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1 



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JODRHil 

DE MÉDECINE 

OB CHIRURGIE BT OB PHAR1AC0L06IB 

PUBLIÉ 

Par la Société Royale des Sciences médicales el naturelles 

de Bruxelles 

sous LA DIRECTION D'UN COMITÉ 

COMPOSA DE 

MM. VAN l>KW COUPUT, D.-M., Rédacteur principal, Secrétaire de la Sttciété, 
Professeur de thérapeutique à ^Université, Médecin honoraire et ancien pro- 
fesseur de clinique médicale «les hôpitaux de Bruxelles, Secrétaire de la Com- 
mission médicale du Brabant^ Membre de plusieurs Académies et Sociétés 
savantes, etc. 

CRQCQv, D.-M., Professeur à l'Université, 'Médecin et Professeur de clinique 
médicale à Thôpital Saint-Jean de Bruxelles, Membre titulaire de TAcadémie 
royale de médecine de Belgique, Président de la Fédération médicale belge, etc. 

4ANS8EN8, D.-M. , Inspecteur du service d'hygiène de la ville de Bruxelles, 
Membre du Conseil supérieur d'hygiène publique, delà Commission médicale 
locale^ Secrétaire de la Commission de Statistique du Brabant, etc. 

L. MARTIN, D.-M., Président de la Société, Présideni de la Commission médi- 
cale locale. Président de la Commission centrale des Comités de salubrité 
publique de Tagglomération bruxelloise, etc. 

LEDEGANCK, D.-.M., Secrétaire-adjoint de la Société, Médecin de TAdministra- 
' tion communale de Bruxelles, etc. 



33""' ANNÉE. — 61""^ VOllME. 



BRUXELLES 

LIBRAIRIE MÉDICALE DE HENRI MANCEAUX 

Imprimeur de l'Académie royale de médeeiae, Libraire de la Paeullé de médeeloe, etc., 

Rue de> Troii-Tëtet, 8 (Montagne de la Cour). 

1875 - , 



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- j f; 1897 

-A^ H. 13^ 



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JOURMAL 

DE »1IÈ^1.INE. 




I. MÉMOIRES ET OBSERVATIONS. 



De la rétroversion de l*otérus pendant la grossesse, par M, le docteur 
N. Charles, de Liégcy lavréat de l'Académie de médecine de Parts, Secré- 
taire du Cercle médical liégeois, etc. {Suite. — Voir noire cahier de juin^ 
page 495). 

Obs. vil — Rétroversion irréductible; ponction de la vessie refusée; rup- 
ture de ce réservoir; avortement, mort, par W- Hunter. — Une pauvre femme, 
âgée de 40 ans, et grosse de trois mois et demi, eut une rétroversion de la ma- 
trice en glanant du blé. Bientôt après, i^Ile ne put rendre son urine ni ses 
excréments; elle avait du ténesme, des nausées, beaucoup de douleurs. 

Différents remèdes n*eurent aucun bon effet. La sonde put bien être introduite 
à un ou deux pouces dans TurètrCjmais ne donna issue à aucune goutte d*urine. 
Assuré de Pexistence de la rétroversion et ne pouvant la réduire, on fit de 
nouvelles tentatives de cathétérisme et Ton obtint une ou deux cuillerées 
d*urine très-colorée en mettant la malade en différentes positions. La ponction 
de la vessie fut jugée nécessaire mais refusée par la malade. Cette dernière 
devint plus faible, eut des nausées. et le hoquet ; le même jour, elle sentit quel- 
que chose se crever dans son ventre; elle éprouva sur-le-champ une diminution 
de douleur, et annonça qu'elle allait faire une fausse couche. Elle la fil, en 
effet, promptrment et presque sans douleurs ; mais elle n'urina point. On la 
sonda alors avec la plus grande facilité; mais il ne sortit point d'urine, quoi- 
que la sonde fût dans la vessie, ce qui confirma l'opinion qu'on avait de la 
rupture de ce viscère. Cette femme mourut le lendemain, quatrième jour de la 
rétroversion. 

On trouva neuf à dix pintes d'urine épanchée dans lé ventre, la vessie flas- 
que, vide et rompue près de son fond, de manière qu'on pouvait passer le doigt 
par cette crevasse, dont les bords étaient gangrenés. Tout le corps de la matrice 
était encore tellement porté en arrière qu'on vit aisément que son fond s'était 
placé entre le vagin et le rectum, et que son col appuyait sur les pubis. 

Chopart, dans un voyage qu'il fit à Londres, se lia avec Hunter et prit con- 
naissance de son travail; en i775, à son retour à Paris, il en fil l'objet d'une 
communication à l'Académie de chirurgie. Cette assemblée reçut également un 
mémoire de Deleurye, qui observa raccidenl en 1760, 1767 et 1781. 



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4 MEMOIRES ET OBSERVATIONS. 

Waulers, de Werieren (en Flandre), publia en <781 dans le tome LV de 
Vancien Journal de médecine, etc. (p. 323j, une observation intitulée : Sup- 
pression d'urine causée par le renversement de la matrice et que voici transcrite 
avec la suscription qui lui convient. 

Obs. VIII. — Deux avortements causés probablement par des rétroversions 
méconnues; nouveau déplacement au troisième mois d'une grossesse suivante; 
réduction par le procédé mixte; guérison, par Wauters, médecin à Wetleren 
(Flandre). -- L'épouse Bogaert, âgée de 35 ans, d'un tempérament sanguin, 
sujette à une descente de matrice, était enceinte de trois mois environ lors- 
qu'elle fut atteinte d*une suppression complète d*urine, de fréquentes envies 
d'uriner, de douleurs intermittentes très- vives, d'impossibilité d'aller à la selle 
et de mal au dos. Ces accidents s'étaient déjà présentés aux deux grossesses 
précédentes et s'étaient terminés par l'avortement. Celte fois dès le second jour, 
le 6 mai 1780, M. le docteur Waulers fut appelé, mais il méconnut ô ce mo- 
ment la cause et se contenta de faire une saignée. 

Le lendemain, tout étant dans le même état, ce praticien voulut sonder, mais 
rencontrant un obstacle, il introduisit son doigt dans le vagin et trouva que le 
col de la matrice étant fort descendu, comprimait fortement l'urèlhre contre la 
symphyse pubienne et que Vosculum utéri regardait obliquement Texlrémilé 
inférieure de la même symphyse ; il s'aperçut d'une grande obliquité de la ma- 
trice, qu'il tâcha de redresser en la poussant par ta partie postérieure du vagin ; 
n'y pouvant ainsi parvenir, il mit son index dans l'anus où il put constater que 
le rectum était comprimé et aplati contre le sacrum et le coccyx par le fond 
de la matrice : il poussa donc ce fond obliquement en haut vers le nombril ; 
lorsque le fond fut un peu avancé, en continuant à pousser, il tourna en même 
temps l'orifice de la matrice doucement en arrière; de cette façon la matrice 
fut redressée. Pendant cette manœuvre, l'urine s'écoula spontanément, et la 
sonde en retira encore quatre pintes. La vessie avait perdu son ressort et il 
l'allut continuer à sonder jusqu'au 26, époque a laquelle la femme Bogaert a 
commencé à uriner seule. Pendant ce temps, elle resta au lit, le plus possible 
sur le dos ; on entretint la liberté du ventre et on donna des toniques ; la matrice 
descendait encore plus ou moins quand la femme faisait des mouvements ou 
des efforts, mais ne se courbait plus en arrière : M. Wauters alors la repous- 
sait à sa place. 

Le 12 novembre, la malade a accouché heureusement d'une fille très-bien 
portante. 

Celte observation donna lieu aux Réflexions de Segrétain, de Laval, qui paru- 
rent dans le même journal, tome LVIII, 1782. Cet auteur critiquait non-seule- 
ment les mots de renversement ôe la matrice et de suppression d'urine, qu'il 
remplaçait par cei)x plus exacts de déviation et rétention, mais aussi le mode 
de traitement; il insistait spécialement sur la position sur les genoux et les 
coudes qu'on aurait dii donner à la femme Bogaert. 

L'année suivante, en 4783, tomeLIX. Desgranges, de Lyon, répondit à Se- 
grëlain, prit la défense de Wauters et publia une observation nouvelle qui est 



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MÉMOIRES ET OBSERVATIONS. 5 

un bel exemple de rétroversion subite par cause directe ; en voici un résumé 
exact. 

Obs. IX. — Rétroversion d trois mois et demi de grossesse; réduction par 
le vagin; emploi d'un pessaire après la réduction ; guérison, par Desgranges, 
de Lyon. - Une blanchisseuse d*un tempérament robuste et sanguin, enceinte 
pour la première fois de trois mois et demi, porta sous son bras, un chaudron 
très-lourd rempli de linges mouillés et Tappuya fortement sur son ventre en 
voulant le passer sous l'autre bras. Elle s*aperçut dès ce moment d'un dérange- 
ment dans son corps, ses mouvements en devinrent gênés et elle commença à 
éprouver quelques difficultés pour uriner ; au bout de huit jours, ta rétention 
d'urine fut complète; Turine alors s'écoutait quelque peu par regorgement et la 
vessie formait fî l'hypogastre une tumeur volumineuse et sensible; ta malade 
souffrait dans toutes les positions, mais surtout couchée; douleurs aux lombes, 
aux hanches, aux atnes, constipation opiniâtre. Le museau de tanche appuyait 
contre l'urètre à sa naissance et ne permettait l'issue d'un peu d'urine qu'en 
se déplaçant par les variations d'attitude de ^a malade; le fond utérin était en 
arrière arc-bonté contre le rectum. 

La sonde retira deux pintes d'urine ; la réduction fut fait ensuite, mais non 
sans peine, en soulevant doucement le fond utérin en haut par une pression 
exercée sur la paroi postérieure du vagin. 

Desgranges fit alors mettre la malade sur le côté, les genoux plies et le tronc 
pour ainsi dire infléchi sur les cuisses; il plaça un pessaire qui ne tarda pas a 
devenir inutile. La grossesse arriva heureusement à ferme. 

Avec celte observation, Desgranges donna un résumé excessivement exact 
des symptômes propres à Pantéversion et à la rétroversion, de leurs causes et 
du traitement qui leur convient. Il proposa d'appeler ces déviations : position 
horizontale de la matrice d'avant en arrière ou rétroversion et position hori- 
zontale d'arrière en avant ou antéversion; couchée (cubalio) serait le terme 
générique et redressement le rétablissement dans la position normale. 

En 1784, le tome LXI du même journal contint de nouvelles réflexions de 
Segrétain, tendant de nouveau à mettre en doute le renversement en arrière de 
l'utérus gravide. Il y avait de plus une observation nouvelle de rétroversion due 
à Vandorpe, de Courtrai^ dans laquelle on voit que les réflexions de Segrétain 
et le travail de Desgranges avaient porté leurs fruits. Voici ce cas observé par 
notre compatriote et intéressant à plus d'un titre. 

Obs. X. — Rétroversion subite à trois mois et demi de grossesse ; réduction 
difficile par le rectum, aidée par la position sur les genoux et les coudes; 
guérison^ par Vandorpe, de Courtrai (Flandre). — Le 9 mai i783, M. Van- 
dorpe fut appelé à Dotigny, village éloigné de deux lieues de Courtrai, pour une 
femme qui était au quatrième mois de sa grossesse et avait depuis dix-huit à 
vingt jours, une rétention incomplète d'urine, survenue à la suite de quelques 
travaux forcés. En tirant de IVau d'un puits, elle sentit un changement dans la 
manière de rendre ses urines, une pesanteur sur lé rectum, des douleurs 



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6 MÉMOlttES ET OBSERVATIONS. 

sourdes au bas-ventre, aux lombes, dans la région des lies ; au bout de trois 
jours^ la malade ne rendit plus d*urine, les douleurs devinrent très-fortes; les 
envies d'uriner et d^aller à la selle furent Irès-pressanles sans pouvoir y satis- 
faire; la région de la vessie se gonfla prodigieusement, alors un simple change- 
ment d^atlitude, le plus léger mouvement, et surtout le moindre effort qui ten- 
dait à comprimer la vessie faisaient couler les urines par regorgement. 

Le chirurgien constata que la région de la vessie formait une espèce de ballon 
assez dur qui s'élevait de deux travers de doigt au-dessus de l'ombilic; la réten- 
tion d'urine était évidente; mais n'ayant pas de sonde, il porta un doigt dans 
le vagin, trouva une espèce de vide du côté du pubis et sentit un corps dur qui 
remplissait la cavité du vagin : en le comprimant, les urines coulèrent en assez 
grande quantité. Vos tincœ était placé très-haut derrière les pubis. 

Le lendemain, l'état était le même et la vessie encore très-tendue, M. Van- 
dorpe fit rendre de nouveau beaucoup d'urine, puis essaya de repousser le fond 
de la matrice. N'ayant pu réussir, il fit mettre la malade sur les genoux et les 
coudes (attitude recommandée par M. Segrétain), la tète beaucoup plus basse 
que le bassin. Il porta son doigt dans Tanus et s'en servit pour essayer de 
refouler le fond utérin logé et comprimé dans la courbure sacrée : il l'éleva 
sensiblement et constata par le vagin que le col était abaissé, mais la résistance 
étant très-grande, il passa une serviette pliée en triangle sous le bassin de la 
patiente (placée toujours dans la même attitude); le mari prit les deux chefs de 
cette bande pour élever le bassin afin de refouler les viscères abdominaux vers 
la poitrine. Le chirurgien reporta un doigt dans la même direction et parvint 
enfin à faire franchir a la matrice h résistance que lui opposait la saillie du 
promontoire. Aussitôt la femme sentit un mouvement, comme quelque chose se 
retourner dans son bas- ventre. Dès lors la matrice fut trouvée en place, et un 
pessaireen cuvetle fut placé dans le vagin pour la maintenir. Des fomentations 
toniques et résolutives furent faites sur la région hypogaslrique et la vessie 
reprit très bien son ressort. 

Trois jours après la femme eut quelques accidents nerveux qui furent conjurés 
par la liqueur d'Hoffman et le laudanum continués pendant deux à trois jours. 

Dans la ntéme année 1784, le frère de Baudelocque prit pour thèse De la 
rétroversion de rutérus pendant la grossesse L'Académie de Paris mit alors la 
question au concours et couronna en 178!i, le mémoire de Desgranges, de Lyon, 
qui n'a pas été publié mais dont la grande valeur peut être pressentie par 
Texcellence du travail qu'il avait déjà fait paraître deux ans auparavant. 

On voit par tout ce qui précède que, si la nature de l'accident paraît avoir 
été bien déterminée en Allemagne d'abord, c'est au cours do Grégoire qu'on 
doit en rapporter la prerûière description dogmatique et que le mérite de la 
vulgarisation revient non-seulement à Hunier mais encore à plusieurs chirur- 
giens français et belges et à la sollicitude éclairée de l'Académie de médecine 
de Paris. 

C^eslle praticien anglais qui donna le premier le nom de rétroversion au dé- 
placement en arrière du fond de l'utérus. 



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MÉMOIRES ET OBSERVATIONS. 7 

Différents Ira vaux siir le même sujol pariirenl vers celle époque : 

1. Saxlroph. Sur larétroflexion utérvie {societatis medicœ Hawniensis col- 
Itetanea^ tome II, 1775). 

2. Cuypers. Diss, de retroversione uteri firavidL Lugduni Batavorum, 1777. 
5. Ignalins Wllczek. Dissertatio de utero retroflexo morbo gravidis perni- 

ciosissimo, Prague^ 1777. 

4. Wall. Dissertatio de uteri gravidi retroversione, Haloe, 1782. 

5. Baumgartner. Dissertatio de utero retroverso. Argentorati, 1785. 
<>. Coekwell (W.). Essai sur la rétroversion de l'utérus. Londres, 1785. 

7. Gruner. De utero retroverso. léna, 1787. 

8. Gill. Dissertatio de ista hernia uterinœ specie^ quœ retroversio uteri vulgo 
dicitur. Edimburgi, 1787. 

^ 9. Frédéric Jahn. De utero retroverso. léna, 1787. 

j 10. Melitich. Dissertation sur la rétroversion de la matrice. Prague, 1790. 

! 11. Murray. Dissertatio {in uteri retroversionem animadversiones), Upsaloe, 

1797. 

1â. Lindblad. Animadversiones-in uteri retroversionem. Upsaloe, 1797. 

18. Herscheek. Dissertatio de utero retroverso. Halse, 1799. 

14. Verlmann. Dissertatio de uteri gravidi retroversione. Gœttiogœ, 1799. 
y Moeller {De Pronatione uteri post partum, Marb, 1803), dit encore recli- 

natio uteri opposé à pronatio qui désigne Tantéversion. 

Outre celles que nous avons rapportées plus haut, plusieurs observations 
furent publiées en Angleterre, par Johnson (1769/; Hooper, Bird, Gartshoreet 
Wilmer (1779); en Ecosse, par Evans, Swan et Purcell; en Allemagne, par 
Plencke (1775); Kalzenberger (1779); Rogert (1779); Willich (1779); et 
Schoeffer (1784); dans les Pays-Bas, par Waller Van Doeveren, de Gronîngue 
(1765); en France, dans l'ancien Journal de médecine, par Desgranges, 
tome LXVI, p. 65 ; par Dussaussois, tome LXVIII, p. 55 ; par Vermandois, 
tome LXXXVIIÏ, p. 285 ; par Crofl, tome LXXXVIÏI, p. 54. 

Depuis le commencement de ce siècle, une série de thèses ont été écrites sur 
la rétroversion de Tutérus gravide et quelques mémoires ont été publiés sur le 
même sujet; la plupart des traités d'accouchements et des ouvrages qui s'occu- 
pent des maladies des femmes enceintes, lui consacrent une place importante; 
enfin les recueils périodiques ont rapporté d'assez nombreuses observations de 
ce déplacement, dont quelques-unes sont consignées dans ce travail. 

En 1844, Lacroix eut, comme sujet de thèse pour le concours d'agrégation : 
De tantéversion et de la rétroversion de l'utérus^ et en 1j865, M. Salmon, dans 
les mêmes circonstances, traita exclusivement de la rétroversion de l'utérus 
pendant la grossesse. En 1859, l'Académie de médecine de Paris donna la rétro- 
version de Tutérus pendant la grossesse pour sujet du prix Capuron,et couronna 
le mémoire d*l£lleaume. On doit s'étonner grandement de voir combien ce der- 



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8 MÉMOIRES ET OBSERVATIONS. 

nier ouvrage, publié en 1860 et assez complet, a eu peu de retentisscmenl. En 
effet, M. I^almon, trois ans après, parlant dans son travail du concours établi 
en 1859 par TAcadémie, prétend à tort que des mentions honorables ont seule- 
ment éiè données à des travaux qu*il n'a pas trouvés publiés. De plus de toutes 
les Ihèses qui ont paru depuis cette époque, aucune ne cite le livre d'Elleaume, 
pas même celle de M. Curie (1869) qui donne cependant un index bibliogra- 
phique des plus complets. 

J'ai fait une mention séparée pour les mémoires de Lacroix, d'Elleaurae et de 
Salmon, parce qu*ils sont les plus importants, on pourrait même dire les seir 
importants : celui de M. Salmon est de beaucoup le plus remarquable. Je dots 
cependant ajouter qu'au point de vue clinique, le mémoire de Martin Jeune, de 
Lyon, présente le plus grand intérêt, car il ne contient pas moins de vingt-d jx 
cas de rétroversion, la plupart observés par lui-même : douze cas pendant la 
grossesse; deux, après un avortement ou un accouchement; huit, avec une ma- 
ladie de la matrice ou d'une annexe. 

Voici maintenant la liste chronologique des travaux principaux, qui ont étt 
publiés, depuis le commencement de ce siècle, sur la rétroversion de Tutérus 
pendant la grossesse : 

I. Antéversion et rétroversion de la matrice^ par Destrées; thèse de docto- 
rat. Paris, 1806 (11 floréal an XI), n« 252. 

* â. Baysselance, Dissertation sur le renversement de la matrice, Paris^ 1806 
(12 floréal an XI). n» 253. 

3. Corlamberl (R.). Déplacements de l'utérus et de ses dépendances, Paris, 
1806 (16 messidor an XI), n» 308. 

4. Rétroversion de la matrice^ par France; thèse de doctorat. Paris, 1806, 
n«76. 

5. A dissertation on the rétroversion ofthewomb, by Merriinan, S. Lon- 
dres, 1810. 

6. De relroversione uteri, auctor Buezinski. Vilnae, 1811 . 

7. Déplacement de la matrice pendant la grossesse et la suite de l'accouche- 
menty par Vidal; thèse de doctorat. Paris, 1815, n*» 246. 

8. Rétroversion de Vutérus^ par Gougis ; thèse de doctorat. Paris, 1817, 
n» 26. 

9. Mémoire sur la rétroversion de l'utérus^ par JBellanger, in Revue médi- 
cale de PariSi 1824. 

10. Dreier, Soach, Lund. De retroversione utéri, Haoniae, 1826. 

II. De la rétroversion, par Bazin; in Annales de physiologie et d'anato- 
mie, 1827. 

12. Rétroversion de V utérus, par Quélier ; thèse de doctorat. Paris, 1828. 
15. Mémoire sur la rétroversion de l'utérus^ par Parent (de Beaune); in 
Gazette médicale de Paris. 1852. 



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MÉMOIRES ET OBSERVATIONS. 9 

14. Mémoire de médecine et de chirurgie pratiqueSy par Martin jeune 
(de Lyon). Paris, 1835. 

ib. Mémoire sur la rétroversion de Ciitérus dans l^ état de grossesse, par 
Amussat; in Journal de chirurgie de Malgaigne. 1845, t. I. 

16. De Caniéversion et de la rétroversion de rulérus, par Edouard Lacroix. 
Paris, 1844. 

17. Des déplacements de Vutérus et spécialement de tantéversion et de la 
rétroversion, par Quioc ; thèse de doctoral. Paris, 1848, ii« 150. 

^Iii18. De la rétroversion de la matrice pendant la grossesse ; observation et 
réflexions, par M. Garin, médecin de l'hôtel-Dieu de Lyon ; in Gazette médicale 
di Lyon. I8âl. 

<4d. De quelques déviations utérines j principalement de l*antéversion et de 
lavétrùvetsion, par Eslèbes; thèse de doctorat. Paris, 1833, n*» âiiO. 

20. Raiïisbolham. Rétroversion de la matrice chez les femmes enceintes. 
Med, timesand Gaz. 1853. 

* 21. Observations sur [a rétroversion de l'utérus, par M. le docteur Priou 
(de Nantes). Acad. demèd. de Paris, 30 août 1853. 

22* Ruchènmeister. Sur. la rétroversion de la matrice dans l'état de gros-^ 
sesse avec inflexion du col. Wiener, i/^rf. Wochenschr., 1854. 

23. Busch. Rétroversion M^m/ie; Geschlechls Leben des Weibs, t. lïL 

24. De la rétroversion de la matrice dans l'état de grossesscy par l.e doc- 
leur Martin (dé Tonneins). Gaz. des hôpit., 1857. 

25. De la rétroversion de l'utérus, par Eug. Godfroy; thèse de doctoral. 
Paris, 1858, n« 86. 

26. De la rétrot)ersion de l'utérus dans Cétat de grossesse, par Négrier 
(d'Angers); in Gazette médicale de Paris, 1859. 

27. Graves. Rétroversion de l'utérus pendant le travail. Britisch med. jour- 
nal, 1859. 

28. De la rétroversion utérine dans l'état de grossesse, par Etleaume. 
Paris, 1860. 

29. Tyler Smith. Recherches sur l'exactitude de la doctrine de Hunter sur 
la rétroversion de Vutérus gravide. Transact. of the obstetr. sociéty of Lon- 
don, 1861. 

30. De la rétroversion de l'utérus du troisième au cinquième mois de la 
grossesse, par le docteur Godefroy, professeur d*accouchèments à Rennes; in 
Revue de thérapeutique m édico -chirurgicale, 1861. 

51. De la rétroversion utérine pendant la grossesse, par Cottigny; thèse 
de doctorat. Paris 1862, n« 174. 

^2, Rétroversion de Vutérus pendant la grossesse, par Alpti. Salmon 
(de Chartres); thèse d'agrégation. Paris, 1863. 
' 33. Dickie. Cas de rétroversion de Vutérus gravide. Edimb. med. J ,18(13. 



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iO MÉMOIRES ET OBSERVATIONS. 

54. Hardy. Trois cas de rétroversion de l'utérus. Trans. of obslet. sociély 
of London, t. V. 

35. Des inclinaisons en arrière de l'utérus en état de gestation ^ par Villiers- 
Herluison ; ihèse de doclorat. Paris, 1867, n» 1 14. 

36. De la rétroversion de f utérus pendant la grossesse ^ par Quod ; thèse de 
docloraL Strasbourg, 1868, n» 98. 

37. De la rétroversion de l'utérus pendant la grossesse^ par Gailletet. Paris, 
1868, n» 134. 

38. De la rétroversion de l'utérus pendant la grossesse^ par Curie ; thèse 
de doctoral. Paris, 1869, n« 5. 

39. De la rétroversion de l'utérus gravide, par Herbet^ thèse de doctorat. 
Paris, 1872, n» 98. 

40. On retroflexion of ihe utérus as a fréquent cause of abortion^ by 
J. J. Philipps, assistant ohstelric physician to Guy\s Hospital and physician of 
the royal Malernity Gharity. London, 1872. 

4t. Cause de la rétroversion de l'utérus au moment de l'accouchemen t y pnr 
E. Porro ; in Gaz. med. ItaL Lombardia, n»» 9 et 10, 1874. 

42. Rétention d'urine produite par la retroflexion de Cutérus gravide, par 
M. Barnes; in TheLancet du 1" août 1874, II, p. 159. 

45. De la retroflexion de l'utérus gravide^ par M. Puech; in Gaz. obslét, de 
Pam du 20 août 1874. 

44. Seize cas de rétroversion et retroflexion de l^utérus gravide, par 
E. Martin, à la Société Gynécol. de Berlin, 17 février 1874. {Berlin Klin. Wo- 
chens, 1874, n» 22, p. 264). 

45. De la rétroversion utérine pendant la grossesse, au point de vue du 
traitement, par De France; thèse de doctorat. Paris, 1874, n» 237. 

46. Noie sur un cas de rétroversion utérine puerpérale, par le docteur 
Bailly, in Arch. de Tocologie de décembre 1874. 

47. Rétroversion de l'utérus gravide; observation remarquable suivie de 
réflexions, par le docteur Bernutz ; in Arch. de Tocologie de janvier 1875. 

48. Sur le prolapsus et la rétroversion de l'utérus, envisagés comme dépla- 
. céments alternatifs dans le cours de la grossesse, par Imiach. (Èdimburg 

méd. /owrw. Avril, 1875, p. 894.) 

49. Rétroversion de l'utérus gravide, par Ghambers. (Trans. of the Obsté- 
trical Soc. of London, vol. XVI, p. 181 , 1875.) 

50. Cas de rétroversion de l'utérus gravide^ par Simon et par Gervis. 
{Trans. of the Obstétrical Soc, of London, vol. XVI, pp. 232, 25i et suiv.) 

51. Trois cas de rétention d'urine en rapport avec la rétroversion de 
l'utérus gravide, par Hamon. (Revue de thérapeutique, du 15 juillet 1875.) 

Les traités d'accouchement qui consacrent un chapitre plus ou moins impor- 
tant à la rétroversion de Tutérus gravide sont ceux de Deuman (1802), May- 



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MÉMOIRES £T OBSERVATIONS. M 

grier(l8i4), Bau(lelocque(i8i5), Gardien (1816), Bomn(i8t7),Dugés (1827), 
Moreau (1838), Burns (1839), Chailiy (184'2), Jacqueinier (1846), Vaust 
(1846), Nœgcle (1857), Cazcaux (1858), Scanzoni (1859), Joutin (1866), Hyer- 
riaux (1866), Hubert (1869), Saboia (1873), Pénard (1874), Schrôder (1875). 

On pourra lire.aiissi des articles de plus ou moins grande valeur dans le Dic- 
tionnaire en 60 volumes (t. 48, art. Rétroversion^ 1820); dans Tabrégé de ce 
dictionnaire (t. 9, art. Hystéroloxie, 1825) ; dans le Dictionnaire de médecine^ 
en 21 volumes (t. 21, art. Utérus^ 1828); dans le Dictionnaire de médecine 
et de chirurgie pratiques d'Andral, Begin, etc. (art. Rétroversion) ; dans celui 
qui porte le même titre de M. Jaccoud (t. 17, art. Grossesse^ 1873): dans les 
traités des maladies des femmes de Capuron (1817), Boivin et Dugès (1833), 
Cburchill (1865), Gourty (1866), etc.; dans les manuels de médecine opéra- 
toire de Sabatier (1824), de Velpeau (1840), de Malgaigne (1842), etc. (1). 

Enfin tout récemment M. Barnes, dans ses Leçons sur les opérations obsté-- 
tricales{\Slù), et M. Depaul, dans ses Leçons de clinique obstétricale (1872-74), 
sont venus apporter à Tétude de ce sujet le large tribut de leur longue et 
sa.vante expérience. (La suite au prochain no.) 



ËTUDE CLINIQUE ET EXPÉRIMENTALE SUR l'ÉTRANGLEMENT HERNIAIRE ET EN PAR- 
TICULIER SUR l'action des gaz DANS LA PRODUCTION DE CET ACCIDENT ; par le 

docteur Motte, de Dinant {Belgique), — Mémoire auquel la Société de Chi- 
rurgie de Paris a accordé une récompense de 300 /r. au concours du prix 
Laborie (1873). (Suite. — Voir notre cahier de juin, page 522.) 

DEUXIÈME PARTIE. 

Ces expériences comportent plusieurs enseignements que nous essayerons de 
dégager des nombreux détails qu'elles renferment. Au préalable, nous groupe- 
rons ces détails en faisceaux séparés afin d*'en faire mieux saisir la significa- 
tion. Nos conclusions pratiques viendront après. 

Dans un premier chapitre^ nous nous occuperons des modifications fonc- 
tioi>nelles multiples qu'auront subies les anses intestinales soumises à Texpé- 
rimentation ; dans un second^ nous passerons en revue les lésions anatomiques 
qui surviennent par le fait de la constriction. 

Des conclusions générales termineront le travail. 

CHAPITRE PREMIER. 

Etant donnée une ouverture plus ou moins large pratiquée aux parois abdo- 
minales d'un chien, quellf est la série des phénomènes physiologiques qu'il 
nous sera donné d'observer et quelles sont les déductions que nous pourrons 
légitimement en tirer? 

(1) Les dates sont celles des éditions consultées. 



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42 MÊAIOIRES ET OBSERVATIONS. 

Sortie de Tîntettiii à travers U plaie. Il est aplati ou distendu. Répartitîou des giis 
dans la cavité abdominale. 

A. — Constatons d*abord que, malgré les cris de Tanimai et ses efforts de 
résistance ; malgré la liberté plus ou moins complète et la largeur relative- 
ment considérable de Tanneau^ il pourra arriver, en certains cas, que .les 
anses intestinales restent emprisonnées dans Tintérieur 'de la cavité de Tab- 
domen. Sur les trente et une expériences que nous analysons, nous devrons 
en écarter sept, (les 19% 20% 21% 22«, 23% 38« et 2p«) dans lesquelles nous 
h*avons pas étudié le jeu des anses vis-à-vis des anneaux ouverts devant elles; 
il nous en restera donc vingt-quatre où cet examen a eu lieu. Sur ce nombre, 
il y en a quinze où rinleslin n*a fait aucune irruption au dehors; mais sur 
ces quinze cas, nous en trouvons encore trois, (les 1*' 4« et 6«),dans lesquelles 
les animaux ne réagissent nullement et où le défaut de contraction expli- 
que rimmobilité de la masse viscérale. Nous n*auroBS donc plus que 
douze cas dans lesquels les contractions des parois n*ont eu aucune influence 
sur les mouvements des anses, que nous retrouverons constamment en arrière 
de Torifice, malgré des efforts parfois considérables. Toutefois ce défaut de 
propulsion n'est pas absolument [invariable; ainsi, dans la treizième expé- 
rience, à chaque inspiration, une tumeur arrondie fait saillie entre les lèvres 
delà plaie: c'est Tépiploon; les viscères sont refoulés profondément; une 
anse, dilatée par des gaz, est amenée contre Panneau; une compression sou- 
tenue des parois fait avancer celte portion d'intestin à travers l'oriGce que 
l'introduction du doigt tend encore à rétrécir. Dans la onzième, l'épiploon 
fait issue; mais malgré d'énergiques efforts, je ne vois pas saillir l'intestin. 
J*écarle romentum et tout aussitôt une anse distendue par des gaz et des 
matières solides fait irruption au dehors. Dans la septième, le péritoine se 
développe en ampoule sous les efforts de j'animai; mais tes anses restent en 
dedans de la cavité. La séreuse n'est'pas sitôt ouverte qu'une anse épanouie 
se précipite à travers l'anneau. Dans la dix-septième, il se produit encore un 
phénomène analogue; l'intestin apparaît à Touv^Tture sans pouvoir la franchir 
et combler le sac. Celui-ci une fois ouvert, Tanneau donne accès à une anse 
légèrement tombée par les gaz intestinaux. Enfin dans la quatorzième, Tépi- 
ploon se présente ; je le refoule et une anse aplatie prend sa place. 

Il serait assez difficile de donner une explication quelque peu plausible 
de ce curieux phénomène qui consiste à permettre au péritoine de venir former 
sac en dehors de l'anneau, sans être eu même temps comblé à cet endroit par 
l'une ou l'autre portion de l'épiploon ou de l'intestin ; à moins de supposer que 
la cavité péritonéale contint une certaine quantité de gaz qui se serait inter- 
posée entre le feuillet sacculaire et la masse des viscères abdominaux. 

Au point de vue de la composition de la hernie, voici ce que nous avons 
trouvé dans les neuf-expériences qui nous restent à examiner, et où l'anneau 



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MÉMOIRES ET OBSERVATIONS. 15 

a été franchi iinisédiatemer)t après Touverlure de TabdomeD. Tantôt l'intestin 
est seul (3«, 9«, 15% 16% 30*el5l«), tantôt il est accompagné de Tépiploon 
(10% 12% 26«); lanlôt il est vide, aplati (M«, 15% 16% 24^), ou distendu» par 
les gaz (3% 9% 10% 30«, 3i«). 

Il serait peut-être permis de considérer la présence de Tépiploon à Touver- 
ture comme Tobstacle essentiel à la sortie de l^intestin, en certains cas, puis- 
qu'il a suffi de refouler cette toile graisseuse pour voir à Tinslant l'anneau 
franchi par l'une des anses du voisinage. D^autres fois pourtant cette cause'n'a 
pu être invoquée, par exemple, dans les expériences 13' et 18*. 

Nous avons vu dans la 7« et 17«, l'ampoule péritonéale foniier elle-même la 
hernie et empêcher la sortie de l'iniestin ; nous répéterons qu'il serait difficile 
d'interpréter cette particularité. — Six fois l'épiploon s'est présenté seul; 
trois fois il était accompagné d'une anse intestinale. 

La présence ou l'absence des gaz dans les anses du voisinage de l'orifice, ont- 
elles de l'influence sur l'issue du viscère? Nous avons vu, à ce point de vue, se 
répartir, comme suit, un premier groupe de douze expériences, comprenant 
celles où rintestin est resté réfraclaire aux contractions des parois abdotiii- 
oales : six cas où l'intestin était vide de gaz; quatre autres, dans lesquels il 
suffit d'écarter l'épiploon, obstruant l'anneau, ou de déchirer le sac péritonéal, 
pour voir aussitôt saillir le. viscère distendu par les gaz (trois fois), ou aplati 
(une fois). Restent enfin deux expériences : la première, dans laquelle une 
anse est amenée au dehors, vide, il est vrai, mais dont l'épanouissement se 
fait si promptement qu'il faut bien supposer que les gaz occupaient l'un de ses 
deu3^ bouts; la deuxième qui offre cette particularité qu'une anse dilatée, ayant 
été attirée hors de Tabdomen, une autre anse se remarque bientôt au niveau 
du pédicule. Néanmoins, malgré de violents efforts, ces portions du tube Intes- 
tinal ne changent ni de volume ni de rapports. Si nous analysons ensuite les 
neuf expériences qui nous ont montré le viscère s'échapper aussitôt que l'ab- 
domen a été ouvert, nous en trouvons quatre où l'anse est vide et cinq ou elle 
est distendue par des gaz. 

Le tableau synoptique suivant nous fera mieux saisir l'ensemble de ces don- 
nées et leurs rapports. 

Nombre d'expériences dans lesquelles le rôle des gaz a été étudié relativement è la sortie plus ou 

moins facile des anses intestinales. 

21 

Anses restées dans la cavité abdominale. Anses sorties de la cavité abdominale. 

12 9 

Anses dont la sortie est empêchée par l*iépiploon ou le sac : 
Distendues. Vide. Anses vides. Anses vides. Anses distendues. 
3 16 4 5 

Anses mixtes attirées au dehors : 

Distendue et accompagnée d*une autre anse, au 
Vide, mais épanoui aussitôt sa sortie. niveau de son pédicule, ne cédant ni Pane ni 

Tautre aux efforts. 

1 1 



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1 4 MÉMOIRES ET OBSERVATIONS. 

B. — G'esi au milieu des manœuvres, nécessitées par la huitième expérience, 
que nous avons eu la pensée d'étudier le mode de répartition des gaz dans la 
cavité de Tabdomen. Nous avions remarqué précédemment que, malgré les 
contractions violentes et la compression des parois du ventre, il arrivait par- 
fois que les anses herniées restaient aplaties; nous savons déjà que le même 
fait s'est présenté, plus d'une fois, dans les expériences suivantes. Or, si 
l'intestin ne contient pas de gaj: au moment où on le met à nu ou tout au moins, 
s'if n'en contient qu'une minime quantité et à une grande distance de la région 
explorée, évidemment l'anse soumise à l'examen restera vide, quoiqu'on fasse. 
Ce sont ces conditions de quantité et de répartition que nous avons vérifiées 
directement en étalant successivement toute la masse de l'intestin grêle. 

Dans la huitième <'xpérience, l'anse reste aplatie et les gaz font défaut 
partout, sauf à- l'extrémité inférieure du canal, dans une longueur de trente 
centimètres. Ici, comme dans les autres cas, le gros intestin n'a guère pu être 
examiné à cause de sa mobilité moins grande et parce que le petit intestin, 
sortant presque toujours assez rapidement après l'ouverture de Tabdomen, il 
devenait par là même de plus en plus difficile d'attirer l'une ou l'autre partie 
du colon. Au surplus, comme c'est presque toujours l'intestin grêle qui entre 
dans la composition des hernies, il était sans doute plus intéressant de fixer 
son attention spécialement sur ce viscère. 

Nous avons déjà dit que ces gaz, rassemblés au voisinage du cœcum, ne 
pouvaient y avoir été refoulés par la manœuvre qui consiste à attirer l'intestin 
à travers une ouverture trop étroite, puisqu'au-delà du point dilaté, nous 
trouvions une autre portion du canal complètement vide, comme était d'ailleurs 
l'extrémité supérieure. Cette remarque peut s'appliquer à la plupart des expé- 
riences que nous sommes actuellement occupé à analyser. 

Dans la neuvième, une anse, trèsdistendue par des gaz, fait issue au dehors ; 
tout le reste de Tinstestin ne contient que des matières liquides, en petite 
quantité; et de même que dans l'expérience précédente, ce n'est qu'au bout du 
caoal que nous constatons l'existence d'une dilatation gazeuse (50 centimètres 
d'intestin environ). 

Même résultat pour la dixème (anse herniée dilatée, gaz accumulés à la fin 
de l'intestin grêle). 

Dans la onzième, l'anse ainsi que quelques centimètres de la portion dé 
l'intestin qui la touche, sont les seuls points ou je constate la présence 
des gaz. 

Dans la douzième, le cœcum seul en contient ; il n'en existe pas dans le petit 
intestin. 

Dans la treizième, 25 centimètres de l'extrémité inférieure de l'intestin grêle 
en sont seuls pourvus. 

Dans la quatorzième, à peu près même quantité et même distribution. 



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MÉMOIRES EX OBSERVATIONS. 15 

Dans la quinzième, rien à noter à cet égard, pour une masse considérable 
d'anses précipitées au dehors. 

Dans la seizième, il n*y a de gaz, en quantité appréciable dans aucune por- 
tion de l'intestin grêle. 

Dans la dix-septième, Tanse sortie, dénoie seule la présence des gaz. 

Enfin dans la vingt-cinquième, le doigt^ introduit au fond de la cavité abdo- 
minale, sent partout les anses aplaties; toutefois, comme je n'ai pas déployé 
rintestin, je ne puis affirmer qu'elles ne renfermaient que des matières 
liquides. 

A première vue, il semblerait qu'il n'y a qu'à agir par compression sur les 
anses intestinales pour les forcer à s'échapper à travers les ouvertures artifi- 
cielles pratiquées aux parois de Tabdomên. Nous venons de voir que cette 
sortie n'est pas aussi facile qu'on serait tenté de le supposer. Il y a plus : 
Quand l'intestin fait hernie, il est loin d*étre toujours disiendu par de» gaz et 
il sort aplati quatre fois sur neuf. Cette absence plus ou moins absolue des gaz 
pourra paraître singulière et, pour notre compte, nous avouons que ce résultat 
nous a quelque peu surpris, en présence des données que nous fournissent les 
auteurs sur ce point de physiologie. Ils nous indiquent d'une manière assez 
précise la composition générale de ces gaz, selon les différentes portions du 
canal : l'oxygène prédominant dans l'estonlac, l'acide carbonique dans l'intes- 
tin grêle, l'hydrogène sulfuré ou carboné, dans le gros intestin (1). En outre, 
au dire. de quelques-uns, « Tintestin contient toujours des gaz, même à l'état 
de santé » (2). c II est probable que ces gaz, que l'on rencontre constamment 
dans les intestins., sont le résultat de la décomposition de certaines parties du 
bol alimentaire, et même qu'à mesure que le bol alimentaire a éprouvé une 
plus grande altération, il se rencontre aussi plus de gaz » (5). Ces propositions 
sont loin de concorder avec les résultats de nos expériences. Nous avons trouvé, 
en effet une quantité relativement minime, et parfois complètement nulle de gaz 
chez onze des chiens que nous avons examinés, à ce sujet. Et pourtant, on ne 
pourrait guère arguer drs différences ànatomiques des espèces, car le chien 
doit se trouver, au point de vue de la composition du contenu intestinal, à peu 
près dans 1rs mêmes conditions que; l'homme lui-même dont il est le compagnon 
assidu et dont il partage chaque jour la nourriture. 

Nous avons tenu à contrôler, par l'observation clinique, les résultats consta- 
tés directement sur l'intestin de ces animaux. A cette fin, nous avons (examiné 
l'abdomen d'un grand nombre de personnes bien portantes ou atteintes de 
légères indispositions et nous avons pu, ainsi, faire de curieux rapprochements. 

(i) Chevrcul, cité par les auteurs du Compend. de méd.prat. , art. Pneumalose, p. 86. 

(2) Sprîng, Symptomatologie on traité dés accid. morbid,, t. I, p. 428. Bruxelles^ 
1866. 

(3) Joberl de Lambalie, Traité 4es mal. du canal intest, , 1. 1, p. 29. Paris, 1820. 



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16 MÉMOIRJBS ET ORSERVATIONS. 

Presque toujours la percussion nous a prouvé que les gaz son^ surtout accu- 
mulés dans le colon ascendant et transverse et sont très-rares dans la masse 
de l'intestîn grêle. Il est probable que lorsqu*ils sont descendus dans TS iliaque, 
ils ne tardent pas à en être expulsés, ce qui fait que cette région ne donne 
généralement que de la matité. C'est surtout du côté des aines^ là où se pro* 
duisent habituellement les hernies que la sonorité fait le plus souvent défaut. 

Nous ne pourrions pas affirmer qu'il y eût des gaz dans les dernières por- 
tions du petit intestin; ce que nous pouvons dire, c'est que la percussion n*a 
pu nous renseigner d'une manière précise à cet égard. Si le viscère est habi- 
tuellement distendu par des gaz» à sa limite inférieure, Tanatomie nous 
apprend qu'il serait assez difficile de le constater ;en effet, avant de déboucher 
dans lecoécum,- l'intestin grêle abandonne le pelotonnement qu'il avait affecté 
préfïédemment pour prendre, en se détachant de la masse, une direction trans- 
versale de gauche à droite. Or, la profondeur de sa situation à ce niveau et la 
petitesse relative de son calibre, comparées à celles du colon, empêchent d'ar- 
river à des données exactes au point de vue de son contenu. 

Depuis que nous nous occupons activement de cette importante question des 
hernies, nous avons été à niême de vérifier, en plus d'une circonstance,. com- 
bien est insuffisant le précepte donné par les auteurs de faire tousser le malade 
pour nous assurer de l'existence d'Une hernie; trop souvent il nous est arrivé, 
comme dans nos expériences^ de ne sentir bomber aucune tumeur, malgré 
d'énergiques efforts de la part du sujet ; et pourtant un examen ultérieur nous 
édifiait pleinement sur la réalité de l'infirmité que nous cherchions. Gela a lieu 
surtout quand la hernie est petite et qu'elle a à franchir un anneau étroit ou 
un trajet contourné. D'autres fois, au contraire, la moindre contraction fait 
sortir le viscère ; une simple inspiration l'amène au dehors, comme nous le 
verrons plus loin. Eu outre, dans un certain nombre de hernies, plus ou moins 
volumineuses, Il nous est arrivé de constater de la matité, là où il semblerait 
que les gaz eussent dû être accumulés. La rentrée, sans gargouillement, delà 
tumeur, nous confirmait dans dans notre première appréciation. Ce dernier 
fait est encore bien en rapport avec les résultats de nos expériences et des 
recherches cliniques relatées plus haut. 

Nous croyons donc avoir mis en lumière, jusqu'ici, ces deux faits impor- 
tants, dont l'un est en quelque sorte le corollaire de Taulre, à .savoir : 

i<> Que Tintesiin grêle, c'est-à-dire cette portion du canal qui entre ordi- 
iMiirement dans la composition des hernies contient moins de gaz qu'on ne le 
croit généralement; 

2" Que l'intestin peut assez fréquemment être poussé complètement vide^ 
à travers une ouverture étroite des parois abdominales. 



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MÉMOIRES ET OBSERVATIONS. 17 

Une fois sorties de la cavité abdominale, les anses vont nous présenter divers 
phénomènes que nous étudierons séparément. 

II. 

Sensibilité de l'intestin. — Turgescence des vaisseaux au contact de l'air. 

La sensibilité dont est doué le canal intestinal nous a paru se manifester de 
plusieurs façons différentes, dans quelques-unes de ces expériences. Tantôt 
Peffel est marqué par une contraction c\ts fibres de la musculeuse; tantôt, au 
contraire, les nerfs vaso-moteurs du viscère semblent frappés de paralysie, au 
seul contact de l'air ambiant. 

Premier cas. Dans la dix-huitième expérience, après que nous eûmes attiré 
au dehors la plus volumineuse des deux anses distendues en arrière de Pan- 
neau, celte portion d'intestin présenta, au niveau de ses deux bouts, un sillon 
manifeste dont il nous fut facile de saisir la nature. Ce sillon était dû à la 
contraction spasmodique des fibres circulaires de Tintestin. Il n'y avait là 
aucun amincissement des tuniques, et cette dépression disparut bientôt en ren- 
dant au canal son calibre normal. 

Dans la même expérience, en pratiquant le taxis, sur une anse pleine de gaz 
et après avoir rétréci l'anneau en y introduisant l'extrémité du doigt, nous 
constatons que ce n'est plus une zone étroite de fibres qui se contracte, mais 
bien la moitié de la longueur de cette anse^ qui se réduit ainsi en une corde 
d'un volume deux fois moindre que le volume primitif, et cela par la simple 
irritation produite par le contact des doigts. 

Dans l'expérience 27«, en forçant Tintestin à passer à travers une ouverture 
assez étroite, nous déterminons une contraction telle que le canal n'atteint 
plus que les dimensions d'une plume d'oie^ pour ne reprendre que quelques 
instants après son calibre ordinaire. L'intestin gagnait en dureté ce qu'il per- 
dait en volume. 

Les mêmes effets ont été signalés dans les 28® et 29« expériences. 

Ces contractions nous ont paru siéger exclusivement dans les fibres circu- 
laires, car la portion d'anse, ainsi modifiée, n'avait, apparemment du moins, 
rien perdu de sa longueur. 

Dans quelques autres expériences, il nous est arrivé de pincer les anses pour 
juger de leur degré de contractilité et nous provoquions, par là, des contractions 
circulaires, à ce niveau (expérience 17* par exemple). Toutefois, nous devons 
ajouter que, dans la plupart des manipulations auxquelles nous soumettions 
l'intestin, des phénomènes analogues à ceux que nous venons de signaler ont 
presque toujours fait défaut et nous ne remarquions rien desaillant à noter à 
cet égard. 

Deuxième cas. Dans quelques-unes de nos expériences, nous avons vu qu'à 
peine une portion plus ou moins considérable du tube digestif avait été étalée 



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18 MÉMOIRES ET OBSERVATIONS. 

au dehors, sa couleur, d'un blanc sale à la sortie, prenait bientôt une 
teinte hleuâlre^ en même temps que le volume des circonvolutions augmentait 
notablement par l'engorgement de leurs vaisseaux. Généralement, pourtant, 
Touverture qui leur avait donné issue était assez large pour permettre le jeu 
facile des bouts des anses amenées au jour; et s*il y avait le moindre doute . 
à cet égard, il ne resterait pas debout en présence des conditions exception- 
nelles réunies dans la 29« expérience. On dirait donc qu*en pareille occurrence, 
le seul contact de Tair joue un rôle pernicieux en paralysant les tuniques vas- 
culaires et en enrayant les contractions des plans, musculaires de Tinlestin. 
Par contre, il est arrivé que malgré Pétroiiesse de l'anneau, Panse et ses vais- 
seaux n*ont pas changé de volume (expérience 6^) ; résultat qui viendrait à 
Tappui de la proposition précédente, puisqu'un certain degré de constriction 
n\i pas suffi pour amener un afflux de sang plus considérable, tandis qu*en 
d'autres circonstances, un anneau relativement large a été accompagné d'une 
turgescence notable des mêmes parties. 

Cette influence nocive de l'air atmosphérique est donc bien établie, et, 
à preinière vue, les conséquences qui résultent d*un fait de cette nature, 
acquerraient un haut degré de gravité. En effet, si l'intestin ne peut impuné- 
ment être découvert, on en arrivera à proscrire l'ouverture du sac dans la 
kélotomie; dès lors aussi^ la méthode du taxis progressif s'armera de nouvelles 
ressources et ses partisans resteront plus que jamais convaincus des dangers 
de la kélotomie classique. Mais qu'on veuille bien le remarquer, cette déduc- 
tion est moins logique qu'elle ne parait, car les modifications subies par les 
vaisseaux des tuniques intestinales, toutes réelles et persistantes qu'elles soient, 
n'entraînent par elles-mêmes aucun trouble sérieux et n'amènent pas forcé- 
ment la péritonite. C'est ce qui résulte à l'évidence des curieux détails observés 
dans ta 51*> expérience. Il est du reste remarquable que ces animaux ont pres- 
que toujours survécu plus ou moins longtemps lorsqu'on n'avait pas lié les 
anses; la constriction par le fil ou tout autre lien paraissant agir d'une ma- 
nière plus nuisible que les anneaux pratiqués aux parois. Si nous rapprochons 
ce défaut de réaction de ce qu'on remarque dans certains cas d'éventration, 
sans lésions intestinales^ ainsi que de l'innocuité relative de l'ovariolomie^dans 
laquelles des circonvolutions plus ou moins longues, sont mises à nu, on sera 
bien forcé de conclure que l'ouverture du péritoine ne présente pas le danger 
qu'on lui attribue, pourvu que cette séreuse n'ait pas au préalable subi d'al- 
tération trop considérable. Ce serait donc, à vrai dire, les défenseurs de l'opé- 
ration hâtive qui auraient à bénéficier des résultats de l'expérimentation, 
puisqu'on ne pourrait plus désormais leur opposer l'objection qui forme la 
base de l'argumentation de leurs adversaires. 

{La tuite au prochain nwnéro.) 



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MÉMOIRES ET OBSERVATIONS. lî* 



De quelques accidents graves, souvent mortels, consécutifs aux grandes 
BRULURES; par le docteur Alphonse Bertherand, membre correspondant de 
la Société^ à Paris (I). 

Dupuylren, dont les leçons cliniques ont imprimé à l'étude chirurgicale des 
brûlures, le cachet de son génie investigateur et méthodique, rapporte à quatre 
chefs princ[paux : Virritalion^ Vinflamfnation, la suppuration, Vépuisement, 
les complication^ redoutables qui, à quatre périodes de plus en plus éloignées 
des ustions — trop étendues ou trop profondes pour ne déterminer que des 
accidents locâux — peuvent menacer la vie des malades. 

Si Ton réfléchit au nombre et à la nature des éléments anatomiques de la 
peau, organe merveilleux de fonctions aussi délicates qu'importantes — sensi- 
bilité, tact, exhalation, absorption, — on doit pressentir quel retentissement 
périlleux la compromission, sur une grande surface, de cet appareil éminem- 
ment nerveux et vasculaire, est susceptible d'apporter dans Tintégrité des phé- 
nomènes vitaux. 

Disons-le pourtant : au début de la pratique^ le jeune médecin, que n'ont 
point encore averti de douloureuses catastrophes, se laissera volontiers imposer 
par les apparences d'innocuité d'une large brûlure, dans ses phases initiales. 
En effet, des topiques appropriés, un pansement judicieux, réussissent d'ordi- 
naire à calmer la douleur, à modérer, à conjurer même les premières réactions 
et les inquiétudes qu'elles suscitent. J'ai cédé, comme beaucoup d'autres, en 
pareille occurrence, à l'espoir de mener A bonne fin des brûlures qui, respec- 
tant le péricrâne, les yeux, les parois splanchniques, les grandes articulations, 
(es parties principales du squelette, les gros vaisseaux, les nerfs volumineux, 
me paraissaient se soustraire à de fâcheux pronostics. Mais les accidents de 
toute sorte et les moins prévus se sont bientôt présentés à mon observation, 
si communs et si gravesL, que j'en suis venu à ne plus me prononcer en 
l'espèce. 

Je me bornerai à rapporter un seul fait à l'appui de cette réserve. 

Obs. I. — Un ouvrier-raffineur, d'ulie ville du Nord de la France, monte sur 
UD escabeau, mal assujetti, contre une vaste chaudière destinée à la fusion du 
sucre, qu'on y déverse en pains, par un mouvement de flexion du corps en 
avant, de l'intérieur d'une hotte attachée au dos du porteur. Il perd l'équilibre 
et tombe, le tronc emportant les jambes, les mains projetées instinctivement 
devant lui, dans un récipient de sirop en ébullition. L'homme, qui le suivait 
dans le travail, essaie de le saisir et de le tirer par les pieds qui dépassent le 
rebord de la chaudière. Mais il s'y prend mal, ne peut y réussir seul, et les 

(I) Voir Rapport de 31. Sacré, cahier de mai, p. 470. 



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20 MEMOIRES ET OBSERVATIONS. 

secours n'arrivant pas assez vile, il abandonne son malheureux camarade. 
Celui-ci culbute en arrière dans le liquide bouillant, d'où on le sort enfin, les 
bras, le dos, les fesses el le bassin horriblement brûlés. Les mains et les avant- 
bras particulièrement, qui avaient subi l'immersion la plus longue, offraient 
des ustions au troisième degré. Venaient ensuite, dans Tordre de gravité : 
les plaies du dos, au deuxième degré; celles des reins et du bassin, au 
premier. 

Des médecins, accourus de toutes, parts, s'empressèrent de recouvrir le 
blessé de larges pièces de ouate enduites d'un finiment oléo-calcaire. Au bout 
d'une heure, les douleurs affreuses du premier moment étaient sensiblement 
amoindries. Mais le patient, en proie à une horripilalion générale, accusait une 
indescriptible sensation de froid par tout le corps, les mains exceptées, où 
l'ustion avait été le plus prononcée. On accumula sur lui force couvertures : 
quatre ou cinq heures après, les tremblements nerveux avaient cessé. Le mal- 
heureux, calmé, se disait assez bien. Son pouls de précipité, irrégulier et inter- 
mittent, était redevenu égal, à cent vingt pulsations. L'intelligence parfaitement 
intacte, il put causer, avec l'assistance, de l'accident et des conséquences qu'il 
en appréhendait quant à la conservation de son emploi. Après l'avoir rassuré, 
on renouvela quelques parties du pansement, avec le même Uniment oléo-caU 
caire, additionné de Laudanum. La situation parut ne pas réclamer d'autre 
traitement externe. Prescription faite, d'une potion anodine, on remit la visite 
au lendemain. L'opportunité de pratiquer une saignée préventive fut bien 
agitée; mais le moyen d'atteindre une veine du bras, au milieu des tissus 
désorganisés de cette région? On songea aux veines saphcnes du pied. 
Toutefois, vu l'absence de toute manifestation cérébrale, l'idée n'eut pas de 
suite. 

Jusque vers deux heures de la nuit, tout se passa bien. Puis, incontinent, 
l'agitation se déclare. Le malade essaie vainement d'uriner; il parvient à grand 
peine à expulser quelques gouttes. Il entre en délire,, se démène et se débat 
dans un désordre horrible, tombe ensuite dans l'immobilité et expire vers six 
heures du matin. 

L'intervention d'une femme éplorée ne permit pas de demander l'autopsie, 
et des raisons de même ordre ne m'ont pas, dans ma pratique privée, laissé la 
latitude d'opérer des recherches nécroscopiques, en pareilles eirconstances. 
J'en suis donc réduit à des réflexions conjecturales sur ce qui a pu, ici comme 
ailleurs, déterminer aussi rapidement un dénouement fatal. 

J'ai vu périr, dans les mêmes termes, ou à peu près, la plupart des petits 
enfants fortement brûlés. Si quelques adultes ont mieux résisté, ou du moins 
ont lutté plus longtemps, les uns et les autres ont exhibé des troubles extrêmes 
de toute l'économie. Plusieurs fois, chez des sujets que la combustion avait 
atteints aux extrémités, et qui n'avaient pas succombé dans les premières 



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MÉMOIRES ET OBSERVATIONS. 21 

heures à la douleur et aux réactions cl*.une désorganisation profonde, le tétanos 
s*est déclaré quelques jours après, et les a emportés. 

La nalure et la marche des phénomènes observés, dans le fait détaillé plus 
haut et qui constitue, d'après mon expérience, un type assez fréquent, ne me 
paraissent pas justifier l'idée d*une mort par congestion pulmonaire. L'as- 
phyxie, qui apparaît ici aux dernières périodes de la vie, succédant toujours à 
une phase d'exaltation suraiguë, me semble procéder beaucoup plus vraisem- 
blablement d'une atteinte brusquement infligée à l'innervation. Ce qui domine, 
en efl'et, la scène agitée et confuse des symptômes, c'est la souduineté, Tinten- 
site des désordres fonctionnels, prompts, violents comme la nalure même du 
traumatisme qui les a produits. Quelques heures suffisent à l'anéantissement 
de réire. Après les spasmes, les convulsions de la douleur, portés à leur 
paroxysme, soit dans une accalmie — apparence trompeuse d€ l'épuisement, 
soit après une exacerbation que rintermiltence ne ramène que trop souvent, 
la respiration devient tout à coup précipitée, bruyante : on dirait qu>llc se 
raccourcit à vue d'œil. Telle je l'ai observée chez des sujets dont les bnîlures 
n'avaient point endommagé gravement les muscles pectoraux et dont les mou- 
vements d'amplialion thoracique ne se trouvaient donc point traumatiquement 
empêchés. 

La difficulté, sinon l'arrêt complet de la miction, alors qu'on n'a nullement 
à vaincre une rétention de l'urine, frappe, dans la part à (aire aux manifesta- 
tions morbides, et ce ne sont pas toujours les contractions abdominales qui 
font défaut à l'accomplissement de la fonction ; car j'ai noté la dysurie chez 
de» sujets dont le ventre avait été intégralement épargné par le feu. On serait 
autorisé à croire que l'urine n'est plus sécrétée?... 

Dans cette longue série de désordres, aussi violemment accusés, douleurs 
extrêmes au début, puis, successivement, frissons, paralysie de la respiration, 
abolition de la sensibilité, arrêt d'une sécrétion iuiporlante, paroxysmes irré- 
guliers, etc., évolués parfois en moins de temps que je n'en mets à les exposer, 
ne faut-il pas reconnaître une atteinte d'abord locale, généralisée bientôt, de 
l'influx nerveux? 

Je prévois d'ici l'objection, et peut-être moi-même semblerai-je l'avoir sous- 
lignée, en relatant, plus haut, cette particularité : le calme général, la suspen- 
sion de la douleur, après les premiers pansements opérés. Qu'on ne s'y mé- 
prenne pas cependant! Cette sédation je la croirais volontiers spécieuse. Elle 
pourrait fort bien, j'imagine, n'avoir d'autre raison de soir apparence que la 
participation ultime de l'encéphale à la perturbation déterminée par l'accident, 
dans un grand nombre des ramifîcations périphériques du système sensitif et 
innervaleur : d'où, non plus l'apaisement de l'irritabilité, mais Tabolition de 
la perception de celle-ci, comme celle de l'influx nerveux. Et quand je consixière 
les troubles de la vie de nutrition, que j'ai vus compliquer presque constam- 



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22 MÉMOIRES ET OBSERVATIONS. 

ment, à des degrés divers, ia scène de ces désordres inéluctables, je me de- 
mande si le trisplanchniqfie tout entier ne sabit pas,*à son heure, Tinfluence 
progressive du coup qui a comme sidéré le principe de la vie? — Quoiqu^il en 
soit de cette interprétation et quelle qu'ait été la cause efficiente de la termi- 
naison funeste, dans le cas essentiellement grave que je viens de rapporter, 
d'autres faits, non tous marqués par une issue fatale,* ont plusieurs fois ramené 
mon attention et mes investigations, sur le retentissement profond des grandes 
brûlures, dans Tensemble fonctionnel de Téconomie : Je résumerai brièvement 
ces observations. 

OfiS.'ll. — Je fus appelé, en toute hâte, étant à Sétif (Algérie) en 1859, 
près d*un jeune enfant de huit ans, qui ayant plongé, imprudemment, les extré- 
mités inférieures dans un pédiluve presque bouillant^ pendant que sa mère 
allait chercher de Teau froide pour l'attiédir, s'était affreusement, brûlé les deux 
pieds, jusqu'au-dessus des chev-illes. L'immersion immédiate des parties, dans 
un liquide réfrigérant, n'empêcha pas la formation d'énormes phlyctènes, qu'il 
fallut ouvrir et dont les plaies furent longues à se cicatriser, par suite de Téli- 
mination fort lente de portions de tissu cellulaire mortifiées. Les phénomènes 
de réaction générale éveillèrent une fièvre ardente,, déclarée le second jour 
seulement, accompagnée de douleurs violentes dans l'hypogastre, sécheresse du 
gosier, toux succussive et sans expectoration, ténesme rectal et vésical : urines 
très rares et d'un rouge-brun foncé. 

Tous ces symptômes, combattus par les moyens appropriés, s'étaient suc- 
cessivement amendés et les plaies des pieds se trouvaient en belle voie de cica- 
trisation, lorsque, vers le vingtième jour de l'acciiient^ l'enfant accusa de ia 
douleur aux parties génitales. Nous les reconnûmes en effet Irès-tu méfiées et 
œdématiées. L'extrémité du fourreau de la verge était épanoui et infiltré, 
comme on l'observe d'ordinaire dans le phymosis vénérien. Les deux côtés du 
scrotum, volumineux, rénltents, contenaient de la sérosité^ ainsi qu'il nous fut 
facile de nous en assurer, par l'épreuve de la lumière. L'hydropisie des bour- 
ses augmenta pendant deux jours encore, en même temps que le ventre, bal- 
lonné et météorisé, devenait le siège de coliques incessantes. Les fosses iliaques, 
soumises à la pression, accusaient un bruit de gargouillement prononcé, parais- 
sant du au déplacement d'une certaine quantité de liquide. Le malade éprouvait 
du malaise et de fréquentes envies de vomir. 

Un traitement, aussi énergique que possible, par les purgatifs, les diuréti- 
ques, à haute dose, et les diaphorétiques, triompha heureusement de cette 
situation. L'œdème du scrotum avait cédé complètement au bout de douze jours. 
L'abdomen demeura empâté, jusqu'au moment où se manifesta une véritable 
polyurie critique et tout rentra dans Tordre normal. 

L'âge du sujet, l'absence de toute cause traumatique locale, ne justifient-ils 
pas ici l'idée d'une hydrocèle réellement mélastatique? 



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MÉMOIRES ET OBSERVATIONS. !23 

Ofis. III. — En 1851, à Thôpital militaire de Strasbourg, on apporta, dans 
mes salies, un jeune soldat qui, de service aux cuisines du quartier, avait, en 
se retournant brusquement, mis le pied droit dans une marmite de soupe 
bouillante. Il fajtut un certain temps pour le relever de la chute qui suivit 
Taccident, et le contact du liquide brûlant se trouva prolongé ainsi, sur le 
membre immergé. Après les premiers soins donnés assez imparfaitement, le 
blessé fut installé, sous ma direction et je constatai que le pied tout entier^ 
des orteils jusqu'au delà des malléoles, était couvert de nombreuses phlyc- 
tènes. Je calmai les douleurs aiguës, à l'aide d*embrocations oléo-calcaires 
laudanisées, recouvertes d'une épaisse carapace d'ouate, sur laquelle on entre- 
tint, huit heures durant, des morceaux de glace. Le lendemain matin, le 
patient^ ne souffrait plus et je pus vider partiellement la sérosité sous-épider- 
miquc, en pratiquant, sur les phlyctènes, des mouchetures multipliées. La 
fièvre s'apaisa promptement et tout sembla devoir se passer régulièrement. 

Au cinquième jour, un commencement de toux avec point douloureux sous 
le téton droit, anxiété, dyspnée, frissons, me conduisit à examiner la poitrine. 
Je trouvai de la matité dans la moitié inférieure de la cavité thoracique cor- 
respondant au point indiqué, bruit vésiculaire étouffé, bourdonnement lointain 
en bas, œgophonie en haut et en arrière. 

Le décubitus gauche était impossible, la peau sèche et brûlante, la langue 
rugueuse, les urines chargées, très-rares, enfin, malaise général, chaleur acre 
à la surface du corps et, de temps à autre, quelques hori*ipila lions très-pé- 
nibles. 

L'hydro-pleurésie était évidente, et la brusquerie même de son évolution 
dictait une thérapeutique énergique. Nous ne ménageâmes ni les vésicatoires 
ni les diurétiques, dont la dose fut portée jusqu'à effet purgatif. Il nous fut 
impossible de provoquer, par les voies urinaires, une de ces hypercrinies cri- 
tiques qui sont la porte de salut des épanchemenis des grandes cavités. Le côté 
gauche de la poitrine se prit bientôt et Tépi^nchement l'envahit avec une vio- 
lence inouïe. La pneumonie intervint à son tour et le malade succomba comme 
asphyxié, trente sept jours après Taccident. 

L'autopsie fit reconnaître un épanchement double, plus considérable à gauche 
qu*à droite, où le travail, antérieur mais incomplet, de résorption, avait 
abouti à de fausses membranes et à des adhérences. Les reins étaient visiblement 
mous et décolorés ; la vessie contractée, comme revenue sur elle-même et très- 
réduite dans son volume; un peu d'irritation du col. 

OfiS. IV. — Une jeune fille de dix- huit ans, bien constituée et normalement 
réglée, jouissant d*habitude d'une santé parfaite, répand sur elle, en voulant 
Tenlever du fourneau, une casserole remplie d'eau bouillante, et le liquide 
brûlant inonde toute la partie antéro-supérieure du corps, depuis l'épigaslre 
jusqu^au pubis. Accourue à ses cris, une voisine la dépouilla de ses vêtements, 



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24 MÉMOIRES ET OBSERVATIONS 

mais pas assez vite, queiqu*empresséc qu'elle fût, pour que le liquide n*ait eu 
le temps de désorganiser profondément les légumenls aspergés. Appelé à don- 
ner mes soins à la blessée, je constate trois larges ampoules disposées en forme 
de trèfle de carte à jouer, entre la pointe du sternum et Tombilic et quantité 
de vésicules plus petites, sur les flancs, Thypogastre et les plis inguinaux, par- 
ties vers lesquelles l'eau bouillante est parvenue moins directement et plus 
divisée. 

J*agis, comme dans les cas précédents, pour combattre d'abord les douleurs 
vives et, les jours suivants, j^évacuai la sérosité des phlyctènes de second 
ordre. Quant à celles de première grandeur, elles s'ouvrirent d'elles-mêmes, 
laissant à nu des portions de derme et de tissu cellulaire mortifiées, vouées à 
une élimination naturellement lente, d'où devaient résulter des plaies non 
moins longues à se cicatriser. 

J'étais arrivé au trente-deuxième jour du traitement, parfaitement maître 
des phénomènes de réaction, fièvre, nervosité extrême, état saburral des voies 
digeslives, et les choses marchaient à souhait, quand, sans cause incidente 
appréciable, des douleurs Irès-aiguës se déclarèrent tout à coup, dans les prin- 
cipales jointures, accompagnées d'un sentiment marqué de pesanteur aux 
lombes et dans les fosses iliaques. Nous étions arrivés a l'échéance menstruelle 
et autorisés à croire, jusqu'à un certain point, à un retard des règles, par 
cause traumatique. Le sang manquait, en effet, et ta malade percevait, dans 
la région ano-vaginale, une ^ène notable, avec ténesme, envies fréquentes 
d'excrétion, mais sans résultats satisfaisants. 

Sous l'influence des purgatifs, du nitrate de potasse et de ta digitale, de 
frictions mercurieltes belladonnées, l'éréthisme général s'amenda ; le pouls 
décrut sensiblement : nous obtînmes des selles assez copieuses, mais point de 
menstrues et peu ou pas d'urines. J'eus recours alors aux emménagogues 
usités, à la stimulation cutanée topique, qui déterminèrent l'apparition 
d'un écoulement blanc-rosé, assez abondant pour produire un soulagement 
marqué. 

La convalescence nous réservait d'autres péripéties : le genou gauche qui 
était resté particulièrement sensible, se tuméfiait à vue d'œil et, vers le qua- 
rantième jour, exhibait un épanchement synovial considérable, sans avoir 
présenté les phénomènes précurseurs de l'arihrite inflammatoire. Celte hydar- 
throse métastatique^ dont l'évolution coïncida avec la disparition de toutes les 
autres arthrodynies, fut très rebelle et ne céda qu'au bout de plusieurs mois, 
à un traitement des plus énergiques^ vésicatoires répétés, moxas, compression, 
pointes de feu, etc., etc. Nous redoutâmes plusieurs fois la transformation en 
tumeur blanche, et la malade dût s^estimer heureuse de se tirer d'afl^aire avec 
une fausse ankylose, dont les bains, la gymnastique^ le massage, le temps 
surtout, ont fini par avoir raison. 



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MÉMOIRES ET OBSERVATIONS. 25 

Obs. V. — En 1869,. dans un atelier de Paris, un ouvrier reçoit, en plein 
dos, la vapeur d'un tuyau de dégagement, maladroitement ouvert derrière lui 
par un de ses camarades. Déshabillé incontinent et plongé dans une cuve 
d'eau froide, il n'en présente pas lîïoins, à mon arrivée, une vaste- et horrible 
plaie, de 58 centimètres de hauteur, large de 15 à 22, dont la superficie 
ressemble à une bouillie marbrée de gris et de noir. La douleur s'exaspère à 
la sortie du bain et je ne parviens à la calmer qu'avec des applications d'ouate 
glacée. L'insomnie et Tagitaiion de la nuit avaient développé, dès le lendemain^ 
un éréthysme fébrile, nerveux et congestif, tel, qu'il fallut pratiquer une large 
saignée, pour conjurer l'encéphalite. Une rémission marquée s'en suivit' et, 
huit jours après, l'état du malade était relativement bon. La plaie, générale- 
ment dctergée, au fond de laquelle se montraient les reliefs dénudés de plusieurs 
apophyses épineuses et d'arcs costaux, auxquels adhéraient -des lambeaux 
d'aponévroses, offrait un aspect vermeil de bon augure. Des ilôts cicatriciels 
apparurent peu à peu sur cette immense perte de substance et, sous Tinfluence 
de pansements méthodiqties^ aidés d*un bon régime, toutes les fonctions s'opé- 
raht bien, Tespoir d'une issue heureuse se consolida dans nos prévisions^ Subite- 
ment, et pour ainsi dire sans prodromes, le ventre sVndolorit, se tuméfie et se 
lympanise, la fièvre se rallume^ l'intestin et la vessie deviennent inertes, des 
frissons, des iypothymies se déclarent. Le malade dit qu'il a « l'abdomen et 
les reins serrés ». Ni les ventouses, ni les embrocations anodines, mercu- 
rielles-belladonnées, le nitrate de potasse, la scille, le calomel, le bain de 
vapeur sous le drap, ne parviennent à ramener la tranquillité et les excré- 
-tions. Sur la demande du patient, le cathétérisme de la vessie est pratiqué, 
mais presque sans résultat. L'ascite intervient bientôt et progresse avec une 
intensité extrême: elle envahit le scrotum, puis les meml)rei inférieurs et, 
malgré tous nos efforts, la mort, par une sorte d'asphyxie, termine, au onzième 
jour, ce douloureux épisode. 

Dne autopsie imparfaite opérée à domicile révéla l'existence d'épanchements 
multiples dans Vabdomen, la plèvre^ le péricarde et le crâne. Les articulations 
étaient intactes. 

Les observations qui précèdent, auxquelles j'aurais pu en ajouter quelques 
autres, n'eût été ma crainte d'allonger démesurément ce mémoire, suffiront, je 
pense, au but que je me suis proposé : appeler l'attention des praticiens sur 
les accidents qui peuvent compliquer les grandes brûlures et leur conférer une 
gravité inattendue. 

La mort, dans cet ordre de lésions nV.st pas à redouter seulement de la vio- 
lence des troubles primordiaux de l'innervation et de la circulation, de 
rhyperesthésie ou de la congestion des grands viscères. D'autres perturba- 
tions, non moins redoutables se produisent aussi, à n'en pas douter, dans le 
système sécrétoire : soit par U compromission sur une grande étendue desfonc- 



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!2G MÉMOIRES ET OBSERVATIONS. 

lions de Tappareil exhalant culané; soit que Tatlemle profonde imprimée à 
Taxe cérébro spinal, retentisse,- en se propageant aux plexus ganglions du 
trisplanx^hnique, sur Téquilibre fonctionnel des organes de sécrétion et d'excré- 
tion. 

LMUustre clinicien Delpech avait déjà entrevu, sans la définir, Timporlance 
de ces èpiphénomènes^ dont Téclosion tardive, souvent inaperçue dans son 
mécanisme préliminaire, avait plu3 d'une fois, à sa connaissance, emporté le^ 
malades, aussi bien aux premiers jours de l^accident que diins les dernières 
phases d'une guérison presqu*accomplie. L*usage des diaphorétiques é;iergiqûes 
lui paraissait avoir conservé un grand nombre de patients qui, selon les appa- 
rences, encouraient les mêmes périls. 

Pour me résumer en termes plus précis, je dirai qu1l convient, dans Tespèce . 
' 1® De bien surveiller les fonctions perspiratoire et urinaire; 

â° De s'efforcer, par tous. les moyens connQs, de ramener Iti dernière à ^on 
mode normal si elle tend à s'en écarter négativement. 

5.0 De parer avec non moins de sollicitude à la formation et au développe- 
ment des suffusions séreuses des cavités splanchniqucs et articulaires. 



Causerie médicale. — Dermatose gangreneuse scorbutique survenue aux mains 
dans de singulières circonstances. — réflexions et citations diverses au 
SUJET DE CE CAS ; par le docteur Liégey, membre honoraire de la Société^ à 
Choisy-le-Roi (Seine). 

Le 5 octobre 4874, dans l'après-midi, on vint me prier d'aller voir, à Thiais- 
Choisy, le nommé D..., jardinier, qui^ me disait-on^ souffrait beaucoup aux 
mains pour y avoir été griffé par des lapins. 

Je le trouve au lit et je remarque, dès l'abord, ses mains étant à Jécouvert, 
qu'il existe, sur le dos de chacune d'elles, une phlyctène du diamètre d'une 
pièce de dix centimes, phlyctène blanchâtre sur la main droite, violacée sur la 
gajjche, et, aux deux mains, entourée d'une auréole érylhémateuse prononcée, 
mais avec peu de gonflement. 

Cet homme, âgé de 53 ans, de taille élevée, de constitution sèche et de tem- 
pérament bilieux, me donne, comme premiers renseignements, ce qui suit : 
Jamais il n'a été malade; jamais il n'a eu d'affection cutanée, si ce n'est, par- 
fois, au printemps, et sous l'influence de l'insolation, du prurit et de la rou- 
geur aux oreilles, et du prurit aussi sur diverses parties du corps. Quand il lui 
arrivait de se faire une blessure aux mains, en travaillant, il guérissait promp- 
temenf. Comme beaucoup d'autres habitants des environs de Paris, il élève des 
lapins. Ses lapins sont de grosse espèce et trés-vivaces. Le 50 septembre, en 
voulant séparer les mâles des femelles, il fut griffé. au dos des deux mains symé- 



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MÉMOIRES ET OBSERVATIONS. 27 

triquement et superficiellement. N^éproiivant ni douleur ni inquiétude, il 
reprit, immédiatement, dans le jardin attenant à la maison, le travail, d'ail- 
leurs peu fatigant, qu'il venait de commencer. Le jeudi f oetorbre, se luonlra 
de la rougeur avec un senlimenl de chaleur a l'endroit des excoriations, ce qui 
n'empêcha pas hou plusD.... de travailler également au jardin, où il eut, alors^ 
les mains exposées à un soleil assez chaud. Le 2, les ampoules commencèrent à 
se former. Le samedi 3, elles étaient un peu accrues, et, néanmoins, cet 
homme, qui, avec sa profession de jardinier, cumule celle de musicien dans 
les bals publics, partit en chemin de fer pour Etampes, petite ville située à dix 
lieues de Choisy, où il n'était pas encore allé et où il passa entièrement la nuit 
du samedi au dimanche et celle du dimanche au lundi 5, à jouer du trombone, 
instrument a coulisses, qui, comme on le sait, exige qu'une main soit constam* 
ment en mouvement tandis que l'autre reste immobile et élevée. Dans la nuit 
du samedi au dimanche, sor^i, un moment, pour satisfaire un- besoin, de la 
chaude tente servant de salle de bal, il éprouva un vif sentiment de froid. 
Dans la matinée suivante, après s'être quelque peu reposé sur un lit, il alla, 
par un temps froid, pluvieux et venteux, sur une hauteur pour jouir d'un beau 
coup d'œil, et, non seulement se sentit de nouveau refroidi, mais éprouva une 
augmentation de la lassitude générale que, même avant d'être griffé, il avait 
commencé à ressentir par suite du travail pénible de la récolte des pommes de 
terre. La seconde nuit, il souffrit beaucoup aux mains; les ampoules et la rou- 
geur s'étaient accrues, et, tout en jouant de son instrument, il se sentait de la 
fièvre, notamment une soif anormale. Il assure ne pas être adonné aux excès 
alcooliques, ni à d'autres excès, et suivre habituellement un fégime convenable 
quand il est chez lui ; mais il ajoute que, dans les bals, altéré par le jeu de son 
instrument, la chaleur du local, la poussière, etc., il est obligé de boire assez 
souvent, soit du vin, soit de la. bière, ce que, comme à l'ordinaire, il fit, à petits 
traits, d»ns les deux nuits passées à Elampes, où, en outre, dans la soirée du 
dimanche, malgré la situation dans laquelle il se trouvait, il bu( un peu d'eau- 
de-vie après une tasse de café noir. Lq lundi 5, dans la matinée, à $on arrivée 
chez lui, il a été forcé de se coucher immédiatement, tant étaient grandes sa 
faiblesse et ses douleurs, douleurs accompagnées de chaleur sèche et qui 
n^'avaienl pas lieu seulement aux mains, mais aussi sur certains points des mem- 
bres inférieurs, où, cependant alors on ne voyait absolument rien. 

A ma visite, c'est-à-dire quelques heures après son arrivée, il a une telle 
hypéresthésie du dos dés majns à l'endroit des rougeurs eczémateuses, que le 
moindre contact de rpes doigts sur ces points, augmente U souffrance, laquelle 
.consiste surtout en un sentiment de brûlure qui varie, spontanément, beaucoup, 
d'intensité et fait place parfois à une chaleur très-supportahie; toutefois, le 
malade, jusqu'alors, n'a rien remarqué de régulier dans ces variations, non 
plus que dans le type du mouvement fébrile et des douleurs des nâembres. En 



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28 MÉMOIRES ET OBSERVATIONS. 

ce moment, il a le pouls accéléré, la peau^èche, la langue blanchâtre. Il existe 
un peu de constipation depuis quelques jours. Je prescris le repos absolu, une 
nourriture légère, le vin coupé d*eau aux repas^, de la limonade de citron, faite 
à chaud, entre les repas; l'immersion,* pendant une heure, des mains dans de 
Feau de sureau additionnée d*eau-de-vie, après quoi on saupoudrera les rou- 
geurs avec de la fécule de pomme de terre et Ton entretiendra^ sur les phlyc- 
tènes légèrement ouvertes, de la charpie imbibée d'eau-de-vie. 

Sorti de la chambre du malade, je manifeste à sa femme le désir de voir les 
lapins, pensant que, peut-être, la nocuité des griffures pourrait trouver, en 
partie du moins, son explication dans un état de malpropreté des griffes de ces 
animaux. Mais je vois ceux ci dans un local spacieux, sec et dont le sol est cou- 
vert d*une bonne litière, et, ayant fait choisir parmi ces rongeurs les deux cou- 
pables, je constate qu*ils ont les griffes parfaitement nettes. 

bu reste, j*avais Tidéeque la production de ce double eczéma ou érythème 
phlycténoïde à mauvaise tendance, devait surtout être attribué à une disposition 
de la personne. Je songeai, tout d'abord, à la glycosurie; aussi, j'emportai chez 
moi de t'urine pour l'analyser. Mais ni la liqueur cupro-potassique, ni la po- 
tasse caustique ne me révélèrent la moindre trace de sucre, ei l'acide nitrique, 
pas plus que la chaleur, ne me montra d'albumine. J'ignorais donc la cause ou 
les causes principales de celte mauvaise tendance. 

Sous l'influence du repos absolu, d'une purgation avec l'huile de ricin et des 
moyens locaux que je viens d'indiquer, l'état fébrile, les douleurs et la double 
dermatose phlycténoïde diminuèrent si rapidement et à tel point que, le 8, le 
malade, que je tr'ouvai, au milieu du jour, dans la cour de la maison, médit 
qu'il était parfaitement inutile de continuer mes visites, en ajoutant que, si 
ultérieurement, cela allait moins bien; on me le ferait dire bientôt. Après avoir 
constaté que les rougeurs sont dissipées et queles phlyctènes, affaissées, sont 
à peu près complètement desséchées, je recommande néanmoins au malade de 
(le ne passe pi'esser de travailler, et 'lui recommande aussi d éviter également 
l'insolation et lé froid sur les mains quelques jours encore. 

Le 15, dans la matinée, une personne qui vient de rencontrer D... dans la 
nie, me dit : < Comme il est pâle! Il boite! ». Quelques instants après, je suis 
redemandé pour cet homme, que, de nouveau, je trouve au lit et plus souffrant 
encore que la première fois. Il avoue quMl ne m'a pas écouté; que, vivement 
sollicité, il est vrai, par une de ses pratiques, il a travaillé, le 11, quatre heures 
consécutives, dans un jardin du voisinage*, où il luaniait le râteau et la brouette 
et avait les mains exposées au soleil, assez chaud aussi, ce jour là, bien qu'il 
fît très fraisa l'ombre. Les deux phlyctènes, alors de l'étendue d'une pièce de 
cinq francs en argent, et également entourées d'une auréole inflammatoire mais 
œdémateuse, ont tout à fait Taspect gangreneux, et une légère ponction en fait 
écouler du sang violacé désajjréablemeat odorant. 



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MEMOIRES ET OBSERVATIONS. 2î> 

Je mets le malade à l'usage du quinquina par la bouche, et je fais badigeon- 
ner le dos des mains avec la teinture d'iode mêlée à la glycérine. 

Le 16, malgré l'emploi de ces moyens et la siricte exécution des précautions 
hygiéniques, les phlyetènes continuent à s'éténd're, ce que je constate le 17, 
ao matin. Alors le malade, interrogé de nouveau sur la marche des accidents 
et aussi au point de vue des accès de fièvre ayant de la régularité, tne raconte 
ce qui suit : Chacun des trois jours précédents, vers la même heure de l'après- 
midi et jusqu'à une heure variable de la nuit, il a éprouvé, avec une grande 
chaleur générale sèche, précédée d'un Trisson, non-seulement l'augmentation du 
seulimenl de brûlure et des douleurs lancinantes du dos des mains, mais aussi 
des sensations analogues sur des points variables de la partie antérieure des 
jambes, où, alors, comme.au bas des cuisses, je constate de nombreuses taches, 
les unes violacées, les autres jaunâtres, les unes len(iculaire$et les autres plus 
ou moins étendues et resseniblanl tout à fait à des taches résultant de contu- 
sions, taches enfin, entremêlées d'une éruption miliaire-prurigineuse peu 
abondante. Le malade me dit qu'après chacun de ces paroxysmes ou accès, la 
rougeur et les phlyetènes s'étendent. L'existence des taches ecchymoliques me 
donnent l'idée d'examiner les gencives et les dents. Celles-ci, rares et noi- 
râtres, sont déchaussées et celles-là sont bleuâtres, boursouflées, en suppu- 
ration et donnent à l'haleine une odeur insupportable. Le malade explique cet 
étal des dents et des gencives par l'efl^etde la pression de l'embouchure de cuivre 
de son instrument et dit que tous les musiciens un peu âgés qu'il connaît, sont 
tous dans le même cas. Pour moi, sans nier absolument l'influence nocive de 
cet instrument à vent qui, outre son dur contact et son action localement un 
peu toxique, agit sur les organes de la bouche à la manière d'une ventouse, 
j'y vois surtout quelque chose d'analogue au cachet scorbutique, et c'est même 
par la diathèse scorbutique que j'explique alors l'état gangreneux de la derma- 
tose des mains. Ma voie se trouve doublement tracée au point de vue thérapeu- 
tique : c'est à un traitement interne à la fois anti-scorbutique et tonique que 
je dois avoir recours. Le quinquina en substance réunissant cette double pro- 
priété, je pourrais peut-être me borner, en élevant les doses, à l'administration 
de ce médicament; mais je juge plus à propos d'y joindre le sulfate de qui- 
nine (70 centigrammes) que le malade prendra dans le café noir avec le quin- 
quina en poudre. On s'abstiendra de tout traitement local autre que les lotions 
avec l'eau-de-vie. 

Bientôt après ma visite, malgré son état de faiblesse qui fait que sa marche 
ressemble à celle d'un homme ivre, D... se trouve obligé de se transporter à la 
mairie, puis à l'église, pour le mariage de son fils, et la même circonstance le 
force à rester levé une grande partie de raprès-midi et l'empêche de prendre 
ses remèdes ce jour-IA. 

Le 18, au matin, il me dit qu'il a plus souffert et plus longtemps encore que 



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30 MÉMOIRES ET OBSERVATIONS. 

précédemment aux mains vi aux membres inférieurs. Je constate un nouveau 
progrès des plilyclènes; mais, en ce moment, il ne souffre à peu près plus et se 
trouve sans lièvre. Même prescription. 

Visite du 19, au malin. Il a peu souffert aux mains, et aux miembres, la sen* 
satioD moins douloureuse également, a lieu exclusivement au-dessous des 
genoux dans des points Irès-limilés mais hyperesthésiés; la moiteur qu'a déter- 
miné le mouvement fébrile a été prononcée. Les phlyctènes n^ont pas fait de 
progrès sensible; mais il est arrivé dans la nuit un accident, bien peu impor- 
tant par lui-même, mais dont l'effet, s'il en était besoin encore, contribuerait 
à montrer Texislence d'un étal morbide général, d'un étal diatbésique.lln jeune 
chat, comme cet animal avait coutume de le faire, s'est introduit la nuit dans le 
lit, et D..., en le chassant, a été griffé au bas de la jambe droite, où je remar- 
que déjà une plaque érylhémateuse assez étendue, laquelle^ je me hâte de te 
dire, n'a pas tardé à se dissiper. Même traitement. Comme antérieurement, vin 
coupé. d'eau ou de limonade pour boisson et nourriture déjà substantielle favo- 
risée par la conservation de Tappétil. 

Visite du âO. Dans la soirée de la veille et jusqu'au point du jour, douleurs 
assez vives aux mains et douleurs supportables, tantôt à l'un, tantôt à l'autre 
des membres inférieurs, principalement au dessous du genou. Comme je 
m'étonne de cette nouvelle aggravation qu'a suivie un peu d'élargissement des 
phlyctènes, le malade me dit que, vers le milieu du jour, se trouvant. plus fort 
et ne souffrant nullement, il s'était permis de faire, au soleil, une promenade 
dans le jardin de la maison, promenade au retour de laquelle, immédiatement, 
sont revenues toutes les douleurs et la fièvre, lesquelles n'existent plus djj tout 
actuellement. Même traitement médical et hygiénique; garder jusqu^à nouvel 
ordre la chambre, dans laquelle même on entretiendra une température aussi 
égale que possible. 

Visite du 21, il n'y a eu presque ni fièvre ni douleur, mais une bonne tran^- • 
piration, et les phlyctènes semblent de nouveau s'être arrêtées. Le quinc|uina 
sera pris seul ; régime ut suprà. 

Visite du 2!2, toujours le matin. 11 y a eu la veille quelques douleurs dans la 
soirée et dans la nuit, à la région tibialc gauche et aux mains; l'escharre de la 
maiu gauche s'est un peu accrue. Nouvelle adjonction du sulfate de quinine au 
quinquina. 

Le 25. Il ne s'est produit ni douleur nulle part, ni chaleur fébrile, mais 
seulement une sueur très^prononcée: Les escharres, noires et dures comme du 
cuir brûlé, ne se sont nullement étendues, mais il s'est produit de petites 
vésicules sanguines au pourtour. 

Le 24. < Je me trouve bien actuellement, dit le malade, mais hier et jusqu'à 
une heure avancée de la nuit, j'ai souffert aux mains. • Questionné sur la 
nature de ses douleurs, il m'apprend qu'elles n'étaient pas tout à fait les 



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MÉMOIRES ET OBSERVATIONS. 31 

mêmes que précédemment; que moins accompagnées de la sensation de chaleur 
brûlante, elles s'accompagnaient parfois d'une sensation de battements comme 
celle qui se produit dans un mal qui veut percer. Ayant légèrement incisé quel- 
ques points saillants du bord des escharres, je vois s'écouler, non plus de la 
sérosité sanguinolente ou du sang décomposé, mais un liquide commençant à 
ressembler à une bonne suppuration. Dès lors je regarde le mal comme conjuré, 
ce qui ne m'empêche pas de faire continuer encore le traitement sus-îndiqué, 
auquel je joins Tusage de la limonade suifurique pour gargarisme et pour 
boisson, sans supprimer le vin. ' 

Les ^5, 26 et i7, le mieux continue, cVst-à-dire que, pendant ce laps de 
temps il n'y a que de bien légères et fugitives douleurs et' la continuation de la 
transpiration critique. Ce dernier jour, je coupe avec mes ciseaux des portions 
d'escharres soulevées et sous lequelles se voient des bourgeons chàrnusde bonne 
nature. Même traitement, mais diminution des doses quiniques. 

Le 29, j'enlève dé la même manière de nouvelles portions d'escharres, sous 
lesquelles le tissu cutané s'offre également sous un bon aspect. 

Le 50, le malade me dit que, la nuit dernière, pour la première fors, il 
a pu tenir sous les couvertures du lit, sans en souffrir, ses mains, sur le dos 
desquelles antérieurement, il ne pouvait même supporter le linge le plus 
léger. , 

Le reste des escharres se fendille et se soulève, et l'on voit ça et là un nouvel 
épiderme. Les forces sont en grande partie revenues. Dans cette visite, la 
femme du malade me fait remarquer que depuis quelques jours les taches 
ecchymotiques non-seulement se sont encore accrues aux membres inférieurs, 
mais se manifestent aussi, moins nombreuses, il est vrai, aux membres supé- 
rieurs. Tout en constatant ce fait et la dessication des petites vésicules béma- 
leuses, je remarque aussi que ces taches, dont quelques-unes sont fort éten- 
dues, n*ont plus une teinte aussi violacée que lorsque les mains se trouvaient 
dans un fâcheux état. 

Ces taches, qui passaient de la couleur violacée ou rouge, ou rose à une 
teinte jaunâtre, se reproduisirent, pendant quelque temps, par poussées suc- 
cessives, ainsi que l'éruption miliaire prurigineuse, qui persista après elle et 
se montra surtout aux mains et que je considérai comme critique, ainsi que la 
sueur à laquelle, pendant quelque temps aussi, le malade fut sujet. Celui-ci 
n'offrit plus guère à remarquer autre chose, si ce n'est la continuation, mais 
à un degré moindre, de l'état morbide des gencives, quelques douleurs articu- 
laires dans les doigtsiel le retour d'une migraine de courte durée, mais assez 
fréquente, qu'il n'avait pas éprouvée depuis le début de l'affection des mains. 
Toutefois, ce ne fut que vers le milieu de décembre qu'il put se livrer à quel- 
que travail et en prenant la précaution de conserver des gants à cause de la 
sensibilité du dos des mains. 



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32 MÉMOIRES ET OBSERVATIONS. 

Réflexions et citations diverses au sujet de ce cas : On peut Tenvisager 
sous les points de vue suivants : 

i"* De la qualification de la dermatose des mains. Je crois qu*on peut 
donner à cette dermatose le noti) d*érythème ou d*éezéma phlycténoïde gan- 
greneux, car on voit, sur ces parties, d'abord se produire une rougeur érythé- 
matheuse ou eczémateuse, puis des pblyctènes, et ces pblyctènes, à marche 
envahissante, offrir le caractère gangreneux. 

2» De rétiologie^ qui se décompose ainsi qu'il suit, à mon avis du moins : 

A. La petite Cause traumatique, c'est-â-dire les égratignurcs faites par les 
lapins. Cette cause n'a, bien évidemment^ été que Toccasiôn du double éry- 
Ihèmç, comme eussent pu l'être des égratignures^ des piqûres pa^r des 
rosiers, etc. Bien souvent, de nos jours, de petites causes matérielles ont été 
suivies de grands effets : pour ma part, tant dans le journal de la Société des 
sciences médicales de Bruxelles qu'ailleurs, j'ai cité un grand nombre d'exem- 
ples de ce genre, observés en Lorraine, et parmi lesquels il s^en trouve de rela- 
tifs à des affections charbonneuses, gangreneuses. 

Bi» La constitution médicale alors régnante. Dans le cahier de novembre 
1874 du journal précité, se trouve un article intitulé : Plusieurs constitutions 
médicales pyogéniques et dermatosiques, La maladies aphtheuse ou cocotte 
dansVespèce humaine. Entre autres choses, il y est.parlé d'un érythème phlyc- 
ténoïde épidémique, que j'observais depuis quelque temps à Choisy-le-Roi, 
après l^avoir observé longtemps auparavant dans la Meurthe et les Vosges, éry- 
thème affectant principalement les extrémités, se produisant souvent à l'occa- 
sion de causes minimes, et parfois sans cause déterminante connue, et offrant 
parfois aussi un mauvais aspect. Depuis l'envoi, à M. le Rédacteur principal, 
de mon article, il s'est produit, encore, à ma connaissance, divers cas de cet 
érythème à Choisy. En voici un dont D... m'a parlé lui-même : 

Obs. I. — Une femme, jeune encore et de bonne santé habituelle, qui, 
chaque jour, lui apporte son pain, lui montra, \\\\ jour qu'il était encore'au 
lit, les traces récentes qu'avaient laissées A ^'une de ses jambes de larges 
ampoules entourées d'une auréole inflammatoire, venues sans cause détermi- 
nante connue, qui avaient été de longue durée et avaient causé beaucoup d'in- 
quiétude à cause de leur couleur violacée. 

Obs. II. — Récemment aussi, c'est-à-dire à la fln d'août, succomba à la gan- 
grène d'une des extrémités supérieures, un homme d'une cinquantaine d'an- 
nées, de constitution robuste, mais obèse, qui habitait la même rue que D..., 
mais à une certaine distance. Voici ce que j'ai appris sur le compte de cet 
bouime. Adonné aux excès alcooliques, il était diabétique. L'été dernier, il se 
trouvait, depuis quelque temps déjà, atteint d'une ulcération sous la plante de 
Tun des pieds, quand, selon son habitude, il se mit les jambes dans la Seine 
pour pêcher à l'épervier. L^ulcération ne tarda pas à se dissiper presque 



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MÉMOIRES ET OBSERVATIONS. 35 

enlièremenl. Dans les premiers jours d*oclafore, il vit se produire à l'un de 
ses indicateurs une inflamoialion s'offrant d'abord sous Taspecl du mal d'aven- 
ture et qu'il pensait devoir être .attribuée à la présence de quelque petit corps 
étranger, mais où un voisin, examinant attentivement avec une loupe, ne vit 
absolument rien, même après avoir fait une petite ouverture dans une sorte 
d'ampoule. L'enflure faisant des progrès, le malade consulta un médecin d'une 
petite localité voisine, lequel fut tout étonné qu'au lieu de pus qu'il pensait 
trouver, il ne sortit, par l'effet d'une incision assez profonde, que du sang et 
de la sérosité. Effrayé de la nature de ce panaris, il engagea cet homme à aller 
immédiatement se faire traiter à Paris, où le malade entra bientôt dans une 
maison de santé. Malgré tout ce que Ton y fil, la gangrène devint évidente, 
envahit rapidement la main et une partie de Tavant-bras, et le malheureux suc- 
comba après avoir éprouvé les plus horribles souffrances. 

Une personne exempte de fâcheuse diathèse en aurait sans doute été quitte 
pour un simple panaris ou éryihèmè pblycténoïde simple. En Lorraine, 
chez plusieurs |)crsonnes de ma clientèle^ atteintes de glycosurie ou de 
scorbut, la gangrène plus ou moins étendue, avait eu un érylhème pblycténoïde 
ou un érysipèle pblycténoïde, d'apparence bénigne d'abord, pour point de 
départ. Chez D...,aussi,J'érytbème, produit à la suite de légères égratignures, 
parut d'abord simple, et il serait sans doute resté tel sans, surtout, l'état dia- 
thésique antérieur, élément étiologique que je vais également envisager. 

Ç. Vétat diaîhéêique. Ayant vu, il y a une douzaine d'années, en Lorraine, 
deux giycosuriqûes succomber à la gangrène ; ayant vu, postérieurement, dans 
les écrits de mon savant ami Marchai, de Galvi, le regretté fondateur et rédac- 
teur en chef de la Tribune médicale, qu'il est une diathèse glycosurique et que 
la gangrène en est souvent une conséquence, je pensais, à l'aspect de ces phlyc- 
tènes de mauvaise nature, rencontrer du sucre dans l'urine de D... ; mais, non- 
seulement je n'en ai point trouvé par l'analyse dont il a été parlé tout à l'heure, 
mais cette substance, de même que l'albumine, a également fait défaut dans 
plusieurs autres analyses faites ensuite et à diverses dates; voyant bientôt les 
maculatures sanguines, les ecchymoses variées et spontanées des membres infé- 
rieurs se joindre à l'état morbide, déjà ancien, des gencives et des dents, l'idée 
me vint que j'avais affaire à une diathèse scorbutique en acte, pour me servir 
d'une expression favorite de Marchai, de Caivi, ou à quelque chose de très- 
analogue dans le genre péliose. • 

Alibert reste, à mes yeux et aux yeux de bien d'autres, je crois, un grand 
maître dans la pathologie dermatosique, malgré les changements qu'elle a subis 
depuis la mort.du savant clinicien de l'hàpitai Saint-Louis. Je consulte souvent 
sa Monographie, et, par exemple, je l'ai consultée dans ce cas particulier. Au 
mot Scorbut, dans la table des matières, il est mis : Scorbut rouge, voyez 
Pélîose. Alibert divise la Pèliose, premier grnre de son groupe de dermatoses 



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34 MÉMOIRES £T OBSERVATIONS. 

Iiémaleuses, en trois espèces, qui sont : « 1<> la péliose vulgaire, dermatose 
que Wi|lan désigne sous le nom de purpura simplex que l*on a encore appelé 
scorbut rouge ; '2^ la péliose hémorrhagique, dans laquelle les taches nom- 
breuses et de dimensions variables offrent les couleurs livide, brune ou noirâtre, 
dont quelques-unes sont semblables à des ecchymoses spontanées et qui peu- 
vent aussi se manifester sur le système muqueux : ainsi, il arrive de voir les 
gencives bleuâtres, boursoufflées, en suppuration; 5<* la péliose contuse... » . 

La péliose de D... est évidemment de la seconde espèce. La peau des mem- 
bres de cet homme a présenté, au moins en partie, identiquement ce qui est 
décrit dans le passage suivant de l'ouvrage précité : < Après des prodromes 
variables (malaise général, paroxysmes fébriles, etc.), la peau commence par 
présenter des taches pourprées ou livides. Ces taches ressemblent à des macu- 
latures qui proviendraient d'une contusion : elles simulent des vergetures com- 
parables à celles qui paraîtraient sur une peau qu*on aurait percutée. Au milieu 
de ces sortes de meurtrissures, se trouvent des tadies de [fetite dimension. Ce 
sont d'abord les jambes qui sont affectées; ensuite les cuisses, les bras, le dos, 
la poitrine et le ventre; rarement les mains éprouvent les atteintes de l'érup- 
tion ; plus rarement encore la face est attaquée... 

> D'abord ces taches se montrent d'un rouge assez clair; ensuite elles 
bleuissent et finissent par jaunir ; puis, enfln, elles disparaissent; mais, comme 
elles se montrent en divers temps et qu'elles ont, par conséquent, divers degrés 
d'accroissement et de maturation, il en résulte que le corps du malade est 
comme bariolé de diverses couleurs... 

» Souvent la pellicule qui couvre les taches se trouve soulevée par du sang 
épanché, et l'on trouve çà et là des vésicules noirâtres... > 

En parlanldes phénomènes qui se produisent parfois vers les muqueuses 
(hémorrhagies, gangrène, etc.), Alibert raconte Thistoire d'une femme pâle, 
valétudinaire, qui entre autres choses, avait «des phlyctènes noirâtres sur 4a 
langue et de la gangrène à ta partie interne de la lèvre inférieure ».Ce savant 
praticien ajoute qu'il a fréquemment o1)servé de pareils symplôodes à l'hôpital 
Saint-Louis. 

Chez D..., les taches bémaliques, qui ne se montrèrent guère qu'aux mem- 
bres, et les petites vésicules qui, aux mains, étaient comme les satellites deâ 
larges phlyctènes gangreneuses, se trouvèrent entremêlées, surtout à leur 
déclin, d'une éruption semblable à la dartre miliaire, ce qui me donne à pen- 
ser que cet homme, qui avait eu antérieurement, comme je l'ai dit, des érup- 
tions eczémateuses ôux oreilles, se trouvait aussi sous l'influenoe de la dialhése 
herpétique. 

En Lorraine, j^ai vu, un eertain nombre de fois, des maculatures sanguines 
même tout à fait en dehors des causes traumatiques et dans des circonstances 
variées. Entre autres faits publiés dans mon Mémoire sur la constitution médi- 



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MÉMOIRES ET OBSERVATIONS, 55 

eate d'aoe cpiUrée de la Meorthe et des Vosges {Journal de la Société des 
êdences médiûales et naturelles de Bruxelles^ i85li, 1855), se Irouveat les sui* 
vanis : 

Obs. III. -- Chez un homme de la campagne, âgé de 45 ans, j*ai vu, à la 
soîle d*un« trop abondante saignée, pratiquée par une sage-femme dans une 
grippe bénigne, se produire < successivement Tépistaxis, Thémoptysie, rhéma- 
témèse, Tentérorrhagie, la suffusion sanguine sous-cutanée, qui, brusquement, 
ont fait place à un coma mortel. > 

Obs. IV. — c Une damé de 42 ans, fortement constituée, d'un tempérament 
sanguin-lymphatique, s*étant également fait saigner trop abondamment pour 
une céphalalgie à laquelle elle était sujette, éprouva ce qui suit : < Là céphalal- 
gie» au lieu de diminuer, augmenta ; il survint de vives douleurs spinales et 
des douleurs également vives le long des membres; puis apparurent, sur toute 
la surface du corps, de larges plaques ecchymotiques de toutes les nuances 
qu'offrent les lésions cutanées qui suivent les contusions. La fièvre avait alors 
diminué, ainsi que les doukurs, qui se dissipèrent bientôt presque entière-* 
meni, pour quelque temps du moins; mais les taches persistèrent plusieurs 
mois, avec de grandes différences, il est vrai^ dans leur développement. Chaque 
fois que les rougeurs diminuaient, il survenait d'autres accidents. Tantôt les 
gencives, boursouflées^ devenaient saignantes, et toute la muqueuse buccale se 
tapissait d'aphtes donnant lieu à un suintement sanguinolent; tantôt il se pro- 
duisait des troubles dans les organes digestifs, principalement une diarrhée 
dont la matière était mêlée de sang noirâtre, diarrhée s'accompagnant de 
coliques, d'épreintes, d'ulcérations aphtheuses à l'orifice de l'anus et probable- 
ment aussi dans l'intestin lui-même ; tantôt, enfin, c'étaient de vives douleur^ 
articulaires avec un gonflement semblable à celui du rhumatisme articulaire 
aigu (névralgie rhumatismale articulaire), ou de vives douleurs pectorales avec 
oppression (névralgie thoracique). Sous l'influence des irritants, des stimu- 
lants cutanés e«nployés en frictions, des toniques, des amers et du fer à l'inté- 
rieur, les phénomènes internes se dissipèrent et à l'éruption ecchymotique 
succéda une éruption miliaîre et ortiée, sorte de crise dont cette dame, même 
après avoir recouvré sa santé habituelle, a, quelque temps encore, offert des 
vestiges. » Cette observation est suivie de la réflexion suivante : <( J'ai vu fré- 
quemment des tâches hématiques disséminées et plus ou mokis étendues, qui, 
si elles se fussent présentées dans un cas de médecine légale, auraient pu faire 
commettre une erreur. ». 

Obs. V. — A la fin de 1849, peu de temps après que l'ouragan cholérique 
eut décimé- plusieurs villages des Vosges, je fus requis par la justice, avec un 
confrère, à l'effet d'examiner; dans un de ces villages, le cadavre d'une femme 
dont la mort était suspecte. De larges ecchymoses symétriques, répondant à des 
injections sanguines dans le tissu cellulaire sous-cutané et les muscles se 



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56 MÉMOIRES ET OBSERVATIONS. 

remarquBienl à la faee el as cou, et montraient de la manière la plus positive 
que Ton avait exercé une pression avec les doigts sur ces parties. La plupart 
des organes, les organes abdominaux surtout, étaient infiltrés d'un sang noir^ 
poisseux; Testomac et les intestins contenaient une matière riziforme abon- 
dante; il y avait cyanose des extrémités. Nos conclusions furent : que cette 
femme avait été atteinte d'une affection cholérique qui, à elle seule, aurait pu 
déterminer la mort, mais que celle-ci semblait au moins avoir été hâtée par 
des violences. En relatant ce fait j'ai dit que « si jamais je devais avoir à faire 
un rapport dans un cas du même genre, f^ ces conclusions j'ajouterais : que la 
production de ces ecchymoses a dû être singulièrement facilitée par l'-état mor- 
bide du sang. » 

Chez D..., une violence bien légère eût certainement suffi pour déterminer 
des ecchymoses; car, un jour, il s'en produisit de très-étendues aux deux 
coudes, parce que le malade avait appuyé pendant quelque temps c^s parties 
sur le lit pour avoir les mains dans une position élevée, qui le soulageait quel- 
que peu et que je lui conseillais. 

J'ai cité le fait de cette malheureuse femme parce qu'il offre un point inté- 
ressant de médecine légale. 

Obs. VI. — Dans le Bulletin de la Société de mrédecine de Besançon, se 
trouve (année 1853) la relation d'un cas que j'ai intitulé : Fièvre érythémateuse 
ou èryihème scorbutique, que j'aurais du peut-être plutôt qualifier de fièvre 
pourprée ou de purpura fébrile hémorrhagique. c Le sujet était une femme de 
46 ans, vivant dans de misérables conditions hygiéniques, asthmatique, qui 
n'était plus menstruée depuis longtemps et qui, depuis la cessation de sa 
menstruation avait été, comme il arrive souvent, sujette aux sueurs. Sans cause 
connue, ces sueurs s'étaient supprimées depuis deux jours, lorsque, le i;2 avril 
18f^2, dans la soirée, la malade fut prise tout à coup d'un violent frisson avec 
tremblement général. S'étant mise ru lit, elle y éprouva bientôt une chaleur 
brûlante, qui resta sèche, de la céphalalgie sus-orbilaire, de Iti rachialgie, une 
oppression plus grande qu'antérieurement, une toux sèche, un mal de gorge, 
une lassitude générale, dés douleurs crampeuses dans les membres, les infé- 
rieurs surtout, et de la soif. L'angine ne dura que deux jours, mais les autres 
phénomènes contintfèrent avec, il est vrai, des variations dans leurs degrés. Au 
troisième jour, des luméfaclions rouges, brûlantes, très-dures et comme nouçuses 
(érytbéme noueux) apparurent sur les membres supérieurs. Le lendemain, des 
tuméfactions du même genre se produisirent aux membres inférieurs. €es 
tuméfactions s'accrurent pendant quelques jours, puis elles changèrent de 
caractère, et, lorsque je vis la malade, je constatai ce qui suit : Grand abatte- 
ment, position demi-assise sur le lit, amaigrissement très-prononcé, teint jau- 
nâtre, lèvres couvertes de pellicules noirâtres, dents déchaussées, gencives 
violacées et en suppuration; langue couverte d'un enduit blanc-sale; haleine 



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MÉMOIRES ET OBSERVATIONS. 57 

fétide, soif assez vive, nausées, consUpation depuis plusieurs jours; urines 
rouges, briquelées, rendues à de longs inlervalles (à cette époque je n'analysais 
point encore les urines) ; légère céphalalgie sus orbitaire, toux avec expecto- 
ration muqueuse difficile, grande oppression, douleurs rachidiennes dorsales, 
augmentant par la pression de l'extréniité des doigts, mais non par la pres- 
sion de la main posée à plat ; aucune matité anormale, et, au contraire, grande 
sonorité dans toute l'étendue de la poitrine, râles bronchiques, battements 
fréquents et à Tunisson du pouls, peau chaude et sèche. Les membres supé- 
rieurs et inférieurs sont presque entièrement marbrés de teintes ecchymotiques; 
çà et là se voient, surtout à la partie antérieure des jambes, et à la partie 
postérieure des bras^ des tuméfactions bleuâtres encore dures et sensibles à la 
pression. La pression excite aussi de la douleur le long du trajet des princi- 
paux nerfs des membres et aux articulations tibio-fémorales,huméro-cubitales, 
où, cependant, ne se remarquant ni gonflement ni rougeur. La malade peut 
mouvoir ces parties sans éprouver de vives souffrances. Le tartre slibié donné 
à dose éméto-catbarlique amena d'abord des évacuations par haut et par bas, 
puis des suem*s abondantes, critiques. A cette crise, s'en joignit bientôt une 
autre, une hématurie. Ce qui montrait son rôle critique, c'est qu'elle coïnci- 
dait avec un notablie amendement général. Le 9, surlendeiuain de Thématurie^ 
cette femme commence à se lever. Je constate la continuation des sueurs et la 
diminution des autres manifestations externes : tuméfactions et taches. La 
menstruation s'est reproduite. J'augmente la nourriture et permets du vin. 
Le 25, celte femme, sauf un reste de faiblesse, est à peu près dans le même 
état qu'avant sa ipaladie. On ne remarque plus aucun gonflement, mais 
seulement de légères taches citrinées, derniers vestiges de l'érythème. Cette 
femme n'a plus eu, et la nuit seulement, que des sueurs médiocres, rappelant 
le commencement des sueurs avant la maladie. Son appétit et son sommeil ont 
continué a être bons, mais ses gencives offrent encore le cachet scorbutique. 
En quittant la* convalescente, je lui conseille l'usage des amers, des ferrugi- 
neux et des gargarismes acidulés. > 

Obs. VII. — Dans le journal de Bruxelles, mais je ne sais dans quel article 
parce que ma collection de ce journal, comme bien d'autres ouvrages de ma 
bibliothèque, a été mutilée pendant notre affreuse guerre, se trouve l'his- 
toire d*une fille, âgée d'une quarantaine d'années, atteinte d'une fièvre 
rémittente grave, dans laquelle se montrèrent des poussées de taches ecchy- 
motiques nombreuses, des épistaxis et des enterorrhagies , hëmorrhagies 
externes et internes étant évidemment sous la dépendance des paroxysmes 
fébriles, et qui se dissipèrent, ainsi que d'autres accidents, principalement sous 
Tinfluence des préparations de qninqnina employées comme toniques et comme 
antipériodiques, et d'un régime aussi tonique que possible. 

Obs. Vill. Dans ce journal, se trouve aussi^ je crois, rapporté le cas d'un 



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38 REVUE ANALYTIQUE ET CRITIQUE. 

ancien instituteur, âgé de 45 ou 50 ans, qui, atteint de larges et nombreuses 
taches bémateases et d'une bémoptysie se répétant fréquemment, sans que, 
cependant, elle émanât de tubercules pulmonaires, offrit ceci de remarquable 
que, après avoir vaguement fait usage, d'après mon conseil, de divers anti- 
scorbutîques et d'autres moyens^ il se guérit de ses bémoptysies en très-peu 
de temps, par Tusage de vin accidentellement vinaigré dans sa cave. 

{La fin au prochain numéro,) 



II. REVUE AKALYTiQUE ET CRITIQUE. 



Médecine et Chlrargle. 



Arrêt du oœur par rezoîtatîon des 
pneumo-gattriquei. — M. Tarchaooff com- 
munique, en son nom et au nom de 
M. Prielma, les résultats d'expériences 
qu'ils ont faites sur l'arrêt du cœur pro- 
voqué chez les animaux par l'excitation des 
pneumo-gastriques. 

Voulant obtenir un^irrét aussi prolongé 
que possible^ au moyen de cette excitation, 
ils ont observé le fait suivant, qui jusqu'ici 
paraît avoir échappé aux physiologistes : 

Ils voulaient exciter alternativement 
chacun des deux pneumo-gastriques; maib, 
une fois que l'un des deux cesse d'être 
excitable et, par conséquent, n'exerce plus 
aucune action» l'autre, celui qui n'a en- 
core été soumis à aucune excitation, ne 
l'est pas davantage et ne produit non plus 
aucune action, bien. qu'il n'ait pas encore 
été touché. L'excitation d'un seul nerf 
pneumo-gastrique suffit donc pour épuiser 
l'appareil modérateur du cœur. Il ressort 
de ce fait que cet appareil modérateur est 
commun aux deux pneumo-gastriques. 
C'est un fait important au point de vue de 
l'action des pneumo-gastriques sur le cœur. 
(Abeille médicale,) 



Maladie de Ménîère. — M. Raynaud 
informe la Société que, dans le service de 
M. Charcot^ se trou>ve actuellement une 
femme atteinte de tous les phénomènes qui 
ont été décrits sous le nom de maladie de 
Ménière. Il suffit du moindre mouvement 
dans la salle pour qu'aussitôt celte malade 
soit prise de nausées, de vomissements, 
pour qu'elle éprouve une sensation de 
sifflement dans les oreilles et présente ce 



vertige particulier dans lequel il lui semble 
qu'elle tourne sur elle-même. 

M. Gharcot a soumis cette malade à 
l'usage du sulfate de quinine (1 gramme 
par jour). Sous l'influence de cet agent, les 
phénomènes se 9ont considérablement 
amendés, et aux sifflements de chemin de 
fer dont elle se pliiij^nait &ans cesse, a suc- 
cédé le sifflement bien moins fort et' plus 
supportable que procur-e habituellement le 
sulfate de quinine. {Ihid.) 



De l'aotîon.du fer sur la nutrîiîon, 
par M. HABUTEAU..— M. Rabuteau con- 
clut de ses recherches : « !•* Les urines ont 
été éliminées à peu près en égale quantité 
pendant les trois périodes, d'oiî il résulte 
que le sel en question a'agit guère sur 
l'excrétion urinaire, du moins lorsqu'il est 
pris aux doses précitées; cependant la 
quantité des urines a été un peu moindre 
pendant la seconde période. 

• « 2® L'acidité des urines a notablement . 
augmenté. Ce fait, qui n'avait pas encore 
été signalé, me parait présenter quelque 
intérêt : il vient expliquer et justifier l'em- 
ploi des ferrugineux dans la gravelle phos- 
phatique et dans l'oxalurie, où l'on savait 
déjà que ces agents produisaient de bons 
résultats. La dissolution de l'oxalate de 
chaux peut avoir lieu en faible quantité 
dans son urine normalement très acide, 
ainsi que je m'en suis assuré. 

a 5" Le poids des matériaux solides a été 
un peu plus considérable. 

c 4« L'urée a augmenté d'un peu pins 
de 10 pour 100. Le protochlorure de fer 
active par conséquent la nutrition, lors 



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REVUE ANALYTIQUE ET CRlTiQUE. 



59 



I qu'il est pris à des doses tr«>s-modé- 
rées. h (Ibid.) 



Sur le bromoforme. — M. Rabuteau a 
fait une série d'expériences sur le bromo- 
forme qui lui ont permis de constater que 
ce corps présente tous les avantages du 
chloroforme sans avoir, comme lui, Tin- 
convénient d*étre un irritant local assez 
fort pour dé.tcrminer sur la peau une dou- 
leur vive et même pour amener une 
escharre s*il y est appliqué pendant un cer- 
tain temps. Chez un malade souffrant 
beaucoup de douleurs d'oreille, il appliqua 
d'abord du chloroforme, qui détermina une 
sensation de brûlure assez intense ; il le 
remplaça alors par le bromoforme, qui 
calma les douleurs sans déterminer aucune 
irritation. Si Ton tient dans une main un 
morceau de ouate imbibée de chloroforme, 
et, dans Tautre, un morceau de ouate im- 
bibée de bromoforme, on juge aisément de 
la différence d'action des deux agents; lé 
premie,r détermine promptement une dou- 
leur assez vive ; le second n'en amène au- 
cune. On sait que le chloroforme introduit 
dans Testomac peut donner lieu à des acci- 
dents fort graves; on peut injecter plus de 
dO grammes de bromoforme dans l'estomac 
d'un animal sans déterminer aucun acci- 
dent. {Ibid.) 



La piorolozine : propriété! ohîmi - 
que», action physiologique. — L^picro- 
toxine qui, dans ces derniers temps, a 
fourni matière à quelques travaux inipor- 
tants, était déjà connue ; elle a été extraite 
de la coque du. Levant par Boullay, en 
I81'2; mais comme tant d'autres substan- 
ces qui ont rendu ou rendront des services 
à la thérapeutique, elle était restée jus- 
qu'ici comme échantillon, à l'état de curio- 
sité, dans les laboratoires. Ses propriétés 
toxiques avaient cependant, peu de temps 
après sa découverte, été assez bien étudiées 
par Lecanu, Peltier (Académie de méde- 
cine, 4827), Orfîla (Traité de toxicologie); 
pais, plus récemment, par Glovrer {Monthly 
Journal of med, science^ 1851), Bonnefin 
(thèse inaugurale, Paris, 4851), et Cay- 
rade (Paris, 1866). A ces quelques rensei- 
gnements se borne la littérature de l'étude 
toxique de la picrotoxine. 

Ses propriétés chimiques avaient été 
mieux analysées... 

La picrotoxine ne possède pas les pro- 



priétés des alcaloïdes, et les auteurs qui se 
sont occupés de cette substance pensent 
qu'il serait plus scientifique de la ranger 
parmi les acides. Elle forme, en effet, avec 
les bases et les alcaloïdes, quinine, strych- 
nine, morphine, etc., des sels chimique- 
ment définis. Quoi qu'il en soit, la nature 
intime de cette substance est d'une impor- 
tance secondaire en physiologie et en thé- 
rapeutique, et nous serons très-bref sur 
Texposé de ses propriétés physiques et 
chimiques. Elle se présente sous la forme 
de petits prismes quadrilatères, blancs et 
transparents, ou bien en aiguilles, grou- 
pées alors en étoiles. Elle est inaltérable à 
l'air, sans odeur et douée d'une grande 
amertume. Très-soluble dans l'alcool bouil* 
lanl et Téther, la picrotoxine l'est au con- 
traire fort peu dans l'eau froide, qui n'en 
dissout que le iSO*' de son poids. Nous 
n'entrerons pas dans l'étude des diverses 
réactions chimiques qui la caractérisent et 
qu'on trouvera très- bien exposées dans le 
Dictionnaire de chimie de M. Wurtz (IT® 
fascicule, p. 102i)... 

La picrotoxine est avant tout un poison 
convuisivant; c'est la première propriété 
découverte par Boullay ; c'est encore siir 
les variations de cette puissance convulsi* 
vante que se basent toutes les recherches 
de Planât, de B^ov^-n (British, mèd. 
Jour»., mars; avril i875) et d'autres; 
mais c'est un poison convuisivant qui pré- 
sente, surtout cette particularité que, au 
lieu de convulsions tétaniques, elle produit 
des crises de tous points semblables aux 
attaques d'épilepsie. 

Si l'on ne considère que l'effet le plus 
saillant de Taction de la picrotoxine, c'est, 
comme nous l'avons dit, un poison con- 
vuisivant, et des plus énergiques ; mais si 
à l'exemple de M. Planât, au travail de 
qui nous ferons de. nombreux emprunts, 
nous analysons les effets de ce poison sur 
les différents organes, nous verrons que 
son action est beaucoup plus complexe. 
Nous ne chercherons pas à savoir si la 
puissance toxique varie suivant les classes 
d'animaux sur lesquels on expérimente. 
Quelle est son action ehez les mammifères? 
que pouvons-nous craindre ou espérer 
chez l'homme? Voilà ce qui nous importe 
le plus. 

Le système musculaire strié est rapide- 
ment atteint, même par de faibles doses du 
poison ; il en résulte Une prostration pro- 
fonde, et comme conséquence les mouve* 
roents volontaires ou provoqués présentent 



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REVUE ANALYTIQUE ET CRITIQUE. 



toujours UQ caractère de gêne ou d^erabar- 
ras; tel est le premier effet produit. 

A ce naoment survient la période convul- 
sive : « Ce qui caractérise les convulsions 
produites par la picrotoxine, c*est leur 
variabilité extrême qui ne rappelle en rien 
Textension tétanique de la strychnine. » 
Après un temps qui varie suivant la dose 
donnée, suivant la voie par laquelle elle a 
été administrée, h la faiblesse, à la prostra- 
tion, que nous notions au début, succède 
une grande agitation. L*animal se dresse sur 
ses pieds en proie à une sorte de spasme 
tonique général. Après quelques instants il 
cherche à avancer, il tombe sur le côté; cette 
chute est le signal d'une crise de convulsions 
cloniques dans laquelle tous les membres 
sont agités de violents mouvements alter- 
natifs ; la léte est renversée en arrière, le 
cou est roide, ToBil vitreux, la bouche rem- 
plie d*écume souvent sanguinolente; il y 
a excrétion d*urine involontaire. Toute 
cette scène a duré sept à dix minutes; il y 
a alors une rémission pendant laquelle 
ranimai, très- affaissé, est pris d'une res- 
piration anxieuse et peut exécuter quel- 
ques mouvements volontaires. Mais cette 
rémission est courte; bientôt, soit sponta- 
nément, soit sous rinfluence d'une excita- 
tion extérieure, une crise recommence, 
suivie d'une nouvelle rémission. Après un 
nombre d'accès variables suivant la dose 
et la force de ranimai, celui-ci reste dans 
la torpeur, interrompue seulement par 
quelques mouvements saccadés, et suc- 
combe après un temps assez court. En6n, 
quand la dose est iaible, on note à la fin 
des accès, comme Tavit déjà faitOrfila, des 
phénomènes d'incoordination motrice, des 
mouvements de rotation et de recul. 

11 est facile de saisir la différence qui 
existe à première vue entre les convulsions 
produites par la picrotoxine et l'accès si 
franchement tétanique du strychnisme. 

Que si nous entrons maintenant dans 
dés détails plus circonstanciés sur les effets 
produits sur les différents organes, voici 
ce que nous constatons : Les contractions 
cardiaques se ralentissent en même temps 
qu'elles deviennent plus faibles, et il n'est 
f>as besoin pour cela que les doses soient 
fortes. Cet effet sur le cœur se produit 
avant la production des convulsions. Pen- 
dant la crise convulsive, le cœur s'arrête ; 
puis, quand celle-ci cesse peu à peu, le 
cœur recommence à battre, faiblement 
toujours, et d'autant plus que les crises, 
coDVuUives se sont plus souvent répé- 



tées. Comme coftséqiience de cette action 
sur le cœur, la circulation périphérique 
est profondément troublée ; dès la pre- 
mière convulsion, la circulation s'arrête 
dans les capillaires, et quoique, après la 
crise, le cœur continue à battre, cet arrêt 
est définitif, les pulsations étant trop fai- 
Lles pour rétablir le courant. Cet arrêt de 
la circulation capillaire est facile à constat 
ter de visu sur les parties transparentes de 
la grenouille (membrane in ter digitale, 
poumon, mésentère). 

Dans la première période de Teropoi- 
sonnement, alors qu'il existe un affaisse- 
ment général, Texcitabilité est singulière- 
ment diminuée ; mais dès que commence 
la période convulsive on lui voit prendre 
ce degré particulier qui est un caractère 
du strychnisme. On constate ce phéno- 
mène pendant toute la durée de la période 
convulsive ; mais dans le coma final toute 
excitabilité disparait. 

Plusieurs auteurs, entre autres M. Pla- 
nât, ont jusqu'ici toujours observé que les 
muscles lisses, ainsi que les nerfs prove- 
nant du système sympathique, ne sont 
point touchés. 

Telle est, d'après les expérimentateurs, 
l'action de la picrotoxine. Tous les effets 
que nous avons mentionnés, et surtout 
ceux qui se produisent sur le cœur» sem- 
blent indiquer que cette puissante sub- 
stance concentre ses effets sur -les centres 
gris moteurs; que c'est surtout vers la 
partie supérieure de Taxe médullaire, vers 
l'isthme de Tencéphale, qu'elle produit les 
perturbations qui amènent l'arrêt du cœur 
et les convulsions épilepliformes. £n effet, 
si, chez une grenouille, on coupe la moelle 
au-dessous du collet du bulbe, il ne se pro- 
duit plus de convulsions. Il ne faut pas 
cependant être encore trop af&rmâtif ; car 
on sait combien ces problèmes sont com- 
plexes, et nous croyons qu'il faudra 
encore bien des recherches pour savoir 
d'une manière certaine sur quels éléments 
agit la picrotoxine, et surtout comment 
elle les impressionne. 

Cependant les recherches faites jus- 
qu'ici, si elles ne permettent pas de pré- 
ciser d'une manière certaine quels avan-> 
tages la thérapeutique pourra retirer de 
l'emploi de cet agent, nous, autorisent 
cependant a croire qu'une substance aussi 
active doit pouvoir être utilisée. Mais 
peut-on formuler des indications? 11 sem- 
blerait de prime abord qu'elle peut être 
administrée dans tous les cas où il y a 



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REVDB ANALYTIQUE ET CRITIQUE. 



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atonie des centres cncéphalo-rachidiens. 
M. Planât nous annonce qu'il a employé 
la picrotoxine dans plusieurs affections^ et 
entre autres dans répiiepsie, c^t que les 
résultats ont été satisfaisants. Nous atten- 
drons pourcmellFe un avis que les obser- 
vations aient paru in extenso; nous remar- 
querons cependant de prime abord que 
peu de substances produisent des effets 
plus semblables à répilepsie convulsivc 
que la picrotoxine^ et qu'il est difficile à 
priori de comprendre le mode d'aclion 
dans ces cas. Mais la thérapeutique est 
féconde en surprises, et si les résultats sont 
bons nous serons des premiers à nous en 
féliciter. La paralysie agitante fournira 
peut-être aussi des indications. Mais nous 
voilà en plein dans le domaine de Thypo- 
thèse là où il faut attendre des faits. 

La picrotoxine pouvait encore servira 
un autre ordre de recherches, et déter- 
miner Faction réciproque de cetle sub- 
stance sur quelques autres pouvait éclairer 
la physiologie et la thérapeutique ; cette 
mine a été explorée. Un premier article 
sur Taction simultanée de la picrotoxinc 
et de la ciguë vireuse n*a rien donné 
(Arch, fur experim, Patholog., 1875). 
Plus importantes sont les recherches de 
J. Crichlon Brownc sur Tantagonisme de 
la picrotoxinc et de Thydrate de chloral 
(British, med. Journ,, n« 747, 24 avril 
1875). Cet auteur est parvenu à établir 
qu'il y a antagonisme entre la picro- 
toxinc etrhydratc de chloral dans plusieurs 
conditions. Mais cet antagonisme rappelle 
ce qu'on a maintes et maintes fois répété 
pour la strychnine, c'est-à-dire que les 
effets se masquent mais qu'ils ne sont point 
détruits. 

Nous nous arrêterons aujourd'hui à ce 
point de l'élude de la picrotoxinc. Il nous 
suffira d'avoir reproduit les principaux 
résultats obtenus. Les applications sont 
encore à peine ébauchées; nous atten- 
drons que de nouvelles recherches aient 
permis d'établir ce qui sera utile et pourra 
sortir des conceptions théoriques, si expo- 
sées à être démenties par les faits. 

(Ibid.) 



nisroe et agirait topiquemcnt sur les tissus. 
Rappelant rexpérience de Schœnbein, qui 
démontre que la solution d'iodurc de po- 
tassium acidifiée est décomposée par des 
cellules végétales, contenant un .prolo- 
plasma, il indique qu'on obtient un sem- 
blable résultat en remplaçant les acides 
minéraux dans rexpérience de Schœnbein 
par un courant d'acide carbonique. Ce pre- 
mier fait établi, il ajoute qu'on doit ad- 
mettre, avec Kuhne et Schnelze l'identité 
absolue entre le protoplasma de la cellule 
végétale et celui de la cellule animale. En 
conséquence^ la solution d'iodurc de po- 
tassium qui traverse l'organisme, rencon- 
trant un courant d'acide carbonique (celui 
qui est dans le sang) et le protoplasma des 
cellules organiques, trouve là les condi- 
tions expérimentales réalisées par Schœn- 
bein et par Biuz et doit se décomposer. Si 
certaines tumeurs spécifiques sont plus 
accessibles à Taclion de l'iodure de potas- 
sium, cela tient à ce que leurs cellules 
mettent facilement l'iode en liberté et se 
trouvent par cela même modifiées par l'ac- 
tion topique du métalloïde. (ibid.) 



Décomposition de l'iodure de potai- 
fiuin dans l'organisma. — Le professeur 
Binz attribue à l'iode les effets thérapeu- 
tiques ou physiologiques produits par 
riodurc de potassium. Suivant lui, le mé- 
talloïde serait mis en liberté dans Torga- 



Noire fur l'emploi thérapeutique du 
bromhydrate de quinine; par M. A. GU- 
BLËR. — Le bromhydrate de quinine, 
connu des chimistes depuis quelque années 
seulement, n'a encore été, de la part des 
médecins, l'objet d'aucune application pra- 
tique. Je dois à la libéralité d'un pharma- 
cien très-honorable de Paris. M. Boille, 
auteur d'un excellent procédé de prépara- 
tion de ce nouvel agent, d'avoir pu faire 
de nombreux essais thérapeutiques dont 
quelques-uns ont donné des résultats inté- 
ressants et dignes d'être signalés. 

C'est M. Latour, pharmacien principal 
de l'armée, qui^ le premier, a réalisé la 
combinaison de Tacide bromhydrique avec 
les deux alcaloïdes organiques : la quinine 
et la ciuchonine. Son procédé consistait 
à faire agir, par double décomposition, 
du bromure de potassium sur du sulfate 
acide de quinine, et le savant chimiste 
ajoutait ^1) : 

f Ainsi obtenu, ce sel est suffisamment 
pur pour l'usage médical; il contient en- 
core quelques traces d'acide sulfurique. » 
Mais on voit plus loin qu'il s'agit de sul- 

(1) Note sur les brorohydpalps basiques ei 
neutres de quinioe et de cinchooine, in Journal 
de pharmacie et de chimie^ 1870, p. 93. 

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REVUE ANALYTIQUE ET CRITIQUE. 



fate de potasse et non cracide sulfuriquc 
libre. 

La difficulté d'obtenir, par le procédé 
de M. Latour, un produit pur et exempt 
de sulfate de potasse engagea M. Boille à 
substituer au bromure alcalin le bromure 
de baryum, que sa grande solubilité dans 
Talcool rend facile à séparer complètement 
du chlorure de baryum, tout à fait inso- 
luble, quMl renferme ordinairement en 
proportion plus ou moins notable. 

Il obtient de la sorte un produit d*une 
grande pureté, qu'il forma encore directe- 
ment en dissolvant la quinine hydratée 
dans Tacide bromhydrique faible. 

Dès 1872, M. Poggiale présentait à 
TAcadémic de médecine le bromhydrate 
acide de quinine obtenu par M. Boille, et 
deux ans plus tard (juillet i87i), M. Wurtz 
communiquait à la même compagnie sa- 
vante le dernier travail de Fauteur sur la 
préparation, la composition et les propriétés 
chimiques d'un bromhydrate neutre ou 
basique, correspondant au sulfate de qui- 
nine officinal; ainsi que sur ta composition 
du bromhydrate acide obtenu d'abord, mais 
non exactement analysé. 

Les analyses de M. Boille, confirmées 
par celles d'un chimiste habile et auto- 
risé, M. Ernest Baudrimont, assignent 
au bromhydrate neutre de quinine la 

1 Partie de bromhvdrate de quinine (neutre ou 
basique) est soiubledaos 5 parties d^eau bouil- 
lante et 60 parties d'eau froide ; 

— Dans 5 parties d'alcool h 16 degrés ou 18 de- 
grés; 

— Dans environ 2 parties et demie d*aIcool à 
21 degrés : 

— Dan» une parlie.d'alcool à 40 degrés ; 

— Dans un tiers de partie d'alcool à 85 degrés ; 

— En toutes proportions dans alcool absolu ; 

— Dans 10 parties de glycérine; 

— Dans 10 parties d'un mélange à parties égales 
de glycérine et d'eau. 

Chose remarquable, il suffirait, d'après 
M. Boille, d'ajouter 10 parties d'eau froide 
à la solution saturée de bromhydrate de 
quinine obtenue par Peau bouillante (i par- 
tie pour 5) pour l'empêcher de précipiter 
par le refroidissement : ce qui revient à 
dire qu'au moyen d'un léger artifice, il 
serait possible de rendre stable la solution 
de 1 partie de bromhydrate de quinine 
dans i 5 parties seulement d'eau froide* au 
lieu de 60 parties reconnues nécessaires 
lorsqu'on procède autrement. 

Ainsi, le bromhydrate de quinine est 
plus riche en alcaloïde et plussoluble dans 
les différents menstrues que le sulfate de 
(|uinine. Ces deux qualités lui constituent 



formule C*^»H"A2«0SHBr,2H0, celle du 
bromhydrate acide de quinine étant 
C^^H"Az'0*,2(HBr),6HO. M. Latour, au 
contraire, admet cette dernière composi- 
tion pour son bromhydrate neutre, qui 
possède d'ailleurs une réaction acide. 
D'après ces formules et les résultats ex- 
périmentaux (Boille, E. Baudrimont), le 
bromhydrate neutre de quinine ne ren- 
ferme pas moins de 75 à 76 p. c. d'alca- 
loïde avec plus de i 8 parties de brome et 
5 d'eau, tandis que le bromhydrate acide 
ne représente que 60 p. c. de quinine 
avec 25 p. c. environ de brome. La pro- 
portion de la quinine dans le bromhydrate 
neutre est donc beaucoup plus considérable 
que dans son analogue, le sulfate de qui- 
nine officinal (1). 

