit; c'est bon pour donner, surtout en été, 
des maladies iiilestinales et pas autre chose. Aussi, les négociants 
importeurs de fruits on'-ils des acheteurs qui parcourent nos pro- 
vinces et y achètent des récoltes entières dont ils tirent bon profit: 
les quais de Dieppe sont bondés chaque année des fruits qui sont 
dirigés sur Londres, comme les quais des ports de Normandie où 
sont accumulés les produits de l'industrie laitière pour la même 
destination. En cela, les Anglais sont plus habile? que nous et ils 
savent tirer parti de notre voisinage pour approvisionner leurs 
marché*. Nous, au contraire, qui avons à notre porte l'Algérie, 
c'est-à-dire un paradis terrestre peur la production d'hiver et du 
printemps, c'est à peine si nous en tirons quelques légumes frais : 
c'est à qui sera lo pus rétrograde des compagnies de chemin de 



'222 NOTES ET MÉMOIRES. 

fer ou des bateaux à vapeur, pour se retrancher derrière ses tarifs 
et rendre impossible le transport rapide et économiquedes denrées 
alimentaires qui feraient si bonne figure sur nos tables, au mc- 
ment où la production ordinaire de notre latitude n'a pas encore 
paru sur nos marchés. 

iVlais revenons à ceux de Londres : le principal est celui de Co- 
vent-garden, aujourd'hui complètement insuffisant; qui ne l'a 
pas visité, le matin de bonne heure, ne peut se faire une idéa 
de l'encombrement des voitures, delà niasse des transactions qui * 
s'y opèrent et de l'ordre relatif qu'on y observe: c'est là que se 
vendent les plus beaux fruits et les plus beaux légumes: il s'y fait 
aussi une vente considérable de fleurs en pots. De tous les fruits 
qu'on y importe de l'étranger, le plus ancien et le plus important 
est rOrînge qui vient surtout des Açores, puis de Lisbonne, de Va- 
lence, de Messine et de Palerme. En outre, les Florides en envoient 
maintenant plus de £00 00} caisses annuellîment. Les Binanes 
arrivent aussi en grandes quantités des Indes occidentales, mais, 
comme on est obligé de les expédier bien avant leur époque de 
maturité, elles n'aurooi jamais qu'un débit limité. Au contraire, 
l'Aiianas qui se cultivait en grand, il y a quelques années encOie, 
dans les jaidins de luxe, est presque abandonné aujourd'hui et 
remplacé par la culture des Raisins. En effet, il en arrive des 
cbargements entiers des Açores et des Florides. L'Ananas est un 
fruit facile à transporter et à conserver; il se débite maintenant 
dans les rues de Londres à un prix si modique que la culture en 
est devenue inutile sous ce climat. Madère même, qui voit ses 
Vignes envahies par le phylloxéra, les remplace anjourd.'hui par 
des plants d'Ananas. On vepd à Londres des Raisins de serre ma- 
gnifiques, non pas supérieurs à nos Chasselas, comme qualité, 
mais meilleurs qu'on ne le pense généralement, bien que les 
grappes soient d'un \olume colossal comparativement aux nôtres. 
Dans les Expositions, il n'est pas rtre d'en voir qui pèsent jusqu'à 
4 kilog. L'Allemagne, l'Espagne, la France et Jersey surtout sont 
des sources de production et d'exportation importantes. Jusqu'à 
présent les Raisins des États-Cnis sont à peau trop épaisse et plai- 
sent moins que ceux du continent. Parmi les Poires importées 
surtout de Guernesey et de Jtrsty, on préfère les Bon-Chrétien 



SUR L'eOrxTICULTURE EN A^GLETERRE. 22 î 

William, les Duchesse d'Augoulème,"les Louise bonne, les Beurré 
Clairgeau. La Californie en fait aujourd'hui des envois considéra- 
bles, surtout en Doyenné d'hiver et en Winter Nelis, et il s'y est 
établi, comme dans les États de l'Ouest des États-Unis, des mai- 
sons qui font sur une échelle immense la conserve et la dessicca- 
tion des fruits. C'est l'une des industries qui ont aujourd'hui le 
plus d'avenir. Elle a un doubla avantage: loaflrancbir les produc- 
teurs de l'encombrement des marchés et par suite de la déprécia- 
lion des produits; i° porter au loin et dans des pays moins favo- 
risés une source d'alimentation des plus favorables à la santé. 

Parmi les fruits importés en Angleterre, la Pomme joue aujour- 
d'hui le premier lôle. Pour en donner une idée, il s'est exporté, en 
1878, du seul port de Boston, plus de 500 OCO barils pour 
Liverpool seulement. Les variétés qui se vendent le plus sont les 
Ntwton Pippin, les Bildvvin, Northern Spy,Ribston Pippin; puis, 
de France viennent surtout les Calville et les Reinettes. En fait 
de légumes, la Bretagne et surtout Roscoff, pour les Choux-fleurs, 
Jersey pour les Pommes de terre, trouvent en Angleterre leurs 
principaux débouchés. 

D'après des documents que j'ai tout lieu de croire exacts, on 
aurait importé en Angleterre, en 1878 : 

Des fruits secs pour Liv. «i. 2 346 000 

Pommes et Poires 1 704 000 

Noix 467 000 

Oignons , 411 000 

Pommes de terre 2 386 000 

Légumes divers 300 000 

Par ce qui précède, on voit que les sources principales de pro- 
duction pour l'Angleterre ont été d'abord la Hollande et la Bil- 
gique, puis la Bretagne et la Normandie, enfin les îles de Jersey 
et de Guernesey. Aujourd'hui les États-Unis lui envoient non seu- 
seulement des blés, mais aussi du bétail vivant et des fruits à 
l'état fiais ou conservés par la dessiccation et les procédés Apfiert. 
La récolte de fruits auxÉtats-Unis dépasse maintenantl. 10 000 000 
de dollars, c'est-à-dire qu'elle égalera bientôt celle du blé. 11 y a 
là un avenir d'échanges commerciaux de la plus haute importance 
qui, je l'espère, rendra Ijs peuples solidaires et reculera de plus 
en plus les guerres fratricides. 



'^2 i NOTES ET MÉMOIRES. 

li est d'usage à Londres de vendre à Tencao, à Govent garden, 
presque tous les fruits importés de l'étranger ; il y a en outre deux 
maisons spéciales qui font des ventes énormes, l'une M. J.-C. 
Stevens, de King Street, pour les Orchidées et les plantes bul- 
beusBvS l'autre, MM. Protheroe et Morris, pour les plantes de 
serre ou autres, qu'on produit spécialement pour les ventes 
publiques. Le climat oblige nos voisins à cultiver en sem non 
stulement lesp'antes ornementales, mais aussi les arbres fruitiers 
en pots dont M. Th. Rivers, de Sawbridgewoith, a été l'infaiigable 
propagateur ; son livre VOrchard House en est aujourd'hui à sa 
19« édition. 

J'ai lâché dans cette note de faire comprendre à mes col'ègues 
toute l'importance des marchés anglais. Je ne la terminerai pas 
sans les engager de nouveau à alltr voir de près un peuple grand 
consommateur de nos produits horticoles et grand producteur 
lui-même de fleurs et de fruits remarquable?. 11 y a pour lui et 
pour nous tout intérêt à lier et à étendre des relations plus suivies 
qui auront ^ur le bien-être et la prospérité des deux peuples l'in- 
fluence la plus heureuse. 



Note sur le Mé[jlot bled. 

(Trigonelle bleue. Baumier. Lolier odorant. Trèfle musqué. Faux 
Baume du Pérou. Mélilot vrai. Trèfle miellé). 

[Trigonella co'ndea Seringe; Irifolnim Melilotus cœrula\.\'si^t\ 
Tri/oliast7'um cœruleum MœNcn; Melilotus cœrulea Lamk.) 

Lcguiuineuse annuelle, spontanée dans la Bohême, dans la Hongrie et dans 
l'Asie Mineure; 

Par M. Paillieux. 

Lamark donne de celte plante une longue description à laquelle 
nous renvoyons le lecteur. 11 la fait suivre d'observations que noi-s 
croyons devoir reproduire.Toule la p'anle, dit-il, mais particulière- 
ment ses Sommités chargées de fleurs ou de fruit?, a une odeur 
forte, agréable, comme balsamique, qu'elle conserve très longtemps, 
qui se développe davantage et devient plus intense par la dessic- 



SUR LE MÉLILOT BLEU. 225 

cation. Où a remarqué qu'elle exhalait cette odeur en plus grande 
abondance dans les temps pluvieux et disposés à l'orage. 

Les abeilles en recherchent beaucoup les fleurs. On met dans 
les habits la plante, quand elle est sèche, pour les garantir des 
vers. 

Lss habitants de la Silésie la prennent en infusion en guise de 
Thé. Dans quelques contrées de la Suisse on en mêle les fleurs 
dans certains fromages pour les rendre plus agréables au goût et à 
Todorat. 

Duchesne présente les mêmes observations et ajoute que la 
plante donne un bon fourrage et est cultivée en prairie artificielle. 

Culture et récolte. 

Nous avons semé à la fin d'avril le Mélilot bleu, en lignes, et 
nous avons éclairci le plant en temps opportun. La culture en e&t 
d'ailleurs facile et la seule recommandation à noter c'est qu'elle 
doit être pratiquée de manière que la cueillette des fleurs soit 
aisée. Cette cueillette commence trois mois après le semis et dure 
environ trois semaines. La fleur exhale une odeur d'abord très 
faible à laquelle la dessiccation donne bientôt une intensité extrar 
ordinaire. 

Lr>rsque le Mélilot bleu doit être employé à la fabrication du 
Schabzieger, ce n'est plus la fleur seule qu'on utilise, mais la 
plante entière. 

On sème, en automne ou au printemps, dans une terre bien 
labourée, à raison de 100 litres de graine non épurée pour 30 ares 
ou de 33 litres seulement, si elle est bien épurée. On sarcle les 
mauvaises herbes. Vers la fin de juin, lorsque le Mélilot est en 
fleur et que les premières feuilles sont desséchées, on le coupe : on 
rétend sur des draps au soleil pour le faire sécher et on le pulvérise 
ensuite à l'aide d'un moyen niécanique. 

Usages. 

Il est probable que les fleurs du Mélilot bleu ont été d'abord em- 
ployées en infusion chaude comme le Thé. Tel en est l'usage, nous 
dit-on, en Silésie. Ces fleurs sont aussi très communément em- 
ployées dans les environs de Lons-le-Saulnier sous le nom de ihé 
des jardins; on les mélange quelquefois au Thé ordinaire ou à 

45 



226 NOTES ET MÉMOIRES. 

YAsperula odo7'ata, Thé des bois, dont on use également beaucoup 
dans la même contrée. Nous avons fait l'essai des fleurs du Mé- 
lilot bleu. Cette boisson, accompagnée de toasts and butter, com- 
munique au beurre un goût extrêmement agréable. Cependant il 
vaut mieux, ce nous semble, donner cette saveur au beurre en le 
saupoudrant de Schabzieger ou de fleurs de Mélilot pulvérisées. 

Le Mélilot bleu est la base d'un fromage spécial qui se fabrique 
en Suisse, dans le canton de Glaris, sous le nom de Schabzieger 
ou Serret vert. Ce nom éveille chez nous des souvenirs d'enfance. 
Né dans une famille de commerçants qui, chaque année, avant 
les lois prohibitives de 1816, se rendaient en Suisse pour leurs 
achats, nous nous rappelons qu'ils possédaient tous de gros 
Shabzieger enfermés dans des boîtes rondes comme le Gérardmer 
et que ces fromages, râpés et servis en hors-d'œuvre avec du 
beurre frais, faisaient les délices de leur table. 

Ces gros fromages coûtaient assez cher, mais ils duraient plusieurs 
années et l'âge ne leur enlevait rien de leur saveur. Ils étaient 
très durs et se râpaient parfaitement. 

Le Schabzieger est aujourd'hui peu connu en France. On le 
trouve cependant chez les marchands de comestibles, chez Cor- 
cellet, chez Chevet, etc.; mais' il est ordinairement de très petit 
volume et souvent trop jeune. Nous croyons qu'il ne s'en vend 
qu'une faible quantité. 

Il serait aisé de le fabriquer en France à un prix tellement bas 
que l'usage pourrait s'en répandre. Selon M. Frey, il se vendait 
autrefois, en Suisse, de 20 à 30 centimes la livre. C'est peut-être 
une erreur, mais il faut observer qu'on n'emploie que le caillé de 
lait écrémé, absolument maigre, qui ne vaut guère que 8 à 10 c. 
la livre. Tout ce que le lait peut coiitenir de beurre est donc ex- 
trait d'abord et le Schabzieger utilise une matière de valeur à peu 
pi es nulle. 

Voici comment ou procède : Lorsque le lait est trait, on le des- 
cend dans des caves ratraîchies par des sources ou des fontaines. 
Les terrines qui le contiennent sont plongées, par le fond, de 
quelques pouces dans ces eaux fraîches. Elles y demeurent trois 
ou quatre jours pour faciliter la séparation de la crème. 

Les Glaionais vendent le beurre à Zurich, à Bàle, etc., et c'est 



SUR LE MÉLILOT BLEU. 227 

avec ce qui reste que l'on confectionne le Serret vert. Lorsqu'on 
veut faire le fromage, on monte le lait hors des caves, on l'écréme 
et l'on verse le reste dans un chaudron en y mêlant de la pré- 
sure ou un acide faible, tel que le jus de citron ou le vinaigre 
afin de produire la séparation des deux principes restants du lait. 
On met alors le chaudron sur le feu et l'on chauffe fortement en 
agitant le caillé avec force. Lorsque le petit-lait est tout à fait 
sépare', on retire le fromage du feu, puis on le place dans des 
formes percées de trous afin de le laisser égoutter pendant 
vingt-quatre heures. Après ce temps, on tire les fromages des 
formes pour les placer près du feu, dans des formes plus grandes 
où ils éprouvent, sous l'influence d'une douce chaleur, une fer- 
mentation nécessaire. 

Au bout de quelque temps, on les en tire pour les placer dans 
des tonneaux perforés dont on charge les couvercles de pierres 
qui doivent comprimer fortement le Serret. Il reste quelquefois 
dans cet état jusqu'à l'automne, moment où on le porte au moulin 
à broyer. 

L'automne est le seul temps où l'on descende le Serret des 
Alpes pour le porter aux moulins. Ces moulins sont quelquefois 
communaux, ou bien appartiennent à plusieurs propriétaires et 
chacun broie à son tour. 

Par cette opération on mêle à 100 livres de Serret 5 livres de 
feuilles sèches et pulvérisées de Mélilot bleu et 8 à 10 livres de 
sel fin, bien sec. Lorsque le mélange de ces trois substances est 
bien faif, on en emplit des formes qui ressemblent à un cône 
tronqué, de la contenance de 7 à 10 livres, et on le comprime for- 
tement à l'aide d'un tampon de bois. Huit ou dix jours après, on 
le tire des formes, on le fait sécher avec précaution afin qu'il ne se 
gerce point par l'impression d'un courant d'air trop vif. 

On enduit légèrement de beurre et d'huile d'olive l'intérieur 
des formes, avant de les remplir, pour en faire sortir le Serret 
plus facilement. On perce à leur fond un petit trou par lequel on 
souffle pour aider à la sortie (1). 

(1) Annales scientifiques, littéraires et industrielles de l'Auvergne. 
Mote sur le Serret vert ou Schabzieger, par M.. Frev, ingénieur. 



228 -NOTES ET MÉMOIRtS. 

La simplicité du procédé de fabrication du Schabzieger fait voir, 
dit M. Frey, ingénieur, auquel nous avons emprunté textuelle- 
ment les détails qui précèdent, le parti que l'on peut tirer du 
caillé qui, dans diverses campagne', est à si bas prix. Sa valeur 
au moyen de cette manipulation serait bientôt quintuplée, en sus 
des avantages qu'il peut offrir comme ressource d'hiver aux fer- 
miers et aux éleveurs (1). 

Quant à nous qui n'avons jamais fait usage du Schabzieger 
que pour aromatiser le beurre frais, nous eu avons fait l'essai et 
nous engageons les amateurs de Serret vert à nous imiter. 

Le jour même où nous déposons cette note sur le bureau de la 
Société nous présentons au Comité de Culture potagère un flacon 
de poudre de Mélilot qui, nous l'espérons, satisfera les dégustateurs. 

Là ne s'arrêtent pas nos visées. Nous croyons que les fleurs de 
Mélilot pulvérisées pourraient, à faible dose, être employées à 
aromatiser un grand nombre de fromages. C'est ainsi que l'on 
fait u^age du Cumin en Hollande et du Garvi dans les Vosges. 
Nous Itérons bientôt, sur un fromage nouveau, une expérience qui 
semble devoir être heureuse et nous en rendrons compte, s'il y a 
lieu, par une communication ultérieure. 



Sur l'Anthracnose ou Maladie charbonneuse de la VigiNE ; 
Par M. pRiLLiEux (Ed.). 

La Vigne n'est pas exposée seulement aux attaques terribles du 
Phylloxéra dont il est, hélas! si difficile d'entraver les progrès 
envahissants ; elle a à souffrir en outre plus ou moins de divers 
parasites végétaux qui, sans être aussi redoutables que les petits 
insectes qui ont dévasté tant de vignobles, causent encore des 
dégâts parfois fort graves. 

Je ne parlerai pas de ce qu'on nommait exclusivement, il y a 
trente ans, la maladie delà Vigne. On sait aujourd'hui comment, 
grâce au soufrage, on peut se mettre à peu près à l'abri des 
dommages de l'Oïdium ; mais il est une autre maladie, à peu près 
inconnue aux environs de Paris, sur laquelle je désire attirer spé' 



(1) On ne se borne pas en Suisse à saupoudier le beurre frais de Serret 
verl râpé-, en l'emploie aussi, comme condiment, à la préparation des 
pommes do terreau lard el de cerl;.iacs soupes. 



SUR l'anthracnose de la vigne. 229 

cialement l'attention de la Société d'Horticulture parce que j'en 
ai constaté la présence à Avon près de Fontaineblf au, et qu'il me 
paraît prudent de se préoccuper dès à présent des ravag'-s que l'on 
aurait à redouter si elle envahisfait quelque jour les cultures de 
Chasselas de Thoraery. Pour combattre avec chance de succès 
une épidémie, le mieux est certainement de chercher à en arrêter 
la propagation aussitôt qu'elle apparaît et que l'on n'en voit encore 
que quelques cas isolés çk et là, sans attendre qu'elle soit assez 
répandue pour causer déjà à la culture de grands dommages, 
r/est quand le mal est encore peu apparent et qu'il semble sans 
importance et négligeable, c'est alors surtout qu'il est utile de le 
signaler, parce que c'est alors qu'on peut y remédier le plus ef- 
ficacement. 

La maladie des Vignes dont j'ai reconnu l'existence à Avon et 
qui paraît nouvelle pour les environs de Paris, s'est montrée de- 
puis longtemps sur divers points de l'Europe et a été observée 
dans tous les climats oïl on cultive le raisin. On l'a décrite pour !a 
première foi«, à ma connaissance, en Prusse sous le nom de petite 
vérole de la Vigne (Schwindpockenkraukheit, voy. Meyen, Pflan- 
zenpathologie, 1 841 , p. 204 et suiv.)- Elle avait pris, de 1 835 à 1 840, 
un développement considérable aux environs de Berlin où elle 
dévastait les treilles dans les jardins ; elle ravagea tout particuliè- 
rem.ent les espaliers des terrasses du château royal de Sans-Souci, à 
Potsdam. Dans le midi de la France où elle est depuis longtemps 
répandue, on la désigne souvent sous le nom de Charbon. Dunal, 
de Montpellier et Espr. Fabre, d'Agde, l'ont nommée Anthracnose, 
c'est-à-dire maladie chaibonneuse. Le terme anthracnose est formé 
de deux mots grecs : anthrax, charbon et nosos, maladie. Cette dé- 
nomination a été généralement adoptée dans notre pays. En Allema- 
gne la maladie est désignée sous le nom de brûleur noir (Brenner), 
eu Italie sous celui de variole (Vajolo) ; on l'a reconnue aussi en 
Suisse, où elle est fort répandue, et dans tout le midi de l'Europe 
depuis le Portugal jusqu'à la Grèce, où elle dévaste de la façon la 
plus inquiétante les vignes de Corinttie. 

Les caractères généraux de l'Anthracnose sont très frappant?, 
très nettement marqués, et chacun peut reconnaître aisément et 
avec certitude s'il a des Vignes attaquées par cette maladie. Sur 



230 NOTES ET MÉMOIRES. 

les Vignes frappées par l'Anthracnose, tous les parties delà plante, 
jeunes sarments, feuilles, vrilles et grappes portent des taches 
d'un brun noirâtre, de forme arrondie ou ovale, très nettement li- 
mitées et noires surtout au pouitour; souvent elles sont fort rap- 
prochées les unes des autres et elles s'unissent de bonne heure par 
les côtés en grandissant et se confondent en une tache large à 
contours sinueux ; cela se voit très fréquemment sur les grains de 
raisin. Il est toujours extrêmement aisé de distinguer à la netteté 
des contours les taches d'Anthracnose des marques brunes à limi- 
tes vagues que l'Oïdium laisse sur les parties qu'il a couvertes. 

Les taches d'Anthracnose sont d'abord, quand elles apparaissent, 
d'un brun pâle ; puis elles prennent une couleur plus foncée et elles 
se dépriment vers le milieu. Là le tissu frappé de mort commence 
à se désorganiser ; puis la nécrose atteint peu à peu les couches 
plus profondes et la tache se transforme en une plaie pénétrante 
qui s'enfonce déplus en plus et dont le fond est toujours tapissé 
de cellules oiortes et d'un brun noirâtre. 

Si c'est un sarment qui est attaqué, la nécrose détruit d'abord 
les parties extérieures de l'écorce, sur les points correspondant 
aux taches ; elle ronge tout le parenchyme et ne respecte que les 
fibres corticales qui se montrent souvent comme des fils blanchâ- 
tres, tendus à travers les grandes plaies noires qui pénètrent jus- 
qu'au bois. Quand les taches charbonneuses sont nombreuses et 
qu'elles désorganisent profondément une grande partie de l'écorce 
en atteignant jusqu'au bois et même jusqu'à la moelle, elles en- 
traînent souvent la mort des sarments. Sur les pieds fortement at- 
teints la nécrose des rameaux peut se propager jusqu'aux ceps et 
les faire périr. Un vigneron expérimenté des environs de Ven- 
dôme m'a assuré qu'un pied de Vigne fortement attaqué est 
d'ordinaire perdu sans retour au bout de trois ans. 

Les taches charbonneuses se produisent en grand nombre aussi 
sur les feuilles et elles y causent des dégâts qui sont essentielle- 
ment les mêmes que sur le bois. Seulement comme le tissu des 
feuilles est fort mince, chaque tache rongeante l'a vile percée à 
jour ; à chaque tache brune correspond un trou. Sur les pétioles, 
sur les nervures, les suites de la désorganisation senties mêmes que 
sur les tiges ; les plaies qui s'y forment se creusent et s'entourent 



SUR l'anthracnose de la vigne. 231 

de bourrelets tuméfiés. Quand les feuilles sont attaquées jeunes, 
elles se développent d'une façon très inégale ; leur croissance est 
plus ou moins entravée par places et, quand elles ont grandi, elles 
se montrent non seulement criblées de trous qui s'unissent sou- 
vent les uns aux autres en longues déchirures irrégulières, mais 
elles sont contournées, gaufrées et déformées de la façon la plus 
bizarre. 

'La corrosioû des raisins est tout à fait comparable à celle des 
rameaux. Les dommages causés sont plus ou moins grands selon 
le moment où les taches apparaissent. Quand elles se produisent 
sur le pistil à peine gonflé, peu après la floraison, elles empê- 
chent complètement le développement du grain. Si elles ne se 
montrent que quand les grains ont atteint déjà la grosseur d'une 
graine de Chènevis, alors, si elles ne sont pas trop nombreuses 
ni trop étendues, le raisin peut grossir et mûrir. 11 se produit dans 
ce cas, au-des:ous de la tache, une mince couche cicatricielle 
qui forme séquestre et protège la partie saine du grain : mais 
comm*^ alors la cro's^ance est inégalement entravée, il arrive sou- 
vent que le grain craque et se fend. Néanmoins, en général, les 
grains qui n'ont qu'une seule tache charbonneuse mûrissent le 
plus souvent, gprès qu'elle s'est cicatrisée, et ne diffèrent des 
grains intacts que par leur taille un peu plus petite. 

On peut, d'après cette description des caractères de la maladie, 
juger combien elle est facilement reeonnaissable et aussi com- 
bien elle peut causer de ravages sur les Vignes où elle se déve- 
loppe avec intensité. 

Les taches noires et rongeantes de l'Anthracnose sont dues à la 
pénétration dans les tissus d'un très petit Champignon qui a reçu 
de M. de Bary le nom de Sphaceloma ampelinum. Ce dangereux 
parasite est d'une telle ténuité et si caché, qu'on ne peut le distin- 
guer même à la loupe et qu'il faut recourir pour l'étudier aux 
plus puissants grossissements du microscope. Il pénètre dans les 
tissus, mais couvreen été de corps reproducteuis la surface des 
plaies charbonneuses. Si on dépose une goutte d'eau sur une de 
ces plaies, elle devient bientôt un peu trouble, et le microscope 
montre alors qu'elle tient en suspension des milliers de très pe- 
tits corpuscules reproducteurs. Une de ces gouttes déposée sur 



232 NOTES ET MÉMOIRES. 

une feuille ou un jeune rameau d'une Vigne saine y produit, 
quand les conditions sont favorables, une tache noire d'Anthrac- 
nose. 

A l'automne ou au commencement de l'hiver, il se forme des 
myriades de ces corpuscules reproducteurs à l'intérieur même de 
l'écorce. Je viens de le constater sur des sarments de Chasselas an- 
thracnosés qui m'ont été envoyés d'Avon. 

La situation du parasite de l'Anthracnose à l'intérieur des tissus 
ne permet pas d'espérer que le soufrage puisse être un remède 
efficace contre la maladie. Il faut trouver une substance capable 
de détruire les germes du Champignon non seulement à la sur- 
face des plaies mais jusque dans l'écorce. L'acide sulfurique 
étendu, le sulfate de fer paraissent pouvoir produire de bons ef- 
fets. Ce dernier remède est particulièrement préconisé par un 
grand propriétaire de Suisse, M.Schnorf qui l'emploie avec succès 
depuis vingt ans. 

Une note sur ce sujet publiée dars le Schweizer Monatssckrift 
fur Obst- vnd Weinbau, 1878, IX, 155, a été traduite en français 
par M. Reich et imprimée dans le journal La Vigne américaine ^ 
publié sous la direction de M.Planchon (3« année, 18:9, p. 10 )). 

Il peut être utile d'indiquer ici la façon dont il opère. Au prin- 
temps, avant que la Vigne entre en végétation, il fait dissoudre 
du sulfate de fer dans l'eau bouillante, dans la proportion d'un 
demi-kilo de sulfate par litre d'eau. Après le refroidissement du 
liquide, on le verse dans des pots de terre dans lesquels les ou- 
vriers chargés de l'opération trempent des chiffons avec lesquels 
ils frottent les sarments. L'opération ne se fait qu'une fois par an 
et à l'époque indiquée. M. Schnorf préfère le lavage des sarments 
avec un chiflon à l'application du liquide avec un pinceau ou 
une brosse ; il a reconnu que l'opération se fdit ainsi plus rapi- 
dement et réussit plus complètement. Un ouvrier peut, dit-il, 
traiter 400 ceps par jour dans un pays où, comme en Suisse, ils 
sont très courts et ne portent qu'un eu deux sarments. 

Je pense qu'il sera bon d'essayer ce remède qui paraît fort pra- 
ticable, là où on reconnaîtra sur les Vignes les caractères de l'An- 
thracnose; mais il n'en faudra pas moins pour cela recommander 
avant tout d'enlever aussi complètement que possible et de biù- 



RESTAURATION ET RAJEUNISSEMENT DES ARBRES. 233 

1er toutes les parties attaquées et tout particulièrement, dans le 
courant de l'été, les sarments à mesure qu'il s'y montre des ta- 
ches, car ces taches sont couvertes de myriades de corps reproduc- 
teurs qui peuvent se répandre dans les goultes d'eau de pluie et 
être entraînées ainsi sur d'autres parties de la Vigne ou sur des 
Vignes voisines où elles vont germer et propager le mal. Les sar- 
ments, l'hiver, p<^uvent contenir des corps reproducteurs dans 
l'intérieur de l'écorce; on devra soigneusement enlever à la taille 
tout le bois infecté et le brûler. Ce n'est qu'après cette opération 
préliminaire qu'on lavera !e bois avec la solution de sulfate de 
fer pour détruire les germes du parasite qui peuvent rester encore 
soit à la surface, eoit dans la profondeur de l'écorce. 



Restauration et Rajeunissement des Arbres dépérissant de 

MALADIE ou DE VÉTUSTÉ. — VlSITE AU JaRDIN DU GRAND SÉMI- 
NAIRE d'Adtun ; 

Par M, Michelin. 

La restauration et le rajeunissement d'arbres mal dirigés, vieux 
et en état de dépérissement, est une opération connue des arbori- 
culteurs, pratiquée souvent par eux avec iuccès et, depuis quel- 
ques adnées, j'ai eu moi-même, comme Rapporteur, lieu d'en 
signaler des exemples remarquables. Dans un Rapport sur les 
Jardins cultivés par M. Jupinet, inséré aux pages 684 et 694, an- 
née \816, je retrouve ce qui suit : « Sur un mur de 2™ 80 de 
» hauteur se développent vingt-cinq Poiriers formés en palmettes 
» à branches horizontales, plantés à 4 mètres d'écartement. Ces 
» arbres âgés d'environ trente ans et dont la décrépitude était 
» imminente, ont été rajeunis, il y a quatre ans, au moyen 
» d'un ravalement complet, jusqu'à l'empâtement des cour- 
» sonnes qui garnissaient les branches de charpente. Le mur, 
» qui a près de 10O mètres de longueur, est couvert de 
» verdure, et la fructification encore partielle est en excellente 
» voie de préparation. » Dans d'autres cas, M. Jupinet procède 
plus radicalement; par exemple, en retranchant tous les bras' 
d'une palmette à droite et à gauche de la tige et en ne conservant 
que des tronçons de 8 ou 10 centimètres de longueur destinés à 



334 NOTES ET MÉMOIRES. 

produire de nouvelles pousses et par suite de nouvelles branches 
latérales. 

De Pêchers mal dirigés, en désordre par suite d'abandon el 
condamnés à des dénudatlons partielles, qui, à cause de leur 
manque d'équilibre, devaient infailliblement réduire leur exis- 
tence, M. Lepère, fils, a su, en une seule année, obtenir, par un 
traitement habile et bien combiné, des arbres à grandes formes, 
d'un aspect agréable et constitué?, grâce à un équilibre irrépro- 
chable, pour donner longtemps un bon produit. 

Dans un procès-verbal du 12 mars 1874, inséré à la page 2013 
du Journal de notre Société de la même année, j'ai rendu compte 
d'une restauration remarquable de Pêchers exécutée à Yincejines 
par notre habile collègue. 

Ces Pêchers devant être conduits en palmeîtes et en candéla- 
bres, les branches d'intérieur avaient été abattues au proGt des 
inférieures ; par une taille sévère, tout le bois inutile avait été en- 
levé; rébourgeonnement et l'éborgnage des yeux, pratiqués avec 
entente et graduellement, avaient fait naître une multitude de 
bourgeons parmi lesquels il n'y avait qu'à choisir ceux qu'il im- 
portait d'utiliser. Le redressement des branches à fortifier, les 
greffes par approche des bourgeons herbacés avaient porté la sève 
sur les points qu'elle semblait abandonner; les incisions longi- 
tudinales avaient facilité la circulation de la sève; enfin, la 
combinaison de tous ces moyens connus en arboriculture, mais 
qui doivent leur succès à un emploi inlellig'^nt et guidé par l'ex- 
périence, avait fiit, depuis le mois de février jusqu'à l'automne, 
une tranformation surprenante par sa promptitude et sa perfec- 
tion. 

Après cette exécution énergique et hardie, je puis citer le pro- 
cédé de rajeunissement de M. Bonuel, sûr et lent, qui évite pour 
ainsi dire à ses Pêchers le dépérissement de la vieillesse. 

Les arbres sont soumis à la forme en V sur deux branches 
verticales. Lorsque ces deux bras qui forment l'arbre commencent 
à se dégarnir de coursonnes, à décliner en un mot, un jeune bour- 
geon est choisi à la base de chacun et il est dressé au devant, en 
vue de le remplacer. Mais le retranchement des anciennes 
branches ne se fait que la troisième année, après deux années 



RESTAURATION ET BAJEUNISSEMENT DES ARBRES. 235 

de pousse, lorsque les jeunes ont acquis un développement suifisant 
pour recevoir sans dommage la sève qui leur arrive avec abondance 
et ne p:^s être perdues par la gomme. 

Pendant cette période, il est nécessaire de supprimer sur les 
vieilles branehes un certain nombre de coursonnes pour faire de 
la place aux jeunes et éviter la confusion. 

Pendant ce temps d'éducation des nouveaux bras, ils auront 
produit des fruits comme les anciens et, au .résumé, la récolte 
aura été à peu près égale à celle d'un arbre qui n'aurait subi au- 
cune opération. Au moment où les anciennes branches djivent 
être retranchées, les nouvelles atteignent déjà le haut du mur. 

Il n'est pas hors de propos d'indiquer comment M. Bonnel a 
été mis. sur la voie de ce procédé. Après les fortes gelées de Tan- 
née 1871, il s'était aperçu que ses Pêchers se maintenaient en vé- 
gétation, mais que les branches étaient pourries à l'intérieur. Il 
craignit de les perdre et eut l'idée de remplacer les anciennes 
branches par de nouvelles. 

Le moyen réussit parfaitement et il devint alors tout naturel de 
le mettre en pratique. Le succès obtenu depuis ne pouvait qu'y 
encourager. 

On se demande s'il n'est pas à propos de faire connaître ce ré- 
sultat et s'il n'aurait pas une application utile après un hiver aussi 
dur que celui de cette année et qui, on peut le craindre, aura oc- 
casionné bien des dégâts sur les arbres. Ou donne ainsi aux Pê- 
chers une existence pour ainsi dire indéfinie et, opérant sans se- 
cousse, on parvient à n'en pas diminuer la récolte. 

On est généralement dans l'habitude de coucher la Vigne pour 
la renouveler; je citerai quelques horticulteurs qui préfèrent 
remplacer les vieilles souches par de jeunes bourgeons poussés au 
pied des espaliers. M. Bonnel, très habile cultivateur en matière 
de treille, est du nombre et y a été amené par l'expérience. 

Un de nos habiles viticulteurs de Gonflans Sainte-Honorine, 
M. Crapoite, est dans le même cas. 

Or, m'étant trouvé, du 7 au 10 septembre dernier, délégué 
à Autun où avait lieu une Exposition d'Horticulture, j'en- 
tendis parler avec beaucoup d'éloges du talent dont faisait 
preuve, pour le rajeunissement des vieux arbres et la restauration 



236 NOTES ET MÉMOIRES. 

de ceux qui dépérissaient, M. Delliomnie, jardinier au grand 
Séminaire. 11 importe, à mon avis, que les délégués de la Sociélé 
augmentent l'utilité de leurs voyage?, en recherchant tout ce qui 
peut tourner au profit de l'art horlicole et, dans ce but, je témoi- 
gnai le désir de visiter le jardin que cultive cet arboriculteur 
renommé dans son pays; ce désir fut satisfait. 

Le jardin du grand Séminaire est vaste ft de très ancienne 
création; i\ contient un grand nombre de ces vieux Poiriers de 25 
et 30 ans qu'on est généralement habitué à arracher comme ayant 
fait leur temps et n'offrant plus de ressources pour l'avenir. 

Lorsque ces vieux sujets sont arrivés à cet état qui fait craindre 
l'extinction, lorsque d'autres plus jeunes mais invalides présagent 
le dépérissement, M. Delhomme entreprend le traitement qui lui 
est propre. En praticien expérimenté et sûr du résultat de ses 
actes, il sonde l'écorce et, s'il y aperçoit quelques légères traces 
de sève, quelques éléments de végétation, il procède ainsi : il 
découvre entièrement les racine?, en retranche, s'il y a lieu, 
les quelques parties qui seraient défectueuses» et pratique sur 
toutes, entre deux terre?, des incisions longitudinales qui leur per- 
mettent de se dilater et d'offrir un passage plus libre à la circula- 
tion de la sève. Il provoque ainsi la naissance déracines nouvelles. 
Il remplit ensuite les trous avec une terre neuve amendée, plus 
riche, propre en un mot, avec l'aide de l'opération qui précède, 
à favoriser une recrudescence de la végétation. 

Je ferai remarquer en passant que M. Delhomme cherche à 
équilibrer les racines aussi bien que les branches entre elles. Le 
tronc est, après les racines, l'objet d'un examen très attentif de 
la part de l'opérateur; il est raclé, gratté, nettoyé, mis à vif sur 
tous les points où l'écorce est desséchée, comprimée ou chancreuse, 
sans que toutefois le bois soit endommagé. 

A cet égard, je distinguerai les aThves jeunes mais malades ou 
chancreux, languissants tt dépérissants en un mot, de ceux qui 
sont en voie de mourir par vétusté. Dans le premier cas, celui 
des sujets jeunes, mais langu.ssants et malades, M. Delhomme 
considère que cet état se produit particulièrement sur ceux qui 
sont greffés sur Cognassier, et que l'état de souffrance a pour 
point de départ l'intersection même des deux espèces mariées 



RESTADRATION ET RAJEUNISSEMENT DES ARBRES. 237 

ensemble par la grefife et pour cause le défaut d'analogie entre les 
deux partifis qui n'ont pas la même aptitude pour appeler la sève 
et la conduire a'jx branches. 

D i cet engorgemeut qui se forme à la jonction du sujet et de la 
greffe, il résulte, selon les observations du praticien, que la partie 
la plus généralement malade est celle qui est la plus rapprochée 
de la greffe et par conséquent de la terre. 

C'est donc dans la partie basse du tronc que doit se localiser 
l'action la plus énergique du traitement qui consiste dans la per- 
foration de part en part du tronc à l'aide d'un marteau et d'un 
ciseau. 

Le ciseau, ayant ainsi traversé la tige dans la partie de son axe, 
y laisse une fente maintenue ouverte à l'intérieur à l'aide d'un 
petit coin, qui peut s'étendre même au delà de la partie malade, 
mais, que l'on ferme avec du mastic pour empêcher le contart de 
l'air. Des incisions longitudinales ont été pratiquées dans toute la 
longueur du tronc et surtout aux places où l'écorce paraissait 
comprimée et, au m-yen d'un marteau et d'un poinçon, on a 
parsemé tout au pourtourdt cette même écorcedes trous s'arrêtant 
au bois dur et larges de 2 centimètres au minimum. J'ai dans 
let< mains un tronçon de 13 centimètres de longueur, pris sur un 
jeune arbre de 4 centimètres de diamètre, qui, étant sur le point 
de périr, au printemps de 1879, a subi, l'été dernier, dans toutes 
ses phases, l'opération ainsi décrite, ce qui l'avait amené à un 
état très' satisfaisant : on l'a coupé en novembre dernier et on me 
l'a envoyé comme type. 

Lî sève a rempli les piqûres et les incisions longitudinales sur la 
surface; elle a recouvert la fente transversale, mais seulement à la 
partie extérieure, laissant encoredu videàl'intérieur.Ca spécimen 
appuie parfaitement la démonstration, conservant la trace des opé- 
rations pratiques. 

Je passe aux arbres très-vieux en voie de dépérissement, dont les 
troncs sont trop forts pour permettre ce transpercement d'outre 
en outre au ciseau dont il a été question. 

Ils sont soumis comme les autres au traitement des racines, aux 
incisions longitudinales sur lesdites, et au renouvellement de la 
terre qui les enveloppe. 



238 NOTES ET MÉMOIRES. 

Le bois mort est enlevé, les trous sont bouchés^ les écorces sont 
nettoyées, les parties creuses, décomposée?, malsaines sont grattées 
jusqu'au vif puis mastiquées, recouvertes d'onguent de saint Fia- 
cre ou de tout compost analogue ; la surface est couverte de 
piqûres faites avec une pointe acérée, à une distance rapprochée 
et suffisante pour appeler la sève sur le plus grand nombre de 
points possible, arrivant jusqu'au vif et de manière à ce que les 
canaux conducteurs de la sève soient atteints, sans que le bois par- 
fait néanmoins en soit fatigué. 

Les vieilles branches de charpente, qui montrent comme le 
tronc des parties inertes, peuvent utilement recevoir le même trai- 
tement; quant à celles qui, rugueuses, malades, mal placées et con- 
trariant l'équilibre, ne plaisent pas au praticien ou ne lui inspi- 
rent pas confiance, il les réduit par tiers, au printemps, à l'été et à 
l'automne; finalement il les rapproche jusqu'à une longueur de 
3 ou 4 centimètres, suffisante pour qu'elles puissent recevoir, s'il 
y a lieu, la greffe en couronne, en vue d'y appliquer de nouvelles 
variétés. M. Delhomme est très-partisan de celte insertion par les 
greff'es, parce que, dans son opinion, cette introduction de nou- 
veau bois est un moyen puissant d'activer la circulation de la 
sève, de la soutirer plusénergiquement, de provoquer le développe- 
ment de nouvelles racines et d'établir l'équilibre entre les parties 
souterraine et aérienne de l'arbre, but essentiel à atteindre et 
qui se combinera avec les systèmes adoptés pour la mise à fruit, 
qui Sfra l'objet d'un examen particulier. 

Après cet exposé détaillé de la théorie, je puis exprimer mon 
appréciation sur le résultat en bien peu de mots et en disant qu'il 
est superbe, au point de vue de la végétation comme de la mise à 
fruit. — On voit avec étonnement et satisfaction ces vieux arbres 
merveilleusement rajeunis, couverts de branches jeunes, lisses, 
vigoureuses, portant des fruits sains et abondants ou préparées 
pour en donner; des palmettes, des pyramides, des arbres en 
parasol, dont les jeunes rameaux retombent jusqu'à terre, por- 
tant leurs fruits et semblant vouloir donner raison au système si 
généralement critiqué de M. Dolivot, ce préconisateur ardent 
des arbres fruitiers pleureurs, disons mieux, à végétation ren- 
versée. 



REoTAURATION ET RAJEUNISSEMENT DES ARBRES. '239 

Le traitement des Poiriers s'appliquera sans distinction aux 
Pommiers, mais avec beaucoup plus de réserve aux arbres à 
fruits à noyau et encore à condition de n'opérer qu'à Tarrière- 
saison, c'est-à-dire après l'épuisement de la sève. 

L'auteur du procédé entend que les arbres ainsi traités, peuvent 
vivre pour ainsi dire indéfiniment, à la condition que les opérations 
dont ils sont l'objet seront renouvelées quand le besoin s'en fera 
sentir. 

Pour remplir les grandes cavités ou recouvrir les simples plaies 
d'écorce, M. Delhomme emploie, selon le cas, le mortier, même 
avec addition de pierres, les mélanges composés avec la chaux 
éteinte, les onguents et mastics ayant de l'adhérence; mais les 
compositions à base d'huile de lin lui ont donné des résultats 
supérieurs à tous les autres. 

Je ne chercherai pas à expliquer les efiets produits par ces 
opérations minutieuses en apparence; mais, dont j'ai re- 
tracé autant que possible les détails. — Est-ce ici leur en- 
semble qui a causé ce résultat? E*t-ce plus particulièrement 
quelqu'une d'entre elles qui l'a déterminé? Je l'ignore; mais ce 
qae j'ai vu et constaté, c'est que M. Delhomme n'est pas au-des- 
sous de sa réputation; c'est que les exemples de restauration et de 
rajeunissement que renferme le jardin du grand Séminaire, qui 
lui est confié depuis nombre d'années, sont remarquables; c'est 
que, à l'exception de ces perforations des troncs qui ont un carac- 
tère tout exceptionnel, je n'ai rien vu qui ne fût en usage parmi 
les arboriculteurs. 

Quoi qu'il en soit, les arbres en question ont une vétusté que 
leur tronc atteste, et leurs branches lisses, bien vivantes, chargées 
de fruits, prouvent une régénération qui leur promet une vie 
nouvelle et une abondante tructification, et des travaux si bien 
réussis m'ont paru devoir être signalés. 



240 notes et mémoires. 

Descriptions de Glaïeuls, nouveautés de 1879-<880 ; 
Par MM. Souillard et Brunelet, de Fontainebleau. 

La Société centrale d'HorticultQre de France ayant bien voulu 
admettre d^s son Journal, depuis plusieurs années, les descrip- 
tions de nos nouveautés en fait de Glaïeuls issus du Gandavensis, 
Dous mettons encore cette année, grâce à elle, sous les yeux des 
amateurs de ces magnifiques Iridées, l'indication et les caractères 
des variétés de ces plantes que nous venons d'obtenir et que nous 
leur offrons dès cet instant. Ce sont les suivantes : 

André Leroy : Très beau cerise flammé plus foncé sur les bords ; 
grande macule blanche. Bel épi de fleurs larges, très bien faites. 

Arcliiduchesse Marie Christine : Blanc légèrement teinté de 
rose flammé de rose lilacé plus foncé sur les divisions inférieures; 
fleurs très amples ; épi très bien fait. Belle nouveauté. 

Baroness Burdett Coutts -. Magnifique épi de fleurs rose tendre 
lilacé flammé carmin sur les divisions inférieures; macule carmin 
foncé sur fond plus clair ; fleurs très amples, parfaitement grou- 
pées. 

Dumont d'Urville : Beau rose cerise très éclairé au centre, plus 
foncé sur les bords et légèrement flammé violet, les divisions li- 
gnées blanc pur; grande macule blanche très légèrement teintée 
de jaune; ti es long épi, fleurs bien rangées. Plante très hâtive. 

Flamengo : Rouge-1'eu très vif et brillant ; macule pourpre sur les 
divisions inférieures ; fleurs très bien rangées. Très belle variété 
d'un grand effot. 

Mademoiselle Marie Mies : Beau rose tendre flammé carmin ; 
macule carmin foncé, sur fond blanc ; magnifique épi de fleurs 
grandes, très bien faites. 

Multiflora : Fond blanc légèrement teinté de rose tendre flam- 
mé rose carminé ; très gros épi de fleurs très nombreuses, en- 
tourant toute la tige et formant un véritable bouquet au sommet. 
Nouveauté toute particulière. 

Rayon d'or : Très beau jaune-paille panaché de carmin foncé 
sur les bords ; macule carmin foncé lavé de rose. 



RAPPORTS, OUVRAGE DE M. MORLET. 24-1 

RAPPORTS 



Rapport sur dn Ouvrage de M. Morlet (Gust.) intitulé : 

Les Conifères de petites et grandes dimensions [\). 

M. Keteleêr, Rapporteur. 

Après les ouvrages qui ont paru depuis quelques années sur 
les Gonifère.«, où tout ce qui avait été écrit d'important sur ces vé- 
gétaux a été résumé en y ajoutant les découvertes récemment 
faites, il semblait difficile, même impossible d'entreprendre un 
livre nouveau sur ce sujet. 

C'est pourtant ce travail qu'a osé faire M. Gustave Morlet, 
horticulteur-pépiniériste au Monceau près Fontainebleau. Nous 
devons dire toutefois que, reconnaissant lui-même la difficulté 
d'un semblable travail, il a eu soin, dans la préface, de prévenir 
le lecteur que son intention n'était pas de faire une œivre 
transcendante.» Je n'ai certes pas la prétention, dit-il, de faire une 
» nouvelle édition de l'ouvrage si complet de M. Carrière (2) ; je 
» m'étends seulement sur les espèces rustiques qui peuvent être 
» de quelque utilité dans l'industrie ou produire un effet agréa- 
» ble dans les parcs et jardins, citant tous les genres connus 
» aujourd'hui, mais ne disant que quelques mots des plantes 
» délicates qui ne sauraient prospérer sous notre climat ni sous 
» celui de l'Algérie. » 

Pour atteinire le but qu'il s'était proposé, M. Morlet a passé eri 
revue tous les genres et espèces en les classant d'après leurs carac- 
tères organiques, s'appuyant pour cela sur le Traité général des 
Conifères ou le copiant en partie; puis il indique sommairement 
les moyens a employer pour en opérer la multiplication. 

Quant à la synonymie des espèce', ce qui est un point impor- 
tant, il a cité les principales dénominations, celles qui sont les plus 
usitées, et il a fait de même poar les variétés de chaque esfè&e 
dont il a aussi indiqué l'origine. 

(1) Un volume in-ll, de 446 pages. A. Goin, libraire-éditeur, rae de» 
École?, 6?, à Paris. 

(2) Traité général des Conifères^ 2* édition, par M. Carrière (E.-A.;. 
chez A. Ooin. 

16 



2l2 BAFIOBTS. 

Tel qu'il est, ce travail relativement assez complet est appelé 
certainement à rendre des services aux amateurs et horticulteurs 
qui ne possèdent pas le Traité ycnéral des Conifères. Son prix 
minime le met d'ailleurs à la portée de tous. Aussi noois n'iiési- 
tons pas à le recommander, ojoutant que nous serions heureux de 
voir la Société lui faire bon accueil. 



Rapport sdr le Traité pratique de Chimie et de Géologie 

AGRICOLE DES PROFESSEURS JoHXSTON ET CamERON, TRADUIT SDR 
LA 11® ÉDITION, PAR M. STANISLAS MeUNIEH ; 

M. Arnould-Baltard, Rapporteur. 

L'auteur, après avoir exposé sommairement les principales no- 
tions de chimie, dcnne les éléments constitutifs des plantes, des 
animaux et des sols. Il passe en revue successivement l'action ré- 
ciproque qu'ils ont les uns sur les autres dans toutes les opérations 
agricoles, lorsqu'ils sont soumis à l'influence de l'humidité et des 
agents atmosphériques. Ainsi, les effets des labours, du drainage, 
del'écobuage, des irrigations, etc., sont précisés avec soin. 

Di nombreux chapitres sont consacrés à l'étude détaillée de 
presque tous les engrais animaux et végétaux, à leur application 
et à leurs effets. L'auteur termine par l'examen chimique des pro- 
duits végétaux et des produits animaux, tels que fourrages, graiû€S, 
racines, lait, beurre, viande. Enfln les derniers 'cha,pitres sont con- 
sacrés à la nutrition animale. 

Le traducteur a employé, probablement à la suite des auteurs, 
une notation chimique dont on ne peut contester l'importance; 
mais comme elle diffère de la notation généralement employée 
dans l'enseignement en France, et comme ce livre ne s'adresse 
pas à des chimistes de profession, il aurait é*é opportun, ou d'a- 
dopter la notation habituelle, ou au moins d'en expliquer les dif- 
férences. 

Ce livre est spécial pour l'agriculteur qui y trouvera, consignés 
sommairement^ tous les résultats que la chimie a pu constater 
jusqu'à ce jour dans les faits relatifs à l'économie agricole; ces faits 
sont toujours discutés, et lorsque leurs conséquences ne sont pas 
certaines, cette incertitude est bien constatée. 



TRAITÉ DE CHIMIE ET DE GÉOLOGIE AGRICOLE. 243 

L'horticulteur ne poursuit pas le même but que l'agriculteur ; 
celui-ci agit sur une surface de terrain plus ou moins étendue; il 
ne peut modifier entièrement son sol, mais seulement l'améliorer; 
son but est d'en tirer les produits animaux et végétaux les plus 
avantageux, au moyen d'engrais qu'il confectionne le plus souvent 
lui-même. L'horticulteur, plus maîire de son sol, qu'il mo lifie 
quelquefois complètement, travaille le plus souvent, sa position 
étant donnée, en vue d'un produit végétal déterminé ; rarement 
il fabrique ses engrais; il les achète. Ses connaissances ne doivent 
donc pas être absolument les mêmes ; elles doivent porter davan- 
tage sur les faits qui relèvent de la botanique. 

Après avoir lu ce livre dans lequel les faits relatifs à la physio- 
logie animale et végétale, reconnus vrais par la chimie, sont ex- 
posés d'une façon nette et précise, nous ne pouvons nous empêcher 
d'exprimer le vœu qu'un traité analogue soit publié à l'usage des 
horticulteurs. Dans ce traité, à côté des faits chimiques mis encore 
plus simplement à la portée du lecteur, les faits que la physique 
et surtout que la botanique a le mieux constatés seraient succinc- 
tement résumés. Un pareil traité, édité par la maison Rothschild, 
avec la beauté d'impression et le luxe des gravures et même de la 
reliure qui caractérisent cette maison, en pourrait faire, outre sa 
grande utilité, un livre précieux, digne d'être donné en jécom- 
pense dans les écoks et même dans les Sociétés d'Horticulture. 

L'ouvrage dont nous venons d'avoir l'honneur de vous présenter 
le compte rendu est fort répandu en Angleterre et en Amérique 
où il est arrivé à sa onzième édition. 11 est déjà connu en France, 
depuis 1849, par une traduction à laquelle a collaboré M. Rieffel, 
le célèbre directeur de Grand-Jouan, et éditée par la maison Bou- 
chîrd-Huzard. 

Nous avons l'honneur de vous proposer de remercier M. I. 
Rothschild, éditeur, de l'envoi du Traité pratique de chimie ayri- 
eo/e de Johnston et Cameron, traduit par M. Stanislas Meunier, 
et de renvoyer ce Compte rendu à la Commission de Rédaction. 



244 RAPPOhTS, 

Rapport sur un ouvrage de M. Filion (Alphonse) ; 
M. Carrière (E.-A.), Rapporteur. 

Le reboisement par les essences résineuses, tel est le titre d'un 
petit livre que vient de publier M. Rothschild, libraire-éditeur, 
rue des Saints-Pères, <5, et dont l'examen nous a été confié. 

Le sujet est certainement des plus intéressants ; il serait même 
oiseux d'en discuter et l'iraportance et l'opportunité. A vrai dire 
pourtant, le livre dont rous parlons n'est pas ce qu'on peut 
appeler « nouveau » puisque c'est une seconde édition et qui 
même a reçu la sanction d'un des principaux corps savants de 
notre pays, de la Société d'Agriculture de France qui l'a récom- 
pensé d'une médaille d'or. 

L'auteur, du reste, M. Alph. Filion, sous-inspecteur des foiêts, 
est placé dans des conditions spéciales qui lui ont permis de bien 
connaître son sujet, et par suite de le traiter en conséquence, ce 
qui lui lait écrire ceci dans l'introduction, dans ce qu'on nomme 
un avis au lecteur : a On se ferait illusion si l'on croyait que les 
reboisements à effectuer avec les essences résineuses ne présentent 
aucune difficulté, et l'on serait exposé à commettre des erreurs 
coûteuses si l'on ne tenait compte des conditions diverses de ter- 
rains à planter ou à semer. 

x> Combien d'insuccès n'a-t-onpas éprouvés là où tout paraissait 
avantageux aux semis et même à la plantation 1 Ces insuccès se 
présentent, la plupait du temps, avec le défaut de travaux pré- 
paratoires convenables, et c'est surtout dans ce cas que la tem- 
péiature contraire agit d'une manière nuisible. » 

Après ces quelques observations et d'autres non moins judi- 
cieuses, l'auteur aborde son sujet. L'ouvrage comprend <1 cha- 
pitres dont voici les litres : 

1o Des terrains non accidentés complètement dénudés; — 2° Ter- 
rains situés en plaine et en pente douce, dont la surface est enva- 
hie par des Graminées, des Bruyères, des Ajoncs ; — 3o Terrains 
situés en montagr-e ; — 4° Des terrains très humides ou maréca- 
geux et de ceux d'une faible épaisseur déterre végétale ; — 5° Des 
terrains tourbeux et de l'assainissement en général; — 6° Terrains 
boisés, clairières envahies par àis Bruyères et d'autres plantes pa- 



SUR UN OUVRAGE DE M. fILLON. 245 

rasites ; — 7o Examen des divers autres modes de plantation et de 
semis usités; — 80 De l'établissement des pépinières, de leur cul- 
ture et de leur entretien ; — 9o De l'étude des essences résineu- 
ses à implanter dans les divers sols pauvres ou médiocres ; — i Oo 
Considérations complémentaires en faveur de la culture des arbres 
résineux dans les terrains moyens ou médiocres peuplés actuelle- 
ment de bois feuillus ; — 1 1 Prix de revient des divers modes de 
semis et de plantation décrits. Aperçu des dépenses s'appliquant à 
quelques opérations de boisement comparées entre elles, et divers 
autres calculs se rapportant aux indications du présent livre. 

Cette énumération démontre mieux que tous les détails que 
nous pourrions donner toute l'importance du livre dont nous 
parlons, surtout si l'on réfléchit que cette énumération n'indique 
que le litre général des chapitres et que chaque sujet fait ensuite 
l'objet d'examens particuliers comprenant les différentes condi- 
tions dans lesquelles on peut se rencontrer, de manière à in- 
diquer et à préciser même chacun des points et à faire du tout 
un ensemble à peu près complet, une sorte de vade mecum qui 
devient le guide du reboiseur. 

Ajoutons encore qu'une table analytique très-bien faite, termi- 
nant l'ouvrage, présente cet immense avantage de faciliter les re- 
cherches en paîticularisaut le sujet, ce qui permet, instantanément 
pour ainsi dire, de trouver le fait sur lequel on cherche à s'é- 
clairer. 

Nous croyons pourtant devoir signaler à l'auteur de cet ouvrage 
une importante lacune : celle de n'indiquer aucune nouveauté et 
de se borner à l'indication et à l'étude des vieilles essences connues 
et recommandées depuis un temps presque immémorial et qui, 
aujourd'hui encore, sont à peu près les seules. 

Nous savons bien que, dans un livre pratique destiné à guider 
dans les travaux de reboisement, on ne doit rien avancer lé- 
gèrement, et, qu'au contraire tous les procédés recommandés 
doivent avoir été sanctionnés par la pratique afin d'éviter les mé- 
comptes. Néanmoins noas avons la conviction que l'indication de 
certaines plantes nouvelles, formant un chapitre qu'on aurait pu 
intituler : Essais à faire, eût été une chose importante, car il faut 
bien reconnaître que sij parmi toutes les nouvelles introductions, 



256 RAPPORTS. 

le plus grand nombre ne sont propres qu'à rorneraentation, il 
en est aussi dont rintroduction dans le système forestier serait 
avantageuse. 

D'un autre côté et en prévision des objections qu'on pourrait par- 
fois faire a qu'il ne faut que des plantes rustiques », il faut bien se 
pénétrer de ce fait que le reboisement est surtout nécessaire dans 
les parties char. des de l'Europe, là où précisément la plupart des 
montagnes, parfois même des f laines sont dénudées, ce qui rend 
le climat aride, même peu propre à être habité, précisément par 
suite de l'absence de végétaux ligneux. Ainsi par exemple et sans 
rien préjuger, nous croyons que les Abies Nurdmanniana et Dou- 
glasii, les Cèdres, les Pinus excelsa, halepemis^ Salzmanm\ le 
Séquoia sempervirens, le T/noa Lobbii et le Tlua'opsis dolabrala 
pourraient, suivant les cas, être employés au reboisement. 

Toutefois, et malgré ces quelques observations qui sont moins 
une critique qu'un desiderata, nous avons la conviction que le 
livre dont nous parlons peut rendre dd grands services à la syl- 
viculture et nous serions heureux si, après une délibération, la 
Société centrale d'Horticulture »ie France le trouvait digne d'une 
récompense. 



Compte Rendu des Travaux bu Comité de Floriculture , pen- 
dant l'année 187&; 
Par M. Delamarre (Eugène}, Secrétaire de ce Comité. 

Messieurs, 

Eq venant aujourd'hui vous donner le Compte rendu des tra- 
vaux du Comité de Floriculture, je dois vous dire tout d'abord 
que l'année 1879 n'a pas été, pour ce Comité, au-Jessous des 
années précédentes ; les communications aux séacces et les visites 
de culture ont été nombreuses; quant aux apports, ils ont été 
plus importants qu'ils n'avaient été auparavant : et cependant 
l'année qui vient de s'écouler a été peu favorable à l'hoiticulture 
en général, à cause de l'humidité presque constante qui n'a cessé 
de régner depuis le mois de janvier et des froids rigoureux de la 
première période de Thiver qui vient de finir. 

Le Comité a fait une perle sensible dans la personne de M. Gue- 



TRAVAUX DU COMITÉ DE FLOrilCULTURE.' 247 

not, membre zélé, dont les appréciations rous ont été souvent 
utiles, à cause de ses connaissances théoriques et pratiques en 
horticulture. 

Six Commissions ont été visiter : 1" Les cultures de Gloxinias 
de M. LéonDuval, horticulteur à Versailles; 2Mes cultures de 
Rosiers de M. Hippolyte Jamain, horticulteur, rue de la Glacière, 
à Paris; S° la floraison des Rosiers de M. R.-H. Gauthier, horticul- 
teur, avenue de Suffren, 18, à Paris; 4° les travaux de jardinage 
exécutés par M. Mangin, jardinier chez M"^^ Despomraiers, 
rue Saint-Romain, 4, à Par's ; 5° la culture des plantes de serre 
chaude en plein air, pendant l'éttS de M. V. Lesueur, jardinier- 
chef au parc de Boulogne-sur-Seine, chez Mi»e la Barcnne 
James de Rothschild; Ç»" les cultures spéciales de Bégouias tubé- 
ïeux de MM. Robert et Couturier, horticulteurs à Chatou. 

Les Rapports sur ces visites ont été publiés dans le Journal de 
la Société, à l'exception de celui sur les Rosiers de M. H. Jamain 
qui ne rous a pas encore été remis. 

Trois Commissions spéciales ont été chargées de donner leur 
appréciation pour l'attribution : 1° de la médaille en or que le 
Conseil d'Administration a décidé de décerner chaque année, s'il y 
a lieu, pour une plante signalée pour son mérite ; 2° de la mé- 
daille en or offerte par M. Alphonse Lavallée pour une plante 
rare ; 30 du don de Mme veuve Laffay, en souvenir de son mari, 
pour les semis de Roses. 

Le Conseil d'Administration de la Société a ratifié les décisions 
de ces Commissions qui ont attribué : à M. Victor Lemoine, hor- 
ticulteur à Nancy, la médaille en or du Conseil, pour ses gains 
de Bégonias tubéreux ; à M. E. Simon, agent consulaire français, 
la médaille en or de M. Lavallée, pour l'introduction du Cedrela 
sinmsis; à MM. Lacharme et Guillot, fils, chacun une médaille en 
or et à Mme veuve Ducher une médaille de vermeil, pour les Roses 
de semis obtenues dans leurs établissements de Lyon. 

Les Rapports de ces Commissions ont été également publiés 
dans le Journal de la Société, ainsi qu'une note intéressante sur 
la culture des Bégonias tubéreux que notre collègue M. A. Malet a 
bien voulu nous communiquer. 

Des discussions intéressantes ont été soulevée?, à plusieurs de 



i48 • BAPi'ORTS. 

ncs séances, au sujet de l'arrosage des plantes de serre à l'eau 
froide. Des expériences contradictoires doivent être faites par 
plusieurs membres du Comité, et nous pensons pouvoir en donner 
le résultat dans notre Compte rendu de l'année prochaine. 

132 présentations ont été faites au Comité par 71 membres de 
la Société : 77 primes ont été proposées, dont 43 de 1" classe, 
48 de 2» et 16 de 3». 

Le nombre des primes de l" classe qui ont élé accordées vous 
montre que la plupart des plantes qui nous ont élé présentées 
avaient un grand mérite pour leur culture, leur floraison, îeur 
nouveauté ou leur rareté. 

Notre dévoué Secrétaire-général, M, Alphonse Lavallée, nous a 
présenté, à douze de nos séances, des rameaux pourlaplupart fleuris 
de 90 espèces ou variétés de plantes ligneuses rustiques qu'il cul- 
tive avec un soin tout particulier, dans sa propriété de Segrez ; il a 
accompagné chaque apport de nctes ou d'explications verbales 
fort intéressantes sur l'origine, la culture, lafloraisou et lescarac- 
tères particuliers de ces plantes doul je vous donne ici lanomen- 
clainre. 

Barnbusa ftagamowskii ; — Bej'beris elegans ; B. stenophylla; £. 
Thunberg'u; B. sp. uov., variété non déterminée; — Cerasus 
Psmdjctrasus, variété à fleurs blanches; — Ciioisya temata; — 
Cissus aconitifolia; C. heterophylla ; C. Imrr.uhfolia; C.serjatiix- 
fulia; — Clematis apiifoUa ; Cl. biio-nata; — Co7'nus alternifo- 
lia; C.paniculata ; — Corylopsis spicata; — Cotoneasler frigida; 
C. rotundifolia; — Cytisus elongatus longespicatus; — Dahlia gra- 
cilis; — Deutzia crenala candidissima; D. crenata à fleurs doubles; 

— Eixagnus umbellata ; — Eremurm robuitus; — Evonynais ala- 
tus ; — Hydrangea cyanea; H. japonica sinensis; II. stellala et sa 
variété à fleurs doubles; — Jdesia po/ycarpa; — Iris stbirica; I. 
xiptiioides en plusieurs variété»; — Ligustruin longifolium ; 
L. lucidum Puniis coriœceum ; — Nandùia denudata; N. domestica; 

— Nuttallia cerasiformis; — Olea^naHoastii; — Pernettia mucro- 
nata; — Philadelphus californicus; — Phyllirea Vilmoreano; — 
Plagianthus divaricata; — Rharnnus libanottcus ; — R/ius ambigua; 
R. arornatica; R. radicans, R. silveJris ; R. suaveolens; R. 
ornata; R. Toxicodendron; R. varieLbala; R. venenata; — Rosa 



TRA'AIJX DU COMITÉ DE FLORICULTURE, EN I8i9. 2é9 

gracilis; R. rugosa; — Spirsea canescens ; S. luxicriosa; S. sallci- 
folia et ses variétés Bethlehemensis, major; Spirsea salicifolia 
Billardii et ses variétés longepedunculata, paniculata, rosea, un- 
dulala; S. carpinifolia &t ses variétés a/èa et roseola; S. For- 
tunei et ses variétés ati'osangiiinea, corymôiflora, Foxii, macî'o- 
phylla et paniculata; S. Nobleana et ssl vàneté intermedia ; S, 
callosaei ses variétés a/6a et superba; S. opulifolia et sdi variété 
lutea ; — Stachyurus prsecox ; — Vaccinium stamineum; — 
Veronica eUiptica decussata; — Viburnum dentatwn; V. For- 
tunei ; V. Opulus; V.plicatum stérile; V. Ojcycoccos; — Zenobia 
glauca; Z. speciosa. 

Notre collègue M. Jolibois, chef des cultures des jardins du pa- 
lais du Luxembourg, à Paris, continue toujours ses apports in- 
téressants de plantes ileuries généralennent rares ou récentes; il 
nous a montré, dans 12 séances, les 15 plantes suivante?, dont les 
<0 premières tont des Broméliacées: JEchmea Maria Regina, 
assez récenîe, I''* lloraison; Billbergia Liervalli; B. Saundersii, 
récemment iatroduite ; Bromelià sjjkndida; Hechtia Joinvilleana, 
belle Broméliacée du Mexique; Canistrum viride, làve; Hechtia 
species du Mexique, nouveauté; Hohenbergia erythrostachys ^ 
belle plante; Pitcaimia coralUna, peu répandu; Vriesea M alzinei ; 
Oncidium indéterminé, Orchidée; Trichopilia tortilis, curieuse 
Orchidée; Selenipedium caudatum (Orchidée); Hxmanthus pu- 
niceus, Amaiyllidée curieuse; Heterotropa asaroides, Aristolo- 
chiée intéressante. 

M. Le docteur Bâillon nous a présenté le Berberidopsis carat- 
lina, un pied sec de Phelipxa segyptiaca el des rameaux fleuris 
de Lopezia maovphylla, plante abandonnée parce qu'elle ne 
fleurissait pas. M. Florentin, jardinier du Jardin de la Faculté 
de médecine, a reconnu que par la taille sur le vieux bois on la 
fait fleurir abondamment, au mois de décembre. 

MM. Ghantrier, frères, hoftieulteurs à Moilefontaine (Oise), 
nous ont fait voir un magnifique exemplaire du Croton {Codiœum) 
Baronne James deRotbschild obtenu par eux, en l»78. 

