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** 



Chemistiy Ubrs 

r 










i 



JOURNAL 



' 



' 



DE 



PHARMAG^jg. 



TOME XX. 









•1 



riRIS. -^ IMPRIMERIE ET FONDERIE DE FAm, 
Rue Racine , n<*. 4 > place de TOdcoA. 



JOURNAL 

DE PHARMACIE 



V2~I.HÙ 
DES SCIENCES ACCESSOIRES, . 

CONTENANT 

LE BULLETIN 

DE LA SOCIÉTÉ DE PHARMACIE DE PARIS , 



E.4. BOUILLON-LAGfi ANGE , L.-A. PLANCHE, 

P.-F.-G. BOULLAY. J.-P. BOUDET, J. J. VIREY, J. PELLETIER, 

A. BUSSY, E. SOUBtlIRAN, O. HENRY. 

OOZiI.ABORATZirB8 

MM. F. BOUDET, P. BOULLAY, J.-P. COUERBE, 
L.-R. LE CANU, A.G. VALLET. 



MM. A. YOGEL, àMwùch, G. TADDEI. à Fiortncé. 



Major coUectis yiribas exit. 



TOME VINGTIÈME. 



A PARIS, 

CHEZ LOUIS COLAS, LIBRAIRE, 

RUE dàophine, k". 3a. 

1834. 



JOURNAL 

DE PHARMACIE 



ET 



DES SCIENCES ACCESSOIRES, 



€0NTBNiyilT 



LE BULLETIN 

* 

D£S TRAVAUX DE LA SOCIÉTÉ DE PHARMACIE 

DE PARIS. 



' ■ "1^ 



i i p^?'!^ ii'<. .1 i 'i i i li i u..' ■■■II I ' ri. . 1 M.,1 n i M i M itii ri l fi' * 

MÉMOIRE 
" Sktv les îodures de plomb. - 

Présenté à t^ Société d« pharmiurie, par M. Bsifoi^, éièire en phanuiâc^ , 

ch«z M. Frémy, à YersailUs. 

Le» a»rp6 halogènes occupenit^ eomme on le sait, une 
pla€e él^Tée dan$ Féchelle électro-négative. Parmi les sels 
<jui résultent de leurs combinaisons avec les métaux, il 
en est qui possèdent encore une force électro-négative 
considérable ; aussi plusieurs peuvenl-ils se combiner aux 
bases; maison observe qu'ils s'unissent tonjôurs à Toxide 
dont le métal est déjà l'élément électro-posilif du sel h^r 
loïde. Le» chlorures et les fluorures basiques sont les 
TLIL*. Année. — Janvier i834. * 



2 JOURNAL 

corps les plus connus de ce gtsire ; leur composition est 
telle que le métal de Toxide est à cdui du sel lialoïde , 
comme i , a , 3 , 7 est à i. Le résultat des expériences , 
dont j*ai l'honneur d'entretenir la Société , proure quf'i! 
existe des combinaisons analogues d'iodure et d'oxide 
plombique. Dans celles que j'ai observées, le plomb de 
l'oxide est à celui de l'iodure comme i , a, 5 est à i. 
Avant d'entrer dans le détail des expériences , je croi» 
utile de dire un mot sur fétat de la question : 

Aussitôt que M. Courtois eut découvert l'iode, le» 
chimistes distingués qui en étudièrent les propriétés in* 
diquérent une combinaison de ce corps avec le plomb* 
lU l'obtenaient , soit directement , soit en traitant un sel 
plombique dissous par un iodure alcalin. Bientôt l'iodure 
plombique^ fut employé en médecine , et sa préparation 
dans les officines donna lieu à plusieurs observations re* 
marquables. M. Berthemot découvrit sa solubilité dans 
l'eau bouillante , et détermina à 7^ la quantité que l'eau 
peut ainsi en dissoudre (i). Quatre ans plus tard M. Ga« 
Tentou fit la même découverte, -et ajouta qu'en poursuivant 
les traitemens par l'eau bouillante sur l'iodure obtenu 
de l'acétate neutre, elle finissait par le transformer en 
une poudre insoluble blanchâtre qu'il supposa être un 
80US*iodure de plomb. M. Henry observa que lorsqu'on 
prépare l'iodure par l'acétate de plomb en versant peu à 
peu sa solution étendue dans celle^de l'iodure, de potas- 
sium également très-étendue , il arrive un instant , sur 
la fin de l'opération, où le précipité se développe en ondes 
brillantes cristallines ; il reconnut que ce pl^nomène était 

(i) M. Polydore Boallay dans son mémoire sur les iodares doubles ^ 
qui est antérieur aux travaux de MM, Berthemot et Caventou , avait 
indiciué la solubilité dans Teau bouillante de l'iodure de plomb obtenu 
par le nitrate , et sa cristallisation par le refroidissement de la liqueur 
en belles et larges paillettes, très-régulièrement hexagonales, d'un 

'jaune d*or. 

( Note du Rédacteur, ) « 



DE PHAEMAGIE. 5 

^ à une réaction acide qui se développait dans la li- 
€gsmm% et il indiqua qu'on pouvait obtenir tout d abord 
de Fiodure de plomb cristallisé en mêlant quelques 
gouttes d'acide acétique aux solutions très-étendues. Le 
même chimiste annonça encore , qu'un précipité pulvé* 
rulent , de couleur jaune blanchâtre , devait contenir un 
sous-ipdure. Il en fit l'analyse , et y trouva en effet un 
peu plus de plomb que dans Hodure neutre. 

M. Frémy avait fait cette remarque importante que 
l'iodure obtenu avec le nitrate de plomb est entièrement 
soluble dans Teau bouillante , tandis que celui obtenu 
avec l'acétate laisse indissoute une portion considérable 
qui se présente sous forme de poudre *d'un jaune blan- 
châtre. 

Tous ces faits bien connus, je commençai par étudier 
les phénomènes de précipitation des sels plombiques par 
l'iodure potassique, ^t je parvins à ces conclusions : 

i^. Tous les sels plombiques , neutres , solubles, traités 
par l'iodure potassique , donnent un précipité d'une belle 
couleur jaune orangé : l'iodure plombique ainsi obtenu 
est entièrement soluble dans l'eau bouillisinte. Si les li- 
queurs sont très-étendues, et qu'on verse peu à peu la 
solution du sel plombique dans celle de l'iodure potas- 
sique , le précipité , qui ne parait pas d'abord , se déve- 
loppe ensuite en ondes brillantes comme soyeuses, puis 
se dépose en paillettes quelquefois asez volumineuses ; 

S"». Si au lieu de l'acétate neutre on. emploie l'acétate 
légèrement basique, mais ayant encore une réaction acide 
sur le tournesol (i), et qu'ony verse peu à peu la solution 
d'iodure potassique en fractionnant les produits^ les pre- 
mières portions sont d'un jaune citron pâle, insolubles 
dans l'eau bouillante ; mais bientôt la réaction acide aug- 



(i) L'acétate neutre qui a été exposé à lair pendant quelque temps 
est dans ce cas ainsi que je le dirai plus loin. 

I, 



^ JOCBKAt 

mente ^ la couleur du prétipiié se fonce de phis en plus 
et finit pat* égaler celle de TiodUre obtenu par les sels neu- 
tres. Alors il est entièrement soluble dans Feau bouil- 
lante, et lorsque tout le sel plombique est ainsi décom- 
posé , la réaction ^cide a complètement disparue ; 

3"". Si Ton précipite lacétate tri - plombique par im 
excès d'iodure potassique., le précipité est Jaune serin 
blanchâtre , entièrement insoluble dans Teau bouillante. 

Tous ces produits peuvent donc être partagés en deux 
classes, d'après l'action qu'exerce sur eux Feau bouillante ; 
If s iin6 solubles et cristallisables ^ les autres insolubles et 
pulvérulens. 

J'examinai d'abord l'iddure cristallisé afin dé m'assurer 
de son identité : voici le mode d'analyse dont je me suis 
B0£Yu L'iodure plombique est délayé dans environ 4<^ 
parties d'eau dont j'élève la température jusque vers le 
point debuIMtion ; j'y ajoute alors dn nitrate argentifique 
jusqu'à: ce qu'il n'occasione plus de précipité , l'iodure 
argeatifique recueilli^ lavé et sécbé, donne le poids de 
l'iode. La liqueur réuuie aux eaux de lavage est traitée 
d'abord pai^ le cUorute. isodique pour séparer l'excès de 
açtl arg^ntiâque ,, pms par le sulfide hydrique : le sulfure 
plombiqi^e re^uiçill^, lavé et sécbé, donne le poi^s. du 
plomb. J'ai fail ainsi trois, analyses. 

La première a été Saite sur l'iodure cristallisé obtenu 
e» traitant par l'eau bouillante te précipité provenant du 
nitrate neutre ; 

La seconde a été faite sur le même iodure edbteiiu: du 
même précipité provenant de l'acétate neutre ; 

Là troisième enfin a été' feite ^uir l'iodure cristaiKié 
'cd>tenu en traitant par l'èau booillaote le précipité pr»- 
vttaaat de. L'acétate légèrement basique, lequel précipité 
ayajiit lais^ une portion assez considérable du produit 
pulvérulent blanchâtre. 



DE PHARMACIE. 



Voici Iç résultat des trois expériences en opérant sur 
deii3^ grammes de matière : 






No. 1. 


»o.a. 


N«, 3. 


■OTEKMB' 

dAtroh 
esp«ri«BeMr 


Ipdare argentiqae* • . . 
I&alfnre i^mbîqae. . . . 

Iode 


a,o3 
i,oa 


!i,o5 

l.OI 


a,o3 
'i.o3 

X. 




o,8^ 


l.îOl 

o,8:4 . 


1.094 


o,$0l 


l^iomb 


* 1 




k - 

; 

Total >,.976 


i.©:8 


I.9R5 


X 

t 

1 »-979 

1 



La formule (a I. PI.) donne : 

ïode. . 1,099 

Plomb 0,901 



a^ooo 

La diilérence entre ces nombres est trop peu considé- 
rable pour que je puisse penser quelle ne provienne de 
fties expériences ^riodure plombtque cri3tallisé e$t donc 
identique, c'est, comme on le yoit, Tiodure neutre. 

Tel qu'on lobtiçnt des sels neutres , il est en foudre, 
d'un jaune oriuagé foncé. A la température ordinaire, il est 
soluble dans 1235 parties d'eau ; contrairement à Tassetr 
tion de M. Henry, lacide acétique n'augmente pas cettcf 
solubilité, qui s^ffit pour expliquer la forme cri stallinedu^ 
précipité provenant des sels n.eutres en solution étendue. 
A la température de l'ébuUition | il est soluble dans 19 { 
parties d'eau. 

Voici la manière dopt j'ai déterminé ces deux points 
de solubilité : de l'eau distillée est mise à bouillir avec uH 
excès d'iodure plombique. La liqueur filtrée bouillante 
est reçue dan« un matras et concentrée par ébuUition jus^ 



6 JOURNAL 

qu'à ce qu'on y aperçoive quelques parcelles cristallines, 
et que suspendant 1 ebullition elle cristallise instantané- 
ment. Le matras est alors bouché jusqu'à ce qu'il soit 
complètement refroidi; puis on y laisse rentrer l'air , on 
le pèse,; et, après vingt-quatre heures de repos, on filtre 
pour séparer Tiodure cristallisé. Celui-ci est ensuite sé- 
ché et pesé. La liqueur filtrée , dont on a pris le poids et la 
température, est précipitée par le nitrate argentique; le 
précipité recueilli séché et pesé donne le poids de l'iode 
que le calcul convertit en iodure plombique. Ces données 
suffisent pour calculer la solubilité, tant à la température 
à laquelle on a opéré qu'à celle de l'ébullition. En effet, 
l'iodure plombique , obtenu par le calcul du sel argenti- 
fique, indique la solubilité pour la température à laquelle 
on a opéré; le même iodure ajouté à celui cristallisé , ob- ' 
tenu d'abord, indique la solubilité à la température de 
l'ébullition. Ce procédé^ compliqué en apparence , est 
cependant très-simple et très-facile à exécuter ; je le crois 
exact , car trois expériences m'ont donné des résultats qui 
différaient à peine. 

La solution, d'iodure plombique est complètement in- 
colore contre Tassertion de M. Berzélius, qui la dit être 
jaune. Par le refroidissement, l'iodure cristallise en pail- 
lettes brillantes d'un jaune d'or magnifique. Si cette cris- 
tallisation s'opère seulement dans une éprouvette, et qu'on 
observe attentivement , on vpit que ces paillettes, qui s'a- 
gitent en tous sens, sont des hexagones parfaitement ré- 
guliers ; mais elles sont si minces et si flexibles que lors- 
qu'elles viennent à se rencontrer, elles s'appliquent, se 
ploient ou se déforment ; et lorsqu'elles se sont déposées, 
si l'on agite le liquide, on n'observe plus que des parcelles 
ou des agrégats de paillettes qui ne présentent aucune 
forme définie. Recueilli sur un papier Joseph bien tendu 
sur un linge , l'iodure s'y applique d'abord; mais après la 
dessiccation , on l'enlève facilement en une seule feuille 



DE PHAAMACIE. 7 

qui a la couleur et Téclat de lor. L'iodure, ainsi recueilli , 
est beaucoup plus beau que si on le reçoit sur un filtre où 
il se tasse. 

Restent maintenant à examiner les produits pulyéru- 
lens insolubles dans l'eau bouillanteet de couleur jaune 
plus ou moins pâle. Je m'occuperai d^abord de celui 
que l'on obtient pour résidu , lorsqu'on épuise par l'eau 
bouillante le précipité provenant de l'acétate légèrement 
basique. La circonstance de sa formation en présence d'un 
sel plombique basique , jointe à la propriété de donner 
de l'iodure neutre cristallisable lorsqu'on le traite par de 
l'eau acidulée, ne me permettait pas.de douter que c'é- 
tait un iodure basique : deux grammes de ce corps fu- 
rent donc soumis à l'analyse, en suivant le mode indiqué 
plus baut, avec la précaution d'ajouter préalablement un 
peu d'acide nitrique très-étendu, j'obtins : 



Iodure argentique. 
Sulfttre plombiqae. 



Iode 

Plomb. ...... 

Oxigène calculé. 



BT». 1. 



1,38 
i|39 



0,743 

I,Q03 

0.047 



h99^ 



N». a. 



1,36 
1,40 



0.733 
x,aia 
0,047 



»»99î> 



■OIJUIIK. 



1 



0,738 
1,208 
0,047 



i>993 



Nombre qui s'éloignent peu de ceux donnés par la 
formule P W O == 

Iode 0,741 

Plomb i,aia 

Oxîgène. 0,047 

2,000 



8 iOUBKAI. 

On peut donc regarder ce corps comme ua iodure ha^ 
sique ; c'est*à-dire que Tiodure se trouva combiDe avec 
Toxide plombique en proportion , telle que le plovib dp 
Toxide égale celui de l'iodure. 

Pour bien concevoir la formation de ce produit , tQIi 
peut considérer le sel que j'ai désigné légèrement b^^ 
sique comme un acétate aesqui-plombique; et «i l\>|i^4it 
réagir ( A^ Pl^ ) f (I*K2), on a < AaJ^^ ) + {*' PU^^ 
{P PI -4- PI) : lacétate potassique reste dissous ; l'iodâtre 
plombique neutre et Tiodure basique ae précipitent 2 
mais lorsqu'on traite ce précipité par l'eau bouiUante^ 
l'iodure neutre se dissout , et il reste de l'iodure b^siq-pe 
sur lequel l'eau bouillante n'a plus aucune action. 

L'acétate plombique neutre , exposé à l'air , perd dp 
l'acide acétique et devient basique : j'ignore le termp 
dp ce^e décomposition ; mais de l'acétate neutre que j'ai 
exposé à l'air pendant trois semaines à une température 
de i5 à 3oo c. s'est trouvé presque entièrement trans-r 
formé en acétate sesqui-b^sique ; il ne s'est pas formé une 
quantité notable de carbogaate plombique. Dans une autre 
expérience , le même sel fut exposé peijdant huit jours 
dans une étuve cbauSée graduellement de 3o à 60*" G. 
Traité alors par l'eau distillée , il laissa indissoute une 
quantité considérable de carbonate plombique , et le sel 
dissous était de l'acétate sesqui-basique. Ces faits setnir 
blent prouver que dans l'altération qu'éprouve à l'air Ta*? 
cétate plombique , l'acide carbonique n'agit que lorsque 
le sel plombique est transformé en acétate sesqui-basique^ 
Le sel de saturne du commerce , que l'on regarde, géné- 
ralement comme neutre , a subi une décomposition ana^ 
logue. Ces observations expliquent l'anomalie apparente 
entre les faits exposés au commencement de cette note et 
ceux observés par plusieurs cbimistes, -qui^ pren^t pour 
neutre le sel préparé sans doute depuis quelque temps , 
ont annoncé qu'il donnait un précipité d'iodure non en-? 
tièrement soluble dans l'eau bouillante. 



PE PHAAMÀCIK. 9 

}jà ^rce électro- négative de Tiodure pk>mbique est 
ielle/que si Ton £ait bouillir dans Teau de Tiodure neutre 
avec du carbonate plombique, l'acide carbonique ^est dé- 
gagé, et il se forme de Tiodure basique. 

Je passe maintenant à l'examen du précipité que Ion 
obtient lorsqu'on décompose l'acétate tri-plombique par 
l'iodttre potassique en quantité, telle, que tout le sel plom^ 
bique soit décomposé. Deux grammes de ce corps, conve- 
nablement lavés et sécbés à loo*" c*, furent soumis àTan»- 
Ijse 9 et donnèrent : 

Iode 0,53a 

Plomb . 1,346 

Oxigène 0,070 

La formule V PPO^ donne : 

Iode. ^ o,558 

plomb. . 0,372 

Oxigène. . . • 0,070 

2,000 

Ce corps est donc un iodurebi-basique., c'est-à-dire 
que Je métal de loxide est à celui de l'iodure comme a : i ^ 

en faisant réagir (A PP J -)* ( ^^ ^ ) 9 <^ ^ ^^ ^^^^ ( ^ ^) 
+ (PP1 + PP). 

L'acétate plombique, traité de même par un excès 
d'iodure potassique, donne un iodure quinque-basique; 
c'est-à-dire que dans ce corps le plomb de l'oxide esta 
celui de l'iodure comme 5 : 1 ; et^ en efiet, puisqu'on a 
f?itréagir(PK)-f (APJ5),ona(AK)4-(PPl+PP). 

Ces trois iodures basiques, desséchés dans le vide ou 
par leur exposition à une température de ipo'' c. relien«> 
nent de l'eau combinée qu'ils ne perdent que vers ^koa% 
La quantité de cette eau est telle, que ses élémens suffi- 
raient pour transformer l'iode en acide bydriodique et 1^ 
plomb en oxide plombique ; de sorte que , dans cet état t 



« 



lO JOUENAL 

on peut tout aussi bien les considérer comme des hydrio- 
daU^ basiques que comme des iodures. 

Soumis à l'action de la cbaleur dans un creuset , ils se 
fondent tous , de 3oo à SSo"" c. ; alors ils ne tardent pas à 
se décomposer en répandant une épaisse fumée blanche 
mêlée de Tapeur d'iode. Si Ton continue à les chauffer 
jusqu'à ce qu'ils soient en fusion tranquille et qu'ils ne 
dégagent plus de vapeurs, on obtient un verre ambré 
parfaitement diaphane , très - élastique et doué d'une 
grande force réfringente. Je n'en ai pas fait l'analyse quan- 
titative , mais je me suis assuré qu'il contient encore de 
l'iode auquel il doit probablement sa couleur et une par- 
tie de sa force réfringente ; il contient aussi de la silice 
qui a été enlevée au creuset. 

Si je résume maintenant les faits exposés dans cette 
note, on voit ; 

i"". Que l'iodure plombique est soluble dans ia35 par 
ties d'eau à la température ordinaire i5° c, et dans 194 
parties à la température de l'ébuUition ; 

2*". Qu'il cristallise en paillettes hexagones régulières ; 

3"*. Qu'il peut se combiner avec l'oxide ploinbique en 
trois proportions, dans lesquelles le métal de l'oxide est 
à celui de l'iodure comme i , 2 , S est à i ; 

4^. Que ces iodures basiques retiennent de l'eau en 
quantité telle , qu'on peut aussi bien les considérer comme 
des hydryodates que comme des iodures ; 

5^. Que pour préparer l'iodure plombique, on doit 
préférer le nitrate à l'acétate plombique ; 

6^ Que si l'on avait employé de l'acétate basique, et 
qu'une portion du produit refusât de se dissoudre dans 
l'eau bouillante , on devrait alors aiguiser l'eau d'un peu 
d'acide acétique ; 

7*. Que l'acétate plombique , exposé à l'air , perd de 
l'acide acétique; qu'indépendamment de l'action de l'a- 
cide carbonique , il se transforme en acétate sesqui-ba- 



DE PHARMACIE. II 

sique, et cpi'on doit ériter d'employer le sel ainsi altéré 
pour préparer, par double décomposition , les sels plom« 
biques neutres peu ou point solubles. 

Dans le cours des expériences que j'ai tentées sur les 
combinaisons de Tiode avec le plomb, je suis parvenu à 
former un iodure bleu que je crois correspondre à Toxide 
plombeux de M. Berzélius. Jusqu'à présent je n'ai pu 
suivre exactement les réactions qui ont lieu lors de sa 
formation , parce que le procédé au moyen duquel je l'ai 
obtenu est très-compliqué ; je poursuis mes recherches 
sur cette combinaison , et si je parviens à un résultat sa- 
tisfaisant, je m^'honnorerai d'en faire part à la Société. 
' Je dois dire en terminant que M. Frémy , après m'avoir 
fait part de ses remarques , m'a constamment guidé par 
ses conseils : qu'il me soit permis de lui témoigner ici 
toute ma reconnaissance. 

NOTE 

Sur les litharges du commerce. 

Présentée à la Société de pharmacie par M. Ledoyeh , pharmacien à Paris, 

« 

(extrait.) 

Ayant eu souvent occasion d'examiner les diverses 
'espèces de litharge du commerce , pour en apprécier la 
pureté , M. Ledoyen a proposé de substituer au procédé 
connu de M. Boutron-Charlard le procédé suivant , qui 
lui a paru préférable, parce qu'il permet de reconnattre 
des atomes de fer ou de cuivre qui échappent au premier. 
Ce procédé consiste à triturer 2 grammes de litharge ré- 
duite en poudre très-fine avec 3a grammes d'acide sul- 
furique étendus de 11 à la fois leur poids d'eau 9 et à 
laisser agir pendant | d'heure,, en ayant soin d'agiter de 



12 JOUIKNAL 

lettips 0o temps. On filtre «Dsuile la li^ii^ur ei on Tess^ 
par l'hydrocyânate ferrure de potasse. 

M. Ledoyen a étudié avec attention les litbarges d'An- 
gleterre.,. d'Allemagne et de France , et les a tour à tour 
soumises à 1 épreuve de sa méthode. 

La litbarge anglaise se présente en paillettes minces., 
brillantes , assez entières et uniformçs, d'une couleur 
jaune d'or plus ou moins foncée , quelques-unes cepen- 
dant offrent des points arrondis, jaunes yerdâtres oc^ 
, bleuAtres, maiscette espèce est la plus rare aujourd'hui. Au 
reste, quel que soit son aspect, la litharge anglaise, traitée, 
par le procédé de M. Ledoyen , lui a toujours fourni une 
liqueur dans laquelle l'hydrocyanate ferrure de potasse a 
Catit nattre un précipité d'un bleu vif plus ou moins abon«<: 
dant. Il n'y a d'ailleurs jamais rencontré de traces de 
cuivre. 

La litharge d'Allemagne n'estpoint en paillettes minces, 
sa couleur varie du rouge au jaune pâle ; en général son 
aspect est terne , comme si elle était couverte de pous- 
sière , elle est toujours piir$emée de points grenus jaunes 
verdâtres. Quelquefois on la rencontre à l'état pulvéru* 
lent, avec une couleur terreuse ; elle est alors le plus sou- 
vent mêlée d'une certaine quantité de sable qui peut aller 
jusqu'à 12 p. f. Toutes les litbarges dites d'Allemagne ont 
présenté à M. Ticdoyen du fer et du cuivre en proportions 
variables ; mais il a remarqué qu'en général celle qui 
offrait un aspect terne contenait plus de cuivre que lea- 
autres. Dans tous les cas , au moment ou on ajoute de 
rhydrocyanate ferrure <le potasse à la liqueur d'épreuve, 
elle passe au rouge macron , puis au bleu. Le passage du 
rouge an bleu est d'autant plus rapide , que la litharge 
contient plus de fer ; d'ailleurs , l'intensité de chaque 
couleur dépend de la proportion des métaux étrangers que 
renferme la litharge. 

Il eidste bien peu de différence en général entre les li- 



DE PHABMACIE. l3 

tbarges de France et celles d'Allemagne : cependant les 
})remiÀres se présentent d'ordinaire en paillettes plus 
petites et plud brillantes , et paraissent contenir moins 
jé cuivrie que les autres. D'ailleurs^ ,un échantillon de 
litbarge de Clichy-la-Gareone a présenté à l'auteur la 
même composition que les meilleures lithargès d'Angle- 
terre^ à cela près de à à 3 p. ^ de plomb métallique qu'il y a 
reconnu. Cette observation lui fait espérer que la France 
pourra bientôt s'affiràinchir du tribut que la supériorité 
des litbarges anglaises la force dé payer à l'étranger. 

M. Ledoyen n'indique pas de procédé particulier pour 
apprécier les quantités de fer du dé cuivre contenuet daes 
les litbarges, il fait observer seulement qu'il est plus 
facile et bien plus court de déterminer la qualité de eet 
oxide par sa méthode que par celles qui ont été usitéef 
jusqu'ici. 

Les av^atages du trutemènt des litbarges par l'acidi! 
suif urique ne se bornent pas à signaler les métaux qu'ellea 
renferment , il peut encdire servir à rencfare propre à la 
préparation des emplâtres , les litbarges d'Allemagne qui 
fournissent en général des emplâtres de mauvaise qualité; 
En effet , l'auteur de ce travail a réussi h faire un eii^ 
plâtre très-blanc et de bonne consistance avec une litharge 
qm j avant d'avmr été purifiée par l'acide sulfurique , ii^ 
lui avait fourni qu'une masse emplastique aiolle. et giv 
sâtre; d'ailleurs, la perte qu'aitralne la purification defi 
litbarges d'Allemagne , se trouve à peu près)OQNaip<ansée 
par l'infériorité dé leur prix. 



l4 JOURNAL 



EXTRAIT DU RAPPORT 

Fait à ta Société de Pharmacie, sur le mémoire 

précédent , 

Par MM. BooTaoM'CHARi.ABD et Pelouzb. 

Noitô nous sommes convaincus , disent les rapporteurs , 
que l'acide suif uri que af&ibli enlève aux litharges que Ton 
soumet à son action , les petites quantités de fer et de 
cuivre qu'elles renferment presque toujours^ et nous avons 
obtenu les précipités indiqués par Fauteur; mais son 
procédé ne nous a point paru préférable à ceux dont on 
se sert babituellement , car il est bien moins important 
pour un pharmacien de savoir si une litharge contient da 
fer ou du cuivre, puisqu'elles en contiennent presque 
" toutes, que de connaître la proportion de ces deux 'mé- 
taux , ce qui est impraticable par le procédé indiqué dans 
le mémoire. 

MM. Boutron et Pelouze ont 'voulu s'assurer ensuite 
s'il était vrai , comme M. Ledoyenle pense avec beaucoup 
d'autres praticiens , que les petites quantités de fer et de 
cuivre contenues dans les litharges de France et d'Alle- 
magne , fussent les seules causes de la mollesse ou de la 
couleur grise des emplâtres qu'elles fournissent. A cet effet 
ils en ont essayé cinq échantillons divers, et ont constaté 
que si leurs produits étaient il est vrai très-légèrement 
grisâtres , ils ne présentaient pas la mollesse qu'on leur 
attribue : ils ont , d'ailleurs , préparé de l'emplâtre avec 
, de la litharge d'Allemagne purifiée par l'acide sulfurique, 
et ont reconnu que le procédé de M. Ledoyen pouvait bien 
être employé avec avantage pour donner de la blancheur 
aux emplâtres préparés avec des litharges impures , mais 
qu'il ne paraissait aucunement influer sur leur consistance. 



Cepciidfart, JttHt ilirm tenninant leur rapport , eomme 
diani^ qa dqg M rt^ti i tm nstances ce procédé peut étreayanta* 
getix ^ flKMV eroyons devoir engager la Société à remercier 
Mi. Létojen de sa communication , et à enroyer sa note à 
lieummission de rédaction comme devant être imprimée 
par extrait. 

Sur les idnaigres et acides pyroligneux du commerce. 

Bans une autre note également adressée à la Société de 
pharmacie , M. le doyen annonce qu'ayant eu occasion 
de faire quelques essais sur. les vinaigres et acides pyro- 
ligneux , ii a constamment rencontré du fer dans les pre- 
miers, et dans les autres du sulfate de soude, du fer 
et même du cuivre , soit ensemble dans le même acide, 
soit séparément. 

^ Cei observations l'engagent à appeler la surveillance 
de l'administration sur le commerce des vinaigres. 

NOTE 

Sur faction de [acide sulfurique concentré et froid sur 

' le cuii^re. 

Par M. Baiaobl fib. 

Dans tous les traités de chimie, on pose en principe 
que le cuivre est sans action à froid sur l'acide sulfurique 
concentré, et qu'il n'y a réaction entre ces deux corps qu'à 
une température élevée. 

Les expériences suivantes prouvent que le cuivre agit 
sans le contact de l'air sur l'acide sulfurique pur et con- 
centré, à froid comme à cbaud ; mais beaucoup plus lente- 
ment pour le premier cas, et que le mode d'action est aAu 
solument le même à l'exception de la durée. 



l6 JOURNAL 

Le î% ànil »833 , j'ai introdait dans un flacott boaetké 
à rémeri de la toamure de cuivre rou^e bien décapée et 
pmée de matières étrangères ; j ai ensuite complètement 
rempli d'acide solfut-ique pur à 66" le flacon que j'ai bien 
fermé* 

Au bout de huit à dix jours , le liquide s'est légère- 
ment coloré en rose : au bout de trois semaines la colora- 
tion avait disparu, et le cuivre conservait son brillant 
métoliique. 

Le f a mai , ayant ouvert le flacon^ il ne s'est point dé^ 
gagé d'odeur d'acide sulfureux. 

Environ un mois après, je vis une petite quantité d'une 
hiatière brunâtre, pulvérulente , tapisser les parois et le 
fond du flacon. Il n'y avait point d'acide sulfureitx dégagé 
du liquide. 

La quantité de la matière brune augmenta pendant lès-* 
troisième^ quatrième et cinquième mois, et de petits <mB* 
taux incolores et transparens adhéraient aux parois dut 
flacon. 

Au bout du sixième mois,, la liqueur exhalait une forte 
odeur d'acide sulfureux ; c'est à ce moment que j'exami-^ 
nai la liqueur, les cristaux et la poudre brune. 

La liqueur, qui était à peine colorée^ prenait une belle 
couleur bleue lorsqu'on y versait de l'eau, et contenait du 
sulfate de cuivre anhydre. 

Les cristaux transparens et incolores se dissolvaient 
dans l:eau qu'ils coloraient en bleus exposés à l'air, ils ne 
tardaient pas à devenir également bleus t ces cristaux 
étaient donc du sulfate de euwre anhydre. 

Pensant que la matière brunâtre devrait être du sulfure* 
de cuivre , je 1 ai vergée wt un filtre, lavée et séchée à Fa- 
bri du contact de Tair. ^ 

Cette matière , traitée par l'acide nitrique très-faible à 
l'aide d'une douce chaleur, a donné une liqueur bleue 
( nitrate de cuivre ) , et il est resté sous forme de flocons 



j 



DE PHARMACIE. Ij 

une matière d'un blanc grisâtre qui a été séparée de la 
liqueur à laide du filtre; après avoir été léchée, une poc-» 
tion a été mise sur les charbons ardens, e'cet fondue, et 
a brûlé avec une flamme bleue et dégagement d acide 
sulfureux ; une autre portion y mise dans un tube à expé- 
rience , s'est volatilisée lorsqu'on Ta cbaufiee. 

Il est évident, d après ces expériences , quâ la tempé- 
rature ordinaire , l'acide siilfurique est décomposé en 
partie par le cuivre, en acide sulfureux et en oxigèoe, qui 
se porte sur ime portion du cuivre pour former de l'oxide 
de cuivre, et de là du sulfale de cuivre anhydre, puisque 
l'acide est concentré. 

L'acide sulfureux se dissout dans la liqueur ; mais le 
cuivre réagit à son tour sur lui , le décompose en soufre 
et en oxigène pour former une nouvelle quantité d oxide 
de cuivre et du sulfure de ce métal. 

Pour m'assurer qu'il en était ainsi, j'ai introduit de la 
tournure de cuivre dans un flacon bouché à Fém^ri, rem- 
pli d'acide sulfureux récemment préparé et exempt d'a- 
eiàe sulfurique. 

Au bout de cinq à six mois le cuivre était transformé 
en Une matière brune qui , examinée , a été reconnue être 
du sulfure de cuivre; la liqueur avait pris une couleur 
bleue et répandait à peine Todeur d'acide sulfureux. 

Ces faits me portèrent à rechercher si la réaction qui 
avait lieu entre le cuivre et l'acide sulfurique, à laide de 
la chaleur , donnait les mêmes résultats. 

Je me rappelai que lorsqu'on préparait à l'École d« 
médecine l'acide sulfureux anhydre au moyen xlu cuivre 
et de l'acide sulfurique , le résidu était brunâtre : ie 
voulus reconnatUre s'il y avait formation de sulfure de 
cuivre. 

Je fis bouillir de l'acide sulfurique concentré avec de la 
tournure de cuivre; je traitai le résidu par l'eau pour dis- 
soudre, et enlever le sulfate de cuivre : il resta une ma- 
XX* . Année. — Jan \^ier 1 834- 2 



l8 JOUENAL 

liére brune mélangée de cuivre métallique que je sépa* 
rai facilement. La matière brune , traitée par l'acide ni- 
trique , comme dans l'expérience précédente , laissa du 
soufre. 

Je pense, d'après ces expériences, que l'action des 
acides sur les métaux à froid n'a pas encore été assez étu- 
diée, et que les beaux travaux de M. Becquerel doivent 
faire présumer que cette action, qui est toute électrique, 
doit varier avec la température , la durée du contact , la 
division des métaux et la concentration des acides. 

Sur la viscine , principe immédiat des {végétaux qui se 
retrouve dans la glu ^ et la matière exsudée par ratraC'- 
tylis gummifera. 

Par M. Macaibb. 

Extrait des mémoires de la Société de physique et d'histoire naturelle 

de Genève. 

Uatractjlis gummifera , plante de la famille des com- 
posées cynarocépbales , qui croit en Sicile, laisse suinter 
du réceptacle ou de Tinvolucre une matière particulière 
qui se présente sous forme de masses arrondies , demi- 
transparente , douée d'une sorte de mollesse et de demi- 
élasticité comme ce qu'on nomme caoutcbouc fossile, 
d'une saveur nulle et d'une couleur légèrement rougeàtre. 

Cette matière, que M. Macaire admet comme un nou- 
Tcau principe immédiat des végétaux , a été nommé par 
lui, viscine, en raison de sa viscidité. Les caractères de la 
yiscine^sont les suivans. 

Elle est plus légère que l'eau sur laquelle elle surnage. 

Mais elle tombe au fond de l'alcool à 36°; elle se ra- 
mollit à la cbaleur , se fond et se boursouffle , brunit lé- 
gèrement , et , si elle est refroidie , elle reste liquide et 
s'attacbe fortement aux doigts comme la colle-forte. 



DE PHARMACIE. ig 

Chauffée plus fortement elle brûle avec une flamme 
blanche , beaucoup de fumée et une odeur assez sembla- 
ble à celle de l'huile à brûler* 

Elle se comporte du reste à la chaleur comme les 
substances non azotées , et ne donne pas d'ammoniaque 
lorsqu'on la traite par la chaux. 

La vi^cine ne se dissout dans l'eau ni à chaud ni à 
froid. Mais, à la température de lo à i5**, elle absorbe 
un peu du liquide, devient opaque ; à loo**; elle reste 
translucide et devient poisseuse et filante. 

L'alcool à 4<>° ^'^^ dissout point à froid , mais en dis- 
sout un peu à TébuUition et la laisse précipiter par le re- 
froidissement ; l'éther bouillant la dissout complètement ; 
une très-petite portion se précipite par le refroidisse- 
ment; l'éther évaporé laisse une matière d'une extrême 
viscidité. 

L'essence de térébenthine la dissout à chaud et de- 
vient très-viscide ; par l'évaporation il reste une substance 
jaune transparente très-glutineuse, liquide à chaud, 
s'épaississant par le refroidissement , et formant alors 
un vernis transparent, gluant les doigts. L'alcool bouillant 
dissout toute la thérébentine qui existe dans ce composé, 
et la matière glutineuse reparaît agglutinée, d'une trans- 
parence très-viscide, et, avec toutes ses propriétés. Aban- 
donnée à Vair libre pendant un temps très-considérable, 
elle y demeure sans altération et sans se dessécher en 
aucune manière. 

Elle est insoluble dans l'huile grasse à chaud et à 
froid. 

Soluble dans la potasse caustique qui ^e colore alors 
légèrement. 

L'acide sulfurique la dissout en se colorant fortement 
en brun , et sans former de tannin artificiel ; une grande 
quantité de ciiarbon se dépose. 

a. 



20 JOURNAL 

L'acide nitrique , chauffé sur celle subslance , se co- 
lore en jaune rougeâtre et la dissout. Dans 1 evaporation 
à siccité, il reste une substance d'un blanc jaunâtre 
non anière , qui ne contient pas d'acide oxalique , se dis- 
solvant dans la potasse caustique en la colorant fortement 
en rouge, très facile à enflammer , et brûlant vivement à 
la manière de l'amadou. 

Elle est composée de : . 

Carbone. . . 76,6 ou Carbone • 76,6 

Hydrogène. . 9,2 Eau 17,2 

Oxigène' i5,3i Hydrogène excédant. 7,3 

Celte subslance se rapproche, comme on voil , par sa 
composition des résines et de la cire; mais elle s'en 
éloigne par sa viscidilé, son insolubililé dans l'alcool et 
dans l'huile grasse. 

M. Macaire a recherché si la glu et le fruit du gui 
blanc contenaient de la viscine; il conclut de ses expérien- 
ces , que le fruit du gui ne contient que de la gomme ou 
du mucilage, et que la glu du commerce est composée 
de mucilage, d'acide acétique en petite quantité, de 
ciiromule verte , de quelques corps étrangers , comme 
sable, etc., et en grande partie de yiscine, tout-à-fait 
semblable pour ses propriétés à celle qui exsude de l'in- 
volucre de l'alractilis gummifère. M. Macaire s'est as* 
suré ensuite que de l'écorce de houx [ilex aquifolium)^ 
bouillie avec de l'eau et enfouie dans la terre , comme 
on le fait pour la préparation de la glu ordinaire , conte- 
nait, au bout de trois semaines de séjour dans la terre , 
une quantité très-notable de viscine qui s'est iiccrue en 
prolongeant davantage la fermentation. L'écorce de gui 
{yiscum album ) , traitée de la même manière, a donné des 
résultats identiques; enfin M. Macaire s'est assuré que 
la viscine existe toute formée , mais en petite quantité , 
dans les écorces de ces végétaux avant la fermentation. 



DE PHARMACIE. 21 

c|ue cellç-ci paràtt transfonner tout le mociliige et une 
partie du Ugneuic en cette singulière substauce/ 

l^ clm)mui€ verte est la seule partie de l'écorce qui 
consefTe ses propriétés et ne change pas de nature. 

A. B. 

Sur la composition des acides méconique et métaméco^ 
nique (paraméconique de M. Robiquet ) (i) ; par Juçtus 
LiEBiG. ( Annales de Pharmacie,- vol. VII 9 cah. 3 , 
pag. 287.) 

Je dois à l'obligeance de M. Robiquet une petite 
quantité des acides si remarquables qu'il a le premier 
caractérisés d'une manière ei^acte dans l'opium, et je pro- 
fite de cette occasion pourJever par leur analyse quelques 
doutes qu'aura pu faire concevoir , sur leur composition ,. 
l'examen attentif de la transformation de l'acide méconi- 
que en acide paraméconique. 

En effet , mes expériences ont produit des résultats qui 
non-seulement ont prouvé que ces deux acides ne sont 
pas isomériques, mais encore ont expliqué d'une manière 
tout-à-fait satisfaisante la transformation de l'un des deux 
dans l'autre. J'ai donné avis de mes expériences à M. Ro- 
biquet, et je ne me suis décidé aies publier qu'après que 
ce savant distingué , que des souffrances corporelles em- 
pêchent de travailler par lui-même , eût , en faisant ré- 
péter ses premières analyses , acquis la conviction que 
leur inexactitude était due à une erreur dans la proportion 
de l'hydrogène. Cette circonstance a aussi fait voir l'im- 
portance de la petite machine pneumatique de M. Gay- 
Lussac , et som absolue nécessité dans l'analyse organique. 

(1) Voyez le mémoire de M. Robiquet , sur les principaux produits 
de ropiam, Journ. de Phanft.^ février i833, page 67. 



22 JOURNAL 

Outre l'acide méconique de M. Robiquet , j ai aussi 
analysé une autre portion que j'avais extraite moi-même 
du roéconate de chaux que M. Merck avait eu Tobligeance 
de me remettre. Je n'ai rien à ajouter à la préparation 
de Tacide méconique. Le procédé indiqué par M. Robi- 
quet le donne exempt de toute substance étrangère. L'a- 
cide méconique , ainsi que le méconate acide de chaux , 
se décolorent bien par le charbon de sang : mais M. Ro- 
biquet a déjà fait remarquer que ces deux corps ont une 
tendance extraordinaire à former une combinaison très- 
intime avec le charbon. On perd la majeure partie de 
1 acide méconique si l'on ne soumet en dernier lieu à l'é- 
bullition avec du carbonate de potasse , le charbon qui a 
servi à la décoloration. 

Comme les deux acides méconiques n'ont pas la même 
composition, ainsi qu'on l'avait conclu des premières 
analyses, le nom d'acide paraméconique ne convient plus 
à celui des deux auquel l'autre donne naissance à l'aide 
de Tébullition avec l'eau. En attendant une meilleure dé- 
nomination , je l'ai appelé acide métaméconique. 

Si on entretient en ébullition une solution d'acide mé- 
conique dans l'eau, il se dégage de l'acide carbonique pur, 
et il se forme une matière extractive qui finit par colorer 
la liqueur en brun foncé ou en noir. Si l'on verse de l'eau 
sur de l'acide méconique cristallisé, et que l'on chauffe le 
mélange jusqu'à l'ébullition , on voit que l'eau qui entoure 
l'acide méconique se colore en jaune citron à la première 
action du feu sans qu'il y ait dégagement d'acide carboni- 
que. L'ébullition est-elle continuée^ le mélange se trouble 
et se colore en brun foncé : mais la quantité d'acide car- 
bonique développé est incomparablement moindre que 
lorsqu'on fait bouillir de l'acide méconique^ cristallisé avec 
l'acide hydroc'ilorique fumant. Dans le dernier cas, comme 
aussi lorsqu'on décompose un méconate par de l'acide hy- 
drochlorique bouillant, le dégagement de l'acide carboni- 



DE PHARMACIE. ^5 

que donne lieu à une effervescence semblable à celle qui 
accompagne la décomposition d'un carbonate , mais la 
production de la matière extractive manque alors tout-à- 
fait : on obtient de Tacidé métaméconiquè à peine coloré , 
et qui né parait légèrement rougeàtre qu'autant que l'acide 
hydrochlorique employé contient des traces de fer. 

La formation de cette matière brune n'a donc pas une 
liaison immédiate avec la production de l'acide métamé- 
coniquè. C'est sans contredit un produit de la décompo- 
sition de l'acide méconique, mais qui n'a aucun rapport 
avec la composition de l'acide métaméconiquè. Ce dernier 
acide se forme en effet dans les deux circonstances et avec 
des propriétés parfaitement semblables. 

Pour déterminer la proportion deau de cristallisation, 
l'acide méconique cristallisé a été cbauffé à une tempéra- 
ture de cent à cent vingt degrés dans l'appareil décrit 
vol. y, pag. 189, de ces analyses (i). 2,566 gram. ont perdu 
6,549 d'^^u, c'est-à-dire ai pour cent, ce qui est d'accord 
avec l'expérience de M. Robiquet. 

I. 0;8o5 g^ram. ont en outre donné 1,326 acide carbonique et 

Q,i^6 eau. 

II. 0,948 1,445 

et 0,181. 

On a donc pour la composition de 100 parties 



I. 


II. 


42«iii8i 


4a. 1473 carbone. 


a,oi5i7 


a,iai4 hydrogène 


55,87301 


55,73x3 ozigèner 



Je me suis servi du méconate d'argent pour déterminer 
le poids atomique de l'acide méconique. Ce sel s'obtient 
facilement en mêlant du nitrate neutre d argent avec une 
solution aqueuse de cet acide , on a un précipité d'un blanc 
éclatant, qui , parle lavage et la dessiccation, se transforme 
en paillettes cristallines et brillantes. 

(i) Appareil de M. JLiébig, pour déterminer la quantité d>aii de 
cristallisation des sels et des autres corps. 



^4 JOCaNAl 

J'ai déjà dit dans une autre occasion (i), que ce s^ 
forme une dissolution transparente dans l'acide, nitrique 
légèrement concentré, et.que si on cbauSè cette liqueur 
il se produit au bout de quelque temps une rire décom* 
jiK^sitioQ avec formation d'un précipité blanc caillebo^té. 
Ce précipité est du cyanure d'argent pur. ChavtSé à l'éUt 
sec il se fond, donne lieu à un dégagement de cyanogène 
pur, et laisse pour résidu de l'argent métallique. 

Le méconate d'argent chauffe seul à l'état sec, produit 
un léger boursoufflement, et donne pour résidu de ) argent 
métallique d'un blanc brillant. o,36i gram. ont fourni 
0,179 de métal , d'où l'on tire, pour le poids atomique de 
l'acide le nombre 1274, 2696. Si l'on calcule d'après cette 
donnée les nombres des précédentes analyses, on a pour la 
composition théorique 

7 atomes carbone 535,o59 4^,4^ 

4 hydrogène. . . . ^,936 iy979 

^ oxigéne 700,000 55,56 1 

1259,965 

L'acide métaméconique ne perd pas par la chaleur, d'eau 
de cristallisation : chauffé avec le deutoxide de cuivre il 
produit les résultats suivans : 

I. o,4o3 gram. ont donné 0,677 acide carbonique et 0,095 eau. 
II. o,5i7 0,868 0,129 

Ce qui donne pour 1 00 parties 



I. 


II. 


46,45 


46,37 carbone. 


2,61 


2,77 hydrogène. 


5ô,94 


5o,86 oxigènle. 



0,217 gram. de métaméconate d'argent ont laissé après 
la caldriâtion dans un creuset de porcelaine o,o8S d'argent. 
Dans une seéonde expérience, 0,267 grato. de même sel 
ont donné exactement 0,100 gram. de ce métal. Le poids 
atomique de l'acide serait donc représenté p^ir le nombre 

■ I i Il» I ■ I ■ . 

(0 Voyez le Journ. de Pharm, , novembre l833, page» 6 14» 



DE PHARMACIE. 25 

1998 d'après la première analyse, et par 2021 d'après la 
seconde. En calctthitif d'sipnSlsees tKnnbtiesIes réâulfats des 
analyses précédentes , on a pour la composition théorique 

la atomes carbone 917,244 4^,63 

8 hydrogène. ... 49>^7^ ^«^^ 

10 ozigène 1000,000 5o,85 

1967,116 

< 

La formation des acides métaméconique et méconique est 
facile à expliquer d'après la composition des deux acides. 
Si de la composition de lacide méconique 

7C + 4H-f.70 
on retranche i C 4-20 = 1 atome d'acide carbonique 

il reste 6G + 4^ + ^0 répondant exactement à un demi-atome 

d'acide métaméconique. 

Ce mode de décomposition de lacide méconique dans 
lequel sa capacité de saturation est diminuée de moitié par 
la perte d'un atome d acide carbonique, est très-remarqua- 
ble, et semble promettre qu'un examen plus attentif de 
ses combinaisons produira des résultats tout-à-fait inté- 
ressans. Le manque de substance m'a seul empécbé de 
pousser plus loin mes expériences. 

L'acide méconique forme avec toutes les bases des sels 
peu solubles, facilement cristallisables ; la morphine est 
la seule avec laquelle il forme une combinaison très-soluble 
et qui n'est pas susceptible de cristalliser. A.-G.-V. 



26 JOURNAL 

EXTRAIT DES ANNALES DE CHIMIE 

ET 0£ PHYSIQUE. 
Naméros publiés jasqa'à ce joar, mai (i) , juin et juillet i833. 

Sur une nouvelle combinaison de l'iode ax^ec toxigène , 
acide hyperiodique , par MM. Ammermuller et G. 
Magnus. 

Il est impossible d'obtenir cet acide par la méthode 
qu'a donnée SéruUas pour se procurer l'acide hyperclo- 
rique , car en chaiifiant l'iodate de potasse on n'obtient 
pas d'hyperiodate. 

Lorsqu'on fait passer du cblore gazeux dans une solu- 
tion d'iodate de soude avec excès de base^ et qu'on 
cbaufi'e légèrement la liqueur , il se précipite une poudre 
blanche cristalline insoluble, qui est l'hyperiodate de 
soude. 

La chaleur ne permettan.t que diiBcilement d'extraire 
tout l'oxigène contenu dans ce sel , ces chimistes ont eu 
recours à l'hyperiodate d'argent pour déterminer la com- 
position de l'acide hyperiodique. Ce sel est obtenu sous 
la forme d'un précipité jaune clair, lorsqu'on décom- 
pose par le nitrate d'argent une dissolution d'hyperio- 
date de soude dans l'acide nitrique faible. En évaporant 
à chaud la dissolution de ce précipité dans l'acide nitri- 
que jusqu'à cristallisation , on donne naissance à des 
cristaux de couleur jaune orangée. 



(]) Ce numéro contient un mémoire de MM. Payen et Persoz, sur 
la diatase. Nous en parlerons plus tard , en traitant de la dextrine et 
de la polarisation circulaire dont il a été dit peu de chose dans ce 
journal. 



DE PUAAMACIE. 2"] 

• • • ' 

Ce sel a pour formule î A g , ce qui donne en nombre : 

Iode 4^,3 1 3 

Argent 36,^37 

Oxigène 21)44^ 

100,000 

C'est un byperiodate d'argent neutre et anhydre. Ce 
sel neutre est décomposé par l'eau pure en un sel basi- 
que insoluble et en acide byperiodique. C'est la meil- 
leure manière d'obtenir à l'état de pureté cet acide , qui , 
comme l'acide bypercblorique, contient sept atomes d'oxi- 
gène pour un double atome de chlore ou d'iode. 

La dissolution d'acide hyperiodique peut être portée à 
l'ébuUition sans être altérée , par l'évaporation on obtient 
l'acide cristallisé ; cet acide forme très-facilement des sels 
basiques cristallisables. 

Du sulfure de plomb cristallisé , par M. Becquerel. 

On sait que le sulfure de plomb ou galène , en raison 
de sa volatilité , peut être obtenu cristallisé en cubes 
ou en octaèdres par sublimation. On est parti de là 
pour élablir que cette substance avait été formée par 
voie ignée dans les filons. Cependant on trouve la ga- 
lène dans des terrains secondaires de dernière formation, 
dont lorigine aqueuse est bien constatée. M. Becquerel 
s'est attaché à prouver qu'à l'aide d'un liquide et de deux 
substances (Convenablement placées , pour qu'un courant 
électrique résulte de leur réaction réciproque, on peut 
obtenir des cristaux de galène semblables à ceux que l'on 
trouve dans lesJîlons. 

C'est ce qui a lieu lorsque , dans un tube d'un déci- .4 

mètre de long sur cinq millimètres de diamètre^ fermé 
par un bout et renfermant du sulfure de mercure à la 
hauteur de deux à trois centimètres , on verse une disso- 



\ 



j 



2S JOURNAL 

lution de chlorure de magnésium , et que Ton plonge 
dans le liquide jusqu'au fond du tube une lame de plomb. 
Le tube éXant fermé , au bout de six semaines on aper- 
çoit sur les parois , au-dessus du sulfure , une couche 
mince cristalline qui présente tous les caractères de la 
galène. 

L'antimoine , le zinc , le fer , donnent les mêmes ré- 
sultat». 

Sur l'influence qu exerce la température sur la solution 
d'iodure d'amidine, par M, Lassaigne. 

L'iodure d'amidine , obtenu en versant avec précau- 
tion une solution alcoolique ou aqueuse d'iode dans une 
solution damidine préparée en traitant la fécule broyée 
par leau froide , est non-seulement remarquable par sa 
belle couleur bleu indigo , mais par ce caractère particu- 
lier de se décolorer à une température de 89 à 90 degrés 
centigrades , et de réprendre ensuite sa couleur en refroi- 
dissant lentement ou brusquement. 

Ce phénomène peut se reproduire plusieurs fois de 
suite avec la même solution, si on a la précaution de ne pas 
dépasser le poiùt où la décoloration est complète ; car en 
faisant bouillir la solution pendant une minute et demie 
environ , elle perd la propriété de se colorer par le refroi- 
dissement. 

Dans cette circonstance , Tiode , en réagissant sur une 
partie de l'amidine , a été "transformé en acide hydriodi- 
çue , et Ton peut , en versant avec ménagement une solu- 
tion faible de chlore , faire reparaître la couleur bleue de 
l'iodure qui se trouve ainsi régénéré par Tiode mis en 
liberté. 

Le point de décoloration de la solution bleue d'iodure 
d'amidine paraît subordonné à la densité de la liqueur. 



DE PHARMACIE. 2Q 

En effet , une solution concentrée qui &e décolorait à + 
89'' étendue de son volume d'eau , s'est décolorée à yj^^ 
et au-dessous lorsque la proportion d'eau était plus con- 
sidérable. 

L'amidîne, extraite de l'amidon de froment trituré, 
forme avec l'iode une combinaison remarquable par la 
belle couleur violette , ce qui semble déjà établir une dif- 
férence entre ce produit et celui qu'on obtient de la fécule 
de pomme -de-terre. 

Les réactions qu^exercent les acides sur les solutions 
de ces deux iodures d'amidine, dénotent aussi les diffé- 
rences qui paraissent exister entre ces deux principes re- 
tirés de la fécule et de l'amidon de froment. 

Sur la présence de t azote dans toutes les semences , par 

M, Gay-Lussac. 

Toutes les graines, soumises à la distillation par ce sa- 
vant chimiste, ont fourni des -produits ammoniacaux , ou 
susceptibles de fournir de l'ammoniaque par l'addition de 
la chaux. On peut considérer une graine , abstraction faite 
de son enveloppe , comme formée de deux parties, l'une 
végétale , qui donne à la distillation un produit acide , 
l'autre animale, qui donne un produit ammoniacal , en 
sorte que le caractère acide ou alcalin du produit dépend de 
la prédominance de Tune de ces deux matières sur l'autre. 

Cette matière très-azotée , contenue dans les graines, 
cjxplique leur qualité si nutritive. On y voit, la cause de 
rétonnante fécondité, comme engrais, du résidu que lais- 
sent les graines après l'extraction de l'huile qii elles con- 
tiennent , et réciproquement la nécessité dans les engrais 
d'une matière animale. 



3o 



JOURNAL 



Recherches de chimie organique ,par 3f. Dumas. 

Dans de précédens travaux (i), M. Dumas a cherché 
à élabUr la composition du camphre et des huiles essen- 
tielles légères. Il a considéré quelques-unes de ces sub- 
stances comme des carbures d'hydrogène purs, faisant 
fonction de base en certains cas , ou de radical en** 
d'autres occasions , et il a montré en outre que plu- 
sieurs huiles essentielles légères pouvaient être consi- 
dérées comme du protoxide de ces carbures d'hydrogène. 

Les huiles essentielles pesantes , difi'èrent des autres en 
ce quelles sont plus riches en oxigène, aussi font -elles 
fonction d acides bien caractérisés et d'une composition 
assez simple. M. Bonastre avait déjà reconnu àThuilede 
girofles cette propriété que M. Dumas croit devoir gé- 
néraliser. 

L'huile de gicofle pure , desséchée au moyen du chlo- 
rure de calcium, absorbe le gaz ammoniac et produit des 
cristaux doués d'un grand éclat. Son poids atomique, dé- 
duit de cette combinaison , est 2200. 

Les produits du girofle , analysés par M. Dumas , sont 
l'huile essentielle, la matière nacrée qui se dépose dans 
l'eau distillée et la caryophylline. En réunissant leurs 
analyses , on saisira aisément les relations qui les lient. 



Haile de girofles. Matière nacrée. Caryophylline. 



Carbone. . • 
Hydrogène. . 
Oxigène. . . 



atomes. 

40 
26 

5 


70,02 

22,56 


atomes. 

1 


73,55 
7,21 

^9M 


atomes. 

40 
33 

a 


''Kl 

10,36 
10.37 


1 00^00 


180,00 


100,00 



Les conséquences que l'on peut tirer de ces analyses 
sont les suivantes : i*'. la matière nacrée diffère de l'huile 



(i) Journal de Pharmacie , tom. XIX, pag, 3i. 



D£ PHARMACIE. 3l 

de girofles p.nr la perte d'un atome deau ; a". In caryo- 
phylline contient précisément 6 atomes d'hydrogène de 
plus que l'essence de girofles , et 3 atomes d'oxigène de 
moins, comme si de Teau, décomposée par une force quel- 
conque, eût cédé son oxigène à Tun de ces produits et 
l'hydrogène à l'autre. 

Ainsi , dans les trois substances que le girofle fournit , 
voyons un radical unique se modifier par le seul concours 
de l'eau , de manière à produire trois substances telle- 
ment dissemblables, que leur commune origine a pu seule 
porter à les comparer entre elles. 

M. Dumas fait encore observer Tisomérie de la caryo- 
phylline et du camphre naturel qui ressort de ses 
analyses. Il ajoute enfin que les huiles pesantes se rap- 
prochent des résines à un si haut degré, qu'on sera 
peut-être forcé quelque jour de les confondre , et il passe 
à lanalyse des composés azotés fournis par Tindigo. 

Le procédé que M. Dumas met en usage pour déter- 
miner l'azote est fort simple et fort exact. 

On dispose le tube à analyse comme à l'ordinaire , en 
ayant soin de placer à son extrémité fermée quelques 
grammes de céruse. Après avoir fait le vide dans le tube^ 
on décompose une portion de la céruse afin de balayer 
les portions d'air qui restent dans l'appareil et de les 
remplacer par de l'acide carbonique pur. Après avoir dé- 
gagé un litre d'acide carbonique environ , on fait le vide 
une seconde fois , et on opère la combustion comme à 
l'ordinaire ; les gaz sont reçus par le mercure , dans une 
cloche qui renferme une forte dissolution de potasse. La 
décomposition terminée, on cbauife de nouveau le carbo- 
nate de plomb , et on dégage encore un litre ou deux 
d'acide carbonique , de manière à chasser tout l'azote de 
l'appareil, et à le porter dans la cloche. En agitant con- 
venablement celle-ci , l'acide carbonique est absorbé, et 
il reste l'azote pur que l'on peut mesurer avec précision. 



32 JOURNAL 

La seule précaution à prendre consiste à décomposer 
une qoaftlîté de matière capable de produire an moins 
trente ou quarante centimètres cubes de gaz azote. 

Nous allons réunir comme ci-dessus les diverses ana- 
lyses avant d'en commenter les résultats. 

Indigo pur. Acide indigotiqae. Acide carbazotiqae. 



Carbone. . . 
Hydrogène. . 
Asote- . . . 
Ozigcne. . . 



atomes. 




atomes. 




atomes. 




45 


72,34 


45 


48,09 


a5 


3i,3 


i5 


3,93 


i5 


a,6i 


6 


1.3 


3 


II, i3 


3 


7'4o 


6 


i7>7 


3 


12,60 


j5 


41,90 


i5 


49' 7 


100,00 


100,00 


100,0 



L'indigo a été puriBé par les procédés indiqués par 
M» Berzélius. Son analyse , devenue par-là plus exacte 
que celles qui ont été publiées jusqu'ici , s'en éloigne 
pourtant un peu. L'indigo blanc ou désoxigéné est trop al-, 
térable pour qu'on puisse en obtenir une assez grande 
quantité pour lanalyser directement. Berzélius admet 
que cent parties d'indigo hlaiic mises en contact avec 
du sulfate de cuivre, lui enlèvent 456 d*oxigène pour 
passer à Tétat d'indigo bleu. Si l'indigo blanc prend en 
cette circonstance le tiers de l'oxigèn^e total contenu dans 
l'indigo bleu , cette quantité ne doit s'élever qu'à ^^'i. 

L'acide indigotique n'est pur que lorsqu'il est parfai- • 
tement blanc , sans cela il retient de l'acide carbazotique 
qui altère profondément les résultats. On voit, par son 
analyse, que ce n'est autre chose que de l'indigo très- 
oxigéné et renfermant cinq fois plus d'oxigène que l'in- 
digo bleu. Cet acide nous offre le premier exemple d'un 
acide renfermant quinze atomes d'oxigène dans son pro- 
pre atome. 

Toutes les matières animales traitées par l'acide ni- 
trique peuvent fournir de l'acide carbazotique , qui four- 
nit des sels détonnans. L'acide indigotique, d'après la 
remarque de M. Chevreul , se transforme en acide car- 
bazotique avec une- facilité qui indique entre ces deux 



DE PHA|lBfACIE. 55 

corps une grande apalogie de composition. Or , si. Ton 
soustrait des élémens du premifsr, de Fa^nmoniaque et de 
' l'acide oxalique , et qu'on y ajoute de l'acide nitrique , 
on obtient exactement la composition du second. On sait 
que pendant cette conversion il se forn^e de l'acide oxa- 
lique. M. Dumas fi constaté la production de l'ammo- 
niaque. 

L'acide carbazotique deviendrait, par ces résultats, un 
composé d'hydrogène carboné,C^^ H^ et.de trois propor- 
tions d'acide nitrique Az^ O*^, ce qui rend bien compte 
de ses propriétés détonnantes. 

' M. Dumas remet l'interprétation définitive de ces ré- 
sultats à un autre mémoire, où il traitera d'un corps qui 
fait suite à ceux dont il vient de traiter, te qui résulte 
d'une modification de l'acide carbazotique lui-même. 

Sur t huile essentielle de moutarde noire , par 
'MM. J. Dum^s et J. Pelouze. 

On sait queThuilç essentielle de moutarde ne préexiste 
pas dans la graine et qu'elle se forme sous l'influence de 
l'eau dans la distillation même. Purifiée, cette huile bout 
à 143** c, et possède une densité égale à 1,01 5 à la tem- 
pérature de 20'' c. Très-solubie dans l'alcool et dans l'é- 
tber, elle est séparée par l'eau de ces dissolutions. Elle 
dissout à chaud une grande quantité de soufre qui s'en 
sépare sous forme cristalline par le refroidissement. Il 
en est de même du phosphore. 

Les alcalis produfsent, par leur réaction sur cette huile 
à chaud, du sulfure , du sulfocyanure , et une matière 
qui n^est pas encore bien définie. Il se dégage de l'ammo- 
niaque. L'acide nitrique , l'eau régale l'attaquent avec 
force, el donnent pour résultat final une grande quantité 
d'acide sulfurique. 

XX* . Année. — Jamner 1 834 • ^ 



34 JOUBNÂL 

Son analyse la repréêente comme formée de 

C'^ en ceotiémes i^^S/^ 
H^^ 5,o4 

0V2 10,18 

syi 20,48 

ï 00,00 

Dans cette formule 5 at. de l'élément électr6*négatif , 
savoir : 4 d'oxigène et f de s6afre , corps qui peuvent se 
remplacer atome à atome, paraissent correspondre aux 
5 atomes d'oxigène qui entrent dans la composition de 
l'huile de girofles. 

La densité de la vapeur, que l'expérience indique être 
de i^o , est donnée par le calcul comme égale à 3,37, ce 
qui diffère peu. 

L'ammoniaque , absorbé rapidement par cette huile , 
forme avec elle un produit soluble dans l'eau susceptible 
de cristalliser. Ce n'est pourtant pas iin sel, mais plutôt 
un corps de la famille des amides. Ces cristaux sont d'un 
blanc éclatant , fusibles à ^o"", solubles dans l'eau , l'al- 
cool et l'éther. Leur dissolution est neutre et ne se troq-^ 
ble pas par les réactifs. 

Les alcalis bouillans ei^ dégagent l'ammoniaque , mais 
le dégagement lent s'effectue à la manière de corpç qui 
ont besoin de décomposer l'eau pou^ produire ce gaz. Ce 
corps est produit par la combinaison de 8 vOl. de gaz 
ammoniac et de 8 vol. de vapeur d'huile. 

Dans un second mémoire, ces chimistes chercheront 
à établir des données précises sur le radical qui existe 
dans ces divers corps çt dans la synapisine. 

Sur plusieurs combinaisons noui^elles du platine , par 

M. Doëberéiner. 

En mêlant du chloride de platine a une dissolution 



ÙE ^iàARMÂËIE. 55 

èé cârbopate de soade éii' excès, et expo&sintle liquide 
au fidleil pendant plusieurs jours ^ dn obtient un préci- 
pité jaune de platinate de soude. 

. L'acide pxalique dissout le platinate de soude avec àèt 
gagement d'acide ofirbonique. Par le refroidissement on 
obtlept de petites aiguilles d'uni rouge cuivré^ qui sont 

de l'oxalate d'oxidule de platine Pt DT 
. L'eaii dé chaux transforme Ic^ cbloride dç platine m 
une çomb^paispjci de ce corpA avec du platinate de ciiaut; 
(PtCh^+Ca Pt^). , 

Sur les moui^eméns de rotation au camphre ^ par 

M, Ch. Matteuci. 

d'est uniquement à Tévaporation du camphre et à suf 
dissolution dans les couches d'eau qui l'environnent qu'on 
doit, suivait M. Matteuci, attribuer la cause de ce mou- 
vement. Lorsqu'on jette sur l'eau un petit charbon al- 
lumé ou un fil niétaUique fin suspendu et chaufié à 
l'avance , le mouvement de rptatiûn qui se manifeste est 
produit pRr la yapeur d'eau développée autour du corps 
flotiant.Àussi expliqué-t-on très-aisément, dans cette hy- 
pothèse, la suppression de cette rotation , lorsqu'on jette 
une goutte d'huile sut la surface de l'eau , ou lorsqu'oi^ 
la couvre avec une lame de verre. 

Or , si l'on met sur l'eau un morceau de camphre assez 
gros pour qu'il ne se meuve que très-lentement, et que 
l'on porte le verre qui le contient sous la machine pneu- 
matique , les mouvemens, d'abord presque insensibles, 
deviennent plus sensibles à mesure que l'on fait le vide 
et s'arrêtent quand on cesse. Tous les corps volatils pla- 
cés sur l'eau produisent le même phénomène ; il en est 
' ainsi des corps fixes imprégnés d'un liquide volatil. 

Le phénomène du bâton de camphre, qui le coupe sui^ 
Tant la ligne qui touche la Surface extérieure du liquide^ 
est dîi à ce que cette couche d'eau dissout sans cess« une 

3. 



36 JOÙHNài^ 

aourelle quantité de ciimphre qi^elle liBSse évaporer* Ba 
niettant obstade à la disaplatioq) ce phinom^èDe çcMe dei 
se produire. 

Sur la /acuité que possèdent les fleurs de laurîer^to^^ 
d attraper les insectes , par M. Braconnoi. 

II est un assez grand nombre de plantes qui possèdent 
la faculté d'attraper les mouches : ce phénomène, expit* 
que jusqu'ici par la contraction qui résulte de rirritabi-!' 
lité des organes de la génération, est attribué à d au^ 
très causes par M. Braconnot, qui vient de l'étudier sur 
le laurier-rose. Il a remarqué que c'est dans les ipter- 
stices^ que les anthères laissent entre elles y que Ton re- 
marque la trompe des mouches évidemment collée la* 
téralement de haut en bas dans environ la moitié de la 
longueur, par une humeur visqueuse sécrétée par le stig- 
mate et destinée à agglutiner les grains de pqllen. Si on 
applique sur cet olgane des mouches vivantes, élises j 
sont retenues malgré leurs efforts pour se débarrasser. Si 
Ton dégage une mouche qui vient de se prendre , et qu'on 
applique la lèvre de sa trompe sur un corps quelconque,^ 
elle s'y attache sans pouvoir s'échapper. Les étamines 
de la fleur demeurent d'ailleurs écartées les unes des au-r 
très comme dans Tétat normal. 

M. Braconnot a remarqué encore sur ces fleurs que de 
petites aranéides incapables par leur faiblesse d'attraper 
elles-mêmes les mouches , viennent chercher leur nour-* 
rituré dans la fleur du laiirier-rose , et se forment un abri 
en recourbant fortement £|vec leurs fils une oti deux divi-^ 
sions de la corolle. 

Procédé des Chinois pour lajahnçation dç Fc^cre. ( Ex? 

trait de \ Encyclopédie japonaise ) , par M^ Stanislas 

Julien. 

C'est à tort que quelques personnes pensent que l'eur 
cre de Chine se fait avec la liqueur de la sèche ou dt; 



DE i^UÂBMACIE. 3y 

;{>Oulpe. Celle liqueur, qui est noire comme de TeiiGre , 
peut à la yérité servir à tracer des caractères ; mais au 
bout d'un an' les caractires disparaissent entièrement, 
et le papier reste tout blanc. 

C'est avec le noir de fumée que cette encre se prépare, 
et sa qualité dépend de celle du noir lui-même ; on en 
forme une pAte avec une colle animale. 

Le noir de fumée se prépare , soit par la combustion 
de l'huile de long {bignonia tomentasa)^ soit par celle 
de l'arbre song {pinus s/l^estris). L'huile est brûlée dans 
^es lampes surmontées d'un couvercle de métal , dont on 
détache le noir avec une plume. Le noir de fumée de 
pin s'obtient en grand dans des chambres successives 
garnies de cloisons, sur lesquelles il se dépose. Le plus 
beau noir est celui qiii se dépose dans la chambre la plus 
éloignée du brasier. 

L'encre fine se fait avec le noir d'huile, et l'encre 
commune avec le noir de fumée de pin. Gellte qui vient 
de Nanking est toujours la plus estimée. L'encre faite 
avec le noir de fumée de pin est d'aatant meilleure, qu'elle 
s'enfonce davantage datis l'eau, dans laquelle on la laisse, 
tremper quelque temps , elle est médiocre , si elle 
surnage. 

Le suc de gingembre, mêlé à l'eau dans laquelle on 
délaie l'encre, empêche les caractères que Ton trace sur la 
soie de s'étaler. 

Le suic dejan-tsiao ( piper nigrum ) l'^npêche de se 
congeler: Celui de sung-kan ( espèce de pin )) empêche 
le papier de boire. 

. L'encre délajée dans l'eau, sous forme de pAte épaisse, 
apaise subitement la douleur d'une brûlure. 

P.-F.-G. B. 



3.8 JOURNAL 

NOyVEÎ.LES PES SCÏEWCE3^ 



M. Dutnas , en faisaM réagir TAiiiidé thloro^iicarboai- 
que sur ralcbôl, est ai^rivé à là coililaissahce d'tih Nou- 
veau corps liquide éthéré fort remarquable. 

Ce savant chimiste a obtenu ce singulier produit en 
faisant j^asser quelques grammes d'alcool dans un litre 
de gaz phogène. L'auteur a îremarqùé que, pef^dant Vex? 
pérjence , Talcool S'échauflait et acquérait une légère 
couleur ambrée. En débouchant le flacon , recueillant 
le liquide, le mélangeant avec son égal volume d'eaa 
distillée, il en a séparé de l'acide hydrochlorique libre et 
un liquide lourd, qu'il a distillé sur dii chlorure dé cal- 
cium et de la litharge pour l'obtenir dans la plus grande 
pureté. 

La composition de ce produit a été trouvée égale à 

Ch^ 4o2,6 = 32,4 

O*. s. ..... . 4^^?^ ^ ^9y4 

C«. ...... 459,1 = 33,6 

H^o 62,5 = 4,6 

D'après cette com^yosition , q-ue Mv Duitiais traduit en 
cette formule C^'O^^Gb^^G^H^H^Hî^O , ah n'a pas de 
. peine à adopter les idées die l'auteur, qui sont deconsi-!* 
dérer c^ composé ^IJOttittiê un véritable élhet* , d'un type 
entièrement nouveau et très-reçnat'qtkable : car Tacide qui 
le forme, analogue à l'acide carbonique, en difière toutj^'- 
fois . en ce qu'uji atome d'ôtigène y est remplacé par 
deux atomes de chlo^6. 

Voici, dureMe-, eôbiment M. Dunias explique la forma^^ 
tion de ce singulier corps : « 4 volumes d'acide chloro- 
carbonique réagissent sur 4 volumes d'alcool, décompo- 
s^pt la moitié de l'eau qu'il renferme , produisent 4 



I 



DK PHAIIMACIE. 3q 

yolumes d'acide hydrpchloriqMe et en niém^ t/eo^pa le 
fiouyel éiher. » 

A la température ordinaire ce corps est fluide et 
plus lourd que l'eau, il a une odeur péuétraote et pro- 
voque le larmoiement lorsqu'on le respire sans précau- 
tion I en très-petite quantité son odeur est suave et sans 
effet fâcheux. Il entre en ébullition à qo"* centigrades. 

L'acide sulfurique le dissout et en dégage du gaz hy- 
drochlorique. 

L'ammoniaque oiire un pbénomène remarquable eo 
même temps qu'elle produit un nouveau composé cris- 
tallisable en lames carrées; lorsqu'on la verse dans Té- 
ther chlorocariM>nique , le mélaiige s'écbaufie tellement^ 
qu'il entre en ébullition, et on n^en retrouve plus dans I9 
liqueur qu'une combinaison nouvelle qui cristallise en 
même te(nps qu'un peu d'faydrochlorate d'ammoniaque. 

M. Dumas n'a pas encore fait connaître la natuc'e de 
ces cristaux ,. mais il s en occupe en ce moment, et ne tar- 
dera pas à' publier le résultat des ses recherches. 

M. Donné, chef de clinique à la Charité , propose 
l'iode comme contre- poison des alcalis végétaux, et parti- 
culièrement de la strychnine. Le chlore partage cette 
propriété , la solution doit être alcoolique. 

Ge moyen ne serait sans cloute avantageux qu'au- 
tant que la r^ction serait produite par une solutioi^ 
trés-diluée, à cause de l'acre té de ces i^gens. 

Du benjoin et de l'acide benzoique, pur 
M. S.-W. Brown. 

On croit généralement qi^e les larmes blanches du ben- 
join , et la mas_se brune qui les lie , contiennent à peu 
près la niéroe proportion d'acide benzoïque. Mes expé- 
riences m ont prouvé qu'il n'en e&t pas ainsi \ car j'ai 



46 iotki<iÀi 

dbténii h peine 8 ^ poar cent d'acide impur Aes hrmei 
blanches , tandis que la partie brune en a fourni i3 pdur 
cent. Il est bon d'observer toutefois que la partie brune 
sur laquelle jai Opéré était d'une apparence nette et 
transparente , éi d'une cassure unie et nette. 

On peiit extraire l'acide benzoîque du baume de Tolii 
et de plusieurs autres baumes, en eh faisant bouillir seu- 
lement dans l'eau , qui dissout l'acide et le laisse préci- 
piter par le refroidissement. De cette manière j'en ai ex- 
trait 9 pour cent du baume de Tolu , 5 du styrax, et 4 7 
du i^aume dû Pérou, ie n'ai pu parvenir à l'obtenir pair 
sublimation de ces baumes , sans qu'il' fut souillé par 
une huile qui se volatilise à peu près à la même tem^ 
pérature que l'acide. ( Jour, of the Philad. , etc, ^ 
yu/y i833). P. B. 

itfote Sur la créosoie. 

La créosote, ce produit si remarquable, découvert pài* 
M. Keichembach dans la distillation de certains goudrons , 
et qui parait destiné par ses propriétés extraordinaires 
6ur 1 etonomie animale, à jouer un rôle important en hié- 
decine , a dû éveiller à la fois l'attention des pfatibieïis 
et des chimistes. Déjà plusieurs se sont empressés de lé 
préparer , mais sans succès bien évident; MM. Billard, 
pharmacien à Paris , et Olivier fils , fabricant de produits 
ëhimiques , viennent d'annoncer à l'académie royale de 
médecine qu'ils obtiennent, et en grande quantité, dans 
un appareil particulier , la créosote avec les propriétés 
que l'auteur de sa découverte lui attribue. Cette réussite 
aura, nous n'en doutons pas, dés conséquences très- 
avantageuses , puisqu'elle pourra periflettre de répéter 
et de continuer des essais qui, jusqu'ici, ont paru presque 
tenir du prodige dans certaines maladies. A cette an- 
nonce, MM. Billard et Olivier fils ont joint un échan- 
tillon de créosote^ que des expériences antérieures leur 



DE PHARMACIE. 4^- 

diit déirionWée pure et toat-à-fait privée ae têtte hou- 
vfcUle substlaiicè , si horriblement vomitii^e , que M. Reî- 
bheiàibâch a isigualé 1 aceompagner dnns certaine^ circon- 
stances , et dont la pirésence offrirait les plus gràvefi 
dangers. 

Sur quelques arts chimiques connus par les premier^ 
hahitans du nord dé F Amérique , par M. Jacob 
Green. 

(extrait.) 

Lorsqu'on examine les vastes ruines des anciennes 
construclions et les diverses antiquités des peuples qui 
habitaient les bords de TOhio^ du Mississipi et de plu- 
sieurs autres fleuves occidentaux de TAmérique , on ac- 
quiert de suite là conviction que cette terre a porté une 
l'ace d'bômmes bieh supérieurs en civilisation aux tribus 
indiennes qui y sont aujourd'hui dispersées. L'habileté 
de ce peuple mystérieux dans là poterie, la sculp- 
ture, aussi bien que la beauté et la syniétrie de plu- 
sieurs autres produits de leur industrie, ont été si- 
^alées fréquerpmcnt par les antiquaii'es américains ; 
mais jusqu'ici aucuti auteur n'avait indiqué qu'ils fussent 
familiers avec Tàrt de faire ou dé colôret le verre. 

On sait, à to'en pas douter, que les procédés de vitri- 
fication retaohléni h l'antiquité la plus reculée , quoique 
bieà imparfaite alofs. Le livre de iàh , les antiquités de 
l'Egypte, de la Grèce, dé l'ttalie, en font foi. Quant à 
la teinte des verres, ceàt le bleu plus ou moins verdâtre^ 
qui domine presque exclusivement. Le cuivre produit avec 
la plus^ grande facilité ces nuances ; aussi est-ce Toxidè 
de ce métal qui colore tous ces échantillons. C'est aussi 
l'oxide de cuivre qui, uni à la silice et à un alcali, consti- 
tue les verres trouvés dans les «ruines laissées par les 
premiers hahitans du nord de l'Amérique. 

Parmi les antiquités indiennes qui décorent le musée 



4^ JOU&JiAL 

de M. Lanibdia,à PîUsbui^) CD PensylvaniC) on trouva 
ui) grand nombre de larges grains d'une couleur vert 
bleuâtre. La substance dont ils sont formés est à pein^ 
transparente et incomplètement vitrifiée. Ces grains sem-r 
blent avoir été perforés par un instrument aigu , et dif- 
fèrent, sous tous rapports, de ceux des modernes manu- 
factures eui^péepnes si communs aujourd'hui et depuiif 
long-temps parmi les Indiens. Voici les circonstances de 
leur découverte. M. Lambdin les a trouvés lui-même , 
en creusant un ancien tombeau indien sur les bords de 
rOhio. Il possède, outre des os brisés du squelette que 
ces grains servaient sans doute h décorer , un grand nom- 
bre débâches en pierre, de têtes de flèche$, des pipes 
fE;t des fragmens de vaisselle de terre extraites du mékne 
tombeau,. Ces particularités- doivent convaincre que ces 
objets ont appartenu à l'un de ces anciens peuples qui 
habitaient cette fertile et vaste région, long-temps avant 
le voyage de Colomb. 

On ne sera donc pas surpris maintenant si ce hasard 
a fait rencontrer çà et là quelques fragmens 4e verre 
bleu, que les minéralogistes ont pris pour un minerai 
naturel. C'est ce qui a eu lieu pour un échantillon qui 
existe dans le cabinet de M. Dobson à Philadelphie , et 
qui a été trouvé non loin des rives dh la rivière de Cfias- 
tetée , qui borde la Géorgie , dans une contrée presque 
privée de relations avec les parties civilisées. Son ana- 
lyse prouve que c'est du verre Ideu , car sa composition 
est la même que celle des grains. 

Plusieurs matières colorantes étaient aussi connues de 
ces mêmes peuplades : on a retrouvé des vases bien con<^ 
serves et cuits au feu , qui présentaient des parties jau- 
nes et brunes ,.rougeàtre6, colorées par les ocres de fer, 
d'autres en rouges, probablement parle minium. {Journ, 
ofthe Philad.j çolL ofpharmacyyjuly i833 ). P. B. 



DE PHARMACIE. 4^ 

Du principe actif de la salsepareille. 

Par M» Bat&a. 
( Extrait d^QDe lettre adtessée par M. Batka à M. Pelletier. .) 

Le principe actif de la salsepareille est, d après 
M. Batka, un acide particulier auquel il donne le ix)in 
d'apide parillinique , et qui jouit des propriétés sàÎTaates t 
à Fétat d'hydrate ; il ressemble à des écailles de poisson ; 
fondu , il a Taspect d'une résine ; par la fusion , il prend 
une couleur brunâtre; si Ton augmente par degré la tem- 
pérature, il répand une odeUr particulière piquante et se 
charbone ; le charbon brûlé ne laisse point de cendre. Cet 
acide rougit le papier de tournesol ; il se dissout par l'alcool 
et s'en sépare dans un état cristallin par évaporation, il est 
très-peu soluble dans Teau froide ; il se dissout en quan- 
tité se'hsible dans Teau bouillante à laquelle il commimi- 
que la propriété de mousser fortement. Le chlorure de 
calcium , les acides minéraux , et particulièrement l'acide 
hydrochlorique, lé.précipitent en flocons gélatineux ; il a en 
cela quelques rapports avec l'acide pecti que; mais il diffère 
de ce dernier acide principalement en ce que l'acide pec- 
tique, traité par l'acide nitrique, se convertit en acide 
oxalique', tandis que l'acide parillinique se dissout dans 
l'acide nitrique sans s'altérer, et peut être obtenu par 
l'évaporation de l'acide. L'acide parillinique s'unit aux 
alcalis et forme alors des combinaisons solubles, mais in-r. 
cristallisables; ces combinaisons donnent toutes à l'eau la 
propriété de mousser fortement , et de se couvrir d'écume 
par l'agitation. Ici M. Batka rappelle \e principe écumant 
annoncé dans la salsepar^Ue ^ par M« Thubeuf , et dit 
que ce principe e^t un pariUiilat^ de potassé. 

M. Batka promet sous peu de faire connattre la com- 



44 JOURNAL 

position élémentaire de Tacide parillinique et sa capacité 
de saturation. 

Peur obtenir l'acide parillinique , M. Batka prend 
l'extrait de salsepareille obtenu par l'alcool absolu; il 
traite cet extrait par l'eau bouillante qui dissout Facide 
parillinique, évapore à siccité, et reprend le résidu par 
l'acide hydrochlorique ; l'acide parillinique se sépare alors 
eh flocons qu'on lare et que l'on^ dessèche. 

D'après l'analyse de M. Batka , la Salsepareille é^t 
formée de : 

t'*^. Une matière cristalline ( acide parillinique ) ^ 

2*». Une matière colorante cristalline , 

5<>. Une huile essentielle , 

4"*. Gomme , 

5**. Bassorine, 

6^. Amidon, 

5^*. Albumine. 

8"*. Matière extractiformé ^ 
. 9**. Gluten et glaïadine , 
lo®. Tissu cellulaire et fibreux^ 
1 1**. Acide pectique , 
12**. Acide acétique , 

i 3°. Sels, sav^oir : chlorure <le calcium, potassium i^ 
magnésium , Carbonate de chaux , oxide de fer 
et alumines 

Extrait d'ane lettre de M. Merck de Darmstadt ^ 

à M.'ROBIQUET. 

Sur ta santonine. 

Je profite d'une occasion favorable pour vous offrir un 
échantillon de santonine; bien que dette substance ait été 
découverte^ il y a quelques années , dans l'extrait éthéré 



4fS Ig semencine , on ne la point encore foucnie ju$qu'à ce 
jour aussi pure que celle que je vQus^ adresse. 
. Ses propriétés chimique^et médicinales sont ai curieuses 
que j'^i cru devoir engager M. Hermann Tromadorf 
( fils du professeur Tromsdorf à Erfurt ), qui diilige dans 
c^ moment mon I^Jioratôire , à Texaminer ayec' attention. 
Les résultats de ses recherches seront pul^Iiés sous peu 
dans le Journal de Pharmacie^ rédigé par son père 
L'extrait que je vous en donne dès aujourd'hui est bien 
imparfait sans doute , mais il devra néanmoins , j'espère, 
intéresser les chimistes, 

La spntonipe ^e présent^ en prismes brillans, incolores, 
sans saveur et sans odeur ; exposée aux rayons du soleil , 
elle jaunit fortement ; dissoute dans lalcool , sa splution, 
jaune d abord , se décolore en quelques minutes çt fournit 
de la santonine aussi belle qu'auparavant. Chauffée dans 
un creuset de platine elle se fond , et se volatilise sans se 
4écomposer. Les acides dilués ont peu d'action sur elle ; 
mais bien qu'elle ne soit point acide, elle forme, avec les 
bases , de véritables sels dont plqsieurs soqt criçtallisables, 
tels sont ceux de chaux , de baryte et de plomb. Ces com* 
binaisons se produisent avec des phénomènes bien remar- 
quables. Lorsqu'on chauffe en effet un mélange de chaux 
vive, d'eau, de santonine et d'alcool, le fluide prend bientôt 
une belle couleur rouge; par le refroidissement, le sel cal- 
caire cristallise en aiguilles soyeuses , en perdant sa cou- 
. leur du haut en bas et devient p^rfaiten^ent blaQc. Pour* 
purifier ce sel on le dissout dans de l'eau chaude , et on 
précipite l'excès 'de chai^x par un poursuit dp gaz carbo- 
nique. La combinaison calcaire ne se trouve point décom- 
posée par l'acide carbonique , bien que celle de plomb se 
détruise au seul coutaçt de lair. La coloration en rouge 
se produit également lorsqu'on chauffe la santonine avec 
la baryte , l'ammoniaque , la strontiane , la soude et la 
potasse, mais seulement dans le cas où on ajoute de 



Talcool , autrement les cotnbinaisons se forment tout aussi 
l)ien , mais eUés restent parfaitement blancheà. 

Lorsqu'on prend pour la formation de ces sels basiques 
de la santonine jaunie par l'influence du soleil, on obtient' 
des produits aussi blancs que si on avait employé de la 
Santonine blanche ; mais on observe pendant Tévaporation 
une coulei^r jaune qui ne tarde pas à disparaître par lé 
refroidissement, à Fexemple de la Couleur rouge elle-^ 
même. 

M. Liébig n'a point encore déterminé le poids atômi^ 
que de la combinaison calcaire de la santofaine , maislana-^ 
Ljse de cette substance lui a fourni les résultats suivons : 

Carbone . 70,5og 

Hydrogène 7^466 

Oxigène , . 2a,o25 * 



1 00,000 



1 



On peut obtenir la santonine to soumettant la semen- 
cine à l'action de la chaux vive hydratée et de l'alcool ; la 
teinture alcoolique évaporée au quart, puis passée au 
filtre pour séparer la résine , let traitée à chaud par l'acid^ 
acétique concentré , laisse cristalliser la santonine par le 
refroidissement. 

On la purifie en la faisant bouillir à plusieurs reprises 
avec de 1 alcool et du charbon animal. La semencine que 
l'on a déban^assée de son huile essentielle, fournit 
autant de santonine que celle qui a été avariée. Une 
livre de semencine m'a fourni 2 gros à 2 gros et demi de 
santonine pure. Les médecins de notre ville ont reconnu 
h ce nouveau principe des propriétés vermifuges bien 
prononcées, à la dose de trois à quatre grains deux fois par 
jour; prissh une dose plus élevée , elle occasione des dou- 
leurs de ventre et éructations d'estomac avec un goût Irès- 
prononcé de semencine. 'Peut-être nos célèbres praticiens 
lui découvriront**ils encore d'autres propriétés. 



DE i^HABIIl'ACIE. ^^ 

• » 

NOTES ET FORMULES 

Extraites du Êulletiti de Thérapeutique. 



Sur l'emploi des chlorures de chaux et de soude dans 
quelques affections de la bouche^ commune chez les eri- 
fans , par M. le docteur Constant. « 

M. le docteur Constant pense que, tout en faisant k 
part de l'enthousiasme et de l'amour des nouveautés qui 
ont fait' ei^agérer les propriétés des chlorures , il &ut 
convenir que la matière médicale s'est enrichie d'un agent 
plrébieux... On en relire journellement de grands avan- 
tages dans le traitement des affections de la houche , fré- 
quentes dans les hôpitaux. Il résulte d'un graiid nombre 
de faits observés à Thôpital des enfans, que les plaies de 
la bouche , les ulcérations des amygdales, etc., pren«^ 
nent un caractère favorable par suite d'application de 
chlorure de soude ou de chaux ^ et marchent prompte^ 
mient à là guérison. * 

M. le dX)cteur Bônneaù emploie concurremment iin 
gargarisme composé de décoction d'orge , 3 onces , miel 
rosat, 1 once , chlorure de soude d'ui^ scrupule à i gros. 

M. Guersent, dans la gangrène delà bouche, prescrit 
un gargarisme composé de : 

Bëcoction dé quinquina.; . . ; trois onces 

Sirop d'écorce d'oi-ange une once. ■ 

Chlorure de soude une once. 

M. Ângelot , dans la gengidite ulcéreuse, mettait en 
usage le collutoire suivant: 

Chlorure de chaux de i5 à 3o grains. 

Solution de gomme une once. 

Sirop d'écorce d'orange demi-once. 




48 ^IQURNAIi 

à employer en lotioii sur les ulcères, au moyen d'un 
pippeau de charpie. 

J)0 remploi du chlorure de chaux contre la gale* 

M. le docteur Hospital emploie en général, y)our un 
traitement, de lo à la onces dé la pommade suivante : 

Soufre sublimé lavé une once et dem|e. 

Chlorure de chaux bien trituré. . . deux onpes. 

Axonge . t ^ 9ix onç^s. 

M. S. A. 

!fraitement d^ la coqueluçhç ^par M»,Sanàrsi^. 

M. Sandras emploie ayec succès la bellfidone indiauée 
vers la fin du dernier çiècle, contre cçtte pénible affec-? 
tion ; yoici les formules qu'il a adoptée^ : 

If Poudre de feuilles d^ lïelladqnç. ..... deux grains. 

Extrait quelconque inerte ou mucilage. . Q. S. 

Pour Jiuit bols, dont on prendra un toutes les heures. 
Il préfère les préparations suivantes qui donnent un 
médioan^ent moins désagréable à prendre : 



♦ 



% Sugre blanc S|5ize onces. 

Alcoolature de belladone au ^^ seiz^ gros. 

Un gros représente i grain de belladone; on peut 
donner ce sacçharure seul ou le faire prendre de là ma-: 
nière suivante : 

Mêlez Eau distillée de tilleul . . trois onces. 

Eau distillée de laurier-cerise. , .... trois gros. 
' Saccharuve de belladone. • • . • une opco. 

Donnez une cuillerée à café de cette potion plusieurs 
fois dan$ la journée. 

On donne encore la poudre de racine de belladone, 
mêlée à quatre ou cinq fois son poids de sucre ou de 
poudre de réglisse, à Ja dose d'un quai't de grain , ma- 



DE PHARMACIE. 4$ 

lin et soir pour les enfans au-dessous d'un an ; ^ grain 
matin et soir pour un enfant de deux à trois ans ; i grain 
pour un enfant plus âgé , et 2 grains de même pour un 
adulte. 

Traitement du porrigo ( teigne ),/>ar M. Cazenave. 

M. Bietta quelquefois employé avec avantage la lotion 
suivante , dite de Barlow 

^ Sulfure de potasse 2 gros 

Savon blanc a gros ^ 

Eau de cbaux 7 onces 

Alcool rectifié ^- ?• %^^^ 

Les pommades avec le calomel , avec Toxide de man- 
ganèse dans la proportion d'un à deux gros 'par once 
d'axonge , réussissent bien ; il en est de même de la sui- 
vante 

*5/: Savon blanc 2 gros 

Soufre sublimé 2 gros 

Axonge. i once 

Ainsi que de celle de Ranger 

¥ Litbarge. 2 onces 

Alun calciné i once ^ 

Calomel i once 7 

Axonge 2 livres 

Térébentbine de Venise. . . { livre 

M. 

De tous ces agens, aucun ne recèle toutefois une effi- 
cacité aussi constante que l'iodure de soufre , introduit 
il y a dix ans dans la thérapeutique, par M. Biett. Voici 
la formule à laquelle M. Biett s'est arrêté après un grand 
nombre d'essais : , 

XX* . Année . — - Jan uier 1 8 3 4 . - 4 



5o JOURNAL 

% Io()ure àe soufre 24 à 36 grains 

AxoDge I once 

M. 

Lotions iodo-sulfureuses dans la dartre croûteuse fia- 
vescente. 

M. Dauvergne emploie les solutions suivantes : 

Solution iodui'éè. 

% Iode 3 ^à^ 

lodurfe de potassium 6 gtios 

Eau distillée 3 ttnicès. 

Solution sulfureuse, 

% Salfkire de potasfefe 4 ônCé^ 

featl distillée ; livre 

On mêle ces solutions dans la proportion d'un gros, ou 
une cuillerée à café de solution iodurée, avec une demi- 
once de solution sulfureuse , c'est-à-dire à peu près une 
cuillerée à bouche ; le tout dans une cuvette d'eau tiède 
ou d'eau froide, suivant l'indication. Q. H. 

VVV%MVV%^VV«VvWvVVV%VVVIVV«V%'«VVk%V\VV%VVVVVVVV\VV\V\\/VVWVV\V%V%%VVVVV«<V\%\ «t WA w 

EXtUÂlT DU PROCÈS VÈRÊÀL. 

De la séance de la Société de Pharmacie^ a déôeràbre 1 833. 

PBESIDENGE DE M. BAGET. 

Là 'ébrrespoiidance imprimée se compose : i", d'une 
pétition et mémoire pour demander la répression des 
abus qui compromettent la pharmacie et r amélioration 
de la loi qui en dirige t exercice ^ par MM. les pharma- 



DE i^HAHMACIE. 5l 

tiens dii départ^tn^iit des Hautes- Pyrénées ; a®. AmiiMes 
de TAuTcrgne , tom. 6, septembre et octobre; renvoyé 
à M. Boudet; 3**. Gazette éclectique de thérapeutique, de 
«ïédecine et de chirurgie , octobre i833 , n*. 4 ; renvoyé 
à M. Chéreau. 

La correspondance manuscrite se compose d'une lettre 
de M. Merck , de Darmstadt , à laquelle est jointe un 
écimntillon de Sahtoihîte , en prismes brillans. Cette let- 
tre donne des détaife sur Textraclion de ce produit , tiré 
dtt semen tontra^ qui a déjà été signalé dans le Bulleltfi 
MÏe la Société (tom XVII du journal , pag. 1 1 5 ), et qui a 
été découvert par deux personnes , à peu près à la même 
époque, MM. Kablcr, pharmacien a Dusseldorf, et Alm, 
•élève en pharmacie , à Peuzlin-Mecklembourg. 

La Société^procède à la nomination d'un vice-président, 
'd'ttn secrétaire général, d'un trésorier et d'un secrétaire 
tfe correspondance. 
M. Reymond est nommé vice-président pour i834' 
M. Robiqnel, secrétaire général, 
M. Martin , trésorier. 

M. Jules Pelouze , secrétaire de correspondance. 
M. Bussy présente à la Société, en son nom et en celui 
de M. Ferrand , de la paraffine obtenue en cli&tiHant de 
la cire avec delà chaux; traitant le produit obtenu par 
de lacîde suKurique concentré, et portant la tempéra- 
ture fte 6o à ^6° , on obtient alors une couche de paraf- 
fine-, cette paraffine, selon MM. Bussy et Ferrand , diffère 
Un peu de celle de Reichembadi ; ainsi la paraffine ob- 
tenue par ce savant se fond à 43"*, celle obtenue par 
MM. Bussy et Ferrand se fond à 52°. La paraffine fondue 
et mise en contact avec le potassium n'altère pas ce métal. 
La paraffine obtenue par MM. Bussy et Ferrand est un 
peu plus altérable par lacide sulfurique que ne Test 
celle obtenue par Heichembach. 

M. Bussy annonce que M. Couerbe est parvenu a faire 

' 4- 



52 JOURNAL 

cristalliser la biixine ( la matière retirée du buis) que 
M. Fauré, deBordeaux, n'avait obtenue qu'à l'état de ma- 
tière pulvérulente ; le procédé suivi par M. Goucrbe 
consiste à ajouter de lacide nitrique au sulfate de buxine, 
cet acide s'empare de la résine qui rendait le sulfate 
moins pur. On obtient alors un sulfate duquel on peut 
précipiter la buxine pure. 

M. Lecanu annonce à la Société qu'il est parvenu à 
extraire du suif de mouton et de l'axonge un principe im- 
médiat solide, fusible à 62"* centigrades, soluble dans plus 
de cent fois son poids d'éther froid , et par conséquent 
tout'à*fait distinct delà stéarine de M. Chevreul. M. Le- 
canu continue les recbercbes sur cette substance, qui con- 
stitue environ le quart du poids du suif de mouton, et il 
communiquera plus.lard ses résultats à la Société. 

M. Desinarest lit , en son nom et en celui de M. Caillot, 
un rapport touchant le travail de M. Denot , sur les io- 
dures de plomb. Le rapporteur conclut, le travail étant 
remarquable , à ce qu'il soit imprimé et que des remer- 
ctmens soient adressés à l'auteur. 

M. Boutron - Charlard , en son nom et en celui de 
M. Pelouze , lit un rapport sur des notes envoyées par 
M. Lçdoyen, pharmacien de Paris; il conclut à ce que 
les notes de M. Ledoyen soient publiées par extrait. 

M. Chevalier annonce qu'il a trouvé un moyen très- 
simple de reconnaître la présence de l'acide sulfurique 
ajouté aux vinaigres ; ce moyen consiste à faire évaporer 
le vinaigre dans une capsule de porcelaine , l'eau et l'a- 
cide acétique se volatilisent d'abord , ensuite l'acide sul- 
furique se montre sous la forme de vapeurs très-denses, 
et qui sont faciles à distinguer. 

M. Soubeiran présente, au nom de M. Langlois, phar- 
macien de l'hôpital-militaire de Strasbourg, un mémoire 
sur l'iodure d'amidon. Voici les conclusions de ce mé- 
moire. 



DE PHARMACIE. 55 

« L'iodure d'amidon intègre , qu'il soit rougeàtre , 
violet, bleu ou noir, est toujours insolflble dans l'eau 
froide ; 

» 2*". La solution aqueuse d'iodure d'amidon ne se 

décolore par la chaleur que parce que l'eau à l'aide de 

ses *élémens transforme l'iode en acide iodique et bydrio- 
dique ; 

» 3"". La propriété qu'il possède, sous certaines condi- 
tions de reprendre en refroidissant , une partie de sa cou- 
leur primitive dépend d'une réaction ultérieure des deux 
acides que je viens de nommer; 

» 4''* L^^ acides concentrés ou étendus ne rétablissent 
la couleur bleue qu'en s'emparant de l'eau nécessaire à 
l'existence simultanée des acides de l'iode;. car si pre- 
mièrement on ajoute à la liqueur quelques gouttes d'à- 
dde sulfureux,, le phénomène de coloration ne se produit 
plus ; 

» 5"*. Les acides sulfurique, nitrique, hydriodique sul- 
fureux , hydrosuif urique , le chlore , les alcalis , Téther et 
l'alcool , se comportent avec Tiodure d'amidon comme si 
la substance végétale et Tiode s'y trouvaient dans un état 
d'isolement ; 

» 6*^. Ces diverses considérations nous permettent d'af- 
firmer que l'iode ne forme pas avec l'amidon une combi- 
naison dans le sens propre du mot , mais bien un mélange 
uniquement caractérisé par sa couleur; en conséquence, 
l'iodure d'amidon ne semble plus pouvoir désormais figu- 
rer au nombre des composés chimiques. » 

MM. Tallart et Dubail examineront ce mémoire. 

M. Bonastre lit un rapport d'admission sur M. Waflard 
qui est nommé à l'unaniinité membre résidant. 



54 



JOURNit 



RÉSUMÉ D'Ua l^ROGËDÉ 

Pour êffeeluer l'mHufyse è/émentwre ongaïuque , 

Proposé pur M. Ossian Hemry. 

Lor^qoejc publiai il y a trei» ans, avec fea Plisson mon ami , un pro« 
cédé pour exécuter l'analyse élémeiUain des sobsUinces organiques, an 
obtenant chaque élément à Tétat gazeux ^ ou représenté par un équipa» 
knt gatéiforme , nous avons été obligés de* présenter une foule d'obser- 
vations et d'essais à l'appui de nos idées. Ces essais ont dû disséininer 
les faits principaux , et s'opposer à permettre de comparer aisément notre 
méthode avec celles connues antérieurement. Attachant quelqulntérêt 
à notre travail , tant pour les soins que nous lui avons donnés que pour 
l'importance du sujet, j'ai cru pouvoir résumer le plus succinctement 
possible ies moyens opératoires proposés par nous, et c'est ce résumé 
que je soumets à l'impression aujourd'hui. J'ai quelque espoir que le 
procédé que je présente pourra trouver place à côté d'autres mpdes appli- 
cables au même sujet, et publiés soit avant soit postérieurement. 

L'analyse élémentaire organique , grâce aux moyens simples qu'on a 
publiés depuis peu pour l'effectuer, et surtout aussi parce qu'on s'est fa- 
miliarisé généralement avec elle, est devenue d'une exécution assec 
facile ; mais elle n'en n'exige pas moins des soins nécessaires à l'exacti- 
tude de ses résultats. Ces soins , dont nous ne nous sommes jamais affran- 
chis, sont: 3*. une extrême propreté dans les vases employés; a«. une 
grande pureté dans les matières organiques soumises à la décompositioii, 
ainsi que dans les oxides de cuivre , le cuivre , le chlorate de potasse , 
le sable, etc. , qui servent, soit à opérer cette combustion, soit à di- 
viser la substance; Z°. les tubes doivent être toujours préalablement 
passés au feu avant d'y introduire les mélanges, afin de les sécher exac- 
tement et de détruire toute poussière qui pourrait y adhérer à l'inté- 
rieur ; 4^. nous avons toujours le soin , avant chgque analyse , de calciner 
le sable ^ \oxide de cuivre^ etc , qui vont servir à l'opération ; le chlorate 
est fondu pour ne retenir aucune trace d'eau ; et, pour les substances 
azotées, le cuii^e réduit ou moyen de l'hydrogène nous a semblé préfé- 
rable à la tournure^ avec laquelle les gaz oxide d'azote et nitreux 
échappent souvent sans être entièrement décomposés. Au reste, il faut, 
pour qu'une analyse soit bonne , que les produits gazeux obtenus soient 
tott£-à^a// exempts de couleur et d'odeur; lorsque le mercure est terni 
par une croûte grise, c'est qu'il a passé de l'acide nitreux, et quand le 
gaz a une odeur aromatique particulière , c'est que les résultats de la dé- 
composition organique ont été mal brûlés ; dans ces deux cas il est pru- 
dent de recommencer l'analyse; 5o. nous séchons la matière, à moins 
qu'elle ne soit très-volatile, à ii5 degrés centigrades en l'exposant au 
milieu d'une solution bouillante saturée de nitre ou de tartrate de po- 



DE P^A^IVACIE- 55 

t^sse et de soude ; lorsque cette matière cpsse de perdre k la (),«^laDce , 
on en prend un poids déterminé ( c'est ogr^^iaS que nous employons (la- 
bitnellement), et nous le mêlons très-exactement, et le plus rapidement 
possible , dans un mortier d'agate avec un peu de sable sec , puis avec 
i5 ou 18 grammes environ d'oxide de cuivre ; ( nous faisons ordinaire- 
ment usage de cet oxide encore tiède, et bien exempt de nitrj^te) (1). 
Si la substance organique était liquide et volatile, on la placerait d^us 
une ampoule de verre effilée et ouverte par une extrémité plus disposée , 
çoit entre deux couches d'oxi4e , soit à la culasse ; ( dans ce dernier cas , 
il funt , comme çl^ns l'appareil n*». 3 , placer à l'entrée 4u tube un ai^tre. 
|»^(it t9be proprç à fourpir, selon le cas, de Toxigènc on de lacide 
carboniqi^e après la décofnposition ). Quand la matière, qnoiqi^ç liquida, 
es^ fixe, alors on peut la n^êler et la triturer avec {'oxide; ipafs, ^fin 
d'en avoir lin poids exact , on en introduit daos une petite Qmpoulç 
pesée ^v^c soin , et on laisse ensuite tomber goutte à goiittç le liquide 
4ans l'o^ide sans en perdre ; la di^érence an poids de l'ampoule indique 
la quantité ajoutée à ce composé ; il faut toujours placer en i^vant du 
mélange un^ couche qsse^ èundue, 8 à 10 grammes par ej^emple d'oxide 
dç cuivre, puis di; cuivre divisé sf cette matière contient de |azQ(.e; ces 
deux coi|i:hes seront préalablement bien chauffées, car, à la première 
chaleur ipnprimée au méli^nge, la substance organiqi^e se décompose, 
presque toujours avant qi|e l'oxide , ^vec lequel el)e est en contact , soit 
<(ssez cbamd pour la bien brûler ; et , si elle ne rencontrait p^s plus loin 
d^ l'oxlde à nne température |rès-élevée , le gaz serait ou coloré ou 
odorant,' jet l'opération manquée; 7^. npus avons constamment laissé 
les tubes de verre vert ou deyerre blanc tout-à-fait nns. afin déjuger 
plus aisément He la inarche de l'opération; 8^. enfin, poi^r apprécier 
pf p^ sûrement l'exactitude de notre appareil , nous l'avons SQnmis à di- 
verses coiUre-èpreuves , comme on le dira plus loin, et ces CQntre-ép^eu- 
yes ayant été trè»-«atisfaisantes , mous l'avons regardé comme avanta- 
geiii( dans son emploi , en raison de. sa simplicité , d£ sa précision ^t 
de la facilité de $Qn exécution. 

Tph^ ces faits e^pQs^s, nni|9 allons passer à la ^escrip|:jon de cet ap- 
pareil, puis aux moyens à employer pour évaluer successivement le 
ccfrbm^ie , {'hydrogène, Vqzot» et i'oxigène d'un composé organique» 

Desùtiption de l'appareil. 

Il consiste dans un simple tube de verre vert de préférence d'environ 
i5 à 18 pouces de longueur, fermé par une extrémité > et portant à 
l'autre un bouchon très -exact y tantôt avec un petit tube (quelquefois 
de 29 à 3o pouces de hauteur) recourbé pour recueillir les gaz, ou tantôt 
avec deux tubes , comme dans les n»*. 2 et 3. Seulement dans l'opération 
où l'on veut évaluer I'oxigène, ^ure n°. 5 , le tube est ouvert par les 
deux extrémités et un peu plus compliqué ; on en fera la description 



(i) Gomme il passe presque constamment après chaque opération un 
courant d'oxigéne sur Toxide cuprique qui a servi à la décomposition , 
il arrive que cet oxide repris pour d'autres analyses est très-pur. 



56 JOURNAL 

pi as loin. Eiaminons maintenant comment on applique cejt appareil, 
et comment on le fait fonctionner. 

Carbotie. 

Si la substance ne renferme pas d'azote, on u a qu'à s'occuper du car' 
boue; si elle en contient , on peut n'apprécier que le carbone, ou bien 
évaluer et ce principe et V azote. 

lo. Dans le tube^ure n^. i (après l'avoir bien séché), on introduit 
à la culasse c A/ un mélange pulvérisé de chlorate de potasse pur fonda 
I gram.y 5 à 2 grammes , avec sable calciné 4 ou 5 grammes; on place la 
matière organique ogram., i-x^ triturée très-intimement avec deutoxide de 
cuivre encore tiède, i8 à 20 grammes oxm, puis on termine (si la sub- 
stance n'est pas azotée) par une couche d'oxide de cuivre ox de 10 
grammes environ ; lorsque la matière renferme de l'azote , on ajoute en 
t du cuivre réduit ; enfin, on remplit le tube avec du verre pilé bien 
lavé , pour assujettir les couches. Alors on adapte, à l'aide d'un bouchon 
très-exact, le tube recourbé plongeant sous le mercure pour recueillir les 
gaz. Le tout est luté avec de la cire ramollie par l'essence de térében- 
thine; on, au lieu de bouchon, on emploie un tube de caoutchouc. 

Quand ou veut n'avoir que le carbone , on chauffe de suite les cou- 
ches c, ox, puis successivement oxm de haut en bas, et, lorsque la 
décomposition est finie , on approche le feu de la culasse , d'abord avec 
précaution , puis plus vivement . L'oxigène commence par réoxider le 
cuivre réduit dans l'opération', et enfin se dégage; un décilitre suffit 
pour expulser tous les gaz du tube. Ceux-ci réunis, et mêlés avec soin, 
sont mesurés, puis analysés à l'aide de la potasse. L'absorption donne la 
proportion en volume d'acide carbonique , et le calcul conduit , après 
les réductions, à o^, 0,76, et à l'état sec à en déduire le carbone. 

2^. Dans le cas où l'on désire apprécier aussi l'azote , il faut d'abord 
chasser l'air de l'appareil en décomposant une partie du chlorate cA/, 
et , quand il a passé 1 décilitre i à peu près , on procède à la décompo- 
sition, ainsi qu*il vient d'être décrit, en terminant aussi par chauffer le 
reste du chlorate. 

Les gaz sont de même réunis et mélangés ; puis , quand on a séparé 
et apprécié l'acide carbonique , on mesure le résidu , et , au moyen d'un 
essai eudiométrique avec l'hydrogène, on juge de la proportion 'd'azote. 
Cet essai a un avantage , c'est de servir de contrôle à 1 essai où l'on ne 
s'occupe que de l'azote. ^ oy. Jig n^. 4' 

L'oxigène n'a pas seulement pour but de vider le tube de l'air et des 
produits gazeux qu'il renferme, il concourt encore à brûler toutes les 
parcelles, de carbone qui n'auraient pas été converties en acide carboni- 
que. Quand on opère à tube découvert , on voit en effet souvent de pe- 
tites taches brunes ou noires de ce corps qui viennent tapisser le tube 
et qui ne disparaissent qu'après leur contact avec le courant d oxigène. 

Jljrdrogène. 

Le plus ordinairement » et comme on le fait depuis long-temps , on 
^évalue cet élément d'après le poids de l'eau formée dans le traitement 



DE PHARMACIE. Ôj 

des substances organiques par l'oxide de cuivre. Nous l'estimons alors 
en même temps que le carbone « et dans un appareil fort simple , voy. 
le n<>. 3. Après avoir disposé les couches et le mélange comme dans 
l'essai précédent» on chauffe à la lampe l'extrémité du tube, on lui donne 
une sorte de renflement, puis on l'effile, et la pointe est dirigée en bas. 
Cette pointe, engagée k frottement exact dans un petit bouchon qu'on 
peut d'ailleurs luter au lut maigre , s'adapte à un tube taré contenant 
me du chlorure de calcium, puis quelques lumières de papier Joseph , et 
muni du tube recourbé x. Ayant chauffé le tout convenablement, l'hu- 
midité est entraînée dans le tube me , poussée soit par la chaleur , soit 
par les gaz et le courant d'oxigène de la culafte , on n*a donc point à 
craindre qu'il en reste après les bouchons ou à l'entrée du tube. D'ail- 
leurs, s'il s'en trouvait quelques traces dans le renflement ou dans la 
pointe , on couperait cette partie , et de spn poids , avant et après dessic- 
cation, on estimerait celui de cette eau. 

Le reste de l'opéiation pour les produits gazeux s'achève comme 
précédemment. 

Hydrogètie en volume. 

Malgré l'exactitude du procédé qui vient d'être indiqué, pour nous 
conformer au plan et au but de ce travail , nous avons voulu tenter dé- 
soler l'hydrogène en volume*pour l'apprécier directement et non plus 
par un équivalent. Le mode auquel nous sommes parvenus donne éga- ^ 
lement une grande exactitude , et s'il présente un peu plus de difficultés, 
il a l'avantage d'être applicable quand les substances analysées sont ou 
très-peu hydrogénées ou en très-minime proportion. Car il est bien plus 
facile d'apprécier exactement un petit volume, surtout d'un poids aussi 
faible que celui de ce gaz , qu'un poids très -léger avec une balance même 
fort sensible. Voici quel est ce procédé : 

La figure n^. 3 représente un tube dans lequel on a mis à la culasse 
le mélange OXM d'oxide et de la matière décomposable , puis ^A" 
d'oxide, et enfin C de cuivre avec quelques fragmensde verre; le tube , 
ainsi disposé , est chauffé à la lampe et tiré en iV, de manière à réduire 
beaucoup son diamètre et sou épaisseur ; dans lapartie antérieure alors 
on introduit du verre en morceaux et un mélange, fait rapidement dans 
un mortier de fer , de verre «ec en poudre, ou de fluate de chaux calciné 
pulvérisé, 12 gram., à peu près, et de 20 gram. d'alliage -d'antimoine et 
de potassium , très-exempt de scories et récemment préparé , puis conservé 
dans un flacon très-sec (i). 

Ces substances se réduisent en poudre aisément en peu de minutes , 
et sont poussées dans le tube avec une petite feuille de cuivre ou d'un 
autre métal. Le tube rempli de verre est fermé exactement avec un bon 

(i) On obtient cet "alliage avec la plus grande facilité ; à-cet effet il faut 
faire un mélange intime de 10 parties d'antimoine en poudre et de 9 f de 
crème de tartre, et calciner trésfortement dans un creuset de verre. Quand 
le creuset est presque refroidi, on le casse , on sépare avec iom toutes 
les scories de l'alliage , puis on brise rapidement celui-ci pour le conserver 
dans un flacon bien exempt d'humidité. 



58 JOUftNAÎ^ 

(^qqçhon pprt^^i^t dçox autres tabès, l'aq recourbé de 28a 3o pouces pour 
]q gaz , t^^^trç contenant du chlorure de cakium MC , et à la culasse du 
bi-CHrb9,P.Ç»te de potasse B Ç. 

Voici coipment oçi fait agir cet appareil : on décompose d'abord le 
mélan^ç OXM en chauffant C, 0-X" et par portion OXM ; on force par 
1$^ chaleur tovilç l'eau prodi^ite à passer sûr 'l'alliage ; alors on place 
bçaiiçpup de charbons à ia partie iV effilée, de manière à fondre le 
venQ çt à boucher le tube; lorsqu'on y est parvenu, on continue 
r^çtiop de 1^ chaleur sur l'alliage de bas en haut, et, tout étant chauffé, 
99CUI1 ga^ i^e se dégageant plus, on approche de J? C quelques charbpns 
gui 4onnentde l'acide c^urbonique afin d'éliminer tous les produits gazeux 
qçl'iippareii. 

Les gaz recueillis sont mélangés convenablement, et se composent 
4'air , d'azotç, d'acide carbonique , d'oxide de carbone et d'hydrogène; 
ils sont très-secs. On en prend la mesure , puis on fait détonner un vo- 
lume déterminé , avec quantité suffisante d'oxigène, et l'absorption donne 
la quantité d'hydrogène , l'oxide de carbone , transformé en acide cai- 
,bonique, ne change pas de volume. 

Avec le calcul , l'hydrogène est raniené à 0°, 0,76, et alors de son vo- 
lume on déduit aisément son poids. 

Dans cette opération, leaa qui se décompps# en partie p^r le pQ^s- 
fiium donne de l'oxide qui retiendrait de l'eau si on n'arait poin^ la 
pjréi^aatida de faire un mélange avec le Uùaie de chaux ou le verre « ^t 
de eliAuffev assez fortement. 

An reste , ce procédé a été pontrôlé au moyen de l'eau que nous ayoïns 
plusieurs fois analysée avee lui. (Voyez Jonraçl de Pharmacip, t. XVI, 
page 39a. 

L'évaluation exacte de ce principe est as«ez importante pour la' com- 
position surtout des alcaloïdes , aussi avons-nous mis beaucoup de soin 
a l'apprécier par up procédé à la épis simple et digne de confiance. Nous 
nous sommes arrêtés au suivant : 

La figure n«. 4 représente un tube fermé par une extrémité , et itiani 
à l'autre d'un tube de 28 à 3o pouces recourbé pour recueillir les gaz. 
En BC, on inet un mélange de sable 3 à 3 gram., et de bi-carbonate 
de potasse, i gram., à 2 gram. à peu près^ on introduit ensuite en 
OXM\a substance organique bien triturée avecl'oxidede cuivre, comme 
dans les essais antérieurs , en OX une couche d'oxide de cuivre , plus un 
peu de cuivre réduit C (x), et enfin une certaine quantité de sulfure 
de baryum ou 4e potassium, pulvérisés grossièrement. (Ces sulfures 
s'obtiennent en calcinant un sulfate avec une certaine quantité d'ami- 
don ; on les conserve ensuite dans de« flacons bouchés exactement). Le 
tout est assujetti avec du verre pilé. 

Qn comm^pce à chauffer qqie pprtiori 4i| bi-carbppate , de manière 



I- 1 » » » U I J ' I -T M > ■ ■ ■ T , ■ . . . J. 



Çi) Ce cuivre a pour but d'éviter qu'il n'arrive sur le sulfure dp baryum 
aucune bulle d'acide nitreux qui pourrait former de l'hypo-nitrrte ba- 
rytiqûe, et pour n*avoir que<du deptoxide d'azote. 



DE PHARiVAGlË. 69 

à obtenir un à deux décilitr^ç de ga«.. et ju3q4 44:6 qm U Kàz q^i pasM 
soit absorbé eutiéremeot p9ir la pçita$&ç ; Vair de l'app^ir^ii ét^nt aîasi 
expulsé , on procède à la décompositioi; en chauffant fêgèremçnt le suU 
fnre, puis fortement les couches C, OX, et OX M, Les produits gft*- 
zenx sont reçus çons \e mercure dans une solution d^potas^ caustique, 
afin ^ue Tacide hydrosulfurique dégagé n'agisse point sur c« métal ; 
la combustion terminée, on achève de chauffer le bi-earbonate , et en 
peu d'instans tout le tube é&t vidé des produit^ de la isatiepe organique» 
On ne s'occupe plus alors que de ceux-ci, et, en laminant la cl€M;lie, 
il ne s'y trouve effectivemeut que de Vawta. Il suffît de le mesurer dMis 
une éprouvette étroite , et au moyen des calculs de le réduire à l'état 
sec, k 00*, 0,76, Ton arrive alors à sou poids. Ou peut reconnaître que 
ce procédé est d'ane exécution très-simple , très «commode et très-Cacilo. 
Il est d'une exactitude très-grande , car des expériences publiées Jour- 
nal de Pharmacie, t. XVIII page 29-i, et t. XIX, page i90n prouved'une 
part , que lair contenu dans le tube et adhérent au mélange et à roxidf 
est entièrement expulsé par le courant d'acide carbonique } d autre part» 
que le cxanure de mercure , et les mirâtes purs de cuivre , d* pçtaise et d'ëf* 
tfeut décomposés convenablement ont fourni en volume tout l'aj^ote ran*- 
fermé dans le. cyanogène et l'acide nitrique à des approxitoatiops d^a 
plus satisfaisantes. 

Sou/re. 

]Le soufre fait quelquefois partie élémentaire des substances organi** 
ques , ainsi qu'on le remarque dans l'albumine . dans la sinapisine • dans 
quelques huiles volatiles , et qotammept dans celle de moutarde noire. 

On peut apprécier ce principe en volume par uo équivalent gazeux; 
mais il est préférable d'adopter le moyen le plus généralement suivi, 
qui consiste à transformer ce corps en uo sulfate insoluble > celui de bur 
ryte, par exemple* On y parvient trés-faeilement en traitant à chaud 
la matière par Tacide nitrique pur dans uu creuset de platine ; lorsque 
la réaction a cessé , on sature par la potasse, on fait évaporer « puis en 
calcine. I^e résidu dissout dans l'eau est précipité par un sel bary tique , 
et le dépôt lavé à l'acide nitrique , à l'eau pure , donne , après avoir élé 
exposé au feu , un poids de sulfate bary tique d'où l'on déduit le soufre 
ptarle calcul. 

Quelquefois le soufre peut gêner dans les opérations où l'on reeher* 
che l'acide carbonique et par suite le carbone , en raison de l'acide sul- 
fureux qui se forme aussi, pou pas qu'on ne puisse avec le borax le sé- 
parer de l'acide carbonique , mais il est souvent plus commode de ie 
retenir dans l'appareil ; on y parvient en faisant , comme l'ont indiqué 
quelques chimistes,, passer le gaz sur du peroxide de plomb chaud ( 
l'acide sulfureux s'y change en sulfate de plomb et reste dans le tube. 

Oxigène. 

Afin de nous conformer au but de ce travail , et de donner plus de 
valeur à notre procédé analytique, nous avous voulu, comme coQtre- 
épreuve, estimer aussi l'oxigène en volume, soit directement, soit indl- 



6o JOURNAL 

rectement , par un- équivalent gazeux. Le mode que noiu avons pré- 
senté est à la yérité calqué sur un autre proposé* quelques années avant I 
par MM. Pelletier et Dumas. {Annal de chimie et de physique ^ 
tom. XXIV. ) 

Mais Tappareil dont nous nous servions est différent. Le procédé est 
fondé sur la réduction complète de Toxide de cuivre par Thydrogène ; 
voici la théorie de l'opération : prenant un poids très-exact d'oxide de 
cuivre /7f«r, de cuivre également très-pur, et une quantité de substance 
organique osi**, 125, on opère avec soin la décomposition en négligeant 
les gaz formés ; on achève ensuite entièrement la réduction de loxide 
restant dans le tube , an moyen d'une quantité d'hydrogène dont on a 
apprécié très-exactement le volume. Cette quantité représente donc , par 
le calcul en volume , puis en poids , Toxigène. Or , d'après les analyses 
antérieures , on sait ce que la matière organique a fourni d'oxigéne en 
eau et en acide carbonique , on connaît la proportion d'oxigène con- 
tenue primitivement dans Toxide de cuivre : ainsi , celle que Ton ob- 
tient par la deuxième réduction ajoutée à la quantité donnée en pre- 
mier, doit former un total qui représente à la fois Toxigène de Toxide , 
plus celui provenant de la matière. On voit si cet excédant est égal à 
celui fourni par le calcul dans la somme des autres élémens obtenus, 
et leur différence avec le poids primitif soumis à l'analyse. 

L'appareil qui nous a servi est le suivant, ^^. 5. 
. Le tube où s'opère la combustion est ouvert par les deux extrémités ; 
à la partie postérieure on adapte , soit à l'aide d'un bon bouchon soit 
avec des tubes de caoutchouc , un petit robinet X en cuivre qui va 
s'introduire dans la tubulure d'un grand flacon G. Ce flacon en porte 
ube autre inférieurement O , et une supérieurement , dans laquelle est 
placée, avec des luts convenables , un tube à robinet y et à entonnoir 
plongeant au fond du vase G. Ce flacon a une capacité de 2 j ou ^ pintes, 
il sert de gazomètre , et on le remplit presqu'en entier d'hydrogène 
pur (i). On assure qu'il n'y a aucune perte (2) ; on joint alors h l'autre 
extrémité du tube de comt>ustion un tube de 3o pouces pour conduire 
le gaz sous le mercure , et l'on procède à la décomposition par les 
modes connus. Les produits sont négligés , comme on l'a dit , puis on 
laisse refroidir l'appareil ; quand il est froid , on délute et l'on adapte 
avec un bon bouchon un autre tube AA recourbé sur lui-même , et 
dont la branche extérieure est engagée dans une cloche graduée , 
mobile dans une éprouvette contenant du mercure ; la cloche 
renferme un volume d'air déterminé. Après avoir ouvert le robinet X, 
on introduit par l'entonnoir un poids ou un volume d'eau pure très- 
exactement connu ; on ouvre avec soin le robinet Y , en ayant soin qu'il 
n'entre aucune quantité d'air , et on le ferme ensuite ; on force ainsi de 

(i) On introduit de l'hydrogène d^ns le flacon eu le remplissant en- 
tièrement d'eau, puis fermant les robinets JK* et A*, et faisant arriver 
le gaz pur par la tubulure O du bas: on laisse seulement une couche 
d'eau au-dessus de cette tubulure. 

(2) Pour s'assurer qu'il n'y a aucune perte , on plonge le flacon G 
tout entier sons l'eau ; s'il y a la moindre fuite on voit le gaz s'échapper 
en petites bulles par \'6 fissure ; si non, rien ne se manifeste. 



DE PHARMACIE. 



- 61 



passer un certain yolnme d'hydrogène dans le tnbe de combnttion , ce 
tube est alors chanffé ; on fait alors écouler successivement de nouvelles 
proportions d'hydrogène sur Foxide an .moyen d'additions d'eau , dont 
on tient compte avec une scrupuleuse attention. Le gaz qui échappe à 
la réduction passe dans l'éprouvette graduée B, Lorsque l'oxide est 
entièrement réduit à l'état métallique , on ramène l'éprouvette à son 
niveau primitif, et on laisse refroidie l'appareil. On a toutes les données 
pour terminer l'opération, savoir, le volume de l'hydrogène à une 
température connue ( que l'on ramène à zéro avec le calcul ) , par le 
poids ou le volume de Tean introduite dans le flacon G. 

Ainsi cet hydrogène représente en volume et par suite en poids 
l'oxigène de Toxide. On fait donc les calculs comme il a été annoncé 
tout à l'heure. Voici au reste un exemple qui fera mieux comprendre ce 
procédé ; il a été exécuté sur la mannite. 

Mannite, 

D'après les analyses de cette substance , on trouve que , si les résultats 
sont bons , un gramme donne , par la différence entre le carbone , 
rhydrogène et le poids de la matière , oxigène ogr.,52^^. Partant de 
cette donnée , et agissant sur mannite sèche oS'**"^*, i , et oxide très-pur 
six grammes , on a eu par l'eau o$r-,0765 , et l'acide carbonique ogr*,i4ia 
un poids d'oxigène égal à o9i'-,i735, dont ogr.,o5a74 sont fournis 
par la mannite, en oS*** 11 76 par l'oxide de cuivre, il doit donc rester 
dans l'oxide , après la combustion oxigène , iffc.^oQaG, qui exigent pour 

leur réduction complète hydrogène sec à o®, 0,76. | î363 

Dans l'opération que nous décrivons, on a ajouté à 17^ eau pure 

I kil. 690 grammes , et il a passé d'hydrogène non absorbé à o*. 

oï>t',o8 ; reste donc hydrogène pour la réduction à '00,076, iCt«,5i, 

- représentant oxigène igi'*™*,o8 , ce qui est fort rapproché de la quantité 

voulue. 

Couclusiûns . 

D'après l'ensemble de ce travail , on voit que le procédé que nous 
avons proposé réunit , à la'' simplicité et à la facilité de l'exécution , 
une grande exactitude ; nous n'hésitons pas à le regarder comme avan- 
tageux. C'est à l'aide de ce mode que nous avons fait l'examen élémen- 
taire d'un grand nombre de substances ; nous publions ici, dans deux 
tableaux , les analyses qui nous ont paru les plus exactes ; on pourra 
juger , par la comparaison avec les travaux entrepris par d'antres mé- 
thodes sur les mêmes matières , du rapprochement souvent très-grand 
qui existe entre les résultats. 



62 



ItBâ 



JOfJRIfAl 
TABtËAV d'analyses de substances alcaloïdes. 

^mhmtmm^mmmmmmmmmmmmmÊmm^mmmmÊmm ÊÊÊam i il ni» Éi i iti 



I 



Dutoxiifiltons 

Séchéesà lood. 



Quinine. 



Cinchonine , 



HtlfKY tT PLI880II. 



Expérience. 

Carboilè . . 74i552 
Hydrogème. 8,43^ 
Aiote. . . . 8,195 
OKÎ^ène. . % 8,791 

Carbone. . . 78,880 
Hydrogène. 8,876 
Azote. . . . 9,352 
Oxigène. . . 2,862 



LIEBIG. 



E^périesce. Théorie, 
Sée4i«ei à lao'o. 



Morphine. 



Slrjrt^tnittè, . 



■"** ' 



Brucine. 



JUL. 



-UA 



CarbotieCï). 73, 5o 
Hydrogène. 6,80 
Azote. . . h 4'?^ 
Ozigène. . . 15,98 



75,76 

8,11 
«,61 



77,81 
7.37 
8,82 
593 

72.34' 
6,36 

^^ 
i6»3ï 



7,25 
8,62 

_9»74 

76,67 

7,06 

9." 
5,16 



PBI.LBTIBR BT 
DUMAS. 



Expérience. 
75,01 

6,66 

8.45 

10,43 



ovainymoiis. 



1- - ■■' - '^' 



•-I 



Carbone ^ . 76,400 
Hydrogèoe. 7,878 
Azote. . . . 7t5o4 
Ôxigéne. . . 0,219 



idii^dâAMMB 



Cairboue . . 70,48 
Hydrogène. 7,01 
Azote. . V . 0,76 
Oïigène . . i4>95 



7^»«> 
16,66 



7643 
6,70 
5,81 

11,06 



77,01 
6,7a 

5,95 
io,i3 



70,88 
6,66 
5>07 

,17,39 



6,5o 

5,14 
17,45 



6,22 

9»o^ 
7>79 



72,02 
7,oï 

14.54 



78, M 
«,54 

8. 



M 



75,04 

6,52 

7>*a 
11,21 



Tous ces alcaloi 
des n'ont pas dans 
CM dfvera«s anal^ 
set été extraits! 
des ttiémes végé-| 
tanc, et peut-êlre 
celte caufte • - 1 l 
elle contribué en- 
<jdnR -i «apporter 
quelque* nuances 
dans les résultats; 
ainsi la strychnine' 
de la noix vomique 
pourrait différer lé- 
gèrement de celle 
de laféwfil.Ignace; 
9i de fpluk encore 
souvent est-il irès- 
difficife d'isoler^ 
exactenitfBt des tra- 
ces d'un alcaloïde 
d'avec un autre qui 
l'arcompaigne ; la' 
Jbriicineetla strych- 
nine, la quinine et 
la «inchcÂiine , la 
nnorphine etia nar- 
cotuie, etc. 



HftNAV. 



eOVSRBft. 



Delphine (2). 



■• ' I ' 



Carbone . . 77,55 
Hydrogène. 0.81 
Azote. ... 5,58 
Oxigène. . . 8,06 



nyarogèùe. 9,14 
A%ote. ... $,o9 
Otijgéne. . . 1^,78 



ges de dou- 
ce-amère. 



76,69 
8,80 

7.49 



72.03 
8,86 
6,61 
7,5o 



» B 



• » 



Pour les pre- 
miers résultats , 
voir Jovmal de 
Pharmacie, t. iS,^ 

pas- 99»- 



HBNRT. 



LIEBIG. 



Narcotine(3). 



Carbone % . 
Hydrogène. 
Azote. . . . 
Oxigène* . 



6S,99 
6,00 
2,60 

26,41 



65,oo 
5,5o 

2,5l 

26,99 



W. Mlelrer a 
troorré plus d'a^ 
zote dans un au- 
tre échanliflon,il 
pense que celle ci 
n'était pas encore 
tout-à-iait pure. 



I 



(1) Analyse refaite. 

(2) Analyse refaite avec la delphhie purifiée, d'après le procédé de M. Couerbe. 
(^Journal de Pharmacie ^ octobre i833.) 

(3) Cette narcotine ayait été préparée par M. Merck , et analysée déjà par M. Liébig 
Çdnnal. de chim.^ de phys. et Journal de pharm. i832) 



DE PtlARMACtÈ. 



63 



TABLEAU d'antdyses ée substttncts organiques. 



DENOMINATIONS 

Séchées à loo d. 



Mannites. . . 

I 



Jfmjrrine (i). . 



Carbone. . 8^,76 

iduraâe. . . . Hydrogéné. i5,o8 

Oxrgfèâè. .. 1.16 



BKNRY BT PMSSON. 



Carbone. . . ^^yll 
Hydrogène. 8,4° 
Oxîgène. . . 5a,85 



Carbone. . . 8i;o4 
Hydrogène. 10,4? 
Oxigène. . . 8,49 



CanthttHâ!hè.. 



Carbone. . . 68,56 
Hydrogène* 8>43 
Azote. ... 9,85 
Oxigène. . . ia,i6 



AmygdaUke. . 



Carbone. • . 58,56 1 
Hydrogène. 2,o85 
Azote. . . . 0,628 
jXhcigène. . . 30,726 



jispàrngîHe 



Carbone. . . 37,817 



DENOMINATIONS. 



Sinapisine ( pair 
Tëau. . . . 



Sîtiapisine (Ro- 
l^iquet ) par 
lalcool. • • . 



HENRY ET GAROT. 



Il iii • 



OB8ERTATI0NS 



I 



Carbone. . . 57,920 
Hydrogène . g ,795 
Azote. . . . 4*94^ 
Soufre. * . 9.657 
Oxigène. . • 19,688 



Carbone- . • 54«ooo 
Hydrogène. xo,65i 
Azote. . . - 2,839 
Soufre. . . Oi367 
Oxigène. . . 23, 142 
» • • • ' ' ■ '•' > *i i* 



Aàde quinique 
(I) 



HBltnt. 

Cafrbonb. . . 46,3o 
Hydrogène. S, 71 
Oîrtgène. . . 47*99 



Haile volatile de Carboné. . . 09,25 
baume copal- Hydrogène. 10,46 
me (à). . . . Oxiçène. . . 0,39 



Stft-achte (3) -de Carbone. . . 56,17 
baume cc^l- Hydrogène. 5^50 
me OxigèAe. . . i8,23 



MM. BODTRON ET PBLODZE 

. -.,--y I Carbone 38,70 

Hydrogène. 5,6é6 1 Hydrogène 6,54 

(of/ioivMie).' Azote. . . . 22/l3of Azbte a2,ti 

. .Oxigène. . . 34,387 ] Oxigène 34,65 

-\---^ 1_ Il . _ 

que oU &- Hydrogètfe. 5,37 ( Hydrogetoe 5,52 

pafmtifùe lAaotç. . . . xs,o4 / A^ote 11, 25 

^ ■ ' Ox%ène. . . 44*87 ] Oxigène. 44»^ 



. I T 



V 



irik^aïaMii^MM 



,^^ 



tint l.tl 



BRfe 



ifeasB 



I1I It 



(i) On a analysé aussi d autres sons -résines, mais eUes étaient e& si petke pro- 
portion qu'on n a pu répéter les essais. 

(a) Analyse refaite depuis les ebseryations de M. Liébig. ( Journal de Pharmaciey. 
i83a). 

(3) Ces deux substances étaient aussi en très-petite quantité, et , quoique Tessaii 
ait été satisfaisant , on n'a pu varier beaucoup les expériences. 



64 



JOURNAL DE PHARMACIE. 



<>»»%%%%»»%»%»%»»»%»»^^»***>»»^<V»»»»»»»**%<*%*»»'»*** * »» » ^t»>»»'»»^^»*»****%'»^»^^»^*^^V\'^»»* 



BIBLIOGRAPHIE. 



BiBLiOTRiBQOE DU Ghiiiistb , pabUéc par M. Lo^gchàmp , contenant les 
oay rages et les mémoires qai ont été publiés sar la doctrine clumiqne , 
et particalièrement les travaux de Bayen^ Beccher^ Berthollet ^ Ber- 
zélius , Cavetidish , Dation , Darcet , Davy , Dulong , Foureroy , Gay^ 
Lussac , Glauber^ Kunckel , Laplace , Lavoisier , Mayow , Monge , 
Meusnier , Peiit , Pries tley , Proiut , Jemi Rey , de Saussure , Seheèle , 
Séguin, Stahl , Thenard ^ f^auquelin , l^olta , etc. Première livraison. 
Paris , 1 vol. in-8«. Prix , S fr. avec a planches , chez Baillière , 
libraire, rue de TÉcole de Médecine , n». i3 bis, 

(extrait. ) 

Si les travaux des hommes de génie, dont lesdécou vertes oot élevé les 
sciences chimiques à une si grande hauteur de nos jours , étaient encore 
à juger , nous essaierions de nous acquitter de cette tâche difficile. Mais 
déjà la postérité a prononcé ,* c*est pour mettre les générations actuelles 
en état de connaître leurs beaux ouvrages, que M. Longchamp a formé 
le projet de publier cette Bibliothèque du chimiste. lî est utile d'ob* 
server par quelle voie laborieuse la science a été créée , et Ton n a pas 
toujours assez recherché Torigine des plus brillantes découvertes dans 
leurs auteurs , pour apprendre Tart d'en faire de nouvelles , en suivant 
la route de leurs doctes investigations. Nous devons donc savoir gré à 
M. Longchamp d'avoir remis sous nos yeux ces travaux , la plupart 
enfouis aujourd'hui dans des bibliothèques , ou écrits en diverses langues. 
S'ils ne peuvent rien apprendre de neuf, Fart difficile d'expérimenter et 
les écueils à éviter sont des instructions importantes. On peut d'ailleurs 
être mis , par la lecture de ces beaux ouvrages , sur la voie d'idées 
nouvelles , ou de quelques rameaux non encore approfondis de ces 
mines si riches et si fécondes. M. Longchamp a divisé son travail en 
trois époques , celle des premiers chimistes qui n'étaient point encore 
désabusés de l'art de la ckrysopée , celle delà théorie du phlogistique^ 
en &n la théorie j^neumari^ue commençant au x8«. siècle. C'est par cette 
période que M. Longchamp débute. Ainsi , par les travaux de Bayen , 
il remonte à ceux de Jean Rey et de John Mayow. Ensuite il 
passe aux premières découvertes de Lavoisier, en rappelant les essais 
de Boyle , de Yanhelmont , de Venel , de Black , de Haies , de Caven- 
dish , de Priestley , etc. Les opuscules de Lavoisier , aujourd'hui rares 
et épars au milieu de la tempête révolutionnaire qui le ravit aux 
sciences , ont tout l'attrait de la nouveauté , surtout pour ce qui con- 
cerne l'acte de la respiration, considéré comme une combustion et une 
source de chaleur. Le mémoire curieux de M. de Saussure , sur l'action 
des fleurs sur l'air, termine ce volume intéressant , qui mérite certaine- 
ment d'être lu par tous les chimistes. J.-J. Vixet. 



PARIS. — IMPRIMERIE ET FONDERIE DE FAIN, 

RUE RACINE, N'*. 4f PLACE DE l'odÉOR. 




^Oix^eAXC^ 



I 



II 




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"^preiwéX 




Zcfh àe E Hohért, J JTLttet. t BcuZUt. -^C "5. 



% 



K 



JOURNAL 

DE PHARMACIE 



ET 



DES SCIENCES ACCESSOIRES, 

...'.* ■ • • • 

CONTEtfAUT 

LE BULLETIN 

DES TRAVAUX DE LA SOCIÉTÉ DE PHARMACIE 

DE PARIS. 



«■■**• 



N*. IL — 20*, Année. — Février i834. 

Em^Ê^mmm^m^^ ii i n m ii ■ ■ i i ■ i ■ il — ^— ^— ^i^fc —^— p— ^ m» 

-■ ' fa ' ■ ■ ■' ■ I > m li^^i^M^ I I iiiii II iili II 1— li^^^^i — ^^— ^wpwWWi^M^M^^— — *i^» 

Sur les colorations qu on peut obtenir au moyen de For, 
de leur préparation et leur emploi dans les arts. ' 

Par M. GoLl'tER-BESSEYKE. 

Après un très-grand nombre d'expériences pour chcr- 
clier les circonstances les plus favorables à la production 
de beaux pourpres , je suis parvenu à recueillir quelques 

faitsnoûveai^x qu'il m'a paru important de faire connaître. 

» » 

Préparation des pourpres hydratés , ou de Cassiâs. 

Ayant dissous trois grammes d'or, j'ai fait évaporer le 
plus possible l'excès d'acide et étendu ma liqueur de ma- 
nière à avoir un volume total d'un litre; chaque cen- 
XX". Année. — Fémer 1 834. ^ 



66 JOURNAL 

limèlre cube r#pré^enii|it coos^tteotment trois milli-. 
grammes de métal ; j'ai également âif^oiis trois grammes 
d'étain dans Tacide hydrochlorique pur , et en prenant les 
soins nécessaires pour n'avoir que du protochlorure le 
moins acide possible i j'ai mis, d abord dans un flacon de 
demi-litre , environ quatre cents grammes .d'eau distillée ^ 
puis ayant pris yingt centimètres cubes de dissolution d or 
au moyen d'un tube gradué , j'ai porté l'orifice inférieur 
du Inbe w fond du ibeon » et t'y al T^é en spoflbpt lente- 
ment de manière à rassembler le chloride d'or en une 
couche mince sous l'eau distiUée; après cela , au moyen 
d'un autre tube gradué, j'ai mesuré dix cjçntimètres cubes 
de la liqueur d'éta^ ^ et JQ les ai vid^s ic^idement en 
soufflant fortement dans le tube et dirigeant le jet d'une 
m^xMèra oblique duns^ l'intémur du go«|Iot du flacon poni^ 
en diminuer la vitesse et ralentir son arrivée au chloride 
d'or : aussitôt après , j'ai bouché le flacon et l'ai renversé 
plusieurs fois très-rapidement; de celte manière j'ai ob- 
tenu un beau pourpre d'une teinte homogène et se pré- 
cipitant presque instantanément. J'ai recommencé en- 
viron vingt fois de suite la même opération , et j'ai ob- 
tenu constamment les marnes résultats. 

Ayant ensuite essayé de doubler la quantité d'eau en 
opérant de la même manière , les résultats ont été abso- 
lument les mêmes ; $eulemei>t la teinte était plus rosée , 
parce que le précipité était plus divisé. 