Les bromhydrates de quinine qui m'ont 
été remis par M. Boilfc étaient parfaite- 
ment cristallisés en longs cristaux nacrés, 
blancs ou nuancés jaunâtre, à facettes rec- 
tangulaires. Leur odeur était nulle, leur 
saveur fraîche, salée et amère sans âcreté. 

La solubilité des combinaisons de la 
quinine avec l'acide bromhydrique est 
beaucoup plus grande que celle des sulfates 
correspondants. Voici à cet égard des ren- 
seignements inédits que je dois à l'obli- 
geance de M. Boille : 



1 partie de sulfate de quinine officinal exige pour 
se dissoudre 30 parties d'caa bouillante et 788 
parties d'eau froide ; 



— Dans 115 parties d'alcool ft 85 degrés ; 

— Dans 60 parties d'alcool absolu ; 

— Dans 56 parties de glycérine. 



en tout cas une supériorité réelle, mais 
surtout elles le désignent de préférence, 
toutes choses égales , pour l'emploi en 
injections hypodermiques. 

D'un autre côté, il est permis d'espérer 
que le npuveau composé offrira la réunion 
précieuse des propriétés^ en partie syner- 
giques, de la quinine et des préparations 
bromurées. Les études cliniques que j'ai 
entreprises ont eu pour point de départ ces 

(1) C'est là une erreur : le sulfate de quinine 
neutre du Codex renferme 74,3 p. c. de qai- 
nine, et le sulfate acide du Codex, 56,1 p. c. 
de la même base. Cette erreur tient à une simple 
confusion : quand on a doublé la formule de la 
quinine, le sel basique est devenu sel neutre, et 
le sd neutre devenu sel acide. [Red), 



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43 



vues inductives, qui avaient en partie 
guidé les chimistes eux-mêmes dans la 
recherche de la combinaison du brome avec 
le principe actif des quinquinas. 

i\les premiers essais remontent au mois 
d'octobre 4874. Depuis lors, j*ai eu bien 
des fois Toccasion de prescrire le brom- 
hydrate de quinine soit en ville, soit à 
rhôpital Beaujon.Dans ma clientèle privée, 
je conseille Tusage de pilules de iO centi- 
grammes; dans mon service hospitalier, 
j*administre simplement le sel emprisonné 
dans du pain azyme. 

Les doses quotidiennes, administrées par 
. la bouche, sont ordinairement de iO cen- 
tigrammes en deux prises ; quelquefois de 
60 à 80 centigrammes. Jen*ai presque jamais 
eu besoin d*atteindre le chiffre de i gramme 
pour obtenir les effets physiologiques et 
thérapeutiques. 

Généralement ces doses de bromhydrate 
de quinine sont très-bien tolérées par Tes- 
tomac et causent à peine, au premier mo- 
ment une sensation de chaleur, légère et 
fugace. 

L'action diffuse, consécutive à Tabsorp- 
tion^ se traduit par une double série de 
symptômes dont les plus apparents sont 
des traits détachés de Thistoire du qui- 
nisme : je veux parler du mal de téte^ des 
bourdonnements d'oreilles et de la surdité. 
Ces phénomènes se sont montrés à un faible 
degré sous l'influence de deux doses de 
20 centigrammes seulement^ dans la jour- 
née. Ils étaient plus caractérisés chez un 
malade qui prenait 75 centigrammes de 
bromhydrate par jour. 

Néanmoins^ une certaine langueur mus- 
culaire accompagnée d'une tendance pro- 
noncée au sommeil; sans bruissement 
d*oreilles, rappelait parfois le syndrome du 
bromisme, et semblait indiquer de la part 
du sujet une impressionnabilité plus grande 
que de coutuine vis-à-vis de l'action spé- 
ciale de Tacide bromhydrique ou du métal- 
loïde. Mais, je le répèle, ces symptômes 
bromiques ont toujours été relativement 
peu accentués. 

Dans quelques circonstances j*ai aussi 
introduit, par voie sous-cutanée, la solu- 
tion de bromhydrate (neutre ou basique) 
de quinine au dixième, dans de Teau légè- 
rement aiguisée d*alcool. Comme i gramme 
de cette solution contient i décigramme de 
substance active, on voit qu'il suffit d'in- 
jecter sous la peau deux fois le contenu de 
la seringue de Pravaz, dont nous nous 
servons habituellement , pour introduire 



dans Torganisme l'équivalent de 50 centi- 
grammes de sulfate de quinine, c'est- à dire 
une dose d'alcaloïde considérable, et plus 
que suffisante, dans beaucoup de cas, pour 
donner lieu à des effets physiologiques et 
curatifs. 

Je me hâte d'ajouter que, maigre la 
présence d'une petite proportion d'alcool, 
celte solution de bromhydrate de quinine 
s'est montrée inoffensive pour les tissus, 
et que l'injection n'a laissé à sa suite ni 
tubercules indurés et douloureux; ni à 
plus forte raison^ aucune de ces lésions 
inflammatoires plus avancées (abcès furon- 
culeux, eschares), qui succèdent trop sou- 
vent encore aux injections hypodermiques 
de sulfate acide de quinine. 

(Répertoire de pharmacie.) 



Propriétés tœnîoîdes da kamala^ — 

M. Blondeau a expérimenté avec succès, 
dans deux cas, les propriétés tœnifuges de 
la teinture de kamala. Dans un cas, il l'a 
prescrite à la dose de 25 grammes ; dans le 
second, à la dose de 20 grammes. Il s'agis- 
sait ici d'une jeune fîlle de 16 ans, qui ne 
tolère pas l'alcool et qui a rendu la plus 
grande par lie du médicament. L'expulsion 
du taenia n'en a pas moins eu lieu ; il me- 
surait 5", 50 de longueur. M. Blondeau 
pense qu'une dose de 4 à 16 grammes de 
teinture ou de poudre de kamala est suffi- 
sante pour produire un bon résultat. Ce 
médicament, outre son efficacité, a l'avan- 
tage de n'être pas désagréable au goût et 
de ne pas produire de coliques. 11 est très- 
connu dans rinde, où les médecins anglais 
le considèrent comme plus énergique que 
le kousso. Le docteur Anderson n'aurait eu 
que 2 insuccès sur 95 cas. 

(Gazette médicale de Paris,) 



Du délire et du ooma digitaliques. — 

M. Durozier résume d'abord 'seize observa- 
tions où la digitaline paraît avoir été la 
cause d'accidents comateux ou délirants, 
puis il ajoute : 

« D'après ces faits, si notre interpré- 
tation est juste, ce que nous n'affirmons 
pas, des 'doses modérées onl pu donner la 
mort. Sans doute et heureusement^ les 
accidents ne se montreront pas toujours^ 
mais il suffit qu'ils soient possibles pour 
qu'on surveille le médicament pas à pas 
comme le conseille Hirtz. 

» Toutes les fois qu'il y a anémie, il 



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H 



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faut redouter la digitale (qu*il faudrait 
appeler la pâle plutôt que la pourprée) ; 
rinsuffisance aortiquc, la cirrhose, la ma- 
ladie de Bright, le rfiurnatisme articulaire 
aigu, la stéatose du cœur, la supportent 
mal. Les cerveaux congestionnés par le 
deliriuvi Iremens, par le rétrécissement 
mitral, la fièvre typhoïde, s*en trouvent 
bien. 

» Les gens âgés, par- dessus tout, ont à 
la craindre, et probablement les femmes et 
les enfants. 

» J'aurais voulu pouvoir donner les 
caractères du délire digitalique : notre 
œuvre d'interprétation eut alors été bien 
facile ; mais c'est une élude qui, je crois^ 
est tout entière à faire et ne mènera pas 
à des résultats bien précis. Le délire doit 
varier avec les habitudes, le degré d'in- 
telligence^ la maladie de chacun. Les 
autres états du corps pourront-ils nous 
mettre sur la voie ? La pâleur nous aver- 
tira mieux que le pouls, qui est presque 
constamment fréquent lorsqu'il y a délire. 
Hutchinson notait l!20, lliO battements, 
tandis qu'il était dans un état voisin du 
délire ; dans une seconde expérience plus 
modérée, le pouls était à 80. Dans les 
observations que nous avons citées, le 
pouls ne se ralentit que dans un ou deux 
cas ; il est en général à 80, quelquefois 
beaucoup plus élevé. 

» Sans doutc^ le délire n'est pas tou- 
jours mortel, mais c'est un symptôme 
grave qui mérite qu'on en recherche la 
cause, afin de la supprimer s'il est pos- 
sible. 

» La digitale parait dangereuse dans la 
cirrhose, dans l'albuminurie, dans Tinsuf- 
aance aortique, en un mot dans l'anémie ; 
elle provoque le délire et peut amener la 
mort à sa suite. 

{Bulletin général de thérapeutique») 



préciable de la face, cinq où il y avait 
aussi paralysie plus ou moins complète du 
facial; mais Tune et l'autre sous la dépen- 
dance très-probable d'une lésion centrale. 
{Lyon médical.) 



Paralysie udîlatérale du voile du pa- 
lais, d'origine centrale; par M. DU- 
MENIL. — La luette étant quelquefois 
normalement déviée, il faut pour affirmer 
la paralysie, provoquer des contractions 
pendant l'examen, et constater que le côté 
paralysé reste béant, l'arcade du ooté sain 
s'effaçant, que le pilier postérieur paralysé 
reste accolé à la paroi pharyngienne, le 
pilier postérieur du côté sain s'en déta- 
chant au contraire. L'auteur donne d'abord 
sept observations de paralysies unilaté- 
rales du voile du palais sans paralysie ap- 



Sur l'angine tuberouleutCi par M. 
ISAMBERT. — - L'aspect des tubercules de 
la gorge est absolument le même que celui 
des tubercules de la langue qui ont pris 
droit de cité dans la pathologie depuis une 
dizaine d'années, à la suite des observa- 
tions de MM. Juliard, Trélat^ etc. Les ulcé- 
rations sont précédées par la formation de 
granulations tuberculeuses superficielles, 
saillantes^ de couleur grise ou jaunâtre^ 
situées sous la muqueuse, généralement 
confluentes et groupées en plaques à con- 
tours sinueux. Si les granulations sout 
superficielles, la muqueuse qui les recou- 
vre est bientôt érodée et ulcérée à leur ni- 
veau. Ces plaques tuberculeuses ditfèreot 
des plaques muqueuses syphilitiques, 
parce qu'elles sont d'un gris sale, blafard, 
et n'ont pas un pourtour rouge comme les 
lésions syphilitiques. Leur surface est, de 
plus, couverte de saillies et d'éminenccs 
mamelonnées de couleur jaunâtre. Ces 
noduk's, incisés, ne laissent presque rien 
échapper. Ils paraissent formés par des 
tubercules à l'état caséeux. 

Le siège d'élection de ces tubercules ou 
plutôt de ces plaques tuberculeuses est le 
pilier antérieur du voile du palais, Tamyg- 
daie, le pilier postérieur, la luette cl enfin 
la paroi postérieure du pharynx. Sur la 
luette et le pharynx, les tubercules sont 
généralement isolés. 

L'ulcération des plaques ne se fait pas 
simultanément et régulièrement sur toute 
la plaque à la fois.; elle envahit, au con- 
traire, successivement les tubercules qui la 
constituent et qui sont éliminés par 
une suppuration destructive du produit 
caséeux. 

D'après les observations de M. Isam- 
bert, celles de MM. Bucquoy et Murtineau. 
les altérations qui débutent sur le voih? du 
palais ne se propagent qu'ensuite à l'épi - 
glotte et au larynx. 

La marche de la phthisie pulmonaire a 
été très-rapide dans plusieurs cas ; elle 
s'est comportée comme une phthisie assez 
aiguë ; elle a été plus lente dans un des cas 
de M. Bucquoy. 

Les accidents locaux du côté du pharynx 
consistaient dans les ulcérations accompa- 



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45 



gnées de douleor assez vive et «de dys- 
pbagie. 

J'ai eu moi méine roccasion de soigner 
au mois de juillet 1874, un malade employé 
dans une maison de commerce, et qui pré- 
sentait le type très-net de la description 
donnée par AI. Isambert. Ce garçon, qui 
souffrait depuis une année environ ie 
signes très-manifestes de phthisie pulmo- 
naire, n'avait cependant pas interrompu 
son travail. Depuis un mois environ il 
souffrait beaucoup de la gorge, et il avait 
maigri en raison de la difficulté qu'il avait 
à manger. L'examen de la gorge fit voir 
une ulcération à bords irréguliers, feston- 
nés, grise, avec des points jaunâtres sail- 
lants sur la partie ulcérée, d'aspect blafard 
et sur les bords de laquelle il y avait des 
granulations. L'une d'elles^ plus saillante, 
était bien isolée et en voie d'ulcération à 
son sommet. Cette plaque, ulcérée, allon- 
gée de bas en haut^ siégeait sur le pilier 
antérieur du voile du palais du coté droit. 
Il y avait une ulcération de même nature 
mais moins avancée sur l'amygdale du 
même côté. Je n'hésitai pas à porter le 
diagnostic d'ulcération tuberculeuse, car la 
perte de substance et les granulations péri- 
phériques ressemblaient exactement à la 
forme d'ulcération bien connue aujour- 
d'hui de la langue. 

L'examen de la poitrine montra des lé- 
sions très-avancées des deux sommets : 
dans l'un il y avait des cavernes anciennes 
avec leurs signes caractéristiques ; dans 
l'autre des cavernules en voie de formation. 

Je prescrivis un traitement général et je 
touchai au nitrate d'argent l'ulcération du 
pharynx. Le malade revint à ma consulta- 
tion. Comme je partais en vacances, je l'a- 
dressai à M. Brouardel, qui voyait pour la 
première fois une lésion de cette nature, 
et qui fit immédiatement le même diagnos- 
tic d'ulcère tuberculeux. Le malade mourut 
pendant le mois de septembre. 

Le diagnostic de cette lésion est très- 
facile avec l'angine diphtéritique caracté- 
risée par les fausses membranes et avec 
Tanginc pultacée caractérisée par la mol- 
lesse et la friabilité de Texsudation ; dans 
Tangine tuberculeuse, en effet, les granu- 
lations jaunâtres saillantes du fond de 
l'ulcère tiennent solidement au chorion 
uiuqueux et ne peuvent en être détachées 
quand on racle la surface ulcérée. Le dia- 
gnostic n'est pas aussi facile, avec les ulcé- 
rations syphilitiques de l'époque tertiaire. 
Celles-ci, cependant, sont plus profondes, 



leurs bords festonnés sont taillés plus régu- 
lièrement a pic, la muqueuse, conservée 
saine autour de la perte de substance, est 
plus rouge. Elle se distingue de l'angine 
scrofuleuse ulcéra tive en ce que celle-ci a 
pour siège d'élection le fond du pharynx^ 
en ce qu'elle s'avance de la partie posté- 
rieure à l'antérieure, en ce qu'elle produit 
de grandes déformations, des adhéren- 
ces, etc., et qu'elle est indolente. Les 
ulcérations tuberculeuses sont, au con- 
traire, douloureuses, et enfin elles coexis- 
tent avec la phthisie aiguë ou chronique. 

Quant à ce qui concerne l'anatomie pa- 
thologique de ces ulcérations tubercu- 
leuses, elle permet d'affirmer bien nette- 
ment leur nature. Ou y trouve, en effet, 
d'après l'examen de MM. Troisier et Ha- 
not, des granulations tuberculeuses très- 
caractéristiques qui siègent profondément 
dans le tissu conjonctif sous-muqueux. Le 
chorion muqueux, au niveau de l'ulcéra- 
tion, manque ou bien il est infiltré d'élé- 
ments cellulaires en dégénérescence ca- 
séeuse. La lésion peut être assimilée en 
tout point aux ulcères tuberculeux de la 
langue dans lesquels les granulations tu- 
berculeuses les mieux définies «iégent pro- 
fondément dans le tissu conjonctif inter- 
posé aux fibres musculaires de la langue. 

J'ai eu l'occasion d'examiner au micros- 
cope, au commencement de l'année 4874-, 
le voile du palais d'un malade du service de 
M. Bernutz, à la Charité. Le voile du pa- 
lais était très épais et ulcéré. M. Bernutss 
avait porté le diagnostic d'ulcère tubercu- 
leux. Le malade étant mort par suite des 
progrès de son affection pulmonaire, nous 
fîmes, M. J. Renaut et moi, l'examen ana* 
tomique du voile du palais altéré. L'épais- 
sissement était dû surtout à la formation 
de tissu embryonnaire au fond et aux bords 
de l'ulcération et à une hypertrophie des 
glandes acineuses de la région. Les cellules 
épithéliales de certaines de ces glandes 
étaient Infiltrées de granulations grais- 
seuses. Nous trouvâmes aussi, sur le bord 
de Tulcération, des amas de cellules rondes 
ayant la forme et les caractères des granu - 
■ lations tuberculeuses. 

D'après l'ensemble de ces faits, on doit 
nécessairement admiettre l'existence bien 
prouvée d'une angine tuberculeuse. 

La forme aiguë décrite par M. Isambert 
et qui est très -bien définie en raison de la 
présence de tubercules récents, n'est pro- 
bablement pas la seule qui puisse se pré- 
senter à l'observation. 



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Relativement au traitement, M . f sambert 
eroit que les caustiques énergiques qu'il 
faudrait employer pour détruire les parties 
profondément atteintes ne seraient pas sup- 
portés par les malades, et que les caustiques 
superficiels ne peuvent que hâter les pro- 
grès de Tulccration ; les lésions, d'ailleurs, 
sont trop générales, celles du poumon no- 
tamment, et elles marchent trop vite pour 
qu'on puisse espérer une amélioration ou 
une guérison. Aussi se borne- t-il à recom- 
mander des palliatifs pour diminuer la 
dysphagie, les narcotiques, la glycérine 
fortement morphinée, la- glace avalée en 
petits morceaux, et une alimentation pure- 
ment liquide (bouillons, gelées de viandes, 
lait. (Journal des conn, méd. prat,) 



De la soiatique et de l'atrophie mus- 
culaire qui peut la ocoopliquer ; par 
M. le docteur LANDOUZY. — La cause 
-de cette atrophie^ plus fréquente qu'on ne 
le croit, est une lésion matérielle nerveuse 
(névrite) que peuvent produire le froid, le 
rhumatisme, une. compression, une inflam- 
mation du voisinage. L'auteur admet deux 
espèces de sciatique, l'une est une névral- 
gie et ne s'accompagne pas d'atrophie 
musculaire, l'autre est une névrite et 
s'accompagne nécessairement de dystro- 
pliie, curable d'ailleurs. Appartiennent à 
la sciatique- néyrite les caractères des 
névrites : douleurs rémittentes ou con- 
tinues, gravatives, accompagnées ou non 
d'accès de souffrances aiguës^ troubles 
trophiques (épaississement de la peau, 
atrophie musculaire, œdème, zona). Le 
traitement antiphlogistique est ici plus 
indiqué. Les courants continus doivent 
être préférés aux courants d'induction 
contre l'atrophie. {Lyon médical.) 



qui porte sur ii09,825 cas d'anesthésie. 
Ils sont, on le voit, de nature à établir une 
fois de plus la supériorité de l'éther 
sur le chloroforme. Ils tendraient aussi à 
faire regarder le protoxydo d'azote comme 
moins dangereux encore que Téther. 
Malheureusement il y a une objection à 
faire au travail du professeur américain. 
Il faudrait, pour juger en parfaite con- 
naissance de cause les faits dont il donne 
le résumé, connaître la durée et l'impor- 
tance des opérations pratiquées pendant 
Tanesthésie. Le protoxyde d'azote est 
employé plutôt par les dentistes que par 
les chirurgiens. C'est dire qu'on ne lui 
demande ordinairement qu'une anesthésie 
de très-peu de durée, et il n'y a pas de 
comparaison à faire au point de vue de 
l'innocuité entre le fait d'endormir un 
malade pour le temps seulement néces- 
saire à l'extraction d'une dent et celui de 
recourir à l'anesthésie pendant toute la 
durée d'une opération chirurgicale, par- 
fois longue et parfois aussi pratiquée sur 
un sujet gravement affaibli par les circon- 
stances antérieures. {Ibid.) 



Des dangers comparés de l'anesthésie 
produite par l'éther, le chloroforme, le 
biohioride de méthylène et le protoxyde 
d'azote. — t>'après le professeur Andrews, 
du collège médical de Chicago, les divers 
agents anesthésiques auraient donné jus- 
qu'à présent la mortalité suivante : 

Ether : 1 mort sur 25,204 opérations. 

Chloroforme : 1 mort sur 2,723. 

Chloroforme et éther mélangés : 1 sur 
r>,588. 

Bichloride de méthylène : 1 sur 7,000. 

Protoxyde d'azote : I sur 73,000. 

Ces résultats viennent d'une statistique 



Hémiopie, par Ch. ABADIE. — Pour 
la reconnaître le malade est placé devant 
lin tableau noir sur le centre duquel est 
dessinée un croix blanche qui sert de point 
de fixation. Un œil étant fermé, un objet, 
un morceau de craie tenue à la main est 
promené sur la surface du tableau. Si 
l'objet n'est pas distingué lorqu'il est à la 
droite du malade, il y a hémiopie droite; 
s*il n'est pas vu lorsqu'il est à gauche, il y 
a hémiopie gauche... Pour la lecture et 
récriture, l'hémiopie latérale droite est 
beaucoup plus gênante que l'hémiopie 
gauche, puisqu'on lit et écrit de gauche h 
droite. 

Outre l'hémiopie latérale , droite ou 
gauche, la même pour les deux yeux, ce 
qui est le cas le plus fréquent, l'on distin- 
gue une hémiopie nasale, dans laquelle ce 
sont les deux moitiés externes de chaque 
rétine qui sont paralysées, et une hémiopie 
temporale, dans laquelle la paralysie a 
atteint les deux moitiés internes de chaque 
rétine. 

Ij'auteur conclut en admettant : 

i» La semi-décussatiôn des nerfs op- 
tiques ; 

2" Que l'hémiopie latérale suppose une 
lésion cérébrale ou une lésion intéressant 
la bandelette optique opposée ; 



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5<* Que rhémiopic temporale est pro- 
duite par une lésion intéressant Tangle an- 
térieur du chiasma ; 

4f<* Que rbémiopie nasale a toujours été 
de cause inlra -oculaire. (tbid.) 



Des cboroidîtes et de leur influence 
sur la faculté visuelle ; par P. BERG- 
MEÏSTER. — L*auteur commence par 
passer en revue les altérations si diverses 
décrites dans les publications anatomo- 
pathologiqucs, comme constituant Palté- 
ration propre à Tune ou Tautre choroïdite. 
Ces altérations consistent en une hyper- 
plasie, une atrophie ou unedégénérescence, 
circonscrites ou plus ou moins généralisées, 
et s'attaquant de préférence, soit austroma 
choroïdien, soit au pigment épithélial. La 
rétine peut être intéressée ou rester plus 
ou moins intacte. L'imago ophthalmosco- 
pique, quelque variée qu'elle puisse être, 
ne se fonde pas cependant sur la diversité 
des processus anatomiques ; elle emprunta 
ses éléments, dans la grande majorité des 
cas. à rétat du pigment choroîdien et épi- 
thélial (atrophie circonscrite ou diffuse). 

Le vague et Tincertitude dans la con- 
naissance des choroïditcs sont augmentés 
encore parce fait que Timage ophthalmos- 
copiquc; au dire des auteurs récents, ne 
fournit pas les éléments nécessaires pour 
juger de la gravité de Taffection au point 
de vue de la vision, et ne saurait suffire 
pour fixer un pronostic un tant soit peu 
certain. 

Les conditions suivantes ont , suivant 
Bergmeisler, une importance capitale au 
point de vue de Tacuité visuelle. 

1** Quand les processus morbides se 
localisent dans une zone moyenne, située 
entre Téquateur et le pôle postérieur de 
rœil, ils influencent très- peu la faculté 
.visuelle. 

Le processus morbide s*approchanl de 
la papille du nerf optique, il survient des 
troubles visuels par deux causes : 

a) Par suite de la présence du cercle 
artériel de Zinn en cet endroit, la circu- 
lation dans la papille est intéressée. Hypé- 
rémie de cette dernière, gonflement plus 
ou moins considérable, et par suite tor- 
peur rétinienne. Si rhypércmie persiste 
longtemps, on voit se développer Timage 
d'une atrophie plus ou moins prononcée 
du nerf ; 

h) Des troubles du corps vitré survien- 
nent à son pôle postérieur, sous forme de 



filaments, de flocons,, de membranes, 
quelquefois adhérents à la papille. — Le 
processus morbide s*approchant du corps 
ciliaire, le corps vitre se trouble dans son 
segment antérieur, et tout le fond de Tœil 
est comme voilé. Avec un réflecteur faible, 
on reconnaît que le trouble est dû à un 
pointillé très-Ân, jamais à de gros flocons. 
Le corps ciliaire, Piris peuvent s'enflam- 
mer, un exsudât peut se déposera la face 
postérieure de la cornée. 

^° Desimpies plaques atrophiques, sans 
exsudation préalable, influencent !a vision 
beaucoup moins que les exsudats circon- 
scrite, qui plus tard s'atrophient également. 
Les troubles causés sont locaux (scotomes, 
photopsies, métamorphopsie^ etc.) et rè- 
glent leur intensité sur leur siège ; par 
exemple localisation dans la macula lutea. 

3" Les troubles visuels sont très -intenses 
quand en même temps la rétine s'engage 
(choroïdite syphilitique). 

L'auteur donne ensuite une division 
très^acceptable des choroïdites, et applique 
aux différentes espèces les données précé- 
dentes. (An nales d'oculistique. ) 



Méthode d'Esmaroh jugée par les 
Anglais. — La méthode d*Ësmarch,sibien 
accueillie par nos voisins d'Outre Manche, 
commence aujourd'hui à trouver des dé- 
tracteurs. Dans un mémoire lu devant la 
Société médicale d'Edimbourg, le docteur 
Chiene discute les avantages et les incon- 
vénients de la compression élastique et 
termine par un violent réquisitoire contre 
la méthode. Ce procédé serait inapplicable 
et même dangereux dans beaucoup de cas. 
Parmi les nombreux reproches que lui 
adresse le chirurgien d'Edimbourg^ nous 
citons les suivants : i° il renvoie dans le 
courant circulatoire des produits de nature 
suspecte, cancéreux, putrides, etc. ; 2<* il 
produit une compression trop complète et 
fait le vide jusque dans les capillaires, 
empêchant ainsi la formation d'un coagu- 
Itim convenable dans les vaisseaux d'un 
plus gros calibre. La méthode de Lister, 
employée pendant de longues années à 
V Edinhnrgh infirmary^ et qui consiste à 
élever le membre à amputer au moyen de 
bandages, est bien préférable. Le simple 
tourniquet lui-même, qu'on semble aban- 
donner aujourd'hui, est plus avantageux 
que la compression élastique ; celle-ci, en 
effet, cesse brusquement et expose ainsi à 
une abondante hémorrbagie pendant la 



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48 



REVUE ANALYTIQDE ET CRITIQUE. 



ligatare des gros vaisseaux. Avec le tour- 
niquet on peut diminuer graduellement la 
compression et éviter en partie cet incon- 
vénient. 

Ces objections faites à la méthode d*Es- 
march ont trouvé un écho dans la Société 
médico-chirurgicale, dont la plupart des 
membres, nous dit le reporter, partagent 
la même manière de voir que le docteur 
Chiene. Y a-t-il un parti pris, une cabale 
contre le chirurgien allemand? Nous ne le 
pensons pas. La nouvelle méthode a néces- 
sairement à lutter contre les habitudes 
prises, et Ton ne saurait s'étonner de lui 
voir des ennemis. Elle n'a peut-être pas 
donné; du reste, tout ce qu'on avait promis 
en son nom, et son usage est loin de s'être 
généralisé même à Londres, où elle avait 
été très- bien accueillie et patronnée par 
plusieurs chirurgiens autorisés. 

[L'A beille médica fe . ) 



Emploi du forceps pour extraife la 
tète du fœtus après la sortie du trono. 
— Dans la grande majorité des cas, lors- 
que le tronc est sorti, une manœuvre 
adroite exécutée avec les mains seules sullît 
pour amener au dehors la tête du fœtus. 
Cependant, il est des cas où l'emploi du 
forceps est non-seulement utile, mais de- 
vient indispensable. De quelle façon de- 
vrait-on appliquer cet instrument; devra- 
t-on se conformer au précepte qui veut 
qu'on l'applique toujours au-dessotts de 
l'enfant qu'on relève ; ou toujours en le 
mettant en rapport avec sa partie anté- 
rieure, avec le plan sternal du fœtus? 
Emploiera-t-on ce qu'on a appelé la mé- 
thode allemande ou la méthode française? 
M. Grynfeit montre qu'aucune de ces lois 
ne doit être appliquée à l'exclusion de 
l'autre, et il étudie chacun des cas que 
l'accoucheur peut rencontrer. La tête, res- 
tant la dernière, peut siéger au niveau du 
détroit inférieur, de l'excavation ou du 
détroit supérieur. Pour le dire de suite, 
l'arrêt de la lêle au détroit supérieur est 
excessivement rare et il serait très difficile 
d'appliquer sur elle les branches de Tinslru- 
nient. Lorsque, au contraire, la tête est 
arrivée dans l'excavation au niveau du 
détroit inférieur, le procédé variera sui- 
vant la position : l** s\ la tête est en occi- 
pilo-pubienne, on appliquera le forceps en 
rapport avec le plan sternal du fœtus, 
c'est-à-dire en le plaçant au-dessous de lui ; 
2° si la tête est en occipito-sacrée et qu'elle 



soit fléchie, c'est encore sur le plan slemal 
qu'on glissera les branches de l'instroment ; 
3° si, au contraire/ la tête est défléchie, 
c'est au dessous du fœtns qu'on appliquera 
le forceps; i;" enfin, si la position est 
oblique ou transversale, on la transformera 
d'abord en position directe, en occipito- 
pnbîenne et en occipito-sacrée, et on met- 
tra ensuite en usage l'un des procédés 
ci -dessus indiqués. 

(bulletin général de thérapeutique,) 



De la compression dans l'hydarthrose 
du genou. — La compression d'un genou 
atteint d'hydarthrosesefait habituellement 
au moyen d'une épaisse couche d'ouate 
enveloppant l'articulation et vigoureuse- 
ment serrée dans les tours d'une bande de 
toile ou de flanelle. C'est là en somme un 
procédé assez défectueux/ à cause de la 
facilité avec laquelle les tours de bande se 
desserrent. Avec une bande de caoutchouc 
on n'a pas à craindre un tel résultat, mais 
on tombe dans un autre inconvénient, 
celui d'imposer au malade une compression 
circulaire qui devient rapidement très-dou- 
loureuse, en raison de l'élasticité du caout- 
chouc. Frappé de ces difficnltés,M.Guyon 
a eu l'idée de substituer à la compression 
circulaire du genou l'application d'un ap- 
pareil ouaté compressif sur une gouttière 
qui ne laisse à découvert que la partie 
antérieure de l'articulation. Voici comment 
il procède. Le membre étant placé dans la 
gouttière, des feuilles d'ouate rectangu- 
laires sont appliquées sur le genou et for- 
ment, en se superposant, une couche d'une 
grande épaisseur. C'.est sur la gouttière 
qu'est enroulée la bande circulaire, et on 
voit par là que la compression ne porte 
que sur la partie antérieure du genou, les 
faces postérieures et latérales du membre 
étant protégées par la gouttière. On évite 
ainsi au malade la gène et la douleur qui 
accompagnent si souvent une constriction 
circulaire énergique, et on peut pousser la 
compression beaucoup plus loin.M.Guyon 
a déjà obtenu par ce procédé de compres- 
sion un assez grand nombre de succès, 
parmi lesquels nous nous contenterons de 
citer comme exemples deux observations 
dans lesquelles les malades se trouvaient 
dans deux caractères absolument diffé- 
rents. 

Dans la première, il s'agit d'un jeune 
homme de dix-huit ans, chez lequel l'hy- 
darthrose ne datait que de huit jours. Dans 



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REVUE ANALYTIQUE ET CRITIQUE. 



49 



la seconde, au contraire^ le malade était âgé 
de cinquante- deux ans, et répanchemcnt, 
de nature rhumatismale; remontait déjà à 
cinquante jours. Dans les deux cas, Tap- 
piication de Tapparei! ouaté compressif a 
été supportée sans difficulté par les ma- 
lades; et la guérison a été obtenue en dix 
jours chez Tun et en vingt trois chez l'au- 



tre. Ces deux exemples, pris entre beau- 
coup d*autres, sont tout à Téloge d*un pro- 
cédé qui, aux avantages d'une application 
facile, jamais douloureuse, et d'une guéri- 
son relativement rapide, joint celui de 
convenir aussi bien aux épanchcments ré- 
cents qu*aux hydarthroses déjà anciennes. 

{Ibid,) 



Cbimle médleiile et pbarmaeeatlqae. 



Sur les substances qui oontribuent à la 
réaction acîde de Turîne; par M. DO- 
NATH. — On attribue généralement avec 
Liebig la réaction acide de Turine à la 
présence de phosphates diacides (mono- 
métalliques) formés par l'action de Pacidc 
hippurique et de l'acide urique sur les 
phosphates (dimétalliques). On sait en effet 
que le phosphate disodiquc dissout les 
acides hippurrque et -urique en proportion 
beaucoup plus grande que l'eau pure, et 
que ces dissolutions offrent une réaction 
acide trcs-prononcée. L'auteur a trouvé 
de plus que la quantité dVide qui. se dis- 
sout en excès est équivalente de la quantité 
de phosphate disodique contenu dans la 
liqueur; pour chaque molécule du der- 
nier, il se dissout une molécule d*acide 
hippurique. Enfin, le phosphate trisodique 
en solution aqueuse dissout, par molé- 
cule, deux molécules d'acide hippurique 
en plus que l'eau pure. L'acide urique et 
Tacide benzolque se comportent de même. 
Ces résultats justifient Thypothèse de Lie- 
big, en montrant que les trois acides enlè- 
vent un atome de sodium au phosphate 
disodique, et même deux atomes de sodium 
au sel trisodique pour former de l'hippu- 
rate, de l'urate acide, ou du benzoatc de 
sodium, et que le phosphate se convertit 
en phosphate acide qui communique à 
Turine la réaction acide. 

.Mais les deux sels en pr/'sence, phos- 
phate diacide et hippurate, par exemple, 
se trouvent dans un état d*équilibre insta- 
ble et subissent très- facilement la décompo- 
sition inverse. Ainsi vient-on à soumettre la 
dissolution à une évaporation lente, elle 
donne d'abord des cristaux diacide hippu- 
rique, ensuite un mélange de cet acide et 
de phosphate disodique ou trisodique. sui- 
vant qu*on a employé primitivement l'un 
ou l'autre sel, et finalement ces phosphates 
seals, sans, qu'à uo moment quelconque, 



on puisse reconnaître la formation d'un 
cristal d'hippurate de sodium. Il suffit 
même d'agiter la solution primitive avec 
de l'éther f)our dissoudre une not.able pro- 
portion d'acide hippurique. 

Dans le cas de l'acide benzoïquc on 
observe des phénomènes analogues, seule- 
ment, pendant l'évaporation, on constate 
la formation d'une faible quantité de ben- 
zoate sodique ; pour l'acide urique ce der- 
nier phénomène est plus marque et l'on 
obtient par concentration une certaim^ 
proportion d'urale acide de sodium. 

Au lieu de dissoudre un acide dans du 
phosphate disodique, on peut aussi mé- 
langer des molécules égales de phosphate 
monosodique et de bcnzoàte ou d'hippu- 
rate de sodium ; la solution qu'on obtient 
laisse déposer l'acide benzoîque ou hippu- 
rique par concentration, et cètle ces acides 
lorsqu'on agite simplement la solution pri- 
mitive avec de l'éther. 

{Journal de pharmacie d'Anvers.) 



Observations sur des urines réduisant 
la liqueur de Feblins;; sans dévier au 
polarimètre; par M. DAVID. — Mon ex- 
cellent maître M. P. Thenard a bien voulu, 
à la dernière séance de la Société chimi- 
que, énoncer le résultat d'un travail que 
j'ai commencé sur les urines, et qui est 
resté inachevé faute de sujet d'expérience. 
Pensant que ce travail peut intéresser les 
médecins, et que le cas que j'ai examiné 
peut se présenter en maintes circonstances, 
je viens dans cette note donner quelques 
détails plus précis, et ratifier d'une manière 
complète les paroles que M. Thenard a ' 
prononcées à la Société, 

A la suite d'un anthrax d'une violence 
inouïe, qui faillit lui ôter la vie, mon père 
après s'être très-bien porté pendant 8 à 
iO mois tomba dans un état d'affaiblisse- 



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KO 



KËVUE ANALYTIQUE ET CRITIQUE. 



ment qui prit bientôt des proportions ef 
frayantes; le médecin examina ses urines: 
elles réduisaient la liqueur de Fehling, et 
brunissaient légèrement lorsqu*on les chauf- 
fait avec un morceau de potasse caustique. 
Jl déclara qu'il était diabétique et lui or- 
donna le traitement du diabète. En qualité 
de chimiste je voulus suivre les mouve- 
ments de la maladie, et pris chaque jour 
l'urine de la nuit pour Texaminer. 

Un premier fait me frappa. L'urine ne 
réduisait pas franchement la liqueur âe 
Fehling, comme lorsqu'elle contient du. 
glucose. Il fallait une ébullition prolongée 
pour produire le phénomène d'une manière 
bien nette. Néanmoins en attribuant le 
dépôt rouge de protoxyde au glucose, l'ana- 
lyse en décelait 10 à 12 gramnres par litre 
d'urine. 

Dixs doutes me vinrent alors, doutes 
d'autant plus fondés que le malade 
aucune soif, et ne rendait pas b^^^cWiù^ 
.litre d'urine par jour. J'exai»(;n)ai donc^ 
l'urine au saccharimètre, aprèkl^avoir dé- 
fequée soigneusement avec llflO de lèjr^ 
acétate de plomb. Je n'obtins aucune trace 
de déviation. L'observation a (ue faite par 
moi et contrôlée par M. ThcnanL 4^9^ T?^ 
saccharimètre perfectionné de M. ùr ^ 
qui permet d'apprécier 1/2 degré avec une 
grande netteté. 

Je cherchai alors un moyen de séparer 
ce produit, qui, à la manière du glucose^ 
réduit le tartrate cupro- potassique sans 
toutefois dévier au polarimèlre. Voici la 
méthode que j'ai suivie : 

J'ai traité JJOO^^c d'urine fraîche, rédui- 
sant bien la liqueur de Fehling, par 100<^*' 
de sous-acétate de plomb concentré. Il 
s'est fait un gros précipité A (urates, 
chlorures, phosphates). 

J'ai filtré et ajouté dans la liqueur claire 
de l'ammoniaque en défaut, c'est-à-dire en 
quantité insulBsante pour précipiter tout 
Toxyde de plomb de l'acétate en excès con- 
tenu dans la liqueur. Il s'est fait un nou- 
veau précipité B, qui devait contenir tout 
le glucose, s'il y en avait. Il n'en contenait 
pas. 

On a filtré de nouveau pour séparer ce 
précipité et abandonner la liqueur claire 
au repos pendant une journée. Elle a laissé 
' déposer au bout de ce temps un précipité 
rougeclair C. Celui-ci était le corps inté- 
ressant. 

Ce précipité rouge-chair a été recueilli, 
lavé« et remis en digestion avec de l'eau 
distillée. On a saturé le plomb avec de 



l'acide sùlfurique étendu et filtré, pour 
séparer le sulfate de plomb ; puis, dans la 
liqueur claire^ on a ajouté de l'eau de ba- 
ryte en quantité strictement nécessaire 
pour saturer l'acide sùlfurique en excès. 
On a filtré et examiné la liqueur. Elle 
réduisait la liqueur de Fehling abondam- 
ment, sans donner trace de déviation au 
polarimètrc. 

La mort de mon pauvre père est venue 
suspendre le travail. La matière que j'ai 
obtenue serait, d'après ces données, facile 
à isoler, mais il faudrait des quantités 
d|urine dans ces conditions ; les médecins 
seiiis peuvent s'en procurer. 

^^ fait. — Les urines fraîches de cha- 
que jour ont été évaporées dans le vide à 
consistance sirupeuse, pour être soumises 
ensuite à l'analyse immédiate. 

Pour cela, le résidu sirupeux a été traité 
^^rl^dko^ concentré, qui a dissous l'urée 
etles^fiMiîè^ extractives solubles, laissant 
1îe coté l'^jàc urique et une partie des 
sels. v\ 

12l.€d9^i^io" alcoolique a été distillée et 
le résidu de Ja /cornue traité par l'étlier, 
ui a laissé l^ée dissoute, et s^est charge 
un^iû^tipiT excessivement acide au pa- 
Jpi^j^-4tJurnesol. Quel acide soluble dans 
i'éther pouvait donc se trouver dans cette 
urine? La solution éthérée, évaporée au 
bain-marie, a laissé un résidu peu soluble 
dans Teau froide, plus soluble dans l'eau 
I^ouillante et cristallisant parie refroidisse- 
ment. Cette matière acide, purifiée par ce 
mode facile de. cristallisation, a été exami- 
née plus attentivement et j'ai reconnu 
qu'elle fondait h 120% qu'elle était soluble 
dans 200 p. d'eau froide et 25 d'eau 
bouillante, qu'elle était inflammable et 
qu'elle formait des sels de baryte et de 
plomb insolubles. En un mot, l'acide était 
de l'acide benzoïque^ fait singulièrement 
anoripal, et contredit jusqu'ici par bien des 
médecins. (Ihid.) 



Dosage de l'albumine par le taBnîn. 

— Le dosage de l'albumine par une solu- 
tion titrée de tannin donne des résultats 
inexacts, car toutes les albumines ne fixent 
pas la même quantité de ce réactif. Ainsi 
la matière albumineuse contenue dans 
l'urine brightique retient 57' p. 100 de 
tannin ; celles que l'on trouve dans les cas 
d'albuminurie accidentelle n'en retient que 
28 p. 100, — Pour doser l'albumine à 
l'aide du tannin, il faut ajouter au liquide 



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REVUE ANALYTIQUE ET CRITIQUE. 



M 



albamiiieux la moitié de son volume d*unc 
solution à 20 p. iOO de sel marin; on y 
verse une quantité suffisante de solution 
tanniquc pour que toute Palbumine soit 
précipitée ; on filtre, on lave le précipité 
jusqirà complète élimination du sel marin ; 
on enlève le tannin par Taicool bouillant, 
on sèche et on pèse. (Ibid.) 



Sur le phosphate ammoniaoc-magiié* 
sien; par MM.A.MILLOT et MAQUENNE. 
— Le phosphate ammoniaco-magnésien 
précipité en liqueur ammoniacale se pré- 
sente sous la forme d*étoiIes caractéristi- 
ques,- dont il est impossible de déterminer 
la forme cristalline. Pour obtenir ce pro- 
duit cristallisé, il faut que la précipitation 
ait lieu dans une liqueur neutre ou légère- 
ment acide. C'est ce qui a lieu quand on 
abandonne l'urine à elle-même (Neubauer) 
ou quand on neutralise par Tacide acétique 
une liqueur renfermant en suspension le 
phosphate en étoiles. 

Dans ces conditions, les cristaux sont du 
système rhomboidal droit ; ils ont été dé- 
terminés directement à Faide de cristaux 
trouvés dans le guano ou nu microscope ; 
les angles à la base sont de 63<* 4'S et 
HG"* 18'; ces prismes portent générale- 
ment des troncatures sur les arêtes et Tas- 
pect du prisme semble un trapèze isocèle 
ou même un triangle. 

Les mêmes cristaux s*obtiennent en li- 
queur ammoniacale en présence de citrate 
d'ammoniaque ; il est à remarquer que le 
tartrate d'ammoniaque ne produit aucun 
effet semblable. 

Avec une faible quantité de citrate on 
obtient de gros prismes ; à mesure que la 
proportion de réactif s'élève, les tronca- 
tures s'accentuent, on obtient des trapèzes, 
et enfin, avec un très-grand excès, des 
octaèdres appartenant toujours au même 
système. 

Dans tous les cas, ces cristaux ont, 
après dessiccation sur Tacide sulfuriquc, 
la composition connue 

PO\2MgO,AzH*0,12HO; 

à i 00^ ils abandonnent toute leur eau de 
cristallisation en perdant leur forme cris- 
talline. 

D'après Berzelius, si Ton fait bouillir 
une liqueur renfermant un équivalent de 
sulfate de magnésie et un équivalent de 
phosphate neutre d'ammoniaque, on ob- 
tient un composé cristallisé ayant pour 



formule P0*MgO,AzH*O,4HO; il ajoute au 
reste que cette matière aurait besoin d'être 
étudiée de nouveau. 

Dan» ces conditions, on obtient d'abord 
du phosphate trimagncsique qui, en pré- 
sence du phosphate d'ammoniaque, se 
transforme à l'ébullition en phosphate 
ammoniaco-magnésien cristallisé en gros 
cubes très-nets ou en tables carrées. 

Sa composition est toujours 

POS2MgO,AzH*0,2HO 
il s'est formé d'après l'équation 

PO»,2AzH^O,HO+2SO«,MgO=PO«. 
2MgO,AzH*0+2(SO»,AzH*0). 
séché à iOO*', ee produit ne change ni de 
composition ni de forme. 

Ces cristaux n'offrent aucune coloration 
dans la lumière polarisée, ce qui a lieu au 
contraire pour les prismes rhomboldaux ; 
ils sont complètement insolubles dans l'eau 
pure, tandis que ce liquide dissout par 
litre ^0 milligrammes du phosphate en 
étoiles ; enfin, je citrate d'ammoniaque, qui 
dissout ce dernier en proportion très-nota- 
ble, n'exerce aucune action sensible sur le 
phosphate cubique. 

D'ailleurs cette variété ne s'obtient ja- 
mais dans les dosages d'acide phospho- 
rique. 

Lorsque l'on ajoute un excès d'un sel 
de magnésie h une dissolution de phosphate 
ammoniaco-magnési^ dans le citrate 
d'ammoniaque, on le précipite en totalité ; 
cette propriété justifie complètement le 
procédé de dosage de l'acide phosphorique 
proposé par M. Joulic {Monitevr scienti- 
figue), mais aussi elle montre qu'il est 
impossible de faire le dosage de la magnésie 
à l'état de phosphate ammoniaco-magné- 
sien dans des liqueurs renfermant de 
l'acide citrique. (Ibid.) 



Reoherohes sur le lait; par M. N. 6ER- 
BER. — 1. Dosage de l'eau. — Pour doser 
Peau, on prend, d'après Haidlen, de 1 à 
3 grammes de -sulfate de chaux et 15 à 
20 centimètres cubes de lait. On chauffe ce 
mélange sur une petite flamme, puis dans 
rétuve de 105 à ilO degrés. Mais il vaut 
mieux prendre autant de sable lavé que de 
lait (10 à 20 grammes), chauffer ce mé- 
lange au bain- marie et après dans l'étuve à 
110 degrés, jusqu'à ce que le poids ne di- 
minue plus. De cette manière, le lait ne 
s'oxyde pas ot on obtient des résultats très- 
exacts. Pour doser l'eau dans du lait con- 



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52 REVUE ANALYTIQUE ET CRITIQUE. 

dense, il faut de même bien mêler ce lail plus grands et plus éloignés les uns des 

avec le sable. autres que dans le lail ordinaire. Aussi ce 

2. Dosage du beurre, — Le dosage du lail reste -t- il beaucoup plus longtemps sans 

beurre par le procédé de M. Hoppe-Seyler, s*allércr, comme le lail qui avait été 

consistant à traiter le lait dans un tube chauffé, ce qui semble montrer que les 

gradué par i'élber et un peu de potasse, spores sont détruits par le grand froid 

laisse toujours de la potasse dans le résidu comme par la chaleur, 

sec ; en outre, cette méthode n*est pas 7. La pellicule que donne le lait en 

commode comme manipulation. bouillant ne contient pas seulement de la 

Le lait qui a servi pour doser Teau ne caséine coagulée et des graisses, mais aussi 

peut donner un résidu apte à rcxtraction de Talbumine coagulée, 

du beurre par Téthcr. 8. •Pour doser le beurre, j*ai fait con- 

Aussilôt qu*on a coagulé le lait d'après slruire un appareil consistant en un léger 

la méthode ordinaire, il faut Bllrer, laver flacon, dans la tubulure duquel est un 

d'abord avec de feau froide, puis avec de entonnoir fermant à rémeri, où Ton place 

Talcool fort et tout de suite après avec de le filtre chargé de coagulum. L'embou- 

rélher, jujqu'à ce que le coagulum soit chure de rcntonnoir est jointe à un réfri- 

épuisé. Si ou laissait celui-ci devenir com- gérant qui condense les vapeurs d'éther. 

pacte, il serait impossible plus tard d'en On place dans lu flacon trois quarts de son 

extraire le beurre par Téther, parce que la volume d'éther, et on met l'appareil 

caséine enveloppe toujours des parties de monté sur un bain-marie. On chauffe le 

graisse, si bien qu'il est impossible d'épui- bain jusqu'à une légère ébullition ; de 

ser le résidu. celte manière, Téther dégraisse le coagu- 

5. Dopage de l'albumine, — Pour obte- lum de bas en haut. L'éther qui monte au- 

nir des résultais exacts, il ne suffit pas de dessus du filtre se condense dans le réfri- 

chauffer le liquide filtré du lait caillé, gérant et tombe de nouveau sur le Gltre, 

traité d'après la méthode ordinaire par de sorte que le dégraissage se fait de lui- 

Tacidc acétique et l'acide carbonique, mais même très-complétem^nt. Cette manière 

il faut révaporer au quart de son volume, de dégraisser présente différents avan- 

et ce n'est que de cette manière qu'on par- tages : 

vient à coaguler dans la liqueur à peu près !« On ne perd point d*éther ; 2<> la ma- 
tous les albuminates exempts de lacto- nipulation, qui, par la méthode ordinaire^ 
protéine. ^ est très-fastidieuse, se fait d'elle-même; 
i. Le lait coagulé par Pacidc acétique 3** après avoir dégraissé, on n'a qu'à dé- 
laisse séparer la caséine beaucoup plus monter l'entonnoir et le réfrigérant, dis- 
vite que le lail coagulé spontanément. liller Téthcr^ chauffer le résidu au bain- 
b. Du lait chauffé dans un tube de verre marie, puis à Tétuve à iiO degrés, et 
au bain-marie, puis scellé à chaud, reste peser ; on obtient le beurre par «'ifférence. 
plus de trois mois incoagulé. D'autre part. Celte méthode donne, avec peu de peiiie^ 
le même liit, enfermé sans avoir été des résultats beaucoup plus exacts que les 
chauffé, s'est coagulé après quatre se- autres procédés. Ce dégraisseur offre par 
maines. sa simplicité beaucoup plus d'avantages 
6. Dans le lait exposé à un grand froid, que celui de M. de Bibra. L'appareil est 
on trouve les globules sous le microscope construit à Paris chez les frères Alvergniat. 

Analyses da lait de ?ache. 

I. 11. III. IV. Moyenne. 

Poids spécifique. . . f,023i 1.0256 1,029 1,0278 1,0262 

H20 84,55 86,84 88,79 84,67 86,21 

Beurre 4,56 3,95 i 50 3,73 4,18 

ÏÏb*JmL. ! • • • «'^^ <'" 5" M« 4.« 

Sucre 5.36 2,38 2,70 5,65 4,28 

Sels 0,73 1,01 0.80 0,91 0,«« 

99,96 99,97 99,92 99,98 99,96 
Réaction toujours un peu acide. 



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bù 



I. 

Puids spéciGque . 1,0i7 

Age de la femme . : . 33 ans. 
Age da lait 50 jours. 

H20 88,020 °/o 

Beurre 2,90 » 

Caséine. ) . ^^ 

Albumine.! ' • • • ^'^^ " 

Sacre 7,03 « 

Sels 0,31 »> 

99,86 »/o 
Réaction Neutre. 



Nouvelle propriété de la glycérine. — 
R. Godeffroy, en observant une glycérine 
chimiquement pure, trouva que, chauffée 
à 502 degrés Fahrenheit (150 degrés cen- 
tigrades), elle prend feu, et brûle avec 
une flamme bleue, constante et non lumi- 
neuse, sans répandre aucune odeur et sans 
laisser de résidu. Celte glycérine avait une 
pesanteur spécifique de 4^60,9. Celte 
propriété permet à la glycérine d*une fai- 
ble densité de brûler h Taide d'une «impie 
lampe à mèche. (ibid,) 



_ 


tll. 


Lait de fei 
IV. 


nme. 


_ 


•i — ' — ^ 


11. 


V. 


VK 


Moyenne. 


1,031 

32. 

74. 


1,029 

23. 

77. 

84.86 
5.25 


1,028 

27. 

48. 

8is62 
4,64 


1,031 

25. 
60. 


1,0215 
2n 
170. 




86,22 
4,54 


87.57 
3,4f 


Î'3J7 
2,15 


89.05 o/« 
3.30 • 


2.81 


2,74 


2.03 


2,03 


1,06 


1,79 « 


5,96 
0.41 


6,40 
0,75 


6,46 
0,22 


6,27 
0,67 

99,98 


3,^6 
0.14 


5,59 >. 
0,42 * 


9jf.94 


99,98 


99,97 


99,98 


99,95 r/c 


Neutie. 


Alcal. 


Neutre. 


Neutre. 


Neutre. 










{Répertoire de pharmacie.) 



Hédérîne ; nouvel élément du lierre 
commun (Hedera hélix) ; par le docteur 
HARSTEN. — L'hédérine est un principe 
amer ; quelques chimistes la considèrent 
comme un alcoloîde; il n'en est rien d'après 
Fauteur. Pour préparer ce produit, le 
D' Harsten divise finement les feuilles de 
lierre et fait une bouillie avec de Talcool 
à 85**,90°. Après deux heures, il presse et 
distille Talcool. Par le refroidissement, un 
précipité se sépare ; on lave avec de Feau 
et on filtre. Le liquide filtré contient de 
Tacide hédérotannique, le rési !u est dé 
rhédérinc avec des matières grasses et de 
la chlorophylle. On dessèche le résidu, 
on le di:»sout dans Talcool bouillant, et, 
par révaporalion spontanée, riiédérine se 
sépare en petits grains. On dessèche 
de nouveau et on lave avec la ben- 
zine. Enfin, on le lave avec de Teau et on 
le fait cristalliser dans Talcool, après avoir 
décoloré par le charbon animal. On peut 
encore le dissoudre dans un alcali, et préci- 
piter par Tacide chlorhydrique. C'est une 
poudre légère, qui .<e présente en écailles au 
microscope. A peine sduble dans Peau 
froide, Téther^ la benzine ; facilement so- 
luble dans Talcool bouillant. Elle donne à 



Teau la propriété de mousser. Elle se rap- 
proche ainsi de la saponine, mais elle n*est 
pas aussi soluble qu'elle dans Tean ; elle 
ne parait pas vénéneuse, car les feuilles de 
lierre sont pour les chèvres une nourriture 
recherchée. Cet élément existe en grande 
quantité dans les feuilles de lierre, surtout 
dans les vieilles feuilles, qui sont exposées 
à la lumière directe du soleil. Le docteur 
Kœnig a analysé la substance ; elle eoii- 
lient : C=63,i4 0/0 H==i0,40. Par Tébul- 
lition avec Tacidc sulfuriquc elle donne 
35 à 38 0/0 de sucre. 

{Journal des connaissances médicales.) 



Recherches sur Taoîde salicylîque. — 

M. Julius Alûller, pharmacien à Breslau, a 
essaye comparativement Taclion antifcr- 
mentique de Tacide salicylîque et de Tacide 
phcniquc. Il a vu que Tacide salicylîque 
empêche la fermentation du sucre de raisin 
plus facilement que Tacide phénîque. Au 
contraire, une moindre quantité d'acide 
phéniquc que d'acide salicylique suffit pour 
empêcher ou retarder la fermentation 
putride de l'urine, ou d'une infusion 
aqueuse de morceaux de foie finement 
décoirpés. L'auteur explique cette diffé- 
rence d'action par la volatilité plus grande 
de l'acide phénique qui en ferait un meil- 
leur désinfectant. 

Poursuivant cette élude sur les fermen- 
tations à ferments non organisés^ M. MûUer 
a vu que dans la proportion de un à deux 
dixièmes p. cent de la solution, l'acide 
salicylique peut arrêter ou empêcher la 
décomposition de Tamygdaline par l'émul- 
sine, ou la transformation de l'amidon par 
la ptyaline, ou celle du glycogène en sucre, 
tandis qu'il faut 10 p. cent de la solution d'a- 
cide phénique pour obtenir les mêmes effets. 



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54 



REVUE ANALYTIQUE ET CRITIQUE. 



Ces expériences entreprises sur le pou- 
voir digestif de la pepsine en présence de 
ces deux acides ont donne des résultats 
analogues avec dos écarts moins marqués 
cependant entre les deux acides. Ingéré 
dans Testomac de Thomme ou des animaux 
vivants, Tacide salicylique n'arrête pas la 
digestion aussi facilement qu*on aurait pu 
le croire, ce que Tauteur attribue à la 
prompte et facile élimination de cette 
substance par les émonctoircs naturels. 

Suivant M. Mûller, Tacide salicylique 
doit en grande partie ses propriétés anti- 
septiques et antifermontalives à sa qualité 
acide. Il a sur Tacide phénique Tavantage 
de n*étre ni irritant ni aussi désagréable- 
ment odorant ; mais Tacide phénique a sur 
Tacide salicylique l'avantage d'être plus 
antiseptique, grâce à sa volatilité, et de 
pouvoir facilement se combiner avec Thuile 
et la glycérine, ce qui le rend d'un emploi 
plus commode. 

M. Mûller prépare une solution aqueuse 
diacide salicylique en dissolvant une partie 
de cet acide dans 20 de glycérine chaude, 
et en ajoutant 80 parties d*eau à cette 
solution. 

Sachant que l'acide salicylique est éli- 
miné en nature par les urines, et que 
d'autre part de petites quantités de cet 
acide suffisent pour empêcher la fermen- 
tation alcaline de l'urine et y arrêter la 
production des bacléri*'s, M. le docteur 
Fûrbringer (de Heidelberg) a eu l'idée 
d'administrer à riulérieur cette substance 
dans des cas de cystite, de pyélite ou de 
rétention d'urine, afin d'empéchcr dans 
ces cas la fermentation intra vésicale du 
liquide urinaire. Le succès a pleinement 
couronné ces tentatives. L'auteur rapporte 
quatre cas à l'appui de cette pratique ; en 
voici le résumé : 

l» Phthisie avancée avec paralysie spi- 
nale. Urines fétides et alcalines ; dépôt 
contenant des cristaux, des corpuscules 
purulents et des bactéries. L'urine perd 
son odeur après l'ingestion de 4 grammes 
environ d'acide salicylique par doses frac- 
tionnées. 

2" Maladie de Brîght chronique avec 
catarrhe des voies urinaires. Urines albu- 
mineuses, très-alcalines, fétides et conte- 
nant des bactéries et des corpuscules 
purulents. Acide salicylique à la dose de 
0,75 par jour. Le neuvième jour l'urine a 
perdu ses caractères anormaux, elle con- 
serve .seulement de l'albumine et quelques 
corpuscules purulents. 



5<> Cystite datant de plusieurs années, 
exigeant l'emploi de la sonde. Urines 
offrant les mêmes caractères que plus 
haut. Acide salicylique donné à la dose 
quotidienne de 0,75 centigrammes à 1,50. 
Au bout de douze jours, aucun résultat 
sensible ne s^étant produit, on lave la 
vessie à grande eau pour débarrasser ses 
parois de la couche muco-purulente que 
l'on .suppose devoir agir comme ferment. 
Le remède, continué à l'intérieur, ne 
tarde ^pas à ramener l'urine à son état 
normal. 

i" Cystite aiguë. Urines alcalines, pyru- 
lenlcs et fétides, ayant rapidement repris 
leur aspect normal après l'usage interne 
de l'acide salicylique. 

M. Fûrbringer fait remarquer que dans 
tous ces cas le médicament a arrêté les 
phénomènes de fermentation urinaires 
sans cependant arrêter la formation des 
cellules de pus sur la muqueuse vésicale 
et sans empêcher l'état purulent de l'urine. 
(Lyon médicaL) 



Sur l'acîde salîoylîque et ses proprié- 
tés antiseptiques. — L*altention a été 
appelée dernièement sur les qualités anti- 
septiques de ce produit^ que l'on peut obte- 
nir aujourd'hui par les voies synthétiques. 

L'acide salicylique est cploré en jaune 
clair ; il se présente sous forme de cris- 
taux très fins, aisément solubles dans 
l'alcool, l'éther et l'eau bouillante, mais 
non dans l'eau froide. Il fond à 51 8. degrés 
Fahrenheit (160 degrés centigrades). Si 
on le chauffe brusquement, il se décom- 
pose en acides carbonique et phénique ; 
chauffé modérément, il sublime sans dé- 
composition. 

. Le professeur Colbe confirme les obser- 
vations de Knapp, Neugebauer, Thiersch 
et autres ; il conclut que l'acide salicyli- 
que possède des qualités sérieuses comme 
antiseptique et comme moyen préventif 
contre la fermentation ou la putréfaction. 
Dans bien des cas, l'acide salicylique est 
préférable à l'acide phénique, il n'a pas 
d'odeur, pas de saveur désagréable; il peut 
être employé à r.intérieur comme pour 
l'usage externe sans entraîner aucun incon- 
vénient ; et il a été employé avec succès à 
des usages chirurgicaux. 

Les expériences du professeur Neuge- 
bauer prouvent qu'une petite quantité 
d'acide salicylique suffit pour prévenir 
non-seulement la seconde fermentation 



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REVUE ANALYTIQUE ET CRITIQUE 



5î> 



du vin et par eonséquent le trouble quVlle 
produit, mais aussi la formai ioa de cham- 
pignons dans les tonneaux. Les expérien- 
ces du professeur Kolbe montrent que 
50 centigrammes de cet acide suffisent à 
empêcher la fermentation produite par 
5 grammes de levure de bière dans une 
solution de 120 grammes de sucre dans 
1 lilrc d*eau. On peut conclure de ces 
expériences que Tacide salicylique serait 
utilement employé dans la conservation 
des champagneSf bières et sirops destinés 
à Texportation. Une autre . application 
importante que le professeur Kolbe tire de 
ses expériences, cVst son emploi pour la 
conservation de Teau à bord des navires 
soit en rajoutant à IVau dans la propor- 
tion d*un deux-cent millième, soit en cou- 
vrant la bonde des tonneaux de coton 
trempé dans Tacide salicylique, ce qui prér 
serverait Teau par la fîltration de Pair. On 
pourrait de même préserver les provisions 
de bouche en les couvrant diacide salicy- 
lique. On a trouvé que la coagulation du 
lait était retardée de trente-six heures par 
Taddition de 0,04 pour 100 d'acide salicy- 
lique. Ces différents résultats ont été 
obtenus avec Tacide salicylique libre, et 
non avec ses sels. Le professeur Kolbe 
pense aussi que cet acide serait particuliè- 
rement propre aux usages de toilette, 
comme dentifrice et contre Todeur désa- 
gréable causée par la transpiration. 

Quant à Tusagc plus important de cet 
acide dans les pansements, chirurgicaux. 
Je professeur Thiersch et le docteur Feh- 
ling, qui font employé d*une façon assez 
générale, rapportent quMl annihile Todeur 
de la putréfaction sans produire aucune 
inflammation apréciable, et qu'un mélange 
de 1 partie d'acide salicylique, 3 parties 
de phosphate dé soude et 50 parties d*eau 
active la cicatrisation. 

On a employé, dans les opérations chi- 
rurgicales, un mélange d'acide et d'eau 
dans la proportion d'un trois-centième, on 
couvrait la plaie de ouate trempée dans 
cette solution. 

A l'hôpital d*accouchements de Leipzig 
Facide salicylique a été employé à la place 
de l'acide phcnique dans les maladies de 
la matrice et pour couvrir les ulcères 
puerpéraux. Comme cet acide est soluble 
dans les huiles grasses, il peut être em- 
ployé, comme l'acide phénique, pour les 
bandages Lister. 

A l'intérieur, il a été employé contre 
les maladies contractées par contagion. Le 



profesjseur Kolbe, après expérience per- 
sonnelle, a trouvé qu'il pouvait être pris 
de I gramme à 1 g., 25 de cet acide par 
jour, sans le moindre inconvénient ni trou- 
ble de l'économie générale. 

Les premières expériences sur l'acide 
salicylique ont été faites en Allemagne. . 
(Répertoire de pharmacie.) 



Reoberohe des matières goudronneu- 
ses dans rammoniaque du commerce ; 
par M, KUPFFERSCHLAEGER, de Liégé. 
— L'action de l'acide nitrique sur le sul- 
fate d'aniline ayant été décrite à diverses 
reprises, peut être considérée comme con- 
nue; mais ce qui ne l'est guère, c'est l'ap- 
plication qu'on peut faire de cette réaction 
très-sensible à la constatation de la pureté 
de l'ammoniaque caustique. 

Plusieurs traités de chimie analytique 
rapportent que l'épreuve la plus certaine 
à faire subir à une ammoniaque douteuse, 
dans le but d'y constater la présence de 
matières organiques incolores de nature 
goudronneuse, consiste à en verser un 
excès dans une dissolution ferrique et à 
abandonner le vase couvert au repos, jus- 
qu'à éclaircissement de la liqueur surna- 
geante: de la filtrer ensuite, puis d'y ver- 
ser du sulfhydrate d'ammoniaque, qui ne 
produira rien, si l'ammoniaque est pure 
(parce qu'elle aura précipité tout l'oxyde 
ferrique), mais qui, dans le cas contraire, 
y produira un précipité noir de sulfure de 
fer, ou une coloration brune, selon la 
quantité de métal restée dans la liqueur. 

Ce procédé long et compliqué n'indique 
nullement l'origine de l'ammoniaque, ni la 
nature de ses impuretés. C'est pourquoi 
nous lui préférons la coloration que l'acide 
nitrique produit avec l'aniline et la tolui- 
dine existant presque toujours dans l'am- 
moniaque retirée des eaux vannes et des 
eaux goudronneuses du gaz d'éclairage ; la 
moindre trace de ces matières produit, 
dans ce cas, une coloration rouge-groseille, 
surtout si l'on opère comme il suit : 

On verse peu à peu l'ammoniaque que 
l'on veut essayer dans un tube d'essai con- 
tenant quelques centimètres cubes d'acide 
nitrique incolore et étendu du quart de 
son volume d'eau : si elle est goudron- 
neuse, une coloration rouge -groseille appa- 
raît immédiatement et devient brune à 
mesure que l'on ajoute de l'ammoniaque 
impure; en outre, le mélange s'échauffe 
considérablement et exhale manifestement 



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Î5G 



REVUE ANALYTIQUE ET CRITIQUE. 



Todeur de goudron, surtout si Ton n'ajoute 
pas Tammoniaque en exeès, cVst à-dire si 
Ton cesse lorsqu'elle n'agit plus énergi- 
qucment sur Tacide nitrique, autrement 
son odeur dominerait. La couleur brune 
persiste indéfiniment. 

L'acide chiorhydrique employé de la 
même façon donne aussi lieu à une colo- 
ration rouge et à un dépôt de chlorure 
ammonique ; l'acide sulfurique colore 
l'ammoniaque essayée en brun plus ou 
moins foncé, et la réaction est tumul- 
tueuse; c'est l'acide nitrique qu'il est 
préférable d'employer, parce qu'il forme 
une zone bien isolée et très-distincte. 

L'ammoniaque goudronneuse ne peut 
servir ni à la précipitation complète des 
oxydes» ni à la préparation de certains 
réactifs, notamment du molybdate nitrico- 
ammoniquc, qui dans ce cas est brun, 
alors qu'il doit être incolore, pour recher- 
cher les acides phosphorique et arsénique. 

(Ibid.) 



Extraction de l'or des liquides pau- 
vres ; par M. BOTTGER. — On ajoute à 
la liqueur bouillante, contenant l'or du 
stannate de soude et on laisse bouillir jus- 
qu'à précipitation complète. On recueille 
le précipité d'or et d'étain, on le lave et on 
le dissout dans Teau régale. On a ainsi une 
solution contenant du chlorure d'or et du 
chlorure d'étain. La liqueur évaporée avec 
soin est étendue d'eau distillée, puis addi- 
tionnée de tartrate double de sodium et 
potassium; par l'ébullition tout l'or se 
dépose à l'état pulvérulent tandis que 
l'étain reste en solution. 

{Journal de pharmacie d'Anvers.) 



WLlmt. liât, médieale et pharm. 

Sur la production de la gomme adra- 
gante. — La production de la gomme par 
les végétaux semble dépendre d'un état ma- 
ladif particulier, dont les phases princi- 
pales ont été étudiées et décrites par 
M. Trécul.en <860. Ce savant s'est occupé 
seulement de la formation de la gomme 
dans les rosacées, mais on admet en général 
que celle qui est produite par les Acacia j 
et qui occupe dans le commerce une place 
des plus importa nte.'i, résulte de phéno- 
mènes analogues. 

La maladie de la gomme nait d'une sorte 
de pléthore des jeunes tissus. Les sucs, 



arrivant en trop grande abondance au con- 
tact des cellules nouvelles, les ramollissent, 
les entament et finalement les désorgani- 
sent. 11 se forme alors des lacunes remplies 
de liquide, où nagent les débris des tissus 
détruits. Peu à peu ces lacunes prennent 
des dimensions plus grandes, par suite de 
de la désagrégation des cellules environ* 
nantcs, et si elles se trouvent dans le voi- 
sinage immédiat des couches épidermi- 
ques, elles peuvent se faire jour à la sur- 
face du végétal et produire une eschare 
. plus ou moins étendue ; si, au contraire, 
elles restent closes de toutes parts, elles 
deviennent à la longue des réservoirs de 
gomme. Celle-ci apparaît au pourtour de 
iii cavité sous forme de mamelons gélati- 
neux qui croissent, se colorent en jaune ou 
en brun et finissent par combler le vide. 
Dans le voisinage des fibres, elle parait 
exsuder d*abord de leurs parois, puis peu 
à peu les transformer elles-mêmes avec 
leur contenu. Quand les lacunes se sont 
formées près de l'écorce ou dans des cou- 
ches ligneuses peu résistantes, leur con- 
tenu arrive à se faire jour au dehors et 
apparaît alors sous la forme de larmes 
transparentes que tout le monde connaît. 

Tel est le mode de formation admis pour 
les gommes, qui, comme celles des rosacées 
et des acacias, sont essentiellement com- 
posées d'acide gummique ou métagum- 
mique. 

La gomme adragante, par ses caractères, 
son origine, diffère essentiellement de 
celles-ci. D'après M. Hugo !\lohl,elle serait 
aussi un produit pathologique ayant quel- 
que analogie avec les précédents : elle 
est, dit cet auteur, le résultat d'une trans- 
formation plus ou moins complète des cel- 
lules de la moelle et des rayons médul- 
laires en une substance gélatineuse qui se 
gonfle par l'action de l'eau de plusieurs 
centaines de fois la grosseur primitive des 
cellules. Quand on examine la structure 
anatomique des astragales qui fournissent 
cette gomme, on trouve la moelle et les 
rayons médullaires plus ou moins modi- 
fiés, et dans tous les états intermédiaires 
qui permettent de suivre les différentes 
phases de la transformation. Les cellules 
qui, au début, ont pris une consistance 
dure, cornée, sans modifier leur forme, 
finissent par se condenser en une matière 
homogène, où leurs parois ne sont plus re- 
connaissableS; où il est impossible de dis- 
tinguer les minces couches qui les consti- 
tuaient. 



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REVUE ANALYlIQtîE ET CRITIQUE. 



r)7 



Cette origine semblerait devoir, après 
coup, confirmer Popinion de Guibourt, 
d'après laquelle la partie soluble étant for- 
mée d'arabine, la partie insoluble de la 
gomme adragante serait constituée par un 
mélange de cellulose et d'amidon en partie 
altérés; cependant cette opinion n*est pas 
exacte, pas plus que cetle qui est admise 
généralement par les auteurs et qui se 
formule ainsi : la matière soluble diffère 
de Tarabine en ce qu'elle n'est pas coagulée 
par les sels ferriqucs et en ce que, préci- 
pitée parTalcooI, elle offre une consistance 
dé mucus toute spéciale; quant à la partie 
insoluble dans Teau bouillante^ ce serait 
une substance qu'on a désignée sous le 
nom de bassorine, offrant la composition 
générale des amyloscs, mais très- différente 
dé la cellulose, cl caractérisée par sa pro- 
priété remarquable de se gonfler énormé- 
ment au contact de l'eau. 

Guibourt admettait dans la gomme adra- 
gante la présence de Tamidon ; ce fait, 
contesté par d'autres, doit se rencontrer 
cependant assez souvent; puisque quelques 
auteurs l'ont confirmé. Il est certain que 
la gomme vermiculée en contient une plus 
grande quantité que la gomme en plaques, 
et la manière, dont se forme ce produit, 
d'après Hugo Mohl, expliquerait très-aisé- 
ment la présence de l'amidon. Mais on 
conçoit, si Ton a tant de peine à s'entendre 
à propos d'un corps aussi facile à recon- 
naître, combien il est plus malaisé de 
tomber d'accord sur la nature qu'il con- 
vient d'attribuer à la substance si remar- 
quable qui constitue la masse de la gomme 
adragante et lui donne ses propriétés géné- 
rales. Aussi régnait-il sur ce point une 
grande confusion et avons-nous été heu- 
reux de trouver dans les comptes-rendus 
de l'Académie des sciences une note de 
M. Giraud qui jette sur la question un 
jour très inattendu. 

Quand on fait . digérer^ dix l'auteur, 
jusqu'à dissolution^ une partie de gomme 
adragante avec 50 parties d'eau acidifiée à 
i/lOO d'acide chlorhydrique, et si, après 
filtration; on ajoute à la liqueur un excès 
d'eau de baryte, le précipité qui se forme 
peu à peu est du pectate de baryte. 

Quand le précipite s'est réuni et a pris 
une consistance convenable, on peut le 
laver, le suspendre dans Peau et le traiter 
par un excès d'acide chlorhydrique on 
acétique, qui dissolvent la base et laissent 
l'acide pectique à l'état de précipité pur. 
— On peut, par ce moyen, retirer do la 



gomme adragante environ 60 pour i 00 
d'acide pectique. 

.. La manière même dont on obtient l'acide 
pectique, dans cette opération, prouve qu'il 
ne préexistait pas dans la substance et 
qu'il a pris naissance sous Tinfluence des 
réactifs; il s'agit de savoir quelle est la 
matière première dont il procède ; M. Gi- 
raud établit sa nature d'après les observa- 
tions suivantes : 

c i* La gomme adragante est très-peu 
soluble dans l'eau froide ; elle est loin de 
donner, comme on l'avait dit, 30 à .50 
p. iOO de gomme soluble ; le produit filtré 
est un mélange de différents corps et n'est 
pas un principe défini semblable à Tara- 
bine, 

» 2° Lorsqu'on met la gomme adragante 
en digestion au bain- marie avec 50 fois 
son poids d^eau, au bout de vingt-quatre • 
heures environ, toute la substance gom- 
meuse est transformée en gomme soluble, 
ayant perdu la propriété de se gonfler 
après dessiccation ; celte matière nouvelle 
est différente de l'arabine, quoi qu'on en 
ait dit : c'est la pectine. 

» 3<* Soumise à l'action de l'eau acidulée 
{acide 4, eau iOO), cette gomme se modifie, 
au bain- marie au bout de deux à trois 
heures ; elle devient entièrement soluble ; 
le nouveau corps qui se produit est prin- 
cipalement de la pectine, précipitable par 
Talcool, mais non de l'arabine, comme on 
l'avait avancé. La quantité de glucose 
formé pendant celte action correspondant à 
peine au dixième de la matière employée. » 

Ainâî, sQus^ccs diverses influences, la 
gomme adragante se transfoniie en pec- 
tine, soluble dans l'eau, précipitable par 
l'alcool, et susceptible, par l'action des 
alcalis, de donner des pectalcs et des 
métapectates. Et cette pectine clicméme^ 
dérive d'un produit pectique insoluble, 
qui forme à lui seul plus de la moitié du 
poids de ta gomme, et. qui parait identique 
avec la peçtose, décrite par i\l . Frémy. 

On sait que la pectose se rencontre 
abondamment dans le tissu utriculaire de 
beaucoup de fruits et de racines; elle 
accompagne presque constamment là cel- 
lulose qui constitue les enveloppes, mais 
ne peut être confondue avec elle; ainsi, 
sous l'influence des acides, la cellulose se 
transforme en dextrine, puis en glucose, 
mais ne donne jamais de pectine, comme 
le fait la pectose. Le .note de M. Giraud 
semble donc infirmer les observations de 
Hugo Mohl, qui teudent à établir que la 

8 



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58 REVUK ANALYTfQlIIÎ RT CRITIQUE. 

cellulose des astragales se change en saveur franchement aigrelette; il a une 

gomnDe adragante. C'est une étude à re- densité égale à 2o,3; en un mot, il offre 

ifaire en entier; il serait toutefois curieux les caractères apparents des bons vinai- 

que l'un et l'autre savant eussent raison et grès blancs. 

que la nature, à Taide des seules forces Mais il en diffère pourtant sous le rap- 

physiologiques, opérât une modification port de ses propriétés chimiques. En effet, 

que les chimistes sont jusqu'à présent vient-on à le traiter par l'acide sulfhydri- 

impuissants à produire. que, il fournit un précipite blanc qu'on 

M. Giraud a complété son travail par n'obtient pas avec les vinaigres purs, et 

l'analyse de la gomme adragante; d'un qui nous a fait •soupçonnbr qu'il devait 

grand nombre de dosages^ il a tiré la com- contenir un sel de zinc, 

position moyenne suivante : Pour nous en assurer, nous avons éva- 

Ejh, . 20 pour 100. P*^**® -^ centimètres cubes de ce condi- 

Composé pectique. . . 60 .— ment; nous avons incinéré la matière 

•^o">™e5olublc. . . .8à^l0 — extraclive qu'il nous a laissée, puis nous 

Amilîon'*! ! . . 2 à 3 — avons repris les cendres provenant de Tin- 

Matières minérales . . 3 — cinération par l'eau bouillante acidulée 

Corps azotés . . . . traces. avec l'acide nitrique. Celles-ci s'étant 

99 — complètement dissoutes, nous en avons 

• (Journal de pharmacie d'Anvers.) traité le solutum par l'ammoniaque, des- 

• linéc à précipiter le fer et les phosphates 
de chaux et de magnésie, et à dissoudre le 

Falsiflcatioiis, etc. . zinc de manière à le séparer de eos élé- 

— ments inorganiques. Le tout ayant été 

Falsification du séné. — On trouve jeté sur un filtre, noi^s avons obtenu une 

sur lo marche de Londres une nouvelle liqueur claire qui, additionnée d'acide sul- 

rspèce de séné nommée fine senna. Ce fhydrique, donna un précipité blanc, in- 
nouveau séné a un aspect différent du ' soluble dans les alcalis et les sulfures alca- 

véritable; il ressemble, pour la couleur et lins, mais solubles dans les acides forts, 

la grandeur, aux feuilles de séné Tinne- précipité évidemment formé de sulfure de 

vclly. 11 est formé par» le Cassia brevipes, zinc, qui nous permit d'apprécier la quan- 

D. C.;il vient deÇosta-Rica et de Panama, tité de ce métal et de déterminer qu'elle 

Il est si peu actif, qu'une infusion de s'élevait a 3 gr, S pour 100 de vinaigre. 

15 grammes est sans effet. Ce premier point établi, nous recher- 

{Répertoire de pfiarmacio) châmes à quelle cause il fallait attribuer la 

.._^_^,.,^_^ . présence de cet agent toxique, et, d'après 

les explications fournies par le dantinier. 

Vinaigre zinoifére; par M. JÂILLARD. il résulta clairement pour nous qu'on 

— Dans une cantine de la ville d'Alger se devait l'attribuer au séjour plus ou moin^ 

manifeslcrent dernièrement des accidents prolongé de ce vinaigre dans un vase de 

chez les consommateurs qui faisaient zinc, séjour pendant lequel l'acide acétî- 

usage d'aliments vinaigrés. Notre ami que avait attaqué le récipient de manière 

M. A..., appelé à lour prodiguer ses soins, à lui enlever une partie de sa substance et 

constata chez la plupart des syraptônoes à la transformer en acétate zincique. 

sensiblement identiques, à savoir : des En admettant cette, explication et en 

vomiluritions, des vomissements, des supposant que le ^inc trouvé fût à l'état 

selles abondantes, de la céphalalgie et de d'acétate, on arrive par le calcul à établir 

l'abriltement, qui cédèrent facilement à que ce vinaigre renfermait D,66 de ce sel 

quelques jours de repos, et qu'il attribua ponr iOOO, ce qui explique aisément les 

à la mauvaise qualité de la nourriture qui accidents observés. (Ibld,) 
leur avait été servie. Sous cette inspira- 
lion, M. H... préleva, sur la provision de 

vinaigre qui existait dans l'établissement Pharmacie 

en question, un échantillon qu'il voulut ~ 

bien confier à notre examen. Du meilleur procédé pour préparer la 

Ce vinaigre, au .premier abord, ne décoction de racine de grenadier ; par 

semble présenter aucune altération. Il a M. YVON. —Depuis l'introduction du 

une couleur blanche ro^^ce; il a une kousso dans la thérapeutique, l'emploi de 



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REVUE ANALYTIQUE ET CRITIQUE. 



59 



l'écoroe de racine de grenadier contre le 
(«nia est un peu abandonné. Cependant 
nous possédons dans cette plante un spé- 
cifique presque aussi certain que le kousso 
et d'un emploi plus facile. C^ dernier, on 
le sait» doit être infusé dans Peau et le pa- 
tient absorbe tout, poudre et liquide. 
L'ingestion de cette bouillie épaisse et ' 
désagréable cause presque toujours des 
naurèes, qui déterminent le rejet d*une 
partie du médicament, et souvent la por- 
tion conservée n*est pas suffisante pour 
déterminer fentiére expulsion du ver. Ce 
fait mérite d'éfre pris sérieusement en con- 
sidération parle praticien, surtout &*ilveut 
bien se souvenir que, si la première dose 
u*a pu être tolérée, la seconde Test bien 
rarement, à cause de la répugnance in- 
stinctive excitée par le précédent échec. 

L'écorce de racine de grenadier peut 
être employée fraîche ou &ècbe. Aujour- 
d'hui ou a presque généralement renoncé 
à ta racine fraîche, dont remploi ne pré- 
sente peut-être pas grand avantage et que 
d*ailleurs il est souvent difficile de se pro- 
curer. 

L'écorce sèche s'emploie à la dose de 
60 à 80 grammes ; le Codex prescrit le 
modus faciendi suivant : 

Écorcc sèche de racine de grenadier 60 gr. . 

Eau 730 » 

On coutuse l'écorce et on la fait macérer 
pendant douze heures dans Teau; on fait 
bouillir eusuite jusqu'à réduction d'un 
tiers et l'on passe. 

Le Codex . n'indique point si Ton doit 
laisser refroidir cette décoction avant de 
la passer. 

Si Ton prend cette précaution, on con- 
state qu'il se forme un dépôt abondant, 
qui finit par tapisser d'uue couche grenue 
le fond du vase ; le liquide surnageant est 
toujours louche et jie peut s'éclaircir 
même par des fillrations réitérées. Cepen- 
dant le décocté chaud est assez limpide. Il 
se précipite donc par refroidissement une 
certaine quantité de principes solubles à 
chaud. Pour me rendre compte de ces 
faits, j'ai entrepris les quelques essais qui 
vont suivre. 

10 grammes d'écorce de racine con- 
cassée ont été mis en macération pendant 
douze heures avec de l'eau commune : 
au bout de ce temps j'ai porté à IVbulti* 
tion et fait réduire de façon à obtenir uu 
volume égal à 85 centimètres cubes. 

J'ai laissé refroidir kntement après 
iiltration du décocté bouillant. Il s'est peu 



à peu troublé et a déposé une couche 
grenue comme du sable fin. J'ai jeté sur 
un petit filtre Berzélius taré; le liquide ne 
s'est point écoulé clair et il est resté sur le 
filtre un précipité dont le poids, après des- 
siccation, fut trouvé de gr. 205, soit 
3 gr. 06 pour iOO de racine. 

Ce précipité renfermait une assez- forte 
proportion de principes rnihcraù^L; car par 
incinération il a laissé un résidu de gr. 
026, ce qui porte la quantité pour 100 a 
Ogr. 260. 

D'autre part, j'ai mesuré avec soin 
iO centimètres cubes du décocté. que j'ai 
évaporé dans une petite capsule tarée, en 
consistance d'extrait sec. Pour ces 40 cen- 
timètres cubes j'ai obtenu gr. 260 de cet 
extrait, soit 2 gr. 278 pour les 85 centi- 
mètres cubes et 22 gr. 780 pour 100. 

La première quantité m'a donné gr. 
010 de eendres blanches, ce qui porte à 
Ogr. 850 pour 100. 

Ainsi 100 grammes vrécorce de racine 
de grenadier, traités comme le conseille 
le Codex, abandonnent à l'eau 24 gr, 84 
de substances, dont 2 gr. 06 se précipitent 
par refroidissement. " 

La racine est-elle entièrement épuisée, 
en suivanjt.le procédé que je viens d'indi- 
quer? Pour élucider ce point, j'ai pris de 
nouveau 10 grammes d'écorce concassée, 
je l'ai laissée macérer douze heures avec 
de Veau distillée^ j'ai traité par déplace- 
vient et conservé à part ce liquide. Puis 
j'ai soumis le résidu à des décoctions suc- 
cessives avec Teau distillée \ j'ai répété dix 
fois ce traitement, jusqu'à ce que le dé- 
cocté ne fût plus sensiblement coloré. Les 
liquides résultant de ces décodions succes- 
sives furent réunis et réduits par évapora- 
lion à un volume tel, qu'en y ajoutant le 
premier produit de lixiviation mis à part, 
on obtienne un volume dé 105 centimètres 
cubes. 

Après un repos de deux jours, le liquide 
ne s'était point éclairci et il s'était formé 
un dépôt pesant Ogr. 108^ soit 1 gr. 08 
pour 100, et contenant sels minéraux 0,19 
pour 100. 

Après trois autres jours de repos, le 
décocté était toujours trouble et m'a fourni 
par évaporation un résidu d'extrait sec 
égal à 32 gr. 80 pour 100, soit 2 grammes 
de sels minéraux. 

11 est certain qu'en opérant ainsi, on 
épuise bien plus complètement la racine 
qu'en suivant le procédé du Codex ; mais 
dans les deux cas le produit est toujours 



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JREVUE ANALYTIQUE ET CRITIQUE. 



très-trouble, un peu pâteux, et par suite 
répugnant. Si le traitement de la racine 
par Teau froide ou tout au plus par de Tenu 
portée à une température insuffisante pour 
altérer les principes albuminoïdes, donne 
une solution à peu près aussi riche en 
principes cxtractifj, il est certain que ce 
second mode d'opérer sera préférable. 
L'écorce qui nous est fournie par la dro- 
guerie a été séohée à^air libre et par suite 
aucun de ses éléments n'a pu être altéré 
par la chaleur : dans un bon état de con- 
servation elle doit représenter la racine 
fraîche, moins Peau ; et s'il est vrai que 
cette racine fraîche soit plus active que. la 
sèche, nous aurons donc tout avantage à 
éviter toute altération provenant de rem- 
ploi de la ch&leur. 

J'ai pris 40 grammes d'écorce de racine, 
et après l'avoir concassée assez finement, 
je l'ai introduite dans un appareil à dépla- 
cement et laissée en contact douze heures 
avec une fois et demie son poids d'eau 
distillée froide. An bout de ce temps, j'ai 
ouvert le robinet de l'appareil et laissé 
s'écouler le liquide, que j'ai déplacé avec 
d'autre eau de façon à obtenir un volume 
de 50 centimètres cubes que j'ai mis à 
part. J'ai alor!$ contjnué la lixiviation par 
de l'eau à 50 degrés et j'ai ainsi recueilli 
et conserve à part i25 grammes d'un nou- 
veau liquide. 

Finalement j'ai laissé digérer pendant 
une demi heure, avec une nouvelle quan- 
tité d'i^au distillée à 50 degrés. Le liquide 
résultant de cette digestion a éié réuni aux 
125 grammes provenant de l'opération 
précédente, et le tout évaporé à la tempé- 
rature !a plus basse possible (elle n'a pas 
dépassé 55 degrés). 

Après refroidissement, j'ai ajouté le 
liquide provenant de la lixiviation à froid, 
. j'ai obtenu un voluii^ total de 80 centi- 
mètres cubes. 

J'ai laissé en repos pendant vingt-quatre 
heures. Au bout de ce temps le liquide 
était d'une transparence parfaite et pré- 
sentait une belle couleur brune foncée. Il 
s'était fait, au fond du vas'', un dépôt bien 
net dont le poids était gr. 458, soit i gr. 
145 pour iOO, lequel a laissé par. inciné- 
ration un résidu pesant gr. 55, soit gr. 
087 pour iOO. 10 centimèlres cubes de la 
solution ont donné, par évaporation, un 
joids d'extrait sec égal à gr. 555, soit 
pour les 40 grammes 7 gr, 46 ; pour 100, 
18 gr. 06 — renfermant en' sels minéraux 
1 gr. 52. 



Comparons maintenant . les 
fournis par ces trois essais, 
tableau comparatif indiquant la 
tion pour iOO dans les^ trois 
suivis : 

Procédé Décoctions 
do successives. 
Codex. 



Poids total du dépôt 2 gr.06 
Résidu minéral.* . ,26 



1 gr.08 
,19 



Substance vég.diss. 21 
Partie minérale. . 



,93 50 ,80 
,85 2 ■ ,00 



Total . 22gr.78 52gr.80 
Total des matières 
enlevées par Peau 24 ,84 35 ,88 



résultats 

Voici le 

propor- 

procédés 

LixivIaUon 

et 
digesUon. 
1 gr.l45 

,087 
17 .14 

1 ,52 

18gr.6(i 

19 ,805 

En jetant les yeux sur ce tableau, il est 
facile de voir que, suivant le procédé indi- 
qué par te Codex, on n'épuise pas entière- 
ment la racine. 

D'autre part comparons-le avec la lixi- 
viation et digestion à basse température. 
Le procédé du Codex permet d'enlever à la 
racine 24 gr. 84 pour 100 et la lixiviation 
rapide 19 gr. 80; il n'y a que 5 pour 100 
de différence. Je ferai ensuite observer que 
ledécocté^ étant trouble, contient des ma<- 
tières insolubles ; ces 24 gr. 84 renferment 
donc une partie inactiv&et en plus les sels 
existant dans l'eau, puisque le Codex ne 
fait pas prendre l'eau distillée; tandis que 
le liquide provenant de la lixiviation ne 
contient' que des substances solubles, et 
d'une limpidité parfaite ; ce poids de 19,80 
n'est pas augmenté par les matières salines 
étrangères^ puisque Ton a employé l'eau 
distillée. 

Au point de vue de Tépuisement de la 
racine, il y a donc peu de différence entru 
les deux derniers procédés^ et le dernier 
offre au moins l'avantage de n'altérer en 
rien les principes actifs de la racine de 
grenadier, et on outre de donner un pro- 
duit d'un aspect plus flatteur à Tœil et d'un 
goût moins désagréable. 

V {Répertoire de pharmacie.) 



Du sucre-tiiane ; par M. LIMOUSIN, 

avec la collaboration de M. DELPECH. — 
Les tisanes sont de véritables médicaments 
mogitttraux, qui méritent à bien des titres 
de fixer l'attention des pharmacologistes cl 
des médecins. 

Sous l'apparence de préparations phar- 
maceutiques des plus simples, elles com- 
port» ut au contraire une série d'opérations 
auusi diverses que compliquées. 

Sans insister sur le choix et la qualité 
des nombreuses substances qui servent à 



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REVUE ANALYTIQUE ET CRITIQUE. 



61 



leur confection^ il nous suffira de rappeler 
que les tisanes se préparent avec les feuil- 
les, les fleurs, les. fruits, les éeorces, les 
bois, les racines et les semences. Toute 
substance ou partie de substance qui doit 
servir à faire une tisane a besoin d'être 
inondée ou lavée, et privée des corps 
étrangers qui peuvent lui être mélangés. 

Elle doit être divisée à l'aide dju couteau, 
des ciseaux, et même du mortier. 

L'eau destinée à l'usage d'une tisane a 
besoin d'être bien choisie ; car, si elle est 
trop sélcniteuse, elle durcira les substances 
par les sels calcaires qu'elle contiendra, et 
par suite ne les pénétrera pas; inutile 
d'ajouter que le médicament prendra une 
saveur désagréable. Enfin il faut également 
déterminer si la tisane doit être préparée 
par solution, macération, digestion ou dé- 
coction. 

Comme on le voit, ces médicaments, qui 
seipblent d'une préparation si facile, exi- 
gent une connaissance exa'cte de la matière 
médicale, des manipulations pharmaceu- 
tiques et des modifications que l'eau peut 
faire subir aux substances suivant sa qua- 
lité, le degré de son calorique, et le temps 
du contact. 

Si, dans l'antiquité, Hippocrate a com- 
posé un livre sous le titre n«pi UrKrkvnç, 
De la Ptisane, c'est qu'il attachait une vé- 
ritable importance à cette boisson des 
malades, à ce remède contre la soif dans 
toutes les maladies fébriles; remède et 
boisson qui constituent quelquefois un 
véritable aliment et vienaent ainsi reven- 
diquer une part sérieuse dans le traitement 
des maladies. 

L'usage et la variété des tisanes se sont 
beaucoup augmentés de nos jours; mais, il 
faut le dire, leur préparation est souvent 
défectueuse, à cause des nombreuses diffi- 
cultés qu'elle présente. 

Nous citerons les suivantes : 

1" Les ojaticres premières sont de con- 
servation difficile : les fleurs, les feuilles, 
les bois, les écorces, les racines perdent 
rapidement couleur, odeur, saveur, et de- 
viennent souvent la* proie des insectes. 
Pour ces causes, on n'en peut faire provi- 
sion à l'avance, ou, du moins, faut-il les 
renouveler fréquemment; 

2<» Les proportions relatives de substance 
et d'eau à employer ne se trouvent jamais 
suffîsamnieut indiquées, et lorsqu'elles le 
sont, c'est par verrées, pincées, poi- 
gnées, etc., tous modes de dosage irrégu- 
liers et incertains ; • 



5° Les conditions de température et de 
temps dans lesquelles doit se préparer une 
tisane sont variables. Elle peut se faire à 
froid, à chaud, par infusion, par digestion, 
par décoction, par macération, ce qui con- 
stitue autant de causes d'hésitation ou 
d'erreur ; 

4f*» Ajoutons enfin l'obligation où l'on se 
trouve généralement de préparer une 
quantité de tisane plus grande que celle 
qui est nécessaire 9 la consommation immé- 
diate, ce qui force à perdre une partie du 
produit ou à consommer une préparation 
en partie altérée. 

Pour toutes ces raisons, on peut dire que 
les tisanes préparées par tos procédés ordi- 
naires renferment presque toujours des 
proportions variables de principe actif, et 
souvent des substances inutiles ou désa- 
gréables. 

Dans le but de remédier à cet état de 
choses, nous avons cherché à simplifier et 
à régulariser une préparation dont l'usage 
est si universellement répandu. 

Le produit sur lequel nous appelons au- 
jourd'hui Tattention remédie complètement 
aux nombreux inconvénients que nous ve- 
nons d'énuniérer; nous le désignons sous 
le nom de sucrc^tisane. 

Voici succinctement notre mode opéra- 
toire : 

Avec les diverses substances, bien choi- 
sies, disposées et dosées suivant les indica- 
tions du Codex, nous préparons des 
liqueurs concentrées dans le vide ou ji 
basse température, afin de conserver inté- 
gralement la couleur, le parfum et les prin- 
cipes actifs des plantes. 

Ces liqueurs, représentant exactement, 
sous un petit volume, toutes les propriétés 
des substances employées, sont incorpo- 
rées dans du sucre blanc raffiné, où elles 
se trouvent pour ainéi dire emprisonnées. 

Pour les substances qui contiennent des 
principes volatils, nous avons recours à la 
distillation. 

Par ce moyen, nous obtenons sous un 
petit volume la partie aromatique, qui est 
ensuiter mêlée à la liqueur extractive et 
fixée dans un poids déterminé de sucre. 

Nous n'avons pas la prétention de tenter 
une chose sans précédent et d'une inven- 
tion tout à fait originale. C'est, au con- 
traire, à des préparations analogues que 
nous nous sommes reportés; et nous rap- 
pellerons entre autres : 

1° Les sirops secs qui figuraient à l'expo- 
sition universelle de 1807, sirops destinés 



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(i2 



REVUE AiNALYTIQCE ET CRITIQUE. 



à rexportatioii pour remédier aux difficul- 
tés que présente Pcxpédition des sirops 
ordinaires, à cause dfi la fermentation ; 

2" Les différents saccharolés et saccha- 
rures indiqués dans les formulaires; 

5^ Les tisanes sèches préparées avec du 
sucre en poudre et des extraits, prépara- 
tions peu répandues et d*un dosage sou- 
vent mal déterminé ; 

i<* Certains bonbons préparés par les 
confiseurs. 

Mais tous ces produits divers ne peuvent 
répondre qu'à quelques besoins particuliers. 

Le sucre-tisane, au contraire, est la re- 
présentation exacte^ simple et pratique de 
toute une série de préparations magistrales. 
Sous la forme et le volume d'un morceau 
de sucre ordinaire^ il contient la proportion 
de substance active exactement calculée 
d'après le Codex pour une tasse à tbé d'eau 
simple. Par suite, chaque tasse de tisane 
est composée et sucrée d'une manière tou- 
jours identique et convenable. 

Ainsi que.ie sucre lui-même, qui en est 
la base, celte préparation n'est susceptible 
d*aucuhc altération. Sous cette forme, les 
substances conservent non-seulement leur 
couleur) leur odeur, leur saveur, mais 
surtout leurs vertus médicinales. 

On peut donc ainsi préparer instantané- 
m^^nt {illico) une seule tasse de tisane lim- 
pide, sans dépôt, renouvelée au fur et à 
mesure du besoin, et l'on fournit aux per- 
sonnes les plus inexpérimiintées le moyen 
«te faire avec facilité une tasse de tisaHe 
toujours identique dans sa composition. 

On supprime ainsi l'attirail encombrant 
de pots, passoires, éta mines, etc., néces- 
saires à la préparation d'uuetisunc qu!ou 
obtient souvent trouble malgré toutes ces 
précautions. 

Pour l'usage, il suffit de^verser simple- 
ment sur une dose une tasse à thé d'eau 
froide ou bouillante, suivant l'indication, 
puis de remuer avec une cuiller pour 
amener la dissolution du sucre-tisane. 
{Réperloire de pharmacie. ) 



Huile de foîe de morue à la quinine ; . 
parM.STlLES^de Huit). - On saitqu'il 
y a douze ans, M. Atlfield montra que les 
alcaloïdes naturels se combinent à l'acide 
oléique et peuvent ainsi former des oléates 
qui sont solubles dans l'huile. M. Sliles 
(de Huile) a pensé que l'on pourrait uti- 
liser ce fait pour obtenir une huile de foie 
de morue contenant de la quinine. Un pre- 



mier essai) dans lequel il chercha à com- 
biner la quinine directement avec l'huile 
de foie de morue, ne lui donna que des 
résultats peu satisfaisants ; il eut alors 
ridée de combiner l'alcaloïde à l'acide 
oléique et de faire dissoudre ensuite l'oléate * 
ainsi obtenu dans une quantité connue 
d'huile de foie de morue, et le produit 
auquel il est arrivé est tout à fait sérieux : 
sou goût participe de celui de la quinine 
et de celui de l'huile de foie de morue ; 
Tacide oléique passe inaperçu en raison 
de la faible quantité qui entre dans la pré- 
paration. 

Voici quelle est la formule et la mimière 
de préparer le produit : 

Sulfate de qoiniue- ... 3 gramines. 

Acide suifunque dilué. . . i ' — 

Solution irammoniaque . . q. s. 

Eau distillée q. s. 

Acide oléique purifié . . - 3U grammes. 

Huile de foie de morue . . 900 — 

Dissolvez la sulfate de quinine dans 
l'acide sulfufiqire dilué et daus 120 gr. 
d'eau, ajoutez un léger excès d'ammonia- 
que, et agitez bien, versez ensuite le tout 
sur un filtre <le calicot, lavez le précipité 
et séchez-le eti le pressant entre plusieurs 
doubles de papier buvant .à la douce cha- 
leur de l'étuve. Dissolvez alors la quinine 
ainsi obtenue dans de l'acide oléique à 
l'aide d'une douce chaleur, et mélangez 
cette solution à chaud avec l'huile de foie 
de morue, de manière qu'une cuillerée à 
bouche d'huile représente la valeur de 
5 centigraiiimes de sulfate de quinine. 
{Lyon médical.) 



Toxicologie* 



Mort subite causée par une injeotién 
de per chlorure- de fçr. — Le BritisU 
médical journal, du 26 juin, rapporte 
qu'un nœvus de la paupière supérieure 
traité par une injection de quelques gout- 
tes de perchiorure de fer, détermina la 
mort instantanée du patient qui tomba 
comme frappé de la foudre. Ces malheurs 
là ne sont pas exceptionnels ; ils sont dus 
à la communication rapide entre les vais- 
seaux injectés et les branches collatérales, 
surtout dans le voisinages d'un organe 
essentiel. Il faut donc, quand on fait usage 
d'un pareil procédé opératoire, être bien 
assuré de pouvoir limiter la iparche et la 
propagation de l'injection, soil en agissant 
sur des régions éloignées du centre circu- 
latoire : tels sont les membres ; soit lurs- 



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REVUE ANALYTIQUE ET CRITIQUE. 



63 



qu'on a la certitude d'arrêter par une 
compression les efFels du liquide injecté. 
-{Journal des conn. médicales.) 



Action physiologique de l'aoide prus- 
Mque; par' M\l. BOEHM et KNIE. — 

Conchtsions : 1° l/acide prussique aigit 
directement sur le système nerveux cen- 
tral, il (fétruit à fortes doses ses fonctions 
après les avoir excitées passagèrement ; 
2<> Les altérations observées du côté de la 
respiration et de la. circulation résultent 
d'impressions sur les centres nerveux de 
ces fonctions placées dans la moelle allon- 
gée ; 5*» Le nerf vagire ne joue aucun rôle 
dans la. production des troubles respira- 
toires et circulatoires produits par Tacide 
prussique ; i« L'atropine n'est pas l'anti- 
dote de l'acide prussique, et dans un cas 
d'empoisonnement, le traitement le plus 
sàr consiste à pratiY]qer la respiration 
artificielle. . ^ {Ibfd.) 



Byg ièiie pabltqne. 

Etude «ur la margarine au point de vue 
de rhygiène alimentaire ; Par A. LAII-.- 
LER, pharmacien de l'asile départemental 
des aliénés de Quatre Mares- Saint^^Yon. — 
« Dans les régions septentrionales et même 
dans nos contrées tempérées, les corps gras, 
dit M. le professseur Rouchardat, doivent 
former un des éléments constants de l'ali- 
ment complet. Ddus les pays intertropicaux^ 
les corps gras ne sont pas aussi néeessaires. 
à" l'alimentation de l'homme, et ils s'y pro- 
duisent en plus grande abondance; aussi 
devons-nous regarder comme un progrès 
hygiéniqne d'une grande importance, ces 
importations, chaque jour croissantes, de 
graisses végétales, produites par les coco- 
tiers, les autres palniiers, les illipés, les 
huiles de Sésame, d'Arachide, etc. Dans 
ces contrées chaudes, ces aliments de la 
chaleur^ de la vie se produisent en grande 
abondance au profit des pays froids qui les 
utiliseront (1). 

En matière d'hygiène, on peut dire, sans 
eraintc d'être contredit, que la parole de 
M. Bouchardat fait autorité; aussi doit-on 
regarder comme un progrès, même comme 
un bienfait, toute innovation, toute décou- 
Terte qui dote l'alimentation publique d'un 
produit appartenant à là classe des corps 

(l) BoucharJai, Nos ressources alimentnires 
pendant le siège de \S70. 



gras, réunissant les conditions de qualité et 
de bon marché. Quelle que soit son origine, 
ce produit est sûr d'être favorablement 
accueilli, surtout par les classes peu aisées 
de la société, qui, en raison de la cherté 
de tous les objets de consommation jour- 
lière, sont souvent obligées de se restreindre 
dans les dépensés qu'impose la nourriture. 
D ailleurs, sans recourir aux explications 
que la science donne sur le rôle des corps 
gras dans l'organisme^ tout le monde com< 
prend, ou pour mieux dire ressent l'utilité 
de ces aliments : les huiles, les graisses, 
lo beurre, entrent sous une forme ou sous 
une autrô, dans la ration du riche comme 
du pauvre ; personne ne peut s'en passer, 
et, par cela même, il est à souhaiter que 
ces produits soient d'un prix accessible 
à toutes les bourses. Un principe gras 
resté jusqu'à ces derniers temps à l'état 
isolé, sans emploi dans l'alimentation, 
vient d'y prendre place. C'»;st aux études et 
aux persévérantes recherches de M. Mège- 
Mouriès que nous devons cette découverte, 
et, en raison même de sa nature, ce nouvel 
aliment a été désigné sous le nom de Mar- 
gnrine. 

Lorsque, dans le courant de l'année der- 
nière j'entendis parler pour la. première 
fois de l'usage culinaire de cette substance, 
je n'en augurai, je l'avoue, rien de bon. Je 
voyais dans la Margarine un corps- que la 
chimie nous représente comme tout à fait 
impropre à l'alimentation. Elle existe bien 
dans les graisses, les huiles, le beurre, 
dans la composition duquel elle entre, sui> 
vont M.Nprori\éis, pour 68 p. c. ;.mais elle 
y est associée à d'autres principes immé- 
ditits. dont l'histoire a été faite en grande 
partie par M. ChevreuL et ses propriétés 
individuelles ne peuvent être comparées à 
celles des corps gras dont elle fait partie 
intégrante. J'en qi préparé dans mon labo- 
ratoire à une époque où je m'occupais deis 
moyens de reconnaître les falsifications des 
huiles, deThuile d'olive en particulier (^), 
et, certes, son aspect, ses caractères orga-r 
noiepliques, ne pouvaient pas me faire 
supposer qu'elle pût entrer dans les pré- 
parations culinaires ; du reste « les recher- 
ches bibliographiques que j'ai faites dans 
les livres anciens ou récents, ne m'ont' pas 
permis de découvrir que la Margarine ait 
été employée comme aliment. 

Plus tard, j'appris que la substance ven- 
due sous le nom de Margarine Mouriès 

(2) Lailler, Comptes rendus de l'Académie 
des sciences, 1865. 



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était obtenue par des procédés spéciaux ; 
qu'elle avait été Tobjet d'un rapport favo- 
rable au conseil de salubrité de la Seine 
par M. Félix Boudet, membre de T Acadé- 
mie de médecine, dont le savoir et l'hono- 
rabilité me sont personnellement connus ; 
et, enfin, que déjà dans certains établisse- 
ments hospitaliers on se louait de son usage: 
C'est alors aussi, que. Ton s'.en procura à 
TAsile de Quâtre-Mares une certaine quan- 
tité pour en faire l'essai dans l'alimentation 
dés malades de TAsile, en place de beurre 
commun de cuisine. 

J'ai examiné chitniquement cette marga- 
rine, ainsi que celle qui a été achetée de- 
puis ; j'ai suivi avec attention et intérêt son 
emploi comme aliment ; c'est le résultat de 
cet examen chimique et pratique que je 
vais présenter. Je crois devoir le faire 
précéder de l'extrait suivant du rapport de 
M. Félix Boudct. 

« II y a plusieurs années, à l'époque où 
M. Mèg«-Mouriès, chargé par le gouverne- 
ment d'étudier quelques questloos d'écono- 
mie domestiqué, s'occupait de la fabrication 
normale du pain, il fut invité à faire des 
recherches dans le but d'obtenir pour 
l'usage de la marine et des classes peu 
aisées, un produit propre à remplacer le 
beurre ordinaire, à un prtx moins élevé, 
eX capable de se conserver sans contracter 
le goût- acre et l'odeur forte que le beurre 
prend en peu de temps. 

» M. Mège entreprit dans ce but les 
expériences suivantes à la ferme impériale 
de Vincennes. 

. » 11 mit plusieurs vaches laitières à une 
diète complète; ces vaches éprouvèrent 
bientôt une diminution de poids et four- 
nirent une proportion décroissante de lait ; 
mais ce lait coutenait toujours du beurre. 

» D'où pouvait provenir ce beurre? 
M. Mège n'hésita pas à penser qu'il était 
produit par la graisse de l'animal, qui étant 
résorbée et entraînée dans la circulation se 
dépouillait de sa stéarine par la Combustion 
respiratoire, et fournissait son oléo-marga- 
rinc aux mamelles où, sous l'influence de 
la pepsine mammaire, elle était transformée 
en oiéo-margarine butyreuse, c'est-à-dire 
en beurre. . 

» Guidé par cette observation, M. Mège 
s'appliqua immédiatement à copier l'opé- 
ration naturelle en employant de la graisse 
de vache d'abord, puis de la graisse de 
bœuf, et il ne tarda pas à obtenir, par un 
procédé aussi simple qu'ingénieux, une 
graisse fusible à peu près à la même tem- 



pérature que le beurre, d'une saveur douce 
et agréable puis à transformer cette même 
graisse en beurre par un procédé semblable 
à celui de la nature. 

» Partant de ce principe que les graisses 
s'altèrent en présence des matières ani- 
males, et avec une rapidité d'autant plus 
grande qu'elles se trouvent en contact plus 
prolongé avec elles, et que la température 
est plus élevée, il s'est attaché d'abord à 
réaliser la fonte de la graisse de bœuf brute 
a la température de 45 à 50 degrés seule- 
mcnt« et il s'est procuré ainsi un produit 
sans saveur et sans odeur étrangères, qui 
lui a offert une base excellente pour la 
préparation du beurre. Voici comment il 
opère : 

» De la graisse de bœufs abattus le jour 
même, et de la meilleure qualité, est 
broyée entre deux cylindres à dents coni- 
ques qui l'écrasent et déchirent les mem- 
branes dont elle est enveloppée. Après 
avoir subi ce broyage, elle tombe dans 
une cuve profonde, chauffée à la vapeur, 
et dans laquelle on .'t versé pour iOOO 
kilogrammes de graisse brute, eau, 300 
l^iiogrammes, carbonate de potasse, 1 ki- 
logramme, plus deux estomacs de mouton 
ou de porc coupés en fragments. La tempé- 
rature du mélange e>t alors portée à 45 de- 
grés centigrades, et la masse est remuée 
exactement. Au bout de deux heures, la 
graisse dégagée, sous l'influence de la pep- 
sine des deux estomacs, des metnbranes 
qui l'enveloppaient, se trouve entièrement 
fondue et réunie à la partie supérieure de 
la cuve ; elle est alors au moyen d'un tube 
mobile surmonté d'une pomme d'arrosoii^, 
décantée dans une seconde cuve chauffée 
au bain- marie à 50 ou 40 degrés, eu elle 
est additionnée de 2 p. c. de sel marin 
pour en favoriser la dépuration. Deux 
heures suffisent pour que celte graisse dé- 
gagée des fragments de matière animale 
qui ont échappé à l'action dissolvante de 
la pepsine, et de Teau qu'elle retenait en- 
core, et devenue claire, offre une belle 
couleur jaune, une odeur franche analogue 
à celle du beurre récemment baratté, et 
puisse être écoulée dans des cristallisoirs 
en fer-blanc d'une capacité de 25 ou 50 
litres. 

» Dès qu'ils sont remplis, ces cristalli- 
soirs sont déposés dans une pièce entrete- 
nue à 20 ou 25 degrés, où ils se refroidis- 
sent lentement. Le lendemain, la graisse 
ayant acquis une consistance demi-solide, 
présente un aspect grenu et comme cris- 



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65 



tallisé qui la rend très-propre à subir 
Taction de la presse ; elle est alors coupée 
en gâteaux, empaquetée dans, des toiles et 
mise à la presse hydraulique. 

» Sous rinfluence d'une pression ména- 
gée, dans un atelier maintenu à la tempé- 
rature de 25 degrés environ, cotte graisse 
se partage en deux parties à peu près 
égales : Tune qui représente 48 à 50 p. c. 
de la matière, est de la stéarine fusible 
entre 40 à 50 degrés, qui reste dans les 
toiles ; Tautrc est de Toléomargarine 
liquide en proportion équivalente aux 5 ou 
^ dixièmes de la graisse sur laquelle on a 
opéré. 

B 'La stéarine trouve son emploi dans les 
fabriques de bougies où elle peut servir à 
faire des bougies de stéarine, ou des bougies 
d*acide stéarique. 

h Quant à Toléomargarine, lorsqu'elle 
s'est figée par le refroidissement» elle pré? 
seute un aspect grenu, une couleur légè- 
rement jaune et une saveur agréable qui 
ne rappelle ni celle du suif ni celle de la 
graisse ; elle fond d'ailleurs parfaitement 
dans la bouche comme le beurre^ tandis 
que la graisse de bœuf s'y partage en 
oléomargarine qui fond, et en stéarine qui 
s'attache plus ou moins au palais. 

* L'oléomargarine ainsi obtenue, passée 
aux cylindres sous une pluie d'eau, pour 
étrer lavée et recevoir une consistance 
homogène, constitue la graisse de ménage 
ou graisse de conserve, destinée à rempla- 
cer avec avantage el économie les graisses 
' diverses et même le beurre dans la cuisine 
ordinaire, v 

Voici les résultats de l'examen chimique 
auquel j'ai soumis la margarine ou plutôt 
l'oléomargarine. 

I<> Douze morceaux de la grosseur d'un 
pois, pris à différents endroits sur une 
quantité de plusieurs kilogrammes^ proje- 
tés ensemble dans une terrine contenant 
de l'eau à 50 degrés, se sont liquéfiés au 
même moment ; conséquemment homogé- 
néité et fusion à moins do 30 degrés; j'ai 
constaté en plongeant un thermomètre daus 
cette margarine qu'elle entrait en fusion 
a 25 degrés ; 

â** Un flacon contenant 25 grammes de 
margacine et 500 grammes d'eau distillée. 
entièrement plein, est resté plongé dans 
Teau bouillante pendant 30' minutes, puis» 
après avoir été bouché et fortement agité, 
il a été abandonné au refroidissement ; 
34 heures plus tard, le liquide offrait une 
teinte très-légèrement blanchâtre^ il ne 



s'y était formé aucun dépôt; jeté sur un 
filtre, il en est sorti parfaitement limpide. 

Il était sans action sur la teinture de 
tournesol et sur la même teinture rougie 
par les acides. 

Il n'a pas été précipité ni troublé par 
les acides sulfurique, azotique, chlorhy- 
driquc et picrique. 

' L'iodure et le ferrocyanure de potassium, 
l'iodure double de.mercure et de potassium, 
la teinture d'iode, ne lui ont imprimé au- 
cune modification. 

L'azotate d'argent a produit un léger 
trouble. 

Une goutte examinée au microscope n'a 
pas décelé l'existence d'un produit quel- 
conque organique ou minéral. 

10 grammes mis à évaporer à siccilé au 
bâin-marie, ont laissé quelques millièmes 
d'un résidu gras. 

5° J'ai placé sur une planche de mon 
laboratoire où la température varie conti- 
nuellement, condition propre à faire rancir 
plus rapidementics corps gras, 40 grammes 
de margarine ; trois mois après, celle-ci 
n'avait pas les caractères extérieurs d'un 
corps rance ; cependant, de Teau distillée 
avec laquelle elle avait été mise en contact 
à chaud, a rougi légèrement le papier bleu 
de tournesol. La margarine n'est donc pas 
susceptible de rancir plus vite que les 
autres substances grasses alimentaires, ci 
certaines de ces substances rancissent beau- 
coup plus vite qu'elle. 

4<* J'ai fait complètement liquéfier à la 
chaleur du bain-niarie, dans un tube, de 
la margarine ; après le refroidissement 
complet, il ne s'est pas séparé d'eau. Cette 
substance mise dans une capsule et placée 
dans une étuve chauffée de 40 à 50 degrés, 
n*a perdu au bout de 7 heures que i ,2 p. c. 
de son poids. 

5** Sachant que les corps gras, pour être 
absorbés, doivent d'abord être émulsionnés, 
j'ai procédé aux essais suivants : i° Dans 
400 grammes de mucilage de guimauve, 
j'ai fait fondre Ogr,50 de margarine ; dans 
une égale quantité du même mucilage j'ai 
fait fondre Ogr, 50 de beurre frais. Les deux 
opérations ont été effectués au mém«^ mo- 
ment et à la même température. Les mé- 
langes ont été agités en même temps pen- 
dant cinq minutes dans des fioles d'égale 
capacité, puis ils ont été abandonnés au 
repos pendant 24 heures. Après ce temps, 
les émulsions étaient incomplètement ac- 
complies ; mats celle qui renfermait le 
beurre l'était sensiblement plus que l'émul- 

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sion de margarine. Exaininés au micros- 
cope, les globules de la première étaient 
plus petits et conséquemment plus nom- 
breux que ceux de la seconde; 2*> dans 
20 grammes d'une solution concentrée de 
gomme; j*ai fait fondre à la chaleur Ogr.10 
de beurre frais; dans une solution sem- 
blable, j'ai fait fondre Ogr,10 de marga- 
rine. Ces deux opérations ont été conduites 
comme les précédentes. Les corps gras ont 
été Tun et l'autre émulsionnés; mais vus 
au microscope, les globules da beurre 
■étaient plus petits et plus nombreux que 
les globules de margarine ; 3^ du beurre 
frais et de la margarine mis à poids égaux 
dans des quantités égales de bile de porc, 
se sont émulsionnés ; mais les deux émul- 
siohs ont présenté la même différence q^ue 
dans les essais précédents; i» j'ai traité 
comparativement du beurre frais et de la 
margarine, par la soude caustique; j'ai 
obtenu des savons identiques; mais la 
liqueur au-dessus de laquelle surnageait le 
savon de beurre était laiteuse, tandis que 
celle qui était au-dessous du savon de mar- 
garine était limpide ; ces essais prouvent 
que sans avoir une facilité émulsive égale 
à celle du beurre^ la margarine Mège- 
Mouriès est susceptible d'émulsion , de 
saponification et conséquemment d'absorp- 
tion (1). 

6** J'ai rais dans un tube bouché de la 
'margarine et de Téther sulturique rectifié. 
La solution a été complète, à part un très- 
faible résidu de débris de membranes. La 
même expérience a été répétée en rempla- 
çant l'étber sulfuriqùe par le sulfure de 
carbone ; le résultat a été identique avec 
le premier. 

De tout ce qui précède, je conclus que 
la margarine JMègc-Mouriès ne contenait ' 
aucune substance étrangère, n'importe de 
quelle nature, et remplissait les conditions 
voulues pour constituer un aliment. 

Quant aux résultats des essais pratiques 
qui ont été faits sous mes yeux ou à ma 
connaissance, voici ce que je peux avan- 
cer : 

Une soupe aux choux fut préparée à la 
cuisine de l'Asile avec de la margarine^ et 
donnée à goûter à plusieurs fonctionnaires 
et employés de la maison; les uns la trou- 
vèrent bonne et ne présentant pas de diffé- 

(1) Les seules allérations connues des matières 
gra.«scs dans Torganisme, sont la saponiûcation 
et réniulsiuu : ce sont les seules, au moins, 
qn*cllp.s paraissent subir dans le tube digestif. 
(Claude Bernard.) 



renée avec les soupes faites au beurre t 
d'autres la trouvèrent également bonne, 
mais cependant inférieure aux soupes mai- 
gres ordinaires ; j'étais au nombre des 
dégustateurs; pour moi^ cette, soupe en 
valait une autre; je n'y trouvais rien qui 
pût lui donner un caractère. d'infériorité*. 
Le cuisinier de la maison était parmi les 
opposants. M. le directeur-médecin de 
l'Asile fit préparer, dans son ménage, des 
soupes, des légumes secs, des pommes de 
terre au beurre et à la margarine ; celle-ci 
était en quantité^ par rapport au beurre 
comme 2 : 5 ; ces mets nous furent pré- 
sentés en nous laissant ignorer la nature 
du corps gras qui entrait dans leur prépa- 
tion, on ne put les distinguer; cependant, 
les personnes qui avaient trouvé, lors du 
premier examen, que la margarine ne pou- 
vait valoir le beurre, trouvaient encore que 
les mets qu'on leur avait désignés comme 
étant arrangés avec le premier de ces deux 
corps gras, étaient- moins agréables que 
ceux dans la préparation desquels entrait 
le second. Pour ma part, je n*ai constaté 
qu'une légère différence extérieure ; la 
couche graisseuse qui surnageait la soupe 
à la margarine, était plus apparente et 
moins divisée que celle qui surnageait la 
soupe au beurre. Enfin, nous fîmes appor- 
ter des pommes de terre, arrangées a la 
inaitre-d'hotel, dans deux assiettes ; nous 
les trouvâmes toutes bonnes et n'offrant 
pas de différenctt sous le rapport du goût ; 
mais l'un des dégustateurs, qui conservait 
des préventions à l'endroit de la niargarine, 
et qui affirmait pouvoir la reconnaître dans 
un mets quelconque, désigna, avec assu- 
rance Tune des deux assiettes comme 
contenant des pommes de terre apprêtées 
avec ce produit, tandis que l'autre en 
contenait qui avaient été apprêtées au 
beurre. La réalité était que la totalité du 
mets avait été préparée avec la margarine, 
et qu'elle avait été partagée dans les deux 
assiettes. 

Après les expériences que nous avions 
faites, nous étions suffisamment édifiés sur 
la pureté, sur la saveur et sur l'usage 
culinaire de la margarine ; il restait un 
autre côté de la question non moins im- 
portant à étudier, c'est le coté hygiénique. 

400 kilogrammes de margarine ont été 
employés à l'Asile pour la confection des 
soupes maigres du mâtin et pour la prépa- 
ration de quelques légumes; l'usage n'en 
a pas été continu, on l'alternait avec du 
beurre; c'était un moyen de voir si les 



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malades s*apercevraient de ces change- 
ments. Jamais nous n'avons entendu dire 
qu'ils s>n fussent aperçus, jamais nous ne 
les ayons entendu formuler de plaintes 
sur la qualité de Taliment, et jamais, non 
plus^ médecin en chef^ médecin adjoint, 
médecins internes, pharmacien, nous 
n'avons constaté de dérangement des 
voies digest.ives qui puissent lui être im- 
putés. 
-* La margarine a toujours été employée h 
TAsile de Quatre-Mares à moindre dose 
que le beufre, ce qui est rationnel. On a 

. avancé qu'en mettant dans les aliments 
moitié moins de margarine que de beurre, 
on obtenait, au point de vue de la saveur, 
un résultat satisfaisant. Sans vouloir con- 
tredire le fait d'une façon absolue, je 
n'admel^s pas que dans un régime alimen- 
taire peu abondant, strictement substan- 
tiel; on puisse, sans inconvénient, dimi- 
nuer, dans une forte proportion, la dose 
des «principes gras; si 'c'était là le seul 
côté économique de la margarine, le pro- 
duit ne serait pas à recommander. Mais il 
est rationnel pourtant, ai je dit, d'em- 
ployer la margarine à une dose moindre 
que lé beurre ; en etfet^ tandis qu'elle ne 
retient qu'une très-minime quantité d'eau, 
les beurres bien préparés, bien lavés, 
bien essuyés^ contiennent, d'après les 

• expériences de M. Boussingault, 45 à 25 
pour i 00 d'eau; celte proportion s'élève 
jusqu'à 48 et même jusqu'à 20 et 24 pour 
100 dans les beurres des marchés de qua- 
lités «ordinaires et inférieures. De plus, 
pour la cuisine^ c'est le plus souvent du 
beurre salé que l'on emploie ; or, le moins 
qu'il puisse eontenir de sel, c'est 5 p. 100. 
Dans les qualités inférieures, on y on 
introduit sensiblement plus, puisque le 
docteur Grâce Calvcrt dit y en avoir cen- 
slalc jusqu'à 14 centièmes. En additionnant 
les quantités d'eau et de sel contenues 
dans les beurres de qualité ordinaire, on 
arrive à une moyenne de 30 pour 100 
environ, (lomme ce sont ces beurres qui 
ont servi pour les expériences comparatives 
à l'Asile de Quatre-Mares avec la marga- 
rine, on a employé ce produit dans la pro- 
portion de 2 parties contre 5 parties de 
beurre, soit un tiers en moins du poids de 
celui ci. De la sorte, tout en réalisant une 
économie, oh ne diminuait pas la quan- 
tité de principes gras allouée aux malades, 
puisque ce tiers en moins correspond au 

^ poids de l'eau et du sel qui existent dans 
les beurres salés, et que Ton ne rencontre 



pas dans la margarine. C'est aussi cette pro- 
portion qui a été observée dans le ménage 
de M. le docteur Fovillc, dans le mien et < 
dans ceux de plusieurs personnes de ma 
connaissance qui ont fait, usage de ce prin- 
cipe gras. 

En présence de ces résultats chirpiqucs 
et pratiques, du rapport si concluant de 
M. Félix Boudet, il me semble qu'il n'y a 
plus de place au doute sur la valeur ali- 
mentaire de l'oléomargarine préparée par 
les procédés de M. Mège-Mo'urièsj et que 
son emploi dans l'alimentation publique 
est assuré, autant, toutefois, qu'aux con- 
ditions de bon marché elle continuera à 
réunir les conditions plus indispensables 
encore dé qualité et de pureté. 

Je me suis procuré plusieurs échantil- 
lons de margarine provenant de fabriques 
différentes; je les ai soumis au même 
examen que la margarine que l'Asile avait 
fait venir; je les ai trouvés purs et de 
bonne qualité-; l'un d'eux, cependant, 
traité à froid par l'éther, a abandonné un 
peu plus dé débris organiques que les 
autres. Est-ce à dire que la margarine, 
plus heureuse que les autres subst»nces 
qui servent à la nourriture de l'homme, 
est à l'abri de sophistications ou d'imper- 
fections dans son mode de fabrication? 
Non certes. Quand nous voyons le beurre, 
produit essentiellement naturel, falsifié de 
tant de façons, altéré dans sa nature, on 
ne peut se hasarder à espérer que la mar- 
garine, produit essentiellement industriel, 
ne sera pas ou sophistiquée ou fabriquée 
au moyen de procédés qui auront plus en 
vue l'abaissement du prix de revient, que 
la qualité du produit. De nos jours, les 
falsifications ne sont plus rudimentaires 
comme elles Tétaient jadis ; les falsifica- 
teurs, pour arriver à leur but, se servent 
de la même science que l'expert qui est 
appelé à constater la fraude; c'est souvent 
la chimie qui leur vient en aide, mais c'est 
toujours elle aussi qui dévoile leurs coupa- 
bles manœuvres. Aussi, grâce aux Conseils 
d'hygiène et de salubrité, doril Tattention 
est déjà appelée sur la substance qui fait 
fobjet fie cette note, le public a lieu de 
. penser que la fraude, si elle se produit, 
sera décelée. Tout. dernièrement, j'ai été 
charge d'examiner de la margarine, pure 
d'ailleurs, mais qui retenait de 9 à 10 
pour 100 d'eau. 

J'ai entendu exprimer la crainte que la 
margarine livrée à la consommation, ne 
soit extraite de suifs ou d'autres corps gras 



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REVUE ANALYTIQUE ET CRITIQUE. 



ayant déjà subi un commencement d*alté- 
ration, ou bien provenant d'animaux abat- 
tus en état de maladie. Cette crainte me 
parait exagérée ; si les corps gras sont plus 
ou moins altérés, il est évident que la mar- 
garine participera à cet état de décompo-^ 
sition^ et que sa qualité s*en ressentira ; 
or^ si W consommateur ne peut toujours 
constater les falsifications, il est générale- 
ment bon juge pour reconnaître si une sub- 
stance alimentaire a bon ou mauvais goût. 
Le fabricant qui mettrait en vente de la 
margarine de mauvaise qualité verrait 
bientôt son produit délaissé. 

J'ai vu, dans la vitrine d'un marchand 
de comestibles, de la margarine qui avait 
une couleur jaune-safran. Cette coloration 
lui avait été probablement communiquée à 
l'aide de substances que Ton emploie pour 
colorer le beurre ; ces substances sont, 
comme on le sait, le safran, le jus de ca- 
rottes, le rocou, et mieux encore, les fleurs 
de souci, cultivées spécialement pour cet 
usage dans les environs de Gournny 
(M. Bidard, Société d'Agriculture de la 
Seine-Inférieure, i865). 

Je n'ai pas besoin d'ajouter que si la 
margarine peut rempJacer le beurre de cui- 
sine, elle peut remplacer également, et 
avec avantage, les graisses diverses. Mais 
M. Mège n'a pas voulu s'en tenir là : avec 
la margarine il a obtenu, au moyen d'in- 
génieuses et savantes combinaisons, un 
produit se rapprochant davantage encore 
du beurre naturel. 

I M. Mège ayant observé, dit M. Félix 
Boudet. que les glandes mammaires de la 
vache qui sécrètent le lait, contiennent une 
substance particulière, une espèce de pep- 
sine douée de la propriété d'émulsionner 
les graisses avec l'eau, a mis à profit cette 
observation, pour transformer l'oléomar- 
garine en crème, et ensuite cette crème en 
beurre. 

» Il introduit dans une baratte 50* kilo- 
grammes d'oléomargarine fondue, 2K li- 
tres environ de lait de vache qui représen- 
tent moins d'un kilogramme de beurre, et 
25 kilogrammes d'eau contenant les parties 
soinbles de 400 grammes de niameHcs de 
vache trèsdi visées, et maintenues pendant 
quelque tt'mps en macération ; il ajoute une 
petite quantité de rocou pour donner de la 
couleur. La baratte est alors mise en mou- 
vement, et au bout d'un quart d'heure, 
Teàu et la graisse se trouvent émnision- 
nées et transformées en une crème épaisse, 
analogue à celle du lait; en continuant le 



mouvement de la baratte, on voit la crème 
se transformer à son tour en beurre, au 
bout d'un temps plus ou moins long, sui- 
vant les conditions de l'opération : deux 
heures suffisent en général. 

» Le barattage terminé, on verse de Teau 
froide dans la baratte, et le beurre se sé- 
pare retenant, comme le beurre ordinaire, 
du lait de beurre qu'il faut en dégager. Le 
produit est porté alors dans un appareil 
composé d'un malaxeur et de deux cylin- 
dres broyeurs placés sous une chute d*eau 
en pluie, et là, il est travaillé dfe manière à 
se transformer en beurre bien lavé^ d'une 
pâte fine et homogène. 

» Ce beurre lavé avec de l'eau, à la tem- 
pérature ordinaire, contient, d'après nos 
expériences exécutées avec M. Lhôte, au 
laboratoire de M. Péligot, 42,56 pour iOO 
d'eau, et dissous dans Féther, laisse un 
résidu du poids de 1 gr., 20 pour 100 
grammes à l'état sec ; sur deux échantil- 
lons, Tun s'est solidifié à 22<», l'autre à 
i7<», taudis que la graisse de bœuf se soli- 
difiait entre 52 et 55». 

t Pour du beurre fin du commerce de 
Paris, j'ai trouvé 19 degrés comme point 
de solidification ; d'autre part, j'ai trouvé 
22«,2, pour du beurre d'Isigny, première 
qualité, et 22» pour du beurre ordinaire 
du Calvados. Diaprés les expériences de 
M. Boussingault, dans les beurres bien 
préparés, bien lavé» et bien essuyés, la 
proportion d'eau est de 15 à li pour 100 ; 
elle s'élève jusqu'à 18 et même jusqu'à 20 
et 24 pour 100 dans les beurres des mar- 
chés, de qualités ordinaires et inférieures. 
J'ai trouvé li pour 100 dans le beurre 
d'Isigny, et 15-28 dans le beurre ordinaire 
du Calvados. 

» Quant aux niatières caséeuses insolu- 
bles dans l'élher, le beurre d'Isigny, pre- 
•mière qualité, m'a fourni 5 gr., 15 pour 
100 de substance sèche, tandis que je n'ai 
obtenu que 1 gr.,-20 pour 100 de résidu 
sec avec le beurre de M. Mège. 

» Ce beurre artificiel présente donc cet 
avantage, qu'il contient beaucoup moins 
d'eau et de matières animales propres à le 
faire rancir, que les beurres ordinaires du 
commerce, et qu'ainsi, sous un même 
poids, il fournit plus de beurre réel. Ces 
deux circonstances contribuent sans doute 
à sa conser^tion, qui est plus longue que 
celle du beurre ordinaire, et à l'empéchcr 
de prendre l'odeur et l'ôcrctc qui se déve- 
loppent bientôt dans celui-ci. 

I Pendant les grandes chaleurs, alors 



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69 



que Ton peut a peine conserver le beurre 
sans qu'il fonde, il est faeile de donner au 
beurre artificiel une consistance plus ou 
moins solide en préparant une oléoniarga- 
rinc plus ou moins exempte 'de stéarine. 

» D'autre part, M. Mège a observé qu'en 
lavant son beurre avec de Teau à 5 ou 
6 degrés de température seulement, il 
pouvait y laisser moins d'eau, et obtenir un 
produit'capable de se conserver très-long- 
temps. Un échantillon de beurre ainsi pré- 
paré, et que M. Mège désigne sous le nom 
de beurre sans eau, emporté de Paris à 
Vienne, en Aurriche^ le iiO octobre 1871, 
vient d'être renvoyé à la date du 8 avril 
courant, et se trouve encore, après cinq 
mois, en assez bon état de conservation. » 

M. Mège a donc fourni à la consomma- 
lion des produits nouveaux d'une valeur 
incontestable, appelés à remplacer^ dans 
une certaine mesure, les graisses de mé- 
nage, surtout le beurre de cuisine^ et con- 
séquemment à leur faire concurrence. 
Cette concurrence lèsera-t-ellc les intérêts 
de l'agriculture? Fera-t-elle diminuer le 
prix des beurres? Je. crois que les beurres 
fins, les beurres de première qualité^ n'ont 
pas à redouter l'apparition de la marga- 
rine; en admettant même que des perfec- 
tionnements soient apportés dans sa prépa- 
ration, jamais elle n'aura ce goût fin, 
suave et aromatique des beurres de Nor- 
mandie, si recherchés, à juste titre, pour 
être manges sur le pain ou employés pour 
la confection de mets délicats. Quant aux 
beurres de seconde qualité, il pourra en 
être autrement, si la margarine reste au 
prix où elle est aujourd'hui, et si les fa- 
bricants continuent à la bien préparer. 
Toutefois, en admettant qu'elle se main- 
tienne dans ces conditions, on ne peut en- 
core rien préjuger. Que de craintes chimé- 
riques n'a-t-on pas fait entendre sur 
l'abaissement des prix que devaient éprou- 
ver bon nombre de produits agricoles, par 
suite des découvertes industrielles, des 
importations, etc.? Si le prix des beurres 
diminue, les éleveurs sauront tirer • un 
autre emploi de leur lait. 

(Annales d'hygiène publique.) 



Médecine légale. 

De la vue distinote ; applications à la 
médecine légale; par M. D'HERBËLOT 
avocat général. Analyse d'un mémoire 



adressé à la Société de médecine légale; 
par M. le docteur Vincent. 

Un crime ou un délit étant commis, 
jusqu'à quelle distance un témoin peut-il^ 
en reconnaître l'auteur et affirmer son 
identité devant les tribunaux? Jusqu*à 
quelle distance ce même témoin peut-il 
apercevoir distinctement cette action cri- 
minelle et ses divers incidents? Telles sont 
les questions que M. le docteur Vincent 
(de Guéret) s'est posées et qu'il s'est appli- 
qué à résoudre dans un mémoire coui'onné 
par l'Académie de médecine, et dont la 
Société de médecine légale m'a chargé de 
lui présenter le compte-rendu. 

