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i 




I 




JOURNAL 

DE PHARMACIE 

ET DE CHIMIE 



«fXiAME S-ftRIB 



TOME DIX-SEPTIÈME 



PARIS. — IMPRIMERIE F. LBVé, RUB CAS8BTTB, M 



r 



JOURNAL 

DE 

PHARMACIE ET DE CHIMIE 

(FONDÉ EN 1809) 



Comité de Rédaction : MM. RICHE, JUN6FLEISGH, PETIT, 
VILLEIEAN, BOURQUELOT, MARTT, MOUREU et PRUNIER 

CoUaboratenrs : MM. J. Bougault, L. Bil^mer, L. Brunel, 

E. Ck)LUN, H. Cousin, Er. Gérard, L. Grimbert, M. Guerbet, 

Ed. Guinochet, V. Harlay, H. Hérissey, E. Leidié, 

G. PaTEIN, F. ViGIER. 
RéDACTBUR PRINCIPAL : M. RICHE 

Contenant les travaux de la Société de Pharmacie de Paris ainsi que les 
procèS'Verbaux de ses séances 

et une revue médicale, par M. Gharrim. 
Sixième Série 



TOME DIX-SEPTIEME 



PARIS 

OCTAVE DOIN, ÉDITEUR 

8, PLACE DE L*ODÉON, 8 

1903 



JOURNAL 

DE PHARMACIE 

ET DE CHIMIE 

VI« SÉRIE. — TOME XVU. — ANNÉE 1903, 1" PARTIE. 

TRAVAUX ORIGINAUX 



ÉUminaUon du mercure (kais les liquides^ sucrés traités 
par le nitrate mercurique; application au liquide ce- 
pkalaraeàidie%; par M. G. Patein (1). 

Dans plusieurs notes que nons ayons eu Thonneur de 
présenter ici, senl on en collaboration avec M. Dnfan, 
nous avons montré que le nitrafe acide de mercure est 
souvent le seul réactif capable d'éliminer, dans les 
liquides physiologiques ou pathologiques, les matières 
azotées douées de pouvoir rotatoire qui accompagnent 
les sucres et faussent le dosage de ceux-ci par le saccha- 
rimètre ; nous avons montré également que, lorsque les 
précautions voulues sont observées, cet agent est inca- 
pable d'agir sur les différents sucres, soit pîiysiquement, 
soit chimiquement. Nous donnons aujourd'hui un nou- 
veau moyen d'éliminer le mercure qui reste en solution, 
et de rendre ainsi le procédé absolument rigoureux et 
pratique quand on vent opérer le dosage par les mé- 
thodes optique et volumétrîque à l'aide de ta liqueur 

(1) Note poeéientée à la Société de Phamiiwie (séance da 3« décembre). 



136326 



— 6 — 

de Fehling : cette élimination se fait par la poudre de 
zinc. Voici le manuel opératoire pour l'urine : 50^*^ d'u- 
rine sont additionnés de 25*^^ de notre réactif, puis, 
goutte à goutte, de soude étendue jusqu'à réaction neutre 
au tournesol ; on complète le volume de lOO^*' et on 
filtre; le liquide filtré, absolument incolore et limpide, 
privé de toute matière albuminoïde, peut être examiné 
au polarimètre. Pour le rendre propre au dosage par le 
Fehling. on en prend environ 50" qu'on additionne de 
2^"^ de poudre de zinc^ on agite à différentes reprises et 
on filtre au bout de 2 ou 3 heures ; il ne reste plus trace 
de mercure en solution ; on rend alors le liquide filtré 
alcalin à l'aide de lessive de soude : le précipité d'oxyde 
de zinc que produit d'abord cette soude se redissout 
dans l'excès de celle-ci et on se trouve dans le cas d'une 
solution sucrée ordinaire qu'on peut doser directement 
à la liqueur de Fehling. // est bien entendu quHl fau^ 
tenir compte, dans le calcul du résultai, de V augmentation 
de volume produite par la soude, si cette augmentation 
est sensible. 

11 y a donc, en somme, trois temps dans notre procédé 
de défécation : 1** on ajoute le réactif nitromercurique ; 
2^ on neutralise par la soude et on ramène le liquide à 
un volume déterminé; 3** on élimine le mercure resté 
en solution par la poudre de zinc et on rend le liquide 
alcalin. Le deuxième temps a pour but de donner toute 
sécurité pour la précipitation des matières albumi- 
noïdes, les dernières traces des peptones elles-mêmes 
étant précipitées; dans bon nombre de cas, cependant, 
il n'est pas indispensable : une neutralisation partielle 
suffit et on peut de suite passer au troisième temps. 
Ce procédé devient ainsi des plus rapides, mais il ne 
faut avoir recours à cette simplification qu'après un 
contrôle sévère démontrant que la précipitation des 
matières albuminoïdes est complète. 

Nous avons appliqué le mode de traitement précé- 
dent au liquide céphalorachidien dans lequel l'existence 
de ffliu:ose a été affirmée par les uns et niée par les 



— 7 — 

autres; nous-mème avons dit autrefois qu'elle était au 
moins exceptionnelle. On sait que ce liquide, générale- 
ment alcalin au tournesol et de faible densité, contient du 
ddortire de sodium avec une petite qieantité d'albumine. En 
additionnant de quelques centimètres cubes de réactif 
nilromercurique le liquide céphalorachidien extrait 
chezrhomme par ponction lombaire, filtrant, éliminant 
par la poudre de zinc le mercure resté en solution, nous . 
avons obtenu un liquide limpide qui, rendu alcalin par 
la soude« réduit notablement la liqueur de Fehling. 
Nous n'avons pas encore fait d'essais assez nombreux 
pour affirmer que la substance réductrice est bien et 
uniquement du glucose et que, lorsqu'on opère comme 
nous l'avons fait, on la retrouve toujours parce que le 
nitrate de mercure détruit le ferment glycolytique qui 
existerait dans le liquide céphalorachidien comme dans 
le sang ; mais nous sommes disposé à croire que les ré- 
sultats négatifs obtenus dans la recherche du glucose 
dans le liquide céphalorachidien proviennent d'une 
glycolyse qui se produit dans ce liquide comme dans le 
sang et qui est complète au moment de la recherche, si 
celle-ci n'a lieu qu*au bout de quelques heures et sans 
qu'on ait entravé l'action du ferment. Nous communi- 
querons prochainement le résultat de nos expériences à 
ce sujet. 



Action du chlore et du brome sur les vératrols mononitrés; 
par M. H. Cousin. 

Dans un travail inséré au Journal de Pharmacie (1) 
j'ai décrit un vératrol mononitré trichloré et un véra- 
trol mononitré tribromé, obtenus dans l'action de 
l'acide nitrique fumant sur les vératrols trichloré et tri- 
bromé; dans le but de déterminer la constitution de ces 
corps ainsi que celle de certains dérivés hologénés de 
la pyrocatéchine et du gaïacol, j'ai étudié l'action du 

{{) Joum. de Pliarm. et Chimie, [tij, XV, 167, 1902. 



— 8 — 

ohlore et do brome sur les vératrols mononitrés. Ceux- 
ci sont au nombre de deux^ l'un a qui a pour formule : 

a-0»H3-OCH3-OOH»— A20«, 

1 2 3 

l'autre : 

p-C«H*-0CH«— OCH»-AïO«. 

4 

J'ai fait réagir le chlore et le brome sur chacun de ces 
corps. 

Action du brome but lé vératrol miré a. — Dans un 
travail antérienr (1), j'ai obteou dass cette réaction un 
dérivé mononitré dibromé, ayant pour formule : 

. C«H*(0CH3)«— AtO«— Br« . 
3 

J'ai cherché à fixer un troisième atome de brome sur le 
vératrol nitré-3 en traitant le dérivé dibromé par le 
brome en présence d'acide sulfurique. 10«' de vératrol 
monobromé dinitré sont triturés avec 20*^ d'acide sulfu- 
rique pur ; au bout de 24 heures, j'ajoute 5^^ de brome et 
chauffe 10 heures & la température du bain-marie; le 
produit de ]a réaction est versé dans du bisulfite de 
eoude étendu et il se dépose une masse cristalline qui 
est desséchée et traitée par Talcool absolu ; le dissol- 
vant laisse comme résidu le vératrol mononitré dibromé 
non attaqué et enlève un produit qui est précipité par 
Teau et purifié par plusieurs cristallisations dans l'alcool 
à 90"*. 11 reste finalement des aiguilles blanches à peine 
jaunes, constituées par des prismes allongés et aplatis, 
insolubles dansTéau, solubles dans Talcool, Téther, le 
chloroforme. 

Le point de fusion est 116''-117''. 

Les analyses ont donné : 

Calculé pour Trouvé 

^^(OCHa)»— AzO« -Bi» — 

Br =» 61,n Br = 'M 

Al 8. 3,33 Az = 3,o6 

C'est donc un vératrol tribromé mononitré dont la 
formule de constitution ne peut être que 

(i) Annales de physique et de chimie^ 1^ sériOi t. XIII, p. o05. 



B^-C 



Bp— C 



- 9- 



C-0CM8 



C-AzO« 



Ce corps a élé comparé au dérivé obtenu dans l'action 
de Tacide nitrique fumant sur le vératrol tribromé, et il 
en résulte qu'il y a identité complète au point de vue 
de la composition et des propriétés; les points de fusion 
sont les mêmes. On arrive donc au corps même, soit en 
faisant réagir le brome sur le vératrol nitré-3, soit en 
nitrant le tribromo-vératrol. 

Les trois atomes de brome dans le vératrol tribromé 
occupent doncies positions 4, 5, 6. 

Le gaïacol tribromé, qui, traité par Tiodure de mé- 
thyle et la potasse, donne le vératrol tribromé et qui 
se forme dans l'action directe du brome sur le gaïacol, 
possède une des deux formules de constitution suivantes: 

C-OH 



BiwC 



BrC 



/'\c- 



c— 0CH« 



C— H 



Gàlacol tribromé 



on 




C-0CH3 

/"\c-< 



BiwC-^^ ^C-OCH» 



Br— C 



5 3 



C-H 



C 
Vératrol tribromé 



— 10 — 

Brome et vératrol nitré-4. — Je n'insisterai pas sur 
celte réaction qui m'a donné peu de résultats intéres- 
sants. J'ai décrit antérieurement (1) un dérivé mono- 
brome mononitré que j'ai obtenu dans l'action du brome 
à froid sur le vératrol nitré-4. En faisant réagir le 
brome à chaud^ soit seul, soit en présence d'acide sul- 
furique, j'ai isolé : 

1** Le dérivé monobromé mononitré, sous forme d'ai- 
guilles jaunes. Une analyse a donné : 

CalcuM pour Trouvé 

C«H»0*BrAz — 

Br = 30,63 Br = 30,82 

2^ Des aiguilles blanches, exemptes d'azote et cons- 
tituées par du vératrol tétrabromé. 

Action du chlore. — Vératrol nitré-a. — Quand, 
dans une dissolution de vératrol nilré-3, on fait passer 
un courant de chlore, il n'y a pas de réaction même à la 
température de 60"; il n'en est pas de môme en présence 
d'acide sulfurique. 3*''''de véralrol nilré sont mis en con- 
tact avec 10" d'acide sulfurique el 20*"** d'acide acé- 
tique; dans la dissolution, je fais passer un courant de 
chlore en grand excès et le produit de la réaction est 
versé dans une solution étendue de bisulfite de soude; 
il se précipite une masse pâteuse qui se solidifie au 
bout de quelque temps. Le produit desséché est cons- 
titué par un mélange de deux corps qu'il est facile de 
séparer au moyen de l'éther de pétrole. L'un de ces 
corps est soluble dans l'éther de pétrole et après puri- 
fication se présente en aiguilles blanches fusibles à 88"^. 
Il est exempt d'azote et possède toutes les propriétés du 
vératrol tétrachloré. 

Le second, insoluble dans l'éther de pétrole, est pu- 
rifié par cristallisation dans Talcool. Le corps pur est 
constitué par des cristaux prismatiques de couleur 
blanc jaunâtre insolubles dans l'eau, solubles dans l'al- 
cool, l'éther, la benzine, insolubles dans l'éther de pé- 
trole. Le point de fusion est 110"*- 111°. 

(1) Annales de physique et de chimie^ V série, t. XllI, p. 504. 



— Il — 

Les analyses montrent que ce corps est un dérivé di- 
chloré du vératrol mononitré : 

Caicalé pour Trouvé 

C»H7G12AzO 4 — 

Cl = 28,n Cl = 27,61 

Az = 5,5ô Az = 5,67 

Sa formule est par conséquent : 

C6H— (0CH»)2— Az02— C12. 

3 

Action du chlore sur le vératrol nitré-4. — L'action 
da chlore sur ce vératrol nitré en solution acétique ne 
m'a donné qu'un liquide huileux d'où rien ne cristal- 
lise. En présence d'acide sulfurique, la réaction est plus 
nette. 20»*^ de vératrol nitré sont triturés avec 20*^*" 
d'acide sulfurique et le mélange coloré en rouge est dis- 
sous dans 40^^ d'acide acétique. Dans la solution, je fais 
passer un courant de chlore en excès, jusqu'à décolora- 
tion du liquide. Le produit de la réaction versé dans du 
bisulfite étendu laisse déposer un liquide huileux qui se 
solidifie lentement. La masse cristalline est purifiée 
par une dissolution dans l'alcool à 90** en présence de 
noir animal. Cette solution alcoolique évaporée sur 
l'acide sulfurique laisse de longues aiguilles aplaties, de 
couleur jaune pâle, groupées en une masse cristalline. 
Ce corps est insoluble dans Teau, soluble en toute pro- 
portion dans l'alcool et l'éther, d'où il cristallise diffi- 
cilement. Son point de fusion est 46**-47^ C'est un dé- 
rivé dichloré du vératrol mononitré, ainsi qu'il résulte 
des analyses : 

Calculé pour Trouvé 

C»H7Cl»AzO* — 

Cl = 28,17 Cl = 28,39—28,41 

Aï = 5,55 Az = 5,72 

Sa formule est donc ! 

C«H— (0CH3)S— Az02— 012. 

L^action du chlore sur les vératrols mononitrés ne 
m'a pas donné le dérivé mononitré trichloré que j'au- 



— 12 — 

rais pu comparer a» corps obtenu daus Taetion de 
Tacide nitrique fumant sur te vératrol triekloté. 11 est 
néanmoins extrêmement vraisemblable que les for- 
mules de constitution des dérivés mononitré trichloré 
et mononitré tribromé sont les mêmes, c'est-à- 
dire que les atomes de chlore et de brome occupent 
les positions 4-5-6, et cela pour les raisons sui- 
vantes : 

Ces corps sont obtenus tous deux dans Faction de 
Tacide nitrique fumant s«r les vératrols trichloré et tri- 
bromé formés eux-mêmes par méthylatioa des gaïa- 
cols trichloré et tribromé. Ces derniers sont obtenvs 
dans Taction directe do chlore et du brome sur le gaïa* 
col, et c'est une règle à peu près générale que les déri- 
vés formés dans les mêîoies conditions par le chlore et 
par le brome possèdent des constitutions analogues. U 
est donc extrêmement vraisemblable que le vératrol 
mononitré trichloré et le vératrol trichloré sont repré- 
sentés par les schémas suivants : 

C— OCH» C— 0CH3 

Cl— Cj^ l'C-OCH» ^^--^116 It^^^^^^ 



CI-< 



V./*"""' "A./ 



C-H 



J'ai décrit une pyrocatéchine trichlorée (1) qui, traitée 
par riodure de méthyle et la potasse, est transformée en 
vératrol trichloré. Cette pyrocatéchine trichlorée a pour 
formule : C«H-(0H)*-C1.C1.C1. 

1*2 4 5 6 

Le gaïacol trichloré que j'ai préparé par Taction di- 
recte du chlore sur le gaïacol (2) est représenté par les 
schémas suivants : 



(1) Annales de physique et de chimie, t. XIII, p. 483. 

(2) Comptas rendus, t. CXXVII, p. 769. 



-13-1 
C— OH C— OH 

Cl-CjJ^ 2^C-0CH» ^-^'e 2^^^^*^' 



Cl— I 




C— H Cl-^ 



5 3 

C— Cl 



c— Cl 



Eo résumé. J'ai obtenu dans ce travail deux corps 
nouveaux, deux vérairols mononitrés dichlorés/etj'ai 
fixé la Ibrmule de constitution d un certain nombre de 
dérivés trisubstitués de la pyrocatécbine et de ses éthers 
méthyliques. 



Sur les (Uûîneê de raloès de Naiul; 
far M. £. Légeb [i]^ 

En 1871, Flûckiger (2) retira de l'aloès de Natal une 
aloîne jouissant de propriétés particulières, différentes 
de celles des autres aloïnes. H lui donna le nom de 
Noialoîne. Plusieurs auteurs s'occupèrent ensuite de ce 
composé : Tilden (3), qui le représenta par la formule 
C«H"0*S Treumann (4), Grœnwold (5) qui lui attribua 
la formule C**fl«0'\ 

Il y a quelques années, j'eus entre les mains un 
échantillon d'aloès «qui m'avait été envoyé comme aloès 
des Baibades. Cet aloès avait une coloration noire, 
légèrement verdâtre et un aspect luisant, mais l'aloîne 
qu*il m'a fourni différait complètement de la barba- 
loine, tandis qu'elle présentait les caractères de la 
nataloine : faible solubilité dans Falcool, insolubilité 
presque complète dans Teau, coloration verte de sa 
sohition snlforique par AzOli fumant. Cette circon- 
stance m^engagea à reprendre f étude de la nataloîne, 

(1) j0êÊm.iUPémrm.et éêCkim.,l€]yXYl, 51»,l«'etl5déedmbre iWi. 

{H^Archw d. Morm., 1812, p. il. 

(1) Chemical News, 1872, p. 229. 

{%) rhèêe Dorpat, 1880. 

(5) Arekiv iL Motm., (5], t. XXVill, p. 115 (1890). 



— 14 — 

étude jusqu'ici très incomplète. Voyons d'abord com- 
ment il est possible d'extraire les principes cristallisés 
de Taloès de Natal. 

L'aloès pulvérisé grossièrement est mis à macérer, 
pendant plusieurs jours, avec de Tacétone qui s'empare 
des matières résinoïdes. Le résidu, épuisé par l'acétone, 
renferme les aloïnes à Tétat brut. On le traite par 
l'alcool méthylique bouillant. La solution, convena- 
blement concentrée, laisse déposer des cristaux en 
lamelles jaunes. En soumettant le produit à des cris- 
tallisations fractionnées dans l'alcool méthylique, on 
sépare d'abord des croûtes cristallines dures, adhérant 
aux parois du ballon où s'effectue l'opération. Ce com- 
posé est constitué par un homologue inférieur de la 
nataloïne que je nommerai homonatalolne. En concen- 
trant les eaux mères alcooliques, il se dépose des 
lamelles courtes, d'un jaune plus pâle, anhydres, soli- 
difiant toute la masse; c'est la nataloïne. 

Nataloïne C^^H"0*^ — Comme nous le verrons au 
cours de celte étude, la formule C**H**0", proposée par 
Rochleder, formule que j'ai adoptée jusqu'ici, ne peut 
plus être admise, car elle ne concorde pas avec les faits 
que j'ai récemment observés. Sans vouloir affirmer 
l'exactitude absolue de la nouvelle formule, je dirai 
que c'est l'expression la plus simple qui, en même 
temps qu'elle s'accorde au mieux avec les analyses, 
permette d'expliquer les propriétés et les dédouble- 
ments de cette aloïne. 