M'étaut aperçu que mes liqueurs claires contenaient 
un excès très-notable d\)r, je recommençai en élevant le 

rapport de l'étain à For de 2 à 3, c'est-à-dire en prenant 

♦ 

400 **•*• d'eau, ' 

* iQ de dissolution d'or, 
j de dissolution d'étain. 

En opé):axit toujomrs, avec It^s mêmes, soin», j'obiin» 
C9^t^ ù^ IW ;rougerpourpFe n^agnifique dç la plus rîcbc^ 



DE PHARMACIE. 6y 

teinte , se précipitant de suite en gros flocone : l'essai de 
mes eaux daives m'y fit tfouvèr eneore de Tor, mais^ 
très-peu. 

J'i^sayai, eu maintenaiil toujours la même quantité 
d*eau , d'employer l'étatn et Ter à parties égales ; j^obtinaf 
un beau précipité rouge orangé, ayant beaucoup moins 
èe tendance à se rassembler que les précédents : je iré-^ 
commençai un certain nombre de fois , et j'obtins con-' 
stamment la même teinte ; je fis ensuite varier les pro^ 
portions d'étain ainsi qu'il suit : 

^00 c» €• d'eau 10 «• «• d'or = 3o mil. -|- 20 c- c. iTétain =5 60 mil. 

Id. id. id. 47 241 

Id, id. id. 5o i5o 

Id» id. id. 100 diM> 

Id. id. id. i5o 4^0 

Ces cinq formules m'ont donné constamjnent une cou- 
leur rawzh de Corinthe très-belle, mais ne se précipitant 
que deusc ou trois jours après , et prenant alors une belle 
teinte pourpre vineux, qui, bien lavée, devient enfin 
d'un beau pourpre cramoisi. 

Je pensai alors que le chlorure d'étain civait la propriété 
de tenir en suspension le pourpre de Cassius, et que le 
chloride n'avait aucune action. 

Je recommençai mes dernières expériences, et j'ajoutai 
de l'acide nitrique pour déterminer la décomposition du 
chlorure en excès; pour activer cette décomposition, je 
cbaufiai un peu ; aussitôt je vis la teinte jaune disparaître 
et un beau pourpre violet se précipiter en gros flocons, 
ce qui sembla confirmer ma présomption. 

•Je ne m'expliquai pas d'une manière aussi satisfaisante 
pourquoi les mêmes quantités d'eau , d'or et d'étain m'a- 
vaient donné dans un cas du pourpre et dans l'antre du 
violet; cependant^ je pensai que, dans le cas où j'avais' 
activé sa précipitation , l'or s'était agrégé d'une m<inière 

5. 



68 JOURNAL 

inégale, cest-à-dîre qu'il s'était fait du pourpre et une 
certaine quantité de.bleu dont le mélan^ était du yiolet. 
Il y a quelques années , ayant eu des quantiiés^ de 
pourpre assez considérables à préparer pour colorer de^ 
masses de cristaux , j'obtenais à coup sur des teintes vio-r 
lettes en ajoutant du cblorure de sodium et opérant à Tan* 
cienne manière » c'est-à-dire en versant d'une liqueur dans, 
l'autre et à une douce cbaleur ; mails, en opérant comme 
j'ai dit pour les trois premières formules le chlorure.de 
sodium retarde seulement la formation du pourpre; 
le produit est homogène et n'est retenu plus long-temps 
en suspension qu'en raison de la plus grande densité du 
milieu ; ainsi , avec : 

4^0 *^*^- d'eau , 
10 de dissolution d'or, 
5o de chlorure de sodium concentré ^ 
7 de dissolution d'étain , 

on obtient d'abqrd une coloration semblable à de la bief e^ 
c'est, ce me semble , de Tor dans un élat de division ex-- 
tréme, qui devient en dix minutes raisin de Corinthe, 
et, en quelques heures, d'un beau pourpre exactement 
semblable à celui qu'on obtient avec un grand excès d'é- 
tain et laissant précipiter spontaîiément. 

Si l'on maintient la même formule en diminuant gra- 
duellement la quantité de chlorure de sodium , on ob- 
tiendra d'autant plus promptement les mêmes résultats. 
. Je viens de dire que le violet était un mélange de rouge 
et de bleu, et après de nombreux tàtonnemens, j'ai ob- 
tenu séparément cette dernière couleur. 

Je mets dans un tube de la grosseur du doigt lo'^'^^de 
ma dissolution d'étain , j'ajoute aussitôt 3*^-*^* d'acide nitri- 
que, et je chaufie à 5o ou 6o°, c'est-à-dire, jusqu'à ce 
qu'on apprécie bien par son odeur un dégagement d'acide 
hydrochlorique qui se fait alors, et j'instille de suite un cen- 



DE PHAftMAGIE. 69 

tîmètre cube de dissolution d'or; enfin j'étends d'eau dis- 
tillée et je mêle en renversant plusieurs fois le tube ; le 
produit est d'une couleur d'indigo plus ou moins claire , 
en raison de la quantité d'eau. 

Si l'on verse le tout dans une capsule et qu'on l'aban- 
donne à lui-même au contact de l'air, au bout d'un cer- 

■ 

tàîn temps le bleu deviendra violet, puis pourpre, et 
quand lia presque totalité du liquide sera évaporée , il ne 
restera au fond de la capsule qu'un oxichlornre d'étain et 
du cUoride d'or ; mais si l'on veut conserver la teinte ob- 
tenue dans toute sa pureté , il faut verser le produit dans 
un vase très-allongé, et mieux dans un grand tube conique 
fermé à son plus grand diamètre , et laver le plus promp- 
tement possible par voie de décantation jusqu'à ce qu'il ne 
se manifeste plus aucun loucbe par le nitrate d'argent. 

Voici trois formules dont les résultats sont certains en 
opérant comme je viens de dire : 



Euin. 
10 


Acide nitrique. 

3 


Or. 
I 


Eau. 
» 


Couleur du produit 

beau bleu. 


3o 


10 


3 


» 


id. 


3o 


10 


3 


60 


violet. 



D'après le conseil de M. Gay-Lussac , j'ai cbercbé si 
des mélanges dans certaines proportions de chlorure et de 
cbloride d'étain, ne donneraient pas des bleus en opérant 
à froid ; je suis bien parvenu à en obtenir ; mais ils diffé- 
raient beaucoup dans leur composition chimique ; l'ana- 
lyse de ces derniers m'a donné sur 100 parties séchées 
à 100" : eau de combinaison io,o, or3a,8, étain peroxî- 
dé 5^,21. 

On verra bientôt que les autres^ bleus contiennent plus 
du double de la quantité d'or. 

11 est indifférent d'acidifier plus ou moins les liqueurs 
pour obtenir les diverses nuances; j'ai opéré ayec des li- 
queurs aussi peu acides que possible, en «acidifiant l'une 



JO * JOURNAL 

OU Faulre , €t les dwxk 1^ foia ; j'ai zuému opéré daii4 d» 
Ipcide hydrocfaloriqjie en guise d'es^u^ et j'ai remarifiia. 
qu^il n y a jamais cbaDgeivenlmi altération de teinte : seu«* 
fement l'excès d'acide retarde la formation complète et la 
préoipîtation du pourpre, bien plus encore que les chlo- 
rures d'étain et de sodium > et tellement qu'il peut rester 
plusieurs mois en suspension, si on ne fait pas bouillir 
la liqueur ; mais comme le pourpre tant qu'il est en 6us*> 
pension, soit dans un acide ou un chlorure, n'est pas, 
entièrement formé, on peut à volonté , en faisant bouillir 
plus tdt ou plus tard, obtenir des nuances qui seront pi lis 
ou moins variées t ainài du pourpre vineux , du pourpre 
violacé, du violet vif, du violet sombre; l'acide nitrique 
se comporte de la même manière » à moins qu'on n'opère 
sans addition d'e^iu , qu'on cbaufie , et qu'on verse l'or 
commej ai dit pour obtenir le bleu. 

Le chloride d'or est très-^peu stable , 1 or ne m'y semble 
tenu en dissolution qu'à la faveur d'un excès d'acide sans 
lequel il s'en sépare avec le temps. Je possède un flacon 
rempli d'une dissolution préparée avec le moins d'acide 
possible , dont chaque centimètre cube ne contient que 
deux milligrammes de métal , qui ayant été oublié à l'om- 
bre depuis le mois de mars i83o, contient aujourd'hui 
une infini^ de petites paillettes très-brillantes d'or mé-*' 
taUiqujç, qu'on n'aperçoit pas quand on les regarde par 
tr9iismi.ssiou « mais q^i so^t très-évidentes , vues par ré- 
flexion. 

J'ai obtenu de semblables paillettes mêlées à du per*- 
Qxide d'étain daps un cas particulier que je vais sigaa-^ 
1er : quand on a préparé un chlorure d'étain avec l4^ 
moins d'acide possible , et qu'on l'abandonne à lui-même , 
jusqu'à ce qu'il ait subi un commencement de décompo-> 
sition, il ne s'y fait aucun dépôt doxicblorure comme 
dans une dissolution ordinaire ; mais seulement il prend 
une teinte jaune de paille , et si 9lors on y verse du chlo*) 



DE PHAtHàCIE. 71 

ride d'or , il ne se fait d'abord aucune apparence de pré- 
dpité ; mais , quelques jours après ^ il aura laissé déposer 
de For métalliqae mêlé à du peroxide d'étain : ce fait 
m'a semblé curieux ; car le chloride d'étain ne donne Ueu 
à aucun précipité , et , si peu de chlorure qu'on y ajoute , 
il s'y fait du pourpre instantanément. 
Voici maintenant l'analyse de sept pourpres diflférens : 

Qutnti. d« ponrp. prodoitet 

Êtatn. 
So 

75 
100 
xoo •(- ^5o 

ckl#md«. 

360 + 

«oide «ùtri^iM. 
1000 



Risse 1 

RoQ{;e pourpre. . a 
Pourpre cramoisi. 3 
td, TÎneax. ... 4 



Id, violet . . . 
Violet sombre. . 



5 
6 



0r< 

too 

100 
100 
100 

100 

too 



• 

à 1000. 


au rou^. 


QuaiAitM 
d*or. 


!M)1,8 

5o3,7 


l3o,a 

184,7 

254,7 
4ai,o 


7S.46 
^i,i3 

88,67 

99»55 


5!ia,6 


443.5 
4Ô0.3 


100,00 
too,oo 



Indigo. 



100 



i5q,o 



i4o,o 100,00 



Ot 6a,3a 


Étain perozîdé 38,70 


4o,ao 


5i,33 


3i»75 


59.48 


'9»7« 


63,8) 


ao,07 


68,^ 


19,13 


a^.95 


e6«00 


96,68 



Sur f 00 parties séchées à loo*" chacun de ces pourpres 

était donc formé de : 

« 

K*' I. Eas de combinatton 7,98 
. 2. 8,47 

3. S,77 

4. 16,4c 

5. 10.97 
6 11.9a 
7. 6,66 

Tous ces pourpres préalablement broyés avec pareille 
quantité d^un fondant très-fusible , et appliqués en pein* 
ture sur vicrre ou sur porcelaine donnent : n"**. i , 21 et 3 en 
côucbe épaisse du bleu et des violets , en couche très- 
mince des rouges ; n*'. 4 9 S et 6 , en couche épaisse ou 
mitice des roses , rouges , et rouges violacés ^ n"". 7 donne 
constamment du bleu. . 

La manière d'opérer que j'indique pour obtenir les 
pourpres de Cassius est très-manufacturière ; car on peut 
remplacer Teati distillée par de l'eau de Seine filtrée et 
décupler les quantités dans ebaque formule; ainsi, pour 
len^ 3 *, j'ai employé t 



7^ JOURNÂI^ 

4!Soi d'eau; ' 

o , I , de.dissolution dor. 

o , I , de diasoluiion d etain. 

Il en résulte même I avantage de pouvoir gouverner, 
plus facilement les résultats. 

De remploi des pourpres. 

L'emploi des pourpres est aussi dépendant d'un en- 
semble de circonstances particulières que je crois devoir 
développer, parce qu'elles se lient entièrement à ma ma- 
nière de Jes considérer. 

En peinture sur porcelaine ou sur verre ils sont préa- 
lablement mêlés mécaniquement h un fondant très-fusible ; 
et comme d'ailleurs ces couleurs sont cuites dai^s une 
moufle dont la température n'atteint pas le degré de fu- 
sion de l'or , ou , quand même elle serait chauffée bien 
au delà, la conservation des objets peints exigeant que le 
passage du froid à^l'extréme chaud soit lent , le fondant 
a le temps nécessaire pour opérer facilement le mélange 
chimique , qui ensuite peut résister à de plus h£iutes 
températures. 

' Dans ces sortes d'opérations, les précautions à prendre 
consistent à éviter la poussière quand on broie à l'eau ou 
avec les huiles essentielles ; et à volatiliser lentement 
celles-tci afin de ne laisser aucune trace de cliarbon. sur 
la peinture au moment de la fusion du fondant , sans quoi 
il se fait une réduction de l'oxide du fondant , puis un 
alliage d'or et de plomb ; ce dernier s'oxide de nouveau^ . 
et le fondant reprend sa transparence, mi^is la couleur . 
a disparu, et l'or n'existe plus qu'en grenailles microsco- 
p^ues. qu'on peut quelquefois apercevoir à l'cpil nu. 

^i les pourpres que Ton broie pour la peinture n'ont 
été lîijvés que long-temps après leur préparatioix , ou . 
l'ont été imparfaitement, ils retiennent tro|^ d'élain, çt 



é 

DE PHARMACIE. 7? 

la cûuleur, q.uaiid elle est cuiie^ estLûteuse et quelquefois 
opaque ; c'est alors ub véritable émail , et je dirai même 
que cette apparence de chatoiement) qui distingue le& 
pourpres cramoisis \ n est autre chose que cette même al* 
tération de letain à un degré moindre. 

Ce qui est un inconvénient pour les peintures cuites 

\ est un avantage dans ces mêmes couleurs préparées pour 

\ 1 aquarelle , etc. ; car, plus les pourpres qui doivent être 

gommés retiennent d oxide d etain, plus leur ton est chaud, 

et ils foisonnent in^niment plus en conservant toute la 

' richesse de leurs teintes.. » 

Quand on broie un pourpre quelconque, ou de Tor en 
feuilles, ou divisé d'une autre manière avec du borax> 
au du verre de plomb , ou du verre ordinaire , et qu'en- 
suite on fond très-promptetnent , il arrive que chacune, 
de ces substances se fond comme si elle était isolée : le. 
borax fond k premier , et s'il contient du pourpre , il le. 
, retiendra en suspension jusqu'au degré de fusion de l'or, 
et alors plus pourpre ; mais on aura de petits globules d'or 
qui se rassembleront au fond du creuset. La même chose 
arrivera dans les autres creusets. Si Ton chauffe davan- , 
tage , le borax et surtout le verre de plomb et le verre 
ordinaire se coloreront d'abord en jaune ; puis, en chauf- 
fant davantage et graduellement autant qu'il est possible 
au fourneau à air, ils deviendront jaune fauve, vert , 
vert bleuâtre d'un« part ; ou jaune orangé, orangé rouge, , 
veine de pourpre et pourpre d autre part. Ces différences » 
dépendent d'un coup de feu plus ou moins, vif et pro- 
longé. Par exemple, on obtiendra de suite, et à des 
températures peu élevées, les colorations jaunes , vertes 
et bleues; mais pour obtenir les pourpres il faudra pro- 
longer l'opération considérablement, et surtout élever au- 
tant que possible la température. Ainsi ces opérations, 
faites dans un fourneau de coupelle tirant très-bien, ne 
donneront jamais que des jaunes, des verts et des bleus; 



74 JOUENAt 

ésM ttn foura^au à air très-puissant, en tbauflhat pendant 
au moins huit heures avec un feu vi&lent et soutenu (pour 
une masse d'environ aoo gr. ), on obtiendra des masses 
qui, refroidies lentement, seront ineolores ou légèrement 
jaunâtres, et qu'il suffira de chauffer au point de ramoU 
Hssement pour leur faire prendre une belle couleur 
pourpre ou violette. 

' Ces résultats expliquent très-bien ce qui se passe au 
feu du verrier : quand on veut colorer en pourpre une 
masse de cristal , on commence par mêler une certaine- 
quantité de matière en poudre avec du pourpre à em* 
ployer; puis om fait quelques essais au four à manche; 
si la matière en revient avec une apparence d'un jaune 
opalescent, le verrier juge que l'essai est satisfaisant 
et fait mettre en pot \ après une première fonte , on 
cueille tout le pot, on étonne dans l'eau, et si l'on 
examine la masse, elle est toute parsemée de petites 
grenailles d'or et est colorée en jaune de topaze; on réitère 
cette opération quatre fois , et même dans certains cas 
jëisqu^è cinq et six fois; alors ordinairement la masse 
est d'un beau pourpre foncé et ne présente plus aucune 
apparence de grenailles d'or. 

% Il me semble clairement démontré que le pourpre 
qu'on a mis d'abord dans la masse s'y est fondu isolément 
en petites grenailles , et comme l'or à la température des 
fours à verrerie est volatil : dans la première fonte une 
certaine <}uantité de vapeur d'or a coloré la masse en 
jaune , dans les suivantes cette quantité de vapeur d'or 
s'étant augmentée, a fini par la colorer en pourpre, préci- 
sément comme quand on prépare par la voie humide 4^ 
ptmrpres dans un liquidie plus dense. 

- Ma conviction à cet égard est telle , que je crois qu'un 
verrier doit trouver de l'avantage à employer de l'or au 
lieu de pourpre, en ce qu'il peut obtenir des teintes plus 
pures et des masses plu^ transparentes, qu'on peut en* 



suite fausser jau canbmé- bu an ctânidut , «n ajdu-^ 
tant un peu de chlorure d'arjge&t ou de |>1ioftplmte -de 

chaux (0* 

II n-est pas exact de dire cpie pour colorer une masse 
de cristal eu violet il faut employer du violet de Cas* 
sius. La somme des composacs dans les violets bydrat'és, 
contenant une ]^us grande quantité d oxide d'étain qui ai* 
vise* une plus petite quantité d'or, ces deux corps semaiii* 
tiennent divisés, jusqu'à ce que la masse dans laquelle on 
les a mis soit fondue , et alors il se fait une séparation 
die For qui se divise encore plus et se délaie dans cette 
niasse: Tozide d'étain lui *> même subit un partage à 
cette températiure , et se réduit en grande partie ; 
comme Tétain, à ce qu'il parait, est beaucoup plus fixe 
que l'or, il se précipite et se rassemble en culot au fond 
du creuset , tandis que la portion qui ne se réduit pas 
se combine avec une très-petite partie de la masse, et 
forme un émail qui se rassemble en écume , ou bien reste 
adhérent aux parois du creuset. J'ai cru remarquer que 
le poids du culot est d'autant plus petit , et la quantité 
d'émail d'autant plus grande , qu'on avait opéré à une 
pllAs haute température. 

Ceux qui s'occupent des cc^orations des masses ^de 
cmtal asu moyenne l'or, s'étonnent de la facilité avec 
laquelle ces masses perdent et reprennent leurs aspects 
colorés^ et de ce que les résultats sont si capricieux qu'on 
n'a pu jusqu a présent rien formuler avec certitude. 

Gomme j'ai "étudié avec le plus grand soin ce qui se 
passe dans ces opérations, je vais indiquer quelques faits 
généraux : quand une masse^est saturée de vapeur d'or 
elle est opaque et le plus souvent jaune, alors elle n'est 
pas susceptible de donner seule aucune autre apparence 
■ ■ I l . ■ ■ I • ■.■, „ 

(i) M. DouauU-Wiéland à Tobligeance duquel j'ai eu recours, ne 
colore ses niasses de rubis qu'au moyen de chloride d*or. 



y& - JOUENAL 

de couleur, il faut la refondre intimement arec unenou* 
vel^e quantité de cristal incolore ; moins saturée elle est 
translucide et donne toujours , soit en lames minces ou 
travaillées en petites épaisseurs, des bleus -et des violets 
très-riches ; moins saturée encore , elle a une teinte de 
topaze, ou bien est incolore après avoir été purifiée k. 
un feu violent long-temps soutenu et ensuite refroidie 
lentement; quand on la ramollit, elle prend, si elle 
est incolore , la plus riche teinte de rouge vineux ; si elle 
est jaune, une belle teinte rouge carminé. Supposons 
qu'on prenne un morceau de cette masse incoloré et qu'on 
le chauffe seulement pour le ramollir, il se colorera en 
rouge; si on le tient quelque temps en fusion tranquille, 
et qu'on le laisse refroidir encore lentement , il se décolo- 
rera de nouveau ; et, quand on le ramollira , il se colorera 
en rouge u/i peu viplacé ; si Ton recommence les mêmes 
expériences, il se colorera en violet , puis en bleu, et enfin 
se décolorera pour ne plus se colorer, à moins quon ne 
le chauffe comme la première fois , c'est-à-^dire de manière 
à volatiliser de nouveau l'or et le redélayer dans la masse. 
Voici comment je m'explique ce qui se passe dans ces 
circonstances : quand le refroidissement de la masse a été. 
très-lent, les petits grains d'or sont restés mouillés de 
cristal ; ipais. quand le refroidissement a été brusqué , l'or, 
qui s'était dilaté plus que le cristal, a continué son retrait 
après la solidification. Cette supposition est d'accord avec 
un fait où ceci arrive d'une manière plus évidente : je 
veux parler de ces médaillons d'argile , ou quelquefois 
d'autre substance , qu'on introduit dans une épaisseur de 
verre, et qui y prennent un aspect métallique ressem- 
blant le plus souvent à de l'argent mat. On petit ad- 
mettre encore que les molécules d'or ont aifecté des formes 
différentes. Mais dans les deux suppositions , il me semble, 
certain que l'or s'est agrégé de plus en plus et a gagné le 
fond de la masse. 



DE PHARMACIE. ^^ 

D'ailleurs , j'ai coloré des masses de toutes les couleurs 
da )>ri8ine, soit en employant des pourpres, du cbloridè 
oii de l'ammoniure d'or ou de Tor métallique , soit en 
composant ces masses de corps susceptibles ou non dé 
céder de Toxigéne à Tor , soit avec ou sans le contact de 
Tair, mais en faisant seulement varier Tititensité et le 
prolongement du cou}) de feu , car en ceci 'tout me semble 
dépendre de la température. 

Souvent , quand on fond de For et qu'on cbaufie forte- 
ment, il se fait du pourpre : j'ai vu de gros lingots d'or 
fin ne contenant qu'un peu d'argent , comme tout l'or fin 
du commerce en contient, et qui , ayant été fondus avec 
du borax seulement , étaient tout couverts d'une litbarge 
pourpre de rubis ; j'avais depuis long-temps observé le 
même pbénomène en fondant des ors à ^5o millièmes de 
fin ; mais je craignais alors que le cuivre ne fût pour quel- 
que cbose dans cette coloration. 

J'ajoutémi enfin que les couleurs vitrifiées dues à lor 
sont de celles qui graissent , comme disent les verriers \ 
cette singulière propriété est commune à beaucoup d'oxides 
colorans, et se manifeste toutes les fois qu'on est obligé dé 
repasser plusieurs fois ces verres au feu. Je Dépense pas 
que dans ce cas il y ait une réaction avec l'oxigène de l'air^ 
car le cristal incolore ne s'altère pas facilement de cette 
manière; mais je présume qu'il se fait un groupement 
différent des molécules de la surface du verre , qui , renou- 
velé un certain nombre de fois, produit des jaspés très- 
curieux : ainsi avec le cuivre on obtient des verts et des 
rouges très-limpides, et par de longues expositions à lair 
et au feu , les produits deviennent semblables à des mala- 
chites ou à des agates; avec l'argent le cristal se colore 
en jaune de topaze très-pur etdevient jaune jaspé opaque 
et quelquefois même blanc opaque : je crois que c'est une 
dévitrification partielle. Le cobalt et le chrome purs ne 
graissent ip'd% ou très-peu; mais les cristaux colorés par 



ç8 JOURNAL 

Ter jouissent de cette propriéié presque aussi bien que 
ceux qui doivent leur couleur à largent. Le moyen d e*- 
viter cet inconvénient est de travailler le plus vite et 18 
plus chaud possible. 

Je termine en rappelant en peu de mots les consé-* 
queoces principales des recherches précédentes : 

1*". Dans la préparation des pourpres hydratés par les 
chlorures d^étain , si l'orr veut obtenir des produits ho-* 
mogènes, on doit opérer trè$*rapidement le mélange des 
chlorures. Le procédé que j'ai décrit rend cette condition 
facile à remplir. 

%"". L'état de dilution des liqueurs n'importe que 
jusqu'à un certain point, passé lequel il devient insigni^* 
fiant. 

S"". Le proto-chlorure d'étain jouit seul de la propriété 
de réduire l'or et de le transformer en pourpre , le cbkn 
ride est sans influence pour ce résultat» 

Une certaine quantité de chlorure d'étain réduit tou- 
jours une proportion correspondante de chloride d'or; 
mais si l'on ajouté un excès du premier, la formation 
complète du pourpre s'en trouve retardée à tel point y 
que, dans le cas où on aurait enlployé un grand ex- 
cès de sel d'étain , il faudrait attendre que tout cet excès 
se fîit décomposé spontanément pour recueillir tout le 
pourpre. On peut, il est vrai, brusquer cette décompo- 
sition du chlorure d'étain ; mais alors l'or, qui n'est point 
encore précipité, s'aggrège d'une manière particulière, et 
il se produit du bleu , dont le mélange avec le pourpre 
déjà formé, donne naissance à du violet. 

4''* Les acides, le chlorure de sodium, le sulfate de 
potasse, etc., retardent aussi la formation complète du 
pourpre. 

5"". Plus loin y après avoir indiqué les conditions déli^ 
cates auxquelles il est nécessaire de se soumettre pour 
obtenir du bleu, j'ai exposé les observations nombreuses 



DE PUAftMAClE. 79 

qui m'oxit amefuiiiciraclure que tou$. k» ps«cipit4s dor» 
désignés sous le nom commun de pourp^res , ne sont 9U* 
tre chose que de For métallique divisé , et dont l'état de 
division seul fait varier les couleurs , de telle sorte, que 
plus cette division est parfaite , plus les couleurs sont 
claires et réciproqnemeat. 

6°. Enfin , j'ai présenté, sur l'emploi des pourpres dans 
les arts, plusieurs remarques qui m'ont paru devoir jeter 
quelques nouvelles lumières sur cette industrie inté- 
ressante. 



NOTE 
Sur r acide méconiqne. 

Dans le mémoire sur les principaux produits de Topium, 
que j'iai produit en i83a , j ai dit, en traitant de lanaljse 
des acides méconiques, que l'acide hydraté était composé 
de 

41*199 carbone. . .\ d'où on peurrait déduire 
44^^ hydrogène. . > les fomales 

54,3()5 okigène. . J C^WO^z=:C^W06+n2 

et que l'aeide anhydre était fbmé de 



45,376 carbone. . . 



3,370 carbone. . .% 
i.pnS oxigrène* . ./ 



âi»p73 oxigène 

Peu de temps après cette pohlioalion ,. M. J. Liébîg:, 
à qui j'avais eu occasion d'envoyer de« éehaniiUon& de-ces 
nouireaux produits, m^e fit l'honneur de m'écriM^ pouv 
me prévenir qu'en adoptant, comme il l'ayait reconnu né<^ 
ceasaire à son appareil pour l'analyse élémentaire la petite 
pompe de Gay-^Lussac , il «ivait obteau , au moyen d'uae 
dessiccation plus exacte des résultats qui différaientuikpea 



80 JOURNAL 

des miens en rsdson de cette moindre hmnidité; ainsi 
Fàdde hydraté lui avait donné 



,xia carbone. . .\ 

,oi5 hydrogène. . | où G^ H^ O^i 

,8^3 oxîgène. . •/ 



tandis que Facide anhydre lui avait fourni 



1,45 carbone. . .\ 

,61 hydrogène. . | où C^ H^ 0^. 

,94 oxigène. . ./ 



C'est-à-dire que ces deux acides, pulieud'étre isomires 
Tun de lautre comme je l'avais supposé , ne diQërent entre 
eux que par un atome d'acide carbonique. 

J'ai répété ces analyses en prenant la précaution indi- 
quée par M. Liébig , et j'ai en eOet obtenu des résultats 
qui se rapprochaient infiniment des siens. Mais les ma- 
tières organiques offrent de si étranges variations, qu'on 
ne saurait apporter trop de réserve avant de se prononcer 
d'une manière définitive, et j'aurais bien désiré revenir 
encore sur ceç recherches • mais Une maladie grave m'a forcé 
d'interrompre toute espèce de travail , et je me proposais 
de. faire connaître l'importante observation de M. Liébig, 
lorsque j'ai appris que lui-même venait de l'insérer dans 
un journal allemand. 

Depuis la publication de son mémoire, je ne me sers, 
pour l'extraction de la morphine, que du procédé, de 
MM.. Grégory etBobertson; mais, par une singularité 
assez remarquable, je n'ai pas obtenu depuis un an 
la moindre portion de méconate de chaux. Je ne recueille 
par suite de la double décomposition à laide du muriate 
calcaire, que du sulfate de chaux. Ce fait vient étayer 
Topinioii dès long-temps émise par M. Dupuy, pharma- 
cien, qui prétend que la morphine est à 1 état de sulfate 
et non de méconate dans l-opium; ce qu'il y a de certain 
c'est que ce jeune chimiste a obtenu, à diverses reprises, 
du sulfate de morphine en abandonnant long-temps à elles- 



DE PHARMACIE. 8l 

• 

mêmes des dissolutions concentrées d'opium. Mais comme 
d'un autre côté j'ai souvent obtenu, ainsi que beaucoup 
dautrès chimistes , du méconate de chaux mélangé de sul- 
fate dans le traitement par le muriate calcaire, il devient 
assez probable que certains opiums contiennent la mor- 
phine à Tétat de sulfate et d'autres à Tétat de méconate, 
ou peut-être , et c'est ce que je croirais le plus volontiers, 
que cet extrait contient tout à la fois du sulfate et du mé- 
conate de morphine en rapport variable. 

Manquant ainsi de matière première, je n'ai pu prépa- 
rer de Tacide méconique , et me livrer à de nouvelles re- 
cherches ;' mais en attendant que des circonstances plus 
favorables me permettent de donner suite ^ mon premier 
travail , je vais faire connaître quelques résultats remar- 
quables dont je n'ai point encore fait mention. 

On se rappelle que l'acide méconique hydraté jouit de 
la propriété bien singulière de donner naissance à de 
l'acide carbonique par la simple réaction de l'eau bouil- 
lante , et même avant ce degré. Il résulte aussi de mes 
premières expériences, que ce même acide , quoique bien 
desséché , produit également beaucoup d'acide carbonique 
quand on le chauffe dans une cornue pour obtenir l'acide 
pyro-méconique. L'opinion de M. Liébig vint me rappe- 
ler ces résultats, et me faire concevoir la possibilité de 
transformer par le seul secours de la chaleur l'acide méco* 
nique hydraté en cet autre acide auquel j'avais donné le 
nom d'acide para-méconique. Je fis donc dessécher dans 
une étuve chautiéeà i rto'', une certaine quantité d'acide hy- 
draté , et, après avoir bien constaté qu'il ne subissait plus 
aucun déchet, j'en pris lo gr. que j'introduisis dans une 
cornue en verre , et je disposai mon appareil de manière 
à pouvoir chauffer graduellement l'acide dans un bain- 
marie de mercure , et recueillir exactement tous les pro- 
duits, et enfin de constater à chaque instant la tempéra^ 
turc , et la rendre slationnaire ou progressive. 



8â JoDHMilL 

Vèici éfe que j'observai da&è le cottl*é Aë Ybpéreiiiw. 

(Je hie âtiis siei'Vi, pour faite ces expériences, d'un petit 
ati^areil irès-simpll; et a^sez eoihhiode, il se compose d'un 
creiliet ordinaire adqbéi je pratique Utie ouverture de 
quelques lignes de ldft*getif, dtoptiià son orifice jUlsqu^au 
tiers enirlroti de èft bauteUr(À,jS^. i. )) d'une cornue en 
Terre et d'uti ColiVéltlë eii lôlë: Lik cbrtitie est maintehue 
dans le crétisët ad nldyett d'une plaqlie de fer courbëe 
et percée d'un troti dans bon ôéblté pouf dbnnéf passage 
au col de in tornùë ( B , Jf^. i ); Gëtte claque est main- 
tenue âu moyen d'uile petite trdtefâë èil fer qui s'ap- 
puie d'iin côté sut' la plaque , et de TâUtrë Sur Id pah)i 
ôppdècé du bl-euâet; Cette tringte assujettit en même tetnps 
latbrtiuè, pàt'cé qu'elle l'appUiè Sur SSi tdàte. On partait 
la plaque intërleUtëitiënt et lextériétircinent d'uii Ht d'ar- 
gile qu'on laisse sébber \ dn remplit de îiiercuré de ma- 
jpiëre à ce qtië le ddHlë dé la corniié en Soit couvëtt, puis 
ôti adapte le couvercle feii tôle (c); ce couvetcle est muni 
fl'uh tube en fer placé borizontalèknënt (a) , qui sert à côm 
duire les Vapeû)*s merbiiHellës dabs Un matras tubulé , et 
d'une doUille tetticâlë (8) destitiëë à Recevoir un tbetfaio- 
inètre gravé sur véire. Cet apjjareil est plabé à l'aide d'un 
triàbgle ëh fëi^ sUt hh jietit foumëâti muni de ses deux 
portes', le fouineali ëSt lui^méinè j)Osé sur Ube capSuIe 
plate eh iëtte , hflti dfe i)batbit fêcUellHi- le mercUte eil 
cas d'accidfetit; On chauffe ttès-graduèllfeinënt, et qUand 
bn veut )*ëiidrë là tèm|iërâlurë stationûâiré , on adapte la 
pi^hë infétiëUtë dû fbiifnëâb. 

:< J'etbplôie aussi poUr deS températures moins élevées un 
autre Êipparell pluS Simple encore, c'elsl un petit mairaS 
iubblé a cbl coUrt, huquel j'jtdajite uue éproUvette droite 
ôUfcburbé, suivnbt la Stibstrthte que je veu* expérimeni- 
l^ty et je reinpHè au ^ le iliatraS , soit avec de Tenu, SOit 
avec une soldlibn Ûe murialé de chaux, soit avec de l'huile; 
un thermoîiiêttfe ordinaire eSl fixé dî«bs In tubulutc, rtil 



DE i^kÂitMAciE. 85 

ifiajfëri if ttd Bôiithon qui porte latéhiiéMëût ^Idàiëurs - 
éisliaiitf ures daiis toute sa longueur , afin Ae laisser éëtiap- 
pet* les Yàt)ëUi'«; fout ëèla est supporté pai* ÙQë maid éti 
bois, ti U iiiàlras fest fchailffé par un cjulhquet (fig. *i). 

Je proQtei^âi de Toccasiou pour fiiire connaître plus 
{^ëdéi^filëtiieiit Tappareildont je me sers tlèpuife plbsiëuH 
kritiéeé, fel dont il a déjà été fait mention datis le hiémoire 
^ttè jai pttbKé cobjoiniethent avec M. Boulrbn, isiir 
Tiillile ci'atnaudëii àmères. Cet appareil est d'un emploi 
trèè-»à¥àntageut pour les traitëmens successif^ dés ma- 
tières organiques par les diQ'érens véhicules. Il ne ^e eoin- 
pdéë que de deux pièces essentielles : d'une carafe ordi- 
fiake (I ,y%. 3 ) et d'une allonge très-étroite, bouchée à l'é- 
inèii {h) ; la douitle de Tallonge et eelle de la carafe doivent 
étrëtiséës à Tëineri pouf* potlVoir boucher exactement. On 
iUtrddùii: put la plus large ouVettUire de lallohgeun flocon 
flè totdij , et, en iis|:lirant par réxtrémité opposée, le coton 
tîeiit dbétrrifei' suÉ^àinment rîniérîétir de là douille; ofa 
plaéé iik^-désstlS Ih tiialièré à Imiter jusqu'à deux pouces 
ëûYîrdn de rôuvertuhe sa|)érieut'e. On verse le menstriie 
^a^&à Veut em{)loyer, pUié bli bolichë, et oti tient ainsi 
tout l'appareil fermé , tant qu'on veut que la macératioii 
Ite pi'olonge. Ensuite on soUléVe Rallonge et on place dans 
lé gbnlot de ia carafié une petite lanière de papier épais. 
Oïl fiermët ainéi le déplacement de l'air et la fîlli'ation du 
liquide. Lorsqu'oti Veui agif à Une lémpératuté plUs éle- 
téë q dé belle de l'attttosjphke , ôtt eiiveloppé l'allongé avec 
Un tnanthoh en fer-blâiié ou eh cùivi-é, et on y verse de 
l'ëâii{ilds ou moine chaude, bu que Ion chauffe à laide 
d'uii eduirant de vâpeUrs). 

Lorsque le bain-marié eUt atteint Ho'' cenligraJes il se 
dëgîTgfeâ encore un peu d'huhiidité qui fiit accompagnée 
dfe quelques bulles de gaz acide carbonique, puis le déga- 
gèfnebt ctéssa,€t on |)rofil.i de celle interruption pour 
âédher dé hcatveàu tous les tubes , puis on éleva gradUcl- 

6, 



84 JOUBTfAL 

lement la chaleur jusqu'à 170% le dégagement était alert 
à peine sensible ; mais on voyait beaucoup d'eau ruisseler 
dans les tubes ; à 200"^ les bulles devinrent plus fréquentes ; 
à 220"* elles se succédaient sans interruption, et ce gaz était 
toujours complètement absorbable par une solution de po- 
tasse. Tout à coup le dégagement s'arrêta ; cependant la 
chaleur fut soutenue et on la monta jusqu'à aSo® sans qu'il 
se manifestât de nouveaux phénomènes ; arrivé à ce terme 
on laissa refroidir pour pouvoir apprécier l'altératioil 
éprouvée par l'acide méconique dans cette période de sa 
décomposition. 

Le résidu n'était pas sensiblement charbonné , sa cou* 
leur était le gris cendré; on y distinguait à l'œil nu une 
foule de petites paillettes cristallines; traité par l'eau à 
80"", il en fallut une très-grande quantité pour le dissou* 
dre, on n'en dégageait par l'ébullition aucune portion 
d'acide carbonique, et il fut par cela même bien démontré 
qu'on n'avait plus affaire à l'acide primitif. Cette dissolu- 
tion étant filtrée laissa déposer par le refroidissement une 
grande quantité de poudre cristalline légèrement jaunâtre 
qui présenta tous les caractères de l'ancien acide para- 
jnéconique. 

Ces faits sont sans doute bien concordans arec les résul- 
tats obtenus par M. Liébig, car il paraîtrait plausible d'at« 
tribuer l'eau fournie pendant cette réaction à une cause 
accidentelle ; ainsi on pourrait dire que la chaleur étant 
plus vive en certains points qu'en d'autres, dl y a eu quel- 
ques portions d'acide qui ont subi un autre genre de décom- 
position ; mais si on rapproche cette observation de celle 
déjà faite relativement à la seule réaction de Feau bouil- 
lante sur l'acide méconique, réaction dans laquelle il se 
produit non-seulement de l'acide carbonique ; mais encore 
une matière colorante très-iotense, il deviendra assez^pro- 
bable que cette transformation ne dérive pas uniquement 
d'une simple formation d'acide carbonique. Tel était le 



DE PHARMACIE. 85 

motif qui me faisait vivement désirer de pouvoir répéter 
celte eYpérience avant de prendre auctn parti à cet égard ; 
mais, ayant appris que M. Liébig venait de publier ses 
expériences, j'ai cru devoir faire connaître immédiate- 
ment mes observations. 

Extrait iTune lettre de M. . William Grégort à 

M. KOBIQUET. 

Je viens d'examiner le muriate de morphine préparé 
d'après notre procédé, par M. Duncan. Ce sel est d'une 
blaâcheur éclatante et ne retient pas la moindre trace de 
narootine. J'ai opéré sur ^ kilogrammes en suivant votre 
procédé pour la codéine, et de cette quantité j'ai retiré 
9 ùDces de codéine hydratée , parfaitement soluble dans 
l'étber et dans l'eau. Je lui ai trouvé toutes les propriétés 
que vous avez si bien développées dans votre dernier tra« 
vaiL Ayant ainsi à ma disposition une quantité considé- 
rable de cette substance nouvelle, j'ai cru devoir faire 
quelques expériences sur ses propriétés thérapeutiques. 
J'ai donc préparé du nitrate cristallisé que j'ai pris moi- 
même et que j'ai fait prendre à plusieurs de mes élèves 
qui ont bien voulu en essayer les effets ; personne n'a rien 
ressenti d'une dose de 3 grains et aunlessous , mais une 
dose plus forte de 4 ^ 6 grains a produit des symptômes 
assez remarquables : d'abord , accélération du pouls, cha- 
leur dans la tète et dans la face ; ensuite excitation remar- 
quable de l'esprit analogue à celle que produisent les li- 
queurs enivrantes ; excitation agréable et qui dure assez 
long-temps. Elle est accompagnée d'une démangeaison des 
plus marquées qui commence à la tête et qui se répand 
sur tout le corps. Après quelques heures cet état est suivi 
d'une dépression désagréable, avec nauséea^t quelquefois 



3^ 4PI3)IM4i' 

vûrDis$m<sQ#* AucMa d€ nous i»' «i obfieryi la moiinire i^un 
daQceau somn^eil, excepté ^prè^ Tét^t de d^pressiop. Kquf 
n'avons pas poussé plus loin la dos0, mm il pariait qii«lii 
codfsine posisèd^ pn eit'et ^^imnlQ^t et produit une (Qfin 
démangeaison à la dose de 5 gr<iins, T^\\p est la vas^ff^hn 
ordinaire des symptômes qu'elle dé termine, mais chez plu- 
sieurs individu^ ses eil'fstç , surtpi)^ ddM Tétat àu défitê^n 
sion, ont été fort désagréables. 

D après 0^3 ^ifpériences , il n'est pa3 prpl^bU, cf>ipme 
vous Favez soupçonné^ que la présence de la codéine soit 
la cause de la supériorité du muriate de morphine ordi- 
naire. Comice ce dernier 9el agit à la dQ%^ de ^ dfi groin 
4^1; ne contient que le jz de son ppidi 4# t^àéiue^ dont 11 
faut au moins 3 ou 4 grains pour agir , on ni» ^eiU [la* m 
attribuer les qualités à la codéine. Reste à savoir silo mur 
riate dépouillé de codéine est moins stimulant pour isolai 
«t s'il ne cause pas les démangeaisons que j'ai va assee S0U!P 
y^nt produites par 1^ muriatt^ non purifié , «t même auasi 
par l'opium , dan# un bon nombre de cas ; c'est un fw^ 
que je me propose d examiner proçbainemfâdt, 

3i vous croyez qi)e ces remarques puissent iniéresaei 
la Société de plharmacie ^ ayez la bonté de les lai eommnnir 
^uer. Peut-être quelques-^uns de mes confrères sera^trill 
curieux d« répéter ces expérientces avec la codéine i|Ufi 
vous avez prépa(*é. Je dois ajouter que daas deu¥ ou imia 
a^ la codéine a produit un léger ^S^^ purgatif , tandii «pia 
dans d'autres elle a parp indifféninte fpos isr rapport 



-**¥■ 



J'avais dit aussi que la morphine était loin de représc»i*« 
ter les propriétés essentielles de Hopium , et que la codéinp 
viendrait peut-être en ofirir ie complément ; les observa^ 
tions de M- William Grégory confirment en grande pf^^ié 
mes prévisions. Mais ii est à remarquer qnefstl babils 
chimiste n'a employé la codéine qu^à l'état de nitrate , et 
qu'il résulte dei expériences de M. Kuakcl , que la codéine 



DE PH^EMACIE. 87 

piîrd beaucoup die son action s||r |ps prg^Pps )or^q^Vlt^ ^st 
poipl^inée ^px acidies. }1 es^ dqpc à présumei: qu eo ^pii^ 
plojapt p(B nouvo) fdcalojfda en çin^plp splution x^qpçuse, 
Qn obtii^ûclf'a de^ elT^ts beaucoup plus fnamués que cf^jf 
observés par M. Grégory. Hobiqu^t. 



Suvplif 41614 f^ principes alcaloïdes , tirés ^e Iqjatnilie de^ 
solat^éps pqr divers ckimisUs d'Allemagne. ( 4-iinalfB^ 
de Pbarjpaci^, ^833.) 

lia Société de Pharmacie de Paris a , comme on le sait, 
}llt^ au concours , pour Tannée i834 , la question des prin- 
çîpi^s alcaloïdes, tirés de la famille des solanées : i) est 
dOQp essentiel d'appeler en ce moment l'attention sur les 
trArnuY publias en Allemagne, et qui jettent un jour 
muYe^u.sur w sujei important. 

filous, passerons en revue dans cet article Xa^ropinQ^ 
Xhyoscyamino , la daturine , fa solfinine. Nous remettrons 
k un procbaia numéro Teiamen de la cplchicina , et de 
Xi^cifniîine , autres alcalis organiques fournis par des £it 
« milles diS'éccntes de celle des (iolancées , çt qui Tiennent 
iussi d'Atre obtenus par des chimiste^ allemands. 

uétropine. 

M. Brandes avait déjà cru ayojr extrait cet alcali orr 
(pnique de l'atropa beliadona , mais ses travaux ne s'ér 
latent pas confirmas , et lexistence de l'atropine était 
«Morc problématique , lorsque parurent en Allemagne 
les travauii de MM. G^iger et Hessu d'une part , et ceux 
de |I. Mein , pharmacien à Neustndt - Gôders de Tautre. 
Les deux premiers chimistes ont retiré cet alcali de Tex-» 
Irait préparé avec les liges et l&k feuilles de la belladone. 



88 JOURNAL 

Le dernier Ta extrait de la racine; et cest a M. Mein, 
que , de Taveu même de M. Geiger , appartient l'honneur 
de lavoir obtenu le premier à Tétat de pureté. C'est aussi 
son procédé que nous ferons connaître comme étant le 
plus simple. 

On prend environ 24 parties de racines sèches de bella- 
done provenant de plantes âgées de deux à trois ans bien 
nourries, pesantes, et présentant à la cassure un faible 
éclat résineux ; on les réduit en poudre extrêmement fine, 
et on les met en digestion avec 60 parties dalcool de 
86 à 90 pour cent : on prolonge le contact pendant plu- 
sieurs jours : alors , on exprime fortement , et on traite 
de nouveau le résidu par une égale quantité d'alcool. Les 
teintures réunies et filtrées sont mêlées avec une partie 
d'hydrate de chaux pulvérulent, et le mélange est agité 
souvent pendant vingt-quatre heures. Après avoir séparé 
par le filtre la liqueur du dépôt abondant qui s'est formé, 
09 y ajoute de Tacide sulfdrique étendu goutte à goutte, 
jusqu'à ce qu'il y ait un léger excès de ce dernier. Le sul- 
£ite de chaux , qui se précipite , oblige de filtrer encore 
une fois. Alors , la liqueur alcoolique est mise dans une 
cornue, la distillation est poussée jusqu'à moitié ou 
même un peu plus : on ajoute , au résidu de la cornue , 
6 à 8 parties d'eau pure , et on fait chauffer la liqueur à 
un feu très-doux dans une capsule à évaporation , jusqu'à 
ce que tout lalcool soit dégagé. Le liquide restant est 
filtré , s'il est nécessaire , et rapproché avec précaution 
jusqu'au tiers. Alors, après le refroidissement, on y 
ajoute par gouttes, et en remuant légèrement, une so- 
lution concentrée de carbonate de potasse dans l'eau, 
jusqu'à ce que la liqueur ne se trouble plus , et on laisse 
le mélange en repos pendant quelques heures. Cette der* 
nière addition a pour but de précipiter une résine jau- 
nâtre qui , dissoute dans de lalcool , lui donne un aspect 
irisé , et qui met un grand obstacle à la cristallisation de 



DE PHARMACIE. 89 

l'atropine. Si la liqueur, qui contient du sulfate d'atro- 
pine, est suffisamment rapprochée, ou n'est pas trop 
pauvre en atropine, elle se prend ordinairement en 
niasse gélatineuse, au bout de quelque temps de repos , 
après laddition de la solution de carbonate de potasse. 
On décante les eaux-mères avec précaution , ou bien on 
les sépare à l'aide du filtre, et on y ajoute de nouveau de 
la solution de carbonate de potasse, jusqu'à ce qu'elles 
ne se troublent plus. 

Le mélange , qui ne tarde pas à se prendre, abandonné 
à lui-même pendant douze à vingt-quatre heures , ofire 
souvent à sa surface où dans la masse des points blancs 
étoiles d'atropine cristallisée. Par l'agitation , les molé- 
cules de la masse gélatineuse se rapprochent beaucoup , 
et abandonnent une grande quantité d'eaux-mères que 
Ton en sépare autant que possible au moyen de filtres , et 
de la compression entre des feuilles de papier brouillard. 

Gomme l'atropine, récemment précipitée, encore hu- 
mide et impure, perd beaucoup par le lavage à l'eau , on 
la fait préalablement sécher , puis on en forme une pâte 
avec de Teau : on enlève promptement l'eau du lavage par 
la compression entre des feuilles de papier , et on fait de 
nouveau sécher le résidu. On dissout cette atropine , en- 
core impure , dans cinq fois son poids d'alcool; on filtre la 
dissolution , on ajoute à celle-ci six à huit fois son volume 
d'eau pure. La liqueur devient laiteuse par celte addi- 
tion, ou prend bientôt cet aspect par l'évaporation de 
l'alcool en excès ; au bout de douze à vingt-quatre heures, 
on trouve l'atropine déposée en cristaux groupés et de 
couleur jaune claire; après l'avoir lavée avec quelques 
gouttes d'eau, on la met sur du papier brouillard et on 
la fait sécher. 

Les cristaiTx obtenus sont de nouveau traités comm^ 
l'a été l'atropine impure , et donnent un alcaloïde pres- 
que blanc et cristallisé régulièrement. Douze onces de 



go JOURNAL 

cadoe de b'elladoiie n'ont foprm à M* Mein qu'environ 
90 gmins d atropine pure* 

L'atropine , retirée d^ parties dlfllérefites de la mémfs 
plante par deux procédés diSéreps, a offert à M. Mein , 
et à MM, Geiger et Hesse , des propriétés identiques à 
quelques légères diQérenees près ; ces différences tien- 
nent sans doute au plus ou moins grand état de pureté ; 
voiai les principales propriétés de ce nouvel alcali : 

L'atropine pure est blauché, cristallisable, en pris- 
mes transparens , à éclat soyeux , groupés. Elle est ino- 
dore} soluble dans lalcool absolu et dans l'^tber sulfuri- 
que ; ces deuj^ liquides en dissolvent pliis à chaud qu'à 
froid* L'eau, à la température ordinaire, n'en dissout qu'une 
petite quantité -^^ suivant MM. Geiger et Hesse ; et cette 
solution , qui a paru très-légèrement amère à M. Mein , 
H été trouvée d'une amertume très-désagréable par les 
dciux autres observateurs, La solubilité augmente par la 
dsmleur ; la solotioà aqueuse d'atropine bleuit le papier 
de tournesol rougi par les acides ; lors mémp qu'elle ett 
très-étendue, elle dilate très-promptement la pupille de 
J'ooil blimaia , et cette dilatation persiste. 

Vf^iHQfine ne se volatilise pas à la température de 
l'isfiy bouillante ; mais^ exposée entre deux petits verres 
4e inoiilre à une température plus élevée , elle fond d'a- 
bord 9 puis se transforme en vapours qui ramènent au 
J^leu \çi papier de tournesol rougi et bumecté , et qui 
yiefiQent, en se condensant, recouvrir d'une cpudie ver- 
nissée les parois du verre supérieur que l'on a soin de 
tenir froid ; du reste cette couche se comporte comme l'ai- 
trppine non altérée. Ghaufiée à la flamme dans une cuilr 
1ère , l'atropine fond prompiement , répaod des vapeurs 
empyreumatiques , 'brunit et s'enflamme ; elle bruie avec 
une ^mme d'un jaune clair peu fuligineuse, et ne laisse 
pas de cendre. 

Le cblore laUère fort peu ; elle parait former avec les 



DE fllAfllliClK. gi 

s^fAAe^ ^(m CQOipp^4$ «alÎDs déSoU ; 1^ i^ulfate et 1 Véltalfl - 
çiçpitleqt pouvpir être o|)tenua pli^ç fi)ci)^ment kVéiik\ 
pri^tallii) que l'hydrocblorate ou U nitrate. La ppta&s» ' 
pure la précipita avec uni^ couleur bl^^Qcbe de se^ di^&o-i 
lutions salines ; il en est de même de rammooiaqiic cau^ 
tique. I4SL solutioo aqueupie de lotropioe dopoe un préci- 
pité blanc abondant, par laddition de l 'infusion aqiiet|$Q 
de noix de galle. Elle précipite en jaune citron par Thy- 
drochlorate d'or , et en isabelle par la solution de platine. 
La manière dont se comporte cet «ilcali ayec*rhydro- 
cblorate d'or légèrement acide , semble caractéristique. Le- 
précipité jaune citron prend en effet , au bout de quelque 
temps de repos , une structure cristalline, et parait repré- 
senter une double combinaison saline de l'atropine avec 
l'hydrochlofate d'or* CfiUi^ qb^ervution 1» été faite iBt par 
AI- Mp\n et par MM* Ceig^r ^t Hpffie. 

diroplllprique , dit loUwl liss crifUHV d'%trppine $ms dé^ 
pgemmt ée g%% : a«s Aili^iuliopt eqnt ipooIcht^». P^r 
r«(ptioD d# }a cbdleuiP ; l*aj»dç §Mlfurique brunie \ç%èF^^ 
lomts l'acid 6 nitrique prmdui^f toii^^^jaun^ c)|iiri9i, «1 
i'iiisid^ bydrojcbloriqiyi? n^ se pak>c« p^9 ^^ moim 4^01 1m 
efffftûi &k petit. 
Cbwiiée avec 4» h patate })y4fa(é§ « )'iitropiD<; )gi^se 

dégager d'abpnd^qt^^ yiip^urs {unmPQiapal^f. 

MH< Geîg^ #t He3»e vieupwt 4p §ig09l«r iine ^u^re 
propriété reni|i»f quable de }'atropiae s c'est U facile sUpii 
J^i¥l^ qu'elle éprPiivf^veq lé teiiip# dau^ $pn siiuple cpn*- 
%9içi làvec l'eau à T^ic et k la iempérAture ordinaire* Elle 
perd. #fi prt(^priét|3 de cristalUier 1 les çri^toux déjà formée 
di^pni^il^ept , la liqueur prend uue légère teinte jaun4-« 
ii^e I et pfir l'évappration pa pbtient un résidu incrUtalfi^ 
M0kl§ % ««iuble en toute propi^tiop 4ws Veau 9 cette atro^ 
piîieilU4i^e contracte une odeur narcotique nauséabonde* 
Dti mate raliératipo m peu MUaidéfable i lalêali eat 



g2 JOURNAL 

aussi vénéneux qu'auparavant , et si on le combine avec 
un acide , et que Ton traite la dissolution par du charbon 
de sang, les alcalis en précipitent la majeure partie sous 
forme solide, et cette atropine est de nouveau susceptible 
de cristalliser. 

' D'après la dernière analyse de M. Liébig , Patropine 
est composée de : 

34 atomes de carbone , 
2i3 d'hydrogène , 

6 d'oxigène , 

I d'azote , 

Hjoscjamine. 

Son existence dans Phyoscyamus niger^ n'avait pas non 
plus jusqu'alors été démontrée d'une manière évidente , 
et c'est à MM. Geiger et Hesse que nous devons le pro- 
cédé pour sa préparation et 1 étude de ses propriétés. 
L'extraction en est un peu difficile en raison de son assez 
grande solubilité dans l'eau, ou plutôt de sa prompte al« 
térabilité dans son contact avec l'eau et les alcalis libres ; 
l'altération qu'elle subit alors la rend soluble en toutes 
proportions dans l'eau , et produit même une décompo- 
sition plus avancée. C'est des semences qu'on extrait le 
plus facilement cet alcali : on les traite par de l'alcool 
af ec ou sans addition d'acide , ou bien aussi par de l'eau 
chaude ; on fait évaporer les liqueurs à une chaleur très« 
douce : on les décolore en les traitant à plusieurs reprises 
par de la chaux et de l'acide sulfurique , et les filtrant : on 
les rapproche par l'évaporation et on y ajoute un excès de 
carbonate de soude pulvérisé : on prive aussi promptement 
que possible le précipité de l'alcali fixe, en soumettant À 1a 
presse et traitant par l'alcool absolu : on reprend en 
même temps les eaux-mères par de lether ; on réunit les 
liqueurs alcooliques et éthéfée$ : on y ajoute de nouveau 



DE P0A1MACIK. g5 

(If ]a cliaux : on 6Ure , on traite le liquide filtré par du 
charbon de sang , on retire la majeure partie de l'alcool et 
de 1 ether, et enfin on fait évaporer à une très'^douce cha- 
leur en ajoutant un peu d'eau. Si Thyoscyamii^e n est pas 
encore incolore , il faut la combiner une nouvelle fois à 
un acide et la traiter comme il a été indiqué. Le produit 
est souvent très-faible. 

L'hjoScyamine très-pure cristallise lentement en ai-* 
guilles incolores transparentes, à éclat soyeux, groupées, 
ou disposées en étoiles ; ces cristaux sont inodores , peu 
solubles dans Teau , plus solubles toutefois que ceux da- 
tropine. La saveur de Thyoscy aminé est acre, désagréable, 
semblable à celle du tabac , et son action est également 
très-vénéneuse comme celle de l'atropine. La moindre 
quantité portée sur l'œil détermine aussi une dilatation 
de la pupille qui dure très-long-temps. A l'état anhydre 
elle n'est pas alcaline, (non plus que tous les autres alcalis 
organiques au même état) ; mais l'addition de l'eau y fait 
naitre aussitôt une alcalinité fortement prononcée qui 
persiste. Distillée avec précaution , l'hyoscyamine se vo- 
latilise , et semble alors ne-subir qu'une légère altération : 
au moins elle est aussi vénéneuse et aussi alcaline qu'au- 
paravant. Toutefois il est facile d'en décomposer une partie 
dans cQïte opération et il se dégage des vapeurs ammonia- 
cales. Lorsqu'on la chaufie avec de l'eau , il s'en volatilise 
également une petite partie; car le liquide distillé est 
légèrement alcalin , et dilate la pupille ; mais la majeure 
partie ne se volatilise pas. Chauffée avec des alcalis 
fixes hydratées , elle est complètement décomposée 
comme l'atropine, en donnant lieu à un dégagement d'am- 
moniaque. Cette propriété établit une différence essen- 
tielle entre ces alcalis et la nicotine , qui , soumise à l'ac- 
tion de la chaleur avec des alcalis fixes hydratés , n'est 
pas décomposée ( au moins en partie ) , mais se volatilise 
avec lesf vapeurs d'eau , et peut ainsi être obtenue par la 



^4 i6«i«tAt 

dt^tiliatldA èofhmâ ih atropine , ce qui Wéki paé possible 
À^éfc lès premiers nlcalis. Là solution aqueuse d'hypscya- 
fnitie est (iphls&ie par l'addition de la teinture d'iode , et 
prend alters Ih colilèù*' du kermès. Tous le* alcalis orga- 
niques ïixâtfHHés jiisqu'à te jour offrent cette propriété 
parlifcUliêrfe. Lfe JiFécîpilé eàt blanc, abonclaHl aVéc la 
teinture de noix de galle, blanc jaunâtte arec là disso* 
hitiond'or, hulavéfc celle dé platiné. Les Sels d'hyoscjra- 
làiiië èoht neutres ; ils cristallisent facilement en partie , 
et sont ftiissi f ënéùeul que Thyôscy aminé pure ; léùt sô- 
hitioii aqueuse se comporte avec les ^êacHft; indiqués 
eëinmé celle de lalcali Itii-inënié.L'byoscyaiiiiiië est très- 
èdlttblé dans Takool ainsi qUe dansTétbe^. 

Dàtdrine. '^ 

MM. Geiger et H esse àoiit encore lès pfëfaiiers qtii dut 
réelkniëttt exti^hit la daturitie du dàtwm simmohium efc 
fait cbnnàttrë sel caractères. Ge sont aussi les semehcëk 
qui la cèdent le plus fadlement; lè procédé d'ëxthictbfl 
e»t le tnéme que pbtir lliyoscyathine ; il est plus facilià 
parce que U daturine a plus de tendance à prendre la 
foi^mé solide ; mai^r les Semences réduites en poudre AdU 
rent étfë coiistaiiithèht traitées pat* Talcool chaud ; alttî^e- 
ntent elles retiéhnëne la majetlre partie de la daturine. Cet 
dlcali cdètaUisë fabilemënt ; il së dépose de sa solûtioîi 
hydro^tcooliquè isoufe fbrme de pristnes bien nets , ihco^ 
. lores, très-brîUiiîis et gh>tipés ; il est inodore, la saveilr est 
d abord légèrement amère , puis elle détient très-âfcre , 
semblable à celle du tabac; il est très-véiiéhéur. ^ dé 
gtiains suffit pour tilër un moineau dans TëSpace de trois 
heures. Porté sur ï'œil , il détermine aussi une dilatation 
Irès-forle et persistante de la pupille. Cette dilatioh dure 
en p«trtie huit jdurs et tliéme davahtage. 
Il est digne de remarque qitë MM. Oéi^lr fet tléssë 



n'aient reconnu cette propriété si prononcée de dilater 
les pupilles, que dans lés trois alcalis organiques de la 
famille des solanées dont nous venons de parler. La sola- 
nihe, celle ad hioins qui a été préparée par M. Otlb et 
dont il sei*a question d-liprèà, ne lâ dilate paâ, et la 
nicbtinè opère au contraire âdii i*étréciâseilient. 

La datuHne en cdhibinaisôn avec l'eau ôAre aiissi Uhë 
alcalinité ttèâ-hiarquée. Lorsqu'on la clin ufie avec précilU"* 
tioti elle Se Vokiilidë également en ^arlié sans altération 
sous forme de nuages blancs ; mais plus facilement fencorë 
qu'avec Vhfôsbyàixkihe , une partie &e détruit ëil dotinânt 
Ilëu à deâ phénorhèned semblables. Ghadfiéë avec de Pêaû| 
elle ne èe volatilise pas : lorsqu'on \A isoUtnet à Tattloxi 
d'une chaleur âoUtetue avec des alcalis fixés hydratés ^ 
elle se décotiipôàe aussi en dégageant des vapeurs am- 
moiiia&alèâ. ËUè est peu àdluble dans Tèdu. Elle en 
énig'e 280 parties environ à la température ordinaire, et 
ji à la chaleur dé rébullitioii : la solution Se trouble par 
lé refroidissement sans que la datilride cristallise : toute- 
fbis elle bé salière pas aUssl facilement pat* Son ëon-* 
tact avec TéaU que Tatrbpine et Phyoscyamine. Pat- Téva* 
poratioh dé la solution aqueuse, on n'obtient pas d'abok*d 
de cristaux ; mais si on humecte avec de Teau la masse 
hon ctlstàllinë , ou bien qu on abandonne la solutioh elle- 
inèmé à révapoiratiôh Spontanée , il se fofme au houl de 
qUélqUé temps deS cristaui dé daturine. La solutiôil 
aqueuse dé cet alcali se comporte aVec les réactif^ comme 
celle dé l'hyoscyamine ; il est aussi très-soluble dahs l'hl- 
cool ; il l'est Un peti moins dans J'éther. Lés sels de da- 
turine donnent en partie de très-beaux cristaux, et Sont 
en général inaltérable^ à l'air et aiséilient soIubleS. Leur 
action est très-vénéneuse. Leur solution aqueuse se com- 
porte avec les réactifs comme celle de la datiiHne pure» 
Les alcalis inorganiques en précipitent cet alcali sous 
forme de flocons blancs, lorsque la liqueur u'>êst pa% trop 
étendue. 



g6 JOUANAL 

Solanine. 

La solanine, déjà" trouvée par difiérens chimistes fran- 
çais dans le solarium nigrum^ dans le solanum dulcw^ 
mara^ dans le solanum m^ammosum et dans le solanum 
i/erbascifolium , vient d'être extraite des germes de 
pomme-de-terre par M. Jul. Otto de Brunswick , qui 
n'avait pu la découvrir dans la pomme- de-terre elle- 
même (i). 

Il a obtenu cet alcali en traitant les germes par de l'eau 
aiguisée d'acide sulfurique, séparant les acides sulfurique 
et phospborique , et la matière extractive par l'acétate de 
plomb, saturant par du lait de chaux la liqueur presque 
décolorée, faisant bouillir le précipité obteni^avec l'alcool 
de 80 pour 100 , et purifiant le produit par plusieurs dis- 
solutions dans l'alcool. Les essais entrepris par M. Otto 
sur deux lapins, pour éprouver l'action de la solanine sur 
l'économie animale , lui ont appris qu'elle doit prendre 
place parmi les poisons narcotiques acres. Un seul grain 
de sulfate de solanine a fait périr l'un des deux lapins 
en six heures. L'autre plus fort a succombé au bout de 
neuf heures, après en avoir pris 3 grains. L'action para- 
lysante qu'elle exerce sur les extrémités postérieures des 
animaux est très-marquée. 11 suffit même de nourrir les 
bêtes à corne avec des lavures provenant de pommes-de- 
terre germées pour produire cette espèce de paralysie ; 
il n'y a donc pas de doute que les germes de pommes- 
de-terre ne doivent leurs propriétés nuisibles à la so- 
lanine. 

Cette substance, telle que M. Otto l'a obtenue, est 
blanche, pulvérulente, à éclat nacré ; sans action sur le pa- 
pier de curcuma, elle ramène cependant au bleu le pci- 

(i) M. Baop avait également trouvé la solanine dans les germes de la 
pommede-terre* 



.• 



JfR PHARMACIE. gy 

pier de tournesol rougi par les acides. Si on la traite par la 
potasse caustique, elle. doune à peine lieu à des vapeurs 
ammoniacales. Mais, par la distillation sèche de Thydro- 
chlorale de solanine, on obtient un liquide huileux, qui , 
traité par de Thjdratede chaux, produit du gaz ammo- 
niac suffisamment caractérisé par l'odeur et le nuage au- 
quel donne lieu Tacide hydrochlorique. 

Bien que le caractère d'un alcaloïde soit moins mar- 
qué dans la solanine que dans la strychnine, la. qui- 
nine, etc., la manière dont elle se comporte avec les 
acides ne permet pas de douter qu'elle n'appartienne 
à cette classe de corps. Elle se dissout facilement dans 
les acides, et est précipitée de ces dissolutions par des 
bases plus énergiques* La plupart des sels prennent , par 
la dessiccation, l'aspect d'une masse semblable à de la 
gomme. Le sulfate seul s'effleurit en forme de choux- 
fleurs. 

La solanine de M. Otto a été analysée par M. Blan- 

chet, préalablement privée de son eau de cristallisation, 

qui en forme à peu près le dixième , elle lui a donné sur 

100 parties : 

I. II. 

Carbone 6i,86 62,11 

Hydrogène. 8,87 8,92 

Azote 1,64 1,64 

Oxigène. • 27,68 27,33 



«^■^■«■■■«.^■9 ■MBSBlHB^MHIi» 



100,00 100,00 

Et en atomes : 

42 carbone 82,088 = 62,66 

68 hydrogène 4»^36 = 8,27 

I azote. 0,884 = ')7^ 

i4 Oxigène i4,ooo = 27,34 

5 1,208 99,99 

Ne serait-il pas à propos de comparer les propriétés 
XX\ Année:-- Février 1834. 7 



• 



^8 JÔtJkNAL 

et là cemposition élémentaire des diverses solâiiines o1^ 
tenues par plusieurs chimistes, pour pouvoir admettre 
ou rejeter leur identité. A.-G. V. 



« 

JRemarques sur la digitaie ^ pat Watsojv /. Welpino* 

( Extrait d'une thèse inaagiirale. ) 

La digitale, sans être indigène aui États-Unis , y est 
eultivée à la fois pour ses vertus médicinales et pour sa 
beauté t cette plante communique ses propriétés parti- 
culières à lalcool froid ou chaud , et à Teau bouillante. 
Sa décoction ou son infusion rougissent le papier bleu, 
sont précipitées en noir par les sels de fer, en blanc jau- 
nAtre par le nit(ate d'argent , en brun verdAtre par le 
sulfate de cuivre, en jaune parle sous-acétate de plomb, 
en vert brunâtre par la chaux. Les acides nitrique, hy- 
drochlorique et sulfurique y produisent aussi des pré- 
cipités* 

L'alcool ajouté à la décoction , lui donne Une consis- 
tance presque gélatineuse , sans doute à cause du mu- 
cilage qu'elle contient. 

En distillant la digitale avec de l'eau , on pbtient une 
très-petite quantité d'une huile volatile ( i grain par 
once de la plante) , à peine plus colorée que l'eau et 
presque de Li même densité. A mesure que la vapeur 
d'eau se condense, elle dépose sur les parois du vase une 
substance bkmche floconneuse, mais, en quantité trop 
pelite pour pouvoir être. recueillie. Cette matière pos- 
sède à un haut degré l'odeur particulière aux feuilles, et 
se volnlilise dans lespace de trois ou quatre heures , par 
son exposition à l'air. Il s'en dépose une autre portion 
également blanche sous forme concrète à la surface de 
l'eau, i\ laquelle elle communique une saveur particulière 



DE ^HAIMAGIB. ^g 

douceâtre et légèrement aromatique , mats toujours en 
si pelile proportion ^ qu'on ne peut parvenir à la séparer 
du Gltre. 

Une partie de feuilles produit un quart de son poids 
d'extrait aqueux et un quarantième d'extrait ateoblique. 
Le premier est d'un brnn rou^eâtre et de consistance 
pilulaire ; l'autre est onctueux au toucher , nauséeux et 
légèrement amer au goût , noirâtre lorsqu'il est vu en 
masse, mais d'un beau vert lorsqu'il est en Inmes minces ; il 
est.essentiellement composé de matière grasse unie h la 
chlorophylle. 

En agissant sur la plante , d'abord par l'alcool , puis 
par l'eau, on obtient un tiers d'extrait alcooliqde et un 
tiers de deuxième d'extrait aqueux. Le premier, vu en 
masse, est d'une couleur verdâtre tirant sur le noir, d'une 
consistance pilulaire et d'une saveur amère et nauséeuse. 
Le second est d'une couleur brune légèrement rougeâtre, 
* d'tine sareur doueeâtre, mucilagineuse, mais il laisse un 
arrière-gout désagréable dans la bouche. 

•Si l'on fait digérer les feuilles dans l'alcool , et si , 
après avoir évaporé la teinture jusqu'à siccité , on fait 
bouillir lé produit dans l'eau distillée avec un peu de 
magnésie pure, pendant un temps assez long pour dé- 
colorer la liqueur; en lavant le précipité , le desséchant , 
le traitant par l'alcool bouillant et évaporant la solution, 
on obtient inie masse brune , semi*transparente , d'un 
goûl très*amer et désagréable , ayant une réaction alca- 
line au papier bleu rougi par un acide. 

En faisant digérer oe nouveau produit dans l'alcool , 
évaporant à siccité , faisant bouillir dans l'eau distillée 
avec du protoxide de plomb pour neutraliser l'acide qu'il 
retient, filtrant, desséobant de nouveau , traitant le ré- 
sidu par 1 ether à une chaleur modérée, et évaporant , 
on obtient une substance d'une couleur brune légèrement 
verte, qui reste molle et adhérente lorsqu'on la laisse 



it*^ ■*»* 






100 JOURNAL 

exposée à l'air. L'odeur de ce produit est faible , son goul 
çxtrémemeiTl amer et persistant, ses propriétés alcalines. 
Ce corps peut neutraliser la plupart des acides, nais il 
est incristallisable, soit seul, soit combiné. 

M. Welding conclut de l'ensemble de ses expériences , 
qui ne sont exposées ici qu'en abrégé, que les feuilles 
de. digitale sont composées : i*". d'acide gallique; a®, de 
mucilage ; 3^. d'une matière colorante rouge-brune , so- 
lubie dans l'eau, insoluble dans Talcool ou l'éther ; 4*« de 
cblorophylle ; 5°. d'une matière sucrée ; 6". d'une trace 
de fécule ; 7**. d'une buile volatile ; 8*. d'une matière con- 
crète floconneuse; 9°» de gluten; io°. d'une matière 
grasse; 11**. d'une matière extraclire; 12°. de ligneux ou 
défibre végétale; 13*". d'un principe particulier soluble 
dans l'alcool et l'éther. {Journ. qfthe Philad. Collège 
of pharm., july i833.) P. B. 

Sur Capocynum cannabinum, par Johqt H. Gaiscon. 

(extrait.)* 

Soumise à l'analyse chimique, la racine de cette plante 
a fourni les élémens suivans : i*'. du tannin ; 2^. un acide, 
probablement l'acide gallique ; 3°. de la gomme ; 4°* ^^ '^ 
résine ; 5°. de la cire ; 6°. de la fécule ; ^**. un principe amer . 
ou apocyne; 8°. une matière colorante; 9°. de la fibre 
végétale ; lo*". enfin une proportion de caoutchouc proba- 
blement très-considérable dans la plante fraîche. 

L'eau réussit mieux que lalcool à enlever à la racine les 
parties colorantes et amères ; car la teinture alcoolique est 
moins amère et moins foncée que l'infusion aqueuse. L'eau 
froide se charge même de la plus grande proportion des 
principes actifs. L'écorce est la partie qui en contient de 
beaucoup la plus forte proportion. 



• „ > * 



DB i'iTARMAClE. 10I 

Pour extraire le principe actif, M. Griscom épuise la 
racine par leaû distillée en répétant les macérations. 
L'extrait qui en résulte , et qui forme du cinquième au 
sixième de la racine, est traité à son tour par l'alcool à 
plusieurs reprises. La teinture, après avoir'bouilli avec 
un peu de magnésie calcinée, est filtrée et évaporée à 
siccité. Il en résulte une masse d*un brun rougeàtre , cas- 
sante , déliquescente , nauséeuse , très-amère. M. Griscom 
la considère comme le principe amer coloré , mais presque 
pur, parce que sa solution n'est altérée que par le sous- 
acétate de plomb et le nitrate d argent, et seulement au 
bout de douze heures. 

Cette plante , prise à l'intérieur, agit d'une manière 
prononcée comme émétique, comme purgative, comme 
sudorifique et comme diurétique. Les trois premiers ef- 
fets se succèdent, le dernier est plus variable. ( jémcric, 
Joum. ofmed. sciences^ may i833. ) P. B. 

Sur la daturine , par Samueii Simes. 

( Extrait d'une thèse inaugurale. ) 

Le procédé indiqué par M. Brandes pour préparer 
la daturine ne permet pas de l'obtenir en cristaux régu- 
liers , sans doute parce que la matière colorante qui la 
souille s'y oppose. Après divers essais, M. Simes s'est 
arrêté au mode suivant: 

Il prend une livre de poudre fine de semences de stra- 
monium, et la fait bouillir pendant une heure dans trois 
pintes d'alcool faible'; à Ja liqueur filtrée encore chaude, 
il ajoute quatre gros de magnésie , puis agite de temps en 
temps le mélange pendant vingt-quatre heures. Le pré- 
cipité recueilli est placé, pendant quelques minutes dans 
douze onces d'alcool fort bouillant, que Ion filtre et que 



103 iOfJENAL 

1 on traite put le charbon animal , de manière à obtenir 
une nouvelle liqueur transparente et presque sans cou-*' 
leur ; une très-petite quantité de cette liqueur cause des 
nausées et des maux de tète. Réduite à moitié , et aban- 
donnée jusqu'au lendemain, elle laisse déposer au fond 
du vase évaporatoire d'innombrables petits globulef 
d'huile, et sur les côtés une foule de petits cristaux 
blancs. L'évaporation continuant spontanément, un phiâ 
grand npmbre de cristaux se déposent successivement , 
et Ion trouve, au fond de la terrine, de l'huile et unn 
matière résineuse. 

La daturine , d après Brandes , existe dans les êe^ 
mences à l'état <le malate : Talcool s'empare du sel , la 
Magnésie précipite la base en saturant lacide et formas! 
un sel soluble. Le précipité formé de l'excès de magné* 
sie, de daturine et de matière colorante, cède k laicool 
les deux derniers principes Le charbon s'empare de la 
matière colorante , et la daturine , beaucoup plus soluble 
dans l'alcool à chaud qu'à froid , se dépose par le refroi^ 
dissemeut. 

On réussit mal il extraire la daturine au moyen de 
l'eau et des acides , car la coagulation de l'albumine rend 
la liqueur si épaisse qu'il est presque impossible de la 
filtrer. 

Pour se débarrasser de la grande quantité d'huile fixe 
contenue dans les semences , M* Simes traita les graines 
par l'éther; mais il trouva la daturine soluble elle-même 
dans cet agent, du moins dans l'éUit d'association où ell^ 
se trouve dans la graine. 

La daturine est une substance cristalline, blanche t 
semi-transparente , dont la saveur est légèrement amère 
et acre» Ses cristaux affectent la forme d'un prisme qtia^ 
drangulaire allongé, et ressemblent h ceux du seld'Ëpsom. 
La daturine est insoluble dans l'eau, l'alcool froid etl'é** 
ther, un peu soluble dans l'eau bouillante, et très-solubU 



DE PHà|(|llClE. I03 

cIhqs r«Icool bouillaot. heês^çiàe^ co^cenlrév ont peudai>i 
lion sur die, à l'.exceptioa de l'acida aulfurique qui h car^ 
bOJDtse. I^a daturinc se combinée aux acides et forme des 
sels blancs solubles et çrisiallisable^. Le sulfate cristallisa 
çn aiguilles, le muriate en groupes rayonnes de petits 
cristaux linéaires, le nitrate en cristaux aciculaires, le 
tartrate ep petits graips. 

Les principes jmniadiats contenus dans les semeoces 
de slraoïonium sont, d'après IV^. Simes : i°. un sel à 
base végétale , découvert par M. Brandes ; a**, une huile 
fixe insoluble dcins l'eau et Talcool froid , soluble dans 
Talcoal bcKlillant ^t dans Tétber ; 3°. une matière ré« 
sineuse rouge , solitble dans l'alcool et 1 ether ; 4°- une 
matière colorante verte , presque insoluble dans leau , 
l'alcool froid et Thuile bouillante , plus soluble dans 
Téther et très-soluble dans l'eau et l'alcool bouillant ; 
S"*, lune matière colorante jaune rougeâtre soluble dan$ 
Teau» l'alcpol ei l'huile bouillante -, 6°. delà gomme ; 7"". de 

l'alhumine. 

La datarine est bien, comme Brandes l'a annoncé, le 
principe actif du stramoniam; quatre grains de son mu- 
riate ont donné en quelques heures la mort à un petit 
chat , après des nausées et des contractions dans les mus*» 
clés des pâtes et du cou. . 

Proranitz a trouvé les feuilles de stramoniam com- 
posées dégomme, d'extf actif, de fécale, d'albumine , de 
résine et de divers sels. Le reste de la plante contieot, 
outre ces principes , une forte proportion de ligneux. 
§elon Thompson, le carbonate d'ammoniaque est un 4e 
ses élémens.' 

. Ms $inm5 a cherché à découvrir la daturine dans les 
feiiilles , mais sans succès. Il obtint bien un précipité cris-» 
tallin , mais en si petite quantité , qu'il ne put déterminer 
ses propriétés. 

L'analyse et l'expérience s'accordent donc à prouver 



loi JOURNAL 

que les semences de stramonium sont la partie la plus 
active de la plante. Les semences produisent -^ d'un ex- 
trait noir et amer, douceâtre et nauséeux tout à la fois; 

» 

son odeur est herbacée et fortement nc-trcotique. 

Les. chirurgiens américains préfèrent les cataplasmes 
de stramonium à ceux de belladone pour dilater la pu- 
pille, avant d'entreprendre l'opération de la cataracte. 
{Joupi- ofthe PhiladeL Collège qfpkaïmacy^ july i833. ) 

P. B. 

Extrait d*un mémoire {i) de M. Guiseppe àlessi, sur la 

v^éritable origine du succin. 

Par A. Chère AU. 

L'origine du succcin a long-temps occupé les- natura- 
listes , et tous ceux qu'un zèle infatigable porte à sur- 
pren/ire les secrets de la nature, à fixer la source réelle 
de ses produits, les plus intéressans et les moins dévoi- 
les. Cependant, Klaproth et Wolf, et particulièrement 
Ferrera (2), dans ses recherches sur J'ambre sicilien, 
confessent (comme le dit M. Alessi, l'auteur du mé- 
•moire), qu'à la honte des progrès que nous avons faits 
dans la science de la nature, nous sommes encore loin de 
savoir, d'une manière positive', comment se forme le 
succin. 

M. Alessi revendique aujourd'hui cette découverte, 
dans le mémoire dont il a fait hommage à l'Académie de 
Catane. 

L'auteur, après avoir rappelé les opinions poétiques et 
fabuleuses des anciens, mais aussi le sentiment de Pline 
qui na rien perdu de sa valeur, entre comme il suit en 
matière. 

■€ Au centre de la Sicile se trouve Tantique cité d'Enna 

(i) Memoria sulla vera origine del succino dal cnn : Guiseppe Alessi pro- 
motore di drillo cannonico , e catcchista y etc. y etc. Aui dail , Academia Gio- 
cria; Catane, i833. 

(2) Memoria di Francesco Feirara , sopra Vambra siciliana ; Palerme , 
1825. 



DE fHÀEMACIE. lo5 

ï> en Castro - Giovanni (i), avec ses vastes et fertiles 
» plaines qui en forment le centre , et non loin de là , 
» entre le levant et le couchant, T^ncien fief de Fico. Là 
» s élève une haute colline flanquée de coteaux à sa partie 
» déclive, à l'opposé de laquelle d autres collines se dessi* 
» nent en amphithéâtre* Les parties basses sont sablon- 
» neuses ; mais, lorsqu'on a fait quelques pas en gravissant 
» la colline , on voit que l'argile s'y trouve mêlée à des 
» substances calcaires, au sable et à du terreau véèétal. 
» On rencontre à sa superficie et à quelque profondeur ^ 
» accumulés sans ordre, des morceaux d'albâtre, de chaux 
■ sulfatée, d'ardoise, avec des pyrites de fer, d'argile fer- 
» rugineuse, quelques-uns de lave vitreuse obsidienne, 
» et parfois. aussi des fragmens d'ambre. L'argile schis- 
p teuse s'y montre aussi, mais à plus de profondeur, et 
» à moins de quatre cents pas de la colline coule un bras 
» de la Moselle, rivière qui, prenant de plus haut sa 
» source 2 va grossir les eaux du fleuve Salso, ou Himera 
» méridionale , d'où l'on reconnaît évidemment que cette 
» superficie s'est formée à la suite d'une des révolutions 
» les plus récentes de notre île. ■ 

Dans un de ces bas sablonneux de la colline que npus 
venons de décrire, est un banc de roche aréneuse qui 
n'est pas très-compacte , où Thydrochlorate de soude en 
quantité les recouvre d'une abondante efflorescence , et 
au-dessous de cette masse coule un ruisseau qui s'im- 

f)règne du sel de soude et de soufre. La couleur de ses 
acs est blanchâtre, l'odeur en est désagréable et la saveur 
salée. 

« C'est là ,' poursuit l'auteur , que , d'après ces indices , 
» mon frère Anlonino crut avoir découvert une mine de 
p sel et de soufre ; il fit entr'ouvrir cette masse , et pé- 
» nétrant avec hardiesse dans les «mfractuosités de la 
H montagne . à vingt pieds horizontaux , et sur plus de 
» quatre cents pieds perpendiculaires, il trouva, entre 
» ae l'argile mêlée à du soufre et quelques morceaux de 
» fer sulfuré , une sorte d'arbre minéralisé , que les pion- 
» niers rompirent en passant outre. 

• » Tout en ramassant quelques éclats et des portions 



(i) Aajoard'liui Castro-Giovanne. 



10$ _ ^ODIINM 

9 àe branches cfuinouêpréfientateni une gomme odorante^ 
» translucide , imitant le succin , nous joignîmes à ces 
» échantillons un peu de poudre fine et des débris de bi^ 
f tume recueilli sur d autres parties de larbre, pour sou« 
» mettre le tout à lobservation et à l'analyse. » 

Quelqnés branches rompues du diamètre de cincj à dix 
pouces s'étaient fendillées dans diverses directions , au 
contact de 1 air, et oflfraient plutôt la ressemblance de 
la tourbe que de la lignite. Elles avaient toute lappa- 
renee d'un charbon éteint. D'autres présentaient la partie 
fibreuse enveloppée d argile , et dans les fissures longitu- 
dinales existait une légère efflorescence de soufre, sensible 
à la vue comme à lodorat , et en le brûlant. Deux autres 
morceaux plus compacts étaient formés de feuilles concen-* 
triques, crevassées, qui, lorsqu^on les détachait princi- 
palement sur Técorce et le liber ^ laissaient voir une sorte 
de résine qui avait évidemment transsudé du bois, car elle 
semblait sortir encore des fibres ligneuses, à Tinstar d'une 
gomme, en larmes mâmmelounées , ou en stalactites plus 
ou moins jaunes et rougeàtres, comme était la poudre 
prise sur les rameaux , dans son état naturel. 

M. Alessi, après avoir reconnu à ce. produit tous les 
caractères physiques extérieurs du succin, savoir; la cou-» 
leur d'un jaune clair ou citrine, parfois orangée, l'odeur 
analogue à celle que la résine du pin a coutume d'émettre, 
enfin l'odeur bitumineuse , propre au succin qui prédo- 
mine , le soumit à l'expérience. 

Comparé au succin du commerce , le succin de M. Âlessi 
ou deFico(comniejele nommerai pour la fin de ce rap- 
port), en a montré tpus les caractères. Il n'en diffère que 
par sa pesanteur spécifique , qui se trouva être de 0,009 , 
tanrlis que celui du commerce est porté , d'après les phy^ 
siciens, à 1,078. 

Le nouveau succin donne aussi des apparences non 
équivoques .d'électricité , attirant la paille, caractère le 
plus antique que le succin développe à un plus haut degré 
que toutes les autres résines. Il en donne aussi de ma- 
gnétisme. 

Exposé à la flamme, il brûle de même que son congé- 
nère, en se gonflant, et exhalant une odeur pénétrante 
agréable. 



DE mAniAciE. 107 

Rédait en poudre et :mift à digérer daiù VuleotA {t)^ 
M. Alessi en obtint une teinture qui avait tout«f les* 
propriétés de Talcoolé de sucoin , tel» que la couleur am- 
brée, l'odeur bitaraineuse succinique, la saveur légère^ 
ment âpre, et quelque peu astringente. 

II put aussi , à l'aide dune faible cbaleur , le diss^oudre 
dans les huiles volatiles de lavande, de térébenthine, et 
dans les huiles fixes , comme celle de lin cuite ; le succia 
du commerce, cependant, a besoin d'un plus fort degré 
de feu pour céder h l'action de ces deux sortes d'huiles. . 

Enfin, le succin de Fico^ introduit dans une cornue de 
verre munie de son récipient, commença par se fondre 
en se gonflant , et remplit de v.ipeurs blanches le petit 
appareil. Cette vapeur dissipée, la voûte et le col ac la 
cornue furent tapissés d'une grande quantitéde globules 
dVau traversés par des stries d'une huile brûn&tre avec 
des cristaux soyeux à peine visibles à l'oeil, mais très-fa- 
ciles à apercevoir à la loupe. L'appareil démonté , dès 
qu on eut délulé la cornue , it se dégagea une odeur sens 
sible d'huile de succin* Un peu d'eau distillée introduite 
dans ce vase pour recueillir tout ce qui avait dû restée 
adhérent aux parois , ne tarda pas à prendre la couleur et 
l'odeur propre à l'huile du succin. Elle faisait virer au 
rouge la teinture de tournesol. Le résidu fut trouvé dia» 
phane , brun , d'un aépect vitreux , friable , et se dissolvant 
presqu'à froid dans les huiles dont il a été parlé. 

Carbonisé, il fournit un charbon très-cassant qui laissa 
une cendre roussâtre. Cette dernière verdit les couleurs 
bleues végétales ; l'hydro-cyanate de potasse décela la 
présence du fer, l'oxaiate d'ammoniaque y démontra des 
sels (te chaux , et l'hydrochlorate de platine des traces de 
sels de potasse. 

Revenant à la nature du succin, l'auteur émet cette 
opinion , qu'il ne suffit pas, comme le disait Pline, que 
le succin provienne d'un arbre, nmis il faut encore qu'il 
soit minéralisé, et que, modiGé par des voies qui nous 
sont inconnues , il reçoive des difiërentes substances mi« 

(1) A froid dans ce véhicule • il ne s'en dissout guères qa on quart oa 
un cinqutérae après quelques joars de macératioa , ce (|ui s^accorde avec 
, i«s «KfMBfMacM d'H^ycir 1 4it raatear. 



Io8 iOUtNAL 

Dérales qui gissent au sein de la terre , la qualité de 
succin. 

Quant à l'espèce d'arbre dont le succin tire son origine, 
M'. Alessi ne peut, d'après l'inspection des plantes dy- 
colylédonées , ou des tiges auxcruelles elles adhèrent, 
le déterminer avec certitude. Pline a dit ouvertement 
qu'il était du genre des pins. GéronimoRécupéro, qui s'é- 
tait occupé de recherches à ce sujet , rechercnes savantes, 
mais qui n'avaient pas été publiées , avait, trouvé dans 
un morceau d'ambre trois larves de la phalène du pin. Il 
possédait encore un autre morceau d ambre , dans lequel 
se trouvait engagée une petite branche de pin qui avait 
porté fleurs. ueTa vient confirmer les observations des 
chimistes, rapportées par Martius, que de la résine du 
sapin on avait retiré une masse semblable à l'ambre 
jaune. Or, la poudre de succin , trouvée par M* Alessi, 
retient encore l'odeur de la résine de pin , odeur que ne 
donne pas le succin du commerce, parce qu'elle s'est 
probablement dissipée , comme de jour en jour, dit Tau- 
teur, nous nous apercevons que celle de notre succin 
nous échappe. Pline a dit du succin, pineus in attritie 
odor* Brûlez le bois dont transsude le succin , et vous 
aurez l'odeur et la flamme du pin. La structure , l'écorce, 
le Uber^ la résine qui y est attachée, conservent dellden- 
tité avec les branches du j»mii^5i7(^e5fer, natif de Sicile, 
où il sert encore dé torche aux habitans du pays, et re- 
tient le nom latin de tœda. Quoique le pinus silyester 
donne peu de gomme aujourd'hui, ït pinus abies fournit 

Îresque toujours une grande quantité d'un liquide téré- 
enthiné de la nature >néme de la gomme du pin sauvage, 
et propre à être minéralisé comme le succin. C'est ce qui 
peut donner l'explication des morceaux volumineux de 
succin qu'on rencontre parfois, et des insectes qui, se- 
tant plongés facilement dans ce suc liquide, y demeurent 
incrustés. 

En résumé, M. Alessi croit avoir démontré que le 
succin tire sa véritable origine d'une espèce de pin ou 
d'un arbre analogue , que cette résine transsude ou dis- 
tille de son écorce. Il admet , qu'uni au bois ou détachée 
de lui , elle se sera minéralisée, ce qui est cause qu'il l'a 
trouvée faisant corps avec la lignite , et précisément e^ire 



DE PHAIMACIE. IO9 

Técorceetle liber. Fluide en premier lieu à Tair libre « 
elle aura plus tard passé à Tétat concret; de là 1 origine 
des papillons , des mouches et des autres insectes qu'on 
y retrouve intacts et les ailes étendues ; que du fer et des 
autres métaux proviennent les pyrites et les paillettes de 
fer sulfuré, ainsi que les dendrites qu'on y trouve. 
M. Alessi rappelle encore que la résine minéralisée a 
tous les caractères du succin , la couleur, l'odeur , la cas« 
sure conchoïde , la transparence. 

Ainsi se trouve confirmé le sentiment des natura- 
listes anciens et modernes , et Ton trouve k se rendre 
compte de tous les phénomènes appartenans au succin* 

Extrait d'une lettre sur la méthode de déplacement ^ 
adressée à MM. les rédacteurs. 

Par M. SiKovis, pharnucien à Nancy. 

Le regret exprimé par M. Boullay , que M. Soubeiran 
n^ait point employé le déplacement pour obtenir les ex-« 
traits de ralannia, m'engage à vous adresser quelques 
observations que j avais eu 1 occasion de faire sur le même 
sujet et à la même époque. Elles viennent d'une part à 
l'appui des conclusions de M. Soubeiran, et oure de 
1 autre une preuve nouvelle de la bonté du procédé ingé-^ 
nieux de MM. Boullay. J'aurais rendu mes essais plus 
nombreux et plus variés si je n'eusse été prévenu'par la 
publication dont je viens de parler. 

Une livre et demie d'eau, quantité nécessaire pour 
mouiller une livre de poudre de racine de ratanhia, dé- 
placée après vingt-quatre heures de macération, produit 
4 gros d'un extrait très-lié, gommeux, transparent, d'une 
belle couleur rouge, entièrement soluble dans C eau froide 
et chaude. 

Six livres d'eau , versées successivement sur la poudre , 
et déplacées à leur tour , ne fournissent plus que 2 gros 
d'un extrait friable , comme celui du commerce , et comme 
lui peu soluble. 

La décoction du résidu, dans quatre livres d'eau, donne 



f tO MÔtAKÀt 

Vite li4|aeul* trsiiisparente, très« rouge , maisi suscep- 
tible de se décolorer par le refroidissement, et d'aban- - 
àfmner une poudre rouge, qui achève de se séparer par 
l'évaporation. Le poids total de ce produit s élève a i 
once a gros. 

Deux livres d'alcool à 32*" , déplacées après une macé- 
ration de deux jours, enlèvent à la poudre, épuisée ^ar 
l'eau bouillante 1 6 gros d'un entrait, comme le précédent , 
presque insoluble dans Téau froide. 
• La solution de ces divers extraits produit, avec le» 
réactifs , les phénomènes suivans : avec Vémétique , aucun 
changement : avec les sels de fer, précipité verdâtre. 

Le premier seul précipite la gélatine animale. 

En résumé ^ i*. un premier déplacement suffit pour en- 
lever presque toute la partie soluble dans Teau troide de 
1^ racine de Vatatihià : on Tobtient par ce procédé sans 
altération ; ^°. l'extrait aqueux, fait à froid ou par infu- 
sion , est , comme la prouvé M. Soubeiran , beaucoup 
plus riche ea matière soluble et «ctive que les extraits 
obtenus par l'eau bouillante ou l'alcool. 

J^ai appliqué aussi avec bonheur la méthode de dé- 
placement à la salsepareille. On sait qu'il faut éviter de 
traiter celte substance par décoction , ou de soumettre 
les liqueurs à une longue évaporation. L'infusion par 
déplacement évite si bien , dans la préparation du sirop, 
tous les ioconvéniens de l'ancien procédé , que je crois 
très-utile d'attirer l'attention sur le suivant. 

Ixk salsepareille-houturas (6 liv. ), découpée très-menu, 
fat, après une complète dessiccation, réduite en grosse 
poudre, humectée avec suffisante quantité d eau ( 5 litres) , 
et ei^posée à une température d'environ 6o° dans un Vase 
clos pendant vingt-quatre heures. On la mit ensuite dans 
un cylindre convenable, et on déplaça l'infusion qui s'é- 
coula avec une couleur si intense , qu'elfe paraissait noire; 
telle était très-limpide , et sa saveur excessivement pro- 
noncée et caractéristique de la salsepareille. Ces 5 litres 
furent mis à part, et on ajouta successivement sur le cy- 
lindre quelques litres de nouvelle eau qui se teignit encore 
beaucoup , mais dont la saveur était de plus en plus 
fiûble. Dans ces dernières eaux de lavage, on fit fondre 
«1 clarifier le sucre ; et, dans le sirop cuit en consistance 



DE PHAkilACIB. ^ 1 t t 

demie), on versa la première iofusion par petites pjortionftf 
et SfttiS Interrompre rébullition , p^î^Min passa à travers 
la chausse le sirop convenablement cuit. Ainsi préparé, 
ce sirop est très-litnpide , et doué à un degré très^émi- 
nent de la saveur de la salsepareille, comparée oeltii qvk 
est fait par lanciemie métbode; il lui. est évidemment 
supérieur. 

Je me suis assuré que là quaatité de matière soluble 
que cède la salsepareille \ après un premier déplacement , 
est très^faible. On pourrait donc la négliger, et n^em-^ 
ployer que la quantité d'eau rigodreusement nécessaire 

Eour faire fondre le sucre et le miel , et prendre un 
ouillon. Les blancs d'œufs sont inutiles^ le sirop se cla- 
rifie parfaitement sans le^r secours , et filtre à travers la 
chausse avec une promptitude remarquable. 

Je ne puis terminer sans rendre hommage à MM. Boid- 
hy. Leur procédé si simple est applicable à tant d'opéra- 
tions , qu'il doit produire une véritable révolution en 
pharmacie. Je ne puis trop engager mes confrères à consi- 
gner dans votre journal le fruit de leurs observations à 
ce sujet (i) : elles n auront point sans doute Téclat ni l'at- 
irait des nombreuses découvertes de notre temps; mais, 
pour être plus modeste», elles ne seront pas moins utiles ; 
il y a encore quelque gloire à appliquer aux procédés de 
notre art des moyens exacts, rigoureux , .économiques , 
et à la portée de tous, etc. 



■^«tÉMMM*>ii*«ii 



(i) Nous nous unissons au yœu formé par M. Simonin, qai parait 
avoir §i bien senti la Valetir de la niéthode de déplacement, et le rôle 
qtt'elle €St destinée à joneir dans- la pratique de la pharmacie. Nous 
croyons ton tefoit devoir ajottter que, fat cela inénle que te mode est 
rigoureux et pour ainn dire maihématiq|ie« par eeU qu'il est essen^ 
tieilement propre à conduire à T uniformité dans le mod;Q de prépara^ 
tion , il importe de ne l'appliquer aux formules qu'après avoir étudié et 
discuté à fond les conditions exigées par chaque substance. Ce travail, - 
qai demande beaucoup de soins et de temps , a retardé jusquici la pu- 
blication de diverses applications qui découlent de noi premiers essais. 

BoOiLAY , père et fils. 



11:9 JOURNAL 

« 

RECHERCHES 

D'histoire naturelle et de chimie sur la matière cireuse 

du carnauba {palmier). 

Par J. J. ViiBY. , 

Le ministre de la marine ayant adressé à TAcadémie dé 
médecine de la résine d'acajou déjà connue^ et la nia* 
tiëre cireuse du carnauba , avec Tinvitation d'en examiner 
la nature et les propriétés , nous croyons devoir publier 
nos recherches et le résultat de quelques expériences sur 
cette dernière substance rare et encore peu observée. 

On ignorait généralement ce qu'était le végétal cara" 
na'iba , décrit par Marcgrave (i) et par Pison (a), dans leur 
Histoire des plantes du Brésil , ou le caranaiii^e de 
Laët (3) y bien qu'on en ait publié au XYIP. siècle des 
figures grossières représentant sous ce nom une espèce 
de palmier. Cependant on avait apporté, sous la dénomi- 
* nation de carnauba , une matière cireuse^ conservée par 
quelques curieux pharmacologistes dans leurs cabinets. 

En i8io, le comte de Galvéas envoya, de Rio«Janeiro, 
à lord Granville , ministre anglais , ce produit brasilien 
comme assez précieux » soit pour former des flambeaux 
brûlant avec une odeur suave , soit pour tout autre em« 
ploi. 

La découverte qu'avait faite M. de Humboldt' du paU 
mier ceroar//oi^ andicola^ qui donne par exsudation, àe 
•on tronc, une cire végétale (4) , fit. présumer que le car- 
nauba , déjà reconnu pour un palmier, selon Corréa de 
Serra, était le même arbre ou une espèce voisine. Iviais 
le carnauba , loin de s'élever de 900 à i45o toises sur les 
montagnes au-dessus de la nier, comme le céroxylon , 

(1) Hitt, nat, Brasil. , édit. 1648, p. i3o , fig. I. 

{1) Hist. nat. med. , éàit. Àmsteîod. i658,p. ia6, fig. i (exclus. , 
fig. 2 ), et Jean. Rajas, Hht. plant., tom. II, p. i368. 

(3) Voir aussi Joan. de Laët, Nov. orbis descrip , p. 612 , et Jonston, 
Dendrol., p. i5o, édit. de 1768. 

(4) Plant, équinoxiales , p. 3. 



DE PHARMACIE. il3 

croit dans les plaines chaudes et fertiles de rintérieur du 
Brésil , et des provinces de Fernambouc , de Bahia , tantôt 
solitaire, tantôt formant d'épais bocages* Ce n'est pas de 
son tronc , mais de Faisselle de ses feuilles , que découle la 
matière cireuse. Celle-ci diffère, comme nous le verrons, 
de celle du céroxylon *, enfin le carnauba est un palmier 
hermaphrodite du genre des lataniers, corypha^ d'abord 
décrit par Manuel Arruda (i), puis figuré en couleur et 
> examiné dans tous ses détails par le savant botaniste Mar- 
tins (2). Sa tige ou caudex , ayant à peine 6 à 8 pouces de 
diamètre, s'élance à3o ou 4o pieds de hauteur, et se cou- 
ronne d'une belle tétè de feuillage et de régimes de petits, 
fruits. Les feuilles sont en éventail , à pétiole épineux (3). 
Les fleurs , environnées d'un spathe , sont suivies d'une 
baie ronde à chair amère , que ni les singes ni les perro- 
quets ne mangent, et cependant Pison rapporte que les 
sauvages les apprêtent et les mâchent avec plaisir. Tel 
est le coiypha cerifera. 

On avait donc à tort présenté la famille des palmiers 
comme n'offrant aucune matière grasse , puisque des 
vaisseaux propres du tronc et des pétioles de ce corypha 
et du céroxylon exsudent une sorte de cira, et que 
les fruits des cocotiers et de Ta voira sont butyreux , tan- 
dis que l'intérieur des troncs de presque toutes les es- 
pèces, riche d'abord en sève sucrée, contient ensuite de 
la fécule à sagou, puis donne à son sommet une sorte de 
chou très-nourrissant. Des principes amers et astringens , 

(1) Man. Arruda da Garaara , dans lappendix de Koster, Traveh in 
BraMily London , i8j6 , in-4**« 

(3) G. -F. -P. de Martius , /^e/i«ra et speeies palmarum Brasil,^ etc., Mo- 
nachi, 1823, fol. fig. , p. 56. Corypha ceri/era^ caudice annulato petio- 
loruni spinosorum basibus persistentibus coronato , frondibus flaoelli- 
formibus glaucis , absque filis injter pinnas. Spadicis ramis floribasqae 
sericeo-tomentosis , spathis glabris ; baccis ovatis , obtusis. 

(3) Les épines crochues sont noires ; le feuillage en é?entail a jus- 
qu'à ^o rayons sur chaque pétiole , et ces rayons , longs de 6 pouces, 
sont souvent bifides. Les spathes longs de 5 à 6 pieds, comme les ré* 

f;imes , couvrent les fleurs naissant en panicules sur un rachis ramenx ; 
es fleurs sont velues , à calice et corolle à 3 divisions , 6 étamines, 
3 styles dont a avortent; un seul ovaire devient le fruit, en baie, ayant 
\ un noyau unique. 

XX^ Afiiiéc. — Fés^rier 1 834- 8 



■ 

parfois caustiques ^ se manifestent aussi dans Tenveloppe 
charnue de plusieurs fruits de palmiers. Cette belle tribu ^ 
de monocotyledones est donc aussi fertile en produits 
Tëgétaux dirersement élaborés, que beaucoup d'autres 
familles de dicotylédones à structure plus compliquée. 

La cire du carnauba découle des feuilles {e /rondibus) ^ 
elle est en morceaux frustes ^ pluBX)u moins mêlée d'im^^ 
puretés d'abord; mais les babittins des contrées où elle 
se recueille, la fondent, la purifient pour divers usages; 
on la peut mélanger avec la cire d'abeilles pour en former 
de belles bougies. 

^ Description de la èire de catrêduba^ 

Elle est en masses dures, mais fragile, et peut même . 
se pulvériser grossièrement par percussion. Sa couleur 
est d'un blanè jaunâtre ou grisâtre tirant sur le vert. Son 
odeu^ rappelle celle du mélilot , ou du foin nouveau ( ou 
de la fève tonka ), mais faible; elle n'a point de saveur et 
se brise Sous la dent , elle manque de liant. 

Sa pesanteur spécifique a été trouvée de 0,980. Elle 
est fusible à 97** centigr. ou à la cbaleur du bàin-marie. 
liteau bouillante n'a sur elle aucune autre action que de la 
liquéfier et de prendre légèrement son odeur; l'alcool 
à 36*» ne la dissout point à froid et ne lui enlève pas 
sensiblement de son poids ; mais à chaud il en dissout 
une portion qui se précipite presque entièrement par le 
refroidissement. 



Analyse chimique de la ciré du eamaij?a\ 

Cette analyse ayant été faite par Will.Thom. Brandes(0 
et non publiée, que je sache, en France^ nous allons en 
donner le précis. v 

Après âvoir rappelé que Vâuquelin considérait la cire 
àueér^^yhn comme formée de deux parties de résine et 



ftp^^Bi^MbriBiAMU 



■ J i.fc 



tmam 



(I) Account of a vegetahU ^ax/mm Bra^l., dans 1«| pluioioph. trUtt- 
sact. Lond. , ioii| p. aoi sq. 



DE PHAEMACiE. t l5 

d'une partie dé cire, Brandes regardé la matière du^ear-^ 
nauba comme uniquement constituée de cire végétale. 

Deux onces d'alcool à Saô'^aréom. ont diêsoat lo grains 
de cette cire par 1 ebullition ; il s'est précipité 8 graine 
par le refroidissement. L'addition de l'eau a fait déposer 
a grains. La dissolution alcoolique était verdàtre. 

Deux onces d'élher sulfurique de 7563 de densité , ont 
pris 3o grains de cette cire à 6o^ de température. Il se 
dépose par le refroidissement %6 grains. 

Les huiles fixes dissolvent en toute proportion cette 
cire à Taide de la chaleur, et en forment des cérats. Ce 
composé, avec Thuile d olives, devient soluble.dans Téther 
et dans Talcool , bien que l'huile d'olives seule resté inso- 
luble dans ce menstrue* 

Traitée par la potasse caustique, la cire du caroaubt 
donne un composé rose p4le ; cependant ii n'en résulte 
point un véritable savpn, et les acidei détruisent facile*» 
ipent cette «imposition* 

L'acide nitrique jaunit la cire du camauba ; il en résulte 
pne matière grasse, fragile* 

Le cblore blanchit parfaitement Cette cire. L'acide sul** 
furique concentré Uk brunit, Elle «e comporte eoil ail 
^eUy soii avec, d'au tref réactifs , à U manière de la cire 
d'abeilles, quoiqu'elle soit beaucoup moins fusible et plus 
friable* 

Cette matière présente le mémd genre d'intérêt que lee 
autres cires des végétaux , et en particulier celle du m^ 
rica cerifera , du oroton fiebtferum , celle du la€ de l'Inde, 
i^elle qui exsude de l'écorce du fruit d'une cucurbitacce, 
celle du celastru^ o^riferuS , ou celle développée par le 
çocçus ccrifet'us , cochenille dont la piqûre fait exsuder 
cette cire ,. etc. L^s anal^fies faites par Pearson , Bostock , 
Hachett, etc., montrent l'analogie de toutes ces produo^ 
tions avec la cire dçs abeilles ; néanmoins oç y a distin- 
gué depuis la cériae proprement dite, et la myricine, 
et quelques autres modifications de ces principes. 

Il ré^jiiUe de ces diverses observations que le eurnauba 
dofine itne cîr« plus i^cilide, plus friable et moins fusible 

8. . 



Il6 JOURNAL 

que les autres cires des végétaux. De là vient que, pour 
l'employer plus facilement à divers usages, les Brési- 
liens Fassouplissent par son mélange avec de la cire 
d'abeilles. 

NOTES 

Sur d'autres productions i^égétales. 

Par Ls MÊjCB. 
1 °. Sur la chaleur développée par certaines /leurs* 

Personne n'ignore que la fleur d'arum cordifolium de 
Madagascar, observée par Hubert à Ttle de Bourbon, s'était 
échauffée au moment de la floraison de 19 à 26° Réaumur; 
mais M. Bory de Saint-Vincent avait fait remarquer que 
la température du climat, pendant le jour, avait pu con- 
tribuer à cette élévation thermométrique. Ensuite La- 
marck et Sennebier avaient retrouvé cette même augmen- 
tation de température dans les fleurs à'arum italicum» J.^ 
N. Link, dans le tome »•., page 224 de son ouvrage, 
[Dienatur der lebendigenpjlanze) avait annoncé un pareil 
phénomène dans une autre aroïdée, le caladium pinnatifi- 
dum; mais il avait été révoqué en doute par le docteur 
Goeppert de Breslau. Pour mettre fin à cette incertitude, 
le savant D'. E.-H. Schultz, de Berlin , a répété avec soin 
l'eiçpérience sur cecaladium. Le i". mai i833 à midi, à iS** 
Réaumur , après 6 heures , la fleur commença à répandre 
une odeur de charogne, ou cadavéreuse ammoniacale, qui 
lui est naturelle ; à y heures du soir elle donnait 1 y" Réau- ^ 
miir , à 8 heures iQ"*, à 9 heures 20° et à 10 heures 2 1 ^ (ou 
81 Fahrenh.)* Cette chaleur ne s'est plus accrue au delà, 
le lendemain la fleuj était revenue à la température atmo- 
sphérique sans manifester de nouveau le même phénomène. 
Mais sur le même pied delà plante, d'autres fleurs se sont 
successivement développées avec des degrés semblables 
d'élévation de température et de dégagement d'odeur fé- 



DE PHARMACIE. 11^ 

tide , soit de nuit, soit de jour, dans la même chambre , et 
suivant le même ordre. Le caladium pinnatifidum est 
originaire , des forêts de Garaccas ; Te développement 
périodique de chaleur doit avoir liçu régulièrement dans 
la végétation de cette plante. 

a*. Sur les plantes causant tidiotisnie chez les Turcs. 

m 

Le docteur Oppenheim, qui vient de publier un travail 
fort curieux sur l'état de la médecine dans la Turquie d'Eu- 
rope et d'Asie, donne des preuves que certaines familles 
de haut rang parmi les Osmanlis , rendent exprès et arti- 
ficiellement idiots des enfans et des adultes , afin de les 
mettre hors d'état de gérer leur affaires , soit pour s'em- 
parer de leur fortune , soit pour s'affranchir de compéti- 
teurs dangereux dans les plus hauts postes de 1 état. Déjà 
Bernier, dans son voyage au Mogol, avait signalé cette 
pratique, et citait des frères du grand-mogol, auxquels on 
donn.iit une composition narcotique, nommée du /?oajt, 
qui rendait complètement idiot. C'est ce qui se pratiquait 
9ussi à Gonstantinople, et ce qui a suggéré à Racine ces vers 
de la tragédie de Bajazet : 

L'imbécile Ibrahim, sans craindre sa naissance , 
Traîne 'an fond du sérail une éterneUe enfance ; 
Indigne également de vivre et de mourir. 
Il s'abandonne aux mains qui daignent le nourrir. 

On sait de plus quelle vénération les mahométans té- 
moignent aux idiots , regardés comme de saints innocens ; 
de même qu'on a dans les Alpes et le Valais un préjugé 
favorable pour les crétins ( ou bons chrétiens) , parce qu'ils 
ne font pas de mai , et s'en laisseraient faire plutôt par 
stupidité. 

Or, cet idiotisme se procure soit par les moyens de com- 
pression qui refoulent le sang veineux dans les sinus du 
cerveau et stupéfient le sensorium en appelant le coma et 
Je sommeil , soit parades plantes très-narco tiques du genre 
des^ datura , des hyoscjamus et auti'es solanées , avec l'o- 
pium. Ces végétaux déterminent une sorte d'ivresse 



Il8 JOUBNAJi 

joyraN « ou de douce Aomnolence ; aussi cet idiotisme ou 
cet éiat dç fatuité , loin d'être pénible , au contraire plonge 
dans l'oubli de toutes les peines de la vie. C'est une sorte 
de castration intellectuelle qu'on exerce pour les seules 
causes politiques sur les enfans mâles des sultans , quand 
il y a danger de voir des frères se disputer l'empire. Le 
docteur OpfSenbeim donne à cet égard des détails intéres* 
sans« Nous avons exposé des faits analogues dans notre 
dissertation sur le Népenthès. {Bulletin de Pharmacie^ 
Tome V, page 49? sq') 

NOUVELLES DES SCIENCES. 



Dans le dernier numéro de ce journal , j'ai donné l'es-^ 
prit d'un travail fort intéressant que M. Dumas a entre- 
pris sur l'action du gaz phogëne sur l'alcool ; j'ai dit quç 
Tauteur avait obtenu de cette réaction un éther nouveau, 
et j'en ai donné les principales propriétés , ainsi que la 
composition, telles qu'elles se trouvent consignées dan$ 
le mémoire de M. Dumas. 

Dans cette même note j'ai dit que M. Dolnas avait ob- 
tenu une nouvelle substance solide cristallisable , en fai- 
sant agir l'éther chloro-carbonique sur l'ammoniaque ; 
c'est de ce corps remarquable dont nous allons parler 
mainteoant, en nous servant des expressions même de 
l'auteur. 

« L'éther cUoro-carbonique étant représenté par C^ 
0'Ch3^*C«H«+H2 0, on doit obtenir de curieux pfo-^ 
doits en le soumettant à l'action de l'ammoniaque. Il se 
passe , en effet , une vive réaction entre ces deux corps 
liquides ; elle a lieu quelquefois avec une sorte d'atplo- 
«ion, la liqueur devient claire et homogène ; en l'évapot 
rant dans lé vide , on obtient un résidu blanc ; eeiui'-ei 
mis dans une cornue et distillé dans ud bain d'huile, t€ 
sépare en sel ammoniac qui reste dans Id cornue, et en 
lia produit volatil qui coule comme de l'adipocire et qu{ 



DE PHAlMàCIE. ' 119 

cristallise ei> masse nacrée. Ce corps est formé de G^ O*, 
H^ G*, Aj^ H^, c'est un cari3onate d'hydrogène carboné et 
d'ammQniaque. II est trëfi-«soIubIe dans Feau et cristallise 
de ses dissolutions avec une promptitude singulière, et 
donne des cristaux d'un volume remarquable. Il est neutre. 
On pourrait représenter cette combinaison par un atome 
d'éther carbonique et un atome d'urée. On a , dans ce cas, 

Le gaz chloro^cârbonique lui-même , traité par l'ammo^ 
niaque gazeuic, donne du sel ammoniac qui cristallise en 
cubei, et une autre matière qui cristallise en aiguilles. 
Gelle«ci est soluble dans lalcool, elle se concrète par 
l'acide nitrique. Je n'ai pas aperçu de carbonate d'am- 
moniaque dans le produit. Mais, bien que la réaction 
puisse fournir de l'urée , je n'ai pas encore la certitude 
. qu'il s'en soit formé. » 

Âprite cette note, dans laquelle il est facile de voir une 
faute de réactions irès^curieuses, IVL Dumas a bien voulu 
m'en remettre une seconde portant sur l'étber oxalique , 
et la réaetion qu'il présente ^vec l'ammoniaque , je m'eo 
vais le reproduire littéralement. 

« L'élher oxalique ofire d autres propriétés qui ont mo- 
tivé de nouvelleB recherches à son sujet* 6on analyse, 
faite de nouveau , a donné les mêmes résultats que la 
même analyse faite par MM. BouHay fils et Dumas. 
Elle ne laisse aucun doute sur la constitution de cet 
éther. 

Traité par l'ammoniaque sec, il donne un compofé 
d'aspect gras, fusible et irès-soluble , qui renferme 
G* 0% H* G*, Az HS c'est un oxalate double d'hydrogène 
carboné et d'ammoniaque sans eau. Ce produit peut se 
représenter aussi par de i'oKamide et de 1 ether oxaliquci 
atome à atome G* O^ Az' H* +G< 0\W Ç», H^ ; elle 
ressemble donc sous ce rapport è la matière qui provient 
de l'éther chloro^carbonique, et ecmstitue avec elle uq 
nouveau type de matières azotées. 

L'ammoniaque en excès , comme l'a remarqué M. Lié- 
. big, change l'éther oxalique en oxamide, ^expérience est 



. 120 JOURNAL 

facile à faire en traitant cet éther pnr rammoniîique li- 
. quide en excès. Ainsi les chimistes allemands avaient eu 
tort en réunissant la matière précédente découverte par 
MM. Boullây et Dumas, a celle qui résulte de Taction 
de l'ammoniaque liquide par lether oxalique (i). » 

J.-P. C. 

L'on sait que la croûte blanche qui se forme à la sur- 
face du phosphore a d'abord été considérée comme de 
Toxide de phosphore par quelques chimistes , et comme 
un hydrate d'oxide de phosphore par d'autres. M. Pe- 
lôuze, dans une thèse qu'il a présentée à l'École de Phar- 
macie, a décrit ce corps, et l'a considéré comme un 
hydrate pur de phosphore, sans mélange d'oxide; ses 
expériences sont claires, ses résultats sont nets; ils sont 
accompagnés de chiffres , et semblaient faire évanouir 
tous les doutes sur la nature de ce corps. 

M. Gagniard de Latour a fait quelques expériences 
simples sur le phosphore , qui doivent ou infirmer les ré- 
sultats trouvés par M. Pelouze, ou expliquer la formation 
de l'hydrate de phosphore. Il a pris deux tubes baromé- 
triques de douze à quinze pouces de longueur, il y a in- 
troduit de Teau distillée et un morceau de phosphore 
parfaitement transparent, puis il a fermé les tube$ à la 
lampe , en ayant le soin d'en purger un entièrement d'air^ 
Les deux petits appareils ont été abandonnés à eux- 
mêmes pendant quelques mois. Après plusieurs semaines, 
le phosphore qui se trouvait dans le tube contenant de 
l'air s'est recouvert de la croûte blanche citée plus haut, 
tandis que le tube purgé d'air présentait le phosphore 
avec sa transparence pfemière. 

D'après ces expériences , M. Gagniard de Latour 
pense, à juste raison, que la nouitière blanche qui re- 
couvre le phosphore contient peut-être des traces 
d'oxigène, mats trop petites pour être sensibles à nos 
moyens d'analyse , ou bien, ce qui paraît plus probable, 

(i) Dans les formales employées dans cette note pour représenter 
leurs actions observées par M. Dumas , on a pris pour poids d'atome de 
carbone le chiffre 37,63. 



DE PUAKMÂCIK. ^ 

que Thydrate se forme aux dépens de 1 acide produit d'a- 
bord en en dégageant son oxigène. Ce qui revient à dire 
que l'eau et le phosphate ne se combinent pas directe* 
ment à la température ordinaire , comme le prouve d'ail- 
leurs une des expériences citées. 

J'ajouterai à ces curieuses observations, que M. Du-' 
mas, dans ses précieuses et savantes leçons orales , tout 
en considérant la croûte blanche qui recouvre le phos- 
phore que Ton conserve sous Teau comme un hydrate de 
phosphore , a fait quelques digressions qui auront pro« 
bablement laissé dans Tesprit de ses auditeurs, qu'un 
nouveau travail sur les oxides de phosphore ne pourrait 
que tourner au profit de la science. J.-P.C. 

M. Pelouze a fait une remarque bien curieuse, et qui 
devient une loi générale ea chimie organique ; elle est 
relative à la formation des acides pyrogéués. Il a observé 
que les acides susceptibles de donner des pyro-acides ne 
le faisaient qu'en abandonnant ou de Tacide carboni- 
que ou de l'eau, ou enfin Tun et l'autre de ces corps à la 
fois et dans des proportions variables. Voici du reste l'ex- 
pression de cette import«inte loi : « Un acide pyrogéné 
quelconque , plus , une certaine quantité d'eau'et d acide 
carbonique, ou seulement l'un de ces deux corps, re- 
présente toujours la constitution de l'acide qui lui a 
donné naissance. » 

Lorsque l'acide pyrogéné n'exige pas une température 
très-élevée pour se volatiliser, il se forme et se dégage 
dans un état de pureté parfaite ; l'eau et l'acide carboni- 
que qui l'accompagnent ne sont pas mêlés de la moindre 
trace de matière empyreumatique. Nous plions citer quel-' 
ques exemples à l'appui de cette opinion : 

Acide galliqaeà ai5o=C7 H^ 05=C 02 4-(C6 H603 =: A. pyrogalUque) 
Acidecitrique=C6H606=C02-hH2 + (C5H403 = A.pyrocitriq«e) 
Acide méconique= C7 H* 0^ =0 02 -f- ( C^^ H^ O^ = A métaméconique ) 
Acide métaméconiqae=C6H4O5=CO24-(C*H*03=A.pyromécoQiqae) 
Acide macique=C«Hi0O8=CO2+3(H2O)+C5H4O3 A. pyromucique) 

Un'e remarque que le lecteur a déjà faite sans doute, 
c'est que l'acide pyrocitrique, l'acide pyroméconique et 
pyromucique sont isomériques. Ce ne sera pas les seuls 

3ue l'on rencontrera sans doute , et déjà M. Pelouze a 
evers lui quelques cas semblables. 



tM lOUlNAL 

Quand lacide est volatil , et que la ckaleur par consé'- 
quent ne peut rien sur lui , on peut , en le combinant aux 
bases , obtenir des phénomènes analogues et rentrer dans 
la loi énoncée par M. Pelouze. Tel est Tacide acétique 
combiné à la baryte, qui se transforme en carbonate de 
baryt,e et un esprit pyro-acétique comme le représente la 
formule : 

C4H60J4.BaO = BaO + COa-f C3H«0. 

Enfin , on pourrait citer encore les acides gras qui , 
chaudes aviec la baryte caustique, se transforment en 
nouvelles matières et en carbonate de baryte , comme 
M. Bussy l'a démontré dans un mémoire fort curieux 
imprimé dans.ce journal. 

Nous attendrons que M. Pelouze ait publié ses recher- 
ches pour présenter toute l'importance que paraît pro- 
mettre cette loi nouvelle. J.-P. C. 

Dans un mémoire que MM. Pelletier et Couerbe ont 
présenté tout récemment à l'Institut , les auteurs don- 
nent une nouvelle analyse de la coque du Levant (me- 
nispermum cocculu$ ]. Ce sujet a été traité, comme l'oo 
sait, par divers chimistes, et surtout par M. Bouilay, qui 
adonné une bonne analyse de ce fruit drupacé. et qui 
y a signalé, le premier, une matière cristallisabie jouis- 
sant de propriétés vénéneuses au plus haut degré. Cette 
singulière substance reçut, en raison de cette propriété, 
le nom de picrotoxine. 

Dans le nouveau travail sur la coque du Levant , que 
j'analyse, les auteurs ont examiné à part l'amande et son 
enveloppe , et ont découvert , dans l'enveloppe corticale , 
deux principes immédiats parfaitement blancs et cristalli- 
sables. L'un de ces corps porte le nom de ménispermine , 
il est alcalin et forme des sels bien déterminés. Le sul- 
fate a été décrit et analysé avec soin. L'autre matière a 
reçu le nom de paraménispermine en raison de sa 0001-» 
position , qui est identique à celle de la ménispermine j 
elle se distingue de celle-ci par sa non-alcalinité , par sa 
volatilité, sa solubilité et sa forme cristalline, etc. 

La composition de ces matières est assez remarquable, 
elle ne diffère de celle de la quinine que par 2 atomes 
de carbone; en effet, la formule delà quinine, d'après 
l'analyse de M. Liébig, est C^^H^* Az^O^, celle de la 



DE l>IIAfi]llACI£. ia3 

méniftpermine ss C^^ H^* O^ Âz^ Mais ceci n'a rien A*i^ 
ionpant, et l'on remarque le même rapprocbement entre 
]a eomposition de la brucine et celle ae la morphine , 
maUgré que cea substances s'extraient de végélaux qui 
ne présentent pas la moindre analogie ; ainsi la morphine 
a pour formule C^^H^^Az^O^ et la brucine C^^H»«N20«. 
Je me propose de revenir sur ces divers rapports. 

L'enveloppe de la coque du Levant.contient, en outre 
de ces deux substances , un autre produit brun acide, 
qui a été étudié et analysé , et que les auteurs ont ap* 
pelé acide hypo-picrotoxique. 

La picrqtoxine , découverte par M/ BouUay , n'a été 
trouvée c^ne dans l'amande , elle a été soumise à de nom«- 
breuses expériences par MAI. Pelletier et Couërbe, et les 
phénomènes que cette matière leur a offerts leur ont per* 
mis de la placer au rang des acides. On sait qu elle avait 
été considérée tour à tour comme substance neutre et 
comme substance alcaline. Toutefois je ferais observer 

3ue la picrotoxine est un acide des plus faibles , et qu'on 
oit le regarder comme servant d'anneau réunissant les 
acides végétaux aux substances neutres. 

Les combinaisons que forme Tacide picrotoxique avec 
les alcalis minéraux et végétaux ont été soumises au cou-* 
rant de la pile voItaVque , afin de voir si elles suivraient 
la loi commune, dans ce cas, aux. composés salins mi- 
néraux , et les auteurs n'ont remarqué aucune anomalie 
dans les expériences nombreuses qu'ils ont faites sur les 
divers picrotoxates , c'est-à-dire que, toujours la picro- 
toxine s'est conduite comme un véritable acide venant 
cristalliser au pôle positif. 

. Le mémoire original devant bientôt paraître dans ce 
journal, je passe sous silence un grand nombre de faits 
qui y sont consignés; je ne désire présenter au lecteur , 
pour le moment, que 1 esprit et la marche du travail qui 
ont guidé les auteurs dans leurs recherches. 

Jt*»P« G» 

Sur l'emploi de la créosote. ' 

Quoique la créosote n'ait pu être soumise encore qu'à 
un petit nombre d'expériences, presque toutes ayant 
proouit un résultat avantageux, on peut croire que ce 



1^4 JOUfiNAL 

précieux agent est entré dans le domaine delà thérapeuti- 
que, et tout fait espérer que cette conquête sera impor- 
tante et durable. C'est particulièrement à l'extérieur que 
ce corps a été applique jusqu'ici : il parait essentielle- 
ment propre à améliorer les plaies de mauvaise nature , à 
arrêter les.Iiémorrhagies. On l'a essayé aussi avec le plus 
grand succès pour calmer instantanément les douleurs 
violentes causées par la carie des dents : dans ce cas seul 
on se sert de créosote pure. 

Dans tout autre elle doit être mêlée a une proportion 
d'eau qui varie suivant l'usage auquel on la destine. 

Les divers médecins qui l'ont essayée, paraissent d'ac- 
cord pour admettre que , dans la plupart des cas , il faut 
qu'elle soit fortement diluée. 

Ainsi M. le docteur Goster a annoncé à l'Académie 
de médecine qu'il avait employé la créosote à la dose d'un 
scrupule par fivre d'eau à l'intérieur ou de j^ environ, 
d'un scrupule par demi-livre en gargarisme ou de 7— , 
d'un scrupule par quart de livre à l'extérieur ou de 7^. 

M. le docteur Téallier a fait connaître récemment à la 
Société de médecine du département de la Seine qu'il 
venait d'employer avec un succès aussi prompt qu'inespéré 
la créosote contre des ulcérations anciennes , dans des cas 
où il avait échoué par les moyens, ordinaires , et même par 
la cautérisation au moyen au nitrate acide de mercure. 
Quoique la créosote ne fût qu'au -—^ , chaque application 
déterminait une douleur vive, mais de courte durée. 

M. Téallier a observé en outre que, lorsque cet «igent 
est moins dilué , son application sur des parties douées 
d'une grande sensibilité , peut déterminer des douleurs 
très-violentes , mais passagères, sans causer toutefois ni 
inflammation ni désorganisation. 

Aujourd'hui, oùlacréosotedoit être dans toutes les phar- 
macies , il était important de dire quelques mots sur le 
mode de son emploi , et de mettre chaque pharmacien à 
même de répondre aux prescriptions qui pourraient lui 
être faites sous cette forme : créosote au -^ , créosote au 
•—^ ou sous toute autre. P. B. 



DB PHARMACIE. 1^5 

\ ' - 

EXTRAIT DU PROCÈS VERBAL^ 

De la séance de la Société de Pharmacie , 8 janvier 1 834« 

PRÉSIDENCE DE M. CHEREAU. 

La correspondaiice manuscrite comprend : 

i**. Une lettre de M. Mouchon fils , annonçant que ~ de 
magnésie solidifie la térébenthine du pin maritime, et de- 
mandant que la Société fasse répéter ses expériences sur 
les échantillons qui accompagnent sa lettre. M. Mouchon 
demande en outre que son travail sur la fermentation de la 
salsepareille et sur la thridace alcoolique , soit inséré dans 
le Bulletin de Pharmacie. M. Soubciran observe qu'il est 
vrai , comme l'a annoncé M. Mouchon \ que la salsepa- 
reille fournit plus d'extrait par la fermentation que par 
les autres procédés ; mais que cet extrait a beaucoup 
moins de saveur, et qu'il est d'une qualité inférieure , eu 
raison de la présence d'un grand nombre de matières 
inertes rendues solubles par la fermentation. 

M. Boullay partage l'opinion de M. Soubéiran , et de- 
mande que le travail de M. Mouchon soit l'objet d'un 
rapport. 

2'*. M. Robiqaet communique une lettre de M» W. 
Grégory , dans laquelle ce chimiste annonce qu'il a retiré 
de 2 kilogrammes de muriate de morphine préparée par 
sa méthode , 64 grammes de codéine hydratée , et qu'avec 
cet alcali il a préparé un nitrate pur qui lui a servi à 
quelques expériences physiologiques. 

M. Soubéiran annonce qu'il a retiré du sel double à 
peu près la même quantité de codéine que celle trouvée 
par M. Grégory , et qu'il a d'ailleurs observé que le nou- 
veau procède fournissait autant de morphine que l'an- 
cien, lorsqu'on séparait cet alcaloïde de toute la narcotine 
qu'il relient ordinairement. 

A l'occasion de ces diverses remarques sur l'opium, 
M. Robiquet communique le fait suivant. Ayant préparé 
de la morphine en la précipitant du muriate par l'ammo- 
niaque , et reprenant le précipité par l'alcool sans em- 
ployer de charbon , il a obtenu une poudre blanche , inso- 



126 JOURNàL 

lubie dans Tenu froide et dans Teau bouillante, égale- 
iDeul insoluble dans les acides faibles et dans lalcool. Les 
acides 8iilfuriqu« et hydrochlorique concentrés la diç- 
solvaient sans aucunecoloration, et l'eau la précipitait de 
ce^diasoluttond. Les alcalis caustiques dissonraient égâle*^ 
ment cette substance , et en se carbona tant à l'air laissaient 
précipiter une poudre également cristalline. Cette sub- 
stance, délayée dans un peu d'eau , développe une couleur 
vineuse très -intense, quand on y ajoute d'Uchloridedefer. 
M. Pelletier annonce qu'il a de son côté trouvé dabs les 
eaux-mères des précipités de morphine -par lammonia- 

3ue , une substance blanche , d'un aspect nacré , insoIubU 
ans Teau froide , soluble dans l'eau bouillante , d'où elle 
se précipite par le refroidissement sous forme de cristaux. 
Cette substance rougit par l'acide nitrique, mais elle na 
colore pas en ble^i les sels de fer : elle ne laisse d'ailleurs 
aucun résidu quand on la brûle au contact de l'air. 

La correspondance imprimée compirend : i"". le Bulletin 
d^ndustrie agricole et manufacturière de Saint-Etienne , 
tome a, 3, 4? i^^^ ; ^''- l'Introduction à l'étude de la chimie 
par la théorie atomique, par M. Baudrimont; M. Bussy 
fera un rapport verbal sur cet ouvrage; 3°. Journal cïe 
Pharmacie } 4°* Rapport officiel sur le congrès scientifique 
tenu h Caen, juillet i833; M. Lodibert rapporteur; 
S^'.deux numéros delà Gazette éclectique, M. Chéreau 
rapporteur. 

M. Chevallier fait hommage k la Société d'une notice 
surM. Vauquelin. Cette notice, qui présente un exemple 
de la possibilité d'unir la typographie à la lithographie , 
a fourni , sur une seule pierre et dans un même tirage fait 
par M. Delarue , i°. un transport de gravure sur pierre ; 
a*», un transport décomposition typographique; 3**. un tran- 
sport d'un dessin au cr.lyon; 4°« tin transport de deux 
dessins à la plume; 5**. des écritures sur pierre et des écri- 
tures autographiées et transportées. 

M. Robiquet, à l'occasion des dernières expériences de 
M. Pelouze sur les modifications qu'éprouvent certains 
acides organiques, en les exposant à des températures dé- 
terminées, tnonlre A la Société un petit appareil propre 
à obtenir des températures consUntes. M. Planche de- 
mande que le dessin en soit inséré dans le prochain nu- 
méro du Bulletin. 



OB PHàHMAGIfi. li;^ 

Mi Hefûâftde2 lit eu son nom et en celui de M. Garot , 
un rapport sur un mémoire de M. Mouchon , relatif à la 
préparation de l'extrait de laitue avee les ti^es desséchées 
de cette plante. Sur les observations de plusieurs mem- 
bres , la Société décide que le rapport sera difTéré 
jusqu'à ce que MM* les commissaires aient pu répéter le 
procédé de M. Mouehon. 

M. Henry lit un rapport sur un mémoire de MM. Lo- 
renzo et Morens., sur une substance cristallisée , que les 
auteurs appellent espartine, et qu'ils ont découverte dans 
le genêt commun [spartium tnonospermum h»). Cette 
matière paratt n'être autre chose que de la salicine. 
MM. Henry et Lecanu proposent l'insertion du mémoire 
de MM. Lorenzo et Morens dans le Bulletin de la So- 
ciété, et la nomination de ces deux chimistes au titre de 
correspondans. M« Lodibert est chargé d'un rapport sur 
leurs travaux. 

M. Bonastre dépose sur le bureau un mémoire sur l'a- 
nalyse de la graine d ambretle ( hibisus hab-el tnoschus ) , 
et une substance cristallisée retirée de cette graine. 

M« Bussy lit un rapport sur les travaux de M. Morel. 
Ce pharmacien est nommé à l'unanimité membre corres- 
ponaant de la Société. 

M. Lecanu lit un rapport d'admission sur les travaux 
de M. Félix Boudet. 

M. Boudet est proclamé à l'unanimité des suffrages 
membre résident de la Société» 

SOCIÉTÉ DE PRÉVOYANCE 

DES PHARMACIENS DU DÉPARTEft^EKT DE LA BEINÉ. 

La Société de prévoyance, établie entre les pharma- 
ciens du département de la Seine , arrêta , dans sa séance 
du ^ août dernier , sur la proposition qui lui en fut faite 
par son conseil d'administration ^ qu'un nouveau projet 
de loi sur l'exercice de la pharmacie serait rédigé sur les 
matériaux fournis par une commission spéciale (t), et 

mmmm^ ij 11 I I II II I I.. « .iwi — .1. !!■ I . .,■111 >■■ ■■! I I »' * » 

(i) Cette commission , composée de MM. Boullay, Raymond, Ber- 
nard-Derosne , Gùihoart et Thubœuf , se réunit p^ur travaiUer conjoin- 
tement avec celle nommée par la Société de Pharmacie. IMM» Rohiquet, 
Chereau, Cap, Blondeau et Boution-Oiailard t'ont paitie de cette der« 
nière. 



laS JOURNAL DB PHARMACIE. 

que ce projet serait adressé au ministère et aux chambres. 

Elle a pensé aussi qu'en cherchant à augmenter le 
nombre de ses souscripteurs , elle acquerrait la force mo- 
rale dont elle a besoin pour appuyer ses demandes orès 
de l'aulor^é. Pour arriver à ce but, il fut décidé, uans 
la même séance, que la souscription qui avait été jus- 
qu'alors de 3o fr. , serait réduite à 12 Ir., et qu'une cir- 
culaire en avertirait les pharmaciens de Paris, et les pré- 
viendrait que ceux d'entre eux qui s'inscriraient comme 
membres de la Société , eii signant la feuille de présence, 
prendraient immédiatement part à ses travaux , et à la 
nomination de ses officiers pour l'année i834« 

Cette séance, qui avait été fixée au 6 décembre, s'ouvrit 
à midi et demi, sous la présidence de M. Aaymond. Cin- 
quante-six nouveaux membres vinrent s'inscrire à côté 
des quarante dont se composait le personnel de la So- 
ciété , cei qui porte son effectif à quatre-vingt-seize. 

MM. Hottot et Garot, nommés pour la vérification des 
comptes de M. le trésorier, font un rapport favorable sur 
la gestion de ce comptable; et il résulte de leur examen, 
que la Société possède aujourd'hui i2,55o fr. 3o cent. 

M. Guibourt lit un aperçu sur le travail qui a pour 
objet la législation pharmaceutique. 

L'ordre du jour appelant le renouvellement d'une partie 
des membres du bureau , les élections ont donné le ré- 
sultat suivant : 

M. Boudet, vice-président, passe à la-présidence ; 

M. Robiquet est élu vice-président ; 

M. Bernard-Derosne , secrétaire-adjoint, devient se- 
crétaire général ; 

M. Cap est élu secrétaire adjoint; 

M. Béral est réélu trésorier; 

MM. Vée et Chereau sont nommés conseillers ; 

Et MM. Corriol , Robinet , Touche et Regnaud Victor , 
membres de la commission permanente. 

La Société charge le conseil dadministralion de véri- 
fier son règlement, et dy faire tous les chang^mens qui 
y sont devenus nécessaires. 



PARIS. — IMPRÏiMERIE ET FONDERIE DE FAIN, 

/ RUB RACIKE, B". 4» PIACE DE l'odÉON. 



"•f>- 



xTournai lie J*7utrf9Ui4:^^ -iSJ4- ■ 




kJ 



JOURNAL 

DE PHARMACIE 



ET 



DES SCIENCES ACCESSOIRES, 

CONTENANT 

LE BULLETIN 



• » 



DES TRAVA.UX PE LA SOCIETE DE PHARMACIE 

fi£ PARIS. 



N°. in. — 20*. Atmée. — Mars i834. 



"_**• " ■ ■ * ; T • 



De l'analyse élémentaire des substances organiques (i). 

Par M. J. Dumas. 

PREMIERS PARTIE. 

On entend par analyse organique élémentaire^ celle 
qui a pour objet dé faire connaître la nature et la propor- 
tion exacte des éléniens dont une substance organique 
se compose. 

Ce problème important n'a été résolu d'une manière 

(i) £11 publiant ces pages détachées du cinquième volume de Toa- 
vrage de M. Dumas , qui est sous presse, les rédacteurs du Journal de 
Pharmacie tant pensé qu'ils rendraient service aux jeunes chimistes qui 
tournent leurs travaux vers cette direction nouvelle et féconde. 

XX'. Année. — Mars i834- 9 



l30 JOURNAL 

complète etpratiqile c(il^âprèê de loilgiiès recherches. Le 

procédé que l'oti Suit généralement aujourd'hui consiste 
à brûler la substance au moyen de loxide de cuivré, de 
manière a fédOire sôh Carbona en addd carbonique et son 
hydrogèûe en eflu. Qùaiid elle C§t azotée, on recueille 
Fazole à 1 état de gaz. L'oxigène que la substance peut 
renfermer, est représenté par Texcès de poids de celle-ci 
sur le carbone , Thydrogène et l^aaote réunis. 

Nous aliôds décHrè avec soiti les procédés qiie Ton em- 
ploie pour brûler la matière , ainsi que pour doser leau , 
l'acide carbonique et l'azote. 

La combustion d« là tnaiièrè ddvMt s^dpéfer au moyen 
de l'oxide de. cuivre , il faut se procurer a abord celui-ci 
en quantités assez considérables ; les chimistes ont donné 
qtiélque citteniion aux diverses méthodes qui peuvent le 
fournir pur et dans l'état lé {)lds favorable au succès de 
l'opération. 

Les recherches de M. Berzélius ayant prouvé que Toxide 
de cuivre peut retenir des quantités notables^ des alcalis 
qui ont servi à opérer sa précipitation , il faut éviter tout 
procédé dans lequel loxide aurait eu le contact d'une 
substance «ilcaline 6xe, et l'on sait d'ailleurs que rammo- 
niaque rie peut pas être employé comme agent de précipi- 
tation. Il reste donc, comytie procédés faciles, l'oxidation 
directe du cuivre , la décomposition par le feu du sulfate, 
du nitrate ou du carbonate de ce mêlai. 

L'oxidation directe du cuivre peut s'^ilectu^r sur delà 
tournure, sur des planures ou sur de la limaille de ce 
métal. On place le cuivre divisé dans la moufle d'un four* 
néau de coupelle, et on l'y laisse quelques heures* Au be- 
soin , on pulvérise la matière dans un mortier de bronze, 
et au moyen du tamis on sépare l'oxide q^ui s'est détaché 
des lamelles cuivreuses qui n'ont pas éprouvé d'oxidation. 
Celles-ci , repassées à la moufle , fournissent une nouvelle 
quantité d oxide* Ainsi préparé ^ t'oxide de cuivre est dur. 



D£ f^HAJftMAClE. l5l 

cnhéri^t, dênsè et difficile à réduire. La matière organique 
se mêle mal arec lui ; sa combustion exige une ehaledr 
roti^e* Aussi , bien que toutes les analysés puissent s'exé- 
cuter a?ed cette 'espèce d'oxide, toutefois on se trouvera 
mieux de ne pas l'employer pour les méistnges , qu;lnd il 
«agit surtout de matières d'un^ difficile Combustion. 