M. Chenu, jardinier chez Mme la Comtesse de Nadaillac, a 
présenté des pieds d'Orchidées admirablement fleuris des belles 
espèces suivantes: Phalœnopsis grandi fltr a; P . amabilis; P. Scliil- 
leriana et Selenipedium caudatum giganteum. 



2c RAPPORTS. 

M. Drouet, directettP du Fleuriste de la ville de Pari?, a l'habi- 
luJe de nous montrer, parmi les plantes qui sont cultivées dans 
cet établissemeat, celles quL kii paraissent avoir un mérite re- 
connu. Il nous a fait voir trois splendides Orchidées en fleur?, le 
Phaj us grandi f< Ihis, V Ut^pediam Lindeni et le Dendrobiu7n Gui- 
herti, deux pieds d'Abutilon de sei*iis et dix Dracsena également 
de semis, qui paraissent devoir être méritaoîs. 

M. Evrard, horticulteur à Caea, nous a envoyé en plusieurs 
fois des inflorescences vraiment splendides d'Orchidées diver- 
ses,, plantes qu'il cultive admirablement, ce so«t ; Aerides 
Lobbii ; Ae. quinquevulnerum ; — Angrecum sesquipedale ; — Catt- 
leia Dowiana ; C. Eldorado splendens; C. elegans; C. labiata 
Luddemanniana ; C. Pei^rini; C . puperba ipendida; — Renanthera 
JLowii; — Dendrobium densiflorun album; — Pli4xleenopsis Ludde- 
manniana oc/wacea; P.rosea eguestris: — Saccolabium ampulla- 
ceum; S. Blumei mojus; S< curvifolium; — Vanda tricolor ftr- 
mosa.. 

Mu Rjgault, jardinipp cbfz M. Bertrand, à la Queue-en-Brie 
(Seine-et-Oise), nous a aussi envoyé des fleurs coupées du Disa 
grajudiflora, très belle Orchidée terrestre de l'Afrique australe,, 
plante trop peu culiivée. 

MM. Thibaut et Keteleêr, horticulteurs à Sceaux, ont apporté 
des rameaux fleuris à'Andromeda japonica, arbuste d'introduc- 
tion récente. 

M. Albert Truffaut, horticulteur à Versailles, nous a m\)ntré un 
pied fleuri à' Himantophi/llum miaiatum maximum, trois serais 
obtenus par lui de Ci/clamenpersicum fort remarquables et un pied 
fleuii tiès beau A'Hsemanthus Kalbreyeri. 

M. Lequesne, horiiculieur à Rouen, a présenté un-TVarffsean /m 
zebrina muUicolor, nouveauté obtenue de bouture. 

M. Chaié (Emile), horticulteur, rue Sibuet, à Paris, a obtenu 
de semis un Pelargonium zonale double, qu'il nous a montré par- 
faitement fleuri, d'un coloris saumon; il l'a nommé Madame 
Henri Baillotu 

M. Fdlaiîe, aîné, de Billancourt, a apporté une nombreuse 
collection de Pensées en fleurs coupées, remarquables par le coloris 
et l'ampleur des fleurs. 

M. Berger, de Verrières (Seine-et-Oise), a envoyé des G'aïeuls 



TRAVAUX DU COMITÉ DE FLORICULTURE, EN 1879. 251 

obtenus par lui de semis, dont deux ont surtoutfrappé le Comité par 
la richesse du coloris et par leur bonne forme ; ils ont été nommés 
Maria Berger et Gloire de Verrières. 

M. Brot-Delahaye, horticulteur, rueduMoulin-des-Prés, à Paris, 
nous a montré, une belle collection de Roses trem; ères de ses 
semis. 

M. Hocbard, à Pierrefilte, a apporté une fort belle collection 
d'OEillets. 

M. Lecaron, horticulteur, quai de la Mégisserie, a présenté 
plusieurs pieds de Celosia cristata et de Celosia à panache, très 
beaux comme port et comme coloiis, de très belles Reines-Mar- 
guerites et une collection de Zinnias à fleurs doubles. 

M. Victor Lesueur, jardinier-chef au parc de Boulogne, a pré- 
senté 4 pieds très forts en pleine floraison de Cœlogyne cristata. 

M. Verdier (Charles), horticulteur, rue Baudricourt, à Paris, 
nous a présenté des pieds fleuris du Basa polyantha Ma Pâque- 
7'e^^e, variété très remontante, une Rose nouvelle très-méritante 
Madame Pieire Oger (île Bourbon) et plusieurs pieds très bien 
fleuris à'^Hydi^angfa Thomas Bogg, variété appelée à un grand 
avenir. 

La maison Vilmorin-Andrieux et Cie, quai de la Mégisserie, à 
Paris, a apporté trois belles collections de Cinéraires, hybrides à 
grandes fleurs, hybrides naines à grandes fleurs, et doubles va- 
riéts. 

M. Roy (Auguste), avenue d'Italie, à Paris, nous a montré un 
petit arbuste charmant qui paraît peu répandu ; c'est le Lïgustrwn 
saUcifoUum. 

M. Touchais, jeune, de Bagneux (Seine), a apporté dfs Mu- 
guets de mai en pleine fleuret une botte de fleurs d'un Œillet nou- 
veau, Charles Benoii, qui parait très florifère. 

Il me reste encore à vous citer : les belles variétés de Violettes 
que nous a montrées M. Millet, de Bourg-la-Reine; les présenta- 
tions nombreuses de Pétunias de M. Tabar, de Sarcelles; les Dah- 
lias de semis de MM. Lecocq-Dumesnil et Çhardine, et les nom- 
breux apports de Bégonias tubéreux de MM. Alexandre (Jules), 
Fontaine (Gustave), Fontaine (Joseph), Lequir, Tabernat, R jbert 
et Couturier, et les apports divers de MM. Bachcux, B'avet, 



252 RAPPORTS. 

Bonne], Boulet, Brard, Clian trier (Alfred), Rose Charmeux, P. 
Chappellier, Charpentier, Cliaté (Louis), Gomesse, Deschamps, 
Danzanvilliers, Eberlé, Forcy,Foroy, Florentin, Fromentin, Gon- 
douin,Hérivaux,F. Jjmin, Jaossen? , Landry, Lange, Ledoux père, 
Mme Emile Léon, Louvet, Loyseau, Léon de Saint-Jean, A. Malet, 
Morlet, Paintèche, Pernel, Peigné, Six, Valette, Welker et Yvon. 
Je ne puis terminer sans coustaler le zèle et l'assiduité de nos 
collègues à assister à nos séances de quinzaine et remercier la 
plupart des membres de la Saciété qui nous ont fait des apports 
de leurs intéressantes communications. Je dois cependant les en- 
gager à joindre à chaque présentation une note explicative des 
plantes qu'ils présentent, pour faciliter le travail du secrétariat et 
de la rédaction. 



XXI* SESSION DE LA SoClÉTÉ POMOLOGIQUE DE FrAKCE, AYANT EU UED 

A Nancy, le 4 août 1879; 

MM. Jamin (Ferd.) et Michelin, délégués. —M. Miciielun, Rapporteur. 

(Suite et fin.) 

POMMEE 

Belle de Fumes. Belle Pomme d'hiver cultivée ea Belgique, où 
elle est assez estimée, mais qui n'étant pas répandue en France 
ne peut y être utilement connue. Signalée en 1875, elle n'a été 
appuyée par aucun renseignement; sera rayée. Pages 313, 351. 

Belle de Lippe. Pomme atteignant le mois d'avril ; bonne, 
mais ne pouvant rivaliser par sa qualité avec nos meilleures va- 
riétés, se conservant aussi jusqu'à la fin de l'hiver. Rayée. Pages 
313,351,396. 

Jacques Lebel (Lebel), Pomme d'hiver grosse et belle, mais, 
d'après M. Biltet, lombaatfacilementie l'arbre ; agréable au goût, 
mais manquant un peu de celevé ; mûrissant d'octobre à décembre; 
arbre d'une vigueur extraordinaire et d'une fertilité régulière. On 
peut la cultiver avec avantage; mais elle n'a pas assez de qualité 
et n'est pas d'une assez longue conservation peur èlre admise au 
milieu des meilleurs fruits ; sera rayée. Page 94, 2« volume. 



21® SESSION DE LU SOCIÉTÉ POMOLOGIQUE. 253 

Michel Chevalier. Fruit ni connu ni recommandé. Rayé. 

Non pareille blanche (Non pareil vvhite). Fruit d'hiver petit, 
recommandé par la maison Simon Louis; Pomme grisp, de gros- 
seur moyenne, de tiès bonne qualité. Gbair d'un blanc à peine 
verdâtre, très fine, bien sucrée et parfumée; arbre peu vigoureux 
mais très fertile. Pages 178, 229, 3^2, 3!.2. Avait été présentée 
par MM. Thomas et Mas. Maintenue à l'étude. 

Pearmain rouge d'hiver. Grosseur moyenne; peau jaune, colorée 
de rouge du côté du soleil. Chair fine, blanche, assez tendre, mais 
très agréablement relevée par un goût de Reinette ; arbre connu 
comme fertile. Renseignements très bons; mais manque de noto- 
riété. Maintenue à l'étude. Pages 207, 314, 352, 400. 

Reinette musquée . Hiver; avait été proposée par MM. Thomas et 
Mas qui l'ont qualifiée de fruit petit, propre aux vergers, aux pays 
élevés et froids; est d'un joli coloris. La Commission permanente 
craint que l'identité de cette variété ne soit pas bien établie ; le 
Congrès la maintient à l'étude jusqu'à information plus concluante. 
Pages 13, 78, 178,202, 313, 353, 402. MM. Baltetet André 
Leroy la citent comme de l''" qualité.^ 

Prunes. 

/^w/^on. Prune jaune, ovale, tardive, sur laquelle les renseigne- 
ments manquent. Rayée. P<<ges 53, 171, 314, 354. 

Jaune tardive. Maturité fin de septembre; présentée par M. Bal- 
let, de grosseur moyenne et jugée bonne à la dégustation; propre 
au département de l'Aube. Pages 315 et 354. L'arbre est vigou- 
reux et le fruit y lieni bien; il est jaune foncé et ayant un goût 
d'Abricot, et de grosseur moyenne. Variété maintenue à l'étude. 

Mas (Baumann). Reine Claude violette, obtenue à Bollwiller, 
par M. Baumann et dédiée au regretté M. Mas, d'une grosseur 
moyenne et d'une chair ruisselante de jus, sucrée et agréable ; 
mûrissant dans la première quinzaine d'août. Pages 153, 179, 314 
et 354. Elle a été bien appréciée, mais il lui manque d'être 
connue. Maintenue avec recommandation. 

Rnne Claude d'Ecully (Luizet). Obtenue dans les pépinières de 
M. Luizet, mûrissant en aoùf, même dé > juillet, plus tardivement 
que le type dont on dit qu'elle a la couleur, les mérite?, avec un 



25Â RAPPORTS. 

plus fort \oVame. Maintenue à rétud« en aitsndaut qu'elle ait 
plus de notoriété. Pages i56, 355, I" volume ; pages 35 et M 6, 
2* volume. 

Reine Claude d'AUhan. UsUe Prune de premier mérite ; fruit 
d'une beauté remarquable et de bonne qualité, originaire d<i 
Bohème et mûiissaaten septeaibre. Très grosse, arrondie, elle 
est rouge violacée, à chair jaune d'or .succulente et à peau épaisse 
qui la rend propre au transport. Elle sera maintenue à l'élude 
avec recommandation parliculère, en attendant qu'elle soit plus 
répandue. Pages 154, 479, Si 4, 354. 

On dit que l'arbre est vigoureux, d'une belle végélalion, rus- 
tique, précoce au rapport et fertile. 

RaIsINS. 

Barbaroux. Sar la proposition de M. Besson, mis à l'élude 
en 1873 : il est à gros grains roses, ronds et serrés. La grappe est 
forte et remarquable par sa be^îuté ; le grain n'esi que d'une 
qualité assez bonne. Iltst à remarquer qu'on ne doit pas le con- 
fondre avec le Barbarossa, ni le Birbaroux ou Grec rose. 
Pages 54, 172, 1355. C'est une variété du midi de la France, dont 
les feuilles sont très-découpées, et dont le fruit sert pour la table 
et pour la cuve ; maturité fin de septembre. Maintenu à 
l'étude. 

Blauer Portufji'ese?' (Bleu de Portugal) . Bon raisin noir, très 
hàtif, mis à l'étude sur la proposition delà Commission perma- 
nente, qu'on appelle aussi Rùsin des Roses : il sert pour la cuve 
et pour la table; c'est à ce dtraier point de vue qu'il en est ques- 
tion ici. Pages 1 93, 356, tome 1 " ; 52 et 64, tome 2. On a dit que 
le cep n'est pas très productif, mais cette observation n'a pas eu 
un caractère général. On l'appelle aussi Portu-gais bleu ou Por- 
tugais noir : il mûrit huit ou dix jours avant les Chasselas de 
Fontainebleau. Il est à remarquer cette particularité qu'il mûrit 
aussitôt qu'il change de couleur. Après une étude qui paraît suf- 
fisante et qui a tourné à son profit, cette variété a été admise. 

Buchetet (Basson). Maturité fin de septembre; d'obtention 
récente. Beau Raisin, de bonne qualité, en grappe ailée, à grains 
gros et arrondis, à peau épaisse, jaune ambré, un peu transparente; 
à pulpe bien juteuse. Maintenu à l'étude. 



2'l* SESSION DE LA SOCIÉTÉ POMOLOGIQIE. 2"5 

Cliasselt7s Michelin (Besson). Variété tiâtive, semis de fructifica- 
tion nouvelle. Grappe ailée ; à grains ronds, ntîoyens ou petits, 
d'un jaune doré transparent, peu serr4s.; à pulpe juteuse, bien 
sucrée, très boone; maintenue à l'élude. 

Clairette Mazel (Besson). Raisin blanc, transparent, un peu 
ambré; grains moyennement serré», oblong* Juteux, assez sucrés, 
bons. Peau ferme et de résistance. Maintenu à l'étude. 

Comte de Kerchove (Besson). Grains presque ronds, Manc ver- 
dâlre, assez gros, à peau épaisse ; grains charnus, fermes, assez 
serrés. Pages <92, 357. Â étudier encore, 

Elvira, Herbemont, Jaquez. Ces cépages américains sont plu'lôt 
cultivés pour le vignoble que pour la table; pour cette raison, il 
est décidé que la Société pomologique cessera de s'en occuj)er. 

Hardy (Besson). Gain coijveau de M. Besson. Gros grains violets, 
rond.«, très serrés, dont la pulpe est charnue, juteuse, sucrée, 
bonne. Il appert que le cep est vigoureux, fertile et que le fruit 
mûrit facilement. Ce Raisin fortbeau, dédié à l'honorable premier 
Vice-Pré-iflent de notre Société, est maintenu à l'étude. 

Madeleine Royale (MoTeau-Robert).Cel:e variété de Raisin blanc, 
originair-i de l'Anjou, est remarquable par sa précocité ; elle a une 
bonne réputation sous le rappoit de la qualité. Les grains sont 
arrondis, assez gros et espacés ; on dit le cep vigoureux et fertile. 
Pages 150-4 57. Maintenu à Tétode avec recommandation. 

Muscat Talabot (Besson), Raisin hâtif, mûrissant dans le Midi 
vers le 15 août et même avant, et ayant le caractère des Clairettes, 
à grains ovoïdes, jaune ambré, la pulpe bien juteuse, fondante, 
sucrée, musquée, très bonne. Maintenu à l'étude. Page C6, 2« vo- 
lume. On dit le pied vigoureux tt fertile. 

Saint-Tronc (Besson) Le mérite de cette nouvelle variété ne 
semble pasjusiifier son admission; on le dit susceptible de couler; 
sa radiation est décidée. M. Besson a des Raisins bien préféraoles 
dans les nombreux semis qu'il a faits souvent avec un grand 
succès. 

Sultanieh sans pépins. Grains charnu?, juteux, moyennement 
sucrés, blancs ambré?, juteux, ovoïies très allongés, â belles 
grappes ailées et remarquables comme étant sans pépins. Variété 
maintenue à l'étude comme de collection. 



256 RAPPORTS. 

Après avoir achevé l'exameû de la liste des fruits qui ont été 
mis a l'étude peudant les années précédentes et qui n'ont pas 
-encore été jugés, l'assemblée a procédé à la dégustation de fruits 
de diverses espèces qui ont été apportés aux séances et dont voici 
le détail. 

Poires. 

Poire précoce de Trévoux. Gain de M. Treyve, de Trévoux, 
déjà mise à l'étude; matui'ité normale du 20 juillet au 10 août. 
Arbre vigoureux et très fertile, jugé très favorablement quant au 
goût. La forme est un peu cylindrique allongée: la Poire est as- 
sez grosse, de couleur verdâtre. 

Pommes. 

Pomme Couchine. D'été ; présentée par M. Besson, de Marseille; 
très hâtive, petite, blanche, un peu ronde; juteuse, cassante, trè> 
parfumée; fruit de verger, très fertile, légèrement strié de rouge, 
dont la maturité a lieu le 15 juillet, à Marseille, et se prolonge 
pendant 15 à 20 jours. Cette Pomme est mise à l'étude sur l'exa- 
men qui en est fait en séance. 

Framboises. 

Framboise Hornet. Cette framboise est fortement recomman- 
dée par plusieurs membres, bien qu'elle ait été rayée, sans doute 
sur des renseignements inexacte, d^ns un Congrès précédent. On 
ne lui connaît pas le défaut signalé de se détacher de la tige 
étant à peine mûre. Il est décidé que, comme fruit de premier 
mérite, elle sera remise à l'étude. 

Poires. 

Bergamotte Groslier. Petite, ronde, aplatie, verte. Pédoncule 
court et charnu, œil moyen dans une petite dépressiorf; chair 
très fine, bien juteuse, relevée, assez sucrée, un peu acidulée; 
eau rafraîchissante, agréable au goût; véritable fruit d'été. Cette 
Poire est originaire de Saint-Rémy près Tarascon. On la trouve 
parfois jaune à maturité : elle a beaucoup de rapport avec la 
poire O-'nonet. Il est décidé qu'elle sera mise à l'étude. 



21» SESSION DE LA SOCIÉTÉ lOMOLOGlQUE. 257 

Bcrgamotte Hertrick qui, suivant le catalogue descriptif de 
M. Simon Louis, doit être appelée Bergamotte de Stryck'^ri il y 
a là une question d'identité à résoudre. Cette Poire petite et bonne, 
recommandée par M. Laurent présent à la réunion, s rait pro- 
pre au plein vent et l'arbre devrait être cultivé sur franc. En tout 
cas, elle est mise à l'étude. 

La Poire Passe-Colmar Belanos, des semis de M. Collette, de 
Rouen, est également mise à Tétude. Elle mûrit d'octobre à dé- 
cembre. A la fin de septembre 1878, la Commission permanente 
a trouvé la chair d'un blanc jaunâtre, demi-fine, très tendre, fon- 
dante, 1res juteuse, ayant Tagréable parfum des Rousselets. 

Poire Souvenir de Leroux Durand. Grosse, mûrissant en octobre 
et novembre; mise à l'étude, présentée par M. Bal tel ; semis de 
M. Leroux Durand, de Tours. Rappelle le Colmard'Aremberg avec 
moins d'àpreté. 

Cerises. 

■ Bigarreau Esperen. Très gros, assez foncé, cordi forme ; matu- 
rrié.premièrequinzainede juillet (pages 133, 258); chair blanche, 
assez ferme, assez juteuse, sucrée et relevée. Très bon et très beau 
fruit. Le plus beau, le plus gros, le meilleur des Bigarreaux; mis à 
l'étude. 

Pêches. 

Pêche Baltetpè}'e,mvinssdLr\t dansTarrière-saison; une des bonnes 
parmi les Pêches tardives ; à chair blanche; semis de la maison 
Baltet, de Troyes. Ondil l'arbre rustique et fertile. Mise à l'étude. 

Pêche Lady Palmerston (Rivers-). Pêchegrosse, tardive, d'un riche 
coloris, à chair jaune pâle, mûrissant en octobre; bonne. Ces deux 
Pêches, sur la proposition de M. Baltet, mises à l'étude. 

Pommes. 

Calville de Maussion. Fiuii gros, allongé; chair d'un blanc 
jaunâtre, tendre, fine, fondante, sucrée, parfumée, excellente; 
maturité de janvier à mai. Arbre très vigoureux et très fertile. 
Sur la propo:>ition de M. Ballet, mise à^ l'étude. 2® volume, 182. 

Belle d'Angers. Pomme grosse, de première qualité, d'hiver. 



258 RAifOia's. 

mise à réliitic, chair jaunissanie à texture de Calville, tendre^ 
bien juteuse, bien sucrée, agréablement acidulée ; bonne. 2,* vol. 
pqge 180. 

Fruits rekvoyés a la Commission permanente de Lyon, pour être 
préalablement étudiés par elle. 

Poires. 

Poire Charles Cognée. Assez grosse, semis de M. Cognée, de 
Troyes; très tardive, de forme de Doyenne d'Aîençon, bonne, 
fondante, mûrissant du 15 mars au 15 avril. A étudier par la 
Commission. 

Charles Ernest (Baltel). — Poire d'automne très grosse, pyra- 
midale régulière, d'un beau coloris oùlej^une domine à maturité; 
chair tendre, bonne ; très beau fruit. 

Marie Cuisse. Poire verdâtre, forme de Saint-Germain, se con- 
servant jusqu'à la fin de Thiver, assez bonne, ayant du mérite au 
point de vue çle sa longue conservation. Pages 10, 50, 169, 308. 

Ce fruita été longtemps à l'étude et enfin supprimé; on le ren- 
voie de nouveau à la Commission des études. 

Poire mouillebouche. Présentation de M. Besson. Petite, co- 
nique, verdâtre (synonyme, Brute-Bonne en Provence] ; pédoncule 
assez long, sortant de la pointe du fruit; œil mi-ouverl, assez 
grand, à fleur du fruit ; chair grossière, mi-fondante, granuleuse, 
juteuse, sucrée acidulée, légèrement parfumée, passable; bois et 
feuilles cendrées. A examiner par la Commission. 

ISotaire Lepin (Rollet). Gain de M. Rollet, de Villefranche. 
Grosse Poire ayant un peu la forme du Colmard'ArembergȈpeau 
fine, jaune d'or foncé et très légèrement marbrée de fauve. Jugé de 
bonne qualité, le 1 ! janvier 1>*79 ; beau et bon fruit à chair fine, 
serrée et agréablement parfumée. Toine 2, page 176. 

Sucré-vert. Peiite Poire dénommée ainsi en Pi ovence, présentée 
par M. Besson: forme turbinée; chair verdâtre, un peu crriise et 
granuleuse, assez juteuse, assez sucrée, légèrement musquée. 
C'est un assez bon fruit comme hâlif, dans lequel on ne reconnaît 
pas celui qui est généralement connu comme Sucré- Vert. Aétudier 
j)ar la Commission permanente. 



21° session de la sociéié tomologique. s 59 

Pommes. 
Pomme Cooper^ fruit gros, de première qualité ; maturité hiver. 
Reinette Graesdonk. Fruit petit, sphérique, déprimé, jaune doré 
lavé de rouge léger, à chair bien fine, croquante, parfumée; matu- 
rité courant et fin d'hiver. Variété signalée à l'attention. 

Rose de Bohême. Fruit assez gros, aplati, d'un beau rose cra- 
moisi ; à chair blanche, juteuse ; de première qualité pour cuire ; 
maturité août; arbre de vigueur, modérée, très fertile, propre au 
verger clos; l'une des plus jolies Pommes d'été ; avantageuse pour 
le marché. A étudier par la Gonamission. 

Wagener. Fruit moyen, jaune-citron lavé de rooge, à chair 
fine, bien sucrée ; de toute première qualité; maturité fin d'au- 
tomne et courant d'hiver ; origine américaine. A étudier. 

L'événement à signaler dans la session de 1879 a été la présen- 
tation par la maison Simon Louis de trois riches collections d'es- 
pèce s qui n'avaient jamais paru dans les Congrès pomologiques, 
les Framboises, les Groseilles à grappes et les Groseilles épineuses 
ou à msquereau. Trois Gommissions furent chargées de la dé- 
gustation de ces trois espèces de fruits et du Rapport paiticulier 
qui devait faire connaître le mérite de chaque variété. 

Je fus moi-même chargé du Rapport sur les Framboises. Je le 
reproduis ci-après dans son entier, en le divisant de manière à 
faire connaître : \° les fruits mis à l'étude ; 'i°ceux qui n'ont pas 
offert assez de qualité pour appeler l'attention ; Jo ceux qui, déjà 
étudiés, ont pris place définitivement dans la nomenclature de la 
Société pomologique. Je dois néanmoins faire observer que les 
intempéries qui ont retardé d'une manière insolite ia maturation 
de ces espèces et nous ont permis d'en avoir la collection sous ks 
yeux, le 4 aoiif, ont pu tiès probablement exercer une influence 
fâcheuse sur leur qualité et fausser quelque peu les jugements 
qui sont exprimés dans les Rapports qui vont suivre : il sera donc 
sage de ne les accepter que sous toutes réserves. 

Framboises . 
\° Variétés rouges mises à l'étude. 
Eudson River. Bois grêle ; fruit petit, manquant de parfum, était 
trop mûr. En étude. Bonne note du présentateur. 



i6 ) RAPPORTS. 

Superbe d'Angleterre. Variété non bifère, grosse, ronde, bien 
mûre, mais modérément parfumée; bois fort, bien garni de 
fruits. 

Hornet. G'.os5e, conique, sucrée, bon parfum ; beau fruit ; bois 
moyennement fort ; très bonne, non biière. 

Rouge de Hollande. Assez grosse, ronde, un peu conique, rouge 
un peu foncé, acide, médiocre, néanmoins bien notée par le pré- 
sentateur. Élude. 

Fillbasket.F luii rond, gros, Toùge foncé, sucré, parfumé, doux, 
bon; bois grêle; non bifère. Étude. 

Clarhe. Moyenne, un peu conique, manquant de goût, paraissant 
faible en qualité ; bois fort ; cependant bien notée à la pépinière. 
Étude. 

Princesse Alice. ^ As moyen, assez fertile ; fruit moyen, rond, un 
peu paifumé, un peu sucré, bon. Étude. Maturité tardive. 

Fertile deGlœde. Bois gros; fruit moyer, oblong, sans parfum, 
sans sucre, sans qualité, néanmoins bien noté à l'étab issemcut. 
Sera étudiée. 

Fertile de Carter. Bois grêle ; fruit assi z grcs, rouge, sans goût, 
fans parfum, médiocre. Néanmoins note favor.ible du présentateur. 

Vice-jrésident French. Bois grêle ; fruit petit, rond, doux, un 
peu parfumé, passable; également bien jugé à la pépinière ; non 
bifère. Élude. 

2» Variétés jugées non susceptibles d'être mises à l'étude, faute 

de qualité suffisante.- 
De Bi^abant. 
Semper Fidelis. 
Improved Black. 

3« Variétés à fruit rouge déjà admises par la Société pomo- 
logique. 

Royale de Herrenhausen. Admise à la session même de N.mcy. 
Non bifère. 

Belle de Foitenoy. Bifère. 

Sur/.asse Fahtoff. Très remontante, la plus recommandable. 

Merveille rouge. Bifère. Déjà admise sous le nom de Merveille 
des Quatre saisons ; à fruits rouges. 



21 « SESSION DE LA SOCIÉTÉ POilOLOGIOnE. 26Î 

Framboises a frcits blancs. 
1° Framboises mises à r étude. 

Oi-angede Brinckle. Fruit de couleur saumonée, orange, conique, 
doux, légèrement parfumé et acidulé, passable. Bien noté par 
M. Simon ; non bifère. 

Large Orange. Bois fort; bifère; gross?, légèrement oblongup, 
jaune clair, un peu fleurie, acidulée, assez bonne. 

Surpasse 7nerveille. Bois moyen; bifère; fruit gros, légèrement 
oblong, doux, sucié, bon. S'gnalée comme de premier choix. 

Semis deSiedhoff. Bois gros ; fruit jaune, orangé, moyen, rond, 
doux et un peu acidulé, bon. 

Colonel Wilder.V:OS moyen ; fruitmoyen, un peu oblong, un peu 
acidulé, passable. Recommandée par l'établissement de M. Simon. 

2° Variétés jugées non susceptibles d'être mises à l'étude. 

Sweet yellow Antwerp. Bois très épineux ; fruit petit, rond, 
jaune, acide, mauvais. 

3° Variétés déjà admises parla Société pomologiqup. 

Merveille blanche. Bifère, admise £Ous le nom de Merveille des 
Quatre saisons à fruits jaunes. 
Surprise d'automne. Bifère. 
Sucrée de Metz. Bifère. 
Jaune de Hollande. Non bifère. 

GROSEILLIERS A GRAPPES. 

Dégustation du 4 août <879. — M. de la Bastie, Rapporteur. 

\° Fruits rouges de bonne qualité, admise l'étude. 

Tardive de Pearson. Feriile ; grappes moyennes ; grains 
moyens; bois moyen; douce et bonne. 

Du Caucase. Grappe très longue; fertile; grains gros, assez doux, 
peu relevés, ayant beaucoup de jus, des pépins très petits ; fruit 
propre aux confitures. 

G7'osse rouge de Boulogne. Grosse, rouge, fertile, moyenne; 
grains gros, assez sucrés. Bonne. 

Belle de Fontenay. Feriile; grappe moyenne ; grains gros, peu 
sucrés. A'îsez bonne. 



262 RAPPORTS. 

Prince Albert. Fertile; grappe assez grosse ou moyenne; grains 
assez gros, acidulés, sucrés, de bon goût. Bonne. 

Grosse rouge ancienne. Fertile; grappe moyenne; grains moyens. 
Bonne. 

Rouge de Willmott. Assez fertile ; grappe assez longue, assez 
grosse; grains moyens, rouges. 

Victoria. Très fertile; grappes longues; grains petits, rouge 
clair. Assez bonne. 

Hâtive de Bertin. Assez fertile; grappe moyenne; grains 
moyens, trè> foncés en couleur. Bonne. 

Chenonceau. Fertile; grappe moyenne; grains gros, assez foncés. 
Assez bonne. 

Fertile d Angers. Grappe assez grande ; grains assez gro-, rou- 
ges, un peu foncés. Bonne. 

EyatCs Nova. Peu fertile; grappe grosse, longue, peu garnie; 
grains moyens, légèrement jcidubs. Assez bons. 

2o Variéîés à fruits rouges, dégustées également, mais n'ayant 
pas eu une qualité suffisante pour être admises à l'étude. 

Hed Hougton castle. 

Versaillaise. 

Fertile de Palluau. 

Grosse rouge de Knight. 

Belle de Saint-Gilles. 

Impériale rouge. 

Cerise. 

Rouge de Hollande. 

Corail clair, 

Fox's new Red. 

Gondouin rouge. 

Warner't Grape. ' 

Roxge de Pitmaston. 

Rouge clair de Buddens. 
1" Groseilliers à grappes, à fruits blancs, admis à l'étude, 
le 4 août 1879. 

Blanche transparente. Fertile ; grappe moyenne; grains moyens, 
douce. Bonne. 

De la Roche posée. Fertile; grappe petite; grains assez gros, 
douce. Bonne. 



21^ SESSION DE LA. SOCIÉTÉ POMOLOGIQUE. 263 

Attractor. Peu fertile ; gr/ippe moyenne ; grains moyens, assez 
sucrés. Bonne. 

2° Groseilliers à fruits blancs, non admis à l'étude 
après dégustation. 
Grosse blanche ancienne. 
Impériale blanche. 
Grosse blanche de Boulogne, 
Blanche de Hollande. 
Perle blanche. 
Grosse iveisse Dessertbeere. 
Jaune Allemande. 
Blanche de Verrières, 

GROSEILLIERS ÉPINEUX. 

4" Fruits admis à l'étude. 

M. Anatole Leroy, d'Angers^ Rapporteur. 

Dnck Wing. Jaune, grosse, lisse. De bonne qualité.- 
Victory. Fruit assez gros, rouge vineux, légèrement duveteux. 
Bon. 
Balloon. Fruit assez gros, vert, lisse, rond. De prerrièpi ijoalité. 
Achilles. Fruit gros, rouge verdâlre, lisse. Bon. 
Favorite. Fruit vert clair, strié de jaunt. Bon. 
Golden-Gourd. Fruit assez gros, jaune. liLèS. Bon. 
Jolly-Anglers. Fruit gros, vert, lisse. Très bon. 
Viper. Fruit gro?, vert jaunître, lisse. Bon. 
Sparklet. Assez gros, vert, rond, lisse. Bon. 
LordByron. Assez gros, lisse, vert, presque rond. Boa. 
Blood hound. Assez gros, rouge vineux, duveteux. Bon. 
Golden fleece. Moyert, jaune verdâlre, légèrement duveteux. Bon. 
Lord Douglas. Gros, vert jaunâtre, légèrement duveteux. Bon. 
Green prince. Moyen, vert jaunâtre, rond, hérissé. Bon. 
Golden purse. Rouge clair, assez gros, lisse. Bon. 
Lady Delamore. Moyen, verdâtre, lisse. Bon. 
Husbandman. Assez gros, jaune, rond, lisse. Bon. 
Cottage Girl. Moyen, rouge, presque rond, duveteux. Bon. 
JSailer. Gros, vert jaunâtre, lisse. Bon. 
Èlarigold. Gros, jaune verdâtre, duveteux. Bon. 



264 RAPPORTS. 

Freedom. Assez gros, oblong, vert, lisse. Bon. 
Thumper. Assez gros, jaune, hérissé. Bon. 
WandeiHngGirl. Moyen, vert, lond, duveteux. Bon. 
Sckutle yellow. Moyen, vert clair, rond. Bon. 
Briton. Assez gros, jaune, oblong, duveteux. Bon. 

2" Fruits jugés assez bons à la dégustation et dont la mise- 

à l'élude n'a pas été adoptée. 
Wellington Gloi^y. Rouge, hérissé. 
Robin wood. Vert, hérissé. 
Défiance. Rouge, hérissé. 
.4/;o/fo. Vert clair, lisse. 
Atlas. Rouge clair, hérissé. 
Alicante. Rouge, lisse. 
Queen Mub. Ronge, hérissé. 
Aaron. Vert clair, lisse. 
•ScAanort. Jaune, lisse. 
Lord Nelson. Jaune verdâtre. 
Gi^een Océan. Vert lisse. 
Britonnia. Jaune, duveteux. 
White Bear. Gros, jaune verdâlre, lisse, 
Richmond Hill. Rouge, lisse. 
Printer. Veit clair. 
Dobsons Seedling. Rouge, hérissé. 

3" Fruits jOgés médiocres ou mauvais, dont on ne pourrait 

aucunement encourager la culture. 
Green River. Rose clair, hérissé. Médiocre. 
Hùjhlanâer. Rose violacé, lisse. Mauvais. 
Echo. Rose foncé, lisse. Mauvais. 
Conqueror. Rose, lisse. Mauvais. 
■ Roaring Lion. Rouge, lis^e. Médiocre. 
Rob Roy. Rouge, lisse. Passable. 
Dudley Stand. Rose, lisse. Mauvais. 
Favorite (Anglaise). Vert, lisse. Mauvais. 
Fliur de Lis. Jaune, lisse. Mauvais. 
Trasher. Vert, lisse. Mauvais. 
British croivn. Rouge, hérissé. Médiocre. 
Golden chain. Jaune, lisse. Médiocre. 



21» SESSION DE LA SOCIÉTÉ POMOLOGIQUE. 265 

Profit. Vert, lisse. Mé'hocre. 

40 Groseilliers inermcs (sans épines). 

Il est une sorte de Groseilliers appartenant à une race toute 
spéciale, qui n'a pas encore de rf-jeton«, mais qui pourrait, par des 
essais persévérants, se multiplier; je veux parler du Groseillier 
sans épineS; dont feu M. Billiard, de Fontenay-aux-Roses (Seine) 
a obtenu un spécimen qui pourrait servir de type ; sans vanter 
sa qualité, qui ne peut aucunement le faire rechercher, je lui dois 
une mention dans cette nomenclature assez étendue. 

Cet arbuste, en effet, a la particularité d'être à peu près inerme. 
Son fruit est assez gros, roug<', lisse, à peau épaisse, mais médiocre. 
Il serait à souhaiter qu'on pût en obtenir dessous-variétés de bonne 
qualité; on y parviendra peut-être avec le temps et la patience. 

Les détails qui précèdent, vous ont initiés, Messieurs, aux tra- 
vaux pomologiques accomplis par le Congrès; il me reste main- 
tenant à vous parler des opéra lions qui devaient les clore. Je me 
bornerai à vous citer l'approbation des comptes et la nomination 
des membres devant compléter le Conseil d'Administration et la 
Commission permanente des études siégeant à Lyon et qni a pour 
mission d'élaborer les matériaux qui, chaque ann-ée, doivent être 
soumis aux décidions de la Société réunie en Congre?. 

Par un vote de l'assemblée, une médaille d'or doit être attribuée, 
chaque année, à la personne qui a rendu le plus de services à la 
Pomologie. 

G'ost ici le cas de vous rappeler que notre vénéré et regretté 
collègue, Jamin (Jean-Laurent), avait été le premier pomologiste 
honoré de cette distinction. 

La Société de Nancy avait gracieusement offert la médaille qui 
devait être attribuée au lauréat de (879. 

Le vote à cet égard a été unanime et la médaille a été décernée 
à M. Thomas, auteur du Guide pratique de Vamateur de fruits^ 
œuvre de labeur et de science, utile entre toutes, de Tun des pomo- 
logues les plus érudils, appuyée sur des études des plus conscien- 
cieuses, faites au milieu des pépînières de MM. Simon Louis, dont 
M. Thomas avait été sous-directeur. 

Le nouveau lauréat, averti par un télégramme, accourut en peu 



266 RAPPORTS. 

d'heures de Metz et arriva au milieu d'un banquet gracieusement 
offert aux membres de la Société pomologique par leurs confrères 
de la Société d'Horticulture de Nancy. 

M. Thomas, resté forcément habitant de Melz, aux applaudis- 
sements chaleureux de l'assemblée, reçut avec une profonde émo- 
tion le témoignage d'estime et d'affection de ces horticulteurs 
français auxquels il reste uni par le cœur et lié par cette distinc- 
tion qui le tiendra à tout jamais attaché à notre association pomo- 
logique française. M. Thomas dut être bien sensible aussi à l'accueil 
touchant et cordial que lui fit à son entrée dans la salle M. Léon 
Simon, à l'établissement duquel il avait si bien fait honneur. 

La médaille préparée par l'association pour le lauréat de l'année 
restait donc disponible. Or, Messieurs, à côlé des services rendus 
à la science, qui est son but, l'association a besoin de la sollici- 
tude des membres dévoués qui l'administrent. Dans le cours de 
son existence, qui remonte à plus de vingt années, elle a eu des 
phases difficiles, et on peut dire qu'elle les a traversées grâce au 
rare dévousment et aux sacrifices d'administrateurs qui ont eu à 
lutter contre les obstacles et qui, l'ayant aidée par des sacrifices 
personnels, dès son berceau, l'ont suivie avec un attachement à 
toute épreuve. En l'année 4874, une médaille, que je qualifierai 
de récompense de dévouement, avait été décernée, à la joie de tous 
les membres, à son honorable et aimé Trésorier, M. Louis Rever- 
chon. Cette année, sous l'impression d'une pensée unanime de 
reconnaissance, la seconde médaille a été décernée au vénérable 
M. Réveil, Président de la Société depuis son origine, et je suis 
aujour l'hui en mesure de vous dire que notre excelleLt collègue, 
M. Jamin (Ferdinand), a eu l'extrême satisfaction, comme Prési- 
dent de la vingt unième seision, de remettre en main propre à l'ho- 
norable M. Réveil, à sa propriété de la Pape (Ain), auprès de 
Lyon, en compagnie de MM. Reverchon et Cusin, ce témoignage 
des sentiments dévoués et reconnaissants de tous les sociétaires. 

Tous nos travaux terminés, Messieurs, nous ne devions pas être 
quittes des délicates attentions de notre hôte, M. Léon Simon, 
Président de celte Société nancé^ne, sous les auspices de laquelle 
nous avions été réunis. Exploitant actuel du célèbre établissement 
des frères Simon Louis, situé à Piantières-les-Metz , à la po";te 



21^ SESSION DE LA SOCIÉTÉ POMOIOGIQDE. 267 

de cetîe grande ville, M. Léon Simon nous ofintde faire le voyage 
de Metz et de nous montrer ses ciilîures. Le trajet de trois heures 
qui nous faisait tranchir calte froatière trop voisine nous causait 
à tous une vive émotion ; elle fut néanmoins dominée par nos 
sentiments de cordiale confraternité pour notre hôte. Nous mar- 
chions avec lui et, arrivés à l'établissement, nous nous trouvâmes 
encore au milieu d'une famille toute française d'employés, aussi 
dévoués que capables. Bien que contrariés par une pluie battante, 
nous parcourûmes avec de véritables sentiments d'admiration 
cette belle et grande pépinière des frères Simon Louis, de vieille 
réputation en France et en Allemagne, partagée aujourd'hui entre 
les fils des deux frères, l'un, M. Simon Léon, qui exploite les 
pépinières, l'autre, son cousin germain, M. Emile Simon, qui est 
à la tête de la partie de l'établissement qui concerne les graines et 
dont la succursale est, depuis l'annexion, à Bruyères-le-Châtel 
(Seine-et-Oise). 

Les pépinières dont à regret je ne puis faire ici qu'un tableau 
trop succinct, sont vastes, admirables de tenue et d'organisation. 

Les collections sont considérables en arbres fruitiers, forestiers, 
d'ornement, bien étiquetés et servant aux études et à la multi- 
plication. 

L'établissement Simon Louis a une collection de variétés frui- 
tières des plus nombreuses qu'on connaisse et a mis au com- . 
merce un bon nombre d'espèces végétales, particulièrement d'or- 
nement, dues à ses recherches et à ses semis ; elle a marché et 
marche encore secondée par des contre-maitres et employés dé- 
voués, intelligents et expérimeniés. 

A Metz, comme à Nancy, Messieurs, l'honorable famille des 
Simon devait encore nous tendre une main amie et, sous le toît 
hospitalier de M. Emile Simon, nous nous retrouvâmes sous le 
pavillon français, avec ces souvenirs, ces sympathies, ces atta- 
chements qui suivent partout nos horticulteurs, leur inspirent 
des sentiments de confraternité et les réunissent en toute occasion 
comme les enfants d'une grande famille. 

MM. Simon voulurent, avant notre départ, nous faire visi- 
ter la cathédrale, le monument le plus important de la ville et 
cette belle terrasse, au pied de laquelle se dév.eloppe un magnifique 



268 RAPPORTS. — 2r SESSION DE LA SOCIÉTÉ POMOLOGIQUE. 

panorama, celte riante campagne qui fut le théâtre d'un drame si 
terrible pour la France. 

Le pèlerinage de Plantières a donné à vos deux délégués la sa- 
tisfaction du devoir accompli et celle d'avoir vu un établissement 
à tant de points de vue remarquable ; ils éprouvèrent le plaisir de 
retrouver en France, à Nancy, iMM. Léon et Emile Simon, leurs 
hôtes du jour, leurs amis du lendemain. 

En terminant ce Rapport, je puis annoncer que la session pro- 
chaine se tiendra à Moulins (Allier). 



REVUE BIBLIOGRAPHIQUE ÉTRANGÈRE. 

Plantes nouvelles ou rares décrites dans des publications 
étrangères. 

GaRDENERS' CURONICLE. 

Oncidiam Leucotis Reiciib. f., GanL Ckron., 4 oct. 1879, p. 424. 

— Oocidie à oreilles blanches. — États-Unis de Colombie. — (Or- 
chidées). 

Cette nouvelle espèce, qui est cultivée dans l'établissement de 
M. W. Bull, ressemble assez à VOncidium obrizatum Lindl.; 
mais elle en diffère au premier coup d'œil par sa panicule beau- 
coup plus raide, à ramifications courtes et flexueuses, portant des 
fleurs colorées en jaune uniforme, sans macules brunes. Ces fleurs 
ont les sépales et les pétales en coin-oblongs, très obtus, et le la- 
belle étroit, échancré des deux côtés en violon, muni à sa base 
d'une callosité qui se termine par deux longues pointes arquées. 
La colonne ou gynoslème est arquée ; elle présente, au-dessus du 
stigmate, une partie plane, inclinée, quadrilatère, et latéralement 
deux ailes étroites, aiguës, très blanches, qui lui ont valu son 
nom spécifique. 

HasdeTallia nidiflca Reichb. F., Gard. Chron., H oct. 1879, p, 
456. —Amérique méridionale, Ecuador. — (Orchidées). 

Petite et gracieuse Orchidée qui a été découverte par M. F.-G. 
Lehmann, sur le versant occidental des Andes, croissant prin- 
cipalement sur les branches des arbres morts, et fleurie avec 



REVUE BIBLIOGRAPUJQUfi ÉTRANGÈRE. 269 

profusion pendant les fortes pluies de février. Plus tard elle a 
été trouvée fleurie peulélre plus abondamment encore, dans la 
saison sèche, en septembre; aussi ce voyageur dit-il que ces 
Masdevallia n'ont pas de période de repos, et que les espèces à 
petites fleurs sont beaucoup plus florifères que celles à grandes 
fleurs. Le Masdevallia nidifica est une petite espèce cespiteusa et 
touffue, dont les feuilles n'ont guère que G™ 05 de longueur totale, 
leur pétiole étant aussi long que le limbe qui est oblong et obLus. 
Elle produit de nombreux pédoncules aussi longs ou un peu plus 
longs que les feui!les,dontcbacun porte une seule fldurjaune, un peu 
variée de rouge pourpre et dans laquelle les pièces du périanthe 
se terminent chacune par une très longue queue de couleur foncée. 

Uiltonia Bluntil Rbicub . F., Gard. Chron.,\S oct. 1879, p. 489. 
— Milloaie de Blunt. — Brésil. — (Orchidées). 

Elégante Orchidée découverte par M. Henri Blunt, à qui elle 
est dédiée, et que M. Reichenbach, fils, regarde comme n'étant 
pas autre chose qu'un hybride naturel entre les Miltonia specta' 
bilis et Clowe&ii. Sa fleur a les dimensions de celle du Miltonia spec- 
tabilis, mais les sépales en sont lancéolés-aigus, tandis que les pé- 
tales sont oblongs-lancéolés, moins aigus; les uns et les autres 
sont d'un jaune blanchâtre, et présentent, surtout à leur centre, 
quelques grandes macules pourpre-cannelle. Lô labelle a exacte- 
ment la forme ûe celui du Miltonia spectabilis, mais il offre à sa 
base deux carènes saillantes, nues et abruptes; il est blanc avec un 
espace pourpre à sa base. La colonne est épaisse, très courte, avec 
deux ailes de couleur pourpre violet foncé ; au total, cette fleur est 
très élégante. 

Cypripcdiam porphyrospilum. (liybr.). — Gard. Chro7l., 18 oct. 
4 87,9, p. 489. — CypripèJe à macules pourpres. — (Orchidées). 

C^ nouvel h.ybride, obtenu chez MM. Veitch, est issu des Cypri- 
pedium Loivei et Hookerx. Il a les feuilles du premier, mais plus 
courtes et moins lustrées, un peu plus larges dans leur portion 
médiane. Son pédoncule porte deux fleurs écartées l'une de l'au- 
tre, accjmpagnées de bractées très courtes. Ce péJoncule et l'o- 
vaire sont revêtus d'un duvet en manière de velouté. La fldur res- 
semble à celle du Cypripedium Lowei; elle en a les pétales spatules, 



270 REVUE BlBL'OCrUPHIQUE ÉTRANGÈRE. 

tordus, mais avec des macules foncét s, calleuses et 1res épaisses, 
qui rappellent celles du Cypripedium Hookerœ; leur extrémité est 
pourpre violet sur une faible étendue. Quant au staminode, c'est 
tout à fait celui de cette dernière espèce. 

Aiithiirium liindenianom K. KoCH. — Gard. Chron., 1" novem. 
1879, p. 554. — Anihurie de Linden. — Nouvelle-Grenade. — 
(Aroidées). 

Aroïdée ornementale dont les feuilles Font amples, à contour 
général arrondi et profondément eu cœur, longuement pétiolées, 
dont la spathe est blanche et cache le spadice. M. N.-E. Brown, 
auteur de l'article qui la concerne dans le Gardene?^s' Chronicle, 
dit que c'est la même plante qui a élé décrite, en 1866, par 
M. Hérmcq, àausVHorticulteur français, sous le nom de Anthu- 
rium Lindigi, parce qu'elle avait élé importée par M. Lindige ; 
mais,dè^ 1857, Karl Koch lui avait donné le nom A' Anthu7Hum Lin- 
denianmn qui, étant antérieur de plusieurs années, doit lui rester. 

Stanhopea florida Reiciib. F., Gard. Chron., io nov. 1879, p. 615. 
— StaLhopée à fleurs nombreuses. — Patrie (?). — (Orchidées). 

Belle Orchidée qui a les pseudobulles et les feuilles du Stan- 
hopeaoculata, mais dont la hampe florale ne porte pas moins de 
sept grandes fleurs rapprochées, blanches avec de petites macu- 
les pourpres sur la face interne des sépales et des pétales ; le la- 
helle est couvert de semblables ponctuations, et la colonne est 
verte à ailes blanches translucides. 

llicrostylis calophylla Reich. F., Gard. Chron., déc. 1879, p. 

718. — Microstylide à belles feuilles. — Java (?). — (Orchidées). 

Orchidée qu'on a vue pour la première fois exposée à Amster- 
dam, par MM. Groonewegen, en avril 1877; elle parait être ori- 
ginaire des possessions hollandaises malaises, prob!:blement de 
Java; elle se recommande principalement par son feuillage. Son 
pseudobulle conique porte plusieurs feuilles à pélioîe court, à 
limbe oblong-lancéolé, aigu, colorées au milieu d'une teinte bru- 
nâtre, qui est presque terre de Sienne brûlée, très pâles sur les 
bords où sont tracées des lignes fines transversales brunâtves. Les 
fleurs sont jaunâtres et réunies en une grappe assez longue sur 
une hampe vigoureuse. 



observations météorologiques. — avril 1880. 271 

The Garden. 
Pontederia azurea Sw. — The Gard., 6 mars ISS*^, p. 220, pi. 

color. — Ponlédérie â fleur bleue — Amérique chaude. — (Ponté- 

dériacées). 

Très belle plante aquatique et fldttantc, qui, bien que décrite 
depuis longtemps, n'avait jamais été figurée en couleur, et avec 
laquelle il paraît que l'on confond habituellement le Pontederia 
r.rassipes ou speciosa, qui, comme elle, est généralement rangé 
dans le genre Eichhornia Kunth. Le vrai Pontederia azurea vient 
de fleurir dans la serre à Victoria de la Société botanique de 
Londres, à Regent's Park. C'est une plante vigoureuf^e, à grosse tige 
émettant à ses noeuds des racines flottantes; à grandes feuilles 
ovales, émergées, dont le pétiole, coudé vers la surface de l'eau, 
offre, au-dessous de ce coude, un reciflement oblong, spongieux à 
l'intérieur, qui la fait nager, et duquel sort le rameau redressé 
qui porte l'inflorescence. Celle-ci est une forte grappe serrée de 
fleurs bleues, marquées au centre d'un œil noir, presque ent.ère- 
ment encadré de jaune. 

AVRIL \ 880. 



OBSERVATIONS MÉTÉOROLOGIQUES FAITES PAR M. F. JAMIN, A BOURG-LA-BEINE, 
PRÈS PARIS, {altitude 72m ENVIRON.) 









HACTECU 






. 


TEMPERATURE 


du baromètre. 


VENTS 




H 


'~^— ' 


— "^^ 


' -^ 


— ■■ ^ 




iTiT DU CIEL. 


a 


Minim. 


Maxim. 


Matin. 


Soir. 


dominants. 




1 


4,4 


43,4 


748 


7uS 


s.s.o. 


Couvert le matin, nuageux le reste 
de lajournée, clairîesoir; quel- 
ques giboulées, dont une avec 
grêle; quelques coups de ton- 
nerre. 


2 


2,4 


43,7 


756,0 


752 


S.S. E. 


Nuageux puis couvert, pluie dans 
l'après-raidi. 


3 


6,0 


49,5 


733,5 


7o4- 


S., 0. 


Couvert le matin, nuageux et ora- 
geux l'après-midi, un peu de 
pluicet quelques coups de ton- 
nerre (! 'orage a éclaté sur Paris). 


4 


40,3 


48,0 


730 


751,5 


s. s. 0. 


Pluie dans la nuilel presque toute 
!a journée, temps orageux l'a- 
près-nuidi; clair le soir. 


5 


2,0 


4o,0 


7o4 


749 


s., s. 0. 


Clair le malin, nu&gpux le reste de 
la journée; quelques petites 
averses. 


6 


2,3 


43,0 


748 


748 


s. s. 0. 


Nuageux, quelques averses. 



272 



OPSERVATIONS MÉTÉOKOLOGIQUES. — AVRIL ISSO. 



14 



15 

\ù 
17 

18 
19 
20 
21 



22 

23 

24 

25 

26 
27 

28 
29 

30 



TEMPERATURE 



Minim. Maxim. 



i,i 

— 1.2 

4,5 
4,6 
4,2 
0,2 

-2,0 



7,1 

7 

1,'i 

6 
1,5 

5,0 
1,7 



1,5 

2,5 

-0,4 
1,2 

6.5 

0,9 

4 
4,7 

1 



15,0 



17,0 



12,0 
9,5 
9,0 

16,0 

i9,5 



18,8 



22,9 

17,f^ 
19,6 

19,0 
23,0 
i9,0 
19.6 



18,2 



HAUTEUR 

du baromètre 



Matin. 



750 



7J3,5 



759 

761.5 

757,5 



Soir. 



(00, •) 

757,5 



753,5 

757, 5 
758,5 

763 
703,5 
758 
765 



■61 



757,5 



762 
759 
756 
757,5 



VE.>"TS 

dominants . 



755,5 



'54 



759,5 
759,5 

765 
7,;8 
76'J 
763 



17,7 76-2 



20,5 
18 

15 

li,5 

-12 
10 

14,7 



765 
761 



760 

765 

j762 
1759 



758,5 758.5 
759,5,758,5 



757 
760 



759 
764,5 



764, 5 765,5 



M. 0., S. 



S., N. N. E. 



'«. N. E. 

N. N. E. 
.N.N.E.,N.N.O, 
N. N.O.,S. E 

S. E., E. 



S. S. E. 



S. E., S. 0. 

S. E. 
S.S.E.,S.S.O. 



S. s. E. 

t-:. N. E., s. 0, 
N. E., S. 



S. E., N. 

N. 

S. E.. N. 

N. N. E. 
N. N. E. 

N. N. E. 
N. N. E. 

N. N.E. 



ETAT DU CIEL. 



Couvert le malin, nuageux dans la 
journée avec quelques petites 
averses; clair le soir. 
Clair le malin, nuageux dans la 
journée, couvert le soir; quel- 
ques petites averses. 
Nuageux; vent assez fort. 

ouvert. 
Couvert. 

Couvert le malin, nuageux l'après- 
midi, clair le soir. 
Brumeux le malin, clair ensuite, 
avec quelques nuages seule- 
ment. l>e soir le temps se cou- 
vre, et il tombe quelques gouttes 
deau. 
Couvert le malin avec un peu de 
pluie; nuageux dans la journée; 
quelques averses avec rafales; 
pluie plus abondante dans la 
soirée. 
Nuageux, orage l'après-midi et 
grande pluie; couvert le soir. 
Nuageux, clair le soir. 
.Nuageux le malin, à peine quelques 
nuages après-midi, clair le soir. 
Clair. 

Claii', nuageux le soir. 
Nuagc;ix, pluie le matin. 
Nuageux le malin, le temps se 
nelloie peu à peu et il Cst clair 
le soir. 

Le matin à peine quelques nuages, 
nuageux le milieu du jour, pluie 
de D à 7 heures du soir. 
Légèrement brumeux le malin, 
nuageux dans la journée, clair 
le soir. 
Clair le matin ; quelques nuages 

l'après-midi. 
Couvert avec quelques rares éclaif- 

cies dans la journée. 
Nuageux. 

Nuageux le malin; couvert dans 
la'journée avec quelques rares 
éc aircies et beaucoup de vent; 
pluie le soir. 
Pluie dans la nuit et dans la ma- 
tinée, couvert dans la journée. 
Pluie dans la nuit cl dans la ma- 
tinée ; le soir le temps s'éclair- 
cil. 
Clair la nuit, nuageax dans la 
matinée avec beaucoup do vcnl, 
clair le reste de la journée. 



Le 



Secrclaire-RédacUur-Géranl . 

P. DUCHAKXnE 



laipr.de E. UONNiCb, rue Cassette, t. 



MODIFICATION DU TITRE DE LA SOCIÉTÉ/ 

On lit dans le Journal officiel de la hépublique française, na- 
méro du 6 juia 1880, partie oiûcielle, p. 6149: 

« Par décret en date du 5 juin 1880, rer«du sur la proposition 
du Minisire de l'Agriculture et du Commerce, il a é!é décidé que 
la Société centrale d'Horticulture de France prendrait à l'avenir le 
titçe de « SocrÉTÉ nationale et centrale d'Horticulture de 
France. » 



CONCOURS OUVERTS DEVANT LA SO:iÉTÉ EN 1880. 
Concours permanents. 
Médaille Pellier. ....... pour les Pentstemon. 

Prix Laisné pour récompenser l'aptilude au travail 

et la moralité des garçons jardiniers. 
(V, le Journal, 3® série, I, 1879-, 
p. 691.) 

Concours annuels. 

Médaille Moynet. pour lesapports les plus remarqua- 
bles, faits pendant l'année, au 
Comité de Culture potagère. 

Médaille du Conseil d' Administration, pour l'introduction ou l'obtention de 

plantes ornementales méritantes, 
(V. le Journal, ^* série, XI, 1 877, 
p. H5.) 

-=^8 - î'-=-- ■ 



PROCÈS-VERBAUX (1) 



SÉANCE DU 13 MAI 18S0. 
Présidknce de m. Alph. liaïalléc. Président de la Socilté. 

La séance est ouverte à deux heures. On y compte 1 ;. 2 Membres 
titulaires et 7 Membres honoraires. 



La Gcninission de Rédaction déclare laisser aux auteurs des articles publiés 
dans le Journal la responsabilité des opinions qu'ils y expriment. 

^Avis de la Coraraission de Rédaction.) 
Série 3. T. II.* Cahier de mai 1880 publié le 30 juin 1880. 18 



i74 PROCÈS-VKRBAUX. 

Le procès-verbal de la dernière séance est lu et adopté. 

M. le Président proclame, après un vote de la Compagnie, 
Fadmission d'un nouveau Membre titulaire, dont la présentation 
a été faite dans la dernière séance et n'a pas rencontré d'opposi- 
tion. — II annonce ensuite que le Conseil d'Administration, dans 
sa séance de ce jour, a prononcé l'admission à l'honorariat de 
AIM. Brunette, rue Saint-Remi, 7, à Epernay (Marne) et Flandre, 
horticulteur, rue du Vivier, 54, à Amiens (Somme), qui, faisant 
partie de la Société depuis î25 années révolues, ont demandé par 
écrit à profiter des dispositions de l'article 4 du Règlement. 

Les objets suivants ont été déposés sur le bureau : 

V Par M. Gauchin (Vincent), cultivateur à Montmagny, une 
botte d'Asperges et des Laitues appartenant à trois variétés diffé- 
rentes. Les Asperges et les Laitues sont données comme provenant 
de cultures en plein champ, et elles sont assez belles pour que le . 
Comité de Culture potagère propose d'accorder, pour la présenta- 
tion qui en est faite, une prime de 3® classe. Mise aux voix, cette 
proposition est adoptée. 

â'^ Par M. Le?cot (André), cultivateur à Argenteuil (Seine-et- 
Oise;, deux bottes à'Aspe)gcs, de la variété hâtive, pour l'une, 
de la variété tardive, pour l'autre. Le Comité de Culture potagère 
déclare, par l'organe de son Président, que ce sont là des produits 
d'une beauté peu commune, et il demande qu'une prime de 
2* classe soit accordée à M. Lescot. '— La Compagnie consultée 
accède à celte demande. 

3° Par M. Henri (Antoine), de Bry-sur-Marne (Seine), trois bottes 
de pétioles de Rhubarbe appartenant aux variétés Queen Victoria 
et Royal Albert de Mitchell, ainsi qu'à une autre variété dont il 
ignore le nom. En raison de la beauté de ce produit, le Comité 
compétent demande, pour M. Henri (Antoine), une prime de 
2® classe que la Compagnie accorde par un vote spécial. 

Dans une note jointe à ces objets, cet horticulteur dit que ses 
Rhubarhes viennent de pieds dont les graines, fournies par 
la maison Legendre-Garriau, ont été semées en mars 1878 
et qui ont été mis en place en mars 1879. Il en cultive un 
peu plus de 2 000 pieds sur un terrain qui a près de 4 000 
mètres de surface. Ceux de la variété dont le nom lui est 



SÉANCE DU 13 M.VT I88Q. 275 

inconnu, qui ne sont qu'au nombre de huit, se font remarquer 
parmi tous les autres par la teinte vert foncé de leurs feuilles, qui 
sont tiès frisées, par le peu d'œilletons qu'ils produisent et par 
la lenteur avec laquelle ils végètent; il pense que ce pourrait être 
là une variété nouvelle. 

Des Membres du Comité de Culture potagère pensent que 
cette dernière variété pourrait bien être la Saint-Martin de 
Johnston. 

M. Siroy fait observer que la culture de la Rhubarbe peut être 
fort profitable pour nos maraîchers, attendu que son produit, étant 
employé journellement dans la Grande-Bretagne, s'y vend par- 
faitement. En outre, cette culture est facile et la plante qui en 
est Tobjet supporte sans difficulté les froids de nos hivers. 

4° Par M. Paillet, horticulteur à Chatenay (Seine), un panier de 
très belles Pommes de terre de la variété anglaise Gentennial, 
qu'il met sous les yeux de la Compagnie pour lui montrer les 
avantages qu'offre cet:e variété par suite de sa longue conser- 
vation. 

Une note écrite de M. Paillet apprend que cette Pomme de terre, 
obtenue aux Etats-Unis, a été introduite par lui, en 1878. Eile 
est ronde, à peau rouge et lisse, avec la chair blanche, comparable 
et même supérieure, pour la bonne qualité, à la variété nommée 
Balle de farine (Flour Bail). En outre, sa faculté de conservation 
est telle que, au moment présent, ses tubercules indiquent sira- 
plemeat qu'ils vont entrer en végétation. M. Paillet est convaincu 
qu'ils peuvent arriver au commencement de juin sans perdre 
d'une manière tant soit peu sensible pour la vente. Il en évalue le 
rendement moyen à 30 000 kilog. à l'hectare. 

5° Par M. Dijdoiiy (Alfred), fabricant d'engrais chimiques, rue 
Notre-Dame-des-Victoires, à Paris, des Laitues venues dans du 
sable, grâce à l'emploi de son engrais Le Floral et des Haricots 
Flageolet d'Étampes, de primeur. Ces produits sont reconnus fort 
beaux par le Comité de Culture potagère qui propose d'accorder, 
principalement en vue du dernier, une prime de 2" c'asse. Mise 
aux voix, cette proposition est adoptée; mais M. Dudoùy renonce 
à recevoir cette prime, 

M. le Président du Comité de Culture potagère fait remarquer 



276 Pi.OCÈS- VERBAUX. 

la beauté des Laitues qui ont été déposées sur le bureau plantées 
encore dans le sable dans lequel elles sont venues. On a ainsi 
sous les yeux, dit-il, la preuve qu'un sol infertile par lui-même 
peut devenir fertile par l'addition d'engrais chimique^. Mais, 
ajoute-t-ii, fertiliser un mauvais sol n'est pas le propre des engrais 
chimiques; le fumier agit absolument de même, comme on le voit 
tous les jours et comme l'expérience en a été faite en grand aux 
portes de Paris. Les agrandissements rapides de la ville ayant, à 
la date d'environ un demi-siècle, envahi beaucoup de jardins ma- 
raîcher?, des jardiniers en grand nombre ont transporté leurs 
cultures ailleurs, notamment à Saint-Mandé.Là le sol se composait 
alors de sable pur qui semblait absolument impropre à des cultures 
de ce genre; néanmoins, grâce îu fumier, ces cultures y ont 
réussi et aujourd'hui la terre dts jardins de Saint-Maadé est tx- 
cellente. 

6** Par M.Pasquier (Eugène), jardinier à Juilly (Seine-et-Marne), 
une corbeille contenant onze Poires Bergamotte Espéren, très 
beaux fruits, bien conservés, pour la présentation desquels, sur 
la demande du Comité d"Arboriculture, il lui est accordé une prime 
de 2" classe. 

7o Par M. Fresgot, amateur, quatre assiettées de Poires Berga- 
motte Espéren et de Pommes Reinettes du Canada. Ces fruits sont 
•très bien conservés, et malgré l'époque avancée à laquelle nous 
sommi s parvenus, le Comité d'Arboriculture a constaté qu'ils ont 
gardé presque entièrement leur savtur; aussi est-il accordé, sur 
sa demande, pour la présentation qui en est faite, une prime de 
2« classe que, selon son habitude, M. Fresgot renonce à re- 
cevoir. 

8o Par M. Margottin, fils, horticulteur à Bourg-la-Reine, une 
superbe corbeille de Raisins frais blancs et noirs- des trois variétés 
Forstei's seedling, Black H^mburgh et Gradi>ka, auxquels ont été 
ajout 'es des. Censés Early Rivers et Impératrice Eugénie, ainsi que 
des Prunes Tsar et Prolifique hâtive. Les Raisins sont jugés ma- 
gnifiques e», de même que les Cerises et les Prunes, ils ont été 
récoltés sur des sujets cultivés en pots. Pour cette pré;entation 
d'un mérite exceptionnel, le Comité demande qu'il soit accordé à 
M. Margottin, fils, une prime de T* classe, la plus haute des ré- 



SÉANCE DU 13 MAI f880. 277 

compenses que le Règlement autorise à accorder en séance, et sa 
demandées! favorablement accueillie. 

9° Par M. Cottard, cultivateur à Ârgenleuil (Seiûe-:t-Oist), des 
rameaux clun Figaier dont le fruit a la peau jaune avec la chair, 
rouge, et qu'il cultive so'jsle nom de Figae dorée. Il fait observer 
que, comparée à la blanche d'Argenteuil, ceite variété semble être 
plus hâtive et tenir mieux ses fruits. Eu outre, dans les bonnes 
années, elle donne, tard daus la saison, une seconde récolte qui en 
augmente le méiiie. 

W Par M. V.Lemoine, horticulteur à Nancy (M^uithe-et-Mo- 
selie), des inflorescences d'un LUaî. à fl:>urs doubles, obtenu par 
lui, pour la présentation duquel, sur la demande du Comité de 
Floriculture, il lui est accordé une prime de 2« classe. 

11° Par Vi. Lequin, horticulteur à Glamart (Seine), deux pieds 

fleuris de Bégonias tubéreux, à fleurs doubles, que le Comité de 

Foriculture trouve très beaux, ce qui le détermine à demander, 

pour cet horticulteur, une prime de 1'^ classe que la Compagnie 

accorde. 

12° Par M. Paillet, des fleurs coupées de 2j variétés de Pivoine 
en arbre déjà répandues darîs les jardins, pour la présentation 
desquelles il lui est accordé une prime de 3" classe. 