Calculé pour Trouvé 

C"H"0«OC= o9,74; H = 5,62 59,33; 59,46. H « 5,78; 5,89 

La nataloïne est moins soluble dans l'alcool méthy- 
lique que la barbaloïne. Elle est presque insoluble dans 
l'eau, môme à l'ébullition, ou dans l'éther; mais elle 
se dissout bien dans l'éther acétique. Elle présente le 
caractère d'un phénol; c'est ainsi qu'elle se dissout 
dans les alcalis caustiques, ces solutions étant préci- 
pitées par C0\ Elle se dissout également, comme la 



— 15 - 

barbaloîne, dans AzH^, la pyridine, les acides HCl et 
IIBr concentrés. La nataloïne, chaufTée dans un tube 
avec SO*H* dilué, fournit des vapeurs qui rougissent le 
papier à l'acétate d'aniline (réaction du furfurol). En 
solution dans Téther acétique, elle est lévogyre 

a 1,= — 1070,7; p „ 0,5580; / = 2O0. 

Action des chlorures d'acides. — En ajoutant du 
chlorure de be.nzoyie à la solution de nataloïne dans la 
pyridine, on obtient la tétrabenzoyl nataloïne 

CS3H«(C'H''0)<0»o 

sous forme d'un composé jaune amorphe, dépourvu 
d'amertume, très soluble dans l'alcool et l'éther, inso- 
luble dans l'eau, les solutions alcalines diluées et Teau 
chargée de pyridine. Si l'on chauffe en tube scellé à 100° 
le composé benzoylé précédent avec un excès de chlo- 
rure de benzoylé, on le transforme en hexabenzoylna- 
laloïneC*^fl*^(C"H=0)«0*^ qui se dépose de l'alcool absolu 
en grains jaunâtres non cristallins, très solubles dans 
Télher, peu solubles dans l'alcool froid. 

Action du bioxyde de sodium. — Le bioxyde de 
sodium agiX à chaud sur la nataloïne en solution 
aqueuse alcaline pour donner l'éther méthylique d'une 
émodine nouvelle que j'appellerai nataloémodine. Ce 
composé C"H**0^ cristallise de l'alcool méthylique en 
aiguilles jaune-orangé pâle, fusibles à 238° (corrigé), 
peu solubles dans l'alcool méthylique, plus solubles 
dans le toluène, sublimables sous forme d'aiguilles 
jaunes. Ce composé est caractérisé par les deux réac- 
tions suivantes : 

1* Une trace de matière, placée dans une capsule 
de porcelaine, est ^rrosée de II à III gouttes de SO^H'^ 
concentré. 11 se développe aussitôt une magnifique 
coloration violette; 

2^ Avec la lessive de soude, on obtient une coloration 
rouge orangé. 

Chauffée avec la poussière de zinc, la méthylnatalo- 
émodine donne un carbure possédant les propriétés 



~ 16 — 

d'un méthylanthracène, sublimable en lamelles minces 
à reflets verdftlres. 'La méthylnataloémodine, chauffée 
en tube scellé à 170^ avec HGl concentré, se change en 
une émodine fusible à 220^,5 (corrigé) : la nataloémodine 
cristallisable de l'alcool méthylique en aiguilles 
longues et minces, rouge-orangé foncé, solubles en 
rouge-groseille dans S041^ concentré et en violet dans 
NaOH. 

Homonatalome.C"H'*0'®. — Ce corps se trouve dans 
les premières fractions de la cristallisation du mélange 
des aloïnes. 11 se dépose de Talcool méthylique en masses 
jaunes mamelonnées, formées de lamelles anhydres. 
De l'acétone contenant 20 p. 100 d'eau ou de Télher 
acétique, il cristallise en lamelles jaunes, toujours 
anhydres. Sa composition reste invariable, quel que 
soit le dissolvant employé à la cristallisation; ce qui 
indique qu'il s'agit bien d'une aloîne différente de la 
nataloïne et non d'un produit incomplètement purifié. 

Trouvé 

1 Corp» crisUUIsé dans l'alcool ( p _ ro «> . «cno « k ne. k ^^ 

méthylique ( ^ = ^^'^î ^^'^^ - H = 5,75; 5,1$ 

n Corps crisiallisé dans lacé- / ^ ^^ ^. „ ^ ^^ 

une à 20 % d'eaa 1 ^ = ^^'^^ " ** ^'^^ 

III Corps cristallisé dans Télher i n ko an v k rk 

•acétique I ^ ■" 5^»**^ ^ =* ^'^ 

La théorie exige C s= 58,44 H « 3,19 

L'homonataloïne présente toutes les propriétés de la 
nataloïne, elle donne les mêmes réactions colorées 
avec SO*fl' et AzO'H. Son pouvoir rotatoire dans 
l'éther acétique est un peu supérieur à celui de la 
nataloïne a» = — H2%6; p = 0,5053; t = 21*. 
Chauffée dans un tube avec SO*H* dilué, elle donne 
des vapeurs qui rougissent le papier à l'acétate d'aniline. 
Avec Na^O^, on obtient la même méthylnataloémodine 
que donne la nataloïne. Les deux 'réactions suivantes 
sontcommunesà la nataloïne et à son homologue : l^^La 
solution sulfurique additionnée d'un grain de bioxydede 
manganèse ou de bichromate de potassium prend une 
belle coloration verte; 2"* Si à la solution sodique on 



— 17 — 

ajoute un grain de persulfate d'ammoniaque, il se pro- 
duit peu a peu une coloration violette. La matière 
colorante teint la soie en lilas, mais ne se fixe pas sur le 
eoton mordancé. 

L'homonataloïne donne, avec le chlorure de benzoyle, 
les deux composés suivants: 1® la tétrabenzoylhomo* 
nataloïne C*'H**(C^H*0)*0*% corps amorphe, jaune, très 
soluble dans l'alcool et Téther ; 2' ThexabenzoyJhomo- 
nataloïne C"H"(C'H^O)«0*% se déposant de l'alcool 
absolu en grains rouge-brique non cristallins, solubles 
dans l'éther. On les obtient comme les dérivés corres- 
pondants de la nataloïne. 



De la stérilisation des fils pour ligatures et sutures ; 
par M. E. Debuchy. 

L'importance du catgut, dans la chirurgie actuelle, 
est telle, que nous avons étudié ce fil spécialement tant 
dans ses préparations successives que dans les procé- 
dés si divers de stérilisation; il importe, pour terminer 
ce qui a traita ce matériel de sutures et ligatures chi- 
rurgicales, de dire quelques mots des substances qui 
ont été proposées comme succédanées du catgut ou qui 
trouvent leur emploi à côté de celui-ci dans des cas 
déterminés. Gomme nous le disions brièvement, l'on a 
cherché depuis longtemps et Ton cherche toujours 
d'autres fils pouvant se substituer facilement au catgut. 
C'est ainsi que Sneguireff a préconisé l'emploi des fils 
de tendons de renne, auxquels il a reconnu les qualités 
nécessaires de résistance, de confection facile des nœuds, 
ainsi qu'une résorption lente et une stérilisation rapide 
et sans difficultés. Cet auteur, avant remploi, les plonge 
dans la teinture d'iode elles rince à l'alcool. 

Linhart, Kiistner et quelques autres opérateurs se 
sont servis avantageusement du chanvre, stérilisé de la 
façon suivante : le chanvre, préparé en paquets de fils à 
courte longueur, est placé dans un baiii de cumo) dont 
on élève là température jusqu'à 160"*; après une heure 

yoMm. de Pharm. et de Chim. A* Umir, t. XVIT. (!•' janvier 1903.) 2 



— 18 — 

de contact, on transporte avec les précautions néces- 
saires ces paquets de fils, dans un bain d'essence de 
pétrole, on les y laisse durant 3 heures et ensuite on les 
conserve dans de l'alcool à 95**. 

Jones s'est servi des tendons de la queue du rat pour 
préparer des fils fins et résistants, paraît-il, spéciale- 
ment destinés à la chirurgie des yeux. Ces fils seraient 
antiseptiques naturellement et résorbables. 

Suivant MM. Schlutius de Krefeld et Goùbarouff 
de Dorpat-Youriew, on peut employer des fils de 
celluloïd constitués en prenant du fil anglais, préalable* 
ment dégraissé dans une solution de soude à 1 p. 100. 
Après avoir lavé, séché à l'éluve, on imprègne ces fils 
d'une solution de collodion; on stérilise ensuite à la 
vapeur humide, puisa l'air chaud. Ces fils, diaprés ces 
expérimentateurs, sont résistants, élastiques, imper- 
méables, et leur présence sans danger dans les tissus. 

En réalité, de cette manière on prépare un véritable 
crin de Florence artificiel auquel nous ne voyons pas 
d'autre avantage sur le crin naturel que celui de per- 
mettre une échelle plus facile dans la série des gros- 
seurs, et une mobilité variable au gré de l'opérateur. 
Enfin vers 1901 on a signalé un nouveau fil à base de 
viscose — ce fil présenterait toutes les qualités de la 
soie, finesse, souplesse et asepsie. — Il est fort difficile, 
sinon impossible, de se procurer ces fils; aussi nous ne 
pensons pas que Texpérience en ait été faite en France. 

Aucun des fils précédents n'a fait sa place à 1* heure 
actuelle, et le fil destiné à supplanter définitivement le 
catgut est encore à trouver. Quant à la soie et au cria 
de Florence, ils sont toujours d'un emploi courant, 
quoique limité. 

Entre toutes les préparations proposées pour la soie, 
nous citerons pour mémoire celle dans laquelle on 
stérilise simplement par immersion dans une solution 
aqueuse à 5 p. 100 de formol du commerce avec conser- 
vation dans alcool ordinaire. 

Les préparations phéniquées sont d'un usage assez 




I 



— 19 — 

firéquent. Lister s'en est servi évidemment le premier. 
U plongeait la soie dans un mélange de cire fondue 
(16«0et d'acide phénique (2»'). On étirait en&uite le fil 
au moyen d'un linge qui complétait l'imprégnation en 
enlevant en même temps l'excès de matière. Cette pré- 
paration très simple a été modifiée, soit dans le dosage 
en acide phénique, soit par l'addition d'un liquide de 
coDservation, solution d'alcool et de glycérine phéni- 
quéeàlOp. 100. 

Habert fait bouillir la soie dans une solution phéni- 
quée à 5 p. 100 et conserve jusqu'au moment de l'emploi 
dans de l'eau phéniquée au 20^. 

M. le D*^ Schwartz prépare de la façon suivante les 
fils de soie : laver h Teau de savon, puis avec une solu- 
tion à 1 ou 2 p. 100 de soude, porter ensuite dans un 
bain de glycérine à la température de 135-140^. Après re- 
froidissement, on lave avec de l'eau phéniquée à5 p. 100, 
et Ton conserve dans solution phéniquée. 

Les préparations au sublimé sont assez souvent uti- 
lisées. Le D*" Merlin ainsi que le D^ Ânnequin se servent 
de soies qui ont été baignées et conservées dans une 
solution éthérée à 1 p. 100 de sublimé. 

Le D' Hagler, de Bàle, procède de la même façon, mais 
en ayant recours à l'ébullition. Enfin on prépare quel- 
quefois de la soie iodoformée. Il suffit, pour cela, de la 
tremper dans une solution de : iodoforme 1 pouréther9. 
On laisse deux jours et conserve dans flacons jaunes. 

Toutes ces préparations sont bonnes à la condition de 
ne se servir que de solutions préalablement stérilisées 
et d'avoir stérilisé U soie elle-même. 

D'une façon générale, pour obtenir une soie rigoureu- 
sement stérilisée, voici comment on peut procéder : on 
lave, dégraisse et désinfecte d'abord la soie en la traitant 
par une solution alcaline de soude à 3 p. 100. Après 
ravoir rincée et avoir chassé l'excès d'alcali, on stérilise 
à l'autoclave à la vapeur humide à 3^'' de pression. On la 
conserve ainsi dans les tubes de stérilisation, soit encore 
dans une solution phéniquée à 25 p. 1000 qui a été stérili- 



— 20 — 
sée de même, soit dans une solution toujours stérilisée de 

Alcool 90O 

Glycérine 100 

Sublimé 1 

Dans ces conditions, on peut être assuré que la soie est 
et demeure stérilisée, souple et résistante. 

On sait que le crinjde Florence n'est autre chose que la 
sécrétion des glandes séricigènes du ver à soie, étirée et 
séchée à l'air. Le diamètre en est généralement assez 
faible et ne varie guère en dehors de 35 centièmes de 
millimètre et 50 centièmes. Sa préparation se réduit à 
la stérilisation à l'autoclave faite dans les mêmes condi- 
tions que pour la soie. 

Gomme accessoire, nous pouvons ajouter que les 
drains, tubes de caoutchouc vulcanisé, après nettoyage 
et lavage se stérilisent et se conservent comme la soie 
et le crin de Florence. 

Aluminate de manganèse; par M. Em. Dufâu (1). 

En 1847, Ebelmen réalisait la combinaison de l'alu- 
mine avec l'oxyde de manganèse en chauffant, dans un 
four à porcelaine, un mélange des deux oxydes addi- 
tionné d'anhydride borique. 

Après plusieurs heures de chauffe, ce savant obtenait 
une matière brun noir, huileuse, présentant dans les 
cavités de larges lames brunes^ triangulaires ^ striées pa- 
rallèlement aux côtés et paraissant appartenir au sys- 
tème régulier (2). 

L'étude de ce produit ne fut pas faite, et c'est sur la 
seule considération des proportions d'oxydes mis en 
présence qu'Ëbelmen le considéra comme répondant à 
la formule (APO'MnO). 

L'emploi du four électrique nous a permis de repro- 
duire facilement cette combinaison et d^en faire une 
étude détaillée. 

(1) Note présentée à la Société de Pharmacie (3 décembre), reçae le 
6 décembre. 

(2) Ebblmbn (1847), Ann. Phys. Chim., (3), t. XXII, p. 225. 



— 21 — 

Nous avons chauffé pendant trois minutes, dans un 
creuset de charbon, un mélange intime de 100 parties 
d'alumine et 230 parties d*oxyde salin de manganèse, 
avec un arc de 1.000 ampères sous 60 volts. 

On obtient ainsi une masse boursouflée d'un brun 
noir à reQet métallique. La cassure, très irrégulière, 
est d'un beau vert clairet montre de nombreuses géodes 
brunes tapissées de cristaux brillants à pointement 
octaédrique. 

Pour purifier ce produit, on le concasse et on le traite 
par l'acide chlorhydrique chaud; il se produit un déga- 
gement de chlore et de gaz carbures, en même temps 
que l'acide prend une teinte brune. 

Enprolongeant ces traitements à Tacide chlorhydrique 
bouillant, la coloration primitive du produit disparaît 
peu à peu faisant place à une teinte définitive jaune clair. 

La pondre cristalline ainsi obtenue est encore souil- 
lée par des parcelles de graphite que Ton sépare facile- 
ment, grâce à la différence de densité des deux corps, 
en versant la poudre dans Piodure de méthylène. 

Analyse, — Pour en déterminer la composition, le 
produit, finement pulvérisé, a été attaqué, dans un 
creuset de platine par un mélange de carbonates de 
potassium et de sodium en fusion; l'attaque est lente 
et donne lieu à la formation d'aluminate et de manga- 
nate alcalins. 

En reprenant par l'eau et faisant bouillir quelques 
instants en présence d'une petite quantité d'alcool, tout 
le manganèse se trouve précipité. Après lavages, l'oxyde 
dissous dans l'acide chlorhydrique est précipité à Tétat 
de carbonate et pesé en oxyde salin. 

L'aluminate alcalin est décomposé par le chlorhydrate 
d ammoniaque, Talumine précipitée lavée et pesée. 

L'analyse ainsi conduite a donné les chiffres suivants : 





I 


11 


III 


THEORIB POUR 

Ar^O«Mn 


A1«0» 


58,18 


58,02 
40,62 


58.13 
41,03 


58,98 


MnO 


...••. » 


41,02 



— 22 — 

L'aluminate de manganèse se présente |sous la forme 
de petits cristaux jaune clair et transparents ayant Tas- 
pect d'octaèdres réguliers modifiés sur les arêtes et sur 
les angles. 

Sa densité est de 4,12 (+ 20") ; il est plus dur que le 
quartz; sa poudre est jaune très clair. 

Chauffé au contact de Tair, il s'oxyde avec facilité ; 
c'est ainsi que, au rouge, il se colore progressivement 
en brun foncé pour reprendre l'aspect du produit tel 
qu'on le retire du four. Cette oxydation n'est que su- 
perficielle et il suffit d'un traitement à l'acide chlor- 
hydrique chaud pour lui rendre sa teinte propre. Le 
soufre est sans effet sur cet aluminate. 

Le fluor l'attaque avec incandescence au rouge, mais 
le brome et Tiode sont sans action marquée à la tempé- 
rature de fusion du verre. 

Insoluble dans Tacide chlorhydrique, il se laisse atta- 
quer lentement par les acides nitrique et fluorhydrique 
et très facilement par l'acide sulfurique. 

Enfin les oxydants : chlorates, nitrates et surtout les 
oxydes et carbonates alcalins, le désagrègent assez 
facilement. 

En résumé : sous l'action d'une température suffi- 
samment élevée, Talumine se combine directement 
avec l'oxyde de manganèse pour donner un aluminate 
monométallique paraissant cristallisé dans le système 
cubique; le produit décrit par Ebelmen est cet alumi- 
nate superficiellement oxydé. 



Sur les combinaisons de V acide mmométhylarsinique avec 
V hydrate de peroxyde de fer ; par M. M. Leprince (1). 

Ayant remarqué que les produits, livrés dans le com- 
merce comme arsinate de fer, étaient très différents 



(1) Communication faite à la Société de Pharmacie (séance da 3 dé- 
cembre), reçue le 6 décembre. 



r 



- 23 — 

entre eux, au point de vue surtout de leur teneur en fer 
el en arsenic (1), nous avons recherché, avec Taide de 
notre préparateur, M. Berthaud, si Tacide monomé- 
thylarsinique se combinait à l'hydrate de peroxyde de 
fer el si de cette combinaison naissaient des sels 
définis. 

Nous avons ajouté à une dissolution aqueuse d'acide 
monométhylarsinique chauffée au bain-marie de l'hy- 
drate ferrique pur ; nous avons vu tout d'abord la colo- 
ration brune de la rouille disparaître peu à peu, puis la 
masse former une bouillie claire colorée seulement en 
rougefltre par le liquide baignant ; la matière solide (I) 
en suspension, isolée, était complètement blanche et 
d'aspect amorphe. 

En ajoutant de nouvelles quantités d^hydrate ferrique, 
nous sommes arrivés à des produits de plus en plus 
colorés (II) et dont la solubilité augmentait à mesure 
que la quantité de fer Incorporé était plus grande; nous 
avons eu alors une liqueur de couleur rouge-brun 
intense dans laquelle restaient en suspension de 
rhydrate ferrique non attaqué et une matière rougeâtre 
amorphe peu soluble. 

Ayant séparé par filtration une partie de la liqueur, 
nous l'avons évaporée à sec et nous avons obtenu un 
résidu solide (III) de couleur rouge-brun, d'aspect 
amorphe, peu soluble à froid dans Teau, plus soluble à 
chaud. 

Après avoir ajouté encore un large excès d'hydrate 
ferrique et avoir chauffé encore au bain- marie pendant 
quelques jours, nous avons obtenu une nouvelle liqueur 
rouge-brun foncé, qui, séparée par filtration du mélange 
insoluble résiduaire, donnait par évaporation à sec un 
résidu rouge brun (IV) d'aspect amorphe, se mettant 
facilement sous forme d'écaillés brillantes, soluble à 
froid et à chaud dans Teau. 