Une autre manière dé se procurer Totide de ctiivirë 
directement) consiste à brûler lé résidu métallique de la 
distillation du verdet ou du vert-de-*gris. Ces acétates lais- 
sent ^ comme on sait, un résidu métallique pulvérulent 
et si combustible, qu'il suffit de le toucher avec un ehar- 
boti enflammé pour qu'il pretiné féU comme de t'atfiadoù. 
La combustion gagne de proche en proche , et Toxidation 
se trouve complète si on a pris 1^ soin de temuer douce- 
ment la masse pendant son ighition. L'opération s'exécute 
dans an tét à rètir que l't^n thaufl'e â\i rouge , poiir main- 
tenir la combustion. Quand elle pandt terminée, il reste 
éncote néanmoins bèduedtip de cuiî^ré interposé parmi 
l'oxide. On place le mélange par coUches dans uti creuset, 
.en arrb^ant chaque codcbe âVeb de Tacide nitrique, et bn 
chaufi'e peii à peu lé creuset ju^riii'a ce qiie U matière soit 
itieandescente et n'enhalë plus la hioii:idre vapeur. Ainsi 
préparé , l'oxide de cuivre n'a pas éprouvé , à beaucoup 
près , un coup de feu ausfti fort que lé précédent. Aussi 
esl-il bien moins itxt ^ bieo moins cohérehl; e( , par suite sa 
réduction s'opère plus aisément. II peut donc être employé 
pour ËHre les mélanges, même quarid il s'dgit de corps 
:peu combustiblet. 

L'oxideprrovenafit delà décomposition dd sulfate de 
cuivre par le feu, se rapproche beaucoup du précédenl 
par son état de division, mais il est plus difficile à réduire. 
Du reste, sa préparation exigé urle grande aitenlion 
pour éviter la présence du sous-suliale de cuivre, ainsi 
t{u« celle du sulfure qui peut se former, si quel(|L«es 



l32 J013RNAL 

gaz carbures pénètrent dans le creuset. Je ne pense pas 
qu'il convienne de choisir ce procédé de préparation. 

Le nitrate de cuivre, décomposé par le feu dans un creu- 
set de terre, donne un oicide léger, très-fin et d'un fort 
bon emploi. Mais cet oxide serait presque toujours mêlé 
de sous-nitrate si Ton n'avait soin de briser les petites 
masses qu'il oii'rc, et de le calciner une seconde fois quand 
on aperçoit les plus légères traces verdà très. En tout cas, 
cçtte seconde calcination sera toujours utile. Cet oxide est 
le meilleur de tous pour faire les mélanges quand on 
analyse des matières difficiles à brûler. Mais si 1 on vou- 
lait s'en servir pour des substances très-riches en charbon 
6u en hydrogène , il arriverait souvent que le mélange 
brûlerait tout à coup comme une poudre qui fuse. Les 
gaz dégagés trop vite seraient impurs , on ne pourrait les 
récolter qu'avec difficulté , et l'opération serait manquée. 
Cette circonstance tient à ce que cette variété d'oxide est 
très-divisée, très-facile à réduire , et qu'elle se réduit réel- 
lement avec incandescence, soit dans l'hydrogène pur soit 
par le charbon , enfin dans toute vapeur combustible ; en 
sorte que la réaction se propage avec une rapidité que Ton 
ne peut pas maîtriser. On évite tout-à-fait cet inconvé- 
nient, quand on prend le soin de chauffer l'oxide au rouge 
pendant une demi-heure à trois quarts d'heure. 11 devient 
ainsi plus cohérent et plus difficile à réduire. 

Les observations qui concernent Toxide provenant du 
nitrate s'appliquent également à celui qui se retiredu car- 
bonate par la calcination. Cet oxide est du. reste peu em- 
ployé , parce qu'on redoute avec raison qu'un lavage im- 
parfait n'y ait laissé des traces du carbonate de soudé qui 
a servi à le précipiter. 

Ainsi, on peut et Ton doit même avoir sous la main, 
quand on veut exécuter beaucoup d'analyses organiques, 
les quatre produits suivans, que Ton a soin de conserver 
dans des flacons à l'émeri, où on les enferme encore 



DE P'HÂRMAGIE. î 53 

chauds: i*. des j>lanures de cuivre oxidées par le gril- 
lage à la moufle ; a**, la poussière en provenant par le bat- 
tage dans un mortier de bronze ; 3**. loxide formé par la 
combustion du résidu de l'acétate de cuivre ; 4**» de loxide 
formé par la décomposition de nitrate. Répétons iQi qu'un 
seul de ces oxides peut suflSre, mais qu'on gagne du temps 
à les avoir tous , parce que Ton voit bien vite , par le pre- 
mier essai, quel est celui qui convient le mieux à la par- 
faite combustion de la matière. 

-'- Outre l'oxide de' cuivre, il faut encore, quand il s'agit 
d'analyser une matière azotée , du cuivre métallique des- 
tiné à décomposer l'acide hyponitrique, le deutoxideoule 
protoxide d'azote qui pourraient prendre naissance au 
moment de la décomposition. Pour se procurer le cuivre 
mét.allique à l'état convenable , il faut griller et oxider for- 
tement des planures de cuivre, puis les mettre dans un 
tube que Ion ajuste a une source d'hydrogène sec. Quand 
l'air du tube a été expulsé par l'hydrogène, on chauffe le 
tube au rouge, et la surface des planures se réduit. Tout le 
cuivre étant revenu a l'état métallique, on enlève le feù 
et l'on continue à dégager de l'hydrogène jusqu'à ce que 
le tube soit refroidi. On enferme de suite ce cuivre, pré- 
paré ainsi , dans un flacon à l'émeri bien sec. 

Il est facile d'expliquer les motifs qui rendent néces- 
saire la préparation que l'on vient de décrire. Les pla- 
nures de cuivre sont souillées d'huile et de poussières or- 
ganiques qu'il faut détruire parle grillage. La réduction 
par l'hydrogène devient donc nécessaire ensuite pour 
reproduire le cuivre métallique. Du reste, cette prépara- 
tion offre un autre avantage. En oxidant profondément la 
surface des fragmens de planure et en réduisant ensuite 
l'oxide formé , on obtient un produit poreux qui offre 
beaucoup de surface aux gaz oxidés que l'on veut détruire, 
sans perdre l'avantage que présentent les planures, qui ne 



|34 ^p«!^Pï4l' 

risqucnl jamais f) obstruer les lubes en se Ussi«ni trop 
dans leur intérieur. 

Il serait difficile et fastidieux de se procurer à neuf ces 
n^atières pour chaque nouvelle analyse. L'expérience 
prouve qme cet eycès de précaution n'est pas nécessaire. 
Quand une ço|nbustio|i est terinifiéq , il «viffit de casser le 
tube qui a servi ^ Topérer , d'en retirer les portipiis de 
ci^ivre qui ont conservé tout leur éfAat B)éta)Uquq ; cel(ii-ci 
peut servir de nouveau. Tout le vçsle, tantcuivreq^'oxide, 
est mi«| ddp4 un creuset ay^c ou mén^e sans s^dcjiiion 
d'acide nitrîqiif, cl^auHé au rouge, remué doucement a veq 
mif: tige cle fer , puis enfermé dans un ll^con à l'émoi* 
C'est un o^ide très-propre à de nouyelles analyses* 

|ie mélange que Ton veut analyser doit être placé dan^ 
un tube de verre; tous les essais qu'oo a faits pourle# 
fempLicer par des tu)>es métalliques oi^^. donné de maui- 
Yjiis r^si||tat$. Qn va voir, du reste, qu'on peut copci-» 
lier l'avantage que présentent les tubçs métalliques sou$ 
le rapport de la résistance au feu , avec celui qu'on re-^ 
cherche dans les tubes vitreux , qui permettent de voir 
]^ mftrche de la décomposition, et qui d'ailleurs, à raison 
fie la difficulté avec laquelle la chaleur se propage d^ns 
leqr substance , laissent la faculté de chauQer Un pain( 
quelconque ~4e leur langueur au rouge, sans^ que les 
p^irtie^ voisines participent a cette élévation de (eippé-^ 
r^tore, 

Mais tous les tubes de verre ne conviennent pas éga« 
]cp:(çnt à ce genre d'analyse. Il faut des tubes capables 
de résister au rouge très-prononcé , ce qui exclut toutes 
les variétés de verre blanc Les tubes en verre yert coUr 
viennent très-bien; ils ne cassent jamais, résistent à ia 
chaleur qui est nécessaire, et rendent faciles et sûres de# 
analyses que les tubes de verre blanc permettraient diffir 
cilement d'exécuter. On doit donner à ces tubes 40 oi^ i'4 
millimètres de diamètre et 4o ou 5o centimètres de Ion- 



DE PHARMACIE. |3£f 

• gueur. L'àréie iotérieurç de la cassure du bout qu oo hme 
ouvert, Ç3t abattue avec uiie lime roade pour éviter toute 
altéra tioii de la suriace du bouchon qui doit y wtrer. L^ 
bouiferi^é e^t tantôt arrondi, tantôt tiré en poiqte^ aelo». 
qu'on veut mesurer ou peser l'acide carbonique. Dans h 
dernier cas, Ja pointe est tirée suivant l'axiq mé|ne du 
tube ou bien relevée à 45° environ. 

Les tubes de verre attirent l'humidité de Tair. II s'en, 
dépose une mince couche à leur surface interne. Quand 
on veut se servir d'un tMbe, il faut dpncle chaufl'er et le 
dessécher en soufflant de l'air dans son intérieur. 

En général, pour obtenir la combustion régulière 
d'une matière organique , il faut placer au fond du tube 
djç l'oxide de cuivre dans une longueur Je 4 centimètres ^i 
y porter ensuite le mélange qui occupe 5 pu 6 centime- 
%r^ i pp recouvre celui-ci d'une quantité d pxide suffi- 
sante pour remplir le tube à 3 cenHmètres près, quapd la 
matière è| analyser n'çst pas azotée, Si elle renferme de 
l'azote, on met par-deasus Je mélange i6 ou ^o centimètres 
d'o^ide , puis 3ou |o centimètres de cuivre métallique^ 
laissant toujours le tube vide dans une longueur de t^oi^ 
centimètre^ environ* 

Quç^lqiieç cbiinistes jugent popvenable d'employer 
J'o^ide de cuivre en poudre^ soit pour le mêler à la ma- 
tière , ^oit pour remplir le tube ; ipais dans ce ça& les gaz 
qui se dégagent ne trpuyapt pas une issue facile, soulè^ 
vent Ja maspe pulvérulente et 1^ poussent pomme un 
pistop au dehors du tube à combustion^ Pour éviter cet 
i|^coAvé|iJept , on conseille de placer dans l'axe du tube 
ijn ftl de cuivre , le long duquel se dégagent les gaz. On 
évite bien ainsi rincoovénient précité, mais çp détruit 
par cela meuve tout l'avantage qu'oSrait Ja masse d'oxide / 
P^jr superposée au mélange qu'il s'agit de décomposer, 
Qelle-ci est desjtipjBe à détruire les. traces d'oxide de.car- 
bçjfïç Ql^ 4 '^jdf^ëèPfi parboué que laisse une cpn^bustiop 



l36 JOURNAL 

imparfaite, et il est clair qu'en ouvrant une route au gaz, 
on annule Feffet de la presque totalité de Toxide de cui- 
vre. La même réflexion doit faire abandonner le procédé 
qui consiste à ouvrir un passage aux gaz , en mettant le 
tube en place borizontalement , et le frappant de quelques 
petits coups qui tassentl'oxide et l'obligent ainsi à laisser 
un petit espace vide à la partie supérieu e du tube et 
dans toute sa longueur. 

J'ai essayé ces divers moyens, et, quoiqu'on puisse en 
obtenir de bons résultats quand il s agit de matières fa- 
ciles à analyser, je crois pouvoir assurer que, dans les 
analyses difficiles , ils offrent des cbances d'erreur très- 
réelles, la combustion étant souvent imparfaite. A la vé- 
rité, il est facile de savoir si une matière est ou non 
complètement brûlée; mais au moins est-il , que ces pro- 
cédés exigent des soins extrêmes et présentent des cbances 
d'insuccès qu'il est bon d'éviter. 

Il me semble rationnel de diviser la masse d'oxidede 
cuivre, au moyen d'une quantité de planure de cuivre 
oxidée , capable d'ouvrir partout aux gaz un passage assez 
facile pour que ceux-ci , s'insinuant dans tous les vides , 
se mettent en rapport avec la totalité de l'oxide. 

Ainsi , au fond du tube, je mets de l'oxide divisé par 
cette planure, par-dessus le mélange divisé de même, 
quoiqu'à un moindre degré par la même matière ; enfin , 
l'oxide qui recouvre le tout est encore divisé par les pla- ^ 
nures grillées. Ainsi disposé, le tube offre une éponge 
d'oxide perméable aux gaz dans toutes ses parties , et les 
opénrtions , on peut le dire, réussissent toujours ^ en ce 
qui concerne l'entière combustion de la matière qu'il s'a- 
git d'analyser. 

La plus grande difficulté que l'on puisse rencontrer dans 
l'analyse organique, provient d'une combustion mal faite, 
qui fournit des gaz carbonés, des vapeurs goudronneuses, 
des oxides d'azote ou même de l'ammoniaque. Je ne con- 



Dk PHARMACIE. iSj 

riais qu'un moyen assuré d'éviter toujours ces inconvé- 
riens, ou du moins de les atténuer au point d'en rendre 
les conséquences tout-à-fait nulles. Il consiste à forcer 
les produits de la combustion à passer au travers d'une 
colonne plus ou moins longue d'oxide de cuivre ou de 
cuivre portés à une bonne chaleur rouge. Bien entendu 
qu'on fait varier la longueur de la colonne avec la nature 
de la substance, selon que celle-ci estplu^ ou moins dif- 
ficile à brûler. Les proportions fisées plus haut suffisent 
dans tous les* cas. Mais , comme il serait difficile de main- 
tenir cette pcirtie du tube à l'incandescence , pendant 
toute la durée des opérations , sans lui faire éprouver 
de déformation , il est fort commode de, la revêtir d'une 
enveloppe de clinquant, ou mieui^ , de ce qu'on nomme du 
cuivre gratté. Le clinquant pris un peu épais sert à trois 
ou quatre opérations. Le cuivre gratté peut servir bien 
plus souvent. Cette enveloppe maintient si bien le tube, 
que Ton peut sans crainte en porter la température à 
l'incandescence pendant toute Li durée ^le la combustion, 
quelque lenteur tju'on mette à Hexpérience. 

La manière de chauffe/ le tube exerce une si grande in- 
fluence sur le succès des expériences , qu'il est indispen- 
sable de faire usage d'un fourneau disposé avec un soin 
particulier. 

Je me sers d un fourneau long en terre ; c'est le four- 
neau que les repasseuses emploient pour chauffer leurs 
fers. Les trous qui donnent l'air ordinairement doivent 
au contraire léire bouchés avec de l'argile, et la cavité 
qui sert à contenir les charbons est remplie de cendres 
jusqu'au niveau des bords du fourneau. Une grille en 
fil de fer repose sur ce lit de cendre. Cette grille est 
munie de huit ou dix arceaux en fil de fer fort, qui ser- 
vent à soutenir le tube à quatre centimètres au-dessus de 
la grille. 

Ce fourneau présente l'avantage de fournir une cha- 



i38 jouaNAi^ 

leur égale et Hmilée aussi exactement que Ton veut aux 
points qu'il convient de chauffer. Il n y a ni faux courans 
4 Mr , ni raypnnemens des parois à craindre , en sorte 
qii€, pour modérer une décomposition trop rapide, il suf- 
fit d« retirer le fragment de charbon qui loccasione ; la 
«larchfi de l'opération se régularise à l'instant. 

11 f^^t maintenant établir quelques règles pratiijues 
sur la m«^<)ièrede porter la substance qu'il s'agit d'analyser 
dans le tube à combustion. Cette manière doit varier, 
en eifi^t, seloo que (a substance est solide, liquide, ix^e 
ou très-volatile. 

S'il n'agit d'une matière solide , il f^ut la peser et la 
perler immédiatement dans un mortier dagate sec et 
même cbaud , quand la nature de la matière le permet , 
ce qui nirrive presque toujours. On bi bfôie avec lo^ide 
dd puivre proveuai^t du nitrate, qu'il faut employer 
cbaud , si op le peut. L'on évite i en respirant , de porter 
l'hal^neBur l^raéI«ioge, ce qui pourrait y introduire de 
rbumidité* i^a matière est bientôt broyée, au point de 
ne plus être en grains discernables , et le mélange peut 
être versé dans le tube. C'est alors seulement que l'on 
ajoute 1^ plapures o^^idées destinées à le diviser. Ëm« 
ployées chaudes , elles chassent de la poudre toute hu- 
midité accidentelle, et dès , qu'elles sont mêlées grossiè- 
rement à la poudre , il faut porter le tout dans le tube. 
Paiir c^}a, au met le mélange sur une feuille de clinquant 
fSQupée ei| façon de carte , et on le fait couler dans h tube 
qui a déjà reçu quelques centimètres d'oxide de cuivre 
cbaud mêlé de planures grillées 

Certaines matières , quoique solides , sont si volatiles , 
qu'il serait LoutTà-fait inutile de les mélanger av^c l'pKide 
de cuivre. Dès la première impression du feu, elles dis- 
tiUeraient, et le mébnge se trouverait détruit \ c'est donc 
peine perdue. Le camphre , la naphtaline et bien d'autres 
«Wp» m^{ *»«ftpe ç^^ U ?#t a%^ d'en pe^pr çl«?s frag- 



n/^em que Ton fait tomber dans ]e iubi* Alt^rnalivemeot) 
avec de» portious doxidè de cuivre pro¥4BqAai du nitrate» 
dÎTisé par des plaoures grillétsa* 

Quand ^1 s a^t de ]iquidQ$ pep 0u poipt TolatiU ^ oo 
peut les verser dans une capsule de porcelaine et verser 
par-dessus loxide de cuivre fif) (fui les absorbe bieut^l. 
Au moyçu d'up pilon d'agate , on broie le mélange , et 
l'on ^ijoute ensuite , comiae k l'ordinaire , les planuires 
Qxidées , puis on verse le tout dans le tiibe. 

• Si le liquide est volatil SJ^PiS lêtra beaucoup , comme 
lether oicalique, Tessence de térébentbioe , et en général 
Vil bout ail-dessus de 4ao*ei au-dessous de Soo*", il est 
nécessaire d éviter un brojage à Tair, qui en ferait per- 
dre quand Voxide est chaud , ou qui laisserait àl'oxide le 
temps de se charger 4^'humidité si oi| l'employait froid. On 
pie(y en ce cas , Içliquide daps un petit tubeoiivert par un 
bout et capable d'entrer dans le tube à combustion. On 
fait glisser ce petit tube dans If: grand, après que pelui^ci 
a déjà reçu quelques centimètres d'oxide mêlé de pW 
^ur^s. On verse 9 par^dessus le petit tube , de l'oxide en 
poudre, tant pour le remplir que pour l'entpurer, puis o^ 
ajoute , comme à {ordinaire , le inélanges d'oxide et de 
planures, pour remplir le grand tube. 

Est-il question eisfiu de Fanalyse d'une substance très-^ 
volatile , comme l'alcool , Téther , la liqueur des HoUan-* 
dais,etc.yil faut la peser dans une ampoule dont la poéete 
dççueure ouverte : oi^ met au fond du tube deux ou troif 
centimètres d oxide et de planures oxidées , et prenant 
r^mpoule sur la balance , au moment où on vient de la 
peser, on la fait toipber dans le tube, la pointe dirigée 
vers le fond On ajoute un peu d'oxide sec et froid par* 
dessus , puis le mélange ordinaire qui peut être intro* 
duit plqs ou moins chaud, selon la nature de la Uqumir* 

Ainsi , dans lu disposition du tube pour une niatièrc 
non azqtiif , oq pe^t, ^i^ng^er troi$ région# et il y en 9 



l4o . JOURNAL 

quatre, quand il s agit d'une substance azotée- En partant 
du bout fermé , on a r une couche d oxide , 2° le mélange 
ou le tube qui contient la matière, 3** une nouvelle couche 
d oxide, 4"* et enfin une couche de cuivre métallique , si la 
matière est azotée. 

Ces divers couches doivent être chauffées, dans un 
ordre déterminé. On place le charbon qui doit être tou- 
jours très-allumé et ne produisant plus de flamme, d abord 
du côté ouvert dn tube, qu'on entoure peu à peu de char- 
bon ardent , jusqu'à ce qu'on soit arrivé à trois centimè- 
tres du mélange ou de la matière ; on attend alors que le 
tube soit bien incandescent. Il fautTentretenir à cet état 
pendant toute la durée de la combustion , en ajoutant des 
charbons rouges à mesure du besoin. 

Quand la portion du tube entourée de clinquant est 
bien rouge , on porte deux ou trois charbons autour de la 
partie effilée du tube , c'est-à-dire à Textrêmité bouchée. 
On empêche ainsi que, par distillation, la matière ou les 
produits de sa décomposition, viennent s'y condenser. 
Quand on analyse des substances volatiles surtout, il en 
résulterait un grave inconvénient ; la matière une fois 
confinée dans cette partie étroite, serait retenue par la 
capillarité, au point de rendre impossible toute évapora- 
tion régulière. Elle en sortirait par bouQées de vapeur , 
qui ne permettraient pas une combustion exacte. On évite 
cet accident, en garnissant, comme on Ta dit, le fond du 
tube d oxide pur et en le maintenant chaud, dès avant 
que la décomposition commence. 

Les soins qu'exige-celle-ci varient avec la nature des 
produits qu'on analyse. Si c'est une matière solide ou un 
liquide peu volatil , on porte du charbon rouge près des 
portions qui avoisinent le clinquant et* se laissant guider 
par la production du gaz carbonique , qui doit être lente et 
régulière , on en remet de nouveaux , en approchant peu à 
peu de l'extrémité du tube. Dès qu'une partie du mélange 



DE PHARMACIE. l^î 

cesse de fournir du gaz, on en rapproche les charbons, 
de ^manière à rougir celte portion du tube ; de telle sorte 
que , lorsque la décomposition est accomplie j le tube est 
incandescent dans toute sa longueur. 

Quand on fait l'analyse d'une liqueur très-volatile, en- 
fermée par conséquent dans une ampoule , on doit dis- 
poser celle-ci de façon qu'elle soit à peu près à dix centi- 
mètres du clinquant et à pareille distance de la portion 
effilée du tube. Dès lors il devient facile de faire bouil- 
lir la liqueur dans l'ampoule, de manière à la vider en- 
tièrement sans que la décomposition ait commencé. Il 
suffit d'approcher un charbon rouge du point occupé par 
le corps de l'ampoule. La liqueur est absorbée par l'oxide 
voisin de la pointe, et il est très-facile ensuite d'en opérer 
la décomposition. On porte au rouge peu à peu l'oside 
placé ea avant du liquide , et bientôt celui-ci se volatilise 
de lui-même et vient se décomposer. Au besoin , on 
avance ou on retire les charbons, qui sont à proximité 
du point que la liqueur occupe , se laissant guider en 
cela par le dégagement des gaz. 

Quatre indices permettent de juger si la combustion 
s'est bien opérée : l'aspect des gaz qui peuvent être nua- 
geux par la présence de vapeurs goudronneuses ; leur sa- 
veur qui est souvent empyreuma tique, bien qu'ils soient 
clairs et transparens ; un dépôt de charbon sur les por- 
tions d'oxide réduit qui avoisinait la matière ; enBn , la 
lenteur que l'opération met à se terminer , bien que tout 
le tube soit incandescent. 

Nous allons en quelques mots décrire quelques-unes 
des particularités qui se remarquent dans ces accidens. 
* Quand on soumet à l'analyse des produits d'une facile 
combustion , comme le sont en général tous les corp^ qui 
ne contiennent pas'beaucoup de carbone ou d'hydrogène, 
ces accidens ne se présentent pas. Dans le cas contraire, 
une partie de la matière se brûle, /nais l'autre éprouve 



une Véritable distUlation qtii dodne tiaiéâahce à des va- 
peurs huileuses trës^riches ert charbon et en hydrogène, 
et douées d'une len^ion assez forte pour rester mêlées au 
gaz carbonique dans tout son trajet au travers du tube. 
On conçoit que fces vapeurs, ainsi disséminées dans le gaz, 
en deviennent bien plus difficiles à brûler. Elles sont ra- 
rement hsses abondantes , quand on prend les prédautions 
que j'ai indiquées, poilir donner un produit condensé 
appréciable. Mais il est certain que; lorsque les tubes 
•ont trop courts et la température trop basse, on ob- 
tient assez de ces vapeurs pour qu'elles produisent quel- 
ques iputtelettes oléagineuses dans les parties froides 
de l'appareil. Il faut rejeter toute ansllyse entachée d une 
telle cause d'erreur. J'en dis autant des eipériences qui 
ont fourni des gaz nuageux. Les causes sont les mémeS , 
et avec les précautions que j'indique, il ne m'est pas afc^- 
rivé d'accident de ce genre dans plus de deux ou trois et- 
périences sur plusieurs centaines. 

Mais, si ces combustions très-imparfaiteé s'évtteht san^ 
difficulté, je n'oserais en dire autant de celles qui pèchent 
encore, quoiqu'à un moindre degré, et qui, sans fournir 
d'huile ou de vapeurs blanches , donnent des gaz empy- 
-reumatiques. Cet accident est très-fréquent dans rana*» 
iyse deé corps fortement carbonés ou hydrogénés. Les gaz 
offrent une saveur d'empyreume facile à apprécier, quel- 
que faible que soit la portion de matière échappée à l'a*- 
nulyse. Aussi , le meilleur moyen de se rendre compte de 
la marche delà combustion, consiste-l-ii à essayer le gaz 
en l'aspirantt Ce caractère, quand il se présente, doit 
engager à redoubler de précaution dans la disposition de 
l'expériencef Mciii il faut cijouter que l'erreur qu'il in- 
dique est souvent négligeable, i ou a milligrammes de 
substance empyreumatique suffisent 'bien pour donner 
une saveur au gaz , mais ne modi6ent pas sensiblerhent le 



DE tilAfcMÀCIE. 14^ 

résultat de l'aîiàlyse. Cepcodant , il t^ohvièfit dt i-éilérer 
les essaie jusqu'à ce que toute'saveur aitdièparu. 

Il arrivé assez souvent qu'une partie du ch«irbou échappe 
à }a combustion. On évite cet accident. pour les corpus soli-^ 
des en les mêlant tréâ-întiinement avec deFoxide fin et ten- 
dre; mais, pour les sûbstatices volatiles, on est embal*-^ 
rassé pônrirôbter un moyen Commode et sôr, propre 
à prévenir cet accident, ou du ,lnoiils à le faife recon^ 
naître. 

II est dès cas OÙ le èharbon se voit en ()OtlsèiAre noire 
sur le cuivre réduit ou sur la paroi du tube. Il en est d'ail'^ 
très où on ne l'aperçoit paS. Dans ce dernier cis même , je 
erôis/que Tinesactitude de l'analyse peut se reconnaître à 
un caractère assez facile à constater. Dans les combustions 
bien faites , le déjgâgemetit de gaz cesse , pour ainsi dire, 
tout d'un coup. Quand il y a dépôt de charbon , ce déga*- 
gement continue long-temps, quoique tout le tube Soit in- 
candescent, parce que ce charboii se brûle cohime par une 
sorte de cémentation. Il faut toujours se défier d'une ana- 
lyse qui a offert ce caractère. 

L'ulmine possède h Un haut degré Cette résist.liice à la 
combustion. On ]A retrouve , mais par l'eflet d'une dé- 
composition produite par la simple chaleur, dans cer- 
taines huiles ou produits analogues, et particulièrement 
dans les huiles pesantes, C*est-fi -dire peu hydrbgétiées , 
quoique très -carbonées. Dans les deux eas, le seul remède 
que Vôn puisse ifldiquer consiste si adapter aU tube à 
combustion Un petit appareil qui lui fournisse du gaz 
Oxlgêfte, une fois la combustion terminée. Une petite 
boule qui renferme du chlorate de potasse fondu et qu on 
adapte à la partie effilée dd tube, remplit parfaitenient 
cet objet. On a Soin Sfeuletneiit , quand on dispose Tap- 
pareil dans ce but, de donner h la pointe un peu plus de 
force qu'à lordlUaire, et de la casser régulièrement quand 
le tube cesse de fournir du gass par lui-même. Laissant 



l44 JOURNAL 

le tube incandescent, et donnant naissance à un courant 
de gaz oxigène , on achève de brûler le charbon déposé. 

Rien n'empêcherait , dans lanalyse d'un corps , comme 
l'acide ulmique, de placer d'avance le chlorate de potasse 
au fond du tube ; mais dans l'analyse des produits volatils, 
on s'exposerait à des détonations fort dangereuses , et j'ai 
appris, par expérience, que les soins les plus minutieux 
dans la c^^nduite du feu n'en garantissent pas toujours. 
Il faut donc éviter cette disposition. 

Les détails circonstanciés dans lesquels on vient d'en- 
trer pourraient certainement suffire ; mais on trouvera 
pour plus de facilité, à la fin de ce chapitre; quelques 
exemples d'analyses qui serviront à résumer les principes 
de la méthode. 

Nous allons exposer maintenant la marche à suivre 
pour la détermination de chacun des élémens qui peuvent 
se rencontrer dans une matière organique. 

Azote. Il est toujours utile de chercher si une substance 
organique est azotée, et la même expérience pouvant don- 
ner immédiatement la proportion d'azote, il est conve- 
nable de faire l'essai de manière à doser ce corps. 

Au fond d'un tube en verre vert , on introduit en a 
quelques grammes de carbonate de plomb bien pur et sec; 
pac-dessus , en £ , on met de l'oxide de cuivre mêlé de 
tournure. On mélange os'^^a ou o3''-,3 de la matière à es- 
sayer avec dix ou douze grammes d'oxide de cuivre^ auquel 
on rajoute une pincée de planures grillées ; on porte ce 
mélange en c, par-dessus on met de l'oxide mêlé de 
planures grillées en J, puis du cuivre pur en e. On enve- 
loppe declinquant les portions du tube qui correspondent- 
aux parties e et d , puis on lie le tube au moyen d'un tube 
en caoutchouc à la petite pompe h , qui porte un tube de 
verre i , de 3o pouces de long , plongeant dans une cuvette 
remplie de mercure. Qn interpose deux écrans de clin- 
quant/ entre le fourneau et le tuyau de caoutchouc. 



Dfi PHA,aMi€fE. l/{S 

■ IhK ]J!(^i»pQ.e#l munie de trois robinets, mais un seul sert 
djm^ V^^P^W^uce, les autres.çestent constamment ouverts. 
Le K^ïnp^^ r^ celui qui est réellement utile i est d'abord 
ouver^li, et «au moy ^n de la pompe on fait le vide dans lappa- 
reil^c Un cufseur en fil de fer, tourné en tire-bouchon , 
^prtjà Qiarquer le niveau du mercure. On ferme le robinet 
r et op abandonne lappareil à lui-même. Si, au bout d'un 
quart .d'beui;e, léni¥eau du mercure dans le t|ibe n'a pas 
v^ié., pi^.en co|[iclut que les jointures tiennent et que Fou 
peut p^oqéder à l'expérience. 

Çh^ détourne i^p peu, le tube, et on chauffe une por- 
tion du carbonate de plomb , au* moyen d'une lampe à 
l'alcodl y jusqu'à ce que l'acide carbonique s'en dégage. 
Cdui-ei.cfaasseles traces d'air laissées par la pompe, et, en 
reçev:ant dans une cloche le'mélange gazeux , on peut sa- 
voir à-peurprës la quantité d'acide carbonique produit. 
Il faut .recueillir environ 5o cm. ob. d'acide carbonique ^ 
pour expulser tout l'air restant. J'en dégage ordinairement 
aoo ou 3oa et quelquefois le double , quand il s'agit , par 
exemple ) de maiières très-faiblement azotées, et daiy l'a- 
nalyse desquelles oui veut éviter les plua légères causes 
d'erreur^ { i 

Apfès, cette opération , l'appareil peut être considéré 
comm^ étant parfaitement purgé d'air. On procède alors 
à Isi décomposition de la matière ; on place d'abord sur la 
cuvette une cloQhe graduée, contenant trente ou qua- 
rante !cm. cb. d'une dissolution de potasse caustique à 45"* 
d«. i'aréiHnètre de. Bauiné 9 dan» laquelle le tube à gaz est 
engagé soigneusement. 

On p^rte au rouge le tube ene, puis en J, et quand il 
est bien incandescent , on commence à chauffer le mé- 
lange en c. Les gaz dégagés arrivent dans la potasse , 
l'aoide carbonique s'absorbe et le gaz azote se rassemble 
au sommet; on termine la décomposition, en ayant soin 
que le dégagement de gaz soit lent et régulier. Quand 
XX'. Année. — Mars i834. 10 



i^6 IO€flNàl 

€Ue est achevée, on perle quelques charbons prè^ile la 
portion b , puis en a. Il arrive quelquefois que des pro- 
duitfr volatils soDt venus se condenser en i, et ce sont en 
général des produits très^^otés , car on voit alors la pro- 
portion d azote augmenter rapidement dans la cloche. 
Quand toutes les parties du tube qui renferment de 
l'oxide de cuivre sont incandescef^tes , on procède à la 
décotaposkion du catbonate de plotnb lui-même , et on 
fait dégager ainsi du ges carbonique pur pour balayer 
l'appareil pendant dix minutée ou un quart d'heure. Au 
bou( de ce temps, tout i'azote est rassemblé dans la 
dodie. 

. On agite là c\bolie long-ienps pour fafvoriser Fabsorp- 
ti»^ Àm,àen^ii€éê fracas diacide carbonique , et quand le 
v0iUiBe^ttgaZ'pâ<^t <^n«tant , on trânsporle'l'éprouvette 
dâ&s uaje«bKiie*pleine 4'<au 5 de manière %i remplacer le 
nneipiipe et ia potas«e^ui ^y «trowveat , par «de i'eau. On 
meswreiegaB^ 4;|;,^t^naAt èo^pte de la vapeur aq^i^use, 4^ 
ia4(s'ApiBrature>et 4e la pression , on en calcule le poids. 
-»* Qfk p€Ut«c«nainement apprécier le gaz^uiote par cette 
«nééhod«' m^c une prédsion sirfBisante pour les beapins 
actuels de la chimie organique. On pourrait même dire 
que ie résultat est; absoHr si , indépen^mment de^ er- 
««ui;s /possibles dans la n^sujre du gaz , il ne restait quel- 
iquft 'îiiceititade sur da combustion. L azote peut former 
<deJ'M»monioquè^ des oxides ^aj(ote, et il se produit 
q^^el^uefois «des gaz carbures que la potasse n'absorbe 
ipaa- Toutes: ces «rre^tro disparaissent, ei la combustion 
est lente et si le (ube est fortement cbaufié ; tc^utefois , on 
idait av^it spin d*e«saj<er par les papiers de curc;iuina et 
^ertournesol,l!eau quis*estcondeasée al entrée du tube k 
,coi»ljiisti<MD ; jon doit aus» s'assurer, par l'addition dvn 
.p^u.d.'air., que le gaz azote ne contient pas de dcutoxide 
,d a^^Qle ; en y syoulant ^de l'hydrogène , et de IWigèoe, et 
ifmsdi>t détonoer , on obtiendrait de l'acide carbonique 



DE ^liAaiiÀCIE. l4f 

%*i\ eoBtenait des gaz carbures, et cette épreuve ne doit pas 
élre négligée. 

Avec quelque habitude on ol^iendra toujours, pat 
cette méthode , des résultats aussi sùrs dans la détermi- 
nation du gaz azote , qu'il soit permis de les obtenir dans 
l'appréciation d'un produit gazeux quelconque ; tout dé- 
pend de la Combustion. 

Hydrogène. La détermination de i'bydrogène peut se 
faire avec unç pareille précision , quoiqu'areG un peu 
plus de difficultés 

• Les matières à cet égai-d se partagent en deux dasses ; 
l'une renferme celles qui 9opt -fixés et qui ae pierdenl 
pas d'eau dans le vide ; l'autre contient celles qui sont vo* 
latiles ou qui peuvent perdre de i'eau dans le vide. 

À Tégatd des premières , ia détermination de l'faydro* 
gène est (ibsolue ; on dispose le tube à combusti^m comme 
on vient de 4e dire; seulémeiU, fi la matièr^ a'est pas azo«- 
tée, ou supprime' le carboti.ite de plomb et le Cuivre me* 
talliqne, et quand etle.e^t azotée,, on supprime dé même 
le carbonatede plëmb^'iûaisnonp^s le cuivre. L'extrémité 
bouchée du tube est terminée p£|r une pointe épiûssé en 
verre , et longue de ieui cefi.lim'ètres.' • 

On adiipte le tube à combustion, ainsi préparé, à une 
petite pompe, au moyen d'un tube en caoutchouc. On 
ajuste un bouchon percé à la pointe du tube pour le ga«* 
rantir de frpctnre , puis on le plonjçe dans un baiii d'eau 
saturée de sel , contenu dans un tube de fer-blanc a , qifi 
est placé sur un fourneau. 

On ferme le robinet j> et on onvve 4e robinet f ; pois au- 
moyéd de la pompe , 00 fait le vide dans l'appareil. On 
marque le niveau du mercure à Taide du curseur gj et on 
ferme le robinet r. «Quand le bain est à ioo« depuis quel* 
ques ifistans, on ouvre le robinetp, qui permet la ren«> 
trée de l'air. Mais l'air qui rentre pass^ au travers du 
iuhed j qui renfernje du chlorure de calcium et s'y des- 

10. 



l4B JOURNAL 

•sècbe* Au bout de qaelqacs minutes on fait de nouveau 
le vide et on rend l'air de la même manière. Cette opéra- 
lion, répétée douze ou quinze fois, emporte tout^liumidité 
inhérente à Toxide ou au verre , si surtout on a eu soin 
d'employer tous les produits secs et chauds*. 

On sort enfin le tube du bain y on le laisse refroidir en 
maintenant le robinet p ouvert , en sorte qu'il ne rentre 
que de l'air sec dans le tube. 

On défait le tuyau de caoutchouci et on aj udte immédia-^ 
tement au tube à combustion le petit appareil a qui ren- 
ferme du chlorure de calcium et qui est exactement taré. 
Ce petit appareil se lie au précédent au moyen d'un ex- 
cellent bouchon de liégé. On çntourele tube de clinquant, 
on le munit de ses écrans/*, et on procède à la combustion 
avec les précautions ordinaires. Gellerci tcirminée, et le 
tube étant encore incandescent , on retire leâ charbons qui 
avoisinent la pointe, et quand celle-ci est refroidie, on 
la casse et on y adapte , au moyen d'un petit tuyau de 
caoutchouc , le petit appareil^, qui renferme du chlo- 
rure de calcium. On aspire doucement par l'extrémité c 
de rappareil, et on fait passer ainsi de l'air sec au travers 
du tube. Toute la vapeur aqueuse qui pourrait y rester 
encore se rend ainsi dans le tube^z où elle se dépose. 

L'«auproduite parla combustion existe sous deux formes, 

dans le tube a«. Une partie est déposée £|]a surfacedes frag* 

mens de chlorure,rautree»t à l'état liquide daias le petit tube 

qui s^engage dans le tube à combustion. Quelquefois même 

une portion de l'eau s'arrête près d^ bpvbchon. Dans ce cas, i l 

faut en approcher quelques charbonset aspirer long-temps, 

même après quecette eau a dispa:ru complètement. Quand 

on est sùrque toute l'eau s'est rendue dansJetube taré, on 

le démonte avec précaution et on le pp^te sur la balance* 

L'excès de poids donne le poids de l'eaii , et celle-ci indir 

que exactement la proportion d'hydrogène renfermé dans 

la substance. 



DE PHARMACIE. 1 49 

Quoique l'expérience ait appris que les bouchons de 
liège n'offrent aucun inconvénient , on peut avoir à e%a« 
miner des matières qui exigent une extrême sévérité dans 
l'appréciation de Thydrôgène. Il faut alors en éviter rem- 
ploi; en pareil cas, on effile le tube après qu'il a reçu le 
mélange et ses accessoires , et on le dispose comme l'indi- 
que la figure ci-dessous. "< 

L'opération s'exécute coinme dans le cas précédent; 
mais quand elle est terminée, on coUpe la pointe en c et 
on pèse d'abord le tube à chlorure avec cette pointe. Puis 
on dégage celle-'ci , on la sèche et on prend le poids. Re- 
tranchant ce poids du premier , On a le poids de Teau , sans 
erreur possible, si la combustion a été bien faite. 

Mais quand on a besoin d'analyser des substances vola-» 
tiles où capables de perdre de Teau danois le vide , la déter- 
mination, de l'hydrogène n'a plus ce caractère absolQ , et 
son exactitude dépend seulement de la dextérité de l'o- 
pérateur. En pareil cas, voici la'ràarche à suivre : on fait 
rougir les oxides de cuivre qu'on veut employer; on 
chauffe à loo** le cuivre métallique; si on traite une ma- 
tière azotée^ on verse les oxides dnns^éux capsules mé- 
talliques, et dès qu'ils sont rainenés à roè** environ, on 
s'en sert pour laver le tube et le mortier , et on met à part 
Voxide employé à ces opérations. On met ensuite aufond 
du tube des oxides chauds, on fait le mélange avec de 
loxide tiède, et par-dessus on rajoute des oxides chauds. 
Le cuivre lui-même est introduit chaud. Puis, sans perdre 
de temps , on ajuste le iubeà chlorure ; on metlenveloppe 
de clinquant et on procède à la combustion. 

Avec un peu d'exercice on arrivera toujours à des ré- 
sultats exacts par ce moyen. C'est celui do^it je me sers 
généralement. Je réserve l'emploi du vide, même dans l'a- 
nalyse des matières qui peuvent le supporter, pour les 
cas très-rares ou les matières sont hygrométriques ; je m'y 
suis décidé par de nombreux essais comparatifs, qui m'ont 



idO JOURNAfc 

prouvé ifu oir obltenl des résultats semblables avec (es 
deux méthodes pour la même substance* Quand il s-.i^it 
enfin de Tarialysc d'uoe matière très-volatile, il faut pla-- 
oer Tôxidè qui doit Tentotirer dans une cloche à coté d'une 
ciipsule qiû contient de lacide sulfurique concentré et l'y 
kil»ser yius<);ue& à son parfait refroidissement. 

On verra plus loin que la détermioaliciade Teaiiet celle, 
du c^irbone peuvent se faire simultaiiément , ce qui 
abrègebeattcouplesFecherches^ians nuire à leur précision^ 

Carbone^ Cki connatt deux procédés pour le dosage du. 
em*bojie« Dans le premier o» détetinisne le yolume du gaz. 
0wrboniqiie ;» daùs le second on absorbe le gaz par la po« 
tasse et on ie pèse. Cette dernière méthode mérite la pré-< 
férence. 

Pour mesurer exactement l'acide carbonique formé ^ il- 
feutune multitude de prééautions qui ont été générale- 
ment né|fiigées« Elles ont peu d'intérêt, en eflel » quand 
onfait 1 analyse de Substanbes d-une composition simple , 
CUT alors de légères erreurs ne peuvent modifier les. for- 
mules , mais quand il entre un grand nombre d'atomes, 
de charbon dans le composé , les erreurs lea plus légères^ 
modifient les formules et jettent de la coofasi^on dans les^ 
résultats. 

L'appareil se compose du t^be à combustion a , dis- 
posé ^ comme à lordiBaire ^ d'un tube en yerre é, qi|i cou*, 
duit legaaausomihetd'une cloche graduée c, d'une éprou- 
vette à pied dd^ qui est renlplie de mercure, et d'un vase 
en terre e e , qui est rempli d'eau. Le fourneau et le gazo- 
mètre sont séparés par deux écrans ^/y*, qui sont eu car-, 
ton où en toile. 

Avant de \itr ks deux, tubes ^ on descend la cloche 
jusqu'à ce qti'elle soit remplie de mercure à 8 ou lo cent, 
cubes près; on lie le tube de caoutchouc, puis on établit 
exactement le niveau dans la cloche, et le .bain extérieur. 
On mesure lair qui reste dans la cloche en ayant soin de 



DE FHAAMACIE. t5l 

pfendre la température de lair. Puis , on procède h la 
eombiulieii comme à l-ordmaire, en ayant »oin toutefoi9 
de ménager le féu ^ afin q^ue le tube ne s4Ht ni déformé 
ni soudé au^ dinquaat ^ ce qui sie lui permettpait pna de 
fte refroidir sans oasàer. Si on peut éviter (e clinquant , il 
vaut mieux n'en pas mettre. A mesure i^uela eombustion 
marche ^ <hei élève la o)ocbe^ pour éviter toute pression 
inutile €f«i tendrait à déformer le, tube. Quand elle ^t 
terminée , on rétire le feu.- Au bout d'oH quart d'heure ^ te 
tube est sUffisaDament refroidi pour qu'on puisse le pion-» 
ger danà l'eau; ii y reprend bientôt sa température iDilialef, 
et alors on mesure le gaz obtenu. En retranchant du vo*. 
lume total celui de l'air qu'on avait laissé dans la cloche , 
on a le volume net du gaz carbonique humide à une 
présnone^àime^température connues. Lecakul faiit con-> 
nattre la doée exacte de oarboBe:i|U''il représente. 

Une prémsion patfalte n&peuC s'obtenir : .dans cetta 
évaluation qu'à l'aide des pi:écaution» suivantes : 

1^. Il fautmesurer le gaapèu de temps après que la com^ 
huiiion eat terminée ; au bout de douze hewei^ « par 
exemple, on aurait déjà un déficit. Si ontatlendaitvin^t-» 
quatre heures, la perle serait très*forte , et«n huit joursi 
tout l'acide carbonique aurait disparu. C'est que l'oxidede 
enivre se combine peu à peu à lacide carbonique ; il fout 
doac mesurer le gdz avant que son action puisse avoir ua 
efiet appréciable. 

a*. Il convient d'éloigner ie gazomètre du fourneau, da 
Tabriier par des écrans , de Ti^ntourer d'eau, parc^ que la 
ténpâratore du mercure s'élè^ beaucoup si on néglige 
ces précautions; avant qu'il s^t refroidi, si on }aban«« 
dèéne à lui-même , l'oxidé de cuivre aui^a réagi ^ et l'aua- 
lyse deviendra inexacte. Par le même motif , on ramena 
pràmptemenl le tube à la température primitive ^ en- le 
ptapgeaiit daos de l'eau qui possède eUe^méme ceHe jteai-» 
paratiMie.!'.* -- - • • 



i52 JODKNÂL 

3*. Il faut rajouter du mi^rcure dans la clocbe gazomé- 
trique au moment de la seconde mesure, de manière 
que son niveau soit le même que dans la première , sans 
quoi une portion du tube qui conduit le gaz étant à dé- 
couvert , accroîtrait de son propre volume le volume ap- 
parent du gaz carbonique. 

^ 4*"* Oa doit enfin s arranger de façon à obtenir au moins 
i^ ou 1200 cm. cb. de gaz carbonique si la matière pos- 
sède un faible poids atomique , et aller jusqu'À 5oo ou 
6oo cm. cb. quand le poids atomique de la substance s'é- 
lève à 3ooo ou 4ooo , car alors sa formule peut être fort 
compliquée. » * 

Cette nécessité paraîtra d'autant plu» impérieuse , que 
Ton doit avoir toujours une légère erreur dans cef pt^ooédé 
par labsorption que le cuivre réduit , 6u la matière 
dle«méme , font subir à une portion dé Toxigèné de Tàirv 
Les résultats tendent donc à être faibles en carbone, et si 
l'on s'en est rarement aperçu,' <?'ést qu'on a pris trop peu 
^'attention à prévenir toute élévation de tempêtât are dans 
le verre des clocbes où est le mercure. GettedrrèUï* ^ due à 
Fabsorptiôn d'un peu d'oxigène^ étant comtant«e,.oii en dî-^ 
minuera d'autant plus l'efiet, que Ton aura soin déformer 
de plu» fortes quantités d'acide carbonique. - 

5**. Il est enfin indispensable d'employer des cloches 
graduées étroites et de les maintenir xlans une situation 
verticale exacte, en les fixant à une tige en fer qui peut 
monter ou descendre à volonté. . .>. 

Toutes ces précautions prises , Tanalyse est exacte et 
facile; inais, comparaison faite, il vaut mieux peser l'acidç 
carbonique par deux motifs très-puissans : 

I**. Piarce que la balance répond mieux d'un milli- 
gramme que la mesure d'un centim.ctd). 

a®. Parce que le tube étant sacrifié , quand on pèse l'a- 
cide , rien n'empêcbe d'élever la température autant que 
l'exige une bonne combustionr Ce dernier motif paniitD» 



DE I^HARMAGIE, l53 

tellement puissant à toute personne etercëe à ce genre 
d'analjse , qu'elle y verra la cause principale de la préfé- 
rence donnée aujourd'hui par tous les chimistes à la mé- 
thode des pesées; tontes les analyses en deviennent fa^ 
ciles'^et sûres, la combustion pouvant toujours s'opérer 
avec rigueur, quelle que soit la substance qu'on examine. 

Parmi les dispositions qui permettent de peser le gaz 
carbonique , il en est une qui mérite la préférence à tous 
égards , c'est celle qui repose sur l'emploi de Tingénieux 
appareil d'absorption de M. Liébig. Voici comment on dis* 
posé Texpérience. . • ^ 

Le tube à conïbustion a est préparé comme on l'a déjà, 
vu plus haut. On y ajuste, au moy<^i d'un bovcliott., en^ 
liège de la meilleure qualité, le tube à chlorure, de calcium 
b , àcelui**ci s'adapte l'appareil condenseur de M. Liébigc } 
cet appareil consiste en un tube qui porte ein^ renfle- 
mens ; comme l'indique la figure. r 

On met dans le condenseurdela potasse cauatiqueen die* 
solution concentrée df4^''0"4^'' de laréûmètre de Baume. 
Il faut en ^mettre assez pour que les gaz, en (lassaDi dam 
les- boules horizontales , soient toujours forcés dedéplacor 
le liquide pourallerdelapremièreà la seconde et de la se- 
conde à la troisième. En sortant de celle-ci ils sont encore 
obligés de soulever et de traverser une colonne de liquide 
avant d'arriver dans la dernière bonle^ ce qui ne sepeuliaire 
sans quelques oscillations qui terminent le lavage du gaz.. 
Une inclinaison plus ou moins forte est toujours nécessaire 
pour favoriser le jeu de cet appareil ; on la donne en des< 
cendant plus ou moins le crochet m , ce qui oblige la bran- 
che o a descendre. Quant à la branche n , elle est fixe et 
n'a d'autre jeu que celui qai lui est laissé par la flexibilité 
-du tuyau de caoutchouc, qui sert à la réunir au tube ren- 
fermant le chlorure de calcium. 

L'appareil ainsi disposé , on procède à la corabusiion 
comme à l'ordinaire ^ l'eau se condense dans le-chlorureet 



l54 lOeSNAt 

l'ncié^ carbonique 4aii9 la fiaUisse; en sorte qae latote 
9eu)s'écUappe,9i la matière esE azotée. Qoahd la cotnbus*^ 
tidn €àt terfinînée , le dé^geniefti »'arrétè ei la polâase 
]»rtnd UR «mtvejRieii(asc€iD9ioi)nelTers Iaboule/>, quiétait 
jii«qii€*12i restée vide. Oa casse la j^nle du lubc à rom- 
bnation ^eiottcomnieRdfide suite à aspirer doucement^par 
le tttUe rt £ki Éaéme leœps un aide ajuste le tube e garni 
de cblof ore de ralcium 9Ur la pointe qu'on vient de eas- 
s^ 5 afiirqne Yvàr aspifé snit sec et ne porte aucune humi^ 
dîié aocidenleUe dana^ 1 appareil. 

On peut négliger cette dernière précaution ^ nais 
sdors il faudra regarder Fbjdrogène comme étant dasé 
uir peu faaiil. L'air qu'on emploie à balayer lappareil, soit 
dé vapeur aqueuse^ «oit d'dcide carbonique t y porte de 
8- à i& milligrammes d'èau quand il n'a pl>int été dessé* 
ékié Bans la plupart des analyses y cette cause d erreur 
peut être négligée, mais il en est qui Seraient tottt*-à-faii 
fautives si cm n'y avait égard. 

V9pp$^ti\ dé M. Liébig àimplifie tellement l'analyse 
cnrganiqite^ et donne des résultats tellement précis, qu'oiS 
peut le regarder comme une des acquisitions les plus pré- 
deoses qu'ai< fàhes depuis long-temps la chimie analy- 
tique; 

On peut regarder comme certain que l'acide carbolii- 
queestexaeteœent absorbé par la potasse , même quand 
on analyse les silbstances les plus aaotées. M« Liébig s'en 
est assuré directement , et l'expérience de eliaque jour con-. 
firme ce résultat essentieL Ainsi, bien que l'acide car- 
bonique arrive dan s le condenseur, mêlé de beaucjoup d'air, 
au commencement ou à la fin des opératèans , il y a toute 
certitude que son absorption est complète. 

Cependant^ on ne doit ^ pas négliger, quand on fait 
l'analyse d'une matière azotée, de maintenir le dégagement 
degaauiipeulent pour favoriser cette absorption. Quand 
la juatlère est dépéur vim d'azote f le gaa . carbonique est si 



DE l»HA»liACIE. tdS 

lo'éo absorbé l' qit'ea génitst] les,buH«s dîsi^aritisaeiiè touieiEi 
dans Ja première boule, sans que rien arrive dans. ]a ses-* 
Miide, une fois que l'air d»Fappareil a été expulsé^ ^kfi$, 
par Id motif ééjà éiiOBcé , il éon vient d^ rendre ]h çùmhwh 
tiin lente au commencement de leipériieileeiret'd aspirev 
lair trës-lentement à la fin.- 

hv condenseur et le tube à . ohlorore Hy»vst Mé tarés 
avant Texpérience, l'excès de poids €|i»'ils7 preieah 
tent aprrès . donne le. poîdi' dé l'aeMlè earboôi^iAef et celui 
de Teaur 

LesbowBboDS'delîégo bien ehoîsi^ ne laissent perdre 
dNKïâne portion dtt^az; mais il arrive quelquefois qu'on 
y remarque quelques légeradéfautsqui jetteraient dudoute 
stsr le résultât de ViUial^se^ei comme il y a une aeses 
forte pression k taîncre,- 6i» ne amiraît peflier trop de 
«erupule à eet égarât Pbur an mettre k Tabri.de tat*le ers 
«enr , il est bon de.liK»*(er k sarfaoe du bouchon chrec d^ 
e^afchooc fondu* Au mèyen de cette précaution 9 le 
boécbno résiste ) ménie^uniid il ofiiriraif quelques légers 
déffràtsde textove. liecâontcbmie supporte d'aiU^nrs un« 
température assez élevée peur volatiliset l'eau^quî^avoî^int 
le boucboji sans rien dégager y eé qui est indispeAsablti 
Quand on Remploie ilfWui «AserVer que le bouobon m 
devient telletnenl gKasenty que si le eondensenr était 0ua«i 
pendu de manière à exercer une tmetion sur le bouchon 1 
cdtti-ci sortirait infaiU^emenl du tube pendant \» dnfée 
de Fexpérience. Il faut donc fixer le bouebon au tube au 
nioyetÉ de quelques tours de fil de cuivre. 

Tons ces procédés étant bieii compris ^ il nous resteen^ 
eore à faire conoi^^re la ddse dé. matière qu'il convient 
d'employer dans les dtvetse expériences. Cette dose 
vnriè i9éce&sairein(ent> car cetlnin^s matières ont une for- 
mule si simple y qu'elle se déoèlt par l'analyse la plus g;ros-o 
sière, tandis que d'antres oflirenl des ibrmuJes si compli<r 
quécs^que les analyses les plus attentives laissent encore 



i56 joc&Nàif 

des doute» légilimes et permettent plus d'une inlerpré* 
tation. 

Pour aroir des résultats assurés dans toute analyse 
organique , il convient de brôler. une cfùantité de matière 
capable de produire , au moins i 

3o à 4o centim. cub. de f^az aisote ; 

i^o oa 4oo centîm. 'Cub. d'Hcide carbonique ^si. on! le 
dose au volûniie ; • 

' oC'ySoo à I 5oo d'acide «arbonicfue 9 si on le pèse ; 
~ o, loo à o,aoo d'eau. 

Ainsi , les qulantités à employer varieronA d'une matière 
à l'autre, et même , pour la même matière , selon la nature 
de l'élément que Von veut doser. 

On ne saurait trop recommander d'augmenter les quan^ 
tités de matière à analyser ^ et de les porter jusqu'au point 
de fournir tin ou deux grammes d'acide cfirbonîque; par 
exeinple ^ quand' il s'agit de produits , comme les acides 
gras ou des corps analogues , dont les formules sont telles 
que le nombre des' atomes de carbone ou d'hydrogène 
peut varier par le seul efièt des erreurs d'obser- 
vation qui se présentent dans lés analyses ordinaires. 
Quand on est muni de bonnes balances , on aime mieux 
augmenter le soin que l'analyse exige, sans élever le poids 
de ta matière au-^lelà de o,3oo oude o,4oo, afin de rendre 
sa complète combustion pins facile. 

Du reste ^ la meilleure manière de vérifier une analyse f 
consiste à faire trois expériences dans les mêmes con» 
ditions, maïs en brûlant des quantités croissantes de 
matière, comme 0,200' Oj-foo; 0,600. On découTre ainsi 
des erreurs constantes dues à la méthode , qui ne s'aper« 
cevraient jamais , si l'on brûlait toujours la même dose. 

On trouvera, dans le chapitre suivant, les considérations 
d'après lesqtielle^ on doit se diriger dans la discussion des; 
résultats que fournit l'analyse élémentaire. 



DB PttABHACIB. iSj 



NOTE 

Sur une matière cristalline isolée dun tks produits de la 
préparation en grand du sulfate de quinine , et dési* 
gnée d'abord sous le nom de quinidine. 



}. 



' ' Fa'r^MM: HiÉURT (OuittnVeV'A. DÉiovDit. 



/,4iU4rii>9il:>41of4abr^:d^Emerf nous avons annoncé à la 
pociél^é l'^x^alrc^be probable d'une nouvelle substance alca- 
]ineorgaQique4^9 le quinquina j^une, ou l'un des pro- 
di|^s deJ^Qi^tn^ctippen gcaqd delà quinine. Getip subs- 
Unç^, pl^céfîjmf^éd^atementà côté de la quinine et de la 
cincfaowi^^^vïaiiiOffertjune grande analp^gie avec le .pre7 
mi^ d9.<^pade^9J|]^î^cipe$; in^is qiielque^ caractères ayant 
p«içu,.r«,faiif?^i,d^fl[ér^r^ çensiblemept, nous lui avions 
dooiaé):ja^uà^pl|it^)S|mple e^i^men, le non^ de quinidinej 
et, pour prendri^ date ^nouç ^vjlonç v.erbalement indiqué 
les essiSii^i ptéhiUin&ire^ qui nçus avaient conduits à obte- 
nir cette matière. Des recbercbes ultérieures étaient néces- 
saires, pour en mieux constater l'existence et la nature, 
nous no^us étions réservés de poursuivre le travail pour 
confirmer ou infirmer nos prévisions. La substance cris7 
iallin^ que nous avions appelée quinidine fut isolée en 
quant}téa9sezgraqde pour multiplier et varier beaucoup 
les essais istles analyses. Mettant jdonc à profit, et notre 
propre espérience et les bons avis de quelques-uns de 
nos. honorables confrères , habitués spécialement à ce 
genre de recherche's , nous avons soumis la substance 
ci-desAlis à un très-grand nombre d'épreuves, afin de 
vérifier si elle s'éloignait de la quinine ou concordait 
avec elle. On la combina en conséquence avec plusieurs 
acides , espérant qu&, dans ces nombreuses combinai- 



sons, le hasard conduirait peut -être à en rencontrer 
quelques - irnës" ôflraiït ites' titflférenccs tranchées avec 
les sels de quipine. Ainsi, nous avons successivement 
pris les acides sulfurique,- hydrochlorique, phosphori- 
qiie« c^l/f qMf^ Ml'^iyP^) bydriodique, acétique, citrique, 
tartriq^e, f^jiî^Vqug, fi^cçinique, kinique , carboazoti- 
que, etc. , les i^^;^^ant,^Qrt directement , soit par double 
décomposition avec l'alcaloïde, et formant tantôt des 
composés neulMft, UiMôt ayec Qxçèd d'acide* Dans tous 
ces cas , les sels obleuus avaient la plus grande analogie 
avec ceux de quinihe du miéme genre ; et la composition 
du sulfate, par exemple , bien exempt d'acide en excès, 
très^pur, et séché à r3o** centigr. , fut à très-peu près la 
même que celle trouvée par M. Liébig pour le sulfate 
quinique, La seule différence que nous puissions noter 
pour ces combinaisons salines , est leur très-gratodê fa- 
cilité à cristalliser, due sans doute à l'extrême pureté de 
Talçaloïde ; car , par exemple , le nitrate qui , avec laqui* 
nine ordinaire, se présente en gouttelettes oléagioeuftes 
difficiles à transformer en cristaux , a promptemènt pris 
une forme crislaHine aiguillée ; et Yhydriodate neutre, 
préparé par double décomposition» en versant , dans un 
soluté de sulfate de quinine sans excès d'acide , une cer- 
taine quantité d^iodure de potassium dissous, a donné 
un dépôt blanc grumeleux , qui, après lavage convenable 
à l'eau, traité par l'eau bouillante et filtré, se prît par 
évaporation en cristaux aiguillés. Enfin , l'hydrochlorate 
qui, préparé directement avec l'acide et la quinine, 
comme on le voit, et comme l'a indiqué Winckler, nf 
forme presque toujours qu'une masse épaisse visqueuse, 
préparé de même avec notre substance cristalline , noua 
a laissé une cristallisation soyeuse, trés-^belle, nacrée, 
et facile à sécher (r). 



(i) Nous ajouterons qu'aux sels formés il en est quelques-uns non 



DB ^HkmUkCiE. 1S9 

Ces premiers îe^ces serablaieût ime nous eoftdam 
& reeranaHre que le premier alcaloïde , dont nous aviQns 
cru entrevoir rexîsttace y u- était autre q^i^e de la quinine ; 
l'analyse élémentaire devait, en dernier lieu , nous f^ 
struire tout*-à-faiC. Cette analyse fik donc entreprise «veç 
tout le soin poss^ible, en nous servant, soit de lapp«v 
rei} que l'un de nous a proposé-, soit de la méfbode de 
M. Liébig, que M. Pelouze a bien voulu mettre eii pra«- 
tique sur une certaine proportion de matière cristallisée 
que noms lui avions confiée. Dans Tune, et ^'autre jAr^ 
constances , les résultats furent assez concordans et iden- 
AiqilÊS avec ceux fournis à M^ Liébig etài'uQ de nous pO}ir 
la quinine pure; savoir : pour too 'parties séc^^éesi i3ot^ 
centigr. ; carbone, 'j^y^i^ hydrogène ^ 7,1; asote 8,68 
exigène, 9,8a. JNuf doute alors que ;notre substance ne fût 
de la quinine. Sa cristailistition était le résultat d'une 
combinaison d'eau avec elle, car en prenitnt 1 00 parties de 
cristaux 'bien privés d'^humidité extérieure par une, exprès^ 
sioB convenable entre le papier Joseph , puis les exposant 
âans un bain d'huile à iSo"^ centigr., jusqu'à ce que le 
poids fût -invariable, on a perdu pour cent 6,8, ce qui 
conduit a trouver qu'il y avait pour 1 atome de quinine, 
I atome d eau ; car 94^9 : 5,8 : : 2, 1 45 : x = 1 1 g^^^o , pres- 
que 112,48. Ainsi, les cristaux obtenus parvpous de la 
matière précipitée "par l'ammoniaque dans les eaux jaur 
nàtres^ surnageant le produit de la disti^ation des tein- 
tures alcooliques de quinine ( préparittion en grand du sul- 
fate,), et qui ont été désignés sousie nom de quinidint^^ ne 



JLa. 



en£dr«..in4iqn«> gue noM avons obiemis , savoir uïtMiceiMate cxistalii- 

sai le en prismes nacrés , et le (arti aie diiffhle ^^ J^<^*Mifi'^ à^,fi*\i»*h^ fait, 

en pâturant par cet alcali, l'excès d'acide du bi-taviiate de potasse. ^1 est 

cristal lisable, soloble dans Tatcool, et calciné, kiisse du carbonate de 

potasse. Je compte, pour ma part, revenir, plus au long- sur divers de 

ces s«]s et leur composition, afin de compléter iepcor^. la manograpliie 

des alcaloïde! des quin<;iainas. ' • < 

' OvH. 



l60 ; JOCîRNA,L i 

soniatttee chose que de Xhydrate de quinine^ Béjl^ M. Lié- 
hig, dans son beau t,ravail sur les alcalis organiques, a 
fait connaître qu'il avait recueilli la quinine en petites 
aiguilles,, en précipitant le sulfate par lammoniaque ; 
et 'M. Pelletier a récemment con;iniuniqué à l'un de nou« 
qu'il obtenait également des^ cristaux en faisant bouillir 
dans l'eau la quinine^ filtrant à froid 9 et laissant évapo- 
rer spontanément. 

Notre travail. ne sert donc qu'à cçnfirmer ces faits , et 
à ajouter quelques indices aux caractères de la quinine» 
. Yoici , au reste , le moyen de se procurer facilement cet 
hydrate : on. prend un sel de quinine cristallisé très-pur , 
bien exempt de matière jaune , on le fait dissoudre dans 
une grande quantité d'eau, puis on en précipite l'alca- 
loïde par l'ammoniaque. Lorsque le* dépôt grumeleux 
résiniforme est recueilli et bien privé de substances 
étrangères par un lavage convenable « il est dissous à 
chaud par l'alcool à 32° ceutigr. , et le soluté additionné 
d'eau jusqu'à ce que la liqueur devienne laiteuse ; on 
labandonne ainsi à Tair libre,' et., en peu de jours, les 
portions qui se sont précipitées sous forme d'une résine 
fluide, se changent en cristaux radiés, d'un très-bel as- 
pect ( à peu près à la manière de la brucine ) ainsi que la 
liqueur, qui tapisse les parois des vases de semblables ai- 
guilles. Ces cristaux , séchés à l'air libre , sont des prismes 
allongés à six pans assez efllorescens et qui , exposés à 
Faction de la chaleur, se ramollissent d abord, puis se ré- 
duisent en une poudre blanche , ne changeant d'état qu'au 
delà de i5o à i55° c. , où ils se fondent eu une résine 
jaune translucide friable comme de la colophane, et sans 
dégager dMcxm produit ammoniacal. 

J'ai une seule fois soumis à, l'analyse une partie déter- 
minée de cette substance fondue , et bien qu'elle fût com- 
plètement transparente, sans traces de cbarbon inter- 
posé, je l'ai trouvée presque entièrement composée de 



DE PHARMACIE. l6l 

carbone. Je répète que cette expérience n'a tté faite 
qu'une seule fois, et je compte la reprendre, car elle 
nous a paru très-singulière si elle est exacte. Elle pour- 
rait conduire à supposer qu'il s'est dégagé, pendant cette 
/usiorij un radical complexe , azoté, particulier, composé, 
auquel on pourrait attribuer l'alcalinité de la quinine? 
Je livre cette prévision aux chimistes plus habiles que 
nous, en me réservant aussi d'en poursuivre la recherche. 
La quinine , qui se rencontre en asses grande quantité 
dans les liqueurs jaunes amères , sans odeur d'alcool , 
surnageant le produit de la distillation des teintures al- 
cooliques pour l'extraction en grand de la quinine, en est 
précipitée, en partie seulement par l'ammoniaque, sous 
forme de flocons blanchâtres qui se réunissent bientôt en 
une matière résiniforme jaune (i) ; le liquide jaune, bien 
que très-fort ammoniacal , est encore amer , et laisse sé- 
parer de nouveau, par la soude caustique, un deuxième 
dépôt résiniforme de quinine, mêlé d'une proportion no- 
lablede chaux. Nous pensons que l'alcaloïde se trouve ^ 
dans ces eaux colorées, tenu en solution par sa combi- 
naison avec une substance jaune , qui fait fonction d'a- 
cide , et qui probablement forme, avec la chaux , un sel 
double ( à moins que cet effet ne soit du à un hydrochlo- 
rate double), qui n'est qu'en partie décomposable par 
l'ammoniaque. Des essais que nous poursuivons , et que 
nous espérons bientôt faire connaître à la Société , s'ils 
nous semblent dignes de l'intéresser, nous ont permis 
d'isoler la substance jaune ; elle nous parait être un acide 



(i) Cette quinine étant presque pure, satare à poids égal ane quantité 
d'acides plot grande que celle qui s'est reposée après la distillation , et 
qai est mêlée de résine ou de quelque matière étrangère ; c'est ce qui 
nous avait fait croire que la première, désignée par le mot qninidine, 
avait une capacité de saturation supérieure à celle de la quinine ordi- 
naire ; mais la composition du sulfate par de l'une et de Tautre est sem« 
blable. 

XX\ Année, — Mars 1 834- 1 1 



|64 JOtJANAL 

partieulfer^ et c'est lui qui se retrouvé en grande pro^ 
portion dans les eaux -mères incristallisables du sulfate 
de quinine, dont il gène singulièrement la cristallisa* 
lion ; M. Sertuerner a déjà dit qu'il se trourait ayec sa 
quinioïdîne une matière jaune qu'il désigne sous le nom 
de suspecte^ et qu'il regarde eomtne un acide^ Nous es- 
pérons bientôt apporter peut-être , quelque jour, sur Ik 
nature de ces composés organiques ^ on du moins contrit 
fcUer à guider dans leur recherche c«ui qui s'occupent d^ 
cette spécialité. 

ih ié S^l^nrine, èdpHntipe nciîfde là MlsèpareiUe. 

9%k Ml THoèftvf; 

* 

Cette subftlâniKe «i^istàlUhe , qUiË j'anliôtiÇâien ld^3a àf oîlr 
r«li«^é de la éahepareille ^ ih'â télijoûrs {taru être le prin- 
cipi» abtif de cette racine; car^ cohinîe <elle ^ ellecnmmu«« 
que à Tëiiu la propHété de tndiisser ^ar l'agitation et lui 
ddnnid au^éi lé geût âere et âmei* qiiè ce tégétal abandonne 
k ses Inat^érâtions à^neuftës et alcooliques* Ce corps ^ vu 
âu milsrostopë ^ est ulri assemblage cristallin radié ^ dont 
Itéë latties %6îii CôkiVergentes à leurs exti^émités; il est en-^» 
tièreoilstit neuti'e et ëans àt^tion sur les papiers die niauV« 
^1 dé toUMie^dl ; celi ^apiéhs k^OUgié pftt un àddë ne sont 
pa% faMehé^ à IteU!" cbtiieur primitive. 

Dans son état de pureté la salseparine est blanche « sans 
odeur , et d'une saveur presque nulle à l'état anhydre ; 
peu soluble dans leuu froide , elle se dissout en totalité 
dans l'eau bouillante , mais s'ço précipite en grande paitie 
par le refroidissiement. 

L'alcool la dissout en toute proportion à froid et à chaud ; 
elle y cristallise par évapora tion ; elle peut être précipitée 



DE I^HAiMÀblE. t6'5 

de ses dissolutions alcooliques par l'addition d'une petite 
quantité d^eau ; insoluble dans Péther même bouillant, 
elle se dissout très-bien à chaud dans un mélange par par- 
tiëi^ égalés d'étbët" et d^aleool , elle y cristâlltde en paillettes 
parle refroidissement. 

Un mélange d'iode et dq salseparine dissout dans l'eau 
Ifli donniA Une couleur jattne Aèfrfttiéti $ mise dan« un creli- 
iet'de platine et ebaufiee^ 1a salêepaHne le fond, fte dé- 
ddmposd, et Ibiisse dégager une od^ur piquante; bott t;bar- 
boti Oateiné ne laisse aucun résidu. Elle ne hi'à paé putn 
contenir d'azote; au surplus, en annonçant que notre hô- 
iiôr^ble cDâfr*èlrë M. Henry h eu l'eulréme obligedtice de 
se charget* de l'analyse élémeûtaire de <;ette éubètance , 
cf'ett dir« a Pavancé quelle pnâdsiDn sera apportée à tettë 
déiteàte opération^ 

J^ai répété lé procédé au moyen duquel M. Èatka db* 
tient ce É[u*il appelle Vacide parillinique * la substance 
produite ^xâihinée àveB«oin a présenté tous les Caraclèreé 
de la saltêparine, seulement je suis persuadé qti'il j a 
erreur de la part de cd chimiste lorsqu'il reconnaît à ce 
corps les propriétés d'ub acide) «ar l'ayant mis à boùillilf 
aVeo de l'eau et ub excès ûè magnésie calcinée ^ je n'ai 
pas observé de combiti»ison ) le liquida Ôitré a été érâporé. 
à seOj et le résidu repris pat* Talcoôl a cristallisé atec 
toutes les formes particulièlres à la salsëpaHne. 

Je rappellerai que le premiei^ aussi, j'ai annoncé Vêxié'^ 
îmntM d'une buile gra^ëe fixe dans la êalsepareille ; elle 
contient de pluà , entre autres sels , beaucoup de nitrate 
de potasse. 

Je termine ici cette note ^ m^ rései^vanl de Oiire un Ira- 
irail plus complet sur la salseparine ausÉîtôt qu^ mes oc- 
eupatâo&B me le permettront* 



II 



l64 JOURNAL 

De la colchicine, par MM. Geiger et Hesse. ( Annalen der 
Pharmacie, i833, vol.YIl^cah. 3, p* 275. ) 

On extrait la colchicine des semences du colchicum au'- 
tumnale par un procédé semblable à celui dont il a déjà 
été question pour la préparation de la daturine. Il est 
toutefois un peu plus difficile de l'obtenir pure et inco- 
lore. 

La colchicine cristallise en aiguilles déliées : elle est 
inodore , d'une sayeur très-amère^ puis âpre ( mais elle 
n'offre pas Tâcreté delà vératrine) ; portée dans les narines, 
elle n'excite pas du tout à éternuer, tandis que la moindre 
parcelle de vératrine détermine un violent étemument. 
La colchicine à l'état hydraté n'offre qu'une faible alcali- 
nité; cependant elle neutralise complètement les acides, et 
forme avec eux ( ce qui n'a pas lieu avec la vératrine) , des 
sels en partie cristallisables^ dont la saveur est amère et 
dpre. Cet alcali est assez soluble dans l'eau , tandis que la 
vératrine y est insoluble. Cette dissolution précipite celle 
de platine. L'action de l'acide nitrique concentré sur la 
colchicine est caractéristique ; cet acide la colore en violet 
foncé et en bleu indigo ; la couleur passe bientôt au vert 
et au jaune. L'acide sulfurique concentré la colore en 
jaune brun : quant à la vératrine, elle devient , comme on 
sait , rouge , puis jaune par l'addition de l'acide nitrique, 
et l'acide sulfurique la colore d'abord en jaune,- puis en 
rouge de sang, et enfin en beau violet. 

La colchicine est également très- vénéneuse : on en donna 
à un chat , âgé de 8 semaines, environ -^ de grain dissous 
dans un peu d'alcool affaibli ; il se forma aussitôt beau- 
coup d'écume à la gueule; au bout d'une heure il y eut 
des déjections alyines liquides abondantes ; plus tard il 



DE PHARMACIE. ]65 

survint plusieurs vomissemens. La marche de l'animal 
dennt chancelante, il tombasse roulade calé et d'autre, 
poussa des cris plaintifs , et parut agité de mouvemens 
conyulsifs. Ces accidens augmentèrent de plus en plus 
d'intensité ; enfin, la mort eut lieu au bout de 12 heures 
environ. A l'ouverture du corps on trouva l'estomac et le 
canal intestinal violemment enflammés, avec épanche- 
ment de sang dans toute leur étendue. On donna pour 
contre-éprenve 7; de grain de vératrine à un chat un peu 
plus jeune. L'effet du poison se montra aussitôt avec une 
grande intensité. L'animal chancela, fît des mouvemens 
convulsifs, tomba, et mourut en dix minutes. A l'autopsie 
on ne trouva de l'inflammation qu'à la partie supérieure 
de l'œsophage. Cette partie du tube digestif n'était pas 
enflammée chez le chat empoisonné par la colchicine. 



De taconitine , par MM. Geiger et Hesse. ( Annales de 
Pharmacie , i833, vol. VIT , cah. 3 , pag. 276. ) 

En i832, M. (reiger «ivait publié quelques expériences 
physiologiques entreprises avec des aconites;il en tirait la 
conclusion que dans les aconites acres il devait y avoir , 
à côté du principe aisément destructible qui constitue 
cette âcreté, une substance narcotique tout-à-fait diflé- 
rente , parce que les feuilles de Yaconitum napellus^ même 
récoltées tard, et dont la saveur n était pas du loul acre, 
jouissaient d'une action narcotique lrès*énergique. Les 
recherches de M. Hesse sont venues à l'appui de cette 
conclusion. Ce chimiste a retiré laconitine des feuilles 
sèches de Yaconitum napellus , à peu près de la même ma- 
nière que l'on a retiré l'atropine des racines delà bella-^ 
done« L'aconitinene semble pas susceptible de cristalliser ; 
à l'état le plus pur elle est blanche , grenue, ou sous forme 



{66 JOURNAL 

f)'i|De roagâe incolore lrao«pare;nte , préaenUol Véclol du 
ve^rre, inaltéFable à lair : elle est inodore, aa anveur. eal 
nmère, puis Acre ; mais celte àcreté n'eat ni forle ni pei^ 
aiatante , bien différente de celle de la plaate qui dure 
«ouvept la heures et plus , et laisse la langue tout (^ngour-» 
4ies le principe acre eat intimement uni à rac0nitineim<r 
pure ; ifiaia, en combinant a plusieurs reprisea cet aleall 
avec les acides et décomposant le sel formé, on enlève peu 
k peu TàcretésL aconittoe privée en totalité nu ei^ prieaque 
totalité du principe acre est vénéneuse au plu> haut degré, 
^ de grain dissous dans un peu d'alcool étendu d'eaU suffit 
pour tuer un moineau dana l'espace de quelqu^aminutea, 
et -^ df grain tpe un petit oiaeau avec la rapidité dç 
l'éplair. Portée sur l'œil elle produit une dilatation de la 
pupile qui ne dure que peu de temps. Elle est facilement 
fusible, non volatile : elle donne des vapeurs ammoniacales 
à la d-istillatiaR sécbe \ elle eat peu aoluble dans l'eau , 
mais très-soluble dans l'alcool; Téther la dissout égale- 
firent. Lçs soli|tioi)s sont alcalines , la ^olutiqu aquei^fç 
n'est pas précipitée par la dissolutiofi de platii(ie, Lj'acide 
nitrique dissout l'ciconitine sans produire de coloration, 
lapida sulfurique la colore d'abord en J£|une, puis en 
rouge amarar^te sale.L'acopitine neutralise complét^niei^t 
lea acides , lea sels de cette ba«0 parai^^pnt^tre incri^tf^l-r 
lisabl^s. Ils n'pnt pas encore é\é bien exaininés* Qua^t k 
l'analyse élémentaire, et au poids aton^ique de l'fiçonir 
tine, ils n'ont encore été Tobjetd aucune rpcberçhe* 

Nous joignons à l'histoire de ces deux alcalis org^niqui^^ 
quelques observations de M. Geiger sup cette clas$e d^ 
corps si iptéressante pour le chimiste et le piéd^cin^ 

On peut, d'f^près M. Geigpr, partager le^ alcalia 
organiques en volatils et en fixes ^ in^ia quitte cl^s^jfiqa* 
tion pe. saurait être que relative. Les alcalis organique 
volatils sont çcuk qui se volatilisent Vf^ètfiQ à la teippéra 
tiire ordinaire. Dans leur grand état ^^ pureté ^l|i son| 



DE PHAtMAClE. 167 

liquides et te distinguent toujours par une odeur par ticu-^ 
Uère. Ceux qui ne soiit pas volatils à la tenpérature or-^ 
dinaire sont solides, inaltérables à Tair, et ioodores lors-^ 
qu'ils sont tris-purs. Mais quelques-uns , retirés de la 
famille des selanées , contractent facilement une odeur 
narcotique nauséabonde. L'byosciamine forme pour ainsi 
dire la transition entre les alcalis organiques volatils et 
ceux qui sont fixes. 

Sous le point de vue physiologique , on peut diviser ces 
corps en vénéneux et non vénéneux. Les alcalis organi- 
ques volatils sont tous Acres et vénéneux , autant au moins 
qu'on en peut juger. Parmi ceux qui sont fixes, Falrapine; 
rhyosciamine, la daturine, la colchicine et Taconitine, et 
deplusladelpbinine et Témetine, sont acres ou amères et 
vénéneuses* La morphine, la strychnine et la caniramine 
( brucine ) sont amères, narcotiques et vénéneuses. La 
quinine et la cincbonine appartiennent aux alcalis pPgA^. 
niques amères non vénéneux. 

Sott9 h rapport chimique , il est digne de rem^irque 

que toutes les bases organiques contiennent de l'azote; 
^t 3ur tpqte» celles qui qn\ é\.é exan^inées jjisqu'?! cçjottr, 
s'est vérifiéçceU^ loi revnarqu^bl^ décqMyerte par M. Lié- 
big , que la proportion d'azote donne la mesure de leur 
capacité de siituratiox). Ainfi^ un i)tome d'un alç^Uofga- 
niqpe pQn^ieqt toqjours çxQcteniept pn atome d'azQte, 

Toutes les substances prg^ipiqiies cnstallisqhlfss véné-r 
penses qi| bien douces , d'unç aplre aplion énergique, et 
qui sonMcinl>l^bles im:|l>4ses salinps organiqpes, pnp^ 
pflf^i^pi^^P^ pas pour ç^l^ à cettq classe de corps-. IJp 
grand nombre de ces substances, qp^j'on ^vait regardées 
çomn^e Celles, n'en sQpt p^si, e( beaucoup spnt dépourvpes 
4'^ap(e. Elles ofirent en partie, sous le rapport physiqlo-t 
giqpe^ ppf! grande ressiçmblapce avep]p^basfs prganiqpess 
^ipsî, i)oy| cpnnaissqps 1^ çocçulpie ( picrptoxipe ), dont 



l68 JOl]RNAL 

lactucarium , dont l'analyse n'a pas encore été faite. Ceis 
substances viennent se ranger auprès de \2k strychnine ^ dé 
la caniramine (brucine), et des principes narcotiques de 
l'opium. L'élaterine, qui est un drastique très-énergique, 
la colocynthine, la bryonine et la digitaline présentent 
beaucoup d'analogie dans leurs effets avec la vératrine , la 
colcbicine et l'énietine. La salicine, le gentianin et autres 
principes amèrescristallisables non azotés ont une action 
semblable à celle de la kinine et de la cincbonine. 

Toutefois, ces analogies présentent unediflérencc bien 
trancbée : c'est que les bases azotées jouissent d'une ac- 
tion beaucoup plus énergique que les principes neutres 
non azotés. 

Les substances alimentaires donnent lieu à une re- 
marque analogue , car on sait que celles qui sont azotées 
sont beaucoup plus nourrissantes que celles qui ne le 
sont pas. 

Sur le kermès minéral^ par Just Liebig. (Ânnalen der 
Pharmacie, vol. VII, cah. i, pag. i. ) 

M. Liébig vient de publier un mémoire fort étendu sur 
le kermès minéral. Nous allons faire connaître les princi- 
paux résultats auxquels il est arrivé. 

Le kermès officinal ne se forme et ne se dépose des 
dissolutions qu'autant que celles-ci contiennent de l'oxide 
d'antimoine, ou bien que cet oxide peut se former aux dé- 
pens des oxides alcalins. 

Des dissolutions ne contenant pas d'oxide donnent 
lieu , il est vrai , dans certains cas, à des précipités dont 
la couleur offre au premier coup d'œil une ressemblance 
éloignée avec celle dû kermès officinal; mais un examen 
plus attentif fait bientôt voir qu'ils ne ressemblent à ce 



DE PUAAMAGIE. 169 

dernier corps , ni dans leur composition , ni dans lenrs 
autres propriétés. 

Tous les prétendus kermès exempts d oxide, sont iden- 
tiques avec les précipités que Ton obtient, en ajoutant à 
la température ordinaire des carbonates alcalins à des dis- 
solutions alcalines de sulfure d'antimoine avec des oxi- 
sulfures alcalins , qui ne sont pas décomposées par le sim- 
ple lavage avec l'eau. Il n'y a donc pas d'autre sulfure 
d'antimoine par la voie bumide , que le précipité hydraté 
obtenu en décomposant les solutions des sels d'antimoine 
par de l'hydrogène sulfuré ; préparé par une autre voie, il 
contient toujours de l'ozide ou bien un sulfure métallique 
qui le remplace. Les dernières combinaisons qui renfer- 
ment un oxisulfure alcalin, ont pour caractère distinctif 
de pouvoir se dissoudre complètement dans la dissolution 
de potasse lorsqu'elles sont encore humides, et de donner 
naissance alors par l'addition d'un acide à un dégagement 
d'hydrogène sulfuré , outre le sulfure d'antimoine qui se 
précipite. La production de l'hydrogène sulfuré est due 
dans ce cas à la décomposition de l'oxisulfure alcalin. Les 
combinaisons de sulfure d'antimoine contenant del'oxide, 
le vrai kermès officinal, par exemple, ne se dissolvent 
pas, au contraire, complètement dans la potasse caustique 
lorsqu'elles sont humides ; mais elles laissent pour résidu 
une combinaison jaune pulvérulente de potasse de sulfure 
d'antimoine avec de l'oxide du même métal , combinaison 
qui est insoluble dans l'eau et représente le crocus pur 
des anciens. 

Espérant avoir mis hors de doute, d'après tous les faits 
énoncés dans son mémoire, la nature et la composition 
du kermès officinal , M. Liébig a cherché un procédé pour 
obtenir un produit qui restât toujours semblable dans sa 
composition. Voici celui qu'il propose comme donnant un 
très-beau kermès de couleur de feu très- vive , qui se sè- 
che facilement et prend alors l'aspect d'une poudre fine 
cristalline. 



170 JPUEW4I' 

Q|i9tri^piirUiS# àe sulfup^ d'antimoine pulvérisé sont méf- 
iées avec une partie <le carbonatede soude desséché, et fq^kr 
diffff à laç}iplrar muge jusqu'à c^ q|ip U !n^»*B soit f n ^Msion 
trayiqiMU^i' On exilera avec %qiu d'ooiplajep pqi^f riimMer 
diss instriimeps çq fer. La mas^e fopdue eat yersée sur 
uf\e brique ; Q]le s^ cassQ par le refroidissement et s^ laissa 
rédliii^^ Av§<; une gRudç facilité ef^ une pqudre trèsrfine, 
Qafait alor^ ))Q|Jiillir pendant uqe heure une partie de 
çeHe nta^sp ti^ést^fineipent pulvérisé^ , fivep une solution 
4^ d^m punies 4^ car}]ionate de ^pude cristallisé daf)^ 
p6 parties d'eau } on 61tre et on laissa refroidir la liqueur. 
]L|^)^Qfqiè§ se.prépipite| ^p répare aveq facilité du liquidq 
si^rpjigeantf et §e dépose 80u§ forme d'une poudre pesaut(e;« 
Qu déçapteles eaux-mères, et on ]es fait de nouveau bouil- 
^r av^ Iç résidu. Ou peut répéter plusieurs fois ces opé- 
r^ypps, jil^qu i pequ fnfin il ne reste plus de crocus jaune; 
eu brun , et on p)?tifnt a chaque f efroid^sseuiçnt upe quan-: 
ti^q çprrçpipuu4aRtçd^ kerniès. 

Cq produit est, d'après l'auteur » beaucoup plus fibQU-: 
d^ilt par cç prpcédç que par celui de Çluzel. 

JA. Méfeig fait euççre çbserver, en terminapt, qu'^1 imk 
fviter ifi. laver le kermès avec de l'eau chf(ude , parce 
qi^'^ll^ le tléçQïuposç , Qt pomme elle f^git plup §uir loxide 
4a^tifi)pine qup, sur le sulfure, et qu'elle le dissout, QU 
^pi^i ^i QU continue à traiter le fermés par de Veau cbau4p9 
par obtenir un kerinès contenant moins d'oxide i et par 
éprouver une perte notable. M. le professeur Geigçr e( 
M. Hesse ont même fait l'observation que si l'on soumet 
du I^ermés réceipment préparé à une ébuUition très-sou- 
tçnue avpc beaucoup d'eau , et à l'abri du contact de )'air| 
il se découipose complètement en hydrogène sulfuré qui 
gç dégage à l'état de gaS| ^t en oxid^ d'antimoine qui festç 
|ÇU dissolution dau^l'e^u, et que le kermès, arrosé d^ beau- 
coup d'^au et abandonné au contact de l'air, di^parai^ 
€©ÎPpl4t«mwM" Î>9UÏ dç quçjquetfinps et^ç laisse pçuf 



DB PHARMACIE, I7I 

résidu que quelques flocons hlancbAtres. C eH pour 
eèlte pîiisoii aussi que le premier dépôt dé l^ermès qui sfl 
ferme , b W pas brun , inais jaiiae brun , ou brun jft^Hlii § 
si la sdutiomileaUBe ust filtrée dofis btoili»ufi d'eau* 

NOUVELLES DES SCIENCEiS. 



NOTE 



iSftr les ^œnias et les divers mcdicamens employés pour 

les combattre. 

Par FiLix Bottoit. 

Les lœnias se reiiecMitreni anses fféqueiiiBieo^^q iPt^vktie^ 
mais c'est d^ns la baute ItaliQ ^t an 3Di«li9 qu'Us wmX pri^sr 
cipalement répandus, et qu'il a été surtout facile d'ét^dw 

leurs caractères ^péciQquès et d appvécîar la ^il^pr des 
divers médieaineos proposés polK \^^ eipuUer, M, le dPÇ-i 
tc^urltfayor de Genève s'est beaue^iip oeciipé d<} P^ f HJet 
qui lui a fourni f ocdusio» d'^rit^bir la sciei|f;e d*o ^ • 
lions curieuses. Je vais e|i iiKliq^er ip4 qi|e)qHes^uBs qu'il 
a -bien voulu me communiquer, 

M, Mayor rejette le ndm spéeifique de soliatfè q^i ^ étfi 
îttdiQéremment appliqué aux trois espèces de tœnia ob^ 
servées jusqu'ici , et n'admet que le toiiia Bfsaé, et le bo^* 
tfjfûoépbale. 

Le piremier se distingue parce que cb«<cMn de ses an?- 
neaux, qui est un animal distinct, porte, outre les parties 
de la génération, quatre suçoirs. silr pbaque fa<»e« D'ailleurs 
les quatre intestins , ou plutét Y^^tQxms^o est eontouru^ d^ 
manière à présenter plusieurs, replis. 

Mt Mayor f^it du tœnia bpJrypçéphale deux espèces : 
le botryocéphale à anneaux loqgi ^l le bQtryQfépbël^ k 



1^2 JOURNAL 

aoneaux courts. On avait, avant le docteur Mnyor, carac- 
térisé deux espèces de tœnia par I0 longueur ou la briè- 
veté des anneaux ; mais c'est à lui qu'il faut rapporter les 
principaux détails da signalement quf va suivre. 

Les tœnias botryocéphales diffèrent du tœnia armé parce 
qu'ils ne portent sur chaque face de chaque anneau qu'un 
seul suçoir ; qui est d'ailleurs accompagné des parties de la 
génération , et parce que l'estomac et les intestins ne pré- 
sentent pas de contours ou de replis. 

On peut très-bien reconnattre ces caractères en appli^- 
quant et faisant dessécher les tœnias sur des plaquçs de 
verre et les recouvrant d'un enduit qui les rende trans- 
parens , leurs organes se dessinent très-distinctement. 

Le bolryocéphale à anneaux courts a six lignes environ 
dans sa plus grande largeur , la longueur des anneaux est 
d'environ une ligne. Le suçoir se divise en houppes de 
plus de cinq ramifications , la longueur du ver va jusqu'à 
soixante pieds. ' 

Le botryocé[)liale à anneaux longs a quatre lignes en- 
viron dans sa plus grande largeur , les anneaux ont à peu 
près deux lignes de longueur. Le suçoir se divise en houp< 
pes qui ne présentent que cinq ramifications ; la longueur 
totale du ver ne dépasse pas vingt-cinq pieds (1). 

Dans la pratique médicale il est très-important de dis- 
tinguer les différentes espèces de tœnia , car les divers 
moyens qui ont été recommandés pour les détruire ne 
réussissent pas également avec chaque espèce. 

Ainsi l'huile de fougère chasse presque infailliblement 
le botryocéphale à anneaux longs , tandis que le botryo- 
céphale à anneaux courts lui résiste le plus souvent, et 
exige, pour être expulsé, l'emploi de la poudre de racine 
de fougère ou de la décoction d'écorces de racine de gre- 

(i) M. Mayor cite qa'an de ses cliens a rendu saccessirement cinc| 
botryocéphales. à anneaux longs. 



DE PHAlUfAClE. IjS 

nadier sauvage ; de son côté aussi le boCryocéphale à an* 
neaux long résiste à ce dernier médicaments 

Enfin la poudre d'étain et la décoction d*écorce de ra- 
cine de grenadier sont les spécifiques les plus sûrs pour 
combattre lé tœnia armé. 

Il est facile de juger la nature du ver dont le malade est 
affecté en examinant les fragmens qui ont été rendus. 

La grande expérience que le docteur Mayor a pu acqué- 
rir pendant sa longue pratique à Genève, lui a permis 
de déterminer avec précision les doses et les modes de 
préparation et d'administration des tœnifuges. Je, vais 
indiquer ici les principaux résultats de son observation. 

La poudre d etain se donne d'abord à la dose d'un scru^ 
pule sous forme d'opiat préparé avec du miel , cette dose 
peut être portée jusqu'à une demi-once s'il est nécessaire. 

La poudre de racine de fougère doit être parfaitement 
verte, autrement elle ne produit point son effet. 

On en prescrit trois à quatre gros délayés dans un 
mélange de trois onces d'eau de mélisse et d'une once de 
sirop de gomme. Cette polion se prend le soir , le lende- 
main matin on donne une once et demie d'iiuile de ricin. 

L'huile de fougère s'emploie en pilules ou à l'état li- 
quide. 

On en prescrit trente ou cinquante gouttes pour vingt* 
quatre pilules suivant la force des sujets. On prend douze 
pilules le soir ,^ douze le lendemain matin , et une heure 
après une once et demie d'huile de ricin. 

A l'état liquide on donne depuis un demi-gros jus- 
qu'à un gros d'huik de fougère , soit pure, soit mêlée avec 
de l'huile de ricin ; mais d'ordinaire on n'administre celle- 
ci que plus tard. 

La décoction d'écorce de racine de grenadier est prépsi* 
rée à Genève comme l'indique te formulaire de Jourdan. 
On fait bouillir deux onces d'écorce avec deux livres d'eau 
jusqu'à rédaction d'un quart, la colature s'administre 



t;4 JOUiNAL 

pilf ptiM cl^ dëtlii entes de demi -heure en demi*heure^ 
Quatre prises suffiseDlordinairement pourexpulser le ver^ 

Il tèt bon d« faille remarquer qu'à Pari» les médecins 
^t^eél^fiVèht eti général ee médicament d'une manière 
toute différente, et que lorsqu'il est prépaté aree ekac« 
titude il ne Indfique presque jamaiiB son effet. 

Là dose d'éeorce est également de àen% onces, la qtiaioi«> 
tité d'éâU de dl^iiH livres; mais la décoction est précédée 
d'ufie lUâcétvatiort de douze heures danareim froide^ et 
doit elleMnémè se prolonger pendant deux heures à petti 
bdllillôli. On l'ecueilie quinze dnees de eoluture que Ton 
admiëiétre en tr^isdosesà demi^heure d'intervalle, le ma» 
tin k jenn. On fait prendre deux onces d'huile de ricin la 
Teille au ë(Mr , ou le matin même après la décoction de 
grenadier « 

On emploie encore sourenl à Genète l'ea^enee de té- 
rébenthine rectifiée à la dose d'une demiMMiee à ûx ^mi 
mêlée avec une once d'huile» 

Eèn Alsace ^ où il y a beaucoup de tceniae , on ddtine 
avec «uccès l'huile empyreumatique de Ghaberi ^ que 
Bremser presiirivalt aussi à Vienne. 

Cette huile se prépare en mêlant : 

Huile volatile décerne de cerf. %ir 

Béseméëdetéréb^lhinè. .... ^ ..... 4 %tij 

Làissëf di^érèt peâdatlt quatre jôUrs et distillez jus- 
qu'à ce que voUs A^éz obtenu douze onces de produit ; là 
dose est de trente golit tes matin et soif. 

. JPfote sur la codéine. 

M» le doeieUr Earbier d'Afcnienis a adressé à rAéadëmin 
royale de Médecine une note sur l'emploi de la codéine 
que lui avait procurée M. Kobiquet pour en faire l'ossai , 
comme tnoyen thérapeutique. 

Suivant ce pmticien, la codéine jouit de propriétéè 
médicales très^remarquabieei comparée^ dani ses effets | 



DE -l^ifAhMAClE. 'i^5 

aux ailtfés pt^aits de lopiam et h Tôpiùbi Itrf'^lnêilie , 
et adiîiiûiBtréé en solution , ou eu sirop , à la dose d'une 
cuillerée ou une demi-once contenant un grain de cette 
i$ ubs tancé , la éôdéine aj^it prbÉtiptehienl eut l&s tierfs 
du syàtéme gânglioiiaire , sUr rappat*«il de l^innek'fa-» 
tiOh ; elle à petl de priée fiui* les béknisphëres èéfébratix , 
ne fait ailéiitlë impression sur ia mdële-épinière bi SUtleé 
plexus âerveut diigrahd sjmpatique, diaié i^éus^ittiontre 
' la gastralgie, pl^oeùfé titi somtneil remàft{Uabl(i par sa 
douceur et le bien^étt*è qui te suit. 

Elle sbUla^ sUHout le céhtre épigiidtritjul!, et loiH et 
iftènstiperles malades, comme le foiit le plus loutetit les 
prépaî-atilons d'opitirii , la codéine fcrid leS gîirdë-fobë* 
plus faeilei. 

M. Barbier regarde la codéitiié •- 

i<*. Comtne Un principe d'uûè ât;qiiisilion pirecielise 
pour là thérapeutique ; - 

2®. Dont l'influence s'exerce principalement suf le 
])lexû8 Uervélix deè nerfs gdilgliohaires; 

3*. Elle proToqUe Ife sommeil safté fatigue \ 

4''i Elle agit contre Ité^ néTiroses abdominales; 

5**. Ne soulage nullement les douleurs nétralgîqtifeé ; 

6**. Ne trouble pas l'exercice dès fonctions digestives, et 
semble faVoriseir les selles au lieii dé les Iretak-der . 

J;-lP. B 

. EXTRAIT DU PROCÈS VERBAL, 

JDe la séance de la Société de Pharmacie ^ 1 834» 

PRESIDENCE DE M. CHEREAU. 

La société reçoit les lettres et ouvrages suivans: 
Une lettre de M. Durand, de Philadelphie, qui la re- 
tnercîe du titre de membre correspondant qu'elle lui a 
conféré, lui atinonce Tenvoi procbain du dispcnfaire des 



176 JOURNAL 

États-Unis, cl lui fait hommage de la Pharmacopée de Phi- 
ladelphie ' M. Chereauest chargé de faire un rapport ver- 
bal sur cet ouvrage. 

M« Robertson d' Edimbourg remercie également la 
Société de lui avoir accordé le titre de correspondant. 

M. Chariot, pharmacien à Saint-Aignan , adresse une 
note accompagnée d'un sparadrapier de son iiîvention. 

MM« Baget et Yée , sontixommés commissaires. 

La Société reçoit les n°'. de la Gazette éclectigue, le 
Journal de Pharmacie, les Annales deTAuvergne; une 
Pharmacopée de M. Antoine Giomaud, présentée par 
M. Durosier ; les Mémoires de la Société d'agriculture 
et des arts de Seine-et-Oise. M. Plancl^ie est chargé de 
faire un rapport verbal sur le premier de ces ouvrages , 
et M. Moutillard sur l'autre. 

M. -Bonastre dépose sur le bureau un superbe échanliU 
Ion de résine copale de Madagascar ; cet échantillon pèse 
3 livres. 

M. Pelouze présente, de la part de M. Boutin, une cris- 
tallisation abondante et fort régulière, d acide hippurique, 
obtenu en'modiiSant le procédé donné par M. Liébig , au- 
teur dé la découverte de cet acide. 

Ce procédé consiste à concentrer l'urine des herbivores, 
àajouteràcetle urine concentrée une certaine quantité d'a- 
cide muriatique , il se forme un précipité abondant qu'on 
lave avec de petites quantités d'eau froide, et qu'on dissout 
dans l'alcool à 2 ou 3 reprises ; on obtient à la dernière 
dissolution des cristauic très-blancs. 

Le même membre communique un procédé de M. Woh- 
er pour extraire l'osmium et l'iridium des résidus de 
platine. 

M. Bussy lit un rapport verbal très-favorable sur un 
ouvrage de M. Baudrimont, intitulé : Introduction à /'£*- 
tude de la chimie par la théorie atomique* 

M. Yallet communique un extrait des journaux aile- 



DE FHAaMÀGIE. 1^7 

maudis ftur deux nouveaux alcalis, la colchicine eiVaconitine, 
et des observations générales de M. Geiger sur les alcalis 
végétaux. 

M. Henry lit en son nom et celui de M. Delondre un 
mémoire sur une matière cristalline , isolée à*niï dés ptQ-f 
duits delà préparation en grand du sulfate de (juinine, çt 
désignée sous le npm de qùinidine. Les conclusions 4e ce 
mémoire sont, que cette matière a exactement la même 
composition élémentaire ^ et le même poids d atome que la 
quinine, et qu'elle n'est autre ckose <jue de l'bydrate de 
quinine parfaitement pur. 

Du sulfate de quinine du commerce, purifié avee 
beaucoup de soin par M. Henry , lui a donné , par l'addi- 
tion de l'ammoniaque, un précipité blanc qu'il a pu 
faire cristalliser avec autant de facilité que la prét(endu^ 
qùinidine elle-même. 

M. Tbubœuf lit une note sur la salseparîne, matière 
blancbe cristallisable , qui lui paratt posséder les princi-!- 
pales propriétés médicales de la salsepareille. Cette sub-^. 
stance , découverte par M. Tbubœuf il y a déjà plus d'un 
an , possède une saveur amère , elle n'a aucune action sur 
les couleurs végétales ; elle ne se combine ni avec les 
acides, ni avec les alcalis; elle donne à l'eau la propriété 
de mousser par l'agitation, et ne laisse aucun résidu quand 
on la brûle à l'air libre sur une lame de platine. 

M. Bussy fait remarquer quelques analogies qui parais-r 
sent exister entre la salseparine et l'acide que M. Fremy 
fils retire de la saponine, 

M. Chevallier annonce que M. Filière, élève du Val- 
de-Gràce , a retiré des marrons dinde une substance qui 
ressemble beaucoup à la saponine. 

"M. Pelouze ajoute que les recherches de M. Fremy^ 
dont les principaux résultats ont déjà été annoncés par 
M. Soubeiran , dans son cours de pharmacie , sont tcrmi- * 
nées et seront incessamment livrées à la publication. 
XX% Année. — Mars i834. la 



17^ JODRHAt 

BIBLIOGRAPHIE. 



Iniroditciion « V étude de la chimie par te thêaritê atomique i par M* 9av. 
DBiMONT , docteur en méd^cioe, i toI. ia ft». Prix; 3 fr. 5a c. f cbes 
Louis Colas, librairç, rue Dauphine , d». 3a. 

Dès les premières obserrationt que les homn^es fure9t à pertée de. 
faire sur les propriétés intimes des corps , ils durent chercher à se forn^r 
uii« idëed« leur constitution intérieure, et à requérir quelques notions 
svr l«i forces qw. opèrent les dif^rses modifications dont ili sont sttft- 
ceptibies. Aussi cette question de la constitution ést% corps a-t-elie été 
souvent discutée et reproduite ; tant qu'elle n*t pu être éclaircie , sinon 
sur l'obseryation directe , du moins par des inductions rationnelles des 
faits , elle est restée circonscrite dans le cercle sans fip dçs questions 
métaphysiques ; les okiyraçes des physiciens eax-mêmes ont rep^duit 
quelquefois les interminables discussions sur l'essence de la matière, sur 
la question de savoir si elle est divisible ou non à l'infini , etc. Tout ce 
qui a été dit et écrit sur ce sujet prouve suifisammerft flntérét qu'on j 
«toujours attaché. L'esprit de Thomme, en efi'et, ne peut pas se borner 
à la simple observation de« faits, il n'est pas ménie satisCait par la dé- 
couverte de la méthode ei^périmentale , à l'aide de laquelle il peut le^ 
reproduire a sa volonté, il tend toujours à remonter a l'essence dea 
choses , il veut analyser les forces abstraites et mécaniques sons l'in- 
fluence desquelles ces faits s^accomplissent, il veut connaître les âé^ 
mens sur lesquels elles exercent leur action. Lorsqu'il se trouve arrêié 
dans son investigation par l'imperfection de ses sens ouparTimpuissancfi 
de ses instrumens, il y supplée par des systèmes; ces systènt^es, bien 
qu'ils ne puissent jamais être considérés comme l'expr^sion exacte de 
la vérité , peuvent cependant fournir des conséquences utiles • r^ais alors 
seulement qu'ils sont fondés sur un ensemble de faits asseiL importani( 
et bien observés. Aussi n'est-ce que depuis que les lois qui président 
aux combinaisons des corps ont été mieux connues , que les données sur 
la constitution intime des corps ont pu acquérir quelque valeur, par 
suite des vérifications expérimentales auxquelles il a été possible de le^ 
soumettre : c'est dire, par conséquent, que la théorie corpusculaire ac- 
tuelle , considérée sons le point dç vue scicntiBque , est une conception 
toute nouvelle. 

Les travaux qui lui ont servi de base, en établissant les vrais principes 
de la coMbinaisoiî des corps, ne remontent pas au delà de 1777 , ils sont 
dus à Venzel, Richter, Guyton de Morveau , Proust, Gay-Lussac, 
Berzélius. 

Toutefois , la première idée qui a servi de point de départ à l'établis- 
sement du système atomique , tel que Vont fait les travaux modernes.. 



DE PIIARMÀCIE. 179 

est due à Higgios, savant irlandais , et remonté â 1789. Cette idée om- 
aiste à considéntr 1er corps comme Eormés dé particn^les indestmctibles, 
qttl s*anisseat une à une oa dans toaté avtre pfaportion poor former 
les diverses combinaisons chimiques. 

Plus tard, I^alton» frappé de «ette oi»etvation, que lorsqn'vn corpt 
peut se combiner avec plusieurs proportions d*nn autre, les diverses 
proportions de ce dernier sont ordinairement des multiples simples de 
la plus petite, adapta à resplieafiott de cette loi l'hypothèse de Hig- 
l^ins, qui eu rend parfaitement raison; il donna une grande extension 
è cette idée , qui avait été entièrement oubliée ; il chercha à la mettre ^ 
dans tontes ses conséquences» en harmonie avec les faits : aussi le oonsi- 
dère-t-oa, à juste titre ^ comme le véritable créateur du système atow 
mique. 

Ce progrès. Ton des plus grands que la chimie ait faits vers son 
perfectionnement, excita bientôt Tattention générale des chimtsteâi 
surtout en Angleterre et en Suède , où Ton travailla plus particulier 
rement à donner au nouveau système les développemens dont il est sus- 
ceptible. En Frsnce il fut moins promptemlent et moins généralement 
adopté ; cependant les idées ingénieuses de M* Ampère, les travaux 
importans de MM. Petit et Dulottg, ont étendu beaucoup les données 
sur lesquelles il repose', et l'ont établi sur des bases plus larges. Nous 
ne devons pas omettre non plus les travaux de M'. Dumas , dont plu»- 
sieurs ont eu pour objet spécial la détermination du poids atomique 
de certains corps par des méthodes nouvelles 9 c'est surtout dans ses 
leçons orales que ce savant professeur a. développé les idées qui lui sont 
propres; il est, sans contredit, un de ceux qui ont le plus contribué à 
répandre » parmi les jeunes chimistes , la connaissance de ce système et 
le goût des idées spéculatives « sans lesquelles une science ne sauçait 
faire de progrès. Il y a deux manières de présenter le système atomique : 
Tune consiste à exposer d'abord les propriétés des corps , les lois de leur 
combinaison, puis enfin Thypothèse à l'aide de laquelle on les explique , 
Ut qui sert de lien commun à tous les faits de la science : cette méthode, 
qui est celle que la marche naturelle des choses a introduite d'abord 
dans l'enseignement, a le grand inconvénient d^eziger la connaissance 
approfondie des parties les plus ardues de la chimie , et de rebuter en 
général les élèves par la confusion qui naît dans leur esprit entre les 
résultats de Texpérience et cens qui sont la conséquence de la suppo- 
sition des atomes. 

La deuxième manière de le présenter consiste à l'établir à priori avec 
toutes ses conditions, comme dérivant de l'essence même de la matière ; 
tt à montrer ensuite comment chaque fait particulier peut se déduire du 
système comme conséquence nécessaire. 

Cette méthode, qui a été adoptée par l'auteur du livro dont nous 
rendons compte, a l'immense avantage de rattacher tontes les propriétés 
des corps à on lien commun ; ainsi les propriétés générales de la ma^ 



l8o JOURNAL 

tière, telles que là dilatabilité, Télastitité , 1& pesanteUr apécifîqaé, âk 
même qae les proportions définies , et toutes les lois de combinaison 
des corps , ne sont plus que des cx)nséqnences nécessaires et tressa- 
ciles à prévoir, de Thypothèse fondamentale. L'étude de la science s6 
trouve alors ^in^lièrement facilitée , et Ton s*y livre avec d'autant plus ^ 
d'intérêt, que Ton tient dès le principe le fil qui doit tous en faire par« 
cburii tons les détours. 

C'était donc un véritable service à rendre à ceux qui commencent 
rétude de la chimie, que de leur présenter le système atomique sous 
ce point de vue, c'est ce qu'a fait M. Baudrimont. 

Sou livre se trouve divisé en deux parties : dans la première il exposé 
les propriétés générales de la matière, il montre comment certaines de ces 
propriétés, telles que la porosité, la compressibilité , la divisibilité, 
n'appartiennent point aux atomes élémentaires , mais à des réunions 
d'atomes i ce qui le conduit à distinguer les propriétés de la matière en 
proprités essentielles, qui sont celles qui seraient inhérentes à une seule 
molécule isolée dans l'espace ; telles sont l'étendue , l'impénétrabilité , 
l'indivisibilité et les propriétés des masses } telles sont la divisibilité , la 
porosité , l'élasticité , etc. Il fait aussi une nouvelle classe de propriétés 
qu'il appelle propriétés de rapport , dans laquelle il place la pesanteur ^ 
l'électricité , la chaleur , regardant la matière coi&me calorifique et élec* 
trique. 

Il explique ensuite ce qu'on doit entendre par élément appliqué an± 
corps simples , ce qu'on entend par combinaison, par poids des atomes , 
à quelle unité on les rapporte , et comment on parvient à déterminer 
le poids des atomes qui constituent une combinaison quelconque, lors- 
que , par certaines considérations , on a pu préalablement connaître le 
nombre relatif d'atomes dont elle est composée. Il fait connaître les 
signes abréviatifs, ainsi que l'usage des formules employées pat M. Bet- 
zéltus pour représenter la composition des corpsi 

M. Baudrimont dierche ensuite à montrer commeilt les lois de la 
cristallisation et la forme des cristaux se rattachent à la théorie ato- 
mique ; il pose en principe, que les atomes , de quelque nature quili 
soienè , ont tous le même volume et une firme régulière et là même pour tousi 

£n admettant le principe comme vrai« on explique très-facilement 
l'isomorphisme , qui consiste en ce que certains corps , qui ont atomi- 
quement la même composition , peuvent se remplacer mutuellement 
dans les combinaisons dont ils font partie sans que la forme cristalline 
de ces combinaisons soit Changée. 

Comme les atomes ne sont soumis, dans leur pbsitioii res;^ectivé i qu'à 
la loi de symétrie, on conçoit qu'il puisse y avoir plusieurs arrangëméns 
qui satisfassent à cette condition d'où naît Thétéromerphisme , c'est-à- 
dire la faculté qu'ont certains corps de se présenter sous des Tornies 
cristallines différentes, leur composition restant la même, ainsi que 
leurs propriétés chimiques ; lorsqu'au contraire les corps ayant là méHnê 



DE PHARMACIE. iSl 

composition , ont des propriétés différentes en raison d*an antre arran- 
gement des atomes y on les appelle isomériqaes, qa'ils soient isomorpiies 
on hétéromorphes. 

En cherchant à construire géométriquement les formes cristallines 
des diverses combinaisons , en s'astreignant a la seule loi de symétrie» 
J&f. Bandrimont montre que les formules chimiques actuelles ne don- 
nent pas le nombre absolu des atomes qui représentent Tatome com- 
posé, mais seulement un nombre proportionnel au nombre réel. Ainsi la 
formule admise pour le sulfure de plomb PbS, ne serait pas la véritable 
formule , attendu que Von ne peut , avec deux atomes supposés de 
même forme et de même volume , et placés l'un à c6té de l'autre, 
obtenir un cube qui est la forme primitive du sulfure de plomb , il 
faut au moins quatre atomes de chacune des deux substances placées 
symétriquement aux huit angles du cube. 

Il en est de même pour la plupart des corps composés : ainsi une molé- 
cule de chlorure de sodium qui crbtallise aussi en cube , ne devrait pas 
contenir moins de a^ atomes, dont 18 de chlore et 9 de sodium, quoi- 
que la formule ordinaire soit GPna. Ce mode de formation de cristaux 
conduit M. Baudrimont à envisager d'une manière différente qu'on ne 
l'a fait jusqu'ici les combinaisons bi-binaires, particulièrement les sels. 

Ayant observé que la forme du nitrate de plomb ne peut pas se con- 
struire avec deux élémens seulement, Tacide nitrique et l'oxide de plomb, 
mais qu'an contraire on peut très-bien le construire avec les élémens de 
cet deux composés , qui sont l'azote > l'oxigène et le plomb ; il en con- 
clut que , dans les combinaisons bi-binaires , ce ne sont pas les produits 
binaires eux-mêmes qui se combinent entre eux, mais seulement leurs 
élémens, de sorte que toutes les formules des sels , par exemple , seraient 
fausses en ce sens , qu'elles y indiquent un acide et une base , tandis 
qu'il n'y aurait réellement que des atomes élémentaires. Cette opinion, 
que l'on a déjà cherché à faire prévaloir, mais avec plus d'apparence de 
raison pour certains produits organiques, serait, comme on voit, tont-à- 
fait subversive de l'état actuel de la science \ elle exigerait une refonte 
générale de. la nomenclature , puisqu'il n'y aurait plus aucune combi- 
naison bi-binaire à laquelle elle put s'appliquer , elle détruirait radica- 
lement les notions fondamentales de la chimie. Ce ne sont pas toute- 
fois ces motifs qui nous portent à la rejeter ; nous ne Tadoptons pas, 
parce que nous la croyons essentiellement inexacte , nous admettons avec 
l'auteur que beaucoup de phénomènes de décompositions et de réactions 
chimiques peuvent s'expliquer aussi bien dans Tune des suppositions 
que dans l'autre ; toutefois il noas est impossible de concevoir que , 
dans les sels acides, tels que la crème de tartre, le sulfate acide de po- 
tasse les élémens des acides soient dissociés ; que dans les sous-sels , 
la potasse, la chaux ou l'ammoniaque n'y existent que par leurs élémens. 
On serait aussi conduit à supposer que dans l'hydrate de chaux ou de 
baryte, que dans la .dissolution de l'acide sulfurique ou de l'ammo- 



iSi JOURNAL 

-kîaqve, ces composés n*y existent que par lents élémaaai con&éf veaces 
kpd se nous paraissent pas admissibles y et sont en opposition avec 
la théorie électro-chimique qai est adoptée par la plnpart des chimistasik 
D'après cette théorie, les corps se combinent en raison de la polarité élec- 
trique dont sont doués lettrs élémens ; la chaleur qui se mantfeste pea» 
dant la combinaison est due à la combinaison même des atftiètpiières 
électriques , et la permanence de la combinaison dépend à'vm état ékec'- 
trique opposé qai persiste même après la réunion des atomes différent 
Ces considérations sont tont-à-fait applicables» selon nous, aux corps 
binaires ; il est tout naturel de supposer que la force qui détermine la 
combinaison est celle aussi qui la maintient, et» comme la première ne 
ft*exerce qu entre Tacide et Talcali dans un sel , il faut admettre qu'il en 
iést de même de la deuxième ,- et que , par conséquent , leurs élémen» se 
trouvent dans le sel , lui-même à Tétat d'acide et à Tétat d'alcali- 

Les considérations eristallo^raphiqueS, qui ièrvent de base principale à 
1 opinion de M. Baudrimout , mé paraissent moins importantes en raison 
curtout du peu de données que nous avons sur cette matière. Il serait , 
suivant nous , prématuré de répudier les résultats d'une analyse ou même 
une simple opinion théorique ,. par cela seul qu'elles ne s'accorderaient 
pas avec la forme primitive que présente telle ou telle substance. La 
forme primitive des cristaux est tellement peu liée à la forme ou au 
volume de l'atome primitif , que les corps simples » dont les atomes de? 
Vraient avoir même forme et même volnnie > ne crisftaliiscnt pas ions 
4ans la même forme , et que quelquefois le mémo corps se présente 
sous des formes incompatiUlès , comme le soufre. 

Néanmoins , nous n'hésitons pas à ^reconnaître que les données cristal* 
lographiques établissent un élément nouveau dans les questions de ce 
genre, élément extrêmement important, qui nous parait destiné à avoir 
une grande influence sur l'avenir de la science ; Ton estr déjà parvenu à 
soumettre à la vérification du calcul les lois des combinaisons* chimi-* 
ques f lorsqu'on aura pu y soumettre aussi celles de la cristallisation et 
celles des polarités électriques, qui dnt entre elles une si étroite con* 
nexion , la chimie sera arrivée au degré de développement et de per« 
fection qu'elle peut atteindre comme science d'observation « L'on doit 
donc toujours encourager ceux qui, sortant delà voie battue» cherdient 
à frayer des routes nouvelles à la science , lors même que les idées ou les 
faits, dont ils lui apportent le tribut , paraîtraient de nature à en ébran* 
ier les fondemens. Il ne faut pas perdre de vue que nos théories ne Sont 
^ue des approximations de la vérité , et que les faits , qui les cootredi* 
sent, sont ceux qui méritent en général le plus d'attention, parce qn'ilji 
€o.nt naître le doute, et donnent ainsi naissance à de nouveaux travaux 
qui conduisent, dans tous les cas» à un plus grand développement de la 
vérité. 

La deuxième partie du livre renferme toutes les donnée» chimiques, 



DE FHAI^MAGIE. l85 

phytiqMs et géométriqaei, qui ont serri jusqu'ici k la détermination- 
Au paicU ^es atom^k. 

Enfin, Toarrage esf ^miné par nne table des formiiles et des poids' 
atomiques des corps simples et des combinaisons les plus nsitées et les 
mieux coonnes ; rànteur ne s*est pas borné à y comprendre les combi* 
liaisons inorganiques ^ il y a joint les combinaisons organiques qui onti 
pu être analysées jusqu*ici. 

£n tésumé , Tonvrage que nous annonçons remplit parfaitement le 
but de fauteur, il offre aux jeunes gens qui commencent 1 étude de la 
cbimie , un exposé succinct et bien fait de la théorie atomique , capi^ble 
de leur faciliter singulièrement Tétudé de la science. A. B. 

Pkthnnaire raisonné étpnologigue ^ rjrnonjrmique ^ pofy^oUe êet termer 
UfiUs dant Us sciences juUureUet ^ etc.; par A.-J.L. Jourdàic, docteur 
^n médecine , etc. , s vol. in-8o. Paris , i8$4. Prix : 18 fr. Ghex J.*B. 
Baillière, libraire, rue de lÉcole-de-Médecine, n*^. i3 his. 

Chaque science a son vocabulaire , car les artisans eux^-mémes créent* 
4es noms propres pour chacun àe% instrumens ou chacune des opëra-' 
fions de leur art. La première connaissance^ pour arriver aux choses, 
pèi donc celle des mots. A la Térité, la plupart des sciences éprouvent 
aujourd'hui le malheur de se voir encombrées de nouveaux termes, que 
chaque auteur s'efforce d'introduire, pour se signaler du moins de queU 
qne manière , & défaut de nouvelles découvertes ; les plus féconds en 
paroles sont les plus stériles en faits. Sous peine de retomber dans la 
confnsion de là tour de Babel , il faut donc étudier la valeur des ex-' 
pressions employées. Or, nulle part, ce travail ne devient plus iDdis- 
pensable que j^fis V histoire naturelle {minéralogie^ phytologie , zoologie) 
et les autres sciences , anatomie, chimie^ géographie ^ astronomie ^ phj^ 
figue, etc. 

Déjà nous avions des dictionnaires pour les termes de médecine, 
pour la botanique; il existe des vocabulaires pour la marine , l'art mili- 
taire, et diverses professions. Maintenant les sciences physiques sont 
tellement coltivées, leur emploi est si vulgaire pour une foulé d*arts , et 
niém^ dans Tusage de la société la plus ordinaire , qu'ion ne peut plus 
ignorer leurs expreesioDS devenues fréquentes ou habituelles. 

M. Jourdan , infatigable traducteur des meitleurs ouvrages allemands 
de médecine, de obimie on d'autres sciences , nous p«1rait plus que d'au- 
tres, en état de bien exécuter un dictionnaire de ce genre ; car , si nous 
pouvons lui adresser un reproche, c'est seulement de n'avoir point, 
sislon nous, étendu assez son cadre. Nous voyons bien, en effet, de 
euffisanles définitions de termes de plusieurs sciences, et en parliculier 
cl^ la chimie, d'après la nomenclature de M. Berzélius (dont il a tra- 
duit l'ouvMge); mais on pourrait désirer surtout une foule de dénomi- 
nations reçues par divers auteurs non moins célèbres. Il est vrai quecela 
pput s'élendre indéfiniment, et qu'on en viendrait à demander jus- 



l84 JOURNAL DE PHARMACIE. 

qu*aux TÎeilles expressions des alchimisfes , ou tout 1m termes bbarres 
imaginés par les opiDÎons les plus extravagantes. M. Jourdan s'est borné 
un peu arbitrairement, selon nous, aux diverses expressions spécifiques, 
soit pour TListoire naturelle, soit pour d'autres sciences analogues* Ce 
sont principalement les termes les plus compliqués que Tauteur ex^ 
plique , en doi^nant les étjmologies tirées du grec , ou Jes ^nonjrmies 
en langues allemande , anglaise, italienne , etc. On aurait pu demanda 
d^ plus les noms de tous les genres d'animaux ou de végét2|ux et de mi- 
néraux introduits dans les sciences naturelles, et leurs sjnonjmçs. Ge 
travail immense et difficile est sans doute à faire encore, puisque les 
traités de zoologie y de botanique, de minéralogie, ne le donnent pas^^ 
méine les plus récens. 

En résumé, ce dictionnaire immense de travail , pour plus de seize 
mille mots, quoique peu complet (et peut^tre ne le deviendra-t>il ja- 
mais, à cause de la création iecessaute de termes nouveaux), est bon 
dans ce qu'il donne; il sera fort nécessaire pour tous ceux qui se livrent 
à l'étude des sciences, malgré ses lacunes ; car il ne saurait dispenser des 
dictionnaires spéciaux. Nous né chicanerons point l'auteiir sur certaines 
acceptions étymologiques. 11 serait facile de Ipi faire une guprre de dé- 
tail ; j'en avais noté un grand nombre : cependant c'est dans la valeur 
particulière des mots que l'auteur excelle , bien qu*il n'ait nullement 
offert d'idées générales dpns les connexions et les origines des étjriQolo- 
gies de même ordre , ni dans d'autres parties des sciences. 

Nous croyons donc que ce travail peut beaucoup aider les étudîans 
pour les faire avancer dans la connaissance des sciences, soit natu- 
relles, soit pbjsico-chimiques, les plus nécessaires en médecine et en 
pharmacie, tin jour il deviendra plus complet , même en le dégageant 
de quelques termes trop connus, comme épines , arbre , minuit , etc., 4 
Qioins que ces expressions ne donnent lieu à des remarques plus impori 
tantes. ' J.-J. Yiwr, 



MRRATJ, 

Page io5, ligne 17 , an lieu de la Moselle , lises : de la Morello. 

27 , au lieu de ses lacs, lises .* ses eaux. 
108 , 23 , au lieu de attritie , lisez : attrita. 

i 19 « 18, une faute , lises .* une foule. 

120, ayant-dernière ligne de la note, au lieu de leurs ac^ 

tions, lisez : les réactions. 

121 , 3 , et le phosphate , lises : et le phosphore. 



ts. 



PARIS. — TMrRlMERTï: ET FONDERIE DE FAIN, 
Pue Racine , n». 4 , place de TOdéon. 



JOURNAL 

DE PHARMACIE 



ET 



DES SCIENCES ACCESSOIRES, 

CONTENANT 

LE BULLETIN 



* t 



DES TRAVAUX DE LA SOCIETE DE PHARMACIE 

DE PARIS. 

I 

.1 II ■ Il I I ■ ' I ' Ti "M 

N\ IV.— -20*. Armée* — Avril 1834. 

* • 

Détermination du nombre (tatomes qu'une matière 

organique renferma. 

Par M. J. DuKAi; 

DEUXIÈME PARTIE. 

* • ' ■ 1 

-^''^Ona vu dans le chapitre précédent comment s'exé- 
cute l'analyse élémentaire d'une substance organique 
quelconque ^ et comment , par suite ,c» en déduit le rap^- 
port des atomes entre cbacim de se» principes. Mais , 
prise 1. isolément, cette analyse ne suffit pas^ pour faire 
connaître le nombre de ces atomes, et par conséquent 
pour ramener, avec certitude , le rapport approximatif 
que Ton a trouvé à sa véritable valeur. 

ILX.^, ^nnée> — -/rfm/i834. • ' i3 



l86 JOURNAL 

Il faut encore connàtîrc )e poids atomique de la ma- 
tière, soit qo'on he tire de Tanalyse d'une de ses combi- 
naisons , de la densité de sa vapeur ou de rexamen atten- 
tif de ses réactions. 

On peut diviser, à cet égafd , les matières organiques 
en acides , bases , corps volatils et corps neutres fixes. 
Ces quatre classes de produits exigent l'application de 
diverses méthodes que nous . allons étudj^ef successive- 

En même temps, on fera connaître les procédés qui 
permettent de dégager Teâu que ces substances peuvent 
perdre sans s'altérer; carf c^tt^ esiti troublerait tous les 
résultats, et donne au cohiraire, quand^" elle est exacte- 
ment déterminée , un moyen de plus pour arriver à la 
connaissance de la vérité. 

Diins les acides, on observe des propriétés fort diverses 
relativement à l'eau. Toutefois, on peut dire que les aci- 
des organiques en renferment généralement. Les uns 
contiennent de' l'eau de cristallisation qu'ils peuvejQt 
perdre à une température de loo ou de 120°. Les autres 
n'en contiennent pas. Presque tous renferment en outre 
de Teau combinée qui .résiste .çntièremenl aux procédés 
de dessiccation, ordinaires. Pour obte^airces acides à l'é- 
tît sec, il faut les convertir en sels ] car alors la base , en 
saturant l'acide , lui fait perdi^e la propriété de retenir 
l'eau , et s^il est bien choisi , le sel lui-même ne retient pas 
d'eau combinée. 

Il eai tdilenient essentiel /de pouvoir soumettre avec 
quoique certitude le véritable acide sec à l'analyse , que 
YojPL a du i^ecli€rcber.avec beaucoup de soin queiUes sotit 
les bases qui ont le plus de tendance À former tles sel$ 
anhydres. L'oxide d'argeat/ei loxide de plomb sont es-* 
seDliellemen^ dans ce cas. On a donc choisi de préférence 
tes deux- oxid^fdanfi'i toutes les analyses faites avec sois 
pour établir la natui^e réelle; deS' acides •secs* • > 



DE PHARMACIE. I 87 

On peut mettre en usage plusieurs méthodes , que 
nous allons décrire successivement. 

La première consiste à soumettre un poids déterminé 
de 1 acide à Tàction dun excès d'oxide de plomb. On 
chauffe le mélange avec de l'eau , jusqu'à ce que lacidei 
soit exactement neutralisé ; puis on dessèche le tout ;iU' 
bain-marie , jusqu'à ce que le poids de la masse ne varie 
p us. On connaissait le poids de l'oxide de plomb etxe- 
4ni de l'acide ; la perte indique le poids de l'eau que l'a- 
cidé renfermait. Cette épreuve réussit toujours , quand 
on a soin de prendre de l'oxide de plomb tfè«*fin, bien 
exempt à lâfois de minium et de carbonate. On met dans 
un matras de verre à col court , ro ou its grammes d'oxide , 
avec un petit fil de platine destiné à servir d'agitateur. 
Ou pèse le tout, et on ajoute alors 2 ou 3 grammes d!a«- 
cide pesé lui-^méme avec soin. On met de l'eau dans le 
matras , de manière à former une bouillie liquide , et -on 
place le tube dans un bain d'eau bouillante , en ayant 
soin d'agiter la matière , de temps à autre , pour déter- 
miner la combinaison. Quand la liqueur est exactement 
neutre , on fait évaporer l'eau , en plaçant le matras dans 
un petit bain de sable chauffé, au point de faire bouillir 
Teau qu'il renferme. En agitant sans cesse, et tenant le 
matras incliné à 4S»'*9 on évite les soubresauts, ou du moins, 
s'il s'en produit , ils ne peuvent projeter aucune portion 
de la matière hors du matras. Quand celle-ci paratt sèche , 
on met le matras sur la balance , et on détermine la perte 
qu'il a éproùréè. On le place de nouveau dans «m bain 
d'ead bouillante , on agite encore pendant quelque temps 
et on pèse. Si la perte demeure edri^tànte ,'ott peut re* 
garder Texpérieifce commS étant lerftiinée. * : 

Cet essai , en faisant connaître la proportion d'e^u ique 
Facide perd, peut donner le moyen de rectifier son ana- 
lyse et de calculer celle de Tacide anhydre d'après ceH# 
de l'acide hydraté. Mais ii laisse encore quelque* in- 

i3. 



l88 JOUENAL 

certitude f car la quantité d eau qu'un acide peut perc|re 
ainsi , variera avec Tétat de 1 acide , et l'on ne sait pas 
toujours d avance quel est le nombre d'atomes que celte 
quantité doit représenter. Toutefois, lorsqu'un acide n'est 
pas naturellement anhydre , on trouve généralement qu'il 
retient un atome d'eau après avoir élé desséché à loo ou 
120 degrés et que cet atome d'eau se dégage par sa combi- 
naison avec l'oxide de plomb. 

11 est préférable de former un sel de plomb pur, de| 
le dessécher exjiclement , de déterminer avec préci- 
sion les proportions de base et d'acide qu'il renferme , 
et d'en fiiire ensuite l'analyse , comme celle d'une sub-, 
sta'nce organique quelconque. La première de ces épreu- 
ves , en donnant le rapport d'après lequel se combi- 
nent l'acide et la base , sert à faire connaître le poids 
atomique de l'acide, ou tout au moins un multiple ou 
bien un sous^multiple de ce poids. La seconde indique la 
nature et la proportion des éléoiens de l'acide anhydre. 
Quand les deux épreuves sont bien faites , on trouve desL 
nombres tels, que les atomes élémentaires étant repré- 
sentés par des nombres entiers , leur somme équivaut 
au poids atomique de l'acide , en même temps que leurs, 
rapports se confondent avec ceux que l'analyse de l'a- 
cide lui-même indique* Quand une aiialysç s^itisfait à 
cette double condition ^ elle présente bien plus de garan- 
ties d'exactitude que si Ion s'en était tenu à l'analyse 
élémentaire seule , et l'on trouve, dans la détermination 
du poids de l'atome, une critique'propre a guider dans 
la recherche des diverses causes d'erreur qui n'échappent* 
que trop souvent aux yeux les plus attentifs. 

La préparation du sel de plomb destiné à l'analyse 
n'est pas sans difficulté. Il faut de grandes précautions 
pour l'obtenir pur et constant. Voici la méthode la plus, 
générale à employer, sauf quelques cas particuliers sur 
lesquels en reviendra plus bas. 



DE PHARMACIE. I $9 

On forme d'abord avec l'acide qu'il s'agit d'analyser 
un sef de soude ou de potasse parfaitement neutre , en 
ayant soin de vérifier l'absence d'acide sulfurique ou hy- 
drocblorique dans les matières employées. On dissout 
d'un autre côté du nitrate de plomb cristallisé dans de 
l'eau tiède. On filtre les deux liqueurs et on plaee dans 
une capsule la dissolution du sel organicfue. On agite 
celle-ci sans cesse avec une baguette , tandis cfu'on y 
Terse goutte à goutte le nitrate de plomb. La double 
décomposition s'effectue et le précipité se forme ordi- 
nairement totit de suite. Quand on a lieu de croire que 
la précipitation est près de son terme, on s'arrête , car il 
est essentiel de laisser une portion du sel organique en 
dissolution. On abandonne le mélange à lui-même, pen- 
dant quelques heures ; on décante ensuite la liqueur 
claire ; on recueille le précipité sur un filtre et on le lave 
avec soin , tant que les eaux de lavage laissent à l'évapo- 
ration un résidu sensible. 

En général ,, cette méthode procure un sel neutre de 
plomb à l'état d'hydrate , mais qui , séché à i oo» ou à i ao?, 
perd son eau tout entière. Quelquefois, ce sel peut être 
préparé plus promptement et dans un état qui se prèle 
mieux aux lavages. Il faut , pour cela , qu'il puisse résister 
à l'action d'eau bouillante: alors on porte à 1 ebullilion la 
dissolution du sel organique, on y verse le nitrate de 
plomb avec les précautions déjà indiquées, et l'on obtient 
de suite un sel de plomb anhydre dans un état dense, 
grenu on sablonneux , qui le rend plus facile à laver que 
le sel hydraté qui 'est toujours volumineux et qui forme 
souvent une espèce de gelée peu pénétrable à l'eau des 
lavages. 

1 En indiquant qu'il est des sels de plomb que l'eau dé- 

compose, quand elle est bouillante, on a fait voirie point 

' précis de la difficulté dans la préparation de ces sortes de 

sels. En effet , il est des sels^rganiques à base de plomb 



ipO JOUENAL 

que les lavages résolvent eo sels acides et en sous-sels. 
Tantôt cet efiel s'opère déjà à froid ; tantôt il tJivg^ que 
Tesiu soit bouillante; tantôt enfin il n'est pas sensible , 
même dans cette dernière circonstance,. 

On s'aperçoit aisément que le sel de plomb obtenu est 
sounii& à quelque influence décomposante de cette nature, 
quand les lava^e^ , quoique prolongés au delà du terme 
ordinaire , donnent une eau qui ren&rme toujours de 
Tàcide libre ou des traces, de sels plombeux j et quand 
surtout l'analyse des précipités ne donne pas des résultats 
constans dans des analyses faites sur des précipités pré; 
parés séparément. Il ne faut dûnc jamais se fier,à une seule 
analyse ou à des analyses faites sur le même. sel de plomb ; 
bien au contraire, il faut préparer séparément plusieurs 
portions de sel , ,les laver et les analyser à part pour en 
confronter les résultat^. Quand le sel est altérable , on 
obtient les nombres les plus di^cordans. 

îl est facile de voir, d'après ce qui précède, que, poiy 
les sels que l'eau froide même peut décomposer, on doit, 
quand leur nature le permet , recouric à l'alcool comme 
véhicule. On peut produire ainsi des sels neutres dfins 
des circonstances qui ne permettent pa^s l'emploi de 
l'eau. 

Quelques chimistes préfèrent l'acétate de plomb au ni-* 
Irate ; d'autres mettent l'acide organique en contact, avec 
i^ne dissolution d'acétate de plomb tribasique : ces nié- 
tbodes peuvent être bonnes pouc des cas déterminés* 
C'est à des essais préalables à fixer la nature des réactifs 
qui conviennent à chaque acide en particulier. 
. Il est des cas peu nombreux où l'acide forme , avec le 
protoxide de plomb , un sel neutre soluble. La prépara-» 
tion n'offre alors aucune difficulté^ et généralement le sel 
perd à l'aide d'une dessiccation à lao'* tpute Teau qu'il 
peut contenir. .!* .: y 

P.i;l £aLVori^.e sipgulièrement la dessiccation de ces s^I^ 



en les exposant dans le vide , à côté d'une capsule qui 
renferme de Tficidesulfuriqiie concentré. Quand on met 
le sel de plomb dans un.tjube plongeant dans un bain de 
sable cba^ifé ;^ i90«, et quon place le. tout dxtus le vide, 
la dessiccatian est toujours aussi complélie qi^'eUe puisse 
l'être .au bo^t de quelques bjwres. Si le sel retient de 
Teau^ QP :peut admettre qu'il ne la peardra par aucun 
moyçn. 

.. On peut suppléer à l'effet. du. vide par .celui d*un coif- 
rant d'air ,^^. hsi.fig, x de la pla))çbe '^ montre la dispo^ 
sition la plus simple que l'on puisse 4wner à l'appareil 
dans le cas .trèsrfréquent au il s'agit de dessécber une 
matière organique destinée à l'analyse. 

Cet a^ppareil n'exige,, pour aiusi dire, aucune explica- 
tion. On voit que 1 écoulement d.élern;ûnépar le sipbon 
a i^\l passer Ae l'air au travers du bajilon b qui renferme la 
substance, et qui est placé d;^ns un bain-marie cbauQé à 
ioo, lao et. ipéme i5o°; l'air arrive seç, ayant traversé 
le tube c qi^i; contient du cblorure de calcium. 

QMî^nd le sel de plomb est sec , on en pèse rapidement 
un ou. deux grammes pour. en faire l'analyse t il arrivp 
so^venjt ^uie ce^ sortes de produits absofbept de Ibumi- 
dité,pejadant la pesée. 11 fiaut donc, par une pesée rar 
pide,,5e tenjir en garde cQntre c^tte cause d'erreur* Ou 
pè^e/Qir4.inair^n^ent le sel. dans la oapsule même où doii 
s'opéter sa décomposition. 

Cette déooipppsition ,peut;^'efiectuer de. plu&jeurs, ma- 
nières avçc des résultats également exacts ; Tune d'elles 
consiste à placer la matière dim^ un verre de montre que 
Ton chauffe .doc^^nent au moyen d'une Jampe à alcool. Le 
sel orgapiqi^e prend fe^,, quand il est.parvenu à une eer- 
taÎAe tempéralpre, et conl4n)ie , d^ms la plupart des cas., ;^ 
brûler caçrimeid^ l'amadou ^ en sorte qu'on peut retirer 
la lampe .dès.querjguition^se manifeste sur uu point. Par 
ce. moyen (telle s'^eqtue $ivec lenteur et^ns.piççiîi^ç^Qn» Si 



t^^ JOURNAL 

on laissait agir à la fois la lampe et rignition propre du 
corps , la combustion serait trop vive et une portion dû 
résidu serait projetée. Quand la combustion est terminée, 
le résidu se compose d'oxide de plomb et de plomb mé- 
tallique : il faut le peser , puis Farroser d'acSde acétique 
pur qui dissout Toxide de plomb. On lave par décantation 
et on sècbe le plomb qui reste : en calculant la quantité 
d'oxide qu'il représente et la réunissant à celle que Tacide 
acétiqtie a dissoute, on obtient le poids exact deloxide 
de plomb , et , par la perte que la matière a éprouvée , celui 
de Tacide organique. 

On peut aussi convertir Toxide de plomb en sulfate , et 
pour cela il faut peser le sel de plomb dans une capsnle 
mince en platine; on Tarrose d alcool , auquel 00 ajoute 
un peu plus d'^acide sulfurique qu'il n'en faut pour dé^ 
composer le sel. On enflamme f alcool et on le laisse brûler 
jusqu'au bout : la cbaleur qui se produit détermine la dé- 
composition du sel, et presque toujours la combustion de 
l'acide lui-même. Au moyen d'un chalumeau on projette 
la flamme d'une lampe à alcool dans la capsule pour tèr- 
rtiiner la décomposition ou pour évaporer l'excès d'acide 
sulfurique. En procédant avec précaution , la masse est 
bientôt assez sèche pour qu'on puisse chauffer la capsule 
par-dessous, sans risque de projection de la substance. 
Si le sulfate restant n'est pas blanc , on recommence ïo- 
pération , et on a alors pour résidu un sulfate très-blanc 
et très-pur que l'on pèse. Quand l'acide est volatil , il 
n'est besoin d'alcool qu'autant qu'il en faut pour mouiller 
la substance et rendre ainsi la matière facile à atteindre 
par l'acide sulfurique dans toutes ses parties. ' 

Par l'une ou l'autre de ces expériences , on connatt donc 
le rapport dans lequel l'acide et l'oxide de plomb sont 
combinés , et par une proportion on en déduit la quantité 
d'acide qui correspond à un atome de protoxidede plomb. 
Cette quantité représente le poids atomique de l'acide , 



Dfi PHARMACIE. IqS 

au du moins un multiple ou un sou6<*multi{>Ie de ce 
poids. 

Connaissant la proportion de matière organique qui 
entre dans le sel de plomb , on peut procéder à lanalys^ 
de celui-ci au moyen de loxide de cuivre, comme s'il 
sagissait d'une substance organique pure. L'oxide de 
plomb n'éprouve aucun changement daus cette analyse, 
et doit être regardé comme une matière étrangère inerte, 
dont l'efiet se bornerait à diminuer le poids delà substance 
analysée. 

Connaissant la proportion des élémens qui constituent 
l'acide organique, on cherche le nombre d'atomes que cha- 
cun d'eux représente. On prend ensuite la somme des 
poids de ces atomes réunis, et l'on trouve, si les opéra^ 
tions sont bien faites , qu'elle est égale au poid« atomique 
déjà déterminé , ou en rapport simple avec lui. 

Quelques exemples développés plus loin donneront une 
idée précise de l'application de ces méthodes qui s'ap- 
pliquent, non-seulement à tous les acides , 'mais aussi-, 
d'après les expériences nombreuses de M. Berzélius , à 
une foule de substances organiques c(ui , possédant d'ail- 
leurs tous les caractères des corps neutres , ont néanmoins 
la faculté de s'unir en proportions déterminées avec l'oxide 
de plomb. Le sucre, là gomme et beaucoup d'autres corps 
sont dans ce cas. 

Quand la matière qu'il s'agit d'analyser joue le rôle de 
base, on procède d'une manière analogue; mais alors 
on déduit son poids atomique de 1 une des combinaisons 
qu'elle forme avec un acide. 