1 3° PàT M. Alph. Lava' lée , Piésident de la Société, des rameaux 
fleuris à'arbustes au sujet desquels il donne de vive voix les dé- 
tails suivants : l'Azalée de Chine {Aznleu sineiuis Lodd., Az. 
mollis Bldm.), arbrisseau spontané en Chine et surtout au Japon, 
a parfaitement résisté, à l'air libre, aux gelées exceptionnelles de 
l'hiver dernier ; il est donc parfaitement rustique. Dans son pays 
natal, il croît naturellement dans les régions montagneuses, entre 
les pierres ; aussi, seul parmi toutes les Édcacées, n'exige-t-il pas 
la terre de bruyère pure et s'accommode-l-ii fort bien d'un mé- 
lange dans lequel il n'entre qu'un dixième environ de terrede 
bruyère. A ces avantages, il joint le mérite d'être abondamment 
florifère et d'avoir donné de nombreuses variétés dont la fleur 
très belle est simple dans les unes, double dans les autres. Son 
feuillage d'un vert gai est, en outre, charmant et, en somme, 
c'est l'une des espèces les plus .inléressantes à cultiver. — L« 
Viburnum pirifolium PoiR., espèce de Ptnsylvanie, est encore 



278 PRCCÈ?-T£RBAUX. 

parfaitement rustique. M. A, Lavallée le met sous les yeux de la 
CorapRgnie, moins à cause de sa beauté qu'en raison de sa rareté 
qui est telle qu'il ne le connaît que dans sa propre collection, à 
Segrez. Enfin, M. A. Lavallée a déposé sur le bureau des rameaux 
fleuris de divers Ledum et du Leiophyllwn buxifoUum Ell., Éri- 
cacées très rustiques et abondamment florifères, dont il est d'avis 
que l'on néglige trop la culture. Non seulement ces aibustes 
réussissent fort bien en pleine terre, mais encore l'expérience 
lui a prouvé qu'ils se prêtent sans difficulté à la culture forcée. 
M. le Président remet les primes aux personnes qui les ont 
obtenues. 

A la suite des présentations, M. le Secrétaire du Comité d'Arbo- 
riculture apprend à la Compagnie que Mme Musset, rue Dupin, 
13, a déposé sur le bureau une colieciion nombreuse d'aquarelles 
bien exécutées représentant des Poires, qu'elle désirerait vendre. 
Cette collection a été estimée de 300 à 400 francs; mais Mme Mus- 
set pourrait s'entendre à l'amiable avec les personnes qui se pro- 
po-eraient d'en faire l'acquisition. 

M. le Secrétaire-général procède au dépouillement de la corres- 
pondance qui comprend les pièces suivantes : 

1o Une lettre par laquelle M. le Ministre de l'Agriculture et du 
Commerce avertit M. le Président qu'il a bien voulu accorder à la 
Société centrale d'Horticulture de France deux médailles d'or pour 
être décernées en son nom à la suite de la prochaine Exposi- 
tion. 

2° Une lettre par laquelle M. le Ministre de l'Agriculture et du 
Commerce informe M. le Secrétaire-général qu'il a bien voulu 
faire parvenir aux Sociétés ou Comices agricoles de France, re- 
connus par l'État, et conformément à la demande qui lui avait 
été adressée à ce sujet, le questionnaire imprimé par la Société 
centrale à l'efi^et d'obtenir des renseignements touchant l'action 
des gelées rigoureuses de l'hiver dernier. 

3° Une lettre de M. le Préfet de la Seine qui annonce que, sur 
sa proposition, le Conseil général du département a bien voulu 
accorder à la Société centrale d Horticulture sa subvention habi- 
tuelle. 
4° Des demandes de délégués devant remplir les fonctions de 



SÉANCE DU 13 MAI 1850. 279 

Jurés aux Expositions horticoles qui auront lieu : au Mans, du 5 au 
13 juin prochain ; à Orléans, du 3 au 14 juin prochain ; à Bf- 
sançin,du 6 au13 juin prochain.—Les délégués désignés par M. le 
Président sont, pour le Mans, M. Audusson-Hiron, fils ; pour Or- 
léans, M. Verdier (Eugène); pour Besançon, M. Michelin. 

5" Une lettre de M. le maire de Neuilly (Seine) qui prie M. le 
Secrétaire-général de lui fournir les renseignements et indications 
nécessaires pour l'organisation d'une Exposition florale que l'ad- 
ministration municipale de Neuilly a l'intention de tenir, dans 
cette commune, pendant la seconde quinzaine du mois de juin 
prochain. 

6° Une lettre par laquelle M. Angiboust, de Savigny-sur-Orge, 
annonce l'envoi de diverses pièces dans lesquelles sont constatés 
les bons effets que produisent ses capuchons en papier pour la 
préservation des Raisins sur treille. 

7" Une lettre de M. Le Bian, de Brest, qui annonce que les ré- 
sultats de la propagande qu'il fait en vue de favoriser l'exten- 
sion de la culture du Panais ont été très satisfaisants, en 1879. 
Environ mille personnes lui ont déclaré avoir eu lieu de se 
louer de la culture de cette racine fourragère dont il avait donné 
de la graine à tous les propriétaires qui lui en avaient demandé. 
8" Une lettre dans laquelle M. Roux, jardinier chez M. Pou- 
pinel, à Montreuil-sous-Bois (Seine), conseille, pour empêcher 
l'invasion des Vignes par le Phylloxéra, de semer, dans la terre 
où la Vigne doit être plantée, un an avant la plantation, du Tabac 
dont les pieds seraient ensuite enterrés. 

9° Une réponse détaillée aux questions formulées dans ie pro- 
gramme relatif aux dégâts causés par les froids de l'hiver dernier 
est adressée par M. le Président du Comice agricole de l'arrondis- 
sement d'Agen (Lot-et-Garonne). — Des remerciements seront 
adressés, au nom de la Société, à M. le Président du Comice 
agricole d'Agen. 

Comme pièce de la correspondance imprimée, M. le Secrétaire- 
général signale une brochure que vient de publier M. Ch. Joly, 
sous le titre : Etude sur le matériel horticole, à V Exposition uni- 
verselle de 1878. 
A la suite de la correspondance, M. le Secrétaire-général donne 



280 PROCÈS-VERBADX. 

lecture d'une protestation signée de dix cultivateurs d'Asperges 
d'Aigenttuil contre l'assertion émise dans le sein du Comité de 
Culture potagère et devant la Société elle-même, par M. Leguay, 
cultivateur de la même commune, d'après laquelle les Asperges 
présentées par ce dernier, aux séances du 25 mars, des 8 et 22 
avril dernier, proviendraient de terres cultivées à la charrue. « Nous 
w affirmons, écrivent les signataires, que M. Leguay a obtenu les 
» produits qu'il a présentés à l'aide d'une culture semblable à 
» celle que nous employons, c'est-à-dire à la houe et dans des 
» terres plantées de Vignes chevauchées. » 

M. le Président du Comité de Culture potagère fait observer que 
M. Leguiiy avait dit, dans le sein de ce Comité, que les A-perges 
présentées par lui avaient été récoltées sur des terres cultivées à 
la charrue, mais sans produire aucune preuve à l'appui de son 
assertion. Gomme ce cultivateur n'a pas demandé que la Société 
lîl constater par une Cnirùission spéciale l'exactitude de ce qu'il 
avait avancé, et qu'il n'a mènle plus rien dit à ce sujet, il est pro- 
bable qu'il y avait eu dans ses énoncés tout au moins une géné- 
ralisation un peu exagérée. 

Ri. Ch. Baltet, horticulteur-pépiniériste à Trôyes (Aube), a la 
parole et app< lie l'attention de la Société sur la situation déSHS- 
îreuse qui est faite à l'hoiticulture par les dispositions arrêtées à 
la convention de Berne, dans le but d'empêcher la propagation du 
Phylloxéra. C;s dispositions, dit-il, doivent entraîner la ruine de 
l'horticulture; en effet, il en résulte que « les plantes, arbustes 
etpro fuits divers des pépinières, jardins, serres et orangeries » ne 
peuvent être expédiés que « solidement emballéf:, les racines dé- 
garnies de terre », ce qui revient à dire que les plantes de serres, 
d'orangeries et beaucoup d'autres ne pourront être expédiées. 
Encore mêine l'Espagne et l'Italie, qui ont déjà le Phylloxéra dans 
leurs vignes, n'onl-elles pas adhéré à cette convention parce que, 
selon elles, elle n'est pas assez rigoureuse. Dans ce triste état de 
choses, continue RI. Baltef, les horliculteuis français vivement 
émus se sont réunis, dans la grande salle de la Société centrale, 
sous la présidence de M. le comte Horace de Citoiseul, dé^mté. 
Dans cette léunion, où se trouvaient des délégués de nombreuses 
Sociétés d'Horticulture, il a été dicidé qu'on s'adiesserail au Gou- 



SÉANCE DU 13 MAI 1880. 281 

vernemeut pour le prier de demander aux Etats signataires de la 
convention de Berne de vouloir bien revenir sur certaines dispo- 
sitions trop draconiennes et manifestement non justifiées de C3lte 
convention. Un document précis a été rédigé à cet effet et a déjà 
été remis à M. le Ministre de l'Agriculture et du G^^mmerce. Sans 
''.oute si cette démarche doit êlre couronnéfi de succès, le résultat 
en sera long à obtenir, attendu qu'on ne pourra y ariiverque par 
voie diplomatique; mais, malgré cette fâcheuse perspective, il 
importe de ne rien négliger pour tâJier d'atténuer la gêne sans 
précédents et en grande Y-artie sans oLjet qui a été imposée k une 
industrie dorït l'importance est reconnue. M. Biltet déclare se 
tenir pour assuié que la Société centrale s'associera sans réserve 
aux efforts qui seront faits pour obtenir une modification favo- 
rable de la convention de Berne, et il en a, dit-il, pour garant ce 
qui a déjà été fait par elle, notamment lorsque l'Algérie .a fjrmé 
ses po te> sans distinction à tout ce qui pouvait provenir du règne 
végétal. 

M. le Piésident dit que le G )nsfcil d'Administration s'est occupé 
sérieusement aujourd'hui même de cette grave question, et que 
certainement ritn ne sera négligé par la Société en corps ni par ses 
Membres individuellement pour amener, s'il est possible, un 
amoinchissement des restrictions désastreuses qui ont été impo- 
sées au commerce horticole. 

M. le Secrétaire-général fait connaître la composition du Jury 
de la prochaine Exposition généia'e qui aura lieu dans le Palais 
de rindustrie et qui s'ouvrira le 5 juin prochain. La liste de 
M^L les Jurés ei leur répartition par sections ont été arrêtées 
aujourd'hui par le Gonseil d'Administration. Voici quelles sont et 
cette liste et cette répartition. — La première section s'occupera 
des plantes d'agrément qui sont cultivées en plein air ; son Jury 
comprend MM. Carrière (E.-A,), Fontaine (Gustave), de Sceaux, 
Jamin (Ferd.), Lapipe et Urbain. — La seconde section aura dans 
ses attributions les plantes de serre. MM. les Jurés qui en seront 
charges sont MM.Bauer, Chenu (Jules), JoUbois, Sallier et Wdiker. 
A ces deux sections sont rattachés comme suppléants MM. Boizard, 
Leprieur, Verdier (Eug.). — La troisième section examinera les 
produits de la Culture maraîchère. Les Jurés pour cette section 



282 PROCÈS-VERBAUX. 

sont MM. Beurdeley, Fouirot etL;iizier, avec M. Noblet en qualité 
de suppléant. La quatriè.iîe section a dans son ressort les objets 
d'art et industrie horticoles. Ses Jurés sont MM. Aubert, Cellière, 
Glatigny, Héringer et Lebeuf, fils, avec MM. Dopfeld, Grentheet 
Péan comme suppléants. Cette section du Jury aura la faculté de 
se subdiviser en deux sous- sections, si elle le juge utile en raison 
du nombre des objets qui seront soumis à son examen. 

Il est donné lecture ou fait dépôt sur le bureau des documents 
suivants : 

1 ° Nouvel emploi du sulfate de fer ; par M. Vavin. 

M. Michelin fait observer que ce nouvel emploi consiste en ce 
que, au lieu d'administrer aux arbres chloroses le sulfate de fer 
en dissolution, on le répand en poudre sur le sol, après quoi on 
arrose. Il dit ne pas apprécier la différence qui peut résulter pour 
les arbres de ce que le sel de fer est dissous avant d'être administré 
aux arbres ou seulement après qu'il a été répandu. M. Yavin 
conseillant, dans sa note, de mettre de la limaille de fer près des 
racines des arbres atteints de chlorose, M. Michelin rappelle que 
le même conseil a été donné depuis longtemps par Aug. Rivière. 

M. Forney dit qu'il croit devoir indiquer un procédé encore 
plus simple et dont il a déjà parlé à la Société. C'est de placer au 
fond du trou dans lequel on veut planter un arbre, de vieille tôle 
hors de service et par conséquent sans valeur. Sous cette forme, le 
fer a le double avantage d'être un obstacle à l'allongement trop 
grand des racines dans la profondeur du sol et de remplacer le 
sulfate de fer. Il dit avoir des arbres jeunes qui, ayant été traités de 
cette manière, se portent parfaitement. 

2*5 Rapport sur les arbres fruitiers en spirale cultivés par 
M. Firm. Chappellier, au Jardin d'Acclimatation; M. Templier 
Rapporteur. 

M. Gottin dit que les arbres que la Commission a dû examiner 
sont presque tous des Poiriers Doyenné d'hiver. Or, les sujets de 
cette variété ont partout résisté aux froids de l'hiver dernier,; il 
n'y a donc rien d'étonnant si ceux de M. Firm. Chappellier ont 
fait de même, 

3" Rapport sur le jardin fruitier de M. Hubinet deSoubise; 
M. CiiATENAY (Abel) Rapporteur. 



SÉAKCE LU 27 MAI 1860. 283 

4» Rapport sur les cultures de M. Jàmain (Hipp.), horticulteur à 
Paris; M. Marggttin, père, Rapporteur. — Les conclusions de ce 
rapport tendant au renvoi à la Commission des Récompenses, en 
faveur de M. Cordeau, chef de Cultures dans l'établissement de 
M. Jamain (Hiopol.), son*; mises aux voix et adoptées, 

5° Rapport de la Commission des Insecticides; M. Girard 
(Maur.) Rapporteur. 

A propos de ce Rapport, M. C'Vitard, d'Argenteuil, dit que s'é- 
tant servi du liquide insecticide de M. Reinié, en en mettant un 
litre dans trente litres d'eau, il en a obtenu des effets très avanta- 
geux pour la destruction des Pucerons. 

M. le Secrétaire-général annonce de nouvelles présentations; 

Et la séance est levée à quatre heures et un quart. 



SÉANCE DU 27 MAI 1880. 

Présidence de M. liavallée, Président de la Société. 

La séance est ouverte à deux heures. — On y compte 1 45 
Membres titulaires et 3 Membres honoraires. 

Le procès- verbal de la dernière séance est lu et adopté. 

A l'occasion du procès-verbaî, RI. le Président exprime le regret 
de n'avoir pas pris la parole, dans la dernière séance, à propos de 
l'inflorescence de Lilas double qui avait été envoyée de Nancy, 
par M. V. Lemoine. Il croit devoir remplir aujourd'hui la lacune 
qu'il a laissée alors. Il regarde ce nouveau gain de Thabile horti- 
culteur de Nancy comme pouvant être le point de départ d'une 
nouvelle race de Lilas dont la floraison durera plus longtemps 
que celle de nos Lilas actuels, et qui aura ain.iun intéi et spécial. 
Du reste, dit M. A. Lavallée, l'histoire de ce Lilas double est 
intéressante à noter. 

M. Lemoine avait obtenu, il y a quelques année?, un Lilas 
double en fécondant les fleurs du Lilas azurea plena avec le pollen 
de belles variétés à fleurs simples, surtout avec celui de l'espèce 
chinoise Syringa oblata. Cette fécondation est très difficile à 
effectuer, la plante mère ayant souvent le pistil atrophié; aussi 
de plus de cent fleurs fécondées artificiellement i! n'obtint, une 



284 PROCÈS-VERBADX. 

première année^ que sept graiues. L'année suivante, il en récolta 
une trtntaine. C'est en 1876 que l'un des pieds issus du semis 
de ces graines fleurit pour la première fois. En 1877, M. V. 
Lemoine envoya des fleurs de ce gain remarquable à l'Exposition 
tenue par la Société, dans le Palais de l'Iudustrie. Enfin, au m'o- 
mtnt piésentjcethab'le et pfrsévérant horticulteur a déjà obtenu, 
comme on l'a vu à la dernière séance, une notable amélioration 
de sa plante, et aujourd'hui il croit avoir tout lieu d'espérer que 
ses Liias ne tarderont pas à donner des thyrses aussi amples que 
ceux des plus belles variétés simples, tout en conservant les fleurs 
doubles. 

fil. le Président proclame, après un vote de la Compagnie, l'ad- 
mission de six nouveaux M mbres titulaires qui ont été présentés 
dans la dernière séance et contre qui aucune opposition n'a éié 
formulée. 

L"s ciltj»^ts suivants ont été déposés sur le bureau: 
1» Par M. Diidoùy, rue Notre-Dame des Victoires, à Paris, des 
pieds de Pois appartenant aux quatre variétés anglaises B.ue Peter 
de Mac Lean (nain), Emeraude gcm de Sui.ton, Ringleader de 
Sutlon, Alpha de Laxton, ces tro's derniers à petites rames, ainsi 
qu'un pied de tj-aisier Marguerite (Lebreton) venu de tilets de 
l'an, ée dernière plautéi eu septembre. Cultivé dans du sàblepur, 
mais à l'aide de l'engrais chimique le Floral, ce Fraisier porte de 
beaux fiuits. 

M. lePiésidentdu Comité de Culture potagère dit que ce Comité 
a reconnu ces produits potagers cGmn:e beaux et q «e, pour encou- 
rager W. Dudoiiy à continuer ses essais relatifs à l'emploi de son 
engrais dans la culture maraîchère, il propose de lui accorder 
une prime de 3® classe. Mise aux voix, celte proposition est 
adoptée; mais, M. Dudciiy déclare renoncer à recevoir la récom- 
pense qui lai est décernée. 

A l'occasion de la présentation qu'il a faite. M. Dadoûy fait res- 
sortir les avantages que lui semble devoir amener l'emploi des 
engrais chimiques dans les cultures jardinières de toute sorte. Il 
est loin, dit-il, de contester les services que rend actuellement et 
que rendra loujour.> le fumier ; mais il est certain que les engrais 
chimiques peuvent remplacer le fumier et même, sous certains 



SÉA.NCE DU 27 MAI ISS"». 285 

rapportp, avec profit. Ainsi, dans l'état actuel des relations inter- 
nationales, la concurrence que font sur nos marchés les 
produits étrangers à ceux de notre pays ne peut être soutenue que 
si nous obtenons ceux-ci en abondance, économiquement et en 
bonne qualité. Or, selon lui, remploi des engrais chimiques per- 
met de réaliser ces trois conditions. Pour se fixer à cet égard au 
moyen d'expériences, il cultive lui-même différents légumes com- 
parativement au fumier et à l'engrais chimique; il dit avoir géné- 
ralement constaté une avance d'une quinzaine de jours pour le 
développement complet de ceux qui ont reçu l'engrais chimique 
sur ceux qui avaient été traités au fumier. Une pareille avance 
n'est certainement pas indifférente surtout aujourd'hui que les 
primeurs sont de plus en plus recherchée':, et que le commerce 
en apporte de différents pays. En outre, il annonce qu'il commu- 
n'quera plus tard à la Société un résumé précis de ses expériences, 
et il pense prouver ainsi que, par l'emploi des engrais chimiques, 
on peut réaliser une économie de 30 pour iOO au moins sur la 
culture au fumier. M. Dudcûy ajoute que si l'agriculture emploie 
aujourd'hui une grande quantité de ces engrais, l'horticulture 
commence aussi à en faire usage, et il cite comme exemple les 
cultivateurs de Navets et d'Oignons de Groissy qui s'en trouvent 
si bien qu'ils lui achèteijt maintenant pour environ i 8 000 francs 
par an de son Floral . 

2° Par M. Chenu, jardinier chez M"" la comtesse de Naiaillac, 
à Pas>y-P.iris, une inflorescence de Dendrobium Dalhousianum et 
une ù'Acrides Schrœderi, deux très belles Orchidées épiphytes, 
dont la dernière est rare dans les collections et ne fleurit que dif- 
ficilement. — Sur la proposition du • Comité de Floriculture 
adoptée par la Compagnie, il lui est accordé, pour cette remar- 
quable présentation, une prime de 2* classe. 

3° Par M. Alph. Lavalléf , Président de la Société, propriétaire à 
Segrez (Seine-et-Oise), une hampe fleurie à'Fremurus l'obustus et 
une branche portant une panicule de fleurs du Ligustrina 
amurensis. Au sujet de ces deux belles plante?, pour la présentatioa 
desquelles il reçoit de vifs remerciements du Comité de Floricul- 
ture, M. Alph. Lavallée donne de vive voix les renseignements 
suivants: 



586 PR0CÈ3-VEUBà.UX. 

VEremurus rohmtus a été déjà présenté par lui, l'an dernier, 
à la Société; mais alors il n'était pas entièrement fixé sur sa rus- 
ticité. Aujourd'hui, au contraire, la certitude est complète pour 
lui à cet égard : la plante est absolument rustique puisqu'elle a 
supporté, sans le moindre abri, les gelées exceptionnellement ri- 
goureuses de l'hiver que nous venons de traverser. Il y avait un 
autre point sur lequel il avait encore besoin de s'éclairer, l'année 
dernière. Il avait bien vu en effet que chaque rosette de feuilles 
donnait une hampe florifère; mais il ignorait si ces rosettes 
étaient persistantes et fleurissaient chacune plusieurs fois. Il a 
reconnu maintenant que de chaque rosette il ne provient qu'une 
hampe; !a rosette meurt ensuite, après avoir donné préalablement 
une nouvelle rosette. Ainsi à chaque pied il en succède un. seul 
autre, et la plante ne se multiplie point par voie végétative; mais 
heureusement elle fructifie abondamment, non pas seulement dans 
la portion moyenne de son inflorescence, comme chez la plupart 
des plantes qui ont les fleurs en grappes, mais dans toute l'étendue 
de cette très longue inflorescence. Les graines qu'elle produit 
ainsi germent sans la moindre difficulté. Par là cette magnifique 
espèce, la plus belle du genre auquel elle appartient et que M. 
Alph. Lavallée regarde comme devant figurer au milieu des pelou- 
ses tout aussibienque leGynerïum, devient facile àmultiplier,et il 
en existe déjà à Segrez de jeunes pieds en grand nombre issus de 
la floraison de l'année dernière. — Quant au Ligmtrina amu- 
rensi's, c'est un charmant arbuste intermédiaire aux Lilas ou 
Syringa et aux Troènes ou Ligustrum. Il tst aussi interniédiaire 
jusqu'à un certain point aux arbustes toujours verts et à ceux à 
feuilles tombantes, car il perd annuellement la plus grande partie 
de ses feuilles, à l'automne, mais il en garde, pendant tout l'hiver, 
un certain nombre qui ne tombent que lorsque les nouvelles se 
développent; l'arbuste montre S€S grandes panicules de fleurs 
blanches un peu plus tard que le Lilas, ce qui ajoute à soii intérêt. 
Il est en outre complètement rustique, car il n'a nullement souffert 
des froids de l'hiver dernier, et, ce printemps, il a une floraison tout 
aussi belle que l'a été celle de l'an dernier. En somme, c'est une 
espèce d'un grand mérite qui n'est certainement pas encore aussi 
répandue dans les cultires d'agrément qu'elle mériterait do l'être. 



SÉANCE DD 27 MAI 1S80. 287 

W. Lavallée pense que les pieds qu'il en possède n'appartiennent 
pas au vrai type de l'espèce, tel qu'il a été trouvé dans la région 
de l'Araur par M. de Maximowicz, à qui on en doit l'importation 
en Europe, mais bien une variété qui croît naturellement en 
Chine. 

4° Par M. Daudin, propriétaire à Boissy près Chaumont en Vexin 
(Oise), un cône de Pinus Coulteri venu sur ua beau pied âgé de 20 
à 25 ans, quia succombé au froid de cet hiver, et des cônes du 
Pinus tuberculata récoltés par lui sur un arbre de sa collection qui 
a été également tué par lefioid. 

5° Par M. Tavernier, dix fldcons d'une poudre insecticide com- 
posée par lui, dont il ne fait pas connaître la composition. 

6» Par M. Eon, rue des Boulangers, 13, à Paris, un thermomé- 
/ro^ra/jAe électrique inventé par lui. — Une Commission nom- 
mée dans le sein du Comité des Arts et Industries est chargée 
d'examiner cet appareil et d'en faire l'objet d'un Rapport spé- 
cial. 

M. le Président remet les primes aux personnes qui les ont 
obtenues. 

M. le Secrétaire-général procède au dépouillement de la corres- 
pondance qui comprend les pièces suivantes: 

1° Une lettre par laquelle M. Audusson-Hiron, fils, d'Angers, 
qui avait été prié de représenter la Sociélé centrale à l'Exposition 
du Mans, exprime son regret de ne pouvoir remplir cette mission. 
— M. Fargeton (Louis), horticulteur à Angers, voudra bien rem- 
placer M. Audusson-Hiron à cette Exposition. 

2° Une lettre de M. Leguay, rue des Ouches, 36, à Argenteuil 
(Seine-et-Oise), qui demande qu'une Commission soit chargée 
d'aller visiter ses cultures de Vignes et d'Asperges effectuées à 
l'aide de la charrue vigneronne. M. Leguay exprime le désir que 
la visite de cette Commission ait lieu vers la fin de cette semaine, 
la saison étant déjà très avancée, pour les Asperges. — La 
Commission chargée de visiter les cultures de Vignes et d'As- 
perges de M. Leguay sera composée de MM. Beurdeley, Curé, 
Hébrard, Lhérault (L.j, iPageot et Siroy. Elle se rendra chez ce 
cultivateur, le 1^' juin prochain. 

^^ Quatre réponses au questionnaire publié par la Sociélé 



^88 PllOCÈS-VERBADX. — fÉAXCE DU 27 MAI 1880. 

cenirale en vue d'obtenir des renseignements précis sur les elTets 
produits par le froid exceptionnel de l'hiver dernier, dans les 
cultures de toute la France. Elles sont dues à M. Seillau, conseil- 
ler généra', ?i Mirande (Gers); à M, Hautin (Fréd.), horticulteur- 
pépiniériste, à Lambézellec près Brest ; à M. L. Hcbrard, rue de 
Wattignie, 13, à Paris, qui s'est occupé des janlins situés dans la 
section de Bercy-Paris; enfin à M. Hémar, de Saint-Denis, qui 
a relevé les dégâts subis par la culture potagère dans la circon- 
scription de Saint-Denis et Stains. — Ces utiles documents sont 
renvoyés par M. le Président à la Commission chargée de l'en- 
quête sur les effets du froid de l'hiver dernier. 

4° Une demande de Délégué devant prendre part aux travaux 
du Jury de la prochaine Exposition de Melun. — M. Hérincq 
veut bien se charger de représenter la Société centrale en cette cir- 
constance. 

Parmi les pièces de la correspondance imprimée, M.le Secrétaire- 
général signale un article récemment publié par M. le docleur 
Maurice Girari^, dans le Manuel général de l Instruction primaire^ 
n°du 8 mai 1880, sur la manière dont doit être, selon lui, ensei- 
gnée la Botanique dans les écoles primaires et primaires supé- 
rieures rormales. Il donne un résumé de cet article qui a ét<^, 
dit-il, inspiré par une parfaite connaissance des moyens dont 
dispose la pédagogie en même temps que des besoins et des 
ressources delà science. 

M. le Prési lent rappelle que l'Exposition générale qui doit 
être tenue p^r la So iété, dans le Palais de l'Industrie, s'ouvrira le 
5 juin prochain. Il ajoute que, comme de coutume, MM. les Mem- 
bres de la Saciété y seront admis gratuitement, en compagnie 
d'une dame, sur la présentation de leur carte de Sociétaire. 

Il est donné lecture ou fait dépôt sur les bureau des documents 
suivants: 

{^ Note sur des Insectes et sur un Mollusque; par M. Girard 
(Maurice) . 

2" Rapport sur le moulin à vent conoïde de M. Debray; M. 
Hanoteau Rapporteur. — Les conclusions de ce Rapport, tendant 
au renvoi à la Commission des Récompense?, sont mises aux voix 
et adoptée?. 



NOMINATIONS. — SÉANCES DES 13 ET 27 MAI 1880. 289 

3", Compte reaJu île l'Exposition crHoriiculture de Rennes ; par 
JVL Leroy (Louis), pépiniériste à Angers (Maiae-et-Loire). 
M. le Secrétaire-général annonce de nouvelles présentations; 
Et la séance est levée à quatre heures. 



NOMINATIONS. 



SÉANCE DU 13 MAI 1880. 
ADMIS COJLME MEMBRE TITULAIRE 

M. 

Re-Ndu (Henri), ingénie ir, rae de Chabrol, 49, à Pari?, préseoté par 
MM. A. Hardy, Hector Poiret et Lecocq-Dumesnil, 



SÉAXCE DU 13 MAI 1880. 
ADMIS COMME MEMBRES HONORAIRES 

MM. 

1 . Brunette, rue Sainl-Remi, 7, à Epernay (Marne). 

2. Flandre, horticulteur, rue du Vivier, 54, à Amiens (Somme). 

3. M.\LEr (A.), horticulteur, a-i Plessis-Piquet (Seine). 



SÉiNCE DU 27 MAI 1880. 
ADMIS COMME MEMBiŒS TITULAIRES 

MM. 

1. Gaucher (J:an), chef des cultures de TE-ablissemeat horticole de 

M. F. Jamin, Graade-Rup, 1, à Biurg-la-Reine (Seine), présenté 
par MM. Ferdinand Jamin et Charollois. 

2. Launay, fils (Charles), entreproneur d^ jardins, rue du Petit-Chemin, 

30, à Sceaux (Seiae), préseaté pir MAI. Lequin et G. Fontaine. 

3. Meumer, propriétaire, rue de Trévise, 5, à Paris, et à Thjrigny 

(Indre), présenté par MM. Duvivier et Verlot. 

4. Normand (J.-M.-A.), jardinier chez M. Boginval, à Bellecojrt, par 

ChâlilIoa-sur-Loing (Loiret), présenté par MM. A. Landry et 
A. Roy. 

5. Roux (Auguste), jardinier chez M. Poupinel, rue Marchande, 15, à 

M)Qtrcuil-sous-Bois (Seine), présenté par MM. Lepère et Chevreau. 

6. Théault (^Auguste), jardinier au chà'.eaade Vaucresson (Sciae-et-Ûise), 

présenté par MM. Biuër et Bourré. 



>f9 



290 NOTES ET MÉMOIIIES. 

NOTES ET MÉMOIRES. 



Notice sur le Jardin d'essai ou du Kamma, près d'Alger (1); 

Par M. P. DUCHARTRE. 

Parmi lés établissements consacrés à la culture des végétaux 
qu'on recherclie pour leur beauté ou leur utilité, il en est bien 
peu qui égalent en importance et en intérêt le Jardin d'essai ou 
du Hamma situé aux portes d'Alger; aussi, outre les publica- 
tions officielles dont il a été l'objet, plusieurs articles lui ont-ils 
été consacrés, dans des journaux d'Horticulture étrangers -, même, 
en 4872, M. J. Clialon en a fait le sujet d'une notice étendue (2) 
qui doune une bonne idée de l'ensemble de ce jardin ainsi que 
des richesses végétales qui s'y trouvent réunies. En France, la 
Société centrale d'Horticulture a souvent entendu le regretté 
A. nivière qui, en 1869, avait été chargé de diriger ce grand éta- 
blissement, lui signaler des faits curieux de végétation qu'il 
y avait observés, ou décrire avec un légitime enthousiasme 
les plus remarquables d'entre les végétaux exotiques qu'on y 
admire (3). Toutefois je ne crois pas que, à une date récente, 
personne parmi nous ait songé à donner une description générale 
de ce jardin, et cependant il me semble que, même après la no- 
tice instructive de M. J. Clialon, qui, du reste, date aujourd'hui 
de huit années, et l'article spécial publié par A. Rivière à une 
date antérieure, il peut n'être pas inutile de dépeindre à grands 
traits cette belle création, afin d'en montrer l'état actuel, en 



(!) Présentée à la Société dans la séance du U mars 1880. 
N. B. Ea verlu d'uae décision de la Commission de Ilédaclion, le 
Journal indiquera déiormais la date de présentation de tous les articles. 

(2) Le Jardia d'essai d'Alger; notes d'un touriste; par M.Jean Chalon; 
Belgique horticole, 1872, p. 200-229. 

(3) Note sur cerlaius végétaux cultivés au Jardin d'essai du Hamma, 
près Alger (Algérie); par A. Rivière, iarduiicr-chef au Jardin du 
L'.ixcrabuurjr, Directeur du JarJia d'essai {Jown. de la Soc. iinp. et ccntr. 
d'Horticulture, %" série, 111, 1869, p. 408-116, 166-173). 



NOTICE SUR LE JARDIN d'eSSAI OU DU HAMJTA. 291 

s'appuyant sur des données exactes, mais non détaillées à l'excès. 
C'est ce que je vais essayer de faire en me basant en majeure 
partie sur les notes et les renseignements que j'ai pu recueillir, 
pendant un voyage en Algérie qui a eu lieu au mois d'octobre 
4879. 

Le Jardin d'essai doit ce nom à ce qu'il fut créé par le Gouver- 
nement français, en vue d'essais de culture des différents végé- 
taux exotiques dont il pouvait y avoir avantage à enrichir l'Al- 
gérie ; quant à son nom de Jardin du Hamma, il est formé d'un 
mot arabe signifiant marais, fièvre, et il rappelle l'état ma- 
récageux, à l'origine, du sol sur lequel il a été établi. Depuis 
longtemps cet état primitif a été complètement modifié et l'insalu- 
brité première de cette localité a cédé à des travaux d'assainisse- 
ment que rendait du reste nécessaires la création même de cul- 
tures soignées. Le terrain consacré primitivement à ces cultures 
était assez peu étendu et ne comprenait que 5 hectares; mais il a 
été ultérieurement agrandi, à ce point que la surface qu'il occupe 
actuellement n'est pas de moins de 60 hectares. Un souvenir his- 
torique se rattache à l'emplacement qu'il occupe. Ce lut en efiet 
sur ce point de la côte que, le 23 octobre 1541, fut débarquée 
l'armée avec laquelle Charles-Quint voulait punir l'insolente au- 
dace des pirates algériens, et dont, huit jours plus tard, l'amiral 
Doria ne put rembarquer que des débris sur ceux des navires de 
sa flotte qui avaient échappé à une violente tempête survenue icj 
26 octobre. 

Créé en 1832 par l'État et ensuite entretenu par lui, pendant 
trente-cinq années, comme Pépinière centrale du Gouvernement, 
le Jardin d'essai fut cédé, au mois de décembre 1867, à la Société 
générale Ali^érienne qui s'engagea à lui conserver le triple carac- 
tère de promenade publique, de pépinière, et ds Jardin scientifique 
ainsi que d'acclimatation pour les végétaux exotiques. Le premier 
de ces caractères s'est maintenu et même développé, grâce à sa 
proximité de la ville d'Alger et à la multiplicité des moyens de 
transport qu'on trouve pour s'y rendre, grâce encore à la mei- 
-veilleuse beauté des plantations qui le garnissent et aux magni- 
fiques ombrages qui en résultent; quant aux deux autres, la suiie 
de cette note montrera qu'ils sont nettement accusés dans ce bel 



292 NOTES ET SIÉMOIRES. 

établissement. Depuis fa création jusqu'à l'époque où il a été cédé 
à la Société générale A'gérienne, qui en est encore aeluellemect 
propriétaire, c'est-à-dire pendant trente-cinq années, ce jardin a 
eu successivement pour directeurs, pendant quelque temps M.Bar- 
nier, ancien capitaine de vaisseau, M. Bérard, enfin ut pendant la 
plus grande partie de cette longue période, M. Hardy. En 1869, la 
direction en fut confiée à A. Rivière, qui resta en même temps 
jardinier-chef au palais du Luxembourg, et dont l'un des fils, 
M. Ch. Rivière résida sur les lieux en qualité de sou£-directeur; 
depuis la mort de notre regretté collègue, c'est M. Ch. Rivière 
qui en est devenu directeur. 

Le Jardin d'essai est situé à cinq kilomètres de la ville d'A'ger 
à laquel'e le rtlient la route de Constantiue voisine de la mer et 
celle d'Aumale, rapprochée des coteaux et que suit la ligne du 
tramway conduisant à Hussdn D-y. Cette dernière route le divise 
en deux parties inégales d'étendue et de situation : au nord s'é- 
tend le jardin proprement dit ou la partie plane, dont l'étendue 
est d'environ 35 hectares, nommée dans le pBjs Jardin public, et 
qui s'étend jusqu'à la mer tout près de laquelle elle est traversée 
par la route de Co/utantine ; au sud se trouve la partie trace'e sur le 
flanc d'un grand coteau, qui ne mérite guère le nom de jardin, 
mais qui eA occupée par des plantations considérables et très 
intéressantes de végétaux l'gneux. C'est à peu pi es uniquement 
de la première de c s deux parties qu'il sera question dans cette 
notice. L'entrée principale en est située sur la route d'Aumale, 
en face d'un groupe pittoresque de constructions arabes qui com- 
prend une fontaine ou plutôt un abreuvoir, et un café en dôme, 
connu sous le nom de café des Platanes à cause des grands 
aibres de celte espèce qui ombragent l'espèce de terrasse située 
au-devant. 

C'est principalement à la culture des végétaux originaires de 
centrées plus ou moins chaudes qu'est consacré le Jardin d'essai, 
et ce sont en ( tî>t les magnifiques exemplaires par lesquels ces 
vt gétiux y sont représentés qui frappent d'admiiation le visiteur 
quel qu'il soit, dès qu'il pénètre dans cette enceinte privilégiée. 
11 faut que ces végétaux plus ou moins délicats trouvent là un 
climat favorable à leur développement, ou qui tout au moins n'a- 



NOTICE SUR LE JiKOIN d'eS?AI 00 DU HAJIMA. 23 i 

mène pas, en hiver, des températures ^ssez bisses pour leur êtr^ 
sérieuenient nuisibles ; c'est en eff:;t ce qui a lieu. La bande de 
terre en plaine qui, au fond du golfe d'Alger, et sous le parallèle 
de la ville, s'étend entre la mer et les coteaux, jouit d'un clim t 
local terapéré-chaud, qui permet la cu'ture eu plein air des végé- 
taux délicate. E le le doit non seulement à la latitude de 36° 47' 
sous laquelle elle est située, mais encore au voisinage de la mer 
qui est toujours plus chaude en hiver, mais au contraire un peu 
plus fraîche en été que Tair atmosphérique. Voici 1-s chiffres précis 
que fournissent à cet ég^rd les observations faites à Alger par 
MM. Ch. Gra 1 et P. Hagenmû'ler (1). 

Tableau 
des températures moyennes i" dans l'air 2° dans la mer. 

Janvier . \2°i 14°i 

Février IS^S MH- 

Mais 45°5 IS"! 

Avril . : 1607 45°7 

Mai 19°3 'I7°7 

Juin 22°o 2003 

' Juillet 2ô°3 22»5 

Août 27°i 2t°5 

Septembre 2i°8 2i°5 

Octobre 2000 • 2')°2 

Novembre 16°» 16"9 

Décembre 'l3«o 14°3 

Ce qui donne pi;ur la température moyenne des saisons : 

Hiver I 3''3 Vt'o 

Printemps 17°l 'i6"2 

Été 2503 2205 

Automne 20°3 19''8 

Dans de pareilles conditions th'ermométriques on peut dire que 
le froid ne se fait presque jamtiis sentir ; il se produit seulenunf, 
dans les hivers relativement rigoureux, quelques gelées passagères 

(1) Sur la température de la mer Mfdilerranée le long des côtes de 
l'Algérie {Bull, de la Soc. des Scienc. physiq , natur. et cUmatologiq. 
d'Alger, 4 877, p. 59-62, avec 1 labl.) 



T94 KOTliS ET MÉMOIUES. 

déterminées par un rayonnement énergique, ions un ciel re- 
marquablement pur (1). Un jardin placé sous un pareil climat est, 
si l'on peut ainsi parler, une vaste serre découverte dans laquelle 
viennent, sans difficulté dss espèces que cependant leur origine 
rend exigeantes en fait de chaleur. Mais il importe de faire obser- 
ver que c'est là un climat tout local ; que déjà les conditions de- 
viennent moins avantageuses. quand on s'élève sur les hauteurs au 
pied desquelles s'étend la plaine littorale, el que, surtout,il faudrait 
bien se garder de voir là l'expression du climat général de l'Algé- 
rie. 

Dans tout jardin et à plus forte raison dans un jardin soumis à 
de fortes chaleurs pendant la plus grande partie de l'année, la 
question de l'eau d'arrosement a une importance capitale. Sous le 
climat d'Alger, les pluies étant à peu près circonscrites dans la 
seconde moitié de l'automne et la première de l'hiver, se rédui- 
sant enfuife à quelques orages pendant la saison chaude f2), il 
importait avant tout de se procurer de l'eau en quantité suffi- 
sante pour entretenir en tout temps une vigoureuse végétation. 
On est parvenu, sous ce rapport, à un résultat satisfaisant grâce 
à un bon aménagement de sources qui existent dans les monta- 
gnes voisines, et la masse de ce liquide qu'on peut ainsi fournir 
au Jardin d'essai est évaluée à environ 500 mètres cubes par Si- 
heures. Mais tout énorme qu'elle paraisse, cette quantité n'est 
que suffisante, et même quand le débit des sources diminue, au 
mois de juin, les irrigations deviennent forcémentplus ou moins 
inconaplètes. Un calcul peu compliqué me permettra de justifier 
cette assertion. 



(I) Toutefois pendant l'hiver de 1 877-1 87S, le rayonnement du sol a été 
assez énergique pour abaisser, pendant quelque temps, la température de 
la couche d'air comprise entre sa surface el Om 30 de hauteur, jusqu'à 
—408. Par opposition, le 8 août 1877, un coup violent de sirocco a élevé 
la température, à l'ombre, jusqu'à 44» 9, en abaissant l'état hygromé- 
trique de l'air au-dessous de 12 pour 100. Les végétaux du Chili et du 
Japon en ont souffert horriblement. 

(2) Il y a rarement des orages en juillet, août et septembre. 



NOTICE SUR LE JARDIN DRESSAI OU DU HAMMA. 295 

Des personnes bien au fait de la culture jardinière dans les par- 
ties chaudes du liUoral de notre Provence m'ont assuré avoir 
recon; u par leur expérience que là, pour obtenir en tout temps 
une bonne végétation, il faut donner annuellement un mè're cube 
d'eau par mètre carré de terre. Si cette mesure est exacte pour 
la Provence, elle ne peut guère être regardée comme exagérée 
pour le climat et le sol de l'Algérie littorale. Or, à raison de 500 
mètres cubes d'eau par jour, le Jardin d'essai reçoit 15 000 mètres 
cubes par mois et 180 000 par année. Si sa surface est de 35 bec- 
tares, en réduisant cette étendue de o hectares pour la portion oc- 
cupée, tant par les allées et sentiers que par les bâtiments et les 
plantations con irriguées, il reste encore 30 bectares, c'est-à-dire 
300 000 mètres carrés de terre exigeant des arrosements abon- 
dants. Gbf-que mètre carré ne pourrait donc recevoir la totalité du 
volume d'eau qui est regardé comme nécessaire sur un point sep- 
tentrional de la région méditerranéenne, et il importe d'ajouter 
que, surtout depuis quelques années, les pluies sont trop peu 
abondantes pour compenser cette insuffisance (1). Si le résultat de 
ce calcul était exact, il me semblerait donner l'explication d'un 
fait qui m'a frappé ; c'est qu'une grande pièce d'eau consacrée à 
la culture des plantes aquatiques se trouvait presque à sec à l'épo- 
que oiî j'ai visité le Jardin d'essai, dans la première quinzaine 
d'octobre, et que les Nelumbium qui en forment le peuplement 
principal faisaient alors, pour ce motif, assez piètre figure (2). 
Quoi qu'il en soit à est égard, des rigoles s'étendent dans toutes 
les parties du jardin qui doivent être arrosées et leur nombie 
ainsi que leur multiplicité permettraient de donner aux cultures. 



(1) La quantité moyenne d'eau que donnent les pluies, au Hamnaa, est 
de Om 70 j mais ce chiilre a éié rarement atteint dans ces dernières an- 
nées, et il descendu au-dessous de 0™ SO, en 1878 et 1879. 

(2) D'après les renseignements que je dois à M. Ch. Rivière, la végé- 
tation àes Nelumbium est belle jusque vers la mi-juillet ; mais elle perd 
rapidement de sa vigueur, à partir de cette époque, la sécheresse étanl alors 
grande, et la diminution notable du volume d'eau que donnent dès lors 
les sources ne permettant pas d'en neutraliser les efTets. 



296 ^ NOTES ET MÉMOIRES. 

surtout de jeunes planis, une quanlilé dVau plus considérable 
encore que celle dont on peut disposer. 

Le tracé du jardin d'essai proprement dit est fort simple : le 
terrain qu'il occupe en pkine est à peu près rectangulaire et bordé, 
au nord, c'est-à-dire près de la mer, par la route de Constantine 
et le chemin de fer d'Alger à Oran, au sud, c'est-à-dire au pied 
des coteaux, par la route d'Aumale. Ce grand espace est comme 
encadré par une large allée ou boulevard périphérique, sur ses 
trois côtés sud, nord et ouest, et il est bordé au sud par une allée 
droite, la célèbre allée de L^taniers, qui laisse entre elle et la 
limite méridionale du jardin un large espace occupé par de vastes 
bâtiments d'habitation et d'exploitation, ainsi que par certaines 
plantations. Le grand rectangle ainsi encadré est divisé par deux 
longues allées transversales, par conséquent parallèles à l'allée des 
Lataniers, c'est-à-dire allant à peu près de l'ouest à l'esî, en trois 
larges bandes que trois allées longitudinales ou dirigées du sud au 
nord, subdivisent en douze grands cairés de culture ; ces vastes 
carrés, subdivisés à leur tour par des sentiers et creusés de nom- 
breuses rigoles d'irrigation, sont consacrés aux pépinières, à la 
multiplication et à l'élevage du plant. 

Ce tracé fort simple est moditié dans l'angle sud-est du terrain; 
là, en effet, a été établi un jardin dit anglais, dont les allées si- 
nueuses circonscrivent de magnifiques massifs formés chacun 
d'espèces d'un même groupa naturel ou d'un petit nombre de 
groupes naturels analogues. Dans ce jardin anglais a été creusée 
une grande pièce d'eau à contour ovale, peuplée de Nelumbium^ 
au milieu de laquelle s'élève une île occupée par une masse com- 
pacte de Cyperus Papyrus bauts de 3 à 4 mètres, qu'entoure une 
élégante bordure de Cyperus alternlfoUus moins élevés. Il est diffi- 
cile de se faire une idée de la légèreté et de l'élégance de cet 
énorme bouquet de Papyrus dont les proportions sont au moins 
doubles de celles qu'on voit bdbiluellement à cette Cypéracée dans, 
nos jardins. 

Les végétaux qui les premiers frappent d'élonnement et d'ad- 
miration le visiteur européen, dès qu'il se mtt à parcourir le 
Jardin d'essai, sont ceux qui bordent les allées, soit longitudi- 
nales, soit transversales. 



NOTICE SUR LE JARDIN D'eSSAI OU LU HAlIMA, 297 

Eq face de la grande porte d'entrée située le long de la route 
d'Aumale s'étend la première des trois allées longitudina'es, dont 
la direction, on vient de le voir, est à peu près du sui au nord. 
Elle est bordée de Platanes qui, bien que n'étant âgés encore 
que de 34 à 35 ans, ont acquis déjà de trè;-fortes propoition?, 
indice certain d'une riche végétation ; mais ces beaux arbres, ap- 
partenant à une espèce fréquemment adoptée en Europe po ir les 
plantations d'agrément, n'ont rien de particulièrement saisissant 
•pour le visiteur. li en est tout autrement pour les végétaux qui 
bordent les deux autres allées parallèles à celle-ci, qui sont, en 
allant de l'ouest à l'est: iM'allée des Dattiers; 2o l'allée des Fi- 
cus Roxburghii. 

L'allée des Dattiers, plantée en 1847, est bordée, sur une lon- 
gueur de 410 mètres, de deux lignes de magnifiques Dattiers 
dont les troncs ou stipes mesurent pre-que tous une quinzaine de 
mètres de hauteur, et dépassent même assez fréquemment ces 
proportions. Avec ces beaux arbres alternent des Lataniers et de 
beaux Dragonniers {Dracœna Draco) dont le tronc porte de gros- 
ses branches de manière à ressembler assez à un gigante.'que 
candélabre et dont plusieurs monlraietit encore des f > uctiûsations 
à l'époque de ma visite L'effet de cette belle allé3 est saisis- 
sant. 

La troisième des allées longitudinales est borJée de magnifiques 
Ficus Roxburghii entremêlés de Magnolia gi^andiflora. Le Ficus 
Roxburghii est une espèce très voisine du Ficus {Urostigma) elas- 
tica vulgairement connu sous le nom de Caoutchouc, mais qui se 
distingue sans peine de celui-ci par ses feuilles échancrées en 
cœur à la base. Ces arbres frappent d'étonnemeni non seule- 
ment par la beauté tju'ils doivent à leur magnifique feuillage, 
mais aussi et bien plus encore par le*s particularités de leur végéta- 
tion qui se sont dessinées là presque aussi bien qu'elles puissent le 
faire sous le climat natal. Ces particularités se montrent princi 
paiement dans les plus fots d'entre eux qu'on admire, soit à l'in- 
tersection de cette allée avec celle des Chamœrops, dont il sera 
bientôt question, soit dans le massif consacré aux Ficm en 
général. Qu'on se figure en effet un gros troac assez irrégalier, 
souvent reltvé de fortes côtes arrondies, se ramiûauL à une faible 



298 NOTES ET JIÉMUIKES. 

hauteur en grosses branches, les unes étalées, les autres plus ou 
moins dressées; qu'on ajoute, partant de ces branches et des- 
cendant directement vers le sol, de nombreuses racines ad- 
ventivep, quelques-unes encore grêles et parfois contournées 
plusieurs ensemble comme en corde, la plupart énormes, ayant 
pris, depuis qu'elles ont atteint la terre, la grosseur et l'apparence 
de sortes de tiges supplémentaires, parfois aussi s'étant soudées 
à leurs voisine?; qu'on se rerrésente enfin cet a-^semblage for- 
mant, au lieu d'un tronc unique, une masse irrégulièie et plus ou 
moins discontinue, dans une épaisseur de 4 ou 5 mètres, et on 
aura une idée de ce que sont et de l'effet que produisent les étran- 
ges et magnifiques Ficus du Jardin d'essai. J'ajoute que ce re- 
marquable développeraenis'est effectué avec une rapidité vraiment 
prodigieuse, s'il est vrai, comme on l'atteste, que la plantation 
des plus beaux d'entre ces arbres ne remonte qu'à l'année 1863 ! 

Les trois allées transversal s du Jardin d'essai ne le cèdent pas 
en intérêt à celles dont il vient d'être question. Ce sont, succes- 
sivement et du sud au nord, l'aUée des Lataniers, celle des Bam- 
bous et celle des Chamarops excelsa. 

L'allée dite des Lataniers, qui s'étend de l'allée des Platanes à 
celle des Ficus, est bordée de ces beaux Palmiers {Livistona chi- 
nensis R. Br; Latania borbonica'LkWL. ti Hortul.), à gigantesques 
feuilles en éventail, qui s'y trouvent au nombre de près d'une 
centaine. Ces arbres sont très beaux, et leur tronc, qui n'a pas 
moins de 40-45 centimètres d'épaisseur, est haut en général de 4 
ou 5 mètres. On en remarque même une variété à feuilles dressées 
{Latania borbonica ereclaàu Catalogue) et à développement rapide, 
qui mesure plus du double de cette hauteur. 

L'allée de Bambous est la merveille du Jardia d'essai. Elle 
constitue le lieu de promenade le plus agréable qu'on puisse désirer 
dans un pays chaud, la voûte, élancée en ogive, que forment les 
gigantesques chaumes de ces Graminées, étant impénétrable aux 
rayons du soleil , grâce à leurs innombrables ramifications qui s'en- 
trecroisent en tout sens et qui portent un abondant feuillage. Et 
cette volîte, qui s'élève à 20 ou même 25 mètres de hauteur, se pro- 
longe sur une longueur de 340 mètres ! L'état de cette allée a été 
considérabkm. nt aniéiloié sous la direction d'Aug. Rivière; la vé- 



NOTICE SLR LE JARDIN d'ESAI OU LU HAMMA. £99 

gélation y est devenue plus vigoureuse et plus uniforme dès le jour 
cù, l'eau ayant été amenée en abondance au Hamma, on a creusé 
au pied des Bambous de larges rigoles d'arrosement qui réalisent 
pour eux la locution arabe, « le pied dans l'eau, la tête dans le 
feu y> ; en outr-^, le sol en a été empierré et nivelé, pendant l'au- 
tomne de Tannée 1876, opération importante qui non seulement 
l'a rendue plus commode pour la promenade, mais encore a déter- 
miné plus d'égalité entre les diverses parties de cette plantation 
dont l'âge n'est pas identique. L'espèce employée pour la formation 
de cette allée est un très grand Bambou, à végétation automnale 
et formant une touffe cespiteuse, que MM. Auguste et Ch. Rivière 
regardent comme ayant été confondu à tort avec le vrai Bambusa 
arundinacea Retz, et auquel ils donnent le nom de B. macrocul' 
mis, « en attendant, disent-ils, qu'onle rapporte aune plante déjà 
nonrimée (1). » Cette magnifique plante est celle « qui produit, en 
» Algérie, les plus grosses touffes, les plus longues et les plus fortes 
» tiges; au Jardin du Hamma, celles-ci atteignent rapidement la 
» hauteur prodigieuse de 15 à 25 mètres, sur un diamètre de 15 à 
1» 19 centimètres » (ÂrG. et Ch. Riv., Le, p. 184); seulement 
elle ne peut venir convenablement dans toutes les parties de notre 
colonie africaine, parcequ'elle nô résiste pas aux hivers tant soit 
peu Iroids, que d'ailleurs elle a besoin d'un sol frais et de beau- 
coup d'eau. 

Quant à l'allée des Chamœrops excclsa ou Palmier Chanvre de 
la Chine, elle est plus remarquable par la beauté des sujets qui la 
bordent, sur une longueur de 534 mètre?, que par l'effet que pro- 
duisent ces arbres. Il faut convenir en effet que leur faisceau de 
feuilles en éventail, de dimensions tout au plus moyennes pour la 
famille à laquelle ils appartiennent, semble un peu maigre à 
Textrémité d'un tronc qui, pour la majorité, ne mesure pas moins 
^e quatre ou cinq mètres de hauteur, et qui, pour plusieurs, 



(1) AuG. Rivière et Charles Rivière : Les Bambous, végétation, cul- 
ture, mulliplicatioa en Europe, en Algérie et généralement dans tout le 
bassin méditerranéen ; tirage à part de plusieurs articles publiés dans le 
Bulletin de la Société d'Acclimatation', in-8 de 364 pag. et nombr. fig; 
Paris ; \ 879. 



300 NOTES ET MÉMOIRES. 

dépasse plus ou moins notablement ce chiffre. Ce qui m'a beaucoup 
frappé dans cette allée c'est un groupe de tiès beaux Chamœrops 
envahis parun Lantana Camara [\) fleuri, qui, comme on en voit 
fréquemment en Algérie, s'est allongé au point de devenir une 
liane, et auquel s'entremêlaient dans tous les sens des tiges grim- 
pantes du beau Pharbitis Nil Choi-t charg'^es de grandes et belles 
fleurs. Cet élégant fouillis couvert de feuilles et de fleurs sem/Dlait 
être un échaiilillon dépaysé de l'opulente végétation des tropiques. 
La large allée péiiphérique qui entoure le Jardin d'essai sur ses 
trois côtés ouest, sud et est, et qui forme un boulevard bien plus 
propre que les allées dont il vient d'être pai lé à la circulation îles 
voitures, off"re un intérêt principalement botanique. C'est là sur- 
tout qu'a été réalisée l'une des conditions imposées par i'"Etat à la 
Société générale Algérienne,oellequi exigeait que l'on conservât au 
Jardin le caractère d'établissement scientifique en même temps 
que celui de jardin d'agrément et d'utilité directe. Ea effet, dans 
la platj-baode qui longe le bord intérieur de ce boulevard a été 
efi'ectuée la plantation de nombreux végétaux ligneux, pour la 
plupart frutescents, qui ont été groupés par familles, dans la 
généralité des cas, sans qu'on se soit assujetti à ks ranger toujours 
selon un ordre rigoureusement méthodique, ce qui du reste im- 
portait peu.- Souvent les espèces sont représentées là par des indi- 
vidus qui ont acquis un beau développe Tient ; mais parfois aussi 
IdS plantes sont chétives, soit que les»soins leur aient un peu 
manqué, soit plutôt que le sol ou le climat ne leur aient pas été 
favordbl;?. J'di même remarqué un certain nombre de lacunes 
probablement assez récentes pour qu'on n'ait pas encore eule temps 
de les faire disparaître (2). Sur la ligne occidentale du boulevarr^, 

(1) Dans les environs d'Alger, le Lantana Camara est quelquefois 
planté en haies de c'ôlure. Oq emploie aussi et itême plus fr- quemment 
au niêiDc usage V Acacia Farnesiana Willd. {l'achelia Farnesiana Wiciix 
et Arn.), le Cassier des Provençaux et des Languedociens, qui, sur les 
points excep'ionnellement abrités des Alpes- Mariiimes, est l'objet d'une 
culture très lucrative, à cause de l'odeursuave de ses fleurs. 

(2) Depuis que ceci a été écrit, j'ai appris que les lacunes que j'avais 
remarquées dans cette plantation sont l'effet des sécheresses exception- 
nelles de ces dernières années, ainsi que des extrêmes de température 
dont il a été question plus haut (voyez p. 294, 2'J5, en note). 



Notice sur le jardin û'£î?ai ou du hamma. 301 

j'ai distingué par-dessns tout de nombreuses et belles Araliacées, 
Aralia, Oreopanax, Paratropi'a, et del)eaux Cordia, des séries de 
Jasmins, de Ligustrum, etc.; sur la ligne orientale, ce sont les 
Acacias phyllodinés de la Nouvelle-Hollande, en riche collection et 
par individus remarquables, qui forment la portion principale de la 
plantalioD. Cette collectionest assez nombreuse pourgarniraussi une 
partie de la ligae méridionale; celle-ci offre surtout une belle série 
de Myrtacées, Metrosideros, CalUstemon, Eucalyptus elj'par-dessiis 
tout, i'nndes trésors du jardin, une rangée deGrevilkarobustaen 
grands ai bres auxquels leurs feuilles psnnée^ à plnuules très divi- 
sées et blanches eu dessous, do ment beaucoup de l-^gèreté, mais 
dont Ui cime est un peu irrégulière. On sait que-cette Proléacée 
fournit un bois d'excellente qualité, et le beau développement 
qu'elle aprisau Hamraa, sur un point très rapproché du bord de 
la mer, où dès lors elle est soumise sans abri à toute la violence 
du veat du nord, atteste en elle une rusticité qui pourra permettre 
d'en tirer un bon parti en diverses circonstances. 

Dans cette partie du Jardin et dans la plupart des autres, les 
plantes sont Êouvent^étiquetées; mais plusieurs lacunes exittent à 
cet égard. En outre, les éiiqueties élant simplement en bois et 
portant les noms peints à l'huile, n'ayant d'ailleurs élé ni re- 
nouvelées ni même repeintes depu's longtemps, sont, dans beaucoup 
de ca^ illisibles ou entièrement effacées. Il existe pour certaines 
plantes, notamment pour une très belle collection d'Agaie, dans 
le voisinage de la grande pièce d'eau, des étiquettes en fer qui 
portent les noms peints à l'huile ; mais là aussi le temps a parfois 
proJuit son eflet destructeur, et ça et Sa j'ai eu le regret de ne 
voir qae quelques lettres inintelligibles en place de noms que je 
désirais connaître. En somme, l'étiquetage des plantes appelle 
des améliorations ( < )• 



(t) Ces améliorations soat à la veille d'être réalisées. En ce monieat 
mè:ae, l'un des savauls proiesseurs du Muséum d'Histoire naturelle 
s'occupe activement delà déiermiQatioa rigoureuse des espèces cultivées 
au Hamma. Dès que ce grand travail sera^^suffisamment avancé, l'étique- 
tage des plautes du jardia sera refait aux poiuts de vue scieatilique et 
matériel. 



302 NOTES ET MÉMOIUi-S. 

Je m'étendrai peu sur les grands carrés compr.s entre les di- 
verses allées dont il vient d'être question. Ils sont tous consacrés 
à la multiplication et surtout à l'élevage des plantes de tout genre 
qui doivent être livrées au commerce. Ceux de ces carrés qui oc- 
cupent le côté septentrional du Jardin renferment les pépinières de 
végétaux rustiques, particulièrement d'arbres fruitiers de nos 
climats. 

Quant aux arbres fruitiers de climats plus chauds qui peuvent 
être utilement cultivés en Algérie, Anona, Persea ou Avocatier, 
Psidium, Diospyros^ etc., ils ont une large place réservée dans les 
carrés destinés à la poterie, parce qu'ils reprennent mal ou même 
pas si on en arrache le plant de la pleine terre et qu'ils doivent dès 
lors être élevés en pots. Ces arbres fructifient parfaitement au 
Ilamma et y donnent des fruits aussi bons que beaux; ainsi on a 
récolté dans ce jardin des fruits (syncarpes) de l'Awona muricata 
pesant 800 grammes, du Persea gratissima ruhra pesant 450gr.,etc. 
Les Goyaviers, Psidium pomiferum et piriferum y fructifient assez 
abondamment pour servir à faire d'excellentes confitures. On a 
même obtenu sur place de bonnes variétés de ces espèces (1). 

Les carrés situés plus vers le sud sont spécialement afiectés aux 
plantes délicates qui, en Europe, devraient être tenues en serre. 
Tels sont des Palmiers d'espèces diverses et nombreuses, des 
SirelUzia variés, plusieurs sortes de Ficus, le Panicum piicatutiit 
etc., etc. Ces vastes surfaces sont protégées contre les vents et en 
même temps contre les trop grandes ardeurs du soleil au moyen 
d'un immense voile terme de claies en roseaux que des iils de 
fer attachent à des traverses généralement en bambous. Ce voile 



(i) J'ai vu aussi la culture do ces arbres fruitiers exotiques prospérer 
dans le beau jardin du couvent des Trappistes, à Staouéli. Il y a là, entre 
autres, une plantation à'A7iona Cherimolia Mill., en pieds déjà beaux, 
dont plusieurs portaient des fruits au moment de ma visite ; de nombreux 
Goyaviers (Psidium), etc. II existe même dans ce jardin quelques plates- 
bandes d'Ananas que l'on cullive en pleine terre, bans autre précauliou 
que de les garantir des vents par des abris, surtout par des claies posées 
au-dessua. I^es fruits (syncarpes) que portaient ces plantes étaient beaux; 
mais plusieurs montraient une fâcheuse tendance à se ramifier dans leur 
partie supérieure. 



NOTE SUR LES ACARIENS PHYTOPHAGES. 303 

protecteur est soutenu par des pieds droits, à 2 mètres environ 
au-dessus des jeunes plantes qu'il doit abriter. Des rigoles rap- 
prochées amènent en abondance et à volonté dans ces divers car- 
rés de pépinière l'eau qui, combinant son action avec celle de U 
chaleur, détermine dans les plantes de toute sorte une végétation 
vigoureuse et un accroissement rapide. Là sont appliqués pour 
certaines plantes, notamment pour les Palmiers, des procédés 
spécia'jx de semis et d'élevage, qui sont dus en général à A. 
Rivière, et dont on trouve l'exposé dans divers passages du 
Journal de la Société centrale d'Horticulture. Cette portion indus- 
trielle et commerciale du Jardin d'essai est la principale raison 
d'être de ce grand établissement, depuis qa'il est devenu la pro- 
priété d'une puissante société financière qui, sans mettre de côté 
la question d'utilité générale, ni même", dans une certaine me- 
sure, celle d'intérêt scientifique, doit se préoccuper avant tout de 
la quantité de produits à livrer au commerce et des bénéfices à 
réaliser. Il est donc tout naturel que cette vaste portion éminem- 
ment productive du jardin soit celle vers laquelle se portent in- 
cessamment les soins intelligents de la direction. 

(A suivre.) 



Note sur les Acariens qui se nourrissent de végétaux vivants (1 ) ; 
Par M. Maurice Girard. 

Diverses communications récemment adressées à la Société et qui 
ont été renvoyées à mon examen, ont appelé mon attention, non 
plus exclusivement sur les Insectes, mais sur des Arachnides, Ar- 
ticulés d'une autre classa, et spécialement sur l'ordre dégradé des 
Acariens. Les connaissances que nous possédons sur ces animal- 
cules sont encore fort incomplètes et bien des détails donnés 
dans les mémoires les plus récents seront rectifiés par des obser- 
vations ultérieures. Cette note rapidement rédigée n'a nullement 
la prétention d'établir des faits nouveaux et inédits, mais de 
fournir des indications utiles à beaucoup d'horticulteurs, car les 
Acariens ont été encore bien moins étudiés que les Insectes. 

(1) Présentée à la séance du il mars 1880. 



30 ir AOl'ES ET MÉMOIRES. 

L^s Acaiiens adultes ont huit pattes généralement très courUs 
ou très grêles, pouvant porter des crochets, des cupules ou ven- 
touses de longs poils. Il en est qui sont de véritables farasites 
des animaux et qui .^ont ca| ables de causer des affections j Bori- 
ques, parfois fort redoutables; ce sjnt les Saicoptides. Les Aca- 
riens qui attaquent Its feuilles des Végétaux vivants ne doivent 
pas être regardés comme des parasites. Ils se nourrissent de ces 
feuille?, en causant à la plante un préjudice plus ou moins grave, 
absolument comme hs Allises et les Gbléruques, les Chenilles, 
les Limaces et les Golimr.çons. Les horticulteurs qui voudront se 
faire une idée des Acariens n'ont qu'à examiner une des plus 
grandes espèces, le Trombidion jaliné ou Araignée rouge des 
jardins. 

Notre collègue, M. Laizier, m'a remis, de la part de la M. A. 
Gillard, horticulteur à Boulogne-sur-Seine, une sorte de toile 
d'Araignée « coupant, dit la lettre d'envoi, les boutures et les 
semis à raz le collet, mène quand les bouturts sont reprises et 
les semis assez forts. » 11 y avait encore des Acariens dans les dé- 
bris peu reconnaissablts que j'ai reçus. Les auteurs du dommage 
sont des Tétianyques, dont une espèce semble dominer toutes 
les autres parce qu'elle est la plus commune et la (lus facile à 
observer. C'est l'ancien Acanis telarius de Linné, le Tetranychus 
telarius \iç,l\xt\, nu. Gamusm puur Lalreille, Fabricius et Guvier. 
De Géer et même antérieurement Réaumur s'étaient au!^si occupés 
de (( celte petite mite qui revêt Us plantes de toiles semblables à 
celle des Araignée?. » 

Lts Tetranyques les mieux connus sont ceux qai ont reçu le 
nom général de Tisserands, parce qu'ils sécrètent en abondance 
des fils d'une soie très fine dont ils recouvrent les végétaux. 
L'opinion commune est que, conformément à ce qui a lieu chez 
les Araignées, dont les Acariens sont une dégradation organique, 
les filières sont placées à la réjgioa anale et que lis Tetranyques 
tirent et étendent les fils avec leurs pattes agissant avec une 
grande rapidité. G^peniant le dernier observateur des Tetrany- 
ques, M. Donnadieua complètement r^jeié cette opinion; d'après 
ses observations, la nidtière visqueuse qui, durcie à l'air, forme 
le fil de soie, sort de la bouche, glissant le long des mâchoires en 



NOTE SUR DES ACARIENS THYTOPHAGES. 305 

Stylet; les loDgs palpes qui entourent la cavité buccale brossent 
ces stylets, ramassent la matière visqueuse et l'étircat en fils 
entre leurs extrémités. 