(1) L'un de ceux que nous aTons eus entre les mains renfermait 
2,59 p. 100 de fer et 39,10 p. 100 d'arsenic. 



— 24 — 
Analyses des produits obtentis 

Désignation des produits et description Fer p. iOO Arsenic p, lOO 

I. Produit amorphe blanc insoluble 12.26 40.44 

II. Produit rouge-ocreax amorphe insoluble 16.53 42.24 
III. Produit rouge-brun, aspect amorphe so- 

lublc à chaud 20.42 32.76 

. IV. Produit rouge-brun, aspect brillant, so- / 23.60 30.40 

lubie à froid et à chaud ( it3.85 31.62 

Si nous envisageons les composés ferriarsi niques en 
partant des plus acides, nous pouvons concevoir les 
suivants, dans lesquels le rapport R entre le nombre 
des atomes de fer et celui des atomes d'arsenic varie 
comme le montre le tableau suivant : 

Formulé^ Valeurs de R 

Fc2 6(AsO^HGH3) i = 0.333 

o 

Fe«(As03CH3) 4(A803HCH3) V = 0- ^ '^ Co'^P» acides 

o 

Fe2 2iAsO'^CH3) 2(A803HCH3) ^ = 0.5 

2 
Fe'^ 3^As03CH3) - = 0.666 corps neutre 

Fe2(OH)2 2(A803CH3) 1 ( ^ ... 

Fe2(OH)4 (AS03CH3) 2 1 ^^^P« ^"^^"«* 

En calculant le rapport R pour les produits que nous 
avons analysés, nous avons : 

Pour I R = 0.403 

II R = 0.524 

III R = 0.834 

IV R = 1.02 et 1.01. 

. Remarquons que I et II sont acides et III et IV basi- 
ques et que les corps basiques seuls sont solubles; la 
coloration passe graduellement du blanc, pour le corps 
le plus acide, au rouge brun intense pour le corps 
le plus basique; au point de vue chimique, notons 
que ces composés donnent avec d'autant plus de netteté 
la réaction caractéristique des sels ferriques avec le 
ferrocyanure de potassium, que la solution renferme 
plus d'acide méthylarsinique; c'est pourquoi les sels 
basiques ne donnent cette réaction que si on acidifie 
leur solution (au moyen d'un acide quelconque) et que 



— 25 — 

les corps acides la donnent sans addition d'acide. 

Malgré les rapprochements qui peuvent être faits 
entre les valeurs du rapport R dans quelques composés 
pouvant exister et les valeurs de R constatées dans les 
produits quft nous avons isolés (I et IV), nous ne croyons 
pas à l'existence de sels définis proprement dits, pour 
les raisons suivantes : 

i' Nous avons vu, au cours de la préparation de ces 
produits, leurs propriétés se modifier graduellement à 
mesure que nous y incorporions plus de fer, comme en 
témoignent les deux corps intermédiaires II et III. 

T En raison des résultats que nous avons obtenus au 
moyen du dialyseur. 

Nous avons placé sur un dialyseur l8' environ 
du produit lY; ayant maintenu à la température 
de 40" l'appareil pendant une journée, nous l'avons 
laissé à la température ambiante pendant la nuit sui- 
vante et nous avons recueilli au bout de 24 heures la 
matière dialysée qui renfermait : 

Fer OKr,0157 

Arsenic 0k%0307 yaleur de 

R = 0,686 

Au bout d'une semaine et sous l'influence quoti- 
dieoDe d'une température de 40*. la dialyse s'est pour- 
suivie et nous avons recueilli sur le dialyseur un résidu 
moins soluble que le produit primitif et renfermant : 

Fer 08^028^ 

Aricnic O«''.027O valeur de 

R = l,i2 

Dans une partie de la liqueur nous avons trouvé : 

Fer dialvsé O^îMIS? 

Arseaic dialyse 0»>'r,2383 valeur de 

R = 0,98 

Nous voyons que le fer est (passé plus lentement que 
l'arsenic à travers le dialyseur, d'autre part le résidu 
non dialyse est plus riche en fer que le produit primitif 
et correspond à un f.orps très basique (R = 1,42), que 
nous n'avons pu obtenir par saturation directe de l'acide 



\ 



— 26 — 

par la base; nous ne sommes donc pas en présence d'un 
composé défini. 

En résumé, nous n'avons pu obtenir de monomé- 
thylarsinate ferrique défini par l'action de l'acide sur 
rhydrate ferrique, mais seulement une suite continue 
de composés dont les propriétés chimiques et physi- 
ques se modifient d'une manière continue à mesure que 
varient graduellement les proportions relatives de leurs 
éléments. 

Nous poursuivons les mômes recherches sur les com- 
binaisons ferreuses de l'acide monométhylarsinique. 

MÉDICAMENTS NOUVEAUX 



Hésotane. — Le mésotane est un dérivé oxyméthylé 
du salicylate de méthyie ou essence de Gaultheria. Il a 
pour formule OH-C^H^-COOCH*- OCH\ 

On obtient le mésotane en traitant le salicylate de 
soude par Téther diméthylique chloré 

.OH 
C6H< +ClCH»-0-CH8 = NaCH-OH— C6H*--C0«CH»-0CH». 

^CO«Na 

Le salicylate de méthyie possède une odeur forte et 
persistante qui est des plus désagréables; c'est là un 
grave inconvénient dans Tusage de ce produit; aussi on 
a déjà essayé de le remplacer par des salicylates d'al- 
cools à poids moléculaire élevé (salicylate d'amyle, 
ulmarène), mais ces produits très stables sont en même 
temps peu actifs 

Le mésotaue n'a qu'une odeur très faible, plutôt 
agréable : il est très facilement absorbé, car sa stabilité 
est faible. L eau en vapeur le détruit facilement et l'hu- 
midité de l'air l'altère en partie. Sa décomposition s'ef- 
fectue d'après la formule suivante : 

.OH ,oa 

C8H*C + H»0 = C«H*C + CH«0-|- CH30H. 

\co.ocH3.ocH3 ^tiom 



— 27 — 

Cest un liquide huileux, jaunâtre, d'odeur faible, in- 
soluble dans Teau, soluble dans l'alcool, l'éther, le chlo- 
roforme. Son emploi est le même que celui du salicylate 
deméthyle, surtout dans les affections rhumatismales ; 
on l'utilise en frictions, faites avec un mélange de méso- 
tane et d'huile d'olive ou de ricin. 

H. C. 

Helmitol. — Ce produit est une combinaison de 
l'hexaméthylènetélramine avec un acide anhydrométhy- 
lène citrique. Cet acide se décompose facilement dans 
Toi^anisme avec formation d'aldéhyde formique, de 
sorte que Thelmitol réunit les propriétés de l'aldéhyde 
formique à celles de l'hexaméthylènelétramine. L'hel- 
mitol se présente en beaux cristaux qui se décomposent 
vers 463''; il est soluble dans l'eau, insoluble dans Tal- 
cooleiréther; on l'emploie dans les maladies infectieuses 
âe l'appareil urinaire. 

H. C. 

Théocine. — La théocine n'est autre chose que la 
théopbylline, alcaloïde isolé en 1888 par Kossel dans les 
leuilles de thé où elle accompagne la caféine. La Ihéo- 
phylline est un corps extrêmement rare qui n'existe 
dans le thé qu'en très faible proportion ; aussi ses pro- 
priétés thérapeutiques n'avaient pas été étudiées (1). 

La théocine estla théophylline préparée par synthèse: 
à la suite des travaux de Fischer sur le groupe de la pu- 
rine et les recherches particulières de Traube, la maison 
Bayer a pu réaliser la synthèse de la théophylline (2). 
On a déjà reproduit synthétiquement plusieurs bases 
naturelles, mais généralement on part d'autres alca- 
loïdes ou produits de décomposition de la base qu'on 

(i) C«tle «ftsertioQ de M. Eicheagriin irest pas exacte : MM. Scbmiede- 
^ et Âch en 1900 ont déjà tignalô les propriétés diurétiques de la 
tki^phyUtne. 

(2) La synthèse de la théophylline avait été réalisée industriellement 
<I^i 1893-1896. K TExposition de 1900, il y avait des échantillons toIu- 
ninenx de ce prodnit préparés par la maison Bœhringer et fils, de 
Maonheim-Waldhof. 



— 28 — 

veut reconstituer; dans le cas de la th^^ocine, au con- 
traire, on n'utilise que des produits très simples (acides 
carbonique, cyanhydrique, acétique, formique, ammo- 
niaque, etc.). 

Au point de vue chimique, la théophylline est la 
1-3 diméthylxanthine isomère de la théobromine ou 
3-7 diméthylxanthine. L'étude de ses propriétés physio- 
logiques a montré que la théocine était un diurétique 
puissant, le plus puissant peut-être de tous les diuré- 
tiques. 

H. C. 

Septoforme(l). — D'aprèsM.Sternberg, leseptoforme 
est une combinaison de Taldéhyle formique avec des 
corps du groupe des terpènes, de la naphtaline ou des 
phénols ; ces combinaisons sont en dissolution dans une 
solution aqueuse d'oléate de potasse. Le septoforme 
est un liquide jaunâtre, presque sans odeur, non caus- 
tique, se dissolvant complètement dans Teau distillée. 
On l'emploie comme désinfectant et antiseptique en so- 
lution à 3 ou 5 p. 100; pour désinfecter le linge ou les 
locaux habités, on se sert de solutions à 10 p. 100. 

H. C. 



REVUES 



Pharmacie. 

Détermination de la valeur des feuilles de digitale ; 
par M. II. ZiEGENBEiN (2). — Nous ne pouvons guère 
qu'énoncer les conclusions principales qui se dégagent 
des nombreuses séries d'expériences rapportées par l'au- 
teur au cours de son mémoire, en renvoyant à ce der- 
nier le lecteur soucieux d'être mis au courant des 
détails expérimentaux. 

(t) Apotheker Zeilung, 1902, p. Ç16. 

(2) Wertbestimmung der Digitalis blàtter [Archivd, Pharm., t. CCXL, 
p. 434, 1902). 



— 29 — 

L activité de la digitale a été mesurée par son action 
sur le cœur de la grenouille, en même temps qu'on a 
déterminé la teneur de la drogue en digi toxine par le 
procédé Keller-Fromme. L'auteur a trouvé que la quan- 
tité de digitoxine trouvée n'avait aucun rapport avec la 
valeur physiologique du médicament; c'est ainsi que 
des feuilles de digitale contenant 0,163 pour 100 de 
digitoxine se sont montrées beaucoup plus actives que 
des feuilles dont la teneur en glucoside s'élevait à 
0,226 p. 100. 

Si Ton injecte comparativement à des grenouilles, 
d'une part une solution de tous les principes de la 
feuille de digitale, d'autre part des quantités de digi- 
toxine exactement correspondantes à celles contenues 
dans un même poids de feuille, on trouve qu'il faut 
de 2,6 à 5 fois plus de digitoxine que la quantité cal- 
culée» pour produire un effet identique à celui de 
l'extrait de feuilles. 

Les méthodes chimiques, seules, peuvent donc se 
trouver complètement en défaut quand il s'agit déjuger 
de la valeur d*un médicament et il y aurait souvent 
lieu de les remplacer par des méthodes physiologiques 
qui ne sauraient d'ailleurs permettre de tirer des con- 
clusions sûres d'une seule expérience, mais bien de 

tonte une série d'expériences concordantes. 

H. H. 

Sur Topium de Perse; par M. Siedler (1). — Après 
avoir rappelé les recherches successives des divers 
anteursqui se sont occupés de l'opium de Perse, l'auteur 
attire l'attention sur l'intérêt qu'il y aurait à employer, 
dans la pratique pharmaceutique, cet opium, dont la 
teneur en morphine, qui dépasserait d'une façon cou- 
rante li p. 100, peut même s'élever à 15 p. 100. Il suf- 
firait, par addition de substances indifférentes, d'ob- 
tenir un produit renfermant les 10 p. 100 de morphine 
exigés par diverses pharmacopées. 

(0 Ueber persichet Opiom. — Vorsammlang d. Natorf. and Aerzte in 
Kirisbad {Pharmaceutische Zeiiung, t. XLVII, p. 786, 1902). 



— 30 — 

L'opium peut se présenter sous deux aspects : ou bien 
sous forme de baguettes de O^^l à l'^" d'épaisseur à 
cassure et à surface lisses, ou bien sous forme de masses 
ou de bâtons irréguliers à surface rugueuse et à cassure 
irrégulière. Les deux sortes présentent du reste une 
homogénéité remarquable. 

La production annuelle de l'opium de Perse est d'en- 
viron 3.000 caisses de chacune 60^'''; mais la plus 
grande partie de cet opium reste dans le pays même, où 
ii est consommé par les fumeurs. 

Si les fluctuations qu'on observe, à l'heure actuelle, 
dans la valeur des opiums fournis par les maisons 
de Smyrne et de Constant] nople devaient longtemps se 
prolonger, on devrait certainement encourager les 
exportateurs à lancer dans le commerce l'opium de 
Perse, susceptible de remplacer avantageusement les 
sortes courantes à T heure actuelle. 

H. H. 

Sur la durée d'activité du sérum antidiphtérique; 
par M. Chiadini (1). — L'auteur a fait des recherches, 
à l'institut pharmacologique de Bologne, sur du sérum 
de provenance très diverse. Les essais ont montré que 
l'antitoxine du sérum était devenue complètement 
inactive après quatre années de conservation; après 
trois ans, l'activité est déjà notablement diminuée. Un 
sérum de deux ans peut conserver son pouvoir anti- 
toxique. Ce dernier peut très bien être modifié, sans 
qu'intervienne aucun changement physique tel qu'un 
trouble. L'addition d'antiseptiques n'a aucune influence. 
Les actions dues à la lumière ou aux variations de 
température, dans les conditions où elles s'exercent 
ordinairement, ne produisent pas d'effet nuisible sur le 
pouvoir antitoxique du sérum. 

H. II. 

(1) Gazzella degli ospedali, n^ 60, 1902 (d'après PharmaceutUche 
Zeilung, t. XLVII, p. 847, 1902). 



— 31 — 
Chimie. 

Dosage du carbonate de soude dans le sulfite de soude ; 
fMir M. C. E. Caspari et M. R. Moffatt (1). — Les auteurs 
décrivent une méthode basée sur celle qui a été propo- 
sée par Giles et Schearer pour le dosage des sulfites. 
Si on considère la réaction suivante : 

Na«S0s+I«+Hî0 = Na«S0*-f-2HI, 

on voit qu'une proportion donnée d'iode est employée à 
Toxydation du sulfite et qu'elle donnera lieu à la for- 
mation d*une quantité donnée d'acide iodbydrique qui 
peut être calculée d'après la quantité d'iode disparue. 
Si le sulfite renferme du carbonate, on trouvera une 
quantité d'acide iodbydrique moindre et qui aura été 
saturée par le carbonate de soude. Par suite, la différence 
entre la proportion d'acide iodbydrique calculée suivant 
le poids considéré de sulfite et la proportion trouvée est 
équivalente au poids de carbonate présent dans le sul- 
fite. 

Un dose d'abord l'iode resté en solution, suivant 
J'équation précédente, au moyen de l'byposulfite de 
soude et dans cette solution on fait un titrage acidimé- 
trique direct avec une solution normale de soude et le 
méthylorange comme indicateur pour connaître la 
quantité d'acide iodbydrique libre. 11 est préférable 
d ajouter à la solution un excès de liqueur normale de 
soude et de doser cet excès avec la solution normale 
d'acide sulfurique en employant le même indicateur. 
La fin de la réaction apparaît plus facilement que par 
un dosage acidimélrique direct. 

La différence entre la quantité d'acide iodbydrique 
qui devrait être formé aux dépens de l'iode disparu 
et celle qui est trouvée par dosage acidimétrique corres* 
pond à la quantité de carbonate de soude présent dans 
le sulfite. 

Er.G. 

{i)Amet\ Joum. ofPharmacy, \, LXXIV, p. 500. 



— 32 — 

Réaction sensible de la dextrose et d'antres aldéhy- 
des; parM.EM. RiEGLER(i). — Une solution de dextrose^ 
additionnée de petites quantités de chlorhydrate de 
phénylhydrazine et d*acétate de soude, est soumise à 
Tébullition, puis on alcalinise par la soude. On agite le 
mélange pendant quelque temps et on le laisse reposer 
jusqu'à ce qu'il se développe une coloration rouge 
violet. Cette coloration apparaît immédiatement si la 
solution contient plus de 5 p. 100 de sucre, mais, dans 
tous les cas, elle se fait toujours en moins d'un quart 
d'heure et elle est encore très visible dans les solutions 
contenant 08',003 de glucose p. 100. Une urine renfer- 
mant du sucre doit donner la coloration rouge violet en 
moins d'une minute. 

La formaldéhyde et l'aldéhyde acétique peuvent être 
facilement recherchées par ce procédé; il suffit d'ajou- 
ter à leurs solutions de la soude et du chlohydrate de 
phénylhydrazine. La coloration rouge violet se déve- 
loppe soit à l'ébuUition, soit par l'agitation prolongée. 
Cette réaction permet également de déceler l'existence 
de formaldéhyde dans le lait. 

Er. g. 

La dhurrine, nouveau glucoside de l'acide cyanhy- 
drique ; par MM. Dunstan et Henry (2). — Ce glucoside a 
été découvert dans le Sorghum vulgare. La plante 
employée comme fourrage dans les contrées tropicales 
est, à l'état jeune, très funeste aux animaux. Si on la 
broie avec de l'eau, on trouve de l'acide cyanyhydrique 
dans la solution, dans une proportion qui peut atteindre 
2 p. 100 de la plante sèche. L'acide cyanhydrique 
n'existe pas tout formé dans la plante, car on ne peut 
l'en extraire ni par l'eau chaude ni par l'alcool. Sa 
formation est due à l'action d'un ferment, vraisembla- 
blement Témulsine, sur un glucoside de Tacide cyan- 

(1) Ann, Se. Vniv, Jassy, t. I, p. 236; d'après Journ. of the Cfiem. 
Society, t. LXXXII, p. 585. 

(2) Chemiker Zeitung, p. 504, 1902; d'après Pharmaceuiische 
Centralhalle, XLIII, p. 405, 1902. 



— 33 — 

hydrique, que les auteurs ont pu séparer des plantes 
jeunes. Ce glucoside possède la constitution d'un nitrile. 
Sa formule est : 

CAz 

Sous l'action de l'émulsine ou de l'acide chlorhydrique 
élendu, le dédoublement se fait en p-oxybenzaldéhyde, 
dextrose et acide cyanhydrique. Chauffé avec des 
alcalis, le glucoside donne de Tammoniaque et de l'acide 
dhurrinique, C**fPO'. 

H. H. 

Sur la saponine du Lycknis Jlos cuculi L. ; par le 
D'F. Sûss (1). — L*auteur a été conduit à s'occuper de 
celle question par des accidents survenus chez une 
femme âgée, qui pendant huit jours avait pris une 
décoction de Lycknis Jloè cuculi L. .(plante fleurie), 
qu'elle employait contre une rétention d'urine. Il s'en- 
suivit une néphrite hémorragique assez grave. 

Une saponine ayant déjà été signalée dans la racine 
de cette plante, lauleur chercha à l'isoler des parties 
aériennes. 

Pour l'obtenir, il traite, à deux reprises, 300»' de la 
plante fraîche et fleurie, par 1'** 1/2 d'alcool à 96% par 
digestion au bain<marie. Le liquide obtenu est ensuite 
précipité par un demi-litre d'éther. Il obtient ainsi un 
volumineux précipité, qu'il purifie par lavage à Télher, 
redissolution dons très peu d'eau et reprécipitation 
par Taléool et Téther. 

