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Journal de pharmacie 
et de chimie 



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JOURNAL 



DE PHARMACIE 



ET DE CHIMIE 



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M 



CINQUIÈME SÉRIE 



TOME VINGT-CINQUIÈME 






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« IMP. C. lOlPON R B. FLÀinfA&ION, AUB KkQm, ». 



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Dr. SDVTABIt m 

HAUVAP^O MfiPiCAL SCHOOH 

JOURNAL i^î'^O^ 



M 



PHARMACIE ET DE CHIMIE 

(FONDÉ EN 1809) 

RÉDIGÉ PAR 

MM. FREMT, L. SOUBEIRAN, 

RE6NAULD, LEFORT, PLANGHON, RICHE, JUN6FLEISGH, 

PETIT, VILLEJEAN et BOURQUELOT 

CONTENANT 

LES TRAVAUX DE LA SOCIÉTÉ DE PHARBIAGIE DE PARIS 

UNE REVUE MÉDICALE 
Par mm. DE BEURMANN et GHARRIN 

ET 

UNE REVUE DES TRAVAUX DE PHARMACIE ET DE CHIMIE PUBLIÉS A LÉTRANCER 
Par mm. JUNGFLEISCH, BOURQUELOT, VILLEJEAN et 6UIN0GHET 

RÉDACTEUR PRINCIPAL : M. RIGHE 



CORRESPONDANTS 

MM. SOBRERO, à Turin. — Bèchamp, au Havre. — Rbdwood, à Lon 1res. 

De Vrij, k la Haye. — Jacquemin, à Nancy. — Dragbndorfp, à Oorpat. 

Cazbnëuvk, à Lyon. 

Cinquième série. 
TOME VINGT-CINQUIÈME 



PARIS 
G. MASSON, ÉDITEDR 

LIBRAIRE DB l'aCADBMIB DB MÉDBCINB DB PARIS 
iiO, boulevard Saint-Gormain. 

1892 



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DEPOSITED FROW: 
HARVARD UNIVCR51TY 
OFMEDICINE AND PUBLIC HSAiJIi 
U0RARY 



CHEMICAL MaraTORY 

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JOURNAL 

DE PHARMACIE 

ET DE CHIMIE 

V« SÉRIE. — TOME XXV. — ANNÉE 1892, 1'* PARTIE. 

TRAVAUX ORIGINAUX 



Aclion de Vacide benzoîque sur tessence de térébenthine ; par 
MM. G. BoucHARDAT ct J. Lafont. 

L'acide benzoîque paraît s'unir lentement à froid à Tes- 
sence de térébenthine française; à 150% en employant 
poids égaux d'acide et d'essence, l'action est rapide ; après 
cinquante heures de chauffe, toute l'essence a été trans- 
formée. Il y a avantage à ne pas dépasser de beaucoup la 
température de 150*/ L'opération peut se faire dans un 
vase en cuivre muni d'un réfrigérant ascendant. 

Les produits sont multiples. Pour les isoler on com- 
mence par enlever l'acide non combiné par une solution 
alcaline. Le produit est distillé jusqu'à 200^-220*, le ther- 
momètre plongeant dans le liquide. 

Lés portions volatiles au-dessus de 200* se séparent inté- 
gralement en camphène solide, très peu actif sur la lumière 
polarisée, », = — 3*30', bouillant à 157*, et en terpilene, son 
isomère liquide, également très peu actif, «» = — 3* à 
— 4*30', bouillant de 175* à 180*. Les portions supérieures 



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— 6 — 

renferment, avec du terpilène, des composés oxygénés : 
elles sont peu abondantes. La production dans cette réac- 
tion *du camphène et du terpilène peu actifs s'explique par 
la formation préalable et simultanée de benzoates de téré- 
benthène et de terpilène ; puis, sous Tinfluence prolongée 
de la température de 150° ces benzoates se décomposent 
partiellement en acide et en camphène d'une part, totale- 
ment en acide et terpilène d'autre part ; carbures dont 
le pouvoir rotatoire s'annule très rapidement dans ces 
conditions, ainsi que nous l'avons montré. Nous avons pu 
isoler en camphène le -^^ du poids de l'essence, en terpi- 
lène le {environ. 

Le produit ne distillant pas avant 220*» forme près de la 
moitié du poids de l'essence. 11 se décompose par la distil- 
lation en acide benzoïque et carbures camphéniques. 
Cependant on peut distiller à lUO'^-lOS* sous pression ré- 
duite à 3*^°*. Il reste un faible résidu de polyterpilènes, 
principalement de colophéne, volatil vers 315*. Ce produit, 
distillant dans le vide vers 190°, est formé par un mélange 
huileux inséparable d'éthers benzoïques du camphénol et 
de VisocamphénoL Ces benzoates sont à peine modifiés par 
les solutions aqueuses alcalines à l'ébullition ; au con- 
traire, les solutions alcooliques de potasse les saponifient 
déjà à froid (1). Le produit de la saponification, lavé à l'eau 
tiède pour enlever le benzoatc. est en partie cristallin. On 
le soumet à de nombreuses distillations fractionnées de 
2°, 5 en 2%5. Dans un certain nombre de ces fractions, 
passant au-dessus de 205°, il se dépose, à la température 
de 15°, d'abondants cristaux de camphénol lévogyre, mé- 
langé d'un peu d'isocamphénol dextrogyre. Les liquides 
sont dextrogyres pour les portions volatiles de 185° à 205°, 
lévogyres au-dessus et au-dessous. Après un nombre 
suffisant de rectifications, pour isoler les carbures et le 
camphénol gauche, les fractions passant de 197°,5 à 202°,5, 



(1) Pour préparer les camphénols et isocamphénols, il est préférable de 
saponifier le produit brut résidu de la distillation après 200* sous la pression 
normaU. 



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refroidies quelques heures à — 3*, se prennent en masse 
cristalline dlso-camphénol que Ton isole par l'essorage 
de la masse. Les liquides égouttés se séparent par de nou- 
velles rectifications intégralement en camphénol et iso- 
camphénol. 

Ce camphénol gauche, 0** H" 0*, purifié par de nom- 
breuses cristallisations dans l'éther de pétrole est solide, 
fusible à 193^, il distille à 212*; son pouvoir rotaloire 
[a]o = — 32M0'à— 32<»20'. Le camphre qui en dérive est 
solide et a un pouvoir rotatoire de 38* à 38*10', pouvoir 
observé d'une part sur le produit total de Toxydalion, 
d'autre part sur les fractions résiduaires d'une préparation 
d'acide camphorique. Ces pouvoirs rotatoires du camphé- 
nol et du camphre sont de même signe, mais inférieurs à 
ceux du bornéol gauche du Ngai étudié par Haller et du 
camphre de matricaire. Cependant nous concluons à 
l'identité respective de ces produits. 

Les différences tiennent, d'une part, à ce que le térében- 
thène n'est probablement pas un corps optiquement 
unique, et surtout, d'après nos expériences, à ce que le 
camphène, formé dans la réaction, s'unit pour son compte 
à l'acide benzoïque et fournit des camphénols inactifs ou 
racémiquesj que les dissolvants n'arrivent pas à séparer du 
camphénol lévogyre. L'étude des camphoroximes et des 
acides camphoriques permettra d'élucider ce point. 

Itisocamphénol purifié de la même façon est solide, il 
fond à 47* ; il bout de 198* à 199* ; son pouvoir rotatoire 
dextrogyre est [a]D = + 10^40'; nous faisons les mêmes 
réserves que ci-dessus en ce qui concerne la grandeur de 
ce pouvoir. Ce pouvoir ne varie pas sous l'action prolongée 
des acides et d'une température élevée ; une petite quan- 
tité du camphénol se détruit en donnant un carbure voisin 
du camphène ou identique. Le perchlorure de phosphore 
transforme l'isocamphénol dissous dans l'éther de pétrole 
en un chlorure liquide, même à — 60*, bouillant de 100* 
à 105* sous pression de 4*", presque inactif. L'acide ni- 
trique transforme l'isocamphénol en un corps liquide à 
odeur camphrée ; ce corps se prend à — 60* en lamelles 



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— 8 — 

Dndant alors vers — 20^ Ce composé de la 
imphre bout 13<» plus bas vers 191*; il est for- 
yre. Il s'unit à l'hydioxylamine pour donner 
îristallin. Les propriétés de cet isocamphre le 
l'un composé naturel, la fénolone, que M. Wal- 
ixtraire de l'essence de fenouil, et Tisocam- 
alcool fénolique qui en dérive, corps qui 
ir dans un certain nombre d'autres essences, 
î l'acide benzoïque à 150° sur les térében- 
un moyen pratique de reproduire les cam- 
; isocamphénols. 



nouveaux composés de Vacide daturîque ; par 
RD, professeur agrégé à la Faculté mixte de 
t de pharmacie de Toulouse (1). 

?*na/ de pharmacie et de chimie du 15 septembre 
indiqué la présence, dans l'huile de Datura 
un acide gras nouveau, de formule C'*H'*0*, 
nné le nom d'acide daturique. Les sels de ba- 
et de magnésie, ainsi que l'éther éthylique 

!S. 

résente note j'expose les résultats de mes 
térieures sur les différents composés de ce 

utre de potasse^ C* H*' KO*. — Ce sel se pré- 
it digérer à chaud 2«' d'acide daturique avec 
pure, dissoute dans 40** d'eau. La solution 
ud donne, par le refroidissement, une masse 
LU sein de laquelle se forme, après un temps 
s grains cristallins transparents de daturate 
Lsse. Ce sel est soluble dans une petite quan- 
illante; la solution mousse par l'agitation et 

lu laboratoire de chimie organique de M. le profesMor Jang- 
'harm, et Ch. [5}, XXU, %*lè. 



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— 9 — 

se précipite quand on ajoute du sel marin. L'addition d'une 
grande quantité d'eau le décompose en mettant de l'alcali 
en liberté. 

Daturate acide de potasse, C* H" KO*, C* H'* 0*. — Il 
s'obtient en précipitant la solution aqueuse, concentrée et 
bouillante, du sel neutre par 2 à 3.000 parties d'eau chaude. 
La liqueur se trouble, devient gélatineuse et donne, par 
un repos prolongé, des lamelles incolores, cristallisées, 
très légères. Ces cristaux recueillis forment, après dessic- 
cation, des lames cornées, transparentes, cristallisant dans 
l'alcool à 95* bouillant. 

Analyse des cristaux desséchés à iOœ : 

0»',451 de matière ont donné 0^,067 de KSO*, soit 6,05 p. 100 de K (théorie 
pour C"Hi»»KOS C»*Hî*OS 6,74 p. 100 de K). 
Le résultat répond bien à la formule du daturate acide. 

L'éther enlève à ce sel acide, insoluble dans l'eau, de 
l'acide daturique ; il le transforme en sel neutre, soluble 
dans une petite quantité d'eau bouillante. 

Daturate neutre de soude, C* H" NaO*. — Une solution 
alcoolique d'acide daturique est traitée à l'ébuUition par 
une solution aqueuse concentrée de carbonate de soude, 
tant qu'il y a effervescence. Le produit, évaporé à siccité 
au bain-marie, est pulvérisé, puis, repris par l'alcool à 
95** bouillant. La liqueur alcoolique, en refroidissant, 
se prend en une gelée qui cristallise difficilement. Au bout 
de quelques jours il se forme des petits cristaux mame- 
lonnés, transparents, que la dessiccation transforme en un 
produit blanc pulvérulent. Le chlorure de sodium le sé- 
pare également de sa solution aqueuse. En présence d'un 
excès d'eau, le daturate de soude se conduit comme le sel 
correspondant de potasse. 

Daturate acide de soude, C" H»» NaO\ C** H»* 0*. — Il se 
forme comme le sel acide de potasse, en donnant des lames 
très légères, translucides, solubles dans l'alcool bouillant. 
Cette solution, par le refroidissement, laisse déposer des 
aiguilles incolores microscopiques. A l'état sec, le bidatu- 



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— 10 — 

e est en écailles brillantes, possédant un éclat 
es perdent bientôt. 

Analyse de cristaux desséchés à 105" : 

lière ont donné 0»',055 de NaSO*, soit 4,19 p. 100 de Xa 
^H3«NaO*, C«H3*0* : 4,09 p. 100 do Na). 

le cuivre^ C'*II"CuO*. — Pour l'obtenir on 
)lution alcoolique d'acide daturique par Tacé- 
de cuivre dissous dans Talcool à 60<*. Le pré- 
î est redissous dans l'alcool à 90° bouillant ; 
isement il se dépose des cristaux aiguillés, très 
lessiccation on obtient une poudre cristalline, 
luleuse, de couleur bleu verdâtre ; elle fond à 
Lture élevée en une liqueur verte plus foncée, 
Lie altérée. 

anhydre, insoluble dans l'eau et dans l'éther, 
ble dans l'alcool à 90*» froid. A chaud, l'essence 
line en dissout une petite quantité. 

Analyse du daturate de cuivre : 

atière ont donné 0"',052 de CuO, soit 10,75 p. 100 de Cu 
MPSCuO^ : 10,55 pour 100 de Cu). 

leuti^e de plomb, C"** II" Pb 0*. — Une solution 
e daturate neutre de soude est précipitée par 
i aqueuse concentrée d'acétate neutre de plomb 
de quelques gouttes d'acide acétique. Cette 
indispensable pour éviter la formation d'un 
Le précipité obtenu, lavé à l'eau distillée, est 
ns le vide. C'est un produit blanc, pulvérulent 
il est très lourd, Peau ne le mouille pas. Inso- 
dans l'alcool et Téther sec, très peu soluble 
. et l'éther bouillants. Le daturate neutre de 
à 104^-105° sans subir de décomposition; il 
uide visqueux et à demi-transparent. 

Analyse du daturate neutre de plomb : 

tièrc ont donné 0«',128 de PbSO*, soit 27,51 p. 100 de Pb 
^HWPbO* : 27,58 p. 100 de Pb). 



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— il — 

Daturate (Targent^ C'*H"AgO*. — On précipite une 
solution aqueuse de daturate de soude par une solution 
d'azotate d'argent; il se forme un précipité blanc, très 
volumineux, qui, à l'état humide, est très altérable à la 
lumière et devient gris sale au bout de fort peu de temps. 

Il cristallise dans Talcool concentré et bouillant en fines 
aiguilles microscopiques, formant des agglomérations 
sphériques transparentes. Après dessiccation dans le vide, 
il se présente sous la forme de petites écailles nacrées qui 
se conservent bien à la lumière. 

Le daturate d'argent, insoluble dans Teau et dans 
l'éther, est soluble à chaud dans Tammoniaque, qui l'a- 
bandonne en lamelles cristallines, par refroidissement 
et évaporation lente de la solution. Le dépôt, examiné 
au microscope, est formé de cristaux très petits, irrégu- 
liers et ramifiés. 

Daturone, C^^FF'O*. — Pour obtenir Tacétone de l'acide 
daturique, cet acide est additionné de chaux éteinte en 
excès; le mélange est pl^cé dans une cornue en verre et 
chauffé à feu nu, en élevant progressivement la tempé- 
rature. Il est préférable de n'opérer à la fois que sur une 
petite quantité de matière et de répéter cette manipulation. 
Dans ces conditions, il distille un produit huileux, qui se 
solidifie immédiatement en une masse compacte, presque 
blanche, mélangée de carbures d'hydrogène, liquides et 
odorants. 

Pour la purifier, on la dissout dans l'alcool à 90* bouil- 
lant. La liqueur filtrée laisse déposer, par le refroidis- 
sement, de grandes lames cristallines incolores. Ce der- 
nier produit est soumis à de nouvelles cristallisations 
dans l'éther sec et ensuite dans l'alcool à 95°. 

I^s cristaux desséchés à 100*, donnent à la combustion les résultats sui- 
vants : 

Trouvé. 
!!■ ■ mm^ . Calculé pour 

I ri CMH66 0». 

C p. 100 82,53 82,70 82,84 

Il p. 100 14,31 li,25 13,84 

Ces chiffres correspondent bien à la formule de l^acétone de racide datu- 
rique, C««H««0«. 



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— 12 — 

iaturone se présente en belles paillettes d'un éclat 
sans odeur, fondant à 75°,5-76°; elle est insoluble 
'eau, insoluble à froid dans Talcool à 75^, soluble 
*alcool bouillant qui la dépose entièrement par le 
lissement. L'éther, la benzine et le cbloroforme la 
rent facilement. Elle ne se combine pas au bisulfite 
de. 

'e monobromodaturique. — Après bien des tâton- 
its et des essais infructueux, j'ai réussi à obtenir, à 
le pureté, le dérivé monobromé de l'acide daturique. 
;i le détail de mes opérations : 
chauffé vers 130° ou 140» en tube scellé, pendant 
. dix-huit heures, 4«'" d'acide daturique avec 2^^50 de 
et 20«'" d'eau distillée. Après refroidissement, le tube 
mvert ; la couleur du brome était en partie disparue, 
ssus de l'eau surnageait une masse très fusible, de 
ir jaune brun. Ce produit, jeté sur un filtre mouillé, 
avé à l'eau distillée froide; on a complété les lavages 
sion du composé dans l'eau chaude. Les eaux mères, 
lant de cette opération, étaient très acides. La ma- 
irute, desséchée dans le vide, fond à 45^-47**. 
r séparer l'acide daturique non altéré, on dissout 
>duit dans 80»' d'alcool à 80* et on refroidit la 
)n à — 10°; dans ces conditions, la plus grande 
de l'acide gras non altéré cristallise. La liqueur 
[que, séparée par le filtre des cristaux formés, est 
lent coloré en jaune; on la place sous une cloche à 
sulfurique; la solution se concentre lentement et 
déposer des cristaux peu colorés, fondant à 41*-42*. 
l le dépôt ne paraît plus augmenter, les eaux mères 
s sont évaporées dans le vide. On obtient de cette 
une masse butyreuse, brune, n'ayant aucune appa- 
cristallinc; elle fond à 35*-36^ 
it ce dernier produit qui se forme en plus grande 
ité dans l'action du brome sur l'acide daturique. 

lalysé successivement les cristaux fondant à iV-it" (A), déposés dans 
ière concentration, et le produit butyreux (B) des eaux mères alcoo- 
fondant à 35-36'. 



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— 13 — 

Voici les résaltats : 

!• Analyse des cristaux (A). 
(Dosage du Brome par le procédé Carius.) 

Calcule^ pour 
Trouvé. C»*HMBpO*. 

Brome p. 100 16,7 2â,9 

On voit que les chiffres trouvés no correspondent pas à ceux de FaciiU 
monobromé. Nous avions donc très probablement affaire à un mélange du 
dérivé brome et de Tacide daturique non altéré. 

2» Analyse du produit (B). 
(Dosage du Brome par le Procédé Carius.) 

Calculé pour 
Trouvé. C3*Il3«BrO*. 

Brome p. 100 22,1 22,9 

Les résultats de l'analyse du produit (B), provenant des eaux mères alcoo- 
liques, se rapportent bien à la composition théorique du dcrivc monobrome de 
TaCide daturique. 

Cet acide monobromodaturique est insoluble dans Teau, 
très soluble dans Talcool froid, Téther ordinaire et la ben- 
zine. J'ai essayé, sans succès, de la faire cristalliser dans 
ces différents dissolvants. 

La solution alcoolique de ce dérivé monobromé, décom- 
pose, à la chaleur du bain-marie, une solution aqueuse 
concentrée de carbonate de soude et donne un savon de 
soude très soluble dans Teau et Talcool, moussant par 
agitation. 

Le monobromodaturate de soude est un produit visqueux, 
jaune brun, incristallisable dans TalcooL 

On voit que les résultats analytiques de tous les com- 
posés formés par Tacide daturique ne permettent pas de 
révoquer en doute la composition de ce principe défini, que 
je n'ai pu dédoubler soit par des précipitations fraction- 
nées, soit par des expériences sur les différents dérivés. 

Le principe particulier retiré de l'huile de datura est 
donc bien un acide monobasique nouveau, appartenant à 
la série grasse. 



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— 14 ~ 



}ort sur Vintroduction de la strontiane dans les aliments; 
par M. A. Riche (1). 

itroduction de la strontiane dans les vins est récente, 
présence est liée au plâtrage des vins dont elle est 
onséquence accidentelle. 

atique du plâtrage qui remonte, dit-on, à Tantiquité, ne s'est répandue 
rtir de 18i9 ; en 185îi, elle était déjà générale dans le midi de la 

et elle était opérée à fond de façon à produire dans les vins 3, 4 et 
5 et 6'' de sulfate de potasse par litre. 

nion publique s*en émut dès cette époque, et le Comité consultatif 
ie publique réclama une enquête. 

ait sans utilité d'énumérer les divers ti'avaux sur la matière, travaux 
'es avoir porté d*abord à considérer, comme sans action fàcliensa sur 
nie, l'addition du pUtre au vin, ont, bientôt après, conduit le 
à réprouver cette opération. 

me suffise de rappeler qu'en mai 1879, il adoptait à Funanimité les 
inclusions suivantes d'un rapport de Legouest : 
immunité absolue des vins plâtrés ne doit pas éti'c officiellement 

i présence du sulfate de potasse, quelle qu'en soit l'origine, ne devrait 
éréc que dans la limite maxima de 2"" par litre, 
iprès le Comité, confirmant ces résolutions, demandait que le Ministre 
istice prit des mesures efficaces pour empocher la vente dos vins con- 
nue quantité de sulfate de potasse supérieure à celles de 2^, et le 
et 1880, une circulaire de ce ministre donnait satisfaction complète à 

tôt surgirent, de toutes parts, des réclamations de viticulteurs et de 

nts en vins ; l'Administration invita les Procureurs généraux à retarder 

nois Texécution de la circulaire, et finalement ce sursis fut prorogé 

la fin de l'année dernière. 

mt ce temps on élaborait de nouveaux rapports, une enquête générale 

»u en 188i par les soins du Ministre du Commerce, et l'on consultait 

nie de Médecine en 1888. 

rares exceptions près, les corps consultés se prononcèrent pour la no- 

1 sulfate de potasse à doses fortes et répétées, et ils proposèrent, à 

transaction, l'admission d'une tolérance limitant à 2^' de sulfate de 

par litre la dose du pl&trage. 

[islructions administratives furent alors données le 26 septembre et le 

onsoil d'hygiène publique et de salubrité de la Seine. 



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— IS- 
IS décembre 1890 par le Ministre de la Justice, et le 1*' avril 1891 les vins 
plâtrés au-dessus de ce degré tombaient sous le coup de loi s'ils étaient livrés 
à la consommation ou rencontrés dans la circulation. 

Enfin, le 1 1 juillet dernier, une loi générale sur les vins était promulguée, 
loi dont Tarticle 3 est ainsi conçu : 

« Il est défendu de mettre en vente ou de livrer dos vins plâtrés contenant 
plus de ^ de sulfate de potasse ou de soude par litre. Les délinquants seront 
punis d'une amende de 16 francs èi 500 francs et d'un emprisonnement de 
6 jours à 3 mois ou de Tune des peines suivant les circonstances. » 

En présence des longs attermoiements qu'on vient de 
rappeler, on comprend que le commerce des vins ait pu 
penser, en septembre 1890, que de nouvelles prorogations 
lui seraient accordées, car la récolte des vins était com- 
mencée. 

De fait, son approvisionnement se fit en vins plâtrés 
comme les années précédentes, et il est juste de recon- 
naître qu'on lui aurait évité de graves difficultés si on 
l'avait averti six mois avant la vendange. 

Les négociants et les vignerons cherchèrent alors, pour 
résoudre la difficulté, à déplâtrer les vins, et une nouvelle 
industrie fut créée : celle qui nous occupe en ce moment. 

L'emploi de la baryte était tout indiqué par suite de Tin- 
solubilité du sulfate de baryum, et Ton s'adressa au chlo- 
rure, au carbonate et au tartrate de ce métal. Mais ces sels 
sont extrêmement toxiques — quelques milligrammes de 
chlorure de baryum exercent sur l'économie une action re- 
doutable qui rappelle celle de la strychnine — et Ton fut 
obligé de renoncer à leur emploi. 

La substitution du strontium au baryum était naturelle, 
et c'est ainsi qu'on essaya successivement les divers sels 
de ce métal pour aboutir généralement à l'emploi du tar- 
trate : il se forme du sulfate de strontiane qui se précipite 
et il reste dans le vin des tartrates de potasse. En opérant 
dans de bonnes conditions, on peut ramener le vin à ce 
qu'il était avant le plâtrage, sauf qu'il y reste nécessaire- 
ment une minime proportion de sulfate de strontiane, 
parce qu'il n'a pas l'insolubilité presque complète du sul- 
fate de baryte. 

Il est possible même de régler l'opération de façon à 



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— 16 — 

5ser une proportion voulue de sulfate de potasse. 
\ question principale se pose. La strontiane et ses 
}nt-ils toxiques? On Ta généralement admis dans ces 
\ derniers; cependant, si Ton ouvre les ouvrages des 
paux auteurs qui ont étudié la question, on trouve 
a plupart et des plus éminents, Fourcroy, Gay- 
c, Cadet, Bouillon-Lagrange, Laugier, Thomson, etc. , 
lèrent la strontiane comme absolument sans danger, 
^erse de la baryte qui est très toxique, 
ant ces divergences, il était nécessaire de reprendre 
3 expérimentale de Taclion des sels de strontium sur 
Qisme, et mon savant ami M. Laborde, de TAcadémie 
îdecine, s'est chargé de ce soin (1). Ses essais ont 
sur des animaux divers, puis sur lui-même et sur 
utre personne ; ils Tout amené à conclure, non seu- 
t que les sels de strontium sont dépourvus de toute 
té, mais encore qu'ils paraissent bienfaisants et favo- 
les à la nutrition, 
nonce cependant la restriction suivante : 



bservé dans un cas, concurremment avec Taction diurétique, un cer- 
{ré de congestion rénale. Ge cas se trouve être celui de l'expérience 
9c le lartrate de strontiane. La nature du composé (tartrate) n'est cer- 
nt pas étrangère à ce résultat tout à fait exceptionnel pour les corn- 
11 strontium. Il n'est pas inutile de noter à ce sujet que, dans le cas 
s'agit, la quantité d'acide tartrique absorbée par Tanimal en 114 jours 
i totalité do iOfi^ (chien du poids de 14^")« ^^i^i P^^* kilogramme de 
:, 33"' d'acide tartrique, ce qui représente pour un homme de 65'«' et 
même laps de temps, 2.145"' d'acide tartrique. 
faudrait pas, par conséquent, arguer de ce fait exceptionnel et en 
l'une action nocive quelconque que ne possèdent en aucune façon, je 
ais trop le répéter, les sels de strontium, pas plus sur les reins que 
tin des autres organes. Leur action diurétique, qui d'ailleurs ne parait 
I constante d'après les observations cliniques, n'implique et n'entraîne 
hénomène pathologique et reste dans la limite pure d'un fait d*ordre 
•gique et thérapeutique. 

[>pellcrai, du reste, que la même influence exagérée s'est manifestée 
tartrate de potasse. 



mm, de Pharm, et Ch., [5], XXIY, 208, 1891. 



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— 17 — 

En présence de ces observations de M. Laborde, et des 
deux faits suivants, à savoir que le vin déplâtré à la strou- 
tiane peut contenir 0«'',036 de stronliane par litre et que 
c'est précisément le tartrate de strontianc dont on se sert 
pour cet usage, il ne me parait pas absolument démontré 
que l'usage prolongé et continu d'un pareil vin ne soit pas 
susceptible d'avoir quelques inconvénients sur certains 
tempéraments ou dans divers états de santé. 

Enfin quoique, dans la nature, les minéraux du stron- 
tium ne soient pas les compagnons nécessaires de ceux du 
])aryum, il est très possible que les sels de strontium 
du commerce soient souillés par de minimes proportions 
(le sels de baryum ; auquel cas, il pourrait se déclarer des 
accidents plus ou moins graves, dont il serait difficile 
d'apprécier les causes parce que la recberchc d'une faible 
quantité de baryte dans un excès de slrontiane n'est pas 
sans difficulté (1). 

Deux autres savants de valeur, deux chimistes cette fois, 
MM. Gayon et Blarez, s'appuyant sur l'innocuilé des sels 
de strontium établie par M. Laborde, ont entrepris des re- 
cherches sur Tapplication de la stronliane au déplâtrage, sur 
la valeur des divers procédés proposés et sur les conditions 
à remplir pour effectuer convenablement ce déplâtrage. 

Les sels de strontium sont aptes à réaliser le déplâtrage 
partiel ou complet. 

Le vin produit retient des traces de sulfate de stron- 
liane; d'après M. Ch. Girard, cette quantité peut même 
atteindre O^'fi'àd par litre. 

Des divers sels de ce métal, le tartrate de strontium per- 
met seul de restituer au vin la composition qu'il possédait 
avant le plâtrage. 

Ce dernier procédé est d'une réalisation délicate ; il faut 
ajouter de l'acide tartrique au tartrate et la dose de cet 
acide est variable suivant la richesse du plâtrage. Si l'on 
n'en introduit pas une proportion suffisante, on ne ramène 
pas le vin à la composition normale, il renferme du tar- 

{!) Voir même numéro, p. 21. 

Journ. de Pham, et de Chim., 5« série, t. XXV. (1" janvier ISOÏ.) - 



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— 18 — 

3 potasse très soluble, au lieu de bitarlrate 
re) fort peu soluble et la potasse s'accumule 

Ton emploie trop d'acide, on augmente sans 
té du vin. 

iter l'une et l'autre de ces alternatives par 
ition exacte du plâtrage du vin et par une 
ise du tartrate de strontium et de l'acide tar- 
, mais il me paraît que ce travail n'est pas 
un vigneron ou un négociant en vins et que 
Lin chimiste sera nécessaire. 
Indre que dans un but d'économie ou pour 
Lson on se passe du chimiste et alors on li- 
sommateur une préparation factice au lieu 
•el. 

; de réagir contre la tendance qui consiste à 
poduits naturels, destinés à l'alimentation, 
it même que cette altération soit sans résul- 
jr la santé, elle est une cause de déprécia- 
substances ; dans ce cas spécial , les vins 
ine branche considérable d'exportation, je 

d'un grand intérêt pour la France qu'on 
;u que ses vins sont des produits naturels 
mélanges plus ou moins artificiels, 
d'ailleurs, la question du déplâtrage a perdu 
ilité et elle n*est plus que très secondaire à 
nent actuel, c'est-à-dire de la récolte de 
erminée. En effet le plâtrage ne s'applique 
ommuns et ordinaires qui sont consommés 
rapproché, en grande majorité dans l'année ; 
pas à produire les vins de luxe, de choix, de 
majeure partie des vins plâtrés des années 
iisparu du chais du producteur et du maga- 
mt, au moins à l'état libre, et il s'y trouve 

coupage. Ce qui reste de vins plâtrés au- 
le sulfate de potasse pourra, sans difficulté, 
ne contenir que 2»' de ce sel par simple mé- 
; vins naturels, qui feront, je l'espère, le 
pal de la récolte de 1891, car je suis con- 



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— 19 — 

vaincu que le plâtrage peut être supprimé en donnant au 
vin des soins convenables et d^autre part la loi, prohibant 
le plâtrage supérieur à 2«'', paraît devoir être appliquée 
avec fermeté. 

Il existe cependant une circonstance dans laquelle on 
réalise le déplâtrage complet des vins. Je vais en dire 
quelques mots. 

Les vins de Bordeaux ne contiennent pas de plâtre 
ajouté à la cuve, et ils renferment, au plus, les 08^60 ou 
O^^SO du sulfate alcalin naturel; personne n'ignore que 
certains négociants comblent les déficits de la production 
bordelaise par l'addition de vins du Midi, mais c'est à l'ex- 
presse condition que ceux-ci ne contiennent pas de sulfate 
qui permettrait de découvrir immédiatement la fraude, et 
il est certain que l'on déplâtre dans le Bordelais des vins 
de provenance française ou étrangère dans le but de faire 
disparaître ce témoin de la falsification. 

Le déplâtrage des vins sera sans influence sur cette 
fabrication peu reçommandable. En supposant qu'on ar- 
rive à poursuivre les vins contenant des traces de stron- 
tiane, cette industrie trouvera des aliments suffisants chez 
les propriétaires intelligents de l'Hérault, de l'Aude, des 
Pyrénées-Orientales qui, en vue de cet important débou- 
ché, ont cessé de plâtrer leur récolte. L'hygiène gagnera 
quelque peu à cette substitution, parce que Ton n'arrive à 
mener à bien ces vins en l'absence du plâtre qu'à la con- 
ditioi^ d'améliorer le travail de la récolte, de la fermenta- 
tion et de la conservation. 

En conséquence, j'estime qu'il y lieu de prohiber la 
présence de la strontiane dans les vins. 

Certaines mélasses bon goût, et des mélasses purifiées 
étaient très employées, il y a trente à cinquante ans, pour 
la consommation de bouche, le sucrage du café au lait no- 
tamment. Cet emploi se restreint de plus en plus, néan- 
moins il représente encore un chiffre considérable. 

M. le Chef du laboratoire municipal déclare avoir 
trouvé jusqu'à 12»^ et 14»' de strontiane dans certaines 



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-- 20 — 

ai s'explique par ce fait qu'un procédé très 
eriQ repose sur la précipitation du sucre à 

bi-strontique. 

considérations précédemment énoncées à 
et en présence de la forte proportion de 
> ou moins pure, contenue dans les mé- 
ière qu'il y a lieu d'interdire la vente de 

pour l'alimentation, 
ion ne sera pas un obstacle à la fabrication 

bouche, parce qu-il existe divers procédés 
ns lesquels on substitue à la strontiane et 
i la chaux, c'est-à-dire une substance dé- 
,e action fâcheuse sur l'économie. 

l'unanimité, a approuvé ces conclusions. 

cette lecture, M. Dujardin-Beaumetz fait 
les sels de strontiane vont entrer dans la 
; que ceux qui sont livrés par le commerce 
3 de la baryte, — qui rend toxique ce mé- 
donc indispensable de pouvoir reconnaître 
ésence de la baryte dans les sels de stron- 
de s'il existe un moyen simple de recon- 
stauce ; il s'est servi du chromate et du 
potasse, mais sans obtenir des résultats 
ûs. 

1 répond que la sensibilité des diverses 
s à caractériser la baryte en présence de 
'té examinée dans un travail récemment 
'fl fur analytische c/temie de Frescnius. Le 
tasse, employée en liqueur additionnée 
, rendue acétique et chauffée, constitue- 
teur, le plus sensible des réactifs ordinai- 
)ivers essais pratiqués au laboratoire de 
emblent confirmer ce résultat. 

siologiiines de M. Laborde ont amené de suite un grand 
, MM. G. Sée, Gonslanlin Paul, Dujardin-Beaumetz, 
lyer la strontiane en thérapeutique, 
que les sels de strontium remplacent les sels de potas- - 



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— 21 — 

sium avec ce grand avantage qu'ils sont tolérés par l'organisme, môme après 
un long usage : tels sont le bromure de strontium dans l'épilepsic, la dys- 
pepsie hyperchlorhydriquc ; l'iodure dans le traitement des affections du 
cœur. On a constaté une action remarquable de ces sels, — lactate, bromure, 
azotate, — sur la maladie de Bright ou plutôt sur Tapporition de l'albumine 
dans Turine; sa proportion diminue beaucoup, de moitié, mais e'ie ne dis- 
paraît pas entièrement. Enfin, il faut rappeer les heureux effets du nitrate 
sur le rhumatisme chronique observés autrefois par Vulpian, 

FORMULAIRE. 

1" Lactate de slrontiane 50" 

Eau distillée âoCy^' 

Une cuillerée à bouche de cette solution matin et soir. Elle renferme 3"" 
de lactate de sti'ontiane. 

2* Lactate de strontiane 30"' 

Sirop d'écorces d'oranges amcres . . . 200" 

Vn cuillerée, ou 20" do ce sirop, renferme 3" de lactate. La dose du lactate 
de strontium peut être portée sans inconvénient à 15" et 20" par jour. 

Le bromure, l'iodure du strontium, qui sont très solubles dans l'eau, s'ad- 
ministrent dans les mômes conditions : 

Bromure de strontium 20"' 

Eau distillée 300" 

Une cuilleri'e à bouche renferme 1" de bromure ou d'iodure. La dose est de 
2" au minimum et de -4" au maximum. 

Quant au nitrate de strontiane, sel soluble également, la dose a pu ôlro 
portée sans inconvénients k 15" et 20«' par jour (1), 



Sur la recherche des métaux du groupe de la baryte ; 
par M. C. LuDEKiNG (2). 

L'emploi de la strontiane en thérapeutique et Tutilité 
de reconnaître la baryte dans les sels de strontiane, 
auxquels elle communique ses propriétés vénéneuses, 
donnent un intérêt d'actualité à la con-naissance des mé- 
thodes les plus sensibles pour l'analyse qualitative des 
bases alcalino-lerreuses. Or, les procédés d'analyse ordi- 
nairement indiqués dans ce but laissent singulièrement 
à désirer, tellement que, dans les laboratoires où un 

(1) Voir môme numéro, Société de thérapeutique, p. 43. 

(2) ZeiUchrift fur analytische Chemie, t. XXI K, p. 566. 



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— 22 — 

grand nombre !d*élèves pratiquent journellement l'ana- 
lyse qualitative, c'est sur le groupe des métaux alcalino- 
lerreux que Ton constate les erreurs les plus nombreuses. 
La note dont il s'agit ici fournit sur ce sujet des rensei- 
gnements fort utiles. 

Elle s'occupe successivement de caractériser cliacun des 
trois métaux soit isolément, soit en présence de lun des 
deux autres. 

Baryum, — Une solution contenant O^^OOS de BaCl dans 
2" d'eau additionnée d'une solution saturée de sulfate de 
chaux, donne le précipité caractéristique de sulfate de 
baryte. 

Dans les mômes conditions, une liqueur contenant 
0"'",002 de BaCl; reste limpide, môme après un certain 
temps, de telle sorte qu à cette dilution, la baryte est prise 
pour une des bases voisines. Une teneur de 0«',002 de BaCl 
pour 3" de liquide est donc au delà de la limite de sensi- 
bilité de la réaction; autrement dit, on ne peut retrouver 
ainsi le chlorure de baryum dans une liqueur qui en 
contient moins de 1 millième. 

Une liqueur contenant O'^OOl de BaCl dans 3" d'eau 
donne encore un précipité sensible avec une goutte d'une 
solution saturée de chromate de potasse. Ce dernier per- 
met ainsi de reconnaître le baryum dans une liqueur à 
3 dix-millièmes de BaCl. m 

Baryum et calcium. — Une solution ae 0«'",020 de BaCl et 
de 0«^986 de CaCl dans 4^** d'eau, ne donne pas de pré- 
cipité par addition de 1" de solution saturée de sulfate de 
chaux. 

Une solution de 0«^003 de BaCl et de 0*%086 de CaCl 
dans 2*^*^ d'eau, additionnée de 3*^*^ d'une solution d'acétate 
de soude et de 2" d'une solution saturée de bichromate de 
potasse, ne se trouble pas à froid, mais se trouble net- 
tement par l'ébullition. L'acétate de soude et le bichro- 
mate ont été employés pour donner par l'acide acétique 
une forte acidité à la liqueur. 

En dissolvant Ok',010 de BaCl et 0k%986 de CaCl dans 
13" d'eau et en ajoutant 1*^*^ de solution de sulfate de 



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— 23 — 

chaux, il ne se produit aucun précipité; une liqueur 
semblable se trouble nettement par addition d'une solu- 
tion de chromate de potasse. 

Il résulte de là que la réaction du chromate de potasse 
est beaucoup plus sensible que celle du sulfate de chaux. 
La seconde est tout à fait fautive quand la baryte est en 
présence d'un grand excès de chaux ; elle doit alors être 
abandonnée. Dans une des expériences précédentes, elle 
fait méconnaître le BaCl quand il est mélangé à 50 fois 
son poids de CaCl, alors que 5** d'eau en contiennent 
cependant 0«%02. 

Avec des liqueurs moins concentrées que les précé- 
dentes, les résultats sont de la même nature. 

Strontium. — Une solution de 0«',00i de SrCl dans 
2" d'eau, étant additionnée de I*=* de solution de sulfate de 
chaux et portée à Tébullition, ne donne d'abord aucun 
précipité ; elle se trouble après une ébullition prolongée. 
Une solution de 0«',002 de SrCl dans 2'^'' d'eau étant 
additionnée de l'^de solution de sulfate de chaux et portée 
à l'ébuUition, produit un précipité très net de sulfate de 
strontiane. La limite de sensibilité du réactif est dés lors 
comprise entre les deux chiffres précités. L'auteur admet 
que l'on peut encore reconnaître le strontium dans une 
liqueur qui contient 6 dix-millièmes de SrCl; le réactif 
serait ainsi un peu plus sensible pour le strontium que 
pour le baryum. 

Strontium et calcium. — La présence de la chaux agit sur 
les réactions de la strontiane comme sur celles de la 
baryte, mais d'une manière encore plus marquée. En par- 
ticulier, la recherche de la strontiane au moyen du gypse 
dans les liqueurs chargées de sels de chaux conduit à des 
résultats tellement défectueux quelle [doit être aban- 
donnée. 

En ajoutant 1** de solution du sulfate de chaux à 4*^ de 
liqueur contenant 0«',020 de SrCl et 0«',986 de CaCl, on 
n'obtient aucun précipité, même après huit minutes de 
forte ébullition. En y ajoutant encore 0«%020 de SrCl dis- 
sous dans 2<^ d'eau et 1"^ de solution de sulfate de chaux, il 



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rme pas encore de précipité, même après une ébul- 
l'olongée. On a ajouté encore 08'',120 de SrCl dis- 
ans 12*'= d'eau et 1'^ de solution de sulfate de 
même après une ébullition soutenue, le résultat a 
)re négatif. Enfin des solutions plus chargées de 
Iditionnées de beaucoup de sulfate de chaux n'ont 
mcun précipité. L'influence d'un excès de sel de 
)our diminuer la sensibilité de la réaction est donc 
rable; elle conduit à laisser échapper à l'analyse de 
quantités de strontiane. 

im et sirontiitm. — En présence de beaucoup de 
[ n'est pas possible de recounaîlre, au moyen du 
le chaux, des quantités de baryte faibles. A mesure 

liqueurs sont plus chargées de strontiane, les 
ïs de baryte que le réactif fait méconnaître vont en 
tant. D'autre part, une liqueur contenant 30 p. 100 
l cristallise à 6 équivalents d'eau, donne déjà à 
immédiatement un précipité avec la solution de 
de chaux, de telle sorte que le réactif ne permet 
rechercher la baryte. 

les solutions étendues, les sels de strontiane agis- 
ictement comme ceux de chaux pour masquer la 
C'est ainsi qu'en ajoutant à 2''*= de solution tenant 
de chlorure de strontium cristallisé à 6 équivalents 
'abord O^^'^OOS de chlorure de baryum et 1'* de so- 
le sulfate de chaux, il n'y a pas de précipitation 
Lite; le trouble n'apparaît pas beaucoup plus vite 

la solution de strontiane non additionnée du 

est tout autrement avec le chromate de potasse 
'i comme léactif. 

outant 0^^002 de BaCl à 2« d'une solution à 6 p. 100 
t hydraté et cristallisé, puis en versant dans le 
3 du chromate de potasse et en acidulant par 
acétique, ou bien encore en y versant quelques 
d'acétate de soude et ensuite de bichromate de 
un trouble très marqué apparaît dès qu'on chauffe 
îur et, après quelques minutes, il se dépose du 



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— 25 — 

chromate de baryte. La même solution de chlorure de 
strontium, non additionnée de sel de baryte, reste limpide 
quand on la soumet au même traitement. 

Le chromate de potasse est donc en pareil cas un réactif 
à la fois sensible et sûr. 

Baryum^ strontium et calcium. — Pour la recherche de 
ces niétaux dans un mélange qui les contient tous, M. Lii- 
deking propose une méthode qui est fondée sur ce fait, 
qu'en liqueur acétique le chromate de potasse précipite à 
chaud des traces de baryte, même en présence de grandes 
quantités de slrontiane et de chaux. 

Le réactif employé est une solution saturée de chromate 
de potasse ou de bichromate de potasse (1). 

Après séparation de tous les métaux des derniers 
groupes, on précipite la baryte, la strontiane et la chaux 
par le carbonate d'ammoniaque, on porte à l'ébuUition et 
on filtre. Le précipité soigneusement lavé est dissous dans 
le moins possibled'acide acétique. Sur une petite partie de la 
liqueur, on recherche la baryte par les chromâtes de po- 
tasse. S'il se forme à chaud un précipité, la baryte étant 
reconnue présente^ on la sépare de la môme façon dans la 
totalité de la liqueur. On filtre pour séparer le chromate 
de baryte, on rend la liqueur ammoniacale et on précipite 
de nouveau par le carbonate d'ammoniaque. Le précipité 
obtenu peut contenir de la strontiane et de la chaux. Après 
lavage, on le dissout dans le moins possible d'acide chlor- 
hydrique et on y recherche la strontiane au moyen du 
spectroscope. Même en présence de grandes quantités de 
chaux, de petites quantité de strontiane sont ainsi recon- 
nues, notamment par la raie bleue qu'elles fournissent. La 
strontiane caractérisée ou non, on ajoute à la liqueur de 
Tacidc sulfurique en excès, on chauffe, on filtre pour sé- 
parer le précipité et on recherche la chaux dans le liquide 
par les méthodes ordinaires. 

Dans ces conditions, des poids considérables de baryte 



(I) Cett: dernière en présence d*acétate alcalin. 



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— 26 — 

et de strontiane ne masquent pas les réactions de la chaux, 
même lorsque celle-ci est peu abondante. 

L'auteur a cherché à éviter l'emploi du spectroscope qui 
a l'inconvénient de ne pas fournir d'indication sur les 
quantités. Il a essayé notamment de précipiter la stron- 
tiane à l'état de chromate en liqueur ammoniacale, mais 
il a vu que cette réaction, très sensible quand la strontiane 
est isolée, perd toute sensibilité en présence de quantités 
un peu notables de chaux. Il a essayé également la précipi- 
tation fractionnée par l'acide sulfurique, pensant que la 
strontiane serait précipitée avant la chaux; il n'en a pas 
été ainsi. Toutes les méthodes de précipitation qu'il a 
essayées ont été trouvées en défaut. E. J. 



REVUE SPÉCIALE 
DES PUBLICATIONS DE PHARMACIE, CHIMIE, INDUSTRIE 



Recherches sur les variations de nuance observées dans 
les potions au kermès; par M. Dhamelincourt fils (1). — 
Comme suite aux recherches faites sur les différentes 
teintes du kermès pour sa trituration avec le sucre et pu- 
Ijliécs dans le dernier bulletin de notre société, il me res- 
tait à constater si réellement le kermès est transformé 
dans cet acte mécanique en soufre doré d'antimoine. 

A cet elTet deux expériences sont venues me prouver le 
contraire : 1° le kermès modifié traité par l'ammoniaque 
ne s'est pas dissout ; 2° traité à TébuUition par une solu- 
tion de carbonate de soude, le dépôt de kermès n'avait pas 
lieu. 

Comme on peut le voir, ces deux expériences assez con- 
cluantes prouveraient donc que le kermès, malgré ses 
changements de nuance, ne subirait aucune transforma- 

(1) Société deê pharmaciens de VEure, p. 69, 1891. 

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■««^.'aJ 



— 27 — 

tion, à moins, cependant, que les recherches, au point de 
vue électro-chimique, nous apportent d'autres renseigne- 
ments. 



Sirop de narcéine: sa préparation; par M. Ch. Pa- 

TROuiLLARD (1). — Ou s'cst scrvi dc Tacide acétique, de 
l'acide citrique pour dissoudre la narcéine dans le sirop 
simple : la préparation n'est pas stable, et la narcéine se 
précipite promptement. J'ai essayé de faire un sel double 
de narcéine, d'abord avec le bitartrate de potasse : à la 
longue la narcéine cristallise encore. J'ai obtenu un meil- 
leur résultat avec le benzoate de soude : la narcéine se 
comporterait peut-être comme la caféine avec ce dernier r 
sel. Voici la formule que j'ai suivie : 

Narcéine (^',25 

Benzoate de soude 0^',40 

Sirop simple 500" 

On triture avec soin la narcéine avec le benzoate de 
soude, et celte précaution est essentielle pour avoir une 
dissolution prompte et complète : on délaye le mélange 
dans un peu d'eau et l'on porte à Tébullition. La dissolu- 
tion opérée on ajoute le sirop simple et Ton chauffe jusqu'à 
ce que le poids total soit ramené à 5008^ Le sirop ainsi 
préparé est très stable; il a cependant l'inconvénient de 
prendre, à la longue, une odeur et une saveur un peu 
désagréables : aussi ne doit -on le préparer qu'au moment 
de le délivrer. 



Traitement des furoncles par l'acide borique intus et 
extra; par M. Alison (2). — M. le docteur Alison, de Bac- 
carat, recommande l'emploi simultané de l'acide borique 
à l'intérieur et à l'extérieur, comme un moyen aussi 
simple qu'ef&cace de combattre la furonculose. 

(i) Société des pharmaciens de VEure^ p. 86, 1891. 
(2) Revue de clinique et de thérapeutique j d'après Répert, de Pharm.^ 
t. m, p. 485, 1891. 



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— SS- 
II administre pendant huit ou quinze jours, de 0«'',80 à 
l^"" d'acide borique par jour, en deux cachets, et il fait faire 
en outre, quatre ou cinq fois par jour, des frictions douces, 
sur les furoncles et leur pourtour, avec de l'eau boriquée 
chaude, à i p. 100; après chaque friction, les furoncles 
sont recouverts de compresses imprégnées d'eau bori- 
quée. 

D'après M. Alison, ce traitement ferait avorter les clous 
en voie de développement, guérirait ceux qui sont arrivés 
à maturité et préviendrait les nouvelles éruptions. 

M. Alison prétend qne cette médication se montre éga- 
lement efficace contre l'anthrax ; selon lui, l'état général 
s'améliore; la fièvre tombe; l'agitation et l'insomnie dimi- 
nuent; la douleur, la rougeur et la durée de l'anthrax sont 
moins accusées; il se forme des pcrtuis par lesquels s'éli- 
mine le bourbillon, sans qu'il soit nécessaire de recourir 
à une intervention chirurgicale. 



Le gaz à l'eau; par M. E. Blass (1). — Comme com- 
bustible pour la métallurgie, le gaz à l'eau est bien supé- 
rieur au gaz Siemens; en effet, ce dernier contient jusqu'à 
deux tiers d'azote inutilisable tandis que le gaz à l'eau peut 
donner une combustion complète. On a d'ailleurs une 
perte de chaleur beaucoup moins forte en produisant si- 
multanément le gaz à l'eau et le gaz Siemens qu'avec ce 
dernier seul : 16 p. 100 de la quantité de chaleur disponi- 
ble dans le combustible pour le premier cas, 30 p. 100 
dans le second. Le gaz à l'eau, coùterait-il trois ou quatre 
fois plus que le gaz Siemens pour 1000 calories disponi- 
bles, que son emploi serait' encore plus économique. 

Au point de vue de l'éclairage par le gaz à l'eau et la ma- 
gnésie incandescente, le gaz ordinaire semble préférable 
dans les v^^agons; en effet, la magnésie, après l'extinction, 
conserve encore, pendant 20 ou 30 secondes, une tempé- 

(1) Gastechniker, 1890, p. 28, d*après J/owîV. scient if., p. 51, 1891. 



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— 29 — 

raliire suffisante pour allumer un mélange de gaz et d'air, 
et l'inflammation de tels mélanges est la cause la plus fré- 
quente d'accidents. 

Un peigne en magnésie peut durer de 80 à 100 h., avec 
une dépense de 1/6 à 1/5 de centime par heure; Téclairage 
est de 22-24 bougies au début et de 16 bougies à la lin avec 
un débit de 180''' à l'heure. 

L'avantage du gaz à l'eau, c'est de donner une com- 
bustion complète, avec dégagement de moitié moins d'acide 
carbonique que le gaz ordinaire;, de plus, même sans 
tirage, il brûle sans fumée et sans odeur. 



Sur la combinaison directe des métaux avec le chlore 
et le brome; par MM. Henri Gautier et Georges Charpy (1). 
— Quand deux corps, par leur union, peuvent donner 
naissance à une réaction exothermique, il arrive souvent 
que des liaisons (2), dont la nature ne nous est pas connue, 
les empêchent de se combiner directement. Dans ce cas il 
faut, pour obtenir la combinaison, faire intervenir une 
énergie étrangère qui détruise ces liaisons. Il est difficile, 
dans l'état actuel de la science, de rien dire^ a pjùori, sur 
la nature de la source d'énergie qui doit fournir le travail 
préliminaire. 11 est même très curieux, dans des cas qui 
paraissent tout à fait comparables, de voir que l'action 
d'une énergie étrangère est tantôt inutile, tantôt indispen- 
sable, et que, si cette énergie est nécessaire, elle n'inter- 
vient pas toujours de la même manière. 

L'action qu'exercent les halogènes sur les métaux est 
un des exemples les plus nets que l'on puisse citer de ces 
différences. 

Soit d'abord la formation des bromures métalliques 
par l'action du métal sur le brome liquide. On sait 
qu'à la température ordinaire, le potassium, mis au con- 

(1) Ac, d. «c, CXUI, 597, 1891. 

(2) ?tous donnons ici au mot liaison le seùs qu'on lui attribue en méca- 
nique. 



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— .30 — 

, fait explosion et s'enflamme, tandis que 
3 les expériences de MM. Merz et Weith, 
avec ce liquide jusqu'à 150*» sans être 
,e différence de l'action d'un même corps 
de propriétés très voisines qui a amené 
lercher dans quelles conditions l'union 
X et des halogènes était possible. 
s ont été faites sur des fils métalliques, 
némes dimensions (2'""* de diamètre), qui 
s, dans l'obscurité, au contact du brome 
:ée dii contact a varié de huit jours à 
on a opéré soit à la température am- 
D*. Dans ces conditions, il a été obtenu 
ants : 

Diminution de poids pour 100 



lo" en 8 jours. 


à 150 en A mois. 


à 100** en 8 jours 








0,19 


0,289 


0,487 


0,63 


0,210 


0,440 


23,27 


0,371 


1,740 


6,62 


0,003 


0,540 


» 



est tout à fait remarquable par son inal- 
tact du brome ; les auteurs ont conservé 
des fils de ce métal au contact du brome 
rver à leur surface la moindre trace d'al- 
î lui-même ne laissait aucun résidu solide 

îs conditions Taluminium donne lieu à 
ssivement vive. Le métal mis au contact 
iffe peu à peu et s'enflamme bientôt ; il 
brûler en se déplaçant à la surface du 
1 morceau de potassium sur l'eau, 
tat liquide et maintenu en tubes scellés à 
nbiante, donne lieu à des remarques du 



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~ 31 — 

Diminution du poids pour 100 
à 15o en A mois. 

Magnésium 

Zinc 

Fer 0,740 

Cuivre .3,241 

Argent 0,673 

Le potassium, le sodium et raluminium ne paraissent 
pas s'altérer dans le chlore liquide maintenu à sa tem- 
pérature d'ébullition. Avec raluminium, on a réussi à 
fermer un tube de chlore ; vers — 20^, la réaction a 
commencé, le métal s'est enflammé, comme dans le brome, 
et le tube a éclaté. 

Quand, au lieu d'employer des halogènes bien dessé- 
chés, on opère en présence de l'eau, on observe des résul- 
tats différents. 

Le magnésium et l'aluminium, mis au contact de l'eau 
bromée, donnent immédiatement lieu à un dégagement 
régulier d'hydrogène, et, après un certain temps, il se 
dépose un oxybromure. Ces réactions sont analogues à la 
décomposition de l'eau par l'iode, en présence de l'alumi- 
nium, précédemment signalée par MM. Gladstone et 
Tribe. 

Avec le zinc, le fer et le cuivre, on n'observe aucun 
dégagement gazeux, mais un fil de 2'"" de diamètre et de 
5*^" de longueur disparaît en sept à huit jours dans de l'eau 
de brome renfermant un excès de ce liquide. Comment 
l'eau intervient-elle dans cette attaque? 11 est très probable 
que sa décomposition par l'halogène, qui est très lente 
dans les conditions ordinaires, s'accélère en présence du 
métal : celui-ci se transforme en oxyde que l'hydracide 
change en bromure avec élimination d'eau. 

En résumé, la plupart des métaux, à l'exception de l'alu- 
minium, sont à peine attaqués par le chlore et le brome 
secs à la température ordinaire, et il est très remarquable 
de voir le magnésium résister complètement à l'action de 
ces liquides qui attaquent l'aluminium avec une si grande 
facilité. Les chlorures et bromures de ces deux métaux 
présentent, dans leurs propriétés et dans leur formation à 



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— 32 — 

des oxydes, des analogies qui ne permettaient pas 
^oir les différences que nous signalons. 
;, si l'attaque est lente avec les halogènes secs, elle 
t, dans tous les cas, rapide en présence d'une cer- 
[uantité d'eau. Ce liquide se comporte d'ailleurs de 
aanières bien différentes : ou bien il est décomposé 
légagement d'hydrogène, ou bien il se retrouve 
à la fin de la réaction. 



Toxydation du nickel carbonyle; par M. Bertiie- 
. — En signalant diverses propriétés nouvelles du 
cabonyle, il y a quelques mois, l'auteur a expliqué 
composé se comporte comme un véritable radical 
que ; les produits de son oxydation spontanée n'étant 
istitués uniquement par de l'oxyde de nickel et de 
carbonique (ou de l'oxyde de carbone). Peut-être ne 
il pas superflu d'entrer, à cet égard, dans de nou- 
détails. 

ickel carbonyle peut être conservé dans un flacon 
ae couche d'eau sans s'altérer, pourvu que l'air n'y 
i pas. Mais, si l'air y parvient, comme il arrive 
blement dans un flacon simplement bouché à 
\, le composé s'oxyde lentement, et il se forme, à la 
inférieure, une couche d'hydrate d'oxyde de nickel 
3mme (exempte de carbone dans mes essais). En 
temps, une partie de nickel carbonyle s'échappe au 
et s'oxyde à l'air, en formant une fumée ou enduit 
àtre, qui va tapisser au loin tous les objets déposés 
L même armoire. Pour essayer de recueillir ce pro- 
oxydation lente, on a placé le flacon dans une double 
3pe de fer-blanc; la réaction s'est, en effet, effectuée 
L au sein de l'enveloppe, et on a pu recueillir quelques 
immes d'un oxyde complexe. Ce corps est blan- 
pris en petite quantité ; mais, en masse, il possède 

irn. de Pharm. et de Chim., [5], XXIV, 214, 1891. 



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— sa- 
une nuance un peu moins claire et verdâtre : c'est Thi 
de Toxyde d'un radical organique à base de nickel 
analyse par l'oxyde de cuivre a fourni, sur 100 parti( 

C 5,3 

Ni 53,3 

H'O 40,1 

98,7 

Perle 1,3 

Ces nombres répondent sensiblement aux rapports 
vants : 

C«0»Ni», 10H«O, 
lesquels exigent : 

c 5,6 

NiO 52,5 

HO 41,9 

100,0 

Ce serait donc Toxyde d'un radical complexe, ana 
aux acides croconique et rhodizonique. Une parti 
nickel pourrait, d'ailleurs, se trouver combinée ou 
langée à l'état d'oxyde simple avec l'oxyde complexe, L 
aurait alors une formule telle que C* Ni, apparten 
un type dérivé de Téthylène C* H*, ou à un type plus 
dense du même ordre. L'équation de formation sera 

suivante: 

C* 0* Ni + = 2 CO* + C* Ni. 

C'est ce que l'étude ultérieure du nickel carbc 
apprendra. 



Sur une nouvelle substance albuminoîde du 8< 
sanguin de rhomme ; par M. C. Chabrié (1). — On a 
que le sang contient deux matières albuminoïdes s 
ment, toutes deux coagulables par la chaleur : la par; 
buline et la serine. L'auteur a trouvé, dans le sérun 
principe se distinguant de la paraglobuline et de la s< 

(1) Ac. rf. «c, CXin, 557, 1891. 

Jwrn.'ie Pkgrm. et de Chim,, 5« série, t. XXV. (!•' janvier 1892.J 



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— 34 — 

par des caractères suffisants, nets, et se rencontrant chez 
les néphrétiques, que leur néphrite soit d'origine satur- 
nine ou infectieuse ; chez les malades atteints d'autres 
affections, pneumonie, syphilis; enfin chez les sujets 
n'étant atteints d'aucune maladie. 
Voici comment il extrait ce produit : 

On laisse le sang se déposer dans un grand verre à pied, et, lorsque le 
liquide qui surnage le caillot a prordu sa couleur rouge, on le décante avec 
soin. On le filtre sur de Tamiante sous pression réduite, et le liquide qui a 
passé est filtré sur un filtre en papier, plat, mouillé d'eau distillée. On obtient 
ainsi un sérum limpide et coloré en jaune pÀle. Sa densité a varié entre 
1029 à 1030. 

Ce sérum, neutralisé par V acide acétiqtte, est coagulé d*abord au baiur 
marie, puis à 100^* sur un fourneau à évaporations lentes. La gelée obtenue 
est coupée en petits morceaux avec le couteau de platine, puis additionnée 
d'un volume d'eau distillée égal à la moitié du volume du sérum employé, et 
le tout est soumis k la température de 100^. Il ne faut pas ajouter l'eau avant 
d'avoir d'abord coagulé le sérum, car on sait que la serine ne se coagule pas 
par la chaleur dans une solution étendue. 

Le résidu de la dernière opération est jeté sur un filtre en mousseline, 
puis sur un filtre en papier. On obtient ainsi un liquide un peu louche, qui, 
additionné d'alcool à 89" (S à 3 volumes d'alcool pour 1 de liquide), donne 
immédiatement un précipité blanc floconneux qui se rassemble au bout de 
quelques heures. 

Ce précipité, recueilli sur un filtre, séché à l'air, est soluble dans l'eau 
froide, d'où l'alcool le précipite à nouveau. 

Le produit ainsi reprécipité contient une substance organique rappelant 
l'albumine, il donne par calcination un charbon volumineux et brûle en 
donnant l'odeur de corne brûlée de l'albumine ordinaire. Il est souillé de sels 
minéraux ; mais il a constaté que, pour une quantité do matière recueillie, 
du poids de O^^ISSÔ, il n'y avait pas plus de O",0008 de substance minérale, 
soit 0,637 p. 100. 

Ces composés minéraux étaient des phosphates. L'absence de chaux et de 
chlorures a été constatée. 

La substance nouvelle se distingue de la serine par plu- 
sieurs réactions, et également des peptones. Pourtant sa 
coagulation par l'alcool et quelques autres propriétés la 
rapprochent de l'albumine et des peptones. Pour rappeler 
ces analogies il propose d'appeler ce composé albumone. 

Ce produit est fortement lévogyre. 



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— 35 — 

Sur le pouvoir globnlicide du sérum sanguin; par 
M. G. DAttËMBERG (1), — L'étude physiologique du sérum 
sanguin a pris récemment une direction nouvelle. On a 
vu que le sërum de plusieurs animaux exerce une action 
destructive sur un certain nombre de microbes. On a 
même vu que le sérum d'animaux vaccinés contre la 
■diphtérie et le tétanos est susceptible de détruire le poison 
tétanique et le poison diphtérique. On a aussi constaté que 
ces propriétés si remarquables du sérum disparaissent 
sous rinfluence de différentes actions physico-chimiques 
(chaleur, lumière, etc.). 

Il est une autre propriété du sérum sanguin, constatée 
depuis longtemps par Creite, Landois, Panum, Hayem : 
c'est le pouvoir que possède le sérum du sang d'une espèce 
animale, de détruire les globules rouges du sang d'un 
animal d'une autre espèce. L'auteur a comparé ce pouvoir 
du sérum pour les globules rouges étrangers, pouvoir glo- 
bulicide^ avec le pouvoir destructeur du sérum pour les 
microbes, ou pouvoir microbicide. 

Lorsque l'on place sur une lame porte-objet deux ou 
trois gouttes de sérum de sang de chien, privé de ses glo- 
bules rouges par la coagulation et le repos, ou plus 
sûrement par l'action de la force centrifuge, et lorsqu'on y 
mêle une trace de sang de cobaye ou de lapin, on voit les 
globules rouges de ces animaux disparaître en deux ou 
trois minutes, comme s'ils étaient dissous. Ces globules se 
conservent indéfiniment dans le sérum d'un animal de la 
même espèce. 

8i l'on mélange au sérum de chien, une trace de sang 
de pigeon ou de grenouille, dont les globules sont pourvus 
de noyaux, on voit ces globules perdre leur action colo- 
rante et être, en vingt-cinq à trente minutes, réduits à 
leurs noyaux, qui restent longtemps colorables par Thé- 
matoxyline et les couleurs basiques d'aniline. 

Les sérums de bœuf, de pigeon, de tortue, possèdent le 
même pouvoir destructeur, pour les globules rouges d'un 

(1) Ac. d. sc.y CXllI, Î508, 1891. 



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— 36 ^ 

,1 d'une autre espèce. Le sérum de lapin a géné- 
ent un pouvoir globulicide peu énergique pour les 
les des mammifères, des oiseaux et des batraciens. 
s le pouvoir globulicide du sérum est infailliblement 
t, comme l'est aussi le pouvoir bactéricide, par un 
âge à 50-60*». Déjà après cinq minutes d'exposition à 
empérature, le pouvoir globulicide commence à s'af- 
' sensiblement; après vingt-cinq ou trente minutes 
aufFage, il a complètement disparu. Les globules 
5 se conservent alors dans le sérum étranger aussi 
mps et aussi parfaitement que dans le sérum de Pes- 
nimale d*où ils proviennent. Les températures infé- 
s à 50** n'altèrent pas le pouvoir globulicide du 

sérum, exposé pendant huit à dix jours à la lumière 
î, perd son son pouvoir globulicide. 
nd on place le sérum en présence d'une trace des- 
d'ail, pendant quelques heures, il perd complètement 
uvoir globulicide. 

)Ouvoir globulicide du sérum est légèrement retardé 
s traces de sublimé corrosif, de sulfure de carbone, 
aldéhyde et de vapeurs de mercure. 11 n'est aucu- 
it modifié par l'action du vide, ou par les traces de 
de diméthylamine, d'éther, d'alcool amylique ou 
lique. 

lérum globulicide et le sérum non globulicide ont la 
alcalinité, 
liane d'œuf n'a pas de propriétés globulicides. 



naines extraites des urines dans quelques maladies 
ieuses; par M. A.-B. Griffiths (1). — La méthode 
suivante : 

quantité considérable d'urine est alcalinisée par 
)n d'un peu de carbonate de soude et agitée ensuite 
on demi-volume d'éther. Après dépôt et filtration, 



;. d. «c, CXIU, 656, 1891. 



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— 37 — 

réther est agité avec une solution d'acide tartrique, qui 
s'empare des ptomaïnes pour former des tartrates solubles. 
Après évaporation de l'éther dissous, la solution tartrique 
acide est encore alcalinisée par du carbonate sodique et 
agitée avec son demi- volume d'éther. La solution éthérée 
est laissée à évaporer spontanément. Les ptomaïnes 
restent comme résidu. 

J. Fièvre scarlatine. — La ptomaïne qu'on extrait des 
urines des scarlatineux est une substance blanche, cristal- 
line, soluble dans l'eau, à réaction faiblement alcaline. 
Elle forme un chlorhydrate et un chloraurate cristallisés; 
elle donne un précipité blanc jaunâtre avec l'acide phos- 
phomolybdique, blanc avec l'acide phosphotungstique , 
jaune avec l'acide picrique. Elle est aussi précipitée par le 
réactif de Nessler. Les analyses de cette ptomaïne con- 
duisent à la formule C*H»*AzO*. 

n. Diphtérie, — La ptomaïne qu'on extrait des urines 
de diphtériques est aussi une substance blanche et cris- 
talline. Elle donne un chlorhydrate et un chloraurate. 
Elle est précipitée en jaune par l'acide tannique, en blanc 
par l'acide phosphomolybdique, en jaune par l'acide 
picrique, en brun par la solution de Nessler. 

Son analyse conduit à la formule C**H*^Az*0*. 
La même ptomaïne fut extraite des cultures pures du 
bacille de la diphtérie [Baclllus dipkteriœ u** 2, de Klebs et 
Lœffler). 

IIL Oreillons. — L'auteur, dans un cas de congestion 
des reins, des parotides et des glandes sous-maxillaires, 
est parvenu à extraire des urines d'un malade atteint d'o- 
reillons une ptomaïne qui cristallise en aiguilles blanches 
prismatiques et répond à la formule C®H*'Az'0*. 

Cette base se transforme en créatine, puis en méthyl- 
guanidine. 

Cette ptomaïne est très vénéneuse. Administrée à un 
chat, elle produit de l'excitation nerveuse, l'arrêt de la 
sécrétion salivaire, le coma et la mort. 

Les trois ptomaïnes qui font le sujet de cette note ne se 
rencontrent pas dans les urines normales : elles sont donc 



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— 38 -. 

bien formées dans Téconomie sous l'influence des tni- 
crobes des maladies précitées. 



BIBLIOGRAPHIE 

Cours de Chimie; par M. Armand Gautier, membre de 
rinstitut, professeur de chimie à la Faculté de médecine 
de Paris, tome III, Chimie riologique (1). — Les progrès 
accomplis dans la connaissance des modifications appor- 
tées par les maladies aux tissus et aux liquides de l'orga- 
nisme ont considérablement accru l'attention donnée par 
les cliniciens à l'étude de ces tissus et de ces liquides. 
Les renseignements précieux fournis par une telle étude 
ont développé singulièrement l'une des fonctions dont les 
pharmaciens sont les agents nécessaires, l'une de celles où 
se manifestent le plus nettement les services qu'ils ren- 
dent chaque jour à la pratique médicale. Les analyses de 
produits pathologiques qui leur sont confiées se multiplient 
sans cesse; elles se multiplieront d'autant plus que les mé- 
decins seront plus instruits. Les ouvrages relatifs à la 
chimie biologique constituent dès lors pour le pharma- 
cien des documents d'une utilité évidente. 

C'est à ce point de vue pratique que nous venons leur 
recommander ici la Chimie biologique que vient de publier 
M. Armand Gautier. 

Cet ouvrage constitue le troisième volume d'un Cours de 
chimie reproduisant l'enseignement de l'auteur à la Faculté 
de médecine de Paris. Nous avons parlé, dans ce recueil, 
des premiers volumes lors de leur publication ; ils consti- 
tuent un Ti^aité de chimie générale dont l'éloge n'est plus à 
faire ; le troisième présente, pour les lecteurs du Journal 
de pharmacie, un intérêt en quelque sorte plus direct. 

Disons immédiatement que la Chimie biologique récem- 
ment parue ne doit pas être confondue avec la Chimie 

(i) 1 vol. in-8, 827 pages. Paris, F. Sayy, éditeur. 



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— 39 — 

appliquée à la physiologie ^ à la pathologie et à l'hygiène^ pu« 
bliée en 1874 par le même auteur; les points de vue adoptés 
étant différents, les développements donnés à ceux des: 
sujets qui se trouvent forcément traités deux fois ont été 
nécessairement différents. Cela seul suffirait pour- assi- 
gner aux deux ouvrages des utilités diverses. La Chimie 
biologique contient, d'ailleurs, toutes les indications rela- 
tives aux travaux de la période, particulièrement fertile 
en découvertes, qui s'est écoulée depuis huit ans. 

En offrant son nouvel ouvrage à l'Académie des sciences, 
M. Armand Gautier en a résumé l'objet d'une manière 
très concise : 

a J'ai essayé de fixer, dans ce livre, les idées de nos 
a contemporains et les miennes sur la chimie des êtres 
« vivants. Il est, comme la conclusion d'études perscvé- 
(t rantes, des travaux de laboratoire que je poursuis sur 
« ces sujets depuis plus de vingt ans. Beaucoup de recher- 
« ches personnelles sont publiées dans ce traité pour la 
« première fois. 

« Je l'ai divisé en cinq parties^ où j'expose successive- 
ment : 

« a. L'origine des principes immédiats et les mécanismes 
« qui, dans les plantes et les animaux, leur donnent nais- 
«( sance; 

« b. L'histoire particulière de chacune des espèces chi- 
« miques qui entrent dans la structure des êtres organisés 
« des deux règnes ; 

« c. La composition des tissus, des humeurs et des sé- 
« crétions; 

c( d. Les fonctions générales qui assurent la vie de 
« chaque individu ; 

« e. Enfin, le mécanisme de la vie d'ensemble, les 
« sources qui entretiennent l'activité et le fonctionnement 
« des animaux et les relations qui s'établissent chez eux 
«f entre la consommation des aliments et la transformation 
« de leur énergie latente en chaleur, travail mécanique 
« et travail d'accroissement. » 

Nous n'avons pas besoin de dire ici avec quelle compé- 



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— 40 — 

, avec quelle érudition M. A. Gautier a exposé cet 
ible de questions. L'étendue des connaissances qu'il 
osséder pour traiter magistralement un pareil sujet 
èle à chaque page de la Chimie biologique. La lecture 

livre donne à l'esprit toute tranquillité; elle en- 
> la conviction que celui qui parle a pleine autorité 
le faire. Or, sans trop d'irrévérence, on peut avouer 
n'en est pas fréquemment ainsi pour les ouvrages 
reux publiés en toutes langues sur ces matières par- 
èrement difficiles: trop souvent on y aperçoit plus 
ne conviendrait les dangers que présente la spéciali- 
1 dans certaines applications de la chimie pour ceux 
[es connaissances générales ne sont pas suffisamment 
ues. 

; dernières leçons, relatives aux mécanismes de la 
l'on générale ou aux sources de Vénergie, sont évidem- 
celles qui séduiront le plus le lecteur appréciant les 
d'ensemble et les aperçus philosophiques. On y Irou- 
lotamment un examen tout à fait nouveau, fondé sur 
années récentes de la thermochimie, des relations 
mt entre l'alimentation de l'être vivant et la chaleur 
fournit sous des formes diverses. On y trouvera encore 
juve de ce fait, contraire aux opinions de R. Mayer 
Hirn, que le travail fourni par le muscle qui se con- 
I ne peut provenir d'une transformation de la chaleur 
spondant aux actions chimiques dont cet organe est 
ge. Etc. 
itefois, au point de vue qui doit surtout nous préoc- 

ici, c'est plutôt dans les chapitres précédents que les 
naciens rencontreront les documents nombreux né- 
Lres à leurs travaux. A cet égard, il semble utile 
iter ici quelques indications. 

uteur était particulièrement qualifié par ses décou- 
î pour exposer sous forme d'ensemble les connais- 
s actuelles sur l'acide urique et sur les séries urique 
ithique, c'est-à-dire sur un groupe des plus impor- 
de dérivés cristallisables, fournis par les albumi- 



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- 41 - 

Les leucomaïnes, que M. Gautier nous a appris à con- 
naître et qu'il a caractérisées comme des alcaloïdes prove- 
nant de la désassimilation des tissus vivants et s'éliminant 
par les urines, sont l'objet de deux chapitres. 

Les ptomaïnes, autres corps alcaloïdiqiies résultant de 
la destruction des albuminoïdes par les microbes anaéro- 
bies, ont été également découvertes par M. Gautier. Leur 
histoire est exposée dans un appendice; on y trouvera, 
rassemblés pour la première fois, les résultats des récher- 
ches effectuées sur ces composés remarquables, dont on 
n'a. tout d'abord aperçu que l'intérêt toxicologique, mais 
dont le rôle en pathologie s'impose de plus en plus à 
l'attention des médecins. Leur nombre atteint aujourd'hui 
la quarantaine. 

Quelques pages sont consacrées à un sujet plus neuf 
encore, pourrait-on dire, et dont on commence cependant 
à pressentir l'intérêt. Je veux parler de ces corps que l'on 
désigne sous le nom de toxalbumines et que produisent les 
animaux supérieurs comme les microbes. M. Gautier les 
considère comme intermédiaires entre les albuminoïdes 
ordinaires et les alcaloïdes proprement dits. 

Les chapitres relatifs aux matières protéiques ont reçu 
un grand développement qui n'a pas besoin de justifi- 
cation. 

Parmi les nouveautés qu'ils contiennent, signalons une 
méthode propre à la pi*éparation de la pepsine pure^ des 
renseignements sur la pepsine insoluble ou pepsinogène, un 
procédé de séparation de la pepsine en ses composants : la 
propepsinCf qui transforme les albuminoïdes en propep- 
lones, et la pepsine parfaite, qui les change en peptones 
parfaites. 

Parmi les méthodes nouvelles d'analyse ou de recher- 
ches, nous citerons en particulier : 

Une méthode générale pour extraire les bases animales, 
leucomaïnes et ptomaïnes, et pour les séparer des albumi- 
noïdes, des toxines et des matières extractives ; 

Une méthode pour préparer à l'état de pureté la plupart 
des ferments non figurés ; 



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— 42 — 

moyen nouveau pour analyser le sang et détermiûer 
ids relatifs des globules humides et du plasma ; 
procédé permettant d'extraire sans perte les gaz du 

appareils de dialyse fonctionnant rapidement et 
manière continue ; Etc. 

'est pas utile d'insister. Nous pensons avoir donné 
lée sufïisante des services que l'ouvrage considérable 

Armand Gautier est susceptible de rendre. Il sera 
les mains de tous ceux auxquels s'impose l'étude de 
des branches les plus difficiles, mais aussi les plus 
ssaiites de la chimie. Les chimistes y trouveront 
5, exposés et jugés par un maître, les travaux récem- 
accomplis, avec l'aide de la science qui les occupe, 
[e but d'élucider les phénomènes de la vie. 

E. JUNGFLEISCH. 

)tes rendus de TÂcadémie des sciences, 30 novembre 1891. — 
ton : Sur les dérivés bromes du chlorure de mélhyle. — F. Marli- 
liifluence des rayons solaires sur les levures qu'on rencontre à la sur- 
raisin. 

décembre 1891. — G. Charpy : Tensions de vapeur des solutions de 

; de cobalt. — Joannis : Action du sodammonium et du potassam- 

sur quelques métaux. — Massol : Données thermiques sur Tacide 

actif et les malates alcalins. — L. Vigno?i : Pouvoir rotatoire de la 



iv der Pharmacie, [3], XXIX, fasc. 6, p. A09 h. 488, 7 septembre 

- Kaj'l Kresling : Contributions 2i l'élude chimique du pollen du Pinus 
Hs (suite). — P. Rob. Liechti : Études sur l'enveloppe du fruit du 
ia Mangostana. — C. Bœltinger : Sur quelques dérivés du tannin. 
it Laves : Sur les sulfones au point de vue chimique et physiologique 
irque sur quelques nouveaux trisulfones. — W. Autenrieth et 
isberg : Sui* la phénacétinc et sur la mcthoxyl-o-phénylènodia- 

- Emst Schmidt : Sur la choline. — Rud Gaze : Sur quelques 
ates. 

chrilt fur phyziologische Ghemie, XV, fasc. 6, p. 477 à 561, août 

- G. Walter : Sur la connaissance de l'ichtuUne et sur ses produits 
ublement. — M. Abeles : Sur un procédé pour enlever l'albumine du 

vue du dosage du sucre. — H. Winternitz : Contribution à l'alca- 

du sang. — E, Roos : Sur la présence d'hydrates de carbone dans 

des animaux. — P. Malerba : Recherches sur la nature des subsr» 



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— 43 — 

tances mucKaginenses produites par le Bacterium gliscmgenum. — 
7. Araki : Sur la formation d'acide lactique et de glucose dans l'organisme 
en l'absence d*oxygène (Deuxième mémoire). Action de la morphine, du nitrite 
d*amyl6 et de la cocaïne. 

Guetta chimica Italiana, XXI, t. I, fasc,6, p. 500 à 565, août 1891. — 
L. Mond et R. Nasini : Sur le nickel- tétracarbony le. — G. Giorgis : Action 
du peroxyde d'hydrogène et de l'eau saturée d'anhydride carbonique sur le 
magnésium métallique. — F. Marina Zucco : Sur un nouvel alcaloïde retiré 
du chrysanthème (Pyrethrum cinerariaefolium). 

— T. II, fasc. 8 et 9, p. i09 à 308, août et septembre i89i. — G. Magna- 
nini : Sur le point de congélation des solutions aqueuses d'acide borique et 
de maunito. — G. Pellizari : Recherches sur la guanidine (II). — G. Mazzara 
et G. Plancher : Sur quelques dérivés du carvacrol. — A. Angeli : Sur la 
détermination du soufre dans les substances organiques. — G. Colasanti : 
La xaiitocréatinine dans l'urine. — T. Leone et 0. Magnanini : Sur la ni- 
trification de Taiote organique. — A. Volpi : Sur quelques homologues de 
racriilino. — G. Oddo : Relations entre la constitution chimique et l'action 
physiologique des composés de la série aromatique. — A, Cavazzi et D. Ti- 
voli : Action de l'hydrogène phosphore sur le tribromure de bismuth dissous 
dans rélher. 



SOCIÉTÉ DE THERAPEUTIQUE 



Présidence de M. P. Vigier. 

Séance du 11 novembre 1891. — M. Constantin Paul 
donne lecture d'un travail sur le traitement du mal de 
Bright par les sels de strontiane. 

Le sel employé a été le lactate de strontiane préparé en 
unissant directement Thydrate de strontiane avec l'acide 
lactique. On étend Tacide de 10 parties d'eau et on ajoute 
rhydrate de strontiane jusqu'à ce que la liqueur ne colore 
plus en rouge le papier bleu de tournesol. Ce sel renferme 
à peu près le tiers de son poids de métal strontium (0,274 
pour 1«') : sa pureté est vérifiée en constatant qu'il ne 
précipite pas par le chromate jaune de potasse. 

Chez rhomme, M. C. Paul a donné, sans danger aucun, 
des doses quotidiennes de 8 à 10»' de lactate de strontiane. 

Ce sel n'est pas diurétique, mais il diminue considéra- 
blement le taux de Talbumine et amène en même temps 
une amélioration des autres symptômes. Si Ton vient à 
supprimer la strontiane, Talbumine reparaît le lendemain,. 



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— 4i — 

pour disparaître de nouveau avec la reprise du médica- 
ment. 

En résumé, les formes pathologiques améliorées ou gué- 
ries par remploi de la strontiane sont : la néphrite paren- 
chymateuse rhumatismale, celle des goutteux et celle des 
scrofuleux, Talbuminurie des femmes enceintes et des 
nouvelles accouchées, Talbuminurie des scarlalineux. 

La strontiane est inefficace dans la néphrite intersti- 
tielle et contre Talbuminurie des tuberculeux cachec- 
tiques. L'auteur n'a pas eu occasion de l'expérimenter 
contre l'albuminurie syphilitique et contre celle du rein 
cardiaque. 

Pour que les sels de strontiane réussissent il ne faut pas 
que les malades soient arrivés à la période d'insuffisance 
urinaire et d'urémie. L'état de fièvre, môme intense, n'est 
pas une contre- indication. 

M. Dujardin-Beaumetz déclare avoir vu le bromure de 
strontium beaucoup mieux supporté par l'estomac que les 
autres bromures alcalins. 

Séance du 25 novembre 1891. — M. Bardât présente des 
échantillons de semences de Cangura, sapindacée du San- 
Salvador, et de fruits de Quebra-muelas {Tkevetia akouaï?], 
envoyés tous deux par M. Renson. Le premier est employé 
pour tuer les chiens errants et les animaux nuisibles, le 
second pour calmer les douleurs de dents. Ce dernier fruit 
renferme un alcaloïde extrêmement vénéneux qui tue rapi- 
dement les chiens et les chats après avoir produit de l'ac- 
célération des mouvements respiratoires, des convulsions 
et une insensibilité générale profonde. 

La partie charnue du fruit est inoffensive : l'amande 
seule est toxique. 

Les sels de strontiane. — M. Patein considère le bichro- 
mate de potasse comme un excellent réactif. Le chromate 
jaune précipite 1"» de chlorure de baryum dans 20*'' d'eau, 
mais il précipite aussi les sels de strontiane quand ils ne 
sont pas en solution très étendue : il y a là une cause 
d'erreur dont il faut se défier. Le bichromate de potasse, 
au contraire, trouble une solution au 1/2000 de sel de^ 



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— 45 — 

baryum, mais ne trouble à aucun moment les solutions 
de sels de strontiane. 

Voici le procédé d'analyse conseillé par M. Patein : 

1 ^ Faire une solution saturée du sel à examiner et y verser 
2 ou 3 gouttes d'une solution de bichromate : la liqueur doit 
rester limpide même après vingt-quatj^e heures. Une solution 
renfermant 0,01 de BaCl pour 10*« précipite abondamment 
et de suite ; 

2* Faire une solution ti^ès étendue de sel de strontiane et y 
verser 2 ou 3 gouttes de solution de chromate neutre : la liqueur 
doit rester limpide^ au moins quelques minutes. 

Les sels du commerce essayés par M. Patein avec cette 
méthode se sont montrés généralement impurs. Voici le 
procédé de purification proposé par Tauteur : 

Faire une solution saturée du sel de strontiane à puri- 
fier et y ajouter quelques gouttes d'acide sulfurique au 
1/10* : laisser reposer vingt-quatre heures; à ce moment 
filtrer pour séparer le sulfate de baryte et le sulfate de 
strontiane et saturer la liqueur par du carbonate de stron- 
tiane pur. On obtient celui-ci en traitant une liqueur de 
strontiane (préparée par Tacide sulfurique comme plus 
haut, puis filtrée), par un léger excès de solution de carbo- 
nate de soude pur; on recueille le précipité de carbonate 
de strontiane et on le lave plusieurs fois à Teau bouillante. 

M. Dujardin-Beaumetz demande que ces réactions re- 
çoivent une grande publicité. Pour la toxicité des sels de 
baryum, son évaluation par les injections intra-veineuses 
constitue une méthode déplorable. L'eau môme, injectée 
dans les veines, n'est pas diurétique et provoque de l'albu- 
minurie. 

M. Catillon a trouvé souvent des carbonates de baryte 
arsenicaux. 

M. P. Vigier recommande d'éviter les sulfates : il sxifflt 
qu'un animal ait bu une eau séléniteuse pour avoir une 
cause d'erreur. 

M. Boymond présente un composé préparé par M. Jœ- 
nicke, obtenu par le mélange de parties égales de borax et 
d'acide borique dans l'eau bouillante : ce composé pré- 
sente une grande solubilité (16 p. 100 à la température 



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-46- 

J p. 100 à la température du rouge, 70 p. 100 à 
. C'est uu sel neutre donnant à froid des solu- 
lées quatre fois plus fortes que les solutions 

9 décembre 1891. — M. C. Paul lit un rapport 
il de MM. Ramadier et Sérieux, relatif à Tem- 
^hxjdrate d'hyoscine chez les aliénés et conclut à 
n de cette médication. L'usage des stupéfiants 
ajours une excellente méthode dans ces cas : 
fonal, etc. Les injections hypodermiques de 
e d'hyoscine à l/2°*« sont plus sûres, 
il rapporte une observation de laryngite stridu^ 
lar le tubage du larynx ; cette opération, imagi- 
chut, mal accueillie d'abord, nous revient après 
par l'Amérique et TAllemagne. M. d'Heilly la 
arable à la trachéotomie pour les enfants au 
jatre ans : au-dessous de deux ans elle donne 
is d'espoir qu'elle. D"" R. Blondel. 



ACADÉMIE DE MÉDECINE 



\ publique annuelle a eu lieu le 15 décembre 
is la présidence de M. Tarnier. 
ron, secrétaire perpétuel, a lu le rapport gé- 
s prix décernés en 1891, écrit par le secrétaire 
Féréol. Celui-ci a été enlevé par la mort au 
il y mettait la dernière main à ce rapport très 
e dans la forme comme dans le fond; qu'il 
rmis d'adresser un dernier adieu à notre sym- 
Uègue en transcrivant la phrase suivante de 

âtait médecin, dans la plus belle acception du 
X dire un homme d'un grand savoir et d'un 
. » 

^ayons de ce rapport ce qui a trait aux prix 
!^ativelle qui ont été obtenus par deux de nos 
, amis. 



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— 47 — 

Prix Buignet. — Ce prix, qui est de 1.500 francs, doit 
être décerné sans partage à l'auteur du meilleur travail 
sur les applications de la physique ou de la chimie aux 
sciences médicales. 

a Sur le rapport de M. Bouchardat. TAcadémie décerne 
ce prix à M. Patein, auteur de plusieurs mémoires qui 
rentrent tout à fait dans le programme, particulièrement 
sur des procédés de dosage de l'albumine, sur les pro- 
priétés de l'albumine et des albuminoïdes, sur les combi- 
naisons des naphtols avec l'antipyrine, etc. 

« Elle regrette que les termes de la donation l'aient em- 
pêché d'admettre au partage du prix M. Schlagdenhauffen, 
qui a fait, en collaboration avec M. Reeb, une très intéres- 
sante étude botanique, chimique , physiologique et théra- 
peutique du genre coronille et isolé un glycoside nouveau, 
la coronilline, succédané important de la digitaline. » 

Prix Nativelle. — « Extraire des substances médica- 
menteuses que nous offre la nature à l'état complexe, le 
principe ou les principes multiples auxquels elles doivent 
leur activité, isoler ces principes, les obtenir à l'état pur 
sous forme cristalline et parfaitement définie, de manière 
à ce qu'on puisse les doser avec exactitude, en mesurant 
exactement les actions physiologique, toxique et thérapeu- 
tique, tel est le problème que la science moderiie s'est 
posé depuis que la chimie a été véritablement fondée. Ce 
problème, un pharmacien de Bourg-la-Reine Ta résolu en 
partie pour la digitale. Il nous a donné la digitaline cris- 
tallisable que l'on ne connaissait pas encore; et sa belle 
découverte qui lui a été, sans droit, contestée en Alle- 
magne, a été en 1872, aux applaudissements de tous, 
récompensée ici même par le prix Orfila. 

a Pénétré de l'importance de ces études, M. Nativelle a 
fondé lui-même un prix annuel de 300 francs qui doit être 
décerné à Tauteur du meilleur mémoire ayant pour but 
l'extraction du principe actif, défini, cristallisé, non en- 
core isolé, d'une substance médicamenteuse. C'est faire 
un noble emploi du Prix que lui avait décerné à lui-mû;ne 
l'Académie. 



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— 48 — 

ïtte année, sur le rapport de M. Moissan, le Prix Na- 
à été décerné à M. Houdas, préparateur de chimie 
►le supérieure de pharmacie. M. Houdas a, en effet, 
t obtenu à Tétat cristallin une substance que l'on ne 
ssait encore qu'à l'état amorphe, et qui fait partie, 
eaucoup d'autres principes, de la digitale, la digita- 
Ce nouveau produit possède, bien qu'à un moindre 
les propriétés physiologiques de la digitaline, et 
^antage d'être beaucoup moins toxique. » 
5 espérons que la récompense donnée à ces deux 
aciens si méritants encouragera les élèves de nos 
à imiter leur exemple. 

ACADÉMIE DES SCIENCES 



ompte rendu de la séance annuelle de l'Académie 
ences, nous arrive à la dernière heure, 
j professeurs de l'École de Pharmacie de Paris 
it au nombre des lauréats. Ce sont M. Guignard, 
.uregard qui ont obtenu l'un des prix Bordin, et 
al auquel a été décernée une moitié du prix Jecker. 
loiLié du prix Lallemand a été accordée à M. Gilles 
'ouretle et à M. Cathelineau, interne en pharmacie. 



VARIETES 

de médecine et de pharmacie de Tours. — M. Fleury, sup- 
'école de médecine d'Alger, est nommé professeur de pharmacie et 
e médicale à l'école de Tours. 



Blion honorifique. — M. Favier, pharmacien à Die (Drôme), a 
médaille de vermeil du ministre de l'inslruction publique, sur la 
n du président de la commission météorologique de la Drôme. 
avait déjà reçu une médaille d'argent en 1889, sur la proposition 
mr du bureau central météorologique de Paris. 



Le Gérant : Georges MASSON. 



PARIS. — IMP. C. lUlPOM ET B. FLJUUU&ION, fMZ EACIMB, 26. 



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^''^^WiT^S 



49 — 



TRAVAUX ORIGINAUX 



Falsification des denrées alimentaires au moyen du pain grillé ; 
par M. E. Collin. 

La falsification des denrées alimentaires au moyen des 
croûtes de pain et du pain grillé est une opération des 
plus communes. Les premières se rencontrent très fré- 
quemment dans les épices et dans le chocolat ; le second 
est réservé pour l'adultération des cafés et s'observe à peu 
près constamment dans les produits vendus sous le nom 
de glands doux. 

Il y a longtemps déjà que les fraudeurs ont songé à uti- 



liser dans leur industrie ces substances qui, à leur prix 
peu élevé, joignent le précieux avantage, pour eux, d'être 
d'une détermination assez délicate. 

Sous l'influence de la panification et de la torréfaction 
les farines de froment et de seigle éprouvent dans leurs 
caractères anatomiques et chimiques des modifications 
assez profondes qui peuvent embarrasser l'expert. 

/MfJi. de Pk4Êm, et de CÙm., 5* série, t. XXV. (15 janvier 1892.) 4 



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— 50 — 

La présence du gluten dans ces farines leur commu- 
nique la propriété de former avec Teau une pâte très 
liante, élastique, d'un aspect particulier et tout à fait ca- 
ractéristique. 

Examiné au microscope, le pain parait composé d'une 
trame à mailles plus ou moins larges et serrées qui n'oifre 
aucune ressemblance avec les tissus cellulaires et orga- 
nisés qui caractérisent les substances végétales. Dans son 
ensemble, cette trame oifre, sous un grossissement assez 
fort, un aspect que je ne puis mieux comparer qu'à celui 
d'une tranche de pain nettement coupée, où l'on observe 
une multitude de petites cavités séparées par des parois 
ou moins épaisses. Cette apparence peut aussi être 
comparée à celle d'une éponge fine. 

Si, dans la mie de pain ou la croûte peu brûlée, cette 
.trame formée par le gluten est assez délicate à observer 
par suite de la présence des nombreux grains d'amidon 
qui y sont emprisonnés, au moins l'expert trouve-t-il dans 
la présence et dans la forme de ces grains d'amidon un 
moyen certain de constater l'addition de farines dans les 
denrées alimentaires. Mais le fraudeur, qui n'ignore pas 
cette particularité, préfère employer le pain grillé ou les 
croûtes torréfiées dans lesquelles l'amidon a perdu sa 
forme et son insolubilité. 

Si on examine au microscope ces substances qui ont 
subi l'action d'une température élevée, on aperçoit parfai- 
tement la trame glutineuse. De plus, en multipliant les 
essais, on parvient à découvrir très souvent, adhérentes à 
cette trame, des cellules allongées, à parois très épaisses, 
ponctuées, quelquefois garnies de poils tecteurs unicellu- 
laires, coniques, à cavité rétrécie. Ces dernières cellules, 
tout à fait caractéristiques, sont des fragments de l'épi- 
carpe du blé ou du seigle qui, en raison de sa friabilité, 
se retrouve constamment dans les farines de ces céréales 
et, par suite, dans le pain qu'elles fournissent. 

La présence de ces cellules et de la trame glutineuse 
permet donc de constater une adultération qui devient de 
plus en plus fréquente; elle constitue même le seul moyen 



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— 51 — 

de conclure à Tintroductiou frauduleuse du pain plus ou 
moins torréfié dans les cafés et les épices. 

Quant au mode opératoire à employer pour découvrir 
cette fraude, il est des plus simples. 

Si le pain torréfié et grossièrement pulvérisé possède la 
plus grande ressemblance extérieure avec le café torréfié 
et moulu, il n'a pas la propriété de conserver, après l'infu- 
sion, la même dureté que ce dernier. Il suffira donc de 
faire infuser, dans Teau bouillante, une pincée du café 
suspect et de tirer, au moyen d'une épingle, tous les frag- 
ments mous qu'on y découvrira. En pressant ceux-ci entre 
deux lames de verre on examinera leur structure et, quand 
on aura constaté la jprésence d'une trame glutineuse, ac- 
compagnées de longues cellules ponctuées et garnies de 
poils coniques, unicellulaires. On pourra se prononcer 
avec certitude sur Texistence et la nature de la fraude. 

Le mode opératoire ne diffère pas sensiblement pour le 
poivre et le chocolat. 



Sur le dosage rapide de V acide sulfurique libre dans Veau de 
Seliz artificielle; par MM. P. Cazeneuve et Nicolle. 

L'eau de Seltz artificielle, généralement fabriquée dans 
l'industrie avec le carbonate de chaux et l'acide sulfurique, 
renferme souvent une certaine proportion de ce dernier 
acide, entraînée mécaniquement dans le dégagement 
gazeux plus ou moins tumultueux de la réaction. 

Cette proportion d'acide sulfurique atteint rarement 
0«',50 par litre; généralement elle est inférieure à 08%25, 
La présence de cet acide étranger n'en est pas moins 
fâcheuse ; sans aucun doute elle peut apporter des troubles 
gastriques chez des sujets délicats. 

L'hygiéniste, l'inspecteur des pharmacies, chargés de 
visiter les fabriques d'eaux minéralisées, ont le devoir de 
vérifier la pureté de ces eaux artificielles. Une méthode 
rapide de dosage ne peut qu'être d'une grande utilité. 
Or la présence des sulfates dans les eaux ordinaires 



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— 52 — 

employées à la fabrication de Teau de Seltz artificielle ne 
permet pas d'employer le chlorure de baryum sanu un 
dosage complet et précis pai* les pesées. 

Reste le dosage acidimétrique de Teau qui, par l'emploi 
d'une liqueur normale décime, peut donner des indica- 
tions très sufiBsantes, mais fréquemment le pharmacien 
inspecteur est dépourvu de liqueurs titrées dont l'emploi 
est assez restreint dans son officine. Il a toujours sous la 
main, du moins, de l'eau de chaux seconde. En recourant 
à cette eau il peut se renseigner avec une approximation 
suffisante sur la teneur en acide sulfurique de l'eau de 
Seltz à examiner. 

Le dosage est basé sur les faits suivants très connus : 

L'eau de chaux est précipitée par une eau chargée 
d'acide carbonique dont un excès redissout le précipité ; 
en chauffant, le carbonate de chaux se précipite à nou- 
veau, avec départ d'acide carbonique. En ajoutant de l'eau 
de Seltz en excès, à de l'eau de chaux^ on réalise le phéno- 
mène. Or nous avons remarqué que si l'eau de Seltz arti- 
ficielle renferme une trace d'acide sulfurique libre, la pré- 
cipitation par la chaleur n'a plus lieu par une addition 
suffisante, par suite de la formation de sulfate de chaux 
plus soluble aux dépens du carbonate de chaux. 

De là un procédé d'analyse très simple. 

Prenons une eau de chaux seconde et môme troisième afin 
qu'elle soit dépouillée de toutes traces de potasse. Celte 
eau de chaux saturée à la température moyenne de nos 
laboratoires renferme une quantité de chaux sensiblement 
constante. Un litre d'eau à 15* dissout, en effet, 1«%29 
de CaO. 

1** de cette eau correspond constamment à 0«',0022 d'acide 
sulfurique à un ou deux dixièmes de milligramme près. 

Nous prenons cinq tubes à essais que nous chargeons 
chacun de 1*« de cette eau de chaux. Dans le premier tube 
nous ajoutons 4" eau de Seltz, dans le deuxième 8*^, dans 
le troisième 12**, le quatrième 16^% le cinquième 20^*^. 
. On fait bouillir ces cinq tubes. Si tous les tubes se 
troublent par l'ébuUition, la quantité d'acide sulfurique 



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— 53 — 

renfermée dans Teau de Seltz est absolument négligeable 
et sans intérêt. 

D'après les essais pratiqués avec les siphons du com* 
merce, dans un de ces cinq tubes, soit dans le deuxième, 
soit dans le troisième ou quatrième, le liquide reste clair 
après Tébullition. 

C'est un premier essai indicateur. 

Supposons que le troisième tube chaufTé ne se trouble 
pas tandis que le deuxième se trouble : la quantité d'acide 
sulfurique qui a été nécessaire pour saturer le carbonate 
de chaux formé aux dépens de l*** eau de chaux est com- 
prise entre 8** et 12*^*. Nous prenons alors quatre tubes à 
essais, dans chacun desquels nous versons 1^^ de la même 
eau de chaux. Dans le premier tube nous versons les 8** 
d'eau de Seltz qui n'empêchent pas le liquide de se trou- 
bler par la chaleur, comme nous Tavons constaté dans un 
premier essai. 

Dans le deuxième tube nous ve.rsgns 9*% dans le troi- 
sième 10**, le quatrième II** d'eau de Seltz. 

Nous constatons à 1** d'eau de Seltz près le tube qui ne 
se trouble plus. 

Or 1** de l'eau de chaux employée correspond, comme 
nous l'avons dit à 0«'',0022 d'acide sulfurique. Dans le 
deuxième essai supposons que le tube qui a reçu 9** se 
trouble et que le tube avec 1 0«* d'eau de Seltz ne se trouble 
pas. Ce dernier tube renferme approximativement 0«%0022 
d'acide sulfurique. Si 10** d'eau de Seltz renferment;0«^0022 
d'acide, un litre renferme 0«%22. 

Nous avons trouvé dans un siphon du commerce 0»^126 
d'acide libre. 

Assurément ce mode d'essai n'est vrai que dans cer- 
taines limites, mais il donne des renseignements suffisam- 
ment approchés pour que l'hygiéniste ait une base d'ap- 
préciation scientifique l'autorisant à intervenir. 

Le contrôle des eaux artificielles est imposé par les 
règlements aux inspecteurs de pharmacie. Ils pourront 
mettre en œuvre celte méthode très simple chez les dépo- 
sitaires mêmes de Ces eaux. 



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— 54 — 



5wr la cause de la coloration anormale priée par thypobromite 
de soude dans certains flacons de vefre; par M. G. Denigks. 

Ayant observé à plusieurs reprises que, dans cer- 
tains flacons de verre, notamment dans des flacons brun 
rougeâtre, Thypobromite de soude même récemment pré- 
paré, perdait bien vite sa belle couleur jaune d'or pour 
prendre un aspect plus ou moins rougeâtre, pouvant faire 
croire à une décomposition complète du produit, j*ai pensé 
qu'il pouvait être intéressant et utile de rechercher la 
cause de ce phénomène et si Taltération de la liqueur était 
aussi réelle qu*apparente. 

Pour cela 300** environ d'hypobromite de soude fait 
avec : 

Brome 10^ 

Lessiye des savonniers 100 

Eau 200 

ont été partagés également en deux flacons d'une capacité 
de 250** : l'un, en verre jaune foncé, qui servait depuis 
longtemps à enfermer de Thypobromite de soude sans lui 
avoir jamais communiqué aucune coloration anormale ; 
Tautre, en verre brun rougeâtre, avec lequel j'avais plu- 
sieurs fois constaté le changement de teinte décrit plus 
haut, sur de Thypobromite qui y était contenu. 

Au bout de cinq jours de contact, le liquide du premier 
flacon était resté jaune franc, celui de second flacon était 
devenu rougeâtre. 

5~ de chacun de ces liquides, placés dans un appareil à 
urée en présence d'un excès d*urine (10**) ont dégagé, le 
premier 22** de gaz azote, le second 21**,5, c'est-à-dire à fort 
peu près le même volume gazeux, ce qui démontre que 
le titre des deux liqueurs est demeuré pour ainsi dire 
identique. 

Dans l'action de l'urine sur Thypobromite rougeâtre, il 
s'était formé en route une leinte verdâtre qui ne se pro- 
duit jamais avec Thypobromite normal. 

Celle teinte verte était beaucoup plus nette et plus stable 



/ 



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^55 — 

lorsque rhypobromite rougeâtre est en grand excès com- 
parativement à Turine. 

Or, rhypobromite de soude a la propriété, ainsi que je 
l'ai indiqué (1), de transformer facilement les dérivés de 
manganèse en permanganate de soude, en fournissant des 
liqueurs rouges se transformant rapidement en manganate 
vert sous l'influence dés matières organiques, telle que du 
papier à filtrer. Cette réaction est assez sensible pour dé- 
celer des traces très faibles de produits manganiques. 

J'ai pensé qu'il s'était passé une réaction du même 
ordre entre rhypobromite de soude et le verre du flacon 
brun rougeâtre que j'examinais, et que la teinte commu- 
niquée à rhypobromite était due à petite quantité de per- 
manganate de soude. 

En effet, tandis que rhypobromite témoin, regardé au 
petit spectroscope à vision directe ne donnait pas de 
bandes d'absorption, rhypobromite rougeâtre présentait 
très nettement le beau spectre cannelé des permanganates 
alcalins. Une goutte d'une solution de permanganate de 
potasse à 1/2 p. 100 mélangée à quelques centimètres cubes 
de rhypobromite témoin, le rend identique d'aspect et de 
propriété à rhypobromite rougeâtre ; comme lui, il pré- 
sente le môme spectre cannelé et le même changement de 
teinte tirant sur le vert par addition d'une goutte d'urine 
ou par filtration au papier après avoir été étendu d'eau et 
chauffé. 

Les dosages volumétriques que j'ai effectués me permet- 
tent d'évaluer à 3 ou 4"^' par litre la dose de permanganate 
existant dans rhypobromite que j'ai examiné. 

En résumé, il résulte de cette élude que la coloration 
rougeâtre que prennent quelquefois très vite les solutions 
d'hypobromite quand on les conserve dans certains flacons 
de verre est due au manganèse de ces verres qui passe 
partiellement à Tétat de permanganate alcalin, sans que la 
dose formée corresponde à une altération notable de l'hy- 

(I) Rhypobromite de soude réactif des sels de manganèse, Bull, de la Soc. 
de pharm. de Bordeaux, mai 1890. 



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— 56 — 

pobromîle et empêche remploi de ce réactif modifié daDs 
sa coloration, pour les usages auxquels on Tutilise habi- 
tuellement, tels que le dosage de Turée. 



Pain violet; par M. C. Mestre. 

J'ai eu, dans une récente expertise, Toccasion d'observer 
un cas d'adultération de pâte de froment pai* un colorant 
minéral. Il m'a paru intéressant de le publier, les exemples 
de ce genre étant assez rares dans les annales des falsifi- 
cations. 

L'échantillon qui m'avait été remis, issu du pétrin 
depuis deux jours, se présentait avec des caractères géné- 
raux que, dans mes notes de laboratoire , je retrouve 
décrits en ces termes : 

Fragments irréguliers, du volume moyen d'une noisette, 
durs à la surface, encore mous au centre, plus ou moins 
souillés de taches de couleur « violet noir » formant çà et 
là de véritables plaques qu'on isole facilement au moyen 
d'une lame de couteau. 

Ces plaques sont assez élastiques; elles se dissocient 
avec une certaine difiiculté sous la pression d'une baguette 
de verre ; leur substance devient cornée par immersion 
dans l'alcool fort auquel elles cèdent pourtant la majeure 
partie de leur coloration. 

Elles se divisent beaucoup plus aisément dans un mé- 
lange d'alcool et d'eau, et même dans un milieu exclusi- 
vement aqueux. 

Enfin, elles se délayent très bien dans l'éther qui s'em- 
pare merveilleusement, en outre, de la totalité du principe 
colorant. 

Ce dernier, isolé de la sorte, a fourni les réactions de 
la fuchsine violette : fixation sur la laine en violet bleu 
effacé, en grande partie, par l'ammoniaque et virant au 
jaune par l'acide chlorhydrique concentré, puis au bleu 
franc par dilution à l'eau distillée. La solution aqueuse 
traitée par un excès d'ammoniaque se décolore et cède à 



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— 57 — 

Téther le pigment qui, après évaporation du véhicule^ 
apparsdt avec sa magnifique nuance violette. 

Nous devons ajouter que la rechei^che de l'ergot de 
seigle nous donnera des résultats négatifs. Au reste, rien, 
à première vue, ne permettait de soupçonner la présence 
du « clavieeps purpurea s. Ici, en effet, point de dégrada- 
tions de teintes formant les zones violacées propres au 
tissu de ce champignon. En allant plus loin et en exami* 
nant les propriétés organoleptiques et physiques de la 
pâte, on y perçoit nullement la saveur de « pourri » et 
ràcreté persistante due à Tergot. Au surplus, l'analyse 
immédiate permet d'en séparer un gluten très homogène, 
d'une élasticité des plus satisfaisantes, et un amidon dans 
lequel nous avons vainement cherché, à l'aide du micros- 
cope, les périthèces ou leurs spores. 

Reste à savoir si l'adultération que je viens d'indiquer 
est accidentelle ou voulue. Sur ce point, il me sera pos- 
sible de donner prochainement, je l'espère, certaines in- 
dications que, pour des raisons particulières, il serait 
prématuré de faire connaître dès aujourd'hui. 

Mon observation est à rapprocher de celle que publiait 
Bobierre, en 1878, sur des pains fuchsines. 



MEDICAMENTS NOUVEAUX 



Salophène (1). — Nencki a découvert en 1883 un éther 
salicylique du phénol ordinaire qui, plus tard, a été 
introduit dans la thérapeutique par Sahli sous le nom de 
salol. Le salol a pris rapidement une certaine importance 
«n médecine, et cela non seulement parce qu'on lui a 
reconnu de réelles propriétés médicamenteuses, mais 
encore parce qu'on l'a considéré, à l'origine, comme dé- 
pourvu de toxicité. Des accidents ont cependant été 
signalés dans ces derniers temps à la suite de l'ingestion 



(I) Pharm. Zeitung, XXXV!, p. 778, 1891. 



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— 58 — 

de doses un peu élevées de ce composé, et tout récemment 
un cas d'intoxication suivi de mort, observé par Hessel- . 
bach (1), a appelé Tattention sur la nécessité de Tadminis- 
trer avec prudence. 

On sait que le salol traverse Testomac sans être modifié. 
C'est seulement dans l'intestin qu'il est dédoublé en ses 
deux composants, phénol et acide salicylique. Or, les acci- 
dents observés dans l'emploi du salol à trop fortes doses 
présentaient les caractères de ceux qu'on observe dans les 
empoisonnements par le phénol ; il y avait donc lieu de 
conclure que le phénol entrant dans la composition du 
salol, fait de celui-ci, en devenant libre, un corps toxique. 
C'est pour cette raison que depuis quelque temps on 
cherche un composé qui, tout en réunissant les propriétés 
du salol de Nencki, ne donne pas en se dédoublant de 
produit toxique. 

Ces recherches viennent d'aboutir à la préparation et à 
l'emploi d'un nouveau corps analogue au salol, qui est 
comme ce dernier un élher salicylique, mais un éther 
salicylique de Yacétylparaamidophénol auquel on a donné 
le nom de salophène. 

L'acétylparaamidophénol 



T*/ 



OH 



(^•H*C . /H 



\Az 



\G<>GH» 



est un corps qui traverse l'organisme presque sans décom-- 
position. Il a déjà été utilisé en thérapeutique pour ses 
propriétés antipyrétiques, 

La constitution du salopbène se rattache à celle du 
salol, comme on peut le voir aisément en examinant les 
formules de ces deux composés : 

Salol G'H<^»^^.H. 

Salophène G*H»<f^ï^ ^^h^^/h 

N XrTTTX il 

(1) Fortêchriiie der Medizin, p. 453, 1890. 



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— 59 — 

Pour préparer le salophène, on fait agir Toxychlorure 
de phosphore sur im mélange à poids moléculaires égaux 
d'acide salicylique et de pani-nitrophénol chauffé à 170''. 
Uélher que Ton obtient ainsi (I) est réduit par Tétain et 
Tacide chlorhydrique en solution alcoolique. On chasse 
l'alcool par évaporation, on ajoute de l'acide chlorhydrique, 
on dissout dans l'eau le sel double qui s'est formé de chlo- 
rure d'étain et d'éther amidophénylsalicylique, on préci- 
pite Tétain qu'on enlève et on met en liberté réther(II) par 
la soude. Celui-ci est ensuite acétylé par la méthode ordi- 
naire, après quoi on fait cristalliser l'acétylparaamido- 
salol (III) dans le benzol ou l'alcooL 

En réalité, la préparation du salophène comprend les 
trois phases suivantes ; 

I Ethérification ^'H* <^^,y,^^^, 
II Réduction ^•H*<^ ^eH*.A.H« 

III Acétylisation €«H<^2^ ^eH^AzH 

€OGH» 

Le salophène, qui renferme 51 p. 100 d'acide salicylique, 
se présente sous la forme de petites lamelles inodores et 
insipides. Il est neutre, il est presque insoluble dans l'eau 
froide. L'alcool et l'éther en dissolvent de notables pro- 
portions, surtout à chaud. Il fond à 187-188* et, lorsqu'on 
le chauffe sur une lamé de platine , il brûle avec une 
flamme très fuligineuse sans laisser de résidu. 

Le salophène se dissout facilement et déjà à froid dans 
les alcalis. Si on fait bouillir cette solution alcaline, elle 
bleuit d'abord à la surface, puis se décolore si on continue 
rébuUilion, pour se colorer de nouveau dès qu'elle se 
retrouve au contact de l'air. 

Si on sature la solution alcaline avec de l'acide chlorhy- 
drique et si on agite avec de l'éther, on obtient, après éva- 
poration de ce dernier, un résidu présentant les propriétés 
de l'acide salicylique. La présence du groupe acétylé peut 
être mise en évidence par la formation d'éther acétique 



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— 60 — 

en chauffant la solution alcaline préalablement saturée 
par Tacide cblorhydrique et additionnée d'alcool. L'odeur 
caractéristique de Téther acétique ne tarde pas à se faire 
sentir. 

Le salophène se dédouble dans Tintestin en donnant 
naissance à de Tacide salicylique et à de Tacétylpara- 
amidophénol qu'on peut retrouver dans Turine. 

Mode d'emploi, — Le salopbène est administré en poudre 
ou en tablettes comprimées. Dans le but de rendre plus 
facile la désagrégation des tablettes, on fait ces dernières 
avec du salophène additionné d'un peu d'amidon ou d'un 
mélange d'amidon et de sucre de lait. Le salophène est 
préconisé par le docteur Guttmann, principalement dans 
les cas de rhumatisme articulaire aigu, à la dose de 4 à 
6«' par jour. Em. B. 



Tuménol (1). — On désigne sous ce nom plusieurs pro- 
duits médicamenteux, présentant beaucoup d'analogie 
avec richthyol,que le professeur Neisser, de Breslau, vient 
de préconiser pour certaines affections de la peau. 

Le mot tuménol parait avoir été formé à l'aide du mot 
Bitumen en supprimant la première syllabe et en ajoutant 
la terminaison ol (?j. 

Les composés qui se rangent autour de ce nom, et qui 
sont actuellement de trois sortes, dérivent en effet des 
huiles minérales obtenues par la distillation sèche de 
schistes bitumineux, lesquelles huiles sont riches en hydro- 
carbures non saturés. 

!• Tuménol commun (tumenolum vénale). — C'est le 
tuménol bon marché ; on l'obtient en traitant par l'acide 
sulfurique concentré les huiles minérales préalablement 
débarrassées d'une part de la créosote et des acides à 
l'aide de la soude et, d'autre part, des bases et des corps 
pyrrholiques par le moyen de l'acide sulfurique à 70 p. 100. 
Ce produit se présente sous la forme d'une masse peu 



<1) Pharm. Zeit,, XXXVl, p. 787, 1891. 



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— 61 — 

odorante de consistaBce presque . solide. Il constitue un 
mélange de tuménolsulfone et d'acide sulfoluménolique. 

2^ Tuménokulfone^ huile de tuménol. — On Tobtient à 
Taide du produit précédent que Ton traite d'abord par la 
lessive de soude. On transforme ainsi l'acide sulfotumé* 
nolique en sel de soude et Ton enlève le tuménolsulfone 
avec de Téther. Le tuménolsulfone, qui forme un liquide 
épais, jaune foncé, est insoluble dans l'eau, mais se dis- 
sout facilement dans l'éther, la ligroïne et le benzol. Sa 
formule brute serait (G** H"0)*SO*. 

3® Acide sulfotuménolique, poudre . de tuménol, — Pour 
l'obtenir, on traite le sel de soude par l'acide chlorhy- 
drique et on dessèche le précipité formé. C'est une poudre 
jaune foncé, soluble dans l'eau et possédant une saveur 
légèrement amère. Sa formule brute serait : 

Ces médicaments diffèrent thérapeutiquement de ceux 
à base d'ichthyol. Leur emploi ne repose pas, comme 
celui de ce dernier, sur leur contenu en soufre, mais sur 
leurs propriétés réductrices qu'ils doivent au catactère 
de composé non saturé que possèdent à un haut degré les 
produits tuménoliques. 

Mode d*emploi. — J^es formes pharmaceutiques sous les- 
quelles est employé le tuménol sont les suivantes : 

Teinture. . . Tuménol 5,0 

— Éther, alcool et eau ou glycérine. ... m 15,0 

Pâle Avec de ramidon ou un mélange d*oxyde 

de zinc et d'amidon à 5 ii 10 p. iOO 

Pommade. . Tuménol de 2,5 à 5,0 

— Oxyde de zinc et sous-nitrate de bismuth, Sa 2,5 

-^ Gold-cream et pommade rosat & * 25,0 

Le professeur Neisser conseille l'emploi du tuménol dans 
certains cas d'eczémas, dans les brûlures du premier et du 
second degré, dans les cas d'ulcérations superficielles 
ou même profondes et, enfin, pour calmer les démangeai- 
sons. Em. B. 



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— 62 — 
Salicylamide (1}. — Ce composé dont la formule est * 

^ " \GOAzH« 

.vient d'être préconisé par le docteur Nesbitt, comme suc- 
cédané de Tacide salicylique. 

On le prépare en faisant agir une solution aqueuse con- 
. centrée de gaz ammoniac sur Télher méthylsalicylique 
(essence de Wintergreen). 

Le salicylamide cristallise de sa solution éthérée en 
belles lamelles jaunes fondante 142'' (Grimaux); il est so- 
.lubie dans le chloroforme, l'éther, Talcool et l'eau (1 p. 250 
d'eau froide). Il est acide au tournesol, se dissout dans les 
carbonates alcalins mais cristallise à nouveau lorsqu'on 
concentre ces solutions. Il peut cependant former des sels 
définis ; mais on n'obtient ceux-ci qu'en faisant réagir les 
bases libres (CaO, BaO, etc.) sur l'amide. Ces sels sont 
solubles dans l'eau. 

Le salicylamide, qui possède les propriétés médicamen- 
teuses de l'acide salicylique, présente sur ce dernier, 
d'après le D' Nesbitt, différents avantages : il est insipide, 
plus soluble que l'acide salicylique, agit plus sûrement et 
à dose moindre. On peut également employer les sels de 
-salicylamide. « 

Après ingestion de salicylamide, l'urine donne les réac- 
tions de l'acide salicylique. 

Mode d'emploi. — Le D*" Nesbitt le prescrit à la dose de 
0«?%15 répétée toutes les heures, ou de 0«',25 toutes les trois 
heures aux malades atteints de névralgies diverses ou de 
rhumatisme chronique. La dose maxima pour 24 heures 
est de 18\ Em. B. 



lodure d'orthocrésyloi (2). — Ce composé vient d'être 
étudié, comme l'avait été son dérivé isobutylique {eu- 

(1) Therap, Gazelle, p. 686, 1891; d'après Pharm. Cenlralhalle, XII, 
p. 710, 1891. 

(2) Mûnch, med, Wochschr, 1891 ; d'après Pharm, Po»/.,XXIV, p,il04- 



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'— 63 — 

rophène) (1) dans le but de rechercher si on pouvait l'em- 
ployer en thérapeutique à titre de succédané de l'iodo- 
forme. 

D'après Petersen et Seifert, Tiodure d'orthocrésylol se 
présente sous la .forme de poudre fine, de couleur jaune et 
douée d'une odeur forte, peu agréable. Il est soluble dans 
l'alcool, l'élher, le chloroforme et surtout dans les huiles 
grasses. Il est insoluble dans Teau. Il s'attache fortement 
aux doigts ou aux instruments, de telle sorte qu'on ne peut 
les nettoyer qu'en les lavant avec de l'alcool. 

Lorsqu'il est introduit dans l'organisme, c'est à peine 
s'il se sépare des traces d'iode, en sorte qu'on n'a pas à 
craindre d'intoxication, même après ingestion de doses un 
peu élevées. 

L'iodure d'orthocrésylol a du reste été fort peu essayé 
jusqu'ici et on le cite seulement comme pouvant rendre 
des services dans le traitement des sécrétions morbides de 
la muqueuse nasale. Em. B. 

Salicylate de chaux; par M. S. Torjescu (2). — Pour 
préparer ce sel, l'auteur conseille le procédé suivant : 

On dissout 200«' de salicylate de soude dans 5"' d'eau 
distillée, on filtre et on ajoute au liquide filtré 10^' de les- 
sive de soude (densité, 1,16). D'autre part, on ajoute à 
100*' de carbonate de chaux, chimiquement pur, de l'acide 
acétique dilué jusqu'à dissolution complète et neutrali- 
sation. On étend la solution d'acétate de chaux ainsi 
obtenue avec 2"* d'eau distillée et on filtre directement 
dans la solution de salicylate. Le précipité formé est re- 
cueilli sur un filtre, lavé à plusieurs reprises avec de l'eau 
distillée froide et finalement desséché à une température 
qui ne doit pas dépasser 35^ Ou conserve dans des vases 
soigneusement bouchés. 

Le salicylate de chaux pur et convenablement préparé 

(I) Joum, de Pharm, et de Chim. [5], XXiV, p. 118, 1891. 
' (2) Zeitechrift d. allgem. ôsterr. Apoth,'Ver.y p. 629, 1891 ; d'après 
Pharm. Z. /. Ruseland, p. 747, 1891. 



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est constitué par de petits cristaux rhombiques, solubles 
dans 200 parties d'eau froide, très solubles dans les acides 
acétique, azotique et chlorhydrique. Il n'a ni odeur, ni 
saveur. 

Mode (t emploi. — Ce sel est employé seul ou mélangé au 
salicylate de bismuth comme antidiarrbéique, surtout 
chez les enfants, à la dose de 0«',5 à 1«',5. Em. B. 



REVUE DES PUBLICATIONS 
DE PHARMACIE, CHIMIE, INDUSTRIE, HYGIÈNE 



Note sur les principes constituants de la graine de 
jusquiame; par M. Ransom (1). — La présence d'un alca- 
loïde dans la graine de jusquiame semble avoir été notée, 
pour la première fois, par Brandes ; il a été isolé par 
Geiger et Hesse, en 1833, et probablement préparé à Tétat 
de pureté par Hôhn et Reichardt en 1872. Ladenburg a 
démontré en 1880 Tisomérie de Thyosciamine et de l'atro- 
pine ; il a aussi trouvé un autre alcaloïde, Thyoscine. 

La teneur en alcaloïde des graines de jusquiame résul- 
tant de certains travaux (Thorey a trouvé 0,08 à 0,16 
p. 100 dans les graines sèches) a fait considérer celles-ci 
comme étant la partie la plus active de la plante ; toutefois 
la Pharmacographia indique seulement une teneur de 0,05 
p. 100. 

C'est pour résoudre ce problème que l'auteur a entre- 
pris ses recherches faites sur des graines provenant de 
Hyoscyamus niger bisannuel, poussé à Hitchin. Il est très 
difficile de retirer les alcaloïdes par lin procédé rapide, à 
cause de la présence de l'huile contenue dans les graines. 
Le procédé employé a été le suivant : une lixiviation long- 
temps prolongée a été faite dans un percolateur à Taide 
d'alcool méthylique ordinaire à 64^ L'alcool a été ensuite 

(1) Pharmaceutical Journal ^ n* 1107, septembre 1891. 



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— 65 — 

évaporé à une température ne dépassant pas 78*. Après 
refroidissement Thuile s'était séparée du résidu extractif. 
L'huile a été décanlée et lavée avec de Teau acidulée par 
Tacide chlorhydrique. Le résidu extractif a été dissous 
dans de Teau acidulée chaude, à laquelle on a réuni les 
eaux de lavage précédentes. La solution, rendue faiblement 
alcaline par Tammoniaquet a été agitée par le chloroforme. 
Après séparation de la couche chloroformique, celle-ci a 
été traitée par de l'acide chlorhydrique dilué qui a enlevé 
les alcaloïdes. La solution chlorhydrique rendue de nou- 
veau alcaline par l'ammouiaque, a été agitée avec du 
chloroforme, et celui-ci a donné, par évaporalion, un 
résidu cristallin très faiblement coloré. Afin de déterminer 
le degré de pureté de l'alcaloïde ainsi obtenu, on a dissous 
0,05 de celui-ci, préalablement desséché dans un dessic- 
cateur, dans de l'acide chlorhydrique très dilué, et la 
solution a été traitée par de l'iodure de potassium ioduré ; le 
précipité a été réuni sur un filtre, lavé et dissous dans 
une solution d'hyposulflte de soude ; l'ammoniaque ajouté 
à cette solution a mis en liberté l'alcaloïde qui a été enlevé 
par le chloroforme et celui-ci a donné par évaporalion un 
résidu cristallin qui, après dessiccation, pesait 0,0495 : le 
résidu original était donc pur. 

150«' de poudre de graines de jusquiame, traitée comme 
il vient d'être dit, oût donné 0,0805 d'alcaloïde, c'est-à-dire 
0,054 p. 100. Mais comme cet échantillon renfermait 
7 p. 100 d'eau, la correction donne 0,058 p. 100. 

L'huile représentait 18,8 p. 100 de la graine sèche ; elle 
^st d'une couleur brune olive foncée et a une densité de 
€,935; elle est soluble dans l'éther, le chloroforme, l'alcool 
absolu, l'éther de pétrole et la benzine. 

Il semble résulter de ce travail que la graine de jus- 
quiame n'est pas si riche eu alcaloïdes qu'on le croyait, et 
d'autre part, la présence de l'huile la rend peu propre aux 
usages pharmaceutiques. E. G. 



4oMr». de Phêrm. ei de Ckim., 5' série, t. XXV. (15 janvier 181 i\ 



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— 66 — 

Sur la richesse en alcaloïdes de quelques jusquiames 
du commerce; par M. W. Gerhard (1). — L*auteur a eu 
occasion de doser les alcaloïdes contenus dans différents 
échantillons de jusguiame du commerce et a trouvé les 
résultats suivants : 

Total des alcaloïde» 
Provenance. Partie employée. pour 1000. 

Allemagne. ... La plante annuelle entière. .... 0,295 
France Feuille de première année de la 

plante bisannuelle 0,398 

Angleterre . . . Feuille de première année de la 

plante bisannuelle 0,390 

Angleteri*e . . . Feuille de deuxième année do la 

plante bisannuelle 0,45t 

Le procédé suivi pour le dosage a consisté à préparer 
tout d'abord avec 1^« de la plante un extrait alcoolique : 
les alcaloïdes ont été mis en liberté par Tammoniaque et 
agités avec du chloroforme. La solution chloroformique 
évaporée a donné, comme résidu, les alcaloïdes bruts qui 
ont été dissous dans Téther et enlevés à celui-ci par 
l'acide chlorhydrique. Ces alcaloïdes, mis de nouveau en 
liberté par Tammoniaque, redissous dans Téther ont, après 
évaporation de celui-ci, constitué un résidu basique qui a 
été titré par une solution d'acide chlorhydrique dont 
chaque centimètre cube neutralisait 0,289 de base, hyos- 
ciamine ou atropine, car leur pouvoir basique est le 
même. 

Il résulte des chiflres précédents que la richesse des 
feuilles de jusquiame en alcaloïdes varie avec l'âge. 

D'après d'autres analyses de l'auteur, les feuilles récol- 
tées récemment et desséchées avec soin lui avaient donné 
0,665 p. 1.000 d'alcaloïdes, tandis que les feuilles vieilles 
ne lui donnaient plus que 0,383. Une telle différence ne 
peut être attribuée à l'influence de la localité ni aux con- 
ditions de la croissance de la plante, car les deux échan- 
tillons anglais cités plus haut, mais déjà vieux, avaiept 
poussé dans le même pays qu'un troisième qui, analysé 
trois ans plus tôt, avait donné 0,600 p. 1.000. 

(1) Pharmaceulical Joumai, n"* 1107, septembre 1891. 



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— 67 — 

La conclusion est que Ton ne doit employer pour les 
usages pharmaceutiques que les feuilles de jusquiame 
bien conservées, d'une couleur brillante, tandis qu'on doit 
rejeter les feuilles de couleur foncée trop varialîles dans 
leur teneur en alcaloïdes. E. G. 



Note sur ressence de cannelle (1). — Le professeur 
E. Schmidt signale ce fait que Tessence fournie par les 
feuilles de Tarbuste est formée, pour la presque totalité, 
d'eugénol pur, avec un peu de terpène et d'aldéhyde cin- 
namique. L'essence tirée de la racine contient aussi de 
Teugénol et du terpène, mais avec une forte proportion de 
safrol et de benzaldéhyde. L'huile de l'écorce difTère de 
Tune et de l'autre des deux essences précédentes, en ce 
qu'elle est constituée par un mélange d'aldéhyde cinna- 
mique et de terpène. 



L'essence de myrte; par M. Bartolotti (2). — De» 
feuilles vertes et des rameaux de myrte, l'auteur a obtenu 
0,56 p. 100 d'essence d'odeur franche et de couleur vert 
émeraude. La première partie de la distillation était de 
réaction neutre ; et la dernière, acide, fut neutralisée par 
le carbonate de baryte. Par une nouvelle distillation, la 
partie neutralisée se divisait en quatre fractions, bouillant 
entre 152 à 160% 160 à 162% 162 à 165*> et 165 à 180^ La 
première fraction, au plus bas point d'ébuUition, présen- 
tait l'odeur très prononcée du myrte ; les trois autres une 
odeur de menthe, et cela d'autant plus que le point d'ébul- 
lition est plus élevé. La première partie du liquide distillé 
originel, après purification par distillation, avait pour den- 
sité 0,881. Le liquide incolore, assez mobile, ne laissait 
déposer aucune partie solide, môme à — 10^. La réaction 
acide de la seconde partie du liquide distillé originel est 
attribuée à l'acide acétique. 

- {A) Monit.-êeientif.f Jioyembre i9lêi, 
(2) Répertoire de pharmacie , octobre 1891. 



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— 68 — 

D*aprè8 l'auteur, Tessence de myrte paraît être un com- 
posé de deux substances bien définies, dont Tune est un 
hydrocarbure terpénique, ayant pour formule C"H', 
appartenant au second groupe de la classification de Wal- 
lach, soit aux terpènes proprement dits. Ce serait un iso- 
mère deTessence de térébenthine, bouillant à 154-155^ et 
c'est lui qui donnerait à l'essence de myrte son odeur ca- 
ractéristique. L'autre est un corps oxygéné bouillant à 
175-176", d'odeur agréable de menthe poivrée, contenu 
dans les dernières parties de l'essence, quand on la soumet 
à la distillation fractionnée. Il a pour formule C*®H"0 et 
il serait donc un isomère du camphre. 

Le nom de myrioly sous lequel on désigne communément 
l'essence de myrte du commerce, est impropre, parce que, 
jusqu'à ce jour, on n'avait pas constaté de corps oxygéné 
dans sa composition et que ce nom ne convient pas au 
essences hydrocarburées. On aurait pu l'appeler myrtène, 
mais encore ce nom serait-il aussi impropre, l'essence de 
myrte n'étant pas constituée par un seul hydrocarbure, 
mais bien, comme la majeure partie des essences, par un 
mélange de corps hydrocarbures oxygénés. 



Huile de graines de tilleul; par M. Mueller (1). — Le? 
graines du tilleul, malgré leur dureté, se laissent faci- 
lement couper au couteau; très pauvres en amidon, elles 
renferment une quantité considérable de corps gras. L'au- 
teur a extrait l'huile de ces graines ; il a récolté une assez 
grande quantité de fruits du tilia iniermedia; difficiles à 
ouvrir lorsqu'ils sont frais, il se laissent aU contraire aisé- 
ment dépouiller de leur péricarpe lorsqu'on les fait sécher 
à l'air et qu'on les roule dans un linge. Les graines ainsi 
dépouillées de la cosse, ont été moulues dans un vulgaire 
moulin à café; elles donnent une poudre grossière d'un 
brun grisâtre ou presque violacé. On les a ensuite épuisées 
par l'éther de pétrole qui prend aussitôt une coloration 



(1) Ann. agron.f 25 septembre 1S91. 



k 



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— 69 — 

jaune intense et abandonne, après évaporation, une grande 
quantité d'une huile jaune, rappelant Thuile de provence, 
et qui a reçu le nom d'huile de tilleul. 10*' de graines 
inondées donneraient 5«',8 d'huile, soit 58 p. 100. 

Les graines du tilleul appartiennent, comme on voit, 
aux plus riches qui existent; seules les graines du BerthoU 
letia excelsa (67,65 p. 100), du cocotier (67 p. 100), du cou- 
drier (6^,39 p. 100), et de ÏAleun'ter tuliôa{6l,U p. 100) en 
renferment davantage, alors que nos gi*aines oléagineuses 
ordinaires, colza (42,23 p. 100), de navette (33,53 p. 100) 
restent bien au-dessous de celles du tilleul. 

Quant à sa saveur et à sou aspect, l'huile de tilleul res- 
semble à la meilleure huile d'olive; elle est exempte de 
toute saveur amère ou aromatique, elle appartient aux 
huiles non siccatives; abandonnée k elle-même pendant 
cinq semaines dans une capsule ouverte, elle ne change 
ni de goût, ni de consistance, elle ne rancit pas et ne 
se résinifle pas en présence de l'oxygène de l'air. 