Selon le même auteur, ce 5ont les mâles presque seuls qui éta- 
blissent les toiles, en passant d'uue feuille à l'autre. Les femelles, 
qui tissent très peu, se glissent sans cesse sous ces toitures lé- 
gères et pondent contiouellement des œufs enduits d'une matière 
collante, les abritant surtout contre les nervures des feuilles; ces 
œufs sphériques et à peu près incolores sont très gros eu égard à 
la taille des pondeuses; il en sort des larves qui restent sous l'abri 
en piquant et suçant la feuille; d'abord n'ayant que six pattes, 
elles en prennent deux de plus à leur dernière mup. Alors, de- 
venus adultes, les Tétranyques se hâ'ent de quitter les feuilles 
sous lesquelles ils se sint développés, pour aller fonder de nou- 
velles colonies sur les parties de la plante encore indemnes ou 
sur d'autres plantes. Protégés par leurs toiles, ces microscopiques 
Arachnides se propagent avec une rapidité désolante; aux appro- 
ches de rhiver, ils abandonnent les plantes sur lesquelles ils 
avaient vécu pendant toute la belle saison, et vont se réfugier 
sous les p'erres, sous les écorces, sous les moussss, sous tous les 
détritus à leur portée, attendant le printemps pour se montrer de 
nouveau. 

Le genre Tétranyque propre renferme des Acariens dont le 
corps est ovoïde chez la femelle, très atténué dans sa partie pos ■ 
térieure chez le mâle, qui est beaucoup plus petit que la femellf^. 
Sur les côlés de la tête sont des yeux noirs ou rouges. Les pattes 
sont propres à la marche et inégales, les antérieures plus longues 
que les autres; elles se terminent pnr des tarses munis de deux 
crochets bifides et de quatre soies portant à l'extrémité des cu- 
pules contractiles, prises à tort pour des ongles par Léon Dufour, 
qui s'est servi de ce caractère pour créer le genre Tétranyque. 
Entre les pattes de devant on aperçoit une masse conique qui 
peut, à volonté, s'allonger dans le 'sens du corps ou s'incliner 
presque perpendiculairement au-dessous. Ce rostre ou si ç )ir est 
un assemblage de pièces variées qui entourent la cavité de la bou- 
che; des palpes fort gros et allongés, partant des côtés de la lèvre 
inféiieure, terminés par des crochets et des épines, entoufent 

20 



306 NOTES ET MÉMOIRE?. 

deux mandibules munies d'un crochet, entre lesquelles et en 
dessous se trouvent deux longues soies ou acicules. Ce sont ces 
pièces qui perforent le tissu de la feuille, afin d'opérer la succion 
de la sève. Lorsque le Tétranyque veut se procurer de la nourri- 
ture, on le voit se promener activement sur la face inférieure des 
feuilles, en l'explorant avec l'extrémité du rostre, jusqu'à ce qu'il 
ait trouvé un point facilement attaquable. Alors i'Acarien semble 
piqué debout, par son rostre, sur la face inférieure de la feuille. 
En efiet, le rostre h'est renversé en dessous, le corps se soule- 
vant, et le Tétranjqae, attaché par ses pattes antérieures, relève 
ses paltes pû»térieule^, qu'il replie contre la région terminale du 
corps, redressée presque verticalement. Toutes les parties du 
rostre entrent en mouvement et forment devant la bo'iche un 
îube d'aspiration par lequel les matériaux nutritifs sont absorbés. 
Les aliments se composent non seulement des sucs contenus dans 
les feuilles, mais encore de la chlorophylle, des membranes des 
cellules végétales, c'est-à-diie de tout ce qui entre dans la consti- 
tution du parenchyme de la feuilie, les nervures seules résistant, 
en général, à cause de leur dureté. 

Les Tétranyques tisserands ont les glandes à soie très développées 
et font tous une toile, tantôt épaisse et fournie, tantôt mince et 
claire, quelquefois à l'état de véritable tissu, d'autres fois à l'état 
de simples fils. Ce serait par centaines qu'on en compterait les 
espèces si, à l'instar de certains auteurs, comme Koch et Boisdu- 
vàl, on tirait leur nom du végétal sur lequel on les rencontre. La 
même espèce peut se nourrir de végétaux très différents, et, en 
réalité, on ne connaît encore qu'un petit nombre d'espèces de ces 
Tétranyques à toiles, réellement distinctes par des caractères 
anatomiques extérieurs. En outre, le corps mou de ces Acariens 
est translucide et paraît de couleurs très variées suivant l'âge et 
la nature des végétaux dont les sucs remplissent le canal digestif 
de l'animal. Le mieux connu et le plus répandu de tous les Té- 
tranyques de ce groupe est le Teti^anychus telai^ius Linn., le Té- 
tranyque tisserand par excellence. La femelle est longue de l""" 3, 
le mâle de 0"" 7 à 0'"'"8. La couleur varie beaucoup, carnée, jau- 
nâtjre, verdâtre ou brunâtre; les pattes et le rostre d'un jaune 
pâle; les yeux noirs: le rostre conique et obtus; les palpes très 



NOTE SUR DES ACARIENS PErTCrHAGES. 307 

forts et très bien armés; le corps ovoïde, bombé eu dessus et en 
avant; les pattes armées de crochets forts et recourbés, celles du 
mâle beaucoup plus longues et plus fortes proportionnellement 
que celles de la femelle. L'œuf est globuleux, d'un jaune pâle, 
et donne naissance à une larve dont le développement est très 
rapide. Ce Tétranyque se montre au printemps, se propage très 
vite pendant l'été et disparait au début de l'automne; c'est 
l'espèce dont la vie est la plus longue. Elle s'attaque à tous les 
végétaux et se trouve liéquemment sur les Haricots, les Campa- 
nule?, la Rose d'Iode et l'Œillet d'Inde, les Roses trémières, le 
Dahlia, l'Acacia rose, les Liserons, le Sureau, le Charme, l'Orme 
et surtout le Tilleul, dont elle paraît beaucoup affectionner les 
feuilles. 

Une seconde espèce, très analogue à la précédente, et>t le Té- 
tranyque du Tilleul, Tetranychiis iiliarius Hermann ou major 
HermaNxX. La femelle devient très grande (i"""" 5), est brune, avec 
deux yeux rouges, tandis que le mâle reste très petit (0°"" 5) et 
d'un jaune verdâtre. C'est de juillet à août que ce Tt^tranyque se 
développe le mieux et envahit les plus grands végétaux. La 
femelle pond avec rapidité et reste voU-ntiers immobile, tandis 
que le mâle, très agile, est sans cesse occupé à la fabrication de 
la toile. L'espèce peut attaquer tous les végétaux, mais semble 
préférer les arbres ou arbustes à feuilles aisément attaquables, et 
principalement le Tilleul, au point de couvrir de toile l'aibie en 
entier en quelques jours. En moins d'une semaine, des allées de 
cent cinquante à deux cents Tilleuls sont envahies, à ce point que 
presque pas une feuille ne reste inhabiiée. Il y a encore quelques 
autres espèces de Tetranychus : ainsi le T. Ulmi Koch, se rencon- 
trant surtout sur l'Orme et sur le Broussonetia papyrifei^a ; le T. 
minor ou socius Hermann, verdâtre, le plus petit des Acariens tis- 
serands, n'ayant que O""""?, et très précoce; le T. phmistoma 
DoNNADiEU, en sociétés beaucoup moins nombreuses que les autres 
Tetranychus, ne s'élevant pas sur les arbres, mais lestani sur les 
plantes herbacées, surtout très basses; le T. lapidum Hermann 
ou rubescens Donnadieu, à corps entièrement rouge, souvent très 
foncé, ne faisant qu'une toile légère, se rencontrant très souvent 
sur le Prunier, le Cognassier, sur les Pétunias, etc. 



308 NOTES ET MÉMOIRES. 

Le fil d'un seul Tétranyque tisserand échappe, par sa ténuité 
extrême, non seulement à la vue simple, mais même à l'œil armé 
d'une forte loupe; mais comme les Tétranyques soat groupés par 
masses prodigieuses, les fils produits partons les individus s'ajou- 
tent les uns aux autres et finissent par former des toiles, extrê- 
mement fines à la vérité, mais pouitant très apparentes, qui 
enveloppent les feuilles, parfois même les fleurs et les jeunes 
tiges, retombant souvent au hasard, si elles n'ont pas été bien 
fixées de toute part. Les plantes, déjà gravement affiiblies par les 
succions multiples des Acariens, prennent bientôt une apparence 
pitoyable. Les toiles, d'abord blanchâtres, retenant l'eau et la 
poussière, paraissent promptement très sales et se collent de plus 
en plus sur les feuilles et les fleurs. La fonction de respiration 
est fortement entravée ; les fr^uilles deviennent jaunâtres ou gri- 
sâtres en dcsîus (maladie de U grise des jardiniers), avec des 
parties plus claires, formant des marbrures. Les bords (les feuilles ■ 
sont repliés ei roulés en dessous, la face inférieure blancbâ'.re et 
un peu luisante. Comme les dégâts peuvent s'étendre beaucoup 
et en très peu de temps, il est tiès essentiel pour les horticulteurs 
de s'occuper de la destruction des Tétranyq'ies tisserands. Les 
toiles, toujours très visibles, avertissent aisément les jardiniers de 
la préfence de ces hôtes malfaisants. Si quelques feuilles ou quel- 
ques liges s ulement sont envahies, le mieux est de les couper et 
de les biùler aussitôt. S'il s'agit de plantes annuelle», le plus 
simple et le plus court est d'en faire le sacrifice, de sarcler à 
blanc, passer la herse, puis le rouleau et ne rien laisser subsister. 
Quand les plantes attaquées sont des arbres ou des arbustes qu'on 
ne peut enlever, la question est plus difficile. Les injections de 
fleur de soufre ou de décoction de tabac sont peu efficaces, car les 
toilfS empêchent le mouillage. Oa se trouvera mieux de puissantes 
injections d'eau, avec de fortes pompes Raveneau, qui entraîne- 
ront beaucoup de Télranyques, comme le font les grandes pluie» 
d'orage, qui neitoy.-nt les plantes infestées. On peut encore ir jecter 
des solutions de polysulfure de calcium ou de sulfo-carbonale de 
po'asi=p, qui dégagent des g^^z ou des vapeurs toxique?. 

En conservant au mot Téiranyque l'extension que lui donne 
M. Donnadieu, il comprend d'autres Acariens phytophages très 



KOTE SUR DES ACARHNS PHYTOrHAGiS. 309 

nuisibles, qui ne foQt pas de toiles, mais déterminent, directe- 
ment ou indirectement, la production d'excroissances cheveiues 
quiépuisent rapidement les plantes. Ici la question entomologi- 
que se lie intimement à une question botanique de crypiogHmie, 
comme nous le verrons. Il existe des Tetranyques extrêmement 
petits, de 0°"°4 à 0'°"6, d'un jaune pâle habituellement, parfois 
verts si les feuilles qu'ils sucent ont beaucoup de chlorophylle, 
qui sont isolés et voyageurs à l'état adulte, mais dont la piqûre 
détermine sur un grand nombre de végétaux, et notamment sur 
les feuilles de Vigne, la production de galles érinéiformes dans 
lesquelles vivent les larves issues de ces adultes. Ils appartiennent 
au genre Phyloptus Dujardi:; ou Phy'ocoptes Thomas. La forme 
extérieure est tiès analogue à celle des Tétranyques tisserands; 
le rostre est court et volumineux ; les palpes ne sont armés que 
d'un seul crochet au lieu de deux, et les lancettes aciculaires de 
la bouche sont courtes et fortes. Au sortir de l'œuf au printemps, 
ils sont à l'état de larves à quatre pattes seulement, placées à la 
région antérieure du corps, près du rostre et dirigées en avant; 
le corps est allongé et vermiforme et porte des poils raides, lar- 
gement espacéf. Ces larves s'abritent dans le feutrage déterminé 
par les poils des Erineum et trouvent là le parenchyme à nu, 
facile à percer par le rostre. En outre ces larves quittent souvent 
leurs demeures et font des excursions à la surface des feuilles. 
Les anciens auteurs, Réaumur, Turpin, Dugès avaient aussi 
constaté que ces « mites » peuvent quitter leurs galles de refuge. 
Dujardin avait établi le genre Phytoptus pour ces larves à quatre 
pattes, car il leur voyait pondre des œufs et, à cette époque, on 
ne connaissait aucunement les faits de la parthénogenèse. Les 
métamorphoses que subissent ces larves ont été étudiées en Alle- 
magne par M. Scheuten, puis en France par M. Donnadieu, qui a 
beaucoup observé les galles é.inéiformes sur les Vignes et sur les 
Saules. 

11 y a là, d'après ce dernier auteur, une forme transitoire de 
reproduction asexuée par des œjfs, donnant une série de géné- 
rations dans la saison chaude, comme les Phylloxéras aptères des 
racines de Vigne pondent des œufs sans le concours de mâles. 
Ces larves tétrapodes, après avoir vécu tout l'été dans les galles 
érinéiformes, s'enkystent en automne, à l'aisselle des feuilles. 



310 NOTES ET MÉMOIRES. 

dans des kystes ovoï'ies postérieurement et amincis antérieure- 
ment et qui passent l'hiver. Il sort de ces kystes, au printemps, 
d'autres larves, celte fois à six pattes, pareilles à celles des Té- 
tranyqaes tisserands et donnant, après une mue, la forme adulte 
et sexuée, à huit pattes. Ces adultes vivent peu de tempv», s'ac- 
couplent, pondent et de leurs œufs naissent les larves à quatre 
pattes qui recommencent le cycle morphologique de l'Âcarien des 
galles. 

Tels sont les faits très étranges qui ont été publiés sur les Ar- 
ticulés producteurs des galles ériné'formes et qui ont grand betoin 
de nouvelles études. Deux opinions ont été émises sur ces galles 
et mes connaissances en botanique ne sont pas assfz spéciales 
pour me permettre de me prononcer. M.Donnadieu parait admet- 
tre que les galles résultant delà piqûre des Galiacares sont uni- 
quement des productions pathologiques dues à la sève et aux 
matières féculentes détournées de la fonction habituelle, et ana- 
logues aux galles chevelues ou Bédéguars des Églantiers, produites 
par la piqûre de la tarière des femelles de Cynipiens (Hyménop- 
tères) du genre Rlioditcs Hartig. D'autres auteurs, ainsi Tulasne 
et M. Géhin, de Metz, auteur de travaux sur les insectes nuisibles 
particulièrement à divers arbre? et aux Poiriers, supposent que 
la succion de l'Acarien fait naître une galle qui sert bientôt de 
support, comme un terrain propice, aux sporules d'un Crypto- 
game. Comme on le voit, rAriiculé intervient toujours, soit 
comme cause unique, soit comme cause primordiale, dans l'appa- 
rition de ces galles ou de ces Champignons. 

Cette question vient se rattacher à l'examen de ces productions 
chevelues des Poiriers, qui ont été adressées à notre Société, de 
la part de la Société d'Horiiculture de Cholet (Maine-et-Loire), 
à la fin de 1 année 1879. Je ne m'étais probablement pas éloigné 
de la vérité en soupçonnant l'intervention d'animaux articulés, 
bien qu'on n'en trouvât aucune trace dans ces galles {Journal Soc. 
cent)\ d'Hortic.,Z^ série, l, 1879). Il sera très important de recevoir 
un nouvel envoi de ces galles chevelues, au printemps, lorsqu'elles 
commencent à se développer sur les premières feuilles des Poi- 
riers, Peut-être, si Ton rencontre des Acariens, pourrc-t-on recon- 
naître en eux l'espèce décrite par M. Scheuten sous le nom de 
Typhiodromus Piri et trouvée sur les Poiriers. Les horticulteurs 



NOTE SUÎÎ DES ACARIENS PHYTOPHAGES. 31 f 

ont à s'occuper fort peu de ces questions d'entomologift ci de cryp- 
togamie. Le seul point qui les intéresse c'est qu'on ne peut son- 
ger à détruire par les insecticides des animalcules véritabiemînt 
microscopiques et dont IVffi ayante fécondité serait augmentée 
par des larves ovipares asexuées. La seul remède c'est de couper 
et brûler et de sacrifier même ks arbustes fortement atteints. 

Un dernier groupe de Tétranyques, d'après la classification de 
M. Donnadieu, est celui des Errants, vivant en société sans cons- 
truire d'abri d'aucune espèce, n'ayant que des glandes à soie ru- 
diraentaires et la bouche faiblement armée de palpes labiaux peu 
développés, courts, parfois renflés {Brevipalpus), parfois amin- 
cis et effilés [Tenuipalpus) . Tous ces Acariens sont très petits (de 
0mm 3 à Qmni (^^^ colorés eu rouge, ainsi que leurs yeux qui se dis- 
tinguent tîès difficilement du corps. Les Tenuipalpus ont surtout 
été rencontrés à la face inférieure des feuilles garnie de poils nom- 
breux et serrés, où ces Acariens rencontrent un abri qu'ils seraient 
incapables de se créer; ainsi sous les feuilles du Laurier-Tin, 
de la Ronce ordinaire, parfois de l'Églantier. Chez le genre Brevi- 
palpm,\d faiblesse de l'armature buccale ne permet pas la .succion 
de feuilles sèches ou coriace*^ ; on les trouve courant sous les feuil- 
les de braucoup de plantes, comme /^Aî/^/floca, Primevère, etc. 

Voici l'indication de mémoires parus à diverses époques sui 
les Acariens phytophages sur lesquels cous appelons de nouvelles 
observation^. 

Réaumur'; Mémoire sur les Insectes, lll, p. 511. 

A. DuGÈs ; Nouvelles obsei^vations sur les Acariens [Anîi. des 
Se. nalur., l^sé^ie, 1834, II,' -104.) 

F. DcJARDiN ; Sur des Acariens à quatre pieds parasites des vé- 
gétaux {Ann. Se. natur.^ 3^ ^éùe, l8ai, XV.) 

Scheuten; Eimges l'.ber Milben{Archiv. fûrNaturg. (23- anné •, 
4857, p. i04.) 

Boisddval; Ordre des Acarides (Essai sur r Entomologie horti- 
cole; Paris, Donnaud, 48«7, p. 76 et suiv.) Les déterminations 
spécifiques sont très insuftisantes. 

A. L. Donnadieu; Recherches pour servir à V histoire des Tetra- 
nyques; 1875, Lyon, fï. Geoig; Paris, J.B. Baillière et fiis. 



3)2 RAPPORTS. 

RAPPORTS 



Rapport sur l'ouvrage intitulé Les Orchidées, par M. P.-E. de 
PiTDT, Secrétaire delà? ociéié royale d'Horticulture de Mons; 

(Éditeur J. Rothschild, à Paris) (1). 
MM. Thibault cIKeteleêr, Rapporteurs. 

Cet ouvrage est divisé en trois paities, la première contient 
huit chapitres : Notions historiques, Oigancgraphie et botanique, 
Distribution géographique, Climaîologie, Importation des pays 
d'origine, Séries et jardinage, les ennemis des Orchidées, Cul- 
tures spéciales. 

Celte partie est la plus considérable de l'ouvrage et est traitée 
avec beaucoup de développements. 

Dans les ciuq premiers cliapltres l'auteur donne d'abord d'une 
manière très intéressante l'histoire ancienne et moderne des 
Orchidées; puis la description de leurs organes, leur classifica- 
tion botanique et des notes sur la variation des espèces. Ensuite 
il passe en revue toutes les contrées du globe où elles croissent. 

Tout cela est accompagné de nombreuses vignettes intercalées 
dans le texte, donnant la représentation d'une partie des genres 
de la famille, leurs fleurs, leur facits et leur mode de végéta- 
tion. 

Vient ensuite une étude de climatologie appliquée qui sera très 
utile à consulter pour la culture des différentes espèces suivant 
les régions et Tallitude où elles croissent; enfin leur récolte, la 
manière de les emt aller, leur culture à l'arrivée et les soins à 
prendre pour leur reprise. 

Le chapitre \l indique les conditions requises pour la con- 
struction d'une bonne serre à Orchidées, le chaufTage, l'aérage, 
l'aménagement intérieur et la disir.bution. L'auteur examine le 
sol et les composts pour leur culture en pots, corbeilles, sur bois, 
etc., les engrais et agents chimiques, les arrosements et l'humi- 
dité atmosphérique. 

(\) Piésenléle 22 aviil 4î8a. 



SUR LES ORCHIDÉES PAR M. DE PUYDT. 313 

Suit une liste rjombreuse d'espèces ou variétés de choix les 
plus faciles à cultiver. Cette liste se compose d'espèces et variétés 
dites de serre tempérée-froide et est recommandée aux amateurs 
commerçmts. Il y aurait bien quelques réserves à Lire sur ces 
Orchidées dites de serre fioide, car notre expérience nous a appris 
qu'elles se trouvent beaucoup mieux à une température de 8 à 
4 degrés C. l'hiver qu'à une températute plus basse. D.ius tous 
les cas, une bonne serre tempérée est ce qui leur convient le 
mieux. 

Le chapitre VU est relatif aux maladies et aux insectes nuisibles 
et donne les moyens connus de détruire ces derniers ou d'atténuer 
leurs ravages. 

Le chapitre YIII est consacré à la culture des Orchidées fleuries 
dans les appartements, il est suivi d'un article très bien fait du 
Journal of Horticulture de Londres sur la culture spéciale des 
CypripediLm. Ce genre mérite d'être beaucoup plus répandu qu'il 
ne l'est encore; il ne demande pas de soins particuliers, la plu- 
part de ses espèces pouvant se cultiver dans une serre chaude 
ordinaire donnant de 8 à 12 degrés C. en hiver. Ce sont des 
plantes t! es attrayantes par leur floraison facile, par la beauté 
de leurs fleurs, leur divejsité de formes et de couleurs et sur'out 
par leur longue durée. Avec une collection d'un certain nombre 
d'espèces tt variétés on est certain d'avoir des fleurs toute 
l'année. 

La deuxième partie est une revue descriptive des Oichidées 
cultivées en Europe. Tous les genres y sont classés par otdre 
alphab^'tiqup, chaque genre accompagné d'une courte description 
et de l'indication des principales espèces et variétés avec quelques 
mots sur leur culture. 

La troisième partie se compose de cinquante chromolithogra- 
phies représentant cinquante belles espèces ou variétés accom- 
pagnées de leur description et culture. Les planches sont géné- 
ralement bien faites; malheureusement, quelques-unes des 
grandes espèces sont représentées à une échelle trop réduite pour 
donner une idée exacte de leur beauté. 

En résumé, c'est là un bon livre qui devrait être entre les 
mains de tous les amateurs de belles plantes. Puisse-t-il accroître 



314 RAPPCRT SUR UX TRAITÉ DE CULTURE MARAÎCHÈRE. 

UD peu le goût pour les Orchidées en France cù le nombre 
d'amateurs de ces plantes si intéressantes par la bizarrerie et la 
diversité de leurs formes et la richesse de leurs couleurs, est vrai- 
ment trop restreint. A ceux qui se font un épouvantail de leur 
culture ce livre prouvera qu'elle n'est pas plus difficile qn'autre 
chose, et qu'il n'est pas nécessaire d'avoir une étuve pour se 
donner la jouissance d'une jolie collection d'Orchidées. 

En raison de rimportance de l'ouvrage et des recherches con- 
sidérables que l'auteur a dû fdire, en outre de ses observations 
personnelles, pour le composer, nous propasons que ce Rapport 
soit renvoyé à la Commission des Récompenses. 



Rapport sur un Traité de Culture maraîchère 
PAU i\I. A. Dumas (I); 

M. N. Laizieu, Rapporteur. 

Messieurs, 

Le 26 février, vous m'avez fait l'honneur de me charger d'exa- 
m'ner un ouvrage sur la culture maraîchère, traité pratique, par 
M. A. Dumas, professeur d'Horticulture et d'Agriculture à l'école 
normale a'Auch. Ce travail n'est pas nouveau, puisqu'il est arrivé 
à sa 4e édition. Apres l'examen attentif que j'en ai fait, permettez- 
moi de vous dire qu'il mérite les plus grands éloges, surtout rela- 
tivement aux cultures potagères des contrées méridionales et du 
centre delà France, qui deviennent de jour en jour une nécessité 
indispensable pour ks nombreuses populations de ces départe- 
ments, C'et>taYec bonheur que je lemarque dans cet ouvrage que 
l'auteur a bien voulu s'étendre un peu sur tout ce qui concerne 
les jardins de campagne, et, s'il m'était permis de former un vœu, 
je dirais qu'il y a lieu d'engager l'honorable auteur, dans la pro- 
chaine édition de son ouvrage, à le perfectionner encore par 
l'addition des cultures de primeurs qui deviennent de plus en plus 
indispensables pour tous. 

(1) Présenté le 25 mars 1880. 



RAPPORT OE LA COMMISSION DES INSECTICIDES. 315 

RAPrORT ADRESSÉ A LA SOCIÉTÉ CENTRALE d'HORTICULTURE 
AU NOM DE LA COMMISSION DES INSECTICIDES (1); 

M. Maurice Girard, Rapporteur. 

La Commission des Insecticides s'est réunie le 27 avril 1880. 

]" M. Rosedu (Adolphe), de Deuil, a fait de nouveaux envois 
de ^d. poudre foudroyante, qui ont été remis à M. Alfred Gottin, de 
Sannois ; M. Charo'lois, de Vaugirard; M. Laizier, de Clicby. 

2° M. Reinié, d'Argenteuil, a adressé des échantillons d'une 
poudre, dite Végétalùie, contre les Pucerons, Chenilles et 
Fourmis. Ils ont été remis, pour faire des essais, aux horticul- 
teurs précédemment cités, et ces messieurs voudront hien en- 
rendre compte à la Commission. 

3" La Commission était saisie par le Conseil d'une proposition 
de M. Cellière, tendant à joindre à notre Exposition annuelle des 
spécimens de plantes et d'arbustes atteints de maladies causées 
par les Insectes, Cryptogames et autres causes, spécimens qui por- 
teraient une inscription indiquant le nom de la maladie et les 
moyens qui sont le plus en usage pour la combattre. 

M. Burelle propose que cette demande soit renvoyée à la Société 
d'Insectologie, dont les Expositions bisannuelles sont bien plus 
en rapport avec cet objet que l'Exposition de notre Société. 

La Commission reconnaît tout l'intérêt du p-ejetde M. Cellière 
et la grande utilité qu'une Exposition de ce genre peut offrir. 

Elle adopte et soumet à la Société d'Horticulture et à son Con- 
seil les conclusions suivantes : 

1» La proposition de M. Cellière est rejetée pour le Palais de 
l'Industrie, pour les motifs suivants : Des plantes malades produi- 
raient un effet désagréable et contraire aux intérêts des. horticul- 
teurs si elles faisaient partie d'une Exposition dont l'objet est, au 
contraire, de'présenter aux regards du public les plus beaux exem- 
plaires du règne végétal ; en outre, il pourrait y avoir de graves 
dangers d'infection des plantes saines par les plantes malades 
placées dans la même enceinte, et la Société s'exposerait à des 
plaintes légitimes de la part des horticulteurs. 

(1) Présenté le 13 mai 4 880. 



316 RAPPORTS. 

2^ La Commission exprime le vœu que l'utile Exposition indi- 
quée par iM. Cellière soit faite cette année par la Société d'Insec- 
tologie qui aura son Exposition, et qu'une demande lui soit 
adressée en ce sens par le Conseil. 

3^ La Cjmmission propose qu'en 1881, où la Société d'Issecto- 
logie n'exposs pas, une Exposition de plantes malades, hors du 
voisinatre de toute plante saine, ait lieu dans le local de notre 
Société. L^ programme de cette Exposition sera délibéré par la 
Commission des Insecticides et soumis au Conseil. 



Rapport sur la Culture forcée des Asperges au Thebmosiphon 
PAR M. CuEÉ (Charles) (1); 

M. Arnould-Baltard, Rapporteur. 

Messieurs, 

A la demar de de M. Curé, une Commission a été nommée pour 
examiner son syj-tème de culture forcée des Asperges au iheirao- 
siphon. LaGommissions'estrenduechtzM.Curé,rueLecourbp, 315, 
le 27 janvier; elle était composée de MM. Cotterenu, Millet, No- 
blet, Trillieux, Siroy, Vauvel et Arnould-Baltard, Rapporteur. Ss 
sont adjoints à la Commission MM. Burelle, Carrière, Clurollois, 
Mailleux et Ihrcly accompagné de ses deux jardiniers principaux, 
MM.Dumur et Pilon. La présence de ces nouveaux Membres montre 
toute i'impoi tance attachée au nouvel essai de M.Guré, dont l'intel- 
ligence et l'initiative oit déjà été appiécioes plusieurs fois par la 
Société. En eflfet, depuis l'arrivée des légumes provenant du Midi, 
les maraîchers recherchent les moyens de lutter contre cette re- 
doutable concurrenceet même delà devancer par l'étude à nouveau 
de l'emploi du thermosiphon. 

Nous croyons utile, pour comparer la culture des Asperges au 
thermosiphcn avec la culture forcée des Asperges aii fumier, telle 
qu'elle se pratique à Paris, de rappeler celle-ci ; il ne restera plus 
qu'à indiquer les différences entre les deux procédés. 

Dans la culture ordinaire forcée au fumier, la graine ftt semée 
sur couche chaude, au commencement de février; quelques cul- 

(1) Présenté le 26 février 1880. 



SUR LA CULTURE FORCÉE DES ASPERGES AU THERMOSIPHON. .'^7 

tivateurs la repiquent en avril, également sur couche; puis, au 
mois d'août, le plant est mis en place. 

Le terrain destiné aux Asperges est généralement celui des cou- 
ches qui viennent de donner leur récolte de Melons; les sentiers 
sont défoncés et la terre rejelée sur les couches, puis tout le ter- 
rain est nivelé, défoncé à environ deux fers de bêche, de façon à 
bien mélanger terre et fumier; les planches sont dressées avec la 
largeur ordinaire de 1" 33, et elles sont séparées entre elles par un 
sentier de Om 50 à 0^ 66 de largeur. 

Les Asperges sont plantées sur quatre rangs, de manière à en 
mettre de seize à vingt par panneau, mais plus ordinairement seize. 

L'année qui suit la plantation, les planches sont recouvertes de 
bon paillis ; puis on y fait une première saison de salades avec se- 
mis de Carottes; ensuite on peut, le long des planches, planter une 
rangée de Choux, ou bien, de fin octobre à janvier, y mettre du 
plant de salade en pépinière. 

Dans la deuxième année il n'est fait aucune récolte sur les 
planches. 

C'est pendant l'hiver qui suit, c'est-k-dire deux ans après laplan- 
tation, que l'Asperge e^t forcée; pour cela, ordinairement dès le 
mois de novembre, après avoir placé les coffres, on creuse les sen- 
tiers de 0° 63 à 0™ 70 de profondeur, en coupant toutes les ra- 
cines que l'on rencontre; la terre est rejetée sur les planches. Quand 
on veut commencer à forcer, on remplit les sentiers de fumier 
neuf dont la hauteur atteint de Cm 80 à Cm 90; les coffres sont 
recouverts de leurs châssis. Qaand on constile que les réchauds 
se refroidissent, on les remanie eu ajoutant une certaine quantité 
defumier neuf; cette opération se fait à peu près tous les quinze jours, 
suivant Télat de la températurf ; les réchauds sont généralement 
remaniés trois fois ; quelquefois cependant il faut le faire une qua- 
trième fois. 

Le p'us ordinairement, vingt-cinq jours après le commencement 
de Tojjérdtion.les A^perg^^s commencent à être bonnes à èlre cueil- 
lies. La cueille dure de cinq à six semaines; naturellement les 
premières Asperges à cueillir se trouvent le long des sentiers; 
mais ce sont aussi les griffes ainsi placées qui sont le plus vite 
détruit-^s. 



3)8 RAPPORTS. 

La cueille se fait à la main et jamais au couteau ; on descend 
avec le doigt aussi près que Ton peut de la griffe et on brise l'As- 
perge sur le collet de la racine. 

Après la récolte, on enlève coffres et châssis qui sont employés à 
d'autres cultures, particulièrement pour la première saison de Me- 
lon?; puis les sentiers sont remplis avec la terre qu'on a jetée sur 
les planches, en creusant les sentiers. 

Les planches d'Asperges donnent ensuite une ou deux saisons 
de Radis qui arrivent à une fort bonne époque pour la vente. 

Les maraîchers ont constaté qu'il y avait avantage à forcer tous 
les ans les mêmes planches d'Asperges. Si on les laisse reposer 
une année, l'année qui suit donne une trèi grande quantité d'As- 
perges, mais fort petites. 

Un plant d'Asperges dure de sept à dix ans, y compris les deux 
années de plantation. 

La récolte est (ienrès d'une botte par panneau, la première année; 
puis elle tombe presque aussitôt à deux tiers et enfin à une demi- 
botte par panneau, car elle diminue chaque année par-suite de la 
disparitionetde l'épuisement successifs des grifi'es- Comme nous l'a- 
vons dii, ce sont les griffes placées le long des sentiers qui meurent 
les premières. 

La grosseur des bottes est uniforme; on les fait dans un moule 
constant, presque circulaire, qui donne à la botte de Om 45 à Om 60 
de ( ourtour. S livant la grosseur des Asperges, une botte en con- 
tient de quarante à soixante-cinq. 

Le prix en est très variable, suivant l'époque, l'abondance et la 
beauté. Les premières peuvent se vendre de 40 à 50 francs, puis 
tomber de 1 à 1 2 francs. A 20 francs la vente en est très facile, 
et alors elles sont vendues très facilement pour l'étranger. Ce prix 
est un peu supérieur à la moyenne des deux dernières années 
pour les mois de janvier et février. 

Pour la culture au thermosiphon, telle qu'elle est pratiquée par 
M. Curé, l'ensemble des travaux préparatoires difïère peu des 
travaux et de la culture au lumier. 

M. Curé a toujours soin de repiquer en avril le plant d'Asper- 
ges. Lors de la mise en place, en août, les 'griffes sont établies 
sur deux rangs qui sont éloignés l'un de l'autre de 0'" 40 à 



SUil LA CULTURE FORCÉE DES ASPERGES AU THERMOSIPHON. 319 

Om 50 pour le passage du tuyaux. Les planches ne sont 
séparées entre elles que par un sentier de Om 30 ; celui-ci, 
dans la culture des Asperges forcées au fumier, doit avoir de 
Cm 50 à 0™ tO pour la confection des réchauds. 

Lorsque le moment du forçage est arrivé, c'est-à-dire dans 
l'hiver qui suit la troisième année de la plantation, après avoir 
posé les coffres, les tuyaux sont placés au milieu de la planche 
d'Asperges entre les deux rangs. On les descend le plus près pos- 
sible de la racine, toutefois sans y toucher pour ne pas l'altérer ; 
enfin toute la plancha, y compris le tuyau, est recouverte de 
Om 25 à Om 30 de bon terreau. Dans trois planches, M. Curé a 
séparé le tuyau du terreau par de petites voliges ; mais il a 
trouvé que le chauffage se faisait mieux lorsque le tuyau 
était en contact direct avec le terreau. Les sentiers sont 
remplis sur une épaisseur de Cm 25 à Om 30 avec du fumier 
dont le but principal n'est pas de donner de la chaleur, mais 
d'empêcher le refroidissement des coffres. Au commencement 
de la cueille, M. Curé a donné un fort arrosage à ses planches. 

La température de l'air des coffies a été tenue de 15 à 20»; 
la terre contre les tuyaux était à près de 40o et ctlle contre les 
coffres de 25 à 30». Le chaufiage a commencé le <3 décembre; 
le 28, c'est-à-dire quinze jours après, on a pu commencer la 
récolte qui a duré jusqu'au 15 février et qui, cette année, a été celle 
d'une bonne récolte ordinaire. 

Après la récolte, les coffres, ainsi que la chaudière et ses 
tuyaux, sont tranportés ailleurs pour le chauffage d'autres cul- 
tures. 

Le terreau mis pour charger les planches doit être, dans 1 in- 
tention de M. Curé, laissé sur ces planches et servir ainsi les an- 
nées suivantes. 

La culture de M. Cyré comprend six longueurs de panneaux 
composées chacune de 1 5 panneaux. La chaudière se trouve 
placée au milieu de l'un des côtés ; l'eau chaude en sort par un 
tuyau qui, se bifurquant, s'étend à droite et à gauche ; sur ce 
tuyau se branchent quatre tuyaux de Om 09 de diamètre et 
qui CQjarentau milieu de quatre bâches ; arrivés à l'extrémité, ils 
aboutissent à un tuyau commun qui revient à la chaudière en se 



32) RAPPORTS. 

divisant pour chauffer les deux autres bâches. Sur la longueur 
des bâche», qui est de 19 mètre?, ou a donné aux tuyaux une 
pente qui donne une surélévation de Om Ma l'extrémité la plus 
éloignée de la chaudière. Les tuyaux sont formés de bouts de 
quatre mètres, dont la pose et la dépose se font très facilement; ils 
sont emmanchés à brides. - 

Pour comparer, au point de vue des frais, la culture forcée des 
Asperges au thermosiphon avec cette même culture au fumier, 
il faut tenir compte, dans l'une, de la dépense eu fumier plus de 
celle de main-d'œuvre et, dansl'auire, de la dépense en chauffage 
comprenant le combustible et bs frais propres à l'appareil de 
chauffage; à celte dépense il faut ajouter aussi celle de main- 
d'œuvre. 

Pour évaluer,au moinsapproximativement, les frais de la culture 
au fumier et pour se rendre compte de la. dépense en fumier, il 
est utile de rappeler que les marnichers achètent les fumiers, soit 
par tête et par journée de cheval, soit au mètre cube, et que les 
prix sont très variables. Nous avons pu constator en ce moment 
des prix variant de fr. 10 à fr. 18 par jour et par tète de che- 
val : dans les années précédentes, il avait atteint jusqu'à fr. 24. 
Dans ce mode d'achat, le fumier est enlevé à la voiture qui forme 
ce qu'on appelle une voie cubant environ six mètres cubes, ce qui 
correspond à peu près à la quantité d'une journée de cent chevaux. 

Ce fumier est long, paillcux, et par conséquent tiès léger. Il re- 
vient alors à 3 francs,en moyenne, le mètre cube, charrois non com- 
pris. Qiiand il est acheté au mètre cube et qu'il provient des ca- 
sernes ou de grandes administrations comme celle des omnibus, 
il est beaucoup plus fait, renferme moins de paille et est par con- 
séquent beaucoup plus lourd ; le prix moyen est actuellement de 
4fr. 50 le mèlre cube à prendie au dépôt. 

Il faut environ un mètre cube par panneau, tant pour la con« 
fection des réchauds des sentiers que pour les réchauds qui en- 
tourent toutes les planches et pour le fumier nouveau ajouté lors 
des trois ou quatre rentaniements des réchauds. Pendant le for- 
çige, ce fumier diminue de volume d'une façon variable, selon 
qu'il est plus ou moins consommé au moment de son emploi : 
quand il esttiès pailleux, des mai aichers estiment celte diiuinu- 



SUR LA CULTURE FORC/^E DES ASPERGES AU THERMOSIPHON. 321 

tien aux deux tiers; mais on peut estimer, en moyenne, que Ton 
retirera après le travail une quantité de fumier moitié de celle 
qui a été primitivement employée. Ce fumier, quand il est re- 
vendu, se vend à la culture de 3 fr. ai fr. 50 le mètre. 

A la dépense en fumier il faut ajouter celle en main-d'œuvre 
dont le travail, non compris la pose des coffres et des châàiis, qui 
a lieu dans les deux cultures, consiste dans la fouille des sen- 
tiers, l'apport du fumier, la confection des réchaud?, les trois ou 
quatre maniements de ces réchauds, l'enlèvement du fumier et 
enfin la remise dans les sentiers de la (erre qui a été employée à 
recharger les planches d'Asperges. 

Les frais de la culture au thermosiphon comprennent d'abord 
la dépense du chauffage qui se compose de la dépense en com- 
bustible et des frais propres à l'appareil. La dépen^^e en charbon 
s\st élevée à2fr. 50 par jour, du 13 décembre au 13 février; il 
est juste d'ajouter que M. Curé a employé en plus environ 1 dCO k. 
de charbon pour faire dégeler le sol des planches d'Asperges 
avant de les charger de terreau. Le mois de décembre a été cette 
année un mois exceptionnellement froid ; il est probable que, 
dans une année ordinaire, cette dernière dépense n'eût pas été 
nécessaire. M. Garé estime qu'il n'aurait pas dépensé plus de 
■chaufîage s'il avait chauffé ses 120 panneaux au lieu de n'en 
chauffer que 90. La dépense propre au thermosiphon se compose de 
rintéièt et de l'amoriissement des appareils. La chaudière est du 
«ystème Vaillant perfeciionné; elle a coûté 240_ francs; il y a pour 
près de 1 1 00 francs de tuyaux pour 1 28 mètres à 8 francs, ce qui 
fait un total d'environ 1 300 francs pour le coût de l'appareil. 

A cette dépense il faut i-jauter celle en main-d'œuvre qui est 
employée à la pose et à la dépose des tuyaux et de la chaudière, 
au temps nécessaire chaque jour pour le chauffige, à l'apport du 
terreau pour recharger les planches et à l'apport de la petite 
quantité de fumier mis dans les sentiers. Quant à la dépense de 
l'apport du terreau, dans les projets de M. Curé, elle ne doit pas 
se renouveler, le terreau restant en place et devant servir pour 
plusieurs années. 

Nous n'avons pas voulu préciser par des chiffres la dépense en 
main-d'œuvre nécessiire dans l'un et l'autre sysiè ne ; mais après 

21 



322 luriMUiS. 

en avoir causé avec plusieurs praticiens, il a >-en:blé que cette 
dépense était moins élevée dans la culture au theimosiphon que 
dans la culture au fumier. 

Nous avons rassemblé avec le plus de soin possible les éléments 
de tous les frais, laissant à chacun le soin d'établir ses calculs 
suivant sa position. 

M. Curé, qui pratique également la culture forcée des Asperges 
au fumier, pense que la culture au thermosiphon est plus avanta- 
geuse et qu'en tout cas, elle permet au maraîcher primeurisie 
o'è re m:îlre de son travail ; il peut combattre le froid ou l'ex- 
cès d'humidité qui, l'uQ comme l'autre, exercent une si grande 
influence sur la régularité du chauffage par le fumier, et en 
conséquence les Aspet^^es ou le produit cultivé arriveront à l'épo- 
que prévue et la plus avantageuse pour la vente. 

;M. Curé attribue à i'us;ige liu thcrmosiphon l'absence complèlô 
de rouille, maladie assez fréquente Ci.tle année sur les Asperges 
forcé(;s au fumier. Il espère que ses Asperges dureront plusloog- 
temps et que leur produit ne s'affaiblira pas autant que dans la 
culture au fumier, par ce fait que les racines ne sont pas détruite?, 
ce qui arrive lorsqu'on prend la terre des sentieis; eu outre, cette 
culture écouoajise un peu de terrain puisque les sentiers n'ont que 
0"' 30 iiu lieu d.eO'"60. 

Nous devons dire toutefois que, bien que les Asperges de M. Curé 
fussent fort belles, nous en avons rembarqué d'un peu plus fortes 
peut-être provenant de cultures au fumier; ce résultat pouvait 
êtieilûàun chauffage peut-être trop énergique qui, en faisant 
pousser trop vile l'Asperge, l'empêchait de pieudrrî du corps. Si la 
légère infériorité remarquée tient à cette cause, l'expérience saura 
y remédier. 

Après une seule ann-'-e d'expériences, la Commission ne peut 
pas se prononcer sur la valeur maraîchère de la culture des A.- 
peigesau iheimosiphon. 

L'emploi du tliermuiiphon en France remonte à près de cin- 
quante ans; il a été de suite appliqué avec le plus grand succès 
au chaufiage des serres, puis peu à peu au forçage de quelques 
arbres fruitiers et d'arbustes à Heurs, eomuie Rosieis et Lilas.Il est 
à remarquer que, pour ces arbres et ces arbustes, les éléments 



SJR LA CU.IUaE FORCÉE DZS ASPERGES AU THERMOSIPHON. û23- 

destinés à nourrir les prodr-its demandés, fruits et fleurs, sont 
comme emmagasinés d'.iViince dansle sujet. Le cas est analogue dans 
la culture de !a Chicorée sauvage, dite Barbe de capucin. L'horti- 
culteur ne demande pour ainsi dire rien aux lacmes, qui qiiel- 
quiifois sont abandonnées à une température très i)asse; la partie 
aérienne donne ses produits sans le secours, pour ainsi dire, delà 
partie souterraine. 

Si, au contraire, on veut provoquer une végétation complète d.;ns 
laquelle les racines jouent leur rôle indispensable, celles-ci doi- 
vent être fortement constituées afin de faire parcourir au végétal 
toutes les phases de sa végétation, depuis les plus jeunes feuilles 
jusqu'aux fruits; alors le jeune végétal ou la graine est placé dans 
le sol dont la température doit être bien supérieure à celle de l'air 
où la tige et les feuilles de la plante doivent se développer. Ce 
sont les conditions dans lesquelles on se place pour la culture 
forcée des légumes en primeurs, tels que Melons, Concombres, 
Carottes, Navets, etc. Ces légumes sont semés et élevés sur cou- 
ches chaudes, dont la tempéra' ure est bien f.u))érieurtf à celle de 
l'air où se développe le légume ; c^est égalcmpnt ce qu'on réalise 
dans les bâches à élevage et à multiplioation. Pour ces bâches, la 
chaleur est donnée ou par une couche chaude, ou par un thermo- 
siphon placé dans un double fond, sous la bâche ; il n'eu est 
séparé que par un plancher très mince, en sorte que la tempéra- 
ture do sol est beaucoup plus élevée que celle de l'air, sinon on 
arrive à ne produire que des plantes pour ainsi dire étiolées et 
sans fcrce. Peut-être est-ce pour avoir négligé celte relation 
indispensable entre la température du sol et cell-e de l'air que 
souvent r«;mp!oi du thermosipbon n'a pas donné les résultats 
qii'on en att-ndail; il nous semble que M. Curé en plaçant les 
tuyaux du thermosiphon aussi près que possible des racines et en 
chauffant le sol a agi d'une façon rationnelle. 

Il paraîtrait que déjà Gontier, qui le premier a appliqué en 
grand à la culture forcée des légumes le thermosiphon, dans son 
établissement de Montrouge, aurait essayé son emploi pour le 
forçage des Asperges. Un essai analogue aurait été également fait 
par Lenormand, l'habile miraîche'' dont le nom est at'.aché à la 
culture des Cioux-fleur^.. loi les tuyaux étaient placés dans le 



3*24 RAPJ'ORTS. 

fond des sentiers ouverts et recouverts de planches. Ces essais 
aura'enl échoué par suite de l'insuffisance de température, ce qui 
se comprend , les tuyaux étant au contact de l'air, celui-ci ayant une 
tiès fdihle capacité caloiitique et se renouvelant, quelques précau- 
tions qu'on ait prises. Il y a six ans, en 1873, M. Parent, de Rueil, 
s'appliqua, pendant trois années (onséculives, à li culture forcée 
des Asperges au theimosiphor, dans des conditions à peu près 
analogues à celles dans lesquelles se place M. Curé. 

Depuis plusieurs années, il est fait des efforts sérieux pour 
arriver, par des applications nouvelles et judicieuses du thermosi- 
phon, à des cultures fructueuses et pouvant lutter contre les pro- 
duits que les chemins de fer apportent du Midi. Des résultats pc- 
siiifs semblent acquis dans celte voie, particulièrement pour la 
culture des Carottes nouvelles, de la Giicorée sauvage, etc., sans 
parler de la culture des Asperges vertes dont le succès est certain 
depuis longtemps. M. Curé e&t un de ceux qui maichtntle plus 
résolument dans cette voie de progrès ; les conditions dans les- 
quelles il s'est placé semblent être les meilleures, car nous avons 
appris que plusieurs maraîchers se proposeût de limiter. Autant 
pour encourager M. Curé à persévérer dans cette voie de progrès 
que pour reconnaître la libéralité avec laquelle il a fourni à la 
Gommi.sion tous les renseignements relatifs à sa culture, en fai- 
sant abstraction de tout intérêt personnel, nous avons l'honneur 
de vous proposer de renvoyer ce Rapport à la Commission des 
récompenses et d'en demander l'insertion au Jou7'nal de la Société. 

Permettez-nous d'adresser ici nos remerciements à MM. Alle- 
aume et Blandin, primeurisles d'As'perges au fumier; Jahs Curé 
fct Joseph Laurent, primeuristes de Carottes forcées; Lemaître, 
primeuriste d'Asperges vertes; Parent, de Rueil, primeuriite; 
-Millet, de Bourg-la-Reine, primeurisie de légumes et de fleurs, 
pour leur obiigeaiice à nous montrer leur culture et à nous four- 
nir les renseignements contenus dans ce Rapport. 



SUR LES CHAUFFAGES-THEEMOSIPflONS DE M. LEMEUNIEK. b2o 

Rapport sur les Chauffages-thermosiphons établis par M. Le- 

MEUNIER, DANS LES SERRES DU FLEURISTE DE LA VILLE DE PaRIS 

et du xVuséum d'Histoire naturelle (I); 

M. A. Lavialle, Rapporteur. 

Messieurs, 

Dans la séance du 26 février 1880, M. le Président, sur la de- 
mande de notre collègue M. Lemeunier, a nommé une Commission 
chargée de visiter divers chauffages deserres établis d'après son 
système et de vous rendre compte de cet examen. 

La Commission était composée de MM. drrière, Président, 
Cellière, Dormoi?, Drouet, Hanoteau, Hélye, Houllet, L-rbeuf, Mi- 
rande, Ozanne, Riveneau et Livialle, Rapporteur; elle s'est 
réunie, le 10 mars dernier, au Fleuriste de la ville, à la Maelte. 

L\ première installation qa'elle a visitée est un appareil destiné 
au chauffage de deux grandes serres de forme hollandaise, dites 
serres aux collections : l'une {n° 7), serre chaude, a 2i mètres de 
longueur sur 8™ 30 de largeur et 5iii 05 de hauteur à la rencontre 
des deux versants. Le volume d'air à chauffer y est de 673 mètres 
cubes, et la surface vitrée de 459 mètres carrés. L'autre (n» 8), 
serre tempérée, a 28 mètres de loL'gueur sur 8^ 30 de largeur et 
4m 55 de hauteur à la rencontre des deux versants ; le volume d'air 
à chauffer y est de 770 mètres cubes, et la surface vitrée de 521 
mètres carrés. 

L'appareil destiné au chauffage de ces deux serres se compose 
d'une chaudière en cuivre rivé, horizontale, à f jyer intérieur, à 
double retour de fumée, à section elliptique, de telle sorte que les 
gaz ne s'échappent dans la cheminée qu'après avoir parcouru trois 
fois la masse d'eau à échauffer, dans sa plus grande longueur. Li 
surface de chauffe est de Sm 80 ; le volume d'eau contenu par la 
chaudière de 380 litres. 

Nous entrons ici. Messieurs, dans la description de dispositions 
complètement nouvelles sur lesquelles nous appelons votre 

(1) Présenté le 22 avril 1880. 



32(5 RAPIOIiTS. 

atteiitior!, car elles contribuent singulicrerr.ent à l'économie qui 
vous est signalée et que vous nous avez appelés à constater. 

Jusqu'à présent les chaudières et leurs foyers étaient entoutés 
d'uue maçonnerie en briques destinée à les préserver du contact 
immédiat de l'air froid. Les gaz, en circulant entre cette maçon- 
ncrie et la cba'.'dièie, avant leur échappement à l'air libre, étaient 
aussi un préservatif ; mais la pei te de la chaleur émise par la chau- 
dière était considérable, la vitesse de circulation et d'évacuation 
aciivée par le tirage de la cheminée augmentant encore cette 
déperdition. M. Lemeunier envoie cet air chauffé dans les serres. 
A cet eflfet, il enveloppe sa chaudière d'une sorte de chemise en 
lôte rivée laissant entre les deux un espace libre appelé chambre 
à air; il introduit dans cette chambre, par une piiae ou conduit, 
qu'il ouvre ou ftrme à volonté, à l'aide d'un registre, de l'air pris 
à l'extérieur. Gyt air s'échai ffe au contact des parois de la chau- 
dière et du foyer et est envoyé dans les serres par des couduils 
munis d'uu certain nombre d\.r,rices ou bouches d'air. Tout 
l'appareil est entour»^ de la maçonnerie préservatrice en briques. 
L'air chaud ainsi utilisé dans la serre a pour eff'et immédiat et 
incontestable de contribuer, dès que la combustion commence, à 
élever la température et détermine une économie très sensible. 

Une deuxième disposition heureuse adoptée par M. Lemeunier 
consiste dans la forme qu'il a donnée aux tuyaux ou conduits 
d'eau chaude dans les serres et auxquels il donne le nom de bouil- 
lottes. Se basant sur ce principe que la chaleur émise est propor- 
tionnelle à la surface de rayonnement, il a recherché la forme à 
donner à la section de ses bouillottes pour obtenir la plus grande 
surface de rayonnement pour un même volume d'eau. Par l'emploi 
de ses bouillottes on obtient, par mètre linéaire, aller et retour 
d'eau, 1 mètre superficiel de surface productive de chaleur, tandis 
que par l'emploi de tuyaux cyhndriques on n'obtient que Ô™ 75 
superficiel. 

Les bouillottes ont 1 mètres de longueur. Le tube d'émission et 
Celui de retour d'eau accompli dans toute leur longueur, préseu- 
t-int l'aspect de deux tuyaux cylindriques reliés au-dessus par une 
surface plane et au-dessous par une surface concave. La largeur 
totale est de Om 40 et l'épaisseur la plus forte de Om \\). Chaque 



SUR LES CHAUFFAGES-TSERMOSIPHONS DS M, LEMEUNIER. 327 

bouillotte est rt velue à ses extrémités de deux tubulures à brides; 
elles sont reliées entre elles contîme les tuyaux ordinaires par des 
boulons et écrous. 

Dans chaque intervalle entre deux bouillottes est installée une 
bouche d'air dont nous pariions plus haut sur laquelle la bouil- 
lotte, à une plus haute température que l'atmosphère de la serre, 
fait appel et active constamment le courant. 

Vous voyez, Messieurs, eu quoi consiste le nouviau et Téco- 
nomie de ce système. Aussitôt que la combustion commence à 
s'opérer dans le foyer, la chambre à air fonctionne, envoie l'air 
chaud dans les serres, dont lu température s'élève immédiate- 
ment, ce qui active nécessairement la circulation dans les bouil- 
lottes; celles-ci ne tardeni pas à former appel d'air sur les bouches 
de chaleur; ces bouillottes offrant une surface de rayonnement et 
par suite de refr(*idi?seraent plus considérable, la circuiatio'i est 
activée et la transmission de la chaleur du foyer plus rapidement 
utilisée. 

Ces résultats basés sur des principes trop connus pour être 
, contestés, nous sont du reste pleinement confirmés par les e.ip^ 
riences comparatives que l'un des membres de votre Commission, 
M. Drouet, a bien voulu consigner, pendant Is mois de janvier 
1880, et nous conamuniquer. Ces expériences sont tellement con- 
cluantes que nous n'hésitons pas à déclarer que réconomie de 
combustible pourra s'élever à plus de 25 p. 100, lorsque M. Le- 
meunier aura pu, par la disposition appropriée des loc^^ux cù il 
aura à établir ses appareils, coordonner plus parfaitement les 
différentes parties de son système et diminuer les frais d'instal- 
lation et de réparation, noiamraent en ce qui concerne les bouil- 
lottes. Est-ce à dire, Messieurs, que l'œuvre de M. Lemeunier ne 
doive pas être préconisée dès maintenant? Tel n'est pas l'avis de 
votre Commission qui a étudié avec le plus vif intérêt ce système 
nouveau et a apprécié, avec rinstillation que nous venons de 
décrire, les appareils construit?, sur les mêmes données, au 
Muséum d'Histoire Katurelle, où elle a recueilli, grâce au concours 
bienveillant et éclairé de M. Houllet, qui suit avec inléiêt la 
marche de ces chauffages, les renseignements les plus élogieux 
sur ces appareils, leur fonctionnement et leur {..ioduction 



328 RAPPORT SUR LES CHArPFAGFS LEMEDNIER. 

économi'^ue de chaleur.Elle conclut que cet intéressant système de 
cliauffage-thermosiphon est appelé à rendre de très grands ser- 
vice , non seulement à rhoiliculture, n)ais encore à l'économie 
domestique. 

Notre visite au Jardin des Plantes nous a conduits à Texamen^ 
d'un appareil de chauffage étubli sur les mêmes bases au pavillon 
dit Singerie. Dans ce pavillon, d'une capacité de 600 mètrea 
Ciibe?, avec une surface vitrée de 70 mètres, on n'avait jamais pu 
obtenir une chaleur uniforme et suffisante à l'aide de trois calo- 
rifères chauffés au bois. La dépense était considérable et l'aération 
tellement imparfaite que la santé des animaux était toujours com- 
promise, et la circulation des plus désagréables à cause des odeurs 
malsaines qui étaient stagnantes. Ua thermosiphon de M Le- 
meunier, complété d'un appareil d'appel d'air vicié, dirigeant 
l'air daas un conduit placé d'une manière concentrique dans la 
cheminée dont la température pics élevée active le courant, ont 
été iutallés et fonctionnent parfaitement. La température a été 
uniformément maintenue, du 15 décembre 1879 au 10 mars 
4880, entre -|-18° et -|-22o. Le renouvellement de l'air est aussi 
satisfaisant que possible et la dépense de combustible considé- 
rablement diminuée, 

M. Lemeunier n'a pas terminé, Messieurs, ses travaux d'études 
et de recherches pratiques pour l'amélioration du chauffage des 
serres, mais il est arrivé à la solution d'une des questions princi 
pales, l'économie du combustible; il va maintenant suivre la voie 
des perfectionnements pour réduire les frais d'installation de ses 
appareils. 

C'est à l'unanimité que votre Commission vient solliciter vos 
remerciements pour ce qu'il a obtenu déjà et vos encour?gements 
pour ce qui lui reste à faire, et vous prie de vouloir bien proposer 
M. Lemeunier à la Commission des récompenses et ordonner 
l'impression de ce Rapport dans le Journal de la Société centrale 
d'Horticulture de France. 



EXPOSITION DE RENNES. 329 

COMPTES RENDUS D'EXPOSITIONS. 



Compte rendu de l'Exposition d'Horticulture de Kennes (1); 
Par M. Louis Leroy, pépiniériste à Angers. 

Messieurs, 

Le vendredi 25 mai a eu lieu à Rennes l'Exposition d'Horti- 
culture pour laquelle vous m'aviez fait l'honneur de me nommer 
délégué. 

Malgré tous les efforts de la Société d'Horticulture de Rennes, 
je dois dire, à mon grand regret, que cette Exposition n'a pas eu 
l'intéiêt et l'importance que les ressources bien connues de la 
yille de Rennes, au point de vue horticole, nous avaient fait 
espi^rer. 

A l'exception de quelques beaux lots de légumes et de quelques 
corbeilles de plantes flmrie , le tout exposé par des jardiniers d'a- 
mateurs ou d'institutions privées, aucun apport ne méritait d'être 
spécialement mentionné dans un C)mpte rendu. 

Trois médailles d'or avaient été mises à la disposition du Jury. 
M. Guillemin, jardinier dans un château des environs, en a ob- 
tenu une pour des produits martichers vraiment remarquables. 

Les deux autres ont été décernées au fière Henri, chef de cul- 
ture ddns un établissement religieux d'instruction primaire de 
Rennes. La première lui a été accordée pour ses nombreuses cor- 
beilles de plantes fleuries et son massif de mosaïculturt ; la se- 
condf, pour s m traité bien connu d'Arboriculture fruitière et 
pour des services exceptionnels rendus à l'horticulture dans la 
contrée pi^r cet intelligent travailleur. 

Le fière Henri fait en eflet, chaque semaine, a Rennes, depuis 
de longues années, un cours pub'ic d'arboriculture, et jesuisheu- 
reux de pouvoir ici lui exprimer la satisfaction que m'a causée une 
de ses intéressantes leçons, à laquelle M. le Président de la Société 
d'Horticulture de Rennes avait bien voulu convier le Jury. 

(1) Présenté le 27 mai 188 



S30 COAÎPTES RENDUS d'eXPCSITIONS. 

J'ai constaté que le frère Henri mettait lui-même ses leçons en 
pratique. 

Le jardin qu'il dirige est planté de plusieurs centaines d'ar- 
bres fruitiers admirablement taillés. La Vigne et les Fraisiers 
forcés y sont également l'objet d'une culture toute spéciale ainsi 
que les produits maraîchers. 

Pour ces derniers, ^e frère Henri s'était mis hors concours pour 
le lot exposé par lui et qui était assurément l'un dts plus nom- 
breux et des mieux cultivés. 

Des médailles de vermeil ont récompensé les apports de 
MM. Aîaudet et Lechaux pour leurs produits maraîchers, M. Fa- 
laise pour ses magnifiques Pensées. 

M. CoUen, l'habile jardinier en chef au Jardin des plantes de 
Rennes, avail exposé, avrC l'auionsation de l'adminiitraiiou mu- 
nicipale, de nombreux et splen.iides Agaves et un magnifique lot 
de Palmiers d'ime culture remai quable. 

Le Jury a particulièrement apprécié la valeur de cet apport 
qu'il ne pouvait, à son grand regret, récompenser, M. Collen ayant 
exposé hors concours. 

MM. les horticulteurs de Renues s'étaient abstenus de prendre 
part à l'Exposition. 

Le Jury en a manifesté à plusieurs d''jntre eux ses regrets et son 
•éfonnenif.nt; or, voici quel a été, paraît-il, le motif de cette abs- 
tention. 

Il y a à Rennes un spleudide Jardin des plantes dessiné, il y a 
une quiLzaine d'années, par MM. Buhler et dont la ville est fière à 
juste litre. Lessacriticts qu'elle s'est imposés pour une semblable 
création sont assurément considérables, et on comprend qu'elle 
cherche à tirer le meilleur parti possible des serres et des châssis de 
ce jardin. M. Collen, le jardinier eu chef, doit donc, chaque année, 
fournir à la ville toutes les plantes nécessaires à l'ornemen- 
tation des massifs et corbeilles des différents square;s de la ville. 
Mais en outre l'administra'ion l'a autorisé à vendre, au profit 
de la caisse municipale, toutes Us plantes qui ne sont pas utilisées 
pour les jardins publics. Celte vente atteint, paraît-il, chaque 
année, plusieurs milliers defrancs. 

C'est contre cette concurrence de la ville que les horlicuUturs 



EXPOSITION DE HENNLS. 331 

qui lui paient des impôts ont voulu protester en ne prenant pas 
parla l'Exposition. 

Je n'ai pas mtssieurs, à apprécier ici la conduite des horticul- 
teurs de Rennes, dont les plaintes me- semblent néanmoins légi- 
times. Mais je constate que leur refus d^xpoter met la Société 
d'Horticulture dans un singulier embarras. 

Aussi, au banquet qu'elle a eu l'amabiliié d'cff ir au Jury, après 
avoir remercié en votre nom la Société d'Horticulture de Rennes, 
du bienveillant accueil qu'elle me faisait, ainsi qu'âmes collègues 
du Jury, ai-je cru devolT", dans l'intérêt de rborticulture, prier le 
Président de la Société, l'honorable M. de Plainé-Lepine, d'in- 
tercéder auprès de la municipalité pour lui signaUr la fâcheuse 
situation faite aux horticulteurs de Rennes. 

Il m'a semblé, en tffet,que les intérêts des horticulteurs et ceux 
de la Société étaient les mêmes en cette circonstance, et que, loin 
de se diviser, ils devaient au contraire unir tous leurs efforts pour 
atteindre le même but, c'esL-à-dire le développement et le progrès 
de l'horticulture. 



REVUE BIBLIOGRAPHIQUE ÉTRANGÈRE. 



Plantes nodvelles ou rares décwtes dans des publications 
étrangères. 

Gartenflora. 

Alonsoa ^%%'arscew2czi Regel. — Gartenf., 1879, pi. 978, p. 193, 
— Alousoa de VVaiscewicz. — Pérou. — (Scrofalariacées). 

Cette charmante plante annuelle, la plus belle de son genre, a 
donné, dans ces derniers temps, différentes variétés distinguées 
par la couleur de leurs fleurs, parmi lesquelles l'une des plus 
remarquables a la corolle couleur de chair ou rose clair et a reçu 
fort à tort le nom à' Alonsoa Muiisii, qui pourrait faire croire, sans 
motif cependant, que c'est une espèce particulière et non une 
simple variété de coloris. Une autre a la fleur d'an rose assez vif 
avec le centre pourpre ; une troisième et une quatrième se distin- 
guent par leur corolle d'un orangé vif dans Tune, plus pâle dans 



332 BEVUK BIBLIOGRAPHIQUE ÉTRANGÈRE. 

l'autre, etc. La planche du Gartenflora %uv laquelle sont réunUs 
les figures de ces différentes v.^riétés a été faiie d'après des dessins 
communiqués par la maison Haage el Schraidt, d'Erfurt, qui en 
vend les graines. 

Areca Alicae Ferd, Mcller, Gartenf., ^STO, p. 199 — 201. — Arec 
à'Alice. —Australie nord-est, — (Palmiers). 

L'Australie n'est pas riche en Palmiers ; la découverte de celui 
que vient de faire connai're le baron Ferd. Mûller et qu'il dédie 
à feu la princesse Alice, n'en a par cela même que plus d'inté- 
rêt. C'est d'ailleurs une espèce de taille peu élevée, puisqu'il ne 
dépasse pas 3"^ 050 de hauteur, et qu'il peut dès lors convenir à des 
amateurs qui ne possèdent pas de grandes serres. Il a été décou- 
vert par M. Walter H^ll, dans des bois, à dix milles anglais au 
nord de Trinity-Bay. Il vient par touffes de tiges lisses, qui n'ont 
pas plus de Om 03-Om Oo d'épaisseur. Ses feuillt s pennées sont lon- 
gues d'enviion im30; leurs segments sont au nombre d'une 
ving'aine, de chaque côté du pétiole commun ou racbis qui est 
cylindrique dans sa portion inférieure; ils sont sessiles à base 
large, longs d'environ 0™ 15; les supérieurs restent plus courts 
et ceux du bout sont confluents; ils sont acuminés au sommet, à 
peu près également verts et lustrés à leiirs deux faces. Le régime 
est pourvu d'une spathe longue de plus de 0"» 30, concave et de 
forme générale allongée-lancé jlée; il sort d'entre les feuilles et 
il est tiès ramifié, à rameaux étalés ou reje'és en dehors. L^s fleurs 
mâles sont unilatérales, triandres, généralement gérninées ou 
venant par deux, les deux du bas dechac^ue rameau placées à côté 
d'une fleur fimelle en général solitaire. L'^s fruits de ce Palmier 
n'ont guère que 2-3 centim. de long et ont la forme d'une petite 
Poire allongée ; ils sont colorés en orangé-rouge ou en écarlale; 
leur mésocarpe est fibreux et leur endocarpe très-mince. Cette 
nouvelle espèce est voijine de VAj^eca oxycarpa MiQ , des Célèbes, 
et de l'A. triandra Roxb., de l'Inde et de Java. 

Corydalis licdebonriana Kar. et Kiril. — Gartenf., 1879, pi. 981, 
p. 225. — Corydalis de Ledcbour. — Asie centrale, — (l-'umariacées.) 

Plante entièrement rustique, même à Saint-Péter>bourg, qui 
fleurit de 1res bonne heure, et qui mériterait parfaitement d'être 



PLANTES NOUVELLES OU RARES. 333 

cultivée comme espèce d'ornement. Elle avait été trouvée à 
l'origine par Karelin et Kirilow, sur les moûts Tarbagatai qui 
s'étendent au sud-est de l'Altai; mais, depuis ^a découverte, elle 
n'existait que dans des herbiers ; elle a é é récemment importée 
vivaiite par M. A. Regel, fils. Li plante forme en terre un tuber- 
cule arrondi et sensiblement déprimé, qui mesure 4 à 5 centira. 
de diamètre; du haut de ce tubercule il part plusieurs tiges 
ascendantes, hautes seulement de 20 à 23 centim., dont chacune 
por'le, sur toute sa moitié supérieure, une grappe de fl-urs longues 
d'eûviron 2 centim., dont le limbe est pourpre funcé, tandis que 
leur long et gros éperon obtus est couleur de chair. Les feuilles 
sont d'un vert glauque, partagées chacune en trois segments obo- 
vales ou obovales-oblongs. 

Bibes KoezU Regel, Gartenf., 4 879, pi. 982, fi^. 1-3, pi. 226. — 
Groseillier de Ro;z!. —Amérique nord-ouest. — (Ribésiacées.) 