Le produit, représentant après dessiccation environ 
*î20 p. iOO de la plante fraîche, possède les carac- 
lères généraux d'une saponine ; la solution aqueuse 
mousse abondamment par agitation; elle a une saveur 
acre, irritante; elle présente les réactions d'un gluco- 
side hydrolysable par Tacide sulfurique. 

i) PAarm. Po*U XXXV, 5 oct. 1902. 

^«««. (/« Pharm. et de Ckim, 6« sékib, t. XVII. (1" janvier 1903 ) 3 



— 34 — 

Il l'appelle Lycknidine. 

Ses propriétés physiologiques ont été étudiées par 
le Prof. D' Curt Wolf, de Dresde. 

Inoculée aux cobayes, elle est très toxique, et les 
lésions qu'elle produit la rapprochent de la cyclamine. 

J. B. 

Dosage de la théobromine dans les cacaos; par 
M. Decker (1). — Dans un travail récent, M. Decker, phar- 
macien de l'armée des Indes néerlandaises, a repris 
plusieurs points intéressant les analyses des cacaos ou 
des chocolats, en particulier le dosage de la théobro- 
mine. Il a d'abord examiné la question de la solubilité 
de la théobromine dans différents dissolvants, car les 
données sur ce point sont très contradictoires : les 
meilleurs dissolvants sont l'alcool à 96"*, l'alcool 
amylique et surtout Teau bouillante. Après avoir criti- 
qué les méthodes données jusqu'ici pour le dosage de la 
théobromine, M. Decker propose d'opérer de la façon 
suivante : 10^' de poudre de cacao sont additionnés de 
S'^' de magnésie calcinée et BOO»*^ d'eau; on fait bouillir 
une heure au réfrigérant ascendant, on filtre à chaud, 
avec expression, puis le résidu est traité de la même 
façon par 150''*' d'eau. Les liqueurs sont évaporées au 
bain-marie et le résidu divisé avec du sable est épuisé 
trois fois avec 100" de chloroforme dans un appareil à 
reflux; le chloroforme est distillé, et le résidu desséché 
à 100® est pesé. Ce résidu est constitué par la théo- 
bromine, la caféine et une petite quantité de substances 
minérales; il est d'abord traité par la benzine, qui enlève 
la caféine sans dissoudre la théobromine; cette base 
est pesée, puis q^lcinée, et le poids des cendres 
(1 p. 100 environ) étant déduit, on a la proportion 
de théobromine. M. Decker admet une moyenne 
de 1,70 p. 100. 

D'après M. Welmans (2), la méthode de Decker ne 

(1) Ueber einige Besiandtheile des Kakao und ihre Besûmmang 
{Pharmaceutische Zeitung, 1902, p. 798). 

(2) Pharmaceutische Zeitung, 1902, p. 858. 



— 35 — 

donne des résultats exacls que si l*on opère avec soin les 
épaisemenls par Peau et le chloroforme : la théobro- 
mine n*est extraite que très difficilement et il est néces- 
saire de renouveler plusieurs fois les traitements. 

On falsifie souvent la poudre de cacao en ajoutant des 
coques de cacao. M. Decker propose, pour découvrir 
cette addition, le dosage des pentosanes et surtout des 
mélhylpentosanes dont l'amande de cacao ne contient 
pas de trace. 

Enfin Decker a dosé la proportion de bases xanthiques 
dans les feuilles de l'arbre à cacao et de l'arbre à noix de 
kola. Il a trouvé pour le Théobroma 0,53 p. 100 de 
bases dans les feuilles fraîches, formées surtout de 
théobromine; les feuilles sèches ne renferment qu'une 
(race d'alcaloïdes. Dans les feuilles du Sterculia, il a 
trouvé 0,150 p. 100 de bases formées de 0,101 théo- 
bromine et 0,049 caféine. Dans les feuilles du Sterculia, 
la proportion de théobromine est donc relativement 
plus élevée que dans la graine. 

H. C. 

Etudes gur rurine de cheval ; par M. Ch. Porcher (1). 
— Les animaux qui ont fourni les urines examinées 
étaient tous sains; leur alimentation consistait en foin, 
paille, avoine et son; Turine des 24 heures était 
recueillie au moyen d'un urinai en toile caout- 
choutée. Elle est trouble, épaisse, filante, ressemblant 
Ht la boue dans de rhuile, conséquence de sa richesse 
en mudne. Fortement lévoçyre après la défécation par 
Vacétate neutre de plomb, le calcul indique que la quan- 
tité de glucose nécessaire pour annuler la forte rotation 
lévogyre imprimée par l'urine de cheval peut être de 6, 
7» 8. 10 et même 13«%50 par litre. Une grande partie 
de cette rotation gauche est due à l'existence dans l'urine 
de composés glycuroniques qui y sont particulièrement 
Codants. Ces composés peuvent être considérés 
comme des glucosides de Tacide glycuronique, qui est, 

(i) Jouni. de Méd. vétérinaire ei zootechnie. 



— 36 — 

lui, comme on sait, dextrogyre. Par conséquent, si on 
les dédouble, Tacide glycuronique mis en liberté doit 
tendre à ramener vers le zéro polarimétrique l'urine 
qui les renferme. Dans l'analyse de telles urines, le po- 
larimètre est à rejeter^ car il existe une discordance pro- 
fonde entre les indications fournies par les méthodes 
optiques de dosage et celles que donnent les méthodes 
de réduction. Pour la défécation du liquide, les sels de 
plomb ne donnent pas de résultat satisfaisant et le do- 
sage par la liqueur de Fehling, qui est ici le seul pos- 
sible, ne se fait avec toute la netteté désirable qu'alors 
que l'urine a été déféquée par les sels mercuriqiies^ 
MM. Ch. Porcher et Ch. Hervieux ont vérifié le fait en 
additionnant l'urine de cheval de quantités connues de 
glucose et de lactose. Leurs conclusions finales sont que : 
dans le dosage cTun sucre^ gltùcose ou lactose, contenu dans 
une urine de cheval, de vache^ de chèvre^ d'herbivores en 
général^ on ne doit pas se servir du polarimètre, La liqueur 
de Fehling doit être uniquement employée après défécation 
préalable de l'urine au moyen de Vazotate mercuriqtie. 
Le procédé suivi a été celui qu'ont indiqué MM. Patein 
et Dufau avec élimination consécutive du mercure. 

G. P. 

Delà lactosurie chez les femelles pleines au moment 
du part; par MM. Ch. Porcher et P. Leblanc (1). — La 
présence du lactose a été signalée dans l'urine des^m- 
mes en couches il y a une trentaine d'années; les obser* 
valions récentes des auteurs du présent travail ont trait 
à des vaches entrées au service d*accouchement de 
l'Ecole de Lyon pour faire leur veau, à des cobayes fe- 
melles et à une lapine, La différence profonde qui existe 
entre l'urine de l'homme et celle de la vache ou du che- 
val oblige à modifier à chaque instant la technique 
suivie dans l'examen de la première, car les méthodes 
qui conviennent à celles-là peuvent très bien donner 
de mauvais résultats pour celles-ci. Pour le dosage, par 

(1) Bull, de la Soc. Cent, de Méd. vétérinaire. 



— 37 — 

exemple du suere^ dans une urine de vache ou de che- 
val, une seule méthode résiste à la critique : c'est celle 
qui réclame la défécation de Turine par les sels mercu- 
riques^ azotate ou chlorure. 

Porcher et Leblanc ont reconnu que, si on examine 
rurine des femelles quelque temps avant l'accouche- 
ment, od constate que l'urine a acquis la propriété de 
réduire la liqueur de Fehling; du jour où l'urine de- 
TÎent réductrice, son pouvoir réducteur augmente pro- 
gressivement pour atteindre son maximum le jour de la 
parturition; à partir du jour de Taccouchement, la 
quantité du sucre présent dans l'urine "diminue rapide- 
ment; il y a, à cet égard, un saut brusque entre le jour 
de la mise-bas et le lendemain; lorsque l'urine n'a plus 
qu'an pouvoir réducteur très faible ou nul, si on enlève 
à la mère les petits qu'elle allaite, dès le lendemain on 
voitTarine redevenir fortement réductrice; le sucre que 
Ton rencontre ainsi momentanément dans l'urine est le 
lactose. 

G. P. 

Composition de la graisse humaine ; par M. Hermann 
Jaecklb (1). — On ne possédait jusqu'ici sur cette ques- 
tion que quelques données isolées, d'où on pouvait tou- 
tefois déduire que la composition de la graisse humaine 
est assez variable. L'auteur a effectué de nombreuses 
analyses sur des graisses provenant soit d'adultes, 
soit d'enfants; ces recherches ont eu aussi pour objet 
i'examen des graisses provenant d'un certain nombre de 



M. Jaeckle s'est attaché à n'opérer que sur des graisses 
provenant d'individus sains, morts par suite d'acci- 
dents ou de maladies aiguës, de façon que les résul- 
tats fussent autant que possible rapprochés de la nor- 
male. Il a déterminé les données suivantes : 

(1) Ueber die Znsammenseizung des menschlichen Fettes. Ein Bei- 
trig tut Analyse der Fette (Zeitschrift fur physiologische Chemie, 
lXXVI, p. 53). 



— 38 — 

1° La densité ; 

2** L'indice de réfraction ; 

3^ L'indice de saponification ; 

4® L'indice d'acides volatils ou nombre de Reichert- 
Meissl; 

S*" L'indice d'acidité ; 

6^ L'indice d'iode par la méthode de HubI; 

V La proportion de corps non saponifiables consti- 
tués surtout par de la cholestérine; la méthode suivie 
consiste essentiellement à saponifier un certain poids 
de graisse par la soude alcoolique et à épuiser le savon 
formé par Téther de pétrole : le résidu de ce dissolvant 
est formé de cholestérine impure qu'on évalue sous 
forme d'éther benzoïque par la méthode de Bœmer et 
Winter; 

8** La proportion de lécithines : pour cela, on dose le 
phosphore dans un certain poids de graisse au moyen 
de la méthode de Bénédikt ; cette détermination est par- 
ticulièrement délicate vu la faible proportion de léci- 
thines; 

9° La nature des acides gras et leur proportion rela- 
tive dans la graisse humaine. L'auteur a suivi pour ces 
déterminations la méthode ordinaire, mais en apportant 
un certain nombre de modifications aux procédés clas- 
siques. Les acides gras isolés après saponification sont 
transformés en sels de plomb ; de ce mélange on retire 
d'abord les dérivés plombiques des acides gras non 
saturés (oléi(jue, etc.). 

On emploie d'habitude dans ce but la méthode 
de Warrentrapp, c'est-à-dire qu'on traite le mélange des 
savons de plomb, par l'éther qui ne dissout que Toléate 
de plomb ; l'auteur reproche à cette méthode d'ôtre peu 
rigoureuse, c'est-à-dire de ne donner qu'un acide oléique 
très impur contenant jusqu'à 12 p. 100 d'acides satu- 
rés. 11 a réalisé la séparation del'oléatepar la méthode de 
Farnsteiner en remplaçant l'éther par la benzine à chaud. 
Les acides gras solides sont séparés au moyen de préci- 
pitations fractionnées sousjforme de sels de magnésie, 




— 39 — 

puis les acides isolés des différentes fractions sont iden- 
tifiés, d'après la méthode de Krafft, sous forme de sels 
d'ai^Dt,et non sous forme desels debarytc, le dosage de 
l'argent étant, d'après M.Jaeckle, plus facile et plus 
précis que le dosage du baryum. 

Il a constaté ainsi que la graisse humaine ne conte- 
nait que des acides oléique, palmitique et stéarique. 

Les résultais obtenus sont consignés dans deux 
tableaux que nous résumerons ainsi : 

Graisse Graisse 

d'adultes Enfant de lipomes 

Densité 0.9119 

Indice de saponification . 193 à 199 204 180—199 

Indice d'iode 62—73 4T— B8 59—17 

Acide oîéique 70— 81 p. i 00 55-67 68—71 

Aàde jialmitique 17—21 — 7,8 à 25 

Acide stéarique 5—6,3 — 1,5 à 6 

U'eithines 0,073 0,0l3à 7,21 p. 100 

Choiestérine 0,2442 (brute) 0,34 à 1,70 — 

Il résulte de ces chiffres que la composition de la 
graisse humaine ne diffère pas sensibleihent de celle 
des autres mammifères ; elle offre les différences 
notables d'un individu à un autre. La graisse des enfants 
(dans ce cas, il s'agit d'enfants de quelques jours) est 
moins riche en acide oléique que celle des adultes. La 
graisse des lipomes diffère de la graisse ordinaire et 
possède aussi une composition très variable. 

H. G. 

Su* la composition du fromage d'Emmenthal ; par 
MM.WiifTERSTEiwet Thônt (1). — Pendant la maturation, 
la pâte fraîche du fromage d'Emmenthal (sorte de fro- 
mage de Gruyère) subit d'importantes modifications au 
point de vue des éléments constituants. Cette question 
est étudiée depuis longtemps dans le laboratoire de 
H. Schuize à Zurich et a déjà été l'objet de plysieurs 
mémoires. On a constaté notamment que les matières 
grasses étaient peu modifiées, tandis que la substance 

(1) Beilrâge zur Kentniss der Besiandlheile des Emmenthaler Kdses 
[ZeiUchri/i fUr physiologische Chemie, t. XXXVI, p. 28). 



— 40 — 

protéique, la paracaséine, subissait des transformations 
profondes. Ces transformations sont de véritables décom- 
positions de la substance protéique ; il se forme d'abord 
une albumine soluble dans Talcool^la caséoglutine^ puis 
des produits de décomposition plus avancée, entre 
autres de Tammoniaque et des acides amidés; parmi 
ces derniers, on a signalé la leucine, la tyrosine et la 
phénylalanine. Le travail de MM. Winterstein et Thôny 
a pour but principal de déterminer s'il se formait des 
bases hexoniques (arginine, lysine, histidine) dans la 
maturation du fromage de Gruyère. 

Nous ne pouvons donner ici la méthode longue et 
compliquée qui a permis à ces auteurs de déterminer 
la nature des produits basiques retirés de la pâte de fro- 
mage et nous ne mentionnerons que les résultats 
obtenus. 

Le fromage est réduit en poudre, desséché, épuisé 
par l'éther pour enlever les graisses, puis par ralcool 
bouillant et finalement par Teau. Les extraits alcooli- 
ques et aqueux réunis ont donné : de la caséoglu- 
tine, des peptones, de Thistidine identifiée par son 
chlorhydrate, de la cadavérine ou pentaméthylènedia- 
mine, de la putrescine ou 4étraméthylènediamine, de 
la lysine en très faible quantité, et de la guanidine. 
Remarquons que les auteurs n'ont pas jisolé d'arginine, 
mais qu'ils ont pu caractériser la guanidine et la tétra- 
méthylènediamine qui apparaissent dans la putréfaction 
de l'arginine ; la pentaméthylènediamine elle-même 
est un produit de décomposition de la lysine (1). 

Dans tous les produits examinés, il y a enmôme temps 
formation de dérivés ammoniacaux; dans un seul cas 
(fromage très ancien), ils ont pu isoler de la tyrosine. 

Somme toute, les substances protéiques pendant la 
maturation subissent des décompositions analogues à 
celles provoquées par les ferments digestifs, les acides 
étendus et les bactéries de la putréfaction. 
H. C. 

(1) Voir Joum. de Pharm. et de Chim., [6], XVI,262, 1902. 



— 41 



BIBLIOGRAPHIE 



Précis de matière médicale; par M. E. Collin (1). 

Uautenr de cet ouvrage est bien connu de tous ceux qu'inté- 
resse Tétude des drogues dans leurs rapports avec les sciences 
naturelles ou chimiques. Il y a quelques années, il nous a déjà 
donné, en collaboration avec le regretté P' G. Planchon, un très 
important traité de matière médicale : les Drogues simples d'ojngine 
végétale, dans lequel un développement considérable a été 
accordé aux caractères d'anatomie microscopique, ce qui du reste 
le fait sortir du cadre des études ordinaires de l'étudiant en 
pharmacie. 

Le Précis actuel est, au contraire, destiné principalement aux 
étudiants ; ses dimensions et le développement donné aux 
diverses parties ont été choisis dans ce but, qui, nous le cons- 
tatons avec plaisir, est parfaitement rempli. 

La classification adoptée est celle de Bentham et Hooker, déjà 
saivie dans le Jardin botanique et dans la collection de matière 
médicale de l'École de Pharmacie de Paris. 

En tête de chaque famille sont résumés les caractères bota- 
niques généraux, et au point de vue anatomique, la description 
de l'appareil sécréteur seulement, parce que c'est celui qui offre 
le plus de constance dans sa forme, sa disposition et sa locali- 
sation. 

Suit Tétude détaillée de chaque plante ou partie de plante. 
Après avoir établi l'origine de la drogue, il la décrit avec beau- 
coup de soin, signale ce qui est connu sur sa composition chi- 
mique en insistant sur le principe qui constitue l'élément actif, 
ou sup[K)sé tel. Il indique en outre la manière de constater la 
préseuce de ce principe actif, sa localisation et même son dosage. 
Viennent ensuite les usages et le mode d'emploi de chaque 
substance et en dernier lieu les falsifications qu'on lui fait subir 
et le moyen de les constater. 

Quant à la description des caractères anatomiques, l'auteur 
&'esl borné aux particularités remarquables, ou même l'a négligée 
complètement toutes les fois qu'elle n'était pas indispensable, 
c'est-à-dire lorsque la drogue est suffisamment caractérisée par 
son aspect extérieur ou l'examen microscopique de sa section. 
Cependant, dans le cas de produits se présentant habituellement 
sous forme de poudre, les caractères anatomiques ont conservé 

(1) Un Tolume grand in-8<» de 720 pages, avec 413 figure» dans le 
texte. — Editeur : 0. Doin, Paris. 



— 42 — 

leur place tout indiquée; et des dessins, dus pour la plupart à 
l'auteur, facilitent encore l'identification du produit et la 
recherche de ses falsifications. 

En outre, une cinquantaine de pages sont consacrées aux prin- 
cipales drogues d'origine animale. 

Malgré sa condensation, que l'auteur s'est imposée à dessein, 
cet ouvrage est fort complet et résume fidèlement les derniers 
progrès de la science. Il sera certainement consulté avec fruit, 
tant par les étudiants en pharmacie qui préparent des concours 
ou des examens que par les praticiens eux-mêmes. J. B. 

Tableaux synoptiques de minéralogie ; Détermination des minéraux, 
par le B^ Et. Barral, professeur agrégé à la Faculté de méde- 
cine et pharmacie de Lyon; avec préface de 0. Dépéret, 
doyen de la Faculté des Sciences (1). 

Ce livre élémentaire permet de déterminer les minéraux par 
des procédés faciles, fondés principalement sur les caractères 
extérieurs, ou du moins à la portée de tous, ceux que ne rebute pas 
l'emploi des méthodes les plus élémentaires de la chimie et de la 
cristallographie. La plus large part dans ces tableaux est faite 
aux propriétés organoleptiques (couleur, éclat, dureté, struc- 
ture, etc.) ; mais l'auteur n'a pas manqué de faire appel, dans une 
certaine limite, à des propriétés chimiques et cristaliographiques 
très simples, destinées plutôt à confirmer une première déter- 
mination provisoire faite avec les caractères d'observation 
extérieure. Ch. M. 



SOCIÉTÉ DE THÉRAPEUTIQUE 



Séance du 26 novembre 1902. 