L'acide ^Ifurique, ajouté à l'huile de tilleul dans un 
tube à essai, s'échauffe fortement et donne une coloration 
brun rouge foncé. Quelques gouttes d'acide azotique d'une 
densité de 1,4, agitées avec l'huile, donnent une émulsion 
gris verdâtre d'où l'acide s'échappe par le repos sans avoir 
pris de coloration, tandis que l'huile elle-même brunit 
bientôt, mais moins qu'avec l'acide sulfurique. Si on 
soumet l'huile à l'épreuve de l'élaïdine, en la traitant par 
l'acide azotique et quelques gouttes de mercure, les va- 
peurs d'acide hypoazotique fout monter toute la masse en 
une écume jaune orangé, bientôt il se dépose un gâteau 
savonneux orangé qui se conserve pendant des semaines. 

La saponification avec la lessive de soude produit un 
savon jaunâtre, cristallisant en longues aiguilles jaunes 
dans Talcool. 

L'huile de tilleul résiste sans se figer à la température 
très basse (21*,5 au-dessous de zéro) produite par un mé- 
lange de neige et de sel marin. 

Nous profiterons de cette occasion pour apprendre que 
les Japonais retirent de l'huile des graines d'un arbre gui 



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— 70 — 

frucli&e abondamment en France, le Paulownia ifnperialis. 
Depuis quelques temps, cette huile parait sur le marché 
de Londres ; il serait bon d'en essayer l'extraction chez 
nous aussi bien que celle de Thuile de tilleul. Au Japon, 
rhuile de Paulownia sert à boucher les trous, les pores 
du bois destiné à être recouvert de laque, à peindre le bois 
pour le soustraire à l'action de Thumidité, à calfater les 
embarcations, etc. C'est la plus siccative de toutes ces 
huiles. Elle se solidifie rapidement au soleil dans un 
flacon bouché et entièrement rempli. 



Préparation d'un nouveau principe retiré de l'huile de 
sésame; par M. J.-F. Tocher (1). — M. J.-F. Tocher a 
retiré lie l'huile de sésame un produit qui n'y avait pas 
encore été rencontré et qu'il a isolé de la manière sui- 
vante. 

On mélange 10 parties en volume d'huile de sésame 
avec 7 parties en volume d'acide acétique cristallisable et 
on agile vigoureusement de temps à autre, puis on laisse 
reposer. On décante alors l'acide dans une capsule de por- 
celaine et on l'évaporé entièrement au bain-marie ; on 
reprend le résidu qui est gélatineux, transparent et d'un 
jaune d'ambre par de la potasse caustique chaude, on 
l'abandonne pendant douze heures en agitant souvent. 

Le précipité, qui s'est formé au bout de ce temps-là, est 
chauffé à ébullition avec de l'acide chlorhydrique, puis on 
lave sur un filtre jusqu'à ce qu'il soit absolument débar- 
rassé d'acide. 

Le corps, ainsi oblenu, cristallise de l'alcool chaud en 
longues aiguilles fondant à 117-M8« centigrades, solubles 
dans le benzol, le chloroforme, l'acide acétique cristalli- 
sable, etc., insolubles dans l'eau, les alcalis et l'acide chlo- 
rhydrique. 

L'huile de sésame renferme jusqu'à 0,04 p. 100 de celte 

(1) Chemiker Zeiiung, t. XIX, tS90; Chemisches Repertorium^ d*api*cs 
Monit, scientif.f octobre 1891. 



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— 71 — 

substance, elle est neutre, elle donne avec l'acide nitrosul- 
furique une coloration verte qui passe ensuite au rouge 
clair. 

Elle est composée de 30,53 p. 100 de carbone, de 5,43 
p. 100 d'hydrogène et d'oxygène ; elle ne représente ainsi 
aucune des substances trouvées jusqu'ici dans l'huile de 
sésame. 



La production de la scammonée dans la Turquie 
d'Asie (1). — La résine de scammonée, qui est fournie par 
une variété de convolvulus ou plante grimpante, est récol- 
tée en quantités considérables aux environs d'Alep et des 
autres villes du nord de la Syrie. 

Vers le mois de juillet ou d'août, dit le consul de France 
à Alep, des incisions sont pratiquées dans les racines, qui 
laissent exsuder un suc laiteux, qu'on recueille dans des 
coquilles, d'où il est transvasé dans de larges potiches en 
terre, qu'on expose alternativement au soleil et au vent, 
dans le but de dessécher le produit et de le rendre propre 
à la vente. On a fréquemment trouvé, mélangées au suc, 
des substances étrangères ajoutées au cours de l'opération, 
et cette manœuvre a pour efTet d'en modifier considérable- 
ment la valeur marchande. En raison des pertes éprouvées 
par nombre d'acheteurs, qui avaient reçu des marchands 
de la Syrie une scammonée de qualité inférieure, cette 
gomme-résine ne donne présentement lieu qu'à un trafic 
restreint avec l'Europe, et encore sous la réserve que c'est 
aux risques et périls des consignataires que la scammonée 
est embarquée pour l'Europe, aux fins d'exposition sur les 
marchés, pour attirer les acheteurs. L'exportation de la 
bonne scammonée, par le port d'Alexandrette, en 1890, 
s'est élevée au chiffre de 1.500^*, dont la totalité a été 
livrée aux maisons de droguerie de France, d'Angleterre, 
d'Allemagne et d'Italie. Ce dernier pays reçoit de Smyrne 
la scammonée en gâteaux, comme de la cire, emballés 
dans des caisses pesant de 75 à 125 livres chacune. Il se 

(1) Joum. of the Soc, o farts, d'après Monii. scientif.f octobre 1891- 



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— 72 — 

lent un négoce considérable- des racines de 
, récoltées en septembre et en octobre, qu'on 
ir place avant de les livrer au commerce. En 
rtation des racines par Alexandrette a atteint 
ont la moitié a été livrée en France et le reste 
rre pour être transité en Amérique. Pendant le 
mnée les prix se sont maintenus entre 45 et 
10*'» rendus franco à destination. 



rtificiel (1). — A la dernière assemblée générale 
ition bavaroise des représentants de la chimie 
M. Th. Weigel, pharmacien, a parlé d'un pro- 
dans le commerce sous le nom de miel de sucre, 
n succédané du miel naturel. Ce miel artificiel, 
op, serait composé d'eau, de sucre inverti, d'un 
)stance minérale et d'acide libre. Il aurait le 
eur du miel naturel. 

e chimique n'a fait découvrir dans la compo- 
roduit aucun élément qui ne soit pas dans le 
beilles. Il n'y a ni dextrine, ni saccharose, ni 
3stance anormale. En un mot, c'est une imi- 
ien faite, qu'elle ne se distingue en rien du 
ble, tout en revenant bien moins cher, 
lyser confirme ces données et ajoute que si la 
du miel artificiel restait entre de bonnes mains, 
it onéreux les soins minutieux de l'apiculture, 
ûUe ne nous resterait indispensable que pour la 
de la cire. 



ixation de razote libre par les plantes; par 

3CHL0ESING fils et Em. Laurent (2). — Nous 
connaître les résultats des expériences de ces 



itemalionale des falsifications, 
rc, CXIII, 776, 1891. 



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— 73 — 

auteurs concernant la fixation de l'azote libre par lés légu- 
mineuses. Leurs études ont été étendues, cette année, à 
des représentants d'autres familles botaniques; ils s'ex- 
priment ainsi : 

La méthode à laquelle nous avons recours, pour savoir si la fixation se 
produit et pour Tévaluer, consiste à mesurer directement Tazote gazeux au 
commencement et à la fin de chaque expérience, et à comparer les deux 
mesures. Cette méthode directe est, d'ailleurs, contrôlée par la méthode 
indirecte fondée sur le dosage de Tazote : 1* avant culture, dans le sol et les 
graines et, 2^, après culture, dans le sol et les plantes. La première méthode 
a une incontestable supériorité, quant à la démonstration de Torigine de 
l'azote fixé, s*il s*cn fixe, et c'est \h précisément la raison qui nous a décidés 
à en faire usage malgré les difficultés d'exécution qu'elle comporte. Nous 
avons indiqué comment, l'an passé, nous l'avons mise en pratique. 

En dehors du choix des plantes, les dispositions prises cette année n'ont 
guère été différentes que sur un point de quelque importance, qui est relatif 
au sol. Ignorant sous quelles influences les plantes autres que les légumi- 
neuses absorberaient Tazote libre, si toutefois elles en avaient la falculté, 
nous ne pouvions, comme avec les légumineuses, mettre en œuvre des sols 
stérilisés et pourvus ensuite de certains microbes. Il nous importait d'em- 
ployer, au contraire, dos terres naturelles et de ne rien leur retrancher de 
ce qui, dans les conditions ordinaires, pouvait concourir au phénomène de la 
fixation. Nous avons même voulu y introduire les divers organismes qui se 
rencontrent communément dans de bonnes terres. 

Pour chaque expérience, le sol a été composé de 2.000^ ou 2.500"»' d'une 
terre sableuse, pauvre, provenant de Montretout, à laquelle on a ajouté 2s',5 
de calcaire et ^^' d'un mélange de plusieurs terres riches (terre de jardin, 
terres ayant porté des graminées, du trèfle, des lupins, des fèves) ; puis il a 
reçu un certain volume d'une solution minérale nutritive, additionnée dans 
divers cas d'un peu de nitrate de potasse. Les graines une fois semées, on a 
versé à la surface du sol 5^* d'un liquide obtenu en délayant 5>' du mélange 
de terres ci-dessus avec 20^ d'eau distillée. Des expériences témoins ont 
été établies, absolument identiques aux autres, si ce n'est qu'on n'y a point 
semé de graines. 

Dans une première série d'expériences il paraissait y 
avoir eu fixation d'azote par l'avoine, le tabac, mais la sur- 
face du sol s'était peu à peu et à divers degrés recouverte 
de mousses et d'algues ; ils ont repris ces essais en évitant 
le développement de ces plantes vertes inférieures en 
recouvrant la terre d'une couche de quelques millimètres 
de sable quartzeux calciné. 



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— 74- 


- 






, 250<" d*€au. — Point dé plante» vertes inférieures. 


Méthode directe. 






Azote gaz 


eux. 






en plus 


lilial. final. 


au début. 


à la fin. 


lOM 3100^5 


0,8 


= iTo 




023,9 Extraction des gaz manqué 


C 


103,3 2996,2 


107,1 


= 134,6 


)» 


S03,l 3505,2 




» 


2,1 = 2,6 


185,7 3488,7 




» 


3,0 = 3,8 


177,5 3479,4 




» 


1,9 = 2,4 


Méthode indirecte. 




Azote 








final 




en plus 


e. total. sol. 


récolte. 


total, au 


début, à la fin 


ing mr 
190,6 194,6 


ô^ 


194,1 


7 ro 


193,6 177,1 


18,4 


195,5 


1,9 


223,2 195,1 


170,5 


365,6 


» itM 


194,4 174,7 


17,3 


192,0 


2,4 . » 


206,4 179,8 


28,6 


208,4 


» 2,0 


204,9 198,0 


10,2 


288,2 


» 3,3 



les deux méthodes est satisfaisante. 

les auteurs sont les suivantes : 

ies vertes inférieures qui peuvent em- 

azeux à l'atmosphère ; 

lions de ces expériences, les sols nus, 

de, le cresson, la spergule, n*ont point 

L quantité mesurable ; il est vérifié une 

ns les mêmes conditions, les pois sont 

e larges emprunts à Tazote atmosphé- 



rome dans les États-Unis (1). — L'in- 

V, p. 702, 1891, d*après Journal of Society of 
H, p. 65. 



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— 75 — 

ëustrie du brome prit naissance, en 1846, à Freepoi-t, Pa, 
sous la direction du docteur David Âlter. Après avoir été 
abandonnée, puis reprise en même temps à Tarentum, on 
a abandonné, depuis 1874, la fabrication du brome dans 
ces deux villes. En 1871, une usine fut montée à Canal 
Dovert-Ont, elle est encore en activité. 

Le brome est aussi produit commercialement à Pomeroy 
et Tuscawaras, Valley-Ohio, et dans les provinces de la 
Pensylvanie occidentale, West-Virginia et Michigan. 

Le brome est un sous-produit important dans Tin- 
dustrie du sel ; il se trouve à Tétat de bromure dans les 
eaux mères. On le prépare en traitant ces eaux mères par 
l'acide sulfurique et un agent oxydant : bioxyde de man- 
ganèse ou chlorate de potasse. A Canal Dovert, dans le 
district de Tuscaw^aras Valley, la proportion de brome que 
Ton retire est de 2^,7 de brome pour 7 barils de sel; à 
Pomeroy de 0^,450 pour 1 baril de sel. 
. Plus des deux tiers du brome produit est employé à la 
fabrication des bromures de potassium et de sodium dont 
on se sert en médecine et pour la photographie ; le reste 
est utilisé dans l'industrie des matières colorantes. La 
grande efficacité du brome, comme désinfectant, com- 
mence aussi à le faire rechercher pour cet usage. C'est 
ainsi qu'à Johnstown, après l'inondation qui fit des ra- 
vages dans cette ville en 1889, on employa plus de trois 
tonnes de brome comme désinfectant. 

L'industrie du brome commença dans le district de Mi- 
chigan, en 1885, à Midland (Midland County), où on traitait 
des eaux mères contenant 4,2 p. 100 de brome. La pro- 
duction de l'usine de Midland atteint maintenant (1890) 
le 1/8 de la production totale du brome dans les États-Unis 
d'Amérique. Grâce à une entente entre les producteurs, le 
pvix du brome s'est accru sensiblement depuis 1885 où il 
était tombé à 3 francs le kilog. pour atteindre, en 1890, 
4',50, 4',55. La production peut se répartir ainsi à l'heure 
actuelle : Michigan, 18 tonnes, Pensylvanie, 31,5 tonnes, 
Ohio et Virginia, 90,5 tonnes, ensemble 140 tonnes environ 
représentant une valeur de plus de 800.000 fi^ancs. 



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— 76 — 

La consommation de la pyrolusite (bioxyde de man- 
ganèse naturel) est de 181.226 tonnes pour une production 
annuelle de 140 tonnes de brome, soit environ 0^,7 à 0^,9 
de bioxyde de manganèse pour 0^,450 de brome. Sauf dans 
les usines de Michigan où on emploie le chlorate de po- 
tasse, c'est partout le bioxyde de manganèse qui sert 
d'agent oxydant. Là richesse en chlorure de calcium des 
eaux mères, traitées dans les usines de Michigan, a rendu 
nécessaire l'emploi du chlorate de potasse; ayant moins 
d'acide sulfurique à ajouter, il se précipite aussi moins de 
sulfate de calcium. 

En 1887, on a encore importé en Amérique environ 
30 tonnes de brome représentant une valeur de 90.000 francs ; 
depuis cette époque le pays se suffit à lui-même et les 
importations de brome ont cessé. 



Nouveau procédé de dosage de l'amidon; par M. Bau- 

DRY. — Le principe de la nouvelle méthode repose sur les 
faits suivants : 

1° Les acides salicylique et benzoïque solubilisent com- 
plètement à chaud l'amidon ; 

2^ L'amidon solubilisé possède la propriété de dévier à 
droite le plan de polarisation de la lumière ; 

3* La déviation est proportionnelle à la quantité d'ami* 
don solubilisée pour une même épaisseur de liquide ob- 
servé. 

Pour analyser les fécules, on pèse 3«',321 de la fécule à 
essayer qu'on introduit dans un ballon allant au feu et 
jaugé à 200** avec environ 80-90«' d'eau. On y ajoute 0»',48 
à 0«',50 d'acide salicylique et l'on fait bouillir jusqu'à dis- 
solution complète de Tamidon, c'est-à-dire environ pendant 
vingt à vingt-cinq minutes. Après ce temps, on ajoute de 
l'eau froide jusqu'au volume de 190«« environ et l'on fait 
refroidir le ballon. Au bout de quinze à vingt minutes, on 
ajoute 1**,5 d'ammoniaque, on jauge exactement à 200** 



(1) Revue internationale des falsifications. 



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— 77 — 

et Ton agite ; il ne reste plus qu'à filtrer et à polariser. 

Le liquide observé dans un tube de 400™"* donne direc- 
tement la teneur en amidon anhydre de Féchantillon es- 
sayé, en employant un saccharimètre dont lOO'^sacchari- 
métrique = 10«' de saccharose (échelle Vivien). 

Si le saccharimètre employé était, celui de Laurent, 
dont le poids normal de suci% cristallisable serait 16*% 19 
on ne devra opérer que sur un poids de 2«',688. 

Dans ce cas, le nombre de degrés ou de dixièmes de de- 
gré lu sur Téchelle, multiplié par 2 donne la richesse 
pour 100 en amidon ou fécule. 



Acide tartrique (1). — M. Mante-Legré a établi, dans sa 
fabrique de Marseille, un procédé breveté, par M. Gladysz, 
qui consiste à remplacer, dans le traitement des lies, l'acide 
chlorhydrique par l'acide sulfureux. Cet acide est obtenu 
par l'action du cuivre sur l'acide âulfurique concentré qui 
est réalisée pour fabriquer le sulfate de cuivre. 

Ce nouveau système permet de traiter économiquement 
les lies pauvres ne contenant que 13 à 15 p. 100 d'acide tar- 
trique. 

La série d'opérations par lesquelles on passe est la sui- 
vante : 

1*^ Concassage des lies ; 

2*» Lixiviation ; 

3*> Évaporation de l'acide sulfureux et précipitation des 
sels tartriques ; 

4*^ Condensation de l'acide sulfureux ; 

5* Séparation des sels tartriques. 

1^ Concassage des lies. — Les morceaux doivent avoir une 
grosseur déterminée ; le calibrage des grains varie de ir> 
à 20"". Les poussières du concassage et du blutage, pour 
pouvoir être utilisées, sout agglomérées. 

2*^ Lixiviation. — Le traitement par Tacide sulfureux se 

(1) Cet article est rédigé d'après un rapport très intéressant de M. Lcquia 
•sur rindastric chimique. 



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— 78 — 

fait dans des bacs doublés de plomb, groupées par séries 
de cinq ou six ; répuisement est couduit méthodiquement. 
Les eaux fortes à 10 ou 12® Baume sont envoyées aux appa- 
reils distillatoires, et les petites eaux sont montées sur des 
tours de condensation de lacide sulfureux. Quand les 
liqueurs marquent 1® Baume on arrête le lessivage et on 
enlève les marcs à la pelle; Après simple dessiccation à 
Tair, ces résidus peuvent être livrés comme engrais ; ils 
contiennent 3 à 5 p. 100 d'azote. 

S*» Évaporation de tacide sulfureux et précipitation des sels 
tartriques, — Les eaux fortes sont reçues dans des chau- 
dières en plomb fermées communiquant avec les tours de 
condensation. La capacité de chaque cuvette est de 2.500 
à 3.000 litres. On chauffe à la vapeur jusqu'à TébuUition 
pour chasser Tacide sulfureux. Quand le dégagement est 
terminé, on écoule le liquide dans de vastes bassins de 
peu de hauteur doublés de plomb. Par refroidissement le 
tartrate se précipite pur. 

4* Condensation de Vacide sulfureux. — L'acide sulfureux, 
au sortir des chaudières, passe dans des réfrigérants à eau 
froide et de là dans des tourelles en plomb garnies de coke, 
de 14*" de hauteur ; l'alimentation se fait partie avec des 
petites eaux provenant du lessivage, partie avec de l'eau 
pure. 

5* Séparation des sels tartriques, — Quand on opère sur 
des lies ne contenant que du tartrate de chaux on obtient 
finalement un précipité ne renfermant que ce sel ; mais si 
elles contiennent du tartrate et du bitartrate de potasse on a 
un mélange salin qui, traité par du carbonate de chaux et du 
chlorure de calcium, donne la totalité de l'acide tartrique 
à l'état de tartrate. Dans le cas où on voudrait isoler la 
crème de tartre, il suf&t de traiter ce mélange salin par 
l'eau à 120-125® sous pression; le bitartrate seul se dissout. 

Le tartrate de chaux obtenu dans les deux cas est grenu, 
peu coloré, se lave facilement et sèche bien. On fait ce 
lavage dans des essoreuses et le sel retiré ne renferme plus 
que 15 à 16 p. 100 d'eau. 

L'acide sulfureux employé dans ce procédé est cons- 



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— 79 — 

tamment récupéré ; les pertes inévitables sont eompensée& 
par les gaz provenant de la fabrication du sulfate de 
cuivre. 

En hiver cette perte est relativement faible ; elle atteint 
à peine 15 p. 100 du poids de Tacide tartrique produit ; eu 
été elle peut doubler. 

6<» Extraction de V acide tartrtqui, — Le lartrate de chaux ^ 
décomposé par Tacide sulfurique, donne des liqueurs fai- 
blement colorées qu'on passe sur du noir animal ; elles- 
donnent de Tacide tartrique cristallisé et marchand par 
une seule cristallisation. Grâce à la pureté des tartrates^ 
les pertes par les eaux mères sont plus réduites qu'avec le- 
procédé ordinaire. 

En Espagne j'ai vu fonctionner une fabrique d'acide 
tartrique, à la Rioja, et il y en a plusieurs autres dans le& 
centres vinicoles. On le relire soit de la lie fraîche ou 
sèche, soit des marcs. 

La lie fraîche est distillée. Le résidu, encore chaud, resté- 
dans la cucurbite, est écoulé dans une cuve où il est traité 
par l'acide chlorhydrique étendu qu'on maintient à l'ébul- 
lition jusqu'à dissolution, puis il est soumis au repos dans^ 
une autre cuve où on précipite l'acide tartrique à l'état de- 
tartrate par le carbonate de chaux. 

La lie sèche est traitée directement par l'acide chlorhy- 
drique. 

Quand au marc de raisin épuisé on le distille avec des* 
eaux mères des traitements antérieurs ^t on jette le résidu 
chaud sur des toiles métalliques disposées sur des cristal- 
lisoirs. Après le refroidissement prolongé on décante l'eau 
mère qui rentre dans la fabrication. 

Si le vin n'était pas plâtré ou s'il l'était faiblement le 
dépôt est cristallin et il est constitué par du tartre. Si le 
vin était fortement plâtré on trouve au fond des cristalli- 
soirs une matière sableuse qui est constituée surtout par 
du tartrate de chaux. 

Ces fabrications d'acide tartrique sont florissantes, en 
Espagne, depuis qu'on a dû renoncer au plâtrage forcé 



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— 80 — 

parce que rintroduction d'une certaine dose de cet acide 
éclaircit le vin, améliore sa couleur et facilite sa conser- 
vation. 

Il est bon que les chimistes, qui sont chargés d'analyses 
de vins, sachent ce fait et portent leur attention sur le do- 
sage de l'acide tartrique. A. R. 



Bacille d*Eberth et bacille coli communis; par MM. Ro- 

DET, G. Roux et Vallet; Chantbmesse et Widal; Du- 
bief; Wubtz. — MM. Rodet et G. Roux sont arrivés 
individuellement, le premier par Tétude d'une grave 
épidémie de fièvre typhoïde à Gluny, le second par 
l'examen de l'eau de puits d'une maison de Lyon, où la 
fièvre typhoïde sévissait, à douter que le bacille d'Ëberth 
fût l'agent unique de l'infection de l'eau. 

Ils se réunirent pour étudier de plus près la question, et 
ils ont annoncé que des cultures préparées avec des selles 
de typhiques, fournissaient immédiatement et exclusi- 
vement le B, coli, et que, dans d'autres eas, le B. coli 
existait dans l'intestin et le B, dEberth dans la rate. 

Ils ont passé en revue tous les caractères donnés par les 
divers auteurs, et ils arrivent à conclure qu'il n'y a pas de 
signe différentiel certain qui permette de les distinguer 
l'un de Tautre, que ces deux microorganismes constituent 
deux variétés dissemblables dans les circonstances les plus 
ordinaires, mais que ces deux types classiques se relient 
l'un à l'autre par un anneau ininterrompu de formes in- 
.termédiaires. 

Pour eux, le B. coli possède la propriété de donner nais- 
sance à la fièvre typhoïde, et ils basent cette opinion sur 
diverses expériences de M. Vallet; le B. coli, extrait de 
matières fécales en fermentation, a une action pathogène 
.sur le cobaye plus intense que ce bacille trouvé dans 
l'homme sain, et même que le B. d'Ëberth retiré de la 
rate d'un typhique. 

Le B. coli se développe abondamment dans le liquide 
filtré des fosses d'aisance et revêt diverses formes du 



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— 81 — 

B. d'Eberth, lequel ne vit que difficilement dans ce liquide. 
D*où Fauteur conclut que ce n'est pas le B. d'Eberth qui 
pullule dans les fosses d'aisances, mais la variété viru- 
lente du B. coli, et par suite que les eaux potables ne sont 
pas d'ordinaire souillées par le premier, mais par le 
second. 

MM. Rodet, Roux et Vallet ne contestent pas cependant 
que la présence du B. d'Eberth ne puisse causer la fièvre 
typhoïde. 

L'homme recèle, habituellement, dans Tintestin le 
B. coli; dans certaines circonstances, le surmenage par 
exemple, il peut s'introduire dans la muqueuse intestinale 
et dans le sang : ce qui amènera le développement d'une 
fièvre typhoïde. M. Macé a constaté la présence de ce bacile 
dans la rate d'une personne morte de la fièvre typhoïde. 

M. Vallet ayant filtré du liquide de fosse d'aisances de 
façon à le débarrasser de tout microbe, a étendu ce liquide 
avec de l'eau et Ta donné à des lapins et à des cobayes qui 
n'ont pas paru en être affectés ; puis il leur a inoculé des 
cultures du B. coli et du B. d'Eberth. Ces animaux ont 
résisté mieux que des animaux non préparés : ce qui sem- 
ble montrer que l'injestion des liquides sécrétés par ces 
bacilles donne une certaine immunité. Ce fait permettrait 
d'expliquer la résistance à la fièvre typhoïde constatée 
chez de jeunes soldats qui venaient d'une ville où ils 
avaient dû boire une eau souillée par les toxines du B. coli 
et du B. d'Eberth. 

MM. Ghantemesse et Vidal affirment de leur côté que le 
B. coli, quelles que soient son origine, son âge, son degré 
d'énergie, qu'il ait vécu à l'air ou non, qu'il ait été chauffé 
à 59^ ou qu'il se soit développé à la température ordinaire, 
se diCTérencie nettement du B. d^Eberth, parce qu'il déter- 
mine la fermentation des sucres, et que le B. d'Eberth ne 
produit pas cette action. 

11 sufllt, disent-ils, pour en acquérir la preuve, d'intro- 
duire une culture de B- coli dans un bouillon additionné 
de carbonate de chaux et de lactose : il se dégage bientôt 
-des bulles de gaz formées d'hydrogène et d'acide car- 

Jow. iê Phërm. gi de CMm., 5* sérib, t. XXV. (15 janTier 189i}. 6 



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— 82 — 

it le lactose disparaît totalement si Ton prend la 
L d'ajouter successivement du carbonate de 
r neutraliser Tacide qui se forme, 
après ces savants, l'acide ainsi formé qui déter- 
lagulation du lait ensemencé avec le B. coli. 
pareil ne s'observerait avec le B. d'Eberth. 
ef conteste les expériences de MM. Ghantemesse 
t soutient que le B. d'Eberth fait fermenter le» 
tout au moins le glucose aussi activement que 
. Quant au lactose, la production de Facide 
sment plus forte avec le premier de ces microbes 
second, mais il y a fermentation dans les deux 

z (2), laissant de côté la coagulation et la fermen- 
îcupe exclusivement de la production et de la 
îtion de l'acide lactique et, à cet effet, il fait agir 
acilles sur de la gélose lactosée à 2 p. 100 en 
3 la teinture de tournesol. En semant les bacilles 
.nge violet, on observe, en moins de vingt-quatre 
i différences caractéristiques. Le B. coli rougit 
a donne naissance à des bulles de gaz nom- 
ndis que le B. d'Eberth laisse la gélose teinte 
is dégagement de gaz. 

s indique un deuxième caractère différentiel, 
dans deux tubes de la gélose lactosée et colorée 
ol, et on les laisse huit ou dix jours à l'étuve 
ratte soigneusement ces tubes avec un couteau 
de façon que la surface inclinée soit lisse et 
te. On dépose sur l'un ime culture de B. d'E- 
r l'autre une de B. de coli. Au point où ce der- 
insemencé, dès le lendemain, on voit apparaître 
bleu et gommeux entouré d'une auréole rouge, 
àte lentement en surface et dans la profondeur, 
re, le tube où le bacille d'Eberth a été ense- 
)as changé d'aspect et l'on ne voit aucune trace 
lement. 



le biologie y i9 octobre, 189i. 
(e biologie^ 12 décembre, 1891. 



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-. 83 --• 

Isolement de la toxine du choléra; par M. Hermann 
ScHOLL (1). — Les auteurs qui ont cherché à isoler la 
toxine du choléra ont opéré sur des cultures faites en pré^ 
sence de Fair. M. SchoU a eu Tidée de cultiver le bacille 
du choléra à Tabri de T oxygène de Tair, et il a opéré 
d'après les indications de Hueppe, c'est-à-dire en pre- 
nant comme milieu de culture des œufs crus. Les œufs 
ensemencés ont été maintenus à une température de 36*»; 
le blanc s'est fluidifié, et, en ouvrant les œufs, on perce- 
vait une odeur très forte d'hydrogène sulfuré. Ce blanc 
d'œuf fluidifié, inoculé à des cobayes, déterminait de la 
paralysie et des mouvements convulsifs, et la mort surve- 
nait au bout de quarante minutes. L'albumine des œufs 
ensemencés était donc toxique. 

En traitant par l'alcool cette albumine et reprenant le 
précipité par l'eau, celle-ci dissout un principe très 
toxique, attendu que 8^*" de la solution aqueuse tuèrent un 
cobaye en une minute et demie. La toxicité de cette solu- 
tion disparait au bout de peu de temps au contact de l'air 
et sous l'influence de la chaleur. 

M. Scholl pense que le poison chimique sécrété par le 
bacille du choléra est, non une ptomaïne, mais une pep- 
tone. Il obtient cette peptone à l'état solide en traitant la 
solution aqueuse ci-dessus obtenue par un mélange d'al- 
cool et d'éther acidifié par l'acide acétique. Le précipité 
qui se forme ne se dissout pas dans l'eau pure, mais il se 
dissout dans Teau légèrement alcalinisée. Il répète plu- 
sieurs fois ces traitements, et, en dernier lieu, il précipite 
par Téther pur; la peptotoxine se présente alors «ous 
forme d'une poudre blanche, qui est très toxique. 

M. Scholl estime donc que le bacille du choléra, lorsqu'il 
est cultivé anaérobiquement, forme des toxines plus 
actives et en plus grande abondance que lorsqu'il est 
cultivé aérobiquement. 

(1) Répert. de Pkarm., t. Ul, p. 467, 1891. 



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— 84 — 

isinfection à Paris. — Il existe aujourd'hui à 
iepuis 1880, un service de voitures pour le trans- 
i hôpitaux, des malades atteints d'affections con- 
s, et le nombre des malades ainsi transportés 
200 par mois. 

tnsport a lieu sur la demande faite par le médecin 
nissariat de police du quartier habité par le ma- 

'vice est complété, depuis 1884, parla désinfection 
lie, gui s'opère à la demande du propriétaire, du 
;e d'une maison ou d'un chef de famille dans les 
ants : si un malade atteint d'affection contagieuse 
, dans la maison, ou y a guéri, ou a été transporté 
al au cours de la maladie. 

émissaire prévenu télégraphie ou téléphone à la 
u*e de police qui envoie immédiatement dans une 
spéciale une escouade de désînfecteurs munis de 
pareils. Voici l'instruction en date du 26 juillet 
odiflée en 1890, au point de vue du chlorure de 
iqué à cette époque comme désinfectant : 

Instructions pour les escouades de désinfecteurs. 

scouade appelée à aller désinfecter une chambre qui a été occupée 
ade doit partir immédiatement et emporter les objets suivants : 
laques de tôles de 0^,60 sur QrfiXS^ des fourneaux de terre et des 
* du sable en sac; 3* de la fleur de soufre, par paquets de 200''; 
)ol méthylique (flacon de 5(XF) ; S"" des allumettes et des allume- 
[i mètre; 7' une échelle de 2" environ; 8"» un pot à colle, un pin- 
papier de collage (par exemple, de vieux journaux) ; 9^ des flacons 
de cuivre. 

Tivé dans la chambre, il faut d'abord cuber la pièce, A cet effet, 
, hauteur, la longueur et la largeur, multiplier le premier nombre 
>nd et le produit par le troisième. Cette mesure a pour but de 
lie qimrtité de soufre doit être brûlée dans la pièce. 11 en sera 
au moins par mètre cube. Une pièce de 25"* exigent un paquet 

ensuite : 

à terre, ou sur des tables, tous les objets ayant été en contact 

lade; 

iT la cheminée, les' fenêtres et les portes intérieures en y collant 

ser sur la plaque de tôle placée au milieu de la chambre, le four- 



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— 85 — 

neau ou les briques, en prenant toutes les précautions possibles pour éviter 
les causes d'incendie ; on aura soin d*en écarter les papiers et les étoffes. 

A défaut de fourneau, on formera au moyen de briques et de sable une 
sorte de cuvette peu profonde (0»,30 sur 0",30 environ), dans laquelle on 
versera le soufre nécessaire. Sur ce soufre on répandra de. l'alcool de façon 
à en humecter la surface ; on y jettera quelques allume-feux et on allumera. 

Avec un fourneau, l'allumage est analogue. 

On fermera hi porte, dès l'allumage; on la calfeutrera hermétiquement au 
dehors et on donnera la clef au concierge, en lui recommandant de ne pas 
s*en dessaisir. 

Avant de se retirer, il conviendra de verser dans les plombs et dans les 
cabinets d'aisances une solution de 250^ de sulfate de cuivre, mélangée à 
10'" d'eau (1). 

III. — Le lendemain, retourner dans le local, ouvrir les portes et les fenê- 
tres, — jeter de nouveau dans les plombs et dans les cabinets d'aisances une 
solution de 250'' de sulfate de cuivre mélangée à W^ d'eau, et rapporter les 
objets au dépôt. 

Le conseil d'hygiène de la Seine qui a été chargé de 
rédiger ces instructions, avait demandé que lorsque les 
désinfecteurs retournent le lendemain à la maison désin- 
fectée, ils soient chargés de compléter la désinfection, 
quelquefois imparfaite à Tacide sulfureux (2], par l'asper- 
sion des murs, plafonds, parquets avec une solution très 
diluée de sublimé. 

M. Jungfleisch avait donné la formule suivante : 

Solution mère {k diluer). 

Pr. Sublimé corrosif pulvérisé 100"' 

Chlorhydrate d'ammoniaque pulvérisé . . SO'' 

Bleu Coupler (r,30 

Eau distillée Q. S. 

Faire S. A. un litre de liqueur. 

Les désinfecteurs auraient versé dans des vases en bois, 
en poterie vernie ou en porcelaine, et non dans des vases 
en métal, 100** de cette solution et 10"' d'eau ordinaire. 

On a reculé jusqu'à ce jour à mettre entre les mains 
des désinfecteurs cette liqueur dangereuse, et on s'en tient 
à l'action de l'acide sulfureux et du sulfate de cuivre. 

(1) Ce mélange doit se faire dans un vase de bois, de porcelaine ou de 
faïence ; les récipients de zinc ou de fer, étamés ou non, seraient attaqués. 

(2) Voir Joum, dePharm. et Ch. [5], XXII, 435. 



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— 86 — 

ecture de police adresse chaque jour aux com- 
de police la liste des cas de maladies infec- 
i ont été suivies soit d'un transport à Thôpital, 
lécès ; ceux-ci doivent faire porter à la maison 
e un exemplaire des instructions du conseil 
, et les désinfectants : soufre, sulfate de cuivre, 
•essés demandent à exécuter eux-mêmes les opé- 
lais ils ont ordre d'insister pour que ce travail 
lin peu délicat soit confié aux agents du service 
ction. 

[^ommandé pareillement aux commissaires d'ap- 
spécialement ratlciition des habitants de la 
des immeubles voisins sur la nécessité de se 
ner ou revacciner. 

ort doit être adressé à la Préfecture après cha- 
fection. 

nal a décrit les étuves à désinfection de MM. Ge- 
ercher. 

lière a été établie en mai 1889, par la Ville de 
asile de nuit de la rue du Château-des-Rentiers, 
[II* arrondissement. Elle sert à la désinfection 
des réfugiés pendant la nuit et le matin, et elle 
gratuitement, le reste du temps, à la disposition 

aandes de désinfection sont reçues par ces éta- 
ts, par les mairies des vingt arrondissements, 
ières du Nord, dé TEst, du Sud, au Refuge- 
bur les femmes enceintes (1), à la station muni- 
voitures d'ambulance (2) et à la direction des 
unicipales (3). 

t de même pour deux autres étuves, installées, 
le Chaligny et l'autre rue des Récollets, 
utemps s'exprime ainsi, dans un rapport très 
t sur la question, au sujet de ce dernier refuge : 

a réception et la manutention des objets contaminés, il y a né- 
dans l'établissement une partie qui, malgré toutes les mesures 

>said, 37. — (2) Rue de Stacl, 6. — (3) Caserne Lobau. 



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— 87 — 

hyghSniques prises, doit être considérée comme suspecte. Il faut, dès lors, 
Isoler complètement cette sorte de lazaret, établir autour de lui un cordon 
sanitaire, placer le personnel et le matériel qui s'y trouvent « en quarantaine » 
«t ne permettre la sortie qu*après une désinfection complète. 

d Pour arriver k cet isolement, on réduit au strict nécessaire les commu- 
nications du lazaret; il n'y en a que deux, Tune avec Textérieur, l'autre 
avec la partie désinfectée. Ces communications sont fermées Tune et Tautrc 
en permanence et ne s'ouvrent que par l'intermédiaire du chef d'équipe, qu'on 
a|>pelle au moyen d'une sonnette. Alors le chef d'équipe, en même temps 
qu'il ouvre la communication, doit s'assurer qne le personnel procède bien à 
toutes les mesures hygiéniques prescrites. A cet effet, h. chacune des deux 
communications sont disposés trois sas : dans le premier, on quitte les effets 
suspects, qui passent à l'étuve ; dans le sas central on se lave avec des solu- 
tions antiseptiques ; dans le dernier on revêt des effets propres. 

K On voit donc que dans l'agencement des locaux on a réuni toutes les dis- 
positions matérielles propres à assurer l'isolement complet du lazaret et la 
désinfection de tout ce qui en sort. 

« Le personnel du lazaret, en arrivant le matin, passe par le sas d'entrée 
dans le premier compartiment, y laisse ses vêtements de ville et prend la 
tenue de la station. Cette tenue a été fixée pour être facilement passée à 
l'étuve; elle comprend : un pantalon et une veste de toile, un calot et des 
«chaussures. Nul ne peut sortir en ville avec la tenue du lazaret et sans une 
•désinfecUpn préalable. 

« Le chef d'équipe lui-même ne doit pas passer de la partie opérée dans 
le lazaret sans revêtir une grande blouse et sans passer des sandales qu'il 
trouve dans le premier sas. » 



Falsifications de farines observées en Italie (I). — On 

a signalé à plusieurs reprises la falsification par la pous- 
sière de marbre de la farine de riz provenant d'Italie. H 
parait maintenant que les falsificateurs dans ce pays ont 
imaginé d'autres manipulations frauduleuses qu'il est de 
la première nécessité de signaler, puisqu'il s'agit d'un 
vrai empoisonnement. 

M. le docteur Tassinari, à Ravenne, eut l'idée de soup- 
çonner une falsification de pain, à la suite de plusieurs cas 
de gastrite. Ayant informé les autorités, ont fit une des- 
cente dans le moulin d'un nommé Baroni, et on y trouva 
de la farine mélangée en grande proportion avec de la 
baryte caustique. 



(1) Hevue internationale des falêi/icnlions. 



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— 88 — 

is recherches furent faites dans les boulangeries 
[ues de Ravenne et de Russi et démontrèrent 
tt la présence de grandes quantités de farine 

5 il est très probable que Ton tâchera de faire 
ette farine empoisonnée dans tous les pays, nous 
presse de signaler ces faits et d'avertir ainsi le 
e. 



BIBLIOGRAPHIE 

yation des viandes fraîches (Extrait d'un rapport 
dent de la République française) ; par M. de 
t(1). — Dès 1888, l'administration s'est préoccupée 
cherche des différents procédés propres à assurer 
'vation des viandes fraîches, 
sûrement, elle se bornait à alimenter la popula-- 
taire, c'est-à-dire à constituer l'approvisionnement 
de la garnison. Dans ces conditions relativement 
es, l'emploi du bétail sur pied pouvait paraître 
in suffisant, malgré les difficultés de tous genres 
comptes auxquels il donne lieu, 
lès l'instant qu'on se propose d'alimenter la popu- 
it entière (dont le chiffre, dans le camp retranché 
atteint trois millions d'habitants], l'emploi d'un 
Q devient impraticable. 

ense quantité de fourrages à réunir, les mala- 
craindre dans de nombreux troupeaux concen* 
ie petits espaces, constituent des obstacles à peu 
irmontables. De là, l'idée des procédés artificiels 
rvation, déjà en usage sur une vaste échelle, pour 
ns commerciaux, chez quelques nations euro- 
en Amérique et en Australie, 
uite du travail d'une première commission, prê- 
te 2A octobre 1S91. 



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— 89 — 

sidée par M. Berthelot, le ministre a constitué, le 30 mai 
1890, une commission de spécialistes, présidée par M. le 
général Delambre. Elle a eu pour mandat : 1<» d'étudier 
à un point de vue technique et économique les divers 
moyens de production du froid, appliqués soit à la congé- 
lation, soit à la conservation des viandes ; 2^ de rechercher, 
dans les différentes places, et plus particulièrement dans 
le camp retranché de Paris, les installations déjà exis< 
tantes et pouvant, soit immédiatement, soit d l'aide d'a- 
gencements peu coûteux, être utilisées pour cette destina- 
tion spéciale; 3* enfin de vérifier les conditions du trans- 
port des viandes congelées et de déterminer les distances 
auxquelles ces viandes pouvaient être amenées sans perdre 
leurs qualités. 

Cette triple investigation a abouti à des résultats pré- 
cis et concluants. 

il est acquis aujourd'hui que la viande congelée à une 
basse température peut, même après une conservation de 
très longue durée, être 'substituée à la viande fraîchement 
débitée; qu'en cet état, elle a toutes les propriétés de la 
viande ordinaire, qu'il n'y a à redouter ni avaries, ni dif- 
ficultés de service, ni répugnances chez le consommateur. 
Il est démontré, en outre, que des distributions de cette 
viande peuvent se faire, même sans précautions particu- 
lières, à des distances du magasin frigorifique répondant à 
des durées de transport de deux jours à deux jours et demi, 
par les plus grandes chaleurs. 

Toutefois, les installations industrielles ne se créent le 
plus habituellement qu'en vue de la conservation à court 
terme ; elles ne suffisent plus dès lors à effectuer la congé- 
lation à cœur qui, au point de vue militaire, est indispen- 
sable pour une longue conservation ou pour les transports ; 
mais, la congélation une fois faite, la conservation peut se 
maintenir avec des appareils réfrigérants ordinaires. 
Même dans ces conditions limitées, le concoure de l'in- 
dustrie privée doit être recherché; il peut devenir pré- 
cieux et économique. 

Mais en premier lieu, la ville de Paris a adhéré en prin- 



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-. 90 — 

cipe à la création d'établissements frigorifiques urbains et, 
de concert avec le département de la guerre, elle vient 
d'ouvrir un concours pour une première installation aux 
abattoirs de la Villette. 

En second lieu, les recherches patientes de la commis- 
•sion présidée par M. le général Delambre ont abouti à des 
propositions précises en vue de Tutilisation d'un grand 
nombre d'industries parisiennes pourvues de machines à 
froid. Dans ces établissements, ils suffira, au dernier mo- 
ment, de faire certaines transformations, déjà étudiées, 
pour procéder soit à la conservation, soit même à la con- 
gélation des viandes. 

C'est donc en combinant les ressources des établisse- 
ments de la municipalité parisienne, celles d'un certain 
nombre d'industries actuellement existantes, et enfin en 
créant quelques installations militaires, qu'il est possible 
4'assurer cet immense service dans la capitale. 

Le ministre demande à l'État 3 millions et demi pour 
«a part contributive dans le camp retranché de Paris. 

Il restera encore à pourvoir six places frontières, dans 
lesquelles l'étude pratique se poursuit. Mais, là, le pro- 
blème est infiniment plus simple et les dépenses seront 
modérées. 



Publications scientifiques des pharmaciens militaires. 

— Observations sur le fonctionnement de létuve Wiesnegg ; 
par MM. Manget et Julien Girard, pharmaciens-majors 
[Archives de méd. et ph. militaires, juin 1891). 

Analyse des eaux d'alimentation de Laghouat ; par M. Bo- 
DARD, pharmacien-aide-major de 1" classe (/rf., juillet). 

Analyse chimique de plusieurs eaux minérales importantes 
du département dOran; par M. Lacour, pharmacien-major 
de l'* classe (/rf., septembre). 

Synthèses au moyen des clhers cyanacétiques et cyanosucci" 
niques (thèse présentée à la Faculté des sciences de Paris 
pour obtenir le grade de docteur es sciences physiques) ; 
par M. Léonce Barthe, pharmacien-major de l'armée, pro- 



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— 91 — 

fesseur agrégé à la Faculté de médecine et de pharmacie 
de Bordeaux. — Bordeaux, Gounouilhou, 1891. 



Exposé élémentaire des principes fondamentaux de la 
théorie atomique; par M. Denigès (I). — L'auteur s'ex- 
prime ainsi dans la préface : 

« Cet exposé n'est ni ne doit être un travail de haute 
science : son but, beaucoup plus modeste, est de permettre 
aux étudiants en médecine et en pharmacie de suivre dans 
tous leurs détails les applications médicales de la chimie 
qu'on tend de plus en plus à faire dériver étroitement de 
la constitution atomique des corps, ainsi que le démontrent 
d'une manière formelle les recherches les plus récentes 
sur les propriétés physiologiques de certaines substances, 
prévues comme une fonction nécessaire de leur formule et 
de leur composition ». 

Cet exposé est élémentaire, comme le dit Fauteur, mais 
il est très clair et très précis. Les élèves trouveront une 
réelle utiUté à l'étudier. 



Comptes rendus de rAcadémie des Sciences, li décembre 1891. — 
A, Gautier et Drouin : Fixation de Tazote par le sol arable. — Friedcl : 
Sur les étbers camphoriques et sur la constitution des acides camphoriques. 
— Lecoq de Boishaudran : Histoire de la sorsaturatioa. — Etard : État 
des sels en solution. — Mahler : Sur la distillation de la houille. — André : 
Sur Tacide bismuthique. — Bleicher : Sur la découverte de coquilles ter- 
restres tertiaires dans le tuf volcanique du Limbourg. 



Pharmacentische Zeitung, XXXYl, n»* 79 k 95, p. 617 à 752, octobre et 
novembre 1891. — Fr. Hûbner : Revue des progrès de la photographie (suite). 

— Th. Salzer : Le sirop d'iodure de fer de la Pharmacopée allemande, III. 

— Van Ledden Hulsebosch : Sur les contrefaçons du lysol. — //. Eckcn" 
roth : Musc artificiel. — Ed, Lûcker : Contribution à l'histoire de la chimie 
des matières alimentaires. — L. Graffenberger : Coutinbution au dosage du 
beurre. — Du Boia-Reymond : Sur le chloroforme officinal de Pictet. — 
F. Goldmann : Sur les tablettes comprimées. — /?. Bombelon : Acide tu- 
fcereulinique pur. — D' Hoffmann : Préparation de la tuberculine à Pétat de 

(1) Une brochure in-S**, 37 pages, chez M. G. Masson, éditeur. 



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— 92 — 

. — P. Lohmann : Sur remploi du bichlorore de mercure dans la 
;he de petites quantités d*arsenic. 



rmacentische Centralhalle, XU, n"* 40 k 48, p. 561 à 696, octobre 
embre 1891. — R. Koberi : Recherche des ferments et des poisons 
i sang ; Sur la pharmacologie de l'acide oxalique et de ses dérivés. — 
eldner : Sur la désinfection. — C. Hariwich : Sur les cellules à mu- 
de la guimauve. — C. Hartwich : Sur les galles. — H. Tkoms : 
et valeur de l'essence de girofles. — J. Holfert : Étymologie des 
populaires de médicaments. — A, Pariheil : Cytisine et ulexine. — 
oms : Sur quelques nouveaux dérivés de l'eugénol et d'autres phénols. 
78iu8 : Poudres anciennes et récentes. — E. Schmidt : Gholine et 
e. — K. Dieterich : Sur la matière colorante contenue dans les fleurs 
/pericum perforatum. 



rmacentif Che Post, XXIV, n*** 40 à 48, p. 807 à 1030, octobre et no- 
3 1891. — P. SoUsien : Essai de l'huile de lin. — W. Kaiser : La 
[ue du microscope moderne (suite). — Ed. Fabini : Nouvelles re- 
es sur le phénérythrène. — Nouvelle pharmacopée militaire autrichienne. 
, Jolies : Analyse de quelques spécialités. 



rmacentiflche Zeitschrift fOr Rnsfland, XXX, n<>« 39 à 46, p. 609 à 
ctobre et novembre 1891. — Ed. Hirschsohn : Essai des huiles essen- 
(suite). — P. Birkenwald : Préparation du salicylate d'ésérine. — 
n Koljo: Étude histologique et pharmacognostique du Pichi (Fabiana 
ata (Ruiz et Pavon). 



Uv der Pharmacie [3], XXIX, fasc. 7, p. 489 à 568, 30 octobre 1891. 
Gaze : Sur quelques propionates (suite). — W. Sckûtte : Contribu- 
l'étude des alcaloïdes des solanacées. — Cari, Siebert : Sur la lupa- 
Icaloïde des lupins bleus. — Th. Sdlzer : Sur les citrates alcalins. — 
Hugge : Ericacées renfermant de l'andromédo toxine ; Miel toxique du 
dendron ponticum; L'alcaloïde du Sophora tomentosa L. — 
jerock et E, Bronnert : Étude anatomique de la tige du Strychnos 



tetU chimica iUliana, XXI, t. II, fasc. 10, p. 309 à 404, octobre 1891 . 
Jamias : Détermination volumétrique du mercure. — Af. Fileti : Analyse 
upe du baryum. — G. Mazzara : Sur le bromoamidocarvacrol. — 
zzara et A. Leonardi : Recherches sur le carbazol. — I». Pratesi : 
de l'acide nitrique sur l'acide phényiglycolique. 



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y 



— 93 — 



SOCIETE DE PHARMACIE DE PARIS 



Séance du 6 janvier 1892. 

Présidence de M. Moissan, paésident. 

La séance est ouverte à deux heures. 

A propos des élections» Talinéa suivant a été oublié au 
procès-verbal de la dernière réunion. 

Le bureau propose comme secrétaire annuel M. Leroy 
ou M. Leidié. M. Leidié, ayant obtenu la majorité des suf- 
frages, est proclamé secrétaire pour l'année 1892. 

M. Hoissan, président sortant, remercie la Société pour 
rhonneur qu'elle lui a fait en l'appelant à présider ses 
séances et pour la bienveillance qu'elle lui a témoigné 
pendant la durée de ses fonctions. Il appelle ensuite 
M. Portes à lui succéder et M. Leidié à remplacer M. Léger. 

M. Léger, secrétaire annuel sortant, rend compte des 
travaux qui ont été présentés dans l'année et des événe- 
ments marquants qui ont occupé la Société. 

M. Leidié, M. Grignon et M. Preud'homme donnent suc- 
cessivement lecture de leurs rapports sur les prix de 
thèses des sciences physiques, les prix de thèses des 
sciences naturelles et le prix Dubail. 

Deux médailles d'or pour les thèses de chimie sont attri- 
buées Tune à M. Poulenc, l'autre à M. Demont. Pour les 
thèses de sciences naturelles, une médaille d'or est dé- 
cernée à M. Perrot, une médaille d'argent à M. Peuilloux et 
une mention honorable à M. Deschampa. Le prix Dubail 
est donné à M. Blondel. 

M. Planchon lit ensuite une étude surles dernières années 
de la Société de pharmacie ; il esquisse avec finesse les 
portraits d'un certain nombre de membres qui l'ont illus- 
trée, et retrace à grands traits ce que la Société a fait, 
depuis vingt ans, pour la science et pour les intérêts de la 
profession. 

La séance est levée à quatre heures. 



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— 94 — 



D'HYGIÈNE PUBLIQUE ET DE SALUBRITE 

DU DÉPARTEMENT DE LA SEINE. 



enouvelle une proposition qu'il a faite, il y a 
'un service soit organisé à Paris pour Tins- 
a glace destinée à ralimentation. Une cora- 
lomraée. 

avait demandé que les ateliers de force mo- 
usines pour la production de Télectricité 
;ées. M. le ministre du commerce, sur Favis 
Dusultatif des arts et manufactures, a rejeté 
tion. Le conseil revient sur cette question à 
miées de plus en plus abondantes à Paris et, 
sition de la commission nommée à cet effet, 
aanimité le vœu suivant : 
moyens matériels nécessaires pour procéder 
analyses et opérations indispensables soient 
commission dans le plus bref délai possible, 
séance du 18 décembre 1891, le conseil mu- 
lopté le projet de délibération suivant, dû à 
B M. Paul Brousse : 

e Conseil 

'élibére : 

it de 2.000 francs, pris sur la réserve de 1891, 
aux analyses nécessaires des fumées qui se 
t rendent insalubre Tatmosphère de Paris, 
it sera employé d'après les indications du 
giène et de salubrité du département. • 



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— 95 — 



VARIETES 

Pharmacie militaire. — Lêoion d'ho.nxeur. — Chevaliers : 
M. Lieutard, pharmacien-major de 1'* classe; aux hôpitaux militaires de la 
brigade d'occupation de Tunisie ; 
M. Beunat, pharmacien-major de 2" classe, à l'hôpital militaire de Nice; 
M. Goutte, pharmacien-major de 2* classe, h l'hôpital militaire de Bourges. 

— Promotions. — M. Rougnon, pharmacien-aide-major de i^ classe, à la 
réserve des médicaments de Marseille, est promu pharmacien-major de 
2* classe, en remplacement de M. Tillion décédé, et il est maintenu proyisoi- 
rement à son poste actuel. 

— Mutations. — M. Bonnafous, pharmacien-aide-major de 1" classe, à 
rhôpital du Val-de-Gràce, à Paris, a été désigné pour l'hôpital militaire de 
Belfort. 

Pharmacie de la Marine. — Promotions. — Au grade de pharmacien 
en chef : M. Cunisset; 
Au grade de pharmacien principal : M. Boucher; 
Au grade de pharmacien de 1** classe : M. Camus. 



Écoles préparatoires de Médecine et de Pharmacie : 

Angers : M. Gaudin est chargé d'un cours de physique; M. Sarrazin est 
nommé suppléant des chaires de physique et de chimie. 

Clermont'Ferrand : M. Meunier est délégué comme suppléant de la chaire 
d'histoire naturelle. 

Besançon : M. Prieur est délégué comme suppléant de la chaire d'histoire 
naturelle. 

Reims : M. Laurent est nommé suppléant de la chaire d'histoire naturelle. 

FORMULAIRE 

Le bensosol on galacolate de bensoyle. — Voici quelques formules 
de préparations (1). 

I. Benzosol 0^,2 

Poudre d'adragante 0^,5 

Sirop simple 

Sirop 

Pilules n" 50. 
S. — 3-4-5 pilules par jour (1 pilule correspond à 0^,1 de gaïacol). 



(i) Joum, de Pharm, d'Anvers, octobre 1891. 



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— 96 — 

9«',2 

ives 90»',8 

is par jour, par demi-cuillerée (chaque dose cor- 
sol). 

9^,2 

foie de morue 90", 8 

toutefois au malade quand il est administré avec de 
!e de foie de morue. La Pkarm, Zeit. recommande 
zosol ayec le cacao et le sucre : de cette manière, 
iplètement masqué. 



t médicinaux. — Voici le moyen le plus simple» 
(ir de clarifier le vin de pepsine, 
re, 2 à S**^ au plus de lait froid et cru, agitez vive- 
vous êtes pressé. Dès ce moment le yin passera 
irable. 

lis aussi à profit pour la clarification de tous les 
e quinquina au malaga, dont la limpidité n'est pas 
-même tout son louche à te clarifiant, qu'on ne 
riminer, puisque toute son action réside dans la 
m est & la fois déterminée par les acides vinaires, 

îs, le lait cru ordinaire convient très bien; mais 
a crème est préférable lorsque la boisson est trop 
trop astringente. Le beurre, qui est ici interposé 
^um, retarde sa coagulation, le divise, empêche la 
3t rapetisse les mailles du filet coagulant. Les vins 
pup plus longtemps limpides qu'après la filtration 

P. G ARLES. 



Le Gérant : G. MASSON. 



Ki&PON ET S. PULmUBIOlf, RDB RÀONB, 26. 



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97 — 



TRAVAUX ORIGINAUX 



Séance de rentrée de F École supérieure de Pharmacie 
de Pans, 

Discours de M. Planchon. 

L'École supérieure de Pharmacie a tenu sa séance 
solennelle de rentrée le mercredi 18 novembre 1891, à 
deux heures de Taprès-midi. 

Cette cérémonie scolaire a eu lieu, avec l'éclat accou- 
tumé, dans la Salle des Actes, sous la présidence de 
M. Planchon, Directeur de l'École. Il avait à ses côtés 
M. Oombette, Inspecteur de l'Académie de Paris, délégué 
par M. le Vice-Recteur, et M. Milne-Edwards, assesseur. 

Les professeurs et agj-égés en robe avaient pris place 
dans l'hémicycle, ainsi que le personnel administratif et 
auxiliaire de l'Établissement. 

Les membres de la Société de Pharmacie de Paris, le 
Bureau de la Société de Prévoyance des Pharmaciens de 
la Seine, les Pharmaciens de l*"® classe composant les 
jurys d'examens de validation de stage occupaient les 
places réservées. 

Les lauréats des Concours de Prix de la précédente 
année scolaire, qui devaient être couronnés dans la même 
séance, étaient assis sur des bancs placés dans l'enceinte, 
en face du corps professoral. 

M. le Président, prenant le premier la parole, a pro- 
noncé le discours d'usage, qui avait, cette année, pour 
objet : Du choix d^un baccalauréat en vue des études pharma- 
ceutiques. 

Voici ce discours : 

« Messieurs, 

a L^année classique qui vient de s'écouler a été satisfai- 
sante. Les cours ont été suivis avec assiduité ; les exa- 

Iwm. ie Pkam. et de Chim., 5* série, t. XXV. (t*' février 1892.) 7 



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— 98 — 

mens ont donné de bons résultais : les candidats se sont 
présentés plus nombreux que par le passé à nos divers 
concours. Il y a là des symptômes de progrès qui, nous 
Tespérons, s'accentueront d'une année à l'autre et sont de 
nature à nous donner confiance dans l'avenir. 

a Les causes de cette amélioration sont évidemment com- 
plexes ; il en est une cependant que je dois plus spéciale- 
ment signaler. C'est une prépai'ation plus sérieuse à notre 
enseignement, un plus grand nombre d'entre vous ayant 
acquis le baccalauréat ; les autres ayant, par le fait des 
programmes actuellement appliqués, des connaissances 
plus étendues et moins superficielles. 

« C'est un point capital qu'une bonne préparation aux 
études qu'on veut entreprendre. C'est la condition indis- 
pensable de leur succès. Aussi croyons-nous bien faire en 
vous donnant ici quelques directions et quelques conseils, 
qui auront au moins le mérite de représenter l'opinion 
unanime de vos maîtres. 

a Le moment est d'ailleurs tout à fait opportun. L'année 
a vu, en effet, aboutir les longs et persévérants efforts de 
ceux que préoccupent les progrès de nos universités et 
fixer les conditions auxquelles devront désormais satis- 
faire les aspirants aux carrières libérales et scientifiques. 

« Notre Ecole a été très généreusement traitée. Tous les 
baccalauréats d'enseignement secondaire classique ou 
d'enseignement secondaire moderne peuvent y donner 
accès. C'est plus que nous n'avions demandé pour vous, et 
cette abondance de moyens laissera peut-être dans un em- 
barras, que nous voudrions aider à dissiper, les futurs 
aspirants aux études pharmaceutiques. 

« Vous savez, Messieurs, qu'on arrive aux nouveaux 
baccalauréats par deux étapes successives. La première est 
surtout destinée au développement de l'intelligence, du 
sentiment esthétique, du caractère. Elle doit tendre à faire 
de l'enfant un homme, dans l'acception du mot. C'est ce 
qu'à juste titre on a depuis longtemps appelé les humanités. 

« Jusqu'ici, on s'était adressé, pour cette initiation à la 
culture générale, à l'étude des langues anciennes des deux 



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— 90 — 

nalioûs, la Grèce et Rome, qui out posé les premières as- 
sises de notre civilisation. De bons esprits ont pensé qu'à 
côté de cette voie, plus particulièrement classique, pou- 
vait s'en ouvrir une autre, aussi féconde : que la gymnas- 
tique de Tesprit pouvait se faire aussi bien au moyen des 
langues vivantes que par le grec et le latin, et que l'in- 
fluence civilisatrice des deux grands peuples de l'antiquité 
pouvait s'exercer par la lecture dans des traductions fran- 
çaises de leurs monuments littéraires. Il n'est pas douteux 
que ce nouvel enseignement, qu'on a désigné sous le nom 
de moderne^ ne conduise, lui aussi, à d'excellents résultats. 

« Les programmes laissent aux futurs étudiants en 
pharmacie le choix entre les deux systèmes. Nous croyons 
devoir leur conseiller de préférence celui qui repose sur 
l'étude des langues grecque et latine. Et voici pour quelles 
raisons. 

« Appelés par votre carrière à étudier les sciences, il 
esi nécessaire que vous en compreniez la langue. Nous ne 
sommes plus, il est vrai, aux temps où tous les savants 
écrivaient leurs ouvrages en latin, la langue scientifique 
universelle, et cependant que d'occasions où une con- 
naissance un peu approfondie de cette langue est indis- 
pensable. 

« Tous ceux qui, dans les sciences pharmaceutiques, 
veulent remonter aux sources historiques des questions 
qu'ils ont à traiter, ont un grand intérêt à lire les auteurs 
dans le texte original, c'est-à-dire le plus souvent en latin. 
Ce\ix-là même qui, sans avoir Tambition de travaux origi- 
naux, veulent simplement arriver à la détermination 
d'une plante ou d'une substance qui les intéresse, sont 
fréquemment conduits à lire des diagnoses latines. Enfin, 
n'êtes-vous pas toua-appelés, dans l'usage de chaque jour, 
à désigner les êtres dont vous vous occupez par leur nom 
latin, qui est le vrai nom scientifique, auquel le nom 
français ne saurait sans inconvénient être substitué? 

« Or, je vous le demande, que peuvent bien dire à l'esprit 
de ceux qui ignorent le latin, ces épithètes constamment 
employées dans la nomenclature : Sylvestris, nemorosa^ 



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— 100 — 

ilha, etc.? Elles ne sont pour eux que des termes 
qui hérissent la science et la leur ferait prendre 
, tandis qu'elles éclairent et facilitent les études 
[ui, en connaissant les racines, en déduisent 
)u les propriétés de l'être auquel elles s'ap- 

émenls de la langue grecque ne nous sont pas 
les. Je sais bien qu'il y a peu de bacheliers de 
ment classique en état de lire couramment une 
îmoslhènes, de Sophocle ou môme d'Homère, et 
nés bien loin de vous en demander autant. Mais 
ubien de mots modernes dérivent de racines 
Vos livres en sont pleins ; les noms de toutes 
s que vous étudiez en sont formés ; les inven- 
elles, et les instruments qu'elles suggèrent en 
leurs dénominations, qui n'ont de nos langues 
que les désinences. Ces mots commodes, qu'on 
autant plus volontiers qu'ils ne mettent en jeu 
•opre d'aucune des nations modernes, ne peu- 
lent être compris que par ceux qui ont quelque 
ie la langue grecque et de la formation de ses 
osés. Voilà bien des raisons sérieuses pour nos 
iiants de suivre la voie classique de l'enseigne- 
3-romain. 

ce premier examen, qui prouve un ensemble de 
ices générales, le candidat se trouve en pré- 
vois directions : philosophie, sciences mathéma- 
ences physiques et naturelles. Laquelle suivre? 
ides philosophiques conviennent surtout à ceux 
it poursuivre la carrière des lettres ou les 
li traitent du développement de l'esprit humaia. 
) les deux autres voies qu'il faut choisir. Or, 
itons pas à conseiller l'étude des sciences ma- 
ïs. 

oix vous étonnera peut-être. C'est cependant 
lime de vos Maîtres et leur opinion repose sur 
! expérience, 
vous venez à nous, qu'est-ce qui vous importe? 



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^? *r 



— 101 — 

Ce n'est pas tant de posséder déjà les éléments de ce que 
nous avons à vous enseigner que d'être préparés et aptes à 
comprendre notre enseignemenl. L'histoire naturelle, la 
chimie, la physique, nous sommes appelés à vous les ap- 
prendre dans les limites nécessaires à votre instruction 
théorique et vous pouvez les ignorer en arrivant ici- 
Mais ces sciences demandent, pour être comprises, des 
notions qui n'entrent pas dans le cadre de nos études, et 
que vous devez, par conséquent, connaître avant d'aborder 
TEnseignement de l'École. 

« Vous aurez à étudier des substances minérales : on les 
caractérisera, dans les cours, par la forme de leurs cris- 
taux. Comment pourrez- vous comprendre la Cristallogra- 
phie si vous ne savez quelles sont les propriétés des angles 
solides ou des polyèdres, dont l'étude se fait en géomé- 
trie? Bien que la Physique soit ici surtout expérimentale, 
elle demande l'emploi de quelques formules, la solution 
de certaines équations, la connaissance des sinus, tan- 
gentes, lignes trigonométriques. Comment pourrez-vous 
suivre cet enseignement, si vous ne possédez déjà les élé- 
ments de l'algèbre et de la trigonométrie? N'en est-il pas 
de même pour la Chimie, où il convient certainement 
d'étudier avant tout les propriétés des corps et leurs carac- 
tères, mais où la constitution de ces corps et leurs combi- 
naisons réciproques nécessitent l'emploi de formules de 
plus en plus compliquées, dont l'intelligence ne s'acquiert 
que par l'habitude du calcul algébrique? 

« Tout cela vous explique pourquoi, dans les vœux que 
nous avons eu à exprimer, nous avions demandé, pour 
donner accès à l'École de Pharmacie, le baccalauréat dé- 
signé sous le nom de lettres-mathématiques. On nous a 
accordé au delà de ce que nous souhaitions. Nous ne nous 
en plaignons pas : mais nous croyons utiles de vous faire 
connaître nos préférences. 

« Peut-être trouverez-vous étrange que nous venions ex- 
poser de pareils conseils, devant vous qui êtes déjà engagés 
dans la carrière et pour lesquels ils arrivent bien tardive- 
ment. C'est, en elTct, à ceux qui vous suivront que de pa- 



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— 102 — 

reils directions pourront surtout être utiles. Cependant, 
nous avons pensé qu'elles pouvaient aussi avoir leur oppor- 
tunité pour vous-mêmes. Il n'est jamais trop tard pour 
bien faire. Peut-être quelques-uns d'entre vous, frappés des 
réflexions qui précèdent, feront^ils un retour sur le passé 
et trouveront-ils dans leur instruction quelque lacune qu'il 
serait important de combler. 

oc Vous qui nous avez apporté comme sanction de vos 
études le baccalauréat es lettres^ vous avez probablement 
une culture générale, à laquelle nous applaudissons. Mais 
n'y aurait-il point quelque faiblesse dans vos connais- 
sances scientifiques, dans celles surtout que nous vous 
avons signalées comme les plus importantes ? 

« Vous, plus nombreux, qui, de bonne heure, avez pris la 
voie des sciences, vous avez peut-être ce qui est nécessaire 
pour comprendre et suivre avec fruit notre enseignement 
technique. Mais n'oubliez pas que les sciences, à elles 
seules, ne donnent ni le goût, ni la mesure, ni cette lar- 
geur et cette délicatesse d'intelligence qui vous classent 
dans le monde. 

<c Plusieurs d'entre vous seront appelés, dans la vie, à 
faire partie de conseils ou de comités, à donner publique- 
ment leur avis. Sachez bien que si en pareil cas, l'essen- 
tiel est d'avoir une idée nette du sujet, il est d'une haute 
importance de savoir l'exposer, sous une forme simple, 
claire, élégante; or, cette qualité, si nécessaire, on ne 
l'acquiert que par des efforts et par le contact des chefs- 
d'œuvre littéraires. 

« Enfin, vous qui n'avez pas eu l'heureuse fortune d'une 
instruction aussi complète que vous l'auriez désiré, voua 
avez beaucoup à faire ; mais ne perdez pas courage. Re- 
doublez, au contraire, de travail et d'énergie. Beaucoup 
d'hommes de grand mérite ont débuté, comme vous, dan» 
des circonstances difficiles : ils ont su conquérir par eux* 
mômes ce que le sort contraire leur avait refusé. Regardez 
à ces exemples et, dans la limite de vos moyens, tÂches de 
les imiter. 

< Tous ensemble, de quelque point que vous soyez partis, 



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— 103 — 

ayez toujours devant les yeux Tidéal qu'il faut atteindre ; 
consacrez vos loisirs à vous eu rapprocher le plus possible 
en acquérant ce qui vous manque Vous vous préparerez 
ainsi pour Tavcnir une carrière utile et honorable. » 



Préparation et propriétés des phosphures de bore; 
par M. Henri Moissan. 

Phospàure de bore PhBo. — On prépare ce nouveau 
composé en réduisant, dans un courant d'hydrogène pur 
et sec, le phosphoiodure de bore à une température com- 
prise entre 450" et 500<». Une petite partie du phosphoiodure 
se volatilise en donnant deux anneaux, l'un rouge, du 
composé PhBoP, et l'auti'e jaune, formé par le corps 
2 (PhBol). Lorsque le dégagement d'acide iodhydrique est 
arrêté, on sort le tube en U, dans lequel se fait cette ré- 
duction, du bain de nitrates alcalins qui sert à le chauffer 
d'une façon uniforme; on laisse refroidir : le résidu est 
pulvérisé rapidement et on le soumet à une nouvelle ré- 
duction pour enlever les dernières traces d'iode. Il est 
parfois utile de répéter une troisième fois cette manipu- 
lation ; la température du bain de nitrates ne doit jamais 
êlrc supérieure à 500*. 

On obtient ainsi une poudre amorphe, de couleur mar- 
ron, très légère, insoluble dans les chlorures de phos- 
phore, d'arsenic, d'antimoine et de carbone. Nous n'avons, 
du reste, rencontré aucun dissolvant de cette substance 
dans les composés minéraux et organiques. Chauffé dans 
le vide à une température de 500", ce corps n'est pas volatil. 

Au contact de l'oxygène, ce phosphure prend feu vers 
200*, brûle avec une flamme très brillante et se transforme 
en acides borique et phosphorique. Projeté sur un bain de 
nitrate alcalin en fusion, il y a incandescence et défla- 
gration. Le soufre fondu ne réagit pas sur ce corps, mais 
la vapeur de soufre le transforme en sulfure de bore et sul- 
fure de phosphore. 

Dans une atmosphère de clilore, il s'enflamme en don- 



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— 104 — 

nant du trichlorure de bore et du pentachlornre de phos- 
phore. Le brome froid ne Tattaque pas, mais, aussitôt que 
la température s'élève, la combinaison se produit. Au 
rouge sombre, la vapeur d'iode n'a pas d'action sur le phos- 
phure de bore. 11 en est de même pour l'arsenic et le phos- 
phore. Maintenu à 500*> dans un courant d'azote, il ne four- 
nit pas d'azoture; à une température plus élevée, il com- 
mence à perdre du phosphore, comme il le fait dans le 
vide sans produire davantage de combinaison azotée. 

Un mélange de phosphure de bore et de sodium, légère- 
ment chauffé dans un courant d'hydrogène, devient rapi- 
dement incandescent; il se produit du phosphure et du 
borure de sodium. Ce mélange, projeté dans l'eau, fournit 
de suite un dégagement d'hydrogène phosphore. Le potas- 
sium fournit une réaction identique, mais à une tempé- 
rature moins élevée. Le phosphure de bore, mélangé de 
poudre de magnésium, devient incandescent vers 500°. 
Au contraire, l'aluminium ne réagit qu'à une tempé- 
rature beaucoup plus élevée. L'argent, le cuivre et le pla- 
tine en poudre, légèrement chauffés, s'y combinent de 
môme. Le mercure ne réagit pas à la température de 
son point d'ébullitiou. 

Une réaction caractéristique de ce phosphure de bore 
PhBo est la suivante : projeté dans l'acide azotique mono- 
hydraté, il devient de suite incandescent, même dans sa 
vapeur, et court en brûlant à la surface du liquide avec 
une flamme très brillante. Par une légère élévation de 
température, il se dissout de suite et entièrement dans cet 
acide. 

Les solutions concentrées d'acide chlorhydrique et d'a- 
cide iodhydrique sont sans action sur lui. Enûn lacide 
sulfurique ne l'attaque pas à froid, mais est réduit par lui 
à chaud, avec formation d'acide sulfureux, d'acides bo- 
rique et phosphorique. 

La potasse et la soude, en solutions concentrées et 
chaudes, l'attaquent lentement, tandis que la potasse en 
fusion le dissout complètement, en produisant de l'hydro- 
gène phosphore et un borate alcalin. 



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— 105 — 

L'acide fluorhydrique gazeux l'attaque avant le r< 
sombre, en donnant du fluorure de bore, de Thydrogèi 
du phosphore. La réaction est semblable avec Ta 
chlorhydrique, mais elle se produit à une tempéra 
plus élevée. 

Le phosphure de bore n'est pas attaqué par l'eau b( 
lante; mais, à 400*, la vapeur d'eau le dé(îompose : ] 
forme de l'acide borique et de l'hydrogène phosphore 
gaz hydrogène sulfuré produit de même, au rouge soni 
du sulfure de bore et de l'hydrogène phosphore. 

Enfin, dans le gaz ammoniac, vers 300**, le phosphui 
bore prend feu et brûle en produisant du phosphore ( 
l'azoture de bore. 

Les dosages du phosphore et du bore, dans ce comi 
nous ont conduit à lui donner la formule Ph Bo. 

Phosphure de bore, Ph'Bo*. — Lorsque l'on maintiei 
phosphure de bore, PhBo, dans une atmosphère dhj 
gène à la température de 1000** prise à la pince thei 
électrique, on remarque qu'il y a dégagement de vap 
de phosphore qui viennent se condenser en goutlel 
sur la partie froide du tube, et il reste un composé de 
mule Ph'Bo', de couleur plus claire que le précé( 
Examiné au microscope, ce corps a une apparence 
quelée, et se distingue nettement du phosphore, PhBc 
ce qu'il ne s'enflamme pas dans le chlore et dans l'a 
azotique monohydraté froids. Ce dernier acide ne TattJ 
même pas à Tébullition. Ce nouveau phosphure est 
aussi insoluble que le précédent dans les composés o 
niques et minéraux. 11 brûle avec plus de difficulté au 
tact de l'oxygène, est attaqué par les nitrates en fi] 
avec incandescence, et ne réagit que difficilement su 
métaux et les métalloïdes. Il ne brûle dans le chlore 
lorsqu'il est porté au rouge sombre (1). 



(1) L'analyse nous a donné, 


pour ce second composé, les chiffres sui^ 




Trouvé à Tanalyse. 


Bore. ...... 

Phosphore . . . 


. . 37,2 36,9 37,0 
62,8 62,4 62,6 



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— 106 — 

e la réduction du phosphoiodure de bore n'a pas 
i une température bien déterminée, on obtient le 
ent un mélange des deux phosphures, ce que Ion 
facilement, car l'acide azotique dissout le pre- 
B louche pas au second. 

si l'hydrogène employé pour la réduction cou- 
Toxygène ou de la vapeur d'eau, il se formerait 
osé blanc, insoluble dans les acides, qui est un 
isphoborique, connu aussi sous le nom de phos* 
bore. Ce dernier composé peut encore se former 
ition du mélange des phosphures dans les vapeurs 

ions, — En partant du phosphoiodure de bore, il 
possible d'obtenir deux phosphures de bore. Le 
PhBo se combine avec incandescence à Tacide 
nonohydraté et s'enflamme à froid dans le chlore, 
e le composé Fh'Bo* possède une stabilité beau- 
j grande et n'est pas décomposé à froid par ces 
jtifs. 



? sur l'absorption du brome par différents corps; 
par M. G. Fleury. 

irs chimistes ont cherché à fonder, sur Tabsorp- 
rome, un procédé ayant pour but de constater la 
certains corps organiques, tels que des essences, 
gras. Aucune marche absolument exacte dans 
>n de cette méthode n'a été indiquée. Il faut, en 
es avoir fait agir le brome en excès, doser aussi 
de bromhydrique qui a pu se produire pendant 
n, que le brome resté libre. Un dosage alcalimé- 
iiployé dans ce but laisse place aune erreur no- 
tte erreur est évitée si l'on opère comme je vais 
r. 

t une dissolution de brome dans le le sulfure de 
contenant 12*'' environ par litre. Elle est titrée à 
Vhyposulfite de soude en présence de l'iodure de 



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— 107 — 

potassium. Le corps à examiner est dissous dans le sul- 
fure de carbone, de telle sorte que 5 ou 10" contiennent la 
quantité de matière employée pour une opération; c'est 
parfois 1«% parfois 0«',1. 

Le brome est mis en présence de la substance dans un 
flacon bouché à Témeri, que Ton place à Tobscurité. Il 
faut qu'au bout d'une heure le liquide soit encore coloré 
par le brome ; une décoloration prématurée prouverait 
que le brome n*a pas été mis en quantité suffisante. L'ex- 
périence, pour rester pratique, doit prendre fin au bout 
d'une heure. 

On ajoute alors quelques gouttes d'une solution étendue 
de bisulfite de soude et on agite vivement; si le liquide ne 
se décolore pas, on continue l'addition du réactif réduc- 
teur avec beaucoup de ménagement. Le brome est ainsi 
transformé en acide bromhydrique. Le tout est versé dans 
un entonnoir à séparation, avec les eaux de lavage du 
flacon et une faible quantité d'acide sulfurique dilué. On 
laisse les deux couches de liquide se séparer, ce qui n'exige 
pas plus de deux à trois heures. Le sulfure est ensuite 
recueilli et rejeté ; la solution aqueuse est reçue dans une 
capsule. 

A cette solution on ajoute une pincée de chromate de 
potasse pulvérisé et on agite vivement avec une baguette. 
S'il y a un excès d'acide sulfureux, ce qui est le cas habi- 
tuel, on le détruit par cette agitation. La liqueur est en- 
suite neutralisée par la potasse pure : elle prend ordinai- 
rement une teinte un peu verte due au sel de chrome. Il 
reste à titrer le bromure de potassium qui existe dans le 
liquide après l'avoir fait bouillir pour chasser le sulfure 
de carbone qu'il tient en dissolution. On se sert d'une 

N 
solution — d'azotate d'argent; il faut remuer vivement avec 

une baguette et laisser le liquide s'éclaircir après chaque 
addition du sel d'argent. On chauffe aussi de temps en 
temps. Le précipité rouge persistant n'est pas difficile à 
apercevoir quand on a Thabitude de ce genre d'opérations. 
Le brome dosé de cette façon est retranché de celui que 



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— 108 — 

I corps gras; la différence repré- 

orbé. 

ibleau ci-dessous, les résultats que 

! méthode appliquée à différents 



rbées par V des substances ci-dessous . 

gr. 

(raffiné). . . 1 0,082 

— ... 2 0,0^6 

enlhine. ... 1 5,21 

2 4,27 

.... 3 i,02 

Pin 1 1,2U 

2 1,060 

1 0.496 

2 0,527 

1 0,52 

2 0,53 

3 0,5* 

1 0,356 

2 0,361 

3 0,351 

4 0,344 

0,224 



iessus, les nombres se rapportant à 
représentent les résultats d'expé- 

méme échantillon. Il a paru néces- 
eur de cette méthode, de s'assurer 
une certaine invariabilité. On voit 

cette invariabilité n'exisle pas. Ce 
\ inscrits c'est un pouvoir d^absorp- 
érable pour l'essence de térében- 

romarin, la seule étudiée parallèle- 

lonné des résultats d'une constance 
it conduire à des applications uliles. 
nple, de découvrir l'huile de coton 
iploi de la méthode. L'analyse d'un 



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— 109 — 

beurre de cacao mélangé de graisses étrangères pourra se 
faire aussi très probablement par le même procédé, et 
l'expertise des chocolats sera rendue moins difficile qu'elle 
ne Test par les moyens connus. 

Quand on voudra, dans une substance déterminée, cher- 
cher une autre substance supposée présente, il faudra 
opérer d'abord sur ces corps pris à l'état de pureté, et s'il 
existe une différence dans leur capacité d'absorption pour 
le brome, on opérera en dernier lieu sur la denrée sus- 
pecte. 



Sur un violet de codéine; par M. P. Cazeneuve. 

J'ai signalé la formation d'une matière colorante violette 
dérivée de la morphine, par réaction sur cet alcaloïde de 
la paranitrosodiméthylaniline. Cette matière colorante 
correspond à la formule 

/C'HVAzfCH»)». 

J'ai discuté toutes les hypothèses admissibles sur la 
constitution de ce corps et j'ai avancé cette conclusion : 
qu'on ne pouvait admettre qu'il fût comparable à un indo- 
phénol avec soudure de l'azote à l'oxygène de l'OH phé- 
nolique, vu que l'éther méthylique, la codéine, donnait 
également un violet similaire, et là, la soudure de l'azote à 
l'oxygène est impossible. Dans cette nouvelle note, je viens 
décrire ce violet de codéine, dont la formule brute confirme 
celle du violet de morphine. 

Ce violet de codéine, comme celui de morphine, se forme 
par soudure directe, sans élimination d'eau, de la codéine 
à la paranitrosodiméthylaniline, avec modification molé- 
culaire, sans aucun doute. Les analyses sont très probantes 
à cet égard. 

On prépare ce violet de codéine de la façon suivante : on 
chauffe, à l'ébullitiou, pendant trois cents heures, 10«' de 
codéine avec 10»' de chlorhydrate de paranitrosodiméthyl- 



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— 110 — 

au sein d'un litre d'alcool éthylique à 93'. Par re- 
îment, l'alcool laisse déposer des tétraméthyldia- 
benzol. L'alcool est distillé presque à siccité. On 
lllir le résidu avec de Teau distillée. On laisse re- 
on filtre, et l'on agite avec de l'alcool amylique. 
ier entraîne une belle matière, colorante violette 
E>are d'une matière colorante bleue restée en so- 
ins l'eau. L'alcool amylique évaporé donne la ma- 
lorante sous la forme de paillettes mordorées, 
îs, un peu plus solubles dans l'eau, surtout 
dans l'alcool et l'éther, dans lesquels la couleur 
n aspect dichroïque. L'eau chlorurée sodique 
ipite incomplètement de sa solution aqueuse. 
Lion aqueuse versée sur l'acide sulfurique con- 
onne, comme le groupe des safranines, une zone 
lis bleue, puis violette, indice des combinaisons 
es. Le violet de morphine nous a déjà donné ces 

3S. 

let de codéine teint directement la laine, la soie, 
îoton, comme le violet de morphine. La lumière 
i peu la couleur, 
i ajoute à la solution amylique, obtenue dans le 

la préparation, un mélange d'alcool et d'éther et 
lite par le chlorure de platine, on précipite un 
itinate qui présente une teinte violette plus claire 
iloroplatinale du violet de morphine, 
oroplatinate, parfaitement lavé à l'alcool et à 

donné à l'analyse les résultats suivants : 

Pour matière 0,32ia 

PI 0,0716 

Soit pour 100 22,29 

Pour matière 0,3261 

Az 0,0147 

Soit pour 100 4,50 

nule PtCl*«2HCl,Az^^,,^„^^^,^J^^^, exige 

Pt 22,66 

Az 4,89 



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— 111 — 

Ce violet de codéine correspond à la formule 
/C'H*Az(CH»)» 

A côté de cette matière colorante, il se forme d'autres 
couleurs et d'autres produits que nous n'avons pas isolés. 

Les rendements en violet de codéine sont faibles et ne 
nous ont pas permis jusqu'à présent d'établir sa consti- 
tution. 

En faisant varier les rapports de la codéine et du 
chlorhydrate de paranilrosodiméthylanilinepour augmen- 
ter les rendements, nous n'avons pas obtenu de meilleurs 
résultats. En chauffant en tube scellé au sein de ralcx}ol 
pendant quelques heures, pour hâter l'extraction, nous 
avons obtenu un résultat moins favorable. En chauffant 
au sein de l'eau, le résultat est nul. 

Suivant toute probabilité, ces violets de codéine et de 
morphine constituent un nouveau groupe de matières co- 
lorantes, à moins qu'elles n'entrent dans le groupe des 
indamines. La mobilité du groupement de la morphine, 
d'ailleurs base tertiaire, autorise peu cette dernière hypo- 
thèse, que nous avions admise précédemment. Il est pro- 
bable que l'azote du groupement nitrosé est soudé au 
noyau phénanthrénique de la morphine d'une façon toute 
spéciale, dont l'interprétation ne pourrait être que pré- 
maturée. 



Solutions concenb*ées d'acide borique; 
par M. PuAUx. 

Dans la Revue des médicaments nouveaux, de M. Crînon, 
on trouve, à l'article ^ Acide borique en solutions concentrées », 
l'indication d'un procédé permettant d'augmenter la solu- 
bilité de l'acide borique dans de notables proportions, sans 
qu'il soit toutefois possible, ajoute l'auteur, d'expliquer 
le phénomène. On doit, en opérant à l'ébullition, ajouter 



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— 112 — 

1«%25 de magnésie calcinée pour toute fraction de 10*"^ 
d'acide borique dépassant sa limite de solubilité normale 
de 40«'' par litre. La nouvelle édition du Traité de phaf*ma- 
cologîe, d'Andouard, mentionne aussi, mais sans y insister, 
ces mêmes solutions. 

Cette solubilité, d'apparence anormale, de l'acide borique 
trouverait une explication suffisante, si Ton admettait la 
formation d'un sel magnésien ; un excès d'acide borique 
aurait un rôle, jusqu'à un certain point, analogue à celui 
d'un excès d'acide azotique au contact des azotates de 
bismuth ou de mercure, en formant un sel acide dont la 
solubilité croît avec la richesse en acide. 

Pour vérifier celte hypothèse on a fait une solution 
au 1/10 : 

Acide borique lOCrriO-fôx 10 

Magnésie calcinée T^'^SO s= 6x 1,25 

Eau distillée Q. S. pour 1000''' 

Après ébullition et iiltration, on a obtenu une solution 
légèrement acide au tournesol, d'une densité de 1045 à 
+ 15*». On y a décelé la magnésie par formation de phos- 
phate ammoniaco-magnésien. Traitée par les divers acides, 
elle abandonne un précipité cristallin d'acide borique 
devenu libre par suite de la saturation de la magnésie. 
Une partie de lacide borique se trouve donc dans la solu- 
tion à l'état de borate de magnésie. 

Une nouvelle solution au 1/10 a été préparée en 
employant un excès de magnésie. 

La solution est alcaline, peu stable ; chauffée, elle com- 
mence à se troubler dès la température de 85<* ; un précipité 
plus abondant se produit à l'ébullition. Elle laisse lente- 
ment déposer un sel cristallin fortement adhérent aux 
parois du récipient et, après quelques jours, devient acide. 
En évaporant à feu nu la liqueur claire jusqu'à cristalli- 
sation on a obtenu un sel contenant : 

Bo 0' 0^,665 

Mg 0^,063 

HO 0"',274 



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— 113 — 

et dont la composition correspond sensiblement à un hexa^ 
borate de la formule (6 Bo 0*) Mg O, 10 aq. : 

BoO» 0^,056 

Mg o^,(m 

HO 0",28i 

Le précipité produit dans la solution alcaline portée à 
TébuUition a été recueilli sur un filtre placé dans une 
étuve à 100<> ; il contient : 

BoO» Ù"fii^ 

NgO 0^,356 

et correspond à un mctaborate l3oO', Mg 

Bo 0» 0",636 

Mg 0",364 

En faisant bouillir 50»'' d'acide borique avec 5«'',40 de 
magnésie, nous avons pu obtenir, après filtration, une 
solution d'un volume de 120''% à réaction alcaline, d = 1 168. 
Elle est peu stable, forme assez rapidement un précipité 
amorphe, d'aspect soyeux, produisant, par agitation du 
flacon, lapparence d'écheveaux de soie tordus. En séparant 
chaque jour par filtration le dépôt formé, on obtient à la 
longue une solution stable, à réaction acide, ne présentant' 
plus que 1051,2 de densité ; sa composition, pour 10% est: 

Bo 0» 0^,7868 

Mg Oa',0752 

Ces quantités d'acide borique et de magnésie sont sen- 
siblement dans le même rapport que dans l'hexaborate' 
(6BoO*)MgO. 

Cette solution stable contient 86»%20 par litre d'hexîa- 
borate.de magnésie supposé adhydre, équivalent à une 
quantitédel39«S37parlitred'acideorthoboriqueBoO*3HO., 

Une autre solution faite avec 4»'' de carbonate de ma- 
gnésie, 20«' d'acide borique, pour un volume total de 100*=% 
est acide et a 1091 de densité. Cette solution ne dépose 
que très lentement. Après quinze joiuis, le sel fortement: 

JourM. de Pharm. et 4e Chim., 5« série, t. XXV. (1" février 189S.) 8 



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incinisté dans le verre a été recueilli. 11 est alcalin, a une 
composition : 

Bo 0^. . ^ 0"',8e95 

MgO 0i',1305 

qui le rapproche d'un tétraborate (4BoO')MgO. Ce sel 
dissous dans Teau précipite à Tébullition. 

On voit ici, comme avec les solutions d'azotate acide de 
bismuth ou de mercure, de sulfate acide de mercure, etc., 
une tendance à la formation d'un sel avec excès d'acide 
qui demeure dissous, tandis qu'un seljplus riche en base se 
dépose. 

Les solutions qui présentent une réaction alcaline no 
sont pas saturées d'acide borique. 100" d'une solution 
au 1/10 ont pu dissoudre, par additions successives de 
l*', 4«' de cet acide (dès que la réaction est acide, il n'y a 
plus de précipitation par la chaleur). Neutralisée par ébul- 
lition avec la magnésie, cette nouvelle solution a pu être 
encore additionnée de 6«'' d'acide borique ; elle est alors 
peu stable et ne tarde pas à former des aiguilles, irradiant 
d'un point commun, contenant, pour !«•', 0»',004 de ma- 
gnésie. Dans ces conditions, c'est surtout l'acide qui dispa- 
raît de la solution. 

Nous pouvons, dès maintenant, expliquer l'action de la 
magnésie sur l'acide borique à l'ébullition : la magnésie 
foniie d'abord un borate à réaction alcaline, un tétra- 
borate, dans la solution duquel Tacide borique est plus 
soluble que dans l'eau ; l'excès d'acide borique produit 
ensuite un hexaborate ou un hexaborate avec excès d'acide, 
selon les proportions de magnésie et d'acide borique en 
présence. 

On peut diminuer la proportion de magnésie fixée à 
1«',25 par fraction de 10«' d'acide borique dépassant la 
solubilité de 40«' par litre (1). 



(1) 11 convient d'ailleurs d'observer qu^on peut lui substituer avantageu- 
sement la carbonate de magnésie. 



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— 115 — 
Nous avons obtenu une solution au I/IO, stable avec: 

Aeide borique 10*' 

Cftrb. de magnésie i^"', U) 

Eau, Q. S. pour . . • 100»« 

Réaction acide, d = 1044; cette quantité de carbonate de 
magnésie ne correspond qu*à 0«',615 de magnésie calcinée, 
tandis qu'il aurait fallu employer une quantité de carbo- 
nate de magnésie correspondant à O^^lTy de magnésie 
calcinée d'après le rapport sus-indiqué. 

Solution à 1/5 : 

Acide borique 'HOP 

Carb. de magnésie 3'",50 

Eau, Q. S. poui- 100«« 

Réaction acide, d = 1088 ; il aurait fallu, suivant le même 
rapport, 4s%55 de carbonate de magnésie. 

11 pourrait y avoir avantage dans certains cas, pour la 
conservation de pièces anatomiques, par exemple, à 
employer ces solutions sursaturées à 1/5, qui ne déposent 
que très lentement. 

Un nouveau produit, signalé récemment [Pkarm. Jowrn.. 
31 oct.), pour lequel un nom nouveau a été proposé, le 
boro-borax, permet d'obtenir des solutions neutres conte- 
nant 13 p. 100 d'acide borique à la température ordinaire. 
On le prépare en mélangeant parties égales de borax et 
d'acide borique ; sa formule correspond à 

2BoO»NaO, 10 HO + 3,08 BoO^ 3 HO, 

soit approximativement à un quintiborate de soude 

5BoO»NaO; 13 HO. 

Pour obtenir ces solutions, on pourrait faire agir direc- 
tement l'acide borique sur la soude ou le carbonate de 
soude, selon les proportions résultant de cette formule. 

L'emploi de la magnésie, pour obtenir des solutions 
concentrées d'acide borique, parait préférable ; elle donne 






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— 116 — 

is acides d'uoe concentration supérieui^e à tem • 

aie et dans lesquelles l'acide borique, combiné 
plus faible, peut agir plus efficacement. 



MEDECINE 



ïumeurs èacténciée$ ; par M. A. Gharrin. 

le fois, dans ce journal, nous avoos dû nous 
; sécrétions microbiennes, envisageant tantôt 
es chimiques, tantôt leurs propriétés physio- 
est, en effet, grâce aux unes et aux autres, aux 
lis encore qu'aux premières, jusqu'à ce jour du 
m arrive à apporter dans le débat quelque 
ïue précision. Tout ici, d'ailleurs, est à achever, 
iner, sinon à commencer; malgré la foule des 
as n avons pas quitté, pour ainsi dire, le point 
) ces grandes questions; nous demeurons à leur 
iirtant,rien ne manque, ni la fertilité du champ 
ni le nombre, ni l'ardeur des chercheurs, 
de ces derniers temps, le progrès, dans cet 
s, a eu, pour objet principal, l'immunité. Après 
es Traube, Grohman, à Dorpat, en 1884, a 
le sang modifie la vitalité des germes patho- 
suite, Podor, puis, Flugge, Nuttal, Nissen, ses 
s tard, Metchnikoff*, Gamaleta, Bouchard, 
3ger, Zàsslein, Behring, Kitasato, à ne citer 
!S noms, ont abordé le problème. De leurs expé- 
3 conclusion générale se dégage, cà savoir que 
s subissent des modifications, lorsqu'on vient à 
dans des milieux spéciaux. Ces modifications 
es à la forme, à la reproduction, à la quantilé, 
ons diverses, plus particulièrement à la viru* 
nilieux sont le sang pris en bloc, le séram filtré 
, la lymphe, les sucs des tissus, c'est^-dire des- 



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y 



— 117 — 

humeurs de provenance organique. Les sujets qui les 
fournissent sont parfois capables de contracter Taffection 
qui naît de lapullulationdu microbe éludié; dans d'autres 
cas, ils se montrent réfractaires à ce microbe, soit pai'ce 
que la nature les a doués de résistance, soit, ce qui est 
mieux, parce qu'ils ont acquis cette résistance de par une 
Taccination artificielle. Que cette vaccination ait eu lieu à 
Taide d'un virus figuré mais atténué, ou, inversement, à 
la faveur de toxines stérilisées, le résultat est que ces con- 
ditions sont les plus propres pour réaliser ces change- 
ments dont nous avons parlé, changements qui intéres- 
sent, à des degrés inégaux, l'évolution des agents de 
l'infection. 

D'où vient celte singulière faculté? Est-elle due à un 
corps unique ou à la juxtaposition d'une série de prin- 
cipes? Est-elle attribuable à des éléments récemment 
introduits ou fabriqués dans l'économie? Est-elle sous la 
dépendance d'oscillations dans l'arrangement, dans les 
proportions des molécules intérieures ? 

Il est impossible de répondre, ni d'une façon absolue, ni 
môme d'une façon approximative, à ces suppositions; de 
celte propriété défavorable à la vie des ferments figurés, 
nous connaissons trop peu de chose. La dilution, la dialyse 
avec Teau distillée, la suppriment, à moins qu'on ajoute 
(lu chlorure de sodium à 6 p. 1000; les congélations suc- 
cessives, surtout si elles sont très rapprochées, l'altèrent 
(considérablement. Elle disparait, si on chauffe au delà 
rie 65<»; on voit se former un précipité. Ce qu'il est permis 
(le penser, d'après ces quelques renseignements, c'est 
(ju'on se trouve en présence d'une albumose, peut-être 
(l'une diastase. 

En face de cette constatation, il n'est pas besoin de ré- 
fléchir longuement pour être amené à se demander quelle 
est l'origine de cette albumose? Est-elle née de la vie des 
cellules de l'organisme, ou, au contraire, de Tactivité des 
bactéries? L'une et l'autre de ces deux hypothèses sont lé- 
gitimes, d'abord parce que l'on sait qu*il existe des êtres 
réfractaires de par la nature, autrement dit de par leur 



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— 118 — 

m, sans qu'aucun artifice n'ait eu à intervenir; en 
lieu, parce que des espèces sensibles à un virus 
né, grâce à une technique aujourd'hui précise, de- 
Lt invulnérables. Or, parmi les moyens mis en 
pour atteindre ce but, il en est un qui consiste à 
, au préalable, les sécrétions du bacille contre 
duquel on désire prémunir. De là à imaginer que 
'étions contiennent l'élément microbicide, il n'y a 
as. Cependant, nous verrons qu'il n'en est rien, 
rément, les germes engendrent des albumines. Prô- 
nent, le cours forcé de ces études nous conduira de 
Il à passer en revue les produits qui découlent de 
dation de ces germes. Dans le nombre de ces pro- 
. côté des éléments vulgaires, nous aurons à consi- 
>our la seconde fois, les principes plus particuliers, 
ues, et, au milieu de ces principes, des diastases. 
grès incessant nous amènera à les isoler, à les 
i* infiniment mieux que par le passé. Néanmoins, 
facile, estimons-nous, de prouver que la substance 
:e de cette qualité qui veut que les humeurs soient 
taliéres vis-à-vis des parasites infectieux, que 
ibstance que la chaleur détruit, est fabriquée par 
jpres organites, nullement par les ennemis qui 
nous envahir à un moment donné. 



MEDICAMENTS NOUVEAUX 

ol et Solveol (1). — On a désigné sous ces deux 
es produits désinfectants dont la base est le cré- 
t qui néanmoins sont solubles dans l'eau. 
)lutol est composé de crésylol rendu soluble par 
1 de crésylate de soude. Il renferme, pour 100'*, 
î crésylol, dont le quart seulement est à l'état libre; 

rm, Zcit., XXXVI, p. 799, 1891. 



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— 119 — 

le reste est à Tétat de crôsylate de soude [Zetschr, d. œsi 
Ap. F., n*» 35). Ce produit serait un microbicide préc 
pour les grosses désinfections. D'après le D' Hammer, 
solution de solutol à 08^5 p. 100 aurait stérilisé en < 
minutes tous les bouillons de culture sur lesquels 
expérimenté. S'il en est ainsi, le solutol est tout ind; 
pour la désinfection des crachats, des excréments, i 
ainsi que pour empêcher la putréfaction des cadavres. 

Pour désinfecter les étuves, les voitures de transpor 
bétail, le fumier provenant d'animaux malades, on 
seille d'arroser et de badigeonner avec une solution de 
lutol à 10-20 p. 100, ou de laver avec une solution 
p. 100. 

La maison de commerce qui vient de lancer ces prod 
délivre deux sortes de solutol : un solutol brut qui : 
ferme de faibles proportions de pyridine et des hydro 
bures, et un solutol dit pur qui en est débarrassé 
solutol ne peut être employé en chirurgie à cause de 
alcalinité. 

Le solveol est composé de crésylol et de crésotinat 
soude. Le produit est neutre et peut, par conséquent, 
utilisé en chirurgie. Le D' Hammer conseille de se se 
de solutions à 0,5 p. 100 qui équivalent, d'après lui, 
solutions de phénol à 2, 3 et même 5 p. 100. Em. ] 



Thilanine ou lanoline sulfurée (1). — Ce nouveau 
duit rappelle un vieux médicament, le baume de so 
simple ou huile de lin soufrée^ qu'on préparait en ch 
faut de la fleur de soufre dans de l'huile de lin. La tl 
nine s'obtient en effet par l'action du soufre sur la lano 
et serait, d'après Seibels, une véritable combinaisoi 
ces deux corps. 

La thilanine renferme 3 p. 100 de soufre et se présente! 
la forme d'une musse jaur.e brunâtre, possédant la cor 



(1) Phntm. Centraihalle, \\\ll, p. 678, 1891. 



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— lei) — 

lûoline et douée d'une odeur propre. Le doc- 
ipréconise son emploi en derinatothérapie et 
loît la préférer aux produits analogues dans 
ibre d'affections de la peau. Elle calmerait 
isons tout en ne possédant aucune propriété 

Em. B. 



inocoUe, leur emploi en thérapeutique — 

armi les nombreux antipyrétiques préconisés 
aières années, il en est trois surtout qui pa- 

conquis une place définitive en thérapeu- 
brine^ Vantipyr'me et la phénacétine. Leur em- 
s cependant sans inconvénients. Les deux 
es composés sont, en effet, relativement toxi- 
t les administrer avec précaution. D'autre 
tcétine, comme l'antifébrine d'ailleurs, est à 

dans Teau, ce qui en rend Faction lente et 

hé, en s'appuyant sur certaines idées Ihéo- 
édier à ces inconvénients, par exemple, en 

la molécule primitive un groupe d'atomes 
nme communiquant au composé des pro- 
ies, ou encore en introduisant dans la mo- 
>rps insoluble un groupe d'atomes qui le 

Il fallait, en outre, que le corps modifié ne 

ses propriétés médicamenteuses, 
îhes ont conduit à essayer un assez grand 
)mposés. Nous ne parlerons ici que de l'un 
e phénocolley dont il a déjà été dit quelques 
rement (1). 

Ile n'est pas autre chose que de la phénacc- 
lylique acétylé du paraamidophénol) dans 
le laquelle on a introduit un groupe amide 
îu a fait un composé capable de donner, avec 



harm. et de Ch., [5], XXIV, 10, IS91. 



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les acides, des sels soIuIjIcs dans rcaii. La oousliLiilioii dn 
phénocolle se comprend facilement à l'examen des for- 
mules suivantes : 

Phénacétine C*H»<«^H^il^^ ^j,. 

Phénocolle G'H'<j;';»AoG. CH«-AzH'. 

Le groupe amide, comme on voit, aélé introduit à la 
place de H dans le radical acétyle de la phénacéline. 

Pour efîecluer cette introduction, on opère indirecte- 
ment eu faisant agir le glycocolle (acide amidoacétique) 
sur la phénétidine (élher éthylique du paraamidophénol). 
La combinaison a lieu avec élimination d'eau. Le nom de 
phénocolle rappelle précisément les deux corps qui servent 
à le préparer. 

Le phénocolle possède, comme on Ta dit plus haut, la 
propriété de former avec les acides des sels solubles dans 
Teau. Jusqu'à présent on n'avait employé que le chlorhy- 
drate, lequel se dissout dans 16 parties d'eau. On propose 
maintenant trois nouveaux sels : Tacétate, le salicylate et 
le carbonate. 

Acétate de phénocolle. — Ce sel se présente sous la 
forme d'aiguilles feutrées légères. Il est soluble dans trois 
fois et demi son poids d'eau. Sa saveur est plus douce que 
celle du chlorhydrate. Sa formule de constitution est la 
suivante : 

^ " \AzH — O(;.GH«--AzH».€H»G0()II. 

Salicylate de phénocolle. — Ce sel cristallise de ses solu- 
tions aqueuses bouillantes, en longues aiguilles. Sa saveur 
est sucrée et non désagréable. Il réunirait à la fois les pro- 
priétés du phénocolle et celles de l'acide salicylique. Sa 
formule serait : 

^ " \AzH — OG GH*. Az II». G* H*(*;"^^jj 



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— 122 — 

e de phénocolle, — Ce sel se présente sous forme 
Ire légère constituée par de fines lamelles. Il est 
isipide. Il est moins soluble dans Teau que le 
ite; mais cela n'est pas un inconvénient, car il 
facilement en présence des acides organiques 
aussi des acides du suc gastrique. On peut 
îinistrer en cachets. Lorsqu'on le chauffe avec 
.'acide carbonique se dégage à 65*». Sa formule 
m te : 

V \AzH— OCClP.AzH».; C^*. 

Em. B. 

îs sels de phénocolle (1). —D'après le docteur 
e chlorhydrate de phénocolle doit présenter les 
suivantes lorsqu'il est pur : 
de chlorhydrate de phénocolle doivent se dis- 
is environ 15*^^ d'eau en donnant une solution 

lution ne doit pas bleuir le papier bleu de tour- 

rchlorure de fer ne doit communiquer à la so- 
la couleur jaune des persels de fer. Il ne doit 
duire de coloration rouge, même en chauffant 
le plîénétidine). 

lution aqueuse chauffée à 60* et additionnée de 
2;outtes d'une solution de carbonate de soude ne 
îgager d'ammoniaque. 

)lution additionnée de quelques gouttes de les- 
ide doit donner un précipité blanc pur (cristaux 
3lle). 

ilcurhydrate de phénocolle chauffé sur une lame 
doit brûler sans laisser de résidu, 
éactions pour l'acétate de phénocolle, sauf en ce 
ne les essais 2 et 3. La solution aqueuse de ce 

Zeit., 1891, n» 75. 



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— 123 — 

sel présente une réaction légèrement alcaline, et la recher- 
che de la phénétidine, à cause de Tacide acétique, ne peut 
se faire qu'en ajoutant de l'acide chromique (réaction de 
Ritsert) ; l'acide chromique, dans le cas où il y a de la phé- 
nétidine comme impureté, donne lieu à une coloration 
rouge de sang. Em. B. 



REVUE SPECIALE DES PUBLICATIONS 
DE PHARMACIE, CHIMIE, HYGIÈNE, AGRONOMIE. 



Préparation du salicylate d'ésérine; par M. P. Bir- 
KENWALD (1). — Ce sel se prépare à Taide du sulfate d'ésé- 
rine, de la façon suivante : 

On dissout dans Teau 100 parties de sulfate d'ésérine et 
Ton ajoute à la solution un excès de bicarbonate de soude 
préalablement dissout dans Teau. On agite vivement à 
plusieurs reprises avec de l'éther aussi pur que possible 
(ne renfermant ni eau, ni alcool), on rassemble les solu- 
tions éthérées et on les filtre dans un vase renfermant 
35 parties 6 d'acide salicylique en dissolution dans l'éther. 
Le salicylate d'ésérine se sépare. On le rassemble sur un 
filtre, on le lave avec de l'éther pur et on le fait sécher à la 
température ordinaire à l'abri de la lumière. 

Le sulfate d'ésérine renferme 71 p. 100 de base et le sa- 
licylate 66,59 p. 100. C'est pour cela qu'il faut employer 
35,6 p. 100 d'acide salicylique pour 100 parties de sulfate. 
Le rendement devrait être de 106 parties 6; il est toujours 
moindre. 

Le produit obtenu diffère un peu du sel commercial, les 
cristaux étant beaucoup plus petits et la masse totale plus 
volumineuse; mais ses propriétés sont les mômes. 



(I) Uc^er Darstellung von salicylsaureni Escrin. Pharm. Zeilschr. f. liuês- 
landy XXX, 657, 189i. 



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124 -- 

la préparation entière à Tabri 
i formation de rM^erine. Lors- 
înlever à la solution éthérée en 
>lution d'hy posulfite.de soude. 
Em. B. 



levse et des matières grasses 

L DE Girard (1). — Les urines 
néprendre, la couleur et l'aspect 
fiatière grasse qu'elles renfer- 
înt considérable est si parfaite 
is par un long repos. Elles pas- 
neilleurs filtres de papier, préa- 
:aminées au microscope, on n'y 
•aisseux, si ce n'est à un très 
les dislingue du lait. Elles ne 
[e sucre. En revanche, le dépôt 
ntient de nombreux leucocytes 
3. On y rencontre des filaires 
I les caillots blancs ôbrineux 
du vase. Un fait à noter, c'est 
y constater la présence de 
ne fait avait été déjà relevé par 

De portion notable de matières 
es-ci de la matière fibrinogène 
plastique), de telle façon que, 
il se forme des caillots blancs 
[uantité telle que le liquide se 
d'une gelée molle. Cette coagu- 
îans l'intérieur de la vessie et 
;tion. 

i suivent : les deux premières 
lillies pendant une crise. La 

Journal des connaissances médicales 



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— 125 — 

troisième se rapporte à une urine émise quelques mois 
plus tard, quand la crise avait presque cessé. La quatrième 
a été faite sur l'urine de la nuit, cinq jours après la troi- 
sième. 

Urines du jûur : recueillies le 10 décembre 1890, de 9 h. 30 du matin 
à 9 h. 30 du soir. 
Aspect laiteux, légère teinte jaune. 

QuaMtité 1"S031 

Densité 1015 

Réaction faiblement alcaline. 

Un litre renfèrse: 

Réskim fixe à 110» 3t«',80 

Mmtières organiques t3^,SÙ 

Mttières minérales S"* 

Matière grasse 4F,07 

Urée 10»%16 

Cklararede sodium 4^,20 

A. pbosphorique 0>',80 

Albumine 5^,90 

Paraglolmliiie 5^,90 



Urines de la nuit : du 10 au 11 décembre, de 9 h. 30 du soir à 9 h. 30 
du matin. 

Aspect laiteux, très blanches. 

Quantité. I»",e68 

Réaction faiètoaient alcaline. 

5eit»té. tO« 

Un litre reafenne : 

Wénèa fixe à 110» 39^,50 

Matières organiqaos 3i^,IO 

Hitières miaéralos 6^,40 

Matière grasse IS-'^SO 

â^uiiM. iH^.SO 

PwniglolMiine iO^,SO 

Urée »\*S 

Chlorure de sodium 4*',^ 

A. pfhosphoriqae l*',^ 

Svere. .••••«••. *..« néant. ■ 

Urine 4m ;o«r (5 juin 1891), — Cette urine qui n'est plus 

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— 127 — 

moindre. Celle variation de la matière grasse et albumi- 
noïde doit être rapprochée de ce fait singulier qu'il est 
impossible de découvrir, au microscope, des fîlaires dans 
une goutte de sang empruntée au malade pendant le jour, 
tandis qu'on les y voit nombreuses et bien vivantes pen- 
dant la nuit. 

Le dosage de Talbumine en présence de quantités no- 
tables de graisse exige des soins particuliers, si Ton veut 
se mettre à Tabri de grosses erreurs. En effet, lorsqu'on 
coagule les matières albuminoïdes en chauffant, au bain- 
marie, Turine acidifiée par Tacide acétique, la matière 
grasse est entraînée en môme temps, et la liqueur filtrée 
passe entièrement limpide. Il est don.c indispensable, pour 
enlever la matière grasse précipitée avec Talbumine, de 
laver le dépôt sur le filtre d'abord à Teau chaude, puis 
successivement à l'alcool faible, à l'alcool à 95° bouillant 
et finalement à Téther. Ainsi, un dosage effectué avec un 
simple lavage à l'eau bouillante donne 24«%5 d'albumine 
dans l'urine de la nuit du 15 décembre. Un autre dosage 
effectué sur cette même urine en la précipitant par trois 
volumes d'alcool à 90*» a donné 20«',80. Ce qui prouve que 
la précipitation par Talcool à froid entraine aussi la ma- 
tièi-e grasse. 

Lés urines recueillies en décembre contiennent une 
■petite quantité de globuline. En effet, additionnées de vingt 
fois leur volume d'eau, puis acidulées par quelques gouttes 
d'acide acétique et soumises pendant une heure à un cou- 
rant d'anhydride carbonique, elles donnent par le repos 
un précipité floconneux. En même temps la matière grasse 
se rassemble dans les couches supérieures. L'émulsion de 
cette matière grasse serait donc produite principalement 
par la globuline. Cette opinion est corroborée par ce fait 
que l'urine laiteuse devient transparente lorsqu'on l'aci- 
difie avec l'acide acétique et qu'on l'agite avec l'éther. On 
réussit moins bien à enlever les corps gras par ce dissol- 
vant en remplaçant l'acide acétique par la potasse cauf^ 
tique. 

La matière grasse a été dosée par évaporation à sec au 



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— 128 — 

bain-inarie de 10^ d'urine additionnés de 2*' de sable. Le 
i-ésidu de l'évaporation, desséché à 1 10* pendant plusieurs 
lieures, est introduit dans un flacon à l'émeri et lavé h 
plusieurs reprises avec de l'éther. La solution éthérée, 
filtrée et évaporée dans une capsule tarée, laisse la matière 
grasse, laquelle est pesée après dessiccation complète 
à lOO*. 

Cette matière grasse est soluble dans Talcool à 90* bouil- 
lant et s'en sépare par le rerroidissement. Elle commence 
à fondre vers 35* et est entièrement liquide à 43*. Elle pa« 
raitrait donc analogue, au premier abord, au corps gras 
qui constitue le beurre, mais elle s'en distingue par Tab* 
sence de la butyrine. 

Les matières grasses de Turine chyleusc sont f(H*mées : ' 

1* D'oléine; 

2* De stéarine ; 

3* De margarine ; 

4* D'acide sléariaue libre. 



Un nouveau réactif de l'albumine et des autres pro- 
téides ; par M. Mac- William (1). — Le réactif est une splu^ 
tipn aqueuse saturée d'acide salicylsulfonique, substance 
cristalline blanche facilement soluble dans l'eau et dans 
l'alcool. Il précipite toutes les classes de protéides : 1* al- 
bumines naturelles, (albumine de l'œuf et albumine du. 
sérum) ; 2" albumines dérivées (acide-albumine et alcali-, 
albumipe); 3<^ glqbulines (globulinc du sérum et myosine];. 
4* iibiine.(aussi bien; en solution dans les alcalis dilués 
que dans les s^els neutres] ; 5* protéoses (albumoses, etc.) ; 
6*peptones.'. 

Av/ec toutes ces substances le réactif forme un précipité 
blanc et dense. Ce précipité ne se redissout pas par Tébul- 
lition, excepté dans le cas d'une albumose ou d'une pep- 
tone. M est facilement soluble dans un alcali dilué, pourvu 

(1) Aoierica:i Journal nf Pknrmacy, septembre 1891. 



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— 129 — 

que Ton ajoute une quantité suffisante de solution alcai? 
Une. II n'est pas soluble dans les acides faibles, ni dans 
les acides forts (tels que l'acide nitrique), à moins qu'il n'y 
en ait un grand excès. 

L'essai se fait de la façon suivante : mêliez une petite 
quantité d'urine dans un tube à essai étroit et ajoiUez-y 
une ou deux gouttes de solution aqueuse saturée du réactif. 
Si l'urine est fortement alcaline on ajoutera une goutte ou 
deux en plus du réactif acide et l'on s'assurera avec le 
toui-nesol si l'urine est franchement acide. En ajoutant le 
réactif secouez le tube vivement afin de bien mélanger 
son contenu, puis examinez celui-ci. La formation d'un 
trouble ou d'un louche immédiat ou en moins de quelques 
secondes (deux ou trois) est une réaction des protéides, 
dont la sensibilité est intermédiaire entre celle donnée par 
Tacide nitrique ou par l'acide acétique et la chaleur. Le 
développement d'un trouble un instant après (par exemple 
une demie à deux minutes) est une réaction plus sensible 
même que celle obtenue avec l'acide acétique et la chaleur, 
et indique la présence de traces de protéides, à doses 
probablement insignifiantes au point de vue clinique. 

Maintenant chauffez le tube jusqu'à l'ébullition. Si 
l'opalescence est causée par l'albumine ordinaire des 
urines albumineuses, elle ne disparaîtra pas par l'action 
de la chaleur et donnera des flocons manifestes. Mais si le 
précipité est dû à la présence d'albumoses ou de peplones, 
il se dissoudra par l'action de la chaleur, môme avant 
d'atteindre le point d'ébullition, et réapparaîtra par le 
refroidissement. 

A la suite d'expériences faites avec soin, l'auteur établit:. 
1* que le précipité est réellement une proléide ; 2* qu'on 
obtient toujours un précipité quand il existe une protéide 
dans une urine quelconque ; 3* que ce précipité ne peut se 
former par la présence d'aucun autre élément de l'urine, 
ni une urine contenant un excès d'acide urique, ni une 
urine bilieuse ne donnent de précipité. La présence d'uiie 
notable quantité de mucine n'est pas non plus une cause 
d'erreur- B* G. 

Joiurii. U Phërm. et ie Ck'im., 5« sûaiE t. XXV. (!•' février 189i.) 9 



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— 130 — 

« Recherches bactériologiques sur les eaux minérales de 
Tichy, Saint-Torre, Hauterive et Cusset; par MM. Th. 
Roman et E. Colin (suite) (1). 

EAUX FROIDES 

Source des Célestins. — Les Célestins forment un groupe 
de sources qui, toutes, proviennent de fouilles pratiquées 
dans le massif rocheux formant le mur de soutènement de 
Tancien couvent des Célestins. Ces roches, qui autrefois 
étaient baignées par TAUier, en sont aujourd'hui séparées 
"par une digue et par le nouveau parc. 

On divise ces sources en anciens et nouveaux Célestins, 
portant chacun les numéros d'ordre 1 et 2. 
' Par suite d'infiltrations des eaux de TAUier au travers 
des roches désagrégées formant la base d'escarpement du 
jardin des Célestins, trois sources seulement sont utili- 
sées : les anciens Célestins n® 1 et 2 et les nouveaux 
Célestins n° 2. 

Anciens Célestins n^ 1. — L'eau est puisée au moyen 
d'une pompe aspirante et foulante et l'écoulement se fait 
par un robinet où la donneuse d'eau remplit son verre. 

Le 27 juillet 1891, à onze heures du matin, la tempéra- 
ture de l'eau prise au robinet de la buvette et après dix 
minutes de fonctionnement de la pompe était exactement 
de IS'^jS, la température de l'air étant de 20** et la hauteur 
barométrique réduite à 0^ de 736,4. 

Essai de Peau au robinet de la pompe, — Prélèvement fait 
le 15 juillet, à onze heures du matin, au robinet. 

Trois essais ont été faits sur 1^^ d'eau et lo*^*" de gélatine 
'peptonisée. 

Aprùs cinquante heures, le nombre de colonies dévelop- 
pées a été de : 

•t90, 460, 41^. Soit au total, 1.362 ou 454 en moyenne par ceutimèlre cube. 

Sur ce nombre de colonies, 115 sont des colonies liqùè- 

fvinles. 

. • . — _. — p. 

(1) Joum. de Pharm. et Ch. [5], XXIV, 15 oct., !•' nov., V àéc. 189*. 



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^fl 



— 131 — 

Anciens Célestins n? 2. — Cette source, distante de quel- 
ques mètres des anciens Célestins n^ 1 , a été découverte 
en 1870 par Tingénieur de Gouvenain. On creusa. un 
puits de 4™ de profondeur, et une amorce de galerie ou- 
verte au fond du puits du côté du nord fît jaillir une source 
dont le débit, d'abord de 18°*^ descendit à 13"^ en vingt- 
quatre heures. 

Comme dans la précédente. Teau est aspirée par une ZM 

pompe et arrive dans une rampe munie de robinets par où 
Teau s'écoule. Un kiosque rectangulaire vitré sert de 
buvette. 

Le 27 juillet 1891, à onze heures dix du malin, après 
dix minutes de fonctionnement de la pompe, la tem- 
pérature de l'eau au premier robinet de la rampe était 
exactement de 15^,3, la température de Taii* étant de 19%5 
et la hauteur barométrique réduite à 0° de 736,4. 

1° Essai de Peau au premier robinet de la rampe. — Pré^- 
lévement fait le 15 juillet à onze heures du matin, au 
robinet. 

Trois boîtes ont reçu chacune 1" d'eau et l.V<* de gélatine 
peptonisée. 

Après cinquante heures, le nombre de colonies était de; 

2.580, 2.i20, 2.260. Suit au total, 7.260 ou 2.420 par centimètre cube. 

Sur ce nombre, il y avait eu moyenne 20 grosses colo- 
nies liquéfiantes. 

t"^- Essai de Veau au robinet d' embouteillage, — L'eau arrijrjg 
directement de la source sans traverser de bassin à décan- 
tation; il était curieux de vérifier si le nombre de colonies 
était le mépie qu'au robinet de la buvette, où l'eau donnée 
au buveur peut avoir pour cause d'altéralion un séjour 
ti-Qp long dans les tuyaux. ... 

Le prélèvement a été fait le 8 août, à onze heures du 
matin. , . 

.rr essai sur 1 goutte d'eaù et S*"-" de gélatine p:îiitonis»e. . • >' 
2p -, 1 — _8« -^^^^ ... — _ . ^ _.. 



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:-^^'^' 



— 132 — 

iquante heures, le nombre de colonies dévelop- 

le: 

ou 760, 7 M), l.i70 par ccnlimMro cube. Soit au total 2.770, 
en moyoïinc un chiffre de 91i3 coionics par centimètre eube, 

' Célestins n®2. — Cette source, découverte en 
>s que la précédente, provient du captage, dans 
, de deux griffons d'eau minérale plus ou moins 
l'eau douce. Son débit est de IS™*^ en vingt- 
res. Elle se trouve dans le centre du bâtiment 
es mètres seulement des Nouveaux Célestins n^ 1 
'e la Vasque. 

ontée par une pompe, arrive à un robinet de 
1. L'installation est faite, comme nous venons 
au centre d'une grotte située dans la partie de 
int rocheux bornant au nord le parc des 

illet 1891, à onze heures vingt du malin, 
ure de Teau au robinet, après dix minutes de 
nent de la pompe, était exactement de 15'»,G, la 
i de l'air étant de 19*,5 et la hauteur baromé- 
iteà0°de736,4. 

reau prise au robinet de distribution. — Prélève- 
15 juillet à onze heures du matin, 
trente heures après, le nombre de colonies 
; s'élevait en moyenne à 3.200 par c. c, mais, 
mt à ce qui se passe pour les deux autres 
le-ci ne contenait pas de colonies liquéfiantes. 
ions sur Veau des Célestins, — De tous temps on 
ies variations dans la composition chimique 
is, dont les eaux, accidentellement ou norma- 
t contaminées par Peau de l'Allier qui pénètre, 
barrages en béton qui les protègent, jusqu'aux 
nés des sources. 

des Célestins, dans lequel ont été faites les 
d'eau minérale, présente au point de vue géo- 
particularité curieuse : ses assises, au lieu 
intales, sont verticales; leur structure cristal- 



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— 133 — 

line permet de supposer qu elles résultent des dépôl 
cessifs opérés par les eaux calcaires. 

Ces feuillets verticaux, composés d'aragonite fil 
ou compacte, se désagrègent facilement. Attaqués 
cesse par l'eau minérale d'un côté et l'eau de l'Alli 
Tautre, ces lames ont été entamées assez profonde 
pour faciliter les échanges entre la rivière et les soi 
Aux griffons, tandis qu'on constatait une diminutior 
calinité de l'eau minérale dans le lit de la rivière, 
basse, on voyait l'acide carbonique se dégager pa 
joints de la marne sur laquelle repose ces roches. 

L'essai bactériologique des eaux des Célestins con 
ces résultats de Tobservalion. Les colonies liquéfiantes 
nues dans les ensemencements précédents attestei 
effet, la présence de l'eau de TAllier, car les sources 
n'en renferment pour ainsi dire pas. 

Or, si Ton doit juger de la pureté des eaux prise 
source par la faiblesse numérique de leurs germe 
doit conclure que les Célestins n'offrent aucune gai 
de pureté. 

Récoltées dans les meilleures conditions, le chiffr 
colonies se montre supérieur à celui de l'eau de l'A 
et ceci n'a rien qui puisse surprendre, étant don 
milieu éminemment favorable qu'offrent à que 
germes de l'eau ordinaire les eaux minérales de Vicl 

Les infiltrations se font probablement d'une façon 
linue, et sans le renouvellement constant qu'amènent 
ces sources le fonctionnement de la buvette et les o 
tions de l'embouteillage, le nombre de colonies s 
évidemment plus considérable encore. 

La source des anciens Célestins n*' 2, la seule réelle 
suivie, renferme environ trois fois plus de germe 
robinet de la buvette qu'à celui de l'embouteillage. 

Cette différence s'explique difficilement pour une 
de même origine. L'analyse chimique seule éclaii 
peut-être ce point mystérieux, en déterminant pour 
cune le degré d'alcalinilé? 

Source Dubois, — Elle est située rue de Nimes, à l'e 



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puits de 27" de profondeur 
ie où sont captés, à Taide de 
lissants d'eau minérale, 
pe arrive à une petite buvette 
du magasin d'embouteillage, 
heures quinze du matin, 
I, après dix minutes de fonc- 
Dnnait au thermomètre une 
3*,3, la température de l'air 
barométrique réduite à 0° de 

Veau. — \° Au robinet de In 
i le l**" août, à onze heures 

hacun sur 1'^*^ d'eau et 15'''= de 

îombre des colonies dévelop- 

u 385 en moyenne par centimèlrc cube. 

prélevée à l'aide d'une pipellc 

anal. 

ihacun sur l*^*^ d'eau et 15'"'' de 

ures, le nombre des colonies 

527 ou 509 i>ar centimètre cube. 

)ériences faites le même jour. 
s <r embouteillage. — Ensemen- 
e gélatine pepLonisée. 
\ nombre de colonies dévelop- 
ne pour 1 goutte, soit i'i.OOO 

liage, — Prélèvement fait à 
itérilisé au centre d'une bou- 
le 1890. 



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— 135 — ! 

Ëubeuiencement de I goutte avec S""^ de gélatine pepto- , 

nisée. j 

Après cinquante heures, le nombre de colonies dévelop- 
pées était en moyenne de 800 par godet pour 1 goutte, 

soit 16.000 par centimètre cube. i 

C. Après dix ans (T embouteillage. — Prélèvement fait ] 
comme le précédent, au centre d'une bouteille cachetée au 

millésime de 1880. " 

Après soixante-dix heures, le nombre de colonies déve- i 

loppées était de : i 

12, 11, 10. Soit au total, 33 colonies ou 220 en moyenne par centimètre cube. ^ 

■ I 

L'impureté de la source Dubois paraît se rapporter à 
des infiltrations d'eau douce d'un puits qui l'avoisine. 

Les numérations pratiquées sur Peau d'une bouteille 
au millésime de 1880 présentent un réel intérêt; elles nous ; 

permettent de vérifier certaines hypothèses émises au 
sujet de la stérilisation de l'eau par suite d'auto-infection 
des germes qu'elle renferme. 

Sources de Saint- Yoi^^e. — Saint- Yorre, village situé sur 
la rive droite de TAllier, est à 8^"* environ de Vichy. 

Les premiers essais decaptagedes sources datent de 1858. 

De nombreux sondages, pratiqués depuis cette époque, 
ont amené la découverte de nouvelles sources situées à 
des niveaux différents, allant jusqu'à 33" au-dessous du sol. 

L'État n'en possédant aucune, nous avons borné notre 
examen à celui des deux plus anciennes. 

Les sources Larbaud Saint- Yorre et Mallat de Saint- 
Yorre sont l'une à côté de l'autre, séparées seulement par 
ia ligne du chemin de fer de Vichy à Thiers. 

Sources Larbaud Saint^Yo^re. — Elles sont au nombre 
de cinq : deux anceen«es, placées sous des kiosques vitrés, 
et trois nouvelles, situées dans une vaste galerie parallèle à 
la ligne du chemin de fer. 

Source ancienne {intermittente), — C'est elle qui fournit 
la presque totalité de l'eau servant h l'embouteillage. 

Elle est captée à 8™ de profondeur au moyen d'une cloche 
en fer qui repose sur la roche calcaire d'où elle émerge. 



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— J36 — 

Un tube vertical, fixé sur la cloche de captage, relie la 
source à une vasque dont le niveau est à 0",80 au-dessus 
du sol. 

Le 17 juin 1891, à trois heures du soir, Teau prise au 
robinet de la vasque marquait exactement 12°,5, la tem- 
pérature de l'air étant de 24° et la hauteur barométrique 
réduite àO° de 743,5. 

Essai de Veau au f^obinet. — Prélèvement fait le 17 juin. 
Ensemencement fait sur place à l'aide d'une pipette de 1*^*^ 
stérilisée. 

Trois essais ont été faits chacun sur 1^*^ d'eau et 15*^^ de 
gélatine peptonisée. Après complet refroidissement de la 
gélatine, les boîtes ont été renfermées dans leur enveloppe 
de papier filtré stérilisé et rapportées deux heures après au 
laboratoire de l'hôpital. 

Le nombre de colonies développées après cinquante 
heures était de : 

20, 18, 13. Soit~au total, 51 colonies ou 17 par centimètre cube. 

Nouvelle source «° 2. — Elle est située à Tcxtrémité sud 
de la galerie des trois nouvelles sources. Toutes sont 
captées à une profondeur variant de 20 à 25". 

L'embouteillage se fait à un robinet placé sur le tube 
ascensionnel au-dessous de la vasque. 

Le 17 juillet 1891, à trois heures quinze du soir, l'eau 
prise au robinet de la vasque marquait exactement 13**, la 
température de l'air étant de 21°,5 et la hauteur baromé- 
trique réduite à 0*» de 743,5. 

Essai de Veau au robinet, — Prélèvement fait le 17 juin. 
Ensemencement fait sur place à l'aide d'une pipette de 
i« stérilisée. 

On a fait trois essais avec i*'*' eau et 15"*= gélatine pepto- 
nisée. Après complet refroidissement, les boîtes ont été 
enveloppées comme dans l'essai précédent et on a attendu 
au troisième jour pour faire la numération. 

(A suivre,) 



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— 137 — 

Stti^ un moyen de destruction des insectes nuisibles à la 
betterave et aux céréales ; par M. Decaux (1). — L'auteur 
a été frappé, en 1888, de trouver, au milieu de. champs de 
céréales et de betteraves à moitié détruits par les larves, 
du Melolontha vulgaris (vers blancs), une magnifique récolte 
de betteraves complètement indemne. Il remarqua alors, à 
la surface du sol, un certain nombre de bouts de chiffons 
d'un aspect noirâtre; ces chiffons provenaient de la com- 
pagnie des chemins de fer du Nord où ils avaient servi au 
nettoyage des locomotives, de la lampisterie, etc. Le pé- 
trole ou autres composés hydrocarbures dont ils étaient 
imprégnés avaient préservé les récoltes contre les insectes 
vivant en terre. 

Cette année, en juin 1891, il a pu constater les mêmes 
effets sur différentes terres fumées de la sorte en 1888 et 
1889. Tous les propriétaires consultés ont assuré n'avoir 
pas eu à soufTrir des insectes, depuis trois ans, dans les 
terres engraissées avec des chiffons pétroles. 

Il a fait observation semblable dans le voisinage d'un 
champ infesté par VHeterodei^a Schachtii (Strubell). 

Les observations qui précèdent montrent que des chif- 
fons imprégnés de pétrole ou d'autres composés hydi'ocar- 
burés ont une action destructrice prolongée (au moins 
trois ans) sur les vers blancs, les vers gris, VHetey^odera 
Schachtii, etc. L'auteur signale ces résultats à l'attention 
des syndicats pour la préservation dos vignobles contre le 
phylloxéra. L'analogie de manière de vivre, en suçant les 
radicelles, du phylloxéra et de VHeterodera lui donne la 
conviction qu'on préserverait les vignes indemnes du 
phylloxéra en les fumant avec des chiffons imbibés de pé- 
trole ou d'autres composés hydrocarbures que l'on pour- 
rait renouveler tous les trois ans. 



(I) Ac. d. 8C,y CXIH, 568, 1891. 



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— 138 — 

ure de l'olivier en Perse (1). — D'un rapport sur la 
3 de Tolivier dans le Nord de la Perse, présente 
nent au Foreign Office par le consul anglais de 
m, il ressort que le district compris entre Ruste- 
, au nord et Manjell au sud, renferme 43 villages 
ant 80.000 à 100.000 arbres, qui rapportent chacun 
K d'olives par an; celte moyenne a été prise en 
compte de ce fait, que l'olivier ne donne une pleine 
5 que tous les deux ans. 

•écolte moyenne totale peut être estimée à 340.000''8 
>s donnant environ 58.000''» d'huile de bonne qualité, 
l'extraction de l'huile de première qualité, les fruits 
e nouveau soumis à la pression, et l'on en retire une 
ie qualité inférieure employée dans les fabriques de 

résidu est utilisé comme engrais pour les oliviers 
êmes. Après une bonne récolte, l'huile revient à 
nviron par bouteille de 900«^ à Rcsht ou à Téhéran, 
leur moyenne des olives d'une récolte annuelle est 
le à environ 97.000 francs; ce chiffre ne comprend 
une part Ihuile de seconde expression, ni d'autre 
ïs frais de main-d'œuvre. 

lile est obtenue par un procédé primitif et très long : 
veSy récoltées à la fin de l'automne, sont mises à fer- 
r dans un grand récipient jusqu'au commencement 
é, puis on les fait sécher sur les toits des maisons, 
les remet de nouveau à fermenter, après quoi on les 
ne, à peu près de la même façon qu'on exprime le 
pour faire le vin; enfin, on les fait bouillir et on les 
ime entre deux grosses pierres plates, l'huile est re- 
ie dans un récipient placé entre les pierres. Le Shah 
lièrement donné à uue compagnie russe, le mono- 
le l'extraction de l'huile dans le nord de la Perse; 
compagnie a rintcntion d'y introduire les procédés 
appareils employés en Europe. E. G. 



harmaceutical liecorii, juillet 1891. 