On peut employer divers procédés. Le plus simple 
consiste à peser une certaine quantité de la base préala- 
blement desséchée à 120*", à la dissoudre dans l'alcool, 
à étendre d'eau la dissolution pour obtenir la base très- 
divisée, à faire bouillir le mélange, pour en chasser 
l'acool 5 pui4 enfin à saturer très-exactement la base par 



194 ' JOURNAL 

lacide sulfnrique. En décomposant ensuite ce 9el neutre 
par le chlorure de barium, on obtient du sulfate de barite, 
A'où l'on -déduit le poids de l'acide sulfurique aécesBaire 
pour saturer un poids donné de base anhydre» j 

. On peut encore prendre le sulfate cristallisé et déter- 
iiiinep, en opérant sur quatre ou cinq* grammes, la 
quantilé de sulfate de barite. qu'il peut fournir, en le 
traitant parle chlorure de barium. Pour savoir combien 
il renferme de base organique , on l'analyse ensuite 
au moyen de l'oxide de cuivre. Il est nécessaire, en 
pareil cas, de placef après le tube à -tjblorure de cal- 
cium , un tube renfermant du borax mêlé .de per^xide 
de ploftib, afin d'arrêter quelque peU:d'>Qide sulfureux 
qui viendrait augaxMsnter le poids de l'acide carboniqa^ 
absorbé par l'appareil à potasse. Le caxbone, ainsi dé-^ 
terminé, servira à calculer la base elle«-méme, en sorte 
que si Tacide et la biise réubis ne repré&entenl^ pa& la 
totalité ;du! sulfate, on. aura, par là perte, le ^poids 
de l'eau'de cristallisation (du sel, qu'il est quelquefois 
impossible d- ex traire en en tuer par les moyens d«f desn 
siscation ordinaire. • 

C^ méthodes^ applicables aux alcalis, végétaux,: peu?' 
vent être vérifiées par un procédé très^simple dû. à 
M Liébig. Il consiste à combiner la base sèche àJacidè 
hydrochloriquesec, et à déterminer rexcè&dupoids>qu'elle 
acquiert parla combinaison. Ua p pareil consiste ; en ^un 
ballon qui fournit l'acide hydrochlorique V un long. tube 
renfermant du chlorure de calcium > fondu où lé 'gdz 3e 
dessèche, une boule contenant la base desséchée et pesée , 
et enfin un petit tube contenant du chiorure de calcium. 

On fait dégager l'acide hydrochlorique pendant une o» 
deux heures, en ayant soin >de secouer lahôiile, de tempa 
en temps, pour changer les. surfaces, et de ia chauficr 
à foo*" pour ^lavoriser la combinaison. AiU. bout ..de ,è6 
ten^ps, on supprime la source d'acide hyâro€Uo];iqUe^. et 



DK PHA.RMACIE. IQÔ 

on souffle de Tair en le faisant passeï^ au travers du long 
tube qui contient le chlorure 4^ calcium. Quand tout 
] acide hydrochlorique gazeux est expulsé , on enlève Ja 
boule et on la pèse. 

Le sel.. formé dissous dans Teaudoit être neutre; 
décomposé, par le nitrate d'argent, il doit fournir une 
quantité 4e chlorure d'argent correspondante à lexcès 
de poids que la boule a acquis. Cette vérification ne doit 
pas être négligée. 

Il y a dea corps qui sont trop volatils, quoique sus^ 
ceptibles de s'unir aux acides , pour qu'on puisse les 
éprouver de la sorte. Je citerai ici le camphre comme 
exemple. 

Alors .OJQ pèse, une quantité convenable.de. ce -corps., 
un gramme, environ, et on le porte sur le- n^ercure 
dans une éprouvette graduée. Qn fait passer dans celle-:Qi 
ube mesure . connue d'acide hydrochlorique sec, et an 
ajoute de nouvellfes portions de gaz, jusqu^à ce que le 
niveau du mercure, étant le même dans la .cloche et 
hors de la cloche, l'absorption ait complètement cessé. 
On mesure le gaz restait, et, le retranchant 4e c^|ui 
q:u'on » introduit, op connaît le volume et,, par suite le 
poiid^ du gaz combiné. 

' Ëngénéiral , le^ combinaisons, 4e ce genre sont faillies; 
elles se détruisent ^ l'air; elles ne résistent pas à, une di- 
minution de pression ; enfin , elles peuvent sans doute 
dans certains cas dissoudre du gaz liydruchlQrique..Il ne 
faut doQc pas ac<ïorder une confiance tr^p grande à de 
tela résuitats-; mais, à défaut de meilleurs , on fera bieâ 
de s'en servir pour cheixher les poids atomiques de corps 
quiine se prêtent pas. â deAcombinaisonâ plus. stables. : . 

S'il s'agit enfin de corps neutres., incapables déformer 
des 'cçmposés. avec d'autres oprps , on doit les partager en 
trois'«lasses.;Les was sottt volatils et piermettent de. cher- 
cher leur poids atomiqjde par. la. densité, de leur: vapeur \ 
les autres sont fixes, mais proviennent! dé ^ cocps td'un 



ig6 JOURNAL 

poids atomique connu par une réactioii très-siniplc , oa 
se transforment par une une réaction très-simple aussi 
en substances d'un poids atomique connu; les derniers 
enfin sont fixes, et ne se rattachent pas à une substance 
connue par aucune réaction spéciale et nette. Dans le pre- 
mier cas , le poids atomique peut être déterminé f dans 
le second, on arrive à un nombre atomique en rapport 
simple au moins avec le véritable; dans le dernier, rien 
ne critique lanalyse , et alors elle demeure fort incertaine 
et doit être regardée comme une approximation , dont la 
véritable interprétation exige la découverte de nouveaux 
faits. 

Quand une substance est volatile , rien de plus aisé 
que de déterminer la densité de sa vapeur. Le procédé le 
plus commode consiste en général à cbauiler un ballon 
effilé , contenant un excès de la matière , dans un bain , 
dont la température est portée à 3o ou 4^'' au-dessus du 
point d*ébullition de la substance. Quand Texcès de ma- 
tière est chassé du vase par Tébullition , on ferme la 
pointe de celui-ci au moyen du chalumeau. On obtient 
ainsi un vase rempli de vapeur à une température connue, 
sous la pression de l'atinosphère, au moment où on a fermé 
le ballon. En déterminant le volume du ballon et le poids 
de la matière qui s y trouve , on a tous les élémens néces- 
saires pour calculer là densité de la vapeur. 

Ce procédé n est applicable- qu'à des substances bien 
homogènes et d'une parfaite pureté. En eiiet , comme il 
faut employer un excès de matière pour expulser lair du 
ballon , il est clair que si elle renfermait quelque impu- 
reté formée d'une substance plus fixe , celle-ci se concea* 
trerait dans le ballon et accroîtrait beaucoup le poids 
apparent de la vapeur. Des produits assez purs pour 
donner des résultats snaly tiques à peu près exacts , pour- 
ront donc fournir, par ce motif, des résultats trè&*vicieux 
quand on les soumettra à ce genre d épreuve qui exige 
une pureté absolue. 



DE PHABMACIE. igj 

Ceci posé , je vais décrire les appareils que j'emploie 
depuis long-temps , et faire coanaître les précautions qui 
m'ont paru nécessaires dans les diverses circonstances 
qui peuvent s'offrir. Je dois mentionner les modifi- 
cations faites à ce procédé par M. Mitscberlicb. Elles 
consistent principalement à remplacer les ballons par des 
tubes cylindriques, effilés par un bout. Comme l'emploi 
de ces tubes exige des chaudières d'une forme particulière, 
je n'ai jamais voulu m'en servir, quoique j'eusse songé 
depuis long*temps à les mettre en usage. Mais je suis 
dans la persuasion intime que les densités de vapeur sont 
si faciles à déterminer, que bientôt tout chimiste un peu 
soigneux voudra s'en servir comme d'un excellent moyen 
de critique pour l'analyse des corps volatils. Il fallait 
donc laisser à cette opération toute sa simplicité, la ren- 
dre essentiellement pratique, et telle enfin, qu'avec une 
chaudière de fonte ordinaire et quelques morceaux de fil 
de fer on pût l'exécuter. C'est ce que j'ai fait dès l'ori- 
gine et .ce que je persiste à faire , mon but n'ayant jamais 
été de créer un appareil de plus pour les cabinets de phy- 
sique, mais de donner aux chimistes un procédé simple 
et éminemment pratique , quoique exact. Tout considéré, 
ce sont les seuls qui restent. D'ailleurs, les tubes ont 
l'inconvénient grave d'offrir une capacité trop faible, à 
moins qu'on ne les choisisse d'un diamètre qui les rend 
difficiles à effiler, ou d'une longueur qui exige des appa- 
reils coûteux et peu maniables. 

Pour prendre une densité de vapeur, quel que soit le 
cas qui puisse se présenter, il faut être pourvu de plu- 
sieurs appareils bien vérifiés , savoir : 

I®. Une balance capable de peser loo grammes au mil- 
ligramme près. Aujourd'hui , on en exécute d'excellentes 
dans les ateliers de Fortin, qui n'exigent pas la double 
pesée , et qui , dans le modèle que j'ai adopté , réunissent 
la sensibilité convenable à une rapidité suffisante dans là 



pesée. Leur prix , qui ne s'élève quà ft5ô franes, les fen- 
dra bientôt tout-à-fait usuelles, et le goût de la chimie 
de précision se répandra rapidement en France ; Une fois 
qu'elles seront plus généralement connues ; 

2°. Un thermomètre capable de s'élever jusqu'à Téhul- 
lition du mercure ; on sait que ceux qui sortent des mains 
de M. Collardeau ne laissent rien à désirer ; 

3**. Un baromètre exact ; " 

4"*. Une cloche étroite , graduée en ctentimêtres cubi- 
ques , pouvant contenir loo à i5o cm. cb. , et permettant 
d'apprécier un cinquième de cm. cb. : il convient qu'elle 
n'ait guères que deux centimèti'es de diamètre. 

Ces appareils , qui doivent se rencontrer dans tous les 
laboratoires, étant donnés, on déterminera facilement 
toutes les densités de vapeur que l'on peut avoir besoin 
de connaître. 

Oii a déjà yu qu'en général la densité d'une vapeur se 
déduit du poids d'un volume connu de cette vapeur, me- 
surée à une température et sous une pression conïHies.OB 
ramène par le calcul le volume à ce qu'il serait à la tempé- 
rature de o** et sous la pression de 0,760 , et l'on a ainsi le 
poids d'unie fraction de litre de la vapeur. On en tire le 
poids du litre et par suite la densité comparée à Pair; le 
poids du litre d'air étant connu. ^ 

Le vase dans lequel doit se produire la Vapéuî? est un 
simple ballon ordinaire, que l'on choisit d'un verre pur , 
égal et pas trop épais. Sa capacité peut varier de 260 à 
5o6 cm, cb. Je ne conseille pas de les employer plus grands, 
parce que c'est généralement inutile ; mais je pense f[ue ,' 
si on les prend plus petits et qu'on ne leur donne que 
100 cm. cb. par exemple, on s'expose à des erreurs fâ- 
cheuses. En pareil cas, les fautes ordinaires sur la déter- 
mination de la capacité exercent une influence très-tid- 
table sur le résultat définitif. On lave le ballon à plusieurs 
reprisies à Veau distillée , puis on le dessèche en le chàiif* 



DB PHARMACIE. tgg 

fant et en icsuiBant de l'air dans riniérieur au moyen d'titif 
soufflet. Quand le ballon est à la fois bien propre ^et bijen 
^c 5 on en ramoHit ïe eol près de la panse , aii moyen de la 
lampe d'émailleur. EÔ^fchaultant pendant quelque temps , 
le col se rétrécit et Tépaisseur du verre ramolli augmente. 
Quand on juge que cet effet -est suffisamment produit , on 
étiré le col, de manière à obtenir un long- tube capillaire, 
et on recourbe ceflui-ci brusquement pour le ramener à 
une direction qui fasse un angle droit avec la direction 
primitive du col. Les figures 2, 3 et 4 indiquerit les d** 
versés époques de cette opération fort simple d'ailleurs. 

On entamie le col en a au moyen d'une pierre a fusil 
tranchante, et en tirant un peu , le tube se casse net au 
^oint marqué par la, pierre. On essaie alors le bout ca- 
pillaire adhérent au col , au moyen dû chalumeau : s'il se 
ramollit bien , s'il se fond et se ferme aisément , le ballon 
peut être employé. 

Il arrive sôiiVent, et surtout pour les ballons qui ont 
séjourné long-temps dans un lieu humide , que le verre 
du col devient écailleux quand on le chauffe à la lampe. 
D'autrefois, lé verre se dévîtrifîe et se durcît : quelquefois 
enfin le ballon est formé d'un verre un peu plombeux , 
toit à dessein , soit parce qu'on à fait entrer des débris de 
cristal dans la composition. Dans ces trofs cas, le Verre se 
fond mal au chalumeau, et la pointe est très-difficile à 
fermer ; il est' donc utile d'essayer toujours la qualité du 
verre, si on ne veut pas s'expmer à faire une expé-^ 
rienoe qui échouei^ait précisément à la fin dé lopéra-^ 
tion. 

Lé ballon effilé étant sec et froid , et renfermant de 
l'air qu'on peut généralement regarder comme séc, 
sans qu'il en résulte une erreur Lien grave, on peut 
le porter sur la balance la pointe Ouverte. Si on a une 
ïnachine pneumatique h sa disposition , il' vaut mieux 
le remplir auparavant d'air bien sec :'ôh place le ballon 



sous la cloch« de la machine pneumatique) et on y fait le 
vide ; pujis on restitue de Tarr qu'on force à passer au 
travers d'un tube rempli de chlorurç de calcium. En réité- 
rant deux ou trois fois cette opération , pn parvient à des- 
sécher très -exactement lair que le ballon contient. Cette 
opération faite , on porte le ballon dont la pointe est toor 
jours ouverte sur la balance , et on en fait très-soigneu- 
sement la tare. On le laisse en repo» pendant dix minutes, 
et on vérifie Texactitude de la pesée. Il n'est pas rare que 
le ballon ait acquis une augmentation de deux ou trois 
milligrammes , ce qui tient à ce que le contact des mains 
en avait un peu élevé la température. Quand le poids est 
devenu stable, on prend la température de l'air contenu 
dans la cage de la balance même , ainsi que la hauteur du 
haromètre , et on en tient note. 

Quand on n a pas pris soin de dessécher l'air renfermé 
dans le ballon, cette tare est trop faible de quelque^ 
milligrammes , en sorte que la densité trouvée en devien- 
drait trop forte. Mais, dans le cas le plus défavorable 
même, c'est-à-dire quand l'air est presque saturé d'humi. 
dite, l'excès de densité qu'on trouve ne peut modifier en 
rien les conséquences de l'expérience. 

Si la matière sur laquelle on opère est de nature à 
réagir sur l'air atmosphérique, il faut alors remettre le 
ballon sous la cloche de la machine pneumatique et faire 
le vide; on restitue de l'acide carbonique ou de l'hydro- 
gène , et on réitère deux on trois fois lopération. Le ballon 
est ainsi rempli d'acide carbonique ou d'hydrogène purs ; 
ce cas s'e^t montré assez rare jusqu'à présent. 

On échauffe alors doucement le ballon , puis op en 
plonge le bec dans la substance naturellement liquide, ou 
bien fondue par une chaleur douce au besoin. A mesure 
que le ballon se refroidit , la liqueur monte et se répand 
dans son intérieur ; on en fait arriver cinq ou six grammes 
plus ou moin« environ. 



Qaand on ppèrQ eur on corps liquide , IbouilUuit yer» 
loo"* ou au-dessus ,'• cette opératipu se fait ^ans 4ifî* 

çûité; ^\'-'[ .; ;_. ^ ^\ ;;;^ '•/; \ ;_.•." 

.'Mais si là substance est' très-volatile \ dès qù^ellîe arrive 
dans le ballon chaud elle y développe beaucoup de va* 
peprs I et celles-ci , se mêlant à l'air, arrêtent l'absoi^ption 
et pcci^iônent métnë.'souveni unç dilatation capable .d'exf. 
puiser dé nouveau ùoiè partie de I air dii .bsjlon. Four ré* 
iiiédiër à cette petite difficaUé,. on main tieîit là pointé 
plongée dans la nqueùri ônlirrose le- ballon avec un. peu 
d ether sulfuric[ue^ et on souffle poiîr b^tër son éyapora* 
lion, ^absorption se fait rapidemené , et la liqueur monte 
dans le ballon* 

D'un autre c&té,qi^nd on opère sur une matière doiijt 
le point de fusion est un'peii élevé ^éfte aè %e dansl^ 
col à mesure qu'elle y parvient et empéçbe 1 absorption 
de continuer. Pour parer à cet inconvénient , il faut 
saisir le ballon avec une pince et le cbauffer sur un feu 
de cbarbon , de telle sorte que le tube» capillaire parti* 
cipe à réiévation de température. En plongeant alors là 
pointe dans la substance liquéfiée, celle-ci remonte sans 
se figer et gagne la panse du ballon, où on en laisse 
arriver une quantité convenable. 

Ceci fait , on dispose le ballon dans le bain où doit se 
terminer Texpérience. Comme liquide, on emploie 1 eau, 
si la matière bout au-dessous de 8o degrés ; l'huile , si elle 
bout au-dessous de 200 degrés , et enfin l'alliage fusible 
de Darcet, si la matière bout plus haut. 

Il est possible avec un bain d'huile fixe de porter la 
température à 3oo degrés'; mais alors.il faut faire Tex- 
périence en plein air pour éviter toute chance d'incendie. 
Avec cette précaution, Kemploi de 1 alliage fusible devient 
presque toujours inutile , en ce qui concerne les substances 
organiques. 

En général, le bain doit être en état de supporter une 
im,^. Année. — ^m/i8it4* '4 



hûà JOCHIIAI 

tèiùpëf ati&e. 4ê 20 (ïég^rés au moins et mieux cle 3o dè^és 
ou 40 degrés âû delà du poiot d'ébuUition de la inàtière. 

L'expédence'prouy& que m qn s'arrête à 8 ou 10 degrés 
seulement au-dessus du point d'ébuUition. la densité 
trouvée sèra^ sçnsiblement . trop forte. L'erreur pourra 
étr^ d'u,n yingtièin^ ou diun jtrentième , comme si les loik 
de Mariptte et ^e Caj-^liussac n'étaient plus applicables 
avec riguefîr i, des vapeur^ jprisâs trop près du point où 
eues peuvent se liquéfier. Quand on s'élève à. M du 3o* 
au delà, la densité devient exacte. 
^ On fixe leba|Ilon dans le. bain^ qui est renfermé dans 
une bassine en fonte, par des moyens fort sin^pTes. ïe 
nrends par exeniple un triangle en fil dç fer fort dont les 
tiranches sont recourbées en S. Le ballon posé sur le 
inangle èsX fixé par trois fils de fer attachés au triangle 
et que Ton tord en faisceau au-dessus da ballon en serrant 
assez pour ç|ue le ballon ne puisse bouger. 0^ en&nce 
le triangle dans la bassine, et on le maintient en place 
par trois poids en' plomb qui s^accrocbent à chacune des 
branches. Ou pourrait imaginer bien d'autres dispositions 
analogues. 
Un thermomètre placé dans le bain indique sa tempe- 

■ • " . "... . . ; 

rature. ... 

Aien. n^empéche de placer d'avance la bassine sur le 
^u de manijère que la température du bain s'élève à 4o ou 
So degrés. £n plongeant brusquement le triangle e( son 
ballon , il n'y a rien h. craindre. On pousse le feu convena- 
blement^ jusqu'il ce qu'on ait atteint le point d'ébulUtion 
de la matière. 

,Si Von opère dans un baiû, d'eau, on laisse celle*ci 
s'échauffer jusques h Tébullition ^et Ton a soin de la main- 
tenir, à cette température pendant dix. minutes au moins 
«avant dé fermer le ballon. 

Au moment où le point d'ébyllition de Ja matière est 
atiçint ,011' voit s'échapper, par. le bec du ballon d^))Oui- 



fkV PII àttUf À*Pf R ^^^^ 

£6ftft âb vaprar qui pvodaisent. UentAl tin jet ^kmthiuv 
Qôand tontl'exoèft de> fiqoide a dtkparil et ^ue le baQàn 
pe inenfcnne phis que âe lavapeUr, ice jet ^arrête et roA 
se Toit plai sortir que dés traces de vapeur^ dé tem^a eA 
temps, à nieaure que TélëTation de température déter^ 
mine la dilatation de la rapeur et eu elpulse de petites 
porlibns hors du liiailon. 

.'Quand on ^st paivenii à loo degrés et que Ton s'y 
maintient', il be se dégage rien d'appréciable au bout 
diei'iquelques minutes» Cependant il vaut mieux prolonger 
encore un peu Tébuflition de l'eau pour s'assurer que 
l'équilibre- de tebpératnre s'est bien établi dans toàt le 
ajistème.-' ^ •• 

/ Pourferinerleballon , je me sersdu ehalumeau et d'une 
petite lampe à aleool fort simplei Elle consiste en iin 
jtabe :de Terre garni d'rnie niéçbe et d'un manche en fil 
de fer de dix ou douze centimètres de longueur. Il est 
facile de comprendre qu'on ne peut employer ni chan^ 
délie ai ^bougie pour cette apération , car le courant' d'air 
chaud qui s'élève du fourneau les fondrait et dérangerait 
aiosi le dard, de manière à rendre la fermeture très- 
difficile; 

Au moyen de la petite lampe , au-»dessous de. laquelle 
on place Une peHe à braise, qui sert d'écran pour.'empé- 
cher.le courant d^àir chaud d'en déranger la flamme), r on 
ferme eti ua instant lé bec du ballon d'un jet de cha- 
Itmieau; 

< : Quaiid le- bisc parait fermé, il suffit presque tot^oors, 
pour en acquérir l'entière certitude , de souffler sur le bec 
pour le refro^ir. La vapeur s'y condense et forme une 
petite cotoone liquide que la capillarité fixe dans le bout 
dnitube« Quand le ber; n'est pas fermé, cet effet ne se 
présente pas. 

' SrFoa opère ffur ui^e sid>8tance qui exige l'emploi du 
bain d'huile > il laut plus dé précautions pduy s'assurei 

14. 



que îU temperaliut^e dv: bain et cèU6'4e' li) rtpcif r «onit bièik 
idèiiititplesi jIliesÉ facilb $de<!iéoipàf>criDdce^ patYs^iLèmpi^^ 
«plk^loca^ufi.la Acgnpérattufe /du baiH'S'^èTé un .pcki: witB\ 
l%uiiùi esi.tonykms: -plvL^ >eh9ûai^^ qur ne 

refait sa ^ tempé^^^^^ V^^ -^^' ^^^ d'buile luinnéii^e* ■ ^ i^ 
> i iGette eif constance ne se présenté ipas^ jgtuûid cm a im 
bain à température constante, comme. lé bSain d'eau<bduit 
lante , .car alors , en prolongeant la durée' de l'ébullîti^n ^ 
on est bien kûr que L'équilibre finit par s'établir: JËà'cMn* 
parant les/deùx cas., entrouTe aisément le seul renpièdfi 
que l'on puisse portera la marcbe du bain d'huile. / 

:j\ Quand on ésft arrivé à i5 ou %o? aa*dessoiis/du tefme 
où l'on veut s'arrêter , il faut fermer toutes les issues du 
fouiveau pour étouffer le feu. La; température. s'élève 
plus lentement déjà par ce moyen. Enfin, quamd on est 
à. 5 ou 6** du terme de l'expérience , U faot retirer' le feu 
dufaumeait. Par ce moyeni'élévation de température de-» 
vient fort lente, et l'équilibre caatre l'buile. et la vapeur 
sfétablit. Quand on edt parvenu au degré voulu » '^oa fehn« 
je ballon. 

Au -moment même , on détermine la tenipéiratùrè in^ 
diquée par le thermomètre et la pression , qui ordinaire* 
ment n'a pas eu le temps de changer. 

» La bassine retirée du feu , on peiit;sortir le triangle et 
son.ballonJ On le laisse égoutter et refroidir; On détache 
le ballon et cm l'essuie avec le plus grand s^b. Quand il 
est propre et froid , on le remet sur la balance et on^déter-^ 
mim laugmentation de poids qu'il a éproutéé. On. tient 
noie de. cet excès de poids. ' ' f 

On plong'e ensuite le bec du ballon dans du mercure. 
Avec une pierre à fiisil, on l'entame sôus le meiture èten 
casse la pointe. Le mercure rentraadaris le ballon et:l« 
remplit , si l'excès de matière a été suffisant, pour 
exptilser tout l'airw Dans le cas contraire, il rieste de l?air 
dont on tient compté. La présence de l'aiifTamènel'eipéi- 



DE PHÀSMAâlE. 20& 

m 

nence'à Ik inâmecdmlitioii «fue si Ton eût empïoyi* fift» 
ballon plus petit d'une qiiantitiâiégak ànkiHùùi^ d&Vaiph 
Elle n'a pas daujtré incon^réniei^t. / . ' -'« ^ i- '• 
i Pour mesurer le yolomè de- cet aity on hrise ped à'peu> 
}e ocd capillaire du lialion , spi moyen d'une pinoe) 6n- 
€^>erantsôusle mercure, et on s'arrête dès qu'on es^paiv 
Tenu à la partie où elle commence à s'évaser. Sans loette 
précaution f il serait impossible de transraser cet air pom 
le n^eflmrer, et la destruction du tubeicapiHaire^ qui est si 
fH^tl de chose relativement à la capacité totale du bsJlpn,; 
n'a pas d'importance. L'erreur qui ex^ résulte piçut être 
négligée, 

. En renversant le ballon «ous une. petite cloqbe ,^ on 
recueille l'air et on porte celle-ci sur l'eau. On transvase 
ensuite l'air dans un tube gradué où on le mesure exacte- 
l^entf^en tenant note de la température de l'eau. Quand 
Texpérience est bien faite, on a rarement plus dte deux pu 
trois centimètres cubes d'air et quelquefois ofi ovLoJà 4;m. 
cb. et même moins* . . 

Quant à la capacité totale du ballon, il suiEt^e verser 
le mercure qu'il renferme dans une cloche graduée étroite 
pour l'évaluer avec une précision suffisante. On. pourrait 
au besoin vider ce mercure , et peser le ballon rempli 
d'eau, ce qui donnerait sa capacité d'une manière plus 
rigoureuse. 

Au moyen de ces diverses données, il' est facile de 
connaître le poids -de la vapeur et son. volume, d'où l'on 
déduit sa densité. 

Le poids de la Vapeur se compose de l'excès de poids 
du ballon plein de vapeur qui est donné par l'expérience 
et du poids de l'air déplacé par le ballon qu'il faut cal- 
culer*. Connaissant îe volume du ballon , la température 
de Tair an moment de la pesée et sa pression ,' on ramène 
ce volume à &* et o,y6 , et ce volume corrigé est converti 
en poids au moyen du poids connu du litre d'ait'dianft 



20ê JOUINAL 

• 

CM imi circonstances. Ce poid^âjoiulé ji Teiote obi^rv^ 
donne le poids de la vapi^ur. : 

Son volume exige quelques calculs de plus ; et d'abord^ 
oommè le ballon a'estdilaté, il faut chercher ce que son 
volume est devenu à la température à laquelle on a porté* 
la vapeur, ce qui est facile ^ puisqu'on connaît la ^a« 
tation cubique du verre pour chaque degré du thermo** 
mitre dans les limites de ces sortes d'exp^ences* 

Ayant ainsi le volume vrai de la vapeur' à là tempe-* 
rséture et à la pression sous lesquelles le ballon a été 
fermé, on le ramène à o* et 0,76. ; ; 1;. 

Quand il est resté de l'air dans le ballon , on corrigea 
de même le volume de cet air pour l'humidité , la tem|^é« 
rature et la pression^ en le ramenant à ce qu'il serait ,' 
s'il était sec , à ©• et à 0,76, -' ^ 

* . » • " 

Retranchant ce dernier volume du précédent , on a le 
véritable volume de la vapeur. 

Mais quand il est resté de l'air, il faut en calculer le 
poids ppur le soustraire aussi du poids de la vapeur 
trouvé précédemment* 

Ces diverses opérations faites /il reste le poids et le 
volume de la vapeur pure. On en déduit le poids du litre 
et par suite la densité de la vapeur. 

Avec un peu d'habitude de ces sortes de calculs et de 
leur marche, il faut tout au plus dix minutes pour arriver 
au résultats II est évident, du reste, que malgré le nom- 
bre considérable de donnée^ qui interviennent, comme 
elles sont toutes parfaitement connues^ le résultat final 
peut être d'une exactitude parfaite ou du .moins bien 
suffisante, pour le genre de détermination dont il s'agit. 

, Un exemple rendra ces détails plus facile à suivreA^n 
le trouvera dans la série d'exemples analogues qui i^ous a 
paru nécessaire pour familiariser le lecteur avec Teiyv? 
ploi des méthodes des calculs nécessaires dans TanalY^q 



prgwique , et ç^st p^t li , quç n^;j ^ei^wj^f oj|^^ jÇjS^ 

Pour l'intelligence des .çxep[^le$^de calculs placés ici, 
il suffit de rappeler les noml^ces. suivans qui y sont 
adoptés. 

Oxîgène. ....... ^ . loo . , 1,10:16 . r, 

Carbone. . : . t\'Vl'''isl'7Gf"''^" 0,4216 '' * 

- ^- -Bifdtogèiie. ."..•.'.> .•"6,iS-'>J" éjtjeW- -'>'««- » 

- ■ . : : . . ibsote, ., , ;, v . > /^ ."! ,W,S^-. " »»OT^Î'' 'iv î.;^t ^ 

Ghlpre. . :. a^JiS^, ^i44^ ' . *. > 

• • . ' 

jicide acétique. Gomme par la simple Ae^ïimkiioo^iàM 
le vide à froid , on peut priver l'acétate ^eju^e de plomb 
de toute son eau, M. Berzélius s'est servi dé ce sel pour 
faire l'analyse 4e L'acide poétique» En tir&lânt ce sel sec 
dans un verre de montre, et pesant l'oxide où le plomb ob- 
tenus , il a trouyé qu'il çstjEbr^ de ^ 

'68,52 oxide de plonu), . , , . , 

• - ■ XOO.OO . . ^ 

'CM - ■ • ,-*T*'»>^ , , ^ , .. ••.'•» l ■ i ».', 'l < Il l((î 



Cette expé;rijencjB doiuiejle piMid» âtoniqnede faoériaii 
moyen de la proportion , suivante ::3j,4d «..68,52 :: x : 
1394)5. Ce dernier noihhfe ^représentant le poids ato-^ 
mique de l'oiide de plomb , et x celui de l'acide acétique, 

on tire de Ik a>z^ !i!^ÇiM!^ soit 64o,6. 

D'un autre côté , i8^*,o6o du mémeacétate sec, qui re- 
présentent o«*'',3S3 d'acide acétique, ont fourni o5'-,574 
d'acide carbonique et o^',i8o d'eau, par la combustion 
eonrenableœent exécutée.* . .: ' 

0,574 acide carboniqîie Tenfenneùt. o/x5Bd^ de c&irbohe 

è,t8a d*€itt rttifennênt. OyO^Égg ÛhjèTOf;ètï& - * , 

• «,^545 perterepBéswtapt l'ox^èn^ 

0,3^0 pàUds deVâcid».' t 'i 

En partant dé cette analyse , on pevti caieurer èé qu ati- 



JaUKNÀL 

nlketH âdtiné 640^6 dWde acétique 1 et Ton trbuye Içs 
nombres Btiifans : 

So4it8 carbon« 

ag8,i8 ozigène 
640,60 acSde acétique. 

Il reste maintenant k chercher le nombre de chacun 
des atomes élémentaires que pes chiffres représentent. On 
y parvient, comme il est facile de le comprendre , en divi* 
sant chacun d'eux par le poids atomique du corps lui* 
mémet Oaa donc ainsi : 

do4 18 '.<•';• 

' Tg'^ cs j,95 atomes de carbone 

«^^ fis 6^ Il atomes d'hydrogène . ' ' 

* * - . • 

y* ss ft^oS atomes dVtiffène. 

Ces nombres différent à peine de G^H^O', qui doit 
être la formule de l'acido acétique sec , ce qui devient 
plus évident encore , en comparant lés résultats qu'elle 
donnerait avec ceux de re!(périence4 On à , en effet ^ 

Pat le ealoaU C< = 8o6,o8 on bien47t5 

U^so 37.50 5,8 ?, • : 

0* s= 3oo,oo ^ 46,7 

643,58 100,0 

Par rezpërieâce. Carbone. . . 3o4i 18 47,6 

Hydrogène..' 38^ .5,9 
Oxifène. . . 498,18 46,5 



■ ' 640,60 100,0 

Cette analyse, qui date de vingt années, nous offre les 
légères erreurs qui affectent encore celles du même 
genre que Ton fait aujourd'hui. Quand elles sont de cet 
ordre, ce que Ton obtient toujours avec des matières 
pures , des analyse» soigneuses et répétées , jusqu'à ce 
que les ré,suU^t3. deviennent constans, on peut les né- 
gliger eutièrement ; elles né changent pas les formules. 



DB raAÏlMÀGffi. it6§ 

Jfc/ûie bensiôpqtie. Pàûs lëi luDciennes èkji^ètkcâ ^de 
M. Berzélius , la composition réelle de cet acide fut meN 
comnîe , parce qné l'analyse en fût faite à Fétàt d^e Bén- 
2oate de pîomb, qui retient un atome d'eau, sans qu'ont 
puisse le lui enlever, par les méthodes ordinaires dé 'des- 
siccation. Cette erreur a été rectifiée par MM.'Liébîg et 
Vôhler, qui ont analysé le benzoate d'argenti Ce sel 
est anhydre et s'analyse en le brûlant dàùs'ûn creuséC 
de porcelaine. Il laisse pour résidu de l'argent métal*> 
lique. 

0^*9827 de ce benzoate ont laissé 0,389 d'argent. Ea 
partant de ce fait, on a, 0,827 : 0,389 •• ^ • 1 35 1,6. En 
représentant par x le poids atomique dû benzoate d'ar- 
gent, celui de l'argent l'étant .par: 1 35 1,6« De là on tire 

x = * ' — i =* ^873,4 poids atomique du benzoate. ■, 

Gomme ce benzoate doit renfermer un atome d'oxide 
d'argent ,. 00 aura, par difiérence, la poids atomique de 

l'acidd : 

4873,4 ■ • " . ' 
.1451,6 

l4ai,8 poids atomiqiie de l'acidebenxoîqne. ' 

D'un autre câ.té» 0^600 du même benzoate renfermant 
0,3964 d'acide sec 9 étant brûlés^ par .l'oxide de cnivrev 
ont donnée O'^isia d'eau et 0,797 d'acide carbonique* Oxk 
tire de là) 

.OfXaaeaa. = 0,01 35 hydrogène 
^ 0,797 acide c. c= o,a2o5 carboné 

O10634 oxigène ott perte 

.^— ■— »■ Il ■ 

' 0,2964 acide anaîysé. 

Calculant d'après ces nombres la composition de l'a* 
cidebenzoïque, en prenant le poids atomique précédent , 
on aurait 

Carbone. . . . • . 1057,9 on atomes 27,66 
Hydrogène, i . . . 64,7 lo,36 

Oxigène. . ^,. . . 299,2 2j99 

1421,8 



aïO JOtÎRNAIi 

Ces^ aombrça se rapprochent tellement de b formule 
Q28 H^OQ^, qu'elle sera cK^osidérée , comme; riirén^ble 
si pa la compare avec les données 4& rexpérience^i car 
sjioTS on verra disparaître un léger écart qui se manifeste 
ici, et qui tient à ce que. le poids ajLopiiquç Âe lacid^ 
est uv peu frop £aible^ ainsi que le dojMge du carbone et 
que ces deux erreurs étant dans lemèqie sens | exagireiÉ^ 
ijne diSérepce trës-^faible , enTcalité^ 
.; ■ ; iÇ2M07i»aa 74,i ; 

RIO 6a,5o 43 

05 . 3qo,po ai.o 

■ ■ I ■ II* ' mt . • ' . f* II »! f I I ■ ■ I 



1433» 78 . ^ ï99^o 

' " . ' » 

L'expérience ayant donn^ 

Carbone. . • . foS^iQ . 94i4 

Hydrogène. . . 64*7 4>^ 

Oxigène. • .** 399»^ **>* 



.1 I .. 



» ' ' f 



.'.-.:.' r. '. -i4s't|9. ■ w^jO- , ..' .^ 

Cette analyse f faite, ayee unsoia ex-tr^me par ^euît 
des plus babiles chimistes de notre époque , montre bOm4 
bien est délicate toute recherche qui porté sur des sub- 
stances d'un poids atomique élevé. En effet, une erreur 
d'un centième sur ce poids, qui serait nulle dans le 
cas de l'acide acétique , par exeiâple , d^Viéfit toi(5apable 
de faire une erreuîr presque équivalente à ttn- atome^ 
carbone , et telle, relativement à Thy drogèùe y îqfeïl • n« 
faut jamais, en pareil cas , s'en fier au poids atémiqtte^ 
pour déterminer la quantité de .cet élément. 

L'acide benzoïque, sublimé et fondu ensuite, renferme 
un atome d'eau , comnle le prouve l'analyse suivante : 

o;4oo d'acide donnent 1,004 acide carbonique et 0,^1 80 
d'eau I qui représentent . 

0,2778 carbone Oa bien 69,4^ 
0.0199 hydrogène „, 4,99 . 

o,i023 oxigène. 25,56 

Of^QQO 100,00 



DB PHAllIAOIK. 211 

. (Jiplaidiust d'après ceUe ai)ia)yii^ le. 9imbce dfatpçiffs 
q[u'eUe représente , on trouTerait ■ 

tfir. a^ti cùhùûB ' Ou bkn (96»ft carbone /» . > 
0,79 hydrogène id,3 hydrogène 

o,a556 oxigène - ,4»o oxigène. 

... ■ . ' . * 

B'où Ton. tire la formole G^^H^^ 0\ et commis on 
sait que l'acide sec est formé de C^' H1^0?> cdle de, 
l'acide sublimé devient G" H^^ O^ + H* O. 

Ces résultats sont confirmés pat la deqsitjé de la, 
vapeur de l'acide benzoïque, qui :^st égaie, daprés 
mes expérienipes ^t celle.de M« ]y[its<3herUc|K , k 4,^7^ 
environ ; or, on a par le calcul 

a8 Yoliimes de oarhone as âSXM^^® *=■ i%fif^ ^ 

xa d'hydrogène ac i^Xo,o68S =; O^SaSô 

4 d*oxigène = 4Xiiioa6 =: 4>4i^ 

17,0408 

Si tous ces volumes se condensaient en un seul , on 
aurait donc 17,04 poùir la densité de la vapeur; mais 
une vapeur aussi lourde ne se rencontre guères dans les 
substances qui bouillent à une température pluSibaSse 
que le mercure. D'autres expériences m'ont appris, 
d'ailleurs , qu'en général, pour lee acides hydratés , cba^ 
que atonie fournit quatre volumes de vapeur, tout 
comme dans les hydraddes. Divisant par 4 1® nombre 
précédent, on a ' 

17,0408 , ^ ' * ' 

-^=4,a6o 

Nombre qui s'accorde avec 4»^P î^® Texpérience a 
fourni. 

Morphine. La marche à suivre dans toute recherche 
sur la composition des bases ol^asiques a été si nette- 
laent tracée dans le mémoire temarqU9J>le. où M. I>iébig 
Çteonnaitee. son précieux jûo&deimeur, qu'il suffira d'^ 
repcoduire>iei un des exemples qu'il renferme. 

Après s^étreaâsuré que la morphîbe perd à isIq"^ tç^ie; 



5fr2f JOÙHNAl. '^ 

soto eau At cristàlfisàtion, il' Fâ examinée i^près l^airdir 4^8- 
aéchée à cette température. * ' ; ' •' 

o,365 de cette morphine ont domié 0^055. d'acide car- 
Iionique. ^ " 

0,553 morphine ont donné o,3i8 d'eau. 
' 0,619 morphine ont donné 34939 cm ch. d'a2otéà o*^ et 
0,76 , le gaz étant sec. 

Le carbone et Thydrôgène se calculent cl'àprjis là com- 
position connue de l'acide carbonique et dé Tèau. Qua^t à 
l'azote , on sait qu'un centimètre cube de' ce gaz , à o^ et' 
0,76, pèsC) quand il est sec, o,^'Ooi&679^ce qui permet de 
calculer le poids du volume de gaz obtenu. , - < . 1 

Ces trois déterminations donnent donc, en les ramenant 
à 100 parties de morphine sèche. - ' 

Carbone. *>........ ^3,3 

Hydrogène 6,3 

Azote. 4»9 . • . 

Oxigène. . •. i6«â 

. . Morphine sèche. « -. « «^ • lPO,p 

Le poids atomique de la morphine peut s'ohtenif^^de 
diverses manières; mais la méthode, employée par 
M* Liebig est aussi simple qu'élégante et mérite la pré* 
férence. Elle consiste , comme on la vu plus haut , à dé- 
terminer l'augmentation de poids, qu'elle iprouye quand 
on la soumet à l'action d'un coitrant d'acide bjdroehlori- 
que sec , la matière étant maintenue dans un bain d'eau 
bouillante. 

0,600 de morphine ayant absorbé 0,076 d'acide hydro- 
chlorique , il suffit de la proportion suivante pour trou- 
ver le poids atomique de la morphine. 

0,600:0,076 :: a;:455,i4**« j?=359i. , 

Si l'on cherche maintenant, d'après l'analyse élémentaire, 
quelle serait la composition de 3593 parties de morphine , 
on arrive à des nombres qui indiqueront très^exactement 
la formule C^* H^* Az' O^, qi;i donne ^ en effet, 



DB PHAAM^CIS. 2l2[ 

^■':.'^-'\.' / Ai*- :si^ 177,0 '''•••4,9"- '•;' ; ••- 

L'expérience apprend en outre que loô parties àé àibf^ 
pîiinë aîihy dré proviennent de i d6 ou 1 0*7 ' de morphine 
eristàllisee , qui reilferme en conséquence 6 0U7 d'eaâ 
de cristallisation. Cette eau contient à peu près le tiers 
de Toxigèûe qu'on a trouvé dans la morphine anhydre, 
*en sorte que la formule de la morphine cristallisée sera 

Camphre. L'analyse élémentaire du camphre ordinaif e, 
dans des expériences que j'ai déjà puhKées en partie, 
m'a donné : 

Pour o,4o6 de camphre, o,383 d'eau et 0,167 d'acide 
carbojbiquë , d'où l'on déduit la formule suivante t 

Expérience. 

C10[ 38a,6 TOt^S. 79»5 

H8 • 5o,o io,36 10,4 

Oy 5o,o 10,36 10,1 



••-■— iiw— ^^* 



i 43a,6 100,00 100,0 

Cette formule n'est , on le conçoit bien , qu'une ap- 
prcaimationy tant que le poids atomique du camphre n'est 
;pa^ donné; mais on peut l'obtenir par divers moyens. 

Mis dans une éprouvette d'acide hydroohlocique sec, le 
iCampl^re se liqji^fie et absorbe ce gaz. En pesant la quan- 
tité de matière employée et mesurant l'acide absorbé^ 
on. trouve qu'à la pression de 0,760 , l'acide absorbé par 
tir-oi'g de camphre est égal i45 cm, cb, à o** et. 0,76. Eu 
'^amà^antpe gaz en poids, on trouve donc. :' . 

1,019 camphre .......,.; 8i,3 

0,235 acide hydrochloriqne 18,7 



* • 



f . . j ./ • . . 



' - 100,0 

On peut donc établir la proportion suivante : 
i,ôig:o,235::4S5,i4:-r...ar^ '97^* 



2ï4 iJOUBNAt 

Mais , en qùaSraplant ràtome approximatif déduit de 
l'analyse élémentaire, on trouve 1^30,4; ^^ quiindiipie 
que si l'hydrof^blorate de camphre est nu sel qu'on puisse 
regarder comn^e x^eùtre , le Vérilâble atome du camphre 
^sjeraC*<>«*^0^ 

. Toutefois ).comme rien ne prouve que ce sel soi^, neu- 
tre ^ et comme il importe de vérifier ce résultat par d'au- 
tres moyens^ on a pris la densité de la vapeur du cam- 
phre^: en ayant soin de porter la température un peu plus 
^ut que dans les expériences quej'ai déjà publiées sufr 
cet objet. Voici les données , ainsi qu'un ex^pledeoet^ 
espè/çp de calcul : 

, On a fait la tare du ballon , le baromètre étant, a 0,74^ 
et le thermomètre à 13*^5. Après avoir chau0é 1^ «ballon, 
^t sou bec sur un feu de charbon . on ^ introduit la 
pointe dans du camphre fondu; On a laissé rentrer envi- 
ron quinze grammes de ce corps. On a porté le ballon 
dans le bain d'huile et on a chauflé celui-ci doucement 
jusqu'à 235*; on a retiré le feu en grande partie, et le 
bain s'est élevé néanmoins jusqu'à ^44^, où il est devenu 
Stationnairependant quelque temps; On a fermé le ballon. 
En le pesant dé nouveau, il avait gagné be^'-^yoS en poids. 
• On a casse la pointe sous le mercurie et l«l ballon s'est 
coihplétement rempli. En mesurant le merciure qui 
'remplissait le ballon*, on en a îrouvé 296 cm. cb. 

Ces diverses données suffisent pour caltHiler exaîctement 
'làdeiisité de la vapeur du camphre. ' '' ' ' 

îLè' poids de la vapeur se compose dit poids apparent 
0,708 et du poids de l'air renfermé dans le ballon qttand 
on en a fait la tare. On trouve le poids de ce demîer'par 

les formules suivantes ': 

, . . . "I II.' 

395X0,74^ ^ ^gg ^Qiuj^çg de Yîm à 0,760 et i3«,5 
0,760 ' ' 

288' 
• .+(°.oo3y5.Xi>.5) =^74 vol. de l'air à o,,6o eto- 

374XoS'>oox299i=:osr-,3559 poids de l'air. 



BE PHAKMACIB. aiS 

- Aitaéi,lèpG9& dèlàVapeurBera^giJà. ^ 

0,3559 

0,7080 . ■ • 

1,0639 poids de la yapeiir. 

Qaant à son volume, il «''obtint à l'aide ^es calculs 
suiyans : la' température indiquée par le thermomètre 
était de244''> iQ^^is on sait, parlés eipérieUced de A|M. Du- 
long et Petite qiiQ cette texppérature apparente ae réduit 
à aSg® réels, c'est-à-dire des degrés indiqués par le ther- 
momètre à air. Les mêmes physiciens ont fait voir qu'à 
cette température, et à partir de o^^ le verre s'est dilaté de 
^^ de son volume à 0° pour chaque degré du thermo- 
mètre. Le volume du ballon, au moment où on l'a fermé, 
était donc de 

qui est le volume de la vapeur à 289^ sous la pressioa 
de 0,74:1. 

Ce, ^olume corrige serait donc . 

'^ ' i-Ho,oo3^5X239) ^ . '^ 

' Ainsî,.tôùWçoVrection faite, i53,5 éta'. çb. de vajieuir 
de câmpifciré supposée à o* et 0,760, pèsent l?^* 0639. On 
tjire de là 

• •/,'* , ê .1. ' ^< 

l53,5 : lOOo :* 1,0639 ; X .. .. x = 6^93o poids' da litre 

6,930 : X' si 1,399! r X ....x=: 5,337 densité rappoi^tëe S Tair. 

D'aptes iranâlysé et le poids, atomique, donnés plus 
hî^ut,, on aurait 

-. ::::r ,^;fnt^.â0 cs^rbPUB as4 16^9640.. 
. , j , .33 dJJiydrPgène * =5 a,aoi6 

a d^oxigene = 3,3063 



■«awanp, 



^i—; =5,1177 



jt^ 



Ainsi , chaqiif .at<w^ d^, «WP^^^fj T!»V^M»f P ifl«atrc 
volumes de vapeur, et le résultat de l!eipériéDce s'accorde 
d'une manière satisfaisante avec , <^ui du calcul. La 
formule du camphre demeure donc fixée à C*^ H^* O^. 

. Stéarine. La Aiéan^né pure, a donne les résultats sui- 

•.t')'':'i » .y f •. ■ •• \if \ .■- ^/ M ■^^' ..>'■■' ' 

vfuis dans 1 analyse que M. .Lecanu.en a ia^e : 

Matière. •• ^ V « ■! ... . • OiSoo . ■ .,. .• * .. '. •:j.\ 

. . Acide carboniqae. • . ..• 0,846 = q,334o8 carbone 

Eau. .: ^ ,. V. V .... o,336 =s 0,37^96 bydrogè ^ 

Ea ramenant en centièmes , on aurait : . 

78,01 carbone 

' ia,43 hydrogène ] ' '^ '^'' '' 

9,55 oxiçène 
* ■ ■ » 

*ioo;oo stéariDe. 

Comme on ne connaît aucune combinaison de la stéd-* 
rine, il faut emprunter son poids atomique à d'autres 
considérations. Or, on sait qu'en se saponifiant, 100 par- 
ties de stéarine fixent environ Spairties d'eau, et donnent 
96,8 d'acide stéarique hydraté et 8 de glyoérine hydratée. 
Gomme cette réaction doit se faire en proportions ato- 
miques, il faut établir la proportion suivante : 

6806 : X :: 96,8 : 8.... a:=» 662. 

« 

Dans cette proportion , a: représente la quantité de 
glycérine qui correspondrait à 68q6 qui est un atome 
d acide stéarique hydraté. Mais x s= 562 et . l'atome de 
glycérine hydraté pèse 579; il est clair que Is^ réaction 
donne lieu à un atome de chacun de ces corps. Ainsi la 
stéarine en fixant de l'eau se trans[fprme en 

0^40 gnf 05 + IP O et C^Hfi 02 + H^ O 

• 

Enfin, si les deux atomes d'eau qui figurent dans ces 
formules, se fixent dans la réaction même, ioo parties 
de stéarine doivent donner io3 d'acide stéarique ou de 
glycérine. Il est facile de le calculer, par une propor- 
tion entre les nombres ^385 et 7160. qui représentent 



DE .P«&.EMÂ'CIB. Hl^ 

poids atomiques de ces deux ctirp^ hydratés 
«t ambydrés. Ckiixiixie l'expérienoe a donné un peu plus; 
il détient fort probable qne Ja stéarine- renfermé lés 
deux corps à Tétai anhydre. 

r La BtéàriBedoit donc contenir G**°H^^* O^+C^ H^O^ 
et SMS poids atomique se compose de ce» poids TeunisJ 
£He Tenfermerei fiinsi ; : ... ;.|. 

• ^ aw 5586 7«,oa - 

O? , . ' 700 . 9,78 / 

.\ Résultais qui s'aocordenH av«o l'analyse cilée plus haut ; 
du reste, coonne le nombre -d'atomes*' est irés-griuiid et 
que Texpériencé relative à la .fixation de .leau laisse 
cfu^elque choserà désirer^/ril est utile de tecq^if ir au^; v.é-* 
lifications svtiyantes : v* 

'On utoît que larsléarûote supposée anhydre renf^rm^ 
esactenienl 78 de carbone, nombre donné par Fanalyset 

En supposant que la* stéaHne coatint ui^ atome d'eau» 
elle ae rehferfalerait qâe 76,7 de carbone» , , 

Si on y admet dsux atomea d'eau, elle ne renfermesai^ 
que-yS^S de carbone* J , . 

, L'éxpériieDce pouvant répondrje du», carbone à deiçi 
poiur cent près, û faut etk conclure que la. stéarine est 
réeUement: anhydre. 

. On remarquera enfin que dans les stéarates neutres , 
Toxigène de la base est à celui de la^^ide il a : 5, ce qui 
s observe aussi, dans la stéarine, entre lacide et la gly- 
cérine. .Mais ce n'est pas le lieu, de discuter si , dans 1^ 
glycérisLe, lacide et la. base préexistent Op. bien s'ils 
sont 'siimplemeot produits dans l'acte même de. la sapQ- 
nificatiom Les personnes diaposées ji admettre sa prée^tis* 
lenfie , verrooft dans ce rapport Yme nouvelL^^ pr^uye de; 
l'exictitùde du!, poids atomique que Iw vient d'a^^t^ibiie^ 

XX". Année — A^ril i834. ' ^ 



^l8 JOURNAL 

■ 

Chloral. Préparée avec les plus . grands soins y pour 
Tavoir tout à fait pure, cette substance qui renferme 
du chlore, du carbone, de Toxigène et deThydrogéne^ 
a été analysée par les moyens suivans : 

On en a pesé dans un petit tube bouché par un 
bout , 0,437 et on a ajouté dans le tube enyiron autant 
d'alcool pur ; on a pris un tube en verre vert de dix*^ 
huit pouces de long et on a versé au fond un peu de 
chaux pure ; on a introduit le petit tube renfermant la 
matière, puis on a rempli le tube de chaux , on a 
chauffé au rouge le tube , d'abord vers sa partie ouverte 
et en avançant peu à peu le feu vers le bout fenné. 
Quand on est parvenu près du tube contenant la ma- 
tière , on a eu soin d'éviter une ébulhtion trop vive et 
on l'a réduite lentement en vapeurs. A mesure que 
celles-ci passaient sur la chaux incandescente, elles 
excitaient une ignition , en produisant du chlorure de 
calcium, des gaz carbures et un dépôt de charbon. La 
décomposition faite, on a laissé refroidir le tube* 

On a pris la précaution d'étendre le chloral d'alcool , 
parce que le chloral pur en agissant sur la chaux produit 
une véritable explosion et projette tout hors du tube. 
Quand on tasse la chaux pour éviter cet inconvénient , 
l'incandescence qui se manifeste est si vive que le 
tube fond et crève. J'ajoute que le chloral est la seule 
matière renfermant du chlore, qui ait exigé cette pré- 
caution , jusqii^à présent. 

On ne peut pas se servir, dans ces analyses, delà chaux 
vive ordinaire. Elle contient toujours des chlorures 
provenant de la cendre du combustible qui a «ervi à la 
préparer. Il faut éteindre cette chaux , la laver sur une 
toile jusqu'à ce que les lavages soient exempts de 
chlorures , la laisser sécher et la calciner au rouge sané 
briser trop les petites mottes qui se sont formées dans 
la dessication. On l'enferme chaude encore, dans un 



DE PHARMACIE. 2îg 

flacon à rémeril. Les petits moites brisées en fragmens 
qu'on introduit dans le tube sous cette forme , ofilrënt à 
la vapeur des issues suffisantes et sont d'ailleurs a«sez 
poreuses pour s'en laisser pénétrer, de sorte que la 
décomposition se fait complètement et sans risque de 
projection. . 

Le tube refroidi , on le casse sur une feuille de papier, 
on rejette toutes les portions de verrcauxquelles il n ad- 
hère rien et on verse tout le reste dans une large capsule. 
On met daas la capsule un entonnoir renversé , la pointe 
enbaut , en ayant soin que. toute la matière soit renfermée 
sous Tentonnoir. Par le bec de celui-ci , on verse de Teau , 
peu à peu. Comme la cbaux est très-divisée , elle s'éteint 
vivement et produit assez de chaleur, pour qu'il en ré- 
sulte de petites décrépitations qui projeteraient la ma- 
tière au dehors. Les parois de l'entonnoir larrétent. 
Quand on a mis assez d eau pour former une bouillie 
claire, on enlève l'entonnoir on le lave avec une pipette 
et on reçoit l'eau de lavage dans la capsule. Enfin on verse 
dans celle-ci un excès d'acide nitrique pur. On favorise 
la dissolution de la chaux, en chauffant un peu et on filtre 
pour se débarrasser du charbon. La liqueur filtrée et les 
eaux de lavage étant réunis dans un flacon à l'émeril , oh 
y verse du nitrate d'argent. On secoue vivement leflacon, 
on laisse reposer, et la liqueur s'éclaircit. On rajoute du 
nitrate d'argent jusqu'à ce qu'il y en ait un excès , on se- 
coue encore le flacon pendant quelques minutes, et quand 
le chlorure paraît b f n cai lebotté , on verse le tout dans 
un verre à pied conique. On lave le flacon et on rajoute 
les eaux de lavage dans le verre. 

Le chlorure étant rassemblé , on décante la liqueur 
claire et on la met à pcirt. Le chlorure lui-même est réuni 
sur un filtre et lavé avec de Teàu légèrement acidulée 
par de Tacide nitrique pur* Quand les lavages pe sont 
plus troublés par lesd marin ,.on sèche le filtre. 

i5. 



2!àX) SOTlKffJLL 

. hé filtre étant see^ on en sépare le cUorurè d'srgtnt 
le mreirx possible. On Êiit la tare de déax capMiIes en 
porcelaine un peu inégales de grandeur. Dans la plus pe- 
tite on met le filtre qu'on a pris soin de pelotonner^ et 
dans la plus grande on met le cMorure. 

On cbauQe la capsule qui contient le filtre jusqu'au 
ronge ^ le papier se brûle, et quand tout le cbarbon a dis- 
paru, on la renverse sur la capsule qui cèntient le 
cblorure. ':- . 

On cbauffe alors les deux capsules ensemble jusqu'à ce 
que le fond de la capsule inférieure soit bien rouge. On 
maintient cette température pendant dix minutes , ce qui 
suffit pour fondre le chlorure d'ai'gent. 

On laisse refroidir comp/eteme/it les deux capsules et 
on les pèse. L'augmentation de poids donne le poids du 
cliloruEe ^d'argent , dont il faut soustraire celui ' de la 
cendre du filtre, qui dans îa plupart des, cas ne s'élève 
pas à plus d'un milligramme , si le papiei: est bien 
choisi. 

En opérant de la sorte , les 0,487 de chloral ont fourni 
i,ï66 de chlorure d'argent, qui représentent 71,6 de 
chlore pour 100 de chloral. : 

D'un autre c6ié, o,63i du même chloral ont. fourni 
par le^ir ci^mbustioii, à l'aide de Toxide de cuivre 9 09879 
d'acide carbonique et o,o45 d'eau. 

Ces» divers résultats , ramenés en centièmes «- dosneul 



Carbone 16,61 - 

Hydrogène 0,79 • 

Chlore 7I160 

Oxigène. • . • • •. 11,00 . 

100,00 

Ce qui conduit à la formule atomique C^ HO.Gh? ou 
C* H^P^ Ch^ Ott bien enfin un multiple quélcoûquç de 
la première. En effet , la formule brute donilérait : 



• > 



DE FBàllUÀCIE. 9^1 



à I 



.C4f 


A= iâ3»o4 


16.6 


H 


= 6,25 

• * 


<>»7 


O 


^z ioo,oo 


10,8 





=f 663,96 


7ï^9 



(p3,25 100,0 



. Xi]9.poi{l^ a4ami^»e du chliQrdl ;Pf ut «être 6xé par divers 
»oy$ffif$» Ëi):^^Vila dep^ita d^ sa, vapeur déterminée p^r 
expérience est.égf^leà &,i et &fi la <:alctilant d'après la for« 
mule qu'pa yico.t de. doiUiQC5. on aurait : 

- ; •:. . C4 . =: 1,6864 „,^, . 

H = 0,0688 

'''''-' — '^ • O = 1,1026 



Ch» = 7,338o 



* « « 



• î. 



10,1958 

ï 
En supposant que ceci représente deux ypiumes de 

cl^oral^ on jurait, en divisant par deux le total précédent, 
6^99 pour ja ^densité de la sapeur du chlora, ce q.ui 
«'accorde avec Texpériencedire^cte^ . ._ 

.£t comme ile^t probiablc que. T^lomq du chloral, de 
m^n^e^que c^ui deJa pljipart des corps ne jUres^, est .ca- 
pable de fournir quatre v.olimçs.de vapeur, U ^^"^ ^^ 
conclure que le poids atomique réel de ce corpis corres- 
pond à la forwiule.C^.H^ O.2 W, . . \, " ;» 

Le chloràl provient d« Faction duchl<ive 4ur Talcool , 
et comme oetcaction est fort simple , qu'elle se borne à éli- 
miner iderhydrogèoé et à fixer du chjbre, on peut présu- 
mer qae la . néactîon s'opère de manière à définir par 
elle-même le poddfi atomique du chloral; Il faut donc 
soumettre le poids donné par la vapeur à cette vérifica- 
tion. La formule de l'alcool est égale à 

^ > • Cdïl^ du chlc^at a. . C» H? X)3 Gh^ 

. < Et gagné. ...... Ch6 

pour produire un atome de ehlofal par chaque fitome 



Hà2 ' MOURNAI; 

d'alcool, ce qui , par la simplicité des rapports , rend la 
formule très-vraisemblable. 

Quand on étudie, d'autre part, Faction des alcalis sur 
le chloral , on Toit que ce corps se convertit en acide 
formique et en cbloro-forme dont la formule est repré* 
sentée par C* H^ Ch*. La formule admise pour le chloral 
explique très-bien cette réaction , car en admettant que 
Teâu se fiie , ce qui est indispensable , on a 

C« 02 H' Ch« +H» a« C* H^ O' + C* H^ Ch« 

Et comme le chloro-forine se convertit lui-même par 
l'action des alcalis en chlorure et en formiate, les faits 
énoncés dans cette formule seront accompagnés de la pro- 
duction d'un peu de chlorure et d'un peu de formiate, 
qui du moins n'empêcheront pas de saisir le phénomène 
fondamental. 

Ainsi, les propriétés, la production et les réactions 
du chloral conduisent à la formule C® H^O^Ch®, qdî^doit 
être adoptée, jusqu'à ce qu'on soit parvenu à le combiner 
avec quelque corps connu doué d'affinités énergiques. 

Salicine. D'après l'analyse publiée par MM. Pelouze 
et J. Gay-Lussac, là salicine renferme ' '^' 

Carbone 55,49 

Hydrogène <5,3S' • ' 

i Oxigène. . . • . , . 38.;i5 



1 . > 



Si Ton, cherche quel est le nombre d'atomes le., pii» 
simple qui convienne à cette analyse, on. trouve . . 

Cl» 573,9 55,3 . 

H^o 6a,5 6,0 

0* . 4oo»o 38j7 

xo36,4 ^ 100,0 

Mais, comme la salicine est un corps indifférent et 
qu'elle ne forme aucune combinaison , cette formulé brute 
n'est vérifiée par aucun moyen , en sorte que rien n' em- 
pêche de la doubler, tripler, quadrupler, etc. ^j'- 1 



DB PHAEMAGIB. 

Bien plas, rien ne prouve qu'elle soit même un sous- 
multiple exact de la formule réelle de la salicine, car, 
sans violenter les nombres fournis par l'expérience , on 
pourrait admettre d'autres formules. Mais, en s'arrétant 
à ces noml>re5 9 comme exacts, celle qui précède est la 
seule qui convienne. 

Toutes les fois que l'on examine un composé indiffé- 
rent, et fixe commela saliciue, on rencontre les mêmes 
difficultés. Pour arriver à un résultat quelque peu vrai- 
semblable, il faut, dès'lors, recourir à des réactions aU 
térantes et en examiner les produits avec la plus grande 
attention. En général, on peut dire qu'en soumettant 
ces sortes de composés ^ l'action des bases ou à celle des 
acides , on est presque toujours certain ^e faire naître àé 
nouveaux corps d'un poids atomique déterminable et liés 
avec le premier par des relations simples , qui permettent 
de définir son propre atome d'une manière assurée. 

En s'arrétant aux formules brutes , l'analyse organique 
ferait un premier pas. Quand le poids atomique est fixé 
par des expériences convenables, on en fait un second 
bien plus essentiel que le premier. Enfin, quand de ces 
formules atomiques ressort une conception explicative^ 
capable de lier entre eux de nombreux phénomènes et 
propre à faire prévoir de nouveaux résultats, on peut dire 
que pour ce point, du moins, la chimie organique s'est 
élevée au rang d'une véritable science. C'est ce troisième 
point de vue qu'on essayera d apprécier dans le chapitre 
suivant. 



r r ■ ' »... 

' De la compô^tidn de quelques hèmincisorgaftiques.^ 

i. ' ' '■'.,: •' • • . . . •: ; ■ • 

L 

Extrait des Annales de pharmacie, tom. YI, cahier 3. 



r ' 1 



HUîMS DE TÉRÊBSNTinilB. « * ♦ 

AvJUidle^ de térébenthine des Kosges» 

M. le docteur Mougeot de Bruyères , cophu par sa 
collection de cryptogames des Vosges , a eu Ja complai- 
sance de nous envoyer de celte contrée de la téréhen- 
tbine, en nous indiquant en même temps sa préparation. 
Voici ce qu'il nous a communiqué par écrit : 

L'écorce des abies pectiï^ata (Decand. ) , pînus picea 
{^L,)j s'enfle un peu en été, forbiedes endroits sâillans, 
qui,, remplis de térébenthine, sont percés avec lé bout 
pointu et • ouvert d'une corne; la corne , fermée par 
l'ouverture large, se remplit bientôt de poix qu'on 
recujBille en la. faisant écouler. Les babitans du* pày$ 
rappellent poix claire, pour la distinguer cje lu. poix 
dure .que leur fournissent les àbies eoccélsa (t)ecând.)^ 
pinus abies (L.) ; toutes les deux sont recueillies en été. 
La , térébenthine gu'on obtient de cette manière est'blaû- 
cbe , tï'ansparente , très-fluide^ elle a une odeur agréable 
et aromatique ; elle a été analysée par Caillot, qui la trouva 
composée de: 

Huile volatile 33,5 

Résines différentes 63,44 

Matière extractive et acide snccinique. . o,85 

Perte. . . .• a, 21 

Par la distillation avec de l'eau, nous avons obtenu de 
cette térébenthine à peu près la même quantité d'huile 
que celle indiquée par Caillot. L'eau qui reste avec la 



t 



colo^liâpQè dansle vaee diatiUaioire B'a poiiat de réaolioo 
&ur les couleurs végétales ,. et ne précipitait ni par le 
soDB-acétate de plomb.ni pat ks sels de fer;. évaporée 
après y avoir ajouté quelques gouttes d'ammoniaque ^ là 
iiqueur coxioentrée précipitait Irèsrpeu ea blanc, par ces 
sels. Caillot, Unverdorbea, Sangiorgia, ont prisi ce - 
résidu pour de lacide succinique ; Moretti croyait y 
trouver d£ lacide acétique, tandis que Marabelii la cru 
un acide résineux; à juger d'après le précipité que nous 
avons obtefno, ropi&ion de Marabelii nous parait la mieux 
fondée» . , . . 

L'huile cribtejiue de ia térébenthine décrite plii6 haut , 
fut distillée sur une nouvelle quantité d eau , après quoi 
on Ta misé. en contact quelque temps avec du chlorure de 
calcium ; alors elle devint parfaitement incolore et posséda 
une odeur très-agréable analogue à celle de Thuile de 
citron; elle fut ua peu plus soluble daùs l'alcool que 
l'huile de térébenthine du commerce, l'alcool anhydie 
'sy< m^ié.dans tout£S)'lça proporiioas ; soa poids Apécir 
fique&t 698^0 à 1 5 degrés, le point de rébuUitionsà i&5^ 
•Deux ânatysea oint donné : 



' II! 



j;.. . 



"^ . 'Carbone. ,. - ... 68,6,7 .(i) Çarbane. . • . 88,4^ ' .•. 
..' r Hydrogène. . . ïi,4o Hydrogène/,*. 11,64 

ioq,07 . , ., 100,06 . . , ' 



'..!■' i.' /'« , '. i 



i « 



B . Huiles de templîn "( templinôl ) . 

m 

On obtient cett^ liuile en Suiëse, en distillant; le^ 
fruits àa pinu$ mugho ^ .2^\tc de Teau; telle qu'on la 
trouve dans le "commerce, elle est peu colorée, et d'une 
odeur agréable par son analogie avec celle de fleurs 

d'orangers ; eçi la distillant avec de Teau nous l'avons ob- 

, - ' . ■ , ■■■ ,, — \ — -— ^ — -— 1 — j — 

(i) Les an^lyjtes dpnt les résaltatç soi^t indiqués dans Ip mémoire» 
ont été faites an înoyen de ï'oxide de cuivre et avec l'appareil do 



• \ 



t 



X 



226 JOURNAL 

tenue parfaitement incolore et avec un peu moinsil'Oileûr; 
pour la dépouiller de toute l'eau nous l'avons mise na 
contact avec du chlorure de calcium. Sa solubilité dans 
Talcool ordinaire est la même que celle de Thuile précé- 
dente ^ à Talcool absolu elle s'unit en toute proportion , à 
i65^ elle entre en ébuUition. 

Première analyse. 

0S'*,47B hnile nous ont donné i,52o acide carbonique et o,5eo ean. 

DeDxiitDe anal^e. 

psr*,6245 haile nous ont donné I1991 acide eai^oniqneet o,656re$M* 

La composition suivante correspond à ces analyses :. 

' Carbonique. . . 67,95 Carbone* ... 88,19 

Hydrogène. . . 11,67 Hydrogène.. . ix>67 

99»57 99»^ 

C. Huile de térébenthine du commerce. 

L'huile de térébenthine ordinaire, telle qu'on la trouve 
dans le commerce, est fréquemment colorée en jaune, 
elle aune odeur empyreumatique et désagréable, eil« 
contient une résine qui s'est formée par l'oxidation de 
l'huile en dissolution , en outre elle contient un stiéaro^- 
tène qu'on peut en séparer d'après Margueron , par un 
refroidissement jusqu'à — 17**; ce stéaroptène fond à y®, 
on peut parfaitement séparer ces deux corps en distil- 
lant l'huile avec de l'eau. L'huile se dissout dans douze 
parties d'alcool à SS"", et en toutes proportions dans 
l'alcool absolu, l'huile non rectifiée entre en ébuUition 
d'après notre observation à 1 5o degrés. 



<-• ' 



D*après Despretz à. ......*..* . i56|&- 

Récemment rectifiée d*après Ure* . . i5a . x . 
Huile ancienne d*après le même. . . . i58 

Son poids spécifique est, d*après Sanssnre. 0,86 à aa* 
Id. Despretz. 0,87 à 10 

Id. Brisson. . 0,86 à 3i 

Haile rectifiée d'après Guibourt 0,87 à 8 

Par des expériences que nous citerons plus loin, nous 



DB PHÂHMACIE. 2^^ 

croyon|$ {iidafoir prouver qae l'huilé de térébeblhine 
est composée de deux hùile» isomères , dans dep rap^ 
ports diflérens. Cette opinicMi a été émise déjà par 
Theoard. Pour obtenir pour notre analyse une huile 
parfaitement pure, nous l'avons distillée à différentes 
reprises sur de la chaux vive , après quoi nous l'avons 
mise en contact avec du chlorure de calcium fondu , pen- 
dant uû temps ass^z long ; aprè^ avoir subi ce traitement , 
ette fut parfaitement incolore et elle avait perdu une 
partie de son odeur désagréable* 

• Pretnièro anâljse* 

QSr*»394 hwHe nbai ont donné i,^j acide oarboniq[ae et o^o* eau*. - 

Beuiièm* analj9«. 
ogr',477 l^^i^c nous ont donné i,5i^ acide carbomc^ae et 497 .^^^' 

La compositiojçi de l'huile , calculée d'après ce» ^^ux 
analyses , donne , 

Analyse i. Analyse t. 

Carbon^. . . . 87,66 Carbone. . . . $ÎB,o5 

Hydrogène..* ii,33 Hydrogène..-. 11,57 

98.39 99.6^ 

Le nombre des atomes calculés d'après ces analyses se 
trouve , 

Analyse calenlée <l*a|»ré» les atbmes. 

10 atomef de carbone. . . 7,64370 Carbone.. • » 8S,4?.' •'• 
16 atonies d'hydrogène. . 0,99824 Hydrogène... 11, 54 

|00,Q0 

Par compar^on , nous faisons suivre les analyses de . 
l'huile de térébenthine qui ont été faites jusqu'à ce jour : 

fionton tab, s ' Siossare. Herrmân. Oppenfian. Vvm»»*' 

Carbone. . 87.6 87,788. 88,88 84,593a 884 

Hydrogène. ia,3 11,646 11, ia u.7349 "»^ 

Oxigène, . . » » • 3,6728 • 

Aiiote» . . . r' » 0,566 » » .• . • ;* 

I I I • I I II w— ■ « I " ■ ■ 

^,9 100,000 100,00 loOfôdoo- ' 1010,0 

L'iode, le chlore, l'acide nitrique , le potassium et lés 
alcalis se comportent absolument de la même manière , 
avec ce» diverses huiles ; le potassium s'y conserve sanis 



all^ratioiii la ciiaux vivç leur enlève la copieur JMioMrq 
et en partie leur o4eur désagréable. - , 

Camphre de ter^e/itAi/ie. (Berzélius , torn. V, ^. itgS. } 
Pfous d^;vons ce camphre à la bonté de IVJL le professeur 

Buchner» Boissenot^ Perdez et Cluzel ont &xjt lobseif^ 
▼atioa qiie si l'on expose rbutle de térébenthine dfiiis 
un appareil distillatoiro à Une ftempératuce de +&^ 
pendant un temps assez loQg, il a'en sépare du camphre. 
Celai«<ci se sublime dans la partie Gupérieure dès yaaes , 
ou si l'on distille Thuile après l'avoir chaufiée assez long- 
temps , il se sépare en cristaux du produit de la distilla- 
tion. On ne saurait pas confondre ce camphre avec cet 
autre qu'on obtient en exposant l'huile à un froid de 
17 degrés; ce dernier présente des propriétés tout-à-fait 
différentes, il se fond déjà à 7 degré$, d'après Boi^senât, 
Persoz et Geiger ; on n'obtient ce caJOiphre que d'une huile, 
ancienne distillée avec de Teau, mais jamais d'une hjiile 
récente. 

Ce camphre, dit de térébenthine, cristallise en colonnes 
droites , rectangulaires ou rhomboïdales , unies en touffes. 
Use fonda i5o degrés et se volartilise «ans décomposition 
entre i5o à i55 degrés; il se sublime aussi facilement 
que l'acide benzûCque sur dès efaarbons incandestens , et 
•dan^.Ia 'flantme de la lumière (^une chandelle) 41 s'éra*- 
pore sanst s'epllammer; il se . dissout . dans • deux cents 
parties d'eau froide, dans douze parties d'eau bouitlante*, 
ainsi que dans Talcool, dans l'éther, clans les^huiles gras$^ 
et volatiles. Si Ton dissout ce' camphre dans l'huile de 
pavot au moyen: de la ^chaleur, il s*en sépare sous forme 
;Cri9taIUn]e par le. refroidissement ; il se dissout dans l'huile 
4s tprébejatb^sne au mojrep die la cbaleux:, sao? 3Q séparer 
p^ç le^i;^ro^di^ement de,çiBtt.ç di^s^lutipn. li'.eaujlep^éçi- 



DK l>HÀttMA€IE. !339 

pilie'^ seè(' diBrâlutions alcoôMqu^s; La petite quanréltl . 
èe ce cainphi*^ qui était à ndtre disposition, 'ne hottê 
permettant pas de le purifier par des opéniUons uilé* 
ri^ures , celui que hous arons employé poufp l'ànalyscf a 
pM coiïfenir encore lin peu de Tbuile adhérente. 

os^r.^ii*^ de matière nons ont donné o,3oo acide carboniqae et o,i^8éau. 

Sa composition , calculée d'après ce résultat , donne : 
Le nombre suivant des atcfnïei correspond à l'analyse , 

Compcûdon calculée d'aprèt les atoma* 

10 atometf de catbètt^ , .17^6487 ' Qaithùàti'\»K\*p^^ï§ 

ao d*hydrogène. . i,a4^ Hydrogène. . . ^«44- - 

a d'oxigène. . . 2,0000 Oxigéne* > • • x8,36 

■'■'■•• ^,99 

Si Ton considère la composition cliimique de ç^ cam- 
phre 5 on peut voir tout de sorte qu'il est composé 
de I atome d'huile de térébenthine , plus i atome d'eau 

CIO H16 -}. H* 6^ = C^o Ô^^ 0^ 

Si l'on voulait tirer une conséquence ultérieure du ré- 
sultat de cette analyse , «ce serait .celle que la formation 
de ce camphre ne demande que la fixation d'unô certaine 
quantité jd'èau. 

Colophone. 

Pour obtenir un produit parfaitemept puJT pour no^ 
recherches, nous avons séparé nous-mêmes la colophone 
de la térébenthine des Vosges, et nous ayon^.fait nos 
expériences sur cette matière. Le résida de la distillatîoh 
de rhûile. de térébenthine pcéparée. "par. jaoiis-mémês ,' a 
été mis en ébuUition assêi lông-tenlpîi "alVec de l'eau re- 
nouvelée plumeuTd Cois pour en sépai:er toute hwle.vcda- 
tile ;. son odeur ayant. iUsjjparu ei»|ièreiiiiQn| y noua avons 
veirâéla colophane dans? un ermite t dVgcsit^ où elle.ç 
bwiUî encorb qiielqui^ tempf sans «au ; elte éf ait àolocétt 
en jauipe., .trià/^tran8paf eate^ friaUë > .tiri»-5olbble dana 



j330 JOURNAL 

rdleool y dans Téther, dans les huiles grasses et volatiles, 
sa dissolution éthéri(}ue nous la fournit parfaitement 
blanche ; après Tévaporatioa de 1 ether, eUe est parfiai"- 
tement soluhle dans l'alcool absolu, aussi bien que dana 
lacide nitrique (avec dégagement d acide nitreux)^ et 
dans les différentes huiles de pétroles que jious décrirons 
plus bas. 

Première tnalyte. 

oe^-,3^ de matière nous ont .donné i,xia acide carbonû]!^ et (v363 eaa. 

Dciuième «Daljse. 

11 . . . . ' 

oS'>,5xa de matière nous ont donné 1,468 acide carbonique et 0,4^8 eau. 

D après ces deux analyses, la coloph(me serait composée 

de : ^i^ 

Analyse i. Analyse a. 

Carbone. . . . 80,04 Carbone. . . . 79,27 

Hydrogène... 10,01 Hydrogène... 10, i5 

Oxigène. . . . 9,95 .Oxigène. . . . xo,58 

^•mmmmimmÊÊÊmmm « m i ■ ■ ■ m 

100,00 100,00 

Le nombre des atomes calculés d'après ces analyses 
serait : 

Composition calculée d'après les atomes. 

ko atomes de carbone. . . . 7,64370 Carbone. . . . 79,28 

16 d*hydrogène. . . .. 0,99824 Hydrogène. . . 10, 34 

I d*oxigène x,oo6oo ■ Ozigène. . . . 10,37 

Les analyses de la colophone, faites auparavant ^ ont 
donné les résultats suivans : 

G.>L« et Thenard. Thomson. Uré. Saussure. 

Carbone. .... 76,944 63,24 73,6 77.4°^ 

Hydrogène.». . 10,719 12,64 12,9 9>65i 

Ozigène i3,337 25,12 i3,5 x3,o47 



100,000 100,00 100,0 200,00a. 



Gomme nous l'avons déjà fait observer plus haut, la 
colophone que nous avons soumise à l'analyse était un 
peu colorée en jaune , cette couleur provient probable- 
ment de Faltération d une petite quantité de résine par 
l'action de l'eau, altération quç nous n'avons pu ém^ 



DE PIIAaMAGIS. â3l 

pécher. C'est par ce fait que nous nous rendons compte 
de cette légère perte d'hydrogène que nous ayons suhie 
dans ces analyses. ~ . . -s * 

Par cette analyse , et par la formule des atomes calculés 
d'après celle-ci , on verra facilement que la formation de 
cette colophone tient à ce que l'huile absorhe de Toxigène, 
ce qui s'explique par la formule suivante : C'° H^^ rf- O. 
On pourrait donc considérer la colophone comme un oxide 
de l'huile. 

Selon Unverdorhen , la colophone est formée de deux 
résines , l'une est soluble dans l'alcool froid à 72*^ , tandis 
que l'autre ne se dissout que dans la double quantité 
d'alcool chaud; ce dernier cristallise par le refroidis- 
sement. Toutes les deux forment des sels avec les alcalis 
qui présentent parfaitement les mêmes propriétés , toutes 
les deux.se dissolvent dans l'acide sulfurique, et après 
avoir été précipitées de cette dissolution sont parfaite- 
ment identiques. 

De même que nous considérons Thûile de térében- 
thine comme composée de deux huiles isomères , qui 
avec l'acide hydrochlorique forment deux composés dif- 
férens l'un de la utre, quoique de la même composition 
f himique^ on pourrait aussi admettre dans la colophone 
deux résines isomères y qui se comportent diiiéremment 
avec l'alcool. 

Combinaisons de Fhuile de térébenthine a^ec Facide 

Ii/droçhlorique, 

La réaction de l'acide hydrochlorique sur l'huile de té- 
rébenthine donne lieu à deux produits diiférens : un so- 
lide, dont la découverte est due à Kind, et qui a recule 
nom camphre artificiel A ; l'autre liquide B. 



sSâ joubnaL ' 

! 
Produit solide. . , , 

« 

Analyse i. ogr.,5io de matière nous ont donné 1,096! aeide earboniqtté 

^ et 0^4^ eau. 

Analyse q. o£^-,44^ ^^ ms^tière noas ont fourni 1,12a acide carbonique 

et 0,396 eau. 

La quantité de carLone et d'hydrogène calculée d'après 
ces deux analyses, on obtient : 

Analyse I. Analyses. 

Carbone. . . . 70,20 Carbone. . . . ^6,50 

: Hydrogène» . . f^,oi > Hydrogène. • .' io,oto' • '^ 

Chlore. • ; . . ig^^ Cbtore- . . -^ . 19*^4. : 



- Pour déterminer'la <jtrantité du cbloré cénlemie dan^cè 
eamphre, noeis' en avons introduit une certaine quantité 
dans un tube de verre, arec de la chaux; vive en pduiirè 
grossière ; en chauffant ensuite jusquW rouge , il $^ sé- 
pare du charibon et îi se forme du chlorure de câlcimh: 
Ce dernier fut recueilli avec beaucoup de $oin dànis uifi 
verre avec de Teâu , dissous eifi^^iite dans fadde nitrique 
pur; après avoir séparé le feharbon par la filtra tioh , la 
liqueur a été précipitée par le nitrate atgcntique. Après 
que le chlorure arg<^ntique formé 9^ fui parfaitenjent dé* 
pose ^nous avons décanté la liqueur surnageante; le chlo- 
tureargentiqùe, transvasé ensuite dans une petite capsullè 
' en porcelaine , y a été lavé jusqu'à ce que Feau de lavage 
ne précipita plus par Tacide hydrochlorique. Ensuite on 
a ^pàré Teau par Tévaporation au bain-marie; enfin on 
Ta chauffé jusqu'à le faire foadre a peu près. On la fait 
refroidir sous une cloche de verre à côté de lacide sulfu- 
fîcriiiéV après quoi la quantité du chloruré argéiitïque a 
e^è dëtierminée aii moyen de la balance. Dans la pre- 
icïiifé analyse nous nous aperçûmes , par le calcul,' d^^unô 
perte de i pour loo de chlorut'e'; nous fumés portée à en 
attribuer la cause, à ce que la chaux vive en poudre 
grossière n'absorbe peut-être pas toute la quantité de 



• 



DE PHAHMACIB. â33 

cUorei Nott$ nous sommes servi plus- tard de l'h ydirisite 
calcique récemment n^gî , et alors nous n'aYÔifïs pas 
éprouvé dé pert^. . . > . 

Chlorure pour loo partitt. 

' . I. argtnliqtte. . Chloré. 

Aaial}»e i. o, 726 de matière noms ont dpané ,o,537 , 18,37 

a 0,960 0,735 iS.SS" 

* i.-ayS i 0,975 ^ï6;l$6 

4 -0*854 o»666.^ ... iSba4 

5 0,647 . ..A^.. ; 'Si48 
l)ans les analyses, n°'. 4 ^t 5, nous avons employé 

rhydrate caickjue récemment rougi pour décomposer le 
camphre. 

Les analyses que nous avons faites s'accordent avec la 

formule des compositions suivantes : 

. ■ » ■ • j 

Anal/se etleoléf d'après lea atomes. 

- 1« «tiiiies de carbone. . . 7,64370 '' Carbone. . '. 70,01$ 

17) • d'bysdrofii&Qe, . Û06076 Hydrogène.. 9,717 

I de chlore. . . . a,ai3a5 . Chlore. . . . sio»aja 

Composition du camphre, artificiel , d'après ., ,. 

Houtoft Iiâbillardière. Oppermâna» 

Carbone .• • • 76|39 . . Carbone. . . 7^,8073 

Bydtogène . . 9,63 ' ' ÎHydrogène. . ' 8,980a 

Acide hydroohlonqiie. • . i4^' • -> Chlore. : * .- . i8,aio6 

> Par la formule atomistique calculée d'après cette analyse ; 

et, d'après ces analyses mêmes , il est facile de s'apercevoir 

que le camphre artificiel €fst formé d'tin atome d'huile 

de térébenthine et d'un atome d'acide hydraçhlopque ^ 

opinion qui a été émise déjà par M. ])ttmas. 

CioH»6-f-ClH. 

Oppeiinann a adopté la formule ^uivai^te : 

C24 Hl!^ + a Ci H. .) . i 

Huile Uqûîde proi^nant de la décomposition du camphre 
" "{urtifihidl i ^dônt bn a enlevée tout t acide hydrochlo- 
riqu^ {Hadyl). 

P'est Oppejrmaon qui prépara le premier cette huile 
en déqçmposant le camphre artificiel par la chaux vive , 
yiX.^.jinnée»' — jii^ril i834« 16 



^34 iOUANA'L 

il.I^ 4î^î^l9 ^ travi^rsuD iMb^ ^diaud juaquà ce qiu'eUe 
eul perdi^ sa çquleur af. lout squ âcide^ Il U 4écnl<o(>nuliie 
une matière fluide épaisse , d'une odeur aromatique ^ qui 
se durcit déjà à 10°. 

Nous avons obtenu ce produit par la méthode indiquée 
par Op{>érmann ; Igfpf es Tavoii^ rectifié âur de la chauY vive, 
nous avons obtenu une matière peu colorée^ d'une odeur 
très-aromatique, età o" parfaitement fluide , <^OTtim'e l'huile 
de térébenthine. En la mettait en contact avec du pplfis- 
slum , on ne .pouvait apercevoir aucune bulle d'hydro-^ 
gène ; avec l'iode , la potasse caustique; avec les acides 
sulfurique ^t nitrique, elle se comportait comme l'hiiile* 
de térébentnine. 

. Pour l'obtenir parfaitement incolore pour Vanaljse , 
nous. l'îiYons distillé^ à diiTér^ntes reprise^ aveçiju potas- 
sium; 7. elle ne perdait p^rlà aucune /dés' propriétés 
que ïïous venons de lui avssigner, elle restai t; même sans 
aucune altération pendant deux iriois.' Avec le ga'a hydro- 
chlorique »ëc, elle fournissait tout dé suite du camphre 
artificiel. Son poids, spécifique est à i5°de o,87,,.son point 
d'ébullition = 145"^.' La deriiière portion OJHèiçue'' par la 
recti^cation , qui/était coloriée >, n entrait coi ébullition 
qVà i&4^. [ 



.J t * • ' 9 \ » é s» 



, etp,6j[5 e£m. , . .. , , . , 

•AnWly^ié a. ovi^>;6{6' de matière iioùs ûht Abnnë 1,970 d'àclàe carbbniq'iie 

La composition suivante cpmQspond à cette analyse. 

Analyse I. A|»^pe>î • \\ 

Carboné. . . . .."88,86 88,4a 

Hydrogène. . .M. . ii,âB ^- ' 11*59 

est , 1 . . V ■ . 

Analyse calculée a'après lesMÔmet. 

10 atomes de carbone. . . 7,64370 Carbone. . . 88^^ 

• ':: 16 : dr«iydt<ègéhe. . ' 0,1)9817 = «EydfigêheP. ^MM 



DE .rHA.R4tA.GiE. a35 

Opperm^tH) J^ ywk^ié à oelte oiaiière la oompbsîiSon 



$uiv^nte 



>it ii 



Carbpne^ . * . ^ * ». . 68,4^. ^ r t 



Hydrogène 11,8^0 

ioo,33o 

Huile proPeHtiht de la décomposition du produit liqùideB, 

Pour obtenir la base de la combinaison fluide, nOBB 

avons employé iQ.ménue mQy^n que pour la Qoml^iQ^iion 

solide-: i^'buile fluide oblepueavait uned^nsité. d« O9S6 1 

«Dirait en ébnllitiop k l'i^'^t Thuile de térébenihipe ,Qrd]r 

nuire étaqt isomère avec, la ba«e du i^amphre artificiel , U 

est de toute évidwce que la base dq produit liquidée doil 

auscii. être isomère avec la même huile. 

En résumant les résiiUats précédens des expériences 

analytiques sur l'huile de térébenthine et ses coinbiQ94'^ 

sonst on trouver^ quç toutes les espaces d'huiles dei tér^n 

benthiae à Tétat .de pure.l^é so^t ideptiques dans leur çoinr. 

position». L'erreur qu^ préseaate l'analyse de l'buitet de 

térébepf^l^ine du, commerice» par M, Opperpaon, doti 

être attribuée seulem^pt à ce que cette huile c^ateoait 

^j^QiTQ ()ç leau.f qupn jpie.peut en; séparer par la di&tiln 

Ution .(jTjectifipation) sur 4u qhlçrur^ 4^ calciMni) vuque 

son point d'ébullition e^t^ç^juiie t,empérature p^u^ él<3vée 

que .celle; ou le chlorure de calcium, 4^g^e, §<m[^(.^i|4 pq 

parvient. ais coatra^e à If dépouiller 4^. ^(;>â)(^p/).'ei)<Iat 

faisfgat. digérer. ^ macé^e>*, )., seulement avec ; çe)Se|i: à/]{|^9mr> 

péra(,u?re çrâinair^Çf La^spi\pliûi^ .4^ V'Oxig^ijie) par l'ihwlft 

4e térébeçithiAe , iqui se f^it 4'uue imni$re|„e|$rêm§i^€\i;^t) 

rapide si l'hqil^.es^l.eq cqjfi^iiçtayeçJ'air.atmçs^phér^yQ'; 

e^, s^i^tout dans la d^illa^Uon où le^ vap^i^rf ,4e l^Àl«^ 

s^ mêlent ayeo.J'air, exi^ê e^ poutre; ^.avaqt l'analysQ,^ 

qu'on n'exppse l'huile au copM^ot de l'air qi^p le mp^pa 

ppssib^ç , sans cela il est impossible* d'éviter de petites 

erreurs. , . .0 -> 

16. 



256 JOUBNAL 

La formation dé deax combinaisons dîflërentes (dont 
Tune est liquide et l'autre solide ) par la réaction du 
gaz hydrocblorique sur Thuile de térébenthine , rend 
déjà très-probable que ce corps présente un mélange de 
deux builes isomères , et que les propriétés différentes 
des huiles de térébenthine du commerce s'expliquent par 
les didérens rapports dans lesquels existent l'un et l'autre 
de ces principes. 

' On passe de cette suppôsitifHi h la conviction, en 
examinant les produits qu'on obtient en déct)mposant sur 
la chaux vive ces deux combinaisons avec Tadde hydro- 
cblorique. D'après les caractères extéWeui's,'on ne sau- 
rait distinguer de l'huile de térébenthitie pnire ni de l'un 
ni de l'autre, lorsqu'ils sont dépouillés de tout l'acide 
hydrocblorique. Le poids spécifique est à peu près 
égal ; mais le point d'ébullitiôn de Tuti est très-diflérent 
dé celui de l'autre. L'huile liquidée de la combinaison so- 
lide entré en ébullilion à i45* , tandifeiqtie'' celle de îa com- 
binaison liquide bout à i34<^. Il est hors de tout doute 
que la composition des deux huiles est parfaitement iden- 
liqueyvu que celle contenue dans le camphre artificiel 
ne diffère sous aucun rapport :dè la composition de rhuile 
de .térébenthine' orditiàire à Fétat' de puriété , qui pré- 
sente un mélange des deux huiles. ' 

Par l'analyse de la colophonè des combih'ais'ôns de l'a- 
cide hydrocblorique avec l'huile de' térébeht'biiye et du 
camfphre de cette huile, nous croyons avoir sufBs'Jmment 
caractérisé cetie combinàison;de carbone et (l'hydrogène , 
comme radical organique ' in^sfrîable ; la colophonè est 
l'oxidè, ledit camphre l'hydrate de ce radical. Les deux 
résines différentes qui, d'après Unverdorbién', consti-' 
tuent la colophonè, doivent 'sans doute Feur formation, 
Fune à cette huile qui forme la base de la dombinaison 
Solide^ et latitre à cette huile qui forme là' base de la 
combinaison liquide de l'acide hydrocblorique avec Phuile 



».♦' 



DE PHARMACIE. 25j 

de térébenthine* V mais il est évident que les radicaux , 
aussi bieci que leurs oxides , doivent être isomères dfins 
leur composition. C'est pourquoi nous avons cru plus 
sur dfi faire l'analyse de la colophonëUans en isoler les 
deux résiniîa. Quoique la composition de l'huile de té- 
rébenthine ^ «indiquée par Dtinias, ak été: confirmée par* 
notre analyse y nous croyons néanmoins devoir» révoquer 
en doute la supposition théorique qui donnait le nom de 
camphùgène à Thuile de térébenthine. Du reste, nouft ne^ 
voulons point nier l'existence.d'un. radical analogue pour 
le camphre commun : car, en comparant la formule de la 
colophone avec celle qui exprime la composition du cam- 
phre , on trouve qu'elles sont parfaitement identiques. 
Quoique ceci ne puisse plus être regardé comme im* 
possible, la cause de la diversité de ces deux corps nous 
paratt cependant être fondée sur un autre arrangement 
des élémens (atomes), ou ce qui revient au même sur 
un radical d'une autre composition. II nous paraît moins 
vraisemblable que le campbre soit un oxide , cas dans le- 
quel il se combinerait probablement avec les^ alcalis nous 
préférons le considérer comme un stéarophène<^ 

Nous avons jugé convenable de donner des noms parti- 
culiers aux diflerentes huiles, qui constituent l'huile de 
térébenthine ; nous donnons le nom de dadyl à celle qui 
forme avec l'acide hydrochlorîque la combinaison solide y 
en réservant à l'autre le nom de pcucjl^ Ces noms sont 
dérivés de dadu>>i principe da. sapin et ttcukvXv principe du 
pin. La terminaison j^/ est' imitée du mot Benzojrl; ces 
trois noms ont été composés et proposés par Ritgen. 

Huile de citron é 

ê 

w » 

I 

. L'huile de citron , rectifiée par la distillation avee Teau, 
se comporte avec l'iode , le chlore , le potassium ; et les 
alcalis, comme l'huile de térébenthine, l'acide hydro- 



25^. JOURHAL "K' 

chlorique , donnent aussi deux combinaisons ^, une ^fide, 
£usible à 43°^ ise sublimant à 5o» sans décomposition , et 
entrant en ébullition à i6o^. 

' .D'après Bizio, Fiiuile de citron , soumise à tm abars«* 
seme&t de température ^ fournit du camphre» Une livre 
d'biiile de citron^ distillée avec l'eau , a fourni un premier 
pncMduitd'uBe/once, cpii entrait en ébuUition à f67«; le 
dernier produit était coloré tégèremaatetbpttiltaità 173'. 
C'est le premier <|ui st'scfvi à nod analysels* ' 

AÀblf^ké' 08^-,5^i halle tidtts dût donné 1,660 acide carbonique et o,544* 



CarWne 87,93 

H;fdrogène. . 11,57 



- . ----- . _ 



^( 



99»5o 

La formule suivante s accorde à cette analyse. 

I , , . AoAlyMi cftlottléf ^**F^ ^ 

5 atomes de carbone. . .. 3,8a i5 Carbone. . . . 88,46 

8 > dlifydrogéne. . . 0,4984' Hydrogène. . . 11, 54 

..•)■. ' 

100.00 

Composition de Thùile de citron suivant 

Saussure. BerrimoD^ Dumas. . 

Carbone 86,879 88,5 88,45 

I :. ' Hydrogène »,3i6 ' 11, 5 ix>4^ 

La combinaison solide avec Tacide hydrocbloriqvie a 

donné 

♦ ' ■ ■ ► 

analyse x. ogc*/i5o la matière nous a donné .Oi5aa acide carbonique 

et 0,196 eau. 
Analyse 2. at^^t^/S^&ÏA matière nous a donne 0,984 acide carbonique 

et o,365. 

La quadtitéde eblore fut déterminée d'après la méthode 
au moyen de laquelle nous avons déterminé la quantité 
de eblore contenue dans .l<^com]^jn^i son de lacide hy- 
drocblorique avec Thuile de térébenthine. 

E^ iMi^aiH Je calcul sur ces analyses > on trbuTé,<paur 
la ' q^D^ioaiflOB solide de l'acide hydroehlorique avec 
l'^Hli^' cU citrjDn , la conipoisitidn suivante : ' I !« 



DB PHARMACIE. !l$0 



. . . .-«Uar^bone. ..\ . -.. . 57,*?^. •); -58,6(7 

Hydrogène ..... 8,«i 8,73 

" ËtMôré:-, :\ . . '3S,50 33,ofe 

. ' ' " ' • •' ' " V" 

i.oo>i5 xo6,38 

. La forjDople suiyante correspond à cette anfilyse : 

> « 

:* r' ■■■' • Atniysv caIoqU* d'après if« «l»>iei« ' 

5 atomes de carbpne. . . » 3,8ai85 Carbone.'. » . 679938 

9 , d*hydrogène.- . . o,56i58' hydrogène.. . 8,5oi ^ 

t : '' de icrhlora. .... a,9i2bd '' .XSilore. . . .. » 33,55:»' 

■ M il 

1 ' . • .1 , • j ' . » ' > • - » 

Éasede la combinaison solide { Citrohyl ). 

<. ■. . - ' « ■■•• -• 

L'analyse de cette, matière^ qui est fluide et analo^e ii 
celle que fcA^rnit l'huile de térébenthine dans les mêmes 
ci rcons taiiceè y^ donne lea résuiiafcs^ftaivans : 

Analyse. Atomes, Analyse calculée. 

Carbon^... ... ,j88,45 ., ,,..,5 == 3»8ai5 ,. ,8346 

Hydrogène. . . ix,64 8 ;= 0,4984 11 164 

100^ > ■ ' .' ■ \sAii K» 

D'après ces recherches , Thuile de citron a une compo- 
sition identique avec celle de l-huile dé féréb^iithfâe ; 
mâi« nouâf arons tu 'qu'elle forme aveé l'acide hydm-i 
cfaloriqtte des composés dans ies^Ueb cet aci^e ebtre' 
pour tibé quantité juste^meilt doubla de* celle (J^^ôn 
trouve dans' le camphre artificiel ; ce qui'pfbute^ à cl) 
qu'il BOUS semble, que le poids de son atome ëst là 
moitié plus petit. En supposant que 4es combinaisons 
de l'adde bydrochlorique, aVee le dadylet citrodyl, eoki*- 
tiennent les mêmes Toliimes ( le inéme nombre d'atomes 
respectifs), l'e volume d'atomes de dady] contiéndraiti 
un nombre d'atomes de carbone et hydrogène double^ 
de celui ^td compose le citfonyi ^ ee qui nous porte il 
conclure que ce radical peut entrer dans des composée 
d'tine Manière trè^-> -variée ; mais on ne réuedit pas à 



transformer mie de ces combinaisons dans l'aaire. Quoi* 
que ce soit avec beaucoup de facilité qu'on paisse pri- 
ver Iliydrodblorate de citrbjpyl d'une partie de son acide 
hydrochloriqueen le distillant sur de la potasse , on n'ob- 
tient pourtant pas l'hydrochlorate de dadyl , mais , une 
buile liquidé* contenant de l'acide bydrocblorîque à la- 
quelle on ne peut enlever le reste même en la distillant 
avec une dissolution alcoolique de potasse. 

L'acide bydrocbloorique forme deux composés diSérens 
avec rhùite dé citron, dont l'un est soluble dans l'alcool 
et susceptible de cristalliser, tandis que Tautre^ qui peut 
aussi cristalliser, est décomposé par l'alcopl. A ia base 
du premier de ces composés nous donnons le nom 
de citronyl , réservant à la biaàe de l'autre le nom^ de 
citryl. A. B* ' » ' 

La Éuite au numéro prochain. 

NOUVELLES DES SCIENCES. 



M. A^tony Tbomson vient de nous faire çonnattre le 
procédé qu'il emploie po^ur découvrir la présence de très- 
petites proportions d'iode. Sa méthode est fondée sur la 
propriété que possède le chlore ^ze^ux de décomposer 
instantanément les solutions d acide hydriodique et celle 
de tous les bydriodates; lorsqu'on dirige ce gaz sur la sur-^ 
face de la ^solution , la plus petite quantité d'iode est dé- 
celée par cet artifice. La solution ne contiendrait"ëlIe;que 
•;*~^ .d'bydriodate , la décomposition est instantanée, et 
l'iode libre apparaît dans la liqueur. Au moment où le 
gaz totichelQ'6aif«(c6^;Ui)elé!gèrcpe11icii^,le brune se mani- 
feste .et répand graduellemQn t ça teinte à travers le liquide., 
Si Ton ajoute une solution froide et très-étcMAdue d'an^i* 
don,, au^sit^t la couleur caractérisrtiqiie de l'iodive dVr 



\ 



DE PHAEM>CIE. 2^} 

wiàojx se majDif^sle. On peut encore opérer le mélange 
avant de faire arriver le gas, .P. B. 

Les derniers numéros des Annales de Pharinacîe con- 
tiennent, I**. uni mémoire de M. Berzëlius sur deux acides 
organicjues qui se trouvent dans les eaux minérales; 
a«. un autre de M. J.-B. Trommsdorff, sur le prétendu 
acide malique que Ton obtient en traitant le sucre par Ta-^ 
cide nitrique ; 3*. un travail de M. Mein, pharmacien à 
Neustadt-Godens, sur le principe amer de l'absinthe; 
4^. des recherches chimiques dé M. le docteur Gragfer, sur 
la maladie du blé, connue sous le nom de nielle \ 5^ des 
observations de M. Venghans , sur un mode particulier 
de formation de l'acide lampîque ; 6®. une suite aux mé- 
moires du docteur Beichenbach, sur les produits de la 
distillation sèche des corps organiques , contenant l'his- 
toire de deux nouvelles substances auxquelles cet habile 
chimiste a donné les noms de picamare et de pittacalle. 
Tous ces articles renferment des faits intéressans. Nous 
nous proposons de les passer successivement en revue 
dans les prochains numéros de ce journal. A. J. V. 

14. le Mahoût , pharmacien à St.-Brieax , vient d'écrire 
au njinistre de la marine pour lui annoncer que vingt dau- 
phins ont échoué le i"". février sur les côtes de Bretagne. 
Après avoir présenté l'historique du fait , M. le Mahoùt 
eiiti;e dans diverses considérations relatives à ces dau- ' 
phins, et rappelle que soixante -dix de ces animaux 
échôuèren^ également sur les côtes de Bretagne en 1812 ; 
mais un fait curieux et de nature à intéresser plus parti- 
culièrement nos lecteurs , est relatif au sang de ces 
anin^aux. Vu au microscope, il présente un aspect fort 
remarquable et qui n'est offert par le sang d'aucun au- 
tre animal : il est parsemé de très-grosses vésicules d'air^ 
et de globules , d'une teinte bleuâtre^ très-nombreux , tous 
d'pn même diamètre, et paraissant formés d'huile en sus^ 



!2i|îà . JObRNAL 

pension cldits ce liquide. Le preftiicr de ces faits ïhërite 
.d'être ftfoté, et porte à penser, dit I!adtéUr, que Fhcfemo- 
tose, chez ces animaux , ne s'opère pas seulement dans 
les organes pulmonaires i mais bien dans tous l«s. organes 
siipultanément. . J.-P. B. . 

» ' • » • » 

M. Pelouse ^ eq poursuivant, ses recherches sur le tan<^ 
jQin,j est arrivé à des résultats du plus haut intérêt, 
dont ppus allons présenter ici un aperçu, 
, LaDpix de G^lle sèche, traitée par l'éther anhydre, ne 
fot^rnit .jp»;5 d,e tannip ; la présence d'un diKième d'eaif dans 
ijether. est indispensable au succès de ropération» 

,Le tjinnin se cox^porte dans beaucoup de circonstances , 
et .particulièrement dans son contact avec les hases , 
confina les açidçs le^ mieux définis, et suit les mêmes loi$ 
d^ saturation. 

Lorsqu'on abandonne à Tinfiiience de l'air ou de J'çxxÎt 
gènç une solution aqueuse très-ét€ndue de tannin, ^lie 
perd peu à peu sa transparence , et laisse précipiter, de 
l'acide gaUique presque entièrement pur.; 

L'action de la chaleur sur l'acide gallique est extrême- 
ment remarquable ' Soumis à la température de tiio à îîi5'* 
dans utie petite cornue , il se décompose entièrement et 
sans résidu en acide carbonique et en acide pyro-gallîqiie* 
Vient-on au contraire à chauffer tapidement ce mêihc 
acide gallique jusqu'à *A^(y ou sSo", il se dégage encoffë 
de Tacide carbonique; mais au lieu d'acide pyro-gallique ^ 
dont il ne se produit pas la plus petite quantité , 6n ob-: 
tient de l'eau qui distille , et il reste au fond de la cornue 
une matière noire , brillante , qui se dissout facilement à 
froid dans une légère eau de potasse ou de soude , et con- 
stitué ûtl nouvel acide , désigné par l'auteur sous le nom 
d'acide métagallique. 

Le tannin lui-même , chauffé rapidement à îsSo*», four- 
nit , ciômme l'acide gallique de l'adde carbonique , de 



D£ PHÀâMAtIR. 34^ 

l'eau et 'de Tiicide niéta^^Ilique ; mbid à 1 1 S"" il donne , en 
même terapBquè les acides carbonique et pyto-^gallique ,' 
un résidu considérable d'aeide métâgallique. 

' A roccasion de ces produits remarquables obtenus par 
laciiop ménagée de la chaleur, M. Pelouse insiste sur la 
nécessite de mesurer exactement la tetaipérÀture à laquellli^ 
on soumet les substances organiques , et de léd étudier 
sous l'influencie de son action graduellement conduite. 

C'est en appliquant ce principe d'obsertatiofi au tan^ 
0in,.!aux adides gîlllique , pyro-gieilliqtt^, et à phisieurd 
autres «dbstâMedi, qu'il est arrivé à la découverte d'èla loi 
générale de formation dci acid^â pyrogénés. Cette' Idi im- 
potiante Sera déreloppée pà^ M. Pelouse dans ûA itté- 
moire que npus ferons connaître à ttioai lecteurs. 

•M,f Pelouse a* étudié eomparàlivement les acides ella- 
gique ) gallique et métagallique , on troùrera leur histoire 
dans son propre travail , qui sera inséré dans le prochain 
numérote céjout'nal. F. B. 

La saponine, que M. Bussy a fait connaître, se ren*- 
contre dans, plusieurs végétaux. Elle a été retirée dla- 
bord :4e la saponaire officinale {stMponaria officinalU)' 
par Buchols. Ensuite M. Bussy Ta sign<alée dans la ra*« 
cjne delà saponaire d'Egypte; enfin M. Frémy fils vientt 
de.constatér sa présence dans le marron dinde, fruit de' 
Yesàubis 'hippocastauum* 

iHetlet.maiièfe.'ii^cristsillisable a été parfaitement étu^^ 
diée ^arM. Bussy ; l'analyse obtenue en a été également 
faite, de sorte .-qu'il ne restait quepea de caractères im^ 
portana à connaître ; mais l'on sait que Tpn peut y en va- 
riant ^es réactions,, obtenir des phénomènes singuliers 
souvept féconds en nouveaux produits^ 

M. J^xémj fils a fait tout nouvellement quelques expé- 
riençf^ sur Ja sfiponine extraite du mafro^. d'Inde ^ et il 
est arrivé à ce résultat corie.nx ^<{ue la saponin^ traitée 1 



. 244 JOVIINAL 

par 1 acide bydrochlorique étendu d'eaju , aous l'influence 
delà chaleur, produit une poudre blanche acide que Fau- 
teur a nommée acide esculique. 

L'acide esculique est très-peu soluble dans l'eau , 50^ 
lubie dans 1 alcool et pouvant cristalliser dans ce liquide- 
Il est presque insipide.: l'acide nitrique le transforme en 
une résine jaune probablement acide. 

Les bases inorganiques $e combinent à : lui, et Ton 
peut facilement obtenir les^esculates de potasse , de 
soude et d'ammoniaque qui sont solubles d^ina l'eaju , et 
font prendre au liquide un aspect gélatineox. Ils peu* 
yent crislalliser dans l'alcool faible. Les autres es^^ulates 
sont insolubles dans Feau; mais plusieurs peuvent cris- 
talliser comme les précédens dans l'alcool aqueux. 

L'acide esculique est-il tout formé dans la saponine 
et combiné à une matière organique particulière y ou 
bien^se forme-t-il^sous l'influence de l'acide hydrochlo- 
rique et;de la chaleur par suite de laltération de la sar 
ponine? telle est la question qui se présente tout d'abord 
et que M. Frémy a cherché à résoudre. 
- M. Frémy pense qu'il préexiste réellement dans la 
sapcmine , il appuie cette manièi*e de voir des considéra* 
tions théoriques qu'il développe dans son travail encore 
ii^it. Serait-k;é la potasse; comme le soupçonne l'auteur, 
qui masquerait l'acidité de l'acide esculique dans la sa-^ 
* ponine de M. Bussy, car c'est de celle-là que jte ^vle, ' 
et qui lui donnerait le caractère di'un principe imniédiat 
neutre? Mais deux incinérations que j'ai faites sur deux 
échantillons différens ne m'ont donné que : 

i*^^ échantillon. 1^027 

Résidu. ; 0,010 

2^. échantillon. ,'............ 0,69$ * ' 

|/ Résidu i ..«••••• • .0,009 ' 

Le résidu dans les de^x caë était composé dé carbo- 
nate de potasse- et de carbonatte de chaux. 



DE PHARMACIE. ^4^ 

Ces rapports m'empêchent bien sûr de considérer la 
saponine de M. Bussy comme un sel composé d'acide 
esciilique et dès bases trouvées. ' 

Où a pensé encore que Tacide esculique était combiné 
avec une matière organique particulière qui 1 empêchait 
detrianifester ses propriétés. J'avoue ^qù'il me paraît bien 
singulier que cet acide soit retenu par un lien aussi fort 
à une matière végétale inconnue. De deux choses lune , 
ou la matière qui sature Tacide eéculique dans la saponine 
est isolable sans altération,' auqilel cas la jpréeiiistence de 
lucide serait incontestable^ on bien ceite matière dispa- 
raît ou se présente sous forme de corps inerte h'ofirant 
aucune propriété digne dû plus léger exanieu, eJbsilors 
l'acide esculique n'est qu'une transformation de la sa- 
poniuie. ^ 

'■Cette manière de voir paraît du reste d'accord avec 
l'e&l^érience ' -et avec tôfùt ce que nous savons niaint^ant 
dur^Ja naissance d'uA grand nombre de matières organi- 
ques. ■^'' ''- • J.-P. C, 
* . . • • • 

t t 

NOTES ÇXyRAJTJeS îDUiBUH^TlN DE THÉRAPJÎIÏTIQUK.. 
V Par M. O! Henry. 

Les derniers numéros du Bulletin de thérapeutique 
renferment cUfiér.ens articles doûtvHous croyons pouvoir 
donner en quelques mots connaissance à nos lecteurs. 
Le premier, publié par M. le docteur Réveillé Parise , 
e8t> un ; travail sor \ emploi des chtbrure» doûddes et du 
èhlore dans^les^affaotiongi tjplioxdes (i)» Auprès ^vqir passé 

(i) Déjà remploi des chlorures d'oxides a été nais en usage il y a plu- 
sieurs années pdf différents praticiens et liotamment par M^ Masuyer 
de Strasbourg;» COQ tre- le' tjph as; aussi Mi HéTeiUé Pàrisè n'âHt-il en 
rinteotion que d'en rappeler ]i'4saee,paf de>noi|veUes appUoa^ons, et 
cest a cause de leur utilité que nous les avons signalées aujouranni. 



a4^ ; joii^NA^ 

^n T^viiele^ motbo^es de Irait^mei^is l^s plus opposes 
empjoyées pour combattra le typhus, çoit sporadlque et 
contagieux^ telles que les loétbodes aittiplilQgi?t«iqi;i,f^ ^ 
içx^çt;(»i;ites, etc, Vs^uteur 8>st î^rr-êté à l'usage dç^ fçhjo- 
rqres^ dont il pars^U avoir obtenu de boos ii(l*Qt3. Déjà 
long-temps auparavant Tacide bydrocblorique ^yait-été 
^piini^tré par gouttes dans des ^Sections malignes, 
dç^ inflammations gangreneuses ; et , dès 1809 à: i$;«4^ 
ce,t acide ava^. <:ûmbatta avantdgeusemept 1^ q^fecUona 
typhoïdes, M. Réveillé Parise a mis.eq usager, le chlore 
et s'est arrêté au mélange suivait : chlore HqMtde % Qf4 
3 gros, eau distillée 8 onces ^ sirop. de sucre i- once ;>il.r<^ 
employé plusieurs fois avec succès contre le typhus ^ 
en le faisant prendre par cuillerée à café dar44 les 
24 heures. Il a réussi également en substituant au çli^lore 
le chlorure de soude ( à 18 4<^gi*és), et à la do^i^ de 
f 5 grains dans. UH; pot de tisane poujr {e^ ^^hwve^ ; ^ uia 
activant l'effet par troi^. . iavc^rnsna y contenant i.chacua 
6 grains de ce composé chimique. Nous ne suivrons pasi 
l'auteur dalis ses réflexions sur l'action de l'agent dont il 
présente l'emploi^ ce serait nou&.éloigner/da.but<de ce 
journal, car nous pensons qu'il nous suffit . d'indiquer 
aux prati<(iens œ ibode de traitement pour qu'As le met- 
tent à profit dans des circonstances ^semblables, puisqu'il 
a produit de très-heureux résultats. 

• ' . • . . , . ' . ; 

,. • ,' , • ..: ; ' . ■ . . < • 'Il , « . . 1^1 

De Veau disiillèe de l€turiér''Oétise, • ' < i '^ 



» :- ) '".Mi: 



. L'esfiSL ^iisttUé^ de lautierrcériseydoiit: l'ajctiûdrfiurj l'e-r 
cônomi^i àninialQ n'est nullement douteuse èt/exige dakis 
son emploi ^térieuF une scirapulèusé atténiioi^^ A.Mè 
employée avec succès ,- comme topique , par M. te dac- 
içûr Carron de VitlarsV soit pour dissïpçr.les jinflam-. 
mation» du tissu cellulaire et de 'la^peau , »oit pour trUs-' 
prendre la sécrétion du lait dans les cas d'engorgement 



DE PHAHMAGIE. ^^J 

de la glaqde mammiiire , soit enfin pour calmer le$. dé'- 
mangeaisons qui surviennent à lu suite de certaines af- 
fections , ^ potammept pendant la desquammation et la 
dessiçcé^tion de la petite vérolç. L'au^e^r de. ce travail ,9.e 
loue beaucoup dç Temploi de bains composés de décoc- 
tions de pieds de veî|u, coupés avec Teau de laurier-ç^risc^ 
Il est probable que les baips^ dits stupéfions hjdrp<^ar(,és 
{ bagni idriocianici torjpenti ] vantés par Iç dpc^piir Pa- 
ganini d'Allegio, contre quehjues afieçlions doulag.rèuso$^ 
de.l«i peauj, ayaient Mpe CQ^pqsitiQXXfipalogUç. ,j 

IfeTenipldtre de ciguë. . ' 

* • • * 

Cet emplâire a été Fdbjet d une Ibule de modifierions 
pour sa {5répar0tioii>y M. Duelou en pl^opose'unè dou- 
vdle, adala^iie à cielle juropos^e il y a quelque^ (lânées 
parlVf. Cput-dem^àche) et qui consiste à ajouter au mé-^' 
lange; des résines et |golm«M*-résines fondues uné>ceirt|iinef 
quantité, d extrait dé cygiiôprépiiré avec la plante sèche 
et iraicoblJ En'^adnveUant livet) Fayt^r ]''avàtftagê àe 
Gei^MTOcédépour I^ produi); et l^earéttition de ce dompdsé 
pbàrnïacentiqiieii, il reste encore à rèeonnâttre is'i) ^t 
pcéférable^ (^uani à ses eiTets-, à celikitdtiiCôdeiH, diaprés 
lequel le principe actif df^Ia cignê ( la cénitifiè) ebt entevé 
à U. plante fniklie,, e|t na pii subir tes '^lénifions qtie 
psuli éprouver ce prihcipe, i^i facilement déooitipofefable^ 
pendant la dcssiceatioii de Ja .{ilanlev et iaptio dé 'lâÈ 
chaleur iémplùjée^ ia prëparatiop de -i^ettrait alûôol;^iiQKf| 

: J^ %raiUm»f^ d€li Ja paràljsi» «starnihe pàr^ia 

^ ^' t. . ; . • .- - . . 4t0ychmiie0 ./.••«!• i - -1 ^ i û; 

.'On sait, depuis plusieuc^ années, par Jes belles fe-« 
cb'erchèp die MM. Pelletier et Caventou , sur la noix vo^ 
n^ique, q,ue cette substance renferme, entre autres prinr 
çipes , un alcaloïde très-actif qu'us ont appcié str^çhnir^e^ 



2^9 JOCRHAt 

et qui , pris à de certaines doses , parait jouir de la pro- 
priété d'exciter le système nerveux et de réveiller en 
quelque sorte les membres affectés de paralysie. Déjà 
Textrait de noix vomique avait été employé par M. Fbù- 
quier dans des cas semblables et avec quelque succès. 
M. Rayer a , depuis dix-huit mois , constaté de nouveau 
à la Gfbarité les effets avantageux que Ton peut retirer de 
la strychnine dans le traitement de \sk paralysie saturnine^ 
effets que M. lé docteur Tancarel a suivis avec soin et 
recueillis pour en faire le sujet d'un mémoire fort inté- 
ressant. Tous les ouvriers qui travaillent aux prépara- 
tions de plomb , comme les peintres en bâtiment , les 
broyeurs de couleurs, le^.fabricans decérusej., sont très- 
souven);' atteints d'une siorte.d'ein'poiioniiement nûasma- 
tique qui aSiçcte particulièrement lés intestins, et: est vul- 
gairement désigné âous.le xiom de colique de plomb aa 
colique des peintres^ Sans co&oattre au^ JMSte quel genre 
d'altération a lieu. dans cette circonstance, on remarque 
œpendaiit que l'action. du plomb .pajCatt être d'amortir la 
sensibilité des t)rganes sur lesquels il porte et de tendre 
à la paralysie. Le traitemient le plus habituellement suivi, 
et celui qui réussit. le mieux, est l'emploi des purgatifs 
assoiçié à des. caïmans; au bout de quelques jours les 
malades sont guéris où très-soulagés ; mais il arrive sou-»* 
yent qu'avec le temps , ou quelquefois dès le début de ce 
gçnf'e d'empoisonnement, les; Malades sont* atteints de 
p^alysie dans diverses parties du corps , et particuUère** 
ment dans les membres supérieurs. Cette paralysie est 
précédée ordinairement, d'un affaiblissement progressif 
dans les membres, et elle se pointe aussi sur certains or- 
ganes comme celui de la voix . en produisant l'aphonie ou 
le bégaiement, et sur les nerfs optiques en donnant lieu à 
laraaurosé. C'est pour le traitement de ce genre dépara-- 
Ijsie^ causée par le plomb et désignée alors sous le nom de 
Saturnine, que lès docteurs, cités plus haut, ont employé 



DE PHARMACIE. 2^^ 

\a Strychnine j 9kàmmi$tvée soit à Imtérieur, soit à l'exté- 
rieur sur la peau , par la méthode endermique. A rimé-- 
rieur ^ od la donne en potion, ou, mieux encore, sous 
forme pilulaire, à des doses minimes et graduées, avec la 
plus grande attention, depuis ^ de grain jusqu'à d grains. 
Quand on est arrivé à produire les secousses tétaniques, 
on s'arr-ét« ou on diminue les doses pour suspendre ou 
maintenir seulement les commotions; et, lorsqu'on re- 
prend le remède , il faut toujours ne commencer qu'avec 
des quantités très-petites. |^. de grain suiEt même souvent 
quand on ne veut avoir que des effets lents. Les premières 
doses de str jclmine déterminent des contractions spasmo- 
diques dans ^iresque tous les sens et dans des points fort 
éloignés des parties paralysées ; mais bientôt, ^par l'usage 
prolongé du médicament, les effets se concentrent sur le 
siège de la paralysie , et alors la maladie marche rapide- 
ment vers la guérison. Les avantages que présente en 
outre la strychnine dans cette médication , sur un grand 
nombre d autres médicamens internes, c'est de ne point 
altérer l'énergie de l'estomac, mais d'exciter au contraire 
l'appétit et de faciliter la digestion .'^On administre aussi, 
à Vextérieur^ la strychnine en poudre très-ténue, depuis 
j de grain jusqu'à st grains, en la versant sur la surface 
récente et très-nette d'un vésicaloire; le tout est recou- 
vert d'un papier brouillard enduit d'une légère couche de 
pommadté'épispastique, puis le pansement est Renouvelé 
ainsi pendant cinq où huit jours. L'application de la 
strychnine, suivie immédiatement d'une sensation de 
brûlure, donne ordinairement dés effets très-sensibles; 
•et les excitations causées par l'emploi de ce remède actif 
amènent , dans un espace de temps un peu variable , la 
sensibilité, la chaleur, et, par suite, le mouvement dans 
les parties paralysées ; mais c'est surtout dans les para- 
lysies comme celle du plomb où le système nerveux n'a 
perdu que son activité ou n'a subi qu'une sorte d'ébran- 
X X' . Année . — u4\fril 1 8 .^ 4 '7 



J25o . . JOCENAL 

« 

lement, que la strychnine agit de la manière la plus 
prompte et la plus heureuse. 

Ces nouvelles applications prouvent de nouveau Tavan- 
tage de l'emploi , en thérapeutique , des principe^ immé- 
diats organiques purs , qui représentent presque toujours 
les verttîs les plus tranchées des substances complexés 
d'où on les a extraits. Avec ces principes isolés et purs, 
le praticien est toujours certain du corps sur lequel il 
agit , et il peut le doser à volonté , beaucoup mieux qu^avec 
les poudres ou les extraits dans lesquels là proportion du 
principe actif dominant est généralement variable. 

C'est ici l'occasion de rappeler l'importance qu'il y a' à 
n'employer pour la médecine ces produits, ijcamédiatequ a 
l'état de pureté parfait ; il est, comme on sait ^ fort or- 
dinaire de voir des alcalis organiques groupés deux\à 
.deux ou plus, même dans les végétaux qui les fourâis- 
sent , et cela a lieu notamment pour la strychnine qui , 
dans les strychnos nux uaYnica , igmHia , colubrïcia , est 
accompaguée d une proportion de brueine souvent assez 
grande» Il est donc fort utile de séparer cette dernière , 
et Ton y parvient , en traitant d'abord à chaud par l'al- 
cool à 1 8° le précipité formé à l'aide de l'ammoniaque dans 
un sel triple de brueine et de strychnine , puis faisant cris- 
talliser dans l'alcopl à 36*^ bouillant la partie insoluble. 
Par ce moyen , on est sûf d'isoler la strychnine. pure:; les 
dernières portions de brueine restent en dissobition dans 
les eaux-^mères alcooliques. Cette strychnine ne rougit 
qu'à peine ou point par Tacide nitrique, tandis que l'effet 
contraire a lieu avec celle qui a été précipitée en poudre 
dans la première opération , et qui repferme des quan- 
^tés très-variables de brueine. . 0. H. : 



DE PHAftMAQ,IE. 29? 

Essai.dune histoire chimique de la tourbe ^ accompagtié 

'd'une nou%^è analyse de. la cendre de tourbe ^ par 

MUf^'liioK Obeuliit, et A«t BoGHVEn.yeifne^ à Strasbourg. 

' (Rep^tarium fur die Pharmacie , du docteur Buchueb , 

Tol. XL VI , cah. 2 , pag. i85. ) 

Eki rais<m de soo bas prix et de la chaleur qu elle laisse 
après sa combustion , la tourbe «st uo des combustibles 
les^plus irapoi^tffns pour plusieurs contrées , mais surtout 
pour celles qui sont pauvres en bois. Outre son charbon , 
sur lequel -M. Blavier, ingénieur des mines français , a 
fait une série d'expériences intéressantes, et qui peut 
servir aux niémes usages que le charbon de bois ; elle 
fournÀrt , comm« on sait, une quantité assez considérabie 
àe cendres que Ton utilise pour lamendenient des terres : 
aussi le pharmacien est^il souvent comsulté' sur la com*- 

Sositiondèces cendrés dans les contrées où se trouvent 
ei^tôurbièreâ. 

•" • Ce sujet, bien qu'étranget* à la pharmacie proprement 
dite , ma paru digne d^atteniion sous le rapport indus- 
triel , et il ne sera pas sans intérêt de faire connaître 
"en peu de mots l'histoire chimique de la tourbe, que 
MM. Oberlin et Bnchner jeune ont placée en tête de 
letir travail. Gomme les pays septentrionaux sont ceux où 
là tourbe se trouve en plus grande abondance, quelle 
tîonstitue une des principales richesses de quelques-urts , 
il ne sera pas'.surprenant de voir figurer surtout les chi- 
mistes de ces contrées parmi ceux qui se sont occupés de 
recherches sur ce combustible. 

Achard de Berlin parait être le premier qui ait publié 

*^tm travail assez satisiaisant sur la tourbe, il distingua 

trbié couches dans celle qu'il soumit à son examen : une 

Supérieure, qui contenait le plus de parties, végétales 

Éfon altérées,' et qui lui parut fa moins propre à Vu- 

' sage habituel ; une moyenne et une intérieure , qui 

lui dofma le meilleur combustible. Son travail date de 

■^iySÔ.^Vint ensuite 'Lampadius, qui démontra, par des 

■ éxpétiences , les applications que Ton pouvait faire de 

îaftoutbé àùx tr^aùx métallurgiques. Puis parurent suc- 



25ii JOURNAL 

sessivement les recherches de Bucholz, qui appela l'at- 
tention surla propriété dont jouit la cendre de tourbe 
d'amender les terres; celles de Tbaer et de Einbof , qui 
fixèrent les opinions sur la véritable nature de la tourbe 
et sur son mode de formation^' et y indiquèrent la pré- 
sence d'une substance qui se comporte comme un adde , 
et à laquelle Doebereiner et Sprinfçel donnèrent plus 
tard le nom diacide de l'humus : celles de Proust , qui 
examina comparativement la tourbe avec la houille, qui 
confirma la solubilité de la première dans la potasse caus- 
tique ; solubilité déjà annoncée par Einhof , et qui fit 
voir que lacide nitrique concentré la dissout également 
à la chaleur de 1 ebullition , et la transformé en acide oxa- 
lique et en substance amère ; celles de Gharnisso, de Fr. 
HoQmann et de Ghr. Poggenderf , qui ont donné sur cette 
matière un traité très-instructif, où la tourbe est étudiée 
sous tous ses points de vue , et surtout sous le rapport 
des plantes qui concourent à sa formation , et de ses pro- 
priétés chimiques et .physiques, etc. Les recherches les 
plus modernes sont celles de Lampadius et de Springel : 
Lampadius, qui, comme nous l'avons dit, avait déjà fait 
un premier travail sur la tourbe, reprït le même objet 
en 1828, il soumit plusieurs espèces à la distillation, et 
trouva, 1°. que loo parties de tourbe donnaient 6-8 par- 
ties de gaz , i8 , 28, 48, 52-56 parties de substances li- 
^quides, et 36, 4o, 45 à 66 de charbon; 2°. que les gaz 
.étaient formés, terme moyen , de 67,5 volumes de gaz 
hydrogène carboné léger, de ao d'acide carbpuique ^ de 
10,5 d'oxide de carbone, et de o,5 à 20 d'hydrogène sul- 
furé, et qu'ils étaient impropres à l'éclairage; 3**. que 
les substances liquides contenaient 3 à 5 pour cent de 
goudron, et 1,17 pour cent d'acétate d'ammoniaque avec 
de l'eau , etc. Les cendres de tourbe analysées par les di- 
vers chimistes que nous venons de nommer, leur ont 
doniié à peu près les mêmes résidtats : ils y ont trouvé 
du carbonate de chaux , du sulfate et du phosphate de 
chaux , de l'oxide de fer, de la silice ; quelques-uns y ont 
rencontré en plus de l'alumine , de la magnésie, de^Foxide 
de manganèse et de l'hydrochlorate de soude. La présence 
de l'iode, annoncée par le docteur Strub dans la tourbe, 
ne s'est pas vérifiée ; différentes espèces.,, qui prpvensdent 
de plusieurs contrées de l'Allemagne, n'euvont point of-< 



DE PHARMACIE. 1^55 

fert une seule trace à d'autres chimistes. Il ne serait pas 
invraisemblable que Tiode ne se trouvât que dans la tourbe 
qui est le produit de la décomposition des plantes ma- 
rines. 

Après avoir fait' ainsi l'histoire chimique de la tourbe , 
MM.Oberlin et Buchner passent à l'exposition de leur 
propre analyse. La tourbe qu'ils ont examinée est de la 
tourbe marécageuse des environs de Strasbourg : elle est 
fibreuse, de couleur brune foncée ,~ elle brûle facilement 
avec flamme , en répandant l'odeur désagréable propre à 
ce combMtiblç. ' looo parties bien desséchées leur ont 
fourni, par l'incinération, 1 80 parties de cendres d'un 
gris rougeâtre, mélangées de particules blanches et rou- 
geâtres , sablonneuses au toucher, d'une saveur saline 
terreuse , et infusibles au chalumeau. Ils ont soumis 100 

Earties de ces cendres à une série d'expériences , dans le 
ut de déterminer leurs principes constituans , et voici 
les résultats qu'ils ont obtenus : 

' Substances solubles dans Feau. 
Hydrochlorate de soude avec un peu de sàUate de châux. . 19 fuirties. - 

Substances insolubles dans teau. 

Carbonate de chaux >, .' 

Carbonate de magnésie .;.... 

Phosphate, de magnésie. 

Phosphate ^dalnmine i « 

Alumine / 

Oxide de fer 

Sulfate de chaux 

Silice 



mmmÊÊmmmmm 
100 



Ces cendres ne contenaient ni alcali libre ou carbonate, 
ni combinaison de soufre , ni iode. 

Les auteurs de ce travail font observer, avec juste 
raison , que toutes les cendres de tourbe ne sont pas éga- 
lement propres à engraisser les terres. Déjà Thaer et 
Ëinhof avaient fait la même remarque : c'est qu'en effet 
la nature du terrain n'est pas toujours la même , et qu'en 
outre la composition de ces cendres varie suivant la 
contrée dont on tire la tourbe, et suivant la couche à 



^54 JouaNAii 

}«(}ii^Ue elle aj^partient. Il importe donc au cultivateur de 
<€4H)nattre la compositioa de la cendre qu'il veut employeri 
li. absence d'un alcali libre ou carbonate,, dans la cendre 
de tourbe , explique pourquoi elle n'est pas , conune la 
cendre de bois, propre à la lessive, au blanchiment, à la 
fabrication du savon et du verre, etc. A. J. Y* 

m 

EXTRAIT DU PROCÈS VERBAL. 

4 A.' 

.Delà séance de la Société de Pharmacie , 5 rrià)rs 1 834. 

PRÉSIDENCE DE M. CBEREAU. 

La correspondance manuscrite et imprimée comprend : 
une lettre de M. Gay fils, qui remercie la Société du 
titre de correspondant qu'elle lui a décerné , et lui envoie 
deux numéros du Journal de Pharmacie du Midi dont il 
est le rédacteur ; une circulaire de la société industrielle 
de Mulbausen , indiquant les conditions d'une souscrip- 
tion destinée à 4)rovoquer la découverte d'un moyen d'u- 
tiliser , comme réservoir de force motrice , une partie de 
celle qui se perd dans les usines par le chômage ou par 
toute autre cause; une brochure sur la fabrication du 
noir animal , par M. Clémandot ; une autre brochure adres- 
sée pai: M. Vée, et ayant pour, titre : Séance publique de 
l'Ecole de médecine de Strasbourg ; un mémoire sur l'a* 
cide cobaltique { M. Robiquet, rapporteur); le numéro 
de février du Journal de Pharmacie ; la Pharmacopée rai- 
sonnée, par MM. Henry et Guibourt , nouvelle édition, en 
2 vol. in-8°. M. le président adresse, au nom de la So- 
, piété, des remerctmens à M. Guibourt. 
j .. M. VûUet lit un rapport favorable sur un mémoire in- 
- titttlé î~ Histoire chimique et Analyse de diverses variétés 
de tourbes, par MM. Buchner et Oberiin. 

M. .Moutillard communique un extrait des mémoires 
lusàrÀcadéuiie royale de Rpuçn. 



DE PHARMACIE. Î5S 

M. Lbdibert expose TaDâlyse des principales observa- 
tions insérées dans une brochure sur le congrès scientifi* 
figue tenu à Caen f aânée dernière. 

Deux mémoires de M. Mouchon, sur la préparation 
des extri^its par^oie de fermentation, sont l'objet d'un 
rapport peu favorable de M. Soubeiran. La Société dé- 
cide le dépôt de ces mémoires aux archives. 

M. Henry lit une note sur un appareil propre, à évapo* 
rer les liquides sans le contact de l'air. Sur la demande 
de M. le président et celle de M. Henry, M. Soubeiran 
est prié de faire construire cet appareil sur une échelle 
assez grande pour que Ton puisse en constater d'une ma- 
nière positive les avantages et les inconvéDiens. 

M. Blondeau communique un nouveau o^ode dé pré- 
paration du sirop d'prgeiiV; la formule qu'il propose est 
la suivante : 

Amandes douces. . . : .^ yj 

amères ^ ij 

Gomme arabique. . ^ j 

; Sucre- î^ XX 

Miel g vj 

Eau de fleur d'oranger. .^ ... . g viij 

Aux observations de plusieurs membres qui signalent 
l'inconvénient de modifier les préparations pharmaceuti- 
ques , M. Blondeau répond qu'il ne donne de la publicité 
à son procédé qu'afîn de l'ajouter au nombre des maté- 
riaux d'un, nouveau codex. 

M. Vée lit un mémoire sur les explosions qui ont lieu 
quelquefois dans les fosses d'aisance ; il appelle l'attention 
sur les accidéns graves auxquels peut donner lieu llnlro- 
duction d'un corps enflammé dans ces fosses, et insiste 
sur ïa nécessité d'y établir d'autres <tfyatit d'évrât que 
ceux employés jusqu'ici (i). • . 

■■ ....■■ » ..1 -^ ' ■ .1. ■ . .P .H. ■» — ». .. !.. ■ ■ M I ■ Il I ■ -, ..I. I .1 I ■■ I I I 

(i) Nous donnerons dans le numéro prochain un résumé de cet. inté- 
ressant travail. 



a56 JOURNAL 

M. Lodibert lit un rapport d'admission sUr MM. Lo- 
reozo et Moreno, docteurs en pharmacie en Espagne. 
Tous deux sont nommés , au scrutin , membres correspond 
dans. 

M. Foy dépose sur le bureau ^n paquet cacheté. 



SOCIÉTÉ DE PHARMACIE DE PARIS, 

Séance du 3 at^ril i834* 



NOTICE 

Sur les pastilles alcalines digestibles de Darcet, 

dites de Vichy. 

Rédigée par une commission spéciale, au nom de la Société de Pharmacie. 

La création à Paris d'un dépôt des produits de réta- 
blissement thermal de Vichy , les circulaires et prospectus 
adressés aux médecins ou répandus dans le public par 
cet établissement, soulèvent des questions qiii intéres- 
sent la médecine et la pharmacie. 

Ces prospectus ont été rédigés avec une adresse cap- 
tieuse , et tendent à répandre des idées fausses sur la 
véritable nature des pastilles alcalines digestii^es de 
Darcet , désignées depuis sou& le nom de pastilles de 
. J^ichy, 
./Encouragée par la réprobation éclatante dont TAca- 
démie de médecine a flétri dans ces derniers temps les 
abus dont la médeqne et la phai^macie ont à souffrir, )a 
Société de pharn^^cie de Paris n a pas cru devoir. laisser 
passer sans réplique les arguiqens spécieux que le Aouvel 
établissement a invoqués en faveur de ses produits. 

A cet effet , dans sa séance du 3 avril i834> l£t Société 



DE t'HARMAClË. 25? 

a charge une comixiission composée de MM. Chereau, 
Bobiquet, Pelletier , Soùbeiran^ Reymond et Félix Bou- 
^et , de rédiger une notice pour rétablir la vérité des faits. 
* D'après lia formule originale publiée par M. Darcet (i) , 
les pastilles alcalines digèstiyes ne çoatiennent pais d'autre 
principe actif (jue le bi-carJ>onate de, soude. On peut 
licp, dans le mémoire que M. Darcet a publié à leur sujet, 
que lès premières (jui aient été faites , celles-là même qui 
ont servi aux expériences de leur auteur et fondé leur ré- 
imtatibn, ont été préparées à Paris, en 1 825, par 
M. Victor Regnault, pharmacien, avec du bi-carbonate 
de soude fait à Paris • et que c'est de Paris que M. Darcet 
en a porté la recette a Vichy même. 

Ces pastilles n ont de commun çivec les eaux de Vichv 
<jue le bi-carbonate de soude qui fait , il est vrai , la base 
des unes et des autres , mais qui, dans les eaux , est ac- 
compafçué de muriate et sulfate de soude, de carbonates 
de fer et de magnésie et de glaidne, tandis que ces cinq 
substances n'ont jamais fait ni du faire partie des p^$<^ 
tilles. La commission d'ailleurs s*est assurée , par l'ana- 
lyse , que ces mêmes substances n'entrent point dan3 la 
composition des pastilles que MM. Brosson préconisent 
aujourd'hui comme véritables pastilles de Vichy, et qui 
né sont , comme toutes celles que l'on a, employées jusqu'à 
ce jour , que des pastilles de bi-carbonate de solide. 

Ce sel , qui est devenu en France ,et en Angleterre 
l'objet d'unp fabrication importante, peut s obtenir par- 
tout avec une grande facilité; il suffit pour cpla d'exposer 
pendant un temps convenable du carbonate de sjoude à 



« 



, <,>):i^wir«fei de Ckiinie et de Physique, tom^ XXXI, page 60. 

"Bicarbonate de soude sec. et pur en poudre fine. .... 5 grammes. 

Sucre ïrîea blanc en poudre fine <^ grammes. 

Mucilage de gomme adragante préparé à l'eau Q..S. 

Huile essentielle de menthe pure et récente. ...... a à 3 gouttes. 

XX^ Anjiée, — As^ril 1884. 18 



558 JOURNAL 

l'action d'un courant d acide carbonique. Au reste , quel 
que soit son mode de préparation, quelle que soit 1 ori- 
gine du gaz qui entre dans sa composition , pourvu qu il 
soit pur I son caractère essentiel est d'être exactement 
saturé ^ et les essais les plus simples permettent d'ap- 
précier ce caractère avec la dernière rigueur. 

En annonçant que ce nest guères qu'à Fichy que Von 
peut obtenir du bi'Carbonate ae soudé parfaitement pur , 
MM. Brosson frères cherchent donc, au moyen d^une 
asisertion complètement fausse , à inspirer pour leurs 
pastilles une confiance que né mériteraient pas , seton 
eux , celles qui ont été préparées par les pharmaciens dé- 
puis rprigine de ce médicament. 

Plus loin , en ajoutant que leum pastilles ont Pàuan-- 
tàge d'être préparées avec les principes que l'on tire 
âes sources thermales de Vichy \ ils teiident à insinuer, 
sinon que leurs pastilles contiennent le produit de Téva- 
poration des eaux de Vichy , ce qui les rendrait toutes 
diilérehtes de celles dont on a fait usage jusqu'à ce jour, 
et de celles qulls préparent eux-mêmes, puisqu'elles 
contiendraient alors du carbonate de fer, de Ifi glairine, etc. , 
et ^'elies n'en renferment point* du moins que le gaz 
extrait dés sources, et qu'ils peuvent eraployer à la pré- 
paration du bi-carbonate , donne un sel plus efficace que 
celui que Toîi fabrique partout ailleurs, ce qui est.ëvi- 
déiiiment inexact, puisque partout on peut obtenir de 
Taride carbonique, et par conséquent dii bi-cârbbnatè 
pai-faitement pur. 

On peut voir , au reste , clans le mémoire de M. Darcet', 
que cet habile chimiste n'a indiqué l'ajrpiication du gffz 
des spurces de Vichy ^ à la prépi^ration du bi«-carbonate , 
que comme un moyen purement économique , sans y ;it- 
tacher aucune importance relativement à Tefficacité des 
pastilles. 

D'ailleurs , ce n'est que tout récemment que MM Bros- 



^ a PHAEMAGIB. 25g 

son ont élevé celte nouvelle prétention, et depuis 1826 , 
c'est-à-dire depuis neuf ans , on n'a pas cessé d'employer , 
avec un succès bien, constaté , une inunense quantité de 
pastilles de Darcet, préparées avec des bi-carbonates 
dont Vichy n'a fourni aucuïie partie. 

Oh doit conclure des observations précédentes , que 
Timportance attribuée par MM. Brosson à la prépara- 
tion de leurs pastilles à Yicby même, et avec des prin- 
cipes tirés des sources thermales , se réduit à une subtilité 
(ïontle but évident était de leur assurer le monopole de 
ce médicament , et sur laquelle il n'était pas hors de propos 
d'éveiller l'attention. 

La Société de pharmacie a cru devoir donner son opi- 
nion en celte circonstance pour éclairer la religion des 
médecins sur une entreprise a laquelle des hommes tout- 
à-fait étrangers à la pharmacie , et retranchés derrière un 
préte-nom , cherchent à les intéresser, aux dépens de la 
Vérîté.èt delà justice. ' 

Il n'est peut-être pas hors de propos d'appeler à cette 
occasion l'attention des médecins sur ce premier essai 
cl^ihvasioû des spéculateurs dans le domaine de la phar- 
macie ; les médecins , qui savent tout ce qu'il'faut de con- 
naissances positives , tout ce qu'il faut de conscience et de 
sacrifices de tout genre pour exercer la pharmacie hono- 
rabletnent , comprendront sans peine quel daDg.er il y 
aurait à laisser des nouveaux industriels faire de là phar- 
macie à la pacotille, et porteî* dans une profession, qui 
exige ^yant, tout ,du savoir et une probité scrupulsiise, 
l'aveugle cupidité dej? spécubteùrs. 