M. Dignat expose les raisons qui, selon lui, démon- 
trent rm/?()MeWWtéef^7tfèKr/?<?wrriwrfîPîrfM sain un régime 
alimentaire en quantité, exclusivement basé sur la notion du 
poids du corps. 

Il reconnaît avec M. Bardet que nombre d'affections 
chroniques ont pour cause l'exagération alimentaire et 
surtout l'exagération de la consommation d'albumine. 
Mais on ne peut, comme le prétend M. Bardet, imposer 

(1) Un Tolame in-iS de 96 pages, cartonné : 1 fr. 50 (librairie J.-B. 
Baillière et fils, 19, rue Hautefeuille, Paris). 



— 43 — 

un régime uniforme à tous les hommes sains de même 
poids. La ration d'entretien varie en effet non seule- 
ment suivant le poids, mais suivant Tâge^le travail 
effectué et le milieu dans lequel vit Tiudividu. Il faut 
tenir compte également de certaines influences parti- 
culières liées à rhérédité, à Tétat diathésique du sujet. 
De semblables variations dans les besoins de l'orga- 
nisme ont été signalées parM. Bouloumié à propos des 
chevaux des régiments de cavalerie qui, bien qu'étant 
deméme race, bien qu'ayant à peu près la même taille et 
le même poids, ne s'accommodent pas également de la 
même ration journalière. 

Donc, même chez des individus absolument sains, il 
est impossible d'établir une formule invariable per- 
mettant de déterminer, d'après la seule donnée du poids 
ducorpSf la quantité d'aliments nécessaire. Chez les 
malades, il y a lieu également de tenir compte des diffé- 
rences individuelles. 

Comme M. Bardet,M. Dignat voudrait néanmoins 
que le médecin s'habituât k doser l'aliment comme il 
dose le médicament, mais en prenant d'autres bases 
que le poids du sujet. L'emploi d'une formule invariable 
exposerait le public à réagir, d'une façon qui pourrait 
n'être pas inoffensive, contre les habitudes actuelles. 

M. Bardai a voulu simplement prouver que tout indi- 
vidu, pour s'alimenter, n'est pas obligé d'ingérer de 
grandes quantités d'aliments. Les chiffres de ration ali- 
mentaire cité dans les traités de physiologie sont en 
général excessifs. La viande notamment serait avanta- 
geusement remplacée par le sucre, bien préférable 
comme producteur de chaleur et d'énergie. 

H. Hachard considère comme des plus importantes 
la question soulevée par M. Bardet et il s'associe à ses 
conclusions. Le plus grand nombre des maladies chro- 
niques, en première ligne l'artério-sclérose, sont engen- 
drées par le mauvais régime alimentaire actuel, qui est 
un régime d'empoisonnement lent, progressif et con- 
lina. 






— 44 — 

M. Camescasse fait une communication sur le traite^ 
ment des hématomes par V huile comestible. Pour f sire rapi- 
dement disparaître les bosses sanguines, il suffit d'en- 
duire la région d'huile d'olive. L'onction doit être faite 
le plus tôt possible après l'accident. Il est inutile de 
faire un massage quelconque. La douleur se calme et 
on voit fondre l'hématome en quelques heures. 

M. Camescasse traite avec succès les dermites irifec- 
tieuses et les lymphangites par le cataplasme phéniqtié^ cata- 
plasme de farine de lin préparé avec de l'eau contenant 
j}»*^ d'acide phénique par litre. Ainsi préparé, le vieux 
cataplasme est toujours émoilient, mais il est anti- 
septique. 

M. Schoull envoie une note sur la photothérapie de la 
scarlatine et la longue durée de la contagiosité de cette 
affection. Quand le malade est placé dès le début de 
l'éruption dans une chambre rouge, on constate la 
sédation rapide de tous les symptômes et l'absence 
de desquamation. Mais le malade ne doit sortir de la 
chambre rouge qu'après disparition complète de l'exan- 
thème. 

M. Schoull a constaté à Tripoli un cas de scarlatine 
dont l'étude minutieuse permet de faire remonter Tori- 
gine à la transmission de squasmes provenant d'un cas 
antérieur de 13 mois. 

Ferd. Vigier. 



SOQËTË DE BIOLOGIE 



Séance du 8 novembre 1902. 

M. A. Briot a étudié l'action hémolytique du venin de 
vive ; les venins de serpent dissolvent les globules rouges 
du sang des animaux sensibles. Mais si les globules ont 
été lavés à l'eau physiologique, l'hémolyse par le venin 
n'a plus lieu. Il faut restituer du sérum normal. 
Galmette a montré qu'il faut restituer du sérum normal 






45 — 



chauffé à 62* pour que Thémolyse se produise, car le 
sérum normal renferme une anti-hémolysine naturelle 
capable de protéger les hématies contre l'action dissol- 
vante du venin. On constate, avec le venin de vive, la 
même série de phénomènes. 

M. F.-J. Bo8c(de Montpellier), en injectant du cla- 
veau virulent pur dans le tissu périmammaire d'agneaux 
femelles de trois à quatre mois, a obtenu des lésions 
variables de la glande mammaire dont il donne la des- 
cription. 

M. le D' Gandil signale l'action curative des courants 
de haute fréquence sur un cas de diabète arthritique 
héréditaire. 

Il semble à M. E. Maurel que Ton peut considérer 
comme probable que la mort des leucocytes sous l'in- 
fluence de la quinine joue un certain rôle dans la mort 
de l'organisme sous l'influence de cet agent; il est 
possible que l'action de la quinine sur les leucocytes 
intervienne dans son action thérapeutique. 

MU. F. Battelli et 6.-B. Boatta ont reconnu que, sous 
l'influence de la fatigue, la quantité d'adrénaline 
diminue d'une façon considérable dans les capsules 
surrénales. Chez l'homme normal, la quantité d'adré- 
naline existant dans les capsules surrénales est la même 
que chez les animaux, proportionnellement au poids du 
corps; dans les cachexies, la quantité d'adrénaline 
subit une élimination qui peut devenir considérable. 

M. leD'E. Ga88aet(de Bordeaux) a constaté l'action 
du suc hépatique contre le prurit et l'urticaire, plus 
particulièrement post-sérothérapiques. 

M. Charles Nicolle (de Rouen) indique un procédé 
très simple de culture des microbes anaérobies. 

M. Victor Henri montre qu'il n'y a pas lieu d'admettre 
que les lois de l'action des diastases font exception aux 
lois de la chimie générale. 

Pour M. le D^ Wlaeff» la rate participe non seulement 
à l'élimination des globules sanguins détruits et à la 
lutte contre les maladies infectieuses, mais encore à la 



— 46 - 

formation des globules rouges et blancs; si les hommes 
et les animaux survivent à Tablation de la rate et si 
leur sang redevient normal un certain temps après 
cette opération, c'est grâce aux organes qui remplissent 
les fonctions de la rate disparue. 

M. F.-X. Gouraud indique les variations de la produc- 
tion d'urée par le foie sous Tinfluence de la glycosurie 
alimentaire provoquée. Le dosage de l'urée au cours de 
la glycosurie provoquée a donc le très grand avantage 
de nous révéler les réserves, le potentiel de la cellule 
hépatique. 

Séance rfw 15 novemhe, 

M. L. Azoulay indique les moyens d'obtenir des 
moulages des phonogrammes, par fusion, compression 
et chaleur combinées, pour musées phonographiques. 

A propos de l'existence normale de Varsenic chez les 
animaux et les plantes, M. Armand Gautier montre que 
ce métalloïde, comme Tazote et le phosphore, parait 
jouer dans la nature un rôle important et universel. On 
le trouve dans la mer, les végétaux, les animaux 
terrestres ou marins; et dans ceux-ci, il semble se loca- 
liser surtout dans les organes d'origine ectodermique 
qui président, on le sait, à la sensation, à la reproduc- 
tion et aux fonctions cérébrales. 

M. F. Batelli a reconnu que : i^ chez le cobaye et le 
lapin, les injections à*adrénaUne dans la veine jugulaire 
sont toujours mortelles à la dose de 0^^0002 par kilo- 
gramme d'animal; T chez le lapin, les injections dans 
la veine fémorale sont toujours mortelles à la dose de 
de 0«',0006 par kilogramme d'animal; 3** la mort est due 
àTœdème aigu du poumon; 4® la toxicité de l'adrénaline 
par injection dans la jugulaire est quarante fois environ 
plus grande que par injection hypodermique. 

M. Gaston Gatouillard décrit un Streptoihrix chromo- 
gène auquel il a donné le nom dHOospora chromo- 
gènes, 

M. E. Couvreu)* communique ses recherches sur le 



— 47 — 

sang des mollusques gastéropodes marins et le méca- 
nisme respiratoire de la torpille. 

M. J. Lefèvre indique que chaque fois qu'il y aura lieu 
de relever une série de températures rectales, dans le 
cours d'une même expérience, il faudra, pour rendre les 
résultats comparables, s'assurer par un point de repère 
que les explorations ont toujours été faites à la même 
profondeur. 

MM. Horel et DolériB ont apporté à la méthode de 
coloration par le mélainge iriacide d'Ehrlich une modifi- 
cation heureuse consistant en addition d'une solution 
AtformoL 

MM. L. Fomnier et 0. Beaufumé ont trouvé le bacille 
de Koch dans l'urine, dans tous les cas de tuberculose à 
évolution rapide ou franchement aiguë qu'ils ont exa- 
minés; ils considèrent cette recherche comme très 
importante au point de vue clinique, parce qu'elle 
permet d^établir un diagnostic formel dans les cas 
douteux. 

M. Edmond Sergent a trouvé une coccidie nouvelle, 
parasite du caméléon vulgaire et qu'il a nommée Isa- 
ipùra Mesnili. 

M. G. Leven, recherchant la durée du séjour des 
liquides dans l'estomac, a reconnu, chez les chiens, que 
dans les douze premières minutes le sang n'a pas franchi 
le pylore, que vers la quinzième l'évacuation commence 
et qu'elle est terminée vers la trentième minute. 

Les expériences de MM. H. Roger et P.-Emile Weil, 
portant sur quinze singes, montrent que la variole est ino- 
culable au lapin, et, contrairement à l'opinion admise, 
elles établissent que le virus variolique ne confère 
qu'assez difficilement une immunité bien nette contre 
le virus vaccinal. 

MM. Bierry et P. Portier ont dosé le sucre du sang en 
Qlilisant le mode de défécation indiqué par MM. Patein 
elDufau, qui leur a donné les résultats les plus satis- 
faisants. 



— 48 — 

Séance du 22 novembre. 

M. G. Harinesco a trouvé dans les cellules nerveuses 
des granulations spéciales, se colorant par les couleurs 
acides et par les mélanges neutres, qu'il appelle granu- 
lations oxyneutrophiles. 

MM. Stéphane Leduc, Albert Malherbe et Alfred 
Rouxeau ont produit l'inhibition cérébrale chez l'homme 
par les courants électriques. 

Il résulte des expériences de MM. A. Gilbert et A. Ghas- 
sevant que le kéfir écrémé séjourne dans l'estomac moins 
longtemps que le kéfir ordinaire. La digestion du kéfir 
écrémé est complète trois heures et demie après son inges- 
tion, alors que le kéfir ordinaire séjourne dans l'estomac 
pendant quatre heures et demie environ. Le kéfir se di- 
gère donc plus facilementque le lait et constitue l'aliment 
de choix pour les dyspeptiques astbéniques. 

M. JeanLépinea reconnu que l'hyperglobulie provo- 
quée par l'ingestion ou l'injection de corps thyroïde cor- 
respond à des atteintes assez sévères de l'organisme 
sous l'influence des produits thyroïdiens. 

M. C. Gessard a trouvé de la tyrosinase chez les seiches 
et les calmars, ainsi que dans le produit commercial 
désigné sous le nom de sépia en vessie j et qui n'est autre 
chose que la poche du noir desséchée avec son contenu 
telle qu'elle est livrée à l'industrie chimique pour la pré- 
paration de la couleur fine du même nom. La tyrosinase 
animale présente certaines difl'érences avec la tyrosinase 
végétale. 

M. Gh. Livon indique les modifications des gaz du 
sang sous l'influence du chlorure d'éthyle, du croton- 
chloral et du chloralose. 

M. A. Raybaud a observé que le pouvoir hémolytique 
des cultures de peste est en rapport avec leur action 
pathogène. G. P. 

Le Gérant : 0. Dow. 

PARIS. — IMPRIMERIE F. LEVÉ, RUE CASSETTE, 17. 



r^ 



49 



TRAVAUX ORIGINAUX 



Sur les gaz dequelques eaux minérales; par M. Gh. Moureu. 

I. — Jusqu'à ces dernières années, en fait de corps 
gazeux, on n'avait guèresignalé, dans leseauxminérales, 
que l'oxygène, l'azote, l'acide carbonique, l'acide sul- 
phydrique, Thydrogène et quelques hydrocarbures. 
Depuis la brillante découverte de l'argon par lord 
Rayleigh et Ramsayen 1894, l'attention des physiciens 
et des chimistes a été appelée sur les diverses sources 
gazeuses qu'on rencontre dans la nature. Il convient de 
rappeler, à cet égard, les recherches de M. Bouchard 
sur les eaux de Cauterets (1895), nos propres expé- 
riences pratiquées la même année sur le gaz de Mai- 
zières (Côte-d'Or), et celles de MM. Bouchard et Desgrez 
sur la source de Bagnoles-de-rOrne (1896). 

Ce mémoire a pour objet l'ëtude de cinq nouvelles 
sources de gaz minérales. Elles appartiennent toutes à la 
région pyrénéenne. Quatre sont du versant français : 
ce sont les sources Peyré, d'Ogeu (Basses-Pyrénées); 
Nehe ou Fontaine-Chaude, de Dax (Landes) ; Trou des 
Pauvres, de Dax (Landes); Vieille, d'Eaux-Bonnes 
(Basses- Pyrénées). La cinquième est la source Saint- 
Augustin, de la célèbre station de Panticosa, située 
à LGoO*" d'altitude sur le versant espagnol, en 
Aragon. Dans toutes, le mélange gazeux, très riche en 
azote, s*échappe spontanément, par bulles plus ou 
moins volumineuses, au griiïon de la source thermale. 

Les échantillons ayant été recueillis (1) et trans- 
portés avec toutes les précautions nécessaires pour 

(1) Les gaz des deux sources de Dax ont été recueillis et transportés 
avec le plus grand soin par notre ami M. Vielle, pharmacien distingué 
de eette rille, à qui nous adressons tous nos remerciements. Nous 
■oaunes également reconnaissant à MM. Cazaux, Espina y Gapo et 
Bdnardo Gorucharri y Echauri, de l'obligeant concours qulls nous^ont 
prêté à Eaux- Bonnes et à Panticosa. 

Jnm. d€ Pharm, et de Chim. «« siRiB, t. XVIT. (15 janvier 1903.) 4 



— 50 — 

éviter leur mélange avec l'air, nous avons étudié les 
divers gaz, dans le laboratoire de M. Moissan, d'après 
la marche suivante. 

II. — Une analyse sommaire est d'abord faite sur la 
cuve à mercure. On absorbe l'acide carbonique par la 
potasse et l'oxygène par le pyrogallate de potasse. Ces 
deux gaz sont toujours en faible proportion, et le résidu 
présente les caractères généraux de l'azote. 

L'argon et ses congénères ne peuvent se trouver que 
dans l'azote résiduel. On combine l'azote au calcium, et 
le nouveau résidu est soumis à l'analyse spectrale. Ed 
pratique, le gaz naturel brut était d'abord laissé en con- 
tact prolongé successivement avec de la potasse 
hydratée et de la potasse fondue ; ainsi débarrassé d'acide 
carbonique et parfaitement desséché, il était ensuite 
chauffé au rouge sombre, conformément à la méthode 
de M. Maquenne, en présence d'un mélange intime de 
chaux anhydre (5 p.) et de magnésium bien sec (3 p.), 
mélange qui fixait à la fois l'azote et l'oxygène. On faisait 
enfin l'examen spectroscopique dans des tubes de 
Plucker à électrodes d'aluminium, sous une pression 
de 2 à 3"" de mercure. 

III. — Les cinq gaz naturels examinés nous ont tous 
donné des résidus non absorbables, et chaque résidu 
nous a montré, au spectroscope, les raies caractéris- 
tiques de l'argon. M. Deslandres a bien voulu com- 
pléter cette étude spectrale; le savant astronome a pu 
mettre en évidence, dans la source Vieille d'Ëaux- 
Bonnes, une certaine proportion d'hélium, ce gaz rare 
qu' on savait depuis longtemps exister dans la photo- 
sphère solaire, et que M. Ramsay isola en 1895 de la 
clévéite et de quelques autres minéraux (i). 

Voici la composition, en volumes et exprimée en 
centièmes, des divers mélanges gazeux naturels que 
nous avons examinés. Nous faisons précéder chaque 

(i) Relaiivement à la même source, noas devons ajouter que diverses 
raies spectrales ont été vues, qui ne paraissent appartenir ni k l'argon 
ni à rhélinm ; elles seront identiÛées ultérieurement. 



— 51 — 

analyse de quelques renseignements sommaires sur 
Teau thermale correspondante . 

Source Peyré, dOgeu (Basses -Pyrénées) (1). — Eau 
lithinée; miaéralisation 0i^%225 par litre; tempéra- 
ture {9^5. Azote 90,6; oxygène 5,7; acide carbo- 
nique 2,8 ; argon 0,9. 

Source Nehe ou Fontaine-Chaude, de Dax '^Landes). —- 
Eau sulfatée calcique et chlorurée sodique faible; 
minéralisation l''',024; température 64"". Azote 96,6; 
oxygène 1,0; acide carbonique 0,8 ; argon 1,6. 

Source Trou des Pauvres, de Dax (Landes). — Eau 
similaire de la précédente. Azote 96,2; oxygène 0,7; 
acide carbonique 1,9; argon 1,2. 

Source Vieille, d'Eaux-Bonnes (Basses-Pyrénées). — 
Eausulfareuse; minéralisation 0«*',576; température 32**. 
Azote 98,2; argon et hélium 1,8. (L'analyse de ce gaz 
arait été faite, avant la découverte de l'argon et de 
l'hélium, parM. Garrigou, qui avait naturellementconclu 
à de l'azote pur.) 

Source Saint-Augustin, de Panticosa (Aragon). — 
Eau siliceuse et riche en matières organiques ; 
minéralisation 0«',126; température 30^ Azote 97; 
oxygène 1,6; acide carbonique 0,2; argon 1,2 (cette 
source gazeuse avait déjà été analysée par MM. Saenz 
Diez et Bonet; à partTargon, qui n'était pas connu 
au moment de leurs expériences, les résultats obte- 
nus par les deux savants espagnols sont voisins des 
nôtres). 

On voit, en résumé, que les cinq sources de gaz 
examinées, très riches en azote, renferment de Targon, 
et que la source d'Eau x«-Bonnes contient, en outre, de 
rhélium. 

Il est intéressant de comparer èes analyses avec celles 
qui ont été déjà publiées de divers gaz naturels. Ce 

[\) Cette foorce est connue depais longtemps dans le pays pour ses 
prapriètétdinrétiqaee. C'est la première fois qu'il en est fait mention 
<isas une pubUeation scientifique. Nous communiquerons prochaine- 
oMntl'ynalyte complète de Tean minérale. 



— 52 — 

rapprochement met immédiatement en relief la source 
de Maizières (Gôte-d'Or), étudiée par nous en 1896 : le 
gaz qui s'échappe par grosses bulles au griffon de cette 
source renferme, en effet, une énorme proportion (envi- 
ron 80 p. 100) d'un mélange d'argon et d'hélium^ et se 
trouve être actuellement la source d'hélium la plus 
riche qui soit connue (1). 