Il n'est pas besoin de faire ressortir la 
gravité de ces questions, dont la solution 
peut avoir pour effet, ainsi que le dit notre 
honoré collègue, non-seulement de mettre 
en garde contre • l'illusion honnête qui 
engendre la conviction erronée v , mais 
aussi < de démasquer la mauvaise foi » 
(p. 2.). Si l'on songe que l'issue d'un pro- 
cès criminel dépend souvent d'un témoi- 
gnage^ on comprend quelle serait la 
reconnaissance due par les magistrats aux 
experts qu'ils consultent si ceux-ci les 
mettaient en mesure d'apprécier exacte- 
ment, à côté de la valeur morale du 
témoiU; la valeur physique et en quelque 
sorte scientifique de sa déclaration. 

Le docteur Vincent a incontestablement 
l'honneur d'avoir abordé le premier l'étude 
de cet intéressant problème, et si sa modes- 
tie se plait à répéter presque à' chaque 
page qu'il n'a pas la .prétention d'avoir 
conduit son œuvre « à la perfection dont 
elle est .«usceptible », il faut du moins 
reconnaître qu'il a bien largenrent ouvert 
une voie dans laquelle il sera le guide le 
plus sûr de tous ceux qui voudront s'y 
engager après lui. 

Le mémoire, qui. ne comprétid pas 
moins de neuf chapitres, peut se diviser 
en deux parties, distinctes en réalité, bien 
que parfois confondues dans l'exposition : 
• les observations et les expériences pci - 
sonnelles de l'auteur d'un côté, et de l'au- 
tre côté la détermination des règles géné- 
rales qui s'imposent à quiconque veut 
chercher la solution des questions relatives 
à la vue distincte considérée dans ses rap- 
ports (ivec la médecine légale. . 

Ces deux parties, remarquables toutes 
les deux, ont cependant à nos yeux une 
importance inégale, et il nous semble que 
si l'auteur a posé des principes généraux 
qui peuvent être jugés définitifs, ses obser- 



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70 



RKVUE ANALYTIQUE ET CRITIQUE. 



Tations, au contraire, comportent un con- 
trôle, qu'il provot|Oc du reste lui-même 
avec insistance, et qui, les confirmant 
^ sans doute pour la plupart, aura du moins 
cet avantage de les rendre plus indiscuta- 
bles. 

Après avoir établi quelques propositions 
Sur les conditions physiques et physiolo- 
giques de la vision, le dodteur Vincent en 
déduit les conséquences avec un sens 
scientifique et un sens pratique très-exacts, 
soit qu'il s'agisse de la reconnaissance des 
choses, soit qu'il s'agisse de celle des hom- 
mes. S'il s''agit, par exemple, de la recon- 
naissance d'un individu, il indique les 
caractères que l'œil humain peut perce- 
voir de plus loin et auxquels il est permis 
d'attribuer une certaine valeur dîslinctive. 
Ce sont d'abord les caractères qu'il appelle 
caractères de totalité j tels que la stature, 
l'habillement et les allures, caractères dont 
la valeur le plus souvent sera médiocre, 
parce que, pouvant appartenir à la fois à 
plusieurs personnes, ils ne sont pas, à 
proprement parler, des caractères indivi- 
•duels. Ils peuvent conduire à reconnaître 
un homme, uncf femme, un soldat, un 
prêtre, etc., mais ils ne peuvent désigner 
en particulier tel homme, telle femme, tel 
soldat, tel prêtre. Viennent ensuite les 
caractères propres à la tête, son volume, 
sa forme, la coiffure, la barbe, etc. Ce 
sont là des signes distinctifs plus précis, 
plus individuels, mais qui ne peuvent être 
appréciés qu'à une moindre distance et qui 
souvent, encore ne pourront pas permettre 
d'affirmer l'identité sans hésitation. H 
n'en sera plus de même des particularités 
de la faoî, des traits, de la forme, de 
la saillie, de la couleur des yeux et des 
sourcils^ de la forme du nez et du men- 

• •ton, de l'ondulation des lèvres, de la phy- 
sionomie. Tout cela constitue l'individu 
d'une façon très-déterminée, mais tout 
cela échappe nécessairement au regard de 
celui qui n'est pas à une dislance plus ou 
moins rapprochée de la personne dont il 
veut fixer le visage dans son souvenir. 

Dans ces diverses opérations de la vue, 
notre sens ne peut-il pas et ne doit-il pas 
s'appuyer sur certaines facultés de notre 

■ intelligence, et la mémoire, par exemple, 
ne sera telle pas fréquemment un puis- 
.sant auxiliaire de l'œil? Notre savant col- 
lègue' ne nie pas cette vérité,, et il pose, 
au contraire, la règle suivante, qui' a 
toute la valeur de l'évidence : « Pour 
reconnaître une personne, il faut la con- 



naître déjà, et on la reconnaît à une dis- 
tance d'autant plus grande qu'on la con- 
naît micux^p. iS). » Ce qui. est vrai des 
personnes est également vrai des choses. 
Choses ou personnes peuvent donc être à 
ce point de vue rangées en diverses caté- 
gories, et \\ est aisé de mettre cette classi- 
fication .d'accord avec la classification 
précédente. 

La première catégorie, par e'xemple, 
comprendra les choses ou les personnes 
que nous connaissons parfaitement, et que 
nous pourrons dès lors reconnaître à leurs 
seuls caractères de totalité et à la distance 
éloignée d'où ces caractères de totalité se 
peuvent apercevoir. La deuxième catégo- 
rie comprend « les personnes ou les chflfses 
que nous connaissons moins, que nous 
voyOàis peu souvent et dont les caractères 
de totalité ne nous sont pas familiers » 
(p. 21). Nous ne pourrons aJfirmer l'iden- 
tité de ces personnes ou de ces choses que 
s'il nous a été donué de les apercevoir à 
une distance médiocre, car nous ne pou- 
vons les reconnaître qu'à certains carac- 
tères généraux de la tète et de la face par 
exemple, s'il s'agit de personnes. 

Enfin, il est une troisième catégoHc 
comprenant des choses ou des personnes 
« que nous voyons pour la première fois 
et qui, par conséquent, nous sont complè- 
tement inconnues »{p. 2-2). Celles-là, nous 
ne pourrons les reconnaître avec certitude 
ni à leurs caractères de totalité, ni à leurs 
caractères généraux, et nous ne pour- 
rons nous prononcer consciencieusement 
sur leur identité qu'après avoir pu in- 
terroger Iciir caractères dislinctifs, ce 
que nous ne pouvons faire que de très- 
près. 

Rien ne paraît plus exact que ces dis 
tinctions. « On me demandera sans doute, 
dit le docteur Vincent, comment' ilse fait 
qu'il soit possible de reconnaître une 
figure déjà connue à 30 mètres, tandis que 
Ton ne peut réellement distinguer- une 
figure inconnue à plus de 15 mètres? Les 
personnes qui seraient tentées de me 
poser cette question, se rendront facile- 
ment compte de cette contradiction plus 
apparente que réelle, si elles veulent bien 
faire attention que, dans Pacte de recon- 
naître à distance, la sensibilité physiologi- 
que n'est pas seule en jeu et que la mémoire 
et l'association des idées, deux facultés 
toutes psychologiques, jouent aussi un 
grand rôle ». Et comme il le dit plus loin, 
c la représentation mentale vient ici en 



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REVUE ANALYTIQUE ET CRITIQUE. 



71 



aide à la représentation sensorielle. » 
Cette observation est de nature à fixer 
notre attention et mérite que Ton s'y 
arrête même un peu plus longtempj 
peut-être que ne Ta fait Tauteur du mé- 
moire. La solution du problème de la vue 
distincte conduit à ce terme. Ne va telle 
pas souvent échapper aux recherches du 
physicien pour dépendre davantage des 
appréciations du psychologue, et le pro- 
blème lui-même ne sera t-il pas fréquem- 
ment un problème au moins autant psyr 
chologique que scientifique? Il ne parait 
pas possible de le nier. C'est qu'en effet, 
ainsi que Ta dit Buffon, » Tœil appartient 
à rame plus qu'aiicun autre organe, ».et 
que certaines dispositions de l'esprit sem- 
blent bien susceptibles d'accroître la forée 
de perception dont il est doué. Ce n'est pas 
seulement la mémoire et l'association des 
idéesj la réflexion qui est al'œil de l'àme; » 
suivant l'expression de Bossuet, qui pour- 
ront poduire ce résultat et rendront en 
quelque sorte le regard plus clairvoyant. 
L'application, la tension de l'intelligence 
sur une chose déterminée auront le même 
effet. Qui de nous n'a parfois réussi à aper- 
cevoir un objet éloigné et que l'œil pen- 
dant plusieurs minutes avait été impuis- 
sant à atteindre ? 

Dans cette expression populaire é*:ar' 
quiller les yeux n'y a-t-il rien qui corres- 
ponde à une vérité de fait et même à une 
vérité scientifique^ et ne rend-elle pas un 
compte suffisamment exact du perfection- 
nement de la vision obtenue par Tinleu- 
site «le certains efforts intelfectuels? Un 
homme raisonnable et réfléchi ne verra- 
t-il pas d'ordinaire, je ne dis pas plus 
loin, mais mieux qu'un enfant étourdi? 
La curiosité, surexcitée par un spectacle 
insolite, n'aidera- 1 elle pas les yeux à en 
percevoir certains détails qui leur auront 
d'abord échappé et qu'ils n'auraient même 
peut être jamais perçus sans le concours 
que l'esprit vient leur prêter? La crainte 
d'un danger, le soin de la conservation, 
une émotion vive, le désir de la ven- 
geance, l'application à bien distinguer, 
pour le bien reconnaître, celui qui a en- 
couru cette vengeance, toutes ces circon- 
stances et d'autres encore ne peuvent- 
elles pas accroître l'énergie de la représen- 
tation sensorielle? Ne pourront- elles pas 
lui permettre de se produire dans des con- 
ditions que la science ne saurait essayer 
sans témérité de délimiter d'une façon 
trop rigoureuse? Toutefois il faut dire 



hautement de ces circonstances ce que 
l'auteur du mémoire dit de la représenta- 
tion mentale : si elles peuvent. être parfois 
des causes de clairvf»yauce plus grande, 
elles peuvent devenir aussi des causes 
d'erreurs fatales, et il faut se mettre en 
garde contre les <i illusions qu^elles enfan- 
tent et contre les méprises auxquelles elles 
peuvent conduire. » Les règles posées par 
le savant docteur doivent donc être rete- 
nues comme le meilleur préservatif contre 
ces erreurs. 

Ces règles sonl-clies sujettes à varia- 
tions, et quelles sont les modiGcations que 
peuvent apporter à la vue distincte les 
divers degrés de lumière et certaines con- 
ditions de lumière spéciales? Le3 obser- 
vations du mémoire présentent ici un 
intérêt tout particulier, et nous voudrions 
pouvoir insister sur chacune d'elles. 
Signalons du moins le très-remarquable 
chapitre consacré à la vue distincte au 
clair de la lune. 

Etant admise cette donnée scientifique, 
que la lumière de la pleine lune est mille 
fois plus faible que celle du soleil, on 
pourrait être tenté de conclure que la vue 
distincte sera mille fois plus difficile à la 
clarté de la iùne qu'à ta lumière du soleil. 

Notre collègue a montré par. des. consi- 
dérations générales et scientifiques, ap- 
puyées sur des expériences nombreuses^ 
combien cette conclusion serait erronée. 
Après une étude et une discussion appro- 
fondies, dans lesquelles notre incompétence 
personnelle ne nous autorise pas à le suivre, 
le mémoire^ faisant appel à la science du 
physicien et à celle de l'astronome, pose 
Jes. règles suivantes que nous nous bornons 
à énumérer : 

L L'intensité de la lumière lunaire varie 
avec les phases de la lune. 

IL L'intensité de la lumière, pour une 
même phase, est d'autant plus grande que 
l'astre est plus élevé au-dessus de l'horizon. 

III. Une surface ou un objet est d'autant 
moins éclairé que l'incidence des rayons 
lumineux est plus -oblique. 

IV. L'intensité do la lumière lunaire 
doit aussi varier avec le point de son or- 
bite qu'occupe la lune à une phase donnée. 

V< Les objets se distinguent à une dis^ 
tance d'autant plus grande que leur cou- 
leur tranche davaotagc sur celle du fond 
sur lequel ils reposent. 

VI. Il existe une grande différence d'in- 
tensité entre la lumière directe et la lu- 
mière diffuse de la lune. 



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7î2 



REVUE ANALYTIQUE ET CRITIQUE. 



Vn. Les couleurs s'altèrent très proaip- 
tement, et à une faible dîs(anc», 9u clair 
de la lune. 

On nous pardonnera la sécheresse de ce 
sommaire, qui montre du moins tout Tin- 
térét des questions traitées. 

Il est possible de déterminer, à titre de 
conséquences des principes ainsi . posés , 
quelles sont les distances auxquelles il est 
permis de reconnaître une personne au 
clair de la lune. 

M. Vincent Ta fait en tenant compte des 
diverses périodes de la lune; pendant la 
période de la nouvelle lune, il estime qu'il 
est impossible de distinguer assez nettement 
pour les reconnaître les personnes que Ton 
n'a jamais vues, ni même celles avec lesquel- 
les ronn*a eu que des relations fugitives; 
quant aux personnes que Ton connaît par- 
faitement et qui se peuvent distinguer par 
leurs carctctèreii de totalité, c'est à la dis- 
tance maximum de 5 ou 6 mètres que Ton 
peut espérer les reconnaître. — Pendant 
la période du premier quartier, les personnes 
parfaitement connues peuvent être recon- 
nues à la distance de 6 à 7 mètres, celles 
qui ne sont qu'imparfaitement connues et 
qui ne peuvent s'individualiser que par les 
caractères généraux de la tête ou de la face, 
échapperont aux regards de l'observateur 
qui ne passera pas immédiatement à côté 
d'elles. — Enfin, c'est seulement pendant 
la période de la pleine lune que l'œil peut 
distinguer toute personne de façon à pou< 
voir la reconnaître, et cela à la distance de 
8 à 10 mètres environ s'il s'agit d'une per- 
sonne parfaitement connue, à la distance 
de 2 à 5 mètres s'il s'agit d'une personne 
imparfaitement connue, et à condition 
d'avoir été placé tout à côté d'elle s'il s'agit 
d'une personne que l'observateur voit pour 
la première fois. 

S'il fallait indiquer la puissance compa- 
rative de la lumière réfléchie par la lu ne* et 
de celle fournie par le soleil, on pourrait 
rappeler que suivant les observations de 
notre collègue, une personne parfaitement 
connue peut être, en plein jour, signalée 
à une distance de 100 à 200 mètres par 
ses caractères de totalité; qu'une personne 
qui n'a été vue que rarement, et que les 
caractères généraux delà tête ou de la face 
suffisent cependant à distinguer, peut l'être 
à une distance de 25 à 50 mètres ; et enfin 
qu'une personne que l'on voit pour la pre- 
mière fois et que l'on ne peut reconnaître 
qu*à.la condition d'interroger les particula- 
rités de ses traits et de sa face, ne doit pas 



être placée à une distance supérieure à 1 5 
ou 20 mètres. 

Nous nous sommes attardé à dessein sur 
ce chapitre du raén^oire qui forme assuré- 
ment la partie la plus intéressante de Tœu- 
vre, et nous éprouvons le regret de n'avoir 
pas mieux réussi à la faire connaître. 

Le chapitre suivant traite de la mœ dis- 
tincte à la lumière des étoiles , et l'auteur 
conclut que c'est seulenuent aux caractères 
de totalité du corps et de la tête avec les- 
quels il faut même être très-familier, qu'il 
est possible de reconnaître une personne 
dans ces conditions, et encore faut-il sup- 
poser que l'observateur ne sera pas séparé 
de .cette personne par une distance de plus 
de 5 à 4 mètres. 

Le docteur Vincent examine ensuite la 
possibilité et les conditions de la vue dis- 
tincte dans l'obscurité, à l'aurore et au 
crépuscule. 

' Les couleurs, c'est-à-dire les sensations 
que produisent sur Torgane de la vue la 
lumière directement réfléchie par les corps^ 
ont aussi fourni à notre éniinent collègue 
la matière d'un chapitre considérable, et il 
s'est appliqué à déterminer jusqu'à quelles 
distances il est possible de reconnaître la 
couleur d'un objet quelconque. Cette, dis- 
tance est certainement variable suivant la 
quantité de lumière projetée par le foyer 
sur Tobjety suivant la puissance de réflexion 
qui appartient à cet objet et sa nature plus 
ou moins absorbante, et même suivant son 
étendue, car plus grande sera l'étendue do 
l'objet et plus grande aussi sera la quantité 
de lumière qu'il recevra. La loi des con- 
trastes se li« intimement à celle des cou- 
leurs, et l'auteur se garde de l'oubUer. Il 
la formule au contraire de la façon la plus 
saisissante en disant : les objets se distin* 
guent à une distance d'autant plus grande 
que leur couleur tranche davantage sur 
celle du fond sur lequel ils reposent. L'es- 
prit scientifique le plus sur, l'abondance 
des observations, la critique rigoureuse et 
préalable de tous les principes qu'il admet 
et la logique des déductions, telles sont les 
qualités qui caractérisent ici comme par- 
tout, ce que l'on pourrait appeler la partie 
didactique du mémoire. 

Nous venons de parler de l'abondance 
des observations faites par le docteur Vin- 
cent, il a demandé en effet à de nombreuses 
expériences personnelles le contrôle et la 
vérification des principales règles qu'il a 
posées. C'est la seconde partie de son tra- 
vail. Si nous avons fait en commençant 



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REVUE ANALYTIQUE ET CRITIQUE. 



quelques réserves sur Fimportance de celte 
partie du mémoire, n«»us y étions autorisé 
par le langage même de Tauleur : « Il est 
probable, dit-il^ que si plusieurs personnes, 
dont la vue est bonne, répétaient mes expé- 
riences dans les mêmes conditions de lu- 
mière que je les ai faîtes, un certain nom- 
bre d'entre elles arriveraient à des résultats 
différents de ceux que j*ai obtenus. Une 
commission nombreuse composée de mem- 
bres d'âge différent, expérimentant sur un 
grand nombre de personnes d'âge et même 
de sexe différents, serait, en quelque sorte, 
nécessaire pour arriver h une moyenne 
qui servirait de base pour apprécier les 
écarts, lesquels pourraient être eux-mêmes, 
dans chaque cas particulier^ Pobjet de 
Texamen et de r-apprcciation du médecin 
. légiste. » Notre collègue a donc cru pou- 
voir indiquer, après expérience, certains 
chiffres comme représentant les distances 
auxquelles^ dans des conditions de lumière 
déterminées, et suivant qu'il s'agissait de 
personnes et de choses connues ou incon- 
nues, sa vue a été suffisamment distincte, 
mais il estime que ses chiffres n'ont aucun 
caractère définitif et que de nouvelles ob- 
servations pourront les modifier : « la vue 
distincte varie, on effet, et avec les qualités 
très- variables de l'organe visuel et avec les 
diverses condititions de lumière où se 
trouve l*objet vu. v Rien ne prouve mieux 
Tincertitude inséparable de ces sortes d'ex- 
pérlenceS; que l'élasticité et le défaut de 
précision des chiffres cités dans le mémoire. 
C'est. ainsi, par exemple, que nous y voyons 
que l'on peut reconnaître une. personne 
parfaitement connue à une distance qui 
variera entre cent et deux cents mètres. 

Notre consciencieux collègue a tenu à 
publier lui même, par un scrupule infini- 
ment honorable, un tableau dressé, par les 
soins de l'autorité militaire à l'usage dos 
écoles de tir, et indiquant Tordre dans 
lequel disparaissent successivement et sui- 
vant la distance pour les bonnes vues, les 
différentes parties du corps des soldats, 
des effets d'habillement, d'équipement et 
d'armement, et les divers mouvements 
dans la marche » . Il relève dans ce tableau 
un assez grand nombre d'erreurs graves 
et qui semblent en rendre la révision in- 
dispensable ; mais il avoue en même temps 
que « la plupart des distances qui y sont 
indiquées dépassent tellement la portée de 
sa vue, qu'il serait tente de les révoquer 
en doute, si elles n'étaient le résultat de 
mesures très -précises prises sur le terrain 



par (ks hommes compétents » . Toutes ces 
différences s'expliquent aisément par des 
qualités visuelles inégales ou par des con- 
ditions de lumière non identiques, et il 
semble permis de dire qu'elles sont inévi- 
tables, et que, deux personnes, le même 
jour, à la même heure, au même lieu, 
dirigeant leurs regards sur le même objet, 
ne le verront pas de la même manière ; 
que de même une personne recommençant 
deux jours de suite la même observation, 
pourra arriver et, malgré les précautions 
prises, arrivera probablement à des résul- 
tats sensiblement différents. 

Il ne parait donc pas possible, en cette 
matière, d'accorder une importance déci- 
sive aux observations et aux expériences 
faites. Il serait téméraire de chercher à 
déterminer d'une façon mathématique, et 
absolue les conditions de la vue distincte; 
cette détermination serait peut-être plus 
téméraire encore si elle ne devait être que 
le résultat d'observations, si scrupuleuses 
et si nombreuses d'ailleurs qu'elles puis- 
sent être. Les véritables guides du savant 
consulté sur ces questions par les magis- 
trats ne devront être ni les expériences 
d'autrui, ni ses expériences personnelles, 
mais bien les principes généraux si savam- 
ment exposés, et les règles si logiquement 
déduites de* ces principes par le docteur 
Vincent. 

Tel est ce mémoire, véritablement con- 
sidérable et neuf, dont il eût été désirable 
qu'une voix autorisée fût appelée à faire 
le compte-rendu. 

Nous aurons atteint cependant le but le 
meilleur que nous puissions nous propo- 
ser, si nous avons réussi à donner le désir 
d'en prendre une connaissance complète. 

DISCUSSION. 

M. -Trélat fait remarquer que le rap- 
part conclut en disant que. le travail de 
Al. le docteur Vincent ne permet pas 
d'affirmer en matière de vue distincte. 
Mais m! Trélat pense qu'on peut, quand 
il s'agit de savoir si un individu a vu dis- 
tinctement, être plus affirmatif que M. le 
docteur Vincent. La question de savoir si 
tel individu a vu, dépend en effet de trois 
circonstances qu'il est toujours facile de 
déterminer : 1° le sujet est- il amétrope ou 
hypermétrope? ^° Le sujet a-l-il une 
acuité de vue normale ou anormale? 
3° Quelle était, au moment oii le fait s'est 
passé, la transparence des milieux à tra- 
vers lesquels la vue devait s'exercer? 

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REVUE ANALYTIQUE ET CRITIQUE. 



Voilà les trois circonstances importantes 
qu'il convient d^examiner et que Ton peut 
toujours déterminer dans chaque cas et 
pour chaque sujet. Le jour et l'heure aux- 
quels révénement a eu lieu, voilà un ren- 
seignement précis que Ton peut toujours 
se procurer et qui doit servir à fixer quelle 
était la transparence des milieux. Quant 
aux deux autres points, à savoir le degré 
d'acuité de la vue du sujet, ou s*il est amé* 
trope ou hypermétrope, 1-çtat de la science 
permet de les préciser exactement. 11 est 
vrai qu*on ne peut affirmer si un individu 
a pu reconnaître^ car cela dépend de cir- 
constances et de caractères tout différents 
de ceux qui servent quand il s*agit de 
savoir si Ton a vu. Mais on peut établir 
d'une façon absolue que Ici individu 
déterminé a pu et dû voir. 

IVl. Mouton croit qu'en dehors des points 
signalés par M. Trélat il faut^ dans la ques- 
tion qui est examinée par M. le docteur 
Vincent dans le travail qui a fait Tobjet du 
rapport de >M. d'Herbelot, tenir compte 
aussi des contrastes des couleurs et des con- 
trastes des lignes. Ces contrastes, qu'on re- 
marque quand il s'agit de questions d'art, 
existent aussi quand les choses se passent 
pour de grandes distances. Tout le monde, 
en etfet, peut se rendre compte que telle 
couleur change pour l'œil selon la direc- 
tion et l'intensité de la lumière, de même 
qu'elle se modifie suivant les couleurs à 
côté desquelles elle se trouve placée, 
m! Mouton fait remarquer qu'il en est de 
même pour les lignes, et c'est ainsi qu'on 
peut être exposé continuellement à com- 
mettre, quand on voyage, des erreurs sur 
l'inclinaison d'une route ou sur la pente 
d'une montagne. Ces points sont forts 
importants, et c'est surtout quand on con- 
naît l'importance des débats judiciaires et 
qu'on sait à quels détails Qn est obligé de 
s'arrêter, que l'on comprend combien il est 
utile d'y insister. Chacun, du reste, a une 
aptitude de la vue dont il est utile de se 
préoccuper. C'est ainsi qu'un marin recon- 
naîtra à une distance considérable un na- 
vire en mer qu'un chasseur, par exemple, 
n'apercevra même pas; tandis que ce 
même chasseur distinguera parfaitement 
un lièvre ou une pièce de gibier quelcon- 
que, dont le marin ne soupçonnera même 
pas là présence. Enfin, il faut tenir compte 
de ce qu'on appelle les illusions d'optique. 

M. o'Herbelot regrette que M. le doc- 
teur Trélat n'ait pas entendu le commen- 
cenicnl de son rapport. Le travail de 



M. Vincent contient en effet deux parties 
absolument distinctes : la partie scienti- 
fique et la partie expérimentale. Or, M. Vin- 
cent établit fort bien dans la parlie scien- 
tifique de son travail que l'on doit exami- 
ner pour chaque cas la valeur visuelle de 
l'individu. 11 donne donc, sous ce rapport, 
entière satisfaction aux observations de 
M. Trélat. Quant à la seconde partie, 4ans 
laquelle M. Vincent rend compte de ses 
expériences^ il convient lui-même qu'elle 
n'est pas assez sérieuse. Du reste, M. Vin- 
cent reconnaît l'imperfection des résultats 
acquis. Il exprime même l'idée que la So- 
ciété constitue une Commission chargée de 
recommencer ses expériences; mais une 
telle Commission est impossible. La seconde 
partie du travail de M. Vincent conduit 
donc h un seul résultat : démontrer l'in- 
certitude de l'expérimentation en pareille 
matière, car il faudrait être certain de se 
replacer exactement chaque fois dans une 
situation identique. 

M. Trélat fait observer que l'expéri- 
mentation en pareille matière produit de 
telles différences et est sujette à de si nom- 
breuses difficultés, qu'on peut dire que ce 
n'est plus de la vue distincte. Il reconnaît 
qu'il a, en énumérant les trois conditions à 
examiner, en cette matière, commis un 
oubli que lui a rappelé M. Mouton : c'est 
qu'il faut observer les objets et les espèces 
au point de vue de la fausse appréciatioîi 
des couleurs. Il faut donc, au lieu de trois 
conditions à examiner^ en examiner quatre. 
Quant aux autres points signalés par 
M. Mouton, M. Trélat croit qu'ils n'ont 
aucun rapport avec la vue distincte. L'illu- 
sion optique, il ne l'admet pas, parce que, 
pour lui, l'illusion est une raélité pour 
l'œil. Quant à l'habitude visuelle, c'est de 
la vue distincte et réelle ; et ce qui expli- 
que que tel individu reconnaîtra un objet 
qu'il a l'habitude de voir, tandis qu'il ne 
reconnaîtra pas tel autre qu'il né voit pas 
habituellement quoique plus rapproché, 
c'est non pas parce qu'il ne le voit pas, 
mais bien parce que, n'ayant pas l'habi- 
tude d'analyser les différents côtés qui con- 
stituent la forme de cet objet, il ne le re- 
connaît pas. M. Trélat n'admet pas non 
plus comme un des éléments de la vue dis- 
tincte le contraste des lignes, dont a parlé 
M. Mouton : pour lui, ce contraste des 
lignes n'est pas une illusion, mais bien 
une réalité. Donc, en examinant avec soin 
les trois conditions dont il a parlé, l'amé- 
tropie ou l'hypcrmétrapic, l'acuité visuelle 



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ACADÉMIES ET SOCIÉTÉS SAVANTES. 



75 



et la chroiDâtopsie, on a les trois conditions 
dont la constatation est indispensable ponr 
déterminer les conditions de la vue dis- 
tincte. 

M. Manuel et M. Mouton insistent sur 
la question de Thabitude de rœil. 

M. Gâllard rappelle un point du travail 
de M. Vincent sur lequel on n*a peut-être 
pas assez insisté, c'est celui où M. Vincent 
examine les aspects différents que telle ou 
telle couleur présente selon qu'on hi voit 
au grand jour ou au clair de la lune. 

M.Trélât, répondant d'abord à MM. .^la 
nuel et Mouton, fait observer que la ques- 
tion de savoir pourquoi un individu aura 
reconnu tandis que l'autre aura à peine 
vu, est une affaire non pas de vue, mais 
d'éducation de la vue. Mais la question de 
la vue distincte est tout autre et ne doit 
être examinée qu'au point de vue théo- 
rique. La question, à ce point de vue pure- 
ment théorique, se réduit à savoir, non pas 
si un individu a pu reconnaître, mais s'il 



a pu voir. Quant au point traité par 
M. Gallard^ M. Trélat fait observer que 
l'on comprend parfaitement que la couleur 
change absolument suivant les conditions 
de lumière et qu'au clair de la lune, par 
exemple, telle ou telle nuance se trouve 
absolument modifiée. 

M. Démange demande si dans- l'état de 
la science un expert^ une fois les condi- 
tions d'heure et de lumière déterminées, 
pourra répondre et affirmer que tel indi- 
vidu a pu voir. 

M. Trélat répond affirmativement, une 
fois qu'on aura déterminé en outre les 
qualités de vue de l'individu. 

Sur une observation de M. Gallard, 
M. Trélat conclut en disant que voir et 
reconnaître sont deux choses différentes. 
La première opération est purement phy- 
sique, la seconde est en outre intellectuelle. 
Mais ce que l'on peut dire, c'est que pour 
reconnaître il faut d'abord avoir vu. 

[Annales d'hygiène publique,) 



m. AGADBHIES ET SOCIÉTÉS SAViNTES. 



Société Royale des Soienoes médioalet et 
naturelles de Bruxelles. 

Bulletin de la séance du ^juillet 1875. 

Président : M. Janssens, bibliothécaire. 
Secrétaire : M. van den Corput. 

Sont présents : MM. Sacré, Rommclaere, 
Tirifahy, Spaak, Gharon, Vande Vyvere, 
Carpentier, Delslanche , Wehenkel, Schuer- 
mans, Ledeganck, van den Corput. 
. La correspondance comprend : 1° Une 
lettre de M. le ministre de l'Intérieur 
informant la compagnie qu'un subside de 
mille francs lui est accordé ; 2° une lettre 
de M. Pigeolet informant la Société du re- 
gret qu'il éprouve de ne pouvoir assister 
à la séance de ce jour ; 3" une lettre 
de M. L. Martin informant la compagnie 
que, frappé dans ses plus chères affections 
par la mort de sa femme, il lui sera impos- 
sible d'assister à la séance. L*assemblée 
décide que le Bureau se rendra, au sortir 
de la séance, chez l'honorable M. L. Mar- 
tin pour lui exprimer la part que prend à 
la perte qu'il vient d'éprouver, la Société 
royale des sciences médicales et naturelles 
de Bruxelles ; 4<* lettre de la Municipalité 
de la ville de Forlî remerciant la Société 



de la sympathie qu*elle a témoignée pour la 
fête de Morgagnij à cette lettre est jointe 
une magnifique médaille à l'effigie de ce 
savant. Des remerclments sont votés à la 
ville de Forli, et la médaille commémora- 
(ive sera conservée dans les archives de la 
compagnie ; 5<* lettre de M. le directeur de 
la Gazette médicale de Bordeaux demandant 
l'échange de cette publication avec le Jour- 
nal de médecine de Bruxelles. Adopté ; 
6<* M. le. docteur Pataud fait hommage de 
deux brochures sur les Propriétés physio- 
logiques du bromure de camphre. Renvoi 
pour examen à M. Ledeganck ; 7*> M. le 
docteur Deneffe fait hommage de son nou- 
veau travail en collaboration avec M. Van 
Welter : L'anesthésie produite par injection 
intra veineuse de chloral. Renvoi, pour 
analyse à M. Charon ; 8» M. 4e docteur Ber- 
tillon fait parvenir à la compagnie ses 
Bccliçrches sur les combinaisons de sexe 
dans les grossesses gémellaires^ de leurs 
causes et de leurs caractères ethniques. Ren- 
voi pour analyse h M, Ledeganck ; 
9° M. Janssens fait hommage de son Bel^rvé 
trimestriel du bulletin de statistique démo- 
graphique de la ville de Bruxelles. 

Des remerclments sont votés aux auteurs 
de ces différents envois. 



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76 



ACADÉMIES ET SOCIÉTÉS SAVANTES. 



Ouvrages présentés : 

1. ])«s propriétés physiologiques du . 
bromure de camphre, par le docteur L. Pa- 
taud. Paris, A. Delahaye, 187S. 

2. Précis clinique et pratique de patho- 
logie chirurgicale spéciale, par le docteur 
BoHée. 7° fascicule. Bruxelles, Manccaux, 
J878- 

3. De Tanesthésie produite par injection 
intra-veineuse de chloral, par les docteurs 
Deneffe et Van Welter. Bruxelles, Man- 
ceaux, J875. 

4. Etude clinique sur la fistule à Tanus, 
par le docteur Félix. Bruxelles^ Manceaux, 
1875. 

5. Des indications et contre-indications 
de rhydrothérapie, par le docteur Leroy- 
Dupré. Paris, J. B. Baillière, 1875. 

6. Symptomatologie ou traité des acci- 
dents morbides, par A. Spring. Tome ÏI, 
5l''fasc., suite. Bruxelles^ Manceaux, 4875. 

7. Bulletin de T Académie royale de mé- 
decine de Belgique. 3« série, t. IX, n° 3. 
Bruxelles, Manceaux, 1875. 

8. Relevé trimestriel du bulletin de sta- 
tistique démographique de la ville de 
Bruxelles, par le docteur E. Janssens. 
Bruxelles, Manceaux, 1875. 

9. Recherches sur les combinaisons des 
sexes dans les grossesses gémellaires, de 
leurs causes et de leurs caractères ethni- 
ques, par le docteur Bertillon. 

10 à 86. Divers journaux et recueils 
scientifiques et périodiques. - 

Avant d^aborder Tordre du jour, M. Jans- 
sens informe rassemblée que, grâce à la 
bienveillance de M. le bourgmestre, un 
nouveau local sera mis dans quelques jours 
à la disposition de la Société pour TinstaN 
iation de sa bibliolhéquo et pour la tenue 
de SCS séances dans les bâtiments récem- 
ment acquis par la ville de Bruxelles. Des 
remerciments à M. le bourgmestre seront 
actes au procès-verbal de la séance. 

L*ordre du jour étant abordé, il est pro- 
cédé par scrutin secret au renouvellement 
complet du Bureau. 

Les résultats du scrutin désignent : 
comme Président honoraire, en remplace- 
ment de M. Rieken, décédé, M. le docteur 
Pigeolet; comme Président, M. L. Martin ; 
comme Vice -président , M. Crocq. Sont 
réélus : comme Secrétaire, M. van den Cor- 
put; Secrétaire- adjoint , 3f. Ledeganck ; 
Trésorier y M. Sacré; Bibliothécaire, 
)1. Janssens. 

En outre, M. Ledeganck est désigné 



comme membre du Comité de rédaction, 
eo remplacement de feu M. Rieken. 

La parole est ensuite à M. van den Cor- 
put pour faire Texposé de la situation mo- 
rale de la compagnie et la proposition de 
différentes nominations. 

M. VAN DEN CoRPUT. Mcssiours, je de- 
vrais, suivant la coutume que je me suis 
imposée depuis plus de vingt ans, vous 
exposer aujourd'hui le bilan moral de notre 
compagnie et vous retracer le tableau de 
sa situation scientifique ou de son crédit 
parmi les sociétés savantes. 

Mais, devant la situation de plus en plus 
prospère de la Société royale des sciences 
médicales et naturelles de Bruxelles, vous 
comprendrez mon hésitation à vous répé- 
ter encore des phrases tant de fois répé- 
tées, pour vous entretenir de ses succès 
croissants. 

Il suffit, d'ailleurs, d*un simple coup- 
d'œil jeté sur nos annales, pour se con- 
vaincre de rimportance de .plus en plus 
marquée et de Tintérét soutenu des mé- 
moires, ainsi que des travaux qui y abon- 
dent. Il suffit de constater le succès de 
bon alôi dont jouit le Journal de médecine 
de Bruaielles dans notre pays et Feslime de 
plus en plus grande dont il est entouré à 
rétranger, pourapprécier le mérite reconnu 
de nos publications. 

Est-il nécessaire, à vous qui en êtes . 
témoins, de signaler Témulation avec la- 
quelle les travailleurs sérieux briguent 
rhonneur de faire partie de notre pha- 
lange? Faut-il vous rappeler reniprcsse- 
mcnt que mettent tous les journaux de 
médecine ^ solliciter rechange avec le 
nôtre? 

Tout ce que j'aurais à dire de notre com - 
pagniu se résume, d'ailleurs, en ces trois 
mots d'une célèbre devise dont la préten- 
tieuse flatterie devient pour nous une vé- 
rité réelle : Vires €u;quirit eundo. Nos 
forces augmentent, en effet, en avançant. 
Car pour les sociétés, — heureux privi- 
lège, — - la force est en raison de l'âge et 
de l'ancienneté; plus elles comptent d'an- 
nées — et la nôtre entre aujourd'hui dans 
sa cinquante -quatrième — plus elles 
témoignent de vigueur ! 

D'autre part, le legs Seutin, joifit au pro- 
duit de nos journaux, et au subside que 
l'Etat, reconnaissant nos efforts soutenus, 
nous accorde chaque année avec empres- 
sement, assurent désormais l'avenir maté- 
riel de notre compagnie. 



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77 



Pour d^autres que pour ceux qui dédai- 
gnenl Téioge et méprisent l'envie, ces suc- 
cès seraient peut-être une source d'enivre- 
ments dangereux qui les conduiraient à la 
torpeur, ipaiâ en noire pays, sobre d'en- 
thousiasmes factices et de démonstrations 
vaines, pareil mécompte n'est certes pas 
à craindre. 

Un seul fait nous permet d'être fiers et 
de revendiquer avec orgueil une large part 
à cette œuvre salutaire. Nous constatons 
avec satisfaction l'émulation féconde qui 
s'est emparée de nos médecins belges et le 
réveil énergique de Tesprit d'investigation 
parmi nos jeunes praticiens. Aussi est-ca 
avec une joie légitime que nous voyons, 
depuis quelque * temps surtout, veiiir à 
nous un nombre considérable de travaux 
importants, dont plusieurs même ont été 
couronnés dansdes concours publics, parles 
corps savants les plus illustres de rEuropt^ 
En présence de résultats aussi évidem- 
ment prospères et de preuves de confiance 
aussi positives, notre Société a le droit de 
s'enorgueillir et peut, à juste titre, se mon- 
trer satisfaite ; elle a le droit de mériter 
Testime universolie, car elle a, en effet, 
atteint le but le plus élevé que puisse se 
proposer Thomme intelligent et libre : 
celui de stimuler le progrès par excellence, 
le complet développement de la. science, 
dépouillée de toute entrave et réalisé la 
plus noble dès aspirations humaines : celle 
d'être utile à Thumanité ! 

Mais à côté de tous rayons viennent se 
placer des ombres : ce sont celles de nos 
collègues qui ont payé leur tribut mortel 
à la nature et qui s'en sont ailés avec la 
virile satisfaction d'avoir accompli, dans la 
limite de leurs forces, le plus d'œuvres 
utiles et d'efforts scientifiques. Puissent les 
bons grains qu'ils ont semésT produire des 
fruits profitables ! A ces titres accordons la 
reconnaissance du souvenir aux mânes de 
Rieken, notre vénéré président honoraire; 
Seghers, membre correspondant, à Saint- 
Nicolas; Groshans, à Rotterdam; Righini, 
à Novare, et Fabbrî^ membre honoraire, 
à Bologne. 

Sans nous arrêter à des regrets stériles 
nous avons cherché à réparer, autant que 
faire se pouvait, les vides que la mort a 
faits parmi nous, en appelant à concourir à 
nos travaux des travailleurs nouveaux 
pleins de zèle : M. le docteur Charon et 
M. Lorge^ vétérinaire, comme membres 
effectifs, MM. Leyder et Bertheràud, 
comme correspondants. 



Il est d'usage, en outre, de décerner à 
cette date annuelle quelques récompenses 
scientifiques à des praticiens qui ont bien 
mérité de la science par leurs travaux ou 
leurs Teçons. 

C'est pourquoi le Bureau vous propose 
d accorder le titre de membre honoraii*e à 
MM. le docteur Verardini, professeur à 
l'Université de Bologne, Bamberger, pro- 
fesseur de clinique médicale, à Vienne, 
Bouillaud, Larrey et Verneuil, à Paris, et 
celui de membre correspondant, parmi les 
régnicoles, à MM. le docteur Putzeys, de 
Waremme, le docteur Charles, à Liège et 
le docteurMotte^ à Dinant. Parmi les méde- 
cins étrange/s il vous propose la même 
distinction à MM. les docteurs Michel Peter, 
à Paris., Luschka, professeur, à Pesth, 
Constantin Paul, agrégé à l'Université de 
Paris, VVilks, à Londres, Hitzig, profes- 
seur, à Berlin, et Buhl, à Munich. 

— Des remerciments ayant été votés à 
M. le Secrétaire, ces différentes nomina- 
tions sont successivement mises aux voix 
avec considérants à l'appui, et adoptées. 
En conséquence sont proclamés membres 
honoraires de la Société royale des sciences 
médicales et naturelles de Bruxelles : 
MTW. Bamberger, professeur à l'Université 
de Vienne j Verardini, idem, à Bologne ; 
Bouillaud^ Verneuil et Larrey, à Paris. 
Sont proclamés membres correspondants 
régnicoles : MW. les docteurs Putzeys, à 
Waremme (Liège); Charles, à Liège, et 
Motte, à Dinant; correspondants étran- 
gers : MM. les docteurs Michel Peter et 
Constantin Paul, à Paris; Luschka, à Pesth ; 
VVilks, à Londres ; Hitzig, à Berlin, et 
Buhl, à Munich. 

[/Ordre du jour amène le rapport de 
M. Carpentier, rapporteur de la Commis- 
sion chargée d'examiner les mémoires 
pour le concours de l'année -dernière en 
réponse à la question de médecine (ques- 
tion laissée au choix de l'auteur). 

M. Carpentier. Messieurs, nous avons 
reçu trois mémoires en réponse h la qua- 
trième question, laissée au choix des con- 
eurrents et devant embrasser un sujet 
quelconque du domaine de la médecine, 
de la chirurgie ou de la toxicologie. 

Votre Commission composée de MM. 
Crocq, Pigeolet, Martin et du rapporteur, 
a pris connaissance alleniive de ces divers 
mémoires et a formulé son jugement comme 
suit : 

Le premier travail, intitulé : Nouvelle 



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78 



ACADÉMIES ET SOCIÉTÉS SAVANTES. 



étude sur la variole et la vaccine, ne contient 
rien de remarquable. L*auteur, après avoir 
refait l'histoire de la vaccine et des épidé- 
mies de variole qui se sont succédé depuis 
le commencement du siècle, arrive a cette 
conclusion qu*il faut vacciner et revacciner 
en temps ordinaire, mais qu'en temps d'é- 
pidémie, c'est par l'inoculation variolique 
qu'il faudra compléter et corroborer la 
vaccine. Nous pouvons dire en substance 
que l'auteur n'apporte à l'appui de sa thèse 
aucun fait nouveau qui puisse éclairer la 
science, et c'est ce qui a motivé l'avis de 
la Commission. 

Le second travail est intitulé : Découverte 
de. l'agent spécifique de la variole confirmée. 
A l'appui d'une assertion aussi importante, 
l'auteur se contente de rapporter une obser- 
vation de variole confluente survenue chez 
un enfant de six mois non vacciné. Sous 
l'influence du médicament administré, la 
marche de la maladie était enrayée au bout 
de vingt-quatre heures; les pustules, dit 
l'auteur, étaient affaissées, flétries, rétrac- 
tées, à l'état de dessiccation progressive ; 
l'extinction du travail inflammatoire de la 
peau était évidente, et au bout de six jours, 
la guérison était complète. Or^ à quel agent 
thérapeutique l'auteur avait-il eu recours 
pour décapiter, ainsi qu'il le dit, la variole 
dans sa période d'éruption? C'est au sili- 
cate de soude, aussi n'hésite t il pas à 
affirmer que celui-ci est dorénavant l'agent 
spécifique du traitement curatif de la va- 
riole, comme le vaccin en est l'agent spé- 
cifique préventif. Maintenant, dit il, la 
médecine est toute puissante, et l'on, peiit 
même désigner approximativement Tépo- 
que où la variole aura disparu de la face 
de l'Europe. 

Pourquoi de l'Europe seulement, c'est 
ce que l'auteur ne dit pas, mais peu im- 
porte, car malgré l'enthousiasme où son 
succès l'avait plongé^ votre Commission 
ne pouvait voir dans celui ci qu'un fait 
isolé, incapable de donner sa consécration 
à une découverte capitale. Or, les circon- 
stances aidant, nous avons pu trancher la 
question et donner à l'auteur' qui en appe- 
lait à l'expérimentation de ses juges, une 
réponse sérieuse et définitive. Charge du 
service des varioleux à l'hôpital Saint-Jean, 
j'ai institué quelques expériences qui ont 
été suivies par M. Crocq, et dont les élèves 
fréquentant la clinique, ont aussi été les 
témoins. Je ne m'étendrai pas à vous nar- 
rer les observations d'une dizaine de ma- 
lades qui ont: été traités par le silicate de 



soud'e dès leur entrée à l'hôpital, c'est-à- 
dire le plus souvent au début de la période 
éruptive comme le demande l'auteur. Qu'il 
vous suffise d'en connaître les résultats 
négatifs : non-seulement le silicate de 
soude n'a exercé la plus mince action sur 
l'évolution de la variole, mais nos expé- 
riences se sont clôturées par un bilan de 
trois décès. Le silicate de soude en était 
évidemment innocent, le coupable était la 
variole qu'il devait guérir et qui s'en est 
influencée comme des différents spécifiques 
que l'on a dirigés contre elle jusqu'à ce jour. 
Sans plus de commentaires^-nous pou- 
vons donc passer au troisième et dernier 
mémoire intitulé : La virulence et la spé- 
cificité de la phthisie pulmonaire devant 
l'expérimentation et devant la clinique. De 
l'avis unanime de la Commission, ce tra- 
vail est de beaucoup le plus important. 
L'auteur a divisé son sujet en trois par- 
ties. Dans la première, il étudie les carac- 
tères généraux des maladies virulentes. 
Dans la seconde, il recherche si ces carac- 
tères existent dans la tuberculose expéri- 
mentale, c'est-à-dire dans la tuberculose 
provoquée par les différents procédés mis 
en usage pour opérer sa transmission, 
l'inoculation cutanée, l'inoculation du tissu 
Gonjonctif, l'introduction dans les cavités 
séreuses, l'injection dans les vaisseaux, la 
transfusion du sang, Tinsufflalion dans les 
voies respiratoires; l'ingestion parles voies 
digestives. Dans la troisième partie, il re- 
cherche si ces caractères existent dans la 
tuberculose clinique. 

Ce mémoire constitue, en somme, un 
excellent exposé de la question de la viru- 
lence de la phthisie pulmonaire : c'est un 
travail bien fait, bien écrit ; il dénote un 
esprit érudit ami du progrès et qui y arri- 
vera certainement s'il persiste dans la voie 
où l'auteur est entré. Un seul reproche est 
à lui faire, et il est important : c'est que l'au- 
teur n'a pas suffisamment étendu le champ 
de la question sous le rapport des faits 
nouveaux. 

Partant de ces considérations, la Com- 
mission estime qqe si ce mémoire ne mérite 
pas la totalité du prix attribué à la qua- 
trième question. Il y aurait d'autre part 
injustice à le laisser dans l'oubli, et elle 
vous propose. Messieurs, d'accorder à l'au- 
teur un prix d'encouragement sous forme- 
de mention honorable et de publier le tra- 
vail dans le journal de la Société. 

Les conclusions du rapport de M. Car- 
pentier sont mises aux voix et adoptées. 



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ACADÉMIES ET SOCIÉTÉS SAVANTES. 



79 



En coaséquence, Tauteurdu travail n° 5 
relatif à la virulence et à la spécificité de 
la phthisie pulmonaire est invité à faire 
connaître sMl accepte les conditions de la 
publicité. 

~ La paroleest à M. Ledeganck» rappor- 
teur de la Commission chargée d'examiner 
le mémoire envoyé en réponse à la ques- 
tion de pharmacie et d*histoire naturelle. 

M. Ledeganck. Messieurs, un seul mé- 
moire, relatif aux sciences naturelles, nous 
est parvenu pour le concours de i87t). 
L'auteur a traité une question laissée à son 
choix : Etude anatomique des racines offici- 
nales. 

Posée en ces termes, c'était une étude 
extrêmement vaste que celle que Tauteurse 
proposait d^aborder. Toutefois son travail 
ne comprend, à vrai dire, qu'une partie de 
cette étude; l'auteur, s'il eût voulu donner 
une idée plus exacte de son travail eût dû 
l'intituler : Exposé des caractères histolo- 
giques des racines officinales étudiées au 
microscope. En eiîet. les descriptions qu'il 
nous donne, quoique d'une scrupuleuse 
exactitude, ne sont en général que Ténu- 
mération pure et simple des caractères 
histologiques que l'on constate sur une 
coupe soit transversale soit longitudinale 
d'une racine donnée. L'auteur, s'étant 
borné à l'étude des racines seulement; s'est 
efforcé d'être complet pour le cadre dans 
lequel il s'était renfermé. On peut dire qu'il 
a été complet par le nombre des échan- 
tillons décrits : il étudie, non>seulement 
les racines d'un usage très-répandu, ou 
d'une importance capitale en thérapeu- 
tique — ces dernières étant généralement 
étudiées dans tous leurs détails — mais on 
voit figurer au nombre des racines dé- 
crites, plus d'une espèce végétale d'nn 
usage trèsrestreint, ou d'une importance 
thérapeutique à peu près nulle. Je vous 
citerai par e;(emple les racines de Dic- 
tamnusalbus; Paeonia officinalis ; Asarum 
europœum; Aristolochia longa; Polygona- 
tum multiflorum; Arundo donax; Carex 
arenaria; Cypcrus longus ; Cyperus ro- 
tundus, etc., etc., dont il donne la des- 
cription hislologique complète malgré la 
minime importance de leurs propriétés 
pharmacodynamiques. 

L'auteur est tout aussi complet en ce 
qui concerne la description de. chaque 
échantillon en particulier. Ces descrip- 
tions sont données avec tous les détails 
possibles : on peut dire, sans exagérer, qu'il 



n'y manque pas une fibre, pas une cellule. 
Nous avons contrôlé un grand nombre de 
ces descriptions, sur quelques échantillons 
frais que nous nous sommes procurés, ainsi 
que sur des préparations sèches de la col- 
lection Mœller, de Webel (Holstein), et 
nous avons dû reconnaître qu'il n'y avait 
rien à ajouter. Sous ce rapport, on pour- 
rait citer la description des différentes 
sortes de Rhubarbe comme un modèle du 
genre. . 

Mais un desideratum qui saute aux yeux 
dès qu'on examine quelques chapitres du 
présent mémoire, c'est l'absence de tout 
esprit philosophique dans la manière dont 
l'auteur a traite la question. Les travaux 
de ses devanciers, qu'il a pris pour modèles, 
les traités de Schleiden et Berg, en Alle- 
magne : de Planchon et Cauvet, en France; 
mais surtout de Howard, en Angleterre — 
travaux dont il a certainement égalé l'exac- 
titude et la clarté descriptive — lui 
offraient, sous ce rapport,, un excellent 
exemple à suivre. Il ne suffisait pas, en 
effet, de donner une série de descriptions 
exactes et minutieuses d'un même organe 
dans différentes espèces végétales, il fallait 
faire ressortir \vs caractères d'ensemble 
propres à cliaque espèce et pouvant la dif- 
férencier des espèces voisines; il fallait dé- 
terminer, toutes les fois que la chose était 
possible, le siège anatomique du principe 
actif; il fallait rechercher quels sont les ca- 
ractères variables et quels sont les carac- 
tères constants, pour un groupe donné 
d'espèces ccmgénères, de manière à retrou- 
ver dans la structure histologique de la ra- 
cine les mêmes analogies que celles qui 
existent dans la structure des organes d'un 
ordre plus élevé, fleur ou fruit ; faire en un 
mot de rhistologie comparée ; enfin il fallait 
signaler les analogies apparentes qui peu- 
vent exister entre deux espèces éloignées, 
— surtout lorsqu'il y a danger à les con- 
fondre, — et rechercher un caractère dis- 
tinctif suffisant pour rendre toute confu- 
sion impossible. 

Si l'auteur se fût pénétré de ces idées, 
il eût^ sans aucun dolite, fourni un travail 
parfait. Le soin qu'il a mis à traiter la 
partie descriptive, nous est garant de ee* 
qu'il eût pu faire dans un autre ordre 
d'idées. Nous le regrettons d'autant plus, 
que l'auteur lui-même déclare, dans sa 
préface, « vouloir un peu réagir contre la 
» tendance que l'on a généralenaent à 
» négliger le côté théorique et pratique des 
» sciences naturelles dont la connaissance 



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80 



ACADÉMIES ET SOCIÉTÉS SAVANTES. 



I peut être si utile à tous ceux qui s'oc- 
I cupent de matière médicale. • L*étude si 
complète qu'il a faite des racines officinales 
eût produit des documents précieux, à 
ajouter à ceux que nous ont fournis Meyen 
et Scbacht, en Allemagne ;Duyal-Jouye, 
en France; Morren et Ghalon^ en Bel- 
gique; matériaux épars qui serviront un 
jour à édifier VHisloldffie végétale corn- 
parée et auxquels le travail qui a été soumis 
à notre examen foucnira néanmoins une 
contribution importante. 

Tel qu'il est, le mémoire sera toujours 
consulté avec fruit pour les descriptions 
détaillées qu'il reitferme, mais Tensemble 
est d'une monotonie et d'une aridité 
propre à rebuter tout lecteur qui n'a pas 
fait de l'anatomie végétale une étude spé- 
ciale. Cette considération a été produite au 
sein de la Commission comme un obstticl« 
sérieux à l'impression du mémoire dans son 
entier. D'autre part, ce défaut est en 
quelque sorte compensé par les nombreuses 
et fort belles planches intercalées dans le. 
texte et qui en facilitent singulièrement 
l'intelligence, surtout pour les personnes 
habituées au travail du microscope et 
familiarisées avec les dessins d'histologie. 

C'est en se basant sur ces considéra- 
tions diverses que votre Commission a 
formulé ses conclusions. Elle vous pro- 
pose, Messieurs. 

1° D'accorder à l'auteur du mémoire : 
Etude anatomique des racines officinales, 
une médaille de 400 fr. 

'2» De décerner à l'auteur le titre de 
membre correspondant. 

S*» D'insérer sou travail dans nos bulle- 
tins mensuels, avec les planches qui l'ac- 
compagnent, en tout ou en partie. 

— Les propositions qui précèdent sont 
mises aux voix et adoptées. En consé- 
quence, le billet cacheté qui contient le 
nom de l'auteur du mémoire portant pour 
devise : Nil a^tum reputans dum quid su- 
peresset agcndum est ouvert, et l'auteur 
M. Ë. Collin, pharmacien de i^° classe, à 
Verdun, est proclamé lauréat. Vu les dé- 
pensés considérables qu'entraînerait pour 
la compagnie l'impression du volumineux 
travail de M. Collin, ainsi que la longueur 
d'une publication dont la monotonie a été 
signalée par la Commission, l'auteur, qui a 
bien voulu mettre à notre disposition les 
magnifiques planches sur cuivre gravées 
par lui-même pour l'intelligence du texte, 
sera invité à élaguer les moins importantes 



d'entre les descriptions et à condenser le 
plus possible son consciencieux travail. 

L'ordre du jour amène les communica- 
tions sur les affections régnantes. 

M. Charon. Nous avons eu cinq cas de 
croup à l'hôpital. La plupart venaient de la 
crèche de Saint-Gilles. Deux ont été sauvés 
par la trachéotomfe ; les trois autres ont 
succombé. Ce sont les plus âgés qui ont 
guéri. 

Ces cas ne suffisent pas pour en conclure 
à une épidémie, mais toujours est-il qu'en 
cette saison cinq cas de croup coup sur 
coupc'est chose assez rare. 

M. VAN DEN CoRPUT. Daus la commune 
de Droogenbosch, aux environs de Bruxel- 
les, il s'est déclaré une épidémie typhoïde 
circonscrite. 

M. Charon. On m'a dit qu'une épidémie 
de rougeole trè.<i-meurtrière règne dans les 
environs dlUccle. 

M. Janssens. Nous avons toujours quel- 
ques cas de variole. Chose rare, il a été 
constaté à l'hôpital cinq cas d'infection à 
rintérieur de l'établissement. Les deux 
premiers chez des élèves pharmaciens. Un 
apprenti droguiste a ensuite été atteint. 
Puis une jeune fille, qui se trouvait par 
hasard dans la maison du directeur. Il y a 
encore un individu qui était entré à Thô- 
pital pour une afl^ection catarrhale et qui y 
a contracté la variole. 
. Un membre. Les malades ne sont-ils pas 
isolés? 

M. Janssens. Je crois que l'isolement 
n'est pas suffisant. La Commission médi- 
cale s'occupe des mesures à prendre pour 
rendre l'isolement plus efficace. Il convien- 
drait d'insister auprès de toutes les per- 
sonnes attachées à l'hôpital Saint-Jean 
pour qu'elles se soumettent à la revacci- 
nation. C'est une mesure très^importante 
et que l'on néglige trop. 

Nous avons vu à Paris des élèves de 
l'hôpital succomber faute de revaccination. 

Il est regrettable que certains journaux 
politiques aient cru devoir faire de la pro- 
pagande contre la revaccination et cela 
dans l'intérêt de certaines personnes. Beau- 
coup de gens ont été influencés par cet 
article. 

Nous avenus eu aussi des cas de cholé- 
rine dans la ville de Gand. Il est plus que 
probable que ce sont des entérites choléri- 
formes. La ville de Gand a un état sanitaire 
très-peu favorable. 



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ACADÉMIES ET SOCIÉTÉS SAVANTES. 



81 



Il u'y a à Bruxelles que quelques cas de 
variole et de varioloïde. 

Dans tous les cas de variole, nous avons 
pu constater que Pindividu avait été en 
contact avec une personne qui avait con- 
tracté la maladie. Ainsi la dame qui est 
morte à Thôtel Mengelle était allée voir à 
Ixellcs une personne atteinte de variole. 
Huit jours après, en rentrant chez elle, elle 
est tombée malade à son tour. 

M. ScHUERMANS. Ce sont surtout les con- 
valescents qui propagent la variole. 

M. Janssens.Lcs premiers cas à ThôpitaJ 
ont été observés chez des jeunes filles, 
sœurs d*un militaire qui avait contracté la 
maladie, et était revenu chez lui couva-* 
lescent. Mais les précautions nécessaires 
n'ayant pas été prises, il avait immédiate- 
ment propagé la maladie. 

M. ScHUERMANS. Ne dcvraitou pas sou- 
mettre les convalescents à une visite, avant 
de les laisser sortir de Thôpital ? 

M. Janssens. On ne devrait laisser sortir 
de rhôpital que les individus pour lesquels 
les précautions ont été prises. 

M. VAN DBN CoRPUT. La pfécautiou pré- 
ventive Id plus utile dans ces cas^ de même 
que pour prévenir la propagation de toute 
fièvre éruplive, ce sont les bains répétés pen- 
dant la convalescence. Cette mesure efficace 
d*hygiène générale a, de plus, Tàvantage 
d*étrc utile au malade lui-même, chez qui 
elle contribue à ramener Téquilibre phy- 
siologique en rétablissant dans leur inté- 
grité les fonctions si importantes de la 
peau. 

La parole est à M. le . Trésorier pour 
Texposé de Télat de la caisse dont les 
comptes son t'approuves. 

La séance est levée à 9 heures. 



Aq^démîe royale de médeoifie de 
Belgique. 

Séance du iO juillet i875'. 

Président : M. Vleminckx. 
^ Secrétaire : M. Sovet. 

La séance est ouverte ail heures et 
demie. 

Sont présents : MM. Belle froid ^ Borlée, 
Boulvin» Bribosia, Burggraeve, Cousot, 
Crocq, Delwart ; Depaire , De Roubaix , 
Foelen, Fossion^ Galloz, Gaudy , Gille, 
Gouzée, Hairion, Hubert, Kuborn, Le- 
quime, Mascart^ Michaux, Pigeolet; Rom- 



raelaere, Soupart, Sovet, Thiernessc,Thiry, 
Van Kempen, Vleminckx et Warlomont, 
membres titulaires ; MM. Laussedat, Pétry 
et Somcrs, membres honoraires. 

Se sont excusés : MM. Chandelon, Cra- 
ninx, Gluge et Lefcbvre. 

MM. Barella, Boddaert» Desguin^ Ham* 
bursin^ Hicguet, Hyernaux, Janssens» Ma- 
soin et WilIièmC; correspondants, assistent 
à la séance. 

Le procès-verbal de la dernière réunion 
est adopté. 

M. le ministre de l'intérieur fait par- 
venir, pour la bibliothèque^ un exemplaire 
do la seconde édition de Touvragc de M. le 
docteur Laussedat, intitulé .: La Suisse. — 
Etudes médicales et sociales — stations sa- 
nitaires. 

Donnant suite aux décisions de TAca- 
démie, le Bureau a renvoyé à Texamen de 
M. Rômmelaere la note de M. Verhaegen 
sur le sang des malades atteints de la va- 
riole et a chargé MM. Cousot, Mascart ot 
Soupart d*examincr les mémoires manus- 
crits présentés à la Compagnie par des pra- 
ticiens belges pendant Tannée 1875, et* de 
. les apprécier au point de vue des prix d'en- 
couragement de 500 francs à accorder. 

M. le docteur Déclat, à Paris, qui, en 
1872, a soumis à TAcadémie une note re- 
lative aux afi'ectibns charbonneuses de 
i'homme« sur laquelle M. Gouzée a fait un 
rapport, transmet un nouveau travail ma- 
nuscrit intitulé : charbon de Thomme ou 
pustule maligne, a Les faits nouveaux et 
nombreux, dit l'auteur, ont enfin rais hors 
de doute la vérité de mes assertions, et je 
me permets de soumettre k nouveau ces 
faits importants à la sanction et à la véri- 
fication de rAcadémie, en la priant de m*in- 
scrire comme membre correspondant. » * 
— Renvçi à l'avis de l'honorable membre 
qui a examiné la première communica- 
tion. 

M. Masoin soumet, de la part de l'au- 
teur, M. Lacompte, médecin à Tamise, un 
travail manuscrit intitulé : Observation 
d'une fistule pancréatique chez l'homme. 
- Renvoi à une Commission à nommer 
parle Bureau. 

M. Gallez offre la traduction d'un mé- 
moire de M. le professeur Rizzoli^ de Bo- 
logne, traitant des excroissances et tumeurs 
qui se développent à l'intérieur et à l'orifice 
de Vurèthre de la femme et de leur trai- 
tement . 

M. le professeur Moriggia, à Romej pré- 
sente quatre opuscules qu'il a publics en 

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AGADËMIES ET SOGIËTËS SAVANTES. 



italien, et relatant des expériences physio- 
logiques. 

M. le docteur Jules Félix, à Bruxelles, 
adresse une brochure intitulée : Ettide 
clinique sur la fistule à Vanus ; son traite- 
ment au moyen de la section linéaire, 

M. le docteur Wehcnkel, professeur à 
récole de médecine vétérinaire de Cure- 
ghem, oifre deux opuscules, Tun est inti- 
tulé : Panzoottcs parmi les animaux domes- 
tiques de Vile de MaUcy de la Hongrie , etc; 
l'autre : De V infection diptérique, par le 
docteur Weiser ; traduit de l'allemand. 

Il est encore fait hommage de quelques 
autres publications dont les titres seront 
insércsau bulletin. -^ Remerciments pour 
les travaux présentés. 

Les membres du bureau de l'Associa- 
tion française pour l'avancement des 
sciences informent par circulaire que la 
quatrième session de cette association aura 
lieu à Nantes, du jeudi 19 au jeudi i26 du 
mois d'août prochain, et invitent la Com- 
pagnie à se faire représenter dans ce 
congrès. 

M. le président fait remarquer que l'Aca- 
démie ne s*est jamais fait représenter à ' 
des congres et que si parfois des membres 
ont pris part à ces assises scientifiques, 
c*est par suite d'une délégation du gouver- 
nement belge. 

L'Académie entend ensuite les lectures, 
suivantes : 

i . Rapport de la sixième section sur un 
travail de M. Degive, intitulé : De la cas- 
tration des animaux cryptorchides. — 
M. Foelen, rapporteur. 

La section propose d'adresser des rc- 
merciments à l'auteur, de publier son tra- 
vail dans le Bulletin et de recommander sa 
candidature au titre de correspondant à la 
Commission de présentations. « 

Après quelques explications données 
par ÂIM. Foelen et Thiernesse, en réponse 
à une question adressée par M . le prési- 
dent au rapporteur, ces conclusions sont 
adoptées. 

â. Rapport de la sixième section sur un 
mémoire du même auteur, intitulé : Un 
cas de castration (ovariotomie), . suivi de 
succèe chez une jument nymphomane. — 
M. Foelen, rapporteur. 

Conclusions du rapport : Remerciments 
à l'auteur et insertion de son travail dans, 
le Bulletin. — Adopté. 

Jî. Rapport de M. Depairc sur une com- 
munication de MM. Stoefs, frères et sœurs^ 



relative à un savon à base d'acide phénique 
et de glycérine. 

MM. Stoefs demandaient que l'Académie 
veuille bien leur indiquer les circonstances 
dans lesquelles Ton pourrait employer avec 
succès ce savon. 

' * M . Depaire propose de remercier 
MM. Stoefs de leur envoi et de leur faire 
connaître que la Compagnie, aux termes 
de l'article !2 de ses statuts, n'est instituée 
que pour s'occuper des études et des re- 
cherches qui peuvent contribuer aux pro- 
grès des différentes branches de l'art de 
guérir et non pour fournir des rcuseigne- 
menls aux industriels qui cherchent à 
expfoiter un agent médicamenteux. — 
Adopté. 

4. Suite de la discussion des travaux 
Suivants : La stigmatisée d'Anvers, par 
M. Desguin. — Maladies des mystiques; 
Louise Lateau, par M. Charbonnier. — 
Rapport de la Commission qui a été char- 
gée d'examiner le mémoire de. M. le doc- 
teur Charbonnier, intitulé : Maladies et 
facultés diverses des mystiques. — M. War- 
lomont, rapporteur. 

La parole est donnée à M. Crocq pour 
terminer le discours qu'il a commencé dans 
la réunion précédente. 

Personne ne réclamant la parole, M. War- 
lomont demande, en qualité de rapporteur, 
à résumer le débat. La parole lui est ac- 
cordée. 

M. Kuborn propose Tordre du jour qui 
suit ; 

I L'Académie considérant ; 

» Que les phénomènes réellement con- 
statés chez la jeune fille de Bois-d'Haine 
ne sont point nouveaux et sont explicables 
par les lois de la physiologie pathologique; 

> Que l'abstinence dont il a été argué 
n'a pu être observée par la Commission ; 

> Qu'aucun contrôle n'ayant donc pu 
être établi, il y a lieu de ne pas s'arrêter à 
ce fait, mais de le considérer comme non 
avenu ; ' 

B Pojarsuit son ordre du jour en ce qui 
concerne la stigmatisation. 

M. le président fait observer que M. Lc- 
febvre étant absent, la clôture de la discus- 
sion doit être ajournée, afin qu'il puisse 
répondre, s'il le juge à propos, aux discours 
de MM. Crocq ^t Warlomont. 

M. Laussedat émet lo même avis et se 
rallin à la proposition de M. Warlomont : 
de ne pas se départir, en clôturant le dé- 
bat sur Louise Lateau, de la discussion sur 
les questions de la stigmatisation et de t'ex- 



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ACADÉMIES ET SOCIÉTÉS SAVANTES. 



85 



tase, introduites à T Académie par le mé- 
moire de M. Charbonnier, mémoire dont 
la Compagnie a volé Tiropression, afin 
qu*il puisse servira la discussion. 

£n présence des raisons qui viennent 
d*étrc données, M. Crocq émet aussi l'avis 
que la clôture ne peut pas être prononcée. 
Néanmoins, il fait connaître Tordre du 
jour qu'il se proposait de déposer. Il est 
conçu en ces termes : 

L*Académie considérant : 

c Que les phénomènes constatés chez 
Louise Lateau n'échappent pas à l'expli- 
cation physiologique ; 

» Que ceux qui ne sont pas constatés 
ne doivent pas l'occuper davantage ; 

» Déclare la discussion close et passe à 
Tordre du jour. » 

M. Thiernesse fait observer que ces pro- 
positions d'ordre du jour sont contraires 
aux précédents de la Compagnie et de tous 
les corps savants. A son avis, ces' ordres 
du jour sont de véritables conclusions doc- 
trinales sur lesquelles, par conséquent, 
TAcadémic ne peut être appelée à voter. 

M. le président demande : TAcadémie 
est-elle d'avis de discuter en ce moment 
les propositions d'ordre du jour? 

M. Kuborn croit qu'il est inutile de les 
discuter maintenant; qu'il faut attendre la 
présence de M. Lefebvre. 

M. Thiernesse propose la question préa- 
lable. 

Après avoir entendu MM. Thiry, Laus- 
sedat, Crocq, Sovet et Warlomont, et à la 
suite de quelques observations présentées 
par M. le président, TAcadémie décide que 
la discussion sera continuée dans la pro- 
chaine séance. 

L'Académie se forme en eoraité secret a 
â heures. 

1 . Discussion du rapport de la Commis- 
sion chargée dé Texamen du mémoire en- 
voyé au concours sur les antiseptiques et 
les désinfectants. — M. Sovet, rapporteur. 

La Commission termine son rapport 
comme il suit : 

I La Commission, tout en rendant jus- 
tice aux connaissances étendues dont Tau-' 
tecir a fait preuve, mais regrettant Tab- 
sence d'appréciation et les lacunes que 
nous venons de signaler, croit qu'il n'y a 
pas lieu de décerner le prix du concours.i 

— Ces conclusions sont adoptées. 

2. M. le président donne communication 
des questions proposées par les ^^ et i» 
sections, pour être mises au concours^ et 
propose de les renvoyer à une Commission 



qui sera chargée de la rédaction définitive 
et qui fixera le montant des prix ainsi que 
la clôture du concours. — Adopté. 

5. Après un appel des travaux arriérés, 
M. le président demande que le Bureau 
soit autorisé à retrancher de la liste de ces 
travaux ceux qu'il jugera convenable de 
rayer. — Celte proposition est adoptée. 

La séance est levée à 2 heures et demie. 



Académie de Médecine de Paris. 

• Séance du 6 juillet 4875.- 
Présidence de M. Gosselin. 

Correspondance. — 4® Un plî cacheté 
de M. le docteur Martin Damourette (ac- 
cepté). 

2<> Une lettre de M. le docteur Frantz 
Glénard, chef de clinique obstétricale de 
TEcolé de médecine de Lyon , accom- 
pagnant Tenvoi d'un pli cacheté sur le foyer 
réel d'origine du souffle maternel de la 
grossesse {souffle utérin y placentaire des au- 
teurs) (accepté). 

Z"* Une lettre de remerclments de M. le 
docteur Lecard, médecin -major à Thôpi- 
tal militaire de la Rochelle, lauréat de 
TAcadémie. 

i** Un mémoire de M. le docteur Burq 
sur V Immunité des ouvriers en cuivre par 
rapport cm choléra. 

5** Un travail manuscrit de M. le doc- 
teur Pigeon, intitulé : Théorie du réveil 
naturel. 

• M . Leroy de Mjêricourt ofl^re en hom- 
mage, delà part de M. le professeur Fonssa- 
grives (de Montpellier), le premier fascicule 
d'un Dictionnaire de la santé. 

M. Tarnier présente, de la part de M. le 
docteur Siredey, médecin des hôpitaux, 
une brochure intitulée : La fièvre puerpé- 
rale n'existe pas, , 

M. HiRTZ présente, au nom de M. le 
docteur Junod, un Traité théorique et pra- 
tique de l'hémostasie. « 

M. ViLLEMiN dépose sur le bureau un 
travail manuscrit He M. Lanza, major de 
deuxième classe à l'hôpital de Vincennes, 
sur une épidémie de fièvre typhoïde qui a 
sévi sur le fort et la ville de Vincennes de 
4874 à 1875. (Renvoyé à la commission des 
épidémies. 

M. Gosselin présente de la part de M. le 
docteur Ritot (de Bordeaux), un petit cro- 
chet mousse dynamow étriqué accompagné 
d'un travail manuscrit sur V Intervention 



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84 



ACADÉMIES ET SOCIËTËS SAVANTES. 



chirurgicale dans certains cas d'accouche- 
ment, (Commiss. MAI. Depaul et Blot.) 

M. LE Président rend compte, en peu de 
niots^ du service funèbre que rAcadémic 
a fait célébrer pour le repos de Tânie de 
Demarquay. 

Choléra (suite de la .discussion). — 
M. Kriquet continue à rappeler des faits 
qui démontrent la contagiosité du choléra 
et son extension par importation. Les causes 
générales, dit-il, sont suffisantes pour pro- 
duire le choléra indien ; la preuve en est 
qu'elles suffisent pour entretenir Tendémie 
du choléra sporadique en Inde et produire, 
annuellement;, environ cinq mille décès à 
Calcutta. 

A quatre heures, TAcadémie «e forme 
en comité secret pour entendre un rapport 
de M. Roussel sur les titres des candidats 
à la place vacante dans la section d*hygiènc 
et de médecine légale. 

Séance du i^ juillet 
Présidence de M. Gosselin. 

Correspondance. — M. Bouillauo pré- 
sente, de la part de M. le docteur Descieux, 
un ouvrage intitulé : Leçons élémentaires 
d*hygime faites au collège de Falaise, rédi- 
gées et publiées par M. Duchemin, prin- 
cipal. 

M. Dechambre présente^ au nom de 
M. Emile de Ruelle, une brochure intitu- 
lée : Elude sur V ancienne musique grecque. 

iM. le Secrétaire perpétuel offre en 
hommage son Eloge de M, Cruveilhier, 

Choléra (suite de la discussion). -^ 
M. BoNNAFONT lit un discours dont voici le 
résumé : 

« Les conclusions qui se déduisent des 
obscj'valions qui précodent peuvent être 
exprimées de la manière suivante ; 

1" Le choléra, natif et originaire de 
rinde, ne saurai^ se produire en d'autres 
contrées, sans que des germes de cette 
maladie y aient été apportés par les cou- 
rants ^atmosphériques ou tout autre véhi- 
cule. V 

2° Si l'on organise des moyens hygiéni-* 
ques pour combattre ce fléau, il faut 
nécessairement les diriger vers le pays d*où 
il vient et les appliquer à la source même 
où il se développe. 

Partout ailleurs, ces mesures, si com- 
plètes et si intelligentes qu'elles soient, ne 
sauraient avoir qu'un résultatpresque nul. 

5° Ce ne sont pas les cadavres des ani- 
maux abandonnés sur le sol par les cara- 



vanes des pèlerins, non plus que Phabitude 
qu'ont les Indiens de jeter la plupart de 
leurs cadavres dans le Gange, qui peuvent 
ou qui ont dû provoquer les irruptions de 
cette épidémie, puisque ces habitudes 
existent de temps immémorial chez ces 
peuples, et que le choléra asiatique et épi- 
démique n'a fait son apparition en Europe, 
en Afrique, en Amérique, que depuis le 
commencement du siècle. 

4" La cause de ces irruptions devenues 
si fréquentes et si meurtrières est donc 
ailleurs. C'est en la cherchant que je crois 
être parvenu à trouver celles, ou du moins 
une de celles qui a pu contribuer le plus à 
provoquer ce triste et 'lugubre résultat. 

5° Des épidémies secondaires peuvent 
bien se produire sur de& points déjà infec- 
tés ; mais, sauf de rares exceptions, elles 
ne révèlent jamais le même caractère que 
le choléra algide, et ces épidémies vont 
toujours en diminuant d'intensité pour 
s'éteindre complètement si l'élément toxi- 
que n'est renforcé par une nouvelle irrup- 
tion venue du point d'origine. 

6* Le problèaie le plus important, sui- 
vant moi, qui attend la solution et que le 
congrès de Vienne et celui de Constanti- 
noplc n'ont pas résolu, <>st le suivant : 
Pourquoi le choléra est-il resté pendant 
des siècles à Pétat endémique et station- 
nairc dans l'Inde, et pourquoi en est-il 
sorti, les conditions atmosphériques étant 
d'ailleurs les mênies, ainsi que les mœurs 
et les habitudes des Indiens et des pèle- 
rins? 

Question dominante, de laquelle décou- 
leront toutes les mesures prophylactiques 
qui devront être discutées et définitive- 
ment adoptées. 

Espérons que les travaux d'assainissc 
ment entrepris enfin par les Anglais dans 
l'Inde, auront bientôt pour résultat final 
de concentrer le choléra, comme il l'était 
jadis, dans ses foyers primitifs, et d'exo - 
ncrer les conlrcei éloignées de ses irrup-. 
lions si meurtrières. L'Angleterre, assez 
riche pour mener à bonne fin ces travaux, 
aura ainsi mérité la reconnaissance de 
l'humanité entière, i 

A quatre heures et demie, l'Académie 
se forme en comité secret. 

Séjance du 20 juillet. 

Présidence de M. Gosselin. * 

Choléra (Suite de la discussion). — 
M. Jules Guérin, reprenant la question au 



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ACAr)ÉMIES ET SOCIÉTÉÎS SAVANTES. 



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point où elle en était restée Tannée der- 
nière, s*attache à démontrer que M. Woil- 
fez, dans son rapport sur les épidémies de 
4875, a présenté les faits tout autrement 
qu*ils ne s'étaient- passés. Avant J^épidémie 
du Havre il y avait eu non-seulement des 
diarrhées nombreuses, mais de véritables 
choléras dans un certain nombre -de dépar- 
lements : M. Woillez n'en a pas parié ; 
voulant se conformer aux croyances régnan- 
tes sur le choléra, il a tenu à faire arriver 
par importation cette maladie dans la ville 
du Havre, et de là dans toutes les localités 
où elle a paru. 

« Je ne suivrai pas, dit M. Guérin, dans 
tous leurs détails, les diverses manifesta- 
tions du choléra autour du Havre et dans 
toutes les localités avec lesquelles cette 
ville est en rapport. Je me bornerai à dire 
que partout où il s>st montré, au complet, 
il avait été précédé par les manifestations 
ébauchées de la maladie; comme dans les 
autres parties de la zone cholérique où il 
D*a pas fait explosion ; ces ébauches conti- 
nuant à témoigner de Tinflueiice épidé- 
mique à son premier degré. 

Mais il est une contrée plus intéressante 
à examiner, au double point de vue de la 
manière dont la commission a fait pénétrer 
le choléra du Havre dans le. Calvados, et de 
rimmunité constante et exceptionnelle de 
la localité qui aurait dû être la première à 
le recevoir. » 

Arrivant au choléra de Paris, M. Jules 
Guérin reproche particulièrement à M. 
Woillez d'avoir pdssé presque complète- 
ment sous silence les faits nombreux rela- 
tés par M. Besnier dans ses rapports men- 
suels à la Société médicale des hôpitaux. 
Ces faits prouvent que le choléra a apparu 
il peu près simulianément dans la plupart 
des arrondissements et dans la plupart des 
hôpitaux. Les douze premiers cas en ont 
élé observés à l'hôpital Saint-Louis et se 
sont (Téveloppcs dans les salies. Ils n'étaient 
donc pas le résultat d'une importation. 

M. Jules Guérin conclut en ces termes : 

t De l'examen auquel je me suis livré 
du rapport de Ifi commission des épidémies 
sur le choléra de 4873, mis en présence 
des faits observés pendant cette épidémie, 
il résulte : 

1» Que, contrairement à la doctrine de 
l'importation, les différentes contrées de 
la France sont restées, pendant plusieurs 
mois, si ce n'est plus d'une année, en rap- 
port quotidien avec différentes contrées du 



nord de TEurope, occupées par le cholpra, 
sans avoir contracté la maladie. 

2° Que, d'accord avec la doctrine de la 
spontanéité, pendant le cours de 1875, un 
grand nombre de départements ont pré- 
senté, antérieurement à l'explosion de 
l'épidémie, des affections diarrhéiques 
cholériformes, tantôt chez les enfants seuls, 
tantôt chez les enfants, les adultes et les 
vieilljards, affections identiques de nature 
et ne différant qu'accessoirement et gra- 
duellement entre elles par le chiflfrè de la 
mortalité. 

3» Que, comme témoignage de l'évolu- 
tion graduée de la maladie, ces affections 
cholériformes ont été accompaj;nées dans 
beaucoup d^endroits de cas particuliers de 
choléra à différents degrés, depuis l'ébau- 
che la plus imparfaite jusqu'à sa forme la 
plus complète, et depuis l'état le plus bénin 
jusqu'à sa gravité la plus extrême. 

4° Comme continuation et conséquences 
des mêmes faits, quelques-unes de ces loca- 
lités envahies plus tard par le choléra com- 
• plet avait offert, avant l'explosion épidé- 
mique,. outre la diarrhée cholériforiiie 
généralisée, des cas de choléra confirmé, 
absolument identiques aux cas de l'épidé- 
mie, et n'ayant présenté d'autre différence 
avec ces derniers que de les avoir devancés 
et d'être restés quelque temps isolés. 

5** Que, dans aucune de ce's localités ré- 
putées centres d'invasion cholérique, il n'a 
été possible de constater un seul fait d'im- 
portation et les faits d'importation allégués 
ont toujours été précédés de cas isolés de 
choléra parfaitement caractérisés. 

6" Qucj lors de l'explosion épidémique 
dans ces localités, les premières attaques 
individuelles ont eu lieu simultanément et 
d'emblée dans plusieurs quartiers, souvent 
très éloignés les uns des autres, et que 
cette simultanéité d'attaques, à de grandes 
distances, exclut toute idée et toute possi- 
bilité d'importation ou de transmission 
infectieuse. 

7° Que bon nombre de focalités placées 
entre plusieurs centres épidémiques avec 
lesquels elles se trouvaient en rapport 
constant et quotidien, n'ont subi aucune 
atteinte de choléra confirmé. 

Ainsi ramenée à ses résultats positifs, 
l'épidéjnie de choléra de 4873 peut être 
considérée comme un cas particulier d'uu 
grand système opposé au système d'impor- 
tation ; système dans lequel les diverses épi- 
démies de choléra qui ont régné en Europe 
depuis 1830 répètent d'une manière gêné- 



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ACADÉMIES ET SOCIÉTÉS SAVANTES. 



raie et absolue les faits particuliers que 
nous venons de signaler dans celle de 
1.875, et témoignent d'une manière una- 
nime en faveur de la doctrine de la spon- 
tanéité contre la doctrine de Timportation. 

.Dans la pi*ochaine séance, si TAcadémié 
nje le permet, je passerai donc en revue les 
diverses épidémies qui ont ravagé PEurope, 
depuis et y compris celles de 1851, et 
j*espère montrer que chacune d'elles ap- 
porte son contingent à la démonstration de 
la genèse multiple et spontanée du choléra 
en Europe. » 

A quatre heures et demie, TAcadémie 
se forme en comité secret. 

Séance du 27 juillet. 
Présidence de M. Gosselin. 

M. LE SECRéTAIRE PERPÉTUEL aunOUCC qUC 

la souscription ouverte dans les bureaux de 
TAcadémie a produit la somme de 2,845 
francs. 

Plus pénétrante de lâ poitrine. — 
M. Hervibux communique une observation 
de plaie pénétrante de la poitrine, résultat 
d'une tentative de suicide, et place sous les 
yeux de l'Académie ic couteau qui a servi 
à cette tsntative. 

Le sujet de Tobservation est un homme 
jeune, marié, père de famille^ lequel, à la 
suite d'4in désastre financier qui lui avait 
fait perdre toute sa fortune, a essayé de se 
donner la mort. Cette tentative a été ac- 
complie avec un sangfroid qui dénote chez 
son auteur une résolution peu ordinaire. 
Après s'être assuré de l'endroit où battait 
la pointe du cœur, il s'est enfoncé, au- 
devant du mamelon gauche, perpendicu- 
lairement au plan de la poitrine, la lame 
d'un couteau, dont il a eu soin détourner 
le tranchant en dehors et le dos en dedans, 
espérant ainsi arriver plus sûrement à. ses 
fins. La lame pénétra à une profondeur de 
9 centimètres. Il s'en est suivi une hémor- 
rhagie extrêmement abondante^ queM. Her- 
vieux, appelé'auprèsdu blessé, est parvenu, 
non sans peine, à arrêter. Il a pratiqué 
ensuite la suture de la plaie, sur laquelle 
des compresses froides ont été appliquées. 
La réunion a eu lieu par première inten- 
tion, et le malade a guéri au bout de quel- 
ques jours^ sans avoir présenté aucune 
complication sérieuse du côté du cœur ou 
du poumon. 

• Choléra (suite de la discussion). — 
M. Jules Guérin« continuant son discours, 
passe en revue les dernières épidémies qui 



ont ravagé l'Europe, depuis et y compris 
celle de 485i ; chacune d'elles apporte, 
comme celle de 4873, son contingent à la 
démonstration de la genèse multiple et 
spontanée du choléra en Europe. L'orateur 
expose d'abord les divers systèmes d'évo- 
lution du choléra, mettant hors de cause 
la doctrine de l'épidémicité absolue, qui 
admet l'origine spontanée du choléra à 
chaque épidémie^ mais qui repousse abso- 
lument toute idée de contagion et d'exten- 
sion de la maladie par transmission indivi- 
duelle, ce en quoi seulement cette doctrine 
diffère de celle de M. Guérin. Tontes les 
autres doctrines antagonistes partant de 
cette opinion que Tliide seule offre, par la 
spécialité de son milieu et les diverses 
particularités sociales qui lui appartiennent, 
la faculté d'engendrer le choléra, et elles 
ne diffèrent entre elles que par les explica- 
tions qu'elles donnent des réapparitions de 
la maladie et de ses modes de propagation. 
L'orateur distingue à ce point de vue la 
doctrine de l'importation absolue, la doc- 
trine de la révivification des germes laissés 
par ' des épidémies précédentes^ enfin la 
doctrine de la révivification combinée avec 
le principe de l'épidémicité. Passant en- 
suite en revue les épidémies de choléra qui 
ont éclaté en Europe depuis celle de 4851 
jusqu'à celle de 4873, M. J. Guérin cher- 
che à établir par les faits que ces épidémies 
n'ont pas eu- un point de départ spécial, 
mais qu'elles se sont manifestées chaque 
fois presque simultanément sur divers 
points de l'Europe, qu'elles ont été précé- 
dées chaque fois par des constitutions mé- 
dicales propres a chacune de ces contrées, 
se révélant par divers troubles intestinaux 
et particulièrement par des diarrhées, par 
des accidents ch'olériformes, par des cas de 
choléra sporadiques, d^abord peu nombreux 
et peu intenses, puis se multipliant de plus 
en pins graves jusqu'à ce qu'enfin la ma- 
ladie prit franchement le caractère épidé- 
miqiie. 

M. .1. Guérin combat la théorie de la 
révivification des germes ; suivant lui, il 
existe entre deux épidémies déclarées un 
grand nombre de cas de choléra qui ne sont 
ni des réveils de germes endormis, ni des 
cas de choléra nostras ou sporadique, mais 
des manifestations passagères de r^ffection 
cholérique au même titre qu'il y a, peur 
toutes les maladies infectieuses : variole, 
rougeole, scarlatine, fièvre typhoïde, fièvre 
puerpérale, des cas isolés qui ne sont pas. 
pour cela d'une nature différente que les 



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VARIETES. 



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cas plus nombreux, et plus intenses de l'épi- 
démie. 

L*ëpi.démie de 1849 offre à M. Jules 
Guérin la répétition des faits observés pen- 
dant répidémie de 183:2. 

La constitution cholérique précède et 
accompagne toutes les explosions épidc- 
miques. aussi bien dans l'Inde qu'en Eu- 
rope, Pour démon Irer cette proposition, 
M. (iuérin invoque TautorHé de M. Cuning- 
bam, qui, dans son rapport officiel sur le 
choléra de 187:2 dans les possessions an- 
glaises de rindc, établit que la maladie, 
précédée partout de diarrhée, a éclaté d'une 
façon presque simultanée sur une centaine 
de points très éloignés les uns des autres, 



s'est apaisée à peu près en même temps 
dans ses divers foyers, et ne s'est pas ré- 
pandue en marchant le long des grandes 
voies de communication, mais, au contraire, 
dans des directions où il n'existe pas de 
chemin de fer, ni de grandes routes. 

Ainsi; duns l'Inde/ les disséminations 
n'altôjtent aucune influence d'infection 
personnelle. Les phases épidémiques n'y 
obéissent pas plus qu*en Europe aux ha- 
sards de la contagion. 

Enfin les explosions épidémiques, réglées 
dans leurs débuts, croissance et disparition 
parles lois de répidémiolôgie, n'y sont pas 
plus qu'en Europe contredites par des faits 
réels d'importation. 



IV. VARIÉTÉS. 



Cécité chez les fumeurs. — L'un des 
plus grands dangers attribués à Thabitude 
invé'éréc de fuiuor, surtout la pipe, c'est 
de perdre la vue. L'absorption de la nico- 
tine, principe toxique et extrêmement vé- 
néneux du tabac, qui tue conime Tacidc 
prussique en portant son action sur le sys- 
tème nerveux, serait la cause de ce redou- 
table accident. Certains fumeurs dont le 
nerf optique est sans doute spécialement 
impressionnable selon une disposition, une 
idiosyncrasie particulière, seraient ainsi 
frappés d'amaurose symétrique des deux 
yeuxv c'est-à-dire de la diminution gra- 
duelle, puis de la perte absolue de la vision, 
par la paralysie ou la dégénérescence de la 
rétine. 

Un célèbre oculiste anglais, M. Jona- 
than Hutchinson, en continuant ses recher- 
ches à cet égard, met ce triste fait en évi- 
dence. En 1864, il publiait ainsi un tableau 
de iO amauroh'ques, dont 25 étaient des 
fumeurs avérés. Un autre tableau, publié 
en 1868, en contenait 4<2, et le dernier, 
tout récent, 29. Sur ce total de 111 amau- 
rotiques, il n'y a que 12 femmes. Le sexe 
masculin est donc presque exclusivement 
la victime de cette forme de cécité, et, 
comme la plupart sont des fumeurs, il est 
naturel d'en attribuer la cause à cette dé- 
plorable habitude et d'accuser le tabac de 
ces tristes effets. 

On le nie en invoquant l'exonération du 
plus grand nombre de fumeurs et le défaut 
de signes, de caractères distinctifs de 
l'amaurose nicolinique. Mais la raison n'est 



pas péremptoire. Des sujets qui s'exposeut 
tous lo« jours à contracter la fièvre inter- 
mittente ou typhoïde, la rougeole, la co- 
queluche ou toute autre maladie, qnême 
contagieuse, un certain nombre y échap- 
pent sans que Ton pense seulement à nier 
la cause spécifique qui a agi sur les autres. 
Chacun aune réceptivité, une susceptibi- 
lité individuelle selon sa vitalité, son tem- 
pérament, aussi bien pour les maladies 
générales que pour celles dhin organe, 
d'un tissu pj«rticiilier. Pourquoi certains 
individus sont-ils frappés spontanément de 
cataracte, quand le plus grand nombre y 
échappent? Assurément, il y a une cause 
individuelle qui agit en dehors de l'âge, 
des professions, des climats, puisque, 
malgré l'observation alternative de ces 
causes communes, * on n'est pas encore 
parvenu à la distinguer dans tous les cas. 
Le tabac peut donc bien agir sur certains 
fumeurs prédisposés pour déterminer 
l'amaurose ou tel autre . trouble de la 
vision. 

L'un des fils et un neveu de la femme 
amaurotique figurant dans le dernier ta- 
bleau, tous deux adonnés à la pipe, furent 
ainsi frappés d'amaurose, jeunes encore, 
en raison de la prédisposition héréditaire 
qui régnait dans leur famille; Un état par- 
ticulier du système nerveux prédispose 
ces fumeurs ; mais il est difficile de les 
distinguer/et jusqu'ici deux seules parti- 
cularités indiquent cette prédisposition : 
ce sont ceux qui ont eu beaucoup de peine 
à apprendre à fumer, à s'y habituer, qui 



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88 



VARIÉTÉS. 



en ont été souvent malades, et qui souf* 
frent beaucoup du mal de mer. Cette der- 
nière observation a surtout été faite parmi 
les mateioth. 

Dans d'autres cas, tandis que Tusage 
excessif du tabac avait été san.s nociiité 
pendant la période d'activité de la vie et 
des organes, la vue commence à s'affaiblir, 
à se troubler dès que le repos commence. 
Il semble que Téiimination des principes 
toxiques, activée par le travail corporel, 
soit insuffisante par le repos prolongé. 

L'indication du remède est facile dans 
les deux cas: Dans' le premier, il faut abso- 
lument cesser aussitôt do fumer, dès que 
le trouble de la vue se manifeste ; dans le 
second, il faut reprendre ses occupations 
actives, M;ar souvent la cessation de fumer 
ne suffirait même pas. 

D'ailleurs, il n'est souvent pas sans dan- 
ger de cesser tout à coup une habitude de 
tous les instants, qui s'identifie avec la vie 
comme celle de fumer. Un navigateur de 
23 ans qui,' depuis Page de 7 ans, n'avait 
cessé d'avoir la pipe ou le cigare â la 
bouche, entre au couvent de la grande 
Chartreuse en 1 864<, pour embrasser la vie 
claustrale. Il dut donc cesser brusquement 
et radicalement son habitude favorite. 

Grâce* à quelques prises de tabac, il sup- 
porta cette pirivalion les premiers jours, 
mais bientôt il éprouva de la constipation, 
de l'embarras gastrique et des accès inter^ 
mittents épilepliformes suivis de crises 
spasmodiques. 

En augmentant, ces accidents jetèrent 
le malade ' dans une grande faiblesse. II 
était pris subitement d'immobilité avec ré- 
solution musculaire, pâleur avec pouls lent 
et petit, faiblesse des battements du cœur 
et de la respiration. C'était comme une 
syncope incomplète avec conservation de 
l'intelligence, durant une heure environ, 
malgré les frictions stimulantes au creux 
. de Testomac, et qui se répétait plusieurs 
fois par jour. 

On employa vainement le sulfate de 
quinine et l'on parlait d'un séton à la 
. nuque, lorsque M. Pascal, sachant que des 
accidents semblables s'étaient déclarés 
chez un fumeur qui avait voulu se corriger 
trop radicalebient d'une habitude invété- 
rée, vint en aide nu jeune religieux. Il lui 
donna du bon tabac et une pipe, et cela 
suffit au commencement d'une crise pour 



enrayer aussitôt les Bccidents. Ilssedissi-. 
paient au fur et à mesure qu'il aspirait la 
fumée. Avec la continuation de ce traite- 
ment, les vomissements et les crises ont 
disparu et la santé s'est rétablie. 

Les fumeurs admettront sans doute plus 
volontiers cet effet morbide du défa;it de 
fumer, que les résultats de son excès. Mais 
qu'ils y prennent garde, se laisser aller 
sans mesure à une telle habitude est tou- 
jours funeste et suivi de conséquences fâ- 
cheuses pour la santéf car elle est essen- 
tiellement antagoniste des règles de 
l'hygiène. 

(Journ, de phar m, d'Anvers.) 



Éphémérîdes médicales. 

Année I5<.>1. 

Cette année voit florir : en Fr.'jnce, 
J. Riolan, médecin et anatomiste célèbre, 
né à Amiens; en Italie, V. Aldrovandi, de 
Bologne; philosophe et médecin, auteur de 
travaux remarquables sur l'histoire natu- 
relle^ en Belgique, Juste -Lii)se^ né à Isque 
(Overysiche) près Bruxelles, philosophe, 
historien et philologue célèbre, qui attire 
à ses savantes leçons dos auditeurs de 
toutes les nations et même des têtes cou- 
ronnées. La maison qu'habita Juste- M psc 
subsiste encore dans son village natal. 



A la suite d'une disette, conséquence 
d'un hiver très-rigoureux, une épidémie 
d'ërgotisme sévit en Silésie. La fièvre 
typboîde se déclare à Trente; la peste que 
Haller mentionna filus tard comme une 
épidémie seorbutique {Collect. disputât,) 
règne à Londres. 

19 juillet 1687. 

Eugène Maniet, de Bruxelles, obtient à 
Rome W bonnet de docteur et fut plus tard 
immatriculé sans examen parmi les prati- 
ciens bruxellois. Le syndic du Collège 
médical fit remarquer,' à cette occasion, 
que d'après les édits de Charles -Quint, 
ainsi que de ceux d'Albert et d'Isabelle, 
les règlements en -vîgueoi* s'opposaieqt 
formellement à ce que des médecins gra- 
dués, à Rome, puissent venir pratiquer h 
Bruxelles sans subir d'examen. 

D' V. D. CoapUT. 



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iToumâl de Médecine de Bruxelles. 



HJÏâjiceajixc ^ édxJbexjr. 

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JOURNAL 

DE MÉDECINE 



(AOUT 1875.) 



I. MÉMOIRES ET OBSERVATIONS. 

Adénite CANCÉREUSE de nature encéphaloïde développée chez une enfant 
DE CINQ ans; par MM. E. Chakon, membre effectif de la Société, médecin- 
.adjoint au service des enfants, à l'Hôpital Saint-Pierre, et.LEDEGANCK) 
secrélaire-adjoint de la Société. 

La nommée V , Julie, âgée de cinq ans, fui présentée à la consullalion 

des enfants au commencement du mois de mai ; la jambe gauche présentait de 
Tempâlement, M. Henrirlte crut à la possibilité d'un abcès froid, et pratiqua 
à divers intervalles, dans la partie la plus saiMante du mollet, trois ponc- 
tions exploratrices qui n'amenèrent chaque fois qu'un peu de sérosité 
sanguinolente. 

L'enfant entra à rhôprtat Saint Pierre le 10 mai 1875; on s'aperçut, quelques 
jours après, que les glandes lymphatiques du pli de l'aine du côté gauche pre- 
naient un volume considérable.; la malade était faible, anémique, ne se plai- 
gnait d'aucune douleur, mais demeurait toujours comme affaissée dans son lit. 
En même temps que la masse des ganglions du pli de l'aine augmentait toujours 
de volume, ceux de la région cervicale du côté gauche s*hyperlrophiaient égale- 
ment, venaient faire saillie depuis la clavicule jusqu'au trapèze, sous le slerno- 
masloïdien et s'étendaient en dedans jusque sur Id ligne médiane de la région 
sous-hyoïdienne. 

Le traitement consista principalement en Une alimentation tonique, recon- 
stituante, en Tadministration du sirop d'iodure de fer; des frictions furent 
pratiquées sur le membre gauche et sur les ganglions engorgés avec une pom- 
. made à l'iodure de potassium; des bains salés complétèrent cette médication 
établie en vue de combattre la diathèse strumeuse dont on croyait avoir sous 
les yeux diverses manifestations caractéristiques* 

y.ers la fin de sa vie, la patiente présenta par moments des accès de suffoca- 
tion, une touxcroupale,une expiration bruyante et prolongée; ces phénomènes 
ne persistaient pas longtemps et nous les rapportions à |a compression du larynx 
par les tumeurs ganglionaires, compression. qui s'exagérait dans certaines posi- 
tions que prenait Tenfant pendant son sommeil. 

12 



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90 MÉMOIRES ET OBSERVATIONS. 

Nous redoutions toujours de voir ces phénomènes asphyxiques s'accroître, • 
devenir permanents et déterminer la mort, car les ganglions du cou prenaient 
plus de développement, malgré Tadministratlon infùs et extra des préparations 
iodées, 

La mort survint chez cette malade, après deux mois de séjour à l'hôpital , 
comme conséquence du marasme profond où Tavait. plongée son affection, et 
non comme résultat d'une asphyxie par compression dont nous Tavions vue 
souvent menacée. 

L'autopsie nous surprit beaucoup); nous nous attendions à constater l'hyper- 
trophie simple des glandes lymphatiques du cou, de l'aîne, de l'abdomen et 
des bronches, en un mot les altérations d'un état de pseudo-leucémie que l'on 
rencontre encore dans le jeune âge, lié à la dialhèse strumeuse et qui conduit 
inévitablement le malade à la mort; au lieu de cela nous avions affaire à de 
vastes foyers de matière encéphaloïde. L'altération avait pris son point de 
départ à la partie inférieure de la jambe gauche; il existait en cet endroit une 
tumeur aplatie, ovoïde, placée entre le muscle jumeau et les muscles de la 
couche profonde du membre; là dégénéresce.nce cancéreuse avait atteint primi* 
tivement, à ce niveau, un ganglion situé sur le trajet des vaisseaux lymphatiques 
qui accompagnent l'artère tibiale postérieure. Cette tumeur s'étendait depuis la 
naissance du tendon d'Achille jusqu'au niveau du bord inférieur du muscle 
poplité, avait déterminé par compression l'atrophie des fibres charnues du 
jumeau et du soléaire et offrait à la coupe un tissu mou, rougeâtre, semblable à 
du tissu cérébral eo voie de ramollissement. 

Au niveau du creux poplité,on découvrait plusieurs ganglions de la grosseur 
d'une petite noix, constitués par un tissu de même nature. On retrouvait au 
niveau du pli de l'aine une masse plus volumineuse de ganglions dégénérés (j^ui 
s'enfonçaitdans le bassin, en suivant le trajet de l'artère iliaque du côté gauche, 
se tenait à cheval sur la partie inférieure de l'aorte abdominale, et donl«)e 
volume total atteignait au moins celui de la tète d'un enfant nouveau-né; les 
masses globuleuses de tissu cancéreux suivaient ensuite le trajçt de l'aorte 
abdominale, de l'aorte thoracique, puis de. la ca^otidedu côté gauche et venaient 
envahir toute la région latéraledu cou ; chose remarquable, Taorte descendante 
demeurait perméable au milieu de ce tissu cancéreux, on pouvait la disséquer, 
fisoleretconstaterque son calibre n'avait pas diminué au contact de ces tumeurs . 
qui la couvraient et l'entouraient de- toute part. 

Nous détachâmes quelques ganglions de la masse siégeant au niveau du pli 
de l'aine pour les étudier en détail et en fairel'examen microscopique; toutefois 
on ne pouvait, nous semble t-il, se méprendre même à une simple observation 
macroscopique, sur la nature encéphaloïde de ces tumeurs : \^ si l'on pratiquait 
diverses coupes sur ces volumineuses masses ganglionnaires dégénérées, on 
voyait sourdre une pulpe mollasse, bien inférieure en consistance â la palpe 



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MÉMOIRES ET OBSERVATIONS. 9! 

cérébrale ; on découvrait des surfaces où le tissu variait de consistance, mais 
qui n'avait pas la fermeté du tissu glandulaire lymphatique simplement 
hyperplasié; 2^ ces différentes coupes présentaient les colorations les plus 
variées, ce qui était dû à ce que du sang s'était épancfié parmi la matière 
encéphaloïde; les nuances variaient du noir foncé au rouge sombre suivant que 
Tépanchement était ancien ou récent. 

Par un hasard singulier, les ganglions du pli de Taine, destinés à Texamen, 
se trouvaient précisément dans le stade d'envahissement. Un ganglion de la 
dimension d'une grosse noix nous servit à faire deux coupes, qui, à l'examen 
microscopique, ne montrèrent qu'une hyperplasie simple, tout au plus un 
infarctus leucémique, sans la moindre altération carcinomateuse» Nous allions 
nous prononcer pour une erreur de diagnostic, lorsqu'une troisième coupe • 
menée à travers le bile du ganglion, nous fit voir un petit foyer de maltère 
plutôt ca^éeuse que crémeuse, et qu'un examen rapide au microscope nous fît 
reconnaître immédiatement pour du détritus cancéreux. L'un de nous fit, 
séance tenante, plusieurs préparations qui démontraient à l'évidence l'existence 
de la tumeur carcinomateuse médvUaire et en prit les dt^ssins^ avec toute 
Texactitude possible. 

Nous reproduisons, ci'contre, une coupe du tissu simplement hyperplasie, et 
une autre, du tissu carcinomateux. 

La fig. i représente une coupe dans la partie atteinte d'hyperplasie leueé- 
mique. C'est un fragment de la zone médullaire du ganglion ; on y voit les mailles 
du réticulum glandulaire, énormément distendues par l'accumulation des leuco- 
cytes. Les trabécules du réticulum éllesmémes n'ont subi aucune hyperplasie. 
Tout semble se borner à une augmentation numérique des leucocytes, qui, par 
leur abondance ne laissent pas de rendre un peu obscure la structuredu gan- 
glion. Le lavage prolongé an pinceau finit par vider quelques mailles du réticulum 
et dès lors la structure du ganglion apparaît dans toute sa netteté. Que les 
cellules accumulées dans les mailles soient bien réellement des leucocytes, 
cela ne peut faire l'objet d'aucun doute : leur forme presque sphérique, leur 
contour finement granuleux, leurs noyaux multiples, souvent étranglés parle 
milieu, mais surtout les dimensions uniformes de toutes les cellules, tous ces 
caractères réunis suffisent pour spécifier les leucocytes. La fig. 2 les montre 
sons un grossissement plus fort, tels qu'ils apparaissent, après leur sortie des 
mailles du réticulum. Le contact de l'alcool en a légèrement altéré les contours. 

La fig. 5 représente, sous un fort grossissement, une parcelle de la matière 
caséiforme réunie en foyer, dans la partie atteinte de dégénérescence cancé- 
reuse. Cette parcelle a dû être préalablement délayée dans une goutte d'eau. 
Ce qui frappe tout d'abord dans cette préparation microscopique, c'est Texi- 
guité des éléments cellulaires eu égard au fort grossissement sous lequel ils 
sont vus ('^). On remarque en 4 les éléments agglomérés, tels qu'ils se trouvent 



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92 MÉMOIRES ET OBSERVATIONS. 

tassés Sans les mailles du stroma. En y, se trouve représenté un débris de ce 
stroma sous forme d'une trabécule isolée. 

La fi^. 5 représente les éléments 4u carcinome sous un grossissement de 
600 diiiamèlres et permet d'en saisir les caraclères dans tous leurs détails. 

La 6g. 4 est un fragment du stroma de la partie altérée. Ce stroma, comme 
on le voit^ n*a rien d'analogue avec le réticùlum du ganglion. Les trabécules qui 
le composent sont d'un volume beaucoup plus considérable, d'une texture 
cellulaire évidente, et les alvéoles qu'elles laissent entre elles sont de dimen- 
sions très-inégales, mais beaucoup plus grandes que les lacunes du ganglion 
lymphatique. Un brossage au pinceau prolongé a éloigné le plus grand nombre' 
^% des cellules, quelques alvéoles paraissent complètement vides; d'autres sont à 
moitié évacuées (*), d'autres enfin sont encore distendues par les cellules {^^)m 
Il Iftde soi que les trabécules ont eu naguère leurs vaisseaux nourriciers : mais 
le processus cancéreux les a entamés : de petites extravasations se sont pro- 
duites, et de petits dépôts d'hématine {yy) sous forme de granules bruns demi 
^ran^arents, sont les seuls vestiges des capillaires qui alimentaient la tumeur 
^dans m premier stade de son développement. 

Ëfes poumons étaient sains mais d'une coloration très pâle, presque exsangues, 
'f^ Le tissu du cœur était pâle, anémié: il en était de même du foie. La rate ne 
présentait rien d^anormal. Le rein droit plus volumineux que le gauche parais- 
^f*^ sailsain ; le gauche, d'une coloration rouge foncé offrait un état de stase san- 
guine ainsi que des dilatations des calices que par un examen superficiel, on 
aurait pris pour différents kystes développés dans la substance médullaire. 
V,, Ces lésions étaient la conséquence de la pression exercée sur cet organe par les 

ganglions cancéreux qui proéminaienl davantage du côté gauche. 

Réflexions. — Nous avons exposé brièvement ce cas et les désordres constatés 
à l'autopsie, à l'invitation de M. Henriette à qui il n'est pas arrivé jusqu'à ce 
jour d'observer de semblables altérations chez un enfant de cet âge. Lebert dans 
son traité des maladies cancéreuses, dit avoir observé le cancer primitif plus 
fréquent dans les glandes lymphatiques superficielles du corps que dans celles 
de l'abdomen et de la poitrine. L^âge a été noté chez onze malades. Il a varié 
entre 50 et 70 ans. Il ne dit pas que cette affection ait jamais été observée dans 
l'enfance. 

Si l'on veut rapprocher cette observation de celle que nous avons publiée 
naguère, à propos d'un cancer encéphaloïdedurein chez un enfant de cinq mois, 
on peut se convaincre que la diathèse cancéreuse n'est pas tellement rare dans 
le jeune âge, qu'on le pense généralement; bien que très-excèptionnels, ces cas 
ne doivent pas être totalement perdus de vue; leur possibiliié démontre qu'on 
n'est pas autorisé à exclure d'une façon absolue les affections cancéreuses du 
cadre des altérations qui peuvent atteindre là première et la seconde enfance. 
Au point d« vue du pronostic, la forme encéphaloïdc que l'on est exposé à ren- 



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MÉMOIRES ET OBSERVATIONS. 95 

contrer chez de si jeunes sujets, a pris dans les deux cas en peu de temps, un 
accroissement énorme et plongé r3pidement les d'eux malades dans un marasme 
profond. \ 

Ce qu*il y a de particulier dans cette observation, c'est le siège primitif du 
cancer : enavant du muscle jumeau, dans l'épaisseur du mollet; toute la'jambe 
présentait de Tempâtément, et^ vers la On de la vie, un peu d*œdème; on per* 
cevait en arrière et vers la partie moyenne du membre, la sensation de cette 
fausse fluctuation que Ton est si souvent exposé à prendre pour un abcès 
profond. 

« Nous avons observé, dit Leberl, un cas de cancer encéphaloïde du creux 
axillaire qui s'était développé si rapidement, et offrait une telle apparence de 
fluctuation que des chirurgiens de premier mérite croyaient avoir affaire à un 
phlegmon sdppuré. > m 

Les vaisseaux lymphatiques qui, à partir de la libiale postérieure, fccom- 
pagnent les gros vaisseaux, semblent dans ce cas avoir transmis raltératiofi can- 
céreuse, et l'avoir communiquée à toutes les glandes lymphatiques qu'ik rer^ 
contraient sur leur trajet : au creux poplilé, au pli de l'aine — en cet ^droit, 
où il existe de si nombreux ganglions, lesiumeurs étaient énormes — Ulonf 
de l'aorte, puis enGn, en suivant la carotide du côté gauche à la région cervicale, ip^ 
où la dégénérescence atteignait les ganglions du cou. 

En somme, nous avons relaté cette observation comme intéressante au*4)oint 
de vue de l'anatomie pathologique, mais on comprend combien sont illusoires 
nos faibles ressources thérapeuliques, en présence d'altérations si étendues et 
qu'on devait peu s'attendre à rencontrer chez une enfant de cinq ans. 



De la rétroversion de l'utérus pendant la grossesse, far M. le docteur 
N.* Charles, de Liége^lavrèat deV Académie de médecine de Paris^ Membre 
correspondant de la Sociétfi^ etc. (Suite. — Voir notre cahier de juillet, 
page 3). 

CHAPITRE DEUXIÈME. 

Fréquence. 

. La rétroversion de l'utérus pendant la grossesse ne semble pas très-fréquente. 
En considérant cependant les faibles moyens d'attache du corps utérin, l'aug- 
mentation de son volume^ intéressant spécialement le fond et le segment pos- 
térieur pendant la première période de la gestation, le ramollissement des 
ligaments après la conception, les travaux pénibles et fatigants auxquels se 
livrent beaucoup de femmes enceintes, on devrait s'attendre à voir souvent 
chez elles des déplacements plus ou moins sérieux se produire, surtout en 
arrière. Il ne parait pourtant pas en être ainsi et l'on est surpris d'apprendre 



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94 MÉMOIRES ET OBSERVATIONS. 

que des accoucheurs très en renom n*onl observé, pendant une pratique forl 
longue, et très-élendue, qu*un nombre forl restreint de rétroversions pendant la 
grossesse^ et cela est tellement vrai que M, Depaul a pu dire, à une séance de 
TÂcadémie de médecine en I853^que tous les accoucheurs présents en avaient 
à peine vu une demi-douzaine d'exemples. En lisant du reste tous les ouvrages 
spéciaux, ainsi que les traités d'accouchejnenls qui s'occupent de la rétrover- 
sion, on s'aperçoit qu'ils ne renferment guère de cas nouveaux et que les 
auteurs invoquent peu leur observation personnelle. Doit-on croire que la 
rétroversion pendant la grossesse est aussi rare que ces faits tendraient à le 
démontrer? Ce serait, selon moi, une grave erreur, et je suis persuadé que 
l'accident est bien plus fréquent qjie beaucoup ne se l'imaginent. Cette idée, 
qui m'était d'abord venue par induction et par des raisons plus ou moins'théo- 
riqu^ que je vais reproduire, s'appuie aujourd'hui sur des faits rapportés par 
plusieurs praticiens éminents. 

D'abord la rétroversion pendant la grossesse peut passer inaperçue. Il en a 
été ainsi pendant des siècles, puisqu'elle n'a été bien connue et bien décrite 
que depuis le siècle dernier; les symptômes du reste n'en sont pas bien carac- 
téristiques, et, sans un examen Igcai bien fait, ils peuvent être rapportés à 
d'autres affections. 

La rétention d'urine, par son importance, attire souvent seule l'attention des 
malades. La rareté des selles peut en imposer pour une constipation opiniâtre. 
Les douleurs, les contractions utérines, l'écoulement de sang, peuvent faire 
croire à un avoVtement; quelques symptômes généraux mêmes peuvent être 
mis sur le compte d'une fausse couche difficile ou d'un éM nerveux particulier. 
Dans lous ces cas, au moyen d'un traitement symptomatique convenable, la 
réduction pourra se faire spontanément, plus souvent le produit de conception 
sera expulsé, et alors tout rentrera dans l'ordre : dans ces deux hypothèses, 
l'accident primitif restera méconnu. 

On remarquera, du reste, que les fausses couches sont relativement fré" 
q4ientesà la campagne et dans les faubourgs des grandes villes ; que ces fausses 
couches reconnaissent souvent pour causes des efforts ou des fatigues exagérées; 
que les femmes qui en sont atteintes ont cependant une santé plus florissante 
que celles des classes plus élevées, où les fausses couches ne sont pas plus 
fréquentes et sont peut-être plus rares; qu'elles sont souvent atteintes de des- 
centes de matrice ou de versions, suites du peu de soin qu'elles prennent après 
leurs couches ; qu'entin elles attendent souvent forl longtemps avant d'appeler 
même une sage-femme, et que cette dernière, trop souvent ignorante, mécon- 
naîtra le déplacement, s'il existe : l'avorlement a donc lieu et termine la scène. 

Remarquons aussi que ces femmes n'iront à l'hôpital que si les accidents 
prennent des proportions importantes ; ce qui n'est pas l'ordinaire, puisque la 
fausse couche survient le plus souvent. 



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MÉMOIRES ET OBSERVATIONS. 9.^ 

De plus, certains médecins non spécialistes n'accordent pas toujours à Tavor- 
temenl l'importance qu'il comporte : s'ils touchent, et ce n'est pas toujours le 
cas, ils s'imaginent souvent qu'ils n'ont plus rien à rechercher dès qu'ils ont 
reconnu l'état du col; beaucoup enfin ne connaissent guère la rétroversion que 
de nom. 

Je vais citer différents exemples à l'appui de ces allégations, qui paraîtront 
peut-être hasardées au premier abord. 

Obs. XI. — Rétroversion à trois mois et demi de grossesse; succès du trai- 
tement de Denman; par M. le professeur Depaul (1). — Le 12 décembre 1872, 
la femme D... entre à la clinique étant enceinte de trois mois et demi environ. 
Elle avait été prise, il y avait près d'un mois, de rétention d'urine et pendant 
six jours elle n'avait pu en évacuer une seule goutte. Un médecin lui avait pres- 
crit inutilement (on le compretid sans peine) deux grands bains et du chien- 
dent avec du nitrate de potasse. Après le sixièipe jour/ elle commença à perdre 
de Turine involontairement au moindre mouvement; cependant malgré ses 
ses efforts, quand elle se mettait sur le vaso, elle ne parvenait à expulser qu'une 
très-petite quantité de liquide. Pendant ce temps le ventre avait pris un déve- 
loppement considérable qui frappa tout le monde quand elle vint à l'hôpital. 
On trouvait en effet dans l'abdonfien une tumeur qui remontait à deux travers 
de doigt environ au-dessus de l'ombilic. Cette tumeur avait la forme d'un ovoïde 
dont l'extrémité, supérieure était saillante en avant. On y percevait très-nètte- 
ment la fluctuation, et il ne fut pa$ douteux un instant qu'on n'eût affaire à 
une vessie considérableînent distendue. 

Par le toucher vaginal on trouvait le fond de la matrice renversé en arrière 
et occu|)ant toute la concavité du sacrum ; le col, qui avait les caractères d'un 
col de multipare, étail repoussé en haut et appuyait contre la face postérieure 
de la symphyse pubienne. 

Le cathétérisme Ot immédiatement drsparailre la tumeur abdominale et fut 
pratiqué plusieurs fois par jour jusqu'au 17 ; ce jour on put constater que le 
col utérin était plus facilement accessible tandis que le fond était manifeste- 
ment remonté. Le soir même la malade put vider seule sa vessie, et le lende- 
main M. Depaul constata que la matrice avait repris sa positron normale.. 

Cette femme quitta l'hôpital quelques jours après, complètement guérie. On 
sentait très-bien derrière la paroi abdominale le fond de la matrice, et Ton 
pat même percevoir les battements du cœur fœtal. 

DaDS cette observation le praticien appelé d'abord n'avait trouvé d'autre 
indication que celle des diurétiques; la cause de la rétention d'urine lui avait 
échappé; dans le cas suivant *une sage-femme et deux médecins, après un 
examen approfondi, déclarent la patiente atteinte de grossesse extra utérine. 

Obs. XII. — Rétroversion de l'utérus à quatre mois et demi de grossesse; 
redressement spontané du fond sans que le col puisse être déplacé; péritonite , 

(!) Leçons de clinique obstétricale. Paris, 1874-. — Obs 5« de M. DcpouL 



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96 MÉMOIRES ET OBSERVATIONS. 

avortement^ mort ; par M, le professeur Depaul (1). — La femme T..., âgée 
de 52 ans, mère de cinq enfants eut ses dernières règles le i5 juin 1872. La 
première partie de cette sixième grossesse se passa assez régulièrement, à part 
une certaine difficulté dans rémission de l'urine et une constipation opiniâtre. 
Dans les premiers jours d'octobre eJ!e prit unr purgatif; dès lors la mictioi> 
devint très-difficile sinon impossible; le ventre prit un développement rapide; 
la femme fut obligée de. garder le lit; une soif ardente lui faisait absorber 
plusieurs litres de tisane par jour, et à cette époque déjà elle se sentait 
constamment mouillée par un liquide qui s'écoulait des parties génitales. Une 
sage-femme et deux médecins successivement consultés diagnostiquèrent, après 
un examen approfondi^ une grossesse extra ulérine. , 

La femme T... fut alors transportée à la clinique et examinée par M. Depaul. 
Une . tumeur Volumineuse soulevait les parois abdominales et s'élevait à 
troi^ travers de doigt au-dessus de rotnbilic;.elie était fluctuante, surtout en 
haut; sa partie inférieure et moyenne était moins facilement appréciable à 
cause d*un œdème considérable de la région suspubienne; ses parois étaient 
très-minces; l'auscultation ne fit entendre aucun battement fœtal^ mais bien 
un bruit analogue au souille utérin. En comprimant cetle poche, on déterminait 
l'évacuation plus abondante du liquide qui depuis un mois baignait constamment 
les organes génitaux. Le doigt introduit dans le vagin ne pouvait alleindre le 
col mais rencontrait dans la concavité sacrée une tumeur a rrondie^ mollasse, 
profondément engagée dans Texcavation; ces rechercjies déterminaient l'écou- 
lement d'une plus grande quantité jde liquide, qu'il était facile de recon- 
naître pour de Purine. Par le catéihérisme on en retira trois litres et en même 
temps on vit la tumeur diminuer progressivement et disparaître. C'était donc 
bien la vessie qui avait soulevé les parois abdominales. De plus le déplacement 
du col utérin en avant et la présence en arrière de la tumeur décrite parlaient 
suffisamment en faveur d'une rétroversion de la matrice distendue par une 
grossesse de quatre mois et demi à cinq mois. On pouyaiX remarquer de 
plus que la paroi antérieure du vagin était tiraillée et avait entraîné le méat 
urinaire profondément derrière la symphyse pubienne. • 

L'introduction de la sonde répétée deux fois par jour améliora considérablement 
l'état de la malade; mais la rétention d'Urine persistait: les plus grands efforts 
pour uriner librement n'avaient aucun résultat, car le col utérin continuait à 
comprimer fortement le canal de Turéthre en haut. C'est pourquoi, au bout de 
six jours d'expectation,M. Dê'paul nésolut de réduire. Il fil respirer à la femme 
du chloroforme, pratiqua le caihétérisme, puis glissa les doigts de la main 
droite dans le vagin poijr repousser le fond de la matrice au-dessus du détroit 
supérieur; mais il reconnut alors, à sa grande surprise, que ce redressement 
s'était exécuté spontanément. Seulement le col utérin était resté appliqué et 
fixé contre la partie supérieure de la symphyse pubienne au point que les 
doigts ne parvinrent pas â changer sa situation. En déprimant la paroi abdo- 
minale, on sentait profondément le fond de l'utérus qui s'élevait au dessus du 
détroit supérieur. 

(1) Leçons de clinique obstétricale. Paris, 1874. — Obs. 4^ de M. Depaul. 



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MÉMOIRES ET OBSERVATIONS. 97 

Pour éviter les sondages, une sonde de gomme élastique fut placée à demeure, 
mais la nuit suivante, la femme eut de3 frissons, de la fièvre, des douleurs 
abdominales et la sonde dut être retirée le lendemain. Des vomissement sur- 
vinrent, Tabdomen se ballonna et 48 heures après J'intervenlion^ le col fut 
trouvé en place, niais eulr'ouvert et effacé. Le lendemain >les symptômes 
périlonitiques s'accrurent; Tavortement se. termina et deux jouVs après, la 
maladie ayant suivi une marche ascendante, la femme succomba. 

A l'autopsie, un litre de pus dans la cavité périlonéalç ; l'utérus, qui avait 
été trouvé réduit avant Tavortement, était de nouveau en rétroversion. Le fond 
de la matrice était placé sous l'angle sacrovertébral^ qui présentait une crête 
assez prononcée; la courbure sacrée parut exagérée. Parois vésicales très- 
épaisses; réservoir quadruplé d'étendue; col de la vessie rouge^ légèrement 
œdématié; parenchyme utérin normal. 

Voici une observation très-remarquable de M. Hubert, dans laquelle un 
médecin et un chirurgien-accoucheur très-occupés ont méconnu longtemps le 
déplacement de Tulérus. 

Ces Xni. — Rétroversion à trois mois et demi de grossesse, longtemps 
méconnue; distension considérable de la vessie; moUessd extraordinaire de 
l'utérus déplacé, vaines tentatives de réduction ; succès d'un nouveau procédé bi- 
polaire; continuation de la grossesse; menaces d'une nouvelle rétroversion dans 
la grossesse suivante; par M, le professeur L. J. Hubert, de £oui7ai/<(l). — La 
femme J..., de Basse-Wavre, mère de cinq enfants, grande et bien propor- 
tionnée, eut ses dernières règles du 20 au !25 mai 1870. Vers deux mois et 
demi à trois mois, elle perdit un peu de sang et vers la fin d'août, des maux de 
reins, de la constipation, des difficultés pour uriner, auxquelles succéda une 
iocoatinence d'urine, la forcèrent de consulter un médecin. Celui-ci réclama 
l'assistance d'un chirurgien .qui depuis plus de 40 ans fait presque tous les 
accouchements à deux lieues â la ronde. Leur traitement puremeiit médical 
n'empêcha pas les accidents d'aller en augmentant, et l'on s'adressa à un 
jeune praticien, qui reconnut la nature du mal et, malgré la distance (trois 
lieues et demie) et la difficulté du déplacement, crut devoir m'envoyer la 
. malade. Elle m'arriva le 5 octobre et eut beaucoup de peine à descendre de 
la voiture qui l'amenait du chemin de fer chez moi. Elle répandait une odeur 
d'urine et sa chemise était toute mouillée. 

A l'examen du ventre je trouvai une tumeur qui s'élevait à deux travers 
de doigt au-dessus du nombril. Elle était manifestement fluctuante et trop 
molie pour être constituée par un utérus gravide ou par un kyste ovâ- 
rique. Je soupçonnai à Tinstant qu'elle était formée par la vessie et que 
l'incontinence d'urine n'avait lieu que par trop plein. Je commençai donc 
par introduire une sonde et j'amenai deux pots de nuit de liquide. Il en 
résulta un soulagement considérable et immédiat. Restait à constater l'ort^gro 
malorum, 

L'hypogaslre vidé, me permit de palper, assez profondément en arrière, et 

(i) Obs. 6« de M. Hubert. 

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«8 MÉMOIRES ET OBSERVATIONS. 

dépassant un peu le niveau du détroit supérieur, une tumeur assez ferme et un 
peu moins régulièrement arrondie que Tuléfus gravide. (Peut-être Torgane un 
peu tordu sur son axe, offrait-il son bord et, avec lui, Tun des ligamenfs 
ronds ramenés en avant.) 

Au toucher, je trouvai le col de la matrice tout-à fait en avant et au niveau 
de la partie la plus élevée de la symphyse pubienne contre laquelle il se trou- 
vail comprimé et infléchi. Dans le bassin elle remplissant tout-à-fait d'avant en 
arrière^ mais descendant un peu moins basque d'ordinaire dans une rétrover- 
sion portée â ce point, se trouvait une tumeur tellement molle qu'on eut dit 
une poche de caoutchouc remplie de liquide et se laissant déprimer plutôt que 
déplacer sous la pression des doigts. Celle souplesse me Gt penser au cas que 
j'avait rencontré avec M. G... (V. infra obs. 1'" de M. Hubert), mais elle était 
plus grande encore dans celui-ci et contrastait singulièrement avec la fehnelé 
de la paroi utérine antérieure devenue supérieure. 

D'après ce que je viens de dire, l'enclavement existait ici plus haut que d'or- 
dinaire, presque au niveau du promontoire ou du moins de la première pièce 
du sacrum. 

Je ne tentai pas une réduction qui paraissait devoir être difficile et qui eut 
réclamé des soins consécutifs qui ne pouvaient être donnés chez moi. J'écrivis 
au médecin d'y procéder sans retard, ajoutant que s'il ne réussissait pas, je me 
tenais à sa disposition. Je l'engageais à veiller entretemps aux fonctions de la 
vessie et du rectum. Les tentative n'ayant pas abouti, je fus appelé le 9 octobre. 

A mon arrivéç, je trouvai la femme J... levée et beaucoup moins souffrante 
que lors de sa visite chez moi. Dans certaines positions elle perdait encore des 
urines, mais dans d'autres elle la retenait et comme elle paraissait en émettre 
suffisamment, on ne l'avait plus sondée depuis deux jours. Cependant la vessie 
se trouvait aussi distendue qu'à mon premier examen, et le cathétérisme n'amena 
pas moins de liquide. L'exploration hypogastriqoe et vaginale me fournit exac- 
tement tous les renseignements indiqués plus haut. 

La femme étant placée sur son flanc droit tout au bord de son lit, les cuisses 
fléchies, la gauche soulevée et soutenue par un aide, mon jeune confrère intro- 
duisit quatre doigts de la main droite et chercha à refouler le fond de la ma- 
trice. Il parvint à Tébranier un peu mais non à lui faire franchir l'obstacle, et 
craignant de dépasser la limite de la prudence^ il me pria de le remplacer. Je 
n'obtins d'abord guère plus de résultai, car la tumeur se laissait déprimer sous 
l'effort plutôt que déplacer en masse. J'étais même sur le point de borner là 
cette tentative, quand l'idée me -vint d'enfoncer les doigts de la main gauche 
au-dessus du pubis, et de presser fortement sUr le segment inférieur de la 
matrice en même temps que de l'autre main j'agissais en sens opposé sur son 
fond. Je sentis bientôt la résistance cesser des deux côtés, et dès lors le col se 
trouva reporté en arrière contre mes doigts, tandis que le fond venait former 
à l'hypogastre une saillie nianifesle et grosse comme les deux poings. Dès lors 
aussi toute douleur et tout malaise avaient cessé. 

La force que j'avais dû déployer aurait suffi chez certaines femmes pour déter- 
miner l'avorlement, mais il est des matrices qui résistent à tout, qui ne lâchent 
rien qu'à leur heure. Après un jour de repos, la femme J...,si nécessaire à son 



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MÉMOIRES ET OBSERVATIONS. 99 

* 

ménage, regril ses occupations el ne cessa d'y vaquer jusqu'à son accouche- 
ment qui eut lieu le 2o février 1871. Or, du 9 octobre au 25 février il y a 
quatre mois et demi; la grossesse était donc très-exactement à mi-terme, 
quand j*opérai la réduction dont je viens de parler. En m'annonçant l'heureuse 
délivrance de sa femme, M'J... ajoute : Penfant qui nous est 7iéest un garçon 
fort robuste et bien bâti. 

Presque deux ans plus tard, le 5 février 1873, M™« J... accouchait de nou- 
veau; cette foisd'une fille. En me faisant part de révénement, le mari m'appre- 
nait qu'à trois mois de cette dernière grossesse, sa femme avait de nouveau 
éprouvé des troubles dans l'émission des urines, et que s'il ne lavait pas 
sondée pendant quelques jours elle aurait pu avoir besoin de moi comme en 
1871. C'est là une pensée qu'on lui a probablement suggérée, mais qui est en 
tout cas fort juste, car la rétention d'urine, effet d'un premier degré de dépla- 
cement, peut faire passer celui-ci au second degré. 

Dans une autre observation que nous verrons plus loin, et que je dois au 
même éminent praticien, un accoucheur très-occupé et ayant au moins 25 ans 
de pratique, malgré les symptômes rationnels les plus évidents, méconnut le 
déplacement de l'utérus et prix la tumeur formée par le fond de cet organe 
pour une accumulation de niatières fécales. 

Dans- l'observation suivante, comme dans l'obs. VI, un médecin prescrivit 
des boissons diurétiques. 

Obs. XïV. — LaUrorétroversion à trois mois et demi de grossesse, guéri- 
son; par Martin, jeune^ de Lyon (1). — ; La femme P..., enceinte de trois mois 
et demi, en se baissajit pour ramasser quelque chose, éprouva dans le bassin 
une douleur suivie d'un besoin d'uriner qu'elle ne put satisfaire. Elle consulta 
Martin, le 9 décembre 1808, et, depuis un accident qui datait de plusieurs 
jours, elle ne rendait que quelques gouttes d'urine par regorgement et n*allait 
pas à la selle; le ventre était fort douloureux, et la vessie formait une tumeur 
molle et fluctuante qui s'élevait jusqu'au-dessus de l'ombilic. Les boissons 
diurétiques et mucilagineuses ordonnées par un autre médecin ne faisaient 
qu'aifgmenter ses douleurs et accroître le volume du ventre. 

La tumeur qui occupait la partie supérieure du vagin était plus volumineuse 
en arrière; le col dévié un peu à gauche était difficilement accessible derrière 
le pubis. 

La sonde de femme retira quatre pintes d'urine; la réduction fut facilement 
exécutée avec deux doigts introduits dans le vagin. Des fomentations froides 
sur le ventre rendirent à la vessie son ressort et, après dix jours de repos au 
lit, la femme se leva. Ltaccouchenient eut lieu cinq mois et demi après. 

Une autre patiente, traitée par le même praticien, était demeurée soumise 
pendant vingt-huit jours aux mêmes prescriptions banales. 

.Obs. XV. — Latérorétroversion à trois mois de grossesse, reconnue seule- 
ment après un mois ; évacuation incomplète de l'urine, insuccès du procédé 

(i) Loc, cit», obs. 8". 



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100 MÉMOIRES ET OBSERVATIONS. 

dé Grégoire; réduction difficile au moyen de la main entière introduite dans 
le vagin; récidive^ réduction facile après avoir vidé complètement la vessiey 
guérison; par Martin, jeune, de Lyon (1). — La femme A..., âgée de 32 ans, 
pluripare, bien portante, enceinte de trois mois, se livrait aux travaux de son 
ménage, lorsqu'elle éprouva tout à coup un besoin pressant d'uriner qu'elle ne 
put satisfaire; dès lors le.ventre grossit, l'urine couln goutte à goutte et les selles 
furent supprimées. Les diurétiques et apéritifs que lui cotiseillèreut aussi bien 
des gens de Part que des commères et des charlatans ne ûrent qu'empirer 
son mal. 

Vingt-huit jours après, le 5 mai 1800, Martin fut consulté. La vessie remon- 
tait jusqu'au-dessus de TomblHc et les urines ne s'évacuaient que par regorge- 
ment. Une sonde de femme ne retira qu'une pinte d'urine; deux doigts intro- 
duits dans le vagin reconnurent le fond de Tutérus en arrière et ne purent 
atteindre que la lèvre postérieure, devenue inférieure, du col qui était placé 
très-haut derrière le pubis et un peu à droite. 

Deux doigts portés alternativement dans le vagin et dans le rectum ne 
purent soulever, le fond de l'utérus. Gomme le vagin était très-large, Martin y 
introduisit la main entière et alors, agissant avec plus de force, il parvint par 
degré à remettre l'organe en place; le col de l'utérus fut retrouvé dans l'axe du 
vagin et un peu en arrière. La sonde de nouveau introduite fît couler au moins 
cinq pintes d'urine à l'aide de pressions exercées sur le ventre, car la vessie 
avait perdu sa contractilité. Quelques fomentations avec l'oxycrat froid lui ren- 
dirent du reste rapidement soq ressort. 

Mais quinze jours après, le repos n'ayant pas été gardé, il survint une nou- 
velle rétroversion^ que Martin réduisit facilement, après avoir vidé complète- 
ment la vessie avec une sonde d'homme. 

Daps l'observation suivante le médecin ordinaire de la malade méconnait 
pendant vingt jours la cause des accidents et il faut qu'un consultant vienne 
la découvrir. 

Obs. XVI. — Rétroversion au quatrième mois de la grossesse, méconnue 
pendant vingt jours; distension énorme àe la vessie; vaines tentatives de 
réduction avant de vider complètement ce réservoir; emploi du poing pour 
réduire, guérison; \)fkr Gébard (â). — Une femme de 3(} ans, de (aille 
moyenne, de bonne constitution, ayant déjà eu sept accouchements faciles, 
éprouve au' quatrième mois de sa huitième grossesse des douleurs plus ou 
moins fixes à Thypogastre, dans le bassin, vers les lombes^ le sacrum et le 
trajet du nerf sciatique droit; pui?, difficull(^ pour uriner, aller à la selle, 
rester de bout ; enfin- anxiété, fréquence du pouls, inappétence^ insomnie. Les 
symptômes, dont la cause reste Ignorée, s'aggravent pendant vingt jours. 
Gérard, appelé en consultation, trouve l'abdomen distendu comme à huit mois 
de grossesse, mat à la percussion; parties génitales, hypogastre, cuisses infil- 
trées; un peu d'urine s'écoule dans certaines positions, mais depuis trois jours 

(1) Loc. cit. y ohs. 9». 

(2) Annales de chirurgie^ t. V, 1842. 