M. E. Regel a eu ce nouveau Groseillier, dont les fruits sont 
comestibles, de graines que lui avait envoyées, il y a plusieurs 
années, le voyageur collecteur B. Ro(zî. C'est un petilarbrisseau 
très rameux, du groupe des Groseilliers épineux, qui ressemble 
beaucoup aux Bibes Menziesu et Lobbii. Sss ft^uilles presque 
arrondies dans leur contour général sont échancrées eu coeur à la 
base, divisées à leur pourtour eu 3-5 lobes à grandes crénelures, 
glabres aux deux fdces, avec un pétiole daveté en-iessus ; elles 
sont groupées en fascicules à la base de chacun desquels se trouve 
une épine bi- ou trifurq'iée, étalée. Les fleurs viennent par nue ou 
deux sur un asstz long pédoncule, et sont pendantes : leur calyce, 
long d'environ Om 02, forme un tube graduellement élargi de la 
base au sommet, rosé, que terminent 5 lobes oblongs, obtus, révo- 
lutés, d'un rouge-brun foncé à Itur face interne.etqui porte 5 
pétales bianc?, beaucoup plus courts que ces lobes. Les élamines 
dépassent les pétales et sont, à Itur tour, longuementdépassées par 
le style qui est bifi Je. Ce Groseillier a supporté l'hiver sans couver- 
ture, dans les pépinières du Jardin botanique de St-Pétersbourg. 

Chorispora Greig^i Regel, Gartenf., 1879, pi. 984, p. 257. — Ctio- 
rispore de Greig. — Asie centrale. «ï- (Crucifères). 

Très jolie plante de pleine terre dont M. A. Regel, fils, a rap- 
porté les graiues de la vallée du Soharyn, dans le district de Thian- 



33 !• REVUE LlBLiOGKArUKJiJi; Éir.ANGÈRE. 

Shii/. Elle est voisine d-j Choriapora tenella DC. ; mais elle n'est 
pa-, comme celui-ci, touîe revêtue de p'nls glandulil'ères courts, et 
elle s'en distingue, en outre, par ses feui:les et ses siliques. C'est 
une espèce annuelle ou bisannuelle, qui développe plusieurs tiges 
feuillées dans le bas et porîanî dans le haut une grappe longue de 
30 à 40 centim. de fleurs colorées en violel-purpurin vi^■. Ses 
feuilles oblongues-lancéolées dans leur contour général, sont si- 
nuées-pinnatifides, et leurs lobes sont souvent eux-mêm(!S plus ou 
moins sioués ; les pétales de ses fleurs ont le limbe obcordé. Les 
siliques sont cylindriques, resserrées à chaque intervalle entre les 
graines. C'est là une bonne acquisition pour les cultures de pleine 
terre. 

Priinula capitata IIooK.— G(i)'ie)}f., 1879, pi. 985, p. 257.— Prime- 
vère à fleurs eu têle. — Himalaya. — (Primulacées). 

Bel'e Primevèie qui croît naturellement sur THimalaya, à une 
altitude de plus de 3 000 mèires, et qui, cultivée en pleine terre, 
supporte sans en souTrir les rigueurs de l'biver de Saint-Péiers- 
buurg. Elle appartient au groupe du Primula farinosa L. et, 
comme celui-ci, elle off"re un revêlement d'appartince farineuse, à 
la face inférjeurede sesfecilles qui sont ovales-ohlongues.ob'.uses. 
Ses fleurs, dont la couleur tst rose rouge, sont réunies en grand 
nombre en tête? serrées, arrondies. C'est une plante vigoureuse et 
élégante, qu'on multiplie de graines semées en terrine au premier 
printemps, ou par division des pieds opérée en été, après la florai- 
son, comme pour toutes les Primevères du groupe de la Primevère 
farineuse. 

Erythrina iusi^nis Todaro. — Gartmf., 1879, pi. 988, p. 290. — • 
Erylhrine remarquable. — (Légumineuses.) 

CettL' magnifique espèce est un arbre dans son pays natal et 
même en Sicile oii elle supporte la pleine terre. Elle existait de- 
puis longtemps dans le Jardin royal de rioceadifalco; de là elle a 
été introduite dans le Jardin botanique de Palerme, où elle a été 
distinguée et décrite par iM. Todaro. Elle s'y couvre de magnifi- 
ques grappes de grandes fleurs du rouge le plus éclatant, pendant 
les mois d'avril et de mai. Plus au nord, il faut la cultiver comme 
la généralité des E:ylhrines. La plante est peu épineuse; s'^-.s ra- 



PLANTES ^'OUVELLES OU RAUES. 335 

mifîcations 5ont peu nombreuses, presque dressées, et. portent de 
grandes feuilles à trois folioles en cœur, acuminées, d'abord co- 
tonneuses, finalement pre.^qje glabrrs en dessus, duve'ées endes- 
sous, dont la terminale est plus longuemtiiil pétioluléeque les deux 
latérales. Ses grappes de fleurs sont situées sur un rameau court 
et sans feuilles. Les gousses que produisent ses fleurs sont lon- 
guement rétrécies et comme stipitées à leur base, resserrées dans 
l'intervalle des graines et terminées par une sorte de long bec 
que forme le style persistant et durci. 

Bo:;onia Schmititiana Regel, Gartenf., 1879, pi. 990, p. 321. — Bé- 
gonia de Schmidl. — Brésil. — (Bégoniacées). 

Ce nouvf.au Bégonia a été trouvé au Brésil, dans la province de 
Rio grande do su!. Il rentre dans la seule section de ce grand 
genre que K'.otzsch eût (onservée comme genre Bégonia et dont 
M. A. de Gandolle a fiit la section Begoniastrum.W se place à 
cô'.e du Bégonia subvïllosa Kl. C'est une espèce sous-frutesceute, 
haute de 0'^33 environ, dont la tige épaisse et ascendante, ra- 
meuse dès la base-, est rouge ain^i que ses ramifications qui sont 
hérissées. Ses feuilles longues de 4 à 5 centim. et larges de .3, 
sont obliquement ovales-cordétis, d'un tissu ferme, hérissées aux 
2 faces, d'un vert foncé et lustré en-dessu?, rouges en-dessous. 
Ses fleurs, disposées par 3-7 en cymes axillaires, sont laiges de 
O'-' 02 : les mâles ont leurs deux sépales rougeàtres ei velus en 
drhors, blancs en dedans ainsi que les deux pétales qui sont 
étroits el obovales, très obtus; les femelles ont le périanlhe de 
5 folioles dont les 2 externes sont rougtâlres et velues en dehors, 
un peu plus longues que les intérieures qui sont blanches et 
glabres. L'ovaire porte 3 ailts, — G^tte plante foi me un joli petit 
sous-arbrisseau touffu, qui fleurit aboudararae/it en juin et juillet. 
Elle n'est nuilea)ei)t délicate ei, se raulliplie aisément de boutu- 
res ou de graines. Elle demande la serre. 



Le Secrétaire-Rédacteur-Gérant: Impr. de E. DOMMu:', rue Cassette, f. 

P. UUCUARTKE. 



MAI 188 0. 



OBSERVATI jNS MÉTÉOROLOGIQUES FAlTliS PAR M. F. JAMIN, A B JURG-LAREINK, 
PRÈS PARIS, (altitude 7 2ni ENVIRON.) 



HAUTEUR 

TEMPÉRATURE du baromètre. 



Minim. Maxim. Matin. Soir 



VENTS 

dominants. 



ETAT DU CIEL. 



1,5 

3,0 

7,2 
2,6 



6,8 
6,1 

4,7 

0,4 

5,0 

2,5 

.^.8 
5,8 

8,9 

9,8 

11,0 
12,9 

7,:; 

5,S 

3,5 



9,0 
6.1 
9,'t 



9,2 
9,0 

4,7 

10 6 

13,0 

9,0 

*0,5 



3.0 



IX, 3 
21,7 

23,7 
22,2 



764,5 
737 



760 



7.51,5 753 
755 758,5 



19,0 
17,4 

16,4 

11,5 

1G,0 

17,8 

19,0 
2i;,7 

26.0 

28,8 

3ti,0 

28,0 

19,0 
16,5 
18,5 



18,7 
24,0 
24,4 



20,5 
2V.7 
3 i,5 

34.5 
2t5," 
2l,"J 
21,0 

51,5 

23,4 



7o9 

757 

759 
762 



N. 

N. N. E. 

N. E., N. 0. 
N, N.O. 



764 

762,5 

737 
756, 5 

760 

761 

739,5 
738 

:6l 

76 î 

766 



58 
757,5 

762 

763 

763, 5 
758,3 

756 ,5 

57 

01 

760 

758 
759,5 

761 

763,5 



N. 

N. IN. E. 

N. N. E. 

N. N. E. 

N. 

N., N. E. 



76V 768 
T67,5 703 
762 760 



762 
764 
7G3, 3 

:63,5 
759 
"08 
773,5 

771 
763 



N. 
N. 


N. E. 
N. 0. 


N. 


, E. 


N 


, N. E 


N. 
N. 


N. E. 
E. 


N. 


E. 


N 


E. 


N. 


N.E. 



N. N. E. 
!<.N.E.,0.,S.E, 
E., U. 



0., S. 0. 

S. S. 0. 



763 
763 
763,5 S. E., E. 

760 E., S. S. 0. 
-.62,5 S.S.E.,S.S.O, 



772,5 
772 

767 
761,5 



N. 0. 
N. 0. 

N. N. E. 
N.E.,0. 



N u:igcux une pn nie de la nuit, clair 
Nuageux, belles cclaircies dans 

le railiGU du jour. 
Nuageux. 
Brumeux le mat., clair le mil. du 
jour, orages l'ap.-midi, avec un 
peu de pluie. 
Nuageux, clair le soir. 
Couvert, q q. rares éclaircics l'ap.- 
midi et légère averse. 
Nuageux, grand hâle, clair le soir 

et moins de vent. 

Clair dans la nuit, couvert dans 

la journée, avec q.q. rares 

cclaircies, clair le soir. 

Clair le malin et le soir, quelques 

nuages raprès-mitii. 
Clair le mal., nungenx te mil. du 
jour, couv. le rjslcde lajourn 
Nuageux, clair le soir. 
Couvert le malin, nuageux le restej 

de la journée. 
Couvert de grand malin, clair le 

reste de la journée. 
Clair, couvert une partie de l'ap.- 

niidi. 
Clair, nuageux l'après-mifli. 
Nuas'ux, clair le soir, beaucoup 

dehille. 
Apeine q.q. nuages, clair le soir; 

ic hâle continue. 
.\ peine q.q. nuages l'apr.-midi, 

toujours grand lu\le. 
A peine q.q. nuages le raat., le 
lemps se couvre peu à peu 
l'après midr. 
Couvi rt, q.q. éclaircies j'apr.-mid 
Nuageux.q.q.éclairciesl'apr. raid. 
iNuageux, couvert une p^aiie de 
l'ap.-midi, avec fort vent de 
l'ouest. 
Couvert, à peine q.q. éclaircies 
.Nuageux 'e u'alin,clairra|i.-midi 
A peine q.q. nuages le matin, 

nuageux l'après-midi. 
Clair le mat., nuageux l'ap.-midi. j 
Nuageux. 

Nuageux. q.q. goutlesd'eau lemat.l 
Clair le malin et le soir, nuageux 

dans la joun.ée. 
Clair. 
Brumeux le malin, nuageux. 



* Il a gelé dans la plupart des terrains bas. même à quel()ues centaines de mètres du 
point d'observation; les jeunes pousses de Platanes, de Châtaigniers, de Paulownia, de 
Catalpa et de nombre d'autres arbres et arbustes ont été entièrement ou partiellement 
détruites. 



RÉPUBLIQUE FRANC AiSE 

Ministère de l'Agricjltuue et du Commerce. 

L'j Piéiident de la République fia ne lise, 
Sur le rapport du Ministre de rAgricuUure et du Commerce, 
Vu le décret du 11 août 1855; 

Vu la demande formée par la Société impériale et centrale d'Hor- 
ticulture de France, en date du 15 mai 1880, par laquelle cette 
association sollicite une modification au titre qu'elle porte actuel- 
lement, 
Décrète : 

Article l^"". — La Société impériale et centrale d'Horticulture 
de France prendra à l'avenir le litre de Société nationale et ceri' 
traie d'Horticulture de France. 

Article 2, — Le Ministre de l'Agriculture et du Commerce est 
chargé de l'exécution du présent décret. 
Fait à Paris, le 5 juin 1880. 

Signé : Jules Grlvy. 
Par le Président de la République, 

Le Ministre de l'Agriculture et du G)mme:ce, 
Signé : P. Tirard. 



CONCOURS OUVERTS DEVANT LA SOCIÉTÉ EN 188}. 
Concours permanents. 
Médaille PelHer, ....... pour les Pentstemon. 

Prix Laisné pour récompenser l'aptiiude au travail 

et la moralité des garçons jardiuiers. 
(V. le Journal, 3* série, I, 1879, 
p. 691.) 

Concours annuels. 

Médaille Moynet pour les apports les plus remarqua- 
bles, faits pendant l'année, au 
Comité de Culture potagère. 

Médaille du Conseil d' Xdministration. pour l'introduction ou l'obtention de 

plantes ornementales méritantes. 
(V. le Journal, V série, XI, 1 877, 
p. 145.) 

Série 3. T. II. (jahler de juin 1880 publié le 31 juillet 1880. 22 



338 PR0CÈ5-VERBAUX. 

PROCÈS-VERBAUX (1) 

SÉANCE DU 10 JUIN 1880. 
Présidence de M. Alph. lia vallée. Président de la Société. 

La séance est ouverte à deux heures. La feuille de présence 
porte les signatures de cent Membres titulaires et quatre Membres 
honoraires. 

Dès l'ouverture de la séance, M. le Président annonce que, par 
un décret rendu le 5 de ce mois, sur la proposition de M. le Mi- 
nistre de l'Agriculture et du Commerce, le titra de la Société re- 
çoit une modification importante, puisqu'elle s'appellera, dès ce 
jour, Sociélé nationale et centrale d'Horticultwe de France. Il 
fait ressortir les avantages qui se rattachent à l'addition du mot 
nfl//o??fl/e de laquelle résulte pour la Société un lien plus direct 
avec le Gouvernement. Depuis que la Société centrale d'Agricul- 
ture a été qualifiée de nationale, elle est consultée par le Gouver- 
nement quand il s'agit de questions agricoles ; il y a lieu d'espérer 
qu'il en sera de même pour la Société nationale et centrale d'Hor- 
ticulture relativement aux questions horticoles. Une considération 
d'un ordre moins élevé, mais néanmoins intéressante, c'est que 
plusieurs Sociétés d'Horticulture de départements ont le titre de 
Société centrale, ce qui parfois pouvait amener une confusion 
avec la Société centrale de France ; aujourd'hui pareille confusion 
devient impossible. 

M. le Président proclame ensuite, après un vote de la Compa- 
gnie, l'admission de quatre nouveaux Membres titulaires dont la 
présentation a été faite dans la dernière séance et n'a pas ren- 
contré d'opposition. Il annonce que le Conseil d'Administration^ 
dans sa séance de ce jour, a prononcé l'admission d'une Dame 
patronnesse . 

M. le Secrétaire-général fait part à la Société de quatre pertes 



La Commission de Rédaction déclare laisser aux auteurs des articles publiés 
dans le Journal la responsabilité des opinions qu'ils y expriment. 

(Avis de la Commission de Rédaction.) 



SÉANCE DU 10 JUIN 'IS80. 339 

cruelles qu'elle vient d'éprouver par le décès de M""" Blondeau, 
Dame pationnesse, et de MM. Doridot (J.-E.-M.), propriétaire; 
Merli, propriétaire; Gaulois (Constant), jardinier, tous trois Mem- 
bres titulaires. 

Les objets suivants ont été déposés sur le bureau : 

1° Par M. A. Lavaliée, Prc^sident de la Société, propriétaire à 
Segrez (Seine-et-Oise), une tige fleurie à' /ris gigantea, grande et 
belle espèce rustique, dont les fleurs sont blanches, avec le limbe 
des sépales jaune au centre. — Le Comité de Fioriculture remercie 
M. le Président de lui avoir montré celte plante peu répandue. 

2° Par M. Piée, jardinier chez M. BuUier, amateur, à Sarcelles 
(Seine), un pied fleuri de Tillandsia mosaica, pour la présenta- 
tion duquel il lui est accomé une prime de 2*= classe, sur la pro- 
position du Comité de Fioriculture. — M. le Président de ce 
Comité fait observer que c'est la première fois que cette plante 
remarquable est prétentée à la Société. 

30 Par M. A. Malet, horticulteur au Plessis-Piquet (Seine), des 
fleurs coupées de sept variétés de Bégonias tubéreux obtenues par 
lui, au sujet desquelles le Comité compétent lui adresse ses re- 
merciements. 

40 Par M. Schwariz, jardinier chez M. Lemercier, à Bagneux 
(Seine), trois Fuchsias greffés, deux Pelargonium zonale également 
greffés, dont un est le résultat d'un semis de la variété Tom 
Pouce. 

M. le Président du Comité de Fioriculture dit que M. Schwartz 
a greftè ces deux sortes de plantes parce qu'il est convaincu que 
des variations se produisent plus facilement sur les pieds greffés 
que sur ceux qui ne l'ont pas été. Le Comité a pensé qu'il y avait 
des essais à faire afin de reconnaître si cette idée est ou non fondée, 
et en vue d'encourager ce jardinier à poursuivre ces essais, il 
propose de lui accorder une prime de 3* classe, proposition qui, 
mise aux voix, est adoptée par la Compagnie. — Les Fuchsias pré- 
sentés par M. Sciiwarlz ont été greffés avec le Fuchsia coccinea 
qui est plus rustique que les autres, mais qui néanmoins, bien 
que l'introduction en soit très ancienne, est aujourd'hui peu ré- 
pandu dans les jardins. 

M. Ghandèze confirme ce qui vient d'être dit touchant la 



340 PROCÈS-VERBAUX. 

rosticilé du Fuchsia coccinea. Il rap| orte que M. A. Malet en ayant 
apporté, il y a peu d'années, à une séance de la Société, desbran- 
ehes fleurie?, il en a fait des boutures. Lîs pieds qu'il a ainsi ob- 
tenus ont passé l'hiver dernier, garantis simplement avec des 
feuilles, et néanmoins ils n'ont nullement souffert. Ci^tte espèce 
est, fn outre, intéressante comme fleurissant presque toute 
l'année. 

M. A. Lavaliée dit qu'il cultive ce Fuchsia et qu'il en a constaté 
la rusticité qui s'explique parce que l'espèce e&t originaire des 
terres magrîHariiques où l'hiver est rigoureux. Il ajoute que le 
Fuchsia Ricartoni des Anglais, qui est de fortes -dimensions, et 
\q F. repens, qui n'a presque pas l'aspect d'un Fuchsia, sont tout 
aussi peu délicats. 

M. Aubrée cultive le Fuchsia coccinea depuis 25 ans et, pendant 
l'hiver, il le couvre à peine, sans qu'il ait encore soufl'ert du froid, 
même cette année. Les pieds qu'il en possède sont superbes en ce 
moment. Cette espèce a d'ailleurs l'avantcige de reprendre de bou- 
tures avec une facilité extrôme. 

M. Forney dit que cette espèce devient un arbrissr^au de forte 
taille dans les pays dont le climat lui convierit; ainsi il en a vu, à 
Cherbourg, des pieds qui atteignaient trois et même quatre mè- 
tres de h tuteur et qui produisaient un efî'et magnifique par l'abon- 
dance extraordinaire des fleurs qu'ils portaient. 

M. le Président remet les primes aux personnes qui les ont 
obtenues. 

M. le Secrétaire-général procède au dépouillement de la corres- 
pondance qui comprend les pièces suivantes : 

1o Des lettres de remerciement écrites par MM. les Présidents 
du Conseil général de la Seine et du Conseil municipal de Paris, 
au sujet de l'invitation qui leur avait été adressée pour l'ouverlure 
de l'Exposition. 

2° Une lettre par laquelle M. Gauthier (R.-R.), avenue de 
Suffren, 18, invite les amateurs de Rosiers à venir voir ceux de 
son jardin. 

3° Une lettre par laquelle M. Ch. Baltet, horticulteur-pépinié- 
riste à Troyes (Aube), prie M, la Président de confier à un Membre 
de la Société la mission de faire un Rapport sur la â* édition de 



SÉANCE DU 10 JUI^ 18'' 0. 341 

son ouvrage intitulé : L'Art de greffer. — M, Carrière (E.-A.) est 
prié par M. !e Piésideiit d'examiaer l'oiivrage de M. Gh. Baltet et 
d'en faire l'objet d'un RipporK 

4o Plusieurs doci.»r.ents envoyés en réponse au questionnaire 
publié par la Société relativement aux effets produits par les froids 
de l'hiver dernier. Ils sont dus: à la G)mmission départe- 
mentale météorolog'que de l'Allier ; à la Société d'Horticulture de 
•" l'arrondibsement de Coutances ; à la Société libre d'Agriculture, 
Sciences, Arts et Belles- Lettres du département de l'Eure, saction 
de Bernay; à la Société d'Hoiticulture et d'Histoire naturelle de 
l'Hérault; à MM. Jacquemet-Bonnefont, d'Annonay (Ârdèche); à 
M. Dandin, de Boissy, prèsGhaumont-en-Vexin (Oise). Ges impor- 
tants documents sont renvoyés par M. le Président à la Gommis- 
sion d'enqi êle sur les effets du froid de l'hiver dernier. 

M. le Piési dent entretient la compagnie de la visite qui a été 
fdite à l'Exposition générale horticole, terminée hier au soir, par 
M. le Président de la République qu'accompagnaient M. le Mi- 
nistre de l'Agriculture et du Commerce et M. le Directeur de 
l'Agriculture. M. le Président de la République, à qui M. le Pré- 
sident et le bureau ont fait les honneurs de l'Exposition, a lémoi- 
gné beaucoup de bienveillance pour la Société qu'il a félicitée sur 
le succès obtenu par elle en cette circonstance. L'Exposition a 
été visitée aussi, mais à différents moments, par M\J. les Ministres 
de l'Intérieur, de la Justice, l'ambassadeur d'Angleterre et plu- 
sieurs autres grands personnages. D'an autre côté, la Presse %'en 
est beaucoup occupée et M. le Président cite les nombreux jour- 
naux qui en ont fait l'objet d'articles élogieux. Enfin la foule des 
visiteurs y a été grande, pendant toute sa durée, et, en somme, la 
Société a tout lieu de se réjouir d'avoir obtenu un nouvel et in- 
contestable succès dans une année qui a été désastreuse pour 
l'horticulture en général, par conséquent dans des circonstances 
qui semblaient autoriser à redouter un véritable échec. 

M. le Secrétaire-général dit que, si l'Exposition de cette année 
a si bien réussi, c'est que tous ceux qui y ont pris part ou qui l'ont 
organisée y ont mis une activité et un zèle pour lesquels la So- 
ciété ne saurait leur témoigner trop de gratitude. MM. les horti- 
culteurs et plusieurs amateurs distingués ont envoyé au Palais de 



342 PROCÈS-VERBAUX, 

riodustrie de magnifiques lots de plantes aussi bien choisies et 
aussi belles que bien cultivées, et, de son côté, la Coramission 
organisatrice tout entière n'a épargné ni temps ni peine pour 
préparer d'abord et pour assurer ensuite le succès. Tous ses mem- 
bres sans exception ont rivalisé de zèle, et la Société peut s'ap- 
plaudir d'avoir mis en eux sa confiance, dans cette circonstance 
importante. 

M. Forney a la parole et fdit à la Compagnie deux communica- 
tions verbales successives sur des sujets d'arboriculture. 

L'an dernier, dit-il, une chèvre s'étant introduite dans un clos 
planté d'arbres fruitiers, ronirea, sur de grandes étendues, l'écorce 
de plusieurs jeunes Pruniers. Un certain nombre se trouvèrent 
ainsi complètement décortiqués sur une large zone et ne tardèrent 
pas à périr; mais d'autres, bien que ayant perdu leur écorce sur 
une large surlace, en avaient néanmoins conservé, d'un côté, une 
bande qui, faisant communiquer le haut et le bas de l'arbre, 
rendait encore possible un passage de la sève. M. Forney s'est 
proposé d'amener le recouvrement graduel de cette large plaie. 
Dans ce but, après avoir bien nettoyé la surface dénudée, 
il a disposé des rameaux taillés en biseau à leurs deux extré- 
mités de telle façon que, introduits entie le bois et l'écorce, tant 
dans le haut que dans le bas de la plaie, ils formaient des 
voies de communication entre ces deux parties. Il a recouvert 
ensuite le tout avec de la terre et un linge. Ces greffes ayant 
repiis aux deux bouts, la circulation de la sève s'est rétablie et il 
y a lieu de penser que la plaie se recouvrira graduellement. Il en 
probable qu'un bourrelet se formera, que cette partie du tronc 
aura une surface irrégulière ; mais enfin les arbres qui ont subi 
l'opération seront certainement sauvés, et c'est là le résultat qu'il 
importait avant tout d'obtenir. — Ce que M. Forney a fait en 
cette circonstance, il avait conseillé de le faire dans un article d'un 
Journal horticole qui a paru à la date de dix ou douze an«. Cet 
article a été analysé ou reproduit dans diverses publications 
étrangères, d'où il nous est revenu, et M. Du Breuil, ayant vu ce 
procédé indiqué dans un journal américain, sans doute sans indi- 
cation d'origine, a donné à ce genre de gretfe le nom de Greffe 
américaine sous lequel il le décrit habituellement dans ses cours 



SÉANCE DU 10 JUIN '1880. 343 

d'arÎDori culture. M. Forney cite d'autres cas dans lesquels il a fait 
usage du même procédé. 

M. Jamin (Ferd.) demande à M. Forney s'il a essayé cette 
greffe sur des arbres qui eussent subi une décortication circulaire. 

M. Forney répond qu'il n'a pas fait cet essai. 

La seconde communication verbale de M. Forney est relative 
aux effets que produisent, selon lui, les incisions longitudinales 
qui entrent dans la pratique courante de l'arboriculture fruitière. 
Il dit avoir constaté que ces effets sont finalement défavorables 
et même généralement mauvais. D'abord, dit-il, l'influence 
exercée par ces débridements semblerait être avantageuse; mais 
plus tard l'écorce du bourrelet qui s'est produit devient chan- 
creuse et se détruit plus ou moins complètement; le bois qui se 
trouve ainsi dénudé s'altère, et l'arbre souffre, puis meurt. Il assure 
avoir perdu un bon nombre d'arbres par cette seule cause. 
Instruit par l'expérience, il a remplacé les incisions longitudinales 
de l'écorce par une autre opération dont il n'a qu'à se louer jus- 
au'à ce jour. Cette opération consiste à enlever avec la serpette 
de minces copeaux d'écorce ; il se forme dans l'écorce ainsi amincie 
de petites crevasses, et le résultat définitif est que l'arbre grossit 
et prospère. Sur des arbres qui étaient envahis par le kermès et 
dont la végétation souffrait beaucoup, il a ramené la vigueur 
en enlevant deux languettes d'écorce, d'après ce procédé, sur deux 
côtés opposés; la reprise de la végétation n'a été accompagnée de 
la formation d'aucune difformité ni d'aucun bourrelet. 

M. Arnould-Baltard dit qu'il lui est difficile de partager l'opi- 
nion défavorable de M. Forney sur les incisions longitudinales. 
Il en a pratiqué plusieurs fois sur des arbres forestiers et jamais 
il n'en a vu résulter des conséquenctis regrettables. 

M. Lepère, fils, déclare aussi ne pouvoir partager à cet égard 
la manière de voir de M. Forney. Les incisions longitudinales 
pratiquées à l'écorce rendent tous les jours de grands services; 
seulement il faut choisir pour les faire l'époque convenable et ne 
pas enfoncer profondément l'outil avec lequel on les fait. Aussi 
est-il convaincu que, quoi qu'on dise contre cette opération, les 
arboriculteurs, qui généralement ont eu à s'en louer, n'y renon- 
ceront pas. 



344 PRCCÊî-YiLRBADX. 

M. Jaiiiin (Fird.) fait obseiver qu'il semble que pareille chose 
ait lieu parfois dans les arbres abandonnés à eux-mêmes, car on 
voit quelquefois récorce éclater, et le grossissement se ressent 
eu général avantageusement de ce fait. 

M. P. Duchartre a la parole pour signaler un fait qu'il a observé 
dans son*jardin et qui lui semble avoir un certain intérêt. Il 
rappelle que, à la séance du \\ août 1864, il avait dit avoir vu, 
sur une vieille treille de Chasselas, une pousse de l'année produire 
à sa base, par un temps sec et chaud, à trois mètres environ au- 
dessus du sol, quelques mamelons qui semblaient être des racines 
adventives. Pour reconnaître si telle était en effet leur nature, il 
boutura ce sarment et, au bout d'un mois, ces mamelons s'étaient 
développés, dans la terre, en racines longues de 8 ou 9 centimètres. 
M . Jamin (FerJ.) fît observer alors que des racines adventives se 
produisent assez souvent sur les pieds de Vigne cultivés en serre, 
mais non sur ceux qui se trouvent à l'air libre. Or, pendant i'été 
de 1879, un pied de Morillon hâtif cultivé en treille dans le même 
j^jrdin, à Meudon (Stine-et-Oise),a été le siège d'une formation ex- 
trêmement abondante de racines adventives parfaitement caracté- 
risées, tandis que rien de pareil ne s'est produit sur d'autres pieds 
delà même variété de Vigne qui se trouvaient à côté du premier et 
qui faisaient partie de la mêro.e tonnelle. C'est de la vieille tige, 
âgée certainement de plus de vingt ans, que sont sorties ces racines 
qui étaient réparties par groupes allongés et serrés, depuis 20 à 
25 centloi êtres du sol jusqu'à une hauteur d'environ deux mètres. 
Au commencement du mois d'août, elles avaient, en moyenne, 
près de deux centimètres de longueur, sur deux ou trois milli- 
mètres d'épaisseur; leur couleur était claire et plus ou moins 
rougi âtre. Elles se sont pea allongées dans le reste de la saison, 
mais uu flacon à large goulot et rempli d'eau ayant été disposé 
de sorte qu'une portion d'un groupe plongeât dans ce liquide, 
celles qui étaieLt ainsi immergées se sont asstz rapidement déve- 
loppées ; elles avaient atteint dix centimèties de Lngueur, sans 
se ramifier, lorsque, à partir des premiers jours d'octobie, une 
absence prolongée les a fait perdre de vue. Ensuite les gelées 
rigoureuses du mois de décembre ont fait périr jusque près de 
terre U tige qui avait été le siège de ce singulier développement. 



SÉANCE DU 24 JDIN fSfO. 345 

M. le Secrétaire-général aononce de nouvelles présentations ; 
Eî la séance est levée à quatre heures moins un quart. 



SÉANCE DU 24 JUIN 18 8 0. 

Li séance est ouverte à deux heures, en présence de cent- 
vicgt-cinq Membres titulaires et de quatre Membres honoraires. 

Le procès-verbal de la dernière 33ance est lu et adopté. 

M. le Président proclame, après un vote de la Compagnie, l'ad- 
mission de douzi Membres titulaires dont la présentation, faite 
dans la dernière séance, n'a soulevé aucune opposition. 

Les objets suivants ont été déposés sur le bureau : 

1*^ Par M. Caachin (Vincent), cultivateur àMontmagay, un lot 
important de légumes variés, savoir: des Choux-fleurs Lemaitre, 
des Pois Serpette verts, des Oignons blanc hâtif et gros tardif, et 
trois sortes de salades : Romaine blonde maraîchère, Liitue-chou 
de Naples, Laitue verte grasse. — Relativement à cette dernière 
variété de Laitue, qui a éié mise au commerce, à la date de quelques 
années, par la maison Vilmorin-Andrieux, M. Gauchinfait obser- 
ver qu'elle n'est pas encore cultivée aussi fréquemment qu'elle 
mérité de l'être, attendu qu'elle est de première qualité. 

M, le Président du Comité de Culture potagère déclare que tous 
ces légumes sont fort beaux. 11 fait remarquer entre autres la 
Romaine blonde, qui a été semée et cultivée en plein champ, et 
qui néanmoins est fort belle et sans trace de maladif, fait rare 
maintenant, ainsi que l'Oignon blanc tardif dont la beauté est 
remarquable pour l'année. Aussi le Comité es t-il d'avis, quoique 
tous ces produits soient de pleine saison, d'accorder à M. C luchin, 
pour la présentation qu'il en a faite, une prime de 2' classe. Cette 
prime est votée par la Compagnie. 

M. Laizier dit que la variété de Chou-fleur dont M. Cauchin a 
présenté deux beaux spécimens, a reçu de M. Lpmaîire son propre 
nom, bien qu'elle fût connue antérieurement à cet horticulteur. 

2" Par M. Bain (Louis), jardinier chtz M. Gauthier (R.-R.), 
avenue de SafiFren, 18, à ?ànSf\i\x\\. Choux-fleurs de la variété 



346 PROCÈS-VERBAUX. 

Pageot, qui sont d'une telle beauté que le Comité de Culture po- 
tagère propose d'accorder pour récompense à ce jardinier une 
prime de 2" classe. Mise aux voix par M. le Président, celte pro- 
position est adoptée. 

M. Gauthier dit que plusieurs des Choux-fleuis qu'il a déjà ré- 
coltés, la semaine dernière, mesuraient jusqu'à I-^IO et même 
l"» 20 de circonférence, c'est-à-dire environ 0" 40 de diamètre. 11 
donne lecture, à cette occasion, d'une noie rédigée par lui, qui a 
pour titre : Moyen d'obtenir des Choux- flews ayant plus d'un 
mfitre de chconférence. 

3" Par M. Régnier (Alexandre), horticulteur, avenue Marigny, 
à Fontenay-sous-Bois (Seine), des Pommes de terre qu'il présente 
comme étant de la vaiiélé Maijolin et des Fraises Qualre-saisons. 
Ces deux produits ayant été reconnus beaux, il est donné à cet 
horticulteur une prime de 3"= classe. 

M. le Président du Comité de Culture potagère déclare, à ce 
propos, que les tubercules déposés sur le bureau par M. Régnier 
sont très-beaux, mais ont laissé quelques doutes au Comité quant 
à la légitimité du nomdeMarjolin. Comme ils proviennent d'une 
culture faite en plein champ, il serait possible qu'il y eût eu 
mélange dans la plantation. Il se pourrait aussi que ce fût une 
variété nouvelle qui, dans ce ca?, constituerait une bonne acqui- 
sition. 

4° Par M. Dudciiy, me Notre-Darae-des-Victoires, à Paris, des 
tubercules des trois variétés de Pomme de terre à feuilles d'ortie, 
«entennial et Ash-Leaf, dont la détermination est parfaitement 
sûre et qu'il apporte comme termes de comparaison avec ceux qui 
ont été présentés dernièrement sous ces noms. — Le Comité de 
Culture potagère lui adresse, pour l'attention qu'il a eue en cette 
circonstance, Hes remerciements, par l'organe de son Président qui 
rappelle en outre que AI. Paillet avait déposé sur le bureau, à la 
dernière séance, des tubercules de la Pomme de terre centennial 
afin de montrer combien elle est lente à se mettre en végétation. 
D'après M. Dudoiiy, continue M. le Président du Comité, cette 
lenteur est telle que la Pomme de terre ne pousse pas ; mais, s'il 
en est ainsi, fait-il observer, comment parvient-on à la multiplier 
et à en obtenir les beaux spécimens qu'a montrés M. Paillet ? 



SÉANCE DU 24 JUIN 1880. 3i7 

0° Par M. Pâillieux. un fromage fait avec la graine du Soja 
hispidn. 

A l'appui de cette présentation M. Paillieux fait une commu- 
nication verbale sur ce mode d'utilisation de la graine du Soja. 
Peut-être, dit -il, ce produit serait-il plutôt du ressort de l'Agri- 
culture que de l'Horticulture ; néanmoins comme c'est encore 
surtout dans les jardins qu'on cultive cette Légumineuse, il n'est 
pas hors de propos d'en parler dev^int la Société d'Horticulture. 
Le fromage de Soja est la matière d'une immense consommation 
en Chine, au Japon et dans tout Textrôme Orient. La graine avec 
laquelle on le prépare peut, enraison de sa composition chimique, 
être regardée presque comme du lait à l'état solide. Pour en faire 
du fromage, on la met tremper dans l'eau pendant vingt-quatre 
heures; on la moût ensuite. On ajoute un peu de lait, puis de la 
présure pour fairele caillé, après quoi on confectionne le fromage. 
Sans doute ce n'est pas là un fromage fin ; mais son extrême bon 
marché le rend populaire. Comme il n'a guère de saveur à lui 
propre, les Chinois l'aromatisent, et on pourra suivreleur exemple, 
si l'on se décide à en fabriquer en France. Cette préparation 
laisse un résidu que tous les animaux domestiques mangent vo- 
lontiers. Au reste, dit M. Pâillieux, les feuilles et les gousses de 
la même plante sont acceptées par le bétail qui, en outre, est 
friand de sa graine. Il est donc certain qu'on trouverait différents 
avantages à la culture de cette Légumineuse. 

f>° Par M. Gauchin (Vincent), des rnmeaux de Pommier Rei- 
nette du Canada atteints d'une maladie qu'il croit être produite 
par un Oïdium. 

M. le Secrétaire du Comité d'Arboriculture dit que ce Comité a 
pensé que c'était le mal connu des jardiniers sous ie nom de La 
Grise ou le Tigre sous feuilles, mal que Ton combat avec de l'eau 
de savon noir. 

7° Par M. Roy (A.), horticulteur, avenue d'Italie, 162, un pied 
fleuri d'une Clématite qui a été obtenue de semis par M. Rousselot, 
de Nantes, à laquelle a été donné le nom de Docteur Blanchet. 
Elle est issue da Clematis lanuginosa. 

8" Par M. Vauvel, chef des pépinières au Muséum d'Histoire 
rialurelle, un pied fleuri d'un Œillet dont il désire apprendre le 



ii\8 PROCÈS- VERBADX. 

nom, et que le Comité deFloriculture j'iga voisin de la variété 
nommé Beauceron qui rentre dans le Dianthus semperflorens. — 
M. Vauvel écrit que ce pied e&t une bouture faite, à l'automne 
dernier, par M. Naudin, horticulteur, rueYvart, à Pari?. M. Naudin 
a rapporté le p'ed-mère d'Alsac», où, dans un voyage, il le vit 
sur la fenêtre d'une personne qui consentit à le lui vendre. Cette 
plante a parfaitement supporlé l'hiver dernier, étant en pleine 
terre; elle e^t donc entièrement rustique; elîe est vivace, à fleurs 
doubles. La floraison en est abondante et paraît être de longue 
durée, puisque le pied qui se trouve en ce moment sur le bureau 
est fleuri depuis plus d'un mois. 

90 Par la maison Vilmoriu-Andrieux que représente M. Michel, 
chef de culture, une série de p'antes fleuries, savoir : Godetia 
Lady Albemarle, Thlaspi [Iberis) nain hybride rose, variété fixée, 
Pétunia nain compacta panaché, Campanula [Piismalocarpus) 
Spéculum procumbens blanc, enfin, Réséda pyramidiil à grandes 
fleurs, présenté comme objet de comparaison avec deux variétés 
allemandes, nommées, l'une compacla nain, rautreDiamant,dont, 
dit M. le Président du Comité, on a fait grand bruit en Allemagne 
et qui cependant n'approchent certainement pas du premier. — 
Une prime de 2"^ classe est demandée et accordée en raison de la 
b?au!é de cette présentation; mais MM. Vilmorin-Andrieux renon- 
cent à la recevoir. 

M. Michel apprend à la Compagnie que le Pétunia dont un pied 
fleuri est déposé sur le bureau est sorti deVinimitahilis .Vàv sélec- 
tion on est arrivé à en f dire une plante très-naine, propre aux 
bordure?. Ayant fécondé cette nouvelle variété avec le pollen de 
variétés doubles, M. Michel a obtenu des plantes qui semblent 
devoir être doubles. 

Il fait l'éloge du charmant Godétia Lady Albemarle et en géné- 
ral des Godétias qui ont le mérite de se maintenir en bon état de 
floraison pendant dix ou douze jours, dans des appartements. 

10° Par M.Godefroy-Lfcbeuf, horticulteur, route de Sannois, 26, 
à Argenteuil (Seine-et-Oise), plusieurs plantes d'introduction 
récente : Bolbophyllum Beccari^ Orchidée grimpaKte, à énormes 
feuilles ovales, et à fleurs nombreuses, d'un brun lavé de lilas, 
avec le labelle de couleur foncée. Cette grande et cuiieuse espèce 



SÉANCE DU 24- JUIN ,'880. 349 

qui, dit M. Godefroy-Lebeuf, est cultivée chez MM. Veitch et à 
Gind, a élé découverte dans l'île de B jrnëo, par le botaniste- 
voyageur italien Beccari. Begoniat Daveauana, petite plante à 
feuillage él<^ganiment coloré, qui a été introduite par M. Godefroy- 
Lebeuf, et découverte par lui sur les montagnes de Bay Dor, dans 
l'île de Phu Quo', go'fede Siam. Elle n'a pas encore fleuri, de 
forte que le noœ qui lui est donné est provisoire ; elle vient tou- 
jours à Tombie et nes'éiiole jamais,Z?'^M/anamacro;j^y//<2, Com- 
posée de tiès fortes p rojiortions, dont le pied placé sous les yeux 
de la Compagnie a émis, du milieu d'une touffe de très grandes 
feuilles ovales-oblongues, deux tiges florifères hautes de près de 
deux mètres; les fleurs en sont jaunes. C ate plante figurait dans 
le lot remarquable d'espèces de l'Asie centrale que M. le 
docteur Ei. Regel avait envoyé à l'Exposition du Champ de 
Mars, en 1878. Daphne elegantissima. Primula copitata Eook., 
charmante espèce de rHimaiaja, dont l'introiuction ea due au 
docleur Dalton Hooker, et dont la floraison dure trois mois; elle 
a trèj bien supporté en plein air les froids de l'hiver dernier, 
ce qui prouve sa rusticité. Spirsea elegans, hybride obtenu entre 
les Sp. venusta et japonica. Enfin Juncus ::ebrmus, variété rusti- 
que, remarquable parce qu'elle est panachée de zones alternatives 
vertes et blanchâtres. 

Le Comité de Floriculture propose d'accorder à M. Godefroy- 
Lebeuf, pour cette présentation du plus haut intérêt, une prime 
de 1'® classe, la p'us haute récompense que le règlement autorise à 
donner en séance. G^tte proposition est adoptée, mais M. Gode- 
froy-Lebeuf renonce à recevoir la prime dont il a été reconnu 
digne. 

11° Par M. Schwarlz, jardinier chez M. Lemercier, à Bagneux 
(Seine), un Zinnia double panaché et deux pieds d'un Pelargo- 
nium zonalek fleurs rouge vif, obtenu par lui de semis. Pour cette 
nouvelle plante, à laquelle il donne le nom de Karl Silnvind, il 
lui est accordé une prime de 3® classe, sur la demande du Comité 
de Floriculture. 

12° Par M. Jolibois, jardinier-chef au Luxembourg, un pied fleuri 
de Pitcairma violacea, forte Broméliacée remarquable par la cou- 
leur violet foncé de ses grandes fleurs qui sont en grappe composée, 



350 PROCÈS-VEllBAUX. 

lerminant une tige florale longue d'environ l-^aO. Celte plante 
fleurit très-rarement. M. Jolibois apprend à la Compagnie que» 
surtrois pieds qu'il en possède, un a fleuri, à la date d'une quin- 
zaine d'années, et n''a plus relleuri, tandis que les deux autres 
viennent de fleurir maintenant pour la première fois. Une prime 
de 4''' classe est accordée pour cette remarquable présentation, 
mais M. Jolibois renonce à la recevoir. 

D'après les renseignements qu'il donne de vive voix, le Pitcair- 
nia violacea est une plante de serre foide, très-peu délicate, qu'on 
ne voit guère aujourd'hui que dans des jardins botaniques. La 
multiplication en est difficile et s'opère péniblement par division. 
Les fragments qu'on en sépare ainsi perdent toutes leur^ feuilles 
extérieures, ne gardant que celles du centre qui se rident, do 
sorte que le tout semble presque mort; cependant plus tard la vie 
se manifeste et le nouveau pied entre en végétation. 

'13° l^ar i\i"e Marie de laRouvray«, d'Orbec-eu-Auge (Calvados), 
des fleurs de Pelargomum grandiflorum qui malheureusement 
sont arrivées en trop mauvais état pour qu'il ait été possible de 
les apprécier. — A ce propos, M. le Président du Comité de 
Floriculture fait observer que, lorsqu'on expédie des fleurs coupées, 
on a tort de les enfermer dans des boîtes parfaitement closes; il 
vaudrait mieux les disposer de manière que l'air eût libre accès 
jusqu'à elles. On trouverait mèaie avantage, si la chose était pos- 
sible, à les laisser soumises à l'influence de la lumière. 

14° Par M. Aubrée, de Cliatenay, des branches fleuries du 
Fuc/isia coccinea, dont il a été question dans la séance précédente. 
Il les ofl're à ceux de ses collègues qui- voudront en l'aire des bou- 
tures. M. Aubrée dit que cet arbuste est tellement rustique qu'il 
le laisse constamment en pleine terre. 11 se borne à le rabattre k 
l'automne et à le recouvrir quelque peu de feuilles. Au printemps, 
il le voit repousser avec vigueur, après quoi les pousses ne tardent 
pas à se couvrir de fleurs. La reprise de cette espèce par boutures 
est tellement facile que même les branches qu'on en coupe acci- 
dentellement et qui tombent à terre, ou celles qu'on utilise 
comme tuteurs forment tout autant de pieds. 

M. le Président remet les primes aux personnes qui les ont 
obtenues. 



SÉANCE DU 24 JUIN 1880. 351 

M. le Secrétaire-général procède au dépouillement de la corres- 
pondance qui comprend les pièces suivantes : 

1° Une lettre par laquelle M. le Ministre de l'Agriculture et du 
Commerce annonce à M. le Président qu'il a bien voulu accorder 
à la Société la subvention habituelle. 

20 Une lettre de M. Rosenthal qui annonce l'envoi d'un tirage à 
part du Wiener illustrirte Garten-Zeitung (Gazette horticole illus- 
trée de Vienne), organe de la Société I. R. d'Horticulture de 
Vienne (Autriche), dont il est rédacteur en chef. Cette brochure 
renferme trois Rapports rédigés par lui : le premier donne 
l'énumération des variétés de Poiriers, au nombre de 182, aux- 
quelles a nui plus ou moins le froid de l'hiver dernier qui, à 
Vienne, est descendu jusqu'à — 22oR., c'est-à-dire —27° b cent.; 
le second relève les variétés de Poiriers, au noranre de 3i0, qui, 
au contraire, dans les cultures de l'auteur, ont supporté ces g-elées 
exceptionnellement rigoureuses, sans en éprouver de dommages 
sensibles ; enfin dans le troisième se trouvent des relevés compa- 
ratifs analogues pour les Pommiers, les Abricotiers et les Pêchers. 

3o Une série de réponses au questionnaire publié par la Société 
relativement aux effets produits par les gelées de l'hiver dernier. 
Elles sont dues à la Société horticole-rosiériste de Brie-Comte- 
Robert et Grisy-Suisnes, à la Société nantaise d'Horticulture, à la 
Société d'Horticulture deFontenay-le-Gomte (Vendée), à la Société 
d'Horticulture et d'Arboriculture des Dâux-Sèvres, à la Société 
centrale d'Agriculture du département de la Seine-laférieure, 
entin à M. Bigot, Membre de la Société, qui écrit de Dieppe. — 
M. le Président dit que de vifs remerciements seront adressés aux 
Sociétés qui ont bien voulu rédiger et envoyer ces importants do- 
cuments dans lesquels la Commission d'enquête sur les dégâts 
causés par l'hiver dernier trouvera de précieux renseignements. 

M. le frèi*e Henri, professeur d'Arboriculture à Rennes (lUe-et- 
Vilaine), expose, de vive voix, le système de pincement court qu'il 
applique au Pêcher et dont il a exposé en détail la méthode diins 
son Traité d' Arboiicultwe fruitière. Il raconte que, à la date d'une 
vingtaine d'années, se réglant en partie sur les indications de 
M. Grin, de Chartres, il pratiquait ce pincement sur deux feuilles 
ayant un œil à leur aisselle; mais il n'a pas tardé à reconnaître 



352 PaOCÈS-VERBAUX. — SÉANCE DU 24 JUIN 1880. 

qu'il résultait des inconvénients sérieux de cette manière d'opérer. 
Aujourd'hui il pince en laissant, en moyenne, quatre feuilles au- 
dessus de ce qu'il nomme la rosette de la base, et il assure qu'il 
se trouve bien de cette manière d'opérer; aussi i'enseigne-l-il dans 
ses leçons et dans soa livre. 

M. Lepère, fils, déclare ne pouvoir partager la confiance de 
M. le frère Henri dans les efîets du pincement, tel qu'il a été 
conseillé. 11 croit que, même modifié comme il l'est actuellement, 
il ne vaudra pas mieux que ceux qui ont été conseillés par M.Grin, 
M. Picot, etc. Pour lui, il préfère sans hésitation le palissage à 
tous les pincements qu'on essaie d'y substituer, et il assure que 
divers arboriculteurs qui ont essayé cette substitution ont perdu 
finalement les arbres sur lesquels ils l'avaient efi'ectuée. 

M. Forney conteste l'un des efiets que les partisans du pince- 
ment attribuent à cette opération et qui consiste à changer les 
boutons à bois en boutons à fleurs. Il affirme que cette transfor- 
mation est impossible, car, sur le Pécher, la fleur est déjà formée 
dcins le bourg-on au moment cù il devient visible. Pour le Poirier, 
ajoutt-l-il, la formation de la fleur est plus tardive et n'a pas lieu 
avant le mois de novembre. 

M. Jamin pense que celte dernière assertion n'est point parfai- 
tement exacte et que, dès le mois de juillet ou au moins d'août, 
les boutons à fleur des arbres fruitiers à pépins sont formés et 
caractérisés. 

Il est donné lecture ou fait dépôt sur le bureau des documents 
suivants : 

4» Rapport sur un thermomètre avertisseur électrique construit 
par M. Eon; M. Ch. de Vendeuvre, Rapporteur. — Les conclu- 
sions sont que la Commission aurait demandé le renvoi à la Com- 
mission des Récompenses si l'appareil qui en est l'objet n'avait valu 
déjà une médaille à M. Eon, à l'Exposition qui vient d'avoir lieuv 

2° Rapport sur la i' édition d'un ouvrage de M. Ch. Baltet inti- 
tulé : L'art de greffe?'; M. Carrière (E.-A.), Rapporteur. — Les 
conclusions de ce Rapport tendant au renvoi à la Commission des 
Récompenses sont mises aux voix et adoptées. 

M. le Secrétaire-général annonce de nouvelles présentations ; 

Et la séance est levée à quatre heures et un quart. 



NOMINATIONS. — SÉANCES DES 10 ET 24 JLIN 1880. 353 

NOMINATIONS. 



SÉANCE DU 40 JUIN 4880. 

MM. 

\. Cornu (Miximo), aide-naturaliste au Muséum, rue des Ecoles, 1, à 
Paris, présenté par MM . Carrière et Vauvel. 

2. Fastré, propriétaire, rue des Martyrs, 57, à Paris, présenté par MM. 

E. Robert et Duvivier. 

3. L'Herron, horlicullcur, à Brest (Finislère), présenté par M. M. Borel 

et Glatigoy. 

4. Rondeau (Alexandre), jardinier-chef chez M. le comte de Germiny, au 

château de Gouville, par Gailly (Seine-Inférieure), présenté par 
MM. Hûullcl et B. Verlot, 

COMME DAME PATRONNESSE. 

M""' Poupon, rue de Rmnes, 89, à Paris , présentée par MM. Eugène 
Tesloû et Lecocq-Duoiesnil. 



SÉANCE DU 24 juin 18S0. 
MM. 
S. Alliou, peintre-», avenue de Clichy, 47, à Paris, présenté par MM. 
Borel et Duvivier, 

2. Blanquier, fabricant de chauffages, rue de TEvangile, 20, à Pdris, 

présenté par MM. de Vendeuvre et Marand. 

3. Carpentier, fabricant de châssis-cloches, à D oullens (Somme), pré- 

senté par MM. Duvivier et Borel. 

4. Dehu (Elie), jardinier chez M. Rouquier, à Dugny, par le Bourget 

(Seine), présenté par MM. Chargueraud et È. Chouvet. 
.5. Du/iLLARD (AUmJ ), horticultenr, rue Bertbollet, à Arcueil (Seine), 
présenté par MM. Carrière et Curé. 

6. Hebrard (Alexandre), horticulteur, rue de Reuilly, S5, à Paris, pré- 

senté par MM. Curé et Cuvier. 

7. Jeanninel, horticulteur, à Langres (Haute-Marne), présenté par MM. 

Ballet, Bonnel et Michelin. 

8. Laurent (Narcisse), horticulteur, rue de Lourmel, 20?, à Paris, pré- 

senté par MM. Carrière et Curé. 

9. Rot (François-Vincent), entrepreneur de menuiserie, rue de Grenelle- 

Saint-Germain, 37, à Paris, présenté par MM. Duvivier et Verlot. 

10. ScHMiDv (Georges), au Château des Mure?, à Avranches (Manche), 

présenté par MM. Duvivier et de Vendeuvre. 

23 



354 BOLLETrN BIBLIOGRAPHIQUE. 

1 1 . Thomas (Albert), inspecteur du gouvcrnemeat , architecte de la 

Société, boulevard Malesherbes, 112, à Paris, présenté par MM. 
Henri Lallemand et Lecocq-Dumesnil. 

12. TRA^soN (Eugène), de la maison Transon frères, pépiniéristes, à Or- 

léans (Loiret), présenté par MM. Chatenay (Abel), Coulombier et 
Eugène Verdier^ fils aîné. 



BULLETIN BIBLIOGRAPHIQUE. 



MOIS DE MAI ET JUIN 1880, 

Actualité (L'j, office général de l'Industrie cl du Commerce (n'* 46 à 66. 

Paris ; feuille in-4. 
Annales de la Société d'Horticulture de la Ilaute-Garonne (janvier-févr., 

mars et avril 1880). Toulouse; in-8. 
Annales de la Société d'Horticulture de Maine-et-Loire ÇZ" et 4^ trimestres 

de 1879). Angers; in-8. 
Annales de la Société hoiticole, vigneronne et forestière de l'Aube (avril 

el mai 1880). Troyes-, in-8. 
Annales de Vlnititid expérimenal agricole du Rhône (mars et avril 1880). 

EcuUj'-lcs-Lyon; in-8. 
Apiculteur [L') (mai et juin 1880). Paris; in-8. • 

Botanisches Centralblatt, refcrirendes Organ fur das Gesammtgebict der 

Botanik iFeuille centrale botanique, recueil analytique pour toute 

la botanique, édité par le docteur Oscak Uiilworm, n"» 1 à 17). 

Cassel ; in-8. 

Bulletin agricole du Puy-de-Dôme (mars, avril et mai 1880). Riora; 

in-8. 
Bulletin de la Société botanique de France {a"" 1 et 2 des Comptes rendus, 

Revue bibliographique A de 1880). Paris ; in-8. 
Bulletin de la Société centrale d'Horticulture de Nancy (mars-avril 1880). 

Nancy ; iu-8, 
Bulletin de la Société centrale d'Horticulture des Ardennes (n» 13 en 

1t80). Charleville; in-8. 
Bulletin de la Société d'Agriculture de l'arrondissement de Clermont (Oise) 

(avril 1a80). Clermont; in-8. 
Bulletin de la Société d'Agriculture de l'Indre (n° 4 de 1879). Châ- 

leauroux ; in-8. 
Bulletin de la Société d'Agriculture et d'Horticidture de Tontoisc (3* tri- 
mestre de 1879). Pontoise; in-8. 
Bulletin de la Société d'Agriculture et d'Horticulture de Vaucluse (mai 
cl juin 1880). Avignon; in-8. 



MOIS DE MAI ET JUIN 1880. 3oO 

Bulletin de la Société d'Agriculture, Sciences et Arts de Poligny (février et 

mars 1880). Poligny, in-8. 
Bulletin de la Société d'Encouragement (avril 1880). Paris; in-4. 
Bulletin de la Société des Agriculteurs de France (n"' 9, 10 et 1 1 do 

1880). Paris; in-8. 
Bulletin de la Société d^ Horticulture de Chdlon-sw-Saone (1^' trimestre 

de 1880). Châlon; in-8. 
Bulletin de la Société d'Horticulture de Cholet (aaaée 1879). Cholet; 

i:i-S. 
Bulletin de la Sociétd d'Horticulture de Clermont {Oise) (mai 1880). 

Clerraont; in-S. 
Bulletin de la Société d'Horticulture de Compiègne (1er trimestre de 1880). 

Cimpiègne ; in-8. 
Bulletin de la Société d'Horticulture de l'arrondissement de Coulommiers 

no* 32, 33 en 1879 ; 34 et 3.5 en !880). Coulommiers : in-8. 
Bidletin de la Société d' Horticulture de Meaur; (n^s 2 à ô de ISIO) Meaux; 

in-8. 
Bulletin de la Société d'HorticuUure d'Orléans et du Loiret (4e trimestre 

de 1879). Orléans; ia-8. 
Bidletin de la Société d'Horticulture de Picardie (janvier-février-rnarà 

■1880). Amiens; in-8. 
Bulletin de la Société d'Horticulture et de petite Culture de Soissons 

favril-mai 18.80). Soissons ; in-8. 
Bidletin de la Société d'Horticulture et de Viticulture d'Eure-et-Loir 

(avril et mai 1830). Chartres ; in-8. 
Bidletin de la Société d'Horticulture et de Viticulture des Vosges {a" 29 

en 18,S0). Ëpinal ; in-8. 
Bulletin de la Société de Viticulture, Horticulture et Silviculture de 

Reims (n"* 16, 17 et 18 de 1880). Reims; in-8. 
Bulletin de la Société protectrice des animaux (février-mars-avril 1880). 

Paris ; in-8. 
Bulletin de la ville de Paris {a"^ 13, 15, 16, 17, 18, 19 et 20 de 1880). 

Paris ; feuille in-4. 
Bulletin des séances de la Société nationale d'Agriculture de France 

(février et mars 1880). Paris -, in-8. 
Bulletin d'Insectologie agricole (mars et avril 1880). Paris; in-8. 
Bulletin du Cercle horticole du Nord (février, mars et avnl 1880). Lille ; 

in-8. 
Bulletin du Comice agricole d'Amiens (n°' 198 à 201). Amiens; feuille 

in-4. 
Bulletin mensuel de la Société agricole et horticole de Mantes (mai et 

juin 4880). Manies; in-8. 
Bulletin mensuel de la Société d'Acclimatation (mars 1880). Paris; 

in-8. 



356 BDLLETIN BIBLIOGRAPHIQUE. 

Bulletin mensuel de la Société d'Agriculture, d'Borticulture et d'Accîi- 
matation du Var (avril et mai 4880). Toulon; in-8. 

Bulletin mensuel du Comice agricole de l'arrondissement de Tarbes (mai 
et juin 1880). Tarbes; ia-8. 

Bulletin semestriel de la Société d'Agriculture de Joigny (a° \M en 
1879). Joigny ; in-8. 

Bulletin trimestriel du Comice agricole, horticole et foresiier de Toidon 
(no 1 de 1880). Toulon; in-8. 

Bidletlino délia R. Società toscana di Orticultura (BuUelin de la SociéLé 
Royale toscane d'Horticulture, l° d'avril 1880). Flo<ence; in-8. 

Catalogue de M. Linden, horticulteur à Gand (Belgique). 

Cercle pralique d'Horti'Mlture et de Botanique du Havre (1", 2' et 3^ 
bulletins de 18H0). Le Havre; in-8. 

Chronique hoiticole de l'Ain (1*' noars, 1^' avril, 1^' mai, 1" juin de 
1880). Bourg; feuille in-4. 

Comptes rendus hebdomadaires des séances de l'Académie des Sciences 
(n°» 17 à2J de 1880). Paris ; in-4. 

Cultivateur {Le) agenais (mai et juin 1880). Agen ; in-8. 

Cidtivateur {Le Bon) (n°' 9 à 13 de 1880). Nancy; feuille in-4. 

Cultivateur {Le)de la région lyonnaise [a"' 174 à 182de 1880). Lyon;in-8. 

Garlenflora (Flore des Jardins, Bulletin mensuel général d'Horticulture 
édité et r<5digé par le D' Ed. Regel, avec plusieurs collabora- 
teurs ; cahiers de mai et juin 1880). Stuttgart; in-8. 

Journal d'Agriculture itratique du midi de la France (mars, avril 
et mai 1880)- Toulouse; in-8. 

Journal de l'Agriculture (n°* 578 à 585 en 1880). Paris; in-8. 

Journal de la Société d'IIorticuUitre du département de Seine-et-Oise 
(janvier, février et mars 1880). Versailles; in-8. 

Journal des Campagnes (n^s 18 et de 20 à 26 de 1880). Paris; feuille in-4. 

Journal des connaissances utihs (n" 46, 47 et 48 de 1880). Paris; in-4. 

Journal de vulgarisation de l'Horticulture (avril, mai 1880). Paris ; in-S. 

Lyon horticole (n"* 9, 10, 11 et 12 de 1880). Lyon ; in-8. 

MaandUad vaii de Vereeniging ter bevordeiing van Tuin- en Landbouw 
(Feuille mensuelle de la Société pojr le perfectionnement de l'Hor- 
ticulture et de l'Agriculture, n'* de mai, juin, juillet 1880). Maes- 
Iricht ; in-8. 

Maison de Campagne {La) (n"" 9, 10, 11 et 12 de 1880). Paris in-8. 

Massachiissetts Ploughman, Journal of Agriculture (Le laboureur du IMas- 
sachussett, journal d'Agriculture; n° du 24 avril 1S80). Boston; 
feuille in-foiio. 

Monatschrift des Vereines zur Befœrderung des Gartenbaues (Bulletin 
mensuel de la Société pour le perfectionnement de l'Horticulture et 
de celle des Amis du jardinage à Berlin, cahier de mai 1880^V 
Berlin; ia-8. 



MOIS DE MAI ET JUIN 1880. 357 

Moniteur d'Horticulture (Le) (juin et juillet <880). Paris ; io-S. 

Revue agricole et horticole du Gers (mai et juin 1880). Âuch-, in-8. 

Revue des Eaux et Forêts (mai et juin 1880). Paris ; in-8. 

Hevue horticole, par M. Carrière (É.-A.) (i.o» 10, 11, 12 et 13 de 1880). 
Paris ; in-8. 

Revue horticole des Bouches-du-Bhône {ai\nl <880). Marseille-, in-8. 

Rivista agricola romana (Revue agricole romaine, publication officielle 
du Comice agricole de Rome, mars, avril, mai 1880). Rome; 
in-8. 

Science pour tous (La){a'>^ 19 à 26 de 1880). Paris; feuille in-4. 

Sieholdia^ Weekblad voor den Tuinboiiw in Nederland (Sieboldia. Feuille 
hebdomadaire pour l'Horticulture dans les Pays-Bas, n"« 19 à 26 
da 1880). Leyde; iii-4. 

Société d'Agriculture de l'Allier (juin 1880). Moulins; ia-8. 

Société d'Horticulture, de Botanique et d' Agriculture de Montmorency 
(l^' trimestre de 1880). Montmorency; io-8. 

Société d'Horticulture de l'arrondissement de Sentis (mai et juin 1S80). 
Senlis; in-8. 

Société d'Horticulture de Limoges (n°s 3 et 4 do 1879). Limoges; in-8. 

Société d'Horticulture de Nogent-sur-Seino (Bullelin.no4 de 1880).Nogent; 
in-8. 

Société d'Horticulture pratique du Rhône (Liste générale des Membres en 
1880). Lyon; in-8. 

Société Lmnéenne de Bordeaux (6e livraison de 1879 et procès-verbaux de 
l'année 1879, tome 111). Bordeaux-, in-8. 

Société royale d' Agriculture et de Botanique de Gand (143^ Exposition, en 
4 380). Gand; in-8. 

Sud-Est {Le) (mai 1880). Grenoble; in-8. 

Tarif der K. K, chemisck-physiologischen Versuchs-Statio)ien fur Wein- 
und Obsthau (Tarif des stations chimico-pliysiologiques 1. R. pour 
la Viticulture et l'Arboriculture; 2e édition; grand in-S de 15 
pages. Vienne; 1880. 

The Garden (Le Jardin, journal hebdomadaire illustré d'Horticulture dans 
toutes ses branches ; cahiers des 8, 15, 22, 29 mai, 5, 12, 19, 26 
juin 1880). Londres; in-4. 

The Gardeners'Chronicle (La Chronique des Jardiniers, journal hebdoma- 
daire illustré d'Horticulture et des sujets voisins; cahiers des 8, 
15, 22, 29 mai, 5, 12, 19, 26 juin 1880). Londres; in-4. 

Vigneron (Le) champenois (n*»' 36, 37, 38, 39, 40, 41, 42 et 43 de 
4880). Epernay; feuille in-4. 

Woche7iblatt des land'wirthschaftlichen Verei^is im Grossherzogthum Baden 
(Feuille hebdomadaire de la Société d'Agriculture du Grand- 
Duché de Bade, nos 15 a 21 de 1880). Carlsruhe; in-4. 



358 LISTE DES RÉCOMPENSES 

Zeitschrifl des landwirlhschaftîichen Vereins in Bayern (Bulletin de la 
Société d'Agriculture de Bavière, cahier de juin ^880). Munich; 
in-8. 



LISTE DES RECOMPENSES 

ACCORDÉES PAU LES JURYS DE l'ExPOSITION TENUE PAR LA SOCIÉTÉ 

nu 5 AU 8 JUIN 1880, dans le Palais de l'Industrie (1). 
Dressée 'par le Secrétariat de la Société. 

La Société centrale d'Horticulture de France qui, par décret 
en date du 5 juin 1880 a pris le titre de Société nationale et cen- 
trale d'Horticulture de France, a tenu, du 5 au 8 juin dernier, son 
Exposition principale (2). Les plantes présentées, ainsi que les 
objets d'grt et d'industrie se rattachant à l'Horticulture, ont été 
examinés, le 5 juin, par le Jury nommé, suivant le règlement, 
par le Conseil d'Administration. 

Le Jury s'est divisé en quatre sections. La première avait à 
examiner les plantes d'agrément de plein air, la seconde les 
plantes d'ornement de serre chaude, tempérée et d'orangerie, la 
troisième les plantes légumières et la quatrième les objets d'art et 
d'industrie horticoles. 

La composition des Jurys était la suivante : 

{''"section. — M. A. Hardy, premier Vice-Président de la Société, 
Président; Secrétaire, M. Duchartre; Membres: MM. Carrière, 
Fontaine (Gustave), Jamin (Ferd.), Lapipe et Urbain (Louis). 

2« section. — M. Barelle, Vice-Président de la Société, Prési- 

(1) Membres de la Commissiou chargée d'organiser l'Exposition de 1880 
et constituée en Jury d'admission : — M. Teston, Vice-Président de la 
Société, Président; M. A. Lavialle, Secrétaire; Membres: MM. Appert, 
Arnould-Baltard, D' Bâillon, Borel, Cotlereau, Courcier, Delamarre, 
Drouet, Durand aîné, (.efebvre (E.), «^uénat, et Siroy, Adjointe : MM. 
Duvivier, Secrétaire-général; B. Verlot, Secrétaire -général-adjoint ; 
-Moras, Trésorier; Lecocq-Dumesnil, Trésorier - adjoint ; P. Duchartre, 
Sccrétaii'e-Rédacteiir ; et Dutrou, Architecte de la Société. 

(2) Par décision du Conseil d'Administration, la séance solennelle pour 
la dislribuiioQ des récompenses aura lieu en décembre prochain. 



DÉCERNÉES A LA SUITE DE l'eXPOSITION DE 18S0, 359 

dent; Secrétaire, M. Chargueraud ; Membres: MVl.Bauer, Chenu 
(Jules), Jolibois, Sallier etWeiker. Suppléants pour les deux sec- 
tions: MM. Boizard, Leprieur, Verdier (Eug.). 

3« section. — M, Arnould-Baliard, Vice-Président de la Société, 
Président; Secrétaire, M. Curé; Membres: MM. Beurdeley, 
Feuillet, Laizier et Noblet. 