Remarquons que l'intérêt de cet ordre de recherches est 
loin d'être épuisé. Le crypton, le néon et le xénon, trois 
autres gaz que M. Ramsay vient de découvrirdans l'air 
atmosphérique, doivent se rencontrer ailleurs ; et, sous 
ce rapport, il y aura lieu, dans l'avenir, d'étudier minu- 
tieusement les diverses sources gazeuses naturelles. 

La question mérite d'ailleurs d'être envisagée à un 
autre point de vue. On sait combien est complexe le 
problème du mode d'action des eaux minérales sur 
l'économie. Nous pensons qu'aucun facteur ne doit être 
négligé et que, dans l'état actuel de la science, il serait 
pour le moins risqué de refuser à un élément quel- 
conque une part dans l'action thérapeutique globale. 



Sur la constitution des aloïnes; par M. E. Léger. 

J*ai montré dans deux notes antérieures que la bar- 
baloïne et Tisobarbaloïne, soumises à l'action de Na^O^, 
donnent le même produit d'oxydation : la méthyl- 
isoxychrysasine, et que les dérivés chlorés de ces mêmes 
aloïnes ne fournissent qu'une seule méthylisoxychrysa- 
sine tétrachlorée. Ceci montre clairement, que les deux 
aloïnes isomères renferment un noyau commun. Leurs 
propriétés sont aussi très voisines. Toutes deux donnent 
de l'acide chrysammique quand on les traite par AzO'H. 
Chauffées dans un tube à essai, elles donnent des va- 
peurs qui rougissent le papier à Tacétate d'aniline . 

(1) Noos rappelons que le gaz de Maizières nous avait été signalé 
par M. René Matton, stagiaire des eaux minérales à l'Académie de 
médecine, actuellement médecin-consultant à Salies-de-Béarn. 



— 63 — 

La méthylisoxychrysasine n'est d'ailleurs pas le seul 
produit qui se forme dans Taction de Na*0* sur là bar- 
baloïne et sur son isomère. Du liquide brun d*où ce 
corps a été précipité par HGl, j'ai pu extraire un corps 
sirupeux incolore présentant toutes les propriétés des 
aldopentoses ou de leurs dérivés et notamment le pou- 
voir rotatoire qui, dans ce cas, est lévogyre. J*ai Tin- 
lention de poursuivre l'étude de ce second produit de 
dédoublement des aloïnes, mais sa production permet 
déconsidérer, dès maintenant, la barbaloïne comme un 
produit de condensation, avec perte de H^O, de la mé- 
thylisoxychrysasine avec un aldopentose qui serait un 
méthylaldopentose, comme l'indique Tanalyse de la 
barbaloïne. On pourra donc représenter cette barba- 
loïne par la formule suivante : 

OH 
CH CO C 



HC 



OH-C 



CH 



CH CO C CH» 



CH-CHOH-CHOH-CHOH-COH 

qui expliqae tous les faits connus, y compris le pouvoir 
lotatoire. Dans la barbaloïne, composé plus stable que 
son isomère, la chaîne sucrée se fixerait sur l'un des 
deux atomes de carbone 1 ou 4 ; quant à Tisobarbaloïne, 
pour laquelle on peut, a priori, admettre le même poids 
moléculaire, cette fixation se ferait en 6, laissant libres 
les deux OH placés en i-4. Ceci expliquerait la grande 
oxydabilité de l'isobarbaloïne et les colorations rouges 
obtenues par M. G. Bertrand (1) sous l'action de la lac- 
case. Selon cet auteur, seuls les phénols renfermant 
deux OH en ortho ou en para sont influencés par ce fer- 



(1) Communication particolière. 



- 54 — 

ment ; or, la position de TOH placé en 1 ne pouvant être 
douteuse^ puisqu'il se retrouve dans la chrysasine qui 
est un dérivé des aloïnes obtenu artificiellement à partir 
de Tanthracène, un autre OH ne peut se trouver en 2 
(position alizarique de Liebermann), car, dans ce cas, la 
méthylisoxychrysasine se fixerait sur le coton mor- 
dancé en alumine, ce qui n'a pas lieu. Tous les dérivés 
hydroxylés de Tanthraquinone renfermant des OH 
en i — 2 sont, en effet, des matières colorantes ; il n'y a 
pas d'exception à cette règle. 

La barbaloîne et l'isobarbaloïne apparaissent donc 
comme des isomères de la franguline retirée de l'écorce 
àe hour ABLiixe{IiAammiê/rançula); mais, tandis que cette 
dernière, véritable glucoside, est dédoublable par les 
acides dilués, les aloïnes ne le sont pas. Elles se com- 
portent comme de véritables éthers- oxydes, c'est ce 
qu'exprime la formule précédente. Pour la formation 
de la franguline, on peut admettre que la molécule 
sucrée réagira par son côté aldéhyde. Il y aura départ de 
1 molécule d'eau pour la formation de laquelle l'oxygène 
aldéhydique sera éliminé avec un H emprunté à un OH 
de Témodine, le deuxième H étant fourni par un des 
groupes alcool secondaire, ce qui donne 

C»»H70ï(0H)«0— CH— CH— CHOH-CHOH-CHOH— CH3 

Y 

Cette formation rappelle celle des acétals, corps qui, 
comme les glucosides, sont facilement dédoublables. On 
remarquera que celte interprétation, un peu différente 
de celle que Ton admet, conduit cependant à la même 
manière de formuler. 

Nous avons vu que la nataloïne et rhomonataloïne, 
chauffées avec SO^H* dilué, donnent des vapeurs qui 
rougissent le papier à Tacétate d'aniline (réaction du 
furfurol et de ses homologues). D'autre part, soumises à 
l'action du bioxyde de sodium, ces aloïnes fournissent 
un corps qui présente la composition et les propriétés 
de Téther méthylique d'une émodine (trioxyméthyl- 



— S5 — 

anlhraquinone). On peut admettre que dans la molécule 
de ces deux aloioes on devra retrouver le reste de ce 
dernier groupement uni au reste d'une molécule pento- 
siqae. De ce fait que le furfurol ou un de ses homo- 
logues prend naissance dans l'action de SO^IP sur ces 
deux aloînes tandis que ce même furfurol ne se forme 
avec la barbaloïne et l'isobarbaloïne que par distillation 
sèche, on peut admettre que le groupement pentosique 
dans les aloînes de Taloès de Natal est fixé moins soli- 
dement sur le groupement anthraquinonique que dans 
les autres aloînes. D'autre part, le groupement anthra- 
qainonique dans la nataloïne et dans son homologue 
ne semble exister qu'à l'état latent et ne se révéler que 
sous rinfluence de Na*0*. En effet, si Ton traite ces 
deux aloînes par AzO'II, on n'obtient pas, comme avec 
la barbaloïne, un dérivé nitré d'une oxyanthraquinone, 
mais seulement beaucoup d'acide oxalique avec une 
petite quantité d'acide picrique, ainsi que Tout observé 
divers auteurs (Flûckiger, Tilden, Tschirch et Klaveness) 
et que j*ai pu l'observer moi-même. Les formules les 
plus simples qui permettent de tenir compte des faits 
connus sont C*'H"0*' pour la nataloïne et C"H'H)*' 
pour Thomonataloïne. 

Mes recherches sur ces composés ne sont pas assez 
avancées pour que je puisse les représenter par des for- 
mules développées ; cependant, il est évident que les 
considérations précédentes devront fournir d'utiles 
renseignements pour l'établissement de ces formules. 

Sur la préparation des ampoules stérilisées pour injections 
hypodermiques; par M. G. Rodillon. 

Nous pensons rendre service en indiquant un tour de 
main permettant au pharmacien dépourvu d'autoclave 
de préparer lui-même des ampoules absolument stériles. 
On se procure dans le commerce des ampoules vides 
fermées ou non ; celles que l'on trouve fermées aux 
Heux extrémités sont préférables, car elles sont stériles. 



— 56 — 

Si elles sont fermées aux deux extrémités, on en brise 
une; si au contraire les deux extrémités sont ouvertes, 
on en ferme une à la flamme d'un Bunsen dont on a 
bien dégagé les appels d'air afin d'obtenir une flamme 
à température élevée. A défaut de gaz, un chalumeau et 
une lampe à alcool conviendraient aussi bien. L'am- 
poule fermée à une extrémité est saisie par celle-ci au 
moyen d'une pince et passée 3 ou 4 fois dans la flamme 
pour dilater l'air qu'elle renferme,sans cependant élever 
la température au-dessus de 450* environ afin d'éviter 
la rupture de l'ampoule par l'immersion ultérieure dans 
leau. L'extrémité encore ouverte est de suite plongée 
verticalement dans de l'eau très chaude afin d'en assu- 
rer l'asepsie. On laisse ainsi refroidir quelques minutes 
les ampoules, une légère quantité d'eau (environ le 
quart de la capacité Totale) y pénètre par suite de la 
diminution de pression déterminée par la contraction 
de Tair due au refroidissement. Durant ce temps on 
prépare la solution titrée destinée à être répartie en 
ampoules, on la porte à Tébullition tranquille que l'on 
maintient pendant tout le temps du remplissage. Afin 
d'éviter que l'ébuUition prolongée ne vienne, par éva- 
poration du dissolvant, modifier le titre de la liqueur 
active, on devra n'opérer que sur de petites quantités à 
la fois (25" par exemple, pour des ampoules de T^ 1/4). 
Chaque ampoule est ensuite saisie par son extrémité 
obturée, puis inclinée dans le sens de l'ouverture afin 
d'amener le liquide restant à proximité de celle-ci. On 
remarquera qu'à ce moment une faible quantité d'eau 
reste encore, par le fait de la capillarité, adhérente à 
l'extrémité opposée. On chauffe alors dans la flamme 
Tampoule par sa région médiane. L'eau entre en ébul- 
lition, la vapeur émise chasse le liquide voisin de l'ou- 
verture; à ce moment,en imprimant une légère secousse 
à l'ampoule, le reste de l'eau adhérant à l'extrémité 
fermée s'échappe, puis, arrivant au contact de la paroi 
chaude, se vaporise brusquement en déterminant un 
jet 4e vapeur. A cet instant précis, et c'est là que 



- 57 - 

réside la partie délicate de l'opération, Tampoule est 
plongée verticalement par son extrémité ouverte dans 
le liquide actif; le refroidissement qui s'ensuit déter- 
mine une brusque contraction qui, par un mécanisme 
déjà expliqué, provoque le remplissage complet et 
immédiat de Tampoule. II ne reste plus qu'à retirer 
Tampoule et à la fermer à la flamme; mais comme 
lextrémité effilée encore ouverte est pleine de liquide, 
il faut placer Tampoule dans la partie mince de la 
flamme de telle façon que celle-ci arrive sur la région 
encore effilée qui précède immédiatement Tépaulement 
de l'ampoule : il se produit une projection du liquide 
en excès accompagnée d'un bruit sec semblable à celui 
dû à la détonation d'une amorce. 11 suffit alors de 
fermer Tampoule à la flamme et de la laver extérieu- 
rement. 

Si ces indications ont été bien observées, on est assuré 
de posséder des ampoules absolument stériles, ainsi 
que nous avons pu nous en assurer. Ce procédé supé- 
rieur, au point de vue rapidité et asepsie, à celui du 
remplissage par aspiration, les deux extrémités de 
l'ampoule étant ouvertes, ne saurait égaler au point de 
vue de la rapidité la méthode de remplissage par quan- 
tité au moyen de l'autoclave. 

Ce procédé n'est pas applicable pour la préparation 
des ampoules renfermant des produits altérables à 
chaud. 

Sur la préparation des suppositoires à base de beurre 
decacao; par M. G. Rodillon. 

Ayant eu à consulter dans différents périodiques les 
articles relatifs aux suppositoires, nous avons été frappé 
de voir que ces remèdes dont la préparation nous paraît 
d'une grande simplicité étaient classés parmi les prépa- 
rations les plus délicates à effectuer. Nous croyons 
rendre service en indiquant la façon dont nous procé- 
dons pour obtenir rapidement et sans aucune difficulté 



I 



— 58 — 

des suppositoires dont rhomogénéité et la rapidité de 
préparation ne le cèdent en rien aux procédés par com- 
pression à froid. On place dans une capsule à bec, quel- 
conque, le beurre de cacao additionné d'un 1/10° de cire 
blanche vierge et on chauffe à environ 90 ou 100°. Pen- 
dant que s'opère la fusion, on pulvérise très finement au 
mortier la substance à incorporer, on retire du feu la 
masse liquéfiée, puis on place sur une feuille de papier 
la poudre à incorporer. Ensuite on remplit le mortier 
avec de Teau froide, on plonge le fond de la capsule 
dans cette eau jusqu'à ce qu'en raclant le fond avec une 
spatule on enlève des lambeaux de masse solidifiée. On 
relire alors la capsule du bain réfrigérant et au moyen 
du pilon qui a servi à la pulvérisation on agite la masse; 
celle-ci est alors à environ 60**, elle liquéfie par fusion le 
beurre de cacao solidifié qui adhère aux parois. Dès que 
celui-ci est fondu, les parois venant au contact direct de 
la masse s'échauflFent en absorbant une bonne partie de 
son calorique et en la ramenant à environ 30 ou 40*^. A 
ce moment le liquide devient opaque, il se produit alors 
une espèce de surfusion 'qui se maintient encore quel- 
ques instants avant que la masse ne se solidifie. On pro- 
fite de cet instant pour ajouter brusquement la totalité 
de la substance à incorporer (pulvérulente ou liquide) et 
au moyen du pilon on triture la masse pour la rendre 
homogène; après 2 ou 3 minutes il y a solidification. 
On enlève alors le pilon en le débarrassant au moyen 
d'une carte de la masse qui lui reste adhérente. Il ne 
reste plus qu'à reporter la capsule à une douce chaleur 
en agitant au moyen d'une spatule jusqu'à ce que la 
masse ait atteint un état semi-fluide, sans cependant 
cesser d'être opaque. On la coule ensuite dans les 
moules en réchauffant légèrement, si besoin, le bec de la 
capsule pour faciliter l'écoulement de la masse. 

Les avantages de cette façon d'opérer, plus longue à 
décrire qu'à mettre en pratique, sont les suivants : 

1^ L'addition de cire blanche donne de la consistance 
au suppositoire tout en abaissant son point de fusion : 



— 39 — 

On sait que le mélange de plusieurs corps de propriétés 
voisines fond, en général, à une température inférieure 
au point de fusion de celui de ces corps fondant à la 
plus basse température. 

2' La température peu élevée à laquelle se fait l'in- 
corporation du corps actif évite toute altération de 
celui-ci. Ainsi le bromhydrate de quinine, par exemple, 
s*il est mélangé à une masse à plus de 100^ voit son eau 
de cristallisation s'évaporer et il se grumelle en s'atta- 
chant aux parois du vase, rendant ainsi tout mélange 
impossible. D'autre part, la cocaïne et d'autres alcaloïdes 
ajoutés aune masse portée aune température supérieure 
à lOO*" se voient transformés et rendus moins actifs, 
sinon tout à fait inactifs. 

3^ La faible température à laquelle est coulée la masse 
permet d'éviter la surfusion, qui parfois dure si long- 
temps avec une masse coulée trop chaude, et détermine 
un prompt refroidissement. 

4" Avantage essentiel : il n'y a pas à craindre de voir 
rassemblée à la pointe du suppositoire la presque tota- 
lité de la substance active, ce que Ton a, malheureuse- 
menl, roccasion de voir trop souvent. 

KKVUKS 
Pharmacie. 

L'Institut pharmaceutique de T Université de Ber- 
lin!!;. —Le 27 octobre dernier a été inauguré le nou- 
vel institut pharmaceutique de l'Université de Berlin. 
Celinstitul, placé sous la direction de M. le professeur 
Thoms, comprend un bâtiment massif, à plusieurs étages, 
de construction extérieure très simple e1 situé au milieu 
d'un vaste jardin botanique. 

LWénagement intérieur parait répondre à toutes 
les exigences de la science pharmaceutique actuelle. En 
entrant, on trouve d^abord la bibliothèque, très claire et 

(*) Pharmaceutische Zeitung, lî)u2, p. 85 J. 



— 60 - 

bien aménagée, puis une véritable usine comprenant tous 
les appareils usités dans l'industrie des produits phar- 
maceutiques (alambics, appareils extracteurs, filtres- 
presse, machines à agiter, à pulvériser, presses hydrau- 
liques, etc.). Les étudiants pourront de cette façon se 
familiariser avec les moyens mécaniques dont dispose 
rindustrie pharmaceutique. Puis viennent les labora- 
toires de préparations chimiques, avec des installations de 
gaz, vapeurs d'eau, appareils à vide, etc., les laboratoires 
d'analyse avec chambres spéciales pour analyses élé- 
mentaires, électrochimiques, etc. Dans une autre partie 
sont disposés le laboratoire particulier du professeur 
Thoms, k proximité d*un amphithéâtre contenant 
240 places, des salles de travail pour recherches et ana- 
lyses quantitatives; à ces derniers laboratoires sont 
adjointes des salles pour l'analyse spectrale,salles pour 
balances, chambres pour analyses volumétriques, 
installations spéciales pour dégagement d'hydrogène 
sulfuré, chlore, hydrogène, etc. 

Le troisième étage est consacré aux laboratoires de 
micrographie, bactériologie, essai des substances alimen- 
taires, à des salles spéciales pour l'examen des produits 
coloniaux, chambres noires, salles de balances, etc. 

Tout a été prévu au point de vue de l'hygiène et de la 
commodité des étudiants (lavabos à eau froide et à eau 
chaude, salle de bain, vestiaire, réfectoire, le tout par- 
faitement disposé). 

Le nouvel institut pharmaceutique est, d'après les 
journaux allemands, le mieux aménagé et le plus 
grand des instituts allemands consacrés à l'étude des 
sciences pharmaceutiques et il est probable qu'aucune 
autre école en Europe ne peut lui être comparée. 

H. C. 

Sur une modification de la réaction de Huppert pour 
la recherche de la bile; par M. Nakayama (1). — La 

(1) Uebereine Modiflcation der Hupperst's chen Gallenfarbstoffreaklion. 
Zeitschrifl /. physiol, Chem., t. XXXVI, p. 398. 



wr^ 



61 — 



réaction de Huppert, modifiée par M. Saikowski, per- 
met déjà de mettre facilement en évidence 1 partie de 
bilirubine dans 200.000 parties d'urine; mais elle n'est 
plus visible à la dilution de 1/600.000. 

L'auteur obtiendrait encore la réaction à la dilution 
de i/i .200.000, en opérant de la manière suivante : 

5" d'urine ictérique acide sont additionnés de S^*" 
dW dissolution de chlorure de baryuni à 1/10, puis 
passés à la centrifugeuse. Le liquide est alors rejeté et le 
précipité recueilli est mis à bouillir avec 2" d'une solu- 
tion alcoolique de perchlorure de fer, préparée en dis- 
solvant 4^^ de perchlorure de fer dans un mélange de 
!«' d'acide chlorhydrique et 99«'' d'alcool à 98^ 

La liqueur, dans laquelle se dépose un précipité de 
sulfate de baryte, prend alors une belle coloration verte 
ou vert bleuâtre, que l'acide azotique fumant fait passer 
au violet, puis au rouge. 

M. G. 

Sur la préparation d'un peptonate de fer et de 
lûanganèse ; par M. Jlngclaussen (1). — L'auteur a étudié 
un moyen simple et pratique pour préparer un pepto- 
nate de fer et de manganèse soluble, à caractère acide, 
mais non styptique. 