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— 130 — 

La culture du ginseng (l). — Le giiiscng est une plante 
indigène dans la plus grande partie des régions froides 
des États-Unis. En Géorgie et dans TAlabama on le trouve 
sur les plateaux élevés et descendant graduellement jus- 
qu'au niveau de la mer dans quelques Eltats du Nord. Il 
semble se convenir mieux dans les terres grasses, comme 
celles où Ton trouve habituellement les érables à sucre et 
les chênes. L'ombre paraît aussi lui être nécessaire, car 
les plantes exposées directement aux rayons du soleil ne 
tardent pas à mourir; c'est pour cette raison que sa cul- 
ture ne réussit pour ainsi dire jamais dans les champs 
découverts ou dans les jardins. Pour établir une plantation 
de ginseng il faut choisir une pièce de terre située à la 
lisière d'une lorét ; on enlève les broussailles et les arbres 
peu développés en ne laissant que les plus grands arbres 
nécessaires pour donner l'ombre recherchée. Ce travail 
sera fait au printemps ou pendant l'été. Alors on nettoie 
la surface du sol avec une herse, des râteaux, et on le dé- 
fonce à une profondeur de 5* à 7*, en enlevant toutes les 
herbes, plantes et racines. Le terrain, ainsi préparé, ch^l 
prêt à recevoir les graines ou les petites racines peu 
propres à la vente qu'on a récoltées à l'automne. 

Les baies de ginseng sont de couleur cramoisie quand 
elles sont mûres ; chacune renferme deux graines. Elles 
forment de petites grappes portées par un pédoncule émer- 
geant d'entre les feuilles principales. L'époque de la 
récolte des graines est aus.si celle qui convient pour l'arra- 
chage des racines ; les plus petites, qui ne sont pas con- 
venables pour la vente, sont gardées pour être replantées 
dans un terrain approprié. La graine est séparée avec soin 
de la pulpe par le frottement dans les mains, puis semée 
ou mieux enfoncée dans la terre avec le doigt à une pro- 
fondeur d'environ i' à 15*= les unes des autres le long d'un 
rayon. Les rayons seront distants de 30« à 60^ afin de faci- 
liter l'arrachage des mauvaises herbes. Graines et plantes 



(1) American Journal of Phannnvy, août 1SÎ)I, d'après American At/rl- 
culturist. 



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— 140 — 

! mises en terre avant les premières gelées de 
)arce qu'à ce moment les feuilles des arbres 
iir la plantation et lui ménageront une protec- 
le. 

n suivante aucun autre travail ne sera néces- 
3lantation est couverte de feuilles, que Tenlè- 
mauvaises herbes. Mais si les vents ont enlevé 
3n recouvrira la terre de branches mortes. A 
troisième saison les racines auront pris un 
i développement et pourront être arrachées. 

E. G. 



luveau procédé de sécrétage sans mercure; 

RTONNE (1). — Ce procédé consiste essentiel- 
5 la substitution au nitrate de mercure des 
Is que : chlorures de zinc, d'étain, etc., etc., 
s l'eau ou mieux dans les acides, par exemple 

chlorhydrique; substances qui ne peuvent 
en la santé des ouvriers qui en font usage. 
3St capit«^l et est le plus intéressant pour les 

mais il ne suffit pas qu'un procédé soit abso- 
énsif pour être adopté par l'industrie, il faut 
me manipulation aussi facile que le procédé 
faut encore qu'il fournisse des résultats iden- 
i supérieurs, il faut enfin qu'il nécessite une 
. au plus égale sinon inférieure, 
în rapporte aux fabricants qui ont essayé le 
cédé, ce triple problème serait résolu aujour- 
Açon la plus complète. 

de vue technique, on peut en donner une 
ilus convaincantes : l'ouvrier le plus habile est 
isibilité d'indiquer et même de soupçonner le 
Tétage appliqué au poil qu'il a transformé en 
it à l'ouvrier sécréteur le plus exercé, mis en 
deux peaux étuvées qu'il a lui-même sécrétées 

rit if. y l«'janv. 1892, p. 60. 



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— 141 — 

en jaune, Tune avec le nitrate de mercure, l'autre avec le 
produit nouveau, il est incapable de désigner celle qui a 
subi le traitement ancien. 

S'il s'agit de deux peaux blanches, par conséquent de 
peaux sécrétées en pâle, une différence se manifeste à la 
sortie de l'étuve, mais elle est en faveur du nouveau pro- 
cédé. En effet, avec le nitrate de mercure, quoi qu'on fasse et 
si bien accolées, poil contre poil, que soient les peaux dans 
l'étuve, il y a toujours des parties découvertes, conséquem- 
ment des parties colorées sous l'action de l'acide nitrique, 
d'où des déchets parfois considérables. 

Mais ce n'est pas tout : le poil sécrété en pâle, qui sort 
blanc de l'étuve, acquiert rapidement une coloration rose 
qui ne fait que s'accroître et s'étendre avec le temps. 

Il ne se passe rien de semblable avec le nouveau secret : 
la peau sort de l'étuve aussi blanche qu'elle y est entrée et 
cet avantage est persistant. 

En résumé, aucune modification de travail et bien en- 
tendu de matériel, aucun changement dans le résultat dé- 
finitif obtenu : voilà un double point acquis. 

Au point de vue économique, ïes résultats incontestés 
sont aussi nets : le nouveau procédé permet de réaliser sur 
l'ancien .une économie qui n'est pas inférieure à 40 p. 100. 

Cela résulte d'essais récemment exécutés, concurrem- 
ment avec le procédé au nitrate de mercure. 

Outre les avantages au point de vue de la salubrité, sur 
lesquels il est inutile d'insister, le point économique est le 
suivant : 

Les calculs ayant été établis sur de grandes quantités 
de matières mises en œuvre, les peaux étant de tailles très 
variables, la moyenne obtenue dans une usine de sécrétage 
à Paris : 

Sécrétage au mercure : 
Les 100 peaux coûtent 1 fr. 29 

Sécrétage au procédé Courtonne : 
Le» 100 peaux coûtent. fr. 67 

^ '^ Différence pour 100' peaux. . . fr. 62 

(soit une économie de 48 p. 100). 



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îté absolument identiques 
5 procédé au mercure. On 
obtenu est beaucoup plus 
i est un avantage. 



^ACIE DE PARIS 

6 janvier 1892. 

Portes, président. 



mplacer on établit souvent 
Lie aussi souvent ceux qui 
tout aussi aptes à occuper 
ïcesscurs. 

i'hui, et, si j'avoue que la 
*de à ma volonté de bien 
tifice de langage, j'en suis 

lonneur de m'appeler à la 
faire jusqu'ici n'a pas dû 
étermination. Vous n'avez 
Hèle entre celui qi^i deve- 
1 devait lui succéder, 
usion. 

ote comme une m^rque-de 
is teniez l'assiduité à vos 

ûl point de vue que j'ai 
î'est pour vous tn remer- 
3 rengagement formel de 
nabilité. - • 



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— 143 — 

La présence à nos séances de ceux haut placés qui 
furent nos présidents est un exemple d'une inestimable 
valeur. 

L'assiduité de ceux qui ont pour eux leur seule volonté 
de maintenir la profession pharmaceutique à la place 
qu'elle mérite d'occuper est une inéluctable nécessité. 

Nos maîtres, détournés, sans doute, par leurs recher- 
ches multiples, nous négligent parfois et, leur année de 
présidence terminée, ne font parmi nous que de trop rares 
apparitions. Mais le bruit de leurs découvertes empêche 
qu'ils ne soient oubliés, et parfois leurs communications 
les amènent encore au milieu de nous. 

Pour ceux qui, plus affairés, sont obligés de sacrifier 
les questions théoriques à des pensées d'ordre plus maté- 
riel, il n'en est pas de môme. 

L'assiduité leur est un double besoin : celui de ne point 
tomber dans l'oubli et celui, bien plus nécessaire encore, 
de venir se retremper dans le milieu intellectuel que vous 
représentez. La lecture des journaux ne peut faire vibrer 
nos fibres les plus intimes comme la parole de ceux de nos 
collègues qui, en communiquant leurs recherches, nous 
associent pour ainsi dire à leurs appréhensions, à leurs 
efforts, à leur réussite. 

Aussi, talonné toujours par celte poursuite de l'inconnu 
qui semble l'apanage de notre profession et qui Ta si haut 
placée dans la science du XIX® siècle, notre esprit n'a de 
réelle satisfaction qu'en se sentant à l'unisson de celui de 
ses pairs. 

Je ne reviendrai pas sur le légitime orgueil que tous ici 
nous avons éprouvé en ayant la primeur de la grande dér 
• couverte démon prédécesseur. Nous ne pouvons prétendre 
continuellement à de telles aspirations. Mais presque char 
cune de nos séances nous offre quelques satisfactions^ 
Sachons nous en contenter, puisqu'elles sont déjà suffir 
santés pour compenser au centuple le peu d'ennui causé 
par le dérangement de deux heures apporté mensuellet 
ment à nos occupations. . 

Insister davantage serait abuser de votre patience et 



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— 144 — 

escompter une bienveillance dont, je le prévois, j'aurai 
fort besoin. 

Je m'arrête donc, et pour vous remercier de Thonneur 
que vous avez voulu me faire, j'exprime le vœu que Tan- 
pée 1892 soit aussi féconde pour notre Société que Ta été 
celle qui vient -de s'écouler. 



Compte rendu des travaux de la Société de pharmacie de Paris 
(année 1891); par M. E. Léger. 

Messieurs, 

Avant de quitter cette place où j'ai été appelé par votre 
confiance, un dernier devoir me reste à accomplir : celui 
de passer une revue rapide des travaux qui ont été pré- 
sentés au cours de vos séances. Cette partie de ma tâche 
n'est ni la moins difficile ni la moins délicate, je m'effor- 
cerai cependant de la remplir de mon mieux, et si quel- 
ques irrégularités ou quelques légers oublis venaient à se 
glisser dans ce difficile travail, je vous prierais de vouloir 
bien m'en excuser. Votre bienveillance, qui ne m'a pas 
fait défaut pendant tout le cours de l'année, ne saurait 
m^échapper en ce moment. S'il m'arrive en outre de faire 
entendre parfois quelques légères critiques, je vous de- 
manderais de ne pas trop vous en émouvoir et de ne 
considérer que les idées qui les ont inspirées ; c'est qu'en 
effet, en science comme en toute autre chose, si faire bien 
est bon, faire mieux est préférable. 

Messieurs, si nous considérons le travail fourni par les 
membres de notre Société, nous arrivons facilement à 
cette conclusion que l'année 1891 peut être classée parmi 
les bonnes années, je devrais peut-être dire les très bonnes 
années; mais une Société comme la nôtre, une Société 
fermée, ne vit pas seulement par le travail de ses mem-^ 
bres, son activité scientifique doit s'étendre plus loin au- 
tour d'elle. Elle doit être comme un centre vêts lequel 



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— 145 — 

doivent se diriger tous les travailleurs de bonne volonté; 
qu'ils soient ou ne soient pas pharmaciens, pourvu que 
leurs travaux intéressent la pharmacie. 

Cette année, les sciences qui ont fourni le plus de com- 
munications sont : la chimie pure, la chimie appliquée à 
la pathologie et à Thygiène alimentaire, la chimie appli- 
quée, à la pharmacie et la pharmacie proprement dite. 

Notre président, M. Moissan, montrant l'exemple, nous 
a à diverses reprises entretenu de ses recherches. 

Un métal toxique, le plomb, a donné lieu à bien des tra- 
vaux ; il a été le sujet de bien des rapports dans les com- 
missions d'hygiène, et on peut dire qu'il n'est pas de poi- 
son auquel on ait fait une guerre plus acharnée. Cepen- 
dant, quand on croit avoir terrassé l'ennemi, c'est sous 
une autre forme qu'il reparaît. C'est ainsi que M. Mois- 
san nous a signalé sa présence dans l'eau de Seltz. Les 
doses trouvées ne sont pas toujours énormes, je le veux 
bien, mais si l'on songe que certaines personnes font un 
usage journalier de l'eau de Seltz, on comprend toute l'im- 
portance du danger signalé par M. Moissan. 

Notre collègue, dont le nom reste indissolublement lié 
à la découverte du fluor, nous a fait connaître la prépara- 
tion d'un dérivé très intéressant de ce corps, le fluorure 
d'argent.Par l'action de l'acide fluorhydrique sur le carbo- 
nate d'argent, ce corps s'obtient aisément. La seule pré- 
caution à prendre est d'éviter l'emploi de carbonate con- 
tenant de l'oxyde d'argent, ce qui donnerait lieu à de 
l'oxyfluorure d'argent qui resterait mélangé au fluorure. 
M. Moissan a étudié les propriétés de ce corps qui agit 
facilement sur les composés organiques et minéraux 
chlorés pour leur enlever du chlore, lequel est remplacé 
par le fluor; les chlorures de phosphore et de bore sont 
ainsi transformés en fluorures. ; , 

Une dernière propriété du fluorure d'argent observée 
par M. Moissan, et non la moins remarquable, c'est sa 
conductibilité électrique à l'état fondu ; ce qui a pu lui 
faire dire que si le fluor était encore à découvrir, on pour- 

Jour», ie Pkam. et de Chfm., \»' série, t. XXV. (!•' février I8©2.) 10 .1 



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— 146 — 

rait réaliser 8a production par Télectrolyse du fluorure 
d'argent. 

Si le fluorure d'argent avait déjà été entrevu, le triio- 
dure de bore est complètement nouveau. 

M. Moissan nous a indiqué comment il avait réussi à 
obtenir ce composé en faisant agir Tacide iodhydrique sur 
le bore amorphe chauffé au rouge sombre. Il se dégage de 
rhydrogène et on recueille un corps ressemblant à de 
riode en paillettes; on le purifie en le dissolvant dans le 
sulfure ou le tétrachlorure de carbone et en agitant les 
solutions avec du mercure. 

Ce corps est alors en cristaux incolores et hygrosco- 
piques. Comme le fluorure d'argent, le triiodure de bore 
est un corps dont les affinités sont vives. Il entre facile- 
ment en réaction avec les composés organiques. L'eau le 
décompose en acide borique et acide iodhydrique. Avec 
l'alcool il donne de Téther iodhydrique et de l'acide bo- 
rique avec l'éther de l'éther iodhydrique et de l'éther bo- 
rique. 

Le létraiodure de carbone ne pouvait s'obtenir jusqu'à 
présent que par la méthode pénible imaginée par Gus- 
lavson. M. Moissan, en appliquant à la préparation de ce 
corps le triiodure de bore découvert par lui a singulière- 
ment simplifié cette opération. Le triiodure de bore et le 
tétrachlorure de carbone réagissent même à froid; il se 
dépose des aiguilles rouges qui représentent le corps cher- 
ché. Cependant il vaut mieux chauffer en tubes scellés 
pendant une heure à 80*»-90*. Aux propriétés indiquées 
par Gustavson, M. Moissan en ajoute un certain nombre 
d'autres. 

Par exemple ce corps est sublimable dans le vide. La 
lumière le décompose en iode et en un nouvel iodure 
cristallisé et jaune. 11 est réduit à 140» par l'hydrogène 
pour donner de l'iodoforme. 

Messieurs, les recherches de M. Moissan donnent le plus 
grand démenti à ceux qui représentent la chimie minérale 
comme un terrain épuisé où toutes les grandes découvertes 
ont été faites. 



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— 147 — 

Mais les corps découverts par M. Moissan n'intéresse 
pas seulement la chimie minérale. Par leurs puissant 
affinités ils constituent des réactifs précieux que les cl 
mistes s'occupant plus spécialement de chimie organiqi 
ne tarderont pas à utiliser, prouvant ainsi qu'il n'exis 
qu'une seule chimie dont toutes les parties sont solidaire 
En effet, que serait devenue la chimie organique sans 
connaissance des chlorures et des iodures de phosphox 
des chlorures d'antimoine et d'aluminium. Des centain 
de corps seraient à découvrir; les chlorures d'acide, 1 
acides anhydres n'existeraient pas; et que de corps do 
la constitution chimique serait encore à l'état de pr 
hième ! 

Ces travaux de M. Moissan ne sont, du reste, que la su: 
de nombreuses recherches qui ont attiré sur lui l'altenti^ 
du monde savant. Tous ces efforts et les brillanls résulte 
qu'ils ont produit ne devaient pas rester sans récompens 
et en effet, notre président, déjà professeur a l'École 
pharmacie, membre de l'Académie de médecine, vient 
recevoir la plus haute distinction à laquelle un sava 
puisse prétendre dans notre pays. Le 8 juin 1891, M. Hei 
Moissan fut élu membre de l'Académie des sciences 
remplacement de Cahours. 

Autrefois, lorsqu'un suc végétal réduisait la lique 
cupro-potassique, on concluait à la présence de la glucotj 
les plus prudents disaient sucre réducteur. M. Bourquei 
nous a montré combien ces indications étaient peu pi 
cises, et il nous a indiqué un procédé commode pour i 
connaître la tréhalose dans les champignons. 

Mettant à profit l'action bien connue d'un cristal d'i 
corps sur la solution sursaturée de ce corps, il frotte u 
lame de verre avec un cristal de tréhalose et recouvre 
partie frottée d'un extrait concentré du champignon à ei 
miner. Si ce champignon renferme de la tréhalose, 
voit, au bout de peu de temps, la cristallisation se proj 
ger et on peut reconnaître au microscope la tréhalose 
sa forme cristalline. 

C'est encore un champignon, le Lacianus volemus, q 



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— 148 — 

fournit à M. Bourquelot le sujet de sa seconde communi- 
cation. Par Talcool à 95**, M. Bourquelot a réussi à extraire 
du Lactarius volemus une nouvelle matière sucrée appar- 
tenant à la classe des mannites et qu'il a nommée volé- 
mile. Ce sucre, qui est bien cristallisé et doué du pouvoir 
rotatoire, n*est pas réducteur et ne fermente pas. Il pré- 
sente toutes les propriétés de la mannite ordinaire et donne 
comme celle-ci des combinaisons, sortes d'acétals, avec 
l'aldéhyde benzoïque et la paraldéhyde. 

A notre époque, où Tétude des matières sucrées est pour- 
suivie de différents côtés avec beaucoup de succès, la 
connaissance de la volémite ne saurait manquer de pré- 
senter un grand intérêt. Ce corps viendra se classer natu- 
rellement parmi les nombreuses matières sucrées que les 
méthodes de M. Emile Fischer ont permis ou permettront 
d'obtenir. 

La troisième communication de M. Bourquelot touche 
plus à l'histoire naturelle qu'à la chimie. Les champignons 
de la tribu des Polyporées à laquelle appartient notre cèpe 
comestible ne renferment pas d'amidon, ou du moins leurs 
tissus ne sont pas colorés par l'iode. Cependant M. Bour- 
quelot a reconnu que les coupes du Bolelus pachybus se 
coloraient par l'eau iodée. Pour savoir si cette coloration 
était due à l'iode, notre collègue a traité par l'eau bouil- 
lante le tissu du champignon et a obtenu de nouveau la 
leinte bleue en traitant le liquide par l'iode. Suivant 
M. Bourquelot, l'amidon parait faire partie de la mem-- 
brane des cellules. Il n'est pas en grains comme chez les 
phanérogames. M. Bourquelot a fondé sur celte différence 
d'action de Tiode un moyen de reconnaître le Boktus pa- 
chybus, qui est vénéneux et coloré par l'iode du cèpe co- 
mestible qui n'est pas coloré. 

S'il existe en chimie des réactions dont l'explication 
semble définitivement établie, ce sont bien certainement 
celles qui s'effectuent entre des corps de composition 
simple; et il semble un peu téméraire de reprendre 
l'étude de semblables réactions quand ceux qui s'en sont 
tout d'abord occupés étaient comptés parmi les maîtres 



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— Ii9 — 

de la science. Ces considérations n'ont pas découra« 
M. Prunier, qui a examiné à nouveau l'action remarquab! 
de la potasse alcoolique sur le chloroforme. On sait qi 
la réaction qui se passe ainsi (transformation du chlore 
forme en chlorure de potassium et formiate de potasse 
est une des réactions fondamentales de la chimie. C'eî 
elle qui a permis à Dumas d'établir la véritable compc 
sition du chloroforme et qui lui a servi de base pou 
donner à ce corps son nom de chloroforme. 

M. Prunier a reconnu qu'en modifiant les condition 
expérimentales adoptées par Dumas, en ayant soin d'c 
viler, par exemple, que la température ne s'élevât at 
dessus de 30*>, une autre réaction se produisait. La potass 
alcoolique dans ce cas ne donne plus lieu au phénomèn 
de dédoublement observé par Dumas, mais elle ag] 
comme oxydant en donnant de Toxychlorure de carbone 
du chlorure de potassium et de l'hydrogène. 

A propos des recherches de M. Moissan, je rappelai 
l'intérêt que présentait pour les chimistes la connaissanc 
de ces réactifs puissants qui permettent de modifier s 
aisément les combinaisons organiques. De ce nombre e? 
un composé connu depuis longtemps : le fluorure de bore 
Malgré ses affinités énergiques, ce corps n'avait jusqu' 
présent trouvé qu'un emploi restreint en chimie orga 
nique. M. Patein a pensé que, manié convenablemeni 
ce corps permettrait de produire des réactions intéres 
santés. C'est ainsi qu'il l'a fait agir sur quelques nitriles 
Il a opéré sur le nitrile acétique ou cyanure de méthyl 
ainsi que sur les cyanures de phényle et de benzyle, c 
a reconnu que le fluorure de bore s'ajoutait à ces com 
posés molécule à molécule pour donner des composés biei 
cristallisés, mais qui sont le plus souvent instables. 

Dans une seconde communication. M. Patein nous 
indiqué le mode de préparation et la composition exact 
des combinaisons de l'antipyrine et des naphtols, combi 
naisons dont l'existence avait déjà été signalée pa 
M. Barbey, quoique d'une façon un peu vague. 

En mélangeant des quantités équimoléculaires des deu 



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— 150 — 

corps, l*antipyrine étant en solution aqueuse et le p-naph- 
tol en solution alcoolique, M. Palein obtint la combinaison 
des deux corps sous forme d'un précipité cristallin qui fut 
purifié par cristallisation dans Talcool. 

Le dosage de Tazote montra à M. Patein que les deux 
corps en se combinant donnaient lieu à un produit d'ad- 
dition sans quil y eût élimination d'eau. 

Malgré les progrès énormes de la science chimique, il 
est encore certaines réactions que les chimistes ne sont 
pas parvenus à exécuter, du moins d'une façon avanta- 
geuse avec les seules ressources de la chimie, et pendant 
longtemps encore la fermentation des sucres par les sac- 
charomyces restera la seule source productive de Talcool. 
C'est également à un être inférieur que M. Villiers s'est 
adressé pour effectuer ses expériences. En faisant agir le 
ferment butyrique sur la fécule de pomme de terre M. Vil- 
liers a obtenu sa transformation en dextrines. Cette trans- 
formation s'effectue en l'absence des diastases; elle donne 
lieu à la production simultanée d'un peu d'acide buty- 
rique. En môme temps prend naissance un corps fort inté- 
ressant bien cristallisé, lequel possède la composition des 
dextrines et a un pouvoir rotatoire voisin de celui de ces 
dernières. 

Ce corps a donné lieu à une seconde communication de 
M. Villiers. Cet auteur le nomme cellulosine et lui attri- 
bue une composition représentée par la formule 

(Ci«H^o 010)6 Q*H«OM0IIO. 

En cristallisant dans Talcool il retient donc non seule- 
ment de l'eau, mais encore une molécule d'alcool qui 
semble jouer un rôle analogue à celui de l'eau de cristal* 
lisation; et, en effet, exposés à l'air, les cristaux devien- 
nent opaques en perdant de l'alcool. 

Très peu soluble dans l'eau, ce corps est transformé en 
glucose par les acides. 

M. Villiers étendant ses recherches aux amidons de 
différentes provenances, a constaté que l'action du fer- 
ment butyrique sur ces amidons pouvait varier, donnant 



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— 151 — 

tantôt des corps amorphes, tantôt des corps cristallisés. Il 
n'est pas douteux que les recherches de M. Villiers ne 
contribuent puissamment à éclairer la constitution encore 
peu connue de ces corps dont la série commence à la cel- 
lulose pour aboutir aux dextrines. 

Car malgré des travaux d'une haute importance on ne 
peut manquer de constater qu'il règne encore beaucoup 
d'obscurité dans l'histoire de ces deux classes de prin- 
cipes si intéressants pour les êtres organisés; les hydrates 
de carbone pour les végétaux, les albuminoïdes pour les 
animaux. 

Telle est la liste des travaux dont la chimie pure a fourni 
le sujet. Je crois cependant devoir ajouter, pour être com- 
plet, les quelques observations que j'ai eu l'honneur de 
vous présenter au nom de M. JungQeisch et au mien sur 
les confusions qui se sont produites à l'occasion de l'emploi 
du mot isocinchonine. Après avoir constaté que ce nom 
avait été donné par M. liesse à deux produits différents 
dont l'un est identique avec la cinchonigine, nous vous 
avons fait remarquer que le même nom d'isocinchonine 
avait été employé par MM. Cornstock et Kœnig, pour dé- 
signer le produit qu'ils ont obtenu par l'action de la potasse 
alcoolique sur le bibromhydrate d'hybromocinchonine. 

A cette occasion, M. JungQeisch et moi, nous avons 
prouvé l'identité de l'isocinchoninede ces derniers auteurs 
avec la cinchoniline et nous avons proposé d'abandonner 
ce mot isocinchonine qui, appliqué à deux corps aussi 
différents que le sont la cinchonigine et la cinchoniline, 
ne peut que servir à maintenir la confusion. 

Si maintenant nous passons à la chimie appliquée nous, 
rencontrons une somme de travaux encore fort importante. 

En premier lieu, je signalerai ceux de M. Portes sur le 
déplâtrage des vins à l'aide des sels de strontianc. 

Le plâtrage étant devenu une opération indispensable, 
d'après certains viticulteurs, pour assurer la conservation 
et le transport de certain vins, on a songé à en atténuer les 
inconvénients en procédant, par une opération nommée 
déplâtrage, à l'enlèvement de la plus grande partie du sul- 



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— 152 — 

(le potasse produit par le plâtrage. M. Portes vous a 
tré qu'en opérant avec le plus grand soin, le vin re- 
it, après Topération du déplâtrage, 0,27 de sulfate de 
iliane par litre. 

tte constatation n'est pas rassurante pour le consom- 
iur: car, si le sulfate de stronliane n'a pas les incon- 
ents du sulfate de potasse, il en a peut-être d'autres et 
3 demande si, dans ce cas, le remède n'est pas pire que 
il. 

! vin a encore fourni le sujet d'une communication de 
illiers. 

)rôs le plâtre, voici maintenant l'acide sulfurique, le 
ol, qui devient un élément nécessaire à la vinification. 
• le coup l'autorité s'est émue, et le ministre du com- 
;e, dans une circulaire, proscrit absolument l'addition 
icide sulfurique au vin. En même temps pour établir 
té dans les expertises, la circulaire recommande Pem- 
de certaines méthodes pour la recherche de l'acide 
irique dans les vins. M. Villiers amontré par desexpé- 
îes exécutées à l'aide de solutions de corps purs que 
néthodes pouvaient être en défaut dans les cas où on 
ouveraît en présence devins plâtrés. Ceux-ci, en un 
se comporteraient comme le vin additionné d'acide 
rique. 

question, pour M. Portes, ne serait pas aussi simple 
y aurait telles réactions qui se passeraient différem- 
suivant qu'elles s'accompliraient en solution aqueuse 
ms le vin. M. Portes établit, par des expériences exé- 
surdes vins plâtrés par lui, que la méthode proposée 
e ministre du commerce peut rendre de bons services, 
[u'elle ne fait pas trouver d'acide sulfurique dans le 
uand on n'en a pas introduit. 

s divergences d'opinion n'ont rien qui doivent nous 
•endre et le dernier mot est loin d'être dit sur l'im- 
nte question de l'essai chimique des vins. Au con- 
3, ne voyons-nous pas cette question se compliquer de 
en plus. A mesure que des chimistes découvrent une 
e, les falsificateurs en inventent une autre. 



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— 153 — 

C'est, sous une autre forme, l'éternelle lutte du boulet et 
de la cuirasse. 

C'est encore d'une question d'hygiène alimentaire que 
nous a entretenu M. Barillé. 

Le son, qui représente un résidu dans la fabrication de la 
farine, renferme cependant des principes nutritifs. 

C'est, guidé par cette pensée, que M. Souvent conçut le 
projet de remplacer dans la panification l'eau par une dé- 
coction de son. L'idée élait certainement fort ingénieuse, 
et si l'on réfléchit au prix élevé qu'ji atteint le blé cette 
année, elle ne manquait pas d'une certaine actualité. Aussi 
est-ce avec le plus grand soin que M. Barillé a examiné ce 
procédé, exécutant de nombreuses analyses, tant sur le son 
que sur la décoction de son et sur le pain lui-même. Mal- 
heureusement, les résultats obtenus par M. Barillé n'ont 
pas répondu aux espérances de l'auteur du nouveau pro- 
cédé. 

Les avantages résultant de sa mise en pratique seraient 
si minces, que M. Barillé ne croit pas devoir en conseiller 
l'adoption. 

La chimie appliquée à la pathologie compte aussi parmi 
nous de nombreux adeptes. 

M. Berlioz nous a entretenu d'une affection bizarre 
nommée rhinolithiase caractérisée par la présence dans le 
nez de calculs spéciaux nommés Rhinolilhes. Les calculs 
examinés par M. Berlioz étaient au nombre de cjuatre. 
Caractérisés par leur dureté excessive et leur cassure 
netle, ils présentent des couches concentriques d'une 
teinte grisâtre. Analysés séparément ils renfermaient : IG 
à 18 p. 100 de matière organique, une quantité de phos- 
phate de chaux allant jusqu'à 62 p. 100, 4 à 6 p. 100 de 
phosphate de magnésie, 10 à 20 p. 100 de carbonate de 
chaux ainsi que des traces de fer. 

M. Palein a examiné quelques liquides qu'à cause de 
leur siège on aurait pu considérer comme étant des 
liquides céphalo-rachidiens. L'analyse chimique lui a dé- 
montré que ces liquides n'étaient pas de véritables liquides 



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^*r?ff2r*J 



— I5i — 

ichidiens. Il a constaté, de plus, que ces liquides 
naient jamais de glucose, 
lides extraits des kystes ovariques ont attiré éga- 
Lttention de noire collègue. Celui-ci a pu cons- 

dans ces liquides, Talbumine n'était pas lou- 
^ulée à rébullition en présence de deux gouttes 
étique. 

n cas de tumeur du rein, M. Patein a constaté 
uide de la tumeur ne renfermait aucun des élé- 
l'urine et que, par conséquent, le rein ne fonc- 
, son ablation se trouvait justifiée chimiquement. 
)yons ici un nouvel exemple des services que la 
ut rendre à la pathologie. 

in nous a encore communiqué le résultat de ses 
s sur l'action de l'acide acétique sur les diverses 
5. 11 a constaté que Talbumine d'œuf, qui ne pré- 

à froid par l'acide acétique, précipite, au con- 
land, après l'avoir abandonné à ï'évaporalion 
i, on reprend le résidu par l'eau distillée, 
ant agir successivement la lessive de soude et 
ètique sur les albumines de l'œuf, du san^ et de 

arrive à établir des différences qui permettent 
iriser ces diverses albumines, 
îin nous a signalé aussi les accidents causés par 
ion employée par une jeune fille atteinte de carie 
Notre collègue a reconnu que ces accidents de- 
e attribués à la cocaïne dont il a pu reconnaître 
ïe par la méthode de M. Fereira da Silva. 
nbert nous a communiqué l'analyse d'un liquide 
bifida. Après avoir reconnu la présence, dans ce 
ies éléments qu'on y trouve habituellement, 
ert y a constaté la présence de lécithine et l'ab- 
jucre réducteur. 

ï à une autre classe de travaux qui a toujours eu 
je de passionner les pharmaciens. Je veux parler 
se chimique des drogues simples, 
les brillantes découvertes qui se sont succédées 



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— 155 — 

pendant plus d'un demi-siècle et qui font le plus grand 
honneur à la pharmacie française, on ne peut s'empêcher 
de remarquer que Tactivité déployée dans ces études est 
devenue moins considérable en France qu'elle ne l'est à 
l'étranger. 

Et cependant il semble que nous soyons à une époque 
où ces recherches doivent être à la fois plus faciles et plus 
attrayantes. 

Les principes immédiats, alcaloïdes, glucosides, ma- 
tières sucrées, essences, etc., grâce à des travaux considé- 
rables sont mieux connus, souvent faciles à reconnaître et 
à séparer ; des méthodes générales permettent même d'en 
établir la constitution chimique. 

Mais si la recherche des principes immédiats est deve- 
nue plus rare, elle est cependant loin d'être abandonnée 
et, sans quitter notre société, je vous rappellerai le beau 
travail de M. Bourquelot sur la volémite ainsi que celui 
que M. Bocquillon nous a communiqué sur l'analyse chi- 
mique du condurango. 

Ce n'était pas une mince besogne que de reprendre 
l'étude chimique de celte drogue déjà étudiée par de nom- 
breux observateurs ; et tous ceux qui ont eu à effectuer la 
séparation de corps chimiques, tels que les alcaloïdes ou 
les glucosides entre eux, savent combien celte opération 
est longue et délicate. 

M. Bocquillon est arrivé cependant à séparer les diverses 
glucosides ou condurangines que l'on rencontre dans le 
condurango. Il nous a indiqué ses méthodes et nous a 
fait connaître les condurangines qu'il distingue l'une de 
l'autre par les lettres grecques «, p, y, S, e. 

J'arrive aux travaux qui se rapportent à la pharmacie 
proprement dite. 

Malgré l'introduction des médicaments chimiques dans 
la thérapeutique, les eaux distillées continueront long- 
temps à figurer dans TofScine du pharmacien. Jusqu'à pré 
sent ou connaissait peu de caractères permetlantde recon- 
naître un hydrolat bien préparé d'un hydrolat altéré ou 
falsifié. M. Viron a cherché à combler cette lacune et il a 



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6 — 

jtion de carbazol dans Tacide 
il nomme réactif sulfo-car- 
mt les eaux distillées d'après 
forme ce réactif. L'eau de 
î ainsi facilement de Teau 

lunication M. Viron nous 
•nis par la phénol-phtaléine 
3ment distillées des liquides 
e avec de l'eau et filtrant sur 
prenant une coloration rose, 
reconnu à l'aide du réactif 

Qé une coloration bleue avec 

ît un précipité grisâtre avec 

e mirbane. 

examinées par M. Virou à un 

lié le rôle des schizophytes 

sent dans les eaux distillées. 

e fleurs d'oranger et sur les 

issance. 

iifférant entre eux par la vo- 

:appelant les avantages que 
mtisep tiques insolubles, ont 
thérapeutique un corps qui 
îuients du naphtol-p ni ceux 
étol. Le nouvel antiseptique 
' benzoïque du p-naphtol. 
.udié le mode de préparation 
: les doses et les conditions 
nt d'obtenir un bon rende- 
lue et s'élimine eu partie à 

ques sont de plus en plus 

faites avec de l'eau distillée 

eut donc une idée heureuse 

nélange d'eau d'alcool et de 



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— 157 — 

glycérine fait dans des proportions telles, qu'un litre pèse 
1.000»'^ à 15«. 

A Taide de ce dissolvant, il propose de préparer des 
solutions au 1/1000 de digitaline cristallisée, de nitrate 
d'aconitine, de monosulfure de sodium, etc. 

Ces glycéro alcoolés, comme les nomme M. Petit, 
seraient susceptibles de se conserver pendant une année 
sans altération. 

M. Petit qui ne laisse jamais échapper l'occasion de 
nous faire connaître les substances nouvelles proposées 
comme médicament, nous a présenté des échantillons bien 
cristallisés des méthylacétyltoluidines ortho, meta et para. 

Les caractères de ces corps et surtout ceux de l'isomère 
ortho qui est soluble dans 12 parties d'eau à 15* lui ont fait 
penser qu'il était intéressant d'examiner leur action théra- 
peutique. Il signale, en outre, une propriété curieuse de 
risomère ortho. La solution limpide de ce corps se trouble 
abondamment par la chaleur et la liqueur devient de nou- 
veau transparente en se refroidissant. 

M. Pierre Vigier, pensant avec raison que la forme 
sous laquelle on administre un médicament n'est pas 
indifférente à son action, a cherché à améliorer certaines 
formules et nous en a présenté de nouvelles. C'est ainsi 
que pour l'administration de la quinine par la méthode 
hypodermique, il n'hésite pas à donner la préférence au 
lactate, sel très soluble et facilement supporté. M. Pierre 
Vigier nous a signalé l'importance qu'il y aurait à établir 
la pharmacologie du condurango et nous a proposé une 
formule pour la préparation de l'extrait fluide de condurago. 
A l'aide d'eau, d'alcool et de glycérine, il obtient un 
extrait fluide représentant son poids de condurango. 

M. Bocquillon nous a, à cette occasion, proposé d'adopter 
pour l'usage externe l'emploi d'un vin préparé avec la 
teinture comme le vin aromatique du Codex. A l'intérieur, 
la poudre peut être employée à la dose de 0,25 en cachets 
ou en pilules. Il se rallie, en outre, à la formule d'extrait 
fluide proposée par M. Vigier. 

M. Bocquillon rappelle que la condurangine n'agit 



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— 158 - 

xique que 7 à 8 heures après son injection. La 
jine n'est toxique que lorsqu'on remploie en 
sous la peau. A l'intérieur, elle n'aurait aucun 
[ue, c'est ce qui expliquerait l'innocuité de la 
ï condurango. 

que la solution de biiodure de mercure dans 
e potassium forme la base du réactif indiqué par 
ur reconnaître les alcaloïdes. Il est donc bizarre 
it iodomercurate associé dans des formules de 
nls contenant des alcaloïdes. M. Pierre Vigier, 
isant remarquer cette incompatibilité, a cherché 
r l'inconvénient que présentent de semblables 
ns. Ayant eu à préparer un sirop de Gibert 
el le sirop simple avait été remplacé par du sirop 
lina, il a réussi à empêcher la formation du 
în faisant entrer dans la préparation une cer- 
; d'alcool et de glycérine, 
ubstances chimiques quand elles sont pures ne 
is toujours être associées dans certaines formules, 
énient n'est pas moindre quand les corps chi- 
nt impurs. M. Rousseau Langwelt a eu occasion 
rouver l'exactitude de cet affirmation. Ayant eu 
' une solution d'un mélange d'acide borique et 
é corrosif, il a observé la formation d'une colo- 
ige orangé devenant brune. Après une étude 
lu phénomène, M. Rousseau Langwelt ne tarda 
)nnaître que la cause de cette coloration devait 
îhéc dans la présence de petites quantités de 
soude mélangées à l'acide borique, 
^staing nous a indiqué ses recherches sur la 
pistoïa. Il est parvenu à établir la composition 
uit qui renferme 20 p. 100 de bulbes de colchique, 
e racine de bryone, 50 p. 100 de bétoine, 10 p. 100 
le, 10 p. 100 de camomille commune, 
ard a constaté que l'iodure de sodium employé 
acie donnait quelquefois un précipité jaunâtre 
Ifate de spartéine. Il a cherché la cause de ce 
e et a reconnu qu'il devait être attribué à la pré- 



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— 159 — 

sence d'iodate de soude dans Tiodure de sodium employé. 

L'iodure pur et le sulfate de spartéine réunis dans la 
même solution ne réagissent pas l'un sur Tautre. 

M. JuUiard nous a, en outre, indiqué un procédé très 
simple pour l'essai de Teau de fleurs d'oranger. Si on 
agite cette eau avec parties égales d'éther, le liquide se 
sépare en deux couches. La couche éthérée est recueillie 
dans une capsule. Il suffit de souffler sur ce liquide éthéré 
pour percevoir un odeur très agréable dans le cas de Tcau 
de fleurs d'oranger et, au contraire, très désagréable, s'il 
s'agit d'eau de feuilles d'oranger. 

Messieurs, si le rôle du pharmacien consiste à bien pré- 
parer les médicaments, il ne saurait échapper à l'obliga- 
tion de conserver ceux-ci toujours en bon état, de façon à 
maintenir intactes les propriétés curatives recherchées 
par le médecin. Cette obligation, qui s'impose à tous, 
intéresse surtout les pharmaciens militaires, obligés de 
maintenir toujours au complet le» approvisionnements de 
médicaments. 

Les observations faites par M. Barillé présentent donc 
pour cette raison, un intérêt particulier. M. Barillé a 
constaté que les crayons de nitrate d'argent conservés dans 
des semences de lin ou de coriandre devenaient rugueux 
à leur surface et portaient de nombreuses excavations qui 
sont l'empreinte des semences qui les entourent. M. Ba- 
rillé a dosé l'argent dans les semences, celles-ci en renfer- 
maient 5«^454 p. 100; à l'intérieur, elles étaient revêtues 
de fines aiguilles d'azotite neutre d'argent. 

M. Barillé a considéré cette action du nitrate d'argent 
sur les semences comme un phénomène d'épigénie ana- 
logue à celui qui donne naissance à la silicatisation des 
bois. 

Comme conclusion, M. Barillé propose de rejeter l'em- 
ploi des semences et de remplacer celles-ci par une matière 
minérale, la pierre ponce granulée. 

M. Domouthiers nous a donné un procédé simple pour 
obtenir Tasepsie des drains. Par l'emploi successif du 



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Google 



— 160 — 

ie de potasse et du bisulfite de soude, il arriva 
tellement satisfaisant que les drains ainsi 

roublaient pas un bouillon de culture stérilisé 

8 jours d'immersion. 

thiers nous a montré également toute Timper- 

focédés employés pour préparer les catguts. 

B préparer ces catguts en se servant de boyaux 
fins. Ceux-ci sont blanchis à Taide d'eau 

rendus antiseptiques au moyen du sublimé. 

à remploi de précautions minutieuses pour 

'abri de l'invasion des germes apportés par 

is ou les instruments, il est parvenu à obtenir 

ibsolument aseptiques. 

lis terminer ce résumé des travaux de notre 

vous rappeler l'intéressante lecture que 

nous a faite l'an dernier, à pareille époque, 

e médicale de la région méditerranéenne. 

., dans la même séance, vous signalait deux 

ant de 1727 et 1728 dans lesquelles, on pouvait 

dées qui ont donné naissance aux théories 

[ nous a présenté un très bel échantillon de 
stallisée obtenu pendant les froids de l'hiver 

une incrustation curieuse formée dans une 

apeur. 

nembres de notre Société ont communiqué 

es et aux Sociétés savantes des travaux, dont 

ibre nous ont été présentés. 

ns de ces travaux ont valu à leurs auteurs 

ses. 

ie des sciences : 

ard a obtenu un des prix Bordin ; 

Dbtenu la moitié du prix Jecker. 

ie de médecine : 
obtenu le prix Henri Buignet. 



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— 161 — 

Différents livres publiés par des membres de notre 
Société ont été présentés par leurs auteurs. 

M. Ferrand vous a présenté la 5* édition de son Aide- 
mémoire de phannacie. 

M. Burker, son livre sur les falsifications des substances 
alimentaires. 

M. Crinon, sa Revue des médicaments nouveaux. 

M. Bocquillon, une brochure sur les plantes alexitères 
de TAmérique. 

Un certain nombre d'entre nous ont été Tobjet de distinc- 
tions honorifiques : 

M. Bourgoin a été promu officier de la Légion d'honneur ; 

M. Moissan a été nommé officier de Tlnstruction 
publique ; 

M. Grignon a reçu les palmes d'officier d'Académie ; 

M. Biirker a été élevé au grade de pharmacien principal 
de 2' classe. 

Comme les années précédentes, notre Société a reçu un 
certain nombre de communications de la part de ses 
membres correspondants. 

M. de Vrij. membre correspondant étranger est venu 
nous exposer les inconvénients que présente l'emploi du 
fiulfate de quinine sous deux formes, la forme légère et 
la forme lourde. Il a rappelé que l'industrie fabriquait 
•du sulfate de quinine chimiquement pur sous la forme 
légère préférée par le public. 

M. Mordagne a envoyé une brochure sur le lait et ses 
arapports avec l'hygiène. 

M. Caries, une brochure sur le pain des diabétiques. 
. M. Gay, une note sur une falsification du safran avec 
des fleurs de composées, ainsi qu'un échantillon de safran 
ainsi qualifié. 

Un certain nombre de personnes étrangères à la Société 
aious ont adressé des communications. 

Ces communications ont été souvent présentées par des 
rmembres résidants. En voici Ténumération : 

M. Barnouvin, sur les champignons des eaux distil- 
Jées. 

JMm. i€ Pkûrm, et de Ckim., 5« SÂRIB, t. XXV. (1" février 1891) 1 1 



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— ïG-2 - 

Roux, sur la résopyrine, combinaison de la résorcinc 

i'antypirine- 

Barbey : l'^sur les combinaisons de l'eucalyptol avec 

énols ; 

Combinaisons de l'antypirine avec les phénols ; 

Combinaison de la résorcine avec la caféine. 

Demont, sur les combinaisons moléculaires de Tal- 

vec les sulfures. 

Fragner (de Prague), sur Tamarylline et la bella- 

e. 

Giraud, sur une combinaison de 10 molécules de 

ire et de 7 molécules de naphtaline. 

Causse, sur le salicylate de bismuth cristallisé. 

David, sur les eaux de Marseille. 

Bernard, sur la vente des champignons comes- 

re Société a aussi reçu de nombreux envois de livres 
journaux, dont Ténumération figure aux procès-ver- 
ies séances. 

isieurs, j'aurais presque terminé ce compte-rendu 
ort long si je n'avais à vous rappeler les vides que la 
a fait cette année dans nos rangs. 
,'et (François-Clément), un des membres les plus 
is de notre Société et un de nos anciens présidents, 
a été enlevé subitement. Ancien élève de Gobley, 
e Boudet, il se présenta en 1844 au concours de Tin- 
des hôpitaux et fut reçu le second. L'année suivante, 
aisait recevoir pharmacien en présentant une thèse 
imidon en général et les fécules médicinales en par- 
îr. C'est alors qu'il devint le successeur de Guibourt, 
grandes connaissances comme praticien le firent 
ler, en 1866, secrétaire de la commission du Codex, 
it, a celte occasionna croix de chevalier de la Légion 
aeur. 

^et aimait profondément la pharmacie, qu'il avait 
îe pendant de longues années; il aimait surtout le 
de l'internat en pharmacie. Membre de l'Association 
ternes en pharmacie depuis sa fondation, en 1854, il 



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— 163 — 

fut nommé de suite trésorier et occupa ses fonctioûB jus- 
qu'en 1888. 

Une œuvre importante a occupé les dernières années de 
sa vie, c'est la publication des archives de Tinternat en 
pharmacie, véritable livre d'or de cet internat, si souvent 
combattu, mais aujourd'hui plus vivant que jamais. 

La Société a eu encore à déplorer la perte d'un de ses 
membres associés, M. Cahours, membre de l'Institut. Je 
n'ai pas à rappeler ici les mérites de cet illustre savant, la 
chose ayant été faite déjà par M. Armand Gauthier, au 
nom de l'Académie des sciences. Parmi la longue liste de 
travaux dus à Cahours, je me bornerai à citer, comme 
intéressant plus particulièrement la pharmacie, ses re- 
cherches sur les essences de cumin et de fenouil, sur la 
série anisique, l'essence de gaultheria procumbens, Yen- 
génol et l'acide citrique. 

Vous avez voté l'admission de deux membres nouveaux : 

M. Lafont, comme membre résidant ; 

M. Apery, comme membre correspondant. 

La Société s'est occupée de diverses questions d'admi- 
nistration : 

1* Elle a publié une nouvelle liste de ses membres ; 

2** Elle a renoncé au legs Demarle ; 

3** Elle a reçu de M. Schmilt, archiviste, une communi- 
calion sur l'état des archives. 

La Société, sur la proposition de M. Barillé, a émis le 
vœu que le nom de SeruUas fut donné à une rue de Paris, 
voisine du Val-de-Grâce. 

Je ne puis oublier de rappeler, en terminant, que deux 
fois dans le cours de cette année il m'a été impossible, 
pour des motifs divers, d'assister à vos séances; mais 
grâce à M. Schmilt, qui a bien voulu me remplacer, la 
publication de vos procès-verbaux n'a subi aucun retard. 
Je saisis cette occasion pour lui adresser mes remercie- 
ments. 

Je rappellerai aussi que, grâce au bon vouloir de MM. les 
rédacteurs du Journal de Pharmacie et de Chimie et à Tacti- 



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"-??.-- <J!j*P^ :' ^ 



ons pu faire paraître ces 
mois. 

mé des travaux de notre 
le voir à cet exposé que je 
m à peu s'est allongé, Tan- 
îi les très bonnes années, 
ne pour nous, les anciens ; 
:teurs des commissions de 
é de pharmacie de Paris a 
buer autant de réompenses. 
jur des succès obtenus par 
I soit permis d'ajouter que 
rtie,à renseignement élevé 
stte école de pharmacie de 
zèle un homme que notre 
nombre de ses membres: 

{A suivre.) 



tAPHIE 



s sciences, â8 décembre 1891. — 
cium. — Granger: Sur un nouveau 
tse : Sur ta Uissolutiou du chlorure 
chlorure de sodium. — G. Massol : 
bibasiques, influence de la fonction 
1 disodé. — Konovaloff: Action de 
ne. 

neville, 1" janvier 1892. — //. Cour^ 
;imétriquc normale inaltérable. 

septembre cl octobre. — Morales : 
ilcium. — Bucknes : Les feuilles de 
Analyse immédiate de la racine de 
• Fabiana imbricata. — Nagelvoori : 
ipaya américain. — Randoiph : Ma- 



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— 165 — 

gnolia grandiflora. — Dohme : ISouvcl cs^ai de l'Opium. — Nagelvoor 
la méthode morphiométrique de Dieterich. — Dohmc : Pharmaciens ol 
macies d'Allemagne. — Leeds et Davis : La valeur chimique et clini< 
lait stérilisé (d'après Thcrapeutic Gazette). — Mac William : Un n 
réactif de l'albumine et des autres protcides (d'après Brit. Med. Jour 
Krauss : Dépôt formé dans la teinture de Sanguinaire. — Kahn : Apji 
extraction de Gomberg. — Hague : Penny royal et son huile esscntie 
Vladimirsky : Influence du Menthol sur les fonctions de l'estomac. 

— Novembre. — Moerk : Une nouvelle réaction colorée de la vanill 
Uoch : L'écorce'de racine de Celastrus scandens. — Uavard : Pursl 
dentata D. C. — Trimble : Carum Gairdncri, Bentham et Hooker. - 
monds : Le commerce du gingembre et ses usages économiques. — h 
Gingembre et son oléorésine. — llaussmann : Mixture de Basham. — 
rell : Sur l'action de l'apomorphinc et de l'apocodéine (d'après Brit 
Journ.). — Weber : Raphides, cause de l'àcrclé de certaines plantes ( 
Joum. Amer. Chem. Soc). E. ( 

Pharmaceutical Journal, n" 1106 à 1109, septembre 1891. — d 
Kote sur l'extrait sec d'Evonymus. — Rideal et Youle : Gommes de 
pour les usages pharmaceutiques. — Ci'ipps : Note sur le dosage de 
volatile dans le copahu. — Holmes : Galbanum liquide de Perse. - 
rard : La teneur en alcaloïdes de quelques jusquiames du comme 
Ransons : Note sur les principes constituants de la graine de jusquiî 
Uodgkin : Acide phosphorique glacial. — Ferret : Une méthode simp 
le lavage des précipités facilement oxydables. — Conroy : Note sur u 
thode de titrage dos extraits de noix vomique et d'opium. — Alleii 
riences sur l'essai de l'aconit et de ses préparations. — Davies e 
jnain : Quelques notes sur l'huile d'Eucalyptus et l'Eucalyptol. — Z 
et Warden : Aristolochia indica. — Moss : Cascara sagrada et ses e 
— Burroughs : Huile de castor et extrait de malt. — Holmes : L'opii 
ployé en médecine. — Davis : Rapport sur les tablettes médicinales. 
pheard : Note sur une solution magistrale de strychnine. — Farr et W 
Action dissolvante de l'alcool à différents degrés centésimaux sur q 
substances employées à la préparation des teintures sur la teinture 
quiame. £ 

— N*- 1110 à 1114, octobre 1891. — Hatch : Bactériologie. — C 
CoUodion bolladonné. — Mann : Une combinaison d'iode et de 
(d'après The American Druggist). — Wyatt : Note sur l'enrot 
pilules ferrugineuses. — Staines : Un peu de pathologie à l'usage d( 
maciens. E. 

Pharmaceatical Record, n*** 10 à 18, septembre et octobre 
Jordan : Recherche du borax et de l'acide borique dans le lait. — 
L'emploi des médicaments comprimés dans la pratique ophtalmolog 
Ott : Chlorhydrate de phénocoUe. — Durrant : Sur la laque. — 
Verge d'or. E. ( 



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— I()G — 



SOCIETE DE THERAPEUTIQUE 



e du 28 décembre 1891. — Application du bleu de 
^ne. — M. Constantin Paul, à propos de l'emploi 
M. Desnoix, du bleu de méthylène dans le traile- 
î l'alaxie locomotrice, insiste sur l'innocuité de 
bstance colorante dont les malades prennent aisé- 
'« par jour. La coloration des urin.es, qui se produit 
B montre môme avec des doses de 5'=«''; mais elle 
le transitoire; avec lO*"», la coloration pci-siste jus- 
oisième jour. M. C. Paul propose d'employer celle 
:e comme réactif chez les névropalhes ou les ma- 
isoumis de Lourcine, des prisons, des maisons 
5, pour s'assurer si le médicament prescrit a été 
mt ingéré, l'adjonction de 5*=« de bleu demélhy- 
i subslance prescrite étant sans inconvénient. On 
5si l'employer de même chez les névropathes qui 
lent de ne pas constater d'effet visible delà médi- 
ta chez les malades chez qui le praticien est obligé 
iserl'expeclation. 

ion sous-cutanée d'aristol. — M. Nadaud envoie 
lil sur ce traitement .de la tuberculose par les 
is hypodermiques d'aristol dissous dans l'huile. 
jardin-Beaumetz déclare que le traitement, appli- 
Spilal Cochin, ne lui a pas montré de résullats très 
blés et donne, à ce propos, son opinion sur ce 
njections en général. La vaseline liquide est au- 
i abandonnée avec raison, car elle constilue un 
i corps étranger non absorbable. M. Dujardin- 
z a expérimenté différentes huiles animales et 
;, huile d'arachide, Imiles lavées par Talcool, 
foie de morue, huile de pied de bœuf. L'huile de 
norue, même stérilisée, provoque des accidents, 
doute aux plomaïnes qu'elle renferme. L'huile 



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-— 167 — 

d'olive vierge est, en somme, le véhicule qui a donné les 
meilleurs résultais. 

Quant aux antiseptiques employés dans le traitement 
de la tuberculose, la créosote est certainement celui qui 
donne les résultats les meilleurs, supérieurs sans aucun 
doute à ceux que donnent ses divers composants employés 
à part, crésylol ou gaïacol. Le procédé de Gimbert amène 
d'excellents résultats ce sont : les plus sûrs que nous ait 
donnés jusqu'à ce jour aucune méthode de traitement de la 
tuberculose; l'appareil est un peu compliqué et, à ce point 
de vue, la simplification apportée à la méthode par Bur- 
lureaux est très importante. Il ne faut pas oublier que les 
résultats obtenus ne s'observent que dans les formes apy- 
rétiques et ne se maintiennent qu'au milieu d'une hygiène 
excellente, c'est-à-dire beaucoup plus dans la clientèle de 
ville que dans celle de l'hôpital. 

M. Constantin Paul préfère, pour Tadministration de 
la créosote, la voie respiratoire et préconise l'emploi de 
son inhalateur, forme narghilé, dont il a souvent parlé. 

M. Catillon a vu les injections hypodermiques, d'huile 
de foie de morue bien supportées à des doses de 10 à 2^p,«' 
chez des lapins de 2 à ^^^, Mais il reconnaît que des doses 
beaucoup moins fortes sont mal supportées par l'homme. 

M. Dujardin-Beaumetz, comme procédé d'inhalation, 
préfère la chambre de M. Tapret, où les malades absor- 
bent, dans une atmosphère sous pression, jusqu'à 4«' de 
vapeurs de créosote; mais, outre que les résultats de la 
méthocle n'ont pas encore été complètement publiés, celle- 
ci est d'un emploi peu pratique, hors de la portée du plus 
grand nombre. 

M. P. Vigier demande de quelle huile de foie de morue 
l'on s'est servi. Gautier a montré que la brune renfer- 
mait 0,25 de|ptomaïnes par litre, et la blanche pas de 
traces. 

M. Catillon répond qu'il a employé l'huile de foie de 
morue blanche, lavée et stérilisée. 

M. P. Vigier annonce qu'il fait expérimenter par M. Bur^ 
lureaux une huile de foie de morue spéciale, ôans acides 



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— JC8 — 

|u'on a soin de ne pas chauffer jusqu'à 150*^ pour 
la formation de ceux-ci, et qu'il obtient directement 
re-Neuve dans des conditions particulières de fraî- 
et de pureté. 

)ujardin-Beaumetz fait remarquer qu'une huile où 
a plus ni acides gras ni ptomaïnes, n'est plus une 
le foie de morue et ne se distingue en rien des huiles 
ires. Il n'y a plus aucun avantage à l'employer. 

D"" Blondel. 



VARIETES 



»r8 d'Instruction publique : 

% professeur à l'École de médecine et do pharmacie d'Amiens. 

res, doyen de la Faculté do médecine et de pharmacie de Bordeaux. 

Lilier, professeur à la Faculté de médecine et de pharmacie de Ljon . 



srs d'Académie : 

lly, pharmacien, à Vauvilliers (Haute-Saône). 

usselin, pharmacien, à Beaugé (Maine-et-Loire). 

)bb, agrégé à TÉcole supérieure de pharmacie de Nancy. 

yaud, pharmacien, à Paris. 

;ard, pharmacien, à Vesoul (Haute-Saône). 

)st, pharmacien, à Culoz (Ain). 

léy pharmacien, à Aucenis (Loire-Inférieure). 

r'oye, pharmacien, à Couches-les-Mines (Saône-et-Loire). 

iey, pharmacien en chef do l'hôpital civil de Mustapha (Algérie). 



ilier du Mérite agricole : M. Laval, pharmacien, à Carpentras. 



Le Gérant : Gko&gbs MA6S0N. 



PAais. — mp. c. luapoM bt b. FULMiuaioii, aoi kacdib, M. 



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Goo^ 



— 169 — 



TRAVAUX ORIGINAUX 



Sur les Astragales; par M. G. Planchon [suite) (J). 

Nous avons mentionné à la fin du précédent article les 
exsudations que fournissent les astragales appartenant à 
la section des Tragacantha. Ces exsudations sont de trois 
ordres : gommes, produits sucrés analogues aux mannes, 
substance spéciale nommée sarcocoUe. Nous allons indi- 
quer successivement leur origine. 

I. Astragales a gomme adragante : 

Tous sont du groupe des tragacanthes. Les espèces en 
sont nombreuses et appartiennent à des pays variés et, 
suivant les diverses époques, ce sont des formes diffé- 
rentes qui ont fourni leur exsudation au commerce. 

1® Astragalus massiliensis^ Lam. — Le type de ce groupe 
est représenté dans le Midi de la France par Tancieu Astra- 
galus Tragacantha,lj., dont on fait aujourd'hui VAst. massif 
liensis^ Lam. 

Lobel dans ses Adversaria (2), publiés en 1576, dit déjà 
que la plante ne donne pas, en général, d*exsudation. Il 
ajoute cependant qu'ayant chargé un de ses amis d'en 
inciser les racines et d'observer le résultat, celui-ci avait 
pu obtenir quelques larmes de gomme, mais très peu 
abondantes. 

Cette expérience, qui n'a donné plus tard aucun résultat 
à de Candolle, n'a qu'un intérêt : montrer l'analogie des 
productions de ces diverses espèces. 

2° Astragalus creticus^ Lam. (Tragacantha crettca incana, 
Tournef.) — C'est à cette espèce que les anciens parais- 

(1) Joum. de Pharm, et de Chim. [5], XXIV, 473. 

(2) Lobél. Adversaria, p. 378, 

JouTH. de Pkërm. et de Ckim., 5* série, t. XXV. (15 février 1892.) 12 



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— 170 — 

sent surtout avoir attribué la sécrétion de la gomme adra- 
gante. Théophraste (1), au IIP siècle avant notre ère, fait 
déjà cette remarque; mais il s'élève contre cette opinion, 
commune de son temps, qu'on doit exclusivement à la 
Crète la production de cette gomme. Il fait observer que la 
Grèce en fournit dans le Péloponèse et qu'on en trouve 
également en Asie, aux alentours de la Médie. C'est en 
effet vers ce pays que l'exploitation s'étend de plus en 
plus, disparaissant complètement de l'île de Candie. Be- 
lon, dans ses Singularités (2), l'affirme très énergiquement: 
« L'herbe de tragacantha y croist en moult grande quan- 
tité, mais seulement au couppet des montagnes, dans la- 
quelle nous en avons observé de deux manières. Nous 
maintenons que l'on n'y amasse point sa gomme, bien que 
quelques-uns l'ayent inconsidérément mis parescrit; et 
si nous vouldrions mettre en devoir de le prouver, ne 
vouldrions que l'autorité du principal seigneur de l'isle, 
M. Chevalier Antonio Calergo, devant lequel il nous sou- 
vient avoir mis cette proposition en avant ». 

Tournefort, un siècle plus tard, semble bien contredire 
Belon à cet égard. Il décrit en effet, avec beaucoup de vé- 
rité, le mode d'exsudation de la gomme, en Crète; mais^ 
dans le très intéressant passage (3) qu'il y consacre, nous 
ne voyons pas qu'il prétende que sa récolte soit l'occasion 
d'un commerce quelconque. 

Olivier a vu, comme Tournefort, la sécrétion se faire; 
mais cette production, dit-il, « n'y est pas assez abondante 
pour être récoltée et entrer dans le commerce » (4)., 

L'espèce existe aussi en Grèce, aux sommets du Tay- 



(1) Theophrasti. De histoHx Plant, y lib. IX, cap. 1. Edit. latin, de 
Schneider; Leipsiae, 1821. 

(2) Belon. Observât, de plusieurs singularitez, etc., Ht. I, chap. 17, 
page 40; Paris, 15S8. 

(3) Tournefort. Relations d'un voyage du Levant^ t. I, page 21 (avec une 
figure de la plante); Amsterdam, 1718. 

(4) Olivier, Voyage dans VEmpire ottoman, etc., t. II, p. 273 ; Paris,, 
an IX. 



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— 171 — 

gète, de FOlenoâ et du Parnasse, mais elle ne paraît pas 
être non plus exploitée dans ces régions (1). 

3** Astragalus cj/lleneus, Boiss. et Held. — D'après Hel- 
dreich (2), cet astragale fournit presque exclusivement 
la gomme adragante des Grecs modernes (T6 TpaYavTt). La 
plante vient particulièrement dans le massif des monts 
Cyllène. On récolte le produit surtout sur les sommets de 
Phteri et de Boïdias (l'ancien Panachaikon) et elle nous 
arrive par les ports voisins, de Vostitza et de Patras, sur 
la rive méridionale du golfe de Corinthe. 

\j' Astragalus cylleneus^ B. et H., n'est pour certains bota- 
nistes qu^une simple variété de V Astragalus ParyiassL, Boiss., 
qui croit sur le Parnasse, sur le Parnes de l'Attique et le 
mont Athos, au-dessus de Panagia. Il est possible, pro- 
bable même, qu'il donne une exsudation; mais elle ne 
paraît pas entrer dans le commerce. 

Du reste, la Grèce, qui, à certaines époques, a évidem- 
ment fourni à l'Occident une partie de la gomme adra- 
gante utilisée, paraît s'être désintéressée de ce produit.. 
Je ne vois pas qu'il soit indiqué dans les catalogues hellé- 
niques de nos dernières Expositions universelles de 
Paris. 

i** Astragalus gummifei\ Labil. — Cette espèce a été indi- 
quée, pour la première fois, par Labillardière dans les 
régions alpines et subalpines du Liban. L'auteur établit 
ses caractères différentiels avec l'astragale de Marseille et 
de Candie (3) ; il a rapporté de cette région non seulement 
la plante, dont on peut voir l'échantillon authentique dans 
l'herbier du Muséum de Paris, mais aussi de la gomme 
qui, par son apparence et ses caractères, s'éloignent de 
Tadragante ordinaire. « La belle gomme adragante, peut- 

(1) Voyez Boissier. Flora orientalis, t. H, p. 323. 

(2) Heldreich. Die Nutzpflangen Griechenlands, p. 71 ; Athènes, 1862. 

(3) Journal de Physique^ t. X.XXVI p. 46; 1790. (Extrait d'un rapport sur 
un mémoire de M. de la Billardière sur l'arbre qui donne la gomme adra- 
gante, fait à TÂcadémie des sciences, au Louvre, le 16 décembre 1789, 
par Baume, Thouin, Desfontaines. Certifié conforme par le marquis de Con- 
dorcet, secrétaire perpétuel.) 



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— 172 — 

le rapport cité plus haut, est blanche, opaque, 
lorceaux contournés comme des vermisseaux, 
ant en gelée étant dissoute dans Teau ; celle de 
lardière, employée dans une proportion double 
e quantité d'eau, ne forme qu'un mucilage et 
ée. » Aussi Guibourt pense- t-il devoir rappor- 
te de l'astragale gommifère à sa pseudo-adran- 
résente en effet des caractères analogues. 
[)ns toutefois que Labillardière ne dit pas avoir 
môme, de sa nouvelle espèce, la gomme en 
[ l'a rapportée de ses voyages; elle peut donc 
me autre plante et avoir été prise par lui dans 
e. 

ry (1), observateur très soigneux et très judi- 
l'occasion de voir sur place dans le Liban VAs- 
imifer, Lab. Il a fait lui-même des incisions à 
iécrit la manière dont la gomme s'en échappe ; 
ms un article sur les adragantcs et leurs fal- 
I, l'occasion de citer l'opinion de Guibourt sur 
3 pseudo-adragantes, il pense que la question 
lolue et demande de nouvelles recherches, 
iabillardière, son espèce a été trouvée dans 
autres localités, et elle est remarquable par 
5 son aire géographique. La Flora on'entalis^ de 
ndique sur le mont Hermon; en Cataonie, en 
sur le mont Argée, en Arménie, dans le Kur- 
Ue échange son nom arabe de Ktêt ou Qatâd 
m kurde de guini. Or, de la plupart de ces ré- 
ent les vraies gommes adragantes, et plusieurs 
idiquent comme en donnant une bonne es- 

i que VAstragalus gummifer^ Lab., est certaine- 
*is dans le nombre des espèces que M. Balansa 
une donnant les produits recueillis entre Césa- 



In HanfyAry et Flûckiger, Pharmacographia, p. 176, 
py. Science papers., p. Ii7. 
s. Bulletin of Pharmacy. Détroit Michigan,nov. 1891. 



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— 173 — 

rée et Tarsous, dans l'Anti-Taurus [Ala-dagh, des Turcs) (1). 
Les échantillons de l'herbier du Muséum ne laissent au- 
cun doute à cet égard, et Boissier, dont l'autorité en ces 
matières est si considérable, n'hésite pas à déterminer de 
cette manière les échantillons recueillis au mont Argée, 
par Balansa. 

Nous avons d'ailleurs à TÉcole de pharmacie un très 
beau spécimen d'astragale, montrant dans sa moelle 
et ses rayons médullaires les cellules transformées en 
mucilage et, en outre de magnifiques plaques, de belle 
adragante, dont une encore engagée dans une incision 
faite à la tige et d'où elle était en train de sortir quand on 
a coupé la plante. Cet échantillon a été donné à l'École 
par M. Léon Soubeiran, qui l'avait lui-môme reçu de 
M. Balansa, comme venant de la Oappadoce. Or, cette 
plante répond bien à VAstragalus gummifer de l'herbier du 
Muséum (2). 

De ce qui précède, il nous sera, je crois, permis de 
conclure que VAstragalus gummifer ^ Lab., donne, non 
comme le croyait Guibourt, une fausse adragante^ mais 
une des formes de l'adragante vraie. 

5*» Astragalus microcepkalus, Wild. — Il faut rapprocher 
de l'espèce précédente VAstragalus microcephalus, Wild., 
qui s'étend de la Lycie jusqu'à TArménie et à l'Ibérie, à 
travers la Oappadoce et la Paphlagonie. Hanbury et Flucki- 
ger (3) disent en avoir reçu des échantillons entaillés 
d'incisions, et avoir l'assurance qu'on exploite la plante du 
côté de Césarée et sur le mont Argée. Balansa, d'après 
Boissier (Flora orient,, ^dige 336), l'a recueillie dans celte 



(1) Voir J.-L. Soubeiran. Note sur ta récolte de la gomme adragante 
en Asie Mineure; in Journ, de Pharm, et de Chimie [3], XX.lX-115 et 
XXXM49, années 1856 et 1857. 

(2) Elle ne saurait 011*6 confondue ni avec VAst. vents , Oliv., dont elle 
porte le nom sur le bocal qui la renferme, ni surtout avce VAst. Persicus^ 
Fisch. et Mey., auquel elle est rapportée dans rarticle du Journal de PhaV'^ 
macie cité plus haut. 

(3) Flûckiger et Hanbury, Pharmacographia, p. 174. 



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— 174 — 

, de Smyrne, en a envoyé des liges 
utîcal Society (1). 

Olivier. — Ceci est lespèce qu'on a le 
e de citer comme l'origine ordinaire 
', dans son voyage (2) , la décrit le 
Le comme la plus répandue, « celle 
>ut Tadragant du commerce ». Il me 
i suivant l'opinion du célèbre voya- 
tuteurs ont exagéré l'importance de 

dans l'herbier du Muséum qu'une 
le pour l'échantillon authentique 
îhah à Hamadan ; et, dans sa Flore 
1 signale pas d'autre. Il est donc à 

qui se récolte en dehors de cette 
t être rapporté à d'autres espèces, 
urtout dans ces dernières années, le 
is, sur lesquels les voyageurs ont 
is gommeuses, s'est singulièrement 
iut dans les parties voisines de la 
laussknecht, de Weimar, est un de 
plus de renseignements à cet égard. 
)kia de Fliickiger et Hanbury, dans 
Boissier, ces communications inté- 
>, et c'est surtout de ces deux ouvrages 
traire. 

itodesy Bunge. — Habite près de 
•d de la Syrie, à une altitude de 

tô, Boiss. — Cette espèce a une aire 
d de la Syrie, des montagnes de la 
doce jusque dans les régions sous- 
Elle fournit, ainsi que la précédente, 
Ide Pharmacographia), la gomme adra- 
lom A'Aintab, 
jladus, Boiss. et Haussk. — Trouvé 

'.. cit. 

3il-3ii, tab. H. 



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— 175 — 

par Haussknecht dans les hautes montagnes du Kurdistan 
persan, au-dessus de Juanro. Gummi copiose prasbet, dit 
Boissier, d'après son collaborateur. 

9" Astmgalus brachycalyx^ Fisch. — Il habite les mêmes 
régions que la précédente et, d'après Stolze et Andréas (1), 
il fournit de la gomme au commerce de ces pays. 

10® Astragalus adcendetiSy Boiss. et HaussL — C'est une 
assez grande espèce, atteignant 4 pieds de haut, qu'on 
trouve dans la région alpine (9 à 10.000 pieds d'altitude), 
des montagnes de la Perse austro-occidentale. Elle fournit, 
d'après Haussknecht, une grande grantité de gomme 
Gummt copiosum prœbet. [Flor, orient,^ p. 317). 

11* Astragalus eriostylus, Boiss. et Haussk. — Cette 
espèce est plus grande encore que la précédente. Haus- 
sknecht dit en avoir vu de 1",80 de haut et de 12* de dia- 
mètre [fide Pharmacographia], C'est peut-être d'échantillons 
semblables que sortent les grandes plaques qu'on a reçues 
dans certaines collections, particulièrement au Musée de la 
Société pharmaceutique de Londres. 

Parmi les morceaux d'adragante venus du Luristan, on 
en trouve de cylindroïdes, vermiformes, qui n'ont pas 
moins de 15"°» de diamètre et portent un réseau de fibres 
ligneuses à la surface. Haussknecht (2) dit qu'ils provien- 
nent de l'étui médullaire de tiges qui se sont fendues par 
leur dessiccation rapide au soleil. 

A ces renseignements, ajoutons ceux fournis par Ait- 
chison, dans son travail sur les drogues de l'Afganistan. 

12* et 13* Astragalus heratensis, Bunge, et Astragalus strobi-' 
h'/erus, Royle (Astragalus, n* 571, d'Aitchison). 

Ces deux espèces sont communes dans la vallée de Ha- 
rirud et dans le Khorasan, à une altitude de 3.000 pieds, 
Elles donnent une gomme qui exsude sous forme d'adra- 
gante des fissures de l'écorce, ou comme un ver cylin- 
drique sortant de l'étui médullaire, quand on coupe la tige 



(1) stolze and Andréas. Die Handels^^Verhâllnisse Persiens (in Petet^ 
manê Mitteilungen), XVII, n* 77, p. U ot 15, 1884-1885. 

(2) PharmacographiQy 177. 



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— 176 — 

en travers. Elle est recueillie en grande quantité au village 
de Kalla-roving, près de Bezd, dans le Khorasan. La plus 
grande partie de la gomme achetée dans l'Inde comme 
Katira, provient de ces espèces et non d'une plante in- 
dienne (1). 

D'après Simmonds [loc. cit.)^ la gomme brune viendrait 
de YAstr, sirobilife^'us, 

On a pu remarquer que les espèces que nous avons 
signalées sont rangées par régions et s'avancent de plus en 
plus de l'Occident vers l'Orient. C'est à peu près la marche 
qu'a suivie l'exploitation commerciale de leurs produits. 
Nous avons vu qu'avant ThéophraSte, c'était surtout à la 
Crète qu'on rapportait la production de l'adragante : 
Théophraste signale, en outre, la Grèce et certaines parties 
de l'Asie. Au moyen âge, aux temps de Pegolotti (2), dans 
la première moitié du XIV* siècle, l'adragante vient en 
partie de Grèce, mais surtout d'Asie Mineure ; le grand 
marché est Setalia (Satalia), dans la Pisidie, dans le vilayet 
actuel de Hamid. Au XVI* siècle, Belon la signale dans 
les mêmes endroits : « Estans de séjour en la ville de 
Bource (Brousse), avons apperçeu que l'usage de la 
gomme qu'on appelle Tragacant, est tellement en usage, 
qu'on y en consomme plus de 4.000 livres par an, pour 
donner lustre à la soye. Les paysans de Natoli^, advertis 
du gain, la vont amassans par les pays de Mysie, Phrygie, 
Gallo-Grèce et Paphlagonie, et la portent vendre en 
Bource, dont ils reçoivent incontinent leur argent comp- 
tant (3). » 

Olivier, à la fin du siècle dernier, ajoute aux localités de 
l'Asie Mineure et de l'Arménie, celle du Kurdistan et de 
tout le Nord de la Perse. Nous avons vu que le vrai habitat 



(1) Aitchison. Notes on the Products of Western Afghanistan^ ete. 
Ednib., 1890, p. 17 et 18, et Pharmaceutical Journal, p. 467, déc. 1886. 

(2) Pegolotti (Francesco Balducci). La Pratica délia Mercatura (t. lU de 
TouTrage de Pagnini intitulé : Délia Décima, etc. Lisbona et Lucca, 1766), 
p. 376. 

(3) Belon. Singularités, liv. UI, chap. lxix, p. 456. 



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— 177 — 

de son Astragalus vet^us est cette dernière région. Il dit, 
d'ailleurs, très explicitement : « La quantité de gomme 
adragante que la Perse fournit est très considérable. On 
en consomme beaucoup dans le pays pour l'apprêt des 
soieries, pour la préparation des bonbons; il en passe aux 
Indes, à Bagdad, à Bassora. La Russie en tire aussi quel- 
quefois par la voie de Bakou (1). 

Nous voilà à peu près aux données de nos auteurs mo- 
dernes. Nous n'avons qu'à y ajouter les derniers rensei- 
gnements de Aitchison, qui mentionne le produit de 
régions plus orientales encore : le Khorasan et l'Afgha- 
nistan. 

Quant à la station de ces espèces gommifères elle est 
très déterminée : c'est de l'avis unanime des auteurs, 
depuis Belon, Tournefort, Labillardière, jusqu'aux plus 
récents, sur les hautes montagnes que viennent ces 
espèces. Un livre publié à Téhéran, en 1874, par 
J. L. Schlimmer, ajoute ce fait curieux et caractéristique, 
que l'exsudation parait subordonnée à une certaine élé- 
vation du terrain, si bien qu'on voit « les mêmes espèces 
d'astragale en fournir abondamment dans les montagnes 
de Kkeregami^ Teleghami et Nethinze et n'en produire 
aucune dans les plaines qui entourent Téhéran et Kachan, 
par exemple » (2). 



Des poudres de noix vomique et de fève de Saint-Ignace; 
par M. E. Collin. 

La noix vomique et la fève de Saint-Ignace sont deux 
graines très dures, de consistance cornée, que le pharma- 
cien n'emploie guère que sous la forme de râpure ou de 
poudre. Sous cette double apparence, ces deux substances 



(1) Olivier, op. ci7., V, p. 341 à 344. 

(2) John L. Schlimmer. Terminologie medico-pharmacetUique et an- 
thropologique française-persane y p. 198 ; Téhéran, 1874. 



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— 178 — 

éminemment toxiques, à degré difTérent, possèdent une 
assez grande ressemblance pour prêter à la confusion. 
Il est donc intéressant pour le praticien d'avoir à sa dispo- 
sition un ensemble de caractères qui lui permettent non 
seulement de distinguer rapidement l'un de l'autre ces 
deux drogues qu'il ne prépare jamais lui-même, mais 
encore de constater avec certitude leur présence en cas 
d'empoisonnements qui ont déjà été tentés à plusieurs 
reprises avec Tune d'entre elles. 

L'étude auatomique comparée de la noix vomique et de 
de la fève de Saint-Ignace a été faite par MM. Fluckiger, 
Meyer (1) et Tschirch (2). En consultant les mémoires 
publiés sur ce point, on est frappé de l'analogie qvU' se 
reproduit dans la structure intime de ces deux graines et 
qui complète celle qu'elle présentait dans leurs caractères 
extérieurs. 

Dans l'une et dans l'autre, l'albumen est très dur, offre 
la consistance de la corne, est très développé par rapport 
à l'embryon ; il est constitué par des cellules polygonales 
irrégulières. A mesure qu'on s'éloigne de la périphérie, 
la dimension de ces cellules augmente sensiblement, la 
substance granuleuse qu'elles contiennent diminue en 
quantité et leurs parois s'amincissent notablement. Cet 
albtmien est recouvert par plusieurs tuniques, dont la 
plus extérieure est garnie de poils tecteurs, très confluents 
dans la noix vomique qui en est complètement hérissée et 
beaucoup moins abondants dans la fève de Saint-Ignace 
qui est nue sur une grande partie de sa surface. 

Ces poils si identiques dans leur forme et leur mode de 
développement offrent une structure très remarquable et 
toute difl'érente de celle qui caractérise les poils qu'on 
observe sur les autres organes des plantes de la famille 
des strychnées. Ainsi les poils qui existent sur les feuilles 



(i) A. Fluckiger und A. Meycr (Ueber Fnicht und Samen von Strychnos 
Ignatii). Archiv, der Pharm.y 16 Band., 6 Heft., 1881, p. 401. 

(2) I. Tl. Tschirch. Indischo Fragments. Strychnos Nux vomica. Archiv^ 
der Pharm., 1890, p. 203. 



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— 179 — 

des Strychnos Ignatii, S. Crevauxii^ S, Gubleri^ S. Yapu- 
rensis sont simples, unicellulaires , coniques. Dans les 
graines de noix vomique et la fève de Saint-Ignace les poils 
sont très longs et pluricellulaires (p. 1 1). Ils sont constitués 
par de longs et nombreux filaments ou cellules tubulaires 
qui, partant d'une base commune, s'accolent, se tordent 
dans leur longueur et se replient sur eux-mêmes vers 
rextrémité du poiL Dans la noix vomique la base du poil 
est sensiblement élargie en forme de massue, épaisse en 
certains points; dans la fève de Saint-Ignace, elle semble 
ramifiée- 
Composés en général de 10 à 12 filaments, des poils ainsi 
accolés sont très épais ; ils ne paraissent pas offrir la même 
résistance dans les deux graines. Sous l'influence de la 
pulvérisation, les éléments qui les constituent perdent leur 
adhérence, se séparent; dans la poudre de noix vomique, 
ils se brisent en un très grand nombre de fragments 
courts, tandis que dans la poudre de fève de Saint-Ignace, 
ils se retrouvent assez longs. 

Un caractère important distingue les deux graines qui 
nous occupent: c'est la présence d'une enveloppe scléren- 
chymateuse qui entoure l'albumen de la noix vomique et 
qui ne se retrouve pas dans la fève de Saint-Ignace. Cette 
enveloppe est constituée par des cellules scléreuses très 
développées, dont les parois ondulées, très épaisses, cana- 
liculé es ont entre elles une grande adhérence ; le lumen 
de ce s cellules est assez rétréci -et allongé, assez sinueux. 
Cîette couche sclérenchyniateuse paraît remplacée dans la 
fève de Saint - Ignace par un« tunique assez dense et 
résistante, formée de petites cellules, à parois épaisses, sur 
lesquelles s'insèrent les ramifications des poils tecteurs. 
Pour bien apprécier les caractères anatomiques qui 
distinguent les poudres de noix vomique et de fève de 
Saint- Ignace, il est préférable de les faire bouillir pendant 
quelques instants dans de l'eau additionnée de quelque» 
gouttes de solution de soude caustique. L'addition de 
soude, outre l'avant^ige qu'elle ofiTi^, de rendre bien plus 
apparents les éléments qui constituent oes poudres-, déter-^ 



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'y^^W- 



*tr^ 



— 180 — 

mine avec la poudre du Strychnos Ignaiii la formation de 
cristaux tout particuliers, très nets et très apparents dont 
Tabsence dans la poudre de noix vomique permet de 
compléter la diagnose de ces deux poudres. 

Une particularité distingue nettement la poudre de 
noix vomique de toutes les autres poudres officinales, 
c'est l'abondance des débris de poils qu'on y observe. Ces 
fragments {p) cylindriques sont en général très courts et 
dissociés; ce n'est qu'exceptionnellement qu'on observe 



deux débris acilés. Çà et là apparaissent quelques frag- 
ments plus larges et faiblement colorés (/?') qui provien- 
nent de la base renflée du poil composé. L'enveloppe 
sclérenchymateuse est représentée dans cette poudre par 
une ou plusieurs cellules scléreuses, munies de parois 
fort épaisses, canaliculées, jaunes, à contours ondulés et 
sinueux. Les débris de l'albumen revêtent des formes très 
variables suivant le sens dans lequel il se présentent et 
suivant la région qui les a fournis. Ils sont en général 
formés de cellules polygonales : celles qui proviennent de 



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'1, 



— 181 — 

la partie centrale de ralbumen sont vides et munies de 
parois très minces (a) ; d'autres provenant des couches 
moins profondes sont entourées de parois épaissies (a') ; 
celles qui proviennent des couches les plus extérieures 
sont plus petites et remplies de matière granuleuse (a"). 
L'enveloppe interne de cet albumen est formée de cellules 
encore plus petites, colorées en jaune (é). 

La poudre de fève de Saint-Ignace présente comme celle- 
ci des débris de Talbumen (a] qui ont la plus grande ressem- 



blance avec ceux qu'on retrouve dans la poudre de noix 
vomique. La couche la plus extérieure des cellules de cet 
albumen est disposée en forme de palissade [pa). L'enve- 
loppe interne est constituée par des cellules polygonales, 
à parois ondulées et colorées en brun. — Cette poudre se 
distingue par la rareté des débris de poils qui y sont 
généralement plus longs que dans la précédente et souvent 
agglomérés, ainsi que par l'absence de cellules scléren- 
chymateuses qui sont remplacées par des cellules très 
sen-ées (e') . En examinant au microscope plusieurs par- 



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— 182 — 

celles de cette poudre traitée par l'eau bouillante alcali- 
nisée, on y découvre constamment, après refroidissement, 
des cristaux tout à fait caractéristiques et parfois très 
volumineux. Tantôt ils sont formés d'un noyau portant 
quatre pointes anguleuses qui sont elles-mêmes hérissées 
de fines aiguilles sensiblement parallèles et dimin uant de 
longueur à mesure qu'elles se rapprochent du sommet de 
la pointe. Tantôt ce sont des paquets de raphides se déta- 
chant d'une colonne centrale (c'r) et affectant dans leur 
ensemble une disposition parallèle. L'existence et la forme 
de ces cristaux occasionnés par l'action de la soude suffirait 
à elle seule pour distinguer l'une de l'autre les poudres 
de noix vomique et de fève de Saint-Ignace. 



Sur la formation synthétique de Vacétylène aux dépens du 
àî'omoforme ; par M. P. Cazeneuve. 

Il y a quelques années (1), j'ai signalé la production du 
gaz acétylène par réaction, à froid, de la poudre humide 
d'argent sur l'iodoforme, l'eau jouant uniquement le rôle 
de favoriser les contacts. Cette formation synthétique par 
soudure des deux CH de deux molécules de formène tri- 
substitué, avait d'ailleurs été réalisé par M. Berthelot, en 
faisant passer de la vapeur de chloroforme sur du cuivre 
chauffé au rouge (2), puis par Kletzinski (3), et ensuite par 
Fittig (4), en faisant réagir l'amalgame de sodium sur le 
chloroforme. La production de l'acétylène aux dépens de 
l'iodoforme soit à froid, soit à basse température, en pré- 
sence des métaux : argent, fer et zinc, avait l'avantage 
d'être beaucoup plus abondante et ensuite de constituer 
une expérience de cours élégante. 

Je viens de reconnaître que le bromoforme présentait 

(1) Bulletin de la Société chimique^ nouvelle série, t. XLI, p. 106. 

(2) Comptes renduSy t. L, p. 805. 

(3) Jahresb., 1865, p. 485. 

(4) Zeitsch. fur Chemie, 1866, p. 127, 



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— 183 — 

sur le chloroforme et même Tiodoforme, de grands avan- 
tages pour mettre en relief la production synthétique de 
l'acétylène. 

Mis en contact avec un excès de poudre d'argent bien 
desséchée, le bromoforme s'échauffe et donne un déga- 
gement abondant d'acétylène. 10«' de bromoforme réa- 
gissent ainsi rapidement sur 50«' de poudre, d'argent si 
Ton active la réaction en chauffant légèrement, la décom- 
position peut être tellement vive que l'argent devient 
incandescent avec dégagement tumultueux. La quantité 
d'acétylène produite n'est pas très éloignée de la théorie. 

Une façon très démonstrative de procéder consiste à 
imprégner de bromoforme une certaine quantité de poudre 
de zinc dans un ballon. On verse avec précaution, le long 
de la paroi, quelques gouttes de protochlorure de cuivre 
ammoniacal, de manière que le réactif vienne partielle- 
ment intéresser le zinc mouillé de bromoforme. L'acéty- 
lène se dégage tumultueusement, au point de déterminer 
la formation instantanée d'acétylure de cuivre sur tous 
les points de la paroi du ballon imprégnés de réactif. On 
renouvelle cette addition sur un autre point de la paroi et 
le phénomène se reproduit d'une façon saisissante. 

Le zinc ou le fer seuls décomposent mal le bromoforme. 

Un mode de préparation régulière consiste à addi- 
tionner 50»' de poudre de zinc de 20«' de bromoforme, puis 
d'une solution de chlorure de cuivre à 2 p. 100. Le mé- 
lange s'échauffe spontanément au contact de la pile zinc- 
cuivre. On recueille abondamment de l'acétylène. 

Le chloroforme soit au contact de la poudre d'argent, 
soit en présence de la poudre de zinc et du protochlorure 
de cuivre ammoniacal, comme ci-dessus, ne donne pas 
d'acétylène. La poudre zinc-cuivre, comme dans la der-» 
nière opération décrite, n'en donne qu'une trace très 
faible. 

Chauffé avec le sodium, le bromoforme dégage des 
traces douteuses d'acétylène. Le fait est digne d'être noté. 
D'ailleurs le chloroforme, dans l'expérience de Kletzinski, 
ne donne que des traces également. 



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— 184 — 

En résumé, le bromoforme soit au contact de la poudre 
d'argent, soit au contact du zinc-cuivre humide, constitue 
une source d'acétylène abondante. 

L'étude comparée de riodoforme, du bromoforme et du 
chloroforme montre que Tiodoforme est le plus facilement 
décomposable par les métaux, et le chloroforme le plus 
réfraclaire. L'affinité plus faible de Tiode et du brome 
pour le carbone, comme on le sait, explique la décompo- 
sition. Ce qui est moins explicable, c'est l'action décom- 
posante variable des divers métaux sur le bromoforme. 
Les métaux qui se soudent au brome avec le dégagement 
de chaleur le plus considérable devraient être les agents 
les plus favorables de la décomposition du bromoforme. 
Précisément la thermochimie paraît à première vue en 
défaut. L'argent, qui dégage avec le brome moins de 
chaleur que le fer, le zinc, le sodium, le mercure, etc., 
a une action décomposante plus active. 

L'état moléculaire de ces métaux doit avoir une grande 
influence sur la décomposition : c'est sans doute dans cet 
état particulier qu il faut chercher les contradictions appa- 
rentes entre les faits et les prévisions thermochimiques. 

Ces faits sont du même ordre que ceux que signalaient, 
il y a quelques jours (1), MM. Henri Gautier et Georges 
Charpy, sur la combinaison directe des métaux avec le 
chlore et le brome. La plupart des métaux, à l'exception 
de l'aluminium, sont à peine attaqués par le chlore et le 
brome sec à la température ordinaire. Il faut un travail 
préliminaire pour déterminer ces réactions, travail qui 
n'est point réglé par la comparaison des quantités de cha- 
leur dégagées. « Il est même très curieux, dans des cas 
qui paraissent tout à fait comparables, de voir que l'action 
d'une énergie étrangère est tantôt inutile, tantôt indis- 
pensable, et que, si cette énergie est nécessaire, elle 
n'intervient pas de la même manière ». Ces réflexions 
s'appliquent à l'action des métaux, non plus sur les métal- 



<1) Ac. d. »c., CXUI, 597, 1891. 



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— 185 — 

loïdes, mais sur les dérivés organiques, produits d< 
titution halogénée. 



Sur la falsification de Vhuile de lin par les huiles de 
par M. F. Coreil, directeur du laboratoire munie: 
Toulon. 

Les huiles de résine servent depuis longtemps 
falsifier les différentes huiles employées dans Tim 
et particulièrement les huiles de lin. 

La recherche des huiles de résine dans l'huile de 
présente aucune difQculté. En effet, les huiles de 
ont une densité très élevée (de 960 à 1000) ; toutes c 
fortement à droite le plan de la lumière polarisée, ( 
là leur meilleur caractère distinclif. Les huiles de s* 
seules, possèdent la propriété de dévier légèrer 
droite; mais cette déviation est insignifiante (1) re 
ment à celle des huiles de résine qui peut aller j 
200 degrés saccharimétriques (2). 

A ce caractère principal, viennent se joindre pli 
autres propriétés. 

Les huiles de résine rougissent, puis brunissec 
l'action du bichlorure d'étain fumant. 

Elles ne sont pas saponifiables par les alcalis, et { 
un caractère qui appartient également aux huiles 
raies. 

La couleur, l'odeur et la saveur spéciales aux hu 
résine pourront servir à reconnaître leur présence 
l'huile de lin. Une huile de lin additionnée d'hi 
résine (même quand elle n'en renferme que 5 à 10 ] 



(1) D'après M. Bishop, les huiles de sésame dévient à droite de 
+ 7,7 degrés saccharimétriques {Journ. de Pharm, et de Ch. [5] 
p. 300). 

(2) D'après M. Berland, chimiste en chef du laboratoire des doi 
Marseille, qui a bien voulu me fournir ces renseignements. 

/Mf». de Pharm. et de Chim., 5« série, t. XXV. (15 février 18^.) 



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— 186 — 

a son odeur et sa saveur complètement modifiées par celles 
de rhuile de résine. 

J'ajoute à toutes ces propriétés celle que possèdent les 
huiles de résine de brunir, puis de noircir quand on les 
soumet à un courant de chlore. Cette propriété des huiles 
de résine appartient également aux huiles animales et n'a 
pas, que je sache, encore été signalée. Jusqu'à présent la 
coloration noire produite par le chlore était le principal 
caractère des huiles animales. J'ai eu cependant entre les 
mains huit échantillons d'huiles de résine diverses, qui, 
toutes, ont bruni, puis noirci par l'action du chlore (1). 

Pour bien montrer que celte action du chlore sur les 
huiles de résine peut servir à les rechercher dans l'huile 
de lin, je citerai une de mes expériences. 

J'ai fait passer un courant de chlore, pendant 3 minutes; 
d'abord, dans de l'huile de lin pure, puis dans la même 
huile additionnée de 5, 10 et 20 p. 100 d'huile de résine 
blanche; enfin, dans l'huile de résine, employée : 

L'huile de lin pure a été un pou décolorée; 

— — à 5 p. 100 d'huile de résine, comme la précédente ; 

— -^ à 10 p. 100, a légèrement bruni; 

-- — à 20 p. 100, comme l'huile à 10 p. 100; 
L'huile de résine est devenue rouge brun. 

Ces différentes huiles, dans lesquelles j'avais fait déga- 
ger du chlore, examinées 15 minutes après, n'ont pas 
présenté de différence sensible, si ce n'est que l'huile de 
lin à 10 p. 100 et celle à 20 p. 100 avaient un peu foncé en 
couleur. 

Trois heures après, l'huile de lin pure n'avait pas changé j 
l'huile de lin à 5 p. 100 d'huile de résine présentait une 
très légère teinte brune, sensible par comparaison avec 



(1) J'ai signalé ce fait que plusieurs échantillons d'huile de résine noircis- 
saient par le chlore, & M. Borland, qui s'était occupé d'une façon toute par- 
ticulière des huiles de résine. M. Berland a constaté que deux échantillons 
de ces huiles, qu'il avait en sa possession, noircissaient sous l'influence du 
chlore. 



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— 187 — 

rhuile pure; Thuile de lin à 10 p. 100 était nettement 
brune; celle à 20 p. 100 était un peu plus foncée; l'huile 
de résine pure était complètement noire. 

Telles sont les principales propriétés des huiles de 
résine. Bien que certaines d'entre elles appartiennent à 
d'autres huiles, elles sont parfaitement suffisantes pour les 
caractériser, même dans un mélange. 

S'il est assez facile de reconnaître qu'une huile de lin 
est falsifiée par l'huile de résine, il n'est pas aussi simple 
de déterminer la proportion qui a été ajoutée. 

Deux procédés ont été proposés et sont en usage pour 
doser les huiles de résine dans les huiles végétales. 

Le premier est dû à M. Rémont (1); il consiste à saponi- 
fier rhuile suspecte avec une solution de potasse caustique 
en présence de l'alcool, à séparer l'huile non saponiflable 
et à la peser. 

Le deuxième procédé a été indiqué par M. Aignan (2) ; il 
est fondé sur le pouvoir rotatoire des huiles de résine. 

Le procédé de M. Rémont ne m'a pas donné, pour le 
dosage de l'huile de résine dans l'huile de lin, de très bons 
résultats. La séparation complète du produit non saponi- 
fiable n'est pas très facile à obtenir, au moins dans les 
dosages que j'ai eus à effectuer ; d'autre part, comme le 
dit très bien M. Rémont dans son important travail (3), 
« les huiles de résine, qui renferment à côté d'hydrocar- 
bures, des corps se rattachant aux phénols, ne sont pas 
complètement inattaquables par les alcalis ». De telle 
sorte qu'en supposant la séparation de Thuile de résine 
parfaite et facile à saisir, une certaine quantité d'huile de 
résine sera combinée à l'alcali et ne sera pas comptée 
dans le dosage. De là résulte une erreur assez sensible 
dans certains cas. 

(1) Recherche et dosage dos huiles lourdes minérales, des huiles de résine, 
des huiles grasses et de la résine dans les huiles du commerce par M. Â* 
Rémont. (Joum, de Pharm. et de Ch. [5], t. Il, 1880). 

(2) Comptes-rendus de l* Académie des sciences, CX, 1273, 1890, et 
Jowm. de Pharm, et de Ch. [5], t. XXll, p. 279. 

(3) A. Rémont, loc. cit., p. 34. 



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— 188 — 

La méthode proposée par M. Aignan est basée sur ce 
fait que : un mélange d'huile de lin et d'huile de résine 
fait tourner à droite le plan de polarisation d'un angle 
sensiblement proportionnel à la quantité d'huile de résine 
qu'il contient. Cette méthode serait excellente si les huiles 
de résine avaient toutes le même pouvoir rotatoire ou si 
on le connaissait exactement; mais ce pouvoir rotatoire 
est extrêmement variable, puisque certaines huiles dévient 
à droite de quelques degrés, tandis que d'autres dévient 
de 200 degrés saccharimé triques. De là des résultats incer- 
tains. 

Quoi qu'il en soit, les deux procédés que je viens de 
citer ne m'ont pas donné les résultats que j'espérais en 
obtenir. J'ai alors songé à appliquer, au dosage des huiles 
de résine dans l'huile de lin, une méthode volumétrique 
analogue à celle de Kettstorfer pour le titrage direct du 
beurre par une solution alcoolique de potasse. 

La méthode que je propose n'est certainement pas d'une 
exactitude rigoureuse ; mais elle m'a paru plus commode 
et plus pratique que les deux procédés employés. C'est 
pourquoi je n'ai pas hésité à la publier. 

Voici cette méthode : Je pèse exactement dans une fiole 
en verre de Bohême 2^^ de l'huile à essayer, préalablement 
privée d'air en la plaçant 4 à 5 heures dans une étuve à 
105^. J'ajoute 40*^*' d'une solution alcoolique demi-normale 
de potasse caustique, c'est-à-dire en renfermant 28«'j5 
par litre et je place sur un bain-marie d'eau bouillante 
pendant 2 heures. Lorsque l'huile de lin est pure, la sapo- 
nification est complète au bout d'une heure et demie envi- 
ron, ce que l'on reconnaît à ce que le liquide ne renferme 
plus de gouttelettes huileuses, et à ce qu'en ajoutant brus- 
quement une certaine quantité d'eau, il ne se produit 
aucun trouble. Quand l'huile de lin est falsifiée par de 
l'huile de résine (plus de 10 à 15 p. 100), la saponification 
n'est jamais complète ; par agitation on aperçoit des gouttes 
d'huile non saponifiée ; en outre, l'addition d'eau pi*oduit 
un trouble plus ou moins abondant suivant la proporlioa, 
d'huile de résine. 



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— 189 — 

Au bout de 2 heures, on enlève le bain-marie, on laisse 
refroidir et on ajoute 2 gouttes de la solution alcoolique de 
phtaléine du phénol et Ton tire l'excès d'alcali avec une 
solution demi-normale d'acide chlorhydrique {18«',18 par 
litre). On a, par différence, le nombre de centimètres 
cubes d'acide demi-normal employés pour saturer Talcali 
combiné aux acides gras de l'huile. Il suffit de multiplier 
le nombre par 0,02805 et de diviser par 2 pour avoir la 
proportion de potasse neutralisée par 1«' d'huile. 

J'ai déterminé la quantité de potasse respectivement 
neutralisée par 1«' d'huile de lin et par la même quantité 
d'huile de résine. Mes expériences ont porté sur 7 échan- 
tillons d'huile de lin authentique (dont 2 préparés par 
moi-même) et 8 échantillons d'huile de résine de diverses 
provenances. 

Voici les résultats obtenus : 



Quantité de potjLsse 
neutralisée par 1 '' d'huile, 
HoQe de Un. en milligrammes. 

]S~1. 202 

— 2. 201 

— 3. 221 

— 4. 213 

— 5. 210 

— 6. 211 

— 7. 218 



Quantité de potasse 
neutralisée par 1^' d'iiuile, 
Hmie (te résine. en milligrammes. 



HoilebliiiebenM. 

— —2. 

— —3. 

— —4. 

— —5. 

— —6. 

— 7. 

— 8. 



Hoile TerK 



30 
33 
36 
27 
41 
20 
6 
11 



D'après mes expériences la quantité de potasse neutra- 
lisée par l^ d'huile de lin pure varie entre 201 et 221"»'. Les 
huiles blanches de résine, qui sont les plus employées 
pour falsifier Thuile de lin, n'exigent que 20 à 41"«' de 
potasse. Pour avoir la proportion pour cent d'huile de 
résine ajoutée à une huile de lin, il suffit d'appliquer la 
formule suivante : 

100(211— n) 
211—31 

dans, laquelle 211 est la moyenne obtenue pour les huiles 



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— 190 — 

de lin, 31 la moyenne pour les huiles de résine, et n la 
quantité de potasse neutralisée par 1«' de Thuile suspecte. 
La couleur des huiles vertes de résine permettra de 
reconnaître leur présence dans l'huile de lin (pour peu 
que celle-ci en renferme 10 à 20 p. 100), et Ton pourra 
appliquer au calcul les chiffres qui se rapportent aux 
huiles vertes. 



REVUE DES PUBLICATIONS 

DE 

PHARMACIE, CHIMIE, BACTÉRIOLOGIE, AGRONOMIE 



Sur radonine, glucoside contenu dans Tu Adonis amu- 
rensis »; par M. J. Tahara (1). — V. Cervello a retiré de 
V Adonis vemalis une substance active dont il a étudié les 
propriétés physiologiques. Cette substance, qui est un glu- 
coside, a été appelée Adonidine, C'est un corps amorphe, 
incolore, extrêmement amer, soluble dans l'alcool, très peu 
soluble dans l'éther ainsi que dans l'eau. 

Tahara vient de faire des recherches sur une espèce 
d'Arfoms, VAd, amurerms^ croissant au Japon, dans le but de 
voir si cet Adonis renferme également de l'adonidine. L'au- 
teur n'a pas retrouvé dans cette plante le glucoside de Cer- 
vello; par contre, il en a retiré un nouveau glucoside 
doué de propriétés physiologiques analogues à celles 
de l'adonidine, mais plus faibles. Tahara lui donne le nom 
à*adonine et lui attribue la formule €^**H*®0'. En le dédou- 
blant par les acides minéraux étendus, il a pu obtenir 
32 p. 100 de sucre. Em. B. 



Sur Toléo-résine du gingembre; par M. J. Riegel (2). — 

(1) Adonin, ein in Adonis amurensiê enthaltenes glykosid. Ber. d, d. 
Chem, Ges, XXIV, 2579 ; d'après Ph. Centralhalle, p. 640, 1891. 

(2) American Journal of Pharmacy^ novembre 1891. 



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— 191 — 

L'auteur a fait une série d'expériences avec des gin- 
gembres de diverses provenances, afin de rechercher le 
meilleur mode de préparation de Toléo-résine officinale. 

Voici ses conclusions. Le gingembre de la Jamaïque 
renferme 5 p. 100 d'oléo-résine, qui peut être enlevée par 
Talcool, Téther ou le chloroforme. Le gingembre de l'Inde 
renferme 8 p. 100 d oléo-résine qu*on peut extraire par les 
mêmes dissolvants. L'oléo-résine ainsi obtenue renferme 
toutes les qualités médicinales de la drogue, et se compose 
de deux parties, une abondante, consistant en un liquide 
visqueux qui renferme toute la saveur piquante de la 
substance à un haut degré, et l'autre, en moindre quantité, 
qui est constituée par une résine solide privée de piquant 
et d'odeur. La partie à saveur piquante est soluble dans la 
benzine, mais ne peut être enlevée des rhizomes par ce 
dissolvant. E. G. 



Commerce et usages du gingembre ; parM. Simmokds(I). 
— En Angleterre, le gingembre entre en grande quantité 
dans la préparation de boissons populaires, et est employé 
encore sous d'autres formes. 

La fabrication du ginger béer et du ginger aie forme une 
partie importante du commerce des eaux minérales en 
Angleterre. Malgré la grande quantité de bières de gin» 
gembre fermentées et chargées de gaz consommées dans 
le pays, un stock considérable est expédié dans des bou- 
teilles en verre, principalement à Belfast, à destination des 
États-Unis. Environ 16.000 caisses sont exportées annuel- 
lement, car les boissons de gingembre sont à la mode dans 
toutes les classes de la société en Amérique. 

Dans les deux années 1888 et 1889, l'importation eu 
Amérique s'est élevée, d'après les rapports officiels (l'impôt 
est de 20 p. 100], à: 



(1) American Journal of Pharmacy, novembre 1891. 



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~ 192 — 

1888 1889 

Douz»" (le bout"". Douz»" de boul"« 

Ginger aie et bcer 231.721 261.828 

Cordial au gingembre. 



Gingembre confit. Valeur, 
(L'impôt est de35p. 100) 

Gingembre cru 

(Libre d'impôt). 



» 262 

360.000 fr. 67.000 fr. 

1.737.123 kiL 1.408.130 kil. 



epuis quelques années, des fabriques de ginger béer 
e ginger aie se sont établies aux États-Unis, principa- 
ent à New- York et à New-Orléans, qui ont exporté 
née dernière 3.512 douzaines de quarts, sans compter 
onsommation locale. 

e nombre des usages du gingembre est très grand, sans 
ipter son emploi comme épice ou comme préparation 
iicinale ; par exemple, il y a le ginger ade, le ginger 
.le ginger béer, le ginger brandy, le ginger bread 
n d'épice), le ginger Champagne, le cordial au gin- 
ibre, l'essence de gingembre, les pastilles de gingembre 
e vin de gingembre. Il y a aussi Tarbre au ginger 
i (le Doum) qui, bien que ne produisant pas Tépice, 
te un fruit dont le péricarpe brun et farineux a à la fois 
aveur et la couleur du ginger bread, d'où Tun de ses 
as populaires. 

ur le continent, le gingembre est moins employé et 
^ns apprécié qu'en Angleterre. Le bon gingembre doit 
j frais, pas humide, lourd, non cassant, d'une couleur 
je, rougeâtre à l'extérieur ; quand on le casse, Tinté- 
ir doit avoir un aspect résineux et une saveur piquante, 
meilleur gingembre, qui est toujours cher, est le gin- 
ibre de la Jamaïque, blanchi à l'air. Les essences solu- 
5 de gingembre sont recherchées pour la fabrication 
bonne bière et pour la fabrication des ginger aies de 
fast et d'Amérique. Le gingembre est aussi employé 
ir faire une espèce de cordial et de Champagne. En 
lecine, on l'administre, comme antispasmodique et 
minatif, sous formes de poudre, de teinture et de sirop. 



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— 193 — 

Son odeur est due à une huile essentielle et sa saveur 
chaude à une résine particulière. Le gingembre entre 
aussi dans un grand nombre d'épices composées. 

On cultive le gingembre dans un grand nombre de pays 
pour les usages locaux, mais dans peu de localités pour 
les besoins du commerce et de l'exportation. On trouve 
dans le commerce plusieurs variétés de gingembre, celles 
qui sont recouvertes de Técorce ridée et celles où celle-ci 
a été enlevée par grattage ; le gingembre est quelquefois 
blanchi par le chlorure de chaux ou par la chaux et Teau. 
Les rhizomes desséchés sont désignés par les marchands 
sous le nom de racines. Les parties les plus jeunes sont 
amylacées et les plus âgées dures et résineuses. Le gin- 
gembre qui arrive en Angleterre vient des Indes orien- 
tales et occidentales, ainsi que d'Afrique ; le total des 
importations est environ de 3.5U0.000*« par an, dont 
2.000.000 sont consommés en Grande-Bretagne. Le gin- 
gembre pâle et décortiqué, de la Jamaïque, est le plus 
estimé. Le total des importations dans le Royaume-Uni a 
augmenté de 22.300»^k en 1831 à 3.225.000»'» en 1889. 

Le gingembre est très répandu dans les îles de l'archipel 
indien, où il est d'un emploi général parmi les indigènes. 
Il y est d'une qualité inférieure à celui du Malabar ou du 
Bengale. Il croit aussi en Chine, où on l'emploie à l'état 
frais soit comme condiment, soit comme médicament; 
une petite quantité est exportée à l'état sec, mais il est 
noir et dur et peu apprécié ; à l'état jeune, les rhizomes 
sont charnus et aromatiques et servent à préparer des 
conserves ou un sirop. Les gingembres de l'Inde et de 
l'Afrique sont recouverts de leur écorce et blanchis à la 
chaux. Celui des Indes occidentales est d'une qualité 
supérieure parce qu'on dépense beaucoup de soins à sa 
culture et à sa dessiccation, mais la production en est 
beaucoup plus petite. Il est importé en sacs ou en barri- 
ques de 50*«. 

Le gingembre est cultivé dans l'Inde anglaise depuis 
l'Himalaya jusqu'au cap Comorin. Dans l'Himalaya, la 
culture peut encore se faire à 4 ou 5.000 pieds de hauteur, 



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— 194 — 

pourvu que le sol soit humide. Le gingembre du Malabar, 
exporté de Oalicut, est le produit du district de Shernaad, 
situé au sud de Oalicut. Pour le dessécher, dans Tlnde, 
on place les racines fraîches dans un baquet suspendu par 
une corde, et deux hommes, placés Tun d'un côté Tautre 
de l'autre côté, agitent ce baquet pour lui donner un mou- 
vement de va-et-vient et remuent les racines qu'il contient ; 
on procède à cette opération pendant trois jours, deux 
heures chaque jour. On se propose ainsi d'enlever les parties 
écailleuses qui recouvrent les écorces. Celles-ci sont en- 
suite séchées au soleil pendant huit jours, puis de nouveau 
secouées dans le baquet, et enfin remises à sécher pendant 
deux jours. Le gingembre se vend alors 1 roupie ou 2',25 
les 3 ou 4^«. La valeur du gingembre exporté de l'Inde 
orientale a été en augmentant de 1.587.600 francs 
(2.258.500''K) en 1881, à 5.014.800 francs (6.770.900^») en 
1887, mais a diminué à 1.774.030 francs (3.138.250^^) pen- 
dant Tannée commerciale finissant en mars 1890. 

Le troisième centre de production se trouve sur la côte 
occidentale d'Afrique, principalement à Sierra-Leone ; la 
moitié de la récolte va en Angleterre et l'autre moitié en 
Amérique. La valeur de l'exportation a été de 476.708 francs 
en 1868 et de 353.000 francs en 1869. 

Le gingembre jeune est confit et transformé en con- 
serves ; on le trouve dans le commerce de la confiserie. 
La quantité importée en Angleterre de l'Inde et de la 
Ohine varie de 150.000 à 300.000^«. 

Le procédé de préparation consiste à placer les rhizomes 
dans des vases remplis d'eau pendant plusieurs jours, en 
changeant l'eau une seule fois ; on les retire et les étale 
sur une table, où on les perce avec des poinçons ; on les 
fait ensuite bouillir dans un chaudron en cuivre et on les 
laisse pendant deux jours et deux nuits dans un mélange 
d'eau et de fleur de riz; on les lave, après cela, avec une 
solution de chaux, puis on les fait bouillir avec poids égal 
de sucre, auquel on ajoute un peu de blanc d'œuf pour 
clarifier. 

Après une seconde ébullition, on place le gingembre 



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— 195 — 

dans des jarres en poterie vernissée contenant 1, 3 ou 
6 livres et on le recouvre avec du sirop. Le sirop est 
changé deux ou trois fois, et enfin ces jarres sont embal- 
lées par six dans des caisses. La qualité appelée Mandarin 
est mise en barriques. 

Le sirop ne doit pas être versé chaud la première fois, 
sinon le gingembre serait racorni et ridé. Dans l'Inde, les 
sirops affaiblis qui sont retirés des chaudières à confire 
ne servent plus une seconde fois, mais sont mis à fermenter 
et fournissent une boisson agréable. E. G. 



Sur les borates métalliques; par M. H. Le Chatelier (1). 
— Les seuls borates dont la formule soit actuellement éta- 
blie d'une façon indiscutable sont les deux hydrates de 
l'acide borique BoO», HO et BoO», 3H0. 

BoO*, 3M0. — Ebelmen a préparé par fusion des borates 
dans lesquels l'oxygène de l'acide était à l'oxygène de la 
base dans le rapport 1 : 1 et 2 : 1. Il obtint des culots par- 
faitement cristallisés et semblant, à première vue, pré- 
senter toutes les garanties d'homogénéité désirable. Il fut 
ainsi conduit à considérer les borates de chaux et de ma- 
gnésie de la première série comme des borates triba- 
siques. L'auteur a vérifié l'exactitude de cette prévision 
pour la magnésie en fondant un mélange BoO' + 2,5 Mg O 
et séparant par l'iodure de méthylène les deux espèces de 
cristaux formés. 

BoO', 2M0. — Les borates de la seconde série d'Ebelmen 
appartiennent à cette catégorie des borates bibasiques. 

Pour établir la composition exacte de ces borates M. Le 
Chatelier est parti de mélanges fondus renfermant 2,5 Mg 
et 1 Mg O pour i Bo 0' et séparant, dans le premier cas, 
par l'iodure de méthylène, le borate tribasique formé en 
même temps, et dans le second cas Tacide borique par 
l'eau bouillante. 

BoO', 1,5M0. — L'auteur a obtenu un borate de zinc 



(1) Ac, d. scy CXin, 1034, 1891. 



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— 196 — 

répondant à cette formule qui cristallise en très beaux 
dodécaèdres rhomboïdaux. On peut Fisdler très pur parce 
que, de tous les borates ou verres boraciques de ce métal, 
c'est le seul qui soit inattaquable aux acides. 

BoO', MO. — M. Ditte a signalé un borate de chaux 
répondant à cette formule, mais les procédés indiqués 
pour sa préparation ne permettent pas de l'obtenir à l'état 
de pureté. Par fusion directe on peut faire varier .la pro- 
portion d'acide borique de 25 p. 100 sans cesser d'avoir un 
culot bien cristallisé ; par fusion avec les chlorures alca- 
lins, on obtient, suivant la façon de procéder, des mé- 
langes qui renferment depuis 0,5 CaO jusqu'à 3 Ca pour 
1 Bo 0\ 

M. Le Chatelier a obtenu ce sel à l'état de pureté en 
plaçant, dans un mélange des chlorures alcalins et des 
chlorures de calcium, un gros fragment d'acide borique 
fondu et chauffant en creuset ouvert pour permettre l'ac- 
cès de la vapeur d'eau. Après refroidissement et dissolu- 
tion, on sépare le reste du morceau d'acide borique, puis 
on lave les cristaux à l'eau bouillante et à l'acide acétique 
dilué. Leur analyse conduit exactement à la formule 
BoOVCaO. 

Il n'existe pas de borates acides renfermant plus de 
1 équivalent d'acide pour 1 équivalent de base. Les borates 
anhydres auxquels des formules semblables ont été attri- 
buées sont des mélanges de borate magnésien bibasique 
avec de l'acide borique immédiatement soluble dans l'eau, 
ou des borates alcalinoterreux monobasiques avec des 
verres boriques en globules parfois discernables à l'œil nu* 



Sur un cyanure double de cuivre et d'ammoniaque ; 

par M. E. Fleurent (1). — On prépare trois solutions dif- 
férentes contenant des quantités déterminées de chlorure 
cuivrique, de chlorure d'ammonium et de cyanure de po- 
tassium ; on précipite la solution de cuivre par .un excès 



(l) Ac. d. se, CXIil, lOiS, 1891. 



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— 197 — 

d'ammoniaque, puis on y ajoute la solution de chlorure 
ammoniacal et enfin, en refroidissant, la solution de cya- 
nure de potassium. La liqueur résultante, colorée en bleu, 
est introduite dans des tubes qu'on scelle à la lampe et 
qu'on chauffe ensuite à une température convenable et 
pendant un temps plus ou moins long. 

Ce cyanure double est stable; dissous dans Tammo- 
niaque, la solution se colore en bleu à Tair ; il est inso- 
luble dans Peau froide, peu soluble dans l'eau bouillante 
sans altération. Au-dessus de 100* il perd de l'ammoniaque, 
du cyanure d'ammonium qui se sublime et il reste du 
cyanure cuivreux. Traité par l'acide nitrique ou sulfu- 
rique étendu il donne du cyanure cuivreux et dégage de 
l'acide cyanhydrique. 

En faisant varier les quantités de cuivre, de sel ammo- 
niac et de cyanure de potassium en même temps que la 
température et le temps de chauffage, on obtient des com- 
posés diversement colorés. L'auteur s'est assuré que si 
l'on remplace le cyanure de potassium par Tiodure ou le 
bromure on obtient des iodures et des bromures doubles 
de cuivre ou d'ammoniaque. 



sûr la vitesse de rinversion du sucre en présence des 
acides lactique et acétique; par M. Speransky (1). — 
L'auteur étudie la vitesse de l'inversion du sucre en pré- 
sence des acides lactique et acétique additionnés de Na Cl 
ou d'autres sels. 

Les expériences ont été faites dans les conditions sui- 
vantes: on mélangeait des volumes égaux d'acide et de 
solution à 20 p. 100 de sucre ; la quantité du sucre inter- 
verti a été évaluée au moyen de l'appareil Laurent. La 
température était égale à 50". Le calcul se faisait d'après 

A' 

la formule log jrzTZ = ^^• 

(1) Joum. Chim, Phys, russe, t. XXUI, p. 147, d'après Bull, Soc. chim,, 
SO novembre 1891, p. 718. 



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— 198 — 

A û«^t l'angle de rotation, indiquant la quantité prélimi- 
e de sucre ; x Tangle de rotation qui indique la quan- 
ie sucre interverti dans le nombre d de minutes. C*est 
>nstante cherchée. 

auteur a effectué huit expériences dont il donne les 
Itats et qui Tout conduit aux conclusions suivantes : 

L'addition de NaCl et des acides faibles accélère la 
sse de la réaction ; 

Cette accélération est si considérable qu'il est indiffé- 
. qu'on prenne un mélange d'acide avec la quantité 
Lvalente de Na Cl ou un acide deux fois plus concentré: 

L'action du chlorure de baryum Ba Cl* est approxi- 
ivement la même que celle du Na Cl ; 

Na* 80* retarde la réaction, 
eci permet de supposer que Na Cl joue dans la diges- 
. le rôle d'agent qui active et augmente l'action sur 
ide lactique. 

ction de quelques sels inorganiques sur le pouvoir 
itoire du saccharose; par M. Farsteiner (1). — 1^ Le 
re et Teau restant constants en poids, on ajoute des 
ntités croissantes de chlorures de Mg, Ba, Sr et Ca. 
ir les trois premiers, il y a abaissement croissant du 
voii' rotatoire ; pour le CaCl*, il y a un minimum, puis 
louvoir rotatoire augmente avec le poids de CaCl*; 
» Les quantités de sucre et de sel restant constantes, la 
ition amène une élévation du pouvoir rotatoire, c'est- 
ire que l'action dépressive du sel est diminuée ; elle 
ient sensiblement nulle dans les solutions très éten- 
is; 

* Les poids de sel et d'eau restent les mêmes, la dose 
sucre a peu d'influence sur le pouvoir rotatoire molé- 
aire; les chlorures alcalins se comportent à ce point de 
\ comme les alcalino-terreux. 
^our étudier l'action propre des divers sels, on a fait sur 

I tieue ZçUsch, fur Rub, Zuck, ind., 1S90, 67, d'après Monit, scientif,, 
1891. 



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— 199 — 

chacun d'eux 4 séries d'expérience avec 1, 2, 3, 4 parties 
de sel; on a mesuré chaque fois les dépressions correspon- 
dantes. A quantités de sel égales, la dépression est d'au- 
tant plus forte que le poids moléculaire est plus petit ; en 
d'autres termes, le produit de la dépression moléculaire 
par le poids moléculaire du sel est sensiblement constant, 
et cette relation est à peu près conservée quand la concen- 
tration de la solution sucrée varie; le BaCl* fait exception 
à cette constance. 



Nouveau réactif de racétone; par M. Schwicker (1). — 
Un mélange d'acétone et d'ammoniaque dissout lïode 
pulvérisé avec dégagement de chaleur. Le liquide se 
trouble ensuite et, au bout de quelque temps, il se sépare 
de l'iodoforme. 

On peut utiliser cette réaction pour rechercher l'acé- 
tone, non seulement dans Teau pure, mais encore dans de 
l'eau renfermant de l'alcool; l'alcool et l'ammoniaque ne 
réagissant pas sur l'iode, et ne donnant pas lieu, par con- 
séquent, à la production d'iodoforme. La réaction peut 
également servir à rechercher l'acétone dans l'urine. 

On ajoute au liquide renfermant de l'acétone quelques 
gouttes d'ammoniaque concentrée, puis une ou deux 
gouttes d'une solution d'iode au dixième. Il se forme 
d'abord des flocons noirâtres d'iodure d'azote; mais ces 
flocons disparaissent dès qu'on agite le liquide et font 
place à un trouble jaunâtre d'iodoforme. On augmente la 
quantité d'iodoforme en recommençant l'opération. 

L'aldéhyde éthylique donne également cette réaction, et 
l'auteur pense que tous les acétones, qui renferment le 
groupe mélhyle lié directement au groupe carbonyle, se con- 
duisent de même. Em. B. 



Dosage du sucre intenrerti par la liqueur de Soldaini ; 

(1) Neues Reagens auf Aceton, Chfim, Zig,, p. 914, 1891 ; d'après Apol» 
Zeitung {Reperlorium), p. 107, 1891. 



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— 200 — 

' M. E. Preuts (1). — Le réactif de Soldaini se prépare 
introduisant 15«%9 sulfate de cuivre dans une solution 
lude de 594«' bicarbonate de potasse, et complétant à 
itres après dissolution du précipité et refroidissement 
liquide. La liqueur a une densité 1,1789 et se conserve 
în. On chauffe 150** à feu nu, on introduit le sucre inter- 
•ti et on fait bouillir 10 minutes. Pour un taux de sucre 
5 à 80"*«% on obtient les quantités suivantes de cuivre : 

re interverti. 5 10 15 20 25 30 35 40 

vre 18,8 34,9 50,9 66,6 82,2 97,6 11,7 12,78 

re 45 50 55 60 65 70 75 80 

vre 142,4 -157 171,3 185,5 200,4 213,1 226,6 240,6 



Sur un nouveau procédé de dosage de Tazote nitrique 
de Tazote total; par M. E. Boyer (2). — Ce procédé est 
idé sur la réduction de Tazote nitrique en ammoniaque, 
: lesoxalates et le soufre, en présence de la chaux sodée. 
[1 est déduit des deux expériences suivantes : 

> Si Ton chauffe au rouge, dans un tube à combustion, un mélange, K pro- 
lions déterminées, d'oxalate neutre de chaux, de nitrate do soude et de 
ax sodée (0"',5 de nitrate de soude, 5*'' d'oxalate de chaux, 15'' de chaux 
^e), les deux tiers environ de Vazote nitrique sont réduits à l'état 
mmoniaque. 

e nombre est un maximum ; il n^a pas varié sensiblement quand on a 
monté les quantités de chaux sodée et d'oxalate de chaux pour un poids 
de nitrate. 

" Mais, si Ton fait agir simultanément, sur le nitrate de soude, Toxalate 
chaux et le soufre, en présence de la chaux sodée (0"',5 de nitrate de 
le, 5«'" d*oxalate neutre de chaux, 15»' de chaux sodée, 2"'" de soufre) la 
iction do Tazote nitrique en ammoniaque est complète. 

Li'auteur a appliqué cette seconde réaction au dosage de 
sote nitrique dans les nitrates de soude et de potasse, 
Ls au dosage total de Tazote sous ses trois états (orga- 

[) Dingl. polyt, 134, J., d'après Zeitsch. fur Rubenzuckerind, 1890, 
d'après Monit, scientif., août 1891. 
l) Ac. d. se, CXni, 503, 1891. 



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— 201 — 

nique, ammoniacal et nitrique), en opérant comme je vais 
le décrire : 

On prépare d'abord un mélange palvérisé, composé de : 1 partie de soufre ; 
2 parties d'oxalate de chaux ; 6 parties de chaux sodée. Il n'y a pas d'autres 
précautions à prendre, pour la conservation de ce mélange, que celles qui 
sont usitées pour la chaux sodée. 

Pour l'analyse, on pèse O^'^S de nitrate de soude ou de potasse, séché et 
pulvérisé, que l'on incorpore intimement à 50^ du mélange réducteur. Puis, 
dans un tube à combustion, d'une longueur de 0"*, 55 et 0™, 017 de diamètre, 
on introduit successivement, en commençant par l'extrémité fermée : 2k' d'oxa- 
late de chaux, pour la production du gaz inerte destiné à balayer l'appareil à 
la fin de l'opération ; lO"' de chaux sodée pulvérisée ; lOs' du mélange réduc- 
teur: le nitrate à analyser, mélangé comme nous l'avons dit; lO"' du mélange 
réducteur; IOk' de chaux sodée pulvérisée; et l'on termine par un tampon 
d'amiante. 

La marche à suivre, pour la conduite de l'analyse, est identique à celle 
qu'on suit pour le dosage de l'azote par la chaux sodée. 

La combustion est achevée en quarante minutes. Le gaz ammoniac est 
recueilli dans un tube de Will et Warrentrap, contenant un excès d'acide 
sulfurique titré, et la détermination de l'acide neutralisé se fait, comme d'ordi- 
naire, après avoir eu soin, toutefois, de chasser, à l'ébullition, les acides 
sulfhydrique et carbonique dégagés durant la combustion. 

Les résultats obtenus avec les nitrates de soude et de 
potasse purs sont concordants. La moyenne des essais a 

donné : Retrouvé. 

I^itrate de soude pur: azote, 16,47 16,45 

Nitrate de potasse pur: azote, 13,86 13,85 

Pour doser, par ce procédé, Tazote sous ses trois formes 
(organique, ammoniacal et nitrique), Fauteur a employé : 

1<* Un mélange (Tazote organique et ammoniacal. 

On a pesé : Az 

0^,5 de cuir torréfié (à 4,47 d'azote pour 100), soit 0,02235 

OB', 5 de sulfate d'ammoniaque (à 21,21 d'azote pour 100), soit . . 0,10605 

Donc i^ renfermait 0,12840 

On a retrouvé 0,1281 

2^ Un mélange d* azote organique^ ammoniacal et nitrique. 

On a mélangé .* Az 

0^,5 de cuir torréfié (k 4,47 d'azote pour 100) 0,02235 

0>',25 de sulfate d'ammoniaque (à 21,21 d'azote pour 100). . . . 0,053025^ 

0^,25 de nitrate de soude pur et sec (à 16,47 d'azote pour 100). 0,041175 

Donc 1«' renfermait 0,116550 

On a retrouvé 0,1161 

/•km. de Pkêrm, et de Chim,, 5* série, t. XXV. (15 février 1892). 14 

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— 202 — 

Dans une autre série d'essais, il a remplacé le cuir par 
le sang desséché, et il a fait l^' de mélange des corps sui- 
vants : 

Az 

a»%5 de sang desséché (à 13,70 d'azote pour 100) 0,0685 

0»',25 de sulfate d'ammoniaque (à 21,21 d'azote pour 100). . . . 0,05S025 
0»',25 de nitrate de soude pur et sec (à 16,47 d*azote pour 100). 0,041175 

Donc !•' contenait 0,162700 

On a retrouvé 0,1624 

Ces résultats démontrent que le nouveau procédé est 
applicable au dosage de Tazote nitrique et de l'azote total 
sous ses trois formes. 

Pour conduire l'analyse, il n'y a pas d'autres pré- 
cautions à observer que dans le dosage de l'azote par la 
chaux sodée. On aura soin seulement de ne peser, à l'état 
sec, et pour 50«' de mélange réducteur, que les quantités 
suivantes des corps à analyser : 

0*'y 5 dans le cas des nitrates de soude et de potasse ; 

l" dans le cas où le corps soumis à l'analyse renferme l'azote sous se» 
trois états, de manière à n'avoir que 0»', 5 de nitrate de soude, au plus, dans 
la prise d'essai. 

En observant ces précautions, ce procédé donne de bons 
résultats, aussi bien pour le dosage de l'azote nitrique que 
pour celui de l'azote total. 



Recherches bactériologiques sur les eaux minérales 
de Vichy, Saint-Torre, Hauterive et Cusset ; par MM. Th. 
Roman et E. Colin [suite et fin) (i). 

Après 60 heures, le nombre de colonies développées 
était de : 

3, 2, 1, 1. Soit au total 7 par 2^ ou 4 au maximum comme moyenne par 
centimètre cube. 

Mesdames. — La buvette de Mesdames est située à l'ex- 



(l) Joum. de Pharm. et Ch., [5], XXIV, 15 oct., 1« nov., 1« déc. 1891, 
XXV, 1« fév. 1892. 



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— 203 — 

trémité occidentale de la galerie des Sources. La vase 
où débouche le tuyau de fonte amenant Teau de la sou; 
à la forme d*un calice, sa hauteur est de 0'»,20 et son d 
mètre intérieur de 0",25, ce qui lui donne une capac 
de 9"»,80. 

Cette vasque est placée à 1™ au-dessus du sol de la ga 
rie, au centre d'un trop-plein circulaire en étain de 1", 
de diamètre duquel Teau s'écoule par siphonnement. 

Le 5 août 1891, à il heures du matin, la température 
l'eau, à la vasque, était exactement de 22**, i, la tempéi 
ture de Tair étant de 19^,1 et la hauteur barométriq 
réduite à 0*, de 737,3. 

Essai bactériologique de Veau à la vasque, — Prélèvemc 
fait le 5 août 1891, à 11 h. 15 du matin, au centre de 
vasque, à l'aide d'une pipette stérilisée de 100'^'= de capac 
munie à son extrémité d'une poire en caoutchouc. L'ens 
mencement a été fait moins de 10 minutes après. 

Trois boites ont reçu chacune l''' d'eau et 15*^* de gél 
tine peptonisée. 

Après 50 heures, le nombre de colonies développé 
était de : 

16, 15, 12. Soit au total 43 ou en moyenne 15 au maximum par cei 
mètre cube. 

2^ Au verre, — Prélèvement fait le même jour, à 
même heure, dans les mêmes conditions, au centre < 
verre banal, tel qu'il est présenté au buveur. 

Trois godets ont reçu : le premier, 4 gouttes d'eau et 
de gélatine peptonisée ; le second, 6 gouttes; le troisièm 
10 gouttes. 

Après 50 heures, le nombre de colonies développé 
était de : 

7, 19^ 23. Soit au total 49 par centimètre cube. 

4^ Au trop-plein, — Prélèvement fait le même jour, à 
même heure, dans les mêmes conditions que les préc 
dents. 

Trois godets ont reçu chacun 1 goutte d'eau et 8*^* 
g^élatine peptonisée. 



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— 204 — 
îs 50 heures, le nombre de colonies développées 

a • 

f 58. Soit au total 192 ou on moyenne 64 par goutte, c*est-à-dire 
r centimètre cube. 

ouleillage. — L'atelier d'embouteillage de Mes- 
se trouve dans la halle d'expédition de la Compa- 

aise en bouteilles se fait, en contre-bas du sol des 
Ins, à un seul robinet où aboutit le branchement 
ï sur la conduite de Mesdames, 
istance de la source au lieu d'embouteillage est de 
environ. 

août 1891, à 10 h. tO du matin, la température de 
rise au robinet de remplissage était exactement de 
la température de l'air étant 19*, 5 et la hauteur 
étriqué réduite à 0^ de 737,3. 

i bactériologique de leau : 1** Aw robinet d'embouteiU 
- Prélèvement fait le 5 août, à 10 h. 20 du matin, 
lencement fait moins de 15 minutes après. 
s boîtes ont reçu chacune 1*^^ d'eau et 15^^ de gélatine 
isée. 

3S 70 heures, le nombre de colonies développées 
5 : 

8. Soit au total 27 ou 9 en moyenne par centimètre cube. 

^ans les bouteilles, — Après 24 heures de remplissage, 
ement fait dans la bouteille à l'aide d'une pipette 
îée de 100" de capacité. L'ensemencement a eu lieu 
de 15 minutes après. 

s godets ont reçu chacun 1 goutte d'eau et 8** de 
le peptonisée. 

as de 50 heures après, le chiflFre moyen de colonies 
utte s'élevait à 824, soit 16.480 par centimètre cube. 
idérations sur leau de Mesdames. — L'examen bacté- 
que de l'eau de Mesdames présentait le plus grand 
; des numérations faites aux divers points de sa 
nation étaient indispensables pour déterminer avec 



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— 205 — 

précision les causes d'ensemencement de Feau dans les 
tuyaux de conduite. 

En traitant cette question pour la Grande-Grille et l'Hô- 
pital nous avions émis Thypothèse que la supériorité 
numérique des germes trouvés au robinet d'embouteillage 
de ces deux sources était due à la longueur des tuyaux 
qu'elle parcourait pour venir du griffon aux bâtiments 
d'exploitation de la Compagnie et que l'introduction des 
germes dans les tuyaux devait avoir la vasque pour ori- 
gine. 

Nos expériences sur Mesdames nous donnent pleine- 
ment raison. 