4^ section. — M. Teston, Vice-Président de la Société, Prési- 
dent; Secrétaire, M. A. Lavialle; Membres: MM. Auberf, Cel- 
lière, Glaiigny, Héringer, Lebôuf, fils ; suppléants, MM. Dopfeld, 
Grenlhe, Péan. 

Les récompenses suivantes ont été attribuées par les Jurys (1). 

A. PARTIE HORTICOLE. 

1° Plantes nouvellement introduites. 

A. Léguœières. 

Médaille d'argent à M. Hamelin, boulevard de l'Hôpital, 34, à 
Paris, pour une Fève mexicaine. 

B. Plantes fleurissantes ou non de serre ou de plein air. 

Médaille de bronze à M. Poirier, à Villeneuve-!e-Roi pour des 
Bégonia semperfloi^ens v^T.rosea. 

Médaille d'argent à M. Vyeaux-Duvaux, horticulieur, rue Picpus, 
à Paris, pour des Chrysanthèmes Bijou-d'or. 

Médaille d'argent à M. Thiébaut-Legendre, horticulteur, avenue 
Victoria, 8, à Paris, pour des Œillets grenadins. 
2° Plantes obtenues de semis. 

Le Jury n'a point eu a examiner de semis de plantes légumières 
et fruitières ; mais il a récompensé un certain nombre de plantes 
d'agrément. Il a décerné trois médailles d'or à : 

M. Bleu (Alfred), horticulteur, avenue d'Italie, 48, à Paris, pour 
8 Caladium non encore au commerce. 

M. Evrard, horticulteur, rue Basse, 62, à Caen (Calvados), pour 
12 variétés de Pelargonium simples et.doubles. 

M. Le'^uin, horticulteur, à Clamart (Seine), pour ses gains de 
Bégonias tubéreux simples et doubles. 

(1) Suivant l'article 21 du Programme, les médailles d'honneur ont 
remplacé toutes celles qui avaient été obtenues par le même exposant. 



360 LISTE DES RÉCOMPINSES 

Médaille de vermeil à M. Morle', horticulteur, à Avon (Seine- 
et-Marne), pour 36 variétés nouvelles de Colens. 

Mé.iaille d'argent grand module à M. Dufoy (Alph.), horticul- 
teur, rue des Vignes, 12, plateau d'Avon (Seine-et Oise), pour 
2 Pelargonium nouveaux et non encore au commerce. 

Médaille d'argent à M. Lemoine, horticulteur, à Nancy (Meur- 

thi -et -Moselle), pour des semis de Potentilla atrosangumea ya.riès. 

Médaille de bronze à M. Lemoine, déjà nommé, pour 2 variétés 

à fleurs simples et doubles de Pelargonium inquinans et zonale. 

Le Jury a accordé des félicitations à M. Ménard, horticulteur, 

à Melun, pour fes Coleus de semis; à M. Samson, horticulteur, à 

Étampes (Seine-et- Oise), pour 2 Pelargonium de semis et à 

M. Robert, jardinier, cbfz M. Grêlant, à Étampes, pour I semis 

de Pelargonium zonale fantaisie. 

3° Plantes de belle culture fleuries ou non. 
Médaille d'or à M. Saison-L'erval, horticulteur, rue de Rou- 
\ray, 5, à Neuilly (Seine), jour divers Palmiers présentés en forts 
exemplaires. 

Médaille de vermeil à M. Larousse, rue des Pavillons, 21, à 
Putfaux (Seine), pour deux volumineux exemplaires en pleine 
floraison de Chrysanthème Comtesse de Chambord. 

Médaille d'argent grand module à M. Clievet, horticulteur, rue 
de Picpu?, 103, à Paris, pour 2 Dracxna Boerrhavi remarquables 
par leurs dimensions. 

4° Légumes variés de la saison et légumes forcés. 
Médaille d'honneur en or donnée, au rom de la Ville de Paris, 
à l'association des Jardiniers-maraîchers de la Seine pour une très 
belle collection de légumes variés. 

Médaille d'honneur de la Scciété nationale et centrale d'Horticul- 
ture de France à M. Louis Lhérault, horticulteur-cultivateur, rue 
des Ouches, i9, à Argenteuil (Seine-et-Oise), pour Asperges et 
Fraisiers. 

Médaille de vermeil à M. Chommet, jardinier chez M. le baron 
de Limnander, au château de Moignanville, par Gironville(Seioe- 
et-Oise), pour ses légumes variés (environ <00 variétés). 
Médaille d'argent grand module à M. Leguay, cultivateur-hor- 



DÉCERNÉES A LA SUITE DE l'eXPOSTION DE 1880. "361 

ticulteur, rue des Ouches, 36, à Argenteuil (Seine-et-Dise), pour 
ses Asperges et légumes divers. 

Médaille d'argent à M. Glaziou, jardinier, rue de la Colonie, 36, 
à Paris, pour ses Champignons. 

Mélaille d'argent à M. Lefèvre (Auguste), horticulteur, à 
Napoléon-Sainl-Leu-Taverny, rue du Château, 26 (Seine-st-Oise), 
pour des Fraisiers. 

Médaille d'argent à M. Berger, horticulteur, à Verrières- le- 
Buisson (Ssine-et-Oise), pour ses corbeilles de Fraises D^'Morière. 

Médaille d'argent à M. Girardin (E.), horticulteur-cultivateur, 
rue GailloD, à Argenteuil (Seine-et-Oise), pour ses Asperges. 

Médaille d'argent à M. Lescot (André), cultivateur, rue de la 
Liberté, 23, à Argenteuil (Seine-et-Oise), pour ses Asperges. 

Médaille d'argent à M. Girardin (Jean- Jacques), cultivateur- 
horticulteur, rue des Gobelins, 6, à Argenteuil (Seine-el-Oise), 
pour ses Asperges. 

Médaille d'argent à MM. Forgeot et Cie, négociants, quai de la 
Mégisserie, 8, pour des Haricots Chevrier. 

Médaille de bronze à M, Bertaud (Alphonse), cultivateur-ma- 
raîcher, rue de Noisy, 3, à Rosoy-sous-Bois, pour son Cerfeuil 
bulbeux. 

Mention honorable à M. Dugué-Jouvin, cultivateur-maraîcher, 
à Champlan par Longjumeau (Seine-et-Oise), pour des Asperges, 

5° Fruits forcés ou conservés. 

Médaille d'honneur en or donnée par M. le Ministre de l'Agri- 
culture et du Commerce, à M. Millet fils, horticulteur à Bourg- 
1 a-Reine, pour ses apports de fruits et légumes de primeur. 

Médaille d'or à M. Margottin (Jules), horticulteur à Bourg-la- 
Reine, pour Vignes forcées en fruits miirs. 

Médaille de vermeil, à M. Hédiard, négociant, rue Notre- 
Dame-d e-Lorelte, à Paris, pour ses fruits et légumes exotiques. 

6" Plantes d'agrément de serre chaude 
Grand Prix d'honneur consistant en un objet d'art donné par 
M. le Ministre de llnslruction publique, à M. A. Chantin, horti- 
culteur, route de Ghâtillon, 32, à Paris, pour l'ensemble de son ex- 
position de plantes de serre. 



•^62 LISTE DES RÉCOLIPEKSES 

Médaille d'or à M. Ghantin, déjà nommé, pour ses Palmiers, 
Pritchardia et Kentia, Gycadées, Fougères arborescentes et Bro- 
méliacées. 

Médaille d'or à M. Ghantin, pour ses Aroïdées. 

Médaille d'honneur en or de M. le Ministre de l'Agriculture et 
du Gommerce, à M. Bleu (Alfred), déjà nommé, pour ses Cala- 
dium (environ 100 variétés) réunis en collection. 

Médaille d'argent à M. Bleu (Alfred), pour ses Bégonia Rex 
(environ 70 variétés). 

Médaille d'honneur en or donnée par M. le Préfet de la Seine, 
au nom du département, à M. J, Vallerand, horticulteur à Bois- 
Colombes, pour sa magnifique collection de Gloxiuias. 

Médaille d'honneur en or des Dames patronnesses de la So- 
ciété à MM, Gbanlrier, frères, horticulteurs à Mortefoutaine 
(Oise), pour leur bel apport de Coleus. 

Médaille d'honneur en or fondée par le Conseil d'Administration 
en mémoire de M. le maréchal Vaillant, ancien Président delà 
Société, à M. Sàvoye, horticulteur, chemin d'Asnières, 44, à 
Bois-Colombes (Seine), pour son bel apport de plantes diverses. 

Médaille d'honneur de la Société à M. Mathieu, horticulteur, 
rueSpontini, 54, à Passy-Paris, pour des plantes diverses. 

Médaille de vermeil, à M. Mathieu, déjà nommé, pour ses 
Broméliacées. 

Médaille d'or, à M. Morin (Louis), jardinier chez M. At.tias, 
boulevard du Château, à Neuilly (Seine), pour la tonne culture 
de ses plantes de serre. 

Médaille de vermeil à M. Landry (Louis), horticulteur, rue de 
la Glacière, 92, à Paris, pour ses plantes variées. 

Médaille de vermeil à M. Lacroix, jardinier chez madame 
Horson, avenue de Paris, à Versailles (Seine-et-Oise), pour ses 
Coleus (environs 180 variétés). 

Médaille de vermeil à M. Poirier, jardinier chez M. Noël, à 
Villeneuve-le-Roi (Seine-et-Oise), pour des Ca/arf/ww en collec- 
tion. 

Médaille d'argent grand module, à M. Landry (Louis), déjà 
nommé, pour sa collection de Broméliacées. 

Médaille d'argent à M. Marchand, jardinier chez M. Héricé, 



DÉCERNKES A LA SUITE DE l'exPOSITION DE 4880. 363 

route de Versailles, 21, à Chaville (Seine-et-Oise), pour des 
Colocasia odora. 

/Ville de Paris. — M. Drouef, directeur des cultures, 

Bors \ Plantes de serres en beaux exemplaires. 
concours (Jardin du Luxembourg. — M. Jolibois, jardinier 
^ en cbef. — Collection de Broméliacées. 
7° Plantes d' agrémerd de serre tempéi^ée et d'orangerie. 

Médaille d'argent à MM. Vilmorin-Andrieux et G'e, quai de 
la Mégisserie, 4, pour des Gilcéolaires hybrides naines. 

Médaille d'or à MM. Thibaut et Keteleêr, horticulteurs à Sceaux 
(Seine), pour des Pelargonium grandiflorum (60 variétés) et fan- 
taisie (18 variétés). 

Médaille d'or à M.Eberlé, horticulteur, avenue deSaint-Ouen, 
446, à Paris, pour ses collections d'Agaves, Aloès et Euphorbes 
cactiformes. 

Médaille d'or à M. Simon, horticulteur, Chemin des Epinettes, 
à Saint-Ouen (Seine), pour des Cactées, Echeveria, Aloe, Agaves 
et autres plantes grasses. 

Médaille de vermeil à M. Poirier, horticulteur, rue Boniiaven- 
ture, à Versailles (Seine-et-Oise), pour Pelargonium inquinans et 
zonale (environ 1 00 variétés). 

Médaille de vermeil à MM. Couturier et Robert, horticulteurs, 
rue des Calèches, 22, à Ghatou (Seine-et-Oise), pour leurs Bégo- 
nias lubéreux. 

Médaille de vermeil, à M. Eberlé, déjà nommé, pour sa collec- 
tion de Cactées (environ 120 sortes distinctes). 

Médaille d'argent à M. Boutreux fils, horticulteur, rue de Paris, 
à Montreuil-sous-Bois (Seine), pour une collection d'environ 100 
variétés de Pelargonium inquinans et zonale. 

Médaille d'argent à M. Jolly, horticulteur, boulevard de THô- 
pital, 130, à Paris, pour sesAraliacées et Araucaria ayant servi à 
l'ornementation de l'Exposition. 

Médaille de broBzeà M. Chaté (Louis), pour des Pelargonium 
inquinans bicolor. 

Médaille de bronze à M. Marchand, rue du Bac, 1 46, à Paris, 
pour Cereus flagelliformis et peruvianus. 

Félicitations à M. Dufoy (AlphDnse), pour ses Pelargonium 
réunis en collection. 



334 LISTE DES BÉCOMPENSES 

8° Plantes d'agrément de plein air. 
A. Arbustes ou arbrisseaux fleurissants. 

Médaille d'or à MM. Croux et fils, p épiuiérisles, vallée d'Aul- 
nay, à Sceaux, pour l'ensemble de leurs apports : Kalmias, Coni- 
fères, etc. 

Médaille d'argent grand module à M. A. Roy, horticulteur, 
avenue d'Iîalie, 142, a Pari?, pour ses Clématites ligneuses. 

Hors concours. MM. Levêque et fil?, horticulteurs, rue de Lié- 

gat, à Ivr^-sur-Stine, Splendide collection formée d'environ 600 

variétés de Rcsiers-liges et nains parfaitement fleuris, cultivés 

en pots et appartrrant aux races dites Hybrides, Bourbons et 

Thés. 

Hors concours. M. Moser, horticulteur à Versailles (Seine-el- 
Oise). Ccl'ection importante de Rhododendrons, Kalmias*, Ar- 
bustes et arbrisseaux à ft-uillage persistant, etc. 

B. Arbustes ou arbPisseaux à feuillage persistant. 

Médaille de vermeil, à M. Moreau, horticulteur, à Foi-tenay- 
aux-Roses, Conifères variées, ayant contribué à l'ornemeutation 
de l'Exposition. 

9° Plantes d'agrément herbacées, annuelles ou vivaces. 

Médaille d'honneur en or (^eM. le Ministre de l'Agriculture et 
du Commerce, à MM. Vilmorin-Andiieux et C'e, quai de la Mégis- 
serie, 4, à Paiis, pour leur magnifique collection de plantes her- 
bacées d'ornement se reproduisant fidèlement par le semis. 

Médaille d'argent grand module à MM. Vilmorin-Andrieux et 
C'e, jiom Lol/elia Erinus variés. 

Médaille d'argent à MM. Vilmorin-Andrieux et C'c, pour 
Chrysantliemum carinatum en collection. 

Mèdnil]e d'ajgenl à MM. Vilmoric-AndrieuxeiCie, pour Tjo- 
pxolum majus et minus variés. 

Médaille d'argent à MM. Vilmoric-Andrieux et Cie , pour Réséda 
grandiflore pyramidal. 

Médaille de bronze à MM. Vilmorin-Andrieux et C'e, pour 
Mimulus variés. 

Médaille de bronze à MM. Vilmorin-Andrieux et Cie, pour 
Mufliers nains en collection. 



DÉCERNÉES A LA SUITE DE l'eXPOSITION DE 1880. 365 

Médaille de bronze à M\f. Vilfnorin-Aadrieux et de, pour 
Phlox Drummondi variés. 

Médaille d'argent grand module, offerte par M™^ Lusson, Dame 
patronnesse deJa Société, pour une Rose ou un lot de R°séla, à 
M. Thiébaut-L^gendre, déjà nommé, pour un lot formé d'environ 
80 pots de Réséda à grandes fleurs. 

Médaille d'or à M. Lecaron, horticulteur-grainier, quai de la 
Mégisserie, 20, à Paris, pour un bel ensemble de piaules herbacées 
d'ornement. 

Médaille d'or à M. Gomesse, horticulteur, rue Bellini, 6, à 
Paris, pour dessin, mosaïque et plantes employées pour mosaï- 
culture. 

Médaille de vermeil à M. Delahaye, horticulteur-grainier, quai 
de la Mégisserie, 18, à Paris, pour son exposition de fleurs cou- 
pées comprenant diverses Liliacées et Iridées, des Anémones et 
Renoncules, Delphinium, etc. 

Médaille de vermeil à M. Paintêche, horticulteur, rue Dacamps, 
21, à Paris, pour collection de plantes et dessins de mosaïoul- 
ture. 

Médaille d'argent grand module à M. Lecaron, déjà nommé, 
pour plantes annuelles diverses : Peasées, Zinnias^ etc. 

Médaille d'argent grand module à M. Renault, horticulteur, rue 
de l'Arcade, 1 5, à Paris, pour uue corbeille de Pyrethrum roseum 
variés. 

Médaille d'argent grand module à M. Chaté (Louis), déjà nommé, 
pour une collection très intéressante de Joubarbes de plein air. 

Médaille d'argent grand module, à M. Paillet, horticulteur à 
Ghatenay-'.es-Sceaux (Seine), pour une collection de Pivoines de 
Chine présentées en fleurs coupées. 

Médaille d'argent grand modale à M. Bjurnisien, herboriste à 
Meaux (Seine-st-Mirne), pour sou herbier intitulé Flore de 
Meaux. 

Médaille d'argent grand modale à M. Poitevin (Ernest), place 
de l'Église, à Sianois (Seine-et-Oise), pour un herbier de Fou- 
gères et Sélaginelles. 

Médaille d'argent à M. Thiébaut-L^gendre, déjà nommé, pour 
ses Pensées à grandes fleurs. 



366 LISTE DES RÉCOMPENSES 

Médaille d'argent à M. LecaroD, déjà nommé, pour ses Galcéo- 
laires et Mimulus. 

Médaille d'argent à M. Charollois, rue de Javel, 196, à Paris, 
Saxifrages et CEiUels de Poète. 

\ 0. Bouquets et garnitures de fleurs. 

Médaille d'argent grand module à M. Debrie (Gustave), horti- 
culteur, rue de la Ghaussée-d'Antin, 46, à Paris, pour ses bouquets 
et parures en fleurs naturelles. 

Mention honorable à M. Cordeau, rue Croix-des-Petits-Ghamps, 

19, à Paris, pour bouquets de Graminées sèches. 

B. PARTIE INDUSTRIELLE. 

MM. 

Nattier (Serre en bois), argent petit module, avenue de Saint- 
Mandé, 33, à Paris. 

Dormo.'s (Serres en fer), vermeil, faubourg du Temple, 92. 

Ozanne (Serres, grilles, kiosque.^), or, rue Marqfoy, 7, à Paris. 

kambert (Serres en fer), argent petit module, boulevard JMazas, 
7*, à Paris. 

Lamotle (Serres en fer), argent petit module, rue Lecourbe, lis, 
à Paris. 

Leblond (Serres en fer), argent petit module, à Montmorency 
(Seine-et-Oise). 

De Vendeuvre (Ghauffages), vermeil, à Asnières (Seine). 

Lepaulard (Isidore) (Arrosoir à brise-jet), bronze, rue Roche- 
chouart, 4o, à Paris. 

Leteslu (Pompe à étrier), bronze, rue du Temple, 118, à Paris. 

Girodias (Pompe sans clapets), argent petit module, rue 
d'Oi-an, 20, à Paris. 

Debray (Pompes, manège mobile), rappel de méd. de vermeil, 
rue Fontaine-au-Roi, 24, à Paris. 

Rothschild (Librairie horticole), argent grand module, rue 
des Saints-Pères, 13, à Paris. 

Larivière (Coutellerie horticole), argent grand module, rue des 
Canettes, 7, à Paris. 

Pelletier (Guêpiers, porte-fraises), bronze, rue de )a Banque, 

20, à Paris. 



DÉCERNÉES A LA SUITE DE l'eXPOSITION DE 1880. 367 

Pean (Coutellerie horticole), argent petit module, rue du Four- 
Saint-Germain, 55, à Paris. 

Villain (Peinture, anti-corrosif), bronze, rue Vitruve, 17, à Paris. 

Aubry (Coutellerie horticole), bronze, rue Vieille-du-Temple, 
131, à Paris. 

Dufour (Pulvérisateur hydraulique), bronze, rue du Faubourg- 
Saint-Denis, 48, à Paris. 

"Willemot (Coutellerie horticole), bronze, rue Vieille-du-Tem- 
ple, 26, à Paris. 

Wiriot (Poteries usuelles), vermeil, boulevard Saint-Jacques, 
29, à Paris. 

Buquet (Verres, diamants), argent petit module, rue deBuci, 15, 
à Paris. 

Carpentier (Ghàssis-cloches), bronze, à Doullens (Somme). 

Monier (Bacs en ciment), vermeil, rue delà Pompe, 191, à Paris. 

Chassin (Rocailleur), argent petit module, rue de Bagnolef, 141, 
à Paris- 

Allioli (Serres d'appartements), mention honorable, avenue de 
Glichy, 47, à Paris. 

Marand (Bacs), rappel de médaille d'argent, quai de la Mégis- 
serie, 12, à Paris. 

Loyre (M"^) (Bacs), argent petit module, rue de la Pompe, 179, 
à Paris. 

Delaluisant (id.), mention honorable, avenue de Villieis, \\\, 
à Paris. 

Méry (id.), argent petit module, à Noailles (Oise). 

Goulas et Bonnet (id,), argent petit module, à Senlis (Oise). 

Marchai (Claies), bronze, rue Bagnolet, 89, à Paris. 

Lebœuf père (id.), argent petit module, rue Vésale, 7, à Paris. 

Jean (Vases pour fleurs), mention honorable, rue d'Hauteville, 
64, à Paris. 

Pescheux (Tuteurs et meubles de jardins), argent petit module, 
rue de Grenelle, 32, à Paris. 

Martin (ratissoires), argent petit module, rue Clignancourt, 17, 
à Paris. 

Couette (Tentes), bronze, rue de Montreuil, 119, à Paris. 

Paris (Vases en fonte émaillée), argent grand module, au 
Bourget (Seine). 



368 NOTES ET MÉMOIRES. 

Hanoteau (Serrurerie pour jardins), or, rue de la Roquetle, <59, 
à Paris. 

Lavaud (id.)> argent grand module, rue du Débarcadère, 8, 
à Paris. 

Personne (Faïences artistiques), bronz», rue Royale, 8, à 
Paris. 

Méry-Picard (Serrurerie artistique), argent petit module, ave- 
nue Malakofi, 120, à Paris. 

Louet frères (Jardineurs, tondeuses), argent petit module, à 
Issoudun (Indre). 

Eon (Thermomètre avertisseur), argent grand module, rue 
des Boulangers, 13, à Paris. 

Lavialle (Tracés de jardins), vermeil, rue de Passy, 37, à 
Paris. 



NOTES ET MÉMOIRES. 



Notice sur le Jardin d'essai ou du Hamma, près l'Alger; 

(Suite et fin.) 
Par M. P. DuciiARTRE. 

Pour achever la visite de la partie plane du Jardin d'essai, il me 
reste à en parcourir l'angle sud-ou-'st, c'est-à-dire toute la por- 
tion de sa surface qui a été dessiaée en jardin anglais. C'est là 
surtout que l'amateur de plantes trouve à chaque pas des sujets 
d'admiration, que les espèces les plus belles ou les plus rares se 
montrent avec une vigueur de végétation que nous ne leur voyons 
jamais dans nos cultures européennes, et sous des dimensions qui 
déjà, bren que la date de leur plantation soit assez peu éloignée, 
rappellent celles qu'on les voit acquérir, dans leur pays nhtal. 
Gomme dans tous les jardins de ce genre, les allées décrive nt ici des 
courbes variées; mais les espaces qu'elles circons crivent, au lieu 
d'être consacrés en majeure partie à des pelouses, sont occupés par 
des massifs de trrands végétaux groupés d'après leurs affinités na- 



NOTICE SUR LE JARDIN d'eSSAI OD DU HAM.MA. 369 

turellis. En général, chDqae massif ne comprend que des espèces 
de la même famille; pa-fois aussi on voit réunies les unes à côté 
des autres des plantes de familUs dislinctes mais voisines et 
entre lesquelles il existe d'ailleurs une analogie marquée; de ve'gé- 
tatioD. 

Il était naturel que cette riche collection de végétaux générale- 
ment rares et tous, à peu près sans exception, représentés par 
des individus d'une grande beauté, fixât plus que toute autre 
partie du Jardin d'essai l'attention de ceux qui ont décrit les ri- 
chesses de ce magnifique établissement. Aussi A. Rivière lui a-t-iT 
consacré presque exclusivement son mémoire que j'&i eu déjà oc- 
casion de ciîer, et M. J. Ghalon en a-t-il fait, de son côté, 
l'objtt principal de son intéressante nolice. Je ne pourrais les 
imiitr shi'S dépasser les limites que doit avoir cet article, sans 
entrer d'ailleurs dans les détails un peu arides d'une longue énu- 
méretion d'espèces que ne comporte pas une description rapide 
comme celle que j'ai voulu essayer de tracer. Je me bornerai donc 
à signaler les plus remarquables decesmastifs, et à indiquer dans 
chacun d'eux les sujets qui m'ont le plus frappé. Les dimensions 
que j'assignerai à ces sujets sont quelquefois baiées sur une esti- 
mation faite approximativemcLt et à vue d'oeil j mais, dans beau- 
coup de ca?, elles reproduisent les chifl'res donnés par A. Ri\ ière ou 
par M. J. Chalon et dès lors elles sont certainement au-dessous de 
la vérité, puisqu'il y a déjà plusieurs années qu'ont été prises les 
mesures dont ces chiffres sont les résultats (1). 

Parmi les massifs formés de végétaux monccotylés, je citerai 
ceux des Palmiers, des Musacées et des Yucca. 



(1) J'ai pu rectifier quelques-unes de ces mesures et j'en ajouterai, dans 
des notes, un certain nombre d'autres, grâce à la communication obli- 
geante d'une assez longue liste d'espèces mesurées, il y a deux ans^ qu'a 
bien voulu me faire M. Cb. Rivière. J'avais eu le vif regret de ne pas 
trouver au Hamma cet honorable Directeur qui s'était rendu er> France 
au moment où je partais moi-même pour l'Algérie; mais pour éviter les 
inexactitudes qui auraient pu se glisser dans des notes prises pendant une 
visite faite sans guide, je lui ai communiqué le manuscrit de cette notice, 
«t il a bien voulu me transmettre à ce sujet quelques observations dont 
j'ai fait mon profit, 

24 



370 NOTES ET MÉMOIRES. 

! . Palmiers. — Les Palmiers forment, au Jardin du Hamma, un 
grand groupe riche en espèces et très remarquable par la beauté 
des individus qu'il comprend. Au premier rang par ordre de mérite 
se place incontestableraeut, selon moi, le Palmito de Cuba, ou 
VOi^eodoxaregia II. B. K. Les sept ou huit pieds qui représentent 
là cette espèce se font remarquer entra tous parleur tronc uni et 
verdâtre, élancé, marqué d'anneaux espacés, qui mesure neuf ou 
dix mètres de hauteur et qui porte au sommet une gaîae verte, 
cylindrique, longue d'environ deux mètres, surmontée d'un 
grand et élégant faisceau de feuilles pennées. Les troncs de plu- 
sieurs espèces de Cocos, notamment C. Datil, C. botryophora 
Mart., C.lapidea GjERTN.,arrivent,enmoyenne,àlamèmehauteur 
et on voit même celui de l'une d'elles, le Cocos flcxuosa Mart., 
s'élever à 15 mètres. Des représentants de plusieurs autres genres 
approchent deces proportions; tels sont notamment le Ca?7/otoM?'e// .s 
L., VArenga saccharifera Labill., le Pluenix senegalensis. Tous ces 
Palmiers ont un tronc élancé et allient ainsi la légèreté à la gran- 
deur; mais à côté d'eux il en est qui se font remarquer au contraire 
par leur tige remarquablement épaisse; tel est surtout le beau 
Pàlm'er du Chili, Jubxa spectabilis Hi'mb. et Ktu., dont on voit, 
dans ce massif, trois ou quatre magnifiques individus. Le stipede 
ces arbres, haut d'environ quatre mètres, a plus d'un mètre d'é- 
paisseur; tel est aussi le Phœnix farinifera Roxb. dont le tronc 
offre à peu près la même grosseur en ne mesurant guère que 1™ 50 
de hauteur, dimension qu'il paraît ne pas dépasser dans l'Inde, son 
pays natal. , 

Si l'on se rappelle l'époque peu éloignée à laquelle le Jardin du 
Hamma a été créé, puis amené par des agrandissements ultérieurs 
à l'étendue et à l'état qu'il présente aujourd'hui, on se fera une^ 
idée de la rapidité avec laquelle ont dû pousser les beaux Palmiers 
dont je viens de parler pour arriver, en un nombre d'années rela- 
tivement peu considérable, à leurs proportions actuelles. Cette ra- 
pidité a tenu presque du prodige pour quelques-uns; ainsi A. Ri- 
vière nous apprend qu'un Jubica spectabilis fut planté lorsque sa 
tige n'avait encore que sept ou huit centimètres de tour. Au bout de 
six années, celtemème tige mesurait 3 '"oO de circonférence et l'arbre 
entier atteignait cinq mètres de hauteur. On trouverait difti- 



NOTICE SUR LE JABDIN D ESSA.I OU DU HAMMA. 



371 



cilement ailleurs d'autres exemples d'un si prompt développs- 
ment(<). 

2. MusACÉEs. — Uû mas>ifgénéralement fort remarqué parce qu'il 
reporte immédiatement la pensée vers les régions tropicales, c'est 
celui des Musacées. La base en est formée par une plantation de 
grands Bananiers appartenant aux deux espèces du Bananier ordi- 
naire ou 3/asa paradisiacaL., à gros fruit, et du Bananier des 
S9ses,MusasapientumL.,kïru\lp\\isTRCco\iTc\ et ordinairement plus 
petit mais plus sucré et plus savoureux à si maturité que celui du 
précédent. Ces magnifiques végétaux prennent là tout leur déve- 
loppement; au mois d'octobre, ils portaient des régimes encore 
incomplètement mûrs. Ils sont entremêlés de gigantesques pieds 
du Bananier d'Abyssinie, Musa Ensete Bruce, dont les feuilles ont 
le limbe long d'au moins trois mètres et de quelques autres espèces. 



(I) Voici les proporlions do quelques autres Palmiers qiji se trouvent 
soit dans le même massif, soit dans d'aulres parties du jardin. 





Diamètre du 


Hauteur totale, 


Noms des espèces. 


tronc ou stipe. 


feuilles comprises. 


Acrocomia sclerocarpa. 


0°'4o 


5m 


Brahea conduplicata. . 


O-"!^ 


'Jm 


— dulcis . . . . . 


0"53 


4-50 


Caryota Cumingii . . . 


O-^IS 


5"" (à plusieurs tiges 
en toufle). 


— exceîsa . . . 


O-^^o 


gm 


Cbaraaeropa Birrha. . . 


0'°40 


3m 


— Martiana . . . 


O^IO 


4'"50 


— stauracantha. 


0-»20 


3™ 


Cocos auslralis . . . 


c-go 


A^oO 


— coronala 


o-^ao 


gm 


Corypha australi» . . 


0-"35 


gm 


Phœoix leonensis . . 


0"3o 


"Jm 


-•- pumila . . . 


O^'SS 


O-^oO • 


— recliaala , . 


O-^go 


40, 


Sabal Adansonii. . . . 


O^oO 


3"' 


— Blackburniana. 


c^as • 


gm 


— Ghiesbreghtii . 


o^es 


4m 


— havanensis . , 


0>"65 


4m 


— Princeps . . . 


O-^ûO 


5™ 



372 ^■OTES ET MÉMOIRES. 

comme les .]/. rosacea Jacq., M. Troglodytannn, etc. Le Bavé- 
nalà madagascariensis Pom., vulgairement nommé arbre du voya- 
geur à cause de l'eau limpide qui sort de la base de ses feuilles 
quand on les coupe, prend au Hamraa des proportions considéra- 
bles. A. Rivière en cite un exemplaire qui avait aUeint sis mètres 
de hauteur et dont les grandes feuilles, qu'on sait être disposées 
tn éventail £ur un seul plan, surmontaient un tronc épais d'en- 
viron 0™ 25. Ce beau groupe de Monocotylédons se complète par 
plusieurs espèces de Strelilzia, dont les fortes toi.fîcs fleurissent 
abondamment, et parmi lesquelles b'élève majfstueuitement le 
beau Str. augusta Thdnb., dont les fleurs blanc hes sortent d'une 
spalhe pour^jre foncé. 

Le succès de la culture des Bananiers au Hamma et dans la plu- 
part des jardins vois ns fournit une expression frappante de la 
douceur du climat dont jouit la plaine a'Alger ; en effet, comme le 
fait observer avec raison M. J. Chalon, et s végétaux ne prospèrent 
que là ; sur les grands coteaux qui limitent cette plaine au sud, 
non seulement ils ne fructifient pa?, mais encore ils sont habi- 
tuellement tués par le froid de chaque hiver, jusqu'au niveau du 

sol. 

3. Yucca. — L'un des groupes de végétaux qui, dans le Jardin 
d'essai, frappent le plus par leur étrangeté est celui des Yucca. 
Il est difficile de se figurer l'effet bizàrre que produit celte masse 
compacte de plantes chargées de longues feuilles roides et poin- 
tues, tantôt dressées, tantôt plus ou moins étalées ou retombante?, 
desquelles émergent çà et là de grandes panicules de fleurs blan- 
ches, et que dominent fortement un certain nombre de pieds 
beaucoup plus hauts que Us autres. La plupart de ces Yucca ont 
la lige haute de quatre ou cinq mètres, dénudée dans sa partie 
inférieure qui est épaissie en cône au point d'avoir souvent deux 
mètres de tour près du sol , et notablement comprimée par les côt.éf ; 
quelques-uns, appartenant aux Yucca aloifoliaL. eiY.Dj'aconisl,., 
dépassent fortement le groupe entier; il en est surtout un de 
l'aspect le plus singulier, étiqueté Yucca carudiculata, dont le 
tronc simple s'élève au moins à dix mètres et, chargé d'une 
énorme quantité de feuilles étalées ou rabattues, qui deviennent 
plus longues du bas vers le haut de la plante, se coude brusque- 



NOTICE SUR LE JARDIN d'eSSAI OU DU HaMMA.. 37.3 

ment vers sou extrémité supérieure pour se diriger à peu près 
horizontalement sur une longueur d'environ deux mètres. 

Je me bornerai à mentionner à cause de sa richesse une grande 
collection d'Âgavécs, située à côté de la pièce d'eau, dont plusieurs 
pieds étaient en fleuron en fruit, au moment de ma visite, et 
dans laquelle se faisaient remarquer avant tout trois individus gi- 
gantesques du Fo'urcroya Dalevantl dont la hampe pan' culée 
dans le haut atteignait le niveau du sommet des arbres voisins. 
G^tte riche coUeclion est celle longtemps célèbre de Cels, que 
A Rivière avait achetée pour le Hamma, en i86J. 

Ce serait m'exposer à prolonger cette cote outre mesure que 
d'énumé er tous les massifs et groupes de végétaux dicotylédous 
qui existent dans la portion paysagoe du Jirdin d'essai et qui 
émerveillent autant le botaniste par leur richesse, que l'horticul- 
teur par la force des sujets dont ils sont formés. Je me contenterai 
donc d'en signaler, un peu au hasard, trois qui pourront donner 
une idée de la beauté de ceux dont i! ne sera pas question ici. Ce 
sont: les groupes desCycadées, des Ficus et des Bombacées. 

4. Cycadées, — Le groupe des Cycadées est l'un des plus grands 
et certainement Tun des plu? étranges d'ospect parmi ceux que 
renferme le Jirdin d'e:sai. Dans son ensemble il rappelle certains 
des paysages antédiluviens que les ^^cherches des savants mo- 
dernes ont permis de reconstituer avec l'apparence toute spéciale 
qu'ils ont dû offrir. Il léunit un grand nombre d'espèces appar- 
tenant aux genres Cycas, Zamia^Encephalartos, Dioon, etc., c'est- 
à-dire de végétaux dont le tronc gros et court, tout relevé à sa 
surface de proérninences serrées ou d'émergences, comme les 
rfomme JNl. G. de Saporla, qui correspondent chacune à une 
feuille tombée, supporte un f lisceau de grandes feuilles pennées 
et rodes, à nombreuses folioles coriaces. La végétation de ces 
Gymnospermes, s'opérant, sous le climat de la plaine d'Alger, à 
peu prés aussi énergiquement que sous leur ciel natal, plusieurs 
d'entre eux émettent au bas de leur tige et aussi sur leurs parties 
souterraines une irè > grande quantité de bourgeons qui fournissent 
pour eux un moyen fort commode de multiplication. On sait au 
reste que, dans les pays où ils croissent na'urellement, ces cu- 
rieux végétaux, particulièrement les Cycas, sont des plus faciles à 



374 



KOTES ET ilÉMOIRES. 



multiplier, leur tronc coupé entier ou tronçonné s'enracinantavec 
une remarquable facilité. 

5. Ficus. — Le groupe des Ficus est riche en espèces qui toutes 
y sont représentées par de très beaux exemplaires. Ce sont des 
arbres de 45 à 20 mètres de hauteur, dont le tronc a le plus sou- 
vent 0™ 80 à 1 mètre d'épaisseur, ou même, comme pour les 
Ficus elastica ei Rcxburghii, se compliquant par des végétations 
secondaire?, arrive à former une masse considérable, ainsi qu'on 
l'a vu plus haut. Les plus forts de ces arbres qui existent, soit 
dans ce massif, soit dans d'autres parties du Jardin, indépendam- 
ment des deux que je viens de nommer, appartiennent aux Ficus 
racemosa, laurifoUa, nitida, Sycomorus, le célèbre Figuier de 
Pharaon, dont le bois dur et incorruptible a fourni aox anciens 
Egyptiens la matière des caisses à momies, cordifolia, etc. En 
outre, le Figuier ordinaire {Ficus Carica L.) n'a pas été négligé 
dans un pays cù il est l'un des arbres fruitieis habituels ; le 
Hamma en cultive un grand nombre de variétés et en possède des 
pieds d'une force remarquable (I). 



(1) Vcici les proportions de quelques Ficus c 
Noms des espèces. Dianèlre du tronc. 


ultivés au Hamma : 
Hauteur de l'arbre. 


Ficus 


Battersi . . . 




0™60 


U™ 


— 


Benjamina. . . 




o-'eo 


12™ 


— 


benghalensis. . 




0™40 


e™ 


— 


capensis. . . 




1 '"20 (A. Rivière). 13™ 


— 


coronala.. . 




0'"35 


gm 


— 


cordifolia . . 






12'" (A. Riv.) 


— 


elastica. . . 




2'",2'"o0 


15™ (J. Chalon.) 


; — 


Ifpvigata , , 




4 "'20 (A. Riv.) 


14™ 


— 


laurifolia . . . 




2™65 


20™ (A. Riv.) 


— 


Lichtensleinii 
nitida 




0™40 


9™ 
18"' (J. Chalon.) 


— 


populifolia . 
Pergamina . . 
racemosa. . 




0™45 
0™40 
2™60 


13™ 
12™ 
20™ (A. Riv.) 


= 


reclinala . . . 
Roxburgliii . , 




o-^eo 


M™ 

14™ (une touffe a2C™ 
de diamètre ) 


— 


rubiginosa. . 
Sycomorus. . 




1™05(A. Riv.) 
2'» 10 (A. Riv.) 


15'" 
12™ 



NOTICE SUR LE JARDIN d'eSSAI OU DU HAMMA. 373 

6. Bomba cÉES. — Le massif des Borabacées attire rattention et 
provoque rétonnement, non seulement par les fortes proportions 
des arbres qui le forment, par l'abondance et la beauté de leurs 
fleurs, dont le sol était littéralement jonché à plusieurs places, au 
moment de ma visite, mais encore et surtout par la quantité de 
très gros piquants pyramidaux qui généralement en arme le tronc 
et les branches. On trouve là en grands et magnifiques arbres, di 
vers Erlodendron, pour lesquels il serait intéressant de voir si, en 
Algérie, ils offrent l'étrange mode de développement qui a été re- 
connu en Amérique sur certains d'entre eux et qui soulève de plus 
en plus leur tige. Ce sont notamment : E . macrophyllum^ E. an- 
fractuosum,E . Rivieri Decne (sp. nov.), fort bel arbre^qui se couvre 
de fleurs rouge corail, pendant l'hiver, après sa défeuillaison; les 
Pachira oleaginosa Decne (sp. nov.), P. alba Lodd., P. macrocarpa 
Fl. d. ser., etc. Je rappellerai que dans cette collection se trouve 
un grand et bel arbre qui était étiqueté Chorisiaspeciosa. En octo- 
bre 1869, cet arbre ayant fleuri pour la première fois, A. Rivière 
en envoya un échantillon à M. J. Decaisne ; ce savant botaniste 
reconnut que c'était là un espèce non décrite, à laquelle ses 
grandes fleurs brunes le déterminèrent à donner le nom à^Erio- 
dendron phœosanthum Decne, c'est-à-dire Eriodendre à fleurs 
brunes. La description de cette belle espèce a été publiée dans 
une note {Journal, 2« série, IV, 1870, p. 90-94) de A. Rivière où 
se trouvent également les résultats d'observations sur la croissance 
permanente et basilaire des piquants ou aiguillons de diverses 
Bombacées. 

Abstraction faite des végétaux qui bordent les grandes allées 
ou qui composent les massifs du Jardin d'essai, il existe, dans cette 
riche collection, de nombreuses espèces représentées par des indi- 
vidus souvent isolés, qui méritent tout autant que les premiers 
de fixer l'attention du botaniste et de l'amateur. Je n'ai nullement 
l'intention de les énumérer; mais il peut n'être pas inutile de 
dire quelques mots d'un petit nombre d'-entre elles à c^use de 
l'extrême difîérence d'aspect et de proportions avec laquelle elles 
se présentent d'un côté, dans nos départements septentrionaux, 
de l'autre, dans les parties chaudes de la région méditerranéenne. 

L'un des aibres les plus utiles dans la région méditerranéenne 



37Ô NOTES ET MÉMOIRES. 

pour les promenades et plus généralement pour les plantations 
d'agrément est le Pircunia dioica Moq.-Tand. [Phytolacca dioica 
L.), de l'Amérique du Sud, auquel son beiii feuillage lustré et 
persistant, qui jette une ombre épaisse, a fait donner le nom 
vulgaire de Bell ombra. Cette espèce dioïque est surtout repré- 
sentée par des individus mâles; on en voit aussi cependant des 
individus femelles, mais ceux-ci salissent la terre des allées de 
leurs nombreuses grappes de petits fruits qui s'écrasent sous 
les pieds des promeneurs. Elle formel dans les parties chaudes 
de la région méditerranéenne, un grand et bel arbre qui malheu- 
reusement ofTre un inconvénient assez sérieux quand on le plante 
en allées : à si base; son tronc s'élargit considérablement et forme, 
en passant aux racines souterraines, de grosses ramifications qui 
rampent en quelque sorte, en rayonnant et en faisant plus ou moins 
saillie au-dessus de la surface du sol, sur une longueur d'un à trois 
mètres. Or, le B.lî'ombra atteignant assez souvent 0"" 80 à 1 mètre 
de diamè'.ve (1), c'est autour de chaque pied, un cercle de six ou 
sept mètre»! de diamètre sur lequel il est impossible de marcher 
— Le Schinus molle L., Térébintharée connue dans nos jardins, 
où elle exige l'orangerie pendant l'hiver, sous les noms vulgaires 
de Mùllé et Poivrier d'Amérique, est un arbre d'une rare élégance, 
surtout quand son f -^.uillage persistant et très léger est entremêlé 
de nombreuses grappes de jolis petits fruits (drupes) globuleux et 
rouges. A. Rivière en citait, en 1869, des pieds qui, dans le 
Jardin d'essai, atteignaient déjà, à cette époque. Il mètres de 
hauteur, avec une circonférence de 1" 80 à la base du tronc; 
mais il en existe ailleurs de plus hauts encore, notamment dans 
la cour d'entrée de l'arsenal de Carthagène (2), en Espagne. — 
Je citerai encore les Erylhrines comme des végétaux qui étonnent 
au plus haut point C'ux qui ne les avaient encore vus que dans les 
jardins de nos départements septentrionaux. Au lieu de plantes qui 

(1) A Murcie, sur la place du théâtre, j'ai mesuré les troncs de deux 
Pircunia qui, à ua mètre du sol, ont, l'un 2™ 63, l'autre 2'"80de circonfé- 
rence. 

(2) Dans le jardia qui occupe le milieu de cotte cour se trouvent aussi 
des Lauriers-roses {Nei'ium Oleander L.) dont la tige a de 12 à 15 cent, 
d'épaisseur, avec une hauleur proportionnée. 



NOTICE SUR LE JARDIN d'eSPAI OU DU BAjOIA. 277 

ne prennent la consistance ligneuse que dans leur portion infé- 
rieure, dont on est forcé de rentrer la souche en hiver pour la tenir 
à fec, à l'abri de la gelée, et pour la remettre en pleiDe terre au 
printemps, ce sont, au Jardin d'essai, des arbres de fortes pro- 
portions, qui donnent en abondance leurs grandes fleurs d'un 
rouge éclatant; ils produisent alors un effet dont on peut se faire 
une idée en songeant à la beauté qu'ils ont déjà avec les faibles 
dimensions que notre climat parisien lear permet d'atteindre. Au 
Hamma, ÏErythrina Corallodenchon forme un arbre de 15 mè- 
trè? de haufeur, dont le tronc mesure OoiTS-O"^ 80 d'épaisseur,, et 
les E. Crista-galli, E. iimbrosa, etc., égalent ces proportions ou 
en approchent beaucoup. — Il en est plus ou moins de mène des 
Ricins, des élégantes Myrtacées que nous voyons simpleiient 
frutescentes dans nos orangeries, Metrosideros, Callistemoyi, Mela- 
îeuca, etc.; mais je dois taire observer que, quant à cette énorme 
différence de développement qu'amène un climat favorable, elle 
est dpjà presque également accusée dans les parties chaudes de la 
côe de Provence et des Alpes-Maritimes ; on y voit en effet sous 
la forme arborescente des Erythrines, des Ricins, des Myrta- 
cées, etc. Ua bel exemple à citer, sous ce rapport, est i'énorme 
Melaleuca linarufolia Smith qui existe dans le jardin du lycée de 
Nice et qui, se trifurqaant presque au niveau du sol, forme 
comme la réunion de trois beaux arbres divergeant à partir d'une 
base commune. 

Le grand établissement horticole du Hamma se complète par 
des plantations considérables de végétaux ligneux établies sur le 
versant nord du grand coteau qui s'élève immédiatement à partir 
du bord de la route d'Alger à Aumale ; cette route sépare ainsi la 
partie eu coteau de la partie en plaine de ce jardin. Giite portion 
montagneuse oflfre pour tout tracé des allées qui serpentent au 
milieu des massifs et qui permettent ainsi d'arriver jusqu'au 
sommet de la hauteur. Quant aux essences qu'on y voit, et dont 
presque toujours le développement est très remarquable, elles 
sont empruntées en majeure partie à l'Australie, en nombre 
moindre au Cap de Bonne-Espérance, aux Canaries, etc. Ce sont 
notiimment des Acacias australiens en espèces nombreuses, des 
Myrtacées variées, telles que des Eucalyptus, Metrosideros, etc.. 



378 SÛTES ET MÉMOIRES. 

des Protéacées plus abondantes là que dans le jardin de la plaine, 
divers Casuorma devenus pour la plupart de beaux arbres et 
dont les fructifications jonchent le sol, de forts Gamphiers {Lcmvus 
Camphora L.), enfin, pour ne pas étendre davantage cette énumé- 
ration, des Conifères en grand nombre. Parmi ces dernières, on 
admire surtout de magnifiques Ai^aucana exccha, qui me rappe- 
laient ceux qu'on voit à Napîes, dans un jardin, le long de la 
Chiaja, A. Cookii et Cunninghami^ une nombreuse collection de 
Podocarpus dont plusieurs en aibres hauts d'au moins dix mètres, 
de beaux Dammara^ divers Pins tant exotiques {Pinus canariensis, 
P. longifolia, etc.) qu'indigènes [surtout P. halepensis, très beau 
en Algérie (1)] qui ont fourni les éléments pour la plantation de 
véritables bois (2). 



(4) Pour donner une idée du développement que peut prendre ce Pin 
en Algérie, j'en citerai un pied qui existe tout près de Blidali, dans 
le jardin d'une villa jadis liabitée, dit-on, par le pacha gouverneur de 
celte ville. Cet arbre vraiment admirable porte sa cime gigantesque 
sur un tronc régulier et uni dont ia hauteur dépasse certainement 10 mè- 
tres et dont j'ai trouvé la circonférence, à \ mètre au-dessus du sol, égale 
à 4™ 30. Quelques-unes de ses branches inférieures restent coupées à 
\ " 50 environ du tronc, parce que, raccnle-t-oa dans le pays, elles servaient 
à attacher la corde pour des exécutions. 

(2) Pour que ces indications soient moins incomplètes, j'en ajoute un 
certain nombre d'autres prises dans la liste qu'a bien voulu me com- 
muniquer M. Ch. Rivière. Les espèces citées, qui toutes sont dicotylé- 
dones, font rangées d'après l'ordre alphabétique des familles. 

Famille des Diamètre Hauteur Epaisseur 

Anacardiacées. du tronc. totale. des touffes. 

Odina atrosanguinea .... 0"'So 43'" 

Schiuus molle 4™ 9"' 

— terebinthifolius.. . . C'iO 14'" 

Apocynées . 

Alstonia scholaris O^'oo 15'" 3 tiges réunies 

dans le bas, 

Plumeria rubra .' 0™06 2"' 3'" 

Thcvetia neriifolia 0'»08 6"" ' 6'" Plusieurs tiges 

Araliacées. 

Aralia reticulala C^SO 3"'50 Plusieurs tiges , 

Orcopanax capitatum. . . , O^fO 5"" 5"' 



NOTICE SUR LE JARDIN d'eSSAI OU DU UAilMA. 379 

Je bornerai là ces indications et ne prolongerai pas davaniage 



Oreopanax daclyliferuna . . 

— nymphsesefolium 
Paratropia elliplica. . 

— subobtusa. 
terebiothacea 

— Wallichiana 
Sciadopbyllum pulchrum 

AURANTIACÉES. 

/Egle sepiaria.. . . 
Citrus califoraica. . 
Cookia punclata . . 
Limonia australis. . . 

BiGNOMACÉES. 

Jacaranda mimosaefolia 
Spathodea Wallichii. . 
Tecoma spectabilis . . 
— stans 

BORRAGINÉES. 

Ehretia tinifolia. ... 

Brexiacées. 
Brexia madagascariensis 

BUTTNÉRIACÉES. 

Dombeya palmata . . . 



— viburaaefolia. 
Casuarinées. 

€asuarina equiselifolia. 

— leptoclada. . 
Cédrélacées. 

Cedrela odorata. . . . 
Swietenia senegalensis. 

Célastrinées. 
Celastrus edulis. . . • 

Combrétacées. 
Conocarpus latifolius , 

Composées. 
Eurybia argophylla. . 

CO.NIFÈRES. 

Araucaria Bidwillii . . 



0>"23 
0™20 

0'"40 
0^30 

0-^20 

€■"25 
O'"30 



4'"50 


gm 


S-^SO 


9™ 


^m 


4111 


5m 


6°» 


5-» 


r^m 


^m 


gm 


4°i 


4°» 


3m 


2m 


2'"30 


3m 


gm 


gm. 


gni 


Touffe de 3 tiges. 



IT-^CA-Riv.) 



gm 
5m 

13" (à 6 ans) 

4<n 



411 



"Jm 
gm 

€■» 

£U1 



Touffede3Uges. 



3S0 NOTES ET MÉMOinES. 

cetfe notice par laquelle j'ai seulement voulu montrer que, 



dans 



Araucaria brasiliensis.. 
X — Cookii . . . 

— Cunninghami 

— excelsa. . . 
Pious canariensis. . . 

— ioDgitolia, . . . 

CORDIACÉES. 

Cordia domestica. . . 

EuPIIORBIACÉES. 

Aleuriles triloba . . . 
Hippomane spiaosa . 
Poinsellia pqlcherrima. 
Stillingia scbifera. . . 

Laurinées. 
Catnphora officinalis. . 
Cinnamomum dulce. . 

— zey'anicura 
Cryptocarya Peumus . 
Daphnidium gracile. . 
Laurus indica .... 

— tomentosa. .■ . 
P.rsea gralissima. . . 
Piiœbe lanceolata. . . 
Tiîlranthcra ferrugioea. 

" — japonica . 

Légumineuses . 

Acacia arabica. , 

— Adansouii 

— Lcbbck . 

— Nanduban 

— nilotica . 
Caesalpinia mimosoides. 

-7- Sappan.. . 
Erylhrina Corallodendron 

— Crista galli. 

— umbrosa.. . 
Lythrariées 

Lagerslroemia elegans. 

— iûdica.. 



0™45 



26°» 

gm 



O^ib 


ill" 




0"25 


gm 




0°»08 


4°'.'J0 




0"40 


M<° 




0™30 


gm 


gm 


0""ij 


7m 




O-IO 


gm 


7-" (7 on 8 t 


0™50 


gm 




O^lo 


5m 


gm 


0"25 


gm 




0"35 


42m 




0"dO 


12'" (A 


Riv.) 


0'"30 


gm 


gm 


o-^as 


4'"o0 


4m 


0"25 


5m 


5>° 


0".5 


5m 


6« 


0'"I5 


4m 




c^ao 


IJm 




0"20 


gm 




o^ao 


gm 




Û^IS 


fi m 




C^Oô 


gm 


gm 


o^ai 


4 0'" 


Touffe de 3 


O^ÔD 


40-" 




1""00 


45m 




0"'4O 


gm 




o-^o? 


gm 


gm 



igcs). 



lises. 



NOTICE SUR LE JARDIN d'eSSAI OU DU HAMMA. 381 

' son état actuel, le Jardin d'essai, près d'Algfcr, justifie la célébrité 

Malpighi\cées. 

Banisteria chrysophylla.. . . 0^07 6"" S"" 

Malvacles. 

Hibiscus cubensis 0™20 

— liliiflorus O'^IS 

Myrtacées. 

Eugenia crassifolia 0"18 

— eliiptica ...... C^IS 

Eucalyptus globulus 0""80 

— pulverulenta, . . 0'"30 

— resinitera O^SS 

— robusta ...... 0'"2d 

Jambosa australi? 0™70 

— teïnifolia O'^IO 

— vulgaris O'°20 

Leplospermura flexuoium. . . O^âO 

Melaleuca cuticularis 0™50 

— ericaefolia 0™80 

Melrosidercs diffusa O^SO 

Myrtus caryophyliala .... O'^IO 

— Pimenta 0'"07 

Sizygium jambolanum. . . . 0'"45 

Tristania neiiifolia ...... 0™07 

— speciosa 0'"25 

MïRSlINÉES. 

Theophrata itnperialis. . *. . 0™20 6"" 

Nyctaginées. 

Bougainvillea brasiliensis . . O^IS 8"^ ^^ 

— glabra O-^aO 8°i 5"» 

— Warscewiczii» . 0'"C0 10™ 

PiPÉRACÉES. 

Piper articulalum O^OO 4'"50 (7 à 10 tiges). 

PiTTOSPORÉES. 

Pitlosporum undulatum . . . O^iO 8"» (3-4 tiges). 

Rhamnées. 
Zizyphus crihacaatha .... 0"40 9™ 

Sapindacées. 
Euphoria Longan 0'"20 4°» 



4ni 




&"" 




7'"50 




4m 


4m 


17-^ 




gm 




13°» 




4 uni 




\lm. 




401 


3m 


gm 


5ni 


gm 


6"" (8 tiges). 


3m 




4m 


7m 


"ym 




5>"50 




5"» 




gm 




4m 


3» 


•fim 


^m 



382 NOTES ET MÉMOIRES. 

dont il jouit et qu'il constitue, pour quiconque aime les plantes, un 
centre d'attraction bien capable de motiver, à lui seul, un voyage 
en Algérie. 



L'ABC DU Chauffage des Serres (1); 
Par M. Charles de Vendeitvre. 

Quel est le but d'un chauffage? Qu'appelle-t-on calories? Gom- 
ment doit-on déterminer la quantité de combustible à brûler, 
la puissance des appareils à construire, le nombre de tuyaux à 
établir pour chauffer une serre à un degré déterminé ? 

Telles sont les questions que je vais essayer de résoudre d'une 
manière claire et concise en me servant du Traité de la chaleur 
de Péclet, du Manuel de chauffage et de ventilation du général 
Morin, m'appuyant sur les expériences des professeurs T^edgold en 
Angleterre et Clément en France. 

J'y ajouterai les observati(fns que j'ai faites moi-même, avec le 
concours éclairé de MM. Jules et Clément Vallerand; qu'ils 
reçoivent ici mes plus sincères remerciements;, pour le dévoue- 
ment dont ils ont lait preuve, pendant cette longue suite d'expé- 
riences. 



Sapiûdus emarginata.. 
— indica. . . . 



— saponana . . . 

— surinamensis . . 
Sapotacées. 

Achras Sapota 

Sideroxylon alrovirens. . 

SOLANÉES. 

Brugmansia suaveolens • 
locbroma tubuiosum . • 

Verbéxacées. 
Cilharexylon lucidum . . 

— quadrangulare 
Clerodendron ternifolium. 
Duranta Plumieri .... 
Tectona grandis 

(1) Présenlé le 25 mars 



O'^TO 


14™ 






0"25 


<2™ 






0'"J5 


gm 






0°>20 


11-" 






O^lo 


4„, 






O^iO 


7m 






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4". 




5"' 


0™Û8 


4m 


(douzaine de liges' 


0"'40 


IB» 






C™35 


45" 






o^ao 


gm 






o-^so 


e-" 




gm 



C^li 



1880, 



l'abc du chauffage des serres. 383 

Etd'abord, avant d'entrer dans la question, et pour la bien 
préciser, quel est le but d'un chauflage? C'est d'élever d'abord, de 
maintenir ensuite à une température déterminée, par un froid 
prévu, un local dont on connaît la nature et l'étendue des cloisons. 
Or élever la température n'est rien, car un kilog. de houille, 
suffisant à élever de 2oo degrés la température de 560 mètres 
cubes d'air, s'il n'y avait pas de déperdition par les parois, le chauf- 
fage des plus grandes serres ne coûterait presque rien ; le plus 
petit poêle suffirait souvent et au delà pour produire la tempéra- 
ture demandée, alors que des installations très coûteuses, et une 
dépense considérable de combustible se renouvelant chaque jour 
sont indispensables. 

Pour ces raisons, je pense avec Péclet qu'il n'y a pas à s'occuper 
du cube des serres, mais uniquement de la manière dont elles 
sont closes et couvertes. 

Dans le cours des observations qui vont suivre, nous nous ser- 
virons souvent des mots calories, unités de chaleur. Or ces deux 
mots expriment la quantité de chaleur nécessaire pour élever 
de 1° la température de 1 litre d'eau. 

Pour élever de à lOOo, c'est-à-dire porter à l'ébuUition un litre 
d'eau, il faut dépenser 100 calories. On estime que 1 kilog. de 
houille ou de coke contient 7000 calories, que par conséquent un 
kilog. de ces combustibles suffirait, si tout leur pouvoir calorifique 
était utilisé au chaufî'age de l'eau, pour porter de à l'ébuUition 
70 litres de ce liquidé. 

Or, dans la pratique, les pertes par le rayonnement, le refroi- 
dissement des parois, l'évacuation des gaz de combustion par les 
cheminées, sont considérables. Il faut des appareils sérieusement 
construits, à grandes surfaces de chaufl'e, à longs parcours de gaz, 
pour arriver à utiliser les 5/7 de la chaleur produite par le com- 
bustible, soit à faire produire 5000 calories, à faire bouillir 50 li- 
tres d'eau en brûlant un kilogramme de combustible, houille ou 
coke. 

Ceci posé, il résulte d'expériences faites en Angleterre par Tred- 
gold 1°, que pour une ditférence de 69° entre les températures ex- 
térieure et intérieure, 1 mètre carré de verre laisse échapper par 
heure 780 unités de chaleur. 



384 XOIES ET MÉMOIRES. 

Si la différence entre les deux températures était de 85°, ce qui 
airiverait si h température intérieure étant à 100° 'a température 
extérieure se trouvait à 45°, la quî;ntité de chaleur qui, dans ces 
conditiors, traverserait un mètre carré de verre serait égale à 

788 X~l = 968 unitt's. 
69 

Si la différence des températures était de 40°, ce qui arrive- 
rait si la température de la serre étant à -|- 25", la tempérôture 
exléneure descendait à — 15% la quantité de chaleur qui, dans ces 

conditions, passerait au ti avers de I mètre carré de veire serait de 

40 
780 X ?77r, soit de 450 unités. 

d9 

Pour une différence de 1", la chaleur que laisse passer i mètre 
carré de vitrage est de 780 X — = I < unités. 

On le voit par ce qui précèJe, pour connaître ce qui passe 
d'unités de cheleur à travers I mètre carré de verre, il suffit de 
multiplier 780, nombre trouvé par M. Tredgol J pour une différence 
de 69°, par le rapport qui existe entre la différence des températures 
que l'on veut obtenir et la différence qui existait lors des expé- 
rier.ces de M. Tredgold. 

'2° Pour une différence de 68°, I mèîre carré de fonte 
neuve, laisse passer 801 unités de chaleur par heure ; mais si, 
au lieu de 68°, la dif?érence des températures était de 850, la quan- 
tité de chaleur transmise a travers 1 mètre cari é de tôle ou de fonte 

85 
neuve serait de 801 X7^= 1002 unités. 

DO 

Pour une différence de i° seulement, la quantité de chaleur qui 
traverse un mètre carré de fonte sera 85 fois moins considérable, 
soit de 12 unités. 

3° L'expérience a démontré que \ mètre carré de fonte rouillée, 
état dans lequel se trouvent habituellement les tuyaux^ pour 
une différence de température de 85°, laisse passer par heure 
H 55 unités de chaleur : sois pour une différence de 1°, 

il55X o = ii unités. 

Dans les mêmes condition', le cuivre ne laisserait passer que 

1 
SOS unités, soit, pour une différence de 1°, 808 X -^= 9 1/2 uni- 

5o 

tés. 



LABC DU CHAUFFAGE DES SERRES. 385 

Des expériences que nous venons de citer il résulte que, pour 
une dififérence de 1° entre les températures extérieure et inté- 
rieure, 1 mètre carré de verre laisse passer 1 1 unités de chaleur, 

— — de cuivre 9 1/2 

— — de fonte neuve 42' 

— — dé fonte rouillée \ 4 

Ceùi étant admis, pour déterminer ce qu'il faudra produire de 
chaleur pour maintenir la température d'une serre close par 
10 mètres carrés de vitrage à -f 5°, -|- 15°, + 30% la température 
extéiieure étant à — 10°, nous n'aurons qu'à multiplier dans 
chaque cas ii, nombre exprimant les unités de chaleur qui pas- 
sent à travers un mètre carré de verre, pour une différence de 1o, 
par Irf nombre de degrés dont diffèrent les températures. 

Nous trouverons ainsi, Hans le premier cas, pour I mètre carré 
de verre, H X 15 = 165 et, pour 10 mètres, 16*50 unités. 

Dans le second cas, où il s'agit de maintenir une différence de 
25° entre les deux températures, il nous faudra multiplier 1 1 par 
25 d'abord, par 10 ensuite; le produit 27c0 nous indiquera la 
quantité de calories qui, dans ces conditions, traverçeront 10 m. 
carrés de vitrage. 

Si enfin il s'agissait de maintenir un écart de 40° entre les 
deux températures, il suffirait, pour connaître les quantités de ca- 
lories que laissera passer le vitrage, de remplacer, dans les calculs 
qui précèdent, 25 par 40 et nous aurions, 1 1 x 40 X 10 = 4400. 

La quantité de chaleur à produire étant ainsi déterminée, afin de 
connaître le nombre de tuyaux nécessaires pour la transmettre, si 
nous rous servons d3 tuyaux en fonte laissant passer H unités 
de chaleur par mètre carré, et pour une différence de 1°, en 
admettant, ce qu'il est facile d'obtenir dans la pratique, que l'eau 
contenue dans les tuyaux soit à 80°, la température de la serre 
étant à -|- 5°, la différence entre les deux températures sera alors 
de 75", et pour obtenir la quantité de calories qui, dans ces con- 
ditions, traverseront un mètre carré de fonte, il nous suffirait de 
multiplier 14, nombre exprimant hs unités de chaleur qui traver- 
sent 1 mètre cube de fonte pour une différencj de 1°, par 75, ce 
qui nous donnera 1059. 

Or nous avons précédemment trouvé que, pour maintenir la 

25 



386 K0TE3 ET MÉMOIRLS. 

température de la serre dont il s'agit à o", la température extérieure 
étant — 10% il nous fallait produire l65f) unités de chaleur; 
en divisant ce nombre par 1050, nombre exprimant les calories 
qui passent à travers un mètre carré de fonle pour une différence 
de 75° entre la température de l'eau contenue dans les tuyaux et 
celle du milieu où ils sont placés, nous trouverons 1650 divisé 
par ^ 050 égale, en chiffres ronds, 1 mètre carré 60 décimètres 
carrés. Ce nombre indique la surface de tuyaux nécessaire pour 
laisser passer les unités de chaleur reconnues indispensables. 

Si au lieu de 5" nous en voulions maintenir 15, la différence 
des températures des tuyaux et delà serre n'étant* plus que de 
65°, il nous faudrait multiplier 14 par 65, ce qui nous donnerait 
910 pour la quantité de calories qui traverseraient 1 mètre cane de 
tuyaux de fonte. Or nous avons précédemment reconnu qu'il nous 
en fallait 2750 ; il nous suffira de diviser ce nombre par 910 et le 
quotient exprimera en mètres carres la quantité de tuyaux né- 
cessaire. 

iinfin si la température de la serre devait être maintenue à 30°, 
la différence entre cette température et celle des tuyaux ne serait 
plus que de 50», la chaleur qui, dans ces. conditions, traverserait 1 
mètre carrédefonte serait de 14X50^=700. Les vitres, nous l'avons 
reconnu, en laissent passer 4400 ; or, 4400 divisés par 700 nous 
donnent 6,30; c'est donc 6 mètres carrés 30 décimètres carrés de 
tuyaux qui, dans ces circonstances, nous seraient nécessaires. 

En comparant les trois nombres que nous venons d'obtenir à la 
surface vitrée, nous trouvons que, pour unediftérencede 15 degrés 
entre les températures extérieure tt intéiieure, il nous faut en 
tuyaux développés 1/6 de la surface vitrée; pour une différence de 
25», 1/3 serait nécessaire, alors que, pour une différence de 40o, 
les calculs en indiquent les 2/3. 

Si nous nous servions de tuyaux en cuivre, le cuivre, pour une 
différence de 1o, ne laissant passer que 9 1/2 unités de chaleur au 
lieu de 1 4, il faudrait, pour déterminer la quantité de tuyaux néces- 
saire, remplacer dans les calculs qui piécèdent 14 par 9 1/2. 

Onlrouveraitainsi quelecuivrene laissant passerque75 pour 100 

de ce que laisse passer la lonte, il faudrait 1/4 de tuyaux en plus. 

Si nous employions des tuyaux de zinc, quels avantages présen- 



l'abc du chauffage des serres. 357 

leraient-ils? Ces tuyaux, en raison de leur grande dilatabilité, ne 
pouvant être maintenus à une température supérieure à 30°, leur 
température moyenne sera inférieure à cechifire;admeltons,cequi 
ne sere'alisera pas dans la pratique, que cechiffre exprime la tem- 
pérature moyenne de l'eau contenue dans les tuyaux, admettons 
également que, comme le verre, pour une différence de 1 degré, le 
zinc laisse p^s?ef, par heure et par mètre, i ! unités de chaieur, et 
voyons ce qu'il faudrait de mètres carrés de tuyaux de ce métal, 
pour entretenir à -]-'^° la température d'une serre close par 10 
mètres de vitres. 

Li différence entre la température ds la serre et celle des tuyaux, 
sera de 33 degrés; la quantité de chaleur qui, dansces conditions, pas- 
sera à travers 1 mètre carréde zinc, sera égale àll X 33=^385 unités; 
dans ces conditions, atin de produire les 2730 calories que nous 
avons reconnues nécessaires pour chauffer, par un froid extérieur 
de — 10", à -|- 13" une serre close par 10 mètres de verre, nous 
diviserons 2730 par 383, nombre exprimant les unités qui passent 
à travers i mètre carré de tuyaux en zinc ; le quotient 7,14 nous 
indiquera le nombre de mètres carrés qui seront nécessaires pour 
laisser passer, dans ces conditions, la chaleur indispensable au 
•chauffage de la serre. 