Il critique, d'après les travaux de £. Dieterich (2) et 
d'après ses expériences personnelles, le mode de prépa- 
raliou einployé pour les ferro-mangano-peptonates de 
la fabrique de flelfenberg; ses observations portent sur- 
tout sur la constance de la composition de la liqueur en 
fer, manganèse et acide chlorhydrique, et sur la varia- 
lion du rapport qui existe entre ces éléments ; des dif- 
férences ont été constatées après la terminaison de la 
préparation de ces peptonates qui sont obtenus par 
dialyse. 

Pour obvier à la longueur de la préparation de ces 

(i) JuNocLAUssBN. Vorfahren zur HersteUung eines Eisen-Mangan- 
P«PtonaU ; Apolheker Zeiiung, t. XVII, p. 755, n* 87. 
W Uelfenberg Annalen, 1889. p. 7i. ;, . ,. 




^ 



— 62 — 



médicamenls qui s'effectue par dialyse, il opère de la 
^ façon suivante : 

pV / 1*^ On commence par préparer une solution limpide 

II' de peptonate de fer aussi riche que possible en fer, et 



^.yj aussi pauvre que possible eu acide chlorhydrique. Pour 



cela, on emploie la liqueur de fer dialyse préparée sui- 

|\V vant les indications du Supplément à la Pharmacopée 

'^^z allemande, publié par les soins de la Société des Phar- 

^ maciens allemands (1). Celle-ci ne contient au plus que 

08',328 deHCl libre pour 100" et 0«%312 pour 100»', 

c'est-à-dire le tiers environ de la quantité contenue 

: . dans la liqueur d'oxychlorure de fer de la Pharmacopée 

allemande (4* éd.), qui en renferme 0,9 p. 100; elle 

possède une densité de 1,05 et renferme 3,50 p. 100 de 

fer. 

Liqueur de fer dialyse de la Pharmacopée allemande. ISOb' 

Peptone pure 7«' 

Kau distillée 63»'" 

Dissoudre la peptone dans Peau distillée, verser cette solution dans 

r' le fer dialyse chauffé au bain-marie, continuer de chauffer au bain-marie 

'/ jusqu'à ce que la solution soit deyenue limpide. 

2^ On prépare d'un autre côté une solution de peptone 
et de chlorure mangàneux. 

Peptone pure Igs' 

Eau distillée 162s' 

Solution de chlorure manganeux : MnCl*.4H20 

au dixième 37p',50 

Paire dissoudre au bain-marie. 

3"* On verse alors la solution encore chaude de pep- 
tonate de fer, petit à petit et en agitant constamment, 
dans la solution de peptone et de chlorure manganeux ; 
on chauffe le mélange au bain-marie jusqu'à ce qu'un 
échantillon de la solution reste absolument limpide quand 
on l'étend de vingt/ois son volume d'eau. On complète 
enfin le poids de 1 kilo. 

La solution de peptonate ferro-manganeux ainsi pré- 

(1) Arzneimittel velche in dem Arzneibuch fUr da^ Deutsche Reic h... 
nicht enhalten sind. Zweite Ausgabe. Bearbeitet und herausgegeben 
Ton dem Deutschen Apoteker-Verein, p. 190. Berlin, 1897. 



— 63 — 

parée renferme : 0«',60 p. 100 de fer et O^^IO p. 100 de 
manganèse. 

E. L. 



Chimie. 






Snrrexistence derarsenic dans la série animale; par 
M. Gabriel Bertrand (1). — Le problème se pose do 
savoirsi Tarsenic est un élément primordial de la cellule 
vivante, ou bien s'il répond seulement au besoin d'une 
fonction particulière, apparue à un certain degré de 
l'échelle animale. 

Pour résoudre ce problème, il était indispensable 
d'opérer dans des conditions aussi rigoureuses que pos- 
sible, c'est-à-dire sur des animaux vivant dans un 
milieu normal, éloignés, par conséquent, de toutes ces 
causes de contamination qui résultent du contact plus 
on moins direct avec l'industrie moderne. 

Les Cétacés, certains Oiseaux, des Poissons et 
d^autres animaux qui fréquentent les abîmes de l'Océan, 
présentent, à ce point de vue, les meilleures garanties. 

Toutes les captures, et même une partie des recher- 
ches chimiques de l'auteur (destruction de la matière 
organique et séparation du métalloïde) ont été effectuées 
au cours d'une croisière scientifique entreprise cette 
année, du 18 juillet au 17 septembre, à bord du yacht 
Prineesse-Alice du prince de Monaco. 

Al'exception d'un Mouton, qui provient des pâturages 
du mont Pico, et d'une Orque, harponnée en Médi- 
terranée, les autres matériaux d'étude ont été recueillis 
en plein Atlantique, quelquefois à 1.800 mètres de pro- 
fondeur, dans une zone comprise entre Gibraltar, les 
Açores et l'ouverture de la Manche. 

Toutes les expériences faites pendant la croisière ont 
été reproduites au retour dansle laboratoire de llnstitut 
Pasteur. Aussi avait-on prélevé de chaque animal, ou 
partie d'animal, un échantillon de poids connu, qu'on 

(l) Ae. d. Se, CXXXV, 809, noTombre 1902. 



— 64 - 

a conservé dans une quantité à peu près égale d'alcool 
exempt d'arsenic. 

L'acide nitrique , employé pour la destruction des 
matières organiques, était encore plus pur que celui 
ayant servi dans les précédentes recherches. Il en fal- 
lait SGO**" pour donner, avec SO»*" d'acide sulfurique et 
25^*^ de zinc, un anneau d'un demi-millième de milli- 
gramme, c'est-à-dire pour atteindre la limite de sensi- 
bilité de la méthode, telle qu'il Ta modifiée. Dans 
aucune expérience, d'ailleurs, on n'a employé une aussi 
grande quantité de réactifs pour rechercher Tarsenic. 

L'auteur résume dans le tableau de la page 65 les 
principaux résultats. 

Comme on le voit, tous les animaux examinés, depuis 
les Vertébrés supérieurs jusqu'aux Spongiaires, ren- 
ferment de petites quantités d'arsenic. 

La présence de ce métalloïde n*est donc pas, comme 
celle d'autres éléments, en quelque sorte caractéris- 
tique de certains groupes d'êtres. Tandis que l'acte 
respiratoire, par exemple, s'accomplit avec le concours 
du cuivre chez des Crustacés et des Mollusques, avec 
celui du fer chez les Vertébrés, la différenciation mor- 
phologique et fonctionnelle s'est poursuivie, chez les 
animaux, sans s'accompagner, en ce qui concerne Tar- 
senic, d'aucune différenciation chimique élémentaire. 

Il ressort en outre de ces recherches qu'au lieu d'être 
localisé dans certains organes, où il peut toutefois, 
dans certains cas, exister en plus grande proportion, 
l'arsenic se retrouve, au contraire, dans tous les tissus. 
Ce métalloïde serait donc, au même titre que le car- 
bone, l'azote, le soufre et le phosphore, un élément fon- 
damental du protoplasme. 

M. Armand Gautier, à propos de cette note, fait remar- 
quer que ces intéressantes observations de M. G. Ber- 
trand établissent la généralité delà présence et du rôle de 
l'arsenic chez les animaux sauvages et marins, comme 
il Ta déjà fait lui-même pour les domestiques et terres- 




— 65 — 



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— 66 — 

1res; mais il ne croit pas que cet élément soit, chez eux, 
uniformément répandu. Il pense avoir démontré» au 
contraire, par de très nombreuses expériences, qu'il 
n'existe pas ou n'existe qu'en quantités infinitésimales 
dans beaucoup de tissus. 

D'ailleurs, l'arsenic n'est pas exclusivement propre 
au règne animal : il l'a rencontré aus$i dans toutes les 
algues à chlorophylle, terrestres ou marines. Enfin, il 
s'est assuré que l'eau de mer elle-même est arsenicale. 

De son côté, M. Garrigou a publié (1) des recher- 
ches sur ce sujet et il croit pouvoir en conclure que 
l'arsenic est un des métalloïdes les plus répandus dans 
la nature ; qu'il est souvent absorbé par l'homme 
dans ses aliments et ses boissons. 

M. Gautier répond à cette note qu'il serait regret- 
table de laisser croire que l'arsenic se trouve dans tous 
nos organes et que les milliers de recherches négatives 
faites à. ce sujet par les chimistes experts sont erro- 
nées. A. R. 

Localisation de l'arsenic normal dans quelques or- 
ganes des animaux et des plantes. Ses origines ; par 
M. Armand Gautier (2). — L'auteur a repris récemment 
l'étude de cette question; il rappelle qu'après avoir, 
en 1899, reconnu que l'arsenic existe normalement 
chez les animaux domestiques et chez l'homme, il a 
essayé de déterminer les localisations de ce métal- 
loïde dans l'économie. 11 a observé qu'il se rencontre 
surtout dans les organes d'origine ectodermique : la 
peau et ses annexes, la glande thyroïde, le thymus, la 
glande mammaire, le cerveau, ainsi que dans les os, 
mais qu'on n'en trouve pas, ou des quantités inférieures 
au ^Q QQQ QQ^ du poids de la substance examinée, quand on 
s'adresse aux autres organes : muscles^ rate, foie, pan- 
créas, rein, tissus cellulaire et adipeux, glandes les plus 

(1) Ac. d. Se, CXXXV. décembre 1902. 

(2) Ac. d. Se, CXXXV, 833, noTembre 1902. 




— 67 — 

diverses, y compris l'ovaire et le testicule, sang, 
. urines, etc. En même temps il établissait que l'arsenic 
s'élimine surtout par les poils, les cheveux et les 
cornes, ainsi que par le sang menstruel chez la femme. 
Il n*a pas borné ses recherches aux mammifères. Dès 
le début, il a examiné divers organes et tissus des 
organes des oiseaux et des poissons : œufs de poule, œufs 
etlaitancesde poissons, chair de poissons, sans y trouver 
d'arsenic. S'il y existe, c'est en quantité très inférieure 
à celle des organes moyennement arsenicaux et infé- 
rieure au vingt-millionième du poids de l'organe frais. 
Depuis il a cherché l'arsenic dans les plumes de 
I Toisean semblant correspondre aux poils et cornes des 
mammifères. L*arsenic existe en effet dans les plumes, 
mais il y est très particulièrement localisé. 

Il existe bien dans le duvet de Toiseau, qui est plus 
particulièrement en rapport avec le fonctionnement de 
la peau et qui semble seul correspondre au poil des 
mammifères, tandis qu'il est ordinairement absent des 
plumes banales des ailes ou de la queue, simples organes 
de locomotion. Celles au contraire qui servent d'orne- 
ment au m&le et font sa parure au printemps, telles 
qae les belles plumes delà queue du paon, contiennent 
de Tarsenic. Toutefois, même dans ces plumes, l'arsenic 
n'existe pas dans le canon ; il est entièrement localisé 
dans les barbes colorées chatoyantes de l'œil qui les 
termine. Après la saison de la reproduction, l'arsenic 
S'élimine par la chute de ces plumes ornementales. 

Ce fait que l'arsenic est absent des canons de la plume 
du paon, et des plumes banales des oiseaux, alors qu'on 
le retrouve dans les barbes colorées qui ornent le mâle, 
ou dans le duvet qui recouvre leur peau, suffirait à 
démontrer que ce métalloïde est bien localisé dans 
certains organes ou parties d'organes, et non pas uni- 
formément répandu dans tous. Chez les animaux, il est 
^n corrélation étroite avec le fonctionnement de la peau, 
du cerveau et des organes de la reproduction. 
L'arsenic existe dans les algues, surtout les algues 



— 68 — 

marines comme Tiode. M. Gautier Ta décelé dans l'eau 
de mer; pour le prouver, il a concentré à 1 litre H 750 cen- 
timètres cubes d'eau de mer filtrée sur du biscuit : il a 
obtenu un anneau caractéristique très faible. 

L*auteur conclut ainsi : 

L'arsenic paraît donc jouer un rôle universel, comme 
l'azote et le phosphore. Il existe en petite proportion 
mais sans exception, dans les roches primitives, les 
terres, la mer, les végétaux et particulièrement les 
algues, les animaux terrestres et marins. Chez ceux-ci, 
il se localise surtout dans les organes qui président aux 
sensations et à la reproduction. Il semble jouer dans les 
cellules où on le trouve un rôle analogue à celui du 
phosphore, mais à un degré éminent. 

A. R. 

Sur la préparation de Toxy de de plomb; par M. E. Mac 
IvoR (1). — L'auteur, ayant eu besoin de sous-oxyde de 
plomb, eut recours au procédé de préparation indiqué 
par Dulong, Boussingault et Pelouze. Celte méthode 
consiste à chauffer avec soin et en l'absence de Tair de 
Toxalate de plomb; on opère généralement dans une 
cornue. M. Ivor a trouvé que le produit obtenu' conte- 
nait toujours une proportion plus élevée de plomb que 
ne rindique théoriquement la composition de ce sous- 
oxyde. L'examen analytique de quatre échantillons a 
donné une quantité de plomb comprise entre 90, 89 et 
98,36 p. 100, alors que le chiffre théorique est 96,28. 
Ces irrégularités de composition tiennent très vraisem- 
blablement à la réduction de sous-oxyde par l'oxyde de 
carbone de l'atmosphère de la cornue. 

Pelouze avait fait observer que l'oxalate plomb. que 
ne devait pas être chauffé aune température supérieure 
à 300"* et qu'on devait continuer l'action de la cha- 
leur jusqu'à cessation de dégagement gazeux. D'après 
lui, les gaz formés sont un mélange d'oxyde de carbone 

(1) Ckem, New8, t. LXXXVI, p. 192. 



— 69 — 

el d'acide carbonique dans la proportion de 1 à 3 sui- 
vant la réaction : 

2(PbC«0*) = Pb80-fCO+3C02. 

Toutefois, vers la fin de la réaction et particulière- 
ment lorsque Ton vient à chauffer plus fortement pour 
compléter la décomposition, le mélange gazeux est 
surtout riche en acide carbonique. Cette augmentation 
dans la proportion d'acide carbonique provient de la 
réduction du sous-oxyde. 

M. Ivor a trouvé que si on fait passer dans la cornue 
on courant assez rapide d'acide carbonique chaud pen- 
dant la décomposition de Toxalate, on obtient du sous- 
oxyde de plomb pur exempt de plomb et d'oxyde de 
plomb. Le courant d'acide carbonique a pour but de 
chasser l'oxyde de carbone dès qu'il est formé. L'au- 
teur recommande de chauffer même un peu au-dessous 
de 300^ 

Le sous-oxyde de plomb est une poudre terne, noir 
grisâtre qui ne s'altère pas même après une exposition 
prolongée à l'air sec. 

Chauffée vers 350*, elle devient grise et elle est cons- 
tituée par un mélange de plomb et d'oxyde. Elle n'est 
pas décomposée par l'eau. Les acides elles alcools dilués 
la transforment en métal et oxyde. 

Er. g. 

SurVadde cétrarique ; par M. 0. Simon (1). — Les pre- 
mières recherches sur la composition chimique du 
lichen d'Islande sont dues à Knopp et Schnederman (2) 
qui ont isolé un corps cristallisé qu'ils appelèrent acide 
cétrarique. Plus tard Lopf (3), reprenant cette ques- 
tion, put démontrer l'exactitude des assertions de Knopp 
et Schnedermann. En 1898, Hesse (4) prétendit que 

(l) Archh der Pharmazie, 1902, p. 521. 
P) Uebigt Annalen, t. LV, p. 146. 
(3/ ibid,, t. CGC, p. 123. 

[i)Joum, far praklische Chem., 2« série, t. LVH, p. 293; t. LXÏI 
P.S34. 



I 



— 70 — 

racide cétrarique obtenu par les auteurs cités ci-dessus 
n'existait pas dans le lichen d'Islande en tant que prin- 
cipe immédiat et qu'on devait le considérer comme un 
produit de décomposition d'un autre corps, l'acide pro- 
tocétrarique, qui se dédoublerait en acide cétrarique et 
acide fumarique. 

Celte question a été reprise récemment par M. 0. Si- 
mon et nous résumerons ici les principaux faits obser- 
vés par cet auteur. 

11 a confirmé tout d'abord les résultats obtenus par 
Knopp et Schnedermann d'une part, par Lopf de 
l'autre, et il a pu isoler du lichen Tacide cétrarique qui 
existe à l'état libre dans cette plante. Cet acide cristal- 
lise en aiguilles blanches, soyeuses, de saveur amère, 
se décomposant avant de fondre vers 200"-230**; il 
cristallise anhydre et n'agit pas sur la lumière pola- 
risée. Sa composition est représentée par la formule 
C«^H"0». 

M. Simon décrit ensuite quelques sels de l'acide cé- 
trarique; c'est un acide bibasique, donnant avec la po- 
tasse et la soude les sels acides de formule C*°£r "KO*^ et 
C'^H^^NaO®; avec l'ammoniaque etla chaux, au contraire, 
il forme des sels neutres. L'auteur décrit ensuite les 
combinaisons avec la pyridine, la picoline, la quîno- 
léine, l'acrilide, etc. 

Dans le but de déterminer la constitution de cet acide, 
il a fait quelques réactions qui lui ont donné les résul- 
tats suivants : 

1** L'acide cétrarique contient un groupement carbo- 
nyle CO et possède une fonction aldéhyde ou acétone; 
en effet, il se combine avec la phénylhydrazine en for- 
mant une hydrazone cristallisée en aiguilles jaunes; il 
a préparé aussi une semicarbazone. 

2"* L acide cétrarique contient un groupement mé- 
thoxyle OCH\ 

3* Sous l'influence des réducteurs (lessive de potasse 
et poussière de zinc), Tacide cétrarique est détruit et 
dans les produits de décomposition il a pu isoler l'or- 



IPIIII> ^ 



71 



cîne, fait déjà signalé par Lopf. Les autres réactions ne 
loi ont pas donné de produits bien définis. 

Enfin M. Simon a cherché à vérifier les assertions de 
flesse au sujet de Tacide prolocétrarique. 

Dans les résidus de la préparation de l'acide cétra- 
riqne il a pu isoler l'acide fumarique, qui existe en pro- 
portion notable dans le lichen d'Islande; l'acide fuma- 
. rique préexiste dans le lichen et ne doit pas être consi- 
déré comme un produit de décomposition. 

De l'extrait éthéré de lichen il a isolé un acide de 
formule C'*H"0*. Cet acide, auquel il conserve le nom 
d'acide prolocétrarique, présente quelques-unes des 
propriétés signalées par Hesse pour son acide prolocé- 
trarique, mais en réalité n'est nullement identique à 
Facide de Hesse. 

11 ne contient pas de méthoxyle. Quand il est conve- 
nablement purifié, il ne se décompose nullement en 
acide cétrarique et en acide fumarique. L'extrait éthéré 
parait renfermer, il est vrai, une combinaison très ins- 
table d'acide fumarique et d'acide prolocétrarique; mais 
cette combinaison que M. Simon n'a pu isoler est dé- 
truite par les alcalis même les plus faibles (bicarbonates 
en solution). 

D'après l'auteur, Tacide prolocétrarique do Hesse ne 
serait qu'un mélange du véritable acide prolocétrarique, 
d'acides cétrarique et fumarique. 

H. C. 

Sur l'éphôdrine ; par M. E. R. Miller (4). — L'Ephedra 
vulgaris, plante très peu employée de nos jours, con- 
tient un alcaloïde qui a été isolé par Nagaï en 1878 et 
appelé par lui bjpliédrine. 