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MÉMOIRES ET OBSERVATIONS. lOi 

la femme n'urine plus et ne va plus à la selle; beaucoup d'anxiété, d'agitation ; 
nausées sans vomissements. La muqueuse vaginale refoulée forme une tumeur 
grosse comme un œuf de poule à la partie postérieure et inférieure du vagin. 
Au toucher, Gérard constate que l'excavation est occupée par un corps mou, 
élastique, compressible, où Ton sent distinctement les mouvements du fœtus; 
c*est le fond utérin .qui semble menacer de s'échapper par la vulve, le périnée 
ou Tanus. La lèvre actuellement inférieure du col est difficile à atteindre à la 
partie supérieure, interne et médiane du pubis. Le méat urinaire, caché der* 
rière le bord inférieur du pubis, où il est comprimé par Tutérus, se découvre 
difficilement. La sonde donne issue à quatre litres d*urine ammoniacale; 
quelcfues heures après à deux autres litres, et le lendemain, à six, mais par 
des pressions abdominales aidant le cathétérisme, car plusieurs fois Turine 
cessé de couler, soit à cause de la quantité de ce liquide contenue dans les 
uretères, soit par suite de la compression de la vessie dans certains points par 
Tutérusou par Tintestin. Dès lors, la réduction, essayée plusieurs fois, réussit: 
la femme est placée sur jes genoux et les coudes, Gérard introduit la main dans 
le vagin et repousse avec le poing, et en peu d'instants, Tutérus dans sa 
position normale. 

Les Archives générales de médecine ont publié en 1851 un cas où la femme 
et un officier de santé attendaient depuis dix-sept jours un avortement, qu'un 
habile praticien évita en reconoAissant la rétroversion et en y portant nemède; 
' en voici les points principaux. 

Obs. XVII. — Rétroversion à quatre mois de grossesse, méconnue pendjant 
dix^sept jours ; sortie de Turine en déplaçant la matrice \ réduction par le 
rectum; guérison; par Rolland. — Une femme de 29 ans, à quatre mois de sa 
troisième grossesse éprouvait quelque difficulté d'uriner; un jour, à son réveil, 
elle $e plaint de coliques violentes, d'une pesanteur douloureuse vers l'épigastrc 
et d'un besoin pressant d'uriner qu'elle ne peut satisfaire. Cette rétention 
d'urine continue sept jours avec fièvre, augmentation du volume du ventre et 
apparition à la vulve d'une tumeur grosse comme la lélc d'un enfant. Les 
grandes lèvres, s'œdématient, le périnée est repoussé en dehors. La femme et 
un officier de santé croient à un avortement. Cet étal se prolonge dix-sept 
jours;. M. Rolland, alors appelé, reconnaît la (jimeur formée par la vessie à 
l'hyppgastre et la rétroversion utérine. 

Les essais de réduction tentés dans la position horizontale ne réussissent qu'à 
faire sortir un peu d'urine; la femme est alors placée sur les genoux et les 
coudes ; Rolland introduit deux doigts de la main gauche dans le rectum, soutient 
avec la main droite, placée au devant de la vuke, la tumeur qu'occupe cette 
partie et essaie la réduction. L'urine sort à flots par un jet de la grosseur du • 
petit doigt, et qui continue sept à huit minutes, et Rolland parvient à réduire 
l'utérus. La sond£ retire* encore cinq demi-setiers d'une urine sanguinolente. 
Le séjour au lit, des applications et injections astringentes permettent, dès le 
vingtième jour, à la femme de rendre et de retenir l'urine à volonté. La gros- 
sesse continue heureusement son cours. 



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102 MÉMOIRES ET OBSERVATIONS. 

Le cas suivant nous montre un praticien croyant à une affection nerveuse. 

Obs. XVIII. ^ Bétroversion prise pour une affectiotmerveuse ; col dilaté; 
saillie du promontoire; réduction au moyen de deux doigts introduits dans le 
rectum ; guéfison ; par M. GodëfroYj, professeur d'accouchements à Rennes (1). 
— M"»« G..., primipare au quatrième mois de .sa grossesse, ressentait depuis 
quelques jours des coliques et des difficultés pour uriner, lorsque le 25 février 
1846, il lui fut tout à fait impossible d'y parvenir. Un médecin crut à une 
affection nerveuse. 

M. Godefroy, appelé deux jouré après, trouva la malade sur son lit, roulée 
sur elle-même, le pouls petit, le ventre sensible, la peau chaude, la langue 
sèche; à peine la touchait-on qu'elle jetait des cris. M. Godefroy constata la 
rétroversion de l'utérus, dont le col était assez dilaté pour permettre l'intro- 
duction d'un doigt. La sonde évacua deux litres d'urine. 

La femme fut, dans ce cas, placée à genoux et la poitrine appuyée sur le lit, 
pour élever aussi le siège. Deux doigts furent introduits immédiatement dans 
le rectum et, après quelques minutes d'efforts, refoulèrent l'organe. 

Pendant cette manœuvre, M. Godefroy pu constater une éhorme faillie de 
l'angle sacro-vertébral et une concavité exagérée du sacrum. 

Soins consécutifs ordinaires; le lendemain douze sangsues sur le ventre, qui 
est un peu sensible, cataplasme émollient, bain entier tiède. Le col se referme 
et trois jours après tout rentre dans l'ordre. 

Dans une autre observation, rapportée par le même habile accoucheur, un . 
médecin sonde et méconnaît le déplacement; un autre ordonne du nitrate de 
'potasse. La voici également résumée. 

Obs. XIX. — Rétroversion chez une primipare enceinte de quatre mois^ 
méconnue par deux médecins; réduction par le procédé particulier à t auteur ; 
guérison ; par M, Godbfroy, de Rennes (2). — M"« B..., 2î2 ans, primipare, 
enceinte de quatre mois, se livrant aux r^des travaux des champs, fut pVise, 
le 16 avril 1859, après un effort, de difficultés pour uriner et aller à la selle. 
Quatre jours après, la rétention d'urine est complète; un médecin est 
appelé, sonde, méconnaît le déplacement et prescrit des remèdes insigniûants; 
un autre ordonne du nitrate de potasse. 

Enflq le 2 mai le mari, croyant à un avortement, appelle M». Godefroy; 
celui ci trouve la malade à genoux sur son lit, se livrant incessamment à des 
efforts d'expulsion qui amènent une très petite quantité d'urine. Depuis huit 
jours la malade n'a plus uriné dans son vase de nuit ; la vessie remonte jusqu'à 
l'ombilic, la vulve est tuméfiée, la muqueuse violacée ; le méat urinaire retiré 
profondément au-dessous du pubis. La face est vultueuse et exprime l'anxiété 
la plus vive, cette femme se croyant sur le point de mourir. 

Le corps de l'utérus remplit toute l'excavation ; le fond appuie fortement sur 
le coccyx et le col correspond à la partie supérieure du pubis; c'est à peine si 
on peut légèrement en atteindre la lèvre postérieure. 

(4) Thèse de M. Godefroy fils. Obs. 4" de BJ. Godefroy. 
(2) Mémoire. Obs. 5« de M. Godefroy. 



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MÉMOIRES ET OBSERVATIONS. 103 

Le'cathétérisme donne issue à six litres d'urine et la femme est soulagée 
aassitôt au point de se croire guérie. Après quelques instants de repos, 
M. Godefroy fit placer la malade sur le bord de son lit, la tète et les mains 
appuyées sur le sol, les cuisses et les jambes reposant seules sur le lit. Après 
quinze minutes de celte position pour donner aux intestins le temps de se 
masser au diaphragme^ l'opérateur se plaça sur le bord du lit, à la gauche de la 
patiente et iniroduisit dans le rectum quatre doigts graissés de la main droite; 
pressant alors avec la pulpe des doigts sur le fond de Tulérus, il lui fit progres- 
sivement parcourir toute la face antérieure du sacrum; arrivé à l'angle sacro- 
▼eriébral, il y eut un petit temps d'arrêt dans le mouvement ascensionnel du, 
viscère, mais, en employant un peu plus de force, cet obstacle, le seul véritable 
dans cette position de la malade, fut promplement franchi. La manœuvre dura 
cinq minutes environ ; le col était bien au centre du bassin. 

Après trois jours de soins ordinaires la femme reprit ses occupations ; elle 
accoucha au terme normal de la grossesse. 

(La suite au prochain numéro.) 



Etcde clinique et expérimentake sur l'étranglement herniaire et en par- 
ticulier SUR c'action des gaz dans la production de cet accident ; par le 
docteur Motte, de Dînant (Belgique), -- Mémoire auquel la Société de Chi' 
rurgie de Paris a accordé une récompense de 300 fr, au concours du prix 
Laborie (1875). (Suite. — Voir notre cahier de juillet, pageH.) 

IIÎ.* 
Inflttenoe des mouvements respiratoires. 

Pendant l'inspiration, Panse peut^se développer et se distendre par. les 
gaz (exp. i et 4); il s'opère là un commencement d'étranglement par l'appli- 
cation plus exacte de l'intesiin contre les bords de l'ouverture artiûeielle. En 
ce cas, ni les cris ni les efforts ne peuvent être invoqués, car l'animal n'oppo- 
sait pas la moindre résistance. 

Une autre fois, ce n'est plus l'intestin qui est en jeu, mais bien Tépiploon, 
qui fait saillie. 

Dans les autres expériences où ce phénomène a été cherché, il a fait complé- 
ment défaiit (exp. 3, 5, 7, 16; 17). 

Chez deux jeunes enfants, la sortie et l'épanouissement d'une anse intesti- 
nale, pendant la seule inspiration, ont eu lieu sous nos. yeux. 

La rareté du fait, la propulsion de J'épiploon dans un cas, nous permettent 
de supposer que les gaz ont ici peu d'action par eux-mêmes. Mais ce qu'il faut 
noter c'est l'influence des contractions isolées du diaphragme dans la produc- 
tion des hernies signalées dans les trois expériences précédentes. Ce résultat 
pourra peut-être nous donner la clef de certaines particularités pathologiques 
mal expliquées jusqu'aujourd'hui. On sait en effet qu'il arrive, assez fréquem- 



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104 MÉMOIRES ET OBSERVATIONS. 

ment, que des étraDgIements herniaires surviennent, sans cause appré- 
ciable {c'esl Texpression presque toujours adoptée dans la rédaction des obser- 
vations). On est naturellement tenté d*objecter que IVffort qui a causé Vaccident 
a agi à Tinsu du malade, pendant son sommeil, par exemple; mais il y a des 
étranglements qui arrivent pendant la veille, et dans un calme parfait, au dire 
des patients, qui sont souvent très-affirmatifs à cet égard. Il faut bien s*en 
référer à leurs déclarations, sous peine d*enlever à la pratique médicale une 
de ses principales assises, Tinlerrogatoire des malades. En effet, si le côté 
objectif joue un rôle important pour dresser le tableau symptomatologique des 
divers cas morbides et par suite pour arriver à un traitement rationnel et effi- 
cace, il n'est pas douteux, non plus, que les impressions éprouvées par celui 
qui souffre ne contribuent à donner au diagnostic la précision que Ton doit 
toujours avoir en vue. Nous avons eu, pour notre compte, plus d'une fois, 
à enregistrer des faits de cette nature, et nous ne doutons nullement que le 
diaphragme n*ait joué un rôle prépondérant, en pareil cas. Dans quelques 
conditions particulières, une puissante inspiration pousse la hernie au dehors 
ou en augmente le volume; le mouvement commencé s'accentue davantage par 
\b répétition de la cau.se; les vaisseaux s'engorgent et Tétranglement sVffec- 
tue. (Y. comme complément, à la un du travail, ce qui est dit relativement à 
l'influence des variations atmosphériques. V. aussi notre mémoire sur l'action 
des muscles dans rétranglement,^a^/. de l'Académie. 1874, 5« série, t. VIII. * 
n«C.). 

iV. 

Torsion de Tanse au moment de sa sortie ou par Tinjeetion des gax let des liquides. 

Pigfay et Scarpa avaient déjà attribué une certaine influence à la torsion 
qui se produit parfois au niveau du pédicule de l'anse herniée. Il est incon- * 
testable que celte torsion Bst possible et qu'elle a été notée ou à l'autopsie 
de sujets morts d'étranglement, ou pendant l'opération nécessitée par cet acci- 
dent ; nous même avons eu l'occasion de nous assurer personnellement de la 
réalité de ce genre de disposition pathologique. Mais ce n'est pas précisément 
de la torsion en elle-même qu'il s'agit ici, mais bien de l'action du courant 
gazeux intestinal pour sa production. 

Voyons ce que nos expériences nous ont appris à cet égard. 

Nos recherches ont porté sur douze d'entre elles. 

Dans la septième, l'anneau n'a que la largeur nécessaire pour admettre 
l'extrémité de l'index. Une anse très-dilatée se précipite à travers cette ouver- 
ture ; mais aucune torsion ne se produit, que la hernie se développe d'ailleurs 
par les cris et les efforts de l'aniitial, ou qu'elle soit le résultat de la compres- 
sion artiGcielJe exercée sur l'abdomen. Ce n'est pas une fois que cet effet néga- 
tif a lieu, mais ou l'obtient à cinq ou six reprises différentes. 

Dans la huitième, l'expérience est faite sur une anse choisie, distendue par 



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MÉMOIRES ET OBSERVATIONS. 105 

des gaz et ramenée au niveau de l'anneau comme une pointe de hernie. L'an- 
neau mesure deux centimètres et demi de longueur, sur un centimètre de 
largeur (de même que dans ces expériences, un anneau parfaitement circulaire 
doit rarement se présenter, malgré des conditions différentes). Sous l'influence 
de pressions énergiques, l'anse s'échappe brusquement. Plusieurs fois la tor- 
sion se produit; l'un des bouts de l'anse était situé à gauche, l'autre à droite. 
La sortie subite du viscère porte celui-ci en haut, l'autre en bas. D'autres fois 
pourtant et en nombre à peu près égal, rien de pareil ne se produit et les deux 
bouts conservent leurs rapports antérieurs. 

Dans la neuvième, une anse dilatée est poussée au dehors par les cris et les 
efforts. L'anneau a deux centimètres dans son plus grand diamètre; malgré 
eette étroitesse, le pédicule y joue facilement. La' torsion est nulle. Par la 
compression des parois abdominales, agissant sur une anse dilatée laissée à 
Tanneau comme dans l'expérience précédente, il s'opère une légère déviation 
dans les axes des bouts, mais sans torsion véritable, quoique le doigt se soit 
interposé pour rétrécir l'orifice dont la largeur relative pouvait mettre obstacle 
à la production de la torsion. 

Dixième expérience. — J'expérimente, de nouveau^ sur une anse distendue, 
maintenue en arrière de l'anneau^ dont le diamètre longitudinal ne mesure que 
deux centimètres. La compression de Tabdomen a plus d'une fois déterminé 
une torsion réelle, surtout au niveau de l'anse elle-même, à cause de la plus 
grande liberté dont elle jouit relativement au. pédicule ou l'effet est moins 
tranché. 

Onzième expérience, — Mêmes conditions que dans la dixième. Anneau de 
deux centimètres et demi. Ici, nulle torsion quelle que soit du reste la position 
respective que je donne aux deux bouts de l'anse. Parfois même, ils offraient 
eette particularité qu'ils étaient plus ou moins contournés dans l'abdomen^ et 
malgré celte circonstance favorable la torsion ne s'exagérait pas. 

Dans la treizième, résultats analogues et répétés. Deux centimètres e( demi 
à l'anneau. Aucune torsion malgré le rétrécissement* de l'oriOce par le doigt. 

Dans la quatorzième, anneau de deux centimètres. Torsion nulle, sous l'in- 
fluence de la compression et des efforts. Même insuccès sous l'anneau du 
constricteur. 

Quinzième expérience, — Une anse vide est emprisonnée entre les lames 
du constricteur, maintenues au n^ 7. Le bec d'une poire en caoutchouc est 
introduit dans l'un des bouts restés libres en dessous de l'instrument. A plusieurs 
reprises, l'insufflation produit la dilatation de Panse, mais la torsion fait 
chaque fois défaut, alors même que je donne à cette ouverture fort étroite un 
plus grand diamètre. Chose réellement remarquable, il est arrivé que la torsion 
a favorisé la marche du courant, loin de l'enrayer. 

Dans la dix-septième, l'anneau reçoit Textrémité de l'index ; une anse est 

14 



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lOf, MÉMOIRES ET OBSERVATIONS. 

chassée à travers Torifice sous l'impulsion des efforts de l'animal; elle est légè- 
rement bombée, mais n*est nullement tordue. 

Vingt-quatrième expérience. — Les deux anneaux n'admettent que Textré* 
mité du doigt. Les efforts font franchir les ouvertures de chaque côté à des anses 
vides^ accompagnées de Fépiploon. Ces anses se gonflent aussitôt et paraissent 
contenir des gaz^ sans présenter toutefois un degré de tension bien marquée. 
La torsion n'a lieu ni à droite ni à gauche. 

. Vingt-septième expérience. — Anse intestinale amenée à travers un anneau 
fort étroit (un demi*centimètre) ; insufflation de dedans en dehors de l'abdomen 
par une ouverture pratiquée à l'un des bouts, mis à découvert par une autre 
incision des parois. Torsion nulle. 

Enfin dans la vingt-huiliéme expérience, mêmes manœuvres que dansia vingt- 
septième. L'anse était contournée sur elle-même. Ouverture au bout inférieur 
(correspondant au bout supérieur de l'nnse) ; l'insufflation douce ou brusqué 
produit une torsion manifeste. Pour obtenir ce résultat, il faut fixer le bout 
ouvert; en négligeant cette précaution, l'anse se déploie aux dépens de ce bout 
et s'entortille irrégulièrement sur elle même. En insufflant par le bout opposé 
en rapport avec le bout inférieur de l'anse^ nous n'obtenons, par contre aucune 
torsion. 

Je répète la même manœuvre sur une autre anse attirée à travers une ouver- 
ture pratiquée dans le voisinage de la précédente. J'opère sur les deux bouts 
successivement. La distension et la torsion se produisent parfaitement comme 
au début de l'expérience. 

La torsion produite sous l'influence du courant gazeux intestinal a été consi- 
dérée par M. De Roubaix, professeur à l'Université de Bruxelles, conime la cause 
réelle de l'étranglement (1). O'Beirne n'avait vu que l'ampliation de l'anse par 
les gaz; M. De Roubaix y ajoute un nouvel élément. Il a répété l'expérience du 
médecin irlandais avec le carton troué, et après plusieurs tentatives qui lais- 
saient circuler l'air à travers le pédicule lié, il est arrivé non-seulement à 
dilater l'anse, mais encore à la tordre. Il conclut des résultats obtenus que le 
mécanisme de l'étranglement repose sur ce mouvement de torsion qui permet 
au viscère de subir une énorme distension, et par suite de s'appliquer intimement 
contre les bords de l'anneau. 

Remarquons tout d'abord que M. De Roubaix est arrivé à des données qui se 
détruisent mutuellement, si l'on met en présence le début et la fin de Texpé- 
rience. Ces résultats contradictoires ne nous étonnent pas et peuvent figurer à 
côté de ceux que nous avons plus d'une fois obtenus sur la même anse et dans 
la même séance. 

Nous croyons que pour jeter les bases d'une doctrine médicale, il faudrait 

(1) Bulletin de l'Académie royale de médedne de Belgique, année 1869. Troisième 
série, t. m, n' 3. 



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MEMOIRES ET OBSERVATIONS. 107 

réunir un très-grand nombre de faits puisés soit dans Tobservalion clinique, 
soit cherché» dans le champ de Texpérimentation. Quelque peu nombreuses 
que soient les expériences qui nous ont servi à étudier le phénomène de la tor- 
sion, ils- suffisent déjà à eux seuls pour démontrer que le mécanisme proposé 
par M. De Roubaix est loin de se réaliser dans tous les cas et que s'il existait, 
ce ne serait encore qu*à titre de rare exception. L'article suivant complétera 
notre pensée sur ce point. 

V .-' . 

Gireulatîon des gaz dans l'anse étranglée. 

L'élude que nous venons de faire de la torsion avait bien en vue, l'action des 
gaz affluant dans l'intestin hernie; mais la circulation de ces mêmes gaza 
travers le pédicule de la hernie demandait à être envisagée d'une manière plus 
complète; aussiavons-nous consacré un article spécial aux curieux phénomènes 
qu'il nous a été donné de constater et dont nous formerons un groupe à part. 

i\^ Expérience, — Ligature d'une anse vide, assez énergique pour que le 
jeu du pédicule soit rendu impossible. Les gaz du voisinage sont rassemblés 
vers les deux bouts ; la compression alternative de ceux-ci parvient chaque fois, 
non-seulement à dilater l'anse mais encore à dégager les gaz par le bout opposé^ 
en formant de la sorte un double courant à travers cet étroit pertuis. La même 
épreuve est répétée avec le même résultat au moyen de notre constricteur, dont 
l'anneau n'admettait que l'extrémité de l'index. Les efforts que nous sommes 
obligé de déployer sont loin d'être aussi considérables qu'on serait tenté de le 
supposer. Les matières mollasses, mélangés aux gaz, ne parviennent pas, de 
leur côté, à franchir le pédicule. 

^^* Expérience, —Je pose une ligature serrée sur une anse de dix centi- 
mètres remplie de gaz; je l'aplatis^ sans grande difficulté en concentrant mes 
efforts sur les bouts séparément. En comprimant l'ensemble de l'anse, par 
la convexité, Taffaisseinent est moins facile, mais s'obtient encore cependant. 
Je répète la manœuvre de l'expérience précédente; les gaz dilatent l'anse, mais 
il m'est impossible d'établir le double courant. Je parviens à vider cette anse, 
ainsi dilatée, en comprimant le bout opposé à celui qui avaii livré passage adx 
gaz. L'épreuve est répétée plusieurs fois avec le même résultat. 

14* Expérience. — Anse emprisonnée dans Tanneau du constricteur, ne mesu- 
rant guère qu'un centimètre de diamètre. Insufflation par l'un des bouts restés 
libres en dessous deTinslrument ; distension facile de l'anse et dégagement de 
l'air par le bout opposé qui se distend lui même sous cette influence. La com- 
pression de l'anse dilatée, affaisse aussitôt celle-ci. Le segment de l'intestin, 
ouvert pour donner entrée au bec de la poire en caoutchouc, est lié solidement 
pour empêcher l'écoulement des matières dans l'abdomen; malgré cette pré- 
caution les liquides^ et les gaz surtout, s'échappent bientôt, ce qui prouve de 



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108 MÉMOIRES ET OBSERVATIONS. 

nouveau la facilité qu*ont les gaz à passer à travers un étranglement étroit. 
J'introduis ensuite le bec de la poire dans un pertuis pratiqué à la partie la 
plus saillante de la convexité; la distension s'opère, mais rien ne passe à tra- 
vers le pédicule. Si je relâche un peu la ligature Pair parvient à s'échapper. 
Une injection d'eau arrive au même résultat. 

15** Expérience, — Anse étranglée par le constricteur amené au ri"* 9'(tout 
au plus un centimètre et demi dans le plus grand diamètre); insufflation par 
l'un des bouts flottants ; dilatation de l'anse, sans passage de l'air par le bout 
opposé. Au n» 8, m'éme rés«iltat. Au n^ 7, le double courant s'établit facile- 
ment. La compression de l'anse dilatée ne l'affaisse pas, si je maintiens fermé 
le bout d'insufflation, l'autre restant libre; si au contraire, je laisse libre les 
deux bouts, l'air s'échappe sous la moindre pression. 

Nous avons déjà noté précédemment qu'une anse dilatée dans laquelle on 
n'était pas parvenu à établir le double courant, avait enfin présenté ce phéno- 
mène par le mouvement de torsion qu'on lui avait imprimé. 

Sur d'autres portions d'intestin, les résultats se sont présentés sous un autre 
aspect que celui signalé au début de l'expérience. Aux n<>> 8 et 9 du constric- 
teur, double courant; aux n°> 10 et 10 1/'2, dilatation assez rapide, double 
courant impossible d'abord ; au bout d'une minute, le dégagement se fait sans 
trop de difficulté. La même épreuve se répète avec le même succès sur plusieurs 
points du tube digestif. En maintenant comprimé le bout d'insufflation, il est en 
général plus difficile d'affaisser l'anse que de la distendre par l'insufflation même, 
ce qui veut dire que l'air entre plus facilement qu'il ne sort par le bout opposé. 

M}'^ Expérience. — Ligature très serrée sur une anse vide, de dix centi- 
mètres; injection d'air par l'un des bouts restés libres : impossible de franchir 
le pédicule et par conséquent de dilater l'anse. Au bout de cinq minutes, la 
dilatation s'opère, mais le bout opposé reste imperméable; le double courant 
ne se fait pas. Quelques minutes après cet obstacle lui-même est levé et l'air 
circule par les deux bouts. 

^7« Expérience. — Une ouverture excessivement étroite, faite aux parois 
abdominales elles-mêmes remplace la ligature et le constricteur. Il faut une 
insufflation énergique pour faire pénétrer l'air dans le corps de l'anse : le 
double courant est impossible. La poire retirée, l'anse reste dilatée au même 
degré ; cependant la simple compression l'affaisse bientôt. L'épreuve est reprise 
plusieurs fois avec le même résultat. Injectée par l'autre bout, l'anse reste égale- 
ment dilatée; mais en reprenant l'insufflation, quelques instants après, l'air 
qui, auparavant, n'avait pu franchir le pédicule en un double courant, atteint 
bientôt cet effet sans trop de difficulté. Au moyen de la poire introduite par 
chaque bout séparément sur la convexité de l'anse, l'insufflation ne parvient en 
aucun cas, malgré la répétition de la manœuvre, à faire passer l'air à travers le 
pédicule. 



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MÉMOIRES ET OBSERVATIONS. !09 

28« Expérience. — L'anse, ici encore, est étranglée par un anneau étroit 
pratiqué aux parois de ràbdomen. Distension par Tinsufllation d'un des bouts 
flottants, mais double courant impossible. L*anse abandonnée à elle même, 
reste distendue comme tantôt; la compression ne raffaisse|>as. toutefois, au 
bout de quelques minutes^ en agissant sur le bout inférieur, Tair finit par 
disparaître* Linsufflalion par Tautre bout (bout supérieur de l'intestin) pro- 
duit presqu*immédiàtement le double courant. Cette circonstance pourrait être 
attribuée au temps écoulé entre cette dernière manœuvre et la première, 
puisque nous avons vu qu'un pédicule d'abord imperméable, le devient au bout 
de très>peu de temps. L'expérience est répétée sur une nouvelle anse passée à 
travers une autre ouverture des parois: distension; anse abandonnée à elle- 
même restant dilatée : double courant encore iiupossible; par la compression 
Taffaissement ne s'obtient pas, quel que soit le bout que l'on comprime. 

Go peut aisément juger, d'après ces expériences, de la facilité avec laquelle 
l'air et les gaz intestinaux circulent dans les anses étranglées et leurs pédicules. 
Nous pourrons dire qu'il sera très-exceptionnel de rencontrer dans la pratique 
des étranglements aussi serrés que ceux sur lesquels nous avons expérimenté; et 
nous sommes autorisé, dés maintenant, à n'attribuer aux gaz qu'un rôle insi- 
gnifiant dans les accidents provoqués par l'étranglement herniaire. Nous 
reviendrons sur ce point important un peu plus loin. 

. VI 
Giroulatîon des liquides dans l'anse hernîéo. 

Nous avons déjà vu dans la quatorzième expérience, que les liquides avaient 
trouvé issue, à travers le pédicule, Qussi facilement que l'air lui-même. La 
vingt-neuvième et la trentième expériences vont nous donner de nouveaux ren- 
seignements sur ce point. 

Dans la vingt-neuvième, injection d'un liquide contenant de la farine en 
suspension. Anneau étroit. Distension de l'anse; impossibilité du passage en 
double courant, torsion. Si je tiens fermé le bout d'injection, la compression 
de l'anse fait passer le liquide dans l'abdomen par l'autre bout. 

Après la mort, même résultat pour l'injection faite par le bout inférieur; 
par l'autre bout^ le double courant s'établit d'emblée. 

Dans la trentième, résultats analogues : double courant, torsion. 

Ces quelques faits suffisent^ donc aussi pour nous montrer la facilité avec 
laquelle des liquides plus ou moins épais peuvent traverser le pédicule d'une 
anse intestinale fortement étranglée. 

Le mouvement de torsion, dans ce cas, semble s'opérer plus aisément que 
sous l'influence des gaz. 



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no MÉMOIRES ET OBSERVATIONS. 

VII 

Taxîs direct appliqué sur Taiite herniée. 

Quelques uns des détails qui vont suivre ont déjà été indiqués dans les 
articles précédents ; nous les remettrons spécialement en vue à propos du taxis. 

7« Expérience. — Anneau du diamètre de l'index ; anse très-tendue par les 
cris de Tanimal et la compression des parois abdominales : réduction fort 
facile. 

80 Expérience. — Anneau de deux centimètres et demi de long sur un centi- 
mètre de large; anse dilatée avec torsion : réduction facile. 

9« Expérience. — Anneau de deux centimètres dans son plus grand dia- 
mètre; anse dilatée et légèrement tordue. L'anneau est rétréci par le doigt : la 
réduction se fait sans difficulté. Avec un rétrécissement plus considérable, la 
réduction a encore lieu et il faut une compression énergique du pédicule pour 
rempéchcr. 

10« Expérience. — L'anneau a deux centimètres, l'anse est fortement dilatée 
par les cris : néanmoins la réduction s'obtient sans résistance. 

M* Expérience. — L'anneau admet l'index; l'anse est distendue dans les 
efforts : réduction facile. 

13« Expérience. — Anneau de deux centimètres et demi, encore rétréci par 
le doigt; l'anse se dilate sous la compression des parois : réduction sans trop 
d'effort. 

H« Expérience. — Orifice de deux centimètres, rétréci par l'extrémité de 
Pindex. Anse distendue par la compression énergique de l'abdomen opérée 
par deux aides, pendant que mon doigt s'interpose entre le pédicule et l'an- 
neau. De l'autre main, j'essaie du taxis, mais je ne parviens pas à refouler les 
gaz. Je fais suspendre la compression, tout en maintenant le doigt à l'ouver- 
ture : même résultat négatif. Je diminue un peu l'étranglement, et un léger 
taxis suffit pour produire l'affaissement de la hernie. D'autres, fois, avec les 
mêmes manœuvres, j'arrive à des résultats tout différents, c'est-à dire que 
malgré une puissante compressiorf des parois du ventre et le rétrécissement 
de l'anneau par le doigt, je fais assez facilement refluer les gaz. Si j'inter- 
romps alors le taxis, les gaz reprennent bientôt leur place. Quanta l'anse elle- 
même^ il m'était constamment impossible de la réintégrer dans la cavité abdo- 
minale; les gaz seuls disparaissaient. 

lb« Expérience. — Circonvolution fortement serrée par le constricteur 
(degrén<>7); affaissement facile, mais réduction impossible. 

17^ Expérience. -Orifice du diamètre de l'index; pédicule d'une anse, 
dilatée par des gaz, comprimé par le doigt. Aplatissement énergique de l'ab- 
domen : affaissement facile de l'anse sous les doigts; réduction impossible. 

18« Expérience. — Mêmes résultats que dans la précédente. Dans un cas, il 



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MEMOIRES ET OBSERVATIONS. 1H 

semblerait que la rentrée du viscère eût pu être favorisée par le rétrécisse- 
ment spasmodique d'une partie du cylindre intestinal : il n'en a pourtant 
rien été. 

24* Expérience. — A gauche, ouverture très-étroite n'acceptant que la 
pulpe du doigt; de l'autre côté anneau un peu plus large, recevant Textrémité 
de l'index. Des doux côtés, les anses, qui ont été attirées au dehors^ sont un peu 
tendues et paraissent coutenir des gaz Je les recouvrede la peau dont j'affronte 
les lèvres par une suture en surjet. Examen quarante-huit heures après. A 
gauche, réduction impossible, sans dilatation. A droite cette dilatation est 
impossible pour la rentrée de l'intestin, ces deux hernies avaient conservé le 
volume et la tension qu'elles présentaient au début de l'expérience. Lorsqu'elles 
avaient été amenées, il y avait eu, immédiatement après leur sortie, une diffé- 
rence considérable entre leurs dimensions et celles qu'elles avaient dû affecter 
en traversant cette sorte de fliière d'un diamètre aussi réduit. 

^C}"" Expérience. — Les anneaux n'ont que la largeur du doigt. Deux anses 
sont maintenues sous la peau comme précédemment; l'une est coiffée d'une 
enveloppe épiploïque, l'autre est une entéro-épiplocèle ordinaire. Dans celle- 
ci, l'anse est augmentée de volume; la réduction est impossible, mais après 
dilatation dn l'anneau elle s'opère, quoiqu'encore difficilement. Quant à l'autre, 
malgré son enveloppe, la rentrée du viscère, s'y fait avec moins d'effort, tou- 
jours après dilatation. 

27* Expérience. — Les orifices sont un peu plus larges que ceux de la précé- 
dente expérience, quoiqu'ils soient encore bien étroits. A droite entérocèle; à 
gauche enléro-épiplocèle. 

Examen deux jours et demi après l'ouverture de l'abdomen. A gauche, l'anse 
est rentrée spontanément. Une anse, pas.sée à travers une ouverture étroite 
des parois et distendue par insufflation, s'affaisse sous mes doigts, mais ne se 
réduit pas. 

â8« Expérience, — Une circonvolution amenée à travers un anneau d'une 
étroitesse extrême est dilatée par insufflation; abandonnée à elle-même, elle 
conserve sa distension. Malgré l'exiguilé de l'orifice, elle se vide encore, 
quoique difficilement, sous la pression des doigts ; la réduction en est 
impossible. 

29« Expérience. — Même manœuvre que dans la vingt-huitième, seulement, 
au lieu d'air, jinjecte de l'eau tenant de la farine en suspension. Anneau très- 
étroit n'admettant que la pulpe de l'index : affaissement de l'anse sous les 
doigts et réduction assez facile. 

ôi}^ Expérience, — Même procédé que dans la précédente. Anneau de même 
diamètre : réduction. 

Concluons, de l'ensemble de tous ces faits qu'une dilatation considérable par 
des gaz ou des liquides, d'une anse intestinale étranglée n'apporte pas un 



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112 MÉMOIRES ET OBSERVATIONS. 

obstacle sérieux à la réduclion de la hernie et qa*il faut bien chercher aillears 
la cause réelle de l'irréductibilité. 

VIII 

Des vomiftements déterminés par la ooiistrîotîon. 

Nous pouvons dire qu'en généra] des vomissements ont eu lieu pendant les 
manœuvres auxquelles ces animaux étaient soumis; mais nous n'avons tenu 
note du phénomène que dans dix de nos expériences. 

Dans la onzième, malgré la conslriclion énergique et répétée de Tanse intes- 
tinale, ce n*est qu'à la fin de l'expérience que les vomissements survinrent. 

Dans la seizième, ils ont lieu, au début, lors de la ligature également très- 
serrée de la première anse. 

Dans la dix-septième, vomissement au moment de la compression du pédi- 
cule contre l'anneau, avant toute ligature. 

Dans la dix-huitième, la seule introduction du doigt dans la cavité abdominale 
pour dégager les anses suffit pour les produire. 

Dans la vingt-troisième, vomissements déterminés par la manœuvre consis- 
tant à attirer Tintestin et à former hernie; même effet lors de l'examen des 
tumeurs trois jours après. 

Dans la vingt-cinquième, hernie passant à travers une ouverture très-étroite 
des parois abdominales; vomissements continuels à partir de ce moment. 

Dans l'a vingt-neuvième, vomissements au moment des injections de liquide 
et non lors du passage de l'intestin à travers l'étroite filière qu'il doit franchir. 

Enfin, dans la trentième., ils se produisent au contraire à cet instant même 
et l'injection ne les provoque pas. 

Jobert(deLambalie)(l) qui avaitéludié expérimentalement Tinfluence d'une 
ligature sur une anse intestinale pour la production plus ou moins rapide des 
' vomissements, avait formulé comme suit les résultats des neuf expériences, 
faites dans ce but : t l'intestin peu serré détermine des vomissements plus 
fréquents et plus répétés que lorsqu'il l'est beaucoup, parce que le lien est un 
excitant pour les contractions de la musculeuse. » Précédemment, il avait dit, 
« que dans un étranglement violent, les vomissements ne surviennent pas 
aussi promptement que dans l'étranglement qui n'occupe qu'une portion de 
circonvolution ou qui ne serre que faiblement », p. 39. 

Ce principe est confirmé par cinq de nos expériences (i1«, 17% 18«, 23« et 
29«) et combattu par les autres. 11 n'y aurait donc rien de positif ni de régulier 
dans ce fait et les vomissements en eux-mêmes, quelle que soit d'ailleurs leur 
violence et leur fréquence ne peuvent rien nous apprendre .relativement au 
degré de l'étranglement. Il n'y a pas bien longtemps que j'ai été appelé à 

(1) Jobert (de Lamballe). Traité théor, et prat. des mal. chit, du canal intest* Paris, 
4829, t. Il, p. 47. 



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MÉMOIRES ET OBSERVATIONS. 415 

donner mes soins à une femme chez qui une hernie crurale venait de s'étran* 
gler subitement. Cet accident avait produit une vive douleur et déterminé tout 
aussitôt de fréquents vomissements^ le ^taxis avait été impuissant et on venait 
de porter la patiente sur une table pour l'opérer, quand ce seul changement 
de position suffit pour faire rentrer la hernie. Très certainement, s'il y avait 
eu là uneconstriction bien énergique, cette simple circonstance n'eût pas amené 
la réduction. Par contre, chez une femme à qui je pratiquai la kélotomie l'an 
dernier, l'étranglement était des plus serrés au niveau de l'anneau crural 
naturel et pourtant les vomissements ne s'étaient produits que le lendemain 
du début des accidents. L'anneau était trop étroit pour qu'on pût supposer que 
la cooslriction, légère d'abord, eût pu acquérir toute sa puissance par le gon- 
fleaient inflammatoire ou autre de la hernie. Voilà sans doute deux observa- 
tions qui semblent donner droit à Jobert, mais en voici une troisième où sa 
proposition tombe à faux. Chez une autre de nos opérées fanneau crural était 
très énergiquement appliqué sur le pédicule de la hernie et ne présentait qu'un 
diamètre fort réduit; néanmoins des vomissements répétés avaient marqué le 
début de la crise. L'expérimentation et la clinique sont donc d'accord pour 
nous engager à user de la plus grande circonspection, quand il s'agit d'appré- 
cier la valeur du symptôme vomissement dans la hernie étranglée. 

(La suite au prochain numéro.) 



Causerie médicale. — Dermatose gangreneuse scorbutique survenue aux mains 

DANS DE singulières CIRCONSTANCES. — RÉFLEXIONS ET CITATIONS DIVERSES AU 

SUJET DE CE cas; par le docteur Liégey, membre honoraire de la Société, à 
Chotsy-leRoi {Seine), {Suite et fin. — Voir notre cahier de juillet, page 26.) 

Obs. IX. — En plusieurs endroits du même journal, notamment dans le 
« Mémoire sur la constitution médicale », comme aussi dans d'autres recueils 
périodiques, particulièrement la Gazette médicale de Strasbourg (Cas remar- 
quable de névropathie-^amaurose et ophthalmorrhagie par cause névralgique 
scorbutique, 1858), il est parlé d'une jeune fille hystérique, qui offrit succes- 
sivement/ à plusieurs reprises et pend.ant des années, au milieu d'accidents 
nerveux bizarres, des hémorrhagies par presque toutes les voies; qui offrit 
même, comme l'indique ce titre, un écoulement de sang par les paupières, 
écoulement de sang toujours précédé d'un accès de névralgie de la région 
oculaire. Eh bien, cette jeune fille, devenue maintenant et depuis longtemps 
déjà, femme bien portante et mère de famille, offrit aussi, à une certaine 
période de sa maladie, de nombreuses et larges taches ecchymotiques sur 
diverses parties du corps. 

Obs. X. — De semblables mais moins nombreuses taches me furent pré- 
sentées également, vers la même époque, par une autre jeune fille hystérique, 

15 



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114 WÉMOIHES ET OBSERVATIONS. 

chioro-anèmique, voisine de la précédente et dont Tohâervation se trouve aussi 
dans le journal de la Société belge. Cest cette étrange créature qui, dans ses 
attaques hystero-épileptiques, faisait ^entendre un bruit semblable au grogne- 
ment du porc. 

OfiS. XI. — Chez deux des malades dont j'ai parlé tout à l'heure, c'est-à-dire 
chez ceux qui ont succombé après avoir offert du sucre dans Vufine, il y avait 
aussi des taches ecchymoliques, el Texislence de ces taches jointes au mauvais 
état des gencives, m'avait fait regarder ces malades comme scorbutiques. 

La crainte d'être trop long m'empêche de citer encore d'autres faits de ce 
genre. Ceux que je viens de donner suffisent, d'ailleurs, pour montrer que, 
en effet, j'ai rencontré les maculatures sanguines dans des circonstances va- 
riées. 

Je crois que chez D..., outre la diathèse scorbutique, il existait et il existe 
encore une diathèse herpétique. La mère était herpétique, et, comme je Tai 
dit au commencement de ce travail, il était devenu sujet à éprouver au prin- 
temps, de Teczéma aux oreilles et du prurit sur diverses parties du corps. 

Je crois aussi que l'élément herpétique a précédé Télémcnl scorbutique ou 
purpurique, qui semble remonter au siège de Paris par- les Prussiens. 
D..., qui a fait le service des remparts et qui, comme tant d'autres, outre des 
fatigues excessives, a souffert du froid^ des veilles, de la faim et a mangé les 
aliments les plus malsains, eut aussi de pénibles émotions morales, parmi 
lesquelles la crainte d'être tué par les bombes et les obus qui, maintes> fois, 
éclatèrent à ses côtés. Son système nerveux en a tellement été ébranlé, telle- 
ment modiOé, que cet homme, peu impressionnable auparavant, ne peut plus, 
dit-il, depuis lors, entendre un bruit un peu fort sans tressaillir ou éprouver 
une sorte de tremblement. Avant ce siège, il n'avait déjà plus la denture saine ; 
mais, depuis, elle est devenue beaucoup plus malade. Ses forces aussi ont décru 
sensiblement, bien qu'il eût conservé l'appétit jusque dans sa maladie et que 
ses fonctions digestives continuassent à s'exercer d'une manière à peu près 
normale. 

Tant avant qu'après les petites lésions traumatiques faites par les lapins, 
diverses autres circonstances ont agi dans le sen^ de la double diathèse. Quand 
ces lésions eurent lieu^ D... était encore sous l'influence d'une très grande 
fatigue résultant de la récolte des pommes de terre; et, après ces lésions, non- 
seulement il se remit à travailler, mais, bientôt, à Etampes, il subit une réunion 
d'influences nocives pour l'état général et l'état local : jeu d'un instrument 
fatigant, deux nuits consécutives dans l'atmosphère brûlante et malsaine d'un 
bal public; refroidissement au sortir de ce bal ; refroidissement aussi dans la 
journée, pluie froide sur les mains, etc. 

En feuilletant les Ephémérides des Curieux de la nature, dont il me reste 
deux volumes, je lis : qu'un jeune homme, pour avoir immergé ses mains 



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MÉMOIRES ET OBSERVATIONS. 115 

dans de l'eau froide, étant en sueur, avait été frappé promplemenl de gangrène 
à ces extrémités. 

Le refroidissement local était donc déjà suffisant pour nuire aux mains de 
D..., atteintes d*érylhème phlycténoïde, mais encore à Tétai simple. Mais de 
plus, si on envisage le froid comme s'exerçant sur toute la personne dans la 
situation où se trouvait cet homme, on s'explique aisément que la dia^hése 
scorbutique n'ait pas tardé à faire explosion. 

Récemment, à TAcadémie de médecine de Paris, de savantes discussions 
ont eu lieu sur Tétiologie du scorbut. S'il est permis, à moi chétif, d'exprimer 
une opinion en celte matière, je dirai que celte maladie ou le purpura derma- 
tosique hémorrhagique, peut résulter de tout ce qui trouble le système nerveux 
et appauvrit le sang, quand, surtout existe déjà une constitution médicale 
atonique et nervosique, comme celle qui, depuis longtemps, domine à peu près 
partout, je crois. Je n'ai nullement le mérite de la priorité pour cette opinion. 
A l'article Etiologie de la péliose, Alibert s'exprime aiiUi : c Les causes 
^évidentes et extérieures sont tout ce qui affaiblit le corps et le système général 
des forces : la paresse ou des occupations sédentaires dans les lieux bas et 
humides, peuvent contribuer à la faire naître. L'habitation prolongée dans 
l'intérieur des prisons, des hôpitaux, des vaisseaux, où l'air n'est pas renouvelé, 
les travaux pénibles et opiniâtres, les veilles, les sollicitudes, la tristesse, la 
pauvreté, toutes tes impressions débilitantes, telles sont les sources funestes de 
cette singulière maladie, qui mérite nos méditations et nos recherches. » 

5° De la marche des phlyctènes gangreneuses. Ce que je crois le plus inté- 
ressant, surtout au point de vue thérapeutique, dans ce cas particulier, c'est la 
marche^ l'extension intermittente, à une certaine période, de ces phlyctènes. 
Celte marche, évidemment, comme je l'ai dit, était sous la dépendance d'accès 
nerveux fébriles périodiques. En effet, le malade, homme intelligent, observa 
lui-même ce qui suit ; Quelques jours de suite, à partir de la même heure 
à peu près de l'après-midi, il se produisait, bien qu'il fût resté au lit et dans 
une pièce plutôt chaude que froide, d'abord un sentiment de froid général, 
puis une chaleur générale avec agitation fébrile, douleur, sentiment de brûlure 
et hypéresthésie, non-seulement au dos des mains, mais même aussi sur des 
points variables des jambes, avant même qu'il s'y montrât aucune tache. C'était 
surtout alors que le malade était obligé d'avoir les mains hors du lit^ parce 
qu*il ne pouvait supporter ni la moindre couverture ni la chaleur. Le paroxysme 
fébrile et les douleurs faisaient véritablement sur l'érytlième phlycténoïde Teffet 
d'un coup de soufflet; car, bientôt, D... remarquait une nouvelle extension 
de la rougeur el des ampoules, qui restaient ensuite slationnaires jusqu'à un 
nouvel accès. Ce qui, au besoin, prouverait que cette marche progressive était 
réellement sous la dépendance des accès nerveux fébriles, c'est que ce ne fut 
qu'à partir de la médication quinique, employée comme tonique et antipério- 



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110 MÉMOIRES ET OBSERVATIONS. 

dique, que cette marche se suspendît, pour faire bientôt place à la tendance 
progressive et rapide vers la guérison : une légère suppuration de bonne nature, 
et la dessiccation des phlyctènes, après lesquelles persistèrent encore pendant 
quelque temps, les taches hématiques, même passagèrement accrues et accom- 
pagnées d*une éruption her|)étique devenue crise. 

En- recherchant dans les restes de ma bibliothèque ce qui pouvait s'y trouver 
de relatif à la gangrène, je lis ceci dans \e Dictionnaire de médecine^ en 21 vo- 
lumes : t Nous avons vu^ sur un homme adulte, très robuste, la gangrène des 
téguments d'une jambe, précédée d*une inflammation très-faible, se manifester 
pendant un accès de fièvre intermittente; cette grangrène fit des progrès très- 
rapides pendant Taccès suivant, et ce fut seulement alors que sa véritable cause 
fut connue. L'administration du quinquina à haute dose à Tintérieur et à 
Textérieur, rendit le troisième accès beaucoup plus faible; son emploi conti- 
nué arrêta complètement la gangrène et fit cesser la fièvre pernicieuse, dont 
elle était un des symptômes les plus graves. » (Tome X, page 52, 1824, Mar- 
jolin.) 

Je ne sais pas si des faits du genre de celui que je viens de citer étaient 
rares autrefois; mais je me crois fondé à penser qu'ils ne sont peut-être pas 
rares de nos jours, où la périodicité et la perniciosité ne se rencontrent pas 
seulement dans les pays marécageux, mais se voient, comme expressions des 
fièvres larvées, à masques divers, partout, pour ainsi dire, avec une fréquence 
beaucoup plus grande qu'on ne le pense généralement. Par un grand nombre 
de cas, dont la plupart ont été publiés dans le journal de Bruxelles, j*ai montré 
la ptiissante intervention de ces fièvres qui, non-seulement^ peuvent rendre 
promptement mortelles ou plus rapidement mortelles des affections déjà d'une 
haute gravité par elles-mêmes, mais donner aussi une gravité plus ou moins 
grande à des affections essentiellement bénignes. Si je les ai vues souvent, par 
exemple, imprimer la marche galopante à la phthisie pulmonaire, au cancer; 
si je les ai vues aussi imprimer leur cachet accélérant à la gangrène chez plus 
d'un malade, je les ai vues encore activer, accroître, faire dégénérer des engor- 
gements, des dermatoses, etc., de nature bénigne. 

Obs. XIL — Voici un cas observé à Ghoisy en 1870^ où se montra, d'une 
manière manifeste^ cette intervention dans une affection eczémateuse. 

Un jour de janvier, un monsieur de 58 ans, habituellement bien portant, 
nouvellement habitant de Ghoisy, se fit, en se grattant le cou-de-pied gauche^ 
où il éprouvait des démangeaisons par l'effet de bas de laine neufs et rudes, 
une petite excoriation, ce qui ne l'empêcha pas de remettre ces bas et de faire, 
le lendemain, comme les jours précédents, une assez longue course à pied. Le 
jour suivant, sentant un peu de chaleur et voyant une légère rougeur à l'endroit 
de l'excoriation, il mit des bas plus doux, mais ne se priva point de sortir, et 
il fit de même le lendemain. Mais, dans ta soirée de ce dernier jour, en ren- 



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MÉMOIRES ET OBSERVATIONS. iI7 

Iraiit chez lui^ force lui fut de quitter promptement son soulier pour mettre 
uoe large pantoufle, parce qu'il éprouvait, avec une sensation de chaleur pro- 
noncée, une véritable douleur au cou-de-pied ; en même temps, il éprouvait 
aussi uu malaise général, une sensation de froid, bien que l'appartement fût 
chaud, et de la céphalalgie. En se déchaussant pour se coucher, il s'aperçut 
que le bas adhérait à la peau et, après avoir ôté ce bas, il vit qu'une petite 
phlyctène,' entourée d'un cercle rouge prononcé» s'était déchirée. Il eut, la 
nuit, des douleurs assez vives, qu'exaspérait le poids des couverture. Le len- 
demain, nouvelle phlyctène concentrique à la première, extension du cercle 
rouge et tuméfaction sensible du cou-de-pied, dont Thypéresthésie s'étend bien 
ao delà de la rougeur et permet à peine de supporter une légère compresse. 
H serait beaucoup trop long de décrire jour par jour, de montrer avec détails 
cette affection qui a été de longue durée, et pour ne pas trop fatiguer le lec- 
teur^ je n'en esquisserai que tes principaux traits : Le malade ne tarda pas à 
être obligé de garder le lit ou de se tenir dans un fauteuil, le membre placé 
horizontalement ou même élevé sur un coussin, parce que, dès qu'il posait le 
pied par terre, l'enflure augmentait sensiblement. De jour, les douleurs étaient 
supportables, le malade n'avait même parfois qu'un sentiment modéré de cha- 
leur et un peu de prurit ; mais la nuit, à partir de cinq ou six heures, et sans 
cause déterminante connue, la chaleur et le prurit augmentaient graduellement 
en même temps que le malade devenait brûlant, après avoir éprouvé quelque- 
fois an peu de frisson ou seulement un sentiment de froid loralisé au pied et 
à la jambe; puis, bientôt à ces phénomènes se joignaient de vifs élancements 
seulement dermatosiques,'mais avec, de temps en temps, une sorte de crampe 
du pied et de sourdes douleurs dans l'articulation (douleurs rhumatoïdes). Cet 
état durait jusque vers onze heures ou minuit ; puis les douh'urs^ le prurit, 
la chaleur locale et l'agitation générale allant en diminuant jusqu'au jour, le 
malade finissait par goûter un sommeil intermittent. Chose bien digne de 
remarque, mais qui n'avait pas lieu de m'étonner puisque je l'avais observée 
chez bien d'autres malades^ à la suite des crises névralgiques, non-seulement 
le cercle rouge et l'enflure étaient plus prononcés, mais la phlyctène était 
plus étendue, plus soulevée après qu'avant les accès. Au centre de la lésion 
existait une escharre arrondie, sèche, d'un gris brunâtre, qui, d'ubord de 
l'étendue d'une pièce de cinquante centimes seulement, arriva graduellement 
au diamètre d'une pièce de cinq francs en argent. Cette escharre, très-adhérente, 
à laquelle je ne crus pas devoir toucher, existait encore lorsque Tépiderme du 
pourtour, qui s'était desquammé, fut entièrement renouvelé, et elle se souleva 
graduellement, lentement, pour laisser à sa place une peau longtemps rouge 
et hypéresthésiée, mais ferme. Il s'écoula, à partir dû début de l'affection, au 
moins deux mois avant que le malade pût se chausser convenablement; mais 
de cette affection qui, comme je Tai constaté, ne s^ rattachait ni à la glyco- 



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H 8 MÉMOIRES ET OBSERVATIONS. 

surie, ni à Talbuininurie, il n*e$t absolument rien resté que le souvenir au 
malade, peut-être un peu herpétique, qui a repris une vie très-active pour son 
âge. Deux choses contribuèrent sensiblement à retarder la guérison. Un jour 
qu'un mieux prononcé et prolongé existait, le malade s'assit à table avec sa 
famille pour prendre son repas; mais, en voulant poser sa jambe sur une 
chaise, il heurta la partie douloureuse contre un des pieds anguleux de cette 
table, ce qui lui causa une atroce douleur et lui fit perdre en grande partie le 
terrain qu'il avait gagné. Un autre jour, se croyant plus avancé encore, il pro- 
fita d'une belle journée de février pour aller au jardin, qui n'est qu'à un pas 
de la pièce du rez-dechaussée qu'il occupait. Il s'y assit et posa, sur un banc 
au soleil, chaussé seulement d'une large pantoufle, le pied malade, dont la partie 
dorsale n'était couverte que d'une simple compresse de linge fin. Presque à 
l'instant, sentiment de tension, de formication. de brûlure, vifs élancements, 
retour du gonflement prononcé de la partie où le cercle érythémateux est de- 
venu rouge pourpre, phénomènes qui forcèrent ce monsieur à regagner le lit, 
ce qu'il fit très-péniblement. En songeant à cette action d'un soleil qui n'était 
certes pas encore bien chaud, je me disais qu'elle avait été^ sans doute, singu- 
lièrement accrue, par la réceptivité exagérée, l'extrême impressionnabilité de 
la partie, et je comprenais mieux que jamais l'influence du soleil de printemps 
dans la production de certaines dermatoses qui ont lieu si facilement à cette 
époque chez certaines personnes. Une troisième cause qui eut aus^i une 
influence nocive, mais moins prononcée et plus passagère, ce fut un orage, 
lequel eut lieu un jour de ce mois de février, dans l'après raidi. On sait que les 
orages ont une action marquée sur les maladies nerveuses et, pour ma part, 
j'ai parlé de névralgies, de pyroxies dans lesquelles des accès graves avaient été 
déterminés par cette cause; j'ai même parlé d'une femme atteinte d'une fièvre 
pernicieuse à forme pleuro-pneumonîque, dont un orage avait évidemment hâté 
la mort. Pour en revenir à notre malale, je dirai ce qui suit : Je ne l'ai point 
mis à la diète; parfois seulement J'ai été obligé de diminuer sa nourriture 
à cause de la diminution de Tappétit, lequel ne lui a jamais fait antérieure- 
ment défaut. Celui des moyens locaux qui a paru le mieux convenir, a été une 
substance alcoolique (le kirsch). D'après ce que j'avais remarqué antérieure- 
ment, chez d'autres malades atteints d'érythème ou d'eczéma phlycténoïde, 
je me suis bien gardé de conseiller aucun corps gras. En tête du petit nombre 
de médicaments internes j'ai dû mettre les préparations de quinquina (quin- 
quina et sulfate de quinine). Ce sont elles, vraiment, qui ont arrêté la marche 
envahissante de l'affection eczémateuse, en mettant fin aux accès de fièvre 
névralgique qui agissaient sur la dermatose comme un soufflet sur le feu. 
(Extrait d'un long article intitulé : Note relative à diverses formes d'érythème 
et principalement à Véry thème phlycténoïde névralgique ou érytème phlycté- 
noïde à quinquina; Courrier médical de Paris, 1870). 



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MEMOIRES ET OBSERVATIONS. H9 

On le voit, à part une gravité plus grande chez D..., le cas que je viens de 
citer a beaucoup de rapports avec celui de cet homme. 

Chez l'un et l'autre malades, Térythème phlycténoïde s'est produit à l'occa- 
sion d'une très-petite cause traumatique, sous l'influence, en partie du moins, 
d'une constitution médicale dermatosique régnante. Ainsi que je l'ai dit eh 
terminant l'article sus-indiqué, les dermatoses eczémateuses exanthémateuses 
(érythème, érysipèle, variole, etc.), régnaient cii effet à cette époque, à Ghoisy^ 
comme, du reste, dans plusieurs hôpitaux de Paris, ainsi que j'ai pu en juger . 
de visu, La vaccination» par exemple, était souvent l'occasion de véritables 
érysipèles des bras. 

Chez l'un comme chez l'autre, l'action du soleil sur la partie malade eut 
une influence nuisible. C^était surtout le souvenir de celte influence chez le 
malade de 1870 qui m'avait fait recommander à celui de 1874 d'éviter cette 
action du soleil. 

Chez l'un comme chez l'autre, les accès nerveux fébriles avaient une action 
marquée sur la marche intermittente et envahissante de la dermatose. Nul 
doute, pour moi, que si le premier eût été dans les mêmes conditions hygié- 
niques et diathésiques que le second, il eût pu, comme celui ci, voir sa derma- 
tose prendre aussi le caractère gangreneux. 

Chez Tun comme chez l'autre, la cessation des accès de lièvre et des effets 
matériels qui en résultaient furent dus principalement, sinon entièrement, à la 
médication quinique. 

Que l'on veuille bien me permettre d'ajouter sommairement deux cas iné- 
dits, dont l'un, ancien, observé en Lorraine, et l'autre^ assez récent, recueilli 
àClioisy-le-Roi. 

Obs. XIII. —En 1865, dans un village des Vosges, tous les membres d'une 
famille composée du père, de la mère et de trois enfants, furent atteints en 
même temps de ce prurigo général, souvent épidémique dans cette contrée et 
dont il m'est arrivé de parler dans le Journal de Bruxelles, la Gazette médicale 
de Strasbourg et ailieiM*s encore. Ce prurigo, pris pour la gale et traité au 
moyen de je ne sais quelle pommade de bonne-femme, se dissipa plus ou moins 
complètement et assez rapidement chez tons; mais, bientôt, tous aussi eurent 
d'autres accidents. Je ne veux parler ici que de ce qu'a offert le père, homme 
d'une quarantaine d'années, assez fortement constitué et habituellement bien 
portant, chez qui s'était dissipé le plus complètement l'éruption prurigineuse. 
Il ne tarda pas à avoir, dans les mâchoires, des douleurs névralgiques reve- 
nant par accès ; puis, se montra à la nuque un bouton que Ton regarda comme 
un furoncle. Il s'accrut rapidement, tout en devenant de plus en plus doulou- 
reux, en même temps que des douleurs semblables à celles qui -s'étaient pro- 
duites aux mâchoires étaient venues siéger à la région occipito-cervicale. Quand 
je fus demandé auprès de cet homme, je constatai l'existence d'un anthrax 



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120 MÉMOIRES ET OBSERVATIONS. 

très-volumineux, bosselé, bleuâtre et dur partout, si ce n*est en un point, 
où je sentis un peu de fluctuation. Je fis en ce point une incision qui 
ne donna issue qu*à un peu de pus séreux mêlé de sang. Aucun soulagement 
ne s'en suivit et^ le lendemain même, je me proposais d*agir plus énergique- 
ment, quand, interrogé sur le type de ses douleurs et du mouvement fébrile 
qui les accompagnait, le malade me dit que, supportables pendant une grande 
partie de la journée, c'était vers la même heure de la soirée qu'elles redeve- 
naient atroces et qu'en même temps il avait beaucoup de fièvre. Je n'employai 
alors aucun moyen local et me bornai à faire prendre \e sulfate de quinine uni 
au quinquina dans le café noir. Dès le premier jour qui suivit le commence- 
ment de ce traitement, les douleurs occipjto-cervicales, et, notamment, celles 
de la tumeur, furent moins vives. Au bout d'un petit nombre de jours elles 
n'existaient plus guère que dans celte tumeur même, où elles ne tardèrent 
même pas à être remplacées par des douleurs semblables à celles d'un abcès 
en voie de formation. La tumeur suppura en effet tout en prenant un aspect 
meilleur, et le malade, dont la fièvre aussi avait changé de nature, ne fut pas 
longtemps sans être guéri. Je crois pouvoir qualifier d'anthrax névralgique ce 
cas, que je viens de raconter de souvenir^ parce que son histoire détaillée a 
disparu dans le cataclysme de la guerre. 

Obs. XIV. — Au commencement de janvier 1875, à Ghoisy-le-Roi^ un 
monsieur de 60 ans, non diabétique, habituellement bien portant, mais très- 
nerveux et qui avait eu des manifestations herpétiques, s'était fait venir, 
autour du cou, une éruption au moyen de l'emplâtre thapsia pour remédier à 
un commencement d'angine catarrhate bénigne, bientôt, en effet, dissipée, 
quand, étant sorti au milieu de la nuit par un temps froid et pluvieux, il eut le 
cou mouillé, la nuque particulièrement. Rentré bientôt chez lui, il fut quelque 
temps sans pouvoir se réchauffer dans son lit. L'angine ne revint pas ; mais, 
le lendemain, l'éruption était dissipée, excepté à la nuque où deux ou trois 
petits boutons causaient un prurit plus vif qu'antérieurement, ce qui fit que 
ce monsieur ne put s'empêcher de se gratter. Un de. ces boutons prit bientôt 
les proportions d'un furoncle, et comme il ne tarda pas à être le siège d'élan- 
cements, de sentiment de battements, on crut qu'il mûrissait. Mais il n'en était 
rien : la petite tumeur conique, surmontée d'une petite vésicule jaunâtre s'ou- 
vrant et se reformant après avoir donné issue à unpeu de sérosité trouble, cette 
petite tumeur, tantôt très-saillante, tantôt déprimée à son centre, reposait sur 
une base d'une grande dureté et qui prenait un accroissement progressif et 
rapide, tout en étant intermittent. Les douleurs subissaient les mêmes fluctua- 
tions : tantôt, en effet, elles étaient faibles et semblables à celles que causent 
un furoncle bénin ; tantôt, au contraire, elles devenaient insupportables. 

Au bout de quelques jours de cet état variablei et après avoir employé divers 
moyens locaux, j'eus l'idée, un matin, au déclin d'un paroxysme, ayant com- 



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MÉMOIRES ET OBSERVATIONS. i'2i 

mencédans la nuit, de badigeonner la nuque avec le collodion riciné, enduit 
imperméable souvent appliqué, depuis quelques années, comme Ton sait, sur 
diverses inflammations, divers engorgements, et dont Tapplication sur l'abdo- 
men dans plusieurs circonstances différentes m*a rendu de grands services. 
Chez le malade en question, il fit merveille, pour un certain nombres d'heures 
toutefois. 

Après le sentiment de froid local résultant de Tévaporation de Téther, 
vint un sentiment de compression supportable, bientôt accompagné de la dis- 
parition complète des douleurs, en même temps que Tengorgement dur qui 
servait de base au furoncle diminuait à tel point que, au bout de peu d'heures, 
il avait perdu plus de la moitié de. son volume. La partie habituellement plus 
ou moins hypéresthésiée, supportait alors une forte pression des doigts et le 
malade pouvait relever la léte, que, auparavant, il était obligé de tenir plus ou 
moins baissée. N*ayant pas encore été aussi bien, il se coucha en souriant à 
ridée d'une toute prochaine et complète guérison et s'endormit. Mais, vers le 
milieu de la nuit, il fut brusquement réveillé par des douleurs au côté gauche 
du cou, douleurs qu'il n'avait pas encore éprouvées, qui s'étendaient jusqu'à la 
clavicule et s'accompagnaient d'une sorte de crampe, de tétanie, entraînant 
l'ioclinaison de la télé de ce côté. En même temps eut lieu, à Tendroil 
de la tumeur, un sentiment de conslriction tellement insupportable, que, dès 
le matin, il fallut lever cette espèce d'étranglement en enlevant le plus possible 
cet enduit Assuré en certains points par la nouvelle augmentation de volume de 
la tumeur, redevenue excessivement sensible au loucher et qui offrait une nou- 
velle vésicule à côté du point qu!avait occupé la première. Il était, alors, bien 
évident qu'il fallait renoncer aussi a ce moyen local et recourir à la médica- 
tion anti-périodique. Au milieu de la journée le malade, considérablement sou- 
lagé, mais qui était moins bien^ cependant que la veille à pareille heure, prit, 
dans le café noir, un mélange de sulfate de quinine (dO centigrammes) et de 
quinquina (4 grammes). La nuil suivante fut moins mauvaise que la précédente; 
les douleurs s'étaient reportées et conGnées de nouveau dans la tumeur un peu 
diminuée. La continuation du même et unique traitement pendant six jours, 
amena la continuation de la décroissance des paroxysmes ou accès, qui cepen- 
dant n'avaient pas toujours lieu la nuit, et de la tumeur laquelle, au bout de 
huit jours, avait de nouveau l'aspect d'un simple fuconcle^ mais à sa période 
de guérison. Alors, au lieu d'une chaleur nocturne sèche, le malade avait, la 
nuit, une bonne moiteur, une moiteur critique. 

Outre la périodicité du trouble nerveux fébrile entraînant, comme dans les 
cas précédents, et comme particulièrement dans celui de D..., l'augmentation 
de la lésion matérielle, avec tendance à la dégénérescence de celle-ci, il y a 
dans ce dernier cas, comme point saillant, la manière dont a agi le collodion 
rteiné. Après avoir paru trèS'Utile, il a été manifestement nuisible : il a pro- 

16 



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i -n M ÉMOIRES ET OBSERVATIONS. 

duit une sorte de métastase nerveuse en empêchant en partie la manifestation 
morbide périodique sur le point habituel. Je me crois en droit de penser que, 
si j*en eusse continué exclusivement l'usage, les accidents névralgiques tétani- 
formes, relativement légers, il est vrai, auraient, non-seulement continué, mais 
pu aussi devenir graves, comme je me crois également en droit de penser que, 
sans la médication anti périodique, le furoncle aurait pu aboutira un anthrax 
malin. 

Je voudrais encore envisager le cas de D... sous d'autres points de vue; mais 
mon article a déjà pris des proportions que y, ne voulais pas lui donner 
d'abord. 

Un mot encore, cependant, pour finir cet article : 

C'est l'extrait d'une note que, en i875, dans la séance du 3 avril, sous le 
titre : De la perniciosilé à Paris^ j'ai lue à la' Société de médecine pratique, et 
quia été publiée la même année dans le Bulletin de cette Société et dans le 
Courrier médical : 

« Plusieurs de nos confrères de Paris semblent étonnés que j'observe la per- 
niciosité à Ghoisy-le Roi, qui n'est qu'à 10 kilomètres de la capitale. A mon 
tour, je suis étonné aussi que ces honorables et savants praticiens ne rencon- 
trent pas, dans cette grande ville, cet élément qui, pourtant, n'y est pas rare, 
chose que suffirait à montrer une lettre, en date du 29 octobre 1871, dont m'a 
honoré un des plus vénérables et des plus savants médecins de Paris. Voici un 
extrait de cette lettre (elle est de Guérard, membrede l'Académie de médecine, 
mort en 1874), et qui était aussi président de la Société de médecine légale, à 
laquelle j'ai également l'honneur d'appartenir comme correspondant : 

c C'est dans l'automne de 1832, que j'ai eu, pour la première fois, occasion 
d'observer, à Paris, la fièvre intermittente. Je venais de m*installer dansun nou- 
veau logement, et là, je fus atteint de cette fièvre. Les accès se reproduisirent 
fréquemment pendant tout le temps que j'occupai ce logement, c'est-à-dire six 
ans. Je constatai, dans la même maison, à différents étages, le développement 
d'âccès périodiques plus ou moins tranchés, et, dans un cas, une fièvre perni- 
cieuse qui enleva le malade en trois jours environ. Mon attention étant fixée 
sur cette fréquence des fièvres d'accès à Paris, je me trouvai d'autant plus sou- 
vent à même de les reconnaître, qu'elles se montrent le plus ordinairement 
sous forme larvée, et que je les redoute toujours. 

Le sulfate de quinine en a fait toujours justice. Dès lors, je professai celte 
doctrine de la fréquence des fièvres intermittentes à Paris, tant à ma clinique 
d'hôpital que dans diverses discussions privées. En 1847, à la fin de mai, je 
fu&subitement atteint d'une fièvre pernicieuse pneumonique qui mit mes jours 
en danger. Mais, comme j'avalai de suite un gramme de sulfate de quinine, la 
maladie fut enrayée dans sa marche et j'en fus quitte pour un état typhoïde 
des plus gravfs. 



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MÉMOIRES ET OBSERVATIONS. 123 

Ost à pHrlir de cette maladie^ que j'en vins A reconnoilre et à poser en 
principe que la forme dite grave d'une foule de maladies locales ou générales 
est due à une complication de ces mêmes maladies avec une Oèvreà quinquina^ 
qui, d'ailleurs, peut se manifester sans lésion locale ^t amener promptemenl 
une terminaison funeste. 

J'ai lu, à l'Académie de médecine en 186î>, sur ce sujet, une note détaillée. 
Dix-huit ans auparavant, des notes recueillies à mon service par Rognetla, et 
relatives au même sujet, avaient paru dans \es Annales de thérapeutique médi- 
cale^ chirurgicale et de toxicologie. J'ajouterai que Mongellaz, bien avant moi, 
dans sa monographie des irritations intermittentes, avait parlé de faits de cet 
ordre à Paris. » 

J'ai fait suivre cet extrait, cette lettre de mon savant et regretté maître, je 
l'ai fait suivre de ceci : 

« A ma connaissance^ d'autres médecins de Paris, parmi lesquels j'indiquerai 
le regretté Marcha) (de Gaivi), MM. de Robert de Lalour, Carrière, Briquet et 
Arsène Drouet (l'auteur de la doctrine de l'emploi du collodion riciné sur l'ab- 
domen comme agent de recalorification et de sudation générales) ont aussi ren- 
contré la perniciosité. Ce dernier, en i871, en me faisant voir, dans son quar- 
tier (rue Monsieur-le-Prince),un homme qui venait d'avoir des accès pernicieux 
à forme dyspnéique, parfaitement périodiques et promptement réprimés par le 
sulfate de quinine^ me raconta que, peu d'années auparavant, alors qu'il était 
médecin au Grand Montrouge, qui est tout près de Paris, il y avait vu et traité 
avec le même succès, des cas de flèvres pernicieuses. 

Si, en temps ordinaire, la perniciosité n'a point été rare à Paris, on peut, 
je crois, raisonnablement penser que le chiffre a dû en être accru dans ces der- 
nières années, où se sont produites d'exceptionnelles et puissantes circon- 
stances étiologiques : les deux guerres (celle des Prussiens et celle de la Com- 
mune) les deux sièges de 4870-74, et les trois débordements, presque coup sur 
coup, de la Seine dans l'hiver 1872-1873, débordements qui, par des pluies 
interrompues seulement par de rares, courtes, mais brusques et assez fortes 
gelées, et des coups de soleil presque printanier, ont laissé de véritables marais 
dans la banlieue 

Le sujet étant d'une importance capitale au point de vue de la pratique, je 
me permettrai de demander à mes savants collègues de la Société de médecine 
pratique ce qu'ils ont observé en ce sens; je leur demanderai, notamment, s'ils 
ont rencontré, de temps en temps : 

1° Chose qui me semble être assez commune à Choisy le-Roi et que j'ai si 
longtemps observé avec une grande fréquence en Lorraine, l'alternanc^ par- 
fois parfaitement périodique, de perturbations pyrcliques névralgiques ou 
rumatismales superficielles, avec des perturbations profondes compromettant 
rapidement Texislence ; 



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124 



REVUfc: ANALYTIQUE ET CRITIQUE. 



2^ Chose que j*ai également vue très-souvent dans la Meurlhe et les Vosges, 
et qu'il n'est pis très-rare, non plus, de rencontrer à Choisy, des fièvres 
typhoïdes entrecoupées de violents paroxysmes ou d*accès, qui, parfois aussi 
parfHilemenl périodique^, leur impriment une marche galopante et font que 
le malade est brusquement emporlé alors que Ton n'avait encore conçu aucune 
inquiétude ou qu'on le croyait sauvé. 

C'est parce que j'ai eu de ces cruelles déceptions que, depuis longtemps, je 
ne vois plus un malade sans le questionner ou sans questionner son entourage 
minutieusement au point de vue des paroxysmes oudes.accës,au point de vuede 
leur type, des changements de la localisation nerveuse, laquelle, tout récem- 
ment encore, chez un petit garçon très gravement malade et qui a été sauvé par 
les préparations de quinquina et le vin, j'ai vue affecter successivement, pour 
ainsi dire toutes les couches de l'organisme. 

Plus j'avance dans cet immense champ d'observation, plus j'y trouve d'in- 
térêt, lequel vient, surtout, de cette circonstance, que je retrouve ici absolu- 
ment ce que j'ai constaté dans mon ancienne clientèle et dans un climat 
cependant différent de celui des environs de Paris. » 

Plusieurs membres de la Société disent qu'ils avaient vu, en effet, assez sou* 
vent ri n terra ittence à Paris. 



M. RKVUE ANALYTIQUE ET CRITIQUE. 



niédecloe et Chirurgie. 



Physiologie animale. — Des oauses 
de la coagulation spontanée du sang à 
son issue de Torganisme. Note de M. F. 
GLENÂRD. — Lorsque sur un animal vi- 
vant (solipèdes, ruminants, etc.) on enlève 
un segment artériel ou veineux plein de 
sang et qu'on le conserve à Pair, W. sang ne 
s*y coagule pas, quelle que soit la capacité 
du segment. Après un temps variable^ en 
relation avec le volume du vaisseau et la 
masse du sang conservé, le segment sèche 
au point d'offrir la consistance de la corne. 
Si, a cet état^ on reprend le sang ainsi 
transformé par la dessiccation en une masse 
cireuse ou même pulvérulente^ et qu*on 
le désagrège dans Teau, il s*y dissout, et 
cette solution est susceptible de se coagu- 
ler SDontanément en tuasse, même après 
filtralion. 

Le retard delà coagulation spontanée est 
en raison directe de la concentration du 
sang ; dans Texpérience précédente, si Ton 



s'oppose à révapomtion, le sang se coagule 
spontanément dans son segment, mais ce 
n*est qu'au bout de douze n quinze heures 
après son issue de Tanimal^ et non après 
cinq à dix minutes, comme lorsqu'on le 
reçoit dans la palette. 

La coagulation du sang de la saignée 
dans la palette est causée par le contact du 
corps étranger. ^ 

La seule expérience, en effet, dans la- 
quelle on voit constamment le sang issu 
de l'organisme se maintenir fluide pendant 
douze heures au moins, sans l'intervention 
d'agents physiques ou chimiques artificiels 
(comme le froid ou les solutions alcalines), 
est celle qui consiste à le garantir du con- 
tact des corps étrangers. 

L'influence coagulatrice du contact des 
corps étrangers est d'autant moins grande 
que, par leur sir ucture physique ^ ces corps 
étrangers se rapprochent davantage de lit 
structure physique des vaisseaux. 



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KBVDh ANALYTIQUE ET CRITIQUR. 



425 



A part le contact des corps étrangers, 
aucune des conditions nouvelles au milieu 
desquelles se trouve le sang à son issue de 
Forganismc n*est capable; par clle-mênie 
ou par sa combinaison avec les autres^ de 
déterminer la coagulalion. La coagulation, 
pas plus que la fluidité du sang, ne sont 
dues normalement k une intervention ga- 
zeuse de nature chimique par défaut ou 
par excès. 

Le sang renfermé dans son segriïent et 
isolé de Tanimal pcul-étre imprégné jl'acide 
carbonique, d*oxygène. môme diacide sulf- 
hydriquc, sans se coaguler, sans perdre 
sa coagulabilité qu*il manifestera Iorsqu*on 
videra le sang dans la palette (contact 
étranger). 

Le sang conservé dans son segment est 
revivifiant tant qu'il est fluide, et du sang 
de bœuf peut; sept heures après son issue 
de Torganisme, être appliqué avec succès 
à une transfusion chez un chien saigné à 
blanc. 

Le sang est vivant tant qu'il' est coagu> 
lable spontanément. La coagulation est la 
mort du sang. La coagulabilité csl enrayée, 
mais non détruite, par la concentration 
du sang, de même que les manifestations 
de la vie sont suspendues par la dessicca- 
tion, chez les tardigrades et les rotifères ; 
dans les deux cas, Taddilion d'eau resti- 
tuera les conditions physico- chimiques 
nécessaires aux uns pour faire acte de vie, 
à Tautre pour se coaguler spontanément. 
(Gazette médicale de Paris.) 



Un oas mortel d*aoétonémie chez une 
femme diabétique ; observation du pro- 
fesseur BERTI. — (î. R..., de Venise, 
âgée de trente-un ans, a toujours eu une 
bonne santé. Réglée à dix-sept ans, elle a 
eu quatre enfants, toujours bien portants, 
excepté le dernier, âgé de trois ans^ qui a 
souffert pendant deux mois d*une fièvre 
tierce. La menstruation, qui avait toujours 
été régulière, a disparu depuis le mois 
d'août i873. Le début de la maladie re- 
monte au mois de juin. Soif vive et polyu- 
rie; plus tard, une faim vorace, avec 
amaigrissement progressif marqué. La ma- 
lade entra à Thôpital le 27 novembre 
1873. 

A ce moment, elle était amaigrie et ané- 
miée. Les régions sous-claviculaire vt sus- 
épineuse droites présentaient une moindre 
élasticité et une moindre sonorité. A Taus- 
cultatioui une inspiration rude avec râles 



sous-crépitants, Texpiration prolongée 
avec résonnance vocale. Ailleurs, des 
râles sonores, secs et rien de pliis. L'exa- 
men des autres organes donna des résul- 
tats absolument négatifs. Les dents étaient 
cariées, Thaleine fétide. Les urines abon- 
dantes, limpides, du poids spécifique de 
1,060, contenant 50 grammes de sucre 
par litre. La peau était sèchC; aride. Ja- 
mais aucune transpiration. Prurit des 
organes génitaux. Troubles de la vision. 
Les fonctions inlcllectuelles sont absolu- 
ment conservées. 

Cet état se maintint pendant quatre 
jours. La' température oscillait entre 37^,5 
et 58'»,i ; les urines, entre quatre et cinq 
litres par vingt-quatre heures. Aucune 
trace d'albumine. La sucre dans la même 
proportion que le premier jour. 

Dans la nuit qui suivit ce quatrième 
jour, la malade fut brusquement atteinte 
de dyspnée grave, avec langue sèche, 
éructations et douleurs abdominales j le 
médecin de garde prescrivit un mélange 
calmant avec lavement purgatif. Le len- 
demain matin, je trouvai cette femme 
dans un coma profond dont rien ne pouvait 
la tirer ; de temps en temps elle poussait 
un cri aigu, en portant la main à la tête. 
Les yeux étaient fermes, les pupilles dila- 
tées et insensibles à la lumière ; la sensibi- 
lité et la motililé abolies, de même que les 
mouvements réflexes. La respiration fré- 
quente, ronflante. Toute miction suppri- 
mée. La sonde introduite dans la vessie 
n'amène rien. Plus tardl elle fournit 100 
grammes environ de liquide. Cette urine 
contenait beaucoup de sucre, mais aucune 
trace d'albumine. Au microscope on y 
trouvait quelques cellules . épithéliales, 
quelques globules sanguins et rien d'autre. 
A ces symptômes s'en joignait un autre 
très-éloquent : c'était une odeur élhérée, 
presque de chloroforme, qu'exhalait la 
malade. 

D'où provenait cet ensemble de symptô 
mes si menaçants, et que rien, dans les 
antécédents de la malade, ne parai.«sail 
expliquer? L^anuric provient-elle d'une 
urémie? — Non, car il n'y avait pas de lé- 
sion des reins, et l'urémie ne saurait 
exister si les reins sécrètent normalement, 
ou si l'urine n'est pas retenue et résorbée 
dans la vessie. Rien de semblable n'existait 
ici. De plus, on voit dans l'urémie sur- 
venir des convulsions épileptiformes entre 
les périodes de coma. Ici, pas de convul- 
sions. 



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426 



KEVUE ANALYTIQUE ET CRITIQUE. 



Le symptôme caractéristique qui nous a 
mis sur la voie est cette odeur éthérée, 
spéciale, laquelle devait certainement être 
produite par la présence de Tacétone dans 
le sang, accident assez fréquent, mais à un 
moindre degré chez les diabétiques. Ce fait 
reconnu, nous employâmes les révulsifs et 
les purgatifs drastiques, le tout en vain. 
La malade mourut vingt-quatre heures 
après. 

L'autopsie a conOrmé le diagnostic. 
Voici ses résultats : Congestion sanguine 
des sinus de la dure-mère cl des veines des 
méninges. Accumulation de sérum dans 
l'arachnoïde et les ventricules. Substance 
cérébrale un peu ramollie. Poumons con- 
gestionnés, œdématiés; le sommet droit 
est induré et peu perméable à Tair. Le 
cœur est petit, contracté. Le foie est con- 
gestionné, la raie saine, les reins sont ané- 
miques mais non altérés dans leur struc- 
ture anatomique; la vessie est vide, et 
l'on trouve sur ses parois des ecchymoses 
de dimension variée jusqu'à 3 centimètres 
de diamètre. La muqueuse de l'estomac 
est presque noire. Les autres organes sont 
sains. L'odeur d'acétone s'échappe de 
toutes les cavités ouvertes, y compris celles 
de la tête. 

Pour constater avec plus de certitude la 
présence de Pacétone et du sucre dans le 
cadavre, nous primes un peu de sang dans 
le ventricule droit du cœur, un morceau 
du cerveau, un autre du foie, un autre des 
reins, et nous donnâmes le tout au profes- 
seur G. Bizio, avec prière d'examiner chi- 
miquement ces différentes parties. Voici les 
résultats obtenus : « Une portion de cha- 
cun de ces fragments^ mise dans l'eau, fut 
isolément soumise à la distillation et le 
produit recueilli dans un flacon entouré de 
glace. L'odeur d'acétone était évidente 
dans chacun des quatre flacons. J'ajoutai 
au liquide ainsi obtenu du chlorure de 
calcium jusqu'à saturation. Je repris avec 
du papier mou la mince couche liquide qui 
surnageait, et la distillai de nouveau après 
l'avoir additionnée d'un peu d'eau. Je fis 
passer un courant de gaz ammoniacal à 
travers le liquide obtenu, j'y ajoutai du 
sulfure de carbone, et abandonnai le tout 
dans des verres de montre couverts. Cha- 
cun des essais, examiné deux jours après 
avec une lentille^ contenait des cristaux 
très nets, qui précipitaient en jaune par le 
chlorure de platine. Cette expérience con- 
firmait la présence de l'acétone dans cha- 
cune des parties examinées. Quant au 



sucre, la liqueur de Schling démontra sa 
présence dans chaque fragment soumis à 
l'analyse. » Il s'agissait donc bien ici d'un 
empoisonnement aigu par l'acétone, et ce 
cas peut être rapproché de celui de Peters. 
L'appareil symptomatologique avait été 
exactement celui que décrit Cantani dans 
sa belle monographie; comme quatrième 
et extrême degré de l'empoisonnement ace- 
tonique. « A ce degré, les malades gisent 
sans conscience d'eux-mêmes, et présentent 
tout à fait l'aspect d'un chloroformisé. 
L'odeur d'acétone est ordinairement très- 
sensible dans le lit et dans les urines. La 
faiblesse musculaire est absolue, les pupil- 
les n'ont aucune réaction. Le ventre est 
météorisé par paralysie des intestins. La 
sécrétion rénale est supprimée, les mu- 
queuses se dessèchent ; la peau ne répond 
pas aux révulsifs ou le fait tardivement ; le 
pouls devient faible et débile ; enfin la vie 
s^éleint. On peut dire que, dans ces cas, il 
y a une véritable paralysie générale du sys- 
tème animal et végétatif due à la vertu 
narcotisante de l'acétone produite en excès 
dans Torganisme lui-même. 

(Lyon médical,) 



La théorie tellurique de la dissémina • 
tien du choléra, par Max de PETTEN- 
KOFER. — Déjà en 1849, Fourcaut avait 
entrevu un rapport possible entre la com- 
position géologique et le choléra. Mais 
Pettenkofer, par l'importance de ses 
recherches, a fait sienne cette question. 
Ce sont les conditions physiques seules qui 
sont à considérer ici ; c'est l'état de pof(h- 
site plus ou moins grand d'un terrain qui 
le rend plus ou moins apte à recevoir et n 
développer le choléra. Mais le rôle^des 
eaux souterraines n*est pas d'une moindre 
importance. Le sol cholérique est d'une 
humidité moyenne, et le moment où la 
nappe d'eau souterraine accidentellement 
élevée se relire est le plus favorable à la 
culture du miasme cholérique. Les belles 
recherches du docteur Cunningham (1872) 
aux Indes sont favorables aux idées de 
Pettenkofer. Pour l'un et l'autre les per- 
turbations atmosphériques sont un élé- 
ment à négliger; la contagion est d'ordre 
secondaire; ce que l'on peut dire, c'est 
seulement que du contact des hommes 
avec les localités affectées, il se dégage un 
élément inconnu qui, transporté dans des 
lieux où il rencontre les conditions locales 
et temporaires favorables, peut amener 



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RKVUli ANALYTIQUE ET CRITIQUE. 



127 



l'explosion des épidémies. Tel est le rôle 
delà contagion; ainsi le germe cholérique 
peut voyager avec Thomme et être dissé- 
miné pour se fixer là où il trouve les qua- 
lités telluriques et climatériques voulues. 
Cunuingbam et Pettenkofcr ne reconnais- 
sent aucune importance, au point de vue 
de révolution endémique, à la contamina- 
tion des eaux potables par les déjections 
cholériquf's. {Ibid.) 



Des bains chauds, par M. LÂSÈGUE. 
— L*auteur les a employés surtout dans le 
rhumatisme articulaire chronique. Deux 
seules formes de bain chaud sont utiles, le 
bain à température constante 35" ou 56**, 
et le bain à température progressivement 
croissante, la température initiale étant SS*" 
ou 36®, la température terminale de 40« à 
46** ; réiévation doit se faire environ toutes 
les cinq minutes, être de deux degrés à 
peu près ; la durée du bain sera de vingt 
minutes. Le thermomètre ne doit pas ces- 
ser d'être consulté un seul moment, parce 
qu'il n'y a pas de contre-indication pos- 
sible dans les sensations éprouvées par le 
malade. 

Si Ton en croit M. Lasègue, il est impos- 
sible de dire Teffet physiologique du bain ; 
aussi au point de vue thérapeutique se con- 
tente-t-il de dire qu'il guérit. 

Le bain à température constante est 
essentiellement calmant; M. Lasègue re- 
pousse énergiquement le bain à tempéra- 
ture décroissante, qui ne laisse après lui 
que de la fatigue et du malaise. Mais le 
bain à température croissante n'est pas 
moins calmant si la température initiale 
étant 35° à 36°, la chaleur de Tcau est 
élevée avec lenteur; il Test surtout pour 
les organes du i>as-ventre. Lorsqu'il y a 
angoisse dyspnéique, celle-ci est unique- 
ment le résultat de l'atmosphère de vapeur 
qui entoure le malade, de l'impression 
désagréable qu'en éprouve le visage, 
impression désagréable qu'il faut combat- 
tre, soit en élevant la température de la 
pièce, soit en épongeant le visage du ma- 
lade, soit en couvrant la baignoire. L'effet 
sudoral du bain à température croissante 
est souvent nul, et n'est pas recherché par 
M. Lasègue, qui parait se plaire à rejeter 
tout« explication physiologique de l'action 
utile du bain chaud, et même oublier pres- 
quesa vertu calman'tc.Pourluile bain chaud 
soulage le rhumatisme chronique, parce 
qu'il a la propriété de soulager, sinon de 



guérir le rhumatisme chronique. On ne 
peut même dire ici action spécifique, puis- 
que la spécificité* d'un médicament suppose 
une propriété curative absolue possible, 
sinon certaine. 

M. Lasègue rapporte en passant un fait 
bien intéressant au point de vue de cette 
action physiologique du bain chaud dont il 
ne veut pas entendre parler. Il s'agit d'une 
hystérique atteinte de contracture perma- 
nente rebelle à tout traitement, complète- 
ment anesthésique, et atteinte de palpita- 
tions. Il voulut essayer des bains chauds. 
Lu température initiale du bain fut de 38<>; 
elle fut élevée successivement jusqu'à 48**. 
Eh bien, il ne se produisit nul effet physio- 
logique apparent ; le pouls ne fut pas accé- 
léré, le cœur ne battit pas plus violemment. 
La conclusion est facile à tirer; il est évident 
qu'il parait prouver l'intervention du sys- 
tème nerveux cutané dans les effets pro- 
duits par les bains. M. Lasègue oublie de 
nous dire ce qu'est devenue la contracture 
de sa malade. 

Arrivons aux essais thérapeutiques de 
l'auteur, bien convaincu aujourd'hui que 
réiément chaleur est l'élément capital d'un 
bain minéral ou non. Il y a, dit-il, après 
le bain surchauffé, production d'un véri- 
table bien-être local et général, la raideur 
articulaire s'atténue, les jointures sont 
moins empâtées, les mouvements moins 
pénibles. Durée du bain, vingt minutes, 
un tous les deux jours. Le bain est toléré 
même pendant la fluxion douloureuse, mais 
il n'a son effet véritablement utile qu3 pen- 
dant la rémission*. Il s'adresse surtout aux 
cas où les articulations prises sont peu 
nombreuses et simplement douloureuses 
^u rigides, alors que les fluxions ne se 
produisent plus. 

Les bains surchauffés, car ce sont eux 
que M. Lasègue a surtout employés, sont 
encore indiqués dans les affections abdo- 
minales, principalement les diarrhées 
chroniques; ils lui ont même semblé amé- 
liorer des bronchites chroniques rebelles. 
Un de ses élèves a déjà publié un travail 
sur les bains tièdes chez les phlhisiques. 
Enfin, son chef de clinique. M. Landrieux, 
a arrêté des métrorrhagies tenaces sans lé- 
sions organiques avec des bains surchauf- 
fés. Malgaigne a insisté d'ailleurs sur ce 
moyen antimétrorrbagique. {Ibid.) 



Recherches physiologiques et théra- 
peutiques sur la piorotoxine^ — Le doc- 



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V2S 



REVUE ANALYTIQUE ET CRITIQUE. 



leur Planât (de Vollore- Ville) , dans un 
mémoire fort remarquable couronné par 
TAcadémie de médecine, a étudié Faction 
de rai«:aloïde extrait de la coque du Levant, 
qui eât le fruit d'une ménispenuéc de 
rinde [Cocculus suberosus). Voici les prin- 
cipaux phénomènes que détermine Tadmi- 
nistration de la picrotoxine : 

De nombreuses expériences ont été faites 
sur plusieurs variétés animales ; la picro- 
toxine a été absorbée par le tube digestif et 
les tissus sous- cutanés. Les résultats pro- 
duits par ces deux modes ont été identiques, 
à rintensité près. Les mollusques se sont 
montrés relativement réfraotaires ; néan- 
moins certaines variétés ont succombé à la 
suite de Tabsorption sous- cutanée. Les 
représentants des autres embranchements 
ont toujours été vivement impressionnés 
par ces agents. On peut résumer ainsi Tac- 
tion de la picrotoxine sur les fonctions 
musculaires, cardiaques, vasculaires^sur la 
sensibilité et le pouvoir réflexe médullaire : 

Le système musculaire de la vie de rela- 
tion est rapidement atteint par de faibles 
doses : fortes ou faibles, elles amènent in- 
variablement, comme phénomène primor- 
dial, une torpeur générale; seconde phase : 
convulsions toniques spécialement dans 
les extenseurs, parésie progressive, inco- 
ordination motrice. 

Système circulatoire, — Ralentissement 
des pulsations cardiaques par de faibles 
doses avant la première convulsion. Aussitôt 
celle-ci produite, le cœurcesse de battre, ou 
tout au plus ne bat qu'avec peine tout le 
temps de sa durée, pour reprendre ensuite 
son rhythme, qui décroît en nombre et en 
force en raison directe des convulsions. 

Capillaires sanguins . — L'arrct du sang 
a lieu plus ou moins complètement dès la 
première convulsion pour, devenir bientôt 
définitif, bien que le cœur continue à battre, 
mais avec une intensité sans cesse décrois- 
sante. 

Sensibilité et mouvements réflexes, — 
Corrélatifs des manifestations musculaires. 
Ainsi, d'obtus à la première période, ils 
deviennent d'une excessive exaltation dans 
la phase convulsive, pour s'anéantir com- 
plètement lors du collapsus final. 

Lymphatiques. — Les muscles et nerfs 
de la vie organique n'ont point paru atteints, 
témoin l'activité persistante des lympha- 
tiques e| des mouvements intestinaux. 

Cerveau. — N'a point paru affecté. 

Conclusions, -— 1° La picrotoxine agit 
tout spécialement sur le myélencéphale ; 



2« cette action épargne le cerveau et les 
cellules idéo-motrices et porte principale- 
ment sur le bulbe, le cervelet et la moelle; 
3* elle est caractérisée par la surexcitation ^ 
de leurs éléments, d*ou une exagération et 
une déviation fonctionnelle suivies elles- 
mêmes de paralysie par dépense excessive 
d'influx nerveux ; i^' la conséquence la plus 
remarquable de cette suractivité fonction- 
nelle est l'arrêt plus ou moins complet 
survenant dans le système circulatoire (ac- 
tion de la picrotoxine sur le pneumogas- 
trique et le dépresseur de Cyon); d où il 
suit que la picrotoxine est avant tout un 
agent cardio-vasculaire. 

Thérapeutique. — La teinture de coque 
du l^evant (i partie pour 4 d'alcool à 90 
degrés) a été employée concurremment 
avec la picrotoxine (granules d'un dixième 
de milligramme). La dose maximum de 
picrotoxine n'a jamais excédé 3 milli- 
grammes. Quant à la teinture, on a tou- 
jours débuté par i goutte matin et soii* 
dans une cuillerée d*eau, en augmentant 
tous les jours de â gouttes la dose de la 
veille jusqu'à concurrence de 60 à 70 
gouttes par jour pour les adultes ; la quan- 
tité de véhicule doit ,étre accrue au fur et 
à mesure du nombre des gouttes, mais ne . 
doit pas dépasser un tiers de verre à un 
demi pour les hautes doses. Les affections 
traitées par ce médicament avec un succès 
incontestable sont : l'épilepsie sympathique 
et essentielle, la chorée, Téclampsie infan- 
tile et la contracture douloureuse des extré- 
mités. ( l^ulletin gén, de thérapeutique . ) 



La teinture d' arnica oondamnée. — 

Le docteur James C. White, dans une 
communication du 21 janvier 1875, au 
Journal de médecine et de chirurgie de 
Boston^ fait une charge à fond contre l'ar- 
nica. 

Il prétend que cette teinture est un vé- 
ritable poison pour la peau. Le docteur 
relate trois cas où l'application de l'arnica 
en lotion sur des écorchures a t)ccasionné- 
de sévères attaques d'ecihyma, !a malé- 
volence de l'arnica serait beaucoup plus 
fréquente qu'elle ne parait, et si ses effets 
délétères et toxiques sont rarement con- 
statésy c'est parce que l'on met sur le compte 
de la blessure toutes les perturbations qui 
sont dues au soi-disant remède. Le docteur 
J. White n'hésite pas à déclarer, et il le fait 
avec une conviction assise sur Texpé- 
rience, quele seul agent pouvant produire 



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REVUE ANALYTIQUE. ET CRITIQUE. 



iî29 



un effet saiutairejdans Tarnica c'est Talcool 
qo'il eoatient. Le reste n'est qu'une dro- 
gue sans valeur, bien plus, nuisible. 

Sans mettre à cette affirmation l'absolu 
du savant docteur, nous devons dire que, 
dans noire pratique, nous avons plusieurs 
fois été surpris de la manière dont se corn* 
portait rarnica_ et c'est avec une extrême 
réserve que nous en faisions usage. Hebra - 
avait, depuis longtemps, sonné le glas fu- 
nèbre de ce quinquina des pauvres dont 
il niait les propriétés médicales. Dans la 
teinture arx)matique des fleurs d'arnica, les 
propriétés stimulantes sont étvangçrt^s à 
l'arnica proprement dit et résn lient de la 
cannelle et de l'anis qui entrent dans sa 
composition ; si, d'autre part, la teinture 
d'arnica doit, d'après l'autorité du docteur 
Wbite, de Hebra, de Tilbury Fox, ses 
minimes propriétés thérapeutiques à la 
seule présence de l'alcool étranger à la 
plante^ le dernier jour de ce médicament 
factice a lui. Dangereux en maintes cir- 
co4Jstances, n'ayant d'autre mérite que 
celui qu*il lire de l'alcool auquel il sert de 
véhicule^ ministère q\ie VaqiMsimplex rem- 
plirait mieux, l'arnica ne tardera pas à 
disparaître de la pharmacopée. C'est un 
mérite an docteur James C. White d'avoir 
mis cet agent suspect à l'index de la méde- 
cine pratique et d'avoir attiré sur ses mé- 
faits l'œil investigateur de la science. 
(Revue de thérap, médico-chirurg,) 



Guérîson de la migraine à l'aide de 
l'aoîde carbonique, — 11 y a deux ans, 
j'ai trouve, avec mon éminent maître 
M. BrowU'Spquard; la possibilité d'arrêter 
immédiatement une attaque d'épilepsie 
chez les cobayes, en faisant arriver, sous 
forme de douche assez fortement lancée, 
sur la muqueuse du larynx de ces ani> 
maux, un jet de gaz acide carbonique. Ce 
fait se trouvait naturellement indiqué par 
le résultat d'une expérience de M. Brown- 
Séquard entref>risc dans le but de recher- 
cher l'expUcalion vraie de ce phénomène 
découvert par Roaenihal, que chez les 
lapins empoisonnés par la strychnine, 
rinsuiEation d'oxygène par la trachée 
arrête les convulsions, expérience qui a 
montré que cette explication doit être 
recherchée dans riiifluence qu'exerce sur 
les nerfs du larynx un gaz non inerte, par 
le simple fait de son passage sur cet organe 
et de son contact avec lui. En effet, si sur 
tto lapin empoisonné .par la stryeh- 



nine, on met la trachée à nu et qu'on y 
adapte un tube dont une extrémité est 
dirigée vers les poumons et dont l'autre 
extrémité reste libre de façon à permettre 
l'entrée de l'air atmosphérique ou même de 
l'oxygèiic- non poussé par la pression, on 
voit survenir les convulsions habituelles ; 
mais si; ayant adapté à la trachée un autre 
tube dont une extrémité est dirigée vers 
le larynx, tandis que l'autre permet de 
lancer sur la muqueuse laryngienne un jet 
d'oxygène, mais surtout d'acide carboni- 
que, on voit aussitôt s'arrêter les convul- 
sions strychniques. 

Ce résultat démontre l'influence irrita- 
tricc qu'exerce l'acide carbonique sur le 
système nerveux (influence qui a déjà été 
indiquée depuis un grand nombre d'années 
par le docteur BrownSéquard) et qui est 
capable, par influence réflexe,. d'enrayer 
une attaqut' convulsive^ 

Or, ce gaz, comme chacun sait, a été 
rangé parmi les aneslhésiques par un 
grand nombre de praticiens et, chaque fois 
que Ton a réussi à faire disparaître la dou- 
leur, à l'aide de cet agent; on a attribué- 
ce bon résultat à son action anesihésique 
ou bien à t'asphyxie qu'il cause toujours 
lorsqu'il est introduit dans le sang; mais 
jamais à son action irritalrice, malgré les 
applications que Scanzoni en a faites à 
l'obstétrique, et celles de Lefuge. Aujour- 
d'hui; je désire faire connaître le parti 
avantarreux qu'on en peut tirer pour la 
guérison d'une névrose aussi douloureuse 
que désagréable; comme de fâcheuses 
expériences personnelles me l'ont appris : 
je veux parler de la migraine. 

Si, pendant un accès de migraine, on 
lance sur la muqueuse nasale» à Taîdc d'un 
petit appareil spécial, i^n jet d'acide carbo- 
nique assez fort* il arrive, quatre^ fois sur 
cinq de voir disparaître la douleur en 
moins de deux minutes. Dès le premier 
contact du gaz avec la muqueuse, le ma- 
lade accuse une douleur un peu vive à 
l'insertion occipitale des muscles de la 
nuque. Cette douleur précède de très-peu 
de temps la cessation de la migraine. 

J'ai essayé de faire passer par ce moyen 
des névralgies dépendant d'une carie den- 
taire, et des céphalalgies dépendant de la 
sclérose déterminée, et même d'autres 
lésions organiques, avec assez de succès. 
Le mal de tête dépendant d'un état-fcbrile 
quelconque est absolument réfractairc. — 
Je n'ai jamais réussi à le faire cesser à l'aid 
de ce moyen. (Gazette médicale de Paris,) 

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REVUE ANALYTIQUE ET CRITIQUE. 



Patbotog^îe. — Des algues ophthat- 
vnosoopiques dîfféreatiels de la oomino- 
tîon et de la contusion du cerveau. Mé- 
moire de M. BOUCHUT. — Toutes les fois 
qu'un sujet tombé sur la tête a perdu cou- 
naissance et semble paralysé, i4 y a tou- 
jours à se demander si ce n'est là qu'un 
étourdissement passager, tiù a la commo- 
tion du cerveau, ou bien, au contraire^ s'il 
y a contusion de la substance nerveuse 
ou compression de cette substance par un 
épanchement sanguin ou séreux. 

L'opbthalpioscope, quo j'ai employé 
pour la première fois en 1865, pour éclai- 
rer ce diagnostic, donne les résultats les 
plus importants. 

S'il n'y a que commotion au cerveau, 
le nerf optique conserve sa forme,' sa net- 
teté et ses couleurs habituelles, el les vei- 
nes rétiniennes, ainsi que la rétine, ne 
présentcfit aucune modification. 
. S'il y a contusion du cerveau, avec ou 
sans inflammation consécutive, ou bien s'il 
y a épanchement séreux ou sanguin, avec 
ou sans fracture du crâne, le nerf optique 
et la rétine sont malades ; le nerf optique 
est gonflé, parait aplati, d'un rose uni- 
forme, parfois plus vâsculaire; ses con- 
tours sont moins nets, et il est le siège 
d'une suffusion séreuse, partielle ou géné- 
rale, qui s'étend à la ?-étine voisine sous 
forme de teinte opaline transparente, qui 
voile plus ou moins le bord pupillaire. 

Les artères diminuent quelquefois de 
volume, si la suffusion a gagné la gaine du 
nerf optique, et les veines rétiniennes plus 
ou moins dilatées indiquent par la gcne de 
leur circulation une gcne semblable dans 
la circulation dii érâne. 

(Ibid,) 



Les connexions héréditaires entre cer- 
taines affections nerveuses, par le docteur 
F.-E. ANSTIE. — Dans une conférence 
scientifique à l'asile de WestRiding, Wake- 
field, le docteur £. Anstie a traité le sujet 
important t des relations héréditaires entre 
certaines maladies nerveuses. » Après avoir 
rappelé que Morel dans son ouvrage des 
dégénérescences t est l'initiateur de ces re- 
cherches, scientifiquement parlant , re- 
cherches confirmées et poursuivies ensuite 
par d'autres physiologistes, notamment 
par le docteur Maudsley, il trace en quel- 
ques lignds les dangers que fait courir aux 
individus le tempérament nerveux et ses 
Iransformaiions successives dans les géné- 



rations d'une même famille ; il note que le 
point de départ est souvent, par exemple, 
un ancêtre adonné à l'ivrognerie qui a 
donne naissance h un aliéné, qui à son 
tour procréera des enfants sujets à des 
affections nerveuses d'un autre ordre. Quel- 
ques qualités brillantes chez certains de ces 
rejetons, des aptitudes remarquables, des 
• talents originaux, dus souvent à ce tempé- 
rament nerveux, ne compensent pas les 
maux qui en découlent. 

Ces études avaient ûxé l'attention se-, 
sieuse du docteur Anstie avant qu'il eût lu 
les travaux de Morel et de Moreau, de 
Tours,' et avant la publication du livre du 
docteur Maudsley ; sa longue expérience 
dans les dispensaires, les hôpitaux, la clien- 
tèle civile, lui a permis de réunir des faits 
importants puisés à des sources certaines. 
Ces faits concernent surtout Talcoolisme, 
l'épilepsie, les diverses névralgies (y com- 
pris l'angine de poitrine et l'asthme spas- 
modique); les cas de folie^y tiennent aussi 
une assez large place, mais ceux qui sont 
liés à d'autres formes des maladies ner- 
veuses sont moins nombreux. 

Le point original du mémoire de l'auteur 
consiste en ce que, suivant lui, l'hérédité 
du nervosisnie se piréscnte sous deux va- 
riétés, ou deux formes : l'une qu'il pro- 
pose d'appeler nervosisme héréditaire actif; 
l'autre, nervosisme héréditaire sommeillant 
(dormant). 

1° En ce qui a trait à la première variété, 
il s'étonne, tant elle est remarquable et 
frappante dans mille circonstances, qu'on 
ne lui ait pas appliqué plus tôt quelque 
classification scientifique. Et, tout en re- 
connaissant qu'il y a peut être une cer- 
taine exagération dans l'observation type 
citée par Morel, il connaît également des 
familles qui ont été décimées al même 
anéanties par les effets fatals et progressifs 
des névroses dont l'origine était duc sim- 
plement à l'usage funeste du vin d'Oporto, 
usage qui s'est introduit en Angleterre, 
depuis deux à trois générations, après que 
les hommes d'Etat de ce pays curent pra- 
tiquement exclu du marché anglais les vins 
légers de France. 

Ici l'auteur cite plusieurs cas de cette 
espèce parmi ceux qu'il a insérés daîis sou 
ouvrage sur la névralgie^ et il assigne aux 
quatre points de départ suivants le nervo- 
sisme héréditaire actif qui peut atteindre 
les familles. 

i^ L'abus des boissons; â*> les excès vé- 
nériens, ou plutôt la masturbation ; 3<> une 



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REVUE ANALYTIQUE ET CRITIQUE. 



151 



nourriture iosuffisante ; une éducation in- 
complète. 

Quatorze années d'observation, tant dans 
les hôpitaux qu<^ dans la pratique privée, 
lui ont permis en outre de fournir les 
chiffre^» suivants qui donnent une idée de 
rétendue d'action du nervosisme hérédi- 
taire. Des quatre-vingt-trois malades ob- 
servés, les familles ont présenté les affec- 
tions diverses: cpilepsie, 14- cas; hémi- 
plégie ou paralysie, 9 cas; folie, 12 cas; 
habitudes d'ivrognerie, 14- cas; consomp- 
tion, 18 cas-: danse de St-Guy, A cas. 
Il a remarqué souvent cette vulgaire in- 
commodité qu'on appelle migraine, sur- 
tout dans les familles où il a noté Tépî- 
lepsie. 

Le fait suivant ebt un exemple curieux 
de l'explosion soudaine du nervosisme hé- 
réditaire chez une jeune personne, in- 
demne jusqu'alors de toute affection ner- 
veuse, mais appartenant a une famille où 
les névralgies ^^ les dispositions ncvropa- 
thiques étaient notoires. Elle tombe, et se 
démet la cheville ; sa blessure, bien soignée^ 
ne présente aucune gravité, et tout fait 
espérer une guérison rapide. Elle est mal- 
heureusement prise du tétanos, et enlevée 
en six heures. La violence du tétanos et 
les conditions dans lesquelles il a éclaté 
doivent être attribuées, de l'avis de l'au- 
teur, à l'action funeste de Télémcnt nervo- 
sique transmis par sa famille à la jeune 
malade. 

Ce fait peut servir de transition pour 
pour arriver au . nervosisme héréditaire 
sommeillant. Q'entend le docteur Anstie 
par nervosisme sommeillant? Le nervosisme 
actif a pesé sur une famille pendant nombre 
d'années. Grâce à de bonnes alliances et à 
certaines sages mesures, il est devenu la- 
tent, mais il n'en continua pas moins à 
menacer la race et peut reparaître sous 
certaines influences fâcheuses ou par 
un concours d'événements malheureux. 

L'auteur avoue que cette espèce est plus 
difficile à mettre en évidence que la pre- 
mière. On y arrive néanmoins grâce aux 
probabilités fournies par Tanalogie. 

La science biologique nous apprend que 
les caractères physiques d'un individu, un 
trait de la physionomie, un simple tic mus- 
culaire, alors même qu'ils ont été acciden- 
tellement détruits, se reproduisent chez 
ses petits-enfants. De même l'épilepsie, ou, 
comme elle, quelqu'une des formes les plus 
intraitables des névroses paraissant avoir 
disparu pendant plusieurs générations, ont 



laissé des traces impérissables qui se révè- 
lent plus tard. C'est à cette donnée qu'il 
faut demander le pourquoi d'une multitude 
de faits vitaux et cliniques. L'exemple le 
plus digne qu'on y insiste se voit dans les 
phénomènes de la vraie dipsomanié. Elle 
atteste d'une façon indubitable « la mémoire 
organique impérissable du corps, » pour 
nous servir de Texpression énergique du 
docteur Maudsiey. La dipsomanie se dis- 
tingue de l'ivrognerie simple par des impul- 
sions subites et périodiques irrésistibles, 
contrastant d'une manière absolue et hi- 
deuse avec les habitudes ordinaires de Tin- 
dividu. Le docteur Anstie a vu un nombre 
considérable de ces cas^ et cependant ja- 
mais il n'a manqué de trouver parmi les 
ascendants du malade, l'ivrognerie avec 
quelque excentricité mentale et même une 
folie véritable. Une investigation bien faite 
aura infailliblement, dit-il, ce résultat. 

Le docteur Anstie recherche ensuite à 
quels caractères on peut reconnaître le ner- 
vosisme héréditaire sommeillant, et les cir- 
constances qui ont le privilège de le fah*e 
saillir. Le premier caractère du nervosisme 
héréditaire sommeillant est une puberté 
prématurée. Le développement des org»nes 
génitaux et surtout l'explosion des désirs 
sexuels se montrent hâtivement chez les 
jeunes individus. On peut quelquefois, il 
est vrai, mettre cette précocité sur le compte 
des mauvaises fréquentations et de mau- 
vaises habitudes contractées à l'école, mais 
dans la plupart des cas, comme le fait re- 
marquer le docteur Herman Weber, la 
masturbation provient chez les enfants 
d'.une impulsion intime et non du mauvais 
exemple. Un enfant s'est montré jusqu'à 
ce jour extraordinairement innocent et 
calme ; tout à coup les passions sexuelles 
font explosion avec une violence diabolique. 
Voilà le nervosisme héréditaire dormant., 
désormais actif, triste reliquat d'un aïeul 
ivrogne et intempérant. 

Un autre caractère, est le développement 
inattendu et intense du sens artistique chez 
un enfant dont les parents ne présentent 
que des dispositions prosaïques et com- 
munes. 

Il faut mentionner enfin les convulsions, 
pendant la dentition, alors que les autres 
enfants, frères et sœurs, n'ont éprouvé rien 
de semblable. 

Notons encore le soudain développe- 
ment de propensions au mensonge et au vol 
chez un enfant bien élevé. 

Parmi les causes susceptibles de trans- 



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13-2 



REVlJt ANALYTIQUE ET CRITIQUE. 



former le nervosisme dormant en nervo- 
sisme actif, on peut citer les suivantes : 

i** L*alimenlation insuffisante pendant 
Tenfance; 2* un surcroît de travail intel- 
lectuel dans le vie cérébrale d'un individu; 
5** la phthisie, ou toute autre maladie qui, 
faisant subir au sujet une suppuration pro- 
longée, est pour lui une cause non inter- 
rompue de dénutrition; i" les mariages 
eonsanguins. 

Nous regrettons que le défaut d'espace 
nous empêche de suivre le docteur .Anstic 
dans des considcratiens auxquelles son sa- 
voir et son expérience dnnnent le plus vif 
intérêt, mais il est aisé de voir par renonce 
de ces causes qu'elles sont susceptibles de 
fournir des données importantes au point 
de vue de la prophylaxie. 

L'auteur termine en s'élevant contre 
ceux qui, considérant le nervosisme héré- 
ditaire comme « la tyrannie de notre orga- 
nisation, veulent que notre nature pJiy- 
siquc et morale soit le jouet d'un inexo- 
rable destin. 11 espère que l'analyse qu'il 
vient de présenter inspirera la vraie mé- 
thode par laquelle, en agissant avec con- 
stance sur la génération qui naît, on pourra 
conjurer dos dangers connus. La nouvelle 
thérapeutique aura des armes plus efficaces 
contre la maladie, et sera le gage de l'af- 
franchissement de la race humaine, en 
atténuant la plupart des douloureuses con- 
séquences du a nervosisme héréditaire. » 

{Annales médico-psychologiques.) 



De la tuberculose inîliaire aiguë pha- 
ryngo- laryngée, par ISAMBERT. — Au 
début, semis très-abondant de granulations 
rappelant des grains de semoule ou des 
œufs de poisson, ou bien encore les dépôts 
de fibrine grumeleus(^ de la surface des 
intestins dans les péritonites récentes. 
Dans l'angine pultacée l'on aperçoit aussi 
des dépôts fibrineux semblables, msis fa- 
ciles à enlever, et recouvrant une mu- 
queuse simplement enflammée, tandis que 
les granulations miliaires adhèrent forte- 
ment et saignent facilement. Si les granu- 
lations sont très- superficielles, il se forme 
bientôt des ulcérations régulières, ovales, 
en coup d'ongle (Martineau). Les granula- 
tions très-confluentes peuvent former des 
plaques mamelonnées, saillantes, ressem- 
blant beaucoup à des plaques muqueuses, 
en différant cependant par l'absence d'au- 
réole carminée, de nuance opaline gris- 
bleuâtre et une surface plus granuleuse. 



La luette peut revêtir l'aspect d'une boule 
garnie de têtes de clous saillantes ou de sta- 
lactites calcaires ; quelquefois même aspect 
stalactiforme des piliers postérieurs. Sur la 
paroi postérieure du pharynx l'on voit par- 
fois comme des furoncles murs. 

L'envahissement du larynx ne se fait 
qu'a une période avancée. 

Symptômes subjectifs : douleurs locali- 
sées, cuisson de la gorge^ dysphagie attei- 
gnant le degré le plus élevé. 

Les signes pulmonaires sont quelquefois 
tardifs, peuvent rester longtemps peu pro- 
noncés, puis prendre tout à coup la marche 
d'une phthisie galopante. 

L'auteur sépare la tuberculose roiliaire 
aiguë pharyngo-laryngée de la phthisie 
laryngée vulgaire, soit parce que dans 
celle-là l'affection pharyngo-laryngée do- 
mine complètement la scène, soit à cause 
de l'affreuse dysphagie qui l'accompagne ; 
car l'élément pharyngé remporte sur l'élé- 
ment laryngé. L'inflammation prend une 
moins grande part au développement de la 
pharyngite granùlo-tuberculeusequ'à celui 
de la laryngite tuberculeuse. 

Traitement : éviter les mercuriaux, 
caustiques même; les topiques simplement 
modifi'cateur^ ne dont pas supportés ; la 
glycérine morphiiiée au<25<' est le seul 
agent local conseillé par l'auteur. La glace 
avalée en menus morceaux et les injections 
hypodermiques à la région jcervicale sont 
les seuls calmants efficaces. Alimentation 
liquide, lait, bouillons, gel«es de viande, 
lavements nutritifs. {Lyot^ médical.) 



Traitement de la diphthérîe, par le 
docteur Giovani FËRRINI. — L'auteur 
rejette la cautérisation, et, considérant la 
diphthérîe comme une maladie infectieuse 
peut-être parasitaire, il pense que c'est 
surtout aux antiseptiques et aux antipara- 
siticides qu'il faut avoir recours, tout en 
ayant soin de soutenir les forces du malade 
en le soumettant à Tusagedes toniques di- 
vers. Dans les cas légers, un traitement 
antiseptique externe peut su(fire> mais 
dans les cas graves il faut administrer les 
antiseptiques intuset extra. 

Guidé par ces principes, M. Giovani 
Ferrini a . essayé localement l'alcool phé- 
niqué, l'eau de chaux, le sulfite de soude, 
à l'intérieur il a administré les mêmes mé- 
dicaments en solution dans du sirop ou 
dans de la décoction de quinquina, eu mcoïc 
temps qu'il donnait tiussi largement que 



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REVllK ANALY'IIQI-E KT CRITKJUE. 



135 



possible du lait, des bouillons el d'autres 
analeptiques. Ces moyens fournirent de 
bons résultats, mais Thydrate de chloral a 
paru avoir de bien meilleurs effets encore. 

Les propriétés antiseptiques, désinfec- 
tantes et antîfermehtescibles de ce corps 
sont bien connues depuis les travaux de 
C. Pavesi, Morini, Personne, Dujardin, 
Byasson^ Follet, Beaumetz, Veri^euii, Hirn, 
Richardson,etc. On Fa employé avec avan- 
tage dans>le pansement des plaies de mau- 
vaise nature. M. Luidgi Amiei, de Rome a 
constaté qu*en solution étendue il détruit 
Tacarusde la gale. Ce remède parait donc 
indiqué pour neutraliser le poison diphlhé- 
ritique, en empêcher la résorption et par 
conséquent prévenir Tinfection générale, 
ou encore pour détruire le poison résorbé 
et guérir Tinfection quand elle est pro- 
duite. Telles sont les considérations qui 
ont poussé M. Fcrrini à essayer T hydrate 
de chloral. (1 a cru devoy* Tassocier à la 
glycérine, dont Theureuse action sur les 
plaies de mauvaise nature est bien connue 
et qui par sa densité pouvait assurer un 
contact plus facile et plus prolongé du mé 
dicament avec les parties malades. 

Localement fauteur fait faire toutes les 
deux heures des badigeonnages au pinceau 
avec le mélange suivant : 

Hydrate de chloral . . . 3 à 3 gr. 
Glycérine pnrifiée . . . . 16 à 20 gr. 

A rintérieur il donne de la décoction de 
quinquina avec du sulfite de soude ; ou bien 
encore il administre Thydrate de chloral^ 
mais à doses fractionnées, afin de ne pas 
avoir les eflfets^ hypnotiques du médica- 
ment, mais seulement les effets antisepiti- 
ques. Il le donne par exemple à la dose de 
50 centigrammes dans 60 grammes de sirop 
de quinquina, à prendre une cuillerée 
toutes les heures. 

Le dootyr Colton, sur les conseils de 
M. FerriiUr^a employé l'hydrate de chloral 
d*après la méthode sus-mentionnée ; 
56 diphthéritiques soumis à cette médica- 
tion ont donné les résultats suivants : 

24 cas légers ont tous guéri au bout 
d*un temps plus ou moins long. i!2 cas 
graves ont donné 6 guérisons au bout de 
dix à quinze jours. Des six morts trois 
moururent de croup. 

M. Çotton conclut de ces faits que, 
comme topique, l'hydrate de chloral l'em- 
porte sur les autres médicaments. Il parait 
plus efficace et il est mieux supporté par 
les malades. Comme médicament interne, 
sa valeur n'est pas aussi sensible. 



Le docteur Bensason et le docteur Âce* 
tclla, qui ont aussi employé la glycérine 
chloraiêe à Texlérieur, en font de grands 
éloges; mais leur expérience sur l'usage 
interne de ce remède comme antiseptique 
ne parait pas encore suffisante pour asseoir 
un jugement. {Ibid.) 



De l'aoîde salyoilique dans la dîphthé- 
rie, par le docteur WAGNER, de Fri> 
bourg. — Aux enfants qui ne savent pas 
encore se gargariser Tauteur donne Tacide 
salycilique en poudre dans de l'eau ou 
dans du vin à la dose de 10 à 50 centigr. 
toutes les deux heures. Aux enfants plus 
âgés il le prescrit en gargarismes d'après 
la formule suivante : 

Acide salycilique . ... 1,50 gr. 
Alcool (pour dissoudre] . . 15 
Eau distillée 150 

Si cette solution laissait déposer quel- 
ques cristaux, on les ferait dissoudre en 
chauffant. A employer en gargarismes 
toutes les deux heures. 

M. Wagner dit avoir guéri par ce moyen 
45 cas de diphthérie très-grave, {ibid.) 



Des pansements à l'acide salioy tique. 

— La mortalitd considérable qui a toujours 
décimé les blessés dans les grands hôpitaux 
ou les ambulances de guerre a fait recher- 
cher de tout temps aussi la cause des 
insuccès de la chirurgie et les moyens d'y 
remédier. Ces études se rattachent d'une 
façon intime à l'histologie et à la chimie, 
et comme cqs deux sciences sont aujour- 
d'hui en pleine évolution, il n'est pas 
étonnant de voir surgir des remèdes nou- 
veaux contre rinfection purulente ou 
putride. 

Nous avons eu successivement l'alcool, 
la glycérine, l'iodoforjne, l'acide phénique, 
les pansements de Lister et de Guérin ; 
voici venir l'acide salicylique, étudié par 
Kolbe, Neubauer, Knop, Mulier à Breslau, 
Thicrsch à Leipzig, Butl et Feurbringer à 
Heidelberg. 

C'est en 1859. que M. Peria découvrit 
cet acide en fondant de l'hydrurë de sali- 
cyle ou huile essentielle de Spirax ultnaria 
avec de la potasse caustique. 

Kolbe réussit à le fabriquer de toutes 
pièces avec Thydrate de phényle et Tacide 
carbonique. Il obtint ainsi un composé 
fondant à 159**, se solidifiant à 157", colo- 
rant les sels de fer en violet, et se conver- 



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REVUE ANALYTIQUE ET CRITIQUE. 



tissant dans réconomicen une sorte d'acide 
hippurique, Tacide salicyhirique. Tel est 
le corps sur lequel Thiersch, de Leipzig, 
vient d'écrire une longue monographie où 
sont minutieusement fournis les détails de 
ce pansement nouveau. 

L'eau ne dissolvant qu'un gramme pour 
500 d'acide salîcylique à la température 
ordinaire, on a de cette façon une prépa- 
ration officinale titrée facile à se procurer. 
Mélangée à l'urine, elle arrête sa décom- 
position comme celle du pus et du sang : 
celui-ci se colore en violet, à cause du fer 
qu'il contient. Le pus se prend en coagu- 
lum albumineuxet seséléments conservent 
leur forme comme .celles des globules 
reuges, légèrement éclaircis cependant. Si 
on compare Tacide salicylique à l'acide pho- 
nique^ on voit que l'acide salicylique n'est 
pas irritant, comme celui-ci, qu'étant dé- 
pourvu de cette odeur si persistante et 
désagréable, il a toutes les qualités du 
phénol, sans parler encore de l'action dans 
l'usage interne. Le prix de revient serait 
aussi sensiblement moindre. 

Pour les pansements on so sert soit de 
la solution officinale, soit de ouate impré- 
gnée. Blaser donne pour cette fabrication 
la formule suivante : 

Ouate à 3 0/0. 

Acide saiicyl. 750 gr. dissous dans Palcool 
7 kilogr. 5 (à 85-). 
. Eau 150 litres à 70» centig. 

Cette solution peut servir pour ^5 kiiog. 
de coton. 

■ . Ooate à 10 0/0- 
Acide 1 kilogr. 

Alcool 10 k. pour 10 kilogr. de coton. 
Eau 60 litres. 

Ces préparations ne demandent pas plus 
de 3 ou i h. pour être complètement exé- 
cutées. La répartition de Tacide, sans être 
parfaitement égale, donne néanmoins une 
moyenne suffisante. La glycérine fournit 
un bon excipient à l'acide : 

Acide salicylique 733. 

(Jlycérine .^00. 

Eau 4.500 à 70° cent. 

En applications directes sur les plaies et 
concentré, Tacide .salicylique cause une 
douleur assez vive pendant 2 ou 5 heures; 
puis, la- plaie se déterge, et les bourgeons 
apparaissent rapidement, comme avec les 
caustiques. A. 1/300, il n'est plus irritant; 
du reste son action toxique n'est jamais à 
craindre, quelle que âoit la dose. 

Thiersch a examiné très attentivement 
l'action de cet agent sur le pus, son in- 



fluence sur la genèse des bactéries et des 
vibrions dans les pansements. L'auteur 
affirme que les pansements fermés à la 
ouate imprégnée peuvent rester 1 4 jours 
sans présenter trace de champignon ; nous 
trouvons néanmoins quelques observations 
où le microscope a révélé des vibrions et 
des baguettes articulées mobiles. Le liquide 
des blessures traitées à ciel ouvert ne con- 
tiendrait jamais de chaînettes. La chirur- 
gie allemande attribue depuis quelque 
temps la plus grande importance à l'étude 
des spores dans les plaies; elle n'hésite pas 
à leur faire jouer un rôle au moins impor- 
tant dans les accidents putrides et septi- 
ques, et c'est pour arriver à détruire ces 
germes de fermentation que nous voyons 
renouveler avec l'acide salicylique les 
essais tentés déjà par Lister avec Talcool 
et l'acide phénique. 

Les soins les plus minutieux sont exigés 
dans ces pansements. Le malade est net- 
toyé ; le membre, rasé ; les instruments, 
passés à Palcool (l'acide salicylique atta- 
quant l'acier);— les éponges ont été puri- 
fiées aux alcalis et à l'acide salicylique; — les 
assistants, l'opérateur font de fréquentes 
ablutions avec la solution officinale ; — les 
ligatures, composées de tissus imputresci- 
bles, sont appliquées en grand nombre 
pour éviter la décomposition du sang qui 
pourrait .s'écouler. Enfin le pansement 
réel est fait avec la ouate salicyliquée. 

Lès bandages permanents peuvent être 
conservés soit en surajoutant des feuilles 
de ouate, soit en versant une nouvelle 
quantité de solution alcoolique sur l'ancien 
coton. Dès le 4™* ou 5™« jour, la suppu- 
ration donne une odeur rance ou caséeuse, 
et dans tous les cas l'acide chlorhydrique 
décèle la formation d'ammoniaque, comme 
dans les pansements de Lister avec l'acide 
phénique. C'est assurément plutôt à cette 
méthode générale qu'au nouvel agent lui- 
même, que nous devons, attribuer les suc- 
cès obtenus par Thiersch à Leipzig avec 
Tacide salicylique. 

. Dans une première série de grandes 
amputations : cuiss**, jambe, nous trouvons 
43 guérisons sur 18, et, pour les résections 
et les fractures compliquées, 23 guérisons 
sur 23 cas. Dans une seconde série, ^^î 
grandes amputations n'ont fourni que 
7 morts. Soit en tout 64 guérisons sur 89 
amputations, ou 28 0/0 de mortalité, chif- 
fre que nous croyons se rapprocher beau- 
coup de celui obtenu par les chirurgiens 
américains dans les hôpitaux civils. Notons 



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REVUK ANALYTIQUE ET CRITIQUE 



i55 



toutefois, dans la statistique de Thici'scb, 
trois cas d*érysipcle dont un mortel, et trois 
cas de pyohémie fatalement termines. 

LMnfluencc de Pacide salicy.'ique à Tin- 
térieur a été étudiée en décembre J874 
par Furbringer, aide clinique de Heidel- 
berg. A la dose de i centi£(. chez le lapin 
et de 5 à ^5 cen'lig. chez Thonime, la tem- 
pérature ne dépasse pas le maximum ou le 
minimum habituel. Après avoir développé 
la fièvre putride chez des lapins par des 
injections sous cutanées de liquide putride, 
il a suffi d*une dose de 0,05 c. à 0,^0 c. 
pour amener dans ce cas un abaissement 
considérable de la température. Chez 
rhomme, dans Tinfection purulente, les 
résultats ont été également manifestes. 

Butt, aide clinique à Thôpital de Saint- 
Gall, a pu reconnaître aussi dans facidc 
salicyiique un agent antiseptique et anti- 
pyrétique puissant; supérieur même au 
sulfate de quinine, puisque, à haute dose, 
il ne serait pas toxique et ne produirait 
aucun des effets de la saturation quinique. 

En relevant, à -i et 8 grammes en une 
seule foisy il en a retiré les meilleurs effets 
dans la fièvre typhoïde, l'érysipèle et le 
rhumatisme aigu. Nous savons cependant 
qu'une dose de i sur 20 en lavement a 
développé une péritonite mortelle en 
!24 heures chez un lapin. — Kolbe a pu en 
prendre impunément 1,50 pendant plu- 
sieurs jours. 

En résumé, Tacide salicyiique parait 
être, chimiquement parlant^ un anti-fer- 
mentcscible ou mcme titre que Tacide 
phénique. Il arrête la décomposition des 
liquides organiques, efinpcche les bactéries 
de se former et n'est pas toxique parce 
qu'il est rapidement éliminé de Técono- 
mie par les urines. — Tels sont les faits 
certains qui ont conduit à remployer dans 
les pansements chirurgicaux. S'il est en 
outre meilleur marché que Tacide phéni- 
que sans avoir celte odeur aussi pénible, 
après un ceftain temps, que Todeur du 
pus lui même, s'il abaisse réellement la 
température dans la fièvre, nous devons 
reconnaître à ce nouvel agent des qualités 
utilisables, malgré toute la défiance qu*in- 
spirent à juste titre les médicaments nou- 
veaux. (Abeille médicale) 



d'ulcères herpétiques amenant des adhé- 
rences entre le prépuce et le gland, etT c'est 
le diabète lui-même qui est la cause et de 
la facilité avec laquelle les vésicules herpé- 
tiques dégénèrent en ulcères, et de la diffi- 
culté" que ces derniers ont à se cicatriser. - 
En présence de certains phimosis, il faut 
donc penser au diabète, et celui-ci reconnu, 
rejeter Topération par crainte de phlegmon 
plus ou moins grave, ou tout au moins ne 
la faire qu'après avoir fait disparaître le 
sucre dans les urines. L'herpès diabétique, . 
décrit par Gublcr, ne présenterait pas de 
vésicules, mais de petites ulcérations rap- 
pelant le chancre parcheminé, sans décol- 
lement et sécrétant un liquide blanc mat, 
contenant de petits corps flottants comme 
chez les néphropathiqucs. La cicatrice est 
épaisse et rétraclile. M. Keliquet a remar- 
qué que cet herpès est encore caractérisé 
par des sporules particuliers de fermenta- 
tion. 

Le docteur de Beauvais n'admet pas ici 
d*herpès, mais une balano-posthite spé- 
ciale de nature parasitaire, analogue au* 
muguet buccal, produite par l'accumula- 
tion et la rétention dans le sac préputial 
des urines sucrées qui subissent là. une fer- 
mentation lactique ou acétique. Cette ba- 
lano-posthite est suivie de fissures, d'exco- 
riations plus ou moins profondes, d'érup- 
tions diverses, anlracoîdes qui s'ulci^rent 
et se couvrent de mucédiiiées ; puis sur- 
viennent les infiltrations plastiques com- 
munes dans le diabète. {Lyon médical.) 



Du phimosis oonséoulif à Tberpés du 
prépuce chez les diabétiques, par M. DU- 
BUC. — Le fait avait déjà été signalé par 
M. Aimé Martin, le phimosis est le résultat 



Bicarbonate de soude contre le mal de 
dent, par M. le docteur DUCKWORTH, 
de Sainl-Bartholomew*s hospital). — L'au- 
teur pense que souvent la doulcUr dentaire 
est produite par le contact d'une salive 
acide sur une dent cariée, et qu'il serait 
important d'essayer dans les cas d'odon- 
talgie la réaction de la salive afin de guider 
plus sûrement sa thérapeutique ; lorsque' 
en effet la salive est acide, souvent on 
pourrait obtenir d*uu simple pansement 
alcalin des effets que ne donnent pas d'au- 
tres moyens en apparence plus puissants. 
Le fait suivant vient à l'appui de ces idées : 

Un jeune garçon souffrait de vives dou- 
leurs provenant d'une molaire cariée : des 
onctions de chloroforme sur la joue du côté 
malade étaient restées sans succès, ainsi 
que des instillations de chloroforme dans 
l'oreille ; on avait aussi en vain essayé des 
pansements avec des bourdonnets (k coton 



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4 56 



REVUE ANALYTIQUE ET CRITIQUE. 



trempés dans du chloroforme et introduits 
dans Te trou de la carie ; des pansements 
semblables avec Tacide phénique s'étaient 
aussi montrés impuissants : c*est dans ces 
conditions que Ton employa les pansements 
avec le bicarbonate de soude. Les bour- 
donnets de coton, avant leur introduction 
dans la dent cariée, furent trempés dans 
une solution aqueuse do sel de soude 
(2 gr. de bicarbonate pour 50 d'eau) et la 
douleur se calma très-rapidement, (fbid,) 



Du traitement de l'èmpoiftonnement 
par le phosphore au moyen des injeo* 
tiens in tr a- veineuses d'oxygène ; par 
MM. THÏKRNESSE et CAS^li. — Dans 
une communication à l'Académie, M. Rom* 
melaere avait soutenu l'opinion d'après 
laquelle l'huile essentielle de térébenthine 
n'est un contre-poison du pbospRore qu'à 
la condition de n'être pas rectiGée, c'est-à- 
dire d'être oxygénée. On sait, en effet, que 
Messence de térébenthine est très-avide 
d'oxygène, et peut en fixer un grand 
nombre de fois son yolumc. Au milieu de 
la discussion soulevée par le travail 'de 
M. Rommelaere, M. Thicrnesse avait émis 
l'idée que l'essence de térébenthine n'était 
pas par elle -même l'antidote du phosphore, 
mais que c'était l'oxygène seul qui avait le 
pouvoir d'enrayer l'action du toxique. 
MM. Thicrnesse et Casse commencèrent 
aloi-s des expériences, et injectèrent dans 
les veines d'animaux empoisonnés par 1« 
phosphore du sang défîbriné; parlant oxy- 
géné. Mais, grâce au peu d'oxygène con- 
tenu dans le sang, plus d'un animal suc- 
comba. Les auteurs eurent alors recours 
à l'introduction dans le système veineux 
d'oxygène pur. Le poison était quel- 
quefois ingéré, mais le plus souvent on le 
dissolvait dans Thuile et on Tinjectait dans 
une veine. Aussitôt que les phénomènes 
toxiques se manifestaient, on faisait péné- 
trer dans le système veineux de l'oxygène 
pur. Il est nécessaire d'injecler lentement 
ce gaz dans le torrent circulatoire. La 
quantité de gaz à injceter est variable; 
elle peut même être considérable. En thèse 
générale, MM. Thicrnesse et Casse pensent 
que la quantité d'oxygène qu'il convient 
d'opposer au phosphore ne saurait être 
moindre que 150 ou 900 cent, cubes, pour 
un animal du poids de 5 à 8 kil., et qu'il 
est nécessaire d'en introduire 300 à 500 c. 
cubes chez des sujets d'un poids plus con- 
sidérable. Nous rappelons à ce propos que 



ce sont les belles expériences du regretté 
docteur Muron et «elles du docteur La- 
borde qui ont démontré que l'on pouvait 
impunément injecter dans le torrent cir- 
culatoire^ en prenant certaines précau- 
tions, des quantités de gaz très-considéra- 
.bles. Il résulte des expériences de MM. 
Thicrnesse et Casse que ce n'est pas l'es- 
sence de térébenthine qui est l'antidote du 
phosphore, mais bien Toxygène. D'après 
la théorie de* ces expérimentateurs , le 
phosphore^ au lieu de s'oxyder aux dépens 
de l'oxygène des globules, s'oxyderait aux 
dépens de l'oxygène injecté, ou, ce qui 
reviendrait au même, l'oxygène injecté 
restituerait aux globules l'oxygène qui 
leur aurait été enlevé par le phosphore. 
Dans tous les cas, il y a formation d'un 
composé oxygéné de phosphore. Ce der- 
nier, d'après le travail que nous venons de 
résumer, et les expériences anciennes de 
M. Personne, serait dépourvu de tout pou- 
voir toxiqu e . ( L'A fteille médicale . ) 



Prooëdé du docteur Daniel Leasure 
pour faciliter la réussite du taxis au 
moyen delà position donnée au nkalade. 