Or, nous avons ptécédemment établi qu'avec des tuyaux en fonte, 
3 mètres carrés suffisaient, alors que si Ton emploie du zinc il eu 
faudra plus du double. Les tuyaux en zinc, à cause de leur 
graude faculté de dilatation, demandent de grandes et onéreuses 
précautions d'installation; il raudra,nous venons de le prouver,en 
doubler et plus l'étendue. Dans ces conditions, je serais surpris 
qu'ils réalisassent des avantages économiques sérieux ; je crois 
même que posés, sans offrir les mêmes garanties de solidité, ils 
coijteraient plus cher. 

La surface de tuyaux nécessaire pour transmettre la chaleur re- 
connue indispensable au chauSage d'une serre, ayant été ainsi 
déterminée, voyons comment on calculera la quantité de combus- 
tible à brûler. 

Avec des appareils à grandes surfaces de chauffera long parcours 
de gaz, ^ kilogramra^e de houille produit 5000 calories; nous avons 
reconnu que, pour maintenir unécartde 15°entre les températures 



388 NOTES Eï MÉMOIRES. 

extérieure et intérieure d'une ?erre close par 10 mètres de vitres, il 
nousfallait produire 1630 unités de chaleur; 1 klog.de combustible 
en contient 5000 ; en divisant 1630, nombre d'unités à produire, 
par 5000, nombre exprimant les unités contenues dans 1 kilog.de 
combustible,le quotient 303 nous indiquera en grammes la quantité 
à brûler. 

Si l'écart entre les deux températures devait être de 23°, de 40o, 
la quantité de chaleur à produire étant, dans le premier cas de 
2730, dans le deuxième de 4400, il nous faudrait diviser ces nombres 
par 5000; les quotients 51 0,880 exprimeraient en grammes les 
quantités de combustible à biûlerdans chaque cas. 

Si nous remarquons les lois qui règlent le refroidissement de 
l'eau contenue dans les tuyaux, suivant les milieux dans lesquels 
ils sont placés, il en résulte qu'une chaudière ne pouvant brûler 
utilement qu'une quantité déterminée de combus'ible, suffira en 
serre chaude pour maintenir à 80" l'eau contenue dans 7 mètres 
carré.^ 35 de tuyaux, tandis qu'en serre froide, 4 mitres carrés 90 
épuiïeront la même quantité de chaleur produite; une même 
chaudière alimentera donc en serre chaude 2/3 de plus de tuyaux 
qu'enserre froide. 

Quelles sont les proportions à t'onner aux générateurs de cha- 
leur, les épaisseurs de combustible à maintenir sur les grilles, les 
parco::rs à donner aux gaz avant leur évacuation dans les chemi- 
nées? Telles sont les proportions que je vais déterminer, d'après les 
règles admises pour la construction des générateurs à vapeur, 
par des hommes d'une compétence indéniable. 

En général, on admet que, pour utiliser convenablement la 
chaleur produite par un kilog. de combustible, il faut donner aux 
parties de la chaudière eu contact avec les gaz 40 décimètres 
carrés pour 1 kilog. de houille devant êtie brûlé à l'heure. Les gez 
doivent avoir un parcours assez longautuur de la chaudière pour 
qu'ils arrivent à la cheminée à une température rigoureusement 
suffisante pour établir le tirage. 

La couche de combustible à entretenir sur la grille peut varier 
suivant l'énergie du tirage ; elle doit être régulière, et telle qu'au- 
cune parcelle d'air ne la traverse sans être complètement décom- 
posée. 



l'abc du chauffage des serres. 389 

En géûëral, dans les appareils de serre, une épaisseur de 0"* 16 
<;':'ntimètres doit être regardée comme maximum. 

Quand les grilles sont couvertes de couches épaisses de combus- 
tible, il s'y produit une combustion qae j'appellerai occulte. Une 
partie du combustible se consume sans transmettre de chaleur 
appréciable à l'extérieur ; dans ces circonstances, il se produit le 
même phénomène que l'on remarque dans les cheminées où, 
brûlant du bois, on emmagasine le soir sous les cendres un beau 
brasier bien incandescent, dans l'espoir de trouver du feu le len- 
demain matin ; on est heureux quand il en reste quelques trace?, 
les 9/10, sinon tout, se sont consumés en pure perte pcn'lant la 
nuit; pour ces motifs, je crois mauvais de couvrir le feu avec des 
cendres mouillées; ralentissez le tirage, mais évitez les pâtées. 

Ce sont ces principes bien simples qui m'ont guidé dans la 
construction de mes chaudières. Ces idées, je le sais, ne ^ontpas 
encore partagées par tout le monde. Des expériences seules peuvent 
prouver où est la vérité : je suis à la disposition de toute personne 
qui voudra en faire de sérieuses. 

Nous avons établi en commençant qu'il n'y avait plus, en géné- 
ral, à tenir compte du cube des serres ;il n'y a pas non plus à 
s'occuper de la quantité d'eau contenue dans les tuyaux; la tempé- 
rature qu'ils transmettent dépend uniquement de la tempér.-.tuie 
de l'eau, quelle qu'en soit la quantité, et de la surface des tuyaux 
qui la contiennent. 1 litre d'eau à \ 00 degrés contenu dans 1 mètre 
carré de tuyaux, transmettra immédiatement moitié plus de cha- 
leur que 4 litres d'eau à 50 degrés contenus dans la même quantité 
de tuyàux; seulement avec une grande quantité d'eau il y a beau- 
coup plus de chaleur emmagasinée; par ccnïéquent, avec des chau- 
dières à foyers ordinaires, le refroidissement étant plus lent, la 
chaleur se continuera plus longtemps dans la serre après les feux 
éteints. 

Mais l'eau produisant d'autant plus de chaleur que sa tempéra- 
ture est plus élevée, j'estime qu'avec des chaudières à marche 
continue, il y a avantage à opérer sur de plus petites quantités 
d'eau dont on élèvera plus facilement la température, dont on 
obtiendra un résultat plus immédiat ; voilà pourquoi je préfère les 
tuyaux de 80 millimètres à ceux de diamètres plus considérables. 



390 KOTES ET MÉMOIRES. 

Je préconise également les tuyaux en fonte, 1" parce que, plus 
solides que ceux en cuivre, contrairemeni à ce qui est généra- 
lement admis, la fonte laisse passer 20 p. 100 plus de chaleur que 
le cuivre. 

2». Parce que leur pose ne nécessite point d'ouvriers spéciaux. 

3^ Enfin parce qu'ils ccûtent moins cher ; en tôet, pour répon- 
dre à un pn^jugé qui se traduit par cette phrase, le cuivre est 
toujours le cuivre ; vieux il représente de l'argent en magasin ; 
jadis : cet argenf,il vaut mieux l'avoir c-n portefeuille. 

100 mètres de tuyaux de fonte posés devront au plus coûter 600 
francs ; le même chauÉfage en cuivre pesant 200 kilog. reviendra 
à plus de 1000 francs, différence en faveur de la fonte, 40 francs. 
100 mètres de tuyaux en fonte pesant 1400 kilcg., vaudront au 
moins 5 francs les 100 kilog., 70 francs. Le vieux cuivre trouvera 
plus difficilement acquéreur à 1 fr. 50 le kilog. Or 200 kilng. 
vendus à ce prix représenteront 300 francs. Ainsi on aura dépensé 
400 francs pour avoir un beau jour 300 francs de vieux cuivre à 
vendre. 

Comment doit-on placer les tuyaux ? Horizontalement ; tel 
est du moins mon avis. En voici les raisons: avec des tuyaux 
placés horizontalement, la circulation se fait parfaitement ; ils se • 
videraient aussi complètement que s'il existaitune pente, du point 
extrême vers la chaudière. La pression exercée sur les parois de 
cette chaudière sera la même dans les deux cas, juste égale à la 
différence des niveaux, du point culminant de la conduite au 
fond de la chaudière. 

Dans ces conditions, tant qu'il restera de l'eau dans les tuyaux, 
ne fût-ce qu'un filet de 1 centimètre d'épaisseur, la circulation 
continuera ; on pourra entretenir l'eau en ébullition, et même la 
vaporiser, ce qui permettra de transmettre beaucoup plus de cha- 
leur au local à chauffer; si, au contraire, les tuyaux étaient incli- 
nés, suivant que cette inclinaison serait plus ou moins grande, il 
pourrait arriver qu'il n'y eût plus d'eau au point culminant, et 
par conséquent plus de circulation possible, alors que, la chaudière 
étant parfaitement pleine, les tuyaux le beraient au 9/10. 

Enfin comme la plupart du temps les tuyaux sont placés sur 
des traverses éiabliÉ s d'avance par les constructeurs de serre, il 



l'a b g du chauffage des serres. 391 

serait, extrêmement difficile de leur donner unti inclinaison quel- 
conque. 

Les expériences qui ont été faites chez MM. Vallerand 
prouvent clairement que le cube des serres n*a aucune influence 
sur leur chauff'age. Ainsi la serre no 2 de M. Jules, close par 70 
mètres carrés de vitres et cubant ioO mètres, devrait nécessiter, si 
le cube jouait un rôle prépondérant dans les chauifages,3 fois plus 
de tuyaux que la serre n° 4 qui, close par 42 mètres de vitrage, ne 
cube que 50 mètres. Or, le chauffage de la première étant assuré 
par 57 mètres de tuyaux, 1/3 ou iO mètres devraient suffire au 
chauffrigede la seconde, alors qu'il enfant 42 mètres ou les 4/5. 
Ces tuyaux ayant 27 centimètres de circonférence, les 42 mètres 
de longueur nous donnent en surface M mètres carrés 34 déci- 
mètres carrés, un peu moins du tiers delà surface vitrée, et celte 
quantité a suffi pour maintenir les deux serres à la même 
lempératura. Eu moyenne, nous avons maintenu un écart de 
25 à 30" entre les températures intérieure et extérieure ; c'est 
juste ce que les calculs avaient indiqué précédemment. Mais si 
nous sommes d'accord sur ce point avec les auleurs susmention- 
nés, pour le nombre de tuyaux nécessaiies au chauffage d'une 
serre, nous difiérons d'appréciation sur les quantités de combus- 
tible à brûler. Ainsi les serres de M. Jules Vallerand, closes par 
327 mètres de vitres, sont chauffées par 300 mètres de tuyaux 
de 27 centimètres de circonférence ; en surface ils développent 
81 mètres carrés, placés dans un milieu à 15 degrés. Ils auraient 
dû laisser passer, en moyenne, 81 fois 884 unités de chaleur, soit 
66 744 calories pour fournir ce nombre, étant admis que I kilog. 
de combustible en produise 5 000 , il nous aurait fallu brûler 15 
kilog. à l'heure ; jamais, dans les jours les plus froids de cet 
hiver exceptionnellement rigoureux, nous n'en avons biûlé la 
moitié. 

Les paillassons, je le sais, ont une grande influence, mais très 
certainement insuffisante à diminuer d'autant la perte de chaleur 
et la dépense de combustible. 

Des horticulteurs distingués, MM. Hardy, directeur de 
L'École d'Horticulture à Versailles, et Vallerand estiment que les 
paillassons défendent de 6 degrés de gelée. 



392 RAPPORTS. 

Enfin, pour conclure d'aue raanière utile, je prie tous ceux que 
la q jeslion intéresse, de me soumettre les observations que leur 
suggérera la lecture de celte étude; s'ils le veulent bien, nous 
discuterons leurs critiques ; ces discussions, j'en suis sûr, établiront 
enfin les règles qui doivent présider à l'établissement d'un 
chaufirtge, fixeront d'une manière certaine, sans rien laisser à 
décider au hasard, ce qui est nécessaire et amplement suffisant 
pour obtenir, par un froid prévu, les températures dont on a be- 
soin ; il en résultera souvent de bien sérieuses économies d'ins- 
tallation d'abord, de combustible ensuite. 



»-r aBP®q gar-» 



RAPPORTS 



Rapport sur les cultures de ivi. Jamain (Hipp.) (I); 
M. Makcottin père. Rapporteur. 

Messieurs, 

Par suite d'une demande faite par M. Hipp. Jamain, horticul- 
teur, rue de la Glacière, i27 (xii^ arrondissement), à Paris, 
M. le Président a bien voulu nommer une Gommit^sion composée 
de MM. Eug. Verdier, Burelle, Quihou, Boizard, Levêque fils et 
Margottin père, qu'il a chargée de visiter l'établissement de cet 
liorticulteur, que dirige M. GorJeau, chef de culture. 

Les Orangers y sont cultivés avec soin ; on trouve là depuis 
de jeunes .^ujets d'un an jusqu'à dm gros exemplaires de 60 ans et 
plus, dans toutes les plus belles variétés du commerce. M. Jamain, 
père, avait acquis une grande réputation pour la culture de ces 
belles plantes, et nous félicitons son fils d'avoir continué à' 
marcher dans la même voie. 

Les Camellias, les Grenadiers, les Lauriers-roses et autres plan- 
tes sont également bien cultivés dans cet établissement ainsi que 
les Lilas, particulièrement la variété CharlesX, qui sont mis en pots 
pour fleurir l'hiver. Cette culture a été, pendant de longues années, 
unespérialiié parisienne ignorée à l'étranger, et même, en France, 

• (1) Présenté le 13 mai 1880. 



SUR I.ES CULTURES DE M. JAMAIN (HIPP.) ù93 

dans les villes de province ; mais depuis quelque temps, elle s'est 
beaucoup répandue. 

M. Jamain joint à toutes ces cultures les Rosiers, principale- 
ment sous le rapport de la multiplication des Roses nouvelles, en 
grefïes forcées qui sont exécutées chez lui avec succès. Nous avons 
vu une serre contenant plus de 2000 sujets qui avaient été grefifés 
dans le courant de janvier et,nîalgrè la petitesse des pots (9 cent.), 
les plantes avaient atteint de 30 à 70 centimètres et même assez 
souvent 1 mètre de hauteur. Ce résultat est ce que l'on peut dési- 
rer de mieux. Parmi les variétés qui étaient fleuries, nous avons 
remarqué les suivantes. 

Thé. — Reine Marie-Henriette, variété dite Gloire de D jon à 
fleurs rouges : fleur grande, bien faite, d'un beau rouge cerise. 

Noisette. — ^Yll!iam Allen Richardson : fleur grande, d'un 
beauJHune orange. 

Ile Bourbon. — Madame Pierre Oger:fl.eur moyenne, blanc 
légèrement crémé. 

Hybride remontant. — Deuil du colonel Denfert : fleur grande, 
pleine, bien faite, pourpre non velouté. 

Hybride remontant. — Jules Chrétien : fleur grande, pleine, 
rouse ponceau vif. 

Hybride remontant. — Linnée: fleur grande, pleine, beau rouge 
cerise brillant. 

Hybride remontant. — Madame Alphonse Lavallée : fleur 
grande, beau rouge foncé vif. 

Hybinde remontant. — Madame Eug. Verdier ; fleur très grande, 
pleine, beau rose vif satiné. 

Hybride remontant. — Madame Morane jeune: fleur grande, 
pleine, forme en coupe, beau rose glacé. 

Hybride remontant. — Paul Jamain: fleur grande, pleine, beau 
rouge foncé brillant. 

Hybride remontant. — Souvenir de Lufi^ay: fleur moyenne, 
pleine, bien faite, rouge cramoisi vif. 

Hybride remontant. — Souvenir de Madame Robert : fleur 
grande, rose glacé teadre saumoné. 

Hybride remontant. — Souvenir de Victor Verdier : fleur 
grandi , pleine, bien faite, rouge ponceau écarlate. 



39 i RAPPORTS. 

Pendant plusieurs années et encore récemment-, M. Jamain a 
donné la plus grande partie de son temps à l'Administration 
municipale, comme l*^"" adjoint de son arrondissement. Pendant 
ce temps, son établissement n'a pas cessé d'être parfaitement 
dirigé par M. Cordeau qui est à son service depuis plus de vingt- 
cinq ans, homme intelligent, actif, extrêmement honnête, et 
dévoué aux intérêts ie son patron comme on en rencontre peu ; 
aussi votre Commission, à l'unanimité, vous prie-t-elle de ren- 
voyer ce Rapport à la Commission des Récompenses en faveur de 
M. Cordeau. 



Rapport complémentaire sur les appareils Thermosiphons 

CONSTRUITS par M. Gh. DE VEx\DEUVRE, POL'R LE CUAUFFAGE DES 

Serres de AIM. C. et J. Vallerand, a Asmères (Seine) (1) ; 
M. A. Lav;alle, Rapporteur. 

ûIessiel'rs, 

La Commission que vous aVez nommée, dès l'année dernière., 
pour examiner le chauffage établi par M. de Vendeuvre, chez 
M. Constant Vallerand, vous signalait, le 14 août, la bonne 
installation de cet appareil et vous exprimait son intention de 
l'observer à nouveau, dans le courant de l'hiver, pour vous donner 
son appréciation définitive, si l'usage confirmait sa bonne opinion 
sur ce chaufïage. 

Invitée en temps utile à compléter sa mission, votre Commis- 
sion s'est réunie chez M. Vallerand, le 31 janvier dernier, sous la 
présidence de M. E.-A. Carrière. Notre honorable Président du 
Comité des Arts el Industries horticoles, M. Glatigny, a bien 
voulu prendre part à ses travaux. 

Nous ne reviendrons pas, Messieurs, sur la description de ces 
appareils de chauflage; nous nous contenterons de dire que celui 
que nous avions à revoir a fonctionné, pendant tout cet hiver si 
exceptionnellement rigoureux, de la manière la plus satisfaisante, 
sans nécessiter aucune modification, ni réparation, à la grande 
satisfaction de M. Constant Vallerand, notre collègue, qui nous a 

(1) Présenté le 2 î avril «880. 



SUR LES THEKMOSIPHONS DE M, LE YENDELVKE. 395 

assuré avoir réalisé une grande économie sur la dépense de com- 
bustiblf, eu égard à la température obtenue. Du l^*" au 19 décem- 
bre 1879, la température intérieure de la serre, dans le comparti- 
ment le moins chaud, a été de -{-\îL° h +25°, tandis que la tem- 
pérature extérieure était de — 1 o" à — 24". Le fonctionnement des 
grilles et du réservoir a été parfait, et le foyer n'a dû être rallumé 
que lorsqu'on laissait épuiser le combustible. Nos prévisions se 
sont donc réalisées de point en point. 

M. de Vendeuvre, profitant de notre visite, a soumis à notre 
examen une autre installation chez M. Jules Vallerand, notre 
confrère bien connu par ses cultures de Gloxinias. 11 s'agit ici 
d'un chauffage du même système, mais plus considérable. Les 
serres chauffées par ua seul appareil sont au nombre de cinq, 
reliées à l'une de leurs extrémités par un couloir vitré. Chacune 
de ces serres a 13 mètres de longueur ; leur largeur est de 2.™ 70 
pour trois d'entre elles, de 4™ 50 pour la 4% et de 5"^ 40 pour la 5^ 
Le couloir vitré a 2m 20 de largeur ; les hauteurs varient de im20 
pour la plus étroite à 2^195 pour la plus large. La surface totale 
de la vitrerie est de 327™ 90. La température doit varier depuis celle 
de la serre tempérée jusqu'à celle de la serre la plus chaude, suivant 
l'usage auquel chacune est destinée. Deux appareils de chaufl'age 
ordinaires n'avaient jamais produit le résultat demandé, même 
avec la plus grande dépense de combustible. Aujourd'hui un 
appareil de J\I. de Vendeuvre, de la capacité de l'un des deux, 
premiers, lait parfaitement fonctionner les 300 mètres de tuyaux 
répartis dans les cinq serres, et M. Vallerand. se déclare très 
satisfait du résultat obtenu aussi bien pour la bonne culture que 
pour l'économie. Nous avons pu nous rendre compte de la 
luxuriante végétation produite par la régularité du chauffage. La 
température de la serre la moins chauffée a été, par le plus grand 
froid, de -|-6°; celle de la serre la plus chauffée de +18», le jour 
oà la température extérieure descendait à — 24». 

M. de Vendeuvre ne s'occupe pas seulement du chauffage des 
serres par l'eau chaude ; il construit également des appareils à 
air chaud d'un excellent fonctionnement. Nous avons été conduits 
à examiner le calorifère qu'il a établi dans les ateliers d'héliogra- 
vure de M. Goupil, situés à Asnières. Le directeur de cet établisse- 



396 BEVUli BIBLIOGRAPHIQUE ÉTRANGÈRE. 

ment, en appelant noire attent.on sur la nécessité d'avoir toujours 
dans les étuves une haute et égale température, nous affirmait 
que seul l'appareil de M. de Vendeuvre avait produit le résultat 
désiré et qu'en outre, la dépense du combustible était de beaucoup 
réduite; il rous marquait également sa satisfaction sur l'ingé- 
nieuse disposition et la facilité d'entretien et d'aliraentstion de ce 
calorifère. 

Vous le voyez, Mpssieyrs. si les installations de M. de Vendeu- 
vre ne sont certainement pas le dernier mot de cette question si 
multiple « les chatffages, » elles sont un réel progrès ; c'est en 
conséquence de cette conviction que votre Commission vient, à 
l'unanimité, solliciter pour ce constructeur, chercheur laborieux, 
le renvoi du présent Rapport à la Commission des Récompenses 
et son insertion dans le Journal de la Société. 



REVUE BIBLIOGRAPHIQUE ÉTRANGÈRE. 



Plantes nouvelles ou rares décrites dans des pcblicaiions 
étrangères. 

Gartenflora. 

Primula Steiuii (hybi) Obrist, Gartenf., 4879, pi. 9^)1, fig. 1, 2, 3-, 
p. 322. — Primevère de Stein. — Alpes da TiroL— (Primulacées). 

Cette charmante miniature a été découverte dans les Alpes cen- 
trales du Tirol, à 2000 mètres d'altitude, par M. Obrist, jardiuier- 
chi'f du jaidin botanique d'Iunsbruck. C'est un hybride naturel du 
Primula minima L. et du P. hlrsuta All., au milieu desquels elle 
se trouvait. Elle forme de petites rosettes rapprochées en g«zon court 
et toulfn, qui, à la floraison, disparaissent sous une masse de fleurs 
rose-violacé à œii clair, larges de près de Om 02, dans lesquelles le 
limbe de la corolle étalé forme cinq lobes échancrés ou terminés 
par trois crénelures ; ses feuilles spatulées-obovales, dentées dans 
leur tiers supérieur, ont au plus Qm 02 de long sur 0°» G 1 2 — 0™ 1 5 
de large. En décrivant cette plante, M. Slein dit qu'il ne connaît 
pas de Primevère européenne, espèce ou hybride, qui fleurisse 



PLANTES NOUVELLES OU RARES. 397 

avec autant de profusion. Ce sera, en somme, une excellente addi- 
tion aux collections de plantes alpines et derocailles; 

n.tlierlea rhodopensis Frivaldsky.— Gflr/e?z/"., 1879, pi. 991, fig. 4, 
p. 323. — Haberlée du Rhodope. — Versant sud des monts Balkans, 
Rhodope-Dagh. — (Screfulariacée ?) 

L'histoire de cette jolie petite plante mérite d'être conservée. 
Elle fut découver-e, en 1832, croissant sur deâ rochers de gneiss, 
près de Kalefer, par le botaniste autrichien Haberle qui fut déva- 
lisé et tué, quelques années plus tard, dans la même locilité. Elle 
ne fut retrouvée qu'en juin 1871 , par le botaniste hoiigrois Victor 
de Janka, qui la vit sur des rochers presque inaccessibles, et qui 
ne put en saisir quelques pie Js qu'en se tenant debout sur la selle 
de son chcval. Néanmoins ces pieds ayant é:é envoyés presque 
morts au jardin botanique dlnnsbruck, pendant lliiver de 1872, 
à force de soins, on est parvenu à les sauver, et même à en obte- 
nir par division, à l'automne de 1875, onze petits individus qui 
ont pris force l'année suivante et dont certains ont fljuri en 1 877. 
Le genre Haberlea est regardé par M. Stein, auteur de l'article qui 
le concerne, comme étant plutôt une Gesnériacée qu'une Screfula- 
riacée. La pUntequi en est le type est une petite espèce vivace, ga- 
zonnante, dont les feuilles ovales-oblongues ou spatulées, rétrécies 
dans le bas, bordées de grandes dents, longaes de 4-5 centim., 
larges de 3-3 1/2, vertes en dessus, en général rougeâtres en des- 
sous, couvertes d'un duvet jaunâtre, forment une rosette serrée 
de laquelle s'élèvent des tiges florifères nues, hautes seulement de 
7 ou 8 centim.; chaque tige porte trois fleurs grandes relativement, 
dont le tube violet clair est long d'environ 0™ 02, et dont le limbe 
bien ouvert et blanchàire forme cinq lobes, les deux supérieurs 
courts, les trois inférieurs notablement plus longs, échancrés. 
La floraison de cette plante dure longtemps. Ce sera une élégante 
addition à la flore des rocailles. On devra la planter dans de 
l'humus mélangé modérément de terre forte. 

Fritillaria Walujewi Regel, Gartenf., 1879, pi. 993, p. 353. — 
Fiitillaite de VValisjew. — Asie ceutrale. — (Liliacées). 

Jolie plante qui a été découverte par M, A. Rege' , fils, dans la 
chaîne des monts Alata , et dans la vallée du fleuve Tschirtsch'k, en 



39 s REVUE BIBLIOGRAPHIQUE ÉTRANGÈRE. 

compagnie du l^dijja Greigi, du Lycoris Sewerzoïvi, eic. Elle est 
voisine du Fritillaria verticillata, tout en en différant à plusieurs 
égards. Sa tige glauque est haute de 20-30 cent., et porte des feuilles 
lancéolées-linéaires, glauques en dessous, qui se roulent toutes en 
vrille à leur extrémité, et dont les inférieures sont opposées de 
même que les supérieures, tandis que les intermédiaires sont 
verticillées de même que celles qui sont situées tout au sommet. 
Chaque tige se termine par une ou plusieurs fleurs retombantes, 
tubuleuses-campanulées, longues de 5 centim., larges de 4 centim., 
remarquables par leur couleur gris de plomb uniform^en dehors, 
qui contraste avec leur coloration en pourpre noir, maculé de 
blanc, à l'intérieur. — Cette curieuse Liliacée plantée en pleine 
terre, dans le Jardin botanique de Saint-Pétersbourg, y a fleuri 
pour la première fois en juillet 1879. Elle vient bien dans une 
terre de jirdin meuble, bien mélangée de terreau de feuilles. 

Primula rosea Royle. — Gartcnf.^ 4879, pi. 994, p. 3S4. — Prime- 
vère rose. — Montagnes du nord-est de l'Inde. — (Primulacces). 

Charmante espèce à grandes fleurs ombellées, d'un beau rose 
rouge, avec un œil jaune, à feuilles minces, ovales-oblongues, 
aiguës, dentées en scie, glabres aux deux faces mais revêtues 
d'une poussière farineuse; sa corolle a les lobes obcordés, profon- 
dément éch-încrés. Elle appartient au groupe du Primula farinosa 
et doit être cultivée comme celui-ci. Elle supporte la pleine terre 
dans l'Europe moyenue; elle fleurit au mois de mai. Le compost 
qui paraît lui être le plus avantageux est un mélange de deux 
parties de terreau de feuilles ou de terre de bruyère et d'une 
partie de terre franche. 

Sitatice (Cioniolimon) Kanfmanniana Regel, Gartenf., 1880, pi. 
996, p. < . — Statice de Kaufmann. — Turkestan oriental. — (Plooi- 
baginées). 

Espèce découverte par M. A. Regel, fils, à 12-1 500" d'altitude, 
sur les monîs Achburtan, dans le Turkestan oriental. Elle se dis- 
tingue de toutes les espèces de Statice connues jusqu'à ce jour par 
sa rosette de feuilles coriaces, linéaires-lancéolées, rétrécies en 
pétiole dans le bas, acuminées, munies d'une bordure calleuse, 
longues de 5-7 centim., qui sont parfaitement entières, mais for- 



PLANTES NOUVELLES OU RARES. 399 

lement ondulées et comme frisées sur leurs bords, ainsi que par 
la grandeur de ses fleurs roses qui ont environ 1 centim. 4/2 de 
long ; ces fleurs forment plusieurs épis sur les côtés d'une hampe 
haute de 20-40 centim. C'est une plante vivace,qui fleurit abon- 
damment en été, et qui supporte les froids du climat de Saint- 
Pétersbourg, en pleine terre, sans couverture. 

Eremnrus turkestanicns Regel, Gartenf., 1880, pi. 997, p. 2. 
— Erémure du Turkestan. — Turkeslan. — (Liliacéss). 

Cette espèce d'Erémure est une fort belle plante, mais qui 
n'égale pas tout à fait en beauté son congénère, VEremurus ro- 
bustus. Comme celui-ci, elle vient bien en pleine terre sous le 
climat de l'Europe moyenne, et y produit un très bel effet. Ses 
feuilles linéaires et sa tige sont glabres; ses fleur-; brun-rouge 
bordées de blanc, larges de 2 à 2 1/2 centim., forment, sur une 
haute et forte hampe, une grappe très longue et serrée ; chacune 
d'elles est portée sur un pédoncule épaissi vers son extrémité 
supérieure; leur périanthe, à moitié étalé pendant la pleine flo- 
raison, recourbe ensuite le haut de ses segments vers l'intérieur. 
— Les Eremurus ont un oignon ou plutôt, dit M. E. Regel, un 
tubercule qui rappelle en petit celui des Dalhias, mais qui n'a 
jamais qu'un seul bourgeon terminal; aussi ne peut-on les multi- 
plier par division et est-on forcé de recourir, dans ce but, au 
semis. On doit planter ce tubercule tard en automne, à une 
exposition sèche et chaude, dans un sol meuble, sableux et nu- 
tritif. Quand les graines sont mûres, on retire le tubercule de 
terre pour le garder, pendant l'hiver, dans un endroit sec et 
chaud, enterré dans du sable. Cette dessiccation est essentielle 
pour ces plantes, de même que pour les Tulipes de l'Asie centrale, 
où la fin de l'été et l'automne sont généralement très secs. Si l'on 
agit autrement, la plante ne fleurit pas l'année suivante, le tuber- 
cule devient de plus en plus petit d'année en année et finit par 
pourrir. 



Le Secrètaire-Rédacleur-Gérant : impr. de E. DONNadD, rae Cassette, I. 

P. DUCHARTRE. 



JUIN 1880. 



OBSERVATIONS MÉTÉOROLOGIQUES FAITES PAR M. F. JAMIN, A BOURG-LA REINE, 
PRÈS PARIS, (altitude 72'ïi ENVIRON.) 







1 


HADTECR 








TEMPÉRATURE 


du baromètre. 


VENTS 




H 
H 


^-^^m.^ 


-— *~^ 




-^ ^ 




ÉTAT DD CIEL. 












dominants. 






Minim. 


Maxim. 


Matin. 


Soir. 






1 


8,6 


22,4 


761 


759 


N.E.,0.,N.O. 


A peine nuageux le matin, couv. 
presque loute i'apr.-midi, q.q. 
gouttes de pluie. 


2 


9,0 


20,0 


7o8 


758 


N. E., S. E. 


Pliuc le mat. et le soir, couv. le 
reste de la journée, avec q.q. 
rares éclaircies. 


3 


8,0 


22,3 


737,3 


757,3 


NNE,SO,MNE. 


Brouillard intense le matin, nua- 
geux le reste de la journée ; pe- 
tit orage avec pluie dans l'ap.-ra. 


4 


9,3 


14,0 


730 


738 


N. 


Couvert, temps sombre, pluie fine 
et froide une parliede l'ap.-midi 
et du soir. 


S 


4,0 


17,0 


760 


761 


N. N.O. 


>tuagcux. 


6 


7,0 


13,(1 


703 


762 


S. G. 


Couvert, pluie dans l'après-midi. 


7 


10,0 


17,7 


700 


761 


S. 0. 


Pluie dans la nuit, couvert, clair 
le soir. 


8 


6,7 


20,0 


761,0 


739,5 


s. s. G. 


Nuageux, forte averse dans l'ap, -m. 


9 


10,D 


23,4 


7o9. 5 


756,5 


S.E., E. 


Couvert le matin de bonne heure, 
nuageux le reste de la jiuirncc. 


10 


9,8 


24,0 


737 


736 


S. E. 


Couvert le matin, nuageux l'ap.- 
midi, pluie le soir. 


il 


10,3 


26,7 


733,5 


736 


S. E. 


Nuageux, orage et forte pluie 
dans l'après-midi. 


12 


11,0 


19,8 


738 


763 


N. N. G. 


Pluie dans la nuit pr. continue, 
couvert le malin, nuageux l'ap.- 

mi.li 


13 


3,8 


26, 


703 


762 


(I.,S. 


mi<' I • 
Clair le malin, nuageux l'ap.-ra. 


14 


12,2 


2o,o 


762 


76i,3 


N. N. G. 


Nuageux. 


15 


9.8 


2V,0 


76 > 


760,5 


.N. G. 


Nuageux. 


16 


12,4 


24,4 


700 


76'3 


S. E. 


Couvert le mat., nuag. lap.-mid. 


17 


13,;; 


23,0 


762,2 


762,5 


N. N. G. 


Pluie dans la nuit, brumeux le 
malin, nuageux l'ap.-midi. 


18 


9,9 


30,2 


T61 


738 


N. G. 


Brouillard le matin, nuageux et 
orageux l'après-midi. 


19 


13,0 


26,1 


737 


75^,5 


E. 


Pluie dans la nuit, nuageux, orage 
le soir et pluie abondante. 


20 


13,4 


24,0 


734 


755 


S. E. 


La pluie continue une partie de 
la nuit, nuageux, petite pluie 
l'après-midi. 


21 


9,5 


24,9 


733, 3 


755 


S.,E., S. 


Nuageux et orageux, pluie abon- 
dante de 5 à 6 h. 1/2 du soir. 


22 


10,0 


19,3 


73o 


739 


E., S. E. 


Nuageux le matin, orageux l'ap.- 
midi, avec fortes averses. 


23 


8,5 


22,9 


738,5 


757 


S. S. E. 


Nuageux. 


24 


10,8 


20,0 


753 


760 


S. E. 


Pluie toute la nuit et une partie 
de la matinée; très-forte averse 
avec grêle dans l'après-midi. 


23 


9,2 


23,2 


760 


738 


S. E., S. 0. 


Couvert avec quelques éclaircies. 


•26 


11,6 


23,0 


737 


762 


S.O.,N. N. 0. 


Couvert le malin, par moments le 
ciel s'obscurcit considérablem., 
nuageux l'après-midi avec q.q. 
petites averses. 


27 


8,3 


26,3 


766 


770 


N. N. 0. 


Clair le malin, nuageux l'ap. -m. 


28 


10, S 


27,2 


770,3 


708,5 


N.N.G.,G.N.G. 


Nuageux le malin, clair l'apr.-m. 


29 


10,0 


31,7 


767,5 


701,3 


N.E.,S.S.E. 


Clair. 


30 


12,1 


32,3 


739, 3 


756,3 


S. S. E., S. 


Clair le malin, nuageux et ora- 
geux l'après-midi, pluie le soir. 



CONCOURS OUVERTS DEVANT LA SOCIÉTÉ EN 1880. 

Concours permanents. 

Médaille Pellier pour les Pentstemon. 

Prix Laisné pour récompenser l'aptilude au travail 

• et la moralité des garçons jardiuiers. 

(V. le Journal, 3« série, I, 1879, 

p. 691.) 

Concours annuels. 

Médaille Moynet pour les apports les plus remarqua- 
bles, faits pendant l'année, au 
Comité de Culture potagère. 

Médaille du Conseil d' .administration, pour l'iatroductioa oul'obtention de 

plantes ornementales méritante?. 
(V. le Journal, %^ série, XI, 1 877, 
p. 145.) 



►s-o-s- 



PROCÈS-VERBAUX (1) 



SÉANCE DU 8 JUILLET 1880. 

Présidence de M. Alph. liavallée. Président de la Société. 

La séance est ouverte à deux heures. Le registre a reçu les 
signatures de cent trente Membres titulaires et de sept Membres 
honoraires. 

M. le Président proclame, après un vote de la Compagnie, l'ad- 
mission de sept nouveaux Membres titulaires dont la présentation a 
été faite dans la dernière séance et n'a soulevé aucune opposition. 
11 annonce ensuite que, dans sa séance de ce jour, le Conseil d'Ad- 
ministration a admis à l'honorariat, sur leur demande écrite, con- 
formément au règlement, MM. Sinei (Eugène), arboriculteur, rue 



La Commission de Rédaction déclare laisser aux auteurs des articles pul)liés 
dans le Journal la responsabilité des opinions qu'ils y expriment. 

(Avis de la Commission de Rédaction.) 
Série 3. T. il. Cahier de juillet 1880 publié le 31 août 1880. 26 



402 PROCÈS-VERBAUX. 

des Prés-Hauts, 30, à Châtenay, par Aatony (Seine), et Tabar, 
grainier-flt^uriste, à Sarcelles (Seine-et-Oise). 
Les objets suivants ont été déposés sur le bureau : 
4® Par M. Bergman, chef de culture chez M™« la baronne de 
Rothschild, à Ferrières-en-Brie (Seine-et-Marne), un Ananas d'une 
i-spèce nouvelle, très remarquable par son volume, et que AT. le 
Président du Comité de Culture potagère dit avoir été reconnu 
excellent. Sur la proposition de ce Comité, une prime de 1 re classe 
est accordée pour cette présentation. 

Dans une note jointe à cette plante, M. Bergman rapporte les 
paroles par lesquelles M. Linden en fait l'historique, dans un de 
sis catalogues. L'importation en est due au voyageur Warscewicz 
qui en vit, pour la première fois, le produit sur le marché de la 
petite ville de Juan-de-Bracamoros, et qui de là donna à la plante 
le nom d'Anatiassa Bracamorensis, c'est-à-dire Ananas de Braca- 
inoros. D'après ce voyageur, nul Ananas, dans les deux Amériques, 
n'aurait un goût aussi exquis et n'approcherait des dimensions 
auquel il arrive, puisque son poids varie de 12 à 15 kilogr. Le 
spécimen qui se trouve en ce moment sur le bureau provient d'un 
œilleton d'introduction; ayant souffert pendant son importation, 
il n'avait certainement pas la vigueur que peut avoir l'espèce; 
mais M. Bergman pense que, quand la plante sera Tobjet d'une 
culture qui lui convienne, elle pourra facilement donner des fruits 
du poids de 6 à 8 kilog., puisque celui qu'on a sous les yeux pèse 
déjà un peu plus de 4 kilog. et mesure 26 centimètres de hauteur 
sur 51 centimètres de circonférence, c'est-à-Jire 17 centimètres 
de diamètre. Il est à peu près certain que ce fruit (^yncarpe) est le. 
premier qu'on ait encore obtenu en Europe. Ceux de toutes les 
variétés que l'on connaissait jusqu'à présent étant, à leur matu- 
rité, de couleur jaune d'or, celui-ci se distingue nettement parce 
qu'il est agréablement coloré eu rouge-cuivre luisant. La plante 
qui donne ce géant des Ananas est elle-même très forte, et ses 
feuilles atteignent \ '^ 50 de longueur. M. Bergman fait observer 
que ce nouveau fruit, quoique fort bon, n'a pas la finesse de ceux 
de plusieurs variétés de l'Ananas ordinaire qui sont déjà culti- 
vées. 

2^ Par M. Thiébaut-Legenri.re, horticulteur-grainier, avenue 



SÉANCE DU 8 JUILLET J8S0. 408 

Victoria, 8, un pied d'une variété de Pois appelée Téléphone, 
variété à gros grains ridés, mais très productive, comme le fait re- 
marquer M, le Président du Comité de Culture potagère. Il est ac- 
cordé pour cette présentation une prime de 3^ classe. 

3« Par M. Villette, jardinier au château de Polangis, près Join^ 
ville-le-Pont (Seine), un panier de racines de Cerfeuil bulbeux, 
venu de graines stratifiées qui ont été semées au mois de février 
dernier. G^ proiuit est très beau, et il y a d'autant plus de mérite 
à l'avoir obtenu tel , que la sécheresse du printemps de cette année 
a nui partout au développement de la plante qui le donne ; aussi ce 
jardinier recevra-t-il une prime de 2e classe, sur la proposition du 
Comité de Culture potagère. 

4o Par M. Véniat (Henri), jardinier chez M. Feyeux, à Crosnes, 
des Laitues frisées de Californie qu'il présente hors concours, et 
dont la variété n'a pas été encore, paraît-il, mise sous les yeux de 
la Société. 

M. Duvivier dit que cette nouvelle variété mérite d'être bien 
accueillie. Elle est des plus jolies et fort tendre ; seulement elle 
n'est pas encore connue des maraîchers parisiens. 

5* Par M. Dadoûy^ rue Notre-Dame-des- Victoires, que repré- 
sente M. H. Birot, son chef de culture, des pieds chargés de cosses 
de sept variétés de Pots qui ont été obtenues en Angleterre, et 
qu'il a introduites en France depuis deux ans. Ce sont les sui- 
vantes : 1° le Pois Princesse royale, haut de 1. mètre, à grain 
blanc ridé; 2° le Pois Docteur Mac Lean, haut de Om 90, à grain 
vert ridé; 3° le Pois Prince Léopold, haut de 1 mètre à ^ m 20, à 
grain blanc ridé; ¥ le Pois Émeraude géant, haut de 1^50, à 
grain blanc ridé; S» le Pois Duc d'Edimbourg, haut de 4 m 50 à 
1m 80, à grain blanc ridé; 6» le Pois Challenge de Berkshire, haut 
de 1 m 50 à 1m 80, à grain blanc rond; enfin le Pois Royal Berk- 
shire, de la même hauteur, à grain bleu rond. Les trois premières 
de ces variétés peuvent très bien se passer de rames; les quatre 
dernières ont le mérite de résister parfaitement à la sécheresse et 
sont dès lors d'une grande ressource pour l'été. M. le Président du 
Comité de Calture potagère fait observer que ces diverses sortes de 
Pois ont le grain gros, comme du reste tous les Pois anglais, et 
qu'ils paraissent produire beaucoup. Il propose de donner une 



404 PROCÈS-VERBAUX. 

prime de 2* classe à M. Dudcûy pour la présentation qu'il en a 
faite. Sa proposition, mise aux voix, est adoptée, mais M. Dudoûy 
déclare renoncer à recevoir celte récompense. 

6° Par M. Rigauld, cultivateur à Groslay, des Pommes de terre 
Marjolin qu'il présente hors concours, pour montrer le type pur 
de cette variété, et pour la présentation desquelles il reçoit de vifs 
remerciements du Comité compétent. 

>*• Par M. Cauchin (Vincent), cultivateur à Montmagny, de très 
beaux Choux et Choux- fleurs, pour la présentation desquels il 
lui est accordé une prime de i® classe, sur la demande du Comité 
de Culture potagère. 

8o Par M. Jamin, horticulteur-pépiniériste, à Bourg-la-Reine 
(Seine), deux petites corbeilles dans lesquelles a été disposée avec 
ordre une collection de 14 variétés anglaises de Groseilles à ma- 
quereau, collection intéressante et composée de bonnes variétés, 
déclare le Comité d'Arboriculture, qui remercie vivement M. F. Ja- 
min pour cette présentation. Les variétés présentées par cet ar- 
boriculteur sont les suivantes : Companion, Catherina, Dau's 
Mistake,Keepsake, London, London city, Monarch, Napoléon-le- 
Grand, Peru, Queen of ihe West, Queen of trumps, Saowdrop, 
Snowdriff, Speedwell. 

9° Par M. Roy (Auguste), horticulteur à la Maison-Blanche, 
Paris, des Pêches Amsden, des Poù-es Doyenné de juillet et Ci- 
tron des carmes. Pour la présentation de ces fruits, il lui est ac- 
cordé une prime de 2° classe, sur la proposition du Comité d'Ar- 
boriculture dont la feuille porte l'avis suivant : « La Pêche Amsden 
» est toute nouvelle; elle paraît être la plus hâtive de toutes les 
» Pèches connues jusqu'à présent, et, comme elle est bonne, fon- 
» dante, bien juteuse, assez sucrée, elle est appelée à avoir du 
» succès comme primeur. Les échantillons présentés sont encore 
» petits, mais d'un beau coloris et de forme régulière. La prime 
» demandée pour le présentateur a pour objet de le remercier 
» d'avoir fait connaître ce fruit à notre Société et de l'encourager 
» dans la propagation qu'il fait de l'arbre. Contrairement à ce qui 
» avait été constaté en certains endroits, le noyau de l'exemplaire 
» dégusté par le Comité n'était pas adhérent à la chair. » 

10° Par M. A. Lavallée, Président de la Société, propriétaire à 



SÉANCE DU 8 JUILLET 1880. 405 

Segrez (Seine-3t-0ise), des rameaux fleuris de quelques végétaux 
ligneux, relativement auxquels il donne de vive voix les rensei- 
gnements suivants : — Le Maackia amurensîs, Légumineuse qui 
tire son nom spécifique de la région de l'Amur, dans laquelle elle 
croît naturellement, est une espèce des plus rares dans les collec- 
tions européennes. Il avait été introduit à la date d'une quinzaine 
d'années ; mais il a été certainement perdu à peu près partout, si 
ce n'est même partout, sauf à Segrez. C'est un arbre petit, mais 
ayant un port tout à fait arborescent, à un seul tronc qui supporte 
une cime. Ou l'a rattaché au genre Virgilia ou Cladrastis, mais 
certainement à tort, car il s'en distingue par différents caractère? 
du feuillage et de la floraison qui est chez lui annuelle, tandis 
qu'elle est bisannuelle chez le Cladrastis. I( est du reste parfaite- 
ment rustique, puisqu'il n'a nullement souffert des froids rigou- 
reux de l'hiver dernier. L'histoire du pied de cette espèce que pos- 
sède M. A. Lavallée est assez curieuse pour mériter d'être rapportée. 
Il lui a été envoyé d'Allemagne par quelqu'un qui ne s'est pas fait 
connaître ; il est resté grêle, chétif, et ses fleurs, à toutes ses flo- 
raisons, ont été monstrueuses. Craignant de le perdre, on a cherché 
à le multiplier; par couchage, on en a obtenu un nouvel individu 
qui s'est montré vigoureux et qui, ayant fleuri l'année dernière 
et cette année, a donné chaque fois des fleurs parfaitement nor- 
males. De sa première floraison sont provenues quelques graines, 
et tout annonce qu'on en récoltera un plus grand nombre cette 
année. — Vlsoineris arborea est une Capparidée du midi de la 
Californie qui supportera le plein air dans nos départements mé- 
ridionaux, mais qui, sous le climat de Paris, gè^e chaque hiver, 
dans ses parties extérieures ; seulement, comme il repousse ensuite 
du pied, cet inconvénient se trouve presque supprimé. Il a l'ap- 
parence d'un Edwardsia. — Le Rhus viridiflora est très analogue 
au Rhus coriaria; mais il est de proportions moindres, tandis que 
sa panicule est plus ample; c'est un arbuste qui mérite de prendra 
place dans les collections. 

H° Par M. Bergman, un pied remarquablement fleuri de 
VOdontoglossum vexillanum, magnifique Orchidée des Andes de 
la Nouvelle-Grenade, où il paraît qu'elle a été trouvée d'abord 
par Baumann qui ne put parvenir à en importer un seul pied 



406 PROCÊS-VERBAUX. 

vivant. Pius récemment M. Chesterton, qui voyageait pour la 
maison Veitch, a été plus heureux, de sorts que c'est à lui qu'on 
en doit l'introduction en Europe. L'espèce est encore tort rare 
dans les collections françaises. L'individu qu'en montre au- 
jourd'hui M. Bergman porte des fleurs plus amples. que toutes 
celles qu'il avait données jusqu'à ce jour. — Le Comité de 
Floriculture demande qu'une prime de U^ classe soit accordée, 
pour cette remarquable présentation, à l'habile jardinier-chef de 
M""* la baronne de Rothschild, et ia Compagnie l'ait droit à cette 
demande. 

<2,*> Par M. Pernel, horticulteur à la Varenne-Saint-Hilaire 
(Seine), un pied d'Agapanthus umbellatus à fleurs blanches, qu'il a 
eu de graines récoltées sur le type à fleurs bleues de cette espèce. 
Il lui est accordé, pour cette plante, une prime de 3^ classe à titre 
d'encouragement. CeJt horticulteur présente aussi deux Pentste- 
mon obtenus par lui de semis, pour le concours permanent ou- 
vert par M. Pellier. 

13" Par M. Hochard, horticulteur à Pierrefitte (Seine), les fleurs 
coupées de 60 variétés nouvelles d'Œillets, et de 60 variétés de 
collection de la même espèce de plantes. ~- Ces deux séries de 
fleurs sont trouvées si belles que le Comité de Floriculture pro- 
pose d'accorder, pour la présentation qui en est faite, une prime 
de \^^ classe. Cette proposition est adoptée. 

14° Par M. Thiébaut-Legendre, les fleurs coupées de 150 varié- 
tés dH Œillets fantaisie, flamands, remontants, saxons, avran- 
chins et ardoisés, ainsi que de 4 variétés non nommées. — Pour 
cette collection jugée très remarquable , le Comité de Floricul- 
ture demande qu'il soit accordé une prime de ^® classe, et sa 
demande est favorablement accueillie par la Compagnie. 

15* Par M. Tabernat (Désiré), jardinier à Sceaux (Seine), un 
Œillet obtenu par lui de semis et qu'il nomme Adèle Tabernat. 
— Le Comité de Floriculture a trouvé une analogie marquée 
entre cette plante et l'Œillet tige de fer qui est cultivé dans 
notre Midi. 

16» Par MM. Robert et Couturier, horticulteurs à Chatou, 
(Seine-et-Oise), trois Pétunias en pots accompagnés de fleurs 
coupées et trois Bégonias tubéreux en pots, — Pour ces diverses 



SÉANCE DU 8 JUILLET J880. 407 

plantes, qu'ils ont obtenues de semis et qui sont reconnues mé- 
ritantes, MM. Robert et Couturier recevront une prime de 
2* classe. 

''7o ParMM. Vilmorin-Andrieux, horliculteurs-grainiers, quai 
de la Mégisserie, 4, une collection de pieds d'Alouette noms [Delphi- 
nium Ajacis L.) en fleurs coupées et un échantillon à'Eschscholt- 
zia variété crocea flore pleno. — Ils obtiennent, pour cette préseo- 
tatioD, une prime de 3« classe à laquelle ils déclarent lenoncec. 

18° Par M. Duval, horticuiteur, rue du Plessis, 64, à Versailles 
(Seine-et-Oise), un Tydœa qu'il a obtenu de semis à la suite 
d'un croisement de la variété nommée Sape avec le T. HiVii, et 
qu'il nomme le Vésv.ve. Une prime de Ir^ classe lui est accordée 
pour cette présentation. 

Dans une note jointe à cette plante, M. Duval dit que ce gain 
date de 1878 et qu'il Ta multiplié assez pour pouvoir le mettre au 
commerce l'an prochain. Ce Tydxa est franchement rhizomateux, 
ce qui permet de le garder à l'état de repos complet pendant les 
mois d'hiver. Il est d'une bonne tenue, et sa floraison, qui est 
abondante, dure depuis avril et mai jusqu'en novembre. Sa fleur 
est d'un rouge-feu presque uniforme, sans tigrures, ce qui consti- 
tue une nouveauté pour ce genre. 

19° Far M. Painlèche, horticulteur, rue Decamps, à Passy-Pa- 
ri?, un pied d'un Pelargonium zonale qu'il a obtenu à la suite 
d'un croisement des variétés Guillaume Angeli et Madame Thi- 
baut. Il lui est accordé pour cette plante une prime de 3^ classe. 

M. le Président remet les primes aux personnes qui les ont ob- 
tenues. 

■ M. le Secrétaire-général procède au dépouillement de la corres- 
pondance qui comprend les pièces suivantes : 

1" Une demande de Délégué devant prendre part aux travaux 
de l'Exposition qui doit s'ouvrir à Gaen (Calvado^), le 25 août 
prochain. —M. Verlot est prié de représenter la Société nationale 
d'Horticulture à l'Exposition de Gaen. 

20 Une lettre dans laquelle MM. le Président et le Secrétaire-gé- 
néral de la Société d'Agriculture, d'Horticulture, et d'Acclimata- 
tion du Var, à Toulon, annoncent que cette association a protesté 
contre les mesures inutilement restrictives, par lesquelles la 



408 PROCÈ'-ViiRBADX. 

convention de Berne a rendu à peu près impossible tout commerce 
horticole. Gomme exempk et preuve ils rapportent ce fait que 
plusieurs de leurs collègues ayant demandé des Camellias à l'éta- 
blissement des frères Rovelli, à Pallanza, sur le lac Majeur, la 
douane française ne voulait laisser entrer ces arbustes qu'à ra- 
cines nues, couformémenl à la convention de Berne, par consé" 
C[uent en rendait le transport impossible. 

30 Une lettre de M. Tourasse, Membre à vie de la Société, qui 
annonce avoir obtenu la mise à fruit de Vignes, de Cytises Au- 
bours [Cytisus Laburnnm L.) et d'un Poirier, à l'âge de deux ans 
seulement. A celte lettre est jointe une attestation par laquelle 
M. Larmanou, Membre de la Société nationale d'Horticulture de 
France et M. Guillet, agronome diplômé des écoles supérieures 
de l'État, déclarent avoir vérifié par eux-mêmes l'exactitude de 
cette assertion. 

4° Une lettre par laquelle M. Arnould-Baîtard, l'un des Vice- 
Présidenls de la Société, annonce à M. le Président que Mme S"^ 
Baltard, Dame patronnesse, offre à la Société « une somme 
» de cinquante francs qui serait donnée, en 1881, soit en une 
» médaille, soit en espèces, au présentateur du plus beau lot 
» à.' Œillets gris ». — M. le Président apprend à la Compagnie que 
le Conseil d'Administration accepte avec gratitude l'otïre faitt; par 
Aime \oT Baliard ; seulement avant d'annoncer le concours spé- 
cial qui sera ouvert conformément au désir de cette honorable 
Dame patronnes? e, il la prie de déterminer avec précision la na- 
ture de rCEillet ou des Œillets dont elle désire encourager les 
horticulteurs à s'occuper d'une manière particulière, la qualifi- 
cation d'Œillet gris étant parfois appliquée avec un peu de vague. 

50 Une lettre par laquelle M. Guilbert (Arsène}, de Saint-Ger- 
main d'Aunay, par Le Sap (Orne), annonce n'avoir pas réussi à 
à obtenir des Champignons de couche en suivant les indications 
qui ont été données à la Société pour obtenir du blauc en semant 
des spores, non pas comme elles ont été imprimées dans le Journal 
de la Société, mais telles qu'elles ont été reproduites un peu 
inexactement dans un autre journal qu'il n'indique pas. — Il lui 
sera répondu de manière à le fixer sur ce sujet mieux qu'il ne pa- 
rait l'avoir été. 



SÉANCE DU 8 JUILLET 1880. 409 

6'' Des réponses au questionnaire publié par la Société relative- 
ment aux efiets du froid de l'hiver dernier. Elles sont dues 1"^ à 
la Société d'Agriculture et d'Horticulture de l'arrondissement de 
Pontoise; 2° à un Instituteur communal de Ghâlons-sur-Vesle 
(Marne), dont la signature est illisible; 3o à M. Gharollois. 

M. le Secrétaire-général annonce que la Société vient d'éprouver 
une nouvelle perte par le décès de M. Pierre Truillot, Membre ti- 
tulaire. 

Il est donné lecture d'un document intitulé : Rapport sur la 
réunion des délégués agricoles et horticoles, au Concours régional 
de Melun; vœu en faveur de l'Horticulture; par M. Fr. Hérincq. 
Le vœu dont il y est question se trouve exprimé dans les termes 
suivants : « Il n'y aurait que l'horticulture utile, arbres forestiers, 
» fruitiers, légumes, etc, qui seraient admis dans les Concours 
» régionaux, aux mêmes titres et droits que les produits de l'a- 
» griculture. La proposition ainsi réduite a été votée à l'una- 
» nimité. » 

A la suite de cette lecture, M. Michelin exprime l'avis que la So- 
ciété nationale d'Horticulture ne peut s'associer à un vœu si res- 
treint. L'horticulture est sœur de l'agriculture et, comme celle-ci, 
elle est utile au pays dans toutes ses branches, sans qu'il y ait lieu 
de distinguer spécialement, comme on l'a fait à Melun, une hor- 
ticulture utile qui implique logiquement une horticulture inu- 
tile. En effet, si ce qu'on a semblé regarder là comme la seule 
horticulture utile fournit des produits qui entrent pour une 
part considérable dans l'alimentation, les cultures dites d'agré- 
ment, qu'on est trop souvent porté à regarder comme inutiles, 
ainsi que semblent l'avoir pensé MM. les délégués au Concours 
régional de Melun, sont la base d'une industrie importante, 
s'étendent sur une très grande surface de terre et détermi- 
nent un roulement de fonds qui mérite d'être pris en sé- 
rieuse considération. Il n'y a donc aucun motif pour la traiter si 
dédaigneusement. Aussi la plupart des Sociétés d'Horticulture 
des départements n'ont-elles pas hésité à demander que ce tût 
l'horticulture tout entière et non pas simplement telle ou telle de 
ses branches qui fûl admise aux Concours régionaux, sur le même 
pied que l'agriculture, et M. Michelin ne pense pas que la Société 



410 PROCÈS-VERBAOX. 

nationale puisse faire autrement à cet e'gard que ses sœurs des dé- 
partements. 

M. Duvivier est d'avis qu'on n'est peut-être pas dans une bonne 
voie en demandant que Thorticulture figure à côté de l'agricul- 
ture dans les Concours régionaux qui sont institués spécialement 
en vue de celle-ci. Jusqu'à ce jour, lorsqu'elle a paru dans ces so- 
lennités essentiellement agricoles, elle n'y a figuré que tout à 
fait en sous-ordre, et il est à craindre que, quoi qu'on fasse ou 
qu'on dise, il n'en soit toujours de même. Il y a donc tout avan- 
tage pour elle à marcher seule, à faire seule ses Expositions qui 
peuvent bien être critiquées par des, esprits chagrins, mais aux- 
quelles le public éclairé ne s'accorde pas moins en général à re- 
connaître un intérêt considérable et dans lesquelles d'ailleurs ses 
produits ne jouent pas à côté de ceux de l'agriculture le rôle d'un 
cadre doré, destiné uniquement à faire ressortir un tableau mé- 
diocrement brillant par lui-même. 

M. Michelin persiste à préférer pour l'horticulture l'association 
à l'indépendance. Il rappelle que, dans la Société des Agriculteurs 
de France, la section horticole ayant demandé que les produits 
des jardins fussent admis dans les Concours régionaux aux mêmes 
titres et avec les mêmes droits que les produits des champs, cette 
grande association a favorablement accueilli cette demande et a 
émis le vœu qu'il en fût ainsi désormais. 

M. Buchetet fait observer que si , au Concours régional de 
Melun , le délégué de la Société nationale s'cst associé au vœu 
relatif à l'admission de la seule horticulture qu'on ait jugé à 
propos de qualifier d'utile, la Société se trouve par cela même liée 
et ne peut plus émettie le même avis que ceux qui n'admettent 
pas dans l'art horticole cette étrange distinction. 

M. Président répond que, dans son Rapport, M. Hérincq a été 
simplement historien tt qup, au Concours de Melun, il n'a pas eu 
à s'associer au vœu restreint dont l'initiative avait été -prise par 
M. le délégué de la Société de Senlis. Au reste, ajoute-t-il, la 
question est assez importante pour qu'il y ait lieu d'en confier 
l'exnmen au Conseil d'Administration qui sera invité à s'en occuper 
dans l'une de ses prochaines séances. 

Il est fait dépôt sur le bureau d'un travail intitulé : Note sur 



SÉANCE DU 8 JUILLET ^f>80. 411 

les importations et les exporlatioûs de fruits et légumes, en 1879 ; 
par M. Ch. Jolt. 

M. Millet, inspecteur des forêts, entretient successivement la 
Compagnie de deux sujets différents. 

En premier lieu, il montre la différence du développement qu'ont 
pris de jeunes plants de Chêne pédoncule {Quercus pedunculata 
Ehrh.) dont les uns viennent de glands semés dans de la terre 
ordinaire, tandis que les autres ont été produits par la germination 
de glands semés dans une planche de terre semblable, mais qu'on 
avait eu la précaution de recouvrir d'une couche de tannée. Ceux- 
ci sont d'environ un tiers plus forts, leur chevelu est plus 
abondant et leur pivot moins enfoncé en terre. En outre, la plan- 
che qui était restée sans couverture a été dévastée par les mulots 
qui ont respecté celle où avait élé placée une couverture Je tan- 
née. Or, la dépense qu'on a faite pour se procurer la taniiée a été 
minime, puisque un mèlre cube de cette matière a suffi pour en 
couvrir une planche longue de 20 mètres ; elle a donc été large- 
ment compensée par l'excès de croissance qu'y ont pris les jeunes 
plants. Cette expéiience instructive a été faite chez M. Barrau de 
Muratel, dans le département du Tarn. 

La seconde communication de M. Millet, qu'il se. propose de ré- 
diger en note spéciale, est relative à l'action du froid sur les in- 
sectes. Les observations dont elle donne les résultats démontrent 
une fois de plus combien est dépourvue de fondement la croyance 
répandue parmi les cultivateurs que les hivers rigoureux font périr 
des quantités considérables d'insectes nuisibles aux cultures. Par 
opposition, ces mêmes hivers causent la mort d'une grande quan- 
tité d'oiseaux et autres animaux insectivores, de sorte que le bien 
qu'on en attend à tort est remplacé par des maux de deux natures 
différentes. M. Millei met sa confiance sous ce rapport bien moins 
dans les gelées de l'hiver que dans les grands vents et les orages 
des mois de mai et juin qui font périr beaucoup d'insectes. 

La séance est levée à quatre heures. 



412. PR0CÈ5-VEBB.\DX. 

SÉANCE DU 22 JUILLET 1880. 

Présidence de M. Teslon, Vice-Président. 

La séance est ouverte à deux heures. On y compte cent trente-sept 
llembres titulaires et sept Membres honoraires. 

Le procès-verbal de la dernière séance est lu et adopté. 

Les objets suivants ont été déposés sur le bureau : 

1o Par M. Millet, horticulteur à Bourg-la-Reine (Seine), un pa- 
nier de tubercules d'uuePot727ne de terre qu'il a obtenue de semis. 
Cette nouvelle vaiiétéest issue d'un croisement de la Royal Kid- 
ney et de la Marjolin. Elle se recommande par le peu de dévelop- 
pement de ges fanes, particularité qui la rend commode pour la 
culture sous châssis et dans les petits jardins. Le présentateur la 
donne comme de pr»emière qualité et très haiive, fournissant 
néanmoins de beaux produits, ainsi, qu'on peut en juger par les 
échantillons déposés sur le bureau. Il la nomme Excellente naine. 

— Le Comité de Culture potagère, reconnaissant tout l'intérêt de 
cette présentation, propose d'accorder à M. Millet une prime de 
2* classe et, mise aux voix, sa proposition est adoptée. 

2° Par M. Girardin (Emile), cultivateur-horticulteur à Argen- 
teuil, rue Gaillon, 3, douze tubercules de la Pomme de ferre Early 
rose qui pèsent 4 kilog. 500. — M. le Président du Comité de Cul- 
ture potagère fait observer que la variété Early rose est très pro- 
ductiveet hâtive, mais quels produit, quoique beau, n'en estquede 
seconde qualité. 

3o Par M. Dudoiiy, rue Notre-Dame-des-Vicloires, à Paris, des 
tubercules avec des fanes des quatre variétés suivantes de Pommes 
de terre: Semis de Fox amélioré, variété ronde; Early Shaw (Shaw 
précoce) améliorée, à tubercule arrondi; International Kidney, à 
tubercule oblong; Early rose (Rose hâtive), à tubercule oblong. 

— En raison du soin avec lequel a été préparée cette intéressante 
présentation, le Comité de Culture potagère demande pour M. Du- 
doiiy une prime de 3» classe que la Compagnie accorde, mais que 
cet honorable membre renonce à recevoir. 

Dans une note jointe à sa présentation, M. Dudoùy dit que, 
d'après ses expériences, les quatre sortes de Pommes de terre dont 
il a déposé des échantillons sur le bureau peuvent être rangées 



SÉANCE DU 22 JUILLET 1880. 413 

dans l'ordre suivant, sous le rapport de leur qualité : 1'^ Semis de 
Fox; 2o lateniationai Kidney; 3° Early Shaw ; 4» Early rose. 
Quant au rendement, leur classement est le suivant : 1o Interna- 
tional Kidney; 2" Early rose; 3° Early Sbaw, 4° semis de Fox. 
Cette dernière variété donne des tiges peu élevées; les trois autres 
ont à peu près la même végétation et doivent être espacées de 
0™ 70 en tous sens. L'International Kidney est la plus vigoureuse 
de toutes et a produit, l'année dernière, 30 000 kilog. à l'hectare. 
Il n'est pas rare, écrit M. Dudoiiy, qu'elle donne de 20 à 30 tuber- 
cules par pied, 

4o Par M. Siroy, un Chou de Ghaves (Portugal) dont la graine 
lui a été donnée par M. Vavin qui lui-même l'avait rfçue de la 
Société d'Acclimatation. — Ce Chou, dit M. le Président du 
Comité de Culture potagère, n'est pas pommé et ressemble assez à 
la Poirée carde par le développement de la côte et du pétiole de 
ses feuilles qui sont très bons à manger. 

M. Birot, chef de culture de M. Dudoiiy, dit qu'il est cultivé 
communément, depuis une trentaine d'années, en Angleterre où 
on en mange les côtes comme celles de la Poirée carde. 

M. Miiihel ajoute à ce renseignemen t qu'il existe, au commerce, 
trois variétés de ces Choux verts à grosse c ôte : une verte, une 
blonde et une frisée. Celle dont la Société a sous les yeux un 
échantillon est la variété verte, qu'on mange en hiver. 

5° Par M. Vavia (Eug.), boulevard Bineau, à Neuilly (Seine), 
un pied d'un Pois dont la graine lui a été donnée par la Société 
d'Acclimatation comme étant d'origine américaine; deux fruits 
d'une Cucurbitacée, sortes de petites Coloquintes japonaises, dont 
l'une est jaune et l'autre vert foncé; entin un pied d'une Crucifère 
également japonaise, dont il ne sait si s'est un Chou, un Navet ou 
autre chose. — La variété de Pois présente cette particularité que, 
sa tige, atteignant environ deux mètres de hauteur, ne fructifie 
que dans sa partie supérieure. M. Vavin désirerait en connaître le 
nom. 

M. Duvivier dit à ce propos qu'on a cultivé, à une certaine date, 
un Pois qn'on nommait Pois turc ou couronné, que distinguait 
eette même particularité de ne fructifier qu'à son extrémité supé-' 
rieuie. 



4l4 PROCÈS-VERBAUX, 

60 Par M. Véniat, jardinier chez M. Feyeux, à Crosnes (Seine- 
et-Oise), un panier de la Laitue frisée de Gilifornie dont il avait 
déjà déposé des spécimens sur le bureau, à la dernière séance, et 
qu'il présente hors concours. 

M. le Président du Comité de Culture potagère dit que ce 
Comité avait l'intention de récompenser ce jardinier pour cette 
présentation, mais qu'il a déclaré ne prétendre à aucune récom- 
pense. 

A ce propos, M, Paillieux fait connaître sur quel motif est basé, 
le ref js par M. Véniat de toute récompense pour ses présentations. 
S'attachant d'une manière toute particulière à essayer la culture 
de plantes nouvelles qui puissent être des introductions utiles dans 
notre culture maraîchère, M.Pailleux en fait venir de la semence de 
tous les côtés, et il confie la culture des plantes qui en proviennent à 
M. Véniat, jardinier chez son gendre. Or, les présentations raulti- 
phéesdes résultatsde ces essais ont valu à cejardinier, delà partde 
la Société, pendant plusieurs années, de nombreuses récompenses. 
Ilestd'avisque,toutencontinuantcesprésentations,ily alieudeles 
faire désormais hors concours, et celle d'aujourd'hui a été faite dans 
ces conditions. — Relativement à la Laitue qui forme la matière de 
cette présentation, M. Paillieux dit qu'elle a l'avantajie de ne pas 
monter. On en mange chez lui depuis deux mois et elle est encore 
bonne en ce moment. Elle est moins aqueuse que les Laitues ordi- 
naires, et sa saveur la rapproche delà Scarole. MM. Vilmorin, qui 
avaient cru d'abord la connaître, ont déclaré aujourd'hui qu'elle 
est décidément nouvelle pour eux. 