Un seul trait suffira pour donner la mesure de la bonne 
foi qui préside aux entreprises de ce genre. La médaille 
de la Société d'encouragement, que MM. Brosson frères 
font figurer en télé de leurs prospectus , et qui semble 
nécessairement se rapporter «lux pastilles de Vichy , leur 
a été décernée pour les perfectionnemens qu'ils ont 



26o JOURIfÂL DE PHARMACIE. 

introduits dans la fabrication du ciment des trattoirê 
de Paris. 

La législation actuelle est impuissante deyant les graves 
^abus qui viennent d'être signalés et qui menacent de se 
développer encore. Cette impuissance est si généralement 
sentie, que le gouvernement s'occupe sérieusemeîit dy 
porter remède : niais, en attendant lé résultat de ses e8brts« 
l'es pbarmaciens en produisant .au grand jour et discutant 
ces abus, et les médecins en les frappant d'une. réproba- 
tion éclairée et constante , pevivent encore les cpmbatti^e 
avec quelques chances de succès. 

Pour copie conforme : 

RoBiQVST , secrétaire général. 



CONCOURS 

'....■• * • ■ " • 

Pour les places d*élèwes en pharmacie.^ dan^ le^ hçpii^ugc 

de Paris. 

lies élèves nommés au concours qui vient d'avoir lieu • 

sont'L . • 

- nr.') î r. • ■ ...... 



* » 



Riiçoilot (Paul-Jean). Coin (Jean-Marie). . 

Monthas (Jéan-Baptiste). El^ra (Jean-Marc). 

' Ghapjpiiis (Jean-Aiine). ■ Bernard (Émile-Jean Pierre). 

/ A|j»Sonty (JosepIi-Bi9:ir7). Seurre (François). - • 

Çoq[iie]ui|[mot (Pi^rre-Claiijd^). . Tabart (Stanislas). 

. Le concours de cçtte année , entre les élèves internes 
des bàpitaux , a donné le résultat suivant : 

!••. Prix. M. Mialhe (Louis). 

a*. M. Jozan (Georges- Adolphe). 



j ■ I» r> 



' ■ ' i" ' '^'- * 



PARIS. — IMPRIMEBIE ET F0N0EB1E DE FAIN, 
Rue Racine , n». 4 » place de TOdéon. 



JOURNAL 

DE PHARMACIE 



ET 



DES SCIEIÎCES A^lGESSOIRES, 

CONTENANT 

LE BULLETIN 



* * 



DES TRAVAUX DE LA SOCIETE DE PHARMACIE 

DE PARIS. 



N\ V. — HQ*. Armée. — Mai i834* 

Considérations générales sur la composition théorique 

des matières organiques* 

Par M. J. DoiCAS. 

TROISifiMS PARTIE. 

. l 

Tant qu'on a cherché seulement à se rendre compte 4^ 
la nature, et de la quantité des matières élémentaires, qui 
entrent dans la composition d'une substance organique ^ 
tant qu'on s'est contenté, defixer son poids atomique par 
des essais précis, on est resté dans le domaine de Fexpé^ 
rience. Si les matières employées sont pures , les mé- 
thode exactes ». et les essaî^conduits avec le soin et Tinr 
teUigence convenables , les résultats obteons offrent tonte 
les caractères d'une yérité absolue. 

XXs Année^^^Mai i834« 19 



262 JOURNAL 

Mais, en supposant que touleâ les inatières organiques 
fussent analysées , que leur poids atomique fut fixé d'une 
manière rigoureuse, la science existerait -elle si tous 
ces faits demeuraient isolés et sans lien ?Non sans doute , 
la véritable Chimie organique resterait encore à créer, 
car si les sciences s'établissent sur des faits , elles ne da 
tent que du jour où ces faits, groupés par une concep- 
tion sûre, prennent chacun leur plaee systématique, et 
laièsent h découvert leô vides à combler, tout en mettant 
en évidence les idées générales et les prévisions qui ras- 
sortent de cet arrangement méthodique. 

Mais dès qtte TOQ en vient à Cette dernière discussion , 
on est arrêté par des difficultés qui seront long-temps , 
sans doute , inaccessibles à nos moyens d'investigation. 

Quelques chimistes , par exemple , veulent que tes ma- 
tières organiques soient formées d elémens réunis sans 
prédisposition, tout en laissant aux matières minérales 
la forme sous laquelle on les définit généralement. D'au- 
tres étendent à teas les -èomposés cette absence de pré- 
disposition moléculaire. 

Ainsi, pour fixer les idées , les uns croient au sulfate 
dépotasse, comme corps formé de potasse et dWde sul- 
furique , et ne croient pas à Talcool comme corps formé 
d'hydrogène carboné ei.d'fc^Q.. Led autres vont plus loin , 
et pensent que l'alcool et le sulfate de potasse ne renfer- 
ment que les élémens désunis des corps binaires par les- 
quels oa les repréientc» 

Toute U chimie actuelle est hsisée sur un point de vue 
d'anta^nieme entre les corps , qui s'accorde» admirable*- 
ment^vecles phénomènes électriqueë. En supposant que 
Ih jforce qui produit les combinaisons «cil identique avec 
Téleetricité, on explique tantde faits 4e la chimie , qu^îl 
^silMt satardi d 'admet trvHfue les coinbiûâisoni s'eiféc^ 
rtetnl i tûtiJQvrt é&trè âmin corps dettes d'électrieilés 

contraires, soit que l'on mette en 'préêwce Atn to^jfè^iv^ 

\ • • . * '• - »■ ' 



pks , fioit ^ttel'on opère mt des eotpê compôiéd. Toutei 
le» théorie» de la chimie minérale reposent râr cette 
éanception générale. 

Pai»qu'on-met en question , d'une part, cette ba$e de la 
eblmie minérale , que tous thés efforts tendent à transport 
ter dan» la chimie organique, ou^ bien que, tout en la con- 
cédant pour les composés de la nature morie , on en con^ 
leate rapplioatîon dans les produits de la nature ôrganiquei 
il faut nécessairement examiner ces opinions , autant que 
le permet la nature des choses. 

- JRitter a donné dans le temp» uâe théorie de i'eau, qui 
consiste à la regarder corniheun corps simple. Selon lui ^ 
les moléculeade Teau, réduites en gas par l'effet répulsif 
de l'éleetricité positive accumulée autour d'elles, donnent 
naissance au corps queiious appelons hydrogène. Aucon^» 
traite l'éleotricité négative , aécumulée autour des mole- 
eulesdeVeau,fournitlega2oxigène. Dansèesga^, le corps 
pesant c'est l'eau, réiectricité ne contribue en rien à leur 
poids* Ainsi, leur volume ) leur densité , de même que tous 
les phénomènes chimiques qu'ils produisent , peuvent être 
expliqués sans difficulté. M;fis celte théorie ne mène à 
rien \ elle dèvientabsurde, dès qti'on U sort du cercle étroit 
oà soh auteur l'a ciroonscritef. On doit donc la considérer 
eomme un jeu d'espHt qui ne mérite >au<;une attentioni 

Une conception qui consiste à regarder certains compd-* 
ses comme formés d'élémens sans prédisposition , tandis 
qiie dans une foule d'aqtres on admet qu'il y a prédisposi- 
tion dans l'arrangement moléculaire, ne mène à rien non 
plus, n^prévcdt rien , el s'accommode de tout ce qui peut 
arriyer à l'égard des 'composés qu'elle ne définit pas. 

A ees <;ametères on reconYialt' fiicilement tine théorie 

au moins inulile et èoiivent dangereuse. > 

' Ileii»estdettém€itôitt^à-faU,qii!iudonnie, en gténêralj 
fou^ espioè de {A*édilposition dans les composés cornai» 
qués^ fÙUi vA y»kirsopiMirà««ont^dii «aenns ocmaéqjui«ntei 

'9- 



^64 JOURNAL 

et reprennent le rang de théorie générale. Cette manière 
d'envisager les corps a été indiquée par plusieurs cbinatsr 
tes ; et , dans ces derniers temps , deux personnes Tont 
développée simultanément. Elle repose sur des .idées re- 
latives à la forme et à l'arrangement des moléculed dés. 
corps , et dans lopinion de ces deux auteurs , il serait im-» 
possible de se représenter la structure mécanique dêa 
atomies composés, si Ton admettait que les combinaisons 
binaires persistent , quand un acide et une base forment 
un sel , par exemple. 

On ne peut accorder une entière confiance aux résul- 
tats que ce genre de spéculation fournit dans letat actuel 
de nos connaissances , car, tandis que Tun des auteurs re-< 
garde ces molécules comme des sphères, l'autre les consi- 
dère comme des cubes. 

Mais , loin de se prévaloir d'un tel argument contre 
le fond de cette doctrine, il me semble plus philoso- 
phique d'en conclure qu'il faut , en eilet , que la structure 
mécanique des atomes soit très-difficile . à reconstruire 
dans le système d'idées admis généralement par les chi- 
mistes , puisque deux hypothèses aussi difierentes ne 
peuvent, ni Tune ni l'autre, y parvenir. Mais est-ce la 
chimie et ses conceptions qu'il faut en accuser , ou bien y 
serait-ce tout simplement l'imperfection de nos connais- 
sances , en ce qui touche l'arrangement moléculaire des 
corps , qui serait la cause de notre embarras? 

Il est permis de pencher un peu pour cette dernière epi* 
nion , sans pour cela vouloir en rien décourager le& per- 
sonnes qui se livrent aux recherches difficiles que l'dn 
vient d'indiquer; A mon sens, nous devons les encourager^ 
au contraire, quoique pendant long-temps peut-être nous 
devions laisser de tels travaux en dehors de Im chimie ^ 
tout en convenant que si la physique imoléculaire iest 
accessible à nos moyens de recherches , il faudra bieH 
qu'un jour elle vienne se confondre av^c la dUiAie. 



DE PHAaMACIE. 265 

Jus€|ua'présent, la marche suivie en chimie a con- 
sisté simplement à réunir des faits , à les grouper par leurs 
analogies , à tirer des conséquences de leur rapproche- 
ment, et à vérifier celles^-ci par des expériences qui de- 
viennent de plus en plus délicates et sûres. En suivant 
celte route , la chimie s'est élevée à des considérations qui 
nous font pénétrer , peu à peu , dans la connaissance 
intime des propriétés moléculaires des corps. 

. Si nous comparons cette méthode , qui , après tout , est 
celle de Tinvention , à la méthode à priori, essayée par 
des esprits du premier ordre , nous voyons que celle^^i 
est . re&tée constamment stérile. Si on voulait se rendre 
compte: des résultats laissés par les hommes éminens qui 
se sont ésélayés dans les spéculations de la philosophie 
moléculaire , on verrait qu'ils se réduisent à rien. Leur 
influence a souvent été funeste, en détournant les esprits 
de 4a méthode expérimentale ; elle n a rien produit qu'on 
puisse mettre en parallèle avec les conquêtes de la chimie 
moderne. Quoiqu'on puisse , en raison même des progrès 
de la chimie moléculaire, espérer quelques résultats plus 
positifs des tentatives actuelles, Il me semble pourtant 
qu'il ne faut pas trop se presser dans l'application pra- 
tique des idées de cette nature. 

Ainsi , l'histoire des sciences nous prouve que des es- 
prits de la portée la* plus haute, ont échoué en essayant 
de descendre aux faits de détail par une conception ab- 
straite de l'arrangement moléculaire des col*ps. Elle nous 
apprend que lesi efforts plus humbles du chimiste, 
s'^eVant des faits aui idées générales^' ont, ati con- 
traire , réussi à dévoiler déjà , quelque peu , et d'une 
manière assurée , les mystères de la nature moléculaire 
\de5 ce^ps. 

-• Il faut conclure dé là que la chimie est dirigée , dans ses 
reèbe«:be8 , par une méthode qui n'est pas tellement vi^ 
cieiise, qu'on puisse dédaigneft sans motif évident^ le 



966 JoaRNAi 

genre de ruisonoement quelle oblige à admettre* La 
confiance que paratt mériter cette méthode porterait 
donc h regarder comme vraisemblable que les corps sim-» 
pies forment des composés binaires et que œux-ci s^u» 
Dissent ^nçuitCt sans perdre leurs caractères, pour former 
4esselS| etc. . 

Les considérations qui tendent .à renverser oe système 
d'idées ne reposant pas sur des faits , oh peut, satis les re^ 
pousser au fond;les considérer comme une rue deTesprit, 
jusqu'9 ce qu ellqs se soient traduites ea déductions sus- 
ceptibles d'être vérifiées, par rexpéri once , et absolument 
incompatibles avec les idées actuelles des cbimistes. 

J'admettrai donc , jusqu'à la preuve du oontriaire , que 
les élémens des corps , binaires conservent leui* disposition 
dans Iqs combinaisons salibes* J'ajoute que le système 
d'idées que j'ai adopté, touchant la natur<> oi^niqùe^ 
et qui consiste h assimiler ses combinaisons i celles de 
la chimie minérale, demeure presque; étranger à ces 
discussions , dès que l'on avance que les arrangemenamolé^ 
çulaires prédisposés ne sont admissibles ni dànsi Tune ai 
4ans l'autre de ce^ deux classes de eorpa^ 

Si nous ei^amincms, en nous plaçant au point de vue 
généralement admis en chimie inorganique , les comr 
posés de la nature organique > il ctoviisnt dès, l'abord, 
pour s'entendre ^ de séparei? ees d^rniei^ ca deuiK claaMs 
fort diBsttnctes* 

En eifet, les anciens chimistes ont eonfondu ta»t de 
corps apos le titre de matières organiques, en se ^aaiit 
sur un simple renseignement d'origine ^ qn il neftt pas 
aurpreoant qu'on, ait aujourd'hui un chaos piretque mwb^ 
tricable à débrouiller. 

Considérée chimiquement , une matière organîqvedeil , 
pour fbrm^r une espèce, jouir de céttaiaes propriétés ^fa- 
xiles à résumer^ Quand elle est cristallisable. ou v^ttfe 
«ani décompetsition à une Uinpératur^^ ift^apiabl») i» 



DE PHAIMÀCIB/ Z67 

peut être aHuré que c'est une substance particulière. 
Quand ^lie mauque de ces propriétés , et qu'elle peut da 
moifiAf sans s'altérer, produire d<?s combinaisons qui les 
possèdent) il est probable que la matière est pure et par* 
ticulière. Quand, enfin, elle n'est douée d'aucun de ees. 
caractères, il est probable que c'est un simple mélapgsidé 
divers corps. 

11 faut donc renvoyer à la physiologie l'histoire des sob* 
stances qui ne sont que des organes ou des débris dor«- 
gaoe^, comxaele ligneux , |a fibrine, l'amidon et tantd'aU'^ 
très produits complexes, qui n'intéressent le cbipiste que 
comme maUère première de ses opérations^ Il en est de 
ces matières comme des minerais, dont nous laissons l'bis* 
toire à la minéralogie , tout en nous en servant pour ex* 
traire )ea corps définis qu ils r^erment , ou qu'on, peut 
cxéeK aTtc leurs élémeos* , 

Je borne donc la chimie pi^gauique à l'étude des coin- 
.posés définis, existant dans le règne organique ^ 09 pro- 
duits par. des , réactions exercées sur des substances qfù 
en proviennent. . . 

Mais, on le Toit , cesl. encore retomber dans une dé- 
finition basée uniqueipent sur lorigine des corps «et en- 
lièrt^ment iodépfMadante de leur nature propret 7'ai cher- 
ché Tdinement une autre définitiçn , et c est précisément 
parce que j ai été impuissant à la découvrir» que je me suis 
laissé entraîner à croire que la chimie OTgiMÛque et U 
chimie minérale se. confeodep t. 

. En effet,,, estrce bien sérieusement que l'on peu^ dire 
^Ue. le.pyanogène «t l'hydrogène bi-carboné qni résultiint 
toujours » et uiiiquem^nt , da la modificatm^i, de corps 
oi|;iimque« » sont pourtant des produits dépendait 4e )a 
tikÂmé minérale; tandis ^ue l'aoîde Qi«aUque:« l'alcoq!, 
Véther » l'acide aulforinique > ruréet seraient des matière» 
0Êf$xÂ<p$f9 î i^ cherche U diSerenee qui séfare^ «a wrp» 
et je ne ^is la voir. 



26s JOUARAL • * 

' Dans mon opinion , il n'existe pas de matières organi-* 
(fuesj c!est-à-dire que je vois seulement , dans les êtres 
organisés , des appareils d'un effet lent , agissant sitr des 
matières naissantes, et produisant ainsi des combinaisons 
inorganiques très-diverses^ avec un petit nombre d'élé- 
mens. 

Les êtres organisés réalisent , pour les combinaisons dti 
carbone avec les élémens de l'air et ceux de Feau, ce que 
les grandes révolutions du globe ont produit pour les com- 
binaisons de l'acide silicique avec les bases qui s'offraient 
à lui. De part et d'autre , même complication. Les chimis- 
tes, ^qui soutiennent que les substances organiques ont 
quelque chose de spécifique dans leur arrangement molé- 
culaire , me semblent tout aussi fondés dans leur opinion 
que les minéralogistes qui veulent, ou qui voulaient voir 
dans les minéraux autre chose que des espèces chimiques 
ordinaires. M. Berzélius, qui eut si long-temps à combattre 
ces opinions et qui en a si habilement triomphé en ce qui 
coiûcerne les espèces minéralogiques', s^est lui-même 
laissé préocupper à l'égard de la chimie organique , ce 
mé semble, précisément parlé système d'idées qu'il avait 
déjà renversé dans ce cas particulier. 

Si je comprends bien les causes qui ont amené la sépa- 
ration établie, jusqu'à présent, entre la chimie inorgani- 
que et la chimie organique, elles peuvent se résumer 
dans lèa observations suivantes. 

En chimie organique , on voit un petit nombre d'élémens 

' produite une foule de combinaisons. Celles-ci sont peu 

Stables, et se modifient avec une.surprenante facilité.- Les 

lois dé combinaison, observées dans la nature inorgatiique, 

* sont insuffisantes pour expliquer les faits observés dan^ )a 

' nature organique, comme si quelque chose de vital restait 

toujours datis ces dernières, et leur imprimait le cachet 

' originel, quii donne souvent à^es corps un air d^ faimlte 

et les faitreconnaitre à Tinstant. •' . 



DE #ilAJ(MAGlE. S^g 

G'e^t ainsi que je m'expHque <;omiiient les chimistes, qui 
d'abor4 avaient , par une simple mesure d ordre, mis èfi^' 
seml>fe toutes les matières tirées du règne organique, ont 
fini par régarder cette clussification comme fondée en 
raison. 

Mais, j'ai déjà dit comment il était facile de concevoir 
que le charbon , lair et Feau, mis en rapport soùs taqt de 
formes, et dans des appareils si variés, pouvaient produire 
des combinaisons si diverses elles-mêmes dans la nature 
organique. Ne voyons-nous pas la chimie minérale se 
compliquer, h mesure que nous découvrons de nouveaux- 
principes d action ? 

L'instabilité des combinaisons organiques ^ leurs modi-* 
fications singulières , sont des faits qu'on pouvait présu- 
mer, dès que l'on voyait que les élémens dont elles se 
composent, pouvaient se prêtera une multitude de cotnbi«« 
naisons; 

Toutefois , j'ai signalé depuis long-temps un caractère 
qui se replroduit dans beaucoup de substances organiques, 
eh supposant que leur arrangement moléculaire soit tel 
que je le conçois. Ce caractère se retrouve si rarement 
dans la chimie minérale, qu'on pourrait y chercher, à lati- 
gueur , l'explication des propriétés qui semblent distin- 
guer les composés organiques de tous les autres. ' 

En effet, dans beaucoup de combinaisons organiques, il 
existe, très-probablement, deux composés binaires dans un 
état éleëtrique différent, et dans chacun d'eux on retrouve 
un élément commun , le carbone. Tandis que le carbone 
est électro-positif dansl'acidc, il est électro-négatif dans la 
base. Cette circonstance ne se reproduit dans la chimie 
minérale, qu^à l'égard du nitrate d'ammoniaque , ob Telzote 
se trouve à ces deux états opposés dans la basé et dans 
faoide. ' . ■ • 

I/éther oxalique , par exemple ^ étant considéré comme 
un composé d'acide oxalique, d'hydrogène carboné et 



d'oau , nous offre le carbone positif dana Tactde ^ «t né* 
gatif dans la base. 

iDe tout cela se tire uae sejile conséquence , 6 est q^e 
les élémeos peuyent se grouper sous une foule de formes^ 
Mais «nu lieu de restreindre cette règle aux élémeps d^a 
oOrps organiques I je ne crains pas de dire quVle s éten- 
dra plus tard à tous» 

Si j'i^tti]|cbe quelque priii k voie disparaître bientôt cette 
barrière inutile qui sépare encore les combinaisons des> 
deux règnes , c'est précisément parce que j'ai la convie^ 
UoQ intiment profonde^ que les progrès futurs de la cbi-> 
mie générale seront dus à l'application des lois observées 
dans la chimie organique. 

En maniant sous nos yeui les trois ou quatre élémena 
qu'elle façonne en tant de formes^ la nature.nous fait voir 
tout ce. que notre science naissante peut espérer d'avenir, 
et qu'elles seront ses ressources quand on aura su associeic 
les autres élémens d'après les mêmes règles. 

Ainsi , loin d'être surpris que la chimie organique nous 
oflre de nouveaux types , je suis étonné qu'ils ne soient 
pas plus différens quiU ne- le sont des. types minéraux 
oorrespondans ; et, loin de me borner à prendre les règles 
delà cbimie minérale pour les reporter dans la chimie 
organique^je. pense qu'un jour, et bientôt pèi^t*ètre, la 
chimie organique prêtera des règles à la chimie minérale. 

De telle sorte que les corps organiques , mieux connus , 
•e rangeront sous de^ lois plus simples, tandis que les for^ 
ces d^ la chimie minérale mieux appréciées feront naître 
des composés plue compliqués. C'est ainsi que. s'opérera 
la fusion, de fait, qu'il serait prématuré d'essayer aujour^ 
d'h^i , ^uo^^u w principe on puisse W considérer comi^f 
nécessaire. - : ^, 

Ceci posé , le lecteur ne sera pas surpris de voir qiaq, 
daiM les corpa organiqu^es ^ il en es t qui se confondent , par 
leura prapriéUtt aTeetles aubstwcea mii^ér^es^ t^ndijs 



DE »IIAAIiÀCIE. (a>t 

qu« d'attiré» , voioa bien cûnnuâ , stmbltnt i'eo éloigner 
lirextréoûie* >• 

Les théories que nous dllons discuter uuiîatenant ne 
eoat point, sans doute, encore des ▼érités absolues, et 
chacun peut en penser ce que bon lui semble; Ilestmétne 
évident que les auteurs qui les ont énoises lès premiers, où 
qui les «outienuenl du poids de leur Assentiment, sont fort 
4oin, £iu fond , d'y voir rea^pression néocssaire d«la vérité. 
Ces théories doivent être jugées à un point de vue de 
pure utilité actuelle, car elles ont pour résultat immédiat 
de classer b^f^coup de corps en groupes d'une étude plus 
facile, et de représenter d'uae manière simple une foule 
de phénomènes compliqué3« En outre, elles permettent 
de prévoir uu grand nombre Ae réactions nouvelles , ou 
bien , elles font présumer l'existence de corps inconnus , 
susceptibles d'être créés par des méthodes que la théorie 
elfe-mérae nous indique. 

Envisagées sous cet aspect, les théories transitoires, 
peut-être, que nous adoptons en chimie organique, suffi- 
sent , quand elles donnent une explication nette des faits 
connus. Mais quand deux théories les expliquent égale- 
ment bien , il faut toujours préférer ta plus générale , la 
plus simple , et surtout la plus riche en conséquences sus- 
eeptibles de se traduire immédiatement en expériences 
nouvelles. Laissons de cAté les théories qui se traînent 
à la remorque , et qui viennent expliquer après coup les 
observations suggérées par le point de vue antagoniste, 
t% n'bé^ttons pits adonner la puéféresuQeàeeUes d'au part 
le .mouvement scientifique* 

Indépendamment des motifs expQaés plu« batUt, qui 
m'engi^wt à établir en principe que les lois de la eU- 
9ne organique sont nussi aimplea et aussi nettes que celles 
d/9 la çhiniie minérale , je serais di^po^é à<le fiiire par une 
4ei:idére con^dération^ G'e«t bien iréell^entàeette pw« 
dée q^ue noue A^sm^ l«f nanbrevfM r«çlieri4i«i dool. la 



37^ JOOBWAL 

ohiiôie organique s enrichit chaque jour. Quel est le chi*- 
miste qui se livrerait à ce genre d'ëtude, dans le^seulbutde 
faire connaître la proportion des élémens d'une matière 
organique quelconque , 5'il n'était animé de Tespoir de 
découvrir quelque rapprochement inattendu ou quelque 
loi nouvelle et féconde ? Or, ces lois ne peuvent s'établir 
qu'autant que l'on admet quelque arrangement molécu-' 
laire, 4^i simplifie des formules ordinairement trop 
compliquées pour que l'esprit en saisisse les rapports , 
ainsi que le prouveront les exemples suivans. 

Théorie des amides. L'analyse de roxamide ayant fait 
•voir que ce corps renferme, 

• 4 Atomes de carbone. 
1 d'oxigéne. * 

a d*azote. \. 

4 d'hydrogène. 

et l'examen de ces réactions ayant prouvé qu'elle se.copr 
yertit en oxalate d'ammoniaque , ou en acid^ oxalique et 
ammoniaque, sous un grand nombre d'influences , il en est 
résulté une théorie qui s'est bientôt appliquée à beaucoup 
d'autres composés analogues. . ^ 

On a supposé que l'oxamide peut être représentée par 
deux élémens binaires , l'oxide de carbone et un. azoture 
j)articulier d'hydrogène moins hydrogéné que l'ammonia- 
que^ et qui n'a point encore été isolée Vox^mide s'écrit 
alors sous cette forme, 

;C40« + Aa«H4. 

Parmi ces deux compôsahs, il faut chercher quel est celui 
qui joue le rôle négatif, par exemple, et l'an y parvient 
aisément par là considération Suivante*, on sait qu'en gé- 
néral, un corps qui décomposé l'eau s'empare de Thydrtt- 
gène par son^éléineht négatif, et de Foxigène par son élé^- 
mènt pôsitiif. Or," comme roxamide décomposé Teau pour 
passera Tétât d'oxalafe* d'ammoniaque , on voit queTazô- 
'luirecl'hydrogène, quis'empiarè de rby drogène ,* doit être 



DB PHARMACIE. 2^3 

rélément négi^Uf , et que Toxide de carbone qui s'unit à 
Toxigène doit, jouer le rôle positif daus lecomposé. 

Le raisoDoement qu'on yiei^tde faire à l'égard de Toxa-' 
mide doit se répéter en. ce qui concerne Turéei celle-ci 
renferme en. effet, 

4 atomes, de carbone» 
a d'oxigène. 

' 4 d'azote. 

8 d'hydrogène. 

EUe se comporte, de tout point, comme l'oxamide , et se 
convertit en carbonate d'ammoniaque, ou bien en acide 
carbonique et ammoniaque, en décomposant l'eau , sous 
une foule d'influences. Sa formule, déqc^posée d'après 
ces considérations, devient, 

C4 02+Az4H«. 

Où Ton voit reparaître Toxide de carbone et l'azoture 
d'hydrogène déjà reconnus dans l'oxamide. D'ailleurs, et^ 
par les mêmes motifs , c'est encore ici l'oxide de carbone 
qui joue le rôlepositif, et l'azotured'bydrogène qui possède 
le caractère négatif. 

On peut donc admettre, presque comme l'expression 
delà vérité, les principes d'après lesquels on explique 
les caractères de l'oxamide et de l'urée. Mais rexatnen 
attentif de ces caractères ndus conduit à une vue pld^ 
'élevée f qui donne à la théorie des amides un degré d'in- 
térêt fort grand. 

Admettons , pour un moment , que l'ammoniaque , en 
raison de sa nature hydrogénée , puisse fonctionner' 
comme hydrobase à la manière des hydracidès ^ et qu'el}^ 
puisse perdre tout ou partie de son hydrogène, en for'* 
mantde l'eaiu. 

. Il devient facile alors de concevoir conimént, par Tac^ 
lion du feu, l'oxalate d'ammoniaque se convertit en oxa^ 
Biide.Sa réa<^iôn ressemble à celle par laquelle on expli- 
que la conversion d'un hydrochlorate en chlorure. En 
effet, on a 

G4 09 H^ As^ fi^ «te G4 0> + iM2 H4 .... Vr? O. 



/ .• j 



^74 iOGftNAL 

Il esi AUBsf fjicile dt comprei^dre la fepfôducttôxi dé 
roxaIated'oi|imoniuqUe, ou celle de l'acide oxalique et dé 
l'annnoniaqiie ^ en partant du- même point de vue. 

Car, sous rinflu«flee de Tenu seules ft une température 
trës-éleyée, Toxamidc se convertit en -èxalate d'ammo- 
niaque. 

Les acides déterminent îa formation de Tammoniaque 
et mettent de l'acide oicalique en liberté. 

Les bases produisent la mâme réaction et donnent lieu 
à un dégagement d'ammoniaque. 

Ainsi , loxamide se comporte comme un cWorure qiiî , 
ne renfermant ni acide hjdrocMoriqne ni oïide métal- 
lique, donne néanmoins de l'acide hydrochlorîqué et un 
oxide , sous les influences que Ton vient de signaler* 

11 petit donc sembler ratiônel de considérer Toxamide 
comme un corps analogue aux chlorures , dans lequel 
l'o^side de carbone jouerait le rôle de métal, et Tazoture 
d'hydrogène le rèle du chlore. En appelant amide cet 

azoture d'hydrogène, on aurait dans ce poihl de vue, 

AmMni-e d'oxîde de câfbotié. i .ssi C^O^+Az^It* ôxamîdè. 
. Bi-amid«y« d oud« de carl»oiie« . » C« 09 -f- Aj&4 U» àrée. 

$i ce nouvel aspect ^ bornait à expriiber d'une façon 
plus simple les faita que Ton n sig&alé^.plus liaut^ iln'y. 
auiraiLguereaIieu.de lui donner pluçdi'atien4ion$mai8 s'il 
nous porte à prévoir mieux, a mieux ordoai2ef,'à tnieii^t 
expliquer .de^ réactions nombreuses, il de vient, alors laé- 
cessaire d^Jui accorder uj^e place parmi les théories pro? 
visoires de la çjaiinie orgig:iique. Pour vérifier la justesae 
de cette théorie^ il faut examiner le$ faits concernant le 
corps négatif et le corps positif que l'on suppose danfl 
roxs^mide^:^iii|^i que cette substapee elle-méin<e ^ et voir, 
Bon-seulepent si rieA n'y cboquQ jia vraisemblance^^mait 
surtout ^f si ces. i^its pouvaient , é(i:e prévus . pat* ujoe aioa^Y 
Ic^gie incQAteçtabJe*. . , . ; . ; . *,:? ; \ -^w 

Remarquons d'abord que , si l'ammoniaque secMipoliO 
comme uni irjr^açidev (}iioiquW aeni iâv^fM^ «Ile doit 



DE l^HAKMAGIE. 2Ji5 

encore se comporter comme eux à régnird des tnétnttx , 
puisqu'cn perdant de Thydrogène, les étémens resUns 
forment un corps électro-négatif. Ainsi, en ehauUiint du 
potassium, du sodium, par exemple, avec de l'ammo* 
niaque, il doit se former des aniidures de ces métaux 
dont on peut prédire la composition et les- propriétés 
caractéristiques. Ces amîdures doivent se produire d'après 
la formule suivante : 

Az< H6 4- Na 3s H2 + rïa » Aza H4. 

End autres termes, en agissant sur l'ammoniaque, le 
poLissium et le sodium doivent fournir deux volume^ 
d'hydrogène, en décomposant quatre volume^ d'ammo7 
niaque. , 

Ainsi, en agissant sur l'ammoniaque, les métaux ci t^s 
doivent dégager la même quantité d'hydrogène que s'ils 
agissaient sur l'eau. C'est précisément le résultat auquel 
M1\I. Gay-Lussac et Thenard sont parvenus dans leurs 
nombreuses expériences sur cet ohjtrt. 

Mais ils n'ont jamais observé une disparition d'ammo- 
niaque égale à un volume double de celui de l'hydrogène 
formé. Leurs expériences n'ont jamais donné pour quatre 
volumes d^hydrogène dégagé plus de sept volumes d'am- 
moniaque décomposée. Il est donc nécessaire de recourir 
à de nouveaux essais pour vérifier ce point de vue. 

Du reste, comme ce que nous regardons ici comme de 
l'amidure de potassium, se convertit par la chaleur en 
azoture de potassium et ammoniaque, et que l'azolure 
lui-même se change en ammoniaque et potasse par l'ac- 
tion de Teau^ il faut vérifier si ces deux faits peuvent 
s'expliquer. On a, en effet, 

K3, Az6Ui2 = K3A£2 + Az«Hi2 , 

K3. Az2-f H6 03 = K3 03 -f.A2 H6. 

La première formule représente Taction du feu sur 
Tamidure 4e:P^^96siup^ la $ff:ood(^^ celle de i'eau sur 
Vazoture qui M protient. La prefftière de ces formules 



2y6 JOURNAL 

montre combien est difficile la préparation de Tamidure 
de potassium sans qu'il se produise un peu d'azoture ; et 
elle explique à nos yeux la difiérence, signalée plus haut, 
entre les formules et les expériences de MM. Gay-Lus$ac 
et Thenard. 

Il est possible que les substances désignées aujour- 
d'hui sous les noms de chlorure d azote , d'iodure d'azote , 
ne soient que du chlorure ou de l'iodure d'amide , etc. 

L'oxide de carbone peut à son tour être considéré 
comme un radical, ainsi que je l'ai professé depuis long- 
temps. Dans cette supposition , l'acide chloroxicarbonique 
serait un chlorure d'oxide de carbone , l'acide carbonique 
et l'acide oxalique en seraient des oxides. 

Les formules de l'acide oxalique et de l'acide carbo* 
nique peuvent s'écrire sous la forme suivante : 

Oxide de carbone C2 G 

Acide oxalique , a Ç2 O + O 

Acide carbonique C? -}- O 

Celle de l'acide chloroxicarbonique serait C^O + Ch^. 

En revenant sur l'oxamide et l'urée , on conçoit mieux 

alors. leur nature; car l'urée devient analogue à l'acide 

chloroxicarbonique, et l'oxamide à la combinaison C*0^ + 

Ch^. En effet, l'action de ces divers composés sur l'eau 

produirait des résultats identiques. 

(C2 + Ch2) 4- H2 O = Ch2 H2 -j- (C2 4- O) 
(C4 02 + Ch2) -H H2 o = Ch2 H2 -4- (C* 02 -H O) 
(C2 O + Az2 H4) +H2 O = Az2 HG + (C2 O -h 0) 
(C4 02 -h Az2 H4) -f H2 Ô = A22 H6 -h (C4 02 4- 0) 

Enfin , dans l'oxamide et l'Urée , trouvons-nous les ca- 
ractères qui appartiennent aux chlorures , c'est-à-dire la 
faculté de se combiner avec des composés du même ordre 
qu'eux , et de nature neutre ? Pour se convaincre qu'il en 
est ainsi , il suffit de jeter les yeux sur les formules sui- 
vantes : 

Oxaméthanc (C4 02, Az2 I14) 4, (C4 qs, H» C^ W O) 

Oxamide. ÉUi6r ortltctue. 



Uréthane (C2 O , Afc2 H^) + (C2 02, H» C»,; H2 0) 

tré«» JttlierGwbpfikiar. 



•« 



DE PHARMACIE. 277 

Il est évident, qu'ainsi formulées, ces combinaisons 
correspondent à celles que le sel marin produit avec les 
sucres de raisin et de dial^etës. 

Ainsi, sans prétendre que. ces divers exemples soient 
interprétés d'une manière conforme à la vérité , on peut 
dire que, si Ton admet un corps électro-négatif Az^, H^, 
dans les amides , on parvient à expliquer un grand nombre 
de faits , sans sortir du cercle ordinaire des conceptions 
chimiques, et qu'avec un peu de réflexion , on est conduit 
à prévoir l'existence d'un grand nombre de combinaisons 
nouvelles. 

Théorie des éthers. Cette théorie embrasse des faits si 
nombreux et si dignes d'attention, que nous allons en 
offrir ici un résumé concis : 1 

i"". L'alcool, d'après son analyse et sa densité de Ta«> 
peur, se représente par un volume de vapeur d'eau et lUf 
volume d'hydrogène carboné ; 

a"". Traité à chaud par l'acide sulfurique concentré, il 
fournit l'éther sulfurique, qui se représente par deux 
volumes d'hydrogène catboné pour un de vapeur d'eau ; 

i"". Les hydracides , en agissant sur l'alcool , forment 
des composés éthéres qui se représentent par des volumes 
égaux d'hydrogène carboné et d'acide , sans eau ; 

4*". Les oxacides produisent avec l'alcool des composés 
éthérés, dans lesquels l'analyse indique 4 volumes d'hy- 
drogène carboné , un atome d'acide et 2 volumes d'eau ; 

5"". En traitant ces derniers éthers par les alcalis, l'acide 
qu'ils renferment en est saturé , et les élémens restans 
fixent deux volumes d'eau, de manière à régénérer de 
l'alcool ; 

6"*. L'acide sulfurique mêlé à l'alcool produit immé- 
diatement un composé acide, où l'analyse indique deux 
atomes d'acide pour quatre volumes d'hydrogène car- 
boné et quatre volumes de vapeur d'eau. C'est l'acide sul- 
fovinique , dont la capacité de saturation est précâ^émeat 
XX* . Jnnée . — Mai 1 834 • «o 



278 JOURNAL 

égaie â la moitié de celle de Tacide sulfuriqae qu'il ren- 
ferme j 

y"". En distillant l'acide sulfùrique avec des dosés conve- 
BabUs d alcool 9 en produit uq composé neutre qui est 
représenté par quatre volumes d^hydrogéne carboné, un 
atome (^'adde et an vdlutne d'eau. 

Outre ces ooHibidàisons ou réactions princi pales , il en 
984 beaucoup d'autres qui ne peuvent rien changer à la 
théorie déduite de 6elleÀ«ci, et qui ne hléritent pas une 
mention dpéciaie* 

Dans cette théorie , on admet que le gaz hydrogène bi- 
éarboné joue le rAlé de base à la mii^nière de Tammo- 
Iliaque^ On s'explique alors d'une manière fort simple 
les faits cités plus haut, qu'il ^rait difficile dégrouper 
autrement 5 à ce qu'il pnratt, puisque depuis plusieurs 
iuméts on a Vainement essayé dé lé faire. Yoi ci l'en- 
semble des composés auxquels cette théorie s applique. 

d^ ti^ hydrogène l>i-oiitbon4« 

C'H^tCMi .... ]i(|aeùr des Hollandais. 
O» m, H» O. . . ëtiiét «ttlfari^ae. 
GBaf.H^Qi^. . . alcool. 
C« H8. H2 Ch?, . . ^ther by4ro€U^riqn. 
■ C8H8,H2IJî. . . . éther hydriodiqjie. 
€l<H»,C4 03,H2b. éther oxalique. 
. G»fi^ Ai^Ôi, H«0. éiktf riitrettx. 
. . Cmâ,C9H603,H30, ëthf t aoétiqiii. 

C8H8,C2^H100^H20. éthif r beiJMÏqu4|, 

C« H8, 2SO3, fl402. acide sulfovinique. 
BlfrÔ/»Ôa.-4*C« 1I«,6C>3, tt4 OK . salfovînate de baryte. 

O^H^ 6Q9»HOf . taUate neutre d'hydfogène earboné. 

C8JÏ8,ûSÛ?»-4rH20. addpéAipninM. 
BaO,S03,+C8H8, S03,H2 0. . éthionate de baryte. ; 

C8H8,îiS03,H2 0. . acide iséthionique. 
BaO,S03 4«î Hissés, H^O. . isëthionate de baryte 

Ç<H^,{H)l,H^O. .acide phoBphoviaiqae. 
aBa 6^+rC8M%-fP05H2Q. phofybovinateAebaryfeiWïï^ikWÎf»*^ 

: A «àté àé oette tliéorie , Uè auteurs qui l'ont proposée V 
mî«Dién*il€4 uAo dtHfe qui cofisiéie à^uppoàér (Jue 



V* 



DE ^uAiAfAGiE. s»yg 

Viik^T 8ulf|uci^cie est lui-même ttcrebàfte^ o'edUà^dire ua 
oxide d'un bydrogèae ciipboné qui tk^<)&t pa^ «seope eonna 
a J étal libre. Veici ce que deviennent les formules pré- 
eédeotes daat oe^te bypoihèse, 

C^B^, CM • lic^ueur des Hollandais. 

C*H^. . . ...... hydrogène carKonë. 

£fl 1à}0 vadical inc^tii^ 

C^HIQO « . 4tli«r sttlferi^B». 

CtUi0.O+H2O. . . aUool. 

Çfi H10, Ck'^. ; . . . . 4thcr Ivydrochlttviqaa. 

q8 1)10,12. ëtlitr hydriodiqae. 

C8 Hio,0 Ht C* 0». . cth^roiaUqite. 

C«HlO,0-t-Az205. • éthernitreux. 

C8 RIO, O 4-C8 H6 03 . éther acétique. 

CaH10,O-^C28H»^O3. élh^r hentniqne. 

C8H10Q.^2SO3+H2O açi4e sa Ifo.v inique. 
BaO,So3-f C8H10,O.SO3-fH3O salfovinate de baryte. 

C«H8,So3-f-C8H10O,SO3 sulfate neutre d bydrogé ne carboué. 

G8H10,0,)SO> . . . acide étliioniqàe et isëthioni:iae. 
Bi^O,S03+C8HiOO,S03 éthionale et iséiktonate de baryte. 

Ainsi, pour représenter les mêmes coipbinaisons, il £^ut 
faire intervenir tantôt C* H% tantôt C H'^, ce çjui com- 
plique et embarrasse le. point de vue, sans donner aucune; 
garantie de plus relativement à la réalité de la con-» 
ceptioû. 

M. Berzélius , qui a récemn^ent fait y evivre cette hypon 
tbèse, va plus loin encore. Il régarde lakool non plus 
comme un bydrate d'hydrogène carbpné 014 d'éllier, mais 
comme un oxide d'un hydrogène carboné distinct. L'al-s 
cool devient alors G^ H^ O. Mais dans cette manière de 
Toir^ l'acide sulfovinique C* H^ O^SO' s^rqit un composé 
neutre, et le^ sulfovinâtes neutres ^a Ô^, Sp^4-Ç' f}*^ O^, 
SO^, seraient d^f sels sesquibasiques , ce qui parait dif- 
ficile à admettre, quand on voit q|ie le premier de ces 
corps est un acide très-énergique , et que les sels qu il 
produit sont d'qne par&Ue p^uiralité. Qette modification 
à la seconde théorie étwt écart éfi, 1^ ^^1^ tciujqurs au 



'' ' ao. 



280 JOUENAL 

moins h choisir entre elle et la première, puisqu'à la 
rigueur elles représentent Tune et l'autre les faits connus. 
Si on prouve que ces deux théories ne sontau fond que 
des variantes de la même , on aura singulièrement sim- 
plifié la question. C'est, il me semble, ce que la compa- 
raison suivante 'met pourtant hors de doute : 

AmmoiiUque. . Az^H^. — ' AzHS 

Hydrochlorate d*âmttioniaqtt«. Az2HS,Ch2H2. ^ Az^US^Ch^ 
Hydriodate d'ammoniaque . . Az2|1642H2 ^ Ai^tt^,!^ 

Nitrate d'ammoniaque Az2H6,Az205,H»0 — Az2H8.04-Az205 

Sulfate d'ammoniaque Az2il6,S03,H20 — Az2H»,04-SO) 

Ceci posé, je crois qu'on ne peut pas éviter cl'^n tirer 
ces conséquences : 

Si l'ammoniaque est une base formant des sels an- 
hydres avec les hydracides, et des sels hydratés avec les 
oxacides , il en est de même de Thydrogène carboné. 

Si, au contraire, Thydrogène carboné ne devient base 
qu'à l'état d'éther, l'ammoniaque ne devient base à son 
tour qu'à l'état d'oxide. 

Gomme il serait difficile et inutile de faire subir cette 
révolution aux composés ammoniacaux , les auteurs de la 
théorie des éthers pensèrent qu'il fallait leur laisser leur 
forme, en y accommodant les combinaisons de l'hydrogène 
carboné. Mais on pouvait choisir eutre les deux systèmes 
à cette époque. Aujourd'hui la question s'est un peu 
éclaircie. 

Rappelons d'abord les opinions exprimées en 1828, par 
MM. Dumas et BouUay. [Ànni de Chim, et de Phjs. , 

tom. XXXYII , pag. 4 ï • ) • ' 

« Le résultat le plus immédiat de nos recherches, 

consiste à regarder lether sulfurique comme une base, 

et l'alcool' comme un hydrate d'éther. On obtient ainsi 

pour la composition de ces deux corps : 



DE PUARMACIB. 28 1 

^ Et "pour les élhers byponitreux, acétique et bett^oîque, 
que nous yeh<ms d'analyser, il est très-probable qu'ils sont 
formés de : 

« l Tol. Tapeur d'ëther solfuriqae 
7 vol. yapenr d*acide. 

» L'éther oxalique fait exception^ et contient 

1 Tol. Tapenr d*éther snlfori^e 
' I YoL tapear d'acide. 

» Mais les uias et les autres , comparés à lalcool , n'en 
diffèrent qu'en ce que le volume de la vapeur acide rem- 
place un volume pareil de vapeur aqueuse. 

» Mais il est une autre manière plus générale d^envi- 
sager la composition dé ces corps. Elle consiste à reporter 
jsur le gaz hydrogène bi-carboné lui-même, le caractère 
alcalin , et l'on acquiert ainsi la faculté d'embrasser, d'ui^i 
seul coup d'œil, les combinaisons les plus variées de cet 
ordre; nous attachons quelque importance à ce point de 
vue, et sa simplicité nous engage à lui donner la pré- 
férence sur celui que nous venons d'indiquer. 

» Il s'agit de savoir si le gaz hydrogène bi-carboné pos- 
sède véritablement le caractère alcalin que nous. lui 
assignons. Or, les preuves suivantes nous semblent ne 
laisser aucun doute sur ce point. 

» Le sel que nous avons obtenu en traitant l'éther oxa- 
lique par l'ammoniaque, contient a vol. d'ammoniaque et 
a vol. de gaz hydrogène bi-carboné, qui remplacent 
lès a vol. de gaz ammoniac qu'il faudrait pour completter 
Toxalate neutre d'ammoniaque. L'hydrogène bi-carboné a 
donc exactement la même capacité de saturation que 
rammoniaqùè (ij. 

» Dans Téther liydrochlorique ou hydriodique, i vol. 

(i) Ce corps possède bien la compositioa indiquée ici , mais il vaut 
mîettx lai assigner one autre formate. C'est roxaméthânè qa*ou a cité 



989 JOURNAL 

de ^az acide est saiUré par un voHilne dé gaé iiydi^o^ène 
l)i^aT|»0D,é ; de t»éme que dapslet bydFochlorale et hy^ 
driodate neutres d'ammoniaque, Incide et la base né 
trouvent combiné» volume à volume. Lil capacité de satu- 
ration est encore ici la méttie. 

» Un atome des acides, ^yppqitr^nx ^ ae4tiq<à0., ben- 
zoïque, oxalique, sature 4 Yolumes d'ammoniaque. Or, 
dans les éthers formés par çjç/s a^i^esi fi Atome de chacun 
d'eux sature.aussi exactement 4 vplumjBç 4'bydrogiilie bi- 
carboné. La capacité de saturation se retrouve encore 
dans cette circonstance. 

» Enfiq ) dans les suliovinates , pn atome d'acide 6ulfu- 
Tique est exactement saturé par 4 volumes d'hydrogèAe bi- 
carboné , comme il le serait par 4 volumes d ammoni^qi^e. 
La capacité de saturation $e reproduit encore ^ci , d'umç 
idaiii^re également précise. 

» En continuant la comparaison du gaz bjdrôgène bi- 
Cârboné avec l'ammoniaque , nou$ voyons que cette der^ 
nière base, en se (combinant avec les hydracides, donn^ 
toujours des sels annydres, tandis qu'avec lesoxacide^3 elle 
fournit dès sels toujours pourvus d'eau de cristallisation^ 
dont il est très - difficile de les priver, saps leur faire 
éprouver un commencement de décomposition. 

» Noi^s retrouverons les mêmes caractères ayx comti- 
inaisons de l'hydrogène bi-carboné avec les aciHf s. Les Ig^T 
diacides forinent tous des éthers anhydres, c'est-à-dire de$ 
composés d'acide pur et d'nydrogène bi-çaf^oifé^. ^eJf 
8ont,jusquà présent ,. les éthers hydroçhlôrique eVhy^f 
driodique. , ....... 

)» Les acides oxigénes forment , au contraire ^de^ ^Sh^ff 
hydratés , c'est-à-dire des combin^iisçiis. 4'i\y4rpgi^e J>i- 
carboné^ d*acide et d'eau. 

» Ce dêrmer pointée vue embrasse, comme on voit • des 
con^)08és en apparence (xèp-rWsaemWabJi^s ripajhfturfiiwi^ 
ment on n'a guères de moyens, aujourd'hui , d'en délek'tti^ 



DE fMAEMàCIB. iSS 

ner 4ir^Ctaiiiwt la valeur. Le gas hydrogène bi*carboné 
n'éUptpav 9oluble dausTeau^ne peut affecter les couleurs 
4u tourûqsol et de la violette , qui servent habituellement 
dç réacijlfs pour le$ alcalis. Oh peut objecter encore que 
lesélbers, considérés comme des sels, devraient opérer' 
avec les sels ordinaires des doubles décompositions qu'on 
n^observe pourtant pas ; tnais ces phénomènes sont trop 
peu connus dans leuri détaîh pour CQfnstStuer une pb^ 
jectioa fopd^o , la nullité d'eflet pouvant être due à ]a 
produclioii de êombinaisotis solublés, analogues au;iic suU 
fotinates. 

» Mais nous osons nous flatter néanmoins que ropi- 
nion qiie nous discutons ici sera admise , car le meilleur 
d9 'tous les oaractèreê des bases h'est^'il pas la propriété 
ém lytraÛTB iB.earaelère édAé dàhs lèé côtps qui en sonè 
pourvus? Et pourrait-on dtter b^àutôoup de sels plus évi- 
demment neutres quf l«s éthcrs? D'ailleurs, leur état 
liquide ou gazeux ne fait ri^à à b question, car il existe 
à^s sds d atnmomdque qui son t liquidiM , 0t Thydroéyanàte 
d';lr|[imoniat]cie wt€St pas ëloigloé dé rétàt ganeux. » 

En émettant cfettè théorie, nous espérionjs qu'elle sé- 
rail ad^mise ptoaiptèmcnt et qa'elti^ servirait de guide aux 
^biini^t^s. dans k discusmc^ des faits ai)alogueB. Gel 
espoir a été déçu en partie ; :on l^a mise k pmfit «ans Pad^ 
mettre, et elle a soulevé des objections sans nombre, 
dont chacune s'annonçait eômme décisive, et dont pas une 

n'^tai^ fondée» op le t^cof^Kmtl wywvilkm* 

Après 9iVoitép»m tput^ )ea objeeiions^ «n peconMit 
qi^'il j a daus le^ fait^ relalijTf À ralêo(4 «t. aAf éth^s, 
^ovt:^ H^H f^ut pQiJMfi^laJ^ ^D# théittis^ itia}s bu aimé 
§i(mfl^ mi^W adopta? «eJU« q^f i^oitt. yavons indîqUM ^ 
i^Qjip^^nff la . mains pnpJ^aUt t fUi» A*m imiir à nlb M^iie 
joonf airooa adBÛs«|. Jffovft M9M poorsuàrf^lst diftôassûHi 
sur ce npavi^U t^raîo^ j, . 

-A;te'Ti«*«»«'i ORpjHfe <59i|^yw qu'il toit i^ de 



^M JOUHNAL 

représenter l'éther hydrochlorique , non comme Un com- 
posé tout simple d'acide hydrochlorique et d'hydrogène 
bicarboné, mais comme une combinaison de chlore avec 
un carbure d'hydrogène inconnu, ce qu'expriment les 
deux foruiulçs : 

C8H8a.Ch2H2 

C8HiO-|,ch2 

Quoiqu'on ne voie dans cette supposition aucun moyen 

de faire disparaître les difficultés relatives aux propriétés 

et à la production des combinaisons de cette nature, quoii 

qu'enfin celte supposition n'ait aucun avantage en sa fa-, 
veur. 

Mais nous savons^ maintenant que l'essence de téré- 
benthine se combine , volume à volume , avec l'acide hy- 
drochlorique ; fl faut alors faire la même supposition , el 
on arrivç aux formules suivantes : 

G40 fi32 4. eiii H2 

C'est-à-^r^ , qu'au lieu d'un hydrochlorate du composé 
connu et très-simple C^^ m, il faut admettre un chlo- 
rure, du composé inconnu et bizarre C*^ H^*. 

L'essence 4e citron se combine aussi avec l'acide hydro- 
chlorique, et produit un composé qui devra subir le même 
sprt ; en sorte que l'on aura : 

C20H16-f.Cll2H3 

. C20H18-f Ch2 



Au lieu du composé connu C^ H*, qiii est TesseUcede 
dtxon , on auraMonc le composé ih connu C^^ )H^«. 
, La iiaphtalinèj dont quatre volumes , représentés par 
C*P H^^:, forment des confibinaisons neutres, côiiraiè 
.quatre volumes» d'hydrogène bi-carbbné ,' comme quatre 
volumes d'éssênod de térébejûthine , et com'îhe , elifiû, qua- 
tre voluinesd^amAioniaque où d'hydrogène J)h6sphbré i }à 
naphtïiline devrait subir une pareille modification; * -'"^ 

Pi^ir'iêtteconié^UensVlcs chiniistéà serôîtiûi édÂÀits* 



L 



p 

DK I^HARMAGIE. ^85 

à supposer six combinaisons înconiiues, qui se forme- 
raient partout, et que jamais on ne pbiirrait snisir, là où 
) ammoniaque , f hydrogène phosphore , l'hydrogène bi- 
carboné , l'essence de térébenthine , l'essence de citron 
et la naphtaline, feraient semblant de se combiner d'après 
une règle uniforme. 

Cette hypothèse , déjà si peu Yraisemblable , ne mène- 
rait à rien , après tout, puisqu'elle laisserait à la question 
toutes ses difficultés sans en résoudre une seule, et qu'elle 
y ajouterait , au contraire, la supposition peu fondée de 
FexisUence de divers corps d'une formule compliquée et 
qu'on n'a jamais vus. 

Ainsi , traitée par les simples ressources de la chimie 
ordinaire , la question s'éclaircit assez pour qu'on puiisse 
afrréter son opinion. Tout le monde convient aujourd'hui 
que notre théorie des étbers rend compte de tous le^'faits 
Connus ;i\pus avions déjà vu nous-mêmes, et je conviens 
de nouveau' que l'autre e'^pliccltion peut satisfaire aussi 
kwK conditions du problème ; il ne restait plus , pour se 
décider, que les considérations générales que l'on vieilt 
de discuter, quand des observations nouvelles sont venues 
jeter quelque jour sur ces difficultés. Elles vont trouver 
place dans le paragraphe suivant. 

Hiéorie des substitutions. En examinant avec soinl'ac- 
tioU du chlore sur divers corps , j'ai été conduit à poser 
les règles suivantes : 

' i^. Quand un corps hydrogéné est soumis à faction 
deshydrôgénante du chlore , du brome, de l'iode , de Toxi- 
gèiie, etc.,' par chaquo atome d'hydrogène qu'fl pèrH*, il 

gagne "un aloinedc chloré, de brome où d'ibdè,^ét un 

^ • • • ■ . • 

demi^atothe d'dxigène. ' 

' ' a^. Quand le corps hydrogéné rehftrme^de Foxigèbe, 
là' iàéta^ tëgle s'observe sans modification. ^ " . / 

• 3i°.*0alind le corps hydrogéné tenférme de l'eau, cellè^^ 
ci |yërd' son liyd^olg^ sans qiië rien' lé^rèiiÉtilâcé ,-ét à 



986 «ojui^WA^ 

partir dç c^ point, si od lui enlève une noi^yelle quantiti 
d'bydrogènç, celle*ci.est remplacée comme ppéc^^mmeoti; 

Depuis que j ai été conduit à poser ccb règle»:, i^n ai 
ejssayé rapplipatioç à tpus ]e& piiénoménes qui r^^ jmk^ 
connus y et jf n'ai rencontré aucun fait qui i^e fù|; d!^çc0r4 
avec elles. Je vais en citer ici quelque^^l^nf f -^^ suiv^If^fc 
l'ordre Je plus siviple. .. 

, j;**. On «ait :qve l'acide oxalique | /soas rinfiuCTOÇîdfl 
}'lticide nilrique,.î}c.caiiye^tit toutenU?r«n apide Garbort 
Jique, D'aprè5 la formule G* 0^ H^ 0, de ra^eidç oj^w 
iiqqei oa voit que les deux atomes d'hydcogàne appartç-* 
nant à Teau sont enlevés sans être remplacé^ , et qu'il jreM^ 

Ç* 0* ou bien de Tacide carbonique 

. Si^ lac^de ojxaljque avait la formule admise, pair 9^».DtiT 
l9SS:vÇ*^ P*,.HSmarèglene s'y.appliqujçfi^it plu^,;^tij 
df^yrait se faire Ip composé C^ 0\ ,. . 

»^ liWd^.formique, sous^ Vinfluenc^id^^ jÇxidi^ 4^ 
ine^rçure et d argent? se convertit ea acidç carbpp^qno^ et 
$ia formule C* H^ 0^ montre un elîe^, gy'ep. perda^l 
W/}\ (îoit g^ner p, <:e qui laisse C* 0*, w Wew dft 
l^idp carbonique* . : ; ,{, ;, . 

.^.,3^ Ii'sJcQolçx^misà Vaqtioq oxidantp de 1 air f fi çwr 
vertiten acide acétique* L acide eblorique, «nlloxjid^tf 
pr,oduit Je pijém^ effet. En admej.laijt qw l'alcool rjçnfiprme 
jp» Ç% H* 02, Toxigène doit porter ^oo aqtippdiqpr^-r 
férence sur l'bydrogène carboné, et s'il enlève i^fsi^ \^ 
rjçjwplace p^r Q^ïl restç donc G^ JB^ OS c iç^tr^-d*re > 
dç lapide acétique . bydra J«é t qui se, r.eprés^ot^ ^ par 0* 
P^(P+ H^P, et iBA supposant, quiç l'^eau for^i^e Vi;!»^ 
pipse ertermémeÀracide,.pn ^^rait G»- H^ O^.r^^W Qh 
ce qui donnerait IWde acétique au, ^»i^Qfnj4^4l$i:|fj|jt|ii 
.)^^ JUV^ol traité, pap j§ p^rftx^çle de.miwg^çè?^ et 
l'acide sulfurique ^ siÇ; ç/^yertit §9 , acide forii|4qM*.0^.l 
Amidons Ç» ^S JH*,Q2^ jnQji^ eflleT?)ïw par; b#^^( p?ïij(ia- 



DB f»HAAMÂGIE. '^S^ 

plaoer, Oi) mira 4(»ic ainn endéfinhivê C^W CH/c^^b* 
4*r4iFe àe^t atomes d'âcide formkfiie anhydre. 

50. hi\ liqueur d«B Hollandais G» H\ Gh^ m dé(^rA^ 
pose au soleil sous rinftuanœ du oblore^ ci f^tvi tout séh 
Jiydrogène: ;EJlte doit gagner Ch* et prm|uire.U èhlorUre 
fà^ c^rhoofï :G^ Gb^^ , que ftl«.Farad«iy a obl«kiu pA^ ^è 
«oyePK ' 

6**. L'acide hydrocyaoiqiie , soumis à l'at^tion du cblore, 
perd tout son bydrogène. Ainsi , la formule Cy H, doit 
te convertir eti celle-ci , Gy Ch ; ce qui a lieu , comme.Qi| 
le sait, dans la formation du chlorure de cyanogène «^ de^ 
corps analogues. 

7« - L'huile d amandes amères G" H^^ 0S+ H* 4tant 
exposée à Tair, perd H^ 9t doit gagnerO en.cpns^qiMjaef ■) 
et se convertir en acide benzoïque G^^ H^^ O^ ; ce qui 
a lieu. 

Traitée par le bUdbef ^a même huile doit dominer 
Q29 gio 0|2 ^ Gh' , ce qui <«t «eiHifertfie auit faits. 

$"*. Le sutre étant formé lelon noir^ théorie des éthbirè', 
de maoière à reprësepter l'^ther carbonique ,' t^ft ëàk^ 
position serait G^ OS H^G<^ , H^ O. On sMt que l'âoide 
jpilrjqile le convertit eu ao&de oxaliqite , ce qui k*evient'à 
^re que H ^ «tant cemplaèé pdr 0>,«t t|ue H^>di8p«râ»s^ 
éaQt ^ps.remplaeement-,il :doMi>rester de J'aeidie ^llli^ 
qm^ O41 a en efiet <ÏV^^C^: qui feraient tboîè ^OMeb 
i^'acidlaMiltque. ■ . - • 

. Le>r«i4crè ne ee prêterait pas q cette expiieatioû si Véû 
admettafi;avébMi3ertéliii9 qu il reoferàieC^* H^tQ^Ml 
oe^e j pBèleeait|>as', ncmplot, si oa àUppoêkit* ifâ'il ne 
contient point dl^eua*' i»» »i -» *; • ^ ' < : 

( QK fiilUèMppo«irifimmùl9Q^fiSH^O^vié«^ 
peiftt'entittfrer H!^ tapne lèe^viiiiplàéer» j Utt aeMU qœ ^'akfaM 
«era^eontei4iMrétbélr«déliqtt# C^'^H* O^v é^ a^i iM«^ 
«u «8êi. A partÎF dh^ Ice térbi^s «bâque atéiiie d'bydM^ 
^j\^fuimi:ÛÊBà beeeiplacé jMii uA* «IM|è ^ fcUèï%'j^4ik 



2^ JOURNAL 

3%p^ nous occuper ici des^omposésîntermédi«'iire9, nous 
dirons qu'il se forme du^bloral C* H^ O^ Ch^ , où l'on 
trouve Texacte application de la règle. G^est 1 analyse de 
ce corps qui a conduit à l'établir. 

lo*". L'esprit pyro-acétique est produit par la décom- 
pos^ion de l'acide acétique anhydre. Il se forme (}uand 
on distille un acétate, en vertu de la réaction suÎTante • 

C« H« 0> +R0= C6 H6 O 4- RO . C2 02. 

L'acide acétique se convertit donc en esprit^et en acide 
catbonique. Il parait bien probable , d'après sa formation 
et seè propriétés , que Tesprit pyro-acétique ne contient 
pas d'eau. 

' Eh cfiet ^ quand oh le traite par le chlore, il perd 
H^'et gagne Gh^ formant ainsi la combinaison 

C6H3 0Cha. 

. Si l'ensemble de ces faits parait suffisant pour justifier 
les règlea que nous avons posées plus haut, il deviendra 
cl^ir que l'alcool a pour formule C^ H^ , H^ O^ , et alors 
toute la théorie des éthers pourra paraître démontrée. 

Si Ton voulait, au contraire, regarder la théorie des 
substitutions comm« non avenue , et s'expliquer la con^- 
cordance des faits avec boette théorie , comme un simple 
jeu^d.u Jiàaard , il y aurait encore un enseignement utileà 
tirer de cette discussion. En efiét'^ ^i l'on n'eût pas' pris ta 
théorie des éthers pour guide , on se fût difficilement tiré 
4e l'étude des corps complexes qui ont servi de base à la 
théorie des substitutions ^ et si cette deimière petit sett- 
b|ef. ha^sitdée, du moins est-il que les faits Sfur lesquels 
elle s'est établie sont acquis à là sdence. i 

., lilff 4h4oi^6]Oht doilc eiJt avantage , quelles obligent à 
;4tu4jic)r 9icrupi4eusenient tbpft les feiteiqui les contrarient^ 
jVi|S^u'à. ce qu'il sOit prdfi^é :qtte les faits sont mal vus:, ou 
jqiu|e la théorie doit être laodifiée. Dahs une science sans 
i^éon^ %A^ spi9L M f jusqû'k'^tA decnier» iemps^, la 



X 



DB PHAftMAGIB. 29g 

chimie orgjmique /les faits inexacts peuvent se maltipKèr 
à Taise , car rien ne met sur la voie des erreurs , et il faut 
attendre du hasard la découverte de» vérités défait, qu^ 
la théorie conduit à chercher et enseigne à découvrir. 
. On pourrait être porté , d'après ce qui précède , à com- 
parer les corps gras à de véritables éthers ; mais jusqqi'à- 
présent il ne semble pas qu'on doive le faire d'une ina-' 
nière abs(4ue. Nous avons déjà donné la formule de la^ 
sétarine i 

« 

Mais G^ H^ 0^ représentent deux atomes de glycérine ,' 
dont l'atome serait C^ H^ O. Reste à savoir, si ce com- 
posé doit être considéré comme un oiide ou comme un 
hydrate. Dans ce dernier cas, sa formule deviendrait 
C^ H ,, H^ O. Nous n'avons aucune expérience qui per- 
mette de choisir entre ces deux suppositions. 

L'analogie ferait pencher cependant pour la dernière , 
quand on voit que la cétine se compose d'acides anhydres 
combinés avec un carbure d'hydrogène qui parait pur 
etisomérique avec l'hydrogène bicarboné. ^ 

Considérée sous ce point de vue, la théorie des corps- 
gras exige donc quelques expériences pour se compléter ,' 
et elles sont^Aciles^ maintenant que M. Chevreul en a 
posé les bases)sur.d^s faits observés et discutés avec tant 
de soin. Si les lois des substitutions sont justes , il faudra 
soumettre • par exemple, ht glycérine et 1 etbal à l'action 
du chlore et en étudier les produits. 

• Le lecteur ne perdra pas de vue que , dans tous les 
exemples qui précèdent , on ne s'est pas laissé guider par 
les résultats de: l'analyse pris isolément , et qu'on a tou- 
jours eu ^ soin de les étudier en vue des réactions fondai 
mentales -.de.chaque substance. C'est levseul moyen d'ar- 
river à des.rj^gles^qui groupent lescorps d'après^ ufie ana- 
logie vraie , celle de leurs réactions* 

. («a iiçlùmie organique i si riche cm faits de détails , 



iyiiiiU|:u6 «p^tèrementcie oes règles génémieBi Lu* phipart 
d^ Oelles qui «oui dai»ié«ft pou? itcUes , Akm^ lès traitét àë 
chimie 9 iQJlt de pur«« iUusions , dont il éêi facile é^tit-^ 
pliquer. Ijl cause etf d'indiquer la soiic>ce. 

JS^ effet '^ quJHid oo a Voulii sereiidre ednipte cl\me 
msj[»ijffe générale de 1 effet des divers agez^s chimiques « 
op. fi pre^^que toujours employé ^ bois ^ te suck« , ramit 
4^u i lu gomme ^ et pouf les matières aaotées ^ la g^élatiiie, 
la fibrine, la chair , le sang , etc. Or, parmi ces substan-^ 
ceâ , les unes doivent être exclues du domaine de la 
chimie pore '|. et les ,autrés appartiennent toutes «iu même 
type i de f ort^ que l^sxéactions observées nous oondaisenl 
à'unegénéraiité.qHi nest applicable qu'à^ ce ty pe, et nuK 
li^ff^^nt k d'^utr^s. C'eat tout comme si , d'après les rëac** 
tiops propres A¥^. métaux alcatins , on voulait poser deri 
règles pour Tensemble des métaux» . > 

C^ règles de ré^at^ons doivent pourtant préoédef toutes 
le^ théories { cellesroi Miennent ensuite pour les ioterprè* 
ter*^ Ai^i f la mafçh^ k suivre dans Tél^e de k ehimîe 
organique est bien tracée. Multiplier les analyftes , survive 
Qveç foin le^ude des réacUons dans tous leurs détails , et 
li^r les deux da^es de^ fuit^ par iu|é v^e: d'ensemble. Il 
résuU^iade çeUe niarcbebeaueoupde^tbéo^ës partielles^ 
qui bientôt , se rattfichent «dtre èUea y fini^dat par former 
Uft WrpJI de doctrine. 

J'h^rie 4^s (^ombin^Uons benMCzques^ Lep reélierehes 
de M. Robiquet, qui avaient fait connaHre des faitd da* 
plus haut intérêt pour la théorie des composés qui vont 
noifs o<scuper« ne formaient pourtant pas un corps de- 
doetrinot G'est.MM. Yôhler et (^iébig qui ont- établi sur 
de^ analyses rigoureuses les bases de cette théorie^ à la«t 
queUe il n^ manque plus, qu'une exte^ion propre à y 
^p^rentc^'. déii< eompoaés, dopt 1|^ nature intime nous 
échappe encore. Voici les faits principaux i 

-I p. y\iui\fi im^^^Àt^ anières déhor»**!*» dWido hydfo* 



DE l^ttARMAËIB. !ï§t 

cyanic[U^, ç$t ^^ composé capable dal>«QrJixfir Iq^igine, 
et de se convenir tout catlei^ es aoide heùzoïqfie, 

2"". Sous riofluende des alcalijs hy^r^lés^ filje^om-pit de 
Vacide benzoïque , «s dégagfaiit de Vhyéfùfjètiéi * ^ 

3^ Elle épwttVfî de la pntt du çWoré uneaçlioà qui la 
convertit en un corps rciifç|:uiai)ft du cklore, et propre à 
réagir sur Teau en donnant paissaucç à dçs ficid^ bydro- 
chlorique et benzoïque. 

4''. Dans ce composé, le ^blofe pejit étris remplacé ])a^ 
de lïode , du soufre, du ç^'anpgèpei etc*.t ^t }e« çoinpO#^# 
qui ep résultent agissent 6ur rc^au^'unem^pijtcç apar 
logue. , . 

S"". L'ammoniaque y en agissant sur )e coiçpo^^ cblpré, 
produit de riiydrQchl'oratf; d'i^mq^oiiiaquf , el |ifi«t combi- 
naison nouvelle d« la familli» des amldes. 

â"", Xi'iilcpol fin présence 4i^ iHéipe Cor^» fetirnit d^ Ta*- 
cide bydrocblarique et de Vétbf c beoirolqur. n • 

Tous ces faits s'expliquent par les théories qui sâront 
discutées plus Iqin. I) en est daut^ea dont elles ne peuvent 
encore nou^ dQuuer la clef i et que noua alloua citera leot 
tour. 

1**. L'huile d'amandes amères ne préexiste pafi elle ne 
se forme que par le concours de l'eau. 
' it^ Les amahdes ti'aitées par Talcoôl donnent un pro-« 
dult particulier «nzoté, l'amygdaline, qui peut fournir de 
Thuile d'amandes ou de l'àclde benzoîque, sous IHnfluence 
de l'acide nitrique. 

. 3^» L'iiPine des anîmau:! herbitores contient un acide 
azoté, l'acide hyppurique, qui , sous diverses influençait^ 
se convertit en acide benzoïquéi 

Pour le moment , il faut donq f^^ borner a Tf >^fifnen 
des faits explicables. Voici lea formul es domées par 
MM, Wôlilet et Liéhiç. 



11 



2^2 JOUftNAL f 

C28 ^iO 02 — Radical incoiina....bieDzoyle. 
JC29 H^o 02 + H2 — "-hydrare de benzoyle , huile d*amandes. 
G28 H 10 02 + Çh2 ^ Chlorure de bessoyie. 
C28 RIO 02 -f Cy2 — Cyanure de benzoyle. 
C2B H10 02 -f S — Sulfure de benzoyle. 
G28|il0O2-f.O— Acide beotOîque anhydre. 
C28 H10 02+ Q + H2 O — Acide benzoïque sublimé. 
C« H8 4- ( C28 H10 02 4- ) -h H2 O — Éther benzoïque. 
G2a H10 02 4- Az2 H^ ^ Benzamide. 

Envisagé sous le point de vue que ces formules tendent 
à exprimer, il paraîtrait que le benzoyle doit être comparé 
à Foxide de carbone, et le chlorure de benzoyle. à 1 acide 
cbloroxicarbonique, de même que l'acide benzoïque cor- 
respondrait à Tacide carbonique, ou plutôt à Tacide 
oxadique. Dès lors on est conduit à admettre 

C28H10«-Benzogène. 

Q2SH10O2 — Oxide de benzogène, formant un nouveau radical 

analogue à Toiide de carbone (i). 

Ce qui suppose l'existence d'un carbure d'hydrogène par- 
ticulier, sans modifier toutefois les formules posées plus 
haut. 

Mais on peut eltprimer tous ces faits d'une manière bien 
différente, en établissant les formules de ces divers corps 
de la manière suivante : 

028 H10 sera le radical benzoïque. 

En supposant que ce radical puisse , comme l'azote , 
former un alcali en s'unissant à six volumes ^'hydrogène^ 
bn aura pour Thydrure de benzoyle , 

C28H10. H6-i-aC28Hi0O3. 

Le chlorure , le sulfure , le cyanure , seront représentés 
par 

C28 RIO Ch« H- a C28 RIO Q3 
C28 H10 Cy6 -h 2 C28 WO 03 
C28 HI0S3 -I- a C28 H^o 03. 

(i) J'avais eu l'honneur de communiquer ce poin| de vue à MM. Vohler 
et Magnus , dans le mois d'août de Tannée dernière. J en fais la re- 
marque ici^ parce que, dans le mois de décembre , M. Liébig en a fait 
iuag« de ^n c6té dans ane discussioa sur la nature des éthers. 



DE PHIRMAGIE. ^qS 

Ge qui en fait des beozoates de chlorure, de sulfure ou 
de cyanure, identiques avec le bichromate de chlorure de 
potassium , découvert par M. Péligot. 
' Quant aux autres formules, elles seront tout simple-* 
ment : 

C28 RIO 05 — Acide benzoïque anhydre. 
C28 H10 03, H2 O — Acide hydrate. 
C2B H10 0\ C» H8, m o — Éther bcnapique. 
C28 H10 02, Az2 H* — Benzamide. 

Ainsi , dans les faits connus , on ne voit rien qui puisse 
conduire k choisir positiyement entre les radicaux sup- 
posés 

C28 H^o 02 Bcnzoyie. 
G28 H10 Benzogène. 

Et Ton ignore même si, dans les composés étudiés jus- 
qu'ici , c'est sous la première ou sous la seconde de ces 
formes que le radical s'y trouve. On peut conclure avec 
certitude, de ces rapprochemens , que les combinaisons 
ben2oïques déjà étudiées laissent le champ libre à trois 
théories diâérentes , et qu'on doit attendre de nouvelles 
observations avant de se prononcer sur leur nature^ 
Et pourtant, par suite des observations de MM. Vôhler et 
Liébig, cette partie- es| une des plus avancées de la chimie 
organique. 

' Il résulte de cette discussion , si je ne m'abuse , que , si 
l'on veut jeter toutes les combinaisons organiques au même 
moule, on se trompera peut-être. Ceux qui essaieront de 
tout rapporter à la théorie des oxides , cexix qui verront 
partout des carbures d'hydrogène hydratés, tomberont 
dans la même erreur que si on s'obstinait à chercher de 
l'osigène dans l'ammoniaque , ou de l'hydrogène dans la 
potasse. Entre les personnes qui prennent intérêt à la 
théorie des combinaisons organiques, la question qui s'a- 
gite maintenant est précisément de cet ordre. 

Arrivés à ce point , les chimistes seront bientôt d'ac-* 
XXv Année, — Mai i834. ai 



âg4 JouaNAt 

cord, et l'on ce tardera poial à te convaincre qu'il y « 4es 
oicides et des hydrures en chimie organique 9. tout eomme 
il y en a dans la chimie minérale, qu'ils se ressemblent 
en certains points et diO'èrent en d'autres , et q u'^ chaque 
groupe il faut sa théorie à part. 

Si l'on voulait, par exemple , expliquer tous les faits 
de la chimie organique , éq supposant que les substances 
qu'elles renferment , sont toutes formées d'après les lois 
que la théorie des éthers nous indique , on tomberait 
probablement dans l'erreur. Il en Serait de même sans 
doute ) si , à l'exemple de M* Berxéiius, bn admettait que^ 
dans toutes les matières organiques oxidées , l'oxigène s'y 
trouve comme élément négatif et oxidant ^ et jamais à 
lelat d'eau. 

Une théorie générale des combinaisons organiques n'est 
pas chose proposable-aujourd'h^i» Celui qui découvrirait, 
parune vue quelconque, le ipoded'aprè^ lequel il convieut 
d'envisager les composés organiques en général^ livre* 
fait à la discussiod deâ chimistes ime opinion sans preu«( 
Tes, qui probablement pe serait que d'une faible autorité 
sur leurs conceptions de détail. 

Il ne faut donc pas t dans oes matières obscures , adop*' 
1er une croyance exclusive» Il sera certainement plus pro-* 
fitable à la découverte de la vérité de recevoir avec bien* 
teillance touteé les opit^ions 1 de Us comparer dans un 
espWt jle critique impartiale, et surtout d'éviter tpuKïf 
a|>plication générale d'on point de vue^ qiii , d'iûlleucs^ 
serait tràs*convenabIe pour Un das particulier* 

Si le lecteur a compris mes doutes, il partagera i^ea 
eipérances dans i'avenit , et il demeurera convaincu que 
l'immense travail qui âou« reste à faire, exige le concours 
et' lés eilbrté oonsciencieux de tous leS' chhnislel» Ce so^t 
led faits qui nous m^inquefit , et il y a des faits à décoM^ 
vrir, ainsi qu'une piirl de gloife à acquérir poMr to|Ys 
ceu!it qui Yourlront scnifrUie « l'œuvre. 



DE PHARMACIE. 3g5 

APPLICATION 

JDe la polarisation circulaire à t examen de plusieurs 

substances organiques, 

Th^e yoHtMUM à TÉcole de PharmacM , far M. F. Tam«9. 

(Extrait) (i). 

M. Biot| «ayant reconnu qu un grand nombre de iub- 
stances organiques, telles que le» gommes, les sucres ^ 
l^s huiles essentielles, le camphre, elc. , étaient douées 
d« la propriété rotatoire , se servit de ce phénomène pour 
ctadier la coQSlilution moléculaire de ces corps , et pour 
f^^miner le mode progressif par lequel s opèrent les mo* 
dtficalions que lamidon , les gommes et les sucres éprqu- 
T#nt, lorsqu'on les soumet k laclion de certains agent 
chiniiques et physiques* 

Je vais passer en revue dans celte thèse les résultats que 
ce savant a obtenus de ses expériences, et jy ajouterai 
quelques observations qui me sont particulières. 

u4midon. 

M. fiaspail a constaté , par des expériences faites sous 
le microscope , que les pnrticul^s qui composent la fé* 
cule ne sont pas de simples poussières informes, mais 
bien de véritables corps organisés qui consistent en 
globules de grosseur et de forme variables , selon l'espèce 
de végétal d'où !a fécule a été retirée. Ces globules 
sont transparens et contiennent une matière intérieure 

(t]i Noas avons pensé qnll nt ierait pat inatita dlmprimcr ici l'ex- 
trait du travail d^ M. TUipus , qui forme aa résumé méthodique des 
observations faites par MM.BiotetPersoz, matières encore peu connues, 
et anxqneUe* M. Thinns a ajouté qtielqaes expénences fc(M lui «ont 
propres. ' »• 

21. 



^9^ JOURNAL 

d'apparence gommeuse, c[ue recouvre une enveloppe 
corticale insoluble dans Teau à froid et à chaud. 

Cette gomme intérieure avait seulement été indiquée 
par M. Raspail, et nommée amidine par M. Chevreul; 
M. Biot a donné à cette substance le nom de dextrine 
pour la.désigner par le caractère spécial que lui donnent 
le sens et l'énergie de son pouvoir rotatoire ; car au- 
cune substance organique jusqu'ici connue ne dévie aussi 
fortement les plans de polarisation des rayons lumineux. 

On retire la dextrine de la fécule de pomme-de-terre 
par diilérens procédés. 

I**. Par Veau, Si Ton fait chauffer jusqu'à l'ébullitioii 
un mélange de lo grammes de fécule et 5oo grammes 
d'eau, qu'on le maintienne à cette température de loo^ 
centésimaux pendant quelques minutes , on obtient 
une liqueur opaline légèrement mucilagineuse, qui', jetée 
sur un filtre de papier, le plus fin possible , passe len-» 
tement au travers et y laisse une petite quantité de celte 
gelée , connue sous le nom d'empois. Si on examine cette 
matière au microscope , on reconnaît qu'elle est formée 
par les enveloppes corticales déchirées, agglutinées 
entre elles par des portions de la matière soluble amenée 
à l'état d'insolubilité par le refroidissement. 

Jja liqueur qui a filtré très-limpide possède la pro- 
priété de dévier fortement à droite les plans de polarisa- 
tion de la lumière* Pour* obtenir la dextrine qu'elle con- 
tient, il suflSt de l'évaporer doucement à la chaleur du 
bain-marie ou à letuve chauffée assez fortement pour 
que la dessiccation soit prompte , car dans le cas contraire 
la dextrine éprouve des modifications très-remarquables ; 
c'est ainsi , qu'ayant abandonné pendant trois semaines à 
l'évaporation spontanée une solution de dextrine , j'en 
retirai une matière légèrement colorée en jaune , qui- 
n'était plus soluble dans l'eau , mais s'y gonflait à la ma- 
nière de la gomme adragant et de la gomme du pays. 



DE PHARMACIE/ ^97 

Si on évapore la liqueur qui contient la dextrine à la 
température de loo"" c. soutenue jusqu'à ce que 1 evapo* 
ration soit entièrement terminée , il se précipite vers la 
fin une matière blanche très-consistante, cornée, et qui 
refuse obstinément de se redissoudre dans Teau ^ même à 
Taide d'une ébullition Iong<-temps prolongée. 

Dans ces deux cas , la dextrine a subi bien évidemment 
des modifications dans sa constitution moléculaire. 

• Lorsqu'elle a été desséchée avec les précautions néces- 
saires, la dextrine obtenue par ce procédé est en lames 
transparentes , incolores et presque sans saveur ; elle est 
très-pure. 

a". Par l'acide sulfurique. L'action de l'acide sulfuri- 
que sur l'amidon se divise en plusieurs phases bien 
distinctes , que les caractères donnés par la polarisation 
ont permis & MM. Biot et Persoz de suivre pour ainsi 
dire pas à pas. 

En opérant avec 5oo gr. de fécule , i ,3oo gr. d'eau et 
120 gr. d'acide la fécule a éprouvé trois changemens d'état 
moléculaire bien prononcés. Â 90"" c. le mélange possède 
son pouvoir rotatoire le plus fort, et, en effet, à cette 
température il n'y a que rupture des grains féculacés, et 
la dextrine est mise à nu. 

Entre go"" et gS"" c, son pouvoir rotatoire diminue , et 
cet abaissement peut être causé par des circonstances peu 
importantes; mais à loo*" sa constitution moléculaire 
change tout à coup comme l'indique l'affaiblissement 
brusque de sa force de rotation , et Ton reconnaît qu'en 
même temps la dextrine s'est transformée en sucre. 

Après la seconde réduction brusque , amenée par le- 
bullition prolongée de la liqueur , c'est bien encore du 
sucre d'amidon qui se produit; mais ce sucre diffère 
considérablement du sucre d'amidon formé lors de la 
première réduction de la rotation, car celui-ci a un 



^98 JOURNAL 

aspect diflférent , et possède un pouvoir moléculaire de 
rotation beaucoup plus énergique. 

Tous ces phénomènes se reproduisent qu«ind^on rem* 
place la qunntité d'acide sulfurique employéie dans oetté 
expérience ) par des doses plus grandes ou plus petites. 

Seulement nyec deç doses plus fortes les phases par** 
courues sont plus rapides et correspondent à des degrés 
thermométriques inférieurs. Tandis quavep l'acide tmr 
ployé dans de3 proportions plus faibles , les phases sont 
au contraire plus lentes , et Tébullition doit iiv^ prolon*- 
gée pendant plus d'une heure pour amener le liquidf 
au premier changement brusque de son pouvoir ro* 
tatoire. 

Quand on veut seulement préparer de la dextrine par 
Taction de lacide sulfurique sur la fécule, on doit cm* 
ployer les doses suivantes : 

5o grammes de fécale. 
600. d'eaa. 

10 d*acide. 

On délaie la fécule dans une petite partie de l'eau , on 
mêle le reste de l'eau avec l'acide et on y verse la fécule ; 
on chaude alors en agitant continuellement. Vers 65 à 
70® c, le mélange se prend en une gelée claire qui sç 
dissout peu à peu, et la masse parvenue à qi"" c. est 
très-liquide. On la maintient pendant quelques minutes 
à ce degré , en ayant grand soin de ne pas le dépasser. 
La liqueur refroidie reste liquide, elle est légèrement 
opaline; en l'abandonnant à elle-même pendant vingt- 
quatre heures, on y trouve un précipité floconnçux 
très-peu abondant, d'un blanc grisâtre, formé des tégù- 
rnens déchirés par Taction de l'acide. 

On jette la liqueur sur un filtre, elle passe très-faci- 
lement et très-limpide; on y ajoute alors de l'akool 
jusqu'à ce qu'elle ne précipite plus. La dextrine se dé^ 
pose sous forme d'une poudre blanche. Comme elle en* 



_l 



DE PHARMACIE^ Ag^ 

traîne un pei^ d'acide lùlfuriqae, après avoir décdûté 
l'alcool on la dissout dans une petite quaqtito d'eau, 
d'dà on tji précipita de nouveau. On la lave en9uile 
avec de Talcool bouillant, et on Tetpose à l'ëtuve où 
elle se desséche rapidement. 

3°. Par la diastase. Le procédé Ip plus simple et le 
plus facile à employer pour l'extraction delà dextrine, 
est bien san& contredit oelui qui consiste à faire agir 
l'orge germée sur la fécule. 

' Êt| étudiant l'influence déjà observée de l'orge ger-^ 
iiiéé pour opérer la liquéfaction de la fécule, MM. Pnyen 
et Perdôs en ont iéolé une substance à laquelle il| ont 
donné le nom de diastase^ qui exprime son pouvoir 
de sépat'ation. La diastnse se développe pendant la ger-» 
mination dans toutes les graines des céréales , et généra^ 
tëiiieiît dans toutes eelles qui eontiennest de la fécule. 
Le rôle de cette substance est de déefairer pendant la 
germination les globules féculaeés, de mettre la gomme 
intérieure en liberté, d'en transformer une partie en 
sucre, et de préparer ainsi la nourriture au végétal pen- 
dant son premier accroissement. Pour obtenir la diastaae 
k Tétat de pureté, on opère ainsi \ on délaie de l'nrge 
germée concassée dans une petite quantité d'eau froide, 
on laisse en contact pendant un quart d'heure « on filtre» 
et la liqueur elaire est chau&'ée au bain*-maric i «irrtv^e k 
la température de 6S à 6^"* c, elle s'opalise. Ce change-» 
tnent est dû b une matière azotée qui se eoagule i e6 
degré de ehaletir. On filtre de nouveau la Itqu^uè)» et oq 
y verse de l'alcool très-eodcentré qui en précipite Ifl 
diastàhe. 

La diastase est floils ferme de poussière blanchie ini' 
cristallisdble , très-eoluble dans l'eau fti coaiplélemeiit 
neuti^e; elle n'a aucune action sur les plans depolàrisa** 
tion de6 rayons lumineux. Une partie de cette substanee 
éllflt fùi^ faire éelàtev à Tàide àm k chaleur deux 



300 JOURNAL 

mille parties de fécale. Ghaufiée à So"", elle perd tout h 

coup cette propriété. 

Pour extraire la dextrine au moyen de Torge germée^ 

on pr^id ; 

10 parties de fécale. 
I partie d*orge germée. 
3o parties d'eau. 

On laisse Forge dans l'eau pendant un quart d'heure^ 
on passe dans un linge et on chauffe cette liqueur à 3o® j 
alors on y ajoute la fécule délayée dans une petite quan- 
tité d eau , on continue de chauffer ; à 60° la masse se 
prend en gelée, mais se liquéfie entièrement dans son 
passage de 65 à ^o'' c. ; on porte alors promptement la 
liqueur à FébuUition pour arrêter l'action de la diastase 
sur la dextrine. 

On voit se précipiter dans la liqueur des- flocons mem- 
braneux assez volumineux, qui ne sont formés bien 
évidemment que des sacs tégumentaires agglomérés, sur 
lesquels la diastase n'a plus aucune espèce d'action. 
- On retire la liqueur du feu, on la laisse refroidir et 
on la filtre ; elle passe avec facilité et trèsr^impide. 

On peut en obtenir la dextrine par une simple évapora- 
tion, soit à Tétuve, soit à la chaleur du bain-marie; mais 
cette substance obtenue ainsi n'est pas pure; elle contient 
toujours une certaine quantité de sucre d'amidon , qui 
s'est formé sous l'influence de la diastase pendant le passage 
de la liqueur de 65 à 80^ c, et de plus elle a une sa- 
veur désagréable , causée par une huile particulière con- 
tenue dans les tégumens de la fécule. 

On la purifie en faisant réduire la liqueur à la moitié 
de son volume par une évaporation ménagée, -puis précipi- 
tant par l'alcool qui retient le sucre et l'huile essentielle, 
on débante l'alcool et on opère la dessiccation de la 
dextrine à Tétuve. 

Si au lieu d'arrêter l'action de 1â diastase ea portant 



DE PHAJiHACIE. 3oi 

la liqueur à rébullition , on la maintient dans les limites 
de 65 à 7$° c. pendant quelques heures, on voit que 
la dextrine a été transformée en partie en sucre , mais 
seulement dans le rapport de a5 à loo; et il paraît im^ 
possible d'obtenir ainsi une plus grande quantité de ma-» 
tière sucrée. Il en résulte .un sirop de de^trine qui est 
fort agréable. 

On peut encore obtenir la dextrine par l'action des 
difiérens acides et alcalis sur l'amidon ; car toutes ces 
substances ont la propriété d'user les enveloppes corti^ 
cales des globules et de mettre ainsi la dextrine à nù. 

Propriétés. La dextrine est' parfaitement neutre, se 
décompose par le feu et donne tous lec^ produits ordi* 
naires des matières végétales non azotées} très-soluble 
dans l'eau , d'où elle est précipitée par l'alcool et le sous- 
acétate de plomb ; la solution aqueuse d'iode la colore 
en rouge vineux (i) ; traitée i>ar Tacide sulfurique, comme 
la fécule entière , elle se transforme aussi en matière 
sucrée ; avec l'acide nitrique elle ne donne pas d'acide 
mucique, en quoi elle difière essentiellement de la gomme. 
Le sens de son pouvoir rotaloire, opposé à celui de^ la 
gomme, est encore un indice moléculaire qui l'en dis- 
tingue également. 

Dissoute dans l'eau et mise en présence de la levure , 
elle ne fermente pas lorsqu'elle est pure; mais si elle 
contient des quantités de sucre , même très-minimes, elle 
est entraînée dans la fermentation. 



(i) La dextrine obtenue par Vaction simple de Teau est colorée en 
bléa par Tiode. Celle que Ton obtient par l^acide aulluri^» on la 
diastase est colorée^oti roage vineax. Ces faits ne sont-ils pas denat^Tê 
à faite croire que H deoxiérae espèce de dextrine est nn produit d*altë-^ 
ration. On objecte , îl est Trai , l'extrême difficulté de séparer les té£^* 
mens, qoand on a recours seulement à Faction de l'eaa pour obtenir 
ia dextrine; mais oomment quelques tégutfiens rares , capables de se 
colorer en bleu , pourraient-ils faire disparaître complètement la pro- 
priété que possède la masse de liquide de prendre une teinte purpurine ? 

E. S. - 



3oâ jodunàl 

Si «NI abandonne à «lU-méme , avec ou sans le coptaet 
de lair^ une solution de dextrine parfaitement limpide, 
il s j forme graduelletnent un précipité blane pulvérulent 
qui s accfQÎt de jour en jour. Sépuré par décantation , ce 
produit n'eat plui «oluble dana Veau froide , ce qui est 
Miurel , puisqu'il l'est aéparé de ce liquide par préeipii^ 
tation ; mais si on lefiiit bouillir quelque tempa daha Teau^ 
il a y rediasput et y porte la grande force rotatoire vers 
h\ droite ,. (jui c^raclérise la desctririenon altérée» 
: Cejtte nouvelle substance se rapproche beaucoup par 
80$ apparence» de ïinuUna ; mais sa rotation à droite 
fournit à MM. Biot et Perso» un moyen de la distinguer 
de cette sUbatance^ qui tourne à gauche le» plans de po-* 
Wiiation (!)♦ 

Gomme arabique. 

La gomme arabique jouit de la propriété de dévier à 
gauche les plans de polarisation , ce qui la distingue èssen* 
tiellement de la dextrine. * 

Si on la soumet à l'action de l'acide sulfurique et de la 
ebaleur, on observe que sa rotation à gauche s'aShiblit 
graduellement jusqu'à un certain degré de température 
qui varie avec les proportions d'acide employées ^ et qU'à 
ce point elle se porte tout à coup vers la droite avec «ne 
énergie beaucoup plus grande que rie l'était sa force 
primitive dans le sens opposé. Cependant la liqueur pré-* 
cipile encore complètement par l'alcool. La matière blan« 



(I) Bmm «ft Irsnil post«rÛMir, NM. Payen ei Persos «e Met llil 
^m sutiv id4e de eslta «}»ti«rs. Ils p«i»«ef)t qu'eUe pr^âeiiste 4si»ft Si 
féf ftl* ut 4e>lU n'est 1^91 hp réfaltAt ^ Tsltératioa 4e 1» ^itrîii«t 
Seifsat ees «himistes, r«mi(km sersit camposé 4« iroii parties diiii* 
fiii|»S, Itdtxtriiw» U mmiève iovoLvibli et if» légnoiiias. La ^Usisse # 
en »gi«MOt far la ff€iile » «épar^rgit U% tiig«me0Stiiso}«r«it la àvfXùvé 
en |nême temps qa'»))e en ftvsi^iformefait moa partie eq sucsie , »% eb4»v 
finiil la maMie ÎMelebtê a» daKiri^ at #0 tnatiàfa smxé^t Q»$ Mti f 
encore ciotispyersés , appellent de nouvelles expériences. £. S. 



DB P41XRMAC1E. So3 

che pfécipitéé i bien lavée à Talcoal , puii desf éch«o , rot 
prend les appanshces d« la gomme là plus purç et produit 
comme elle de l'acide mucique. MM( Bibi et P^rrcisont 
nommé cette sùbstanoe gummi-dextrim y pouf désigner 
à là fois son origine, son analogie avec la deKtrie4 M l4 
ièns de ëa rotation. 

Si RU lieu de s'arrêter à la température à laquelle AA 
rotation est intervertie, on porte la liqueur acide à l'é*» 
bullitioh , et qu'on Vy maintienne pendant quelquO temps, 
Ia rotation à droite prend une intensité un peu plus 
grande, qui est due à la transformation en sucre de la 
gummi-dextrine. 

On sait que le ligneux est tratisfornié en matière gom- 
meuse. sous J'influence de l'acide aulfurique concentré. 
Cette gomme peut être regardée comme de Ude^trine^ 
car elle possède aussi une rotation très^forleà drpjtef et 
forme un sucre analogue à celui d'amidon par l'action 
prolongée de l'acide. 

Je me suis assuré, par expérience, que la dextrine est 
sans action «ur les ligneux. 

Sucres. 

Lés chimistes considéraient comme analogue an auère 
de raisin .tout sucre qui ne possédait pas , comme celui 
8e canne? , la propriété de cristalliser régalièremenl^ 
M. Biôt , à l'aide de la polarisation circulaire, vient d'#s» 
èigner aux différens sucres des caractères positifs qui ne 
permettent plus maintenant de les confondre. 

Suere de eantiês, 

' La pouvoir de rotation nuoléculaire du sucre de caQi9«9 
^rintallisable est dirigé dans le 9en9 droit, mais peut ae 
modifier sous diversea influen<^9^ C ei»t. ainsi qàe i Iprft- 
^«'(m diau^e' du «ucrw à^ «iOM9 JM^H^^^ ^^ tempéra- 



Sq4 journal 

tute de no degrés, son pouvoir moléculaire se trouve 
être réduit fort au«des8ous du sucre de cannes cristaU 
lisable, et dans le rapport de 60 à 84. Si on fait dissoudre 
ce sucre incristalli sable dans l'eau chaude , qu'on fasse 
bouillir cette dissolution jusqu'à ce qu'elle soit arrivée 
au degré de concentration convenable pour former le 
sucre candi ordinaire, il reprend toutes les propriétés 
du sucre cristallisable. 

D'après une expérience de MM. Pelouze et Malagulti y 
il suffit même d'entretenir la solution de sucre étendue 
à rébullîtion , pour voir le sucre se détruire et se changer 
en sucre de raisin. 

La même transformation )a lieu pour tous les acides 
végétaux et minéraux convenablement étendus. Elle se 
produit encore par la fermentation , et elle est complète 
dès qu'il se dégage quelques bulles d'acide carbonique. 

Sucre d'amidon. 

On connaît jusqu'ici deux sucres d'amidon qui -sont 
essentiellement différens dans leur rotation' moléculaire. 
Le premier s'obtient au premier abaissement brusque de la 
rotation de la dextrine ; lorsqu'on Ta dégagée de ses tégu- 
mens par l'influence de Tacide ^ulfurique étendu , c'est-à- 
dire lorsque cette substance arrive juste à se changer en 
sucre et à cesser d'être précipitable par l'alcool , ce sucre 
exerce une rotation moléculaire presque égale à ccfUe du 
sucre de cannes. Il est solide , d'une blancheur parfaite, et 
offre à sa surface de petites pointes cristallines. La 
deuxième espèce de sucre d'amidon , que l'on obtient par 
l'action prolongée de l'acide sulfurique étendu, exerce 
tine cotation moléculaire moins grande, et qui est à celle 
du sucre de canhes comme 60 à 84. Celui-ci est jaunâtre 
et moins bien étistallisé que le précédent. 

Ces sucres ont la pi'opriété de dévier à droite les plans 



DB PHARMACIE. 5oS 

de polarisation de la lumière, mais avec uae moina 
grande force que le sucre de cannes , dont ils se distion 
giient essentiellement, en ce que leur rotation n est pas 
intervertie par Faction des acides ni par la ferment 
tation. I 

Sucre de raisin % 

r 

Ce sucre offre des différences très-grandes de consti-» 
tution moléculaire , selon qu'on l'observe à l'état liquide, 
tel qu'il existe dans les raisins frais, ou bien lorsqu'il 
a été amené à l'état solide par l'action, du temps. ^ 

Ainsi, quand on examine le suc du raisin , extrait par 
pression des grains mêmes, on voit qu'il tourna les 
plans de polarisation vers la gauche de l'observateur, 
qu'il diminue graduellement de pouvoir dans ce sçns 
avec le temps, à mesure qu'il se rapproche de la solin 
dification, et qu'il arrive enfin à tourner les. plans dq 
polarisation vers ta droite d'une manière constante lors-^ 
qu'il s'est solidifié. 

M. Biol, qui a découvert cette singulière propriété, 
s'assura par des expériences sur des raisins frais, puis si»t 
des raisins secs des années précédentes , que les phéno^ 
mènes se passent de la même manière dans l'intérieur de 
ces fruits par l'action du temps. 

Les dissolutions de sucre dç raisin solidifié conservent 
constamment leur rotation à droite, lorsqu'on les soumet 
à l'action des acides étendus ou de la fermentation. 

Je dois parler ici des expériences que j'ai faites sur les 
sirops acides, et qui m'ont donné des résultats tout-à-faif 
semblables à ceux qu'on avait obtenus dans les expé- 
riences citées plus haut. 

On sait que les sirops acides de groseilles, de limons, 
de mures, etc., laissent déposer quelque temps après 
leur préparation un précipité tellement abondant , qu'il 



3a6 JOURT4AL 

Metipe toQvenl les deux liera de la capacité des vaMH 
qui les renferment. 

La polarisation circulaire m'ofiraal un moyen (aeila 
et en même temps tris-exact pour examiner les modifi-^ 
cations que ces composés éprouvent dans cette circon- 
stance, je les soumis aux expériences suivantes : 

M'étaot procuré du sirop de limons dans lequel s'était 
formé un dépôt abondant, j'examinai séparément la par- 
tie encore liquide et la p<irtie solidiflée. Je reconnus que 
la première était du sucre de raisin déviant à gaUche le 
rayon polarisé, tandis que la matière cristallisée les dé« 
viait à droite, et avec les caractères du sucre de raisin 
ramené à Tétat solide. Je trouvai les mêmes caractères 
aux cristaux grenus qui s'étaient formés dans de la gelée 
de groseilles. 

'Je fis alors une dissolution de 3^5 gr. de sucre- de 
cannes, 3o gr. d'acide citrique dans i t^S gr« d'eau, et je 
cherchai à quelle température pouvait se faire la trans*» 
formation. Je trouvai qu'à 60° le sucre de cannes Hesubit 
pas de modification. 

On sait d'ailleurs que cette transformation peut se 
faire i la longue à froid , car les sirops acides ainsi pré« 
parés 9 qui cristallisent dans les premiers temps , donnent 
du oandi dur. Plus tard c^est du sucre de raisin qui se 
dépose. 

MieL 

* * • 

Le miel est formé de. deux principes iounédiats, Tiiiil 
crisiallisable , l'autr^^ incristallist-^ble ^ qui sont doués d'un 
pocitoir rotatoire contraire^ 

Le. crij^tallisable agit danç le sens droij ; l'incrilt^i- 
sable dans le sens gauche. 

II9 ont ainsi una grande analogiç avec, lea auçres^de 

paisin liquide (çtsolidifi^'.-.^ . i : ^ 

> . ■ ■ • ■ '■ • I 



D£ riuiiiÀCiE. 3o7 

Sucre de lait. 

Le sucte dû lait |)ô8dède ane rotation à droite assez 
grande. 

Marmite. 

Lta mannitç esk saut action sur les plains d^ polarisa- 
tion. 

M. Biot a démontré de plus, 

• f*. Que Tessence de térébeutlûne est constituée diffé^ 
ipemment que l'essence. de citron ; 

a<>. Que le campbre des laurinées diffère du camphre 
des labiées ; car ces substances possèdent d^s propriéiéf 
4e rqtation moléculaire dans des sens contraires. 

3°« Que la gélatine et lalbumine étant douées d'up^ 
certaine action sur les rayons polarisés, ce caractère 
pourra servir h Texamen de^ fluides animaux qui con- 
tiennent ces substances. 

J)e Fhuite dé touloueoana du Sénégal et de ses usages. 

Fftr M. J.-J. Viitv. 

M. Cadet - Gassicourt pèrci ainsi que M. BouUaj, ont 
donné dans le Journal de Pharmacie ^ iom, Y, p. 49 sq-^ 
et tom. Vll« p. 293, une analyse détaillée de Ttiuile 
ai:père et concrète du carapa de la Guyane (carapa guia^ 
nensis , Aublet , ou persoonia guareodes de WiUdeoow ) i 
MM. Robinet et Petroz ont ensuite examiné Técorce amer ^ 
du même arbre^ 

Depuis cette époque (i8i^Tai), les expéditions faite% 
eQ Afrique, ont appris tju'il .existai!, sqU.d<t.us lu Çuinée, 
soit dans Tiotériçur du Sénégal et sur l|:s< rivages d^ l»i 
Sénégambie, des arbres de la même (amille uatMf.elJedf^ 



3o6 JOUHNAl 

méliacées , appartenant également au genre càrapa , mais 
constituant une espèce difiérente et fournissant de Thuile. 

£n effet y Sweet, 4ws YHortus.britannicus (tom,I, 
p. 7a ) y avait déjà décrit sous le nom de carapa guineensis 
un arbre distinct de celui de la Guyane. Cependant il était 
réservé à M. Perrottet, notre compatriote, voyageant 
dans Tintérieur des terres du Sénégal, de faire mieux 
connaître l'espèce qui*procure aux nègres l'huile dite de 
touloucouna. Il l'a publiée avec M. Guillemin dans la 
Flore de Sénégambie (tom. I? p« i^^S), et figurée sous le 
nom de carapa touloucouna ; les usages de son huile ont 
ét^ signalés dans les Annales de là Société linnéenne de 
Paris ^ mai 1824. 

Cependant , ayant reçu un échantillon de cette huile 
encore peu connue , et m'étant procuré d'autres renseigne* 
mens à cet égard , il paraît utile de les publier. 

Nous ne décrirons point cet arbre à calice de quatre à 
cinq divisions , à quatre ou cinq pétales , à huit ou dix 
étamines , et dont le fruit devient un drupe sec , ligneux , 
rond, gros comme un boulet, à quatre ou cinq valves, 
contenant des amandes épaisses , sans albumen , amères 
et oléagineuses. Celles-ci , contusées , jetées dans de l'eau ■ 
bouillante, laissent surnager une. huile abondante d'une 
couleur jaune-rouge de rocou , qui se prend par le refroi- 
dissement en niasse butyreuse , d'odeur rance et d'une sa- 
veur amère, chaude, persistante dans la gorge, très- 
rebutante ou même excitant le vomissement. En effet, 
cette amertume forte passe pour être vénéneuse ; mais ce 
qui est remarquable (comme dans lés amandes du carapa 
de là Guyane , ocylocarpus carapa) , c'est que }es cochons 
dévorent ces amandes sans danger et sans que letir chair 
en contracte dé 1 amertume; au contraire, les lapins , les 
lièvres et autres rongeurs , lorsqu'ils mangent ces aman» 
des , prennent dans leur chair une saveur si amère , qu elle ' 
n'est plus mangeable alors. 



DE PHÀ&MÀGIE. 309 

L'amertume de Thuile concrète de touloucouna , si elle 
éloigne de tottt emploi interne cette sabstance , rend aux 
peuplades nègres d autres services. En e^et^ sous un cU-» 
mat aussi brûlant , la peau se gerce , se crevasserait sou* 
vent , et des nuées d'insectes , tels que les moustiques ou 
maringouins , rendraient 1« séjour de certaines contrées 
marécageuses insupportable, si des frictions avec cette 
huile amère n'écartaient pas ces graves inconvéniens. 
L'abondance de la sueur, Faction de l'bumidité extérieure 
et du froid des nuits , sont également réprimées par les 
frictions de l'huile de touloucouna; on peut encore lui 
attribuer la propriété d*empécher les rhumatismes. 

Enfin , en s'en servant comme d'une pommade pour les 
cheveux, elle éloignera de la tête des enfansla vermine qui 
les incommode. Sur une peau blanche, cette huile laisse-- 
rait une teinte jaune safranée , ce qui n'a nul inconvénient 
pour la peau des nègres ou des Maures. 

Elle est fusible de 4o à So"", et limpide alors , sauf 
une portion écumeuse qui la surnage. Elle se comporte, 
comme celle du carapa, avec l'alcool, l'éther, les aU 
calis , etc. 

La substance amère dissoute dans cette huile, sans 
doute avec le principe colorant, a été considérée comme 
un alcaloïde organiqtte , par plusieurs chimistes , dans 
rhuile de carapa. Celle-ci , appartenant à un arbre d'es- 
pèce analogue et du même genre, confirmera sans doute 
cette analogie lorsqu'on en aura suffisamment obtenu pour 
en faire l'analyse complète. 

Cette huile de touloucouna peut être employée comme 
un l)on cosmétique pour éloigner les insectes de la cheve- 
lure des enfans ; elle n'a point les inconvéniens des prépa- 
rations de mercure, ni même des poudres acres et irri* 
tantes sur la peau. Il serait facile d'en former une pom- 
made pédiculaire d'agréable odeur. 

D'ailleurs on prévient les suppressions de transpiration 
XX*. ^wnéc.-i— iffai i834' aa 



3lO JOURNAL 

0t les accideDS de létaDOs, de tritmus, sortoilt c^etles 
enfans , causés par Tefiet du fmid , en frottant leur corps 
avec cette hilile. C'est comme un remède universel ohe^ 
ces peuplades nègres» 



y^<»%»vi4^ww^ m »%» l »yiiw» %wt%ii>%»M » ii» » t N i »i ii> MM y w »%i>< M M^»^ »>»i n »i^»^ii*%%<«i » 

« # 

Par M. Ëi SoffBEiBA». > 

MM. Heory e( Quil^ourt ont publié i il y a quelques 
jinnées , des obs^rvatipps sur Içç pilules dq Bâcher, Après 
nvpir comparé les diverses formules proposées pour cette 
préparation, ils ont donné la préférence à la formule pri»^ 
mitiv^de Bâcher, toutefois après lui avoir fait subir quelr 
ques modifications. Cette préférence , au, moios en ce qui 
fonfer^e 1^ formule du Codex, ne me paraît pas fondée ; 
maisçopapie içUe a en sa iafvçur quelques, motifs spér 
cijeu^^ ell^ aura sau? doute été adoptée par plusieurs 
pharmaciens qui, sans y regarder de plus près, auront 
reçu de confiance TopiniQU de praticitîns a^ssi recomman- 
4fil>l^s. 

Je rappellerai d abprd que la for^le de Bâcher et c^Ue 
adoptée par MM. Henry etGuibourtdiU'èrentà peine Tupp 
d^ lautre. CeSrdisrmers. ont préoisç la dose de véhicule 
que Ton devait eniployer. Us opt aus^i^ ^ tort ou à raispp^ 
supprimé la première afi'usion d'i^fiu bouillant^ et 1^ redis- 
sQ.Iution de l'extrait dans Teau, manipulations recomman- 
^ÇeS' par Bacber, dont il nous serait au^si difScile, avec le 
peu de oonpaissance c]uç nous avon^ sur la compesitipa 
de Içllébpre, de reconnaître l'avantage que de démontrer 
l'ip utilité. 

Pour mettre les lecteurs à même de suivre plus faci- 
lemeiit la comparaison , entre la formule de Rachermo- 



difiéççt.cell^ 4u CodeK I je comm^iiqe par \^$ napparter^ 
toutes deux en regard l'utne de lautre 

Ellébore noir* . 5oogram. 5oo gram. 

Carb.de pot. • ia5 laS 

Ëau-de-vie. . • àooo i^^S 

Vin blanc» < , . a lit» ' 6 lit. 

On voit que les deux élélneus principaux, ftavdir. Telle** 
bore et le sel alcalin sont en même quantité dans les deux 
fidrmules, et que ladiilerence réside seulement dans là 
proportion des rébicules dedissolation. Qiie la proportion 
4'tâu^de^Tie seit plus ou moins forte ^ c'est sans .doute 
ehose assei» indifférente , pourvu qu/elle suflise à épuûer 
la racine , puisqu'il n'en reste aucune partie dans l'extrlili 
terminé. Mais on ne peut en dire autant du vin, dont les 
parties fixes asâez abondantes s'aj jutent à la masse ex- 
tractive et en augmentent le poids*, en diminuant par con- 
séquent d'une qu&oLité correspondante la proportion des 
^ineipes actifs fournis par l'ellébore. Ceci deviendra de 
toute évidence si on jette les yeux sur les résultiits com^ 
pjiratifs sfiivans obtenus en opérant avec. l'un ou l'autre 
procédé. II. est sans doute ihutile de dire queiilon s'est 
•ervi pour tous deux de la méaie raoine et du même vin ^ 
ti que la quantité des produits pourrait changer par i'cm* 
ploi d'une autre racine d'ellébore et d'un vin blanc difié-* 
remment chargé de tartre et de matiè<*e coWante ; maie 
il est bien évid^t que si le rapp<>rt entre les deux extraits 
s'en trouvait modifié, le résultat. général n'en resterait 
pas moiiis' Vrai. 

5oo grammes de racine d'ellébore noir, traités par chA* 
dune des formulée de Bâcher et du Gèdex> ont donné, 

Extrait du Codex. . . . ... ... . . si64 gram. 

dé Henry et Gdbourt. . . . 4 . ' i^^ 

,A6n de ne pas perdre la quantité de lirjuiiîe vineux qui 



22. 



3ia jouEifÂL ' 

restait adhérente au marc d'ellébore dans cliaque opéra- 
tion, il a été déplacé par de Feau et ajouté aux liqueurs 
pendant levaporation. 

La grande différence que présentent les poids de chacun 
des extraits dépend évidemment de la quantité de matière 
fournie parle vin lui-même. En effet, il a été employé pour 
l'extrait du Codex deux litres de vin , et pour l'extrait de 
Bâcher, 6 litres. Le vin dont on s'est servi laissait m 
grammes d'extrait par litre après l'évaporation. Le poids 
de l'extrait d'ellébore a donc été augmenté par-là de 4^ 
grammes , suivant le procédé du Codex, et de i26-gram<^ 
mes en ayant recours à la formule modifiée de Bâcher. Or, 
si nous retranchons ces quantités de chacun des extraits 
obtenus, nous trouvons , 

Par le procédé du Codex 222 grains d'extrait. 

de Henry et Guib. . 220 grains. 

On voit donc que la différence entre les deux produits 
tient réellement à la proportion de matière étrangère que 
le vin introduit dans chacun d'eux. 

Une partie de l'extrait du Codex représente 1,89 , près 
de deuxiparties de racine d'ellébore; la même quantité 
d'extrait obtenu par la méthode de Bâcher ne représente 
que I , i { parties de racine, ou presque exactement un quart 
de moins. Il en résulte que le praticien qui administre 
un grain de l'extrait du Codex , emploie la substance 
soluble de deux parties de racine , tandis que son malade 
n'en prend réellement que 3[4 de grain , si l'on a suivi 
pour la préparation de l'extrait la formule de Bâcher mo<^ 
difiée par MM. Henry et Guîbourt. 

J'igi?ore tout-à-fait quels sont les motifs qui ont engagé 
les auteurs du Codex à adopter de préférence la formule 
qui s'y trouve consignée. Peut-être ont-ils eu tort de 
changer la formule primitive de Bâcher , car, sans une 
absolue nécessité, on ne doit pas se permettre de modi- 



DB PHARMACIE. 3l3 

fier de vieilles formules consacrées par l'usage ; mais main- 
tenant que la modification a été faite par le CoJei , et 
qu'elle a pris force d'usage, ce n'est certainement pas 
nn perfectionnement que de vouloir revenir à l'ancienne 
formule. 

L'extrait de Bâcher, par la méthode du Codex , contient 
plus de carbonate alcalin , et il semble devoir être plus 
deliquescent'yl'extraitobtenuparlaméthodedeMM. Henry 
et Guibourt est moins alcalin, mais il n'est pa«. moins 
déliquescent, parce qu'il contient plus d'acétatt; de po- 
tasse que le premier ; sous ce rapport les deux formules 
.sont peu rationnelles, et l'on n'aurait pas de raison pour 
donner la préférence à l'une plutôt qu'à l'autre. 

i 

EXTRAIT DES ANNALES DE CHIMIE 

ET DE PHYSIQUE, 

Août , septembre et octobre i833* 

Sur la composition de tasparamide , de V acide aspar^ 
miqûe et des phosphovinates ; par M.\Àéh\^. 

Les analyses de Tasparamide et de l'acide asparmique , 
que vient de répéter M. Liébig, diffèrent un peu de 
celles' qui ont été /faites par MM. Boutron-Charlard et 
Pelouze (i). M. Liébig a trouvé à ces corps une composi* 
lion qui se rapporte à la suivante: 

Asparamide anhydre. Cristallisée. Acide aspam. anhjdre. erislallisê. 

es (a) 36,74 3a,35 G^ 4a,i6 C» 36,5o9 

194 21,27 18,73 192 12,30 1^2 10,609 

H16 .5,94 6,60 HIO 4,37 H14 5,aï5 

0« 36,o5 4a,3a 06 41,27 O» 47,769 



im 



100,00 100,00 100,00 100^000 



(1) JQt^^^' de Pharm» , tom. XIX, pag* 308. 
(3) G = 75,33. 



3l4 JOURNAL 

8i à la composition deTacide asparmique anbjrdre, 6U 
tel qu'il entre dans lasparmatë de plomb 

8Ç+2N + 10H+6O, 

on y ajoute 2 atomes ammoniaque aN-f-GH, on ob- 
tiendra 8 C + 4 N + 16 H + 6 , ou exactement la cém- 
position de Tasparamide anhydre. 

. L asparagine ne peut donc rentrer dans la classe deh 
amides , mais doit jusqu'à nouver ordre conserrer soA 
anpienne dénomination. '^f' 

L'acide phosphovinique ne doit pas j d'après M. Liébig, 
être considéré ciomme une combinaison d'acide phospho^ 
rique et d'alcool (i) , mais de cet acide aVec 1 ether suU 
furique. 

Suivant ce chimiste, la composition du phosphovinate 
de b^ry ta est la suivante : 

En centiêmei. 
I at. de phosphate de baryte. ..... 1806,070 6o,685 

la d*eaa. 1349*800 39*191 

Î4 ât. carbone^ .... 3oâ,756 6.61 a 

10 hydrogène. . . . 62,398 i,34o 

I oxigf^ne 100,000 . 3,i6t) 

4^*4><'!^ 100-,OQO 

Le sel , en se desséchant, perd 12 atomes deau. 

•Sur les sels doubles cinstattisès d^oxidû àe iinc et féfe 
carbonates alcalins s p<ir M, Wôhler. 

4 

Du zinc métallique, mis dans une dissolution bouil- 
lante de carbonate de soude, s'y dissout lentement et avec 
dégagement d'hy4rogène. En laissant le liquida en repos 
après une ébullition de plusieurs heures , on voit au bout 
de quelques jours que le zinc s'est recouvert de petits 
«ristaux durs, incolores, très-brillans , insoluble» dans 
Feau froide , soluble avec effervescence dans les acides ^ 

I • .. j ..... :. — . — ^- ■ _ — t^. 

(1) Journ. de Pkarm. , tom. XIX, pag. 166. 



DE PHARMACIE. 3l5 

décomposables par Teau bouillante. Cctt uq tel formé àe 
oarbon^ite de soude et d'oxide de cioc. 

La solution d'oxide de aine dans l'ammoniaque, mêlée 
à du oarbonate d^'ammoniaque et exposée à l'air, laisse 
déposer à mesure que l'ammoniaque s'évapore de beaux 
cristaux prismatiques en étoiles, formés d'oxide de «ne 
et de carbonate d'ammoniaque. Ces cristaux, exposés à 
Pair, perdent de l'ammoniaque et se transforment en i;ua« 
poudre blancbe qui contient encore de l'ammoniaque, 
quoiqu'elle n'en manifeste plus l'odeur. 11 peut donc se 
former deux sels ammoniacaux dans des proportions dif* 
fér entes. 

Sur le borate de magnésie , par M. Wobler» 

On sait que le borate de soude ne produit point de 
précipité dans une dissolution de sulfate de magnésie; 
mais si l'on cbauffe un mélange de ces dissolutions , il se 
forriie un précipité blanc abondant, qui, à mesure que 
le liquide se refroidit , se redissout lentement , ipais com- 
plètement. 

Une dissolution semblable , dans laquelle le précipité 
avait disparu, était restée pendant plusieurs mois de 
l'hiver à un^ température inférieure à o«. Pendant ce 
^en^ps il se déposa sur les parois du vase de beaux groupes 
nidiés de cristaux aciculaires , qui ressemblaient tout-à* 
fait aux cristallisations ^n aiguilles de la mésotjpe. Ce^ 
cristaux insolubles dans l'eau , soit a froid , soit à cbaud, 
étaient un borate de magnésie pur ou de la boraçite , 
avec 16 atomes d'eau de cHstalUsation , ou bien 

• ■ • 

MgB»4-i6H. 

Pu métfk^ liquide il se séparii plus tard ua nûtre ^f 1 
WA dilBirentt en crist^iuK volumineux, tr^spareo* «t 
très-abondans : c'était un double ber^te de inagné^i^ et èe 



3l6 JOURNAL 

soude. Ce. sel, complètement soluble dansleau froide , et 
autant à peu près que le borax, ofire une réaction alcaline, 
et ne précipite pas par l'ammoniaque. Sa solution possède 
la propriété caractéristique de se troubler lorsqu'on la 
cbaufie , et de déposer un précipité blanc abondant , qui , 
à mesure que la liqueur se refroidit , s'y redissout entiè- 
rement. C'est donc à la formation de ce sel , dans le mé- 
lange des deux solutions de sulfate de magnésie et de 
borax , qu'il faut attribuer le trouble que la cbaleur 
produit et qui commence à se manifester à la température 
d'environ 70**. Cette précipitation , qu'opère la cbaleur 
dans la dissolution du sel double , provient de ce qu'il se 
cbange en un borate basique de magnésie , en borate de 
soude et en acide borique libre. 

L'hydrate de magnésie , mis en digestion avec une 
solution de borax , s'y dissout en grande quantité , et 
donne naissance au sel double précédent. 

Examen d'une substance considérée comme un composé 
d*h/drogène et de platine ; par M. Boussingault. 

On a été porté à considérer comme de l'hydrure de 
platine une poudre noire et combustible que Ton obtient 
en mettant en digestion , dans de l'acide bydrocblorîque , 
un mélange intime de fer et de platine extrêmement di* 
visés. M. Boussingault , qui vient d'analyser cette matière, 
la regarde comme un alliage de fer et de platine. 

Sur l'acide v^alérianique et ses combinaisons / par 

M* Trommsdorf. 

M. Trommsdorf s'est assuré que l'acide découvert par 
Pentz dans l'eau de valériane, et qui avait été considéré 
comme de l'acide acétique , est un acide particulier doué 
des propriétés suivantes : 



'^ 



DE PHARMACIE. 31/ 

C'est an liquide incolore , limpide et oléagifv^x; son 
odeur a beaucoup d'analpgie avec celles de la racine de 
valériane et de son huile essentielle : elle en diffère néan- 
moins , et est peut-être plus désagréable. Elle diminue 
lorsqu'on conibine l'acide avec une base , mais elle ne dis- 
parait jamais entièrement. 

La saveur de cet acide est extrêmement forte, très- 
acide et repoussante ; la sensation particulière qu'il pro- 
duit sur la langue y persiste long-temps. Si l'acide est 
très-dilué, il laisse un arrière-goùt douceâtre, comme le 
ferait une liqueur sucrée. La densité de l'acide huileux a 
nG" &" de pressiop , et à lOo c, est égale à 0,944* H reste 
liquide à — si'^î.il brûle sans résidu avec une :flamme 
intense ; il bouta i3*^'' sous la pression de 27'' 6'"; il se 
dissout dans trente parties d'eau à lao c. L'alcool le dis- 
sout en toutes proportions. L'essence de térébenthine, 
l'huile d'olive., ne paraissent. pas le dissoudre* . L'acide, 
acétique, concentré de 1,07 de densité , le dissoi^ r^pi?* 
dément et en grande quantité. L'acide sulfurique le jau- 
nit à froid, et à chaud le charbpnne en dégageant de 
l'acide sulfureux. L'acide nitrique fumant sigit à peine 
sur lui , même quand on les distille ensemble à plusieurs 
reprises. « ^ 

On prépare l'acide valérianique en agitant l'huile esseapit 
tielle de valériane avec du carbonate de magnésie et (Sa 
Teau , on distille*, il passe une huile qui n'est plus aoîde 
et dont l'odeur est moins forte que celle de l'huile pfi** 
mitive. On ajoute ensuite de l'acide sulfurique au liquide 
qui reste dans la cornue et on distille de nouveau. On 
peut encore saturer l'eau de valériane par le carbonate 
de soudé , décomposer la solution concentrée par l'iicidé 
sulfurique étendu de son poids d'eau', la liqueur distillée 
est formée de deux couchesrs Tune est l'acide valérianique 
oys%ineux , contenant environ Sopour cent d'eau ; Ta^itç^ 
une solution concentrée d'acide valérianique^ 



4 

La cûi#posît]on de Facide va)érianii}ue i€ç , détermiiiée 
par M; Ettlnig , est lasuîfanle : 





En atomes. 


En cenlièmes 


lo G '» 


764^37 


«4,9« 


i»H =s 


U9,3l 


9>94 


30 = 


3oo,oo 


a5,5o 



1176,68. 400,QO 

Laeîda oléagifteus desséche autant que possible parait 
retenir H*0 de plas que 1 acide sec. 

Les valérianates présentent les propriétés suivantes t 
odeur parliculière, saveur douce avec un arrière-goût pi- 
quant. Ils sont efflorescens , déliquescens ou tnaltérablet 
à Tair. Ils cristallisent avec plus ou moius de facilité ^ \\t 
Éoni gras au toucher, ils sont plus ou moii^^ solubles dati» 
Veau. La chaleur les décompose et dégage du bofd un6 
portion de l'acide sans altération. Les qcldes forts séparent 
Tacidé valérianique de ses combinaisons , et cet aoid« à 
sdti tour déëdihpesé les ben^o^tes et les cai^bonates. 

• I : . ' . • 

Procéda très-éùônomiqué pour la préparation du pto^ 
toscide de cUwrê , par M, Malaguti. 

On fait fondre ensemble, à une douce chaleur). fOO 
parties de sulfate de cuivre et 57 parties de earboi^al^.de 
toude cristallisé, et on chauffe jusqu'à ce que la niasi9 
iojt solidifiée, on la pulvérise, et on y mêle ei^^ctl^*» 
niei|t a6 parties de limaille' de cuivre , on Tentasse âaps 
des' creusets qu'on chauffe jusqu'au rouge hlano es #0^*» 
tésiailt cette température pendatit ao minutes. Oa p^l* 
cerise la matière refroidie et on la lave; le résidu fei^ 
1< pvotoiiide de eaivre d'un: beau rouge, et d'autant pUif 
beau, qu'il ^ta divisé et l^vé. Les preiiiièrffi 0fi|ix 
Aé laragè contiendront du sulfate de soude qu'pa peut 
filtre cristalliser. Les méoies creuse ta peuvent servir plu** 
sieus fois. . . Pé-Ft»-G. 8« 



DE >HAilMX€lfi. 3l9 

PHARMACIE PRATIQUE. 






W0TI5> EXTRAITES DU BULLETIIf DE THÉRAPEUtlQTJE. 

Par M. O. HfiMâv. 

Mf Page 9 pharmacien à Paris ,. a publié, il y a peu de 
temps , deux procédés de pharmacie pralique qui pârait*- 
sent réussir très-bien, et que nous pensons bons à 4tre 
connus de nos lecteurs ; les Toici : 

Nouveau modf pour la préparation de lapommmdê 

de concombres. 

Qfi pr«iid : Graisie d^ porc .( paiisa dei difffcnlieh » } .' 

inondée de «e^ i^embranM fit d,^ s^^ 

X'^einttles), .... 1 îb xxlv 

Oniste de ? eait ( égalf lArtil «I6tid<0é). . 1b <V ' ' 

. Après avoir coupé ces gicaisses en j»aUts morceaM^i , Qp 
les pile dans un mortier de fer, puis on le3 lave À V^au 
d'abord tiède, puis froide; on laisse égôutter, et Ton fond 
au bain-marie, après avoir ajouté : ,,-...,■ 

Benjoin disions dans l'alcool 5 yi 

Eau de rose doublf. >. r ^• « S i^ (') 

On passe avec expresjilon ; on Ja^^ct déposer la partie 
aqueuse, puis la graisse qui surnage est agitée encore 
tiède avec suc de CQf^cSHli^Of :provenant de fruits ré- 
cens^ lao livres râpés et exprimés convenablement. On 
éiiâse la ioUlitéde oe suc en trois parties, qui âont iiié- 
lées Buceessivcmeniavec la graisse lioûide^ èhaeiinc peit- 
^ant m heures , en skjAt^i eoifl h cIi^Kfue 'opération de 
..déçantçr le suo.poHii'lc; iremplacer p^r upe.pouvell^ qua^* 
Uté. Au bout df ce; temps, la p^^ti^ gca^iisèusc qni suir- 
Mge est séparée et inaIa?t4e,.pQwr is^it^ scM-iic Jiç plus 

.. ^M ■ 4 1 I . ... ' ' . ■ I ;. ; ■ p u H. 1 1 4 K W ^' jMM »i H|i i 

(I) Cette addition a pour but de ^QWiHf K Todsnr 4e gi?is<W^ (|J|i If flût 
sentir avec les graisses seules , sanl ÂaïqaêV'àèlIè dit ^^ohcombré. 



\ 

3^0 JOURNAL 

possible la portion aqueuse du suc. On la fait fondre au 
bain-marié^ en vase clos, étamé, et on enlève toute la 
graisse pour la passer à travers un tissu fin ; elle est alors 
coulée dans des pots de 25 à 3o livres (on isole le plus 
possible de la liqueur aqueuse les dernières quantités de 
graisse). Cette pommade peut se conserver ainsi pendant 
un an et dix-buit mois , sans s'altérer et sans acquérir 
d'odeur rance ou de saveur acétique , comme cela arrive 
souvent avec la même pommade préparée par d'autres 
modes. 

Pour la livrer au public , il faut lui faire subir la pré* 
paration qui suit : 

On prend : pommade de concombres ci-dessus îb xij, 
et jamais moins de 6 ou 8; on la fait fondre a moitié dans 
une bassine étamée , et on Tagite avec une s^patule de bois 
à la manière de la pâte de guimauve, jusqu'à ce qu'elle 
soit blancbe et grenue. C'est ainsi qu'on la distribue , 
dans des pots d'une à deux livres et qu'il ne faut pas 
conserver plus d'un mois; préparée par cette méthode, 
la pomi^ade de concombres contient par livre la partie 
médicamentjBUse ou aronkalUque de i4 livres de ces Iruits. 
Elle est très-légère , d'une odeur franche, d'une blancheur 
éélatante ; et -c'est de tous les corps gras un des meilleurs 
éxcipiens à employer. , 

NOTE 

Sur la racine d'iris /cètidissima, / 

Par M. LiGavu. 

La racine d'iris fœtidissima paraît être depuis qadq[Qe 
temps employée avec succès par un de nos plus célèbres 
praticiens ^ le docteur Récamier , dans le traitement de 
Ijertaines maladies, et plus spécialement dans celui de 

"Fhydrôpisie. Les essais aiixquels je l'ai soumise, à l'invi- 
tation de M. lé professeur Clarion , dans le but d'en cdfi* 

"Dâttre la composition chimique, m'ont fait reconnaflHPê 
diinsxett^ iracinela présence : ' \ 



DB PnARMilGIE. Z2I 

. i"". D'une huile volatile excessivement acre, 

; a**. ~ matière résineuse, 

3®. — — • amère, 

► 4«. -^ — colorante , jaune rouge , ' 

5*. — — sucrée, 

6-. - _ gommeuse. 

7**. d'un acide libre , 

S"** de la cire , 

9*. de sels , 

10". de ligneux. 

Ainsi, la composition chimique de cette racine la fait 
différer de la racine d'iris de Florence, dont M. Vogel a 
publié l'analyse dans le i*'. volume du Journal de Phar- 
macie^ page 4^0. 

Le procédé que j'ai guivi pour déterminer la nature de 
ses principes constituans, n'offrant rien de particulier, je 
ne le décrirai pas. Seulement, je signalerai un fait qui 
peut ne pas être sans intérêt pour les personnes qui 
s'odcapeiat des travaux de ce genre, puisqu'il fournit ihie 
nouvelle preuve des changemens qu'apportent dans les 
réactions ordinaires' la présence de corps étrangers.. 

Dans une première expérience, en traitant directe- 
ment par l'alcool une certaine quantité de racine d'iris, 
évaporant, reprenant par l'eau le résidu de l'évaporar 
tion, filtrant , afin de séparer les matières résineuses in? 
terposées , puis, évaporant de nouveau , j'avais constaté., 
dans le résidu de la seconde évaporation, la présence 
d'une assez grande quantité de matière sucrée. 

Dans une seconde expérience , au contraire, le produit 
concentré d'une décoction aqueuse , additionnée d'alcool 
dans le but de précipiter les matières gommeuse», tout 
en retenant en dissolution la matière sucrée, sembla, 
comme chacun sait, dans l'alcool faible , ne céder à l'alcool 
aucune trace de matière sucrée. La matière gommeuse , 
en se précipitant , avait entraîné avec elle toute la ma- 
tière sucrée. 

Mais en dissolvant le dépôt floconneux flans une petite 
ijuantité d^eau, et versant dans cette dissolution de Fat-» 



^9$ lïOiWri.^* 

cool, en prçpor^^ telb ^uil fi opéf ât qu'iiQA pHiScipita- 
lion incomplète , et répétant ce mQd« de traii«me0i un 
certain nombre dé fois sur chacun d^s précipités fotmés 
par lalcool, jai j^ni par obtenir, d'une part, une so- 
lution de matière sucrée ; d'autre part, un coagulutn de 
matière gommeuse. 

Quant aux efiets physiologiques de 1s| racine d'iris fœ- 
tidissima , ils me semblent devoir être principalement 
attribués à la présence de l'huile volatile ; d'où Ton devra 
conclure que celles des préparations pbarmacautiques 
daus lesquelles Thuile volatile sera plus abondante ^ et 
plus isolée des principes qui pourraient en masquer Tao* 
tloUi par exemple Teau dislillée et la teinture alcoolique, 
seront préférables aux autres. 

EXTRAIT DU PROCÈS VERBAL. 

. Pe la êéance de la Société dePharmacie ^ % auril 1 834* 

PBBSIDENCE DE M. CHfiREAUk 

La correspondance manuscrite et impri(née comprend 
Un mémoire de M. Buchner, sur diverses réactions clii- 
iniqués (M, Vallet, rapporteur) ; les Annales cle TAu- 
vek'gne ; le Journal de Pharmacie ; la Gazette de "Vérone | 
une Thèse de M. P. Boullay, intitulée : Dissertation sur 
lé danger des modifications successii^ement introduiti&s 
dans les Joimules et les pratiques d^ la pharmacie. 

M. Pelouse comriiunique à la Société l'extrait d'un 
travail de M. Boutin, sur le beurre de cacao. En traitant 
cette substance par lalcool , M. Boutin en a iretiiré un 
principe peutre particulier, erifitaliisable , qui en eonsti^ 
tue }^ prfsquç totalité. Il est saponificible, et donne snas 
Ti^fluei^pp des alcalis un nouvel .acide gras très^r^mcirT 
tJu^b)[e. 

Les belles expériences de M. Félix Boudet» relativ^l 
^ lactipn dç Ta^ide h^ponitrique sur les matières grasses 
neutres, ont naturellement donné à- ]Vl, Boutiqi l'idée de 



•otttueiirft lé b«urre d« escao uix mipke iraiicniêiil. Le 
succès A répondu à son attente ^ et il a obtenu une nutfe 
matière grasse neutre qme la saponification convertit en 
un nouvel acide. .. 

M* Jkittlîn a ooBftiaié que Taeide hypoaitriqa*., «a 
i^agissnnt sur les matières grasses , passait à 1 état de 
deutoside d'azote, et leur cédait en même temps l'excès 
de son oxigéne, 

M^ Reytnond préseni^ des obsertatiops sur la fitbrir 
oation et la vente des pastilles de Yicbj, par MM. Bro^ 
son frères. Il propose de nommer une commission chargée 
d'écrire, au nom de Ja Société, aux médecins de Paris, 
pour les mettre en garde contre le cbarlal^nisme dont te 
prospectus de MM^ BrossQn frères est empreint. 

La proposition de M. Reymond est adoptée par la 
Société, qui nomme pour commissaires MM. P. Boudet, 
$oubeiran^ Reymond , Robiquet et Pelletier. 



» 

BIBLIOGRAPHIE. 



DlGTIONVAlâE DE M^OBCINB ET OB CfllAURGIE PRATIQUÉS , par MM. Atldrat , 

Bégîh, BlandÎQ, BôuiUaud, Bôaviet, Cruveifliier, CuUerier , Bes- 
iandes, Devergle (Alph. ), Dugès, Dupuytrert, Poville, Gatboart, 
Jolly* LaUetiland^ Londiâ, Magendie, Martin-Solon , Ratier, Ray<ri*, 
Roche, Sanson ; toiA. X et Xt. Paris, ches Méqaignon-Marvié, rt 
X.-B. Baitliére , Ubrait-es-édîtears. Prit : ^ francs chaque volume. 

(aXTAAïT.) 

L'on a pu connaître, par Vanalyse des volumes prccëdenSi notre opU 
nion sur les qualités propres à ce dictionnaire. Il est deux sortes de ces 
genres d*oavrages : les uns constituent une encyclopédie, eotnme les 
grands dictioniiaires des sciences médicales ou naturelles : C*e$t k tiMe 
classe plus spéciale, moins tliéorlque et moins étendue , <|tie àsloi'-ti 
appartient. On cherche surtout à Ta^tpropl-ier aax besoins des prati- 
ciens. C*e5t daos ce bdn esprit qu'on a jugé Vhomœopathie , article t)tti 
oavré le X«. volume. On ne lira paS .sans intérêt cettti Stlr leS hépittitia: 
qui le suit, et résume en peu de mots les principes de salubrité les plus 
iroportans pour ces établisscmens. M. Bouitlaud a traité de Vhumorisme 
en homme de science et d'esprit; peut-être , dans ses articles » recher- 
cbe^t-il trop Vhummtrf comme dan& celai sur le m v g n iiit mt ««»£flM^ àitP 
que le sujM y ptéle^ et ^aHI Hé étbïé point malp:ré M. Aostan qu'on 
paisse lire par î«i<fii:i|mt, - : v 



3!a4. JOURNAL DE I^IIARMÀCIE^' 

tJn« des meillenres qaalités de ce recaeil nous semb)« êtee l'abseiipe 
de tout système préconça. Depais quelques annééi{,>la médecine s^est 
fort dégoûtée des idées , des opinions qu elle avait embrassées Avec le 
plus d*enthousiasme ; on cherche les fais seuls et non les doctrines dans 
Brown, comme dans M. Broussait; on ne repousse et on n'adOpte plus 
uniquement sur parde. C'est ce que nous aimons à reeonnAttre dans la 
plupart des articles des auteurs; peut-être , cependant, préférerions^ 
nous voir le sentiment bien arrêté sur plusieurs points de pratiqué chez 
quelques auteurs aussi distingués que M. Andral , à cette incertitude 
yague qui résulte d'un éclectisme beaucoup trop général. Au contraire', 
nous désirerions que M. Roche, ou quelque autre habile , éterjdît 
davantage ses moyens thérapeutiques, puisque les seils antiphlogts^- 
ques ne sont plus regardés comme suffisans contre les inflammati^is. 
L'art pharmaceutique présente de nombreuses ressources de tout 
genre » qu'on a prétendu trop restreindre, en se concentrant un moiÂent 
sur la seule médication avec les sangsues et l'eau gommée : si la fffy;- 
pharmacie est vain luxe; \ oligopharmacie est pauvreté. ^':'t 

Un grand article sur \iade et ses préparations , son emploi médic^n'Ul, 
par M. ]V|artin-Solon , donne tous les renseignemens nécessaires au siyet 
'de cette active substance. Les travaux les plus récens sur la lithoirîiie 
sont dans le XL^, volume, fort bien retracés par M. Bégin , et Ton .es- 
time généralement les articles de chirurgie dus à des hommes axi^sr 
édairés que sa vans praticiens. Tel est surtout le grand article luxatièvL^ 
par M. Sanson. Quand on donne, pour spécifique unique du mal- de 
mer , le débarquement, il me semble que l'on compromet peu son talent 
thérapeutique ; mais il est d'autres parties de Tart médical posées avec 
beaucoup de savoir , et M. Alphonse Devergie traite de plusieurs articles 
de chimie médicale, çpmme mercure ^ méphitisme. Les sujets de maQ^ 
médicale ou de pharmacologie , par MM. Ratier et GuibOurt, pourrai^t 
ofifrirun développement plus complet. Ainsi l'article des huiles , quoig[uë ^ 
important, laisse à désirer plusieurs faits connus, notamment àTégotçl 
de Xhuile d'œufs et des principes qu'elle recèle. Il n'est guères exae^ de 
ranger la cire , le blanc de baleine , parmi les huiles pf'ppi ement di^s. 
L'usage thérapeutique des diverses huiles , ou fixes , ou volatiles , bu py- 
TOgénécs , est décrit superficielloment. Les préparations iodiques sont 
beaucoup mieux développées par M. Martin-Solon , et les plus récem- 
ment préconisées sont relatées. A l'article du mercure, M. Devergie éta- 
blit une polémique avec M. Orfila , sur la manière de reconnaître la 
présence des sels mercuriels dans les premières voies ; polémique peu à 
sa place en cet ouvrage. Du reste , ce dictionnaire atteint son but selpn 
les limites qu'il s'est imposées,, et d'après les conditions de son pro- 
gramme. C'est un mérite de rester fidèle à son plan , et une rareté au- 
jourd'hui de ne pas sortir de son sujet. J.-J. Viret. 



3d! 



PARIS. — IMPRIMERIE ET FONDERIE DE PAIN, 
Rue Racine , n». 4 1 pl^ce de l'Odéon. 



^«.^ â 



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V * 




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I 



*. 



rr^m 



JOURNAL 

DE PHARMACIE 



ET 



DES SCIENCES ACCESSOIRES, 

CONTENANT 

LE BULLETIN 



* * 



DES TRAVAUX DE LA SOCIETE DE PHARMAGIS 

DE PARIS. 



I * I I 1 1 I 1 ■ ■ ■■ I I I ■ I m 



N\ VI. — 20\ Année. — Juin i834- 



■^MMMM 



OBSERVATIONS 

Sur la composition chimique des corps gras. 

Fax M, L.«R. Bi Cavu, professear titulaire à VÉcole de Pharmacie de 

n- Paris, etc. 

y 

Mémoire lu à l'Académie des Sciences (i). 

On. admet généralement que la plupart des €orps*gras 
d'oi*igine animale ou végétale, tels que l'axonge, le suif de 
mouton, rhuile d'olives, présentent essentiellement la 
mêïtïû composition chimique , et ne diffèrent entre eux 

« * 

(i) Sur le rapport de MJV1« Chevreal et Dumas, chargés de Tezanieii 
de ce mémoire , TAcadémie des sciences , dans sa séance du 7 avril , en 
a ovdomié Tinserlion ilans le recueil des savans étrangers. 

XX.*^ Année •'^^ Juin 1834. ^3 



3:26 JouRNAi 

que par la plus ouinoTifs grande proportion de principe 
solide qu'ils renfermeat* 

Cependant , lorsque Ton vient à les traiter comparati- 
Tement par Téther , oo ne tarde pas à reconnaître entre 
ces corps des différences prononcées. 