' — V American journal of the médical 
sciences a publié, il y a un peu plus d'un 
an, au mois d'avril 1874, un procédé très- 
ingénieux qui permet de venir à bout des 
hernies' qu'on aurait crues d'abord irré- 
ductibles. Le docteur Leasure (de Pitts- 
burg) fait placer les jambes du malade sur 
les épaules d'un infirmier, et fait soulever 
le patient de telle façon qu'il ne repose sur 
le lit que par la tète et les épaules. 11 
arrive ainsi que la colonne vertébrale se 
trouve subir une inclinaison assez forte 
dont la concavité est en avant ; et de celte 
position donnée au malade résulte le relâ- 
chement aussi complet que possible de la 
paroi abdominale. Le procédé n'est pas 
tout à fait nouveau, il semble avoir déjà 
été conseillé et employé. Malheureusement 
cette méthode est tombée daiis l'oubli peut* 
être parce qu'elle a été pendant longtemps 
mal comprise. On n'a voulu y voir qu'ua 
moyen de faciliter par l'application des lois 
de la pesanteur la réintégration des organes 
déplacés dans l'intérieur de la cavité abdo- 
minale ; et par suite de cette idée fausse 
on est arrivé à exagérer la méthode, on en 
a faussé complètement l'application en 
ajant recours tout simplement à la sus- 
pension du malade par les pieds, la tête 
abandonnée à la pesanteur. Dans cette 



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REVUE ANALYTIQUE ET CRITIQUE. 



157 



position les parois abdominales sont pour 
le moins anssi tendues que dans le décu- 
bitus, et la réduction de la hernie n'est 
nullement facilitée. Ccst par suite d'une 
pareille erreur que Lawrence arrive dans 
son Traité des hernies à condamner celte 
méthode d*ube façon absolue. En l'expli- 
quant d'une manière plus rationnelle et en 
prescrivant de toujours reposer sur le lit 
les épaules et la tête du malade, le doc- 
teur Leasure a rendu un grand service à 
la pratique chirurgicale. 

Cette méthode a tout dernièrement donné 
au docteur Périer'un succès d'autant plus 
remarqunble que le malade sur lequel elle 
a été employée avait. déjà subi des tenta- 
tives de taxis restées infructueuses entre 
les mains de chirurgiens justement célè-^ 
bres. Il s'agissait d'une énorme hernie 
inguino-scrotale. M. Dupré, M. Capron, 
M. Gosselin avaient successivement échoué; 
le taxis avait été fait d'abord sans chloro- 
forme, et ensuite par Gosselin après chlo- 
roformisation ; et en désespoir de cause 
on avait adressé le malade à l'hôpital pour 
le faire, opérer. En le plaçant dans la situa- 
tion déclive, le docteur Périer vit le taxis 
arriver rapidement à réduire de moitié lé 
volume de la hernie ; il fallut deux minutes 
pour obtenir ce résultat, et il s'agissait 
d''une hernie ayant le volume d'un œuf 
d'autruche. Après cette demi réduction on 
replaça le malade dans la position horizon- 
tale, et l'on n'eut plus aucune peine pour 
achever, de faire rentrer la hernie. 
{Lyon médicaL) 



Ponction du péricarde ; par Ic docteur 
VILLENEUVE fils. — Le 17 mai 1873, je 
fus appelé par notre confrère, M. Giraud, 
d'Arenc, auprès d'un enfant de cinq ans 
et demi, atteint de péricardite. A mon 
arrivée, je trouvai le petit malade dans 
l'état le plus grave : la face bouffie et mar- 
brée, les paupières œdémateuses, leslèvres 
violettes et froides ; le pouls très-faible ne 
pouvait se compter. Les extrémités infé- 
rieures, froides, étaient œdématiées jus- 
qu'aux cuisses; le scrotum était infiltré. 
À la région précordiale, on remarqqail 
une voussure très marquée et de la gran- 
deur de la main. Cette voussure était net- 
tement fluctuante et offrait un mouvement 
d'ondulation en rapport avec la respira- 
tion. Celle ci était courle et fortement sif- 
flante; il y avait un tirage très-accentué 
avec gonflement des jugulaires. L'auscul- 



tation de la partie antérieure de la poi- 
trine ne me laissa rien percevoir : ni 
njurmure respiratoire, ni bruit du cœur. A 
la partie postérieure du thorax, on n'en- 
tendait que le retentissement de la respira- 
tion sifflante et quelques râles sibilants. 

S'il faut en croire les parents, cet état 
aurait été la suite d'une chute survenue 
deux mois auparavant, et a la suite de 
laquelle il aurait commencé à être suffoqué 
et à avoir les jambes enflées. Le traitement 
employé consistait en boissons diurétiques, 
application de sept sangsues sur la région 
précordiale, suivies de sept vésicatoires 
placés coup sur coup sur le même point. 
A la suite de ce traitement très-rationnel, 
aucune amélioration n'étant survenue, et 
l'état du malade empirant toujours^ M. Gi- 
raud me fit appeler en consultation. 

A mon avis, le petit malade était mont- 
rant, il n'en avait que pour quelques heu- 
res. Ne sachant quel traitement médical 
employer, je résolus d'intervenir chirur- 
gicalement. Je fis part de ma résolution 
aux parents, en les prévenant que je . 
regardais cette intervention comme déses- 
pérée, et qu'il pourrait même se faire 
qu'une syncope emportât le malade pen- 
dant l'opération. Néanmoins, ils consen- 
tirent à me laisser agir. J'envoyai donc 
chercher la seringue aspiratoir.e de M. Dieu- 
lafoy, et, avec Taide de M. Giraud fils, je 
pratiquai la ponction au point où la 
tumeur était le plus saillante et fluctuante. 
J'enlevai ainsi, au moyen d'un vide préa- 
lable, deux seringuées d'un liquide parfai- 
tement transparent, mais d'une couleur 
citrine prononcée. 

Lorsque j'eus enlevé la canule, la petite 
plaie resta béante, et il sortit même un jet 
assez fort de liquide par l'ouverture. Cela 
tenait à ce que la paroi antérieure de la 
cavité avait été très-amincie par les appli- 
cations réitérées de vésicatoires. Très- 
contrarié de cet accident, je me hâtai 
d'appliquer le doigt sur l'ouverture, et 
j'eus assez, de peine à l'oblitérer avec un 
morceau de diachylum taillé en croix de 
Malte, parce que l'enfant, qui commençait 
à revenir de sa stupeur asphyxique, criait 
et s'agitait beaucoup, et faisait à chaque 
mouvement, sortir Un peu de sérosité par 
la piqûre. 

Je complétai le pansement par une com- 
presse soutenue avec un plumasseau de 
charpie et un petit bandage de corps. 

Je pus alors, en appliquant l'oreille sur 
la poitrine, entendre les battements du 

18 



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158 



REVUE ANALYTIQUE ET CRITIQUE. 



cœur, qui étaient encore confus et tumul- 
tueux. Le pouls me permit de compter 
160 pulsations à la minute ; les symptô- 
m(/s d*asphyxie s'amendèrent et je pus 
quitter mon petit malade opéré, dans un 
état assez satisfaisant. 

A partir de ce moment, Tamétioration 
continua, Toedème céda peu à peu, Tap- 
petit revint et le pouls se régularisa. Mais, 
ce qui est important à noter, c'est que la 
piqûre faite par le trois- quarts ne se ferma 
pas, et que la sérosité péricardique conti- 
nua à couler avec abondance et même par 
jet, à chaque pansement, qui était fait 
deux fois par vingt- quatre heures. Au 
bout de quelques jours la sérosité devint 
plus louche, plus épaisse et enfin entière- 
ment purulente; elle continua de couler 
avec abondance pendant cinq mois. Cepen- 
dant le malade se levait, marchait; avait 
repris de Tappétit. Vers cette époque, un 
abcès se forma au niveau de la cinquième 
côte et fut ouvert par M. Giraud. Il ne 
laissa s*écouler que du pus de bonne 
nature. Cet abcès se cicatrisa et peu-à-peu 
la fistule péricardique ne laissa échapper 
qu'un pus de moins en moins abondant^ 
jusqu'au sixième mois après l'opération, 
époque a laquelle elle se ferma définitive- 
ment. 

Depuis cette époque^ l'enfant n'a cessé 
de se bien porter, et il est maintenant, 
ainsi que l'on peut le voir, dans un état 
florissant.de santé. 

J'attire l'attention de mes confrères sur 
la rareté des faits de cette nature, et sur- 
tout sur Texistence de la fistule persistant 
près de six mois après l'opération . 

Enfin je prie mes collègues de vouloir 
bien constater l'état actuel du cœur, qui 
me parait absolument sain et ne laisse rien 
percevoir à l'auscultation. 

(Archives médicales belges.) 



fatigues que lui occasionnait son métier 
jointes aux privations l'avaient épuisé. Le 
malade se plaignait d'un catarrhe bron- 
chique chronique et d'une tumeur de la 
région lombaire gauche. 

Cette tumeur remontait à plusieurs an- 
nées, elle présentait une forme hémisphé- 
rique, son diamètre mesurait environ 
éO centimètres. Au toucher elle était molle 
et élastique et donnait à la percussion un 
son tympanique. Dans les edPorts de toux, 
elle augmentait beaucoup de volume et on 
pouvait la faire disparaître complètement 
en exerçant une compres&ion convenable 
avec les doigts ; on constatait alors l'exis- 
tence d'un orifice de la grandeur d'une 
pièce de 10 centimes ; quand on cessait la 
.compression, la tumeur reparaissait. La 
réduction donnait naissance à un bruit ca- 
ractéristique de gargouillement. Une her- 
nie de l'intestin grêle fut diagnostiquée. 

On opéra la réduction qu'on maintint à 
l'aide d'un bandage. Celui dont il fut fait 
usage consistait en un petit coussin dont Iç 
centre se relevait en forme de mamelon et 
s'adaptait parfaitement à l'orifice. 

(Gazette médicale de Paris,) 



Un cas de hernie lombaire ; par le doc- 
teur Angelo CIANCIOSI. — sous le nom 
de hernie lombaire^ J. L. Petit a, le pre- 
mier, décrit; en 1785, la hernie qui peut 
se produire dans le petit espace triangulaire 
qui existe quelquefois en arrière du grand 
oblique, entre ce muscle et le grand dor- 
sal. Comme il est très-rare de l'observer, 
le cas publié par le docteur Angelo Cian- 
ciosi est dignp de remarque. 

En mars 1874, ce médecin fut consulté 
par un vieillard de 70 anS; dont l'état gé- 
néral était peu satisfaisant; les grandes 



k>e la laparotomie ou section abdomi- 
nale comme moyen de traitement de l'in- 
tussusoeption. — Le docteur John Ashurst 
donne le nom de laparotomie à Topération 
qui consiste à faire, dans les cas d'intus- 
susceptioU; une incision à la paroi abdo- 
minale et à chercher par cette voie à 
réduire Tintussusception intestinale. Après 
avoir réuni treize cas traités ainsi par la 
section abdominale, le docteur Ashurst 
arrive aux conclusions suivantes : 

« L'expérience du passé ne doit pas 
encourager le chirurgien à intervenir dans 
les cas d'intussusception chez des enfants 
âgés de moins d'un an. 

» Lorque les symptômes observés, et 
particulièrement Thémorrhagie, font sup- 
poser que la portion invaginée est frappée 
de gangrène, l'opération est contre^indi- 
quée ; on comprend aisément que, dans ce 
cas, la laparotomie ne pourrait être d'au- 
cune utilité; du reste, cette terminaison 
par gangrène laisse encore quelque espoir 
de guérison spontanée. 

» 11 ne reste donc plus que quelques cas 
exceptionnels dans lesquels la question de 
^intervention chirurgicale pourra être agi- 
tée ; ce sont ceux où la terminaison par 
gangrène ne saurait être espérée^ oi!i tous 



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REVUE ANALYTIQUE ET CRITIQUE. 



139 



les remèdes ordinaires ont cchou**, où le 
malade est menacé de succomber à Tépui- 
sèment et où enfin le sujet se trouve dans 
des conditions générales relativement sa- 
tisfaisantes. 

» Lorsque Topération est décidée, la 
laparotomie doit toujours être préférée à 
Tentérotomie et à la côlotomie. Ces deux 
dernières opérations, qui trouvent leur 
application dans les occlusions cons^éni- 
taies et dans les obstructions chroniques^ 
ne sauraient être employées lorsquMl s*8git 
d*nne intussusception ou d*une autre va- 
riété d'obstruction intestinale aiguë. 

» Dans les occlusions intestinales aiguës 
reconnaissant d'autres causes que Tinvagi- 
nation et lorsque le traitement médical 
n*anra pas produit d'amélioration au bout 
de trois ou quatre jours, la laparotomie 
pourra être pratiquée avec quelques chances 
de succès. Cette étude ayant spécialement 
trait à Tintussusception, je n'insiste pas 
sar cette dernière conclusion. » 

{BuUeltin général de thérapeutique,) 



Do traitement de rocolusion îotestî- 
nale interne par l'éleotrîoité. — Se fon- 
dant sur un certain nombre d'observations 
et en particulier sur un fait qu'il a été à 
même d'observer à l'hôpital de Brest, le 
docteur Fie uriot conseille remploi de Télcc- 
incité pour combattre les étranglements 
internes ; il s'est servi de l'appareil de 
Gaifife, et plaçait l'un des rhéopbores à 
l'anus ou dans le rectum et l'autre sur 
l'abdomen. {Ihid.) 



Nouveau cas de spîna bifida guéri par 
de* injections. — James Morton, profes- 
seur de clinique chirurgicale à l'hôpital 
royal de Glascow, après avoir cité quatre 
cas de guérison de spina bifida traités par 
l'injection avec la glycérine iodée, deux 
par lui, deux par le docteur Watt, raconte 
le fait suivant : 

Le 22 juin, le docteur Thomas Smith 
me fit appeler auprès d'une petite fille 
âgée de sept semiiines, Christine M..., en- 
fant délicate et portant une tumeur, qui 
datait de la naissance, elle était globuleuse, 
élastique, transparente et non pédonculée ; 
elle présentait la grosseur d'une pêche ; 
son siège, sur la septième vertèbre cervi- 
cale et la première dorsale, réclamait la 
plus grande attention. On me dit que déjà^ 



par une déchirure, s'était écoulé un liquide 
clair. L'ouverture semblait s'être fermée 
depuis, et le liquide s'accumulant dans la 
poche, le gonflement était devenu plus 
considérable que jamais. 

A un hôpital où on avait conduit l'en- 
fant, le'chirurgien consulté n'avait voulu 
rien entreprendre. 

Le 23 juin, la tumeur est ponctionnée 
au moyen d'un fin trocart et par la canule 
s'échappe une grande quantité de liquide ; 
puis on injecte dans la poche une solution 
faible de glycérine iodée, on ferme ensuite 
l'ouverture avec du coUodion. A l'excep- 
tion d'un peu de fièvre, il ne se manifeste 
aucun malaise chez l'enfant, qui s'empresse 
de reprendre le sein après l'opération. Le 
soir elle est un peu agitée, elle ne dort, pas 
de la nuit; le matin, elle devient plus 
calme et s'endort d'un sommeil répara- 
teur. 

Bientôt le liquide s'accumule une se- 
conde fois et montre que l'injection n'a pas 
répondu à mon attente. 

Le 5 juillet, nouvelle ponction et injec- 
tion nouvelle. Cette fois, l'enfant n'en 
éprouve aucun effet fâcheux, elle prend le 
sein et dort selon son habitude. Après l'in- 
jection, beaucoup de sérum et de sang 
étaient sortis par l'ouverture et j'avais eu 
la plus grande peine à la fermer. 

Le 25 juillet, l'état général de l'enfant 
s'est beaucoup amélioré, depuis la dernière 
opération, elle n'a ressenti aucun malaise 
et aujourd'hui qu'elle est complètement 
maîtresse de ses mouvements, elle parait 
en user avec le plus grand plaisir. 

La mère ne l'a jamais vue en si bonne 
sauté. 

La tumeur a diminué graduellement, 
elle est environ du volume d'une grosse 
fraise, et d'une couleur légèrement pour- 
prée. Elle est entièrement solide ; sa sur- 
face est irrégulière, plissée comme un gros 
raisin sec. 

Le 15 août, la guérison persiste. 

Ce cas et les quatre cités en commençant 
sont les seuls où l'on ait employé ce mode 
de traitement, et chez tous, il a été heu- 
reux. Bien qu'en petit nombre, ces succès 
ont une uniformité très-encourageante et 
doivent exciter les médecins à augmenter 
le nombre de ces cures. S'attendre à des 
succès constants serait, je crois, une utopie; 
mais si le succès devient règle et l'échec 
exception ce mode de procéder pourra 
être tenu pour le meilleur que l'on con- 
naisse jusqu'à ce jour dans le traitement de 



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140 



REVUE ANALYTIQUE ET CRITIQUE. 



ce dangereux vice de conformation congé- 
nital. 

(Remiede thérapeut, médico chtrurg.) 



Cinq cas de résection du sternum et 
des côtes. — Le çujet de la première ob- 
servation est un paysan âgé de 55 ans, qui 
était atteint depuis un an d*une tumeur 
dure, pas douloureuse, et siégeant à la 
partie moyenne du sternum, et qui avait 
tellement augmenté en volume dans Tes- 
pacedecinq mois, qu'elle atteif^nait 40 cen- 
timètres de drconférence et!23 de hauteur. 
La peau qui couvrait la tumeur était nor- 
male; la tumeur, fixe et adhérente aux os, 
présentait de la fluctuation sdr quelques 
points. Le professeur Costanzo Mazzoni en 
filTablation réséquant le sternum depuis le 
manubrium jusqu'à Tappendice xipholde^ 
et une partie des deuxième, troisième et 
quatrième cartilages costaux, de façon à ce 
qu'il mit à nu la plèvre du médiastin et le 
péricarde. On voyait ainsi le cœur battre. 
Le pansement consista dans Tapplication 
de charpie trempée dans Thuile phéniquce 
et dans le permanganate de potasse. Sur- 
vint un peu de diarrhée qui fut facilement 
vaincue ; la plaie avait bon aspect et était 
recouverte de granulations ; mais quinze 
jours après ropcralion une pneumonie hy- 
postatique emporta le malade. L'autopsie 
démontra que la plaie était recouverte de 
bourgeons charnus. 

Les autres cas de résection eurent un 
meilleur résultat^ et tous les malades gué- 
rirent. Il s'agissait de la carie d'une partie 
du sternum et de quelques côtes sur des 
individus scrofuleux. L'ablation de Tos 
carié sauva les malades. 

[Bulletin général de thérapeutique,) 



Sur la résection de l'omoplate. — 

M. le docteur Bœckel, dans une communi- 
cation faite le â juillet 1874 à l'assemblée 
générale des médecins du Bas-Rhin, a cité 
deux observations de résection de l'omo- 
plate ; dans Tune, il s'agit de la résection 
de l'acroinion et du tiers externe de l'épine 
de l'omoplate. La guérison était complète 
deux mois après et les mouvements du 
bras étaient parfaitement rétablis au bout 
de six mois. Dans le second fait, il s'agit 
d'une carie de l'omoplate ; on fait une 
résection sous-périostée du scapulum, 
moins la partie articulaire et l'angle infé- 



rieur ; la guérison se fait en deux mois et 
demi. Au bout de trois mois et demi, il y 
avait une régénération osseuse complète, 
et au bout de six, les usages du membre 
étaient revenus. Voici comment-le docteur 
Bœckel s'exprime sur le procédé (opératoire 
employé ; 

I. incisions tégumentaires . — Une pre- 
mière, incision transversale fut pratiquée à 
partir de l'extrémité de l'acromion jusqu'au 
niveau des fistules, c'est-à-dire jusque vers 
le tiers externe de l'épine; puis,, au lieu 
de suivre l'épine dans toute sa longueur, 
comme la plupart des chirurgiens, nous 
nous rapprochâmes du bord supérieur de 
l'os; nous espérions de cette façon mettre 
bien à nu la partie supérieure du scapulum 
et nous mettre à l'abri de l'objejction faite 
à l'incision transversale de Langenbeck, 
Syme, etc., qui découvre mal la fosse sus- 
épineuse. Nous ne nous doutions pas à ce 
moment que la carie pouvait être aussi 
étendue, et nous nous mimes à ruginer 
l'acromion et le commencement de l'épine 
en décollant le muscle sus-scapulaire et le 
périoste de leurs attaches à l'os. Cette ma- 
nœuvre s'exécuta très-facilemeut, grâce aux 
faibles adhérences du périoste. Arrivé près 
du bord spinal, je trouvai cette partie ma- 
lade. Une incision perpendiculaire à la 
première, longeant le bord spinal et allant 
jusqu'à l'os, fut pratiquée sur une étendue 
de quelques centimètres ; mais bientôt il 
fallut la prolonger à cause de la carie qui 
s'étendait plus loin qu'on ne l'avait sup- 
posé au premier abord ; de sorte qu'en dé- 
finitive on eut une incision verticale de 
9 centimètres. 

II. La dénudation de Vos fut alors pour- 
suivie activement : du côté de la fosse 
sus-épincusQ je séparai le muscle jusqu'au 
delà de l'échancrure coracoïdienne, c'est- 
à-dire jusque près de la base de l'apophyse 
coracoïde, sans apercevoir le nerf sus- 
scapulaire ; du côté de la fosse sous-épi- 
neuse les muscles furent détachés jusqu'à 
deux travers de doigt de l'angle inférieur, 
qui était sain ; les fibres inférieures du 
sous-épineux furent sectionnées; les in- 
sertions du grand rond furent entièrement 
respectées. J'essayai ensuite de soulever 
l'omoplate et de ruginer une partie de la 
fosse sous-scapulaire pour passer une scie 
à chaîne et laisser fan^le inférieur de l'os 
dans la plaie. Un certain nombre de fibres 
du sous-scapulâirc furent entamées, puis 
la section de l'os pratiquée. Je pus alors 
saisir l'omoplate, l'attirer hors de la plaie 



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REVUE ANALYTIQUE Ë^ CRITIQUE. 



141 



et achever de la dénuder; cette manœuvre 
se fit aisément et fut poursuivie sur les 
deux laces jusque près de la cavité glé- 
noîd«i. 

IIL Extirpation de Vos. — Les abords 
de la cavité paraissant relativement sains, 
on passa la scie à chaîne à travers Téchan- 



crure coracoîdienne et on fit la section du 
col. A ce moment, Partère sus-scapulaire 
donna un fort jet, et on eut quelque peine 
à la saisir; mais au bout d'un certain temps 
ou parvint néanmoins à la lier.' On termina 
l'amputation par la section des ligaments 
acromio-claviculaires. . {Ibid») 



Chimie médicale et pharmaceutique. 



Transformation de la matière colo- 
rante jaune de Turine en uroérythrine. 
— Dans une des dernières séances de la 
Société de biologie, M. Rabuteau a t;om- 
muniqué les résultats suivants sur la ma- 
tière colorante de Turinc normale. D'a- 
près Thudicum, celte matière colorante 
serait constituée par Turochrome. Sous 
rînfluence des oxydants, elle devient 
rouge de jaune qu'elle était et se tràns* 
forme en uroérythrine. iM. Rabuteau a 
constaté également cette transformation 
sous rinfluence des oxydants. Le point 
spécial sur lequel Tauteur a insisté, c'est, 
en premier lieu, Textraction de ruroéry- 
thrine, et en second lieu la métamorphose 
de cette matière en urochrouie, sous Pin- 
flucnce des agents réducteurs. Pour ex- 
traire Turoérythrine, il ajoute d'abord 
un acide, comme s'il voulait doser Tacide 
nrique, des uratcs. L'urine devient rouge 
peu à peu au contact de Pair. Au bout de 
un à deux jours^ l'urine -est complètement 
rouge, il l'agite alors avec de l'alcool amy- 
lique, qui s'empare de l'uroérythrine, et 
vient à la surface de l'urine. En agitant 
ainsi deux à trois fois l'urine avec de l'al- 
cool amylique, on finit par séparer com- 
plètement Turoérythrine. En évaporant 
:ia bain-marie la solution d'érythrinc dans 
Kalcool amylique, on obtient une sub- 
stance rouge qui, sous l'influence des ré- 
ducteurs, se comporte de la manière sui- 
vante : lorsqu'on la traite par l'hydrogène 
naissant, par exemple lorsqu'on la met 
dans l'eau avec du zinc et de l'acide chlo- 
rhydrique, ou avec de l'amalgame .de so- 
dium, elle devient peu à peu jaune, puis 
tout à fait incolore. Les alcalis, les carbo- 
nates alcalins et notamment le carbonate 
d'ammoniaque^ la ramènent à la couleur 
jaune plus ou moins normale de l'urine. 
Réclproquemejit, lorsqu'on la traite par 
des oxydants, la matière colorante ainsi 
modifiée, ou simplement si on l'abandonne 



à l'air, elle redevient rouge et l'acide 
plombique au contact de l'acide chlorhy- 
drique produit cet effet. Le chlore em- 
ployé en très-faible quantité produit le 
même résultat, mais, employé en excès il 
détermine une décoloration complète. Ces 
données nous expliquent différents chan- 
gements de couleur qu'éprouve l'urine 
normale abandonnée à elle-même. Elle 
rougit d'abord peu à peu au contact de 
l'air (transformation de l'urochrome ea 
uroérythrine) puis au bout de quelques 
jours, lorsqu'elle se putréfie, elle devient 
jaunâtre, pâle (modification éprouvée par 
l'uroérythrine sous l'influence du carbo- 
nate d'ammoniaque qui provient de la dé- 
composition de l'urée.) 

(Journal des connaiss. médic, pratiq,) 



Sur la présence de la deztrine dans 
l'urine; par M. E. REICHARDT. — Sous 
l'influence des eaux alcalines (Vichy, Vais, 
Carlsbad), le sucre disparait totalement de 
de l'urine des diabétiques, mais ce liquide 
n'en persiste pas moins à agir comme agent 
réducteur, très lent et très faible à la 
vérité, sur la liqueur de Fehling. M. Rei- 
chardt, d'Iéna, s'est assuré, dans ce cas, 
de la présence d'une petite quantité de 
dextrine ; voici le procédé qu'il a suivi 
pour eu donner la prouve. L'urine est 
évaporée au bain-marie en consistance 
sirupeuse; W résidu est additionné d'alcool 
et de potasse caustique, comme dans le 
cas de la recherche du sucre ; il se fait uu 
dépôt dout on sépare facilement le liquide 
qui surnage. Ce dépôt est lavé à plusieurs 
reprises avec de Talcool absolu, puis traité 
par de l'acide acétique étendu qui le dis- 
sout. 

Un second traitement par l'alcool absolu 
précipite de nouveau la dextrine ; l'acétate 
alcalin et le sucre (s'il en existait quelques 
traces) restent en solution. Bien lavé à 



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1^ 



REVUE ANALYTIQUE ET CRITIQUE. 



Talcool, puis desséché, le précipité devient 
une poudre blanche, insipide, soluble dans 
Teau ; sa solution aqueuse n^agit qu'avec 
une extrême lenteur sur le réactif Trora- 
mer; Tacide sulfurique très-étendu la 
transforme en glycose dont l'action sur le 
réactif de Trommer est immédiate. Cette 
poudre prend au contact de Tiode une 
coloration rouge brune. L'analyse élémen- 
taire a donné des résultats qui ne diffèrent 
pas sensiblement de ceux de la dextrinc 
C**H*«0" ou d^i glycogène. 

[L'auteur ne dit rien de l'action de cette 
matière sur la lumière polarisée.] 

(Journal de pharmacie et de chimie,) 



Production spontanée de cristaux 
dans les œufs sans développement d'or- 
ganismes ; par M. GAYON. — J'ai exa- 
miné des œufs qui n'avaient éprouvé 
aucune des altérations qu'on observe ordi- 
nairement (moisissures, fermentation pu- 
tride et fermentation acide) et qui cepen- 
dant n'étaient point restés sains. Une mo- 
dification spéciale s'était produite, sans que 
j'aie pu en saisir la cause, sur quelques- 
uns seulement des œufs, brouillés ou non, 
mis en expérience à la température de ^^°. 
La masse décomposée a une teinte jaune 
sale, une odeur de matières animales 
sèches, une grande fluidité, malgré les 
aiguilles cristallines qu'elle renferme en 
grand nombre et malgré les particules 
solides qui proviennent de la désagrégation 
du vitellus. 

Je n'ai pu découvrir trace d'organismes 
microscopiques, ni dans l'intérieur^ ni à la 
surface, ni dans l'épaisseur des membra- 
nes. 

Ce qui est surtout caractéristique, c'est 
la formation de gros mamelons blancs, 
pouvant atteindre 2 et 3 millimètres de 
diamètre, et constitués par des faisceaux 
de fines aiguilles cristallines. Ces mame- 
lons sont nombreux sur toute la surface 
interne ou externe de la membrane de la 
coque ; ils adhèrent fortement aux points 
où ils se sont formés ; les plus gros sont 
sur les parois de la chambre à air, et, en 
général, partout où l'air extérieur parait 
avoir le plus facile accès. 

A Paspect microscopique et aux réactions 
qu'ils donnent, ou reconnaît qu'ils sont en 
grande partie formés de tyrosine, mêlée à 
un peu d'albumine. 

Si l'on écrase l'un d'eux sur une lame de 
verre, il se décompose en faisceaux rayon- 



nés de fines aiguilles, ayant chacun la 
forme de petits secteurs dentelés sur les 
bords, opposés le plus souvent deux à deux 
par leurs sommets, et quelquefois groupés 
en étoiles. A côté d'eux, on voit des débris 
amorphes d'albumine solidifiée. 

Ces cristaux sont très-peu solubles dans 
Peau froide, solubles dans l'eau bouillante, 
où ils se séparent des matières albumineu- 
ses, insolubles dans l'alcool et dans l'éther, 
mais solubles aisément dans les acides et 
les alcalis. 

Les réactions suivantes, qui sont carac- 
téristiques de la tyrosine, ont parfaitement 
réussi : 

i^ La dissolution jaune orange, obtenue 
avec l'acide azotique, donne, par une éva- 
poration ménagée, un résidu qui se colore 
en brun rouge foncé par les alcalis 
(Schérer). 

2° Une dissolution bouillante dans l'eau 
donne avec l'azotate neutre de mercure un 
précipité blanc jaunâtre, qui se transforme 
en rouge foncé par l'addition goutte à 
goutte d'aciJe azotique fumant; il faut 
faire bouillir de nouveau après chaque 
goutte (Meyer). 

5<* Une dissolution dans l'acide sulfuri- 
que concentré, produite à une douce cha- 
leur, prend une couleur rouge passagère ; 
le liquide, étendu d'eau, neutralisé par la 
craie ou le carbonate de baryte, filtré et 
concentré, donne avec le perchlorurc de 
fer une coloration violette (Piria). 

Dans le dédoublement des matières albu- 
minoîdes, la tyrosine étant généralement 
accompagnée de leucine, j'ai cherché si 
ces deux produits existaient à la fois dans 
la masse décomposée. Pour cela, j'ai opéré 
de la manière suivante. 

Le contenu de l'œuf a été épuisé par 
l'alcool bouillant, qui devait dissoudre 
toute la leucine, puis par l'éther, pour sé- 
parer ce qui restait de matières grasses, et 
enfin par une dissolution aqueuse d'ammo- 
niaque, qui a dissous la tyrosine. Et en 
effet, par l'évaporation lente de cette der- 
nière liqueur après filtration, j'ai obtenu 
des cristaux blancs de tyrosine. 

L'extrait alcoolique filtré, de couleur 
rouge, a été évaporé ; le résidu traité par 
l'éther a été repris par l'alcool bouillant. 
Après filtration nouvelle et évaporation 
lente, il s'est déposé des cristaux blancs 
jaunâtres, dont la forme est celle des cris- 
taux de leucine : ce sont de- petites masses 
granuleuses, sphéroïdes, qui au microscope 
ressemblent à des cellules adipeuses ; sur 



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leurs bords seulement on voit leur consti- 
tulion crislalline. 

J*ai obtenu, d'ailleurs, avec elles les 
principales réactions de la leucine : 

4*»"En chauffant avec précaution ces cris- 
taux dans un tube de verre ouvert aux 
deux bouts, ils se volatilisent sans fondre, 
en donnant des flocons blancs très-légers, 
dont les uns se déposent sur les parois 
froides du tube, et les autres, entraînés 
par le courant d'air, vojtigent dans Pat- 
niosphère. 

2<> Evaporés avec soin sur une lame de 
platine avec de Tacide azotique^ ils laissent 
un résidu incolore qui, traité par une 
goutte de lessive de soude, se dissout faci- 
lement; en concentrant doucement la li- 
queur, il se forme une goutte oléagineuse, 
très-mobile et ne mouillant pas la lame de 
platine (Schérer). 

Les quantités de lyrosine et de leucine 
obtenues dans ces circonstances sont beau- 
coup plus grandes que dans la putréfac- 
tion. Il y a donc là une curieuse transfor- 
mation de Talbumine de Tœuf^ qui rappelle 
celle que M. Schûtzenbergcr a constatée 
pour les matières protéiques insolubles de 
la levure de bière, lorsque celle-ci con- 
tinue sa vie à ses propres dépens, sans 
putréfaction. 

Le poids des matières grasses extraites 
par Péther est inférieur à celui que donne 
un œuf sain ou un œuf pourri. Au lieu de 
4t grammes, poids minimum que ces der- 
niers œufs m'ont donné, j'ai trouvé dans 
deux cas les nombres 2gr.,59 etOgr.,85. 
Le traitement présente une particularité 
que je n'ai pas remarquée avec les autres 
œufs. En agitant la matière avec l'éther, 
tout se prend en une masse gélatineuse 
jaunâtre, et parle repos l'éther ne se sépare 
qu'avec une extrême lenteur ; au contraire, 
avec les œufs sains, par exemple, il se 
forme en peu de temps une couche trans- 
parente au-dessus de la masse insoluble 
qui se réunit au fond du vase. 

Ou pourrait croire, en voyant les ma- 
melons qui grossissent sur les membranes, 
en présence de l'air, que l'altération pré- 
cédente doit ses principales modifications 
à l'action de l'oxygène atmosphérique. 
Toutefois ce dernier agent pourrait n'être 
point du tout nécessaire, car j'ai obtenu 
des cristaux de tyrosine dans un tube où 
j^avais enferme un œuf avec une quantité 
très limitée d'air. La cristallisation de la 
tyrosine sur les membranes s'expliquerait 
alors par sa faible solubilité. (Ihid,) 



Sur les oaraotéres du glyooooUe ; par 
M. ENGEL. — Le glycocolle se reconnaît 
à trois caractères : 

l*' Bouilli avec une solution concentrée 
de potasse ou de baryte, le glycocolle don- 
nerait une coloration rouge de sang. 

Cette réaction ne permettrait pas, d'a- 
près certains auteurs, de confondre le gly- 
cocolle avec beaucoup d'autres substances ; 
néanmoins je n'ai jamais pu la reproduire. 

Les deux autres réactions, citées dans 
les traités de chimie, ne suffisent pas pour 
caractériser le glycocolle. Ces réactions 
sont les suivantes : 

2» Le glycocolle, traité par du sulfate 
de cuivre, puis par de la potasse, empêche 
la précipitation de l'oxyde de cuivre. On 
obtient; dans ce cas, une belle coloration 
bleue. Ce fait est attribué à Horsford ; 
liiais i\l. Boussingault avait antérieurement 
constaté que le glycocolle dissout Toxyde 
de cuivre et avait donné la formule du 
glycocollate de cuivre. 

3» Le glycocolle réduit à froid et mieux 
à chaud Tazotate mercureux. 

A ces deux dernières réactions, j'ajou- 
terai les deux suivantes. Isolée, chacune 
de ces réactions ne prouve pas que le 
corps qui la donne est du glycocolle, mais 
l'ensemble des quatre me parait tout à fait 
caractéristique de cette substance. 

i'» Le glycocolle donne, avec le per- 
chlorure de fer, une coloration rouge in- 
tense. L'acide acétamique se comporte 
donc avec le perchlorure de fer, comme 
les acides alcalins. Cette coloration dispa- 
raît sous l'influence des acides ; elle re- 
paraît lorsqu'on neutralise avec précau- 
tion, par de l'ammoniaque, Tacide ajouté. 

t'* On sait que, lorsqu'on traite l'aniline 
par un peu de phénol, puis par un excès 
îl'hypochlorite de sodium, on obtient une 
belle coloration bleue. M. Jacquemin a 
constaté que l'ammoniaque se comporte 
en présence du phénol et d'un excès d'hy- 
pochloritc comme l'aniline. Ce fait avait 
déjà été signalé par Al. Berthelot {Réper- 
toire de chimie appliquée, p. 28 1, 1859). 
La coloration obtenue avec Taniline est in- 
finiment plus intense. D'une façon géné- 
rale, l'ammoniaque, la méthylamine, Té- 
thylamine (Jacquemin), la phénylamine 
donnent, lorsqu'on les traite par du phénol 
et un excès d'hypochlorite. une coloration 
verte ou bleue. Or les glycocolies sont à 
la fois des aminés et des acides: aussi 
suffit-il de traiter un peu de glycocolle en 
.solution par une goutte de phénol, et d'à- 



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jouter au mélange de rhypochlorite de so- 
dium pour obtenir, après quelques ins- 
tantS; une belle coloration bleue. 

Ces quatre réactions sont du reste très- 
sensibles. Il m'a suffi de dissoudre 25 mil- 
ligrammes de glycocolle dans 8 centimè- 
tres cubes d*eau, et de diviser cette solu- 
tion en quatre parties égales, pour obtenir 
les quatre réactions dont j*ai parlé. Les 
phénomènes de coloration étaient très- 
intensçs et la réduction de Tazotate nier- 
curcux très- nette ; on pourrait donc carac- 
tériser une quantité beaucoup moindre de 
glycocolle en opérant sur quelques gouttes 
seulement, au lieu d'employer pour chaque 
réaction 2 centimètres cubes de la solution, 
comme je Tai fait. (Ibid.) 



Sur «lael^ues réactions peu oonnues 
des matières sucrées; par M. VIDAU, 

pharmacien-major. — - Le réactif que j'ai 
employé est un mélange à parties égales 
d'acide chlorhydrique du commerce et 
d'une huile grasse (sésamc, ricin, œillettes, 
arachides^ olives, colza, amandes douces, 
foie de morue, et.).' Voici de quelle façon 
j*ai été conduit à me servir de ces mélan- 
ges. J'avais à examiner une série d'échan- 
tillons d'huiles de diverses provenances 
vendues à Batna, sous le nom d*huile de 
table, et même fournies à Thôpital. On 
appliqua à ces produits les moyens de re- 
connaissance indiqués par M. Massie, phar- 
macien principal de l'armée, et insérés au 
Journal de pharmacie et de chimie; la plu- 
part des huiles donnaient avec l'acide azo- 
tique une coloration jaune orange, l'acide 
lui-même était coloré d'abord en vert, puis 
eu jaune ; par addition de mercure métal - 
Hque la coloration jaune orange persistait, 
et la solidification se produisait après deux 
heures environ. Ces caractères appartien- 
nent à rhuile de sésame. 

Pour plus de certitude, on tenta l'essai 
d'une réaction due à M. Camoin, et que 
M. Choulette a rapportée dans ses Observa- 
tions pratiques de chimie et de pharmacie 
(1" fascicule, p. 130, G.' Baillière, 1860). 

«... Ce procédé repose sur l'action ca- 
ractéristique que l'acide chlorhydrique 
mélangé d'une petite quantité de sucre 
exerce sur Thuile de sésame. Voici en quoi 
il consiste ': on fait dissoudre à froid 2 par- 
lies de sucre de canne dans 100 parties 
d'acide chlorhydrique à 23 ou ^4o, et l'on 
verse dans un tube fermé de 0™, 01 5 de 
diamètre parties égales de cet acide sucré 



et de l'huile à essayer. On agite en fermant 
l'orifice du tube avec le pouce ; au bout 
d'un temps très-court (une ou deux mi- 
nutes), l'huile de sésame est dévoilée 
par la couleur rose que le mélange ac- 
quiert..., etc. » 

L'opération effectuée dans les conditions 
ci-dessus relatées réussit parfaitement, et 
l'on demeura convaincu que les huiles 
commerciales examinées étaient pour la 
plupart extraites des semences du sésame. 
Cette action de l'acide chlorhydrique 
sucré sur une huile, grasse fit penser que 
réciproquement une matière sucrée, même 
en faible quantité, pourrait être décelée 
par un mélange d'acide chlorhydrique et 
d'une huile déterminée. On fit alors les ex- 
périences suivantes; toutefois, avant de 
les décrire, il convient d'expliquer exacte- 
ment, dans quelles conditions on s'est tou- 
jours placé. 

\^ Une huile quelconque, mélangée à 
un volume égal d'acide chlorhydrique du 
commerce, a été introduite dans un petit 
tube fermé (tube ordinaire à expériences). 
On a agité fortement pendant quelques 
instants, on a chauffé jusqu'à ébullition 
de la liqueur acide, puis après repos et sé- 
paration des deux couches liquides, on a 
noté la couleur de l'acide se déposant à la 
partie inférieure du tube. 

2" Les conditions de l'expérience restant 
les mêmes, on a ajouté au mélange précé- 
dent une quantité déterminée de sucr^, de 
canne ou de sucre interverti (i centimètre 
cube de solutions à divers titres), et de 
même quç précédemment, on a noté les 
colorations obtenues. 

3<* Les solutions de sucre de canne ont 
été préparées avec du sucre candi blanc 
et bien cristallisé; i centimètre cube de 
chacune d'ellf's représente 1 centigramme, 
i demi centigramme, 1 milligramme ou 
1 dix-milligramme de matière active. Les 
solutions de sucre interverti ont été pré- 
parées avec le même sucre candi que l'on 
a traité par son poids d'acide chlorhy- 
drique additionné de iOO parties d'eau en- 
viron, et que l'on a fait bouillir pendant 
- un quart d'heure. Elles contiennent i/lOO, 
1/1,000, 1/4,000 1/10,000 de leur poids 
de sucre de canne (interverti). 

Voici quels ont 'été les résultats ob- 
tenus : 

I. Expériences préliininaires. — A = 
HCL-|- sucre interverti Ogr.,01 (1 centi- 
mètre cube de solution au 1/100). Pas de 
changement de coloration h froid. — B = 



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HCL-Hsucre interverti Oiir. «01 . Coloration 
jaune à cliaiui. — C==HCL -f- sucre inler- 
vcrli Ogr.,001 . Pas de cliangeinent de co- 
loration à chaud. 

H. Expériences avec l'Imile de sésame. 
— I» A=HCL-Hhuile de sésame à chaud. 
Légère leinle jaune chamois du h'quide 
acide qui occupe la partie inférieure du 
tube. — 2» Les mêmes réactifs + Ogr., 01 
de sucre interverti (i centimètre cube de 
solution au 1/100). Coloration rosé se pro- 
duisant rapidement, même à froid, cl de- 
veoant rouge cerise au bout d*un certain 
temps. 

3** Les mêmes réactifs additionnés de 
Ogr.,001 et même de Ogr.,005 de sucfe 
interverti. ColoruUon rose caractéristique. 
Avec Ogr.,0001 de sucre interverti, colo- 
ration rose encore visible. 

4*» Les mêmes réactifs -4- Ogr,Oi ou 
même Ogr.,0 li de sucre de canne. La co- 
loration Tfise ne tarde pas à se manifester. 
5*» Les mêmes réactifs -t- Ogr.,001 de 
sucre, interverti dissous dans 1°° d*urine 
normale. La coloration rose violacée se 
produit rapidement. 

liL Expériences avec les huiles de ricin, 
d'œillettes, d'arachides , d'olive, de colza, 
d'amandes douces et de foie de morue, — 
Les mêmes réactifs additionnés de Ogr.,Oi 
de sucre interverti donnent les résultats 
suivants : 1® très-belle coloration jaune 
orange avec V huile de ricin; 2" coloration 
jaune britn avec V huile d'œilletUs; 3° colo- 
ration yat«n« très intensi' s\ec V huile d'a- 
rachides; 4** coloration yaune orange avec 
ïUiiilf d'olive; 5" coloration brune très- 
foncée avec V huile de colza; 6** coloration 
jaune orange avec Vhuile d'amandes dou- 
ces; 7f coloration brtme avec Vhuile de foie 
de tnorue. 

11 résulte de ces faits qu*un mélange à 
parties égales diacide chlorhydrique et 
d^une huile grasse et spécialement d'huile 
de sésame^ peut être considéré comme un 
réactif des * matières sucrées (sucré de 
canne, glucose, lévulose^ miel^ etc.). L'ac- 
tion est plus sensible avec le sucre inter- 
verti qu*avec le sucre de canne; celui-ci, 
du reste, chauiTc avec Tacide chlorhy- 
drique dans les conditions de Texpérience, 
doit se transformer au uiQins partiellement 
en sucre interverti. 

Les colorations jaune, orange, marron, 
etc., que l'on obtient avec les huiles au- 
tres que rhuile de sésame, paraissent d'a- 
bord ducs à faction de Tacidc sur la solu- 
tion sucrée chaude, mais elles sont ren- 



dues beaucoup plus sensibles par la pré- 
sence de la matière grasse qui déleriiiine 
dans les nuances de notables et avanta- 
geuses modifications. 

Enfin, on a cru utile de fixer approxi- 
mativement la limite de sensibilité du ré- 
actif aci'ie chlorhydrique et huile de sé- 
same. La teinte rose du liquide acide est 
très rapidement visible lorsque Ton se sert 
d'une solution (i^*' contenant 2 déci- 
grammes de sucre interverti par litre ; 
elle peut encore être constatée avec des 
solutions extrêmement étendues au 
4/10,000 et même au 1/20,000 (l»" d'une 
liqueur contenant un décigramme et 
5 centigrammes de sucre interverti pour 
4,0(iO««). On ne saurait trop recommander 
d'opérer comparativement en se servant 
de mélanges d'huile de sésame et d'acide 
chlorhydrique pur, puis additionné d'une 
dose de sucre de plus en plus minime. 

i/6/rf.) 



Sur la glycérine oristallîsée ; par 
M. HENiNLNGER. ~ La glycérine pure, 
d'après M. Henninger, peut être refroidie 
pendant quelques heures à — 20<> sans se 
solidih'er ; à cette température, elle est tel- 
lement visqueuse qu'on- peut retourner le 
vase sans qu'elle s'en écoule. Si, dans la 
glycérine ainsi refroidie, on introduit une 
petite parcelle de glycérine cristallisée, la 
solidification commence aussitôt, mais elle 
a lieu si lentement qu'elle n'est pas com- 
plète au bout de plusieurs heures, même 
si l'on n'opère que sur une dizaine de 
grammes de luatière. La cristallisation se 
fait plus vite si Ton refroidit simplement 
avec de Teau glacée, mais elle exige en- 
core des heures entières pour s'achever. 
Ce phénomène est dû à la viscosité de la. 
glycérine. Pendant la solidification de la 
glycérine dans l'eau glacée, on observe la 
formation de petits cristaux magnifiques, 
transparents et très brillants, qui restent 
suspendus longtemps dans la masse li- 
quide. Ces cristaux, qui sont tous hémiè- 
dres, appartiennent probablement au type 
orthorhumbique; ce sont des combinaisons 
du prisme m avec le tétraèdre .1 /là 6 1/2. 
Les cristaux plus grands sont presque tou- 
jours maclés et offrent des combinaisons 
plus complexes; on y trouve rarement des 
formes hémièdres. Le point de fusion de la 
glycérine solide est situé entre -h 17 et 18", 
et son point d'ébullition à 179-180° sous 
une pression de 20 millimètres. 

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La glycérine qui a servi aux expé- 
riences de M. Hennin^cr avait été purifiée* 
par deux dislillations dans le vide* {Ihid.) 



Sur la solubilité du nitrate de soude 
et sa oombinaison avec l'eau ; par 
M. DITTE. — Une dissolution saturée à 
zéro renferme 66,7 parties de nitrate de 
soude pour 100 d'eau; comme elle ne dé- 
pose rien entre zéro et — 45", elle con- 
serve dans cet intervalle une composition 
constante. Refroidie à — l^", et mise eu 
coniact avec un excès de nitrate cristal- 
lisé, elle n'en dissout ni n'en dépose, et la 
liqueur, séparée des cristaux, se comporte 
exactement comme la dissolution saturée 
à zéro. 

Ainsi, une dissolution de nitrate de 
soude, saturée à zéro, ne se comporte pas 
comme une dissolution quand on la refroi- 
dit; elle ne change pas de composition 
quand la température s'abaisse et ne con- 
tient cependant pas de nitrate en sursa- 
turation ni d'eau en surfusion Qnand elle 
se solidifh), les cristaux qu'elle donne sont 
bien diiTiirents de ceux du nitrate de soude 
ordinaire; enfin ceux-ci présentent un 
point de fusion constant, caractère qui 
n'appartient qu'aux combinaisons définies. 
Au contact d'un excès de nitrate de soude, 
l'eau à zéro s'y est entièrement combinée, 
et Ton est alors en présence, non plus 
d'une dissolution, mais d'un hydrate de 
nitrate de soude, liquide entre zéro et — 
4 5", 7, solide au-dessous de cette dernière 
limite. Cet hydrate contient, dans 100 par- 
ties^ 40,01 de nitrate et 59,99 d'eau ; sa 
composition répond à la formule AzO\ 
NaO,14HO. La densité de cet hydrate a 
l'état liquide est 4,557 à zéro. 

Au-dessus de zéro la solubilité du.nitrate 
de soude varie régulièrement, sans rien 
olFrîr de remarquable. 100 parties d'eau 
dissolvent 66^)9 parties de nitrate de 
soude à 0» — 75,65 à 8° — 80,60 à 45*> 
— 83,62 à 18o -^ 90,53 à 26» - 99,39 à 
36» - 413,63 à 54*>et 125,07 à 68". 

Ainsi donc le nitrate de soude peut, 
commO celui de lithine (celui-ci au-dessous 
de 4- jO"), se combiner avec l'eau à basse 
température. Le nitrate de potasse ne pré- 
sente rien de semblable j sa dissolution, 
saturée à zéro, ne contient, pour 100 
d'eau, que 13,3 de sel (Gay-Lussac). 
Quand on la refroidit, elle se remplit d'ai- 
guilles qui présentent la forme ordinaire 
des cristaux de nitrate de potasse. 



Si l'on plonge dans un même mélange 
réfrigérant à — 13 ou 14«, deux tubes 
contenant des solutions saturées à zéro, 
Tune de nitrate de soude,* l'autre de nitrate 
de potasse^ celte dernière est devenue au 
bout de quelques instants, une masse so- 
lide, dure et compacte, tandis que l'autre 
reste liquide, malgré l'agitation cl la pré- 
sence de cristaux de nitrate de soiide dans 
le tube qui la contient. Le point de fusion 
de l'hydrate AzO^NaO,UHO étant infé- 
rieur à la température du mélange réfri- 
gérant employé, il reste liquide dans ces 
circonstances. {Ibid.) 



Sur le bromhydrate neutre d'ésérine ; 
par M. DUQUESîNEL. — L'ésérine, prin- 
cipe actif de la fève de Calabar. découvert 
par M. A. Vée. constitue un alcaloïde qui 
se combine facilement avec les acides. Les 
sels qu'elle forme sont généralement in- 
cristallisables et de plus très-hygrométri- 
ques ; un seul, jusqu'à présent, fait, ex- 
ception : c'est le bromhydrate d'ésérine. 

Le sulfate neutre d'ésf rine, qui est le 
seul sel employé aujourd'hui par les ocu- 
listes, se présente sous la forme de masses 
jaunâtres, quelquefois ronges, mais que 
l'on potirrait obtenir incolores si l'on par- 
venait à éviter complètement l'action oxy- 
dante «le l'air qui transforme l'ésérineen une 
matière rouge cristallisable, ntais inerte. 

Après avoir employé plusieurs acides, 
tels que l'acide chlorhydriquje', l'acide oxa- 
lique, qui ne donnent pas de meilleurs ré- 
sultats que l'acide sulfurique, AL Duques- 
nel a essayé l'acide bromhydrique, qui 
fournit lentement, il est vrai, mais régu- 
lièrement des cristaux groupés en étoiles 
et des croates cristallines fibreuses. Ce sel 
est encore un peu coloré, mais il donne 
cependant des solutions presque incolores, 
surtout si Ton emploie de reaii distillée 
bouillie, légèrement additionnée de glycé- 
rine' qui assure sa conservation. 

Les avantages du nouveau sel sont de 
pouvoir cristalliser, d'être parfaitement so- 
lubie dans l'eau en donnant une solution 
neutre, de se conserver parfaitement à 
l'air même humide. 

Il jouit, du reste, comme tous les sels 
d'ésérine, de la propriété de contracter la 
pupille. {Ibid.) 



Action de l'aoîde iodhydrîque sur l'a- 
oide saatonîque : Métasantonîne ; par 



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REVUE ANALYTIQUE ET CRITIQUE. 147 

MM. CANNIZZARO et AMATO. ~ Lors- Hist.. nat. médicale et pharm. 

qu*aa sonihnet Tacidc santonique à racliun — 

(ie Tacide ioribydriqiie bouillant dans un Sur l'yaupon ou thé de la Caroline ; 

appareil muni d'un rcfrij^éraut ascimdant, par M. SMITH. — L'yaupon est le nom 

on obtient une matière builcuse qui est un indien des fculiles de VIlex cassina. L'yati- 

mélange d'un hydrocarbure et d'un iodure pon mélangé avec les feuilles d'autres 

et dont la séparation présente de grandes espèces de la même fsmWU ilfex vomiUn'ia, 

difficultés. En distillant celte matière Jiui- ^« acton et /. dahoon^, formait la base de la 

leuse, rbydrocarbure passe entre HO et fameuse liqueur noire des Indiens, qui 

Ui^el l'iodure en|re 143 et 145», sous la l'employaient comme médicament et dans 

pression de 5™°». L'hydrocarbure est re- ci'rlaints cérémonies religieuses pour puri- 

présenté par la formule C^*H" ; il paraît fier leur corps. Elle agissait comme émé- 

étre mélangé avec une petite quantité de tique., qon à cause dt; la présence d'un 

C*"H". L'iodure contient C^^H"!. Ce ré- principe actif particulier, mais par suite 

sultat présente un intérêt réel; il est eu- de l'ingestion fréquemment répétée pen- 

rieux de voir l'acide santonique se trans- ^'&nt deux ou trois jours de grandes quan- 

former en un hydrocarbure et en un li*ês de ce liquide. On sait que l'infusion 

iodure contenant le même nombre d'équi- concentrée de thé noir produit quelquefois 

Talents de carbone. Les auteurs se propo- ^^ même ciTet, dans des circonstances sem- 

sent du reste de poursuivre ces recherches, blables. Vltex cassina croît le long des 

Quand on fait bouillir pendant deux côtes du sud des Etals- Unis, depuis la Flo- 

jours dans un ballon surmoulé d'un ap- ride jusqu'à la Caroline du Nord ; il ne se 

pareil réfrigérant 3i5 grammes d'acide renconlre pas dans l'intérieur des terres, 

santonique, 755 grammes de solulion D'après les analyse^ de M. Smith, les 

aqueuse d'acide iodhydrique (bouillant à feuilles de V/lex cassina contiennent :. 

127®) avec du phosphore rouge il se forme Huile volatile , . . . . o,OH 

un nouveau composé, la métasantonine, ^'''*! ^^ graisse 0,466 

Pour la séparer, on filtre le liquide acide ciX'ophyUe'. '.'.'.['.'.'.'.[ ilîSÎ 

contenu dans le ballon, on le distille au Caféine (iheine) • ^ . oJ2i 

quart de son volume et on le neuiralise Acide launique 2.409 

par 1. ca.bona.c de ,oude. On obtient ""e'ÔMr."LrLf?t''„^''''"' ''"': 4,«« 

amsi une substance d apparence cristalline Maiièreexiiaciive insoluble dans l'alcool 

qui était évidemujent dissoute dans la so- (gomme pectine, eic ) 8/24f 

luliou acide. La métasantonine cristallise ^l^/'ère exiraclive soluble dans l'eau et 

, „ , , r 1 ' ./.^ « dans l alcool 10,149 

en prismes dans 1 alcool, fond a 160», 5, Amidon, péciose. etc. ... . . . 1o;277 

distille entre 258:240"^ est peu soluble Muiiéi-e azotée insoluble dans l'eau (pro* 

dans l'eau froide, assez soluble dans l'eau b«^blem.ni léguraine combinée avec 

bouillante, très-soluble dans l'alcool et Malîèie^l^euT^".^ .' ! ! ! .' * .' .14*854 

l'élher. Sa formule, C'*'H'*0% est la même Eau. 7,5d5 

que celle de la santonine, mais' ces deux Ceudres • 3,935 

composés diffèrent l'un de l'autre par 101.989 

leurs caractères physiques et chimiques. L'huile, volatile possède une odeur très- 

(Ibid.) agréable, légèrement tabacée, tenant aussi 

—— — — de celle du thé ; elle est soluble dans l'eau. 

Action de l'aloool méihylique sur Une quantité infinitésimale d'essence suffit 

le chlorhydrate d'ammoniaque; par P^"*" donner un parfum agréable à une 

M. WEITH. - L'alcool méihylique, en Proportion d'eau considérable. La quantité 

réagissait sur le chlorhydrate d'aniline, ^^ caféine n^est pas considérable ; elle est 

produit la dimélbylâniline, et M. Ber- » P^" P'ès égale à . celle qui se trouve 

thelot a observé la formation de la mélhy- ^*"s le thé du Paraguay (Ikx para- 

lamine en chauflfanl cet alcool avec le ^"«y^***) qui en contient, suivant Sten- 

chlorhydrate d'ammoniaque. L'auteur a house, 43 centigrammes pour i 00, tandis 

traité ce sel par un excès d'alcool mélhy- q"® '« ^^^ ordinaire en renferme 2,5 à 6 

lique pendant dix heures, à la température P*^"*' *^^- ^^ quantité d'acide tanniquc 

de 280-â85«>, et il a obtenu de la trimé- q"* ^8"^® ci-dessus est celle qui se trouve 

tbylamine et du chlorure de télraméthy- dissoute par l'éllier; une portion reste 

laœmoniura. {Ibid.i ^^^^ *® résidu insoluble, probablement 

_^^.^_^ combiné avec la légumine. 



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148 



REVUE ANALYTIQUE ET CRITIQUE. 



L'yanpon est employé par certains ha- 
bitants du sud des Etats Unis, comme sti- 
mulant pour remplacer les boissons éni- 
vranles; on dit même qu'il est recherché 
des buveurs désireux de se corriger de 
leur passion pour les liqueurs fortes. 
(Journal de pharmacie et de chimie.) 



raliiiil«ationi»9 etc. 

Une falsifioation de. Tessenoe de gi- 
rofle ; par M. ,E JACQUEMIN, professeur 
de chimie à 1 École de pharmacie de Nancy. 
— Aux falsifications ordinaires des huiles 
essentielles, Tessence de girofle en joint 
une particulière que Ton a quelquefois re- 
marquée dans le commerce de droguerie 
d'Allemagne : on la mélange de phénol 
dont Todeur, lorsqu'il est suffisamment 
pur, est fort bien dissimulée par celle de 
girofle. 

y\, Flûckiger a indiqué le procédé sui- 
vant pour reconnaître cette fraude. On 
agite â à 10 grammes de Tessence à exa- 
miner avec cinquante ou cent fois son vo- 
lume d'eau chaude ; on décante après re- 
froidissement, et Ton concentre ce liquide 
à une douce chaleur pour le traiter, lors- 
qu'il est réduit à quelques centimètres 
cubes, par une. goutte d'ammoniaque et 
une pincée de chlorure de chaux .qu'on 
laisse tomber à la surface. Si l'essence con- 
tient du phénol, la liqueur agitée prendra 
une couleur verte, puis bl^u fixe, stable 
pendant plusieurs jours, tandis que pure 
elle ne donne pas de coloration. 

Le procédé de M. Flûckiger repose sur 
la découverte, faite par M. Berthrlol, de 
la propriété que possède le phénol ammo- 
niacal d'être coloré en bleu par l'hypo- 
chlorite de chaux : il conduit avec certi- 
tude au but. Mais j'ai fait remarquer^ dans 
mes considérations sur la recherche ana- 
lytique de l'anilinC; combien ma réaction 
était plus sensible : or ce que réclame le 
pharmacien, qui examine ses produits à la 
réception, ce sont de telles réactions, qui 
le dispensent de sacrifier des. quanités no- 
tables d'une substance souvent coûteuse ; 
et ce qu'il veut, c'est un mode d'opérer 
réduit à sa plus simple expression. 

Mon procédé remplit ces conditions. En 
effet, il me suffit d'une seule goutte d'es- 
îicnce de girofle pour y démontrer l'ab- 
sence ou la présence du phénol. On l'ad- 
ditionne d'une fraction de goutte d'aniline 
à Taide d'une baguette de verre, on agite 



le mélange avec 5 oii 6<»o d'eau distillée, et 
l'on y verse quelques goûtes d'hypochlorite 
de soude. Si. l'essence ne renferme pas de 
phénol, on obtiendra la coloration que 
fojiirnit l'aniline seule, c'est-à-dire une 
teinte violet pourpre qui se dégrade promp- 
tement, tandis que pour peu qu'il y ail de 
phénol, la belle .coloration bleue qui per- 
siste se manifestera en quelques minutes. 
Il importe, après raddiCion de Thypochlo- 
rite, de ne pas agiter, de laisser la réaction 
aller d'elle-même. 

Mes expériences démontrent qu'une 
goutt.e d'une essence de girofle falsifiée 
avec 5 p. e. de phénol produit une colora- 
tion foncée, et n>ém'e qu*une goutte d'une 
essence qui ne renferme que 1 p. c. 
(^'acide phonique développe encore du bleu 
d'une façon très-nette. Ainsî au point de 
vue pratique mon procédé ne laisse rien à 
désirer sous le rapport de la sensibilité et 
de la facilité d'exécution. 

{Journal de pharmacie et de chimie^) 



Pharmacie. 

A, M. LB DOCTEUR VAN DBN CORPUT, RÉDAC- 
TEUR PRINCIPAL, ETC. 

Arlon. le 18 août 1875. 
Monsieur et honoré collègye. 
J'ai eu l'occasion récemment de consta- 
ter que le mode de préparation des pilules 
à l'iodure de fer^ tel qu'il a été indiqué par 
Perrens, présente l'inconvénient de don- 
ner lieu à la volatilisation d'une grande 
partie de l'iode (1). Pour éviter cette perte, 
qui rend les pilules presque inertes^ il suf-. 
fit d'adopter le mode de préparation ci des- 
sous : 

Pr. iode. 
Sirop slmplp, àâ 4 grammes. 
Mélangez exactement dans un mortier 
de fer, puis ajoutez graduellement : 

Limaille de fer porphyrisé, 6 grammes. 
Poudre de guimauve et de réglisse, quantités 
suffisantes pour lOO pilules. 
Trois à douze par jour. 

(1) Formule de Perrens. 

Pr Iode. 

Limaille de fer porphyrisé. 
Sirop simple. 

Poudre de réglisse, âà 4 grammes. 
Broyez Tiode et le métal dans gn mortier ilfe 
fer jusqu'à ce que le mélange .soil exact. 

Aj tuiez le sirop de sucre (c'est pendant cette 
opération que se fait U volatilisation de Tiode) ei 
broyez une demi-minute. Ajoutez la pondre d« 
réglisse et divisez rapidemenl en 100 pilules à la 
manière ordinaire. 



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REVUE ANALYTIQUE ET CRITIQUE. 



149 



On peut, envelopper ces pilules d*unc 
feuille d'argent ou bien les recouvrir d'une 
sol|itiou édicrce de baume de Tidu. 

Dans les cas de complication scrttfuleusey. 
j'ajoute 1 à 4 grammes de semenci'S de 
ciguë à la masse pilulaire ci-dessus. 

Comme l'iodure de fer est un médica- 
ment très-important, j'ai cru devoir vous 
indiquer ce nouveau mode de préparation 
avec prière, si vous le jugez à propos, de 
l'insérer dans votre esliiué journal. 

Veuillez* agréer. Monsieur et honoré 
collègue, i^expression de mes sentiments 
distingués. 

Ed. Valbrius, 
médecin à Arlon. 



Note ftur un nouveau mode de prépa- 
ration de l'eau de goudron ; par M . DKE- 
GER. — parmi toutes les préparations a 
base de goudron qui ont été introduites 
dans la thérapeutique^ il n'en est pas qui 
ait détrôné Teau de goudron. Aussi, nous 
ne pouvons qu'applaudir à la tentative que 
viejit de faire M. Dreger, pour rendre plus 
pratique la préparation de ce médicament 
dont l'usage est si répandu. La faveur avec 
laquelle le public a accueilli l'usage des 
copeaux de quassia-amara, a suggéré à 
M. Dreger l'idée d'adopter ce moyen à la 
préparation de l'eau de goudron. L'auteur 
se procure des copeaux de bois blanc, h'wn 
souples et réguliers, et d'une dimension 
convenable. Il les prive^ par des lavages à 
l'eau et à l'alcool, de tous leurs principes 
solubles et les recouvre au moyen d un 
pinceau d'un mélange à parties égales de 
goudron demi liquide, d'alcool à 90'*. et 
de sirop de sucre longtemps agités ensemble 
dans une bouteille. Dans cette mixture, le 
sirop de sucre est émulsionné dans le reste 
du mélange et non le goudron ; il y rem- 
plit la triple indication : i** de préserver le 
goudron de toute altération ; 2<* de diviser 
les molécules de la solution alcoolique <le 
goudron, dans lesquels il est emprisonné 
comme dans une gangue; d"rnfîn, de per- 
mettre la dessiccation complète du copeou 
de manière à en rendre'lc maniement aussi 
propre que commode. Ainsi imbibés, ces 
copeaux sèchent facilement à l'air libre en 
quelques heures, et gardent une souplesse 
qui en permet reuroulement s.ur eux- 
mêmes.* Pour Tusagti!, on déroule un copeau 
de la longueur nécessaire pour la quaiitilé 
d'eau voulue, on le plonge dans la bou- 
teille, en ayant soin d'en laisser l'extrémité 



dépasser le goulot de quelqnes centimètres 
de largeur.' L'eau de goudron se fait ainsi 
sans qu'on ait besoin d'agiter; un copeau 
de 0«n7S de longueur sur O^OS de largeur 
donne, après une macération de 24 heures 
dans l'eau froide, une eau jégèrement 
anibrpe et parfaitement claire, dans la- 
quelle on constate la présence des prin- 
cipes sapides et actifs du goudron. Un litre 
laisse, .en moyenne, un gramme de prin- 
cipes fixes comme résidu^ déduction faite 
du poids du sucre, 

LVmploi des copeaux^ eomnie moyen de 
répartition de certains médicaments sur 
une lafge superficie,- ne parait pas devoir 
s'arrêter à c* tte seule application. Il est 
possible, en effet, en remplaçant le gou- 
dron par le baume de tolu, ou la térében- 
thine de Venise, de préparer le sirop de 
ses deux substances. 

{Journal de pharmacie d'Anvers,) 



Sur la préparation des suppositoirea ;. 
par M. BARNOUVIN..— La préparation 
des suppositoires qui doivent renfermer 
une certaine quantité d'extrait, constitue 
Uflo manipulation assez longue et parfois 
diflicile. Pour rendre cette opération plus 
facile, voici le moyen que propose M. Bar- 
nouvin. On divise l'extrait à incorporer 
dans une petite quantité d*axonge, après 
l'avoir délayé dans très-peu d'eau, si cela 
est nécessaire, absolument comme s'il 
s'agissait de préparer une pommade ; puis 
comme l'axonge aurait pour inconvénient 
de diiiiinuer la consistance du produit, on 
fait entrer dans la préparation une quantité 
de cire blanche double de la quantité 
d'axonge employée. 

Le beurre de cacao et la cire sont fondus 
ensemble dans une capsule de porcelaine, 
après quoi on y incorpore on agitant, et 
maintenant sur le feu. qui doit être très- 
doux, Texirait bien divisé au moyen de 
l'axonge. Quand le mélange est opéré, on 
coule le produit à la manière ordinaire. 

En. suivant ce procédé, on arrive, sui- 
vant l'auteur, à préparer très-rapidement 
des suppositoires contenant! gramme d*ex- 
Irait de ratanhia. Voici la formule : 

gr. 

Exlrnit de rataohia 1,00 

Eau chaude (le moins possible). . 

Axonge . .- 1.00 

Cirei liianctae i2,00 

heurre de cacao 1v*^0 

Pour un suppositoire. 

Pour les suppositoires belladonnés, dans 



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tSO REVUE ANALYTIQUE ET CRITIQUE. 

lesquels la proporlion trcxtniit est beau- prendre d'aliments dès le malin, conserva 

coup moindre, voici la formule qui peut son bon étal de santé accoutumé. Rien ne 

être adoptée : faisait comprendre l'état de malaise {^éné- 

Extr«Udeb.U.,lo..e o!oV ralement éprouve on ne modifia pas le 

Axon^e ., 0.50 régime ordinaire: la dernière nuit avait 

Cire binocho 1,00 été mauvaise, agitée, troublée par des rêves 

Beurre de cttCBo 3,00 désagréables, mais on était loin daccuscr 

Pour un suppositoire. ralimentation dos accidents' qui s'étaient 

{Journal de pharmacie et de chi mit',) produits, quand le quatrième jour, deux 

—^^„,^^^—^--- heures environ après le premier repas, 

survinrent des vertiges^ de la lassitude, 

Oxyde nitr eux (gaz hilariant). — Une une faiblesse pénible; le toucher était 

circulaire du bureau royal de santé de devenu très- imparfait et il fallait serrer 

Danemark juin 1873 ordonne que : 1" le fortement les objets pour être sûr de 

gaz oxyde nitreux ne doit être délivré que ne pas les laisser échapper des mains ^ les 

par les pharmaciens, et suri» prescription travaux à Taiguillc étaieni devenus irapos- 

d*un médecin ou d'un dentiste diplômé; sibles; la vision, incertaine au point d'em- 

2® le réservoir doit être scellé et étiqueté pêcher complètement la lecture, 

c gaz oxyde nitreux. ». Cette ordonnance Etonne de ces symptômes qui devenaient 

n'aura probablement pas pour effet d'obliV inquiétants, le maître de la niaison, com- 

ger tous les pharmaciens à préparer. eux- pètent en semblable matière se mit à'ana- 

mémes ce gaz; mais elle imposera aux lyser tous les phénomènes observés. La 

fabricants plusieurs obligations : i<* de dilatation considérable de la pupille, qui 

s'assurerque le nitrate d'ammoniaque qu*ils amenait les troubles de la vue, lui fit im- 

emploient ne contient pas d'acide chlorhy- médiatemcnt penser à l'atropine, cl, de 

drique ou sulfurique, ni d'azotate de po- déduciions en déductions, il fut conduis à 

tasse ; 2" d*» faire passer le courant «le gaz considérer, comme seule probable, Tintro- 

oxyde nitreux à travers l'eau, une solution duction dans l'organisme, de la belladone, 

de protosulfate de fer et une solution de donnée en lieu et place de chicorée. 'Tous 

potasse ou de soude ; 3<» de ne pas délivrer les symptômes constatés rentraient bien 

ce gaz sans qu'il soit resté en contact avec d'ailleurs dans ceux que l'on observe lors 

l'eau pendant vingt-quatre heures au d'un empoisonnement, provoqué par les 

moins. {Répertoire de pharmacie.) plantes du la famille des solanées et des 

^_^^_^_^^^__^_^__^^_^ stupéfiants en général. 

Ce fut alors que je reçus la chicorée dont 

Toxicologie. il vient d*étre question, avec prière de 

— Texaminer et de rechercher à quor l'oii 

Empoisonnement de qaatrè personnes pouvait attribuer les acci<lenls. Cette chi- 

par le café^ohioorée ; par M. CLOUET, corée provient delà maison H***, de Lille, cl 

professeur à l'école de médecine et de est en paquets formésavec du papier jaune, 

pharmacie de Rouen. — Le 2^ novembre Voici comment nous avons opéré dans 

dernier, une famille de Couches (Eure), nos recherches : Après avoir finement pul- 

composée du mari, de la femme, de leurs vérisé le café-chicorée dans un mortier de 

père et mère et d'une bonne, vit se pro- fer« nous en avons mis une certaine quan- 

duire après un \éae? repas du matin, uni- tité à macérer pendant vingt-quatre heures 

quement constitué par du café au lait, des dans un ballon contenant de Teau aiguisée 

symptômes auxquels on n'accorda pas par un léger excès d'acide oxalique. Cet 

d'abord ifue grande importance; tout le acide a été choisi de préférence, afin de se 

. monde, sauf le pèn* éprouva de la céphalai- débarrasser, par la suite, de la chaux que 

gie, de la constriction à la gorge, de i'inap- renferment normalement les racines des 

pélence; tous les aliments pris dans le végétaux. Âpres ce temps de contact, en 

cours de la journée parurent avoir un goût ayant soin de remuer fré<|uemmént le vase, 

terreux. Les deux jours suivants, le malaise on fit chauffer **\. l'on maintint à rébullitiofi 

augmenta, les mêmes symptômes furent pendant trente minutes; puis on filtra. Le 

observés, mais avec plus dlntensité ; le liquide, assez fortement coloré fut évaporé 

déjeuner du matin fut composé comme en consistance sirupeuse, puis après re- 

d'ordinaire de café au lait ; une seule pcr- froidissement, repris par l'alcool absolu, 

sonne, le père, qui n*a pas l'habitude de On filtra de nouveau cette liqueur acide. 



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REVUE ANALYTIQUE ET CRITIQUE. 



151 



el on Paddilionna de soas-acétate de plomb 
dans le but de la décolorer. Le précipité 
d'uxalate de plomb fut séparé par le filtre 
et Ton traita la liqueur claire par un excès 
de mai^nésie en portant à rébullilînn pen- 
dant dix minutes. On jeta la masse sur un 
nouveau filtre, on lava le précipité avec de 
Teau distillée froide, on le fit dessécher el 
enfin on le reprit par l'alcool à 95». La 
liqueur claire obtenue par ce dissolvant fut 
concentrée dans le vide, puis étendue d*un 
peu d*eau distillée; elle avait une réaction 
franchement alcaline au tournesol et don- 
nait un notable précipité avec Tiodurc 
double de mercure et de potassium^ preuve 
de Pexistence d*un alcaloïde. Soumise à 
l'action des réaclifS; on constata qu'il se 
formait : 

Avec le chlorure d*or, un précipité blanc 
jaunàiro ; . . 

Avec la teinture d'iode, un précipité 
couleur kermès ; 

Avec la teinture de noix de galles, un 
précipité blanc jaunâtre; 

Avec le bichlorure de platine, absence 
de précipité. 

Toutes ces réactions indiquent la pré- 
sence dans la liqueur de Vhyoscyamine, 
alcaloïde que l'on trouve dans la ju^quiame 
et dont les efi^ets sur l'organisme sont com- 
parables en tous points à ceux produits 
par l'atropine, avec celle différence, toute- 
fois, qu'ils persistent tieaucoup plus long- 
temps et sont plus énergiques, puisque 
avec 1/130,000 on peut obtenir une dila- 
tation manifeste de la pupille, pendant un 
temps encore assez long. 

Ces résultats obtenus, nous nous sommes 
livré à l'examen microscopique, et cette 
analyse nous a révélé rapidement des dif- 
férences notables entre la chicorée .pure et 
celle incriminée. Les observations ont été 
comparativement faites avec de la racine de 
chicorée sèche qu», nous avons torréfiée 
spécialement pour l'examen : le microscope 
y fit voir, en employant un grossis^sement 
de 250 diamètres, de gros vaisseaux rayés 
très- reconnaissables, et des cellules à dou- 
ble enveloppe au milieu desquelles se mon- 
trent quelques gr.inulations arrondies. 
Dans la chicorée suspecte, au contraire, à 
coté des vaisseaux et cellules que nous 
venons de signaler, se trouvaient des vais- 
seaux égnlement rayés, mais de dimensions 
bien moindres et plus régulières, des cel- 
lules simples avec noyau plus apparent et 
de fines granulations, puis des frugtnents 
d'un tissu très -réticulé offrant par places 



de larges cellules arrondies. Restait main- 
tenant à contrôler cette observation par 
Texainen direct de la racine de jusquiame, 
c'est ce que nous avons fait en préparant 
delà poudre de cette racine et l'examinant 
avec un même grossissement ; l'aspect de 
la préparation n'a pas laissé le moindre 
doute sur l'analogie absolue dés frag- 
ments suspects observés dans le café- 
chicorée, et des types que nous avions 
préparés; ce sont bien les mêmes vais- 
seaux, les mêmes cellules, les mêmes irré- 
gularités dans le tissu réticulé. 

Le doute n'est donc pas f>ossible ; les 
accidents qui se sont produits à Couches 
ont été occasionnés par la présence dans 
le produit alimentaire de, racine de jus- 
quiame. 

{Journal de pharmacie et de chimie.) 



Notice sur les couleurs d' aniline ; par 
M. liRUN. — Le conseil de salubrité de la 
ville de Genève a chargé M. Brun d'exami- 
ner, sous le rapport chimique, des couleurs 
d'aniline venant de Paris et> désignées sous 
des noms très divers, tels qiie rose et car- 
min coratline^ jaune d*or^ nakarOy verte 
émeraude^ roiige groseille et bien d'azur. 

Deux personnes ayant mangé une crème 
colorée par le vert d'aniline, et s'en étant 
trouvées gravement malatles, avaient porté 
plainte. Il s'agissait donc de savoir si ces 
couleurs renferuiaient quelque substance 
vénéneuse. L'analyse ayant démontré que 
ces couleurs contenaient fréquemment des 
sels de mercure, de plomb, d'étain et 
surtout des arséniates, etc., elles viennent 
d'être prohibées dans celte ville pour la 
coloration At^s bonbons, dragées, sirops et 
autres articles de confi.^eurs ou de liquo- 
ristes. L'emploi des papiers peints de la 
même manière est aussi défendu pour en- 
velopper les substances alimentaires. 

Pour constater la présence des métaux 
signalés, il faut détruire d'abord toute la 
partie organique, pour f^ela, on peut chauf- 
fer 2 grammes de la couleur avec une pe* 
tire quantité d'acide nitrique, auquel on 
ajoute ensuite 20 grammes d'acide clilor- 
bydrique. Il faut entretenir l'ébullilion en 
ajoutant de temps en temps quelques cris- 
taux «le chlorate de potasse et évaporer 
jusqu'à ce que tout le chlore et tout l'acide 
nitrique soient chassés. La matière colo- 
rante organique se détruit difficilement, 
et il faut arriver à avoir un liquide con- 
centré et très -peu coloré (il est ordinaire - 



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REVUE ANALYTIQUE ET CRITIQUE. 



ment jaunâtre). Ce liquide est alors» addi- 
tionne d'eau, filtré, puis ad«liiionné de 
Ogr.,50 de sulfite acide de soude pour 
ramener l'acide arsciilque à Tctat d*acidc 
arsénieux. On fait alors passer un courant 
d'hydrogène sulfuré jusqu'à saturation, et 
après douze heures de repos, après avoir 
gratté l'«xtrém!té du tube conducteur, le 
soufre et les sulfures sont recueillis sur un 
petit filtre et lavés. 

Pour séparer Tarsenic dçs autres lé- 
taux, M. Brun conseille de dissoudre son 
sulfure sur le filtre même, avec un peu 
d*ammoniaque caustique, qu'on fait passer 
deux ou trois fois. Le liquide qui s'écoule 
est ensuite sursaturé d'acide sulfurique 
très^puret évaporé à consistance sirupeuse ^ 
pour décomposer tout le reste de la ma- 
tière organique. Ce résidu dissous dans 
une petite quantité d*eau, peut être versé 
dans l'appareil de Marsh et donner un an- 
neau ou des taches arsenicales très -nettes. 
Les sulfures d'étain, de mercure, de 
plomb, restent sur le filtre. La séparation 
de ces trois métaux se fait par la méthode 
ordinaire. 

Si l'on veut constater dans les couleurs 
d'aniline seulement la présence de l'arse- 
nic, on broie 2 grammes de liquide avec 
autant de nitre et de carbonolç de 
soude et 2 grammes de nitrate d'ammo- 
niaque. On fait défiagrer ce mélange sec, 
par petites doses, dans un creuset en por- 
celaine chauffé au rouge sombre à la lampe 
a esprit de vin. Le résidu alcalin est dis- 
sous dansM'eau et porté à rôbullilioa avec 
un léger excès d'acide sulfurique et de 
l'eau jusqu'à ce que tous les acides nitrique 
et nitreux soient entièrement chassés. Le 
liquide est alors prêt pour l'appareil de 
Marsh. 

Des faits nombreux ont déjà établi l'ac- 
tion vénéneuse des couleurs d'aniline sur 
l'économie. On savait depuis longtemps 
que. les étoffes (bas, flanelles) colorées en 
rouge par la rosaniline et la fuchsine 
avaient souvent ulcéré la peau, mais leur 
action à Tinléricur n'a guère été établie 
que par des observations récentes. Suivant 
que ces couleurs ont été plus ou moins 
purifiées, elles contiennent des doses très- 
variables des métaux précipités, dont il est 
fort difficile de les débarrasser coiApléte- 
nient. Ce sont ces variations qui rendent 
précisément. ces couleurs dangereuses, car 
la môme couleur, ayant exactement la 
même teinte, pourra une fois contenir fort 
peu d'arsenic et une autre fois beaucoup 



plus,. sans que le fabricant s'en aperçoive. 
Ces impuretés métalliques ne nuisent en 
rien à leur grande beauté. 

Comme il est possible d'obtenir des cou- 
leurs d'aniline tout à fait exemptes d'arse- 
nic, ces couleurs devraient seules être em- 
ployées pour la coloration des substances 
alimentaires. {Jbid,) 



Analyse de l'aîr dan» le* apparteoBepts 
tendus de papier peint ^«enioal; par 
N. P. HAMBERG. — tes expériences de 
M. Hamberg ont été faites dans une cham- 
bre dont le papier était peint avec du vert 
de Scbsveinfurt. Son appareil comprenait: 
i° un tube en V pour la réception de la 
poussière; â'> trois tubes en V munis de 
eoton pour retenir toutes le& particules 
solides arsenicales que l'air pouvait ren- 
fermer ; 5° deux appareils à boule conte- 
nant une solution d'azotate d'argent, pour 
recueillir l'arsenic de l'air; 4» deux gazo- 
mètres de 14 'litres, tour à tour remplis 
d'eau, pour établir un courant d'air. . 

L'air de la chambre fut mis en circula- 
tion à travers ce système de tubes pen- 
dant un mois. La quantité ainsi examinée 
s'éleva à 2,1 GO litres. La solution de ni- 
trute d'argent déposa peu à peu un précipité 
noir. En traitant cette solution par l'am- 
moniaque, on obtint un précipité jaune 
clair ressemblant à l'arsénite d'argent, et, 
après s'être débarrassé de Targent et de 
l'acide azotique.on fit apparaître dans l'ap- 
pareil de i>larsh l'anneau arsenical caracté- 
ristique. L'auteur en conclut que, dans ces 
conditions, il existe dans l'air de Tarsenic 
en dissolution, ou^sous forme d'un gaz, et 
il croit que ce dernier n'est autre que 
l'hydrogène arsénié. (ïhid.) 



Hygiène* publique. 

Les différents prrooédés de conserva- ■ 
tion des viandes,* leurs avantages et 
leurs inconvénients; par M. le docteur 
0. DU MESNIL, médecin de l'Asile des 
convalescents de Vincennes. 

Mélier, après avoir insisté sur l'influence 
qu'exerce la consommation de la viande 
sur la force de la population, sur la vigueur 
et le degré de résisiance aux fatigues du 
travail, a écrit, en 1843, ces paroles : 
< C'est surtout aux méilecîns de dire qu'il 
« faut que la viande devienne accessible 
« à un plus grand nombre de pcrsonues 



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REVUE ANALYTIQCJE ET CRITIQUÉ. 



153 



i et entre d^anc manière générale dans 
« ralimentation des claies laborieuses. » 
A (^augmentation de la consommation de 
la viande se rattachent en effet deux ques^ 
tions de Tordre le plus élevé et qui doivent 
exeiter au plus haut degré la sollicitude 
de tous» à savoir : une élévation dans le 
chiffi-e de la population et dans la quantité 
de travail qu*elle fournit. Nous rappelle- 
rons à ce sujet ce qui s*est passé dans une. 
usine du Tarn dirigée par M. T^labot, où 
la substitution de ralimentation par la 
viande de bouoherie^à ralimentation végé- 
tale fit gagner douze journées de travail par 
homme et par an. A la compagnie de chemin 
de fer de Paris à Rouen, quand on remplaça 
par du bœuf rôti les soupes et leéjégumes 
qui constituai/en t ralimentation ordinaire 
des ouvriers de la compagnie, on augmen- 
ta en même temps d'un tiers la quantité du 
travail produit pareux. Enfin, en étudiantla 
consommation de la viande dans les deux 
villes industrielles de Lille et de Rouen, 
MM. Loiset et ficrgasse on démontré qu'il 
existe une corrélation intime entre les va- 
riations dans la consommation de la viande 
et les mouvements de la population; 
qu'une diminution du régime animal déter- 
mine constamment un accroissement dans 
la mortalité, tandis qu'inversement la 
richesse du même régime entraîne toujours 
à sa suite Paugmenlalion des nouveau-nés 
et la diminution des décès- 

En France, avant 4840, la consomma* 
tion de la viande était évaluée à ât kilogr. 
en moyenne par tête et par an ; aujour- 
d'hui elle est de ^8 kilogramoies. soit 
76 gram., 7t par jour, quantité insuffi- 
sante en elle-même pour satisfaire à une 
bonne alimenlation et qui néaumoins n'est 
assurée qu'à un très-petit nombre d'indi- 
vidus, attendu que la quantité de viande 
consommée dans les grands centres de 
population est beaucoup plus élevée que 
la moyenne. A Paris, en effet, la moyenne 
annuelle pour chaque habitant est de 9i k., 
4U, à Lille de 42 k., 251, à Rouen de 
45 kiJog., d'où il suit que, eomme le dit 
Payen, la eo^oaimation d'un habitant àti$ 
campagnes n'est pas même le cinquième 
de ce qu'un habitant de Paris consomme^ 
cl de ce qitl conviendrait pour tiac bonne 
alimentation. Nous ajouterons que, bien 
que le chiffre de la consommation de. la 
viande ne soit pas élevé en France^ la pro* 
duction à l'heure présente est insuffisante 
pour assurer l'approvisionnement de nos 
marchés, car la statistiqtie démontre que 



pendant les seules ^nées de 1866, 1867, 
1868, 1869 et 1872, noire pays a tiré de 
l'extérieur pour les besoins de sa consom- 
mation : 

Bétes bovines . . . . 1 026 070 

— ovines 6 673 053 

— porcines .... 006 846 . 

Qu'il survienne un incident quelconque 
qiii arrête ou seulement entrave l'impor- 
tation, tel qu'une guerre générale ou une 
épizoQtic meurtrière, immédiatement la 
santé des populations qui constituent la fonce 
et la richesse de la nation est mise en péril. 

Ce n'est/ pas ici le lieu de rechercher 
par quelles améliorations à introduire dans 
nos cultures, dans nos procédés d'élevage, 
on pourrait augmenter la production du 
bétail; nous devons prendre les choses en 
l'état où elles sont et nous demander par 
quels moyens nous pouvons parer à ces 
éventualités et augmenter dès aujourd'hui 
la ration de substances animales attribuée 
à chacun. Réduite à ces proportions, la 
question est encore suffisao^ment vaste et 
digne d'intérêt, elle a préoccupe dès long- 
temps des esprits distingués et parait au- 
jourd'hui toucher à une solution. 

Elle consiste a demander soit aux step« 
pes de l'Europe méridionale, soit aux plai- 
nes inhabitées de l'Asie, soit aux zones à 
pâturages constants de l* Amérique du Sud, 
le contingent eomplémentaire d'une ali- 
mentation plus riche en substances assimi- 
lables et réparatrices et à le livrer à bas 
prix à la consommation dans un bon état 
de conservation. 

Les connaissances récemment acquises 
sur les phénomènes de la fermentation et 
de la putréfaction ont prête une aide con* 
sidérable aux recherches entreprises dans 
cette direction, et ont permis de ramener 
à deux grandes divisions les nombreux 
procédés employés pour conserver les 
viandes : les uns ayant pour effet de 
priver la viande de son germe capable 
de lui faire subir une fermentation, les 
autres consistant à placer cette substance 
alimentaire dans. des conditions telles que 
les ferments qu'elle peut Contenir ne puiS'* 
sent s'y .développer. A la* première» série 
se rapportent les procédés par caléfaction 
et exclusion d'air, enrobement, fumage, 
eonservation par les antiseptiques; à la 
seconde, les procédés de dessiccation^ de 
salaison, de réfrigération, etc (4). 

(1) Dans uo certain nombri de traités d'byn 
gièoe, on fait fi|;urer le Bouillon Liebig^ te 
Mtat'BiscuU^ les TabletUi de 6out7/on, parmi 

20 



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154 



REVUE ANALYTIQUE ET CRITIQUE. 



, Caié faction et exclusion d'air, — *Tel est 
le principe du procédé appert, qui con- 
siste à e^iferiner la viande, à la conserver 
dans un vase clos, à la souutetlrc pendant 
un certain temps dans un bain-naarie à 
une température de 100 degrés. Mais, 
comme il est acquis aujourd'hui que cer- 
tains ferments résistent à une tempéra- 
ture de iOO degrés, M. Pastier a remplacé 
le baia-marie avec de Teau pure dont se 
servait Appert» par un bain-marie avet 
une solution saline ou une solution 
de.sei et de sucre, ce qui permet d'élever 
le point d'ébullition aux environs de 410 
degrés. Les boites qui renferment ia viande 
sont peréées d'un orifice par lequel 
s'échappe la vapeur, et que Ton soude 
immédiatement pour empêcher le retour 
de Pair atmosphérique. 'Le docteur Fons- 
sagrives qui, à bord de l'Eldorado, a fait 
un usage prolongé des conserves Fastier, 
les trouve de beaucoup supérieures aux 
conserves d' Appert, qui, suivant lui, allè- 
rent ^ensiblemi^nt à la longue la saveur 
propre à chaque viande et lui enlèvent une 
partie de son arôme. Dans les fabriques 
australiennes, ce p-rocédé est modifié de la 
façon suivante : les morceaux de viande 
crue et désossée sont empilés dans des 
boites en tôle par Quantité de 2 à 8 livres, 
auxquelles on ajoule un peu d'eau. Oh 
soude ensuite ces boites en ayant soin de. 
laisser un petit orifice dans le couvercle, 
ou les place dans une solution de chlorure 
de calcium dont le poifât d'ébullition est 
au-dessus de 125 degrés. Pendant quatre 
heures, ces boites sont soumises à une 
température qui varie entre 100 et 110 
degrésy Teau qui y est contenue s'éva- 
pore et en. même temps l'air atmosphéri- 
que est expulsé, on bouche rapidement 
L'orifice ôxi couvercle, après quoi on laisse 
encore les récipients une l^eure dans ce 
bain, chaud. On les retire, et dès qu'ils 
sont refroidis on les peint à l'huile. Enfin, 
si pendant une observation prolongée à 
laquelle on les soumet dans une chambre 
d'épreuve chauffée,- ces boites ne se. dila- 
tent pas, on leslivre à la consommation.' 
Ën*£cosse, suivant le proeédé dit d'Aberw 
deen, on opère ainsi qu'il suit : aussitôt 
les boites remplies, on les ferme herméli^ 
quement, puis on les place dans une solu- 

Ips procédés de couservalion des. viandes, nous 
i)*en |»arl«roDS pas ici. considérant que ces pré - 
paiatioDs, dont la vuinde en effet est la base, ne 
fie u vent être regftrdéed, à pr^remeiit parler, 
comme des procédés de conservatioA des viandes. 



tlon saline que Ton porte à rébutlition, on 
les y laisse pendant deux ou trois heures. 
On les extrait alors du bain-marie, on pra^ 
tique dans la soudure un petit orifice qui 
laisse éeliapper à la fois l'air atmosphéri^ 
que et la vapeur d'eau, puis on le bouche 
aussitôt. Cette opération est renouvelée 
trois fois, après quoi on les laisse refroidir, 
on les peint et on leur fait subir, comme 
dans la méthode australienne, une der- 
nière épreuve dans une chambre à haute 
température. 

Sans insister sur le prix de revient élevé 
que donnent à ces consefves les nombreu- 
ses manipulations qu'entraînent les procé- 
dés que nous venons de décrire, prix qui 
est un obstacle infranchissable à la vulga- 
risation de leur emploi, nous signalerons 
le reproche qui leur est adressé par ceux 
qui en ont fait usage : c'est que par suite 
de la haute température à laquelle la 
viande a été exposée pendant un temps 
assez long, elle se trouve dans un état 
d'hypercoction qui la rend filandreuse, Uti 
fait perdre une partie de 5a saveur, de telle 
sorte que son usage prolongé exeîte le 
dégoût. 

Voulant femédier à ces inconvénients, 
Nasmyth a proposé d'additionner Teau 
d'un peu d'alcool afin d'abaisser le point 
d'ébullitfon ; Mac Call a conseillé de placer 
dans l«s boites une petite quantité de sul- 
fate de soude» Enfin, Richard Jones, pour 
conserver à la viande plus de saveur en 
évitant Phyperooctiôn, a essayé d'expulser; 
l'air k la fois par la coction et l'aspiration ; 
à cet effet, il a conseillé de faire le vide 
dans les boites par un tube introduit dans 
leur couvercle, puis de les soumettre à 
une ébullitlan peu prolongée. 

Enrobement, — Dans ce procédé, on 
enveloppe la viande à conserver d^u ne sub- 
stance qui om pêche qu'elle soit pénétrée 
par les ferments. Le premier procédé bre- 
veté, en Angleterre, a été employé par 
Francis filowden ; il consistait à versersup 
la viande contenue dans un tonneau de 
bois du jus de visinde liquide et chaud^ 
dans lequel elle se tro^ivait enrobée pftr le 
refroidissement. Au lieu du jus dcTîande, 
Grranhoim, ainsi que éela se pratique dans 
le midi de la France, se servait'dte graisse 
fondue, Wolhly d'huile, A Melboaroe, 
Tallermann a cherché depuis quelques 
années à appliquer en grand le procédé de 
Granholni pour le transport des viandes 
d'Australie. A cet effet, îl conseille, de 
plonger les morc^ux de viande fraiehe 



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\m 



dans du suif fondu pendanl quelques minu- 
tes, puis de les em(»iler dans des tonneaux 
secs*et de iesirccôuvrjr de graisse fondue. 

M. Armand Gauthier indique comme 
un bon procédé d'enrobement celui qui 
consiste à cbauffcr d'abord ta viande à 
100 degrés dans de Teau contenant un peu 
de sol et une trace de nitrate de soude des- 
tine à lui conserver sa couleur.; la graisse 
ayant été séparée et fondue d*âvanee^ on 
la coule suf la viande > encore chaude et 
placée dans des boîtes ou des pots de terre. 

On a fait de nombreuses tentatives pour 
introduire dans la (Pratique des procédés 
d*enrobement qui présentassent, avec Ta 
vantage d'être d'une exécution facile, 
celui d'être moins dispendieux en raison 
des substances qu'on employait pour faire 
le revéteuieat de la viande. On a essayé 
successivement la gélatine, la paraffine^ Ja 
glycérine, la méiasso^ la glycose, la poudre 
de charbon^ la farine de maïs, - mais on 
a renoncé successivement à employer 
c^s diverses substances, les unes, parce- 
qu'elles obligeaient ^ soumettre la viande 
à des lavages fréquents qui lui enlevaient 
sa saveur avant d'être livrée à la consom- 
ruation ; les autres, parce qu'elles étaient 
déliquescentes et que, dès que l'enveloppe 
cessait d'être continue, la putréfaction 
s'emparait de la viande qu'elle devait pré- 
server; toutes, parce qu'elles ne détrui- 
sent pas les germes que renferme la 
viapde et qu'elles, n'ont pas par elles- 
mêmes une action préservatrice. 

Fumage. — Par Je procédé du fumage^ 
au contraire, |a pénétration des fibres de 
la viande à conserver, par une certaine 
quantité de fumée renfermant de la créo- 
sote et du phénol, détruit les ferments et 
empêche plus tard le développement des 
germes apportés par i'air ambiant. On doit 
toujours, pour cette opération, préférer 
les bois feuillus aux bois résineux qui 
communiquent à la viande un goût désa- 
gréable, et diriger l'opération avec len- 
teur; car, si l'on produit beaucoup de 
fumée à la fois, dès le début l'extérieur ^e 
fume avant que les coucbes^ sous-jacentes 
de la viande ne soient sensiblement at- 
teintes. A Hambourg, on combine souvent 
la salaison avec le fumage, et par ee moyen 
on obtient des produits très- recherchés. 

A ce procédé Jes médecins de la ma- 
rine française reprochent de rendre les 
fibres de la viande très- sèches, et surtout 
de lui communiquer un gôùt spécial assez 
prononcé pour être un inconvénient dans 



l'alimentation habituelle. En Allemagne et 
en Hollande, van den Corput et Husemann 
ont signalé des empoisonnements d'ane 
extrême gravité résultant de l'alimentation 
par des boudins fumés (Botulisme et quel- 
quefois aussi, bien <|ue rarement, ^de l'u- 
sage du jambon et des poissons fumés. Ces 
accidents ont été observés surtout dans le 
sud- ouest de l'Allemagne, en Wurtem- 
berg, à Bade. Diverses hypothèses ont été 
faites sur la nature de la substance toxique 
renfermée dans ces boudins fumés: les 
uns attribuent las empoisonnepients si* 
gnalés à la présence de poisons minéraux 
ou végétaux, les autres è l'action des pro- 
duits empyreumaUques et notamment à la 
créosote. Van den Corput prétend avoir 
découvert dans ces boudins toxiques une 
espèce particulière de mucédinée,. la Sar- 
tina hotuUna, .qui n'a été fefrouvée depuis 
par aucun autre observateur. Mais queife 
que soit la nature réelle de la Substance 
toxique que l'on rencontre dans les bou- 
dins fumés, quelles que soient les causes 
qui favorisent son développement, il est 
aujourd'hui un fait acquis pour tous les 
observateurs; c'est qu'un fumage incom- 
plet prédispose le boudin fumé à ce genre 
d'altération dont les effets se font sentir 
quelquefois^ même lorsqu'il a été porté. par 
la cuisson h une température de iOO de- 
grés. 

Antiseptiques» — Cett<.fl>éthode a -donné 
lieu à un grand nombre de procédés dont 
beaucoup n'ont guère franchi le seuil des 
laboratoires de chtoûe oii ils ont été expé- 
rimentés. A. Vogel a proposé d'entourer 
la viande fraîche d'un mélange de sel de 
cuisine, de charbon^ de sUif, d'acide :phé- 
nique et de la placer ensuite dans des ton- 
neaux pour la livrer au commerce; peut- 
être par ce moyen a-t-on pu conserver^la 
viande, mais il- est certain t que par le fait 
de cette préparation elle' aura acquis une 
odeur et une saveur qui doivent la rendre 
impropre à l'alimentation. Eckstein aardit 
obtenu d'exeeliei^ts résultats en enveiop» 
pant la viande fumée dans une feuille de 
parchemin plongée pendant une heure 
dans du vinaigre de bois chaud. 11 affirme 
qu'un simple lavage dans l'eâu suffit pour 
enlever à la viande tout mauvais- goût dom- 
muniqué par le vinaigre de bois. Busch 
(de Rio-Janeîro)| pour conserver la viande 
durant de lorigues traversées, la fait d'a- 
bord cuire, puis la dessèche; il l'expose 
ensuite à dos vapeurs d'acide sulfureux, Ja 
revêt de gélatine et la plonge finalement 



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156 



REVUE ANALYTIQUE ET CRITIQUE. 



dans de la gî^aisse de bœuf fondue. Soumis 
À Texanien d*une commission à Pdrto- 
Aliegre, les viandes ainsi conservées ont 
été trouvées bonnes après trois mois de 
préparation. 

En Angleterre, Gamgee, professeur à 
rÉcole vétérinaire de Londres, a imaginé 
un procédé qui mérite une mention parti- 
culière. Avant d*abat(re i*animal^ il le 
place pendant quelques instants dans une 
atmosphère d*oxyde de carbone ^our Ta* 
ncsthésîer, puis on Pabat immédiatement, 
on récorche et on le dépouille. Enfin on 
porte les morceaux de viande dans des 
boites hermétiquement fermées, on les 
soumet à Taction combinée de^Poiyde de 
carbone et de l'acide sulfureux pendant un 
temps plus ou moins long, suivant le vo- 
lume des morceaux de viande (une se- 
maine pour les moutons entiers, dix à 
douze jours pour les quartiers de bœuf), 
et après cette préparation on peut livrer à 
la consommation. Le gaz oxyde de car- 
bone qu*on a fait respirer à fanimal con- 
serve à la viande sa belle coloration rouge, 
qui se perd habituellement Sous Tin- 
fluenoe de Taeide sulfureux. Des morceaux 
de viande préparés parle procédé Gamgee, 
et transportés de Londres à New- York, 
étaient encore en parfaite conservation au 
bout de quatre à cinq mois. L*expérience 
ayant démontré que pendant la cuisson 
Toxyde de ctirbone était complètement ex- 
pulsé, oh n'a auoun inconvénient è re<^ 
douter par remploi de ce gaz. 

On a conseillé également, pour cou*- 
server la viande, de l'immerger dans de 
Teau additionnée de créosote ou d'acide 
phénique^ ou de la placer dans une at- 
mosphère de bioxyde d'azote. Medlock et 
Batiey ont préconisé l'emploi du bisulfate 
de chaux, J. Young d*un mélange de sul- 
fure de caleium et de chaux éteinte. D'au- 
tres expérimentateurs ont eu recours aux 
hyposulfitcSy aux borales et aux silicates 
mélangés ou non de charbon ^ on n*a obtenu 
que des résultats Imparfaits, des succès 
contestés. Tantôt les substances antisep- 
tiques ont communiqué a la viande une 
saveur qui Ta rendue impropre à la con- 
sommation^ tantôt les couibinaisons qui se 
sont produites entre les agents antifer- 
mentescibles et la substance animale ont 
donné naissance à des produits alimen- 
taires nuisibles, tantôt enfîn les parties 
nutritives de la viande se sont dissoutes 
dans le liquide extérieur qui n^était pas 
utilisable pour l'alimentation. Nous ne les 



signalons donc que pour donner un aperçu 
complet de la question et surtout prémunir 
ceux* qui, séduits, par la théorie, pour- 
raient être tentés de recourir h leur em- 
plt»i. 

La solution pratique du problème de la 
conservation des viandes se trouvera 
plutôt dan;^ un des procédés de h mé- 
thode qu'il nous reste .à examiner, et qui 
consiste à placer la substance animale dans 
des conditions telles que les ferments 
qu'elle peut contenir ne puissent s'y dé- 
velopper. Ces procédés sont au nombre de 
trois, la dessiccation, la salaison, la réfri- 
gération. 

Dessiccation, — La dessiccation est le 
procédé primitif de conservation de la 
viande. Les indigènes remploient depuis 
l'époque la plus reculée en Afrique où les '^ 
Arabes du Sahara et les Cafres désignent 
sous le nom de keleah la viande qu'ils con- 
somment ; dans l'Amérique du Sud où, 
sous les noms de Tatajo, Charqui ou 
Char que, Came seeq, on dulce on prépare 
et Tou exporte une quantité considérable 
de viandes conservées par dessiccation. 
C'est à la Plata, dit le docteur Sehnepp 
dans le récit de sa mission scientifique 
dans l'Amérique du Sud, que s'est créée 
et que se développe cette industrie qui, 
en 1864, livrait sur les marchés du 
Brésil et de la Havane S6 millions de kilo- 
grammes de viande à raison de 0,^0 cen- 
times le kilogramme. 

Dans les usines de la Plata appelées 
saladeros ou galaderes, on prépare à la fois 
les peaux, la graisse et la viande des ani- 
maux. La viande est dépecée, chaque tète 
de bétail fournit huit lames de viande 
représentant environ 150 à Î50 kilo- 
grammes de substance animale. Ces longs 
morceaux de chair palpitants sont plongés 
dans un bassin qui renferme de la sau- 
mure; après quelques secondes d'immer- 
sion, ils sont étalés par couches superpo- 
sées^ séparés les uns des autTes par une 
couche de sel blanc. Par le fait du poids 
qu'elles supportent^ les couches inférieures 
laissent échapper une partie des liquides 
qu'elles renferment^ au bout de vingt- 
quatre heures la pile est retournée, salée 
de nouveau, et le. même fait se reproduite 
Le lendemain, la viande est retirée de la 
salaison, secouée, empilée au grand air et 
recouverte jde poids, elle reste plusieurs 
jours sous cette pression et laisse s'écouler 
une certaine proportion d'eau salée. Les 
piles de viande sont conservées en cet état 



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ihl 



pendant trois ou quatre jours et alors on 
étend les lames sur des charpentes dispo- 
sées à cet effL^t^ on l«s laisse du matin au 
soir exposées h Tair, en ayant soin de les 
rentrer la nuit et dan.^ le cas où le temps 
devient humide. On les étend ainsi jusqu'à 
ce qa*ciles soient complélement sèches, 
c*e$t-à-dire pendant trois ou quatre jours 
en été par un temps favorable et dans un 
établissement bien situé. 

Quand le tasajo chatqui a été bien pré- 
paré par ce procédé, il présente les ca- 
ractères suivants: sa couleur est rouge 
sombre, la fibfe charnue est dure comme 
du bois et résonne sous le doigt qui la 
frappa ; une lame mince de tasajo re- 
gardée par transparence doit présenter une 
belle teinte vineuse ; pressée entre les 
doigts, elle ne doit ni laisser suinter de 
liquide^ ni dégager une odeur autre que 
celle qui se rapproche beaucoup du jam- 
bon fumé dont elle avait la saveur avant 
d'être cuite. Dans cette préparation, la 
viande fraîche perd les deux tiers de son 
poids. 

Les légumes cuits avec le tasajo acquiè- 
rent une saveur très -agréable; mais cette 
viande bouillie est impropre à la consom- 
mation, sa fibre n*a plus aucun parfum et 
ressemble à de Tétoupe. Si Ton veut la 
faire rôtir, on a un produit plus sapide, 
mais dur à mastiquer et d'une digestion 
difficile. De plus, si la préparation n*a pas 
été faite par un temps très-^sec, te tasajo se 
moisit et s'altère très-facilement, ce qui 
est on obstacle sérieux à son exportation 
loin des lieux de production. 

Le docteur Schnepp, mettant à profit les 
indications fournies par M. Bousiiingault, 
a préparé à Montevideo et à Buenos-Ayres 
du tasajo par le procédé suivant : après 
avoir fait couper la chair musculaire en 
lames minces et les avoir salées très^Iégè- 
rement, il les fil saupoudit^'r de farine de 
mais en les exposant au soleil pendant le 
jour et en les pressant légèrement pendant 
la nuit. Après huit jours Topération était 
terminée^ la viande présentait un très -bel 
aspect et une saveur agréable à son arri> 
vée en France, qu'elle ait été consommée 
après avoir été bouillie ou rôtie. Toutefois 
elle avait contracté un léger goût de moisi 
que M. Schnepp attribue à la saison 
humide dans laquelle la préparation avait 
été faite. 

La dernièri* expérience et la plus déci- 
sive tentée par M. Schnepp est la^ulvante : 
U fit eouper en lames minces 1600 kilog. 



de viande dans un saladero de Montevideo ; 
elles furent légèrement salées et empilées 
dans uiie caisse. Après avoir recouvert la 
pile d'une épaisse couche de sel, la caisse 
fut expédiée au Havre et de là à Mulhouse, 
où elle fut livrée à la consommation, au 
prix de' 60 centimes le kilogramme. La 
viande était en très-bon état et, rôtie, fut 
jugée excellente. Nous mentionnerons en- 
core, dans le même ordre d'idée, deux 
procédés de conservation des viandes dus, 
i'nn à M. Martin de Lignac qui dessèche 
les viandes dans des étuves à une tempé- 
rature n'excédant jamais 35 degrés afin de 
n'altérer aucune des albumines du plasma 
musculaire, l'autre à deux industriels de 
Buenos Ayres, MM. Vin et Senorans, qui 
ont essayé de sécher les viandes par la ven- 
tilation afin de ne faire intervenir le sel 
qu'en très- petites proportions. Après avoir 
soumis les lames dô viàiade à une pression 
assez forte le prenrier jour pour faire 
éconler une portion de l'eau, qu'elles ren- 
ferment, ils les étendaient sur des châssis 
disposés horizontalement dans une grande 
pièce où arrive de l'air chaud mis en mou- 
vement par des roues h larges ailes. 

Ce procédé ne donne que des produits 
de qualité inférieure au tasajo. 

M. A. Gautier signale le procédé imaginé 
par un ingénieur anglais et consistant à 
soumettre la viande à une forte pression 
hydraulique qui la prive d'une grande par- 
tie de son suc et l'amènerait à un état de 
siccité suffisant pour que toute putréfac- 
tion soit évitée. Le sérum qui s'écoule est 
lui même desséché et fournit un aliment 
nutritif. 

La valeur nutritive de la viande salée 
et desséchée est incontestablement très- 
considérable ; mais si l'on en excepte celle 
qui est préparée par la méthode de 
MM. Boussingault et Schnepp (sur laquelle 
l'expcriencc n'a pas encore prononcé), 
c'est un pro(ioit insipide, coriace, très- 
difficile à digérer^ et les habitudes atimen • 
taires de nos populations les rendront pro- 
bablement pendant longtemps encore 
réfractaires à leur consommation journa- 
lière. 

A diverses époques, on a préconisé des 
poudres alimentaires, dont la plus connue 
est le Pemmhan des voyageurs au pôle 
Nord, mélange de. viande de bœuf dessé- 
chée et pulvérisée à laquelle on ajoute du 
sel, du poivre, des épiées et du jiucre. 
Pour confectionner cette poudre de viande» 
Arthur Hassall Hill a indiqué un procède 



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158 



REV[IE ANALYTIQUE ET CRITIQUE. 



qui consiste à séparer ia viande de la 
graisse, des os et drs tendons, à la décou- 
per en cubes d*un pouce d*épaisseur^ à la 
hacher finement, à retendre sur des châssis 
de ferzingué à claire- voie, el à la /aire se* 
cher à Tair chaud .sans atteindre le point 
de coagulation die ralbumine. On termine 
Popération en broyant la masse et en sou- 
mettant de nouveau la poudre à la dessic- 
cation, après l'avoir tamisée. C*est là^ 
comme le dit très-justement M. Fonssa- 
grives^ un aliment de nécessité et dont 
Tusage ne répond à aucun besoin dans les 
régions que nous habitpns. A ceux qui 
auraient la pensée d'y recourir, nous ren- 
voyons aux travaux de M. A. Lefèvre, di- 
recteur du service de santé de la marine. 
(La fin au prochain numéro.) 
( A nnales d'hygiène publique . ) 



^ lll€^decia« légale. 

De l'hymen et de son importanoe en 
mëdeoine légale, par M. le docteur E. GA- 
RIMOND, professeur agrégé à la Faculté 
de médecine de Montpellier... 

Tout langage scientifique a besoin de 
précision et de rigueur, et la médecine lé- 
gale doit incontestablement, moins que 
toute autre science, échapper à ces légi- 
times exigences. 11 n'est malheureusement 
pas très-simple de satisfaire avec exacti- 
tude à ce programme. Les faits qui appar- 
tiennent au dotHalne médical ne sont pas 
toujours caractérisés pai* des définitions 
précises et complètes; plusieurs d'entre 
eux reçoivent même du texte de la loi une 
signification quelque peu arbitraire à la- 
quelle Texpert doit savoir se plier, sous 
peine de n'être point compris, de ne pou- 
voir remplir son mandat et de compro- 
mettre ainsi la liberté, la vie, Thonnear 
d\in accusé, en même temps que Tauto- 
rité de la science qu'il représente. Ces ré- 
flexions sont surtout applicables aux faits 
d'une criminalité spéciale. J'ai cherché, à 
propos de l'avortement, à établir dans un 
autre travail (I) que, faute d'une donnée 
absolument vraie, on arrivait à une doc- 
trine erronée, d'une sévérité ooiréc dans 
quelques cas, d'une indulgence sans bornes 
dans d'autres. Il en est de même pour le 
viol et les attentats à la pudeur, que cher- 
Ci) Garimond, Traité théorique et pratique 
fie ravortement considéré au point de vue mé- 
dical, chirurgical et médico-légal. Montpellier* 
1875. 



chent à réprimer les «rt. 330, 531 , 332 du 
Code pénaK Mais ici la confusion tient sur- 
tout à ce que ces mots n ont point leurs 
analogues dans le langage purement médi- 
cal, et qu*ils n'existent qu'au point de vue 
de leur criminalité. Leur valeur est en 
partie déterminée par la rédaction des arti- 
cles du Code, et ils présentent par cela 
même une confusion peu facile à éviter. 
C'est en voulant distinguer entre eux ces 
crimes, d'une pénalité si varia|j>le, que les 
légistes modernes ont été amenés à recher- 
cher pour l'un d'eux un signe caractéris- 
tique et à faire jouer un rôle excessif à la 
membrane hymen. 

Quelques observations «urieuses, que 
les hasards de la pratique ou que' des re- 
cherches spéciales ont mises entre mes 
mains, m*ont conduit à examiner un côté 
de ces questions, et à étudier quelle pou- 
vait être en réalité Timportance de l'hymen. 
C'est ce travail, en apparence restreint, 
mais dont les conséquences ne itont pas 
sans étendue, que j'aborde ici. 

L'hymen n'a qu'une existence transi- 
toire. Il disparait d'habitude au moment 
où les organes de la génération accomplis^ 
sent le but définitif pour lequel ils ont été 
formés. Cette membrane est alors habi- 
tuellement divisée, déchirée ou détruite 
en entier. Mais, si par quelques circon- 
stances exceptionnelles elle persiste dans 
son intégrité, elle devient alors, un obata- 
cle à l'accomplissement régulier de;s fonc- 
tions ; elle est donc d'une utilité plus^que 
contestable et quelquefois même un véri- 
table embarras. Aussi les physiologistes 
ont-ils attaché à sa présence une très- mi- 
nime importance, ignorant le rôle qu'elle 
est appelée à jouer pendant l'enfance et ia 
puberté. 

Il n*en est plus ainsi lorsqu'on l'envi- 
sage au point de vue de la médecine lé- 
gale. Sa présence, son absence, sa rupture 
ou son intégrité peuvent^ suivant l'occa- 
sion^ devenir des signes d'une certaine 
valeur. Quelques auteurs lui attribuent 
même une signification absolue. Ils sem- 
blent regarder l'hymen comme une bar- 
rière naturelle et constante placée entre 
les organes génitaux externes et ceux de 
la sphère moyenne, de sorte quMl établi- 
rait entre eux une différence de nature et 
de fonction. Un attentat commis avec vior 
lence, mais arrêté par ce tissu, n'aurait 
plus la même signification, ne devrait plus 
être désigné par le même mot, n'entraîne- 
rait plus la méme^ pénalité que celui qui\- 



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REVUB ANALYTIQUE ET CHITIQUE. 



159 



s*cxerçant qa«iqae$ in illi mètres plus loin, 
deviendrait un crime d'une tout autre 
porl^e, etceltrici aurait toujours pour ca- 
ractère essentiel la violence et la rupture 
de la membrane oi^turatricc. Pour tout 
dire, suivant TEcole française la plus mo- 
derne et la plus autorisée, le viol ne serait 
autre chose que la violence exercée sur les 
organes génitaux de la fem^e, suivie né- 
cessairement de la défloration complète ou 
ineompiètc. La déchirure de la membrane 
est tout ; en dehors d'elle, le crime n'a plus 
le même caraelère, il n'y a qu*un attentat 
à la pudeur. 

On est actuellement mal venu de s'arré- 
t|;r à de simples discussions théoriques. 
Les faits sont plus recherchés que les 
aperçus les plus ingénieux. Cependant 
Tattenlion doit nécessairement se reporter 
à l'origine dés questions. Les théories, 
pour ne faire qu'une mince apparition, 
n'en existent pas moins, et les auteurs les 
plus sobres à cet égard ne sauraient se 
soustraire à leur nécessité. Ils formulent 
leurs opinions en quelques mots, ils ne les 
diseatent pas mais ils les présentent 
comme des axiomes^ point de départ obligé 
de toute leur œuvre que nul n'est admis h 
repousser. Ce sont les tendances de TEcole 
moderne de médecine légale. Dans chaque 
sujet, elle recherehe autant que possible 
un signe très< apparent, saisissable, dont 
elle fait non-seulement un moyen de dia^ 
gnostic, mais qu'eue établie comme l'élé- 
ment essentiel de sa définition. Ce procédé 
offre un véritable avantage : il donne aux 
questions une netteté et une précision 
incomparables. Le, légiste, avec ce mode 
d'appréciation, est rarement embarrassé. 11 
résout ainsi les difficultés qui peuvent se 
rencontrer et qui pour tout autre seraient 
au moins douteuses. Mai^, si l'on discute ht 
fond ces théories à peine ébauchées et si 
hardiment formulées, elles ne soutiennent 
pas toujours l'examen, et l'on s'aperçoit 
bientôt, quelles que soient l'habileté do 
Tœuvre entière, l'abondance des détails, 
la hardiesse des conclusions, que l'ensem- 
ble n'est point assis sur une base inébran- 
lable. 

L'expert n'a pas, il est vrai, à discoter 
la loi ou à rinterj)réter; seulement lors- 
qu'on délit, un crime, sont désignés par 
un simple mot^ il faut bien qu'il se rende 
compte de sa valeur au point de vue >dc 
l'expertise médicale, et qu'il sache si la 
définition proposée est la seule vraie. On 
ne sera donc pas étonné que je recherche 



quelle est ia signification h donner aux 
crimes prévus par l'article 532 du- code 
pénal, et caractérisés, suirant plusieurs 
auteurs modernes, par la rupture de 
l'hymen. La plupart des écrivains anté- 
rieurs à notre époque n'ont pas envisagé 
cette question au même point de vue. iU 
sont au contraire unanimes à reconnaître 
que le viol n'est autre chose que l'union 
sexuelle illicite accomplie avec violence, 
quels que soient d'ailleurs ' les désordres 
anatomiques qui en résultent, et qui ne 
peuvent que dans un nombre de cas très- 
limité avoir une importance absolue. Cette 
définition, ou son idée principale, a été 
acceptée par le plus grand nombre d'entre 
eux : Fodéré; Marc, Orfila, Devergie, 
Casper ; c'est celle que Briand et Chaude (1) 
reproduisent dans des termes à peu près 
identiques. 11 faut le reconnaître, elle est 
bien un peu vague : le signe essentiel, 
1 élément matériel du crime, n'est point 
désigné ; c'est pour cela que quelques au- 
teurs ont voulu lui donner un sens plus 
pratique. Tbulmouchc (â> déclare qu« 
« pour l^ médecin légiste, le caractère de 
la virginité est l'existence de la membrane 
hymen, et il n'y a de défloration ou viol 
que si l'on y remarque des déchirures. » 
M. A. Tardieu (3), s'emparant de cette 
idée, la formule encore avec plus de pré- 
cision. « Le viol peut être défini, au point 
* de vue de la médecine légale : toute vio- 
lence exercée sur les organes sexuels de ta 
femme, et caractérisée par la défloration, 
e-'est-è-dire par Id déchirure complète de 
la membrane hymen. » On arrive ainsi à 
un signe invariable, caractéristique du 
viol, en même temps qu'on détourne le 
mot du sens primitif. Les rapports sexuels 
ne sont plus nécessaires'; mais toute vio- 
lence, de quelque nature qu'elle soit, peut 
être classée dans la même catégorie, 
pourvu qu'il y ait rupture de l'hymen. 
C'est donc une véritable révolution accom- 
plie dans l'idée que l'on s'est faite jusqu'à 
présent de ce crime. 

Avec cette doctrine, le viol est restreint 
à un petit nombre de faits, et tout ce qui 
ne reconnaît pas la défloration à son origine 
est rejeté dans le cadre élargi des attentats 
à la pudeur. Mais Ton se demande si l'on 

(1) Briand et Chaude, Manuel complet de mé- 
decine légale^ 9« édition. Paris, 1874. 

(2) Toulmouche. Mémoire sur les attentats à 
la pudeur et le viol, t^nn. d'hyg., 2" série, 
t. VI, p. 100, 1856, el t. XXIÏ. p. 313. 1864.) 

(3) Tardieu, Étude médico-légale sur les at^ 
tentais aux mœurs^ 6« édit. Paris, 1873. 



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REVUE ANALYTIQUE ET CRITIQUE. 



peut ainsi 'arbitrairement séparer des aetes 
qui, ayant les mêmes conséquences et 
poursuivant un but identique, «ont de 
même nature, et cela parce qu*un tissu de 
peu d'importance a été respecté dans un 
eas, déchiré dans un autre, alors surtout 
que ia membrane peut ne pas exister, soit 
par une destruction accidentelle anté- 
rieure, soit par suite d*u ne organisation 
anormale. Cette question a déjà été en 
partie tranchée par les interprétations don- 
nées au sens de la loi par la Cour de cassa- 
tion. Pour nous, c'est exclusivement par 
des faits d'ordre médical que nous devons 
)a juger, et puisque l'hymen joue un si 
grand rôle, c'est par son étude, par son 
anatomie et par ses anomalies, par les mo- 
difications que les circonstances acciden- 
telles lui fout subir, et par les conséquences 
qui en découlent, que nous arriverons à 
nous faire une idée nette de ce que l'on 
doit classer sous le nom d'attentat à la pu- 
deur, ou BOUS celui de viol. 

Pendant longtemps, des anatomistes 
ordinairement exacts n'avaient qu'une no- 
tion tellement confuse de l'existence de 
l'hymen, que leurs opinions à cet égard 
étaient tout à fait contradictoires, i Fal- 
lope, Vésale, Dieraerbroêk, Riolan, Bar- 
tholin, Heister, Ruyscb et quelques autres 
prétendent, écrit Buffon (1), que la mem- 
brane hymen est une partie réellement 
existaute qui doit être inise au nombre des 
organes de la génération des femmes. Ils 
disent que cette membrane est cl>arnue, 
qu'elle est fort mince dans les en/ants, 
plus épivisse dans les filles adultes ; qu'elle 
est située au-dessous defurèthre, ete.^ etc. 
L*hymen, selon M» Winslow, est un repli 
membraneux plus ou moins circulaire, plus 
ou moins large, plus ou moins égal, quel- 
quefois semi-lunaire, qui laisse une ouver- 
ture très-petite dans les unes, plus grande 
dans les autres, etc. Âmbroise Paré, Du- 
laurens, Graaf, Pinœus, Dionis, Mauriceau, 
Palfyn, soutiennent au contraire que la 
membrane hymen n'est qu'une chi- 
mère, etc. Ils rapportent les observations 
qu'ils ont faites sur un grand nombre d& 
filles de di£férents âges, qu'ils ont dissé- 
quées, et dans lesquelles ils n'ont pu 
trouver cette membrane. Ils avouent seu- 
lement qu'ils ont vu quelquefois, mais bien 
rarement, une membrane qui unissait les 
protubérances charnues, qu'ils ont appe- 
lées caroncules myrtiformes. Mais ils son* 

(t) Bti£fon, OEuvret complètes: De rkomme, 
i, VI, p. 44. 



tiennent que celte membrane était contré 
l'état naturel. » 

Nous savons ce qu'il faut penser aetueU 
lement de ces divergences d'opinion. Cette 
membrane, dont rcxistence est niée par les 
uns, admise par les autres, est tellement 
constante que son absence congénitale est 
une exception rare et même contestée. 

L'hymen est transversalement placé à la 
partie inférieure du vagin, qu'il obture 
complètement en arrière, échancré en 
avant au niveau du méat urinaire. Il a la 
forme d'un croissant; son bord convexe 
est soudé avec les parois infériourt et la* 
térale du vagin. Son bord antérieur est 
concave ; il regarde l'ouverture de Turè- 
thre, et laisse une ouverture libre à la 
partie inférieure (Je l'orifice vaginal. C'est 
surtout aux aspects multiples qu'offre cet 
orifice que se rapportent ses. formes diver- 
ses, depuis le cloisonnement entier jusqu'à 
la disparition complète de la membrane 
obturatrice. 

Ces variétés infinies ont été signalées par 
beaucoup d'auteurs (2), et Ton en retrouve 
tous les spécimens dans le Musée anato- 
mique de Heidelberg. Je les classerai dans 
les divisions suivantes : 

1* Hymen avec ouverture centrale. 
Celle-ci peut être simplement circulaire, et 
l'ouverture située tout à fait au milieu ou 
sur les côtés' de la ligne médiane. Souvent 
elle est de forme allongée. A\ en est même 
qui représentent parfaitement Un carré 
long dont les bords, légèrement convexes 
en dedans, ressemblent à de petites val- 
vules. Dans un cas de ce {;enre, ehez une 
jeune fille de deux ans, la membrane sur 
laquelle s'inséraient ces quatre replis était 
réduite à un simple limbe étroit bordant le 
vagin; pendant lés mouvements d'expira- 
tion ou d'effort auxquels se livrait l'enfant, 
l'anneau vulvatre se resserrait, de sorte 
que rhymen se rapprochait par les bords 
libres et obturait complètement le vagin ; 
puis, pendant l'inspiration, la dilatation 
s'opérait, et alors la Communication avec 
rintérieur devenait assez large pour qu'oo 
put comprendre qu'à Fége adulte nulle 
fonction n'en serait gênée. 

â<^ L'hymen est eA forme de croissant, 
avec ouverture antérieure. C'est celui qui 
est généralement décrit, et dont les dimen- 
sions dans Torifiee peuvent varier depuis 
le volume d'une simple plume d'oie jus- 
qu'à permettre le passage d'un corps vo- 

(2) Rose. De l'hymen, thèse de Strasboorg, 
iH87i/2* série, 181)5. 



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REVUE ANALYTIQUE ET CRITIQUE. 



161 



lumineux. L*échffncnire en croissant est 
placée tout à fait h la partie antérieure et 
quelquefois subdivisée en deux fentes se- 
, condaires par une membrane perpendicu- 
laire dont Textrémité va s'insérer au-dessus 
du méat urinaîre. 

Z^ Je signalerai encore Thymen imper- 
foré ou criblé de petits pertuis^ ce qui, au 
point de vue fonctionne), revient tout à fait 
au même. 11 existe enfin des hymens divi- 
sés dans toute leur longueur d'avant en 
arrière par une fente irréguiière, d'autres 
à ouverture^ doubles ou circulaires, soit 
que celles-ci dépendent d*un vagin double 
ou qu'elles correspondent à un seul vagin. 
L'étude du développement permet de 
comprendre facilement les nombreuses 
variétés que présente cette menjbrane. 
D'après Coste, du trente-troisième au qua- 
rantième jour après la fécondation, on voit 
se former près de l'extrémité caudale du 
fœtus, sur le tégument externe, une accu- 
mulation de blastème. .11 en résuite une 
éminence médiane d'où partiront des bour- 
geons secondaires destinés à former une 
série d^appendiees. Au centre de celte émi- 
nence se creuse bientôt une dépression 
longitudinale qui ne tarde pas à devenir, 
par la corrosion du feuillet tégumen taire, 
une ouverture linéaire plus profonde, finis- 
sant, lorsque l'évolution marche régulière- 
ment, par communiquer avec le cloaque 
formé par les cavités rectale, vésicale, va- 
ginale, dont le cloisonnement se fait en 
même temps et s'unit ainsi aux parties 
externes. 

L'hymen n'est donc en réalité qu'un 
débris de membrane persistant dans une 
proportion variable, perce d'une ou de 
plusieurs ouvertures ou n'ayant subi qu'un 
trayait de dépression ' ou de perforation. 
C'est en ^effet par la disparition du tissu 
placé entre le cul de sac rectal, le vagin et 
la vessie d'une part et le tégument externe 
de l'autre, que les trois cavités intestinale, 
génitale et urinaire s'ouvrent à l'extérieur. 
Que ce travail ne s'accomplisse point régu- 
lièrement nu niveau du cul-de-sac vaginal, 
il en résulte une oblitération de la partie 
du vagin aboutissant à Tanneau vulvaire, 
oblitération complète ou incomplète sui- 
vant les cas. L'organisation est considérée 
comme régulière toutes les fois que la 
membrane oblitérante est percée d'une 
ouverture suffisante pour Texercice des 
fonctions qui doivent s'établir à la puberté; 
mais on comprend déjà combien il doit se 
présenter de variétés. II semble qu'au. dé- 



veloppement parfait devrait correspondre 
la disparition entière de la membrane 
obturatrice, qui n'est jamais qu'un obstacle 
incommode. Cependant elle persiste habi- 
tuellement et ne peut nuire à la régularité 
des fonctions qu'à une époque éloignée de 
la naissance. Il n'en est point ainsi pour 
l'urèthre et l'anus, dont les orifices, se 
formant par le même mécanisme, ont be- 
soin d'être complets dès la naissance. Les 
parties extérieures ont donc un développe- 
ment distinct de celui du vagin. Il en est 
de même pour l'utérus et les ovaires. 
« L'observation directe, dit le professeur 
Courty (1), démontre que l'appareil géni- 
tal est divisible en trois zones qu'il faut 
considérer comme trois champs distincts 
d'évolution organique, se développant in- 
dépendamment les uns des autres et ten- 
dant à produire un appareil unique destiné 
à l'accomplissement d'une seule fonction. 
De ces trois zones, les deux extrêmes sont 
principales ; la moyenne ou intermédiaire 
est secondaire. Les premières sont les 
organes génitaux internes et externes, la 
seconde est le moyen d'union des uns et 
des autres. » 

Ces données anatomiques et physiolo- 
giques me permettent d'aborder les diverses 
questions qu'entraîne avec lui le rôle ac- 
cordé à l'hymen. 

l** En admettant que cette membrane 
soit une barrière qui doit être franchie et 
rompue pour que le viol existe, les légistes . 
méconnaissent la valeur relative des or- 
ganes génitaux de la zone externe, et vont 
à rencontre c)es idées physiologiques que 
je viens d'exposer. Non-seulement les or- 
ganes externes ont une importance réelle, 
mais la persistance de la membrane hymen 
ne change rien à la nature de l'acte et à 
ses conséquences. « Médicalement parlant, 
écrit le professeur Taylor (2), une certaine 
intromission peut exister sans destruction 
inévitable de l'hymen , et, moralement 
parlant, le crime sera le même, que la 
membrane hymen soit ou ne soit pas rom- 
pue; car, comment serait-il possible de 
réprimer ce que la société s'accorde à con- 
sidérer comme un crime odieux, si l'on 
admet les experts à discuter les degrés 
d'intromission pour la constitution du 
crime? » 

Les désordres que l'on constate chez de 

(1) Courty, Traité pratique des maladies de 
l'utf^rns et de ses annexes^ page 35. 

(2) A. Ttiy\ov''8 Médical jurisprndenr,e,TU\ri\ 
edllj p. 807. 

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iGâ 



U£VUE ANALYTIQUE ET CRITIQUE. 



jeunes enfafits, alors qu« des rapports 
réitérés ont lieu, prouvent en eflfet que 
très-souveut la membrane hymen a été 
respectée, quoique l'acte ait eu tes rarac- 
tèresde la, conjonction sexuelle. Il faudrait 
donc rejeter dans la catégorie des simples 
attentais, des crimes dont !e signe spéci- 
fique ne se retrouve point le plus souvent, 
à cause de Torganisaiiou même de ecs 
jeunes filles. 

Devergie a constaté que chez les enfants 
le diamètre du vagin est si petit, quMI peut 
à peine recevoir le petit doigt* « Si cette 
observation, dit M. Toulmouche (J), est 
vraie pour le plus grand nombre, elle est 
peut-être trop absolue^ car j'ai eu l'occa- 
sion de rencontrer, dans une certaine pro- 
portioR; de très jeunes filles chez lesquelles 
je pouvais facilement introduire la moitié 
du petit doigt, sans qu'elles manifestassent 
de la douleur. » Il en résulte cependant 
que l'intromission n'est presque jamais 
complète, et souvent, sous l'influence de 
rapports répétés, une dilatation infnndi- 
buliforme se produit, et l'hymen refoulé 
finit ainsi par céder, en se déplaçant, sons 
se déchirer. Tel est le cas si remarquable 
rapporté par Marc. « Une fille de douze 
ans, chez laquelle les signes de la puberté 
s*étaient à peine uiqnifesiés, contracta une 
liaison avec un garçon un peu plus âgé 
qu'elle. Ces deux enfants avaient vécu en- 
semixle plusieurs mois^ lorsque le père du 
garçon partagea les faveurs de la maîtresse 
de son fils. Ce libertinage dura jusqu'à ce 
que d'affreuses végétations vénériennes eus- 
sent conduit la jeune fille à l'hôpital de la 
Pitié. Examinée par le docteur Serres et 
par d'autres médecins, on trouva chez la 
malade une dilatation extrême du vagin, 
une flétrissure des parties génitales externes 
et une absence totale de l'hymen. Après le 
traitement de la maladie vénérienne, on fut 
fort étonné de trouver chez elle Tensemble 
des caractères qui constituent la virginité, 
et notamment une membrane virginale 
semi- lunaire très-prononcée, ftl. le docteur 
Fournier-Pescay et moi fûmes nommés 

(1) Toulniouche, Annales éThygiène publique 
et de médecine legaley â" série, t. VI, p. 104, 
1856. 

(2) Marc, Dictionnaire de médecine. Paris, 
1816, i. XXX. p. 807. 

(3) Joulin, Traité des accouchements. Paris, 
1868. 



commissaires par la Société médicale 
d*éraulation pour constater ce fait. Ici, la 
membrane hymen s'était évidemment flé- 
trie, affaissée à la suite d'une débauche en 
quelque sorte graduée, mais n'avait pas été 
détruite (2). » 

Des faits pareils nie sont pas très -com- 
muns, . mais ils se produisent cependant 
assez souvent pour permettre d'affirmer 
que rhymen peut être momentanément 
déplacé sans déchirure et sans. faire obstacle 
aux rapports sexuels; et lorsque ceux-ci 
sont accomplis avec violence, on n'est pas 
en droit de les classer autre part que dans 
la catégorie des viols. — En effet, du côté 
du coupable l'acCe est le méme« que l'hymen 
soit conservé ou non; et la victime, si 
elle est adulte^ est exposée aux consé- 
quences habituelles des rapports j^ex^els. 

Les auteurs d'obstétrique rapportent 
tous des faits de grossesse survenues dans 
des circonstances analogues. Joulin (3) 
cite deux' observations parfaitement cir- 
constanciées. Cazeaux signale des faits ana- 
logues. Le plus récent a été raconté à la 
Société médicale du IX' arrondissement de 
Paris par M. Dufour. Ce médecin vit un 
jour arriver dans son cabinet deux dames.. 
L*une d'elles se plaignaird'un balfonnement 
de ventre fort désagréable, qu'elle ne sa- 
vait à quoi attribuer. L'hypothèse d'une 
grossesse amena une grande exclamation, 
et le fait fut déclaré impossible. Un examen 
complet permit cependant de constater le 
bruit du cœur fœtal, le développement de 
l'utérus, en même temps que la persistance 
de rhymen, dont l'ouverture suffisait à 
peine à l'introduction de la phalange un- 
guéaie. La fécondation avait donc pu se 
faire malgré cette disposition peu favorable 
et malgré l'intégrité de la membrane obtu- 
ratrice. Des renseignements précis obtenus 
plus tard confirmèrent le diagnostic, et 
permirent de conclure que des rapports 
complètement externes avaient amené la 
grossesse (4). 

{La fin au prochnin numéro,) 
(A nnales d'hygiène publique^) 

[i) Voyez Guérard: Sur fa valeur de l'exis- 
tence de fa membrane hymen comme signe de 
virginité, [J nnales d'hygiène, 1872, 2" térie, 
t. XXXVII|.p.i09.;— Beigeret, Des fraudes 
dans raecomplissement des fonctions géné- 
ratrices, 4« édition. Paris; 1873. 



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ACADÉMIES ET SOCIÉTÉS SAVANTES. 



U,5 



III. AGADÉMIBS ET SOfJËTÉS SAVANTES. 



Société Royale de« Soienoes médiealet et 
aofturelles de Bruxelles . 

BuUetin de la séance du â CMÛt 1878. 

Président : M. Pigeolet, présid. hoqor. 
Secrétaire : M. Lbdegahck secrélairc adj. 

Sont présents : MM. Charon, Pigeolet, 
Wehenkel, Sacré, Thiry, Spaak, Scbaer- 
maiis, Vanda Vyyerci, Tirifahy, Lede- 
ganek. 