M. Forney dit avoir goûté à cette salade, dimanche dernier, et 
en avoir gardé une opinion peu favorable ; il l'a trouvée dure et 
de gaveurpeu agréable. 

7° Par M. Cottereau, jardinier-maraîcher à Vaugirard-Paris, 
4 Artichauts récollés sur des pieds qui ont été plantés en <87o, et 
que le Comité compétent a trouvés beaux, fait d'autant plus 
remarquable que l'hiver dernier a été généralement très nuisible à 
cette plante. Aussi le Comité demande-t-il pour M, Cottereau une 
prime de 3" classe qui est accordée par la Compagnie. 

80 Par M. Chauré, directeur du journal le Moniteur de l'Horti- 
culture^ un insecte qui ravage actuellement les plantations d'Arti- 



SÉANCE DU 22 JUILLET 1880. 415 

chauts et dont l'examen est confié par M. le Président à M*, le 
docteur Girard ('>ïaur.). 

9° Par M. Berland, horticulteur à Levallois (Seine), deux pieds 
A' Onopordum Acantkium,' ChaTàon naturellement de forte taille 
qui, cultivé avec soin, est devenu gigantesque, s'est ramifié for- 
tement et porte une très grande quantité de capitules fleuris. — 
M. le Président du Comité de Floriculture rappelle que M. A. Malet 
conseillait de cultiver différentes plantes indigènes afin de voir les 
modifications et les améliorations qui pourraient s'opérer en elles. 
M. Berland a suivi ce conseil et on voit que, grâce à la culture, 
l'un de nos vulgaires Chardons est devenu une plante qui pro- 
duirait certainement de l'effet au milieu d'une pelouse. Pour l'en- 
courager à poursuivre ces essais, le Comité de Floriculture popose 
de lui accorder une prime de 2*^ classe. 

M. Forney pense qu'il y a quelque danger à encourager à cul- 
tiver des Chardons, ces plantes ne se propageant que trop d'elles- 
mêmes et nuisant très souvent par l'abondance avec laquelle elles 
viennent dans les terres cultivées. 

M. Jolibois fait observer que VOnopordum étant bisannuel est 
par cela même moins à redouter que les Cirsium et autres 
Cliardons vivaces. 

M. Cottereau rappelle que la loi interdit la culture des Char- 
dons. 

M. Duvivier est d'avis que les Onopordum de M. Berland seraient 
plus beaux si leur floraison était notablement moins avancée. 

Après ces différentes observations, la Compagnie consultée 
accorde la primede 2* classe qui a été demandée pour M. Berland. 

10" Par M. Plée, jardinier chez M. Bullier, amateur, à Sarcelles 
(Seine), deux belles Orchidées remarquablement fleuries, Savoir 
Dendrobium denslflorum et Cattleya Ti'ianœi. Une prime de 1" 
classe est demandée et accordée ponr cette présentation. 

1 1 ° Par M. R. Jolibois, jardinier-chef au palais du Luxembourg, 
un pied fleuri d'une gigantesque Broméliacée, dont les nom- 
breuses et très longues feuilles en gouttière, bordées de dents 
piquantes, forment un touffe large de deux mètres, du centre de 
laquelle une grosse hampe chargée de bractées lancéolées, de 
couleur rouge-pourpre, porte des fleurs également rouges, 



416 PROCÈS-VERBAUX. 

bordées de blanc. La couleur rouge des bractées s'étend à la partie 
inférieure des feuilles du centre. Cette curieuse plante a émis 
deux énormes stolons dont chacun se termine par une volumi- 
neuse touffe de feuille?. Elle est présentée sous la seule désignation 
de i?rowe/m spec, mais M. Jclibois exprime un -vif désir d'ap- 
prendre son vrai nom, si elle est déjà connue. Elle a été cultivée à 
l'engrais Jeannel qui a pu en favoriser la floraison. 

Une prime de l"^^ classe est demandée pour cette présentation; 
mais M. Jolihois renonce comme toujours à la recevoir. 

12° Par M. Godefroy-Lebeuf, horticulteur, rrute de Saunois, 26, 
à Avgenteuil(Seine-tt-Oise), une nombreuse série déplantes pour 
lesquelles, sur la proposition du Comité de Floriculture, il lui est 
accordé une prime de I»"' classe. Ces plantes sont les suivantes: 
Drosera dichotoma, capensis, spatulata, espèces originaires du 
Cap de Bonne-Espérance, même la dernière qu'on dit appfsrtenir 
à l'Australie, mais dont les pieds se sont trouvés dans des mottes 
de terre rapportées du Cap cù végétait le Disa grandiflora. Ces 
curieuses plantes sont, écrit M. Godefroy-Lebeuf, faciles à cultiver 
si on les tient, en été, sous une cloche au nord, et, en hiver, dans 
une serre froide, surtoui si on a soin de ne les arroser qu'avec de 
l'eau de pluie, toute eau calcaire leur étant mn^ibX^.Aspidium fra- 
grans, Fougère recherchée pour son odeur de Violette, qui croît na- 
turellement aux chutes du Niagara, sur les rochers. Elle est rus- 
tique, mais exige une atmosphère humide. Agave macrodonta et 
Consideranti, espèces fort rares dans les collections, dont la der- 
nière, après avoir reçu en France le nom sous lequel elle est dési- 
gnée ici, a été débaptisée en Angleterre cù on l'a nommée Agave 
Victorise Reginx. Campanula Smithi et turbinata albida, ti es jolies 
plantes pour rocailles. Liatris s/j/caf a, Composée américrjne encore 
peu répandue dans les jardins, bien qu'elle soit connue depuis 
longtemps. Veronica longifolia subsessilis^ plante japonaise rus- 
tique, très vigoureuse, que M. Godefroy-Lebeuf dit être la plus 
belle des Véroniques de pleine terre. Aponogeton juncewn var. 
spathacewn. Myosotis elegantissima, charmante Borraginée nou- 
velle que M. Godefroy-Lebeuf regarde comme destinée à occu- 
per bientôt une place importante dans les massifs du printemps, 
iiinfin Anœctochilm Lowï el Dawsonianus , jolies petites Orchidées 



SÉANCE DU 22 JUILLET 1880. 417 

à feuillage élégamment orné, qui viennent de l'île de Bornéo et 
dont la culture n'offre pas de difficultés, dit M. Godefroy-Lebeuf. 
13» Par MM. Vilmorin-Andrieux, quai de la Mégisserie, 4, une 
collection de Pétunias formée de 10 pieds en pots à grandes fleurs 
panachées et variées, de 4 pieds à petites fleurs variées et 1 pied 
d'une variété naine à fleur double ; une collection de Pentstemon 
de semis, en fleurs coupées; une série de Verveines et une de Salpi- 
^Zossès,également en fleurs coupées ; une hampe fleurie d'une belle 
Liliacée à fleurs blanches, en cloche et pendantes, étiquetée Hya- 
cinthus candicans ; des variétés de Chrysanthemum carinatum, en 
fleurs coupées; enfin le Gaillardia aurea bot^ealis. — Distinguant 
plusieurs de ces plantes comme très méritantes, le Comité de 
Floricullure propose d'accorder à MM. Vilmorin-Andrieux une 
prime de 1** classe pour leurs Pétunias, une de 2° classe pour 
leurs charmants Salpiglossis très variés, et une de 3« classe 
pour leur Gaillardia. Ces trois propositions sont adoptées par la 
Compagnie, mais MM. Vilmorin-Andrieux renoncent à recevoir 
ces récompenses. 

1 4° Par M. Vavin (Eug.), des fleurs de Zinnia elegans et un ra- 
meau fleuri de Carthamus tinctorius, jolie Composée à fleur tinc- 
toriale, qui est connue sous le nom vulgaire de Safran bâtard. 

15° Par M. Pernel, horticulteur à la Varenne-Saint-Hilaire, 
une série de Pentstemon obtenus par lui de semis, qu'il présente 
pour le concours spécial ouvert à la suite d'un don de M. Pellier. 
16° Par M. Brot-Delahaye, horticulteur, spécialiste pour les 
CEillet;!, une série de 21 variétés à.' Œillets. Une prime de 3® classe 
lui est accordée pour cette présentation; mais il déclare reuoncer 
à recevoir cette récompense, attendu, dit-il, qu'il a apporté ces 
plantes surtout afin de voir si le Comité de Fioriculture recon- 
naîtrait parmi elles le véritable Œillet gris. 

17° Par M. de Morsan, à Morsan, canton de Brionne (Eure), 
un échantillon d'un engrais insecticide inventé par lui, dont l'exa- 
men et l'essai sont confiés par M. le Président à la Commission 
des Insecticides. 

18° Par M. Beaucantin, de Rouen (Seine-Iaférieure), des spéci- 
mens d'une brique dont la forme et l'agencement ont été inventés 
par lui et qu'il propose comme pouvant servir avantageusement 

27 



418 PROCÈS-VERBAUX. 

à titre de bordures pour les plates-bandes. — L'examen de ces 
briques est confié à une Commission qui en fera l'objet d'un 
Rapport, après que l'emploi en aura été essayé dans l'un des squares 
de la ville. 

M. le Président remet les primes aux personnes qui les ont ob- 
tenues. 

M. le Secrétaire-général procède au dépouillement de la corres- 
pondance qui comprend les pièces suivantes : 

1" Une lettre, en date du 20 courant, dans laquelle M. Ch. Joly 
donne de Bruxelles des nouvelles de l'Exposition horticole qui a 
lieu en ce moment dans cette ville. Dans le Jury, dont il fait partie, 
se trouvent, entre autres Membres de la Société nationale d'Hor- 
ticulture de France, MM. Lemoine, Lévêque, Cochet, 
Carrière, B^gman, Prillieux, Ed. André, Thibaut, Luddeman, 
Ghanlin, Trufifaut (Albert), etc. L'Exposition, écrit M. joly, est 
très belle et surtout remarquable sous le rapport des plantes à 
feuillage ornemental et de celles qui ont été récemment intro- 
duites. 

2° Des demandes de Commissions pour la visite de jardins 
adressées par M. Louis Morio, jardinier chez M. Attias, boulevard 
du Château, 30, à Neuilly-sur-Seine (Seine), et par M. Chantrier, 
jardinier chez M. Bocher, au Château-Caradac, près Bayonne 
(Basses-Pyrénées). L'autt)risation des propriétaires est jointe à 
ces deux demandes. 

La Commission chargée d'examiner les cultures de M. L. Morin, 
à Neuilly, sera composée de MM. Bergman père, Bullier, Gom- 
messe, Florentin, Uérincq, Jolibois, Malet (A.), Michel (Ed.), 
Pernel (A.), et Pigny, père. 

3° Une lettre de M. le Vice-Président de la Société d'Horticul- 
ture de Cholet (Maine-et-Loire) relative aux excroissances prises 
d'abord pour des galles qui, dans les environs de cette ville, se 
sont montrées sur des feuilles de Poiriers, caractérisant une ma- 
ladie très nuisible à ces arbres. L'auteur de la lettre rappelle que 
ces excroissances ont été l'objet d'une note rédigée par M. le doc- 
teur Girard (Maur.), qui a paru dans le Journal^ en 1879 {Journal 
2« série, I, 1879, p. 696), et dont l'objet principal était de 
constater qu'aucun insecte n'y avait été rencontré. Cette année. 



SÉANCE DO 22 JUILLET 18S0. 419 

ajoute-t-il, !a maladie a fait des progrès très rapides. Tous les 
arbres des jardins en sont atteints d'un» manière fort grave, sauf 
ceux qui sont exposés au levant. Les Poiriers exposés au midi sont 
les plus malades; la plupart sont devenus tout noirs et dépérissent 
à vue d'oeil. Ayant eu connaissance de cette triste circonstance, 
M. le docteur Thomas, professeur à Ohrdruf, près Gotha 
(Allemagne), a demandé, au mois de juin dernier, qu'on voulût 
bien lui envoyer de Gholet des branches et des feuilles attaquées 
par cette maladie et, après avoir vu ces échantillons, il a écrit à 
M. le Président de la Société d'Horticulture de cette ville une lettre 
dont une copie est jointe à celle de M. le Vice-Président. 

Il résulte de la lettre de M. le docteur Thomas que la maladie des 
Poiriers de Gholet n'est pas autre que celle que détermine sur ces 
arbres un très petit Champignon de Tordre des Urédinées, qui 
passe par des états successifs et qui, sur les feuilles du Poirier, 
constitue le hœstelia cancellata Rebentisch. Comme avant d'arriver 
sur le Poirier il a pris naissance sur des Conifères, principalement 
sur le Genévrier sabine, ou moins fréquemment sur les Juniperus 
Oxycedrus, virginiana, phœnicea, même selon M. Thomas, sut le 
Penws ^a/e/5i?ws?s MiLL., constituant là un premier état qui avait 
été désigné sous le nom de Gymnosporangium fuscum DC, il s'en 
suit que le moyen d'empêcher l'invasion de ce mal est de ne laisser 
aucun pied d'une de ces Conifères à moins de 50-1 00 mètres de 
distance des Poiriers, afin que les spores du Gymnosporangium (ou 
Podisoma) ne puissent en être transportées sur ceux-ci et leur 
donner la maladie dont il s'agit. 

A l'occasion de cette lettre, M. P. Duchartre rappelle que les 
premières notions exactes sur la nature réelle de jîette maladie des 
Poiriers et sur la migration du Champignon qui la produit ont 
été données par M. l'abbé Biais, curé de Beaurain, en Normandie, 
et M. Massé, pépiniériste à la Ferté-Macé, qui communiquèrent 
des observations démonstratives sur ce sujet à la Société cen- 
trale d'Horticulture, à la date de plus d'une quinzaine d'années. 
En effet, ils avaient remarqué que c'était toujours sous le vent 
des pieds de Genévrier Sabine, qu'on plante assez souveit 
dars les jardins, en Normandie, qne les Poiriers présentaient 
sur leurs feuilles les excroissances de VJScidïum, ou Roesteliu. 



420 PnOCÈS-VERBAUX — SÉANCE DU 22 JUILLET 1880. 

Ils firent même venir de ces excroissances en transportaot sur des 
feuilles de Poiriers \e^Podisoma de la Sabine. Néanmoins 
ces données précises ne rencontrèrent qu'une complète incré- 
dulité dans l'esprit des cryptogamistes les plus distingués, même 
après que, en juin 1865, un savant botaniste danois, M, Oersted, 
eut fait et publié à ce sujet des expériences et des observations 
précises. Mais plus tard les preuves se sont multipliées ; et au- 
jourd'hui le doute n'est plus permis à ce sujet. 

A la suite de la correspondance M. P. Ducliartre présente à la 
Société, au nom de l'auteur, la première livraison de l'ouvrage con- 
sidérable que M. Alph. Lavallée commence de publier aujourd'hui 
même, et qui est destiné adonner la description avec la figure des 
espèces nouvelles, rares ou critiques de TArboretum de Segrez (1). 
A en juger, dit-il, par la première livraison, cet ouvrage, qui 
doit former deux beaux volumes, aura une très grande importance 
aux points de vue botanique et horticole; il comprendra en effet 
un texte renfermant la drescription détaillée, la synonymie, la 
distribution géographique, etc., de nombreuses espèces ligneuses, 
soit entièrement nouvelles, soit incomplètement connues, et en 
même temps les observations qui ont été faites, depuis plusieurs 
années, à Segrez, sur la culture qui leur convient, sur leur degré 
de rusticité, etc. Ce texte sera accompagné de magnifiques plan- 
ches gravées par M. Picard, d'après les dessins de nos artistes les 
plus distingués et représentant toutes les espèces décrites, non 
seulement dans leur ensemble, mais encore dans tous les détails 
analytiques que puisse réclamer la science la plus exigeante. La 
première livraison qui est aujourd'hui déposée sur le bureau ren- 
ferme 20 pages de texte et 6 planches. Elle est consacrée aux cinq 
espèces suivantes : Juglans Sieboldiana Mnim. (pl.1 et 2), Ostryo- 
psh Davidiana Decne, Elxagnus longipcs Asa Gray, Cratxgus 

(1) Arboretum Segrezianum. Icônes seleclœ arborum et fruticum in 
hortis Segrezianis collectorum. — Descriptions et figures des espèces 
nouvelles, rares ou critiques de l'Arboretutn de Segrez; par Alph. Laval- 
lée, Président de la Société nationale et centrale d'Horlicullure, Trésorier 
perpétuel de la Société nationale d'Agriculture, Membre de la Société 
botanique de France, etc. Paris, 1880, grand in-4°, chez J.-B. Baillière 
et fils, rue Hautefeuilie, 19. 



NOMINATIONS. — SÉANCE DU 8 JUILLET 1880. 421 

cuneata Sieb. et Zocc, Jamesia americana Torr. et Gray. Il est vi- 
vement à désirer que ce beau travail soit mené à bonne fin le 
plus promptement possible, et il suffit de connaître l'amour de 
M. Alpb. Lavallée pour les plantes, la parfaite connaissance qu'il 
en a, ainsi que l'activité qui l'anime, pour ne pouvoir douter 
qu'il n'en soit ainsi. 

M. le Président charge M. P. Duchartre de présenter à la 
Société un Rapport sur le grand ouvrage de M. A. Lavallée, quand 
le ier volume en aura été publié. 

Il est fait dépôt sur le bureau des documents suivants : 

1o Notice nécrologique sur le docteur de Boisduval ; par 
M. Girard (Maurice). 

2*^ Végétation de quelques Marronniers hâtifs, en 1879 et 1880 ; 
par M. P. Duchartre. 

3o Compte rendu de l'Exposition d'Horticulture d'Orléans ; par 
M. Verdier (Charles). 

M. le Secrétaire-général annonce de nouvelles présentations : 

Et la séance est levée à quatre heures et un quart. 



NOMINATIONS. 



SÉANCE DU 8 JUILLET 1880. 

MM. 

1 . Anfroy (Louis-Auguste), fabricant de claies, à Aadilly (Seiae-et-Ûise), 

présenté par MM, A. Péan et Duvivi;r. 

2. Ch.vtel, propriétaire à Fontenay-sous-Bois (Seine), présenté par MM. 

Delahogue-Morcau et Jolibois. 

3. Fauriat (Féréol), fabricant de chauffages, rue de Seine, 37, à Ivry 

(Seine), présenté par MM. Borel et Glaligny. 

4. FouCARD (Adolphe), horticulteur, avenue de Brémont, 6, à Chatou 

(Seine-et-Oise), présenté par MM. Louis Vincent et Lange. 

5. GiRODiAs (L. C), fabricant de pompes, rue d'Oran, 20, à Paris, pré- 

senté par MM. A. Péan et Eugène Teston. 

6. Leroy (Pierre-Honoré), propriétaire, rue de Paris, 78, à Charenton 

(Seine), présenté par MM. Hébrard et Laizier. 

7. Legendre-Richard (Jules), grainier-pépiniériste, rue de l'Hôpital, 20, 

à Neufchàleau (Vosges), présenté par MM. Charles Verdier fils et 
Rougier-Ghauvière. 



42^ ^^OTES ET MÉMOmES. 

ADMIS A l'hONOKARIAT A LA SÉANCE DU MÊME JOUR *. 

MM. 

SiNET (Eugène), arboriculteur, rue des Prés-Hauts, 30, à Chatenay, par 

Anlony (Seine). 
Tabar, grainier-fleuriste, à Sarcelles (Seine-et-Oise). 

NOTES ET MÉMOIRES. 



Notice nécrologique sur le D*" de Boisduval (1 ; ; 
Par M. Maurice Girard. 

Messieurs, 

Vous avez bien voulu me confier la mission de rappe*Ier à vos 
souvenirs un collègue qui nous fut cher à tous et dont la mémoire 
est restée vivante parmi nous. J'aurai à vous indiquer ses travaux 
nombreux en entomologie, science qui a rendu sa réputation 
européenne, mais qu'il ne séparait pas de la botanique, à laquelle 
elle est profondément unie. Si Boisduval n'avait pas eu de grandes 
connaissances botaniques, il ne se serait pas élevé au rang si dis- 
tingué qu'il occupe parmi les entomologistes de notre pays. 

Mais ce qui domine en quelque sorte ses travaux dans ces deux 
branches de la science, ce qui est resté profondément gravé dans 
la mémoire des Membres de notre Saciété, c'est la verve intaris- 
sable de Boisduval, son accueil cordial, son empressement à 
être utile pour tous les renseignements, l'accès sans réserve de 
sa magnifique collection de Lépidoptères et de sa riche bibliothè- 
que. Je puis dire que notre regretté docteur a été une figure 
éminemment originale et sympathique, ayant le privilège de se 
créer des amis parmi ceux si nombreux qui, pendant sa longue 
carrière, ont eu recours à sa complaisance et demandé ses conseils. 
Je tiens personnellement, et, je crois pouvoir le dire également 
au nom de beaucoup d'entre vous, à bien établir ce préambule 
affectueux et honorable pour lui, avant de vous retracer en quel- 

(1) Présentée le 2 juillet 4880. 



NOTICE SUR LE DOCTEUR DE BOISDUVAL. 423 

ques mots la série des faits d'une longue existence, dont les 
débuts ont bien peu de témoins actuels. 

Jean -Baptiste-Alphonse Déchaufifour de Boisduval est né en 
1799, à TichevilJe (Orne), issu d'une famille qui compte cinq 
siècles de médecins parmi ses membres. Après avoir fait ses étu- 
des au collège de Vimoutiers, il se rendit à Rouen, à l'âge de 
dix-huit ans, comme élève en pharmacie. A l'âge de vingt ans, 
il avait passé ses examens de bachelier et devenait à Paris étu- 
diant en médecine, honoré de plusieurs prix et récompenses de la 
Faculté. Il devint docteur en médecine en 1827 et docteur es 
sciences naturelles en 1828. C'est de ces deux années que datent 
ses premiers travaux. 

En 1828 parut un Manuel complet de Botanique, en 2 vol. 
in-12, de 350 pages chacun, et, en 1829, l'Essai sur une monogra- 
phie des Zygéûides, suivi du tableau méthodique des Lépidop- 
tères d'Europe. Ce travail avait été présenté, le 1 septembre 1827, 
à l'Académie des Sciences et fut l'objet d'un Rapport très favorable 
de Latreille. Boisduval avait recueilli beaucoup de matériaux 
pour ces deux ouvrages dans un voyage aux Alpes françaises, oii 
il accompagnait M. de Brébisson. Le tableau méthodique des 
Lépidoptères d'Europe est en latin, la langue universelle des 
sciences {Index methodicus europseorum Lepîdopterorum), et 
comprend les insectes de cet ordre connus jusqu'alors en Europe, 
avec leurs localités, jusqu'aux Noctuelles inclusivement. Cet index 
commença immédiatement la réputation entomologique de Bois- 
duval, et devint aussitôt le guide des amateurs de Papillons en 
France. 

Boisduval s'était fixé à Paris et avait commencé sa clientèle 
médicale ; en même temps il était le conservateur des collections 
du général comte Dejean. Eu 1832, il reçut la croix de la Légion 
d'honneur pour sa belle conduite et son dévouement pendant la 
terrible épidémie cholérique qui frappait la ville de Paris. Le 
fléau, encore dans toute sa virulence asiatique, répandait alors un 
efiroi universel. C'est beaucoup plus tard, au commencement du 
ministère de M. Duruy, que Boisduval fut honoré des palmes 
d'officier d'Académie. Plusieurs Sociétés savantes comptaient 
Boisduval parmi leurs membres. Ea 1832, il fut un des membres 



iZi NOTES ET MEMOIRES. 

fondateurs de la Société entoraologique de France. En 1853, 
stimulé à la fois par son goût pour la botanique et par le désir 
de mettre ses connaissances d'entomologie au service des horti- 
culteurs parisiens, il devint Membre de notre Société centrale 
d'Horticulture, puis successivement membre du Conseil, à plu- 
sieurs reprises l'un de ses Vice-Présidents et, pendant les der- 
nières années de son séjour à Paris, Président de la Commission 
de Rédaction. 11 fut nommé Vice-Président honoraire en 1875. Il 
présida plusieurs fois la Société entomologique de France et fut 
nommé par elle membre honoraire en 1866, la plus haute dignité 
qu'elle puisse conférer. En 1 860, il avait été choisi comme mem- 
bre honoraire par la Société entomologique de Belgique. 

Nous allons continuer la liste des nombreux travaux de Boisdu- 
val : Iconographie et description des Coléoptères d'Europe, en colla- 
boration avec Dejean. — Iconographie des Lépidoptères et des che- 
nilles de l'Amérique du Nord, en collaboration avec John Le Conte. 
— Faune des Lépidoptères de Madagascar, Bourbon et Maurice, 1 833 , 
chez Roret. — Faune entomologique de l'Océan Pacifique, 1835, 
d'après les documents recueillis par Dumont-Durville, dans le 
voyage de découvertes de V Astrolabe, de 1826 à 1829. — Icônes 
historique des Lépidoptères nouveaux ou peu connus, 1832- 
1841. — Faune entomologique des environs de Paris, Coléoptères, 
en collaboration avec Lacordaire, 1833. — Species général des 
Lépidoptères, suites à Buffon, Paris, chez Roret, 1836, 1. 1 compre- 
nant une partie des Succinct l^ Papilionides et partie des Piérides. 
— Collection iconographique et histoire naturelle des chenilles 
d'Europe, en collaboration avec Ramburet de Graslin, 1832-1837, 
4 fasc. de texte et de planches (inachevé). — Gênera et Index 
methodicus europœorum Lepidopterorwn, pars I, sistens Papi- 
liones, Sp/nnges, Bombyces^ Noctuas; Paris, chez Roret, 18i0 
(c'est une nouvelle édition, revue et augmentée de Vlndex de 
1829). — Lépidoptères de Madagascar [Nouv. Ann. du Muséum, 
t. il, 1833). — Lépidoptères d'Oiessa et du Caucase {Ann. Soc. 
entom.de France, 1848). — Lépidoptères delà Californie (Anji. 
Soc. entom. de France, 1834). — Lépidoptère* nouveaux de la 
nouvelle Galédonie {Ann. Soc. entom. de France, 1839)"; Lépi- 
doptères nouveaux de la République Argentine {ibid.). — Mé- 



NOTICE SUR LE DOCTEUR DE BOISDUVAL. 425 

moire sur les Lépidoptères recueillis eu Californie par M. Lor- 
quia {Ann. Soc. entom. de Belgique^ 1868). — Monographie des 
Cératocampides (Ann. 4S0C. entom. de France, 1868). — Consi- 
dérations sur les Lépidoptères du Guatemala, 1870. — Note sur 
la tribu des Adelocéphalides (Bombyciens) {Ann. Soc. entom. de 
Belgique, 1872). — Histoire naturelle des Sphingides, Sésiides 
et Castnides, suites à Buffon, Paris, chez Roret, 1874 (cet ouvra- 
ges, fait avec d'anciennes notes, n'est réellement pas à sa date et 
peu au courant des découvertes récentes). — Monographie des 
Agaristidées (Ghélonides) (^eywe et Magas. de Zool.^ 1874). — 
Lépidoptères de la Californie [Ann. Soc. entom. de France, 187?). 
— Aperçu monographique du genre lo (Altaciens) [Ann. Soc. 
entom. de Belgique, \ 87^). 

J'ai omis à dessein de citer, dans la liste des travaux entomo- 
logiques de Boisduval, son Essai sur VEntomologie horticole, 
Paris, chez Donnaud, 1867, ouvrage destiné à faire connaître aux 
horticulteurs les insectes ennemis des jardins et des serres et les 
meilleurs procédés de destruction. Ce livre correspond à un 
changement très important dans la vie scientifique de Boisduval, 
changement dont le mérite appartient évidemment i l'influence 
de la Société centrale d'Horticulture. 

Pendant la plus grande partie de sa vie, Boisduval a été un 
amateur d'entomologie, possesseur d'une collection célèbre dans 
toute l'Europe et doué d'une remarquable sagacité pour préciser 
les déterminations. Les savants du monde entier avaient accès au- 
près de lui, et il permettait à tous de publier les sujets inédits de 
sa collection. Herrich-Schseffer, Hewitson, West^^ood et bien 
d/autres eurent fréquemment recours à ses obligeants conseils. 

Mais Boisduval finit par comprendre que le plaisir de collec- 
tionner n'est pas le seul but de la science; il n'en est que le côté 
étroit. Piquer des petites bêtes dans des boîtes, leur donner des 
noms, les soumettre à la curiosité des amateurs, ne constitue 
qu'une faible partie des devoirs du véritable savant. Il importe 
encore plus de connaître l'anatomie et la physiologie du monde 
des insectes et surtout d'étudier leurs mœurs, les services qu'ils 
peuvent rendre et leurs méfaits incessants. Dans Y Entomologie 
horticole il y a certaines parties faibles, au point de vue des 



^26 NOTES ET MÉMOIRES. 

caractères exacts de plusieurs groupes. Elles montrent le défaut 
des études trop spéciales, comme le sont d'ordinaire celles des 
simples amateur?, et la nécessité des connaissances dogmatiques 
générales. 

Boisduval avait contribué à la fondation d'une Société d'Ento- 
mologie appliquée, dite à'Insectologie agricole, et publia divers 
articles pratiques dans ses bulletins. Le < 8 et le 26 août 1868, Bois- 
duval fit, au Palais de l'Industrie, deux remarquables conférences, 
à; l'Exposition des Insectes, sur les insectes qui avaient ravagé 
les plantes exposées par MM. Burelleet A. Rivière et sur les ra- 
vages que causent les chenilles à l'économie rurale et domestique. 

Cette nouvelle direction donnée aux travaux de Boisduval ne 
fit que resserrer les liens d'affection qui unissaient le savant et 
aimable docteur aux horticulteurs parisiens , dont beaucoup 
étaient en même temps ses clients médicaux. Les horticulteurs 
connaissaient bien k maison de la place de la Vieille-Estrapade ; 
ils se plaisaient à approvisionner le jardin et la serre et à orner 
l'appartement de leurs plus belles fleurs, cherchant à reconnaître 
ainsi le zèle et les soins de Boisduval pour concourir à l'éclat des 
Expositions horticoles de notre Société. 

Ddns les dernières années de sa vie, Boisduval, sous les attein- 
tes de l'âge qui ralentissait ses forces et son ardeur au travail, 
s'étiiit défait de sa collection de Lépidoptères et de sa bibliothèque. 
11 se retira à Ticheville, son pays natal, auprès de la famille 
de son fils et de ses petits-enfants, pour qui il avait une vive affec- 
tion. Le climat rigoureux de cette vallée exposée au vent et à l'in- 
clémence du terrible hiver de 1879-1880 ont certainemen tabrégé 
ses jours. On peut dire qu'il a été frappé par les neiges comme 
ses plantes qu'il aimait tant et qui périssaient autour de lui. 

Il fut atteint, à la fin de 1879, d'un catarrhe de vessie et d'une 
affection du tube digestif. Il supporta, pendant neuf semaines, 
avec un remarquable courage de vives et continuelles souffrances, 
ne pouvant plus prendre de nourriture, même liquide, et suc- 
combant littéralement à la faim. H mourut, entouré des siens et 
dans des sentiments de grande piété, !e 30 décembre 1879, à 
quatre heures du matin. 



NOTE SUR DES INSECTES ET U.N MOLLUSQUE. 427. 

Note sur des Insectes et sur un Mollusque (I); 
Par M. Maurice Girard. 

Dn de nos collègues, jardinier à Embourg-Souvigny (Allier), 
M. Henry, a adressé à notre Société des insectes dévorant les 
feuilles et les tiges des Pois. Ce sont des Gurculioniens ou Cha- 
rançons, du genre Sitones, des espèces très communes, Sitones 
lineatus Linné et S. crinitus Oliv. Les Sitones sont des insectes 
très vifs par la chaleur et volant bien. Je ne vois pas d'autre moyen 
de diminuer le nombre de ces espèces nuisibles qu3 de recueillir 
sur des draps ou dans des poches de toile ces Charançons, en 
opérant de très grand matin et secouant les Pois ; les insectes 
encore engourdis par la fraîcheur tombent et ne se sauvent ni au 
vol ni à la course. 

M. Henry demande également des renseignements sur une 
sorte de Limace du genre Testacelle, dont il a envoyé un individu 
et qu'il n'a jamais vue mangeant des plantes, mais seulement des 
vers de terre. L'observation de M. Henry est très exacte. Le genre 
Testacelle, présentant une petite coquille rudimentaire à l'extrémité 
dorsale de l'abdomen, est formé de Mollusques gastéropodes terres- 
tres carnassiers. Ils n'offrent que peu d'espèces, restent profondé- 
ment cachés en terre où ils vivent de Lombrics et ne sortent parfois 
qu'à la nuit très noire. Si on place des morceaux de viande sur le sol, 
dans les jardins maraîchers, et si on vient les visiter au milieu de 
la nuit, avec une lanterne, on y trouvera des Testacelles festinant. 
Ces animaux, de mœurs si distinctes de celles des Limaces et des 
Arions, ne sont donc pas nuisibles aux jardiniers, mais indiflé- 
rents. L'espèce envoyée par M. Henry est la Testacella haliotidea 
Draparnaud, variété Scutulum Sowerby. 

Un autre membre de la Société, M. Ch. Gourcier, m'a adressé 
des Charançons qui, en Russie, envahissent les plantations de 
Betteraves, dont ils compromettent la récolte. Il y a deux espèces, 
de genres peu éloignés et dérivés de l'ancien grand genre Cleonus, 
L'une est le Tanymecus palliatus Fabr., espèce commune partout, 
vivant près de Paris sur de grands Chardons, les Onopordum ; 

(I) Présentée le 27 mai 4880. 



428 NOTES ET MÉMOIRES. 

l'autre, de plus grande taille, également bruDâtre, avec mar- 
brures grisâtres, est le Bothynoderes punctiventris Germar, qui 
n'est pas des environs de Paris, mais a été signalé dans l'Hérault 
(collection Wencker), et que les catalogues indiquent de Russie 
méridionale, d'Allemagne, de Hongrie, du Tyrol, de Sibérie. 

Ces Coléoptères qui attaquent les Betteraves en Russie ont fait 
l'objet d'une récente notice, publiée à Breslau en 1878, par M. le 
professeur Gohn. Il y distingue : 1° un Chrysomélien, \e^Camda 
nebulosa, qui ravage aussi les champs de Betteraves en Silésie et 
qui fait également des dégâts en France. En Allemagne, sans doute 
dans le Sud, l'insecte dépose ses œufs sur les feuilles, au commen- 
cement de mai ; en Russie, il n'y a pas encore de feuilles à cette 
époque. L'insecte a deux générations par an ; 2." des Charançons 
variés. 

Ce sont : le Cleonus {Bothynoderes) punctiventris, qui a son 
analogue en Autriche dans le Cleonus sulcirostris dont la larve 
cause du dommage aux Betteraves. On ne peut songer à atteindre 
les larves de ces Charançons qui rongent les racines de la Bette- 
rave très profondément sous le sol; on doit se contenter, dit 
M. Cohn, de ramasser les adultes ; le Cleonus albidus Fabr., pro- 
bablement sans action funeste; le Tanymecus palliatus Fabr., plus 
petit et assez dangereux. 

Eu Russie, on ne rencontre ces Charançons que tant que la 
Betterave est jeune ; ils en mangent les feuilles au moment où 
elles sortent de terre, et sont surtout dangereux quand la plante 
n'a encore que ses deux petites feuilles cotylédonaires. On voit 
les adultes depuis les premiers beaux jours jusqu'en juillet, et 
c'est presque toujours le manque de pluie, qui, en arrêtant la 
végétation, leur donne le temps d'exercer leurs ravages. L^ où 
abondent ces insectes, on est obligé de compter avec eux, et on 
emploie trois fois autant de semence que dans les pays où ils ne 
se montrent pas. Quand la Betterave a acquis une certaine force 
et une grande quantité de feuilles, elle ne craint plus ces insectes, 
et des pluies survenues à temps sauvent une plantation. Ces Cha- 
rançons hivernent et sortent de terre dès les premières journées 
chaudes du printemps. 

Comme nous avons ces espèces en France, nous pouvons les 



NOTE SUR LE SOJA HISPIDA. 429 

rencontrer d'un moment à l'autre parmi nos fléaux agricoles ; 
l'une d'elles n'est chez nous que 'dans l'extrême Midi, où on r.e 
cultive pas la Betterave ; mais un accident de transport peut Ja 
porter au centre ou au nord, et l'espèce supporterait parfaitement 
le climat puisqu'elle résiste au froid des hivers de la Russie. 

Le second des Charançons des Betteraves de Russie est celui 
qui est décrit par M. Chevrolat sou* le nom de Bothynodens 
hetavorus Ghevr., dans sa monographie des Cléoaides [Mémoires 
de la Société royale des Sciences de Liège, 2* série, t. V). Cette 
espèce a causé des pertes énormes sur la Betterave cultivée en 
Grimée pour la production du sucre. Il me paraît très probable 
qu'il y a synonymie entre punctiventris Germar et betavorus Che- 
vrolat. 



Note sur le Soja hispida ou Pois oléagiiseux (1); 
Par M. EuG. Vavin. 

Si les nouveaux produits sont toujours fort longtemps à se pro- 
pager, et leurs qualités à être reconnues, il n'en a pas été ainsi 
du Soja hispida, ou petit Dolique du Japon. Ce Pois oléagineux, 
depuis quelques années que notre Société d'Acclimatation en avait 
confié l'essai de culture à l'un de ses membres, n'était à peu près 
répandu que dans l'arrondissement d'Etampes, lorsque la pro- 
priétaire du domaine de Brunehaut m'en fit apprécier les quali- 
tés culinaires. Je m'empressai, en juin 1879, d'appeler l'attention 
de tous les agriculteurs et horticulteurs sur cet excellent produit. 
Je suis excessivement satisfait de cet appel, car beaucoup y ont 
répondu et le Soja alimentaire et fourrager me semble être jus- 
tement apprécié. C'est un honneur pour moi de m'être joint au 
Président de la Société d'Etampes pouf répondre à la sollicitude 
de notre chère Société, si heureuse lorsque l'acelimatation des 
produits des graines qui lui sont envoyées, qu'elle confie à ses 
membres, répond à ses espérances. 

Je devrais, avant de m'étendre sur les qualités reconnues au Soja 
coTiime plante fourragère et sur lesquelles je désire appeler 

(1) Présentée le 22 avril i880. 



430 NOTES ET MÉMOIRES. 

rattention, rappeler l'emploi que font les Japonais de ce Pois oléa- 
gineux et les ressources culinaires qu'il nous offre. Kaempfer dans 
son remarquable ouvrage intitulé; Amœnltatum exoticarum... 
fasciculi V, publié en 1712, fait connaître les usages culinaires du 
Daidsu que les Japonais nomme aussi Marne. Mais les détails qu'il 
donne à ce sujet ont été déjà imprimés, dans le procès-verbal de 
la séance du 13 novemhre <879 (voyez le Journal, 3® série,!, 
p. 687). 

Le Soja hispida croît au Japon, dans Tlnde, aux Moluques. 

Depuis le commencement du siècle, il figure dans tous les 
jardins botaniques, où il graine très bien. 

On lit dans un livre japonais que m'a confié le D"" Bâillon, 
qu'il en existe près de trente variétés. 

La tige du Soja est droitej haute de Om 50, striée ou can- 
nelée dans sa partie supérieure et abondamment chargée de poils 
roussâires; ses feuilles sont composées de 3 folioles ovales, obtu- 
ses, velues, molles, soutenues sur des pétioles communs velus et 
striés. Ses fleurs sont petites, purpurines, disposées dans les aiselles 
des feuilles en grappes droites. Les gousses sont velues, longues 
de Omio, pendantes, un peu comprimées, pointues, dispermes, 
c'est-à-dire renfermant 2 graines . 

Culture. 

On sème le Soja du 15 avril au 15 mai, en lignes, à 0™15 
de distance, en laissant entre les lignes 0™50, dans un sol qui 
ne soit ni trop humide, ni trop sec, mais plutôt sec ; la culture 
est la même que celle du Haricot. On met trois graines au plus 
par trou ; la plantation se fait en quinconce. Dans les années 
ordinaires, on peut commencer à manger les grains verts depuis 
la fia d'août jusqu'au 15 octobre, avant qu'ils soient entièrement 
mûrs. Une fois les gousses sèches on les bat au fléau. 

Lorsque la température descend à 3 degrés au-dessous de glace, 
les feuilles seules sont endommagées; mais les graines renf rmées 
dans les gousses, qui sont fermées à Tépoque de ces froids, ré- 
sistent parfaitement. Les Haricots qui se trouvent placés à côté 
sont, dans ce cas, complètement détruits. 

Un autre avantage à signaler, c'est que ce Dolique est entière- 



NOTE SUR LE SOJA HISPIDA. 431 

ment indemne de la Bruche, qui fait tant de tort aux Pois, Ha- 
ricots, Lentilles, etc. 

Chose très remarquable, cette plante soufîre peu de l'absence 
de la lumière; ainsi sous l'ombre des arbres ou de plantes voi- 
sines elle végète également bien. 

En 1877, on sema 5 870 kilog. de semences dans les différents 
endroits où le professeur Haberlandt, de l'Institut agronomique de 
Vienne, faisait exécuter des recherches sur cette précieuse plante. 
On récolta cette même année plus de 400 000 kilogrammes de 
graines. On peut donc regarder l'introduction de cette plante, 
dans l'Europe centrale, comme un fait accompli. On n'est pas 
bien certain sur l'origine de ce légume, qui fut introduit en Eu- 
rope vers 1790. 

Le grain est presque rond à l'état sec et du volume d'un petit 
Pois; mais, dès qu'on l'a fait tremper dans l'eau pendant quelques 
heures, ainsi qu'on le fait pour les légumes secs, avant la cuisson, 
son volume augmente du double et plus ; sa forme devient alors 
celle d'un petit Haricot très bien fait. Par cette extension considé- 
rable, la pellicule, qui est souvent si désagréable dans certaitits 
Légumineuses, est ici pour ainsi dire nulle, -ce qui est un grand 
avantage. 

La variété jaune mûrit ses graines, même au delà de la limite 
nord du Maïs et, mieux que celui-ci, elle résiste à des températures 
basses que ne supportent ni le Maïs, ni le Haricot. Les fleurs de 
cette variété sont nombreuses, nouent très bien et les gousses ne 
laissent point tomber les graines sur le sol. 

M.Blavet,PrésidentdelaSociétéd'Horticultured'Etampes, a re- 
connu que, parmi les variétés de cette Légumineuse, il y en avait 
surtout trois supérieures, comme qualité, aux autres. Il m'an- 
nonce qu'il vient de remettre à la maison Vilmorin, sous le nom 
de Soja comestible d'Etampes, pour le distinguer de ceux qui 
Sont exclusivement fourragers, 9 litres de ce Pois oléagineux, et 
qu'il en a envoyé dans plusieurs départements ainsi qu'à l'étran- 
ger. Il ajoute que les premières graines lui ont été offertes par la 
Société d'Acclimatation, en 1874, et qu'rl serait heureux que cet 
excellent légume ftît apprécié comme il le mérite. Certes la viande 
offre un mets savoureux, mais le prix en est élevé, et je puis 



432 NOTES ET MÉMOIRES. 

ajouter que la viande n'est indispensable, ni à l'existence, ni à la 
force musculaire. En Alsace, la population est certainement vi- 
goureuse et cependant les bûcherons ne mangent que rarement 
de la viande. Je suis du nombre de ceux qui croient qu'une nour- 
riture végétale laisse l'esprit plus libre. 

Un savant chimiste, qui fait sans aucun doute autorité dans une 
pareille question, Payen a démontré qu'à poids égal, les Fèves, 
les Pois et les légumes analogues contiennent plus de protéine que 
la viande sans os. 

Maintenant que nous nous sommes éclairé sur l'emploi que 
l'on fait du Soja et sur les qualités nutritives de cette graine 
comme produit alimentaire, je dois montrer, en m'appuyant 
sur des chiffres fournis par des personnes compétentes, ce 
que nous sommes assurés d'obtenir en utilisant les fanes et les 
cosses de ce Dolique, comme plante fourragère. Il a été publié 
récemment une Etude sur l'alimentation des animaux avec le 
Soja hùpida, d'après des observations laites à la Station agrono- 
mique de Proskauj par MM, Weiske, Dehmel et Schulze. En voici 
le résumé. 

2 moutons ont reçu, dans une première période, du 8 au 
45 janvier, puis du 16 au 23 janvier 1879, 1 000 grammes de cos- 
ses de Soja séchées à l'air. D3 nombreuses analyses il résulte 
que ces deux moutons ont digéré en moyenne : 

61, 83 pour cent de matières sèches, 

62, 63 — de matières organiques, 
44, 37 — — azotées, 
57, 19 — — grasses, 
50, 74 — de cellulose, 

73, 06 — de matières non azotées, 
54, 02 — — minérales. 

Ces chiffres démontrent que ce fourrage est digestible à uû 
très haut degré pour les moutons. 

Dans la 2e période, du 24 janvier au 15 février, chaque mouton 
reçut journellement 1000 gr. de fanes de Soja séchées à l'air. Les 
fanes furent consommées avec plus d'avidité que les cosses, bien que 
les moutons ne fissent aucun déchet avec ces dernières. Les fanes 
furent bâchées; les moutons mangèrent tout, sauf quelques extré- 



NOTE SUR LE SOJA HISPIDA. 433 

mités de tiges par trop ligneuses. De nouvelles analyses ont per- 
mis de constater que dans cette expérience, les moutons digé- 
raient : 

54, 93 pour cent de matières sèches, 
57, 95 — — organiques, 

60, 81 — — azotées, 

62, 21 — — grasses, 

33, 60 — de cellulose, 
69,02 — de matières exti'actives non azotées, 
36, 32 — — minérales. 

Il résulte de ces chiffres que la paille de Soja est beaucoup 
mieux digéréeque lescosses de cette plante, parce que les matières 
azotées et les matières grasses sont surtout celles qu'il est onéreux 
de produire et qui par conséquent doivent être utilisées au maxi- 
mum dans les fourrages. 

Si l'on compare ces derniers nombres à ceux qui ont été obtenus 
pour la consommation d'autres fourrages, on remarque que la 
fane du Soja se rapproche beaucoup comme valeur alimentaire du 
foin, du trèfle et du foin de prairie. 

Cette question est assez intéressante pour engager nos agricul- 
teur à essayer la culture de cette Légumineuse, puisqu'ils auront 
double profit : la graine qui donne un mets excellent, et en mê ne 
temps un bon fourrage pour les moutons principalement. 

Haberlandt a comparé la composition du Soja à celle des grai- 
nes d'autres Légumineuses renommées pour les matières nutritives 
qu'elles renferment. 
Voici le tableau de ses analyses : 

Soja. Haricot. Pois. • Lentille. Fève. Lupin jaune. 

Eau 6,91 15,0 I3/J2 13,4 16,46 12,61 

Matières azotées. . . 38,i29 26,9 2-2,72 24,0 24,S8 35,32 

Matières grasses .. . 18,71 3,0 2,01 26,0 1,67 4,97 

Extractifs non azotés. '26,20 48,8 o4,27 49,4 47,16 29,17 

Cellulose 3,33 2,8 4,51 6,9 6,87 14,13 

Cendres.. 4,56 3,5 2,57 3,7 2,28 3,78 

La graine du Soja serait donc la plus nutritive, puisqu'elle ren- 
ferme le plus de matières azotées et de matières grasses. 



98 



434 notes et mémoires. 

Observations sur les Fleurs doubles des Bégonias tubéreux (0 ; 

, Par M. P. DUCHARTRE. 

Il n'y a guère qu'une douzaine d'années que l'horticulture 
européenne s'est enrichie des espèces les plus remarquables de 
Bégonias tubéreux (2) sud-américains; en effet si lamise en vente, 
par la maison Veitch, du Bégonia Pearcei D. Hook. date de 1866, 
ceWe des B. boliviensis Alph. DC, B. Veitchiil). Hook. et ^. 
rosœflora D. Hook. parce granJ établissement ne remonte pas au 
delà de l'année 1868. Dans cet espace de temps peu considé- 
rable, ces espèces sont devenues la souche principale de formes 
nouvelles en grand nombre, variétés et hybrides, qui déjà aujour- 
d'hui occupent une place importante dans les jardins d'agrément, 
et que la facilité avec laquelle on les obtient rend plus nombreuses 
de jour en jour. 

(1) Note présentée à la séance du 22 avril 1880. 

(2) Je dois faire observer qu'il ne s'agit, dans cette note, que des Bégo- 
nias désignés habituellement par les horticulteurs sous la dénomination 
spéciale de Bégonias tubéreux (parfois improprement sous celle de Bégo- 
nias bulbeux), plantes propres aux Andes du Pérou et de la Bolivie, dont, 
par des observations que je me propose de faire connaître prochainement, 
j'ai constaté que le tubercule est dû à la portion supérieure de l'axe hypo- 
cotylé. Si l'on adoptait le morcellement du genre Bégonia Plum., qui a 
été opéré par Ivlotzsch (Begoniaccen Gattungen und xirten, 1855), ces es- 
pèces rentreraient dans trois des quarante-trois genres {Huszia, Eiqieta' 
lum, Barya) proposés par ce botaniste ; mais dans son Rapport sur iei> 
Bégonias tubéreux obtenus de semis par M. A. Malet {Joiirn. de la 
Soc. centr. d'Hortic. de France, 3« série, I, 1879, p. 197-210, 275-288), 
M. Eug. Fournier les a tous réunis dans un sous-genre auquel il a donné 
le nom de iemoî'nea, etauquel il assigne les caractères suivants (loe.cit., 
p. 205) : « Fleur mâle à quatre-huit pétales, femelles à cinq pétales; pla- 
» centas fendus; styles persistants; bandes de tissu stigmalique entourant 
■» en fer à cheval le côté externe de la bifurcation stylaire, et montant en 
» spirale le long de ses branches pour en couronner le sommet, sans des- 
» cecdre vers la base du style; souche tubéreuse; plante monoïque. » En 
dehors de cette section, certains Bégonias ont un tubercule, notamment 
la plus connue des espèces de ce genre, le Bégonia discolor Ait.; mais 
leur tubercule se présente sous une autre apparence, dans d'aulres condi- 
tions, et je crois qu'il a une origine difFérente. 



FLEDRS DOUBLES DES BÉGONIAS TUBÉREUX. 435 

Parmi ces diverses formes, l'une des catégories les plus inté- 
ressantes es{ celle des variétés et hybrides à fleurs plus ou moins 
doubles, dont la première obtention paraît être due à M. Lemoine, 
de Nancy, et ne pas remonter au delà de l'année 1874. Cette pre- 
duciion de flours doubles se présente, chez ces Bégonias, dans 
des conditions particulières qui n'ont que bien peu d'analogues, 
si même elles en ont du tout, dans le reste du règae végétal : en 
effet, les fleurs de ces plantes sont à la fois unisexuées et à ovaire 
infère; or, dans la liste des espèces connues comme ayant offert 
jusqu'à ce jour des variétés à fleurs doubles qui a été publiée par 
Seemann dans son Journal of Botany (II, p. 177 et suiv.), et re- 
produite avec des additions par M. Maxw. T. Masters dans sa Vege- 
table Teratology (1869, p. 493-507 et 510), je n'en trouve aucune 
qui réunisse ces deux caractères. Une autre particularité que les 
Bégonias tubéreux ne partagent guère avec d'autres plante?, ré- 
sulte de la siiualioa relative de leurs fleurs mâles et femelles. Rob. 
Brown avait érigé en une sorte de loi que, dans les inflorescences 
qui réunissent des fleurs de chacun des deux sexes, celles du sexe 
femelle sont placées à la base, quand il s'agit d'un épi, ou bien 
fe trouvent chacune entre deux mâles, quand cette inflorescence 
est triflore (cyme). L'inflorescence des Bégonias tubéreux est géné- 
ralement dans le dernier de ces deux cas, et cependant on y voit 
une fleur mâle entre deux fleurs femelles; il y a donc pour elle 
une disposition inverse de celle qu'on observe dans la généralité 
des plantes. 

Un fait bien digne de remarque c'est que les fleurs mâles ayant 
une tendance marquée à devenir doubles, les fleurs femelles 
échappent le plus souvent à cette tendance au point qu'on les re- 
garde en général comme ayant été jusqu'à ce jour rebelles à la du- 
plicature. C'est, par exemple, ce que M. Ed. Morren disait dans 
une séance du Congrès de Botanique et d'Horticulture, pendant 
l'Exposition de 1 878 ; c'est aussi ce que ce savant botaniste a 
exprimé dans le passage suivant d'une Note sur les Bégonias tu- 
héreux à fleurs doubles [Belgîq. hortic, cahier de mars, avril et 
mai 1879, p. 66): a Les Bégonias doubles présentent ce singulier 
» phénomène de porter à la fois et momentanément des fleurs 
» doubles et des fleurs simples. En eff"et, les fleurs pistillées 



436 NOTES ET MÉMOIRES. 

» (femelles) de ces végétaux monoïques n'ont éprouvé jusqu'ici au- 
» cune duplication ni déduplication ; elles ne semblent même pas 
» avoir éprouvé quelque modification appréciable à nos yeux ; elles 
» sont bien conformées; leur style est normal et elles donnent vo- 
)) lontiers et en abondance des graines fertiles. Quant aux fleurs 
» staminées (mâles), elles ont, au contraire, subi de profondes 
» modifications; toutes leurs étamines sont métamorphosées en 
» pétales et elles ont ainsi pris l'apparence de jolies rosaces formées 
» de pétales chifionnés et entremêlés. » 

Cependant, contrairement à cet énoncé général, M. Eug. Four- 
nier, dans son excellent Rapport sur les Bégonias tubéreux obte- 
nus de serais par M. A. Malet, dit eri termes formels que les fleurs 
femelles des plantes dont il s'agit ici peuvent devenir doubles. 
« Les fleurs femelles, écrivait ce botaniste au commencement de 
» 1879 {loc. cit., p. 28i), peuvent aussi se doubler, quoique plus 
» rarement (que les mâles). On a pu les observer doubles sur la 
» Gloire de Nancy de M. Lemoine. Ici le procédé employé par 
» la nature est tout difl'érent du précédent (pétalisation des éta- 
» mine."-). Il n'y a plus seulement transformation ; il y a d'abord 
» multiplication, c'est-à-dire production d'éléments nouveaux. 
B Au lieu de trois styles que la fleur doit normalement contenir, 
» il s'en développe une infinité, tous partant du centre de la fleur, 
» et chacun de ces styles se transforme lui-même en un pétale... 
» Tandis que les fleurs femelles ainsi modifiées voient s'exagérer 
» la partie supérieure de leur appareil sexuel, au contraire, par 
» une sorte de balancement organique, la partie inférieure de cet 
» appareil, c'est-à-dire l'ovaire, tend à avorter et avorte presque 
» toujours plus ou moins complètement. Les fleurs de la Gloire 
» de Nancy ont souvent au-dessous d'elles un oviire avorté. » 

Enfin une particularité qui mérite encore d'être relevée c'est 
la parfaite unisexualité des fleurs simples des Bégonias. Cliez un 
grand nombre d'espèces à fleurs unisexuées, on trouve, dans les 
fleurs mâles, desrudiments plusou moins caractérisés de pisli 1 , dans 
les femelles, des vestiges plus ou moins apparents d'étamines ; 
rien de pareil n'existe chez les Bégonias, et je ne sache pas que, 
dans la fleur d'aucune de leurs nombreuses espèces, à côté des 
organes de l'un des sexes, on ait observé le moindre indice de 



FLEURS DOUBLES DES BÉGONIAS TUBÉREDX. 437 

ceux de l'autre. Aussi les botanistes ont-ils accueilli avec une lé- 
gitime surprise le fait signalé, il y a plusieurs années, dans le 
Botanical Magazine (1859, pi. 5160, fig. 4), d'une fleur mâle du 
Bégonia frigida qui était devenue hermaphrodite en développant, 
à son centre, quatre ovaires ovoïJes, alternes avec un égal nombre 
d'étamines et entièrement supères, et qui dès lors s'était éloignée 
de l'organisation florale caractévislique de ces plantes, non 
seulement par l'hermaphroditisme, mais encore par une réduc- 
tion considérable du nombre habituel des étamines, ainsi que 
par un changement total dans la situation typiquement infère 
de l'ovaire. On va voir que, contrairement à ce qui a lieii chez 
les fleurs simples, les fleurs doubles des Bégonias tubéreux, 
offrent souvent les uns à côté des autres les organes caractéris- 
tiques des deux sexes et montrent même pour ces organes une sorte 
de promiscuité dont je ne crois pas qu'il existe ailleurs beaucoup 
d'exemples. 

Les considérations qui précèdent m'ayant fait penser qu'il y 
aurait intérêt à examiner de près les fleurs doubles de difî'érents 
Bégonias tubéreux hybride?, j'ai eu recours, en vue de me procu- 
rer les matériaux nécessaires pour cette étude, à l'obligeance de 
M. A. Malet, horticulteur au Plessis-Piquet, qui cultive fort en 
grand les Bégonias tubéreux, et à qui l'importance de ses gains en 
ce genre a fait accorder, en 1876, une grande médaille d'argent 
et, en 1879, une médaille de yermeil, par la Société centrale 
d'Horticulture de France. M. A. Malet a bien voulu me remettre, 
en septembre dernier, des fleurs de six sortes de Bégonias doubles, 
dont quatre sont des gains de M. Lemoine, de Nancy, et deux 
sont dues à M. Bouchet. J'ai pu eu outre examiner, à la même 
époque, celles d'un hybride (Gaston Malet) obtenu par M. A. 
Malet lui-même et dont je possédais un pied vivant dans mon 
jardin, à Meudon. Enfin j'ai reçu de M. Alexandre (Jules), 
jardinier chez M. Cavelier, à Bourg-la-Reine (Seine), des 
fleurs de trois sortes de ces plantes qui provenaient de ses se- 
mis, mais qui malheureusement m'ont été données sans noms. 
Ainsi j'ai pu faire porter mon examen sur dix variétés différentes 
de Bégonias tubéreux à fleurs doubles rentrant dans la gamme de 
couleurs qui s'étend du blanc au rouge écarlate et au ponccau. 



438 NOTES ET MÉMOIRES. 

Pour mettre de l'ordre dans l'exposé qui va suivre, j'examinerai 
les fleurs doubles des Bégonias en les divisant d'après leur sexe 
et d'après les particularités diverses qui se rattachent à leur du- 
plication. 

A. — Fleurs mâles doubles. 

1" Ordinaires. 

Il est bien connu, comme je l'ai déjà rappelé, que ce sont les 
fleurs màl^'s des Bégonias tubéreux qui doublent habituellement, 
les fleurs femelles restant simples ; comme, d'un autre côté, ce sont 
ces mêmes fleurs qui ont généralement le plus d'ampleur et que la 
duplicature rend les plus belles, on conçoit très-bien que ce 
soient celles dont les horticulteurs cherchent le plus à favoriser 
la production, dans la limite de leur action. Un fait remarquable 
c'est que, sous ce rapport, la tendance naturelle des choses vient 
singulièrement à leur aide. Certaines variétés ne donnent que ra- 
rement des fleurs femelles; telle est notamment Ghjire de ISancy 
(Lero.);il en est même qui paraissent aussi peu disposées que 
possible à produire des fleurs à pistil ; ainsi M. Eug. Fournier dit 
[loc. cit., p. 282) que « le Bégonia brillant (Thib. et Ketel.) mis 
» au commerce cette année par MM. Thibaut et Keteleêr, n'a 
)> jusqu'à présent produit que des fleurs mâles » ; ainsi encore je 
tiens de M. A. Malet qu'un charmant Bégonia tùbéreux h fleur 
jaune double obtenu récemment dans son établissement n'a pu 
être encore multiplié par lui de semis, faute d'avoir donné une 
seule fleur femelle à côté de plus de 200 fleurs mâles. Une circon- 
stance que je crois devoir noter c'est que, même dans le cas de 
fleurs uniquement mâles dans la même inflorescence, il semble 
exister des indices de la tendance naturelle des choses. Je m'expli- 
que: les fleurs mâles sont généralement plus amples que les fe- 
melles, et on sait que, dans une cyme de trois fleurs, il y a norma- 
lement une fleur mâle entre deux femelles, c'est-à-dire que la mé- 
diane est plus ample que les latérales; or, dans deux inflorescences 
de Gloire de Nancy (Lem.) qu'a bien voulu me remettie M. A. 
Malet, toutes les fleurs étant également doubles et également 
mâles, je n'en ai pas de doute, la médiane était cependant plus large 
et plus double que les latérales. 

On sait, et je l'ai rappelé en donnant différents détails à l'appui, 



FLEURS DOUBLES DES BÉGONIAS TUBÉREDX. 439 

dans une note intitulée : Notions sur T organisation des fleurs dou- 
bles, à propos du Liliura tigrinum Gawl., flore pleno ( Voyez /owr- 
Journ. de la Soc. centr. dHort. de Fr., 2' série, XI, 1877), que 
les pétales supplémentaires qui rendent les fleurs doubles ont 
deux odgioes principales: tantôt ils proviennent d'une multipli- 
cation de la corolle, tantôt et plus fréquemment ils sont dus à 
une transformation des étamines en pétales. Cette dernière ori- 
gine est certainement celle à laquelle il faut attribuer la plupart 
souvent même la totalité des pétales qui rendent doubles les fleurs 
mâles des Bégonias tubéreux; mais je crois qu'elle n'est pas la 
seule et que la multiplication de la corolle peut aussi intervenir, 
dans ces fleurs, comme l'une des causes de la dupli<;atioD(l). Sous 
ce rapport, je ne puis partager entièrement l'opinion de M. Eug. 
Fouruier {loc. cit., p. 282) formulée par lui dans les termes 
suivants : « Les fleurs mâles qui doublent ainsi le font par 

(I) li n'est pas inutile de faire observer que la part prise dans la dupli- , 
cature par la multiplication de ia corolle et par la pélalisation des étamines 
peut différer considérablement dans des plantes fort analogues entre elles 
par Torganisation normale de leurs fleurs. En voici un exemple remar- 
quable. Le Pnmus triloba Lindl. et ï Amygdalus sinensis Hort. sont 
deux espèces chinoises, de la même famille des Amygdalées, dont leurs 
jolies fleurs doubles, roses dans le premier, blanches dans le second, font 
de charmants arbrisseaux d'ornement; or, toutes les fleurs du Prunus 
triloba que j'ai examinées ce printemps, au Jardin des Plantes, m'ont 
offert plusieurs verticilles de pétales alternes entre eux, au nombre de cinq 
en moyenne, semblables de forme et de dimensions, et, plus intérieure- 
ffisnt, une cinquantaine d' étamines, toutes en parfait état, dont aucune ne 
■montrait le moindre commencement de pélalisation ; il est donc évident 
que cette fleur ne double que par la multiplication de sa corolle. D'un 
autre côté, les fleurs à' Amygdalus sinensis que j'ai vues à la même 
époque et dans le même jardin n'avaient pas une seule étamine qui ne se 
fût changée en pétale, et leurs pétales supplémentaires indiquaient presque 
tous leur origine par leur rétrécissement inférieur en un onglet plus ou 
moins long, en général aussi parce qu'ils étaient écluncrés ou lobés dans 
leur partie supérieure. Cette origine était encore bien plus évident* dans 
l'une de ces fleurs, car ces pétales onguiculés et échancrés ou lobés por- 
taient, vers le milieu de leur face supérieure, une anthère à deux loges 
non sensiblement déformée. Il eçt donc certain que les fleurs pleines de 
l'Amandier de Chine ûoivent leur parfaite duplication, sinon entièrement, 
du moins presque entièrement à la pélalisation de leurs étamines. 



440 NOTES ET MÉMOIRES. 

» transformation de leurs étamines en pétales surnuméraires. 
» Pour cette transformation, le pollen avorte dans les loges de 
» l'anthère; le connectif s'arrondit sur le dos, se dilate sur les 
» bords, se colore en arrière et au milieu d'abord, et prend enfin 
» l'aspect pétaloîde, » Voici en effet ce que m'ont présenté, entre 
autres, les fleurs de Gloire de Nancy que j'ai eues à ma disposition. 
Dans les fleurs médianes on trouve, en allant de la circonfé- 
rence au centre: i» deux grandes folioles pétaloïdes, caractérisées 
comme sépales, opposées l'une à l'autre, arrondies et presque réni- 
iormes, d'un tissu assez épais, lustrées, faciles à distinguer de 
toutes les folioles pétalines plus internes; 2° une dizaine de pétales de 
la même grandeur que les deux sépales, obtus et arrondis à leur 
partie supérieure et doat le caractère essentiel est d'êire sessiles 
ou tout au plus attachés par un onglet à la fois court et large; 3" 
une cinquantaine de pétales, moins grands d'ordinaire que les pré- 
cédents, en général plus ou moins profondément échancrés, fixés 
par un onglet loDg et grêle. Dans chacun de ces derniers pétales, 
à l'onglet, qui est assez épais et jaune, fait suite une bande mé- 
diane également jaune et sensiblement épaissie, qui s'étend jus- 
qu'au milieu de la longueur du limbe ou un peu au delà. Ces 
pétales deviennent graduellement plus petits vers le centre de la 
fleur ; ils s'attachent sur un support commun, sorte de colonne cen- 
trale longue d'environ un millimètre, analogue à la partie infé- 
rieure de ce que M. Eug. Fournier appelle «un andtocés en 
pompon.» 

Les fleurs latérales m'ont présenté une diff'érence notable relati- 
vement aux médianes: je n'y ai trouvé en dedans des deux se-, 
pales, et en crcix avec eux, que deux grands pétales externes ar- 
rondis et sessiles, formant la corolle normale; tous les autres pé- 
tales étaient plus ou moins longuement onguiculés, semblables 
de forme et de disposition à ceux qui occupent la place interne 
dans les fleurs médianes. Or, dans les unes et les autres de ces fleurs, 
les pétales internes onguiculés, fréquemment échancrés dans le 
uaut, sont dus évidemment à la pétalisation des étamines et la fi- 
gure 1 (p. 444) semble montrer comment s'opère, au moins dans la 
plupart des cas, cette pétalisation; mais, dans les fleurs médianes, 
en dehors de ces pétales provenus d'une transformation des éta- 



FLEURS DOUBLES DES BÉGONIAS TUBÉREDX. 4H 

mines, se montrent les grands pétales sessiles auxquels leurs ca- 
ractères et leur situation ne permettent pas de supposer la même 
origine, et dont je crois ne pouvoir attribuer l'existence qu'à 
une multiplication des deux pétales externes et normaux. En 
somme, les fleurs médianes du Bégonia Gloire de Nancy m'ont 
offert de dehors en dedans: 1° 2 sépales; 2° 2 pétales normaux; 
3° 9 ou i pétales formés par multiplication ; 4° de nombreux 
pétales issus d'une transformation des étamines, tandis que les 
fleurs latérales m'ont présenté seulement: <» 2 sépales; 2" les 2 
pétales normaux ; 3° de nombreux pétales provenant de la péta- 
lisation des étamines. 

2° Fleurs mâles doubles à pétales ovulifères. 

Ua fait très-remarquable se montre fréquemment dans les fleurs 
mâles doubles des Bégonias tubéreux: un certain nombre, quelque- 
fois même la plupart de leurs pétales surnuméraires présentent, 
vers le bas de leur face interne et le long de chaque bord, un 
groupe plus ou moins considérable de saillies ou papilles. A la 
vue simple, ces papilles offrent souvent deux aspects différents : 
les unes sont pointues, de la substance et de la couleur des pé- 
tales qui les portent, tandis que les autres sont obtuse? et incolores. 
Sous le microscope on reconnaît que ces dernières sont des ovules 
parfaitement conformés, dans lesquels un examen attentif ne révèle 
pas la moindre différence relativement à ceux que renferme l'ovaire 
normal de la fleur femelle, et que les premières sont de simples 
saillies ou émergences non modifiées de la substance du pétale. Le 
mélange de ces deux sortes de productions se fait sans ordre et dans 
des proportions très diverses; mais, en somme, les ovules sont 
plus fréquents que les simples papilles, et souvent même ils exis- 
tent seuls en l'absence de celles-ci. Quelquefois on trouve en 
outre, au centre de la fleur , un ou plusieurs corps épais, nulle- 
ment pétaloïdes, de forme plus ou moins irrégulière, dont la sur- 
face est chargée d'ovules et dont la nature est difficile à déter- 
miner. 

Les pétales à ovules ou ovulifères sont en gén