Ainsi l'huile d'olives se dissout complètement à la tem- 
pérature de+ 15*^ centigrades dans une fois et demie son 
poids d'étber , tandis qu'il faut dans les mêmes circon- 
stances plus de 60 parties de ther poiir dissoudre une seule 
partie desuif de mouton; et , ce qui prouve que cettedifTé- 
rence n'est pas uniquement due , comme on pourrait le 
penser, à la plu» faible proportion de matière liquide que 
contient l'hilile employée, c'est que l'on obtient des résul- 
tats analogues, alors même que l'on opère sur la partie so- 
lide de lliuile d^olives, séparée par le filtre et Timbibition, 
entre des feuilles de papier non collé de la matière liquide 
qui l'accompagnait. 

. Ce fait, que j'avais eu Tété^ërnier Toecasion de consta** 
ter en m'oecupant, pendant mon oours à l'école de phar- 
macie, de rechercher un moyen prompt et facile de distin- 
guer l'axonge d'un mélange d'huile et de cire, m'a conduit 
à des observations que je crois dignes d'être soumises au 
jugement de l'académie , puisqu'elles doivent ajoiiter quel- 
que chose aux travaux si remarquables d'un de ses plus 
célèbres membres. J'espèrei en effet, démoi^rer, dans 1« 
courant de ce mémoire, que la Composition chimiquC'des 
corps gras précités n'est pas constamment telle qu'on a dû 
l'admettre jusqu'à ce jour; 

Que l'on traite à froid par l'éther une certaine qiiantité 
de suif de mouton jusqu'à ce que la matière mise en et^ 
]^(!rience paraisse ne plus din^inuer de volume, ou bien 
encore après avoir versé surda suif defiioutdnpféolable^ 
mei^ iandu eu baki-marie 5 à 6 fins-son volume d^éthcr, 
•llMêsé refroidir le mélange, qu'on l'exprime fortemcotii 
et dans l'un ^t faùtr^ cas qa obtiendra pour résidu une 



matièi^è $o\ide , blancbe « san» odeor et éaiis saveur ^ eu 
apparesoc semblable à la atéarioe de M« Çbevreul^ 
miaia douée de propriéiés chimiques particulières* 

Goiliprimée, elle est en petites lames brillaotes comme 
la Céline ou comme l'acide stéarique, ce qui n'a jamait 
liaiiiiTec la stéarine de Mé GberrtuL 

Fondue^ elle est en mas&e sans ten ture eristallineet demi» 
transparéote comme la cire» mais.infidiment plus cassante 
car on peut aisément la réduire en pojiidre Un tbermemè- 
Ira qu'on y plooge^ quand elle est fondue^ s'abaisse d'abord 
d'un certain nombre de dè^^St pui< remonte au momenl 
eàs'dpère la complète solidification* Dans une première 
expérience la colonne de mercure est remontée 

— k + 55,5 

dans une a*, à +54 

— â*. à +53 

— . 4^ à + 53,5 

GfaaniTéeplnafortemcaEit, elle entre en ébuUition et fonmit^ 
sans seeobreracnaiblement^ un produit solide analo^o 
à ôdui que nous Arioas obtenu, M Bussy et itatoif dans In 
distillation de l'anooge et du aUif » plus aclide toutefoia^ 
et demi on peut , an moyen de la pression et de cristallisa* 
tioft dans Talcool convenablement répétées , extraire un 
aef de fusible à + 65, indice certain, d'après ^(. Chevreol , 
de )a présmee de l'acide stéarique* 

Si done y dans nos rvcbercbes sur la distillation A0 
I*axoflge et du auif^ nousaTons cru pouvoir annoncer qu'il 
ne se produit pas d'acide stéarique, c'était probable* 
ment pi^rce que la présence d'un corps étranger nous en 
avait masqué rexistencé) toUt en eifet porte à penser que 
IVieide Stiarique doit aé produire pendant la distillation 
du suif et dn^'atonge ^ aussi bien qne pendant celle dm 
la matière que nous examinons^ 

l/aleofi dtt eommeaoe marquant 36<^ à Ifaréomètife de 



528 JOURNAL 

Baume , Talcool plus concentré marquant gj^ à ralcoo* 
mètre centécimal de M. Gay-Lussac , ne la dissolvent sen- 
siblement qu'à chaud, et par lé refroidissement la laissent 
déposer presque en totalité sous forme de flocons blancs 
neigeux. 

L'éther bouillant la dissout en très-grande proportion ; 
mais à la température de -f- iS"", Téther refroidi n'en con* 
tient plus que 7— de son poids. 

La potasse caustique en dissolution concentrée la dis*^ 
sont à cbaud en donnant naissance à un véritable savon 
soluble à froid dans lalcool et dans l'eau. 

Si l'on décompose par l'acide bjdrochloriqùe là <disso<* 
lution aqueuse de ce savon , et si l'on dissout ensuite à 
cbaud dans l'alcpol acidulé , afin d'en séparçr les dernières 
portions d alcali , la matière gi*asse figée à la surface de 
l'eau refroidie, on s'aperçoit, après l'avoir précipitée au 
moyen de l'eau et lavée jusqu'à ce que les dernières eaux 
de lavage cessent de rougir lé papier bleu de tournesol et 
de précipiter le nitrale d'argent, que la matière grasse 
dont le poids, après dessiccation au bain-marie, représente 
les ^fp seulement du poids de la matière mise en expé« 
rience , a complètement changé de nature. 

Elle est devenue soluble à froid dans l'éther, très^solu^ 
ble à chaud dans l'alcool qu'elle rend acide au papier, fusir 
ble à +64'' ; enfin elle a acquis les principaux caractères- 
de l'acide stéarique, à cette légère difierence près ^ja'elle. 
est un peu plus fusible. Une dissolution dans l'alcool , 
suivie d'une cristallisation , élève de deux degrés son point' 
de fusion; mais ce point une fois atteint, il n'a plus. été, 
possible de le dépasser. Cependant l'acide stéarique est ,. 
selon M. Ghevreul , fusible à ^ 70^. 

A quoi tient cette différence? Je l'ignore compléter! 
ment, et je me borne à la signaler en fiaiisant observer 91 
comme une coïncidence fort singulière, que. M. Bu^sy^^ 
dans le courant des importajites recherches qu'il poucsait 



DE PHARMACIE. 3^9 

en ce moment, n'a jamais de son côté obtenu un acide 
stéarique fusible à plus de 66'' (i). 

Dans la liqueur acide provenant de la décomposition 
du savon , on retrouve en évaporant après saturation com- 
plète^par le carbonate de soude , afin de prévenir la réac- 
tion de lexcès d'acide bydrochlorique puis reprenant par 
l'alcool concentré le produit de l'évaporation, une certaine 
quantité de glycérine (8 pour loo environ). 

L'analyse élémentaire de cette substance, faite dans le 

laboratoire de l'École polytechnique, sous les yeux, et, 

j'ai plaisir à le dire , sous la direction de M. Dumas , a 

donné dans une première expérience pour 0,9860 de ma* 

tière : 

Acide carbonique. ... • I9O09 

Eau II'*'.'.. o,3g6 

ce qui fournirait en centièmes : 

Carbone. . • * . 77^55 
Hydrogène* • . • 1^917 
Oxigène« .... io,a8 



100,00 



/ 



(i) i\r. B. La complète solubilité dans Télfor froid du produit de la 
décomposition du savon , m'a paru indiquer plus sûrement que ne le 
fait sa solubilité dan^ Valcool bouillant , l'entière transformation de la 
matière grasse neutife en matière acide. J'ai en effet eu deux fois l'occa- 
sion de remarquer qu'une portion notable de matière neutre peut-être 
altérée , mais à coup sûr non convertie en acide , s*était dissoute à chaud 
dans l'alcool y sans doute à la faveur de la matière acide qui l'accompa- 
gnait; tandis que l'éther froid avait permis de la séparer. L'emploi de 
réther froid permet de plus de constater aisément , dans ce même pro- 
duit , la présence d'un sur stéarate , qu'il dissout encore moins bien que 
l'alcool bouillant. J'insiste sur ce point , parce qu'on ne se fait guères 
l'idée de la ténacité avec laquelle la matière grasse retient l'alcali , ou 
plutôt de la difficulté que présente l'entière séparation des dernières 
portions d'alcali, quand on décompose par i acide hydrochlorique ou 
quelque autre acide les dissolutions aqueuses de savon. La matière 
grasse défend les dernières portions dé stéarate , de l'àctiofi décoinpo- 
sante de l'acide : aussi , ai>je toujours employé avec succès la modifica* 
tion que j'ai signalée plus haut, et qui consiste à dissoudre la matièra 
grasse dans l'alcool acidulé , et à faire bouillir quelques instans. De cette 
manière , le contact entre l'acide hydrochlorique et le sel sayoDneas est 
tniîuiraciit plus parfait. 



^80 JOURNAL 

. . Mais couine la matière étoit difficile à brûleri on a re# 
commencé 1 expérience en la dirigeant avec une eitréme 
lenteur^ Auiei , bien que les résultats de cette analyse 
diflèrent peu de ceux de la précédente ^ eomme cependant 
la eembustion fut plus parfaite, on doit les considérer 
eomme étant encore plus exacts. 

Cette Ibis on a obtenu pour o^gSoo de matière t 

. Acide carboni({ue. • . • 0,84^ 
£au. . 0|336 

ou po9r 100: 

'■ '• - Carbone. .*•*.... 78,0^9 

Hydrogène . • ia,38^ 

Oxigène. • 9iS84 



■«MMMMMMa 



00|000 * 

Transformés en Atomes, ces résultats eo&duisent à la for- 
mule suivante : ... 

C*4«H»4qo>. 
laquelle doootrait : 

ô* a» 700 9,78 

■ III - m^^mimé^miÊm» 

7,i6t 100,00 

Or, cette formule coïnciderait avec la formule décompo^ 
sée qui suit : 

Ci40Hmo5+C»H«OS 

dans laquelle on aurait un atome d'acide stéarique anby« 
dre combiné avec uû atome de glycérine également anfay« 
ère (i)« 

f 1) On adopte ici U formais dé Tacidè stéftriqae , rectifiée fw M. Bêl^ 
téViû^ , qui y adfAét ah Sortie d'hydrdgêné de moins ({ué f/L. Ch^rreuU 
se fondant du re>te sar TanalyM de M. Gheyreal lûi-métté. 



DE PHAIMACIË. 35l 

Oo peut done admettre que la matière analysée rën« 
ferme dès iquantilés de cariiône ^ d'fajdrogéne et d-oxig^èae 
telles^ qu'elle peut ^ sous cërtaînes influences^ se transfbïH! 
mer tout entière en acide stéarique et en g^lyœrine \ peitt*« 
être même constitue-t-elle à l'état naturel une combinai-» 
son particulière) dans laquelle la glycérine jouefait, "par 
rapport à Faeide , le rôle de base^ et eôntiendrait éxaete** 
ment autant d'oxigène qu'en contiennent les oxidcsdane 
les stéarates neutres. 

De ces considérations que Texpérience appuie^ puis** 
qu'elle prouve la conversion de la matière première » d une 
part, en acide stéarique sensiblement pur, représentant en 
poids les ^- de la matière primitive; d'autre part, en glyt 
cerine dans la proportion à l'étal d'hydrate de 8 pour loo 
environ de matière grasse , découlent , ce me semblé ^ entre 
autres , les conséquences suivantes i 

j *". L'acide stéarique i ainsi que l'avait annoncé M. Cher 
yreui^maiseana eidk avoir pu fournir une preuve, complète, 
est dans l'acte de la saponification l'unique produit âcid# 
d'ùti dés principes înlmédiats des fisses; de xnéme que 
très- probablement laoide oléique est à son toUf l'unique 
produit acide d'un autre pHûcipe; dé même encore que 
trèà-probablelment les acides butyrique, caprique, Cs^ 
proïque^ proviennent d'autant de principes particuliers 
dont l'un fôurpirait l'aeide butyrique ^ l'autre i'adide ca- 
priquct le troisième enfin l'acide caproïque (i), 

a**. Dans l'acte de la aaponification , l'actiob des alcalis 
se borne^ suivant qu'on admet telle ou telle hypothèse 
relativement à Jà composition élémentaire des. principes 
immédiats des corps gras , dans un cas à produire aux dé- 
pens de la majeure partie de leur carbone^ de leur hydror 
^èné et dé leur étigène | un aiide ^ras» tandis que le reste 

' \i) Yoi# & ee iàjst rMttiigè de M. Ghtfri«èiil< 41 M^ ëxëelltiis MbOU 
4a ifktionfwire da scipncti luUwreîks , pabUé cluMi i««VTStlt* 



332 JOUANAL 

de leur carbone , de leur hydrogène et de leur oxigène se 
combine en d'autres proportions pour produire la gljce* 
rine. Dans un autre cas , à éliminer la glycérine toute for- 
mée en vertu simplement de leur plus grande affinité pour 
lacide qui la saturait. 

Pour des raisons semblables on admettrait , que dans 
l'acte de la distillation, la majeure partie des élémens des 
principes gras s'unit de manière à donner naissance 
à des acides volatils , tandis que l'autre partie , peut-être 
après avoir aune certaine époque produit delà glycérine , 
se dissocie pour former les composés solides , liquides et 
gazeux qu'on obtient en même temps que l'acide siéari- 
que. Ou si l'on préfère la seconde hypothèse, on admettra 
que dans ce même acte de la distillation , les acides vola*» 
tils préexitans ne font que se séparer de la glycérine , 
ainsi que cela a lieu pour plusieurs composés , dont l'un 
des principes est volatil et l'autre fixe. 

J'observerai, relativement à ces conséquences, qui pour 
la plupart ne font que reproduire des idées depuis long^ 
teiaps émises par M. Chevreul, qu'elles sont toutes fondées 
sur les analyses de lacide stéarique et de la glycérine^ tel« 
les que les a données cet habile chimiste. Ces analyses pu- 
bliées à une époque où les procédés d'exécution étaient 
loin d'être aussi faciles qu'ils le sont devenus depuis, sont 
cependant d'une si admirable précision , qu'elles ont per- 
mis à leur auteur d'établir à l'avance là véritable com«- 
position d'un corps qui pour lui n'existait pas. 

Je veux parler de la stéarine pure, car nous verrons tout 
à l'heure que la matière à laquelle M. Chevreul a donné 
le nom de stéarine ne semble pas être un véritable principe 
immédiat organique. 

La matière nacrée, dont je viens de décrire les princi* 
pales propriétés , existe pour plus de , ^ dans le suif de 
mouton ; elle existe aussi « quoique en moindre propor- 
tion I dans Faxopge , le suif de veau , le beurre , et très 



D£ PHAAMÀCiE. 533 

probablement dans la plupart des autres graisses d'ori^ 
gine animale. 

La graisse d'homme, que M. Chevreul signale comme 
étant dénature particulière parce qu'elle ne produit pas d'a- 
cide stéarique quand ^on la saponifie , contient elle-même 
une substance nacrée peu ou point solubledansTétber, que 
je suis très disposé à croire identique à la précédente ; 
mais le temps ne m^a pas encore permis d'en faire l'objet 
d'un examen comparatif approfondi. 

Rien d'ailleurs de plus facile que d'obtenir à Tétat de 
pureté la matière nacrée des graisses; il suffit , par exem* 
pie, après avoir recueilli sur un linge et fortement exprimé 
la partie insoluble dans l'étber froid du traitement du suif 
mouton y de la faire dissoudre dans l'éther bouillant et 
cristalliser jusqu'à ce que son point de fusion reste cons- 
tant, ou jusqu'à ce que les liqueurs éthérées, au sein des- 
quelles elle cristallise, fournissent elles-mêmes, par i'éva- 
poration, un résidu fusible à -f- 62*" (i). 

J'ai dit plus haut que le produit, auquel M. Chevreul 
a donné le nom de stéarine, ne me paraissait pas être un 
véritable principe immédiat; voici les expériences sur 
lesquelles je fonde cette opinion : * 

J'ai pris io grammes de suif de mouton fusible à -|* 4^ > 
je les ai traités par 3 livres d'alcool à 36% employé bouil- 
lant en différentes fois, la majeure partie du suif, si5 gram- 
mes , est restée indissoute , les six autres grammes se sont 
dissous, et parles refroidissemems des liqueurs se sont en 
grande partie déposés sous forme de flocons blancs neigeux, 
que j'ai recueillis sur un linge fortement exprimés à la 
presse, puis enfin chauffes au bain^marie, pour en séparer 
les dernières portions d'alcool interposées. Leproduit ôb- 



MM 



(1) L*etnp]oi de l'éther permet tiissi d'obtenir arec une extiênie £•• 
cilité la cétine pare , dont le peu de solubilité dans Talcool rend l'en- 
tiére purification assez diiiicile , quand on fait usa^e de ce dernier véhi- 
cule. 



934 JOUANAt 

t40U«Uitfu$ibIeà4*49^9 parooméquént d'uo dcgféseuU^ 
ment moins fusible que la matière employée. L'étber froid 
{'«i partagé en deux . pattiea tràs^^difitioctfis 9 Tutto moins 
coi^dérdble, opaque , d an Uaoc mat, irès-soluble danè 
l'étb<3r froid ; lautre , plus considérable, nacrée, peu ou 
fgiiït soluble dans Téther froid , très-soluble dans letbcr 
bouillant^ qui. la laissait, en se refroidissant, précipiter en 
petites lames micacées faciles enfin à reconnaître pouf lu 
matière nacrée précédemment décrite* 

La inatière adipocireuse, décrite par M. Brgcoûnot, 
dann son ménucnre siif les corps gras , si plein de faits el 
InalbeHreusement trop peu cité , correspond au coatraira 
purfaitement à notre principe nacré dés graisses , et en 
0fi'el M. Braconnôt^ Annales dèehimiey tome 93, pages si4o 
«t ]i64f lui donne pour caractère de se fondre a 49** Beau-* 
mur, 61525 centigrades^ et de fournir, quand on l'a traite 
par la.potasae^unadipocire fusible à^^So Aéamur^ 6:»,5| 
centigrades. 

J'observerai seulement que ringénieu:^ procédé de 
M. Bràeonndt 9 l'imbibilioa dans da papier non toll« d*uo 
mélange de âttif de mouton et d^eèsendede térébenlbin^ ne 
fournit un produit parfaitemelit pur qu auti^Qt que Ton a U ' 
fc^Jidefdadi'èlé suif à plusieiirS'reprises arec denoUYéUes 
Quantités d'essence, encore vauMl mieux commet jesi ai 
«u l'idée le faire dissoudre en dernier lieu daùsTéthelr 
Jiouillanl et cristalliser. Cette facile modification permet 
de séparer les dernières portions de matière grass^ élraH» 
gkt%^ et les d^rnièreà portions d'essence interposée 
plus èompl^temenl que ne peut le faire une ébuUitioo 
prolongée i d'ailleurs susceptible d'altérer le produit lui- 
même , «t de résiuifier une partie de l'essence. 

Mais si M. Braconnot, en cela plus heureux que 
tlié CheTFeul^ a 1« premier séparé du suif de beeuf et de 
mouton tiiti principe immédistt solide sensiblemMi pur, 
il n'a point apefçu la matière solide qui 1 accom|>agne 



0£ PUAlMàClË. 335 

eônstammeiDt^ et constitue la partie aolabla 4aot l'étlier 
de la stéarine de M. Cbèvbeul. 

Lëtudede cette seconde matières o^est )>oiiit , je Tavouei 
a beaucoup près aussi complète que je TaUrais déûré } 
aussi m'empresserai'je de la reprendre aussitôt que dea 
fonctioDsque j ai à coeur de remplir Uonorablementi m'en 
laiaseront le loisir. Toutefois ^ je crois dès à présent pou<* 
yoir en admettre l'existence dans le suif de mouton , laxoQ*^ 
ge Ht quelques autres graisses animales , comme un fait 
démontré I trois moyens principaux ont été employés pouiP 
l'obtenir. Le premier consistait à abandonner, à une éva-» 
poratioii spontanée, les liqueura étbérées proirenant du 
traitement ^u siîif de mouton ; puis quand les liqueurs 
avaient laissé déposer une partie de la matière so« 
lide qu'elles contenaient en retenant de préférence la par** 
tie liquide (oléine) , à comprimer les flocons recueillis sur 
un linge, aies exprimer fortement, enfin à les exposer 
à la cbaleur prolongée du bain-marie. 
"^ Le second à évaporer complètement les liqueurs éthé^^ 
réès, à recueillir lé résidii, & le eoûipritner ëâtre dêd feuilles 
dé papier qu'on avait le soin àé féDôuvëléf plusieurs foiâ , 
et dans cet état à lé partager en deult portiôné : 

L*une destinée à être traitée pàf lalcool , à l'imitatioù 
du procédé donné par M. Cbevreul ; Tautre à être fondue 
znélangée d'essence de térébenthine, et comprimée de 
nouveau à l'imitation du 'procédé donné paf M. Bra- 
connot. 

' l)ans une dernière expérience, la matière obtenue pa^ 
ce dernier procédé fut redissoute dans Téther froid, et sé« 
{>arée partiellement pour Tévaporation ,* afin- de rendre 
plus complète encore, s'il était possible, èa piirifica^ 
tien (t). La matière obtenue par Tun ou par 1 autre dé 
eëa procédés est sensiblement idètitique. 

p l i III I I ' 1 i ■ I 1 I I • I ■ I I un I II i l I I I 

(}) On peat eocore se procurer cette matière , en exposant à une basse 
ieitfpératafè resftence èe téréfeeatlifiie< dent on 6« s^l féw MlrâM 
l'adipocirc de M. Braconnot, et comprimant la masse congelée. 



336 JOCENÀL 

Elle est beaucoup plus fusible que la matière nacrée 
précédemment décrite, puisqu'elle entre en fusion à -4*47» 
tandis que celle-ci, placée comparativement dans une am- 
poule soufflée à l'extrémité d'un tube, ne se fond qu'à 
+ 620. 

Elle se comporte avec l'alcool , soit à chaud , soit à froid , 
à peu de choses près de la même manière, ce qui suffit pour 
rendre raison de sa présence dans le produit désiré par 
M. Chevreul sous le nom de stéarine ; mais Téther froid 
la dissout en bien plus grande proportion. Ainsi un mé^ 
lange de 2 grammes de cette matière , et de 5 grammte$ 
d'étfaer, forment une dissolution complète à + 18% si le 
mélange étsiit fait dans les proportions de 10 parties d'é- 
tber contre 2 de matière , la dissolution était complète 
à 4* ^6 , et ne se troublait qu'à -{- la». 

Là potassé caustique la transformait d'une part en 
glycérine, et d'autre pari en une masse acide, eix grande 
partie formée d'acide fusible à -{- 66. 

La preuve que j'avais acquise de l'entière transforma- 
tion de la matière nacrée en acide stéarique dans les 
mêmes circonstances , jointe à Fopinion émise par M. Che- 
vreul , de la présence dans les savons de graisses animales 
d'un acide distinct de l'acide stéarique , conduisant natu- 
rellement à penser que l'acide margarique devait être pro- 
duit par la matière nouvelle , j'ai trois fois répété l'expé- 
rience , mais trois fois je me suis convaincu de la pré- 
sence réelle de l'acide stéarique dans le produit de la dé- 
composition de son savon. 

Au reste, ce résultat , tout en contredisant une opinion 
trop rationnelle pour qu'elle ne donne pas lieu nécessai^ 
rement à de nouvelles recherches , n'aurait après tout rien 
qui dût surprendre, quand on réfléchit que l«i cétine,. si 
essentiellement différente de tous les produits immédiats 
connus des graisses animales , peut aussi , et dans la dis"> 



DE PUÂKMÀGIE. 537 

tiUàtîoii et dans la saponification , donner naissance à des^ 
acides identiques; 

Les acides stéariqùe et margarique offrent d'ailleurs 
une telle analogie , leur caractère distinctif presque ex- 
dusif, la fusibilité de Tun à «{- 70 /de l'autre à4-'€o, 
est tellement susceptible d'être altéré par la présence dé 
laplusminime quantité de matière étrangère, qu'il est 
très-difficile de ne pas les confondre , et même que sans la 
confiance si légitimement inspirée par le nom de M4 Ghe- 
vreul , on serait parfois tenté de ne les considérer *qu0 
comme des variétés d'un mémeoorps. 

Que si Vidée se présentait à l'esprit que le produit des 
graisses , fusible à «f- 4B'', soluble dans environ deinc fois 
son poids dether froid , pourrait bien être iui simple iné-^ 
lange ; je répondrai d'abord que son point de fusion reste 
constant , et qu'il faudrait par conséquent, pour admettre 
l'idée d'un mélange , admettre aussi entre les corps qui 
le composent une force d'attraction assez peu vraisem- 
blable; ensuite que l'oléine augmente si peu la solubilité 
dans l'éther de là matière nacrée, qu'il est possible' de 
retrouver cette dernière dans des mélanges artifidela 
qui n'en contiennent qu'un dixième^, voire même qu'un 
centième. 

Que l'on prenne o,3a de matière nacrée , qu'on la dis«*< 
solve à chaud dans 20 grammes d'huile d'amandes douces , 
et lorsque la dissolution , qui restera fluide , sera complè- 
tement refroidie , qu'on y verse 35 grammes environ d'é-^ 
ther, et l'on verra tout aussitôt le mélange se troubler , 
laisser déposer des flocons blancs , jouissant de toutes les 
propriétés de la matière nacrée. 

Dans les mêmes circonstances, un mélange d'huilé 
d'amandes douées et d'éther ne se trouble en aucune 
âianière* 

l!é'exisf%ncê d'une secondé matière solide^ comme prin* 
cipe imtaédiat de l'aicoi^, du suif de mouton et dé leurs 



33$ loviHAi. 

•nfj0gw*, tbe samhlè dohcy je le répèle , devoir éfffl 
admise , tout en avouant encore que de nourelles. expé-^^ 
rieoG^I sont néoessaîrei pour en faire connaître la Téri- 
table conipesltion élémentaire^ et pour reûdre parfaite*^ 
mm compsferdês ehangemens qu'dle éprouve aa contaiài 
des aleaU». 

Li iniiti^re aoltdede plutîeurtf hoilea d'origine Tégétâle ^ 
«t plua spécialement deUe de Thuile d olives^ partage 
avec la matitire que je viens de décrire , en second lieu ^ la 
propriété de se dissoudre presquen toutes proportiiMif 
dans Téther froid, ce qui eiplique parfaitement la difié«i 
venca signalée au commencement de ce mémoire entre les 
difiërens corps gras trailés compara lîvement par. Téther. 
Mai» J'identiié n est pal complète, car si Tune se fond à 
4* 4^ , l'autre se fond à -f^ aS ; si l'une fournit pai^mi ]es prof< 
dnits de sa saponification unacide fusible k^66, que i'o^ 
peut considérer comme étant identique arec Tacide stéari^ 
que^ Tautre, au contraire, fournit un aâidefusibleà+6o% 
dont des dissolutions dans l'alcool bouillant et des cristal* 
Bsatsons réitérées en peuvent élever sensiblement le point 
de fusiûtt. 

Ge serait donc à tort que l'on prétendrait considérer 
les builes d origine végétale, identiques à l'huile d'olives, 
conimé ne diRerant des graisse» d'origine animale que par 
l'absence d^ la matière nacrée* 

. Il parait même qu'il n'existe pas entre touteë les builes 
4'origitte végétale tineais^^i parfaite analogie qu'on l'admet 
assea généralement 9 et qu« quelques-unes d'eotrt elles se 
rapprochent davalilage des graisses animales que 00 
l'huile d'olive; ainsi l'huile cooorètd de muscades paraît 
devoif son iœomplète solubilité dans l'éther i UQe ma- 
tière nacrée ahalcgne h celle qu'on rencontre dané )o suif 
de mouton. Schrader, dans des expériences qu^;oii#r 
Mf Beraéiliu»^ avait déjà signalé icette incomplète splubWté 
4u b^urrQ de muscades dans 1 étber } et j'ai de flou venu en 



DE FHAIMArCtfit 35^ 

rocéatioli âe la eoBtiater en éifenadant la même ôbBarvatioB 
au beurre de eaéaç qui toutefois contient une plus faible 
proportion de matière nacrée; de telle sorte que, pour 
¥j Retrouver, il devient nécessaired employer des précau- 
tions l^ërticuliëree ; par exemple , de dissoudre le beurre 
de cacao dans Tétber, d'exposer la dissolution à un froid 
de quelques degrés au-^dessous de ^ et de ne recueillir 
qil^ les premiers flocons déposés. 

Si nous essayons maintenant de résumer les faits prin^ 
cipaui exposés dans le courant de ce mémoire, noua 
verrons: ' ^ 

I®. Que si les builes végétales analogues à Thuile d'oli- 
ves ne paraissent renfermer , comme on Ta depuis long- 
temps admis, qu'un principe liquide et un principe solide 
mélangés en différentes proportions , les corps gras d'ori- 
gine animale, outre un principe liquide, renferment au 
moins deux principes solides. 

Le premier seul, moins fusible, beaucoup moins solu- 
ble dans 1 ether, pourra conserver >à l'avenir le nom de 
stéarine, jusqu'alors appliqué au mélange des deux. 

Le second , plus fusible , beaucoup plus soluble dans 
l'élber, fort analogue au principe solide de l'huile d'olives | 
mais non complètement identique avec lui , devra recevpir, 
au contraire, un nom particulier ^ui pourrait. être celui de 
margarine, en distinguant la margarine des graisses de la 
margarine des builes. 

2*. Que le beurre de cacao et l'buile de muscades , bien 
que d'origine végétale , s'éloignent par leur composition 
de Tbuile d'olives pour se rapprocher davantage des 
graisses d'origine animale. 

3"*. Que l'expérience prouve la complète transforma- 
tion par les alcalis de la stéarine pure en acide stéarique 
et en glycérine, en même temps que son analyse élémen- 
taire fait voir à l'entière simplification de la théorie de la 



54Ô JOURNAL 

saponification, qu'elle peut être représeitfée dans sa com- 
position par de Facide stéarique anhydre et de la gly- 
cérine également anhydre. 

Je terminerai en appelant d'une manière toute ptirti- 
culière 1 attention del académie sur la stéarine pure, dont 
j'ai l'honneur de mettre un échantillon sous, ses yeux. Il 
me semble vraiment impossible que l'industrie française 
tarde à tirer parti de cette substance. Aujourd'hui qu'il 
reste démpntré que la partie solide des . graisses , telle 
qu'on l'obtient par l'expression ou par l'alcool bouillant 
est un mélange en proportions variables de deux princi- 
pes diversement solides^ diversement fusibles , on conçoit 
beaucoup mieux qu'on ne lavait pu faire jusqu'alors la 
possibilité réelle d extraire directement des graisses, sans 
les altérer, une matière de nature à remplacer la cire; 
et d'un autre côté divers essais m'autorisent dès à présent 
h penser qu'il sera possible de livrer au commefce la 
stéarine pure à un prix assez bas pour faire un jour corn* 
plétemeut abandonner Fusage des chandelles de suif, 
dont les nombreux inconvéniens sont depuis si long- 
temps signalés. 

J'ose donc espérer que l'académie verra , dans ce qu'il 
peut offrir d'intéressant pour les arts, un motif de plus 
d'excuser les imperfections du mémoire que j'ai l'honneur 
de lui soumettre, et que f espère faire suivre d'un second 
ménibire propre à le compléter. 



/ 



DB PHTARMACIE. 5^1 

* » » * 

ê 

De là composition de quelques substances organiques. 

Par MM* Blàbcbbt et Sell. 
Extrait des Annales de pharmacie , tom. VI , cahier 3. 

(Suite.) 
Huile danis. 



» 



Elle est contenue particulièrement dans les semenced 
du pimpinella anisum; elle est composée de deui huiles, 
un stéàroptène et une éléoptène. Le premier est dissout 
dans le second a -}- l'j'' \ son poids monte au quart 
de celui de l'huile. Toutes les huiles d'anis ne laissent 
pas déposer du stéàroptène, on trouve des huiles parfaite- 
ment pures qui restent liquides dans toutes les condi- 
tions. Celle qui contient du stéàroptène commence 
à le déposer à + ïû"*. L'huile d'anis, comme toutes 
les huiles volatiles^ absorbe l'air, augmente de poids et 
devient plus épaisse ; son poids spécifique est, d'après 

Saussure, àaSo 0,9867 

' Martius. . 0|9853 huîle ancienne. 

Idem, . : . . . 0,979 récente. 

Tremlich,à 170 0,991 

Chardin, à 25° 1,075 

Le poids spécifique varie donc selon son âge et selon 
la qualité dn stéàroptène quelle contient : 

Analyse. o,49^5 de matière nous ont donné i,449 acide carbonique et 
0,379 ®*"* 

La composition de Thuile , caculée d'après cette ana- 
lyse , serait t 

Carbone. ^ ,..,»,.. . 8i,35 

Hydrogène 8,55 

Oxigène. xo,io 

100,00 

XX". Année. ^^Juin 1 834 • ^i 



^4? JOURNAL 

L'huile que sous avons employée pour lanalyse 
était de l'huile danis ordinaire, colorée en jaune , qui 
contenait beaucoup de stéaropténe ; elle a été dépouillée 
de son eau'^^ar le chlorure de calcium. 

Stéaropténe de l'huile Partis. 

On peut le séparer de Téléoptène, en le pressant 
entre du papier à fiUrer, à une température de o®. 
Ce procédé ne fournirait cependant pas un produit par- 
faitement pur et propre à être soumis à l'analyse. C'est 
pour x;elte raison que nous àrons suivi le procédé ci- 
après. 

Le stéaropténe dépouillé de TéléoptéDe , autant que 
possible, par le procé<lé qui vient d'être décrit, a été 
dissout à chaud dans Talcool à 90° ; par le refroidissement 
il cristallisait en larges écailles brillantes, qu'on a ras- 
semblées sur un filtre, et séchées entre du papier à 
filtre.; en faisant fondre le stéaropténe ainsi obtenu, 
nous l'avons dépouillé de l'alcool adhérent. Le stéarop- 
téne, parfaitement pur, était cristallisé en paillettes 
nacrées; il est plus pesant que Feau; il fond à 16"^ ; il 
entre en ébullition à 220^ 6ans se décomposer; il est 
plus volatil que l'éléopténe , mais se dissout avec moins 
de facilité dans l'alcool. Le stéaropténe solide n'éprouve 
aucune décomposition à'rair,à letat fluide il se comporte 
•comme Thùile. 

Aoalyse. 0,44^ de matière nous ont donné lySii acide carbonique et 
o>3a4 eau. 

Sa composition, calculée d'après cette analyse, serait : 

Carbone 8i»ai 

Hydrogène.' . 8, la ^ 

Oxiféne 10,67 

100,00 

A cetre aimlyse correspond la formule suivante ; 



F * 



DE PHAAMiCIE. 349 

5 atomes dé carboné. • . 3,8di5 Carbone. . • ii,$g 

6 d'bydroçène. . 0,3; 38 HydrogènOi . 7.9^ 
^ i d'oxiçèué. • • . o,5ooo Oxiffèoe. * • iQfi^ 

99>99 
Satrssttre et Dumas ont trouvé la composition suivante 
au stéaroptène de l'huile d'anis t 



* 



Sâuuure. Damas» 

Cft»b«»e SS,47 6t,SS 

Hydrogène. ...» f » 7,^3 8,a$ 

. Oxigéne. . « .... « S,$4 10,^ 

Azote o^é • 

i « j l ia i « I mi t^i^m^Êf^f^ifmm 

1 00,00 100,09 

Huile de fknouiL 
Son poids spécifi(}ue est éelon s 

Martias 0,9853 

Lecoij. «».«.,••,• 0,997 
"* Chardin, k 25, ..... 0,890 

Cette bulle . présente la plus grande analogie avec 
rbuile d'ani^ ; toutes les deux déposent le stéaroptène 
à lo"*. Ou reste , elles. oàt à peu près le même poida spé*< 
cifique : . , . 

Composition* Carbone . • v« « . • ^n*^^ 
Hydrogène, . ; . .^ 849 
Oxîgèae. .,..'• . i4,3» 



■.»■■ 



100,00 

Sdoil Coèbeli lliuile de fenonil est composée de : 

Carbone. , ,,;,..,,, 754 

fiydrogène. ...."..... ïo,6 

' Osigêne. ••»...*..«•• i4>^ 

100,0 

Stéaroptène de Vhuile de fenouil. 

Composition. Carbone. # • . , 80,79 . 81» iQ 

fiydro^na. . . , 8,09 8,^4 

Oxigène. 1 . . . ihi0 1^,57 

^4. 



544 JOURNAL 

La formule trouvée par ces analyses est : 

Composition calculée. 

, 5 atomes de carbone. . . 3,8a 1 5 Carbone. . , 8x,39 

6 d'hydrogène. . . 0,3738 Hydrogène. . 7,96 

^ d'oxieène. . . , o,5ooo Oxigène. . . 10,64 

99.99 

En comparant les analyses du stéaroplène de l'huile 
^ d'anis avec celle du stéaroptène de Thuile de fenouil, on 
ne saurait plus révoquer en doute leur identité. La dif- 
férence des deux huiles doit être attribuée à la diversité 
de leurs éléoptènes , leurs stéaroptèiïes fondent et entrent 
en ébullition à la même température , et ils présentent 
. parfaitement la même composition. 

Huile de menthe poivrée. 

' Dans toute la plante du mentka piperita se trouve ré* 
pandue une huile volatile qu on peut obtenir par la 
distillation avec Teaù. l)ans le commerce on en dis- 
tingue particulièrement deux qualités, Tune vient de 
l'Amérique, l'autre est fournie par la France, l'Angle- 
terre et l'Allemagne. L'huile de menthe poivrée, d'A- 
mérique , dépose une plus grande quantité de stéarop- 
tène. Celle produite .en Allemagne possède cette pro- 
priété , dans un beaucoup pioindre degré. D'après Gièse , 
Thuile qu'on obtient de la plante verte et avan^la floi:aison, 
ne dépose point de stéaroptène ; mais si la plante est 
recueillie et séchée pendant la floraison , elle donne à la 
distillation avec l'eaii une huile qui dépose du stéarop- 
tène. 

^Le poids spécifique de l'huile de menthe poivrée est 
selon : * 

Martids. ..... 0,9098 d'ane huile préparée par lai et non rectifiée. 

Idem. ..,«... 0,9024 huile rectifiée. 
Chardin, à i8^ . 0,9068 huile d*Ângleterre. 
Idem, à a5 . . 0;9ï7 hiûl« de France. 



r 



D£ PHARMACIK. 5^ 

L'huile que nous avons analysée avait été tout récem- 
ment préparée par M. Nieper , pharmacien, de. Heidelr 
berg ; nous Tavons mise en contact avec du chlorure de 
calcium pendant plusieurs jours pour la dépouiller de 
toute l'eau : 

Analyse i. Analyse s. 

. Composition. Carbone 79>63 79i53 

Hydrogène. . . » Ii,a5 10,77 

Oxigcme. . . . • 9.1a 9>7o 

100,00 100,00 

Les deux analyses donnent la même formule atomisti«- 
que , savoir : 

Analyse calculé^ 

6 atomes de carbone. . . 4*^^^^ Carbone. . . 8o,33 

10 d*hydrpgène. . o,6'23o Hydrogène. . 10,91 

^ d'oxigène^ • . . o,5ooo Oiigéne. . . 8,76 

> ' 99>99 

Selon Goebel , Thuile de menthe poivrée est compo* 
sée de < 

Carbone . jS,! 

Hydrogène.. . ." i3,4. 

Oxigène xi,5 

100,0 



/ 



Stéaropiène de thuile de menthe powrée. 

L'huile de menthe porvrée d'Amérique dépose en partie 
son stéaroptène par refroidissement. Le stéaroptène cris* 
tallise en aiguilles , se fond à 4" ^T 9 ^^^^^ ^^ éhullitiou 
à -[- aoS*" ; mais au contact de l'air il prend à cette tempe-* 
rature une teinte jaunâtre, et ne se fige alors qu'à -f ^4"** 
Il peut être distillé sans altération dans des vases clos. Le 
produit de la distillation forme après^ le refroidissement 
une masse blanche cassante, cristalline et assez dure. Ce 
stétiroptène ne cristallise ni dans l'alcool, ni dans un 
mélange d'alcool et d^éther. Proust regarde ce stéaroptène 
aussi bien que le stéaroptène des labiées en général comme, 
identiques avec le camphre commun . 



34^ JOURNAL 

Le stéaroptène soumis à Tanalyêe a été jiurifié pat h 
diêlillation : \ • 

Analyse 2. 0,493 de matière ont donné i.aSi acide carbonique et 

o,53d eab. ■ " ' 

Analyse a. o,336 de stéaropténe ont donné 0,939 acide o«rb9lûi|W 

et 0,392 eau. 

r 

Analyse k. Analyse 9. 

Carbone 79.63 77Ȕ*7 

Hydrogène.. • • t . 11, a5 1^,9^ 

Oiîgène 9,1a 9,77 

tOOiOO 109,90 

La formule atomistique, calculée d'après ^ g^a analyses 
est : 

Analyse calculée. 

5 atomes de carbone. • . S.BsiS Carbone. . . 77.^!^ 

10 d'hydrogène. . o,6i)b Hydrogène. . 12,59 
l d'oiigène. 1 . * o,5ooo Ozigène. . . 10,12 

11 résulte de ces analyses qu'en considérant lat:omp<H' 
sition chimique de ce stéaropténe, ^ on ne saurait le croire 
identique avec le camptité commun. 

Selon DumaS) le «téaroptène de l'huile de menthe poi- 
vrée, est composé de : >. 

Carbone»^ •..«!.«.'* 97«6l ' 

Hydrogène x3,09 

Oxigèae* • 9>3o 

MI>,O0 

Huile dasarum. 

Gompoiitioa. Garboaet ,...>.. ^^l . 

Hydrogène "9176 

Oxigène. . . - . . . 14,86 

il I I ■ I ■! I 

100,00 

Camphre d^asarum (hydrate d'huile d'asarum).' . 

Il a été décrit dahord par Goertiy et plus tahl par 
Lassaigne et FeneuU« ; nais c'ealàM. Grafigerjque notts 



DE PHARMACIE. 54y^ 

devons les recherches les plus importantes sur le cam^ 
phre d'asarûm ; il a publié les résultats qu'il a obtenus 
dans la dissertation dont nous allons donner un extrait^ 
d'autant jplus qu'on n'en a pas parlé dans d autres jouf- 

ilaux. 

L'auteur a retiré deux substances cristallines de la ra- 
cine d'asarum europeum, dont Tune était déjà connue 
auparavant soué le nom de camphre d'asarum ; lautre 
ressemble à la première , il est vrai , mais elle .s'en 
distingue par sa forme cristalline et par plusieurs 
autres caractères notamment par la manière dont elle se 
comporte avec les acides , elle a reçu le nom d*àsaritc. 
La racine, distillée avec de Teau, fournit une liqueur . 
laiteuse d'une odeur aromatique et d'une saveur âcre;*à- 
la surface du liquide on voit nager des gouttes jaunâtres 
qui se transforment peu à peu en une masse de cristaux 
aiguillés. Après avoir été séparés de Teau aii moyen de 
la filtration , ces cristaux ont été dissous par l'alcool , et 
précipités de cette dissolution par l'eau ; ils formaient 
alors une masie blanchâtre et brillante qui flottait dans 
le liquide, tandis qu'une matière laiteuse jauné.se dé- 
posait au fond. Celle-ci prenait bientôt l'apparence dé ta 
manna tahulata , et pouvait être séparée des cristaux 
parla décantation et la filtration. Les cristaux séchés entre 
des papiers à filtrer, présentent Tasarite pure. La massie 
huileuse coagulée jaune , qui est un mélange d'huile vola* 
tile et de camphre d'asarum, fut pressée entre des papiers 
à filtrer. En la faisant fondre dans une petite capsule de 
platine , l'huile fut évaporée; il resta une matière parfai- 
tement blanche. 

L'asarite se présente en petites aiguilles ayant 1 éclat 
de la soie , sans odeur ni saveur, d'un poids s{Sécifiqcre 
de 0,95 à 56° R. ; elle se fond en un liquide huileux inco-^ 
k>re. Si Ion continue à la chaufIV:r, elle psisse à l'état de 
vapeur bhnche très-irritante; à une température plus 



348 JOU&NAL 

élevée, elle brûle avec une flamme claire fuligineuse, et 
laisse pour résidu un charbon facile à incinérer. L'asarite 
se sublime sans se décomposer au commencement ; les 
jlérnières parties deviennent facilement empjreymatiques 
et jaune brun , en déposant du charbon sans qu'il se forme 
de l'ammoniaque. Les cristaux sont solubles dans l'alcool, 
l'éther et dans les huiles volatiles , mais non dans l'^au ; 
l'acide nitrique les dissout avec dégagement de gaz, en 
produisant de l'acide oxalique. L'acide sulfurique les dis* 
«out aussi avec dégagement de gaz; mais si l'on étend 
d* eau cette dissolution , ils s'en séparent sans altération. 
Si Ton élève la température de l'acide sulfurique, l'a^aritt; 
se dissout avec une couleur brune sans que la dissolution 
précipite par l'eau. La liqueur paraît peu à peu bleue ; 
étendue d'une plus grande quantité d'eau, elle parait d'une 
couleur rouge de vin. Après avoir paasé à la couleur 
violette elle dépose de l'ulmine. L'auteur présume qu'il 
se forme une combinaison d'hjdrogène carboné et d'adde 
sulfurique , analogue à l'acide sulfovinique ou sul-* 
fonaphtalique. 

Le camphre d'asarum se distingue de lasarite par les 
propriétés suivantes : il se volatilise sans laisser de ré- 
sidu, en dégageant des vapeurs fort irritantes; l'eau le 
précipite de sa dissolution alcoolique en cubes et. en 
.prismes à six pans ; il ne se dissout dans l'acide nitrique 
que lentement et sans dégagement de gaz« La dissolution 
contient de l'acide oxalique. Avec l'acide sulfurique con- 
centré, le camphre donne une dissolution d'un rouge 
brun ; l'eau en précipite une résine briine. La dissolution 
étendue contient un peu de tannin ; par l'eQet àe la chan- 
teur elle ne devient ni bleue ni verte, mais d'un rouge 
brun. Après avoir été fondu il présente une masse striée 
cristalline. 

Le camphre que M, Gracger a bien voulu nous remet- 
',tre possédait les propriétés suivantes . il est parfait^ 



DE PHAR&ACIË. 349 

i^enl blanc, transparent, cristallisé en prismes à six pan6 ; 
il se fond à + ^o"" » et se prend à + 27" ; il entre en, 
ébuUilion à a8q°. Le thermomètre ne tarde pas à montjer 
jusqu'à »f- 3oo'', température à laquelle' le camphre est 
décomposé ; après le refroidissement il ne se solidifie qu'à 
aS degrés, il ne se sublime pas. Nous Favons purifié de 
nouveau pour lanalyser, en le faisant dissoudre dans 
l'alcool chaud et cristalliser. 

AtOHMt. 

G<M]| position. GadMne . « » 69,48 8 

Hydrogène. . 7,78 11 

Qxigène* 22,7a 2 

99i99 

En comparant Tanalyse de l'huile d'asarum à celle du 
camphre, on peut admettre presque avec certitude que 
l'huile est la base du camphre, et celui-ci Thydrate de 
l'huile. La forpule pour l'huile serait G^ H^ O , et sa 
composition 

.• Carbone 79»65 

Hydrogène 7,3a • ^ 

Oxigène i3,02 



Huile de persil. 



«K 



En distillant leâ semences d'opium petroselinum avec 
de l'eau , on obtient une huilé volatile légère, et une huile 
plôs lourde , qui contient du camphre ; ce dernier nfe tarde 
pas à . se déposer au fond de Teau en cristaux aiguillés; 
— En distillant m^éme une très*grande quantité de se^ 
mences, nous n'avons obtenez que trop peu de cette, huile 
Jég^re pour pouvoir la soumettre à quelques es^périenees. 

Camphre de persil. 

r • 

• » ^ 

L'huile, de persil, récemment préparée et mise en con- 
tact avec de l'eou , s'est convertie en camphre au bout de 



350 JOURNAL 

quelques jours* Au moyen de la filtration on peut séparer 
^luMi de lîeaii , et le sécher entre du pnpier -à filtrer. 
Dissput dans 1 alcool , il cristalline en prismes et en ai* 
giiill'es à six pans, il se fond h ^ So"". H ne se solidifia 
ensuite après un temps assez long qu'à une température 
beaucoup plus basse; à-}-a t**.il entre enébuHition ; à4'3oo** 
àpèù près , il se colore en brun , et il ne se sublime pas. 

Analyse i. 0,4^7 de matière ont donné 1,04^ acide carDonique et 

o^a'jQ eau. 

Analyse x o,4335 de matière ont donné 1,1^ àtide iCarbQiiique et 

0,279 eau. 

Sa composition^ cailculée d'après ces analyses, se- 
rait 

Carbone 65,03 65, i3 

Hydrogène. . . . 6,35 6,4i 

Oxigéme ^7.7» a346 



• ioo,oa - 100,00- 

La formule' atomistique qiil correspond à ces analyses 
serait ^e 

Apalysé calculée. 

6 atomes de carbone. . . 4>^3^3 Carbone 65,3o 

7 d'hydrogène. . 0,436 1 Hydfogéne. ... 6,21 
3 d'oxigène. . . . 3,0000 Oxigène 28,48 



99'99 
Huile de camphre. 

Gett« huile provient <la laurus camphora^ L. Dans le 
tronc At cet arbre , à v^<m 1 5 pieds au-dessus du sol , on 
fftit une forte entaille , par laquelle s'écoule l'huile qui s'y 
trouve renfermée. D'après quelques voyageurs, le camphre 
est d'abord liquide ; il ne devient solide par ràction de l'air 
que quelque temps après/ On pourrait concevoir alors 
que le stéaroptène qui se trouve dans l'éléoptène plus 
volatile se sépare , tandis que ce dernier se volatilise. 
Uhuile de camphre n'est retirée de la plante récente que 
-dans le9 Indes orientales; malheureusement nous ne la 
iroiiveas décrite que ârop imparfaitement v«(t U â^ a qti« 



DB PHAIRMACIE. 35l 

trop peu de recliercfaes qui aient élé faites sur cette huile; 
si importante pour'^ formation des camphres , pour 
qu'on puisse de tàitt une idée nette sur la formation des 
derniers. 

Camphre commun* 

t 

L existence d'un radical organique qui fait la base du 
camphre de plusieurs huiles volatiles et de leurs combi*> 
iMisons , a été indiquée d'abord par M. Dumas , dans aiifs 
note {^nn. de Chimie et de Phjs. , tùm. 4^, pag. ^io). 

Avant que les recherches de M. Dumas ne fuf6sent 
connues , les analyses du camphre et de Taoîde campho^ 
rique I par M* le professeur Liébig, et celles du camphre 
artificiel de sa base et de l'huile de térébenthine, par 
ie docteur Oppermann, avaient conduit ^lux formula tui** 
tantes î 

« 

Camphre 6(aCH-3H)-|-0 

Acide cAUt^horiqué. » 5(aG4")H)4-50 

Camphre artificiel 6(aG+3 H) +Chl H 

Httiie da camphre art^cid. .. 6(aG + 3H) 

Haile de térébenthine. . . . ; lo (a €4- 3 H ) 4- H2 O 

Il suffit pour ainsi dire de l'inspection de Ces for- 
mules pour présenter à l'esprit l'idée d'un radical orga* 
nique , composé de a C + 3 H ; en admettant une légère 
différence dans la quantité d'hjdtogëne qui équivaut à 
peine à une faute d'observation, M. Dumas a développé 
une formule encore plus simple , qui porte plus d'accord 
entre la composition du camphre et de l'acide campho* 
rique : il donna le nom de caoïphogène à une combinaison 
de C^^ 4* H'^' Lorsque M. Dumas publia sa note, il 
n'avait encore fait aucune analyse ; ses résultats n é« 
taieat que des conclusions théoriques , fondés sur les 
travaux antérieurs i car il y considère encore l'huile . de 
térébenthine comme l'hydrate du camphogàne hypolh^ 



552 JOURNAL 

tique, ce qu'il reconnut être inej^act plus tard, après 
qu'il eut analysé lui-même ThuilWe térébe'nihtoe. 

'Du reste, excepté Tanalyse du canîpbre, M. Dumas 
n'a publié aucune expérience par laquelle l'existence 
du campbogène , comme formant la base de plusieurs 
builes volatiles cristallisées ou liquides, pût être mise 
hors de tout doute; car ses analyses des stéaroptènes 
dams et de mentbe poivrée présentent des quantités 
différentes d'hydrogène pour la composition du campho- 
gène^ ce qui nous semble contredire plutôt que con- 
firma l'existence de ce radical invariable, dans le cas où 
l'on supposerait que la base de ces stéaroptènes dôt être 
idej^tique avec la base hypoj^bétique du camphre. 

C'est ce qui nous a surtout engagé- 'à répéter Tanalyse 
du camphre ave£ toutes les précautions possibles ; pour 
Tanalyser, lious nous sommes servi du camphre commun 
du commerce , nous avons choisi un morceau très-put'priâ 
dans l'intérieur d'une grande masse. 

Analyse i. 0,5776 de matière ont donné 1,470 acide carbonique. o, 556 eau. 

2 0,4745 ' . 1,379 . . .o45a 

3 0,432 iy233 o»4^ 

La composition du camphre , calculée d'après ces ana- 
lyses , ^st de 

Analyse i. - Analyse, s. AnalyMS., :. . 

Carbone 79,95 . , 79'ï9^ 7^^9i/ . 

Hydrogène. . . . • 10,71 io,*58 io,5i' ' 

Oxji^çne. .... 9,34 ïo,23 10,58 



100,00 100,00 xoo,oô 

La formule suivante correspond à ces analyses : 

Analyse calculée. 

10 atomes de carbone. . . 7,6430 Carbqne. . . . . 79,28 

x6 .' d'hydrogène. . 0,9968 Hydrogène.. . . 10,34 

I , . d'oxigène. . . x,oooo , Oxigèner.. . . , 10,37 



Ces analyses confirment les résultats obtenusparTVf . Du- 
mas ;' mais elles diffèrent de rpour cent de càfbone des 



DE PHARMACIE. 553 

aBalyises publiées par M. le professeur Liébi^. Selon, ce 
dernier, on doit rechercher la cause de. cette différence 
dans l'appareil qu'il a employé alors , pour l'analyse des 
matières volatiles et très-riches en carbone ; en déter- 
minant ou calculant la proportion du carbone d'après le 
volume de l'acide, carbonique , on commet une erreur qui 
augmente le poids du carbone , et qui l'augmente d'autant 
plu8 , q4ie la quantité de matière est plus petite relative- 
ment à la capacité de l'appareil; cette différence cependant 
n'a point d'influence sur les coinpositions calculées. C'est 
par la même raison que l'analyse de l'bydrochlorate de 
dadyl (camphre artificiel) de Oppermann , et l'analyse de 
l'acide urique par Kodeveiss , se sont trouvées inexactes ; 
la cause de cette erreur parait provenir de ce que le 
deutoxide poreux de cuivre absorbe et condense de l'ait 
atmosphérique qui , chassé pendant la combustion , ^ug" 
mente le .volume du gaz qu'on obtient , et de ce que l'oxide 
de cuivre qui se refroidit dans le tube étroit n'absorbe 
cet air ou un volume correspondant d'acide carbonique 
qu'après un temps assez long. 

Considérations générales sur les huiles et le camphré 

cités plus haut. 

. En considérant dans l'ensemble les expériences sui^ 
les huiles volatiles que nous venons de publier, on 
pourhi admettre que les deux principes , les stéàrop- 
tènes et les éléoptènea , se trouvent déjà toutes formées 
dans la plante vivante , et se trouvent dans des rapports 
très^differens; les conifères et Jes àurantiacées four- 
nissent, comme on sait, les éléoptènes«le$ plus purs; 
quelques laurus ne donnent pour ainsi dire que des 
stéaroptènes t on ne saurait déterminer avec exactitude 
le rapport qui existe ientre le stéaroptène et féléop-*' 
tène dan$ les huiles volatiles. Dans une quantité pesée ,' 



354 iOUHKAl 

on ne pourrait jamaU les isoler de mmihte k pûuvokr 
dire que les éléopt^nQS soient parfaitement dépouiliéa dé 
stéaroptèoe : on sait que les vapeurs d alcool ou d ena 
bouillante entraînent toute Thuile volatile, quoique les 
diverses huiles n'entrent en ébpUition qu'à une tempéra* 
ture beaucoup plus élevée que .l'eau et l'alcooil; o est par 
la mém^ raison qu'on ne parvient pas h séparer le» éléop^» 
tènes du stéaroptène au mo^en de la distillation. Lis point 
de la congélation des huiles volatiles est différent ^ d'ai^rès 
la nature de chaque huile ; quelques»uoea déposent le 
stéarophène à + lo*, tandis que d'autres demandent 
pour cela une température de plusieurs degrés au^dessèus 
de zéro. En comparant les analyses de Thuile volatile non 
akérée avec celle du stéai'optèoe qu'elle dépose « on verra 
de suite que la première contient plus d'oxi^ène que le 
second ; l'éléojptène devrait donc être d'autant plus ri-* 
che en oxigène que l'on pourrait l'analyser dans, un plus 
grand état de pureté. Selon Saussure ^ l'huile dé rosé 
contient de l'ojiigène ; le sté^rapténe qu'elle sépare, est 
une combinaison de carbone et d'hydrogène. Le point de 
fusion des diflerens stéaroptènes varie de + 7° à 76 : le 
point d'ébullition est ordinairement au<*dessus do sioo^iil 
ils ne se décomposent pas à cette température ; ils ne se 
dissolvent point dans l'eau, mais avec facilité au contraire 
dans l'alcool , Téther , les ht|iles volatiles et grasse^. 
Comme stéaroptènes bien caractérisés , nouii citerons le 
camphre communales stéaroptèneis d'anis, de fenouils lee 
stéaroptènes de rose , de lavande » de menthe poivre^ et 
de cubèbe, sont n^oins bien caractérisés.. 

Jusqu'à présent on avait donné le nom de camphre à tous 
les principes cri3tallin^ ^ sans ei(ceptioa ^ sép^^rés dea 
liuijes vpUtiles; n^aisiiaus cfoyoAS dévoie .apfjiquer uoe 
nomenclature plus précise à ces corps ^jgious désignons 
par le nom de Si^aroptèa^ Les pjriax^ipei arîstalUns doot 
nous avons parlé m dénier lieu, et à^eux qui ne ae 



Sormtnt et ne se sépsunent à i'atat cristallio queparVior 
fluence de l'eau sur les huiles volatiles à une tepipéralure 
déterminée , nous donnons le nom de Thydrate des huiles. 
Pour justifier cette distinction ^ nous rappellerons le mode 
de préparation de l'hydrate d'huile volatile de persil et la 
séparation des hydrates d'asai^tlïn et de térébenthine. Dif- 
férentes opinions ont été émises wa «ujet de ces CQrps, 
Berzélius cite déjà le camphre d'asarum et autres produits 
organiques analogues comme des principes particuliers 
sous les noms de asar, helen, anemon^ etc.; il était 
réservé à l'analyse de procuref des éclaircissemens au 
sujet de ces corps; c'est elle qui devait nous faire 
connaître leur composition , leur formation et leurs 
propriétés caractéristiques. En comparant les analyses 
des huiles de térébenthine et d'asarum avec celles desdits 
camphres de térébenthine et d'asarum, on ne saurait 
plat douter que ces deroiers ne soient les hydrates des 
huiles. 

Quant à leurs propriétés physiques, les hydrates res^ 
semblent beaucoup aux stéaroptènes ; ils se dissolvent et 
cristallisent dans Teau ; ils sont solubles dans l'alcool, les 
huiles volatiles et grasses , mais tous ne cristallisent pas 
dans ces dissoli^ions ; J^ur point 4e fii^on .se trouve 
entre 3o° e^ • 5o** : leur point d'ébullition s'élève jusqu'au 
dessus de aSo"" ; à cette température , il se décomposent en 
partie; leur dissolution alcoolique exposée à la lumière 
solaire, dépose de Fhuile. Outre les hydrates dasaruii»^ 
de persil et de térébenthine , nous comptons. encore les 
camphres dalante, d anémone et de citron. / 

' • Jusqu'à présent nous n'arons vu que des éléoptènes 
se convertir en hydrates da#s les circonstances indiquées. 
Diaprés les ex^rienees de Pfâlf , qui en chaufiant. lè 
camphre commun avec défeàu âai^é^Ie digesteurde Pirpin, 
trouvai que l'eaù en avait dissoUt- une quantité eoiisidé* 



5Ô6 JOURNAL 

Table, on pourrait admettre peut-être que les slëarop- 
tènes peuvent aussi se convertir en hydrate* 

APPENDICE. 

Huile de pétrole et de tiaphte. 

Les différentes analyses qui ont été faites avec l'huile 
de pétrole sont les suivantes : 

Huile dé pétrole d*amiano* 



^ Poidi ^nciftque. Carbonée . Hyirogènêk Oxlgcoe. 

Saussure/ . ,...., o»936 ^8,02 11,98 » 

Huile de pétrole de Perse» . 

Thomson. . ..."., 0,753 82,2 14,2 » 

Ure. . . » 83,(4 ï^^.^i 4,65 

Herrmann 0,76 88«5 11, 5 » 

Dumas » 86,7 12,7 > 

Blaiichet et SéU » no. i. 0,749 84,70 i4»36 • 

BlanchetetSell, ulP. 2. 0,849^ ^7170 . i3,oo » 

EXTRAIT ÛÊS ANNALES DE CHIMIE 

ET tlt PHYSIQUE. 



M • 



, ' Décembre 1 833- 

'JUémoire sur le tannin et les acides galliquè , pyrO'- 
^^galliqùé ^ellagique et métagallique , par J . Pelouse. 

, Dans le dernier numéro de ce journal , nous avons déjà 
donné à l'article. Nouvelles des sciences, un aperçu 
lapide des résultats les plus saillans de ce mémoire ; nous 
allons^ aujourd'hui y revenir avec plus, de détails* 
. Ile tannin e^xtr^it de la noix de galle; par Féther hydraté 
à Taide de la méthode de déplacement est incolore et 



DE j>HÀBMÂGtE ^6f 

sans odeur, sa saveur est astringeoiïe au|)this batii degré; 
Teau le dissout en quantité copSsi4éi:ableietr 1^ <U$solutiaa 
rougit la teinture, de tournesol. Les 8<els de fer au i9i<« 
nimum ne la troublisnt pas 9 mais elle précipite abon- 
damment en bleu foncé par les i^iémes sels pero^idés* 
L'alcool et lether dissolvent le tannin, mais beaucoup 
moins bien que Teau ,^ en quantités d'autant plus faibles 
qu'ils se rapprochent davantage de l'état anhydre, M. Pe- 
louse n'a pu réussir à le faire cris,talliser,,mais il lui a 
présenté au microscope l'aspect, d'un corps parfaitement 
homogène, et d'ailleurs il birule sans lai^s^ aucune.trace 
de résidu. . 

L'acidç nitrique chauffé avec le tannin le trans&rme 
en acide o;i^alJique. 

, Les sels de cinchonine, ^de quinitie^ de brueânev de 
strychnine, de codéine, de parcotine et da morphine^ 
forment, avec la solution de- tannin des précipités falanca 
peu solubles dans feaui, ni^is tuès-soli^^les dians l'acide 
acétique. 

M. Pelouse a observé , contradictoirement à l'opinion 
de M. Wistock, que les ^elsde' morphine, accompagnés 
ou non de narcotine , étaient également précipités par 
l'infusion de noix de galle comme par la solution de 
tannin ; mais que ce phénomène cessait de se produire 
lorsque l'infusion était ancienne, sans doute à cause de 
l'acid^^aUique qui s'y était formé; puisque ce deimiei: 
acide dissout fadletnent les précipités produita dans les 
sels de morphine soit par le tannin , $oit par. Tinfusioa 
de noix de galle. 

. Le tannin forme dans, la dissolution de gélatine un pré- 
cipité qui se redisaout surtout, à chaud lorsque, la gélav», 
tyie est en excès* .Ua morceau, de peau dépilée par la, 
chaux ^ et telle qu'on la prépaie pour la tanner, ali^sorbe 
si complètement le tannin d'une dissolution ^dans laquelle. 
Oj^ la plonge, qu^ la liqueur restante lie prend pas la 
XX*, Année, — Juin 1 834« a5 



359 ^ joukKAL 

plus légère teinte avee les fiursels de fer, et ne laisse 
aucun réiidu perrëvaporation. Si au contraire le tannin 
est mêlé d'acide gallique, n'en conttnt-il que les quatre 
à cinq millièmes de son poids , la liqueur colore très- 
sensiblement tes sels de fer en bleu ; c'est là , dit M. Pe* 
lonse, le meilleur et peut^tre le seul mojen'de s'assurer 
^ de la présence de l'acide gallique dans le tannin. 

La combinaison de gélatine et de tannin est sensible-^ 
ment insoluble lorsque le tannin est en excès ; cependant 
la combinaison de tannin et' de peau épilée est plus com«- 
plétément insoluble encore. Il en résulte qu'il existe une 
différence notable entre la gélatine et la peau , et que lé 
cuir doit être considéré non plus comme une combinaison 
de gélatine et de tannin , mais bien comme un composé dé 
tannin et de peau. L'alumine gélatineuse agitée avec une 
dissolution de tannin l'absorbe rapidement et forme avec 
lui un composé très^insoluble. M. Pelouse a soumis quatre 
fois à l'analyse, dans l'appareil de M. Liébig, du tannin 
cbaufie à lao"* , et lui a reconnu la composition suivante : 



& 



Carbone.. • • « 5i,ift 

Hydrogène. • é^^i^ 

Oxigène 44)^4 



100,00 



Ce qui donne pour rapport atomique C^ • H* O* ; le 

poids d'atome du tannin déterminé par la calcination du 

tannate de plomb a été trouvé a688,ao4 et correspond à 
la formule C^sR^s 012. 

L'analyse du tannate de peroxide de fer a donné pour 
ce sella formule suivante: Fe^ O* (C*« VL^^ O^»)*. Cette 
composition remarquable fait voir que le tannin se com-^ 
por^èeomme les acides les mieux définis, et suit les mêmes' 
tois de saturation en se combinant avec les oiides* 
' -Le tannin en dissolution aqueuse très • étendue scT 



I 



DE PHABMAOIE* 3S9 

trànsfenne en acide galBque, et se iirécipite' en petita 
oristauz lorsqu'on 1 abandonne à l'influence de l'air ou de 
l'oxigène. 

Si l'expérience est faite dans un tube ^adué renfer- 
mant un volume déterminé d'oiigëne, ce gaz est absorbé 
lentement et remplacé par un volume égal datîde car«* 
bonique. 

La même dissolution se conserve au contraire san» 
altératiofa lorsqu'elle eét renfermée dans un vase bien 
bouché. 

M. Pelouse a conclu de ces faits, et dé Quelques autres 
considérations, que l'acide gallique ne préexistait pas 
dans la noix de galle, mais résultait de la lÀodification* 
du tannin par l'éxigène de l'air. 



"» % 



De Facide gallique, * 

• - '\ ' .1 

Depuis long-temps M. Braconnot a fait observer que 
l'acide gallique, préparé par sublimation, différait essen- 
tiellement de laçidc gallique ordinaire, et a donné au 
premier le nom d acide pyrogallique. Cette opinion, .com- 
battue par M. Berzélius, mais génériilement admise en 
France, vient délre confirmée par les expérieocei^ de 
M* Pelouse, qui a étudié comparativement les acides 
gallique et pyrogallique. 

L'acide gallique pur, bien débarrassé du tannin, ne 
trouble pas la dissolution de gélatine. Il cristallise en 
longues aiguilles soyeuses, d'une saveur légèrement aci- 
dulé et stjptiqueb II est soluble dans l'éiUer et plus 
•éluble tncore dans lalcool. Il forme dans la dissolution 
du persulfate de fe^ un précipité d'un bleu foncé qui se 
dissout lentement à. froid dans la liqueur au sein.de Ja4 
qneUe il s'est formé. Celle-ci se décolore complélement 
au ))0ut de quelques jours 9 Tàcide jmlfurîqiie reprend peu 
à peu la majeure partie de l'oxide de fer à l'adde^al^ 

25. 



360 JOtRNÀL 

Hqiie , et le dernier cristallise dans la liquear, raoïenée 
au minimum par la destruction d'une certaine quantité 
d'acide gallique. 

• L'acide gallique ne trouble pas la dissolution des sels à 
base d'alcalis végétaux , il forme , avec les eaux de baryte , 
de strontiane et de chaux, des précipités blancs qui 
prennent des couleurs très-variées , depuis le vert jus- 
qu'au rouge foncé , et se détruisent quand on les expose 
à l'influence simultanée-de l'air et d'un excès de base. 

Les galiates de potasse, de soude et d'ammoniaque 
donnent des solutions incolores , mais qui , au contact de 
l'oxigène, absorbent ce gaz, et prennent une couleur 
brune très*foncée. 

Les cristaux d acide gallique , exposes à tme douce cba- 
leur, perdent un atome d'eau et subissent une espèce 
d'efflorescence. 

Desséché à iao°, sa composition correspond à la for« 
mule C7 W 05. 

On a vu , dans le précédent numéro de ice Journal , 
page ^4^^ les modifications remarquables qu'une tempé- 
rature habilement conduite fait éprouver à l'acide gal- 
lique , au tannin et à l'acide pyrogallique lui-même'; nous 
ne reviendrons pas ici sur ce chapitre, nous passons im- 
médiatement à l'étude des acides èllagiqùe , pyrogalHque 
et métagallique. 

De Vacide ellagique. 

Uadide ellagique se forme quand on expose à l'air une 
infusion de noix de galle , et s'en dépose en même temps 
que l'acide gallique; on les sépare à 1 aide de l'eau bouil- 
lante qui ne dissout que ce dernier. > . 
' L'acide ellagique difière de l'acide gallique par U0 
atome d'eau eA moins* La formule est par ooiïsé<]ueff t ^ 



DE PHÂRMA.CIE. 36 1 

De f acide pyrogallique. 

• , • ■ 

Cet' acide cristallise en aiguilles très-allongées , excès- 
sïv^inient sol^bles dans leau, solubles dans Talcool et 
Téth^ sulfurique* Sa réaction sur le papier de tournesol 
est extrêmement faible. Il entre en fusion vers 1 15 degrés 
et en ébullition vers aïo"^. 

A sSo'' il noircit fortement, laisse dégager de l'eau et 
donne un résidu abondant d'acide métalliijue. Il forme 
arec la potasse, la soude et l'ammoniaque des sels très- 
solubles. Il ne trouble pas les eaux de baryte et de stron- 
liane. Le persulfate de fer, versé soit k froid soit à 
chaud dans une solution d'acide pyrogallique , est instan- 
tanément ramené au minimum, et la liqueur prend une 
belle teinte rouge , ^ans laisser <iéposer la plus légère 
trace de précipité. 

Il ne se forme pas d-acide carbonique comme cela a 
lieu avecie tannin et l'acide gallique. 

M. Pelouse lui a trouvé par l'analyse la même formule 
que M. fiersélius lui avait donnée il y a déjà un grand 
nombre d'années, O^ H^ O'. 

De l'acide métagalUque. < 

L'acide métagallique s'obtient, comme on l'a vu, en 
cbauQant à 25o® du tannin ou de l'acide gallique, il reste 
dans le vase distillatoire sous forme d'une masse noire 
très-brillante , insipide et complètement insoluble dans 
l'eau. Il dégagé avec efi'ervescence l'acidç carbonique 
des èarbbna^tes de potasse et de soude. 

La foririule déduite de ses analyses est C^ H* O^. 
. La formule théorique déduite de la composition du 
métagallate d'argent est C^^ H^ 0^ 

M. Pelouse se propose de revenir sur. cet acide, ainsi 
que s ur Culmine dans un procbaiii mémoire. 

F. B. 



^62 J ou AN AL 



Suite uux mémoires de M. le docteur Reighehbagh , sur les 
jnrosktiês de la distillation sèche des corps organiques • 

Pieamaro. 

. M» le docteur fteich^nbach Ç8t parvenu à iac^r cette 
jubftauce qui communique ramertume aux produite de 
Ja distillatioQ empyremnaûque des corps organiques. 
. Pour 1 obtenir on soumet à la distillation du goudron 
de bois de hêtre ; on fractii^nne le produit, el les portions 
qui ont une pesanteur spécifiqu<ede i,o8o à 1,09$ sont 
Tersées dans huit parties d'une solution de potasse d'une 
pesanteur spécifique d* 1,1 5 , et on opère promptement 
le mélange que l'on abandonne (insuite à lui--méme* I) se 
forme d'abord à la surface) une coucbe d'eupione impure 
contenant de la paraffine , puis la liqueur s'éclaircit et se 
remplit au bout de vingt-quatre beutesi de cristaux bril- 
lans aiguillés ou lamelleux : on décante les eaux-^^mères 
qui ont une couleur brune-noire , on exprime les cris- 
taux qui sont alors d'un brun clair , on les fait dissoudre 
encore plusieurs fois dans une solution bouillantiB de 
potasse, jusqu'à ce que les eaûx-mères soient incolores , 
et que les cristaux aient une couleur nankin. Geux^i sont 
alors décomposés par de lacide phosphorique étendu. 
La potasse se combine avec lacide , et il se sépare une 
buile limpide, brunâtre , que l'on distille deux à trois fois 
avec de l'eau aiguisée d^une petite quantité d'acide pbos- 
pborique, et que l'on distille ensuite avec précaution 
sans aucune addition. S'il fallait Tobtenir à un état de 
pureté extrême , on ferait cette dernière opération sous 
la macbine pneumatique, aussi bien pour empêcher 
l'accèi dtt Toxigène atmosphérique que pour pouvoir dis* 



DE PHAEMACIE. 563 

UUer à une moiodre chaleur. Ce corps, aioii obteuu, jouit 
des propriétés suivantes : 

Il est presque incolore, limpide, transparent ( il a la 
consistance d'une huile un peu épaisse, il est gras au 
toucher, son odeur est faible, particulière, non désaf^raable, 
sa saveur est d'une amertume insupportable, brûlante, 
*puis fraîche comme celle de la menthe poivrée : cette 
fraîcheur persiste long-temps après que Tamertume a 
disparu. Sa pesanteur spécifique est de i,io sous une 
pression atnàosphérique de o,730'»', et à ao'* ç*, il jouit 
d'un pouvoir réfringent considérable,, et disperse d'une 
manière assez marquée les rayons lumineux, mais il le 
cède pour ces propriétés à la créosote et au carbure de 
soufrei C'est le principe amer de tous les produits empy-* 
reumatiques : M. Aeichenbach lui a donné le nom de 
picamare ( inpice amarum). 

L'oxigène n'exerce pas d'action bien sensible sur ce 
corps à la température ordinaire. Lors même qu'on l'ex- 
pose pendant long-temps à l'air il ne prend qu'une teinte 
légèrement jaunâtre ; mais soumis a rébullilion à l'air 
^ fibre, i! se colore peu' à peu en brun. 

Il n'a pas d'action même à la chaleur de l'ébullition sur 
Foxide rouge de fer et le peroxide de manganèse; mais 
il ramène l'oxide rouge de plomb à un moindre degré 
d'oxidation, et réduit le deutoxide de mercure lorsqu'on 
le fait bouillir avec ces oxides. 

Un courant de chlore gazeux le brunit et Tépaissit, 
lorsqu'on continue à y faire passer ce gaz jusqu'à ce 
qu'il ne se forine plus d'acide hydrochlorique , on trouve 
qu'il s'est produit d'une part de l'humus , et de l'autre 
une nouvelle substance huileuse qui ne se dissout plus 
dans la solution de potasse. 

Si l'on mélange une partie de brome avec quatre par- 
ties de picamare 9 ce dernier cox:p$ prend aussitôt une 



364 JOURNAL 

couleur rouge-brun foncée. II y a de plus dégagement 
de vapeurs de brome et élévation de température. 

Il donne avec Tiode un mélange liquide de consistance 
épaisse. 

Il dissout le phosphore, le soufre et le sélénium. 

Il se dissout sans décomposition dans l'acide sulfurique, 
et ce n'est qu'à une température élevée ( i So*» c. ) qu'il se 
décompose. Cette propriété fournit un moyen de le se* 
parer de toutes les substances empyreumatiques qui ne 
résistent pas à l'acide sulfurique froid ou légèrement 
chaud, ainsi que de celles qui n'y sont pas solubles. 

L^acide nitrique le décompose et le transforme en une 
masse cTun rouge*I}run sans qu'il se produise d'acide 
oxalique. 

Il se dissout facilement dans l'acide acétique, et cette 
grande solubilité explique pourquoi l'acide pyroligneux 
ordinaire contient une assez grande quantité de picamare, 
ainsi que le prouve son amertume. 

Ce corps dissout même à froid l'acide carbazotique 
cristallisé et lacide benzoïque ; les acides borique, succi- 
nique , gallique , oxalique , racomiqué , tartrique , ci- 
trique , margarique , stéarique, oléique, n'y sont solubles 
qu'à chaud. 

L'acide mellitrique cristallisé, les acides molybdique, 
uriqûe, subérique, ne sont pas attaqués par ce corps 
même à la chaleur de 1 ebullition. L'acide hydrochlorique 
s'y dissout en petite quantité , à cette même température 
lacide bydriodique y est légèrement soluble à froid. 

Il forme avec la potasse des combinaisons cristallines , 
ainsi qu'il a été dit plus haut. Les cristaux sont presque 
insolubles dans l'alcool , et Ion peut employer une petite 
quantité de ce véhicule pour les laver : un excès en dé- 
composerait une partie et dissoudrait l'huile. Etendu 
d'eau:, l'alcool dissout à la chaleur dé Tébullition une 



DE PHARMACIE. 365 

grande quantité de la combinaison de picamare et de 
potasse qui s'en sépare par le refroidissement sous forme 
de cristaux blancs brillans. Si la dissolution est trop sa- 
turée, la cristallisation n'a pas lieu et la dissolution reste 
à froid sous forme d'un liquide épais. Les cristaux en- 
tièrement purs sont inaltérables à l'air et brillans ; mais , 
pour peu que leur pureté ne soit pas complète , ils 
prennent peu à peu une couleur brune ou bleue; s'ils 
sont très-impurs, ils deviennent presque bleu indigo. 
Le corps bleu qui se manifeste dans cette coloration sera 
décrit à part. La solution delà combinaison de picamare 
et de potasse dans l'eau n'a lieu qu'avec une décomposi- 
tion partielle ; une grande partie de l'huile est alors mise 
en liberté. L'addition d'une faible solution de potasse 
éclaircit la liqueur, une solution concentrée du même 
alcali y reproduit des cristaux. La combinaison de pica- 
mare et de potasse cristallise, il est vrai, et n'est pas atta- 
quée par l'acide carbonique de l'air ; mais la potasse n'y 
est pas neutralisée, et cette combinaison Irunit aussitôt 
le papier de curcuma humecté. La soude , la chaux , la 
baryte et l'ammoniaque forment aussi des combinaisons 
avec ce corps. 

Il est très-peu soluble dans l'eau, loo parties d'eau 
n'en dissolvent pas même une partie. Il est un peu plus 
soluble dans l'eau bouillante , la solution n'a d'action ni 
sur le tournesol ni sur le curcuma, il peut aussi ({Jssoudre 
une petHe quantité d'eau , 20 parties de picamare mêlées 
avec une partie d'eau , donnent un liquide trouble qui 
s'éclaircit complètement lorsqu'on élève la température 
à 90* c. 

Il se dissout en toutes proportions dans l'alcool, l'é- 
ther sulfuriquc, i'éther acétique, l'esprit de bois et la 
créosote ; il ne dissout pas la paraffine , l'asphalte ni le 
succin. Le camphre artificiel s'y dissout promptement ; 
mais la solution de la naphlhaliue , de la narcotine , de la 



366 jouitMAi. 

strychnine, de la cinchonine , de la piperioe^ de la bri4«» 
cine ne s'y opère qu'avec lenleur. La picrotQiiine et la 
salicine ne s'y dissolvent que par rébuUition. L'indigo* 
tine s'y dissout auparavant; mais la delphinine, l'ané- 
monine, la vératrine, le tannin, la corthamine, le sucre 
de canne, y sont insolubles. La stéarine, la céline^ la 
cire ne s'y dissolvent qu'à l'aide de rébullilion et s'en 
précipitent par le refroidissement : il dissout même .à 
froid la cholestérine dclaïne, les huiles d'olives et d'a- 
mandes, le camphre^ l'essence de térébenthine, le baume 
deCopahu, les résines et les matières colorantes ^fsi- 
neuses. Le caoutchouc s'y- dissout à l'aide de la chaleur 
et s'en précipite par le refroidissement. 

Le corps n'exerce pas d'action particulière k ^extérieur 
sur l'organisme vivant. Son amertume extraordinaire est 
toutefois digne d'attention. De quel effet peut être suivie 
son administration intérieure? c'est une question dont la 
solution exige d'autres recherches. 

Quant à son appIicatioA dans les arts, pous davops 
faire remarquer qu'en raison de son peu de volatilité, do 
son assez grande consistance et de sa faible affinité pour 
l'oxigène, c'est, après la paraffine, le principe des corps 
gras retirés du goudron, le plus susceptihle d'être em- 
ployé. Peut-être pourra-t-on s'en servir pour graisser les 
machine^ de prix, et préserver de la rouille les travaux 
d'acier qui sont, comme on le sait, enveloppés en Angle- 
terre dans un papier préparé exprès avec de vieux câbles 
goudronnés. 

PittacaUe, 

La découverte de ce corps est encore due aux belles 
recherches de M. le docteur Reichenbach. 

« 

Si h une solution de picamare encore impur dans 
5o parties d^alcool, ou bien de l'huile de goudron débar- 
rassée de son acide lihre par de la potasse liquide, etc.j 



DE PHàâMAGIE. 56y 

Cin ajoute quelques gouttes 4'6ftu de Jbarytevk liqueur 
pp€tid tout à coup «pe très^beltê couleur bleue qui passe 
isiu bleu indigo au bout de einq ihinutes. Ce phénomène 
est dû à la présence d^une noUYelle suèstanee bleue par- 
ticulière pour la préparatîoti de laquelle M* Beicbenbach 
fera connaître plus tard le proeédé le plus convenable. 

Ce chimiste a donné à ce nouveau corps le nom de 
piitaculle (de ^^mrrot, \a^ poix et ?• «ottov, le beau). Il 
possède les propriétés suivante^ : 

Précipité à Tétat floconneux de ses dissoIutionSfOU ob- 
tenu parleur éyapQration, il se réunit soua forme. d'une 
nUasse tinctoriale d'un bleu foncé solide et cassante comme 
J'indigo. Il prend comme celui-ci par le frottement un 
éclat métallique cuivreux , doQt la couleur passe suivant 
le degré de pureté au jaunci d'or et même au jaune laiton 
Je plu# pur, T/éclat d0 Tor est si dominant qa'on ne peut 
l'obtenir exempt de cet éclat, et que toutes leis matièrea 
sur lesquelles on étend ce corps, telles que porcelaine, 
.verre, papier et toile, sembleiU dorées. 

' Il est inodore et insipide, non volatil ; à une tempéra- 
ture élevéi^ il se ch^b<mde sans répandre d odeur a«mo* 
niacale. 

Il ne se dissout pas dans Feau à proprement parler; 
mais il y est suspendu dans un état de ténuité tel que la 
liqueur qui passe à travers le filtre est bleue, et limpide ; 
mais ail bout de quelques jours la matière colorante ae 
déposé sous forme de flocons d'un violet foncé, et l'eau 
qui surnage est incolore. Ce corps est sans action sur le 
tournesol et sur le curetima. U est inaltérable par Vair 
et par la luniière. Il se dissout à froid et sans décomposi^ 
Uondans l'acide sulfurique légèr^nent étendu, et dans 
.1 acide Ljfdrochlo^ue l'acide nitrique le décompose* 
L'acide acétique le di#iout en graode quantité; la sol«f- 
tion acide, est rouge aurore, et elle re|>reiid une très4»eUe 
GODlew bleue pw l'additioo d'im eMès d'aloalis; G^ oorps 




568 JOURNAL 

«st 9 suivant M. Keichenbach, un réaietif encore plus sen* 
sible que Je tournesol à l'action des acides et des alcalis. 

Il est insoluble danç les alcalis; ces corps le précipitent 
de ses dissolutions sous forme de flocons , qui , vus au 
microscope, ont l'aspect d'aiguilles fines. 

L'alcool, l'étber et l'eupione ne le dissolvent pas. Il 
donne, avec l'acétate de plomb, Thydrocblorate d'étain, 
le sulfate de cuivre ammoniacal , l'acétate d'alumine, une 
belle couleur bleue foncée tirant sur le violet; il se fiice 
-très-bien sur la toile et sur le coton, à l'aidé de l'acétate 
d'alumine et de l'hydrocfalorate d'étain, et leur com- 
munique une couleur bleue solide qui supporte parfai- 
tement le contact de la lumière, de l'eau, du savon, de 
l'ammoniaque et du vin. lia découverte de ce corps fait 
donc espérer, sous le rapport industriel , des avantages 
d'une grande importance pour l'Europe qui ne produit 
pas d'indigo. . ' -. Vallît, 

Extrait d'une lettre adressée h MM. les Jtédacteurs du 
Journal de Pharmacie , par M. Germain , pharmacien 
à Féoamp. 

Dans ma dernière, j'ai eu l'honneur de vous annoncer 
que je vous ferais connaître très-incessamment le véri- 
table auteur de la préparation du suc de groseilles par 
les cerises. 

Ce fut M. Tancoigne, pharmacien à Paris, rue des 
Boucheries-Saint-Germain , qui je crois était neveu et 
élève de Bayen » qui le premier se servit des cerises 
pour coaguler le moût de groseilles et faciliter la dépu- 
ration de son suc, d'une manière plus prompte et plus 
régulière que par la fermentation. M. Tancoigne en fit 
part à M. Néret^ pharmacien, rue Saint-Honoré ^ et h 



DE PfiAABfAÇIE. 369 

M. Gûdatd , aussi pharmacien , rue Gaumartia , tous 
trois suivirent son. procédé en 1800, et bientôt leurs ' 
élèves le répandirent dans Paris et chez 1 étranger, 
plusieurs d'entre eux ayant élé commissionnés pour 
les armées et en. ayant suivi les mouvemens ; il est 
donc assez .extraordinaire que M. Roi, pharmacien à 
Mirecourt {Journ. de Pharm. , tom. XIII , pag. SgS ) , en 
ait réclamé la priorité en faveur de M. Langlois , pbar« 
macieUf rue du Temple ^ sur M^ Piel des Ruisseaux, 
pharmacien à Versailles.^ d'autant plus que celui-ci, loin 
de se l'approprier, disait au œntraire , page 258. du même 
volume, au sujet de ses observations sur le procédé de 
M* Robinet., qu'il pensait que tous, les pharmaciens 
connaissaient la recette qail publiait , et que M. Langlois 
se soit tu en cette drconstance: il n'est, pas moins étrange 
que M, Waflard {Journ» de Pharm, , tom. IX, pag. 6^4)9 
dopne comme nouveau , l'emploi des cerises pour la pré- 
paration du 'SUC de framboises , puisqu'il a la même ori- 
gine que pour celle .du ^uc de groseilles , en ce que 
M. Taticoigne fut immédiatement conduit a se.servir aussi 
des cerises pour le moût de framboises. 
. Le procédé de i/L Tancoigne consistait à écraser en- 
semble avec les mains , dans une terrine non reraissée, 
cinq parties de groseilles avec leurs rafles, ou quatre par- 
ties de framboises et une partie de cerises , dites à courtes 
queues , mondées seulement de leurs queues , et dans le 
seul but de les faire sécher en ce qu'îles sont quelquefois 
demandées comime apéritives;.à abandonner le moût du 
matin au soir dans un lieu où la température n'excède 
pas. dix degrés Réaumur; à couper la masse qni en ré« 
suite en cinq ou sis morceaux au plus , avec une écu- 
iQpire,à la mettre égoutter avec précaution du soir au 
matin sur uàai tamis posé sur une autre terrine de grès , 
et à y faire fondre sur un feu doux, pour> en faire du 
wop^ une^livre ds sucre par chaque neuf t>nces de suo 



5yO JOUtlTAl. 

obtenu , enfin à passer le sirop refroidi par un blanchetr 
- Ce mode de préparation leur parut d'autant plue avan-» 
tageuv, qu'il est pnompt, qu'il fournit constamment un 
sirop d'un beau roii|pe , irès«4impide , quoique le sùù n'ait 
pas été filtré , d*une saveur et d'une odeur de gro^itles 
très^-fortes , tandis que , par la fermetttatiOD , l'opération 
est plus bu moins longue, selon la température à laquelle 
on eipose le moût de groseilles, leur acidité, qui peut 
dépendre ou de leur nature ou du degré de leur maturité, 
et la falicilé>avec laquelle on parvient à filtrer leur sue, 
circonstances qui font varier ttk couleur depuis le reuge 
fcncé jusqu'au violet ^t détruisent plus ou moins sebsi-* 
blement la saveur et l'odeur de ee fruit; îMeur parut 
turtoiit fort commode pour la préparation du sirop de 
framboises , qui, selon la méthode appliquée au sirop do 
mûres y est toujoui^ plus ou moins gélatineux ; maié le 
procédé de M. Tansoigne donne souvent lieu à un grand 
inconvénient, c'est celui de procurer un sirop qui, quatre 
on cinq mois après* sa préparation et quelquefois m£me 
plus tôt y se prend plus ou moins en masse selon -les an-» 
nées, dans les bouteilles, d'abord au fond et de plus en 
pins jusqu'à environ les deux tiers du verre dans le âinop 
de groseilles, et souvent plus encore dans lé simp dé 
framboisca. En ayant cau^é il y a quelques années avec^ 
M. Teruau^ pharmacien, rue Saint- Louis, au Marais ^ 
qui a demeuré chez moi, il m'assura que si je faisais" 
boUiiUr un instant mon sirop de groseilles , cet àtfùideat 
ne se renouvellerait plus ; en efiet , dépens que j'ai suivi 
son avis, et que poUr cette raison j'emplcMé diis once!» 
de suc au lieu de lieuf par livro^de sucre , monsittcip d^ 
groseilles se conserve très-bien et a toutes les propriétés 
de celui que je préparais par simple solution, et je né 
doute nullement qu'il en serait de même du airop dé 
framboises} mais je ne m'en suis point assuré^ en ce qu# 
ce isirop est entièrem«nt abandonné dans notre oontré^r 



DB PltAftMâ^IE. 571 

et qa'ùn n'y oonieiHe plus que le sirop de vinaigré 
framboise , qui , comme le sirop simple de vinaigre , ne 
s'aUère jamais. 

M. Tancoigne connaissait bien aussi ce qui dt passait 
dansces siropsde groseilles et deframboises ; il savait qu'on 
pouvait par la chaleur leur rendre leur première fluidité , 
et qu'ils la perdaient bientôt de nouveau; aussi était- il 
parvenu à éloigner ce second inconvénient en y ajoutant 
une once d*eau par boiiteille avant de les faire fondre; 
mais ces sirops, ainsi raccommodés, ont perdu la majeure 
partie des qualités qui leur donnent une si grande supé- 
riorité sur ceux préparés par la fermentation et par le 
procédé employé pour le sirop de mûres et encore plus si 
on s'est servi de suc de citron au lieu d'eau, notamment 
sens le rapport de leur couleur. 

Quelle influence l'ébullition exerce-t-elle sur le sirop 
de groseilles? Je ne peux mieux l'expliquer qu'en ren^ 
voyant à la page 44 ^^ cinquième volume du Journal de 
Pharmacie, et en appliquant à son sujet les conclusions 
de M. Cadet à 1 égard de la diilérence qui existe entre U 
limonade faite à chaud et celle préparée à froid, et quant 
à l'altération du sucre dans les sirops d'acides végétaux^ 
aux réflexions de M. Magnes , pharmacien à Toulouse 
( Bulletin de Pharmacie, tome I''.^ pag^ 4^^) > ^^^ obser> 
vations de M. Pluquet {Idem, tom. III, pag. 38o); et 
au compte rendu de la séance du a5 juillet 1829, de 
l'Académie royale de médecine, pendant laquelle M. Che- 
vallier trouva l'occasion de fixer l'attention de cette com- 
pagnie sur les sirops acides faits par simple solution 
{Joam, de Pharm. ^ tom. XV, p.ng. 47^); et à cettç 
occasion je dirai encore qu'autrefois je préparais moQ 
sinip tartarique par le simple mélange d'une solution 
d'acide avec du sirop de sucre cuit exprès, comme l'in- 
âiQu«nt te Formulaire des hôpitaux militaires et le Code 
pl^rmf^çeutiquejdto bâfntaux oivilsy deM. Parmentier, et 



37^ : JOURNAL 

qu'il se prenait également en masee s'il n'était prompte^ 
ment écoulé ; mais, que depuis que je fais bouillir lé m6«* 
lange quelques momens, il se conserve aussi très^bien, 
ce qui me fait présager que, par rébullition, on peut 
prévenir que les sirops d acides végétaux ne s'altèrent, 
ou du moins , prolonger leur conservation. 

Si je ne vous ai point entretenu dans le temps de toud 
ces faits , e est que je les considérais à peu près sans 
objet, le procédé de M« Waflard m'a seul déterminé à 
vous les communiquer. 

Je suis surpris que vous n'ayez eu aucun égard aux 
différentes lettres que j'ai eu Thonneur de vous adresser, 
au sujet des observations de MM. Soubeiran et Yevie, 
3ur mon mémoire relatif au sirop d'orgeat, puisqu'il est 
vrai quelles n'ont eu daulres causes qu'une erreur de 
.ponctuation qu'ils auraient dut corriger d'eux-mêmes, en 
ce quil est évident que ces mots ^par une légère torsion , 
n'ont aucun sens dans la phrase où ils ont été placés , et 
qu'ils appartiennent à celle qui suit. Je tenais A autant 
plus aux explications queje vous ai données , que M. Vevie 
m'a accusé d'avoir annoncé des faits inexacts, tandis au 
contraire qu'ils sont le résultat d'une longue expérience* 

Sur ^existence de Vamyris balsamiféra en Egypte. 

X^otç extraite de rallemand et commani^aée par M. Charles Martiks. 

On trouve dans le Traité sur le baume de la Mecque^ du 
médecin arabe Âbdallatif , traduit de l'arabe par le doc* 
leur Soniheimer, la preuve que l'amyris balsamiféra a 
existé en Egypte. 

Ce traité, écrit par un médecin de Bagdad à la fin dtt 
sixième siècle de l'èxe mahométane /est extrait d'^ufl^om- 






1 



DB PHARMACIE. $75 

pendâum sur les productions remarquables de TEgypte/ 
L'arbrisseau^ dit l'auteur, qui fournit lebaume delà Mecque 
{et gui est connu sous le nom d^jimyris opobalsanmm) , 
croissait autrefois en Egypte, maîn tenant on n'en trouve 
plus qu'un seul cbamp de i4 arpens entourés d'un mur, 
près d'Ain schem. L'arbuste s élève à trois ou quatre pieds 
envffon ; lorsque l'on mâche l'écorce , on sent un goût et 
une odeur agréables dans rintérieur de la bouch^e^ On ras<- 
semble le baume en faisant des incisions à la tige avec des 
cailloux trancbans, de manière à enlever l'écorce superfi* 
cielle et à fendre seulement la plus interne. Lorsque 
l'écoulement commence à se faire, on recueille les larmes 
avec le doigt, et on les rassemble dans une corne creuse, 
dont le contenu est ensuite versé dans un vase de terre. 
L'abondance de la récolte est en raison de celle de l''iiu- 
jnidité contenue dans l'air. La quantitéobtenue dans l'année 
596 fut de 4o livres environ. Après la récolte, on enterreles 
flacons pleins debaume, Fannéesuivanteonles expose £^uêO"> 
leil, et on décante l'huile qui s'e^t amassée à la surface; cette 
huile constitue enviiTon un dixième de la quantité de baume 

recueillie.il résuite decepassage,quelebaumedelaMecque 
se trouvait autrefois en Egypte; ce fait est confirmé par 
l'historien arabe Makrisy etparMandevillé qui visita l'E- 
gypte en i335, et décrivit minutieusement les Amyris qu'il 
avait Qbèervés dans le voisinage du Caire ; le dernier pied 
a été détruit, suivant Niebubr,- par une inondation du 
Nil en 1 6 1 5 . ( Annales de Hecker , nov. 1 833 . ) 

EXTRAITS pu BULLETIN DE THÉRAPEUTIQUE. 

Par M. O. Henry. 

Dans le$ der^iiers numéros du Joum* de Thèrapeu" 
tique ^ dont l'utilité et le succès sont chaque jour mieux 
appréciés, nous avons rencontré les articles suivans que 

XX*. Anné^.'^Juin i834» • ^^ 



f 374 JOCRNAL 



nous indiquons comme les plus capables «notéresser bob 
lecteurs. 

Emploi du goudron et de la suie dant quelques 

affections^ 

Depuis la découverte de la créosote, on a eu recours 
à l'administra tion de plusieurs substances où cette ma- 
tière existe ou peut exister ; ainsi le goudron a d abord 
donné à M. Duchesne Duparc l'idée^de revenir à Tusaîçe 
reconnu si efficace par les Egyptiens et par les babilnns 
du Holstein, du goudron contre la gale. Des essais variés 
et nombreux Vont conduit k voir combien il peut ofirir 
d'avantages dans le traitement de cette dermatose , soit 
par la promptitude et l'efficacité de ses effets, soit par le 
prix modique qui met le médicament à la portée de la 
classe indigente aiiectée presque exclusivement de cette 
maladie. M. Duparc a yu qu'une pommade faite avec 
deux gros de goudron par once de graisse^ et employée en 
frictions sur les parties atteintes de la gale, fait cesser 
promptement les démangeaisons et amène une guérison 
très-prompte. Il a agi sur un très-grand nombre de ma- 
lades en comparant les autres modes ordinairement mis 
en pratique, et il a été conduit à conclure qu'en se ser-* 
vant de cette pommade chaque jour et aux doses conve- 
nables ( une demi-once par deux frictions matin. et soir, 
combinées avec un bain sulfureux ou alcalin de jour à 
l'autre ) , on guérit presque constamment la gale en moins 
de dix jours, tandis que les autres traitemens exigent dé 
quinze à vingt jours. 

La suie a été préconisée aussi comme succédanée de 
la créosote contre. les dîirlres invétérées» la teigne, les 
ulcères de mauvais caractères, etc. D'abord en lotion sou$ 
forme de décoction {a{^ec eau Ibj , suie *! poignées , après 
ébullition d'une demi-lieure, on passe avec expression )• 
Le liquide sert à laver troi^ et quatre fois par jour les 
dartres et les teignes dont on a (ait tomber les croûtes à 
l'aide de cataplasmes ; on en imbibe aussi des plumaceaux 
de charpie en fomentations. continues, ou bien on l'em- 
ploie en injection dans les fistules invétérées. Dans l'in- 
tervalle on opère quelques frictions avec la pommade 
suivante t , ' 

Axonge. ...... gif 

Suie. • . 4 Sij 



DE PHXRMÀGIB. BjS 

' M. Caron DayiHards à fait aussi un emploi Irès-dTan- 
tageux de la suie dans quelques maladies des jeux. 

Tantôt en insufflant cette substance pure ou unie au 
sucre candi , tantôt en l'associant au beurre sous forme 
d'une pommade qui ne le cède en rien à celle de Désault. 

Il rappelle ïe collyre suivant qu'il a administré avec 
succès f ainsi que M. Baudeloque dans les opbtbalmies 
scrophuleuses , savoir : suie % ij faites dissoudre dans eau 
houillante et év^aporez à siccité le liquide après filtration. 
Le résida. sec et luisant est ensuite dissout à chaud dans 
du ^i/ Migre fort a^ec addition de 2^ grains d* extrait de 
roses de Provins pour 12 onces de liquide. Quelques 
gouttes de ce mélange dans un verre d'eau constituent le 
collyre. EnCn ^ pour dissiper les t<iies de la cornée, le 
inéme médecin conseille Tusase de la teinture suivante : 

Opium % i j , clous de girofles t ij , suie la^^éa 3 i v , eau 
d^ cannelle g viij y, alcool % i v , tenez en digestion pendant 
cinq jours, passez et filtrez, après expression. Pour en faire 
usage on toujche les granulations de la cornée avec un 
|ûnceau très-fin imbibé de cette liqueur* 

De la mannite. 



La mannite, principe cristallisable de la manne, avait été 
déjà l'objet de quelques essais dans le but de remplacer 
Tusage de cette dernière substance, dont la saveur nauséa- 
bonde est três-désngréable pour ceux qui fa prennent | 
mais Tes résultats n'avaient pas été très-avantageux. 

Depuis peu M. Martin Solon a administré la mannite 
avec succès ; à la dose d'une à deux onces dissoutes dans 
deux ou quatre d'eau bouillante,, l'a aromatisée convena- 
blement. Il pense que Ta saveur fraîche agréable de ce 
purgatif offrira Je grands avantages dans son emploi, si 
ses effets se confirment par de nouvelles tentatives, car 
cette substance ne parait pas produire d'irritation sur le 
canal intestinal; de plus les travaux de M. Payen ayant 
démontré dans la racine de céleri-rave l'existence de la 

(i) Le procédé à l'aide daquel on l'obtient , consiste à râper la racine , 
è-en cipyiiner le sac, qui, chauffé , laisse coag^uler une matière abon* 
dante ; puis à concentrer en sirop la liqueur filtrée sur du charbon 
animal ; celle-ci ne tarde pas à se prendre en une masse cristalline for*- 
néa de manoitei et qu^in seul traitement suflit pour purider. 



I 



376 * JOU&NÀI^ 

xnaBQile dans la proportion de 6 à 7 pour 100, et d'une 
«extraction facile , il est à espérer que ce principe orga- 
nique deviendra un objet intéressant à isoler et a appli- 
quer dans la thérapeutique. 

Des préparations de colchique. 

Les bulbes et quelquefois les semences du colchique 
{colchicum autumnale , L. ) fait la base de divers composés 
médicamenteux , qui sont doués d'une énergie assez 
grande pour mériter beaucoup d'attention de la part de 
ceux qui les emploient. On sait que ce sont ces bulbes 
qui , avec l'alcool ( 2 parties de bulbes frais et 4 d'alcool 
Qstituent Veau médicinale d*Husson , si vantée 



à 36), coni 

]pend;int plusieurs années. Malheureusement les recettes 
publiées pour la préparation du vin de colchique, de 
l'oximel ^ etc. , soit par l'ancien et le nouveau Codex, soit 
))ar difiérens formulaires , sont très-peu conformes , ce 
qui rend l'usage de ces composés incertain et fort varia- 
ble; de plus, les bulbes ae colchique sont trè^-sujets 
aussi à dillérer de propriétés suivant l'époque où on les 
récolte (1). On ne peut même pas bien réellement pré- 
ciser à quel temps de Tannée on doit faire cette récolte, 
et l'on dit seulement que c'est à peu près au mois d'août, 
quand la bulbe est en pleine vigueur. En se fondant sur 
les derniers travaux de MM. Geiger et Lesse, qui attri- 
buent ses principes du colchique à un principe cristalli- 
èable un peu différent de la vératrine , qu'ils ont noinnie 
colchicine^ on serait sans doute, au moins dans cette cif" 
constance^ienié de remplacer les préparations de colchique 
par des quantités déterminées de ce principe organique 
(lorsqu'on en aura bien constaté les propriétés médicales), 
associé ou non à quelque substance gommeuse ou autre 
capable d'imiter celles qui raccompagnent dans le végétal. 
Nous adoptons bien certainement, dans la majeure partie 
des cas , les opinions judicieuses de M. Polydore Boullay, 
sur le datiger de changer les formules pharmaceutiques, 
et ces opinions sont dirigées dans un trop bon esprit pour 
n'être pas généralement appréciées ; mais nous pensons 
que l'usage de certains principes actifs, isolés des vége- 

(1) Il en est sans doute de même pour d'autres bulbes également 
us 'tés. 



DE PHARMACIE. 3^7 

i^a% jtctifs , oQre ausai de très-grands ayântagés , car ie 
plus ordinairement ils représentent les propriétés les 
plus tranchées, des substances d'oà on les a extnaits , et 
il est facile, par des ingrédiens mixtes, d'en^.pojodifiei: ou» 
atténuer les effets. On est du moins touîours certain 
d'agir sur des quantités précises, et sur des composés 
identiques, ce qui n'a pas souvent lieu, non-seulement 
avec le colchique, mais avec beaucoup d'autres racines, 
écorces , semences , etc. , dont la composition ou les pro- 
portions peuvent varier suivant la récolte. Tannée, et 
aussi par les mélanges coupables du commerce, qu'on ne 
reconnaît pas toujours bien. Knfin le mode d'adminîstrà«> 
tiou est encore favorisé dans ces cas par la facilité de 
concentrer sous un très-petit volume les principes actifs 
qui sont la base d'un composé pharmaceutique. 

Sur l'emploi de [huile de morue. 

• 
L'huile de foie de morne (oleum jecoris aselli)^ em- 
ployée anciennement en médecine dans certains pays , a 
été remise en pratique avec un grand succès contre plu- 
sieurs afi'ections rhumatismales chroniques, et pour dé- 
truire aussi les lombrics et les vers ascarides. Cette huile 
s^obtient par trois modes, qui donnent des produits plus 
ou moins purs. Le premier consiste à exposer aux rayons 
du soleil les foies des morues entassés dans des cuves ; 
il en sort un liquide fluide jaunâtre ( huile de morue 
limpide blanche) destiné pour Tusagé interne ; puis quand 
les foiçs sont restés plus long-temps, ils éprouvent une 
sorte de putréfaction et fournissent un second produit 
d'huile limpide brune; enfla en les chauffant dans une 
marmite de fonte, on retire un dernier liquide huileux 
encore plus coloré et visqueux. 

TJhuile de morue est administrée à l'intérieur, soit 
seule , soit mieux dans un quart de verre d'émulsiôn , et 
à la dose de deux ou trois cuillerées à bouche par jour 
our les adultes , et de deux ou trois cuillerées à cûfé pour 
es enfans. A l'extérieur elle s'emploie en frictions, soit 
pure, soit unie à Téther ou combinée à l'ammoninque. 
Pour détruire les ascarides et les lombrics, il faut la 
prendre aussi en lavemens. M. Caron du Villars, auteur 
de cet article, cinnonce que ce médicament qu'il regarde 



r. 



378 JOUINÂL 

comme très -précieux quoique désagréttBle, n'a jamais 
causé d'altérations dans les fonctions dig^estires mém^ 
lorsqu'il, a été pris à des doses assez considérables. 

EXTRAIT DU PROCÈS VERBAL. 

De la séance de la Société de Pharmacie , 6 mai 1 834. 

PRESIDENCE DE M. CEEREAV. 

La correspondance imprimée et manuscrite comprend r 
deux numéros des mémoires de la société industrielle 
de Mulhausen; plusieurs numéros d'un nouveau journal 
intitulé, TEcho du monde savant; la Gazette eccleclique 
de Vérone; le Journal de Pharmacie;, un mémoire de 
M. Mnlaguti sur divers composés de tungstène.. 

M. Robiquet lit une lettre de M. W. Grégory, d'Edîn- 
bourg , sur plusieurs combustions très - remarquables ^ 
auxquelles donnent lieu un grand nombre de corps 
chauiïés dans une atmosphère de gaz oléfiant , et un. 
particulier sur le perchlorure de chrome. 

La lettre de M. Grégory est renvoyée au Bulletin. 

M. Vée lit, au nom de M. Boget et au sien, un rapport 
nnn favorable sur le sparadrapier soumis par M. Chariot 
au jugement de la Société. 

M. Guibourt dépose sur le bureau un grand nombre 
d échantillons de produits naturels rapportés de Guali- 
mala par M. Bazire, négociant français, établi dans cei 
pays. 

M. Guibourt est prié par la Société de publier dans le 
Bulletin les observations qu'il a faites sur ces médi* 
camens. ^ 

M. Bazire,présent à la séance^ est invité par M. le pré- 
sident à signer la feuille de présence. A la demande 
de M. Bussy et de plusieurs autres membres, il commu- 
nique quelques renseigneniens curieux sur les cochenilles^ 
et en particulier sur la cochenille noire. 

M.Blôndeau appelle l'attention de la Société sur le fait 
suivant : ayant préparé de Toxide d'antimoine par le pro- 
cédé du Codex 5 qui consiste à projeter par portions dans 
un creuset rougi au feu , un mélange de parties égales 
denilre et d'antimoine, l'opération a suivi une marche 
régulière; mais qu'ayant fait une nouvelle dose doxide 



DE PHARMACIE. 5jg 

par la méthode décrite dans la Pharmacopée de MM. Henry 
et Gaibourt, d'après laquelle la proportion de nitre est 
a0ginentée et le mélange est chauSé tout à la fois dans uur 
creuset au lieu d y être projeté par parties, il a obtenu 
un culot d'antimoine. 

M. Soubeiran dit qu'il a vu plusieurs fois cette sépa- 
ration d'anlimoiiie métallique s'eiïectuer, même en sui*. 
Tant le procédé du Codex , et qu'elle lui parait être 
expliquée par lobservation déjà anciennement faite , qu'à, 
une haute température la <:ombinaison d'oxide d'anti<% 
moine et de potasse est changée en antimoniate et ea 
antimoine métallique» i 

M. Robiquet pense au contraire qfxe la séparatioa 
d'antimoine provient de ce qu une partie d'antimoine 
entre en fusion, et échappe à l'action du nitre en raison 
de sa pesanteur spécifique qui lui fait gagner le fond du 
creuset. Il croit que la proportion de parties égales de 
nitre est trop faible pour attaquer complètement Tanti'- 
moine, et qu'il a toujours soin de l'augmenter. Il recon-^ 
xiait d ailleurs que d'autres circonstances , comme la con-» 
duite du feu ou son degré d*intensité et plusieurs autres 
causes , peuvent avoir une influence marquée sur les ré-^ 
ftullats. 

M. Soubeiran ajoute que, dans la méthode de MM. 
Henry et Guibourt, il croit possible et même très-pro-» 
bable qu'une partie d'antimoine se sépare par le seul 
effet de sa densité , ce qui doit arriver plus aifficilemeni 
quand on projette peu à peu le mélange des deux ma- 
tières, mais il ne Saurait partager l'opinion de M. Robi- 
quet sur l'augmentation de la quantité de nitre. Il rappelle 
que d'après les expériences faites anciennement sur le 
même sujet par M. Berzéiius, la nature de l'oxi de d'anti- 
moine ch.inge avec la quantité de nitre dont (m s'est servi, 
que l'bxide blanc d'antimoine par le procédé du Codex 
n'est guères qu'un composé de proloxide d antimoine et de 
potassé ;: tandis qu^ si lenitre est en plus forte porportion, 
il se fait de l'antimonile et de rcinlimoniale de potasse* 
Il fait observer que l'oxide d'antimoine préparé par les 
pharmaciens, suivant le procédé du Codex , est un médi- 
cament différent de celui que Ton obtiendrait en forçant 
la dose de nitre et qu'en conséquence il faut s'en tenir à 
la formule légale» - 



38o JOURNAL DE PHARMACIE. 

M. Robinet fait remarquer que si le procédé du Codex 
peut donner un médicament vahabl<e dans sa composition^ 
il vaut mieux alors recourir à la méthode qui le flqioiie 
constamment le même, et que d'ailleurs rien ne prouvie 
que le produit en serait moins efficace. 

M. Soubeiran répond que des expériences nombreuses 
ont été faites à ce sujet , et qu'elles ne sont nullement en 
harmonie avec la manière de voir de M. Robinet. Il dit qu'il 
a préparé séparément pour M. Trousseau, chargé d'un ser- 
vice de médecine à l'Hôtel-Dieu, tous les composés que Ton 
peut supposer exister dans lantimoine diaphorétique 
quelque variation que l'on puisse introduire dans l'xïpéra-v 
tion ; savoir, l'oxide d'antimoine sec et hydraté , les acides 
antimonique et antimonieux anhydres et hydratés, les 
combinaisons solubies et insolubles de Toxide etdesacidea 
d'antimoine avec la potasse, et qu'après bien des essais ^ 
M. Trousseau a donné la préférence à l'antimoine dia-> 
phorétique lavé du Codex ; que quant aux reproches que 
Ton peut faire à cette dernière préparation à cause. des 
variations qu elle peut éprouver dans sa composition ^ il 
fait remarquer que ce médicament s'enfploie à des doses 
trop fortes pour que la présence d'une, quantité un peu 
plus grande ou un peu moins grande d'antimonite OU 
d'antimoniàte puisse avoit* une influence marqaée.surles 
résultats , et que« d'ailleurs en suivant exactj^mçnt tou-^ 
jours la même méthode, telle quelle est décrite dans le 
Codex, il ne voit pas de raison pour que la nature du 
produit varie beaucoup. Sur la pJToposition faite par quel* 
qrues membres de rédiger une notice à ce sujet,, jyi. Sou- 
beiran fait observer que cette matière lui paraît avoir été 
assez étudiée, qu'il y a peu de temps , il a Résumé tout ce 
quia été fait à ce sujet, dans l'article antimoine, d^s 
le nouveau Dictionnaire de médecine, et que l£|. ausçi &ç 
trouve Texamen médical des préparations d'antimoine 
fait par M. Trousseau. Il pense alors qu'une nouvelle 
notice serait sans objet. Cette opinion .«st partagée par la 
Société, .. 



'i'I' M l 'l I il. ■ I ■ J SS 

PARIS.—JMPRIMERIE ET FONDERIE DE FAIiJÎ ^ 



AOB AACIHE, 1°. 4> PLACE DB'2.*0DB0S* 



< . ' î 1 



JOURNAL 

DE PHARMACIE 



ET 



DES SCIENCES ACCESSOIRES, 

GONTENANt 

m 

LE BULLETIN 



O 



DES TRAVAUX DE LA SOCIÉTÉ DE pilAKMAGIB 

DE PARIS. 



N'. Vn. — 20'. Année. — Juillet .1834. 

ANALYSE 

De la gfaine dambrefte. Hibiscus hab-el moschus. 

Par M. BoRASTtErt 

Il est parfois assez difficile de Bien déterminer à quel, 
sorte de produit certains corps doivent lodeur qu'ils 
exhalent; et si ces odeurs, qui ont entre elles une grande, 
analogie , sont uniques ou de nature complexe ; enfin , 
quels sont dans ce dernier cas les corps d où émanent ces 
odeurs de nature complexe. 

. La plus grande partie des corps odorans que nou6 
connaissons sont dus à des huiles volatiles ou essentielles, 
dont les unes, plus légères que l'eau , ne contenant poipt 
XX*. Année. — Juillet i8î4- ^7 



\ 



38^ JOURNAL 

d'oYigène, sont néanmoins remarquâmes p^r Todeur fort^ 
qu'elles exbaleQt. Ce sMt^ les. hiiil^s èssi^ntielles de téré- 
benthine et de baume du copalme du Mississipi , liqui- 
dambar styraci Jlua ; ces huiles ne se combinent en au<- 
cune maniênre aV^é les alcaKs ^l \pi dKides 'méCaOiques é 
elles sont même louf'-à-fait refractaires à 1 action de ces 
-Qgens. 

D'autres, aU contraire, plus pesantes que l'eau , con- 
tiennent, d^apr<^ les 'belles çt récente^ enériences de 
M. Dumas, une grande proportion doxigène. Les huiles 
sont remarquables «ussi^ ^ar l'odeur vive et pénétrante 
qui les caractérise. Ce sont les huiles essentielles de 
girofle^ de piment de la Jafiiaîquci ,; de caïin^lle giroflée y 
nvyrtus caryophitlata. Ces huiles, ainsi que je l'ai constaté, 
se combinent avec la plus grande facilité avec Iqs alcalis 
xes ou voktils , de même qu avec les terres et les oxides 
métalliques. Ainsi , dans le cas que je signale en ce mo- 
ment , la présence ou l'absence de l'oxigène, au nombre 
des corps constituans des huiles essentielles, ne peut pas 
toujours être considérée comme principe unique ou géné- 
rateur de lodeur. 

On trouve, dans les corps organiques du règne végétal^ 
des odeurs qui ont entre elles une si grande analogie, 
qu'il f^ut une extrême habitude pour les distinguer; telles 
sont entre autres celles de la badiane , illicium anisatum , 
et de l'anis vert, pimpinella anisum. Celles de la violette 
dans le v^iola odora , l'iris de Florence et la giroflée jaune, 
cheyrahtkus cheyri , etc. 

Dans les corps organiques de règne différent, on te- 
màfrquè aussi des odëuî-s pour ainsi dire analogues; ce 
sont celles àé\^ pliocénine ( acide phocénique de'M. Cfhe- 
vreul ) et des graines du uibûrrium opulus\ celle de l'acide 
caproique et de rhjpericum hircinum; enfin celle du 
mu6c et de la graïne d'arhbretïe dont je vais rendre 
compte. Cette analogie même a paru si frappante, que les 



DE PUiAmWACIE. 58S 

Arabes ont appelé cette semence , avec peut-être plus de 
raison que nous , hab el mosch , qui signifie graine de 
musc, plutôt que graine d'ambrette , parce qu'effective- 
ment la graine dambrette a une odeur bien ]^lus en rap- 
port avec celle du musc qu avec celle de Fambre gris. 

i 
f 

Histoire naturelle. 



La gr^iine. d'ambrette appartient à la monadeilphie pof* 
lyandri^ de Linné, et à la famille des.malvacées.de J(tt^ 
sieu ; c'est un escellent parfun^lor^^'on sait lfemp]ojie& 
convenablement. Le prix en est encore asse^i. élevé^ pacoè 
qu'il remplace avec avantage, le mu$c efe l'ambre daiM 
quelquiçd çomp(^itions parfumées ; on a'en sect aaj^UD4 
d'hui même povur préserver h^s étoffas de If attaque dei 
yers; On faisait yqnir s^utrefois la graine d'ambrette dià 
Levant, et notamment de l'Arabie-Heureuse; maintenioïC) 
on la tire de nos colonies des Indes occidentales , et sur-* 
tout.de la ]VIartinique«. Au surplus, l'espèce dViU^iscuSiqui 
la produit pourrait étr^.cultiyée avec beaucoup-de^siicoè» 
dans nos. nouvelles possession^ d'Afrique «i aux eniriirQne 
d'Alger et de Gonstantine,. et cette culture, devenir pap 
la suite Tobjet d'un commerce avantageux. Lorc^qv^oW 
examine avec attention la graine d ambrette , on s'aper- 
çoit bientôt que des diverses parties qui la constituent , 
ce n'eîst que'la>pell¥cule^ extérieure qui recèle iWeYir 'de 
muse, et que Kntérieur n'est presque point odoraiit. 
B'>a^rès ces Considéra tioris^j^ii cherché , mâis*vaineitieilt ,- 
^séparer la^ peMiculemusquée- au moyen d'unr iboc^in', 
aitasi^qu'onlefait pour l'orge perlé ;maisr cette graine', qui' 
n'4e84 «cependlmt point cornée , c^t asse^ difficile àr rompre/ 
Toirtefëis^yaipréféi^ là* moudre^ parce qu'hinsitaoulufelé^ 
pelUtîules ie t^uventplùtôtdéfcHirées, et deTiénneûfst^é- 
ceptlblfeâ d'être attaquées par lès agens quelon eihplbié, 
et de donner leur corps odôranti " 



364 JOtJtNAt 

Analyse, 

l'ai soumis à la distillation dans Teau aSo giammes de 
cette moulure. Le liquide qui a passé daos le récipient 
était à peine odorant , le résidu épais resté dans la cornue 
essayé par la teinture d'iode ne présenta aucune traoe de 
fécule. 

L'action de l'eau bouillante fit concréter une matière 
particulière, blanchâtre, opaque, qui se rapprochait de 
kl nature de l'albumine; lavée à plusieurs eaux, elle ne se 
redisisolvit qu'en très-petile quantité; abandonnée dans 
Teau q«i l'aTait en partie dissoute, elle ne tarda pas à pas- 
ser k la fermentation putride et à prendre une odeur in- 
fecte y tdut*à*faït insupportable et difficile à décrire. 
Lorsque 'Cette espèce de fermentation fut passée, il se 
déposa tine matière blanche pultérulente , d'une acidité 
tirès-prononcée, mais dont la faiUe quantité ne me permit 
pas l'examen. 

«Le résidu'de la décoction , fortement exprimée , était de 
ebnsistance visqueuse, peu coloré. Rapproché convenable- 
ment il laissa une matière extractive d'une saveur douce, 

qui présentait tous les caractères d'une substance gom- 
^evse. . 

Action de V alcool, 

» - ■ '' 

.ia5 autres grammes d'ambrette récemment moulue ont 

été mis en macération dans l'alcool à ^° ; après quatre 

jours j'exprimai et je filtrai. Ce macéré était très-aronota* 

tique , il avait l'odeur tout-à-fait musquée de la graine 

d'ambrette. Je réitérai trois fois cette opération de quatre 

e^'quatre jours , je pressai fortement le marc , filtrai et 

réunis tous les macérés ; je procédai à la distillation à feu 

vif. L'alcool passé dans le récipient était bien musqué, il 

bjançhis^i^it assez lorsqu'on y ajoutait de l'eau, ce qui in^ 

liiquait la présence d*une huile essentielle. 



DE fUÀItMACIS. 5S$ 

Le résidu se troubla en refroidissant^ et se sépan^ en 
pkisieurs portions. 

La première était un alcool tfès-affaibli qui rbtr^ssait 
vivementle papier bleu de tournesol. .. . ^ 

La seconde surnageait celle-ci et formait une couéfae 
assez épaisse d'une buile grasse, fluide à i 5 degrés, d'une 
odeur peu agréable d'ambretle. -^ 

La troisième formait un dépôt un peu yisqueûr. ^ " 

Si on Tarie ce procédé opératoire , et si Ton • fait év&4 
porer le macéré alcooKque à une douce cbateiir Jqut n'at- 
teigne pas celle de l'eau bouillante , l'alcool qui pa$se dàbi 
le récipient né blancbit pas l'eau, et le résidu a uneodeùp 
plus ambrée et moins rance. 

Enfin si, comme je l'ai pratiqué dans plusieurs opéra* 
tions subséquentes, on laisse évaporer le même macéré à 
l'air libre et à une température qui ne varié pas phis que 
de la à 25 degr. , on obtient un résidu extrêmement aro~ 
matiquequi conserve la plus grande partie de l'odeur de 
la graine d'ambrette. Il est à remarquer que cette odeur 
est extrêmement tenace, qu'elle dure long-tenips, et qu'en 
cela elle a encore quelqu'analogie avec l'odeur du musc. 

L'alcool à froid n'enlève point à la graine d'ambrette 
tout le produit odorant qu'elle recèle , et la preuve, c*est 
que si l'on continue l'action plusieurs fois répétée de l'ai- 
oool bouillant , ce véhicule enlève encore du produit odo- 
rant. Si l'on filtre immédiatement, l'alcool en se refroidis- 
sant se trouble légèrement et dépose une certaine quan- 
tité de matière grasse concrète, qurest encore odorante et 
très-mttsqnée. 

J'ai essayé de mettre en usage le procédé de déplace- 
ment indiqué par nos honorables collègues Robiquet et 
Boutron Charlard , et en dernier lieu par M. BouUay. A 
cet ellet , j'ai placé de la poudre de graine d'ambrette dans 
un entonnoir long et à petite ouverture ; j'ai versé de» 
] alcool en quantité suffisante pour bien imbiber la pou^- 



389 JOUHNAL 

^ay€t lorsque je l'aï cru ^uffifianunaeA imbibée et Mturéey 
j'ai versé par un tube une nouvelle qudiktité^d'alcool. 
lie déplacement a eu lieu , et Talcool est. sorti chargé de 
beaucoup de matières sol«ibles. 
. J ai répété plusieurs fois les additions dalcool, et j'en ai 
retiré chaque fois de nouvelles quantités de matière» 
grasses; enfin j'ai fait agir à piusiewrs reprises l'éAher, qui 
s'est aussi çbaiPgé de matières solubies qui avaient échap- 
pé à l'^tion de l'alcool. 

illiï'est peut-être pisis inutile de faire remarquer que 
p4ir Je procédé de déplaeement j'ai t)btenu plus de sub- 
•tiince grasse et de substance résineuse et visqueuse; mais 
que, d'un autre côté aussi, ces derniers corps étaient pour 
ainsi dire priyés de la presque totaUf é des produits, ado- 
ralis. Ainsi) ea employant les mêmes agens , et variant 
seiulein^it le procédé» on obtient quelque difiérence dans 
les résultats» 

IfCS résultats généraux que j'ai observés peuvent se ré^ 
duir# au nombre de quatre corps principaux : 

l^ Une huile fixe fluide i 

%!". Un produit à principe odorant ; 

Si"^. Une matière grasse concrète et cristallisable *, 

4''* Enfin une matière poisseuse analogue aux résines* 

If lUle fixe fluide. 

Cette huile est d'une couleur jaune verdàtre ; elle est 
fluide à la température de o^. CepeBdâi;it à ce degré elle 
laisse déposer une petite quantité de matière concrète qui 
cristallise en étoiles par le repos , elle est soluble dans 
trois à quatre parties d'alcool à froid, et en toute propor- 
tion dans l'alcool bouillant et dans l'éther. 

Abandonnée à lair libre pendant un mois et plus , elle 
perd de ^ fluidité et se concrète par lames ou feuillets, qui 
se superpœeat les uns aux autres. Si cette huile' a été 



DE PHARMACIE. SSj 

pbtenue par la méthode de déplacement , elle est péut*^ 
être plus abondante, mais sans odeur pour ainsi direi 
dans le cas contraire,, où elle a été préparée à l'aide de sa 
macération alcoolique et de Fexpression , ell(B présente la 
plus grande partie de l'odeur de Tambrette» . ^ ^ 

Elle est susceptible de se saponifier avec les alcalis, tels 
que la soude et la potasse. Néanmoins, ces sortes de sa- 
vons n'acquièrent point la consistance de ceux faits avec 
l^buile. d'olive ; ils sont généralement mous, et. ont dans lé 
principe une apparence feuilletée. 

Cor£s odorant, . 

Ce corps ^ sur là nature duquel je ne sau]:ais. encore être 
fixé d'une manière tout^à-fait certaine, à été obtenu au 
moyen de légers lavages alcooliques pratiqués à de. courts^ 
intervalles , de quelques secondes seulement , sur les rési-% 
dus concentrés dés diverses macérations alcooliques er- 
primées fortement de la graine d'ambretté. 

J'allaissé évaporer à l'air libre ces légers lavages, et j'ai 
recueilli pour résidu un corps particulier très-odorant qui 
recelait la presque totalité ae l'odeur de là graine dam-* 
brelte. 

Ge^ corps possédait les caractères suivans : 

Sa couleur était très-légèrement verdâti^e. x 

Sa consistance semi*fluide ; même à lo degr. au-dessus 
de 6 , il prenait plus de consistance par un abaissement 
de température^ 

Son odeur est extrêmement remarquable et bien carac- 
térisée , c'est celle du musc proprement dite. 

Isolé autant que possible par le procédé que je yieps 
d'indiquer , s'il est abandonné à lui-même et à l'air libre» 
son ôdeûr perd beaucoup de son intensité , quelques se- 
maines suffisent même pour cela. 

Cet efiet n'a pas lieu , au moins au même degré, si ce 



388 JOURNAL 

. corps reste mêlé ou combiné avec les autres matières 
grasses ou résineuses contenues dans la graine d'arabrette; 
dans ce cas j'ai pu en conserver pendant plus de six mois 
h vase découvert, sans qu'il perdît beaucoup de son odeur. 
On voit ainsi que cette odeur', bien que extrêmement ex- 
pansible , peut se conserver dans de certaines conditions 
et se perdre ou au moins s'altérer dans d'autres* 

Gomme il était à présumer que le corps odorant ap- 
partenait aux builes essentielles , j'ai cherché à l'obtenir 
de la manière suivante : j'ai soumis à la distillation , par 
l'intermède de l'eau, le résidu de la macération alcoolique 
concentré , il passa dans le récipient un liquide blanchâtre 
surnagé par une petite quantité de matière concrète qui 
avait en grande partie l'odeur du corps que j'avais soumis 
à la distillation ; cette odeur était cependant bien moind^ 
agréable et moins musquée que celle obtenue par les lé- 
gers lavages alcooliques à froid; mais comme je n'ai agi 
que sur de très-faibles quantités de matière , cette expé- 
rience , pour être décisive , a besoin d'être recommencée 
sur une plus grande échelle. 

L odeur de musc qui émane continuellement de ce pro- 
duit s'affaiblit, ainsi que je viens de le dire, dans certaines 
conditions ; j'ai cru remarquer que c'était en s'acidifiant 
qu'il perdait ainsi de son odeur, et que si on y ajoutait un 
peu d'ammoniaque et recouvrait la capsi^le qui le con- 
tient avec un papier et un linge imbibés de cet alcali 
( pendant une nuit seulement ), l'odeur du musc acquer- 
rait une nouvelle force. 

Cet effet pourrait s'expliquer en admettant que l'am- 
moniaque forme avec ce produit une combinaison volatile 
analogue à celle que j'ai obtenue avec l'essence neutre de 
girofle et le gaz ammoniac sec , combinaison qui , bien que 
peu persistante , n'en est pas moins très-remarquable ; 
car, dans le fait dont il s'agit , je doute encore si l'acidité 
existante est due au corps odorant lui-même, ou bien si elel 



DE I^UAEMACIE. 3^9 

doit ^tre rapportée aux autres corps gras, a«ides,ou rési* 
ueux; jepeucherais même pour cette dernière opinion (i). 

Matière concrète. 

C'est celle qui se dépose par suite de l'action de l'alcool 
bouillant sur la graine d'ambrette , préalablement traitée 
à froid parle même agent ; cette matière est d'unblanc 

nacré* 

Sa saveur est douce , agréable , elle conserve encore , 
malgré plusieurs dissolutions alcooliques ou étbérées^ un 
peu de l'odeur et de la saveur musquée de l'ambretté. 

Mise sur la langue elle fond facilement à la manière 
du beurre de cacao, dont elle a quelques propriétés. 

Elle est très-soluble dans l'étber sulfurique ; si l'on filtre 
la dissolution , celle-ci , par une évaporation lente, dépose 
la matière concrète , sous forme de petits cristaux radiés i 
ces petits cristaux prennent naissance au milieu d'une 
autre matière transparente, concrète aussi, mais qui 
n'est point criHallisée. 

Elle entre en fusion à 35 degr., mais ne cristallise pas 
en se refroidissant. 

Le beurre de cacao entre aussi en fusion à la même tem- 
pérature , peut-être même a un ou deux degrés plus bas, et 
ne cristallise pas non plus en refroidissant. Mais le beurre 

(i) Il est bien à présumer que les marchands de musc connaissent 
cette propriété de Tammoniaque^ aussi ne manquent-ils pat d'en fiaire 
usage. Ils versent ordinairement deTurine fortement ammoniacale sur le 
musc avariéy quelques jours avant de le mettre en vente. L*ammoniaque, 
en se dégageant, augmente comme de raison Todeur du musc; mais après 
quelques jours cette odeur diminue et le musc perd de sa valeur. C'est 
ainsi , et je le tiens d'une maison recommandable dé Paris , celle de 
M. Chardin Hadancourt qu*il y a quelques mois une assez forte partie 
de musc ainsi rehaussé fut répandu dans le commerce. Les personnes 
qui en firent l'acquisition n'eurent pas à se louer de leur marché et 
éprouvèrent des pertes assez considérables. 

M. Robiquet nous a déjà fait connaître un fait de cette nature, et si 
j*en rapporte un semblable, c'est qu'il vient d'avoir lieu tout récemment, 
et que des pertes asses grandes en ont été le rémltat. 



390 JOURNAL' 

de cbcao retient encore un t>eu d'huile iSliide V ce qui doit 
nécesdaii^foient augmenter un peu son dégiré de fusion. 

Par son aspect, la manière dont on l'obtient, sa cristalli- 
sation, ainsi que par le degré de chaleur auquel elle entre 
bn fusion , la matière concrète de la graine d'ambrette ma 
paru posséder quelque^-^ums des caractères dé Vdm^ 
bréine (i>de MM. Pelletier et Chiventou , et je te sièrais 
pas éloigné de la ranger dans le même genre de corpi 
gras, si toutefois des expérience» plua en grand tiénnèïit à 
confiriiier ces premières prévisions ; elle è'en t^pproché 
d'autant , que plus ellie est blanche , pure , bien éristàl* 
lisée , et plus elle perd aussi de son principe odorant ; ce 
qui lui donne une analogie de plus avec Yambréîne. 

» • 
Cette substance existe en petite quantité dans la graine 
d'ambrette ; peut-être même n'est-elle due qu'à l'altérar- 
tion que cette graine éprouve dans les difiçrens traitemena 
qu'on lui fait subir. 

Sa couleur est brune et même un peu noirâtre* 
Son odeur peu agréable est comme empyreui^atique. 
Sa consistance est poisseuse. 

Elle est plus pesante que les divers corps gras contenus 
dans la graine d'ambrette, car elle occupe toujours la par- 
tie inférieure de ceux-ci , et s'en dépose lorsqu'ils sont 
légèrement chauffés , et leur fusioii prolongée {rendant 
quelque temps. 

Résumé. 

Tels sont les corps principaux que j'ai pu isoler de la 
graine d'ambrette j on voit que les plus intéressan's sont 
de la tiafure des corps^gras et ôdorans. Malheureusement, 
avant d'arriver à la séparation de ces corps, il faut de lon- 

■« I ■■ ■■ » . 1 . ■ I. l U ■ III ■ ■ I I 

(0 Journal de Pharmacie^ tom. VI, pag, 49- 



\ 



DE PHAftMÂGIE. S^I 

gues opérations souvent infructueuses , et les produits les 
plus curieux à examiner se trouvent excessivement réduits 
par les faibles proportions pour lesquellesijs entrent dans 
les substances qu'on soumet à l'analyse. Ainsi sur 5o0 
grammes de graine d'ambrette que j'ai analysés , %bo ont 
été distillés par l'intermède de l'eau et n*ont rien donné 
de remarquable ; des 25o autres grammes^ moitié a été 
traitée par l'alcool à froid et à cbaud, ensuite exprimée ; 
la liqueur filtrée^ puis évaporée à Tait libre, a {oaràl un 
prodQit des plus odoraiis ; 1 autre moitié a été traitée |>ar 
la méthode dite de déplacement ; dés àeiix méthodes coni<- 
binées ne m'ont jamais pu donner, sur d5o gramme^ de 
graine d'ambrette, plus de 1 6 grammes de corpâ grà^ 
fluMie ou solide , odorant où non, poisdeoîk résineux oti 
coloré, quantité extrêmement minime lorsqu'il s'agit de 
soumettre le tout ou une partie de cet {>rodifltè à des 
expériences variée^. 

> Je vais seulement donner Ta peu près dëà proportions 
des diverses substances que j'ai séparées de la graine 
d'ambrette ; sur aSo glrammes , les produits les pluâ cer- 
tains et les plus clairs sont les suivans : 

Parenchyme et humidité. • i3o 

Mucillage ou gomme 90 

Matière albumineuse i4 

Corps gras , résineux , acides ou non, qui 

se divisent ainsi : 

, Huile fixe fluide ^ 

Matière concrète 

Corps odorant 

Résine coloxée. ..•.,. 



M» 



a5o 



5g2 JOUANAI» 

I 

t ' 

PROCÉDÉ ANALYTIQUE 

Pour découvrir les préparations arsenicales en dissolw^ 
tion at^ec des matières organiques , 

Par M. Taufflibb , doctear ès-sciénces. 

Les opérations de chimie légale ont souvent pour but 
de découvrir l'arsenic dans des su]>stances organiques, 
par exemple dans les matières qui ont séjourné daosle 
tube digestif d'une personne que l'on suppose emppi- 
sonnée. Dans ce cas il est essentiel , avant de recourir à 
l'emploi des réactifs, de détruire les substances orga-.. 
niques contenues dans la matière suspecte , afin, d'énlei^ 
une caus^ d'erreur signalée par tous les cbimistes. L^ 
divers procédés qui, jusqu'à présent, ont été mis ea 
usage pour arriver à ce but , se réduisent à décomposer 
les matières organiques par le feu , par les acides ou par. 
les alcalis. Ces méthodes conduisent en général à des ré*^ 
sultats satisfaisans, mais elles offrent dans rexécutlou 
** , des difficultés parfaitement senties par les personnes qjui 
s'occupent d'analyses toxicologiques. 

J'ai réussi à éliminer les matières organiques par un 
procédé peu compliqué, et qui permet de reconnaître 
assez promptement de très-faibles quantités d'acide arsé- 
nieux contenues dans des substances végétales ou ani- 
males. Je traite les liquides mucilagioeux , provenant de 
la décoction des matières suspectes , par une dissolution 
d'oxide de zinc dans la potasse ; cet oxide se combine avec 
la matière organique , et forme avec elle un composé in- 
soluble qui se précipite avec assez de promptitude. La 
liqueur qui surnage est claire et limpide , elle peut faci« 
lement être filtrée ou décantée , et ne contient plus que 
de l'arsenite de potasse et un excès d'oxide de zinc dissous 



DE PHAEMACIE. SqS 

dans la potasse. Cette liqueur ëtant acidifiée par l'acide 
hydrochlorique, j j verse une dissolution de gaz acide 
hydrosulfurîque, ou bien j^ fais passer un courant de ce 
gaz^ le liquide ne tarde pas à se colorer en jaune ^ lors 
même qu'il ne contient que des traces dacide arsénieux« 
Le zinc reste en dissolution à la faveur de Feiccès d'acide. 
En faisant bouillir la liqueur, le sulfure d arsenic se ras- 
semble en flocons jaunes qui, qui ap^^s avoir été re-» 
cueillis et lavés , sont traités convenablement pour être 
réduits à 1 état d'arsenic métallique. J'ai pu, au moyen de 
oeprocédé, démontrer là présence de -^ grain d'acide arsé* 
nieux. dans, une demi-livre de matières alimentaires (i). 

Vowt réduire le sulfure d'arsenic, je me sers d'un pro* 
cédé bien simple , et qui permet de démontrer facilement 
la présence de l'arsenic dans la plus petite quantité pos«» 
sible de sulfure. Ce procédé consiste à introduire le sul- 
fure dîuis un tube de verre de trois pouces de longueur,» 
fermé à l'une de ses extrémités , et de faire glisser par- 
dessus, au moyen d'une tige suffisamment étroite, une 
dé ces feuilles d'argent extrêmement minces, dont se 
servent les doreurs, et que l'on aura préalablement réduite 
au plus petit volume possible , pour pouvoir l'introduire 
plus £sicilement et l'appliquer sur le sulfure. On cbaufie 
l'extrémité inférieure du tube à la flamme d'une dian*- 
délie ,' ou mieux encore à celle d'une lainpe à esprit de 
vin. La décomposition ne tarde pas à avoir lieu; le sulfure 
se volatilise , passe sur la feuille d'argent, lui abandonne 
son soufre^ et, transformé en arsenic métallique, vient se 
condenser sous la forme d'un anneau gris noirâtre bril- 
lant , à quelque distance au-dessus de la partie chauffée. 



( i) L*opération réassit également bien si , an lieu de se servir d'une 
dissolation d'oxide de zinc dans la potasse pour précipiter les matières 
organiques , on verse dans les liqaides que l'on veut examiner une 
dissolution de sulfate de zinc, et que l'on ajoute ensuite de la potasse 
en excès, ou simplement du sous-carbonate de soude. 



$9^ JOU&NAL 

On mêle ordinairement *ces trois substances avec Té* 
mail , on les fond et on les broyé immédiatement avec une 
quantité convenable d'essence de lavande et d'çssënce de 
térébenthine devenues grasses par suite d'une longue 
exposition à lair; le mélange de ces essences doit être 
fait ordinairement dans la proportion de deux tiers d'es- 
sence de lavande et d'un tiers d'essence de^térébentbine* 
On applique cette peinture au moyen de pinceaux plats 
et bien fournis de poils de fouine ou de martre. On 
prend, par exemple, gros comme une aveline d'émail pré- 
paré, on y ajoute une goutte de térébenthine grasse, 
deux gouttes de lavande , et on mêle le tout sur une 
palette de verre. On couvre ensuite avec ce mélange 
Une surface de verre un peu plus étendue que celle que 
doit occuper l'étiquette. Lorsqu'elle est presque sèche , 
on en unit la surface à l'aide d'un gros pinceau en forme 
de houpe et d'un poil très-doux, on achève ensuite la 
dessiccation ; lorsqu'elle est terminée , il est facile de re- 
connaître si Ton a bien dosé les proportions relatives 
d'essences de térébenthine et de lavande; en effet, trop de 
térébenthine rend 1 email difficile à détacher quand il 
s'a'git d'écrire , et on ne peut réussir qu'avec une pointe 
de fer très-dure au lieu d'une plume ; trop de lavande 
d'un autre côté rend l'émail peu adhérent, et il se détache 
par le plus léger frottement. 

Pour dessiner ou écrire sur cet émail il suffit de l'en- 
lever par parties ; on y parvient facilement avçc une 
plume ordinaire non fendue , soit qu'on la dirige avec la 
main seulement, soit qu'on s'aide de vignettes ou lettres 
à jour dans les vides desquelles on conduit la plume. 

On peut dessiner par des moyens analogues des filets 
et autres ornemeas. Je n'entrerai ici dans aucun détail 
sur les divers procédés à l'aide desquels il est &icile 
d'exécuter des dessins très-variés et très-délicats, je me 
bornerai à dire qu'avec un peu d'adresse et de goût on 



DB PHARMACIE, Zgj 

peut >saii8 peine tracer des formes assez- ooâipliqaées, et 
que rémail se -prèle - k receToir' ded . lîgiies. trèsnlâiqatei et 
pour ainsi miGik>SGbptques«: ..'>.; 

' iLà. caisson de 1 email est la dernière opétalion à la- 
quelle; on le soumeUe.:maift.c£st aussi la plus difficile. 
Gdpisiidant^ pour peu qu'on! aôti Tllahitude de traVâiller le 
yerrêi à, là lampe d'énuiillettir^ on -peut acquérir prompte*^ 
inevt/sIssesàidiludxîletélpouTtjréusait «onstaannent. Si roà 
▼duVciZkre'iUii ^ràndtnonibfce id'olijets 'à là fols ; il ^est- i&«» 
dispenaablè.d^employer un fourneau partiçnliery mais né 
s'agit-il que de quelques pièces , toute espèce de four* 
Aeau peu^ semr , surtout si l'en à soin de reofermer la 
pièce à cuire, dans une chemiae en tâle percée. seulement 
d'une petite ouverture, qui permette de regarder dans 
«onimtérieur.» Çana tous, les cas, la disposition la pliie 
commode est :cellé d'dn fourneau à une où plusieurs 
moufles., dans lesi^ielles- on. place les objets à cUire, et 
qu'on peut dôuvrir de feu de tous cistes. IL importe aussi 
que, lorsque ]a température a étéportée au point conve- 
nable, c'est-à-dire au rouge, on puisse fennec he^metîquè*^ 
ment, le fourneau pour. . qt:çe . lé refnoidissemént s'opère 
avecjeqteur,. .., ..n. !.•' •.., •;:.:», . . •. > 

JLxtrOtit d une lettre cl. MM. les fiédacteurs du 
j Journal de Pharmacie. 