La cwrospondanoe comprend : 1« Une 
lettre de M. Martin, s'exeusant de ne pou- 
voir assister à la séance de ce jour ; "À^ Une 
lettre de tf. van den Corpirt, ayant le même 
objet ; 5° Une lettre de M. le docfeuf Motte, 
de Dînant, remerciant la Société de sa 
nomination comme membre correspondant. 

Ouvrages présentés : 

4. MittbeiJungen des Wiener medici- 
niscbcn DoctorciL-Coliegium. N"' 19-20. 

3. Jornal da Socicdade das scioncias mc- 
dicasde Lisboa. Anne 1875, n" 5. 

5. Annales de TObservatoire royal de 
Bruxelles. Juin 1875. 

i. Reale Istituto Lombardo di scienze; 
Rcndiconli. 2® série, vol. VI. 

5 à 83. Divers journaux ri recueils 
scienlifiques et périodiques. 

M. Pigeolet. Avant d'aborder Tordre 
du jour, je dois vous exprimer toute ma 
gratitude. Messieurs, pour la preuve d'es- 
time que vous m*avcz accordée dans la pré- 
cédente séance, en me conférant le titre 
de Président bonorairc.de la Société. 11 y 
a plus de trente ans qu'admis à participer 
anx travaux de In Société, j*ai rempli suc- 
cessivement les fonctions de Bibliotbécaire, 
de membre du Comité de rédaction de son 
journal, de Vice- Président et de Président, 
fonctions que votre bienveillance m'a tou- 
jours rendues faciles cl agréables. 

La Société des sciences médicales de 
Bruxelles, qu^on peut considérer comme le 
berceau de toutes les institutions du pays 
qui ont eu pour objet le développement et 
rétude des sciences médicales, jouit d'une 
réputation trop bien méritée, pour que je 
ne considère point comme le plus grand 
honneur qui me soit échu, celui de lui ap- 
partcnil' pendant toute ma carrière. 

Mcrci^ encore une fois, Messieurs, du 



nouveau témoigna^ de bienveillance dont 
vous m'avez gratifié; tous mes efforts ten- 
dront h le justifier en continuant pendant 
le reste de ma vie médicale d'unir mon tra- 
vail an vôtre, dans le but de développer 
tous les jours davantage la prospérité cl la 
splendeur de la Société. 

— Pas.sant ensuite à Tordre du jour, 
M. le Président accorde la parole à M. We- 
henkel, pour la lecture de son analyse de 
la brochure de M. le docteur Van den 
Schriek, de Hal , Sur la spécificité du 
miastne typhique, 

M. WfiflENKBL. Messieurs, l'auteur de ta 
brochure dont j'ai à vous- entretenir, ayant 
envoyé on exemplaire de son travail à cha- 
cun des membres de notre Société, vous 
avez tous eu ToccasÂon de lire cette inté- 
ressante brochure ; j'aurais donc voulu être 
fort bref, mais Timportance des qu testions 
soulevées par M. Vîyi den Sehriek, m'a 
entraîné un peil au-delà des limites que je 
croyais d'abord pouvoir assigner à la pré- 
sente analyse. 

Après avoir, dans cette brochure inti- 
tulée : Du virm typhoïde et de son rôle dans 
Us épidémies, fait ressortir la différence qui 
existe entre la fièvre typhoïde et le typhus 
exanthématique, M. Van den Schriek s'ap- 
plique à prouver que le virus typhoîiJe est 
la seule et unique cause de la fièvre ty- 
phoïde; convaincu, et à' juste titre, qu'en 
médecine surtout, bien des discussions 
stériles sont nées du* peu de précision 
dans les termes employés, notre estimable 
collègue s'applique d'abord à, déterminer 
exactement ce qu'il entend par infection 
et par contagion. L'infection esty povtv lui, 
un état spécial de débilité vitale qui pré- 
dispose V homme qui en eut- atteint, à con- 
tracter n'importe quelle maladie contagieuse 
dont le germe agirait sur lui. Quoiqu'il ne 
soit nullement dans notre intention d'in- 
sister sur ce fait, nous dirons cependant, 
qu à notre avis, il aurait été préférable de 
conserver au mot infection la valeur assez 
précise qui lui est généralement attribuée. 
On désigne, en effet, par cette expression, 
soit raclion de produire une odeur corrom- 
pue et malfaisante, soit la corruption pro- 
(|uite dans un corps par les substances ou 
miasmes délétères qui s'y introduisent, soit 



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164 



ilGADËMlES ET SOCIÉTÉS SAVANTE. 



enfin Taction exercée sur Téconomie par 
des miasmes putrides ou par des liquides 
virulents (Dictionn. de Littré). L*intection 
dans le sens admis par Littré implique donc 
l'intervention de certains principes spé- 
ciaux ; telle qQ*on Tentend généralement 
en médecine» cette expression désigne» nous 
semble-t il, rinfluence qu*exercent sur 
réconomic certains principes spéciaux 
d'origine végétale ou animale qpi normale- 
ment n'agissent pas sur l'organisme et qui^ 
par leur intervention, détermine des pré- 
dispositions ou même des trouble^ patents ; 
elle n'indique pas simplement un état spé- 
cial de débilité vitale qui prédispose 
l'homme qui en est atteint, à contracter 
n'importe quelle maladie dont le germe 
agirait surHui. 

La phrase du travail de M. Van den 
Scbriek qui suit cette définition , nous 
prouve que l'auteur lui-même n'entend pas 
appliquer le mot infection à tout état spécial 
de débilité vitale qui prédispose j etc., et que, 
soit dit entre parenthèses, nous préférons 
continuer à qualifier Je prédisposition ; il 
dit, en effet, que la cachexie urbaine est un 
état particulier de l'économie qfji a beau- 
coup d'analogie avec l'infection; cette 
cachexie qui pourtant facilite singulière- 
ment le développement des épidénjîes, 
n'est, par conséquent, pas une infection, 
pas même pour M. Van den Schriek;ce 
n'est qu'un état analogue. Nous pensons 
que pourtant notre estimable collègue étend 
un peu trop la valeur de ce mot infection, 
en comprenant par cette expression cet état 
particulier qui peut être produit par la 
respiration de gaz irritants, le défaut d'air 
et de lumière (p. 81). 

Avant d'entamer le sujet essentiel de son 
travail, M .Van den Schriek^ rappelle d'après 
Guipon, que « la première cause d'er- 
reurs dans Tappréciation de l'origine de la 
fièvre typhoïde épidémique, est que les 
causes éloignées qui peuvent varier [plus 
ou moins suivant la contrée^ sont jugées 
tour à tour aptes ou inaptes à produire la 
maladie, au lieu d'être considérées simple- 
ment pour ce qu'elles sont, e'està-dtre 
comme étant propres à favoriser son inva- 
sion et son extension. La seconde source 
d'erreurs* provient de ce que tantôt l'une 
ou tantôt l'autre de <es causes éloignées 
est regardée, suivant l'observation qu'on 
en a faiU comme nécessaire a la production 
du même résultat (Gaz. méd. de Paris), )> 

Nous partageons parfaitement cette ma- 
nière de voir quant à TinAuencc exercée 



par une étude mal entendue des causes sur 
les progrès de nos connaissances, non- 
seulement de la fièvre typhoïde, mais 
encore des maladies générales. 

Ayant terminé l'exposé de quelques 
considérations qu'il a cru devoir rappeler 
afin de donner plus de précision à son 
étude sur le virus typhoïde, notre esti- 
mable confrère de Hal rappelle les termes 
dans lesquels M. €ousot, dans un remar- 
quable mémoire couronné par l'Académie 
de médecine de Bruxelles, a résumé sous 
quatre chefs, les conditions du développe- 
ment de la fièvre typhoïde (1). Quelque 
réduit que soit le nombre des causes 
admises par M. Cousot, M. Van den Schrick 
ne peut les accepter toutes j il n'en accepte 
qu'une seule, le contage typhoïde de source 
humaine- Les cause<; assortissant aux trois ' 
autres chefs admis par M. Cousot, doivent 
pour M. Van den Scbriek, être rangées 
« parmi les causes éloignées qui comme 
l'ivrognerie, les excès, etc., peuvent pré- 
disposer un individu à contracter une ma- 
ladie contagieuse, mais ne peuvent jamais 
la faire noitre quand celui qui subit leur 
influence ne s*est pas exposé à l'action d'un 
virus spécifique. » 

L'auteur du mémoire qui nous occupe 
établit ensuite, eu citant quelques exem- 
ples, la réalité de la contagiosité de la 
fièvre typhoïde ; il j*appelle les trois prin- 
cipales théories émises sur la nature des 
^contages et déclare se rallier à celle de ces» 
théories qui considère les contages comme 
des être:: organisés ; il s'abstient d'indiquer 
les raisons qui lui font accepter cette théo- 
rie et renvoie ceux qui voudront s'édifier 
à cet égard à l'ouvrage de M. COusot. Certes 
nous n'entreprendrons pas d'établir ici la 
supériorité de l'une de ces théories sur 
l'autre, mais nous ne pouvons nous em- 
pêcher de dire que M. Vanden Scbriek, 
nous semble se hâter un peu trop, en 
acceptant sans réserve l'opinion que les 
contagi^ssont des.étr^s organisés alors qu'il 
avoue que « les microscopes ne sont pas 
encore assez perfectionnes » et que c nous» 
n'avons pas encore assez l'habitude d'étu- 
dier cette quantité énorme de eocps étran- 
gers qui voltigent dans l'air, ni ces my- 
riades d'animalcules qui pénètrent dans le 
corps de l'homme, souvent pour s'y déve- 
lopper à son détriment, y C'est parce que 
nous ne cor^naisso/is que trop es lacunes 

(1) F. 132 de VKtndu sur la fièvre typhoide. 

Car M. Cousot. Mémoire des concours,' etc., pu- 
liés par l'Académie de niédcciiie. 1874. « 



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ACADÉMIES ET SOCIÉTÉS SAVANTES. 



jr»5 



qui SQiit, an moins en partie, la consé-' 
quence de rinsufBsance .de nos moyens 
d*investigation que nous préférons nous 
abstenir plutôt que d'affirmer l'existence 
d'êtres organisés là où nous ne pouvons 
qu^n supposer la présence. Poui'quoi, en 
effct^ n^aurions nous pa« peut-être à faire, 
dans certaines transmissions par contage^ à 
un processus analogue à celui bien mieux 
connu de ta transplantation d'une partie 
d'un individu à un autre, transplanta- 
tion que nous pratiquons, par exemple, 
dans la greffe épidermique^ dans Tauto* 
plastie, ou même dans les transfusions 
sanguines, etc. Dans ces greffes, les parties 
transplantées conservent partiellement ou 
totalement leurs attributs anatomiques et 
physiologiques. Lès tissus pathologiques 
jouissant, de même que les tissus normaux, 
d^une certaine autonomie yitaie qui rend 
leur transplantation parfois possible, nous 
pensons n'être nullentent en dehors do la 
logique des faits, en admettant que lors de 
la greffe de ces tissus pathologiques (solides 
ou liquides)^ ceux-ci peuvent également 
conserver partie ou totalité de leurs attri- 
buts antérieurs. De même qu'une greffe 
épidcrmique favorise ou détermine la for« 
mation d'éléments épidermiqucs dans son 
voisinage, et cela aux dépens d'éléments 
qui, sans l'intervention de cette greffe, ne 
seraient jamais devenus de Tépidermc, de 
même aussi la greffe ou inoculali«m d'élé- 
ments pathologiques transplantâmes ou 
inoculables peut favoriser ou déterminer, 
chez l'individu inoculé, la formation d'élé- 
ments analogies sinon identiques à ceux 
qui ont été transmis ; elle peut ainsi deve- 
nir la condition occasionnelle ou détermi- 
nante de manifestations et de lésions ana- 
logues à celles qui ont existé chez l'individu 
primitivement attiMnt. Quoique dans cer- 
tains cas tes contages soitint représentés 
par des protorganismes, des spores, des 
ovules, des protozoaires ou des proto- 
phytes, que nous sommes parvenus à saisir, 
nous ne pouvons pourtant pas, vu l'insuf- 
fisance de nos connaissances actuelles, affir- 
mer que ces contages sont toujours des êtres 
organisés. Sans vouloir prétendre, que ceux 
qui soutiennent que les contages sont 
constitués par de ces êtres, défendent, 
comme le dit notre savant confrère et col- 
lègue M. Crocq (1), une hypothèse que 
rion ne justifie, nous dirons au moins qu'ils 

(1) Y. £tude sur la fièvre typhoïde ^ pw 
M. CouKot. P. 161. Mémoires des concours, ele,^ 
publiés par l'Académie de médec. de Belgique. 



soutiennent une hypothèse qui ne nous 
semble pas encore suffisamment justifiée 
pour être émise sous une forme aussi 
absolue. 

Notre' confrère de Hal, après avoir re- 
connu que l'état de la science ne nons per- 
met pas encore de préciser et d'iuf^quer 
d'une mauièrn exaeie, les caractères\ mi- 
croscopiques constants de l'agent nvorbi- 
gène de l'iléo-typhos, dit qu'à son avis, cet 
agent nait dans le sang^ qu'il est rejeté 
par toutes Us sécrétions , mais spécialement 
par l'intestin, et que sa propagation est 
singulièrement favorisée par la dccompo*' 
sition des dëjeet ions. îl ajoute que^ d'après 
lui; le virus peut s'introduire dans le sang 
^ par les pou mons et par les organes digestifs, 
mais que ^absorption de ce principe par 
voie- cutanée, ne lui semble pas suffisam- 
ment établie. 

Al. Van den Schriektend ensuite à pjrou- 
ver que les eaux polluées par les matières 
azotées en décomposition, peuvent pro- 
duire des accidents graves, très-graves 
mêmes, mais non la fièifre typh(/tde et cfue 
c'est en servant de véhicule au virus que 
l'eau peut produire oette dernicro maladie ; 
il lôfute certains faits invoqués à l'appui 
de l'opinion de M.Gousot, qui soutient que 
ces eaux polluées sont une des causes de 
la fièvre typhoïde, et il rapporte certains 
exemples qui font ressortir que la conta> 
gion s'opère parfois d'une manière, fort 
singulière. 

Nous admettons la sage réserve de 
M. Van den Schriek dans Tappréciation de 
''ces faits qui ne lui semblent pas être éta- 
blis d'une manière suffisamment complète, 
pour permettre lie conclure au développe- 
ment de la fièvre typhoïde, par suite de 
l'emploi d'eau polluée par fies matières 
animales, mais il est évident que certains 
faits allégués par notre confrère de Hal, 
en faveur de la cohtagion, n'échappent pas 
davantage a Tobjection d'insuffisance^ au 
moins pour le lecteur qui ne connaît ces 
faits que par la brochure de M. Vanden 
Schriek ; témoin, ce cas de la contamina- 
tion d'une personne qui a voyagé de 
Bruxelles à liai dans un compartiment de 
chemin de fer ou se trouvait une dame 
eonvalescente de la fièvre typhoïde cl 
cet autre de la contamination de M. X., 
qui avait le malheur de se trouver a la 
messe, derrière un jeune homme conva- 
lescent de fièvre typhoïde ; ce jeune homme 
ne tenant pas compte de la sainteté des 
lieux, avait cru pouvoir soulager son corps 



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166 



A€ADÊfilI£8 ET SOCIÉTÉS SAVANTES. 



d*ane certaine quantité de gaz qui sont 
venus chatouiller peu agréablement lea 
nei;fs olfactifs de M# X., et aurait aitwi 
transmis riléo* typhus à ce dernier (p. 3â 
, et 53 do mémoire de M. Van den Scbriek). 

Passant à la troi^èmc condition que 
M. Gpjisot accuse de produire Tiléo typhus, 
M. Van den Schriek cotnmencc par déclarer 
que la- pollution organique ne peut ni tou* 
jours ni i»artout posséder la funeste pro^ 
priété de produire Tiléo typhus ; c'est Ja 
une déclaration que nous admettons volon- 
tiers^ mais on ne peut en induite que la 
pollution de Tatr par des matières azotées 
n^est susceptible de déterminer Tiléo- 
typhus, que dansée seul cas où ces matières 
azotées proviennent d'un individu atteint 
de cette maladie ; pafs pins qu'on 'inférera 
que telle eu telle maladie n'est pas conta •> 
gieuse parce que toute personne exposée 
à l'actton du contage, ne contracte pas 
nccessairement ralTection. 

L'auteur du travail qui nous occupe, 
cherche à infirmer certains arguments 
invoqués- par M, Cousot, en considérant 
conimie probable la présence de déjections 
typhoïdes dansées masses infectes, ou dans 
le contenu des latrines, que Tauleur du 
mémoire académique considère comme 
cause de certains cas d'ilco typhus; ce se- 
rait, d'après lui, le contage^e ces déjec- 
tions typhoïdes renfermées probablement 
dans ces masses infectes et dans ces conte* 
nus de latrines qui se trouverait entraîner 
en certain moment par les gaz dégagés lors 
de la lermi>ntatioB de ces masses et qui 
deviendrait ainsi la cause des cas de fièvre* 
typhoïde. 

M. Van den Schriek nous parait tin peu 
trop complaisant en faveur de l'idée qu'il 
défend, lorsqu'il invoque, à l'appui de son 
opinion, la réapparition de la fièvre ty- 
phoïde dans cette maison de garde où huit 
mois auparavant, une seule personne avait 
été, atteinte de la même maladie, aussi bien 
que l'apparition de cette même affection, 
plusieurs mois plus tard, sur un grand 
nombre d'habitants du voisihage de. cette 
maison. 

Nous ne prétendons pas que la manière 
de voir de M. Van den Schriek soit ab* 
solumen* erronée, mais nous soutenons 
que ces deux faits ne peuvent pourtant pas, 
dans rétat actuel de nos connaissanoes, 
être invoqués contre la manière de voir de 
M. Cousot. La pollution organique de l'air 
existait dans ces deux cas ; cette odear plu? 
forte exhalée par les latrines en dénotait 



l'existence ; quant à la présence dans ces 
exhalaisons d'un contage typhoïde particu- 
lier, elle ne peut être aifirmée aussi-positi- 
vement ; elle est hypothétique ; à notre 
avis» il ne "nous reste donc k mettre, on ce 
cas, cette oppavillon de l'iléo-typhuS' en 
rapport avec un fait -établi — rexisteope 
des cmauHtions organiques fétides., t- ou 
bien avec on fait hypothétique — la pré- 
sence d« contago. ^ Nous, avouons incli- 
ner vers la manière de voir de SI.- Cousot 
plutôt qoe vers celle de M. Va» den Schriek, 
et nous prcfépons admettre que parlai ces 
matières exhalée:»., il se trouve probable-- 
ment l'une oÀ l'autre qui, par son aotion 
sur des organismes plus ou moins prédis- 
poses, peut détermiiMsr un trouble dont le 
développement est accompagné de la pro- 
duction du oontafpe typhoïde, plutôt que 
d'invoquer l'interyentiou de ce contage 
conservé pendant trois quarts d'années au 
milieu de déjections, en décomposition plus 
ou moins active.- La première manière djc 
voir a encore pour nous l'attrait de ne pas 
nous forcer a avoir rectiturs à la création 
primitive d'un coatage typhoïde, alors que 
l'admission du eon^tage typhoïde de source 
humaine, comme seule cause de Vilcit- 
typhus^ ne nous permet guère d*entrevoir 
le moment de la fornialiou première de ce 
contage; celte considération* pourtant ne 
serait pas un motif suffisant pqur nous 
faire admettre, quand même, coUe manière 
de voir; mais notus sommes d'&utant plus 
enclins à l'admettre, qu'elle ne nous parait . 
pari en désaccord ayec les faits et qu'elle 
s'accorde avec les convictions philosophi- 
ques nées de l'enseiuble de nos connais- 
sances scienlifiques. * 

Ce n'est pais parce que beaAicoup des 
membres du conseil provincial du Brabaui 
ont pu parcourir tes nouveaux collecteurs 
delà ville de Bruxelles sans compromettre 
leur état de santé que nous considérerons 
les émanations des égouts conimc dépour- 
vues de toute inât|cnce sur la santé des 
habitants, pas plus que nous ne voudrions 
aocuser ces . émanations de tous les maux 
que certains ont voulu leur attribuer parce 
que, dans quelques cas. tels que ceux rap- 
portés par Handpeld-JoneSy ces émana- 
tions ont eu une funeste influence sur la 
santé des personnes qui s'y sont exposées. 
Les conditions individuelles de ceux qui 
s'exposent à ces éoianalions, les circon- 
stances qui peuvent modifier la nature ci 
la quantité des émanations, la durée de 
l'action de celles-ci, etc., etc. constituent 



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ACADÉMIES ET SOCIÉTÉS SAVANTES. 



4«7 



un complexe tf«î conditions, en partie 
coDBocs, en partie inconnues^ qui <)0i vent 
exercer un influence considérable Sur la 
nalurc et , Tintensité dcsr conséquenccii 
dues à ractton des pollutions <ie ratn|os-' 
phère par des foyers pins ou moins In- 
fecls. 

W.Vah don Schrieck pensé que la ^qoa- 
trième cause de la fièvre lyphoMe invo- 
quée par Cousot^ F usage d*aliii]«nls azotés 
en décomposition, peut bien efribarrasscif 
les preoiières voies, dioSinuer les forces 
vitales, prédisposer à Taction d*un prin- 
cipe morbifère, mais en aucun cas, provo- 
quer \à genAse du virus typhoïde. Il ter- 
mine ses considérations sur les causes de 
rilco-typhus en disant « qu'il ne nous est 
donc plus possible d'admettre d*atitre cause 
à tontes les cpidéniies qtii ont ravagé 
Bruxelles que ta négligence qu'on a mise a 
désinfecter les maisons et les déjections die 
'ceux qui étaient primitivement attaqués et 
qui avaient reçu le germe de la maladie 
du dehors. » 

Les mesures destinées à prévenir de 
Douy^'Ueft invasions de fièvre typhoïde, dit 
M. Van den Schrieck doivent : 

1) Viser la destruction do contage de 
source humaine au momcfil où il se ^é%h%ii 
da corps malade, bat facile à atteindre dit- 
il, à cause du peu de stabilité de ce contage; 

% Chercher à empêcher Taction des 
causes qualifiées par Hcnrard d-adjuvantes 
qui ont une grande influence sur < la pro* 
daction du virus, sur la propag|tion conime 
durée et étendue, sur rintensité de ses 
effets et par suite sur son arrivée ou sa 
disparition, sûr son développement isolé 
00 épidémique, sur sa bénignité ou isa gra-' 
vite, t (Rapport du 16 janvier 1875.) 

Notre estimable confrère de Hal exprime 
le désir ardent de voir bientol les peuples 
chercher non seulement à opposer une 
barrière aux fléaux qui viennent nous 
affliger d'une manière périodique, mais 
encore à empêcher les maladies introduites 
chez eux, de prendre les développements 
qu'elle» prennent si facilement mainte- 
nant. Les mestîres nécessaires ^dans ce but 
sont nombreuses ; M. Van den Schrieck se 
propose d'en faire l'objet d'uh travail spé- 
cial et se borne pour le momerd à donner 
son entière approbation aux grands travaux 
d'hygiène qui s'exécutent , dans plusieurs 
grandes villes du pays et à appeler l'atten- 
tion de ceux qui doivent veiller à la santé 
publique sur deux observations qui parais- 
sent bien prouver la grandie influenee 



d'une boime hygiène sur i« développement 
et la propagation do cette maladie. 

L'auteur termine sa brochure par quel- 
ques conclusions dont voici les plus essen- 
tielles: la cause unique de l'ilcotypho» est 
un principe miasmatique ou contage 
homme : viras typhoïde; ce contage est 
aaimé, naît exclusivement dans le corps 
d'un homme atteint de cette maladie^ se 
n^ultipkic dans le sang et s'élimine par 
toutes les ' sécrétions, sf>ëcialement par 
celles de l'intestin ; il éteint dans ('homme 
l'aptiludo \ cette maladie; l'air et i>a« 
sont les véhicules haèituelfr de son intro« 
doction dana le sang ; il se répand dans 
l'air spécialement par la feriaentation deâ 
selles typhique^,' l'eau ne 4e détruit pas 
mais souvent le trtfns^iorte à de grandes 
distances ; sa force contagieuse se conserve 
rarement au-delà d'une année et les désin- 
fectants babFtuel&, le perehiorure de i^^ le 
sulfate de fer, le perchlorure de chaux, le 
chiure, l'acide pbéniqùe, <?tc. le dctrni- 
sent facélement. 

Messieurs, quoique nous ne pacagions 
pas complètement, sur plusieurs points, la 
manière de voir de l' honorable M. Van den 
Sehrieck,oornmeil résulte d'ailleurs de notre, 
analyse et qu'il nous semble que les opi- 
nions qu'il exprime sont parfois vpius ab- 
solues que ne l'autorisent les faits sur les- 
quels il les baie, nous considérons poar- 
tant la brochure du confrère de Hal comme 
un travail digne de tonte votre att en tio«v 
En appuyant, comme il le fait, sur la na- 
ture contagieuse de Tiléo typhus et sur 
l'importance des travaux d'hygiène et de 
désinfection comme moyens de traitement 
de cette affection,JI fait œuvre d'autant 
plus utile qu'il atteint en même temps, 
par là une grande partfe des circonstaneeis 
qui, pour les non partisans de la contagion 
comme cause unique de cette maladie, 
sont les causes de cette grave maladie. 

Cette brochure nous semble suffisam- 
ment importante pour que je vienne vous 
proposer non-seulement de voter des' re- 
niereiments à M. Van den Schrieck qui a 
bien voulu en envoyer un exemplaire à 
chacun d'entre nous, mais encore tHns- 
crire le nom de notre estimable eonfrèré 
sur la liste des candidats au titre de cor- 
respondant. 

'— Ces conclusions sont mises aax voix 
et adoptées. 

La parole eàt donnée à M. Thiry pour 
son analyse de la brochure de M. Caselli, 
intitulée : Sut/a trasfiisione det gangue. . 



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HB 



ACADÉMIES ET SOaÉTÉS SAVANTES. 



.M . Tfliav. Conêidératiott* sur Mrans fu- 
sion du sang et nouvelle cmule pour faire 
cette opération j tel est le titre d^un travail 
publié par lé docteur CaseHi de Reggio. 

Dansée travail, lu par Tauteur dans la 
séance du 26 juillet 1874, à la Société 
médico- chirurgicale de Bologne, Tauleur 
reprend rbi.stoire de la transfusion du sang 
et revendique pour l'Italie Tbonneur de 
cette découverte. Il explique le bruit qui 
se £t autour des premiers succès de la 
transfusion, par celte idée à laquelle s'at- 
tachaient tous les auteurs,^ que le sang était 
la cause de tout dans Forgaaisoie; de la 
santé comme de la maladie. Ce fut d'après 
lui, outre Tignorance des lois physiologi- 
ques, cetcngettementbématophiie qui per- 
dit Topération dont on aurait voulu faire 
une panacée. 

On peut d*après Fauteur divîser la 
transfusion en deux classes : la transfusion 
directe et la transfusion indirecte. 

La première se divise en : 
, l'^ Directe de Tartère d'un adimal à une 
veine de Tbomme; 

S" Directe de Tartère de Thomme à une 
veine de Tbomme ; 

5* Directe d'une veine de Thomme à une 
veine de l'homme; 

4<* Directe d*une veine d*agneau à une 
veine de l'homme. 

La seconde ou indirecte, se divise : 

l» £n transfusion faite avec le sang dé- 
fibrinédans les artères; 

3** En transfusion faite avec le sang dé- 
fibrine dans les veines ; 

50 En transfusion faite avec le sang non 
défibrioé dans les veines. 

Ces différentes méthodes n'ont été insti- 
tuées que par la suite des nombreux acci- 
dents, et peut-être môme que ce furent 
les faibles succès obtenus jusqu'à une 
époque voisine de la noire qui en furent 
la cause. 

Sa division faite^ fauteur se base sur 
deux statistiques, celle de Bclina et de 
Gesellius, pour rejeter Temploi du sang 
défibriné. Mais tout d'abord. Ton nous 
permettra de r^'cter à notre tour, la sta- 
tistique du médecin de Saint Pétersbourg. 
Il dit bien^ en effet, dans son travail {Die 
Transfusion des Blutes; Historische, kri- 
tische und physiologische Sludie von Franz 
Gesellius, S^ Petersburg, Hoppe, 4875) 
quel est le nombre et la date des opérations 
exécutées par les divers opérateurs^ mais 
il oublie un point capital c'est de dire quel 
est le cas dans lequel l'opération a été faite. 



Peut- on dire de l'ablation d'une tumeur 
cancéreuse que cette ablation est mauvaise 
parce que l'on a vu des récidives de can- 
cer? de même peut on dire que la trans- 
fusion au moyen du sang défibriné est une 
opération mauvaise parce qu'elle a été 
faite in extremis^ voire même après la 
mort; comme le cas s'est présenté? Peut-on 
dire qu'elle soit mauvaise dans les cas do 
cancer à la dernière période? etc., etc. 
Non, car dans ces cas la transfusion avec 
le sang non défibriné ne donne pas de 
meilleur résultat; 

. Prenons de bons exemples quand nous 
faisons de la statistique, arme à deux tran- 
chants, avec laquelle on fait le bien et 
le mal. En effet, on ne trouvera jamais 
quelle que soit la maladie, deux cas iden- 
tiques ; d'ailleurs le moment n'est pas en- 
core venu pour la transfusion, qui a été 
appliquée tantôt bien, tantôt mal. Dans 
quelques années l'on fera la statistique de 
cette opération dans l'anéinie, la tubercu- 
lose, le cancer, etc., etc., et en comparant 
les divers cas, l'on arrivera peut être à 
l'adopter ou à la rejeter pour une même 
maladie. Mais en ce moment d'essai, où le 
meilleur procédé opératoire se cberche 
encore, ou l'on n'est pas encore d'accord, 
sur l'utilité ou la non utilité de la défibrj- 
natioU; ne nous occupons que des tenta- 
tives diverses qui sont faites et qui, restent 
à faire; favenir décidera de la question. 
Quant à la statistique de Belina, elle 
est mieux faite, et l'on peut dire que le 
ré.sumé de l'opération s'il n'est pas toujours 
complet, a pour cause le peu de détails et 
le manque de soins que malheureusement 
beaucoup de médecins apportent à la con- 
fection de leurs observations. Ce n'est certes 
pas après iie sembabies statistiques et en 
ce moment que nous pouvons accepter ce 
jugement de l'auteur. L'éloquence des faitm 
rejette les transfusions faites avec le sang 
défibriné et il est réellement étonnant de voir 
combien d'hommes de mérite se soient lais' 
ses fasciner par un fantôme qui leur faisait 
croire qu'un peu de sérum de sang mort et 
maltraité, peu remplacer un liquide riche 
en matériaux comme le sang normaL fts 
n'ont pas pensé que dans le sang battu et 
filtré il se trouve une quantité de filaments 
fibrineux *et des corpuscules sanguins faci^' 
lement appréciables au microscope, qui eu 
s'agglomérant peuvent donner lieu à des 
embolies mortelles. 

Franchement cela nous étonne. Bien . 
souvent nous avons pensé à ce que nous dit 



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ACADÊMWS BT SOCIÉTÉS SAVANTES. 



m 



}>Utear, et c'est juste à cause de cel? que 
nous sofpnnes partisans du sang tiéfihTmè» 
Tou^ d^abonl quç l'on nous montre ççj} 
{{lobules déchires, rqeurtriS) contus, mémo 
broyés ! Nous avons^ ^îxaoïiné plusieurs fuis 
le S9ng défibriné au nn'eroscope et qous 
n*avons pas trouvé que ces corps, dont le 
dUn^è^re varie de 69 k 0^0046 de /nilli- 
'mètre, aient été blessés par des verges ou 
par uri )>àton de bois deut le volume était de 
plusieurs mllMops dç foisrpUis gros qu'eue, 

Ceei est tout simplement de la fantasma- 
gorie et ce n*est cert^ pas à un examen 
plus ou oiM^Ins fiériewx, que de p»rei|^ 
arguqfieoU résistent, ^t maintenapt quant 
aux (ilaments de fibrine, si Ton a battu le 
sang assfz longtemps, la coagulation c^t 
eo(|tplètfi, et si le jljltre qMe Ton emploie 
est conyenable,'ron peut.étre sans crainte; 
les innombrables coagulums de fibrine Ac 
produiront pas d*cmboli :s, qui d'ailleurs 
n*existenjt qne d^ns Timaginatlon de cçux 
qui veulent la voir. 

j^ais il est un autre argument à em- 
pU^yer» c'est celui-ci ; U Qoa^^lalM)n coRi- 
jnence très-rapidement^ une minute après 
Tissue du sang de la veine on voU dan^ 
celui-ci se /ormpr de^ cpagulun^f Dans ce« 
cas rîQJeelion est dangereuse, mais elle ne 
Test pa9 avee le sang ^/>n défibriné; q4|« 
Ton vpMS montre d'ailleurs des acci(j|eM.i^ 
«mbolique^ survenu^ à la ^uite d<î Tinjec' 
tion du sang défi|>riné, et en toute 1^4^: 
, cbi^e, nous nous rendrons h TévidepePr 
Mais d*i<?i lî, nous serpns partisan de Jg 
«léfibrination. 

Dans le même paragraphe, pfigc 8, 
Mf Caselli npus 4U que ce n'est pfis «ux 
glojbules sanguins, mais à Toxygène que 
Ton devrait refUcacité de rinjeçtian m 
s^UM du sangf Nous ne savons quel est 
celui qui a pu fïire ujne sembJabJo énormité 
et on comprendra , que nous ne. nou^ y 
^rrêtipns pas, et quaind fauteur nous de- 
P)ande plus loin pourquoi GLpusjet » pbleuu 
de boDs 4*ésultat$ par la tran$fu9i9U vei- 
neuse d'agneauv d^n^ lequel je ^^pg est 
carboné par excellence e^ To^ygèue n'exisjbç 
quasi pas ; uous M réfont|r<^n^ que, pp.u 
importe que T/on injepte telle ou telle rmr 
ticre, pourvu que les globules soient dans 
rinjectiou, ^ar eux >euJs sent susceptiblef 
d*absorber de graudes quantités d'oxygène 
et de le transporter par tout Torganisme» 
et ^, dtiu^ la transfusion par le sang défir 
brinéy les globules n'existaient pas, Ton ne 
pourrait remarquer Içs effets avauUgeux 
produits, 



Ici, à notre tour» nqu^ po^ron^ uaq 
queçtipn à l'auteur. A4'i) assisté k d^s 
transfusions faites .avee le sang défibmué? 
4'ai lieu de croire que non, car p'il en était 
ainsi, il aurait vu des effets pbyaiol9gi(iues 
se produire avee ce fameux isérum^xydé» 
et s*il n'h jamais assisté à une opérAtM^i 
de ce genre, qu'il se dérange quelque peu 
et pousse jusque Afilan ^ulfinu^l, et |è 
Polli et De Crisjtoforia lui «ontrvreAit ^03 
résultats dont nous eroy«>Q$ qu'il aur« im 
d'être satisfait, et qui le ^jifferuijrMit d«r 
vantage d^ns l'idée qu'il éu»At pju» baiU, 
quand ij dit \ g 4ichiqrf>p0r çUtpç c4'i> w<w 
amu^elto yescltifimm^ -^ fenipre prçntQ 
ad acrettave e porre in 0/^/1 l'in4irfitli$ if 
i» direU» qwmdo un q^q urg^nfp. 4i 'm 
emorrogia richitde^w un ,socc9P9a mm^- 
dialQ, » 

L'auteur du travail aborde ensuite l'ap^ 
pareil instrumenlal» et fait l'examen or'h 
tique des appaveils d'Albini, dePotempsJû, 
de MoBcoq, de Mathieu, de Liuûani, de 
Huggi. Aucun de ees diver3 înstrujuents 
ne lui semble parfait attendu qu'ils ne réu- 
nissent pas les condirions voulues pour la 
transfusion directe qu'il préfère «t qui aunt : 

1° Une extfème sipplieité M manière 
k ee que le plu3 inexpérimenté puisse s^eip 
«ervir ; 

â« Une faible longueur ; 

5° Un même calibre ; 

4" L'absence de robinets ou de valvules ; 

^'^ Unui extrémité perforante de laneçtte 
pu d*/ojguilleeaouLe trè^^-pelîte ; 

f}^ L'émou^ement de la pai-lie de canule 
après intro(|uctiou dans I9 veino; 

7** Ab«enee de yiijes ; 

8« La possibilité de qonsti^ler rexiatence 
dn eourput ; 

9» L'impps^ibiiité d'eutfpe de Tw ; 

iO"* L'union 9 la xsioiptiçité 4'^ prix 
très-faible. 

L'auteur crqit remplir ç^ diverpejs ^Adl- 
jcations dans la eQUfitruetlon d'une ennuie 
dAUI»ie* dont rex;teroe taillée en bis^nu 
i'introduit.danpl^ veine, et nnierne û^é^ 
è une «MUle de wéaie nuture pv i'inter- 
médiaire d'un tube de q^ulphouc qui serjt 
nu pWnge du M»g de i^rtèrc de l'aniinal 
dfins la veine *lu patipuil. 

)1 ii^us j$einble qu^ malgré l^xplieaAion 
qu'en donne l'Auleur, cet instrument est 
assez mua^pliqué df^ns son maniement et 
neup cr<>yous que la canule dont se sert 
l'un dç nos confrères, M, Casse» peujt. être 
f*,mployée avec au moins autant d'avan- 
lAgfis.ejtdeia^ili^é. Quoiqu'il ^n a^it, nous 

23 



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ilO 



ACADÉMIES ET SOCIETES SAVANTES. 



croyons sur parole Taoteor qui nous dit 
que lui et d'autres s'en sont servi avec 
avantage. Cependant nous dirons que , 
malgré tout, la difficulté . de mesurer la 
quantité introduite doit être très grande 
sinon impossible. Dans dix -sept cas dont 
PaUteur donne ta relatfbn sommaire et qui 
comprennent des cas de pellagre et de 
typémanie, les résultats obtenus furent en 
général très-favorables, mais nous répé- 
terons ce que nous avons déjà dit antérieu- 
rement que, dans ces cas, Ton devait faire 
des statistiques. Les succès ne seraient 
pas pins nombreux par le sang non ^éû- 
briné et la transfusion directe, que^iar le 
sang lion défibWné. 

L'auteur termine en disant que si la 
transfusion est formellement indiquée dans 
Tanémie aiguë il n'attend pas d'elle des 
miracles, dans une branche des sciences 
médicales qu'il s'efforcera de faire pr«>gres- 
ser lie toutes ses forces. Quant à nous ce 
n'est pas seulement dans l'anémie aiguë, 
mais dans l'anémie chronique et les dia- 
thèses dans lesquelles nous avons vu des 
succès réels. 

Terminons ce rapport, déjà trop long, 
en souhaitant à la transfusion une ère de 
prospérité réelle dans laquelle dégagée 
des obscurités d'autrefois, elle prenne 
dans la science médicale, une place qui lui 
est justement due. 

Nouveau procédé pour l'amputation de la 
langue, par Azziu Gaselii, de Reggio Emilie. 

Le professeur Azzio Gaselii, dans une 
deuxième brochure intitulée : Nouveau pro- 
cédé pour l'amputation de la langue, nous 
donne la relation d'un cas de cancer cpi- 
, thélial de cet organe dans lequel l'auteur, 
en présence de la difficulté que présentaient 
les différents procédés opératoires, résolut 
d'entrer latéralement dans la bouche, après 
avoir au préalable extirpé la glande sous- 
maxillaire, dans le cas où celle-ci serait ma- 
lade, d^attirer la langue au dehors par cette 
ouverture et d'enlever celle-ci, partielle- 
ment, parla ligature galvano caustique ou 
l'écrasement linéaire. 

Il procéda de cette manière dans le cas 
qui fait le sujet de cette observation en fai- 
sant one incision seml lunaire à convexité 
inférieure, d'une longueur de 6 centi- 
mètres, et en partant de quelques, milli- 
mètres au-devant de Tangle inférieur de 
ta çiàcboire, pour arriver prèd du bord 
antérieur du massetcr, débrida les tissus 
adhérents au maxillaire ; après avoir intro- 



duit la pince de Museux il tira doucement 
sur la langue et l'amena au dehors. Au 
moyen du galvano «caustique, il enleva la 
partie malade sans qu'une goutte de sang 
vint troubler l'opérateur. 

Le patient guérit au bout de â2 jours. 

Le procédé galvano-caustique dont Tau- 
teur dit tant de bien a été expérimenté 
souvent chez nous, mais nous avouerons 
qu'il n'a pas toujours donné les résultats 
que l'on en attendait, et que l'hémorrhagie 
contre laquelle il était dirigé se produisait 
malgré l'application de ce moyen. Il est à 
espérer que des essais plus nombreux vien* 
dront bientôt proclamer la nécessité de 
faire entrer ce moyen dans la thérapeu- 
tique ou le feront rejeter complètement et 
donneront ainsi au chirurgien un moyeu 
sur et des garanties sérieuses dans son em- 
ploi. 

Den fistules recto^vaginales et vulvaires. 
Rlzzoli. 

L'application impnipre d'un procédé opé- 
ratoire à un cas spécial, fut cause que les 
espérances conçues par les chirurigens 
pour la guérison des fistules vésico-vagi- 
naies, furent déçues dans une foule de cas. 
Celte idée générale doit d'après M. Rizzolî» 
être appliquée aux ouvertures ano-vul- 
vaires et aux fistules rectO'-vaginales, qui 
d'après lui offrent plus de difficultés que 
les premières à leur occlusion non-seule- 
ment par leur siège unatomique, leurs di- 
verses complications, mais par l'influence 
exercée sur elles, par les urines, les matières 
qui s'accumulent dans le rectum, etc., etc. 

Dans le travail qui nous a été soumis 
après avoir décrit embryogéniquement et 
anatomiqueiiient les organes qui font le 
sujet de son mémoire, l'auteur exprime ses 
idées à ce sujet et ajoute à ses observa- 
tions, des preuves nouvelles. 

11 réfute ensuite les objections faites a 
son procédé opératoire pour ta guérison 
des ouvertures de l'anus dans le vagin et 
au niveau de la vulve et rapporte deux cas 
de guérison par son procédé. H donne en- 
suite la relation de douze observations de 
fistules recto-vaginales suite de causes di'* 
verses et guéries par les cautérisations au 
nitrate d'argent, Tincision du trajet fistu- 
leux, etc. ; il termine en émettant Pespoir 
d'avoir convaincu le lecteur que pour 
mieux arriver à la guérison d'une affection 
si incommode et si pénible, il ne suffit pas 
d'imaginer de beaux procédés opératoires 
mais qu'il faut les ackpter aux différents 



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«71 



cas et les modifier suivant les circonstances. 
Personne ne demandant la parole, des 
remerciments sont volés à M. Thiry, pour 
les analyses dont il yient de donner lec- 
ture. 

M. Ledcganck obtient ensuite la parole 
pour donner lecture de son analyse de la 
brochure de M. Bertillon, sur les combinai- 
sons de sexe dans les grossesses gétnel^ 
lairetf etc. 

M. Lbdbganck. Messieurs, Des combinai^ 
sons de sexe dans les grossesses gémellaires 
{doubles ou triples) dt leur cause et de leur 
caractère ethnique^ par M., Bertillon; tel 
est le titre d*une brochure dont M. BertiU 
Ion, réminent démographe français, vient 
de faire hommage a la Société, et dont je 
vais essayer de vous résumer les faits les 
plus saillants. 

Là statistique a prouvé que, pour la 
France, le nombre des naissances d*enfants 
mâles est à' celui des enfants femelles, dans 
le rapport de i06,6 à 100. Dans les gros- 
sesses multiples, les nombres fournis par 
Tobservation, sont loin de cette simplicité 
de rapports. Mais si Ton vient à considérer 
séparément les trois cas qui peuvent se 
présenter dans les grossesses gémellaires, 
— deux garçons, — un garçon et une fille, — 
deux filles — on constate un écart considé- 
rable et constant, entre les nombres four- 
nis par Tobservation, et ceux prévus par 
le calcul des probabilités. Ainsi^ pour la 
France , on trouve , en nombre rond, 
fis couples onisexués et 55 couples à sexes 
croisés sur 100 grossesses gémellaires. Il 
faut donc nécessairement admettre une ou 
plusieurs causes nouvelles qui, dans les 
grossesses gémellaires viennent modifier la 
probabilité de production d'une ou plu- 
sieurs combinaisons, et si, au lieu de 
50 couples unisexués, la France en pré- 
sente 65 par iOO, c*est,qu*une ou plusieurs 
causes favorisent la production des couples 
unisexués. 

M. Bertillon prouve d*abord par un ta- 
bleau statistique très-intéressant, que 
cblique pays formant un groupe ethnique 
présente dans ses grossesses gémellaires, 
des rapports spéciaux soit dans leur fré- 
quence, mais aussi et surtout dans les com- 
))inaisons de leurs jumeaux. Ainsi c'est en 
France que k'S grossesses gémellaires sont 
les plus rares : i sur 100 accouchements ; 
mais, par contre, c'est la France qui, toutes 
choses égales d*ailieurs, présente le plus 
djB couples unisexu^, et qui, par là s'éloi- 



gne le plus des inductions de la théorie, 
puisqu'au lieu des 50 couples unisexués 
de cette théorie, elle en a 65. C'est au 
contraire la Hongrie où les grossesses JU' 
melles sont les plus fréquentes, qu'il se 
trouve le moins de couples unisexués. 
D'après le tableau, reproduit par M. hev* 
tillon, il semblerait que ces deux mouve- 
ments sont liés, mais en sens inverse. 

Ce qui est plus remarquable encore que 
la différence de ces rapports, c'est leur 
constance, constance telle,^ qu'un chiffre 
moyen donné suffît en quelque sorte pour 
caractériser un groupe ethnique entre les 
groupes voisins. C'est ce que prouve un 
second tableau reproduit par M. Bertillon 
et qui indique les faibles oscillations du 
chififre des.groupes. uoisexués« en France 
et en Parusse pendant une période de dix 
années* L'auteur en tire la conclusion que 
bien qu'il s'agisse d'un pliénomène phy- 
siologique assez rare, ce caractère devrait 
être compté comme un trait ethnique im- 
portant. 

Parmi les causes qui favorisent la pro- 
duction des couples unisexués, il cite 
d'abord l'existence, assez peu fréquente,. il 
est vrai, d'ovules à deux germes, dans les- 
quels Vunisexualité est constante. Quelque 
rare que soit l'apparition de deux j.umeaux 
renfermés dans le même chorion et à pla- 
centa commun, elle doit nécessairement 
modifier la probabilité de la venue des 
couples unisexués, et accroître celle-ci 
proportionnellement à leur nombre. L'au- 
teur établit, comme suite à cette proposi- 
tion, que les ovules à deux germes n'ont 
pas seulement poW résultat d'augmenter 
la part des grossesses unisexuées mais aussi 
d'accroître le nombre relatif des fille», 
puisque, dans les monstres doubles, le 
nombre des doubles filles a paru jusqu'ici 
de beaucoup supérieur à celui des doubles 
garçons. 

Toutefois, il faudrait admettre beaucoup 
d'ovules doubles pour expliquer l'exciçs très- 
notable des couples unisexués. L'auteur 
signale, comme une autre 'cause favorisant 
aussi la production de couples unisexués, 
rage respectif, des époux, c Chez les ju- 
meaux ordinaires, la similitude des traits, 
encore moins que celle du sexe n'est néces- 
saire; on en trouve même de très-dispa- 
rates ; enfin le plus souvent leur ressem- 
blance ne dépasse pas celle des frères 
ordinaires; mais il en est quelques-uns 
chez lesqueU cette ressemblance devient 
extrême, embrasse le moral comme le phy- 



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]n 



ACADËMtÉ« et SôeiÉTÈâ SAVAMTEâ; 



it{<)tie et pSiMt tétidre vers TideAfiié. i 
M. MëéHél ^st â*âvis que les jumcatix dd 
Même stxe qoi préiifntetlt ce haul degré 
die ressembl&nce ont été d'ordinaire enfer- 
tncM dans 16 même ehorion. On a fcmarqué 
efl tout tempe qu'ils sont phu souvent 
filles que garçons. 

Quant àut grossesses triples^ M. Bertil- 
lon sij^ale les mêmes 'fdils généraux que 
dtaÉis le* eombinaisons binaires : 

4<> Eean constant des ari^angefmënts in- 
d^irès (jàr le eal<^i; du profit des gros- 
ëèS^s ufiisexoééî^; 

^ Notable différence ()Ui sépare les 
Vtûti^é des Allemands t cëok-di stint 
encore, comme déns le cas des grossesses 
doublas, moiVis loin de rit4*rangertiertt 
théorique, qUé lés Français ; 

S** Enfin h constance daftSces différentes 
de ptt^pn^tiôns, qUi len fdUt Uh véritable 
cd^itctèi'ti ûti l>acëi 

Tel est, eh k-ésiimé, le contenu de la 
b^dchill*è dé M. Bertlllon, résumé qui se- 
rait à coup sur plus intéressant et plus 
f^appdi^t dan^ ses données statistiques, si 
hoUs avions pu Vbus metli*e sous les yeux 
lestAbl^taux qui ]^ flguriiint ; ées tableaux 
déStfHés à l'examen éh iiisu, se prêtent mal 
à ta iéeturë et Sdni pfèsqii'infntellfgiblés à 
ràudîtion la plus attentive. GVst pou^quoi 
nousn^avbns pu lés i*eprrKlttit*e dakis cette 
analysé. 

Je vous propose, Messieurs, de voter dès 
reniërdmènts à l'anteut' et d'uMonner le 
dé)pôt honorable dé son travail, ddbs nôti*é 
bibliothèque. 

— Adopté. 

M. PtGEOLBt. La communication (|ue 
vient de nôns faire notre savant coîlègiié 
M. Ledeganck me fuut^it PoccàMôn de 
vous parler d^nhé mt^nstrtiosîlc qiiej'àî étt 
réc*hime«t ToccaSiôn de rencontrer cHl'z 
un éonfrêredéMblenbeék-SaInt-'Jè&n, M. te 
D^ Leclércq habitant la chaussée dé 6ând, 

€ëite hiôti Jtl'Ub^itê eXéès^îvemébl i*éWiar- 
qûàblé appartiétit h là diplogéhè^e. - 

Les d^ux ftelUÀ sont unis' pai'lei)^ plan 
antérieur -à partit* du nombril d't)ù part 
uh cordôh ombilical Unique; les bras et 
lé^ jambes sont parfAîtemmi conformés et 
d'un ' égftl dévHoppement ; deux colonnes 
véi'tébhiléjt soutiennent deux bcbiputs mais 
un a'éul t6\ supporte une tête unique volu- 
ntinéuse. Cette tête 'présente deux faces 
Irès-i'essenibfantes, dont toutes les parties 
sont pai^raitemeht fortnées, yéiix, neî, 
bouches, oreilles; ces faces regëtidlent direc- 
tement de ch&qtiè cêtêllîs épâiiles, ce t]u1 



provient de ce qUe la mnitié droite de cfad- 
(|ue tête s'est unie è la moitié gauche de 
Faôtre ; la ligne médfane ne présente au- 
cune trace irrégulière de l'union qui s'est 
ainsi formulée. 

La vie , existait au moment de la nais- 
sance les deux cœurs liattaient et les qua- 
tre carotides présentaient des pulsations. 

C'est un exemplaire parfait du janiceps 
décrit par Geoffroy Saint-Hilaire; cet auteur 
avance dans son Traité de tératologie t. lit, 
p. 87 une circonstance très-remarquàble 
de l'histoire des janiééps, c'est que sur 
douze Cas déjà connus soit chez PhomMe, 
soit chez lés animaux, il n'en puisse eiter 
que quatre dans l'espèce humaine, un dans 
la ^ace bovine qui se soient présentés 
èteUipts de complications graves. 

Ce ^ont Cèé Mdtif^ qbf m*ont engagé k 
vous faire cette communication. 

M. Charon dépose sur le tlureau un tra • 
vail intitulé : Adénite cancéreuse de nature 
encéphalmde déiyeloppée chea un enfant dé 
cinq ant^ par MM. Charon et Ledegdnck, 
avec une planche dessinée d'après les pré- 
parations microscopiques. — Remerclmenls 
aux auteurs doht le travail sera inséré dans 
un prochain cahier du JoumaL 

— La séance est levée à 8 heures i/2. 



Àoadémie Ae Méèeoibe de Paris. 

Séance du 5 août 1 875. 
Présidence de M. Gosselin. 

BAUlt D6 FLOt ttTDIlO-AÉllIQtJB DÀIIS UNE 

Tttuiim sitis côHiAuniCAttOfr avec L'txté- 
ittÈo*. ^ Mi LAttotaAâNE tômtnunl^ue lits 
suites dé Tubservation qu^il é présentée 
dans I» séance du 26 Janvier dernier, U'unc 
tumtii^ abdoinihale off\hant, piAf" la suemi- 
sîtfH hippW^U^nè, lé linUmènt métmi^ike 
bu bruit dtf flot hi^dtO'àêtiqtt^. 

n ^'agif d'une femnié d'uhé dnqnan^ 
tainc d'années, jouissant ^'une très bonm* 
santé hubitucllt*, et éh^^t laquelle s'était 
manifestée Une tutnéfactioh dbn^ le edtê 
galiche du ventre. Cette fénimè^ entrée k 
l'hôpital Necker, dans le service de M. La- 
boulbèhc, présenta, il la suite d'acèidettls 
infiaminatoires développés du éôté gaucbii 
de la tumenf, le phénomène de fluctuatfnii 
hippocratlque attribué par M. Labonlbène 
à là production spontanée de pîi dans le 
iiquide iJil kj^sté ovarique; ^ 

Peu de tt$mi^s apfè^ la première codi- 
municàtion faite pat* M. Lâboulbène à t'A- 



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ArAt)É\fiEs er sociétés savantes. 



«75 



cadémie, sur ce sujet, la tumenr s*ouvrit 
spoDtanément et donna Lssue à du pus f4- 
Ude et à des gaz. Des compressas imbibées 
de chlorofornie, Une compression modérée, 
pais des lav«')g[es iodtfs quotidiens, amené- 
reDt une guërison qui était complète vers 
la fin d*avrU. 

M. Laboulbènc a revu la màldde il y a 
bttit jourd, et a constaté qua la gqérison 
ne s*ctatt pas démenti». 

Recherchant quel a été le siège précis 
de cette tumeur abcédée ayant fourni lè 
bruit remarquable de sfuccussion hippocra , 
tique, M. Laboulbène pense qu1l n*y a pas 
eu, chez la malade, un kyste ovarique sup- 
puré, tnais une collection purulente, un 
ëhtès ^sitac entre la paroi abdominale pos- 
térieure et tes âuses intestk^ales, et avoi- 
sinant Tovaire gauche* La production des 
gaz ne s*esl pas faite par une fistule for- 
mant cofnmunicatîon entre Tair enfermé 
dans les anses intestinales et Tlntérieur de 
la cavité. 

M. Laboulbène rappelle les faits publiés 
par MM. Hérard, Barth et Roger, Deniar- 
quay et Gosselin, et qui, avec l'observa- 
tion qui lui est propre.'lui semblent dé^ 
montrer que le bruit de succussion hippo- 
cratique peut être perçu dans plusieurs 
sortes de tumeurs abdominales, et parfois 
sans que celles-ci soient en communication 
avec I air extérieur. 

Cboléua (discussion). —- M. Woillbz re- 
proché à M. iules Guérin d*avoir confondu 
ated le choléra épidémique une autre ma^^ 
ladie distinète et très nettement caracté^ 
risée : le choléra infantile. 

Dans un grand nombre de localités, le 
choléra infantile existait avant Tépidémie 
de 4875-, et n'y fut pas suivi du choléra 
vrai. D'ailleurs, lé choléra iiifatiiile règne 
k peu près toujours pendant la «saison 
chaude, surtout datis le midi de la France, 
et le choléra éptdémique n'en résulte pas. 

Dans ses critiques au sujet du rapport 
de la commission des épidémies pour Tan- 
née 1875, M. Guérin & surtout insisté 
sut les faits du Havre et de Bretteviilc. 
If. Woillet rccoiiUalt que, en efFt^t, Brctte- 
ville n*est pas un port dé mer, mais il y . 
e\iste des tanneries qui reçoivent, par le 
H&ytt et Caen, des cuirs de Hambourg, 
ville dans laquelle le choléra régnait déjà 
depuis plusieurs mois lorsqu'il parut dans 
la Scitte Ittférfeurc. 

L^épidémie régnait k Rretl^ville dès le 
milieu de juillet, et M. Guérin, po»ir âé* 
motitrer ()ti'^t« h'éiâit pas importée du 



Havre, a insisté sur ce point que, au 
Havre, elle n'a pas été signalée avant le 
ér août. Mais le, Havre est une grande t^lle, 
et le choléra peut y passer quelque temps 
inaperçu. 

^ L'importation du Havre à Rouen parait 
improbable à M. Guérin, parce qu*il ne se 
serait écoulé qu'un intervalle très^court 
entre les dates d'apparition du choléra 
dans ces deux villes ; mais c*cst le un argu- 
ment inacceptable, et d'ailleurs ce n'est 
pas dans les grandes villes qu1l faut étu- 
dier celte question. M. Woillez insiste sur 
le choléra de Cherbourg, importé de 
quelque port de la Manche, et qui dispa- 
rait après avoir atteint 20 personnes et 
causé i 1 décès. Il n'avait été précédé d'au- 
cune affection cholériforroe ébauchée ; ,cé 
qui est eu opposition aved la théorie sé^ 
rifiire de M. Guérin. 

Pour démontrer la réalité deTiaiporta- 
'tion par voie de terre, M. Woillez appelle 
principalement l'attention de l'Académie 
sur les faits suivants : 

L'apparition, signalée à partir du^7 août 
seulement, de cas de choléra environnant le 
Havre, et qui sont d'autant plus nom- 
breux qu'on les examine plus^ près du 
Havre. Il y a eu 474 décès en plus de ceux 
constatés dans cette ville |)endant cette ex^ 
tension de l'épidémie. ^- La diminution 
du nombre de localités atteintes à mesure 
qu'on s'éloigne des arrondissements^ du 
Havre et de Rouen ; dans l'arrondissement 
d'Yvetot, le plus voisin, on ne compte plus 
que n cas de choléra et 29 morts. -^ 
Dans celui de Dieppe, plus éloigné, une 
seule localité ulteinte, et seulement 5 ma- 
lades et S morts. -^ Absence complète 
de choléra dans l'arrondissement de 
Ni^ufehàtel, • voisin du département dn 
l'Oise, etc., etc. 

M. i. Gi}£aiN répon<1 qu'il se bornera à 
rectiHer les faits avancés par M. Woil- 
let. 

La scission que M. Woitiez prétend 
mnintenir entre le choléra épidémique. le 
choléra nustras, le choléra infantile, ù oho 
lérine, n'a pas de raison d'être. On n'a 
pas plus le droit d'é«arter arbitrairemept 
un cas de choléra en l'appelant choléra 
nostros, parce qu'il précède une importa- 
tion supposée^ qu'on n'a le droit de passer 
sous silence tous les fait*i contraires à sa 
théorie. 

M. Woillez a eu le tort d'arranger les 
choses a sa guise; il n'a pas dit un mot des 
9 cas de choléra, dont 4 suivis de mort, 



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174 



ACADÉMIES ET SOCIÉTÉS SAVANTES. 



qaî se sont présentés dans le département 
de la Vienne. 

En ce qui touche le Havre et Rrette- 
ville, M. Woîllez a soutenu d'abord, dans 
son rapport officiel, que Bretteville tenait 
son choléra du Havre. Or, le choléra a 
paru à Bretteville le 17 juillet et s*y est 
terminé le 5 août. Il n*a éclaté que le 
5 août dans la ville du Havre. 

M. Woillcz, pour faire admettre que le 
choléra a pu passer du Havre h Aouen^ a 
reculé la date d'apparition du choléra dans 
cette dernière ville. Voilà comment on ar- 
range les faits arlificiellcment dans Tin- 
térét des doctrines contagion i;iisles. On se 
garde bien de mentionner comme il ie fau- 
drait les manifestations simultanées deTin- 
flnencc épidémique. à des distances piqs 
ou moins grandes, dans cent localités dis-> 
persées sur toute retendue de Tlnde, par 
exemple, ou dans la plupart des arrondis- 
senncnts de Paris. 

M. Woillcz ne parle pas du choléra de 
Paris; qui débute à Saint-Louis par des 
cas intérieurs de malades traités depuis 
longtemps déjà dans cet hôpital. 

M. Woillez n*a pas dit un mot non plus 
d*un cas de choléra antérieur de huit jours 
à rimportatlon qu'il adtnet dans le dépar- 
tement de Meurthe-et-Moselle. 

Enfin, M. WolUez a beaucoup insisté sur 
Tabsence de toute diarrhée dans le dépar- 
tement de Aleurthe et Moselle ; or, il se 
trouve que des ^diarrhées attribuées, il est 
vrai, au curage d*un égout^'sont signalées 
comme ayant régné en mai^ juin, juillet, 
août, dans les diverses communes de ce 
département. 

M. Woillez fait observer que les cas de 
choléra dont il n*a pas parlé étaient quali- 
fiés de sporadiques par les médecins des 
épidémies. 

M. J. GuÉRiN répond que ces cas n'en 
étaient pas moins du choléra. 

M. PiORRT ne reconnaît pas un choléra 
unique, mais des choléras. Il pense que 
l'on confond sous ce nom divers états or- 
ganopathiques dépendant soit de Vindiose, 
soit de la septiose, etc. Il est possible que 
ce soit la septiose qui, dans son gnion avec 
Vindiose, produit les choléras graves, 
tandis que Vindiose isolée n'amènerait que 
le choléra. M. Piorry pense que la discus- 
sion claire des questions médicales ne peut 
se passer d*une bonne momenclature. 



Séance du 10 août. 
Présidence de M. Gosselin. 

CoRRESPONDANCB. — M. DoLBGAU préseotc : 
1" Dfie brochure de M. le docteur l-*roy- 
Dupré, intitulée : Des indications et des 
contre-indication* de l'hydrothérapie, 

M. BouLBT offre, de la part de M^ le 
docteur Burggraeve (de Gîand) ie cinquième 
volume de ses OEuvres médico-chirur- 
gicales. 

M. Broca présente, au nom de l'Asso- 
ciation française pour Tavancement des 
sciences le Compte-rendu de' la troisièmo 
session à Lille en i 874. 

Sous le titre suivant : De Vaption des 
sels solubles de cuivre sur les animaux, 
MM. les docteurs Dupom et Burq adressent 
à l'Académie la deuxième partie de leurs 
recherches. 

M. LE Président a le regret d'annoncer 
à rAcadémie la perte qu'elle vient de faire 
en la personnelle M. Desportes, membre 
titulaire dans la section d'histoire naturelle 
et de thérapeutique. Les obsèques de 
M.Despprtesont eu lieu ce matin, lOaoût; 
lô'bureanet une dcputation dé l'Académie 
y assistaient. M. Chatin, vice-président, a 
prononcé quelques paroles improvisées sur 
la tombe de M, Desportes, 

Choléra. — L'ordre du jour appelle la 
suite de la discussion sur le choléra. 

M. Woillez a demandé la parole pour 
répondre à M. Jules Guérin. Il s'attache à * 
prouver que, dan« son rapport, il a bij&ii 
présenté les faits tels> qu'ils étaient et leur 
a donné leur intenprétation naturelle. S'il 
a commis quelques erreurs involontaires 
ou fait quelques omissions, on en aurait 
tout autant à reprocher à M. hi\e$ Guérifi. 
Les conséquences de la théorie de ce der- 
nier seraient singulières. Elle obligerait à 
considérer toutes les affections gastro-intes- 
tinales annuelles sans ezrceplion, en France, 
comme dues a la cause cholérique quand 
le choléra épidémique y règne quelque 
part, et à regarder ces mêmes affections 
comme de simples maladies saisonnières 
pendant les années où l'épidémie cbolérique 
est absente ; à faire englober dans les cho- 
léras ébauchés le prétendu choléra des 
poules, etc. Enfin, elle aurait la plus lamen* 
table des conséquences, celle de faire re- 
noncer à toute mesure prophylactique na- 
tionale et internationale contre le choléra. 
A l'opposé est la théorie du choléra qui se 
base sur des faits précis et positifs. 

M. Jules Guérin, ré|H>ndaqtàM. Woillez, 



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AGADËMiES ET SCk:i£TÉS SAVANTES. 



175 



dit qu'il ne vcot pas faire dégénérer une 
aussi haute et aussi importanle question 
que celle de la "genèse du choléra en une 
sorte de duel entre M. le rapporteur et lui. 
M. Goérin s*est étudié^ dans I«;s précédents 
discours qu'il a prononcés, à montrer que 
leeboléra procède par développements suc- 
cessifs, par phases progressives, depuis la 
diarrhée prémonitoire jusqu'à Tattaque de 
choléra complet. 

Selon loi, au Havre,- à Rouen, à Paris, 
qui ont été les trois grands centres du cho- 
iera de lH7Sf, il a été impossible aux par^ 
tisaus de Ti m portai ion de montrer un seul 
fait authentique qui témoignât en faveur 
de cette doctrine, tandis qu'il résulte des 
rapports des médecins des épidémies de ces 
localités, qu'il existait, antérieurement aux 
cas de choléra reconnus ofBciellemont 
comme des exemples de choléra- épidé^ 
raique, une conMitution médicale cbolé^ 
rique existant dans chacun de ces centres 
et se révélant par des faits de choléra in- 
fantile, de cholérine, de choléra nostras 
développés spontanément dans ces localités, 
sans qu'il fût possible de suivre sérieuse- 
ment le fil d'une importation quelcon- 
que. 

M.^ouiLLAUp déclare qu'il s'est toujours 
tenu sur la réserve en ce qui concerne la 
question de la contagion* ou de la non- con- 
tagion du choléra, il a invariablement 
i;ardé, à cet égard, une neutralité philoso- 
phique, et désire rester dans cet état, esti- 
mant qu'il n'y a eu jusqu'ici, de part et 
d*autre, que dès aflirmationa et des néga- 
tions sans preuve palpable pour ou contre. 
Ce ne sera que lorsque l'on sera parvenu 
à mettre le doigt ou l'œil sur le corps du 
délit, sur une preuve matérielle, sur le' 
eontaginm cholérique, que toute discussion 
sera supprimée à ce sujet comme pour les 
questions de contagion de la petit^ vérole, 
de la morve, de la syphilis, etc. M. Bouil- 
laud s'étonne que des expériences sérieuses 
n'aient pas été entreprises sur ce point 
important. 

Quanta la question de la genèse du cho- 
léra et aux doctrines antagonistes de l'im- 
portation et de la spontanéité, M. Bouil- 
laud se borne à constater que la' majorité 
des médecins et du public en est encore à 
la doctrine de l'importation, et n'a pas été 
convaincue par les habiles démonstrations 
de M. J. Guérin, en dépit de toute l'ardeur 
et de toute la foi qu'il nfet à défendre sa 
doctrine de la spontanéité. 

Malgré l'opinion généralement reçue de 



Torigine du choléra par l'importation. 
M. Bouillaud dit qu'il n*est pas possible de 
ne pas être frappé par l'observation de 
certain? cas de choléra ditssporadiques, et 
qui se sont montrés à diverses reprises 
avec tous les caractères du choléra épidé- 
mique, si bien qu'en temps d'épidémie il 
n'eût pas été émis un doute sur la nature 
épidémjque de ces cas. 

Enfin, M. Bouillaud se déclare très- 
frappé des faits recueillis par M. Tholozan. 
et desquels il résulte que des épidémies 
cholériques dont l'origine première a été 
due à rhnportation peuvent, après leur 
disparition, reparaître, au bout d'un cer- 
tain temps, sans importation nouvelle. Ces 
faits lui semblent être en contradiction 
avec là théorie absolue de l'importa- 
tion. 

M. Briquet cherche à montrer qu'il n'y 
a pas contradiction entre ces faits et la 
doctrine de Timportation. Suivant lui, la 
réapparition d'une épidémie, après une 
cessation momentanée, n'est que la conti- 
nuation de l'importation se faisant par la 
revivificalion des germes déposés une pre- 
mière fois et se réveillant après une liiber- 
nation plus ou moins longue. 

Séance du il août. 
Présidence de M. Gossblin. 

Sur l'invitation de M. le président, 
xM. Chatin donne lecture dii discours qu'il 
a prononcé sur la, tombe de M. Desportes. 

Choléra (fin de la discussion). — M. Ju- 
les Guérin: On sait aujourd'hui que les 
épidémies du Havre et de Rouen ont éclaté 
simultanément dès le commencement 
d'août. L^ex plosion.de l'épidémie de Paria 
était considérée, jusqu'à ce moment, 
comme postérieure à celle de ces deux cen- 
tres. 

(Suit l'exposé de documents qui ont été 
communiqués à M. Guérin par M. Cazalas, 
inspecteur général et président du conseil 
de santé,^et qui, par leur caractère précis, 
lui paraissent jeter un nouveau jour sur 
celte origine./ 

H n'y a eu, selon M. Cazalas, ni impor- 
tation ni exportation; mais les 115" et 
117'' de ligne et le 2iS« bataillon de chas- 
seurs à pied qui ont fourni plus particu- 
lièrement les malades étaient placés direc- 
tement sous le vent d'un dépotoir: ce sont 
eux aussi qui ont fourni avant les cas de 
choléra des diarrhées et dysenteries avec 
tendance au refroidissement. 



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in 



ACAUÊMIES El SOCiETF^ SAVAIN l'ES. 



Ces içiiu» qui réuQi$$ent dans ua fiadrç 
étroH et daDs un espace de temps 1res- 
court loates les bornes et tous les degrés 
de révolution cholérique antérieurs de 
quatre à cinq jours ^ux cas de cbolcra au^ 
Iheotiques du Havre et de Boucn, anté- 
rieurs de plus d*un mois à Texplosion ca- 
ractérisée de Paris, aux portes duquel ils 
se sont manifestés, ne sont- ils ^as tout à la 
fois la preuve incontestable de Texistence 
de la même constitution ebolérique dans 
ces trois centres, de leur action simultanée 
sur cbacun d'euX; et la preuve désormais 
indiscutable que les épidémies du Havre, 
de Houen et de Paris se ^ont développées 
indépendamment l^]ne'dc Tautre et sans 
le secours d'aucune importation ? 

Quels que puissent être ]'impi*évu et la 
gravité des conclusions auxquelles ces 
faits conduisent fatdleotent^ je o*ai aucune 
raison de les dissimuler: je les exprime, 
au contraire, sans la moindre rQ.ticen€e. 

Scientifiquement, ils ouvrent a la patho- 
logie une série de. points de vue nouveaux 
sur le travail évolutionnairc du choléra ; 
sur les formes div(*rses et les degrés divers 
liés à cette évolution, sur la nature spé- 
ciale des diarrhées dites saisonnières con* 
sidérées comme travail initial et prépara- 
toire de la constitution cholérique ; s*ar- 
rctant dans certaines années à ses pre- 
mières ébauches; dans d'autres évoluant 
graduellement soqs la forme de diarrhée 
cbolériformc; de choléra infantile, de cho- 
léra sporadique ou nostras, et arrivant, 
sous Tempire de circonstances étiologiques 
plus arrêtées, à sa forme la plus grave ei 
la plus caractérisée, au choléra épidé- 
mique* ie'Iai dit k Porigine de celte dis.- 
cussion, cest Tembryogénie du choléra 
substituée au choléra iout fait. 

^Pratiquement, c'Q&t la réforme générale 
de toutes les mesures sanitaires, la sup^ 
pression de toutes les entraves a^ com- 
merce, à l'industrie» aux relations inter- 
nationales; entraves reconnues par Tex- 
périencc comme tout à fait stçHIcs, et 
rendues illusoires» 3i ce n*csl entièrement 
impossibles, par les communications cons^ 
tantes des cbemias de fer. 

C'est en outre ^institution à formuler 
d'un système nouveau de prophylaxie basp 
tout a la fois sur les phéotomènes précur- 
seurs des épidémies et sur Les averlisser 
mcnts plus directs de la maladie indivi* 
duellc : propliyJaxie protectrioe tuais non 
vexatoire de la liberté. 

M. Briqiibt adopte la doctrine de la con- 



tagion du choléra originaire de Tlude et 
du Bengale et rapplique à la série des épi- 
démies qui se sont succédé en t8i7, 18:^8, 
1844, 1854 et i$6!^. te choléra ordinaire 
est une maladie méléorologique ayant (»our 
cause principale le refroidissement de la 
température, et pour cause secondaire unç 
nourritup^e de mauvaise qualité. Le choléra 
épidéniique est une maladie d'importation 
indienne; celte doctrine de l'importa lion» 
suivant M. Briquet, n*a été combattue par 
aucun argument sérieux, ni au point de 
vue de réiiologie, ni au point de vue de U 
marche de la maladie. 

M. ÇHAVrPAEO demande à expliquer 
pourquoi il s'est abstenu de prendre part 
a la discussion. Suivant lui> les bases scien* 
Mfiques de la question Hu choléra n'ont paa 
été touchées. M.Jules Guérip, en partie 
euller, a complètement méconnu les diffé* 
renées fondamentales qui existent entre \» 
choléra sporadique et le choléra épid^ 
roique. M. Chauffard ne croit pas devoif 
prendre la peine de réfuter encore une fois 
des erreurs depuis longtemps mises k 
néant et que leurs auteurs reproduisent 
toujours avec la même opiniâtreté. 

. M. Barth demande la clôture de la dis- 
icussfon, parce que, suivant luît ees débats 
ne peuvent pas aboutir, certaines per- 
sonnes ne voulant pus être convaincues «et 
fermant volontairement les yeux à U lu- 
mière. L'histoire des épidémies de choléra ^ 
établit jusqu'à Tévidcnce la vérité de la 
doctrine de l'imporlation, ainsi que M. Bri- 
quet et M. Barth, lui-miàme, dans leurs 
rapports, en ont fait la démonstration, ap- 
puyée sur d'innombrables documents dont 
le dépouillement a coûté d«s années, de 
travail aux rapporteurs de T Académie. 
M. Jules Guérin se met à la remorque de 
Cazalas, dont les doctrines paraissent^ à 
M- Barth, absolument erronées. £lle3 con- 
duisent M. 4ules Guérin à considérer 
comme vexalotrcs les mesures sanitaires 
prises contre la propagation du choléra* 
comme si la liberté du commerc<$ pouvait 
être mise en parallèle avec la santé et la 
vie des peuples ; Salus populi supr^mm l^ix, 
M. LE PaésiosflT métaux voix la^ clôture 
de la discussions qui est prononcée. 

Séance du 24 août. 

Présidence de M. Gosssi«in. 

GQftaBSiH)NDANC£. — Lettre de M. le 
docteur Stanski, relative à la discussion 
sur le choléra. 



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ACADÉMIES ET SOCIÉTÉS SAVANTES. 



177 



Une lettre de M. le docteur Marchai» 
médecin -major en retraite, sur le traite- 
ment du choléra épidémiquo par les bains 
de vapeur. 

M. Alphonse Gdérin, à propos de la pré- 
sentation faite dans la dernière séance, 
par M. Bouley, de Touvrage de M. le doc- 
teur Burg^raeve (de Gand) sur les Panse- 
ments ouatés, dit qu'il a recherché avec 
> soin si une part d*invention pouvait reve- 
nir è ce médecin. 

Il pense que M. Burggraeve, qui se 
donne oommerinventeur de cette méthode, 
n'a aucun droit à la priorité. Jamais le 
médecin de Gand n*a pensé à .se servir de 
Touate pour filtrer Teau. Il a eu pour 
unique idée, en se servant de cette sub- 
stanccy de constituer, pour les membres, 
des moules destinés à protéger les tissus 
contre la pression des boucles et des attel* 
les, à favoriser rimmobilisatlon des arti- 
culations malades, ou, en cas de fracture, 
celle des fragments osseux. 

M. BouLBY déclare qu'il regrette infini- 
ment d*avoir accepté le parrainage du 
livre de M. le docteur Burggraeve, surtout 
depuis qu'il a vu certaine dédicacée de 
Touvrage intitulé : Monument à Jenner, 
où Fauteur de la dosimétrie no craint pas 
de placer cette prétendue découverte au- 
dessus de celle de Timmortel auteur de la 
vaccination. 

L' ASPHYXIE PAR l'ÉCUMB BRONCHIQUB OU 
Alf«UIRAPHROSIE« — Suivaut M. PlORRT, 

r^ngiairaphrosie ou asphyxie par Técume 
bronchique n'est le plus souvent qu*un 
épiphénomène d'une multitude de lésions, 
mais il constitue par lui-même un état 
organopathique spécial. Cette maladie se 
diagnostique par Tauscaltation à distance, 
qui consiste à approcher Toreille de la 
bouche et de la narine du malade, afin de 
constater si dans Tangiaire il ne /se mani- 
feste pas un ronchus plus ou moins pro- 
fond. On emploie aussi, pour la diagnose^ 
Tauscultation médiate et le plessimétrisme, 
qui permettent de constater, soit par les 
diverses qualités des bruits perçus par 
rauscullalion, soit par les différences de 
sonorité de la poitrine, rexistence de mu- 
cosités, plus ou moins épaisses ou visqueu- 
ses, obstruant les bronches. 

A mesure que les mucosités s'accumu- 
lent, la coloration des traits du malade 
s'altère de plus en plus ; elle devient sur- 
tout plus foncée aux lèvres ; plus tard les 
forces diminuent ; le i^ouls, faible^ devient 
irrégulier, le refroidissement survient, et 



Vhypoxémie^ de plus en plus marquée, se 
déclare; l'expectoration est de plus en 
plus diflicile, et il arrive enfin, plus ou • 
moins promptement, que Vanoxémie a 
lieu et termine Texistence du malade. 

Le thérapisme consiste avant tout à 
chercher à remédier aux états organopa- 
thiques qui ont amené la complication dont 
il s'agit ; ensuite, pour traiter cette com- 
plication elle-même, il convient de recom. 
mander au malade de faire de très-grandes 
inspirations, suivies immédiatement d'une 
toux rendue plus énergique et dirigée de 
manière à provoquer l'expectoration ; 
l'abaissement de la tête, penchée sur la 
poitrine, favorise singulièrement la sortie 
des crachats. C'est surtout lorsque le ma- 
lade sent qup les crachats provoquent le 
besoin 'de les rendre et qu'il réussit mal à 
les rejeter au dehors qu'il convient d'agir 
ainsi, pour obtenir la sortie de ce» liquides. 
Le médecin doit imposer son autorité lors- 
que les forces et la volonté des malades 
sont défaillantes, et il parvient ainsi quel- 
quefois a reculer de plusieurs jours la 
terminaison funeste. 

Pour prévenir l'accumulation des liqui- 
des dans une partie des voies de l'air, il 
est urgent de faire coucher le malade sur 
le côté opposé de la poitrine; si les cra- 
cbats sont très -visqueux et très -épais ou 
desséchés, il faut faire des inhalations de 
vapeurs aqueuses ou faire fumer des ciga- 
rettes de Datura stramonium^ ou autre 
narcotique ; lorsque les crachats sont très- 
liquides, rien n'est plus utile que de faire 
respirer un air sec et chaud. 

Dans les premiers temps, les émétiques 
et les purgatifs peuvent êtrei employés 
avec avantage, en vidant le tube digestif 
des matières gazeuses, liquides ou solides 
qu'il contient. 

Il faut aussi recourir aux inhalations de 
gaz oxygène, à la titillation du pharynx et 
du haut de Tœsophage, ou même à Tintro» 
doclion d'une sonde dans ce conduit ; res- 
tent (^nfin les moyens demi chirurgicaux 
dins -les cas extrêmes : aspiration des 
liquides à l'aide d'une pompe introduite 
dans la trachée, trachpotomie, etc. On 
emploijB ces moyens à l'imitation des vété- 
rinaires qui combattent chirurgicaicment 
par la ponction abdominale le météorisme 
chez les animaux, ce que la médecine 
humaine ne peut guère se permettre dans 
des cas analogues. 

M. Boulet dit que Ih ponction abdomi- 
nale peut parfaitement être employée chez 

23 



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il» 



VARIÉTÉS. 



fhomme dan» les cas demétëorisme. Il ne 
TOit pas pourquoi on n^essayerafk pas 
ainsi de sauver la .vie h des malades qui 
asphyxient, et pourq^ioi on ne ferait pas 
bénéficier la niédedine humaine des avan- 
tages que la médecine vétérinaire relire 
tous les joursL de cette opération. 

M. Hardt fait observer qu'il existe une 
différence entre le météorisme essimtiel 
des animaux et le météorisme chez 
l'homme. Ce dernier est le plus souvent 



consécutif à an arrêt des matières fécales, 
invagination, nœud de rinlestin, etc. La 
ponction pe réuseit que dans le cas de 
météorisme essentiel ; elle échouo fatate-- 
ment lorsque ta cause est une occlusion 
iotestinàle. 

M. BouLBY répond que la ponction, 
même dans le' cas de météorisme dû à 
Toccluslon, permet de gagner do temps et 
de remplir les antres indications. 



IV. VARIÉTÉS. 



A M . LB DOCTEUR VAN DBN COBPDT, RÉDAC- 
TEUR FRiNCiPAi. MJ Journal de méde- 
cine, etc. de Bruxelles. 

Lîé^e, 30 août 1875. 

Monsieur et honoré Confrère, 

Vous avez reproduit dans le dernier nu- 
méro du Journal de médecine^ de chirurgie 
et de pharmacologie^ un travail de M. le 
professeur Hyernaox. dans lequel il est 
question de mon crochet mousse articulé. 

Je viens vous prier, Monsieur le Rédac- 
teur, de bien vouloir publier dans votre 
prochaine livraison, la lettre ci-incluse 
adressée dans la seconde quinzaine de juil- 
let à MM. les Président et Membres de 
PAcadémie royale de médecine. 

Veuillez agréer, Monsieur et honoré 
Confrère, l'assurance de ma considération 
distinguée. ' Wassbigb. 

Messieurs les Président et Membres de VA car 
demie royale de médecine de Belgique. 

Messieurs, 

Dans une des dernières séances de T Aca- 
démie royale de médecine de Belgique, 
M. le professeur Hyernauz a décrit un cro- 
chet mousse articulé de son invention. Il 
a mentionné mon crochet mousse articulé 
inventé en 1864^ d*une manière élogieuse; 
mais immédiatement, il en a détruit la 
valeur en l'appréciant comme un instru- 
ment peu pratique et coûteux^ ce qui le 
rangerait dans la catégorie de ces instru- 
ments de collections obstétricales. 

Je ne puis. Messieurs, accepter celte 
appréciation, et je me permets do soumettre 
les faits à TAcadémie royale de médecine 
de Belgique. 

En 1864, le premier, j'ai eu Tidée de 



modifier profondément le crochet mousse 
ordinaire, après avoir constaté les difficul* 
tés d'application de cet instrument. 

Le crochet mousse doit servir è rempla- 
cer le doigt quand ce dernier est insufiisant. 
Construire pour y suppléer un doigt mé- 
tallique assez long, assez fort et d'un em- 
ploi facile, était dans mon esprit le pro- 
blème à réaliser. 

Je suis arrivé à la solution, en faisant 
construire des phalanges métalliques arti- 
culées entre elles et en y adaptant un flé- 
chisseur et un extenseur. Puis, pour prati- 
quer la décollation au moyen d'une ficelle 
ou d'an écraseur linéaire, j'ai placé à son 
extrémité une petite pièce contenant un fil 
que Ton entraîne facilement au moyen 
d'un petit crochet. 

Toys nos élèves de l'Université parvien- 
nent d'emblée à saisir l'ttillet les yeux 
fermés. 

Si M. le professeur Hyernaux, au talent 
duquel je rends hommage, doute de la 
facilité de la saisie, c'est que bien certaine- 
ment il ne l'a pas essayée. 

Notre excellent collègue M. le professeur 
Hubert/ a dit, en 4869, que l'instrument 
est facilement détraqué par Tusage; cela 
pouvait être vrai à cette époque, mais de- 
puis lors, l'instrument' a été modifié, et, à 
moins de le manœuvrer sans connaissance 
du mécanisme, il est impossible de le briser. 

Les modifications .consistent dans la 
substitution d'uncschaine métallique au fil 
de fer, dans le renforcement des phalanges 
et dans la diminution du nombre de tours 
à donner au volant. 

Quant au prix, l'instrument coûte non 
pas 80 francs mais 50 francs. 

Depuis lors l'instrument a été utilisé par 
M. le docteur Stanesco» de Paris» en 4866, 



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VARIÉTÉS. 



17» 



daD9 4e b«t précisément de pratiquer La 
décolUuioa. A cet eifet, il a augmenté la 
noini)ro ç}e phalanges et employé la cbaioe 
destinée a la flexion, pour couper direcle- 
ment le cou. 

M. le professeur Hyernaux a appliqué 
cette dernière modification h son crochet, 
et il n'y a de différence entre son instru- 
ment et celui de M. Stanesco, que la substi- 
tution d'une ficelle à la chaîne. 

Le 43 novembre 4873, M. Verardini, 
professeur à Bologne, fait connaître le 
levier décollateur, véritable crqohet mousse 
articulé porteur d'un ressort de sonde de 
Beiloc. On ne reprochera certes pas à 
celui-ci son peu de solidité. 

Enfin, en 4875, M. le professeur Hyer- 
naux construit son crochet ou plutôt mo- 
difia le mien en le rendant plus solide. " 

Malheureusement Tinstrument de M. 
Hyernaux ne peut rendre service dans la 
pratique obstétricale, la moindre résistance 
è son extrémité empêchant la flexion. Pour 
le prouver nous n'avons qu'à eiler le fait 
tvivant : si on prend entre l'index et le 
pouce le manche du crochet, si on retire 
l'extenseur pour rendre plus complète la 
démonstration, si on laisse appuyer le bro- 
chet par sa pointe sur une table sous un 
angle de 50*> dans le sens de la flexion, il 
est impossible do le fléchir. 

Or une résistance semblable est bien 
' légère comparativement i celle qu'on peut 
éprouver dans un engagement prononcé 
de l'épaule où l'extrémité de l'instrument 
doit butter nécessairement sur l'une ou 
l'autre partie. 

Si Ton veut, dans une autre circonstance, 
s'en servir en guise de crochet, on peut 
s'assurer qu'il est impossible de maintenir 
la flexion de l'instrument. 

Par ce court exposé, j'ai voulu. Mes- 
sieurs, établir les faits et réclamer, ce qui 
cet de toute justice, la v>aie paternité du 
crochet mousse articulé. 

Je erois faire chose utile en déposant i 
li^ prochaine exposition du Congrès médical 
de Bruxelles le crochet mousse articulé et 
ses modifications. 

Veuillez agréer, Messieurs, l'assurance 
de ma iMOte considération. Wassbigb. 

A. M. LB nOCTEUB VAN OBN CoRPUT, RéOAC- 

TBUR PRINCIPAL DV Joumol d*i médecine, 
Bruxelles, 6 septembre 1875. 
Mou cher Confrère, 
Ma réponse à la lettre de M. le profes- 
seur Wasseige se trouve tonte entière dans 



mon travail qui proteste, par son texte et 
par son esprit, contre les allégations ima* 
ginaîres de notice honorable confrère. En 
effet, il est si peu dans mes intentions de 
vouloir lui rayir la paternité de Vidée de 
construire un crochet articulé, que moi- 
même, je le déclare dans ma communica- 
tion à l'Académie. J'ai publié la description 
de son ingénieux instrument dès 1866 (voir 
mon Traité d'accouchements, 2« édit.), et 
c'est peut-être moi qui l'ai fait connaître 
le premier en Italie (voir votre Journal^ 
septembre 4874, p. 203, § 3«). Tout cela 
se trouve dans mon dernier travail. Donc, 
je n'enlève rien à M. Wasseige j je lui laisse 
et lui reconnais la paternité, toute légitime, 
de son enfant. Seulement, j'ai cru lui trou* 
ver des défauts que d'autres ont également 
'signalés et connus avant moi (MM. Hu- 
bert, dans son Traité d'aceoiuchemenU^ei 
Verardini, dans votre Journal, même nu- 
méro que ci-dessus, p. 303). Ce sont ces 
défauts que j'ai voulu éviter; mon crime 
est peut-être 4'y être arrivé, car, quoi- 
qu'en dise notre habile et savant confrère, 
j'affinme avoir appliqué mon crochet, «pe- 
cialement affecté à la décoUation fœtale^ et 
cela en présence de deux médecins, M. Lam- 
mens, de Saint- Josse-len-Noode, et un 
autre dont je n'ai pas retenu le nom, mais 
que je pourrai vous désigner à l'occasion. 
Cette application se fit dans une circon- 
stance comme jamais, sans doute, je n'en 
rencontrerai plus d'aussi difficile. J'ai 
réussi facilement et promptement à la 
grande admiration de ces deux confrères 
qui m'avaient prié de les aider dans ce cas 
si extraordinaire. 

Quant à l'instrument de M. Stanesco, je 
n'ai pas l'avantage de le connaître. Cet 
aveu pn)uve sans doute mon ignorance en 
littérature obstétricale, mais je déclare for* 
mellement que personne à l'Académie, 
lorsque j'ai présenté mon Instrument, ne 
me Ta davantage fait connaître. Est-ce ou- 
bli, ou ignorance aussi de la part de mes ho- 
norables collègue»? En tous cas, pourquoi 
M. le professeur Wasseige nefailil pas le 
même reproche à M. Stanesco puisque lui 
aussi; comme moi, parait-il, a reproduit 
sous une autre forme l'idée qu'il a matériel- 
lement traduite par son crochet dès 1864. 

En résumé, je ne comprends pas la sus- 
ceptibilité de M. Wasseige. A des condi- 
tions comme celles'Iè, toute science doit 
marquer le pas ; nul progrès n'est plus pos- 
sible. Il a fait un crochet je l'ai dit et redit ; 
je crois l'avoir simplifié, je n'ai pas dit 



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180 



VARIÉTÉS. 



autre chose. Quel est des denx le plus 
pratique ? Le public médical en jugera 
comme il jugera, en se rappelant les ter- 
mes de mon dernier travail et en les con- 
frontant avec la réclamation de Thonorable 
M. Wasseige, si oui ou non cette réclama- 
tion a bien sa raison d*élre. 

Agréez, mon cher Confrère, Tassurance 
de tous mes meilleurs sentiments. 

D' Htbrnâux. 



La base de la médecine future ; extrait 
d'une leçon de M. Cl. BERNARD. — «,Ce 
problème, chose toute naturelle, a varié 
avec les temps : il a subi Tinfluence des 
idées régnantes à chaque époque. Il a pré- 
senté le reflet des hypothèses émises sur la 
nature des phénomènes vitaux. 

» On supposait autrefois Tcxistence d'un 
principe vital qui distribuait les fonctions 
aux diverses parties de Torganisme. Galien 
le désignait sous le nom « d'esprits ani- 
maux, B Stahl sous celui d'âme (anima), 
l'Ecole de Montpellier sous le nom de c force 
vitale, » etc. Stahl a été le principal chef 
des animistes, et quoiqu'on cite souvent à 
côté d« lui le grand Descartes, nous évite- 
rons ici ce rapprochement. C'est qu'en 
effet, quoique Descartes admette encore 
les esprits animaux, il ne s*occupe eii réa- 
lité que du mécanisme de- l'organisme ; il 
construit ce mécailisme sans s'inquiéter 
toujours de la réalité anatomîque, mais 
aussi sans s'arrêter davantage à rechercher 
le mode d'union de la matière et du prin- 
cipe immatériel (l'âme). 

> Ces théories animistes ont eu, sur les 
recherches physiologiques, une influence 
plus considérable et plus longue qu'on ne 
serait tenté de le croire a priori. Lorsque 
Legallois et Fiourens lui-même faisaient 
leurs célèbres expériences sur le bulbe, 
ils, crurent avoir trouvé, et cherchèrent 
à préciser là le siège du principe de la vie. 
Nous savons aujourd'hui le Véritable sens 
qu'il faut accorder à l'expression de nœud 
vital employée par Fiourens pour désigner 
la substance grise située au sommet du 
quatrième ventricule. 

» Cette théorie d'un principe unique 
animant les divers organe^ impuissants et 
dénués par eux-mêmes de toute énergie, 
n'a plus cours aujourd'hui, et c'est à Bichat 
que revient l'honneur d'avoir substitué à 
ces idées animistes la doctrine des proprié- 
tés organiques. Bichat, le premier, a con- 
sidéré les phénomènes de la vie comme le 



résultat des propriétés mêmes des organes 
qui en sont le siège. Si le muscle se con- 
tracte, c'est qu'il possède en lui-jiiéme la 
propriété de changer de forme ; si la glande 
sécrète, c'est qu'elle jouit du pouvoir de 
sécréter, c'est-à-dire d'emprunter au sang 
certaines substances, de les modifier et de 
les transformer en un- produit nouveau. 
Ces propriétés du muscle et de la glande, 
leur appartiennent comme les propriétés 
que le chimiste étudie dans le cuivre ou 
tout autre métal appartiennent à ce métal. 
Aussi Biehat a-t-1I mis en parallèle les pro- 
priétés physiques ou chimiques des corps 
inorganiques avec les propriétés vitales ou 
organiques des tissus vivants. 

> La notion des propriétés des tissus 
étant établie, le but des recherches phy- 
siologiques semblait nettement défini. H ne 
s'agissait plus d'aller saisir un principe 
vital quelconque, mais il y avait à recher- 
cher le rôle de chaque organe, à constater 
dans l'un la propriété de se contracter, 
dans l'autre celle de sécréter, dans tel autre 
celle d'absorber^ etc., etc. Une fois les 
phénomènes bien localisés en un organe, 
en un tissu, il semblait que la physiologie 
avait accompli les mêmes progrès que la 
physique, ou que la chimie qui détermine 
les propriétés de chaque corps. 

> Mais, de même que la chimie ne s'ar- 
rête pas à préciser les propriétés d'un corps 
plus ou moins complexe^ qu'elle décompose 
ce corps en ses éléments ou corps simples, 
de même la physiologie ne s'arrête pas aux 
propriétés des organes ou des tissus, elle 
pousse plus loin l'analyse physiologique et 
descend dans la profondeur des tissus jus- 
qu'à l'élément anatomique. De pljus, chose 
très-importante, elle étudie cet élément, 
non-seulement à l'état achevé, parfait, 
adulte, si nous pouvons ainsi nous expri- 
mer, mais elle veut encore en connaître 
l'évolution. Pour ne citer qu'un exemple 
de l'importance de ce dernier point d€ 
vue, je vous rappellerai que la connais- 
sance plus précise de l'évolution des élé- 
ments anatomîqnes a permis d'abandonner, 
en pathologie, la théorie de rhét«^romor- 
phisme, en montrant que les tissus nor- 
maux et anormaut ne sont que des moda- 
lités d'une même loi. ^ 

» Le problème de la physiologie et de 
la pathologie générales est ainsi posé : il a 
pour objet les parties les plus intimes et les 
plus essentielles des organes, les éléments 
des tissus. Ce problême, ainsi conçu, 
pourr/i-t-il, une fois résolu dans tous ses 



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VARléTÉS. 



48i 



détails, s'étendre à toutes les sciences me- 
.dicales et devenir leur base? Cest ce dont 
je suis pour ma part profondément con- 
vaincu, et il me suffira de vous rappeler 
que depuis vingt-cinq ans je développe ces 
idées nouvelles dans cette chaire du Collège 
de France. 

• Le jour où tous les éléments anato-; 
miques seront parfaitement connus, et 
dans leur évolution, et dans leurs formes, 
et dans leurs propriétés physiologiques, 
et enfin dans les actions que peuvent avoir 
sur eux les différents agents physiques, 
toxiques, médicamenteux, etc*, ce jour-là, 
et ce jour-là seulement, la médecine scien- 
tifique sera fondée. 

• £n effet, dans tout état pathologique, 
c*est toujours spécialement Tun des élé- 
ments anatomiques du corps qui est atteint : 
c'est le trouble de cet élément particulier 
qui amène consécutivement le trouble gé- 
néral de Torganismei 

• Dans tout empoisonnement, par exem- 
ple, et j*ai rendu la chose évidente, sur- 
tout par rétude de faction du curare et de 
Toxyde de carbone, ce n'est pas Torga- 
nisoie entier, ce n'est pas lé sujet, l'indi- 
vidu, qui est empoisonné, c'est tel élément 
anatomique, ici le globule rouge du sang, 
là le nerf moteur, qui est primitivement 
atteint, et' la suppression de la fon^ïtion 
spéciale dévolue en propre à cet élément 
amène le trouble ou Tarrét de la vie de 
fcnsemble. Il en est de même pour les 
actions théi*apeu tiques ; car les agents thé- 
rapeutiques ne sont«n définitive que des 
agents toxiques employés h des doses dif- 
férentes. 

i Vous le voyez, la physiologie, pour 
devenir la base des sciences médicales, doit 
s'efforcer d3 devenir la science de la vie des 
éléments anatomiques. En réalité, l'orga- 
nisme humain comme les autres n'est qu'un 
être collectif. 

> L*importance de l'étendue des éléments 
anatomiques a été, du reste, généralement 
comprise aujourd'hui, et depuis quelques 
années des efforts ont été dirigés dans ce 
sens : de tous côtés, nous avens vu qu'on 
s'attachait à l'élude de la cellule, qu'on 
s applfqualt à ce qu'on a appelé la physio- 
logie cellulaire, à la pathologie cellulaire. 

t L'histologie est donc devenue la com- 
pagne obligée de la physiologie expéri- 
mentale, ^ 

» En résumé^ il faut aujourd'hui réunir 
tous les moyens propres à nous faire des- 
cendre dans l'analyse des tissus et dans l'é- 



tude de leurs propriétés, jusqu'aux élé- 
ments fondamentaux, jusqu'aux éléments 
histologiques. 

» Certes, nous sommes encore loin d'at- 
teindre ce but, mais nous pouvons du 
moins nous convaincre que cette associa- 
tion intime de la physiologie et de Thisto- 
logie devient de plus en plus indispensable : 
les résultats déjà obtenus ne sont qu'un 
faible aperçu des progrès immenses à ac- 
complir dans cette voie. Je le répète, le 
laboratoire d'études microscopiques nous 
présente désor^mais l'un de nos plus puis- 
sants moyens d'investigation; mais, ainsi 
que, nous avons déjà dit, il ne suffit pas de 
connaître anatomiquement les éléments or- 
ganiques, il faut étudier leurs propriétés, 
leurs fonctions à l'aide de l'expérimentation 
la plus délicate; il faut faire, en un mot, 
l'histologie expérimentale, ou, autrement 
dit, la physiologie histologiqoe. Tel est le 
but suprême de nos recherches : elle est 
la base de la médecine future. 

» Voilà le point de vue auquel se place 
aujourd'hui la physiologie. » 

(L'Abeille médicale.) 



Injection intr a- veineuse de ohloral ; 
mort; par MM. DENEFFE et VAiX WET- 
,TER. — Un homme atteint de cataracte 
lenticulaire double a été opéré le 50 dé- 
cembre 1874. A huit heures quarante-huit 
minutes on pratiqua la ponction de la 
médiane basilique gauche, et dans l'espace 
de six minutes on fit pénétrer peu à peu 
6 grammes de chloral. 

On procéda à l'opération de l'œil droit 
à huit heures cinquante-sept minutes. Vo- 
pération terminée, le pouls battait à 40, et 
la respiration ne présentait rien de parti- 
culier. Au moment où le chirurgien allait 
faire l'opération de l'œil gauche, MM. Bouc- 
qué et Leboucq, qui surveillaient attenti- 
vement la respiration et la circulation, 
nous disent (huit heures cinquanle-hùit 
minutes) que l'une et l'autre viennent de 
s'arrêter. Immédiatement nous appliquons 
l'appareil électrique de l'hôpital, l'un des 
rhéophores à l'épigastre, l'autre sur le 
trajet des nerfs pneumogastrique et phi'é- 
nique. Aussitôt le pouls reparait, le malade 
respire, la figure se colore ; malheureuse- 
ment le courant électrique de la machine, 
mal entretenue, faiblit tout à coup et de- 
vient à peu près nul ; dès lors la syncope 
reparait, le pouls et la respiration s'étei- 
gnent, la pâleur envahit de nouveau le 



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i83 



VAKléTi» 



visage 4e Topéré. Li machine électrique 
ne fonclioQoaDt plus, nous nous sentons - 
désarmés et nous comprenons que tout est 
pertJu. Cependant TinsuiSation d'air de 
l)OuclAe à bouche est praliquée, les parties- 
génitales sont flagellées avec une com- 
presse trempée dans Teau froide, le fer 
rougi à blane est vappliqué en différents 
points de la base de la poitrine, la langue 
est attirée en avant, de Tammoniaque est 
introduite dans les narines, etc., tous les 
efforts sont inutiles ; Thomme avait cessé 
de vivre. 

La mort s'est produite au milieu des 
phénomènes ordinaires de la syncope, de 
même que cela se passe dans Tanesthésie 
par inhalations. L'apparition brusque et la 
marche foudroyante de Taccident ont été 
en tout comparables à celles décrites par 
les chirurgiens qui ont vu périr dans leurs 
mains les malades auxquels ils faisaient 
respirer des anesthésiques. 

Quoi qu'il en soit, disent les auteurs, le 
malheureux accident qui nous rst arrivé, 
et qui ne saurait nous empêcher de pour- 
suivre nos études sur les injections intra- 
veineuses de chlorai, renferme une leçon 
qui ne doit pas être perdue : 

1° A l'avenir, nous serons pourvus d'une 
machine électrique qui fonctionnera puis- 
samment, ou même d'une machine de re- 
change, et nous aurons vérifié nous- 
mêmes^ avant l'opération, l'intensité de 
ses courants. 

2° Jusqu'à la production du sommeil, 
nous injecterons 1 gramme de chlorai par 
minute ; ce sera notre première étape, nous 
nous arrêterons alors quelques instants, 
laissant au chlorai injecté le temps de dé- 
velopper tous ses effets. Nous continuerons 
alors l'injection, mais. avec plus de lenteur; 
nous ferons pénétrer 50 centigrammes par 
minute, nous arrêtant encore de temps en 
temps pour examiner la sensibilité de la 
peau et celle des cornées. En injectant avec 
plus de lenteur, laissant au chlorai injecté 
le temps de produire des effets avant d'en 
faire pénétrer une nouvelle quatité, nous 
nous mettrons à l'abri de toute surprise. 
En un mot, nous lâcherons de mieux doser 
l'anesthésie. 

{Journ. de pharm, et de chimie.) 



formes du mal de mer une expérience com- 
plète. II pense que, de tous les traitements, 
employés^ celui par le chlorai est le jneil- 
leur. L'opium a* de graves inconvénients» 
et le bron»ure de potassium serait de 
quelque avantage s'il nécessitait l'ingestion 
d'une quantité de liquide considérable. Le 
chlorai, au contraire, pris sous forme de 
sirop à la dosé de I gramme, 1 gr..50 à 
2 gr., procure au malade un sommeil 
calme et tranquille au sortir duquel il se 
trouve sinon complètement guéri, du 
moins dans un état relativement meilleur. 
Il faut prescrire, dès le premier jour, 

I gramme, en une seule fois, de façon à 
donner d'abord au malade un sommeil ré- 
parateur. Les jours suivants, de 1 à S gr. 
dans du sirop pour la journée. On donne 
une cuillerée toutes les heures. Sous cette 
influence, au bout de deux on trois jours, 
raccoutumance à la mer se fait. 

Chez les femmes enceintes, on évite 
ainsi tout danger d'avortement. 

Le chlorai doit être sec et bien conservé. 

II faut combattre la constipation, engager 
le malade à prendre l'air et à marcher s'il 
lui est possible. 

Pour éteindre leur soif ardente, les ma- 
lades absorbent de la glace, de la limonade 
ou même de l'eau -de-vie. 

Ce qui est préférable à tous ces liquides, 
c'est le Champagne, qu'il ne faut pas' boire 
à longs traits jusqu'à ce qu'il détermine 
l'ivresse, mais qu'on doit prendre glacé, 
par cuillerée à bouche prise tous les quarts . 
d'heur&ou même toutes les demi-heures. 
Il calme tous les vomissements et constitue 
un aliment tonique. 

Le passager atteint du mai de mer ne doit 
pas avoir, pour ainsi dire, d'heures fixes 
pour les repas. Tous les quarts d'heure 
ou toutes les demi heures il doit ingérer 
une ou deux bouchés de pain et de viande 
ou autres aliments avec un peu de Cham- 
pagne glacé pour boisson, de préférence 
au vin rouge. L'estomac se fait peu à peu, 
de façon à ce qu'on puisse revenir à une 
nourriture normale. - {L'Abeil. médic.) 



TrAÎtement du miàl de mer par le 
ohloral. — M. Obet, donnant depuis 
quatre ans des soins aux passagers des pa- 
quebots transatlantiques, a sur toutes les 



Le eholéra en Syrie. — Le Petit Mar- 
êetllttiê qui avait fait connaître l'existence 
d'une épidémie en Syrie, vient de publier 
à ce sijjet la note suivante : 

I D'après des renseignements puisés à 
bonne source, il résulte que les bruits au 
sujet de choléra en Syrie se résument à 
très-peu de chose. Les lettres d'Âlep, à la 



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VARIÉTÉS. 



185 



date dtt 7 jain, mentionnent seulement 
quelques légers cas de cholérîne, produits 
par les fruits plus hâtifs que dans nos eon- 
trées «rabricot). 

» Ensuite, à la date du. 10 juin, de Bey- 
routh une lettre signale dans le nord de la 
Syrie, à Homs et à Hama, sur la Jbîèrc de 
TÂrabie (ces deux vifles ont unie popula- 
tion de 10,000 âmes), quelques cas de 
choléra (5 ou 4) , qui ont fait apparition 
dans ces deux villes par le déplacement des 
troupes turques venant de TArabié (Hodei- 
dah et Djeddab), lesquelles ont importé 
cette épidémie ; mais elle est circonscrite 
par queltfues cas isolés qui ne présentent 
pas au caractère sérieux et alarmant. 

> Hodeidab et Djeddah sont distantes de 
25 i^SO jours d*étape de Homs à Hama. > 
(L* Abeille médicale,) 



La fièvre puerpérale à Londres. — 
Les cas de mort dus à cette maladie enre- 
gistrés à Londres en 1871 n*étaient que de 
182. Durant les trois dernières années ils 
se sont accrus de façon h s'élever à 291 en 
1872, à 506 en 1873 et à 486 en 1874. 
Pendant les treize premières semaines de 
cette année, 82 décès ont été attribués à 
cette cause, et bien que ce nombre sur- 
paie de 14 la moyenne des cas observés 
pendant la période correspondante des dix 
dernières années, il est cependant inférieur 
de 41 i celui du premier quart de Tannée 
1874. La maladie existe maintenant à l'état 
épidémique dans beaucoup de quartiers de 
la TÎHe. ^ {Le SeedpeL) 



SUUitt de la Fédération dea •ooiétéa 
MMentîfiquea de Belgique, adoptés provi- 
soirement par les délégués des sociétés, en 
assemblée du 10 janvier 1875 (I). 

Articlb prbmikr. — La Fédération a 
pour bot de resserrer les liens entre les 
sociétés scientifiques de Belgique, d*exa~ 
miner les questions d'intérêt général, con- 
cernant les progrès des sciences et de 
rechercher et appliquer les moyens les plus 

(1^ Les soeiëfés représentées & cette assemblée 
étaient : Fédération des sociétés d'horticulture 
de Belgique, Ligne de renseignement, Société 
belge de micro!>cnpie. Société chorale cl littéraire 
des méiopbiles de Ha^seit. Soriété des scient^es, 
des lettrt'8 et des arts du Hainatit, Société itéolo- 
giqoe de Belgique, Société libre d^émulatton de 
Liège, Société mnlacolojfique de Belgique, Société 
royale des sciences de Liège. 

La réunioq ayant décidé d*élargir le cercle de 



propres h répandre les connaissances scien- 
tifiques dans le pays. 

Art. 2. — La Fédération se compose des 
sociétés belges s*occupan^ des sciences, 
libres et régulièrement organisées, qui 
adhèrent aux présents statuts. 

Art. 5. — La Fédération n*a pas de 
siège ûxe : les sociétés qui en font partie 
se réunissent dans Tune des villes renfer- 
mant une société fédérée et désignée par 
la Fédération elle-même ponr chacune de 
*»es sessions. 

Art. 4. — Chaque année la Fédération 
se réunit en session dans la ville et i Tépo- 
que-choisie par Tavant-dernière sessioh, 
et sous les auspices de la société de cette 
ville chargée de son organisation. 

Le bureau pour la session est composé 
des membres suivants : 

Président, Secrétaire général et Tréso- 
rier : le Président, le Secrétaire et le Tré- 
sorier de la société chargée de Torganisation 
de la session. 

Vices- Présidents et Secrétaires : les 
Présidents et Secrétaires de la société ayant 
organisé la session précédente et de la so- 
ciété appelée à diriger la session suivante. 

Art. B. — L*ordre du jour des sessions 
est réglé comme suit : 

Ouverture de la session par le Prési- 
dent. 

Gorrespondieince. 

Rapport du Président de la session pré- 
cédente. 

Rapport die chaque société fédérée sur 
ses travaux depuis la dernière session. 

Formation des sections. 

Discussion des questions portées à Tor- 
dre du jour de la session. 

Propositions et communications du bu- 
reau, d^s sociétés fédérées, des sections et 
des membres. 

Détermination des questions qui seront 
portées à Tordre du jour de la session sui- 
vante. 

Désignation de la ville et de Pépoque où 
se tiendra la seconde session après la ses- 
sion présente et de la société qui Torgaai- 
sera. 

la Fédération en y admettant toutes les sociétés' 
scientifiques, qu^elt<'8 s^occupent des sciences 
naturelles. physco chimiques i»u roatliénialiques, 
médicales ou phariiiuceut qurs. historiques ou, 
littéraires, pures ou appliquées, etc., uue nou- 
velle réunion composée des délégués de ces di- 
verses sociétés doit avoir lieu pour la. discussion 
et Padoption définitive des statuts; le 2 mai pro- 
chain, ù 11 heures, au Jardin zoologique de 
Bruxelles. 



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184 



VARIÉTÉS. 



Résumé des travaux^ de la session par 
le Président qui déclare la session close et 
remet les pouvoirs au Président de la ses- 
sion suivante. 

Art. 6. — Les décisions de la fédéra- 
tion sont prises en assemblées générales 
des sessions, à la majorité absolue des So- 
ciétés présentes votant par leurs délégués, 
chacune disposant d'une voix. 

Les membres des Sociétés fédérées ont 
voix consultative. 

Les décisions ne peuvent engager les- 
Sociétés que pour ce qui concerne leur po- 
sition dans la Fédération : elles ne peuvent 
en aucune façon porter atteinte à leur li- 
berté individuelle. 

Chacune des Sociétés est chargée de 
Texécution des décisions prises par la ses- 
sion qu'elle a présidée. Les archives ayant 
particulièrement rapport i celte session 
restent déposées chez elle. Elle remet à la 
Société qui lui succède les archives géné- 
rales de la Fédération ainsi que celles qui 
peuvent être nécessaires à la session sui- 
vante. 

Les décisions des sections sont prises à 
la majorité absolue de leurs membres pré- 
sents. 

Abt. 7. — Les frais de la Fédération 
sont couverts par une cotisation annuelle 
des sociétés dont le maximum ne peut 
dépasser 40 francs, par une cotisation de 
leurs membres et des étrangers assistant 
aux sessions, par la vente des publications 
. et par les dons volontaires. 

Les sociétés fédérées, ainsi que les per- 
sonnes assistant aux sessions, reçoivent les 
publications de la Fédération. 

Art. 8. ^ Chaque Société est maîtresse 
de se retirer de la Fédération, par lettre^ 
mais seulement à Touverturc de la pre- 
mière séance d'une session ; passé ce mo- 
ment, elle reste engagée jusqu'à la session 
suivante. ' 

Elle est obligée de remettre au bureau, 
en même temps que sa lettre de retrait, 
toutes les archives, etc., qu'elle pourrait 
tenir de la Fédération. 

ART. 9. — La Fédération ne peut être 
dissoute que du consentement unanime des 
sociétés qui la composent. 

En cas de dissolution, chacune conserve 
les archives, etc. de la Fédération déposées 
chez elle. 

Art. 40. — Les présents statuts peu- 
vent être modifiés en session, pourvu que 



la proposition eii ait été faite par une So- 
ciété fédérée à la session précédente, que 
la modification proposée soit portée à 
Tordre du jour et réunisse l'adhésion des 
des trois quarts des sociétés fédérées. 
Disposition transitoire. 
Art. h. — Les présents statuts ''seront 
soumis à révision à la troisième session de 
la Fédération. 



Ephéméride* médieale*. 

Année 1592. 

Jérôme Mercurialis, de Forli, médecin 
à Bologne, publie son traité : De re gym- 
nasticâ. 

* *t 

Fondation de l'Université de Dublin, 
par la reine Elisabeth. 

♦ » 

Une épidémie de fièvre typhoïde se dé- 
clare à Florence, h la suite d'un été chaud 
et humide. Elle fut décrite par Roboretas 
{De febre petechiali), 

2aoûtl746. . 

Une épizootie éclata dans les environs 
de Tongres et enleva un grand nombre de 
bétes à cornes, ce que consacra le chrono- 
gramme suivant : 
Mi^hVs pestIferVs InDIqVe VaCCh 
eXItIo fVIt. 

D' V. D. Corfut. 



NÉCROLOGIE. 



C'est avec un profond regret que nous 
annonçons la mort de notre savant ami et 
condisciple, M. Edward Kir'kpatrick, doc- 
teur en sciences naturelles de l'Université 
de Bruxelles, consul de S M. Britannique 
dans le Honduras, décédé à Kingston (Ja- 
maïque). 

L'obi luaire médical s'est encore chargé 
des noms suivants : En France, MM. les 
docteurs J. L. Armand, à Romignière; 
Dssportbs, Braugrând, Vstne, Tavbrnibr, 
à Paris; Gros, à Montmorency; Prévost, à 
Hazebroek ; A. Warnier, à Versailles ; 
DE LéoTARD. à Villeneuve- sur- Li>t ; V. Mil- 
let, à Creuset; Joussannb-Latour, à Châ- 
teau-Thierry ; GoDEFROiD, à Rennes et Wa- 
low-Lewis, à Boston. 



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JOURNAL 

DE MÉDECINE. 



(SEPTEMBRE 1875.) 



1. HËIHOIRES ET OBSERVATIONS. 

La virulence et la spécificité de la phthisie pulmonaire devant l'expéhimen- 
TATiON ET DEVANT LA CLINIQUE; par M. le docleur Emile Dutreux, de Namur. 
Mémoire auquel la Société royale des siences médicales et naturelles de 
Bruxelles a décerné une mention honorable au concours de iS7i (i). 

tt Félix qui pptoil rerum cogooscere causas. » 
I Virgile. 

En 1865, M. Vilîemin par rinoculalion féconde du tubercule a jeté sur la 
scène médicale là question de la virulence et de la spécificité de la phthisie 
pulmonaire. Ses expériences ont été répétées sous toutes les formes et avec 
une infinité de matières ; !es interprétations sur les résultats se sont multi- 
pliées en même temps que les expériences ; les virus, eux aussi, ont été Tobjet 
de nouvelles études, parmi lesquelles nous devons citer d'une manière parti- 
culière celles de M. Ghauveau. 

Aujourd'hui devant tant de faits accumulés, devant tant d^interprétations 
émises, nous croyons utile d'étudier cette question, ne serait-ce que pour les 
besoins de nôtre pensée, ne serait-ce que pour nous former une opinion. 

Notre éludé se divisera naturellement en trois chapitres. 

Dans un premier, nous étudierons les caractères généraux des maladies 
virulentes et spécifiques puisqu'il s'agit de savoir si c'est parmi elles qu'on 
doit classer la phthisie pulmonaire. 

Dans un second, nous rechercherons si ces caractères existent dans la tuber- 
culose expérimentale, tuberculose provoquée le plus souvent par la plus directe 
des agressions virulentes et dans laquelle il est possible' de nous éclairer par 
dea utopsies faites à volante à un moment quelconque de son évolution. 

Dans un troisième, nous rechercherons si ces caractères existent dans lai 
tuberculose clinique, tuberculose dans laquelle l'agression virulente est plus 
obscure, si elle doit être admise, dans laquelle aussi l'autopsie soumise à. une 
mort préalable ne peut nous fournir le même faisceau dé lumières et ne nous 
est en outre pas toujours permise. 

(4) Voir rapport sur ce travail, cahier do juillet, t. LXI, p. 78. 

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186 MÉMOIRES ET OBSERVATIONS. , 

Chacnndes deux derniers chiipUres se subdivisera, par le fait même, en deux 
paragraphes ; dans le premier nous étudierons respectivement la transmission 
expérimentale et clinique de l9 tuberculose ; dan^ le second, prenant cette 
transmission pour base, nous discuterons la virulence et la spécifieilé de cette 
affection, et cela respectivement aussi au point de vue expérimental et clini- 
que. 

Nous venons, et à dessein, d'employer indistinctement les mots tuberculose 
et phtbisie pulmonaire; nous continuerons, d'accord avec MM. Hérard et Cor* 
nil de les confondre dans le courant de ce travail. 

Chapitre !•'. ' 

Garaotëres des maladies virulentes et spécifiques. 

Ces caractères sont exprimés synlhétiquement par les mots virulentes et 
spécIGques. Recherchons dans Tétiologie de ces affections, dans leur sympto* 
matologie et dans leur thérapeutique le sens et la justification de celte syn- 
thèse. 

Et déjà, dans Tétiologie un premier fait nous frappe immédiatement, c'est 
de trouver comme cause un produit résultant d'une maladie analogue à celle 
qui doit se former, c'est de rencontrer un agent causal qui deviendra en même 
temps le produit ultime de Taffeciion qu'il a fait naître, c'est de yoir une mala- 
die qui commence et finit pour ainsi dire par son étiologie. 

Ce caractère est- il fixe et invariable, et les maladies spécifiques né se pro- 
duisent-elles jamais sans cette cause spécifique ? 

De prime abord l'origine de cette cause semble devoir nous CQuduire par 
elle-même à une solution négative; dire que ce virus provient d'une maladie 
analogue à celle qu'il doit produire n'impliqu-t-il pas en effet que la maladie 
doit avoir été, dans un moment donné au moins, antérieure à son virus, et que 
même pour les maladies spécifiques qui, comnae la syphilis, semblent 
aujourd'hui ne plus provenir que de leur propre produit,, il faut admettre leur 
production indépendamment de celui ci à une certaine époque de leur histoire. 

Cet argument n'est pas le seul. Si des maladies spécifiques où, comme dans 
la syphilis, la nécessité occasionnelle du virus est actuellement palpable, nous 
passons aux naaladies spécifiques, les fièvres éruptives par exemple, jjue nous 
voyons, il est vrai, se transmettre fréquemment par infection contagieuse, 
combien de faits n'y trouve-t-on pas où cette infection ne peut être mise en 
évidence, combien de faits où l'on a autant et plus de droits de la nier que de 
Paffîi'mer? 

Et comme pour achever le doute, n'a-t-on pas observé la rage sans aucune 
agression virulente préalable, et produit la morve uniquement par des condi- 
tions hygiéniques mauvaises?. 

Quelle conclusion devons-nous donc tirer de ce qui précède ? 



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MftMOâRES ET OBSERVATIONS». 187 

FautMl par esfirtt de conciliation, toiti en ma4nten»a( la thèse, admettre que, 
dans eertains eas, la cause spécifique sait souâ l'influence de causes occasion^ 
nelles diverses et, qu'ainsi créée, elle devient cause déterminante de la maladie 
spécifique? Mais alors comment comprendre que l'organisme capable de pro- 
duire le virus s'arrèie dans sa création dès que celui-ci est formé, et que c'est 
le virus lui seul qui continue son action .pathogénétique ? Pourquoi accorder 
dans certains cas une origine hétérogène aux ytrus qu'on doue'en même temps 
d'un pouvoir reproductenr». et la refuser à la maladie spécifique qui n'est pas 
un être, mais un simple mode de Pexistence? 

Faut*jl, avec M. Ghauveau, considérer l'intervention des germes spécifiques 
comme nécessaire dans le développement des maladies virulentes, et, pour 
écarter l'objection de la maladie spécifique originelle, rejeter la cause de celle- 
ci dans les mystères de la création avec Toriginci première des espèces animales 
ou végétales? 

f}'est-ce pas assimiler implicitement les virus à ces espèces et accepter pour 
les maladies virulentes la théorie parasitaire qui cependant, et malgré de falla- 
cieaseâ comparaisons» est encore loin d'avoir conquis ses droits à être placée 
parmi les vérités de la science? Pourquoi ne pas tenir compte de la sponta- 
néilé morbide surtout chez l'homme, où la vie est portée à son maximum 
d'indépendance? 

Pourquoi vouloir la faire fléchir dans sa plus haute manifestation sons le 
joug d'inflexibles lois, lois auxquelles ne peut guère se soumettre que la matière? 

Noua inclinant devant les faits, nous préférons admettre pour les maladies 
spécifiques une double étiologie, une étiotogie homogène représentée par le 
produit spécifique. Iui*méme et une étiologie hétérogène représentée par des 
causes autres que ce produit. Nous ne comprendrons donc pas le mot de mala- 
dies spécifiques dans le sens restreint auquel on à voulu le soumettre, c'est-à< 
dire de maladies ne pouvant être produites que par leur virus, mais bien dans 
le sens plus large et étymologique d'espèce morbide faite, d'espèce morbide 
accomplie; et cette dernière signification sera largement justifiée par la suite 
de cette étude. 

Mais si les maladies spécifiques peuvent avoir d'autres causes quç le produit 
ultime d'une maladie analogue, ces autres causes sont-elles quelconques? Evi- 
demment non ; la cause doi,t être dans une certaine corrélation avec l'eff'et; or 
l'effet, c'est-è-dire la maladie spécifique, est une maladie générale, un mode 
momentané de Tètre; la cause doit donc aussi avoir pour caractère d'attaquer 
la vie dans son ensemble, et- l'observation vient justifier ce raisonnement en 
nous présentant comme étiologie, d'un côté les causes qui attaquent profondé- 
ment la vie nutritive» d'un autre, certaines conditions plus ou moins connues 
de l'atmosphère qui nous entoure de toute part, certains états du glolm qui 
nous supporte. Et comme si la cause devait être en corrélation complète avec 



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188 MÉMOIRES ET OBSEftVATIOUB. 

la maladie qu'elle fnt^voque^ ceib-et éonnanl lieu à de» produits désiinéfc à 
quiller un être pour se reporter sur un autre, nous trouvons enfin dans cei^ë 
étiologie l'encombrement qui accumule dans l*air les matières que l'organistni^ 
rejette hors de lui, matières déjà nuisibles par eUes^mémes puisque l'orga- 
nisme ne peut les conserver, et qui deviennent plus nuisibles encore par les 
transformations qu'elles subissetil dans Patmospbère où elles] s'accumuleht. 
Tontes ces causes non spécifiques peuvent, nous le savons, provoquer des 
maladies communes ; le plus souvent toutefois elles provoquant la spécificité 
srous l'une de ses formes, et cette forme elle-même sera identique lorsque les 
causes deviennent quasi spéciales par leur intensité et leur fixité. île qu'on 
appelle le génid atmosphérique nous donne une pireuve à Tapp&i. 

Mais dans cette chaîne continue de la nature^ dans cette circulation de la 
force et delà matière, Tenchalnement, les transitions existent partout. Aussi 
ne passerons-nous pas brusquement des causes non spécifique^ ai>x causes 
spécifiques; le choléra d'un côté, l'hérédité de rantre, nous serviro»nt de t\en 
entre les premières et les secondes ; le choléra eh noud présentant uite alftanee 
\e plus 'Souvent nécessaire entre tes causes eomniunes et les causes spécifiques, 
alliance signalée par Griesinger; rhêrédité en tran^nteltant au germe, dans la 
syphilis par exemple, noki le virus lui-même, mars en lui transmettant seule- 
ment en puissance la maladie qui doit surgir à un moment de son évolullèn. 

Toutefois cette syphilis q^ue nous^suppos'ons tr^ansmise hèrcéiiair^eftvent h'est 
pour M. Pidoux qu'un fait de contagion du père a renfantj soit directement, 
soit par sa mère contaminée. Écoutons l'auteur que nous nous^ proposons d'ar- 
gumenter, c Ce qui proUve, dit-il> (études généra l<^s et pratiqués sur la phthiste 
page 238) que l'enfant qui naît syphilitique d'un père qui, en le procréant, 
était atteint d'accidents encore inoculables, n'a pas la vérole par voie d'hé- 
rédité mais par voie de contaigîon, c'est qUe ces accidents paternels Inoculables 
le sont encore plus ou moins chez l'enfant, et qu'ils se manifestent presqu'im- 
médiatemenl après la naîssaricej bleti que la. mère fût exempte de tout symp- 
tôme de ce genre qu'elle aurait pu tratismeflre à Tenfaili dans son plassage à 
travers le canal utéro-vulvaire. » 

Singulière contagion qui respecterait quelquefois la mèrê^ (car ces cas ont 
été observés), «fors qu'elle a, pendaïit une longue période de neuf mèisv la vie 
la plus intime^ la vie la ^ylus commune avec le germe contagionné, alors qu'elle 
Va en outre, pendant toute cette période, être de houveau et souvent en ôoniacl 
avec l'individu infectant. L'enfant conçu dans ces conditiems présente,. il est 
vrai, souvent les signes de 4a syphiti» à s» nafssanbè> ou quelques semaiites 
après; mais dans des cas rares, quoique non mètns certains, 1» syphilis passe 
inaperçue dans les premiers temps de la vie, pour apparattrei iseijrferinënt vers 
l'époque de la puberté. Est il du reste étonnant que ia syphilis^ tiransmise en 
puissance au germe, le tue déjft souvent da-ns le sein de lu mère^ei apparaisse 



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.\rei»01liES ET OBSERVATÎONS. 189 

sitdt après la naissance? La syphilis lî'est^eKe pas «n effet acquise dans l'acte 
delà proeréation 'OU <lanis les actes auxquels pousse son înstiuct, et le germe, 
fruit de cet acte, ne doit il pas en ressentir les atleifites d'une tiianière plus 
profonde que les atteintes- d'aocufie autre espèce morbifique, et cela d*autaqt 
plus que le père côiitimie souvent soit infection au-delà de la procréation? 

Passons aux tinis^jproddits eux-mêmes d'une maladie analogue à celle qu'ils 
vont provoquer. 

Incorporés dans le» 'humeurs normales ou anormales de l'organisme, dans le 
sang, ele. payant i|ttelquëfdts pour support des- cellules ou de fausses mem- 
branes, ces virus vont-ils nous dévoiler leur nature par leurs caractères physi- 
ques ou chimiques ? Non, nous avons à interroger de la matière et de la fofce ; 
la matière reste muette et c'est la force seule qui sera notre critérium par le 
pouvoir du virus de créer une maladie de même eapébe i|ue celle qui l'a fournie. 
Toatefois lorsque eetie force est assez énergique pour attaquer la vie jusque 
dans ses l*acifies, elle semble imprimer son cachet sur la matière, tén[K)ins les 
gommes produil^es par la syphilis qui a pénétré dans les profondeurs de l'éco- 
«omle, témoin encore le tubercule tle la- morve, tédaoin enfln (si bien entendu 
elle est virulente) lé tubercule de la phthisie pahnpqeire ou la pauvreté de la 
maladie semble empreinte sur cette cellule pauvre et misérable dès le début. 

Gbmment ces virus pénètrënt'^ils dans l'économie? Naturellement ou artifi- 
ciellement. 

Naturellement,, parles voles toujours ouvertes de la respiration, en admettant 
même avêe M. Chauveau qu'il n'y ait pa^ de virus volatiis, car ces virus peu- 
vent être suspendias dans l'atmosphère cdmme tant d'autres substances iixes ; 
naturellement ehcore )>ar les voies dtgestives d'un rapport si fréquent aveé les 
agent» extérieurs, voies d'introduption à l'appui desqueites M. Chanveau a ins- 
titué tant d'expériences; peut-être enfin par la grande surfa^ externe de rap- 
port : par la surface ci^anée. 

Artificiellement, par les inoculations, par la vaccine, par la transfusion du 
sang^ eicl, oamnie nous le verrons du reste (iius au long dam la transmiéàion 
eXpérimentaleet eiiniqaedela phthisie piilmonairie. 

Quoiqu'il en sbtt, et cJômme si dans les virus tout <i^vait se dérober aux lois 
pb!ysfiqoes, leur action ne dépend nullement de leur quantité ; Ie9 doses néces- 
saires sont quasi impondiirables. N'exagérons toutefois pas les faits et tenons 
compte des noanoes; car, de même que nous voyoa» augmenter la difficulté de 
l'af^ssion avec la gravité de l'espèce spécifique et sa profondeur dans Torga- 
niame^ de oiême les J^ses doivent augmenter dan^ le même sens^ et notre 
raison s'oppose à mettre sous ce rapport les fièvres éruptives, par exemple, sur 
umt mêèHl iigwe avèe la ayphilis et la phthisie pulmonaire. 

Mais les.vaîli inlrodnils dans l'organisme; les virus agirontilis d'une manière 
rare et certaine? Nbn; la spontanéité de l'être s'affirme t^ji lorsqu'il s^ubit leur 



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190 MÉMOIRES ET OKERVATICMS. 

atteftite en ne laissant enire eux el là maladie d'autre rapf^ort qae celui de 
Teapèce, car une scarlatine légère peut engendrer une scarlatine grave et réci- 
proquement; n)ai$(elle s*affirme encore de temps en temps avec plus dn viva- 
cité^ même en présence de Tagression virulente la plus directe; car celle-ci 
échoue parfois, soit par manque de réceptivité, soit encore ^par stiite;d'ufi« 
atteinte antérieure. Et ce dernier ^caractère viendra clôturer i'éliokigié des 
maladies spécifiques qui pourra se résumer en deux points: 

1"* Agent causal provenant le plu^ souvent, mais pas toujours^ d'une maladie 
analogue à celle qu'il doit produire, agent causal dont nous avons donné les 
caractères ; 

2*" A l'inverse des autres maladies, immunité fréquemment* acquise grâce 
d une atteinte antérieure. 

Cette immunité ne doit du peste pas nous étonner ; elle n'est qu'une extension 
à la pathologie de ce que nous observons dans l'état physiologique. N'y volt*6n 
pas des impressions plus ou moins répétées, celle du froid par exemple, enlever 
à l'organisme son impressionnabilité sous ce rapport, et ce qui se produit par 
des impressions répétées, il est vrai, mais séparées souvent par des intervalles 
plus ou moins grands, ne se prodnira-t-il pas, et à plus forte raison, par des 
impressions qui, comme celle des virus, sont continues et font partie de liotne 
existence pendant un temps plus ou moins long? Toutefois rimpreasionnobilité 
physiologique est variable et individuelle, l'impressionnabilité 'pour les virus 
doit donc l'être aussi; c'est ce qui nous explique comment l'immunité n'est pas 
constante, comment même certains individus exceptionnels son t. prédis posés A 
subir, et à plusieurs reprises, les atteintes d'une maladie spécifique détermiaée. 

Le virus a pénétré dans l'organisme ; voyons les caractères de TaffecCion qu'il 
va produire. Faitsingulicrvle travail qui la prépare s^ fait en sileece ; les pro- 
dromes que nous sommes habitués à constater ailleurs sont remplacés ici par 
une incubation. Pourquoi ce début silencieux, ce début qui se dérobe à nos 
sens? 

Pour nous, nous en trouvons la raison dans ce que la maladie qui doit éclare 
est de toutes les maladies la plus générale et représenle quasi une vie nouvelle 
à laquelle va être momentanément soumis le sujet tombé soiis Temptre du virus. 

Nous n'avons pas, comme dans les maladies locales, trouble immédiat dans 
l'harmonie de la santé par suite du manque d'équilibre entre Tétat d'un organe 
et celui des autres, par suite de la vie à la fois propre et commune des organes, 
mais cette harmonie de la santé passe insensiblement h l'harmonie n^irbide, 
et ce n'est que lorsque ceUe«ci s'est franchement substituée h la première^ine 
nos sens peuvent l'apercevoir. 

Xes maladies spécifiques sont, il est vrai, multiples ; et, pour étaMir leurs 
espèces, dans chacune d'elles certains organes éprouvent plus particulièranent 
des troubles dans leur nuti'ition; cette localisation dans. des organes partioii- 



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MÈMOIRBS ET OBSERVATIONS. 491 

\krSi en rappdri avec l'espèce du virasi aVec sa voie habhueiie d'iotrodiielion 
el d'éliminafioii, ne résûMe^t-elle peut-être pas aussi de ce que daiis chaque 
maMdIe spécifique à tel organe ou à tel appareil est dévolu plus spécialement le 
rdie de réintégrer cette vie pathologique momentanée dans la vie physiolo- 
gique ou normale. ' 

Nous comprenons le silence de ce travail, mais pourquoi ce travail iui-mémé, 
pourquoi cette préparation? 

Examinons ce qui se prépare, ce qui va écloré, et nou& trouvons des raaia* 
dies qui de toutes ont le plus de régularité dans la succession de leurs symptô* 
mes, des maladies qui fious montrent une vie nouvelle soumise quasi aux lois 
du développement de ^a vie ordinaire, des maladies enfin qui parmi les créa- 
tions pathologiques occupent le rang te plus élevé; et, comme poiir nous mon* 
trer plus nettement encore sa réalité^ cette vie pathologique nous donne de^ 
produits capables de la multiplier au dehors. Une telle marché, un tel résultat 
ne iH)us expliquent-ils pas la nécessité d*un travail préparateur, travail qui 
sera souvent d'autant plus long que raffeetioQ doit être plus grave, plus pro- 
fonde. / 

L^itlcubatioti, la marche de nos maladies, le produit qu'elles engendrent, 
voHâ pour la symptômatologie des caractères et des caractères bien distiricliis ; 
les produits spéeifiqtJes vont nous en fournir un autre à la fois pour le passé et 
pour l'avenir. Ils doivent, en effet, dans leur migration à travers les individus et 
les générations, subir dès modifications piuspu mollis importante^; aussi voyons, 
nous les maladies âpécifiq^ies, au lieu de rester semblables à ^iles-mémes comme- 
tes affeetîotis communes, présenter, dans leur histoire, des transformations dont 
la syphîiis nous offre un exemple si remarquable. ' 

Abordons maintenant la thérapeutique, ce but suprême de toutes nos études; 
y trouverons-nous ta spécificfté? Rencontrerons-nous pour chaque maladie spé- 
cifique un traitement Spécial, des médicaments spéciaux? 

La réponse sera facile : nulle part, si ce n*est dans la syphilis où nous voyons 
trôner le mercure et Tioduré de potassium. Cette exception encore nous parait 
,plus apparente que rée|le, car il ost aujourd'hui prouvé que la syphilis peut 
guérir sans mercure; les expériences suscitées en 18ââ par le conseil dliygiéne 
«n Suéde, en f&55 par le conseil d'hygiène en Jrance, les expériences faites 
en 1898 par le docteur Frike à Hambourg, et depuis lors, par beaucoup de pra- 
ticiens anglais et autres, ont mis ce fait en évidence. Altérants profonds, le mer- 
cure et l'iodure de potassium peuvent empêcher la syphilis de devenir diathé- 
sique, mais leur action ne va pas au-delà. 

Et d'alIléUrs la notion du remède spéciGque est-elle conforme à la raison? 
Est-elle confok*fne à rirîdication qu'il devrait remplir? Le germe spécifique 
existe-t-il avec la signification nécessaire pour qu'un. agent thérapeutique puisse 
venir l'annihiler en le combattant, quasi corps à corps? En supposant même 



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192 BfiMOIlUSS £¥ OBSERVATiOllS. 

oelte eondiliMi rampliè, le^inis-existe-t-il, comme les {larasiCfi^idaqs une partie 
déterminée de rorgaiii»iie ; 4e théâtre de la lutte peutril être déterminé? 

Non, ce théâtre occupe Téconomie totte entière; le maiadè représentât pour 
ainsi dire, un nouvel être dont révolution, si ell^ tst bien guidée, doiit aboutir 
à Tétre primitif en même temps qu*à des produits ca'pables de transmettre au 
dehors cette existence éphéoiére.. 