Malgré la longueur relativement considérable de la con- 
duite qui l'amène à l'atelier de remplissage et à la vasque, 
l'eau conserve toute sa pureté. Cela tient évidemment à ce 
fait qu'à son point d'émergence il n'y a point de vasque, 
c'est-à-dire pas de réceptacle propre à recueillir les germes 
de l'air qui, une fois mouillés, tombent au fond de la 
vasque et cheminent de là vers les tuyaux d'adduction 
greffés en haut du tube ascensionnel. 

A Mesdames, aucune communication, sauf l'extrémité 
ouverte du tube ascensionnel, n'existe avec l'air, et l'en- 
semencement, en admettant qu'il puisse avoir lieu par ce 
point, doit se borner à bien peu de chose, car cette eau est 
la plus pure de celles que nous ayons examinées à Vichy. 

Il est regrettable que son débit à la vasque soit si peu 
considérable, car il nous aurait permis de vérifier aussi 
nos hypothèses sur le diamètre des vasques. 

Mais, étant donné sa faible capacité (10"' au maximum), 
la vasque à laquelle se pressent de nombreux buveurs est 
souvent vide et, par suite, offre plus de surface aux 
germes de l'air. Malgré ces conditions défavorables pour 
un examen bactériologique, l'eau de la vasque est encore 
très pure. Il est vrai d'ajouter que la donneuse d'eau ne 
plonge pas le verre dans la vasque pour le remplir comme 
cela se pratique aux autres sources de l'État. 



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— 206 — 

Nouvelles plantes utiles (i). — Californie. — Mus 
ovata, Watson. — Les petites baies rouges foncées four- 
nissent une boisson agréable semblable à la limonade. — 
Les Indiens retirent du sucre de cet arbrisseau. 

Ilkus integrifolia, Nutt. — Les grosses baies rouges 
claires sont enduites d'une substance cireuse et servent 
également à préparer une boisson raffraîchissante. Pour 
cela les baies sont récoltées et desséchées. 

Salvia Cotumbarix, Bth. — Les semences mises dans 
l'eau fournissent une boisson mucilagineuse agréable. — 
Employées comme remède par les indigènes. 

Sambucus glauca, Nutt. — On mange les baies qui sont 
^employées aussi pour faire des sauces. 

Simmandsia california, Nutt. — Cet arbuste fournit une 
noix de saveur agréable ressemblant à un gland. 

Zizyphus Pan*yi\ Torr. — Fournit des fruits comestibles 
de couleur jaune. 

Prunus ilîcifolta, Walp. — Les fruits rouges carmin sont 
comestibles. Em. B. 



SOCIETE DE PHARMACIE DE PARIS 



Séance du 3 février 1892. 

Présidence de M. Portes, président. 

La séance est ouverte à deux heures. 

Le procès-verbal de la dernière séance est mis aux voix 
-et adopté. 

La correspondance imprimée comprend les derniers 
numéros parus des publications suivantes : 

Journal de Pharmacie et de Chimie; — h^ Union pharma- 
ceutique; — Le Bulletin de la Société de pharmacie de Lyon; 
— Le Bulletin de la Société de pharmacie de Bordeaux; — 
L'Art dentaire; — La Médecine thermale ; — La Bévue médico- 

(1) Apoteker-Zeitunçy w" 93, 1891. 



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— 207 — 

pharmaceutique de Constantinople; — The Pharmaceutical 
Journal; — The American Journal of Pharmacy; — Year^ 
Book of Pharmacy and Transactions of the British Pharma- 
ceutical Conférence, 

M. Moissan propose de nommer membres associés de 
la Société de pharmacie : MM. Milne-Edwards, Schûtzen- 
berger, Gautier et Bornet, membres de l'Institut. Ces no- 
minations sont votées par acclamation à l'unanimité. 

M. Chastaing, rapporteur de la commission chargée 
d'examiner les titres de MM. Oorjescu, de Bucharest; 
Fragner, de Pragues; Ferreira da Silva, de Porto, conclut 
à leur admission. La Société les nomme membres corres- 
pondants étrangers. 

M. Planchon développe une étude sur Torigine et la 
détermination d'un certain nombre à' Astragales et de leurs 
produits ; cette étude paraît actuellement in extenso dans le 
Journal de Pharmacie et de Chimie, 

M. Bûrker présente deux notes : la première, due à 
M. Dommergue, traite de la composition des extraits con- 
centrés de café; ces extraits sont loin de valoir le café 
préparé extemporanément, probablement à cause de Fins- 
tabilité des produits aromatiques dont l'ensemble a été 
compris sous le nom de caféone. Le dosage de la caféine 
semblerait devoir être un indice de leur qualité, mais ils 
ne renferment environ que fô ^^ ^^ quantité que contient 
la graine torréfiée elle-même. 

La deuxième note, de MM. Dommergue et Nicolas, est 
relative à l'analyse des thés noirs, et aux conditions mar- 
chandes d'acceptation des divers échantillons : leur valeur 
commerciale est en rapport avec leur teneur en théine, 
sans toutefois leur être rigoureusement proporportion- 
nelle : le minimum d'acceptation serait 2 p. 100 de théine. 
Ces conditions ne s'appliquent pas aux thés verts, qui 
doivent satisfaire à d'autres exigences. 

M. Grimbert a recherché la cause de certaines réduc- 
tions anormales de la liqueur de Fehling, par l'urine addi- 
tionnée de quantités croissantes de glucose, réductions 
caractérisées par des précipités variant du bleu verdâtre 



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— 208 — 

(0,50 de glucose par litre) au vert olive (2«' p. 1000) en 
passant par le vert pomme (1 p. 1000) ; ces précipités ont 
été obtenus en employant des quantités toujours égales de 
liqueur de Fehling, que l'on ait ou non déféqué Turine 
par Tacétate de plomb. L'examen polarimétrique des 
mêmes urines ne pourrait donner de renseignements cer- 
tains qu'à partir de 2«' par litre. En conséquence, on devra 
toujours soupçonner la présence de faibles quantités de 
glucose dans une urine qui ne donnerait qu'une réduction 
verdâtre et lente à se produire, alors même que le polari- 
mètre serait insuffisant à la signaler- 

M. Barillé présente, au nom de M. Mauget, deux fioles 
à jet dites hygiéniques; les deux instruments très ingénieux, 
et d'un fonctionnement très simple, sont susceptibles d'être 
chauffés et permettent d'obtenir, sans le secours de la 
bouche, des jets de grosseurs diff'érentes avec de l'eau 
froide ou bouillante. 

M. Viron a étudié les Matières colorantes naturelles et 
artificielles des éponges. — - Chez un grand nombre d'ani- 
maux invertébrés, on rencontre un pigment rouge écar- 
late désigné par Krukenberg, sous le nom de zoonéry- 
thrine. M. Viron, en étudiant les transformations de la- 
zoonérythrine dans les éponges, a pu isoler une ma- 
tière colorante ayant des propriétés si différentes du pig- 
ment signalé par Krukenberg qu'il a dû en faire une 
étude attentive. Ses recherches lui ont démontré que cette 
matière colorante n'était pas un pigment naturel, mais un 
colorant ajouté frauduleusement dans le but de cacher 
quelques défectuosités ou de donner l'aspect d'épongés de 
bonne qualité à des éponges qui ont déjà servi ou qui ont 
été altérées par l'action des réactifs. 

Pour reconnaître cette fraude qui tend à se généraliser» 
il sufiit de traiter les éponges par une solution des acides 
. suivants : acide chlorhydrique, sulfurique, azotique, qui 
communiquent à l'éponge colorée artificiellement une 
teinte rose plus ou moins intense. Les acides borique; 
sulfhydrique, sulfureux et la plupart des acides organi- 
ques n'ont pas d'action ; les alcalis ramènent au jaune 



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— 209 — 

la coloration rouge déterminée par les premiers acides. 

La matière colorante est enlevée par les solutions alca- 
lines faibles, elle est insoluble dans Téther, le sulfure de 
carbone, le chloroforme, etc., elle se dissout en petite 
proportion dans Félher acétique etralcool méthylique, etc. 

En poursuivant ses recherches, M. Viron a été amené à 
reconnaître que cette matière colorante était produite par 
des dérivés azoïques. L'ensemble des réactions observées 
rapproche ce colorant des matières vendues dans le com- 
merce sous les noms d'hélianthine, de méthylorange, de 
diméthylaniline , de tropéoline 00, ou d'orangé 3 de 
Poirrier. 

M. Tiron continue ses recherches sur un pigment rouge 
retiré d'une eau de fleur dorange, — M. Viron a déjà entre- 
tenu la Société de ses recherches sur les colorations qui 
apparaissent quelquefois dans les eaux distillées. Il a ob- 
servé que ces colorations étaient dues soit à des microor- 
ganismes tenus en suspension dans le liquide comme 
l'avait indiqué antérieurement M. Barnouvin, soit à des 
pigments sécrétés par ces microorganismes eux-mêmes, 
lesquels pigments étaient réellement solubles, puisque le 
liquide traversait le filtre Chamberland sans modification 
de teinte. M. Viron a étudié une eau distillée de fleur 
d'orange possédant une belle coloration rouge ; cette eau 
traversait le filtre Chamberland en perdant sa teinte. La 
matière colorante était due à des microorganismes chro- 
mogènes en suspension dans le liquide. Il a réussi à isoler 
la matière colorante qu'il désigne sous le nom d'Aurantio- 
purpurine et qui présente les réactions suivantes : elle est 
insoluble dans l'eau, soluble dans l'alcool, l'éther, le chlo- 
roforme, le sulfure de carbone, et elle communique à ce 
dernier liquide une coloration rouge groseille. Ce pigment 
bleuit par l'acide sulfurique et perd rapidement sa colo- 
ration sous l'action combinée de l'air et de la lumière. 
M. Viron fait ressortir l'analogie très grande qui existe 
entre ce pigment et la zoonéry thrine de Krukenberg. 

M. Léger présente une note de M. Jardin, interne en 
pharmacie, sur l'analyse d'un liquide extrait d'un kyste de 



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— 210 — 

e chyleuse. Le liquide blanc et opaque, ayant Tap- 

ce du lait, est caractérisé par la grande quantité de 

re grasse qu'il renferme : 139«^80 par kilo. 

Schmidt expose la gestion financière de la Société 

l'année qui vient de s'écouler, les comptes du tréso- 

ont approuvés à l'unanimité. 

Bûrker présente M. Dommergue au titre de membre 

spondant. Les cadres étant complets, M. Dommergue 

, attendre une vacance pour poser à nouveau sa can- 

ire. 

séance est levée à 4 heures. 

Le Secrétaire annuel^ 
Leidié. 



;ONSEIL D'HYGIÈNE PUBLIQUE ET DE SALUBRITÉ 

DU DÉPARTEMENT DE LA SEINE 



mce du 8 janvier 1892. — Une partie de la séance est 
icrée à la discussion du rapport présenté par M. Michel 
sur les ateliers de redistillation et de rectification 
iuiles essentielles employées en parfumerie, 
la demande du comité consultatif des arts et manu- 
res, le conseil d'hygiène a été prié d'examiner dans 
e classe il conviendrait de placer ces établissements. 
Michel Lévy, chargé du rapport, conclut ainsi : 
)ans l'état actuel de la législation, il y a lieu de con- 
5r les huiles essentielles comme rentrant dans les 
lits visés par l'article 1'" du décret du 19 mai 1873. » 
le Rapporteur base cette opinion sur les considé- 
is suivantes : 

jC décret du 19 mai 1873 est applicable (art. !•') au 
le et à ses dérivés, aux huiles de schiste et de goudron, 
ssences et autres hydrocarbures liquides pour l'éclai- 
et le chauffage, la fabrication des couleurs et vernis, 
;:raissage des étoffes ou tout autre emploi. 
)ans le tableau annexé au décret du 3 mai 1886, au 



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— 211 — 

paragraphe « huiles essentielles ou essences de térében- 
thine, d'aspic et autres », on trouve le renvoi suivant: 
ic Voir huiles de pétrole, de schistes, etc. », et cet autre 
paragraphe vise le régime spécial réglementé par les 
décrets des 19 mai 1873, 12 juillet 1884 et 20 mars 1885. » 

Or, ainsi que le fait remarquer M. le Rapporteur, ces 
dispositions entraînent Tattrihution à la 1^*' classe de toutes 
les usines en question. 

M. Riche croit qu'assimiler les huiles essentielles au 
pétrole et à Tessence minérale, c'est pousser bien loin 
Tesprit de réglementation. 

Le pétrole et l'essence sont distillés à feu nu, opération 
qui présente de grands dangers : au contraire, les huiles 
essentielles sont obtenues par la distillation en présence 
de Veau ou de la vapeur d'eau, ce qui rend le travail 
bien moins dangereux. En outre, les ateliers où s'effectue 
cette dernière distillation sont tous de petites dimensions 
et situés pour la plupart dans l'intérieur de grandes usines 
qui, elles-mêmes, sont déjà classées. Enfin, le décret de 
1 873 dit : « les essences et autres hydrocarbures » ; or, les 
huiles essentielles dont il est question renferment bien 
plus de produits oxygénés que de carbures d'hydrogène. 
M. Riche croit qu'il y a lieu d'user de quelques tempéra- 
ments, et ce dans l'intérêt même de l'industrie. 

M. Bourgoin qui, après la première lecture du rapport, 
avait demandé des adoucissements à la réglementation 
proposée, déclare qu'il se range à l'avis exprimé par 
M. Riche: les dangers d'incendie résultant de la distil- 
lation des huiles essentielles sont fort minimes et il serait 
porté à conclure au non-classement de ces ateliers. 

M. Michel Lévy, rapporteur, ne suppose pas que 
MM. Riche et Bourgoin demandent que les usines qui 
renferment plusieurs milliers de litres de ces huiles essen- 
tielles ne soient pas classées. A son avis, le décret de 1873 
est formel : si l'on ne peut donner une autre dénomination 
à ces produits que celle d'essences, huiles essentielles, on 
ne peut que conclure au classement des établissements 
qui les fabriquent. Bien entendu, il serait excessif de 



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— 212 — 

r dans la l""* classe toutes les usines en question: 
M. le Rapporteur estime-t-il qu'il conviendrait de 
îr le classement des moins importantes d'entre elles, 
jt pour ce motif qu'il a cru devoir terminer son rap- 
n proposant au conseil d'émettre le vœu suivant : 
4orsque la redistillation s'opère de façon à amener la 
nsation d'un mélange d'essence et d'eau en excès, 
eu dans des alambics chauffés à la vapeur, loin de 
3yer et de toute lumière à feu nu, l'usine sera ramenée 
lasse que comporte son dépôt d'essence. » 
le Rapporteur ajoute enfin qu'il y a d'autant plus 
ité à classer même les petits établissements que, 
un travail fourni par M. le docteur Miquel, ins- 
ir des établissements classés (travail annexé au 
rt), un établissement de très minime importance est 
lé comme « répandant à une grande distance une 
' qui incommode le voisinage ». Dans de pareilles 
es, toutefois, le rangement dans la troisième classe 
t suiQsant. 

Riban trouve que la proposition de M. le Rapporteur 
iutant mieux justifiée que les ateliers dans lesquels 
aploie les vernis sont classés. 
Arm. Gautier demande à l'administration si c'est à 
ite d'accident que la question en discussion a été 
au conseil : dans ce cas, il est de l'avis de M. le Rap- 
Lir. Sinon il s'associerait aux objections présentées 
[. Riche. 

le Président, au nom de l'administration, répond 
cun accident ne s'est produit. 
Michel Lévy, rapporteur, fait remarquer que la 
Ion se résume en ceci : étant donné le texte de la 
nentation actuellement en vigueur, les huiles essen- 
j sont-elles régies par le décret du 19 mai 1873? Il 
resse d'ajouter que la plupart des ateliers dont il 
ne pourront être que rangés dans la 3® classe ; seuls, 
3S grands établissements rentreront dans la première, 
le Président met aux voix la conclusion du rapport 
Michel Lévy, ci-dessus rappelée. 



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— 213 — 

Cette conclusion est adoptée. 

Le projet de vœu est ensuite voté. 

M. Linder, au nom de la commision chargée d'étudier 
la composition des fumées d'usines, remercie M. Paul 
Brousse de sa bienveillante intervention auprès du conseil 
municipal: c'est grâce à lui, en effet, que le crédit de 
2.000 francs demandée la dernière séance pour poursuivre 
les études a été accordé le jour même. 

Le conseil s'associe aux remerciements exprimés par 
M. Linder. 

M. Paul Brousse répond qu'il est fort sensible à ce 
témoignage de sympathie ; si la somme allouée n'était pas 
suffisante, il ne doute pas que le conseil municipal veuille 
bien voter un crédit supplémentaire. 

M. le Chef de la 2* division rend compte des transports 
de contagieux et des désinfections opérés pendant le mois 
de décembre 1891 par les soins de la préfecture de police: 

Transports de contagieux. 

Fièvre typhoïde 30 

Variole 7 

Rougeole 14 

Scarlatine 11 

Diphtérie 45 

Erysipèle 29 

Divers 31 

167 

Les escouades spéciales ont désinfectés 52 locaux con- 
taminés. 

Pendant l'année 1891, 2.051 contagieux ont été trans- 
portés, savoir : 

Fièvre typhoïde 344 

Variole 144 

Rougeole 189 

Scarlatine 259 

Diphtérie 478 

Erysipèle 379 

Divers 258 

2.051 

Au cours de la même année, le chiffre des désinfections 



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— 214 — 

omicile par les soins des escouades spéciales de la pré- 
ture s'est élevé à 822. 



SOCIETE DE PHARMACIE DE PARIS 



Séance annuelle du 15 janvier 1892 (suite) (1). 



7port de la commission instituée pour décerner la médaille 
d'or attribuée aux travaux de chimie ; par M. Leidié. 

la commission instituée pour décerner celle des deux 
iailles d'or que la Société réserve aux travaux de chimie 
1 à examiner deux mémoires. Plusieurs autres thèses 
iraleur, soutenues cette année devant TEcole supérieure 
)harmaciede Paris, n*ontpu être soumises au jugement 
[a Société pour des motifs divers, et notamment à 
se de la position occupée dans l'enseignement par leurs 
îurs. 

es deux thèses que la commission avait mission d'exa- 
ler étaient : 

Celle de M. Demont, intitulée : Contribution à Vétude 
ligue du chloroforme. Action des sulfures de potassium et 
)dium ; 

Celle de M. Poulenc, intitulée : Sur un nouveau corps 
ux, le pentafluochlorure de phosphore. 

Analyse de la thèse de M, Demont. 

ïrsque Ton fait réagir le chloroforme sur la p:)tasse 
Dlique employée en excès, les produits ultimes de la 
tion poussée à son dernier terme sont : Teau, le chlo- 
de potassium et Tacide formique. Si, au contraire, 
le chloroforme qui est en excès, et si la réaction est 
érée par un abaissement de température, Tattaque, au 

loum, de Pharm. et Ch. [5], XXV, li2. 



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— 215 — 

lieu de fournir exclusivement du chlorure et du formiate, 
n'en fournit que des traces, et la masse de chloroforme 
inattaqué retient en dissolution de Toxychlorure de 
carbone. 

M. Demont, se basant sur les nombreuses analogies qui 
existent entre les composés du soufre et ceux de Toxygène, 
a clierché s'il n'existerait pas un parallélisme entre l'action 
des sulfures et celle des oxydes alcalins sur le chloroforme, 
et il a obtenu des termes sulfurés correspondant aux 
termes oxygénés connus. 

Examinons deux cas : 

Premier cas. — Lorsque l'on fait arriver petit à petit du 
chloroforme sur du monosulfure de potassium anhydre en 
ayant soin d'employer les deux corps en quantité calculée, 
il se forme, au sein du liquide refroidi, un précipité de 
chlorure de potassium qui renferme tout le chlore du chlo- 
roforme employé. Le liquide est d'abord additionné de 
quantités croissantes d'éther, puis neutralisé par l'acide 
sulfurique et l'on en sépare successivement par ces deux 
traitements : l^^del'acide sulfoxanthique de Ohancel, à l'état 
de sel de potassium, que l'on caractérise par une série de 
doubles décompositions métalliques; 2^ un alcoolate de 
bisulfure de potassium, corps cristallisé obtenu précédem • 
ment par l'auteur d'une façon synthétique, qui a pour for- 
mule 0*H*0' + KS* et qui, par dessiccation dans le vide 
ou par la chaleur, perd de l'alcool et se transforme dans la 
combinaison plus stable C*H'0' +9KS*; 3^ une matière 
blanche, amorphe, qui offre la composition centésimale 
d'un acide formique persulfuré O'H'8*. Il se forme, comme 
produits accessoires, du mercaptan, du sulfure et du bisul- 
fure d'éthyleet probablement aussi un éther sulfuré ayant 
pour formule brute 0**H*'S', déjà décrit, par Gabriel et 
qui semblerait correspondre au pseudo-éther triéthylfor- 
mique de Kay. 

Deuxième cas. — Lorsqu'on fait agir un grand excès de 
chloroforme sur le sulfure de potassium, en ayant soin de 
refroidir pour modérer la réaction, on n'obtient plus que 
des traces d'acide formique persulfuré et d'acide sulfoxan- 



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— 216 — 

thique, mais on observe nettement la formation de chloro- 
sulfure de carbone 0*01* S" correspondant à Toiychlorure 
C* Cl' S* ; on obtient aussi des traces d'oxychlorure et d'oxy- 
sulfure de carbone. 

En dehors de Taction principale qui, dans ces deux cas, 
donne naissance à Tacide formique persulfuré, la forma- 
tion des produits secondaires s'explique facilement. En 
effet, l'acide formique persulfuré a une tendance à se 
décomposer en donnant du soufre qui s'unit au sulfure de 
potassium pour donner le bisulfure, lequel se combine à 
l'alcool. D'autre part, le chlorosulfure de carbone s'unit 
au mercaptan potassé pour donner Téther éthylique de 
l'acide sulfoxanthique et, par saponification, cet acide lui- 
même qui s'unit à l'excès de potasse, Enfin, le chlorosul- 
fure de carbone donne les produits qui résultent de son 
oxydation. 

Telle est l'action du monosulfure de potassium. Celle 
du monosulfure de sodium lui est entièrement comparable, 
seulement elle est beaucoup moins énergique que la pre- 
mière : au lieu de refroidir légèrement comme dans le 
premier cas pour modérer la réaction, il faut, pour la pro- 
voquer, élever la température. Les produits obtenus sont 
les mêmes et existent en proportions identiques. 

L'action des sulfhydrates de sulfures est calquée sur 
'celle des monosulfures. Mais, que ce soit le sel de potas- 
sium ou celui de sodium, cette action est nulle à froid, très 
faible à chaud, et donne seulement de petites quantités 
des corps étudiés plus haut ; il y a, en outre, dégagement 
d'hydrogène sulfuré et formation d'hyposulfite alcalin. 

Une des principales difficultés de ce travail a été le 
dosage du soufre. M. Demont Ta effectué par le procédé de 
M. Prunier, qui consiste à calciner la matière avec du per- 
manganate de potassium : le soufre se transformant ainsi 
en acide sulfurique et le carbone en acide carbonique. 

En résumé, M. Demont a reproduit : 1^ des composés 
connus de la série xanthique, mais par une méthode dif- 
férente de celle de Ohancel; 2^ des combinaisons de bisul- 
fures alcalins avec l'alcool qu'il avait déjà obtenues par un 



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— 217 — 

procédé direct. De plus, il est le premier a avoir isolé un 
corps dont la composition répond à celle d'un acide for- 
mique persulfuré C"H*S*, acide dans lequel tout Foxygèue 
de l'acide formique serait remplacé par du soufre : il est à 
souhaiter qu'il poursuive l'étude des propriétés et de la 
constitution de ce corps, dont il n'a donné que la formule 
brute. 

M. Demont a donc exposé dans tous ses détails l'en- 
semble des phénomènes complexes qui résultent de la réac- 
tion exercée, dans des circonstances diverses, par les 
sulfures alcalins sur le chloroforme, et il a expliqué l'en- 
chaînement des métamorphoses qui relient entre eux les 
produits observés. 

Analyse de la thèse de M, Poulenc. 

Une série de découvertes récentes ont assigné définiti- 
vement au fluor la place qu'il doit occuper en tête de la 
première famille des métalloïdes. La détermination du 
poids atomique, de la composition en poids et en volume 
des combinaisons hydrogénées, chlorées, phosphorées, 
ont servi principalement de base à la confirmation des 
analogies qui n'étaient précédemment que des hypothèses. 

M. Moissan avait fait remarquer la grande stabilité du 
pentafluorure de phosphore, qui diffère, à ce point de vue, 
notablement du composé chloré correspondant. Il avait 
observé, d'autre part, que le trifluorure de phosphore se 
combinait au chlore pour donner un nouveau corps ga- 
zeux. L'étude de ce composé a fait l'objet de la thèse de 
M. Poulenc. 

M. Poulenc prépare ce gaz par l'union directe du chlore 
et du trifluorure de phosphore au moyen d'un dispositif 
spécial: deux volumes du premier et deux volumes du 
second s'unissent, avec contraction de moitié, pour donner 
deux volumes d'un gaz nouveau qui a pour formule 
PFl'Ol'; c'est le pentafluochlorure de phosphore dont 
voici les propriétés : 

Ce gaz est incolore, d'odeur piquante, répandant des 

Jjwru. de Phêrm. $t 4ê CM»., %• série, t. XXV. (15 février 1892). 1 5 



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?jm^^'^ 



— 218 — 

s blanches à l'air. Il n'attaque pas le verre quand il 
;. Sa densité est égale à 5,40 (Th. = 5,46). Son point 
léfaction, à la pression ordinaire, est situé à — 8«. 
ileur au-dessus de 200*^, l'électricité, le décomposent 
jrmation de pentafluorure et de trichlorure de phos- 
L'eau, l'alcool, les solutions alcalines employées 
;ès l'absorbent complètement en formant respective- 
de l'acide chlorhydrique, du chlorure d'éthyle, un 
re alcalin, et de l'acide fluorhydrique, du fluorure 
le, un fluorure alcalin. Le sodium fondu l'absorbe 
Hement. Le mercure à froid, le magnésium, l'alu- 
m, le fer, le nickel, le plomb et l'étain à 180° lui en- 
deux atomes de chlore : il se forme des chlorures 
res et du trifluorure de phosphore, 
petite quantité d'eau le décompose en acide chlo- 
ique et en oxy fluorure de phosphore gazeux, lequel, 
influence d'une grande quantité d'eau se décompose 
aent en acide fluorhydrique et acide phosphorique. 
^az ammoniac sec s'y combine à la température or- 
e et donne la fluorophosphamide PFl* (AzH*)', com- 
olide analogue à la chlorophosphamide PCl'(AzH')'. 
semble de ces propriétés démontre que si le penta- 
lorure de phosphore, au point de vue du type chi- 
et de la saturation du phosphore se rapproche du 
iuorure, il en diffère notablement par l'instabilité 
ux atomes de chlore fixés sur le trifluorure, car le 
iuorure lui-même est très stable. Son dédoublement 
en chlore et trifluorure de phosphore, le rapproche 
ttlachlorure de phosphore qui se dédouble, comme 
iait, sous des influences peu énergiques en chlore et 
>rure de phosphore. 

manipulations exercées sur les gaz, préparation, 
ment, analyses, exigent généralement qu'on modifie 
hacun d'eux les procédés communément employés, 
fflcultés sont augmentées quand il s'agit de corps 
: doués d'affinités aussi énergiques que les composés 
;. 
^oulenc, en dehors d'un procédé pratique de prépa- 

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— 219 — 

ration du phosphore de cuivre destiné à l'obtention du tri- 
fluorure de phosphore, a dû imaginer plusieurs disposi- 
tions nouvelles d'appareils et plusieurs procédés ana- 
lytiques spéciaux pour surmonter les difilcultés inhérentes 
aux recherches qu'il a entreprises. Son travail, inséré aux 
Comptes rendus de V Académie des Sciences^ a reçu la sanction 
de la publicité scientifique, et M. Berthelot lui a ouvert 
les colonnes des Annales de chimie et de physique. 

En conséquence, la commission classe en première 
ligne la thèse de M. Poulenc et en deuxième ligne celle de 
M. Demont. Elle propose à la Société, eu égard à l'impor- 
tance de ces deux travaux et à cette circonstance que, l'an- 
née dernière, la médaille d'or réservée aux travaux de 
chimie n'a pas été décernée, de donner cette année, et à 
titre exceptionnel, une médaille d'or à chacun des con- 
currents, M. Poulenc et M. Demont, 



Rapport de la Commission du prix des thèses (section des 
sciences naturelles) ; par M. Grignon. 

Chargé, avec MM. CoUin et Viron, de l'examen d'une 
partie des thèses présentées à la Société de Pharmacie 
pour le concours annuel qu'elle a institué, j'ai l'honneur, 
Messieurs, de soumettre à votre approbation le rapport 
dont elles font l'objet. 

Dans la section des sciences naturelles, le nombre des 
thèses s'élève cette année à trois. 

Deux sont du domaine immédiat des sciences naturelles, 
puisqu'elles s'occupent essentiellement d'anatomie végé- 
tale : ce sont celle de M. Peuilloux, sur les Polygalacées, 
et celle de M. Perrot, sur les Lauracées. 

La troisième, au contraire, traite d'un sujet éminemment 
pharmaceutique ; elle a pour but l'analyse et la compa- 
raison des divers codex qui ont servi de guide aux prati- 
ciens depuis plus d'un siècle. C'est par l'examen de cette 
thèse que nous allons commencer. 



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— 220 — 

M. Deschamps, qui en est Tauteur, a pris comme titre 
« Etude comparative des Codex français », se proposant 
ainsi de faire ressortir les modifications, le développement 
successifs de ces diverses pharmacopées. Disons dès à 
présent, qu'à cet égard. Fauteur a su remplir, dans un 
style assez facile, mais qui prête peut-être par endroit à 
la critique, la tâche qu'il s'était imposée. 

Dans une introduction de quelques pages, M. Deschamps 
rappelle les meilleures définitions qu'on a pu donner du 
Codex ; puis il en recherche l'origine qu'il trouve dans 
VAntidotaire Nicolas. Cet ouvrage de Nicolas Myrepse, 
médecin grec du XIIP siècle, était en définitive une phar- 
macopée assez rudimentaire, il est vrai, qu'une ordonnance 
de 1383 en vigueur jusqu'en 1687, rendit par cela même 
en quelque sorte ofiicielle. 

Faisant ainsi l'histoire du Codex, M. Deschamps est 
forcément conduit à donner un aperçu de l'histoire générale 
de la pharmacie. Après en avoir suivi le développement à 
travers les âges, et démontré que la science s'est peu à 
peu substituée à l'empirisme, ou du moins, tend à jouer 
un rôle de plus en plus prépondérant, l'auteur arrive à ce 
qui constitue l'objet même de sa thèse, l'étude des Codex 
qui comprend autant de chapitres, pour ainsi dirç, qu'il y 
a de formulaires. 

Dans cette revue critique, figurent les Codex de 1758, 
1818, 1837, 1866 et 1884. 

Pour chacun d'eux, M. Deschamps s'eflTorce de faire 
ressortir le plan suivant lequel^il a été conçu, les divisions 
que les auteurs ont cru devoir y introduire pour le rendre 
plus clair, plus facile à consulter. Il signale en même 
temps, avec le plus grand soin, la suppression des subs- 
tances ou préparations jugées par l'usage ou le raisonne- 
ment insuffisantes, inertes, inefficaces ou surannées et 
l'apparition des nouveaux corps, nouvelles préparations 
qui figurent dans l'édition, dont il fait l'étude. Il passe 
en revue, pour chaque Codex, les préparations les plus 
saillantes, celles surtout qui ont donné ou donnent encore 
lieu à quelques contestations. Il indique les modifications 



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— 221 — 

rationnelles apportées dans la préparation des produits 
chimiques et pharmaceutiques, en discute les avantages» 
en fait ressortir les inconvénients, quand il y a lieu. 

Il arrive ainsi à conclure que les changements successifs, 
qui se sont peu à peu produits dans les divers formulaires, 
résultent de l'application d'une méthode véritablement 
scientifique, pour l'étude des corps et la recherche du 
produit simple, synthétisant l'action des corps complexes 
qui encombrent les premières éditions. De là, abandon des 
préparations compliquées, dépouvues de valeur médicale, 
adoption de formules générales répondant à un ordre 
spécial de médicaments, choix des produits les plus simples, 
les plus actifs, les mieux dosés, et enfin utilisation des 
formes pharmaceutiques les plus pratiques. 

Cette étude comparative, bien qu'un peu diffuse, n'est 
certes pas dénuée d'intérêt. Et si l'auteur, à cause même 
du sujet qu'il a choisi, ne pouvait s attendre à en dégager 
des résultats nouveaux bien saillants, il ne s'ensuit pas 
moins qu'il peut exprimer la prétention d'avoir participé, 
dans une certaine mesure, à l'histoire générale de la 
pharmacie et fait preuve d'érudition en littérature phar- 
maceutique. 

La thèse que M. Peuilloux présente comme une contri- 
bution à l'étude anatomique des Polygalacées, nous paraît 
plus spécialement consister en une étude anatomique des 
racines de Polygala et de Ratanhia, entreprise surtout 
au point de vue de la matière médicale. 

Elle est extraite d'un travail plus complet qui a valu à 
son auteur le prix Meunier, aussi se ressent-elle peut-être 
des coupures inévitables qu'a dû subir le mémoire 
primitif. 

Elle comprend une étude botanique de la famille et une 
étude anatomique, non pas des organes de végétation en 
général mais plus particulièrement de ceux dont nous 
venons de parler. 

L'historique de la famille, sa place dans les diverses 
classifications, ses affinités, ses divisions en tribus, et 
les caractères botaniques sont exposés dans la première 
partie de cette thèse. 



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— 222 — 

Laissant de côté ce travail bibliographique, nous arri- 
vons à la deuxième partie qui comprend dans son premier 
chapitre Tétude d'une racine de Polygalée. 

M. Feuilloux examine successivement la structure pri- 
maire et secondaire de cet organe et rapporte une obser- 
vation assez curieuse sur une anomalie de développement 
présentée par une racine de Polygala vulgaris. 

Ce développement anormal résulte de ce que le cambium 
qui agit ordinairement en tous ses points à la façon d'un 
méristème, fournissant vers l'extérieur du liber secondaire, 
vers l'intérieur du bois secondaire, n'a fonctionné de 
cette manière que sur une partie de son étendue. — 
M. Feuilloux dit textuellement que « sur le segment opposé 
aux formations secondaires normales la coupe transversale 
ne présente ni assise génératrice, ni liber, ni parenchyme 
cortical.... » et que, de plus, « la bande vasculaire primaire 
qui, dans la structure normale, se trouve au centre de 
l'organe, est rapprochée du bord privé de formations 
secondaires » . 

S'il en est ainsi, cette bande vasculaire ne doit pas être 
rapprochée, mais bien accolée au bord privé de formations 
secondaires, ce que ne semble pas indiquer la figure qui 
représente la coupe transversale. En examinant cette 
figure, qui manque de netteté, la bande vasculaire primaire 
paraît plutôt séparée du bord dont il est question par de» 
éléments qui ont tout l'aspect de formations ligneuses 
secondaires. On peut donc se demander si l'anomalie 
n'est pas le résultat d'un traumatisme quelconque qui 
s'est produit d'un seul côté de la racine presqu'au début 
de l'apparition des formations secondaires. Pour nous, 
cette observation mérite d'être contrôlée et confirmée par 
de nouvelles recherches. 

Voici maintenant l'explication assez ingénieuse que 
donne M. Feuilloux de la structure anormale de la racine 
de Polygala de Virginie. D'après lui, l'assise génératrice 
ne fournirait pas de liber dans la portion de la racine 
opposée à la crête. Elle produirait seulement un paren- 
chyme ligneux à parois minces qui remplirait l'échancrure 
apparente au premier abord dans le bois, sur. la coupe 



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— 223 — 

transversale. Tout au contraire, de l'autre côté, la puis- 
sance génératrice de la zone cambiale vis-à-vis du liber 
s'avancer comme un coin vers l'extérieur, à peu de distance 
de l'épiderme, et constituer ainsi la crête. 

Revenant à la matière médicale des Polygalées, l'auteur 
dans son deuxième chapitre traite des falsifications du 
Polygala de Virginie et donne les coupes des racines de 
Gillenia trifoliata, Cypripedium parviflorum, Ruscus acu- 
leatus et du faux Polygala de Belgique. 

Le chapitre suivant est consacré à l'anatomie de la tige 
des Polygalées. La description des coupes effectuées sur 
le Polygala myrtifolia, à divers degrés de développement, 
est donnée comme exemple, car elle s'applique à toutes 
les Polygalées non volubiles dont la tige présente, d'une 
manière à peu près constante, une structure analogue. 
On ne peut reprocher à M. Feuilloux de s'être occupé de 
la tige des Polygalées ; cependant, il eût peut-être mieux 
fait, dans l'intérêt de l'unité du sujet, de s'en tenir à l'exa- 
men de la racine, étant donné surtout que, plus loin, 
dans ses recherches sur les Kramériées, il ne s'occupera 
plus que de celle-ci. 

En efifet, dans ses quatrième et cinquième chapitres, 
M. Feuilloux entreprend l'étude comparée des racines de 
ratanhia au point de vue descriptif et anatomique. 

Après en avoir donné une excellente monographie, il 
passe à l'examen microscopique des racines. Il décrit 
avec détail les coupes de Ratanhia du Pérou, de la Nou- 
velle-Grenade, du Para, du Guayaquil. Il en conclut que 
ces racines, dépourvues de moelle, présentent constam- 
ment des fibres libériennes dont le groupement, la dispo- 
sition, le développement, variables avec les sortes, peuvent 
servir à leur détermination. 

Ces observations sont fort justes. Il suffit du reste de 
jeter un coup d'œil sur les figures d'Otto Berg pour en 
constater l'exactitude. Mais nous regrettons que M. Feuil- 
loux n'ait pas signalé certains caractères plus nouveaux 
tirés par exemple de la comparaison des grains d'amidon 
et particulièrement de l'aspect bien spécial sous lequel 



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— 224 — 

présente la matière colorante dans les cellules des 

tanhia. 

Quoiqu'il en soit cette étude des Ratanhia constitue un 

a travail, utile à consulter, surtout au point de vue 

la matière médicale de cette tribu. — Il ne s'ensuit 
j moins que, d'une façon générale, on peut reprocher à 
te thèse de manquer d'ampleur, d'originalité et de 
.boutir, par conséquent, qu'à des conclusions d'une 
portance fort relative. Cependant, elle prouve chez son 
;eur de réelles connaissances en anatomie végétale, 
ja dernière thèse qu'il nous reste à examiner est celle 
M. Perrot. C'est une contribution à l'étude histologique 
; Lauracées. 

Jette grande famille sur laquelle jusqu'alors aucun 
vail détaillé n'avait été publié, fournit à M. Perrot les 
ments d'un mémoire fort intéressant. 
Passons sur l'aperçu des caractères, de la classification 
j Lauracées et exposons immédiatement, sous forme de 
umé, les points les plus saillants signalés par M. Perrot 
is sen élude anatomique des divers organes de végéta- 
n : racine, tige et feuille. 

-les coupes pratiquées dans les racines de Camphora 
cinalis, de Laurus nobilis, montre une similitude de 
ucture assez constante. Elle est caractérisée surtout par 
présence de cellules épaissies en rapport immédiat 
îc l'endoderme ou séparées de lui par une ou deux ran- 
^s de cellules parenchymateuses non sclériûées. Dans 

organe la localisation des cellules à essence ou à muci- 
e, dont nous reparlerons plus loin, est assez mal défi- 
, en ce sens que ces cellules apparaissent indifférem- 
nt dansl'écorce, lepéricycle, le liber suivant les espèces 
diées. 

j'anatomie de la tige à l'état primaire ne présente rien 
normal. Mais au moment des formations secondaires, 
voit certaines cellules du péricycle se sclérifier peu à 
i en fournissant des paquets de fibres. M. Perrot. qui a 
vi ce développement, a pu constater que, dans la suite, 
te sclérose envahit les cellules parenchymateuses du 



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y 



— 225 — 

péricycle. Celles-ci, à un moment donné, réunissent entre 
eux les îlots de fibres déjà formées pour constituer dans 
l'ensemble une ceinture ininterrompue de tissu épaissi. 
Cet anneau scléreux, fort caractéristique, que Moeller 
considérait comme issu du liber, est donc bien d'origine 
péricyclique. Le fait était à prévoir. Actuellement, il est 
presque permis d'afiftrmer que telle est l'origine de la plu- 
part des éléments épaissis situés à la limite extrême du 
liber, que les auteurs désignaient autrefois sous le nom 
de fibres libériennes. Ceci soit dit sans rien enlever de 
l'intérêt que présente cette remarque de M. Perrot. En 
effet, ce tissu épaissi constitue un caractère de premier 
ordre par la constance avec laquelle on le rencontre dans 
les diverses espèces ; et ses différences d'aspect, de struc- 
ture, peuvent être mises à contribution, pour en faciliter 
la distinction. Ces faits découlent de l'examen des coupes 
fournies par les tiges des Litsea japonica, Laurus nobilis, 
Eupersea gratissima, Delphidium gracile, Cinnamomum 
zeylanicum, Camphora offlcinalis, Nectandra augustifo- 
lia, étudiées et décrites à ce point de vue spécial par 
M. Perrot. 

Ce caractère se retouve dans la feuille. Une coupe trans- 
versale passant par la nervure médiane montre encore le 
faisceau libéro-ligneux entouré par un anneau de fibres 
péricycliques analogue à celui de la tige. 

De plus, dans toutes les plantes de cette famille, on 
trouve, dans les feuilles, des faisceaux plus petits, proté- 
gés par deux bandes de sclérenchyme qui les relient aux 
deux épidermes. Ces bandes scléreuses donnent ainsi à la 
coupe un aspect bien particulier que ne modifient pas les 
différences de second ordre observées dans quelques 
feuilles provenant des Aydendron, Ravensara, Beilsch- 
media, Litsea, Eupersea dont M. Perrot étudie et décrit 
les particularités. C'est ainsi qu'il signale les formations 
spéciales qu'on rencontre à la base des nervures de cer- 
taines feuilles et qui ressemblent, bien qu'elles ne pos- 
sèdent pas de stomates aux cryptes du Nérium Oleander. 
Ces cryptes, qu'on ne saurait assimiler à des glandes, se 



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— 226 — 

forment dans le bourgeon par invagination de Tépiderme 
inférieur. 

Comme on peut le constater dès à présent par ce court 
résumé, M. Perrot a su rendre son travail intéressant en 
faisant porter ses recherches sur les représentants les 
plus divers de cette famille. Il a su aussi le rendre origi- 
nal en rapportant certaines particularités assez mal étu- 
diées et aussi en abordant Tétude des organes de sécrétion. 

S'inspirant des recherches de M. Guignard sur la loca- 
lisation des principes actifs des Crucifères, M. Perrot s'est 
efforcé de mettre en évidence, à Taide de réactifs appro- 
priés, la présence des cellules à mucilage et a essence dans 
les diverses plantes de cette famille. Il a pu même consta- 
ter, dans quelque cas, la nature mixte de certaines glandes 
et la présence d'un mucilage particulier, vraisemblable- 
ment d'origine protoplasmatique, mélangé parfois à une 
petite quantité d'essence. 

A cet effet, il s'est adressé à l'orcanette acétique et sur - 
tout au violet de diméthylaniline qui, entré ses mains, est 
devenu un réactif de quelque importance pour caractérise r 
certaines huiles essentielles à fonction chimique bien dé- 
terminée. N'insistons pas sur ces fonctions chimiques que 
rappelle l'auteur en citant quelques exemples plus ou 
moins bien choisis. 

Utilisant donc l'action des réactifs précédemment cités 
sur les cellules à essence et celle de l'hématonyline sur 
les cellules à mucilage, M. Perrot fait porter ses re- 
cherches sur de nombreux exemples représentés par des 
racines, des tiges, des feuilles, des bourgeons, des fleurs 
même, appartenant à vingt-trois espèces qu'il a choisies 
parmi les différents genres de cette famille. Il en conclut 
que l'huile essentielle des Lauracées peut se rencontrer 
sous des aspects différents dans des cellules plus ou moins 
spéciales qui n'ont pas de localisation bien particulière. 
Cependant, dans la feuille, les cellules spéciales à huile 
essentielle sont généralement placées dans le parenchyme 
au-dessous du tissu chlorophyllien. Dans la tige, le liber 
à quelques exceptions près, comme, par exemple, le Oin- 



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— 227 ^ 

namonium zeylanicum qui contient autant d'essence dans, 
le bois que dans le liber, le liber, dis-je, est la partie où 
cette essence se rencontre en plus grande quantité; Enfin, 
les cellules à mucilages, très répandues dans le liber et la 
moelle de certaines espèces, sont, en général et de préfé- 
rence, placées dans Técorce. 

Tels sont les différents faits que M. Perrot a su mettre 
en lumière dans un travail bien conçu, bien ordonné, où 
il a exposé ses recherches et les résultats nouveaux qui 
en découlent avec méthode et clarté. 

Avec cette thèse. Messieurs, nous sommes arrivés au 
terme de notre rapport. Prenant comme base d'apprécia- 
tion les observations que nous avons présentées dans le 
cours et à la fin de Texamen critique de chacune de ces 
thèses, il ne nous reste plus qu'à vous prier de ratifier les 
décisions de votre commission, en accordant : 

Une médaille d'or, à M. Perrot ; 

Une mention très honorable, à M. Feuilloux ; 

Une mention honorable, à M. Deschamps. 



Rapport sur le prix Dubail; par M. Preud'homme. 

Messieurs, 

Vous avez chargé une commission, composée de 
MM. Planchon, Burker et Preud'homme, d'examiner les 
travaux déposés en vue de l'obtention du prix Dubail. 

Un seul candidat, M. le D"" Blondel, étudiant en phar- 
macie, ancien préparateur à la Faculté de médecine, 
secrétaire de la Société thérapeutique, s'est présenté. 
Mais avant de vous rendre compte de l'examen auquel 
s'est livrée votre commission, je crois pouvoir ouvrir une 
parenthèse et rappeler en quelques mots ce qu'est le 
prix Dubail, qu'il s'agissait de décerner. 

Le prix Dubail, prix triennal de la valeur de trois cents 
francs, est destiné à récompenser le meilleur ouvrage, im- 
primé ou manuscrit, ayant trait à la pharmacie pratique. 



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— 228 — 

Il n'est pas exigé que Fauteur du travail présenté soit 
pharmacien. Un ingénieur, par exemple, présentant un 
nouvel appareil facilitant ou améliorant certaines opé- 
rations pharmaceutiques, peut concourir aussi bien qu'un 
de nos confrères ayant réalisé des progrès dans Tart pro- 
fessionnel. 

Ceci dit, je reviens à l'examen des ouvrages présentés 
par M. Blondel. 

C'est, en premier lieu, un Manuel de matière médicale, 
contenant la description, l'origine, la composition chi- 
mique, l'action physiologique et l'emploi thérapeutique 
des substances d'origine animale ou végétale employées 
dans l'art de guérir. Ce manuel, peut-être un peu plus 
complet que ne le demanderait un point de vue exclusi- 
vement pharmaceutique, contient d'excellentes choses et 
chacun peut y puiser avec profit. 

En second lieu, une thèse sur les Rosacées et une étude 
approfondie de l'essence de roses, de sa préparation et de 
ses falsifications. 

Les points les plus originaux de cette étude sont les sui- 
vants : M. Blondel a déterminé le siège des cellules où se 
forme l'essence. Ce sont les cellules de l'épiderme supé- 
rieur et inférieur des pétales. Dans certains cas, les cel- 
lules de l'épiderme des feuilles produisent également de 
l'essence, et cela soit généralisé sur toute la surface de la 
feuille, soit au contraire localisé dans certains endroits. 

. D'après des études encore incomplètes, l'essence se for- 
merait dans les pétales au dépens du tannin. 

L'étude de la fabrication de l'essence de roses est des 
plus étendue et est appuyée sur une grande quantité de 
documents originaux des plus intéressants. Des cartes in- 
diquant les districts où sont les cultures des rosiers, la 
description et les figures des alambics employés sont joints 
à cet ouvrage qui se termine par l'examen des falsifications 
de l'essence et des moyens de les déceler. 

En troisième lieu, une étude sur les Strophantus. 
M. Blondel a été le premier à décrire les divers espèces de 
Strophantus au moment où on a commencé à employer 



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— 229 — 

cette substance. Les deux principaux faits qu'il a 
lumière sont les suivants : 1*^ que les graines atti 
par les auteurs, au Strophantus hispidus appartie 
une espèce dififérente. que M. Blondel a dénom 
St. glabre, distinction que les chimistes sont ven 
Armer plus tard, en découvrant dans ces espèces ( 
cosides différents. 

2*^ Le rattachement du St. kombé, décrit par 0] 
St. hispidus, dont il ne forme qu'une variété, résu 
a été admis par Oliver lui-même et confirmé par les 
vertes chimiques. 

M. Blondel a également dénoncé la fraude qui i 
mettait dans le commerce anglais, qui épuisait 
par Falcool les graines de Strophantus pour la fab 
de l'extrait fluide et ne livrait ensuite que des { 
dont la valeur était nulle. 

M. Blondel a fort bien étudié cette question d( 
phantus et a fourni aux pharmaciens le moyen de 
connaître au milieu de ces graines dont l'action th 
tique est si variable selon les espèces. 

Je terminerai rapidement en citant encore un 
sur la badiane, et sur la fabrication de son ess( 
Cambodge, où les espèces maintenant cultivées so 
cium verum et l'Ilicium cambodgense ; une note 
corce de conessi et ses falsifications, et finalemc 
note sur le Piligan (Lycopodium Saururus), danî 
M. Adrian a isolé un alcaloïde, la piliganine. 

Tels sont les ouvrages que M. Blondel a pré 
Tappui de sa candidature. En outre de leur valeu 
cutable, votre commission a cru y trouver le caract( 
tique suffisant pour vous proposer de décerner 
Dubail à M. Blondel. 



BIBLIOGRAPHIE 

Précis de botanique médicale; par M. L. Trabut. • 
Masson, 1891, 1 vol. in-8«, 699 pages, 830 figures. 



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— 230 — 

M. L. Trabut est botaDiste : il a déjà publié en coUabo- 
ralion avec son collègue, M. Battandier, des renseigne- 
ments intéressants sur les plantes de TAlgérie ; il est pro- 
fesseur d'histoire naturelle médicale à TÉcole d'Alger : 
c*est dire qu'il. est qualifié pour la composition d'un Précis 
de botanique médicale. 

C'est bien un Précis que nous donne l'auteur. 11 traite 
en effet son sujet, sans phrases inutiles, ne nous disant 
que juste le nécessaire. Mais si l'ouvrage est concis, il est 
en même temps très complet. Ce ne sont pas seulement 
les végétaux utiles à la thérapeutique que M. Trabut fait 
entrer dans le cadre de son livre. Ce sont aussi les plantes 
alimentaires, les plantes vénéneuses ; enfin les parasites 
végétaux capables de déterminer des maladies. — Une 
large part est faite à l'étude de ces végétaux inférieurs, 
qui deviennent si importants de nos jours, et particulière- 
ment à la bactériologie. Pour M. Trabut, la botanique mé- 
dicale ne doit pas être seulement la principale source, où 
puise la thérapeutique : elle doit aussi devenir, par l'his- 
toire des bactéries la base de la pathogénie. 

Des tableaux permettent d'arriver par l'indication de 
quelques caractères saillants à la détermination des 
groupes : cohortes et familles ; des clés particulières, à la 
distinction des genres ; enfin chaque espèce intéressante 
est l'objet d'une compte diagnose, et son habitat, ses pro- 
priétés et ses usages sont indiqués en quelques lignes. 
De nombreuses figures aident à l'intelligence du texte. 

L'ouvrage est terminé par une deuxième partie inti- 
tulée : Botanique générale j qui traite à la fois des organes 
des plantes et de leurs fonctions. 

L'ordre suivi par l'auteur est l'inverse de ce qui se fait 
d'ordinaire. Peut-être serait-il plus logique de commencer 
par ces notions, qui peuvent expliquer les termes de la 
partie descriptive. Mais cette observation, que nous faisons 
en passant, n'a pas en réalité grande importance, et n'est 
pas pour diminuer le mérite de ce nouveau Précis. G. P. 



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/ 



— 231 — 

Les plantes alexithes de l Amérique; par J 
QuiLLON-LiMousiN, 1 vol. in-S*» de 101 pages ; 
planches (1). 

Les conclusions sont les suivantes : 

l*' Qu'à la morsure de tel serpent, qui vit 
déterminé, il faut contre-agir par l'action d'i 
croît dans ce même pays ; 

2*» Que le venin des serpents n'est annihib 
tion physiologique adverse d'une plante, et 
tion du principe chimique défini de cette pi 



Comptes rendus de l' Académie des sciences, 11 

Berthelot et André : Sur Toxydation spontanée de Tac 
la terre végétale. — Berthelot et André : Quelques obs 
sur le dosage du soufre dans la terre végétale, et sur la m 
qu'il constitue. — A. Chatin : Contribution nouvelle k Vh 
la truffe. — H. Le Chateliet : Sur la théorie du regel. — 
borates métalliques. — J, Meunier : Sur la réduction de 
benzène. — A. Arnaud ; Sur un nouvel acide gras non 
C-H«»-*0*. 

— 18 janvier 1892. — A, Etard : Sur les composés 
dissolvants des sels. — A, Guntz : Action de l'oxyde 
fer et le manganèse. — Scheurer-Kestner : De l'action 
sulfate de sodium, en présence de la silice. — E. Rouvi 
de l'iode par l'amidon. — Léo Vignon : Le pouvoir rot 
diverses origines. — Pierre Lesage : Le chlorure de sodiui 



VARIETES 

École supérieure de pharmacie de Parii. — Un c( 

au 31 octobre 1892, est accordé, sur sa demande et pour 
à M. Marchand, professeur de cryptogamie à l'École super 
de Paris. 

M. Bauregard, agrégé à l'École supérieure de pharm 
chargé, en outre, du l*' janvier au 31 octobre 1892, d'un co 
à ladite École. 

Faculté de médecine et de pharmacie de Toulou 
chargé des fonctions d'agrégé de pharmacie à la Faculté mi 

(1) A. Hennuyer, rue Laffitte, 47. 



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— 232 — 

de pharmacie de Toulouse, est nommé, jusqu'à la fin de l'année scolaire 1891- 
1892, chef des travaux chimiques du laboratoire des cliniques à ladite Fa- 
culté (emploi nouveau). 
Pharmacie mUilaire. — Mutations. — Par décisions ministérielles des 

14 et 27 janvier : ,. .. ^ • 

M Janin, pharmacien-major de 1" classe, atUché à la direction du service 
de santé du 3- corps d'armée, a été désigné pour l'hôpiUl miliUire de Ver- 

M. Chambard, pharmacien-major de l" classe à l'hôpiUl militaire de 
Bourges, pour la légion de la garde républicaine. 

M. Breuil, pharmacien-major de l-* classe à la direcUon du service de santé 
du 2* corps d'armée, pour l'hôpital militaire de Bourges. 

M. Beunat, pharmacien-major de 2- classe à l'hôpiUl militaire de Nice, 
pour la direction du service de santé du 2« corps d'armée. 

M. Roncin, pharmacien-major de 2* classe aux hôpitaux miliUires de la 
division d* Alger, pour l'hôpital militaire de Nice. 



FORMULAIRE 

Contre les engelurei (1). — Wendel traite les engelures avec la teinture 

suivante : 

Camphre...... ) - j 

Poudre de cantharides ) 

Poudre de moutarde blanche .... 4 — 

Essence de cajeput 1 — 

Essence de romarin 3 — 

Essence de térébenthine 80 — 

Faites macérer dix jours et filtrez. 



Savon pour enlever lei taches (2). — On triture 30 parties de borax 
et 30 parties d'extrait d'écorces de Panama. On ajoute 120 parties de bile 
de bœuf fraîche. Il se fait une solution partielle que Ton délaie dans 450 par- 
ties de savon fondu. On coule dans des moules ou après refroidissement on 
divise la masse et on donne aux morceaux une forme convenable. L'extrait de 
Panama se prépare en épuisant l'écorce de quillaja râpée avec de l'eau bouil- 
lante et évaporant en consistance d'extrait. 



(1) D'après Pharm. Centralhalle, p. 616, 1891. 

(2) Pharm. Post., p. 811, 1891. 



Le Gérant : G. MASSON. 



VéMB, — mP. G. Mi MON W B. FUMMAHION, AUB EAGINB, Ift. 



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— 233 — 



TRAVAUX ORIGINAUX 



Sur les Astragales; par M. G. Planchon. 
(Suite et fin) (1). 

II. Astragales a exsudations sucrées : 

Olivier rapporte qu'on « trouve à Mossoul, à Bagdad et 
dans les villes de la Perse, une sorte de manne, dont on 
fait des petits gâteaux blancs qui ont le goût et l'apparence 
d'une pâte d'amande fort sucrée, ou d'un mélange de très 
beau miel avec la pâte de Sésame: C'est ce que nous 
avons cru la première fois que nous l'avons goûtée. Cette 
manne, excellente à manger, point du tout purgative, se 
recueille au Curdistan et au nord de la Perse. On la 
nomme Guîsen-Guebin ; elle arrive mélangée avec les feuilles 
d'un arbre ou d'un arbrisseau que nous n'avons pu recon- 
naître, tant elles sont brisées. Nous avons interrogé en 
vain les marchands qui ont parcouru ces montagnes; 
les uns nous ont dit qu on recueille cette substance, avant 
le lever du soleil, sur un grand arbre; les autres nous 
indiquaient un arbuste, tel que celui qui fournit l'adragant : 
mais le plus grand nombre nous désignait un arbre de 
moyenne grandeur ou un grand arbrisseau ressemblant 
un peu au chêne » (2). 

Comme Olivier, on a été longtemps dans l'incertitude 
sur l'origine de ce produit sucré. Le nom de Gesengebin 
qui, en Perse, signifie miel (Ges) de tamarin (engebin), 
induisait en erreur et faisait attribuer le produit à des 
arbres de ce groupe. Mais Hauss Knecht (3) nous a ren- 

(1) Joum. de Pharm. et Ch. [5], XXIV, p. 473, 1891 ; XXV, p. 169, 1892. 

(2) Olivier, Voyage, etc., t. IV. 

(3) Haussknecht. Ueber Manna-Sorten des Orients (In Archiv, der 
Pharm., 1870, CXCl, p 246). 

Jqw. de Pharm. et de Ckim., 5« série, t. XXV. (!•' mars 1892.) 16 



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— 234 — 

seignés très positivement, et par ses observations sur les 
lieux mêmes d'origine a levé tous les doutes à cet égard. 
Jamais il n'a vn une exsudation se produire en Perse sur 
les tamarins. Malgré les assertions qu'on lui a données, 
que la manne existait sur ces plantes, à Test dlspahan, 
là où le Qenderud se perd dans le désert, il n'a jamais pu 
vérifier ce fait. En tous cas, elle y serait en si petite 
quantité qu'on ne Ty recueillerait pas. 

En réalité, ce sont des Astragales qui produisent la 
manne qui sert de base aux gâteaux si estimés dans les 
environs d'Ispahan. C'est VAstragalus adseendens^ dont 
nous avons parlé à propos de gonunes ; c'est aussi VAstra^ 
gains flot'ulentm, Boiss. et Hauss, qui habite la même 
région, c'est-à-dire la Perse, Austro-Occidentale. — La 
meilleure sorte de manne Ges-Alefi ou Ges-Chousai-i est 
obtenue au mois d'août, en battant ou en secouant les 
rameaux qui en sont couverts connue du blanc. L'exsu- 
dation se concrète ensuite en une masse d'un blanc grisâtre. 
Les sortes inférieures sont obtenues en raclant l'écorce: 
elles sont par suite passablement mêlées d'impuretés. 

La manne purifiée est battue avec des blancs d'œufs, 
mélangés d'amandes, de pistaches, etc., mise en forme 
de gâteaux, qui sont cuits à une chaleur modérée, après 
avoir été saupoudrés de farine et placés entre des chatons 
du Salex Medenni, qui leur communique leur arôme un 
peu musqué. C'est un article de commerce très recherché 
par toute la région. Hauss Knecht en a souvent mangé 
dans ses visites aux personnages du pays. Nous en avons 
dans la collection de l'Ecole un tout petit échantillon, rap- 
porté par Hauss Knecht lui-même et que nous devons à 
l'obligeance de M. Van Ileurck, d'Anvers. 

HL Astragale qui fournit la Sarcocolle : 

Encore une substance dont l'origine a été jusqu'à nos 
jours mystérieuse, et cependant le produit est connu 
depuis bien des siècles. Dioscorides (1) le décrit déjà dans sa 

(1) Dioscoride. Mat, med.y UI, 90. 



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— 235 — 

matière médicale ; les auteurs arabes en parlent longuement 
et lui attribuent de nombreuses propriétés curatives. Ils 
la rapportent à un arbrisseau de 5 à 6 pieds de haut, dont 
les feuilles rappellent celle de Tarbre à Fencens. — En 
occident, J. Bauhin (1) dit y trouver des feuilles rappe- 
lant celle de VEuphorbia Myrsimtes^ et plusieurs auteurs 
de matière médicale, Hermann(2) et Alston (3) Tattri- 
buent, en effet, à une Euphorbe. Cependant la plupart ne 
se prononcent pas. Lemery, dans son dictionnaire, se 
borne à la description de la drogue, et Murray (4) n'ose 
se rallier à l'opinion émise par Linnée (5) que c'est un 
Penœa [Penœa mucronata, L.) qui en est l'origine. 

Ouibourt (6) ignore la plante qui l'a produite, mais du 
moins il fait très nettement remarquer que de l'avis de 
tous les auteurs, la drogue vient de la Perse et que par 
conséquent elle ne peut découler d'une plante d'Afrique : 
le Penœa ScvxocoUa ; le même raisonnement éloigne l'idée 
du Penœa mucronata^ L., plante de l'Abyssinie. 

Dans un très intéressant mémoire de Dragendorf, paru 
en 1873, le savant pharmacologiste se demande s'il ne faut 
pas l'attribuer à un Tamarix (7). — Cependant la ques- 
tion est bientôt serrée de très près par Dymock, qui, ob- 
servant dans la résine des débris de la plante n'hésite pas, 
en 1879, à les rapporter à un Astragalus (8). 

Ces débris sont curieux à étudier. Ce sont des fruits à 
pédoncules courts, placés dans un calice oblong, campa- 



(i) Admista reperiuntur aliquando folia ex candido-flavescentia , 
Tithymali Mirsinitis folia sicca egregie referentia; J. Bauhin, Histor, 
Plant,, 1, p. 308. 

(2) Hermann. Cynos, Mat» med.f l, p. 701. 

(3) Àlston. Mat. med,, II, p. 465. 

(4) Hurray. Apparates medicaminumy 1793, I, p. 303. 

(5) Linoée. Mat, med.y édit., I, p. 16. 

(6) Guibourt. HUt. nat. des Drogues simples y édit. II, p. 595. 

(7) Dragendorf. Zûr Volksmedicin Turkestans ( la Ruchner's Neues 
Repertorium, XXII. . . . ). 

(8) Dymock. The Botanical Source of Sarcocolla (In Pharmaceut. 
Joum.f 8 mars 1879, 3* série, IX, p. 735). 



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— 236 — 

nulé, de 3/4 de pouce de long, contenant les pétales flétris. 
Ils ont la forme d'une petite gousse oblongue avec un 
rostre, de la grosseur d'un grain de riz muni de ses glumes, 
la surface toute couverte d'un duvet blanc, cotonneux, 
formé de longs poils simples emmêlés. Les pétales persis- 
tent après la maturité du légume, et l'un d'eux, en forme 
de capuchon, enveloppe le bec de la gousse. Cette dernière 
est à deux valves, d'un gris brun et contient une seule 
graine. Lorsqu'on la met dans l'eau, elle s'enfle, crève et 
laisse saillir une petite masse de Sarcocolle. D'aulres 
. légumes avortent et se remplissent de gomme. 

La tige ligneuse dont on trouve aussi des fragments est 
formée de nombreux faisceaux ligneux, cruciforme, 
rayonnants : elle porte des épines couvertes ainsi que les 
jeunes branches d'un duvet plus ou moins cotonneux et 
incrustées de Sarcocolle. On ne trouve, d'après Dymock, 
jamais de feuille dans la drogue, ce qui ferait supposer 
qu'on la récolte en agitant ou battant les buissons déjà 
dépouillés de ces organes. L'exsudation doit être assez 
abondante pour couler quelqufois jusqu'à terre, car on y 
trouve des parties de sable. Dans la dernière édition de sa 
Pharmacographia indica, parue en 1890, Dymoçk est plus 
explicite encore et il rapporte le produit à une espèce 
qu'il appelle Astragalus Sarcocolla (1). 

Dans l'échantillon de Sarcocolle que possède TÉcole de 
Pharmacie de Paris, nous avons cherché à retrouver les 
débris indiqués par Dymock. Nous y avons rencontré pas 
mal d'organes étrangers, de fruits d'ombellifère et de gra- 
minées : nous n'y avons pas vu de légumes, mais quelques 
fragments de très petites feuilles répondant à l'indication 
de Bouhier : ex candido flavescentia. Mais nous n'avons pas 
hésité à y reconnaître des épines assez fines, rappelant 
tout à fait celles des Trajacantha, De ces épines les unes 
sont droites, les autres assez fortement recourbées : leur 
base est parfois empalée dans la Sarcocolle, leur pointe 
est libre et on voit, le long de ces petites épines, la trace 

(1) Dymock. Pharmacographia indica^ 1890, I, p. 476. 



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— 237 — 

du point d'attache des feuilles, de façon à pouvoir compter 
le nombre des folioles qui se trouvaient sur le rachis de- 
venu épineux. En les plaçant à côté des organes analogues 
des Tragacanthes, on ne saurait avoir le moindre doute à 
cet égard. 

La SarcocoUe, qui en grec signifie (chair-colle) se 
nomme en Perse Anzarut, Anzrut ou Anzei*ut, On la récolte 
en secouant les buissons sur un drap qu'on étend au-des- 
sous pour recevoir les grains. Elle est principalement ré- 
coltée près de Kirin, Bùjaud et Yezd et aussi non loin de 
Turbat'i Haidi. Les femmes des harems la mangent pour 
se donner de l'éclat à la peau. 

IV. — Astragales a usages divers : 

Un certain nombre de Tragacanthes sont employés en 
Asie à des usages variés. Aitchisson rapporte que les As- 
tragalus Holdichianus, Aitch. et Bak. ; A. Kahiricus^ De ; A. 
AuganuSyBg] Ast, Buchlurmentis, Paît., ont des racines 
longues, fibreuses, dont les éléments résistants servent 
aux naturels à faire des fils ou des cordes. Enfin un grand 
nombre de ces buissons fournissent un combustible à 
longue flamme pour les fours à briques, ceux des potiers 
ou des boulangers. Cet usage rappelle celui de certains 
genêts épineux, particulièrement, le 6rems^a Scorpius, L., 
qui dans le midi de la France est utilisé de la même ma- 
nière et complète les analogies qui existent entre ces deux 
genres (Genista et Astragalus) dont les formes se modifient 
parallèlement suivant les conditions climatériques dans 
lesquelles ils se trouvent. 



Pwnfication du phosphore par Vhypobromite de soude ; par 
M. G. Denigès. 

Le phosphore vitreux ordinaire des laboratoires, con- 
servé sous l'eau aérée, se recouvre au bout d'un certain 
temps, comme on le sait, d'une couche blanche opaque 



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— 238 — 

sultan t de la cristallisation des couches superficielles ; 
plus, si ce phosphore est exposé à la lumière solaire, 
îme diffuse, il se teinte plus ou moins fortement de 
îhes de phosphore rouge, de sorte qu'il parait profondé- 
înt modifié dans sa structure. 

Pour lui rendre son aspect primitif et sa forme vitreuse 
inslucide, quel que soit son degré d'altération apparent, 
ur le débarrasser en outre de Tarsenic qu'il renferme 
îsque toujours, j'ai mis à profit les observations sui- 
ntes: 

Lorsqu on traite le phosphore rouge par rhypobromite 
soude on constate un échauffement très marqué de la 
isse, pouvant aller même jusqu'à l'ébuUition et corré- 
if de l'oxydation d'une partie de phosphore qu'on peut 
L'iverà transformer totalement en acide phosphorique 
présence d'un excès d'hypobromite, surtout à chaud. 
L'arsenic très divisé est aussi rapidement dissous par 
ypobromitede soude. Au contraire, le phosphore blanc ■ 
îprouve de la part de ce réatif qu'une action assez lente 
ur que, fondu sous une couche d'hypobromite alcalin, 
ibandonne d'abord ses impuretés (phosphore rouge et 
îenic), sans être lui-même bien sensiblement attaqué et 
ur donner par refroidissement une masse vitreuse 
mslucide. 

Pour appliquer ces données à la purification du phos- 
ore, on met dans un matras le produit à purifier et on 
recouvre d'une couche de 3 à 4 centimètres d'hypobro- 
te de soude récent, tel que celui qui sert au dosage de 
rée ; on porte au bain-marie bouillant et on agite de 
aps à autre jusqu'à translucidité parfaite de la masse et 
parition totale des dernières parcelles de phosphore 
ige. On coule alors le produit dans l'eau froide, on le 
6 et on le fait fondre de nouveau sous l'eau distillée. 
)n peut dès lors lui donner telle forme que l'on désire 
: l'emploi de moules appropriés. 



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— 239 — 



De la présence du baryum et du calcium dans les sels de 
strontium du commerce et dans le bromure de strontium en 
particulier; par M. L. Barthe. 

En présence des restrictions apportées par MM. Laborde, 
A. Gautier, Riche, Dujardin-Beaumeiz..., à l'emploi thé- 
rapeutique des sels de strontium, contenant de faibles 
quantités de baryum, les chimistes se sont émus, et leurs 
efforts n'auront pas été inutiles, car dès maintenant les 
praticiens ont à leur disposition dans le commerce des sels 
de strontium, la plupart privés de baryum. J'ai examiné, 
en effet, de nombreux sels de strontium, azotates, carbo- 
nates, chlorures, sulfates employés comme réactifs dans 
les laboratoires, bromures, lactates entrés aujourd'hui 
dans la thérapeutique. Ces sels ont été préparés vraisem- 
blablement depuis peu de temps par des maisons de Paris. 
J'ai pu constater que leurs solutions, examinées à l'aide 
des réactifs chimiques spéciaux, indiquaient le plus sou- 
vent l'absence du baryum; au contraire, le spectroscope 
m'a démontré que presque tous ces sels contenaient du 
calcium, et quelques-uns d'entre eux du baryum. 

Les essais pratiqués sur sept échantillons de bromure 
de strontium ont fourni les résultats suivants : 

Un seul précipitait par le bichromate de potasse et don- 
nait au spectroscope les raies caractéristiques du baryum. 

Un second ne donnait aucune indication aux réactifs 
chimiques, mais accusait les raies du baryum. 

Quatre autres ne donnaient au spectroscope que la raie 
caractéristique du calcium. 

Le dernier était totalement dépourvu de calcium et de 
baryum. 

Les réactifs chimiques employés ont été le bichromate 
et le chromate neutre de potasse. Quant à l'acide hydro- 
fluosilicique, j'estime, comme M. Bardet (1), que c'est un 



(1) Journal Les Nouveaux Remèdes, 1S91, p. 78. 

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— 240 — 

f très infidèle. Au bout d'un temps variable, il déter- 
presque toujours un précipité. La véritable raison 
sans doute été donnée récemment par M. Trillot (1), 
émis rhypothèse que les sels de strontium purifiés 
j mélange de carbonate et de sulfate de potasse pou- 
t bien retenir de la potasse. 

bichromate de potasse est certainement, comme Ta 
ré M. Patein (2), le réactif le plus sensible du baryum. 
îst bien entendu que ce révélateur doit être versé 
les solutions neutres ou mieux rendues acétiques des 
le strontium. 

ç'oue cependant, après les résultats que j'ai obtenus, 
2t limite de sensibilité de ce réactif me parait exagérée, 
éfère me ranger à Topinion de M. Adrian, qui admet 
i présence d'un sel de strontium dans une solution 
3. 100, on ne peut déceler que jJo de baryte. 
3 résultats fournis par la méthode spectroscopique 
Brmettent d'apporter la même restriction, 
and on se sert du chromate neutre, on doit opérer en 
Lon acétique, car ce réactif peut précipiter les sels de 
tium en liqueur concentrée, ou en solution neutre ou 
oniacale, en donnant du chromate jaune de strontium, 
i, dans l'emploi du chromate neutre, est-il préférable 
ndre la dissolution du sel de strontium d'abord alca- 
ivec de l'ammoniaque, et ensuite acide avec de l'acide 
jue (3). Comme, d'autre part, le chromate de baryte 
t un peu soluble dans l'acide acétique (4), on peut 
lir une limite à la sensibilité de ce réactif vis-à-vis du 
jm. Enfin on lira avec intérêt le travail de M. C. Lu- 
{g (5) sur les particularités offertes par les réactions 
iryum, du strontium, du calcium. Il suffit à montrer 



3ull. Soc, Cfiim.f extr. des procès-verbaux, séance du 2 déc. 1891, 

^ourn. de Pharm. et de Ch., 1892, p. 45. 
S. Schmidt, Pharm, Chem,y 1887, p. 599. 
^raité d'Analyse chim, de S»7»a, 1891, p. 107. 
Trad. Journ, Pharm, Chim., 1892, p. 21. 



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— 241 — 

la difaculté de la diagnose de chacun de ces éléments en 
présence de ses congénères du même groupe. 

Le spectroscope, dont on cherche à tort à éviter l'emploi, 
constitue le procédé d'analyse le plus sur. Grâce à ce mode 
d'investigation, je me suis assuré que le calcium, dont on 
ne paraît pas s'être préoccupé jusqu'ici, se rencontre 
presque toujours à côté du strontium. Je me suis servi 
d'un spectroscope à vision directe. J'observais simultané- 
ment deux spectres superposés, dont l'un était donné par 
une source lumineuse placée sur le côté et à l'aide d'un 
petit prisme à réflexion totale qui recouvre la moitié supé- 
rieure de la fente, et l'autre par une deuxième source 
lumineuse placée en face même de la fente. Dans le pre- 
mier j'observais le spectre du sel de strontium à essayer 
et dans le second, par comparaison, le spectre du calcium 
ou celui du baryum. 

Je rappellerai sommairement que sont caractéristiques : 

Du calcium, une belle raie verte principalement, et une 
raie orangée; 

Du strontium, une belle raie orangée, deux raies rouges 
et une raie bleue ; 

Du baryum, trois raies vertes. 

Ces raies, une fois repérées, ne sauraient donner lieu à 
aucune méprise sur la nature des sels examinés. Cepen- 
dant, si le calcium existe à côté du baryum, le problème 
devient très difficile, car la raie verte du calcium se 
confond très sensiblement avec l'une des raies vertes du 
baryum. 

En opérant dans ces conditions, je me suis assuré qu'en 
plongeant dans la flamme non éclairante d'un bec de 
Bunsen deux fils de platine séparés par un intervalle de 
1 à 2°" et réunis à leur extrémité par un petit œilleton de 
façon à retenir une certaine quantité d'une solution de 
chlorure de baryum, on observait encore les raies du ba- 
ryum dans une solution à 1 p. 2.000. Dans une liqueur 
plus diluée il n'y a plus d'indication certaine. 

Si dans une solution de chlorure de strontium on ajoute 
du chlorure de baryum, les raies du baryum ne sont 



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— 242 — 

visibles que si la solution contient environ 1 p. de baryum 
pour 500. 

Il est plus commode pour Texamen, et aussi plus sen- 
sible, d'évaporer la solution du chlorure à examiner jus- 
qu'à consistance pâteuse, d'en prendre un petit fragment à 
Taide d'un fil de platine que Ton porte dans la flamme chaude 
non éclairante donnée par un chalumeau à gaz et à air. 
Dans ces conditions, la présence du baryum se reconnaît 
dans un sel de strontium, dans la proportion de 1»' de sel 
de baryum pour 800 p. à 1.000 p. au maximum de sel de 
strontium. Il est inutile d'ajouter que toutes les expé- 
riences ont été faites à blanc avant chaque observation. 

Ces expériences établies, et en présence des résultats 
— acquis, il m'a paru intéressant de rechercher un mode de 
purification du bromure de strontium du commerce : 
B»"" de bromure de strontium exempt de baryum ont été 
dissous dans lOO*** d'un mélange d'alcool et d'éther anhydres 
à volume égal : à la solution on a ajouté i«' de bromure de 
baryum. Après agitation, on a laissé reposer, puis décanté 
et filtré. La solution a fourni par évaporation spontanée 
des cristaux de bromure de strontium exempts de baryum 
et de calcium au spectroscope. 

Presque tous les bromures de strontium du commerce 
abandonnent un léger résidu dans la liqueur éthéro- 
alcoolique. 

I] n'en est plus de même si l'on opère avec de l'alcool 
à 95* et de l'éther à 65*>. On retrouve du baryum et du cal- 
cium. 

On a fait dans l'alcool à 95'' bouillant une solution saturée 
de bromure de strontium du commerce : on a ajouté du 
bromure de baryum. On a laissé refroidir et déposer pen- 
dant quelques heures. On a décanté avec soin et filtré sur 
double filtre. La liqueur alcoolique évaporée a fourni un 
bromure de strontium privé de baryum, mais non de cal- 
cium. De là, pour le pharmacien, un second procédé plus 
pratique, et moins coûteux surtout, pour purifier un bro- 
mure commercial, qui accuserait le baryum aux réactifs 
de la voie humide. Au besoin, à la solution alcoolique 



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— 243 — 

bouillante et saturée de bromure de strontium impur, on 
pourrait ajouter un peu de bromure pour tenir en réserve, 
et on laisserait refroidir. 

Il serait à désirer que Ton fit usage en thérapeutique de 
bromure de strontium desséché, qui serait d'un dosage 
plus facile et d'un maniement plus commode. 

Les essais précédents me permettent d'ajouter que iOO«* 
d'alcool absolu dissolvent à la température de 15-17* 23»' de 
bromure de strontium desséché à 100«, et j'ajouterai que 
le bromure de baryum se dissout nettement dans l'alcool 
absolu. 

lOO'* d'alcool à 95« dissolvent 28«',20 de bromure de 
strontium desséché. 

100** du mélange d'alcool et d'éther anhydres à volume 
égal n'en dissolvent que 9«' environ. 

On peut conclure de ces diverses expériences : 

1** Qu'il n'y a pas lieu d'incriminer outre mesure la pré- 
sence du baryum dans le sel de strontium du commerce^ 
et dans le bromure en particulier. La chaux s'y rencontre 
beaucoup plus fréquemment ; 

2^ J'ai indiqué deux procédés de purification du bro- 
mure de strontium : le premier le prive du baryum et du 
calcium ; le second ne lui enlève que le baryum ; 

3« Le spectroscope m'a démontré qu'on pouvait arriver 
à une limite de sensibilité de 1 p. de baryum mélangé à 
1.000 p. au maximum de chlorure de strontium; 

4** Vu la facilité de se procurer par une méthode que 
j'indiquerai ailleurs, des sels de strontium exempts de 
baryum et même de calcium, on devra proscrire de l'usage 
médical les sels de strontium chez lesquels les réactifs 
chimiques démontrent la présence du baryum. 



Sur les extraits concentrés de café; par M. A. Domergue, 
pharmacien en chef desTiôpitaux civils de Marseille. 

A la suite de'nombreuses contestations survenues entre 
les fabricants et les acheteurs au sujet de la qualité et de la 



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— 244 — 

valeur des produits vendus sous le nom S!extraits concen- 
trés de café, j'ai eu Toccasion d'examiner un certain nom- 
bre de ces produits. Voici les résultats de mes expériences 
et les conclusions auxquelles j'ai cru devoir m'arrêter. 

Et d'abord, qu'est-ce qu'un extrait de café concentré? 
Cette dénomination a-t-elle une signification nette, réelle 
et invariable? Certainement non. Un extrait de café con- 
centré est un produit de formule absolument personnelle 
et variable avec chaque fabricant, la seule condition à la- 
quelle il doive répondre, c'est d'avoir été préparé avec du 
café de bonne qualité, sans addition d'aucun des succé- 
danés malheureusement trop nombreux de la précieuse 
fève. 

Peut-on, par un procédé quelconque, obtenir, en em- 
ployant exclusivement du café, un extrait de conservation 
facile qui, mélangé soit à Peau, soit au lait, soit à la crème 
remplace d'une façon absolue le café préparé extempo- 
ranément? 

C'est là le problème et je ne le crois pas résolu. 

Un des modes de fabrication des extraits de ce genre, 
consiste à distiller une bouillie formée de café torréfié, 
moulu et d'eau. On obtient ainsi un liquide aromatique 
incolore, d'une odeur légèrement empyreumatique rap- 
pelant vaguement le café brûlé. (Je dis brûlé et non tor- 
réfié.) Ce liquide est troublé par la présence d'une faible 
quantité d'huile essentielle. Le résidu contenu dans la 
chaudière de l'alambic étant soumis à la presse donne un 
liquide noir très foncé. Ce liquide est mélangé au produit 
distillé et le mélange constitue l'extrait de café concentré. 
Cette prépai'ation n'est donc pas autre chose qu'une dé- 
coction très concentrée de café torréfié et moulu dans 
l'eau, décoction faite dans des conditions telles que les 
produits volatils ne soient pas perdus. Ainsi obtenu, l'ex- 
trait de café ne renferme pas toutes les matières extrac- 
tives solubles de la poudre i% café et ne donnerait pas, 
par conséquent, par son mélange à la quantité d'eau qui 
doit le diluer, un liquide présentant la coloration de l'in- 
fusion de café extemporanée. On remédie à cet inconvé- 



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— 245 — 

nient en ajoutant au produit une certaine quantité de 
caramel qui possède un grand pouvoir colorant. Enfin, le 
liquide sucré que Ton a ainsi préparé étant d'une conser- 
vation impossible, on l'additionne d'un poids suffisant d'al- 
cool concentré pour le rendre inaltérable. Donc, au 
moment où il va être livré au commerce, l'extrait de café 
concentré renferme des matières solubles provenant du 
café, des matières volatiles de même origine, du caramel 
et de l'alcool. 

• Cela posé, quels sont les éléments qui peuvent servir à 
déterminer la valeur d'un extrait de café concentré, et à 
en déterminer la pureté? Pour répondre à cette question, 
j'ai examiné comparativement six échantillons de prove- 
nance très différentes. 

Les échantillons A et B ont été préparés par moi en sui- 
vant le mode opératoire indiqué plus haut. 

Les échantillons C, D, E, G sont des produits achetés 
dans le commerce. 

Dans chaque échantillon j'ai dosé : 

1® Le résidu solide à 100<» (extrait sec); 2*» les cendres; 
3« la caféine. 

Les résultats obtenus sont les suivants rapportés à 100^^ 
du produit : 

ÉchantilloD Â. . . Extrait sec 13,7 

Cendres 0,61 

Caféine 0,106 

Échantillon B. . . Extrait sec 17,6 

Cendres 0,79 

Caféine 0,10S 

Échantillon C . . Extrait sec 41,01 

Cendres 4,3 

Caféine 0,060 

Échantillon D. . . Extrait sec 27,2 

Gendres 3,1 

Caféine 0,040 

Échantillon E. . . Extrait sec 30,1 

Cendres t,4 

Caféine 0,050 

Échantillon G. . . Extrait sec 19,26 

Cendres 1,83 

Caféine 0,096 



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— 246 — 

Les nombres très différents donnés par le dosage de 
Textrait 41,01,— 27,2,— 30,1,— 19,26, nous montrent, sur- 
tout en les comparant au résultat obtenu avec les extraits 
préparés par moi-même, 13,7, — 17,6, que ce chiffre de ma- 
tériaux solides est un mauvais élément d'appréciation de 
la valeur des extraits de café concentrés, et ne peut en au- 
cune façon servir de guide dans une contestation sur la 
pureté de ces produits; le caramel est, ^n effet, à si bon 
marché, qu'on peut en ajouter à volonté pour augmenter 
la teneur en extrait si cette teneur est un indice de bonne 
préparation. 

Le poids des cendres ne présente pas non plus un bien 
grand intérêt. 

Il n'en est pas de même de la dose de caféine existant 
dans les divers extraits examinés. 

Évaluée en milligrammes pour 100»' de produits, nous 
voyons, en effet, que les produits A et B d'origine certaine 
renferment 106 et 105"»', l'échantillon G qui en contient 
96 se rapproche beaucoup ; mais combien en sont éloignés 
les échantillons C, D, E avec leurs 60, 40, SO"»'. 

Nous trouvons donc dans le poids de la caféine un indice 
de la valeur du produit; mais si nous comparons ce chiffre 
de caféine à 1000™»', chiffre moyen des bons cafés, nous 
voyons que le meilleur extrait concentré correspond seu- 
lement au dixième de son poids de café. 

Mais il y a un autre élément dont je n'ai pas encore 
parlé et qui présente une grande importance pour juger la 
valeur d'un extrait de café. C'est ce principe auquel Bou- 
tran et Fremy ont donné le nom de caféine et qui s'obtient 
justement en distillant du café en présence de l'eau; mal- 
heureusement, ce principe ne peut exister qu'au moment 
de la préparation du produit. 8a grande instabilité fait que 
l'infusion de café perd son arôme au bout d'un temps très 
court, surtout par l'action de la chaleur. 

Comme conclusion de mes expériences, je crois donc 
pouvoir dire : 

1* On ne peut assigner une composition définie aux 
produits vendus sous le nom d'extraits concentrés de café; 



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v: 



— 247 — 

2® Ces produits ne rappellent que de très loin le café 
préparé extemporanément et cela à cause du peu de sta- 
bilité des principes aromatiques du café torréfié; 

S*» Le dosage de la caféine est le seul indice de la valeur 
d*un extrait concentré de café, quoique le chifTre obtenu 
ne donne que des probabilités et non une certitude. 



Analyse d'un liquide de kyste chyleux; par M. Jardin, interne 
en pharmacie. 

Dans le service de M. le D' Th. Anger, à l'hôpital Beau- 
Jon, M. le D' TufiBer, en pratiquant une laparotomie sur 
un homme à'une quarantaine d'années, s'est trouvé en 
présence d'un kyste qu'il considéra comme étant d'origine 
chyleuse. 

Ce kyste, de la grosseur de la tête d'un fœtus arrivé à 
terme, renfermait un liquide dont l'analyse me fut confiée. 
Ce sont les résultats de cette analyse que je ferai con- 
naître ici. 

Ce liquide, dont le volume était de 600'^% possédait un 
aspect blanc et opaque rappelant celui du lait ou plutôt de 
la crème. L'émulsion était très stable, la réaction fran- 
chement alcaline, et pas la moindre coagulation ne s'est 
produite après plusieurs jours ; ce qui exclut la présence 
de la fibrine. L'action de la chaleur faisait prendre le tout 
en une masse presque solide; ce qui permettait de re- 
tourner le tube sans que la moindre goutte de liquide s'en 
échappât. 

Le dosage des matières grasses fut effectué au moyen 
de la méthode indiquée par Adam pour le dosage du beurre 
dans le lait. Cette méthode, déjà employée par M. Gui- 
nochet (1) dans un cas analogue, fournit d'excellents résul- 
tats et a pour elle l'avantage de la rapidité. La liqueur 
éthéro-alcoolique légèrement ammoniacale fut mise de 

(I) E. Guinochet, Démonstration de la réalité de Tascile chyleuse. Joum, 
de Pharm. et de Ch,, t. XIV, p. 169. 



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— 248 — 

côté et servit à doser les albuminoïdes et les sels minéraux. 
Les résultats obtenus sont réunis dans le tableau sui- 
vant : 

Densité 1,008 

Eau 805»' 

MaUèrcs fixes à 110» 195«' 



1,000»' 



Composition 

des 
matières fixes. 



Matières albuminoïdes . . 42«' 

— grasses 139^,80 

Sels minéraux IS^^^SO 

194«',30 



Ces sels minéraux renferment des chlorures et des phos- 
phates représentés par les quantités d'acide suivantes : 

Acide PhO» 1»',25 

Acide HCl 3«',60 

Dans les rares analyses de chyle ou de liquide chyleux 
extravasé publiées jusqu'ici, on est loin de se trouver en 
présence d'une quantité de matières grasses aussi consi- 
dérable. Les chiffres indiqués dépassent à peine 10 à 
12 p. 1.000. 

Dans son dernier ouvrage, M. Gautier nous indique 
que la proportion des corps gras contenue dans ces liquides 
est très variable; l'analyse précédente montre, en effet, 
qu'elle peut varier entre des limites considérables. 



MEDICAMENTS NOUVEAUX 



Thymacétine (1). — La thymacéiine est un composé qui 
dérive du thymol de la même façon que la phénacétine 
dérive du phénol. 

La phénacétine étant un éther éthylique acétylé du 



(1) Pharm, Zeitung, XXXVU, p. 40, 1892. 



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— 249 — 

paraamidophénol, la thymacétine est donc un éther éthy- 
lique acétylé du pai*aamidothymol, et le rapport qui existe 
entre la constitution de chacun de ces deux corps se trouvé 
exprimé par les deux formules suivantes : 

\AzH-OG.GH' €»H'/ \AzH-0€.GH» 

Phénacétine. Thymacétioe. 

La thymacétine a été préparée par Hoffmann, chimiste 
de Leipsig. Elle se présente sous forme d'une poudre 
blanche, cristalline, peu soluble dans l'eau. D'après le 
D' Jolly, qui a étudié la thymacétine relativement à son 
action sur le système nerveux, ce composé, administré à 
des adultes à la dose de 0«',25 à !«', amène fréquemment 
un soulagement manifeste des céphalalgies nerveuses. 
A cet égard, la thymacétine se place auprès de la phéna- 
cétine, mais ne peut remplacer la morphine. Dans quelques 
cas, elle agit aussi comme hypnotique. Enûn, plusieurs 
malades auxquels on avait administré ce médicament se 
sont plaint de congestion céphalique. Em. B. 



Abrine (1). — 1j abrine est une substance albuminoïde 
extraordinairement toxique qui se retire des semences de 
VAhrus precatorius. Elle appartiendrait, comme la ricine^ 
à la classe des ferments solubles. Elle se présente sous la 
forme d'une poudre brun jaunâtre soluble dans l'eau. 
D'après Robert, la dose mortelle de cette substance intro- 
duite directement dans le sang est de 0»', 00001 par kilo- 
gramme du poids de l'animal. Elle serait cependant moins 
toxique que la ricine dont elle diffère d'ailleurs, ainsi 
que l'ont* démontré récemment Hellin (Inaugural Diss. 
Dorpat, 1891) et P. Ehrlich, par d'autres caractères, et en 
particulier par la propriété qu'elle possède d'amener la 

(1) Bericht von E. Merck in Darmstadt, 1892. 

/Mrs. iê Phtim, et it (Mm,, 5* sérk t XXV. (!•' mars 189S.) 17 



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— 250 — 

chute des poils autour de l'endroit ot on Ta injectée. 
D'après Ehrlich, Tabrine peut être employée dans la pra- 
tique ophtalmologique à la place des semences de Jequirity 
(Abrus precatorius) à la dose de 1 pour 500.000 environ. 

Em. B. 



Acide anacardique (1).— Ce composé, auquel on attribue 
la formule €**H**0^, existe avec le cardol dans les fruits 
de VAnacardium occidentale. D'après Gawalowski, le sel 
ammoniacal de cet acide, lequel est soluble dans Teau^ 
peut servir, en combinaison avec le sulfate de fer, à teindre 
les cheveux. Pour teindre les cheveux en brun, on les 
— hrtmecte d'abord avec une solution aqueuse d'anacardate 
d'ammoniaque, après quoi, on les peigne à l'aide d'un 
peigne trempé dans une solution de sulfate de fer. 

Em. B. 

Chlorhydrate d'apocodéine (2). — Ce corps, 

€*»H»»AzO«,HCl, 

est une poudre amorphe, grise jaunâtre, facilement soluble 
dans l'eau. Il est préconisé, comme expectorant, par 
W. Murrel, qui l'emploie en pilules (0»',18 à 0«',24 par jour) 
ou en injections sous-cutanées (un 1/2^ à 1**,25 d'une solu- 
tion aqueuse à 2 p. 100). Em. B. 



Pseudoconhydrine (3). -* Cet alcaloïde, sur lequel nous 
avons déjà dit quelques mots (4), vient d'être étudié à nou- 
veau par G. Adam (Inaug. Diss.j Breslau, 1891). C'est une 
poudre blanche légère présentant l'odeur de la conhy- 
drine. Elle est facilement soluble dans l'eau. Elle cristal- 



(1) Bericht von E. Merck in Larmstadt^ 1892. 
(â) Bericht von E. Merck in Darmstadt, 1892. 

(3) Bericht von E, Merck in Darmstadty 1892. 

(4) Joum, de Pharm, et de Ch, [5], XXUI, p. 502, 1891. 



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— 251 — 

lise de ses solutions concentrées dans le toluol en belles 
lamelles nacrées qui fondent à 100-102'» et entrent en 
ébullition à 229-23 1^ Elle possède un pouvoir rotatoire 
«D — + 4*30'. Elle donne, avec les acides, des sels facile- 
ment solubles. 

D'après Engler, la pseudoconhydrine serait identique 
avec un alcaloïde préparé par lui, Téthylpipéralkine, 
G»H»AzH. GH. OH. QU\ GH\ Em. B. 



Diiodothiophène, succédané de riodoforme. — Le 

thwpkène à été découvert, il y a quelques années, dans la 
benzine du goudron de houille par Victor Meyer. Ce corps, 
dont la formule est 0*FI*^, présente de grandes analogies 
avec la benzine et, comme cette dernière, fournit, avec 
facilité, des produits de substitution chlorés, bromes, 
iodés, sulfonés, etc. 

L'un de ces composés, le diiodothiophène, vient d'être 
essayé en thérapeutique. Ed. Spiegler a étudié sa valeur 
comme antiseptique sur les cultures d'un microorganisme 
producteur de pus, un staphylococcus^ et Aug. Hock a es- 
sayé son emploi dans la pratique. 

Le diiodothiophène €*H"I*^ se prépare en ajoutant à 
du thiophène brut la quantité théorique d'iode, puis de 
l'oxyde jaune de mercure jusqu'à ce que tout l'iode ait 
disparu : la réaction s'accomplit avec dégagement de cha- 
leur. Le diiodothiophène se présente en cristaux blancs, 
fusibles à 4Q°,5 et facilement volatils. Il possède une odeur 
aromatique non désagréable. Il est insoluble dans l'eau, 
facilement soluble dans Téther, le chloroforme et l'alcool 
chaud, plus difficilement soluble dans l'alcool froid. Il 
renferme 75,5 p. 100 d'iode et 9,5 p. 100 de soufre. 

On fait avec le diiodothiophène une gaze qui peut rem- 
placer la gaze iodoformée» Pour cela on trempe la gaze 
dans le mélange suivant : 



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— 252 — 

Diiodottaiophènc 50,0 

Alcool j ^ «^ ^ 

Éther (*«»•» 

Glycérine 10,0 

On recommande d'ajouter à ce mélange 2 à 3»' d*une 
solution alcoolique saturée de safranine pour aider à ré- 
partir également le mélange sur la gaze. Em. B. 



Thiophène-sulfonate de soude. — Le thiophéne, comme 
il est dit plus haut, fournit des dérivés sulfonés. Le sel de 
soude de l'acide ihiophène-oL-sulfonique^ un de ces dérivés, 
a été également essayé, au point de vue thérapeutique, 
par Ed. Spiegler. 

Ce sel, G*H'&, NaSO', se présente sous forme d'une 
poudre blanche constituée par des lamelles cristallines. Il 
renferme 33 p. 100 de soufre, dont la moitié environ est 
unie au carbone. 

Spiegel le préconise en pommade contre le prurigo. Il 
aurait donné de meilleurs résultats que le naphtol. La 
pommade se fait avec parties égales de lanoline et de vase- 
line, et 5 à 10 p. 100 de sel. 

Le thiophène-sulfonate de plomb posséderait des propriétés 
thérapeutiques analogues à celles du sel de soude. Seule- 
ment il produit chez certains individus une cuisson qui 
dure quelques minutes. Em. B. 



Benzoate et picrate d'antipyrine ; par M. S. Cres- 

SATi (1). — L'auteur désigne ainsi deux combinaisons qui 
ne paraissent pas avoir été encore essayées en thérapeu- 
tique. 

Le benzoate se prépare en. ajoutant de l'antipyrine 
à une solution aqueuse bouillante d'acide benzoïque. La 

(1) VOroHf p. 379, 1891 ; par Pharm. Post., XXV, p. 93, 1892. 



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— 253 — 

combinaison se fait immédiatement et le produit se ras- 
semble au fond du vase sous la forme d'un liquide jaunâtre 
qui, par refroidissement, se prend en une masse à cassure 
cristalline. On purifie par cristallisation dans Talcool. Le 
benzoate d'antipyrine fond très facilement ; il est peu 
soluble dans Teau froide ou chaude, mais est très soluble 
dans Talcool et Téther. II a une saveur piquante et possède 
une légère odeui- diacide benzoïque. La solution aqueuse 
présente une réaction acide et donne une coloration rouge 
avec le perchlorure de fer. 

Le picrate d'antipyrine se prépare de la même manière. 
Il constitue ime poudre jaune très légère, peu soluble 
dans l'eau, mais soluble dans l'alcool et Téther. Il ne fond 
pas aussi facilement que le benzoate. Le perchlorure de 
fer le colore en rouge. Em. B. 



Essai et emploi de la salipyrine (1). — La salipyrine, 
combinaison d'acide salicylique et d'antipyrine dont nous 
avons déjà donné les divers modes de préparations et 
quelques propriétés en 1890 (2), a été depuis l'objet d'assez 
nombreux essais en thérapeutique. 

Guttmann préconise ce médicament comme antipyré- 
tique; Mosengeil en fait un spécifique contre l'influenza 
et assure qu'il favorise le sommeil, habituellement trou- 
blé, dans cette maladie. Hennig le conseille, comme l'une 
des meilleures préparations salicyliques, dans les affec- 
tions rhumatismales (aiguës et chroniques). 

11 y a donc intérêt à pouvoir vérifier sa pureté. 

La salipyrine se présente sous la forme d'une poudre 
blanche cristalline, inodore et douée d'une saveur sucrée 
particulière. Pour en faire Tessai on peut opérer ainsi 
qu'il suit : on décompose un poids donné de ce médica- 
ment en chauffant avec l'acide sulfurique étendu, on agite 
avec l'éther qui enlève l'acide salicylique. Après évapora- 



(1) Pharm. Centralhalle, XIII, p. 10 et 61, 1892. 

(2) Joum. de Pharm. et de Ch, [5] XXII, p. 205, 1890. 



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— 254 — 

tion de Téther, on pèse et on vérifie le point de fusion de 
Tacide qui doit être 156*. D'autre part on, alcalinise la so- 
lution restante, on agite avec du chloroforme qui enlève 
Tantipyrine, on évapore et on pèse. La salipyrine doit 
renfermer 42,3 p. 100 d'acide salicylique et 57,7 p. 100 
d*antipyrine. 

D'après J. Altschul on peut encore recourir à la mé- 
thode suivante : on pèse sur un verre de montre 3«',26 de 
salipyrine (1/100 de molécule); on met le verre de montre 
et la substance dans un vase de Bohême ; on dissout en 
chauffant au bain-marie dans un peu d'alcool étendu d'un 
demi-volume d'eau, et après addition d'une goutte de solu- 
tion de phénolphtaléine on fait un titrage acidimétrique 
avec une solution alcaline normale. Les dixièmes de centi- 
mètres cubes employés donnent directement la proportion 
en centièmes de jsalicylate d'antipyrine contenu dans 
l'essai, car 3«%26 de ce composé correspondent à 10^ de 
solution alcaline normale. 

La salipyrine est administrée dans des potions de Todd 
ou dans un peu de vin, ou encore en cachets, pastilles, 
capsules, etc. Em. B. 



REVDE DES PUBLICATIONS 
DE PHARMACIE, CHIMIE, MICROBIOLOGIE 



Pharmacie. 

Études chimiques de l'essence de roses allemande et 
turque; par M. Ulrich Eckart (i). — Ces recherches 
montrent que les essences turque et allemande sont cons- 
tituées par trois corps : l'alcool éthylique, Toléoptène et le 
stéaroptène. Le corps le plus important est Toléoptène, le 



(1) Archiv, der Pharm,, t. CCXXIX, p. 355, d'après Monit, scientif., 
novembre 1891. 



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— 255 — 

rhodinoly 0*® H*' 0, qui appartient à la série 
C«H«°-«0. 

Il est à remarquer que, par oxydation, au 
permanganate de potasse, on obtient une coi 
six atomes de carbone, qui possède les proj 
alcool pentatomique ayant sans doute d'étro 
avec les hydrates de carbone. 

Considère-t-on la densité peu élevée du ri 
point d'ébullition, la facilité avec laquelle < 
scinde en acides peu riches en carbone, les p 
son aldéhyde vis-à-vis de la phénylhydrazio 
Talcool polyatomique C* H** 0* et de son acid< 
dant, le rhodinol appartiendra à la série du m< 

L'essence de roses pourrait donc être rang( 
rares huiles essentielles qui renferment des 
riches en carbone et dont la chaîne serait ouvi 

D'après ses propriétés, le rhodinol est un 
maire. Sa réfraction moléculaire conduit à ad 
liaisons éthyléniques, hypothèse qui est confi 
faculté qu'il montre de pouvoir fixer quatre 
brome. Son activité optique nécessite la pn 
atome de carbone asymétrique. La formatio 
tène et de polyterpène sous l'influence des dé 
tend à prouver que la chaîne, d'ouverte qi 
devient fermée. La production des terpènes ce 
à admettre la présence et la position des grou] 
-et propyle. On peut se demander maintenant i 
produit la chaîne fermée et où se trouvent 
liaisons. 

L'auteur entre dans des considérations hi 
production des différents acides sous l'in 
oxydants et sur les faits énumérés plus haut po 
au rhodinol la formule de constitution suivant 

G'H^ H OH» 

I \/ 

CH« = 0— CH = CH — G — CH'OI^ 

Cette formule permettrait d'expliquer facilei 



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— 256 — 

sage de ce corps au linomëne d'abord, qui, dans les condi- 
lions de Texpérience, deviendrait inactif et se transforme* 
rait en dipentène. 



cm' 



A 



C»H^ 



H«0 jf«>CH 

OH 
H*C ' 



OH 



CH 




H*0 



CH» 

Rhodinol. 

La constitution du géraniol, isomère qui, dans bien des 
cas, se comporte comme le rhodinol, est, d'après Semmier 
[Deut Ckem, Gest., 23, 1102) : 

CH» 

CH — CH« — CH = CH — = OH. OH«OH. 

D'après l'auteur, la différence entre ces deux isomères 
résiderait dans les positions des groupes méthyle et pro- 
pyle, dans celles des doubles liaisons et dans la nature du 
carbone asymétrique. — 160«' d'essence de rose alle- 
mande et environ 460«' d'essence turque ont servi à ces 
recherches, 

Recherches sur l'essence de menthe (russe) et sur la 
menthylamine gauche ; par MM. Andres et Andrée w (1). — 
L'essence de menthe a été l'objet de beaucoup de recher- 
ches au point de vue de la parfumerie et de la pharmacie, 
mais l'étude purement chimique en a été négligée ; il n'y 
a que les composés oxygénés, le menthol 0** H»* O et le 
menthone 0*®H*»0, qui soient déterminés. 

(1) Joum, phys, Chim, R,, t. XXUI, p. 26, d*après Bull. Soc, chim., 
5 octobre 1S91, p. 441. 



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-^ 257 — 

Les hydrocarbures, qui constituent les parties lourdes, 
sontinconnus ; ils présentent cependant un certain intérêt 
comme pouvant contenir le composé analogue au déca- 
naphtène (les naphtènes ne se trouvent que rarement dans 
les produits naturels). En outre, il serait curieux d'étudier 
le terpène de l'huile de menthe, sur lequel on possède des 
données peu précises et contradictoires. 

MM. Andres et Andreew se proposent donc de recher- 
cher surtout ces hydrocarbures dans Fessence de menthe ; 
mais ils commencent leur travail par l'étude des propriétés 
de rhuile de menthe d'origine russe, en la comparant à 
d'autres espèces de cette même huile. 

Ils ont opéré sur l'huile extraite des plantes fraîches et 
des plantes desséchées. Ils ont trouvé que leurs propriétés 
physiques dififéraient peu. 

Pour Vhuile extraite des plantes sèches. 

Densité 0,912 

Pouvoir rotatoirc — IS^jîS 

Pour Vhuile extraite des plantes fraîches. 

Densité 0,915 

PouToir rotatoire — 17»,13 

Les deux variétés se congèlent à — 13<»: elles com- 
mencent et finissent de distiller aux mêmes températures. 
L'huile extraite de la menthe sèche contient une plus forte 
quantité de composés oxygénés. 

La distillation fractionnée de Thuile de menthe a donné 
six fractions distinctes : 

1 15S-160» IV 165-170^ 

U 160-163* V 170-173» 

m 163-165» VI 173-175« 

La fraction principale est celle qui distille entre 173-175'». 
Son odeur rappelle un peu l'essence de térébenthine. 
Déviation (dans un tube de 100»" et t = 20<») a, = — 35%22. 
Densité à 20^ = 0.8571. Les analyses donnent 

G 87.56 

H 11 83 



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— 258 — 
Le calcul théorique pour C"H** exige 

C 88.23 

H 11.77 

Ce térébène ressemble beaucoup par les propriétés physi- 
ques au type du limonène. 

On a obtenu un bromure, un dichlorhydrate et un nitro- 
sochlorhydrate de ce corps ; on a transformé ensuite le 
nitrosochlorhydrateennitrosoterpène. La fraction 173-175*» 
est donc un limonène gauche. 

La fraction 170-173*» contient le même limonène que la 
précédente, mais il est mélangé avec un autre hydrocar- 
bure ([«]„=— 30°,64) qui augmente sa densité D*» V=0-8536. 
—La fraction 1 65-170'» contient un hydrocarbure plus riche 
en hydrogène que 0** fP*. La rotation diminue et la den- 
sité augmente encore. 

La bromuration ne donne pas de cristaux, mais il se 
forme une huile dont la compositioncorrespond à C" H" Br*. 

L'analyse de la fraction 160-165*» nous démontre que 
cette dernière contient un jnélange d'hydrocarbures plus 
riches en hydrogène ; elle ne contient pas de terpène 
capable de donner un dichlorhydrate. 

La fraction 1 58- 1 60*» est très peu importante ; elle contient 
rhydrocarbure C**H^' ; celui-ci diffère du menthène connu 
par le point d'ébuUition, qui est 167-188*. Il se rapproche du 
décanaphtylène de MM. Markownikoff et Aglobline ; mais 
les naphtylènes, en général, se combinent très difficilement 
avec HCl. Les auteurs supposent que c'est un mélange 
de menthène avec une petite quantité de 0** W* bouillant 
à basse température et capable de donner un bromure 
C'*H»«Br«. 

La fraction 205-210*» est composée surtout de menthone 
et de menthol, qu'on ne peut séparer à cause du voisinage 
de leurs points d'ébullition, 206 et 212^ 

La trop faible quantité de la matière n'a pas permis aux 
auteurs de séparer les corps de cette fraction. Il ne trou- 
vent aucune indication qui leur permette de supposer 



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— 259 — 

Texistence d'un des décanaphtènes dans lés fractions plus 
basses. 

La mentbylamine a été obtenue par MM. Andres et 
Andreew par le procédé de Goldschmidt. Ils traitent une 
solution alcoolique de mentbylamine par le sodium. Le 
produit de la distillation a été repris par Teau; il se forme 
une couche buileuse qui disparaît quand on ajoute une 
faible quantité d'acide acétique. 

On débarrasse la liqueur du mentbone et on la traite 
(après concentration) par KOH. On obtient ainsi une cou- 
che de menthylamine qui distille vers 204*». La mentbyla- 
mine pure est un liquide incolore, rappelant par son odeur 
la conicine. A Tair, elle attire avec avidité l'acide carbo- 
nique et se transforme en un sel cristallin soluble dans 
Teau et moins dans l'alcool. Densité = 0.8685. Déviation 
'= — 33^6. 

Sa formule correspond à C**^ H*' Az H*. Son chlorhydrate 
présente de belles aiguilles blanches. Son chloroplatinate 
a été obtenu en lamelles dorées. 



Sur l'huile essentielle de koro-moîi; par M. W. Kwas- 
NicK (1). — Cette essence est extraite des feuilles de 
Linderia fericia^ Bl., laurinée très commune au Japon ; on 
l'importe en grande quantité. Elle constitue un liquide 
jaune foncé plus léger que l'eau, rf = 0,901 à 18*, doué 
d'une odeur aromatique très fine. Par distillation frac- 
tionnée sur le sodium on en peut isoler deux terpènes. Le 
premier, qui est dextrogyre, bout à 175-178*» et donne un 
tétrabromure fusible à 104', ce qui permet de l'identifier 
avec le citrène dextrogyre, décrit par Wallach. Le deuxième 
est inactif, bouta 180*», donne un tétrabromure fondant à 
124*» et un dichlorhydrate fusible à 50*. L'essence renferme 
en outre deux corps oxygénés ; im terpinol inactif et un 
carvol lévogyre. 

(1) D. cA. G., t. XXIV, p. 81, d'après Bull. Soc. chim.y 90 octobre 1891, 
p. 593. 



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— 260 — 

Le premier de ces corps a pour formule C* H*' et bout 
M8<» ; il est doué d'une odeur agréable. Ses combinaisons 
ec HOl et Br ainsi que son iodure, fondant à 75-76», ont 
rmis de l'identifier avec le terpinol [monohydrate de 
ébenthène), extrait de l'essence de kesso (valériane du 
pon). 

Le carvol, de formule 0*®H**0, estlévogyre; il bout 
225*» et forme avec H" S une Combinaison très bien 
Lstallisée. Il diffère du carvol ordinaire par ses propriétés 
tiques. 

Étude chimique de l'huile de macassar ; par MM. K. 
[UMMEL et W. KwASNiK (i). — L'huilc de macassar, 
tenue soit par expression, soit par épuisement à l'éther 
pétrole, présente la consistance du beurre; sa couleur 
t jaune de miel, sa saveur douce. 
Elle renferme de l'acide cyanhydrique libre, et aussi de 
cide oléique. Par la saponification à l'aide de la potasse 
îoolique, on a pu en extraire de la glycérine et les acides 
étique, butyrique, arachique, palmitique et oléique ; on 
f a pas trouvé d'acide laurique. 

Le tourteau dont on a séparé l'huile renferme un mélange 
dextrose et de saccharose. On n'a pas trouvé d'amygda- 
le dans les cotylédons de la plante ; mais on a pu on 
traire, par distillation dans un courant de vapeur d'eau, 
l'acide cyanhydrique et de l'aldéhyde benzylique. 



Chimie générale. 

Sur les trois basicités de l'acide phosphorique ; par 

Daniel Berthelot (2). — L'auteur a établi précédem- 

mt comment on peut reconnaître, par une méthode 

idée sur les conductibilités électriques, la force relative 

I) Arch. de Pharm. (3), t. XXiX, d'après Bull. Soc, chim., 20 octobre 

1, p. 593. 

t) Ac, d. «c, CXIII, 851, 1891. 



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— 261 — 

des acides, leur basicité, leurs fonctions multiples, et la 
stabilité ou l'instabilité de leurs sels en solutions aqueuses. 
Dans ce nouveau travail il a appliqué la même méthode à 
Tétude de Tacide phosphorique et il conclut ainsi : 

Les conductibilités des phosphates monobasiques de K 
et de AzH*, en solution étendue, sont égales; celle du 
phosphate bibasique de K remporte d'environ 6 p. 100 sur 
celle du phosphate bibasique de AzH*; enfin celle du 
phosphate tribasique de K est de beaucoup supérieure à 
celle du phosphate tribasique de Az H*. 



Sur le sulfate vert, solide, de sesquioxyde de chrome ; 
par M. A. Recoura (1). — L'auteiu» a fait voir que le ses- 
quichlorure de chrome hydraté peut affecter deux modifi- 
cations isomériques, solides et cristallisées^ Tune bleu-violet, 
l'autre verte, ayant la même composition, mais des pro- 
priétés complètement différentes. Étudiant les circons- 
tances de production de ces deux variétés, il a établi que 
la variété violette, qui correspond aux sels normaux de 
sesquioxyde de chrome, est celle qui prend naissance en 
liqueur étendue ou moyennement concentrée, tandis que 
la variété verte, anormale, est celle qui prend naissance 
en liqueur très concentrée ou bien en présence d'un grand 
excès d'acide. 

Dans ce nouveau travail, il montre que soit en produi- 
sant le sulfate de chrome en présence d'une très faible 
quantité d'eau, soit en déshydratant partiellement par la 
chaleur le sulfate violet cristallisé de chrome, on obtient 
une variété nouvelle de sulfate de chrome, qui est vert 
solide et cristallisé. Ce sulfate vert possède des propriétés 
complètement différentes de celles du sulfate violet. 
Dans Tarticle ci-après, l'auteur étudie la constitution 
de ce composé et ses rapports d'une part avec le sulfate 
violet, d'autre part avec la solution verte que l'on obtient 



Ac, d, êc.y CXJII, 857, 1891. 



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— 262 — 

quand on porte à rébuUition la solution du sulfate violet. 
Il ajoute que M. Étard a également indiqué que, si 
l'on met en contact le sulfate violet de chrome solide 
avec des liquides déshydratants comme 80* H" ou AzO*H, 
il devient vert. Mais ce n'est là qu'une modification passa- 
gère, car Fauteur a reconnu que, dès que le sulfate vert ainsi 
obtenu est débarrassé du liquide déshydratant, il revient 
rapidement à l'état violet. 



Sur les états isomériques du sulfate de sesquio^de de 
chrome ; par M. A. Recoura (1). — Les conclusions à tirer 
des expériences de Tauteur sont les suivantes : 

Le sulfate vert solide de chrome, Or*0», 3 80', 11 H* 0, 
quoique ayant la môme composition que le sulfate violet, 
doit avoir une constitution complètement différente. Une 
se comporte pas comme un sel ordinaire, puisqu'il ne se 
prête pas à la double décomposition, et il est à présumer 
que, dans ce composé, le chrome est engagé dans un radi- 
cal présentant une certaine stabilité. Ce qui le prouve 
encore, c'est que, quand on décompose ce corps par un 
alcali, on en précipite bien de l'hydrate chromique ; mais, 
dans cette destruction de la molécule, les éléments se 
groupent de façon à constituer, non pas l'hydrate chro- 
mique normal, comme on pourrait s'y attendre, puisque 
le sel renferme les éléments de 3 molécules d'acide sulfu- 
rique, mais l'hydrate qui ne peut fixer que 2 molécules 
d'acide. La dissolution de ce composé dans l'eau est com- 
plètement différente de la dissolution verte que Ton obtient 
quand on chauffe la dissolution du sulfate violet. Le sul- 
fate vert, indéfiniment stable à l'état solide, se transforme 
peu à peu, quand il est dissous, en sulfate violet. 



Sur une combinaison volatile du fer avec l'oxyde de 
carbone; par MM. L. Mond et Pr. Quinck e (2). — Les 

(i) Ac. d. «c, CXUI, 1033, 1891. 

(2) D. ch. G., t. XXIV, p. 2248, d'après Bull, Soc. cAtm., 20 noTembw 
1891, p. 727. 



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— 263 — 

auteurs ont obtenu antérieurement, en collaboration avec 
M. 0. Langer, une combinaison volatile du nickel avec 
l'oxyde de carbone ; dans ce mémoire, ils avaient cherché 
à préparer des combinaisons analogues en partant d'autres 
métaux, mais sans succès. Depuis, MM. Mond et Quincke 
ont réussi en ce qui concerne le fer, mais à la condition 
d'observer certaines précautions. 

On prépare d'abord du fer très divisé en chauffant dans 
un courant d'hydrogène, à la température la plus basse 
possible (400> au plus), de l'oxalate ferreux; on laisse 
refroidir au sein de l'hydrogène, puis lorsque la tempé- 
rature est descendue à 80% on remplace l'hydrogène par 
un courant d'oxyde de carbone. On constate que ce gaz 
brûle alors avec une flamme jaune pâle, qui persiste môme 
lorsque le gaz a été conservé à froid pendant plusieurs 
jours. Si l'on chauffe le tube abducteur à 200-350*, on voit 
se former un anneau miroitant de fer métallique, et si 
l'on chauffe plus fort, il se fait, au lieu du miroir, des 
flocons noirs qui renferment des quantités considérables 
de carbone (jusqu'à 80 p. 100), le reste étant du fer. Il s'est 
donc engendré un composé volatil du fer, malheureuse- 
ment en très petite quantité. Ainsi, en opérant sur 12»' de 
fer réduit de l'oxalate, qu'on a chauffés à 80*» dans l'oxyde 
de carbone pendant six semaines (en ayant soin toutes les 
six heures de recalciner à 400* dans l'hydrogène pendant 
vingt minutes pour revivifier la matière), il ne s'est vola- 
tilisé que 2«' de fer, soit 0«%01 par heure, alors qu'en ce 
temps il passait 2"*,5 d'oxyde de carbone. Il est donc très 
difficile de faire une étude apprqjondie du composé qui 
prend naissance. 

Si on lave à l'acide sulfurique concentré l'oxyde de 
carbone chargé de vapeur ferrugineuse, on trouve que 
celle-ci est retenue, mais la solution se décompose sponta- 
nément. Les carbures d'hydrogène, benzène, pétroles 
lourds, etc., dissolvent aussi le composé volatil, mais en 
petite quantité ; les solutions sont brunes et s'oxydent à 
Tair avec dépôt d'hydrate ferrique. Les solutions dans 
l'huile de pétrole bouillant à 250-300* ont permis de faire 



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— 264 — 

une analyse approximative du composé nouveau. Saturées 
d'oxyde de carbone ferrugineux et chaufifées à 100* dans 
le vide, elles ne dégagent que de l'air mélangé d'un peu 
d'oxyde de carbone; à 180'', elles noircissent, déposent 
du fer métallique et dégagent de l'oxyde de carbone bien 
exempt d'hydrogène. Du dosage de ces deux corps, fer et 
oxyde de carbone, il résulte que leur rapport 00 : Fe est 
de 4.03 — 4.14, ce qui montre qu'on est sans doute en pré- 
sence d'un composé Fe(00]^ correspondant à celui que 
fournit le nickel. 

Peut-être la formation d'un tel composé joue-t-elle un 
rôle dans certaines opérations de la métallurgie du fer, la 
cémentation, par exemple. Oependant l'expérience décrite 
plus haut ne réussit qu'avec du fer très divisé ; avec le 
métal .compact, il ne se fait pas la moindre trace du com- 
posé oxy carboné (1). 



Sur la formation des dextrines; par M. P. Petit (2). — 
Payen a indiqué, pour la fabrication des dextrines, un 
procédé consistant à chauffer, entre 100* et 140®, la fécule 
humectée d'une petite quantité d'acide nitrique. Les dex- 
trines ainsi obtenues sont, les unes blanches, les autres 
plus ou moins teintées, et presque toutes réduisent, à 
divers degrés, la liqueur de Fehling. 

L'auteur a examiné quelle était l'influence de la dose 
d'acide et du temps de chauffe, sur les propriétés des dex- 
trines obtenues par le procédé Payen. Les doses d'acide 
nitrique employées étaient 0,2, 0,3 0,5, 0,8 et 2 p. 100 du 
poids de la fécule. Oelle-ci, humectée de 30 p. 100 de son 
poids d'eau, était empâtée avec l'acide, puis séchée à 50*, 
tamisée et chauffée dans une étuve réglée à 125*. On reti- 
rait un échantillon après 1, 2, 3, 4 heures. 



(i) Il convient de rapprocher ce mémoire de celai de M. Bertheloi, dont il 
a été parlé dans le Joum, de Pharm. de l'année 1891. 
(2) Ac. d. «c, CXIV, 76, 1892. 



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— 265 — 

Pour analyser les dextrînes ainsi préparées, qui peu- 
vent encore contenir de l'amidon non attaqué, de la dex- 
trine et du glucose, M. Petit s'est appuyé sur les faits sui- 
vants, vérifiés sur un mélange de poids connus d'amidon, 
de dextrine non réductrice et de glucose pur : 

!• En faisant digérer ce mélange avec de l'eau, à 40^-50**, 
pendant une demi-heure, on dissout tout le glucose et la 
dextrine; l'amidon recueilli sur un filtre taré et séché 
avec ménagements, représente intégralement l'amidon non 
transformé ; 

2* Le pouvoir rotatoire de la solution correspond exac- 
tement à la somme des pouvoirs rotatoires du glucose et de 
la dextrine ; 

3* Si l'on fait fermenter la solution, après l'avoir addi- 
tionnée de phosphate d'ammoniaque et de sulfate de po- 
tasse, puis stérilisée et ensemencée avec de la levure pure, 
la perte de pouvoir rotatoire indique exactement la dose 
de glucose introduite et le liquide fermenté n'agit plus sur 
la liqueur de Fehling. 

Les dextrines obtenues après une heure, à 125°, contien- 
nent encore une faible dose d'amidon. Ces quantités 
deviennent indosables, pour 0,8 et 2 p. 100 d'acide ni- 
trique. 

Le tableau suivant indique les pouvoirs réducteurs ex- 
primant la quantité de matière réduisant le Fehling, éva- 
luée en glucose pour 100 de -dextrine. 

Temps de chauffe. Amidon 

Dose d'acide. ..-- "^ — -^ ■»■ --^ non transformé 

pour 100. ^^ 2". 3\ 4*. pourl»' de dextiinp. 

0,2 3,9 5,06 3,6 2,8 0,003 

0,3 7,2 5,3 3,6 3,0 0,002 

0,:i 7,3 6,07 4,2 3,1 0,001 

0,J 8,06 6,3 4,5 4,0 traces 

2,J 9,5 7,1 5,4 4,5 traces 

L'examen de ce tableau montre que : 
~ 1^ Pour une même dose d'acide, le pouvoir réducteur va 
e.n diminuant d'une manière très sensible, lorsque le tem[»s 
de chauffe augmente: 

Jnr», de PkÊfmM de Ckim., 5* série, t. XXV. (1" mars 1891) 18 



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— 266 — 

2^ Pour une même durée de chauffe, le pouvoir réduc- 
teur s'accroît lorsque la dose d'acide augmente. 

Les pouvoirs rotatoires montrent des variations ana- 
logues, mais moins sensibles, c'est-à-dire que les pouvoirs 
rotatoires diminuent, soit à dose d'acide égale, pour un 
temps de chauffe croissant, soit pour un même temps de 
chauffe, pour une dose d'acide croissante. 

D'autres essais, faits à diverses températures, entre 
100* et 140% ont montré également que, > dose d'acide 
égale, la diminution du pouvoir réducteur était d'autant 
plus rapide que la température était plus élevée, et que 
ce pouvoir réducteur augmentait aussi plus rapidement, 
pour une même dose d'acide et un même temps de chaufife, 
lorsque la température était plus élevée. 

Ces observations expliquent pourquoi certaines dex- 
trines du commerce ont un pouvoir réducteur pratique- 
ment nul; les fabricants emploient, en effet, des durées 
de chauffe extrêmement longues, jusqu'à 60-70 heures, à 
des températures souvent mal réglées, il est vrai ; mais 
ce temps permet de réduire à une valeur presque nulle 
le pouvoir réducteur. 

Il y a donc, dans les dextrines préparées par le procédé 
Payen, une matière réduisant la liqueur de Fehling, 
non fermentescible , qui se produit à côté du glucose. La 
quantité de glucose formée est d'autant plus faible que le 
temps de chauffe est plus long. 

Ces propriétés rapprocheraient la matière non fermen- 
tescible de la galletine de MM. Scheibler et Mittelmeier; 
cependant, quelques essais, que l'auteur se propose de 
continuer, font prévoir l'existence d'un composé prove- 
nant de l'oxydation de l'amidon par l'acide nitrique et 
ayant les propriétés d'une aldéhyde. 



Chimie analytique. 
Analyse de la glycérine ; par M. Carl Mangold (1). — 

(1) ZeUschrift fur angew, Ckemie^ 1891, p. 400, d'après Mon. scienlif*, 
janvier 1892.; 



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— 267 - 

L'analyse de la glycérine se fait commodément de la 
façon suivante : on met dans un flacon d'un litre 0«%2 à 
0«',4 de glycérine, environ 300*^ d'eau et 10«'' de potasse 
caustique. Puis on y fait écouler, tout en agitant et en re- 
froidissant, une solution à 5 p. 100 de permanganate de 
potassium jusqu'à ce qu'il y en ait une fois et demie la 
quantité théorique, c'est-à-dire 6 parties 87 de KMnO* 
pour 1 de glycérine. On laisse reposer à la température 
ordinaire pendant une demi-heure environ; ensuite on 
ajoute de l'eau oxygénée, en évitant un excès de cette 
liqueur, jusqu'à ce que le liquide surmontant le précipité 
devienne incolore. On remplit jusqu'au trait, on agite vi- 
goureusement et on filtre. On chauffe pendant une demi- 
heure le liquide filtré, afin de détruire toute l'eau oxy- 
génée ; on laisse refroidir à 60*» environ et enfin on titre 
avec le caméléon, après addition d'acide sulfurique. 



Recherche de l'acide salicylique dans l'aldéhyde sali- 
cylique et dans l'éther méthylsalicylique ; par MM. A. 

ScHNEEGANS ct J.-E. Gerock (1). — Lorsqu'on ajoute 2^* 
d'une solution de perchlorure de fer au centième à 10*^ 
d'une^ solution d'aldéhyde salicylique à 2 p. 1000, il se 
produit une coloration violette qui disparaît par agitation 
du liquide avec 5" de chloroforme. Mais si on ajoute au 
mélange 0,0002 d'acide salicylique, la coloration est per- 
sistante. 

Cette réaction est également applicable à la recherche 
de l'acide libre dans l'essence de Wintergreen artificielle. 
Si l'on agite de l'essence pure avec 500 parties d'eau et 
si l'on ajoute, à 10*^^ du mélange trouble, 1'^'' de la solution 
de perchlorure de fer indiquée ci-dessus, la coloration qui 
se produit disparaît en agitant avec 5**^ de chloroforme. 
L'essence renferme-t-elle seulement une partie d'acide 
libre pour 500 parties, la coloration violette restera encore 
très apparente sur un fond blanc. Em. B. 

(1) Joum. d. Pharm. von Elsass. Lothringen; d'après Apotheker-Zei* 
tung, n» 92, 1891. 



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— 268 — 

Sur la recherche de la peptbne et sur la nouvelle 
méthode de dosage de Valbumine ; par M. L. Detoto (1). — 
L'auteur conseille de coaguler ralbumine dans les liquides 
normaux ou pathologiques, à Taide du sulfate d'ammo- 
nium et de la chaleur : on emploie 80«' de sel cristallisé 
pour 100" de liquide et on effectue la dissolution au bain- 
marie ; on chauffe ensuite le tout à la vapeur à 100® pen- 
dant trente à quarante minutes pour achever la coagula- 
tion. On n*aplus qu'à filtrer, laver, sécher et peser. 

Les eaux-mères du précipité albumineux servent à 
rechercher les peptones par la réaction dite du biuret ; on 
doit seulement s'assurer, à l'aide du ferrocyanure de 
potassium et de l'acide acétique, qu'elles ne renferment 
plus d'albumine. 

La méthode est applicable à Turine, dont les matières 
colorantes sont retenues dans le coagulum et ne gênent 
plus pour la recherche des peptones. 



Microbiologie. 

De l'existence simultanée, dans les cultures du Sta- 
phylocoque pyogène, d'une substance vaccinante préci- 
pitable par l'alcool et d'une substance prédisposante 
soluble dans l'alcool; par MM. A. Rodet et J. Cour- 
mont (2). — Certains microbes pathogènes peuvent fa- 
briquer simultanément, dans leur milieu de culture, 
des substances vaccinantes et des substances prédispo- 
santes distinctes. Le Staphylocoque pyogène est dans ce 
cas. 

La substance vaccinante, fabriquée par le Staphylocoque 
pyogène, est précipitée par l'alcool, tandis que la substance 
prédisposante est soluble dans l'alcool. 

L'effet de la substance vaccinante est complètement 



(1) Zeit, f. physioL Chem., t. XV, p. 465-476, d'après Bull. Soc. chim,,, 
^ octobre 1891, p. 624. 

(2) Ac. d. «c, CXIII, 432, 1891. 



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— 269 — 

masqué dans les cultures filtrées, par celui des substances 
prédisposantes. Un chauffage de vingt-quatre heures à 
-J- 55<^ peut le faire apparaître. 

Il est donc indiqué de chercher à isoler un vaccin des 
produits solubles d'un microbe pathogène qui ne parait 
pas en fabriquer normalement. 



Appareil simple pour la filtration des moûts; par 
M. E. Hesse (1). — C'est un tamis cylindrique ou demi- 
cylindrique, placé près du bord de la cuve de trempe ; la 
dimension des mailles est calculée de façon que le filtre 
retienne les fragments de pomme de terre, les impuretés 
et laisser passer presque exclusivement les substances 
utilisables. Cet appareil est employé avec avantage à la 
préparation des moûts destinés à la culture des levures. Il 
élimine, en effet, les matières qui pourraient introduire 
des bactéries, des morceaux de pomme de terre trop gros 
et les pelures. Il est également précieux pour le traitement 
des pommes de terre malades. Il ne faut guère plus d'une 
minute pour opérer cette filtration, et le liquide étant 
presque entièrement utilisable pour les levures, on obtien- 
dra de celles-ci une quantité plus grande. Un autre avan- 
tage de l'appareil c'est encore de ne pas refroidir sensible- 
ment le moût. Les mailles ont généralement 4°°; la 
bouillie est alors assez fluide pour qu'on puisse ensemencer 
la levure sans addition d'eau. On emploie cinq heures 
pour 1.000 litres de capacité. 



Étude de quelques bactéries trouvées dans les moûts 
de bière ; par M. Zeidler (2). — Parmi les espèces de bac- 
téries, que l'on considérait comme identiques au bactérium 

(1) Dingl. polyt. Journal, t. CCLXXVII, p. 131 ; Zeitschrift fur Spi- 
rUu» industrie, vol. 13, p. 2, d'après Monit. êcientif.y décembre 1891. 

(2) Wochenachrift fûrBraereiy 1890, p. 1214, d'après Monit, scientif.y 
décembre 1891. 



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— 270 — 

termo, il en existe une qui est rapidement tuée dès que la 
fermentation alcoolique se produit. Cette circonstance est 
très importante pour Tanalyse de l'air et de Teau en bras- 
serie. L'existence de telles bactéries est aussi à considérer 
pour la conservation de la levure pressée ; celle-ci se con- 
servera, en effet, si elle ne contient que des bactéries 
ayant subi la fermentation alcoolique, tandis qu'elle se 
gâtera aisément si les bactéries sont vivantes et jeunes ; il 
est donc de toute nécessité d'employer de Teau stérilisée 
pour laver la levure. 

Parmi les ferments acétiques, il y en a qui peuvent 
rendre la bière filante. Cependant la levure pressée n'est 
que peu modifiée par les bactéries productrices d'acide 
acétique. Il est donc peu important de trouver dans la 
levure des ferments acétiques existant après la fermenta- 
tion alcoolique. 

Les bactéries de la première espèce, celles qui sont 
tuées par la fermentation alcoolique, se présentent dans le 
moût sous forme de bâtonnets amincis au milieu et aux 
extrémités, longs d'environ un [x. Dans certaines cultures 
elles affectent l'aspect de chaînes articulées ou plus sou- 
vent de filaments lisses. 

La première forme (chaîne) se rencontre dans le voile 
jaunâtre que produisent ces bactéries dans une culture de 
moût houblonné. La deuxième (filaments) dans le moût 
gélatine ou dans le moût de bière blanche additionné 
d'agar. 

Sur gélatine on a un développement blanc sale ou jau- 
nâtre, à grains grisâtres, à bords mal délimités ; la géla- 
tine est liquéfiée en 5-6'jours en été. 

Sur plaques de gélatine on a à la surface des colonies à 
bords étoiles et dans la profondeur de la couche des sil- 
lons. 

Quant aux bactéries acétiques, l'auteur en décrit deux 
espèces : 

L — Identique à la bactérie acétique, longueur variable 
de 2 (X 5 à 6 (Ji ; épaisseur de 1 !& 5. 

II. — Longueur de 3 à 6 je ; épaisseur de 2 [x 5 à 3 jx. 



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— 271 — 

bans les préparations colorées, on observe souvent un 
épaississement du contenu des cellules. Dans les cultures 
anciennes, la bactérie présente des symptômes analogues 
à ceux qui indiquent la formation de spores. Cette espèce 
semble identique à celle décrite par Brown {Chemisch 
Society, 1886), sous le nom de bactérie xylinum. 

Elle ne se colore pas par Tiode. 



Action de la chaleur sur les levures; par M. Kayser (1). 
— On a opéré sur de la levure de pale aie, des différentes 
brasseries de Munich, et sur une levure de Saint-Émilion, 
toutes en cultures pures. 

Pour chauffer ces levures, Kayser emploie de petits 
tubes effilés, de diamètre égal à 1 à 2°"» ; on les bouche 
avec de Touate après les avoir stérilisés et on y introduit 
guelques gouttes de la culture de levure à étudier. On 
chauffe cinq minutes au bain-marie à température fixe, 
puis on plonge dans Peau froide. 