Renrérmant delB ooserv^ations sur Fa préparation da fanaanilin liquide 
de Sydènhàm, par M. Emile Moocboiv fils, pharmacien à Lyon. 

Tout le monde sait que le marc du laudanum retient, 

avec uqe partie du vin employé à la préparation de ce 

médicament , une certaine quantité des principes so- 

lubles des diverses substances qui entrent dans sa com- 

W^, Année. — Juillet \%Z^, 28 



position y de telle s«ie quie le pn>diiit otiUnni ne repré^ 
Mute pas ii^UgraLemttit ces mêmes suLslaiices. 

En traitant pafr Teau, au moyai de la «téthode d# 
^épIûceBient propoace par MM. Boullaj père èl fiis^ le 
n^ûtc de Soo grammes de laudanum, M. Mouckm a ob» 
taon d'abord 3 om:es de hnsdaninpi toot«^*-&it setndblable 
«tt premâfe^ '^fljdhiit ; puis^ «n eomânuant de faite filtrer 
de l'eau à innneffi^'cc même marc^ il a reeuèilU % Kvties à 
>a li\T«B et demie d'im liquide colcnré très«^odoraii^^ qui a 
ùmini par evaperatioD 64 |;tammes d'ms extrait de cousis^ 
lanoé de mekisseï»' 

M. Moiichon se Sokide Mt eette obsenratioft pour 'pro* 
poser de traît«r dorénaiFsmt le mare du kudannm par 
l'eau tl lu méthode de déplacement, afin de recucîUir 
d'abord le laudanum retenu par le marc, et d'entrainer 
ensuite, à l'aide de ce nouveau diseolvant^ les principes 
^i ont résisté à l'action du vin ; arec la teinture aqueuae 
qu'il obtient ainsiy il prépare un extrait qu'il dissout en^ 
suite dans une certaine quantité de tînmis en réserve, 
et il ajoute la solution au laudanum. 

ï^n ajoutant cet extrait aqueux, M. Movchon obtient 
certainement un produit différent de celui qui depuis 
son auteur a été connu et employé sous le nom de lau-^ 
danum de Sydenham. En cela nous ne saurions l'ap^ 
prouver, iious ne voyons aucune raison pour modifier 
ainsi un médicament qui depuis tant d'années a reçu la 
sanction de l'expérience. M. Mouchon aurait du se bor» 
ner, selon nous , à faire usage de la méthode de dépla^^ 
cernent pour recueillir le laudanum retenu par le marc^ 

F. B* 



NOUVELLES DES SCIENCES. 

De téther hydrocyanîque , par M, Peloasc» 

€et ëtlier, que M. Pelouse rieiit de détottriir, fait le 
9ujet da dek^mer mémoire qu'il a présenté à Ilastîtut. 

C'est un liquide incolore , doué d'une odeur alliacée 
ttès-f ortie , d'une densité de x),78. 

Il entre en ébullition à Sa*' , Feau le dissout en très-pe- 
tite quantité, mais il est sotnUe en toutes proportions 
dans l'alcool et dans Téther sulfurique. 

Son action sur l'économie animale est très-energique. 

Lor^iu'il est pur, il ne trouble pas la dissolution, de 
siitrate a'argent , l'eau de potasse ne ta décompose qu'avec 
la plius ig^rande difficulté et seulemeat lorsqu'elle est très- 
concentrée. 

La fornittle empyrique de 1 etb(er hydrocyanique est la 
suivantes 

C«H<oAr^. 

Si l'on adopte la manière de voir de MM* Dumas et 
Bouliay, on. doit le considérer comme formé de quatt'e 
volumes de gaz oléfiant saturés par quatre volumes de 
vapeur hydrocyanique , et alors sa fbrmule devient : 

D'après MM. Berzélius etLiébig, au contraire, ce serait 
une combinaison d'éthyle et de cyanogène qu'on i^epi^é- 
^senterait ainsi : 

Dans tous les cas, il est composé de telle manière qu'qn 
peut le considérer comme résultant de la condensation 
de volumes égaux de gaz oléfiant et de vapeur bydro* 
cyi^nique. 

On le prépare en chaufiànt légèrement un mélange de 

Îariies égales de cyanure de potassium et de sulfovinate 
e baryte* On lave le liquide disiilié avec quatre ou cinq 

28. 



400 JOURNAL 

fois son volume d'eau pour lui enlever l'alcool et l'acide 
hydrocyani(Juè q^tfil peut contenir, on le maintient pen- 
dant quelque temps a la température de 60 à 70 degrés 
et enfin oB^le diaftiUe sur du chlorure de calcium* . 

On peut rendre compte de sa préparation par l'équation 
suivante:'* 'f .'.' \ • . \ • ' . \ 

CBaoM--C4 H10 0.4-.ii^o?)-f-Ka Az2 C2 :^ JCao So^^Bao Sp3-KC6 RIO Az2> 

•■■.'••*•• ■ ' • Fi Bi 

■ ' f ' • • ... 

•■•. -.j ■ <•■ NOTE • ■. 
Sur la créofote. par À. Buchker, à Munich. 

"Lès travaux étendjus de M. Reichembach , à Blansko 
eii Mpravie ^ sur le goudron, ses découvertes de la créo- 
soté^ dé l'eûpione, de la pciraffinë, du picamare et du 

?ittakal, seront, je crois, assez connus en France, 
otir qu'il né soit pas nécessaire de discuter sur les pré- 
{>arations et les propriétés de ces produits de la distil^ 
ation sèche. C'est seulement sur la créosote que je me 
permets d^ .'CjOmmuniguer une note relative à ses vertus 
.pediçales et sa préparation, sur Jaqueiie j ai eu occasiQD 
de f^ire; beaucoup d expériences dans mon laboratoire. 

M. SLeicfaernbabh ptesçrit de préparer la créosote du 

goudron du bois de hêtre par six distillations, ensuite il la 

fait dissoudre trois- fois dans nne solution de potasse caus- 

• IjqUie., et la met chaque fois i^prj^s en liberté par l'acide 

aulf urique., , . . : , " 

J'ai trouvé qu'on peut obtenir la créosote de la même 
pureté du goudron de pin , et qu'il n'est pas nécessaire 
de répéter si souvent les opérations en prenant quelques 
^récàutiblis que lie vais indîcjiier : - 

^ i**.VA la premifere distillation du goudron, qui se fait 
dans Tâlambic, il faut avoir soin d'enlever plusieurs fois 
)e distillé ( l'huile de goudron ) et de changer les récipiens. 

'^iD'abôrd tl hé distille que de l'enpione qui surnage Veau; 
mais aussitôt qu'un peu de l'huile versée dans l'eau se 

; pr^ei pif e'ati! fond , eltc est formée en grande partie.de 



DÉ PQAKJiACIE. :4oi 

créosote., et roo continue à distiller jusqu'à ce j|[Uf^ le néh 
,s}Aa ai^ obtenu la conisi^tance de poix noirev •*.:'..) 

. a"*. Ja^te ensuite Thuile plus pesante que l-eani^Wec 
.'une p^etitè quantité d'acide sulfurique concentvé piour 
-enlever Tammoniaque et pour favoriser la décolorislition. 

•3^• Je la mêle après avec son volume dcau, j'âgiie et 
pm& je la rectifie dans, de petites- coniu^s. 

4°* Le distillé qui se rend au fond de l'eau consiste déjà 
pour là plus grande partie en créosote; je la fais dis- 
soudre dans une solutionéchaufiée de potasse caustique, 
-d'une pesanteur spécifique de i, 1 20 v après quoi je laisse 
déposer la solution concentrée pendant quelque temps à 
une douce chaleur. L'eupione, s'il y en a éneoi'e, vient 
nager à la surface du liquide , et il ^ut Tènleyer soigneu- 
sement. 

5*. Après le refroidissement Je la solution alcaline , j-y 
ajoute un léger excès â'acidè sulfurique, par le(|tiel fa 
créosote, est itaise en liberté. " * \ 

6**. La créosote séparée de la solution de sulfate 'de 

potasse est distillée de nouveau dans de petites cornues , 
__ . •_ ^ç ^ j^ premrèrr J- •"-*• •' 

clistillé. La d|sti 

agite fprten^'eiit f 
sente; aussi les premiers produits^ [ne cpnsistent-il^. qu'en 
eaii, et encore une petite quantité, deupione qu'il fout 
rejeter. Le résidu est fornié d'une masse brune. . 

7**. Si l'on rectifie la créosote. obtenue de cette.manière, 
. encore deux ou trois fois sans aucune adfUtion , on l'ob- 
tient assez pure pour l'usage médical. ..." 

Le praticien trouvera bientôt les précaution» à prendre 
.dans ce cas. 

Il faut que la créosote soit incolore, d'une grande té- 
frangibilité à bleu et jaune , d'une pesaîiteur spédifiqiae 
de i^oiy à ao"* Celsius^ et que sa solution alcoolique 
ïnélée'ayec l'eau de baryte pe se-brunisse pas à l'air.: Elle 
entre en ébultitibn à do3° Gels. (1)5 et distillesans aucune 
altération. Elle possède une odeur tr^s-spédfique , qui 
rappelle celle de la viande fumée et du castor^um^en^méme 

■■ ■' I ■! ■■ I II —^—■111 I I — — ^—i^Ml^ 

(1) Le thermomètre de Celsius est le thermomètre centigrade. 



4o2 ^ùvtinkh 

-temps*' A Véçsttd d^ e^s |>t0priétés géoërates'^ elle se- 
comporte ooftime une huile essentielle. Quant aux vertus 
médicaleft de la créosote j plusieurs médecins de Mimich 
«Bt confirmé ses propriétés anti putrides , dessiecathres et 
.lilyptique^ Ceit contre des uleères lâches, earoînona*- 
teux et syphilitiques , contre tes dartres y la gale et coxitre 
la carie même ^ c|u eÙe a été employée avee le plgi|$ heureux 
fuccès^ 

Ou l'emploie prineipalepiei^ à re:>(t4rieur^ soit à Tétat 
pur en friction^ soit e& solution aqueujse, qu^oa pré- 
pare ordinairement par distillation a un« partie de créo^ 
sote avec 80 parties d'eau. Pour obtenir Veau, de evéosote 
-plus concentrée , }e prépare anparavapt un alcoolat d'un 
grps de créosote et de a^ux oneesi ^'alco^)! ^ que je mets 
alors par gouttes et en q-uantité suffisante dans l'eau 
pour l'obtenir du degré demandé, e'est-à-dire jusqu'à 
ce qu elle commence a devenir apaque. Je me suis con- 
vaincu que c'est une excellente eau pour faire arrêter 
]a carie aes dents. C'est un dos meilleurs remèdes contre 
les maux des dents cariées d^ appliquer, moyennant un 
pinceau, la créosote pure ou sa solution alcoolique, faite 
avec'uiiie {>artie de créx>sote et huit à seize parties d'al- 
cool. C'est noiirquoi la créosote est déjà fréquemment 
usitée en Allemagne. On a aussi essayé son usage in- 
térieur, etM. Reichembach'nous rapporte plusieurs faits 
où elle avait été employée avec grand succès contre la 
dyssenterie. Ce chimiste croit que la respiration des va- 
peurs de aréosote avec Tair présenterait une grande éffica- 
«-ité aussi bien contre des suppurations dans h. trachée 
artère que dans les bronches. JDes expériences faites par 
plusieurs médecins à Munieh^ avec des chiens, noas ap- 
prennent que l'action de la créosote n'est que U>ptqoe, 
et qu'elle n'est pas absorbée. On a coupé p. ex. une des 
carotides par le milieu, et on a empêché pendant qu^I- 

3uesmomens Técoulement du sang ei/la serranl avec le 
oigt , pendant qu'on appliquait tout après un tampon 
humecté avec de la créosote. Lorsqu'on enleva le doigt 9 
1; artère n^' coula plus^ et la gMérisân de la blessure s en- 
suivit en peu de jours , nfcéme ssûhs bandage. 






%Hn < ^MtH%>M»»wv^»<iiww»»v% j ^(H1 



EXTRAITS, 
Ifa Beifertoiittm f.d. Pharmacie , par h.^k, Bdchker, 



r. 



I. Noutfclh anafyse du poixn'e de eubëbe.', 
par M; Monheim (i). 

D'après ccitte analjr^e,., looo pariio» de cubèbe cour 

fiuile ToUtile yerte. • . .... a5< 

Huile tolatile jirtuie» ...... ro 

Gttbâ>îii. ••<•••••.•• 4^*' 

l^sise kaUalni^ae. .. • ...... i5^ 

Chlorure, de aodiiun* ro* 

Eitraetifi: ... ..^. .... .. 60^ 

ligneux. 65di 

Berte. ..... ... • i55 

f 000 

ftes fidbres HgneuéeA y réduites* en eeadre, doftnaienl en^ 
eove- ime quantité conlsidérable de carbonate et d'hydro* 
ekknrartéde potasse et de soude. 

Le cubébia pazatt être identique a^c le pipenn et Se 
irctave également jofiiit à>UBe résine molle et àere^ 

Dians cette combinaison il se dissout dans i'éther, Tal* 
cool , les huiles grasses et l'acide acétique , majs la solu- 
tion de potasse caustique, raèide snifurique étexidu et 
flmile de târébenihine n'ont point d'action sur ce mé- 
lange ;^ chatifié avec l'acide nitrique, il se colore en rouge. 

Lexnbékin pur, chauffé dans^une cornue , se fond àâo% 



itm 



(1) JUpertùHum , yol. XLIY, cahfaM ». 



à la température de So"" le liquide commence à bouillir, 
et' en même tempo" la "ptûs gWtifdéfârtie ^é volatilise 
sous forme de nuages blancs , qui viennent se condenser 
dans le récipient en uti liquide d'une consistance épaisse, 
d'un goût âçre , semblal^le à. celui dç la menthe poivrée , 
d'une odeur spécifique de poivre de cubèbe et d'une 
couleur jaune, brunitre^ A la ten^pérature de i S^ sons zéro 
il se congèle. 
Dans la cornue il ne reste qu'un léger résidu de charbon. 



• li . • • ' . • t r 



II. Sur le camphre de cubèbe et ses propriétés chimiques , 

pajrM' F..-A*,:.Winkler <i). 

Dans \^ Journal ^^ JPAa/7?ui^.,:âep^en^)3r^ i832, est 
publiée up^ note de, M., Millier^ çur lef . cristSNiz qui se 
déposent quelquefçis dans l'hui^q: vtolatif^. .a^ cubèbe; 
mais le magique de cristaux^ rii'4 pas^perip^ [à^ M. Millier 
de poursuivre ses expériences, sur ce ttç(jnpuy.dle espèce 
de camphr^.;^e crois donc qu'il sera. agréable: à la Société 
que je lui,* communique un extrait d'un mémoire sur ce 
sujet , dans lequel les propriétés chimiques du camphre 
de cubèbe se'trouvent plus détaillées. 
. , M.:Winklér.o)»(ient f en distillant- 8 livres de' cubèbes 
pi^lvériséSf 10,. onces, d'iine huile troublé v de la conûs** 
tance de l'huile d'olives.(à 10'' R. ) , de l'odeur et saveur 
de cubèbe , et qui se laissait fihrer , quoique lentement , 
mais sans dMSoultés. Après la filtration elle était toat*à- 
fait claire, presqne trànspariente et d'une couleur très* 
légèreiiient vef te«i 

Cette* buile ^i abtadonnéeàu repos dans un verre rem-*- 
pli et jcIqs à la température de +4^ R.^ laissait! déposer 
déjà après deux jours quelques* btistaux^ dont.léfiombre 
s'augmentait beaucoup au bout de ttois seinainte^ et ce 

I I II I I I ■ ■■-! I I ■ I— ■—■li n I MM^^— nw^^iin^— PP«W^^— * 

(x) /?e/»ertoriiim, yol. XLVy cahier 3* >.. i * 



D£ IPHAftMAClE. 4^^ 

nJétait qu'après quelques mois que ia* formation des eris- 
taux était finie. • . . i ; . 

. iiLe camphre dé cubèbe', soigneusement séparé de llittile 
par décantation et pressimns entre des feuilles de papier 
Joseph, possède' les propriétés ^suivantes -. il- forme des 
cristaux incolores^ brillaHs, presque transparébs; un 
peu mous et faciles à réduire en poûdee^ fine et adhérente. 
Il a une odeur faible de cubèbe ^ sai saveur, qui est d^a* 
bord' celle du cubèbe et du camphre^ finit par être fraîche. 
Il est aisément soluble dans l'étiiçr comme dans^ Talcool, 
de méme>en/ grande qua3atité:daiiis Tisuilede térébenthine 
et d'autres huiles volatiles , dans les huiles et les autres 
substances 'fasses, mais iinsolnble dans- Feau. 
:> . Mis dslnis.nn tube dtç v^rre et chauffé- au bain dé isâble, 
llise fond à la température dé+ i^"" iat 56^ A^ e& m liquide 
clair, incolore, delà consistance deirhaile'd'oliv!e8,^etd(i 
i>eidsi8f]{écifiqùe de 0^6 l(çelai» àè l'eàîii> étaiiti±e' r ^000).^ G e 
liipsjbdd )seto6ngèle à ' qae^U)6s; deg}^8'soès ^<^ 
taifei en iànê> -masse : crirtaÛne^ > traMparente et) • iîicolor^. 
Après. le refroidissement il se > forme oinlinairéAiefil* k 
diffé^éntesfplaces de petits groupeis de cristaux; d^une 
fbhile.xhond)oâîde et ^consistant en petites et très-fines 
colonnes, et une remarquable diminution de volume a 
lieu. . 

Quand on chauffe davantage dans une cornue le cam- 
phre de cubèbe fondu , il se dégage des vapeurs de l'as- 
pect d'une poudre très-fine et soyeuse cristalline. Le 
liquide entre en ébullition à peu près à 4- 120 - 124'' K* 9 
mais tout après il prend une température encore plus 
haute , en devenant jaune par une décomposition par- 
tielle, sans qu'il se sublime du camphre, dans la capacité 
supérieure de la cornue du moins on n'en trouve qu'une 
très-petite quantité. 

Le camphre de cubèbe ne se laisse donc que difilcile- 
ment sublimer à une chaleur successive. Mais si Ton en 



expose une petite' quantité sidûteineiit à oÉie trèstgralidis^ 
chaleur, alors la. sublim^tioQ s'ensuit aisément ; car ent» 
chaufiant presque ai* OHi^e- un cr^nsctt de platine dans . 
lequel on met un lubede Yeire long et ourerl à chaque 
extrémité , et en jetant un; cristal du caiinplure dans, ce 
tube, il se TolatiHse dans, le momeuft sous forme de- 
nuages sws qAicuBe ^tératio^». Après le refroidissement- 
il se trouT6 dans le tube une croûte cifataHane» t. 

Le camphre à^ cubèbe^ exposé à la flamme d'une- 
lampe à l'esprit d& vin ^ ne s'enflamme qtiLaprës qu'il a 
commencé à ae décomposer,, mais ocdinarârement il ne- 
ccmtinuepos àboules» 

Avec de l'eau le camphre de cubèbe ne dîatlîlle que très? 
diflSlcileitent , et il parait que la. petite quantité qui se^ 
trouve dans le récipient eat seulement mécaniquement 
poussée par les vapeaY& d'eau. 

La ^nde quantité du campfaie di^ cubèbe a permis à^ 
M. WinUec de fa^e quelcj^ues essais de l'action de quiel*^. 
quesélémens et d'autres combinaisons sur lui. fl lui pa*. 
raissail intéressant de £aife les mémea essais.avec l'huile ,. 
de laquelle aucune trace des cristaux ne se déposait plus«. 

L'es résultats de ces essais, se tr^Mivent dans. la tabler- 
suivante* 

(La pesanteur spécifique de cette huile était de o^gdôJu 
la température de 5 degrés R. ) 



BK -P»A^B MAGIE. 



4507 



ESSAIS AVIG LE GAKPHSS. 



A. Action de tiode. —* Eb mêlafit 
âvL camphre de cabébe palvérisé 
uret de l'iode tetf, il ae oelore à Vift- 
sUnt en br<iii jaunâtre, et après 
quelques minutes le mélangée con^- 
jiMtice à se fondre , en foro^nt pea 
à pea nn liquide épais , opaque et 
d'une odeur âpéeifique balsamique 
mi rappelle aussi celle de Tioàe. 
En faisant ce mélange à la tempe-. 
«ature de ao -^ aS® &. , le campnre 
•e liquéfie et se colore dans le 
moment, la température du mé- 
lange ft'élè^e beaucoup et il se dé- 
gage des vapeurs jaunes. 

B. Action du cbh^c. -w*Si Ton îaXt 
passer un courant de chlore gazeux 
« travers le camphre de cubèbe, 
mis dans un tube de verre, il se 
fend dans le moment en un liquide 
clair et incolore qui se tit>uble 
blanchâtre ^ et dont la température 
•*élève beaucoup si l'on lait passeï^ 



^mam 



ftSSA.IS AVEC IHOILE. 



A. -«L'huile au contact avec l'iode 
se décompose à rinstant< Le mé- 
lange s'échaulfe beaucoup et sépand. 
des nuages jaunes et des vapeurs 
violettes*, il parait brun obscur y 
plus iluide que celui du camphre , 
et d'une odeur de cubébe et a iode. 



davantage de chlore. Peu à peu le 
liquide devient encore plus chaud 



B. — Si l'on fait passer un courant 
de chlore dans l'huile de cubébe » 
elle se trouble an commencement 
blanchâtre, le mélange s'échaufto 
également beaucoup, et afités quel» 
que temps il se forme un liquide 
vert brunâtre ou presque noir. Pen- 
passer] d«at «fv'ony fait passer le chlore, 



#t s'obecurcit. Mais après quelque revoîdissement le mélange est épais, 



temps il devient nouvellement clair, 
et à la fin du Refroidissement il 
forme une niasse visqueuse , pres- 
que transparente , d'une couleur 
jaune brunâtre et d'une saveur et 
odeur aigres. 

G. Action de V acide sutfuriquê dé 
i,8ao /7. spec. — Cet acide ne dé« 
eompose que lentement la poudre 
du camphre de cubébe. Après quel- 
ques heures le mélange devient 
bruno-clair» et lëpaiid l'odeur de 
l'acide sulfureux. 



P. Atiiôu de taéidé nitrique de 
i,.5 p,' $pec, — L'acide nitrique dé- 
compose le camphre dans le mo- 
ment , et il se dégage fortement de 
l'acide nitreux. Le produit de cette 
altération ett une résine brune 
claire « tfansparente , 4)'un goût 
amer aromatique » et sblnble dans 
Talcool et réther. 



il se dégage contmuellement àe% 
vapeurs tres*étonffantes. Après le 



d'une odeur balsamique empyreu- 
matiqu^,^ semblable à celle de plu* 
sieurs mélanges de l'acide sulfu- 
rique concentré avec des corps or- 
ganiques. 



C. — L'huile est bientôt colorée 
Jtn. brun. Après quelque temps elle 
se sépare en deux couches , dont la 
supérieure est claire et d'un beau 
rouge, mais l'inférieure gâcheuse 
et brune. Le mélange ne laisse dé- 
gager presque tien de l'acide sulfu- 
reux , mais une odeur empyreuma- 
tique balsamique. 

0. — L'huile est décomposée en- 
core plus rapidement que le cam- 
phre. Le mélange s'échauffe trè»- 
tort et fait dégager une grande 
quantité d'acide nilreax. La résine 
formée est plus foncée que celle du 
csDiphre , mais également très-so- 
luble dans l'alcool comme dans 
réther. 



4o8 • JOURNAL 

Avec le phosphore et le soufre le camphre de cubèbe 
se combine sans difficulté en mêlant Tes substances en 
état liquide. 

La combinaison avec le phosJ>horé e^t obtenue en lé 
fondant sous réau dans un tube de verre et en y mêlant 
avec une baguette de verre les. cristaux du camphre. Le 
camphré de cubèbe se cotobiné aveè une partie dé pho- 
sphore, et cette combinaison s'élève en. gouttes à la sur-r 
face de Teau en la couvrant. Parle i:éfroidissemen^ elle 
se concrète en une masse molle , blanche , peu transpa- 
rente, de l'odeur de phosphore,. qui attire peu à peu de 
l'oxigène en contact de Tair. La partie de phosphore , qtii 
ne s'était pas combinée , ne paraît pas retenir la moindre: 
trace du camphre. , ! . 

Le camphre de etibèbe mêlé avec dusoiifire pur, et ré- 
duit en poudre ei. chauS'é jusqu'à la fusion , , en dissout 
unie petite quantité, qu'il laisse déposer presque entière- 
iBBÀt par le; refroidissement. Le soufre ;non dissout ne 
subit Aucun changeaient. . , . 

L'huile de cubèbe se èôrâporte avec le phosphore et le 
soufre presque de la: même m<Voière que . le ç^mpjire? et 
par conséquent ces deux priîiçi{)ës 6ffren:t, pour la ïnaiiière 
d'agir avec quelques-uns des corps marqués ci-dessiis, une 
grande analogie. Le camphre de cubèbe se joint donc aux 
huiles volatileè et principalement îiUx corps cristalli- 
sables , qui se déposent quelquefois dans ces huiles , mais 
il se distingue: principalement piar sa propre, manière de 
se sublimer et par le haut degré de sa fifxité.^ Il serait 
très-convenable de le désigner sous le nom : camphorid 
de t huile de cubèbe. 

Quant àJa cristallisatiBli du camphre de cubàbei, IVL. le 
professeur de Kobell, à Munich, l'a lipuvelîëmient dé- 
terminée. 

Les cristaux appartiennent au système rhomboïdal. La 
combinaison ordinaire est P, oP, oo P, les faces dé P sont 



DE PHARMACIE. ^Q^ 

culminantes^ çfJles- de op sont petites. Les faces ne réflé- 
cVi^enl; pas.sufl^saniment, par copséqneait les mesuras 
f lii;Yaaate^ ^ntseulcpnexit approximatives^. Il résulte; de ^ 
im>ji3nnel d^ plusieurs; m^sur^geç que Ta^gle , pbtu^ de 
l'^r^e 9U commet a,.» it^''. 4o'« ]1 .s'ensuit q^e Vanglç 

aigu4fi l'iirAte au .sçii^p|^t;a p;7^^a4', et J'fi.ngle.pl^ de 
ia h%se tF;I iV ^',^(67^ 5^'. Si Ipn donne a; l^,dia^onali^ 
4a 4emi^ong^Q^r..de, .la.baseac: i, ^^lors de^ ^dimens^ons 
djC la pyramide sont : . ! • • ':!,.. 

a : J: Css: 1,7704 : i : 0,6728. 

• • • • » 

• Le clivée des eri^taux est parfait à la base, et par 
ces plans, ils montrent très -nettement à la lumière 
polaire^ les perole^ chromatiques , traversés d'un bras ob- 
scur, que les cristaux à deux axes représentent par des 
plans d'une position analogue. 

.. Les iG^fiistaiix déteiininés par M. Brooke sont les mêmes 
que M. deKobell a observés. Il met l'angle P : P' = n 5* ^5'^ 
^à^iptèh U tçFQiiftatioi) de M« de KobelLil est = ii5*-4o^ 
il trouve l'angle P ; F=5=j45° ^q', et M. de Kobell— i45, 
>Da reste., la posiljipn eçt.la même, comine IVf. de KobeTl 
Ta déterminée ,; et ^çn exactitude_çst. confirmée par la 
«pam^Sfi doUt , ces cristaux se, . comnor tçnt avf^c . )aj lumière 

polaire. :^. ii. ,: ,. .. • 

t i. 

'I' ^> '•,,} /..i.'ï' ;. , • . r ::,. î>. .: .s*." . . . ^?. »•;-.' / \ u: . 



• tl., 



,\%«\% 



EXTRAIT 



/ < ' 1 



D^une lettre de M. Edouard Hebbeager à M. Rowquet. 

> '. 

^ ■ ., , 

RheinBal>eFne (Bayière rhénane), le 29 avril i834- 



• * • 



J!i»7ep(amédes;;recherches é-tenduc^s sur les. d^iflérent^s 
eë|$èces dégomme et de muêilage. Moti travaiLsei^a com- 
posé d'une partie pUrèihent ph.irmaçeutique et d'une 



partie etiimique; la dernière traitera des ^aracléres ipto^ 
prement dits^ aiâst que de la coÂstitOtien de ces matières ; 
quant à la première, fe prends la liberté de T<ms c» dter 
les principaux détaîlB tels quils ressôrteut de la «empa'^ 
raison des gommes ara)>iqiie et Sénégal. Si les résultais 
qui Tont suivre ne sont pas ^entièrement d'accord avec les 
opinicms émises par M. Guéiin, je pais néanmoins assa* 
rer que mes expériences ont été faites avec une religieuse 
lexactitude, et avec toutes les précautions nécessaires pour 
ces sortes de recherches. 

I . La gomme arabique n^est pas entièrem^it identique 
aTec'la gomme Sénégal, ni sous le rapport éhimique, ni 
sous le rarpport physique* 

«. La gomiûe Sénégal diffère de la première t 

A. Par son extérieur; 

B. Par sa pesanteur spécifique pIi|S élevée; 

G. La gomme Sénégal est capable d« former (avec 
S. q. d'eau ) une gélatine ; 

D. D'envelopper une plus grande quantité dliililes 
grasses , etc. , que la gomme arabique ; 

E. La gomme arabique enfin est moins SeB9ibl« mit 
sels d'oxide de fer que la gomme SénégaL 

Yoici le détail de quelques-unes des expériences q«e 
j'ai entreprises : 

Eau hygroscopîque. 200 grains de chacune des deux 
sortes de gomme furent exposés aune ohaleiir de+34'RM 
jusqu'à ce que leur poids cessa de diminuer. 

r 

La gomme arabique perdit après 4 h. x i ^r. la gomme Sénégal 1 1 gr. 

» » • th, deplas a ■ » & 

• • >-3-^- 3 ••4 

» • • -j-h. a » • I 

¥tt ■ ■ 

Perte totale à + 34" I^- •••••••• i? ** 

D^autres 100 grains de chaqtfe gomme exposés' i aaé tMa)^i«liîre de 
•^•SooiLf diminaétent jasqua la fin de 17^. . • . . • • • ig\^ 

mais non sans avoir subi une légère décomposition. 



jDensité. La pesanteur spécifique de ces àenxgùmmts 
^ été trouvée dans trois expériences, comme il suit : 



Gomme arab. tèchèa â 4. 04 dcgaét A* 


G.Sim 


égà iichée i + $4 dcgriét H. 


i»e.^e5tp. 1,5956 




1,65 ro 


à*. 14606 




i,65x^ 


3«. i,5io3 




1^5686 



LarsquW dissout parties égales d^ gomme «taliiquit 
'^t de gomme Sénégal dans les miômçs proportions d eau , 
la scdutiop de la dernière se trouve cQUsCamnrei^ étte plus 
dençe que celle àt la pi^mière gomme* Il s'ensuit en 
t>utre , ce que j'ai démontré par l'expérience , que le finge 
devient plus empesé par la "gomme Sénégal xfaé par la 
gomme arabique. 

SMbtUté dans Teau. Les nombres reçus sont Men su<* 
|)érieurs à ceux qui ont été indiqués dans le mémoire de 
M. Gttéiin. II me semble, dans la vérité, si non ipipos- 
sible^ dû moins très-^difficile, de déterminer d'une ma- 
nière incontestable jusques aux nombres décimaux la 
t|uantité d'eau qu'il faut pour dissoudre une partie de 
commet Eu posant en principe que la véritable solubilité 
de ces matières cesse avec la disparition de \eL forme sous 
laquelle le liquide peut 4tre uersé par goutd^s , j'ai obtenu 
les nombre^ suivans , qui tqutefoia ne doîveat être re- 
gardés que comme des approximations. 

Gtanme «ra^î^e» Gomme Sénégal. 

A 4* 2 2® B^* parties égales de gomme 7a part, de gom. séchëe à + 34^ R. 
séchée à -f* 34<> R. et sur xoo parties d*eaa distillée. 

' d^ean distiUée. 

A<4»8oôR. loS parties de gomme 96, oa un peu moins, de gomme 
surieo part, d'eaa. snr 108 part, d'eau» 

Capacité d envelopper les huiles grasses^ eta.j etc. J'ai 
truMivé que la capacité de la gomme arabique est à celle de 
la gomme Sénégal comme 382 1 964 9 ou à peu près , comme 
19 t 3q. Ces nombres' n'exprin^ent du reste que des rela- 
tions approssimaii^es,. 



4ii» 



JOUENAL 



Jtéactions chimiques. 



Réactf». 



Softtt&oii <l'iiBe p»rt. 
de i^omrae arabique 
dans vingt p. d'eaa 
distillée. 



Solution 'd'ohe' part^ 
de gotfMfe jfiénfjcal, 
dans .Tingt p. d'èau 
distillée' '* - ' 



Papier: de itonme 

sol l^lea. 
r9ttrat6s de pMio 

icidédeinrcare.. 
Sotaii'-^cétiite' de 
plomK . 

I^VL d'iode. 
Silicate de po* 

tasse. 
JSons •> bbratç de 

soude. 



I , 



Rott|fi. 



Bel s . d'ôxide ' de 

- fer.' : '.> 



tfi-bdbief*' Man- 

» ■ 

Pirééipitë ' lylanc 
caseeux floco^7 
nédz. ' 



Précipité blanc 
floconneux. 



.T 



Rôa^f. 



j ' 



; . ) : I 



■» \ 



I il 



Changement dé 
. coueilr en rou- 
ge , après quel- 
quetempstrou- 
bleléger. • 



C. d. ). g.ïrab'. 



G. i., 1. g. arat?. 



f • 



Formation ins- 
tantanée de gé- 
latine ochra- 
cée. 



Remarques. 



Là pUTçté'cte mes 
gommes. nja,n^*a 
pas permis de re- 
masquer; oomme 
plusieurs antres 
chimistes,' de co- 
Ipwtipp^iii^e^ 



« 

Des solationsplus 

concentrées 
furent changées 
en gélàtîi^q. . 
Une solution /li/iif 
< coiiéénirèf'' dé 
ffomme . arab. 
Tut de même 
précipitée en gé- 
latine par les 
' sels d bxide de 



' ' Les efxpérieiices, précitées démontrent que 4a 'gomme 
•Sénégal ^>oarràit être préférée ; dans tous lêW iîàfé où il 
ne s'agit que de Vi^téloppem^Qt des huiles '^tâs^es, etc. ^ 
de la confectipu 4.e.s pâtes , de rempès.exxieAt.du linge , etc. ; 
Itiais il eè faat pas' confondre' les ^deu^ gôitir'mes tdàtés 
lé^ fois que les 'médecins les ôrdoiinentf oit eh substance 
soit en simple. dissolution aqueuse. ( Voir pour 'de plus 
amples (létàils', le Répert, de B'uchnèr, XL Vil, 19, ss.) 
, : J'ai, au,^i ,aaalj>sé \j\.p.àj'riielias^pdri€tin^aàeh^^}ïi a 
i^OMmi :4^s résultats asaez remarquahlesi:. pqut|/;iètrîe 
communiqués àU Société» Faute de temps: j'ai priémoti 
ami et cousin Bupltûer .de vous . prégehter soûd peu .un 
extrait du mémoire imprimé, dont j'ai l.'houDeui; de voub 
envoyer deux exemplaires , Tun destiné pour vous-même 



DBk PIIÀEMACIE. 4'^ 

iet'l;nutre pour VhdDO'rable Société de pharmacie. Je me 
borne u&iqueâitent à ajouter la remarque, qtie j'y ai dé-^ 
iéoûvert, outre le principe jkunè fcriçtallisable indiqué 
il y a plusieurs années par iVt. Schràder, ùriq matière 
colorante d'un très-bèaù roÛ£[e carmin 1 soluble dans l'eau, 
chaulTiâe.à 4" 8o^.R., et douée de cristallisabilité. La ma* 
tière JËiuiie n!est point acide; elle ne me. semble donc 
pas identique avec la Vulpuline.- 

Quant à mon analyse de la racihé du iiîctamnUs àlbus 
et à d'autres recherches,, j'aurai dans lia suite l'a van- 

' . ^^ lit' 

tage de youç en entretenir. Des e^périenices sur le prin- 
cipe amer de l'écorce de Jradcinus exceUiar ^ qufi j'ai 
exécutées conjô4xiteiiieht avec M^ Buchner fils , nous ont 
cpnduits tout récemment h^ la découverte et à la prépara- 
tion en état pui^ du polythrôme^ dont l'existence dans 
cette écar<;e<n'avait pas encore été démontrée jusqu'à ce 
jour. Gomme nous nous occupons d'une monographie des 
différeiUèsi espèces dVHii//od&rar7ie( de Iv^o^^t^ diuersus , et 
tp<*i»^^ ^^oior; 'polrchrônit^y, notfs auroiD^s d'ans la suite 
f honneur de tôu^ iéh ptës'éhtcff uii ëiitèiiiplàire; 

■•,■■■ ■. • "■■ • •■ ■ EXTRAIT 

D'une lettre de lifcT. William Grégqry à M, Robiquet. 

' Edimbourg , ce i6 avril i834 

r ,.Je.profi^e d'un jour , de vacance pour vous prier de 
}}ieu vouloir me pardonner un silence que j'ai gardé trop, 
long-rtemps. Yqus aurez aussi peut-^étre la bonté de com- 
muniquer à .mes confrères de la Société les deux noteâ 
suivantes^ qui ne seront pas sans intérêt pour quelques- 
un3 parmi eyix. 

' ï. Sur les chlorures de chrome* 

. On connut dispuis quelques années le liquide volatil, 
rouge . et fumant, découvert par TJnverdorben et par 
XX*. Année. — Juillet i834« 29 



4t4 JOOftHÂt 

Thomson , el considéré par Unverdorben comme Un per-< 
chloruré analogue à lacide chroûiiaue* M« Kemp 9 chi^ 
iniste très * ÎDgénieux de celte ville, vient d'observer 
quelques faits curieux dans sa décomposition. 

Quand on mêle ce liquide avec du chlorure de soufre 
il en résulte une action trèâ-éhergique. beaucoup de 
imali ère volatile se dégage, et il Se dépoie une poudiré 
d'une trés-*belle couleur rose claire ; qoi est insoluble daîi^ 
l'eau. La même substance se retrouve lors de 1 action du 
soufre, et du chlorure liquide de phosphore sur le per- 
chlorure de chrome. M. Kemp a cru d'abord que lesaeux 
chlorures se combinaient. pour produire le nouveau com- 
posé; maïs il n'en est pAs ainsi : <ràr, aysiiit tii^pàré Une 
quantité suffisante de cette hiatièrey j'en fis l'analyse par 
la potasse caustique et je la trouvai composée de : 

Chlore. . . 6,41 -.„ k;-i* Chloré. . ^ at. io6,35 ^,5o 

Chf^taé. .3^7 ^^ ^^^ Chràtmt^ i^a|. . 5ê,i» 34,56 

Perte ( ean ? ). . o,aa 



i6MS> too;ôo 



10,00 



Sa fbriâuie serait donc d Cr 4" 3 Gf$ mais tfeêt là la for- 
mule du eblorure qu'oa obtient paf Là de9si(ication du 
protomuriate , cependant ces deux corps sont bien diSé- 
rens. L'un d'eux, le nouveau^ a l'aspect terne, et il ne 
peut se dissoudre dans l'eau \ l'autre , au contraire , est 
cristallin, soluble, et même déliquescent. D'après mon 
analyse , il faudrait coodure que ces deux chlorures sont 
isomériques , et ne diSèrent entre eux que comme l'oxide 
i<>ugi dé cieiui qui tt'à pbikil subi une chaléUr i^uge. 
i^uand lé perchlorure de chrome est décomposé parle 
chlorure de soufre , il passe à l'état de protochlorure* 
Maiis que devient alors le chlorure de SoUfre? N'éfet-il j^as 
probable qu'il attire une nouvelle dose dé cihlbrè, et (îju'ii 
V a formation d*uii j^érchlorure dé^bufre? É'estUn point 
que je me' proposé d étudier prochàinemeiit. 

Parmi les observations de M. Kemp sur le pérchlotnire 
de chrome, il en est une qui donne lieu à un phéno- 
mène remarquable» Si l'on fait passer dans ce liquide du 
gaz hydrogène sulfuré , il se développe dans le tube une 
chéleur PÀttigie; en même t«mps tine poudire verte se dé- 
>«se « qui ><ist jprobaUement du sulfUre de. cbrOme, puia^ 



DE >HAB»IACÏÈ. J^i5 

que l'acide hydroçhlorique se dégage aussi. Cette poudrA 
n a pas encore été exanÛDéè* 

r 

lli N0U^Mê}f esbpêHef^e's suh ta cdmhàsiiôn .éar M. k.-J. 
Kem^ , professeur de chimie h ÈdiMbburg, 



\ 



Trtûs les cHihistés \ peu pr^s sont d'accord que dans . 

combustion iin corps électro-positif se combine avec uii 
corpA éJéctro-néçatlf, et ^uè Ton doit attribuer la chaleur 
et lal^HîWfe àTùhioh ou â la nèuti'alisatiOn des deux 
^électHdtés. Mais, quoiqu'on admette as sei généralement 
cette théorie,' on parle lèependânt toujours dés corps 
lélecironégatîf» comme soutiens de combustion, et des 
^lectro:'pôsitifs cbmme combustibles. Ainsi, quand un iet 
de gttz hydh^èôe brèle daûsrlugazr oxigène, loxigéne, 
dit*oô, maintient, supporte la combustion de rhydro^^éne. 
Qu'est-ce qui arrive donc quand on fait brûler un jet dé 
fa2 ôkigéne dànir dé l'hydrogène? ïfe dôit-on pas dire 
cga|©mciît qtte l'hydrogéné supporte la combustion dé 
I oxigène ? liés circCmfstaticès sont absolument les mêmes 
dans les deux cà§. ï>ourquoi donc changer d'explication 
et dire que c'eist touidurs l'hydr^ogène qui brûle là où il 
- est en co«itaci avec foxîgèné? 

Pa^rtant de ce point, et considérant la combustîoiji 
comme dans la théorie électrique, un phénomène attri- 
buablè également aux deux corps, M. Kemp a cherché de 
produire de nouvelles combustions en mettant toujours 
«ttsemble des cor^saoués d'uhé électricité opposée. II est 
^arvéttu à enirisebir la écience de plusieurs expériences 
trèé-brillahtes \\^i rentrent daùs cette théorie d'une ma.^ 
irtiê^è très*SatisfàisaA*e. 

Vdici quelques-unes des expériences imaginées par 
Mr Kemp : r'*. loxigéne (i) et le chlore peuvent être 
brtilés dans on atmosphère de gaz hydrogène; a*, laif 
iltmosphértqué, roxîgèhe, le cMôre, 1 acide nitreux et lé 
J^érchlorare de chrome brûlent très-bien dans le gaz olé* 
ifhtit. Voici comment on s'y prend pout brûler ro]Eigèn^ 
cfâftjé lé^dz ôléiBant : ou empht de ce dernier une cloche 

tabiilée qùî fe^ose sûr l'eku. On allume le gaz à la; tubu* 

■ .^ — , — ^^^^^^^^^^^ ^^^ 

(i) G«tt« cxpériract.n'trt pas Boavell*, totteï les antres lé sont. 

»9- 



4l6 JOURNAL ' 

lure, et l'oii introduit k travers la flamme une petite 
capsule en platine contenant 'du chlorate dé potasse eh 
pleine ébullition , et dont Toxigène sort avec rapidité. 
Cette capsule est attachée à un fil qui travet^se un bou^ 
chon. Le bouchon $<îrt à supporter la csmsure, et en 
même temps à éteindre la flamme du gaz oféfîant. L oxi- 
gène en traversant la flamme prend feu et. brûle avec un 
éclat superbe. On peut varier m couleur de la flamme en 
ajoutant aii clilorate du nitrate stirontique, sodique où 
cuivrique. Je ne connais pas d'expériences plus magni- 
fiques pour brûler le chlore , on le fait entrer en forme 
de jet dans un; flacon de gaz pléfiant qu'on allume à la 
tubulure. Le chlore brûle à l'intérieur^ et laisse déposer 
beaucoup de charbon. L'air atmo$phérique et l'acide ni^ 
treux , introduits en forme de jet , brûlent aussi fivpc une 
flamme pâle si le jet n'est pas trop "fort. Lie chlorure de 
chromé introduit dans une capsule en verre brûle 
long-temps. Il ne se dépose pas de charbon , mais bien 
ime poudre verte qui n'en contient pa$ une trace, et qui 
est probablement du pr'otochlorure vert v Toutes ceâ expé- 
riences réussissent également dans le ga^ à éclaii^er. 3^. Les 
mêmes sujb3tances, savoir, Vpxigène, le chlore et le per- 
chlorure de chrome, brûlent dans le gaz hydrogène sul- 
furé; 4*« le perchlorure de chrome brûle avec vivacité 
dans la vapeur du chlorure de soufre^ en déposant la 
poudre rpse que j'ai décrite dans la note précédente. C'est 
même la meilleure manière de s'eii procurer. 

Ces exjpériences viennent à l'appui dç; la. théorie élec- 
trique de combustion. M. Kemp pense que l'on devrait 
âbïtndonner les expressions fautives de combustible et 
de soutien de combustion, attendu que nos soutiens 
actuels se montrent comme combustibles dans des cir- 
<!:onstànces cohvenàbles, et que même deux composés 
contenant le même èoutien peuvent brûler ensemble 
( voirie n<». 4)« En efiet, supposons que notre atmosphère 
fût formée du gaz oléfiant, ne deviendrait-il pas soutien 
de combustion par rapport aux corps que l'on peut 
brûler dans ce gaz, et qu'il faudrait alors chercher dans 
la terre au lieu de la houille, qui à son tour devien- 
tîraît inutile? 

Lés expériences de M. Kemp n'étant connues que de 



c^ux 



DE PH^ftMik€4E. 4^'^ 

quifiuiy^Bt ses leçons, j ai pensé «ju il serait à pr<>-« 
laa.f'aire: part à 1^. Society, le plus lot. possible. 



EXTRAIT pE9 ANNALES DE CPIMIE ' 

Et DE PHYSIQUE. 

-• ,.x •>•■ '• 

I 

' Noveràbye et' décembre i83S. 

■-» . '] . . • . .'. ■ f ■ .... 

Pe L*'action'du gaz acide hydirochhrique sur l^argent à 
une haute température , par M, Boussingault. 

Les anciens cbimisîes donnaient le nom de départ sec 
k une opération au nioyeii.de laquelle^ par une ^men- 
iation prok)ngée dans un. piélange d'argile et de sel ma* 
Fin y ils pacv4»iaient à enlerer presque complètement' 
l'argent et le& autres métaux qui se trouvaient alliés à 
l'or. Ce procédé, quiremonte à la pïus bauie antiquité,^ 
et qui est abandonné depuis près d^'disux siècles en Eu- 
rope ,, est; ([encore usit^ en, Amérique. 

I>âns l'acte de la cémentation,, l'argent semble trans- 
formé en icblorure par Tact ion ) de l'argile sèche et du sel* 
marin égaleinont sec : mais il n'en, est pas^ ainsi , et ce 
fait serait inexplicable : la vapeur d'«BU. contenme clan» 
l'air ou celle qiii se forme pendant la combustion sont 
indis^pensables potv* amener la réaction. Lofait alors s'eK- 
plique aisément lorsqu'on se rappelle que la silice, d'a- 
près MM. Thenard et G<ay-Lussac, n'exerce à une tem* 
pérature élevée. âuc^iiie iiçtion sur le stel maria si les 
m;^Mèr(Ç9 sQOt: pd;r&iteaientÀèeheSk;.mais;.que là présence 
de U vapeur d.eâH* dé teraûne yjljE^iPéacMoA.d^s pWséner- 
giqu^e^, formation d'qjcide hydrpchlorique et deisilicate 
de soude, CeUe vapeur .d'eau s infiltre à.travera les vases 
poreux et fragile^ qui sçrvenf aux onéra^ons^ et le fait 
çst poMtif à. cet égard» car dans des creusets imper- 
meafcles à l'aif et bierj lutjes, l'argent n'est nullemçnt 
gttaqué. 

Voil|i bien, la, production de l'acide hydroçhlpdxfii^? 
4^xpl^uéq; mais il faut de plus que., coi^lpaidiclpirer 
imentqux idées. reçues , largeiH décôroppse Tacide bydror 



4lS TOURNAI 

cfalorique à une températuife élevée. C'est ce qui a Hect 
d après les expériences de M: Boussiogault. Lorscfa'on 
fait arriver de l'acide hjdrochlorique sec sur de Targenl 

?orté au rouge, il se produit an eUoruf^ d'argent et 
hydrogène est mis en liberté : l'action s'arrête bientôt , 
car l^ chlorure fonnp i|n ve^is qui rea$l 1^ }?ni^ iqatta-. 
quable ; mais lorsqu'on Tentoure d'alumine pour absorber 
le chlorure, la production clu gaz hydrogène se pror 
longe bien davantage., h^ décomposition de 1 acide hydror 
chlorique par l'argent est^ comme l'on voit^ un fait ana-». 

Ipguç à celui dej(^ déccoppositioà de l'eau pkr le fer. 

> • • • \ " » \ . 

&ir le sous-roxide de plomh. 

X 

t 

M. Boussingautt s'est assuné quje le résidu ùoir -àehk 
distillation sèche de l'oxalale plombique est, comme l'a 
considéré M. Duloog , un sousno^xide de plomb, f^our que 
ce corps soit pur, la cornue qui sert à la déoompositioa 
i^e doit pas être portée au delà du rouge obscur; 

Dans ce sous-roxide, le plomb est uni à une quantité 
d'oxigène qui est la moitié dé celle qui se trouve dàiis 
l'oxide. ioo parties de ploiiib y sont icombinées à 3^,86 
d'oxigène. Ce corps n'est .pas' un mélange d'oxide et de 
pjomb, car on pieut letriturepavec le mercuxe' sans qu'il 
•e forme d'amalgani0. ' '. . > 

Sur une combinaison du phosphore auec t azote, par- 

M. Henri Rose. 

Davy est le prraiiev qui ait parlé des combinaisôfns 
du chloride et du chlorure de phosphore av^c Tantmo- *^ 
iliaque; mais les propriétés qu^il a attribuées à ces corps 
sont loin d'être exactes ; air^si c'est à tort que Davy les 
regarde cojnme à peu près inaltérables parja chaleur. 

lie chlorure de phosphore, pouvant être obtenu cdn-^ 
stant 4ans sa composition , est celui sur lequel M. Kose 
a opéré. Sa combiD<'iison avec le gaz amtaoniaque est 
formée d'un atome de chlorure et de cinq d'alcali. Elle 
est blanche , complètement solublè daUS Teau, et se trans- 
forme, en absorbant ses élémens, eu pkosphite neutre 
et eu hydrochlorale d'amirtoniAqUe. ChatiRée à l'air,' die 



DE ?l!A|lJkfA«IE* 4<^ 

produit on sublîiaé ^boDilfiAt 4{ui ao'«H ({ife de Tliy^rp^ 
cbl^çaèe d'$iii^pio|DÛM}uf^4 he Fésida biHip e^t. insoluble 
dans leaa ejL ratioQt un peu de chlpre^ Gq CQtp^ n e^li 

Î>as pur : il peut être obtenu par un autre procédé sous 
orme de poudre blanche,. légère, c'est en chauffant le 
chiorô'-phospbute d^ammoqiaijue à V^hti de lair dans on 
tube où Ton entretient une atmbsphèi'e d'acîdè carbo- 
nique , outre le sel ammoniac il se dégage de la vapeur 
de phosphore ,' de ranimpniaque et 4e' 1 hydrogène.' Cettç 
poudre blanche esit fix^ et infusibjle lot*sc[u'elle est c^a^iif^ 
fée à r^bri de Pair. Dans le cas contraire, elle^ répand' 
des vapéiit^ blanches d'acide phoâiphorique , elle offre 
une grande iddiiférence pour les réactift les plus puis> 
Sans. Elle eist insoluble aans l'eau et dans presque tous 
les acides. L'acide nitrique fumant là" copiveçtit lente- 
ment en acide phosphorique. Il en est de même de Ta- 
cide 3ulfarique concentré. L'acide hydrbcbloriqae, le 
chlore, le soufre, ne l^ttaquent ni à chaud ni. à froid. Il* 
en est de même des solutions alcalines. Fondu avec Tiiy- 
drate de potasse, ce corps dégage, de l'ammoniaque et se 
transforme en acide phosphorique sans trace^ d'acide 
kjdrochlorique. L'hydrogène à chaud lé transforme en 
ammoniaque^ et il se dégage du phosphore sand forifia- 
tion 4'eau. 

De' ces faits et de T^^nalyse il résulte que ce compose 
doit contenir du phosphore et de l'azote dans les pro- 
portions suivaiïCes : P -)- ^N ou Sa, 56 de phosphore et 
4jr,44 d'azoté, et la réaction qui le produit est la sui- 
vante : 

* 

5 at. de chloro-photphar«. . . 5 P -f- 15 Cl 4< !i5 N + 75 H 

donnent i ., 

en aiotare de phosphore ' 4^ + 8 N 

iel ammoniac i5 Cl + i5N +60 H 

ammoniaqee. « :iI9 4^ ÔH. 

vap- de phosphore» j^ P 

hydrogène. ............. »H . 

I Le bromure de pbosplftove, qu^ l'on ne peut obtenir en 
mettant en coataet le brome et I« phosphore, pa^ce que 
la réa^Uopi j^At tri>p vive^, mais bien en iaisant arriver 
à la tenapérature ordinaire la vapeur de brome sur des 



.1 • 



4^0 MOtoAHàË 

cylindres de pliospfaoré enfermée dans des tubeë hou*! 
chésparune extrémité, présenté des réactions tOiit-^àr* 

fait semblables dans les proportions et les produits. "^ 

• 11. ' 1 1 , • 

iVb/^ ^wr le procédé des Chinois pour fahriqi^ tes 
tam-tams et les cymbales , par M* d'Arcct., 

On fait forger en cuivre rouge ou en laiton le modèle 
de l'instrument quQ Ton yçut ij^})riqv®^ • on donni^à ce 
modèle ezactemei[it les formes voulues;, qn y faisap(^ pé- 
. nétrer plus pu moins la panne du marteau sur les deux 
surface^, de manière à y former la cont^niiité d'enfoi^*-* 
çemens, spb^nques et de parties saillantes ,qu^ Ton re- 
marque sur lç5 cymbales et sui;tqut surlesi tam*tams. Le 
modèle acbeyé , on s'en, sert pour faire qn moule efx sable, 
en potée ou en fonte. On compose nn alliage contenant 
au cent 80 de cuivre pur et 20 d'étain fin ; on coule cet 
alliage en lingot , on le fait refondre et on co,ule la pi^çe. 
moulée. 

Cette pièce sortie du moule est ébarbée ; on la. trempe 
comme on le fait pour Tacier. Si la pièce s'est voilée, en 
la plongeant étâi^t rouge dans l'eau froide on en rectifie, 
la forme au moyen du marteau et en la planant à petits 
coups. On lui doi^ne le \pu çonveipable » spil; pjiriraiiiye- 
ment en forçant plus o,u moi^s la trempe, ^ spit ei^suite 
en récrouissant la pièce par ;un martelage, suffisait r on 
la gratte au tpoyen ^'tm tour, mal cîj^tr^, comme on le 
fait pour les cbaudrons de cuivre ou de lailon, et rinslrù<^ 
ment est alors terminé. 

Sur les schistes bitumineux et sur la paraffine ^'pnt^^ 

M. A,ug» Laurent. ;. ,. . 
. } .,- ... .. »■. ... . . ■ 

Les schistes bitumineux du calcaire alp»n sont' assez 

abondamment répandus à la surface du glôb.e. Juâquà 

'présent ils ont été sans emploi dans les arts , si ce n est 

toutefois celui.^e* JMiénût i qui.doiïne plar la calcinaiion un 

çharbo9 propre à: décoioiTer ou. à désinfecter*- • • ^ 

Ces schiste^ sont pourtant très*riches en malières eôm* 
buslibles. Jls en renferment jus^qti'à 53 pour cept , car ils 



DE PHàmUAGIE. 4^1 

fournissent , lorsqu'on les décompose par le feu, les pro- 
duits, «uivans .: 



«# » * 



f ^ ....,- . •»« .#*««« 



Huile ao. 

Gaz trombttstibles. . . . . : . i4 

(terres 09 

Eau 8 



■■ ■ fc I ■ 1*0 

100 



L'huile est brune, très-fluide, d'une odeur forte et 
désagréable. Elle brûle bien dans une lampe ordinaire 
si I^ courant d^ir est suffisant. Distillée ^xxtl deux tiers 
elle eçt peu çqlorée. Refroidie à quelques degrés a p-iJesr 
sous de zéro elle lailsse déposer aes écailles branches, et 
l>rillantes qui ne sont autre chose que d^ la paraffine.. . 

La houille,, les schistes. bitumineux et le bois iQ^«ie 
donnent par Li distillation des produits qui ont plusieurs 
ppints àp cqntaçt.' ; v : u 

L'huile de houille renferme de la naphtaline, delà 
paranaphtaline , une matiéce jaune orangée, une matière 
odorante fétide soluble dans les acides^ une itaatière cris* 
tallisée que M. Laurent fera connaître plus tard, ^qtii a( 
la même odeur que jb. créosote, ^t qui forme ayec 1.9^- 
mpniaque ui^, çpmppsjé YQ^^til 9 es^fin deç huiles non 
examinées, ' : j . 

-.L'huile de schiste contient* une matière jaune oraiigée y 
une autre: odorante, fétide,' soleUedaafi les acides, de 
hù paraffine , la substance à o^eur de créosote et des huile» 
très^fluklesaon étudiée» vmais elle ne renferme^ni naph- 
taline >hi paranaphtaline. Du moins on ne peut en re**- 
connaître la pcçsence paie les moyens ordinaires. 

' 'Dans l'huile déchois oii troure dé la naphtaline, xmc^ 
matière jaune orangée , de la paraffine, de la créosote, 
de Teupiône et dés huiles particulières. Il faut seulement 
observer qu'biïi n'a constaté la présence de la naphtaline 
dans cette huile qu'après l'avoit* e?pbsée à une haute 
^mpérature. * ''\ ' ■ ' 

'••••• •■> •P.-F.-G.'*."' • 

'.••.■. . 1 . ■ • ■. < . • • • 



4M ioc«ii:iL 



f 






Sur le danger des rnqdifiçatifi^. f^éfices^iv^^htent intro- 
duites dp,tfs les formules et /^ pt^^iques de la phar- 



m£icie. 



Thèse soiiteoofà TEcole de Pharmacie de Paris, pour obtenir le titre 
de pharmaçiep» par M. Poltdobb Boullat, docteur 4e la Faculté 
des Sciences. 

* m 1 ■ * 

... , . ". ' '(EXTRjiiT/) . ., '; ;' .. ' .• 

Sn thoisiissâtit pour sujet de sa thèse une qi^esUon'çté 
cette nature , M, Poly(|6re Boullay, déjà connu p^r des 
travauic d^uné plus haute portée ., à fait preuve d'un hou 
esprit, il à montré tout ce qu'on' peut attendre d'upe 
éducation pharmaceutique bien dirigée, fbrtiâëe pair ^e 
bons exepïples; il a su comprendre et prouver, par cette 
nouvelle œuvre, que les questions les -plu5 ai^dtîes delà 
$câence. ne &ontp«s toujours inooBipatibi€6 avec Vesprit 
4't>rdriB et d'exactitude, avec lés détails si mintitifsuaL «a 
apparence et siimportàns^n péalité qu'exigé là phatrmaae 
pratique».: c... ..'.■; • r- •' ■'<•• 

{j'auteùr efitre en-màtièi^e par un exposé rapide dés 
causes qui ont amené la décadféncé de !â' pharinacie, et 
dont la principale, selon lui, est le discrédit danslé^ùèt 
sont: tombés la plupart des médicament isintples et com- 
posés, si usités autre&isy si, délaissés: aujioUtrd'hin, par 
suite âesldifiéfens sjstèincs cjui se pairtagent la mëdeciae*i 
Une auUre cause noa :moins ijsftuigiite ^ ctmtiiMie M. Poty* 
dore Boidlay , oest la mania dès itmai^àt^ons qui jiestré'^ 
pandue jusque dmds les formules \et la prçitdque d^'la 
pharmacie ^ par une appUçatiç^fi.m^^^t^Hdufi W progrès 
des science^ Qn se tpon^peratit tput^ois/Ai 4'q^ PO^c^luait 
à priori de cettç sorte d'^i^^th^i^fe qa'i). senpiblfi lancer 
contre les novateurs ep géqéral qi^« nqtr^ j«t|Qe confrère 
se refusa à toute espèce d'siméliorat^ons, ^jl^ cofit;Faire ijl 
les accepte, mais à cert£^ines conditions. 

Il considère la pharmacie sous un double point de vue, 
comme stationnaire et comme progressive. Lia pharmacie 
doit être stationnaire toutes les fois qu'elle s^idresse à des 



DE PJ1A1IMACIE. 4^3 

qwiBOséa ;clpaV)^ propriété? et l€(9 effets aont liettetpcttt 
établis, et qni ont pour eux la g^n^tion d'une loo^e 
eappérience. Elle sera progressive toute les fois qu'il res-* 
tera quelqties lacdues h combler, ou que la décourerte 
dfi quelques corps oRrira des ressources nou^ell^s'ou une 
certitude plu^:^rai)de daps rapplipaliqu. Aii^i, la thé^ 

' riaque, le sel e^seuliel de Lagaraye, aadmettéotqufune 
seule et uniqu/e formule, qu uu mode uniforme;d« prépa-* 
ralÎQU, Ce sont douo des composés nécessaixefi^eot &tà<^ 
tionnair^s ^t qu'pp d^^rait troùirer ideatiques rcu -toua 
liq.u?ç.. , ■ ■^,. .: ,-'■■< t 

. Gté deux, exemples, conséquence logique de la' qvLes-^ 
tion- soulevée par M. P. Boullay, nous paraissiept beurèïK 
semept choisis. En efiet, la thériaque est un de .ces 
médicamens' trop complexes pour qu'il soit possible d'.aj»' 

^ précier sainement les cbangemaus successifs qu'elle 
éprouve de la p«|rt du t^ftips ou par toute autre- cause. 
U faut l'accepter telle qu'elle est, puisque re:iEpéHendev 
en dépit. de tous le$ rai^onnemens ,, a prononcé eb fav 
veur de son utilité. Le sel de Lagaraye, tout en étant dans 
une cQpditipn ç)ii|érente de la thériaque, doit aussi- être 
conservé, car il serait absqrde de prétendre QJ^tenir. le 
m4fne extrait en substituant T^lçool à l'eau dans sa pré- 
paration. Mais pourquoirM* P. Boullay, qui y^ut bi^p 
nous accorder dans ses prémisses qu'une préparation iii- 
6dèle peut être môdiûéé, a-t-il placé Tex trait de ciguë 

de Slorcji. au nombre des. composés stafiannaires?. C'est 
qu'il n'a pas réfléchi sans douter qu plutôt qu'il n'aur^^ 

Sas eu l'occasion d'qbserver que cet extrait, qui eut taçl 
p succès ^Vienne et si peu à Paris ^ qui donua.lieu a 
tant .4e dissidences parmi les médecins de tous les pays, 
est rarement identique, et que cela tient moins qupp nel^ 
suppose à la nature difierenté de la plapte dans les deux 
climats , qu'à la détérioration dont cet extrait est suscep- 
tible sous l'influence diJi temps et des variations de tem^-r 
Sérature atmosphérique. La cause matérielle sai|Si§sabi[e 
e cette détérioration réside principalenient, suivant nous, 
dans la matière albumineiise. Plus le suc de ciguë ren- 
ferme de cette matière, à laquelle d'ailleurs on n'a reconnu 
en partiçi^Uer aucune vertu médicale, plus l'extrait est 
disposé à s'altérer ; et que Ton ne croie pas que cette re- 



4^4 '^ÔMNAL- 

marque' s'applique seulement h l'exlrait tUins leauel on 
a oopsérvé la miitièfe Verte, l(e sue despumé pair la cha- 
leur et filtre contient encore une quanlllé considérable 
d'albumine qui s'en sépare sous forme de petites ^anu- 
lations très-blanches et très-légères, soit que l'éyaporation 
ait été lente ou rapide. Les expériences que nous avons 
faites en rSog, i&io et 1811, en nous montrant dans le 
suc, de cette plante des quantités d'albumine variables 
suivant les années et à différentes époques dé la ménie 
saison , ne no^is laissent aucun doute à cet égard. Au reste, 
ce serait peut-être le cas d'appliquer ici avec avantage 
la méthodei de déplacement de MM. BouUay père et ûh , 
méth^od^ qui promet d'iétce si féconde en bons résultats. - 

La pensée dominante du travail de M. P. Boullay est , 
comme on \% vu, de ramfenet a rexécution religieuse des 
formules ceux qui seraient teintés de s'en écarter ou de 
les modifier. Cette pensée, il la développe avec talent\ 
il la défend avec un zèle et une ardeur d'autant plus 
louables, qu'ik paraissent prendife leur source dans une 
intiine canviotion. 

Quelques fragraens de son argumentation ; mis sous les 
yeùk de lio^S' lecteurs, les mettront à même dVn juger. 

«La scieirice a/ en traîné, .la .pharmacie dans sa marche 
progressive , c'est elle qui doit 1 arrêter aujourd'hui , en 
môtitraqt comment rerpériçnce , tout aveuglé qu'elle fut,^ 
à pu , dans la plupart des' cas , par des procédés qui ne 
sont pas toujours simples, il. est vrai , mais qui arrivent 
au but, saisir' ce qui est utile et écarter ce qiii peut nuire. 
Jetons d'ailleurs les yeux sur les plus récentes découvertes 
de la chimie, et nous verrons comme elles viétanent mefT 
veilieusement h l'appui des idées que j'indique, comme 
elles sont fécondes en sérieuses méaitations. 

» La mobilité des élémens organiques , propriété recour 
nuè depuis long-temps ,. il est vrai , mais qui a reçu des 
travaux les plus nouvellement entrepris dans cette bran- 
che si féconde de la science une confirmation remar- 
quable et une extension inattendue, pourrait me fournir 
mille exemples à l'appui de mon opinion. 

» Rappeler la réaction variée de l'eau plus qii n^oins 
aidée de la chaleur sur les éthers, sur le sulfate acide 



DE PHARMACIE. 4^5 

d'hydrogèoe .carboné , etc. ; celle qu'elle exerce Sôus Fiii- 
fluenice dcis b^ses ou des acides sur Toxafiiide, sur labeQ* 
zan^ide, et SUT tant d'autres corps qui viennent prendre 
place chaque jour auprès de ces types , c'est iqdiquer 
d'uiii^ manière fr^^ppante qu'une. cause en, apparence [Bien 
légèçepeiit produira de puissan^.'fejSels. . . . .; : , 

, j». Cette, simple réaction suffit pour transforiiiei* immé^ 
diatement ces corpa «en. des composés bien distincts- d§fs 
premiers , et cela aux 4^pens des seuls élémensde l'eau, 
et nous montre sous quelles faibles influences l'eau peut 
être ramenée à ses élépD^ens pour entrer dans des combi- 
naisons nouvelles. 

Cette/ susceptibilité n'est pas restreinte aux substances 
organiques , les corps inorganiques eux-mêmes semblent 
la partager, etsansrappeler la nombreuse série d'actions 
décomposantes que l'eau exerce sur les composés miné- 
raux, et qui nous fr«lppé chaque jour dans Tétude des 
chlorures > des iodures , etc. , mais que nous apercevons 
tout d'abord, je passerai de suite a des faits aun autre 
ordre qui ont échappé long-^temp» à l'observation , et qui, 
par leujT bizarrerie, leuroointradiction avec les ioées 
reçues, rentrent bien mieu^ dans le développement de 
ma pensée. 

» Je veux parler de l'action de la chaleur sur les phos- 
phate^ qui transformé ces sels en des composés doués dé 
jjropfîétés toutes nouvelles, sans altérer ndtablement leur 
composition élémentaire : ces corps ainsi modifiés re- 
couvrent toutes leurs qualités primitives dans, an contact 
avec l'eau plus ou moins prolongé^ 

» Ces faits remarquables m'ont vivement frapp^Iprsque 
MM. Stromeyer et Clark les ont fait connaître, et j'ai 
compris de suite . quel doute ils devaient jeter dans 
l'esprit, quelles conséquendes ils entraînaient pour la 
pratique de la pharmacie ,qi;elle scrupuleuse attention ils 
réclamaient pour les travaux de recherches ou d'appli- 
cations.. 

.. » Quelles sont les conséquences de tous ces phéfto-^ 
mènes, lorsqu'on les. applique au sujet que je traite 
aujourd'hui ? Ne doivent-elles pas semer le dioiiite le plus 
vit dans tous les esprits , défendre toute innovation qui 
n'est pas hautemen:! motivée, et augmenter cette scrupu^ 



4^6 JOURNAL 

leiise exactitude., celle abnégation de ses ppo|>reâ Id- 
inidrcîs^ qui est un' dès premiers mérites do pharmacien, 
et qui prouve ce qu'il sait en nlontraiit îqU'^ii a^pk*écie ce 
qu'il ignore ?» 

En terminsint cet âttiiêle , hous ekprimei'ons le regret 

Sue M. P. Boullâj h'ait pas fondu aanS le texte même 
e 6ôn intéressaiite dissertation lés notés iiM»nd:>reaieft et 
ipleioes de faits ciirienK qu'il y a ajoutées. 

• » • ' • • 

EXTRAIT DU PROCÈS VERBAL 

De la séance de la Société de Pharmacie ^ 6/iiin i834- 

PRESIDENCE Dï M. CâEKEAU. , 

M. I^andoria, pharmacien et chimiste napolitain, pré^ 
sent à la s^&nce , est invité à signer Ja feuille de présence. 

ha Socirété reçoit ôuzé numéros de là Gàiette éclec-^ 
ttqttè dfe Vérone; le numéro de mal du Journal de Phar- 
macie ; un mémoire de M. Herberger, sur l'examen chi- 
inique de plusieurs lichens \^ M. Vàllet, rapporteur) ; une 
lettré cie M. Col.defy Dorly, contenant les détails d'un 
houyeau procédé pour la préparation du sirop de pointes 
d'asperges. Le même pharmacien envoie une tioté ma*^ 
nuscrite sur la facile extinctibîi de mercure pai^ la graisse 
rance^ Cette note est accônipagrlée d'un édhantilltm de 
graisi^e qiii , d'après M. Goldefy, éteint rapidement trente- 
deux fois son poids de mercure. M^t. Baget et MoutillarA 
sont chargés de faire un rapport ^ur la dbuMe €OiB:muni- 
€alioBtâeM> Coldefy. 

M. Poggiale, pharmacien, aide^majorau Val-de-Glrâcè, 
écrit à la Société pour la prier de riommé'r des t^^iipôr- 
teùts a l'effet d'examiner un travail qu'il vient de ter- 
miner sur la salsepareille. Il remettra sous peu son mé- 
moire aux commissaires qu on lui désignera. 



. t>E PHARMACIE. 1^2^ 

M» {^^otilse annonce que d'après ce que lui à dit 
M; Pçggiale^ la pariçliiiA, la smilacine, l'acide pâriliw 
mfiw ^t U, s^rlfteparine ne. foraient «pi'o^ie seule et hièmé 
substance^ parfaiteinént identique. 

M. Thubœuf dit jE^ue.desçfi'cèté i| cstanÎTé dos lÀériiïet 
résultats ,-eiqUe ^es* evjkériekrces sont consi^ébs ^Ans uti ' 
mémoire qu'il a récemment présenté a TAcâMléttié' d|$ 
médecine. 

MM. Lodibert, Bussy et Soubeiran sont nommés com- 
missaires pour X examea. du travail de M< Poggiale^ 

M. Robiquet communique une lettre que lui a écrite 
M. W. Grégprjf dans laquelle il annonce qufe M. En- 
derby, de Londres, fabrique, pair une distillation bien 
ménagée du caoutchouc, un liquide d'une denc^té de 0,7^20^ 
bouillant à go^ , qui parait être un mélangé de deux .tiàr-< 
bures d'hydrogène de Faraday. Ce JiquidiB dif»oul le 
caoutchouc qu'on peut en r^irc^ par 1 evaporialioai dans 
un grand état d'élasticité. ... 

M. Boude t lit un rapport Verbal (uif les. Annales de 
l'Auvergne. . 

M. Planche en lit un autre suc la.Pharmacopéd it 
M. Giordano. Il propose des remerdmens à .l'auteur, et 
le dépôt de son reciieil à la biblioithéque de la Société.* 
Les conclusions de M. Planche sont adoptées. 
Sur le rapport de MM. Robiquet et Bussy, rapporteuris, 
un mémoire de M. Godon, sur l'oxide de cobalt, est ren- 
voyé à la commission des travaux pour en extraire ce 
qu'elle croira devoir être imprimé. t 

M. Martin communique une analyse du discours pro- 
noncé par M. Fée à la faculté de médecine de Strasbourg, 
lors de là reprise des cours de cette faculté. 

M. BouUay propose , comme membre correspondant y 
M. le docteur Cottereau , ancien pharmacien , aujour- 
d'hui agrégé de la Faculté de médecine de Paris. 

Sur la demande dû même membre. M, le président 



4^8 JOUENàL DE PHARMACIE. 

artère pour le mercredi suivant une réanion de hl Société 
de pbarn^acie et de celle de Prévoyance ; peur entendre 
la lecture de la première partie du r&pporf'de la com^ 
mission chargée par ces deux Sociétés de présenter uii 
projet d orgènisaticm pour la pharmacie. 
. ,M^ Henry lit une note sur l'analyse alcalcii^é trique de^ 
quinquinas par le tannin; 

La Société se forme en comité secret. 






w»«i 



I. . » 



Société mèdicah dé Éoïiàî (Nord). *', 



L>i< société proposé , pour être décernée en i835,' ubé 
médaille de i5o fr. , ou sa valeur, à raùteur de là meil- 
leure statistique médicale de lat'rôndiséement de Dbiiai. 
' Et une ou plusieurs itiédailles d'encouragemens pour 
les mémoires sur le même sujet; qui n'enibi*a^seraielit 
qu'unie fraction de TarrondisseTnenti. 

Les mémoires devront être parvenus dans les formes 
acadén^iques'ordin^irès, à M. le sèctétaire dé la sbdété} 
avant lé i**. mars i835. ■ ^ 

; A. ï)£LÀNot, H.-ili.^ secrétaire. 



j ; 



> ■> 



'l .: 



» /» 



-•— ^>i-W*< 



T r II I I ■ , ' 

PARIS.— IMPRIMERIE ET FONDERIE DE FAIK / 



JOURNAL 

DE PHARMACIE 



ET 



DES SCIENCES ACCESSOIRES, 

CONTENANT 

LE BULLETIN 



• » 



DES TRAVAUX DE LA SOCIETE DE PHARMAGIB 

DE PARIS. 

I 

fli7rt?"r?^T*T« > ;ii inpii 11WI ■■■■■■■ I m I ^^"^^r i m ssBSissB} 

N\ Vin. — 30*. Année. — Aei?T i834» 

De Vapplioation du tannin pur comme moyen 

^alcaloïtnétrie. 

Par M. O. HsmiT^ 

On peut entendre par alcaloîmétrie la réunion d^f 
moyens propres à faire apprécier exactement les quantités 
d'alcaloïdes contenues dans certains végétaux. Cette apprér 
eiation, qui ne s'obtiept ordinairement que par des prpc^ 
dés longs et minutieux, offre, comme le savent tous cen^ 
qui se sont occupés de ce genre de rec)ierc)i€s, divers îjot-^ 
QQUi^éniena , tant par la lenteur de lopératipin. que p^ \ef 
décompositions et évapovatioiis successives qu'eUe z^^ 
cessite ; car on est exppaé idors , qumd w agit auftoiU 
XX* • Année, — Août 1 834 • 3o 



43o JOURNAL 

en petit , à perdre presque toujours une certaine quan- 
tité du produit. Chargé plusieurs fois, en qualité d'expert 
ou d'arbitre , de faire Tessai de quinquinas pour déter- 
miner leur rtcbesseen alcaloïdes, j'avais depuis loog^temps 
été frappé de ces inconvéniens , et j'avais déjà essayé 
différens moyens pour arriver plus pomptement à cette 
évaluation. Ainsi ayant l'idée de faire une imitation de 
Yaloalimètre , j'avais songé à précipiter la quinine et la 
cincbonine par une liqueur dont le titre* fut connu et 
dont la quantité employée fut appréciable par les divi- 
sions de l'éprouvette graduée. Mettant donc à profit la 
propriété signalée par Serullas dans l'acide iodique de 
former avec presque tous les alcaloïdes dissons dans i'al- 
cool des précipités insolubles , je crus arriver à mon but 
par ce procédé, en titrant une solution d'acide lodiquè 
pur, et jugeant ce qu'une solution alcoolique de quinine 
ou autre absorbait de degrés de cette liqueur d'épreuve 
pour son entière précipitation; mais ce mode ne put 
réussir contre -mon attente , parce que d'une part si la 
solution alcaloïdique était faite avec de l'alcool à Sa**, une 
partie de l'acide iodique était précipité lui-même sans 
combinaison , et si le véhicule n'avait que 22<^ (terme 
au moins nécessaire pour que ce premier efi'et n'eût pas 
lieu), une portion de l'iodate acide organique restait en 
solution. Je renonçai donc, quoiqu'avec peine, à mes 
idées , espérant plus tard y revenir par quelque autre 
voie. 

' Depuis la découverte si originale des alcalis vçgétaux , 
et les heureuses applications que plusieurs ont données à 
la thérapeutique, leur extraction est devenue un objet 
d'industrie commerciale toi^te nouvelle , à laquelle je crois 
pouvoir dire avoir réellement aussi contribué. Cette indus- 
trie spédale, de création française, etlong'temps le mono- 
pole de nos' fabriques, a pris encore assez d'accroissement , 
pour qu'un moyen d'expertise, en cas d'achat ou de 



DE FHAaMACIE. 4^<| 

contestation, ne fût pas sans utilité. C'est ce qui m'en* 
gagea à revenir aux idées que j'ai exposées plus haut , 
et je cherchais alors à les exécuter, lorsque le mémoire 
remarquable de M. Pelouse sur le tannin parut. Je vis 
confirmer dans ce travail l'action du tannin sur les alcalis 
végétaux, car il y était dit que ce corps fait avec la 
quinine, la cinchoniné, la morphine, la narcotine, la 
codéine , la strychnine et la brucine, des précipités blancs 
presque insolubles dans l'eau. 

Déjà l'on savait depuis assez long-temps que la tein* 
ture dé noix de galles forme un précipité blanc floconneux 
avec différentes substances organiques, et notamment avec 
les alcalis végétaux; M. Dublanc avait indiqué de son 
côté que de très-petites quantités de morphine peuvent 
être décelées par ce réactif, et mon père (dont les tra- 
vaux ont toujours été dirigés dans un but d'utilité phar- 
maceutique ) , en examinant Faction des vins rouges sur 
le quinquina, avait fait voir que la quinine et la cincho- 
niné sont précipitées par la matière colorante rouge de 
ces vins qui agit sur elles comme le tannin; aussi en 
avait-il déduit très-judicieusement que, pour la prépara- 
tion du, vin au quinquina , les vins blancs ou sucrés sont 
préférables à ceux qui renferment beaucoup de matière 
colorante rouge. Dans son Traité de chimie , M. Berzé- 
lius , tome V, signale aussi l'action du tannin sur les al- 
calis végétaux , et il pense que l'on pourrait peut-être 
isoler certaines bases organiques en formant avec leurs 
tannâtes insolubles des -sels par double décomposition 
au moyen de l'acétate de plond>. 

A ces faits j'ajouterai que le tannin permet d'isoler 
dans une solution de très -faibles proportions d'alcalis 
organiques (i) , et cela avec d'autant plus de facilité , que 
les tannâtes formés sont très-volumineux, blancs à l'état 

(i) 75ôô<iG sulfate quinine est encore extrêmement sensible quand 
on Terse dans la solution le tannin pur dissons dans Teau. 

3o 



J^^2 aOUKNAI. 

à!hjàrate^ et se séparent promptemeot de la liqueur «nis 
l'apparence d'un précipité caillebotté caséiforme. 

Me basant donc sur ces observations, je songeai à faire 
ayec le tannin pur un mode d'analyse pour l'expertise de 
certaines substances contenant des alcaloïdes, einotam-^ 
ment pour celle des quinquinas. 

En conséquence 9 je préparai d'abord avec soin une cer<* 
taine ^ose de tannin pur en suivant le procédé simple et 
facile décrit par M. Pelouse; je le rappelle ici en quelques 
mots. 

Il consiste à prendre une allonge de verre dont la 
douille est en partie fermée par une mèche de coton, et' 
l'ouverture par un bon bouchon mobile; on y introduit 
8 ou 10 onces plus ou moins même de noix de galles ré* 
duite en poudre, on tasse légèrement cette substance 
jusqu'à moitié environ de l'allonge, on remplit alors 
celle-^ d ether sulfurique un peu hydraté , puis on bouche 
l'appareil ; le véhicule s'infiltre peu à peu à travers la 
poudre, puis coule dans le récipient inférieur. La H* 
queur que l'an peut faire passer à plusieurs reprises sur 
la noix de galles est d'une couleur verdAtre ; elle laisse 
par le repos déposer une couche comme sirupouse bru* 
nàtre, qui, recueillie par décantation ménagée dans ua 
entonnoir, lavée avec de l'élher sulfurique, et décantée 
de nouveau, tient en dissolution le tannin pur AXsvSii 
d'évaporer cette liqueur éthérée soit dans le vide soit 
au bain -marie jusqu'à siccité très «complète;' dans le 
premier cas l'on obtient un produit volumineux blant 
jaunâtre comme feuilleté, très-léger, et facilement pulvé- 
risable» dans le deuxième W produit est sous la forme 
d'une masse verdâtre molle à chaud, sèche et cassante à 
froid, comme une résine, et très- facile à réduire en nfit 
poudre blanche. C'est le tannin à Tétat sec. 

Ayant d^fie entre les mains le tannin bien pur et tres- 
sée nécessaire à mes expériences ^ je commeinçai par ^ 



DE PHAEMàCIE. 4^5 

dKtaoudre une «ertaine quantité à V^hti de l'air eietériear, 
dans un vase rempli d'eau froide. La solution «'effiectua 
d'abord un peu lentement, la matière s'aggloméra, pteis 
Inentôt lé liquide devint plus visqueux en formant une 
teucbe brunâtre qui Occupait le fondis du vase, et se mêlait 
£n;ilenlent par agitation au reste du liquidé; la solution 
fut alors complète, et après filtration elll^ avait une cou- 
leur légère, brune verdâtre. 

' Pour api^récier ce qu'elle contenait de tannin pur tèel\ 
j'en pris des poids égaux, savoir, 1 5 grammes , et j'y versai 
avec beaucoup de soin, i''. de Témétique dissous dans 
l'eau (4); a*>. de l'acétate neutre de plomb; les dépôts 
formés furent lavés, recueillis et séchés à i^o^* J'ai 
obtenu; 

10, Tannate d'antimoine. SbZQî'fî 5= 0,69 0,68 0,685 

a». Tannate de plomb» . PI T =:o,8a 0,84 • 

Ce qui donnait tannin pur avec le sel d'antimoine 
o6'-,5576 , et avec celui de, plomb o5'-,5398. Car 

1 at. de <tannate d'antimoine l proto". d'anti. 1 91:^,90 V i proto. 19, 16 

contient. . \ tannin 8o643d J 1 tannin 80,8a 

1 at. de fannate de plomb r proto. de pi. 1394,49^) [proto. 34» i^ 

contient. .1 tannm 2688,198)^'* (tannin 65,04 

La liqueur de tannin ci-dessus mise dans l'éprouvétte 
de l'alcalimètre de Décroizilles formait pour i5 ;grammes 
3 3, 67 mesures, ce qui conduisait à voir que chaque me- 
sure représentait tan&in pur o*'*-,oi68 par le sel d'anti- 
moiùie, ou poiif 100 grammes ou mesures 2âo, tannin 
pur 3s^''*,^i (cette «^ution est ce qu« j'appelléniji la /i* 
-fueur ^ Uoaloimét rique)* -Par con sé qu e nt ayant pri« i gr. 
^ ijainme très-pure d'une part, et t gr. de cincbonine 
cristallisée de l'autre également pure ,^ séchèes à lao dé- 
istes ceatigrade^, je les fis dissoudre dans une certaine 

' K^y Xjt tMMflfè a'MitimeiiKie ^is« 'tfè^iiti»o)âbt« dan» I'imiu} pr^dpité i 
l'ttide d'un excès Ji'éâaétiqbe , la liqueUt titrée ne prit àyeb le p^ettittl- 
fate de fer ^'une teinte yerte mêmepen intense. 



434 JOURNAL 

proportion d'eau distillée acidulée par trois ou quatre 
gouttes d'acide sulfuriqué. 

{ISota. Un semblable liquide acide, pris à part, n'é- 
prouvait rien de la part du soluté de tannin. ) Les disso- 
lutions d'alcaloïdes très -limpides et très-exemptes d'im- 
puretés furent additionnées avec la plus grande attention 
de liqueur.alcaloïmétrique , en notant avec soin le ndmbre 
de mesures employées à la précipitation. Le tannate qui 
se forma était blanc, volumineux, comme caillebotté, pres- 
que insoluble dans l'eau; lorsque la précipitation en fut 
assez considérable pour penser que j'arrivais à la fin 
de l'opération , je saturai en grande partie à l'aide de 
quelques gouttes d'ammoniaque l'acidité du liquide, 
puis je versai de nouvelles mesures jusqu'à cessation 
complète de précipité. En comptant alors le nombre de 
xes mesures et le multipliant par o5'^-,oi68, je connus le 
tannin employé à la précipitation. 

Avec la quinine j'ai employé un nombre de mesures 
indiquant tannin pur 25'*-,5, et avec la cinchonine 2,71, 
par conséquent on est conduit par le calcul à trouver 
que ces nombres donnent à peu près , pour les tannâtes 
formés (i) : 

2 atomes de tannin et i atome d'alcaloïde, ou 

Qaîniiie. . . . i at. ai4Si /Quinine ^3,19 

Tannin. . . . a at. SS^Gl . l Tannin 71*10 

5 et pour xoo ( 
Cinchonine. . x at, qooôi ' | Cinchonine- . . s?*^? 
Tannin. . . . 2 at. 5376/ \ Tannin 72,83 

Je crois pouvoir considérer ces sels comme des bitanr 

(1) Il faut que la solution de tannin soit aussi exempte que possible 
d'acide g^allique , si non on est exposé à employer plus de mesures 

'qu'il n'en faudrait » car les gallates organiques sont assez soloblés dans 
l'eati. On s'assurera de .la pureté du tannin soit par l'analyse, à Taide 
d'un sel d'antimoine qui donnera pour 100 grammes d'une -solution- a 

,jxiK dixième , tannate d antimoine sec 12, 36, ou par le procédé de M. P^ 
louse {Ann. de Chtm, et de Phys, , tom, LlV, pag. 34»), à l'aide d'dnc 
peau récente dépilée. 



DE PHARMACIE. ^^ 

nates ; ils sonl acides aux réactifs ,, et rentrent aussi dans 
la loi de composition dçs autres annoncés par ta.-. Pelouse ; 
je m'occupe de poursuivre leur. examen plus détaill^^ 
ainsi que celui des tannâtes neutres d'alcalis organiques; 
miaii^ quant à présent, je mé bornerai à donner les ap- 
plications auxquelles je suis arrivé,' et que je. propose 
comme nouf^eait rnodé alcalbïmétrique /les voici :. 

Procédé alcatom^trique applicable surtout aux 
quinquinas. (Quininomètrie.) 

Liqueur d'épreuue. Cette liqueur est préparée en fai^ 
ftant dissoudre daosTeau distillée froide 190 grammes., 
tannin pur bien pure réduit en poudre 10 grammes , puis 
filtrant au papier Joseph pour que le liquidé soit très- 
clair. Il ne doit y avoir aucun résidu , et à peitie quelques 
impuretés impondérables. Cette liqueur contient tm 
vingtième de tannin pur, elle est ou incolore ou d'um 
brun Vjerdatre très-léger. Il faut la conserver dans un 
iboon plein et ne la préparer que très-peu de temp^. à 
Tavance. 

Chaque degré de Téprouvette de lalcalimètre de Dé- 
croizille en contient o6*'*,47 » et renferme alors' tannin pur 
oS'-jOaSS, qui correspondent à quinine o^^'^oogS. Ainsi on 
n'aura qu'à multiplier par ce nombre celui des degrés 
employée pour séparer dans l'essai tout l'alcaloïde. Sup- 
posant donc que pour une quantité n de quinquina Fessai 
ait conduit à voir qu'il fallait pour la précipitation totale 
too mesures de cette liqueur- alcaloïmétrique ^ i\ suffira 
de multiplier ce nombre 100 par 0*0095 pour avoir la 
quantité de quinine contenue dans le quinquina analysé, 
ainsi l'on aura 100 X 0,0096 = os^* ,96 quinine pour n. 
d'écorce. 




joomifÀL 

■ 

Essai de quinquina par la liqueur itépréui>e. 

Oa prend environ lo livres d'écorces sur la totalité 
3u quinquina gris ou jaune que Ton veut expertiser, on 
les réduit en poudre fine sans résidu , et alors Ton a un 
mélange qui doit représenter assez bien l'ensemble de 
cett^ substance. On en sépare ensuite une livre que Ion 
traite à trois reprises par Talcool à '62? bouillant , acidulé 
cbaque fois par 8 grammes d acide sulfurique; Ton passe 
cbaud avec expression exacte^ et l'on agite de suite dans 
la liqueur rouge acide un excès convenable d'hydrate de 
plomb (i) jusqu'à décoloration complète (celi««4» a lieu 
promptement). On filtre avec soin, puis Ton verse une 
^tite quantité d'oxalate de soude ou d'ammoniaque , afin 
éé précipiter la cbiaux et le plomb que pourrait renfer- 
wstv ralcool, par suite de la présence deef qulnates formés 
cm existans naturellement ; on sature ensuite l'alcool al^» 
câlin au moyen de l'acide sulfurique versé goutte à 
igouttey puis on évapore. Le résidu légèrement acidulé, 
àrepris par VtSLVi pure et filtré afin de séparer de la chlo^ 
ropbylle ou de la résine verdàtre , est pesé , et Ton agit 
sur un dixi'ème de son poids. 

Ce diidème est traité par la liqueur olealimétHquiè , 
comme il a 'été dit ci-dessus , en opérant douceiÀent avec 
f>récaution, filtrant vers la fin soigneusement; et ajou- 
tant du tannin dissous jusqu'à ce qu'il n'y ait plus à& 
précipité (2)) purs examinant conibi^en cette opératkm ^ 
^sigé de degrés de l'alcalimètre. 

■ yfTI i,! I >■■■ ■ 1 I L ' r I i—ii I m ' ' ii i i n iM.ii. iiiM I I III I I 1 M >f > ^} *>f 

(i) je me suiâ assuré que dans cette 'circonstance YhydT&te de "j^Xomh 
^^altère en'fi«n hi qdimne^* car, ayant prîs une égale quantité de cette 
.Base , j^ai ^ 1.0. apprécié l'une par le tannin ; 2**. j'ai dissous Pâutre dams 
l'alcool acidulé, puis ajouté l'hydrate, etc. , etc., et après évaporation, 
repris '|>ar'reaa acide, le tannin me donna sensiblement le même ré- 
sultat. 

(q) On pourra saturer, comme on l'a dit plus haut , avec quelques 
gouttes d'ammoniaque au bout d'un tube la majeure partie de l'acide 
libre sut la fin de l'opération , la séparation du tannate organique en 
est plos prompte et plus complète. 



Si psur «j^emplë eiat «gi^isàût ainsi 9ut vax disiibkité Aà 
Ihqmèe proTenànt d'une li^re 4ô quâû^^ui)^^ iya k «tik«> 
ployé ia3 mesQR» de Yéleatimètfè ^ elles Irèptéëent^fôht 
«pktnine is^^a, et par iconsé^jôeitt on aulti poi^ là livtè 
d'éeorce i% grenniit^s ou 3 gr08 (t) {2). 

Cet essai sera assez rapidement fait et doûKie)^ , âVe(: 
les soins indiennes que toute persontië habituée à Teltrac- 
tion dés aloà^lis t^â^tâius pi^urrà dbset^r , un résultat siutf 
et précis. 

Je crofe que Cfette propriété du tannin pourra aVoîr 
encore d^àutres applications pour éprouver, soîl là ri- 
tebessie de 1 opiûiA ^ dé k noix vomique , de la cet adiSe , 
de la staphysaigre en alcaloïdes ; sort encore pour iso-- 
1er dans Taiiàly^O certaines ba&ès organiques bOnniies 
ou inconnues. Je m'oceupe de poursuivre <5eô recbèrcbes , 
ainsi qtt)^ l'^stamen de dilTérents tannaleà à baere oi%a- 
nique , et j'aurai Fàonnear, si le ôwccès répond à mon 
«ttente, d'en foire alors part à la Soc'rété. 

%vvvv«vvvvvvvvvvvvvvvvvvwvvv\-vvvwvvvvvvvvvvv«v^vvv«vvvvvv%vvv\^^ 

OBSERVATIONS 

Sur les huiles essentielles par M. Ratbaxjd , 

extrait par M. Le Gavu. 

Un de nos^ plus habiles parfumeurs, M. Raybaudi^ 
demeurant à Paris, rue Saint-Denis, n"", laS^ a joint à 
la magniâque collection d'builes volatiles qu'on remarqué 
à l'Exposition des produits de l'industrie, une brochure 

dans laquelle se trouvent consignées d'impprtantes obser- 

' ' • - - ' ' — 

.<;j) CU^Hittiè icba^è de^i dfe la liqueur d'épréàve *e ¥«f résehte qu'uiie 
quantité trés-minime de qainkie , i| n'y atira -pas tin grand jkpconvé- 
nient à mettre 2 ou 3 degrés de plus , car on ix'aurait que o5*'--iOo37Xi 
^ qtiîMfeè fcfg».;o!zt9, 'et pottr la (ivre alors X 10 z=. q^ûittine o^^ii^. 

(a) S'il arpivait qa*ofi e^t tiéïknivifoifis dépassé timlp l'ia^itioii lia tftt- 

nin , on pourrait par une quantité connue de la solution du sel orga- 

^ xriquc,'V<îir èe qu'il 'faut pour arriver à la saturation, et en tenir compte. 



4^8 JOURNàli 

vations^j^tant sous le rapport commercial que sous le rap- 
port: pratique. Les bornes de ce journal ne nous per* 
mettent malheureusement pas de les reproduire toutes ; 
mais nous reproduirons du moins les suivantes, rela^ 
tives : i*". aux sophistications dés huiles essentielles; 2*^. à 
la valeur commerciale comparée des essences de lavande 
et de menthe préparées en Angleterre et en France; 
3°. aux modes de préparations des essences dans le midi 
de la France. 

A la suite nous placerons les tableaux dans lesquels, 
résumant ses propres expériences, Tauteur indique : 

Les noms vulgaires et botaniques des végétaux dont il 
a extrait des huiles volatiles ; 

L'état de la plante au moment de la récolte ; 

La localité où elle a été recueillie ; 

Les quantités de plantes mises en expériences ; 

La quantité d'huile essentielle obtenue ; 

L'état physique de Teçsence au moment de son ôb*- 
tention ; 

Les changemens physiques qu'elle éprouve en vieil- 
lissant. 

Les nombreux usages des huiles essentielles font que 
rarement elles sont pures dans le commerce ; tout con- 
court en efiet à en encourager la fraude ; d'abord beau- 
coup d'entr'elles sont exotiques et nous arrivent toutes 
falsifiées du Levant ou de l'Amérique; d'un autre cAté, 
le prix assez élevé de ces produits stimule beaucoup 
la cupidité des marchands , car alors ils peuvent livrer 
leurs huiles à meilleur compte, ils sont surtout pro- 
tégés par la difficulté que l'on éprouve à reconnaître la 
pureté des huiles , attendu qu'elles ont tant d'analogie par 
leur ^Couleur, leur odeur, leur densité , %'oire même leurs 
propriétés chimiques, que l'on peut presque impunément 
mélanger une huile avec une autre de moindre valeur; 
c'est ordinairement de Tessence de térébenthine que l o^ 



DE PHARMACIE. 4^9 

se sert pour falsifier les essences de rhue y de myrtbe , de 
lay^ïide, de thym, de romarin, d aspic : ces mélanges sont 
très-difficiles à reconnaître , surtout lorsque Ton introduit 
l'essence de térébenthine dans l'alambic , et qu'on distille 
le tout ensemble ; les falsificateurs ont en outt^ le soin 
d'ajouter en même temps de l'essence d^aspic , dont l'o^ 
deur plus parfumée sert à masquer l'odeur de la téré- 
benthine^ On emploie encore l'huile volatile de marjolaine 
pour sophistiquer celle de menthe. Ces falsifications oni 
le déplorable effet de paralyser une partie du commerce 
des huiles volatiles en France, surtout pour celles de 
menXhe et de lavande , que les Anglais ont la réputation 
de mieux préparer, et qu'ils fournissent presque seuls au 
nord de l'Europe et à l'Amérique; l'influence de cette ré* 
putalion est telle , qu'on n'achète en France qu'à bas prix 
les essences indigènes, qui par cette raison sont fraudées, 
et que , pour vendre leurs essences pures , les fabricans 
français sont obligés de les faire passer pour des essences 
anglaises ; aussi est-il reçu dans le commerce qu'il est 
impossible en France d^obténir des essences d'aussi bonne 
qualité que celles d'Angleterre, et l'on attribue au climat 
et au terrain cette diflérence. 

Il n'en est pourtant pas ainsi ; pour m'en convaincre , je 

me suis procuré divers échantillons d'essences anglaises, 

une entf 'autres m'a été fournie par M. Williams, de 

Londres. Afin d'avoir de lui l'essence la plus pure, je ne 

.lui ai pas caché que je me proposais de mettre son essence 

en comparaison avec celle de France; M. Williams n'a 

pas trompé mon attente, j'ai reçu de lui la meilleure 

^essence que j'aie jamais vue ; j'ai donc soumis à la compa- 

.raison l'essence de lavande anglaise avec de l'essence de 

;France que j'avais préparée moi-même avec des lavandes 

de France , et je me suis assuré qu'elle ne lui était ipas 

supérieure en qualité ; bien plus , j'affirme même que nos 

huiles, qui sont fo4lrnies par les plantes qui viennent na- 



44<) lOfJ&NAL 

tUrelkmcnt ^ns les Ibtet quartiers des tiM^tagnes , siir>- 
toat celles de Lemas près de Grasse , diSpaErt«meût da Yar^ 
sont ickfiniment préférables à celtes d'Angleterre. 

Cette opinion , qui est le résaltat de mon expérience, 
est aussi ceile d'un graâd nombre de fabricatis. L^un de 
mee confrères , M. Cbardin-Hadancourt , qui joint à une 
parfaite connaissance de son^ art une grande habitude de 
^oir et d'apprécier les huiles Tolatiles dont il f&it on 
èôûuneroe considérable , trouve que les layaiides anglaise! 
ont une odeur aspiqueuse qu^elles ont en outre Tincon^ 
Tentent de s'épaissir par le temps et de se colorer promp*- 
tonent^ ce qui n'arrive pas aux nôtres, dont Todeur est 
d'aillenrs bien plus suave. 

Cette opinion , je l'espère, sera partagée par tous c^x 
qui examineront les échantillons qui font partie de ma 
collection; elles tie sont, j'ose l'assurer, inférieures en 
«qualité à aucune essence quelle que soit son origine ; 
l'eseence de lavande que je présente a été préj>arée avec 
des tiges de lavande, récoltées aux environs de Lemas et 
Soreillas , et distillées par moi immédiatement après leur 
Jréoolte. Il nte serait de k plus grande farcilité de me 
procurer de celte essence par milliers , car les principaux 
négocians de Grasse , mes compatriotes , avec lesquels je 
5UÎS en relations commerciales et amicales , m'assurtfit 
qu'iU se fait tons les ans , seulement dans les environs de 
•Grasse^ plus de ioo»ooo livres d'essence de lavande-, satis 
compter cejles qui se préparent à Montpellier, Nime«, 
(îarpientras ^ ainsi que sur toute cette ligne ^ sans compter 
iwîissi les essences de romarin , d'aspie , de thym , de fyr 
tionil , de tnentbe , de néroly ou fleur d'owinger ; j'irtsiste 
tmrlont sur celles de menthe et de lavande, qui seules 
soutiennent en ADgleterrfe la concurrence avecifes essenfcft* 
franciai^s; quant aUï autres, les étrangers en sontforcé- 
nfyent pas tï^iferttftires. 

De ce que je viens de dire il résulte que l'essence de 



DE )HAIliACI2. 44^ 

lavande de Fraoca e^t préférable à celle d'AAgkkenre; je 
livre ce fait aui: méditations des économstes , et j'appelle 
suc lui l'attention des savans, afin f[u ils fassent des expé"» 
riences sur nos huiles yolatilea, et qu'ils en proclameni 
hauteipent la supériorité. 

Si l'on voyait. les autorités scientifiques constater la 
supériorité de nos produits, alors le préjugé, qui fait 
préférer les lavandes anglaises à celles de France, dis-» 
paraîtrait , et noa-seulement nous cesserions d'être tribu- 
taires du coniinerce britannique , mais encore nous pour- 
rions approvisionner d'huiles essentielles l'Europe et 
l'jSmérique. De plus , depuis longues années les Anglais 
envoient en garnde quantité aux lies des fleurs sèches dt 
lavande que l'on y distille ; nous pourrions donc nous^ 
mêmes fouruir à des prix inférieurs les mêmes produits ; de 
là résulterait un bénéfice considérable pour les habitans 
de nos provinces méridionales. Quant aux autres huiles , 
l'avantage pe pourrait uqus être disputé , car, outre que 
nous fournirions des qualités supérieures, nous pourrions 
encore les livrer au commerce à 3o pour cent au-dessous 
des prix des lavandes anglaises. 

Notre infériorité apparente vis-»à-yis de nos voisins 
d'outre-mçr, ne peut tenir qu'au mode de fabrication 
des huiles employé dans le midi de la France ; ce mode 
est souvent si vicieux, qu'en voyant des essences même 
dans le plus grand état de pureté , on serait tenté de croire 
qu'elles sont falsifiées, tant elles ont une odeur peu 
agréable de liquide fermenté ; voici comment on opère t 

Lorsque l'époque delà distillation est arrivée, c'est or-^ 
dinairement à la fin du mois de juillet ou au commence- 
ment de celui d août, les fabricans font transporter de gros 
alambics à dos de mulets, et quelquefois n»émeà bras, à 
c^use de l'inégalité du pays, où non^seulement il n'y a pas 
de route9.iiiâia6à il n'y a pas même de sentier tracé. Ils 
chpi^issent leur emplacement près d'une source od d'un 



44^ JOURNAL 

ruisseau et dans une localité où les plantes qu'ils destinent 
à la distillation viennent naturellement et en grande quan* 
tité. Au moyen de pierres ils construisent des fourneaux 
qui durent tout le temps de la distillation. Alors ils font 
publier que Ton demande telles ou telles plantes ; les pay- 
sans acriyent , et après les conventions ils courent récolter 
les £teurs qu'ils sont convenus de rapporter. Ils en ap- 
portent de telles quantités , qu'il devient impossible dé 
distiller la récolte du jour, quelquefois même elle suffit à 
ia distillation pendant huit à dix jours. Durant ce temps 
les plantes s'échauffent, fermentent, et cette altération, 
jointe au manque de soin des paysans qui récoltent les 
plantes sans choix , sans égard pour le terrain , celles ex- 
posées au soleil et celles à l'ombre , fait que les huiles que 
l'on obtient ont une odeur fade et empyreuiliatique , à 
laquelle je donne le nom d'odeur fermentée. Non-seule- 
ment les fabricans ne prennent pas de précautions pour 
éviter ces inconvéniens , mais ils favorisent au contraire 
cette altération des plantes , parce qu'ils obtiennent plu& 
d'huile des plantes qui ont éprouvé déjà un commence- 
ment de fermentation que de celles qui sont à Tétat récent. 
Je dois encore faire observer que les fabricans choisissent 
en général , pour commencer la distillation , l'époque où 
la semence commence à se former, et où la fleur est en 
partie tombée. Us obtiennent alors une double quantité 
d'huile, dont la couleur est légèrement ambrée, et dont 
l'odeur est bien moins suave que celle des huiles que l'on 
obtient au mois de juin, lorsque les fleurs du végétal soùt 
épanouies. Ces dernières sont si douces que l'on croirait 
respirer l'odeur de la fleur qui les a fournies. 

L'on devrait choisir les végétaux qui viennent naturel- 
lement dans des terrains arides , montagneux et exposés 
au midi; et n'employer ceux qui viennent dans les en- 
droits couverts , qui sont exposés ali nord et privés du so- 
leil, que pour en obtenir des essences., de qualité infé- 



BE PHARlttÂCIE* 44^ 

rieure ; c'est à Tépoque de répanouissement des fleurs 
que devraient se faire, les distillations, et non au mois 
d'août , comme cela se pratique ordinairement ; enfin on 
devrait distiller les plantes au commencement de leur 
récolte et ne pas attendre qu elles aient subi un commen- - 
cément de fermentation. Il est encore utile de remarquer 
que les huiles volatiles obtenues dans les années pluvieuses 
sont moins suaves que celles des années ordinaires et 
même des années de sécheresse. 

Quant à la distillation en-elle-méme » on recommande 
de se servir de Teau de la plante. Il est vrai que par ce 
moyen on obtient davantage de produits , puisque l'eau 
déjà saturée ne peut plus se charger d'huile ; mais j'ai re- 
marqué que les huiles ainsi obtenues étaient moins suaves 
et plus acres que lorsqu'on se servait d'eau ordinaire, et 
je pense qu'il vaut beaucoup mieux se résigner à obtenir 
un peu moins de produits, afin d'avoir des huiles plus : 
agréables. 

C'est aussi pour cette considération que je conseillerai ' 
d'employer beaucoup d'eau pour distiller : alors l'essence 
est plus suave. Il me semble également qu'il serait avan- 
tageux de séparer les divers produits que l'on obtient dans 
une même distillation , attendu que les premières parties 
de la distillation sont toujours plus agréables. Pour me 
convaincre de cela , j'ai fait divers essais sur plusieurs vé- 
gétaux, et entre autres sur l'estragon.' Les résultats ont 
toujours été les mêmes que ceux que j'annonce; toujours 
il y a eu une difierence très-notable entre le premier pro- 
duit et ceux qui lui succédaient. 



m 



Aneth. 
M». 

. Araiobe. 



phorhiac«es. 
Anethum fœni- 
ealum , odv- 
bellifères. 



Pimpinella : 
ris, floscu- 



Semencess^es 



de» environs 



VB PHARHACIR. 



CIR. 44ï> 




XX'.jénitèe. — jéoât i834 



446 



JOURNAL 



i6 

ï7 



noMS 
des plantes en 

français. 



Aspic. 



HOM« 

de»; plantes en 
latin. 



Idem. 



18 lAngasture vraie. 



19 



ao 



Lavandola spi- 
ca, labiées. 

Idem, 



BTÀT 

des plantes et 
localités. 



Plantes récentes 
des environs de 

IGrasse(Var). 
Des environs de 
Pïîmes. 



BPOQOB 

delà 
distillation. 



4 août 1818. 



Année. 



Aurore. 



'21 



aa 



23 



Idem. 



Bonpiandia tri- 
fol iata , mé- 
liacées. 

Inulabeleniom, 
radiées. 



Santolina cba- 
mœcyparissos , 
floscuteuses. 



Idem. 



livres, 
loe 



100 



24 
aS 



Badiane ( anis 
étoile ). 



Basilic. 



IHcium anisa- 
tam , magno- 
liées. 

Ocymam basili- 
cum, labiées- 



26 
»7 

28 
^9 



Idem. 



Botrys. 



Benoîte^ 

Bergamottes (par 
pression). 

Bergamottes (dis- 
tillées). 

Bergamottier. 



Idem. 



Cbenopodium 
botrys, ché- 
nopodées. 



Geum urbanum, 

rosacées. 
Citrus berga- 

miam, auran- 

tiacées. 
Idem. 



Idem. 



Écorces sèches* 



Racines récen- 
tes. 



Plantes récentes 
des environ s de 
Grasse (Var), 
au moment de 
la floraison. 

Plantes récentes 
des environs de 
Paris, au mo- 
ment de la flo- 
raison. 

Du commerce. 



niantes récen- 
tes des envi- 
rons de Paris, 
au memeut de 
la floraison. 

Semences sè- 
ches. 

Plantes récen- 
tes des envi- 
rons de Paris , 
au moment de 
la floraison. 

Racines sèches. 



3i févr. i83o. 



28 sept. i833. 



3o juin 1818. 



28 juin x833. 



2 déc. i832. 



29Juill. 1827. 



Fruits recens 
des environs 
de Nice. 
Idem. 



Fleurs récentes 
des en virons de 
I Nice. 



20 déc. 1S27. 
8 sept. i83o. 



26 j Bill x<83i. 
lûjanv. i834' 

i3janv»i834> 
6jtttn i8j[8. 



100 



100 



xoo 



100 



100 



ICO 



100 



100 



100 
100 



100 

fruits. 

100 
fruits. 



DE PHARMACIE. 



447 



physiques de . 
IL 11 lie easeotiel- 

de l'extraetia», vieilUHant. 



légère qm 
i,limpiae: 



. Plus 1 

couleur pailk 
■ Plus légère que 
leau, jauTiâ- 
tre. 
. Plus légère que 
Ju.limBiJe, 
presqaa bUu- 
che. 
. Plus légère que 

presque blan- 

. Plus iégire que 
l'eau , belle 

• Pins légère que 
l'e^m.plusfon. 

> Plus légère que 



13 Pins légère que 
•■ lu, jauue 

. Plùilégèreque 
l'eàu, couleur 
paille I limpi- 
de , odeur de 

lo Plus V^re que 

Idiin. 



IG Plus légère que 
l'eau, presque 
blanche. 

• Plus légère que 



ni i{uc i|iifli|uei sou 



l çro.. ditiFiU rip*! agir» I iTOir lounui 
moUt éil f0mui«rCB, laqaMt «t pffS4]irF 



3gr. 



s légère qutreaupruquè 

onL donné d 11*. 



adiquée, ouii ploi cdoriDtf 
ig OdorMK.iuarG. à ptu prèi E» Bf me 



448 


JODRNAL 


-■1 


dei plautei en 


de» plaptei en' 


dei plantes et 
localités. 


~deV 
distilUtion. 


Ill 


3o 
3i 


/A». 




tes des envi- 
rons de Nice. 
BoU récent. 


6jain 1818. 
i4jan7. 1834. 


ibo 


3a 
33 


Banne dejudin. 
Calament. 


Mwitha genti- 
lU , lahiées. 

Meliuaolamia- 
tha.lahiéei. 


Plantes sèches. 

Plantes récentes 
«n moment de 
la floraison. 


.5jan7. .834. 
17 août iS3a. 


Ipo 


34 


chêne)/ 


Ubiées. 


Plantes récen- 
tes. 


10 sep. t833. 


100 


35 


Camomille. 


lis, radiée». 


Fleurs sèches da 


4 avril 18^. 


100 


3S 


CunomUle. 


Id«n. 


Flenrs récentes 
des environs 
de Grasw. 


19 juin 1S19. 


100 












37 
38 


Camè«(peHt,on 
yretie). 

Cannelle «Ïto 
flëe. " 


TeDcrium cha- 
miEpitys , la- 
tiée..' 

pUlUta, myr 

tacées- 


Flan tes récentes 
après la florai- 
son, des envi- 
rons de Paris. 

Ëcorces sèches 
du commerce. 


7sept.>83a. 
4jan». i83a. 


100 

a5 


39 


che, 


nella , melia- 


Idtm. 


lûjanv. i83a. 


aS 


40 
4« 


Un). 

Cannelle de Chi- 
ne. 


Latras cinna- 
momum. lan- 

Idem. 


Idem. 


iSjanv. 1831. 
aojanv.i83a. 


35 
35 


4s 


Carfi. 


Carom carvi , 
ombellifèr». 


Semences sèches 
du commerce. 


4 oct. i833. 


.., 



DE PUARMACIE. 



449 



1 


quépçooveD 
ces huiles 






vieillitsant. 




^4 Pliw légère <,ae 




3o Oit„, Jo™, D'ajui fu d. »ppo 


lean,ïerdâtre 




«« «ii< du f™ii. "^ "^"^ 


■^ïï;',œ" 




3. Od»r plu.lcr..phi.A,iH<;.TK te 


épaisM- 






^P!-;^«q- 




54 PtDs légère que 
l'eau , couleur 
verdâtre , lim- 




?:"^^'^'^,47 '■rtsrx'.'^::^ 


■ Plus légère que 
1 ean , teinte 










verdiue. lin- 






• I^âs^iégère que 




33 llippdkf.ibI™«ilIân.a.A,d.j« 




d.-(n,«U,.g.„iili.). 


l'eau, couleor 










3iOa.nrJ,i.pl,ou. 


bleuâtre , lim- 
pide. 






• Pins légère que 




ÎSBi™ plu, .u,,,,^, cell.ci.d-B.. 


reaQ,bellocou. 




<Kl«urp,.fiii,d»l. E,ur. 


leai limpide , 
bleue. 






■ Pla, légèreque 




pli ni». 


l-ena, coulear 

ambtéev 




pr«,u. p.. d« r.ppor( ,.« 1. jiroBir. 


■ Unegrandepar 


Se fonce et 


Sa Peu .r<,m.Li^. 


tieplaspesaa- 
te que l'eau , 


brunit. 






jo Supérieur romn» parfum 1 toute 
1« .ui™ <k „ g«„, odiur pirlicnliù.. 


telettes turn» 
gent , coulear 




,.i\,^ plu.,^ordia.i„™..,.p,„^ 


Jaunâtre. 

3 V\m pesante 
que l'eau, épais- 
se, couleor lé- 






Se fonce. 


4. SujrtU i r.i,cir u, ,;àj|[.«nl, i 
moin, qu on n-»il la pffc.nlion de Unir le 
.»c rempli ,1 dr le boucher liermitl. 


^jementpdl- 






8 Plu» pesante 


M fonce peu. 




que l'eau, cou- 






leutjauiiâtre. 






6 Plus pesante 






que l'eaB,épai»- 
ae , eonleor 






• Plw"ug*teqne 






l'eau, conléur 






paille, limpide. 







45o 


JOURNAL 








S o 


NOMS 


ROMS 




iSPOQtE 








des plantes en 


des plantes en 


des plantes 


deU 


** mi ZP 




français. 


latin. 


et localités. 


distillation. 








. 




- 


liyres. 




43 


Cardamome ma- 


Amomum car- 


Fruits secs. 


16 avril i83o. 


e 




jor. 


damomam, a- 


, ' 












raomées. 




. 






44 


Cacdamome mi- 
nor. 


Idem. 


Idem. 


i7^vril i83o. 


6 




45 


Carotte. 


Daucus carotta, 


Semences sè- 


I*'. fév. 1834, 


100 






ombeilifèrès- 


ches. 








46 


Carotte. 


Idem. 


Racines récentes 
de Crecy (Ais 
ne). 


10 nov. î834. 


ipo 




'47 


C^sia Hgnea. 


Laurus cassia , 


Écorces sèches. 


7 fév. i83i. 


25 








laurinées. 










48 


Cataire. 


Neneta cataria , 
labiées. 


Plantes récentes 


3o août t832. 


100 




I 


■ 


des environs de 














Paris y après la 














floraison. 








49 


Cédrat (par pres- 


Citros medica, 


Fruits récens 


18 janv. ïo3i4. 


iDo 




• %^ 


sion). 


auriantacées. 


des environs de 




fruits 




. 






Nice , dii com- 
merce. 








5o 


Cédrat (dîstiHé). 


Idem. . 


Fruits récens 
des environs de 
Nice. 


Idem* 


100 
fruits. 




5i 


Cédrat. 


Idem. 


Feuilles récen- 


Idem . 


ICO 






• 




tes des envi- 




1 




- 




rons de Nice. 




1 


52 


Idem, 


Idem, 


Fleurs récentes 
desenvlronsde 


3 mai 1818. 


100 1 


- 






Nice. 




l 


53 


Cèdre do Liban. 


Larix cedras , 
conifères. 


Bois récent du 
Jardin des 
Plantes de Pa- 

• 


i5 mars |834- 


lOO 




54. 


Cèdre. 


Idem. 


ris. 

Bois sec du com- 
merce. 


Idem. 


100 




55 


Céleri. 


Apium gra?eo- 


Semences sèches 
du cominerce. 


i5 juin i833. 


100 








lens, ombeili- 


' ■ 










fèrès. 


• 








56 


Idem. 


Idem . 


Plantes récentes 
des environs de 
Paris, après la 


1". juin i83a. 


100 










floraison. 


1 


1 


' 



DE PHARMACIE. 



45 1 



Pins légère que 

'las pesante 
q»ere.u,« 
leur tnuga- 

Pins létère que 

légèrement 

verdàtre. 
Plus légère que 



Pins légère qae 
l'esajnanàtre, 

?\ui pesante 
leur bran roo- 

jDe partie pins 
?e^''^attache 



ii Odvar de muicide psiir^ 
iquM. 

ji A peu prà nicniit iideuT, plui fiai- 



r>liri|.irl>diBtiLlatiDilliqui 
^M. moins odorillLii que ccl 

■ nfc, >p ripprociint de l'odei 

leel lutie, prfféoLle aoi ■ 



ir Diiini 



1 itedi 






4 


52 


JOUaNAL 








_a 


' 








"S S S 




§o 


VOMS 


MOMS 


iTAT 


I^POQUE 


S2^ 




iè 


des plantes 


des plantes 
en latin. 


des plantes 


delà 


«5 A 




13 


en français. 


et localités. 


distillation. 






• 








livres. 




57 


Cerfeuil. 


Chœrophyllam 
sativnm, om- 
bellifères. 


Plantes récentes 
après la florai- 
son , des envi- 
rons de Paris. 


a9Jain x833. 


100 


1 
i 


58 


Cheryi. 


Siam sisâram, 
ombellifères. 


Semences se • 
ches. 


I". fév. 1834. 


100 




59 


Cyprès. 


Cupressaspyra- 
midalis , coni- 
fères. 


Bois récent des 
environs de Pa- 
ris- 


16 nov. i83a. 


100 


- 


6o 


Citronnelle. 


Artemisia abro- 


Plantes récen- 


8 sept. i83a. 


100 






/ 


tanum^ floscn- tes. | 












leuses. 


/ 








6i 


Citron (par pres- 


Citrus medica- 


Fruits récens du 


6 févr. i83a. 


100 






sion). 


anrantiacées. 


commerce. 




fruits. 




6a 


Citron (distillé). 


Idtm. 


Idem. 


7févr. x83a. 


100 
fruits. 




63 


Citron. 


Idem, 


Fleurs récentes. 


30 mai. 1818. 


100 


• 


64 


. lient. 


Idem. 


Feuilles récen- 
tes des envi- 
rons de Nice. 


22 juin. x83o- 


100 




65 


Cignë aqnatiqne. 


Phellandrinma- 
qnaticum, om- 
bellifères. 


Plantes récen- 
tes , au mo- 
ment de la flo- 
raison, des en- 
virons de Paris. 


a8 oa* iB33. 


xoo 




66 


GocMéaria. 


Cochlearia offi- 
cinal is , cruci- 
fères. 


Idem, 


ao ayril 1834. 


xoo 




67 


Coriandre. 


Coriaiidrnm sa- 


Semencessèches 


17 août i833. 


100 




1 




tivum, ombel- 
lifères. 


du commerce. 

• 








68 


Cnmin. 


Cuminum cymi- 
num, ombelli- 
fères. 


Idem. 


26 sept. i833. 


100 




69 


Cnbèbe. 


Piper cubeba, 
urticées. 


Fruits secs du 
commerce. 


i6nov. i833. 


100 




70 


Cniracoo. 


Citrus bi^aradia 
orientalis, an- 
rantiacées. 


Écorces sèches 
du fruit du 
bigaradier. 


x6 févr. 1834. 


100 




71 


Dictame. 


Origanum die- 
tamnas , la- 
biées. 


Plantes sèches 
du commerce. 


7 févr. i834- 


100 




7a 


Erysimum alliai- 
re. 


Erysimum allia- 
ria , crucifères. 


Plantesrécentes 
des environs 
de Paris. 


i3 août x833. 


100 




73 


Estragon. 


Artemisia dra- 
cunculus, flos- 
culenses. 


Idem, 


a jaill. x833. 


xoo 





DE PHARMACIE. 



453 



S Pla» lé^re que 
l'eau, jannSitra. 

■ Pla» légère qae 
l'eaa,jai)Dltre, 

a Pla$ léf^ie qne 

8 Plus légère qne 
l'eau, ambtée. 

• Plus légère que 
l'eau, presque 

blanche. 

limpide. 
> Plus légère qne 
" I, ambiée. 



■ ëpaïqsit. 
Se fonce. 



Se fonce. 

Elle prend 
de la con- 



n» légère qne 
ean, limpide. 
jaunâtre. 
Plus légère qu 

iuTSe qa 



> Plus légère qui 

ambrée. 
• Plus légère qne 



i'ii tmploj» le mé 



fr«û. 

Bi D« rippDt-b d'odaur a 



Épaisiit nn 
penenTieil' 



OBSERVATIONS. 



Ijl même époque n'ot 



n rmiti s lÎT. i«l< 



k chirge I'aIubInc et que I'od aW 



454 


JOURNA^L 






nos * 
orts. 


NOMS 


NOMS 


^TAT 


EPOQUE 


QrABTITB 

de plantes 
'employées. 

1 


g 2 


^s plantas 


des plantes 
en latin* 


des plantes 


delà 


en français. 


et localités. 


distilation. 


' 








livres. 


74 


Ëopatoirc. 


Ëapatorinm 
cannabiuum , 
flosculeases. 


Idem. 


i8jmU;x833. 


100 


75 


Fenouil. 


Anetham fœni- 


Plantes récen- 


8 août 1810. 


100 




« 


culum, ombel- 
lifères. 


tes , après la 
floraison, des 








• 




environs de 
Grasse. 


- 




76 


Fenouil (de Flo- 


Idem. 


Plantes récen- 


a août 18 19. 


xoo 




rence). 




tes,au moment 












de la floraison, 










m 


des environs 
de Grasse. 






77 


Fepouil. 


Idem. 


Semences sè- 
ches du com- 
merce, 


19 oct. i8a6 


100 


78 


Idem. 


Idem. 


Plantes récen 
tes des envi. 
rons de Paris. 


8 sept. 1826. 


100 


79 


Galanga. 


Kœmpferia ga- 
langa » bali- 
siées. 


Racines sèches 
* du commerce. 


5janv. i834- 


100 


80 


Genévrier oxycé- 


Juniperus oxy- 
cedrus, conifè- 


Bois see. | 


17 mai 9 1834. 


100 




dre. 












res. 


■ 






81 


Genévrier com- 


Juniperus com- 


Baies dtins ^eur 


i«'.déc. i8|33 


lOO 




mun. 


munis, conifè- 
res. 


état de matu- 
rité , des envi- 
rons de Paris'. 






82 


Idem. 


Idem 


Baies v^tes des 
environs dePa- 
•ris. 


13 sept. i833. 


100 


83 


Idem. 


Idem. 


Bois et feuilles 
récentes des en- 
virons de Paris. 


8.sept. i833. 


xoo 


84 


Girofles ( Bonr« 


Garyophyllus 


Fruits secs du 


10 sept. i832. 


25 




bon). 


aromaticus , 


commerce. 


. 








myrtacées. 


• 






90 


Girofles ( Cayen- 
ne). 


Idem . 


Idem. 


12 fév. i832. 


25 


9ï 


Girofles ( des In- 


Idem. • 


Fruits siecs ccm- 


14 fév. i83x 


a5 




des). 


-* 


nus dans le 
commerce sons 
le nom d'An- 


1 




1 






glais. 






92 


Girofles (des Mo - 
Inques). 


Idem. 


Fruits secs du 
commerce. 


18 fér. i83a. 


nS 


93 


Griffes de (riro- 
fle. 


Idem . * 


Bois sec du com- 
merce* 


'4 fév. i8da. 


a5 



DE PHAEHACIE. 



455 



. Piui légère que 
l'ean , conleut 
paillée- 

; Plus légère que 



■s légère qn. 



Rougit, de- 
vient b< ■ 



Plus légère que 

épaisse. 

■ Plus légère que 
■'"in, très-Iegè- 

limpide. 
1 Phis légère que I 
l'eau . presque 
blaoche , trés- 
limpide. 
"■ i légère qui 



Se fonce < 
Epaissit. 



• Plus pesante que 

• Pins pesante que 



Rougit, 
f^ugit. 



■ Pluspesaotcque 

^ Plus pédante que 

brun , épaiese. 









B3 Trk^mliritun 
Sj Crue iiu^ntiU 

.'. a'oiTj'è™,' 

A 1. 4'. s on.. . sr 



i». &i, SS, S«, Sn 'Iw' &|Tu au'wii" 
iu»rqae Ion. minol it cm.ii» el A'o- 

^ai-ci cfl iDnnt«5t*blei«Dt biea «upt 

QO Ploi mire , lUHritaH m quilil^ (r< 
iult>Idc>iidisliJL>daiu). 



33 R^iilUt ie 3 opénllomi •"■, 

gro., â II 1'. 6 g™ 10 g""! . 

i groi 3i minij peu ddoriDIç. lyant 

quïtquu lAiblfS rapporta 4ï« le poivre 



456 



Imperatarû o 
betliférei. 



Laorier ( «aucc ] 
Laarier-ceriM- 



ITeriam olean- 
der,apocjn«e). 
Lavandularera, 

Ubiëes. 



an momeat de 
la fioraiion,des 
enviions dePa- 

Plantes récentes 
des en« irons de 
Paria. 

Feailles récen- 



Plantes n 
les an moment 
de la floraison, 
de Lenias 

(Vat). 



Plantes récentes 

la floraison, des 

reillas(Var.)- 

PUntes técen- 

I après la flo- 

illat (Var). 
Plantes récen- 
tes, époque de 
la floraison 
coeitliesaum 
di de U mor 
tagne , dite la 
Marbrière , 
près Grasse 
(Var). 



i4jaill. i83i. 


100 


ï6j.nv.i834. 


100 


aînoT. i833. 


.» 


i3noy. i83S. 


100 


^jaUl.i8a6. 


100 


aSjnill. 1836. 


100 


a6sept. i8a6. 


100 


a août 1816. 





DE PHiRMàClE. 



457 



1>B0F&IBTJ> 

phyiiqaei) de 

le an moment 
de l'extraction. 

• Plas légère que 

dâtrè. 
S Plus légère que S. 
l'eaa. verdâtre, 
limpide. 



• Pins légère qae 

Teau, presque 
blanche , ' ~ 

» Pins légère que S 
l'eaa.TcrdJitre 

• Pins pesante 

. PJns légère que 

s léi,è(e que 
auiveidâtre, 
liinpide. 



Tieillîssant- 



Se fonce. 
Se fonce. 



• Pluj légère que 
l'eau, verdlitre, 
limpide. 



Se fonce. 
Se fonce. 



• Plaa légèTe qne S 
l'eau , ambrée, 
limpide. 



oB Egilt tn iDiTil^ 1 «1[b du miilii ntr-' 
r.ru «acur <lr 1. pl.nl«. U m .oAi <t. 
'• ntêni( ttaic j'ii diiUtli loo LiiKi ' 
MU plinle iiirs )( floniHia , Eu mon» 
là 11 «meace CDmnieD» i ■.- farmcr, j' 

u npprr>ck>n[ moiiu àl l'oitur de flai 

gg Tr«-adariDle , oâtat da li plul 

100 Odeur tr«-prononcée de U fenillf 

101 Odeur péDémnte i'tmtnàc (mer 

lOlFcBodoODlC. 

■ a3 Suinté pirfailcadenrdoU a» 

iul^Tm^ine 1 celle d'Àulleleire. 

>oJ Le miilleure qualité <[uei'ile pu i 
procurer pour terrir de Ijpe de cump 

iS Pruque pirdllï «n qualité ji cellt 
lï L'euence obteune de [• ptinle api 



reilJii puuf Mmr de type el ea 



r": 




Limettes ' 
Limettes. 
Limettier. 
Idem. 



Mariolaii 



Li^sticam 
leTisticom , 
ombellifères. 

Citras limetta 



lyiistica éio 



Origan uni ijiar- 

joraiioides, b- 



norA de la mon- 
tage dite la 

près ™Grasse 
(Var). 

Fleurs émoD- 
déei de leurs 
tiges, des en 
virons de Pa 



des 

de lïicB. 
Feuilles rë< 

toi» dï Ni 
'leurs Téceptes 
des 

de Nice. 



Plantes rëeen les 
à l'époque de la 
floraison 

de 
(Var), 

Essence loumi 
à la distillation 

ou rectification. 

Plantes rccen 
tes, époque dr 
la floraison de 
environs de Pa- 

Ëssence louinise 
à tu distillation 
onrectifi< 



. fév. i833, 

fëï. i833 

;fév. i833. 

imai 1818. 



: mars ■.8^4. 
4]Dill. 181S. 



frnits. 
fruits. 



i'^4 



DE PH&HHACIE. 



• Plas légâre qae 
l'eaa, atnl ' 
bmpide. 



■ P1d« l^ère qne 
liiDpiâe. 



• Plus légère aai 
•■eau, paillée 

n partie pi ai 
légère qne 

blanche. 
, Plus légère j. 



. Pl« lé^re 

incolore 

s légère que 



• Pins léitète que 
l'ean, limpidei 
incolore.. 



459 



OBSBRF^ATIONS. 

m» *cM.Wgérrnimln.>iju<»,bi(nB 

109 PKsqDB igaLt en qu.UU ■ celle , 
togrf.11.., pourltnl un peu plu> Icre. 

m i™rruil.oiuJoniit4[i,.6oii.r: 



'. '"'«'■ pr"»""! 



«igr.U„ d, . 

>] Rlirl An loo rmili G li.. } «1 

, lue j'aJ uumiiei 1 la dliUllstioa 

Lié d'eaeoce obtenue •■( mtle c 

^ <« odeur e.1 plu..u..e,oe«ll 

iiS OdaoF t 



npporti 



■ ijOdeui 
I iS Ode» 



6 Ftible s 



le du frul 



' , pen mgrnble. 



»!• menthe , elle 1 



n 1 r. frauder, 

Ile diitillatiDB ponr ta tei 

L'elle >e rend le pLut'c^^go'^eaî.' " 
117 Elle perd de ion ierelé, gagne . 






Derient de 
cbuleatai 



46o 



Matricaire. 
Mélisse. 



MelUea officina- 
lit , iabiéd. 



MéUise de Hol- 
Meuthe poivrée. 



Dracocefihalnm 
M oldsvicara 

Meotha pi péri- 
'- labié eS' 



Menthe (anglais 
rectifiée). 
Menthe poÎTrée. 



Idem. 
Idem. 



de U floraison. 

deï environs de 
Grasse ( Vac ). 
Essence soamist 
à la distillation 
oaiectificatioa. 



Mendie aqaa^ 
Mercuriale. 



MillefenUte. 
Muscade. 



Mentha aqoa ti- 
cs, labiées. 

Metcnrialii an- 
nua , euphor- 
biacées. 



Plantes 

tes , époque de 
lalloraiiOQ,deE 
dePa- 



Plantes récentes 



te<, an in ornent 

delaUora 

desenviro 

Paris. 
Essence soc 
à la distillation 

Plantes léc 
époqne 



Plante* fleariet 
sèches des en- 
Tirons de Paris. 

noix da com- 



iSjtuU.iSaS 


.00 


i8 août i83a. 


.0. 


17 JHiU. i833. 


■00 


a; sept. i833. 


100 


30 joili. 1818. 


loo 


iS janr. i833. 


. 


5 féTT. 1834. 


. 


16 jaill. i83o. 


100 


38janv.iB33. 


" 


4 août iB33. 


,00 


i3aoùt i833. 


100 


38 féTT. 1834- 


100 


3iaiiï,i834. 


100 


30 noT. i833. 


a5 



DE PHABMACIB. 



461 



Plo* légère qae 
l'eau, paillée, 
limpide. 
'lus légère que 
l'eaa. coulea 

?ïos légère c[ii 
l'eaa, paillée. 



PIdi légère c^ne 
l'eaa, ambrée 
épaisse. 

Plus légère que 
" 1, veriUtre. 



Pins légère qne 
l'ean , jaaoe 
verdàtre. 



récipient. 
Plus légère qne 

En grande par- 
tante qae 1' 
jaanÉtre. 






Se foDne 
vert bien 
prononcé. 









quind ctl rtn 1 
ngrnd. 'partiel 



.0 piiiU le mbm t9el g 

M prwgut poinl de s- 



piwuTtr , m'i cU Joaat pir À. Cbardii 

>B Bile peut (1k marrci» itm iiu 

lài'eumced'AiiglïUrrc. 

19 Odeur yithiU d« U planls. 



Je' rLTLlvîit 



XX". ^njiêe. — j^oât i834. 





4< 


Dd 


. JOC&NAIi 


• 




. 




tc o 


NOMS 


ROMS 


■i'tk's ' 


ipOQUE 








'M &t 


dés plantes 


des plantes 


des plantes 


de la 










en français. 


en latin. 


et localités. 


diistillation. 


2 ^^ 






73 








. 


. 'O 9i 


- 








: 


\ 


livres. 






i34 


Myrthe. 


VTyrtus rommu- 


Plantes rérentes 


30 sept. }8i8. 


ipo 










uis, myrtacces 


des environs de 
Grasse (Var). 


J j 


t 






i35 


Idtm' 


Idem. 


Fleurs récentes 
des environs de 

Grasse (Var). 


13 mai 1818. 


p5 






i36 


Idnm. 


Idem. 


Fruits récens des 
environs de 
Grasse (Var). 


5 août i8i8. 

■ ' * 


ipo 






i37 


Idem. 


Idem. 


Plantes récentes 


6 sept. i832. 


100 

1 








* \ 

/ 




des environs de 
Paris. 




1 






i38 


Navet. 


Brassica napus , 
crucifères.. 


Semences sèches 
du commerce 


9 janv. .1834. 


liOO 






i3^ 


Oranger (Portu- 


Citrus aiiran- 


Fleurs douces 


i". mail 8 19. 


* 100 ' 








gal). 


tium, auraptia- 
cées. 


récentes' des 
environs de 

Nice. . 


t 

1 


• 






i^o 


Qranger (Portu- 


fdem. 


Fruits récens 


23 janv. i834- 


100 




1 


gal) (par pres- 




de» environs 




fruits. 








sion). 




de Nice. 


• 


' 






i4i 


Oranger (Portu- 
ssi\) ( par distil- 
îatiou). 


Idem. 


Idem. 


Idertf. 


wo 
fruits. 




' 






', 






14^ 


Oranger (Portu- 


Idem. 


Feuilles réeén- 


3 tnai 1818. 

* 

1 


lOO 






gal ). . 




tes des envi- 


1 






• 


. 


rons de Nice. 


' 


1 




143 


Idem. 


Idem. 


Bois récent. 


5 août 1818. 


100 


. « 


1'44 


Oranger bigara 


Citrus biçara- 


Fleurs aroères 


n niai 1818. 


100 








dier. 


dia, auratitia 


des environs 


■ 










cées. 


de Nite. 




/ 






145 


Oranger bigara- 


Idem. 


Fruits du biga- 


36 janv. 1834. 


100 






146 


radier (par pres- 




radier des èb- 


■ 


fruits. 






sion). 




vironsdeNice. 


, 








Oranger bisçàra- 


Idem. 


Idem. 


28 janv. i834- 


100 








dier ( par distil- 






\ 


fruits. 








lation). 














147 


Oranger bigara- 
radier. 


Idem. 


Feuilles récen- 
tes des envi- 
rons de' Nice.' 


7 avril i8i8. 

1 


100 

1 






148 


Idem» 


Idem. 


Fleurs récentes 


16 mai 1818. 


xoo 






y 


• 




desenvironsde 
Biot (Var). 


1 








149 


Idem. 


Idem. 


Fleurs récentes 


13 mai 1818. 


100 










■ 


desenvirotisde 
Carmet (Var). 




• 






i5o 


Idem. 


Idem. 


Fleuri récentes 
des en vitrons de 
Paris. 


16 juill. i833. 


100 




• 


i5i 


Idem. 


Idem. 


Idem. 

• 

1 


1 




■ 



DE PHA.RMAC1E. 



' Rlu» légère que 
' Plus Kgète que 



Se fonce < 

TfcS 



L, ambrée. 

■ Plus lé^ce qoe 

inciilore. 
» Plus légère qi 

lijo^ide. 

■ Prui lëçBte-qiie 

>. Plu» légère qne 






• Piulé 



'fmbri 



ft PhiBléeÈTe que 
>: ffl«* lcg^re>qne 
■ PlfTi' légère q'e 



Jaunit: ' 
Bi-nnitk 
Se fonce 



IPlii* lénie que Sdionca. 
l'eau, abibree. ' 



que j'ii lomniln ii l'iclion dt 1^ prêiît. J'i 
Dbtsui II nuBntlM d'euencï iiMlipléF ci 



W„le?LCi'lfa™oUe'îlKÔb»™TE;r l! 



465 



^^^Mîr^'Z... 



"îîi©7o»Dfe?H, 



,j3Plu.i™qu.«ILf del.fcgille. 

I U Bhuobiip plu9 odontM qos l'uuaoe 
.blMuc d«. FWuri doiHo . » r.ppr£*b.nl 
livimti» de [^ fliur, d'une pLo. gr.nd. 

Hirra 1 loumiiti i l'action de la fntu, j'ai 
iblenu la ijuaitilo d'cssem» indïquét, air- 

1 jeHMNjull f« loo frulu, , , li,. ,3ea„ 
leib- ! KUDBièi àla diilillalioD.j'ai D|,ia,„ 

r.nlp^què_ celle par prenian'; elle Hiîâ 

- le abtolniorjit emplojn 1 dêlacbjt'^ 

ii7 Odeur lie la riulUe, plua pinétrui 
jue celle ra'le'im te. feuills d'oribgei 

ijsL^rieunconnHpirruaiàcelltane 
lia 8(un iat enuona dt 'lOn. PreupJ 
■ cpl)e<lii,Cfi>«,quiav« riiun hi oonr' 

"fo''cM"y£"»'î»*«.ene« d. fis 

b1« d..llo*u( Je la «"(ur. I 

d(urpa*i!wïela"a'uî.'' * " T'"' 



464 



JOURNAL 



VOM 

des plantes en 
français. 



IfOU 

des plantes en 
latin. 



i5'j 



Oranger (Porta 
gai.) 



i53 Ori(^ rottge. 



iS6 



i58 
169 
164 
i65 
166 
167 
168 

170 



Origan blanc. 
Panais. 
Peuplier. 
Persil. 



Citras anran- 
tium , aaran- 
tiacces. 

Origanum , vul- 
gare flotibus 
r abris, labiées. 

Origanum vul- 
gare floribas 
albis, labiées. 

Pastinaca sativa 
ombelliféres. 



iStat 

de la plante et 

localités. 



ipoouB 

dé la 

distillation. 



Idgm. 
Piment. 
Poivre noir. 
Poivre blanc . 
Poiyre long. 
Poaliot. 

I 

Raifort. 

Rhodes (bois de). 
Romarin. 



Popalus fasti- 
giata, amenta- 
cées. 

Apiam petrose- 
linum ombelli- 
féres. 



Idem. 



Myrtas pimen- 
ta, myrtacées. 

Piper nigram , 
urticées. 

Idem, 



Gapsicam an- 
nu am , sola- 
nées. 

Mentha pule- 
giam, labiées. 

Gochlearia ar- 
moracia , cru- 
cifères. 

Genista , canar- 
sensis, légami- 
neuses. 

Rosmarintts of- 
ficinal is ; la- 
biées. 



Fleurs récentes 
desenvirônsde 
Se ville ( £spa- 
Çne ). 

Plantes récen- 
tes , au mo- 
ment de la flo- 
raison , des en- 
virons de Paris. 
Idem, 



Semences sèches 
des environs 
de Paris. 

Bourgeons ré- 
cens des envi- 
rons de Paris. 

Plantes récen- 
tes des envi- 
rons de Paris, 
après la florai- 
son. 

Semences. 



Fruits secs de 
la Jamaïque. 

Fruits secs du 
commerce. 

Idem. 



Fruits récens en 
maturité. 

Plantes récen- 
tes, époque de 
la floraison. 

Graines récen- 
tes des envi- 
rons de Paris 

Bois sec du com- 
merce. 

Plantes récentes 
époquq de la 
floraison « des 
environs dei 
Grasse. 



14 déc. i833. 



iSsept. iS33. 



sa S S 
livres. 



1 1 sept. i833. 

8janv. s 833. 

10 avril 18.33. 

4 août 1829. 



14 déc. 1839. 
i3 Bcpt. i833. 
i6jaur. x83a. 

Mèflce date. 

aoet. i833. 
» aoàt i83a. 
i98ept.i833. 

i5 mars 1834. 
6 mats 18 1.8. 



100 



100 



100 



!l5 



100 



xoo 



100 



xoo 



xoo 



100 



xoo 



100 



xoo 



xoo 



DI PHA1MAC1I 



465 



• Plaj légère qae 
> Plai légère qoe 



S« fonce. 



pesante 
leat brune. 



• Plus légère qui 

• Plus légère qui 



légèrement 
ambrée. 
S Plus légère qneL 



Se fonce. 
Idem. 



Ëpaisût. 
Se fonce. 



iSi tuKrinin 1 ctll* <h au 

rJdionilH- Cm HbiDtllIoaa» t 
pir M.Bénngsr, qii depuii longni 

it OitEur it la plun , mil 



t qui Mtll ttiU ••« 



iSfi PcD odonati , moln luin ip 
1S7 Odeur proauméa lia U pilait, a» 



ur It mar.-! die offr. 