Aussi, à part quelques médicaments adressés aux symptômes, la tbéifapeur 
tiqu« ne s'adresse-t^^lle pas de préférence aux agents capables de ramener 
eetle vie temporaire à son existence normale, aux agents géi^ra^ix de ThygiéB^i 
trcKp souvent oubliés dams notre siècle si fécond «n môdicfjoeiitS} eli parmi ces 
derniers, aux médicaments destinés à ipodiêer la Yie dans son ensemble? ,La 
thérapeutique n^est^die pas autorisée â adopter cetta, médication lorsqu'ellie a 
devant elle des maladies spécifiques, la morvepar exemple^ q^eTon peu^t pro* 
duire par la seule influence ëe mauvaises conditioas hygiéniques? 

Il y a plus; ces produits spécifiques qu'on voudrait détruire par des spécifiii- 
cides, qu'on nous pardonne. i'expreasion, 06 font-ils pas partie intégiiaote de 
révolution normale de la maladie, ne jouent-ils pas, par rapport â celle-ci, le 
rôle de crise? La sollicitude avec laquelle on resp^cteJ'iérMptian dans ïçs fièvres 
éryptives, les dangers qui suivent sa disparition prématurée, la promptitude 
avec laquelle tous les praticiens font tous leurs efforts pour la rappeler lors- 
qu'elle a trop vite disparu, ou pour la solliciter pleine et enUèr/e lorsqu'elle 
apparettincoinplère^ nous donnent le droit d'émettre cette opinion au moiqspovr 
tes fièvres éroptives ; et cetl« vérité, sensible, pour fi^ derrières maladies, à 
cause de la rapidité et de l'acuité de leur évolution, du ;siéfe suiKerfidel de jours 
symptômes, n*existe-t-elle probablement. pas aossi quoique fDoiussensib)«, plus 
cachée, pour les autres maladies spécifiques? 

Dans la tuberculose, par exemple^ (si nous devons la déclarer maladie spéci- 
fique) est-ce cette cellule panvre et misérebie dès le débnt el daintrorgaois^^e 
se débarrasse comme pour se débarrasser de sa pauvreté, e^t-ce cette celiule que 
nous devons annihiler, que nous devons tuer? Nc^U c;*^^ cettç pauvreté de la 
vie que nous devons attaquer, c'est «cette irritabilité» $i féconde en production^ 
cellulaires, quenovs devons faire disparatife. Au3si, loi*sque|a guérison s'éta- 
blit, voyons-nous la nature. Isoler ces produi^tioi^ par 4fs tissus cicatJ^jciels/ 
tout en les maintenant souvent dans les granulations (|e guéridon signalée^ par 
M. Cruveithier. 

Les maladies spécifiques n'ont donc pas et ne peuvent avoir Uur spécificité 
en thérapeutique; les arguments qui |e prouvent sura^qdf9»t; et, ppur clôturer 
ceux-ci, nous signalerons encore les transformAJlions néciqssiiiires qn^ subissant 
ces maladies, translormatlans sur lesquelles nous .avo^s ipsisté plw^ bau4 fît qui 
ne s'allient guère avec la notion du ronrièdie spécifique. 



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MÉMOIRES rr OBSERVATIONS. 193 

Chapitre II. 

Irfi m«ileB«e et la fpé«Sfioiié de la pbthMÎe poloM^naîre devant rexpériinesiailros. 

$ L — Transmission expérimentale de la tuberculose. — Les principaux 
procédés essayés pour opérer cetle transmission sont .' l'inoculation cutanée, 
rinpculation du tissu conjonctif, rinirodnction duns les cavités séreuses, Tinjec- 
tîon dans les vaisseaux, la transfusion du sang, rinsufflation dans les voies res« 
piratoires, Tingestion digestive. Examinons ces procédés, mais seulement au 
point de vue de ce qui intéresse notre sujet. 

Inoculations cutanées. — Nous ne ferons que les citer pour signaler les cinq 
insuccès de M. Chauveau, insuccès qu'il attribue à ce que la surfa *e du derme 
ne se prête pas beaucoup à l'absorption et au développement de la matière 
tuberculeuse. 

Inoc^lation du tissu conjonctif, —Elles eurent pour promoteur M. Villemin 
et servirent de prélude à la discussion sur la virulence et la spécificité de la 
phthisie. ' 

Si Ton parcourt Timmense série d'expérienceif qui ont été faites depuis cette 
époque, on est réellement frappé de la variété des animaux employés, de la 
bigarrure des substances qu'on a substituées au tubercule pour cberclier à pro- 
duire ia tuberculose, des altérations enfin qu*on a fait subir à ce pauvre tuber* 
eule lui-même qu'on a martyrisé d'une infinité de manières avant de l'inoculer. 
Et, après avoir fait cette revue historique et expérimentale, on se demande si 
l'ardente imagination do poète ne s'est pes exercée aux dépens des froides réa- 
lités de la pathelogie. 

Les animaux qui ont servi aux expériences sont variés : lapirfs, cochons 
d'Inde, chiens, chats, chevaux, bœufs, Teaux, moutons, chèvres, porcs, singes, 
coqs, corneilles, etc., etc. Qu'importe, dira-t-on? Il importe beaucoup au point 
de vue du sujet qui nous occupe; car un des caractères des maladies virulentes 
et spécifiques, c'est leur préférence récipro^fue pour certaines espèces animales* 
Pour la tuberouluse en particulier, l'espèce humaine en partage le triste privi- 
lège avec l'espèce bovine, et nous nous rangeons tout à fait à l'avis de M. Chau* 
veau lorsque, dans sa lettrée M. Villemin, il dit : c Employer des animaux 
d'une réceptivité faible ou nulle, c'est aller jk rencontre d*un des principes fon- 
damentaux de la méthode expérimentale à savoir que, si l'on veut faire naître 
expérimeutalement un phénomène pour étudier son mode de production, il faut 
réaliser des conditions de milieu identiques avec celles qui s'observent dans la 
IMToduction naturelle ou apontanée du phénomène. » 

Les expériences faites sur des animaux qui n'ont pas le levain tuberculeux, 
peuvent prouver la poesibilité de Textension forcée de la tuberculose à des 
espèces qui en sont spontanément indemnes, mais ne peuyent guère servir 
d'arguments décisifs dens la discussion de l'inoculabilité de cette affection. 

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«94 MÉMOIRES ET OBSERVATIONS. 

Au tubercule on a substitué les matières les plus difërses pour chercher à 
produire la tuberculose : matière caséeose; crachats de tuberculeux, sang de 
tuberculeux, pus, matière pneumonique, cancer, vaccin, tumeurs vermineoses, 
matière ulcéreuse des plaques de Peyer dans la fièvre typhoïde, et<*. 

Entraînés par celte variété de substances organiques, on passa aux substan- 
ces inorganiques : caoutchouc, gutta-percha, papier. Gis d'argent, morceaux de 
liège, fragments de cinabre, chlorure de chaux, glycérine, etc. 
^ Ne voyant enfin que le traumatisme comme lien entre ces inoculations si 
diverses, on a prétendu déterminer la tuberculose par un simple selon, un 
simple cautère. 

Nous com;)renons la tuberculose expérimentale avec la matière caséeuse, les 
crachats et le sang de tuberculeux ; mais nous avons de la peine à la comprendre 
au fur et à mesure que nous descendons la série des matières employées. H 
nous répugne entr*aiitres d'admettre qu'une maladie générale et profonde 
comme la tuberculose puisse se produire à volonté par une étiologie aussi insi« 
gnifiante qu'un séton, un cautère; et s'il suffisait d'un simple traumatisme, 
d'un simple noyau d'inflammation pour produire cette, tuberculose, nos chirur- 
giens devraient être des fournisseurs continuels de cetteterrible affection, et la 
chirurgie sanglante devrait être bannie de la pratique. Il doit 7 avoir dans ces 
faits cause de confusion, soit que les ^irconsiances hygiéniques dans lesquelles 
on maintient pendant un certain temps les animaux expénmentés> produisent 
piir elles-mêmes la tuberculose, soit que c les agents phlogogènes non viru- 
lents puissent, comme le soutient M. Chauveau, provoquer dans certaines con- 
ditions et sur certains animaux la naissance de processus inflammatoires dissé- 
minés et généralisés, ayant par leurs caractères anatomiques la plus grande 
analogie avec les processus multiples de la tuberculose. » 

Quoi qu'il en sôit, et ce fait est important, Tinoculation de la granulation 
tuberculeuse a toujours été parmi toutes les inoculations le plus sûr moyen de 
reproduire la tuberculose expérimentale; la statistique des réus^itea obtenues 
est là pour l'attester énergiquement. M. Chauveau, et nous ne pouvons qu'ad- 
mirer la précision qu'il a mise dans ses expériences, dans le but d'introduire la 
matière tuberculeuse sous une forme et un volume convenables et dégagée d'au- 
tres substances, la prépare en faisant une pAte avec la matière, la délayant dans 
une grande quantité d'eau et laissant déposer trente-six à quarante«huit heures, 
après avoir filtré à travers un linge fin. Le liquide qui surnage ne contient que 
des granulations excessivement tenues. 

Soumettre au préalable le tubercule à l'action des désinfectants, à l'exempie 
de Bernhardt; le faire macérer d'abord dans l'alcool, le permanganate de 
potasse, l'acide chromique, l'acide nitrique, etc., ou bien le faire cuire A 
l'exemple de Waldenburg, est-ce encore inoculer du tubercule? Nous n'oserions 
pas l'affirmer; nous serions plutôt disposés A croire le contraire. 



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MËMOIRBS ET OBSERVATIONS. 19»^ 

Intrcduciion dam les cavités séreuses. — Introduire les produits tubercu- 
leux. et les diverses autres matières dans les cavités séreuses, les mettre en con* 
taetavec une séreuse aussi sensible que le péritoine à l'exemple de Waldèn- 
borg, Verga etBiffi, etc., nous semble compliquer à volonté le phénomène de 
rinoeulation d'autres phénomènes qui ne peuvent que Tobscurcir. 

Nous ne ferons que rappeler les modes de transmission de la tuberculose par 
lesinjeclions^dans les vaisseaux, par la transfusion du sang, par les insufflations 
dans les voies respiratoires et par les ingestions digestlves ; car nous avons hâte 
d*en arriver à la discussion de la virulence et de la spéciGcité àt laquelle ces 
expériences ont servi de base. 

§ II. — Discussion de la virulence et de la spécificité de la tuberculose expé- 
rimentale. — Lorsque nous voyous la tuberculose se reproduire expérimenta- 
lement comme les autres maladies ^rulentes et spécifiques et se reproduire 
par tant de procédés différents, nous sommes disposés à admettre sa virulence 
et sa spécificité. , 

Mais nous avons devant nous un grand adversaire, M. Pidoux,dont les éludes 
générales et pratique^ sur la phthisie, études couronnées du prix Lacaze, sont 
an éloquent et savant réquisitoire contre notre opinion. Ses objections s'adres- 
sent surtout aux inoculations du tissu conjonctif, procédé du reste le plus sou- 
vent employé; nous les reproduisons textuellement pour pouvoir les discuter 
plus franchement : 

l*> u Les matières compactes comme la granulation* paraissent incapables de 
jotferle rôle de porte-virus. > {Loc, etf., p. 193.) 

Si la granulation est compacte, elle est par contre composée de cellules très- 
petites pour les<|uelles cet argument ne peut guère intervenir, et cela d'autant 
moins, que, d'après les expériences de €hauveau, les élément figurés des virus, 
l^urs gmnulations libres et les cellules plus ou moins infiltrées de ces mêmes 
granulations sont seules virulentes à l'exclusion deleurvéhicuie; d'autant moins 
encore que, dans la diphthérie, des fausses membranes sont admises comme 
capables déjouer le rôle de porte-virus, et cependant elles sont bien compactes^ 

2«' « Une certaine quantité massive de la matière inoculée est nécessaire pour 
obtenir dés produits d'inoculation, fait contradictoire avec tout ce qu'on sait 
des maladies virulentes et contagieuses. » {Loc. cit., p. 179.) 

Le fait invoqué n'est pas rigoureusement exact, car M. Chauveau et nous- 
mêmes nous avons obtenu des inoculations parfaitement réusries avec dix 
gouttes seulement du liquide préparé d'après la méthode de cet habile expé- 
rimentateur. , 

Le fait serait même plus ou moins' exact qu'il serait encore parfaitement 
compréhensible. La raison lie nous indique-t^elle pas qu'il doit y avoir dans 
les virus une échelle de diffusibililé en rapport avec l'affection dont il est le 
produit et dont il doit être en même temps l'agent provocateur? 



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196 MÉMOIRES BT OBSERVATKVNS. 

Le peu de vitalité da tobercule^ conséquence de la faible fiialîté du tubercu- 
leux lui*méine, peut-elle être mise en parallèle avec la vitalité du vaccin, par 
exemple, pris constamment sur un sujet dans la plénitude de l'existence et sor 
un sujet vivant, tandis que le tubercule, enfoui au fond de l'organisme est 
emprunté à un phtbisique qui a succombé à la consomption tuberculeuse et lui 
est en outre emprunté nécessairement quelques temps apré^ la mort elle-même, 
ou, s'il est recherché dans le sein d'un ani^nal, ne lui est. en tout cas, enlevé 
qu'après le sacrifice nécessaire et préalable de sa vie? 

Après de pareils arguments, est*il nécessaire d'invoquer la diversité des 
animaux employés, animaux chez lesquels on n'observe la tuberculose qu'à 
l'état expérimental ; et lés inoculations du vaccin, du virus syphilitique, etc., 
OBt-elles, dans de pareilles circonatanccs, donné de meilleurs résultats? 

5^ « Dans quelques cas la matière It/bereuleuse insérée en quantité suffi* 
santé dans le tissu conjohciîf sous-cutané s'y comporte comme un corps étran* 
ger; elle s'y enkyste, preuve qu'elle nVst certainement pas virulente. » {Loe, 
cit., p. 179.) 

Ceci ne nous étonne pas encore. A la rareté du tubercule sur la surface exté- 
rieurede l'organisme, au processus inflammatoire provoqué par le trauniatisme 
de l'inoculation et par les matières hétérogènes inoculées souvent en même 
temps que le tubercule, aux circonstances particulières dans lesquelles on a 
recueilli celui-ci, est venu s'ajouter dans beaucoup de cas la solidité ëe la ma* 
tière tuberculeuse employée. 

Reste à savoir si, dons les cas où l^on a observé cet enkystement, la tuber- 
culose générale ne s'est pas déclarée, car alors ce ne serait que l'observation 
expérimentale d'un fait clinique ; et, quand même l'inoculation se serait bornée 
à ce simple fait, l'argument ne serait encore guère décisif, vu les sujets qui out 
servi à l'expérimentation. 

i<» c II n*y a aucun rapport entre les traînées et le cheminement visibles de 
la matière tuberculeuse a travers les voies lymtphatiques, son dépôt en divers 
points de l'organisme, sa prolifération même sur tous ces points et Timprégna- 
tion simultanée de notre économie par un virus, puis l'explosion soudaine et 
générale des effets de ce poison morbide. » (Làe. ciL, p« 178.) 

Mais, comme nous l'avons déjà observé, les conditions dans lesquelles on 
fait l'inoculation des produits spécifiques ordinaires, le Vaccin, le virus syphi- 
litique par exemple, sont loin d'être les mêmes que pour le tubercule. Les pre- 
miers, en effet, se trouvant à l'extérieur, sont recueillis sur le vivant; le tubercule 
au contraire, caché dans la profondeur de Torganisme, ne peut être prjsquesur 
U cadavre d'un phthisique ou sur le corps d'un animal préalablement sacrifié. 
Ne complique-t-on pas ainsi la question d'une altération du produit inoculé, 
surtout lorsqu'on le recueille sur le cadavre d'un phymàtique, où, aux consé- 
quences de la mort, s'ajoutent celles d'une mialadie qui a du terminer son évo- 



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MÉMOIRES ET OBSERVATIONS. i'J7 

liitioB pour conduire à celte fin fatale? Les produits ainsi modifiés" ne doivent- 
ils pas être plus irritants que les produits spécifiques ordinaires, réagir par 
conséquent davantage sur les lymphatiques; et ne voit-on pas aussi d/ins la 
morve, lorsque le virus a agi sur une plaie, se développer d'abord des phéno- 
mènes locaux. 

En outre, le tubercule est plus solide que tous les autres produits spécifiques, 
nouvelle cause d*irritation lymphatique. 

Enfin les voies lymphatiques qui servent àTabsôrption de tous les agents 
morbides sont le terrain d'élection du tubercule; rien d'étonnant donc que, sur 
son terrain, le (tubercule laisse des traces plus visibles que les autres virus. 

Il ne faut pas exagérer cette loi de l'imprégnation simultanée de l'économie 
saivie de l'explosion soudaine et générale des eff'ets dès virus ; en tout cas, si 
cette loi peut être appliquée aux maladies virulentes aiguës, eHe ne peut l'être 
qu'avec beaucoup moins de rigueur aux maladies virulentes chroniques; la 
syphilis et la morve nous en fournissent des preuves surabondantes. 

Du reste, l'incubation, dans la phthisie expérimentale,\esl latente, quoi qu'en 
dise M. Ptdoux, lorsqu'on a soin de ne pas provoquer par le procédé opératoire 
des symptômes étrangers. En effet, en inoculant la matière préparée d'après io 
procédé Chauveau, douée exclusivement de ses propriétés spécifiques, et l'irio- 
culaBt> avec les précautions indiquées par cet expérimentateur, l'inoculation 
resie, comme il l'a constaté, absolun^ent sans effet pendant 8, 10, 45 ou même 
22 jours, et ce n'est qu'après cette période de temps que la tumeur apparaît 
au lieu de l'inoculation. 

l)*" c L'inflammation vaccinale, syphilitique, morbilleuse, etc., a de certains 
aspects pathognomoniques ; l'inflammation tuberculeuse n'a pas de cachet. > 
(Loe. crt., p. 492.) 

Disons plutôt que son cachet n'est pas encore connu ; car, lorsque nous voyons 
une inflammation, comme l'inflammation tuberculeuse, avoir quelque chose 
de spécial dàn> son développement, sa marche et sa fin, nous sommes portés à 
croire que, si les moyens explorateurs de l'anatomie pathologique étaient assez 
puissants, le cachet de cette inflammation pourrait être trouvé. 

Pidoux, lui-même, notre contradicteur, est de cet avis. Ne dit-il pas, page 2 
de son mémoire : t On devrait pouvoir reconnaître la tuberculose à un de ses 
symptômes quelconques aussi bien qu'en voyant les tubercules eux-mêmes; et, 
si l'anatomie pathologique était parfaite, l'aspect du sang, d'un vaisseau lym- 
phatique ou sanguin, d'un élément organique quelconque du phthisique, révé- 
lerait la nature de la maladie aussi spécialement que la production morbide 
8ui generis qui en est la manifestation fixe et plastique. » 

Le tubercule de la morve peut-il être si facilement distingué du tubercule de 
la phthisie? L'œil le plus exercé au microscope saura-t*il reçQnnaUre le pu^ 
syphilitique du pus ordinaire ? 



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198 MÉMOIRES ET OBSfiRVATfONS. 

Edt-il même joste de demander à l'inflammation tuberculeuse un aspect 
aussi pathognomonique qu'à Tinflammation vaccinale, morbi lieuse, etc.? 

La Vaccine, la rougeole, etc., les maladies virulentes aiguës en tout cas con^ 
stituent un mode temporaire et superficiel de Tètre; la tuberculose, au con« 
traire^ en constitue un mode trop souvent fixe et en tout cas profond; aussi 
l'inflammation des premières doit trancher davantage sur les parties avoisi- 
nantes et avoir un cachet plus manifeste que l'inflammation de la seconde. 

ii"" « L'espèce d'organisme pathologique ou de maladie générale qui résulte 
des inoculationsn'a ni solidarité, ni unité. C'est un assemblage ^e lésions ou 
de groupes tuberculeux disséminés sur divers points sans tuberculose et surtout 
sans phthisie. » (Loc. cit.^ p. 185.) 

Le fait, encore une fois, n'est pas exact; nous en prenons comme témoin 
M. Pidoux lui-même : c Si, dit-il page 180 de son ouvrage, on laisse vivre 
ranimai, la constitution peut s'affecter et le dépérissement ou La phthisie pro- 
prement dite survenir, t II ajoute, il est vrai : « cela est rare. » 

Qu'après cela la phthisie ne se déclare pas lorsqu'on ne lui laisse pas le 
temps de se déclarer; qu'elle se déclare rarement lorsqu'on opère sur des ani* 
maux auxquels on veut imposer une maladie qui ne leur appartient paf, cela 
ne doit pas nous étonner; on ferait même bien de le passer sous silence. 

Nous avons épuisé les arguments de M. Pidoux; et, après les avoir^discutés, 
nous croyons inutile d'ajouter que nous maintenons notre opinion, c'est à-dtre 
la virulence et la spécificité de la tuberculose au pbint de vue expérimental. 

(La fin au prochain numéro,) 



Db la rétroversion de l'utérus pendant la grossesse, par M, le docteur 
N. Charles, de Liége^ lauréat de l'Académie de médecine de Paris^ Membre 
correspondant de la Société ^ etc. {Suite. — Voir notre cahier d*Àeût, 
'page 95). 

Dans un cas que nous verrons plus loin M. Martin (de Tonneins) fut appelé 
par un médecin qui croyait à une grossesse pénible; dans le suivant, rapporté 
par Schmitt, de Vienne, en 18â0, l'erreur fut plus grossière : une accoucheuse 
prit le fond utérin pour la tête d'un enfant et chercha à l'extraire; 
l'accoucheur de ta maison méconnut aussi le déplacement et crut à un avorte- 
ment pur et simple. 

Obs. XX. — Utérus rétroversé pris pour la tête d*un fœtus; avortement, 
réduction spontanée ; par G. Schmitt, de Vienne. — Une bourgeoise, forte, 
bien portante, qui avait déjà eu onze couches heureuses, était au troisième mois 
d'une nouvelle grossesse; après une promenade an peu longue, elle fut prise de 
fortes douleurs^ d'hèmorrhagie et d'autres signes d'avorlement. Une sage femme 
fut appelée^ qui, ayant rencontré un corps arrondi dans le vagin, eut la nnala^ 



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MÉMOIRES ET OBSERVATIONS. . 199 

dresse de le prendre pour la tête d'un enfant, le saisit et tira dessus sans pou- 
voir ramener au dehors. 

" Le médecin a(;coucheur de la maison méconnut aussi Ja nature de la tumeur 
et laissa à la nature le temps de compléter Tavortement. Ce dernier eut lieu, 
mais quand la femme voulut se lever, elle éprouva de la pesanteur dans le 
bassin avec tiraillement comme si quelque chose eût descendu, et n'alla k la 
selle qu'avec la plus grande difficul^té. Le docteur Schmitt, appelé dix jourâ 
après la fausse couche, trouva- Tutérus recourbé comme une relorte : l'orifice 
était situé contre Tarcade pubienne, tandis que le corps se trouvait enfoncé 
dans la cavité pelvienne contre le rectum. Comme Pémissiqn deâ urines était 
libre et l'utérus très-sensible, le docteur Schmitt ne tenta point de réduire, et 
se contenta de recommander le coucher latéral et même le plus souvent- pos- 
sible, la position sur le ventre. Le médecin ordinaire, aussitôt la disparition de 
la sensibilité de la matrice, devait introduire deux doigts dans le vagin et faire 
tous les jours quelques légères tentatives de réduction. 

Ce ne fut que quarante-deux jours après l'emploi de ces moyens que la 
réduction fut complète. On voulut faire porter alors un pessarre, mais la 
malade ne le supporta que deux jours. On prescrivit ensuite des irijections 
av^c une décoction d'écorces de chéné, qui produisirent un bon effet. Les règles 
reparurent bientôt, et depuis lors cette femme a eu deux couches heureuses. 

Le cas qu'on va lire est plus incroyable encore : un médecin prend Tutérus 
rétroversé pour une môle et opère diverses tractions pour l'extraire ! 

Obs. XXL — Utérus rétroversé pris pour une môle; rupture du vagin; 
mort, autopsie; par M. GnsusER, de Dresde (1). - Une sage*femme fut appelée 
le soir, auprès d'une femme logée dans une misérable cabane, et couchée sur 
la paille. Cette malheureuse se plaignait d'un sentiment de forte pression, de 
ténesmes dans le bas-ventre, de douleurs au sacrum et de. constipation. Un 
médecin arniva à huit heures. Le visage de la malade était décotnposé, pâle; 
le pouls très- petit; elle se plaignait de violentes douleurs et perdait du sang 
par la vulve. Présumant que la tumeur* était une môle, le médecin se mit à la 
Jirer en divers sens : pendant ces tractions, il s'écoula environ deux litres 
d'eau» les douleurs et l'hémorrhagie s'accrurent. Un docteur en médecine fut 
requis, et reconnut une rétroversion de la matrice; à minuit, la patiente 
mourut. 

On trouva à Tautopsie une tumeur grosse comme la tête d'un enfant, faisant 
issue hors de la vulve. Oette tumeur était formée par lesovaires et tout le corps 
de l'utérus qui faisaient hernie à travers une déchirure de' la paroi postérieure 
du vagin. La matrice était renversée en arrière de telle sorte que son col était 
encore contenu dans le bassin^ elle contenait un embryon de la grosseur d'un 
œuf de poule. Le rectum était d'un rouge intense ; la vessie, vide, était injectée 
à sa partie inférieure. 

Dans le cas suivant l'erreur de diagnostic était inévitable au moment de 
l'entrée de la malade à rhôpital; si l'autopsie u'avait pa$ été convenablement 

(4) M (mai$chri fl fiirg^mr8tkundii,etc, Berlin 9 iSÏÏI, 



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SOO MÉMOIRES £T OBSERVATIONS. 

pratiquée, personne n'aurait même probablement soupçonné la cause de tous 
ces maux : les symptômes de la péritonite, suite du déplacement utérin aban- 
donné à lui-même, masquaient complètement les autres et empêchaient, pen- 
dant la vie, tout examen local. 

Ôfis. XXII. — Rétroversion prke pour une péritonite; mort^ autopsie; par 
6oi}Gis(l). — Une femme, de!26 ans, très-forte, mariée depuis quelques mois, 
occupée à des travaux pénibles, éprouvait depuis quelque temps des douleur 
dans les lombes et à l'hypogaslre, quelque fois de la constipation et de la don* 
leur en urinant, lorsque le i4 mars 1815, enceinte de trois mois environ, ayant 
sur le dos un sac trè8*pesant, elle fit une chute. Dans le même moment, dou- 
leur vive à rhypogastre avec un sentiment de déchirement dans les lombes ; 
elle fut conduite chez elle. Depuis ce temps jusqu'au 47 du même mois qu'on 
l'amena à l'hôpital, elle avait beaucoup souffert : cohsiipation opiniâtre, impos- 
sibilité d'uriner, sentiment d'un poids insupportable au fondement, fièvre 
continue. Gougis constata : ventre généralement douloureux, surtout en bas, 
tendu, rénitient; douleur atroce au fondement et vers le pubis ; impossibilité 
d'uriner et d'aller i la selle; sentiment de chaleur interne et cuissons doulou- 
reuses dans l'intérieur des parties génitales, avec gonflement considérable des 
grandes lèvres et des environs ûe la vulve*, pouls vif, fréquent, très-serré; 
chaleur de la peau très-intense; respiration fréquente, pénible; nausées, etc. 
On crut à une péritonite aiguë, sans comprendre l'état des parties génitales 
(bains, sangsues, fomentations émollientes). Le tpucher est impossible à 
cause des douleurs atroces qu'il occasionne. Le méat urinaire est difficile à 
trouver dans les parties engorgées, et la sonde ne peut être introduite, quelque 
direction qu'on lui donne. 

Le 18, hoquet, continuation des rétentions d*urine et de matière fécale. En 
voulant de nouveau sonder^ on trouve ^n corps dur dans le vagin et l'on croit 
à une chute de matrice. 

Le 19, l'état général est aggravé; on sent de la fluctuation dans le ventre, 
on soupçonne une rupture de la vessie. La femme expire à 5 heures du soir (cinq 
jours après l'accident). 

On trouva, à Tautôpsie, le péritoine rouge et enflammé dans tous ses points, 
surtout en bas; vers la vessie et le rectum, épanchement de deux pintes d'un 
liquidé sèrosanguinolent; la vessie dépassait le pubis et ne contenait pas plus 
d'une pinte d'urine. L'utérus remplissait en entier toute l'excavation, de telle 
sorte que son fond répondait à la concavité du sacrum et son col pressait for- 
tement contre la partie moyenne du pubis le col de la vessie, qui parut 
enflammé. L'utérus était enclavé au point qu'il fallut, pour en opérer le dépla- 
cement, introduire la main dans le vagin pour soulever le fond, tandis qu'on 
pressait en haut sur le col. La partie supérieure du rectum et l'S du colon 
étaient remplies de matières fécales très-dures. La matrice; contenait un fœtus, 
dont le volume parut coïncider avec ce qu'avait dit la mère. 

Dé même que dans cette observation et dans celle de Reynick rapportée 

(1) Oougîs, Thèse de Parti, 1817. Obs. I". 



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MÉMOIRES ET OBSERVATIONS. 201 

précédemment (Obs. II), il fallut aussi un examen minatieux post mortem pour 
découvrir le déplacement dç l'utérus dans le cas suivant. 

Ofts. XXIII. — Rétroflexion méconnue; mort^ autopsie; par Wtlczek (1). 
— Une femme de 27 ans éprouva, au milieu du troisième mois de sa grossesse, 
une difficulté d'uriner et d'aller à^ la selle, qui augmenta progressivement. Au 
commencement du quatrième mois, elle ressentit par intervalle des douleurs 
dans les lombes, les hanches et le bassin. La sage-femme trouva Torifice utérin 
très-élevé, et, à la partie postérieure du vagin, une tumeur dure, qu'elle prit 
pour un amas de matières stercorales. La malade ne pouvait aller à la selle 
sans lavements, et ceux-ci pénétraient très-difficilement. 

L*urine coulait goutte à goutte ; le ventre était très-dur. et développé comme 
à sept mois de grossesse. A la fin du quatrième mois, les souffrances furent si 
aiguës, qu'on crut à un avortement prochain ; on se'livra à des manœuvres de 
dilatation sur les parties génitales; la fièvre ne tarda pas h se développer, et 
Ja malade succomba. ^ 

Voici ce que Ton constata à Tautopsie : vagin presque entièrement fermé par 
une tumeur située en arrière; orifice utérin très-élevé, à peine acessibic au 
toucher; vessie énormément développée, remontant jusqu'à Tombilic, enflam- 
mée^ ulcérée ainsi que les intestins. Le corps de l'utérus était' infléchi au voisi- 
nage de son col, courbé en arrière et en bas, entre le rectum et le vagin, et 
abaissé presque jusqu'au périnée; le col, courbé sous un angle très-aigu 
d'avant en arrière, était très-allongé ; la tète du fœtus était tournée vers le 
périnée; le placenta s'implantait au fond de l'organe. 

Bien peu de praticiens auraient pensé à un déplacement, possible de l'utérus 
dans le cas suivant rapporté par le savant professeur de Nancy. 

Obs. XXIV. — Rétrovenion à quatre mois de grossesse annonc^èe seulement 
par des^ vomissements incoercibles; réduction ^ guérison; par M. le professeur 
Stoltz (2). — M. Stollz fut appelé près d'une jeune dame, mariée deptiis trois 
ans, dont les règles n'avaient point paru depuis quatre mois. On la croyait 
enceinte et elle l'était en effet. Cependant son mari assura qu'il n'avait janiais 
pu faire pénétrer sa verge dans l'intérieur du vagin. Cette dame avait chaque 
matin des vomissements incoercibles qui l'affectaient de la manière la^plus 
pénible. M. Stoltz la toucha, et remarqua que, malgré son état, l'hymen était 
à peu près intact. Il le fendit avec des ciseaux, reconnut une rétroversion de 
l'utérus qu'il remit en place, et l'accouchement se fit parfaitement* 

Combien facilement, et d'une toute autre façon que la vraie, n'aurait-on pas 
expliqué les avortements répétés des femmes observées par MM. Barnes et 
Phillips, dont nous parlerons plus loinl N'est-il pas aussi évident que si Martin 
n'avait pas examiné par le toucher l'épouse. D... (dont l'observation est relatée 
plus bas), tout ce qui s'est passé aurait eu lieu exaciementde la même manière, 
attendu que dès qu'on est consulté pour une fausse couche la première recom- 

(4) Cuseo, Thèse dP agrégation. Paris, 1853. 
{*2) Gazette des hôpitaux, iS^7 ,^ 

26 



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302 MÉMOIRES ET OBSERVATIONS. 

mandation est le déeubitBS dorsal, et persenite n*aUrait soupçonné la rétfo^- 
version. 

J*ai dit que beaucoup de praticiens ne connaissent la rétroversion que de 
nom et encore... Que penser par exemple du fait suivant. 

Obs. XiV. — Anasarque par rétention mécanique de Vurine^ par M. Balp(1)- 
— Fenime do %5 ans, bien constituée, enceinte de trois mois, qui depuis dix 
jours enflait graduellement. Anasarque énorme, phlyciènes à llntérleur des 
grandes lèvres, iirine par regorf^erhlE'nt, anxiété et agitation excessive. 

M. Balp <it*ôyant à une paralysie de la vessie, pratique le c^thélérisme, qui 
présente comme particulâi*ilè un obstacle assez «résistant du col de ta vessie } 
i^dbO grammes d*ùrine fétide et trouble. Tout s^apaise; mais bientôt tous les 
symptômes se ^Reproduisent : second cathétérismè ; ainsi de suite pendant plu- 
sieurs jours, jusqu'à fce qu'un avorierttent arrive, qui permet à Tutéruâ HtYo- 
versé de reprendre sa (^Oâitibn naturelle et à l^irihe de s'éliminer normalement. 

L'auteur ne me parait pas s'être douté qu'il y avait un moyen de faire diipa- 
raifre « l'obstacle mécanique à l'excrétion de l'urine, » et d'éviter i'avorte- 
merit. Le mot rétroversion ne 6e trouve mén^e pas dans l'observation suivànttâ ; 
la chose est cependant assez claire, et sî le résultat a été plus heureux ()ue 
dans le cas précédent, c'est que la nature est une très-bonne mère. 

Obs. XXVI. — Observation dé rétention d'urine tiu quatrième mois de la 
grossesse, durant trois semaines et ocastsionnant des symptômes assez rares de 
compression des organes voisins, par M. le docteur Garnier (2)« — Le 21 no- 
vembre 1874, M. Garnier fuf appelé dans la banlieue de la ville du iMans pour 
une femme de 5) ans, enceinte jpour la première fois de quatre mois et demi 
et enflée depuis trois semaines. 

Elle était étendue sur le dos> ^ceu^it des dotileurs (rès-viVes dans l'abdôM^ti 
surtoui au niveau des fosses iiiaqu^es. La vessie formtoi< utié tumeur glb^bli^ilse 
remontant à trois travers de doigt eu-d)^ssus de Tombilic; îi y lavait œdème des 
membres inférieurs, des grandes lèvres, de la peau du ventre; ta vulve était 
«M pttr(<e oblitérée par une saillie tùnèidérûbh de la patoi postérieure Vagi- 
nale. (L'aiitetir n'a pus reehierchc la Cause de c^ttle sailH^e ou do moins ne fe 
dit pQs). 

Trois semaines auparavant, la patiente avait été réveillée une ï^uil par \t 
besoin d'uriner et n^avait pu satisfaire ce besoin : [l^endant deux jours, elle se 
livra à de vains efforts puis commença à. uriner i^utte à goutte. Elle souffrait 
dans le ventre et n'allait pas ou presque pas à la selle; cependant elle conti- 
nuait à travailler et apportait tous les jours le lait en ville (2 kilomètres) ; après 
quelques jours, les pieds enflèrent, puis les autires parties ^suivirent. 

Depuis deux joorà, les uHnes lavaient comptételù^ent 'cessé de tO^Xet et la ma- 
lade gardait le lit. M. Garnier diàgii(ystiK)ûà Une rétention d'ùriHé (éôknmétAi 

(h) Abeille médicale^ i%l% n» II. 

(2) Bulletin de la Société de médecine ie ta Sarthe, ^)liéei 4%7S A 1^73, p. 35. 
(Résumé). 



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MfilfOia£S ET OfiSfiRVATlONS. 203 

djigno8tique uoe toux ou un peint de côté..*) ; ii sonda et retira ^eux litres 
d'urine normale, sans albumine; mais, au bout de quelques heures, de nou- 
villes douleurs abdominales se firent sentir et la nuit fut très-mauvaise. Qua- 
torze heures après (e premier cathétérisme, il retira la même quantité d'urine 
et constata une diroinulion notable dans l'œdème, au bout de quelques heures, 
Il vessie était de nouveau pleine. 

Le lendemain, quarante-huit heures après la première visite, les urines 
élaieol sanguinolentes^ elle furent sanglantes même et cela dura deux jours, 
pois elles redevinrent normales. . 

Alt bout de six jours, la fièvre persistait toujours malgré le sulfate de quinine 
et les toniques de toute nature; l'es évacuations, très-djflSciles les premiers 
joars, finirent cependant par se rétablir; l'œdème avait disparu et les douleurs 
abdominales avaient cessé. Au bout de dix jours, les urines commençaient à 
reprendre leur cours normal ; depuis quelques jours du reste la malade urinait 
iovolontairement,puj6 le sphincter vésical et le réservoir reprirent leur ressort 
peu à peu. 

En parcourant les journaux, j'ai déjà vu bien des cas ressemblant à ceux de 
m. Balp et de M. Garnier, mais je les passe sous silence parce qu'ils sont moins- 
bien caractérisés. H. le docteur Ronvaux, de Namur, a rattaché à l'anasarque 
saite de rétention d'urine plusieurs faits de rétroversion de l'utérus gravide; ce 
qni me parait inexplicable de la part d'un confrère aussi distingué, c'est d'ap- 
peler anasarque un œdème des membres inférieurs et de faire dépendre cette 
infiltration de la rétention d'urine alors qu'elle s'explique si aisément par la 
compression des vaisseaux hypogastriques par le fond de l'utérus rétroversé; 
voici, du reste, un extrait de l'intéressante communication qu'il a faite à la 
Société médico-chirurgicale de Liège. ' 

. Obs. XXVII. — Rétroversion à troiê mois de grosstêse; réduction au moyen 
de la main entière introduite dans le vagin; guérison^ par M. Ronvaux, de 
Namur (1). — Je fus affpelé en consultation par mon confrère, le docteur Mon- 
noyer, de Spy, auprès d'une femme âgée d'environ 40 ans qui était atteinte 
d'anasarque et paraissait aussi atteinte d'une ascite considérable. Les membres 
inférieurs étaient fortement œdématiés, et le ventre avait atteint le développe- 
ment qu'il a ordinaireme^it chez les femmes enceintes de neuf mois : le ventre 
présentait une matité complète dans toute sa partie antérieure et bien au-dessus 
de rombilic. La fluctuation y était aussi très-manifeste à la percussion ; bref 
toiîs les symptômes d'une ascite intense, moin^ cependant la forme du ventre 
qui n'était pas batracienne comme dans Tascite^ mais plutôt ovoïde comme dans 
là grossesse. Cependant les r^les n'avaient cessé chez cette femme que depuis 
trois mois, et aucun mouvement fœtal n'avait jamais été perçu. 

Les accidents dataient de six semaines environ; la femme avait commencé 
par souffrir du bas ventre, et présenter des difficultés dans la mfction et la défé- 
cation. Elle avait été sondée plusieurs fois, et depuis quelque temps elle per- 

(I) 4tma^9 dfi la Société médico-chirur^icale de,Lié^fi, juillet 1874. 



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20i MÉMOIRES ET OBSERVATIONS. 

dail constamment de Turine tout en pouvant de temps en temps en émettre de 
petites quantités par jet. 

Mon confrère me dit quMI avait cherché à constater, par le toucher, l'état de 
la matrice chez cette femme, mais qu'il n'avait jamais pu atteindre le col, que le 
toucher était d'ailleurs rendu difficile par la présence de tumeur ou gonflement 
en avant et en arrière. L'idée me vint aussitôt, que nous avions affaire à un 
déplacement de la matrice, qui ayait produit une rétention d'urine et tous les 
accidents qui s'en étaient suivis. J'introduisis une sonde d'homme dans la vessie 
et il s'en écoda une quantité vraiment énorme d'urine, il y en avait plein 
un seau. , 

Le cathétérisme que l'on avait pratiqué plusieurs fois auparavant avec une 
sonde de femme n'avait amené que des quantités d'urine beaucoup plus faibles 
et n'avait jamais produit la disparition de la tuméfaction du ventre. 

Par suite du cathétérisme que je pratiquai, le ventre se vida complètement 
et toute espèce de tumeur disparut. Il nous fut même im|)0S8ible de constater 
la présence de la matrice par le palper abdominal. 

J'introduisis alors le doigt dans le vagin et, comme l'avait constaté mon con- 
frère, il me fut impossible de toucher le col de là matrice; mais je constatai la 
présence dans la partie postérieure du petit bassin d'une tumeur bien unie et 
peu sensible, que je reconnus pour la matrice complètement renversée. 

Je cherchai à la réduire avec les doigts, mais cela me fut impossible. 

Cependant, m'étaht de nouveau bien assuré de mon.diagnostic, je résolus d'in- 
troduire violemment toute la main dans le vagin. La pression que j'obtins par ce 
moyen fut assez forte pour déplacer la matrice, et la réduire complètement. 

La femme a, malgré sa grande faiblesse, assez bien supporté cette manœuvre 
fort violente, et dep.uis lors tous les accidents ont cesse comme par enchante- 
ment. L'anasarque disparut avec la libre sortie des urines, et la grossesse 
poursuivit régulièrement son cours. 

J'ai constaté également cette anasarqu'e, suite de rétention d'urine, dans les 
premiers mois de deux grossesses successives, chez une femme qui n'était 
atteinte que d'une simple rétroversion de la matrice, et chaque fois il a suffi de 
sonder la femme deux ou trois fois par jour pour la faire disparaître. 

Je ne me rappelle aucun cas d'anasarque survenue dans les mêmes conditions 
chez l'homme, probablement parce que nous sommes beaucoup moins habitués 
à supporter les rétentions d'urine, que les femmes t|ui la plupart ont appris à 
retarder très-longtemps et presqu'à volorUé l'acte de la mixtion. 

Supportant plus difficilement la détention, les hommes appellent plus rapide- 
ment les secours de l'art et ne donnent pas à l'anasarque le temps de s'établir. 

Cette espèce jJ'anasarque provient, ainsi que je l'ai dit dans mon mémoire, 
de ce que la sécrétion des rognons s'arrête, dès qtie4'urine a atteint dans les 
uretères, une pression de 7 à 8 millimètres de mercure. 

On pourra constater en parcourant les nombreuses observations contenues 
dans ce travail que le diagnostic de la rétroversion a souvent été réservé et que 
des erreurs ont été commises par des praticiens comme Dupuytren, Capuron, 
Lisfranc, Boivin, A. Dubois, Maygrier, Depaul, etc. ; on pourra voir également 



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MÉMOIRES ET OBSERVATIONS. Î205 

qae souvent on croit à une fausse couche ordinaire et que la femme n'appelle 
une accoucheuse ou un médecîn.et n'entre à l'hôpital quepoui^ s'y faire soigner 
de cet accident. 

Il est donc prouvé que souvent des sages-femmes et des médecins» des accou- 
cheurs mêmes, ont méconnu la rétroversion, alors cependant que les accidents 
étaient graves et caractéristiques ; des praticiens plus expérimentés ou plus 
habiles sont venus après éta1)lir le diagnostic. Or, il a dû arriver souvent que 
des erreurs n'ont pas été relevées : les femmes ont avorté^ ou même ont suc- 
combé et le tout a été expliqué par une prédisposition, un choc, un effort, un 
coupj'^une péritonite, une rétention d'urine, une affection nerveuse peut-être ? 

La rétroversion^ qui parait au premier abord si facile à constater, n'est-clle 
pas du reste restée dans l'ombre pendant des siècles ? N'a-telle pas échappé à 
l'attentive observation des Guillemeau, Mauriceau, De la Motte, Smellîe, 
A. Petit, Stein, etc.? ^ 

M. Salmon fait remarquer que les faits de rétroversion ont surtout été rap- 
portés par des médecins exerçant en province, dans les campagnes et les petits 
centres de population et que plusieurs femmes, observées par des médecins de 
villes importantes, venaient de la campagne. 

Il explique cette particularité en observant que dans les grandes villes ce 
sont surtout les hommes qui sont employés aux travaux les plus rudes et les 
plus forts, tandis qu'à la campagne les femmes, mêmes enceintes, portent des 
fardeaux pesants, conduisent de lourdes chareltes et ont des occupations exces- 
sivement pénibles. 

Or donc, en tenant compte de ce que j'ai dit plus haut, on voit que ce sont 
précisément les femmes qui s'ont les plus exposées à la rétroversion et qui en 
sont en effet atteintes le plus souvent, qui risquent le plus de voir leur accident 
méconnu. 

Peu d'auteurs au surplus donnent leur avis sur la fréquence de la rétrover- 
sion pendant la grossesse. Elleau^ne ne la croit pas très-rare; |^. Salmon pense 
qu'elle est peu fréquente; il nous dit cependant qu'il en a observé déjà trois 
cas, quoiqu'il ne pratique pas depuis longtemps. 

Moreau et Lacroix la regardent comme assez fréquente ; mais ces auteurs 
ayant confondu dans une même description la rétroversion pendant la grossesse 
et à l'état de vacuité, ne peuvent apporter qu'un faible »ppui à ma thèse. 
Cependant Moreau ajoute qu'il regarde comme assez fréquente celle cause 
d'avortement, et cite à l'appui l'exemple d'une jeune dame qui dans l'inter- 
valle d'un an fit, un peu avant trois mois de grossesse, deux fausses couches 
qu'il attribue à la rétroversion. 

Ce qui prouve également que la rétroversion n'est pas tellement rare pendant 
la grossess'è, ce sont les cas relativement nombreux observés par différents 
médecins. Nous avons déjà vu que le mémoire de Martin, jeune, de Lyon, con- 



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^6 MÉMOIRES £T OBSERVATIONS. 

tiepl MO grand nombre d'observations personnelles (voir p. S2)recueilties dans 
Tespace de 25 ans. L'puleur oroil même devoir avertir qp*il s'es( livré â une 
pratique très-êlendue des accouchements dans la seconde ville de France. 

M.Depaul nous apprend qu'il a déjà observé une dizaine de cas et que 
P. Dubois en avait vu à peu près autant, et il est lout à f^it incompréhensible 
que le père de ce dernier n'ait jamais eu l'occasion de rencontrer cet accideqt. 

Ce travail ne contient pas moins de onze observations tirées de la seule pra- 
tique de M. le professeur Hubert, de Louvain, et plusieurs d'entre elles pré- 
sentent différentes récidives à des grossesses suivantes. 

M. Godefroy, de Rennes, a déjà rapporté six observations personnelles, et 
une de son collègue M. Guyot. 

Plusieurs praticiens. Négrier, d'Angers; Parent, de Beaane; Bleynie, de 
Limoges; Champion, de Bar-lcrDuc; Salmon, de Chartres; etc., en ont observé 
chacun une série de pas. Ce qui prouve que, dès que le médecin a eu son atten- 
tion attirée sur cet accident. Il le retrouve différentes fois dans sa carrière 
parce qu'il examine attentivement et ne le laisse pas passer inaperçu. 

li'auteur de l'article hystéroloxie du Dictionnaire abrégé des sciences médi- 
cales disait déjà en 1825 : « Quoique la rétroversion soit encore considérée 
comme une affection rare, si l'on possédait une liste exacte de tous les sujets 
chez lesquels elle a été MÉcoNifUE ou qu'elle a fait périr, on la placerait peut» 
être avec raison PARMI LES MALADIES LES PLUS COMMUNES. > 

M. E. Martin a rapporté à la Société gynécologique de Berlin seize cas de 
rétroversion et rétroflexion de l'utérus gravide (Berlin. Klin. Wochens, 1874, 
n« 22, p. 264). ^ 

V^pho médical Suisse (anniée 1857, p. 324) rapporte que la clinique du 
professeur Busch a reçu « soixante-quinze femmes atteintes de rétroversion 
utérine pendant la grossesse. Chez soixanle-neur d'entr'elles, la matrice i:feprit 
sa position normale en vingt-quatre heures; quatre cependant, chez lesquf'lles 
la rétention d'urine et la rétroversion dataieïit de huit jours, avortèrent. Cinq 
fois, il fallut réduire et la fausse couche s'ensuivit » . 

Enfin le Médical Times and Gazette, du 2 mars 1872, rend compte d'une 
discussion qui a eu lieu à la Société obstétricale de Londres, et dans laquelle 
la plupart des orateurs ont déclaré que la rétroversion était une des causes les 
pli|s fréquentes d'avortement : telle était d'abord la conclusion du travail de 
M. Phillipps et elle a été appuyée par MM. Barnes et Braxton Hickx : ce der- 
nier a même avancé que, d'après ce qu'il a vu, sur dix cas d'avortement, il y 
a huit fois rétroflexion. 

;Selon ces savants praticiens, la fausse coUche peut survenir même avant qu'il 
y ait véritable enclavement; nous aurons l'occasiofi de revenir sur çeite opinion. 

De c^ qui précède, je crois donc pouvoir et devoir conclure que la rétrover- 
sion de l'utérus est assez fréquente pendant U grpssesse, surtout c|ieaf le§ 



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MÊMdIRfô Et OBdEftVAnONS. i07 

femmes qui se livrent à des trâtàti^t péMblés; que trop souvent, au grand 
détriment du produit de la conception, elle rêsle méisonnue et que c*ei^l grâce 
à cette dernière circonstance qu*elle a été considérée jusqu'à présent t^ottittie 
relativement rare. ^ {La »uite au proehûin numéro.) 



ËTUDE CLINIQUE ET EXPÉRIMENULE SUR l'ÉTRANGLEMENT HERNIAIRE ET EN PAR- 
TICULIER SUR. l'action DES GAZ DANS LA PRODUCTION DE CET ACCIDENT ; par le 

docteur Motte, de Dînant {Belgique). — Mémoire au^ntlla Société de Gbi* 
rurgie de Paris a accordé une récompense de 500 fi', ûu coficours du ptinc 
Lahorie (1875). {Suite. — Voirnotre cahier d'août y page ÏOS.) 

CHAPITRE n. 

LÉSIONS ANATOMIQUBS PRODUITES PAB lA QOUSttaekWSé 

Ces léâibtië iserbnt ëttdiée^ ^ut" l'dïise ellè-Mëiiiè et sur soh pédicul<^. 

Danii une prènfiièMe catégorie, lei anses ont été, pt^esque chaque fois, liées 
livèc urte ficelle de moyen calibre ; dans une seconde, j*ài amené le viscère à 
travers des anneaux percés dans led parois mêmes de la cavité abdominale. 

I. 

I«ésîon« observées dans le oorps de l'anse et l'épiploon. 

a. — Inflammation, — Le premier groupe se composait de sept expériences, 
le second en présentait onze Pour ces dernières, nous négligeons les traces 
d'inflammation dues au Iraiimalisme, pour ne considérer que les désordres 
causés par Tétranglement lui même; et nous ni)us croyons autorisé à établir 
celte distinction. Nous avons prouvé précédemment, en ^effet» que desitireon- 
volutions intestinales qui ont élé amenées au contact de l'air ne s'enflamment 
pas pourvu qu'on les réintégre dans leur cavité naturelle. Or„ la suture que nous 
pratiquions avec le plus grand soin après la formation de chacune des hernies, 
mettait celles-ci dans les mêmes conditions que si elles avaient été refoulées 
dans Tabdomen. Si donc nous avons trouvé de l'inflammation intéressant le 
parenchyme de l'anse, elle ne pouvait évidemment dépendre que de la constric- 
tion elle même. 



, GROUPJB. 

Anses modérément serrées : 

3*> expér. — Trè6-enflaromée. 
B" expér. — » 

Anses fortement serrées : 

4« <exi>ér< -^ InflamUiatiofo proïioncée. 
9°<expér. -^ » légère. 

iO« expér. — • • 

Anses dont le degré de constriction n'a pas 'été indiquée : 

150 et li'exp. ~ Inflammation notable. 



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208 MÉMOIRES ET OBSERVATIONS. 

iDEUXliàME CaOUPK. 

L'examen dans ces onze expériences a porté sur six enlèrocèlcs, huit entéro- 
épiplocèles el deux épiplocèles. 
Pour les anneaux étroits, nous avons trouvé ; 

Trois en térocèles peu enflammées ; 

Une entér^cèle enflammée ; 

Une entéro-épiplocèle peu enflammée ; 

Deux entëro-épiplocèles dont les anses sont peu enflammées, tandis que les épiploons 

le sont manifestement ; 
Deux entéro-épiplocèles enflammées ; 
Une épiplocèle très-peu enflammée ; 
Une épiplocèle enflammée ; 

Pour des anneaux d'une certaine largeur : 
Deux entérocèles enflammées ; 
Deux entéro-épiplocèles enflammées ; 
Une entéro-épiplocèle dont Tépiploon est enflammé, tandis que Tanse ne Test pas. 

D'après la comparaison des divers éléments de ce tableau, il semblerait 
donc que le processus inflammatoire n'a guère été influencé par le degré de 
constriction et la composition de ces hernies. 

Au surplus, voici pour chaque expérience, ce qu'il y a de plus saillant au 
point de vue de l'inflammation. Nous aurons soin de rappeler le nombre d'heu* 
res écoulées depuis le début de l'expérience et le plus ou moins d'énergie "de 
l'étranglement,. 

5^ Expériencei — Ligature modérée permettant encore le cours du sang. 
Chien sacrifié après trois jours et demi. L'anse est très-adhérénte, enveloppée 
d'une couche épaisse de fibrine. 

Ji^ Expérience. — Ligature serrée. Le chien est abattu trois jours et demi 
après. Anse dure, rouge^ adhérente partout au moyen de fausses membranes 
molles. Liquide purulent dans la cavité abdominale. Couche musculeuse, sur- 
tout les fibres longitudinales, fortement épaissies. Ce dernier phénomène est 
fort digne d'être noté. 

8« Expérience. — Ligature modérée. Chien sacrifié après soi;cante-douze 
heures. L'anse est épaissie, dure, brun-rouge, recouverte d'uhe couche consi- 
dérable d'exsudat. > 

9« Expérience, — Anse assez serrée. Le chien meurt vingt-deux heures 
après. Inflammation légère. / i 

iO« Expérience. — Conslricllon assez forte. Inflammation peu prononcée. 
Le chien est trouvé sans vie vingt-sept heures après l'expérience. 

i5« Expérience. -— Degré de constriction non indiqué, l/animal est sacrifié 
vingt heures après l'expérience. L'anse, qui avait été liée, distendue par des gaz, 
est enflammée. 

14' Expérience. — Le degré, de constriction n'a, pas non plus été noté; 
adhérences assez solides après huit heures. 



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.\séSfQnfi6*'BT?OBSSRVUlTfONS( 909 

..:l9t Eoèpérimf. >-^ Bniéro>»épiplocèle et épiplocèll?/ Esiamèfi ^prè^ dl^-^huit 
heures anneaux larges. Légère intlammalion. < •• 1 

d0«.<lladpér»<mee. ^^.An9és laissées an 'dehors ;âaneeMix Irès^étroils. Inftam- 
maiîMivda'bAlé.gatteheu Ekaamii sur :te vif,s^en:viron^ix-h«rt iieures après. * 
. :li8^ iFflqieiv'efMei/j — >Dèux ^irtévAcèf^ assez serrées. 'Inflammatibn légère. 
Examen sur le vif, vingt quatre bîetire» dpDès Topératt^n; < 

25* Expérience* ^^'lÈnikroté\e eienter^épiplocèie exâttilnées sttr le -vif 
T-â^lwiiriesapiIôsireipèrleAcé. Aiiliieaiii largesj'Ihftaimi^tron prattontée. "• ' 
\ :.â4« iffofiéfwipiérv^Deaxentéro^piplocé^es distendre» pa^ deîs gaz; ÎBiniieaUx 
^iioitepqtiafiét£<buîllieiire8 nprè^J'anhsialvit'eftieore.Les'ét^ipioons seuls sont 
enAamméStf-ii' '. ' •:i';i.''"' • .i, '.v.. 

2'J» Expirienee. — Double ehléro-é^^plocèles Un afnneau largf, un annèail 
étroit 1 Le -clilen ^9écc<^i»l)e après soixante heures. Inflammation prohoneée.* 

^6^ Expérience. — Entéro-épiplocèle enflammée* Anneau trés*-étrolt, éxa- 
roen sur lé tff, /après quarantei hiéure»^.- 

UaeM«»térd-'épip{«eèle' (ooiffe épipMque);' anneau peu serré. Bpiploon 
eoflammé.'L^ahse' dégagée ne préaertte fias Iraee d^inflammiitlon. ' 

97« j&xpel<tén(se.-^^Et)iplocèle* Annûau asaex élroit. Inflammation quaraitte*- 
huil'heureS'aprè^, sur le tif^' 

• 'Sotètooèle.iiAnneaO'laTge^'Pblogose. 

• 'W9i^ BÉpirience,^^ Anse'it^shievTée. Le cHîen succortibè dix-huit heures 
aprè»!; ioflfrmwationpetr prononcée. 

' Ih Cônge6(4ùn t^êphyiique] ramotUsÈenienti efc« ^ Là où rinfiammation 
eâtpet] pponoicée oi> Ait dèfiful» <|U0ls srtnt' les auti^és désordres ,anatomo- 
l^tbologlques que • nous «aurofts à signaler? 

Dansais 5« expéi'îeiDée^ t'ainâe est naïf &; les bouts efnsont légèrement agglu^ 
titt^'iSUl* lès points- voisins du méseiitére. L'animal était mort environ éà^te 
heures après ropéraliou. Le degré de conslHuiioa^ff^avârît pas été indiqué.- 

Dafl$ l8f'7««xpérfenoe, une afrsededbuze cenCimètr^es voisine du e(Beum, fort 
modérément serrée, est doublée de'volume, notre,'flu<itUffnte, sans épanehement 
de sang dans Tépaisséur de ses tuiliques, lesquelles sont amincies, mais sans 
ramollissemM. Impossible de diatînguer les différentes eooehes les- unes .des 
autres. Cette anse eoniiént un liquide rouge bmn et h muqueuse est impré- 
gnée d'ufie putl>e épaisse' dé mènra oouteuri Le ehien avai^t été (rouvé san^ vie 
<q«arafit«<^it heufësap^ les'manâsuvttfs.. 

Il y avait très-peu de traces d'inflammation dans la cavité de Tabdoman. 

ti^fl Ë^irienee\ -^ Anse >de trcfnte-oinq- eentftfviètrtss/ fort' serrée. L'ani- 
mât- meurt <^vlngt*deu)^' heures après. Lé viscère a acquis le douMe de son 
vohimé^ii est* noir*,* trè^-flasque^- fluctuant; à surface 1u!sant<0/ Bouillie noi^ 
nfttréà riniéri«ur) miiqyeuke de mèine aa|>eot, ramollie, ainsi que les autre? 
tuniques. . . .,= 

27 



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910 irtMomBSDKriOBSBiMmiiocfe; 

* Lp /masse ifileMinale^ est plaquée de irertsi'i(ggi«llaâe ça ct>iâf; 4^iA ftttige 
clair aux environs de Fanse liée. !. i '- -î 'ï^u.! -v.-'n ...^mi:.. 

. \^ Expérimf»*. — Ansade douiîel centiraélrei^.lfgaàufe serrées qiiièn '«lort 
aprèîi vingUsaplbeiidriSf^* tensîoni.du viscdrcdsses.fipôlioaèf*; paa)d'atog«cfilaH 
lion d4 Ypiqme ) tointe 4ie; de vto^ ful^é JantAIre^ iéfteisse, asm» a^dâlitte, 
quoique Tanse eûl été fYi4éei)»irAntloi|te^orttst(fioli»fiu. :.: <.'• )! '..^. d tr.i .' 
i: Le païq^el inieAitoai est d^uâ roogeelair» s^ns adhâ'eiices; v. A ^r 1 

11« Eçcpéxi^tm,* r^^DÎKi.efnliQi^fea d'îalesliii i <è"raô |d» pyJorc.^ Ligaitiire 

|p liendemain* t'Aiiseest fli^c(ue^ittil.peu;àUgàwn(àede«piiiiàe,'<Nr«fie{^è4ti^ 
verdâlres, légèrement distendue. Elle contient une bouillie brun-tidlel^ ^^ÉMi^ 
qM^u^^ rouge oarnr)iD,,sH)sajiitr0Siié^0f$.< » 'ii mVu, ' w 

\a t^Me généraie<de U- iiiassefintestinahl «s^v<d*pn R<Mige«lMMiO'aal«^).suprpor^^ 
t»ut des plaques vfirdâir^s» : .. ; ! . .i. . u v, w'A : 

Dans la douzième, la ligature est assea.ét«0i4f} ranac''|ii4îx.Mnlimétrcs*et 
QççilfitJa partie moyenne! dfi la lopg^eN^dif ca4ai'hlteaUiiftt«|L^:»chidiiâucooabe 
le lendemain nnatiii de Texpérienoe* lU i9asaed#$.;viscè^es dll veiiiceie.^(pe«i#iit 
flammée^ L'anse .eâtbeauc(Mjp aJUgfl»entéed««<»Juiiktç6UiBt^lfla$quevit^eelRMre. 
Une bouillie verdâtrc imbibe la muqueuse, la cdluWnseieirla^fibqasmoullilicai 

Dans la cinquième, une anse a été liéeà(yx(d^ttttètt*Q$iluiGl)BCtfiÉii<.|«;Qffieu 
sucicofiihe trois heur^.après^P^s.d'jBuginc^li^tVQW dQ^pjl.ume; t^(e\iM[tlll- toncé ; 
pulpe jaunâtre à Tinlérieur; muqueuse épai.âsi^jffi^Mgfiy^l^oéi; iWMMftlVi^i ^i^P'* 
lieras» tf'9n$versdl«3» ()lanc-)9iun|ilre,irsisanMéraul«9fi«^^ 

i6^ J^iKpérwKe. >- Dj)( centimètres modéréan^t $&rris aQ- p«jd»ii(fnili«p'de 
la longueur de Tinteslin grêle. Lecbiea a^Ci<^mb«'eJ«q hmire$if^prèS).|)L^ati84esl 
ilfisque cit «Mgm^té? dejongmsir, T^iiirl,e^roij^eryii«let^ Vj«itfft|ifb voisili^n'«|)as 
changé de.^lonaMon. Une piiljHt» lirtHiAiini» reiooutre^ la. muqueuse e( l-ioipr^e 
ainsi qu^ ka autres timiqdes^i quiJCMilfes g<MH #ai»oliieSi. ^ ''■ '^ 

Lea^i^périenceSiqui m^mi onl^^.feitps.svir de^ i^Q^.é(c^uig|i^ par ;des 

ftDQfiaM^.pliUS m mfl|tMi^rôï^Sj,J^•ftliq^|4fti»x pB^m^%Wtf\ml^^s '. , . = ; ^; . 

. Dans le dijt-fiftptièfner M aiwwfla;! .sonfc:ifrè«ré4roiA8;- diewiraiW^ al* 

emprisonnées al' exAwinfea attr le vif^. vlngl-quatire h«|iAn9ftp)4}sj0fd. iEiles.âQfiii 

d'ufi brun-clair^noA.aOgmeiii^e^ dp v#lume,| i|on.ent(hi9«P9é^^ ;: ; .;.} 

Dans ladi^-buitiènvt^ mètiaes di9pQ$iii4ons,.fi.,ji pevpfVft^ li^mi^s.irâsuKata.; 
seulement, une masse épiploïque qiûayoiA traMVéiis^Q é tiv9»f)rsijViapiinaAii;J9Pit 
fort épai8$i0,adhére|Uee^ presque îiMwnnaJsaaible. ;.:>'..,./: 

Dans la dûi^-QKtiivième, f^mme nona l-a^^ns déjà m^^ propos dii^r^kAaiB^ia- 
tioo, il s*a|ili d^nue enterioépiplocèle et^d'une épiploc^e; ,1^ mm^imir^oiyfiiH 
facilemefii reMréinité du 4iMgU Bnyjrf^n tdijftliuit, b^^ncça tapri^» U .chi^i) yM.tmi» 
jours* A gauche UépipJoon est no»&ire^ plus altéra ,qufiriiHe«tiQ.4tMquet il, mr^ 
vait de doublure du côté de Tanneau. 



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MiMOUtl» 8T OBSeBT^TlSBB. âll 

lîépipiAeèteae* f rtMRl&qn'qm rotgeur ëOD^éstî'Yé. 

Examen sur le vif après dix-hiiil heuresr L'atu^ présenicuoé couleurloiiciée', 
(aehetéfliile iMPun ;.Qlle eiC npialie*. l/èp^»looii ne p^é^etiie tien à riioler. 

L*épiplocèleesCbi^ttiiiDiésoiiu»et nèir^ ulcéPéè. * * .:\ ; 

âl/*i7ar}»^tiM»e0.^^ Deux enréro^^pipldèôlé^, tpa;rcrsiint des antteaax éf ^dits. 
Examen sur le chîeti) toujours vivant, quarante -huit heures après. Le» ainses 
présentent le même ASp^oti-quèi'torsidtf lèytsorik. f;er*éplptoôii9\seuls sont 
eaiaiiiiiléé G^BèkèteniB au'»aev M n^ parait pësidans ee o6« que la disposition 
de Tépiploon par rapport à Tintestin suffise pour expliqoiereesdtftérenees. • 

Dans la vingt-sixième, ui> annidau étroit- éfriin^ Ufi« Anse coiffée dVnc 
calotte épiploïque. Quarante heure» «près^ b et^iei<i» qui a^urv(éeu, est Soumis 
à l'examen. L'anse dégagée n'^tiullenieilt ttkahgé de <io«leur ni di^ volomé; la 
calotte qni la garauti^Mit; uHiAl, elle; fris «lie tëiMe fôheéé. * 

DafNSi'l« tîngtuiifeii?îè«he/v(eofih, «Ile aiise d«^dlx cefttimètr^^^ voisluexlù duo- 
dénum, est emprisonnée par un anneau étroit. L'animal meurt dix-hUit heures 
emitèto a|)rè&t'opér$lioni. L'anse>i!6taii|fAi«iilée(de vôteitie, fks^è, iMHiti-foncé, 
de même qu'une portion de Fi/itestin qui lai fait suitet.' • > > 
- On^^^diiistilèitquWli gl$fiéhil>> ies léslOtts>«i>llt)MB graves datti» tes if^ï^périences 
où l'inté^ftvb'dtiiliéftqUieda'iisntelkes'ôi il' a été isimplém^nt étranglé par des 
annruuN pei^césoraix parois abr(lomirialds;îEiiioatré,daiiss le prenliér groupe^ on 
voit des désordres considérables survenir à la suite de ligatures modérément 
serrées^ Dans ^le '«ecwndv dem ««péneiicesi> nous offr^wt des anoeiaux aèsez 
larges, néanmoins les lésions sont encore «^seto sièriidUses, slirtènl d» téiè des 
épipioonisi-'- - "'i- .'i^; ^ ;• ' ■"•*';"•• •• ' •• ■ ' 

Mrs eioq entres,: lies «nvertufes 80int povr lu pfup«rt fort étroites. Maljgré cela, 
il ne p»nlt.p«s^qtte le^ lésions soient en fdppéri «veé cette étroîtesse, sauf toute- 
fois dans la> vtngt*n6il«ième expériérieé. 

Ces» réstiUtil5 surpriénonts^ ainsi quelle défaut d'inflammttion ou sa produc- 
tif enf.dehôfér'de^fdttfte réglé prérïfte, nous prouvent à ^évidence combien on 
Mt «^porter de prudente et de ctrcdnspeeiidtf dahs ifappréciatioir de& dttet*s 
éléments symptomatologiques de la hernie étranglée. ^ 

0* CofiteMdeN'méliée^oUi éitàn^lée. ^'Vtnùfi avousf déjà' indiqué la nature 
dedli«ftiideà>renfdrnftéS'dtfrtB la cdVH'é dés oMseâf que nbu'ff aVbnS offertes ; nous 
^i^ofi^àéitifift(PiHB&Pëtnti'èHk)tà part tfnx gât que nousy hvan^'rencont^és. 

Ji^Eispérienfiéi ^-^ Là teomphes^OU' de Vansâfait passl<^ d<!sgrtzi trav«èrk la 
sK^talio'ii de cMiliAUi«è<da pédibule; 

4«<£^/i(IH«iM0i -^ Ti'èspéu de g&B par la CttrtiprêBStilh > soii^ Teau d'Une 
anse de cinq centimètres. 

7* Expwrifirm^. ryr ta quanUl^ est înAigpifiaMjç. (anse.dç ,d,ou3ie Qe^iimèlres 
comprimée sous r€Bu)i. - , , » ^ ^ , / 



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Séi HÉHDISIS «F OBSCRTilBiaHg. 

S*^ Expérience, — quel(ful9a«:ipllesilatri<finc6i iipe>'sorl«4a«i:eiii9ié,.iqial|gré 
><t tongUeur'de V^n^- qui' amt vUi(^ilroi»'eeDiiniètpeAei qtM>Mi?avf(îCV^«à'^été 
y^déc de, son continu • vaut, d'êtBôlIée*. ». ; ,.' .,. ,> :iiu ' ? 

Dana la.9«,.il D*y a pa^ tnaoe ile.gfa^. Dimerxsidps de ranseinon: riidiquéd:»> ■ 
iO« Expérience, •— Pas de gas (anse: de de«Aze ceaUmèlres). .., 

ii^ ExpériencM'^ -t. Gnee drconvolnUon dcdix cenliniètres .pareil cn.eonlenir 
Hu peu. . . * 1 - . *''' 

lâVf'^pérteJU^ev^^Dix ^enUméUres, q^i^iliUôiminii^^ ?; l ,. • 
Daj»s la 13% deu;)i^i anses dilatée» par le^gaZ|.avaieQtéiié.iiéi(;S{. AJ'exaiMo 
elles en contiennent m<»in8. : • i * r- : . ;. . : . 

. Dans la 14% dix ciçnliaiètries. Très-peu. <de gaz. ',.,.„> r. - s 

»0an3 la 18% à peine jde» (riSice^ de-gfiï;. ' ,, , ^ i-j/-: i» ; 

Dans la 16% dix ce^tiniijtres ; <|ua>Hilp iaaigwlfian^p;,: . ^ »/ , .i; , a 
Dalis la 17% 18% I9«}et20% mm^ npten ^ cfr pov'lj*'^; :yue: . ( I j«ij jM! , 
93;«£'a;;)erte^cd.;^ f/ii^ cerHaine:4|uanlité,dâ:ga^ /J««» rM»!^ àcr«iiglé<ldu 
jcoté drojU; . . . '•; , j; .j .•; .■-..••. :. •. -f .'.■•■•»{.. /»in.; ,b 

21>'> Expert^,.'-:' Disiension «a0eui$e da«s.4in^jQae:ipii) aviUr^itf^.alAiimi 
travers un anneau fort étroit* : ; , ;; ,i. ;. .; ij»); . . 

. â6<'£'a;peri>no^^ --«^ Dtlatatipogazeuae^ii'COtd «droite j€it<aAisii«4Wiise>âtait 
arrivée au dehors, tout-^àffoitvtdaj à UwverâunoiMlvertur^forC^étuoiiAeà} .. u . 
. La plupart de ees beniies^à paritir:de<lfl diKtaeipliéme» n^eauffaienli e^ moyenne 
dix ceAtinaètrea. . . :< ; i ,; . ...,.,;, .; , ;, 

Enfin dans.la 39^ n/me anse> de même .dii«e«isiati.esi:,.o<^inme> beaucoup c&*aur 
ires, «Qmplètem^lit dépQMi!vu« de- gaz» •' :..:;-* ,<*.,...;.„ , , 

Il est donc péremptoirement prouve que les lésions de l'étrangleiâfmii quelle 
que ^qii d'ailleurs I^ujt fiaturie^/rles^ravoc^uonti nulkar^enl.. Uidéjreloipptaient 
des g£^sp dans Ja, cavité d^ l'aj>$e.étr|Eii>gl?e ;:et si V^nr en renmf^U^fiéHmf 4ai|a 
la pratique, comuie nous en avons rencoi^tré da^.(|^f4qAle^uoa$.d.e! iipaiei&piv 
rienp^îs, ils^ne, pe^y^^ptavoir fttéî c^meoé^ i iee:niyep>i|j qp^p, &'fiflhî4i|)ai><Ki<s 
parliez XQisiiKS dp. Ijttb^ ^g^^Jif. Ce,p^ss#ge i\ est pl^s .^Uff rmiai^iddepNis ;<i|iiiip 
no^isavQnSj.piiiftMvé ia.permjâ^bilijé 4Ui.po4icM|^,. ip^^^: d#^s,Ae9^eaji(|4« u^r 
striction violente. .....;■ ; ,. .. .j. . i.i ■ ■ ,. , [;:..•<. ::; ',.i..^i.v, rijrt.i'»' . 

M. Biwa (.0 aUribua. la production de.iiC<$.g^«, à, la,pîérit0|it«t'q«i Agirait 
d^ns rétpanglieoient cQOimernlIe agi^ iond'auffe^icir^fiMftooe^s^c li^infAlc^^u 
canal. Gpt|eof jpioa.ne pQ»*t jvjya a« sftUfQuir eftprè$eiiQ«,d*a^3ij^ritii«^a,piiè- 
qédeoies, paspluf qqe pelk de A>. Angeç.(l) «jwi^voudcBii r8(t*ac^«*Pt^a;.4lî$ten- 
sidn gazeuse, et par suite rétranglement^ à une •exhalailkwdAnftil'Â4tiéri6(H'rf«^lii«^ 
d0 l^nse « sous rinfluenee d-una exeitf tio») ou d*tti^» irritation itMéi^rt/iné^. * 

• • • •■■ . « ' • j);-.;) «.' •«, f;. 

(1) "Brôca. De VitrànyïeiHùnt dans lèkHtérnieB abdctminkies,* Paris, 1855,*^ jy!^. ' 
(2) Benj. Ângcr, De l'étranglement inteitincU. Paris, 1865, pi SSTJ ^! ; . ; 'Uu i ; .it' 



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Mm 1*81^(1) qiiî:)a;l»é>«i#.{<0yl»in'Pfiinbr0»>d*AQse3 intealjiMiles tWPtileS'Dnv 
maux vivants, est arrivé à des ré8^llat^aqa1agufs aux .ni^tr^a'^re^, peint inté* 
re^sant :.itn*$^;ife9^i^t^^;upthceir;tatoe;quiin^îté,<^ que df^x fais» (lai^s|ses 
faipéfmG09 Ufî^iW^ i. •- '.'■•. ..•'. . •••.•., 

rf. Lésiom dv mésentère. — On peut dire qa'en général, le •HAésentôre ja efi 
beag^oup; maupMS ^ . êWiSmidi^ la eonstiietion.qiK. rai|S£ elle-mém^.' \ 

Voici ce que nous aviénl'i^RSlBlé : ^ • ;^ ; , . . 

'(^£â6p{rMn(e*(i--h:UMlHrn»ém<mt«9fla^ ca«me l'anse eilef^o^ev -i 

l^fiop^rteime^ ît*- A cbiràerfféefin épato8eiir;.sa teroftenlest >qu*lin'pen'^f4u^ 

foncée. •• -' ■• . • , .' •'>,• !- '-•> .'-j 'I 

' SP.fEajiéneàeêèi r^r^tfhm^tM^mmés i|uQk(ue' Funse Je Aoil beaucoup. \ 

9* Expérience. — Les deux feuillets *sonl. soulevés par dear^gezi 

1<^i&a)>Mefipe>-^.' Liquide rspàraei^'entire las deuil ^ fueilhcAs. Paa Jl*autres 
dllér«titaM';<afa>lfai€iiii^' tas» aidî^x qui If infiltra eomihence à se aéctîofl- 
aer; dleètle lésioài listeaux d«lux-bo»|s: 

fti^ i^y:t^yAii^ E»péniemg99^ «^ Rien a nol€r,'de nfènils que daiis lo;plu<- 
|»an-der«xpérieiiKle&«uJ9a9ileë.'c>' -'■.:■'- ■ *;:: :* '. . . .•...'': 

.•?',!(•■.«>■ -^ -' .••-•' • ' • ■ ■. :! * ••■[•••|<< \ .' ;i -, ; 

• .^'- 'Jr " • :i:.' "p •-■ >fo«ii»«iv;ilvi.péd{«vle^ ' '. «•.•■rj 

Cette éibtle a ki'pôur nous plfeinè d^fniérêt elnoUs » orfèrt Une Snipte tadis- 
son de faits curieux à analyser. ' .' - s- .>,;, 

o. Diminution de volume, indépendante île téuîeùlcératî^)%:^^7^ 'Expé- 
rience.'— -Aw^é Hisqtie^ ér'noiré' Ci) : Hgalure thottéréc. Après quai'affie-huit 
heures, le pédicule a diminué de volume. . • r < 

'^•Ëacpériehhel — le p^dlcùie est ass^z'foi'lémént lié. Après' vingt-deux bfeiites, 
il est réduit dans son diamëtre:'t*ati$c étaH légèrement enflàrifiVnéè'. ' : 
' {{*' SxpéHénce. '-'fjànsMtiion'' t^iset fàtieJ l>ix-huil heures après, le pédi- 
cule est fort rédult^ïi'ériée êlàïl riolk'bléihenf alièrèè. '• '• '-. ' 
"'ïâ'^'î^x)>^JeHHe.''~'i3ui*'une aHàe^ lîéfe pendant quelques mlnùlès, un sillon 
se forme et I^ViV^'^lé yeVîèn<'[)l\lsMi'brè'e^jbue s^^ lien.' ' • ■ "'' 
'fi'âkà' la W*; ' te W ff^'écihstrîeïîcln ti^tf pas été'hôté d*Uhtf iSaitière 
précisé stt"r rwrte des'deiik'aifs'èk'qUi ô«vaiéht été ihcarcsênée^. Sur irtfe'scéoride 
aiise Va ligatuVe 'ëtïiif 'fdh i^ttée. Toutes deux êlaiérït 'eMaàfimées àprt^ huit 
hieluifey'éit^rs'p'Slïcailcs avaient péi'du uiié partie d'è'lenr'côlrb^e. L*rtrt d^s 

(4) iMbl^'i?i«)»4^â«tee9(VnlMite Nfeaise. Bê» ié8imt,de'\lHmt^n:4ans 

ln*ernkiÀ^rUi^My:fhifi!!.ii /, •:.» .,.-■ .! ..... ;./. . j, 

j(9)«JJ^^s>crpyoQ^f)f{Ypjrjr£\(^elqr.Ie9. Iç^ipusqui jintére^sei|)^ \e$ anses elles-méines, 
ponr foire mieux saisi^ leurs^ rapports avec les modifications de volume subies' au niveau 
du pédicule. Il était égafement' important (findiqucr le^(te'gré de constriction ;' c]estée 
que nous avons fa'tt. 



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'W ExpétieHce-. -^JlLè'éegré d« h'.»ll|f*«tfi^^ri'ff"pWïtttW5^piès"Aé' iî^él 
Après trois heures, l'anse est d*an bran-violacé, non ^b^fmf^t^é tfd>()^1à«|i^. 

\7^ Expérieme: ^ Aimefatit^!lrê$^étrôH9. Aflkél^ bràHM^feif4,'ilNM^«tfBfll«tllèttfc 
de volume. Après vingt-quatre heures. Pôdléol«8 rédo(iMPi <»"•?' ' '-'\> j itioV 

18« .fi^i^if^^if^. '^ itnnéâwr^asseK laHgtes. Auprès dr^Hliiiiie(irar;'le|»^He^ifiies 
pHè$ent«tit^db8 altérations âsses^ fffarqifé6s;:Pé4imlff de i'épflpkioHe^fqi<w\Béjrré; 
Tenléro épiplocéle n*est que modérément serrée. /n-wj^. 

23« Expérimce: -^(Anrieraiérgei[Apr^ aeih«nlèëeix^e«r«9iiKrorfKélifltlm- 
mée. Pédicule piusftopré;(fQ'a«ipara(vnntr' M'!!)! /n ,j; - • .puni \x'\ nî 

^6* Eafpérieneéy^î Iferriie>pëu»élrangléeii'ipn<dèléi) Aprèa )qfi«ràiidte'Jif9il*es, 
l« pédicule est^étroitemrnt iscài^rimépLa/c»^élle épîf toi^jtle Miilctf8t;««8àimd4e. 

Dans ces dernières expériences, (à^partir/ dé laiidixUêptièarUe^J 41 tfaat» tenir 
oolmple^deè mqdifioétionÉiSubles' par)ilJâs-anaea«x,\Mqttl\é(àl«fft |;éilé^ajclttent 
enflammés et. épaissis. Cette circonstance renéiiooniplCy^)îiifii|fi^ii|^ilil')tkeiitip 
point, de la persistance de la compression du pédicule. 

^T* Expérience, — Une anse comprimée énergiquément par un anneau des 
parois devient plus libre dans{eetf>*«ndiV'a(r4>dit de quelques Instants, à tel 
poipl «Ji^^iip xjouraqi gazçux .qui ,éiait,i;»pçi$pj}^le;,.p^^l,J?/^e^i)^^^ ^'éi\f^\f][t,f^k 
celle réduction de volume du pédicule. .-..v-lni , ^rninfî i'Ufii I» j» • 

Dah^. 1^,29% anse trè^^^rrée.î,graves.^li^r^^9as^apf;fp,j[^ |jçji;|[es.J>5i(||<5jj|e 

réduit. ,.p.î; ^ j; ;,;.(.'i.i|, i-, ^]\\*:)i'.'}ii'ù ,<','"?■ rî 

.^nflp 4ans la f;p•,,^n/a^^lc^|u ^e.rç^f^Vj^olt flueî.Jq ^R^Ç^j.l!". ^9Â8^/^ï^^^(Une 
anse que roja Irp^v^ plus.libre.i8 jbeu;-es.apnès.. :. , .,, . . / )■ ;. : ;. . 

: Nous reviendrons sur qe^ laits impQrtont^.lqr3ftifÇi,^€^s tirçf;pf5S[ ^c^^cpppiu- 
sions générales relativemeo^au m^nisniet.d^ Vélfa/)||^jMipeiff.^^ , . j^ , 
. ii..-:-: UlciratmKÇlang^^enr^'^^, E^f^pém^ce.-.^G^j^rènej^j^xfif P9ij|jt,fjfnité 
du sillon, après trojsij^urs.^t ^^(^i,.^n^'efi^t^fpi^^f^.,p}^^^ .^^ 

..A* Expirience.^, Gojuchi^.musjciijeii^ ^t^^^çeufjç (^jfjjPj^jes.foiqjiy ^.fe/jjpjyte- 
pièçe,.sajuf,au, niyçaudft. mésentère, .açrè^.^lçpis Jo^r$|; et den^^ 'i'ÎP^"??. .^'^!* 
enflamiip^e.. W^ueus^e ùlqçr^e «n pjtifiç.^rs pj^jjnts pj^;jlijjCet|luj^ji^(ç -a .frésisle. 
Lft pçrsiislanflc: Jjud/egré! de. la. ç|on^trieHçn. guj ,ét?ijlj ép.cffgii^tie, djçj^^çnfjiaif ,9.i)i)ji- 
remment de Tépaississement de la celluleuse. 

Expéfien)ce 8. ^ SiU(Ml MaeÉ4)Polofidrui«éral)iMuiv/>dMqaMict>oMtf.iM^ 
libre, intéressant la séreuse et les deux couches tiAH»eu9#Mesii4ll rifitéràHr» 
mëiiie aspécf: La ceiluleusb seâié e§riiônsei-Vée; 'rtIWi 'MiAtW: -^'X'Mtf^tAkre 
âvftit élé.,|ppdqrQe, rçxa.rneîi avfiil été fai)l septajité-dcu>f' 1^^^^^^ aprés^^'âlhàte 
était enflammée. i,,,. .„../,; ^j-on •• i , 



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42* Expér%ene^\, ^^^fm^ff mr\ ijPU^,la,pfiiflpttr.d^ la WiW^P, Un^njcéra-f 
lion a entamé la séreuse el la covm:J^ de& fibr£i$ m^uteM.UÀros JpDgiUidii^ikl^s. 

j;- <3*)iP^ért>fMî<i rr .Sj|J|Wiiipq|ppMfcA/l>IM«.dfl*,,a«Wii Mkéçftlio»^ 

(il^n 4|iff ,fes^c|(^}qiH!)la;(9liMIV#)il^* Ift^bi^ f^YAJd^ié^afrilid vingt H^m^^ l^pfiè$ U 
^f(titrf^4ont-ii^4«gré. di? c^nPi^rkUon ii>$4t(Mi^ Miq^if?. U*^^ ëlaii «nflaoniséir. 
U* Eacp^rtençfh'TiWWiSiiliQfi 4J>»» tl»« ltOttJ$» Sèi?e*l*e! infaule^ 4«iiiliç,gril- 
jaune, tranchant sur la coloration foncftf)d^,(.ai^ei; àl'9utF0t|9M4|9éreii^ enlevée 
au niveau de la convexité ; coloration kk^My§^^ A>V\nMi\Uh,\^. MilUfîu^ a 
disparu, vis-à-vis de Térosion de la sfipffis^; Jo^: fibres' OliisaMlfltr^ elt^s- 
mêmes ont été atteintes. j ;,... : .. . , ..1,.; 

A Tautre bout, rien à lyQf^çf ^,j^,. , . . ......:,;., ,i , i i ;. . , 

Constriction non signalée. Anse enflammée après huit hçurei* 
Hi^flfcpi^Kiffifie^r^^Au,^^ flp^épf m^ptsprrçe ; aas^z J^ltérée -^ipjj^s pinqif^cMrçs ; 
sillon assez marqué 8U^,Ijqigér4?M^e..c|p Vqr^.de^bgulSi;. ji nqlôri^Mr,:ulcéi;9Mpn 
de la u(»Mqi|^u$^;.4^pta yiûj^eiw'nfiiier /celte de Taw* ; à Tautre^boMl» >iUon 
pç« mrn^èf /^^t^wlft»^ pi:4: Ift fér^uç^^ni.^.lft.m^qjaffusie, fc^ ç^lPrpUpft est 
ii|iPMi^:{loii|(^e.qwq;ie^jift,^«cQrps.4fî^^i^^^^^ , .,. . . ... 

du double anneau aponévrotiqueet musculaire. L'anneau primitif reç^.ajt |'e|(* 
^fjpipitf .du 4fHtà^ Vap^e p«U f^ltéféCyeat. fixai^înp^4ix*huit he^ures, apria^ 

"lù^ Expérience. — A gauche,|>8.de.wHqn j p/Qt^e.iilcérali^Q.'SiMpetiftciQlte, à 
\^ po»viç](|^Ç4 4;,](jlr<\i|ie,$ijltl^q i^a^ pnopopc^^ iilç^paiion?, ^urtaut.au niveaM»du 
^gWP.ï^MMPWWî d*Ain çi^pect gris-rosé. : , 

. U^ ^onç^ux; éfai^At éAr^U^Jn^aniflïa^ian.derrARSQ ^.fiaiicbe, juu|te jl drQjte^ 

ft^$i)aen,4|R-MiJitîbf"rifi^Pr*#* : > 

..3la«^>i?;ifï^fir^f^,rr!.Verfa ai^n: ui^^ die9:^ivB98. Sur 

1'*^«*ÏWjt u3^:i?^*MP^<Pl>^fn«0^•^4>^iW^«^ i I'W «^^^ biout^, Bi^aiïiçn apr^s quatre 
jpqcs,:{>i^gr4 4e AOiMtrifiUoiv.Rop îpdiqtli • 

aât ^acf?4rtfnw, TTH Aupe^p laJ'g^f^.Aprè^f^pl^pt^ndaus^ hcprpsg il ewsfç qpe 
p^iit^,pln#ni«iop,wp«i!Û«ieiiliîSi|r.|emlJk)»;il'WçdfiSr^^d^ = 

seuls sont enflammés ; les anses n*ont pas changé d*aspect. Sillons profonds, 
ulcérations entamant presque toute Tépaisseur de^ IttiMqu^s. ^ . . 



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216 ArtAlOIRfifi^ifit'OfiStliy^irtWf^/ 

Aprèê^ soixante heures, légère ItifliimmatiWJiltttoettfué^àM^iifl^è i aûltdtttiWpê- 

rienr,' la séreuse ^t <k muscûlkuse sbperfieMtesont'etfiattléèi. À^Htiéftè s^ttt i 

même lésion à peu préis* Les bôfds de dés al6â^timld^(mtVMfi«^tè1«Ut<'éfps{l9^ 

seuPy contrairement à ce que nous avions constaté pour les autres atfék^àftMdsr 

dé te'geiyris^, enpôoTre, la feinte est resiée à [ièta pfès'lièrmalé; ' '^ • -^^ ' 

Du eété de la moqueuse, absolument rl^Hi. ' * '* '" ' ' >• * • •• 

9*^E90périttiiiêé'^ Ahoeau très^troic. Apifès quarante Métt^if, iiîRoris' avec 

ulcération entamant la musculeuseeila séfetisiè. Là^lierriiê'êttiîtien'flammée.''^ 

QnetqUe6<<«iifS'dé8 rèsulMS que* nous vénitMië^leSt^alérson^W cbiiltr«fdict!on 

a'vèc les principes peséS'piér M. Nieaièéîliiihs^ son* èxceftehte^thlfie, et basés sur 

des redicrehes (eut à là fois etihiqQe<s et éitpé^fmétll^res; €èl elilrirri^reh'dft; eti 

effiM>^ne<dart9 Tétranglenient herniaire, mi les membranes ^ii'aisisetil^edétrilfif^ 



..A 



généralement 'dans l'ordre suivant, au nîteaâ de la cloiistrictioh"^' 
^•''Couche superficielle de la muqueuse; ' . . •. n ; -.. . r -i 

î» Fibres ciroulaires de la musculeuse ;- • ' '' •' '' ' * 

3^ 'Enveloppé de la couche musciitéusev • » " ' ' 

40 Fibres musculaires longitudinale»; ^ t . . ;. •. ... r. 

5» Couche fibreuse (celluleuse et chorion muqàéux)} ' ' 

6» Séreuse (I). » ......... .■•■ >. i:-» '-..-•.• 

Or, riains la dixième de tios expériences; Ta ^él'euse et'ta muscufleuse sont 
ulcérées ; la muqueuse est seulement érbdée, sans'siltott. • "^ ' •' '"' ' 

Dansia douzième, séreuse et museuleijiseenlaméies; muqueuse itltàde. 
- Dans la treizième, ulcération intéressant le^ deùii tliniques sàperfidléllés (sléi- 
reuse et musculeuse), sur une anse; sur l'autre, lé mi^qoeusèlseuleest respectée; 
Dans' hi vingi-qu»trième, presque toute l'épaisseur (^t -entamée, é^'pèrWi* de 
la sérètisé: " ' •..-•"''.'••" ••!»'')■ "- 

Enfin dans la vingt-dnqtiiéme, séreuse el mufSculeoiie entamée sur'detit 
anses'; absolument rien ^u côté de la muqueuse.' •' . - ^ ;• A < • 

Ces expériences, prouvent en outre qu'il n'est pas toujours nécessaire (f*avo1r 
affaire à une constriction bien énergique, ou qu'il se soft écoulé i un nombre 
d*libures très-considérable, pour qiie l'on constate des lésiotis déjà Tort sérieuses. 
Ainsi après dix-huit heures, pour une ligature serrée (t2«' expérience) ; «près 
huit et vingt heures sur des anses dont le degré de constriction n'a pas été men- 
tionné (tS"" el 14<> expériences); après cinq heures pour une li^^tut^e noiodéfé*- 
ment serrée (i6« expérience). Dans la dik- neuvième; une ^nféro-épiploeéle était 
étranglée par deux anneaux superposés,* mufscolaire et aponétroCîque. le pre- 
mier, qui comprimait moins énergiquement lé^ pédicule avait déterminé deà 
lésions Imssi graves que le stcolnid» dont- le dicrâiètre était très^rèdult.'. ' ^^ • 

(1) Nleaise. Iroc. ctf.yp. 143: ' ' 



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MÉMOIRES ET OBSERVATIONS. 217 

Un dernier point i mettre en évidente, c'est la possibilité de eelte forme 
d'étranglement que M. Chassaignac a désignée sous le nom à'éirangkmeritpar 
vive arête et qui consiste dans TappUcation d*un des segments de TaBneau con- 
stricteur contre le pédicule de la hernie. En ce cas, le côté opposé permet encore 
Tinlroduction d'une tige plus ou moins volumineuse, la pulpe du doigt elle- 
même, de manière à laisser supposer qn*il n'y avait là aucun étranglement 
réel (1) (I9« et 20» expériences). 

c. Valvules intra- intestinales. ~ M. Roser, professeur à Tuniversité de 
Marbourg, rattache la vraie cause de l'étrangleipent herniaire à la production 
de replis valvulaires, agissant comme des soupapes, dans Tintérieur même de 
Tanse, au niveau du pédicule, c On peut, dit-il, reconnaître facilement sur le 
cadavre le mécanisme de celte obstruction intestinale par formation de replis 
valvulaires, si Ton met d'abord l'intestin dans un état turgide, se rapprochant 
de l'état d'un intestin vivant, par une injection d'eau dans une artère mésenté- 
rique. Si l'on fait passer l'anse, intestinale ainsi préparée par un anneau de 
l'épaisseur d'un petit doigt, après l'avoir remplie d'air ou d'eau, elle ne peut 
être vidée par une compression cxerccre sur sa convexité; il se forme au con- 
traire au niveau de l'anneau des plis qui proéminent dans l'intérieur du canal 
intestinal, plisq^ii ressemblent en tout point à un système de soupape, isolant 
d'autant plus complètement le contenu intestinal qu'on exerce^ur lui une com- 
pression plus forte/ ce resserrement entrave la circulation veineuse et les mou- 
vements péristalliques (2). > 

Voici ce que nos expériences nous apprennent sur l'exrstence de ces valvu- 
les. Plusieurs de nos observations ont été recueillies sur des anses vivantes, 
par conséquent dans les meilleures conditions possibles. 

7^ Expérience, — Une anse a doublé de volume par l'éiranglement ; elle 
contient du liquide. Avant de l'ouvrir, je la comprime sous l'eaO : soli contenu 
reste incarcéré quoique le pédicule eût acquis une certaine liberté sous la liga- 
ture. S'est- il formé, en ce cas des valvules obturatrices? la chose n'est pas 
impossible. 

h* Expérience, — Nulle trace après trois jours d'étranglement. J'en constate 
rextsience sur des portions d'intestin séparées et liées. Ici ce ne sont pas des 
anses; par conséquent les conditions ne sont plus les mêmes. 

9* Expérience, — N'existent pas sur deux anses séparées dont l'une est liée, 
distendue par des gaz. Je dois dire que ces anses étaient un peu ramollies et se 
prêtaient, par là même, moins bien à la production du phénomène, contraire- 
ment à ce qui avait eu lieu dans la 7« expérience; une partie du contenu 



(1) Gazette médicale de Paris, 20 et 27 février et 20 mars 4864. 

(2) W. Roser. Traité de chirurgie. Traduit de Tallemand sur la cinquième édition 
par les docteurs Culmann et Sengel, Parb, 4870, p. 544. 

sa 



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as ' MÉMOIRBS ET OBSERVATIONS. 

gaz) s'échappent à travers le pédicule encore lié. La même chose a lieu dans 
la troisième expérience ainsi que dons la quatrième. 

Dans ta 10« expérience, une pulpe jaunAtre passe également i travers le péiii^ 
cale encore compris sous la ligature. 

\i:Eâcpérience, — «Rien sur deux anses détachées de la masse et que je 
laisse incarcérées sous une ligature pendant cinq minutes.- 

i^'^ Expérience, — Font défaut à l'autopsie sur 1*anse étranglée, ainsi que 
sur une anse séparée et liée. Existent sur une seconde anse après un q^arl 
d'heure. 

i^^ Eapérienee^ — Ligature d'une anse distendue par des gaz, la compres^ 
sion parvient, à affaisser le viscère; dans ce cas, il semble que les valvules 
auraient retenu tes gaz, si elles avaient existé. 

H* Expérience, — Epreuve analogue et plus précise encore. Résultats néga- 
tifs au point de vue des valvules. 

îb^Expérience. — Des anses étranglées sous le constricteur, d'une manière 
assez énergique, résistent d*abord à la compression,, puis elles cèdent assez 
facilement. Ouvertes, elles ne laissent rien voir qui ressemble à des valvules. 

\ 6* Expérience. — Le double courant qui s'établit dans une anse liée, que 
rinjection soit énergique ou légère, plaide contre l'existence d'un repli valvu- 
laire. "L'ouverture de cette anse confirme mes prévisions. 

27* Expérience. — J'arrive à des résultats presqu'identiqUes en expérimen- 
tant sur des anses étranglées par un anneau fort étroit des parois abdominales. 

Il est remarquable que les quelques expériences où des apparences de val- 
vules ont été constatées ont trait à des anses ou des portions du cylindre intes- 
tinal séparées de la masse des viscères; et encore, ces replis ontils plusieurs 
fois manquédansces conditions. Chaque fois, au contraire, que j'ai expérimenté 
sur l'intestin vivant, je suis ai^rivé à des résultais complètement négatifs, soit 
anatomiques soit physiologiques. 

M. Roser n'avait expérimenté que sur le cadavre. 

Une considération qui tend encore à infirmer la théorie valvulaire, se puise 
dans le fait anat<nno-pathologique sur lequel nous avons insisté et qui consiste 
dans la réduction de volume du pédicule sous l'influence de la constriction. 
Comment concevoir, en effet, la possibilité de la production de ces, valvules, 
en présence de la liberté parfois considéralile de la hernie qui permet à son 
contenu de circuler plus ou moins facilement par les deux bouts. 

Les seules valvules qUe nous puissions admettre, jusqu'à ce que de nouveaux 
faits ou de nouvelles recherches aient modifié notre opinion» ce sont celles qui 
résultent de l'accollement des deux bouts de l'anse herniée et qui forment ùnè 
sorte d'éperon à l^ntérieur de la cavité, La circulation des matières devient 
p»r là difficile ou impossible et l'on a vu les symptômes de l'étranglement 
interne et la mort être la conséquence d'une pareille disposition. M. Nicatse 



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RBVUE* «I^AiYTlQUE ET G|UT)QUB; 319 

emprunU à M. I^lljfP dmiuk faits de ce genr^ rà l*étp«ron esl,^mp»pé à i« «làe 
valvtilve conniveiite Irès-dèveloppée, » « à mie large valvule » (1). 

(Lff stiile au prochain mméro ) , 

(i) Nicaiâe. Loc. cit. p. 30. 

11. REVUE ANALYTIQUE ET CHITiaUE. 



Médeeltte el Cfelrungle. 



Action physiologique de l'air oom- 
primé sur la tension artérielle, — Les 

docteur^ Drosdoff el BqUchetsc^^kazoff, ont 
fait récemment quelques expériences sqr 
Taction physiologique de Tair comprimé 
sur la tension sanguine. Les animaux 
étaient nai'cotisés par Topiurn, et dans leur 
tracbée était ûxé un tube au moyei^ d\^- 
quet ils respiraient à la voiopté de Topéra- 
leur, soit de Tair atmosphérique^ soit de 
Tair comprime au moyen de Tappareil de 
Waldenburgh. l^es observateurs ont trouvé 
que la tension artérielle tombait aussitôt 
que les animau.x Respiraient de Tair corn- 
priuu'*, et s'élevait dès que Ton faisait ar- 
river de l'air à la pression ordinaire. Coïn-. 
cidemment avec la chute de la tension 
artérielle les oscillations de cette tension due 
k l'inspiration ^t à l'expiration devinrent 
beaucoup plus marquées. Elles furent en 
réalité «leuxou trois lois plus élçvéeset plus 
longues que dans la respiration ordinaire. 
Après la seption des deux nerfs vagues, au 
lieu de Taugmcntation de la tension qui se 
montre dans les circonstances ordinaires, 
c'est une diminution de la tension qu'on 
observa lorsqu'on fit respirer à' Tanimal de 
Tair comprimé. Quand le tube fut enlevé 
de façon que l'animpl respirât de Pair orn " 
dinairc, la tension s'éleva rapidement et 
Ton vit apparaître Us courbes décrites par * 
Traubc. Le nombre des batteoients cardia- 
ques après la section des ^ncrfs vagues et 
la respiration de Tair comprimé, n'éprouva 
que p^u de changement. Les effets phy- 
siologiques de l'excitation de l'extrémité 
périphérique du nerf vague pendant la 
respiration de l'air comprimé étaient 
môme moins marqués que lorsquç l'animal 
respirait de l'air ordinaire. L'irritation du 
bout central du nerf sciatique pendant la 
respiration île l'air comprimé n'a été ac- 
compagnée d'aucun phénomène remar- 



quable, i^enclant la respiration de Tair com- 
primé» en saignant l'pnimal jusqu'à la 
rajort, il ne survint pas de conyulsiofis. 
{Journal de9 çonnamance» médicaleg,) 



Pe Vb^p^tifine et de l'arthritisq^a 
^é la gorge et 4e* premières voies, 
par ISAMBliHT. -^ La coïncidence entre 
les dermatoses dites artbriliqucs ou her- 
pétiques et certaines manifestations in- 
flamma^ires de |a gprge et des piremières 
voies est incontestable; que les unes et les 
autres soient probablement sous la dépeur 
dance de là même cause, fait important iiu 
point de vue thérapeutique, cela est inûni- 
ment probable ; que l'on puisse par l<es ca- 
ractères objectifs seuls de la lésion pha- 
ryoLgo-laryngéa dire si elle est aribritique 
ou herpétique, non, cela est toui à fait im- 
possible ; mais que l'on puisse reconnaître 
qu'elle ^t probablement ou Tun^ ou 
l.'aMtrQ, oyi, cela est possible jusqu'à un 
certain points Or voîici, d'après Isambert, 
le^. caractères objectifs des manifestations 
herpéto-arthritiquea de la gorge : rougeur 
catarrbMç. du larynx^ aspeèt strié et éraillé 
des cordes vocales, aspect velvétique de la 
commissure inter^ary thénoîdienne ; d'autre 
part; angine glanduleuse, finement vascuT 
lârisée.dans les cas simples, hyperlro- 
phique dans les cas compliqués, mais se 
détachant sur un fond de nuance roseopa^ 
Une; enfin, leiS trois états de la langue sui- 
vants : 1° Le pityrimia lingual caraelérisé 
par une eoloratiun jaune ocreuse ou café 
au luit de la face dcMrsaie de la langue, qui 
présente un aspect villoux ou gazonné, qui 
la fait ressembler à un gazon assez toulfu 
dont les brins au raû^nt été souillée par une 
eau trouble ; de plus, cette stirface est légè- 
rement fendillée, principalement sur les 
bords. La cbronioité «t ranasHmèse empé* 



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8» 



RBVtB ANALYTIQUE KT CRITIQUE. 



diront d'attribuer cet état à un embarras 
gastrique, à Tusage du tabac. — 3° Vee- 
zéma lingual est caractcrisé~par*un aspect 
gazonneux plus prononcé, plu<i touffu, une 
couleur plus foncée, des houppes épîthé- 
lîales plus longues ; ce n^est plus une eau 
trouble et savonneuse qui a passé sur ce 
gazon, mais un liquide bourbeux et épais 
qui Ta imprégné d'un vrai limon. La colo- 
ration peut aller jusqu'au noir ; la langue 
est creusée de sillons profonds comme une 
couche sablonneuse ravinée par une pluie 
abondante. Tel est Teczéma lingual déerit 
dans récole de M. Bazin. — S® Le p<o- 
riasis lingual, dont il existe deux formes, 
la forme ptate et sèche ; la langue semble 
dépouillée de son épithélium, luisante et 
blanche comme si elle avait été touchée 
avec un crayon de nitrate d'argent ; cela 
rappelle ta plaque laiteuse des fumeurs, 
les plaques irisées de la syphilis ; la forme 
mamelonnée ou nummulaire : ce sbnt sur le 
dos de la langue de grosses saillies rouges 
au sommet et d'un rose opalin sur leur cir- 
conférence, tantôt isolées, tantôt formant 
des plaques irrégulières ; elles rappellent 
les papilles calicîformes, mais sont beau- 
cmip plus grosses. La langue est encore 
ici ravinée, creusée par des sillons pro- 
fonds. 

{U Abeille médicale,) 



De rendoeardîte tàgué daat la granu- 
lie. — L'endocardite aiguë a été signalée 
dans la plupart des maladies virulentes ou 
infectieuses, en parliculièr dans la variole, 
la scarlatine et la rougeoie, dans l'intoxica- 
tion paludéenne, la ûèvre puerpérale, la 
diphthérie,la septicémie. M. le docteur Per- 
raud (de Lyon) a eu l'oecasion de constater 
également dans ta granulie et a fait sur ce 
sujet de nombreuses observations, tant au 
lit du malade qu'à l'amphithéâtre. Voici 
les conclusions de son intéressant travail : 

!• La tuberculose granuleuse aiguë doit 
compter an nombre des maladies infec- 
tieuses dans le cours desquelles peut se 
manifester l'endocardite aiguë ; 

â** Cette endocardite, le plus souvent, 
n'a pas le temps d'évoluer, la granulie em- 
portant les malades avant que la lésion val- 
vulaire ait atteint un degré avancé. On ne 
trouve le plus souvent à l'autopsie que de 
petites nodosités plus ou moins pronon- 
cées, déjà décrites par les auteurs dans un 
certain nombre de maladies infectieuses et 
bien différentes des granulations tubercu - 



lenses dont on trouve quelques très-rares 
exemples dans la science ; 

3^ Quand la tuberculose granuleuse a 
une durée suffisante, l'endocardite peut 
atteindre un développement plus avancé et 
gêner assez le jeu des valvules pour donner 
lieu à des signes cardiaques physiques ou 
fonctionnels ; 

4"* Habituellement c'est la forme végé- 
tante de Tendoeardite aiguë que l'on re- 
marque alors, ^ous n'avons pas encore 
rencontré dans ces cas l'endocardite ulcé- 
reuse. Quant Ji la sclérose des valvules, si 
fréquente chez Tadulte^à la suite du rhu- 
matisme aigu, et dont l'évolution est plus 
lente, nous ne l'avons jamais vue dans la 
tuberculose granuleuse et elle doit être 
très-rare dans cette affection ; c'est du 
moins ce que permet de supposer la 
march,c rapide de celle-ci et la rareté de 
sa guérison dans les cas sui^igus et con- 
fluents, c'est-à-dire précisément dans ceux 
où l'endocardite survient de préférence. 
' . (/6W.) 



Ell^t thérapeutique! du nitrîte d*a- 
myle dant l'épileptie et l'hyttéro- 
épîlepiîe, par M. BOURNEVILLE. ~ 

M. Bourne ville fait part à la Société de 
biologie de ses recherches sur Vaction phy- 
siologique du nitriie d'amyle et -sur l'em- 
ploi de ce médicament dans Vépilcpsie et 
Vhystéro-épilepfie, De la première partie 
de sa communication nous relèverons les 
points suivants : Le nitrite d'amyle di- 
minue le nombre des pulsations, puis les 
augmente ; les oreilles, dont les vaisseaux 
se dilate^it, deviennent très-chaudes; les 
vaisseaux des méninges, comme ceux de la 
face et dn cou, sont dilatés (Bride, Kem- 
ster), ce qui incline à penser que l'action 
^de cet agent est circonscrite à une région 
spéciale des centres nerveux ; la tempéra- 
ture tombe chez les chats de 8 ou 9 degrés 
au-dessous du chiffre normal, l'abaissement 
continue après la cessation du nitrite d*a- 
myle et il est remplacé par une élévation 
thermométrique qui dépasse de 1 ou 3 de- 
grés le chiffre primitif; les chats se remet- 
tent très-bien de cette diminution de la 
chaleur centrale ; les urines des malades, 
recueillies pendant vingt -quatre heures 
après les inhalations, examinées une ving- 
taine de fois à l'aide de la liqueur de Bar- 
reswill et du réactif de Muller, par M. Bour- 
neville et par M, P. Begnard« n'ont jamais 
offert de sucre, excepté une fois : c'est la 



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REtffK ATlAtYTIQUE KT CRITlQUlt. 



m 



an récital oppoté il eelni qa*ont obtenu 
quelques observa le ors. 

Nombre de médecins ont employé le ni- 
trite d*amyté 'dans Vépilepsie (Crichton 
Brown, S.-W. Mitcheit, Phitip, Bride, Sol- 
ger, Sander, etc.). L*auteur résume leurs 
travaux. Il reconnaît avec eux que le ni- 
trile d^amyle arrête les accès qui ont com- 
mencé ou sont annoncés par une aura, et 
signale la divergence qui existe entre eux 
au point de vue de rinflucnce de cet agent 
sur la marche même de la maladie, les uns 
prétendent qu*il diminue' ou fait dispa- 
raître les accès, les autres soutenant que 
leur fréquence n*est pas modifiée. Dans 
Vétëi de mal épif optique, dont M. Bourne* 
ville a donné la première description com- 
plète le nitrite d*amyle rendrait des ser- 
vices incontestables, ainsi qu*en témoi- 
gnent un fait observé par lui et plusieurs 
casdeCi. Browne. 

Des attaques d'hy$téro^épilepsie, qui du- 
rent souvent plusieurs heuri^s, sont arré* 
tées par le nitrite d*amyle ; c*est là un fait 
qui ressort de son administration répétée 
on grand nombre de fois chez sept hysté- 
riques ou épileptiques du service de 
H. Charcot. LMnbalatioo donne lieu chez 
les malades aux phénomènes suivants: 
rougeur d*«bord vermillon, puis de plus> 
ea plus violacée de la face, des lèvres, de 
la bouche, de la langue, du cou, des 
oreilles. Si, rinbalation étant momentané- 
ment suspendue, tt survient une attaque, 
la face des malades a un aspect effrayant, 
la conge$tioii dépendant de Tattaque ve- 
nant s'ajouter è celle qu*i produite le ni- 
trite d*âmyle. Lorsque les malades repren- 
nent connaissance, le visage a une pi leur 
plombée. Quelques- unes ont des nausées ; 
la plupart ont des modiâcations <ie ta vue: 
elles voient une i neige jaune i^ des étin- 
eellea, des ronds jaunes et verts, ainsi que 
Pick Ta observé lui-même ; d'autres disent 
que la figure ides personnes qui les entou- 
rent est jaune et noire. Elles conservent 
une céphalalgie différente de cella qu'elles 
éprouvent ordinairement après leurs cri- 
ses, etc. La marche de la maladie n'est pas 
influencée. C'est donc seulement un moyen 
eonire Tattaque, de même que la glace 6u 
la compression ovarienne. 

M. Bourne ville, en terminant, insiste sur 
les do$e» Elles varient de iO à 30 gouttes, 
selon les malades, qui s'y a*ccouiument 
promptement, ce qui oblige à augmenter 
le nombre des gouttes. Les Âi^glais, les Al< 
leniands, fès Américains surtout, emploient 



souvent le nitrite d'amyle contre un gr*nd 
nombre de maladies (angine de poitrine, 
asthme, éclampsic, etc.) ; les derniers le 
mettent même à la disposition des malades, 
M. Bourneville estime que ce médicament 
ne doit être employé que par lé médecin 
et avec prudence. {Arehh, médic. beiges,) 



Du traitemeot de Tépileptie et 4e 
l'èelsmptie chronique» obes les enfanitt. 
— Dans un certain nombre de cas d'épi- 
lepsie et d'éclampsie, le point de départ de 
l'attaque ècmble résider dans une contrac- 
tion vascutaire instantanée q^i se produit 
de la périphérie vers le centre. Partant de 
cette idée, le doe tenr Deti^me fait une in- 
jection de 1 k â milligrammes d'atropine 
sous les téguments. Particulièrement dans 
un cas d'éclaiApsie chez un enfant de six 
mois, il a obtenu une amélioration très- 
notbble en injectant dans la conjonctive 
une solution contenant 5 milligrammes 
d'atropine pour 100 grammes d'eau. 
D'après le docteur Demme, l'effet produit 
dépend de Taction paralysante qu- exerce 
l'atropine sur les branches terminales in- 
tracardiaques du nerf vagtie et les nerfs 
des vaisseaux périphériques. 

{Bulf. général de thérapeutique.) 



Reoherehet phytiologîquet et théra- 
peutiques sur la picrotoxîne. Applioa- 
tioDt au traitement de répîleptie ; par 
PLANAT. — La piçrotoxine est le prin- 
cipe actif de la coqne du Levant ; elle pa- 
rait avoir plutôt les propriétés d'un acide 
que d*une base, et pouvoir former des pi- 
crotoxates, de quinine par exemple. C'est n- 
un poison convulsivant, les convulsions 
sont toniques, cataleptiformes. La picro- 
toxine est sans action sur les cellules céré- 
brales idéomotrices ; elle agit sur le cer- 
velet, le bulbe, la moelle, en les excitant; 
mats à l'exagération ou déviation fonction- 
nelle succède la paralysie par dépense ex- 
cessive d'influx nerveux. La conséquence 
la plus remarquable de l'action sur le bulbe 
est, pendant la convulsion, l'arrêt plus ou 
moins complet du cœur entre les convul- 
sions, son ralentissement, raffaiblissemeht 
de ses pulsations, la stase du sang dans les 
capillaires. Cette stase du sang dans les 
capillaires, l'auteur la rattache à l'excita- 
tion des origines du pneu mo- gastrique par 
l'intermédiaire du nerf de Cyon, nerf cen- 
tripète, dont Paetion se traduit par une 



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aaâ 



REVDE ANALYTIQUE ET CBITIQUE. 



detesîe vaseiil9Âr9 péFîphépîque, La.picr^rr 
toxifue» un ÎDiportanl au patntdc vue phy- 
siptogiquc» est sans action sur Tappareil 
lymphatÂcpiCy sur le grand sympa («bique, 
ta plcfoioj^ino n^Qgit pas sur le$ mpllus- 
qnes (escargoi, limace), empoisonne k-s 
annelés (éorevisse); elle est denc comme 
un réactif du système nerveux prouvant 
que le système nerveux des mollusques est 
r;«pah»gue du grand sympathique, le sys- 
tème ganglionnaire des annelés pouvant 
étTo assimila au niyéleneépMe des verté- 
brés. 

Le nodus épileptieus est dans le bulbe ; 
la eause immédiate de Tépilepsie parait 
être une suspension partielle ou totale de 
Taetioo bulbaire, la> chute en est la cônsé^ 
quenee. La période tonique qui arrive im- 
médiatement correspond déjà à une réap* 
parition de ia- circulation, A priori il était 
permis d^iaduîre de Taelion balbaire phy- 
siologique de la picrotoxine h la possibilité 
d*une action modiiieatrka heureuse de. 
l!éiat moléculaire épiteptogène du bulbe. 
L^expérieiice a confirmé les prévisions. 

L^autcur oomroenee par deux gouttes 
malinettsoir, dans uxieeuilierée d'eau, delà 
teinture alcoolique préparée comme il suit: 

Coque de bonne qualité pulvérisée ^00 gr. 
Alcpol recliûé . . 1,000 - 

Faire mariner pendant trois semaines, 
en agitant le mélange de temps à autre; 
filtrer.' 

Augmenter de deux gouttes par jour 
jusqu'à concurrence de trente gouttes, . 

Or, M. Planât a obtenu drs succès, re- 
marquables dans répilepsie non trop chro- 
nique, réelampSie puerpérale et infantile, 
la contractura (^es extrémités, la chorée et 
une de Ses variétés, le spasme diaplirag- 
matique. 

Dans les observations rapportées par 
fauteur, Ton n'observe pas de phéno-* 
H^ncs physiologiques altrifouables à Tae^ 
tion de la picrotoxine, et riappelaiit ce qui 
arrive lorsqu'on traite une affection con- 
vulsive, la chorée par exemple, par la stry- 
chnine^ suivant la méthode 4<k Trousseau. 
L*on ne peut donc invoquer la théorie de 
répuisemeni nerveux pour expliquer Ta^ 
mélioration ou la guérison do Tépilepsie 
par la pierotoxihc. 11 faudrait donc ad* 
mettre plutôt une simple action modifiea- 
trice locale. Tout au moins est-ce là notre 
manière de voir, Taotcur ne s'étant pas 
suffisamment expliqué sur ce point. 

{Lyon médical,) 



ÉlMidM 'f«rlie UaîteèaMAl.du d««l(éte 
0uoré, par MM. les docteurs Éaicv HAHT-* 
NACK. BALFOUa, KUSSMAUL, r^ Ges 
trois études, presque .contemporaines» nous 
ont paru intéressantes & réunir et à cpm- 
parer. Sans vouloir, ea. effet, nous pro- 
noncer tout d'abord sur la valeur des opi* 
nions émises par leurs auteurs, nous peu - 
sons qu'il es^ toujourst utile de faire con- 
nûtre les tenlatives thérapeutiques se. 
rieuses entreprises dans le but, sinon de 
guérir, au moÎQs d'améliorer une maladie 
dont jusqu'ici nous ne coanaissons pas le 
traitement positif. 

Si fes divers agents mis jusqu'à ee jour 
en. usage pour conibaUro . le diabète sucré 
ont tous, dans certains cas« donné des. 
succès, cela tient, à ce que cette affection 
n'en est pas une. L'étude pathologique du 
diabète sucré laisse coeore beaucoup à dé- 
sirer, et il est évident que la séparatioQ des 
di#érentQs formes -de la ronladie devra être 
plus complète .quand on voudra indiquer 
une thérofjeulique régulière. A ce point de 
vue, les travaux que nous aUens sonfiimai-r 
rement passer en revue soat unr véffitable 
progrèsw - 

Erioh Hartnaok croit avoir déivontrë que 
^ In quantité de suore eonteou dans l'urine 
d'un diabéli^iue est direoteaient propor- 
tionnelle aux hydrocarbures ingérés. ; Ce 
premier point bien établi tendrait à enn- 
firmer la théorie qui veut que le^ diabète 
dépende d'un arrêt dans les transformu- 
tions des hydrocarbures. 

Cette première proposition une fois ad- 
mise, rien ne lui parait plus rationnel, qne 
le traitement qu'il met en usage ; à 
l'exemple de Schultae, Il administre la gly- 
cérine. Mais ce dernier auteur pensait que 
la glycérine setransforoiait rapidement en 
sucre 'dans l'organisme et empêchait ainsi 
une quantité considerable.de matières amy- 
lacées d'être éliminées à Tétat de^uere» 

Hartnack n'admet pas cette interpréta p 
tion* Voici son traitement :Jldonqe 100 gr. 
do glycérine sous forme de limonade, et» 
dans ces : conditions, il n'.a jamais vu se 
produire d'accideuts. Ik.est facile^ diaprés 
lui^ de c6mpre&dre l'action de ce médioa" 
ment : il faut parer à deux vices de nutri- 
tion qui constituent le plus grand danger 
do la maladie: A** k la perte de matériaux 
d'oxydation ; ^ à la perte d'eau. La gly- 
cérine qui s'oxyde dpns l'organisme rem- 
plit la première indication ; la seconde' ré- 
clame surtout l'abstinenee d'aliments amy- 
laeés. Hartnack hésite d'autant moins à- 



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RBVUe ANALYTIQUE fiT CRITIQUE. 



^K 



«uppriner les hyidrocarbures qoo, fM>iir le 
dialbétlqiK» Ils ne sont plus uh aliment. 
La |;tyicérine, elle» jeue cbe« le diabétique 
le Me écs siibslance» amylacées chez 
rhomme sain : entre autres avantages, elle 
possède celui de diminuer le désir des ma- 
tiiVree amylacées, si grand cboz lui^ 

Ces deux parties du traHement sont »b- 
soèisment indispensables. Supposons, «n 
eff^, qu« rën'fMrescrive au diabétique Iq 
éiàte animale sans lui administrer la gly- 
cérine^ 4a quantité de sucre excrété di- 
mi»ae iMtabienient^ il eat vrai, ainsi que 
ccile d^ l*uWne, mais on ne supplée pas 
aux peintes produites par la cçmbustivn.; 
la faiblesse persiste et le malade succombe 
à une consomption progressive. Ce' n-eat 
quiaprès Tadministratiob de la ^glycérine 
que la santé se rétablit, en même temps 
que l'embonpoint renaît. 

Donne ton, au contniire, la glycériàe 
sans supprimer Falimeuiation amylacée? 
La quantité d-arine reste la même et .par 
conséquent répuisemenl continue à faire 
des progrès*. 

Kuasinafil, comme Harnack, a traité des 
diabétiques par la glycérine, mais il n'a 
pas obtenu les mêmes résiAtais favorables j 
cepcttdaaft il avait pris la précaution d'aa- 
socler la glycérine à la dic|6 azotée. Il 
pense que >la viande seule a die meilleurs 
effets Y|ue lorsqu'eUe est alliée 4k la glyeé- 
-rine. 

li a dé plus employé les ibjectioiis de 
dlastase dans le tissu ceihila«re sous cutané 
et dans les veines.' Ge trailemeiit lui a 
donné les résultats suivants: i!<t 10 à 
30 centigrammes de diastase dissoute dans 
IVaro, infectés à plusieurs «repriecsdans ilc 
tissu cellulaire d'iun rdiabétique, n'e4ir«nt 
aucun effet sur la quantMé ide «kutrc rendre 
par le «malade; â** iO centigrammies de 
diaâtasc injectés dans les grosses veines di- 
minvièrenl les pertes 'en sacre. {Deuttafi 
Arcftiv, fur KHmsche Medwin, juin et 
juillet 4 87>i.) 

Bélfaur a traite des diabétiques par di- 
vers moyens. Chez les diabétiques gras, il 
associe la diète azotée avec le koumys et 
tin^ forte dofio diacide laètiquc. flTapporte 
sept -ces 'graves traités pat ceUte. métbefle 
et dans lesquels il<aiobtenu de véritables 
sweoèav tantamélioitationoonaiAéràblc que 
goérîMin au «moins aainnefitanée. Chez les 
diaiïéliques avec oonsom^tion; ce traite- 
ment ne vaut- rien^, et, dans ces derniers 
cas, il ne i;^rait j)as éloigné d'employer 
Tacide phcniqqe. {L'Abeille médicale:] 



• Obt^iration d'aj^oiile ^MÉétPëus^ g»ué«- 
rie par de» inlialatitttti da «hfdï^ôfâiniie ; 

par M. le doetenr de RIDD^R (de Waére^ 
ghem). -— Julie R..., non marfiée, às^4e 
38 ans, d^une Ibrte constitution,' d*un 
tempérament mixte ncrr^so^sanguin, abori- 
danrtnent réglée, à tel point que Kécoule- 
ment menstruel simule une vi^ritable méiror- 
rhagfe, se trouva, à la suite d*un rbftmé, 
dans Tiin possibilité de parler h haute voix. 
Apres avoir patienté pendant trois semai^ 
nés, elle vint me cons^tlter aussujet-dc Cfe 
malaise et me raconta qu'elle avait dëfà 
épuisé toute la série des moyens vulgaires 
usités en pareil <^s : tels que boissons 
émoUientes, cataplasmes émollieiits,'etc. 

Uft examen convenable de la poitrine, 
de la gorge et du cou ne me fit déconvi*fr 
aucnn^symptotne de pbtbisie pulmonalt'e 
ou laryngée, nulle trace d'inflanimatiota 
ou de rougeur <dans Tarrière-boucbe, au- 
cune douleur au niveau «dn larynx. Pas de 
cachexie syphilitique, pas de gonâemerri, 
pas de tumeur. Âu^ reste, la déglutition et 
la respiration s'exécutaient sans diifficàtté 
et elle jouissait de toute la plénitude de 
ses facuhés intelleclueltesv 

Comme l'aphonie avàitéfé précédée 4e 
toux, je m'arrêtai à 'l'idée qa'elte pouvait 
être le résultat d'un peu d'irritation, qui 
avait persisté au niveau des ëordei v^iaJes 
et j'ordonnai sans succès >âesfr»cfi&sns avec 
l'huile de croton tiglium à la région laryngée. 

Je l'avais déjà traitée plusieurs fois, 
pour dés attaques d'hystérie et^it-mevint 
alors à l'esprit de recourir à un autre e«- 
dre'de niditicamen4s, pendant que raphonie 
était nerveuse et qu'elle pounsiit frès'^biéti 
être mie^ manifestation de'la névrosée la- 
quelle Julie R. étiait sujette. Je Ifri donnai, 
sans succès, des piiukâ d*'jsii'<fa$ti4a, puis 
ufté mixture narcotroo^ntis|)«smodiqiie. 

Je me rappelai alors un cas d'aphonie 
nerveuse k» la suHe d'un saisissement nù 
les inhalations de chloroforme poussées 
jusqu'à la syncope avaient rendu de-grânâs. 
services. Mais, je favooe, j'avais peur 
d'adtfiînfstner'ainsi lechlorofonne, pour «m 
pareil cas. Je confiai donc k ma malade, 
un petit flbcon de ce liquide et je ' lui en 
fis respîret les vapèîurs, pendaétiine à deiix 
minutées, toutes 'les heures, de manière à 
ne pas produire l'anesthésie, niais .neute- 
ment jusqu'à déterminer un peu de ver- 
tige • ou d'élfourdissement.. Au bout de S 
jours, Taphonie cédant peu à peu, avait 
complètement disparu. 

Cinq mois après, Julie revint avec Ja 
même aflectiou, >et réclama de nouveau un 



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%u 



RBVUE ANALYTIQUE RT CRITIQUE. 



peu de ohloroforme, qu*eile employa de la 
fuéine façon que la première fois et le mal 
céda rapidement sous Tinfluence de la 
même médication . 

Un an après cette guérison, la même 
aphonie accompagnée d*un lioquet spas* 
modique et de vomissements glaireux in- 
cessants^ se montra à la suite d*une forte 
attaque d'hystérie et d'un écoulement 
menstruel plus abondant que de coutume. 
Julie avait encore en sa possession le fla- 
con de chloroforme. Elle s*en servit a mon 
insu comme les autres fois. Pendant IK 
jours» elle en respira les vapeurs sans suc- 
cès. Je lui prescrivis alors dii chlproforme 
récent, et la disparition de Taphonie ne se 
fit pas attendre. Le hoquet et les vomisse- 
ments glaireux cédèrent à T usage des per- 
les d^éther, et contre récoulement mens- 
truel trop abondant je donnai avec succès 
une seule goutte de teinture d*iode dans 
une potion gommeuse, à prendre tous les 
. jours pendant la durée des règles. 

Tel est le fait que j*ai rhonueur de por- 
ter à la connaissance de mes confrères. Je 
n*ai pas la prétention de leur offrir du 
neuf^ ni de m'approprier une expérience 
que d*autres ont déjà tentée avant moi. Je 
suis heureux seulement de pouvoir insister 
sur une manière de se servir du chloro- 
forme qui est exempte de danger. 

(Revue de thérap, médicochirurg,) 



comme traitement curatif, Tapplioation de 
ia glace à rextérietir(Béhier, Rey, de Bor- 
deaux) est surtout conseillée par M. Triaire. 
(BtUl, général de thérapeuttque.) 



Du traitement préventif de la fièvre 
puerpérale — Sous ce titre, le docteur 
Triaire expose un certain nombre d^idées 
surTétat puerpéral et les phénomènes phy- 
siologiques qui accompaj^nent ot suivent 
raccouchemeht. Si quelques-unes des con- 
clusions pratiquer» auxquelle il arrive sont 
acceptables, il en est d^autres au contraire 
qui sont dangereuses M. Triaire pense 
que raccouchement est beaueoup moins 
dangereux chez les femmes de la campa - 
gne que chez les citadines, parce que Tuté- 
rus, chez les premières, revient facilement 
et rapidement sur lui-même après raccou- 
chement. Il faut donc obtenir la rétraction 
rapide de Tutérus; pour cela, Tauteur 
propose un moyen qu'il croit nouveau, 
mais qui se rapproche beaucoup de celui 
connu ioas le nom d'expreaion utérine; il 
insiste sur Tutllité du seigle ergoté admi- 
nistré après raccouchement (1). Enfin, 

(1) Ce moyen a été employé,^ il y a nombre 
d*ann6e8, par M. le professear Van fîuevel, à la 
maternité de BroxHIiw et mis en pratique comme 
ruades éléments du traitement rationnel dans un 



Du lavement froid ; ton aotion phyeio- 
lo^que et ton enpioi thérapeutique dan» 
la fièvre typhoïde. —M. le docteur Foltz 
vient de faire paraître dans Lyon médical 
une étude intéressante sur le lavement 
froid. Il montre que des lavements froids 
à 8 degrés à Tétat physiologique font abais- 
ser et le pouls et la température ; la quan- 
tité d*eau à administrer doit être de 1 litre 
pour un adulte, d'un demi-litre pour un 
jeune sujet et d*un quart de litre pour un 
enfant. Quant à la température dt^ lave- 
ment, M. Foltz a remarqué que le laVement 
de 10 à âO degrés fait baisser le pouls de 
6 pulsations, que de 30 à 50 degrés il se 
ralentit de 5 pulsations ; enfin de 50 à 58 
degrés il peut encore ralentir la circulation 
de 1 ou 3 pulsations. Voici d'ailleurs les 
conclusions de M. Foltz : l"" Lo^ lavement 
froid a une action physiologique locale et 
générale ; — â« L'action locale consiste en 
une ^ensatioh de fraîcheur suivie de con- 
traction intestinale; ^ 5» L'action générale 
produit le ralentissement du pouls, la dimi- 
nution de la température animale et la séda- 
tion du système nerveux. Elle apaise la 
soif, stimule l'appétit et augmente les sécré- 
tions. -— 4® Cette aetion rafraîchissante, 
sédative et tonique, reste la même, qiiant à 
sa nature, pour tout lavement dont la tem- 
pérature est au-dessous de 58 degrés ; mais 
elle est d'autant plus intense et durable, 
qu'il est plus froid et plus abondant on re- 
nouvelé; ^ S<* Les indications thérapeuti- 
ques du lavement froid sont extrêmement 
nombreuses. : il convient par son action lo- 
cale dans les maladies de l'abdomen et par 
son action générale dans les maladies 
fébriles. A ce double titre, il est indiqué et 
il réussit, comme remède principal, dans 
la fièvre typhoïde. (ibid,) 



Traitement de la tranepiratioa pro- 
fote par la belladone. —Suivant les erre- 
. ments du docteur Ringer et du^ docleur 
AUan, le docteur Butler (de Glasgow) em- 
ploie depuis plusieurs mois la belladone 
contre les transpiratioAs profuses, princi- 
palement eontro celles qui épuisent si 

nombre considérable de cas. par H. le professeur 
van den Corput, dans ses cliniques de Phépital 
Saint-Pierre de la même ville. 



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REVUE ANALYTIQUE fiT CRITIQUE. 



ââs 



erueltement les phthisiqnes. Il la éwmt le 
soir en pilules de 5 milligrammes, baas 
plus de la moitié des cas la transpiration 
avait cédé après trois ou quatre pilules, 
d'autres fols Tefifet n'était sensible (Qu'après 
liuit ou dix jours ; dans un tiers des cas; 
Teffel fut nul et le médicament dut être 
abandonné. LVflet a été le plus souvent 
durable et les transpirations ne reparais- 
saient pas ioRBcpi'on cessait remploi de lo 
belladone ; quelquefois il fallait^ y revenir 
au bout de quelques jours. La plupart des 
malades réclamaient eux-mêmes leur pi* 
Iule, (lisant en obtenir un grand soulage- 
ment. ' {/Md.) 



I>e la suralealîtation du «ang et des 
urinet sont riofluenoe de- la ohauz et de 
la magnéteîe, parCAULET. — Si les eaux 
calciques sont dissolvantes et lithontripti-' 
ques, ce n*est pas que la chaux comme ta 
magnésie puissent prendre une part directe 
h la réaction alcaline produite ; c'est la 
soude qui toujours alcalinise l'urine. Ncu- 
baner a d'ailleurs établi que la chaux et la 
magnésie ingérées ne passaient pas dans 
Purine ; M. Gaulet arrive mémo à établir 
qu'elles ne peuvent être absorbées. Com« 
ment augmentent -elles donc raloaiinisation 
du sang? Indireetemcnt, en provoquant les 
sécrétions aeides de l'estomac. Les nrines 
deviennent alors alcalines comme dans les 
cas ou la sécrétion aride de restomac est 
excessive : affeetions organiques de ce vis- 
cère, vomiflaernent dironique, certaines 
dyspepsies, scrofule, affections vem»i- 
neuses, maladies cérébrales, accès de co- 
lique hépatique, néphrétîqtie, etc. 

L'byperalcalisation indirecte por lama* 
gnéaie et la chaux, étant subordonnée à 
l'intégrité de la fonction- stomacale, sera 
contre-indiquée lorsque l'estonaac aura 
perdii la foculté de sécréter on aelde (gas- 
trite- chronique parenchymatctise). VùU 
cassation par les terres est moins prompte, 
mais plus durable que ralcalisation carbo- 
nato-sodique directe; elle parait «urtout 
avoir sur cette dernière Tavantago de dé- 
terminer un mouvement de rénovation 
moléculaire, de désintégration moIéonlaTre 
beaucoup plus énergique, par suite, pro- 
bablement, de l'état naissant des molécules 
alcalines* de soude formées» L'on a alors 
les effets de la médication par les alcalis 
caustiques riiqueur^le potasse, solution de 
Brandish, solution d'ammomaq«e« Aihsi 
est expliquée la sufériorité des alcalis ter- 



reux contre la goutte, la gravelle. Il semble 
enûn que la magnééie et la chaux proviO* 
quent une véritable spoticitloo minérale de 
l'organisme, de soude par les reins, d'a>« 
etdes par la muqueuse intestinale. 

(Lyon médicêU.) 



De la forme bémoptolque des mala- 
die» du oœur ou de l'hémoptysie oar- 
dtaqwie, par 6. SÉE. ^-Quelquefois une 
affection cardiaque peut ne pas se mani- 
fester autrement, et sur tel malade soumis 
h votre examen vous croyez reconnaître 
des tubercnles pulmonaires, c^est une affec- 
tion cardiaque que vous découvrez. Osé 
bémoptyéles cardiaques peuvent être dé- 
terminées par une stase du sang dans les 
vaisseaux de la petite circulation, suivie 
d'un accroissement de la tension veineuse 
et d'une rupture des capillaires. Une opi- 
nfon opposée a été soutenue^ surtout dans 
ces derniers temps, ainsi par M. Duguet ; 
elle consiste à rattacher rhëmoptysie car- 
diaque h des embolies, dont l'origine serait 
le ventricule droit et surtout l'oreillette 
droite, dans lesquels se formeraient des 
dépôts fibrineux. L'élément altération de 
la paroi vasculaire a aussi une grande im- 
portance. L'augmentation de la tension 
dans l'artère pulmonaire peut encore avoir 
un rôle ici (Corvisart, Porgét), ^t M. Sée 
rappelle ii ce sujet un passage de la thèse 
du docteur Barthélémy qui remarque que 
l'hémoptysie cardiaque est fréquente sur- 
tout dans le rétrécissement mitrsl com- 
pliqué d'hypertrophie du ventricule droit. 
L'on sait que ce sont les lésions mitrales, 
très-rarétnent la lésion aortique^ qui se 
compliquent d'hémoptysie. 

M. Sée suppose une lésion cardiaque 
fruste, latente, sans signes stéthoscopi- 
quès ; à quels caractères reconnaître alors 
une hémoptysie cardiaque ? D'abord, dans 
la majorité des cas, il y a une cause occa- 
sionnelle palpable ; effort violent, fatigue, 
exercice musculaire plus ou moins pro- 
longé, excès alcooliques, variation brusque 
de température, grossesse. L'hémoptysie 
est en général peu abondante, et le plus 
ordinairement \t sang est rouge foncé, 
quelquefois noirâtre ; Texpectoration peut 
devenir pneumoniqoe, surfont si un peu de 
pneumonie se produit aatour de rinfarc'- 
tus ; elle a quelquefois une odeur d'ail, de 
sirop antiscorbutique (Guéneau de Mussy). 
L'hémoptysie cànliaque est csscnlieMcmcnt 
continue (Grisolle). Enfin les crachats 3imt 

29 



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236 



RBVUE ANALYTIQUE ET CRITIQUE. 



souvent épais, peu aérés, visqueux, adhé- 
rents au vase. 