On a étudié d'une part les cellules de levure vivantes, 
d'autre part les spores. 

Températures tuant les 



cellules Spores, 

à l'état humide, à l'état humide. 

Pale aie de Bass 65° 65* 

Saint-Émilion 60 65 

Auguslinerbraii 50-55 65 

Hofbraû 55 » 

Spatenbraû 55 60 

Saccharomyces Pastorianus . . . 50-55 60 

Les levures les moins résistantes (bières allemandes) 
sont à fermentation basse. De plus, Técart entre la tempé- 
rature nuisible aux spores et celle qui tue les cellules 
ordinaires est en général de 5<^, au plus de 10*». 

Pour les levures à l'état sec on plonge une spirale de 
platine flambée dans une culture pure et on sèche dans un 

(1) Annales de Vlnstitut Pasteur, p. 513, 1889; Wochenschrift fur 
Brauerei, 1891, p. 200, d'après Monit. scientif.y décembre 1891. 



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— 272 — 

tube en U stérilisé, muni de tampon d'ouate. On chauflfe 
au bain de glycérine et Ton fait passer un courant d'air 
sec dans le tube. Après cinq minutes on ensemence un 
milieu nutritif à Taide de la spirale. 

Température de stérilisation 
de la levure. 

Cellules. Spores. 

Bass 95-105* 115-123* 

Saiat-Étnilion 105-110 125 

Augustinerbraô » 115-120 

Hofbraû 85-9r) » 

Spatenbraù 100-105 115 

Saccbaromyccs Pastorianus .... 100-105 115 

La levure des Augustins ne supporte même pas de des- 
siccation à la température ordinaire. Au contraire, les 
autres résistent beaucoup mieux qu'à l'état humide. 

Les levures anciennes et âgées paraissent plus résis- 
tantes; ainsi, une culture de quinze ans du saccharorayces 
Pastorianus a été tuée seulement à 60*», tandis qu'une cul- 
ture jeune ne résistait pas à 50® à l'état humide. 

Enfin, pour quelques espèces, les cellules nées de spores 
chauffées résistent mieux que les cellules primitives. 



CONSEIL DHYGIÈNE PUBLIQUE ET DE SALUBRITÉ 

DU DÉPARTEMENT DE LA SEINE. 



INSTRUCTIONS SUR LES PRÉCAUTIONS A PRENDRE 

CONTRE LA. 

FIÈVRE typhoïde, LA DIPHTÉRIE, LA VARIOLE ET LA SCARLATINE 



FIÈVRE TYPHOiDE 

Le germe de la fièvre typhoïde se trouve dans les déjections 
des malades. 

La contagion se fait à Taide de l'eau contaminée par ces dé- 
jections ou par tout ol^et souillé par elles. 



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— 273 — 

■ESURES PRÉVENTIVES 

En temps d'épidémie de fièvre typhoïde, l'eau potable 
doit être Tobjet d'une attention toute particulière : l'eau 
récemment bouillie donne une sécurité absolue. 

Cette eau doit servir à la fabrication du pain et au la- 
vage des légumes. 

. Avant de manger, il faut se laver les mains avec du 
savon. 

Les habitudes alcooliques, les excès de tous genres, et 
surtout les excès de fatigue, prédisposent à la maladie. 

■ ESURES A PRENDRE DÉS QU'UN CAS DE FIÈVRE TYPHOÏDE 
SE PRODUIT 

. Les cas de fièvre typhoïde doivent être déclarés au com- 
missariat de police. 

L'Administration assurera le transport du malade, s'il 
y a lieu, ainsi que la désinfection du logement et des ob- 
jets contaminés. 

A. Transpœ't du malade. — Si le malade ne peut rece- 
voir à domicile les soins nécessaires, s'il ne peut être 
isolé, notamment si plusieurs personnes habitent la même 
chambre, il doit être transporté dans un établissement 
spécial. 

Les chances de guérison sont alors plus grandes et la 
transmission n'est pas à redouter. 

Le transport devra toujours être fait dans une des voi- 
tures spéciales mises gratuitement à la disposition du 
public par l'Administration. 

B. Isolement du malade. — Le malade, s'il n'est pas 
transporté, sera placé dans une chambre séparée où les 
personnes appelées à lui donner des soins doivent seules 
pénétrer. 

Son lit sera placé au milieu de la chambre; les tapis, 
tentures et grands rideaux seront enlevés. 
Cette chambre sera aérée plusieurs fois par jour. 
Le malade sera tenu dans un état constant de propreté. 
Les personnes qui entourent le malade se laveront les 



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— 274 — 

mains avec une solution de sulfate de cuivre faible à 12*' 
par litre d'eau, toutes les fois qu'elles auront touché le 
malade ou les linges souillés. Elles devront aussi se rincer 
la bouche avec de Teau bouillie. 

Elles ne mangeront jamais dans la chambre du malade. 

C. Désinfection des matières. — Il est de la plus haute 
importance que les déjections du malade, ainsi que les ob- 
jets souillés par elles, soient immédiatement désinfectés. 

La désinfection des linges et des mains sera obtenue à 
Taide de solutions de sulfate de cuivre. Ces solutions 
seront de deux sortes, les unes fortes et renfermant 50»' 
de sulfate de cuivre par litre; les autres faibles, renfer- 
mant 12k' par litre. Les solutions fortes serviront à dé- 
sinfecter les déjections et les linges souillés; les faibles 
serviront au lavage des mains et des linges non souillés. 

Les commissaires de police tiennent gratuitement à la 
disposition du public des paquets de 25»'' destinés à faire 
les solutions. On mettra deux de ces paquets dans un litre 
d'eau pour préparer les solutions fortes et un paquet dans- 
deux litres pour les solutions faibles. 

Pour désinfecter les matières, on versera dans le vase 
destiné à les recevoir un demi-litre de la solution forte. 
On lavera avec cette même solution les cabinets d'aisances 
et tout endroit où ces déjections auraient été jetées ou ré- 
pandues. 

Aucun des linges souillés ou non ne doit être lavé dans 
un cours d'eau. 

Les linges souillés seront trempés et resteront deux 
heures dans les solutions fortes, puis seront lavés à grande 
eau avant le savonnage ou le lessivage. 

Les linges non souillés seront plongés dans une solution 
faible. Les habits, les literies et les couvertures seront 
portés aux étuves municipales publiques de désinfec- 
tion (1). 



(1) Â Paris, des voitures spéciales Tiennent chercher à domicile les objets 
il désinfecter, et elles les rapportent après leur passage à Tétuye municipale*. 
Il en est de même dans les cas de diphtérie, variole et scarlatine. 



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— 275 — 

D. Désinfection des locaux. — La désinfection des locaux 
est faite gratuitement par des désinfecteurs spéciaux. Pour 
obtenir cette désinfection, il suffit de s'adresser au com- 
missaire de police du quartier. 

Un médecin délégué est chargé de vérifier l'exécution 
des mesures prescrites ci-dessus. 

DIPHTÉRIE 

La diphtérie est une afTeotlon émlnenunent oontaglense. 

Le germe de la diphtérie est contenu dans les fausses mem- 
branes et les crachats. 

n se transmet surtout à l*alde des olijets sonlUés par les 
produits de Texpectoratlon. 

Ces o]]Jets, quand Ils n*ont pas été désinfectés, conservent 
pendant des années leur pouvoir Infectieux. 

■ESURES PRÉVENTIVES 

L'isolement et la désinfection sont les seules mesures 
eflBlcaces de préservation. 

En temps d'épidémie, tout mal de gorge est suspect, le 
germe de la diphtérie se développant surtout sur une mu- 
queuse déjà malade; appeler de suite un médecin. 

lESURES h PRENDRE DÉS QU'UN CAS DE DIPHTÉRIE 
SE PRODUIT 

Les cas de diphtérie seront déclarés au commissariat de 
police. 

L'Administration assurera l'isolement ou le transport 
du malade et la désinfection du logement contaminé. 

A. Tramport du malade. — Si le malade ne peut recevoir 
à domicile les soins nécessaires, s'il ne peut être isolé, 
notamment si plusieurs personnes habitent la môme 
chambre, il doit être transporté dans un établissement 
spécial. 

Ce transport doit être effectué à une époque aussi rap- 
prochée que possible du début de la maladie. 

Les chances de guérison sont alors plus grandes et la 
transmission n'est pas à redouter. 



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— 276 — 

ansport devra toujours être fait dans une des voi- 
éciales mises gratuitement à la disposition du pu- 
r Administration. 

élément du malade. — Le malade, s'il n'est pas 
rté, sera placé dans une chambre séparée où les 
les appelées à lui donner des soins doivent seules 
r. 

it sera placé au milieu ne la chambre; les tapis, 
3 et grands rideaux seront enlevés, 
alade doit être tenu dans le plus grand état depro- 

iritera tout ce qui pourrait provoquer Texcoriation 
iau : vésicatoires, sinapisme, etc. 
i indispensable d'éloigner immédiatement toute 
le qui ne concourt pas au traitement du malade et 
les enfants. 

ersonnes qui soigent le malade éviteront de Tem- 
, de respirer son haleine, et de se tenir en face de 
he pendant les quintes de toux. 
5 personnes ont des crevasses ou des petites plaies, 
: mains, soit au visage, elles auront soin de les re- 
de collodion. 

se laveront les mains avec une solution de sulfate 
re faible (12»^ par litre d'eau), toutes les fois qu'elles 
touché le malade ou les linges souillés. Elles de- 
ussi se rincer la bouche avec de l'eau bouillie, 
ne mangeront jamais dans la chambre du malade. 
sinfection des matières expectorées ou vomies. — Il est 
lus haute importance que les matières expectorées 
ies, ainsi que les objets souillés par elles, soient 
atement désinfectées. 

isinfection des linges et des mains sera obtenue à 
e solutions de sulfate de cuivre. Ces solutions se- 
deux sortes, les unes fortes et renfermant 50«' de 
de cuivre par litre ; les autres faibles, renfermant 
litres Les solutions fortes serviront à désinfecter 
ières expectorées ou vomies et les linges souillés ; 
ies serviront au lavage des linges non souillés. 



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— 277 — 

Les commissaires de police tiennent gratuitemnent à la 
disposition du public des paquets de 25<' destinés à faire 
les solutions. On mettra deux de ces paquets dans un litre 
d'eau pour préparer les solutions fortes et un paquet dans 
deux litres d'eau pour les solutions faibles. 

Pour la désinfection des matières expectorées ou vomies, 
on versera dans le vase qui le reçoit un demi-litre de la 
solution forte. On lavera avec cette même solution les ca- 
cabinets d'aisances et tout endroit où ces déjections au- 
raient été jetées et répandues. Aucun des linges souillés 
ou non ne doit être lavé dans un cours d'eau. 

Les linges souillés seront trempés et resteront deus^ 
heures dans la solution forte, puis seront lavés à grande 
eau avant le savonnage ou le lessivage. 

Les linges non souillés seront plongés dans une solu- 
tion faible. 

Les habits, les literies et les couvertures seront portés 
aux étuves municipales publiques de désinfection. 

Les objets de literie, et en particulier les berceaux, doi- 
vent être également portés à Tétuve de désinfection. Les 
jouets de Tenfant doivent être brûlés. 

Les cuillers, tasses, verres, etc., devront, aussitôt après 
avoir servi au malade, être plongés dans Teau bouil- 
lante. 

Pendant la maladie, les poussières du sol de la chambre 
seront enlevées chaque jour et immédiatement brûlées. 
Avant le balayage, on projettera sur le plancher de la 
sciure de bois humectée avec une solution de sulfate de 
cuivre (12»' par litre). 

D. Désinfection des locaux, — Voir l'instruction sur la 
fièvre typhoïde. 



VARIOLB 

La variole est une maladie éminemment oontagiense. 
La Tacolnatlon et la revacolnatlon sont les senls moyens de 
prévenir on d'arrêter les épidémies de variole. 



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— 278 — 



■ ESURES A PRENDRE DÉS QU'UN CAS DE VARIOLE 
SE PRODUIT 

Les cas de variole seront déclarés au commissariat de 
police. 

L'Administration assurera l'isolement ou le transport 
du malade et la désinfection du logement contaminé. 

A. Transport du malade, —Voir Tinstruction sur la fièvre 
typhoïde. 

B. Isolement du malade, — Le malade, s'il n'est pas trans- 
porté, sera placé dans une chambre séparée où les per- 
sonnes appelées à lui donner des soins pourront seules 
pénétrer. 

Son lit sera placé au milieu de la chambre; les tapis, 
tentures et grands rideaux seront enlevés. 

Le malade sera tenu dans un état constant de propreté. 

Les personnes appelées à donner des soins à un vario- 
leux devront être revaccinées. Elles se laveront les mains 
avec une solution de sulfate de cuivre faible (à 12«' par 
litre d'eau), toutes les fois qu'elles auront touché le ma- 
lade ou les linges souillés. Elles devront aussi se rincer 
la bouche avec de l'eau bouillie. 

Elles ne mangeront jamais dans la chambre du malade. 

Elles devront avoir^des vêtements spéciaux et les quit- 
ter en sortant de la chambre. 

0. Désinfection des objets ayant été en contact avec le ma- 
lade et mesures de précautions à prendre par celui-ci. — Tous 
les objets (linge, draps, couvertures, objets de toilette, etc.) 
ayant été en contact avec le malade doivent être désin- 
fectés. 

La désinfection des linges et des mains sera obtenue à 
l'aide de solutions de sulfate de cuivi^e. Ces solutions se- 
ront de deux sortes, les unes fortes et renfermant 50»' de 
sulfate de cuivre par litre, les autres faibles renfermant 
12*'' par litre. Les solutions fortes serviront à désinfecter 
les linges souillés; les faibles serviront au lavage des 
mains et des linges non souillés. 



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— 279 — 

Les commissaires de police tiennent gratuitement à la 
disposition du public des paquets de 25«' destinés à faire 
les solutions. On mettra deux de ces paquets dans un litre 
d'eau pour préparer les solutions fortes et un paquet dans 
deux litres pour préparer les solutions faibles. 

Les linges souillés seront trempés et resteront deux 
heures dans les solutions fortes, puis seront lavés à grande 
eau ayant le savonnage ou le lessivage. 

Aucun des linges souillés ou non ne doit être lavé dans 
un cours d*eau. 

Les linges non souillés seront plongés dans une solution 
faible. 

Les habits, les literies et les couvertures seront portés 
aux étuves municipales publiques de désinfection. 

Le malade ne doit ^sortir qu'après avoir pris plusieurs 
bains. 

D. Désinfection des locaux. — Voir l'instruction sur la 
fièvre typhoïde. 

SCARLATINE 

I«a scarlatine est une maladie contaglease. 
Elle exige toujours de grands soins. 

Elle est surtout redoutable par les compUoatlons qui peuvent 
surrenlr même après la disparition de Téruptlon. 

lESUHES k PRENDRE DÉS QU'UR CAS DE FIÈVRE SCARLATINE 
SE PRODUIT 

Tout cas de scarlatine sera déclaré au commissaire de 
police. 

L'Administration assurera Tisolement ou le transport 
du malade et la désinfection du logement contaminé. 

A. Transport du malade.— Yoir l'instruction sur la fièvre 
typhoïde. 

B. Isolement du malade. — Le malade, s'il n'est pas trans- 
porté, sera placé dans une chambre séparée, où les per- 
sonnes appelées à lui donner des soins doivent seules pé- 
nétrer. 



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— 280 — 

Son lit sera mis au milieu de la chambre ; les tapis, ten- 
tures et grands rideaux seront enlevés. 

Son isolement devra durer au moins quarante jours, à 
partir du moment où Téruption a été constatée. 

Les personnes appelées à donner des soins au malade 
seront choisies, autant que possible, parmi celles qui ont 
déjà eu la scarlatine. Elles devront se laver les mains fré- 
quemment, et surtout avant les repas. Elles ne mangeront 
jamais dans la chambre du malade. 

Le malade sera tenu dans un état constant de pro- 
preté. 

C. Désinfection des objets ayant été en contact avec le ma- 
lade, et mesures de précaution à prendre par celui-ci. — Tous 
les objets (linge, draps, couvertures, objets de toilette, etc.) 
ayant été en contact avec le malade doivent être désin- 
fectés. 

La désinfection des linges et des mains sera obtenue à 
l'aide de solutions de sulfate de cuivre. Ces solutions se- 
ront de deux sortes, les unes fortes et renfermant 50»' de 
sulfate de cuivre par litre, les autres faibles renfermant 
12«' par litre. Les solutions fortes serviront à désinfecter 
les linges souillés; les faibles serviront au lavage des 
mains et des linges non souillés. 

Les commissaires de police tiennent gratuitement à la 
disposition du public des paquets de 25«' destinés à faire 
les solutions. On mettra deux de ces paquets dans un litre 
d'eau pour préparer les solutions fortes et un paquet dans 
deux litres pour les solutions faibles. 

Les linges souillés resteront deux heures dans les solu- 
tions fortes, puis seront lavés à grande eau avant le savon- 
nage ou le lessivage. 

Aucun des linges, souillés ou non, ne doit être lavé dans 
un cours d'eau. 

Les habits, les literies et les couvertures seront portés 
aux étuves municipales publiques de désinfection. 

Les cuillers, tasses, verres, etc., ayant servi au malade 
devront, aussitôt après leur usage, être plongés dans Teau 
bouillante. 



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— 281 — 

Les matières rendues par le malade, les cracl 
yomissements, les selles et les urines doivent être 
fectés au moyen d*une solution de sulfate de cuivi 
par litre. Un verre de cette solution est versé pr^ 
ment dans le vase destiné à recevoir ces matières, q 
jetées sans délai dans les cabinets. 

Les cabinets sont eux-mêmes désinfectés deux \ 
jour avec le même liquide. 

Les souillures sur les tapis, meubles et parquets 
également être lavées avec la solution forte. D'aut 
les poussières du sol de la chambre seront enlevées 
jour, et brûlées immédiatement; on aura soin, a 
balayage, de projeter sur le plancher de la sciure 
humectée avec la solution faible (12»' par litre) de 
de cuivre. 

Le malade ne doit sortir qu'après avoir pris i 
savonneux. 

L'enfant qui a eu la scarlatine ne doit retourn 
cole qu'après un intervalle de quarante jours au ] 
partii» du début de la maladie. 

D. Désinfection des locaux. — Voir l'instructioi 
fièvre typhoïde. 



SOCIETE DE PHARMACIE DE PAR 



Séance annuelle du 16 janyier 1892 {suUe et fin) (1). 



Quelques années de la Société de Pharmacie 
par M. G. Planchon. 

Messieurs, 

J'ai tâché, il y a quelques années, de vous doni 
idée de la Société libre des pharmaciens de Paris ^ q 
le trait d'union entre l'ancien collège de pharmacie 

(1) Joum, de Pharm. et de Ch., [5], XXV, 142, 214. 

Jûurn, de Pkom. et de a/m., S* sérib, t. XXV. (1" mars 1892.) 



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— 282 — 

institutions actuelles. Des notes recueillies dans nos ar- 
chives me permettront, j'espère, de continuer cette his- 
toire. Mais en tâchant de pénétrer Tesprit de ces temps 
déjà éloignés, je me prends à regretter à chaque pas de 
n'avoir point provoqué, de la part de quelques-uns de nos 
anciens collègues, leurs impressions sur ces époques, où. 
ils étaient à la fois acteurs et témoins. Leurs souvenirs 
auraient été pour nous des documents bien autrement 
vivants que ceux que nous pouvons retirer d'un compte 
rendu ou d'un procôs-verbal. 

Ces regrets m'ont inspiré la pensée, sans doute un peu 
trop présomptueuse, de combler pareille lacune pour des 
temps plus rapprochés de nous, et, rompant pour le mo- 
ment le fil de mon récit, de vous transporter immédiate- 
ment à l'époque où, étant entré à la Société, je puis invo- 
quer des impressions personnelles, pour vous donner une 
idée de la physionomie de ses séances. 

Peut-être est-il téméraire de parler ainsi de périodes 
qui nous touchent de près et qu'il est, par suite, difficile 
de juger avec impartialité. Cette objection, je n'ai pas 
manqué de me la faire, mais elle ne m'a pas longtemps 
arrêté. Quoique vingt-cinq ans nous séparent à peine du 
moment où j'ai l'intention de reprendre cette histoire, des 
changements si complets sont survenus dans la direction 
de nos séances, qu'à vrai dire, les choses d'alors appar- 
tiennent bien au passé — et quant au mouvement qui s'est 
opéré depuis et qui nous a progressivement emmenés à 
l'état actuel, il me parait très intéressant de le constater, 
tout en restant dans les limites de la plus scrupuleuse 
réserve. Il va sans dire, d'ailleurs, qu'il ne sera nullement 
question des personnalités que nous avons le bonheur de 
conserver encore au milieu de nous. 

Quand j'eus le plaisir, en 1868, d'assister pour la pre- 
mière fois à nos séances, Guibourt venait de disparaître et 
Bussy (1) présidait à sa place. Sa taille élevée et droite, 

(i) Bussy (Ânt.-Alex.-Brutus), né à Marseille en 1794; reçu pharmacien 
en 1S23; dans la Société en iSU; président en 1836 et 1868; mort à Paris, 
le 1" février 1882. 



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— 283 — 

son visage plein de dignité et de bienveillance inspiraient 
à la fois le respect et la sympathie. Resté jeune d*allure et 
plus encore d'intelligence, il dirigeait les séances avec une 
grande autorité, tempérée par une aimable bonhomie. 

Deux collègues, de générations différentes, siégeaient à 
ses côtés: BouUay, président honoraire; Buignet, secré- 
taire général. 

Le premier (!) rattachait la Société à Tancien régime. 
Né en 1777, Tannée même de la création du collège de 
pharmacie, il avait fait ses premières armes dans les offi- 
cines au moment où cette vieille institution allait se trans- 
former en société et école libres. Il avait obtenu le premier 
prix de chimie qui fut distribué dans cette école, et devenu 
pharmacien, en 1797, il avait tenu à honneur d'entrer 
dans notre Société, dès son origine, en 1803. De taille 
moyenne, trapu, vigoureux, malgré ses quatre-vingt-onze 
ans, il n'avait d'autre infirmité qu'une surdité assez pro- 
noncée, ce qui expliquait les brusques éclats de voix qui 
s'élevaient parfois de sa place. D'ailleurs, l'aspect austère, 
et très légitimement jaloux des prérogatives dues à son 
âge et à l'autorité de sa longue expérience. 

L'allure de Buignet (2) contrastait singulièrement avec 
celle de ce vétéran de la pharmacie. Mince, d'une figure 
délicate, pleine d'aménité et de bienveillance, il charmait 
par sa parole claire, élégante et correcte. C'était une joie 
pour la Société que d'entendre ses comptes rendus revêtant 
d'une forme si parfaite un fonds toujours attrayant. 

Vis-à-vis le bureau et aux premiers rang de l'assistance, 
trois membres attiraient d'abord l'attention: Robinet, 
Boudet, Gobley. 

Robinet (3), le plus âgé, né à la fin du siècle dernier, avait 

(1) Boullay (Pierre-François -Guillaume), né k Caen en 1777; reçu phar- 
macien en 1798; dans la Société en 1803; président en 1825; mort à Paris, 
le â noTembre 1869. 

(2) Buignet (Henri), né & Chelles en 1815; reçu pharmacien en 1840; dans 
la Société en 1842; président en 1855; secrétaire général depuis 1855; mort 
le 9 mai 1876. 

(3) Robinet (Stéphane), né à Paris en 1796 ; reçu pharmacien en 1822 ; 
président en 1831 et 1865; mort le 2 décembre 1869. 



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— 284 — . 

présenté la Société dans plusieurs congrès étrangers, et 
avait bien les qualités voulues pour remplir cette rais- 
on. D'une belle prestance et, si j'ose me servir ici d'un 
rme peut-être un peu trop moderne, très décoratif, il 
irlait avec facilité, même l'allemand, chose rare en notre 
lys, surtout à cette époque. Dans la Société, il prenait 
>lontiers part aux discussions qu'il soutenait en excel- 
nts termes. 

Tout dans la personne de Boudet (1) annonçait l'activité et 
irdeur. Sous ce corps maigre, sec et nerveux, on devi- 
lit une âme bien trempée, une intelligence très éveillée, 
3 cœur passionné pour le bien. Il parlait avec chaleur et 
mviction, et exerçait sur l'assemblée une grande in- 
lence. 

L'abord de Gobley (2) était différent. Très réservé, d'une 
)parence délicate, il s'avançait doucement dans l'audi- 
ire, comme un valétudinaire. Mais une volonté éner- 
que et tenace soutenait ce sorps chétif et souffreteux, 
>tte parole prudente et toujours mesurée. 
A côté d'eux Poggiale (3), apportait à nos réunions sa 
laleur méridionale. Sa figure expressive et fine, qu'éclai- 
lit par moments un regard plein de vivacité ; sa parole 
rme et chaude le faisait remarquer. Il complétait ce 
oyau compact, qui était à vrai dire le centre de la 
ociété, — comme le conseil directeur, représentant un 
Duvernement, que je n'oserais pas appeler absolu, mais 
iii exerçait sur le corps tout entier une influence prépon- 
Srante, une sorte de domination tacite et acceptée. Groupe 
es assidu aux séances, fidèle aux traditions de la phar- 
lacie la plus scrupuleuse, hostile aux nouveautés, parti- 
alièrement à toutes celles qui, de près ou de loin, tou- 



(1) Boudet (Félix-Uonri), né k Paris en 1806; reçu pharmacien en 1833; 
uis la Société en 1834; président en 1851 ; mort le 9 avril 1878, à Paris. 

(2) Gobley (Théod.-Nicolas), né k Paris en 1811; reçu pharmacien en 1835; 
ins la Société en 1843 ; président en 1861 ; mort à Bagnères-de-Luchon, le 
'septembre 1876. 

(3) Poggiale, né & Valle de Mezana (Corse) en 1808; reçu dans la Société 
1 1855; président en 1862; mort le 26 août 1879. 



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^ 285 — 

chaient à la réclame et aux médicaments plus ou moins 
spéciaux, qui tendaient déjà à envahir Toffîcine ; très dési- 
reux, en outre, de ne pas laisser dévier la Société hors du 
courant scientifique, vers les questions professionnelles. 

A cet état-major, se ralliaient deux hommes qui, sous 
des allures très différentes, représentaient l'un et l'autre 
le point de contact entre la science et la pratique : Schaeu- 
ffële et Mialhe. 

L'un (1), venu de TAlsace et en ayant toute la physio- 
nomie, la carrure, la forte l'ésistance et en môme temps la 
bonhomie; Tautre (2), méridional, mobile, pétulant, faisant 
en avant des pointes aventureuses, ayant de Tesprit et ne 
se faisant pas faute d'en user, même sous les formes les 
plus frivoles du calembourg et du jeu de mots. 

Puis, derrière ces chefs de file, un certain nombre de 
praticiens apportant à la défense des vieilles traditions et 
des bons principes l'expérience et l'honorabilité profes- 
sionnelles : Tassart (3), Vuaflart (4), Mayet (5), Dubail (6), 
Marais (7), Blondeau (8), qui suivaient d'ordinaire le mou- 



(1) Schaouffèle (Jean-Marlin-Désiré), né à Brages en 1803; reçu pharma- 
cien en iUSS; dans la Société en 1852; président en 1863; mort le 26 avril 
1882. 

(2) Hialhe (Louis), né à Vabre (Tarn) en 1807; reçu pharmacien en 1836; 
dons la Société en 1838; président en 1870; mort le 1" novembre 1886. 

(3) Tassart, né h Sézanne (Marne) en 1793, reçu pharmacien en 1819 ; 
dans la Société en 1825; président en 1866; trésorier de 1847 à 1860; mort 
à Rueil, le 13 novembre 1875. 

(4) Vuaflart (Louis-Ange), né à Courcilles (Aisne) en 1790; reçu phar- 
macien en 1824; dans la Société en 1833; président en 1852; mort à Paris, 
le 5 avril 1881. 

(5) Mayot (François-Clément), né à Issoudun (Indre) en 1820; reçu phar- 
macien en 1845; dans la Société en 1846; président en 1869; mort à Cha- 
tillon-sur-Loing (Loiret), le 15 septembre 1891. 

(6) Dubail (Eugène), né à Paris en 1806 ; reçu pharmacien en 1832 ; dans 
U Société en 1833; président en 1856; mort à Paris, le 17 août 1878. 

(7) Marais (Jacques-Hyacinthe), né à Tournay-sur-Dives (Orne) en 1822; 
reçu pharmacien en 1856; dans la Société en 1858; président en 1869; mort 
le 10 octobre 1884. 

(8) Blondeau (Paul), né à Paris en 1823; reçu pharmacien en 1849; dans 
la Société en 1850; président en 1879; mort à Paris, en 1887. 



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— 286 — 

veinent imprimé et n'avaient que par accidents bien rares 
quelques velléités de résistance, bien vite réprimées. 

Les accès d'indépendance venaient d'ailleurs, d'élé- 
ments plus jeunes, plus impatients de l'autorité qu'on 
voulait exercer sur eux: Baudrimont (1) etMéhu(2); le 
premier surtout. Archiviste de la Société, il faisait partie 
du bureau, dont il formait quelquefois la minorité à 
lui tout seul. Il défendait ses idées avec une vigueur 
sous laquelle on sentait surtout le désir d'affirmer sa 
liberté. 

Enfin, la jeune école, plus dégagée des traditions, ouverte 
aux nouveautés, trouvait dans Limousin (3) un représen- 
tant fort intelligent, d'un esprit souple et délié, qui, grâce 
à ses qualités aimables, avait su se faire une place dans 
un milieu dont les tendances générales s'éloignaient beau- 
coup des siennes. 

Le tableau des séances de la Société ne serait pas com- 
plet si je n'y introduisais une physionomie originale, qui 
y apportait sa note très personnelle. Je veux parler de 
Stanislas Martin (4), collectionneur acharné, dont le 
plaisir était de réunir et plus encore de donner. C'était 
pour la bibliothèque de sa ville natale qu'il rassemblait 
des autographes, des journaux de tout genre, des gravures, 
même de modes ; c'était pour la Société qu'il demandait à 
ses correspondants, parfois fort éloignés, ce qu'ils jjou- 
vaient trouver de nouveau ou de rare. A chacune de nos 
réunions, nous voyons paraître sa figure avenante, expri- 
mant toute la joie qu'il avait à ofi'rir au droguier de l'école 



(1) Baudrimont (M.-V.-Ernest), né à Compiègne (Oise) en 1821 ; reçu phar- 
macien en 1852; dans la Société en 1855; archiviste depuis 1866; mort à 
Paris, le 1 i septembre 1885. 

(2) Méhu {J.-M. -Camille), né à Dijon en 1835; reçu pharmacien en 1862; 
dans la Société en 1864; président en 1878; mort à Paris, le 29 novembre 1887. 

(3) Limousin (Euphrasie-Stanislas), né h Ardentes (Indre) en 1831; reçu 
pharmacien en 1859; dans la Société en 1868; mort le 7 avril 1887. 

(4) Martin (Félix-Stanislas), né à Issoudun en 1806; reçu pharmacien en 
1833; dans la Société on 1849; président en 1872; mort à Paris, le 30 mai 
1887. 



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— 287 — 

quelque nouvel échantillon, dont il nous disait brièvement 
l'origine. 

Une extrême modestie empêchait seule Coulier (1) de 
prendre une part active à la direction de la Société. N'ayant 
d'autre ambition que de se livrer à Taise à ses études va- 
riées, il laissait le pouvoir aux autres et se contentait d'être 
utile quand on réclamait ses conseils, que rendaient dou- 
blement précieux les qualités de son esprit fin, pénétrant, 
ingénieux et celles de son caractère si élevé et si foncière- 
ment bon. 

D'autres, fort distingués, ne venaient qu'accidentelle- 
ment à la Société et ne jouaient, par cela même qu'un 
rôle effacé dans les séances. Mais l'éclat de leur nom et 
de leurs travaux rejaillissait néanmoins sur la compagnie 
à laquelle ils restaient attachés par l'honorariat. 

Les séances étaient naturellement dirigées par le prési- 
dent ou le vice-président, ou, à leur défaut, par le prési- 
dent honoraire, qui était le plus ancien président de la 
Société. 

Le procès-verbal lu par le secrétaire, la correspondance 
dépouillée, la parole était donnée au membre chargé de 
rendre compte des séances de l'Académie des sciences. 
Ce fut longtemps Bussy qui remplit ces fonctions. Il le 
faisait avec beaucoup de soin, rapportant en détails tout 
ce qui pouvait intéresser la pharmacie (2). Poggiale le 
remplaça en 1875. Cette habitude s'est perdue depuis lors. 

Après l'Académie des sciences, c'était le tour de l'Aca- 
démie de médecine. Boudet en était le rapporteur ordinaire. 

Ces comptes rendus remplissaient généralement une 
grande partie de la séance. Ils donnaient l'avantage d'évi- 
ter des réunions trop écourtées : parfois cependant ils 
. empiétaient un peu trop sur le temps consacré aux com- 
munications personnelles ; et, à plusieurs reprises on dut, 



(1) Coulier (Paul-Jean), né Paris en 182i; reçu dans la Société en 1867; 
président en 1876; mort le 23 juillet 1890. 

(2) Citons en particulier le Compte rendu des trayaux de M. Duquesnel, 
sur rAconitive; de Personne, sur le Chloral, etc., etc. 



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— 288 — 

pour remédier à cet inconvénient, décider qu'ils céde- 
raient le pas aux travaux originaux. 

Il faut observer cependant que le cas ne se présentait 
pas souvent. Bailleurs, à cette époque, moins affairée que 
la nôtre, on était moins disposé à se hâter : les membres 
qui dirigeaient la Société appartenaient à des générations 
où tous les actes de la vie publique, assemblées, examens, 
se faisaient posément et lentement. On était heureux de 
se trouver ensemble, peu pressés de se quitter. 

Chaque année une séance annuelle avait lieu avec la 
séance de rentrée de l'Ecole. Cette réunion rappelait les 
rapports intimes, qui existaient jadis entre la Société et 
TEcole libres, dont Tune était Témanation de l'autre. 
Buignet y faisait généralement le compte rendu des tra- 
vaux ou réloge d'un des anciens membres, ou encore 
Cap (1) venait y lire une de ces intéressantes études his- 
toriques où se révélait à la fois son talent d'érudit et de 
lettré. 

Cette physionomie de nos séances dura, sans beaucoup 
de changements, pendant une dizaine d'années. Cepen- 
dant le noyau principal de la Société avait, peu à peu, 
diminué. 

En 1869 BouUay disparaissait et Robinet le suivait de 
bien près, à moins d'un mois de distance, laissant un vide 
sensible dans le groupe-directeur. Mais ce furent les an- 
nées 1876 et 1878 qui apportèrent les changements les 
plus considérables. 

En moins de deux ans, Buignet, Gobley, Boudet nous 
furent enlevés et dès lors les vieilles traditions firent place 
à un nouveau régime qui prépara l'état actuel. Poggiale put 
venir quelque temps encore, mais dès le commencement 
de 1879, il fut retenu loin des séances par une cruelle ma- 
ladie, qui l'emporta cette même année ; et dès lors Bussy 
resta seul du groupe qui l'entourait jadis. 

Bussy était un esprit libéral : il aimait la jeunesse. 

(1) Cap (Paul-Antoine Gratacap dit), né & Màcon en 1788; reçu pharma* 
cien en 1825; président en 1838; mort le 12 novembre 1877. 



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■— 289 — 

 l'Ecole il défendait ses jeunes collègues contre les 
préjugés des anciens de sa génération ; il fit toujours de 
même à la Société. Je Tai vu bien souvent encourager de 
la voix, du geste ou d'un bienveillant sourire les efforts des 
membres les plus compromis aux yeux de ses vieux amis : 
il applaudissait à leurs recherches, aux procédés nouveaux 
qu'ils voulaient introduire. Sans abandonner ses idées il 
comprenait celles des autres : il n'était pas pour entraver 
ce qu'il pouvait y avoir de légitime dans les nouvelles 
aspirations de la pharmacie moderne. Son esprit, large 
et généreux, se manifesta bien lorsqu'en avril 1876 il pro- 
posa à la Société d'appeler dans une Union scientifique 
tous les pharmaciens de bonne volonté, afin, disait-il, 
de donner un centre à tous ces jeunes gens sortis de 
nos écoles pleins de savoir et se perdant, dispersés et 
faute d'émulation, dans les diverses provinces de la 
France. Sa présence' au bureau de la Société comme pré- 
sident honoraire ne fut donc pas un obstacle au dévelop- 
pement des tendances nouvelles. De tous les représentants 
de l'ancien groupe, c'était celui qui pouvait le mieux se 
prêter à cette évolution naturelle. 

Si j'osais hasarder ici une comparaison entre la Société 
de 1868 et celle de nos jours, je dirais volontiers que nous 
étions alors sous le régime oligarchique, et que nous 
sommes actuellement en pleine démocratie. Nous n'avons 
plus ce pouvoir central concentré entre les mains de 
quelques hommes de mérite. Tous, dans la mesure de nos 
moyens, nous concourrons à la marche de la Société, et 
nous sommes ainsi fidèles à l'esprit du temps, ce qui est 
une grande force, la plus efiBcace de toutes. 

Gardons-nous cependant de trop médire du passé et 
rendons-lui d'autant plus justice que nous n'avons plus à 
craindre son retour. Esquissons pour cela, très rapide- 
ment, ce qu'a fait la Société pendant les dix ou quinze 
années de ce régime, en nous en tenant, bien entendu, 
Bux grandes lignes. 

Le premier fait à signaler est la conception d'un Codex 
international. Cette idée, émise par Dumas dans la pré- 



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— 290 — 

face de la Pharmacopée française de 1866, est reprise au 
Congrès international de Vienne en 1869. Robinet, qui y 
représentait la France, avec Miahle, se charge de sou- 
mettre à la Société de pharmacie de Paris la proposition 
de préparer le travail pour le prochain Congrès. Une 
commission s'en occupe activement ; Boudet y joint une 
préface et le projet est emporté à Saint-Pétersbourg par 
Méhu en 1874. Renvoyé pour examen aux diverses socié- 
tés de TEurope, il revient au Congrès de Londres en 1881, 
où on propose de le réduire singulièrement pour en faire 
une sorte de formulaire international, comprenant seule- 
ment les médicaments les plus actifs. Le rôle de la Société 
finit avec cette décision. 

D'autre part, les pharmaciens se préoccupent des remèdes 
nouveaux, non compris au Codex^ mais que la thérapeu- 
tique introduit chaque jour dans la pratique médicale. Il 
y a grand intérêt à les étudier, à en régulariser les for- 
mules, de manière à ce qu'il y ait sur la matière un peu 
d'uniformité. M. Lefort fait une proposition dans ce sens 
en 1871. Diverses commissions, nommées en 1872, étudient 
avec soin les nouveaux produits cristallisés : aconitine de 
Duquesnel, digitaline de Nàtivelle, et les diverses formes 
de leur administration. Enfin, en 1877, paraît, en un petit 
volume, le résumé des recherches de la Société. 

D'autres commissions se préoccupent des meilleures 
mesures à prendre pour éviter les erreurs causées par la 
substitution d'un médicament à un autre (1), ou encore des 
moyens d'assurer aux malades des médicaments d'une 
qualité et d'une pureté irréprochables (2). 

En môme temps une question se pose à la Société : celle 
des exemens pratiques à demander aux élèves stagiaires, 
pour constater l'eiïicacité de leurs études dans l'officine. 
Votée en principe dans la séance du 5 novembre 1873, sur 
le rapport de Blondeau, elle n'aboutit, après bien des trans- 
formations, à une solution définitive que .le 30 décembre 

(1) Rapport Lebaigue, du 2 octobre 1872. 
. (2) Rapports F. Wûrtz et Lefort, du 3 mars 1873. 



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— 291 — 

1878, par rétablissement de rexamen de validation de 
stage. 

Cependant, un orage plein de menaces s'élevait contre 
la pharmacie militaire. Les projets de réorganisation de 
Tarmée, à la suite de nos revers, avaient appelé l'attention 
sur le service de santé. Les médecins demandaient leur 
autonomie, le commandement de tout le service, et, par 
suite, la subordination du pharmacien. Dans cette question 
capitale, nos confrères de l'armée trouvèrent au sein de 
la Société des soutiens dévoués. Boudet, en présentant à 
une de nos séances un travail de Boucher sur les Rapports 
des médecins avec les pharmaciens militaires^ prend fait et 
cause pour ces derniers, et appuie de toute sa force leur 
chef et défenseur naturel, Poggiale. Puis, quand (1873) le 
gouvernement consulte sur la question l'Académie de 
médecine, Bussy, Poggiale, portent leurs doléances à la 
tribune et par leur parole, par l'énergie de leurs actes, 
appuyés par tous les membres de la section, ils font voter 
l'Académie contre toute subordination du corps pharma- 
ceutique de l'armée. Succès éclatant dû à l'union et à l'en- 
tente cordiale de tous ! 

La même entente, le môme amour de la Société, condui- 
sent aussi à un succès relativement rapide. Marais, Dubail 
et Blondeau, dans leurs revendications pour la reconnais- 
sance d'utilité publique. La demande introduite par Dubail, 
dans la séance de décembre 1876, est mise immédiatement 
à Tétude. Les statuts sont revisés en avril 1877, et en no- 
vembre de la même année, le résultat est acquis, grâce aux 
efforts méritoires de la commission. 

Enfin, c'est de la Société, à la suite du rapport de Gobley 
sur la proposition Bussy, qu'est émanée V Union scienti- 
fique des pharmaciens de France, dont la vie a été trop éphé- 
mère, mais dont la conception fait honneur au cœur et à 
l'intelligence de son fondateur Bassy. Dans sa courte exis- 
tence, cette union a rendu plusieurs services. Elle a publié 
des travaux intéressants, présentés par ses membres ou 
ses lauréats (Bussy ayant fondé un prix qu'il renouvelait 
annuellement). Elle a mis en contact quelques centres 



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— 292 — 

importants dispersés aux quatre coins de la France, et il 
n'a pas dépendu d'elle de multiplier encore ces rapports et 
de rapprocher les unes des autres les Sociétés principales 
de tout le pays. 

Si nous ajoutons à ces résultats d'ensemble les nombreux 
travaux publiés par les membres dans toutes les directions 
de la pharmacie, les encouragements donnés chaque 
année aux thèses présentées par les élèves de l'Ecole, on 
verra que cette période a été vraiment féconde. Nous n'a- 
vons pu qu'en donner la physionomie générale et esquisser 
les grands traits de son histoire. D'autres viendront après 
nous qui la reprendront dans les détails et pourront dire 
dans quelle mesure nous en avons été les dignes continua- 
teurs. Il ne nous appartient pas de parler de choses aussi 
actuelles. 

Nous voulons seulement terminer par une réflexion, qui 
nous est bien permise, parce qu'elle n'est que la consta- 
tation d'un fait. 

Sous le régime de la concentration du pouvoir, le nombre 
des membres restait relativement restreint : la limite de 
soixante n'était jamais atteinte. De nos jours, les candidats 
affluent; ils se pressent à la porte, que nous voudrions pou- 
voir leur ouvrir plus largement. C'est un symptôme que 
nous ne pouvons pas, je crois, interpréter à notre désa- 
vantage, et qui doit nous donner confiance dans le présent 
et espoir pour l'avenir. 



BIBLIOGRAPHIE 



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Maquenne : Sur les azotures de baryum et de strontium. — J. Ville : Trans- 
formation dans réconomie de l'acide sulfanilique en acide salfanilocarbonique« 
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très diluées ; applicatiop au sucre de canne. — Scheurer-Keainer : De la 
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Recherche de l'huile de camphre employée comme falsification. — HamiUon : 
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la gomme de Kauri. E. G. 

— Septembre 1891. — Petsche : Le chevretain porte-musc ; Sur le kou- 
mis; Origine de la banane (d'après Goldthwaile's Geographical Mag,); 
Tuberculine ; Fermentation. — Fowler : Méthode facile pour faire le sirop 
simple ; Pipcrazine, nouveau dissolvant de l'acide turique ; Piperazine et 
spermine (d'après London Correspondence in American Pract. and 
News) ; Opium. — Crescent : Un haut fourneau pour la production du fer 
dans le Midi. — Wilson : Expériences sur l'huile de Wintergreen. E. G. 



The ChemicalH ew8, n" 1658 à 1661, septembre i99\. --Wemer: Note 
sur la préparation de thiocarbamidcs disubstituées benzéniques en partant 
d'aminés primaires et de disulfure de carbone. — Hazen et Clark : Sur le 
dosage des nitrates dans l'eau (d'après Journal of Analytical and Applied 
Chemistry), — Tûmes: Sur la cause des imperfections que présente la sur- 
face des alliages de cuivre laminé. — Ludborough : Action du chlorure de 
nitrosile sur les composés du carbone non saturés. — Moor : Une nouvelle 
méthode pour l'utilisation des eaux d'égout, avec quelques considérations 
-sur les procédés actuellement employés. — Wanklyn et Johnstone : Sur 
la nature de la solution (suite). — Warren : Progrès dans les manipula- 
tions chimiques. — Griffiths : Sur l'absorption directe des sels ammo- 
niacaux par certaines plantes. — Lewes : L'inflammation spontanée du 
charbon. — Jenkins : Note sur l'électrolyse des alliages. — Carnegie : Note 
préliminaire sur le tétroxyde de soufre de Traube. — Warden : Note sur 
la composition des cendres de Achyranthes aspera, L« E. G. 



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— 294 - 

— N"* 1662 à 1866, octobre i89i. — Thompson: Sur le didymium de 
différentes sources. — Stokes : Sur une preuve optique de Texislence de 
matière en suspension dans les flammes. — Iwes : Héliochromie du 
professeur Lippmann. — W. Thomson et Fr, Lewis : De Taction sur 
le rouge indien de différents métaux, sels métalliques, acides et agents 
oxydants. — Adency et Shegog : Sur une combinaison des méthodes 
par voie sèche et par voie humide en analyse chimique. — Allen : Sur la 
réaction des glycérides en présence des alcalis en solution alcoolique. — 
Ross : L'origine du pétrole. — Willard et Failyer : Un nouvel appareil à 
épuisement avec siphon en verre. — Drown et Me Kenna : Le dosage direct 
de l'aluminium dans le fer et dans l'acier. — Mason : La méthode au cap- 
bazol pour le dosage des nitrates dans Teau. — Warren : Note sur Tinfluence 
de la lumière sur les gaz explosifs et les composés instables. — Gooch et 
Danncr : Une méthode pour la séparation de l'antimoine et de l'arsenic par 
l'action simultanée des acides chlorhydrique et iodhydrique. — Wilson : Le 
dosage de l'alcali combiné dans le savon. — Walles : Propriétés des préci- 
pités. — Newth : Un nouveau procédé de laboratoire pour la préparation de 
l'acide bromhydrique. — Redwood : Commentaires sur la note de M. Ross 
sur l'origine du pétrole. — Afoor ; Sur un générateur à gaz simple. — 
Hillebrand : Sur la présence de l'azote dans l'uraninitc et la composition de 
l'uraninitc en général. — Allen : La constitution du beurre. E. G. 



Pharmaceutical Journal and Transactions, n°' 11 15 à 1122, novembre 
et décembre. -T- Green : Évolution de la fleur. — Ellwodd : Les réactions 
indiquant la pureté des drogues naturelles et des produits chimiques données 
dans la Pharmacopée. — Holmes : Une fausse racine de Pyrèthre. — Um^ 
ney : Teinture dlpécacuanha. — HarrUon : Formule de la benzine. — 
Sage : Résultats de l'analyse de quelques poudres de Sedlitz. — EUtcood : 
Pyrotechnie. — Umney : L'importation des produits chimiques étrangers. — 
Wardleworlh : Sur les récentes falsifications des drogues. — Cowie : Un 
bon réactif des oxydes et des hydrates. — Du même : Note sur l'acide tar- 
trique. — Dymond : L'existence d'un alcaloïde mydriatique dans la laitue.— 
Umney : Sur le copahu africain. — Williams : Drogues et préparations en 
usage dans l'art dentaire. — Farr et Wright : Action dissolvante de l'alcool 
k différents degrés de concentration sur quelques drogues employées à l'ob- 
tention des teintures pharmaceutiques (suite), — Park : Chimie de la pho. 
tographie. — Whilley Méfait : Une forme de nitromètre. — Gamett : Solu- 
tions. — Huile de Sassafras (d'après Oit Paint and Drugg. Reporter), — 
Culture de plantes médicinales au Japon. — Sherlock : Formules et dia- 
grammes employés dans la description des fleurs. — Duncan : Note sur une 
mixture au bismuth. — Du même : Note sur un minerai de manganèse. — 
Du même : Poudre commerciale de potée d'étain. — Du même : Solubilité 
du trisulfure d'arsenic dans l'eau. — Lothian : Note sur une solution de 
chlorhydrate de cocaïne. E. G, 



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— 295 — ■ 

Agenda du Pharmacien- chimiste, par M. A. Bouriez, pharmacien de 
l» classe et licencié es sciences naturelles. — Un vol. cartonné, prix : 4 fr. ; 
Rueff et C'*, éditeurs, 106, boulevard Saint-Cermain, Paris. 

Cet ouvrage se divise en quatre parties ; Documents techniqueSy Phar- 
maciey Documents Physico-chimiques et Analyses spéciales, La plupart 
des renseignements qui peuvent intéresser le pharmacien, s'y trouvent heu- 
reusement condensés, tantôt sous forme do tableaux récapitulatifs, tantôt par 
ordre alphabétique. 

Nous ne lui ferons qu'une légère critique : La valeur de ces sortes de 
manuels, destinés à épargner des recherches pénibles èi ceux qui s'en ser- 
vent, dépend de l'exactitude des chiffres qu'on y trouve consignés. A cet 
égard, on peut conseiller et l'auteur de rajeunir quelques tableaux dans la 
seconde édition, qui certainement ne se fera pas attendre. £m. B. 



VARIETES 



Rapport sur V organisation de renseignement phar^^maceu- 
tique à la Faculté mixte de médecine et de pha?*macie de Tou^ 
louse, présenté à l'assemblée de la Faculté, au nom d'une 
commission composée de : MM. Caubet, Frébault, 
DuPUY, rapporteur, Br/emer, Marie, Gérard. — La com- 
mission a l'honneur de proposer à l'assemblée les conclu- 
sions suivantes : 

1° Il est nécessaire d'organiser à la Faculté mixte de mé- 
decine et de pharmacie de Toulouse l'enseignement de la 
physique, de la botanique, de la zoologie, spécialement 
destiné aux étudiants en pharmacie; de donner à cet 
enseignement un caractère nettement professionnel ; de le 
confier à des professeurs de la Faculté de médecine et de 
pharmacie possédant les titres demandés par les règle- 
ments universitaires ; 

2° Il importe de fortifier les études pharmaceutiques par 
une préparation scientifique qui serait donnée, avec 
réduction de stage, pendant une année, à la Faculté des 
sciences, aux aspirants aux diplômes de pharmacien de 
!'• et de 2* classe. Cette année préparatoire devrait être 
faite par les futurs étudiants avant leur entrée dans une 
officine. 

Ces conclusions ont été adoptées à l'unanimité par Tas- 



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•- f 



— 296 — 

e de la Faculté de médecine et de pharmacie de 
ise, dans la séance du 17 juillet 1891. 



de médecine et de pharmacie d'Angers. — M. Thézée (Henri- 
Iharles-Louis), pharmacien de 1** classe, est institué, pour une pé- 
neuf ans, suppléant de la chaire d'histoire naturelle à l'Ëcole pré- 
de médecine et de pharmacie d'Angers. 



de médecine et de pharmacie de Reims. — M. Mouflier, chef 
LUX physiques et chimiques à Técole préparatoire de médecine et de 
e de Reims, est chargé, ou outre, pendant Tannée scolaire 1891-1892, 
ions de suppléant de la chaire de pharmacie et matière médicale à 
)le. 



FORMULAIRE 



)8ition du mycothanaton, d'après M. Âd. Jolies (1). — Le Myco^ 
i (tiOxiric, champignon. Oivaxoç, mort) est une préparation préconisée 
tbattre le champignon qui s'attaque aux poutres des caves, celliers 
lumides, le Merulius lacrymans (Wulf.) (mérule destructeur). Cette 
on renferme, outre un peu d'eau, beaucoup de goudron de bois et 
res d'hydrogène, les substances actives suivantes : 

Sulfate de cuivre 1,5 p. 100 

Huiles de goudron (créosote et homologues). 22,5 — 

sert de cette préparation pour enduire les bois de charpente, 
ilysen einigen diversen « specialitaten ». Pharm. PosL, XXIV, p. 972, 



Le Gérant : Q. MA880N. 



PARIS. — mP. G. MAfiPON BT B. FULMIUAIOH, RDI RAOIIB, 26. 



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— 297 — 



TRAVAUX ORIGINAUX 



Notice sur J. CLARION, naturaliste, 
professeur à F École de pharmacie, 1819 à 1844; 
par M. Chatin 

Jacques Clarion naquit, le 12 octobre 1776,à Saint-Pons- 
de-Seyne (Basses-Alpes), entre les chaudes plaines de la 
Provence et les cimes neigeuses des Alpes, dont les riches 
flores éveillèrent de bonne heure en lui la passion de la 
botanique. 

Il fit ces études au collège d^Embrun, alors en renom 
pour la force des classes. A Tâge où Ton n'aspire qu'après 
les loisirs et les jeux, le jeune Clarion ne quittait la classe 
que pour remplir ses livres de toutes les fleurs qu'il pou- 
vait se procurer et qu'il commença par classer d'après les 
noms vulgaires. 

Les vacances arrivées, toutes ses journées se passaient 
en courses dont la botanique était l'objet exclusif. Souvent 
il lui arriva d'être surpris par la nuit sur des montagnes 
trop éloignées du toit paternel pour qu'il put, avant l'aube 
du jour suivant, mettre un terme à la mortelle inquiétude 
de ses parents. Toutes ces excursions, qu'il entreprenait 
seul, n'étaient pas sans dangers, et les bivouacs, qu'il eut 
voulu renouveler chaque nuit afin d'être rendu de plus 
grand matin sur le terrain de ces explorations, n'avaient, 
heureusement, aucune prise sur une organisation si ro- 
buste qu'elle devait, durant soixante ans, défier toutes les 
fatigues. 

Un pharmacien de son voisinage, à qui la flore de ses 
régions était familière, donnait au jeune Clarion d'utiles 
indications sur les localités. 

Celui-ci aimait à raconter que souvent, au retour des 

Jaurn. it Phêm, et iê Ckim., 5« séiue, t. XXV. (15 mars 1892 } 20 



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— 298 — . 

herborisations, son voisin offrait de nommer les espèces 
recueillies, mais qu'il s'y refusait, — excepté pour un 
petit nombre de cas difficiles, — voulant se mieux graver 
les noms dans sa mémoire par la peine même qu'il 
mettait à les trouver. Ne nous étonnons donc pas si Cla- 
rion fut l'homme de son temps le plus ferré sur les noms 
des plantes, comme sur les localités. 

Lorsque les grandes guerres de la République appe- 
lèrent toute la jeunesse française sur les frontières, Cla- 
rion se fit agréer comme chirurgien militaire, et passa les 
Alpes au grand Saint-Bernard, non sans faire bonne pro- 
vision de fleurs qu'il rencontrait pour la première fois. 

Après avoir assisté à plusieurs combats et au siège de 
Hantoue, il recouvra, après le traité de Campo-Formio, 
assez de liberté pour faire de la botanique dans le Tyrol et 
ristrîe. 

Bientôt après, donnant la préférence aux champs de la 
science sur les champs de batailles, il rentrait à Paris 
pour y étudier, à la fois, la médecine et la pharmacie. 

Ayant remporté à la Faculté de médecine les prix de 
chimie et de botanique, il fut attaché au laboratoire de 
Dey eux. Entraîné quelque temps dans le grand mou- 
vement chimique, qu'avaient surtout préparé les décou- 
vertes du pharmacien suédois Scheele et à qui Lavoisier 
donnait les premières lois, Clarion lui paya son tribut, 
mais pour revenir bientôt à sa botanique bien-aimée (1). 

En 1803 et en 1805, il obtenait, à la suite de brillants 
examens, d'abord le titre de docteur en médecine, puis 
celui de maître en pharmacie. 

Ses goûts l'éloignaient autant de la pharmacie pratique 
que de la clientelle médicale, aussi ses maîtres, les chimis- 
tes Vauquelin et Deyeux, les médecins Corvisart et Hallez, 
qui l'affectionnaient, lui' procurèrent-ils la charge, plus 
conforme à ses goûts, de directeur de la Pharmacie împé- 



(t) Les exemples ne sont pas rares, en médecine et surtout en pharmacie, 
oii les études ont pour fondements la botanique et la chimie, de savants 
ayant partagé leurs labeurs entre ces deux sciences. 



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— 29D — 

riale du palais de Saint-Cloud, qui allait lui permettre 
connaître, dans tous ses replis, Tintéressante florale des bc 
de Saint-Cloud, deGarches, de Versailles et de toute la r 
gion de Paris. 

Lorsque la France, épuisée par ses victoires, fut envali 
par l'étranger, la pharmacie du palais de Saint-Clo 
avait des approvisionnements que les inventaires portaie 
à 150.000 francs, et que le trop fameux Blûcher vouli 
tout naturellement, faire porter dans ses ambulance 
mais, par une attitude énergique, puisant sa force dans u 
honnêteté restée légendaire, Clarion sauva le dépôt de 
il avait la garde. 

A la rentrée des Bourbons, il attendait, ses comptes bi 
alignés, un successeur, quand M. de Duras vint lui d 
que Louis XVIII priait le savant et intègre pharmacien 
palais de rester à son poste. 

Mais bientôt Clarion voulut se désister d'un titre, rei 
sans fonctions, par suite de l'abandon , par le roi, de Ta 
cienne résidence impériale. 

Il revint tout entier à ses étudea favorites de botaniqi 
parcourant de nouveau, durant plusieurs années, ces Alj 
de la Provence et du Dauphiné qui avaient charmé 
jeunesse. 

Ses amis le rappelèrent à Paris où, en 1819, il était ( 
signé par l'Ecole de pharmacie et par l'Institut pour re 
plir dans celle-ci la chaire de botanique rurale qu'il dev 
occuper jusqu'à sa mort. En 1822, il était nommé meml 
de l'Académie de médecine et, en 1823, professeur d'h 
toire naturelle à la Faculté de médecine. 

Deux grandes chaires à Paris, c'était plus que son a 
bition n'avait jamais rêvé; ce n'était pas au-dessus de < 
forces et de son mérite. 

A la fois chimiste et botaniste, suffisamment anatomis 
familiarisé avec la matière médicale et la thérapeutiqi 
Clarion fit à la Faculté, jusqu'en 1830, d'où un mouvem( 
politique l'éloigna en même temps que Récamier, el 
les leçons les mieux appropriées aux besoins des élèves 



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— 300 — 

Mais c'est à l'École de pharmacie que le bon et savant 
maître put se livrer tout entier à la botanique. 

Chargé à la fois d'enseigner la botanique systématique 
et de diriger les herborisations, il acquit bientôt, dans 
celles-ci surtout, un juste renom (1). 

A l'amphithéâtre, sa diction chaude et colorée, la com- 
paraison ingénieuse du caractère de familles, des aperçus 
neufs et hardis qui ouvraient à ses jeunes auditeurs des 
voies de recherches, sa clarté qui découle de la possession 
complète du sujet, tout, jusqu'à l'accent provençal qu'il 
avait religieusement conservé, soutenait l'attention, faisant 
trouver bien courte la leçon d'une heure. 

Mais c'était aux herborisations que Clarion se montrait 
dans toute sa supériorité. Sur ce terrain, il était, de l'aveu 
de tous les botanistes de son temps, le primus iniei' pares^ 
ce dont on ne s'étonnera pas en se rappelant que la re- 
cherche des plantes et leur détermination l'avaient occupé 
dès l'enfance, et que son ardeur dans ce genre d'études 
était servie par une grande intelligence et une organi- 
sation des plus robustes. D'une perspicacité à laquelle 
aucun détail n'échappait, Clarion distinguait sûrement, 
du premier coup d'œil, une espèce de ses congénères les 
plus voisines. 

Comme aux Jussieu, aux Richard et à tous les profes- 
seurs de botanique rurale, passés, présents et futurs, il 
arriva assez souvent que des élèves lui présentèrent à 
nommer des plantes fabriquées par eux avec les fleurs, 
feuilles et tiges d'espèces différentes; il s'amusait beau- 
coup de ces innocentes plaisanteries auxquelles, — plus 
heureux que d'autres, — il ne se laissa jamais prendre. 

Un jour d'herborisation, au bois de Boulogne, on lui 
présente, comme venant d'y être cueilli, un pied de Cen-- 
iaurea sohlUtalis. « Monsieur, dit-il, vous êtes venu par la 



(1) La chaire d^organographie et physiologie était occupée par Louis- 
Dominique Guiart (3* de sa dynastie), qui publia en 1821 la classification du 
Jardin botanique, mélange de la méthode naturelle et de celle de Toumefori. 



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— 301 — 

plaine du Point-du-Jour (1) ». Puis, il ajouta : « Que j'ai 
plaisir à voir cette plante aux fleurs d'or, ici bien rare, 
et que souvent j'ai récoltée en Provence. » 

Une autre fois, c'était aux étangs d'Enghien, un élève 
s'approche tout mouillé du professeur, à qui il présente le 
rare Btppuris vulgaris, qu'il vient, dit-il, de cueillir dans 
le lac, « Monsieur, dit M. Clarion en éclatant d'un gros et 
franc rire, vous en serez pour la peine d'avoir apporté 
celte plante du Jardin botanique et pour votre bain sul- 
fureux (2). » 

Correspondant de Villars pour la flore du Dauphiné, de 
Lamarck et de CandoUe pour la flore de France, de Thuil- 
lier à qui il communiqua, en particulier, le Wahlenbergia 
hederacea, le Juncus eyncetorum de Saint-Léger, le Sclrpm 
floritam de Saint-Germain, le ûulbacasternum de Ville- 
d'Avray, etc., pour la flore de Paris ;. Clarion est incontes- 
tablement l'un des hommes de son temps qui ont le plus 
contribué à faire connaître les plantes de notre pays. 

Il écrivait peu. Cependant on a de lui : une Thèse $ur les 
Rhubaî'bes exotiques et indigènes^ un Mémoire sur les liquides 
contenus dans V estomac de l homme, un Mémoire sur les prin- 
cipes odorants des ictériques et une Étude sur les eaux dis- 
ailées des plantes irradières. Mais tout s'efface devant les 
services rendus à la botanique par le goût qu'il sut ins- 
pirer à de nombreuses générations d'élèves pour la science 
qui fit le bonheur et fut Thonneur de sa vie. 

Très dur pour lui-même, Clarion était d'une grande ten- 
dresse pour ses élèves, qu'il aida maintefois de sa bourse 
dans les herborisations, de plusieurs jours alors, de Fon- 
tainebleau, de Rambouillet et aussi de Montmorency. 

Il était d'une grande piété, ce qui fit dire à Napoléon : 

(1) Le Centaurea solstitialUy plante méridionale, se rencontre parfois 
dans les plaines des environs de Paris, où il a été apporté avec les blés de 
semonce. Je i'ai plusieurs fois rencontré dans la plaine, au sol sec et brûlant 
da Point-du-Jour. 

(2) On sait que Teau du lac est rendue sulfureuse par la réduction du sul- 
fate de chaux au contact de matières tourbeuses. 



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— 302 — 

« Clarion ferait sa prière devant le front des troupes en 
bataille. » 

Comme tant d'hommes intelligents, de généreuse et sen- 
sible nature, Clarion fut pris d'une maladie de cœur à la- 
quelle il succombait le 20 septembre 1844, à Garches, dans 
la belle propriété qu'il ne quitta, durant trente ans, que 
pour les devoirs de son enseignement, emportant l'estime 
de tous et les vifs regrets de ses élèves, parmi les plus 
dévoués et les plus reconnaissants desquels compte celui 
qui écrit ces lignes et qu'il avait appelé à le seconder 
dans l'herborisation dès Tannée 1843. 

Clarion n'avait qu'un fils, bien longtemps sous-préfet de 
Sâint-Sever, où il mourut jeune, unanimement regretté 
de ses administrés. 



Documents analytiques pour V étude du thé et du café; 
par MM. A. Domergue et Cl. Nicolas, pharmacien-major. 

Les résultats que nous indiquons dans cette note sont 
ceux que nous avons obtenus au cours de nos recherches 
sur les dilTérents échantillons de thés et de cafés que nous 
avons étudiés en 1890 et 1891. Notre travail a fait l'objet 
d'une communication à la section de chimie du Congrès 
pour l'avancement des sciences (session de Marseille, sep- 
tembre 1891). 

Notre attention s'est particulièrement portée sur les thés 
noirs dont nous avons pu nous procurer un certain nombre 
d'échantillons d'identité indiscutable. Nous ne pouvons 
malheureusement en dire autant des thés verts dont la 
variété, dite « thé hyson », nous a seule donné des types 
d'authencité certaine. 

L'examen physique des feuilles nous ayant démontré 
pour chacun des échantillons, que nous avions bien entre 
les mains des feuilles du thea ckinensis, nous avons procédé 
à l'analyse chimique en effectuant les dosages suivants: 

1*> De l'eau; 



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— 303 — 

2* Des matières minérales fixes ; 

3<^ De la quantité de matières solubles dans les cendres 
ci-dessus obtenues ; 

4° De la théine ; 

5* De rextrait à Teau bouillante ; 

6* Des cendres sulfuriques ; 

7** Du manganèse dans les cendres ci-dessus. 

Avant dlndiquer les résultats nous allons d'abord dire 
un mot du mode opératoire employé pour les obtenir. 

Dosage de Veau, — La prise d'essai employée à ce dosage 
devant ultérieurement servir à la détermination du poids 
des matières minérales^ nous avons opéré sur les feuilles 
préalablement pulvérisées, les feuilles entières pendant 
l'incinération augmentant considérablement de volume et 
pouvant passer par-dessus les bords de la capsule. La 
dessiccation a eu lieu à + 100*. 

Incinération, — A part ce que nous venons d'indiquer, 
l'incinération au four à moufle se fait comme pour toutes 
les autres substances végétales. Nous avons noté la couleur 
des cendres et les avons épuisées par Teau bouillante. Le 
résidu sur filtre incinéré à nouveau donne le poids de 
cendres insolubles. Par différence on a les cendres solubles. 
La coloration de la solution filtrée a été notée. 

Dosage de la théine. — Nous avons pour ce dosage em- 
ployé un procédé qui nous paraît être un perfectionnement 
réel de ceux employés jusqu'à ce jour. L'avantage de 
notre méthode consiste surtout dans sa rapidité et dans 
la pureté du produit obtenu. 

On prend S»'' de feuilles de thé grossièrement pulvérisées 
que Ton fait bouillir pendant quelques minutes dans 50 à 
60«' d'eau distillée. A cette liqueur bouillante et fortement 
colorée, on ajoute 100" d'une solution d'acétate mercu- 
rique à 3 p. 100; après une nouvelle ébullition de quelques 
instants, on jette le tout sur filtre mouillé, et Ton épuise 
par l'eau bouillante jusqu'à ce que l'eau de lavage passe 
incolore. On obtient en tout environ 300" de liquide que 
Ton évapore au bain-marie. Dès que le volume du liquide 
évaporé atteint 20 à25« on ajoute 2»' de magnésie calcinée 



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— 304 — 

et une quinzaine de grammes de verre pilé ou de sable 
quartzeux calciné et lavé. Le mélange est desséché com- 
plètement au bain-marie et la masse obtenue est épuisée 
dans l'appareil de Soxhlet au moyen d'un mélange à poids 
égaux de benzine et de chloroforme. 

Le dissolvant évaporé laisse la théine blanche, mais 
amorphe, souillée seulement par une très faible quantité 
de matière cireuse. Cette quantité est du reste si faible 
qu'on ne peut la négliger. En effet, si Ton reprend par 
un peu d'eau bouillante 1b produit blanc provenant de 
l'évaporation du dissolvant mixte, il se dissout presque 
entièrement, cristallise par refroidissement et accuse à la 
balance un poids à peine différent de celui de la matière 
amorphe. 

^^TOis ou quatre heures suffisent pour mener à bien cette 
opération, d'autant plus que Ton peut sans inconvénient 
évaporer à feu nu la majeure partie des 300". 

L'extrait à l'eau bouillante se fait sur 2»' de feuilles que 
Ton épuise complètement par l'eau. Le résidu pesé après 
dessiccation donne par différence le poids de matières solu- 
bles. Il faut avoir soin de rendre par le calcul aux feuilles 
épuisées la quantité d'eau qu'elles perdent à -f 100**. 

Les cendres sulfurigues peuvent se faire avec les feuilles 
entières, qui dans ces conditions ne foisonnent pas. Elles 
nous ont servi pour le dosage du manganèse, nous mettant 
ainsi à l'abri de toute trace de chlore nuisible à la réaction 
colorée d'Hoppe Seyler, que nous avons employée. 

Pour doser le manganèse^ nous introduisons dans un tube 
à essai jaugé à SO^^^'les cendres sulfuriques de deux grammes 
de thé, nous y ajoutons l«'"de peroxyde de plomb, 5*^** d'acide 
azotique et après ébuUilion, nous complétons le volume 
à 50*« avec 2. s. d'eau distillée. La coloration rose violacée 
du liquide devenu limpide par décantation est comparée 
à celle de solutions types titrées de permanganate de 
potasse. 

Nous résumons sous forme de tableau les résultats de 
nos diverses opérations : 



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— 305 — 



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Verdàtres . . 
Gris verdàtre 
Blanc verdàtre 
VeiHiàtres . . 
Vert malachite 

Id. 
Gris verdàtre 
Vert malachite 
Blanc verdàtre 
Vert malachitt 
Gris vert. . . 

Id. ... 
Vert malachite 
Gris vert. . . 

Id. ... 
Gris rosé. . . 
Gris noirâtre. 

Id. 


i § 




8î?5S?2S^Sg'5Sg»SS2S8 




£ 2 


«ifl«0COJ0a0aO»O>fl«0a0iflifl>OJOçscOifl 


EAU 

p. 100 


OO" oT o" o o" o" cT 03 o" oT oT *n" ^ » 00* oT « cT oT 


SORTES 
commeroiales. 


1 


::::::::•::::::::•: 


Fleurs de Pekoe l'" 
Id. Id. 2— 
Gongou Manning . 
Pekoe Congou i" . 
Pekoe Orange 1" . 
Souchong extra 1" 
Pekoe Congou 2'". 
Souchong extra 2"'' 
Congou extra 1"' . 
Souchong Java. . . 
Souchong extra S"" 
Souchong supérieur 
Pekoe Orange 2™ . 
Souchong superfin. 
Souchong surfin . . 
Souchong fin . . .. 
Congou extra S™".. 
Congou fin 


PRIX 
approxi- 
matifs 
du 

kilogr. 


^8 8 8 8 s s s. - 8.3.3,5,2.8 S.gS.8 " 

À Qo" oô' »-" r-" co* co" co" «O wd" jo arT rt »fl •* «V* •* •* •* •* 



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— 306 — 

ressort de l'examen de ce tableau les faits suivants : 

Contrairement à ce qui a été affirmé jusqu'à présent^ 
ineur en théine est en rapport avec la valeur commer- 
3 des thés noirs sans en être cependant strictement 
>ortionnelle ; 

Le chiffre des cendres normal peut atteindre et même 
isser légèrement 6 p. 100. Ces cendres doivent être 
es. La solution de la partie soluble des cendres dans 
1 bouillante verte dabord passe rapidement au rose 
acé avant de se décolorer ; 

La proportion d'eau varie de 8,76 à 11,76, soit 10 p. 
en moyenne ; 

La quantité de matières solubles dans Peau est très 
able, elle passe de 29,35 à 55,73 pour des sortes mar- 
ades. 

ous considérons les trois derniers échantillons comme 
nt été préalablement épuisés : les cendres de ces trois 
\ ne sont pas vertes, traitées par Teau elles donnent de 
e des solutions incolores et non rosées comme les 
nés sortes. On peut donc conclure de ces expériences 

le manganèse contenu dans les feuilles de thé y est 
itat de sel soluble ; en effet, si on traite pai' l'eau les 
lies de thé, elles ne donnent plus à l'incarcération de 
ires vertes ; les cendres obtenues ^ont grises et sous 
ion de l'eau bouillante elle donnent une solution 
flore. 

notre avis, on doit considérer comme de mauvaise 
lité un thé noir ayant une teneur en théine inférieure 

p. 100 ; des cendres qui ne seraient pas colorées en 

et qui donneraient par l'action de Teau bouillante une 
tion incolore et un résidu insoluble égal ou supérieur 
»oids des cendres solubles. 

ous continuons les mêmes recherches sur les thés v^rts 
is cafés. 



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— 307 — 
REVUE DES TRAVAUX PUBLIÉS RÉCEMMENT 

SUR LES PRINCIPES IMMÉDUTS CONTENUS DANS LES VÉGÉTAUX 

Par M. Em. Bourquelot 

Depuis quelques années, les chimistes paraissent re- 
venir à Tétude des principes immédiats contenus dans les 
végétaux, étude qui avait été délaissée un peu partout 
pour des recherches de chimie organique pure. Cette nou- 
velle tendance, qu'expliquent les perfectionnements ap- 
portés dans l'outillage des laboratoires et la découverte 
de nouveaux réactifs, se traduit principalement par la 
reprise des analyses effectuées depuis le commencement 
du siècle. 

Ces travaux de revision ont déjà conduit à des résultats 
importants. Les lecteurs du Jouvnal n'ont qu'à se rappeler, 
pour s'en convaincre, les intéressantes recherches d'Ernest 
Schmidt de Marbourg et de ses élèvessur les alcaloïdes des 
Solanées, des Papavéracées et des Berbéridées (1). 

Le travail que nous allons résumer en premier lieu, est 
lui-môme un travail de revision: il a pour objet Tétude 
chimique d'une drogue connue depuis fort longtemps, la 
noix d'Arec, et cependant l'auteur, M. E. Jahns, pharma- 
cien à Gœttingue,,a réussi à extraire de cette drogue cinq 
alcaloïdes bien caractérisés. 



Les alcaloides de la noix d*Arec; par M. E. Jahns (2). — 
La noix d'Arec aété analysée pour la première fois, en 1822, 
par Morin (de Rouen) (3) qui a retiré de cette drogue du 
tannin, de l'acide gallique, une substance amère, une ma- 
tière colorante rouge, une huile essentielle, une huile 
grasse, de la gomme, du ligneux et différents sels. 

(1) Soir Joum. de Pharin. et de Chim, [5], XVil, p. 515; XVUI, p. 64, 
497, 499, et-. 

(2) Ueber die Alkaloide der Arekanuss. ^rc/i. cfer Pharm. [3], XXIX, 1891, 
p. 669. 

<3) Journ. de Pharm. y VlIT, p. 449. 



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— 308 — 

Ce n'est que cinquante ans plus tard qu'il en fut fait 
une deuxième analyse par Flûckiger et Hanbury. Ces 
pliarmacologistes retirèrent de la noix d'Arec, épuisée suc- 
cessivement par Téther, Talcool et Teau, une matière grasse 
(14 p. 100) composée de laurine et de myristine, une 
matière tannique rouge (14,77 p. 100), amorphe, à peine 
soluble dans Teau froide ou chaude et une matière mucila- 
gineuse précipitablepar Talcool. Les cendres renfermaient 
de l'oxyde de fer et du phosphate de magnésie. En même 
temps, ils établirent que les noix d'Arec ne renferment pas 
de catéchine et que, en conséquence, l'extrait qu'on en 
retire, qui d'ailleurs ne se vend pas dans le commerce 
européen, diffère du cachou de l'Acacia. 

En 1886, Bombelon signalait le premier, dans la noix d'A- 
rec, la présence d'un alcaloïde liquide, doué d'une grande 
activité physiologique. Mais ce n'est que trois ans plus 
tard, en 1889, qu'il donna la méthode qui lui avait servi à 
isoler cet alcaloïde qu'il avait désigné sous le nom mal 
choisi à'arécane. A cette époque, déjà, Jahns avait publié 
les premiers résultats de ces travaux sur ce sujet. Il avait 
réussi, de son côté, à isoler l'alcaloïde liquide de Bom- 
belon, et lui avait donné le nom meilleur à'arécoline dont 
la terminaison rappelle la consistance liquide. Outre l'aré- 
coline, Jahns avait retiré de la noix d'Arec deux autres 
alcaloïdes : Varécaîne et un corps qu'il a reconnu plus tard 
être de la choline. Depuis lors, il a encore isolé Varécaîdine 
et la guvacine. 

Dans un article paru en 1889 (1), nous avons indiqué le 
procédé employé primitivement par Jahns pour extraire les 
trois premiers de ces alcaloïdes, et nous avons donné quel- 
ques-unes des propriétés de ces corps; mais l'auteur ayant 
apporté d'importantes modifications à sa méthode et ayant 
soumis à de nouvelles études les composés découverts par 
lui, il nous parait utile de résumer le mémoire considérable 
qu'il consacre aujourd'hui à la description de ses recherches» 
sans tenir compte de ce qui a été publié antérieurement. 

(I) Journ, de Pharm. et Chim. [5], XX, p. 21, 1889. 



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— 309 — 

Les noix d'Arec pulvérisées grossièrement sont épi 
à deux reprises par de Teau froide additionnée ( 
d'acide sulfurique concentré pour l'^*' de semences 
liquides rassemblés et filtrés sont évaporés jusqu'à c 
leur poids soit égal à celui des noix traitées. On fill 
nouveau, on ajoute de Tacide sulfurique très étendu 
précipite avec une solution d'iodure de potassium 
bismuth. Le précipité rouge brique que l'on obtient 
est d'abord lavé à deux ou trois reprises, puis cha 
l'ébullition dans de l'eau tenant en suspension un exi 
carbonate de baryte. On filtre, on évapore le liquide 
jusqu'à consistance sirupeuse, on ajoute un excès de 
tion de baryte caustique concentrée et, immédiate: 
on agite avec de l'éther- La solution éthérée ren 
Varécoline qu'on obtient, après évaporation du dissoi 
sous la forme d'une huile légèrement colorée. 

On dilue avec de l'eau le liquide épuisé par l'éthc 
neutralise avec de l'acide sulfurique, on chauffe 
ajoute du sulfate d'argent de façon à précipiter la to 
de riode. On filtre, on enlève l'argent qui reste par 
drogène sulfuré, après quoi on précipite soigneuse 
l'acide sulfurique avec de l'eau de baryte et on év 
presque à sec. Le produit renferme les quatre autres 
loïdes. La choline seule étant soluble dans l'alcool froi 
l'enlève à l'aide de ce dissolvant et il reste un r 
renfermant Varécaïdine, Varécaine et le guvacine qu: 
ensuite séparées à l'aide de réactifs appropriés (vc 
mémoire original). 

Choline. — Cet alcaloïde, dont on a constaté la pré 
dans un grand nombre de plantes, est ici en très U 
proportions. Il est vraisemblable que la noix d 
contient également de la lécithine qui est, comme on 
un éther de la choline et qui a été rencontrée dans U 
part des semences riches en matières grasses. 

Arécoline. — L'arécoline se présente sous la forme 
liquide huileux, incolore, inodore, à réaction forte 
alcaline, soluble en toutes proportions dans l'eau, Ta 
l'éther et le chloroforme. Elle est volatile et bout vers 



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— 310 — 

Elle fournit, avec les acides, des sels neutres solubles, la 
plupart crislallisables, qui donnent avec Tiodure de potas- 
sium et de bismuth un précipité rouge grenat, composé de 
cristaux microscopiques et avecracidephosphomolybdique 
un précipité blanc. Sa formule brute est ^'H^AzO*. 

Le bromhydrate d'arécoline est le sel d'arécoline qui 
cristallise le plus facilement. On l'obtient en prismes longs 
et fins en le faisant cristalliser dans l'alcool bouillant. II 
fond à 167^ 

L*arécoline est un corps doué d'une activité physiolo- 
gique puissante et, d'après Marmé, il faut lui rapporter 
les propriétés vermifuges de la noix d'Arec. Elle déter- 
mine des phénomènes d'intoxication qui rappellent en 
partie ceux que provoque la pelletiérine, et en partie ceux 
que provoquent la muscarine et la pilocarpine. 

L'arécoline traitée par l'acide iodhydrique donne de 
riodure de méthyle et de l'arécaïdine. On doit donc la 
considérer comme un éther méthylique de l'arécaïdine. 

Arécaîdine. — Cet alcaloïde, qui existe en faibles 
proportions dans la noix d'Arec, s'obtient facilement en 
saponifiant l'arécoline à l'aide de l'eau de baryte. L'aré- 
caïdine est un corps cristallisé en lamelles épaisses à 
quatre et six côtés. Elle est très soluble dans l'eau et 
l'alcool étendu, moins soluble dans Talcool concentré et 
presque insoluble dans l'alcool absolu. Elle est insoluble 
dans Téther, le chloroforme et le benzol. Elle renferme de 
l'eau de cristallisation qu'elle perd à 100°. Sa formule 
brute est €'H"AzO*-fH*0. Elle forme, avec les acides, 
des sels à réaction acide qui sont cristallisés et solubles 
dans l'eau. L'auteur a réussi à préparer son dérivé méthy- 
lique, qui est identique avec Tarécoline, ainsi que l'ho- 
mologue de celui-ci (éther éthylique de l'arécaïdine, 
homarécoline). 

M. JahnSj s'appuyant sur certaines propriétés chimiques 
de l'arécaïdine, considère ce corps comme un acide 
méthyltédrahydronicotimque et l'arécoline comme l'élher 
méthylique de cet acide. Il l'a du reste obtenue artificiel- 
lement en parlant de l'acide nicotinique, G*H*Aza*. 



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— 31f — 

Guvaeine (de guvaca, nom de TArec dans Tlnde). — Cet 
alcaloïde se présente en cristaux incolores, brillants, faci- 
lement solubles dans Feau, insolubles dans Talcool absolu, 
Téther, le chloroforme et le benzol. Lorsqu'on chauffe ces 
cristaux, ils Urunissent vers 265*, puis fondent en se dé- 
composant de 271'» à 272*. La guvaeine donne, avec les 
acides, des sels bien cristallisés, à réaction acide, qui se 
dissolvent dans Teau et Talcool faible. Sa formule brute 
est€«H«AzO». 

Arécaîne. — L'arécaïne se présente en cristaux incolores, 
solubles dans Teau et Talcool dilué. Ces cristaux ren- 
ferment de Teau de cristallisation qu'ils perdent à 100*; 
ils fondent vers 213* et se carbonisent à une température 
plus élevée. L'arécaïne forme des sels bien cristallisés 
avec les acides; sa formule brute est €'H**Az^" + H'0; 
c'est donc im isomère de l'arécaïdine. Comme, d'autre 
part, l'auteur a pu obtenir l'arécaïne en méthylant la 
guvaeine, il s'ensuit que le premier de ces alcaloïdes est 
de la méthyl-guvacine G'H'0*Az.€H'. 

L'arécaïdine, la guvaeine et l'arécaïne sont des corps 
indifférents au point de vue physiologique. 



Composition chimique du pollen du Pin sylvestre; 
par M. Karl Kresling (1). — Les recherches de M. Kresling 
ont été faites à Dorpat, sous la direction du professeur 
Dragendorff. Elles se rapportent à un sujet qui avait déjà 
été abordé en 1886 par A. von Planta. Le pollen du Pin 
sylvestre a fourni à M. Kresling 5,51 p. 100 de cendres 
renfermant 2,5 p. 100 de sable et d'argile interposés méca- 
niquement, ce qui fait 3 p. 100 de cendres véritables. 

Ces cendres étaient très riches en potasse (37,16 p. 100) 
et en acide phosphorique (28,7 p. 100). 

L'auteur a séparé et analysé successivement les matières 
grasses (12 p. 100), les hydrates de carbone (50 p. 100 envi- 
ron), les acides organiques et les matières azotées. 

(I) Boitrâgo zur Chemic des Blûtenstaubes. Archiv, der Pharmacie [3, 
X\IX, p. 389, lS9i. 



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— 312 — 

Voici les résultats se rapportant à chacune de ces classes 
de composés : 

Composition des matières grasses : 

Glycérine 5,24 p. 100 

Alcools 6,16 — 

Acide oléique 67,95 — ., 

Acides gras solides 19,90 — 

Acides gras volatils traces 

Les alcools étaient constitués par de la cholestérine et 
de Talcool mélissique; les acides gras solides, par de 
l'acide palmitique et de l'acide cérotîque, et les acides gras 
volatils surtout par de l'acide butyrique. En outre, Tau- 
teur a constaté Texistence de la choline et de Tacide phos- 
phorique dans l'extrait éthéré du pollen et établi ainsi la 
présence dans les graisses, de la lécithine (éther glycéri- 
stéarinophosphorique de la choline) dont il évalue la pro- 
portion à environ 8,49 p. 100 des matières grasses. 

Hydrates de carbone : 

Sucre de canne 12,75 p. 100 de pollen. 

Matière amylacée 7,40 — — 

Cellulose.'. 19,06 — — 

Hydrate de carbone particulier. 10,05 — — 
Mucilage 0,196 — — 

L'hydrate de carbone particulier signalé dans le tableau 
ci-dessus est regardé par Tauteur comme formant le revê- 
tement interne de la pai'oi cellulaire. 

Matières azotées : 
Globuline. Xanthine. 

Nucléine. Hypoxanthine. 

Peptones. Guanine. 

Albumine. Vernine. 

L'azote entrant dans la composition de ces différentes 
substances représentait 2,54 p. 100 du pollen. 

Enfin, l'auteur a constaté la présence d'acide tartrique 
et d'acide malique. (A suivf^.) 



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— 313 — 

REVUE DES PUBLICATIONS 

PHARMACIE, MICROBIOLOGIE, MÉDECINE, CHIMIE, INDUSTRIE, 
BOTANIQUE 



Pharmacie. 

Revue pharmacologique des thèses de la Faculté de 
médecine de Paris pendant le troisième trimestre de 
Tannée scolaire 1889-1890; par le D*" de Beurmann, mé- 
decin des hôpitaux. — La plupart des thèses de doctorat 
étant présentées en juillet, à la fin de Tannée scolaire, 
le troisième trimestre n'apporte forcément qu'un faible 
contingent à notre revue. 

Les Recherches expérimentales et cliniques sur le monochloral 
et le bichloral antypirine (n** 234), entreprises par M. Cons- 
tantin Soutakis, nous renseignent d'une façon précise et, 
en somme, peu favorable sur les propriétés de ces nou- 
veaux agents thérapeutiques. 

L'action du monochloral et du bichloral antypirine est 
la même que celle du chloral, cependant ils dépriment un 
peu moins le cœur et les vaisseaux. En injections intra- 
veineuses, ils exercent chez les animaux une action som- 
nifère à la dose de 20 à 25*^«'" par kilogramme d'animal. A 
la dose de 25 à 35'=»'', les réflexes disparaissent et l'anes- 
thésie se produit. La dose toxique est à peu près la môme 
pour le monochloral que pour le bichloral. Quand on 
administre 1«' de ces substances par kilogra'mme d'animal, 
la mort se produit par arrêt de la respiration puis du cœur. 
Le sommeil précède toujours Fauesthésie et, même avec 
les doses toxiques, il nV a jamais de convulsions comme 
avec les très hautes doses d'antypirine. Le chloral est 
donc franchement prédominant et ses propriétés masquent 
celles de Tantipyrine. 

Administrés chez l'homme, le monochloral et le bichloral 
antypirine sont, à la dose de 2 à 3«% des somnifères com- 
parables au chloral; ils n'ont aucune action contre la 
douleur; ils doivent être proscrits chez les cardiaques, 

Joum. de Pharm. et de CUm., 5' série, t. XXV. (15 mars 1892.) 21 



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— 314 — 

»ut quand la compensation des lésions vahulaires est 
fisante. Ils n'ont du reste aucune action sur la 
née cardiaque ni sur la dyspnée pulmonaire. Ils sont 
lu'aussi irritants pour le tube digestif que le chloral. 
parés au sulfonal et aux nouveaux somnifères de la 

chloralique, chloralimide et chloralamide, le mono- 
•al et le bichloral antipyrine sont de beaucoup infé- 
s à cause de leur action dépressive sur les vaisseaux 
ir le cœur, bien que cette action soit relativement 
s marquée que celle du chloral lui-même. 
^ssai critique sur Vintoxication par la morphine et sur 
iverses formes (n** 196), de M. Régnier, a surtout pour 

Tétude de la pathogénie du morphinisme. Il recon- 

deux causes déterminantes principales de celte 
ication : la nécessité thérapeutique qui crée les mor- 
Lsés et la passion pathologique qui est le cas des 
ihinomanes. La morphinomanie est caractérisée par 
msalion de besoin du sujet; elle est due à un état 
3ux héréditaire ou acquis et elle s'accompagne de 
lates de dégénérescence. C'est une affection grave, 
;e, rebelle, récidivant avec la plus grande facilité; il 
rgent de la combattre et il n'y a d'autre moyen d'y 
mir que d'exercer sur le malade une surveillance 
:e et rigoureuse. Tous les médecins qui ont eu à 
? contre la passion de la morphine savent combien 

surveillance est facilement mise en défaut. Aussi 
ocieront-ils pleinement à la seizième conclusion de 
eynier : « XUette passion ayant, au point de vue de la 
i et de la moralité publique, les conséquences les plus 
ïs, il serait bon qu'une législation sévère intervînt 

interdire la vente frauduleuse de la morphine. La 
té avec laquelle on se procure aujourd'hui cet alca- 

en dehors des prescriptions et du contrôle du mé- 
i, est la principale raison, la cause la plus efficace de 
:oissement du nombre des morphinomanes. » 
[isi que le constate M. A. Marc, dans sa Contribution à 
'e du traitement des fibromes utérins^ parallèle des prin^ 
X modes de traitement (n^ 208), l'intervention chirurgir 



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— 315 — 

cale est seule curative et radicale, mais elle entrai 
toujours une mortalité importante. Il ne faut donc recoui 
à une opération qu'après avoir épuisé les moyens méc 
eaux. L'ergot de seigle provoque quelquefois Ténucléati 
spontanée de la tumeur fibreuse. Les eaux minéral 
chlorurées-sodiques fortes, Salies de Béarn, Salins, pi 
duisent parfois une grande amélioration et, disons-le 
passant, peuvent être employées par les malades à don 
cile. L'électricité donne dit-on d'excellents résultats, n 
seulement en supprimant les pertes de sang, mais encc 
en arrêtant le fibrome dans sa marche. Il est donc légitii 
de faire une tentative en ce dernier sens avant de 
décider à une opération. 

La Contribution à l'étude de la maladie de Basedow, D 
gnostic et traitement par Vélectricité (n<* 213), par M. Jul< 
Edouard Renault, est également favorable à l'emploi 
l'électricité, dont les applications thérapeutiques para 
sent se multiplier ou plutôt se préciser. La faradisation 
sympathique cervical est actuellement le meilleur trai 
ment du goitre exophtalmique.il donne d'excellents rés 
tats, car il amène dans presque tous les cas une aniél 
ration rapide suivie souvent d'une guérison compl 
quand les applications électriques sont continuées p( 
dant assez longtemps. Ajoutons que dans les Cas où 
diagnostic est difficile, le signe.de Vigoureux, c'est-à-d 
la diminution de la résistance électrique du sujet î 
dessous de la normale, est un très bon symptôme dil 
rentiel. A Tétat normal, chez les personnes en bor 
santé, la résistance électrique s'élève en moyenne 
4.000 ohms. Chez les basedowiens, elle descend à 1.000 oh 
et même moins ; chez les hystériques, elle est augmen 
et atteint souvent 8.000, 15.000 et même 30.000 ohms. 

Une application de l'électricité à coup sur moins pré\ 
que celles dont nous venons de parler nous est révélée ] 
la thèse de M. H. Lorin, Sur le traitement de Vorc 
éptdidynite d origine uréthrale par les courants continus (n" 2C 

Voici les conclusions de ce travail : Les phénomèi 
douloureux et inflammatoires des orchi-épididynites d'c 



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— 316 — 

gine uréthrale ne disparaissent qu'au bout de quinze à 
vingt jours au moins avec les anciens traitements. Le sus- 
pensoir ouato-caoutchouté, qui pai-aît être le meillem* 
d'entre eux, ne peut pas toujours être supporté par le 
malade. Tous ces traitements laissent persister des noyaux 
indurés qui compromettent gravement la fonction géni- 
tale dans le cas d'orchite double. 

Le traitement décrit par M. Lorin consiste dans l'appli- 
cation de courants continus de faible intensité fournis par 
une pile de douze à dix-huit couples. Les réophores ont 
pour le pôle positif la largeur de la main et pour le pôle 
négatif une largeur moindre. Ils sont appliqués sur l'or- 
gane malade. Le premier jour, on fait deux séances de un 
quart d'heure; le deuxième jour, deux séances d'une demi- 
heure; le troisième jour, deux séances d'une heure; le 
quatrième jour et les jours suivants, jusqu'à la fin du trai- 
tement, deux séances d'uue heure et domie. Tous les 
malades ainsi traités se sont levés dès le quatrième jour, 
ils étaient guéris vers le quinzième et il ne subsistait ni 
gonflement, ni induration. 

Ce traitement serait donc plus rapide que les autres et 
il aurait de plus l'avantage de faire recouvrer à l'organe 
atteint son intégrité anatomique et fonctionnelle. Ces 
résultats brillants d'un procédé nouveau auraient besoin 
d'être confirmés, d'autant plus que la critique des procédés 
de traitement anciens n'est pas toujours suffisamment 
approfondie par l'auteur. C'est ainsi qu'il avoue n'avoir 
jamais fait le stypage avec le chlorure de méthyle qu'il 
croit difTicile à pratiquer, bien que cette petite opération 
soit en réalité des plus simples. 

La thèse de M. Louis Couturier : Conlrlbution à V étude 
de la thérapeutique intra-utérine aseptique^ de la dilatation et 
du pansement antiseptique de la cavité utérine dans le traite- 
ment des métrites chroniques (n^ 210), est une protestation 
contre l'abus des opérations gynécologiques et même du 
curettage. La dilatation simple et les pansements anti-» 
septiques faits avec soin et persévérance donnent d'excel- 
lents résultats dans un grand nombre de cas. Ces pan<» 



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— 317 — 

semenls doivent être faits au moyen de substances peu 
coagulantes et capables de pénétrer facilement dans la 
profondeur de la muqueuse utérine. Les plus efficaces 
sont l'iodoforme, la glycérine créosotée et le sublimé. 

Nous signalerons enfin en terminant cette revue théra- 
peutique, dans laquelle la pharmacologie n'a tenu que peu 
de place, deux thèses qui intéressent les pharmaciens au 
point de vue des analyses qui peuvent lui être confiées. 

La Contribution à Pétude de la fonction rénale (n** 226), de 
M. Bergerel-Jcannet, est un travail de laboratoire. D'après 
ces recherches, la fonction rénale est variable chez le 
même animal aux différents moments de la même expé- 
rience. Il n'y a pas de rapport simple entre la quantité de 
saccharose contenue dans les tissus et celle qui est éli- 
minée dans les urines. En général, plus la quantité de 
saccharose est considérable dans l'organisme, plus est 
grande la quantité éliminée par les reins, mais la quantité 
de saccharose contenue dans le sang baisse proportion- 
nellement plus vite que celle de l'urine. Il y a des oscil- 
lations périodiques dans la fonction rénale pour Télimi- 
nation de l'eau et pour celle de la saccharose, mais il n'y 
a pas toujours coïncidence entre les périodes de suractivité 
pour l'élimination de l'eau et les mêmes périodes pour 
Télimination de la saccharose. En somme, Texcrétion 
rénale ne paraît pas être une simple flltration mais une 
sorte de sécrétion; si le rein ne fabrique rien, sa fonction 
n'en est pas moins soumise aux mômes variations que les 
sécrétions ordinaires. 

M. Lancelin, dans sa Contribution à V étude de la valeur 
saméiologique de la loi de Romelaère (n<* 224), montre que 
l'hypoazoturie, sans être la règle absolue dans le cas de 
tumeur maligne de l'estomac, est cependant fréquente. Elle 
ne paraît pas résulter uniquement du défaut d'alimen- 
tation, car il n'y a pas de rapport constant entre la 
quantité journalière d'urée excrétée et la quantité absorbée 
pendant le même laps de temps. La diminution de la quan- 
tité d'urée dans les afTections gastriques de nature can- 
céreuse n'a donc pas toute l'importance que lui avait 



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— 318 — 

uée Romelaëre, mais elle peut contribuer à fixer le 
3stic lorsque Ton hésite entre une tumeur bénigne et 
imeur maligne de Testomac et il y a lieu de procéder 
reil cas à l'examen méthodique et répété de Turine. 



Microbiologie, Médacine. 

ie clinique et chimique du lait stérilisé ; par MM. 
Leeds et E.-P. Davis (1). — Pendant ces dernières 
s, on a beaucoup écrit sur les dangers de transmis- 
es maladies contagieuses par le lait provenant d'ani- 
malades ou souillé pendant sa manipulation, et l'on 
lit la nécessité de le stériliser. Mais le lait qui a subi 
)réparation est tellement modifié dans ses caractères, 
î réaction s'est produite et que l'on s'est demandé 
conviendrait pas de chercher à obtenir l'antisepsie 
e par d'autres moyens. Le professeur A.-R. Leeds 
iocteur E.-P. Davis viennent de traiter cette ques- 
ins un travail intéressant sur les modifications pro- 
par la stérilisation et sur la valeur clinique du lait 
5é. 

tion de la chaleur est surtout funeste pour la galac- 
ase, ce ferment qui existe dans le lait cru et qui a le 
îr de liquéfier Tamidon ; une simple élévation de 
rature jusqu*à TébuUition suffit pour détruire son 
. Les expériences faites pour comparer les propriétés 
; stérilisé avec celles du lait cru, quand on traite ce 
3 par la présure, un acide, le suc gastrique artificiel 
ne pancréatique, ont démontré que la caséine, bien 
î ne sôit pas coagulable par la chaleur, est cependant 
coagulée par la présure, et résiste plus longtemps à 
1 de la pepsine et de la pancréatine. D'autre part^ 
Ttie, assez faible d'ailleurs, de l'albumine du lait est 
ée, ce qui a pour effet de l'épaissir, de le rendre 
isqueux ou mucilagineux. Les globules gras sont 
in peu affectés par la chaleur, les matières protéiques 

érap. Gaz, American J. of Pharm., d'après Ann. d'hyg., déc. 1891. 



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— 319 — 

coagulées se fixent sur eux et les rendent d'une assimila- 
tion plus difficile.' 

Le sucre de lait, enfin, qui est complètement détruit par 
un chauffage prolongé, ne manque pas d'être affecté par la 
température à laquelle on maintient le lait pour la stérili- 
sation. Le docteur Leeds montre ainsi que le lait stérilisé 
est moins facilement et moins parfaitement digestible que 
le lait cru et, si Ton tient à avoir du lait stérilisé, qu'il 
faudrait soit le tirer directement de Tanimal, soit le pré- 
parer par un procédé qui n'ait pas tous ces défauts. 

Le docteur Davis partage et confirme l'opinion qui peu 
à peu gagne du terrain et qui tend à considérer le lait 
stérilisé comme un bon remède dans certaines affections 
de l'intestin, mais non comme un aliment suffisant. Pour 
préparer le lait stérilisé, le docteur Leeds conseille d'alca- 
liniser faiblement le lait cru par l'eau de chaux et de 
chauffer ensuite pendant dix minutes à 155<» Fahrenh. 
(68-69* C), ou de préférence, encore, le traitement en solu- 
tion alcaline par la pancréaline à 155<» Fahrenh. suivi, si 
le lait n'est pas immédiatement consommé, d'une rapide 
élévation de température jusqu'au point d'ébullition. L'un 
ou l'autre de ces procédés, d'après l'auteur, assure la stéri- 
lisation, sans rien enlever des propriétés digestives.^ 



Recherches sur raccoutumance aux produits micro- 
biens; par MM, El. Metchnikoff et T. Roudenko (1). — 
De toutes les données réunies dans cet article, il ressort 
que, même dans les infections qui se distinguent par un 
caractère de toxicité très prononcé, l'accoutumance peut 
être obtenue sans grande difficulté. Il ne s'agit pas ici de 
phénomènes analogues à ceux qui ont été découverts, par 
MM. Behring et Kitasato, et dans lesquels leurs animaux 
vaccinés contre le tétanos supportèrent facilement des 
doses vingt fois plus grandes que celles qui amènent la 
mort chez les animaux neufs. Tandis que dans ce cas il 



(1) Ann. de r Institut Pasteur, septembre 1891. 



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— 320 — 

l'une propriété antitoxicide de l'organisme vacciné, 
es intoxications étudiées par MM. Metchnikoff et 
[iko, les produits bactériens manifestent leur action 
ène dans l'organisme hypervacciné. Ainsi, dans 
ces expériences avec la septicémie vibrionienne, les 
>s hypervaccinés présentèrent des œdèmes à l'endroit 
ijection et d'autres troubles plus ou moins pro- 

1 si l'accoutumance contre les toxines peut être 
e, cela ne prouve pas encore que c'est dans cette 
Ué que consiste la vaccination. Tout au contraire, 
nisme vacciné contre linfection peut être tout aussi 
coutume à des doses mortelles des toxines que le 
cciné, La vaccination dans ces cas consiste plutôt 

accoutumance spéciale d'une catégorie des éléments 
ps. Comme on l'a démontré, chez les cobayes vaccinés 

le vibrio Metchnikomi, malgré que leur organisme 
ne soit point accoutumé aux toxines de ce microbe, 
grme néanmoins une espèce de cellules qui, elles, 
itument plus facilement au poison vibrionien. Ces 
!S, phagocytes mobiles, au lieu d'être repoussées par 
incs, se dirigent vers ses dernières, et englobent les 
ns, les empêchant de produire leurs toxines et les 
1 la fin de la lutte. 



rélimination des microorganismes pathogènes par 
ur; par M. C. Brunner(I). — La méthode qui se pré- 
out naturellement à l'esprit est de désinfecter avec 
lu moyen de lavages antiseptiques, une région riche 
ndes sudoripares, sur un animal qui a reçu dans le 
'espèce de microbes à étudier, de provoquer ensuite 
îUement ou artificiellement une sudation abondante 
uid on voit perler en un point une goutte de sueur, 
: la puiser avec un fil ou une anse de platine pour 



t/. Klin, WocAen*c/jr.. 25 mai 4891, p. 505, d*après^ nn. de Vlnêi, 
, p. 797. 



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— 321 — 

en faire, à la façon ordinaire, l'étude bactériologique. 

On voit de suite que ces lavages antiseptiques prélimi- 
naires sont de la plus haute importance. A la surface et 
dans les replis de la peau d'un phtisique, on peut trouver 
des bacilles de la tuberculose, comme la fait M. di Mattei, et 
n'en plus rencontrer quand on a soumis la peau à une désin- 
fectidù soigneuse. De même dans le cas grave de furoncle 
qu'a étudié M. Brunner, le malade, dans le sang duquel 
circulaient des microbes pyogènes, pouvait en présenter à 
la surface du corps, à la suite de son furoncle et du traite- 
ment par incision, sans qu'on pût accuser ces microbes 
d'avoir été transportés par la sueur. 

Il y a plus. Quand il s'agit des glandes sudoripares, on 
n'est jamais sûr que le nettoyage le plus soigneux les ait 
désinfectées à fond, et que les microbes qu'on trouve dans 
la sueur qui les a traversées après lavage provienne du 
sang, et non d'une culture locale ou d'une pénétration 
antérieure de microbes venus de l'extérieur dans la pro- 
fondeur de la glande. M. Brunner a retrouvé 6 fois sur 8, 
sur son malade, le Staphylococcm atbus dans des gouttes de 
sueur, au moment où ce même microbe se montrait aussi 
dans le sang. Mais il se garde de tirer une conclusion 
ferme de cette expérience et de quelques autres qu'il a 
instituées, et il recourt avec raison à une expérience plus 
topique. 

La meilleure manière d'opérer est évidemment d'injecter 
à un animal le microbe d'une maladie tout à fait excep* 
tionnelle chez lui, de façon à ce qu'il n'y ait pas à redouter 
la présence accidentelle, dans les glandes de la sueur, du 
microbe de cette maladie. L'animal est alors soumis à une 
sudation abondante par un moyen approprié, et on cherche 
à retrouver dans sa sueur le microbe inoculé. 

M. Brunner a fait dans cet ordre d'idées 3 expériences 
dont la valeur probante est inégale, mais qui gagnent à 
être groupées. La première a porté sur un cochon de lait 
auquel on avait inoculé dans les veines du staphylococcm 
aureus, qui Pavait rendu très malade. L'injection de 5"« 
de pilocarpiue a permis de provoquer au voisinage du 



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— 322 — 

groin de Tanimal, préalablemeot débarrassé de ses poils 
et bien lavé, une sudation abondante dans les produits de 
laquelle on a pu constater, 2 fois sur 3 essais, le staphylo- 
coccus aureus. Mais ce microbe est encore trop répandu et 
trop commun pour que cette expérience soit irréfutable. 

Une seconde expérience a été faite sur un jeune chat 
auquel on a inoculé dans Tartère crurale du bacille char- 
bonneux contenant des spores. Deux heures après, on force 
la patte de l'animal, on nettoie et on lave avec soin les 
masses charnues de la base des orteils, et on faradise le 
nerf sciatique. Il se produit sur les parties nettoyées, des 
gouttelettes limpides de sueur qui, ensemencées, donnent 
une culture debactéridies. 

Enfin, à la suite de l'injection d'un microbe non patho- 
gène, lemic7*ococcns prodigiosus^ dans les veines d'un cochon 
de lait, et une demi-heure après l'injection de 0«',01 de 
pilocarpine, on a retrouvé le microbe non seulement dans 
la sueur au pourtour du groin, mais aussi dans la salive. 

M. Brunner est donc autorisé & conclure que les microbes 
pathogènes et non pathogènes peuvent s'éliminer par la 
sueur et même par la salive. Le fait est non seulement 
important au point de vue théorique, il l'est aussi pour la 
thérapeutique, l'hygiène et môme l'étiologie de certaines 
maladies. Il est clair, par exemple, qu'en ce qui concerne 
les furoncles, les idées qu'on se fait sur la transmission 
purement extérieure de la maladie sont bien caduques, si 
l'invasion des glandes sudoripares peut se faire par le sang 
et sans lésion histologique des tissus. 



Chimie générale. 

Résumé des procédés indiqués pour combiner razote au 
carbone ou à l'hydrogène, en vue de la préparation des 
cyanures et de l'ammoniaque ; par M. O.-A. Fav^sitt (1). 
— Jusqu'à présent, il n'y a guère de procédés pratiques et 

(1) Soc. Chem. Ind., 1890, p. 30, d'après Bull. Soc. chim. 20 octobre 1891 , 
p. 596 (extrait). 



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— 323 — 

avantageux pour la préparation de Tammoniaque ou des 
cyanures en partant de Tazote, mais le meilleur paraît être 
celui de Mond, basé sur l'emploi de la baryte. 

Si on considère le prix actuel de Tammoniaque et celui 
des cyanures et ferrocyanures, on voit qu'il y a intérêt à 
fabriquer ces derniers. 

La potasse et la baryte sont les deux bases qui se prêtent 
le mieux à ces réactions ; suivant le produit que Ton veut 
préparer, il y a intérêt à employer l'un ou l'autre . Si 
oh veut préparer du cyanure de potassium ou du prus- 
siate jaune de potassium, on prendra la potasse ; on 
pourrait, il est vrai, employer la baryte, mais il fau- 
drait ensuite transformer le cyanure du baryum obtenu 
en cyanure de potassium, au moyen du sulfate de potas- 
sium. Si on a en vue la préparation de l'ammoniaque, il 
y a avantage, d'après les expériences de Mond, à employer 
la baryte, qui est très peu fusible, fixe, et dont la régéné- 
ration est facile. 

Le procédé basé sur l'emploi de l'ammoniaque mérite 
aussi d'être pris en considération. On sait, en effet, qu'on 
obtient du cyanure d'ammonium en faisant passer de 
l'ammoniaque sur du charbon porté au rouge. Ce procédé 
d'obtention du cyanure est avantageux, car l'ammoniaque 
et le cyanure d'ammonium étant volatils, il n'est pas 
nécessaire de soumettre la masse au lessivage ; en outre, 
le produit formé étant volatil et, par suite, constamment 
éliminé, la réaction est continue. Avec l'ammoniaque, les 
appareils résistent aussi beaucoup plus longtemps qu'avec 
les bases fixes, dont l'action destructive sur les matériaux 
à la température de l'opération est trèsjgrande. 

Quant à la transformation du cyanure d'ammonium en 
cyanure de potassium, elle se fait très facilement ; il suffit 
de faire arriver les vapeurs qui se dégagent des cornues 
dans une solution chaude de potasse ; l'ammoniaque mise 
en liberté retourne de là aux cornues. 

En résumé, les procédés pour préparer directement, en 
partant des éléments, l'ammoniaque et les cyanures ne 
manquent pas ; quelques-uns sont intéressants, mais aucun 



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— 324 — 

n'est réellement pratique. D'après Tautcur, le problème à 
résoudre, dont dépend le succès, serait surtout une ques- 
tion d'appareils ; il faudrait, selon lui, des cornues en 
terre réfractai re de petites dimensions, chauffées forte- 
ment, et enfin un procédé pratique pour la préparation de 
Tazote pur. 



Présence des nitrites dans les potasses et soudes du 
commerce; par M. T. Klobb (1). — L'auteur ayant cons- 
taté de nouveau ce fait que les potasses et les soudes de 
commerce renferment souvent des nitrites, a cherché à les 
doser et il y est arrivé par l'emploi de la métaphénylène- 
diamine. La potasse ou la soude (SO-SO»"") est pesée, dis- 
soute dans un ballon jaugé, puis on prélève un certain 
volume de la solution. 

' A l'aide d'un titrage alcalimétrique préalable, on déter- 
mine la quantité d'acide sulfurique nécessaire pour neu- 
traliser la prise d'essai. Cette neutralisation doit se faire en 
solution aussi étendue que possible pour éviter une élé- 
vation de température qui décomposerait l'acide azoteux. 
Enfin on ajoute 2" d'acide sulfurique au quart et on com- 
plète le volume de 150" dans une mince éprouvette à pied. 
Immédiatement avant on a préparé un certain nombre d'é- 
prouvettes semblables avec les mêmes quantités d'eau et 
d'acide sulfurique libre, et des volumes connus d'une so- 
lution titrée de nitrite, préparée en partant de 0«%406 de 
nitrite d'argent par litre. On s'assure que tous les liquides 
ont la même température, à un demi-degré près, enfin on 
ajoute i" de chlorhydrate de métaphénylènediamine à 
1 p. 100. Au bout de 20 ou 30 minutes ou compare les teintes^ 
jaunes obtenues. Si l'on néglige la question de tempéra- 
ture les résultats sont absolument crronnés, car, à chaud, 
la coloration jaune se développe plus rapidement. II faut 
aussi ajouter une môme quantité d'acide sulfurique. 

On atteint le maximum de sensibilité en s'arrangeant de 

(1) Monit. scientif., juillet 1891 (extrait). 



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— 325 — 

manière que la quantité de nitrite présente dans 
comprise entre O^'jOS et 0'"«,2 de Az'O'. Quel 
potasse, après neutralisation, donne un liquide 
est bon alors de faire naître dans les éprouvettei 
précipité de sulfate de baryte à peu près de mên 
La soude est généralement plus pure que 1 
M. Klobb a constaté dans les soudes 1*« au plu 
dans lOO»' du produit. Les potasses en renfer 
fréquemment, et la proportion de 1^« est so 
passée. La potasse à la chaux contient quelq 
proportions considérables d*azotite (1 p. 100), et i 
à l'auteur qu'il ne serait peul-être pas superfli 
sur ce point l'attention des fabricants de pro 
miques. 



Recherches sur le suc de baies de sorbier 
formation de la sorbose ; par M. A. Freund (1). — ] 
(sorbine) n'existe pas toute formée dans le suc d 
elle se produit pendant la fermentation alcoo 
subit ce suc abandonné à lui-môme. On favoris( 
tion de la sorbose en diluant le suc avec de l'eau 
à l'amener à la densité 1,09-1,06; on en conc 
partie, au bout de dix à douze mois, pour s'asî 
s'est formé une quantité suffisante de sorbose. 

La formation de la sorbose est accompagnée d 
lion de certains principes organiqnes co^itenus d 
de sorbes, et il est probable à priori que la sorbe 
de l'oxydation de la sorbite, qui renferme 2 atome 
gène de plus qu'elle. Il semble pourtant réî 
recherches de l'auteur que la sorbite elle-mér 
produit intermédiaire entre la sorbose et la substî 
ratrice. En cherchant on effet à isoler la soi 
obtenu une substance formée de grains gélatin 
nant un dérivé acétylé cristallisé et fusible à 

(1) Mon. f. Ckem.y t. XI. p. 560-578, d'après BulL Soc. chi 
1891, p, 438. 



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— 326 — 

ivé benzoylé amorphe et fusible à 190-191^ (la 
donne au contraire un dérivé acétylé liquide et un 
benzoylé fusible à 160*). Or, celte substance géla- 
j peut être obtenue par Thydrogénation de la sorbosc 
7en de l'amalgame de sodium ; c'est là un argument 
mr de la formation inverse de la sorbose aux dépens 
e substance par oxydation. 

î matière gélatineuse n'est pas de la sorbite et ne 
pas pouvoir être transformée directement en sorbite; 
r admet qu'elle en est très voisine. 



position du beurre; par M. W. Johnstone (1). — 
met généralement que les beurres purs contiennent 
» à 89,5 p. 100 d'acides gras insolubles. L'auteur 
analysé deux beurres de pureté certaine, et conle- 
i'un 85,68 et l'autre 86,25 p. 100 d'acides gras inso- 
a cherché à établir' la composition de ceux-ci. 
Dbservé qu'un beurre contenant 85,81 p. 100 d'acides 
jt un composé triglycérique défini correspondant à 
iule 

OI0JJI9O» ) 

)eurre ainsi composé est donc entièrement exempt 
î stéarique, et l'acide oléique qu'il contient est très 
)lement l'acide isoléique 

C»»H«0\ 

beurres purs fournissant à l'analyse une proportion 
îs gras insolubles supérieure à 85,81 p. 100 ne con^ 
nt pas, suivant l'auteur, d'acide stéarique, mais une 
le proportion de l'éther gras (G»' H»^ O*) ' C H», 
présence d'acide stéarique dans un beurre est une 
5 de falsification. L'auteur se propose de continuer 
^ail et de publier un procédé d'analyse des beurres. 

lem, NewSy t. LXIII, p. 56, d'après Bull. Soc. rAiwi., 5 octobre 
5i3. 



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— 3-27 — 

Chimie analytique. 

Papier réactif très sensible (1). — On décou 
papier à filtrer blanc, de réaction neutre, en car 
0",15 de côté, et on les immerge dans de la leinti 
curcumaà 1 poiu'7.Après dessiccation, on immerge d 
veau les feuilles une à une, dans une solution de p 
à 2 p. 100, et on les lave rapidement à Teau pure. C 
sécher; on découpe comme pour le papier de tourn( 
on conserve entre des feuilles de papier d'étain. Cett 
caution est indispensable, parce que ce papier s 
rapidement à Tair et qu'il se conserve indéflnimeni 
la protection des feuilles d'étain. 

La sensibilité de ce papier est bien supérieure à 
du papier de tournesol; il se colore dans une so 
d'acide chlorhydrique au 1/150.000 et indique la pr^ 
de Tacide carbonique dissous dans Peau. Le meilleu 
cédé, pour employer ce papier, consiste à le louchei 
plement avec une baguette de verre dans la solul 
essayer. 

Procédé rapide de dosage des nitrates dans 
potable ; par M. G. Harkow (2). — La méthode propos 
une application colorimétrique de la réaction de ( 
(action de l'acide nitreux sur Ta-naphtylamine et 1 
sulfanilique) qu'on fait précéder d'une réduction de 1 
nitrique en acide nitreux au moyen de la poudre de 
Quoique cette réduction ne soit que partielle et fou: 
aussi de l'ammoniaque et de l'hydroxylamine, les ; 
tats n'en sont moins satisfaisants. 

Le réactif se prépare en dissolvant dans 200" d'e 
d'a-naphtylamine, l»"" d'acide sulfanilique et 25" d 
chlorhydrique ordinaire concentré ; on fait bouillii 

(1) Rép^t. de pharm.f d'après Boll. farm., décembre 1891. 

(2) Chem, soc, t. LIX, p. 3i0, diaprés Bull, Soc, chim.^ 20 octobr 
p. 62J. 



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— 328 — 

un peu de noir animal, on filtre et on étend à 500". D'autre 
part on prépare des solutions types d^azotate de potassium 
renfermant respectivement 1 — 0,1 — 0,01 d'azote pour 
100.000. Il suffit de dissoudre 0«', 721 de nitre pur dans un 
litre d'eau et d'étendre de manière à former un volume de 
10, 100, 1.000 fois plus grand. Enfin il faut de la poudre de 
zinc contenue dans un petit bocal dont le bouchon porte 
un fil métallique aplati de manière à former une petite 
spatule. 

Pour faire un essai (on peut en faire quatre à la fois), on 
prend 50*<^ de l'eau à essayer, et on la place dans un verre 
de lOO*^*^ sur un papier blanc. A côté on dispose de même 
50** de chacune des trois solutions types. 

Dans chaque verre, on verse 10" de réactif (s'il y a des 
nitrites dans l'eau, elle se colore directement en rose), 
puis un peu de poudre de zinc (7 à 8™«). S'il y a des 
nitrates, une coloration rose se développe. Au bout de 
quinze minutes la réaction est terminée; on compare alors 
aux solutions types en procédant comme dans les essais 
avec le réactif de Nessler. 



Méthode d'analyse du vin adoptée par rAssociation 
des chimistes agricoles officiels des États Unis pour 1890- 
1891 (1). — 1. Poids spécifique. — Cette détermination est 
faite à l'aide d'un pycnomètre, ou d'une balance contrôlée 
par un pycnomètre. Température 25® C. 

2. Alcool, — 100" de vin à 25° C, sont distillés (de pré- 
férence dans du verre) pour en retirer Palcool. . 

3. Extrait. — 50" de vin à 25° C. (un peu moins s'il s'a- 
git de vins sucrés) sont évaporés au bain-marie dans une 
capsule de platine jusqu'à consistance convenable, et 
ensuite desséchés à 100° jusqu'à perte de poids constante- 
Cette constance de la perte de poids est obtenue quand 
trois pesées faites à des intervalles de temps égaux, don- 

(1) The Pharmaceutical Era, o? 8, octobre 1891, d'après American 
Druggist. 



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— 329 — 

nent des différences de poids égales. Les pesées sont faites 
tous les quarts d'heure. 

Remarque sur fe dosage de Vextrait. — Aucune méthode 
satisfaisante n'a été donnée pour le dosage de l'extrait du 
vin. Comme l'objet qu'on se propose est d'établir une com- 
paraison, la méthode précédente qui est généralement 
employée est celle qui a été adoptée (1). Dans le nouveau 
laboratoire de chimie de l'Université de Californie, on a 
fait quelques expériences pour doser l'extrait dans le vide 
à une température modérée. 

4. Acidité, — (Tous les acides du vins ont exprimés en 
acide tartrique.) S'il y a de l'acide carbonique on le chasse 
par la chaleur. On titre avec une solution diluée d'alcali. 
Le point neutre est déterminé, en déposant une goutte sur 
du papier sensible de tournesol. 

6. Acides volatils. — (Exprimés, en acide acétique.) On 
distille dans un courant de vapeur et on titre le liquide 
condensé avec soin, avec une liqueur décinormale d'alcali. 

6. Glycérine. — 1. Voici comment on opère avec les vins 
secs : on prend 100** de vin, on chasse l'alcool, ou ajoute 
de la chaux ou de la magnésie, et on évapore le tout à siccité. 
Le résidu est misa bouillir avec de l'alcool à 90* : on filtre et 
le liquide filtré est évaporé à siccité. Le résidu est dissous 
dans 10 à 20** d'alcool, on ajoute 15 à 30** d'éther, et le 
mélange est laissé au repos jusqu'à ce qu'il soit devenu 
clair. On décante alors le liquide qui surnage le précipité 
dans un vase en verre, on évapore jusqu'à perte constante 
de poids et on pèse. 

2. La méthode suivante est employée avec les vins su-* 
crés : on mesure 100** de vin dans une capsule de porce- 
laine, on évapore au bain-marie jusqu'à consistance siru- 
peuse, on ajoute 100 ou 150** d'alcool absolu , on verse 
dans un flacon, on additionne d'éther dans la proportion 
de 1 1/2 volume pour 1 volume d'alcool, on secoue avec 
soin le flacon et on laisse au repos jusqu'à clarification. 

On décante et on traite le résidu par le même mélange 

• - ■ ....... 

(i) Ce n'est pas exact pour la France. A. R. 

«m. d€ Pharm. ei de Ckm,, 5« sérib, t. XXV (15 mars 189S.} 22 



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^^^^ 



— 330 — 

et d*éther. Les liquides réunis, on chasse Talcool 

îr, on dissout le résidu dans l'eau et on le traite 

en 1. 

QS tout dosage de glycérine, il faut prendre en con- 

on la perte due à la volatilité de ce principe avec 

iurs d'eau et d'alcool et ajouter en conséquence au 

ouvé 0«',100 pour 100*=*= évaporés. 

5C les vins sucrés, il faut retrancher du poids de 

le trouvé le sucre qui s*y trouve en dosant celui-ci. 

jre. — On le détermine par la méthode de Soxhlet 

de Knapp. Le sucre de canne non fermenté est 
à l'inversion. 

Isation, — 1. Le vin est décoloré avec le sous-acé- 
plomb. 

ajoute un léger excès de carbonate de soude au 
précédent filtré. 

i résultats sont exprimés en équivalents du pola» 
mètre de Wild avec un tube de 200"*. 
is les échantillons déviant à droite de plus de0*,5 
langeant pas ou très peu par interversion, sont 
rés comme renfermant un résidu de glucose non 
é. 

pouvoir rotatoire à droite de moins de 0®, 3 indique 
r a pas eu addition de glucose impur. 
î vins déviant entre 0*^,3 et 0**,5 doivent être soumis 
thode à Talcool. 

s vins déviant fortement à gauche doivent être 
à la fermentation ; leurs proportions optiques sont 
examinées. 

nnin. — On le détermine par la méthode au per- 
late de Neubauer. 

cides tarlrique, malique et succmique. — 1. On suit la 
e de Schmidt et de Hiepe. On dose l'acide tartrique 
léthode modifiée de Berthelot-Fleurieu. Si Taddi- 

1 gramme d'acide tartrique finement pulvérisé à 
nmes de vin ne produit aucun précipité de bitar- 
tassique, on doit employer la méthode Berthelot- 
I pour doser Tacide tartrique libre. 



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— 331 — 

H. Matière colorante. — 1. On recherche seulement 
les couleurs d'aniline. On portera surtout son attention 
sur Texamen spectroscopique des couleurs d'aniline, après 
avoir agité le vin avec de Talcool amylique avant et après 
saturation avec Fammoniaque. 

12. Matière inorganique [cendres), — On calcine à la ma- 
nière ordinaire dans une capsule plate en platine. 

13. Acide citrique. — Sa présence doit être recherchée 
qualitativement à Tétat de citrate de baryte. 

14. Acide mlfurique, — On le dose après addition d'acide 
chlorhydrique. 

15. Chlorures. — On les dose dans le résidu de la calci- 
nation par la méthode de Yolhard. 

16. Chaux^ magném et acide phosphorique. — On les dose 
dans les cendres fondues avec l'hydrate de soude et le ni- 
trate de potasse ; Tacide phosphorique est déterminé par 
la méthode du molybdate. 

17. Potasse, — On la dose, soit dans les cendres à Tétat 
de sel double de platine, soit dans le vin lui-môme par la 
méthode de Kayser. 

18. Gommes, — On démontre leur présence en les pré- 
cipitant par Talcool; on ajoute à 4** devin 10*® d'alcool à 
96*. S'il y a eu de la gomme arabique ajoutée, il se produit 
un précipité grumeleux et épais, tandis que le vin pur 
devient d'abord opalescent, puis floconneux. 

12. Acide sulfureux. — On distille 100«° de vin dans un 
courant d'acide carbonique après addition d'acide phos- 
phorique; on oxyde avec le brome le liquide condensé 
avec soin, et on dose l'acide sulfurique. 

PRINCIPES ANORMAUX DES VINS 

Mannite. — Quand sa proportion est considérable, on 
peut la découvrir par la simple évaporation du vin dans 
un verre de mpntre et l'examen caractéristique de ses 
cristaux étoiles. S'il y en a peu, on traite par l'alcool à 
80* C. le vin évaporé presqu'à siccité ; on évapore et on 



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^V^^/T'^î^ 



— 332 — 

reprend le résidu bouillant par l'alcool à 95« c. bouillant; 
celui-ci laisse déposer la mannite sous sa forme caracté- 
ristique. E. G. 



Industrie. 



Sur une nouvelle porcelaine : porcelaine d'amiante ; 

par M. F. Garros. — De toutes les fibres animales, vé- 
gétales ou minérales, il n'en est pas qui présentent, au 
microscope, un plus petit diamètre que celles de Tamiante : 
ces fibres, mises en poudre, devaient facilement produire 
des particules extrêmement petites. M. Garros a pensé que 
^si, sans addition de corps solides étrangers, il arrivait à 
agglomérer ces particules, la matière ainsi formée devait 
posséder des pores extrêmement petits et extrêmement 
nombreux, à cause de cette petitesse d'abord et, ensuite, 
à cause de la facilité que Ton a de se procurer ce minéral 
pur (Ij. La composition chimique de l'amiante (silicate de 
magnésie et de chaux) l'a porté à croire qu'une poudre 
ainsi composée devait former, avec l'eau, une pâte plas- 
tique qui, par la cuisson dans des conditions spéciales, 
devait fournir une matière poreuse, ayant une certaine 
dureté. C'est cette dernière matière qu'il désigne sous le 
nom de porcelaine cTamtante, 

L'amiante, employée jusqu'à ce jour en toiles, fibres, 
papier, carton, mastic, est facilement réduit en poudre 
impalpable au moyen des appareils employés dans Tin- 
dustrie. La poudre présente, suivant la pureté de l'amiante 
employé, une couleur très blanche ou légèrement jau- 
nâtre, coloration due à des traces d'oxyde de fer, qu'il est 
facile de faire disparaître par un lavage à l'acide sulfu- 
rique ou chlorhydrique, ou par le contact du lait dilué, 
fermenté, et par un lavage ultérieur. 

(1) Cette finesse des pores de Tamiante a été utilisée dans divers appareils 
filtrants : Maignen, Hesse, Breyer, comme je l'ai indiqué dans an article 
{Joum, de Pharm, et de Chim. [5], ill, 1891). A. R. 



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— 333 — 

Avec la poudre ainsi préparée, on fait une pâte, à la- 
quelle on donne, par tournassage, moulage ou coulage, la 
forme des objets que Ton veut façonner ; après quoi, on 
porte ces objets dans les étuves légèrement chauffées, où 
ils sèchent très lentement. On les cuit ensuite en cazette, 
pendant dix-sept à dix-huit heures, et Ton chauffe à une 
température de 1200*. En chauffant à une température très 
élevée, on obtient uue porcelaine d'une translucidité com- 
parable à celle de la porcelaine ordinaire. 

Les applications que peut recevoir cette nouvelle porce- 
laine sont nombreuses. 

En raison de la petitesse des particules qui constituent 
la poudre d'amiante, on obtient dans des conditions spé- 
ciales de cuisson, une matière à pores infiniment petits et 
nombreux. Les pores de la porcelaine d'amiante ne se lais- 
sent pas pénétrer sur une certaine profondeur par les 
microorganismes. Lorsque la porcelaine d'amiante a servi 
à filtrer pendant très longtemps, il suffit, pour lui rendre 
son débit primitif, dé la laver avec une éponge imbibée 
d'eau chaude. 



Dépôts d'aluminium par électrolyse (1). — On emploie 
une solution saturée de sulfate d'alumine à la température 
à 100-ilO^ L'anode est formée d'aluminium auquel on a 
incorporé une substance sur laquelle le courant électrique 
ni la solution n'ont d'influence. Il a été reconnu que le 
charbon qui contient un peu de carbure d'hydrogène est 
ce qu'il y a de meilleur, dans la proportion de 30 p. 100. 
Il suffit de faire fondre l'aluminium et d'y ajouter le char- 
bon dont la plus grande portion reste à l'état de simple 
mélange. Ce procédé donne, dit-on, des dépôts très denses 
d'aluminium. 



(1) Engineering and Mining Journal, d après Monit, acicntif., octobre 
1891. 



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%, 



— 334 — 

lliage métallique perfectionné ressemblant à Far- 

^t (1). 

Llliage pour remplacer le nickelage. 

'et alliage se compose de : 

Cuivre V»,000 

Zinc i^^SOG 

Plomb 750 

Nickel 500 

Étain 125 

our obtenir un alliage, non poreux, résistant à de 
es pressions, on fait fondre ces métaux séparément et 
chauffe à une température assez élevée avant de les 
1er, de manière a obtenir un mélange intime. 

est préférable d'ajouter le cuivre au nickel bien 
uffé et de couler ensuite dans le mélange ainsi obtenu 
autres métaux l'un après l'autre ou tous à la fois. On 
t même faire fondre le plomb et Tétain ou bien ajouter 
inc au plomb ou à l'étain ou au mélange de ces deux 
Qiers métaux et couler le tout dans le mélange de cui- 

et de nickel. Ce qui est préférable, c'est d'ajouter 
)ord le cuivre au nickel, y couler ensuite le plomb et 
dn ou leur alliage et d'ajouter enfin le zinc fondu. 



Botanique. 

nr Tappareil mucifère des Laminaires ; par M. Léon 
GNARD (1). — Il existe chez les Laminaires un tissu 
'éteur spécial, qui produit un abondant mucilage, 
narqués dès le commencement du siècle dans une 
èce des côtes d'Europe, puis successivement observés 
s un nombre croissant de Laminariacées exotiques, les 
2UX ou lacunes mucifères, comme on les appelle ordi- 
rement, ont été mentionnés par plusieurs algologues 
s les descriptions d'espèces ; mais leur formation et 
' structure sont restées jusqu'ici peu connues. Les 

Brevets, Monit. scientif.^ juillet 1891. 
Ac. d. se, CXIV, 139, 1892. 



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— 335 — 

seules observations quelque peu attentives qui les con- 
cernent ont été faites par M. Will et par M. O. Rosen- 
thal sur des échantillons de Maa^ocystis conservés dans 
l'alcool. 

En reprenant cette étude dans des conditions favo- 
rables, au bord de la mer, sur des matériaux frais ou 
fixés par des réactifs appropriés, l'auteur a constaté que 
les canaux mucifères forment un appareil sécréteur tout 
particulier, qui n'existe dans aucun groupe de plantes. La 
connaissance de cet appareil Ta conduit ensuite à passer 
en revue les divers genres de Laminariacées conservées 
dans les collections, afin de rechercher le degré d'impor- 
tance que sa présence ou son absence peut présenter pour 
la classification. 

Pour avoir la notion complète du mode de développe- 
ment et de répartition des canaux mucifères, il faut 
s'adresser à une espèce qui en soit pourvue dans tous ses 
organes: tel est le cas du Laminaria Cloustoni Edmonis.y 
qui occupe, sur nos côtes de Bretagne, les récifs les plus 
battus par les vagues et ne découvre qu'aux plus basses 
marées d'équinoxe. 

Le système végétatif de cette Algue se compose, comme 
on sait, d'une lame ou fronde annuelle, qui se découpe 
en lanières avec l'âge, et d'un stipe ou pied vivace, pourvu 
de rhizoïdes fixant la plante aux rochers. C'est au point 
d'union de la lame et du stipe que se trouve la zone de 
croissance intercalaire ou point végétatif. Les canaux 
mucifères y naissent et se différencient, en deux directions 
opposées, dans les nouveaux tissus que la zone généra- 
trice, longue de quelques millimètres, forme vers le haut 
pour donner la lame, vers le bas pour allonger le stipe, 

A l'origine, ce sont des méats lenticulaires, qui pren- 
nent naissance dans l'assise superficielle de la zone géné- 
ratrice. La cloison radiale commune à deux cellules se 
transforme en mucilage dans sa partie médiane ; puis, les 
deux cellules" se divisent tangentiellement pendant que le 
méat s'élargit, mais elles n'offrent pas les caractères pro- 
pres aux cellules de bordure qui entourent les canaux 



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— 336 — 

sécréteurs des Phanérogames. C'est seulement un peu plus 
tard qu'un groupe de petites cellules sécrétrices, formées 
par la division d'une ou plusieurs cellules de bordure, 
apparaît à la base du méat, c'est-à-dire à son extrémité 
opposée à la surface de la lame ou du stipe. 

Par suite de cloisonnements répétés qui s'effectuent en 
dehors d'eux pour donner l'écorce, les méats s'enfoncent 
de plus en plus dans la parenchyme cortical ; dès qu'ils 
en occupent la zone interne, ils se mettent en commu- 
nication les uns avec les autres et forment un réseau. 
Mais, au lieu de se multiplier de façon à en tapisser 
toute la surface interne et inférieure, les cellules sécré- 
trices restent localisées, au point' de jonction des bran- 
ches du réseau, sous forme d'îlots assez éloignés ou 
rapprochés par deux ou trois les uns des autres. En gros- 
sissant, ces îlots glandulaires prennent ordinairement 
l'aspect de cupules ou nacelles à bords irréguliers et 
ondulés; souvent même ils sont pourvus de culs-de-sac 
dus au rapprochement et à la soudure des bords de la 
nacelle. 