.«4 Odoraa 


l..-«.r 




aoir...«ur.br»1.,rti° ' 


• te Trèi-FD 
.Ul'd'm."r 

hlCDU d WD 


;" ""'l'-i 


'iiliîw'auird 
lu.ili,i«n'.i 


.8, Odeur 


.rfail.da 


1.P1...I. 


iM Odaur 


pa.Mra.ria 


.<J.UI*, « 


1C9 Odiur 


diroKiel 


dlU»lfr>L,LI 


™'rr^;. 


• il pla^ iTB-prOBOBï 



466 



r^OtljH^^I. 






171 



172 



i:3 



174 

175 
176 



de» plantes en 
français. 



Romarin. 



Romarin ( du 

commerce ). 
Roses. 



ItUm, 



Roses ( du com- 
merce ). 



NOMS 

des plantes en 
latin . 




U 



em. 



Rosa centifoHa, 
rosacées. 



Ide 



m. 



BTAT 

des planés et 
localités. 



éPOQUE 

. . de la 

distillation. 



Kh 



ne. 



177 



178 
179 

180 

181 

182 

i83 



Idem. 



184 
l85 



Idem. 
Sabine. 

Idem . 

Sabine sauvage. 
Santal citron 

Sassafras. 



Idem. 



Ruta graveol- 
lens , rutacées. 



■Idem. 



Plantes récen- 
tes , époque de 
la floraison, des 
enr. de Paris. 



Fleurs récentes, 
des environs 
de Grasse. 

Fleurs récentes 
des environs 

, de Fontenay- 
aux-Roses. 



7 avril ï833. 



So^vril i833. 



aôjuiti i833. 



on tn 

o-^ a 



livres, 
îoo 



Sauge (grande). 
Sauge (petite). 



Idem. 

Joniperns sabi- 
na , conifères. 

Idem. 



Sabina bacci 
fera. 

Santalum al* 
bum , sarntala- 
cées. 

Laurus sassa- 
fras, làurinées. 



Salviii officina- 
lis , labiées. 

Salvia officina. 
lis (variété). 



Plantes récen- 
tes , époque de 
la floraison , 
des envirpps 
de Paris. 
Plantes récen- 
tes, époque de 
la floraison , 
des environs 
de Grasse. 
Semences sè- 
ches du midi. 
Tiges récente^ , 
des envions 
de Grasse. 
Tiges récentes, 
des environs 
de Paris. 
Idem. 

fiois sec du com- 
merce. 

Bois du com- 
merce. 



28juill. i833. 



20 juin. i832. 



Plantes récentes 

des environs 

de Grasse. 

Idem. 



7 déc. i83i. 
5 mars 1819. 

si oct. j833 

8^oût r833. 
10 avril i833. 

8^ept. i833. 






|2mars 1818. 
Idem. 



too 



100 



100 



100 



100 
100 

100 

lod 

lOÔ 

100 



• AOO 



100 



DE PHARMACIE. 



46; 



• Plus légère qae 

l'ean, pinbréA. 

3 Plus légère que 



limpide. 



blancb 



• Plu! 



santé qLl 

aaçt. 
■ Pins légère que 

l'ean, a^bî>ae, 

limpide. 
> Plus Ugèra q 

l'eau. vfrdttM, 

limpide. ' 



OBSEUyATIOm. 



1 
r. 




u." 


,, odeur de 
or.Dle<|t.cct 


1. fl^ 
e dus 






>«■- 




,nn , -H 


J' 




TD^ 








■ 7E Od»i. 


for 


1. a »pou... 


.... 




.„ «tm 


ode 


r, p..» plu. 


on*. 




^t^vum 


«It, 


r, ylu. ic« 


p^Détt. 




^a o<ttu 


^0. 


e « tcre. 






8i>Mini 


Dde 


urqiK celle d 


«raidi 


r 


Z"" " 


don 


»L., quelque, 
Cïpre. {c„p 

feile dg Ihh 


■Ibl» 

, Irè»- 



468 



Siuge (petite). 
Serpollet. 

Serpftllet. 
Serpollet. 

Serpollet. 



Stttdiu. 
ScHli. 



Thymus serpil- 
Inm (vBiiéle). 

Artemiiû con- 
tra, tlotcBlen- 

Lavandda (ta- 
chât < labiées. 
Sesell tortaa. 
[, Dinbelii' 



Plantes récentes 
au Diomeat de 
la floTaisoo.des 
environs de 

Essence 

àladiilillatioD 
ou rectifica- 

Plantes récente) 
de 



DesenTironide 
Séritle ( Espa- 
gne ). 

Essence reetiGée 
Plantes n 

FlearoDSsecsdo 



Plantes récentes 



Essence so 
se k la dittilla- 

fication. 
Plantes lé 
te», époque ue 
lauoraiMii,dcs 
enTÎToosdePa- 



i8 jaini83i. 


livre*. 
100 


i4jnmi83,. 


100 


6 août 1819. 


100 


3 mars iR3a. 


' 


5 jnill. i83i. 


.00 


6 mars rtSa. 


a 


Idtm. 


»■ 


itaept. i83i. 


100 


9 sept. ,833. 


.00 


Sdéc. i833. 


100 


3 fért . 1834 


.» 


16 août i8a6. 


■"• 


10 mars i833. 


" 


l3 jnill. i83i. 


100 



DE PBARMAGIS. 



I PIa« légère que 
l'eau , ambtée, 

PIds légère que 
l'ein , ambrée. 



■ légère que 
auijaanâtre. 



s légère que 

8 Plus légère qae 
"~ia, jaunttre. 

s légère que 

• Plus légère qae 



> Plui légire que 



• Plai U^re que 



«-..i/ja--;.). 



ig& PB. .d.«ùlt 

loG Qiielquea fiihlei ripporli me l'o. 

797 Odflir uH-lorUi il ptnélrii . , 
ripprochinl DB P«i d« c*Ue de II cianalle, 
f £u... «..«■îmu»). Dt UulB I- -a 



149 L'odeur a'idiïiKil , d^pow dm 

■siu odariBU quaçellc <leni«, 



ifO. 















^s.i 










Ut 










s «-ô. 










-«1 




lO. 


Thy«.. 


Thymn. vulga 


Ettence aonmi 
M à la distilla- 
tion oa reetifi 


'•"»" 


.833. 


■ 




■01 


Idrm. 


Idem. 


Dese°D"viton>de 
Sriville ( Espa- 

Essence soumi- 






• 




jo3 


Idfm. 


Idtm. 


n mar 


|833. 


8 










se à la distilla- 
















Uon on recti- 
fication. 
Planter réecn- 










io4 


Tanaisie. 


Tanacetum Tnl- 


gJBill 


i8iS. 


lOO 








gare, radiées. 


tes , époque de 
de Grasse 










io5 


rdem. . 


Iden,. 


Plantes récen- 
te», époque de 
la floraison , 

des environs 
de Paris. 


aSjnilJ 


i833. 


■i» 




io6 


Verveine odo- 


Verbena odo 

rata, labiées. 


Plantes rëcen- 

la floraison , 
des environs 
de Paris. 


>o août 


i833. 






»7 


Winter (Écdrrel 


Drymis ivinte- 


Ecorces sèches 


Sjanr 


i83i. 


iS 




de). 


ri , magnolia- 
rée.. 













DE PH'AftHÂClE. 



47' 



d'buile 

essentielle 
obtenue. 



physiqu. 
rtinltecss 

Je l'entra 



■ Plnslëgèteqnt 
"— n^ rouge 



oBsenfATiorts. 



iDl OdpitT Toriff, c'mpbré« M pcnHrja 



pFtw]uc rgïlci-n quililp k telle de GriHi; 

ciirbite une miliere iHloen» ^ui «irM- 
ge>it. 

- iDJ D'une odeur daun» qud^im n^ 
nUmfl odeur ^e cdie da «u&roi 



i grunde par- I 
e plui pesan- 

jaunâtre. 



47^ JOURNAL 



NOTE 

«Sur la préparation de l'onguent mercuriel , adressée à la 

Société de Pharmacie de Paris. 

Par M. CoiDi^T Doalt, pharmacien à Grépy. 

* 

La possibilité d'éteindre très-promptement le mercure 
par FaxoDge légèrement modifiée ayant été mise en doute , 
j'ai l'honneur d'envoyer à la Société de Pharmacie un 
échantillon de cette a^Longe , qui fait disparaître comme 
par enchantement en quelques minutes 24 à 32 fois son 
poids de mercure. 

Il y a environ cinq ans , je présentai à l'honorable So- 
ciété une série de procédés, au nombre desquels se trouve 
celui que je décris ci-dessous, et auquel je donne la pré- 
férence, soit par l'opinion émise alors par MM. Bussy et 
Le Ganu, soit parla mienne d'aujourd'hui qui s^y rap- 
porte , de nombreux essais m'ayant déterminé à adopter 
ce mode de préparation. 

Après avoir liquéfié Taxonge on la fait filer dans un 
grand vase d'eau froide pour la diviser , on la place en- 
suite sur un iamis en crin peu serré , et on la conserve en 
un lieu sec à l'abri de la poussière. Au bout de i5 à 20 
jours elle commence par bien éteindre 7 à 8 fois son poids 
de mercure , et cette propriété va toujours croissant à 
mesure qu'elle acquiert plus de rancidité et de viscosité , 
en sorte que quelques mois après elle agit très-prompte- 
ment sur 82 fois son poids de mercure. 

Je laisse à de plus habiles que moi le soin d'expliquer 
pourquoi la même axonge^ placée dans d'autres circon- 
stances, paraissant même être plus rance, n'agit pas de la 
même manière. Il y a eu à cet égard une si grande diver- 



DE PHÂKliACIE. 47^ 

site d'opinions que je m'abstiens ; je donne seulement^des 
faits. Je ne pense pas qu'il puisse s'élererde répugnance 
à employer une pommade mercurielle qui contient un 
quarante-huitième ou un soixante-quatrième d axonge , 
je ne dirai pas oxigénée , mais rancie. 
Ainsi donc on prend : 

Axonge préparée 2 onces. 

Mercure 3 livres. 

On triture ensemble dans un mortier de moyenne 
dimension et dont le fond soit de forme ovoïde. Si 
l'axonge est trop ferme on ajoute un peu d'buile d'olives , 
alors le mercure disparaît en 4 ou 5 minutes, prenant 
une couleur dite gris-perle. On ajoute 2 livres i4 onces 
d'axonge récente aux trois quarts figée, et on mêle exac- 
tement (i). 



<i) MM. Baget et Motitillard, cliArgés par la Société de Pharmacie de 
faire un rapport sur la note précédente , ont reconnu que Taxonge 
préparée et envoyée par M. Coldefy, à Tappui de ses assertions, 
éteignait en effet le mercure ainsi qu'il l'avait annoncé. Il est évident 
d'après cela qua l'aide d'uoe modification particulière on peut singu- 
lièrement augmenter la propriété que possède l'axonge d'éteindre le 
mercure. 

N. 

Si d'ailleurs on rapproche le mode de préparation que lui fait subir 
M. Cpldefy, des observations publiées sur le même sujet par M. Simo- 
nin de Nancy, dans le tome quatorzième de ce journal, il semble naturel 
d'admettre quo dans certaines circonstances l'axonge éprouve de la 
part de l'eau une influence qui a échappé jusqu'ici à l'examen àe% 
pharmaciens, mais qui, mieux que celle de l'air ou de Toxigéne, facilite 
la préparation de Fonguent mercuriel. 

Reste à examiner en quoi consiste cette influence , quel changement 
de nature elle fait éprouver à la graisse ; c'est là une question intéres- 
sante, que MM.' Simonin et Coldefy doivent mieux que personne s'oc- 
cuper de lésondre. 

( Note du Jii<iacteur. ) 



4^4 JOCENÂL 

/ . , • • * I ' ... V - 

i • 

NOTICE 

Sur un gisement de lignite nouifeltement découvert a 

Paziols (Aude). 

Par M. Faunes, pharmacien à Perpignan. 

> 4- ^^^ m^itres eoYÎron, et à'rouest de la comtntine de 
^azjp}$ ) ^ur U riv« droite du Verdouble , mi lieu appdé 
la jive.ilç /a:Pra</e, <F^au# opéré un éboulement quiia 
«fpis à découvert des li(|iiiles de lia plus grande beauté. 
Xe.tejrrain dariç lequel.gU.QeçiMnbufijiblé. est une £00- 
.xQatpif d'aUerriasement' dé joature 'marofiustf ^ caJcaréb- 
argileuse et sableuse, généralement bleuâtre, dans cer- 
tains., endroits jaune ^ rouge^ jioirâtcie^.Ces diverses 
.coDljeurs 3ont dues à la présence au fer* et à difiérèns 
degrés d'oxidation : la marne afffileusë est assise d'en- 
YJron 2 mètres de puissance, alterqaxit avec du gxès' ^cis 
brtinâtre. Cette marne est d'une saveur slyptique , éfflo- 
rescente, pénétrée de fer pyriteux ; c'est surtout sur.j^ 
couche de grès que le çulfute de'febrdp^ine; le toit est 
formé par une alluvion caillouteuse, peu épaisse , ri^çou- 
yerte d'undép^t de calcaire tubulaire^^ friable, d'uw blanc 
jaunâtre très-léger^ sur lequel repose u'fee'sfedoiïdé assise 
alluviale, avec galets d'un yblumje plus çpnsicjé.rible q^e 
^ceux de la pouche- infertetire. Ce dépôt d« '-calcaire la- 
custre, postérieur au teriraîn d'allùyion , est le résjiîfajt 4es 
sédimens formés par une mare d'eau doueâ^qiii exisi^ 
dans cet endroit, et démontre combien la forme primi- 
tive du terrain a subi de modifications. Ce système re- 
pose sur la formation crayeuse. Les lignites y sont dissé- 
minés par blocs et non par couches , afiectant toutes sortes 
de directions , d'un volume disproportionné", mais toujours 



DE PHARMACIE. J^y5^ 

représexitanit des portions 4'arbre8, soit le troBc/les 
branches, les racines s j y ai même trouvé un fragment 
de fruit de conifère, que je crois pouvoir rapporter au 
genre /?m«J. Cette observation et Ijb ];ésultat die l'inspec- 
tion des. fibres du bois , qui sont très-visibles ^ m'ont' offert 
assez de caractères poiir en inférer que c'est à des arbréë 
appartenant à ce genre, ou au moins à la famille des 
conifères , qu'est due Torigine de ces lignites. Ce com- 
bustible appartient évidemment à l'espèce fibreuse; il 
offre deux variétés que nous allons décrire : 

i°- Lignite fibreux , variété A. Il est de couleur noire j 
dur, susceptible de poli , ayant subi ufi commencement de 
hiiuminatioh qui le rapproche du jayel; *sa pesanteur 
spécifique, l'eau étant prise pour unité, est dé a; Soumis 
à 1 action de la chaleur, il répand, avant de W'enflatnmer^ 
une grande quantité de vapeurs, d'une odeur biturtii* 
neuse, piquante, aride, }>vùlp ensuite avec flhmme,' et 
laisse pour résidu o,i5 de cendre de couleur jaune ferrii*' 
gineuse. 

a?. Lignite fibreux, variétéB. De couleur brune , friable, 
se déchirant facilement, présentant la texttife lig'neuse, 
beaucoup moins dur que le précédent', se' brise' sousia 
lame d'un couteau^ prend du bi'iHànt lorsqu'on le raclé ^ 
mais ne supporte pas le poli ,'pc^antëur' spécifique l, S i 
exposé à la chaleur fl offre les mêmes phénonoièneâ^ que la 
variété A ', mais donne moins de vapeurs, brùle-avec pins 
de flamme et répand beaucoup plus de calorique r soùttiis 
à la dessiccation, il perd les deux tiers de son poidé i àinSi 
desséche et brûlé il fournit Oji-2 de cendre jaunctjcreuse. 
Ce lignite est plus imprégné de fer pyriteux q'uéîe préT 
cçdenti . / t 

Ces deux variétés de bois bitumineux se trouvent in- 
distinctement et en désordre dans le grès et les coi^che^ 
argileuses qui ^ui sont supérieures et inférieures-, ce qui 
par conséquent ne permet pas de douter qu'elles rie soient 



47^ JOURNAL 

contemporaines ; on ne peut pas les attribuer à Tàge ni k 
la partie de l'arbre , puisqu'on trouve des fragmens de 
toutes les dimensions qui offrent les deux variétés ; est-ce 
à l'espèce de végétal qu'il faut les rapporter ? nous ne le 
pensons pas ; ces lignites nous paraissent dus à la même 
origine végétale ; ce point de fait, qui est encore inexpli- 
qué, nous parait texdr à des causes locales qui resteront 
long-temps peut-être dans le domaine des questions pro-* 
blématiques. Les morceaux qui sont en contact avec le 
grès sont souvent recouvers d'une couche mince de fer 
sulfuré qui s'est aussi infiltré entre les fibres et les nom- 
breuses fissures transversales du lignite , de manière que 
lorsqu'on le casse on voit une belle cristallisation pyri- 
teuse comme argentée ou dorée. J'en possède deux frag- 
mens qui ont conservé l'écorce, et sur laquelle se trouve 
une matière résineuse en petits grains rougeà très, trans- 
parens , et qui, soumise à quelques expériences , lù a paru 
avoir la plus grande analogie avec le succin(i). 

Les terrains à lignite offrent en général des restes de 
coquilles d'eau douce, ce qui explique suffisamment leur 
origine ; il n'en est pas de même de celui qui fait le sujet 
de cette notice, toutes les recherches auxquelles je mé 
suis livré pour y découvrir quelques restes de corps or- 
ganisé ont été vaines. Ces dépôts sont-ils marias? Cela 
n'est pas improbable, car ils ont la plus grande analogie 
avec les terrains caquilliers des environs de Perpignan. 
Sont-ils lacustres ? Cette hypothèse est encore possible, 
puisque le bassiu de Tuchan, dans lequel se trouve Paziols, 

(i) Cette notice a été lae à la Société philomatique de Perpignan, 
le 8 janvier i834* Je ne connaissais pas alors Topinion de M. Alessi sur 
Vorigine da succin (Journal de Pharmacie , tom.XX, pag. io4)t j*ai vu 
avec plaisir qae mon observation était tont-à-fait identique avec la 
sienne , et sans avoir poussé les expériences aussi loin que ce savant 
pour pouvoir affirmer que la matière résineuse trouvée sur les lignites 
était da sacda , j -avais avancé ce fait comme probable. Ainsi no» deux 
observations se corroborent mutuellement. 



DB PHAEMACIB. 477 

est dans une position à recevoir les eaux pluviales des 
montagnes qui Tentourent de tous côtés, et l'écoulement 
de ces eaux ne peut s'opérer que par un seul point , qui 
est laVerdouble: or, cette rivière n'existait probablement 
pas dans les temps reculés , ou son barrage au nord-est 
était alors élevé de manière que le bassin était un vaste 
lac qui a donné lieu aux dépôts qui Tout comblé en partie. 
Quoi qu'il en soit de ces hypothèses , la présence de corps 
organisés seule peut donner la solution de cette question. 

Ce que nous connaissons du terrain à lignites de Pa- 
ziols, est d'une étendue assez considérable; à 3 ou 4oo 
mètres de la Prade^ du côté opposé à la rivière au nord-^ 
ouest du village, en creusant un canal d'irrigation, on a 
découvert des lignites à 60 centimètres de profondeur 
dans 4ine marne pareille à celle .de la Prade , et qai évi- 
demment n'en est que la continuation ; il est infiniment 
probable que cette même couche'existe dans une grande 
partie du bassin. 

Ce combustible, quoique pyriteux ne dégage que très- 
peu de vapeurs sulfureuses ; il peut remplacer le chaii>on 
ordinaire dans les usages domestiques , il est très-propre 
au chauffage des appareils des usines ; il est même prouvé 
par expérience qu'il peut servir à forgea le fer, puisque 
le forgeron de Paeiolsn'en use pas d'autre depuis sa dé-^ 
couverte. Mais, dans tous les cas, il est nécessaire de 
l'exposer à l'air pendant plusieurs jours, en ayant soin 
de le remuer pour mettre toutes les parties en contact 
avec l'air, afin de^ faciliter le dégagement de rhumidité et 
la décomposition d'une partie du fer sulfuré. On peut 
utiliser les efflorcsceuces qui se trouvent sur les marnes 
à lignites pour fabriquer de l'alim et comme engrais dans 
es terres sablonaeuses. 



XX*. ^^/iwc'e. — uioitt 1834. ^-^ 



4?^ JOUftNAL 

Procédé pour obtenir tacide pectique et tes pectate$, 

alcalins* 

Par M. SiMOHiv de Nancy. 

Jusqu'à présent remploi de l'acide pectique et des pecr 
tates^ pour préparer extemporanémcnt des gelées médica^ 
menteuses ou d agrément, n'e^t point aussi général qu'il 
mérite de l'être ; en y réfléchissant j'ai pensé que cela te- 
nait peut-être à la difficulté qu'on éprouve à se le procut* 
rer, et conséquemment à sa valeur vénale assez grande ; 
en efi'eti l'opération est délicate, longue, et ne réussit pas 
toujours aux personnes peu habituées aux manipulations 
qu'elle exige; le but de cette note est de les abréger con- 
sidérablement en employant une matière restée jusqu'à 
présent sans application , sans intérêt, et comme telle je- 
tée en grande quantité par les pharmaciens et les eonfi- 
teurs qui préparent sans fermentation le sirop de groseille, 
méthode qui, pour Je dire eu passant, est assurément la 
meilleure et devrait être exclusivemeut adoptée. 

Voici la manière d'opérer que je mets en usage depuis 
plusieurs années, en profitant des observations de M. Bra- 
^nnQt sur la conversion de la pectine «n acide, pectique 
par les alcalis fixes. 

On sépare du suc de groseilles 1^ pectine ou gelée très- 
abondante q.ui s'y forme spontanément après son mélange 
avec le suc de cerises aigres , on la lave afin d'en séparer 
le pluç possible de matière colorante , on la fait bouillir 
avec une suffisante quantité de lessive très-faible de po- 
tasse caustique ; puis, pour séparer les débris de groseilles 
qui peuvent y être mêlés , on fait passer à travers une 
grosse toile la liqueur fortement colorée, qui contient le 
pectate de potasse. On décompose ce pectate , en y ver- 



Dl PHAAIlâCIE. 47*$ 

tant peu à pettet en agitant aiaez de chlorure de diaux 
liquide, la liqueur est promptement décolotée, il s y forme 
des flocons blanchâtres de pectate de chaux , on.le^ ras* 
semble sur une toile , puis on les délaie dans de Teaa lé-» 
gèremeiift acidulée avec de Facide hydrochloriqûe ^ qui le 
décompose et dissout la chaux* L'acide pectique est mis à 
égoutter sur une toile, on le lave soigneusement et long- 
temps avec de Teau distillée ou de pluie pouf enlever 
tout Thydrochlorate de chaux et l'aeide qui y aurait été 
mis en excès , on Texprime ensuite légèrement pour en^ 
séparer la plus grande partie de l'eau qu'il retient. 

Dans cet état l'acide pectique est presque sans couleur^ 
transparent , sous forme d'une gelée compacte, il se com- 
bine avec la plus grande facilité avec les alcalis, quelques 
gouttes d'ammoniaque suffisent pour le liquéfier en le 
colorant en brun ; si c'est du pectate d'ammoniaque que 
l'on veut préparer on metasses de cet alcali pour lui don- 
ner la consistance d'un sirop clair que Ion filtre sur du 
papier gris , on le met ensuite en couches peu épaisses 
sur des assiettes de porcelaine ou de faïence exposées à la 
chaleur de Tétuve ou du soleil d août , il se dessèche 
promptement, se crispe, et se sépare des vases en plaques 
brunes, transparentes, vitreuses , c'est le pectate d'aDa- 
moniaque sec entièrement soluble dans Teau distillée, de 
laquelle l'alcool, le sucre , séparent l'acide pectique sous 
forme d^une gelée volumineuse (i). 

Si au lieu d'ammoniaque on emploie de la soude ou de 
la potasse caustique on forme des pectates de ces bases. 

Il est très-important de se servir pour les lavages d'eau 
ne contenant point de chaux ni de sels calcaires , la plus 
petite quantité<qui s'y trouverait suffirait pour reconsti- 
tuer du pectate de chaux et faire manquer l'opération. 



(i) Voyez le mémoire de mon savant compatriote M. Braconnât, 
JnnaUs de Chimie y toiki. XXX, pag. 96. 



480 JOURNAL / 

^^ • 

. Bê deux cents livres de. groseilles rouges j'ai retiré 
à peu près huit onces de pectate d'ammoniaque pouvant 
donner la consistance gélatineuse à 5oo fois son poids 
d'eau. 

Si on avait à préparer une grande quantité d'acide pec- 
tique on pourrait être embarrassé par le défaut d'eau dis- 
tillée ou de pluie, je l'ai remplacée avec succès par de 
l'eau de source ou même de puits, dont j'avais éliminé la 
chaux par un peu de potasse ; mais il faut bien se garder 
de la rendre alcaline, car sur la fin des lavages elle dissou- 
drait de l'acide pectique et diminuerait la quantité de ce 
produit. 

NOUVELLES DES SCIENCES. 

î)u cen^eaU considéré sous le point de v^ue chimique et phy- 
siologique. 

Mémoire présenté à rAcadémie des Sciences de Paris, le 3o juin i834i par 

M. J.-P. COUE&BE. y 

Ce mémoire est divisé en trois parties : 

La première traite de l'anatomie et de l'organisation du 
cerveau. L'auteur a soumis la pulpe cérébrale à un examen 
microscopique, et a reconnu que la matière blanche du 
cerveau présentait des g|i)bules plus petits que la matière 

grise. 

Il s'est occupé ensuite de l'analyse chimique du cerveau , 
et a terminé par des considérations théoriques déduites de 
ses expériences. 

D'après lui , la substance cérébrale contient : 

1**. Une matière grasse blanche à laquelle il a donné le 
nom de cérébrote ; 

2**. Une graisse jaune pulvérente (stéaroconote)(rTeapsuif, 
xovtç poudre ; 
# 3**. Une graisse jaune élastique (céphalote). 



DE PHARMACIE. 4^1 

4"". Une huile jaune rougeàtre (éléencéphol). ' 

Enfin du phosphore , du soufre , de Tosmazome, deis sels 
inorganiques et une énorme quantité de cholestérine. 

Toutes ces substances ont été présentées à l'Académie 
par M. Gouerbe. 

En soumettant comparativement à l'analyse des cerveaux 
d'idiots , des cerveaux de fous et des cerveaux d'individus 
bien constitués , M. Gouerbe est arrivé à ce résultat bien 
remarquable et bien digne de l'attention des physiologistes, 
que les cerveaux d'idiots ne contiennent que de o^oi à 
o,oo5 de phosphore , que le cerveau normal en contient de 
0,02 à 0,025 , et qu'enfin les cerveaux des aliénés en pré- 
sentent depuis o,o3 jusqu'à o,o45. • F. B. 

Sur du blé carbonisé spontanément. 

. Dans la séance l'Académie des sciences, du 7 juillet 1834? 
M. Lfissaigne a communiqué le fait remarquable d'un blé 
paraissant charbonné , ou devenu noir , friable , léger , avec 
un éclat semi-métallique semblable à celui du sulfure de 
plomb. Ge blé a été trouvé dans un caveau antique d'une 
maison démolie , près du nouveau pont dit de Louis-Phi- 
lippe , à Paris. M. Lassaigne, d'après l'analyse de ce blé, 
y a trouvé une grande quantité d'acide ulmique, avec 
disparition totale de l'amidon et du gluten. Il en a conclu 
que ce blé n'avait point subi une carbonisation par l'effet 
de la chaleur , mais bien une décomposition analogue à 
celle qui forme les tourbes et les bois décomposés ou noir- 
cis! comme du charbon , par un séjour prolongé dans l'hu- 
midité, à l'abri du contact de l'air et de la lumière. 

Dans la séance suivante, M. Julia de Fontenelle, s'é- 
tayant de l'exemple de la conservation des céréales pendant 
plusieurs siècles sans altération , au moyen delà sécheresse , 
jusque dans les hypogées et catacombes de l'Egypte, et 
dans les sarcophages des momies , a combattu Topinion de 
M. Lassaigne. Il a prétendu que ce blé carbonisé devait 



48à JOUHNArL 

avoir probablement éprouvé Taction du feu ou de là cba- 
leur à f étouffée. 

Mais l'obseryation que nous avons conëignée en i8iS 
iànsle Journal de Pharmacie ^tom. II, pag. 398-3949 sur 
du blé trouvé àFétat cbarbonné, et avec un éclat métallique» 
dans un souterrain antique^ près de Langres , appuie sin- 
gulièrement Tobservatitin de M.Lassaigne,et nous avions 
énoncé déjà que cette céréale était passée à Tétat des vé-* 
gétaux transformés eu tourbe et en charbon, par le seul 
effet de leur deshydrogénation , lorsqu'ils sont pendant très- 
long-temps privés du contact de lair sous terre. 

En effet, ce qui contredit essentiellement l'action d'une 
combustion à l'étouffée à l'aide du calorique , c'est que le 
blé observé par nous était muni de ses bâles et dans ses épis 
très-bien conformés, à tel point qu'on y reconnaissait toutes 
les formes extérieures du chaume avec ses stries longitudi- 
nales , la cavité des pailles et jusqu'aux arêtes piquantes 
des glumes entourant le eariopse ou le grain. Il eût été 
presque impossible que des parties si délicates se fussent 
parfaitement conservées si elles eussent été rôties comme 
dans un four bien clos. 

L'observation de M. Lassaigne , confîrmatrice de la nôtre 
également ( puisque celle-ci se trouve antérieure) , montre 
la nécessité de sécher le blé et de le tenir de l'abri de l'hu- 
midité dans des 51/05 ou autres lieux bien secs, si l'on désiré 
de le garantir pendant de longues années contre toute alté- 
ration. 

J.-J. ViRET. 

r 

NOTE 

Au sujet de tjUction du chlore sur Vesprit pjrro^acétique. 

Par M. BvUkB. 

jTe me suis assuré pai" une analyse exacte que dans Fac- 
tion du chlore sur l'esprit pyro-acétique, il se dégage 



Dfi PHàiUfACIE. 4^5 

deux alomes d'hydrogène et il se fixe deus atomes de 
cUore. La réaction s'exprime ainsi 

le composé C^ H* O^ Ch^ était déjà connu de M. Liébig , 
dont l'analyse diffère peu de la mienne, quoiqu'elle ne 
permit pas de construire la vraie formule de ce corps. 

Je viens de m'apercevoir qu'à la page 288 du présent 
volume , on me fait dire qu'il se dégage H' et qu'il se fixé 
Ch^ . Je prie les lecteurs de votre journal de corriger et de 
pardonner cette erreur ou toute autre pareille ; mais pré- 
cisément par suite de mes expériences sur l'action du 
chlore , j'étais trop souffrant à Tépoque où l'on a imprimé 
ces articles, pour être en état d'en corriger moi -même 
les épreuves. 

vx^^f^ vv\'W« wtw^ \fwv\nnvv% vv% w«%«^ w%w% vwvw w\ v% vv\%vk^.% v« w\ vv% vvwv%\ w% v\vw 

EXTRAIT DU PROCÈS VERBAL 

De la séance de la Société de Pharmacie , 8 juillet 1 834» 

PRÉSIDENCE DE M. CHEREAU. 

La correspondance comprend : 

Une lettre de M. Robiquet annonçant qu'un voyage 
qu'il a entrepris pour cause de santé l'empêchera pendant 
quelque temps d'assister aux séances de la Société. 

Une autre lettre de M. Kastner remercie la Société du 
titre démembre correspondant qu'elle lui a décerné, et lui 
fait hommage de la deuxième édition de ses Principes de 
chimie et de physique. 

Plusieurs numéros du Journal de Pharmacie du midi. 
M. Gay , sous la direction duquel s'imprime ce recueil , 
demande en échange le Journal de Pharmacie de Paris. 
Cette proposition est renvoyée à MM. les rédacteurs 
de ce dernier journal. 

Une brochure de M. Fée sur le groupe des phillériées. 

Les AnQales scientifiques de l'Auvergne. 



484 JOURNAL 

Le numéro de juin du Journal de Pharmacie. 

Une notice de M. Guibourt sur Félix-Louis THerrar- 
nîer, suivie de la nomenclature synonymique , créole et 
botanique des arbres et bois indigènes et exotiques ob- 
servés à la Guadeloupe. 

Une autre notice sur le peu de sûreté que présente 
remploi de la lampe de Davy, 

M Bonastre ofi're à la Société un superbe échantillon de 
résine copale du poids d'environ deux livres. 

M. Moutillard lit au nom de M. Baget et au sien ub 
rapport très-favorable sur deux mémoires de M. Coldefy 
Dorly relivtifs, Tun à l'extinction du mercure par \^ graisse 
modifiée , l'autre à la préparation du sirop de points d'as- 
perges. 

Il demande l'impression de ces mémoires dans le rie- 
cueil des travaux de la Société. 

Les conclusions de M. le rapporteur sont adoptées en 
ce qui concerne le premier mémoire; quant au second, 
M. Soubeiran fait observer qu'ayant prépara, comparati- 
vement avec les mêmes asperges , du sirop par la mé- 
thode ordinaire et du sirop par la méthode de M, Coldefy, 
il s'est assuré que la liqueur provenant du traitement al- 
coolique avait une saveur et une odeur désagréables et 
toute différente de celle du suc lui-même. Il pense que le 
sirop de M. Coldefy diffère beaucoup de celui que Ion 
prépare avec le suc ordinaire, et que les avantage ou les 
inconvéniens de ce changement n'étant pas connus , il 
convient d'attendre qu'ils le soient avant de changer l'an^ 
cien mode de préparation. M. Vuaflard ajoute que des 
observations qu'il a faites de son côté sont tout-à-fait 
d'accord avec celles de M. Soubeiran. 

En conséquence le rapport est renvoyé à- la même com- 
mission pour qu'elle répète les expériences. 

M. Vuaflard communique un procédé pour préparer la 

pommade mercurielle au beurre de cacao. 

A l'occasion d'une notice adressée à la Société sur le 
nigromètre, instrument destiné à estimer la valeur des 
noirs, dans leur application à l'agriculture, M. Chevalier 
dit qu'ayant été chargé d'examiner des noirs qui avaient 



DE PHâRMÀCIB. 4^^ 

ê 

donUé lieu à une discussion entre MM. Gallon et GavaîU 
Ion y il a reconnu que les moyens à emplc^er pour en dé- 
terminer la valeur devaient être ha$és sur les quantités 
de phosphate et de carbonate de chaux contenues dansée 
résidu de leur cnlcination. Il a examiné les cendres proye^ 
nant de noirs de diverses sources, tels que le noir animal, 
celui de schyste, le charbon de bleu de Prusse , et s'est as- 
suré que les charI]K)ns des raffineries de Paris contenaient 
des quantités très-variàbles de phosphate calcaire. 
MM. Bussy et Soubeiran proposent M. Malaguti poUr 
membre corï^spondant de la Société. . 

M. Pelôuze est chargé de faire un mpport sur les tra* 
vaux de ce pharmacien. 



!• 



; 

COMiPTE RENDU 

De dçux séances tenues à l'École de Pharmacie d^ Paris, 
par la Société de Pharmacie et la Société de Prévoyance 
des pharmaciens du département de la Seine à toocar 
sion dun projet de législation pharmaceutique. 

■ 

La Société de Pharmacie de Paris, et la Société de Pré* 
voyance dés pharmaciens du département de la Seine, 
avaient chargé une commission de onze membres (i) de 
rechercher les moyens de mettre un terme aux abus nom- 
breux dont là pharmacie a tant à se plaindre , et de la 
réintégrer dans une situation vraiment digne d^elIe, par 
une meilleure organisation. 

Ces deux sociétés se sont réunies aux mois de juin 
et dé juillet en deux séances générales , présidées ^ Time 
par M. Chéreau-, l'autre par M. Boudet père, afin d'en- 
tendre la lecture du rapport de la commission et d'en dis- 
cuter les points les plus essentiels. 

(i) MM. Boallay, président, Bernard Derosties', ^^i^dean , Bontron* 
Chatbrd , Chëreait, Lodibert, Planche , Reylnond, Robinet » Thubœaf; 
et Cap . rapportcttr, • 

XX'. Année. — Août i834. 3 



4M ai^o^ïHîili : 

{ja le^t^re4ç ce r ap^port CQPEMiffqUaUe, réàigé pa^M. XjBp , 
a. Qççfipç ji^ plilA gpâodcportM di^s deUH séance»; ' - ' 

Xa diacussioaa suivi celte lecture , les côhclMsions du 
rapport ont été adoptées, la plupart ^ runoAimiié lel; f^5 
discu$sioa, les autres h udç grande m^jorilé^ opivèa aroàr 
été Ipbjet d'observf tid)^ plm ou moîna importante», 4oivt' 
queJiqu^f'^uoea ont entndné de légères modifications danç 
IçiAiie. 

L^^ssemblée a ensuite voté par. a^cclamation des ce-* 
mercimens à la commission , surtout à son habile r^ippor- 
teiiv, et a ordonné l'impression à sçs frais du travail tou^ 
entier, à un nombre d'exemplaires sufiSsant pour que tous 
les membres des deux chambres législatives puissent en 
recevoir un exemplaire. 
Le rapport de M. Cap eU divéaé eix trois parties. 
Dans la première , après avoir jeté un coup d œil histo- 
riqn« SUT' la pharm:\cie , apprécié Ie3 circonstance^ heu- 
reuAC^qui depuis quarante années ont favorisé ses pro- 
gvèft, M. te rapporteur a énuméré les causes qui nuisent 
à la prospérité actuelle de la profession. 

A la suite, de. cet exposé, il a résunogé l^s pr^ViCipe^ .que 
là commission s^ jugé les plus propre^ à lutter CQiiAre la. 
décadence de la pharmacie. 

La deuxième partie di^ rapport est conça^rée ^adé* 
velopjiement des motifs sur lesquels sappuiispt ce» pria- 
cipes. EUé.est divisée, comme 1« projet Juira>é*ae, en troi» 
titres qui ont pour objet renseignement de IVtj Ten^cice 
de la profession et la police de tout ce qui s^ rapporte 
àià veiite, des médicaineus. Chaque article ^U ;projet. de 
la tomhûssion y ^st successivement disjcutfâ aiçec impar- 
tialité, 'et avec aulaut détendue que le suj^f U e^^nt" 
porte, etc. 

Enfin ,. dans la troisième partie, on trouve résumé sous 
formes darriçles de légîàlation tout l'ensemble du. travail. 
Lbi Commission s'est efforcée de faire coïncider son projet 



a¥«o celui de rAcadémte tle médecine ^tit là réorganisa- 
tion générale de l'^rt t)e çliéf vc, «A dommnt toutefois à ce 
qui touche la pharmacie- des déreloppemens nécessaires 
et qui ne pouvaient être que Touvlrage des pharjiiacien&.. 

Le« dlsposttioDS législatires comprennent qtfàtrç-vîngt- 
sept ^Mclj?^ destio^s à remplacer ceux de la loi de ger- 
minalanll. 

Il y a heti d*espérer que ce travail , exécuté avec matu- 
rité 9 s'il ne devient pas la base des dispositiona qpe la lé- 
gislature porépare dans l'intérêt de lart pharmAeeiitique^' 
éclttûeera beauooup les discussions sur cette matière et 
amènera quelques améliorations notables dans l'état delà 
pharmacie èh France. ,, 

• » . • > ■ 

PRIX PROPOSÉ 

• * i 

Par la Société des scierites physiques , chimiques , et arifi.' 
agricoles et inâustrieU de France^ 

Déteirnûiier, par des faits nombreux et bien constatés , 
quelle est l'action qu'éi èrcen t sur le corpshumain les fluides 
impondérables ( le calorique , la lumière et Télectricité K et 
quel est leur iiaflueuice f ainsi que celle de 1 air atmosphé-^* 
viqné, sur la production de quelques maladies, telles 
que la peste , la fièvre jaune , le choléra-morbus y etc. ? 

: Le prix sera une médaiile en or de la violeur de 5oo/r. 

, . ' • ■ ' .w- 

Les ouvragés 6\i mémoires seront adressés, francs de 

por^ , avant le i ''^ mai 1 835 , à M. Julia de Fonienelle , se- 

etrélaire perpétuel de la société , rue Saint- André-des-* 

Arts , n». 58, ou à soii président, M. Labarraque , rue 

Saint-Martin, n°. 69, à Paris. 



438 ' JOURIIAL PB PHARMACIE. 

t . . . • 

A/vu v\%%> Ky\yvvv\\\\^/s\vsiKy>t^isiwsMlif\\>M^i%ivvsx^^ 

BIBLIOGRAPHIE. 

-^ ' ' '. ! . * 

Code expliqué des pharmaciens , oa Commentaires sur les. lois et la juris-, 
prudence en m9tièTe phatmaceatiqne , a Tusage des pharmaciens , 
mét^cii^s^ «hirurgiens. officiers de santé /sages-leimiies» épiciers- 
drogaisles , ainsi qae dies jarisconsultes ; par M. LàTEEAADE,^ avocat, 
à ia Coar royale de Paris^ i toI. in-i^. Paris, chez Crochard , libraire, 
r ne de 1 Eco le-de- Médecine , no. 1 3. 

La législation- qui régit Texercice dç la pharmacie, et <ffi M^l^e^it 
devoir être fixée d^une manier^ nette par la loi dd ai germinal an II, 
se trouvé de' fait , par rimperféction -de cette loi, dans an véritable état 
4*aiuircitie; Cette loi a ëté faite ay^c vLtkè légèreté qai a laissé indétises 
ufie foole.de questions du p1ii« haat intérêt. Qaamd on veat recou- 
rir, anx dispositions antérieures , on se trouve perdu dans un chaos 
d*édits , d*ordonnances, d'arrêts , etc. , au milieu duquel il est presque 
impossible de reconnaître la véritable législation.' Ajoutons que lés 
arrêts contradictoires rendus à plusieurs reprises par des tribunaux dif- 
fénenSy et souveiit lùèine par 'le même tribunal^ ont encore augmenté 
la confusion. Il est cependant d'une nécessité de tous les instans , pour 
le pharmacien, de connaitre.la loi qui lui doit servir dé règle. Déjà, 
en i8a6, dans le Code du pharmacien, M. Laterrade à publié Ik statis- 
iqi^e de toute la légisUtion qui se rapporte à 1^ .pharoiaeie* C*était déjà 
avoir' éclairci la matièi^e. ^djourd'hui dans son Code expliqué du 
pharmacien, il 'donne lé complément de son premier travail par une 
discussion éclairée et approfondie de toute cette jurisprudence. Prenant 
une aune toutes les questions ^ui sepréseiltent natareHement d*après le 
texte même des arrêts, édits. ordonnances ou articles dé^i, .il dis- 
cute ceux-ci, les analyse, les compare; et en fait ressortir le véritable 
esj^rit. Il 'arrive ainsi au milieu d*élémens souvent contradictoires, à 
étal^Ur ceuaC ide ces textes qui se trouvent abrogés de fait, ceux qui 
restent encore en vigueur. Ce travail ^précieux pour la pharmacien en- 
tous les temps, acquiert un nouvel intérêt 4ai]^S' les circonstances ^c- 
tuelle^ , ou tous les esprits sont portés vers les améliorations , qu'une 
législation nouvelle,,, attendue de tputes parts avec impatience, promet 
à la pliarmacie. La disposition de- l'ouvrage de M. Laterrade nous a 
paru bieil etiteudne/ En'otttre , une table chronologique des arrêts, lois 
et ordonnancer, et une table analytique dés matières bien détaillée, 
pjacées à la Cm 4a volume ., rçnde^t les recherches, de la > plus ^raiule 
facilité. Aussi le Code expliqué des pharmaciens- nous paraît-il être émi- 
nemment utile, et nous le recommandons, avec confiance à nos. lecteurs.. 

* ' ' E. S. 

■ '' ■ ' ■ " ■ ' . '' , 

PARIS.— IMPRIMERIE ET FONDERIE DE FAIK , 

aOBBACIRE, M". 4* PL'^CE DE L*ODBON. 



JOURNAL 

é 

DE PHARMACIE 



£T 



DES SCIENCES ACCESSOIRES, 

< 
« 

GONTBNANT 

LE BULLETIN 

DES TRAVAUX 0£ LA SOCIÉTÉ DE PHARMACIE 

DÉ PARIS. 

N*. IX.— 20*. Année. — Septembres i834. 



RÉFLEXIONS . 

Sur un mémoire de M* Dumas ^ ifU,ituléi GonsidératioDs 
. générales sur la composition théorique des matières 
organiques. {Journal de Pharmacie j notai l8340 

. . . ..I 

Par M. RoBiQOiT. 

• • • .1 

Le vrai génie parle avec bienveillance, accueille tous 
les efforts, instruit et plaft , et c*ést d'e bien bonne grâce 
' qu'on se soiimèt à son ênipïre ,' parce que ïa conviction 
est la seule arme qui soit à sa taille. Mais le savant qui 
vefuten quelque sorte imposer fees doctrines, et qui cherche 
à jeter de la défaveur ou du ridicule sur celui qui ne par- 
tage pas ses opinions , méconuait singulièrement , à mon 
XX**. Année. — Septembre i834« 35 



49^ JOUHNAL 

avi^ , sa véritable mission. Je n'ai jamais eu la prétention 
de créer ou de soutenir aucun système ; il eût fallu pour 
cela se livrer à de longues méditations , et être doué de 
cette conception sûre (pag. 26a, t. !•'•) qui permet à un 
esprit vaste de bien grouper les faits. Il est malbeureuse- 
ment bien peu d'êtres assez privilégiés pour embrasser et 
soutenir dignement ce beau rôle. Quant à moi , bumble* 
ment renfermé dans la sphère beaucoup plus restreinte de 
la, cbimîe pratique , je me suis borné à émettre quelques 
idées détachées et dépouillées de toute vue systématique ; 
jamais je n'ai cherché à dogmatiser ni à faire école. Le 
peu que jai écrit à ce sujet , je crois l'avoir fait avec toute 
la réserve convenable , et je n'ai jamais cessé de témoigner 
la plus grande déférence, même pour ceux dont je ne 
partageai pas les opinions. J'ai donc tout lieu de m'étonner 
que ni mes pensées, ni ma manière de les exprimer n'aient 
trouvé grâce auprès de l'habile professeur qui" a jugé à 
propos dç les stigmatiser avec tant de légèreté. 

M. Dumas , après avoir rappelé ( p. a62, § 3, et 268, $ 3) 
sans toutefois me nommer , mon opinion sur les composés 
organiques en général , dit qu'on reconnaît facilement à ces 
caractères une théorie au moins inutile et souvent dange- 
reuse. 

Esl^e bien sérieusement qu'on tient un pareil langage 
' en pariant d'une simple vue théorique ? Plusieurs célèî)res 
chimistes avaient fait remarquer que les élémens de cer- 
tains corps organiques se trouvaient en proportion telle , 
qu'on pouvait les considérer comme des composés binaires. 
,Mais tous, ce me semble, n'avaient accrédité cette idée 
que comme une sorte de fiction , qui permettait de consi- 
dérer ces corps sous Un nouveau point de vue ^ et d'en 
faire une étude plus complète. 

Mais. M. Dumas a voulu dépasser ses devanciers ; ce 
n'est plus une théorie , une simple vue systématique qu'il 
nous présente, c'est une vérité absolue qu'il i^ous impose 



pt>\XT lui ^ tout corp& organique n'est qu'un composé bi* 
naiire soumis aux lois qui régissent la matière organique. 
Ainsi j selon ce savant auteur , c'est partout Tantagonisme 
des deux fluides électriques qui décide de toute con^- 
naison. , et le résultat ultime est toujours la formation 
d'un sel. 

II se peut qu'il en soit ainsi , mais il doit être au moins 
permis d'en douter, puisque M. Dumas dit lui-même, en 
débutant, qu'après tout^ «ces théories ne sont point 
» encore des réritéà absolues, et que chacun peut en penser 
1» ce que bon lui semble» (p, t^ji)» Nous serions tous 
d'accord si on se maintenait dans cette réserve, qui exprime 
«x^tement le véritable état des cho^. Mais malheureux 
dément il n'en est point ainsi , et bientôt M. Dumas , di- 
traîné par tout ce qu'oSre de séduisant la théorie nouvelle 
qu'il adopte>s'écrieavec une sorte d'enthousia6me(p.si^i ) : 

« Arrière donc les théories qui se tratnent à la remorque 
« et qui viennent expliquer après coup les observations 
^ suggérées par le point de vue antagoniste, et n'hésitons 
> pas à donner la préférence à celles d'où part le mouve^ 
» ment scientifique. » 

J^e le demande de bonne foi , est-ce hiesa là le langage 
qu'il convient d'employer dans les sciences , et n'y a-t*il 
pas injustice, pour ne pas dire danger, à proscrire ainsi, 
et d'une manière aussi absolue , les idées qui ne s'aecoiv 
dent point avec notre maniée de voir 7 L'expérience du 
passé ne àaurait-elle mettre un frein à tant d'a^urauce , 
■et aurait-on perdu tout souvenir de cette foule d'hypo- 
thèses , de systèmes qui ont été culbutés tour à tout ? Je 
"conçois parfaitement qu'un système émis après mûre ré- 
flexion, et qu'on appuie sur des faits, soitdéfeudu avec 
chaleur; mais ce qui me parait hors de convenance, je 
diraf presque de raison , c'est de lancer ainsi anathéme 
ctatre toute autre conception. Agir de la sorte, n'est*ce 
pas en effet paralyser les efforts , mettre en interdit une 

35. 



4g2 JOURNAL 

foule d'intelligences qui , malgré conviction, n'oseront en- 
courir le blâme d'uâ maître de la science ? Il ne suffit pas 
pour découvrir la vérité de marcher avec assurance , et de 
dire moi seul j'ai trouvé le vrai sentier, et c'est à vous 
tous de m j suivre. Mieux vaudrait , ce me semble, laisser 
chacun chercher de son côté , et recueillir avec soin tous 
les avis. Dans le nombre il s'en trouvera , nul doute , de 
peu fondés , mais même parmi ceux-ci il se rencontrera 
aussi quelques idées judicieuses dont il faudra savoir pro- 
fiter. Voilà du moins ce que l'expérience du passé nous 
enseigne. Croit^on que les contemporains de Curaudeau 
et de Dabit n'aient pas eu à regretter l'espèce de déni de 
justice qu'ils ont eoÉnmis à leur égard ! Que cet exemple si 
récent nous serve à quelque chose , et tâchons qu^une con- 
viction, quelque profonde quelle puisse être, ne nous 
aveugle pas au point de vouloir imposer silence à qui ne 
pense pas comme nous. Qu'il me soit donc permis, comme 
à tout autre ^ d'émettre mes idées sans me voir condamné 
à être traîné à la remorque ! 

' M. Damas prétend que nous devons cesser de distin- 
guer les corps en inorganiques et organiques, parce qu*ils 
sont, les uns comme les autres , régis par les mêmes lois ; 
c'est à-dire que c'est l'électricité qui préside à toute espèce 
de combinaison , et il regarde comme une grave inconsé- 
quence d'avoir admis l'influence de cette force pour les 
corps inorganiques, et de la nier pour les autres. Ceci 
demande explication, du moins pour ce qui me concerne, 
et j'avouerai bien franchement que , toute plausible que 
peut paraître cette théorie, et , malgré l'imposante 
autorité de Berzélius , je n'y ai jamais ajouté foi entière. 
J'ai toujours regardé comme probable que l'électricité qui 
se développe dans lacté des combinaisons inorganiques 
était l'efTet plutôt que la cause de la combinaison. Lorsque 
des corps qui sont disposés à s'unir se trouvent en con- 
tact , les molécules se heurtent , se froissent > se dégagent 



DE PHÀ&MACIE. 49^ 

pour prendre un autre arrangement; il y a chaleur pro- 
duite, émission de fluide électrique ; mais tout cela peut 
être considéré comme une conséquence de ce déchirement 
instantané, il n'y a donc rien, de déraisonnable à ne pas 
accepter celte théorie. Cependant^ quoiqu'elle laisse 
encore des lacunes à combler , . comme elle explique un 
grand nombre de faits qui ,. avant elle, étaient inlntelligi- 
I^les ) il convient de l'adnkettre provisoirement pour les 
corps inorganiques; mais ne- poussons pas les. choses à ce 
degré d'absolutisme , qui, empéch^ toi;Lt autre considéra- 
tion de se faire jour. Berzélius lui^ tiéme n'a pas cru qu'elle 
fût"applicable aux combinaisons des corps organiques , et 
je pense qu'il a eu raison; M. Dumas, plus hardi, le 
blâme d avoir reculé devant ses propres œuvres , et recon- 
naît cette théorie dans toute sa^géjiéralité, soit; mais je 
répéterai encore une foia ce que j'ai déjà dit en tant d'au- 
tres occasions. 

Il est positif que les élémens des produits organiques 
ne sont unis eptre eux que par un lien très-fai^le , puisque 
la plupart de leurs combinaisons se modifient sous les 
moindres influences, et que, s'il est vrai que l'électricité 
soit la cause essentielle et primitive de toute réunion de 
molécules inorganiques antagonistes , il est peu probable 
que les combinaisons organiques soient déterminées par 
cette même force , car elles offriraient , dans ce cas , plus 
de stabilité , et certains caractères qui leur sont propres 
ne les affecteraient pas ; ainsi un sel proprement dit , 
c'est-à-dire celui.qui résulte de l'union d'un oxide métalli- 
que et d'un acide , union opérée sous l'influence de la plus 
forte affinité comme on le disait autrefois , ou, si l'on veut, 
des électricités les plus opposées., tels sont par exemple 
du sulfate de potasse ou de àoude , ou tout autre , il nous 
sera toujours possible , quelle que soit l'énergie de la force 
qui ait uni ces élémens inorganiques , d'en reconnaître 
l'existence dans cette combinaison par les réactifs ordi« 



494 JOURNAL 

nàires , tandis que te contraire pourra ^voir lieu dans 
beaucoup de combinaisons organiques du même genre. 
Lorsqu'on fait par exemple réagir la plupart des acides. 
minéraux sur l'alcool , il en résulte des combii^aisons qu'on 
app^e salines^ et qui sont tantôt hydratées, tantôt 
anhydres , suivant la nature de l'acide ; mais , chose biea 
remarquable, c^est que dans ces prétendus sels, nos réac- 
tifs les plus sensibles ne peuvent plus y déc^er la présence 
des acides qu'ils renferment; et l'on veut qu'il y soient 
combinés de la même manière et sous les mêmes influencea 
qu^avec les oxides métalliques ! J'avoue Oue je ne saurais, 
^idmettre une pareille idée, car il faudrait nécessairemeiit 
Conclure, selon moi , de cettç impuissance de nos réactifs, 
que les élémens de ces combinaisons sont si étroitement 
unis, que rien ne peut les disjoindre ; or, s'il est une chose 
^▼érée de tous , c'est qu'en général les combinaisons orga-z 
niques sont très^éphémères , et que leurs éHmens sont 
enchaînés sî peu fortement les uns aux autres , qu'on les 
voit toujours prêts à se désunir pour s'unir d^s un autre 
ordre. Il y a donc là bien évidemment quelque chose d'o-r 
culte pour nous. Qu'on calcule tant qu'on voudra la capa-i 
cité de saturation de l'hydrogène carboné , et qu'on l£^ 
reconnaisse identique avec celle de l'ammoniaque , il n'ex^ 
résultera jamais pour cela que ce gaz sodt un véritable 
^leali , du moins dans le sens que nous y avons attaché 

Jusqu'alors. On prétend que c'est à son insolubilité que 
'on doit attribuer son défaut d'actioà sur le tpumest^ 
rougi : est-il ^opc tellement insoluble que , même à une 
certaine pression , on ne puisse s'assurer de cette pro- 
priété caractéristique ? Et d'ailleurs , le procédé auquel 
on a recours pour le produire n'offre-t-il pas une prevve 
éuffisazite que ce prétendu alcali se comporte tout autre* 
ment que les autres le feraient en pareilcas ; n'est-ce pas, 
en effet , e9 faisant réagir l'acide sulfurique dur l'alcool 
qu'on Fobtient, et ne se dégage-t-il pas conjointement 



DB PHARMACIB. 495 

arec de rdcide sulfureux ? Ces deux gaz ne se trouvent-ils 
pas ensemble à Tétat naissant , c'est-à-dire dans la cir- 
constance la plus favorable à leur combinaison ?'D'où vient 
donc qu'il ne s'opère aucime union entre eux ? En serait- 
il de même , nous le demandons , avec un autre alcali? non 
sans doute. Il n'y a donc que la faculté saturante qui fasse 
preuve de son alcalinité ; et c'est , il faut bien en convenir, 
un motif très-plausible pour y croire ; toutefois on peut 
encore y faire de graves objections ; j'en soumettrai une^ 

Lorsqu'un acide se combine à certains corps organiques^ 
le caractère d'acidité dièparatt comme d«n& le ca& de sa 
saturation ; mais ajoutons encore , que ses autres proprie-- 
tés distinctes disparaissent égalepient , puisque lea réac- 
tifs qui nous font rec^ontiattve Ce& acides dans les autres 
combinaisons, ne peuveht plus les déceïer dans c^le-ci. 
Il n'y à donc pas simple saturation , mais dénaturation , 
arrangement moléculaire différent dans cette perturbatioilc 
qui demeure occulte pour nous ; rien ne répugne à admet-< 
«tre , d'après le& faits que nous observons , que cbaque élé^ 
meilt s'isole pour ainsi dire , et que ce ne sont plus que 
des corps simples qui sont en regard \ ou bien encore^ 
qu'il résulte de leur nouvel arrangement des corps com-^ 
posés qiii^ comme le cyanogène, agissent à la manière 
des corps simples. Enfin, je suppose que, dans toutes les 
combinaisons de ce genre, il arrive quelque cbose d'ana- 
logue à ce qui se passe dans celle de l'acide oxalique avec 
certains oxides métalliques. Je dirai mémie que j'ai tou< 
jours considéré ces beUes expériences de Dulbng comme 
un trait de lumière destiné à jeter le plus grand jour sur 
la chimie organique. Je n'ai jamais compris qu'un si beaa 
commencement n'ait pas eu de fin : c'est un météore qui a 
brillé sur notre horizon , et dont nous avons maladroite- 
ment perdu la trace. Je fais des. voeux pour que l'œH clair- 
voyant qui en a fait la découverte se remette &ta piste. 

Ces donsidérations , dit-on ( page 266 ) , t ne reposent? 



49^ JOU&NAli 

» pas sur des faii^ ; on peut , sans les repousser au fond , 
» les considérer comme des^vues.de l'esprit ; tandis quç la 
» méthode expérimentale tend à faire croire que les corp& 
» simples forment dps. composés. Linaires^ et que ceux-ci 
» s'unissent ensuite sans perdre leurs caractères pour for- 
» mer des sels. » Ici on ne peut que rendre justice à la 
modération du langage et témoigner le désir qu'on n'en 
emploie jamais d'autre ; mais les idées en elles-mêmes me 
paraissent avoir plus de spécieux que de justesse. Il est 
bien vrai que M.. Dumas a étendu le cercle de la probabi- 
lité, en développant pour ainsi dire à volonté un grand 
nombre de ces combinaisons binaires;, mais de, ce qu'on 
les retire», de ce qu'on les voit naître sous telles ou telles 
influences , de ce qu elles se reproduisant dans les mêmes 
circonstances , et que l'ensemble de leur composition ato- 
mique s'accorde parfaitement avec la . composition ato- 
mique des matières premières, est-on bien. <^n droit d'en con- 
clure leur préexistence? Je ne le pense pas , car personne 
n'ignore qu'en modifiant ces influences, pu qu'en en faisant 
agir de nouvelles , on obtiendra d'autres produits dont la 
composition atomique s'accordera tout aussi bien avec 
celle de la substance primitive. Quels seront ceux , je le 
demande 9 de ces composés secondaires , auxquels on ac- 
cordera préférablement la préexistence ? L'embarras du 
choix serait san& doute très-grand. 

La méthode expérimentale qu'on invoque avec tant 
d'assurance pour foudroyer ces théories dangereuses qui 
àe tratnent à la remorque, me parait cependant leur être 
tout aussi favorable qu'à celle qu'où nous oflre comme le 
vQÎnt 4^ départ du mx)Ui^ement scientifique. N'est-ce pas 
l'expérience qui nous démontre, qu'en, soumettant un 
morceau de bois à la seule influence de la chaleur, on en 
retire cette foule de produits qui s'accroît chaque jour, 
davantage à mesure qu'on y porte une attention plus 
sévère? Tous ces produits préexis-tent dans le ligneux par 



as PHARMACIE. 497 

leurs élémens^ et représentent dans leur ensemble sa com- 
position atomique; c'est. aussi là. un résultat de l'expé* 
rience. 

Les trois ou quatre élémens qui composent la plupart 
des produits organiques s'y trouvent chacun répétés un 
assez grand nombre de fois, et la molécule élémentaire est 
ordinairement très-complexe. On conçoit que cette multi- 
tude d'atomes pourra donner naissance à des groupemens 
très-variés , suivant les influences agissantes, ou souvent 
même selon le degré d'intensité de la même influence ^ et 
c'est ce que l'expérience nous démontre cbaque jour éga- 
lement. 

Celui qui se complaît à faire manœuvrer les atomes 
peut se satisfaire en ce point, et s'assurer que, même avec 
un nombre assez restreint , on peut prévoir la formation 
de beaucoup de produits très- variés : c'est précisément 
cette multiplicité de produits possibles qui m'a fait sup- 
poser qu'aucun d'eux ne préexistait , et qu'en général un 
composé organique devait être considéré comme la réunion 
d'un certain nombre d'atomes dans une sorte d'état de 
disponibilité, qu'on me passe l'expression; c'est-à-dire 
tout prêts à changer d'attitude et à se grouper d'une 
manière éphémère, de telle ou telle façon , en tel ou tel 
nombre, suivant le genre de réaction auquel on se sou- 
mettra, il me semble que ceci est tout aussi conforme à 
l'expérience que la préexistence des composés binaires. 
Au reste , je n'attache aucune importance à toutes ces 
idées ; je les transmets comme étant l'expression de ma 
manière de voir; si elles ne prévalent point, il faudra 
s'en féliciter , puisque cela prouvera qu'on en aura trouvé 
de meilleures ou de moins dangereuses. 



49^ JO,yRNAL 

Sur la présence de thydrochlorate d! ammoniaque dans 
quelques minéraux , dans le sel gemme et le sel 
marin* 

Par M. VoG^L de Mqnich. 

M. ' Chevallier a trouvé de lammoniaque dans difie- 
rens oxides de fer ; il a fait voir qu'elle se formait pen- 
dant 1 oxidation du fer humide au contact de Tair. Cette 
formation de l'ammoniaque a aussi lieu , d'après 
M. Sprengel, quand on expose à Vair le protoxîde de 
manganèse humecté d'eau. 

On sait que Thydrochlorate d'ammoniaque se trouve 
plus particulièrement dans les produits volcaniques du 
Vésuve, de l'Etna, de Solfatara et des îles Liparis , etc. ; 
je l'ai trouvé igalement dans un rapil volcanique de l'Au- 
vergne. Cette considération m'avait porté à conclure que 
Thydrochlorate d'ammoniaque n'existait pas dans les mi- 
néraux qui sont très-éloignés des contrées volcaniques. 
Ce soupçon a été en quelque sorte confirmé , en ce que je 
n'ai point trouvé la moindre trace d'hydrochlorate d'am- 
moniaq^ue dans les oxides de fer qui m'ont été remis par 
le duc de Leuchtenberg , et dont on fait usage pour la 
fonte dans les environs d'Ëichstacdt, ni dans le fer oxidé 
fifgileux à Traunsteîm , deux contrées situées en Bavière, 
et par conséquent très-éloignées des terrains volcaniques. 
Lorsque je fis chaufier ces oxides de fer dans une cornue , 
il passa dans le récipient de l'eau et du carbonate d'ammo- 
niaque , mais non pas du sel ammoniac. Comme cette eau 
était sans couleur et dépourvue de toute odeur empyreu- 
matique , il n'est pas probable que le carbonate d'ammo- 
niaque se soit formé par la décomposition de quelques 
débris organiques , il y a plus de vraisemblance à admettre 



PE PUAIIMAGIE. 499 

que ce sel existait tout formé dans le fossile soumis à l'ex- 
périenoe. 

Le comte de Berchem m^ayant remis deux échantillons 
du fpc argileux , dont il se sert comme fondant dans ses 
usines en Bobém^ pour l'extraction du fer doux , et qui 
donne parfois cependant un fer cassant à cbaud, je les 
soumis à quelques épreuves. Efans Tun d'eux je trouvai 
\mé petite quantité de soufre dont la présence pouvait 
)>ien être la cause de la mauvaise qualité du fer. Lorsque 
je chaufiki c$ fossile réduit en poudre dans une cornue de 
verre pour en volatiliser Teau , dopt il renferme une quan-» 
tité considérable , il se sublima vers la fin de l'opération 
Un sel blanc qui avait tous les caractères de Tbydrocblo- 
rate d'anunoniaque. La présence de lliydrocblorate d'am<» 
inoniaque dans cet oxide de fer de Bohême s'explique 
cepen<]bnt ais^ent, parce qu'il existe beaucoup de volcans 
éteints en Bohême, 

n y a quelques années, ayant eu à examiner la pureté 
d'un sel marin provenant de la saline.de Priedrichshall , 
dans le royaume de Wirtemberg, j'y trouvai , en chauffant 
ce sel dans une cornue de verre, une petite quantité de sel 
ammoniac qui s'était sublimé dans le col de la cornue; 
je ne fis pas beaucoup d'attention alors à ce résultat, parce 
que je croyais le devoir attribuer au hasard. Mais quelque 
tepips après , en examinant un sel marin qui se trouve dans 
le commerce à Munich , et qui ne pouvait certainement 
pas provenir du Wirtemberg , je reconbus qu'il s'en su- 
blimait aussi de rhydrochlorate d'ammoniaque, et dès 
ce moment je ne vis plus de motif d'attribuer au hasard 
la présence du sel ammoniacal dans le sel marin. 

Pour acquérir plus de renseignemens sur cet objet , je 
Çs l'expérience suivante : 

Dix onces de sel marin de la saline de Rosenheim ei^ 
Bavière, bien desséché et réduit en poudre fine, furent 
ilitroduites dans une cornue de verre , celle-ci fut exposée 



500 JOURNAL 

au feu DU et successivement chauffée jusqu'au ramollist- 
sement du verre ; il passa d'abord dans le récipient quel- 
ques gouttes d'acide hydrochlorique provenant sans doute 
de la décomposition de l'hydrochlorate de magnésie, et en- 
suite il se forma un sublimé blanc dans le col de la cor- 
nue. Ce sublimé, détaché des parois du vase, donnait un 
précipité jaune dans la dissolution cencentrée c|e platine, 
un morceau de potasse pure en dégageait du gaz am-- 
moniac, et le nitrate d'argent y formait un précipité blanc, 
insoluble dans l'acide nitrique ; en un mot,lesubljn^éJî>lane 
se comportait comme de l'hydrochlorate d'ammoniaque. 

Une expérience semblable fut faite avec le sel gemme 
blanc de Hall en Tyrol ; dix onces de ce sel bien desséché 
et pulvérisé furent cfaaufiées dans une cornue. Il passa 
aussi une petite quantité d'acide hydrochlorique, et vers 
la fin de l'opération il se sublima une substance blanche.. 
Après avoir coupé le col de la cornue, je pus, aumoyea 
d'une lampe, volatiliser le sublimé.: iV se fixait sur un autre 
point refroidi et plus éloigné. Il était très-soluble dans 
Feau, précipitait la dissolution de platine en jaune, 
laissait dégager du gaz amnioniac par la potasse; il 
offrait ainsi tous les caractères de l'hydrochlorate d'am- 
moniaque. 

Comme les expériences que je viens d'énoncer m'avaient 
démontré que l'hydrochlorate d'ammoniaque existait dans 
le sel marin de Friedrichshall en Wirtemberg , dans le 3el 
gemme de Hall en Tyrol, ainsi que dans le sel marin de Ro- 
senheim enBavière, je me procurai les sels des autres salines 
de différentes contrées de la Bavière, savoir, de Kissingen 
et d'Orb dans le cercle du Ba&-Mein ,, et de Durkheim 
dans le cercle du Khin. 

Ces trois sels me produisirent par la distillation une 
quantité notable d'hydrochlorate d'ammoniaque. 

Les eaux-mères de nos salines en Bavière donnent un 
précipité jaune très-considérable avec la dissolution de 



L 



DB PHARMAGIB. 5oi 

platine. Me fondant sur cette observation, j'avais annoncé, 
il y'a déjà long-temps , que le sel gemme , ainsi que les 
eaux-mères des salines, contenaient un sel à base de 
potasse. Après avoirjreconnu l'existence de l'hydrochlorate 
d'ammoniaque dans le sel gemme , je craignis de m'étre 
fait illusion en y admettant l'existence de la potasse y et 
je présumai que le précipité jaune de platine pouvait avoir 
été produit par l'hydrochlorate d'ammoniaque ; mais en 
examinant de nouveau cet objet , je me suis assuré que les 
eaux-mères des salines ne contiennent pas d'hydrochlorate 
d'ammoniaque, et que le précipité jaune de platine pro- 
vient effectivement d'un sel à base de potasse. Il n'est pas 
impossible, toutefois, que les eaux-mères ne contiennent, 
dans quelques circonstances , des traces d'hydrochlorate 
d ammoniaque, puisque ce composé existe dans le sel 
marin ; toujours est-il que je n'ai pas pu dégager du gaz 
ammoniac en versant l'eau-mère, rapprochée autant que 
possible et encore bouillante, sur l'hydrate de chaux en 
poudre. 

Réswnè, 

11 résulte des expériences précédantes : 

i^. Que l'hydrochlorate d'ammoniaque existe dans 
l'oxide de fer de Bohême ainsi que dans le rapil d'Au- 
vergne; mais que les deu^ échantillons d'oxide de fer que 
jVi examinés, et qui avaient été recueillis en Bavière , loin 
d'aucun terrain volcanique, n'en renfermaient pas. 

2*. Que le sel marin de FrieJrichshall en Wirtemberg, 
le sel gemme de Hall en Tyrol , ainsi que les différens sels 
de toutes les contrées delà Bavière, renferment, comme les 
produits volcaniques, de l'hydrochlorate d'ammoniaque* 

3°. Que les eaux-mères des salines ne paraissent pas 
contenir des. traces sensibles d'hydrochlorate d'ammo- 
niaque. 



502 iOQhFCiit 

Sur le dégagement du gaz acide carbonique , et du éhlore 
prouenunt du peroxide de manganèse , et sur les débris 
organiques dans quelques minéraux* 

Par M. Vq^bl de Mnnicli. 

Plus dune fois j'avaid remarqué qu'en faisant rougir lé 
peroxide de manganèse pour en extraire le gaz oxigèna , 
ce gaz était toujours accompagné d'une plus ou moins 
grande proportion de gat acide carbonique^ quoique le 
peroxide de manganèse , employé pour l'expérience , ne 
renfermât aucune trace d'un (iarbônate quelconque ; 6n 
examinant le peroxide de manganèse^ j'y trouvai de 
petites quantités de carbone, et m'expliqUai aisément 
ainsi la formation du gaz acide carbonique par la com-^ 
binaison du carbone avec l'oxigène à une bautc tempé- 
rature. 

Quoique l'opinion soit généralement admise que le 
peroxide de manganèse naturel dégage aussi du gaz azote 
à la cbaleur rouge , je n'ai pas obtenu Ce résultat en fai- 
sant rougir le peroxide de manganèse cristallisé dans un 
canon de fusil ou dans Une cornue de fer; cependant) 
comme différentes espèces de peroxide de manganèse ren-^ 
ferment de l'ammoniaque , le dégagemetit du gaz azote 
n'est pas impossible dans certains cas. 

Quand on chauffe dans un matras le peroxide de lûan- 
ganèse en poudre, et mêlé aven la moitié de son poids 
d'acide sulfufique concentré , il se dégage au commence- 
ment de l'opération, outre le gaz acide carbonique et 
l'oxigène , une petite quantité de chlore que l'on peut re^ 
connaitre , non-seulement par son odeur particulière, mais 
aussi parce que la teinture de tournesol étendue en est 



DE PUAftMA€tfi. 5o5 

blancbie (i). Le manganèse, réduit en poudre , (^ue j'eih- 
ployais par l'extraction du gaz oxigène , provenant quel-» 
quefois d'un moulin dans lequel il était pulvérisé en 
grand pour les fabricans de chlorure de chaux , je soup-- 
çonnai que, pour éviter la poussière, on l'avait arrosé 
avec de leau ' contenant quelques hydrochlorates, je 
donnai également cette explication dans mon cours de 
chimie , parce qu elle me parut satisfaisante , car je ne 
pouvais pas m'imaginer que 1 acide sulfurique provenant 
des chambres de plomb ayant éti exposé , pour en vola« 
tiser l'eau , à une température considérable , pût encore 
retenir de l'acide hydrochlorique, à moins que eelui-ci 
n'y existât sous forme de chlorure de plomb. Il n'y ad'aiU 
leurs que les premières portions de gaz oxigène qui ren- 
ferment du chlore , tandis que le dégagement du gaz acide 
carbonique continue long-temps ; mais il est facile d'en 
débarrasser le gaz oxigène par l'eau de chaux. 

M. Mac MuUen, ainsi que MM. Philippset Johnston, 
ont aussi fait des expériences à cet égard sur le peroxide 
de manganèse; et M* Mullen, qui avait également re** 
marqué le déga|;ement du chlore , en a attribué la cau^ 
à une combinaison de chlore contenue dans lè manga** 
nèse (2). . 

D'après M. Philipps, ce serait du chlore de calcium qui 
se trouverait dans le manganèse ; M. Kane, de sou côté , 
attribue le chlore à une petite quantité d'acide hydro- 
chlorique , qui serait retenue par l'acide sulfurique. Les 
résultats de ces chimistes n'étant pas d'accord, j'ai fait 
encore quelques expériences sur cet objet. 

\ Le p€ix>xide de manganèse, réduit en poudre , fut sou* 
mis àTébuUition avec de l'eau, la liqueur filtrée fut éva- 

(i) Le dég;açetii€nt de chU>re dans cette circonstance a ét^ aassire- 
marqaé par M. Dingler âU et saas doute par d'autres ciiimistes. 
(a) Voyex Annals o/Philps. , février iSay, p^e 14^. 



5o4 JOURNAL 

porée h siccité , et il resta une matière jaûnàtfe qui attira 
faiblement l'humiârté de Tair. Redissoute dans Teau , sa 
dissolution fut précipitée par le nitrate d'argent , ainsi 
que par Thydrochlorate de baryte et Vo^alate d'ammo- 
niaque; le résidu contenait donc de Thydrochlorate et 
du sulfate de chaux, mais pas une trace de manganèse, 
ni alumine ni magnésie. Le peroxide de manganèse, ainsi 
épuisé par leau bouillante et bien desséché, fut mêle 
avec la moitié de son poids d'acide sulfurique concentré 
(provenant de la (Combustion du soufre au moyen du sal- 
pêtre), il s'en dégagea, malgré cette purification du 
manganèse, une certaine quantité de chlore avec le gaz 
oxigèhe. Ce dégagement de chlore n'eut cependant pas 
lieu, lorsque le peroxide de manganèse, purifié par Feau, 
fut chaufié avec l'acide sulfurique provenant de la distilla- 
tion du sulfate de fer, d'où l'on peut conclure que le dé- 
gagement du chlore ne doit pas être attribué à une com- 
«binaison de chlore dans le peroxide de manganèse, mais 
qu'il provient plutôt de la petite quantité d'acide hydro- 
chlorique qui se trouve toujours dans l'acide sulfurique 
concentré obtenu par la combustion du soufre. 

Je ferai remarquer , à la suite de cette note , que j^ai re- 
connu des débris organiques dans plusieurs substances 
minérales dans lesquelles on n'avait pas lieu d'en soup- 
çonner la présence. Dans ce cas , se trouve par exemple 
le peroxide de manganèse lui-même, l'amphibole, la né» 
pheline, l'âsbeste, le klebschiefer de Ménilmontant , le 
feldspath annulaire , la zéolithe , le grès flexible du Bré- 
sil, etc. 

Pour se convaincre de la présence de la matière orga- 
nique dans un minéral, il suffit de l,e inire bouillir quel- 
jques minutes avec de l'eau qui a été distillée avec soia,.et 
qui n'a ] .as par elle-même la propriété de rougir au so- 
leil quand elle est mêlée de nitrate d'argent. 

Après le refroidissement, on décante l'eau à clair, sans la 



DE PHARMACIE. SoS 

fiUr^^ pour éTtter le.priticipé Drgariiqtie qu'elle prendf ail 
au papier, et on l'expose au soleil , après y avoir ajouta 
quelques gouttes d'un€ dissolution de nitrate d'ar^^^nt. 
S'il y a des traces de débris organiques dans le miLei*al, 
l'eau bouillante en dissout une certaine quantité , et , dans 
ce cas , lorsqu'on l'expose au soleil, mêlée avec du nitr'ate 
d'argent, il s'y développe, au bout dé quelques' minutes, 
tM>e couleur rouge de vin. On pourrait cependant, oroirc 
que ceci proviendrait d'une poussière organique adhé- 
rente à la surface du minéral ; mais les minéraux soigneu* 
sèment lavés offrent encore les mêmes phénomènes, 
quBnd même on les fait bouillir à plusieurs reprises avec 
dé l'eau, ce qui a lieu pourtant à un plus haut degré avec 
les» argiles qui renferment, comme tout le monde sait, 
une quantité très-considérable de matières organiques. 

De t action de Thydrochlorate d'ammoniaque sur quel- 
ques sulfates et sur V argent. 

Par M. VoGBL de Manich. 

Lorsque Ton mêle une dissolution concenltée de sulfate 
de fer vert avec une dissolution également concentrée dé 
sel ammoniac à volumes égaux , on voit se former au bout 
de vingt-quatre heures de petits cristaux transparen s d'un 
jaune clair. Ces cristaux sont très-durs et beaucoup moins 
solubles dans Teau que le sulfate de fer lui-même. ' 

Chauffés à' la flamme de l'alcool dans un tube Je verre, 
ils se boursouf&ent faiblement sans subir de fusion , de- 
viennenj; d'un blanc mat et perdent leur transparence ; il 
s'qu volatilise de l'eau, ensuite de l'ammoniaque et du 
sulfate d'ammoniaque. Lorsqu'on verse de l'acide sulfu- 
riqueifoncentré suf les cristaux , ils lui cèdent leur eau et 
XX'. Année, — Septembre i834« 36 



5a6 JOURNAL 

deriennent opaques «ans qu'il se produise la moiiMlre 
effervescence. 

La disscdution deâ cristaux dans leau est sans couleur 
et contient le fer dans Tétat de protoxide. Le nitrate d ar- 
gent n'en précipite pas de chlorure d'argent , il se forme 
seulement , au bout de quelque temps , de )Jargent mé- 
tallique réduit par Toxide de fer^ d'où résulte qu'il 
n'y a pas d'acide hydrochlorique dans les cristaux, et 
qu'ils se comportent comme du sulfate de protoxide de 
fer et d'ammoniaque. 

Les cristaux ne renfermant pas d'acide hydrochlorique^ 
il s'agissait de savoir ce qu'était devenu l'acide hydro- 
chlorique contenu dans le sel ammoniac. Cet acide n'était 
pas mis en liberté , car , en chauffant le liquide décanté 
des cristaux, il ne s'en dégageait pas de gas hydrochlo<< 
rique, et l'eau-mère ne rougissait pas plus la teinture du 
tournesol que la dissolution employée du sulfate de fer. 
Il ne se formait pas non plus dans cette circonstance du 
chlorure de fer , mais plutôt un sel double dans lequd 
l'acide hydrochlorique était neutralisé par l'ammoniaque 
et par le protoxide de fer. 

Si donc le sel ammoniac cède une partie de sa base 
pour former le sulfate de fer et d'ammoniaque qui cristal- 
lise le premier j, il enlève au sulfate de fer autant de pro- 
tOTiide de fer qu'il lui eu faut pour devenir neutre lui* 
Blême ) ce sel double reste dans l'eau-mère et cristallise 
par 1 evaporation en octaèdres transparens , très-durs, d'un 
jaune d'urane. 

Ce dernier sel n'attire pas l'humidité de Tair et fait 
efiervescei^Ge avec l'acide suif urique concentré , en laissant 
dégager du ga? hydrochlorique. £n le cbauQIint dans un 
tube de verre, il se sublime du sel ammoniac, et il resta 
de l'oxide de fer. Il est très-soluble dans l'eau, mais inso-* 
lubie dans l'alcool, et consiste en une combinaison neutre 
d'acide h^rothlof ique d'oxide de fer et d'ammoniaque. 



Ij9 dissolution de sulfate de cuivre perd sa (;ouleurbVue 
par l'addition du sel ammoniac et passe ^au vert d'çme- 
raude. En mêlant ensemble les deuic dissolutions concen- 
trées de cuivre et de sel ammoniac à volumes égaux dans 
un vase fçriné, il se forme déjà^ ait bout d'unç demi- 
heure^ un spl 4* un blanc bleuâtre ; au bout de vingt-quatre 
beure^^ les cristaux ont considérablement ai^gmenté de 
volume, Ils sont transparens, mais ils perdeqt cette trans- 
parence avec leur eau de cristallisation dans un air i^eç. 
L'acide sulfuriquç cpncentré ji'y produit auqi^ne efferve&p 
cence , et le nitrate d'argent ne troub]ç pas leur dissolu- 
tion dans l'eau; ils ne contiennent donc pas d'acidç 
bydrochlorique : ils sont solubles dans une partie çt 
demie d'eau bouillante , et la dissolution cristallise par le 
refroidissement. Us se comportent comme une combinaison 
neutre d'acide sulfurjque, de deutoxide de cuivre et 
d ammoniaque. L'eau-mère décantée et évaporée donne 
des cristaux d'un vert sereiQ inaltérables ^ 1 air ^ ils son( 
composés d'acidç bydrocblorique ^ nei;tralis4 par l'oxide 
d^ cuivre et l'ami^oniaque. 

Sulfate de manganèse^ 

Par le sin^ple mélange des dissolutions .concçQtrées de 
sulfate de maiiganëse et de sel ammoniac, il ne se formç 
pas des cristaux même au bout de quelque^ joiirs; mais si 
l'on fait rapprocher davantage le liquide ]f)ar Tévapora- 
tion , il s'en dépose des cristaux après le refroidissement. 
Les cristaux ne ressemblent ni au sulfate de manganèse ni 
au sel ammoniac. Ils sont durs , d'un blanc jaunâtre et 
diaphane , et ils ne contiennent pas dacide hydroçUo- 
rique. A une température de + 6o h 70* C, ils perdent 

36. 



568 JOURNAL 

leur eau de cristallisation et deviennent opaques. — 
Chauffés dans un tube de verre , il s'en volatilise de leau 
et d^ sulfate d'ammoniaque. ■ . , 

On voit , d'après ce qui vient d'être dit , que les sulfates 
mentionnés de fer, de cuivre et de manganèse, ne sont 
pas décomposés complètement par le sel ammoniac , mais 
seulement à moitié, c'est-à-dire que le sel ammoniac ne 
eède qu'une partie de son ammoniaque au sulfate , ce qui 
donne naissance à la formation de deux sels doubles , au 
sulfate métallique et d'ammoniaque moins soluble et 
cristallisant le premier , et à l'hydrochlorate métallique 
et d'ammoniaque beaucoup plus soluble , qui reste dans 
l'eau- mère. Ces sulfates doubles ne dilïèreiij; au reste en 
rien de ceux que MM. Berzélius et Misscherlich ont ob- 
tenu et fait connaître en décomposant les sulfates de fer 
et de cuivre par le sulfate d'ammoniaque. 

Il a été reconnu que l'eau qui contient du sel marin ou 
du sel ammoniac, dissout une plus grande quantité de 
sulfate de chaux que l'eau pure. Je me suis assuré , en 
effet , que l'eau chargée de l'un ou l'autre de ces sels 
dissout plus de gypse que l'eau pure; mais en faisant 
évaporer la dissolution claire du gypse dans l'eau conte- 
nant du sel ammoniac , et en séparant le dernier parla 
sublimation , il reste dn gypse pur et pas une trace d'hy- 
drochlorate de chaux , d'où résulte que le sulfate de 
chaux n'est pas décomposé par le sel ammoniac. 

Le sulfate de baryte ne se dissout pas du tout dans 
l'eau chargée de sel ammoniac , et n'en subit pas non plus 
la plus légère décomposition. 

1 

4 

Suif aie de plomb. 

,Une dissolution de sel ammoniac très-étendue d'eau 
que l'on laisse quelques minutes en contact avec Iç sulfate 
de plomb, se charge d'une quantité notable de plomb. Si 



DE PHARMACIE. ^OQ 

Ton fait bouillir une dissolution de sel ammoniac arec du 
sulfate de plomb , et si Ion filtre la liqueur encoce bouil- 
lante , elle se trouble à mesure quelle refroidit^ et il se 
dépose de petits cristaux brillâns de chlorure de plomb , 
et la dissolution décantée contient du sulfate dammor 
Iliaque. 

Lorsque Ton fait bouillir le sulfate de plomb à plusieurs 
reprises avec de nouvelles quantités d'une dissolution de 
sel ammoniac , on parvient enfin a décomposer entière- 
ment le sulfate de plomb ,, d'où réaultejit du chlorure de 
plomb et du sulfate d'ammoniaque. La formation ' du 
chlorure de plomb est surtout abondante à la première 
ébuUition. et elle diminue successivement .et à mesure 
'qu'il se forme plus de sous-sulfate de plomb. J'ai eu occar 
sien de constater ce fait déjà reconnu, que le sulfate de 
plomb est un peu soluble dans l'eau , car les de^'niers 
liquides sout précipités en noir par l'hydroijène sulfuré^ 
et en même temps par le nitrate de baryte., 



Action du sel ammoniac sur l'argent. 



•< t 



Le phénomène que des potions renfern ant du sel am- 
moniac rendent les cuillères d'argent plus ou moins noirçs 
quand on ne les essuie pas de suite, a été remarqué der 
puis long- temps par les médecins , elM. Wetzlar de Haiiau 
s est occupé particulièrement de cet objet. Il regarde la 
.couche noire dans une cuillère d'argent comme un squs- 
<^hloruFe d'argent soluble dans l'ammoniaque, et il émet 
l'opinion , que la tache noire ne se forme pas sur l'argent, 
pur, mais seulement dans le cas où l'on met uq l^me de 
cuivre dans la dissolution de sel ammoniac sur l'argent,, 
et que par conséquent l'çnduit noir ne serait produit que 
par le cuivre qui se trouve en alliage dans l'argent, ,. \ 

Pour répéter ces expériences , je me procurai de l'argent 
pur que je fis battre en feyilles, caries feuilles ^'argent 



^ùe Vtm trouve dans le coinmetce sont rsirétnetit èxéthj^té^ 
èé cUivrc. Je vWsai sur ces fetiilles d'argent j)ûr titié diéso- 
lûtibn de sel àâiinonîac concentrée. Les flàcond qui étaient 
etatièiremefat Hetiplis et fermés furent conservés l'uù dani 
Mh éndit)it bt^séuf' et Tàulfe h la lumière du jour, tei 
feuilles d argent n'avaient pas , au bout d'un mois , àensi*^ 
bteihènt perdii de leur éclat , cependant il y avait une 
t^àcé d'argéftt dans là dissolution. 

Lés fteuillieë d'argent sbnt rapidement httaquées quand, 
àuc'onthairë , elles sont en nlètne leûips exposées à Tacliott 
dfe Tàir et à Celle du sel amïnoniâc; pidur en juger, j'en 
phttki plusieurs dans un matras à fond plat , et j« vetisal 
dessus une diàsblullon concentrée de sel atnnlonibC , tùMt 
en si petite quantité , qu'elles n'en fusèeôt pas entièrement 
iMuireiteé. J'agitai de tenips en tettips le matrâ* qui fl'é- 
taît pas hermétiquement fermé , de telle sorte que Tair 
pût feé tenou^elet sans que l'eau dé la dissolution fût 
s'évaporer. Cette dernière circonstance doit étte sblgneû*- 
sèment évitée , car l'action de la dissolution sur l'argent 
cesse compléttetttent quaftd le sel ammèniac se dépose en 
cristaux. 

Si , au bout de quèlquéè jours , leè feuilles d'àt^nt bnt 
Jrtré^iîple totalement disparu , la dissolution se comporté 
i^Mnmie il t\ili : 

Elle né préèénte pas de tatiation sensible dans èà nett- 
t^a)ité , 'et on ne J)eut guères y apercevoir des prôj^t'iétes 
âlcàlin'ô-ainin^niaéales ; lorsqu'on ajoute quelques goiitl** 
ll'ëaù distillée à la dissolution, elle se trouble et l^i«*^ 
tié|)0$et nn précipité blanc , insofluble dans l'acidte nitri- 
que, et ijui a toutes les propriétés du fcWoruré d'argetot. 
L^hydfOgènfe sulfùrë forme dans la dissolution un pi*^^- 
piVé nbiV. Quand on ajoute dé l'eau dâstilléè jufcqn'à ce 
qu'il ne éfefoftné ])lus de précipité, la liqueur filtrée ^t 
1étii»>fè noirtiè par rhydt'ègène sulfuré ; mais Vabide hydro- 
t*lériqné n^ îbrtnfe *pas de ptécîpité, tt stât de là ^* 



J 



DE fH4aBfAClE. * 5l I 

la dissolution concentrée de sel ammoniac peut contenir 
une quantité notable de chlorure d'argent dont la plus 
grande partie en est précipitée par Veau, et que la dissolu* 
tion de sel ammoniac très-étendue d'eau retient encore des 
traces d argent. Cette dissolution concentrée^ claire et 
chargée de chlorure d'argent , ne noircit pas aux rayons 
solaires ; mais quand elle est troublée par l'addition d'un 
jpeu d'eau, elle noircit de suite au soleil. Au reste, le 
dilorure d'argent nouvellement précipité d*une dissolu-^ 
tion de nitrate d'argent par le sel marin ou par l'acide 
bydrochlorique ^ se dissout parfaitement dans une disso** 
lution concentrée de sel ammoniac , et peut en être séparé 
en grande partie par l'addition de Teau. La dissolution 
concentrée de sel ammoniac chargée de chlorure d'argent, 
laisse déposer, à la vérité, deê cristaux par l'addition de. 
Facide hydroehlorique concentré ; mais ces cristaux soat 
soittbies dans une plus grande quantité d'eau et avec ki^ 
disparition des cristaux il se forme un précipité blanc de 
chlorure d'argent. 

La formation des cristaux par l'acide hydrochloriqtte 
dans une dissolution de sel ammoniac ne provient que de 
la soustraction d eau , d'où résulte que le sel ammoniac 
lui-même cristallise, comme cela a lieu, avec l'acide hydro* 
chlorique ou avec une dissolution concentrée d'hydro- 
chlorate de chaux ajoutée à une dissolution de l'hydro- 
clilorate de baryte. Dans tous les cas, les précipités 
formés peuvent se reilissoudre dans une plus grande 
quantité d'eau. 

I>'après les résultats énoncés , il n'y a pas de doute qu'il 
j ait de l'argent contenu dans la dissolution concentrée de 
sel ammoniac 5 il s'agit encore de savoir en quel état rar*- 
gent s'y trouve. 

Quand on chauffe une dissolution de sel ammoniac dani 
laquelle on a mis des feuilles d'argent , il se dégage une 
petite quantité d'ammoùiaqne , car le papier jaune de 



5lS. JOURNAL 

eiurcuma tenu à la surface rougit légèrement. Ceci pouTait 
£aire cjcoire quç la dissolution deviendrait également am-^ 
moïiiarale , et que le chlorure d argent serait tenu en dis- 
solution par l'ammoniaque mise en liberté. Mais la disso- 
lution de sel ammoniac qui a dissout les feuilles d'argent 
^ froid ne laisse pas dégager de l'ammoniaque lorsqu'on . 
élève sa température, ni. même sous l'influence d'une 
é];»ullitioB continue par laquelle l'excès d'ammoniaque 
devrait être volatilisé ; de plus , la liqueur ne se trouble 
pas par l'ébullition et ne laisse déposer aucune trace dé 
chlorure d'argent. 11 paratt , d'après cela , que le chlorure 
d'argent se trouve dans la dissolution neutre de sel aoimo- 
niac , et qu'il n'y est pas dissout par l'excès de l'ammo- 
niaque. 

. Lorsqu'on fait évaporer la dissolution de sel ammoniac 
chargée d'argent jusqu'à siccité, si Ion volatilisé le sel 
ammoniac par la sublimation , le chlorure d'argent reste 
au fond du creuset. )La quantité de chlorure d'argent dans 
le sel ammoniac n'est cependant pas si considérable, que 
Xism puisse regarder la combinaison comme un sel«touble ; 
aussi le chlorure d'argent ne parait avoir aucune influence 
sut la forme cristalline du sel ammoniac ^ car la dissolu- 
tion donne, par l'évapofation, des cristaux qui ne diffèrent 
pas sensiblement de ceuit du sel ammoniac pur. La seule 
différence qu'il y ait consiste en ce que le sel ammoniac 
argentifère est noirci par l'hydrogène sulfuré, et rend l'eau 
laiteuse , parce que le chlorure y reste pendant quelque 
temps en suspension avant de se déposer» . . 

L'observation que le chlorure d'argent est un peu solu- 
ble dans les chlorures à base alcaline , a été déjà faite par 
M. H.. Rose, ainsi que par MM. Gay-Lussac et Liébig; 
Ces deux derniers chimistes ont même indiqué l'aoide ni- 
trique comme un moyen de séparer les traces de cUoriire 
d'aiCgent d'une dissolution de sel marin» Il e$t certain^' 
toutefois , que le sel ammoniac dissout beaucoup plus de 



DE PHARMACIE. 5l3 

chlorure d'argent que ne le font les chlorures de potassium 
et de sodium. Lorsqu^on yerse dans une dissolution froide 
et concentrée de sel amtnoniac, une dissolution és^aleinent 
concentrée de nitrate d argent en petites .proportions, il 
se forme au point de contact des deux liquides un nuage 
blanc qui disparaît aussitôt par l'agitation. On peut ajou- 
ter encore successivement beaucoup de nitrate d'argent , 
jusqu'au terme où le précipité ne se redissout plus ; enfin 
le liquide devient laiteux et le précipité reste en sus- 
pension. 

Si Ton porte cette solution troublée par le chlorure 
d'argent à Tébullition , le précipité disparait entièfement, 
ee qui prouve que le chlorure d'argent est plus soluble k 
chaud qu'à froid dans le sel ammoniac; aussi, dans une' 
dissolution bouillante et concentrée de sel ammoniac, 
peut-on dissoudre une quantité notable de chlorure d'ar-* 
gent. Cette dissolution bouillante et chargée slix maximum 
de chlorure d'argent, refroidie lentement dans un vase 
clos et dans l!obscurité , laisse déposer une partie de chlo- 
rure d'argent en petits cristaux, et une autre reste en dis- 
solution. 

Nous avons vu plus haut que la dissolution de sel am- 
moniac, chauffée avec les feuilles d'argent , laisse dégager 
très-peu d'ammoniaque ; mais ce dégagement devient plus 
sensible à une plus haute température. A cet eilet, j''in- 
troduisis, au fond d'un tube de verre, du sel am;honiac 
en poudre à une certaine distance ; au-dessus je plaçai 
une lame d'argent pur , et , à l'extrémité du tube qui avait 
une position horizontale , je mis du papier jaune de cur- 
ciima.. Je commençai à chauffer la lame d'argent au moyen 
d'une lampe à l'esprit de vin jusqu'à ramollir le tube de 
verre ; alors je plaçai une autre lampe sons le sel ammo- 
niac, dont les vapeurs passaient sur la lame d'argent^ d'oii 
résultait que le papier de curcuma brunit, pgrcë qu'il se 
dégageait du gaz ammoniac. Comme d'après l'observa- 



5l4 JOURNAL 

lion de MM. Bischoff et Kastner , le Terre peut , en cet* 
laines circonstances ^ décomposer le sel ammoniac ^ j'ai 
répété l'expérience dans un tube de porcelaine , mais il y 
avait également un dégagement de gaa ammoniac. 

Résumée 

Il résulte des expériences <|ui précèdent : 

i*". Que les sulfates de fer, de cuivre et de manganèse 
sont décomposés en partie par la dissolution de sel am- 
moniac. Cette décomposition donne naissance à deux sels 
doubles; Tun, qui cristallise le premier, est le sulfate 
aramoniaco métallique; 1 autre, plus soluble, est Thydro- 
cblorate ammooiaco-métallique. 

a**. Que le sulfate de cbaux est plus soluUe dans Teaa 
cbargée de sel ammouiac que dans l'eau pure ; mais qu'il 
n est pas décomposé, par ce sel , et que le sulfate de baryte 
n'est pas soluble dans Feau chargée de sel ammoniac. 

3*. Que le sulfate de plomb est entièrement décomposé 
parTeau chargée de sel ammoniac, doù résultent du chlo^ 
rure de plomb et du sulfate d'ammoniac. • 

4°. Que la dissolution de sel ammoniac agit sur l'ar- 
gent pur à l'aide du contact de l'air, le convertit en chior 
rure d'argent qui se dissout alors , et que la présence du 
cuivre n'y est pas de toute nécessité. 

5^ Que la dissolution concentrée de sel ammoniac peut 
dissoudre une quantité notable de chlorure d'argent dont 
la plus grande partie en est précipitée par l'eau. 

6^. Que le chlorure dargent est encore plus soluble 
dans une dissolution de sel ammoniac portée à l'ébul* 
litioQ. 

7\ Enfin, qnele sel ammoniac en vapeur conduite sur 
l'argent par^ chauffé jusqu'à la température où le verre 
•e ramollit^ laisse dégager du gae ammoniac. 



DE PHARMACIE. 5l5 



AMIiV%\V«%'%^%«M/«%%%M^«'\%VV%'VV\VVV'.%/\AV»VVlVV\VV\VV%%V\%V%VV%%%VVV^VVV%'VVV\«%V\V^ 

NOTICE 

Sur plusieurs suùsianèei apportées de GutAimala pat M. AlphonstB B^zitE 
( lue à la Société de pharmacie par M. Guibouat ). 

ie jprésente à la Société un certain nombre de substances apportées de 
Gnatiraala par M. Alphonse Ikizire, négociant français établi dads la 
république du Centre- Amérique, et assistant aujourd'hui à la séance. 

Plusieurs de ces substances nous sont connues , mais doivent être citéei 
comme faisant partie des productions de Guatimala, et pour appeler 
sur ce point Tattention des négocians français, d'autres sont entièrement 
nouvelles et pourront trouver une application ultérieure. Je vais indi- 
quer ici en peu de mots les caractères particuliers qu'ellëé m'ont pré*' 
sentes et les renseignemens que AI. Bazire a bien voulu me doaner à 
leur sujet. 

I**. Notice 4ur -la culture de la cochenille^ par M* BjizitE* 

iLa cochenille, comme le savent tous les naturalistes* croît sur vne 
espèce de cactus nommée vuli^airement raquette t ou iiopnl cocheuillifère^ Il 
y en a trois .ou quatre espèces bien distinctes pour les planteurs. Le 
nopal blanc a le fruit blanc à l'intérieur, et la feuille d'un vert terne ti^ 
rant sur le pistache ; cette feuille est souvent crevassée par la gomme 
blanche qui sort de l'intérieur. Cette plante a eu la préférence pendant 
loilg»temps, comme étant plus propre à Ja nourriture de la cochenille;, 
maintenant on commence à Tabandonner, parce qu'elle s'étend trop la- 
téralement, et que les feuilles, ainsi éparpillées., ne ga^^antissent pas les 
jeunes cochenilles de l'injure du vent ou de la pluie, qui peut détruire 
tout une récolte en deux ou trois heures, si elle donne avec deux vents 
opposés alternativement ; et aussi parce qa'on a cru reconnaître que U 
grande abondance de suc dont est pourvu ce uû^al nuisait à la beauté du 
grain de la cochenille. 

Le nopal jaune est assez prisé; son fruit est jaune et sa feuille IU% 
peu plus claire que le blanc, plus maigre et |»lus épineuse. 

Le nopal rou^e est encore très -rare ; ses fruits sont à l'intérieur d'u« 
beau cramoisi, qui éblouit la vue loisqu^iU sont nouvellement partagés. 
Ces deux derni«rs.nopals, quoiqu*ancieiinement peu estiovés , à cause de 
la dureté de leurs feuilles, la seconde année* obtiennent la préférence 
aujourd'hui que l'on implante la cochenilJesur de nouvelles feuilles tous 
les ans^ vu que l'on émonde aussitôt après la récoltS, toutes les feuilles 
qui ont été couvertes d'insectes, ne conservant quelaT^'^^*"**^» ^'^ 
fils ^tqvLelqntspetitsifiis (i), lesquels poussent de nouvelle^ feuilles pen- 

— ■ ■ ■ • ^^^ ■ ^-.. ^. - I ,■ !■ *ll I II II l« *l 

<«.) La i^iïlt^mèrë 4Bst scelle qfti se tt«tate îttiplantée en terre ; les >H* 
foat Ibs ^'eoiUee qui sorteaii'die la feiiiil«*4Dè»e; les petits-fils Bowtc^les 
qui sont produites par les^/i , etc. 



5l6 JOURNAL 

dant rhiver, oa la saison des pluies ; époque à laquelle la culture en plein 
champ est suspendue. 

Avant que l'expérience eut démontré l'avantage de cette méthode , 
l'on ne coupait que les feuilles qui dépassaient l'alignement du haut ou 
des côtés, et les feuilles qui eussent été les plus propres à la nourriture 
de l'insecte étaient justement celles que Ton élaguait. 

Le nopal blanc, par la surabondance de ses sucs, se conservait tendre 
plus long-temps; de là la préférence dont il jouissait. Le nopal jaune, 
le rouge, et un autre dit de Oajaca ^ par leur nature plus touffue et pat 
leurs feuilles plus minces à la vérité, mais la plupart concaves, offrent 
Hn abri plus sûr contre la pluie aux cochenilles qui s'y sont fixées. Car 
malgré la saison de sécheresse, la pluie arrive encore trop souvent pour 
les planteurs , qui peuvent être ruinés par une seule pluie , en raison 
des énornies déboursés d'argent faits pour la culture. 

Le nopal blanc a aussi le désavantage, par sa trop grande quantité 
d'eau végétale, de ne pouvoir conserver les cochenilles en plein champ, 
aussi facilement que les autres espèces ; l'insecte y pourrit et y meurt 
souvent avant d'avoir atteint le dixième de sa grosseur, malgré la 
soin que l'on a de couvrir les plantes d'un léger toit de chaume, qui, 
les abrite de la pluie. 

Il n*y a qu'un cas où le nopal blanc est préférable aux autres. C'est 
lorsqu'on veut conserver les cochenilles sous des hangars* ou dans les 
galeries pratiquées dans l'intérieur de toutes les maisons de ce pays. 
Dans ce cas , on forme avec des roseaux des étagères dans toute la lon> 
gueur et hauteur des galeries, et sur divers plans, l'iin devant Tajutre , 
*de manière que, dans 'chaque division, on puisse déposer sur champ 
des feuilles de nopal soutenues par deux roseaux à la partie inférieure 
et deux antres de chaque côté. Il faut laisser assez d'espace pour que 
l'air circule librement partout. 

D*autres pendent les feuilles au plancher de leurs huttes ou maisons, 
par le moyen d'une ficelle attachée à la naissance de la feuille. Dans 
l'un et l'autre cas, les feuilles durent de six à huit mois, en conservant 
assez de fraîcheur pour élever une ou (^eux générations de cochenilles. 
L'insecte y est presque toujours attaché avant qu'elles ne soient coupées. 
Il se compose des individus qui étaient trop jeunes lors de la dernière 
récolte, ou de ceux produits par les cochenilles trop avancées, qui avaient 
effectué leur ponte auparavatit. Enfin, on se sert aussi, pour conserver 
la cochenille pendant l'hivernage, du procédé qui est usité pour la 
grande récolte d'été, ou mieux de la saison de sécheresse , qui dure dç 
la fin d'octobre au mois de mai à peu près. Ce procédé consiste à mettre 
hait à dix cochenilles mères dans un petit cornet de papier, ou dans un 
bout de roseau de deux pouces de long et coupé en sifflet à la partie su- 
périeure : l'extrémité inférieure est bouchée avec un peu de moelle^ 
quand elle ne l'est pas naturellement par un des nœuds de la tige. On 
attache cette espèce de capsule ou le cornet, «i la feuille de nopal avec 
nue forte épine; les cochenilles ainsi casées finissent leur ponte de pe- 
tits insectes qui ont la grosseur de très-petites têtes d'épingles , qui se 
r^andent sur toute la surface de la feuille , s'y fixent au bout de quel- 
que^ heures , et parcourent alors, ainsi abritées , toutes les phase» de l^ur 



DE PHARMACIE. * 5l7 

croissance, jasq[ae yers la fin de l'hivernage , où elles sont propres à 
assemiller les plantations de la grande caltnre. 

' La cochenille, pour se conserver pendant la saison des pluies , exige 
encore beaacoap d'autres menus soins , tels que de visiter les feuilles 
une à une, au moins tous les huit jours, pour en extraire les vers qui s'y 
trouvent et qui détruisent les cochenilles d'une manière effroyable. On a 
calculé qu'un de ces petits vers , avant d'être au point de se changer en 
chrysalide, a détruit et mangé quelques milliers de cochenilles, parti- 
culièrement s'il s'est trouvé éclos lors de la ponte. Enfin, malgré tous 
les soins , on perd une grande moitié des cochenilles avant la saison de 
YassemiUation, qui a -lieu à la fin d'octobre ou au commencement de no- 
vembre. 

A l'époque de la première assemillation , qui a lieu, d'après ce qui pré- 
cède , vers la fin d'octobre ou au commencement de novembre, on ra- 
tisse toutes les feuilles qui ont servi à conserver la cochenille pendant 
la saison des pluies; on donne quelques heures de soleil à ces mères, 
qui sont en train de pondre, afin de ne pas les retarder par la manuten- 
tion qu'exige V assemillation. On prépare, ainsi qu'il a été dit plus haut, 
des petits bouts de roseaux de deux pouces de long environ ; ou bien 
l'on prend de la bourre de cocotier, sorte d'écorce filamenteuse qui se 
trouve à la naissance des feuilles, et qui a la propriété de s'étendre de ma- 
nière à former un canevas très-clair. On coupe ce tissu en morceaux carrés 
de quatre à cinq pouces, dont on réunit les quatre coins avec une épine; 
on y introduit dix à douze cochenilles mères qui y font leur ponte. Les 
petits s'échappent aussitôt par toutes les issues qu^offre l'écorce ainsi ar- 
rangée; ils sont plusieurs heures, souvent une demi-journée , avaht de 
trouver une place assez tendre pour y enfoncer leur trompe et s'y fixer. 
Ils sont alors semblables à des pucerons imperceptibles et sont pourvus 
de longues pattes. 

Au bout de quinze jours ou trois semaines, les cochenilles mères ayant 
fini leur ponte , sont réduites à moitié de leur grosseur et dans un état 
de biccité presque complète. On les nomme ici cascareWa , et en Europe 
cochenille noire. Cette cochenille est nécessairement plus riche en matière 
colorante que la grise ou argentée , qui n'a pas effectué sa ponte , et qui 
contient une quantité innombrable de petites cochenilles non pourvues 
de matière rouge. 

A mesure que la cochenille croit , elle se couvre d'une poussière blan- 
che qui la garantit contre la force du soleil , mais sa croissance est peu 
rapide jusqu'au deuxième mois, époque durant laquelle elle change une 
fois de peau. A partir de cet âge, elle grossit plus rapidement. 

Nous ne devons pas omettre que le même ver, qui fait tant de ravages 
dans les cochenilles conservées pendant l'hivernage , en fait encore de 
bien plus grands pendant la saison de culture extérieure. On tient donc 
pendant tout le temps de la croissance , des enfans et de jeunes filles oc- 
cupés au seul travail de chercher le ver , et on ne les paye, que sur la 
quantité qu'ils en rapportent chaque soir à la maison ou chaumière du. 
cultivateur. De plus , la plantation doit être nettoyée, pendant tout ce 
temps, des herbes et broussailles qui y croissent spontanément, et qui 



5lB JOURNA]L 

€o«Tnriûeot 4e$ jhnU d« nop»! hanu de quatre k cLo^pMsM^ hmhm 
d*aii mois ou de six semaines*, si on les laissait crqîtrt * 

C'est lorsqu'on a eu le bouliear ^e n'avoir point de pluie, çt lorsqu'on 
a employé assez d*enfans à la destruction du Ter cochenillivore , c*^$% 
vers les deux mois ou dix semaines après rassemillation que la planta- 
tioo de nopal oâre le plus beau coup d'oeil ; toutes les feuilles étant 
blanchies par d'innombrables cochenilles ût même covklçur, et ^e l^ 
forme dune verrue ou d'une petite lentille gonflée. 

Yeis la douzième ou treizième .«emaine , la cochenille a pris toute I^ 
croissance dont elle est susceptible , et c'est alors qu'ofi la récolte , 
lorsqu'on n'en a pas besoin pour la reproduction. Dans le cas contraiie , 
il est avantageux de ne la détacher de la plante que lorsqu'elle acom** 
menoé sa ponte. 

BécoUe. Ce travail est particulièrement confié à des hommes et à dea 
femmes qui ont Thabitude de discerner les cochenilles qui peuvent être 
détachées de celles qui doivent encore rester sur le nopal pour finir leur 
maturité. On se sert à cet elTet de demi calebasses oblongues qui font 
Toflice d'une cuiller, et que l'on nomme à cause de cela cuchura. C'est ave<; 
une calebasse semblable et une spatule que l'on récolte la cochenille , en 
la raclant de des>us les feuilles du nopal et la faisant tomber d^ns la 
cuchara. La cochenille ainsi récoltée est étendue sur des platçaux de 
bois tendre , à la hauteur de trois lignes environ , et portée duns une 
étuve assez chauffée d'avance pour tuer tous les insectes. On introduit 
les plateaux dans l'étuve avec une grande pelle de bois, ou à l'aide 
d'un Indien placé lui-même dans letuve et chargé de les recevoir. 
Aussitôt Tétiive remplie, on la ferme exactement, et Ton n'«n 6te la 
cochenille que vingt-quatre à trente-six heures apiès; on l'étend sav 
des nattes au soleil pour la faire sécher, on la pa.'«sc sur un tamif 
pour en sépaier la poussière blanche qui la préservait de l'intempérie 
de Tair lorsqu'elle vivait sur le nopal ; enfin on la crible pour séparer 
la ffranitla ou petite cochenille , de celle qui est reconnue bonae 
marcliandise marchande. 

La culture de la cochenille à Guatimala est pou^9ée à un degré de 
perfection bien supéiieur à celui d'Ojxaca , seul endroit du Mexique>09 
on cultive également cet insecte, et la cochenille y acquiert une meil- 
leure qualité, qui tient à la position topographique de VAntigua Guatû- 
mala et à sa température presque invariable ; de sorte que Tinsectena 
« redouter ni la trop grande chaleur du soleil qui la rend précoce 
au détriment de sa grosseur, ni le froid ou des vents pfquans qui la 
tueraient ; quant à la supériorité de culture do«t il vient d'être parifé • 
il' faut l'attribuer à ce que, à Guatimala , cette culture se trouve entre 
les mains de riches propriétaires on de cultivateurs désireux de Tamé- 
Korer ; tendis qu'a Oaxacala cochenille est soignée par les indigé. es qa{ 
n'y font autre chose que ce que Ton faisait avant eux il y a bien des 
années- 

Nota, Quand je parle de la cochenille de Guatimala , il faut entendre 
celle cultivée à VAnti^ua Guattmaia , ville détruite il y a cinquante*' 
cinq ans par un tremblement de terre. Tous les essais tentés pour cul- 
tiver la cochenille à la nouvelle Guatimala ont été infructueux , biea 



DE PHARMACIE. ÔIQ 

que cette dernière ne «oit distante de l'ancieiuie qae de tiz lieiica en 
ligne droite. Il y a cependant entre VAntigua et la Nuewt Gaatiniala wn 
joli yillage situé sur le bord d'itn lac , qui jouit de plus de chaleur que 
VJttUigua , et on il pleut moins pendant le temps de rhÎTernaçe. Ost 
de là principalement que Ton tire les eochenilles mères pour les trans- 
porter à TAntigoa , où elles acquièrent la belle qualité qui caractérise la 
cochenille de' cet endroit A Amatitan^ ou il fait un peu plus chaud qu'à 
XAmigîw , la cochenille est beaucoup moins belle. 

\a culture de la cochenille est une des plus productives, et celle qui 
peut , dans le moins de temps , enrichir le cultivateur ; lorqu'il ne pleut 
pas pendant la récolte , et qu'on a eu le soin d'entretenir assez de gens 
pour détruire le ver qui mange la cochenille , tous trais payés , le bé- 
néfice est de 5o à 60 pour 100 , année commune. Il s'élève quelquefois 
à i5o et aoo pour 100 ; d autres fois aussi on perd tout , achat de co-* 
ehenille et frais d'entretien ; et on a vu , pendant trois années consé- 
cutives , les planteurs ne, pas faire leurs frais. 

h'Autlgua est un point qui mérite de fixer Tattention du voyagea» 
observateur. Placée à la base de trois volcans qui ne sont pas à plut 
d'un mille de distance Tun de l'autre , et entourée de coteaux et de 
montagnes cultivées jusqu'au sommet , on y trouve réunis tous lee 
fruits d'Europe à la plupart des meilleures espèces d'Amérique, ffos 
légumes et ceux du pays y sont aussi très^bondans et à bon maiché. La 
plaine où se trouve la ville peut être comparée, pour le nivellement * à 
un lacoblong, long de quatre railles, et large de deux dans sa plus 
grande étendue; elle est arrosée par deux petites rivières : le Guacalaiê 
et le Pétisatitfo. Ce dernier, qui n'a que l'apparence d'un fossé presque 
desséché en été, s'accroît quelquefois* durant l'hivernage, jusqu'Â 
inonder plusieurs quartiers de la ville, dont les ruesvsont encore encom- 
brées et couvertes de sable jusqu'à une hauteur de deux ou trois 
pieds. 

L'Antigua récolte de 12 à lâoo surrons de i5o livres de cochenille 
chacun , dans les bonnes anifées , et dans les mauvaises on n'en obtient 
quelquefois pas plus de i5o surrons. Lies plantations sont, pour 1« 
plupart, situées sur l'emplacement d'anciens cou vens qui faisaient plus 
du tiers.de la ville. 

Autour de l'Antigna se trouve un grand nombre de villages habités^ 
de temps immémorial , par les Indiens ou indigènes qui sont ceux qui 
vont travailler les nopalieres, sous l'inspection de chaque propriétaire. 
On peut dire avec certitude que tous les ehamps cultivés eu cochenille 
à l'Antigua , ne forment pas plus d'un mille carré , le restant est occupé 
par des plantations de canne a sucre . de luserne , de mais et de légume* 
qui servent à l'approvisionnement de la ville. 



2<*. Racine de cahinca, ChÎQCocca race/nosa J> ! Cette racine est moins tor* 
tueuse, plus brune et moins sapide que celle du I^ré^il; elle est pro- 
bablement aussi moins active , et n est mentionnée ici q«e pour mé- 
moire. 

3*». Çpntn hiçrluk , on min fibrifug^^ rAciue deooutrasrcrva. Cette r«cme 






I- ♦ 

fa . 



5^0 JOURNAl 

est un peu différente, par sa forme Idngne, irrégUlière et plasieurs fais 
étranglée . du contrayerva de dos officines ; mais elle ressemble exacte- 
ment à la racine de Drake figurée par Glasius. 

Cette différence est d'ailleurs pea importante , et n*empêche pas que 
les deux racines paissent être produites par le même dorstenia. 

4*'. Ecorçe de sassafras de Gtêatimaia. Tuyaux roulés, minces , et de la 
grosseur d'une plume à celle du petit doigt ; couleur extérieure d'un gris 
blanchâtre, et couleur interne grise rougeâtre* La cassure offre ces 
deux couleurs bien tranchées et à peu près égales ; la couche extérieare 
est blanche et Tiaténenre rougeâtre. L'écorce entière possèie une forte 
odeur de sassafras dominée par celle de l'anis , et une saveur semblable. 
Cette écorce me paraît différer de celle du laurus sassafras L. £lle est 
empLoyée^n tisane comme sudorifique et antivénérienne ; l'arbre qui la 
produit croît près des côtes de la mer du Sud. 

5®. Bois , feuJUeSy fruits et résine de gafac. Ij'espèce à laquelle appartient 
cet échantillon est le guajacum sanctum L. , reconnaissable à ses folioles 
étroites et mucronées , et à ses fruits semblables à ceux du fusain . La résine 
est en partie attachée à l'écorce y est en partie sous la forme de larmes 
détachées, arrondies, presque transparentes et d'un jaune v^rdàtre. Elle 
devient d'un vert d'émeraude lorsqu'on la laisse exposée à l'air, écrasée 
sur un papier. Il y a- quelque temps que j'ai rencontré dans le commerce 
cette même résine , bien facile à distinguer de la résine en masse et im- 
pure qu'on y trouve habituellement. 

Note de Mi Basire. Ce gayac crutt spontanément dans des terrains secs 
et sablonneux et dans des plaines brûlées par le soleil durant neuf mois 
de l'année. 11 est accompagné d'une grande quantité de divers cactus, et 
entremêlé de bois du Brésil et de beaucoup d'arbres épineux. 

6o. Bois de l'agave du Mexique , agave cubetuis Jacq ; maguey des Mexi' 
cains. 

Au dire du Dictionnaire des sciences naturelles (tome I , p. 298 ) , ce vé- 
gétal est précieux par la boisson agréable qu'il fournit aux Mexicains , 
et par l'usiige que l'on fait des fibres de sa racine et de son écorce poor 
la fabrication des toiles et des cordages. Le bois présenté ici n'offre de 
singulier que l'usage pour lequel il est employé à Gaatimala. Ce boist 
qui est plutôt une moelle blanche, fibreuse, poreuse, très-légère et 
flexible sous le doigt, est coupé en tronçons sur lesquels ou étend un 
mélange d'huile et d'oxide ou de carbure de fer , et l'on s*en sert comme 
de cuir à rasoir. 11 est parfaitement pro|M'e à cet usage. 

Note deM.Bazire. C'est par erreur que l'on confond ici \e maguey ^^tc 
l'espèce d'agave qui fournit la boisson agréable dont font un si grand 
vsage les indigènes du Mexique. 

he maguey a des feuilles radicales longues, droites, dentelées d'épines, 
d'une couleur vert perruche. Ces feuilles servent à faire des cordes et 
des filets dans lesquels on transporte les produits agricoles et manufac- 
' turés. On en fabrique aussi les gros tissus dont sont formés les sacs a 
café à la Havanne et dans tout le golfe du Mexique ; enfin on en retire 
hi matière qui est connue nouvellement à Paris sous la dénomination de 
soie végétale. 

Lorsque les feuilles sont ^ jirvennes à leur entière croissance i qui ^* 



DE PHARMACIE. 5^1 

de sept pieds environ y il s'élève de leur centre un jet q« ressemble ^ à 
la grosseur près, pour la forme et la rapidité de la crue , à la pousse d'une 
asperge. Ce jet pousse donc garni de petites ^protubérances qui, par la 
stUte t se dével<^pent et fournissent des ramifications garnies de fleurs 
d*un jaune pâJe, auxquelles succèdent des fruits capsmlaires remplis de 
semences aplaties. Lorsque ce terme est arrivé , la tige, haute de vingt* 
cinq à trente pieds , se dessèche , et les Indiens la coupent pour en fa* 
briquer de petits ouvrages domestiques. Les créoles s'en servent, ainsi 
qu'il a été dit, pour repasser les rasoirs. Cet usage est aussi fort répandu 
dans rile de Cuba. 

L'agave qui fournit la boisson agréable nommée puique (prononcez^ 
poulque) dans le Mexique et à Gnatimala, est à peu près semblable au 
maguey au premier abord ; cepenclant il en dift'ére en plusieurs points, car 
celui-ci ne contient qu'un suc très-amer et extraordinairement astrin- 
gente/quoique visqueux; tandis que \e puique , lorsqu'il esta maturité, 
c'est-à-dire au bout de trois ans environ , donne un suc blanchâtre comme 
du petit-lait, doux et légèrement mucilagineux. Ce su^fermenté acquiert 
nn piquant agréable semblable à qelui du cidre ou de l'hydromel. 

A Guatimala , on reçoit des frontières du Mexique une eau-de-vie 
très-estimée , faite avec le poulqué fermenté. Orv la nomme agua ar- 
dientede Comittm^ du nom de la ville de (7omi/a» où on la fabrique. 

Il y a des endroits dans le Mexique où un champ de a arpens de cette 
plante, lorsqu'il est en plein rapport, donne un revenu égal à celui de ao 
ou 3o arpens de la meilleure culture en Europe. La feuille de la plante 
qui produit le puique est d'un vert foncé, plus raccourcie, plus large 
jiue celle du ma^uey et d'une épaisseur double. 

On obtient le suc en faisant une incision au bourgeon central, d'où 
devait sortir la hampe florale, de telle sorte que le suc destiné à pro- 
duire cette tige s'écoule par l'incision et tombe dans une calebasse dis- 
posée à cet effet. 

7°. Mèche d'amadou. Cet amadocrn est antre chose que le liber d'an 
petit arbuste nommé papepiUo , .que M. Bazire compare à une grande 
ortie. On sépare le liber de l'épiderme noir qui le recouvre , et on en 
forme de longues mèches qu'il suffît d'approcher par un des bouts, préa- 
lablement charbonné , du point où le briquet choque la pierre à fusil , 
-pour se procurer du feu. Ces mêmes mèches servent au Mexique et dans 
la Louisiane à faire des ventouses et des mozas. 

80. Coton, Les cotons de Guatimala sont roux ou blancs , et plusieurs 
de ceux-ci ont une finesse et un soyeux qui les rendent comparables à 
la soie ; on en fabrique dans le pays des tissus qui sont égaux en durée 
à nos meilleures toiles de lin et de chanvre. 

Note de M. Bazire. Les cotons et les tissas de coton de Guatimala 
jouissaient, de temps immémorial, de la plus grande réputation parmi 
les nations nombreuses qui composaient l'empire du Mexique ; avant 
la conquête des Espagnols ^ Gnatimala, l'ancienne capitale des indi- 
gènes et de toutes les provinces environnantes, payait yes tributs à 
l'empereur en tissas de cotons ouvrés et teints des couleurs les plus 
brillantes et les plus solides. La fabrication de ces étoffes formait l'occu- 
pation principale des indigènes de ces temps-là. On observe à Guatimala , 

XX". ./^nwetf. — Septembre iS'i^, iy 



522 JODRNAL 

un vieux manuscrit du temps d'Aivarado qui fait mention de ces par- 
ticularités ■ 

90, Guaco t mikania guaco Wild. Cette plante est employée comme 
sndorifiqne et contre la morsure des serpens , par tous les Indiens du 
Mexique , de Guatiraaia et de la Côte ferme. A la Havane et à Campè- 
che on s*en est même servi avec succès dans le traitement du choléra. 

io<>. Pignon d'Inde on graine de médicinier. Semence purgative àvtjatro- 
pha curcas. On l'emploie au nombre de une ou deux , écrasée dans du 
lait. 

II». NacascoL Ce fruit légumineux , reconnaissable à sa forme recour- 
bée comme la racine de bistorte , est produit par le cœstdpinin coriariaW. 
Son péricarpe est formé d'un épiderme brun , sous lequel on trouve une 
matière pulpeuse desséchée , jaunâtre , et d'une forte saveur astringente : 
il est usité pour le tannage. Ces fruits portent chez plusieurs auteurs le 
nom de libidibi, et celui de wouatta-pana dans la nomenclature synony- 
miqoe des arbres de la Guadeloupe, faite par M. L'Herminier dont les 
pharmaciens ont à regretter la perte encore récente. 

m^. Baume du Pérou noir liquide. L'arbre qui produit ce baume croît 
en abondance sur la c6te de Son Sonate , dans l'état de San-Salvador. Le 
baume en est retiré par incisions et est exporté au Pérou , d'où il nous 
arrive ensuite par la route du cap Horu. Ce n'est pas qu'on puisse affir- 
mer que le Pérou n'en produise pas de semblable; mais deux voya- 
geurs qui ont parcouru la Paz, pour y chercher le quinquina, n'y ont 
rien vu de semblable au baume du Pérou ni au fruit de l'arbre que je 
leur présentais ; de sorte qu'on peut dire au moins que la plus grande 
partie du baume du Pérou vient de l'état de San- Salvador. Rien n'em- 
pêchera qu'il ne nous parvienne à l'avenir d'une manière beaucoup pi us 
directe. 

M. Bazire a joint au baume de San Salvador deux fruits de l'arbre 
qui le produit , et ce fruit montre que cet arbre est différent de ceux 
qui ont été décrits jusqu'ici. Il n'existe que deux fruits connus de my- 
rospermum : l'un est le fruit du myrospermum frutescens de Jacquin , qui 
est long de dix^huit lignes à deux pouces, et formé d'une aile membra- 
neuse réticulée, offrant à l'extrémité une semence peu volumineuse et 
un style persistant ; l'autre est le fruit du myroxylum perniferum de 
Lambeit Ç myroxylum pubescens , fl., K. ), qui ne diffère pas du m/- 
roxylon peruiferum L., ou M. pedicellatum de Lamark. Ce fruit, pourvu 
comme le précédent d'une aile membraneuse , est long de trois à quatre 
pouces , ou plus , renferme une semence ovale plus volumineuse , et 
n'offre qu'une pointe imperceptible à la place du style. Quant au fruit 
du myrospermum de Guatimala, il est long de quinze à dix-huit lignes, 
ovoïde , presque entièrement rempli par deux semences volumineuses , 
aminci de chaque côté en deux tranchans à peu près égaux , mais dé- 
pourvu de l'aile samaroïde, qui distingue les deux premiers. Remar* 
quons enfin que le baume liquide de San-Salvador ,. tout-à-fait semblable 
par son âcreté et son amertume au baume du Pérou liquide du com- 
merce , diffère de cet autre baume du Pérou demi-liquide et grumeleux, 
d'une saveur douce et parfumée, que l'on trouvait il y a quelques an- 
nées .encore dans le commerce^ renfermé dans de petits cocos fermés au 



D£ PHARMACIE. 5^5 

hioyeii d'an mastic résineux, et qai est peut-être le seul produit qui 
doive véritablement porter le nom de baume du Pérou. Cette diftërence 
dans les produits , jointe à celte des fruits , fortifie la distinction d*espèce 
qui doit être faite filtre le baumier du Pérou et celui de Guatimala. 

i3o. Liquidambar de la f^era-Pas. M. Bazire m'a remis deux échantil» 
loQS de ce baume; Tun mou , blanc et opaque , est le liquidambar mou 
du commerce ; l'autre , inconnu en Europe , parait provenir du premier 
entièrement desséché à l'air. M. Bazire ne connaît pas le liquidambar li- 
quide et transparent , nommé huile de liquidambar ; mais il pense qu'on 
pourrait Tobtenir du même arbre que le liquidambar mou , si , au lieu 
de laisser le baume couler sur larbre à l'air libre , ce qui Tépaissit et le 
dessèche en partie, on le recevait immédiatement au sortir de ^incision* 
dans un récipient fermé. 

Il est à remarquer que le liquidambar entièrement desséché perd 
presque toute son odeur, bien différent à cet é^ard du benjoin, du 
styrax calamité , et du baume de tolu , qui en conservent une forte et 
suave. Il acquiert également une amertume qui le rapproche de la ré- 
sine des pins-, et qui le ferait reconnaître., si on le mélangeait au baume 
de tolu , comme oa pourrait être tenté de le faire. 

i\°. Copal de santo OU storaqué , copal des saints OU storax. Cette 
substance doit son premier nom à ce qu on l'emploie en fumigations 
devant l'image des saints , et le second a sa ressemblance d'aspect avec 
le storax ou le benjoin commun. £lle est sous la forme d'une boule fa* 
çonnée avec les mains, brune, luisante, vernissée et comme larmeuse 
à sa surface , à cause des débris d'écorce qui paraissent à travers la couche 
extérieure de résine- Elle possède une odeur et une saveur de résine 
de pin , sans cependant en offrir l'amertume; ill me parait probable que 
cette matière purement résineuse et non balsamique provient d'un arbre 
de la famille des térébintliacécs, et je suis porté à croire que cet arbre 
est celui dont M. Bazire a rapporté les feuilles et le fruit sous la déno* 
mination àe feuilles de copal. Ces feuilles offrent quatre paires de folioles 
sessiles, ovales, grossièrement dentées sur les bords; elles sont légère- 
ment pubcscentes sur la face supérieure et cotonneuses en dessous; le 
pétiole est nu entre l'articulation inférieure et la première paire de fo- 
lioles , et entre cette première paire et la seconde ; mais il est ailé i 
partir de cette seconde paire et se termine par une aile ou foliole im» 
paire. Le truit est un drupe presque sec, pubcscent comme toute la' 
plante, gros comme un gros pois , devant être presque rond à l'état ré- 
cent, mais inégalement déprimé par la dessication. Ce fruit contient un 
noyau osseux, latéral, adhérent d'un côté avec l'enveloppe extérieure : 
de l'autre il offre des angles prolongés qui vont rejoindre également 
l'enveloppe du fruit, en laissant entre elles des cellules que l'on pren- 
drait pour des loges seminifères , si on n'y trouvait aucune semence, et 
si on n'apercevait les véritables loges , au nombre de trois ou quatre , 
au centre du noyau osseux. Chaque loge est monosperme et contient 
une amande longue, linéaire, "blanche et huileuse. 

Tous ces caractères réunis montrent évidemment que la plante est 
un sumach voisin du rhus copalUna; et voilà sans doute pourquoi on a dit 
et répété partout que la résine copal était produite au Mexique par le 

37. 



5:24 



JOURNAL 



ihus copaUina L. t mais la résine de cet arbre est toat-à-fait différente dû 
copal da commerce, qui provient, à n*en pas douter , d*an hymenœa ^ 
et probablement de Yhymenn^a çerrucosa. 

i5<*. Autrt résine copal on ambre blanc, Ambar blam€o de arbol cilicuoso. 
Cette substance est de la résine animé , produite par un conrbaril. Elle 
est en petites larmes arrondies, dont plusieurs sont encore molles, 
flexibles et un peu élastiques; mais elle est généralement cassante, vi- 
treuse et transparente à Tintérieur, et recouverte extérieurement d'une 
croûte blanche , opaque et friable. 

26^. Autres résines d'arbres téiébihthacés. Les icica et les amyris rési- 
neux qui croissent en Amérique , dans les Indes et dans le grand archi- 
pel des Moluques et des Philippines, sont si nombreux, qu'il est souvent 
fort difficile de désigner l'espèce qui produit telle résine donnée, par 
exemple, si Ton veut, la plus usitée de toutes, la résine élémi. 11 n'est 
donc pas étonnant que je ne puisse indiquer plus exactement l'origine 
de trois résines rapportées par M . Bazire. Notre Ignorance à cet égard 
ne cessera que lorsqu'on récoltera à la fois la résine, la feuille et le fruit 
de chaque amyridée. Tout ce que je puis dire aujourd'hui, c'est que trois 
des résines rapportées par M. Bazire se rapportent évidemment à ce 
genre d'arbres- 

La première, qu'il nomme tecomajaca , est une résine jaunâtre, assez 
sèche et friable comme le galipot, dont elle offre toute l'apparence; si 
ce n'est qu'elle est recouverte d'une croûte mince , opaque , blanche on 
noire comme du plâtre noirci. Cette résiné ressemble par ce dernier ca- 
ractère à celle que j'ai décrite dans \ Histoire des drogues (no. 867 de la 
a** édit.), sous le nom de tacàmaque. jaune terreuse; mais elle en diffère 
par son odeur peu agréable , et presque semblable à celle du galipot. 
Est-ce donc là la tacàmaque si vantée du Mexique ? et est-ce le produit 
de V amyris tecomaca D. C? 

. La deuxième résine que M. Bazire désigne sous le nom de sandaraque 
est en larmes détachées, très-irrégulières , jaunâtres , translucides dans 
leur état de pureté, mais souvent rendues grises et opaques par les 
matières qui les salissent- Cette résine a une odeur très-forte et cepen- 
dant suave, analogue à celle de l'élémi des Philippines, et une saveur 
douce et parfumée. Elle se rapproche aussi beaucoup par sa nature de la 
résine que j'ai décrite sous le nom de tacàmaque jaune huileuse (Hist. 
drog. u». 85t> A.). 

La troisième résine , d'un jaune très-pâle , se trouve attachée à une 
écorce d'arbre d'un gris blanchâtre. Cette résine est remarquable par 
son odeur douce et suave, et par sa saveur parfumée presque sem- 
blable à celle du baume de tolu. Quelques ^uits fort petits qui s'y 
trouvent joints, et qui sont ceux d'un amyris , ne laissent aucun doute 
sur le genre de l'arbre qui la produite 

170. Aux résines précédentes s'en trouvent jointes deux autres dont 
les botanbtes pourront fixer l'espèce, en raison du caractère bien re- 
marquable des écorces qui s'y trouvent jointes. Ces écorces sont recou- 
vertes d'un épiderme mince et foliacé qui a la couleur du enivre , et qui 
a valu aux deux arbres le nom Ae-palo Jioté (quhioté) ou Indien nud. U 
j en a deux espèces : l'une a les feuilles ovales-lancéolées, larges de qisa- 



DE PHARMACIE. 525 

torze lignes, longues de vingt-six à trente $ l'épiderme est d'un ronge 
pâle, adhérent, marqué de points tuberculeux blancs; il recouvre in»> 
médiatement une première couche verte qui le sépare des couches inté> 
rieures rougeâtres. La résine jointe à ces écorces est en larmes détachées, 
jaunâtres ou blanchâtres , assez semblables pour la forme à la sandaraqae 
et d'une forte odeur d'essence de térébenthine- 

L'autre écorce a l'épiderme \ lus mince, plfts foliacé et facile à séparer 
du liber. Cet épiderme est aussi d'un rouge plus foncé et offre des ta* 
hercules blancs linéaires , disposés transversalement. Les feuilles sont 
obovées, faiblement échancrées an bout, longues de sept lignes seule* 
ment et larges de cinq. La résine est mollasse, brune-noirâtre, amère, 
d'une odeur onguen^acée particulière, non désagréable. 

x8<*. Résine laque de Guatimala, Cette résine est en l^mes détachées^ 
de la grosseur d'un petit pois, sphériques, sauf la partie qui tenait à la 
branche de larbre et qui en offre l'empreinte concave et cylindrique. 
Assez souvent deux ou trois larmes se trouvent accolées et soudées ; 
mais plus souvent encore chaque petite larme globuleuse est isolée. 

Chaque larme , considérée en elle-même , forme constamment une 
sphère creuse, dont un certain nombre, plus petites et closes, con- 
tiennent les débris d'un insecte , et un nombre considérable de petites 
lar^s desséchées, longues au plus d'un huitième de ligne, et sous la 
forme d'une poussière noirâtre ; mais le plus grand nombre des cellules 
se trouvent percées d'un trou et vides , par la sortie des insectes qui 
les ont abandonYiées. Ces circonstances, tout-à*fait semblables à celles 
qui signalent l'existence du coccus de la laque de l'Inde, nous indiquent 
que nous avons sous les yeux une substance de même nature -, ausû 
Temploie-t-on aux mêmes usages 

Cette laque de ôuatimala se trouvait dans le droguier de l'école de 
Pharmacie, partie dans son état naturel, partie fondue et sous la 
forme de bâtons longs de cinq à six pouces, épais de deux à trois lignes, 
et réunis plusieurs ensemble en bottes maintenues à laide d'une écorce 
fibreuse. Le lieu de son origine se trouve maintenant connu, mais il 
reste encore à déterminer l'arbre sur lequel elle se trouve et l'insecte 
qui la produit. , 

Cette laque est moins rouge que celle de l'Inde, et, lorsqu'elle a été 
fondue, elle a une teinte noirâtre peu agréable. Elle exhale, étaxit 
chaude, une odeur analogue à celle de la laque de l'Inde, et brûle de 
même avec une belle flamme blanche. La chaleur lui comnlunique en 
outre une élasticité qui la rapproche du caoutchouc ; eniin elle offre 
dans sa saveur un goût marqué d'acide succinique. Son examen chimique 
offrirait sans doute des résultats intéressans. 

190. Gomme de nopal. Cette substance exsude en très>grande abon- 
dance des cactus qui portent la cochenille, et il est bien à regretter pour 
le pays que son insolubilité dans l'eau la rende impropre à tous les 
usages. 

Elle est sous la forme de concrétions vermiculées ou mamelonnées , 
d'un blanc jaunâtre ou rougeâtre, translucides ou demi-opaques, d'une 
saveur fade accompagnée d'un peu d*âcreté : elle crie sons la dent. 

Mise à tremper dant l'eaa , cette gomme se gonfle, blanchit , mais 



526 JOURNAL 

n'acquieft aucun linnt; quelques portions détachées par le frottement 
nagent divisées dans la liqueur ; la presque totalité fornae une masse ré* 
sistante non mucilagineuse, que la pression sépare en parties non liées, 
qui prennent en se desséchant sous les doi^s nn aspect farineux; l'iode 
la colore superficiellement et faiblement en bleu noirâtre. 

Cette gomme ressemble à la gomme de sassa et à la gomme de bassorax 
que j*ai décrites dans le Journal de chimie médicale^ t. 8, p. ^ig; mais 
elle diffère certainement de Tune et de Tantre. Divisée par Teau et exa- 
minée au microscope , elle se présente sons la forme d'une substance 
gélatineuse y plissée, à bords finis, d'une épaisseur etd*nne consistance 
bien marquées. 

En ajoutant à la liqueur de la dissolution d'iode, la substance gélati- 
neuse principale ne paraît pas se colorer, mais on y découvre alors des 
fraghiens de membrane et des fibres li,2:neuses colorés en jaune,* on y 
observe une grande quantité de points colorés en bleu-noir, opaques, 
très-petits , devant être de l'amidon ; on y voit des espèces de sacs ovoïdes 
alongés, contenant une grappe longue et dense des mêmes grains noirs; 
enfin , que la liqueur soit ou ne soit pis additionnée d'iode , la substance 
gélatineuse offre constamment, et disséminés à distance , des groupes 
rayonnes de cristaux bien finis, terminés par des bisoaux aigus. Ces 
cristaux ne disparaissent pas par l'addition d'une forte dose diacide ni- 
trique ^ et on est tenté de les supposer de nature siliceuse. D'après cela, 
on pourrait les croire dus à des particules terrestres que l'air aurait dé- 
posées sur la gomme encore molle et flnante ; mais la forme constante 
des cristaux et leur disposition invariable en groupes rayonnes doivent 
plutôt les faire considérer comme une production du nopal. Dans tous 
les cas, ces cristaux caractérisent la gomme de nopal et serviront tou- 
jours à la faire reconnaître» 

Nota. Depuis que cette notice ^a été livrée à l'impression , j'ai trouve 
que les cristaux dont il est ici question ont été parfaitement décrits 
et figurés par M- Turpin , dans les Annales des sciences naturelles, 
tome XX, page 26, PI. I. M. Turpin les a observés dans le tissu 
cellulaire du cer eus peruui anus, et M. Chevreul a reconnu qu*ils étaient 
formés doxalate de chaux. J'avais bien pensé aussi qne telle pouvait 
être leur nature; mais leur insolubilité dans l'acide nitrique m'avait 
détourné de cette opinion. Il n'est pas au reste difficile de concevoir 
gne Toxalate de chaux cristallisé résiste beaucoup mieux à l'action 
dissolvante de Tacide nitrique que l'oxalate précipité que nous for- 
pions dans nos laboratoires. G. G. 



DE PHARMACIE. 527 

* 

De V analyse chimique prise pour guide dans la discus- 
sion des formules pharmaceutiques sanctionnées par. 
le temps et V expérience ^ et en particulier de Taconit 
et de ses préparations. 

Par Polydore Boullat. 

Daps la thèse que j'ai soutenue, il y a quelques mois , 
à Técole de Pharmacie , et dont M. Planche a bien voulu 
exposer sommairement les motifs dans ce journal, j'ai émis 
diverses opinions qui peuvent, au premier abord , sem- 
bler paradoxales ou rétrogrades, mais qui, je l'espère, 
entraîneront l'approbation de ceux qui les examineront 
sans préjugé. 

Je crois utile de revenir sur cette discussion , comme 
étant fondamentale et opportune au moment où la législa- 
tion nouvelle , qui va régler la pratique de notre art, peut 
ordonner la révision du formulaire légal. 

J'ai signalé les inconviéniens journaliers qui résultent 
des modifications successivement introduites dans les 
formules consacrées : le plus sérieux est que cette insta- 
bilité s'oppose à ce que la thérapeutique puisse devenir 
une science véritable. Je me suis arrêté avec quelque 
détail sur le danger , Terreur où l'on pourrait tomber, si 
l'on voulait baser sur des considérations théoriques ou 
tirées de l'analyse cbymique la révision des formules. 
Malgré les progrès immenses que la chimie organique a 
faits depuis quelques années , on conçoit aisément tous- 
ceux qu'elle doit faire encore. Le nombre toujours crois- 
sant des corps qui composent les divers produits organi- 
ques usuels , nous prouve que toute explication , fondée, 
sur l'analyse , ne peut être exacte que pour l'heure même 
où elle est tracée, mais qu'elle sera dépassée le lendemain. 



5:28 JOURNAL 

Je vais chercher à en donner la preuve, en citant, à Tappui 
de mon assertion, les derniers travaux entrepris sur 
l'aconit. 

Dans une note publiée il y a un an , sur les prépara- 
tions de Taconit (i), M. Soubeiran a cherché à détermi- 
ner quelle est la forme sous laquelle ce médicament doit 
être administré : il pense (\\xiljaut se demander avant 
tout quel est le principe de IcLCtion médicale de cette 
plante narcotique. Je vais rappeler en quelques mots la 
discussion établie par M. Soubeiran. 

Bien que la nature du principe actif de f aconit nous 
soit mal connue^ il résulte des observations générales Jaites 
sur la famille des x^égétaux à laquelle il appartient ^ que 
ce principe doit être très-^fugace La conséquence na- 
turelle de ce fait est que l'emploi de la chaleur doit être 
singulièrement év^ité pour les préparations pharmaceuti' 
ques de l'aconit. M. Soubeiran en conclut natu