Si rhémoptysîe peut être cardiaque sans 
^que rcxameo du cœur ne révèle rien, en 
dehors de i*liémoptysie par tuberculisation 
pulmonaire, il y a encore à penser a Thé- 
moptysie supplémentaire des règles, à une 
hématémèse hystérique. {Ibid.) 



snilopbénate. de quinine dans les cas de 
pneumonie auppurée. {JMd.) 



Traitement de U dipbthéne par l'a- 
oide oxalique et par le •ulfophéiiate de 
quinine, par les docteurs NasToas PROTA- 
GlURLEO.et FRANCESCO. -^ Le docteur 
Noé Cinni de Montefolcino, a proposé, 
dans le n<* 34 de Vlndipendente, contre 
Tangine diphtbéritique, des badigeonnages 
au pinceau avec Tacide oxalique dissous 
dans de Teau* distillée ; c*est ce médica- 
ment que AIM. Prota-Giurleo et Francesco 
ont essayé et qu*ils viennent recommander 
à* leur tour en lui adjoignant l'administra-* 
tioo du sulfophénatc de quinine à rinté- 
rieur. Voici en résumé leur manière de 
procéder dans les cas d'angine diphtbéri- 
tique : 

i° S'abstenir de toute cautérisation, 
toujours beaucoup plus dangereuse qu'u- 
tile. 

2° Dès le début de la maladie, garga- 
rismes fréquents et badigeonnages des par- 
ties malades avec une solution d'acide oxa- 
lique. M. Francesco se sert de la formule 
suivante: 

Acide oxalique 1 partie. 

EaudisUllée 20 — 

M. Prota-Giurleo préfère dissoudre Fa- 
cide dans de la glycérine : 

Acide oxalique 15 parties. 

Glycérine 100. — 

A la température ordinaire Tacide n'agit 
pas sur la glycérine et ne donne pas lieu à 
la formation d'acide formique, etc.^ comme 
on. aurait pu le craipdre. " 

5° En même temps que l'on emploie ces 
moyens externes, il convient de donner à 
l'intérieur le sulfophénate de quinine à la 
dose de 5 à âO centigrammes en prise, 
quatre fois par jour. 

ii° Nourriture tonique, bouillon, vin gé- 
néreux. 

5<> Aération bien ordonuiée do la chambre 
des malades, et autres mesures hygiéni- 
ques réclamées par toute maladie infec- 
tieuse. 

Le docteur Francesco termine en van- 
tant les bons effets de l'usage interne du 



De» aoiclea tnlfareux et aiitfiiriqoe 
dana le traitement 4e Ja dipkthdrie. -— 

Le journal TfieHamilton êpecitUar, del'Au- 
stralie méridionale, préconise contre cette 
affection la limonade aulfurique dans le 
but de détruire les microorganismes qu'il 
suppose élre les agents principaux de la 
maladie, il wffîrait de quatre gouttes d'a- 
cide sulfurique étendu dans les trois 
quarts d'une bouteille d'eau pour détruire 
le parasite et déterminer très-rapidement 
la chute des fausses membranes. 

Ce moyen est si simple qu'il est en train 
de faire le tour des journaux de médecine ; 
nous devons donc l'enregistrer, tout en 
partageant cependant les doutes de PoUi, 
qui pense qu^ si faibles doses l'acide sul- 
furique doit être tout à fait impuissant, et 
qu'à doses suffisantes comme parasiticide 
il deviendrait dangereux au moins pour les 
dents. 

L'acide sulfureux parait pins heureuse-» 
ment choisi. Le docteur de Sabbata le pré- 
conise comme prophylactique, à l'effet de 
purifier les chambres, les maisons et les 
localitéii imprégnées du contage diphthé- 
rique. Il fait remarquer qiic partout où l'on 
constate des émanations sulfureuses on 
peut constater aussi une immunité marquée 
à la diphthérie (fabriques d'allumettes, sul- 
fates, etc.). En faisant brûler du soufre 
dans la chambre contaminée, après ^n avoir 
fermé soigneusement les issues, non-seule- 
ment on désinfecte tous les objets qu'elle 
contient^ mais encore on provoque sur lo 
revêtement calcaire- des murs une couche 
de sulfite de chaux qui est elle-même,, pen- 
dant un certain temps, une source perma- 
nente de désinfection. 

. Les émanations sulfureuses répandues à 
doses modérées dans la chambre des ma- 
lades pourraient aussi contribuer à la gué- 
riaon conjoiutement avec les attouche- 
ments phéniqués ou créosotes, les boissons 
toniques et les autres moyens qui sont de 
mise dans le traitement curatil de la diph- 
thérie. (/6iU) 



Du traitement de la ooqueluelie« — 

Le docieur Ortille, de Lille, adresse sur 
cette maladie, à VÀbeiUe médicale, les ré- 
flexions auivantes : 

L'étiologie et le traitement de la coque- 



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REVUE ANALYTIQUE ET CRITIQUE. 



2:27 



loebe viennent de liire un grand pas, 
grâce à la découverle du docteur Letréricb. 
Le microooceus végétal qui, selon notre 
savant confrère, est la cause première de 
ra£fection, peut être atteint directement 
par des inhalations anti-sepliques. Le r61e 
des anti-spasmodiques de toute nature, 
que depuis des siècles les hommes de Tart 
ont opposés à Télément nerveux qu'ils 
voyaient dominer dans cette affection, et 
qui, le plus souvent, ne réussissent qu*à la 
longue, est éclairé d*«tn jour nouveau et 
leur action incertaine s*explique par ce 
fait, qu'ils s'attaquaient à Texcitation ner- 
veuse, aux effets produits par le champi^ 
gnon parasite, et Qu'ils étaient sans action 
sur la cause première de la maladie. Or: 
Sublata cama^ tollilur effeetus. 

Le champignon (mioroeoccus) qui s-in« 
filtre dans les muqueuses des voies aé- 
riennes, et dont la présence détermine la 
production de globules plasmatiques et 
consécutivement de bactéries, est la cause 
première de ces quintes ; efforts répétés de 
la nature pour sfe débarrasser du parasite, 
qui, du reste, se reproduit très-rapidement. 

C'est donc directement par des inhala- 
tions qu'il faut chercher à attaquer la cause 
première du mal. C'est à ce genre de mé- 
dication que l'expérience avait conduit bon 
nombre de nos devanciers, et dont la pra- 
tique vulgaire qui consiste à conduire les 
enfants dans les salles.de dépuration du 
gaz d'éclairage y respirer la benzine qui se 
développe pendant la distillation de la 
houille, s'est conservée parce qu'elle anie* 
nait réellement du soulagement là où nos 
médications, s'attaquant à l'effet, n'avaient 
encore rien obtenu. 

l'emploie de préférence l'acide phé- 
jiique, et c'est pendant la quinte, au mo- 
ment où l'inspiration sifflante, qui suit les 
inspirations répétées, se produit, que je 
fats approcher de la bouche de mes petits 
malades le flacon à large: tubulure que je 
conseille à mes clients. 

L'inspiration est alors très-énergique, et 
les vapeurs sont portées profondément 
dans l'arbre aérien. C'est également pen- 
dant quelques minutes, après Texpulsion 
des mucosités, qui suit en général la toux 
spasmodique, que je fais maîn tenir le 
flacon dans le courant de la colonne d'air 
aspiré. Les voies sont alors débarrassées du 
DMictts qui tapisse les muqueuses bronchi- 
ques, et les inhalations peuvent atteindre 
le champignon, cause première de l'affec- 
tion • • 



•Pendant la Quif, je fais placer dans la 
chambre une assiette remplie de pétrole, 
de benzine ou d'acide phénique. 

Tout en attaquant la eau^e première de 
la maladie, je ne néglige pas, les antispas- 
modiques comme calmant l'éréthisme du 
système nerveux. J'ai recours: soit à 
l'hyoscyaminc, soit à la belladone, dont Je. 
varie les doses suivant l'Age de mes petits 
malades. 

Les promenades en plein air, nourri- 
ture fortifiante^ café après les repas pour 
remédier aux vombse mente, tous moyens 
que l'expérience nous avait indiqués depuis 
longtemps. 

J'emploie également la poudre d'ipéca 
pour amener et faciliter, par des vomisse- 
ments et la sécrétion bronchique abondante 
qui suit en général son administration, 
l'expulsion des mucosités ; et alors, immé- 
diatement après les vomissement^ je fais 
aspirer de l'acide pbéniqoé. 

fin résumé, je cherche à satisfaire aux 
trois indioations qui, selon moi, sont à rem- 
plir dans le traitement de la coqueluche 
non compliquée. 

l" Attaquer directement la cause du mal 
par des inhalations. 

^ Combattre l'excitation nerveuse de 
l'appareil respiratoire par des anti- 
spasmodiques, en tête desquels^ se placent 
les solanées vireuses, belladone, jus- 
quiame, etc. 

' 5*^ Soutenir les forces du malade par un 
régime tonique approprie à son âge et le 
mettre dans les meilleures conditions hy- 
giéniques possibles. 

Presque toujours, par ces moyens, j'a- 
brège considérableinelit la durée de l'affec- 
tion, qui ne dépasse pas trois ou quatre 
sept^naffes et se passe le plus souvent 
sans eomplieations. 

{Arehwe$ médicales bdge»,) 



Traitement de diverses affaetîon» ga«- 
triquet au moyen de la pompe stoma- 
oale, par le docteur Paul SCHLIEP. — Ce 
mode de traitement, préconisé surtout en 
Allemagne contre la dilatation de l'estomac, 
a été efliployé par l'auteur dans 74 cas de 
maladies de l'estomac, savoir : 

i^ Pour iine indication momentanée 
(intoxication) dans . .. ''2 cas. 
â*" Pour le catarrhe simple de 

l'estomac i5 » 

3*^ Pour le calarr. compliqué : 

. A. de chlorose . . . . 4 » 



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228 



R£VOï iJNALYTlQlIE BT URITIQOB. 



B. de mauK de netveux . 5 cas. 

C. d^affeetions pulmonaires '4 » 

D. d^ictère ..... 2 p 

E. de néoplasmes d'autres 
organes ...... 2 • 

40 Pour l'ulcère de FestoBiae. 40 » 

5° Puurladilatat.de Tcstooiae. 14 » 

6" Pour le careinome de f es- 
tomac 6 eas. 

L'emploi de Ja pompe stomacale dans 
les empoisonnements est ancien et fort 
usité en Angleterre, où les autres traite- 
ments sont pour ainsi dire inconni». Outre 
les â cas cités plus haut, Fauteur y soumit 
deux autres malades à Thôpital allemand 
de Londres. 

L.e6 catarrhes anciens de Testomae sont 
assez fréquents et difficiles à guérir ; tou's 
les eas de cette catégorie traités par Tau* 
teur duraient depuis longtemps et avaient 
déjà été traites par bien des médications. 
1^ nombre d'applications de la pompe con* 
tre cette maladie est généralement peu 
considérable : sur âlS cas^ i\ fui en moyenne 
de 9; mais souvent il suffit de 2 ou 5 ap- 
plications. Les malades s'accoutument 
facilemeni à Tintroduction de la sonde. 11 
importe de toujours leur parler de la pre- 
mière application tout en promettant au 
malade qu'^u bo4it de 3, il éprouvera déjà 
une amélioration. 

Dans les catarrhes compliqués d'autres 
affections) les 17 cas réclamèrent en 
moyenne 10,12 applications chacun, c'est- 
à-dire un peu plus que les catarrhes^ sim- 
ples de l'estomac. Les résultats furent irès^ 
heureux, niénre avec une complication 
aussi défavorable que la phtkisie. 

L'ulcère do Teslomac ci Tectasifi qui en 
dépend sont des cas dans lesquels oe mode 
de Iraitement a beaucoup réussi' en Alle- 
magne ; bien que généralement les-uloères 
récents constiiuent unnoU me tangere^ la 
nature devant faire les frais de la guérison, 
il en est où les vomissements sont si vio- 
lents et si danc^reox que la pompe ne 
peut diminuer le danger. TrMS des eas de 
PauVeur appartenaient à cette rubrique et 
eurent de très- bons résultats de ce traite- 
mi*nt. 

Quant à l'ulcère chronique, tosquMl est 
cicatrisé ou que du moins les ^symptômes 
violents sont passés^ rien de plus rationnel 
que de débarrasser l'estomac de son con- 
tenu ; réaction généralement acide. La 
pompe fut employée en uMiyenne 14 fols 
chez les malades do cette série. 

Knssmaul a écrit en 1869 un travail si 



remarquable snr remploi de la pompe sto- 
macale dans la dilatation de i'eslomac, qu« 
l'auteur ne pourrait que répéter ce qui s'y 
trouve consigné. II a trouvé qu'une désin- 
fection quelconque d'un contenu déjà 
décomposé ne sert de rien, mais qtfc si 
l'on veut guérir à fond une dilatation, on 
doit commencer de bonne heure à vider 
l'estomac régulièrement, à fond et jour- 
nellement ; car si la paroi musculaire peut 
reprendre sa contractiltté et sr Tatrophie 
et la dégénérescence des glandes de Pes« 
tomac n'ont pas encore pris trop de déve- 
loppement, au bout d'un temps peu consi- 
dérable, la décomposition du .contenu 
cessera et la chimie de la digestion stoma- 
cale se produira de nouveau ^dans ses 
limites normales. Si ce résultat n*a pas 
lieu, tout en reconnaissant l'Ineurabilité 
du mal, on continuera l'usage de la pompe 
ou son indication symptomatiqfie, qui lui 
rendra son mal plus supportable. Sur 14 
cas de dilatations, dont h furent guéris et 
9 améliorés, l'application de la pompe fut 
en moyenne de âl fois; plusieurs malades 
en achetèrent une et en continuèrent eux- 
mêmes l'usage* 

Dans le cancer de Testomac^ on doit 
être content d'une amélioration. Le nom- 
bre des applications varie suivant Tancien- 
neté du mal. £n remettant au malade le 
soin de déterminer ta fréquence des appli- • 
cations de la pompe, l'auteur vit la plu- 
part en désirer une par jour. 

r^s 74 cas traités exigèrent en tout 9S9 
applications de la pompe stomacale. - 

Quant à rexéeution de cette opération, 
il faut avertir -les malades de trois points : 
le premier d'être attentifs inspirer de 
l'air pendant toute l'opération ; le second 
de ne pas mordre la sonde ; le troisiènie 
de tenir la tête d*abord renversée pour 
faciliter Tintroduetio^n de la sonde qui, 
^ sans cela, va se buttera la paroi posté- 
rieure de l'œsophage, puis* plus tard au 
commandement de la pencher en avant, 
afin de faire disparaître la saillie do la ù° 
et de la 4» vertèbres cervicales : on éprouve 
aussi an cardia une légère résistance. En 
général, l'auteur s'est bien trouvé, quand 
Il arrivait à une place difficile; de laisser 
les malades diriger la sonde, dont on peut 
alors faciliter l» pénétration en y versant 
avec précaution de l'eau tiède : si les 
malades sont déjà exercés,, ils peavent 
faciliter la chose par un mouvement do 
déglutition. Le cas le plus difficile qui 
puisse se présenter est celui d'une dilata - 



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RIVOB ANALYTIQUE ET CRITIQUE. 



229 



lion de rœsbpthage prëeédant une strietore 
considérable du cardia. 

Quaud la soade esl en place, Tauteur 
coQifQence par iojeoier une certaine quan- 
lité d*eaQ, et quand le malade se met à 
vomir^ ou annonce qu'il sent son estomac ' 
rempli^ il commence à pomper avec pré- 
caution. La température de l'eau dgit être 
au début de 50» R., et peut être élevée 
d'après le désir des malades auxquels Teau 
froide produit du mal de cœur et de la 
douleur. Afin de se rendre immédiatement 
compte de tout obstacle à Taspiration du 
liquide, il place entre la sonde et sa mon- 
ture, un tuyau en caoutchouc, dont les 
parois se rapprochent dès que la sonde ne 
fonctionne plus. 

Il préfère beaucoup les sondes à plu- 
sieurs ouvertures à ceUes qui n'en ont 
qu'une, celles-ci exposant au danger d'en- 
lever un fragment de muqueuse. Q«jant 
aux bémurrhagies, il n'en a jamais vu que 
de minimes, dues sott à la nature 'de 
la maladie, soit à de violents efforts de 
vomissement, soit à l'emploi de solutions 
alcalines : la coloration rougeâtre du liquide 
évacué, bien que rare, n'est qu'un phéno- 
mène sans gravité» (^and la pompe ne 
ramène plus rien, on fait bien de refouler 
encore le piston contre l'estomac pour ne 
pas risquer d'aspirer de la muqueuse^ 
puis on retire un peu la sonde^ on essaie 
de nouveau d'aspirer, et ainsi de suite, 
afin de vider complétc'ment l'estomac. 
Quand on pense avoir terminé, on fait 
bien d'injecter un peu d'eau, puis de l'aK- 
pirer^ afin de voir si elle revient en même 
quantité parfaitement limpide. En y injec- 
tant jusqu'à ce que le malade accuse le 
sentiment d'un estomac plein, on peut 
apprécier le volume de l'estomac, expé- 
rience a ne pas négliger, pour continuer 
ou corriger le diagnostic. Pour bien éva« 
cuer les mucosités qui adhèrent aux parois 
stomacales, l'auteur fait faire à ses malades 
quelques eilorts de vomissement <poorvu 
que rien ne le contre -indiquât), puis aspire 
aussitôt; dans bien des cas on doit, au 
contraire, éviter avec le plus grand soin 
les voniissements, La sonde doit être reti* 
rée avec précaution. . 

Le contenu de l'estomac doit être soi- 
gneusement examiné en le remuant plu- 
sieurs fois avec une baguette ; celle ci 
retirée de la mnoosité, on examine la réac- 
tion avce du papier de tournesol, et on 
soumet quelque peu à l'examen mterosco- 
pique. Quelque Intérêt qu'il y ait à déter- 



miner la proportion de pepsine, la chimie 
ne donne pas encore de méthode rapide et 
pratique qui permette au médecin de le 
faire. On examine la réaction du contenu 
de l'estomac et l'on soumet quelques gouttes 
à l'examen microscopique. Au point de vue 
clinique, on pourrait peut -êlre distinguer 
les formes suivantes do ce contenu : 
1® contenu clair et moquenx, peu abon- 
dant, à réaction neutre : cette for^ se 
trouve dans le catarrhe chronique -simple; 
2* contenu coloré par la bile, ordinaire- 
ment peu abondant,, réaction neutre : se 
trouve dans l'inflammation catarrhale do 
la muqueuse stomacale et duodénale, ainsi 
que dans l'ictère ; 3<^ contenu composé 
d'aliments non digérés et de mucosités, 
ordinairement peu abondant et neutre, 
parfois faiblement acide, ce qui est plus 
normal. L'auteur et son confrère Nieden 
y ont trouvé, à Londres, de longs filaments 
terminés en pointés ; il a fini par recon- 
naître des petits poils de froment tels que 
l'on en trouve à Textrémité de chaque 
grain, ce qui n'est nullement indifférent, 
puisque ces particules contenues dans le 
pain anglais peuvent s'implanter dans la 
muqueuse, qui, en effet, sécrète une mu- 
cosité plus épaisse sur les points où ces 
petite^ lancettes sont implantées ; i^ con- 
tenu à fermentation acide, composé essen- 
tiellement de matières ingérées et le plus 
souvent assez abondant ; il se trouve dans 
des états inflammatoires récents et dans 
l'ulcère de l'estomac. Pronostic ordinaire- 
ment favorable, .parce qu'en enlevant le 
contenu on ôte la principale cause d'irrita- 
tion et l'on procure immédiatement un 
effet agréable au malade ; 5* la pompe agit, 
encore davantage lorsque le contenu est 
riche en champignons ; il a alors une réac- 
tion acide, sa quantité est souvent éton- 
nante et même énorme malgré qu'on le 
soutire journellement avec la pompe. Par 
le moyen de eelle-ci, on parvient générale» 
ment à améliorer la dilatation qui existe, 
et. les diempignons disparaissent égale- 
ment. Peu ou point d'utilité des désinfec- 
tants ; 6* le ^contenu putride se montre gé- 
néralement sous la forme du marc de café 
lorsqu'il y a une forte dilatation, spéciale- 
ment dans fa stegnose cancéreuse du 
pylore, et contient toutes sortes de parties 
organiques en décomposition. Quantité en 
générai très-considérable, réaction acide ; 
> quantité anormale de gaz, existant dans 
les ciatarrlies, toujours accompagné de 
symptômes nerveux marqués d'hypéres* 



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230 



REVUE ANALYTIQUE ET CRITIQUE. 



thésie de divers organes, d*inquiétude, 
d^angoisse. Ce gaz peut être de l'air avalé, 
ou se former dans Testomac dans des con- 
ditions cliniques anormales de remploi de 
la sonde ; il a d'excellents résultats, bien 
qu*il s'accompagne d'éructations violentes ' 
et souvent d*un œsophagisme marqué. 

L*auteur préfère la pompe au siphon 
préconisé par F«iergensen, bien que celui- 
ci paisse rendre de bons services ; et parmi 
les diverses pompes, il préfère celle de 
Kussmaul à l'instrument primitif fabriqué 
en Angleterre, ainsi qu'un petit modèle 
fabriqué dès lors dans le même pays. 

Les médicaments que Tauteur a intro- 
duits looalement par cette méthode de trai- 
tement pour les extraire ensuite avec^la 
pompe sont i i^ \e bicarbonate de soude ^ 
deux cuillerées à bouche pour une cuvette 
pleine d*eau, sert à neutraliser par son 
emploi répété jusqu'à cet effet, quand la 
réaction est très-acide ; â<> V hypermanga- 
naie de potasse ; on prend de 2 à 4 oniies 
(60 à 120 grammes) d'une solution an 4/100 
pQur une cuvette d*eau ; trés-ntije lors de 
la décomposition anormale du contenu de. 
Testom^e; 3° Y acide carbonique (ou phé-- 
nique) à la dose de 4 à 5 onces (50 à 4 50 
grammes) d'une solution au 1/40 pour une 
cuvette d'eau ; recommandable lors .de la 
formation de champignons, il requiert 
pourtant d'être employé avec précantion, 
car tous les malades ne supportent pas 
l'acide pbénique ; en tout cas, on ne peut 
le laisser longtemps en contact avec les 
parois de l'estomac, puisque sans cela il y 
a résorption avec vertige et sentiment do 
défaillance; 4*» le chlorure d'aluminium 
dissous, préparation désinfectante anglaise 
connue dans le commerce sous le nom de 
cMorahim, qui est bien supportée et n'exige 
pas les mêmes pécautions que l'^oide phé- 
nique; 5 onces pour une cuvette; effet 
astringent ; 5^ V acide borique ^ k la dose de 
5 à 6 onces (480 à 560 grammes d'une 
solution au l/:24 pour une cuvette, a un 
effet désinfectant et n'irrite nullement; 
6*» la teinture de myrrhe, de l/S à 1 once 
(15 à 30 gramme*)) pour une cuvette^ indi- 
quée lorsqn'il y a une forte formation de 
mucosités. 

Pour les prescriptions diététiques, l'au- 
teur S'en est tenu à celles qui sont en 
usage dans les diverses affections de l'es- 
tomac, suivant en général les indications 
individuelles de l'appétit des malades, sauf 
à s'opposer aux aliments qui ne conviennent 
pas. Dans les eas où des indications spé- 



ciales étaient nécessaires, il- les donnait 
très-exaetement et par écrit, spécifiant le 
moment, la quantité et la qualité des repas, 
sui^'ant le principe : souvent, mars chaque 
fois peu et nutritif, mais non irritant et 
réparti eu fragments très petits. 

Le contrôle du traitement nécessite des 
pesées régulières. 

L'auteur fait suivre son travail de Tbis- 
toire assez dëiaiUée des 7i cas qui lui ont 
servi de base, travail dans lequel on trouve 
nécessairement des répétitions, mais qui 
n'en constituent pas moins une base sé- 
rieuse et nécessaire du moment qu'il s*agit 
d'un mode de traitement peu connu. 

(L'Abeille médicale.) - 



Aotîon dttohloral «ttr laJmaqaeiMede 
l'eftomAo. — A prèpos d'un cas de téta- 
nos spontané qui s'est terminé par la mort 
malgré l'administration du cbioral è haute 
dose^ le docteur Laude montre les déisor- 
dres que détermine le cbloral sur la ma- 
queiise de Teslomac. 

c De l'observation préeédenie, dit 
M. Laude, il résulte que ce n^est pas sans 
danger que l'on^peut administrer ainsi -de 
hautes doses de chloral. L'examen de Tes* 
tomac du sujet démontre que le chloral 
exerce sur la muqueuse de cet organe une 
action caustique, vésioante, amenant des ' 
lésions étendues et pouvant constituer une 
complication de la plus haute gravité. Je 
me demande, non sans quelque anxiété, 
dans quel état doit se trouver la muqueuse 
gastrique des sujets qui ont absorbé jus- 
qu'à 200 et 500 grammes de chloraL II est 
vrai que mon malade nn a pris prés de 
^7 grammes en trent-deux heures, isats il 
ne faut pas oublier que le médicament lui a 
toujours été administré dans un état de très* 
grande dilution, puisque chaque emUerée de 
potion était donnée dans une grande tasse de 
tisane. Quant aux 5 grammes du début,' ce 
n'est pas une dose insolite, puisque cer- 
tains chirurgiens italiens en ont donné, à 
nn quart d'heure d'intervalle^ deux doses 
de 5 grammes chacune dans le but de pro- 
duire l'anesthésie chirurgicale. 

c Le chloral exerce donc une action topi- 
que incontestable sur la muqueuse de Ves- 
tomac. Quelle est la cause prochaine de 
cette action, comment variet-elle avec la 
dose, le degré de concentration, la dorée 
d'absorption de cette substance? Autant de 
questions de pathologie expérimentale à 
ré.«oiidre. Et elles seront bientôt résolues : 



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REYOË ANALYTIQUE ET CRITIQUE. 



2Si 



je crois pouvoir aononcer à nos lecteurs 
que M. le docteur Oréaeotreprissur ce sujet 
une longue série d*expérieoees et que sous 
peu nous pourrons leur faire connaître les 
résultats intéressants de ^es nouveaux 
travaux.! (BtUL général de titérap.) 



Du nhrate d« soud» contre l« d;p«»éii> 
terie, par CASPARI. -- G-est surtout Ra- 
dexuajcber qui' a préconisée te salpêtre de 
Chili dans le traitement de la dy.«senterie. 
Radcmaehcr insistait sur la nécessité thé* 
rapeutique de disting'Uer deux formes de 
dyssenterie. Tune ex affectixtne inteslini te- 
nnis dans laquelle les prodromes sont plus 
longs, les selles boueuses, féculentes, grisâ- 
tres, plus ou moins colorées par la hile, le 
ténesmc est peu considérable; dans cette 
forme, que Ton peut appeler diarrhée dys- 
sentérique,, le nitrate de soude ne doit être 
donné qu*à la dose de 6 à 8 grammes dans 
une émulston buileuser Au contraire, dans 
la dyssenterie rectale, ^x affectione inles" 
tint crassivei recti, le nitrate de soude peut 
être porté à la dose de â5 i 30 grammes. 
Radt* mâcher est ailé jusqu*ii 60 grammes. 
Si l'élément inflammatoire est trop pro- 
noncée la dose doit être abaissée ; Taction 
du nitrate de soude consisterait à faire 
diminuer rapidement les douleurs abdomi- 
nales et le nombre des garde- robes « 

La potion doit être donnée chaude ; les 
breuvages froids sont contraires à lu dys- 
senterie. ' {Lyon médical.) 



Sivnple note sur on ou :deaz points 
éoiftîneininent pratique» de l'opération de 
Uk herQie;. par M. RIGAUD. — Laissant 
de côté les nombreux et très «minutieux 
pi'éceptes que Ton a donnés sur la marche 
a suivre pour. mettre a découvert un vis-» 
^ cère liernié, une seule indication opéra* 
toirc doit être formulée, dit AI. Rigaud, un 
seul but doit être proposé, c'est d'arriver 
sûrement sur Torgane déplacé saus Tatta- 
quer, sans le blesser en aucune manière. 

Voici le procéaé que M. Rigaud emploie 
dans sa pratique journalière : 1^ pour 
pénétrer sûrement dans le sac; 2" pour 
reconnaitre rintestin.: 

Après.avoir divisé un certain nombre de 
couches^ et aussitôt.que Ton juge que Ton 
ne doii plus procéder avec la. mémo con- 
fiance et en toute sécurité, il faut déposer 
la pince ; le doigt indicateur et le pouce de 
la main gauche devront dé^rmais en tenir 



lîeu« Avec ces deux doigts bien essuyés, 
bien séchés et au besoin recouverts d'une 
mince couche d'une poudre tout à fait 
sèche, on essaie, en frottant sur la surface 
découverte et en exécutant le mouvement 
de rapprocher les deux doigts l'un de 
Tautre, de faire un léger pli à la lame 
' membraneuse que Ton touche ; on y réus- 
sit à peu près toujours; si ce n'est du pre- 
mier coup, ce sera à la seconde ou à la 
troisième fois. Si alors on sent au-dessous 
de ce petit pli et 'des doigts une tumeur 
globuleuse, sur laquelle il sera toujours 
possible de faire glisser le p*tit pli que 
Ton a formé^ il ne faut pas hésiter, on est 
en dehors de la cavité du sac ; on fait une 
ouverture sur un point de ce pll^ tout 
contre, et en quelque sorte entre la pulpe 
des deux doigts, soit avec des ciseaux 
mousses, sbit avec un bistouri mousse 
aussi et dirigé presque à plat sur la petite 
surface que Ton veut attaquer, et Ton y 
glisse la sonde cannelée, sur laquelle le 
bistouri pourra largement diviser le minre 
tissu ; on recommence ainsi« aussi souvent 
que Ton peut réussir à le faire, et l'on ne 
doit s'arrêter que lorsque, après avoir 
formé une dernière fois le petit pli dont il 
est question, l'on ne sent plus au-dessous 
des doigts le globe intestinal, et qu'au lieu 
de lui ou reconnaît une sorte de vide, une 
sorte de gouttière formée paria lame même 
que Ton a pincée, et qui, cette fois, est 
continuée par la paroi intestinale. Il faut 
alors examiner avec une attention minu- 
tieuse les parties sur lesquelles on est 
arrivé^ voir si le réseau vasculaire arborisé 
dénote la présence de Tintestin, rechercher 
celui ci avec le plus grand soin au dessous 
ou au milieu des autres parties qui peuvent 
se rencontrer avec lui dans la masse her- 
niaire, reconnaître s*il existe ou non des 
Hdhérences« 

il faut ensuite aller à la recherche de 
l'anneau à travers lequel les parties se sont 
échappées, et, si Ton en seqt distinctement ^ 
le contour, y glis.ser avec précaution, soit 
un stylet boulonné, soit le bout d*une 
sonde cannelée h cul-de>sac, soit immédia- 
tement le bouton du bistouri de Cooper, 
et débridei^. 

Ceci fait, il faut revenir encore une fois 
à la tumeur viscérale, et essayer de nou- 
veau de faire le pli de la membrane que 
Ton a sous les doigts ; si l'on peut te for- 
mer facilement et le faire glisser sur la 
tumeur globuleuse sous-jacente, c'est que 
le débridcment de Tanneau en dehors du 



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U2 



R£VU£ ANALYTIQUE ET CRlTIi^Ol. 



sac a produit un rçlàebcment qui permet 
de reproduire le pli ; on divise alors cette 
nouvelle couche qui peut n'être pas la 
dernière, et Ton parvient enfin dans la 
poche péritonçale. Celle-ci sera fendue 
jusqu'à son collet ^ue Ton divisera, sans 
quoi, pour peu que la hernie ne soit pas 
récente, on ne réussit pas souvent à réduire 
rintestin et moins encore Pépiploon. Le 
sac devra toujours être retenu en dehors 
pendant la réduction des viscères. 

Au reste, M. ftigaud ne prétend pas 
s*atlrihuer le mérite de la priorité de cette 
pratique epératoire, déjà conseillée par 
JLedran et Lawrence. 

Lorsqu'on est arrivé, avec tentes les 
précautions indiquées^ sur oe que Ton 
croit être la masse viscérale et Tintestin, il 
faut encore redoubler d'attention' et de 
circonspection. Si l'aspect lisse et luisant 
de la surface viscérale, si l'injection arbo- 
risée ouiasuffusion sanguine sous séreuse 
de rintestin font défaut, on peut encore 
reconnaître Tanse intestinale à cette cir- 
constance que,, si l'on a touché involon-*- 
tairement, ou si l'on a intentionnellement 
excorié/ par un léger grattage avec l'extré* 
mité du bistouri mousse ou avec le mors 
de la pince, la lame séreuse infiniment 
mince qui eulre dans la te&ture de fin* 
testin, de cette écorcbure presque imper- 
ceptible il suinte une nappe de sang d*une 
ai)ondance relativement considérable, qui 
a 'sa source dans la couche musculaire 
propre de l'organe. Cette suffusion san- 
guine est d'ailleurs sans danger et ne 
contrc-indique nullement la réduction. 
(Archives médicales belges.) 



des moi£ rebelles à tous les traitements 
internes ou externes. Ordinairement, 
l'amélioration commence h paraître au bout 
de huit jours de la médication. 

Il est rarement nécessaire d*employer 
coneurremment avec Tean de chaux des 
moyens externes, ils ne sont indiqués que 
dans les cas où la sécrétion est très-irrir 
tante, et alors le docteur Caspari recom- 
mande de poudrer les parties avee le car- 
bonale de magnésie.. Aux gens pauvres, il 
conseille simplement de^yer une ou deux 
fois par jour les surfaces malades avec une 
légère décoction de cendre de bois» 

(Bulletin général de Ikirap,) 



Du UMtement 4* l'eozéma chez les 
enfants. •— Le docteur Caspari, médecin 
aux eaux minérales de Meinberg, préco- 
nise l'eau de chaux contre leczéma de la 
télé et l'impétigo de la face chez les eufents. 
Il prétend avoir retiré de celle médica- 
tion, qu'il prescrit à l'intérieur, les plus 
grands avantages. La dose du médicament 
varie de iliO à 500 grammes et est en 
rapport avec Tâge de Tenfant. Chez ceux 
qui sont plus âgés, et surtout dans les cas 
où la. confluence du mal provoque delà 
douleur et de l'agitation, Teau de chaux 
doit être administrée soit mélangée au lait, 
soit pure, niaj$ en solution convenable- 
ment étendue. Le docteur Caspari vante 
surtout ce m«yen dans les cas d'eczéma 
chronique, qui s'étaient montrés pendant 



Paradoxes médicaux, par A. LOR- 
RAIN. — A. Rapports intimes de la fththi' 
sic avec VinfarUUisme et le féminisfjw. 
Exemple : un vieillard de soixante-huit 
ans, porteur d*une fistule a l'anus et pré- 
sentant des signes de tuberculose aux deux 
sommets. Quoiqu'il ait été très-robuste, 
néanmoins il a toujours offt^rt les earac- 
tères du féminisme, ayant toujours paru 
avoir dix ans de moins que son âge, fort 
peu de barbo, bras et jambes glabres ; il a 
encore* la peau d'un jeune homme ou d*une 
femme, cheveux fins, d'un blond châtain. 
Quoique la tuberculose né paraisse renon- 
ter qu'à quelques mois, et que la fistule à 
l'anus soit récente, M. Lorrain ne le consi- 
dère pas moins comme un phtbisiqoe in 
potentiu depuis sa naissance, en attendant 
qu'il le fût in actu. Les phthisiques peu- 
vent tout aussi bien que les antres devenir 
centenaires ; ï infantilisme ^ le féminisme 
(finesse des cheveux, de la peau, longueur 
des eils, délicatesse des formes, graeilitë 
des membres, effacement des masses mus- 
culaires au milieu du tissu eeilulaire) 
caractérisent la phthisieen puissanef» Les 
phthisiques en puissance sont les derniers 
atteints par la décrépitude, la vieillesse 
leur anive plus tard. Le Français phthi- 
sique voit la mort prochaine, l'Attglais 
phthisique se dirige, non désespéré, vers 
l'hôpital spécial où il sera tra^é pour con- 
somption; c'est ce dernier qui est plus 
près de la vérité. M. Lorrain ne doute pas 
que le phthisique, même avec un dévelop- 
pement manifeste de tubereules, ne puisse 
guérir; il doute eqcore moins que le 
phthisique en puissance oe puisse atteindre 
un âge avancé, si une hygiène mauvaise, 
des fatigues, des imprudences ne font pas 
éckler la manifestation tubereuleose* 



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REVUE ANALYTIQUE ET CRITIQUE. 



253 



B. Il y a aussi des rhumatisants in 
potentid; les caractérisent : un poil roux, 
une peau facilement sudorale^ une sueur 
odorante. 

C. Sécrétion urinaire et hydropisie. Cha- 
cun doit rendre quotidiennement une 
quantité d*urinc représentant la normale 
de la santé. Si ce poids d*urine augmente, 
Ton maigrit d*autant ; si ce poids diminue, 
Ton devient hydropique; et si devenu 
faydropiqtie, un diurétique fait remonter 



le chiffre des urines au-dessus du chiffre 
normal, le poids du corps diminue juste 
de l'excédant. Tel est le résumé de nom- 
breuses pesées faftes par Tauleur. Le diu- 
rétique, la digitale, par exemple, va donc, 
pour ainsi dire, puiser directement les 
liquides épanches dans les tissus. Le 
symptôme hydropisie indique toujours une 
diminution de la quantité des urines. La 
réciproque n*est pas aussi vraie ; ainsi dans 
les maladies aiguës. (Lyon médical,) 



Chimie médicale et pharinaeeatlqae. 



Sur le do»age des matières grasses 
dans le lait; par M. £. L. «CLEAVER. — 
L'auteur conclut de ses expériences : 1° Té- 
the'r froid ne dissout pas entièrement la 
matière grasse du lait desséché ; â° Télhcr. 
bouillant n'enlève pas non plus toute la 
matière grasse du lait desséché en masse ; 
S** pour obtenir un épuisement complet, il 
faut réduire le résidu sec en une poudre 
fine et le faire bouillir à trois ou quatre 
reprises avec du nouvel éther, filtrer le 
liquide et Tévaporer en évitant soigneuse- 
mi^nt de le faire entrer en ébuUition. 10 gr. 
de lait suffisent pour le dosage de la ma- 
tière grasse: Tépuisement du résidu sec 
finement pulvérisé par Téther bouillant 
donne 0,5 à I p. 1Ô0 de plus de beurre 
que lés autres méthodes. 

(Joum» de pharm.^ et de chimie.) 



lafluenoe de l'air comprimé sur les 
fermenUtions ; par M. BERT. — L*auteur 
a étudié les effets de l'air comprimé sur 
les fermentations. Suivant la pression à 
laquelle on remploie, il ralentit ou arrête 
la putréfaction et les oxydations qui Rac- 
compagnent. M. Bert cite les deux expé- 
riences suivantes à Tappui de cette propo • 
sitjon. 

Un morceau <}e muscle (95 grammes) 
est soumis, du 29 juillet au 3 août, à une 
tension d*oxygène correspondant à 25 at- 
mosphères d'air; au bout de ce temps, il 
ne présente aucune odeur, et il n*a con- 
consommé que 580 centimètres cubes 
d*oxygènc. Un morceau semblable, sus- 
pendu au sommet d'une cloche pleine d*dir 
à la pression normale, répand une odeur 
infecte et est couvert de moisissures ; il a 
consommé tout Toxygcnc de la cloche. 



c'est-à-dire 1,185 centimètres cubes. En 
portant la pression plus haut, les oxyda- 
tions s'arrêtent complètement. 

La viande ainsi soumise à Tair comprimé 
garde son aspect, sa fermeté, sa structure 
bistologiquc ; la couleur seule est devenue 
d'un jaune ambré. On a pu manger des 
côtelettes de mouton conservées ainsi de- 
puis un mois. 

M. Bert conclut de ces faits que l'oxy- 
gène, sous une tension suffisante, tue les. 
vibrions capables d'engendrer la putréfac- 
tion, sans faire perdre à la viande sa pu- 
trescibilité. 

Les altérations des œufs, de Turine, du 
lait, du vin, du pain mouillé, de l'amidon 
cuit, des fraises, des cerises, etc., sont ar- 
rêtées par l'air comprimé. Ces substances 
restent parfaitement saines. La viande et 
les œufs prennent une réaction nettement 
acide qui parait due à l'acide lactique. 

La salive, le suc pancréatique, la dias- 
tase végétale,' la pepsine, la myrosiuc, 
l'émulsine, le ferment inversif de la levure 
de bière continuent à agir pendant la com- 
pression. Au sortir de l'air comprimé, qbs 
substances ont conservé tout leur pouvoir. 
Bien mieux, si Ton ferme alors les flacons 
qui les contiennent, elles y restent sans 
s*allérer pendant un «temps illimité. Évi- 
demment l'air comprimé tue les moisis- 
sures et protège ainsi le ferment soluble. • 

• (fbid,) 



Sur l'état de la oantharidine dans les 
insectes Vivants par M. BEGUIN. M. Bé- 
guin ayant remarque que les dissolvants 
agissent d'une manière bien différente sur 
la cantharidine et les cantharidates, s'est 
demandé si le principe actif dans ces 



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â54 



REVUE ANALYTIQOE ET CRITIQUE. 



idsectes, se trouvait h Tétat de liberté ou 
au moins -en partie è Tétat de cantbaridate. 

Après avoir mouillé uniformément 
300 grammes de cantharides grossièrement 
pulvérisées avec 10 grammes d*acide acé- 
tique étendu d*un peu d'éther, le mélange 
a été introduit dans Pappareil à déplace- 
ment et traité pair Téther.- M; Béguin a 
recueilli de celte manière 1.30 de cantha- 
ridihe impure, qui, purifiée s*est réduite h. 
i.â5. Le rendement de cette opération était 
donc d'environ i5.55 par 1,000 d*inscctes, 
c'est-à-dire supérieur au rendement ordi- 
naire des canibarides. 

Si la canlharidine existait dans les in- 
sectes à rétat de cantharidate, il est évi- 
dent, qu^en traitant les coléoptères par le 
chloroforme, la cautharidine libre serait 
seule dissoute; on obtiendrait ensuite la 
portion supposée à Tétat de cantbaridate 
par remploi de Téther et de Tacide acé- 
tique comme il a été 'dit ci-dessus;- mais 
M. Béguin n*a jamais pu obtenir le prin- 
cipe actif aprAs le traitement par le chloro- 
forme. La cantharidine ne serait donc pas 
à rétat de canthandate comme on Ta déjà 
avancé. 

On peut donc employer indifféremment 
pour Pobtention de la cantharidine soit le 
chloroforme, soit Téther acétique. 

{Gazette médicale de Bordeaux.) 



Sur rarîoîne ; par M. DavÎD HOWARD. 
— M. Hesse, dans ses études sur les alco- 
loîdes des quinquinas, a mis en doute Texis- 
tence de Taricine comme alcaloïdedélini. 

L'écorce étudiée par Pelletier, Manzini, 
Wihkler,a été très-abondante dans le com- 
merce, mais les importateurs, n*en trou- 
vant plus le placement depuis longtemps, 
ont cessé dé l'apporter en Europe, aussi 
a-t-il été impossible à M. D. Howard de 
s'en procurer sur la place de Londres. Mais 
une certaine quantité d'écorcedu Cinchona 
pelleterana (Wedd) avait été conservée dans 
> la collection de son oncle^M. J.E.Howard; 
il en a extrait une quantité d'alcaloïde suffi- 
sante pour s'assurer que Taricine est bien 
une espèce chimique distincte. Il a reconnu 
que cet alcaloïde isolé est altérable à Pair 
■ et solubledans Téther ; ses solutions salines 
ne sont pas précipitables par le tartrate de 
soude et de potasse. i.'iod hydrate est assez 
soluble dans Peau, mais il n'est pas cris- 
talli^able dans ce liquide, pas plus que dans 
l'alcool. Le sulfocyanure est peu soluble 
dan» Peau. La solution de sulfate saturée h 



chaud devient gélatinoïde par refroidis- 
sement, conformément à ce qu'a«dit Pelle- 
tier. La solution de Paricinedans Palcoolà 
90 p J 00 a un pouvoir rotatoire de 63 ' pour 
le rayon jaune. 

L'eau à I05T. (40, K C.) dissont i, 65 
p. 100 de son poids de chlorure double de 
platine et d'aricine ; ce sel laisse à Pinciné- 
ration 13*>,d8 de platine p. 400. Une autre 
expérience a donné 13,93 p. 100. Ces 
chiffres sont bien différents de celui de 
16 gr. 31 indiqué par M.*Manzini pour le 
chlorure double de platine et de cinchova- 
tine. (Journal de depharm . et de chimie,) 



Régianîne; par M. PHIPSON. — En 
épuisant par la benzine le brou vert et 
récemment détaché des noix du Juglans 
regia, M. Phipson a obtenu la régianine.cn 
cristaux octaédriqucs et en prismes accolés 
à la façon des barbes de plumes. La régia- 
nine donne avec l'ammoniaque et les alcalis 
fixes des combinaisons d'un rouge pourpre, 
dont l'acide chlorhydriqûe sépare une 
poudre amorphe, noire, qui a reçu le nom 
d'acide régianique. (Ibid.) 



Sur l'acide va&îllique ; par M. F. TIE- 

MANN. — Il y a quelque temps MM. Tie- 
mann et Haarmann ont montré que la 
coniférine^ principe cristallisable existant 
dans le cambium de* diverses conifères, 
peut sous l'influence de certains agents, 
notamment de Pémulsine, se dédoubler en 
glucose et en un composé C"H'*0*. qui 
oxydé donne de l'aldéhyde et de la vanil- 
line C"H'0*, c'est à-dire un composé 
identîqde au givre de vanille. D*après ces 
recherches, la vanilline est Péther mono-, 
méthylique de PàMéhyde prolocatcchiriue , 
quant au produit qui lui donne naissance 
par oxydation, c'est Péther étbylmétby- 
lique du même aldéhyde. 

En sa qualité de composé aldéhydique, 
fa vanilline est un corps altérable M. Tie- 
mann a cherché à fixer Sur elle O* pour 
la transformer en Tacidc correspondant, 
mais il n'a pu réussir : ou la vanilline reste 
inattaquce^ ou sa molécule est détruite. Il 
est arrivé à un meilleur résultat en par- 
tant de la conilérine. 

Cette substance étant, comme tous les 
gluco.sides, dédoublée par les acides. Il est 
indispensable de Poxyder en liqueur alca- 
line ou neutre : l'auteur emploie le per- 
manganate de potasse. A une solution un 



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REVUE ANALYTIQUE ET CEITIQUE. 



235 



peu chaude d'une partie de coniférine dans 
30. ou 40 parties d*eau, il ajoute 2 à 3 par- 
ties de permanganate dissous dans 30 fois 
son poids d'eau, lise précipite imnaédiate- 
ment du scsquioxyde de manganèse hy- 
draté. La liqueur séparée par filtraiion et 
expression du précipité, puis évaporée au 
cinquiémedu volume initial, est additionnée 
d'acide solfurique jusqu'à ré^iction acide 
, marquée, puis maifitenuc quelque temps à 
la température de 70** environ. Après 
refroidissement, on agite la liqueur avec 
de réther qui enlève à Tcau Tacide produit 
par Toxydation ; on obtient ce dernier sous 
forme de cristaux lamellaires presque inco- 
lores par simple évaporation dn véhicule. 

L'acide vanillique est soluble dans l'al- 
cool et réther, peu soljuble dans l'eau 
froide. L'eau chaude le dissout facilement 
et le laisse cristalliser par le refroidisse - 
mefit. Il possède une faible odeur de 
vanille qui se développe quand on le 
chauffe, les cristaux fondent à 211-212\ 
Sa composition est représentée parla for- 
mule C*®H'0' ; il diffère donc bien de la 
vanilline par 0*. 

Yanillme. Ac. vauillique. 

C'est d'ailleurs ce que montrent bien 
les dédotibleroents .fu'il éprouve sous l'in- 
fluence de divers agents. 

Chauffé en vase clos vers 160® avec de 
l'acide cblorhylrique, il donne du ehlo- 
rure de méthy^le et de Tacide protocaté- 
chique. La potasse fondante le détruit 
également en donnant de l'acide protocaté- 
chique. It constitue l'acide mélhylprotoca- 
técbique ûe même que la vanilline est 
l'aldéhyde méthylprotocatéchique. 

C"H«0», C^H^CC^H^O'^C^^H'O», 

Acide Ac. vauillique. 

protoca técbique. 

C"H«0% C"H^C*H»)0'=C»WO«. 

Aldéhyde Yaoilline. 

prolocaléchique. 

Les sels de l'acide vanillique sont très- 
solubles, sauf ceux de plomb et d'argent; 
ce. dernier est cristallin. Les vanillates de 
potasse, de soude et d'ammoniaque sont 
cristallisés. 

L'auteur cherche actuellement à pré- 
parer l'alcool correspondant à l'aldéhyde 
et à l'acide vanillique. 

Les faits qui précèdent permettent d'en- 
treprendre la* synthèse de l'acide vanil- 
lique. Si l'on part de l'acide protocaté- 
chique en essayant de le méthyliser en le 
chauffant en vase clos vers 150° avec de la 



potasse et de l'iodure de métbyle, on ob- 
tient un composé dç même formule que 
l'acide vanillique mais en différant par ses 
propriétés, un isomère en un mot. Pre-' 
nant au co/itraire l'acide diméthyl-protoca- 
téchique, obtenu par MM. Kœlle et Malin 
en méthylisant complètement l'acide pro- 
tocatéchique, le chauffant en vase clos à 
150" avec de l'acide chlorhydrique très- 
étendu, une partie du méthyle est enlevée 
à l'état d'éther méthyl chlorhydrique et il 
se formé deux acides, l'un très peu soluble, 
l'autre facilement soluble dans l'eau chaude; 
ces deux acides peuvent être aisément sé- 
parés par cristallisation. Le premier, le 
jnbins soluble est l'isomère obtepu en mé- 
thylisant l'acide protocatéchiquc ; le second 
est l'acide vanillique. (Ibid.) 



Sur les acides contenus dans les pé- 
troles bruts ; par MM. C. HELD et ME- 
LINGER. — Les pétroles bruts agités avec 
des lessives alcalines cèdent à celles-ci des 
matières acides. Les auteurs ont étudié 
ces matières obtenues avec du pétrole de 
Valachie. 

La lessive de soude ayant servi au trai- 
tement du pétrole laisse déposer des flocons 
bruns, gélatineux. Rendue acide par l'acide 
sùlfurique et distillée elle donne une huile 
brune tenant en dissolution une assez forte 
proportion de matières' neutres. Par trai- 
tement avec une solution de carbonate de 
soude on obtien.t une combinaison sodique 
qui^ purifiée par plusieurs précipitations 
au chlorure de sodium puis dédoublée par 
par l'acide sùlfurique, donne un mélange 
de plusieurs acides. 

Ce mélange se combine à la soude en 
donnant des produits mous analogues aux 
savons. Les auteurs n'ont pu réussir à 
séparer les sels par précipitation frac- 
tionnée. La distillation fractionnée des 
acides mélangés n'a pas donné de meil- 
leurs résultats. *Eu traitant les acides en 
solution alcoolique par le gaz chlorhy- 
drique, on a obtenu un mélange d'étber 
eomoiençant à bouillir vers ââO" et don- 
nant encore beaucoup de produit au-dessus 
de 500**. Avec beaucoup de peine, un pro- 
duit bouillant d'une manière constante 
entre 336» et â40« a été isolé. 

L'éther ainsi obtenu (densité 0,9 19 à 
^27") est facilement saponifié par la potasse 
en solution alcoolique. L'aeide régénéré 
dans cette saponification bout à â50<>â61<> 
sans s'altérer; c'est un liquide huileux. 



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Î256 



REVUE ANALYTIQUE ET CRITIQUE. 



très-réfringent^ a odeur de pétrole, et dont 
la composition doit être voisine de celle 
que représente la formule C"H"0*. li est 
monobasique. Les sels alcalins ont Tappa- 
rence des savons, les sels des métaux pro- 
prement dits ressemblent à des emplâtres. 
La formule précédente correspond à un 
acide non saturé d'bydrogène, à un homo- 
logue de Tacidc acrylique, cependant les 
réactions indiquées par les auteurs corres- 
pondent beaucoup mieux à un acide homo- 
logue de Tacide acétique. [Ibid,) 



Sur une distînotîon entre les produits 
organiques naturels et les produits orga<* 
niques artificiels ; par M. L. PASTEUR. 

— « Tous les produits artificiels des labo- 
ratoires sont à image superposable. Au 
contraire, la plupart des produits organi- 
ques naturels, je pourrais dire tous ces 
produits^ si je n'avais à nommer que ceux 
qui jouent un rôle essentiel dans les phé- 
nomènes de la vie végétale et animale, 
sont dissymétriques, de cette dissymétrie 
qui fait que leur image ne peut leur être 
superposée. » 

Ce passage est extrait d'une leçon sur 
la dissymctrie moléculaire que j'ai profes- 
sée, en 1860, devant la Société chimique 
de Paris. J'ajoutais : 

« On n'a pas encore réalisé la produc- 
tion d'un corps dissymétrique à Taidc de 
composes qui n'ont pas ce caractère (1). » 

Dans l'introduction de l'ouvrage que 
M. Schûtzenberger vient de publier sur 
les fermentations, l'auteur, après avoir 
rappelé les passages qui précèdent, leur 
oppose le fait de la production de l'acide 
paratartrique au moyen de Pacidc succini- 
que inactif du succin ou de l'acide succini- 
que de synthèse directe, et il conclût en 
ces termes : 

« Ainsi tombe la barrière que M. Pas- 
teur avait posée entre les produits natu- 
rels et artificiels. Cet exemple nous mon- 

(1) Nous mettons sous les yeux de nos lectears 
|e passage suivant extrait de Pouvrage de Mon- 
sieur Schûtzenberger : 

«Presque au moment où ces paroles étaient 
prononcées devnnl la Société chimiqqe de Paris, 
deux savants anglais MM. Perkio et Duppa, par- 
venaient à transformer Tacide succiuique en acide 
lartrique. M. Pasteur reconnaissail lui-même que 
le proiluit artificiel de MM. Perkin et Duppa 
était un mélange diacide paratartrique et d*aciUe 
larlriqne inictif. Or, racide paratartrique se 
dédouble facilement, d*après les belles recher- 
ches de M. Pasteur, en acide tartrique droit et 
enacîde tartrique gauche, et AI. Jungfleiseti nous 



tre combien il faut être réservé dans les 
distinctions' que Ton croit pouvoir établir 
entre les réactions chimiques de l'orga- 
nisme vivant et celles du laboratoire. » 

Contrairement à ce que pense M. Schût- 
zenberger, cette barrière existe toujours. 
Les propositions que je viens de rappeler 
sont aussi vraies aujourd'hui qu'en 1860. 
Non, il n'existe pas dans la science un seul 
exemple d'un corps inactif qui ait pu être, 
jusqu'à présent, transformé en un corps 
actif par les réactions de nos laboratoires. 

Transformer îi» corps inactif en un au- 
tre corps inaetift qui a la faculté de se 
résoudre simultanément en un corps droit 
et en son symétrique, n'est en rien com- 
parable à la possibilité de transformation 
d'un corps inactif en un corps actif sim- 
ple. Cestlà ce qu'on n'a jamais fait; c'est 
là, au contraire, ce que la nature vivante 
fait sans cesse sous nos yeux^ et telle est 
la proposition formulée dans les. citations 
précédentes. 

On peut ramener à des formes octaé- 
driques la plupart des substances minéra- 
les ou organiques. Je comprendrais aisé- 
ment que le sulfate de posasse lui-même 
et beaucoup des corps minéraux ou orga- 
niques artificiels pussent se dédoubler en 
des symétriques inverses, parce que tout 
octaèdre contient en puissance deux tétraè- 
dres symétriques, dont il peut être consi- 
déré comme l'assemblage. Ce que je ne 
crois pas possible, par le jeii des forces 
non dissymétriques auxquelles sont sou- 
mises nos réactions artificielles, c'est la 
transformation d'un corps, ou d'éléments 
non dissymétriques en des corps dissymé^ 
triques. 

Toutefois, c'est une distinction de fait 
et non de principe absolu que j'ai établie 
en 1860. Non-seulement je ne crois pas 
que cette barrière entre les deux règnes 
minéraux et organiques soit infranchissa- 
ble, mais j'ai assigné, le premier, des con- 
ditions expérimentales qui seraient pro- 

^ montré que l'acide tartrique inactif chauffé 
avec de Peau à ITâ» se convertit partiellement en 
acide paratartrique. 

u L'acide succmique employé par les chimis- 
tes anglais provenait de Poxydation du siiccin. 
Ce n*était pas un produit synthétique; on pou- 
vait croire que, bien qu'inaclif, il résultait, 
commt; l'acide raccmiquu, de Punion de deux 
molécules actives et inverses. .M. Jungfleisch a 
levé en dernier doile. Il u préparé, d'après une 
méthode connue, Cacide succinique synthéti- 
que, au moyen du cyanure d'ethylêne et de 
ta potasse. Cet acide a fourni de l'acide pa- 
ratartrique, comme celui du succin* » 



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REVUiî ANALYTIQUE ET CRITIQUE. 



^57 



près, selon moi, à la faire disparaître. 
Tant que ces conditions n'auront pas été 
réalisées, avec succès, il est sage de croire 
à la distinction dont il s'agit et de ia pren- 
dre pour guide. 

C'est en effet, en partant de la convic- 
tion que les. réactions ordinaires de nos 
laboratoires sont impuissantes à créer la 
dissymélrie moléculaire, que j'ai osé pré- 
dire successivement : 1® que M. Dessai- 
gnes n'avait pu découvrir les acides 
maliquc. et asparlique, mais seulement 
leurs isomères inactifs; 2° que MM. Per- 
kin et Duppa n'avaient pu produire l'acide 
tarlrique ordinaire, au moment où ces 
habiles chimistes venaient d'annoncer 
qu'ils y étaient parvenus ; 3° enfin que, 
récemment, j'ai soutenu que la mannite 
n'était qu'apparemment inactive ; que son 
pouvoir rotatoire devait exister, mais trop 
faible pour être mis en évidence par les 
moyens habituels, et cela, au moment 
même où deux chimistes étaient portés à 
conclure que la mannite était un corps 
inactif pouvant donner des dérives actifs. 
Depuis lors, ma prévision a été confirmée 
par M. Bichat et par M. Bouchdrdat. 

(Ibid.) 



1/â centimètre cube environ de cette solu- 
tion dans 50 centimètres cubes d'eau. 
Cette èau renferme-t-elle de l'acide carbo- 
nique libre, le mélange est incolore ou 
faiblement coloré en jaune; mais si l'eau 
essayée ne renferme pas d'acide carbonique 
libre et seulement des bicarbonates, elle 
devient rouge ; vient-on à verser dans ce 
liquide rouge de l'eau chargée d'acide 
carbonique, on le décolore immédiatement. 
Il suffit d'ailleurs de faire passer, aumpyen 
d'un tube de verre, les gaz de l'expiration 
pulmonaire à travers le liquide déjà rougi • 
pour qu'il se décolore. 

Les eaux de sources et des fontaines de 
Munich, de Wurzbourg et les eaux de l'Isa)* 
se soilt comportées comme des solutions de 
bicarbonates terreux sans acide carbonique 
libre. Les eaux de Setters, d'Apollinaire, 
de WildUngeU; Kissingen (source llagoczy), 
de Pyrmont, de Iklarienbad (Kreuzbrun- 
nen), ont agi comme une dissolution 
d'acide carbonique libre ; quelques sources 
de Karlsbad (Sprudel et Mûhlbfunnen), 
d'Ems (Kranchen) laissent le réactif à peu 
près incolore ou faiblement rosé. 

(Ibid.) 



Réaotif de l'aoide carbonique libre 
des eaux potables ; par M. VON PETTEN- 
K.OFER. — L'acide carbonique des eaux 
potables est, d'ordinaire, tofôlement com- 
biné aux bases et le plus souvent avec la 
chaux et la magnésie ; on n'y rencontre 
que très-rarement cegazà 1 état de liberté. 
* M. Pettenkofer avait déjà fait la re- 
marque que les solutions de bicarbonate 
de chaux et de bicarbonate de magnésie 
sont sans action sur le papier de curcuma, 
et que l'addition de Teau de chaux, dans 
une petite proportion, 9 une solution de 
bicarbonate calcaire lui communique immé- 
diatement une réaction alcaline appréciable 
par le papier de curcuma. 

Plus récemment, le même chimiste a 
observé que l'acide rosolique se colore en 
rouge au eontact dès carbonates et des 
bicarbonates alcalins et terreux, et qu'au 
contraire l'acide carbonique libre le 
décolore. 

Pour faire usage de ce réactif, on dis- 
sout une partie d'acide rosolique pur dans 
500 parties d'alcool à 80 p. iOO; on neu- 
tralise la solution avec une petite quantité 
de baryte caustique de façon à rendra la 
liqueur légèrement rosée, et l'on verse 



Action du. phosphore dissous sur le 
ohlorate de potasse ; par M . R. BOTTGER. 

— Une solution de phosphore dans le sul- 
fure de carbone^ dont on laisse tomber 
quelques gouttes sur du papier à^fittrer, en 
détermine bientôt Tinflammation, mais sans 
produire aucun bruit. Si l'on fait tomber 
quelques gouttes de cette solution phos- 
phorée sur du chlorate de potasse, dès que 
le sulfure de carbone est volatilisé, il se 
produit une vive explosion. (Ibid,) 



Sur rorig;ine des sulfures des eaux 
sulfureuses; par M. POLLACCI. — On 
avait pensé jusqu'à ce jour que les sulfures 
que renfermcnt^les eaux sulfureuses pro- 
viennent de la réduction des sulfates, et 
que cette décomposition a lieu au travers 
des terraifis chargés de matières organi- 
ques. M. Pollacci estime que cette réduction 
ne s'opère que dans des conditions données 
qui se présentent bien rarement et que la 
majeure partie de& sulfures de calcium ou 
de sodium qui se produit dans la nature 
serait due à l'action de l'acide sulfhydrique 
sur le carbunate de chaux. Si l'on fait 
passer, en effet, un courant d'acide sulfhy- 
drique à travers une solution de bi-carbo- 



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REVUE ANALYTIQUE ET CRITIQUE. 



nate de chaux dans Teau, il se dégage de 
Tacide carbonique et il se forme du sulfure 
de calcium. Avec le carbonate neutre^ la 
réaction quoique lente, est identique. Les 
carbonates, tout«.'fois^ fie sont pas les seuls 
sels alcalins^ qui permettent la production 
des sulfures par faction prolongée de T hy- 
drogène sulfuré; les silicates sous Tin- 
iluence du même agent subiraient une 
décomposition analogue, ce qui explique- 
rait la présence du sulfure de sodium dans 
certaines eaux des Pyrénées exemptes de 
carbonates, mais où Ton rencontre des 
silicates alcalins. 

{Gazette médicale de Bordeaux.) 



-Recherches des composés arsenicaux 
dans les sels alcalins et alcalino-terreux 
employés en pharmacie ; par JM. Gh. PA- 
TROUILLARD, de Gisors. — Ce doit être 
pour le pharmacien une préoccupation 
constante que de constater la pureté des 
produits chimiques qu'il tire du commerce 
pour les faire servir à la préparation des 
médicaments, et surtout de s'assurer de 
Tabsence des composés arsenicaux dans les 
sels alcalins et alcalino-terreux. Les essais 
quMl doit pratiquer dans ce but , devant se 
répéter fréquemment, la possession d'une 
méthode prompte et exacte, et d'un réactif 
toujours facile à se procurer^ et dans un 
bon état de conservation, sera d un grand 
avantage, je le pense, pour l'opérateur. 

L'une des réations caractéristiques de 
l'arsenic, c'est celle que donne l'acide arsé- 
nieùx en dissolution acide, en présence de 
l'hydrogène sulfuré ou d'un sulfure soluble; 
il se produit alors un précipité jaune flo- 
conneux de trisulfure d'arsenic, soluble 
dans l'ammoniaque et les liqueurs alca- 
lines. Mais si le composé arsenical que 
recherche l'analyse est l'acide arsénique, 
remploi de Thydrogène sulfuré pour le 
découvrir, est alors un moyen beaucoup 
phis lent et moins sûr que pour l'acide 
arséfiieux. 

Le précipité rouge brique donné par 
l'acide arsénique en présence de l'azotate 
d'argent neutre, est très caractéristique; 
mais dans un grand nombre de cas, cette 
réaction pourra être masquée par la forma- 
tion simultanée du chlorure d'argent, 
puisque les sels alcalins et alcalino-terreux 
du commerce renferment toujours des 
chlorures en proportion3 variables. Aussi 
est-il préférable de transformer l'acide 
arsénique en acide arsénieux par voie de 



réduction»; jusqu'alors on s'est servi,., pour 
arriver à ce but principalement, soit -de 
J'acid*; sulfureux^ suivant la méthode de 
Wœhler. soit de l'hyposulAte' de soude. 
L'acide sulfureux^ à l'état de dissolution 
dans l'eau, est un réactif, fort altérable, et 
dont la préparation, dans beaucoup de 
laboratoires de pharmacie, peut entraîner 
avec elle certains inconvénients. 

L'hyposulfite de soude convient pour 
doser Tarsenic plutôt qu'à le faire' décou- 
vrir nettement; carie précipité dç sulfure 
qu'il détermine est toujours accompagné 
par du soufre laiteux qui en masque la 
couleur et peut même faire méconnaître sa 
présence. 

J'ai pensé à. me servir d'un corps réduc* 
leur par excellence, employé déjà dans 
plusieurs réactions, capable de se conserver 
sans subir d'altération, et n'entraînant 
dans son emploi aucun inconvénient qui 
puisse entraver laréactiou que l'on cherche 
à produire ; ce corps, c'est l'acide oxalique 
cristallisé. J'ai multiplié les expériences 
en opérant sur différents genres de sels, 
sulfates, azotates, carbonates, bicarbo- 
nates, etc., en variant les proportions 
d'acide oxalique et la durée du temps de 
rébullition. 

De ces expériences, j'ai résumé le mode 
opératoire suivant : iO à 15 grammes du 
sel à essayer sont dissous dans l'eau dis- 
tillée, 50 grammes environ; on y ajoute 
gr. 50 d'acide oxalique cristallisé et l'on 
entretient la dissolution pendant à peu près 
cinq minutes à la température de l'ébulli- 
tion ; on filtre si cela est nécessaire, et 
lorsque la liqueur est un peu refroidie. On 
l'acidifie assez fortement par Tacide sulfu- 
rique pur (de préférence à l'acide chlorhy- 
drique, parce que bien souvent les acides 
chlorhydrjques du commerce, vendus 
comme purs, son^ néanmoins arsenicaux). 
Dans cette liqueur acidulée, on fait passer 
un courant de gaz hydrogène sulfuré, ou 
bien on verse avec précaution quelques 
gouttes de solution de .sulfhydrate d'am- 
moniaque dans la glycérine; si le sel 
essayé contient au moins 2 p. 400 d*arsé- 
niate de potasse, par exemple, le précipité 
jaune floconneux de trisulfpf'e d'arsenic se 
formera immédiatement. S*il en renferme 
moins de i p. 100, le précipité pourra ne 
pas apparaître aussitôt; alors on laissera de 
côté le vase contenant l'essai, après l'avoir 
recouvert, et au bout d'une ou deux 
heures, le précipité se sera formé. Dans 
quelques cas, on devra même attendre 



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REVUE ANALYTIQUE ET CRITIQUE. 



239 



encore plus longtemps, trois et même 
quatre heures. 

Lorsque Ton doit ^essayer uït carbonate 
ou un bicarl)onate, il faut préalablement le 
saturer par l'acide sulfurique pur. Enfin, 
au lieu de Tacide oxalique, on peut, pour 
opérer la réduction de Facide arsénique, 
se servir de Toxalate neutre d'ammoniaque, 
employé dans la même proportion : les 
résultats sont exactement les mêmes. 

D'ans cette réaction, comme dans toutes 
celles où Tacide oxalique agit comme 
réducteur, Tacide arsénique, pour passer 
à Tétat d'acide arsénie.ux. perd â équiva- 
lents d'oxygène qui se portent sur l'acide 
oxalique et le transforment en. acide car- 
bonique. 

(J&umal de pharmacie et de chimie. ) 



, Sur le partage d'un aoide entre plu- 
sieurs bases dans les dissolutions ; par 
M. BERTHELOT. — 1. C'est une question 
souvent agitée que celle du partage des 
acides et des b<ises dans les dissolutions. 
Berthollet, qui posa le premier la question 
d'une manière générale, admettait que 
chaque acide (et chaque base) avait dans 
L'action c une part déterminée ' par sa 
capacité de saturation et 2>a quantité », 
c'est-à-dire par sa masse chimique. A 
poids égaux, nous dirions aujourd'hui que 
chaque corps agit en raison inverse de 
son équivalent; tandis que, si les deux 
bases sont employées sous des poids équi- 
valents, elles prendront chacune la moitié 
de l'aciJe antagoniste. Telle est, je crois, 
la traduction exacte du langage de Ber- 
thollet, lequel exclut formellement touie 
idée d'une affinité élective ou (l'un coeffi- 
cient spécifique. 

Mais le partage ne peut subsister qui si 
les <leux bases et les deux sels qu'elles 
forment demeurent dissous : si quelqu'un 
de ces corps est éliminé, par volatilité ou 
insolubilité, un nouveau partage se repro- 
duit au sein des liqueurs ; par suite, une 
nouvelle élimination, et ainsi de suite, 
jusqu'à ce que la totalité du corn posé 
éliminable soit sorti du champ de l'action 
chimique. Tels sont les principes dé la 
statistique chimique de Berthollet. 

•GayLussac invoquait le même méca- 
nisme, en se plaçant à un point de vue 
difltérent. H admettait dans les dissolutions 
une sorte de pèle mêle^ A'équipoVence des 
bases et des acides uniformément répartis, 
' les composés qui se manifestent ne pre- 



tSùnt naissance qii*au moment oii ils sont 
séparés par insolubilité, cristallisation ou 
volatilité. 

2. Ce sont ces opinions que j'ai entrepris 
de soumettre au contrôle des méthodes 
thermiques, en ce qui touche les bases, 
comme je Tai déjà fait pour les acides et 
pour les oxydes métalliques. 

J'ai ehoisi deux bases solobles, qui 
dégagent des quantités de chaleur inégales 
en s'unissant avec un même acide, telles 
que la soude et l'ammoniaque en présence 
de l'acide chlorhydrique ; la différence 
entre ces quantités de chaleur, mesurées 
directement à 25°, 5, dans des conditions 
données de concentration, a été trouvée 
égale à + l«»»,12. 

Cela posé, mélangeons à équivalonts 
égaux une solution de chlorhydrate d'am- 
moniaque et une solution de soude, prises 
à la concentration et à la température 
définies 

Azn',HCI(léq=:-iiit^+NaO(l**<ï=2">)à23%5 
A priori, plusieurs cas peuvent se pré- 
senter, correspondant auxdiverses théories: 
1° S'il y a partage en proportion égale 
(théorie de Berthollet), on devra observçr 
un dégagement de chaleur égal 

■ 1 42 

à -f--Y-=-+-0<'«»,56; 

2o Si la loi du partage est différente, on 
observera une quauiilé différente, mais 
toujours moindre que -+- 4,42; 

3* S'il y a équipollence, on ne devra, ces 
semble, observer aucun phénomène ther- 
mique, ou du moins aucun phénomène qui 
soit en relation avec un déplacement pur 
et simple ; 

• 4" Enfin, si la soude s'empare de la 
totalité de l'acide chlorhydrique, en met- 
tant en liberté la totalité de l'ammoniaque, 
on devra observer un dégagement de 
-+- 4'^a»,42. 

3. Or l'expérience m'a donné pour cette 
réaction, à 2Z°^^ : + 4«*^07. La limite 
d'crrepr des essais étant ±: 0,04, ce chiffre 
se confond avec + 4,42. La faible diffé- 
rence observée — 0,05 pourrait s'expli- 
quer d'ailleurs par l'influence purement 
physique qu'exerce l'ammoniaque sur une 
solution de chlorure de sodium. En fait, à 
23°5, j'ai trouvé 

•AzH'(l*<i=2"*)+NaCI(l«^<i=^2"») 
absorbe — 0,05, 
Sans nous arrêter à cette faible influence 
secondaire, nous pouvons donc conclure 



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REVUE ANALYTIQUE ET CRITIQUE. 



qae, la soude et l'ammoniaque étant miises 
à équivalents égaux en présence de Tacide 
chlorhydrique, la soude prend tout l'acide 
(ou sensifolement tout). 

On peut achever de démontrer Inexac- 
titude de cette interprétation en faisant 
varier les proportions relatives des corps 
réagissants : i, â, 5 équivalents (I*ammo- 
niaque en excès n'empêchent pas la décom- 
position totale (ou sensiblemeni) du chlor- 
hydrate d'ammoniaque par la soude^, 
comme le prouvent les mesures thermiques. 
Tandis que, d'après la théorie de Ber- 
thoUet, la présence de i équivalents d'am- 
moniaque, par exemple, aurait dû réduire 
le déplacement au cinquième, et la chaleur 

1 42 
dégagée à + -g-==0,22. 

Est-il besoin de dire que la présence 
d'un excès de soude ne change rien non 
plus au résultat? Enfin le déplacement 
total peut être également vérifié en pré- 
sence d'un excès de chlorhydrate d'ammo- 
niaque^ comme d'un excès de chlorure de 
sodium. 

i. Cet ensemble d'observations prouve 
qu'il s'agit d'une réaction chimique, limi- 
tée à un terme définfpar le rapport équiva- 
lent de la soude qui produit l'action, c'est- 
à-dire qu'il s'agit du déplacement pur et 
simple d'une base par l'autre. Les sels 
doubles n'y jouent aucun rôle, non plus 
que le changement de dissolvant, comme 
le démontrent, d'une part, l'absence d'in- 
fluence exercée par un excès quelconque 
de l'un des quatre corps réagissants, et 
d'autre part la mesure des quantités de 
chaleur dégagées. 

5. J'ai reproduit les mêmes expériences 
avec plusieurs autres sels ammoniacaux 
(sulfate, azotate); j'ai également opéré 
av^c une base alcaline dilférente, la 
potasse. Les résultats s'accordant exacte- 

|o CaCl(l^=2"t).+ NaO(l«<i=2»») 
2» L'addition de A2HSHCI(lé<i=2»t) 

Analysons ces résultats. » 

t<> La première opération (précipitation 
de l'hydrate de chaux par la soude) est 
conforme à la théorie de BerChoUet. Elle 
absorberait fort peu de chaleur (—0,1 à 
» 0,2 au plus) si toute la chaux demeu- 
rait dissoute, l^lais la précipitation de l'hy: 
drate de chaux donne lieu à une absorp- 
tion très-notable (—1,18); ce qui s'expli- 
que, parce que l'hydrate de chaux est un 
corps qui se dissoudrait dans l'eau en dé- 



ment avec ceux que fournit la soude, je 
crois superflu de les«transcrire ici. 

6. Non-seulement l'ammoniaque est dé- 
placée dans ses sels dissous par la potasse 
et la soude, bases selubles, mais on peut 
également opposer l'ammoniaque à une 
base Insoluble, telle que l'hydrate de 
chaux, déjà combiné avec l'acide chlorhy- 
drique. Que doit-il arriver dans cette cir- 
constance ? D'après la théorie de Berlhol- 
let, il y aura partage au premier moment; 
puis la chaux, étant insoluble, devra se 
précipiter, et, par suite, la formation s^en 
reproduira jusqu'à séparation totale. 

Or ces prévisions sont contredites 
par l'expérience. En effet, l'ammoniaque 
ne précipite pas le chlorure de calcium, 
tandis que la chaux se dissout en fait dans 
le chlorhydrate d'ammoniaque. 

S'agit-il donc ici de la formation d'un 
sel double, ou de l'influence exercée par 
un changement de dissolvant? 

7. Pour établir la nature réelle de la 
réaction, j'ai fait les expériences suivan- 
tes : Je précipite la chaux dans le chlorure 
de calcium, au moyen de la soude, opéra- 
lion qui a pour but d'obtenir de l'hydrate 

.de chaux exempt de toute impureté, ce 
qu'il n'est pas facile de réaliser autrement; 
puis je redissous l'hydrate de chaux au 
moyen du chlorhydrate d'ammoniaque, 
employé par fractions successives, afin de 
trouver la limite exacte du phénomène. 
J'opère d'ailleurs en faisant varier les pro- 
portions relatives des composants du sys- 
tème. Enfin je mesure chaque fois les 
quantités de chaleur mises en jeu. 
• J'ai reconnu d'abord que la redissolu- 
tion totale de i équivalent d'hydrate de 
chaux s'opère exa'ctement au moyen de 
1 équivalent de chlorhydrate d'ammonia- 
que, et cela, quels que soient les excès 
relatifs des quatre composants. En oiUre, 

absorbe — 1,18 ( « • j a<î 

dégage + 2.24 1 Somme + 1,06 

gageant de la chaleur. (^1*®*, 5 environ, 
d'après mes expériences, pour 1 équiva^ 
lent dissous dans ^0 litres d'eau). En tpnant 
compte de la proportion de chaux demeu- 
rée dissoute dans Teau employée, on peut 
vérifier que la chaleur absorbée concorde 
sensiblement avec la donnée précédente. 
â*> La seconde opération (redissolution 
de l'hydrate de chaux dans le chlorhy- 
drate d'ammoniaque équivalent) dégage 
exactement la quantité de chaleur catcu- 



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HISTOIRE NATURELLE MÉDICALE. 241 

lée dans Thypothèse d'une substitution chaleur dégagée dans la réaction directe 

pure et simple de l'hydrate de chaux, base de la soude sur le chlorhydrate d'ammo- 

presque insoluble, h l'ammoniaque, base niaque, soit 4* 1,05. Les mêmes chiffres, 

soluble, dans le chlorhydrate d'ammonia- ou sensiblement, ont été observés en pré- 

que. avec formation équivalente dé chlo- sence de divers excès des composants du 

rure de calcium dissous. En effet, cette système. 

substitution, opérée entre IMiydrate de 8. Ces faits et ces mesures thermiques 
chaux dissous et Tammoniaque à 25°,5, prouvent que les sels doubles et les chan- 
dégagerait environ -f- l'^'SlO, chiffre au- gements de dissolvant ne sont pas la cause 
quel il convient d'ajouter -|- i,iO pour la des phénomènes observés ; tandis que tout 
redissolution de la proportion d'hydrate s'explique par la substitution chimique et 
de chaux précipité dans les conditions de totale de la chaux, base presque insolu- 
Texpérience précédente; ce qui fait en ble, h l'ammoniaque, base soluble, dans 
tout 4- 2«20, d'après ma théorie. L'obser- le chlorhydrate d'ammotiiaqne. 
vation a donné -{• 2,SS4 ce qui concorde On voit par là qu'une base soluble peut 
aussi exactement que possible. être déplacée dans ses sels solublcs par une 
En outre^ces chiffres comportent une base insoluble, qui entre ainsi en dissolu- 
vérification : . la somme algébrique des tion, contrairement aux lois de BertKollet. 
deux nombres- 1,1 8+2,24=+ 1,06 doit (Ibid.) 
concorder et concorde en effet avec la ~ 



Histoire naturelle médicale et pharmacentiqne. 

Etude anatomique des racines officinales; par M. Collin, pharmacien de 
1" classe, membre correspondant d Verdun. {Mémoire couronné par la 
Société royale' des sciences médicales et naturelles de Bruxelles, au concours 
de 1875) (1). 

' Conformément aux décisions de la Société, nous extrayons de cet important 
et voliimineux mémoire, la description des principales racines officinales qui 
intéressent plus particulièrement la pratique. L'auteur se réserve de publier 
par la suite en un volume spécial l'ensemble de ses patientes et laborieuses 
études. {Note de la Rédaction.) • 

LES RHUBARBES. 

Dans le Journal de Pharmacie et de Chimie du mois d'avril 1872, M. le 
docteur Cauvet a publié, sur les caractères distinctifs des rhubarbes, une noie 
renfermant plusieurs erreurs qui doivent être réfutées. 

D'après M. Cauvet, toutes les rhubarbes indigènes^ q-uelle que soit l'espèce 
cultivée et quels que soient les soins apportés à leur culture, présentent la 
structure du rhaponlic. Celte assertion est loin d'élrè exacte, car la rhubarbe 
anglaise qui^ d'après la définition donnée par la plupart des auteurs, rentre 
dans la catégorie des rhubarbes dites indigènes, possède des caractères tout-à- 
fail différents des rhaponljcs, et qui s& rapprochent même, jusqu'à un certain 
point, de ceux qu'on observe dans les rhubarbes chinoises. 

La falsification de la rhubarbe de Chine au moyen (ju rhapontic se faisait 
autrefois sur une très-grande échelle, mais elle a considérablement diminué 

(\) Voir Rapport sur ce travail, cahier de juillet, p. 79. 

81 



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24i HISTOiftE rîATURELtÉ MÉDICALE. 

depuis que JUM. Olto Berg, Planchon et Caovet ont appelé Tâttention des phar- 
maciens sur les caractères distinctifs de ces deux sortes commerciales. Ceùç 
fraude, qui ne se constatait plus guère que pour les poudres de rhubarbe, a 
repris un très grand développement depuis rintro()uciion dans le commerce 
d'une nouvelle espèce de rhubarbe cultivée en Angleterre et désignée sbus le 
nom de rhubarbe atiglaine, et quelquefois même sous le nom de rhubarbe du 
Japon.' 

Pour bien apprécier la structure intimé d'une rhubarbe commerciaté, il Suffit 
de scier transversalement la racine, puis de gratter avec un morceau dé verre 
la surface misée nu. Ce pracédè très-simple; permet de distinguer dané toute 
sa netteté la disposition intime des éléments constituants delà rhubarbe. 

Les principales rhubarbes qu'on rencontre ôrdinairemient dans le commerce 
sont les rhubarbes chinoises, les rhubarbes françaises et la rhubarbe anglaise. 

Rhubarbes ohînbises. 

Les rhubarbes chinoises prennent différents noms suivant les pays d'oii on 
les tire et suivant la vote par laquelle elles arrivent en Europe. C'est ainsi 
qu'en Russie on connaît deux sortes dé ce^ racines désignées sous les noms de 
rhubarbe du nord de la Chine, et rhubarbe du sud de la Chine. En Angleterre, 
elles sont appelles rhubarbes Est-indiennes, et rhubarbes hollandaises ; en 
France, elles constituent plusieurs sortes connues sdus les noms de rhubarbe 
deMoscovie, rhubarbe de Chine et rhubarbe de Perse. Maintenant toutes ces 
différentes sortes sont confondues sous le nom de rhul)arbes chinoises, ou rhu- 
barbes de Canton. i 

Rhubarbe de Mosoovie (PI. I). 

Cette sorte ne se rencontre plus guère que dans les collections. Depuis qu'en 
48CO le gouvernement russe fit brûler 6,000 livres de cette sorte commerciale, 
les marchands buchares, las des tracasseries des commissaires du Czar, ont 
cherché un débouché plus facile pour leurs produits, et à partir decejte époque 
il n'y ^ plus eu dç. rhubarbe livrée à Kiaclila. 

La rhubarbedeMoscovie(PLI, fig^l) se présentait générsfiement en morceaux 
plats et arrondis dont la plupart étaient percés de trous assez larges, forés au 
couteau par les commissaires russes, dans le but d'examiner l'état intérieur des 
racines. Tous les morceaux avaient été pelés, mondes de leur écorce et de leur 
cambium,etcomme celte opération se faisait au couteau, il en résultait que cette 
sorte avait un aspect angulaire bien. prononcé. Quand on enlevait la poussière 
jaune qui recouvre la rhubarbe de Moscovie, on observait sur les morceaux 
arrondis et sur la face convexe des morceaux piano-convexes, un fin réseau à 
mailles blanches caractéristiq.ue des rhubarbes chinoises. Mais sur certains 
morceaux mondés trop profondément, ce réseau n'était pas visible et on aper- 
cevait sur la face convexe de petiAs aystèmeâ étoiles. 



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HISTOIRE NATUI^ELL^ MÉDICALE. 245 

Sur une coupe transversale (PI., I^ fig. 5 et 4), quelques morceaux de cette 
rhubarbe laissaient voir très oettement les rayons médullaires juxtaposés en 
nombre variable et s'entrecroisant daps toutes les directions pour aller se 
perdre (ians W tissu <;ellulaire blanchâtre environnant, «^t tantôt pour rejoindre 
les petits systèmes étoiles qui paraissent dispersés irré^t/Z/ér^me/tf sur la surface 
mise à nu. T(\ntôt les rayons médullaires sont réunis en très-grand nombre et 
semblent former une masse pulvérulente jaune; il devient alors Très^difScile de 
suivre leur direction. 

Certains auteurs ont prétendu que la rhubarbe de Moscovie ne se distin- 
guait de la rhubarbe de Chine proprement dite que. par son nom emprunté à 
Tilinéraire qu'on lui faisait suivre avant de la livrer au. commerce, et en ce 
qu*ellç ^tait mieux apprêtée et mondée plus profondément que cette dernière. 
Sans être aussi exclusif sur ce point, je ne puis admettre l'opinion de M. Qtto 
Berg qui prétend que la rhubarbe de Moscovie et la rhubarbe de Canton ont 
une constitution différente et par suite une origine différente. Je reconnais, avec 
le professeur berlinois, que les cercles étoiles sont moins nombreux et beaucoup 
plus régulièrement disposés dans la rhubarbe de Canton que dans la rhubarbe 
de iMoscovie. La forme des cellules qui est ovoïde dans la rhubarbe de Moscovie 
et rectangulaire dans la sorte chinoise, selon M. Otto Berg, ne suffit pas, selon 
inoi, pour expliquer Torigine différente de ces deux sortes commerciales. Le 
caractère tiré de 'la forme des cristaux d'oxalaté de chaux, ressemblant à des 
massiers hérissés de pointes aiguës dans la rhubarbe de Kiachta et à des 
étoiles plates dans la rhubarbe de Canton, ne me semble pas^plus sérieux. 

La rhubarbe de Moscovie, comme ie montre la coupe microscopique 
(PI. I, fig. 5), est très-riche en cristaux d'oxalate de chaux et ne renferme 
que très-pou d'amidon. Du reste, je noterai ceci dès à présent, c'est que plus 
ui}e rhubarbe est riche en corpuscules amylacés, moins elle renferme de 
cristaux d'pxQlate de chaux. 

Rhubarbe de Canton ou rhubarbe de Chine- proprei|ient dite (PL II, IV et V). 

La rhubarbe de Canton (PI. II, fig. 6 et 7)présente sur son contour, dans les 
morceaux ronds, et sur la face convexe, dans {es morceaux plats, un fin réseau 
à mailles ovales ou rhombiques dont la couleur blanche apparaît très-netfement 
sur un fond jaune orangé. Quelquefois ce réseau n*est pas très-visible quand les 
morceaux ont été imparfaitement décortiqués, tantôt il est interrompu par la 
présence de nodosités qui marquent lu trace des radicules,; tantôt il cesse d*étre 
visible dans les morceaux qui ont été mondés trop profondément, comme dans 
un grand nombre de^morceaux de la sorte moscovite. 

La face plane d^$^ rhubarbes chinoises plates diffère nettement de la face 
convextï. Elle est généralement moins foncée en couleur et n'est pas réticulée; 
de plu$, elle présente deux grandes bandes noirâtres disposées longitudinale- 



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244 HISTOIRE NATURELLE MÉDICALE. 

ment de chaque côté des bords de la racine. Lefs extrémités des rhubarbes chi- 
noises présentent généralement une forme concave d'un côté, et convexe de 
Taulre, et offrent des caractères très-remarquables qui deviennent bien plus 
apparents quand on scie transversalement les racines èl qu'on gratte soigneuse- 
ment, avec un morceau de verre, la surface mise â nu. 

Dans les morceaux qui ont été imparfaitement décortiqués (PI. l], fig. 8), on 
aperçoit sur la coupe transversale, vers la périphérie, une ligne ondulée qui est la^ 
trace du cambium. Les bords de la circonférence sont marqués de lignes jaunes 
disposées à peu près parallèlement et se dirigeant vers la partie extérieure des 
racines où elles dépassent d'un millimètre environ la ligne ondulée. Ces lignes 
jaunes représentant les rayons médullaires se confondent bientôt en se rappro- 
chant de la partie centrale de la racine, et forment une zone qui a reçu de 
^I^Olto Berg le nom de zone pulvérulente ou cercle pulvérulent, A Pintérieur de 
celle zone se montre, très-régulièrement disposé, un cercle assez bien défini 
formé par la réunion d*un gr^nd nombre d'étoiles plus ou moins développées 
et à branches plus ou moins nombreuses (PI. II. fig. 8 et 9). Ces étoiles sont géné- 
ralement formées d*un certain nombre de rayons, de longueur variable, qui sont 
coupées dans leur direction par une ligne circulaire ou elliptique. En comparant 
les coupes tranversales avec celles de la rhubarbe de ^toscovie, on voit que 
les systèmes étoiles irrégulièrement disséminés sur la surface plane delà 
rhubarbe de Moscovie, sont disposés dans les rhubarbes de Canton ou de Chine 
proprement dites, avec une certaine régularité, de façon à former un cercle con- 
centrique à la zone pulvérulente. Ce cercle d'étoiles n*offre pas la même disposi- 
tion selon qu'on Tobserve à Texlrémilé ou à rinléricur d'une racine de rhubarbe. 
Dans les morceaux cylindriques^ il a une structure à peu près identique dans 
toute la longueur de la racine, mais il n'en est plus de même si on examine, 
dans ses différentes parties, une racine de rhubarbe ovale. Très-condensées'à 
rextrémité de la racine, les étoiles semblent pour ainsi dire liées entre elles; 
elles confondent leurs branches et forment, à rintérieur de la zone pulvéru- 
lente, un cercle brun-noirâlre et non interrompu ; mais il n'en est plus de même 
si on examine une coupe transversale faite à 5 ou i centimètres de l'extrémité ; 
alors ces éloiles deviennent plus éparses, sont plus rares, se montrent très- 
distinctes les unes des autres, et apparaissent avec des contours bien définis. 
Ce système d'étoiles n'est pas disposé avec autant de régularité dans toutes les 
rhubarbes de Chine proprement dites. 

Dans la portion qui est concentrique à ce cercle étoile, les rayons médul- 
laires s'entrecroisent dans toutes les directions, et il est quelquefois difficile de 
suivre leur parcours. Quelquefois ils sont, très-courts, apparaissent à l'œil nu 
sous forme de ponctuations jaunes irrégulièrement dispersées au mîlicudu tissu 
environnant qui est d'une couleur blanche. La portion blanche parait dominer 
dans la partie centrale des rhubarbes de Chine. 



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HISTOIRE NATURELLE HËDIGALE. 245 

En examinant au microscope la rhubarbe de Canton, nous pouvons nous faire 
une idée très*netle de ta texture anatoaiique des différentes zones que nous 
venons de décrire. 

M. le professeur Schroff, de Vienne, parait être le premier pbarmacologiste 
qui ait appliqué le microscope à l'étude dps rhubarbes. Après lui, MM. Ftucki- 
ger et Otto Berg essayèrent de trouver des caractères qui permissent de distin- 
guer les différentes espèces de rhubarbe : mais ces savants ne s'appliquèrent 
pas d'une façon spéciale à Tétudc de ce^ racines qui demandent un examen 
très-sérieux. Celle lacune restait à combler et je crois avoir épuisé la question 
en examinant la structure intime des différentes racines de rhubarbe. 

Si on examine au microscope une coupe transversale de la partie centrale de 
la rbubarbe chinoise proprement dite, on voit très-distinctement les rayoïrs 
médullaires disposés irrégulièrement au milieu d'une masse de cellules rem- 
plies d'amidon ou d'oxalale de chaux (PI. IV, fig. 19). Ces rayons médullaires 
composés d'fin nombre variable de rangées de cellules remplies d'une matière 
colorante jaune, n'ont'pas une direction bien déterminée; ils s'enirecroisent dans 
fous les sens pour aller se confondre avec les rayons médullaires qui forment 
les branches des étoiles. Disposés avec une certaine régularité pour former les 
systèmes étoiles, les rayons médullaires viennent de nouveau s'entrecroiser 
dans tous les sens pour former la zone pulvérulente dont la constitution est la 
même que celle de la zone centrale ; puis ils pénètrent dans la zone périphérique 
ensuivant une direclion sensiblement parallèle; ils traversent ensuite la ligne 
ondulée brun*noirâtre, pour$e perdre dansle tissu cellulaire placé immédiate* 
ment au-dessous de Tépidei^mc de In racine. Le tissu blanc, compris entre les 
rayons médullaires de l'anneau périphérique est formé, comme la zone centrale, 
dp cellules renfermant de l'amidon et des cristaux d'oxalate de chaux. 
* En examinant la ligne ondulée, soit à Tœil nu, soit >^ la loupe, soit au 
microsèope, on voit que cette ligne est formée par la réunion des cellules qui 
constituent la z6ne cambiale (PI. IV, fig. ^0). Ces cellules, examinées sur une 
coupe transversale, paraissent assez régulièrement qiiadrilatérales ; elles 
sont dirigées tangenticllemenl et superposées assez régulièrement sur 4 ^ou 
3 rangées. Leur assemblage forme un anneau ondulé qui entoure la racine et 
qui est traversé par les rayons médullaires. 

Si on examine au microscope une des étoiles biendévcloppées, doQt j'ai signalé 
l'existence dans les rhubarbes ohinoises, on voit immédiatement que la stucture 
de ces étoiles rappelle, dans leur ensemble, l«i sthicture de la plupart des racines 
des plantes dicotylédones (PI.V, fig. 21). En effet, les branches de ces étoiles ne 
sont autres que les rayons médullaires qui^partent d'un centre commun pour se 
diriger dans tous les sens. La ligne ronde ou elliptique qui est traversée par 
les rayons médullaires, représente la portion ligneuse. Le tissu compris entre 
les bronches de ces étoiles, est formé vers ié centre d'utricules rectangulaires 



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2i6 HISTOIRE NATURELLE HÉDIISALB: 

ou hexagonales renfermant généralement de Tamidon et quelquefois de Toxalate 
de ebaux ; puis, en se rapprochant de la ligne circulaire, ce tissu utriculaire; 
perforé souvent de lacunes assez larges, se fond insensiblement avec une couche 
de tissu fibreux renfermant encore quelques corpuscules amylacés. L*anneau 
fibreux représentant la ligne qui limite le contour de Téloile ou le cambium, 
est entouré d'un tissu cellulaire renfermant des grains d'amidon et des cristaux 
d*oxalatc de chaux. Un fait important est à signaler : c'est qu'on n'observe aucun 
vaisseau à Tintérieur de ia zone cambiale. Les vaisseaux se 4rouvént disposés 
àTeximeur de cette zone, entre les rayons m^édullaires; ils sont réunis par 
groupes de trois ou quatre, de difierentes grandeurs et dans leur ensemble, ils 
paraissent former un cercle extérieur au cambium. Les rayons médullaires qui 
forment les branches ^des étoiles sont composés d'un nombre variable de cel- 
lules alk)ngées. A peu près constant pour toutes les étoiles qui forment le cercle 
étoile dans une rhubarbe, le nombre des rangées de cellules des rayons médul- 
laires varie suivant les échantillons et souvent même il peut varier pour lés 
étoiles qu'on observe dans les différentes parties d'une même racine. Le contenu 
des cellules qui forment les rayons médullaires, estconsrilué par de la chryso- 
phane et de l'acide chrysophànique. D'après M. Gauvet les étoiles de la rhu- 
barbe de Canton Font moins distinctes, plus petites et >iépourvues du cercle 
brun ou ncûrâtre qui caractérise les étoiles de la sorte moscovite. L'examen 
attentif des figurés et la comparaison de ces coupes avec la section 
transversale de la rhubarbe de Moscovie, nous révèle immédiatement 
tout ce qu'a d'erroné l'assertion de M. Cauvet. Les étoiles qui sillonnent les 
rhubarbes chinoises étant la trace des radicules de la souche principale ont 
toutes, quand elles sont bien développées, les mêmes ^éléments anatomiques, et 
on n'y constate que très-rarement l'absence de la ligne brune ou du cambium 
qui limite leur contour. L'examen approfondi d'un très-grand nombre d'échan- 
tillons m'a de plus prouvé que les systèmes étoiles sont bteir plus nombreux 
dans la l'hubarbe de Canton que dans la rhubarbe de Moscovie. Ces erreurs ne 
sont d'ailleurs pas les seules que M. Gauvet a émises dans sa note sur les carac- 
tères distinctifs des rhubarbes commerciales. La figurent, pi. V, nous donne une 
Idée de la structure anatomique d'une étoile de la rhubarbe chinoise propre- 
ment dite. 

Rhubarbe de Perse. 

La rhubarbe de Perse, décrite par M. Guibourt, n'est qu'une rhubarbe de 
Chine de belle qualité, dans laquelle on retrouve les éléments anatomiques 
exactement disposés comme ceux que je viens de décrire en parlant des rhu- 
barbes chinoises. 

Rhubarbe de Canton en bâtons. 

La rhubarbe de Canton en bâtons, décrite par M. Pereira sous le nom de 



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mSTOlIUS NATIHIELLIS MÉDICALE. 247 

Canton stick Rè^barb, n*offre aucon descaractières qui dîsiiaguenl la rhubarbe 
deChine; elle présente la slruelure anatomique dti rhapootk français dont 
Dous allons bientàt exanoiner les principaux caractères. 

Les' rhubarbes de Tashkend, de Sibérie et de rHimalaya ayant complète- 
ment disparu du commerce, je n'insisterai pas sur les caractères anatomiques 
de ces espèces. Je ne parlerai pas davantage de la prétendue rhubarbe.de 
Bucharîe dterite par M. Fevo dans un travail qui a eu un certain succès efi 
Russie et en Allemagne. Il est aujourd'hui bien prouvé que M. Fevo a été 
mystifié par quelques colporteurs qui lui ont vendu, sous le nom. de rhubarbe 
de Bueharie, une rhubarbe qu'ils avaient apprêtée a leur manière. 

Rhubarbes indigènes — Rhubarbe de France (PI. VI et VU). 

La rhubarbe de France est très-souvent désignée dans le commerce sous le 
no^mde rhaponlic; mais celte dénomioalion est vicieuse, car notre rhubarbe 
ne provient pas seulement du Rheùm Rhaponticum; ceile qui nous vient du 
Morbihan est fournie encore par les Eh. undtUalum et compadum; celle 
qui provient du département du Doubs tst fournie par le Rh. Rhaponticum^ 
et celle qui nous arrive de la Provence est la racine du kh. undulatum. 

Les rhubarbes de France (Pl.VII,fig. 25 et 30) présentent entre elles des carac- 
tères communs qui sont bien plus constants que ceux qui existent dans les rhu- 
barbes chinoises. Elles offrent entre elles une telle analogie de structure qu'il est 
impossible dediré précisément par quelle espèce de rheum elles ont été fournies. 

Si on compare entre elles les sections transversales des rhubarbes françaises 
. et chinoises, on observe des caractères tout à fait différents qui permettent de 
distinguer au premier coup d*œi1 ces diverses espèces. 

La coupe transversale d'une rhubarbe française (Pl.VII, fig. 28) présente un 
aspect rayonné caractéristique^ formé de lignesalteruativement blanches et jaune- 
rougeàtres, presque droites^ et qui se dirigent du centre vers la circonféi^nce. Les 
llgne<s blanches âont plus larges que les lignes jaunes. Celles-ci sont quelquefois 
interrompues dans leur direciion; elles semblent se multipKer et se confondre 
à quelque dislance du centre, pour former autour de celui-ci un ou deux cercles 
bien défînis. Un peu avant d'arriver à la circonférence^ iies lignes rayonnantes 
sont coupées par une zone brun-noirâlre, rarement ondulée et formant, le plus 
généralement, un cercle parfantement défini ; ce cercle n*est autre que le cam- 
bium du rhaponlic (Pl.VII, fif;. 31). Les lignes jaunes représentent les rayons 
médullaires qui dans la rhubarbe française ne sont. généralement composés 
que d'une seule rangée de cellules allongées. 

Les lignes blanches sont formées de cellules polygonales renfermant une 
très-grtnde qua'ntité cl'amido.n et de peelîne, et une faible proportion de cris- 
taux dbxalate de tbàux; aussi les rhubarbes Irançaisea eroquent-eltes trèsipeu 
sous la dent. 



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â48 HISTOIRE NATURELLE MÉDICALE. 

En examinant au microscope la coupe trunsversale d'une rhubarbe française 
très- jeune (PL VI), on aperçoit une très-grande quantité de vaisseaux rassemblés 
vers la partie centrale; quelquefois même celte partie est purement vasculaire. 
Ces élémentssontdisposés en grand nombre auprès de la zone cambiale^ et dans 
leur ensemble ils paraissent former un cercle concentri^ie à cette zone. Ils 
sont réunis en faisceaux composés de cinq ou six vaisseaux, qui vont générale- 
ment en s'agrandissant à mesure qu'on s'approche de la zone, cambiale. La 
section de ces vaisseaux est gènérafement plus large que celle des cellules au 
milieu desquelles ils sont répandus. La ligne brun-noirâtre^ si apparente dans 
les rhubarbes françaises, est formée de sept à huit rangées de cellules étroites, 
rectangulaires, dirigées tangentieilement^ et disposées assez régulièrement les 
unes au-dessus des autres. Sur une jeune racine encore fraîche, la structure 
duatomique de cette zone se révèle assez clairement. Les cellules qui la com- 
posent renferment des corpuscules amylacés. Cette portion représentant le 
cambiuin parait élre la réunion, des couches ligneuses proprement dites et du 
liber. Comme je viens de le dire, les vaisseaux paraissent condensés à la partie 
intérieure de celte zone; la partie extérieure est composée de cellules polygo- 
nales remplies d'amidon et entrecoupées par des rayons médullaires qui vont 
se perdre un peu en dessous de la partie épidermique. 

La couche épidermique est composée de quatre à 'cinq rangées de cellules 
tubulaires et allongées tangentiellement. Cette partie ne se rencontre pas dans 
les rhubarbes du comiherce à cause de lopération du mondage qu'on leur a 
fait subir. 

Ainsi donc, l'absence des systèmes étoiles et la disposition trés-régulière- 
ment radiée du tissu médtillaire sur la coupe transversale des rhubarbes fran- 
çaises, établissent une grande di^érence entre cette coupe et celle des rhubarbes 
chinoises. 

Lesi rhubarbes françaises ne diffèrent pas seulement des rhubarbes chinoises 
par leur coupe transversale ; elles présentent encore, sur leur surface latérale^ 
des caractères qui permettent de les distinguer très facilement. 

En effet, si on observe à l'œil nu la surface extérieure des rhuba.rbes fran- 
çaises bien décortiquées, on remarque que la partie blanche prédomine géné- 
ralement sur lesvparties jaunes. Les rayons médullaires ne sont pas réunis 
régulièrement et avec ordre sous forme de losanges jaunes, encadrés par le 
tissu blanc qui forme ainsi un réseau très-élégant et caractéristique des 
rhubarbes'chinoises, mais ils sont, au contraire, disposés toiità fait irrégulière- 
ment et ils apparaissent sur la surface latérale des morceaux comme des points 
jaunes dissiminés su hasard sur un fond blanc. 

Cette différence dans la structure anatomiqueapparait bien plus clairement en- 
core quand on examine au microscope une coupe langentielle de cette partie péri* 
phérique(Pl.yiI, flg. 26). D'abord, on n'aperçoit pas la trace du réseau lo&angique 



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Gpogk 



REVUE ANALYTIQUE ET CRITIQUE. 249 

qui apparaît quelquefois si nettement sur la surface de certaines rhubarbes 
«chinoises, et de plus, on peut étudier facilement la disposilion des rayons médul- 
laires. Ceux-ci, au lieu d'élreformés de deux ou trois, et même de cinq rangées 
de cellules dans le sens horizontal, ne comptent qu'une seule rangée de cellules. 
Dans le sens de la hauteur, les rayons médullaires de la rhubarbe de France 
sont formés à peu près du même nombre de rangées de cellules que les rhu- 
barbes chinoises; c'est ce qui apparail nettement sur la coupe que nous avons 
sous les yeux; nous y apercevons, en effet, sept ou huit cellules superposées, 
se détachant clairement au milieu des amas d'amidon qui les entourent. 

Les cristaux d'oxalate de chaux sont très-rares ^ur la surface latérale des 
rhubs^rbes dv France. 

/ ' {La fin au prochain n«.) 



FalsUlcaÉioii», eie. 

Recherche de l'alcool amylîque dans 
Taicool ordinaire. — Pour le découvrir, 
BeUelli conseille d^étendre 5 centimètres 
cubes de Talcool suspect avec 6 à 7 vola* 
rocs d'eau, et d'agiter convenablement le 
.mélange avec 45 à 20 gouttes de chloro- 
forme. Le chloroforme, séparé, laisse par 
évaporation Talcool amylique qui pouvait 
exister. Ce dernier peut alors être caracté- 
rise par son odeur et par l'éthérificalion,' 
au moyen d*un mélange d*acidc sulfurique 
avec un acétate alcalin. Par ce moyen, on 
peut déceler 0,05 pour 100 d'alcool amy- 
lique dans l'alcool ordinaire; 

{Répertoire de pharmacie,) 



tion de la crème en beurre, alors que cette 
opération ne réussit pas bien. 

{Répertoire de phafrmaciç,) 



Pharmacie. 



L'acide salioylique pour conserver les 
jus de limons. — La grande difficulté de 
conserver le jus de limons récemment ex- 
primé étant bien connue des pharmaciens, 
Niemer, pharmacien à Munster, adresse, à 
ce propos, la communication suivante au 
Pharmacien Zeitung : D'après deux expé- 
riences, 25 centigrammes d'acide salicy- 
lique préviennent le développement des 
champigtions dans 3 livres de jus de limons 
frais, le $ccond essai ayant été opéré dans 
une bouteille à demi pleine. Dans un essai 
comparatif opéré dans les mêmes condi- 
tions, nais sans acide salicylique, il se 
forpia d^s moisissures en dix jours. Niemer 
a trouvd aussi que l'addition d'une trace 
d'acide $aiicylique facilite la transforma- 



Conservation des sangsues par l'acide 
salicylique. — Une solution concentrée 
d'acide salicylique détermine promptement 
la mort des sangsues. Mais quand la solu- 
tion est très-pauvre en acide salicylique, 
les sangsues y conservent *oute leur vi- 
gueur; dans ce milieu, comme dans l'eau 
ordinaire, elles se dépouillent de leur épi- 
derme sans que l'eau se putréfie ni prenne ' 
une saveur désagréable. Pour chaque 
100 grammes d'eau, l'auteur de ces obser- 
vations ajoutait quatre gouttes d'une solu- 
tion de 1 gramme d'acide salicylique dans 
^00 grammes d'eau ; avec cette faible 
dose d'acide salicylique; il a maintenu ses 
sangsues en un parfait état de santé pen* 
dant de longs mois. En prévenant la 
putréfaction des débris organiques azotés 
et, par conséquent, l'absorption totale de 
l'oxygène disscms dans l'eau, l'acide sali- 
cylique conserve aux sangsues l'élément 
nécessaire à leur respiration ; son emploi 
dans lofv pharmacies va donc rendre de 
grands services. Dans la plupart de ses 
expériences le pharmacien allemand, que 
je regrette de ne pouvoir nommer, n'ajou- 
tait à chaque litre d'eau que vingt gouttes 
de la solution salicylique à 1/500. 

{Journal de pharmacie et de chimie, ) 



Dilution de l'alcool à un degré déter- 
miné; par M. BËRQUiER. — Le tableau 



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250 



R£VUB ANALYTIQUE ET CRITIQUE. 



ci-dessious donne les quantités d>au dis- horizontale jusqu'à la colonne au-defl^us de 

tillée nécessaires pour amener à un degré laquelle est indiqué le degré 80 et Ton 

déterminé un alcool plus riche. Pourob(e- trouve qu'il faut ajouter i9â p. d'eau en 

nir par e:|[emple de Talcooi à 80*> avec de poids à 808 p. d'alcool à 9i^ pour obtenir 

Talcool à Oi*" on cherche dans la preniicrc 1,000 p. d'alcool à 80<> 
colonne le nombre 9i et on suit la ligne 



h 

•o s 


DCRSITÉ 








DEGRÉ CHERCHÉ. 








9( 


l« 


83» 


80. 


60" 1 


56« 




r 




Alcool. 


Eau. 


Alcool. 


Eau. 


Alcool. 


Eau. 


Alcool. 


Eau. 


Alcool. 


Eau. 


100- 


0,7938 


857 


143 


795 


205 


7.^5 


265 


522 


478 


482 


518 


99 


0,7969 


871 


129 


807 


193 


747 


253 


530 


470 


490 


510 


98 


0.8001 


885 


115 


820 


180 


759 


241 


559 


461 


498 


502 


97 


0.8031 


899 


lOf 


833 


1()7 


771 


229 


547 


455 


506 


494 


96 


0,80bl 


913 


87 


846. 


154 


783 


217 


555 


415 


514 


486 


95 


0,8(189 


927 


73 


859 


141 


796 


204 


564 


436 


522 


478 


94 


0,8118 


942 


68 


873 


127 


808 


192 


573 


427 


53» 


470 


95 


0,8145 


956 


44 


886 


114 


820 ' 


180' 


582 


418 


538 


462 


n 


0.8172 


970 


30 


899 


101 


852 


168 


590 


410 


546 


454 


91 


0.8199 


985 


15 


913 


87 


845 


155 


599 


401 


554 


446 


90 


0.8228 





A 


927 


73 


858 


142 


609 


391 


561 


457 


89 


0,8254 


t) 


J» 


941 


59 


871 


129 


M 8 


382 


571 


429 


88 


0.8279 


a 


» 


955 


45 


884 


116 


627 


373 


580 


4^0 


87 


0,8305 


n 


A 


970 


30 


898 


1(J2 


6»7 


563 


559 


411 


16 


0,8331 


» 


A 


985 


15 


912 


88 


646 


* 354 


598 


402 


85 


0,8357 


» 


A 


A 


A 


926 


74 


656 


544 


607 


393 


84 


0,838!2 


» 


» 


U 


» 


910 


60 


667 


353 


616 


384 


83 


08408 


» 


» 


A 


A 


955 


45 


677 


323 


626 


594 


8£ 


.0,8434 


» 


ta 


» 


a' 


969 


31 


687 


315 


636 


564 


81 


0,8459 


» 


» 


A 


M 


994 


6 


698 


302 


646 


354 


80 


0.8483 


n 


» 


A 


A 


» 


A 


709 


291 


656 


344 


79 


0;8508 


» 


« 


A 


A 


A 


A 


720 


280 


666 


534 


78 


0,8533 


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A 


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A 


D 




782 


268 


677 


323 


77 


0,8557 


» 


A 


A 


A 


» 




744 


256 


688 


.312 


76 


0.8581 


» 


» 


M 


A 


A 




756 


244 


699 


501 


75 


0,860?( 


1» 





A 


A 


A 




768 


232 


710 


290 


74 


0,8625 


» 


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A 


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781 


219 


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73 


0.8u49 


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A 


A 




794 


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A 




807 


193- 


747 


253 


71 


0,86b6 


» 


A 


» 


A 


A 




821 


179 


759 


241 


70 


0.8721 


» 


A 


A 


» 


» 




835. 


165 


772 


228 


69 


0,8745 


A 


A 


A 


A 


A 




849 


151 


785 


215 


68 


0,8769 


A 


A 


J» 


A 


■ A 




864 


136 


799 


201 


67 


0.8793 


A 


A 


A 


A 1 


» 




880 


120 


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187 


66 


0.8816 


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A 


A 




896 


104 


828 


172 


65 


0,8840 


n 


A 


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A 


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89 


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157 


64 


0,H863 


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A 


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828 


72 


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142 


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0,8886 


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A 


A 


A 




946 


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874 


126 


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0.«908 


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A 


A 


A 


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963 


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0,8952 


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A 


A 


A 




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0,8979 


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0.9001 


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A 


A 




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A 


961 


39 


67 


0,9025 


A 


A 


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M 


A 


SSSS^ 


» 


A 


980 


20 



{Gazette médicale de Bordeaux ) 



T03Ucolot|;le. rouge vif ou de couleur de feu, qui doi- 

— vent leurs belles nuances à des matières 

Tapît rouget artemoauz; par M. E. colorantes désignées sous les noms de laque 

REICHARDT. -— Le commerce allemand de Vienne, de laque rouge, etc. L'analyse 

livre à la consommation des tapis d'un chimique de ces laques y a fait reconnaître 



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REVUE ANALYTIQUE ET CRITIQUE. 



251 



la présence de Tacide arsénîeux dans une impropre à Taltmentation, il en résulte qoe 
assez forte proportion : un échantillon tout ce qu*elle renferme de matières nutri- 
contenait i^96p. 100 de son poids d'acide tives est complètement perdu. Cet incon- 
arsénieux, et un second échantillon !2,49 vénient se manifeste moins pour la viande 
p. 100. de pprc que pour la viande de bœuf ; aussi 
{Journal 4e pharmacie et de chimie,) le porc salé offre aux marins un aliment 
' supportable, tandis que le bœuf est rapi- 
dement pour eux un objet de répugnance 
HygièDe pabllqae. et de dégoût. Cette viande^ en effet, pré- 
— ^ parée ainsi que "hous Ta vous indiqué plus 
Les différents procédés de conserva- haut, est dorc^ insipide et détermine les 
tion des viandes, leurs avantagées et . troubles gastriques les plus variés. 
leurs inconvénients; par M, le docteur Différents procédés ont été proposés 
0. DU iMESNlL, médecin de TAsile des pour améliorei^ les procédés de salaison, 
convalescents de Vincennes. {Suite et fin, J. de Liebig recommande remploi d*un 
— Voir notre cahier d'août, p, m^,) liquide contenant toutes les substances 
Salaison, — Pendant longtemps la nutritives importantes qui, dans le pro- 
salaison a été le procédé exclusivement cédé habituel de saumure, passent dans le 
employé pour conserver les viandes à Tu- liquide et sont enlevées à la viande, ç Cette 
sa^e de la flotte. Dans cette préparation, b saumure dit-il, doit contenir pour 100 li- 
on place dans des tonneaux les morceaux » vres d'eau, 56 livres de sel de cuisine et 
de viande par piles séparées les unes des '» une demi livre de phosphate de soude, 
autres par une couche de sel de cuisine, » A chaque i I livres et demie de cette 
puis on ferme herméticluement le récipient, t eau saline on ajoute 6 livres d*extrait 
Pour conserver à la viande' sa couleur t de viande, une livre et demie de chlo- 
l'ouge, on est dans Tusage d'ajouter au sel » rure de potassium et dix onces d*azotate 
marin une certaine quantité de nitre qui, b de soude. » Par ce procédé, Liebig dé- 
cn outre, ^ l'avantage de fournir à Tali- clare que la viande n*est pas diluée par 
mentation des matelots les sels de potasse Teau. 

qui lui manquent.^ Witheland emploie un autre procédé 

La dissolution saturée de sel marin qui tendant, d'une part à utiliser pour Tali- 

sc forme par ce procédé constitue ce qu'on mentation les matières nutritives conte- 

appelle la saumure, et Ton s'en sert surtout nues dans la saumure^ et d*autfe part à 

pour conserver les viandes de porc et de rendre la viande savoureuse. Dans ce but, 

bœuf ; d'après Payen la viande de cheval se il place la viande salée avec la saumure 

conserverait également bien par ce procédé, dans un dialyseur composé d*un vase dont 

L'un des reproches les plus sérieux faits le fond est formé par un parchemin et qui 

à Tusage de la saumure pour la conserva- est contenu dans un autre vase plus grand, 

tion des viandes, sans parler des accidents D'après les lois de la diffusion, les sels de 

toxiques qu'elle détermine et qui ont été la saumure et de la viande marchent vers 

signalés par Raynal, e^t qu'elle soustrait à Teau du récipient extérieur, tandis que 

la substance animale une partie notable des les substances albuminoîdes de la saumure 

principes nutritifs qu'elle renferme. Gi- restent. Au bout de trois à quatre jours, 

rardin a trouvé dans la saumure colorée en on, interrompt la dialyse et Ion trouve la 

brun des viandes américaines : viande assez bien dessalée et ayant le goût 

Eau . : . 62,23 **® *® viande fraîche. En évaporant la sau- 

Albumine ù'iS mure, Witheland obtient un extrait de 

Anim substances organiques . . 3,40 viande utilisable dans la proportion d'une 

Chll''re"dS'3m i ! : ; ! ^M »-••« e""™" pour 20 livres de saumon,. 

Autres sels . 3,65 M. Martin de Lignac qui a étudié avec 

Contenu total en azote. .... 0,267 beaucoup de soin la question de la conser- 

D'aptès Kûhnf, la saumure soustrait à vation des viandes, a apporté aux procédés 

la viande non-seulement la plus grande de salaison une modification importante, 

quantité de l'acide phosphorique et. de la d*abord parce qu'elle assure d'une façon 

potasse qu'elle renferme, mais aussi près- certaine la pénétration (Je la viande dans 

que toiles les matières extractives, lalLu- toute son épaisseur et au degré que désire 

mine'soluble, et aussi une grande quantité l'opérateur, puis parce qu'elle permet de 

de my4sine. Or, comme cette saumure est joindre k l'action de la saumure celle de 



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252 



REVUE ANALYTIQUE ET CRITIQUE. 



condiments qui peuvent améliorer la sa- 
veur de la substance alimentaire. M. Martin 
de Lignac opère ainsi quMl suit: il prend 
une solution saturée de sel marin, la place 
dans un réservoir 'élevé à plusieurs mètres 
au-dessus du sol de façon à opérer sous 
une pression effective d'une atmosphère ; 
à ce réservoir est adapté un tube très- 
flexible que Ton peut manier facilement en 
tous sens et qui est muni d'une canule que 
Ton introduit dans le morceau à injecter ; 
on laisse récouicment se faire jusqu^à ce 
que la pièce ait reçu de 160 à âOO grammes 
de saumure par kilogramme de viande. 
Puis on rimmerge dans un bain dç sau- 
mure, on la place dans un courant d*air et 
Ton termine Topération en soumettant la 
viande ainsi préparée à l'action de la 
fumée. 

Le fumage est fait avec soin, de façon 
que la fumée n'arrive sur les quartiers de 
viande qu'à la température voulue et les 
enveloppe tous uniformément. Préparée 
par ce procédé, la viande fumée est 
agréable au goût, mais elle est très-exci- 
tante, et pour être bien tolérée par l'es- 
tomac^ elle doit être accompagnée de lé- 
gumes frais et de boissons siimulanles. 

Parkes préconise le procédé de Morgan 
qui emploie un liquide consistant en 5 ki- 
logrammes de saumure^ 250 grammes de 
salpêtre^ 1 kilogramme de sucre, 15 gr. 
d'acide phospliorique et quelques épices. 
Aussitôt que l'animal est sacrifié, on in- 
jecte ce liquide dans le ventricule gauche 
apfès avoir ouvert l'oreillette 'droite pour 
en faire écouler le sang. Après cette mani- 
pulation, la viande est desséchée et enrobée 
dans du charbon de bois. Parkes dit que 
la viande ainsi préparée reste savoureuse 
et conserve toutes ses parties nutritives. 

M. Gorges a imaginé une méthode qui 
relève à la fois des procédés de conserva- 
tion par la salaison et par les antiseptiques : 
il plonge la viande qu'il veut protéger dans 
un bain d'acide chlorhydrique (à 2 ou 5 
pour iOO) et ensuite dans une solution de 
bisulfite de soude ; il se forme conséquem- 
ment du chlorure de sodium et de l'acide 
sulfurique. La viande tout à la fois soufrée 
et salée est ensuite placée dans des boites 
hermétiquement closes ; la viande parait 
se bien conserver par la méthode de 
M. Gorges. 

La viande de veau est absolument ré- 
fractaire aux procédés de salaison, parce 
que son tissu mou et lâche réclame une 
quantité considérable de sel| qui enlève, 



pour les faire passer dans la saumure, 
toutes les parties Nutritives de la viande 
en ne laissant qu'un trame insipide, filan- 
dreuse et excessivement salée. 

Les différents procédés de conservation 
dont la saumure est la base se reeomman- 
dent par le bon marché auquel ils permet- 
tent de livrer la viande à la consommation ; 
mais quels que soient les perfectionne^ 
nients qu'ils aient reçus dans ces derniers 
temps, il est impossible de faire de la 
viande salée l'unique forme de l'alimenta- 
tion par la viande. Ce qu'il y ff de bien ac- 
quis aujourd'hui; c'est que le bœuf éalé est 
une mauvaise conserve, sèche, fibreuse, 
sans saveur, d'une digestion difficile et 
dont on se dégoûte rapidement. 

Réfrigération. — On sait depuis long- 
temps qu'une basse-température arrête le 
travail de la fermentation, mais c'est tout 
récemment seulement que Ton a pensé à 
utiliser l'action antifermentescible du froid 
pour la conservation proloUgée des sub- 
stances animales ou végétales sur une 
grande échelle. Aux États-Unis, on se sert 
depuis quelque temps d'un wagon réfrigé- 
rateur pour transporter des fruits frais de 
Californie à New- York; en Australie, une 
compagnie a installé à bord de certains 
navires des appareils pour fabriquer de la 
glace avec l'ammoniaque et qui suffisent 
à conserver cent tonnes de viande fraîche. 
Mais en France, le problème a été étudié 
sous toutes ses faces et, en faisant toute- 
fois nos réserves sur le côté économique 
de la question que nous n'avons pas qua- 
lité pour juger, nous croyons pouvoir dire 
qu'il a été résolu par M. Tellier à l'usine 
frigorifique d'Auteuil. Le procédé de 
M. Tellier repose sur l'évaporation et la 
condensation de l'éiher méthylique; les 
appareils qu'il emploie se compo!>ent : 

i^ D'un frigorifèrc dans lequel a lieu 
l'évaporation de l'éther méthylique, et 
par conséquent la production du froid, 
pu^quc la vaporisation de l'éther ne peut 
se produire sans absorption de calorique; 

i»^ D'un condenseur destiné à condenser, 
sous l'influence d'un courant^ d'eau ordi- 
naire, les vapeurs d'éther produites par le 
frigorifèrc ; 

5" D'une pompe de compression rece- 
vant les vapeurs d'éther venant du frigo- 
rifèrc et les comprimant dans le conden- 
seur. 

La pompe de compression sert adonner 
aux vapeurs qui sortent du frigorifère à 
basse pression, la tension nécessaire pour 



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REVUE ANALYTIQUE ET CRITIQUE. 



S55 



se condenser ; les recevant a un ou deux 
atmosphères, elle les introduite 6, 7 et 8 
atmosphères dans le conderiseur, d'où li- 
quéfaction et, par suite, retour à l'étal li- 
quide dans le frigorifère de Téther em- 
ployé. La circulation continue de cet ëther 
maintient Taction frigorifique indispen- 
sable au succès de l'opération. 

Pour utiliser le froid produit, M. Tellier 
a adopté les dispositions suivantes : Le fri- 
gorifère est installé comme une chaudière 
tubulaire, c'est-à-dire qu'il est formé d'une 
capacité absolument étanche^ traversée par 
un grand, nombre de tubes; dans la capa- 
cité on verse l'éther mcthyliqoe qui joue 
le rôle de Teàu dans un générateur ordi- 
naire ; dans les tubes on fait passer le cou- 
rant fluide qu'on veut refroidir ; il joue le 
. rôle de l'air brûlé dans le même généra- 
teur, c'est-à-dir: qu'il abandonne son ca- 
lorique aux vapeurs' qui se forment et par 
conséquent fie refroidit. A Auteuil, c'est un 
vaste réservoir de chlorure de calcium qui 
distribue le froid suivant les besoins. A cet 
effet, des pompes chassent ce liquide à tra- 
vers les tubes du frigorifère, puis de là 
dans les diverses installations où il doit 
exercer son action frigorifique, pour enfin 
venir encore se refroidir aux frigorifères, 
circulation continue qui permet d'agir loin 
des machines et en telle mesure que l'on 
peut désirer. La conservation de la' viande 
s'obtient, à l'usine d'Auteuil, par la simple 
tcxposition à des températures variant 
entre — i -+- 2. Pour obtenir ce résultat, 
une chambre à parois isotantes est établie 
de façon qu'elle ne subisse jamais les va- 
riations de la température extérieure; 
M. Tellier isole la chambre froide avec du 
coke en pojidre. 

Dans cette chambre est disposé un con- 
duit en bois dans lequel sont placés, par 
étages superposés, des bassins en tôle ; 
c'est dans le bassin supérieur qu'on fait 
arriver un des courants de chlorure de cal- 
cium froid ; le courant circule de bassin en 
bassin, pour retourner finalement se re- 
froidir au frigorifère. L'action frigorifique 
se trouve donc ainsi continuellement ap- 
portée dans rinléfieur de la chambre. Mais 
ce n'est [jas suffisant, il faut de plus la dis- 
tribuer uniformément; à cet effet, un ven- 
tilateur est placé sur le côté de la chambre 
il prend iconstamment l'air à une de ses 
extrémités, le force à passer dans la cavité 
contenant les bassins froids et finalement 
le fait sdFi'ir à Textrémilé opposée de la 
chambre I L'avantage de cette disposition 



est que l'air, pour revenir Iroiiver le ven- 
tilateur, est forcé de se propager de proche 
en proche en traversant toute la chambre, 
et que par conséquent l'atmosphère de 
celle-ci est incessamment renouvelée, 
quoique ce soit toujours le même air qui 
çoit mis en mouvement. 

Ihy a un avantage notable à opérer ainsi, 
puisqu'^on n'a qu'à prendre de l'air à -i- 1 
par exemple pour le ramènera — i degré, 
tandis que sj l'on prenait de Fair du de- 
hors, il faudrait de +25 et mémo parfois 
d'une température plus élevée le ramener 
à~l degré. 

De .cet ensemble de dispositions il ré- 
sulte : i" que la température est maintenue 
entre — 1 degré et -+- i degré ; 2* que 
l'air est desséché et abandonne l'eau en 
suspension sous forme de givre ; 5<* que 
l'air est épuré mécaniquement par le fait 
de la condensation, qur entraine tous les 
germes, spores, etc., qu'il pourrait con- 
tenir. 

Ces conditions de succès sont complé- 
tées par l'emploi, à titre de desséchant, du 
chlorure de calcium dans la conduite, de 
sorte que Pair entre dans la chambre assez 
peu saturé d'humidité pour avoir toujours 
la facilité d'absOrber celle qui s'échappe 
des corps à conserver. 

La viande soumise à la méthode Tellier 
peut se conserver très longtemps, et parce 
qu'à zéro et au dessous la fermentation est 
arrêtée, et parce que dans le cas où les 
spores contenus dans l'air, échappant à 
l'épuration mécanique dont nous avons 
parlé, viendrait à tomber sur la surface 
desséchée de la viande, ils ne trouveraient 
pas l'humidité nécessaire à leur dévelop- 
pement. 

Froid et dessiccation lente. Celles sont les 
bases de ce procédé qui, ne modifiant en 
rien la constitution du produit à conserver, 
-n'apporte, ce qui nous parait essentiel, 
aucun changement dans les habitudes da 
consommateur. Dans un rapport fait il y a 
qucfiques mois au Conseil de salubrité de la 
Seine, M. Poggiale rend compte en ces . 
termes des expériences auxquelles il a as- 
sisté à l'usine frigorifique de M. Tellier : 
« J'ai trouvé, dit il, dans la chambre fri- 
gorifique établie dans l'usine d'Auteuil 
diverses pièces de viande, des moutons, 
des lièvres, des perdreaux, des faisans, etc., 
parfaitement conservés; j'ai constaté en 
outre que deux perdreaux, pesant 804 gr., 
qui avaient été déposés dans cette chambre 
le 4«' février 4874 et qui en ont été retirés 



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25i 



REVUE ANALYTIQUE ET CRITIQUE. 



le 5 mars» étaient dans un très-bon état de 
conservation; on les a trouvés savoureux. 
A la sortie de la chambre, le poids de ces 
deux perdreaux n'était plus que de 7H6 gr. 
Le perdreau que je mets sous les yeux du 
Conseil a été conservé pendant cinquantcr 
cinq jours. 

» J*ai reconnu également, ajoute M. Pog- 
giale, qu*un demi-mouton maintenu^ à 
zéro pendant trente- sept jours, présentait 
les caractères de la viande fraîche ; on Fa 
rôti, et plusieurs personnes qui en ont 
mangé ont déclaré qu'il était excellent. 
Le poids, qui était de 8 k.^SOO s'est 
abaissé à 7 k.,550. La perte en. poids, 
due à la dessiccation, a donc été d'environ 
12 pour 100 en trente-sept jours. L'épaule 
de ce même mouton était de bonne qualité 
après cinquante neuf jours de conserva- 
tion. Dans une réunion de membres de 
l'Académie des sciences, à laquelle assis- 
taient MM. Chastes, Frémy, de Quatre- 
fages, Jamin, Becquerel fils, Larrey, 
Bouley, Cahours, Decaisne, Phillips, on 



a goûté et trouvé bonne de la viande de 
mouton conservée depuis six semaines. i 

Il résulte das expériences faites à Tusine 
frigorifique d*Auteuil, ^t auxquelles ont 
assisté MM. Bouley et Peligot, commis- 
saires de TAcadémie des sciences^ que les 
viandes se conservent parfaitement par le 
froid. 

Maintenant, M. Tellier pourra-t-îl réa- 
liser le but qu'il se propose, de transporter 
de l'Uruguay en France des quantités con- 
sidérables de viande fraîche sur une bou- 
cherie flottante munie d'un appareil frigo- 
rifique et de la livrer sur le marché de 
Paris à raison de iO centimes le kilo- 
gramme? c'est un projet réalisable et dont 
nous souhaitons vivement la mise à exécu- 
tion. En attendant, et quoiqu'il arrive, ses 
travaux ont un gi^and intérêt pour l'hy- 
giène publique, et par lui nous sommes 
aujourd'hui en possession de la solution du 
problème depuis si longtemps discuté, 
la conservation de la viande à l'état frais, 
{Â nnales d'hygiène publique . ) 



Médecine léi^ale. 

De Thyaien et de ion importance en 
médecine légale, par M. le docteur E. GA- 
RIMOND, professeur agrégé à la Faculté 
de médecine de Montpellier. {Suite et fin. 
— Voir notre cahier d'(wiltt,ip. mS,) 

Si donc, d'habitude^ l'hymen n*est point 
conservé pendant les rapports sexuels, 
exceptionnellement il se prête sans rupture 
aux actes les plus complets dans l^urs con- 
séquences, à ceux auxquels on ne peut 
refuser le nom de viol, lorsqu'ils sont 
accomplis avec violence. 

0n peut sans doute objecter que ce sont 
des faits rares qui ne peuvent se retrouver 
chez de jeunes enfants, victimes le plus 
souvent de ces crimes odieux. Le déve- 
loppement de leurs organes n'en permet 
jamais la consommation complète; il ne 
peut y avoir chez eux d'intromission, et 
par conséquent de défloration. Il faut des 

Aa-des8ons de 11 ans 29 déflorations, 

De tl à 15 — 45 t- 

— 15 à «0 — 39 - 

An dessus de 20 — .'> — 

Non indiqué — 2 — 

a Ce tableau, ajoute ce légiste, met en 
lumière d'une manière très frappante l'in- 
fluence de l'âge sur TefTet de la déflora- 
tion. On voit, en effet, que si elle est 
possible chez les petites filles, elles est le 



.circonstances particulières qui enlèvent au 
crime le caractère du viol, pour que des 
faits semblables à l'observation de Marc 
viennent à se reproduire; on les classe 
donc forcément dans la catégorie des atten- 
tats à la pudeur. Mais même en se plaçant à 
ce point ^de vue, la statistique prouve que 
l'acte coupable s'exerce sur une propor- 
tion considérable d'adultes, et les condi- 
tions constituantes du viol peuvent se 
retrouver, quoique le signe matériel carac- 
téristique manque quelquefois, k Ce n'est 
guère, dit M. Toulmouche, que depuis 
treize et quatorze ans jusqu'à dix-huit ou 
vingt que le viol est consommé. » Les 
observations de M. Amb. Tardieu confir- 
ment en partie cette manière de voir; 
seulement, la limite inférieure ne serait 
pas la même. 

Sur 118 observations on retrouve, 
d'après cet auteur : 



— Complètes il Incomplètes 18 
-- 51 -- 14 

— 36 - 3 

— 3 

— 2 



plus souvent incomplète, et qu'à mesure 
qu'on s'élève dans Tâge nubile elle devient 
à la fois plus facile et plus fréquente. » 

Par conséquent, dès l'âge de onze ans, 
malgré la conformation des jeunes filles. 



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REVUE ANALYTIQUE ET CRITIQUE. 



255 



Tacte peut se consommer, et la proportion 
d*adultes exposée à des violences de ce 
genre est même considérable. 

Si donc le crime s'accomplit et que les 
exceptions que je signale se présentent» 
peut-on modifier ces appréciations par cela 
seul que la membrane n'a pas été déchirée, 
mais parce qu'elle a été refoulée ou parce 
qu'elle n*a jamais existé ? 

Dans les relations sexuelles illicites et 
yiolentes; la persistance de l'hymen prouvé 
simplement qu'une circonstance particu- 
lière n'a pas permis sa rupture, et ce' der- 
nier fait n'enlève rien au caractère de 
Tacte, qui physiologiquement est le même 
et peut être suivi de toutes ses consé- 
quences. 

2** L'absence fréquente et quelquefois 
congénitale de l'hymen ne permet pas que 
Ton fasse servir cette membrane h une 
ligne* de démarcation entre les deux zones n 
génitales, et entre les actes qui s'accomr 
plissent régulièrement à des hauteurs 
diverses, mais indéterminées. 

L'hymen peut, en eflFet, manquer com- 
plètement, et dès lors il n'y a plus de ligne 
de séparation entre les organes sexuels 
externes et le vagin. Cette absence tient à, 
des causes variées : à une chute, à- un 
mouvement d'adduction forcé, à une intro- 
duction volontaire ou accidentelle de^ corps 
étrangers. Toutes les fois que l'on examine 
une jeune fille adulte, on peut invoquer 
une action de'ce genre, lorsque la mem- 
brane obturatrice n'existe pas ; mais il n'en 
est plus de même si l'on porte l'attention 
sur de très jeunes enfants chez lesquels 
l'absence congénitale de l'hymen est 
incontestable. 

M. Amb. Tardieu, dans sa grande pra- 
tique, n'a point rencontré de semblables 
exceptions. Cependant, Capuron et M. 
Toulmouche en ont constaté chacun une 
chez des adultes. En examinant toutes les 
jeunes filles que j'ai reçues par deç accou- 
chements, celles que j'.ai eu occasion de 
soigner, j'ai pu arriver à retrouver detix 
faits dans lesquels la membrane hymen 
manquait en entier. La première observa- 
tion portait sur une petite fille à peine née 
depuis quelque heures à la suite d'un tra* 
vaîl régiiier. D'habitude je m'assure si 
l'enfant est normalement conformé ; c'est 
en faisant cet te recherche que je m'aperçus 
de cette anomalie. Les cuisses fortement 
éoavtées et les grandes lèvres repoussées 
en dehok*s, je vis l'ouverture du vagio 
communiquant à l'extérieur, et je fus 



même surpris de son amplitude tout h fait 
insolite. En ce moment^ peu au courant de 
la question, je négligeai de noter l'étal des 
caroncules myrliformes, leur absence ou 
leur présence. Dans une seconde explo- 
ration, plus avisé, je constatai encore, 
chez une enfant de cinq mois, l'absence 
de la membrane en même temps que celle 
des cai^oncules myrtiformes. 

Ces observations se rapportent à des cas 
de vagin simple, mfiis il parait que lorsque - 
cet organe est double, l'hymen manque 
assez souvent; c'est du moins ce qu'affir- 
ment certains auteurs d'anatomie. c Lors- 
qu'il y a duplicité du vagin^ dit Joseph 
Hyrtl, il est important de savoir que l'hy- 
men manque sans exception. » Rien, dans 
l'étude du développement, ne justifie une 
assertion aus^i absolue; cependant il est 
probable que cet auteur doit avoir ren- 
contré plusif^irs cas confirmant son opi- 
nion, mais il a certainement oublié de 
noter celui si classique d'Eisenman, dont 
la fréquente reproduction par le dessin 
permet à chacun de s'assurer qu'il existe 
au moins une exception à cette règle sur 
l'abset^ce de l'hymen. 

Donc, la membrane obturatrice du vagin, 
non-seulement peut disparaître artificiel-