Un autre caractère tout spécial consiste en ce que, 
après la formation des mailles, on voit naître, sur la face 
opposée à celle qu'occupent les amas glandulaires, de 
nombreux diverticulums ou tubes qui se dressent perpen- 
diculairement aux branches du réseau et s'avancent jusque 
sous l'épiderme en écartant les cellules corticales, aussi 
bien dans le stipe que dans la lame. Ces tubes ne s'ouvrent 
pas directement à la surface, comme les conduits excré- 
teurs des glandes mucipares de certains animaux ; dans la 
lame, ils soulèvent légèrement Tépiderme, mais sans le 
traverser pour déverser leur contenu à l'extérieur. 

Ainsi constitué, l'appareil mucifère du L. Cloustoni se 
retrouve avec des caractères semblables chez presque 
toutes les espèces du genre Lamanaria; un très petit 
nombre, en effet, en sont entièrement privées. Parmi 
celles qui le possèdent, les unes en sont pouvues à la fois 
dans le stipe et dans la lame, les autres seulement dans la 
lame. Les deux cas se rencontrent, par exemple, dans les 



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— 337 — 

espèces des côtes de France, au nombre d( 
premier cas comprend, à côté du Z. Clomtoni^ 
guezii; le second, leZ. flexicaulis et le L. saca 
les espèces exotiques, le premier cas est plus 
le second. 

Il importe aussi de remarquer que la 1 
forme des mailles du réseau, ainsi que la gro 
branches, peuvent varier non seulement d' 
Tautre, mais aussi dans une même espèce, i 
et la région considérés. Il en résulte que, p( 
espèce, les canaux se montrent, sur la sectj 
sale de la lame ou du stipe, tantôt gros et 1 
tantôt nombreux et tantôt rares. Ces varialioi 
en partie le désaccord qui existe entre les auti 
de rintérét qu'ils présentent pour la classifics 

Des faits analogues se rencontrent dans les a 
pour la plupart exotiques, de la famille des hi 
(M. GuiGNARD a examiné 21 espèces et 15 g< 
étude autorise Fauteur à conclure que la 
l'absence de Tappareil mucifère offre un cara 
tant pour la distinction des espèces. A défaut d 
l'exposé qui précède aurait du moins Tavantaj 
sur la morphologie de ce curieux appareil 
beaucoup plus précises que celles que nouî 
jusqu'à ce jour. 



SOCIETE DE PHARMACIE DE P^ 



Séanco du 2 mars 1892. 
PRÉSmENCE DE M. PORTES, PRÉSIDE 

La séance est ouverte deux heures. 

Il y a lieu de rectifier au procès-verbal 
nière séance le nom de M. Manget, pharmai 
Paris, inventeur de la fiole à jet ditehygiénic 
écrit par erreur Mauget. 



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rwv 



— 338 — 

La correspondance imprimée comprend : 

Le Journal de Pharmacie et de Chimie ; -^ V Union phar^ 
maceutique et le Bulletin commercial; — le Bulletin de la 
Société de pharmacie de Lyon; — le Bulletin de la Société de 
pharmacie de Bordeaux; — VArt dentaire; — le Bulletin de la 
station agronomique de la Loire- Inférieure; — la Revue mé- 
dico-pharmaceutique de Constantinople ; — le Pharmaceutical 
journal; — The Calendar of the Pharmaceutical Society of 
Great Britain, 1892; — American jow*nal of Pkarmacy. 

M. Monnier, pharmacien à Paris, a offert pour la col- 
lection de l'École un grand vase ancien ayant servi à la 
confection publique de la Ihériaque, telle qu'on la prati- 
quait au siècle dernier. 

M. Planchon, à cette occasion, retrace Thistoire de la 
préparation de la thériaque, d'abord par la Compagnie des 
apothicaires de 1700 à 1763, puis par la Société de la thé- 
riaque de 1763 à 1784, enfln par une nouvelle Société 
associée au Collège de pharmacie, de 1784 à 1793. 

M. Viron entretient la Société de nouvelles études sur 
raurantio-purpurine, matière colorante sécrétée par une 
bactériacée qu'il désigne sous le nom de BaciUus purpu- 
reus (1). 

Il insiste de nouveau sur l'analogie très grande qui 
existe entre ce pigment et la zoonérythrine de Kruken- 
berg : ces deux matières colorantes ont les mêmes dissol- 
vants et se comportent de la même façon vis-à-vis des 
réactifs. Ses observations spectroscopiques viennent en- 
core confirmer l'identité de ces deux matières. 

Une solution concentrée d'aurantio-purpurine dans le 
sulfure de carbone, examinée au spectroscope, absorbe 
toutes les couleurs du spectre à l'exception du rouge. Si 
la solution est diluée, indépendamment du rouge, une 

(1) Le BaciUus purpureus est aérobie. Il est très sensible à l'action de la 
température et il présente son maximum de développement à ZV* ; au-dessous 
de 15* il cesse de former la matière colorante et à la température de 0* il 
ne se multiplie pas. Il se présente sous forme de petits bâtonnets mobiles. 
En culture sur plaques de gélatine il donne des colonies fortement colorées 
en rose, il ne liquéfie ni la gélatine, ni la gélose. 



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~ 339 — 

grande partie du vert n'est pas absorbée ; il a observé les 
mêmes phénomènes avec la zoonérythrine qu'il avait re- 
tiré du Suberites domoncula, 

M. Viron a recherché si cette matière colorante des 
spongiaires était bien une sécrétion de Tanimal lui-même, 
ou bien si Ion n'était pas en présence d'une sorte de sym- 
biose entre un spongiaire et un organisme végétal. En 
pratiquant un grand nombre de cultures dans des milieux 
les plus variés, il est arrivé à isoler des microorganismes 
colorés en rouge. L'un de ces microorganismes est une 
algue très voisine de VHematococcus lacustris; il a retiré 
également quelques colonies chromogènes, mais la faible 
quantité de matière colorante qu'il a pu isoler ne lui a 
pas permis de la comparer à la zoonérythrine qu'il avait 
retirée des suberites. 

M. Viron termine son exposé par quelques considéra- 
tions générales sur la nature de ces matières colorantes. 
Ces pigments présentent les réactions générales des lipo- 
chromes; il les rapproche de la matière étudiée par M. Ar- 
naud, désignée sous le nom de carotine (1). Cette matière, 
on le sait, se rencontre dans les feuilles de la plupart des 
végétaux, dans la racine de carotte et dans quelques fruits, 
comme la tomate, etc.; elle répond à la formule C" H". 
M. Viron a rencontré cette même matière libre ou associée 
à d'autres principes colorants, chez un grand nombre de 
champignons : Russula, Boletus, Peziza, etc. 

M. Prunier présentée la Société le travail de M. Delépine, 
un de ses élèves, relatif à la solubilité du gaz ammoniac 
dans les alcools méthylique et éthylique pris à différentes 
températures et à différents degrés d'hydratation. Les 
détails, avec les tableaux et les courbes, seront publiés dans 
le Journal de Pharmacie. 

M. Grimbert expose la suite de ses recherches sur les 



(1) Récemment M. R. Blanchard a signalé également Tanalogie très grande 
qui existe entre la Caroline de M. Arnaud et une zoonérythrine qu'il a pu re- 
tirer d'un petit crustacé, le Diaptomus denticomis {Comptes rendus de 
r Académie des sciences, t. GX, p. 292). 



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— 340 — 

caractères anormaux que présente, dans certains cas, la 
réduction de la liqueur de Fehling par les urines fai- 
blement sucrées. Il conclut de ses expériences que les 
substances qui gênent la réaction sont vraisemblablement 
la créaline et la créatinine. Si Ton ajoute en effet des 
traces d'extrait de viande à une solution de glucose pure, 
on obtient un précipité vert pomme très lent à se produire 
et affectant les caractères signalés dans ses communi- 
cations précédentes. Les autres matières contenues ordi- 
nairement dans Turine ne donnent pas cette réaction. 

M. Portes relatant les analyses qu'il a effectuées sur 
plusieurs échantillons de gaze iodoformée, signale Tincor- 
rection qu'il y a d'appeler gaze à 30 p. 100 celle qui est 
faite en incorporant à 100 parties en poids de gaze apprêtée, 
30 parties en poids d'iodoforme, cette appellation devant 
être réservée à la gaze qui renferme les ^h ^® ^^^ poids 
d'iodoforme. M. Portes estime qu'il serait plus logique, le 
poids de la gaze variant avec l'apprêt qui la recouvre et 
qui est cependant nécessaire pour retenir Fiodoforme, de 
proportionner le poids de la substance active à la surface 
de la gaze. Il rappelle, à cette occasion, que pour y doser 
exactement l'iodoforme, il faut doser non pas ce que l'éther 
peut enlever à la gaze, mais l'iode qui entre dans la consti- 
tution de l'iodoforme. Il propose, à cet effet, deux procé- 
dés : ou bien celui qu'il emploie et qui consiste à décompo- 
ser, au besoin sur la gaze même, l'iodoforme par la potasse 
très concentrée en présence d'un peu d'azotate de potasse, 
et en chauffant au plus à la température que peut donner 
une lampe à alcool; ou bien le procédé de M. Lextreit, qui 
consiste à soumettre à l'action de l'alcool, dans un appareil 
à reflux la gaze iodoformée qui cède ainsi peu à peu son 
iodoforme, celui-ci étant entraîné dans de la potasse alcooli- 
que qui le décompose. L'iode de l'iodure de potassium qui 
dans ces deux cas prend naissance, peut-être dosé soit 
pondéralement par le procédé classique à l'état d'iodure 
d'argent, soit volumétriquement par le procédé Personne 
à l'état d'iodure mercurique. 

M. Champigny rappelle à propos de cette communica- 



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— 341 — 

tion l'incertitude qui règne souvent sur l'expression de la 
dilution d'un médicament dissous. La Société est d'avis 
que l'interprétation ne donnerait lieu à aucune ambiguïté 
si Ton donnait à cette expression la forme d'une fraction 
ordinaire dans laquelle le numérateur indiquerait la 
quantité de la substance active et le dénominateur le poids 
ou le volume, suivant les cas, du dissolvant. 

M. Bocquillon présente M. Francisco Rio de la Loza, 
pharmacien et professeur à l'Institut national médical de 
Mexico, au titre de membre correspondant étranger. Cette 
candidature est renvoyée à Texamen de la commission 
compétente. 

La séance est levée à quatre heures. 

Le Secrétaire annuel^ 
Leidié. 



BIBLIOGRAPHIE 

Académie des sciences de Paris, — M. Duclaux, au nom 
d'une commission formée de MM. Berthelot, Gautier et 
Duclaux, propose de répondre à une demande de M. le Pré- 
sident de la Chambre syndicale du commerce en gros des 
vins et spiritueux de Paris, que l'Académie ne saurait 
donner son approbation à l'emploi des sels de strontiane 
pour le déplâtrage des vins et qu'elle blâme cette pratique. 

Les conclusions de ce rapport sont adoptées. 



Comptes rendus de rAcadémie des sciences, 25 janvier 1S92. — 
Péchard : Sur le dosage du molybdène. — Chuard : Sur l'existence de phé- 
nomènes de nitrification dans des milieux riches en substances organiques et 
à réaction acide. — Munis : L'ammoniaque dans les eaux de pluie et dans 
Tatmosphère. — Nocard : Sur rinoculabilité de la dourine. 

— 1*' février. — Maquenne : Sur les azotures de baryum et de strontium, 
—^ Beuon : Sur les chlorobromures de carbone. — Varel : Action des mé* 
taux sur les sels dissous dans les liquides organiques. — J. Ville: Transfor- 
mation dans l'économie de l'acide sulfurique en acide sulfanilo-carbamique. — 
Etard : Étude des corps chlorophylliens du péricarpe du raisin ; on y trouve 



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— 342 — 

de l'acide palmitique en partie combiné à une substance de mo léenle é)»rée. 
— Duparc : Nature des eaux et des vases du lac d'Annecy. 

— 8 février. — Berthelot et André: Silice dans les végétaux. — Haouit : 
Détermination du point de congélation des solutions aqueuses très diluées; 
application au sucre de canne. — Joly : Action du chlore sur le ruthénium : 
scsquichlorure, oxychlorure. — Rousseau et Tite : Sur un azotosiiicate d'ar- 
gent et sur l'existence d'un acide azotosilicique. — Scheurer-Kestner : Dé- 
composition de l'acide sulfureux par le carbone aux températures très éle- 
vées. — Parmentier : Chlorosulfure et bromosulfure de plomb. — Le Bel : 
Sur le pouvoir rotatoire des dérivés diacétyltartriqucs. 



Pharmaceatical Record, n* 19 à 27, novembre et décembre. — Sor 
le lysol. — Colin : Sur Topium fumé par les Chinois, à Philadelphie. — 
Weam : Tannin de la gentiane. — Du même : Pilules de nitrate d'argent. 

— Brooks Thomley : Extraits fluides (d'après Australazian Journal of 
Pharmacy). — Cripps : Indicateurs de la neutralité employés dans les ana- 
lyses volumétriquos des produits chimiques et pharmaceutiques (d'après CAe- 
mist and Druggist). — Sherrard : Tables pour préparer les solutions des- 
tinées à donner le titre en centièmes des produits analysés (d'après New 
Idea). — Stuart : Incompatibilités dans les prescriptions (d'après The Ap9~ 
thecary), — Chandler : Oléomargarine. — Williams : Teinture d'opium. — 
Huile d'olive de Toscane. — Chlorophénol A., antiseptique volatil (d'après 
Médical Press). — Morrison : Solution d'albuminate de fer. — Conrath : 
Essais de la poudre d'opium et de la teinture de noix vomique. — Mitchell : 
Essais de la poudre d'opium ot de la teinture de noix vomique délivrées dans 
les différentes localités de l'Ëtat de Wîseonsin. •— Sherman : Rouge indien 
et son origine (d'après India Rubber World), E. G. 

The Pharmacautical Era, octobre et novembre. — Hendcrson : Fabrique 
do thermomètres, d'hydromètres, etc. (d'après Popular Science Monthly), 

— Hoffmann : Amidon. — Huile d'olive dans le midi de la France (d'après 
Chemist and Druggist). — Young : Notes de laboratoire but les modes 
d'essai des extraits fluides. — Spenzer : Sur la sensibilité des réactifs du 
phénol. — Méthode d'analyse des liqueurs fermentées, adoptée par l' Associa- 
tion des chimistes agricoles des États-Unis (d'après American Druggist), — 
Stilman : Plan pour l'analyse do l'eau (d'après American Druggist). — 
Stevenson : Alcali ou soude de cendres — Hoffmann : Gomme arabique de 
l'acacia. — Thompson : Essais des préparations pharmaceutiques. — Hor» 
ner Burgess : Études des poudres de capsicum au point de vue de leurs 
falsifications. — Davis : Farine d'avoine et ses falsifications. — Leffman .- 
La purification de l'eau par le fer métallique (d'après Journ. ^na/y/. Chem,). 

E. G. 

The Chemical News, n^ 1667 à 1674, novembre et décembre. — Myiius 
dnd Fœrster : Dosage de petites qnantités d'alcali et reconnaissance de la neu- 
tralité de l'eau. — Waller : Propriétés des précipités (suite et fin). — Ht7- 
lebrand : Sur la présence de Tazote dans l'uraninite en général (fin). ^ 



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— 343 — 

Warren : Expériences relatives au progrès de la fabrication du sodium. — 
NorrU : Dosage du manganèse dans les minerais et les scories manganési- 
fères (d'après Journal, of analytical and applied Chemistry). — Cabell 
Whitehead : L'emploi du cadmium dans l'essai do Tor en lingot. — 
H, Trimble : Tannin du bois de châtaignier. — Wilson : Méthode pour ob- 
tenir une solution titrée d*iode pour le dosage du soufre dans Tacier et dans 
le fer brut (d'après Journal of analytical Cheinistry). — Allen : Études 
sur la saponification. — Craig : Sur le dosage du soufre. — Edwards : Note 
s«r le dosage de l'acide phosphorique dans les scories. — Preyer et Wendt : 
Sur le chîmism& du protoplasma vivant. — Daviea : Sur un phosphate de 
.calcium formé dans une solution d'acide acétique. — Wells : Nouvelle mé- 
thode pour l'analyse des minerais d'étain et pour la séparation du cuivre 
et du cadmium (d'après School of mines Quaterly), — Warren : Éva- 
luation du charbon employé dans les chaudières. — Newth : Dissociation du 
bromure de phosphore. — Warren : Note. sur une méthode électrolytique de 
préparation des alliages métalliques. — Pickering^ : Les densités des solu- 
tions d'acide sulfurique. — Aslanoglon : Sur le prétendu azoture de cuivre. 
— Venable : Traitement des zircons dans la préparation du chlorure de 
zirconium pur (d'après Journal of analytical and applied Chemistry). 

£. G. 

VARIÉTÉS 

Corps de santé de la marine. — Ont été promus : Au grade de pAar- 
mticien de deuxième classe» — MM. Lesterlin et Guichard, pharmaciens 
auxiliaires de deuxième classe. 

Ont été nommés dans le corps de santé des colonies : Au grade de phar* 
macien de deuxième classe, — MM. Spéder et Geoffroy, pharmaciens de 
deuxième classe de la marine. 

Est nommé dans la réserve de l'armée de mer : Au grade de pharmacien 
de deuxième classe. — M. Caries, ancien pharmacien de deuxième classe de 
la marine. 

M. Leray, pharmacien de première classe de la marine, est nommé pro* 
fesseur de physique et de pharmacie à l'École annexe de médecine navale à 
Rochefort. 

M. Perrimondond-Tronchet, pharmacien de première classe de la marine, 
a été nommé chevalier dans l'ordre de la Légion d'honneur. 



Service de santé militaire. — Ont été nommés dans le cadre des offi- 
ciers de l'armée territoriale : 

Au grade de pharmacien aide-major de deuxième classe, — MM. les 
pharmaciens diplômés de première classe Galereau, Touret, Mordagne, Ropi- 
teau, Clavaud, Déni, Michel, Douilbet, Bizot, Barrai, Kraus et Marette. 

Ont été nommés dans le cadre des officiers de réserve : 

Au grade de pharmacien aide-major de deuxième classe, — MM, les 



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■ vT*,'!?^ï^i'^?;?*-. 



— 344 — 

pharmaciens diplômés de première classe Julliard, Roux, Massai, Gattiker, 
Seigneurgent, Qainerit, Delage, Foulon, Testory, Barbou, Jacob, RîTaud, 
Desesquelle, Gau, Lua, Monayon, Gomar, Marsy, Lhomme, Heudier, Benoit, 
Quaghebeur, Lecocq, Decaillot, Barré, Tripot, Daperron, Cbifflet, Yalret, 
Delarra, Jeannin, Gontier-Lalande, Magnien, Gaillard, Pernet, Lermigeanx, 
Daumont, Desgrayes et Dujardin. 

M. Laval, pharmacien k Garpentras, Tient d'être nommé chevalier du Mérite 
agricole. 



FORMULAIRE 



Pommada pour la pansemant das brûlnrat. — M. Sibbbl (1). 

Europhèno 21" 

Huile d*olive 7 

Vaseline 60 

Lanoline 30 

Mêlez. — Usage externe. 

D*après M. Siebel (d'Elberfeld), cette pommade serait un excellent moyen 
de traitement applicable à toute espèce de brûlures. Elle serait préférable à 
l'emploi usuel d'iodofprme, non seulement par l'absence de l'odeur pénétrante 
de ce dernier, mais encore à cause de l'action analgésique de l'europhène, 
et de la propriété que possède cette substance de diminuer singulièrement la 
sécrétion des plaies, ce qui permet de laisser le pansement en place pendant 
trois à quatre jours. 



ERRATA 

AU NUXÈRO DU i" XAHS 1S92. 

Page 233, ligne 22, au lieu de : miel (Ges) de tamarin (engebin), lises : 
miel {engebin) de tamarix (Gea), 
Page 234, ligne 25, au lieu de : Salex medenni, lisez : Salix medemU. 
Page 236, ligne 31, au lieu de : fiouhier, lisex : Bauhin. 
Page 236, ligne 13, au lieu de : cruciforme, lisez : cunéiforme. 

(i) La Semaine médicale, mars 1892. 



Le Gérant : G. MAS80N. 

tAUS. — nCP. C. NiEMR ir I. rLAMMAUON, KOE AAOKB, 16). 



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— 345 — 



TRAVAUX ORIGINAUX 



Sur un nouveau procédé industriel permettant de séparer 
directement la baryte d'un sel de strontium quelconque; 
par MM. Adrian et Bougarel. 

Depuis le jour où les sels de strontium sont venus 
prendre rang parmi les produits chimiques applicables à 
la. médecine, on a cherché de divers côtés à obtenir ces 
produits aussi purs que possible, débarrassés surtout de la 
baryte qui pouvait en rendre l'emploi dangereux. 

Les chimistes ont proposé dans ce but, les uns Tacide 
hydrofluosilicique, d'autres le bichromate de potassium, 
d'autres le chromate de strontium, mais aucun de ces 
moyens n'est praticable industriellement. On a rappelé le 
procédé classique par un carbonate alcalin et le sulfate de 
potasse agissant sur le sulfate de strontium impur ; mais il 
a Tinconvénient d'être d'une longueur désespérante. 

D'autres encore ont espéré précipiter la baryte à l'état 
de sulfate en traitant la solution sti-onto-barytique par de 
l'acide sulfurique plus ou moins étendu, ou par un sulfate 
alcalin. La purification est très imparfaite dans ce cas, car 
le sel qui se forme immédiatement est du sulfate de stron- 
tiane, dont la faible solubilité permet difficilement 
l'échange de sa base avec celle du sel de baryum. 

Nous avons pensé aussi que l'addition directe de sulfate 
de strontium dans une solution stronto-barytique pourrait 
amener la précipitation de la baryte, et nous avons cons- 
taté en effet l'élimination d'une partie de cette impureté, 
mais l'action prolongée pendant des heures, soit à chaud, 
soit à froid, a laissé subsister toujours une certaine pro- 
portion de baryte. 

Au laboratoire de l'usine de Courbevoie, où se poursui- 
vaient ces essais, on ne perdit cependant pas l'espoir d'ar- 
river à séparer complètement et directement la baryte 

Joum, de Pkam. et de Ckim., 5* série, t. XXV. (!•' atyril 1892.) 23 



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-rr-^'-c* j_ ^ f TP- 



;^^^fS(F;^* 



— 346 — 

el de strontiane impur. Nous supposâmes qu'un 
lentement soluble, le sulfate calcique par exemple, 
vaut, au fur et à mesure de sa dissolution, en pré- 
l'un mélange de sels de strontium et de baryum, 
î préférence constituer le sulfate le plus insoluble, 
rience nous a montré la justesse de cette hypothèse, 
une solution d'un sel stronto-barytique, on ajoute 
'es de sulfate de calcium précipité, et qu'on filtre 
uelques instants seulement de contact, la liqueur, 
nnait auparavant un abondant précipité avec le 
ite de strontium ou le bichromate de potassium, ne 
it plus que des traces de baryte. Si le contact est 
>é pendant quelques heures, en agitant de temps en 
toute trace de baryte a disparu. 
5 cette opération, il est vrai, on a substitué une im- 
à une autre, et le sel calcique remplace le sel bary- 
Mais il est facile de se débarrasser de cette nouvelle 
5 té en se servant de la difficulté beaucoup plus 
que présentent à cristalliser les sels de calcium, 
ristallisations successives avec essorage et lavage 
LStaux suffisent généralement pour obtenir un sel 
ie chaux. 

j basant sur ces données, voici dans toute sa sim- 
le procédé que nous proposons : 
raiter le carbonate ou Fhydrate de strontiane du 
ïrce par l'acide azotique étendu ; amener la solution 
iensité de 1,11 (15* Baume) et filtrer avec soin, 
élayer dans la solution quantité suffisante de sul- 
î chaux précipité (un essai préliminaire sur une 
quantité aura indiqué la proportion exacte de sul- 
cessaire pour que la solution filtrée ne se trouble 
ême au bout de six heures, par les réactifs ordi- 
: bichromate de potasse ou chromate de strontiane) ; 
en contact une journée, en remuant de tempe en 
et filtrer. 

'assurer encore de l'absence totale de la baryte, et 
itrer les liqueui's au bain-marie jusqu'à une densité 
)7 (40*> Baume) et laisser cristalliser. 



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— 347 — 

i^ Séparer des eaux mères les cristaux formés, les 
essorer en lavant très légèrement, puis les soumettre à 
une deuxième cristallisation. Réunir les eaux mères pour 
les traiter comme il est dit plus loin. 

Dès la deuxième cristallisation on peut s'assurer que 
les cristaux ne contiennent plus de calcium. Pour cela on 
dessèche une petite quantité d'azotate de strontium, on le 
broie et on le traite par Talcool absolu; après un contact 
de quelques heures, on filtre, et l'alcool évaporé ne doit 
laisser aucun résidu, alors qu'il aurait dû dissoudre de 
l'azotate de calcium, s'il en était resté dans le sel de 
strontium. 

5"* L'azotate pur étant ainsi obtenu, on traite sa solution 
par du carbonate de soude, qui donnera : 

a) Du carbonate de strontium pur pouvant servir à la 
préparation de tous les autres sels ; 

b) De l'azotate de soude industriellement utilisable. 

6*" Les eaux mères mises de côté, ainsi qu'il a été dit 
plus haut, seront concentrées à nouveau jusqu'à obtention 
de la plus grande quantité possible d'azotate de strontium 
cristallisable. Cette séparation est facile, l'azotate de cal- 
cium ne cristallisant qu'à 56** Baume. Une ou deux nou- 
Telles cristallisations purifieront complètement l'azotate 
ainsi obtenu. 

7^ Les dernières eaux mères résultant des queues d'opé- 
ration, et constituées par de l'azotate de calcium conte- 
nant de faibles quantités d'azotate de strontium, seront 
traitées par une solution de sulfate de soude, qui fournira : 

a) De l'azotate de soude utilisable ; 

b) Du sulfate de calcium strontique précipité, qui pourra 
être utilisé dans une opération ultérieure pour la précipi- 
tation de la baryte. 

Dans les indications ci-dessus, nous avons tenu à mon- 
trer qu'il est facile, au moyen du sulfate de chaux, de 
séparer directement la baryte d'une solution strontique, 
et nous avons donné.dans son ensemble le procédé indus- 
triel permettant d'obtenir un carbonate pur en passant par 
l'azotate. Nous ajouterons que, pour tous les autres sels 



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'T^^'^^j^^^r^^ 



— 348 — 

es : bromure, chlorure, lactate, acétate, etc., Téli- 
ion immédiate et directe de la baryte est tout aussi 
en employant le sulfate de chaux. Pour quelques- 
îulement l'élimination de la chaux présenterait de 
ses difficultés. 



un moyen simple de reconnaître les viandes congelées ; 
par M. Maljean, médecin-major (1). 

nd on expose à une température de 10** à 15<» au-des- 
e zéro du sang frais inclus dans des tubes de verre, 
)lidirie et devient rutilant. Retiré du mélange réfri- 

et liquéfié, le sang change aussitôt d*aspect: il 
te une coloration rouge sombre et une certaine 
arence. L'examen miscroscopique démontre une 
très nette des globules rouges. Dans une goutte de 
lormal, on voit les hématies colorées en jaune ver- 
lager au milieu d'un sérum tout à fait transparent, 
e sang dégelé le sérum offre une teinte verdàtre 
me et les globules sont pâles, décolorés et déformés, 
ur ces données, signalées pour la première fois par 
ichet, en 1866, que repose le moyen préconisé par 
Ijean pour reconnaître les viandes congelées et 
t les viandes de mouton vendues aujourd'hui cou- 
nt dans les boucheries de nos grandes villes, 
iffit de prendre à l'intérieur un peu de sang ou 
ment un peu de suc musculaire. Pour obtenir le 
n nature, on recherche les petits vaisseaux qui 
it dans les interstices musculaires ou au voisinage 

avec une pince et des ciseaux on extirpe un seg- 
eineux et on Texpose sur une lame de verre qu'on 
[*e immédiatement d'une lamelle et qu'on porte sous 
'oscope. 

id on veut examiner le suc musculaire, on découpe 
jment de chaii* et on le comprime entre les raoï-s 

'.h. de méd. et pharmacie militaires. 



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— 349 — 

I 

d'une pince à pression continue. La striction fait sourdre 
une gouttelette d'un liquide rougeâtre contenant du sang, 
des débris de fibres et des gouttelettes de graisse. Toutes 
ces préparations doivent être faites assez rapidement pour 
éviter la dessiccation et on doit les examiner sans aucun 
réactif, la plupart des liquides et Teau principalement 
détruisant immédiatement les globules rouges et leur 
faisant perdre leur matière colorante. 

Quand la viande est fraîche, on constate de la manière 
la plus nette l'existence de nombreux globules rouges ayant 
conservé leur coloration normale; ils nagent au milieu 
d'un sérum incolore. Quand la viande a été congelée, on ne 
voit aucun globule normal; ils sont tous plus ou moins 
déformés et complètement décolorés tandis que le liquide, 
ambiant présente au contraire une teinte relativement 
foncée. 

Ces altérations du sang se révèlent à Toeil nu par des 
caractères d'une certaine importance, ainsi décrits par 
M. Maljean : a Quand on examine attentivement les sur- 
« faces de section d'une viande fraîche, il est toujours fa- 
« cile, par une légère pression, de faire sortir un peu de 
ec sang par les orifices vasculaires; en outre, le trajet des 
a petits vaisseaux est dessiné par une trace rougeâtre ou 
« violacée indiquant la présence du sang. Il n'en est pas 
« de même dans les viandes congelées, les vaisseaux sont 
« peu apparents et se retrouvent difficilement dans la coupe 
ce des chairs. Ils paraissent vides et le peu de liquide qu'on 
« en retire n'a pas la coloration habituelle du sang. D'un 
« autre côté, le suc musculaire recueilli par la pression 
<r est plus abondant et plus teinté que dans les viandes 
« fraîches. La différence devient sensible quand on reçoit 
tf ce liquide musculaire sur du papier blanc à filtrer: il se 
« produit des taches plus étendues et plus foncées. Enfin 
« si on introduit un fragment de viande congelée dans un 
a tube à essai contenant un peu d'eau, le liquide se colore 
« plus rapidement et avec plus d'intensité qu'avec la viande 
« fraîche. » 



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— 350 — 

Note sur la glauc'ine ; par M. J.-A. Battandier. 

)epuis le mémoire de Probst (I), il a été publié peu de 
ise sur la glaucine. C'est pourtant un alcaloïde abondant 
il y aurait intérêt à essayer physiologiquement, mais p^r 
procédés indiqués par Probst il élait à peu près impos- 
ie d'obtenir des sels purs et cristallisés, ainsi que je Tai 
statéavec de nombreux acides minéraux ou organiques, 
peut facilement obtenir le bromhydrate en belles ai- 
lles prismatiques très brillantes par le procédé suivant : 
'extrais la glaucine du suc concentré de feuilles de 
mium luteum par l'ammoniaque et Téther de pétrole, 
ther de pétrole est repris par de l'eau acidulée d'acide 
tique, et enfin l'acétate de glaucine est précipité par 
nmoniaque. La glaucine se sépare en une masse caille- 
tée très blanche qui se contracte peu à peu et que Ton 
it tirer en fils soyeux à la manière du sucre dit en 
lides. Cette glaucine à la longue noircit et s'allére 
me à l'abri de la lumière. Si on la dissout dans de 
cool à 95* et que l'on sature la solution avec de Tacide 
mhydrique en solution aqueuse, le bromhydrate de 
ucine cristallise immédiatement et les produits bruns 
venant de l'altération de la glaucine restent dissous 
is l'alcool. On jette ces cristaux sur un filtre et on les 
3 avec un peu d'alcool fort. Par redissolution dans 
cool bouillant ils cristallisent en très belles aiguilles 
smatiques rosées. Le bromhydrate de glaucine est bien 
s soluble dans l'eau que dans l'alcool. On peut faire 
stalliser la solution aqueuse, mais les cristaux sont 
PS difficiles à purifier. 

^es réactions de la glaucine n'ont jamais été complè- 
lent décrites. Lorsque l'on traite par l'acide sulfurique 
centré la glaucine ou ses sels, on obtient non pas une 
)ration violette, mais une belle teinte bleu de ciel. Ce 
5t que par la chaleur, ou au bout d'un ou deux jours à 

) Annalen der Chem. und Phann., 1836. 

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— 351 — 

froid que se produit la teinte violette. Cette < 
se produit immédiatement qu'avec les produi 
venant de l'altération de la glaucine. Ces pr 
repris par Téther de pétrole lui cèdent un al< 
semblable à la glaucine, mais se colorant dii 
violet par Tacide sulfurique. Le reste de la 
bien décrit dans le mémoire de Probst. L'acic 
chauffé avec la glaucine jusqu'à émettre 
vapeurs ne la charbonne point et ne dégagi 
sulfureux. La solution violette ainsi obtenue ^ 
teinte pendant des années si l'humidité at 
n'intervient pas. Dans le cas contraire, ou 
d'eau, elle prend une teinte fleur de pécher ] 
sursature par l'ammoniaque, il se forme 
indigo, très stable, que l'acide sulfurique re 
une couleur violette. 

En employant de la glaucine récemment 
peut obtenir le bromhydrate absolument in 
les eaux mères donnent bientôt des cristaux 
noir animal décolore difficilement d'une faç 

J'ai trouvé une nouvelle et très belle réactic 
cine. A 10*^ d'acide sulfurique on ajoute quat 
nitrate acide de mercure et on agite; on b? 
soucoupe en porcelaine avec ce mélange < 
tomber quelques petits cristaux de glaucin< 
ses sels. En inclinant la soucoupe on voit si 
stries d'un vert intense, passant peu à peu au 



REVUE DES TRAVAUX PUBLIES RECEM 

SUR LES PRINCIPES IMMÉDIATS CONTENUS DANS L 

Par M. Em. Bourquelot (suite) (I 

Sur quelques principes des écorces d 

MM. CiAMiciAN et P. SiLBER (2). — Lcs écorce 

(1) Voir le N* du 15 mars 1892. 

(2) Sopra alcani principii dellc corteccie di « Cote ». Gazz 
\\l, (u), 473, 1891. 



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— 352 — 

déjà été l'objet dé recherches étendues de la part de Jobst 
et Hesse, qui en ont retiré plusieurs principes immédiats, 
à savoir : la cotohie^ la paracotoîne, Yoocyleucotine^ la leucotine 
et Vhydrocotoîne (1). MM. Ciamîcian et SiUber viennent de 
reprendre l'étude du dernier de ces composés : Thydro- 
cotoïne. Leurs recherches ont porté uniquement sur le 
produit désigné sous ce nom dans le commerce. 

D'après ces chimistes, ce produit renferme bien Thydro- 
cotoïne de Hesse, mais il contient en outre, et en grandes 
proportions j un autre principe immédiat auquel ils donnent 
le nom de prolocotoine. 

L'hydrocotoïne purifiée possède les propriétés qui lui 
ont été attribuées par Jobst et Hesse. C'est un corps 
cristallisé en grandes aiguilles prismatiques, jaune pâle, 
fusible à 98% soluble dans Falcool, Téther, le chloroforme 
et l'acide acétique, mais pas sensiblement dans l'eau. 8a 
composition centésimale et son poids moléculaire déter- 
miné par la méthode de Raoult correspond à la for- 
mule €»«H»*0*. 

La protocotoïne se rapproche à beaucoup d'égards de 
l'hydrocotoïne. Elle se présente cristallisée en prismes 
raonocliniques, de couleur jaune clair, fusibles à 141-142*. 
Elle est insoluble dans l'eau, mais se dissout dans l'alcool, 
l'éther, le chloroforme, le benzol et l'acide acétique. Elle est 
pourtant moins soluble dans l'alcool que l'hydrocotoïne, et 
c'est en s'appuyant sur cette propriété que ces deux corps 
peuvent être séparés l'un de l'autre. Sa composition cen- 
tésimale et son poids moléculaire correspondent à la for- 
mule €"H**0«. 

D'après les auteurs, l'hydrocotoïne et la protocotoïne 
possèdent les propriétés d'un phénol monoatomique 
qu'elles perdent lorsqu'on les méthylise à l'aide de l'iodure 
de méthyle. En outre, elles renferment deux groupements 
oxyméthyliques qu'il est facile de mettre en évidence, en 
sorte qu'on peut exprimer partiellement leur constitution 
par les formules suivantes : 

(1) Ber, d, d. chem. geselU,, 1876 et 1877. 

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V 





— 353 — 






et 


G"H'Ô' 


HydrocotoTne. 




ProtO( 



D'autre part, la façon dont ces corps soi 
par les acides et les bases (formation d'acid 
d'acide protocatéchique) indiquent que ce soc 

D'après quelques recherches du professeu 
protocotoïne serait un corps indilTérent au 
physiologique. 

Sur le gentisin ; par MM. Kostanecki et I 
Le gentisin, composé retiré de la gentian 
Ch. Lecomte, a été, depuis cette époque, étui 
reprises sans pourtant qu'on ait réussi à étal 
tution chimique. 

M. Kostanecki vient de résoudre en partie 
En traitant le gentisin par l'acide iodhydriqi 
de Téther méthyliodhydrique et un composa 
gentiséine, €*'H'0*, qui ne diffère du gentis 
groupe méthyle en moins. Le gentisin s( 
éther méthylique de la gentiséine. 

Ce dernier corps cristallise avec deux moh 
cristallisation en fines aiguilles de couleur ja 
perdent leur eau à 100** en prenant une coule 
prononcée. Chauffé avec l'acide acétique anl 
tate de chaux déshydraté, il donne un éthe 
€**H'^*(G*H'0*)' qui cristallise en aiguille! 
dans l'alcool, mais facilement solubles dai 
tique. La gentiséine peut donc être consi 
renfermant trois hydroxyles, €**H'0'(OH)' 
tution du gentisin peut être exprimée pa 
€"H«0'{0€H»)(OH)*. 

MM. Kostanecki et Schmidt ont en outre ol 
éther en méthylant le gentisin et la gentiséin 
éther diméthylique de la gentiséine : €^*'H*0* 

(!) Ueber das gentisin. Schweis. Woch. f, Pharm., n* 



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— 354 — 



-corps cristallisé en aiguilles jaunes clair, fondant à 167*. 
Il faut remarquer enfin que le gentisin et la gentiséine 
d'une part, ont des analogies avec la quercétine et la 
rhamnétine d'autre part. 



Sur les principes immédiats de récorce d^angusture ; 

par MM. H. Beckurts et P. Nehring (1). — L'écorce d'an- 
gusture [Cuiparia trifoUata Eiigler, Galipea officinalis 
Hancock) a déjà été l'objet de recherches nombreuses, de 
l'ensemble desquelles il paraissait ressortir, avant le tra- 
vail que nous analysons, qu'elle renfermait : 1* trois alca- 
loïdes, Vangusturine (Brandes), la cuspartne (Bôhringer) et 
la galipeïne (Bôhringer) ; 2^ uue essence (Herzog) ; 3*» une 
matière amère (Pfafif) ; 4® des résines (Oberlin et Schlagden* 
hauffen) ; 5^ de la cire ; 6* enfin de l'acide tartrique libre 
(Pfaff) et des sels. Ajoutons que Baladin prétendait en 
avoir retiré un corps cristallisé non azoté qu'il a nommé 
^usparine, composé que n'a pas retrouvé Herzog. 

MM. Beckurts et Nehring ont épuisé Técorce grossiè- 
rement pulvérisée successivement par l'éther froid, par 
l'alcool à 95** froid et par de l'eau acidulée d'acide sulfu- 
rique. 

Les produits obtenus à l'aide des deux premiers dissol- 
vants, soumis à des traitements appropriés, ont fourni 
d'abord quatre alcaloïdes que les auteurs nomment : 
galipine^ cusparine, cusparidine et galipidine. L'extrait 
éthéré a donné en outre une essence, et l'extrait alcoolique 
une matière amère. 

La galipine, qui parait identique à la galipeïne de 
Bôhringer, est cristallisée en aiguilles flexibles blanches. 
Elle fond à 115<',5, est très soluble dans le chloroforme, 
l'acétone et le benzol, soluble dans l'éther et peu soluble 
dans l'éther de pétrole. Sa composition centésimale cor- 
i-espond à la formule 0"H"AzO*. Elle fournit avec les 



(1) Ucber dio Bestandteilo der Aiigosturarinde , der Rinde von Cusparia 
iHfoliata Englcr, Archiv der Pharmacie ;3J, XXLX, p. 591, 189[. 



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— 355 — 

acides des sels cristallisés en aiguilles jaunes (chlorhy- 
drate, bromhydrate, sulfate acide). Enfin elle donne, avec 
riodure de méthyle, un produit d'addition 

(G"H"AzO»€HM) 

cristallisé en aiguilles jaunâtres fusibles à 146''. 

La galipidine cristallise en lamelles soyeuses blanches. 
Elle fond à 1 il*. Elle est facilement soluble dans Talcool, 
réther, le benzol, Téther acétique, le chloroforme, et peu 
soluble dans Téther de pétrole. Sa composition centésimale 
répond à la formule €'*H**AzO'. Elle donne avec les acides 
des sels cristallisés jaunâtres, solubles dans Teau bouil- 
lante et possédant une saveur amère. Avec Tiodure de 
méthyle, elle donne, comme la base précédente; un pro- 
duit d'addition qui fond à 142<*. 

La cusparïne cristallise en aiguilles groupées en marner 
Ions qui fondent à 89*. Elle est facilement soluble dans 
l'alcool, le chloroforme, l'acétone, le benzol, Téther, et diffi- 
cilement dans la ligroïne et l'éther de pétrole. Sa compo- 
sition centésimale correspond à la formule G'*H**AzO' 
(Kôrner et Bôhringen avaient trouvé- pour leur cusparine, 
sans doute identique avec celle-ci. G** H" AzO'). Elle fournit 
avec les acides des sels blancs difiicilement solubles dans 
l'eau, plus facilement dans l'alcool. La cusparine donne 
également avec Tiodure de méthyle un produit d'addition, 
lequel fond à 186*. 

hsictisparidinese présente cristallisée en aiguilles rassem- 
blées en rosettes, qui fondent à 78*. Formule, €*• H "AzG*. 
Elle donne également des sels cristallisés avec les acides 
et un produit d'addition avec Tiodure de méthyle. (Point 
de fusion, 149*.) 

lukuile essentielle est jaunâtre. Son poids spécifique 
est 0,956 à 15*. Elle a une odeur aromatique. Elle se dis- 
sout en totalité dans l'éther, l'acool, l'éther de pétrole, le 
chloroforme et l'acide acétique. Elle rougit le papier bleu 
de tournesol. Elle ne renferme ni phénol, ni acétone, ni 
aldéhyde. 

La matière amère que les auteurs appellent angusturinej 



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rv '^ 



— 356 — 

lien que ce mot ait déjà servi à désigner un autre composé, 
e présente, après de nombreuses purifications, sous la 
3rme de cristaux microscopiques bruns jaunâtres solubles 
ans l'eau, Talcool et Tacide acétique. Sa composition 
enlésimale répond à la formule €®H*'0*. 

En dernier lieu, Texamen du produit obtenu dans le 
paitement à Teau acidulée a fait supposer aux auteurs 
u'il renfermait un glucoside particulier, mais Tétude de 
e corps n'a pu être poursuivie. 

(A suivre.) 



REVUE DES PUBLICATIONS DE PHARMACIE, 
PHYSIOLOGIE, MICROBIOLOGIE, CHIMIE, INDUSTRIE. 



Pharmacie, Médicaments nouveaux. 

Asparaginate de mercure (1). — D'après E. Ludwig, 
n prépare ce composé de la façon suivante : on dissout 
0«' d*asparagine dans l'eau chaude et on ajoute peu à peu 
e l'oxyde jaune de mercure à la solution, jusqu'à ce 
u'elle n'en dissolve plus. On laisse refroidir et on filtre, 
^ans un volume exactement mesuré du liquide, on dose 
5 mercure, ce qu'on peut faire en précipitant par Thydro- 
ène sulfuré et en pesant le sulfure de mercure préala- 
lement lavé et desséché. On étend alors la solution de 
ïUe sorte qu'elle renferme soit 1, soit 2 p. 100 de mercure, 
livant les besoins. 

Il peut se faire que, au moment de l'addition d'eau ou au 
out de quelque temps, il se produise un trouble blanc ; 
Q le fait disparaître facilement en ajoutant un peu d'aspa- 
iginé pulvérisée. La préparation constitue un liquide 
lair, incolore, inodore et doué d'une saveur métallique 
igërement caustique. 

D'après H. Thoms, le composé formé serait une combi- 
aison d'oxyde de mercure avec l'asparagine (amide de 

(1) Pharm. Poti., XXV, p. 285, 1892. 



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— 357 — 

l'acide aspartique), ayant la formule de constitution sui- 
vante : 

Usage: J. Neum«ann a employé récemment ce composé 
en injections sous-cutanées dans le traitement de la sy- 
philis. Il affirme que ces injections ne sont que très rare- 
ment douloureuses. Em. B. 



Pyroborate de mercure ; par M. Vincenz Tokayer (1). — 
Ce sel se prépare par double décomposition avec le bichlo- 
rure de mercure et le borate soude. La réaction est la 
suivante : HgCP + Na»Bo*0' =2NaCl + HgBo*0\ 

On dissout, d'une part, 76«' de borate de soude, et d'au- 
tre part, 54«' de bichlorure de mercure dans un litre d'eau 
distillée. On ajoute la première solution à la seconde en 
remuant continuellement avec un agitateur en verre. Il se 
fait un précipité brun qui se sépare rapidement. On lave 
soigneusement avec de l'eau distillée et on fait sécher à 
l'obscurité. La préparation doit d'ailleurs être faite à l'abri 
de la lumière du jour. 

Le pyroborate de mercure se présente sous la forme 
d'une poudre brune, amorphe, qui n'est soluble ni dans 
l'eau, ni dans l'alcool. 

Mode d'emploi: en pommades, dans la proportion de 
1 p. 50 de lanoline ou de vaseline. Em. B. 



Nouveille antipyrine (2). — Il s'agit d'un isomère de 
l'antipyrine actuellement employée en thérapeutique, iso- 
mère qui jouirait des mêmes propriétés analgésiques que 
cette dernière. 



(1) Hydrargyrum pyroboricum. — Pharm, Poat,, XXV, p. 156, 189i. 

(2) Pharmaceulische Zeitung, XXXYII, p. 176, 1892. 



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TA 



— 358 — 

On sait que la préparation de l'antipyrine de Knorr se 
fait en trois temps : 

1« Combinaison à froid de la phénylhydrazine G*H'Az* 
avec Télher acétylacétique G*H*®^'; il y a élimination 
d'eau et formation du composé G" H"Az'0' ; 

2* Elimination d'une molécule d'alcool éthylique du 
composé précédent en chauffant au bain-marie ; on a ainsi 
le nouveau composé €*"H'® Az'O [phénylméthylpyrazoloné] ; 

3** Méthylisation de la phénylméthylpyrazoloné à l'aide 

de Téther méthyliodhydrique. L'antipyrine ainsi obtenue 

est de la phényldiméthylpyrazolone. Sa formule brute est 

C"A*'Az'^ et sa formule de constitution serait, d'après 

Knorr : 

Az.€«H« 



€H>. Az 



€H». e 



€0 



en 



D'après Lederer, pour préparer Tisoantipyrine, on fait 
un mélange de P-bromobutyrate de potasse dissout dans 
2 parties et demi d'eau, d'acétate de soude et de phénylhy- 
drazine (quantité calculée), qu'on abandonne à la tempéra- 
ture ordinaire. Ô'il se forme deux couches distinctes, on 
chauffe quelque temps au bain-marie pour achever la 
réaction. Le produit principal de cette réaction est de la 
phémjlmétkylhydroisopyrasolone.Oïi l'enlève en épuisant par 
l'éther, on le purifie par cristallisation dans le benzol et 
on le soumet à l'action d'un oxydant faible (solution aqueuse 
diluée de perchlorure de fer). Il perd deux, atomes d'hy- 
drogène et se change en phénylméthylisopyrasolone. 

Az.e'ii* Az-eMi»^ 



HAz 



Ge 




€H.€H» 



eH* 



HAz 



oe 




€. €11» 



€H 



Phénylméthylhydroisopyrazolone. 



Phénylméthylisopyrasolone. 



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J 



— 359 — 

On traite ce dernier corps par Téther méthyliod 
drique en solution méthylique et on obtient l'isoant 
rine : 



eH'. Az 



oe 




€. €FI» 



€H 



On voit que si on adopte le numérotage de Knorr, 1 
antipyrine diffère théoriquement de Tantipyrine en ce 
que les deux groupements €0(5) et GH*. € (3) ont chî 
réciproquement de sommet et sont devenus OG (l 
€. GH' (5). 

L*antipyrine et Tisoantipyrine présentent un g 
nombre de propriétés communes. Ces deux composés c 
tituent des cristaux incolores fusibles à 113**, solubl 
froid dans l'eau, Talcool, le chloroforme et à chaud dai 
benzol et le toluol. Ils se séparent de leur solution aqu 
additionnée de lessive de soude sous la forme d'un liq 
huileux que l'éther enlève aisément. Enfin, ils possè 
les mêmes propriétés physiologiques. 

Ils diffèrent cependant sur les points suivants : Le 
cylate d'isoantipyrine est difficilement obtenu à ] 
cristallin, tandis que lesalicylate d'antipyrine (salipy] 
cristallise avec la plus grande facilité. Le picrate c 
antipyrine fond à 168**, tandis que le picrate d'anlip^ 
fond à 187**. Le dérivé nitré de Tisoantipyrine, qu'oi 
peut préparer qu'en observant les plus grandes pré 
tions, est constitué par des aiguilles d'un vert mousse 
détonent à 155**, alors que le dérivé nitré de Tantipy; 
qui se présente en cristaux d'un vert clair, détone à 

Em. B. 



Physiologie. 

Suc gastrique; par M. Maurice Arthus. — Pendan 
dernières années, les physiologistes et les chimiste 



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■^'z^/^-ir^K^r'^im^'^^' 



— 360 — 

sont attachés à étudier la composition du suc gastrique et 
les transformations chimiques subies par les aliments 
dans Testomac ; les pathologisles et les cliniciens ont cher- 
ché à appliquer les données de la physiologie normale et 
pathologique à rétablissement du diagnostic des affections 
stomacales. 

Le suc gastrique est caractérisé par sa réaction acide et 
par deux propriétés : la propriété de peptoniser les subs- 
tances albuminoïdes, et la propriété de caséifier le lait; 
ou, comme on a l'habitude de dire, le suc gastrique con- 
tient des combinaisons acides et deux ferments solubles : 
la pepsine et le principe actif de la présure généralement 
désigné aujourd'hui par le mot labferment. Ce nom lui a 
été donné par Hammarsten, professeur à l'Université sué- 
doise d'Upsal, qui, le premier, Ta isolé et étudié. 

I 

C*est la réaction acide du suc gastrique qui a tout d'abord 
frappé les observateurs et provoqué les recherches expéri- 
mentales. 

Dans une première période qui s'étend de 1824 à 1878, 
c'est la nature de Tacide des combinaisons acides du suc 
gastrique qu'on se propose de déterminer : les travaux de 
Prout, de Tiedemann et Gmelin, de Cl. Bernard et Bar- 
reswil, de Lehmann, de Blondlot, de Cari Schmidt, de 
M. Ch. Richet montrent que l'acidité du suc gastrique 
n'est pas due normalement à la présence d'acides lactique, 
butyrique, acétique ou de phosphate acide de chaux. Sans 
doute ces diverses substances existent parfois dans le suc 
gastrique ; mais elles sont le produit de fermentations ou 
de réactions intra-stomacales, elles ne sont pas le produit 
normal de la sécrétion stomacale. Ces recherches montrent 
qu'il existe dans le suc gastrique des combinaisons chlo- 
rées acides, capables de donner certaines réactions de 
l'acide chlorhydrique et d'abandonner des vapeurs de cet 
acide dans certaines circonstances ; elles sont insuffisantes 
pour prouver l'existence d'acide chlorhydrique chimique- 
ment libre dans le suc gastrique. 



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■'< 



— 361 — 

Dans une seconde période qui commence en 1878, avec 
le travail de M. Ch. Richet (1), on s'est proposé d'établir 
la nature de ces combinaisons chlorées : est-ce de Tacide 
chlorhydrique libre? ou des chlorures organiques, de 
Tacide chlorhydrique faiblement combiné, comme on a 
coutume de dire? Les avis sont encore partagés à cet 
égard : les uns admettent que tout le chlore est à Tétat de 
combinaisons métalliques et organiques autres que Tacide 
chlorhydrique; les autres, supposant qu'une partie du 
chlore se trouve à l'état d'acide chlorhydrique libre, in- 'p 

diquent des procédés pour doser séparément le chlore fai- 
blement combiné et le chlore de l'acide libre. Il n'y a là 
qu'une discussion de mots qui n'existerait pas si l'on avait 
pris soin de définir exactement ce qu'est l'acide libre. 

L'acide chlorhydrique n'est libre dans une liqueur que 
si cette liqueur présente les réactions et toutes les réac- 
tions de la solution aqueuse d'acide chlorhydrique ; c'est 
là une définition admise par les chimistes. 

Si dans cetle liqueur une ou plusieurs des réactions de 
cet acide manquent, sont masquées, comme disent cer- 
tains auteurs, l'acide n'est plus libre, il est combiné. Cette 
définition étant admise, et elle doit être admise, si l'on 
veut éviter les discussions subtiles et vaines, on peut 
résoudre la question de l'état du chlore dans le suc gas- 
trique. 

M. Gh. Richet montre que le suc gastrique ne peut mettre 
en liberté que la moitié de l'acide acétique des acétates 
alcalins, tandis que l'acide chlorhydrique en solution 
aqueuse de même acidité que le suc gastrique employé, 
met en liberté la totalité de l'acide acétique des acétates 
alcalins. On sait aujourd'hui qu'il n'en est pas tout à fait 
ainsi et qu'il convient de modifier de la façon suivante la 
proposition de M. Richet. Si, en présence de suc gas- 
trique, on met une quantité d'acétate alcalin correspon- 
dant chimiquement à l'acidité du suc gastrique , la moitié 

(I) Deê propriétés chimiques et physiologiques du suc gastrique ches 
r homme et les animatu:, Paris, 1878. 

/(mm. de Pksrm. et de Chim., 5* série, t. XXV. (!•' av ril 1892.) ^-^ 



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^ ••3ÇV* 



— 362 — 

de l'acide acétique de Tacétate est mise en liberté ; si, au 
contraire, on met en présence équivalents égaux d*acide 
chlorhydrique et d'acétate alcalin, les 33/34 de l'acide 
acétique sont mis en liberté. 

En soumettant à la dialyse le suc gastrique, M. Ch. Ri- 
chet a constaté que le quart des chlorures métalliques de ce 
suc passe dans le liquide extérieur aussi vite que le vingt- 
cinquième de l'acide chlorhydrique de ce suc, tandis que 
pour un mélange d'acide chimiquement libre et de chlo- 
rures métalliques, ce sont ces derniers qui dialysent le 
plus lentement. Ces considérations démontrent que le suc 
gastrique contient des combinaisons chlorées organiques 
autres que l'acide chlorhydrique libre ; elles ne démontrent 
pas que ce suc ne renferme pas d'acide chlorhydrique libre. 

Cl. Bernard, reprenant les expériences de distillation 
déjà faites par Prout, par Braconnot, par Tiedemann et 
Omelin, constate qu'il ne se dégage pas d'acide chlorhy- 
drique pendant Tévaporation, même à la température 
d'ébullition ; ce n'est que lorsque le suc gastrique est 
amené à consistance sirupeuse que commencent à se dé- 
gager les vapeurs d'acide chlorhydrique. On sait qu'au 
contraire les solutions aqueuses d'acide chlorhydrique, 
même faibles, émettent des vapeurs à la température ordi- 
naire, à plus forte raison à 80«, 90*, etc. La distillation du 
suc gastrique dans un vide partiel, soit à une température 
voisine de la température normale du corps (dans des 
conditions incapables, par conséquent, d'avoir déterminé 
des modifications chimiques importantes), soit à une terti- 
pérature plus élevée, inférieure à 100*, ne donne lieu à 
aucun dégagement d'acide chlorhydrique. On peut donc 
affirmer que le suc gastrique ne contient pas d'acide 
chlorhydrique chimiquement libre. 

Sans doute le suc gastrique présente quelques-unes des 
réactions de l'acide chlorhydrique; en particulier des réac- 
tions colorées. Les cliniciens, qui font un usage constant 
de ces réactifs, prétendent pouvoir établir la présence ou 
l'absence d'un acide libre, la nature de cet acide libre dans 
un contenu gastrique. Par l'orangé Poirrier ou le rouge 



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Jk^ 



— 363 — 

Congo, ils séparent Tacidité due à un acide libre de Taci* 
dite due à un sel acide ; par le violet de méthyle et le vert 
malachite, ils établissent la nature de l'acide libre, s'il y 
en a; par la phlorogjucine-vanilline en solution alcoolique, 
Giinzburg caractérise Facide chlorhydrique qu'il appelle 
libre; par la résorcine sucrée en solution alcoolique, 
Boas prétend arriver au même résultat. 

En admettant que les réactions colorées donnent dans 
tous les cas un résultat positif, ce qui n'est d'ailleurs pas 
vrai, on n'en saurait conclure qu'il existe de l'acide 
chlorhydrique libre dans le suc gastrique, mais, purement 
et simplement, qu'il y existe des combinaisons donnant 
les réactions colorées de l'acide chlorhydrique, ce qui est 
bien différent. 

Comment se fait-il alors qu'on ait proposé récemment 
plusieurs méthodes ayant pour objet de doser séparément 
Facide libre et l'acide faiblement combiné? C'est qu'on n'a 
pas attribué à l'expression acide libre sa valeur véritable 
et rigoureuse. 

Pour Sjôqvist, par exemple, l'acide libre correspond au 
chlore qui, par évaporation du suc gastrique en présence 
du carbonate de baryum, donne du chlorure de baryum (1). 
- Mintz considère comme libre l'acide chlorhydrique qui 
correspond à la quantité de soude qu'il faut ajouter au suc 
gastrique pour que ce dernier ne donne plus la réaction 
colorée de la phloroglucine-vanîlline de Gûnzburg ou la 
réaction colorée de la résorcine sucrée de Boas (2). 

Léo détermine par les procédés acidimétriques ordi- 
naires l'acidité du suc gastrique avant et après traitement 
par le carbonate de chaux (3). 

La quantité d'acide saturée par le carbonate de chaux 



:m 



(i) Eino neue Méthode freie Salzftiire im Mageninhalte quantitative zu 
besUmmeD. Zeitschr^ f. phy$iol. Chemie, XIII, 1889. 

(2) s. Mintz, Bine einfacbe Méthode zur quantitativen Bestiromung der 
frêion Salzs&ure im Mageninhalt. Wiener klin Wochensch., 1889; Gûnz- 
burg, Centralbl f, klin Med., 1887; Boas, CentralbL f, klin Med^, 1888 

(Z) Kine neue Méthode zur Sâurebcstimmung im Mageninhalt. CeniralbU 
f. d, med. Wiss.^ 1889. 



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— 364 — 

est, pour cet auteur, de Tacide chlorhydrique libre. Celte 
méthode ne serait applicable, bien entendu, que dans le 
cas où le suc gastrique ne contiendrait pas d'acides anor- 
maux ou de combinaisons acides pouvant être neutralisés 
par le carbonate de chaux. 

Précisément, dans un cas semblable, la méthode de Léo 
donnerait un résultat nul, car on sait que le suc gastrique 
normal ne peut pas attaquer le carbonate de chaux ; c'est 
même une excellente raison qu'on peut ajouter à celle qui 
a été précédemment signalée pour démontrer la non 
existence d'acide chlorhydrique libre chimiquement. Il 
est donc certain que Léo rapporte à Facide chlorhydrique 
libre une acidité qui dépend uniquement d'acides orga- 
niques anormaux. 

Jolies admet que la méthode de Sjôqvist donne Tacide 
chlorhydrique libre, mais seulement chimiquement libre, 
et non pas physiologiquement libre. Il admet qu'on peut 
déterminer cette proportion d'acide physiologiquement 
libre en sachant combien il faut ajouter de soude à un suc 
gastrique pour faire disparaître sous une épaisseur donnée 
les deux bandes d'absorption que présente une solution 
déterminée d'éosine en présence du suc gastrique. On voit, 
sans qu'il soit nécessaire d'insister, tout ce qu'il y a d'ar- 
bitraire dans une telle distinction des différentes formes 
de l'acide chlorhydrique, et dans le procédé proposé pour 
les doser. 

A toutes ces méthodes on peut adresser un même re- 
proche : elles ne permettent pas de connaître l'acide chi- 
miquement libre ; il n'y en a pas ; l'acide chlorhydrique 
qu'elles indiquent comme étant libre est en réalité engagé 
dans des combinaisons décomposables, et décomposables 
de façons différentes suivant les réactifs qu'on fait inter- 
venir : l'acide libre de Sjôqvist n'est pas le même que 
l'acide libre de Mintz ; autant de réactifs, autant de résul- 
tats : le résultat obtenu n'a aucune valeur absolue, il n'a 
qu'une valeur relative, une valeur spécifique pour le 
réactif employé. II en est de même dans la détermination 
de l'acidité d'un liquide complexe : la valeur de cette 



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— 365 — 

acidité n'est pas nécessairement la même, si 
pour indicateur le tournesol, Torangé ou 
substance. 

Ces divers procèdes de dosage et quelques 
pour but unique de déterminer l'acide libre 
trique. MM. Hayem et Winter ont récemment j 
méthode ayant pour but de doser séparément i 
Tacide chlorhydrique libre, le chlore des co 
chlorées organiques, le chlore des chloru 
liques (1). Pour cela, ils font trois dosages d( 
suc gastrique évaporé en présence d'un excès c 
de soude, puis rapidement et légèrement cale 
de déterminer, par la méthode volumétriqu( 
total ; — le suc gastrique évaporé et desséché à 
par le carbonate de soude légèrement calcin 
chlore des chlorures métalliques et des ce 
chlorées organiques ; la différence du chlore 
chlore combiné total donne le chlore qui a éU 
la dessiccation à 100', ce que M. Hayem appel 
deTacide chlorhydrique libre; — le suc gastri 
à aussi basse température que possible, donn 
dans lequel on dose encore le chlore; ce derj 
pond aux chlorures métalliques; par diffère 
chlore de la seconde détermination on obtie 
des combinaisons organiques chlorées. 

MM. Hayem et Winter déterminent donc le cl 
chassé à 100^, le chlore qui est chassé entre IC 
pérature de calcination légère et le chlore qi 
chasser par la calcination légère. Ces trois ( 
chlore correspondent-elles à l'acide chlorhyd 
aux combinaisons organiques chlorées, aux et 
talliques? Je ne le crois pas, pour les raisons 
développer. 



(1) Du Chiiniame stomacal^ Paris, 1891. 



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^^^^w^ 



— 366 — 

Microbiologie. 

Recherches sur les organismes de la nitrificaiion; par 

M. S. WiNOGRADSKY. — SuT la formation et toxydaiion des 
nitrites dam la nitHfîcation, — La nitrificaiion a été tou- 
jours considérée par les chimistes comme un phénomène 
qui mène essentiellement à la production de nitrates. Dans 
la nature, ainsi que dans les expériences imitant les con- 
ditions naturelles, on n'a observé la formation de nitrites 
que comme une exception rare. 

Les idées nouvelles sur la cause vivante de la nitrifica- 
tion ont eu pour conséquence de provoquer de très nom- 
breuses expériences dans des milieux liquides, facilement 
contrôlables au microscope, et on a constaté tout de suite, 
dans ces conditions, un changement notable dans le 
caractère du phénomène: l'oxydation de Tammoniaque 
tendait à rester incomplète, Tacide nitreux apparaissait 
en quantités considérables. M. Warington (1) et MM. Schlœ- 
sing et Mûntz (2) l'ont noté presque en même temps. 

M. Warington, qui alors déjà appréciait ce fait à sa juste 
valeur et qui a consacré depuis le plus de temps et d'efforts 
à son étude, a fait connaître là-dessus plusieurs observa- 
tions intéressantes, mais dont l'interprétation restait com- 
plètement obscure. Voici le résumé de ses conclusions : 
la nitrification s'arrête tantôt à la formation de nitrite ; 
tantôt un phénomène secondaire se déclare qui aboutit à 
une oxydation complète de ce corps ; quelquefois enfin, 
mais très rarement, l'azote ammoniacal prend tout de 
suite l'état d'azote nitrique, sans'qu'on observe l'apparition 
de corps incomplètement oxydés. Mais le pouvoir de pro- 
duire les nitrates, alors môme qu'on Ta constaté à l'ori- 
gine, tend à s'affaiblir dans les expériences successives en 
milieux liquides et finit par disparaître. 

Il y a des ferments nitriques et des ferments nitreux. 

De la terre normale ne produit jamais que des nitrates. 



(1) J. Ch, Soc, 1879. 

(2) C. R., t. LXXXIX, 1879. 



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\ 



— 367 — 

ce qu*on savait depuis longtemps. La formation de nitrite 
y est tout à fait passagère. De la terre stérilisée et ense- 
mencée par une culture pure d*un ferment nitreux ne 
produit que des nitrites. Même en présence de quantités 
considérables d'ammoniaque, Toxydation du nitrite n*est 
nullement paralysée, mais suit de très près sa formation. 

Aucun doute ne peut plus subsister sur ce que le ferment 
nitreux à l'état pur ne produit dans la terre, comme dans 
un liquide, que du nitrite, et que ce corps, une fois formé, 
n'est plus repris et oxydé par lui. 

Le nitrite formé par le ferment nitreux dans la terre est 
tout aussi stable en présence de microbes banaux du sol, 
qu'il l'est dans une terre qu'il habite à l'état de pureté, si 
le ferment nitrique est absent. 

Au contraire, si avec le ferment nitreux un ferment 
nitrique est introduit dans la terre stérilisée, le phénomène 
ne diffère en rien du phénomène naturel. La nitriflcation 
s'accomplit sans qu'il apparaisse passagèrement plus que 
des traces de nitrites. 

La terre stérilisée reste un milieu tout aussi favorable à 
la production de nitrate que la terre normale, et si dans 
cette dernière le phénomène s'accomplit plus rapidement, 
c'est parce qu'elle est déjà remplie de ses microbes, au 
début même de l'expérience, tandis que dans le premier 
cas les traces de ces mômes organismes qu'on ensemence 
doivent d'abord avoir le temps de se multiplier. 



Chimie générale. 

Préparation des sels de strontium purs; par MM. Barthe 
et Falières (1). — On dissout du carbonate de strontiane 
naturel, ou du sulfure provenant de la réduction du sul- 
fate, dans la quantité strictement nécessaire d'acide chlo- 
rhydrique au cinquième. On peut laisser même un peu de 
carbonate ou de sulfate indissous. Après repos, on décante 
la liqueur claire, qui, dans ce cas, contenait un peu de 



(i) Bulletin de la Soc. de Pharmacie de Bordeaux, 

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— 368 — 

fer, d'alumine et de magnésie, en même temps que de la 
chaux, de la baryte et de la strontiane. 

On ajoute un léger excès d'ammoniaque pour précipiter 
Talumine et le fer. 

La liqueur filtrée reçoit un excès d'acide sulfurique. Le 
précipité mixte de sulfate de calcium, de baryum et de 
strontium est lavé un grand nombre de fois, et par décan- 
tation simple, avec de Peau ordinaire contenant 1 à2p. tOO 
d'acide sulfurique. On opère un dernier lavage avec de 
Teau distillée. Les traces de magnésie et tout le sulfate de 
calcium partent avec les eaux de lavage. 

Le précipité est uniquement composé de sulfate de 
baryum et de sulfate de strontium. Il est mis en digestion 
à froid avec un excès de carbonate d'ammoniaque ou de 
potasse en solution à 1/10. On agite fréquemment le mé- 
lange pendant deux jours. On lave le précipité à plusieurs 
reprises et par décantation avec de l'eau distillée ou avec 
de Teau ordinaire débarrassée de chaux par un peu de 
carbonate de soude : on fait un dei'nier .lavage avec de 
l'eau distillée. 

Ce mélange de sulfate et de carbonate est traité par de 
l'acide chlorhydrique étendu qui dissout le carbonate de 
strontium avec des traces de baryum. On décanle la li- 
queur claire et on l'abandonne au repos pendant au moins 
vingt-quatre heures. On filtre à travers du papier lavé à 
l'acide chlorhydrique. La solution, bien limpide, est addi- 
tionnée de 200 grammes par litre d'acide chlorhydrique 
(D = 1,17). On ajoute 2 à 3 grammes de sulfate de stron- 
tium précipité, qui peut même, sans inconvénient, con- 
tenir du sulfate de baryum. On agite à plusieurs reprises 
pendant quelques heures. Cette liqueur, fortement chlorhy- 
drique, dissout des quantités importantes de sulfate de 
strontium (2,5 p. 1000 environ). Mais, au fur et à mesure 
que le sulfate de strontium entre en dissolution, la baryte 
s'empare de son acide sulfurique, et il se fait une quantité 
équivalente de chlorure de strontium. Le sulfate de stron- 
tium dissous est toujours en excès par rapport à la quantité 
de baryte à précipiter, ce qui amène la complète dispari- 
tion de celle-ci de la solution. 



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— 369 — 

On filtre, on évapore jusqu'à siccité. On reprend le 
résidu salin par trois fois son poids d'eau distillée, et on 
abandonne la solution au repos pendant vingt-quatre 
heures. On filtre alors pour séparer le sulfate de strontium 
indissous, et on fait cristalliser par évaporation et refroi- 
dissement de la liqueur. 

Les cristaux obtenus ne donnent au spectroscope que les 
raies caractéristiques du strontium. 

On remarquera que l'opération de purification se fait 
tout entière à froid, avantage fort appréciable dans l'indus- 
trie. Les produits employés n'ont pas besoin d'être purs 
par eux-mêmes : l'acide chlorhydrique de la première dis- 
solution, l'ammoniaque, l'acide sulfurique, les carbonates 
alcalins peuvent sans inconvénient contenir les impuretés 
ordinaires des produits du commerce. Le sulfate de stron- 
tium lui-même, destiné à enlever les dernières traces de 
baryum, peut contenir du sulfate de baryum. Enfin, la 
consommation d'eau distillée est fort restreinte par rap- 
port aux eaux de lavage. 



Sur le sodium ; par M. M, Rosexfeld (i). — L Conservation 
du sodium. — On sait que ce métal, conservé sous le 
pétrole, se recouvre à la longue d'une croûte. On peut 
retrouver sans perte le noyau métallique du fragment de 
sodium en brossant celui-ci dans un mélange d'une partie 
d'alcool amylique et trois parties de pétrole. Le métal 
apparaît bientôt avec son éclat argentin; alors on lave 
dans du pétrole tenant 5 p. 100 d'alcool amylique, et enfin 
on conserve le métal ainsi décapé dans du pétrole renfer- 
mant un 1/2 à 1 p. 100 d'alcool amylique; il garde long- 
temps son vif éclat. Cependant, à la longue, on voit 
apparaître, par suite de l'attaque superficielle, le phéno- 
mène du moiré métallique ; plus tard encore, il se ferait 
une légère croûte jaunâtre transparente d'amylate de 

(1) D. ch. G., t. XXIV, p. 1658, d'après -Bu//. Soc. chim., 20 décembre 
1891, p. 925. 



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• y^TT-ar : 



— 370 — 

sodium. Il est facile d'enlever celle-ci en frottant avec du 
papier à filtre. Ce qui vient d'être dit s'applique sans 
changement au potassium et au lithium. 

II. Préparation de t amalgame de sodium, — Le sodium 
ainsi décapé s'unit à froid au mercure, par simple contact, 
avec le dégagement bien connu de chaleiu- et de lumière, 
mais sans qu'il soit nécessaire d'agiter. Aussi convient-il, 
pour préparer l'amalgame de sodium, de placer le mercure 
dans un creuset de Hesse dont le couvercle a été percé; 
le fragment de sodium est d'abord décapé dans du pétrole 
tenant 10p. 100 d'alcool amylique, puis essuyé rapidement 
piqué au bout d'un gros fil de fer, et introduit par le trou 
du couvercle, au contact du mercure ; la combinaison est 
immédiate et peut être opérée sans danger eu une seule 
fois. 

III. Préparation de F alliage liquide de potassium et de 
sodium. — On n'obtient, par le procédé habituel (trituration 
à sec des deux métaux), que quelques centimètres cubes 
d'alliage. Si, au contraire, on a soin d'opérer sur les deux 
métaux préalablement décapés comme il a été dit, et de les 
triturer sous le pétrole à 10 p. 100 d'alcool amylique, on 
obtient rapidement un liquide semblable à du mercure^ 
qu'on conserve sous le pétrole ou l'éther de pétrole. 

IV. Synthèse du sulfure de sodium. — Si l'on broie à sec 
du soufre et de sodium, les deux éléments se combinent 
avec explosion et projection de parcelles enflammées. Mais 
si Ton triture d'abord le sodium (!«') avec du sel marin en 
en excès (3^''), puisqu'on mélange doucement le tout avec 
du soufre eu poudre (0«',7), on voit tout à coup la masse 
devenir incandescente et laisser un résidu marbré de jaune 
(polysulfures de sodium) et de rose clair (monosulfure). 
Avec un excès de soufre, la réaction est plus vive encore. 
De même avec le sélénium et le tellure. 



Alliage adhérent au verre (1). — M. F. Watter a trouvé 



(1) Rev, scieniif.i novembre 1891. 



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— 371 — 

un alliage qui adhère énergiquement au verre et qui peut 
servir, par conséquent, à assembler les tubes de verre, à 
les fermer hermétiquement, etc. 

Cet alliage, d'après la Bévue de Chimie industrielle^ se 
compose de 95 pour 100 d'étain et 5 pour 100 de cuivre. 
On l'obtient en versant le cuivre dans Tétain préalablement 
fondu, agitant le mélange avec un agitateur en bois, le 
coulant ou le granulant, puis le refondant. Il fond à envi- 
ron 360\ 

En ajoutant à 1/2 à 1 pour 100 de plomb ou de zinc, on 
peut rendre l'alliage plus ou moins dur ou plus ou moins 
fusible. On peut aussi s'en servir pour recouvrir des mé- 
taux ou des flls métalliques auxquels il donne l'apparence 
de l'argent. 

Soudure du verre et de la porcelaine avec les mé- 
taux (1). — Les appareils de recherches des physiciens 
ont souvent besoin d'ajutages métalliques, tels que robi- 
nets, tubes de communication, fils conducteurs, de façon 
à éviter toute fuite, même sous des pressions élevées. 
M. Caillelet a fait connaître à la Société de physique un pro- 
cédé de soudure fort simple du verre et de la porcelaine 
avec les métaux. 

On recouvre d'abord la portion du tube à souder d'une 
mince couche de platine: Pour obtenir ce dépôt, il suffit 
d'enduire le verre légèrement chauffé au moyen d'un pin- 
ceau imbibé de chlorure de platine bien neutre mélangé à 
l'huile essentielle de camomille. On fait évaporer len- 
tement l'essence, et quand les vapeurs blanches et odo- 
rantes ont cessé de se produire, on élève la température 
jusqu'au rouge sombre : le platine se réduit alors en re~ 
couvrant le tube de verre d'un enduit métallique et bril- 
lant. En fixant au pôle négatif d'une pile convenable le 
tube ainsi métallisé et placé dans un bain de sulfate de 
cuivre, on dépose sur le platine un anneau de cuivre qui 
est malléable et très adhérent si l'opération a été bien 
conduite. 



(1) Rev. scientif,, octobi'e 1891. 



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îi?^î^«V 



— 372 — 

Le tube de verre recouvert de cuivre peut alors être 
traité comme un véritable tube métallique et soudé, au 
moyeu de Tétain, au fer, au cuivre, au bronze, au platine, 
et, en général, à tous les métaux que Ton soude avec 
rétain. 

La résistance et la solidité de cette soudure sont consi- 
dérables. M. Oailletet a constaté qu'un tube de son appareil 
à liquéfier les gaz, dont Textrémité supérieure avait été 
fermée au moyen d'un ajutage, ainsi soudé, résiste à des 
pressions intérieures de plus de 300 atmosphères. 

On peut remplacer le platinage du tube par Targenture, 
obtenue sans difficulté en portant au voisinage du rouge le 
verre recouvert de nitrate d'argent. Le métal ainsi réduit 
adhère parfaitement au verre, mais des essais nombreux 
ont fait préférer lejplatinage à Targenture dans un grand 
nombre de cas. 



Nouveaux alcaloïdes des graines de cévadille ; par 
M. E. Merck (1). — Sabadine C"H'* AzO». — Le meilleur 
procédé de purification de cet alcaloïde consiste à le trans- 
former en nitrate. Précipitée de ce sel par le carbonate de 
sodium, la sabadine est assez soluble dans Téther, qui 
Tabandonne par évaporation en aiguilles fusibles avec 
décomposition à 238-240* ; cristallisée, elle est peu soluble 
dans Téther et dans Teau ; elle est assez soluble dans 
Talcool, peu soluble dans la ligroïne, très soluble dans 
Tacétone. Au contact de l'acide sulfurique concentré, elle 
donne une colorationjaune avec fluorescence verte; la cou- 
leur passe bientôt au rouge, puis au violet; Tacide nitrique 
ne donne pas de coloration. 

Le cA/o%rfrareC"H"AzO».HCl+2H*0 cristallise en 
aiguilles blanches, pointues, peu solubles dans Teau; il se 
déshydrate à 101*, noircit à 260* et fond en se décomposant 
à282-284«. 

Le bromhydrate forme des lamelles blanches, peu solu- 



(1) Arch.de Pharm. (3), t. \\l\, p. I6i-i69, d*«près BuiL Soc. chim., 
ao novembre 1891, p. 777. 



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— 373 — 

blés dans l'eau froide; il brunit vers 130* et fond peu à 
peu à une température plus élevée. 

Le nitrate C** H" AzO*. AzO'H cristallise en petites 
aiguilles blanches, solubles dans 50 parties d'eau })ouil- 
lante et dans 131 parties à 13**; il fond en se décomposant 
à 308*. 

Le sulfate se présente tantôt en masses amorphes, tantôt 
en lamelles très solubles dans Teau. 

Le cMoraurate C"H»* AzO'HCL AuCl» forme de fines 
aiguilles jaunes, peu solubles dans Peau ; il brunit vers 
135*' et se décompose peu à peu au-dessus de cette tem- 
pérature. 

Sabadinine C"H*'AzO'. — Cette base cristallise dans 
l'éther en longues et fines aiguilles, assez solubles dans 
Teau et surtout dans le chloroforme, Tacétote et Talcool, 
peu solubles dans la ligroïne ; elle se ramollit au-dessus 
de 160* et se décompose peu à peu. Elle donne avec Tacide 
sulfurique concentré une coloration rouge sang ; elle ne se 
colore pas par Tacide nitrique. 

Le chlorhydrate C"H*'AzO». HCI + BIPO est assezsoluble 
dans Peau froide. 

Le sulfate C" H"AzO'. 80*11» + 3H«0 forme des aiguilles 
blanches solubles dans 16,5 parties d'eau à 100* et dans 
38,5 parties d'eau à 12*; il perd 0.5Il«O à 104*. 

Le cMoraurate C" H*»AzOM101. AuCl' cristallise en belles 
lamelles jaunes et brillantes, qui brunissent vers 160* et 
qui se décomposent peu à peu à une température plus 
élevée. 

Essai d'une classification des substances colloïdales 
solubles; par M. A. Sabanejew (1).. — Il a été observé 
depuis longtemps par plusieurs savants, tels que: FfaO", 
Geiger, Payen, et tout récemment par Loubavine, que des 
solutions de certains colloïdes se coagulaient par la com- 
plète congélation et lorsque la température remontait au- 



(I) Journ, Chim, Phyâ. russe, t. XXIII, p. 80, d'après Bull. Soc, chim,^ 
30 novembre 1891, p. 719. 



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— 374 — 

dessus du point de congélation, ces substances se précipi- 
taient en donnant un dépôt insoluble dans Peau. 

M. Sabanejew a remarqué que cette propriété des col- 
loïdes était liée à la grandeur de leur poids moléculaire 
(calculé par la méthode de Raoult) ; il propose de classer 
tous les colloïdes en deux groupes distincts : 

Premier groupe (colloïdes inférieurs], — Ne se coagulent 
pas par la congélation de leur solution. Leur poids molé- 
culaire estînférieur à 3.000. Exemple: Acides molybdique, 
tungstique, arabinique : le tannin, le glycogène, Tinuline, 
la dextrine, Talbumine et d'autres. 

Deuxième groupe {colloïdes supérieurs ou typiques), — Ils se 
coagulent par la congélation de leur solution ; leur poids 
moléculaire est supérieur à 3.000. A ce groupe appartien- 
nent : l'amidon, le sulfure d'antimoine, le sulfure de 
cuivre, le tartrate ferrico-potassique, l'argent soluble, etc. 

On remarque facilement que l'albumine, tout en appar- 
tenant au premier groupe, se distingue des autres col- 
loïdes, qui en font partie, par son grand poids moléculaire 
et présente un passage des colloïdes inférieurs aux col- 
loïdes supérieurs. Ceci tient surtout à ce que l'albumine 
est capable de polymérisation. 

Les faits connus jusqu'ici montrent que les colloïdes du 
premier groupe abaissent la température de la congélation 
de l'eau, et leur poids moléculaire peut être évalué par des 
moyens ordinaires, par exemple au moyen de l'appareil 
Beckmann. 

Quant aux colloïdes du second groupe, ils n'abaissent 
pas du tout le point de congélation de l'eau ou tellement 
peu qu'il n'est pas possible d'évaluer cet abaissement par 
les moyens ordinaires. 

Chimie analytique. 

Huile d'olives : réactions chromatiques; par MM. de 
Weyn et Fabis (1). — On résume dans ce travail les réac- 

(I) Joum. de pharm. <P Anvers, d'après BolL farm. 



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— 375 — 

tions qui donnent des indications rapides et précises sur les 
huiles dont on se serait servi pour falsifier Thuile d^olives. 

1** Réaction de Baudoin. — Deux volumes de l'huile 
soumise à Texamen sont additionnés d'un volume d'une 
solution à 1 p. 100 de sucre dans l'acide chlorhydrique à 
1,18 à 15<*; le mélange est vivement agité, puis laissé au 
repos jusqu'à ce qu'il se soit nettement séparé en deux 
couches; si l'huile est purej l'inférieure doit être parfaite- 
ment claire; une coloration rouge- violette serait Tindice 
d'huile de sésame. 

2* Réaction de Becchi. — Dans un tube d'essai Ton verse 
10" d'huile, puis on y ajoute 1" d'une solution aqueuse 
de nitrate d'argent (au 20'') ; on agite le mélange et on le 
chauffe au bain-marie pendant un quart d'heure; le 
mélange ne doit pas noircir; s'il lé faisait, la présence 
d'huile de colza dans l'huile d'olives serait ainsi dévoilée. 

3* Réaction de BruUé. — On fait un mélange de 10" 
d'huile avec 10««'' d'albumine sèche, puis avec 2" d'acide 
Bitrique à 40* B.; on porte le tout à l'ébullition, puis on 
laisse refroidir; l'huile pure conserve sa couleur normale, 
et doit s'être complètement solidifiée après 24 heures de 
repos; une coloration orangée ou brune, ou une solidifica- 
tion incomplète serait la preuve d'immixtion d'huiles 
étrangères à l'huile d'olives. 

4* Réaction de Benchecorne. — En agitant vivement un 
mélange de 6 parties d'huile avec 2 parties d'acide nitrique 
(3 part, d'acide à 40«B. dans 1 part, d'eau) eten soumettant 
ce mélange à la chaleur du bain-marie durant 20 minutes, 
sauf un léger reflet verdâtre, on doit conserver à l'huile 
d'olives sa couleur jaune naturelle; une coloration orangée 
ou brune démontrerait la coexistence d'huiles étrangères 
à l'huile d'olives. Après un repos de 24 heures, l'huile doit 
être complètement figée et avoir pris une coloration teinte 
rose chair. 

5« Réaction de Heydenreich, — Dans une capsule à fond 
plat, d'un diamètre de S'^", on laisse couler de l'acide aul- 
furique à 66*, de façon à en tapisser le fond, on y fait 
ensuite tomber 5 ou 6 gouttes d'huile; on remarque qu'c\ la 



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— 376 — 

zone de contact l'huile pure produit une coloration jaune 
verdâtre, tandis que pour Thuile falsifiée la zone est d*une 
teinte orangée virant au brun. 

6« Réaction de Millian. — Dans une capsule de porce- 
laine, on mélange 40»'' d'huile d*olives à 60" d'une solution 
alcoolique de potasse caustique (20 p. iOO dans de Talcool 
à TO»»). On chauffe légèrement au bain-marie jusqu'à élimi- 
nation complète de l'alcool. Le savon obtenu est dissous 
dans Teau chaude, puis traité par de Tacide chlorhydrique 
dilué, de façon à mettre les acides gras en liberté ; ceux-ci 
viennent à la surface, et on en enlève 10«'' au moyen d'un 
tube en porcelaine ; on les dilue dans 20** d'alcool à 90*, 
puis on additionne le mélange de 2" d'une solution de 
nitrate d'argent à 3 p. 100 dans l'alcool à 90* ; on agite 
vivement le mélange, puis on le porte à une température 
de 90** : une coloration brune qui se formerait à ce 
moment indiquerait la présence d'huile de lin dans l'huile 
d'olives. 

En résumé, ces réactions chromatiques sonl d'une uti- 
lité pratique facile, et rapide, et permettent de déterminer 
sans la moindre hésitation les altérations ou plutôt les 
mélanges dont on aurait fait usage pour diminuer le prix 
de revient de l'huile d'olives officinale. 



Industrie d'alimentation. 

Le lait à Paris. — Le président de la huitième chambre 
correctionnelle a chargé trois chimistes experts près le 
tribunal de première instance, MM. Lhôte, Ch. Girard et 
Magnier de La Source : 

1* De procéder à l'analyse des divers échantillons de 
lait journellement expédié à Paris; 

2<* De rechercher si ce lait n'est pas préalablement mé- 
langé avec des laits bouillis, écrémés, ou ayant .subi toute 
préparation, ou manipulation, de nature à en modifier la 
composition naturelle ; 

3« De procéder à l'analyse des mêmes échantillons de 
lait bouilli par leurs soins, en tenant compte toutefois des 



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— 377 — 

moyens, ou procédés, en usage dans le commerce parisien. 

c A la suite des travaux de Boussingault et Boudet, les 
chimistes chargés de l'analyse des laits saisis à Paris, ont 
adopté une moyenne pour la composition du lait et c'est 
en comparant la composition du lait saisi à la composition 
du lait naturel, qu'ils obtiennent, par un calcul simple, la 
proportion d'eau ajoutée. 

« La composition moyenne de treize échantillons de 
lait expédiés par la Compagnie de l'Ouest, et prélevés à 
Paris à leur arrivée à la gare des BatignoUes, a donné les 
nombres suivants que nous mettons en regard de la com- 
position moyenne adoptée pour le lait naturel : 

Lait expédié Lait pur 

à Paris. (composition moyenne). 

Densité k 15<> 1031,7 1033 

Crémomètre 7,7 10 

Bau 86,63 87 

Matières fiies 12,37 13 

Cendres 0,57 0,60 

Benrro 3,44 4 

Laetine 4,92 5 

Caséine 3,40 0,43 

<c En comparant ces résultats, on voit que le lait expé- 
dié à Paris, sans être irréprochable, — car le faible degré 
au crémomètre indique qu'il a subi un écrémage — peut 
néanmoins être considéré comme de qualité marchande. 

Les analyses démontrent que le lait de la ferme est gé* 
néralement pur, mais que ce lait subit dans les dépôts des 
manipulations qui modifient sa composition, tout en la 
laissant dans les limites qui permettent de le considérer 
comme de qualité marchande. 

« Ces manipulations sont : Técrémage de la traite du 
matin que l'on mélange avec le lait pur de la traite du 
soir, et le chauffage au bain-marie pour prolonger la con- 
servation du lait. 

« Le chauffage prolongé du lait tel qu'il est effectué 
dans les crémeries modifie la composition du lait; par le 
fait de l'évaporation de l'eau, le poids des éléments fixes 

Jeun, ie Phêrm, ei de Ckim,, 5* séais, U XXV. {V avril 1881J 25 



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— 378 — 

augmente, mais, en même temps, il se dépose sur les pa- 
rois du vase une certaine quantité de matière caséeuse 
riche en beurre, aussi constate-t-on que le lait, suivant la 
température et la durée du chauffage, peut éprouver de 
très légères modifications dans la teneur en matières 
grasses. 

« Il faut remarquer que la moyenne, adoptée par le Con- 
seil d'hygiène et de salubrité, les experts et le laboratoire 
municipal pour le lait naturel, établie par im grand nom- 
bre d'analyses, ne s'applique qu'à des laits résultant du 
mélange des traites d'uii très grand nombre de vaches, et, 
qu'avant de conclure à une falsification par mouillage ou 
écrémage, l'expert doit s'entourer de toutes espèces de 
renseignements sur la race des vaches, la nourriture qui 
leur est donnée, etc. » 



SOCIÉTÉ DE THÉRAPEUTIQUE 



Séance du 2i février 1892. 

Sur la transfusion nerveuse. — M. Constantin Paul 

donne lecture d'un travail sur ce sujet, déjà présenté à 
l'Académie de médecine. Pour combattre la neurasthénie, 
et, d'une façon générale, l'incoordination nerveuse non 
accompagnée de lésions, il injecte dans le tissu cellulaire 
des flancs ou des reins, par doses de 2**^ répétées 2, 3 ou 
4 fois par semaine, un liquide spécial obtenu par la macé- 
ration dans la glycérine de la substance grise du cerveau 
du mouton. Ce liquide est stérilisé, non par la chaleur ou 
les antiseptiques, qui détruiraient ses propriétés, mais 
par l'action de l'acide carbonique sous pression dans l'ap- 
pareil imaginé par M. d'Arsônval pour stériliser les 
liquides organiques injectés par M. Brown-Séquard. Cette 
injection est faiblement douloureuse, et quand elle est 
faite avec les précautions aseptiques nécessaires, elle ne 
détermine jamais d'accidents. Le soulagement du malade 
est très rapide, et parfois apparent dès les premières in- 



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— 379 — 

jections. Une sensation de force et de bien être suce 
Tétat d'abattement. La myosthénie et l'impotence m 
laire disparaissent. Les douleui's vertébrales, les ( 
viscérales, les douleurs fulgurantes même ou atax 
sont notablement améliorées. L'impuissance sey 
s'améliore, le poids augmente. En un mot, cette noi 
substance se montre avec tous les caractères d'un to] 
général puissant et, en particulier, d'un stimulant 
veux auquel nous n'avons rien de comparable jusqu' 

A une question de M. Labbé, demandant si la com 
lion exacte du liquide est connue, M. Paul réponc 
celte analyse est encore incomplète. On y a trou\ 
phosphore et des ferments solubles qui paraisse! 
représenter la partie active. On a écarté soigneuse 
les causes d'erreur qu'aurait pu introduire la sugges 
en pratiquant la substitution de l'eau distillée à l'ir 
viste et en constatant alors un arrêt dans l'améliora 
D'autre part, l'expérimentation sur les animaux u\ 
été faite. Mais le dynamomètre et la balance sont des 
tifs suffisants de l'amélioration de la nutrition gén 
bien plus que l'évaluation de l'azote éliminé ou de 
autre produit que nous ne sommes jamais sûrs de reçu 
sans perte. 

M. Catillon propose, pour que le liquide reste in 
niment inaltérable, d'employer non la glycérine éter 
mais la glycérine pure, ou bien, tout au plus, d'y 
joindre de l'eau alcoolisée ou de l'eau de laurier-ce 
de façon à avoir un produit durable. 

M. Paul répond qu'il ne tient pas à avoir un liqui( 
conserve : l'adjonction de tout antiseptique tue les 
ments solubles. Le liquide qu'il emploie peut se cons( 
quatorze jours sans qu'il y apparaisse de bactéries 
précaution, on recommande de ne le conserver que 
jours. M. d'Arsonval emploie comme véhicule deux 
autant d'eau que de glycérine. M. Constantin Paul 
ploie parties égales et s'en trouve bien. 

M^ Labruhe fait remarquer que l'adjonction même ( 
tiseptiques n'empêcherait pas, dans un pareil liquide 



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— 380 — 

réactions chimiques des matières albuminoïdes les unes 
sur les autres ; il peut se produire des précipitations ou des 
altérations en dehors de la décomposition microbienne. 

R. Blondel. 



CONSEIL D'HYGIÈNE PUBLIQUE ET DE SALUBRITE 

DU DÉf>ARTEMENT DE LA SEINE. 



Sur les fleurs colorées artificiellement ; par MM. Planchon et 
HouDAS ; (^Rapport fait par M. Planchon au Conseil d'hygiène 
publique et de salubrité.) 

Monsieur le Préfet, 

Vous avez bien voulu soumettre à mon examen des 
fleurs colorées artificiellement, et me demander s'il pou- 
vait résulter de cette pratique quelque danger pour la 
santé publique. 

Quand cette industrie a pris naissance, on ne trouvait 
dans le commerce que des œillets verls. Si Ton en croit la 
légende, des ouvrières fleuristes ayant fait tomber dans un 
vase contenant des œillets, de la matière colorante verte, 
furent étonnées de trouver le lendemain les fleurs de cette 
teinte. Voyant dans cette circonstance un bénéfice à réali- 
ser, elles exploitèrent la découverte qu'elles avaient faite 
par hasard. 

Les profits qu'elles tirèrent de ce procédé (on a vendu, 
dit-on, des œillets verts jusqu'à 5 francs la branche) enga- 
gèrent beaucoup de marchands de fleurs à les imiter. 
Mais la plupart se heurtèrent à une difficulté, provenant de 
ce que toutes les matières colorantes n'ont pas la pro- 
priété de monter dans les vaisseaux de la plante pour co« 
lorer les pétales ; ils tournèrent cette difficulté en trempant 
directement les corolles dans une solution de la couleur et 
préparèrent ainsi des fleurs au plongé, en toutes nuances. 

Grâce aux expériences qu'a bien voulu faire M. Houdas, 
préparateur à l'Ecole de pharmacie, habitué déjà à l'étude 



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— 381 — 

de ces produits de teinture, nous avons pu étudier de p 
ces deux modes de coloration. 

1® Fleurs colorées par montée a travers la tige. 
L'échantillon de matière colorante verte, qui nous av 
été remis, était du vert brillant à Tétat d'oxalate : il n 
vait pas la propriété de colorer les plantes par montée. 

Nous avons alors essayé le vert malachite (tétraméth 
diamidotriphénylcarbinol) à l'état d'oxalate, de picrate 
chlorozincate ; le vert brillant ( tétréthyldiamidotripl 
nylcarbinol) à l'état de sulfate, de picrate, sans plus 
résultat. Nous avons également préparé des verts par 03 
dation des leucodérivés de ces deux bases ; les résultats c 
été négatifs. 

Voyant les insuccès obtenus avec les couleurs basiqu 
nous avons étudié les couleurs acides. — La premie 
que nous avons eue entre les mains est le sel de soude 
l'acide diéthyldibenzyldiamidotriphénylcarbinoltrisull 
reux. Il nous a donné, au bout de quelque temps, è 
fleurs fortement colorées en vert. 

Devant ce résultat, nous nous sommes demandés si no 
n'étions pas en présence d'un cas général. Nous avons si 
foconjugué les verts qui ne montaient pas et nous avo 
préparé leur sel de soude. Les produits obtenus avaient 
propriété de s'élever dans la tige et de colorer la fleur. 

Nous avons cherché ensuite si ce qui était vrai pour 
vert l'était aussi pour les autres matières colorantes, 
nous sommes arrivés à conclure : 

1* Que les matières colorantes basiques ne colorent p 
les fleurs par montée; la matière colorante est immédiat 
ment absorbée par la partie de la tige, qui est en conts 
avec elle et ne chemine pas dans les vaisseaux ; 

2* Que les matières colorantes acides peuvent, en gén 
rai, servir à colorer les fleurs par montée. 

La rapidité avec laquelle les différentes matières col 
rantes pénètrent jusqu'à la fleur est très variable. L 
unes, telles que les verts acides que nous avons design 
plus haut, l'éosine (sel de soude de la fluorescéine bi 



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— 382 — 

la sulfofuchsine montent avec une très grande rapi- 

)'autres, principalement les bleus et les bruns, pé- 

it assez lentement dans la ileur. 

r citer un exemple, nous signalerons les trois sulfo- 

2;ués de la triphénylrosaniline : 

Heu de triphénylrosaniline monosulfonée (sel de 

I; 

leu de triphénylrosaniline disulfonée (sel de soude) ; 
leu de triphénylrosaniline trisulfonée (sel de soude), 
premier monte avec une lenteur extrême; il faut 
'une journée pour qu'on puisse s'apercevoir que la 
re colorante a pénétré dans la fleur, 
second donne une coloration dans un temps plus 
Le troisième enfin monte beaucoup plus rapide- 
que les deux autres, sans toutefois égaler la rapidité 
létration et l'intensité de teinte d'un certain nombre 
Drants. 

rapidité de coloration dépend aussi de la longueur de 
î et de la nature de la fleur. Telle couleur montera 
iment dans une espèce, lentement dans une autre : 
a l'inverse pour une couleur diff'érenle. 
dirait parfois que les différentes matières colorantes 
ssent pas par les mêmes voies: par exemple, des 
s colorés en vert ne le seront pas de la même façon 
3s œillets teints en rose par l'éosine. Et si l'on plonge 
^es d'œillets dans une solution contenant un mélange 
't et d'éosine, on aura une fleur panachée en rose 
vert, dans laquelle les teintes seront aussi pures que 
que l'on voit dans les fleurs colorées simplement en 
u en rose. 

résumé, on peut colorer par montée les fleurs en 
. nuances en employant des couleurs acides. Celles 
)nnent les meilleurs résultats sont : 
ir les verts : vert sulfo : sel de soude de Tacide 
fldibenzyldiamidotriphénylcarbinoltrisulfureux; 
ir les rouges : éosine. — Ponceaux de xylidine pré- 
avec les sulfonaphtols — sulfofuchsine ; 
ir les bleus : bleu de triphénylrosanilinetrisulfonée ; 



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à 



— 383 — 

Pour les jaunes : acide picrique. 
On trouverait certainement beaucoup d*auti*es matières 
colorantes qui donneraient de très bons résultats. 

2* Fleurs colorées au trempjê. — Comme nous l'avons 
déjà dit, ceux qui ont cherché à préparer les fleurs colo* 
rées n'ont pas trouvé facilement des matières colorantes 
appropriées. Ils ont tourné la difficulté en plongeant direc- 
tement les fleurs dans des solutions colorées. 

Lorsque c'est dans une solution aqueuse de matières 
colorantes que se fait cette opération, la sécrétion cireuse 
qui existe à la surface des pétales empêche qu'ils soient 
mouillés et le résultat est à peu près nul ou au moins très 
médiocre. Mais si on emploie une solution alcoolique, on 
obtient sur lafleur égoutée et après évaporation de l'alcool, 
la même nuance que celle de la couleur employée. 

Les produits obtenus de cette façon sont loin d'être aussi 
beaux que ceux que Ton obtient par montée ; ils ont cepen- 
dant inondé le marché pendant quelque temps. On y trou- 
vait des fleurs de plusieurs espèces avec les nuances les 
plus diverses. Dans ces conditions toutes les parties pion* 
gées dans la solution (fleur et tige) portaient la trace de la 
matière colorante, et si cette couleur était soluble dans 
l'eau un simple lavage suflisait pour l'enlever. C'étaient 
des conditions de grande infériorité pour ce procédé. Aussi 
semble-t-il perdre beaucoup de sa vogue et on trouve bien 
moins de fleurs colorées de cette façon. 

3* Les fleurs ainsi colorées peuvent-elles être dan- 
gereuses? — Il nous reste à répondre à cette question, la 
plus importante au point de vue de l'hygiène. 

Remarquons tout d'abord qu'un très grand nombre de 
substances employées sont parfaitement innocentes. Il n'y 
aurait réellement à craindre que celles qui contiennent 
une certaine quantité de zinc, comme les verts au chloro- 
zincate, ou les dérivés de l'aniline qui ne seraient point 
purs et auraient retenu une certaine proportion d'arsenic, 
on bien encore l'acide picrique, qui n'est que rarement 



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— 384 — 

employé, s'il Test même jamais. Mais plaçons-nous dans 
rhypothèse la plus fâcheuse et admettons la toxicité de ces 
diverses substances. 

Aucune n'est réellement dangereuse à très faible dose ; 
Tacide picrique, est parfois ordonné à la dose deO«%50 à 1»'; 
le zinc et Tarsenic ne sont qu'en petites proportions dans 
la substance elle-même. Or il est facile de voir que dans 
les plantes colorées, il n'y a qu'une très faible quantité de 
la matière employée. 

Dans le cas où Ton a fait monter la liqueur par la tige, 
on prend la précaution de couper la partie inférieure qui 
a trem]>é. Il ne reste plus que ce qui s'est élevé par les 
vaisseaux : tout au plus un ou deux milligrammes. On ne 
court donc aucun risque en mettant la fleur à la bouche : 
on n'en courrait même aucun en mangeant la fleur, ce qui 
est assez invraisemblable. 

Quand les fleurs ont été soumises au trempé, on n'a pas 
trace de solution colorée dans la tige, qu'on peut par con« 
séquent mettre à la bouche tout à fait impunément. Il n'y 
a de la couleur que la légère couche qui s'est appliquée 
par places sur les pétales, et eut-on même la fantaisie de 
sucer la fleur et d'en enlever toute la substance colorante, 
la quantité que l'on en absorberait serait certainement 
sans action sur l'organisme. 

Nous croyons donc que l'industrie en ce moment à 
la mode dans le commerce des fleurs ne peut avoir de 
fâcheuses conséquences pour la santé publique et qu'il 
n'y a pas de raisons sérieuses pour l'interdire. 



M. Drujon est nommé secrétaire du Conseil de salubrité, 
en remplacement de M. Patin, admis à la retraite. 



M. le ministre du commerce a demandé au Conseil de 
salubrité s'il n'y avait pas lieu de modifier le classement 
des dépôts de celluloïd. Sur le rapport de M. de Luynes, 
le Conseil a voté les propositions suivantes : 

1"^ Celluloïd brut et celluloïd façonné pour la vente en gros ; 



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_ 385 — 

Dépôts renfermant moins de 200^»'' (3« classe). 

Dépôts renfermant de 200 à 500^«' (2* classe). 

Dépôts renfermant plus de SOO^»' (l"* classe). 

2« Celluloïd façonné pour la vente au détail : 

Dépôts renfermant moins de SO^**" : déclaration par 
milation aux dépôts d'hydrocarbures. 

Dépôts de dessiccation de celluloïd dans Talcool e 
ther, Facétone et l'acide acétique. 



M. le préfet de police ayant transmis à M. le mil 
des travaux publics un rapport de M. le D' Olivier si 
inconvénients qui peuvent résulter de certains mod 
nettoyage des quais des gares de chemins de fer, l 
nistre a adressé aux administrations des compagni 
lettre suivante : 

Mon attention a été appelée sur les inconvénients que présente, po 
voyageurs, le balayage des quais des gares au moment du départ des 
surtout en été. 

Je TOUS prie de donner des ordres pour que le nettoyage des gares s'ei 
dans rintervalle maxim im des départs et avec toutes les précautions 
saires, c'est-à-dire en ayant soin d'arroser par les temps secs et de 
les portières et les glaces des voitures en stationnement II conviendi^ 
outre, autant que possible, de transporter les poussières au dehors, t 
de les répandre sur la voie, suivant une habitude existant dans cei 
gares. 

Je vous serai obligé de me faire connaître la suite que vous aurez é 
à la présente communication. 



M. Nocard a examiné les plaintes faites par un cei 
nombre de nourrisseurs, contre l'obligation qui leu 
imposée d'installer des fosses à drèche dans leurs vs 
ries. 11 rappelle qu'à plusieurs reprises le Conseil a sij 
le danger des fosses à drèche lorsqu'elles sont profo 
et mal aérées. La fermentation provoque la formati( 
l'accumulation d'acide carbonique capable de caus( 
mort des personnes qui descendent dans la fosse poi 
extraire la drèche. 

M. Nocard insiste pour que le Conseil persiste da 
prescription suivante qu'il a formulée le !•' février 1 



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— 386 — 

« Les drèches ou les pulpes de betterave ne pourront 
être déposées que dans les fosses étanches d'un mètre de 
profondeur, sous des hangars à clàire-voie et dans les 
lieux bien éclairés et bien ventilés. » 

Les conclusions sont adoptées. 



BIBLIOGRAPHIE 



CATALOGUE DES THESES DE PHARMACIE 

SOUTENUES PENDA!>1T L'ANNÉE SGOLAIIIE 1890-1891 
N, B. — [DS] signifie diplôme supérieur; [l], pharmacien de i** classe. 



1. École supérieure de pharmacie de Paris. 

1. 18 novembre 1890. — FEUILLOnX (Gharlee-Jule8),néàlseure (AJl.er) 

le 24 décembre 1865. 

[I] ContributiOQ à Pétude anatomîque des Polygalacées. Lons» 
le-Saulnier^ Lucien Declume^ 1890, in-1'' de 43 pages. 

2. Ô décembre 189). — DANIEL (Marie-Eugène), né à Gacé (Orne) le 

28 mars 1862. 

[I] Recherches aur le StroB;;le paradoxal, il teni^on, H.Herpin^ 
1890, in-l"* de 47 pages. 

3. 23 mal 1891. — GÉRARD (Ernest), né à Mouy (Oise) le 23 férner 

1863; agrégé de matière médicale et de pharmacie à la Faculté de 
médecine et de pharmacie de Toulouse. 

[DS] Recherches sur quelques corps gras d'origine végétale. 
Paris ^ Henri Jouve ^ 1891, in-4« de 75 pages. 

4. 2 Juin 1891^ — HUGOUNENQ (Louis-Joseph), né à Lodève (Hérault) 

le 21 février 1860; professeur agrégé à la Faculté de médecine et 
de pharmacie de Lyon. 

[I] Recherches nouvelles sur les vins. Lyon^ A, Storekt 1891^ 
in-4* de 32 pages. 

6. 4 Juillet 1891. — BERTHELOT (Paul-Ainred-Daniel), né à Parie le 
8 novembre 1865; docteur es sciences. 

[DS] Étude sur la neutralisation des acides et des bases par la 
méthode des conductibilités électriques. Paris, Gauthier- Villars 
et fils, 1891, in-4" de 45 pages. 



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— 387 — 

6. 20 juillet 1891. —PERROT (Emile), né à Marcilly-sur-Seine (Marne) 

le 14 août 1867. 

[Ij Contribution à Tétude hisfologique des Lauracées. Lons-le- 
SaulnieTj Lucien Declume^ 1891, in-4* de 62 pages. 

7. 23 Juillet 1891. — POULENC (Camille), né à Paris le 18 juillet 1864. 

[I] Sur un nouveau corps gazeux, le pentafluochlorure de phos- 
phore. Part*, Gauthier-Vtllars et fils, 1891, in-4*' de 23 pages. 

S. 25 juillet 1891. — DEMONT (LouU), né à Sain l-Quent in (Aisne) le 
28 mal 1865. 

[I] Contribution à l'étude chimique du chloroforme. Action des 
sulfures de potassium et de sodium. Paris, Gaston Née, 1891, 
in'4* de 64 pages. 

9. 25 juillet 1891. — DESGHAMPS (Georges), né à Riom (Puy-d^ 

Dôme) le 27 mars 1864. 

[I] Etude comparative des Codex français. Paris, Henri Jouve, 
1891, in-4» de 117 pages. 

II« École sapérieure de pharmacie 
de Sfontpelller. 

10. 21 mars 1891. — LAVAL (Paul), né à Carpentras (Vaucluse) le 
28 février 1866. 

[I] Essai sur la recherche mtcro-chimlque de la strychnine. 
Montpellier, Gustave Firmin et Montane^ 1891^ in-4« de 43 pages, 
3 planches. 

11. 13 mai 1891. — SâRLES (Emile), né à Saint-Lattler (Isère). 

[Ij Contribution à Tétude des ptomaïnes. Montpellier, Hamelin 
frères:, 1891, in-4' de 48 pages. 

12. Juillet 1891. — BELU60U (0.), né à Montpellier (Hérault). 

[I] Contribution à l'étude dos eaux minérales sulfurées so- 
diques. Montpellier, Hamelin frères, 1891, in-4<* de 76 pages. 

13. 1*' août 1891. — PALOUZIER (Emile), né à Cessenon (Hérault). 

il] Essai d^une monographie des fougères françaises. Montpel^ 
lier, Charles Boehm, 1891, in-4* de 103 pages. 

i4. 31 juillet 1891. — LAVAL (Hélen), né à Carpentras (Vaucluse). 
[I] De l'action du noir animal sur les dissolutions sucrées 
Montpellier, Gustave Firmin et Montane, 1891, in-4' de 
49 pages. 

Î6. 30 juillet 1891. — PLANGHON (Louis), né à Montpellier le 3 juil- 
let 1858; docteur en médecine, chef des travaux d'histoire natu- 
relle à l'École supérieure de pharmacie de Montpellier. 

[DS] Les Aristoloches. Étude de matière médicale* Montpellier, 
Hamelin frères. 1891, in-4« de 266 pages. 



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— 388 — 

III« Faculté de médecine et de pharmacie 
de Bordeaux* 

16. 29 juillet 1891. — CHENEVIER (Philippe- Antoine- Alfred), né A 
Lyon le 1" janyier 1863. 

[I] Étude de l'absorption du brome comme procédé d'analyse. 
Application à ressence de térébenthine, à la vaseline et à quel- 
ques corps similaires. Bordeaux, R. Coussau et F. Constatai^ 
1891, in-4« de 20 pages. 

1V« Faculté de médecine et de pharmacie 
de Lyon* 

17.8 décembre 1890. — BRJEMER (Louis), né à Strasbourg le 6 avril 
1858, chargé du cours de matière médicale à la Faculté de 
médecine et de pharmacie de Toulouse. 

[DS] Les tannoïdes. Introduction critique à Thistoire physiolo- 
gique des tannins et des principes immédiats végétaux qui leur 
sont chimiquement alliés, Lyon^ Pitrat aine, 1890, in-4* de 
180 pages. 

18. 30 Juillet 1891. — PROTHIÈRE (Eugène^, né à Tarare (Rhéne) le 
7 avril 1864. 

[I] Contribution à Tétude des eaux potables de la ville de Lyon. 
Lyon, Imprimerie nouvelle^ 1891» in-4* de 112 pages. 



SOMMAIRES DES PRINCIPAUX RECUEILS DE HÉMOIRES OI^IGINAIX 



Comptes rendus de l'Académie des sciences, 15 février 1892. — 
Berthelot : Sur une nouvelle méthode d'analyse organique. — H, Moissan .- 
Action de métaux alcalins sur l'acide borique; Étude critique des procédés 
de préparation du bore amorphe. — M, Maquenne : Sur un carbure défini 
tlu baryum. — Hanriot : Sur Tassimilation des hydrates do carbone. 

— 22 février. — Haller et Held : Racherches sur les éthers tcéto-aeé- 
tiques, monochlorés, monobromés et monocyanés. — Maêsol : Sur l'acide 
tartronique et les tartronates alcalins. — Mûntx : Recherches sur l'cffeaillage 
de la vigne et la maturation des raisins. 

— 29 février. — Haller et Held : Recherches sur les éthers acéto-acé- 
tiques, monohalogénés et monocyanés. — Le Chatelier : Températures déve- 
loppées dans les foyers industriels. — Recoura : Sur l'acide chromosulfu- 
rique et les chromosulfates. — - Perrier : Sur le métaphénylioludue. — Pi- 
chard ; Nitrification comparée de l'humus et de la matière organique nou 
altérée. — Griffiths : Composition de l'hémocyanine. 



American Journal of Pharmacy, décembre 1891 et Janvier 1892. — 
Jayne : Acide carbolyque synthétique. — Moerk : Un dosage colorimétriqao 
de la vanilline. — England : Note sur le salicylato do bismuth. — Witxel : 



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— 389 — 

Une nouvelle machine à tablette. — England : Note sur l'extrait flui 
Triticum repens. — Beringer : Huile de bouillon blanc. — BrtUch : 
production de Thuile de bouleau. — Beck : Salix lucida, Muhlenbet 
Thompson : Note sur les poudres insecticides. — Stieglilz : Pbosph 
pyrophosphate ferriques de la Pharmacopée des États-Unis. — Du m 
Note sur les acides phosporique et pyrophosphorique. — Mendizabal 
paration de la boisson désignée sous le nom de Pulque, à Mexico. — L 
Sambucus Canadensis. — Beringer : Formules de plusieurs prépar 
pharmaceutiques. — Boherts : Pilules de créosote. — Strouse : 
de Yerba Santa. — Jfaussmann : La présence du cuivre . dans qu 
préparations galéniques commerciales. — England : Oxygène et son ai 
tion médicinale. — Meyer : Médicaments liquides en capsules. — Beck 
méthode simple pour la conservation du sirop dModure de fer. — Engi 
Une nouvelle méthode d'administration de Tiode. — Bedloe : Méth( 
culture et de fabrication du camphre k Formose (d'après Public Ledge 
E. ( 

PharmaceuUsche Zeitung, XXXVI, décembre 1891. ~ P. Lo/m 
Sur l'emploi du bichlorure do mercure dans la recherche de petites 
tités d*arsenic. — C, Binz : La gélatinisation des infusions de digita 
F. Goldmann : Sur le salophène. — D* Hoffmann : Préparation de 
berculiue pure. — P. Welmans : Nouvelle réaction permettant de déc 
les huiles grasses dans l'axonge. 

Pharmaceutische Gentralhalle, XII, décembre 1891. — H. Th 
De rimportance du groupe amide dans les médicaments organiques pr< 
par synthèse. 

Pharmaceutische Post, XXIV, décembre 1891. — H. La/ite : 
trimestrielle de pharmacognosie {Aristilochia indica, Magnolia gr 
flora, Polygonalum biftorum, etc.) — IV. Kaiser : La technique é 
croscope moderne (suite). — Neumann Wender : Les parfums artifici( 



Pharmaceutische Zeitschrift fur Russland, XXX, décembre 181 
Johannes Koljo : Étude histologique et pharmacognostique du Pichi {Fa 
imbricataf Ruiz et Pavon). — J, Bienert : Notices pratiques et remi 
sur la Pharmacopée. — Ed. Hirschsohn : Présence du plomb dans Te: 
de cannelle. — A, Tschirikow : Influence de la température sur la se 
iité de la réaction de l'iodure d'amidon. 



Archir der Pharmacie [3], XXIX, fasc. 8, décembre 1891. — W, 1 
nik : Contribution k Tétude de l'action de l'ammoniaque sur le chlon 
cadmium. — Action du bioxyde de baryum sur les sels métalliqu 
il.-/. Schilling : Faux ipécacuanhas des Indes orientales. — Robert i 
D. Drewes : Bromure double de magnésium et de plomb. — IV. K 
Essai des sels de Carlsbad. — H. Beckurts et P. Nehring • Principe 
médiats de Técorce de fausse augusture. — B. Otto et Alb. Holst : 



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— 390 — 

carbonique de la morphine. — Th, Salzer : Sur l'eau de cristallisation. 
C, Rûdel : Sur les alcaloïdes du Berberis. 



Gauetta chimica italiana» fasc. X, octobre 1891. — R, Namias : Dé- 
termination Tolumétrique du mercure. — M. FUeti : Analyse du groupe du 
barjTum. — G. Mazzara : Sur le bromoaraidocarracrol. — L. Pratesi : Âctioa 
de l'acide nitrique sur Tacide phénylglycolique. 

— Fasc. XI, 10 décembre 1891. — G. Pellizari : Recherches sur la gua- 
nidine. — G. Kœmer et P. Biginelli : Sur la constitution de la fraxiue et 
de la fraxétine. — G. Ciamician et P. Silber : Sur quelques principes de 
rëcorce de Cote. 



NECROLOGIE 



Mort de M. Fei^and. — La pharmacie vient de faire 
une perte cruelle dans la personne de M. Ferrand, notre 
très distingué confrère, rédacteur en chef de Y Union phar^ 
maceutique. 

Discutais prononcé par M. Petit, président de F Association 
générale^ sur la tombe de M. FERRAND, vice-président de 
cette association. 

Je viens, au nom de l'Association générale des pharma- 
ciens de France, déposer sur cette tombe trop tôt ouverte^ 
l'expression de notre douleur et de nos regrets. 

Ferrand a été Tun des fondateurs de notre association. 

De concert avec quelques-uns d'entre nous parmi les- 
quels il convient de citer Genevoix dont nous déplorions 
récemment la perle, il en avait établi les bases lors du 
Congrès pharmaceutique tenu à Clermont-Ferrand en 
1876. 

Il avait fallu leur parole habile, convaincue, pour faire 
oublier aux pharmaciens de province d'injustes défiances 
contre la pharmacie parisienne. 

Leurs efforts furent couronnés de succès et en 1878 
TAssociation générale était fondée. 

Depuis lors, soit comme conseiller, soit comme vice- 



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— 391 — 

président, Ferrand a toujours joué parmi nous le rô] 
plus actif. 

Il apportait dans nos discussions un bon sens épn 
et une véritable éloquence relevée de temps en temps 
une fine ironie qui n'excluait jamais la plus comj 
urbanité. 

Ses conseils étaient appréciés à leur juste valeu 
écoutés par tous avec déférence. 

Il y a moins d'une année nous le voyions encori 
mêler à nos réunions, à nos fêtes et rien ne pouvait i 
faire prévoir une mort aussi prompte. 

Dans nos diverses sociétés et dans les fonctions n 
breuses qu'il a remplies, il avait su conquérir les syn 
thies de tous ceux qui l'ont connu. 

Sa mort met en deuil outre sa famille, ses nomb: 
amis et ses confrères auxquels il a prodigué sans com 
son temps et son dévouement. 

C'est une perte douloureuse pour notre profession ( 
a honorée à des titres divers et je suis Tinterprète fid 
non seulement des trois mille pharmaciens, membre 
l'Association générale, mais aussi de tous les pharmac 
français et d'un grand nombre de nos confrères de Tét 
ger, en venant apporter sur sa tombe un suprême téi 
gnage de notre affection pour celui qui n'est plus. 

Adieu, cher et excellent confrère, adieu ! 



FORMULAIRE 



Une médication préventive de la broncho-pneumonie post 
chéotomiqne chez les enfants diphtériques. 

D'après MM. Legroux et Soupault, radministration de la créosote 
nuerait la fréquence de la broncho-pneumonie qui survient si souvent 
la trachéotomie chez les enfants atteints de croup. 

On administre la créosote k l'intérieur sous la forme que voici : 



(1) Mercredi médical^ 9 mars 1892. 



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'•-•■-:^jï^^^ 



— 392 — 

Clyeérinc 500^ 

Rhum 100 

Créosote de hêtre pure 10 

A prendre : 2 k quatre cuillerées à bouche par jour, solTant 
tant. 

de commencer le traitement dès que Ton soupçonne Textension 
ie au larynx. Plus le malade aura pris de créosote ayant l'opéra- 
aura de chances de résister à l'infection de la muqueuse broncho- 

i trachéotomio aura été pratiquée, on placera devant l'orifice de 
ut en continuant l'usage interne de la créosote, une mince' couche 
bée de la solution suivante : 

Glycérine 20" 

Alcool 10 

Créosote 1 

Mêlez. — Usage externe. 

lent donnerait des résultats assez satisfaisants en ce qui concerne 
I de la broncho-pneumonie post-opératoire, mais il ne parait pas 
ment avoir d'efficacité dans les cas oii la broncho-pneumonie 
i avant l'opération. 



'lodoforme et de créoiote (l). 

lodoforme pulv 1,00 

Créosote pure 5,00 

Benjoin pulv Q. S. 

peu à peu la poudre de benjoin jusqu'à ce qu'on obtienne une 
isistance convenable, 
nt pilules. 



ist., p. 33, 1892. 



Le Gératit : Georges MASSON. 



AlIS. — IMP. G. MARPON ET B. FLAMMARION, IDE EACINE, 26. 



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— 393 



TRAVAUX ORIGINAUX 



Sur la préparation des infusions de poudre de digitak; 
par M. Perron, pharmacien militaire. 

Une croyance depuis longtemps enracinée est que la 
poudre de digitale s'altère rapidement et que pour obtenir 
des effets physiologiques sûrs, il faut se servir de feuilles 
n'ayant pas plus d'un à deux ans d'ancienneté. 

Il nous est possible de prouver que cette manière de voir 
n'a absolument rien de fondé et que l'activité de la digitale 
est, dans une limite considérable, indépendante de la vieil- 
lesse de la plante récoltée. Tout, dans les effets thérapeu- 
tiques d'une infusion de digitale, dépend uniquement de la 
manière de préparer celle-ci et chacun peut, comme nous, 
s'assurer de ce fait. La plupart du temps les infusions de 
digitale sont faites avec une négligence qui annihile pres- 
que complètement la dissolution des éléments actifs. Quand 
le préparateur prélève la quantité voulue d'eau bouillante 
pour faire son infusion, cette eau, en raison de son petit 
volume, perd immédiatement la plus grande partie de sa 
chaleur dans le vase froid et épais où elle a été reçue. Il 
s'ensuit que la feuille de digitale à peine imbibée, ne cède 
que peu de chose à Teau et alors on accuse l'ancienneté du 
produit. 

Nous affirmons avoir obtenu avec une poudre de digitale 
vieille de plus de seize ans des infusions qui ont fourni au 
médecin des eifels que lui-même a déclaré incomparables 
d'activité et de netteté. 

Pour arriver à ce résultat nous opérons simplement de 
la manière suivante : 

La quantité d'eau nécessaire à une infusion est d'abord 
portée à TébulliLion puis, à ce moment, nous jetons la pou- 
dre de digitale dans l'eau tout à fait bouillante, nous arrê- 
tons l'ébullitiou et nous laissons infuser après avoir clos 

Joun.dePharm. tt 4 Chim,l»'6kME, l. XXV. (15 avril 18W.) 26 



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-l'^K^^'^^K 



— '39 i -^ 

le récipient àTaide d'un petit couvercle en bois, afin d'em- 
pêcher la déperdition trop rapide de la chaleur. Au bout de 
vingt minutes;on n'a plus qu'à filtrer à travers un carré 
de toile fine et à compléter le volume du liquide jusqu'à 
celui de la potion ordinaire. 

M. le D' F***, médecin principal de Tarmée, qui a 
employé nos infusions ainsi préparées avec une poudre 
très ancienne, a fait ressortir les effets puissants qu'il a 
obtenus dans le traitement de ses malades, même en pres- 
crivant des doses très moyennes du médicament. Les 
affirmations de cet éminent praticien nous autorisent donc 
à déclarer que l'activité de la feuille de digitale est indé- 
pendante de l'ancienneté du produit et que la préparation 
consciencieuse des infusions est la seule chose nécessaire. 



be$age de Vamidon\ par M. Guichard, pharmacien, chef du 
laboratoire de la distillerie Vaguiez, à Amiens. 

Le dosage de l'amidon est une des opérations les plus 
ennuyeuses de l'analyse industrielle soit pour la longueur 
de l'opération, soit pour l'incertitude des résultats. Aucun 
des nombreux procédés donnés ne m'a donné de résultats 
satisfaisants pour l'analyse des grains. 
' Le dosage par dissolution, à l'état d'amidon soluble, 
offre de nombreux inconvénients, celui notamment de 
donner très souvent des liqueurs louches impossibles à 
examiner au polarimètre. 

• J'ai essayé, parmi les dissolvants, les alcalis, les acides 
concentrés, le chlorure de zinc, Thyposulfite de soude ; 
l'acide salicylique récemment indiqué par M. Baudry ne 
réussit, comme il le dit du reste, que pour la fécule de 
l^omme de terre. 

J'ai donc eu recours à la saccharification. De ce côté, 
Ife plus grand obstacle était la longueur de l'opération et 
la coloration fréquente des liqueurs. 

L'acide chlorhydrique étendu m'a donné de bons résul- 
tats (c'est le procédé que j'ai employé jusqu'ici), mais sou- 



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— 395 — 

vent les liqueurs sont trop colorées et Topération est trop 
longue. L'acide acétique, Tacide oxalique, Tacide tar- 
trique n'ont pas donné de saccharification complète. 
L'acide acétique était en solution au 10% de même que 
l'acide tartrique, l'acide oxalique en solution saturée à 
froid. 

L'acide qui m'a donné les meilleurs résultats est l'acide 
azotique en solution à 10 p. .100. Les liqueurs sont colo- 
rées en jaune paille, même avec les matières très colorées, 
et l'opération se fait en une heure environ. 

J'avais craint d'abord l'action oxydante de l'acide azo- 
tique, mais Texpérience m'a montré que, même après dix 
heures d'ébuUition dans les conditions de l'opération, on 
n'obtient pas de variation dans la déviation polarimétrique 
et à peine un louche perceptible dans la recherche directe 
de Tacide oxalique par l'oxalate de chaux. 

Toutes mes expériences ont été faites comparativement 
avec la saccharification chlorhydrique par l'acide étendu 
également à 10 p. 100, qui a donné les mêmes résultats 
que l'acide azotique, mais au bout de beaucoup plus long- 
temps. 

Voici comment j'Qpère : Je prends i^^ de céréales mou- 
lues finement de façon que le son et la farine soient 
mélangés d'une façon bien homogène. J'introduis cette 
farine dans un ballon de 500*^*^ environ avec 100^*^ d'acide 
azotique étendu (10" d'acide pour 90*^*^ d'eau distillée). 

Je ferme le ballon avec un bouchon muni d'un tube et 
je le mets en communication avec un réfrigérant de Liebig 
«à reflux pour n'avoir pas besoin de surveiller les varia- 
tions de volume de l'eau par l'évaporation. Après une 
heure d'ébuUition, je filtre, j'examine au polarimètre Lau- 
rent et je calcule le glucose que je transforme ensuite en 
amidon. Je me sers de la formule suivante. En désignant 
par a la déviation en fractions décimales, par v le volume 
du liquide, j'ai pour l'amidon, sur 100, la formule 

flt;X25xO,916 
2x52,8 



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^^^^.^^ 



— 39C — 

le poids de matière étant é»*" et le voïume 100. La formule 
peut se simplifier; on a alors 

A=2i,68Xfl. 

Mes dosages ont été faits sur Vorge, le seigle, les fèves, le 
maïs, le sarrasin, le millet à balais, la pomme de terre, la 
levure amidonnée; malgré la grande quantité de matières 
azotées contenue dans la levure, la liqueur avec Tacide 
azotique n'est toujours colorée qu'en jaune paille, tandis 
qu'au contraire, avec Tacide chlorhydrique, on est obligé, 
dans ce cas et dans beaucoup d'autres, de décolorer la 
liqueur par le sous-acétate de plomb ou le noir animal. 

J'ai voulu voir quelle pourrait être Tinfluence de la 
matière azotée dans le dosage de l'amidon par la levure : 
pour cela, j'ai fait deux opérations simultanées, l'une sur 
la levure pure, l'autre sur la levure amidonnée (tO«' de 
levure pour 100 d'acide nitrique à 10 p. 100). J'ai obtenu 
pour la levure pure a = — 10' et pour la levure amidonnée 
a = + 2^ 12'. Il y aurait donc lieu de faire dans ce cas une 
correction pour l'influence de la matière azotée sur la 
déviation. On peut, du reste, enlever très facilement ce 
dérivé nitré jaune au moyen du noir animal; au bout de 
quelques minutes, la liqueur est complètement décolorée 
et la déviation de la levure pure devient a = +i4' en 
changeant de sens. Cette déviation à droite est due à 
l'amidon que la levure industrielle, même pure, contient 
toujours en petite quantité et qui provient de l'amidon non 
saccharifîé. 

Cette décoloration n'est pas utile pour les analyses 
ordinaires. 



Sur la dissolution du chloj^ure d'antimoine dans les solutions 
saturées de chlorure de «orfmw/'par M. H. Causse. 

Le chlorure d'antimoine SbCl', au contact de Teau, 
subit une décomposition partielle qui le transforme en 
oxychlorure SbOCl. M. Ditte, en approfondissant la 



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— 397 — 

réaction, a trouvé que cette décomposition obéit aux lois 
générales formulées par H. Sainte-Claire Deville. Sans 
rien changer à la réaction provoquée par l'eau, sans modi- 
fier aucune des données générales qui ont permis de la 
classer dans les phénomènes de dissociation, il est possible 
de déplacer le rôle de l'acide, de lui substituer un sel, 
comme le chlorure de sodium, et d'obtenir une solution 
de chlorure entièrement neutre. 

Dissolution de l'oxyde d'antimoine dans V acide chloi^hydrique 
étendu, — Avec de l'acide chlorhydrique à 37 p. 100 de 
H Cl, on prépare une série de solutions mesurant toutes le 
volume de 100^, et contenant des quantités d'acide anhydre 
représentées par les nombres suivants : 5«', 10»% i5«% 20»', 
25»% 30»% 35»'. Dans chacune de ces solutions, on intro- 
duit de l'oxyde d'antimoine et, après un contact suffisant, 
on filtre pour séparer le résidu, que l'on sèche et pèse. De 
son poids on déduit celui de l'oxyde qui a été dissous, et 
ce dernier, multiplié par 0,76, donnera le poids d'acide 
transformé en chlorure d'antimoine Sb Cl'. 

Acide 

PoldsdeHCI Oxyde - — — — 

N*«. employé, dissous. neutralisé. libre. 

t 5 0,028 0,2128 4,787 

2 10 2,128 L617 8,383 

3 15 5,530 i,«50 10,15 

ft *. 20 13,000 9,930 iD,0S7 

5 25 18,768 14,263 10,737 

6 30 24,30 18,438 11,532 

7 35 30,80 23,424 11,575 

Le tableau ci-dessus indique les résultats obtenus. Si 
l'on cherche à interpréter tous ces résultats par une 
courbe, en prenant pour abscisses les quantités diacide 
employées et pour ordonnées celles qui ont été neulrali* 
sées, on voit la proportion d'acide combiné suivre une 
courbe ascendante, tandis que, pour les quantités qui 
représentent l'acide libre, la courbe s'infléchit subitement 
vers le n* 3, suit une ligne brisée ,et présente ce point parti- 
culier que, dans une solution renfermant 20^*" d'HCl p. 100, 
la moitié de ce poids peut être neutralisée par l'oxyde 



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— 398 — 

d'antimoine. Ou voit aussi que, lorsque la proportion 
atteint 15 p. 100, le poids d'acide qui reste libre est sensi- 
blement constant pour toutes ces solutions. Cette limite, 
fixe pour les conditions précédentes, est, comme dans tous 
les. phénomènes de dissociation, variable avec le milieu 
dans lequel on opère ; elle peut être partiellement reculée, 
avec Taide du chlorure de sodium et par voie directe ; ou 
bien supprimée totalement par voie indirecte, le chlorure 
d'antimoine se trouvant ainsi dissous par le chlorure de 
sodium seul. 

Nous nous occuperons d'abord du premier cas. Les solu- 
tions précédentes sont mises en présence d'un excès de 
chlorure de sodium ; après douze heures de contact, on 
fîltre et, dans chacune d'elles, ainsi saturée de sel, on 
introduit 4»' d'oxyde d'antimoine ; on laisse en contact 
pendant vingt-quatre heures, on sépare le résidu, que Ton 
sèche et pèse, et, du poids de^l'oxyde entré en solution, on 
déduit celui de l'acide neutralisé et, partant, la portion de 
ce dernier qui reste comme résidu, Le tableau ci-après 
contient les résultats obtenu. 

Oxyde Poids de H Cl 

N** Introduit, dissous. combiné, libre. 

1 4 2,310 1,85 2,937 

â. 4 2,50 1,90 6,483 

3 4 2,50 1,90 8,25 

4 4 2,70 2,05 8,01 

5 i 2,469 1,87 9,296 

6 4 2,315 1,75 9,782 

7 4 2,.^0 1,90 9,675 

L'inspection de la colonne qui contient le poids d'oxyde 
dissous montre qu'il est à peu près le même pour toute» 
les solutions ; la courbe qui représentera le poids de H 01 
libre sera la même que la précédente, sauf qu'elle s'est 
uniformément rapprochée de l'axe horizontal. On aperçoit 
dès maintenant le rôle de l'acide chlorhydrique : ce n'est 
plus lui qui règle le phénomène, il intervient seulement 
pour transformer l'oxyde en chlorure d'antimoine ; mais 
la proportion de ce dernier,' qui entre en solution, dépend 



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— 399 -t. 

avant tout du chlorure de sodium. Les chiffres cousignéâ 
dans le précédent tableau marquent la limite de Tactioti 
de Pacide chlorhydrique sur l'oxyde d'antimoiiie cristallisé, 
en présence du chlorure de sodium ; cependant, lorsque 
cet oxyde est à Tétat naissant, la limite est encore reculée. 

Poids de H Cl 

N*". combiné. libre. . 

1 » }> 

2 2,00 4,115 

3 3,15 4,318 

4 3.30 4,108 

5 3,70 5,596 

6. ... ; 3,8(? -5,982 

7 3,80 5,875 

En effet, dans les solutions précédentes, on laisse couler 
une solution titrée de carbonate de soude dans le chlorure 
de sodium, telle que 10*« neutralisent 2*^« d'acide chlor- 
hydrique à 37 p. 400, jusqu'à ce que le précipité qui ^e 
forme refuse de se dissoudre ; et, avec cette donnée, on 
calcule ensuite la quantité d'acide qui a été neutralisée. 
Le tableau ci-dessus donne les résultats qui ont élé 
obtenus. 

Nous devons ajouter que ces chiffres n'ont qu'une valeur 
relative ; après un temps plus ou moins long, il se sépare 
de Toxy chlorure d'antimoine. 

Toutefois, si dans chacune de ces conditions on intro,- 
duit un excès de chlorure de sodium, bien que toutes les 
liqueurs en aient été au préalable saturées, on observe que 
le chlorure et l'oxyde d'antimoine, précipités par le carbo- 
nate alcalin, se dissolvent simultanément ; cette circons- 
tance, outre qu'elle définit nettement le rôle du sel marin, 
laisse apercevoir dans quelle voie il convient de diriger 
les recherches, et permet aussi de supprimer totalement 
l'acide libre. 

Il suffit, en effet, d'introduire dans les solutions précé- 
dentes un excès de sel marin, et de neutraliser par la 
solution de carbonate ; on trouve qu'au moment où l'oxyde 
d'antimoine refuse de se dissoudre on a employé la quan^ 



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r- 400 — 

tité de carbonate de soude nécessaire et suffisante pour 
transformer tout l'acide chlorhydrique qui restait en 
chlorure desodium. 

Afin de contrôler directement ce dernier point, on a 
.fait l'expérience suivante: i5«' de chlorure 8b Cl' sont 
dissous dans 30*'' d'acide chlorhydrique à 37 p. 100, soit 
il«',iO de H Cl; on étend à 106", on sature de sel marin et 
Ton en laisse un excès. Dans cette liqueur, on fait arriver 
la solution alcaline jusqu'à ce que le précipité d'oxyde 
refuse de se dissoudre; on trouve que 150** sont néces- 
saires et suffisants pour atteindre ce but ; mais ils corres- 
pondent à ii<%10 de H Cl, et, dès lors, le chlorure d'anti- 
moine est maintenu en solution parle chlorure de sodium, 
et cette solution, entièrement neutre, est stable. Quant 
aux rapports qui existent entre les deux chlorures, nous 
y reviendrons prochainement, en traitant de la solubilité 
■comparée de l'oxyde de bismuth, d'antimoine et d'autres 
métaux, dans les solutions saturées de chlorure de sodium. 



REVUE DES TRAVAUX PURLIËS RÉCEMMENT 

SUR LES PRINCIPES IMMÉDIATS CODiTENUS DANS LES VÉGÉTAUX 

Par M. Em. Bourquelot [fin) (1). 

Sur les substances analogues à la saponine contenues 
dans les semences du thé d'Assam; par M. W.-G. 

BoORSMA (2). — L'auteur a relire des semences du Thea 
ckinensUf var. assamica préalablement épuisées par l'élher 
de pétrole pour enlever les matières grasses, deux substan- 
ces analogues à la saponine, qu'il désigne sous les noms 
diacide assamique et assamine. 

Ces deux substances sont amorphes et solubles eu 
toutes proportions dans Teau à laquelle elles commu- 
niquent la propriété de mousser par Tagilation. La 

(t) Voir les N<" des 15 mars et l** avril 1S92. 

(«) Inaug.-disêert, Iltrecht, 1891» d*après Reperiorium der Pharmacie^ 
p. 118, 1891. 



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— 401 — 

solution aqueuse d'acide assàmique ptédente lïne réaction 
nettement acide et précipite aussi bien par l'acétate 
neutre de plomb que par Tacétate basique, La solution 
-aqueuse d'assamine ne présente qu'une faible réaction 
acide; elle ne précipite pas par Tacétate neutre de plomb 
mais donne un précipité blanc avec Tacétale basique. 
Vis-à-vis des autres réactifs, ces deux substances se con- 
duisent presque de la même façon. L'acide sulfurique 
concentré dissout Tacide assàmique en donnant tm liquide 
qui est d'abord de couleur orangée, passe ensuite au rouge 
et finalement au bleu violet. L'acide assàmique seul 
coagule partiellement l'albumine; additionnée d'acide 
acétique, elle le coagule en totalité. L'assamine seule ne 
coagule pas Talbumine; mais, après addition d'acide 
acétique, elle la coagule en partie. 

D'après l'auteur la formule de l'assamine serait €"H"0'® 
concordant avec la formule générale proposée par Kobert 
Qnj|»ii~8^ie Traitée à l'ébullition par l'acide chlorhydrique 
étendu, l'assamine se dédouble peu à peu en glucose 
(42,56 p. 100) et sapogénine (45,55 p. iOO). Comme la somme 
de ces deux produits de dédoublement ne représente que 
88,11 p. 100, il est possible qu'il s'en fasse d'autres. La sapo- 
génine qu'on obtient ainsi se compose de deux matières: 
l'une soluble, l'autre insoluble dans le chloroforme. Ces 
deux matières se ressemblent d'ailleurs en ce qui con- 
cerne leurs autres propriétés : elles sont solubles toutes 
deux dans l'alcool, l'éther et la lessive de potasse, elles 
sont insolubles dans l'eau et n'ont pas été obtenues à l'état 
cristallisé. 

Les semences de thé d' Assam renferment environ .1 2 p . 1 00 
4c glucosides. î> 

Sur raristolocbine; par M. Julius Pohl (1).— M. Julius 
PohI, assistant de l'Institut pharmacologique de Prague, a 
réussi récemment à retirer de trois aristoloches de nos 



(1) Arck. f, exp. Path. u. Pharm.y par Apoteker-ZHtung, VI, p. 6*2, 
IS9U 



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VV?3W?? 



— 402 — 

pays Av. Clematùis L., rotunda L. et îonga L., un principe 
immédiat très actif qu'il a appelé aristolochine, principe 
dont il a fait l'étude chimique et physiologique. 

Pour préparer Taristolochine, l'auteur traite les semences • 
de l'A. Clematùis ou les racines des deux autres aristo- 
loches ainsi qu'il suit : 

La drogue est d'abord traitée par Téther de pétrole bouil- 
lant qui enlève la chlorophylle, les matières grasses et une 
substance azotée indifférente au point de vue physiologique. 
Elle est ensuite épuisée par Talcool à 96*» bouillant. On 
distille pour retirer l'alcool, on évapore en consistance 
d'extrait, et on reprend par de l'eau additionnée d'acide 
sulfurique. Le précipité brun jaune, qui se sépare, est ras* 
semblé sur un filtre, exprimé, desséché à 40®, puis épuisé 
dans un appareil à déplacement par Téther de pétrole jus- 
qu'à ce que les dernières traces du corps azoté mentionné 
plus haut aient été enlevées. Le résidu est repris par 
l'éther ou l'alcool, liquides qui dissolvent l'aristolochine 
et le laissent cristalliser. On purifie par quatre ou cinq 
cristallisations dans l'éther. 

L'aristolochine se dissout dans l'éther, le chloroforme, 
l'acétone, le phénol, l'anhydride acétique, l'aniline et l'al- 
cool. Elle cristallise en aiguilles de sa solution alcoolique 
additionnée d'eau. Elle est insoluble dans l'éther de 
pétrole, la benzine et le sulfure de carbone. Elle est dissoute 
par les alcalis et les hydrates des alcalis terreux. Une 
solution d'hydrate de baryte saturée à chaud d'aristolochine 
laisse déposer par refroidissement un sel cristallisé rou- 
geâtre, insoluble dans l'éther, mais soluble dans l'eau et 
l'alcool. 

D'après l'auteur, la composition centésimale de l'aristo- 
lochine répond à la formule G"H"Az*0*'. 

En ce qui concerne ses propriétés physiologiques, l'aris- 
tolochine est sans action sur les animaux à sang froid (gœ^ 
nouilles). Chez les animaux à sang chaud (lapin), elle 
détermine de l'intoxication urémique et, à cet égard, son 
action est supérieure à celle de tous les poisons des reins 
connus jusqu'ici. Le premier symptôme est une augmen- 



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— 403 — 

talion de la diurèse. Ainsi une injection sous-cutanée de- 
0«',015 d'aristolochine dissoute dans 6** d'eau, à l'aide 
d'un peu de carbonate de soude, a déterminé, dans le même 
jour, chez un lapin de 1290»" une émission d'urine albumu 
neuse deux à trois fois plus considérable que les jours prér 
cédents. Aux jours suivants, on a trouvé dans les sédi- 
ments de l'urine des cylindres granuleux, des cylindres 
épithéliaux et des agglomérations de cellules épithélialesu 
Si on augmente la dose, on observe, après le stade de- 
diurèse, une émission moins abondante d'urine et celle-ci 
est sanguinolente. Il se produit en même temps des dé8or7 
dres anatomiques très graves dans le rein. 

Les effets physiologiques de Taristolochine ressemblent, 
en définitive, à ceux deTaloïne; mais le premier de ses- 
composés est environ dix fois plus toxique que le second. 

L'auteur a retiré, en outre, de l'aristoloche serpentaire, 
par distillation avec l'eau, une essence & odeur camphrée,, 
essence toxique pour les grenouilles. 



Sur l'éphédrine de V « Ephedra monostachia » ; pai^ 
M. P. Spehr (1). — \jEpked7*a monostachia est une plante 
de la famille des Gnétacées, que l'on rencontre surtout 
dans la Transcaucasie méridionale et orientale, ainsi que 
dans la Bessarabie, la Valachie et presque toute l'Asie 
méridionale. La tige et la racine sont utilisées dans quel- 
ques régions du Caucase, en Mingrélie et en Arménie 
comme remèdes populaires contre la goutte et la syphilis, 
tandis que le suc mucilagineux et sucré des fruits y est 
employé dans les affections du poumon. 

Pour extraire l'alcaloïde l'auteur épuise la drogue 
(plante et racine) grossièrement pulvérisée avec de l'alcool 
à80**Tr.; il distille pour retirer l'alcool, additionne l'ex- 
trait de carbonate de soude et agite avec de Téther. 

L'alcaloïde brut qui reste après évaporation de la solur 

(1) Pbarmacogaostisch-chemische Untersuchung der Ephedra monostachia,. 
Pharm. Zeitschr. /. Russland, XXXI, p. 1, 1892. 



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^iC'--3!*^r^Wl^ï-V ' 



— 404 — 

lion éthérée est transformé en chlorhydrate et celui-ci 
est purifié par plusieurs cristallisations successives. 

L'alcaloïde ainsi obtenu, que M. Spbhr a appelé éfAê' 
ilnne^ n'est ni le premier qui ait été retiré des Ephedra^ ni 
le seul qui ait été désigné sous ce nom. 

D'une part, le professeur Nagaï, de Tokio, a réussi ily a 
quelques années à retirer de VEphedt^a vulgarà^ var. Aefoe- 
U'ca, un alcaloïde qu'il a nommé éphédrine, et, d'autre part, 
la maison Merck, de Darmstadt, a extrait, d'une espèce du 
même genre Ephedra, un autre alcaloïde qui a été appelé 
-pseudo-éphédrine. Pour éviter toute confusion, nous don* 
nons dans le tableau ci-dessous les caractères distinctifs 
de chacun de ces trois composés. 



Fornmlc 

Point 'i de la base. . . . 
de fusion ( du chlorhydrate. 

Ieau ....... 
alcool 
éther absolu. . . 
benzol 
chlororormc . . . 

Saveur 

Action physiologique 

Forme | do la base. . . . 
«Tistalline f iU\ chlorhvdi*atc. 



Ephédrine de 
NajaT. 

«lO^C 

216- C 

peu soluble 

tijakami lolible. 

id. 

id. 

id. 

amère. 

très toxique 

et mydriatique. 

s. rhombique. 

id. 



Pseudo 
éphédrine. 

e*«H»AzG 

li5«C 

174* C 

1 :454 

très soluble. 

1 : 15 

4 : 26 

1 : 8 

amère. 

très toxique 

et Diydriatique. 

s. rhombique. 

id. 



Ephédrine de 
Spehr. 

€»H»»AzO 

li2-C 

207'C 
très soluble. 
très soluble. 

I :98 
1 : IISO 

1 : 11 

brûlante, 
très faible. 

s. monocliniquc. 
I. hexagonal. 



Sur le « Paeonol », principe immédiat contenu dans 
récorce de la racine du Paeonia Moutan; par M. N. Na- 
gaï (1). — L'écorce de la racine du Paeonia Moutan, Sims, 
drogue très employée en Chine et au Japon, est fréquem- 
ment recouverte d'aiguilles blanches, brillantes, aromati- 
ques. Ces aiguilles sont des cristaux d'un nouveau 



(l) Ber. d. d. Chem. geg., \XIV, 28*7, d'après Pk, Centralhalle, XII, 
p. 704, 1891. 



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— 405 — 

composé, que M. Nagaï vient de retirer de cette drogue et 
qu'il a appelé paeonol. Voici le procédé auquel il a eu re- 
cours: On épuise Técorce finement pulvérisée avec de 
Téther; on agile Ja solution élhérée d'abord avec une solu- 
tion do carbonate de soude qui enlève les impuretés sans 
toucher au paeonol, puis avec de la lessive de soude qui 
forme avec ce dernier une combinaison qu'on sépare et 
qu'on décompose h l'aide de l'acide sulfurique. On épuise 
de nouveau par l'éther, on évapore et on obtient un pro- 
duit huileux qui ne tarde pas à se prendre en une masse 
de cristaux. On purifie par cristallisation dans Talcool. 

Le paeonol se présente sous la ferme d'aiguilles incolo- 
res fusibles a 50^ Il est doué d'une odeur aromatique et 
d'une saveur brûlante. Il est peu soluble dans l'eau froide 
et 1res soluble dans l'alcool, l'éther, le benzol, le 
chloroforme. 

C'est un corps à fonction phénolique dont la formule 
bruteest G*H*®^*, et la formule de constitution 

/GO-CH» (1) 

C»H»-OH (2) 

\OGH» (4) • 

Ce serait donc un para-métoxy-ortho'Oxyacétophénone, 



REVUE DES PUBLICATIONS DE UÉUEGINE. PHYSIOLOGIE, 
PHARMACIE, UICROBIOIME, CHIMIE, TOXICOLOGIE, AGRONOMIE. 



Médecine. 

Société de médecine publique et d'hygiène profession*- 
nelle. — Elle a voté la résolution suivante ; 

!« La déclaration des affections transmissibles est obli- 
gatoire . 

2^ Celte déclaration doit être faite par le médecin aussi- 
tôt son diagnostic établi et, à défaut du médecin, par le 
chef de famille ou les personnes qui soignent le malade. 

3*» Les maladies pour lesquelles la déclaration est obli- 



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^^ei^^W38?PT, 



^ 406 — 

;gatoire, sont le choléra, la variole, la fièvre typhoïde, la 
dysenterie épidémique, la diphtérie, la scarlatine, la rou- 
geole, la suette, la coqueluche. Cette nomencUture pourra 
^tre modifiée par arrêté ministériel suivant avis conforme 
du Comité d'hygiène et de l'Académie de médecine. 
: ; i"" Elle doit s'appliquer indistinctement à tous les cas 
•des affections ci-dessus désignées. 



' Note sur une épidémie de fièvre typhoïde propagée par 
le lait; par M. Vincent, directeur de la salubrité (1). — 
Dans la ferme D..., à Aire, ferme d'ailleurs honnêtement 
et habilement dirigée, les bidons dans lesquels on trans- 
portait le lait étaient lavés et rincés avec l'eau d'un bassin 
alimenté par une source d'excellente qualité. Mais ce 
bassin était d'une propreté douteuse, on y lavait les lé- 
gumes, le linge, les ustensiles. Un ouvrier de campagne, 
peu après son engagement à cette ferme, est pris de fièvre 
typhoïde et meurt à l'hôpital. Son linge a été lavé dans le 
bassin. 

On y lave après le linge de madame D... et de son fils, 
^jui avaient été pris à leur tour. Le laitier P..., dont la 
clientèle au moment de l'épidémie comptait 200 ménages 
-environ, était le fournisseur de la dame D... 

En quatre mois, 36 personnes, toute consommant le lait 
fourni par P..., prennent la fièvre typhoïde, presque toutes 
le buvaient cru; d'autres cas d'infection secondaire se sont 
présentés également. 

L'histoire de cette épidémie est une preuve de plus pour 
la véhiculation des germes typhiques par l'eau et un 
argument de plus pour la nécessité de ne consommer que 
du lait bouilli. Il y a longtemps d'ailleurs que les méde- 
cins anglais ont établi la transmissibilité de la fièvre 
typhoïde par le lait. 



(1) Genève, imprimerie Taponnier et Studer, 1890., d'après Ann. d'hyg. 
(D' Reuss). 



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— 407 — 



Pharmacie. 



Préparation du sulfate de quinine léger; par M. 

Carles. — Si l'on introduit dans un tube à essai aux ti 
quarts plein d'eau, 1 ou 2*** de sulfate de quinine m( 
cinal et qu'après avoir agité vivement, on filtre, la s( 
tion ne renferme guère plus de 0«'',05 de. sel. En ajout 
dans cette liqueur limpide, quelques cristaux de sull 
d'ammoniaque, retournant doucement le tube jusqu'à ( 
solution du sel, le liquide se remplit aussitôt de cristî 
si déliés et si volumineux qu'ils occupent tout le tube, 
la température ambiante est de 25° environ, et si le n 
pient est de calibre étroit, la matière se prend si bien ( 
l'on peut retourner le tube avec précaution, sans que !'< 
s'en échappe. 

Le sulfate d'ammoniaque n'exerce qu'une action phj 
que, il diminue simplement et brusquement le coeffici 
de solubilité du sulfate de quinine, car il se retrouve 
entier dans les eaux mères, de telle sorte que le sulfate 
quinine ainsi formé, claircé et desséché, n'influence mé 
pas le réactif de Nessler. 

On peut procéder de deux façons : 

1° Lorsque le sulfate de quinine comprimé a été rec 
sous dans les trente partiesd'eau bouillante réglementaîi 
on arrête la chaleur, on projette dans la bassine le sull 
ammoniacal en cristaux, on agite une ou deux minul 
c'est-à-dire juste le temps nécessaire pour le faire dissoui 
etdisséminerle duvet quinique formé dans toute lamas 
puis on laisse en repos et on termine les opérations si 
séquentes comme d'habitude. 

2" Ou bien on sature à part, à 50 ou 60°, un volu 
d'eau, représentant le dixième au plus de celui d'un gi-a 
crislallisoir, avec du sulfate de quinine pur; et qua 
on est prêt à arrêter la vapeur ou le feu, on ajoute au 
quide à G0° la quantité voulue de cristaux de sulfate d'à 
moniaque; on brasse vivement; il se prend en boni 
épaisse, et aussitôt on le répand dans le grand bain, q 
en quelques minutes, est aussi près de se solidifier. Dès 



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'"" '^'^Hy;*:^?* !^!* ' . ' .- ^t" 



— 408 — 

momenl, on n'a plus encore qu'à laisser refroidir et à sui- 
vre les traitements d'usage. 

•4«'" de sel par litre de liquide est la proportion qui paraît 
fournir les meilleurs résultats. Le sulfate d'ammoniaque, 
ainsi employé, diminue de moitié environ la proportion de 
sulfate de quinine conservé par les eaux mères ordinaires, 
ce qui augmente le rendement de 65«'" environ de sel pur 
par hectolitre de liqueur. 

Pour le déterminer dans ces eaux de cristallisation, il 
faut avoir recours à une solution titrée de tannin ( ou au- 
tre réactif spécial des alcaloïdes); car les alcalis, comme le 
sulfate d'ammoniaque même en excès, sont désormais im- 
puissants à en rien précipiter. 

Nos expériences n'ont été faites qu'en petit, mais elle se 
sont produites avec une telle facilité qu'il n'y a pas lieu 
de douter qu'elles ne se produisent dans la pratique 
industrielle. 



Physiologie. 

Suc gastrique; par M. Maurice Arthus (i) (suùe). — 
.rai tenu à avoir sur cette question, qui est une question 
de chimie pure, l'opinion d'un chimiste; je me suis adressé 
à M. Sorel, qui s'est occupé récemment de l'acidité du suc 
gastrique, mais qui n'a pas encore publié les recherches 
qu'il a commencées sur la nature de cette acidité. Voici, 
d'après M. Sorel, les objections qu'on peut adresser à la 
méthode de MM. Hayem et Winter. L'acide chlorhydrique 
n'existe pas à l'état de liberté chimique dans le suc gas- 
trique : il est inutile de revenir sur ce point. Mais en 
outre, l'acide chlorhydrique volatilisable à 100® ne repré- 
sente pas exactement l'acide chlorhydrique provenant des 
combinaisons décomposées à cette température; à 100*, 
en effet, les acides de fermentation, et notamment l'acide 
lactique, peuvent réagir sur les chlorures métalliques et 
mettre en liberté de l'acide chlorhydrique; or, le suc gas- 
trique renferme souvent de l'acide lactique surtout dans 

(I) Joum. de Pharm. et Ch. [5], X\V, 359, !•* avril 1892. 






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-^,409 —, 

les conditions pathologiques : il y a de ce chef une e 
en plus pour Tacide chlorhydrique dit libre. Inverse 
Tacide lactique, d'après Maly (1], peut retenir une j 
quantité d'acide chlorhydrique. Si on soumet à la d 
lation un mélange de sel marin et d'acide sulfu 
en petite quantité, on chasse de l'acide chlorhydr 
il ne s'en dégage pas si l'on a incorporé de l'acide 
tique au mélange. D'où une erreur en moins poi 
quantité d'acide chlorhydrique volatilisé à 100*» dai 
suc gastrique. 

Lorsqu'on évapore à une température quelconque 
prise entre 60** et 11 5** un mélange d'acide chlorhyd 
et de phosphate monosodique, on constate qu'une pr 
tion souvent considérable de cet acide chlorhydr 
variable d'ailleurs suivant la quantité de sel sodiq 
suivant la température, est retenue dans le résidu. Ii 
sèment, lorequ'on évapore à 100*» et môme à une te 
rature inférieure un mélange de chlorures alcalino-tei 
et de phosphate dicalcique, on constate un dégage 
de gaz chlorhydrique aux dépens des chlorures. Ce 
tout au moins les cendres du suc gastrique renferme 
l'acide phosphorique, de la soude, de la chaux e 
chlorures alcalins et alcalino-terreux, ces dilTérents 
y existent et peuvent donner lieu à ces différentes 
tions. Il y a donc là quatre causes d'erreur, les uneî 
dant à diminuer la quantité d'acide chlorhydrique v 
lisable, les autres tendant à l'augmenter, sans qu'i 
possible de déterminer une valeur approximative de 
reur, sans même qu'il soit possible de fixer le sens de 
erreur. Le chlore qu'on chasse par une températu 
100*» ne représente donc ni l'acide chlorhydrique lib; 
Tacide chlorhydrique provenant de la décomposit 
100* de composés chlorés organiques. 

MM. Hayem et Winter chauffent ensuite le résidu d 
gastrique jusqu'au rouge sombre naissant, pour cal 
la matière. Sans doute cette température n'est pas 

(1) Liebig's Ann.^ CLXXIU. 

Joum, de PkMrm. et dt Ckim,, 5* séBlE, t. XXV. (15 avril 1892). 



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— 410 — 

santé pour volatiliser les chlorures alcalins, mais elle peut 
parfaitement bien volatiliser les chlorures alcalino-terreux 
qui existent dans les cendres du suc gastrique. D'ailleurs 
l'existence dans ces cendres de chlorures alcalins et alca- 
lino-terreux, de phosphates monosodique et dicalcique 
introduit une double cause d'erreur sur la valeur et sur le 
sens de laquelle il est impossible de se prononcer. Le 
nombre trouvé pour le chlore des chlorures métalliques 
est donc inexact, ou, tout au moins, peut être inexact. 

En résumé, nous conclurons, avec M. Sorel, que toutes 
les méthodes dans lesquelles le suc gastrique est évaporé 
à une température élevée ou calciné ne permettent pas de 
déterminer séparément le chlore des combinaisons chlo- 
rées organiques et des chlorures métalliques. Les nombres 
trouvés peuvent avoir une certaine importance pour l'éta- 
blissement d'un diagnostic et pour la direction d'un trai- 
tement ; mais ils n'ont pas du tout la signification chi- 
mique qu'on leur prête, les rapports de ces quantités 
dépendant autant, sinon plus, des combinaisons non chlo- 
rées contenues dans le suc gastrique que de ces combi- 
naisons chlorées elles-mêmes. 

Seules les méthodes dans lesquelles on évite la calcina- 
tion et même la dessiccation à 100° peuvent permettre de 
séparer le chlore des chlorures métalliques et le chlore 
des composés organiques chlorés. Je dis peuvent per- 
mettre, et non pas permettent, car rien jusqu'ici ne 
démontre que, par exemple, dans la méthode de Rabuteau 
modifiée par Cahn et von Mering (1), tout le chlore- des 
combinaisons chlorées organiques passe à l'état de chlor- 
hydrate de cinchonine. 

Voici comment procèdent Cahn et von Mering : 50*^^ du 
contenu gastrique sont ramenés par une évaporation lente 
à 10" afin de chasser les acides gras volatils. Le liquide 
est agité à six ou huit reprises avec 300*^ d'éther pour en- 
lever l'acide lactique; additionné de cinchonine fraîche- 
ment précipitée, et maintenu à la température de 40<* jus* 

(1) Deutsches Archiv. fur klin Med.j XXXIX. 



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— 411 — 

qu à ce que sa réaction soit neutre. La liqueur est filtrée 
et agitée à cinq reprises avec 200**' de chloroforme pour 
dissoudre dans ce dernier le chlorhydrate de cinchonine. 
Le chloroforme, volatilisé par la chaleur, laisse un résidu 
dans lequel on dose le chlore. Ce chlore correspondrait, 
d'après les auteurs, au chlore des combinaisons chlorées 
non métalliques. 

En résumé les travaux jusqu'à présent accomplis sur 
l'acidité du suc gastrique permettent d'affirmer que cette 
acidité n'est due normalement ni aux acides lactique, 
butyrique, etc., ni au phosphate acide de chaux; qu'elle 
est due à des combinaisons chlorées organiques qui ne 
sont pas, même pour une faible part, de l'acide chlorhy- 
drique libre. Il n'existe pas de procédé permettant de 
doser séparément le chlore uni aux métaux, et le chlore 
organique (en faisant toutefois une réserve possible en 
faveur de la méthode de Rabuteau modifiée par Cahn et 
von Mering). 

(A suivre.) 



Microbiologie. 

Sur quelques matières colorantes solubles, produites 
par des bactériacées dans les eaux distillées jnédici- 
nales; par M. L. VmoN. — Dans un précédent travail sur 
le rôle des Schizophytes dans les réactions colorées qui se 
passent dans les eaux distillées (i), l'auteur a montré que 
tantôt la coloration était due à des masses zoogléiques en. 
suspension dans le liquide, ainsi que l'a signalé M. Bar- 
nouvin, et que tantôt la matière colorante était réellement 
en dissolution, puisque le liquide traversait le filtre Cham- 
berland sans diminution de l'intensité colorante. 

Il a pu isoler quelques-uns de ces pigments en disso-. 
lution; il les a caractérisés chimiquement et il a réussi ày 
cultiver les micro-organismes générateurs de ces prin- 
cipes colorants. 

Ses premières recherches ont porté sur une eau de 

(1) Journ. de Pharnu et de Chim. [5], XXUI, 1891. . . t 



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'/'^?^^:'3F^ 



— 412 — 

fleurs d'orange possédant une teinte vert très foncé; elle 
laissait à-révaporation TO""*' de résidu fixe pour 100, résidu 
formé de 69""«'' de matière organique et de I"*^' de subs- 
tances minérales. La matière organique se présentait sous 
forme de masses verdatres, insolubles dans Téther, le 
chloroforme, la benzine, solubles entièrement dans Teau 
ammoniacale, ou un liquide éthéro-alcoolique ammo- 
niacal (i) ; solubles en partie seulement dans Talcool 
méthylique; mais aucun de ces traitements n'a pu donner 
la matière pigmentaire à Tétat cristallisé. 

Au microscope, elle se présente sous forme de granu- 
lations verdâtres, de bâtonnets plus ou moins allongés et 
de lamelles jaunâtres. De ce pigment, l'auteur a retiré par 
les dissolvants, et caractérisé par les réactifs chimiques, 
trois matières colorantes distinctes. L'une de ces matières 
a été isolée par Talcool méthylique: elle est soluble dans 
Teau, à laquelle elle communique une légère teinte violacée 
qui brunit très rapidement à Tair. Elle est sans action 
sur le réactif sulfocarbazotique (2) ; mais, par les acides 
azotique et chlorhydrique, elle prend une teinte rouge, 
comme le principe particulier signalé par Ader dans Teau 
de fleurs d'orange (3). 

La deuxième matière colorante se dissout dans l'alcool 
concentré en le colorant en jaune ; elle n'est pas influencée 
parles acides azotique et chlorhydrique, mais sous l'action 
du réactif sulfocarbazotique, il se forme une coloration 
bleu violacé, puis un précipité bleu indigo. 

Le troisième pigment est insoluble dans les alcools 
éthylique et méthylique; il est soluble dans l'eau, à 
laquelle il communique une belle teinte verte. Il n'est pas 
influencé par les acides ni par le réactif sulfocarbazotique. 
M. Viron a cherché quelle était l'origine de ces pigments; 
étaient-ils dus aune transformation des principes préexis- 



(1) Liqaeur galactimélrique d^Adam. 

(2) Ce réactif est obtenu en dissolvant 15*^' de carbazol dans lOO»' d'acide 
sulfnrique pur. 

(3) Le principe signalé par Ader est Tolatil; le pigment est fixe. 



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— 413 — 

tants dans Tcau naturelle, étaient-ils une sécrétion d'or- 
ganismes vivants? Cette dernière hypothèse fut seule 
vérifiée, les eaux distillées, stérilisées par le procédé de 
Tyndall, -n'ayant subi aucune altération, tandis que les 
témoins s'étaient colorés plus ou moins fortement. 

Des cultures de ces eaux sur plaques d'après le procédé 
de Koch dans des milieux nutritifs variés ont permis 
*d'isoler quelques colonies chroraogènes. 

Ces colonies développent la matière colorante dans 
certains milieux solides; dans quelques milieux liquides, 
elles prolifèrent aussi activement* mais sans produire de 
substances chromogènes. 

Un mélange d'eau distillée de laitue très ancienne et 
d'eau de fleur d'orange préalablement stérilisée constitue 
un milieu dans lequel plusieurs colonies ont sécrété du 
pigment. 

L'une des colonies qui a pu être cultivée donne un 
pigment brunâtre qui, par les acides chlorhydrique et 
azotique, prend une teinte jaune rougeâtre comme le 
pigment retiré d'une eau de fleur d'orange verte. C'est 
une variété du Micf^ococcus cyaneus de Schrôter. 

La deuxième colonie pour laquelle l'auteur propose le 
nom de Bacillus aurantii, se présente sous forme de cellules 
allongées, groupées deux par deux : ce sont donc des 
diplocoques. On peut la cultiver dans le liquide signalé 
plus haut, additionné d'une petite quantité d'asparagine. 

Elle se développe également dans certaines eaux dis- 
tillées altérées (1); on retire de ces liquides une matière 
jaune très soluble dans l'eau; la solubilité a été constatée 
par le filtre Chamberland. 

Le pigment est précipité de sa dissolution par l'alumine 
gélatineuse et difl^érents réactifs; il est soluble dans l'acool 
éthylique, insoluble dans l'alcool méthylique, peu altéré 
par les rayons lumineux. L'auteur propose de le désigner 
sous le nom d'aurantio-lutéine. 



(t) Des traces de sels métalliques (acétate de plomb) que quelques. eaux 
renferment quelquefois empêchent lalfonction chromogène. 



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— 414 — 

troisième colonie renferme des petits bâtonnets qui 
luniquent à la gélatine une teinte jaune par trans- 
ice et verte par réflexion. La teinte verte est surtout 
feste à la surface. Le pigment se dissout dans Teau 
i communiquant une teinte verte très intense ; il est 
rapidement altéré .par les rayons lumineux ; il perd 
sa solubilité; il se dépose sous forme de masse noi- 
et Veau redevient incolore. M. Viron désigne ce 
ent sous le nom d'auraulio-chlorine, 
fin une dernière colonie a pu être isolée et étudiée; 
rencontre dans les eaux profondément altérées; elle 
fie la gélatine en lui communiquant une teinte 
îscente jaune verdàtre : elle se rapproche du Bacillus 
scens liqtiefaciens, 

3 liquides renfermant ces différents pigments sont 
insifs si on les injecte à des animaux après stérili- 
q; seul le liquide dans lequel s'est développé le 
er bacille signalé plus haut est très actif, car, injecté 
\ cobayes, il détermine une réaction inflammatoire 
intense et, ordinairement, Tanimal meurt au bout de 
[ues jours. 

bacille donne donc naissance à un principe phlogo- 
se rapprochant de la sécrétion de certains microbes 
)gènes signalés par M. Arloing. 
s petits organismes s^épuisent vite : après deux ou 
ensemencements dans des milieux peu nutritifs, les 
riétés chromogènes disparaissent pour reparaître plus 
quand on les aura fait développer dans des bouillons 
chargés. 

lutres fois le principe chromogène semble ne pas 
er, puis subitement, pour ainsi dire, le liquide prend 
einte très prononcée si on vient à Tagiler au contact 
ir ou à modifier légèrement sa réaction. 



r la vitalité des germes des organismes microsco- 
98 des eaux douces et salées; par M. A. Certes (1) -— 



4c. d. 8c., CXIV, 425, IS92. 



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— 415 — 

L'auteur a signalé Textrême vitalité des œufs d'u 
Crustacé branchipode , VArtemla salina, qu'il a r 
vivant dans des cultures de sédiments desséchés 
serves depuis plus de trois ans. Ce résultat était c 
plus intéressant qu'il s'agissait, dans l'espèce , d 
forte salure, provenant du chott Timrit, près de 
nelli (province de Oonstantine). 

Depuis lors, il a multiplié les cultures de séc 
d'eau douce et d'eaux salées de toutes provenanc 
expériences, comme les précédentes, ont toujours et 
à l'abri des germes atmosphériques et avec toutes 
cautions usitées en microbiologie, et M.. Certes î 
autorisé à tirer des faits constatés un certain nor 
conclusions. 

I. Tous les sédiments mis en culture, quelles c 
été leur provenance et la durée de la dessiccatit 
donné, dans les conditions ci-dessus énoncées, ei 
pour les sédiments marins, sous de fortes pressic 
microbes variés, quelques-uns tout à fait carac 
comme le Spirobacillus gigas des citernes d'Ad( 
exemple, d'autres en plus grand nombre se rattach 
espèces banales. 

II. Les cultures de sédiments marins, qu'ils prov; 
de la superficie (débris, algues, sargasses) ou des 
fonds (débris, vases), ne donnent jamais d'infusoire 
ni d'organismes plus élevés dans la série animale. 

III. Les cultures de sédiments d'eaux douces et 
très et plus sûrement encore les cultures de f 
feuilles et d'herbes desséchées, donnent toujours à 
gellés, des Ciliés et parfois desRotifères et des Ani 
Les. sédiments recueillis à l'abri de la lumière, d 
grottes profondes qui possédaient de petits lacs, on 
les mêmes résultats. 

IV. Les sédiments des chotts et des lacs salés, s 
l'intérieur des terres, se comportent absolument 
ceux des eaux douces ou saumâtres. 



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J^^KT^ 



— 416 — 

les cultures de sédiments desséchés sont fertiles d'une 
ère générale, on ne trouve plus que des microbes et 
loisissures dans les sédiments humides, longtemps 
rvés en cet état. 

résumé, les lois biologiques qui se dégagent de cet 
nble d'observations et d'expériences sont conformes 
révisions de la théorie. Tout se passe de telle sorte 
5 repeuplement des mares, des lacs et des chotls soit 
é après comme avant les sécheresses prolongées aux- 
ils sont exposés, malgré la température développée 
n soleil torride et quelle que soit la composition chi- 
e des eaux. 



ptomaines dans quelques maladies infectieuses; 
[. A.-B. Grifkiths (1), 

mgeole. — La ptoinaTne qa*on extrait des urines des rubéoleux est une 

ice blanche, qui cristallise en petites lames solubles dans l'eau, à réac- 

saliiie. Son chloroplalinate cristallise en aiguilles microscopiques, ht 

lire de mercure donne un sel double, presque insoluble, qui cristallise 

lillcs prismatiques. 

I ptomaïno est aussi précipitée par les acides picriquc, pbospbomolyb- 

)t pliospliotungstique. 

'ésulUts de l'analyse assignent h. formule C8H»Az»0 à lanoufelle pto- 

) base répond k la constitution de la ylycocyamidine : 

HAz=CC I . 

\HAz— O C 

Lte ptomaïne est très vénéneuse. Administrée à un 
elle produit une forte fièvre (40*») et la mort dans les 
e-six heures. 

Coqueluche. — La ptomaïne qu'on extrait des urines des coquelucheux 
i substance blanche, cristalline, soluble dans Tcau. Elle forme un cblo- 
B et un chlorhydrate; elle donne un précipité blanc avec Tacide phos- 
lybdique ; un précipité jaune avec l'acide picrique ; un précipité marron 
i tannin. 



c. d. 9C., CXIY, 496, 1S92. 



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— 417 — 

Les analyses de cette ptomaïne ont donne des résultais qui nous condi 
k la formulée* H»» AzO*. 

Le bacille que M. Afanassieff a trouvé dans les crac 
de la coqueluche est promptement cultivé sur les pla( 
où il forme de petites colonies brunâtres. Cette es 
grandit aussi sur la pomme dé terre et forme des striei 
gélatine ou gélose. 

Le bacille d'Afanassieff produit la même ptom 
(C*H"AzO*) que celle qui est extraite des urines 
coquelucheux. 

Chimie. 

Sur les maoganites de potasse hydratés ; par M. G. ï 

SEAU (1). — Il résulte des expériences de l'auteur, qi 
manganate de potasse chauffé en présence d'un for 
alcalin, à la flamme du gaz d'éclairage, donne tout 
bord naissance à deux manganites hydratés qui se r< 
duisent dans un ordre cyclique. Vere 600<*, on obtien 
premier lieu, l'hydrate 

K*0, 16MnO«, 6H*0; 

entre 700* et 800^, on voit se produire le composé 

K»0, 8MnO«, 3H«0; 
puis l'hydrate 

K*0, 16MnO«, 6H*0 

reparaît entre 800* et 1000*». Enfin, vers le rouge-or 
il se forme un nouvel hydrate plus condensé 
K»0, 32MnO*, lOH'O. 

A l'exception de ce dernier terme qui fait défaut 
les manganites de soude, les deux séries de mang£ 
alcalins présentent une remarquable analogie de co 
sition. 

Sur un azoture de lithium; par M. L. Ouvrard i 

(1) Ac. d. se, CXIV, 72, 1894. 
• (2) Ac. d. se, CXIV., 120, i8»2. 



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— 418 — 
thium choisi avait la composition moyenne sui- 

Lithium 81,71 

Azote. 4,46 

Silice et impuretés 10,26 

Oxygène (par diff.) 3,77 

100,00 

Ta chauflfé dans un courant d*azote, après l'avoir 
dans une nacelle en fer, qui seule peut contenir le 
l fondu sans subir d'altération. Le lithium a été porté 
ment à des températures croissantes ; Taugmentation 
)ids est très faible jusqu'au rouge sombre ; à cette 
érature, on voit le métal devenir incandescent, tout 
igmentant de volume, pendant que Tazote est absorbé ; 
n continue à faire passer le courant d'azote, on trouve, 
\ refroidissement complet, une masse spongieuse, 
î, qui mise en contact avec Teau dégage fort peu 
irogène, mais donne lieu à une formation abondante 
moniaque ; elle dégage également du gaz ammoniac 
d on la chauffe dans l'hydrogène, 
a constaté une augmentation de poids de 50,28 et 
: pour 100; tandis que la formation du composé AzLi' 
îrait une augmentation de poids de 52,40 p. 100, étant 
ée la quantité du lithium métallique qui existe dans 
oduit sur lequel il a opéré, et qui est de 78,60 p. 100, 
gène gardant 3,11 p. 100 du métal, 
malyse du produit obtenu a donné les résultats sui- 
> i 

Lithium total 54,18 

Azote 45,86 

Silice 6,84 

Oxygène (par diff.) 3,12 

100,00 

3ù Ton déduit : lithium combiné à l'oxygène 2,73, à 
te 51,45. 

rapport, entre les poids de Tazote et du lithium non 
)iné à l'oxygène, est sensiblement 2 à 3, qu'exigerait 



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— 419 — 

Tazoture AzLi\ Il est donc probable que, dans les con- 
ditions de Texpérience, c'est cet azoture qui tend à se 
former. 



Sur un dérivé nitré de Tantipyrine ; par M. Ed. Jan- 
DHiER. — Lorsqu'on ajoute de Tacide nitrique à une 
solution d'antipyrine dans l'acide sulfurique, il se forme 
des dérivés nitrés et nitrosés. La nitrodiméthyloxyquini- 
zine a été obtenue de la manière suivante : 

On dissout à chaud 4»' d*antipyrine dans 40»' d'acide 
sulfurique monohydraté; à cette solution refroidie, on 
ajoute goutte à goutte, en évitant que la température 
s'élève au-dessus de 35®, environ 3»' d'acide azotique 
{D = 1,35). Le mélange est versé lentement dans de l'eau 
maintenue à une température inférieure à 10® ; il se pré- 
cipite un corps cristallin, jaune paille. C'est la nitroanti- 
pyrine, que l'on peut purifier par dissolution dans l'acide 
acétique bouillant; par refroidissement, on obtient des 
aiguilles qui se colorent en brun vers 248® et fondent 
à 260®. 

Ce corps est insoluble dans l'eau froide, peu soluble 
dans l'alcool bouillant; son meilleur dissolvant est l'acide 
acétique cristallisable. Réduit par le zinc et l'acide acé- 
tique, ou l'étain et l'acide chlorhydrique, il donne l'amido- 
antipyrine, dont le dérivé diazoïque, traité par une solu- 
tion alcaline de p-naphtol, produit une matière colorante 
ponceau. 



Huile minérale renfermant du caoutchouc ; par 

M. HoLDE (1). — Dans le but d'augmenter la consistance 
et les propriétés lubréfiantes des huiles minérales on y 
ajoute parfois du caoutchouc. 



(1) Chemiker Zeitung Reperlorium, n? 2, 1891, d'après Monit. scientif.y 
octobre 1891. 



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— 420 — 

^auteur de cet article rapporte Taiialyse d'une huile 
ji dénaturée. 

n traitant cette huile par un mélange d'environ 4 par- 
d'éther et 3 parties d'alcool, il se sépare une substance 
)ord mucilagineuse, qui se solidi&e bientôt après et qui, 
3s décantation de la solution d'alcool et d'éther, se prê- 
te sous l'aspect d'une masse brune ressemblant beau- 
p à du caoutchouc et douée de propriétés élastiques. 
In ajoutant de l'alcool à la solution éthérée on réussit 
si à précipiter en entier cette substance contenue dans 
lile. 

l'analogie que cette dernière offre avec le caoutchouc 
nanifeste aussi par l'odeur si caractéristique qui s'en 
âge lorsqu'on la brûle. 

Somme l'ont fait voir des essais comparatifs entre des 
les additionnées de caoutchouc et celles qui n'en ren- 
nent pas, ces dernières ont des propriétés lubrifiantes 
ucoup plus grandes que les autres. 



résence du phosphate d'alumine dans l'urine; par 

A. Girard (1). — M. Alexandre Girard ayant traité une 
ae par Téther, constata, au bout d'un certain temps la 
sence d'un dépôt cristallin composé d'acide phospho- 
ne et d'alumine. En raison du peu de matière dont on 
ivait disposer, il n'a pas été possible de déterminer quel 
Lt ce phosphate d'alumine, mais l'insolubilité du com- 
é dans l'acide acétique, même bouillant, et sa solubi- 
dans les autres acides permettent de penser qu'il s'agit 
phosphate neutre (2Ph G* Al'), quoique ce sel n'ait été 
enu jusqu'à présent qu'en masses blanches gélati- 
Lses. Ce n'est pas là d'ailleurs un fait isolé : la forme 
:agonale de l'oxalate de chaux, si nettement caractérisa 
le, ne se rencontre qu'en physiologie soit chez l'ani- 
l, soit chez la plante ; dans les laboratoires, on n'ob* 
ve pas ces cristaux et les précipités sont des poudres 

) Bul. Soc. deméd. prat., 1891. 



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— 421 — 

blanches amorphes. Rien d'étonnant, par co 
qu'il y ait aussi un phosphate d'ahimine cristall 
donc admettre que l'on s'est trouvé en présence 
ment, l'alumine, combiné à l'acide phosphorii 
l'existence ne semble jamais avoir été signalée dai 



De la recherche du sucre dans l'urine ; par 

BERT (1). — Il arrive parfois quand on soumet ui 
Tessai de la liqueur de Fehling, qu'on obtient un 
verdâtre ou ocreux très lent à se former et q 
dépose que difficilement. 

Doit-on l'attribuer au glucose ou à une autre 
réductrice ? et qu'elle est sa signification ? 

Jusqu'ici on ne possède sur la question que d( 
gnements contradictoires sans aucune expérience 
Quelques auteurs se basent pour nier la présent 
cose dans de telles urines, sur ce que l'examen 
trique ne donne que des résultats négatifs ou d 
ne faut pas demander au polarimètre plus qu' 
donner ; et si l'on réfléchit que chaque degré sa< 
trique correspond seulement à 2«',065 de glucose 
il s'ensuit qu'un liquide ne renfermant que 50 
cose pour 1.000'^ ne donnera au polarimètre qu'i 
tion d'environ deux dixièmes de degrés chiffre inft 
tainement à l'erreur personnelle ; et si ce liqu 
l'urine, ces deux dixièmes peuvent être facilemei 
par une déviation inverse provenant des nombre 
tances encore peu connues que renferme toi 
liquide complexe. 

Pour éclairer la question, au lieu de cherche 
dans de telles urines le corps réducteur, l'autei 
qu'il était préférable d'opérer synthétiquement, 
i'hant comment se comporte avec la liqueur eu 
sique une urine normale dans laquelle on a in 
petites quantités de glucose, 

(t) Journ. des Conn. niédic, mars \H^. 



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— 422 — 

11 s*est servi dans ce but d'une urine qui ne donnait 
aucune réduction avec la liqueur de Fehiing même après 
vingt-quatre heures, et il y a fait dissoudre du glucose pur* 
et cristallisé de façon à avoir des solutions à 50*«, l»*, S»' 
et 4»' par litre. 

D'autre part, avec le même glucose, il a préparé des so- 
lutions de même titre en se servant d'eau distillée comme 
véhicule. 

Pour étudier leur action sur le réactif cuprique on a eu 
soin de se placer toujours dans des conditions identiques, 
c'est-à-dire, d'employer dans chaque essai la même dose 
de réactif et de liquide. 

De plus, avec les urines sucrées, il a été fait deux séries 
d'expériences : l'une avec l'urine simplement filtrée, l'autre 
avec l'urine déféquée au sous-acétate de plomb (un dixième 
de son volume). Disons tout de suite que l'addition du 
sous-acétate de plomb n'a modifié en rien l'aspect du pré- 
cipité obtenu d'abord avec Turine non déféquée. 

Voici les résultats obtenus : 

Les solutions aqueuses de glucose ont toujours donné 
un précipité très net d'oxydule de cuivre franchement 
rouge, mais qui n'apparaissait que par refroidissement 
dans les solutions de faible concentration (50*^«' et l*"' par 
litre). 

L'urine, au contraire, donnait lieu à des précipités de 
couleur variable suivant sa teneur en sucre, passant du 
bleu verdâtre (0,50 p. 1.000) au vert pomme (1 p. 1.000) et 
au vert olive (2 p. 1.000) poiu? aboutir à une teinte jaune 
sale (4 p. 1.000). 

Ces précipités se produisaient seulement par refix)idis- 
sement, après un temps plus ou moins long et, sauf pour 
le dernier cas (i p. 1.000), n'étaient pas encore déposés 
après vingt-quatre heures. En un mot ils présentaient tous 
l'aspect de ces précipitations anormales qui ont tant 
intrigué les urologistes. Soumises à l'examen polarimé* 
trique après défécation, ces mêmes urines ne donnaient 
de déviation nettement dextrogyre qu'à partir de 2«' par 
litre ; de sorte que, étant données les précipitations bleu 



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— 423 — 

verdâtre et vert pomme obtenues avec les urines à 50*«'' 
et l«'de glucose par litre, et en labsence de déviation bien 
nette au polarimètre, on aurait été amené à conclure à 
l'absence de glucose. 

Et cependant ici aucun doute ne peut être permis : c'est 
bien le glucose ajouté à Turine qui a réduit la liqueur de 
Fehling, mais comme ce même glucose en solution dans 
Teau donne une réduction franche, il faut admettre que 
Turine contient des substances, non-précipitables par le 
sous-acétate de plomb, qui ont pour effet d'entraver la 
précipitation de l'oxydule de cuivre. 

Quelles sont ces substances ? 

Tout d'abord on ne peut mettre en cause ni l'acide 
urique, ni les urates qui sont entraînés par le sel de plomb. 
L'urée n'a aucune action. 

Restent les substances azotées basiques analogues à la 
créatine et à la créatinine qui ne sont pas précipitées par 
l'extrait de Saturne. 

N'ayant pas de ces corps à sa disposition, M. Orim- 
bert s'est adressé à l'extrait de viande pour les remplacer. 

Or, une solution de glucose au millième additionnée 
d'environ 1/2000 d'extrait de viande donne avec la liqueur 
de Fehling le même précipité que nous avons obtenu tout 
à l'heure avec l'urine. 

Bien plus, si on augmente la dose d'extrait de viande, il 
arrive que la précipitation n'a plus lieu et qu'on obtient 
une décoloration de la liqueur cupro-potassique. C'est donc 
bien à des bases analogues à la créatine et à la créatinine 
qu'il faut attribuer la cause du phénomène. Le fait paraî- 
tra très vraisemblable si l'on réfléchit qu'un homme éli- 
minant en moyenne un gramme de créatinine par litre 
d'urine, cette dose pourra se trouver supérieure ou égale 
à celle du glucose dans les cas de précipitation douteuse. 

La conclusion à tirer de ces expériences, c'est que dans 
les urines, la créatinine gêne la réaction du glucose quand 
celui-ci s'y trouve en faible proportion, et que toutes les 
fois qu'on aura affaire à une urine donnant une réduction 
verdâtre ou ocreuse on devra soupçonner la présience du 



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— 424 — 

[•e, môme quand Texamen polarimétrique ne donnerait 
m résultat négatif. 



Toxicologie. 

Bs organes destinés à l'expertise chimique; par M. L. 

NIER. — Conclusions : a) L'autopsie doit porter sur tous 
arganes sans exception, qui seront examinés successi- 
lent tntus et extra, dès leur extraction des cavités. 

A mesure qu'un organe est examiné, il est placé aussi- 
et en entier, dans un des bocaux dont il va être ques- 
, de façon à éviter tout mélange de débris d'origine 
h'ente. 

Les bocaux doivent être au nombre d'au moins quatre, 
r recevoir : 

e premier, l'estomac et son contenu ; 
e deuxième, l'intestin entier et son contenu; 
e troisième, le foie, les reins et la rate, la vessie si elle 
pleine d'urine ; 

e quatrième, le sang et les organes sanguins, cœui* et 
nions. 

ans certains cas, il pourra y avoir intérêt à recueillir 
si et toujours à part, le cerveau, les restes d'aliments, 
matières de vomissements, des excréments, etc. 

On évitera de mettre sur les pièces recueillies dans 
bocaux un corps antiseptique ou un désinfectant quel- 
que, sauf peut-être de l'alcool; dans ce dernier cas, on 
a soin de n'employer que de l'alcool bon goût, dont 
joindra un échantillon d'un litre aux matières à sou- 
tre à lanalyse. Ce litre servira à vérifier la pureté du 
lide. 



Agronomie. 

e l'intluence de Teffeuillage de la vigne sur la mata- 
on du raisin; par M. A. Muntz. — L'échauffement 
ict des grappes de raisin par les rayons solaires, qu'on 
lite par la pratique de l'efTeuillage, n'a pas d'influence 



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rsTTsr 



— 425 — 

sensible sur renrichissement en matière sucrée. Il 
une légère sur la proportion des acides organiques, 
abaisse. L'effeuillage lui-même, tout au moins qua 
est pratiqué d'une façon excessive, comme dans cei 
vignobles du Sud-Ouest, a une inQuence nuisible s 
raisin en entravant la production du sucre et la i 
ration. 

Recherches sur radhérence aux feuilles des plan 
notamiaent aux feuilles de la pomme de terre, des 
posés cuivriques destinés à combattre leurs mah 
par M. Aimé Girard (1). — Des chiffres contenus dam 
note, il résulte : 

1* Que les compositions cuivriques proposées pou] 
battre la maladie de la pomme de terre ont des k 
d'adhérence aux feuilles très différentes ; 

2® Que c'est sous l'action des pluies violentes si 
et par entraînement mécanique, que le cuivre dépos 
parait en partie; 

3^ Que, parmi ces compositions, celle qui fléchit 
est la bouillie cupro-calcaire, dite bouillie bordelais 
la diminution de la proportion de chaux en augmei 
peu la solidité; qu'enfin, l'addition des composés 
neux ne produit pas d'amélioration sensible ; 

4* Que la bouillie cupro-sodique d'une part, la t 
au verdet d'une autre ont une faculté d'adhérence f 
double de celles que possèdent les bouillies précède 
que, par-dessus toutes les autres, la bouillie cu| 
caire sucrée de M. Michel Perret résiste à Tacti 
pluies avec une force inattendue. 

C'est donc à l'une ou à l'autre de ces trois compoi 
de préférence à celle-ci, que, suivant leurs conve 
personnelles, devront s'adresser, dorénavant, les < 
teurs soucieux de garantir leurs champs de pon 
terre contre la maladie. 



J9urri. de PkamM de aim., 5* sÉaiB, t. XXV. (15 avril 1892.) 



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— 426 — 
Industrie. 

Emploi de l'acide flnorhydrique et des tlnonires en 
distillerie (1). — M. Vincent a publié dans le Bulletin de 
la Société éT Encouragement pour PindustrU nationale nn 
rapport sur l'emploi de ces corps en distillerie par M. EF- 
front. 

Cet acide donne des résultats très heureux. Il a constaté 
par exemple que, dans un moût abandonné à la fermen- 
tation lactique, 200"»' d'acide chlorhydrique ou 300"^ 
d'acide sulfurique pour 100^ de moût sont nécessaires 
pour paralyser complètement le développement du fer- 
ment, et qu'il suffit de 25"*«' d'acide fluorhydrique pour 
obtenir le même résultat. 

Une dose de i"^^' seulement de cet acide réduit la pro- 
duction de l'acide lactique au quart de la production nor- 
male, tandis qu'il fau^ de SO à GO""*' d'acide chlorhydrique 
pour produire le même effet. 

Des résultats analogues ont été obtenus avec le ferment 
butyrique, et avec les deux ferments simultanément. 

M. le D' Effront a établi ensuite que la dose de 10 à i2*«'' 
d'acide fluorhydrique par 100^ de moût ne nuisait pas à 
l'activité de la diastase, tout en paralysant considéra-i^ 
blement les ferments lactique et butyrique. 

Il a constaté également que l'emploi de Pacide fluorhy- 
drique permet d'abaisser considérablement la température 
de la saccharification des grains par la diastase. Dans l'in- 
dustrie, on opère généralement la saccharification entre 
50 et 60''f parce qu'on a reconnu qu'entre ces limites de 
température, la production du maltose est maximum. Mais 
le maltose obtenu n'est évidemment que la différence entre 
la matière amylacée solubilisée par la diastase, et celle 
transformée par les ferments lactique et butyrique. 

Or» ces derniers sont moins actifs entre 50* et 60* que 
vers la température de 30*, qui serait suffisante pour la 
saccharification de l'amidon; en paralysant l'action des 

(l)Votim. de Pharm. et de Chim. [5], XXIV, p. 9U, 4891. 



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— 427 — 

ferments lactique et butyrique par Tacide fluorhydri 
M. le D' Efifront a pu augmenter considérablement le 
dément en maltose, tout en abaissant vers SO^" la temp 
ture de saccharifi cation ; en employant des proport 
convenables de malt et d*acide fluorhydrique, il a ob( 
jusqu'à 96 de maltose pour 100 d'amidon contenu dac 
grain. 

Il a constaté aussi que la leTure cultivée en présence 
l'acide fluorhydrique ou du fluorure d'ammonium est j 
active que la levure normale. 

Il résulte des faits précédents qu'on peut réduire la i 
portion de malt et de levure, sans diminuer le rendem 
des grains en alcool. 

En résumé, les procédés de sacchariflcation et de 
mentation de M. le D' Effront permettent, en aff*aibliss 
les ferments nuisibles, d'améli(Mrer le rendement en aie 
et d'obtenir des produits meilleurs et plus neutres i 
rectification. 

La mise en pratique industrielle de ces procédés i 
distillerie de MM. Maquet et Clément, à la Fère-Cha 
penoise, en 1889, a donné, dés le début, une nota 
augmentation dans le rendement en alcool. 

Depuis lors, plus de 200 distilleries de grains et 
pommes de terre, tant en France qu'en Bavière, en Ita 
et en Espagne, ont adopté le nouveau mode de fabricati( 

SOCIÉTÉ DE PHARMACIE DE PARIS 

Séance du 6 avril 1892. 

Présidence de M. L. Portes, président. 

La séance est ouverte à deux heures. 

M. Portes, président, fait part à la Société de la pei 
qu'elle vient de faire dans la personne de M. Ferrand. 
retrace en quelques mots l'histoire de sa vie et de s 
œuvres. M. Planchon, secrétaire général, lit le discou 
qu'il a prononcé aux obsèques. 

A propos du procès -verbal de la dernière séanc 



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— 428 — 

M. Grimbert annonce à la Société qu'il a reçu de M. Du- 
homme, une réclamation de priorité au sujet de ses expé- 
riences sur la réduction anormale de la liqueur de Fehling. 
M. Duhomme a en effet exécuté, en 1877, des expériences 
analogues aux siennes; mais il les a publiées dans le Bul- 
letin de la Société de thérapeutique ^ et non dans un recueil 
réservé aux publications d'ordre chimique, ce qui explique 
Tomission bibliogaphique de M. Grimbert. 

La correspondance écrite comprend : une lettre de 
M. Gérard, chargé des fonctions d^agrégé à la Faculté mixte 
de médecine et de pharmacie de Toulouse; une lettre de 
M. Louis Planchon, chef des travaux pratiques d'histoire 
naturelle à l'École supérieure de pharmacie de Montpellier : 
tous deux demandent à être nommés membres correspon- 
dants. 

M. Planchon lit une intéressante étude historique sur 
les origines et la préparation de l'Orviétan, étude qui 
paraîtra au Journal de Pharmacie. 

Il communique à la Société une lettre de M. Buchet, 
directeur de la Pharmacie centrale de France, qui a 
observé la présence du plomb, non seulement à l'état 
combiné, mais encore à l'état métallique, souillant les 
échantillons d'acide tartrique préparé en grand dans les 
fabriques, par suite de l'évaporation des solutions de 
cet acide dans des bacs en plomb. 

M. Patein montre que le sulfate de magnésie, employé 
pour démontrer la présence des carbonates neutres dans 
les bicarbonates alcalins, peut faire commettre des 
erreurs; car, dans un pareil mélange, il se forme un sesqui- 
carbonate qui ne précipite pas le sulfate de magnésie. Il est 
préférable d'avoir recours à une solution très étendue de 
phénolphtaléine qui n'est pas colorée par les bicarbonates 
purs, mais qui se colore en rose plus ou moins fonpé si 
ceux-ci contiennent des carbonates neutres. En réalité; le 
bicarbonate de soude donne toujours une légère teinte 
violacée; mais celle-ci, si le bicarbonate est pur, disparait 
par l'addition de quelques gouttes d'une dissolution d'acide 
carbonique saturée ou d'acide chlorhydrique au jj^. 



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— 420 — 

M. Prunier communique le travail d'un de ses élèves, 
M. Cheynet, relatif à l'action de Tacide cyanhydrique 
sur le calomel. Il y aurait, d'après l'ensemble de ses 
expériences, formation de cyanure de mercure avec mise 
en liberté d'acide chlorhydrique et de mercure métallique, 
et non pas seulement formation de chlorure mercurique 
avec mise en liberté de mercure métallique. 

M. Patein a fait des expériences analogues et arrive aux 
mêmes conclusions quant au point de vue chimique. Il a, 
de plus, fait des expériences physiologiques et mesuré le 
pouvoir toxique que possèdent des solutions étendues 
d'acide cyanhydrique avant et après leur contact avec le 
calomel. Voici ses conclusions : 

1* L'acide cyanhydrique étendu transforme le calomel 
en mercure métallique et cyanure mercurique ; 

2** Le pouvoir toxique de l'acide cyanhydrique très étendu 
est sensiblement le même avant et après son contact avec 
le calomel; les symptômes qui précédent la mort sont les 
mêmes. 

M. Leztrait ajoute à ce propos quelques considérations 
sur les meilleures conditions de fonctionnement de l'expé- 
rience qui a servi à Bussy et Buignet à instituer un pro- 
cédé de dosage de l'acide cyanhydrique dans l'eau de lau- 
ri6r-cerise. 

M. Crinon présente un appareil destiné à préparer facile- 
ment la teinture d'iode et les teintures résineuses, appareil 
dans lequel les substances à dissoudre sont plongées dans 
la masse du dissolvant, à sa partie supérieure, et de façon 
que les couches de liquide saturées tombent sans cesse au 
fond du flacon. 

La Société se forme ensuite en comité secret. Elle décide 
d'envoyer la somme de 100 francs au comité qui s'est ins- 
titué pour offrir un souvenir à M. Fluckiger, lequel 
renonce à l'enseignement et se retire, pour achever sa 
carrière scientifique» à Berne, sa ville natale. 

La séance est levé à 4 heures. 

Le Secrétaire annuel : E. Lkidié. 



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— 430 — 
COMITÉ CONSULTATIF D'HYGIÈNE DE FRANCE 



Rapport sur F addition de protochlorure d'étam au pain d'épiée ; 
par M. G. Pouchet. 

Une plainte détaillée dans la lettre ci-jointe a été adres- 
sée à M. le Ministre de l'intérieur, au sujet de l'emploi 
d'un sel d*étain pour la fabrication du pain d'épice. 

Monsieur le Ministre, 

« J'ai rhonneur de vous prier de vouloir bien prendre 
« connaissance de l'analyse ci-jointe d'un morceau de 
ce pain d'épice déposé par moi au laboratoire municipal de 
« Paris. 

« L'emploi de plus en plus considérable du sel d'étain 
« dans le pain d'épice de qualité inférieure, fait obtenir 
" une belle fabrication, très apparente et conséquemment 
« bien meilleur marché que la fabrication saine. 

« La présence de ce produit n'est pas du tout néces- 
a saire pour la fabrication du pain d'épice, et la preuve, 
<f c'est que la maison S. de Paris, que j'ai l'honneur de re- 
« présenter, ne consentira jamais à l'employer, et c'est de 
« la part de M. S. une question de conscience bienau-des- 
« sus de la question d'intérêt ; mais à côté de la maison S. 
<» il y en a cinquante autres qui n'hésiteront pas à em- 
« ployer le sel d'étain, si ce genre de fabrication doit ser- 
« vir à la prospérité de leur commerce. 

<r Si donc, Monsieur le Ministre, l'emploi de ce produit 
« n'est pas absolument prohibé chez les fabricants de 
a pain d'épice, ceux qui sont soucieux de la santé publi- 
« que verront leur commerce péricliter et cela au profit 
« des indélicats qui emploient ce produit dangereux. 

« J'ose espérer, Monsieur le Ministre, que ma démarche 
« sufi^*a pour que vous preniez la décision que comporte 
« une aussi grave question d'hygiène alimentaire. » 

C'est depuis bientôt une année que certains fabricants 
ont eu l'idée d'ajouter un sel d'étain à la pâte servant à la 
fabrication du pain d'épice. Cette addition leur permet, 
paraît-il, d'employer des farines de qualité plus que mé- 
diocre, de substituer la mélasse au miel, et d'obtenir des 
produits conservant l'apparence de ceux de bonne qualité. 
Lorsque le pain d'épice est préparé à l'aide de farine de 



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2 i 



^^ 



— 431 ~ 

seigle et de mélasse, la pâte ne lève pas ; la chaleur du 
four gonfle seulement la masse gui s'aplatit ensuite pen- 
dant le refroidissement. L'addition du protochlorure 
d'étain obvie à cet inconvénient et permet d'obtenir une 
masse ne s'aplatissant pas et présentant même, à l'œil, un 
grain plus fin, plus régulier, et une apparence plus flat- 
teuse que celle offerte par le pain d'épice de bonne 
qualité. C'est ce que prouvent manifestement les deux 
échantillons que je mets sous vos yeux. 

La proportion de protochlorure d*étain employée pour 
cette fabrication n'est pas insignifiante ; elle varie de SOO»' 
à 5*»* de sel d'étain pour 100^" de farine rendant 200"* de 
pain d'épice. 

Dans différents échantillons qui ont été adressés au la- 
boratoire par le représentant de la maison S., nous avons 
pu doser de 1/2 à 2 p. 100 d'étain calculé en protochlorure : 
ces quantités répondent bien aux proportions indiquées 
ci-dessus. 

De renseignements qui viennent de m'étre fournis ces 
fOurs derniers, il résulte qu'un assez grand nombre de fa- 
bricants du département du Nord ont abandonné leur fabri- 
cation» ne voulant pas employer le sel d'étain, et obligés 
de céder devant la concurrence déloyale qui leur est faite 
par certaines maisons de Lille qui fabriquent le pain d'é- 
pice au sel d'étain entrés grande quantité et répandent sur 
la place des stocks considérables de marchandises à bas 
prix dont ils garantissent, sur leurs factures, la parfaite 
innocuité. 

Il résulte d'expériences fort décisives institutées par 
Orfila, que le protochlorure d'étain est un corps assez vio- 
lemment toxique. Lorsqu'on l'introduit chez le chien, par 
voie d'injections intra-veineuses, il détermine rapidement 
la mort en provoquant des désordres remarquables du côté 
<îu système nerveux : dans ces conditions, il est violem- 
ment toxique, puisqu'une quantité de 5**^^ de protochlorure 
d'étain suffit pour déterminer en quelques heures, la mort 
•d'un chien de 7 à 9^". Lorsqu'il est absorbé par la voie sto- 
macale, sa toxicité est beaucoup moindre et ses effets sont 
plutôt ceux d'un violent drastique. Orflla a démontré que 
l'intoxication par le protochlorure d'étain ingéré par la voie 
stomacale oflrait une étroite analogie avec l'empoisonne- 
ment par le sublimé, toute question de dose réservée, bien 
entendu. — Guersent (cité par Orfila) rapporte l'observa- 



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— 432 — 

d'une famille de plusieurs personnes qui furent très 
sment incommodées pour avoir absorbé une petite 
tité de bouillon et de bœuf que Ton avait, par suite 
î erreur, salé avec du protochlorure d'étain au lieu 
1 ordinaire : chez deux de ces personnes, les accidents 
it assez graves. 

Ton veut bien réfléchir que, par suite de la possibi- 
de sa venle à un plus bas prix, la consommation 
lain d'épice au protochlorure d*étain peut atteindre 
proportion assez considérable, et que ce produit, en 
m môme de son bon marché, est plutôt vendu par les 
s détaillants et aux jeunes enfants, on arrive à regar- 
;omme absolument indispensable l'interdiction d'une 
tance qui, déjà dangereuse par elle «même, ne peut 
r d'autre avantage dans la fabrication, que démasquer 
produits de qualité très inférieure. Un morceau de 
d'épice d'une valeur de 0'',10 pèse environ 200«' ; il 
îrme une quantité de protochlorure d'étain qui peut 
ndre de i à 2«' d'après les analyses effectuées aulabo- 
iro du Comité sur des pains d'épice provenant de fa- 
nes de Lille. 

)tre commission vous propose donc de répondre à 
sieur le Ministre de l'intérieur que le Comité consul- 
d'hygiène publique considère l'addition de sel d'étain 
pâte servant à la fabrication du pain d'épice, comme 
falsification nuisible à la santé du consommateur et 
doit être sévèrement poursuivie. 

CONSEIL D'HYGIÈNE PUBLIQOE ET DE SALUBRITÉ 

DU DEPARTEMENT DE LA SEINE ~ 

Rapport sur Vaddition de protochlorure détain 
au pain (Pépice; par M. A. Riche. 

résulte d'analyses effectuées au laboratoire municipal 
^aris, qu'il y a été présenté un échantillon de pain 
Lce contenant plus de 1 p. 100 d'étain, et divers autres 
tntillons renfermant des quantités plus faibles, mais 
iérables cependant de ce métal, 
échantillon de pain d'épice dont il est parlé ci-dessus, 
ant pas été envoyé au Conseil dhygiéne (on l'a 
ssô au Comité consultatif d'hygiène), nous ne pou- 
\ que raisonner sur le fait énoncé en le considérant 



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— 433 — 

comme exact : ce que d'ailleurs je n'hésite pas à cro 

Il paraît établi que Tétain est introduit dans le p 
d'épice à Télat de chlorure d*étain et, que si Ton a recc 
à son emploi cela tient à ce que cette addition à une \ 
de farine de seigle ou de blé de basse qualité et de mêlai 
donne au pain d'épice Tapparence et le grain de celui 
est préparé avec la bonne farine et le miel, tandis q 
sans cette adjonction, il a Taspect d'une masse lourde 
non poreuse. 

Cette falsification, qui est d'origine belge, s'est réce 
ment étendue au Nord de la France, et elle a pour e 
de rendre la lutte impossible entre les fabricants qui n'i 
ploient pas cette substance et ceux qui ne craignent 
d'y recourir. 

A mon avis, il y aurait lieu d'interdire cette additi 
même en supposant que le sel d'étain n'ait aucun inc 
vénient, par le fait seul qu'elle permet de substituer, d 
la préparation d'un aliment, et spécialement d'un alim 
destiné aux enfants, des farines inférieures à de bon 
farines, et de la mélasse, produit plus ou moins impu 
du miel. 

D'autre part j'ai commencé depuis plusieurs années 
expériences ayant pour but d'éclaircir le rôle des i 
d'étain sur l'économie, en vue d'arriver surtout à résou 
la question, soulevée plusieurs fois, du danger possible 
la consommation des aliments enfermés dans les boîtes 
conserves. Il me paraît utile de détacher de ce travail 
essais entrepris spécialement en 1889 et en 1890, sui 
chlorure d'étain. 

Bayen et Charlard (1), Proust (2) considèrent quel'él 
n'est pas vénéneux, et ils mettent au compte du plomb 
nombreux accidents signalés dès cette époque. 

Le docteur Ouersant a constaté un commencement d\ 
poisonnement dans une famille des environs de Rouen 
Ton avait, par mégarde, salé de la soupe grasse et le b( 
en provenant, avec du chlorure d'étain au lieu de sel oi 
naire. Il signale la saveur désagréable de ces aliments 
empêcha la plupart des convives d'en manger, et des ac 
dents diarrhéiques chez ceux qui en avaient consom 
même une petite quantité. 

(t) Recherches chimiques sur l'état)), Paris, 1781. 
(2) Annales de chimie [1], LI et LVU. 



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~ 434 — 

On doit à Orflla (1) diverses expériences qu'on peut 
résumer ainsi : 

Le protochlorùre d'étain, introduit dans restomac, 
irrite les tissus et porte surtout son action sur le système 
nerveux. Injecté dans les veines, il parait agir sur les 
poumons. 

Nombre de savants dans les divers pays : Wagner, Halls 
<ît Lœbisch, Menke et Hehner, Ungar et Bodlander, Sachs, 
Sadqwick, Beckurts, Nehring, Blares, Betting, Van Hamel 
Roos, Kayser, Weber, etc., ont examiné la question de 
l'étain au point de vue spécial des conserves alimen- 
taires, et Tensemble de ces travaux semble conduire à la 
conclusion que Tétain ne doit pas être considéré comme 
inoffensif. 

Je reviendrai plus tard sur ce point, et je demande seu- 
lement la permission de citer celle des expériences qui ont 
4rait au chlorure d'étain lui-même. 

I 

J'ai commencé en 1889 à administrer du chlorure d'étain 
à des chiens. La saveur insupportable, l'acidité désagréable 
que de minimes quantités de ce sel communiquent aux 
aliments ont toujours arrêté brutalement et très vite ces 
expériences, et c'est en 1890 que je suis arrivé à les pro- 
longer pendant un temps assez long, en dissolvant le chlo- 
rure d'étain dans un liquide sucré qui ne l'attaque pas, 
dans la glycérine. 

Expérience n» 1. — Chien de IS*"» : 

Il absorbe, du 24 mars au 12 juillet (109 jours), S'^jOS d*<Jtain à Téttt de 
chlorure, soit 0»',27i par kilogramme d'animal. 

Le 3 mai, il avait augmenté de poids, il pesait 17*,100. 

Le 20 juin, son poids était descendu au poids initial. Depuis 12 à 15 jours, 
il mangeait très difficilement, et l'on dut, h plusieurs reprises, interrompre 
Taddition d'étain. 

Le 12 juillet, Tanimal ne pesait que 14", 400, et comme il refusait la nour- 
riture même sans étain, et aussi de la viande cuite, on le sacrifia. 

L'estomac, les poumons étaient sains; les reins, la rate d*aspect normal; le 
foie graisseux. 

Expérience n* 2. — Elle est semblable à la précédente pour la dorée. 
U chien pesait 14S300, le 24 mars 1890. 

— 15S900, le 3 mai — 

— 14^,450, le 3 juillet — 

— 13S450, le 12 juillet — 

Il absorba, durant 109 jours, 4«%25 d'étain k Tétat de chlorure, soit0^,3i3 
par kilogramme d'animal. 

(1) Traité de toxicologie, 5« édit., 1852, H, 3. 

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— 435 — 

Les symptômes, gui se résument à une inappéten 
faible à partir du mois de juin et absolue vers la fin < 
essais, malgré une nourriture meilleure et sans éta 
obligèrent à sacrifier Tanimal. 

A Tautopsie, on trouva l'estomac légèrement injecté, 
poumons sains, la rate normale, les reins et le foie gra 
seur. 

Devant ces résultats, qui n'étaient pas de clarté su 
santé, je me suis adressé à mon collègue et ami M. Labon 
et nous avons exécuté ensemble quatre séries d'ex] 
riences : 

a — Introduction du chlorure d'étain à haute dose da 
l*eslomac par le moyen de la sonde œsophagienne ; 

h — Injection du sel directement dans le système cir< 
latoire par la voie veineuse ; 

c — Expérience comparative entre l'action du chlon 
d'étain et celle de Tacide chlorhydrique : 

d — Introduction duliquidepar^injections sous-cutané' 

II 

Introduction du chlorure d'étain a haute dose par l'estomac. — 1* 
liqueur contenait par centimètre cube : 

Étain a»',043 

ilissous à la faveur de 0"',057 d'acide chlorhydrique. 

On administre 2«', 150 détain. — Diarrhée/ vomissements spumeux inlei 
qui deviennent sanguinolents. 

L'animal est trouvé moK le lendemain matin. 

Altération profonde de la muqueuse gastrique, ulcérations ; apoplexie 
]»oumons, du foie. 

Ces phénomènes sont, pour la plus grande part, ceux que produisent 
acides. 

S** Liqueur moins acide : 

Étain Cr,050 

Glycérine 0»',500 

Acide chlorhydrique 0«',030 

On administre 0",250 d'étain. Une demi-heure après on observe des voi 
«ements spumeux qui continuent pendant une heure; l'animal est affaiss 
.ne remet rapidement. 

On recommence huit jours après en doublant la dose, soit 0«',500 d'éti 
mêmes résultats, l'animal se rétablit. 

On refait une troisième expérience semblable sur le même chien, en ( 
blant encore, soit 1"' d'étain. 

Dix minutes après commencent des vomissements spumeux qui, une lu 
après, deviennent sanguinolents. L'animal reste languissant; on le sacrifi 
lendemain, et l'on trouve quelques ecchymoses à la surface des poumons, 
congestion généralisée de l'eniphysènie marginal et une injection marquéf 
la muqueuse gastrique. 

Je ne décrirai pas deux autres séries d'expériences i 

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— 436 — 

iutres chiens. Les symptômes, les lésions ont été les 
imes. 

III 

Il convient de citer une expérience comparative effecluéc 
ec deTacide chlorhydrique sans chlorure d'étain, dans 
|uelle la proportion d'acide était la même que dans une 
tre expérience, où il y avait en plus du chlorure détaiu. 
On observe des vomissements spumeux d'abord, puis 
lieux, dans le cas de la liqueur chlorhydrique pure, mais 
ction est beaucoup moins énergique que dans le cas où 
i chlorure d'étain est mélangé à Tacide chlorhydrique. 
Les résultats à Tautopsie son t plus caractéristiques encore; 
ne remarque pas d'altération sensible aux poumons de 
nimal sacriQé lorsque l'acide chlorhydrique est seul. 
Quant à l'estomac et aux intestins, ils sont fortement 
jectés et congestionnés, et on y constate quelques ulcé- 
lions superficielles. 

IV 

[•EXPÉRIENCE d'injection IN TR A-VEINEUSE DE CHLORURE O'ÊTAIX. — f Le 

février 1880, on injecte, en -1 hcnrc nn quart, k un cliien pesant II'', 
is la veine saphène externe : 

y'y'ii^ d'étain métallique, à Tctal do chlorure d'étain, dissous à l'aide de 
,285 d'acide chlorhydrique et dilué dans 5' d'eau. 

)n note, avant et a'près l'injection, les battements de son cœur : 80 avant, 
) après; et sa respiration, 10 avant, 24 après. 

iC chien est mort en 30 minutes, après avoir fait des ctTorls de vomissc- 
nts et une période d'agitation violente. 

l l'autopsie, faite immédiatement après la mort, on remarque : 
ivL cœur : ecchymoses à la surface de l'endocai-de ; le sang est noir sépia ; 
lux poumons : foyers d'infiltrations apoplectifonues, ecchymoses et in- 
clus ; 

)ans l'estomac : épanchemcnts de bile, vive rougeur de la muqueuse, 
'hymoscs dans le grand cul-de-sac; 
Foie et reins : très fortement congestionnés. 

S* On injecte, à un chien pesant 17^,500, dans la veine saphèno externe : 
M%I50 d'étain dissous à l'aide de 0*',09 d'acide chlorhydrique et dilué dans 
d'eau, en 1 h. 10 m. 
)n le détache, le chien meurt aussitôt. 
l l'autopsie, faite immédiatement, on remarque : 

Lu cœur : arrêt en diastole, pas d'ecchymoses appréciables sur rcndocardc, 
ig de couleur noirâtre, quelques caillots adhérents aux cordages tendi- 
ix; 

kux poumons ; larges foyers d'inOltralion apoplectiformes, emphysème 
rginal ; 

i l'estomac : muqueuse injectée, sans uLérations ni ecchymoses; 
''oie et reins : fortement congestionnés. 

iCs effets, dans ces deux cas d'injection intra-veineuse, ont été rapidement 
rtcls. 

Les lésions sont plus marquées dans la première expé- 
înce que dans la seconde, puisqu'on observe des ecchy- 



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— 437 — 

lïioses à l'endocarde, des infraclus aux poumons e 
ulcérations à l'estomac qu'on ne retrouve plus dans '. 
cond cas. 

Cette intensité dans les phénomènes observés da 
premier cas, tient à la quantité plus forte de Pétai 
jecté, — 0«%215dans le premier cas, au lieu deO«^15C 
peut-être à la dose d'acide chlorhydrique qui le diss( 
aussi dans le premier cas, — 08%285 au lieu de 
dans le second. 

Pour préciser l'action nocive de l'acide chlorhyd 
injecté seul dans l'économie, nous avons fait une i 
rience avec une solution semblable à celle qui a 
dans la deuxième expérience d'injection intra-vein 
mais ne contenant pas d'étain. 

On injecte, en i h. 10 m., dans la veine saphène externe d'un chie 
pesant 18^'' : 

0'",09 d*acide chlorhydrique dilué dans 3* d*eau. 

Le chien, détaché et laissé libre, est très vigourei 
se débat violemment au moment où on le détache 
met à lécher tranquillement sa plaie et il ne semb] 
souffrir. — La plaie s'est bien guérie, l'animal e 
bonne santé. 

Cette expérience montre que l'action d'une sol 
d'acide chlorhydrique pur, en injection intra-vein 
faite dans les mêmes conditions de dilution, est le 
présenter des effets aussi graves que ceux des soli 
contenant de l'étain. 

Le chien étant bien portant, nous avons tenu à vé 
l'action de l'étain sur le même organisme qui avai 
supporté les injections d'acide chlorhydrique pur. 

On a injecté, en 1 h. 10 m., dans la saphène externe du même 
mais à quatorze jours dMntervallc : 
0^,150 d'étain, dissous dansO«",09 d'acide chlorhydrique. 

On le détache, on le laisse libre, le chien est priî 
accès de toux rauque, il cherche l'obscurité, ne peu 
se tenir sur ses jambes. Pendant les huit jours qui su 
il mange peu, vomit fréquemment de la bile et du 
ses selles noires contiennent du sang ; la quantité de 
nés est diminuée; il jette du^pus par les narines 
bronches, maigrit rapidement et présente pendant le 
miers jours une fièvre assez prononcée. 

Au bout de ces huit jours, le chien étant encore m 



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■-■-p?rpTU«J^C?5»?:. 



— 438 — 

et semblant pouvoir lutter encore longtemps, on l'a sacrifié. 

A Tautopsie on remarque: 

Des lésions dominantes aux poumons, énormes foyers 
d'apoplexie pulmonaire en partie suppures, ecchymoses 
disséminés, emphysème marginal. 

Ces lésions sont les mêmes que celles qui ont été obser- 
vées dans la deuxième expérience; mais avec une exagé- 
ration de développement. 

V 

Injections sous-cuianées, — Elles ont porté sur des co- 
bayes et sur un chien. On a observé une irritation locale 
intense qui n'a pas eu de suite grave; il est difficile d'éta- 
blir la part qui revient à l'acide chlorhydrique et celle qu'il 
faut attribuer au chlorure d'étain. 



• Je me propose de ne tirer de ces expériences qu'une 
seule conclusion, laquelle vise spécialement la question 
qui a été adressée au Conseil. 

Le chlorure d'étain est toujours accompagné d'acide 
chlorhydrique soit qu'on ait employé cet acide pour le 
dissoudre, soit qu'on l'abandonne en présence de Teau. 

11 est impossiblede mesurer exactement la part qui, dans 
le mélange de ces deux corps, doit être imputée à l'un et 
à l'autre, mais les expériences précédentes, les unes par 
ingestion stomacale à haute dose, les autres par injections 
intra- veineuses, sont absolument confirmatives entre elle» 
et permettent de conclure que l'acide chlorhydrique agit 
à peu près exclusivement sur le système digestif et que le 
chlorure d'étain exerce une action spéciale sur l'économie, 
différente de celle de l'acide chlorhydrique et concomit- 
tante, qui se traduit par une congestion des divers orga- 
nes, des poumons notamment. 

En conséquence, j'ai l'honneur de proposer Tinter- 
dictian du chlorure d'étain dans le pain d'épices et dans 
toute autre matière alimentaire. 

BIBLIOGRAPHIE 



Traité des poisons; par M. Hugounenq. — Je suis bien en 
retard pour rendre compte de ce livre, et je le regrette 
d'autant plus qu'il mérite à tous égards d'être répandu 
parce qu'il ne fait pas double emploi avec les nombreux 
traités de toxicologie publiés antérieurement. 



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— 439 — 

II est le résumé des conférences que Tauteurfait chaque 
année aux étudiants de la Faculté mixte de Médecine et 
de Pharmacie de Lyon. 

Dans un premier chapitre sont données rapidement h\ 
définition et les classifications de la toxicologie qui se 
terminent par la distinction entre les virus et les poisons 
proprement dits : ceux-ci sont, dit-il, des substances chi- 
miquement définies qui, introduites dans l'organisme, y 
occasionnent des désordres' et peuvent entraîner la mort, 
et cela en vertu de leur constitution chimique et de celle 
du milieu intérieur. 

L'étude physiologique et médico-légale de Tempoisou- 
nement fait l'objet du deuxième chapitre où Tauteur dis- 
cute les modes d'introduction du poison, leur rapidité el 
leur sûreté d'action. 

Le chapitre troisième a pour titre : recherche chimique 
des poisons ; il contient un examen approfondi des cir- 
constances diverses qui se présentent dans la putréfaction 
cadavérique. 

Les préliminaires de l'expertise et la destruction des 
matières organiques constituent le chapitre quatrième. 

Les suivants sont consacrés à l'étude spéciale et détaillée 
des divers poisons — de V à XV, organiques ; de XVI à XXV , 
minéraux. 

L'alcoolisme, dont la fréquence et le danger sont si 
grands aujourd'hui, fait l'objet d'une étude approfondie 
avec tableaux, diagrammes, cartes et statistiques soignés : 
ce qui donne à ce livre un caractère d'actuaUté pratique 
sur lequel il était juste d'insister. 

Enfin l'ouvrage se termine par une annexe où sont 

donnés in extenso quelques rapports d'expertises pour 

servir de modèle ou de cadre à ceux que pourraient avoir 

à rédiger les lecteurs de cet ouvrage. 

Oe livre est remarquablement édité par M. O. Masson (1). 

A. R. 

Société syndicale des pharmaciens de la Côte-dOr, — Ce 
numéro contient diverses formules officinales publiées par 
M. Pr. Gay ; la description d'un nouveau torréfacteur ù 
café ; deux notes sur la créosote du goudron de bois, l'une 
de M, Kauffeisen, l'autre de M. Merklen. 
On y trouve un rapport intéressant de M. Kauffeisen 

(1) Paris, ISO, boulevard Saint-Germain. 

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— 440 — 

Q mémoire de M. Quinard, couronné par la Société 
lise d'hygiène, intitulé : « Des soins à donner avant 
rée du médecin aux personnes victimes d'accidents 
L voie publique ou dans les travaux industriels » ; 
les rapports sur divers ouvrages. 
Société a fait une grande perte dans la personne de 
iraud, son premier président ; M. Verneuse a pro- 
( une allocution sur sa tombe. 



lAlRES DES PRINCIPAUX RKCIEILS DE MÉMOIRES ORIGINAIX. 



rmaceutische Zeitung, XXXVII, janvier et février 1892. — U'i7/.v 

Dormatol et gallatc basique de bismuth. — Rud. Dietel : Liqueur 

linate de fer. — Préparation du nitrate d'argent avec les résidus d'ar- 

- G. Arends : Gouttes d'or. — Sur l'alcool et les préparations alcoo- 

— Ad, Conrady : Tétraborate de soude alcalin et neutre. — J. Pétri 
, Maassen : Production d'hydrogène sulfuré par les bactéries patho- 



inaceatische GentralhaUe, XIII, janvier et février 1892. — 
ge : Actions chémotacliques de la tuberculine. — Ed. Lûcfcer : Con- 
tns à l'étude de la composition chimique de la résine de gaîac. — 
ntrager : Préparation rapide de grandes quantités de pommade mer- 
I. — J. AUschul : Analyse quantitative de la salipyrine. — G. Vul- 
Sur le chloroforme Pictet. 

maceutische Post, XXV, janvier et février 1892. — G. Vtdpius : 
che du sucre dans l'urine. — J. Nevinny : Courte notice sur une 
présentée comme « racine d'ipécacuanha cultivée ». — E, Sickenber- 
rogues simples chez les Arabes au \W siècle (suite). — F. Hanamek : 
ires microscopiques do la poudre de pyrèlhre (poudre insecticide). — 
iler : Poudre de fruits d'ombellifères. — A. Gawaloicski : Prépara- 
, conservation d'eau distillée stérilisée. — N. Wender : Action de 
carbonique sur Taluminium. — J.-M. Maisch : Drogues végétales 
ines. 



VARIETES 

licat des pharmaciens de Maine-etrLoire. — Le bureau a êtc 
! et se trouve reconstitué comme suit : MM. Labesse, président; Baudry, 
ésidcnt; Goussery, secrétaire; Gaudin, trésorier. 

cours pour la nomination aux places d'élèves internes en 
lacle, vacantes au 1" juillet 1892, dans les hôpitaux civils de 

— Le JU17 qui fonctionne en ce moment est formé de : MM. Porter, 
int; juges : MM. Mcillèrc, Gassclin, Gucrbct, pharmaciens des hôpi- 
MM. Chassaing, Picn-e Vigier et Fievet, phannaciens de la Ville. 

le du service de santé militaire. — Ont été nommés au concoui-s : 
rmaciens stagiaires : MM. Nanta et Lascaux. — Élèves à une inscrip- 
MM. Vrignaud, Dervillé et Tourneur. — Étèves à neuf inscriptians : 
ndré et Rothéa. 

Le Gérant : Georges MASSON. 

PARIS. — nir. C MARPON RT B. FLAMMARION, RVB RAONB, 16. 



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— 441 — 
TRAVAUX ORIGINAUX 



Sur la confection publique de la Thériaque, à Paris; 
par M, G. Planchon. 

(Communication faite à la Société de Pharmacie.) 

M. Monaier, pharmacien, rue Soufllot, a bien voulu 
offrir à l'École de pharmacie le vase que j'ai l'honneur 
de vous présenter aujourd'hui, et qui est l'un des vais- 
seaux, le seul connu, dans lesquels les pharmaciens de 
Paris faisaient au siècle dernier la confection de la Thé- 
riaque. Cette circonstance, dont nous remercions très 
vivement notre confrère, m'a amené à faire quelques 
recherches que je vous demande la permission de vous 
«xposer brièvement. 

Dans un inventaire officiel, fait en 1788 sur l'Ordre du 
Collège, de tout ce que possédaient alors en meubles et 
immeubles les apothicaires de Paris, nous lisons :. 

a A droite et à gauche (de la cheminée de la Salle des 
Actes), deux grands tonneaux cerclés chacun de cinq 
«ercles de fer, attachés avec des clouds rivés dans leur 
pourtour et portés sur un pied de bois fait en menuiserie 
«t entaillé à pomme pour recevoir le tonneau. 

a Les dits tonneaux doublés dans l'intérieur en plomb 
^vec un couvercle en chêne avec une penture au bout, de 
laquelle sont soudées trois branches servant de moraillons 
à cadenats qui ferment les dits tonneaux. 

c Les dits tonneaux sont peints et appartiennent à la 
Compagnie de la Thériaque, sur lesquels est écrit : 
Theriaga. magna Androma>ghi Sbnioris 1730 (1). » 

Aucun de ces deux vaisseaux ne répond à celui dont il 

(1) M. Franklin dans son volume les Médecins, faisant partie de la Vie 
privée d'autrefois^ dit que jusqu*à la Révolution on voyait à l'École de phaiw 
^macîe, encadrant la porte de la salle consacrée aux assemblées de la corpo- 
ration < deux grandes tonnes de Thériaque pesant chacune 1500 livres et 
Jwrû. de Pkam. ei ie ChniL, 5« sÉaiE, t. XXV. (!«' mai 1891} ^9 



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— 442 — 

s'agit aujourd'hui. Celui-ci est, en effet {fig. l),une grande 
jarre en terre, en forme de barrique, d'une hauteur de 
88 centimètres, d'un diamètre de 37 centimètres à l'ou- 



.. . Fig. 1. 

verture supérieure, de 62 centimètres dans son plus grand 
diamètre, vers le milieu de la hauteur. Il porte à son pour- 

fermées par dos cadeiiats » {Thiéry-Guide des amateurs et des étrangen 
\oyageurs à Paris, i782, 2 vol. in-12; 1. 11, p. 212). — Ce sont les mêmeî' 
vaisseaux que ci-dessus. 11 y a seulement erreur sur la place où ils se trott- 
vaienU 



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— 4i3 - 

tour supérieur un cercle en fer, «ùr lequel 6'attache par 
une charnière un couvercle en bois, cerclé également de 
fer, et portant iroîs pièces de fer saillantes, percées d*ane 
ouverture, correspondant à des pièces analogues du cercle 
inférieur, et dans lesquelles peut s'engager la branche 
mobile d^un cadenas. 

Le vase porte l'inscription : Therlaca Andromachi; les 
trois cadenas, qui y étaient attachés, indiquent qu'il 
devait y avoir trois clefs remises à trois personnes diffé- 
rentes, probablement aux trois gardes en exercice (1). 

Le vase a été, depuis la fin du siècle dernier, dans l'ofii- 
cine de Trusson (rue de la Montague-Sainte-Geneviève,'i8), 
qui a eu pour successeurs Moutillard, Huraut, Buirat, 
— enfin M. Monnier, Dans cet intervalle, la pharmacie 
avait changé de place : la rue des Écoles ayant sup- 
primé llmmeuble, elle avait été transportée dans la rue 
Soufflot, 3, où est actuellement M. Monnier. 

Les archives de Tancienne corporation, puis celles du 
Collège (2), nous permettent de refaire dans ses traita es- 
sentiels rhistoire de la préparation publique et officielle 
de la Thériaque à Paris. 

Nous lisons dans V Histoire générale des Drogues, de Pomet : 

« Les Vénitiens se sont acquis depuis quelques siècles 
la réputation d'être les seuls qui avaient la véritable ma- 
nière de préparer la Thériaque, et à présent les apothi- 
caires de Montpellier en préparent une si grande quantité 

<1) La traditioB la plus i*épanduo est que les trois clefs étaient confiées, 
l'une à Tun des gardes de la Compagnie des apothicaires, l'autre au doyen do 
la Faculté, la troisième à un des magistrats de la ville. Cette interprétation 
ne concorde pas avec l'attestation du doyen de la Faculté, que nous verrons 
plus bas, de laquelle on doit conclure que ce sont les membres de la Compa- 
gnie dea apothicaires qui ouvraient le vase. Celle que je mets en avant me 
semble bien confirmée par le fait établi dans la délibération du 18 décembre 
1717, que les elefs d'un colfre-fort, contenant les valeurs de la Compagnie 0t 
ayant aussi trois cadenas, étaient confiées aux trois gardes en charge. 

(8) Nous possédons, entre'autres, la série des délibérations delà Compagnie 
et dur Collège, depuis 1677 jusqu*en 179.... Toutes les citations que nous 
ferons eUdessous sont tirées de ces registres. 



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r 




- 444 — 

que Ton ne voit dans Paris autre chose que des barils de 
Thériaque. 

c Je puis assurer, pour l'avoir faite plusieurs fois 

moi-même à Montpellier, qu'elle est préparée avec toute 
l'exactitude possible (t). » 

Aussi la réputation de cette Thériaque s'étendait au loin 
et le débit s'en faisait aux grandes foires de Beaucaire et 
de la Guibray, faubourg do Falaise, aussi bien que dans 
toutes les grandes villes de France. Malheui'eusement ces 
produits n'avaient pas tardé à être falsifiés et le moindre 
des inconvénients était, au dire de Pomet, que la vraie 
Thériaque fut additionnée d'une grande quantité de miel 
cuit, et « ainsi ceux qui croyaient en avoir six livres n'en 
avaient qu'une. » . 

Ce furent ces adultérations qui poussèrent les honnêtes 
apothicaires de Paris à la fabriquer eux-mêmes. Moyse 
Charas (2) fut le premier à la composer, après exposition 

<1) Pomet, HùL gén, des Drogues, 1794, 2* partie, p. 60 et 61. 

(2) A la saite de son ouvrage Thériaque (TAndromachus, publié à Paris, 
en 17S5, Moyse Charas donne une très curieuse Relation de ce qui s'est 
passé en une nouvelle composition de Thériaque que V auteur de ce 
Livre a fait en public. Go récit mérite d'être lu en entier, nous n'en don- 
nerons qu*un ou deux fragments. Après en avoir reçu l'autorisation de M. de 
La Reynie, lieutenant général de police, Charas fait poser dans les lieux accou- 
tumés de Paris l'aliche svivante : 

« Deo favenle Mosbs Charas fratris unici Régis Pharmacopoèus ordi- 
narius, Thcrjacse Andromachi Senioris compositioncm iterum aggrcssuros, 
Ex variis raundi rogionibus translata, siugula, légitima, et exqoisita Phar- 
maea, nec non remotis omnibus antiquorum erroribus, Juxta propriam et 
miper in lucem editam mcthodum, veris artis legibus prœparata, pnblice 
euponet, et per dies quindecim, a secunda ad quintam de meridie, non tantum 
Pharmacie studiosis, aod et curiosis omnibus rc et verbo satisfacere cona- 
bitur; His finitis, pn»sentibus quibus honorari poterit, Doctoribus medicis cl 
Pharmacopoêis, ex pouderatis omnibus terendorum puUerem suscipiei, orte- 
roram pnsparationcm neceasariam molictur, et ipsa légitima methodo, polvc- 
rum et slngulorum omnium mixturam et unionem per^get, et vase idaneo 
Compositionem debitis vicibus agitandam recondet. Incipiet vigcsima prima die 
mensis octobris 1669 i». 

Charas décrit ensuite les opérations faites en présence de H. de La Reynie, 
du Procureur du Roy, du Doyen et des Professeurs de la Faculté de Méde- 
cine, des Gardes apothicaires et d*une nombreuse assemblée, pendant plusieon 



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— 445 — 

et démonstration publiques, et Pomet ajoute que a pour 
ne pas s'exposer à être trompé on pourra se servir de la 
Thériaque que plusieurs personnes d'honneur ont com- 
posée à Paris avec succès, comme MM. Charas père, Geof- 
froy, Josson, Boulduc et Rouvière, à qui j*en ai vu préparer 
avec tous les soins imaginables. Je puis aussi assurer avec 
vérité en avoir fait, au mois de mars 1688, une quantité 
considérable, sans aucun substitut et avec les drogues les 
plus belles et les mieux choisies que Ton puisse jamais 
voir, et de pliis c'est qu'elles avaient été destinées pour 
un chef-d'œuvre (1). » 

Bientôt ce ne sont plus des pharmaciens isolés qui pré- 
parent le médicament. 

Le 3 mai 1700, six ans après la publication de l'ou- 
vrage de Pomet, la Compagnie des marchands apothi- 
caires et épiciers « a délibéré et résolut tout d'une voix 
que pour le bien public et pour Ihoneur du corps et com- 

séances consécutives, et il termine par le : Certificat de Messieurs les Doc- 
teurs de la Faculté de médecine de Paris y et de Messieurs les Gardes 
de la Pharmacie : 

« Nous, Doyen, Exdoyen, Docteurs Regens de la Faculté de médecine et les 
trois Gardes de la Pharmacie, députez par Tordre de M. de La Reynie, lieu- 
tenant général de la police de cette ville de Paris, certifions que M. Motse 
Charas, apothicaire ordinaire de M. Frère unique du Roy, a dispensé et 
parachevé en nôtre présence publiquement la composition de trois cents livres 
de Thériaque, selon la description d'Andromacus, qui a esté faite avec une 
exacte et très curieuse élection et préparation de tous les Ingrediens, dont 
nous avons esté très satisfaits, approuvans avec louange le choix très particu- 
lier de tous les remèdes, et aussi la préparation qui en a esté faite selon les 
meilleures règles de la Pharmacie, spécifiées et déclarées par ledit sieur 
Charas au Traité qu*il en a composé avec grand sçavoir et expérience. Ce 
qu*étant, nous attestons que cette composition de ladite Thériaque est très 
excellente, et qu'elle peut surpasser, sans exception, par ses rares vertus et 
bonnes qualîtez, toutes les autres compositions de cette nature. En foy de 
quoy nous avons signé le présent certificat et y avons fait apposer le Seau de 
nôtre Faculté et celuy de ladite Pharmacie, et le tout pour le bien public. 
Fait à Paris ce 22 may 1670. Jean Garbe, Doyen de la Faculté de médecine 
de Paris, Lb Vignon Antiquior Decanus, Le Mercier Nuper Antiquior 
Pharmacix Professory Renault Garde, Gamare Garde, De la Riviârb 
Carde. » 

(1) Pomet, làc, cit. 



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— 416 — 

munauté on ferait publiquement chaque année ou du moins 
dé deux en deux ans, les compositions appelées foraines, 
qui sont le Mithridat la Thériaque les confections alk«rmes 
et hyajcinte afin doster le prétexte et le moyen à ceux qui 
les falsifient de tromper le public en distribuant comme 
ils font actuellement des compositions défectueuses indi- 
gnent d'entrer dans le corps humain et qui nont pour tout 
mérite que le nom que leur donnent impunément ceux qui 
en sont les autheurs et les distributeurs. 

« Pour prévenir dans la suitte un abus si préjudiciable 
à la santé et au public, la Compagnie a résolut de com- 
mencer cette année à faire publiquement la Thériaque 
dans la grande salle du Jardin de la Communauté qui sera 
exposée à la Censure de tous ceux qui voudront prendi^e 
la peine den vèoir la dispensation, aussy bien que le mé- 
lange qui se fera de même publiquement afin que per- 
sonne ne puisse douter un seul moment de la probité et 
exactitude avec lesquelles on a dessein de composer cet 
antidote aussy bien que toutes les autres compositions et 
cela en présence de messieurs les magistrats qui seront 
1res humblement supliés par les gardes defl*y trouver sil 
leur plaît, — Le tout se fera au nom et frais de la Com- 
pagnie et sera libre à chaque confrère den prendre la quan- 
tité dont il aura besoin au prix quelle reviendra, dont ou 
tiendra un registre où mémoire de la dépence très juste 
et très exacte. » 

Le 10 juin 1730, rassemblée générale prend une décision 
analogue pour la confection de la Thériaque dans le cou- 
rant de Tannée. 

M. Monnier nous a remis deux exemplaires d'une sorle 
de prospectus, qui se rapporte à cette période. C'est une 
feuille imprimée, portant en tête le cachet de la Compa- 
gnie [fig. 2); au milieu, les armes : palmier sur des rochers, 
entouré d'un serpent, et la devise : Versantur his tribus; 
autour, en exergue : « Thériaque de la Compagnie des 
maîtres apoticaires de Paris. » 

Suivent les Propriétez et usages de la Thénaque; puis 
l'attestation suivante : 



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— 447 — 

c Nous soussignés Doyens, Professeurs en Pharmacie, 
et Docteurs Regens de la Faculté de médecine en l'Uni- 
versité de Paris, députés par la dite Faculté pour assister 
à la préparation de la Thériaque que les Maîtres Apoti- 
caires de Paris ont fait en leur Jardin; Certifions que 
toutes les drogues belles et bien choisies ont été fidèlement 
pesées et artistement mélangées en présence des Magis- 
trats, et sous nos yeux, et qu'après les avoir laissé fer- 
menter pendant une année, nous nous sommes transportés 
une seconde fois dans la Salle de leur Jardin, où nous 



l'ig. % 

ayant ouvert, en présence des mêmes Magistrats, le vais- 
seau dans lequel la dite Thériaque avait été renfermée, 
nous Favons trouvée de la couleur, consistance et odeur 
requises, c'est-à-dire dans sa perfection, et lui avons 
accordé notre approbation : en foy de quoy nous avons 
signé le présent Certificat; à Paris, ce 25 octobre 1731. 
— H.-T. Baron, doyen ; P. Afiforty, professeur en phar- 
macie; Reneaume; Caron, ancien doyen; Finot, profes- 
seur en pharmacie; Laleu, professeur; Bailly; Millet. » 
Une attestation en tout semblable, à la seule différence 
de la date, 14 août 1738, et des signatures : 



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^ 448 — 

' A L.-C. Bocardelin, doyen; Bertrand, professeur en 
pharmacie; Col de Vilars, professeur en pharmacie; 
Peaget, ancien professeur en [pharmacie ; Millet, ancien 
professeur en pharmacie ; Le Hoc. » 

[À suivre,) 



E$sai rapide des bicarbonates alcalins; par M. G. Patkin. 

La pharmacie fait un usage courant des bicarbonates 
alcalins; le Codex a conservé le bicarbonate de potasse 
dans la potion de Rivière, et le bicarbonate de sonde est la 
base d'un certain nombre de poudres et solutions dites 
alcalines; on les préfère aux carbonates neutres et aux 
alcalis libres parce qu'ils sont exempts de toute action 
caustique, et la thérapeutique les utilise tantôt en vertu 
de leurs propriétés alcalines, tantôt en vue d'obtenir, grâce 
k la mise en liberté de leur acide carbonique^ une ânes- 
thésie de la muqueuse gastrique et la cessation de vomis- 
sements. Il importe, dans ce dernier cas, que le bicar- 
bonate puisse dégager la quantité maximum d'acide car- 
bonique, ce qui exige qu'il soit exempt de carbonate 
neutre, qui pourrait en outre contenir une certaine pro- 
portion d'eau de cristallisation qui ne se trouve pas dans 
le bicarbonate; tel est le cas du bicarbonate de soude. De 
là la nécessité de procéder à l'essai des bicarbonates et 
d'y rechercher la présence des carbonates. Le procédé 
le plus rigoureux qui ait été indiqué consiste à doser 
l'acide carbonique, que celui-ci soit mis en liberté par 
l'ébullition ou par un acide; dans le premier cas, une 
moitié seulement de l'acide carbonique se dégage, la toia-- 
lité dans le second. Mais ce procédé suppose une manipu- 
lation, facile il est vrai, mais enfin une manipulation, et 
il était désirable de posséder un t'éactif qui permit par un 
essai simple et rapide en môme temps que sensiblOt de 
constater la présence de carbonate neutre dans un bicar- 
bonate; c'est ce qui a conduit à l'emploi du tulfate de 
magnésie que Ton trouve indiqué daus tous les ouvrages 
classiques^ 



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— 449 — ' 

' « On décèle, dit Baudrimont à propos du bicarbonalè 
« de potasse, le carbonate neutre par une solution de sul- 
a fate de magnésie gui y produit aussitôt un précipité 
« blanc. » Et plus bas : « Le bicarbonate de soude mal 
<r préparé peut contenir du carbonate neutre de soude, dont 
<c la présence se décèle facilement comme dans le bicar- 
« bonate de potasse à Taide du sulfate de magnésie. » 
En appliquant ce procédé, qui est celui généralement 
employé, on trouvera bons tous les bicarbonates, à moins 
qu'ils ne contiennent une proportion énorme de carbonate 
neutre ; alors seulement, ainsi que nous nous en sommes 
assurés, apparaîtra le précipité par les sels de magnésie. 

Nous avons fait des solutions mixtes de bicarbonate de 
soude et de carbonate neutre, et nous avons vu qu'un 
bicarbonate additionné de son poids de carbonate neutre 
de soude cristallisé ne précipitait pas par le sulfate de 
magnésie. Bien plus, on a fait deux solutions : Tune con* 
tenant 8« par lOO'"'' de carbonate neutre cristallisé, Tautre 
2< de bicarbonate également par 100*^ et Ton a précipité 
lO**" de la première par un excès de sulfate de magnésie; 
il a suffi d'ajouter alors 6^^ de la seconde pour redissoudre 
le précipité de carbonate magnésien. Le sulfate de magné- 
sie est donc un mauvais réactif, et la cause en est bien 
simple, le carbonate neutre en présence de bicarbonate 
forme un sesquicarbonate qui ne précipite pas le sulfate 
de magnésie. 

Il est très facile de constater que le carbonate neutre ne 
reste pas tel en présence du bicarbonate, il n'y a qu'à le 
mettre en contact avec du calomel; en présence de car- 
bonate neutre le chlorure mercureux noircit immédiat 
tentent; au contraire, il ne change pas de couleur en pré- 
sence d'une solution de carbonate neutre additionnée de 
bicarbonate, pourvu jwe la proportion de carbonate ne dépasse 
pas celle qui exige la formation de sesquicarbonate; le calomel 
noircirait alors, et le sulfate de magnésie serait précipité. 

L'emploi du sulfate de magnésie est donc à rejeter et 
nous conseillons de le remplacer par une solution alcoolique 
excessivement étendue de phénolpktaléine. Une solution de 



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— 450 — 

Mcarbonaté pur reste incolore ea présence de phéûolphta- 
léine, ou du moins ne donne qu'une teinte rosée très 
faible, et disparaissant par Faddition de quelques gouttes 
d'une solution d'acide carbonique; lorsque le bicarbonate 
contient du carbonate neutre même en très faible quantité, 
la phénolphtaléine produit une coloration rose tendre et 
intense qui ne disparait que par une addition de solution 
d'acide carbonique proportionnelle à la quantité de car- 
bonate neutre. 

L'essai est donc très sensible, rapide et simple : faire 
dissoudre 5* de bicarbonate dans 100^ d'eau distillée, par 
exemple, et verser dans une partie de cette solution un 
peu de phénolphtaléine; donc le bicarbonate, donnant une 
•coloration rose un peu intense, devra être considéré comme 
<:on tenant du carbonate neutre. En appliquant cet essai 
aux différents bicarbonate du commerce, nous avons cons- 
taté que le bicarbonate de potasse colore à peine la phénol^ 
phtaléine; cette pureté résulte de son mode de préparation 
même; les cristaux ne se forment et ne se séparent qu'au- 
tant que le carbonate neutre a été transformé en bicar- 
bonate; le bicarbonate de soude colore un peu plus la 
jphénolphtaléine et on a une teinte légèrement lie de vin, ce 
•qui tient, d'une part, à ce que les cristaux de carbonate de 
soude peuvent n'être pas transformés en bicarbonate d'une 
manière absolument parfaite et, d'autre part, à une disso- 
ciation, très faible il est vrai, du bicarbonate de soude en 
solution. 

Ajoutons qu'il est d'autres impuretés qui se trouvent 
fréquemment dans les produits du commerce, tels que 
chlorures et sulfates réunis et seuls. Nous avons trouvé 
principalement des chlorures dans le bicarbonate de soude, 
des sulfates dans le bicarbonate de potasse. 

Le phénolphtaléine permet de faire un essai qualitatif 
extrêmement rapide des bicarbonates, mais elle peut éga- 
lement servir d'indicateur pour un essai quantitatif (AfocAr. 
Alcalimétrie, 1888), a été appliquée aussi au dosage de 
l'acide carbonique libre [Bretet Journal de Ph. et Chimie, 
t. XXni, p. 339). Nous n'insisterons pas davantage sur les 



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— 451 — 

procédés de dosage qui sont inutiles dans le cas présent, 
les bicarbonates alcalins devant être exempts de carbonate 
neutre. . 

En résumé, il convient de renoncer à l'emploi du sul- 
fate de magnésie dans Tessai des bicarbonates alcalins, et 
<le substituer à ce sel la phtaléine de phénol qui n'est pas 
■colorée par les bicarbonates et vire au rose par les car- 
bonates neutres, même en présence de bicarbonates ; Tessai 
«st rapide, simple et sensible; on le pratiquera de la 
manière suivante : faire dissoudre U de bicarbonate à essayer 
dans 20« d^eau distillée et y verser quelques gouttes d'une solu- 
tion très étendue de phénolphtaléine, il se produira générale- 
ment une teinte rosée très faible qui disparaîtra par V addition 
4e quelques gouttes d'une solution d'acide carbonique ; Tacide 
carbonique peut être remplacé par un acide quelconque, 
quelques gouttes d'une solution contenant 1» HCl pour 100 
doivent produire la décoloration. Dans Fessai du bicar- 
bonate de soude vingt gouttes d'acide chlorhydrique au ^U 
^sont plus que suffisantes pour que la solution additionnée 
de phénolphtaléine devienne incolore. 



Loi de Vabsoiption de Toxyde de carbone par le sang d'un 
mammifère vivant; par M. N. Gréhant (1). 

Au lieu de chercher à doser Toxyde de carbone contenu 
en petite quantité dans Tair, en faisant passer le mélange 
dans un volume donné de sang placé dans un flacon, soit 
à la pression ordinaire, soit à la pression de plusieurs 
atmosphère, j'ai trouvé qu'il est bien préférable et bien 
plus physiologique d'opérer chez un animal vivant auquel 
je fais respirer le mélange ; voici comment je réalise mes 
expériences comparatives i 

Je découvre chez un chien une artère carotide, je lie le bout périphérique, 
j'applique sur le bout central le compresseur du docteur François-Franck et 
je fixe dans le vaisseau un ajutage métallique muni d'un tube de caoutchouc 
fermé par une baguette de verre plein; j'aspire à Taide d*une seringue de 
physiologie 25"^* de sang artériel qui est immédiatement injecté dans mon 
appareil d'extraction des gaz du sang; je recueille les gaz dans une cloche 



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if^^^p^^^JÇJfgW^- 



f. — 452 - 

É^ divisée en centimètres cubes et en dixièmes de centimètre cube, terminée k 

~ la partie inférieure par une extrémité élargie. 

D'autre part, j'ai rempli de 300>** d*air mesurés avec un compteur k gaz an 
1^- grand sac de caoutchouc dans lequel je fais passer 300^ d*oxyde de carbone 

^''' pur pour composer un mélange à ^fn i ^^ ^^^^ V^^ ^^ mélange k ^hi > ^ 

75*" pour un mélange à j^, on seulement 30^ pour un mélange k ^,iif. 
^ Les parois du sac sont mises en mouvement afin que le mélange devienoa 

^; homogène ; l'animal respire dans le sac k Taide d'une muselière de caoutchoac 

^, et d'un appareil k deux soupapes métalliques de Yerdin qui n'offre aucune 

Jr". - résistance. 

fà_^' Après une demi-heure, je fais une deuxième prise de sang artériel doot 

^^^ j'extrais les gaz k 40* seulement; puis, j'introduis dans le ballon récipient 

A^^; ' 25*" d'acide acétique k 8" que j'ai fait bouillir pour chasser les gaz qu'il con- 

y.' ^ tenait ; j'immerge le ballon dans l'eau bouillante et j'obtiens le dégagement 

complet de l'oxyde de carbone que je recueille dans une petite cloche graduée 
^■!^. spéciale qui permet d'apprécier exactement les vingtièmes de centimètre cube; 

1^ _ le gaz obtenu contient toujours de l'acide carbonique que l'on absorbe par 

la potasse, un peu d'oxygène que l'on absorbe par l'acide pyrogaliique, pois 

on passe du mercure sur l'eau et l'oxyde de carbone est absorbé par l'agilt- 

tion avec du protochlorure de cuivre dissous dans l'acide chlorhydriqoe ; 

voici le tableau des résultats qui ont été obtenus sur des chiens différents et 

qui ont été rapportés k 100<^ de sang : 

Gaz du sang artériel normal. Gaz du %ang partiellement 

oxycarbone. 









ProportiODs 
du 










co». 


Oxygène. 


AxoM. 


milange. 


C0«. 


Ox]t(èM. 


Axote. 


CO. 


40,1 


«,4 


1,5 




88,9 


18,2 


*,5 


5,5 


45,9 


.21,8 


1,5 


tbW 


51,8 


15,3 


i.5 


2,8 


40 


w,« 


1,8 


i 
*o«* 


32,8 


13,4 


1,8 


1,7 


40,4 


88.7 


1,5 


1 

»0** 


40,4 


21,6 


i.s 


l.î 



On voit que le deuxième échantillon de sang contient 
toujours moins d'oxygène que le premier, mais le fait 
le plus important sur lequel je désire appeler Tattention 
TAcadémie résulte de l'examen des nombres qui représen- 
tent Toxyde de carbone dégagé qui sont exactement propor- 
tionnels aux quantités de gaz toxique introduites dans 
Tair, d'où je conclus que toxyde de carbone se dissout dam 
les globules du sang en obéissant à la loi de Dallon, 

En appliquant cette loi, si Ton fait respirer à un animal 
pendant une demi-heure un mélange ne renfermant que 
îTooô» 100" de sang devraient absorber 0**,55 d'oxyde de 
carbone, et l'expérience directe m'a donné 0",6* 



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— 453 — 

Application. — On chauffe actuellement les v< 
avec des briquettes de charbon aggloméré qui dé 
beaucoup d^oxyde de carbone, comme Font démontr 
professeur Gautier et M. le D' Galippe et comme 
reconnu moi-même ; j'ai voulu rechercter qu'elle pc 
ta proportion de ce gaz dans une voiture maintenue i 
et qui était chauffée par une briquette qui fut alli 
dix heures du matin; cinq heures plus tard, un 
préparé comme je Tai indiqué, a été introduit d 
voiture et Ton fit une course de trois quarts d'hei 
deuxième échantillon de sang artériel contenait dai 
de sang O'"'',? d'oxygène en moins, mais il renferma 
lement 0*^,3 d'oxyde de carbone qui correspondait à 
portion extrêmement faible de ^-^^ d'oxyde de C£ 
dans l'atmosphère de la voiture. 



Action de la formaldéhyde sur les vins; 
par MM. Jablin-Gonnet et de Raczowki. 

Si dans un vin où Ton a dosé l'alcool on ajoute au 
liquide ne contenant plus que les matières col< 
n«'iturelles ou artificielles et les autres produits du v 
solution d'une liqueur Contenant 50«' par litre de J 
déhyde (OH'O). Si on porte le tout au bain -marie o 
voir au bout d'un certain temps un précipité se pr< 
lequel ne tarde pas à se déposer sous forme de la 
fond du récipient. Ce sont les matières colorantes 
^ui se sont précipitées totalement. Après avoir déc 
liquide on voit qu'il est teinté légèrement de rose. 

On a d'abord opéré sur un vin ne contenant 
matières colorantes artificielles ; les résultats ont 
suivants : ... 

Ce vin duquel au préalable! on.' avait extrait l'ai 
-été additionné de 10** de la liqueur titrée de formald 
après une chauffe, au bain-marie, de 2 heures 
décanté; la liqueur décantée était rose. La laque 
^ été recueillie et analysée, elle nous a monti 
i'œnocyamine en était la base principale. 



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— 454 — 

Nous avons continué les opérations ordinaires du vin 
qui nous ont donné les résultats suivants : 

Analyse du vin sans la formaldéhyde. Avec la formaldéhyde. 

Alcool 8,6 8,6 

Extrait ii 400 18,i4 12,24 

— dans le vide 24,9 » 

Sucre réducteur 1,72 1,72 

Sulfate de potasse 1,11 1,10 

Tartre 1,70 1,62 

Cendre 3,16 3,15 

Aciditée«(S0*H^). . . . . 4,09 4,12 

Déviation au polarimèlre. . 

On voit donc que seul l'extrait diffère, mais que les autre» 
résultats sont les mêmes. 

Nous avons alors opéré avec un vin naturel mais coloré 
artificiellement, lequela donné lieu, en opérant de la même 
façon, à un précipité, lequel filtré, donne une coloration assez 
forte due à la fuchsine ajoutée. 

Nous présumons (simple hypothèse), qu'il y a eu oxyda- 
lion et précipitation de la matière colorante naturelle, 
mais non réduction de la matière colorante artificielle., ce 
qui est étonnant si Ton réfléchit au pouvoir réducteur de 
la formaldéhyde. 

On voit donc d'après ces expériences, que dans une pro- 
chaine note ron rendra plus précises et plus nettes, que 
l'on' peut fisiire une nouvelle méthode d'analyse des vins 
basée sur cette curieuse propriété de la formaldéhyde. 

L'analysé de ce vin fuchsine à donné les résultats sui* 
vaïits, là matière colorante ayant été séparée : 

Avec la formaldéhyde. 

•Alcool 9,1 9,i 

Extrait à 100 15,88 10,2$ 

— dans le vide .... 22,9 » 

Sucre réducteur 1,02 1,02 * 

Sulfate de potasse 0,88 0,88 

, . Tartre 1,40 1,41 

Cendre 3,06 3,00 

Acidité (S0*H») 3,56 3,60 

Déviation au polari mètre. .0 ' 

Voici la méthode que nous proposons : supposons qu^ 
nojis ayons au moins 500*« de liquide, dans 400** nous 
recherchons T alcool Le résidu obtenu est traité à TébulUV 



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— 455 — i. 

tion pair la formaldéhyde, les matières colm^antes se préci- 
pitent. 

Dans la liqueur filtrée, sur 100" nous dosons le sucre et 
cela sans le secours du noir animal. 

Dans 100" nous dosons l'acidité au moyen de la phtaléine 
dans un liquide incolore, au lieu de l'ancienne méthode 
où la coloration du vin empêche la justesse du résultat: 
Bien entendu on ajoute à Facidité trouvée le pour cent en, 
formaldéhyde. Dans ce qui reste de liquide on dose facile- 
ment les autres matières que contient le vin. 

La laque formée par la matière colorante traitée par 
Talcool amylique dissout les matières colorantes solubles 
et non transformées. Après filtration ou réoxydc ce qui 
reste et on recherche à quelle classe de colorant appartient 
ce résidu. 

Les expériences que nous avons faites sur des vins 
colorés avec la rosaniline, la fuchsine, le campéche et l'or- 
seille, nous donnent les résultats suivants : 

On prend 20" de vin, on Tadditionne de 10" de liqueur^ 
on titre, on porte ces liqueurs à Tébullition, on constate 
les résultats suivants : 

1^ Vin simple. — Se trouble en marron et la mousse pro- 
duite par Tébullition est blanche ; 

2^ Vin et rosaniline. — Se trouble en devenant très foncé 
comme couleur, la mousse est violette ; 

3* Vin et of*seille. — L'action commence à froid au bout 
de peu d'instants; coloration vineuse foncée, mousse cou- 
leur d'orseille ; 

4*» Campéche. — Précipitation très longue, masse brune, 
mousse brune; 

5*» Fuchsine. — Se trouble en violet foncé, la mousse 
devient noire violette et devient vers la fin moins violette 
que le 2. 

Après filtration et dépôt les liqueurs filtrées sont : 

1*» Liqueur peu rose' précipité rouge vineux en laque'; 

2® Liqueur rose légèrement violacée, précipité violet, 
rouge et bleu suivant l'incidence ; 

3*^ Liqueur plus rose que le 1, précipité rouge franc 
adhérent un peu au verre ; ' » 



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.— 4î,6 — 

4* Liqueur peu colorée, précipité brun ; 

5* Liqueur violacée, précipité rouge brun, brun par 
vision directe, rouge sous inclinaison oblique, adhérent 
au verre. 

Si Ton fait les expériences avec un fort excès de formai- 
déhyde on n'observe aucun changement. Néanmoins dans 
les deux cas on perçoit toujours une légère odeur de CH'O. 

Si on traite les précipités obtenus par Talcool amylique, 
qu'on plonge des échantillons de laine et soie et que Ton 
évapore rapidement, on reconnaît, suivant la méthode 
ordinaire, les caractérisations des couleurs introduites, ce 
qui prouve que, suivant les circonstances où Ton opère et 
le peu de matière colorante ajoutée, Ton peut, en essayant 
par ce réactif, reconnaître plus facilement les matières 
colorantes introduites dans le vin; la formaldéhyde 
les précipite (excepté quand il y en a une énorme quan- 
tité). 

Les auteurs se proposent de continuer ces recherches et 
de donner dans une note prochaine les détails complémen- 
taires, ainsi que les expériences détaillées de ce sujet très 
intéressant. Ils feront en outre les mômes expériences, 
— cela est partie commencée — sur les liqueurs et spiri- 
tueux dont la coloration est due en partie aux dérivés 
4u goudron de houille. 

Action de r acide cyanhydrique sur le calomel; 
par M. Cheynet. 

L'action de Tacide cyanhydrique sur le calomel a depuis 
longtemps attiré l'attention des pharmacologistes. 

On sait qu'une solution de C'AzH au contact de calomel 
met en liberté une certaine quantité de mercure et que la 
liqueur prend une acidité très marquée. 

Scheele, le premier, admit que dans cette réaction il se 
formait du cyanure de mercure, expliquant ainsi la plus 
grande toxicité de la liqueur. La thermochimie nous 
démontre aujourd'hui que la chose est exacte. 

Bussy et Buignet, alors qu'il n'était pas encore question 
4e thermochimie, crurent pouvoir nier la présence de 



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— 457 — 

cyanure de mercure, en se basant sur ce fait : que si roii 
distille la liqueur, OyH passe à la distillation et que le 
résidu n'est composé que de bichlorure de mercure. L'ex- 
périence était exacte, mais la conclusion était fausse. 

Nous savons aujourd'hui que si HCl est déplacé par 
HCy en solutions étendues, inversement HCl concentré 
déplace HCy : c'est ce dernier cas qui se présente lorsqu'on 
distille ou qu'on concentre les liqueurs pour faire cristal- 
liser le sel. 

Pour trancher la difiSculté il fallait : 

1*^ Démontrer que l'acidité de la liqueur était due à un 
acide fort autre que HCy mis en liberté; 

2<> Isoler en nature une certaine quantité de cyanure de 
mercure produit dans la réaction. 

I. Le calomel et l'acide cyanhydrique isolés sont sans 
action sur la tropéoline : si l'on met les deux corps en pr^>- 
scnce, la coloration rouge intense que prend immédiate- 
ment le réactif accuse la mise en liberté d'un acide fort. 

IL Si l'on traite à froid la liqueur par du carbonate d'ar- 
gent, HCl est éliminé, et après filtration et concentration 
on obtient une cristallisation nette de cyanure dé mercure 
contenant des traces de cyanure d'argent. 

Au reste, même en admettant la formation préalable de 
bichlorure de mercure, on ne peut révoquer en doute la 
présence de cyanure de mercure : si en effet on ajoute de 
Tacide cyanhydrique à une solution de sublimé, la tro- 
péoline vire au rouge alors que les deux corps sont isolé- 
ment sans action sur ce réactif. 

On est donc obligé d'en conclure que HCl a été déplacé 
par HCy, qu'une grande partie du bichlorure est passée à 
l'état de cyanure, et que dans l'action de CyH sur le calo- 
mel la formation de bichlorure ne peut être qu'une pre- 
mière phase de la réaction. Suivant les règles de la ther- 
mochimie, le paf tage du mercure entre les deux acides 
(HCl et HCy) doit se faire proportionnellement aux quan- 
tités de chaleur que chacun d'eux dégage dans la combi- 
naison. 

/«f». de fkgrm.ei de Ckim.,.fil' SÂRIB, t. XXV. (1" mai iWt)' ^W ^ 

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I 



)':^ 



— 458 — 



MÉDICAMENTS NOUVEAUX 



Analgène. — Orthozyéthyl-ana-xBonoacétylamidoqmno- 
léine (1). — Lorsqu'on considère le nom scientiâque de ce 
nouveau médicament, on ne peut vraiment pas en vouloir 
aux fabricants de lui avoir donné un nom simple et facile 
à retenir, encore que ce nom à'analghie ait beaucoup de 
ressemblance avec celui à'analgésine qui est en France, 
comme Ton sait, synonyme d'antipyrine. 

La préparation de Tanalgène a été inspirée par une idée 
théorique. On y a été conduit, en effet, par cette suppo- 
sition que si on arrivait à combiner un groupement acé- 
tamide à la molécule d'un corps antipyrétique, on obtien- 
drait vraisemblablement un nouveau composé doué d'une 
plus grande activité physiologique. 

Le corps dont on est parti pour obtenir Tanalgène est 
Vortoxyquinol€lne;Vsi,ndAgéne2iAonc une certaine parenté 
avec la kawine^ antipyrétique qui n'est autre chose que le 

^V;. chlorhydrate (toxyhydrométhylquinoléine, 

t L'orthoxyquinoléine ^•H*(O^H)Az est un phénol et, 

r: comme tel, peut être éthériflé par Talcool éthylique. Pour 

cela, d'après le procédé Fischer et Renouf, on la traite à 
chaud par 1 molécule 1/2 de soude caustique et 1 mole- 

vC cule 1/2 de bromure d'éthyle en solution alcoolique. La 

?' réaction est la suivante : 

e^H'CGH) Az + NaOg + e*H»Br = NaBr + H»e + e*H«.G€*H».Az 

On obtient ainsi de 100 à 110 parties d'éther éthylique 
de Torthoxyquinoléine pour 100 parties d'orthoxyqui- 
noléine employées. 

On ajoute lentement et en refroidissant constamment 
cet éther à quatre à cinq fois son poids d'acide nitrique 
à 1,52 de densité, et lorsque la solution est effectuée, on 
achève la réaction en chauffant au bain-marie : 

€»H».0€*H».Az + HAzO' = H*e + €»H».Ge*H«.A29«A« 

— ^ -« ■ 

' (i) Apatheker^Zeitung, VU, p. Ui, i892, 

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— 459 — 

A côté de ce dérivé mononitré, il se fait de petites pro- 
portions d'un dérivé binitré qui se sépare en premier lieu 
lorsqu'on ajoute de Teau aux produits de la réaction. On 
filtre et, dans le liquide filtré, on ajoute de nouvelle eau, 
on refroidit et on précipite ainsi Tazotate à^ana-nitro-ortho^ 
xyquinoléine sous formes de petites aiguilles jaunes. 

On rassemble sur un filtre, on lave avec un peu d'eau, 
on dissout dans ce même véhicule et on précipite soit par 
l'ammoniaque, soit par le carbonate de soude. Le dérivé 
nitré ainsi obtenu se présente sous la forme de fines 
aiguilles microscopiques jaunes. 

L'oxéthylnitroquinoléine est insoluble [dans l'eau et 
soluble dans l'alcool. Elle fond à 128*» lorsqu'elle a été 
desséchée. On la traite par un agent réducteut (fer et 
acide chlorhydrique, etc.) et l'on obtient Vortoxyéthyl- 
ana-amidoquinoléine G*H*.O^G*H*. AzH»Az+ H'0 qui cris- 
tallise dans l'eau en lamelles jaunes fusibles à SO"^* Ce 
composé, perd 8,76 p. 100 d'eau par dessiccation et ne 
fond plus alors qu'à 114*. 

Enfin , on chauffe Forthoiyéthylanaamidoquinoléine 
ou son chlorhydrate avec de l'acide acétique, de l'acétate 
de soude et de l'anhydride acétique, et Ton obtient Variai- 
gène on Vorthoxy-éthyl'ana'monoacétyhfnidoquinoléine, dans 
lequel le groupement €H'GO remplace un atome d'hydro- 
gène dans le groupe amide. 

En conséquence, la formule de constitution de l'anal- 
gène serait : 

Az Heoe H» 



He 



lie 



/\^/\ 



€H 



= e*»H»^Az*G« 



len 



e Az 

0€*H» 

L'analgène se prend à la dose de 1^' dans les douleurs 
rhumatismales. Em. B. 



1 



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— 460 - 

Camphopyrazolone (I). — L'acide camphocarbonique, 
découvert par Beaubigny, provient, comme on sait, de 
l'addition d'une molécule d'acide carbonique GO' aune mo- 
lécule de camphre ordinaire G**H"0, addition qui s'effec- 
tue, d'après une méthode générale bien connue, en faisant 
agir l'acide carbonique sur du camphre sodé. C'est un 
corps cristallisé en belles aiguilles fusibles à 127-128' 
(Reuter). D'après des recherches récentes, cet acide n'est 
douée d'aucune propriété physiologique. 

II n'en serait pas de même d'une combinaison de cet 
acide avec la phénylhydrazine qui vient d'être préparée 
par Brûhl etCantzler et qui posséderait une grande activité, 
sur laquelle, cependant, ces chimistes n'ont pas encore 
donné de détails précis. C'est cette combinaison qui a été 
désignée sous le nom de camphopyrazolone. 

Pour préparer la camphopyrazolone, on part de l'acide 
camphocarbonique dont on fait d'abord Téther éthyliquc. 
Pour cela, on sature de gaz chlorhydrique une solution 
refroidie par la glace d'acide camphocarbonique dans l'al- 
'cbôl absolu (1 p. 1,3/5). 

Au bout de deux jours, on lave le produit de la réaction 
avec un peu d'éther et de Teau, on enlève l'acide campho- 
carbonique qui n'est pas entré en réaction avec de la les- 
sive de soude diluée et, après dessiccation du produit, on 
rectifie dans le vide. 

L-éther élhylcamphocarbonique est un liquide sirupeux 
incolore, possédant une odeur agréable et distillant vei^s 
IGT*' sous une pression de 21"". Sa formule de constitu- 
tion est la suivante : 

e 



ÏP€ 



H*€ 



GH.eoôeMi» 



=:€'»HÎ*0* 



G 

I 

cil' 



(1) Pharm. Zeitung, XXXYII, p. 168, 1892. 



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J 



— 461 — 

On mélange poids moléculaires égaux de cet étber ei de 
phénylhydrazine pure et on chauffe au bain-marie. La 
réaction commence immédiatement avec séparation d'eau 
et d'alcool. 

Au bout de deux à trois beures elle est terminée; on en- 
lève les corps non attaqués en lavant la masse avec de 
Tétber. Cette masse se présente alors sous forme d'une 
poudre cristalline, presque blancbe. On lave avec de la 
ligroïne et on fait cristalliser dans Talcool très dilué. On 
obtient ainsi de fines aiguilles blanches fondant à 132*^. 
L'analyse élémentaire de ce c'omposé conduit à la for- 
mule empirique G"A**Az*0'. Gomme il perd H*0 par 
dessiccation à 105^, il s'ensuit qu'on a vraisemblablement 
une pyrazolone cristallisée avec i molécule d'eau et que la 
réaction a lieu comme l'indique Téquation suivante : 

€H-€8*.6*11' 
(:«H«*<^ I +€«H».AzH.A7H>=€»''H»«Az*e>+H»0+€*H».GIl 

^ éO Em. B. 



Incompatibilité de l'antipyrine et de l'eaphorine (phé- 
nyluréthane); par M. A. Suchanek (1). — On sait que la 
phényluréthane, 

^^\AzH (G«H») 

que Ton a appelée euphorine, est depuis quelque temps pré- 
conisée comme antipyrétique (2); on ne peut donc s'é- 
tonner qu'on ait songé à l'associer à d'autres médicaments 
analogues quant aux propriétés thérapeutiques, avec l'an- 
tipyrine, par exemple. 

M. A. Suchanek a eu à exécuter l'ordonnance suivante : 
antipyrine 0«',50, euphorine 0«',2, chlorhydrate de codéine 
0«',03. Mélanger et mettre en cachet. Quelques minutes 
s'étaient à peine écoulées que le mélange s'était liquéfié. 
Le liquide qui se produit lorsqu'on mélange l'antipyrine 

(1) Pharm. Presse^ 1891, n* 11, 3; d'après Rep, der Pharmacie, 1892, 
p. 24. 

(2) Journ. de Pharm. et de Ch, [5], XXI, p. 118, 1890. 



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'JK^^^ 



— 462 — 

et Teuphorine est huileux ; il est très peu soluble dans 
Peau et la benzine, il est facilement soluble au contraire 
dans Talcool, Téther, le chloroforme, l'essence de téré- 
benthine et les huiles grasses ; il se solidifie lorsqu'on Tagite 
pendant longtemps avec de Teau. 

La liquéfaction du mélange et le temps au bout duquel 
elle se produit dépendent des proportions dans lesquelles 
les deux substances sont mélangées. Une proportion d'eu> 
phorine atteignant de 50 à 70 p. 100 est celle qui amène la 
liquéfaction la plus rapide, tandis que si elle n'est que de 
20 p. 100, le mélange ne se liquéfie pas; il s'humidifie seu- 
lement et se rassemble en grumeaux. 

La nieilleure manière d'exécuter l'ordonnance ci-dessus 
consiste à faire d'abord de petits cachets de phényluréthane 
et à les enfermer avec le mélange de codéine et d'anti- 
pyrine dans des cachets de plus grande dimension. 

Em.B. 

REVUE DES PUBLICATIONS 
DE MÉDECINE, PHYSIOLOGIE, PHARMACIE, HYGIÈNE, CHIMIE. 



Médecine. 

\La vie d'un mia^obe pathogène; par M. A. Charrix. 

Le jour où il fut démontré, d'une façon définitive, que 
les microbes intervenaient dans les maladies, en grande 
partie, grâce à leurs sécrétions, ce jour-là, l'étude de ces 
sécrétions prit une importance aisée à comprendre. 

Sans doute, cette doctrine chimique n'annulait pas les 
actions directes, les luttes corps à corps entre l'envahis- 
seur et la cellule attaquée; toutefois ces moyens, ces pro- 
cédés ont vite été placés au second plan, d'autant que, 
même dans cette hypothèse du choc des deux éléments 
figurés, les ferments solubles adhérents au protoplasma 
ne laissent pas que d'avoir leur part. 

Ces considérations justifient tout effort tenté pour 
augmenter la somme de nos connaissances relatives à ces 
questions. Aussi, est-ce là un des motifs que nous invo- 



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— 403 — 

quons pour nous permettre de toucher à ce problème, 
abordé déjà par nombre d'auteurs (1). 

En vue d'apporter quelques notions nouvelles, nous 
nous sommes adressé, à cause de la facilité de certaines 
réactions, propres à mettre en garde contre Terreur, aux 
cultures pyocyaniques. 

Le plus fréquemment, on se préoccupe des diastases, 
des alcaloïdes ; ces mots sont séduisants, ils paraissent 
indiquer des données supérieures. A la vérité, ces sujets 
sont dignes d'intérêt ; mais, on concédera, j'imagine, qu'il 
n'est pas inutile de connaître les produits ordinaires de la 
vie des bacilles; il n'est pas inutile de savoir ce que font, 
des substances mises à leur disposition, des êtres appelés 
à user de celles qui constituent notre économie. Gomment 
ne pas avoir souci des. transformations que ces ennemis 
font subir à l'azote, au carbone, à l'oxygène, quand il s'agit 
de notre azote, de notre carbone, de notre oxygène. Que 
dirait-on du physiologiste qui réduirait la chimie de 
l'organisme humain aux leucomaïnes, aux matières 
extractives? Ce serait prendre l'accessoire pour le prin- 
cipal, la partie pour le tout. 

Dans ce genre de travaux, le choix du milieu nutritif a 
une importance considérable. Le bouillon de bœuf, à quel- 
ques égards, convient au ferment pyocyanogène ; toutefois, 
c'est un composé trop complexe pour permettre de déceler 
avec facilité les modifications qui s'opèrent, dans son 
sein, aux dépens de la matière organique. Voilà pourquoi, 
nous avons eu recours à un liquide de culture artificiel de 
composition plus simple, composition très aisée à reconsti- 
tuer, des plus précises ; ces qualités restreignent le champ 
des investigations; elles rendent les erreurs plus rares. 
Voici, du reste, ce liquide, ou, plutôt sa composition : 

PO* KHî 0^100 

P0*NA«H-|- lâAii 0,1110 

C0»KH 0,134 

CaCl» 0,050 

MgSO* + 7 Aq 0,050 

Asparagine crislalliséc 5,000 

Eaa quantité sufiisante pour faire 1 litre. 

(1) Voir, également, Semaine médicale, 1892. 

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i^rvïT-xr: 



— 464 — 

Peu de temps après rensemencement, apparaît une 
coloration d'un vert-bleu ; elle va s'accentuant durant une 
semaine, si on a soin de maintenir la température aux 
environs de SO"". Au-dessous de ce chiffre, la nuance est plus 
lente à se montrer; elle n'est jamais aussi foncée. Notons 
que l'on réussit à la rendre plus nette, en agitant, chaque 
jour, le contenu du ballon. 

Grâce à des dosages minutieux, on a suivi, d'heure en 
heure, les progrès de l'assimilation de l'asparagine. De la 
sorte, il a été constaté que la proportion d'azote ammo- 
niacal, qapable d'être mise en liberté par MgO, nulle dans 
les commencements, allait sans cesse croissant jusqu'au 
quinzième, dix-septième jour ; à cette époque, l'évolution 
bactérienne prend fin soit à cause de la présence de 
matières empêchantes, soit, principalement, par suite du 
défaut d'aliments. Apportez des substances nutritives, 
diluez les éléments microbicides, la puUulation repart. 

Ce qui surprend l'analyste, c'est la rapidité de destruc* 
tion de l'asparagine; la troisième journée de l'expérience 
n'est pas accomplie, que, déjài il n'est plus possible d'en 
retrouver. Par contre, dès l'origine, on. note la formation 
de l'acide aspartique, combinéj à l'alcali. Cet acide est, 
d'ailleurs, assimilé au fur et à mesure de sa production ; 
puis, vers la soixante-douzième heure, il dispai*ait. A cet 
instant, on reconnaît que l'azote organique est remplacé, à 
peu près totalement, par des éléments ammoniacaux ; une 
minime fraction a servi à fournir les granulations proto- 
plasmiques des parasites; en outre, il faut tenir compte 
d'une faible dose de ce gaz, dose qui concourt à l'élabora- 
tion des composés mal définis, dont l'expérimentation dé- 
voile Tintérét biologique. Ce sont là des considérations sur 
lesquelles nous reviendrons ; pour le moment, bornons- 
nous à mentionner quelques dosages assez instructifs; ils 
révèlent les quantités respectives des substances engen- 
drées aux dépens de la matière quaternaire. 

Les5«'d'asparagine, mis dans le bouillon, renferment 
0,933 d'azote. 91 p. 100 de cet azote sont éliminés à l'étot 
d'ammoniaque, soit par hydratation, soit par action vitale 
du germe lui-même ; 4,66 sont utilisés pour composer les 



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i 



'C 



— i65 — 

cadavres bactériens; 4,04, pour constiluer les principes 
spéciâgues. 

Ce qui a été fait pour l'azote a été réalisé pour le car- 
bone. ~ Le poids de ce corps est, au début, de 1«',600 ; 
1,160 deviennent de Tacide carbonique; 0,221 sont absor- 
bés par le protoplasma microbien; 0,216 entrent dans les 
combinaisons des éléments à réactions physiologiques 
distinctes ; 0,003 se retrouvent dans le pigment, dans une 
trace de méthylamine. 

Quant à l'oxygène, il est largement consommé ; on n'est 
pas au-dessus de la vérité, en soutenant que cette consom- 
mation atteint le double de la culture, soit deux litres pour 
un seul de liquide. Pourtant, révolution se poursuit dans 
rhydrogène: elle commence à peine, pour s'arrêter bientôt, 
dans le vide. 

Il ne suffit pas d'obtenir des résultats, il faut les inter- 
préter; il faut, si c'est possible, en respectant toujours 
scrupuleusement, en esclave, ce qui est, en déduire le 
maximum d'enseignements. Heureusement, dans nos 
recherches, les faits parlent d'eux-mêmes, pour ainsi dire; 
les conclusions sont aisées à formuler. 

Nos analyses apprennent que le bacille pyocyanique vit 
à la manière d'une cellule de l'économie humaine. Il ne 
s'agit point là, uniquement, d'une curiosité de l'esprit. 
Sans doute, il est intéressant de voir la bactérie se servir 
des substances destinées à son usage, comme nous nous 
en servons à notre tour; sans doute, il est intéressant de 
découvrir que le végétal emprunte la méthode de l'animal; 
le zoologiste, le botaniste, le biologiste, à de pareilles 
constatations, trouvent ample satisfaction. Mais, pour le 
pathologiste, il y a autre chose; il y a cette notion claire, 
précise, de deux êtres, notre organite, l'organite du para- 
isite; l'attaqué, l'envahisseur, qui, obligés de se nourrir, 
puisent à la même provision, transforment les mêmes 
aliments par les mêmes mécanismes. Or, cette provision 
n'est pas sans limites ; à un moment voulu, si le nombre, 
si la variété de ceux qui lui empruntent le nécessaire va 
sans cesse croissant, les cx)nditions qui règlent sa consti- 



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.•-?•"' 



— 4G6 — 

tution, tant en quantité qu'en qualité, deviendront insuf- 
fisantes. Dès lors, des souffrances, des privations, dont on 
ne saurait fixer ni l'étendue, ni l'intensité, assaillent les 
éléments figurés vivants ; en d'autres termes, pour user 
d'expressions plus courantes, la concurrence vitale inter* 
vient. Que de fois n'a-t-on pas parlé de cette concurrence 
vitale ! Malheureusement, on a oublié, la plupart du temps, 
d'établir sa réalité ; pour y réussir, il eût fallu prouver 
que bacille et cellule, placés côte à côte, utilisaient des 
substances nutritives identiques ; la conclusion aurait pu 
se déduire naturellement, puisque ces substances ne sont 
pas inépuisables, d'autant que la fièvre, compagne habi- 
tuelle de l'infection, en restreint l'apport. 

{A suivre.) 

Physiologie. 
Suc gastrique; par M. Maurice Ahthus (1). 

II 

Le suc gastrique a la propriété de transformer les subs- 
tances albuminoïdes ; il doit cette propriété à un ferment 
soluble, la pepsine. L'étude physiologique de ce ferment 
remonte à plusieurs années et est classique depuis long- 
temps. On admet généralement que la muqueuse gastrique^ 
ne contient pas de pepsine, qu'elle ne renferme que de la ' 
propepsine capable de se transformer en pepsine sou& 
l'influence de certaines substances dites peptogènes (dex- 
trine, peptone, sucre, bouillon, etc.). « La sécrétion d'un 
suc gastrique à propriétés peptiques, dit Schiff dans ses 
leçons sur la physiologie de la digestion, réclame comme 
condition préliminaire indispensable l'absoi^ption de subs- 
tances peptogènes », que cette absorption ait lieu par l'es- 
tomac ou par le rectum (2). D'autres auteurs pensent que 
la propepsine est transformée en pepsine grâce à l'acidité 
du contenu gastrique ; ils se fondent sur ce fait bien connu 

(1) Joum. de Pharm. et Ch. [5], XXV, 359, 408. 

(2) Girard, Arch. de physiologie, 1SS9. 



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— 467 — 

que la macération agueuse de Testomac donne une ligueur 
inactive après acidulation, tandis que la macération dans 
Teau chlorhydrigue est toujours active; ils pensent que les 
peptogènes n'agissent pas comme transformateurs de pro^ 
pepsine en pepsine. Cette pepsine a pu être préparée en 
solution aqueuse, débarrassée de substances albuminoïdes 
par différents procédés proposés par Brucke, par Maly, par 
von Wittich. 

Mialhe, Lehmann, Mulder, Meissner ont les premiers 
étudié les modifications subies par les albuminoïdes sous 
rinfluence du suc gastrique. Le liquide qui résulte de la 
digestion gastrique, dit Maly, résumant les travaux de ces 
auteurs, n'est pas une simple solution physique des subs- 
tances albuminoïdes; il y a transformation chimique pro 
fonde : les albuminoïdes ont perdu peu h peu quelques- 
unes de leurs propriétés, leur coagulabilité parla chaleur^ 
leur précipitabilité par divers réactifs, leur état colloïde. 
Les travaux récents de Kûhne et Chittenden (1) et ceux de 
Neumeister (2j ont donné à cette difficile question un 
remarquable développement. 

Lorsqu'on fait agir la pepsine en milieu acide sur la 
fibrine, on peut, en prolongeant suffisamment cette action, 
dissoudre presque complètement la fibrine; le résida 
insoluble peu abondant, la dyspeptone de Meissner, est 
surtout formé de nucléines. En neutralisant la liqueur 
filtrée on produit un précipité dit précipité par neutralisa- 
tion, la parapeptone de Meissner surtout formé d'acidal- 
bumines. Il reste en solution des albumoses et des peptones. 
Les albumoses «t les peptones doivent être considérées 
comme appartenant au groupe des substances albumi- 
noïdes : elles ont en effet la composition centésimale com- 
mune à ces dernières, leurs réactions colorées caractéris- 
tiques et quelques-unes de leurs réactions de précipitation 
(tannin, acides phosphomolybdiqueetphosphotungstique, 
azotate de mercure). Elles se distinguent des albuminoïdes 

(i) Zeitschrifl fur Biologie, 1883-1886, vol. XIX, XX et XXII. 
(2) Zeitsch, f. Biol, 1887, vol. XXIII. 



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— 468 — 

en ce qu'elles ne sont pas coagulables par la chaleur, 
même en présence d'acides ; Talcool les précipite mais ne 
les coagule pas ; l'acide nitrique, le ferrocyanure de potas- 
sium acétique les précipitent à froid, mais le précipité se 
redissout par la chaleur pour reparaître par refroidisse- 
ment; enfin elles peuvent traverser les membranes des 
dialyseurs. On appelle albumoses ou protéoses tout ce qui 
est précipité par le sulfate d'ammoniaque ajouté jusqu'à 
saturation de la liqueur à chaud; on appelle peptones ce 
qui n'est pas précipité. Boas (1) considérait les peptones 
comme les produits immédiats et uniques de la digestion 
gastrique normale, et les albumoses comme des produits 
accessoires, accidentels par ainsi dire, résultant de Tac- 
lion de l'acide seul sur les albuminoïdes. Cette opinion 
résultant de déterminations faites avec des réactifs mal 
choisis a été réfutée définitivement par Ghittenden et 
llarwell (2). En séparant les albumoses des peptones par 
le sulfate d'ammoniaque dans des liqueurs de digestions 
gastriques plus ou moins prolongées, ils constatent que 
les albumoses sont abondantes dès le début de la digestion, 
que les peptones peu abondantes à l'origine n'apparais- 
sent en quantité notable que tardivement, et que la quan- 
tité de peptones augmente pendant que la quantité d'albu- 
moses diminue. Les albumoses sont donc des produits 
normaux de la digestion peptique et des précurseurs néces- 
saires des peptones. 

Les peptones gastriques, ce que Kûhne appelle ampho- 
peptone, sont un mélange de deux substances ayant sen- 
siblement les mêmes propriétés de précipitation, de colo- 
ration, etc., mais se comportant différemment vis-à-vis de 
la trypsine. Si en effet on fait agir le suc pancréatique 
sur Tamphopeptone, on détermine une transformation 
partielle en leucine et tyrosine; une partie de l'ampho- 
peptone reste inattaquée. L'amphopeptone pour cette 
raison est considérée comme un mélange d'hémipeptone 

(4) beitrflge zur Eiwesserdanung, ZeiUchrU f. Min Med,, XII. 

(5) The relative formation of protcoses and peptone sin gtstrie digestion, 
Journal of. physiology, XII, 1891. 



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— 469 — 

transformable en acides amidés par la trypsine, et d'anti* 
peptone non attaquée par ce ferment. 

Le liquide de digestion gastrique contient toujours, 
ainsi qu'il a été dit précédemment, outre les peptones des 
albumoses et d'autres substances notamment un faible 
résidu non digéré. Kiihne considère la molécule albumi- 
noïde comme formée par la réunion de deux molécules 
rhémialbumine et l'antialbumide. Le suc gastrique 
peut décomposer la molécule en ses deux composants, 
puis opérer la transformation de ces composants. L'anli- 
albumine lentement et très imparfaitement attaquée par la 
pepsine donne une petite quantité d'albumose qui est de 
Tanlialbumose; cette antialbumose traitée par le suc pan- 
créatique donnerait de Tantipeptone. L'hémialbumine est 
facilement et rapidement transformée par la pepsine : 
elle donne des albumoses qui sont elles-mêmes partielle- 
ment transformées en anphopeptone, c'est-à-dire en un 
mélange d'hémipeptone et d'antix)eptone. 

Cette théorie est justifiée par les considérations sui- 
vantes qu'on peut ranger en deux groupes. Hasebrock a 
prétendu que dans la digestion peptique de la fibrine, il se 
produisait tout d*abord des globulines (précipitables par le 
sulfate de magnésium à saturation) ultérieurement trans- 
formée en acidalbumines, puis en albumoses. Ces globu- 
lines seraient au nombre de deux : l'une coagulable à 70* 
l'autre à 55*, et représentant vraisemblablement les deux 
termes du dédoublement de la fibrine (1). Il faut recon- 
naître, à la vérité, qu'Hasebrock n'a pas isolé ces subs- 
tances et par conséquent n'a pu vérifier son hypothèse en 
les soumettant à l'action digestive de la pepsine, et qu'il 
n'a pu les observer qu'en partant de la fibrine crue et non 
pas en partant de la fibrine cuite ou de l'albumine d'oeuf- 
On sait qu'en faisant agir sur les substances albuminoïdes 
de l'acide sulfurique dilué, Schutzenberger a pu obtenir 
une série d'acides amidés parmi lesquels il a signalé la 

(I) Hasebroek, Ueber die erste Prodacte der iMagenverdanung, Zeitsch. f, 
physioL Chemie, M, 1887, 



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— 470 — 

leucine et la tyrosine. Ktihne et Chittenden ont montré 
que la trypsioe pancréatique agissant sur les produits de 
digestion gastrique produisait une quantité notable de 
teucine et de tyrosine. Il est donc possible, il est même 
probable que les deux {processus physiologique et chimique 
sont semblables depuis Torigine. Or Schutzenberger a pu, 
par une action modérée de Tacide sulfurique obtenir un 
dédoublement de la substance albuminoïde en deux subs- 
tances : Tune soluble, Tautre insoluble dans la liqueur 
acide, cette dernière étant lentement attaquée par l'action 
Ijrolongée de Tacide sulfurique étendu. Donc il n'est pas 
absurde de supposer que la pepsine produit un dédouble- 
ment analogue de la matière albuminoïde. 

Les albumoses gastriques doivent être considérées 
€omme un mélange de trois substances chimiquement 
•distinctes (1). Si Ton traite à chaud par le sulfate d^ammo- 
Iliaque à saturation le liquide de digestion gastrique 
préalablement neutralisé et filtré, on précipite complète- 
ment les albumoses. Ces albumoses peuvent être redis- 
soutes dans Teau très légèrement salée. Cette solution d'aï- 
bumoses traitée par le chlorure de sodium à saturation 
donne un précipité qui constitue les albumoses primaires; 
la liqueur séparée de ce précipité donne par addition 
d'acide acétique un précipité qui constitue les albumoses 
secondaires. Chacun de ces précipités contient deux subs- 
tances distinctes : le précipité des albumoses primaires 
contient de Thétéroalbumose, et de la protoalbumose ; le 
précipité des albumoses secondaires contient encore de la 
protoalbumose et deladentéroalbumose.L'hétéroalbumose 
est insoluble dans Teau distillée, soluble dans les liqueurs 
faiblement salées (d'où elle est précipitée par la dialyse), 
complètement précipitée par le chlorure de sodium à 
saturation; la protoalbumose est soluble dans l'eau dis- 
tillée, et dans les solutions légèrement salines ; elle est 
précipitée par le chlorure de sodium à saturation partiel- 
lement en milieu neutre, complètement en milieu acétique ; 



(1) Kûhne et Chittenden, Ueber albumosen, Zeitsch. f. BioLy 1884, toI. XÎU 

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— 471 — 

la dentéroalbumose est soluble dans l'eau distillée, dans 
les solutions de chlorure de sodium faibles ou concentrées ; 
«lie est partiellement précipitée par le ehlomre de sodium 
à saturation en milieu acétique; elle se distingue encore 
des précédentes par sa légère solubilité dans l'alcool. 

En étudiant avec soin la marche de la digestion gas- 
trique, Kiihne et Chittenden ont été conduits à admettre 
un dédoublement de l'hémialbumine en protoalbumose et 
hétéroalbumose ; ces deux albumoses se trouvent en effet 
abondantes à l'origine de la digestion ; elles peuvent l'une 
•et l'autre, sous l'influence longtemps prolongée de la pep- 
sine, se transformer en dentéroalbumose ; cette dentéroal- 
bumose est encore appelée amphodentéroalbumose parce 
qu'elle est assez facilement transformée par la pepsine en 
amphopeptone. L'antialbumide que Kûhne et Chittenden 
•ont pu.préparer par l'action de l'acide sulfurique étendu 
sur la fibrine ou mieux sur l'albumine d'œuf est, comme 
il a été dit précédemment, difficilement attaquée par la 
pepsine ; le produit de la digestion gastrique de l'anti-* 
albumine est une antidentéroalbumose, ne donnant par 
l'action de la trypsineque de l'antipeptone. Il ne se produit 
pas d'hétéro ou de protoalbumose dans la digestion gas- 
trique de l'antialbumide. 

Lorsqu'on fait agir le suc gastrique sur des substances 
albuminoïdes autres que la fibrine, on obtient des albu- 
moses et des peptones correspondantes; pour indiquer 
leur origine on leur a donné des noms particuliers : glo- 
buloses et globulinpeptones (Kûhne et Chittenden), vitel- 
loses(Neumeister), caséoses et caseinpeptones (Chittenden), 
myosinoses et myosinpeptones (Ktihne et Chittenden). 
Dans chaque groupe il y a lieu de considérer des termes 
•correspondants aux hemi, anti et amphoalbumoses, aux 
hétéro, proto, et dentéroalbumoses, les termes correspon- 
dants présentant des propriétés très semblables. 

Les substances coUagènes qui forment la plus grande 
partie du tissu conjonctif, des os, des cartilages peuvent 
donner facilement naissance à de la gélatine. La gélatine 
présente nombre de réactions communes avec les subs- 



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— 472 — 

tances albumiûoïdes; elle est remarquable par sa propriété 
de se gonfler dans Teau froide, de se dissoudre dans Teau 
chaude et de se gélifier par refroidissemeat. Tiedemanp 
etGmelin, Beaumont, Blondiot, Uffelmann ont montré que 
le suc gastrique naturel liquéfie la gélatine gélifiée; — 
Frerichs, Metzler, de Bary, Schweder, Etzinger, Tatari- 
noff ont étendu cette propriété au suc gastrique artificiel. 
Cette transformation est-elle une simple transformation 
isomérique? Ou bien correspond-elle à une altération pro- 
fonde de la molécule de gélatine^ est-elle le résultat d'uu 
ou de plusieurs dédoublements? La question a été récem- 
ment abordée par Klug (1) et par Chittenden et SoUey (2). 
En faisant agir sur de la gélatine purifiée du suc gastri- 
que artificiel d'homme, de chien, de porc, ou une solution 
chlorhydrique de pepsine, on a obtenu une digestion pres- 
que complète; il ne reste qu'une petite quantité de subs- 
tance non attaquée, l'apoglutine de Klug, assimilable à 
lantialbumide, mais différant de cette dernière en ce 
qu'elle n'est pas attaquée par la trypsine. La liqueur pi'o- 
venant de la digestion de la gélatine ne se gélifie pas par 
refroidissement; traitée par le sulfate d'ammoniaque à 
saturation elle donne un abondant précipité de gélatoses^ 
il reste en solution une petite quantité de gélatinpeptone. 
Le précipité de gélatoses peut-être redissout dans Teau ; 
le chlorure de sodium à saturation précipite de cette nou- 
velle solution la protogélatose, il reste en solution la den- 
térogélatose qui ne se précipite qu'après addition d'acide 
acétique à sa solution saturée de chlorure de sodium (Klug 
appelle ces substances protoglutose etdentéroglutose). Ces 
gélatoses peuvent être transformées en gëlatinpeptones 
partiellement par le suc gastrique, totalement parie suc 
pancréatique, la protogélatose passant d'abord à Fétat de 
deutérogélatose. On n'a pas trouvé de gélatose qui par ses 
analogies avec l'hétéroalbumose mériterait le nom d'hété- 

rogélatOSe. {A suivre.) 

(1) Uuber die Verdanlichkeît des Leimes. P/lûger*8 Arcà., XLVIII. 

(2) The primary cleavage prodncts formed in the digestion of gelatin., 
Joum. ofphysioL, 1891. 



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— 473 — 



Pharmacie. 



Contributions à nos connaissances sur les alcaloïdes 
de raconit (1). — IP Partie (2). Sur les alcaloïdes de 
VAconitwnnapellusyéiviXdiAQ] par MM. Ddnstan et Umney. 
— Les auteurs ont étudié les alcaloïdes contenus dans 
les racines de TAconitum napellus véritable, cultivé 
spécialement pour cette recherche. Le procédé employé 
pour l'extraction des alcaloïdes exclut toute décomposi- 
tion soit par Teau, soit autrement. Il consiste dans la 
lixiviation des racines séchées à basse température et fine- 
ment pulvérisées par l'huile de fusel rectifiée (bouillant 
entre 100 et 132''); on extrait les alcaloïdes de cette solu- 
tion en l'agitant avecdeTeau acidifiée avec 1 p. 100 d'acide 
sulfurique. Le chloroforme agité avec la solution acide 
enlève de la résine ; la liqueur aqueuse est alors alcaliniséc 
avec de l'ammoniaque, puis traitée par Téther qui dissout 
une proportion notable d'alcaloïdes, mais en laisse une 
petite quantité qu'on extrait par agitation avec le chloro- 
forme. 

L'alcaloîde soluble dans téthet* a été obtenu sous forme 
d'une matière gommeuse incristallisable. Par transforma- 
tion en bromhydrate, il se sépare en deux sels, l'un cris- 
tallisable et l'autre amorphe. 

Le bromhydrate cristallisable a été identifié avec le 
bromhydrate d'aconitine, déjà décrit par l'un des auteurs 
et par Ince. Son pouvoir rotatoire en solution aqueuse est 
a» =— 29*65. La solubilité dans l'eau a été déterminée 
par un échantillon bien pur et a été trouvée de 1 p. 
4431à-j-22<». Jûrgens avait donné une bien plus grande 
solubilité : 1 p. 745, toujours à -f 22*. 

Le bromhydrate amorphe a donné un alcaloïde d'app.a- 
rence gommeuse, qui se dissout dans l'éther et dans l'al- 
cool, mais très peu dans l'eau. La solution aqueuse est 
alcaline au tournesol, très amère, mais ne donne pas, 

(1) Pfiarmaceutical Journal and Transactions, mars 1892. 

(2) Voir 1" partie, Joum. de Pharm. et Ch. [5], XXIU, p. 558. 

Jown. de Pharm. et tU Ckim., 5* série, t. XXV. (!'' mai 189*.) 3 1 



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— 474 — 

comme l'aconitine, la sensation si caractéristique de tinte- 
ment dans les oreilles. Cette base n'a donné aucun sel 
cristallisable : les chlorhydrate, sulfate, nitrate, chlorure 
d'or ont été préparés. Il en résulte une grande difficulté 
pour affirmer son homogénéité. Ses propriétés montrent 
qu'il ne s'agit pas de Taconine, ni de la picraconitine de 
Wright et Lufif, qui toutes deux donnent des sels cristal- 
lisés. Les auteurs proposent de lui donner le nom de 
napelline, en faisant remarquer que ce nom a d'abord été 
donné à Falcaloïde qui est connu aujourd'hui comme 
pseudaconitine, et ensuite, par Hûbschmann à une subs- 
tance que le travail de Wright et LufT ont établi n'être 
qu'un mélange composé surtout d'aconine. La napelline 
est probablement associée à une autre base amorphe, sur 
laquelle les auteurs n'ont encore que peu de connaissances, 
sinon qu'elle ne donne pas non plus de sels cristallisables. 

\j alcaloïde soluhle dam le chloroforme est identique avec 
ïaconine, base amorphe qui résulte de la décomposition 
de l'aconitine sous l'influence de l'eau. Sa combustion a 
donnédes nombres conduisant à la formule deC"H** A2O", 
poids moléculaire confirmé par la méthode de Raoult ! 

En résumé, les racines A'aconitum napellus contien- 
nent trois alcaloïdes, dont l'un est cristallisable, Vaconitine^ 
et les deux autres amorphes, la napelline et Vaconine. Il y 
en a probablement un quatrième, amorphe aussi et res- 
semblant à la napelline. 

Quand on exprime le jus des racines, celui-ci renferme 
une grande proportion des alcaloïdes amorphes, mais très 
peu d'aconitine qui reste presqueenlièrementdanslaràcine, 
d'où on peut l'extraire avec l'alcool amylique. 

IIP Partie. — Sur la formation et les propriétés de Faco* 
nine et sur sa transformation en aconitine ; par MM. Ddnstan 
et Passmore. — Les auteurs ont étudié l'action de décom- 
position de l'eau sur l'aconitine. Wright et Luff avaient 
établi que les seuls produits de cette décomposition étaient 
Taconine et l'acide benzoïque. Plus récemment DragendorfT 
et Jûrgdns ont affirmé que cette réaction se passait en deux 



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— 475 — 

phases; dans la première, il se formerait de Tacideben- 
zoïqiie et un alcaloïde identique avec la picraconitine 
isolée par Wright et Lufif de racines supposées à'aconitum 
napellus ; dans la seconde, cette picraconitine se transfor- 
merait en acide benzoïque, alcool méthylique et aconine. 
Les auteurs ont étudié avec soin Taction de Teau sur 
l'aconitine en chauffant celle-ci en tubes scellés avec de 
l'eau à 150**; mais ils n'ont pu obtenir ni picraconitine ni 
alcool méthylique. Les alcaloïdes extraits de la solution 
par l'éther étaient constitués par un mélange d'aconine et 
d'aconitine inaltérée : 

C" H*' AzO" + H«0 = C" H** AzO" + C H' 0\ 

Ayant obtenu par cette réaction une certaine quantité 
d'aconine, les auteurs en ont profité pour étudier cette 
dernière. 

La base, môme très pure, ne peut être obtenue à l'état 
cristallisé. Certains de ces sels ont été, au contraire, obte- 
nus cristallisés : les chlorhydrate, bromhydrate, sulfate et 
nitrate. 

Tous ces sels sont très solubles dans l'eau; le chlorhydrate 
l'étant le moins, est le plus facile à faire cristalliser; ce 
sel se purifie bien par cristallisation dans un mélange 
d'alcool et d'éther; après dessiccation à 100*, il fond à 175* 
(corr.) ; les cristaux déposés d'une solution alcoolique ont 
pour composition 0" H*^ AzO**. HC12 H*0; ils perdent 
1 H'O à 100* et la seconde molécule d'eau à 120*. 

La solution aqueuse est lévogyre a, = — 7«71. 

La base a été retirée de ce sel pur en le décomposant 
par une solution de sulfate d'argent ; le sulfate d'aconine a 
été ensuite décomposé lui-même par une quantité stricte- 
ment équivalente d'eau de baryte. La solution aqueuse a 
fourni, par évaporation, une substance gommeuse, cas- 
sante, hygroscopique, impossible à faire cristalliser, fon- 
dant à 132* (corr.). L'aconine est très soluble dans l'eau; 
la solution est alcaline. A l'état sec, cet alcaloïde est inso- 
luble dans l'éther et presque insoluble dans le chloroforme. 
Son analyse a fourni des nombres qui s'accordent avec la 



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,'i^ ^ iyi 



— 476 — 

formule 0" H*^ AzO", déjà donnée par Dunslan et Ince 
dans leur étude sur l'aconitine pure. L'aconine réduit les 
sels d'or et d'argent, ainsi que la liquem» de Fehling. Le 
chlorure d'or donne avec le chlorhydrate d'aconine un sel 
double amorphe beaucoup plus soluble dans l'eau que le 
sel correspondant d'aconitine. En solution aqueuse Taco- 
nine est faiblement amère, produit une sensation de bru- 
lm*e dans la bouche, mais ne donne pas le tintement dans 
les oreilles si caractéristique de l'aconitine. Par rapport à 
la lumière polarisée, elle oflre la même particularité que 
l'aconitine; tandis que ses sels sont lévogyres, la base 
libre est dextrogyre : a^ = + 23<». 

L'étude de la décomposition de l'aconitine par l'eau con- 
duit à considérer cette base comme la monobenzoylaconine 
C" H*' (C'H^CO) AzO". Afin de confirmer les résultats 
de l'analyse et de bien établir qu'il n'existait que cette 
simple relation entre l'aconine et l'aconitine, les auteurs 
ont cherché à convertir l'aconine en aconitine. L'action de 
l'anhydride benzoïque à diCTérentes températures n'a pas 
fourni trace d'aconitine ou d'aconitine anhydre. Puisque 
l'aconine est une base relativement forte, on pouvait croire 
qu'elle serait capable de décomposer le benzoate d'éthyle 
avec formation d'aconitine ou d'aconitine anhydre suivant 
les réactions suivantes : 

(1) C*«H»«Az0" + C«H»C0*0C«H»=rCMH*«{C«H»C0)Az0"-f C«H*0H. 

(2) C33H*»AzO«=H»b-hC33HMAzO". 

On a dissous l'aconine dans l'alcool, ajouté à cette solu- 
tion un poids de benzoate d'éthyle un peu supérieur à la 
quantité théorique, et chauffé le mélange en tubes scellés 
pendant 3 heures à 130<*. Après avoir enlevé le benzoate 
d'éthyle inaltéré, onapuisolerunebase soluble dans l'élher^ 
fournissant un bromhydrate cristallisé identique avec le 
bromhydrate d'aconitine anhydre. Le chloroaurure fond à 
141^, ce qui prouve son identité avec le chloroaurure 
d'aconitine anhydre. Ses propriétés physiologiques sont 
semblables aussi à celles de l'alcaloïde obtenu par déshydra- 
tation de l'aconitine. Cette réaction constitue donc une 
synthèse partielle de l'aconitine naturelle. 



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— 477 — 

L'action de réactifs variés sur Taconine n'a pas encore 
conduit à des résultats bien importants. L'acide nitrique 
ne l'attaque pas. Le produit principal de son oxydation 
par le permanganate est l'acide oxalique. On n'a pu obtenir 
de produit d'addition avec Tiodure de méthyle. L'iodure 
d'éthyle a donné de l'iodure de méthylaconitine 

(C"H*» AzO", CHM) 

fondant à 219* (corr.). L'hydroxyde de méthylaconitine 
(C* H" AzO" CH» OH) préparé à l'aide du composé pré- 
cédent, est une base amorphe dont les sels sont aussi 
incristallisables. E. O. 



Hygiène. 

Instructions populaires sur la nésessité de détruire les 
crachats par le feu ou l'eau bouillante dans toutes les 
maladies qui amènent l'expectoration ; par M. le D*" Armain- 
GAUD (de Bordeaux) (1). — « I. Tout malade atteint ou 
venant d'être atteint d'une maladie des voies respiratoires 
donnant lieu à une expectoration plus ou moins abondante, 
doit éviter avec soin de cracher sur le sol des appartements, 
planchers, carreaux, tapis, etc. 

« II. Il doit même éviter, autant que possible, de cracher 
dans un mouchoir ou dans une serviette. 

a III. Son expectoration devra être rejetée dans un cra- 
choir contenant unç petite quantité d'eau et non pas une 
substance pulvérulente. 

a IV. Le contenu du crachoir devra, chaque soir, après 
avoir été mêlé, au dernier moment ^ avec une substance pul- 
vérulente facilement combustible (de la sciure de bois, par 
exemple), être jeté au feu et brûlé avec soin ou tout au 
moins être versé dans les fosses d'aisances, après avoir été 
plongé dans de l'eau bouillante additionnée de carbonate 
de soude [\^^ par litre d'eau). 

« V. Le crachoir lui-même devra être plongé dans cette 
eau bouillante carbonatée et lavé avec grand soin. 

(!) Ann, (Thyg,, février 1892. 

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— 478 — 

K VI. Quand le malade n'aura pu éviter de cracher dans 
un mouchoir, celui-ci devra également être plongé, le jour 
môme et avant d'être remis au blanchissage, dans Peau 
bouillante carbonatée, pendant plusieurs minutes. » 



Chimie. 

Préparation et propriétés du bore amorphe ; par M. Henri 
MoissAN (1). — L'auteur a étudié l'action des métaux alca- 
lins sur l'acide borique, et il résulte de ces recherches que, 
dans ces conditions, on ne peut pas obtenir de bore pur. 

On prend du magnésium en tournure très fine, préparée 
spécialement pour l'éclairage des objets à photographier. 
On le débarrasse d'abord des parcelles de fer qu'il peut 
contenir au moyen d'un aimant, et on s'assure aussi que 
ee magnésium est exempt dans sa masse de silicium et de 
fer. 

L'acide borique doit avoir été refondu récemment au 
creuset de platine; il est très important qu^il ne contienne 
pas d'eau. Il faut rechercher aussi si cet acide borique ne 
contient ni soude, ni chaux, ni silice, impuretés qui se 
rencontrent très souvent dans les acides du commerce. 

Cet acide borique, pulvérisé , est mélangé intimement 
au magnésium dans les proportions suivantes : 

Acide borique 210^ 

Magnésium 70^ 

Cette proportion de magnésium répond seulement au 
tiers du poids du métal nécessaire pour enlever tout l'oxy- 
gène de l'acide. La réaction va donc se faire en présence 
d'un grand excès d'anhydride borique. Le mélange, tassé 
dans un creuset de terre n* 14, est placé dans un fourneau 
Perot porté préalablement au rouge vif. Après quatre à 
cinq minutes, la réaction se produit et elle est accompa- 
gnée d'un grand dégagement de chaleur, car le creuset 
atteint le rouge blanc. Lorsque l'acide borique est bien 

(l) Ac. rf. «c., CXIV, 39«, 1892, 



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— 479 — 

privé d'eau, on n'entend pas de bruissement. On laisse 
encore dix minutes au feu, puis l'on retire le creuset, tou- 
jours muni de son couvercle, et, après refroidissement, on 
trouve à l'intérieur un culot qui souvent peut se détacher 
avec facilité. 

En brisant le culot, on voit, sur la partie extérieure, une 
coloration noire, peu épaisse, tandis que toute la partie 
centrale plus ou moins caverneuse, possède une couleur, 
marron; toute la masse est imprégnée de cristaux blancs 
de borate de magnésie. On sépare avec soin toute cette 
partie marron, on la fait bouillir avec un grand excès d'eau 
et d'acide chlorhydrique pur jusqu'à épuisement d'acide 
borique. Enfin elle est reprise six fois par l'acide chlorhy- 
drique pur bouillant. Chacun de ces traitements à l'acide 
dure une journée. Le résidu est lavé à l'eau distillée, re- 
pris par une solution bouillante de potasse alcoolique ci^ 
10 p. 100, et repris à nouveau par l'eau distillée. Enfin, 
après décantation, il est traité par l'acide fluorhydrique à 
50 p. 100. Ce dernier traitement se fait dans un alambic 
de platine, muni d'un réfrigérant à reflux, à la tempéra- 
ture de l'ébullition de l'acide et pendant dix heures. La 
matière, lavée à l'eau par décantation jusqu'à ce qu'il n'y 
ait plus de réaction acide, est étendue ' ensuite sur des 
plaques poreuses de biscuit et séchée dans le vide en pré- 
sence d'un grand excès d'acide phosphorique. 

On obtient ainsi une poudre marron très ténue, ne con- 
tenant ni eau, ni hydrogène, ni acide borique; elle est 
inaltérable à l'air; son rendement, par rapport au magné- 
sium employé, est environ de 42 p. 100 et, à l'analyse, 
elle fournit les chiffres suivants : 

N" 1. N« 2. N» 3. 

Bore 93,97 94,42 95,00 

Magnésium 3,75 4,05 2,28 

Insoluble 1,60 1,25 1,18 



^9,42 99,73 99,46 



La petite quantité de magnésium que l'on rencontre ent 
core dans cette substance s'y trouve à l'état de borure, e- 



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— 480 — 

Ton ne peut s'en débarrasser qu'en reprenant cette poudre 
par Tacide borique en fusion. 

Pour cela, on mélange ce bore avec 50 fois son poids 
d'anhydride borique en poudre, on le place dans un creu- 
set de terre, en ayant soin de le maintenir entre deux 
couches d'anhydride borique, et Ton chauffe comme pré- 
cédemment. Le culot est repris dans les mêmes conditions 
que celle que nous venons d'indiquer, sauf que les der- 
niers traitements peuvent durer un temps beaucoup plus 
court. Il reste finalement une poudre marron, un peu plus 
claire que la précédente, ne contenant plus que des traces 
de magnésium et une très petite quantité d'une matière 
noire insoluble qui renferme un peu d'azoture de bore. 

D'après son analyse, elle contient : 

Bore 98,30 

Magnésium 0,37 

lasolablo 1,18 

99,85 

Enfin, lorsque Ton veut obtenir le bore pur et complète- 
ment exempt d'azoture, on dispose l'expérience de la façon 
suivante : 

A chaque action du magnésium sur l'acide borique on 
emploie, pour éviter la présence de Tazote du foyer, un 
creuset brasqué avec un mélange en poudre fine d'acide 
titanique et de charbon, ainsi que l'ont indiqué Dcville et 
Wœhler dans leurs recherches sur le titane. On obtient 
ainsi une poudre de couleur marron qui renferme une 
quantité de bore dont la teneur peut varier entre 99,2 et 
92,60. Ce bore ne contient, comme impuretés, que des 
traces de siliciuiû, de fer et de magnésium. 

Si l'on n*a pas eu soin de séparer du culot obtenu la 
partie extérieure noire, dont nous avons déjà parlé, le bore 
préparé dans ces conditions peut contenir une petite quan- 
tité de carbone ou d'un carbure de bore noir cristallisé 
dont l'existence a déjà été indiquée par M. Joly (de 1 à 
1 ,5 p. 100). Ce charbon provient de la réduction de Toxyde 
de carbone du foyer par le bore amorphe. On l'évite en ne 



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— 481 — 

prenant que la partie centrale du culot, qui possède une 
belle couleur marron. 

Enfin ou peut opérer la réduction de Tacide borique par 
le magnésium dans des nacelles de porcelaine placées 
dans un tube de même substance traversée par un cou- 
rant d'hydrogène sec et exempt d'azote. Les lavages se font 
comme il a été indiqué plus haut, et Ton obtient, dans 
ce cas, un bore bien exempt de carbone et d'azoture, mais 
dont le rendement est très faible. Cette délicate prépara- 
tion donne un bore pur ne contenant plus ni carbone ni 
azote. 

La poudre de magnésium, chauflfée en présence d'un 
excès d'acide borique, fournit un mélange de bore, de 
borate de magnésie et de borure de magnésium. Par des 
lavages successifs aux acides, on élimine le borate et la 
majeure partie du borure, en reprenant à nouveau par l'a- 
cide borique en fusion, on oxyde ce qui reste de borure et 
Ton obtient après lavage le bore amorphe ne contenant 
plus qu'une très faible quantité d'azoture. 

Lorsque Ton veut;éviter la présence de ces traces d'azo- 
ture de bore, on doit opérer ^dans l'hydrogène ou brasquer 
les creusets à l'acide titanique, et dans ces conditions on 
prépare le bore amorphe pur. 

Le bore se combine avec plus de facilité aux métalloïdes 
qu'aux métaux ; il a une grande affinité pour le fluor, le 
chlore, l'oxygène et le soufre. C'est un réducteur plus 
énergique que le carbone et le silicium, car il déplace au 
rouge l'oxygène de la silice et celui de l'oxyde de carbone ; 
il permettra vraisemblablement des réductions plus faciles 
que celles obtenues jusqu'ici par le charbon. 

Son action sur les oxydes métalliques facilement réduc- 
tibles par le charbon est très violente; il réagit de même 
avec beaucoup de facilité sur un grand nombre de sels ; 
enfin il ne se combine directement à l'azote qu'à une 
température très élevée. Par l'ensemble de ses propriétés, 
le bore se rapproche nettement du carbone. 



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— 482 — 

Sur la présence de la mannite et de la sorbite dans les 
fruits du laurier^cerise ; par MM. Camille Vincent et 
Delachanal (1). — Les auteurs ont traité les fruits du 
laïu'ier-cerise cueillis en pleine maturité au milieu du 
mois de septembre dernier, pour y rechercher les matières 
sucrées non fermentescibles et ils en ont extrait la man- 
nite et la sorbite ordinaire lévogyre. 

Les fruits ont été broyés, puis la pâte épaisse obtenue a été additionnée 
d'eau en quantité suffisante pour former une bouillie claire qui a été aban- 
donnée à la fermentation naturelle. 

Un échantillon de la matière additionnée d'acétate de plomb et filtrée rédui- 
sait la liqueur de Febling. 

Une fermentation active s*est bientôt déclarée, et au bout de quelques- 
jours, lorequ'elle a été terminée, on a pressé la masse de façon à en extraire 
le liquide clair. 

Ce liquide, fortement coloré en rouge foncé, a été traité par le sous-acétate 
(le plomb en très léger excès, ce qui a produit un abondant précipité qu'on a 
séparé. 

La liqueur claire, presque complètement décolorée, a été traitée par l'iiy- 
drogèue sulfuré, afin de précipiter le plomb, puis concentrée dans le Tîde- 
jusqu'à sirop épais. Ce sirop s'est transformé, au bout de vingt-quatre heures, 
en une masse cristallisée formée de fines aiguilles allongées qui a été soumise 
à l'uction de la presse. 

On a obtenu ainsi une masse solide blanche et un liquide sirupeux. 

La matière solide a été purifiée par plusieurs cristallisations successives 
dans l'eau ; elle a donné finalement des cristaux parfaitement purs auxquels- 
011 a reconnu tous les caractères de la mannite, à savoir : 

l** L'aspect soyeux et la forme des cristaux ; 

2<* La solubilité dans l'eau ; 

3** Le point de fusion, 165**; 

40 La propriété de former avec l'aldéhyde benzoîque un acétal cristallisé 
fusible à 208»; 

5'' L'inaction sur la liqueur de Fehllng. 

Le liquide sirupeux obtenu précédemment, additionné de deux fois son 
volume d'alcool froid a laissé déposer une masse très épaisse renfermant les 
doruièros portions de mannite. Ce dépôt étant séparé, le liquide a été soumis 
a la distillation pour enlever l'alcool. Le résidu sirupeux traité à froid par 
l'acide sulfurique à 50 p. 100 et l'aldéhyde benzoîque, puis abandonné au 
repos pendant vingt-quatro heures, a donné un acétal blanc, amorphe qui a 
clé lavé à l'eau, et ensuite décomposé à l'ébullition par de l'eau chargée de 
r> p. 100 d'acide sulfurique» 

La liqueur débarrassée de l'acide sulfurique au moyen de la baryte, puis- 

(1) Ac. d. «c, CXIV, 486, 1892. 



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— 483 — 

agitée avec do Téther et concentrée dans le yide k consistance sirupeuse n'a 
pas tardé à abandonner des cristaux qui ont été délayés dans de Talcool 85- 
p. 100 et recueillis sur un filtre. 

La matière, traitée ensuite par l'alcool 90^, a été desséchée au-dessus de 
^*acide sulfurique ; son point de fusion a été trouvé situé à TG"» comme celui 
de la sorbite anhydre extraite des baies de sorbier; la sorbite hydratée- 
C«Hi*0«,iH»0 fondant h 57*. 

Cette substance ne réduit pas la liqueur de Fehling ; elle dévie k gauche le 
plan de polarisation ; son pouvoir rotatoire est de — 1*,73 pour le rayoa 
jaune du gaz salé, correspondant avec celui de la sorbite extraite du sorbier. 

L'ensemble de ces propriétés a permis de caractériser la 
sorbite ordinaire lévogyre. 



Delafixationderiodeparramidon;parM.G.RouviER(l). 

— L'auteur a indiqué que Tiode en présence d'un excès 
d'amidon donne un composé différent de celui qui se 
forme en présence d'un excès d'iode. Il s'est proposé de 
déterminer la composition centésimale de ce composé, 
mais il a dû, au préalable, vérifier l'assertion de Mylius^ 
d'après laquelle l'amidon ne pourrait fixer l'iode qu'à la 
condition de prendre, pour 4 atomes d'Iodes, 1 molécule 
d'acide iodhydrique ou d'un iodure. 

Dans ce but, il a opéré comme il suit : 

On fait dissoudre un poids connu d'iode dans de l'alcool 
fort aussi rapidement que possible ; on étend avec de l'eau 
et on titre immédiatement cette dissolution au moyen 
d'une dissolution d'hyposulfite de soude. On détermine ainsi 
la proportion d'iode qui a pu disparaître en tant qu'iode 
libre, et il a été constaté par un grand nombre d'expé- 
riences que cette proportion n'atteint jamais 3 p, 100 de 
l'iode dissous. On ajoute un volume convenable de cette 
dissolution à de l'empois d'amidon ; on précipite Tiodure 
d'amidon formé par une dissolution concentrée de chlo- 
rhydrate d'ammoniaque, et on filtre une portion du liquide 
surnageant. Il se forme un liquide incolore ou légèrement 
coloré en bleu. Dans le dernier cas, on étend une quantité 



(1) Ac. d. 9C,y CKiV, 749, 1892. 



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'.^Jfê^ 



— 484 — 

d'eau suffisante pour que la coloration bleue ne soit plus 
perceptible. A une portion de ce liquide on ajoute quelques 
gouttes d'une solution concentrée d'iodure de potassium, 
puis de Feau amidonnée ; le liquide reste parfaitement 
incolore. A une autre portion, Ton ajoute quelques gouttes 
de la solution alcoolique d'iode, et immédiatement il se 
produit une coloration bleue très intense. 

Il paraît résulter de cette expérience que l'amidon peut 
fixer l'iode, sajis prendre nécessairement pour 4 atomes 
d'iode, 1 molécule d'acide iodhydrique ou d'un iodure. Il 
s'agit donc, dans la détermination de la composition cen- 
tésimale des iodures d'amidon, de rechercher la quantité 
d'iode fixée qui, avant la combinaison, se trouvait à l'état 
libre. 

BIBLIOGRAPHIE 

Société de médecine publique et d'hygiène professionnelle. — 
M. Gariel lit un travail sur V Éclairage électrique au point 
de vue de Vhygiène. — Il étudie l'éclairage au point de vue 
de l'hygiène générale et au point de vue de l'hygiène de 
la vue. Il n'y a aucun inconvénient pour la vue d'employer 
l'électricité et les lampes à incandescence. Les lampes à 
arc sont mauvaises, surtout quand les arcs sont disposés 
à petite distance de la vue ; dès que l'arc est entouré d'un 
globe, il n'est plus dangereux. L'éclairage électrique mo- 
difie peu ou pas la composition de l'air; les accidents dus 
à l'incendie peuvent être facilement évités par certaines 
dispositions. 

M. J. Du JARDIN : Essai commercial des vins et des vinaigres. 
— L'auteur explique dans la phrase suivante le but quïl 
s'est proposé et il Ta très convenablement atteint. 

« Il existe sur l'analyse des vins et des vinaigres, ainsi 
que sur la recherche de leurs falsifications, un grand nom- 
bre d'ouvrages très complets. Le but que nous nous som- 
mes proposé en écrivant ce volume, n'est pas d'apprendre 
la chimie aux négociants en vins, desquels on ne peut 



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Il 



— 485 — 



exiger dos connaissances scientifiques spéciales; ce qu'il 
leiu* faut, ce sont des descriptions simples, faciles à com- 
prendre, des instruments qu'ils sont appelés à employer 
journellement; c'est la vulgarisation de la chimie œnolo- 
gique mise ainsi à la portée de tous. » 



H. Bocquillon-Limousin; Formulaire des médicaments 
nouveaux et des médications nouvelles (3* édition, mise au 
courant des nouvelles acquisitions de la médecine, la pre- 
mière édition n'a pas deux ans de date). — 1 vol. in-18 de 
322 pages. 

L. Jammes; Manuel de V étudiant en pharmacie. — Aide- 
mémoire d'analyse chimique et de toxicologie pour la pré- 
paration du premier examen. 1 vol. in-18 de 281 pages, 
65 figures dans le texte. 

G. Beauvisage ; Les matières grasses. — Cai'actères, falsi- 
fications et essai des huiles, beurres, graisses, suifs et 
cires. 1 vol. in-16 de 324 pages. 

Ces trois volumes sont publiés par MM. J.-B. Bailllère 
et fils. 

Ed. Egasse et Guyenot ; Eaux minérales naturelles auto* 
risées de France et d'Algérie, — Leur analyse, leurs applica- 
tions thérapeutiques. 

M. Dujardin-Beaumetz a écrit une préface très justement 
louangeuse pour ce livre dont un des auteurs, M. Egasse, 
est un des plus actifs collaborateurs du Bulletin de thè^a- 
peutique. 

La phrase qui la termine résume ainsi les mérites de 
cet ouvrage : 

Ce livre, tel qu'il a été conçu, nous donne un 
inventaire pxact et raisonné des eaux minérales que nous 
possédons en France. Les considérations générales qui 
précèdent l'énumération des sources autorisées permettra 
au médecin de savoir dans quelles conditions elle peuvent 
être employées pour le plus grand profit de ses malades, 



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— 486 — 

et il trouvera dans l'index thérapeutique des indications 
aussi précises qu'on peut les donner dans l'état actuel de 
la science hydrologique. 

MM. Egassé et Guyenot ont donc fait œuvre utile à tous 
et, pour ma part, je ne puis que les féliciter d'avoir enti'e- 
pris un pareil travail qui sera, je n'en doute pas, profitable 
à tous ceux qui s'intéressent à la chbse publique. 



Voasis de Gabèsj au point de vue agricole ;i^dLT M. B. Bouti- 
NEAu, pharmacien aide-major à l'hôpital de Oabès, et 
M. J. Fray, vétérinaire en second au 4* spahis. — Lyon, 
Pitrat, 1890. Ouvrage honoré d'une médaille d'argent par 
la Société d'agriculture et par la Société des agriculteurs 
•de France. 

• Étude bactériologique sur Pair et Veau de Nice; par M. Du- 
rand, pharmacien-major. — Ntce^ Gauthier et C*«. 

SOMMAIRES DES PRINCIPAUX RECUEILS DE MÉMOIRES ORIGINAUX 



Comptes rendus de rAoadémie des sciences, 7 mars. — Charpy : 
Densités des solutions aqueuses. — Besson : Combinaison du gaz ammoniac 
avec le bromure et Tiodure de bore. — Luedeking .* Synthèse de la co- 
•crhoïte et de la phénicochroite. 

— 14 mars. — Joannis : Alliages définis de sodiam. — Ad. Camot : 
Essai des minerais d'antimoine. — OEchsner de Coninck : Réaction des 
■acides amido-benzoîques. 

— 21 mars. — Moissan : Préparation de l'iodure de bore. — A, Gau- 
tier : Sur l'origine des matières colorantes de la vigne; acides ampelo- 
chroïques; colorations automnales des végétaux. — Charpy : Détermination 
<les équilibres chimiques dans les systèmes dissous. — Grimaux et Arnaud : 
Sur quelques bases homologues de la quinine. — Béhal et Desgrez : Com- 
binaison des acides gras avec les carbures éthyléniques. — Maquenne : Syn* 
thèse naturelle des hydrocarbures végétaux. 

— â8 mars. — Parmentier : Sur la lampo sans flamme obtenue avec le 
gaz de réclairage. — Poulenc : Action du fluorure de potassium sur les 
chlorures anhydres. Préparation des fluorures anhydres de nickel et de cobalt 
avec le potassium. ^ Ad, Camot : Dosage du fluor. — Étard : Aldéhydes 
ot acétones bromes résultant de l'action du brome sur les alcools de la série 
grasse. — F, Chancel : Sur les propylamincs et leurs dérivés. «— Merlans: 
Sur deux fluorhydrines de la glycérine. 



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i 



— 487 — 

Annales d'hygiène, janvier 189â. •— Nocard : Tuberculine comme 
moyen de diagnostic de la tuberculose bovine. 

— Février. — Chanlemesse et Widal : Différenciation du bacille ty- 
pbique et du coli-bacille (1). 

— Mars. — M, Reuss : Le curé Kneip et le kneippisme. 



Revne d'hygiène, janvier 1892. — Bard : Mode de désinfection des cra- 
choirs des tuberculeux, suppression du balayage. — Bouloumié : Hygiène et 
police sanitaire dans les stations sanitaires. — Mangenot : Hygibne dans 
les écoles primaires publiques à Londres. 



Monitenr scientiliqne, février 189â. — F. Jean ; Analyse optique et 
chimique des beurres. — Thomson et Balantyne : Revision des constantes 
employées dans l'analyse des huiles et des graisses. — Engter et Rupp : 
Essai des graisses de porc américain (S). — R, KUsling : Note sur le chan- 
gement de poids qu'éprouvent les huiles grasses à Pair. 

— Mars 1892. — Trillat : Antiseptiques et produits médicinaux dérivés 
<lu goudron de houille (suite). — J, et H. Pattinson : Détermination du 
manganèse dans ses minerais et ses alliages. 



American Journal of Pharmacy, mars 1892. — Sayre : Sénéga du 
Nord. — Smythe : Écorce de fausse angusture. — Nagelvoort : Sur la forme 
cristalline du chlorure d'or et d'hyoscyamine. — England : Note sur le sul- 
fato de codéine. — Analyses de quelques drogues indigènes. — Umstead : 
Résine de scammonée du commerce. — Moerk : Action du peroxyde d'hy- 
drogène sur les sels métalliques. — Berin^er : Oléorésines. — Blackader : 
Nourriture des enfants, d'après Montréal Médical Journal. — Heaton et 
Vasey : L'analyse des peptones. — Edo Claassen : Sur la flore de TOhio 
septentrional. £. G. 

VARIÉTÉS 

Pharmacie militaire. — Ont été promus : 

V Au grade de pharmacien-major de 1" classe : 

M. Forestier, pharmacien-major de 2" classe, hors cadre, en mission en 
Cochinchinc, réintégré dans le cadre, en remplacement de M. Dauphin, dé- 
cédé. — Remis hors cadre. 

M. Simair, pharmacién-major de 2" 'classe à l'hôpital militaire de Valen- 
ciences, en remplacement do M. Forestier, mis hors cadre. — Maintenu k 
son poste actuel. 

(1) Voir Joum. de Pharm. et de Chim, [5], XXV, 15 janvier, p. 80, 
1892. 

(2) Dans un voyage que je viens de faire en Amérique, j'ai pu constater la 
présence d'énormes quantités d'huiles de coton dans les tueries de porcs, et 
dans les fabriques annexées. A. R. 



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' >'^^*ry^f?^^lpsB 



9* Au grade de pharmacien-major de 2» clasèe : 

M. Adam, pharmacien aide-major do 1" classe aux hôpitaux militaires de 
la brigade d'occupation de Tunisie, en remplacement de M. Dechaux, décédé. 
— Maintenu à son poste actuel. 

M. Daviron, pharmacien aide-major de 1" classe aux hôpitaux militaires de 
la division d'Oran, en remplacement de M. Simair, promu. — Désigné pour 
occuper un emploi de son nouveau grade à Thôpital militaire Desgencttes, à 
Lyon. 

Mutations. — Par décision ministérielle du 9 avril 189Î : 

M. Gouton, pharmacien-major de 2* classe à l'hôpital militaire de Briançon,. 
est désigné, pour la réserve des médicaments, à Marseille. 

M. Rougnon, pharmacien-major de 2* classe à hi réserve des médicaments 
de Marseille, est désigné pour les hôpitaux militaires de la division d'Oran. 

M. Rouvet, pharmacien aide-major de 1" classe à l'hôpital militaire Desgc- 
iieltes, à Lyon, est désigné pour les hôpitaux militaires de la division d'Oran. 

M. Lafrognc, pharmacien aide-major de i"* classe aux hôpitaux militaires 
de la division d'Oran, est désigné pour l'hôpital militaire de Briançon. 



FORMULAIRE 

Crayons élastiques à riodoforme. 

Glycérine officinale 10 gouttes. 

Eau distillée 16 — 

Gomme adragante pulvérisée .... 1 gramme, 

lodoforme pulvérisé 12 — 

Môlez avec soin 6,ns un mortier en battant vivement la glycérine et l'eau 
mesurées au compte-gouttes normal avec la gomme. Faites la masse des 
crayons s. a. ; séchez à l'étuve vers iO-50" pendant deux heures. En même 
temps, chauffez à l'étuve, pendant une demi-heure, des flacons à opodeldoch, 
leurs bouchons de liège et du lycopode; introduisez dans ces flacons, après 
les avoir laissés refroidir dans l'étuve même, les crayons d*iodoforme encore 
chauds ; remplissez do lycopode stérilisé et bouchez avec soin. D' Gat. 



Solution hypodermique d'ergotine. 
(BiEDsaT, de Hagueneau.) 

Ergotine \v 

Eau distillée 5«' 

Acide phénique neigeux 0^,10 

Gette solution ne produit pas d'induration et se conserve longtemps. 

Le Gérant : G. MASSON. 

I>ARI8. — IMP. C. MiRPON ET B. PLAMlfÀlUOM, KDB KACIlfX, 16. 



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— 489 — 



TRAVAUX ORIGINAUX 



Sur la confection publique de la ThériaquCy à Paris; 
Par M. G. Planchox. 

CommuiiicatioD faite à la Société de Pharmacie {fin) (1). 

La délibération prise en 1730 porte que « seront admis 
ceux des confrères qui le souhaitteront pour coopérer à 
la confection dudit antidote ». Il y a là une différence avec 
la délibération de 1700 ; et il est très probable que les frais 
ne sont plus faits par la Compagnie, mais par les apothi- 
caires qui veulent coopérer à la préparation. » 

Celte supposition nous parait confirmée par une pièce 
intéressante (2), que M. Boymond a bien voulu nous 
communiquer. M. De la Planche, en 1763, dans une contes- 
tation avec ses confrères, qui voulaient le chasser de leur 
Compagnie et de la Société de la Thériaque, est amené à 
rappeler que « le Corps des Apothicaires jugea à propos 
-d'autoriser, il y a vingt-cinq ou trente ans, un certain 
nombre de ses membres à faire la Thériaque en public, en 
présence des magistrats et de la Faculté de médecine. 
Ceux de ses membres qui voulurent alors s'unir pour con- 
courir à ce grand œuvre, firent un certain fonds en argent, 
pour acheter tous les vases, vaisseaux, ustanciles, et dro- 
gues nécessaires pour la perfection de cet antidote ». 

Si nous rapprochons de ce passage les termes de la déli- 
bération ci-dessus, et surtout la date de 1730 inscrite sur 
les grands vaisseaux de la Salle des Actes de TEcole, nous 
ne pourrons guère hésiter à fixer à ce moment la consti- 
tution d'une Société de la Thériaque. 



(1) Jùum. de Pharm. et de Ch., [5], XXV, 441. 

(2) Mémoire pour le sieur De la Planche, Maître Apothicaire à Paris, 
Vun des Démonstrateurs du Cours de Chimie qui se fait au Jardin des 
Apothicaires, et des Associés pour la composition publique de la Thé- 
riaque.., contre les Maitres Apothicaires, etc., etc. 

Jûum. de PUrm. et de aim., 5* léiUE, t. XXV. (IS mai 1892.) 32 



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— 490 — 

Celte association parait d'ailleurs avoir été toujours 
ouverte aux maîtres Apothicaires, qui voulaient en faire 
partie. M. De la Planche y était entré, il y avait 4 ans 
environ, à l'époque de sa contestation; il avait versé 600 
livres, « en deniers comptans, pour payement de sa por- 
tion dans les fonds... Peu de temps après son admission, 
il a été vendu, au profit de la Société, pour environ 
1500 livres d'ancienne Thériaque, de laquelle somme il y a 
compte et distribution à faire entre les associés, ainsi que 
d'une somme considérable pour autre ancienne Thériaqpie » . 
Les profits étaient donc distribués, non à la Compagnie des 
Apothicaires, qui s'en désintéressait complètement, mais 
aux membres de TAssociation, qui étaient au nombre 
« d'environ vingt-quatre (1) ». 

En 1763, une proposition nouvelle est apportée par 
les gardes de la Compagnie à l'assemblée générale du 
28 avril. « Ce projet, conçu depuis plusieurs années et qui 
ne peut qu'être avantageux pour l'honneur de la profes- 
sion, pour le bien public et pour nos confrères eux-mêmes, 
c'est d'établir une ofiicine dans le laboratoire du Jardin des 
apoticaires, pour y travailler à toutes sortes de préparations 
tant chimiques que galéniques qui y seront faites avec 
tout le soin et l'exactitude possibles sous les yeux et par 
les mains des maîtres. Messieurs les gardes ont ajouté que 
ceux des confrères qui désireront contribuer à cet établis- 
sement fourniront chacun un contingent de la somme de 
six cents livres, qu'ils croient être convenables pour les 
premières dépenses qu'il y aurait à faire » ; et l'assemblée 
ayant approuvé, les gardes, dans la séance du 2 juillet 1763, 
communiquent le dessein où ils sont de faire construire 
une machine pour mettre en poudre les médicaments de la 
Thériaque et autres médicaments concernant Tofâcine 
déjà projetée, — et de plus, pour abriter la machine, une 
construction dans le jardin, isolée du grand bâtiment pour 
éviter tout ébranlement occasionné par les coups de pilon. 
Ce projet est aussi adopté. Il est probable que la Société 
p < • . ' . ■ .11- .-■■—■ . II. ■ - I-. .11. i.i,. „ i .1 ,..» 

(i) Mémoire cité, page 12. 



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— 401 — 

d'actionnaires ainsi constituée se fondit avec la Société 
de la Tliériaque et c'est celle que nous continuons à re- 
trouver sous ce dernier nom à diverses époques. 

Nous n'ayons pu avoir de documents qui nous fixent sur 
le nombre des membres de cette association, ni sur leurs 
actes. Noua savons seulement que Télectuaire portait les 
attributs de la Compagnie et qu'il y avait un dépôt général, 
avoué par cette Compagnie, et qui devait être probable- 
ment au jardin de TArbalète. 

Près de vingt ans se passent sans changement. Mais 
quelques années après la constitution de la corporation en 
Collège, en 1781 (délibération du samedi 29 septembre], 
les prévôts font observer que « le vœu le plus général des 
membres du Collège était que cet antidote devint un objet 
de travail commun à tout le Collège». Ils proposaient en 
conséquence de « prendre toute précaution pour exécuter 
ce qu'il convient de faire pour l'interest du Collège sans 
compromettre ceux des intéressés actuels. » 

Des pourparlers s'engagent entre la Société et les pré- 
vôts, mais ils paraissent avoir traîné en longueur, et ce 
n'est qu'en 1784 que les délégués de la Société (Pia et 
Bataille) se mettent sérieusement en rapport avec le Col- 
lège et s'entendent pour former une nouvelle association 
a qui serait plus nombreuse que la première. » 

« MM. les associés de la Thériaque ont déclaré qu'ils 
étaient tout disposés à céder et transporter leur intérêt à 
la confection de la Thériaque, et que même ils procéde- 
raient incessamment à un inventaire estimiatif de leurs 
drogues et ustensiles ainsi que de leur Thériaque pour le 
montant du dit inventaire former à chacun un fonds de 
rentrée qui leur sera probablement rendu. » 

Le résultat fut en effet la constitution d'une nouvelle 
Société, sur laquelle nous sommes parfaitement rensei- 
gnés en ayant les statuts et tous les procès-verbaux. Dans 
cette nouvelle combinaison (1), le Collège était représenté 



(i) Cinq membres nouveaux du Collège se joignirent uux dix qui* apparte- 
naient à l'ancienne Société. On fit vingt-trois mises de 600 livres chacune 



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— 492 — 

dans le conseil des actionnaires par ses prévôts, ayant vois 
délibérative ; il avait en outre une part dans les dividendes; 
il n'y avait pas d'autre bureau et dépôt de distribution que 
la maison du Collège : tout membre pouvait prendre in- 
térêt dans la Société par une mise ou fraction de mise ; 
enfin les boettes et les pots portaient les empreintes et 
cachet du Collège; en outre, les médicaments étaient 
livrés à moitié prix à ses membres. 

Au moment de ces divers arrangements, l'ancienne 
Société avait en magasin 2.883 livres de Thériague, 90 li- 
vres d'orviétan, 1 livre 14 onces de Thériague céleste (I). 
Cependant on demanda immédiatement aux nouveaux 
associés de se mettre en mesure de préparer 2.000 livres 
de Thériaque. 

Cette préparation n'était pas sans entraîner des frais 
considérables. 

Dans la séance du 2 août 1784, les prévôts ont repré- 
senté que a l'exposition publique de la Thériaque, qui dure 
quinze jours, nécessite le Collège à une dépense particu- 
lière par la présence journalière de deux démonstrateurs 
et au moins d'un prévôt et autres frais indispensables, et 
ils prient M. le lieutenant général de police d'allouer la 
somme de 600 livres sur laquelle sera prélevé le prix des 
accessits en médailles d'argent, qui est de 64 livres. En 
nous reportant aux comptes du Collège de cette époque (2), 
nous voyons en effet l'emploi de cette sommé uniquement 
pour les dispositions prises en vue des séances d'exposi- 
tion, de démonstration et de préparation définitive de 

représentées par les sommes versées par les nouveaux membres (soit 
3.000 livres), par les médicaments en magasin et les ustensiles (soit enTiroa 
5.400 fr.), enfin par les mises versées dans Tancienne Société par les dix 
membres qui en faisaient partie. 

(i) Dans leur apport à la nouvelle Société, les membres de Tancienoe 
estimaient à 2 livres 10 sols, le prix de la livre de Thériaque ; 2 livres celui 
de Torviétan ; iOO livres celui de la Thériaque céleste. Les prix étaient, bien 
entendu, beaucoup élevés pour le public. 

(2) Entre autres dépenses nous trouvons : du menuisier, pour arrangement 
des tréteaux, 120 fr. ; du tapissier, 153 fr. ; pour bougies, 57 livres ; pour 
annonce dans le Journal Pari», 18 fr., etc., etc. 



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- 493 — 

Télectuaire. Quant aux dépenses nécessitées par la confec- 
tion même de la Thériaque, elles s'élèvent, d'après les 
comptes de la Société, à la somme de 6.087 francs. 

La séance solennelle eut lieu le lundi 13 septembre i78i, 
à cinq heures de relevée, devant M. Lenoir, lieutenant- 
général de police, et M. de Brunville, procureur du roy. 
Après la séance annuelle et la distribution des prix, 
M. Taxil fit la nomenclature et la description des sub- 
stances qui entrent dans la Thériaque, et le 1*' octobre, 
après exposition publique, fut faite la pesée de ces mêmes 
substances, et finalement leur mélange définitif. 

Ce n'est que six ans plus tard que la Société fait de nou- 
veau la confection de la Thériaque; le Collège de pharma- 
cie, à la date du 9 septembre 1790, décide d'inviter à celte 
solennité le maire de Paris, les députés de l'Assemblée 
nationale, le doyen et les professeurs de pharmacie de la 
Faculté de médecine et les prévôts du Collège de chi- 
rurgie. 

Une brochure, sorte de programme, dont M. Monnier 
nous a confié deux exemplaires, indique que la séance eut 
lieu en efifet le 23 septembre 1790 (1). 

Ce fut la dernière préparation faite par la nouvelle 
Société. 

En 1792, vu le renchérissement de toutes les denrées, le 
prix des médicaments livrés par la Société est augmenté 
d'un tiers; puis, le 15 avril de l'année d'après, il est décidé 
que, « sans attendre le 2 juillet prochain, époque à laquelle 
expire la ditte Société, elle sera incessamment dissoute. » 
Et quinze jours après (le 29), le partage est fait entre les 
associés de tous les médicaments restants, sur le pied 
de 168 livres de Thériaque d'Andromaque, 7 livres 12 onces 
d'orviétan, et 1 once 2 gros et demi de Thériaque céleste 
poui' chaque mise d'associé. 

Les moules à boettes au chiffre de la Société et le cachet 

(1) Nous avons trouve, à la bibliothèque du Musée Carnavalet, un wvùf- 
gramme analogue pour une confection de thériaque faite en 17i4 par Trcvcz 
devant les administrateurs des hospices, les professeurs do la Faculté et les 
apothicaires, èi la Salpélrière, in domo SalpUtraria, 



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— 494 — 

sont brisés (après toutefois qu'il en a été coulé le nombre 
de boettes suffisant pour satisfaire aux demandes des asso- 
ciés co partageants). 

Enfin» cinq membres sont chargés de vendre au plus 
offrant et dernier enchérisseur les autres objets dépendant 
des fonds de la Société. 

Trusson était un de ces commissaires ; et c'est très pro- 
bablement le moment où il a acquis et fait apporter, dans 
son officine de la rue de la Montagne-Sainte-Geneviève, le 
vaisseau que M. Monnier veut bien faire entrer aujour- 
d'hui dans les collections de TÉcole, héritière de l'ancien 
Collège. 

La préoccupation de créer au sein du corps pharmaceu- 
tique, et sous son égide, une Société préparant certains 
médicaments mieux que ne peuvent le faire des particu- 
liers, persiste au delà de cette époque. J'ai eu l'occasion, 
à propos de la Société libre des pharmaciens de Paris (1), 
de vous exposer le projet de constitution d'une association 
semblable, et j'ai même rappelé à ce sujet que Trusson 
avait fait, le 15 brumaire an VII, la démonstration des 
substances et la préparation publique de la Thériague^ très 
probablement dans le vase même que vous avez aujour- 
d'hui sous les yeux. 

En somme, si nous résumons en quelques lignes celte 
longue histoire de la Préparation publique de laThériaque, 
nous la voyons faite : 

1'' D'abord par des pharmaciens isolés, qui réclament 
cependant le contrôle des corps constitués ; 

2* De 1700 à 1730 (?) par la Compagnie même des Apo- 
thicaires et à ses frais ; 

3*» De 1730 à 1784, par une Société de la Thériaque, qui 
a ses fonds particuliers, fait les dépenses nécessaires et 
louche les bénéfices. En 1763, elle s'adjoint de nouveaux 
membres et s'efforce d'étendre le nombre des prépara- 
tions qu'elle fait pour le public, avec l'appui moral de 
la Compagnie des Apothicaires; 

(I) Voir Journal de Pharm. et de Chim., 1881, I, 86. 



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— 495 — 

4' De 1784 à 1793, par une nouvelle Société, dans laquelle 
le Collège est représenté par ses prévôts et touche une 
part des dividendes ; 

5* Enfin, par une Société industrielle constituée sous 
l'inspiration et la protection de la Société libre des Phar- 
maciens de Paris, mais qui ne parait pas avoir eu de 
succès. 

APPENDICE 

Nous croyons bien faire de reproduire ici dans toute sa 
naïveté la : 

et Note de ce qui a été observé par la Compagnie vis-à-vis 
la Faculté, lors de la composition de la thériaque en sep- 
tembre-octobre 1776, 

« Après que le jour pour l'exposition des drogues pour 
la Thériaque fut donné par M. le lieutenant général de 
police, le second garde qui n'était point du nombre des 
associés (M. Simonnet), accompagné d'un des associ-'s 
(M. Bataille), furent à la Faculté (en robbes) pour lui faire 
part que la Compagnie des Apoticaires était dans le des- 
sein de composer publiquement la Thériaque d'Andro- 
maque et qu'aïant été chez le magistrat pour le prier de 
vouloir bien se trouver à Touverture de Texposition, le 
magistrat aïant reçu favorablement cette demande, en 
avait fixé le jour au.., septembre 1776. Qu'en conséquence, 
eux MM. Simonnet et Bataille s'étaient rendus aux écoles 
pour prier la Faculté, au nom de la Compagnie, de vouloir 
bien nommer une députation de docteurs pour y assister 
ainsy qu^il est d'usage. 

« Sur quoy, le Doyen répondit que la Faculté si trou- 
verait. En effet, le jour indiqué par le magistrat, le Doyen 
de la Faculté et les deux professeurs en pharmacie avec 
quatre autres docteurs, se rendirent au Jardin. On leur 
envoya deux carrosses de remise aux écoles, pour les con- 
duire au Jardin. On fit préparer une collation et leur aïant 
proposé de se raffraichir, presque tous remercièrent. Il n'y 



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— 496 — 

que le doyen, le premier professeur et son épouse 
mpagnée d'une autre dame qui se mirent à table. 
Cette collation consistait en une belle brioche, biscuits 
iifférentes espèces, macarons, pêches, poires, noix, 
ins, pain, fromage, vin de table et vin de liqueurs. 
Lors de la pesée, les mêmes choses furent observées, 
t-à-dire que Ton envoya aux écoles deux carrosses de 
Lse pour y prendre les doyen et professeurs et les 
ités. On offrit le rafraîchissement et on donna une col- 
in comme la première fois. L'invitation pour la pesée 
jt revêtue d'aucune formalité. M. Simonnet, garde, en 
int le doyen seulement, et le doyen se chargea du 
5. On n'écrivit ny au doyen, ny aux professeurs. 
Chaque fois que les magistrats ont été au Jardin, les 
es se sont rendus le lendemain ou après, chez eux^ 
' les remercier. (Note manuscrite des archives de 
aie de pharmacie.) » 



ululions alcooliques d'ammoniaque; par M. Deléplve. 

i solubilité du gaz ammoniac dans l'alcool ne parait 
avoir été l'objet de données numériques. La plupart 
auteurs mentionnent seulement que ce gaz se dissout 
)rtes proportions dans l'alcool. 

î tableau suivant résume des expériences faites sur ce 
t. Il contient les déterminations faites sur l'alcool 
lique absolu, sur l'alcool à 96, 90, 80, 70, 60 et 50 de- 
centésimaux aux températures successives de la glace 
ante, de 10, 20 et 30 degrés centigrades. 11 indique 
' chacune de ces températures la teneur en poids de 
ammoniac d'un litre de solution saturée (à la pression 
50), la densité de ces solutions et le coefÈlcient de so- 
lité calculée d'après les données précédentes et la 
iité du dissolvant. 



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497 — 



DEGRÉ DE l'alcool: 



10* 



20» 



30* 



Poids de gaz p' "»•*. 

Densité 

Goeffîc. de solub. 

Poids de gaz p'"*». 

Densité 

Goeffic. de solub. 

Poids de gaz p'"*". 

Densité 

Goeffic. de solub. 

Poids de gaz p'»»". 

Densité 

Goeffic. de solub. 



lOO- 



130,5 

0,782 
209,5 

108,5 

0,787 
164,3 

75 
0,791 
106,6 

51,5 
0,798 
97 



96- 



146 

0,7a3 

245 

120 

0,803 

186 

97,5 
0,788 
147,8 

74 
0,791 
106,7 



M- 



173 
0,800 
302,5 

137,5 

0,794 
234,4 

102 
0,795 
158,3 

77 
0,796 
114 



80» 



206,5 
0,808 
390 

167 

0,800 

288 

19,75 
0,821 
190,5 

81,75 
0,826 
121,6 



70- 



137,5 
0,829 
223 

100,3 



60- 



246 
0,830 
504,5 

198,25 
0,831 
373 

152,5 

0,842 
260,8 

129,5 

0,846 
211,6 



50« 



304,5 
0,835 

>7,7 

227 
0,850 
438,6 

182,7 

0,869 
338,2 

152 

0,883 

252 



L'alcool méthylique dissout aussi d'énormes quantités 
de gaz ammoniac. A 0"* un alcool purifié du commerce 
contenant moins de 3 p. 100 d'acétone en a dissous 
40 p. 100 de son poids. Les chiffres trouvés sont les sui- 
vants : 

Poids de gaz par litre 218 

0» { Densité 0,770 

Coefficient de solubilité 425 



A quel état F acide phosphorique existe -t -il dans r urine? 
par M. P. C.4RLES. 

Telle est la question que nous adressait dernièrement 
un clinicien bordelais, et à laquelle il nous semble d'au- 
tant plus difficile de répondre catégoriquement que cet 
état est essentiellement mobile, comme on va en juger par 
ce qui suit : 

Lorsque Turine est dans la vessie, elle est, sauf quel- 
ques cas pathologiques assez rares, de réaction franche- 
ment acide. Cette acidité, elle la doit à la résorption : 1*" du 
suc gastrique; 2* de Tacide sarcolactique des muscles; 



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— 498 — 

3« aux acides hippurique, oxalique, et spécialement à 

Tacide urique qui se forme par suite de l'oxydation des 
albuminoïdes des aliments ou de Tusure des tissus de l'or- 
ganisme. Enfin, d'après M. Bouchard, l'acide phosphogly- 
cérique serait lui-même un facteur de cette acidité. 

Tous ces acides existent naturellement à l'état de combi- 
naison dans le sang, et si on les retrouve temporairement 
à l'état libre dans la vessie, c'est parce que le filtre rénal 
a la propriété de les soutirer en nature au torrent sanguin. 
L'acide phosphorique est dans le même cas: comme il 
trouve dans la masse sanguine assez de bases pour se sa- 
turer, il circule dans les vaisseaux sous la forme de phos- 
phate neutre ou alcalin. Rien n'indique que le rein ait la 
faculté de dissocier ses combinaisons comme les précé- 
dentes ; mais ce que l'on sait bien, c'est que lorsque ces 
phosphates arrivent dans la vessie, ils rencontrent les 
acides énumérés plus haut, et ils partagent leurs bases 
avec chacun d'eux, selon sa masse et son énergie chi- 
mique. 

Comme conséquence de ce déchet basique proportionnel, 
les phosphates s'enrichissent d'autant en acide phospho- 
rique, et, de phosphates tribasiques ou bibasiques qu'ils 
■étaient précédemment, ils deviennent neutres ou acides, 
<î'est-à-dire bibasiques et monobasiques. 

Ce mélange salin reste momentanément en équilibre 
stable dans une vessie valide. Mais, dès que la miction a 
-eu lieu, il est mis aussitôt aux prises avec les microcoques, 
bacilles, bactéries de Van Hegen, Pasteur, Bouchard, ré- 
pandus dans les organes urinaires externes des deux sexes, 
accumulés dans les vases de nuit et en suspension dans 
l'air. Tous ces microorganismes transforment l'urée, les 
traces d'albuminoïdes, de créatine et autres produite, azo- 
tés, en carbonate d'ammoniaque, et il s'ensuit une lente et 
progressive alcalinité de l'urine qui vient renverser Tordre 
des combinaisons phosphatées de l'urine. 

Ce nouveau sel ammoniacal, en effet, porte d'abord son 
action sur les acides primitifs dont il déplace les bases; 
et celles-ci, devenues libres désormais, se reportent sur 



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les phosphates qu'elles transforment successivement en 
sels neutres et tribasiques. 

A partir de ce moment, Tacide phosphorique se divise 
en deux espèces de combinaisons: les unes, toujours solu- 
bles, sont représentées par son union avec la potasse, la 
soude, l'ammoniaque ; les autres, insolubles, sont marquées 
par sa combinaison avec les bases terreuses, chaux et ma- 
gnésie. Mais comme leur formation n'a pas lieu ici brus- 
quement, on les retrouve dans les dépôts, selon la lenteur 
de la combinaison, à Tétat amorphe, confusément cristal* 
lises ou nettement cristallins. 

Voilà comment les faits se passent à l'état sain et nor- 
mal. Mais il est des circonstances où, par suite de la nature 
de Talimentation (végétale ou administration de sels à 
acides organiques) , par suite de la pauvreté du suc gastrique 

{hypochlorhydrie, vomissements, ), ou à cause de la 

pénétration des microbes sus-visés dans la vessie (son- 
dages), l'urine est peu acide, neutre ou devient même 
alcaline avant la miction. Dans ces conditions, la série 
des phénomènes que nous avons décrits dans l'urine nor- 
male mise au contact de l'air se reproduit déjà dans la 
vessie et fait varier, à chaque instant, la forme de la com- 
binaison chimique de l'acide phosphorique. 

C'est pour ces nombreuses raisons qu'il nous a toujours 
paru téméraire, dans les analyses d'urine, de faire la part 
de ces diverses combinaisons, et^ qu'il nous a semblé plus 
rationnel de doser en bloc l'acide phosphorique, en notant 
l'état d'acidité ou d'alcalinité de Turine au moment de sa 
sécrétion, ou, au plus tard, au moment même de sa remise. 



Sur le dosage du tannin; par M. G. Fleury. 

On a proposé de doser le tannin en le faisant absorber 
dans ses solutions par des cordes à violon convenablement 
préparées. Il est très difficile de se procurer cette matière 
absorbante. J'ai pensé à utiliser une autre matière animale ; 
voici l'exposé des résultats auxquels je suis arrivé. 



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'-•-l!^V 



— 500 — 

)n prend des blancs d^œufs fournis par des œufs durs, 
les dessèche à une température modérée et on les broie 
is un mortier profond, en agissant sur de petites quau- 
!S pour avoir une poudre très fine. Cette poudre est lavée 
)c de l'eau alcoolisée à 10 p. 100 et très faiblement acî- 
ée par Tacide tartrique dans le but de saturer l'alcali 
l'albumine. Après quoi on sèche de nouveau la matière 
)n la conserve dans un flacon. 

^our faire un dosage on met dans la liqueur tannifère 
poids connu de poudre albumineuse égal à sept ou huit 
5 le poids présumé du tannin, en opérant dans un vase 
)nd plat. 11 faut laisser l'absorption se produire pendant 
irante-huit heures et agiter fréquemment; de plus, la 
leur doit être acide et non alcaline. On s'assure par le 
chlorure de fer que tout le tannin est absorbé. 11 reste 
îter le liquide avec le précipité sur un filtre et à le laver 
€ de l'eau faiblement alcoolisée. Pendant qu'on sèche 
précipité à 100* on dessèche aussi un petit échantillon 
l'albumine du flacon, pour connaître la quantité d'eau 
î celle-ci renferme, quantité qui doit être défalquée par 
calcul proportionnel du poids de blanc d'œuf employé 
dosage. L'augmentation de poids représente le tannin 
lorbé. 

e dois dire qiie le tannin de la noix de galle ne saurait 
3 dosé par ce moyen ; l'absorption qu'il éprouve de la 
t de l'albumine paraît incomplète ou au moins excessi- 
aent lente. Les variétés de tannin auxquelles j'ai 
cliqué le procédé sont celles que contiennent le vin et 
pétales de roses rouges. 11 y a lieu de tenir compte de 
coloration que Tacide gallique développe au contact du 
chlorure de fer quand cet acide accompagne le tannin, 
le se rappeler qu'il n'est pas absorbé. 



De Vttssociation du calomel et de l'acide cyanhydf*ique ; 
par M. G. Patein. 

^a question de l'incompatibilité du calomel et de l'acide 
mhydrique a donné lieu à de nombreux travaux. On 



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— 501 — 

connaît le fait brutal : lorsque le calomel se trouve en 
contact avec une solution étendue d*acide cyanhydrique, 
il devient gris noirâtre et une partie du merciu^e entre en 
solution à l'état de sel mercurique ; et qui fut interprété 
par Scheele, Buchner et Regimbeau, en admettant qu'il se 
forme du cyanure mercurique, du mercure métallique et de 
Vacide chlorhydrique libre : 

Hg«Cl»+2HOAz=Hg(CAz)»+Hg+2HCl(l). 

En 1863, Bussy et Buignet donnèrent une autre expli- 
cation : pour eux, il se forme du chlorure mercurique^ du 
mercure métallique et Vacide cyanhydrique est régénéré, 
comme s'il n'avait pris part à la réaction que par sa pré- 
sence : 

Hg»CP+2HCAz = HgCP+Hg + 2HCAz (2). 

On voit de suite la différence capitale, au point de vue 
toxicologique qui existe entre les deux opinions et l'impor- 
tance qu'il y a à savoir laquelle adopter; en effet, que dans 
un loch ou une potion contenant de l'eau de laurier-cerise, 
on ajoute du calomel, celui-ci sera toujours décomposé. 
Mais, d'après la première équation, la décomposition sera 
limitée, il ne se formera qu'une quantité de cyanure mer- 
curique proportionnelle à celle de l'acide cyanhydrique et 
la toxicité ne sera pas augmentée; d'après la seconde équa- 
tion, au contraire, l'acide cyanhydrique étant sans cesse 
régénéré, agira sur de nouvelles quantités de calomel pour 
les transformer en sublimé, de sorte qu'une trace d'acide 
cyanhydrique suffirait à former une grande quantité de 
chlorure mercurique et à rendre le loch extrêmement 
toxique. 

En 1889, Fauquet se basant sur les- données thermo- 
chimiques contraires à l'équation de Bussy et Bui- 
gnet, dans les cas de solutions étendues, reprit cette 
étude et conclut qu'il se formait en réalité du cyanure 
mercurique et de l'acide chlorhydrique libre; la dé- 
composition du calomel est limitée et s'arrête dès qu'il 
s'est formé un certain équilibre entre le cyanure mercu* 



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— 502 — 

: et Facide chlorhydrique qui ont pris naissance (1). 

at récemment M. Cheynet a communiqué à la Société 

larmacie des recherches sur le même sujet, démontré 

^sence de Tacide chlorhydrique et isolé le cyanure de 

ure qui se produit pendant la réaction (2). 

mme on le voit, la discussion restait exclusivement 

3 terrain chimique et n'était pas résolue au point de 

toxicologique ; aussi Tavons-nous reprise en nous 

it les deux questions suivantes : 

L'équation de Bussy et Buignet est-elle exacte et 

le cyanhydrique sans cesse régénéré? 

La toxicité d'une potion dans laquelle rentrent du 

ael et de l'acide cyanhydrique est-elle accrue par le 

e cette association? 

ur la première de ces questions, nos recherches ont 

ement confirmé celles de Fauquet et de Cheynet ; 

établissons de plus la non régénération de Tacide 
hydrique de la façon suivante : le liquide qui con- 
t de l'acide cyanhydrique et du calomel est filtré et 
en contact avec du nouveau calomel; or, celui-ci n'est 
altéré, la réaction est donc limitée, ainsi que la for- 
on du sel mercurique. 

était donc légitime de supposer que la toxicité n'avait 
ensiblement varié. 

ur le constater, nous avons fait une solution d'acide 
hydrique étendue à l«s40 par litre et nous avons 
*miné son pouvoir toxique sur le lapin,; nous l'avons 

ensuite en contact avec du calomel en grand excès, 
,près filtration et neutralisation de l'acide chlorhy- 
le formé, déterminé le nouveau pouvoir toxique qui 

sensiblement le même. 

:périenee I. — Poids du lapin, 2'',020. La solution 
de cyanhydrique à i«%40 par litre est additionnée de 
iTolume d'eau et injectée dans la veine auriculaire du 
{. On injecte. 4'* en une minute ; l'animal est pris aus- 

de convulsions, suivies bientôt d'un tremblement 

Joum, de Pharm. et Ch., t. XX, p. 397. ' 

Joum. de Phaivrn. et Ch., t. XXV, p. 456. 



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— 503 — 

généralisé ; les battements du cœur sont affaiblis, Tœil 
fait saillie hors de l'orbite et la pupille est considérable- 
ment dilatée, la mort arrive en dix minutes. 

L'autopsie est faite immédiatement; le cœur est animé 
de battements légers ; les oreillettes sont gorgées de sang : 
les ventricules au contraire sont contractés. 

Expé7nence IL — Poids du lapin, 2^,150. La solution 
d'acide cyanhydrique à 1«%40 par litre, est filtrée après 
son contact avec le calomel, neutralisé, étendue de son 
volume d*eau et injectée comme précédemment, mais plus 
lentement ; 2^ sont injectés en deux minutes ; Tanimal 
reste abandonné à lui-même pendant quelques minutes 
sans manifester de troubles sensibles ; on lui injecte alors 
un nouveau centimètre cube; les convulsions apparaissent, 
la respiration devient saccadée et rapide ; le tremblement 
se produit aussi, moindre cependant que dans le cas pré- 
cédent ; les battements du cœur sont affaiblis, mais rani- 
mai résiste encore ; on lui injecte enfin, au bout de six 
minutes, un dernier centimètre cube, ce qui fait en tout 
quatre centimètres cubes ; il est agité par des convulsions, 
pousse quelques cris et meurt. L'expérience a duré vingt 
minutes. La pupille est dilatée, Tœil fait légèrement saillie 
hors de Torbite. 

L'animal est ouvert immédiatement ; le cœur est animé 
de battements qui persistent encore un certain temps ; 
les oreillettes et les ventricules sont gorgés de sang. 

On voit que dans les deux cas, il a fallu employer des 
volumes de solutions identiques pour produire la mort en 
quelques minutes ; le coefiicient de toxicité serait dans le 
1" cas 0,00138, dans le 2« cas, 0,00130 pour le lapin. 

Ceci nous permet de conclure : 1* que l'association du 
calomel et de l'acide cyanhydrique est mauvaise, au point 
demie chimique; il y a probablement production de cyanure 
mercureux, essentiellement insolubles, et d'acide chlorhy- 
drique,puis aussitôt décomposition du cyanure mercureux 
en cyanure mercurique et mercure métallique. 
' 2<> Que cette association ne paraît pas augmenter sensi- 
blement la toxicité du liquide; les coefiTicients de toxicité 



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— 504 — 

\ peu difTérents chez le lapiû ; les symptômes qui pré- 
înt la mort sont les mêmes. 

* La solution d'acide cyanhydrique qui a été mise en 
tact avec le calomel est toxique, en tant que composé 
Qhydrique, beaucoup moins comme sel mercurique. 



eckerches expérimentales sur le Inchlorure de mercure, 
toxicologie et physiologie] par M. Cathelinbau. 

oici les conclusions de ce travail que nous regrettons 
le pouvoir reproduire en entier. 

Toxicologie : 1^ Par injection intraveineuse, le bichlo- 
5 de mercure, à la dose de 0«',01 par kilogramme d'ani- 
, produit immédiatement la mort; 

la dose de 0«%005 par kilogramme, la mort survient 
)out de 24 heures environ ; 

la dose de 0«%0025, la mort survient dans les quatre 
*s environ qui suivent Tinjection ; 
' Par voie stomacale^ à la dose de 0<^%06 par kilogramme, 
lort arrive dans les 12 heures; 

celle de 0<^05 par kilogramme, elle se produit dans 
48 heures ; 

celle de 0<%04, on constate un intervalle de trois à 
tre jours avant que la mort se produise ; 
ux doses de 0«^01 et de 0«%02, l'animal intoxiqué se 
et assez rapidement ; 

Par injection intramusculaire, le sublimé à la dose de 
)1 par kilogramme produit la mort dans les 24 heures ; 

celle de 0(^%005, l'animal meurt au bout de 48 heures 
ixon; 

la dose de 0«%001 par kilogramme, Tanimal, forle- 
it touché, dépérit pendant un certain temps, puis se 
blit; 

la dose de û«%0005 par kilogramme, Fétat général ne 
ble pas objectivement altéré. 

. Physiologie. — A dose toxique, le mercure déter- 
e les phénomènes suivants : 



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— 505 — 

Diminution de la fréquence des mouvements du cœur, 
mais seulement au bout d'un temps très long. — Aryth- 
mie. — Affaiblissement systolique (chute graduelle). — 
Arrêt du cœur. — Il ne semble pas qu'il y ait à noter d'in- 
fluence tout au moins apparente du mercure sur le système 
nerveux vaso-moteur. 

lïl. Action du mercure sur le sang. — In vitro, la capa- 
cité respiratoii*e du sang est diminuée sous Tinfluence du 
mercure, mais il faut arriver pour produire ce phénomène 
à des doses assez considérables. 

In vitro, la destruction du sucre dans le sang n'est pas 
entravée môme par des doses considérables de bichlorure. 

A petites doses, le mercure chez l'individu sain ne pro- 
duit, même au bout d'un temps très long, aucun phéno- 
mène. 

A dose toxique, l'hémoglobine diminue, ainsi que le 
résidu fixe, alors que l'urée et la glucose augmentent ; il y 
a en même temps hydrémie. 

IV. Action du mercure sur les ferments digestifs. — 
Le mercure à dose thérapeutique (voire même jusqu'à la 
dose de 0«%G5 de bichlorure, n'arrête pas l'action sacchari- 
fiante de l'amylase (amylase salivaire et pancréatique). 

L'action peptonisante de la pepsine sur la fibrine, de la 
trypsine sur la fibrine et la caséine n'est pas non plus 
entravée. On constate seulement du ralentissement. 

V. Action sur la nutrition. — Comme l'a démontré 
Schlesinger, le mercure à petite dose pendant un temps 
très long n'a aucune action sur les échanges ni sur la com- 
position des excréta urinaires. Ses expériences reprises 
ont montré seulement que le coefficient d'oxydation, qui 
est le rapport entre l'azote total et l'azote de l'urée, est 
diminué. 

A doses plus considérables (intoxication subaiguë), le 
mercure détermine l'augmentation de tous les éléments de 
l'urine proportionnellement le coefficient d'oxydation va 
en diminuant. 

A dose toxique, sous l'influence du mercure on voit se 
produire deux phases très nettes : 

Jmm. 4e Pkarm.et de CA/w., 5- série, t. XXV. (15 mai 1894.) 33 



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— 506 — 

1* D'abord augmentation de tous les éléments de Turine ; 
2<> Puis diminution de tous ces éléments, oligurie, anurie; 
S"" L'albumine apparatt dès les premiers jours, la glyco- 
surie est plus tardive. 



REVOB DES PUBLICATIONS DE MÉDECINE, 
PHYSIOLOGIE, MICROBIOLOGIE, CHIMIE, AGRONOMIE. 



Médecine. 

La vie d'un microbe pathogène; par M. Â. Charrin 

[fin] (1). 

Evidemment la question qui vient de nous occuper a 
son importance; pourtant, son rôle une fois mis au-dessus 
du débat, tout n'est pas dit ; les analyses poursuivies par 
Arnaud comportent d'autres enseignements. Dans le groupe 
de ces enseignements, il en est un qui a trait au nombre 
des sécrétions d'un microbe unique. Un germe fabrique- 
iril un ou plusieurs corps ? Tel est, posé sans artifice, le 
problème soulevé à l'instant. 

M. Bouchard, le premier, a répondu dans le sens de la 
multiplicité ; c'est, également, notre opinion. D'ailleurs, 
les faits, bases de notre raisonnement, se passent de com- 
mentaires. De la même culture du même agent, on retire, 
au même moment, de Toxalate d'ammoniaque et de la 
pyocyanine (2). Or, il ne s'agit pas de corps plus ou moins 
bien définis, de corps caractérisés par quelques réactions, 
il s'agit de corps cristallisés, à formules précises. A coup 
sur, leur intérêt physiologique est de second ordre, 
quoique ces sels d'ammoniaque ne soient pas dépourvus 
de toxicité; néanmoins, théoriquement, le problème a 
reçu sa solution ; cette solution paraît défier la réplique. 

Juxtaposés à ces sels, à l'acide carbonique, existent des 
principes, beaucoup moins connus chimiquement, dont 

(1) Joum, de Pharm. et de Chim. [5], 462, i89t. 

(2) Traité de médecine, Hasson, éditeur, Paris, ISOI, pages 197, 196. 



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— 507 — 

ractionsur Tanimal est, en revanche, des plus actives. Oes 
principes sont en si minime proportion que Ton se demande 
comment certains auteurs arrivent à savoir leur teneur 
exacte pour leurs divers éléments constitutifs. Les meil- 
leurs, les plus habiles, parmi les analystes, ne se risquent 
pas*à fournir une formule, s'ils n*ont pas, à leur disposi- 
tion, 1 à 2<' de la matière soumise à leur expertise. 

Nous sonunes loin de ces doses, car, de Tazote total, 
ces matières ne retiennent que 4 p. 100, du carbone 13; 
dans un litre, on dépasse rarement des milligrammes, des 
centigrammes. 

En apparence, la solution parait aisée : augmenter ces 
litres, autant que l'exige la ïaiblesse du rendement. Ici, 
comme ailleurs, la critique est plus facile que Fart. Le cal- 
cul conduit, en effet, à assembler des volumes tels que la 
chose cesse d'être pratique; plusieui's motifs seraient à 
développer, s'il en était besoin. 

Modifiez les milieux ; cherchez, changez jusqu'à la ren- 
contre d'un bouillon au sein duquel la bactérie fabriquera 
d'énormes quantités de produits spéciaux. — Nous n'avons 
pas attendu qu'on proclame ce banal conseil pour tenter 
sa réalisation. Tantôt, nous avons vu les sécrétions faiblir; 
c'est ce qui se passe, répétons-le, dans le vide, dans l'acide 
carbonique ; dans l'hydrogène, on arrive à la moyenne. 
Tantôt, nous avons vu ces sécrétions augmenter, par 
exemple, en remplaçant l'asparagine par de la gélatine (1). 
L'azote, qui sort sous aspect ammoniacal, tombe de 91 
à 70; le poids des agents pathogènes s'élève de 0,420 à 
0,990 ; celui des spécifiques atteint 0,495, au lieu 0,330. Il 
y a donc progrès, mais progrès partiel. 

Toutefois, ces résultats conduisent à entrevoir le succès, 
attendu que l'un des chiffres les plus importants est celui 
qui indique la quantité des cadavres bacillaires, quantité 
qui, grâce à cette culture, gélatinisée, a plus que doublé. 



(1) Cette aiigmeotation est insuffisante ; nous n'avons pas vu qu'elle fût plus 
considérable chez ceux qui donnent des formules. Mous parlons, bien entendu, 
du cas particulier où nous nous sommes placés. 



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K 






^' — 508 ^ 

r Ce n'est point là un minime détail, puisque Bucïmer 

attribue au protoplasma des propriétés d'hydratation, de 
^ digestion, voir de suppuration, vis-à-vis des tissus. Mal- 

heureusement, cette déduction de Tauteur allemand n'est 
pas absolument inattaquable ; en voici la raison. 

En faisant agir, sur l'asparagine, le protoplasma de mi- 
crobes, on reconnaît qu'il survient des dédoublements. Or, 
quand on a soin, comme nous l'avons fait, de procéder 
sous le chloroforme pour inhiber toute action vitale, on 
est obligé de conclure à l'existence d'une diastase, d^autant 
que le liquide filtré est sans pouvoir. 

D'ailleurs, si on se remet en mémoire certaines expé- 
riences de Wurtz (1), on n'est en rien surpris. Wurlz a 
constaté que la papaîne se fixe sur la fibrine, de telle ma- 
nière qu'un courant d'eau en permanence, durant plu- 
sieurs journées, est incapable d'opérer la disjonction ; la 
fibrine garde, après le lavage, une puissance fermentative, 
qui ne peut provenir que de la papaîne en question. Dès 
lors, on est poussé à se demander, du moment où la dias- 
tase pyocyanique adhère en de pareilles proportions au 
bacille, si c'est ce bacille qui intervient, grâce à son con- 
tenu, dans les constatations de Buchner (2); ou bien, s*il 
convient d'accuser cette diastase qui le recouvre, qui, 
pour ainsi dire, l'enveloppe. 

Retenons, en tout cas, cette notion de la formation d'un 
ferment soluble, non figuré; sa réalité est aussi clairement 
démontrée que possible. — Retenons cette autre conclu- 
sion: la quantité des spécifiques, dés l'instant où l'on a usé 
de gélatine, est passée du simple au double. Or, ces spé- 
cifiques représentent, en quelque sorte, la virulence; nous 
avons donc réussi à placer en évidence une des varia- 
tions», de cette virulence, variations si fi-équemment mises 
en cause, si fréquemment invoquées, si rarement prou- 
vées. Jadis, et nous y avons contribué nous-méme, on s*est 
efforcé de montrer que les fonctions des germes subissaient 

(t) CompL rend.y Ac. </. «c, t. XC, p. 1379; t. XCl, p. 787. 
(2) CentrabL Bâcler,, Mm, 



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— 509 — 

de nombreuses fluctuations (1). On s -est servi, dans ce but, 
des agents chromogènes; on a supprimé, diminué, ou, in- 
versement, exagéré la production du pigment. Assurément, 
ces recherches n'étaient pas dénuées d'intérêt, en particu- 
lier, au point de vue doctrinal. Mais, ici, il ne s'agit plus 
d'un corps quelconque, il s'agit de ceux que le microbe 
utilise pour engendrer les symptômes morbides, les lé- 
sions; il s'agit, nous le répétons, de ce qui est la virulence 
même; cette virulence, nous l'avons pesée, pesée à la 
balance de précision. 

Devant Pimpossibilité de recueillir, à l'heure actuelle, 
des poids suffisants, des éléments spéciaux, pour les ana- 
lyser, les étudier isolément, nous avons opéré, parmi eux, 
des dissociations plutôt physiques que chimiques, en les 
catégorisant en trois groupes: le premier comprend les 
matières volatiles; le second, les matières solubles dans 
l'alcool; le troisième, les insolubles dans ce même alcool. 

Chacune de ces trois catégories possède des qualités 
diflférentes. — La première actionne les vaso-moteurs ; la 
deuxième influence, également, les centres nerveux, pro- 
voque des convulsions; la troisième, la plus considérable, 
comporte, à la fois, des effets vaccinants et des effets toxi- 
ques; la chaleur atténue son pouvoir nocif, en conservant 
la puissance d'accroître la résistance; on peut aussi, en 
n'utilisant que des doses infinitésimales, aboutir à pré- 
server l'organisme, sans solliciter d'accidents. 

La conclusion de ces faits est que la physiologie, 
peut-être avec une rigueur un peu amoindrie, amène à 
reconnaître que, dans les substances bactériennes, il y a 
des corps distincts. Du reste, nous n'avons pas pour 
but d'insister sur ce point ; à lui seul, il embrasse une 
série de développements. \ 

Ce que nous avons surtout désiré établir, c'est que la 
yie d'un agent pathogène se rapproche singulièrement de 
celle de notre cellule; de là, une concurrence vitale inévi- 



(1) Ch. Bouchard, Ac, d, se, S4 août 1887; Gharrin et Roger, Soc, bioL 
27 octobre 1887. 



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— 510 — 

table. En outre, dans les produits de cette évolution bacil- 
laire, les corps ordinaires l'emportent de beaucoup sur les 
spécifiques. Nous avons réussi, cependant, à isoler une 
diastase, la diastase pyocyanique. D'autre part, nous 
avons pu mesurer les modifications des matières spé- 
ciales, virulentes. 

' Signalons, enfin, les phénomènes caractéristiques qui 
suivent rinjection séparée des trois extraits; il est diffi- 
cile, avec de semblables données, de ne pas admettre la 
multiplicité des toxines. 



Pliftiologie. 

Suc gastrique; par M. Maurice Arthds [fin) (1). — 
Ces différentes études extrêmement importantes au point 
de vue de la connaissance de la constitution et des produits 
de décomposition des substances albuminoïdes et colla* 
gènes ont été faites en dehors de Torganisme. Lès transfor- 
mations ultimes, la production de deutéroalbumoses et de 
peptones, en quantité notable, ne sont que des phénomè- 
nes tardifs. Sans doute dans Testomac, les conditions doi- 
vent être meilleures, puisque pendant toute la durée de la 
digestion la muqueuse produit un suc gastrique actif, et 
que les produits de transformations des aliments peuvent 
être résorbés ou évacués dans l'intestin; on doit pourtant 
se demander si les transformations digestives sont pous- 
sées dans l'estomac jusqu'à la production de peptones, ou 
si elles s'arrêtent à un stade intermédiaire albumosique. 
On ne peut pas répondre à cette question d'une façon trop 
absolue, car les choses ne se passent pas de la même 
manière chez les carnivores dont l'estomac se vide rapide- 
ment, et chez certains rongeurs dont l'estomac ne se vide 
jamais dans l'intervalle de deux repas; en outre les diffé- 
rents aliments ne sont pas transformés avec la même faci- 
lité dans l'estomac. Certains auteurs ont prétendu que la 
digestion gastrique était à peu près nulle quant aux 

(i) Joum. de Pharm. et Ch, [5], XXV, 359, 408, 466, 1892. 



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— 511 — 

transformations chimiques des aliments, qu'elle se bor- 
nait à une dissociation, par suite de la digestion da 
tissu conjonctif qui seul serait peptonisé. Sans doute 
la viande ingérée passe dans le duodénum sans que la 
âbre musculaire soit dissoute ou même sensiblement al- 
térée; mais l'albumine d'œuf subit une digestion beaucoup 
plus arancée ainsi que la constaté Gahn (1). Déjà une 
demi-heure après un repas riche en matières albimiinoïdes 
le contenu gastrique contient des albumoses et im peu de 
peptone. 

Ooldsmith (2) a vérifié ce fait sur le cheval. On doit 
admettre qu'au moment où les aliments quittent Testomac 
leur digestion peptique n'est pas poussée jusqu'à ses der- 
nières limites, que même pour certains aliments tels que 
la viande elle est k peine amorcée; mais que pour d'autres 
làatières albuminoïdes elle est très avancée, et qu'en tout 
cas la digestion gastrique donne lieu à la production d'une 
quantité notable d'albumoses et de peptones, quantité qui 
est variable avec les divers aliments. 

Il y a donc une digestion gastrique, se traduisant par 
des transformations chimiques des substances albumi- 
noïdes: c'est là un fait positif que ne peuvent renverser les 
théories. Mais cette transformation gastrique est-elle in- 
dispensable? Le suc pancréatique ne peut-il digérer les 
aliments que si ces derniers ont été soumis à l'action du 
suc gastrique? Le suc pancréatique ayant la propriété m 
vît7*o de transformer les albuminoïdes en peptones direc- 
tement et sans l'action préalable de la pepsine, il y a lieu 
dépenser que le suc gastrique n'est pas indispensable à la 
digestion des aliments. On n'en a d'ailleurs donné la démons- 
tration directe : Czemy (3) a pu conserver un chien vivant, 
bien portant, mangeant des aliments quelconques pendant 
plus de cinq ans après lui avoir fait une gastrectomie 



(1) Die ^erdauung des Fleisches im normalen Magen. Zeitschr, /. klin 
Med.y XU. 

(2) ZdUchr, f, physiol. Chemie, 1885 et 1886. 

(3) Czemy*s Beitrage zur operativ Chirurgie, 1878. 



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— 512 — 

totale. Ludwig et Ogata (i) oDt pratiqué une fistule gas- 
trique juxtapylorique et nourri un chien par cette fistule 
en introduisant les aliments à travers le pylore directement 
dans le duodénum ; le passage du suc gastrique dans le 
duodénum était empêché par l'apposition d'un ballon de 
caoutchouc obturateur au niveau du pylore. Le chien di- 
gérait bien tous les aliments qu'on lui donnait assez fine- 
ment hachés, pain, viande, œufs, lait; les excréments 
étaient normaux; seul le tissu coi\ionctif n'était pas, ou 
tout au moins pas complètement digéré. L'estomac qui 
normalement accomplit des transformations digestives 
n'est donc pas indispensable à la digestion; c'est là la con- 
clusion et la seule qu'on doive tirer des expériences de 
€2erny, de Ludwig et d'Ogata, et encore cette conclusion 
n'est-elle valable que pour le chien adulte ; elle ne saïu-ait 
être appliquée à l'animal jeune, et aux autres espèces 
animales, notamment aux herbivores, jusqu'à ce que la 
preuve expérimentale en ait été donnée. 

III 

Le lait subit dans Pestomac une transformation chi* 
mique importante : il est coagulé ou plus exactement 
caséifié par le suc gastrique. 

Le lait abandonné à lui-même à une température de 20"* 
à SS"" caille par suite de la production d'acide lactique aux 
dépens du sucre de lait ; lorsque la quantité d'acide lac- 
tique produite a atteint une certaine proportion, la caséine 
du lait est précipitée ou, comme on dit vulgairement, cail- 
lée. Le suc gastrique est toujours acide, au moins chez 
l'adulte; après ingestion du lait, il contient toujours de 
l'acide lactique ; on a été ainsi conduit à penser que dans 
l'estomac la coagulation du lait est due à la présence ou à 
la formation d'un acide, ou de combinaisons acides. C'est 
l'opinion qui fut soutenue par Liebig. 

Cette théorie fut combattue dès 1846 par Selmi qui dé- 

(1) Du Bois Reymond's Archiv.f 18S3. 



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— 513 — 

montra (Jue le lait peut coaguler par Taction d'une infu- 
sion de muqueuse stomacale de veau, sans que sa réaction 
devienne acide. Ce fait a été bien établi par les recherches 
plus récentes d'Alexander Schmidt, de Heintz, de Ham- 
marsten (1871-1872). La coagulation est due à une action 
spécifique du suc gastrique qui renferme un agent par« 
ticulier actif appartenant au groupe des ferments, le 
iabferment d'Hammarsten. 

On ne doit pas assimiler la coagulation du lait par le 
suc gastrique à la précipitation de la caséine par les acides 
pour les raisons suivantes : 

Du lait frais à réaction amphotère ou légèrement alcali- 
nisé, additionné de suc gastrique neutralisé, ou de macé- 
ration de caillette de veau neutralisée coagule rapidement 
à 40«sans que sa réaction soit modifiée; — des solutions 
de caséine pure, ne contenant pas de sucre de lait et pré- 
sentant la réaction amphothère ou légèrement alcaline, 
peuvent coaguler sous Faction du suc gastrique neutralisé, 
ou de la macération neutralisée de muqueuse gastrique de 
veau; — on peut préparer des solutions de ferment pur ne 
contenant pas de sucre de lait à réaction parfaitement 
neutre capables de coaguler les solutions neutres ou légè- 
rement alcalines de caséine pure, sans que la réaction soit 
modifiée; — enfin le composé résultant de la coagulation 
du lait diffère par sa composition chimique et ses proprié- 
tés suivant que la coagulation est produite par un acide 
ou par la caillette de veau : la caséine précipitée par un 
acide est floconneuse, facilement soluble dans la soude 
ou Tacide acétique dilués; la caséine coagulée par le 
suc gastrique est plus massive, plus difilcilement soluble 
dans la soude et Tacide acétique; le précipité par les acides 
peut être débarrassé par un lavage prolongé de tous les 
éléments minéraux au point de ne pas laisser de cendres 
par calcination ; le coagulum par le suc gastrique donne 
toujours des cendres par calcination quelque long qu'ait 
été lé lavage; ces cendres sont surtout formées de phos- 
phate de chaux. 

L'agent actif de cette transformation, le ferment, a pu 



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— 5t4 — 

être préparé en partant de la macération de muqueuse 
gastrique ou mieux de caillette de reau ou de chevreau 
par divers procédés indiqués par Soxhlet, Erlenme^er, 
Hammarsten. 

Hammarsten a pu préparer une liqueur aqueuse très 
active contenant ce ferment, mais ne contenant plus de 
pepsine, et démontrer ainsi Tindépendance des deux fer- 
ments. Ces solutions de laà pur sont sans action sur le 
sucre de lait ; il ne doit donc pas être confondu avec le fer- 
ment lactique. 

Hammarsten a montré que le lab existe dans la mu- 
queuse gastrique soit dans le grand cul-de-sac, soit dans 
la région pylorique. Ce n'est que dans la muqueuse du 
veau et de Tagneau qu'on le trouve en grandes quantités; 
ailleurs on n'en trouve que des traces ou même pas du 
tout. Mais il a reconnu que toutes les muqueuses gas- 
triques renferment une substance soluhle dans Teau qui, 
sous Tinfluencè de l'acide chlorhydrique ou de l'acide 
lactique à 0,001 donne rapidement du lab. Ces faits ont 
été vérifiés par Orûtzner et par Heidenhain quiont cons- 
taté la formation de ferment aux dépens des glandes du 
grand cul-de-sac et des glandes pyloriques. Orûtzner a 
montré que la teneur de la muqueuse gastrique en fer- 
ment caséifiant est toujours parallèle à sa teneur en pep- 
sine aux dififérents stades de la digestion. Heidenhain en 
conclut que ces deux ferments ont vraisemblablement la 
m(^me origine, à savoir les cellules des glandes pyloriques 
et les cellules dites principales des glandes du grand cul- 
de-sac. Cette conclusion acquiert une grande certitude 
par suite de cette remarque de Orûtzner que, chez la gre- 
nouille, où la muqueuse gastrique ne contient pas de pep- 
sine, cette muqueuse ne contient pas de lab; par contre 
ces deux ferments se rencontrent abondamment dans les 
glandes de l'œsophage. 

Àrthus et Pages (1) ont montré que le contenu gastrique 
des animaux renferme du lab lorsqu'il OBi acide ou qu'il 

(I) Recherches sor la digestion du lait» Société 4e biologie, 189<k 



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— 515 — 

a été acidifié ; sinon il contient du profeiment, transfor- 
mable en ferment par les acides ; — que les macérations 
aqueuses de muqueuses gastriques contiennent seulement 
du proferment; — que les macérations acides de ces mu- 
queuses contiennent du ferment. Chez le jeune animal on 
trouve toujours du lab quelle que soit la réaction du con- 
tenu gastrique, quelle que soit la réaction des macérations 
de muqueuses. 

L'existence du ferment et du proferment correspondant 
à été démontrée récemment chez Thomme par Boas et 
Klemperer. 

Hammarsten a étudié les phénomènes chimiques de 
la caséification. Il prépare une caséine débarrassée de 
sucre de lait, en précipitant le lait par Tacide acétique, 
dissolvant le précipité dans une solution étendue de car- 
bonate de soude, reprécipitant par l'acide, etc. La solution 
de caséine dans le carbonate de soude est neutralisée par 
l'acide phosphorique et donne la réaction amphotère du 
lait. Une telle solution ne coagule pas par le lab; d'autre 
part lé liquide fihré après précipitation du lait par Tacide 
acétique né précipite pas par le lab; le mélange de la solu- 
tion de caséine et du petit lait d'acidification est caséifié 
par le lab. La caséificalion exige donc outre le ferment deux 
substances : l'une précipitée par Tacide acétique dans le 
lait, la caséine; l'autre non précipitée par cet acide. Cette 
dernière substance est le phosphate de chaux. En effet, si 
Ton dissout la caséine pure non plus dans le carbonate de 
soude mais dans l'eau de chaux, et si on neutralise par 
l'acide phosphorique on obtient une solution de caséine 
caséifiable. La coagulation, de la caséine, dit Hammars* 
ten, est une transformation chimique produite par le 
ferment caséiflant en présence des sels de calcium, notam- 
ment du phosphate de chaux. Dans cette transformation, 
il se forme au moins deux substances albuminoïdes dont 
l'une est peu soluble, le caséum, dont l'autre très soluble 
constitue la substance albuminoïde du lactosérum ou petit 
lait de caséification. Mais si le lab n'est un ferment coagu- 
lant qu'en présence d'un sel de chaux, il peut transformer 



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— 516 — 

la caséine en Tabsence de ce sel. La solution de caséine 
qui n'est pas précipitée normalement par de petites quan- 
tités de chlorure de calcium, donne après l'action du lab 
un précipité par addition de sel calcique : la caséine a 
donc été modifiée par l'action du ferment caséifiant. 

Lundberg a montré que les phosphates de baryum, 
strontium et magnésium peuvent remplacer le sel de 
chaux dans la formation du caséum ; les produits obtenus 
ne diffèrent que fort peu les uns des autres. Au lieu des 
phosphates on peut employer les acétates, nitrates, sul- 
fates, chlorures de ces métaux. 

Toutes ces recherches ont été faites avec des solutions 
pures de caséine, différant essentiellement du lait; elles 
ne prouvent pas que dans la caséiûcation du lait l'action 
soit de même nature,- elles ne prouvent pas que les sels 
calciques soient nécessaires à la formation du caséum. 

Arthus et Pages ont repris cette étude des transforma* 
tions chimiques de la caséine du lait sous l'action du fer- 
ment caséifiant, en opérant sur le lait lui-même. En fai- 
sant agir le lab sur du lait décalcifié par l'addition d'une 
quantité convenable d'oxalate, de fluorure ou de savons 
alcalins (qui forment avec les sels calciques des composés 
insolubles), on ne détermine jamais de coagulation du lait. 
On peut démontrer que cette non-coagulation est due à 
l'absence de sels calciques et non à la présence d'un excès 
du sel alcalin ajouté. Mais si le lait décalcifié n'est pas 
coagulé par le lab, il n'en est pas moins transformé : ce 
lait qui avant l'action du ferment pouvait être bouilli sans 
que sa caséine fut coagulée, donne maintenant un très 
abondant et très épais coagulum lorsqu'on le fait bouillir. 
En outre l'addition d'un sel alcalino-terreux soluble au lait 
décalcifié soumis à l'action du ferment caséifiant déter- 
mine immédiatement la formation d'un précipité, tandis 
que le lait restait parfaitement et complètement liquide si 
le sel alcalino-terreux avait été ajouté avant l'action du 
ferment. 

La caséine est dédoublée par le lab en deux substances : 
une substance caséogène, coagulable à 80*, précipitée 



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— 517 — 

complètement par les sels alcalino-terreux en donnant un 
caséum et une substance soluble, non coagulable à 80^" 
partiellement coagulée à 100^ la substance albuminoïde 
du lactosérum. Ce dédoublement de la caséine est le résul- 
tat et le seul résultat de l'action dulab; la précipitation 
du caséum résulte de Taction directe des sels de chaux 
sur l'un des termes de ce dédoublement. Le labferment 
n'est donc pas un ferment coagulant, c'est un ferment 
dédoublant. Il a été précédemment démontré que la pep^ 
sine agissait sur les substances albuminoïdes en les 
dédoublant aussi; le mode d'action de la pepsine et du lab 
est donc absolument le même; seulement avec le lab et 
la caséine, il se produit un accident, la formation d'un 
caséum résultant de l'action des sels calciques sur le 
caséogène. Pour cette raison le lab est un véritable fer- 
ment digestif au même titre que la pepsine. 

Tels sont les faits qu'on observe dans les expériences m 
vitro. Ârthus et Pages ont établi que tout se passait dans 
Testomac de la même façon, car on peut déterminer dans 
Testomac la présence des différentes substances résultant 
des transformations de la caséine dans les expériences 
faites hors de l'organisme : le caséum gastrique présente 
les propriétés des caséums obtenus in vHro. Le caséimi 
ainsi produit n'est pas attaqué par le suc gastrique ; lors- 
qu'il provient d'un lait caillant en grumeaux, rien ne 
l'empêche de passer rapidement dans le duodénum pour y 
subir l'action du suc pancréatique; lorsqu'au contraire 
il provient d*un lait caillant en un bloc massif, fortement 
rétractile, il reste dans l'estomac jusqu'à ce que sa désa- 
grégation se soit opérée. Arthus et Pages ont montré que 
cette désagrégation du caséum gastrique était produite 
peu à peu par la salive ; ils ont établi une relation très 
nette entre la forme du caséunà et la quantité de salive 
déglutie par l'animal; c'est ainsi que chez le chevreau la 
quantité de salive produite est très abondante et son acti- 
vité est très grande sur le caséum, 

11 faut donc considérer ainsi là digestion gastrique du 
lait. Sous l'influence du labferment la caséine est dédou- 



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— 518 — 

blée en deux substances, Tune restant dans le petit lait 
pouvant subir Faction des sucs de l*estomac ou être résor- 
bée, Tautre capable de donner un précipité avec les sels 
oalciques. La formation de ce précipité est un accident, 
car eue empêche la digestion gastrique de cette substance; 
la formation de ce caséum est un accident d'autant plus 
grave que le caséum est plus dense et plus rétractile. Elle 
serait dans certains cas un accident mortel si la salive 
par son action spécifique sur le caséum (action signalée, 
mais non encore bien étudiée par Ârthus et Pages) ne 
venait le supprimer. 

Le chien à gastrectomie de Gzerny, le chien à fistule 
duodénale de Ludwig et Ogata, digéraient bien le lait. 
Gela prouve que le suc pancréatique pourrait à lui seul, 
chez le chien adulte, suffire à la digestion du lait. Cela ne 
prouve pas que normalement la digestion gastrique du lait 
«oit nulle, la formation très rapide du caséum dans Teste- 
tmac qui est un phénomène constant démontre d'une façon 
absolue que le lait subit normalement dans l'estomac une 
modification profonde qu'on ne saurait mettre en doute. 

En résumé les études récentes sur le suc gastrique ont 
fait connaître d'une façon très nette La nature des trans- 
formations chimiques que subissent les substances albu- 
minoïdes dans l'intérieur de ce viscère sous l'influence du 
suc sécrété par ses glandes. Au contraire, les travaux des 
cliniciens sur les différents états de l'acide chlorhydrique 
dans le suc gastrique sont sujets aux objections les plus 
sérieuses et les méthodes de séparation proposées par 
les divers auteurs sont illusoires. La nature des composés 
acides du suc gastrique est aujourd'hui encore absolu- 
ment inconnue. Le rôle de cette acidité dans la produc- 
tion des ferments gastriques, son pouvoir microbicide 
partiel ont au contraire été mis en évidence très nettement 
dans le cours de ces dernières années. 



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— 519 



Microbiologie. 



Application des injections de tuberculine au diagnostic 
de la tuberculose bovine; par M. Nocard. — Les très 
nombreuses recherches expérimentales auxquelles a donné 
lieu l'emploi de la tuberculine pour le diagnostic de la 
tuberculose bovine, peuvent se résumer en dernière analyse 
dans les propositions suivantes : 

!• La tuberculine possède, à l'égard des bovidés tuber- 
culeux, ime action spécifique incontestable, se traduisant 
surtout par une notable élévation de la température. 

2« L'injection d'une forte dose (de 30 à 40*«, suivant la 
taille des sujets) provoque ordinairement^ chez les tuber- 
culeux, une élévation de température comprise entre 
1 et 3^ 

3« La même dose injectée à des bovidés non tuberculeux, 
ne provoque ordinairement aucune réaction fébrile appré- 
ciable. 

4<» La réaction fébrile apparaît le plus souvent entre la 
douzième et la quinzième heure après l'injection, quelque- 
fois dès la neuvième heure, très rarement après dix-huit 
hexures; elle dxure toujours plusieurs heures. 

5"^ La durée et l'intensité de la réaction ne sont nul- 
lement en rapport avec le nombre et la gravité des lésions; 
il semble même que la réaction soit la plus nette dans le 
cas où, la lésion étant très limitée, l'animal a conservé les 
apparences de la santé. 

6<» Chez les sujets très tuberculeux, phtisiques au sens 
propre du mot, chez ceux surtout qui sont fiévreux, la 
réaction peut être peu accusée ou même absolument 
nulle. 

7^ Il est prudent de prendre la température des animaux, 
matin et soir, pendant plusieurs jours avant l'injection ; il 
peut s'en trouver en effet qui, sous l'influence d'un malaise 
passager, d'un état pathologique peu grave (troubles de la 
digestion ou de la gestation, chaleurs, etc...)» présentent 
de grandes oscillations de la température^; de là une cause 



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— 520 — 

d'erreur grave. Pour ces animaux, il vaut donc mieux 
ajourner Topération. 

8^ Chez certains animaux tuberculeux, non fiévreux, la 
réaction consécutive àFinjection de tuberculine ne dépasse 
guère un degré ; néanmoins, comme l'expérience démontre 
que, chez des animaux parfaitement sains, la température 
peut subir des variations atteignant un degré et plus, on 
devra ne considérer comme ayant une valeur diagnostique 
réelle, que les réactions supérieures à 1^4; l'élévation de 
température inférieure à 8 dixièmes de degré n'a aucune 
signification ; toute bête dont la température subit une élé- 
vation comprise entre 0%8 et i**,4 sera considérée comme 
suspecte, et devra être soumise, après un délai d'un mois 
environ, à une nouvelle injection d'une dose plus considé- 
rable de tuberculine. 

Chimie. 

Sur la solubilité du phosphate tricalcique et bicateique, 
dans les solutions d'acide phosphorique; par M. H. 

Causse (1). — Pour étudier la solubilité du phosphate tri- 
calcique et celle du bicalcique dans l'acide phosphorique, 
l'auteur a préparé une série de six solutions, mesurant 
toutes les volumes de 100*^ et contenant des proportions 
d'acide orthophosphorique égales à 5»', 10«', 15»', 20»', ib^ 
et 30«'. 30«'de PhO*H» p. 100 marque la limite des expé- 
riences. Quel que soit le phosphate avec lequel on opère, 
dès que la proportion précédente est dépassée, il se dépose 
du phosphate monocalcique. 

Il ressort de ces recherches que le phosphate tricalcique 
se dissout dans les solutions d'acide phosphorique en 
quantité bien plus grande que le phosphate bicalcique. La 
cause de cette différence semble résider dans un équilibre 
qui s'établit entre trois facteurs : l'eau, l'acide phospho- 
rique et le phosphate monocalcique, et il semble que ce 
soit l'eau qui joue le rôle principal; elle partage son action 

(l) Ac.d.sc.y CXIV, «4, 1892. 



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— 521 — 

entre le phosphate monocalcique et Tacide phosphoric 
et tout dépend ensuite de la proportion des deux compo 
En effet, la quantité maximum de phosphate dissous ( 
respond à une solution renfermant 10 p. 100 d'acide; m 
si Ton augmente le poids d'acide, tout en laissant le 
lume des solutions constant, on diminue à la fois la qi 
tité d'eau disponible pour la dissolution du phospl 
monocalcique et partant la solubilité du phosphate 
ployé. Lorsque les solutions contiennent peu d'acide li 
l'action de la chaleur est insensible; en effet, la cha 
de combinaison de la petite quantité d'acide qu'elles 
ferment ne peut pas compenser celle que nécessit 
dédoublement du phosphate monocalcique; mais, s 
proportion 4'acide est suffisante, la réaction s'établit € 
poursuit jusqu'à la formation d'un équilibre entre Tea 
l'acide phosphorique stable à la température de l'e 
rience. 

Note sur le dosage de l'or, de rétain et du cadm 
dans les alliages; par M. W. French (1). — La méthod 
Lôwenthal pour la séparation de l'étain et du cadm 
présente l'inconvénient de fournir un oxyde d'étain 
loïdal, très long et très difficile à réunir et à laver. (( 
méthode consiste à oxyder la solution du chlorure s 
neux en la chauffant avec un mélange de sulfate de soc 
et de nitrate d'ammonium.) 

L'auteur emploie de préférence le peroxyde d'hydroj 
qu'il faut ajouter à une solution presque neutre des c 
rures d'étain et de cadmium ; on chauffe et l'oxyde d'^ 
se précipite sous la forme d'un précipité floconneux qi 
rassemble et se lave aisément. Le cadmium se trouve 
la solution filtrée et peut être précipité directement p 
carbonate de sodium ou de potassium. 

Quant à l'or, il a été séparé tout d'abord en traitant 
liage à chaud avec de l'acide chlorhydrique aussi f 
que possible. E. G. 

(I) Chemical News, 18 mars 1892. 

Jown, de Pham. et de Chim., 5' série, t. XXV. (15 mai 1892.) 1 3- 



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— 522 — 

Sur les carbures pyrogénés formés dans l'iiidnstrie du 
gas comprimé; par M. A. Brochet. — Divers auteurs 
ont extrait des carbures iocomplets des huiles légères 
du gaz comprimé que Tiudustrie prépare actuellement 
par la pyrogénation du boghead et surtout des huiles de 
schiste. 

A part rhexylène normal signalé par Williams et Fér^ - 
thrëne trouvé dans ces pi*oduits par Caventou, et dont la 
constitution est bien connue, aucun autre carbure défini 
n'a été nettement caractérisé. Le gaz comprimé prenant 
naissance dans une pyrogénation fortement prolongée, 
Tauteura pensé que les carbures susceptibles de subsister 
un certain temps au rouge-cerise devaient représenter les 
termes les plus stables de leur série et avoir une grande 
analogie entre eux. 

Au cours de ce travail, après avoir condensé dans le 
brome les produits volatils, et séparé par distillation de 
grandes quantités de carbures aromatiques, il a isolé jus- 
qu'à 20«' d'amylène et 40«' d'hexylène par litre d'huile 
brute. 

Nouvelle synthèse de Tacide tartrique ; par M. P. Gbn- 

VRESSE. — On traite Tacideglyoxylique par la poudre de zinc 
en présence de Tacide acétique étendu de son poids d'eau, 
d'abord à la température ordinaire, et ensuite au bain- 
marie. La poudre de zinc est ajoutée peu à peu dans le 
mélange des deux acides ; les proportions sont de I molé- 
cule d'acide glyoxylique pour 2 de zinc et 3 d'acide acé- 
tique. 

A la liqueur ûltrée pour la débarrasser du zinc non 
attaqué, on a ajouté du carbonate de potasse ; il s'est pré- 
cipité du carbonate de zinc; ce corps ayant été isolé, on a 
traité la liqueur potassique exempte de carbonate de 
potasse par du chlorure de calcium. Un précipité blanc 
s'est formé peu à peu ; il a présenté tous les caractères du 
racémate de chaux ; en efTet, il se dissout dans l'acide 
chlorhydrique et il en est immédiatement reprécipilé par 
Fammoniaque. Il argenté le verre sous