Merck caractérisa plus tard cette base en tant qu'al- 
cali secondaire et il put isoler un second alcaloïde, iso- 
mère de la base de Nagaï et qu'il appela pseudoéphé- 
drine. 

S'appuyant d'une part sur ce que ces deux principes 

[\)Arckiv lier Pharmazie, 1902, p. 481. 




f* 



^~ sont des bases secondaires, d'autre part sur les produits 

U:\' de décomposition par Tacide chlorhydrique (dérivé 

benzoïque et méthyiamine), Nagaï d*une part, Laden- 
burg et Oelschlâgel (1) de l'autre, admirent pour les deux 
alcaloïdes les formules de constitution suivante : 

C«H'>— CH«— CH~CH«. OH C«H*- CH(0H)-CH— CH» 

t I 

AzH-CH3 AzH-CHs 

Ephédrine PêeudoéphédiHne 

L'auteur, dans le but de vérifier la formule de Téphé- 
drine, a entrepris une série de recherches résumées ici. 

De l'Ëphedra vulgaris, il n'a pu isoler que de petites 
quantités de pseudoéphédrine et il a pris pour point de 
départ de ses recherches Téphédrine préparée par la 
maison Merck. Après avoir étudié les propriétés et 
constaté la pureté du chlorhydrate d'éphédrine d'où il est 
parti, il a déterminé quelques constantes physiques : le 
pouvoir rotatoire du chlorhydrate est a^' = — 36',66, 
le point de fusion de la base libre 40®. 

L'éphédrine ne se combine ni avec la phénylhydrazine 
ni avec l'hydroxylamine: elle ne contient donc ni fonc- 
tion aldéhyde ni fonction acétone. Le chlorhydrate d'é- 
phédrine chauffé avec Toxhydride acétique donne un 
dérivé monoacétylé dontle chlorhydrate fond à 175M76^ 
Avec le chlorure de benzoyle, la base libre forme un 
dérivé dibenzoylé fusible à 11 S"*-!! 6®. Ces deux réac- 
tions indiquent d'une partlaprésenced'unoxhydryle OH 
dans l'alcaloïde, d'autre part la présence d'un groupe- 
ment AzH : ce dernier fait et de plus la formation d'une 
nitroéphédrine démontrent que c'est une base secon- 
daire. 

L'action de l'iodure de méthyle a donné aussi quel- 
ques résultats intéressants; dans cette réaction il se 
forme deux dérivés méthylés : 

1** Une méthyléphédrine, base tertiaire de formule 

.CH3 
C»Hio(OH)— Az< 

(t) Berichte, t. XXll, p. 1823. 



— 73 — 

2'' L'iodométhylate de méthyléphédrine. Cetiodomé- 
thylate, traité par l'oxyde d'argent humide, donne une 
base quaternaire de formule 



Cmi»OH-Az 




OH 



Celte base quaternaire forme un dérivé monoacétylé, 
ce qui prouve que Toxhydryle est bien fixé sur un atome 
decarbone ; traitée parla chaleur, elle est décomposée, et, 
d'après une réaction bien connue, il se forme de la trimé- 
méthylamine, de Teau et un corps de formule C'H**^0. 
Cecorps est, d'après M. Miller, un alcool aromatique, iso- 
mère par conséquent de l'alcool cinnamique, et possède 
une chaîne latérale non saturée; l'étude de sa constitu- 
tion n'est pas terminée. 

H. C. 

Nouvelle méthode de préparation et de dosage de la 
cantharidine ; par M. Pcran SiNG{i). — Après avoir fait 
rhistorique de la découverte de la cantharidine et la cri- 
tique des méthodes d'extraction proposées jusqu'alors, 
l'auteur donne les deux procédés suivants : 

!• Procédé Nagall^). — Cette méthode a comme carac- 
tère original d'employer la solution d'alun pour dis- 
soudre le cantharidate de sodium. 

25^' de poudre de cantharides, acidulés avec HCl, 
sont épuisés par le chloroforme dans l'appareil Soxhlet. 
De l'extrait obtenu, après évaporation du chloroforme, 
on sépare les cristaux de cantharidine par lavage à 
l'éther. 

L'éther enlève avec les corps gras une petite quantité 
de cantharidine. On évapore alors l'éther et on saponifie 
le résidu par un peu de soude, puis on traite le savon 

• 1, Journ. of ihe Phatnn. Soc, of Japan, n»* 239 et2U, 1902. 
(2) L'aDteur dénomme ainsi ce procédé en l'honneur de son matlre le 
D' Nagai, 



— 74 — 

avec une solution d'alun qui dissout seulement la can- 
tharidine et l'abandonne quand on concentre la solution 
à chaud. 

2^ Procédé, — 25^*" de poudre de cantharides sont 
délayés dans un mélange de iO^^ acide nitrique et 200*^*" 
d'eau. On évapore à siccité en présence d'un peu de 
plâtre, et on épuisele résidu par le chloroforme. 

La solution chloroformique évaporée abandonne la 
cantharidine cristallisée, mélangée à une substance 
huileuse jaunâtre, que Téther ou l'alcool enlève très 
facilement. 

Dans ce procédé, le rôle de Tacide nitrique serait 
d'oxyder la matière grasse, eif la rendant plus soluble 
dans les dissolvants employés pour sa séparation d'avec 

la cantharidine. 

J. B. 

Préparation des osones à l'aide des osazones des 

sucres; par MM. E.Fischer et E.FRANKLANDARMSTRONG(i). 
— On sait que les phénylosazones des différents sucres 
sont dédoublées par l'acide chlorhydrique concentré et 
froid en phénylhydrazine et en osones. Mais dans ces 
conditions, en présence de grandes quantités d'acide 
chlorhydrique, il est très difficile d'isoler ces dernières; 
et s'il s'agit d'osones de disaccharides , on a à craindre 
qu'elles ne soient dédoublées par l'acide. Les auteurs ont 
cherché un nouveau procédé de décomposition des 
osazones et ils l'ont trouvé dans l'emploi de la benzal- 
déhyde, composé qui, depuis les recherches d'IIerzfeld, 
est utilisé fréquemment pour régénérer les sucres de 
leurs hydrazones. 

Quand il s'agit des osazones des monosaccharides 
courants, le procédé n'est pas applicable parce que ces 
osazones sont trop peu solubles dans l'eau. Il en est tout 
autrement pour les dérivés des disaccharides et il suffit 
d'une courte ébullition dans l'eau, en présence d'al- 

(1) Darsiellang der Osone aus dea Osazonen der Zuckcr {Ber, d. d. 
chem. Ge«., XXXV, p. 3141, 1902). 



n 



75 



déhyde benzoïque, pour déterminer le dédoublement 
total des osazoues mises en expérience. La méthode 
peut être employée aussi pour les osazones de l'arabi- . 
nose et du xylose qui sont solubles dans l'eau chaude, 
et Ton peut dire d'une façon générale que le caractère 
de la solubilité ou de la non-solubilité dans l'eau chaude 
détermine essentiellement l'emploi ou le rejet de la 
méthode. 

Les auteurs ont ainsi obtenu en solution la maltosone 
et la mélibiosone. En présence de la p-bromophényl- 
hydrazine, ils ont obtenu la bromophénylmaltosazone . 
et la bromophénylmélibiosazone correspondantes. 

La maltosone est dédoublée par les enzymes de la 
levure. Si on ajoute en effet une macération de le- 
vure basse à une solution de maltosone, et si on aban- 
donne le mélange pendant 24 heures à 35^ en pré- 
sence d'un peu de toluène, on constate que Tacétate de 
phényihydrazine détermine alors dans le produit la 
formation d'un précipité de phénylglucosazone, indice 
du dédoublement. La solution de maltosone additionnée 
de levure fraîche contient au bout d'un certain temps 
une notable quantité de glucosone. 

L'émulsine dédouble la mélibiosone en glucosone et 
en galactose. Il en est de même de la levure basse qui, à 
Tétat frais, accomplit rapidement ce dédoublement; le 
galactose formé entre en fermentation, tandis qu'il reste 
dans la liqueur une grande quantité de glucosone. 

La phényllactosazone donne facilement la lactosonc 
en présence d'aldéhyde benzoïque. La réaction se fait 
moins commodément avec les osazones des pentoses, 
plus difficilement solubles dans l'eau. Avec la phényl- 
arabinosazone, les auteurs ont dû employer 150 parties 
d'ean et la quantité d'alcool nécessaire à la dissolution 
complète du produit, avant d'entreprendre le dédouble- 
ment par la benzaldéhyde. 

II. H. 



'^ 



— 76 - 

Synthèse de quelques nouveaux disaccharides ; par 
MM. E. Fischer et E. Franrland Armstrong (1). — Le 
plus ancien disaccharide artificiel, Tisomaltose, a été 
obtenu par l'action de l'acide chlorhydrique froid et 
concentré sur le glucose. Cette action de l'acide chlo- 
rhydrique est applfcable à la vérité aux isomères du 
glucose, mais elle a ce grave inconvénient de ne fournir 
qu'une très petite quantité de disaccharide, à côté de 
fortes proportions de produits dextriniformes. Aussi les 
auteurs se sont-ils efforcés de trouver une méthode de 
synthèse des disaccharides véritablement utilisable, en 
mettant à profit l'action de l'acétochloroglucose et des 
composés analogues sur les combinaisons sodées des 
hexoses;on sait que cette réaction a déjà été utilisée 
dans plusieurs tentatives de fabrication artificielle de 
sucre de canne. 

Les auteurs ont réussi, en fait, à obtenir trois sucres 
du type du maltose. Ces sucres se produisent dans l'ac- 
tion de l'acétochloroglucose sur la combinaison sodée 
du galactose ou dans la réaction de l'acétochloro- 
galactose avec le glucose et le galactose. En raison de 
ce fait qu'ils présentent une structure analogue à celle 
des glucosides, ils ont été désignés des noms de glu- 
cosidogalactose^ galactosidoglucose et galactoaidogaldc- 
tose. 

Ils forment avec la phénylhydrazine des osazones 
qui, comme celles du maltose et du lactose, sont assez 
facilement solublcs dans Teau chaude et, par suite, 
peuvent être séparées des osazones des monosaccharides. 
C'est grâce à cette circonstance que la découverte et la 
détermination des nouveaux sucres ont été rendues 
possibles. 

La réaction de l'acétochloroglucose avec le glucose 
n*a donné jusqu'ici que des résultats peu satisfai- 
sants. Les auteurs ont bien obtenu une substance four- 
nissant une osazone soluble dans l'eau chaude, mais, à 

(1) Synthèse einiger nouer Disaccharide {Ber. d. d. chem. Ges., XXXV, 
p. 3144, 1902). 



— 77 — 

eanse de l'insuffisante quantité de la matière obtenue , 
ils n'ont pu en poursuivre l'exacte détermination. 

Jasqu^à présenties trois nouveaux disaccharides n^ont 
pu être préparés à l'état pur, mais ils ont été étudiés 
dans leurs rapports avec la levure et quelques enzymes 
en utilisant des solutions aqueuses qui, à côté du sucre, 
eontenaient comme impuretés une certaine proportion 
de sels. 

Poar deux des sucres, les observations ont été con- 
trôlées par l'essai des osones, obtenues de leurs osa- 
lones par la méthode à l'aldéhyde benzoïque. Les résul- 
tais obtenus ont concordé de tout point avec ceux des 
expériences faites sur les solutions impures de sucres. 

Aucun des trois sucres ne fermente d'une façon 
appréciable en présence de la levure haute ; cette pro- 
priété permet l'élimination facile des monosaccharides 
mélangés. Par contre, la levure basse détruit le gluco- 
sidogalactose et le galactosidoglucose , mais non le 
galactosidogalac tose . 

L*émulsine,qui, comme on sait, dédouble Ies0-gluco- 
sides et le sucre de lait, provoque aussi l'hydrolyse de 
trois disaccharides. 

Legalactosidoglucose se comporte absolument comme 
le mélibiose, au point de vue de sa composition, des 
propriétés de sa pbénylosazone et de sa bromopbényl- 
osazone et enfin au point de vue de la façon de réagir 
vis-à-vis des enzymes. Les auteurs, sans avoir pu 
expressément le prouver, considèrent comme très vrai- 
semblable son identité avec le mélibiose. 

Après avoir fait agira 35*, en présence de toluol, une 
macération aqueuse de graines de kéfir sur une solution 
concentrée de glucose et de galactose à parties égales, 
les aatem*s sont parvenus à isoler du mélange, sous forme 
dWzone, un disaccharide nouveau dont les propriétés 
ne concordent ni avec celles du lactose, ni avec celles 
du mélibiose. Ils ont nommé ce composé isolactose, 

H. H. 



— 78 — 

Sur les alcaloïdes de la racine de Colombo ; par M. J. 
Gadamkr (1). — D'après les recherches de Gordin (2), 
contrairement à ropinion classique longtemps émise, 
il n'existerait pas de berbérine dans le Cocculus pal- 
matuSy le Pareira brava^ le Menispermum canadense et le 
Jefersonia diphylla. Ce premier travail préliminaire de 
M. Gadamer confirme à peu près complètement l'opi- 
nion de Gordin, en môme temps qu'il met dès à présent 
en lumière deux faits nouveaux : en premier lieu hi 
racine de colombe contiendrait au moins deux alca- 
loïdes analogues à la berbérine, mais non identiques 
avec cette dernière. En second lieu, ces alcaloïdes, 
colorés en jaune, sont susceptibles de donner, par réduc- 
tion, des composés hydrogénés incolores. Les formules 
des nouveaux alcaloïdes à l'étude n'ont pas encore été 
déterminées. 

II. H. 

Sur la recherche et le dosage de l'extrait de châtai- 
gnier en mélange avec l'extrait de chêne ; par M. Ferdi- 
nand Jean (3). — L'auteur a constaté que si l'on agite à 
froid une solution d'extrait de bois de châtaignier avec 
une solution d'acideiodique,une certaine quantitéd'iode 
est mise en liberté, tandis qu'avec l'extrait de bois de 
chêne on n'observe rien de semblable. La réaction est 
également négative avec les solutions de québracho, 
palétuvier, mimosa, sumac, canaigre, lentisque, fustel, 
épine-vinette; le campêche fait exception et met en 
liberté une faible quantité d'iode. 

Les extraits de bois de chêne, destinés à la tannerie, 
étant fréquemment falsifiés avec de l'extrait de châtai- 
gnier, il était intéressant d'arriver à déceler cette fraude, 
qui est pratiquée impunément ; car on n'avait pas de 
procédé chimique permettant de la reconnaître. 

(1) Ueber die Alkaloïde der Columbowurzel (Jateorrhiza Columbas. 
Cocculus Palmatus D. C.) ; Archiv d. Pharm., t. CCXL, p. 450, 1902. 

(2) V. Joum. Pharm. et Chim., (6), t. XV, p. 597, 1902. 

(3) Ac. d. Sc.,CXXXV, 536, 6 octobre, 1902. 



r 



— 79 



M. F. Jean a appliqué la réaction de Tacide iodique à 
la recherche et au dosage de l'extrait de châtaignier en 
mélange dans l'extrait de chêne. On procède à la 
recherche qualitative en mélangeant par retournements 
successifs dans une boule à robinets la solution d'ex- 
trait suspect avec une solution d'acide iodique et du 
sulfure de carbone ; si le sulfure de carbone présente 
une coloration violette, c'est l'indication de la présence 
de châtaignier, dans l'extrait examiné. Le sulfure de 
carbone peut être remplacé par le tétrachlorure, la 
benzine, le chloroforme, etc. 

Pour déterminer la teneur d'un extrait tannique en 
châtaignier, on opère sur 2*"*' ou 3*^'' d'extrait dissous 
dans .50'''' d'eau distillée, que Ton passe dans une boule à 
robinets ; on agite avec S*^*^ d'une solution d'acide iodique 
à 3 pour 100 et .4*^*^ à S''** de sulfure de carbone ; après 
repos, on soutire le sulfure de carbone dans le flacon 
bouché à Témeri et Ton renouvelle l'opération dans la 
boule, jusqu'à ce que le sulfure de carbone ne se décolore 
plus. L'iode dissous dans le sulfure est ensuite titré 
par agitation dans le flacon avec une solution titrée 
d^hyposulfile de soude, qu'on ajoute jusqu'à disparition 
complète de la coloration rose. On peut aussi faire le 
titrage en ajoutant dans le flacon un peu de solution 
d'Iodure de potassium ; le point final est indiqué par la 
décoloration complète de sulfure de carbone. 

Sachant que I d'iode, mis en liberté, correspond 
en moyenne à 6,25 d'extrait sec de châtaignier, à 19 
d extrait à 20*» Baume et à 16 d'extrait à 25^ Baume, il 
est facile de calculer approximativement la teneur d'un 
extrait tannique en extrait de châtaignier. 

Sur une matière albuminoïde extraite du grain de 
mais; par MM. E. Donard et H. Labbé (1). — Seul, 
parmi les matières albuminoïdes des céréales, le gluten 
des froments a fait, jusqu'à présent, l'objet d'études ap- 
profondies. Ritthausen a considéré le gluten comme un 

[\)Ae.d. Se. CXXXV, 744, 3 novembre 1902. 



— 80 — 

produit complexe formé de trois matières protéiques 
distinctes : \b, ffluten- fibrine ou gluténine, laffliadine et la 
mucédine. Ces matières se différencient surtout les unes 
des autres par leurs inégales solubilités dans Talcool 
éthylique à diverses concentrations. M. Fleurent a lire 
un heureux parti de ces propriétés pour réaliser le do- 
sage des proportions relatives de gluténine et de glia- 
dine dans les diverses farines. 

Par de l'alcool convenablement dilué et à Taîde 
d'épuisements méthodiques, on peut aussi, suivant 
Ritthausen, retirer du maïs un mélange visqueux et 
gluant de matières albuminoïdes jouissant de propriétés 
chimiques différentes de celles du gluten de blé. 

Les auteurs ont opéré de la façon suivante pour ex- 
traire leur produit. 

Du maïs réduit en farine est préalablement desséché 
et privé de son huile par un épuisement à la benzine 
cristallisable ; on le soumet ensuite à Tépuisement à 
chaud par son poids environ d'alcool amylique anhydre. 
Au bout de 8 heures, la solution amylique est précipi- 
tée par un excès (environ trois fois son volume) de ben- 
zine cristallisable. La matière albuminoïde, à peu près 
complètement insoluble dans ce mélange, forme un 
précipité floconneux que Ton jette sur un filtre et qu'on 
lave à la benzine jusqu'à ce que les liquides de lavage 
ne contiennent plus trace d'alcool amylique. On sèche 
ensuite la matière dans le vide sec à basse température 
ou on l'étend sur du papier à filtre. Par évaporation de 
la benzine qui l'imprègne, il reste finalement une subs- 
tance pulvérulente que l'on achève de priver de benzine 
dans l'étuve à ^00^ 

Si l'on extrait, par le procédé de Ritthausen,la masse 
impure des albuminoïdes du maïs, et qu'on traite celle- 
ci par l'alcool amylique, on la sépare en deux parties : 
l'une rigoureusement insoluble, l'autre soluble à chaud 
dans cet alcool. La dernière s'identifie complètement 
avec la matière extraite du maïs lui-même par le pro- 
cédé décrit ci-dessus. 




-- 81 — 

La matière, obtenue par Tune et l'autre méthode, qui 
est désignée par eux sou8 le nom de maïêtnê^ se présente 
sous l'aspect d'une poudre blanche, extrêmement fine 
et légère, ayant la composition centésimale suivante : 

C : 54,72 ; H : 7,63 ; Az : 15,90 ; S : 0,80,; cendres : 0,06. 

Du poids du soufre on déduit, pour la molécule, un 
poids minimum de 4.000 qui correspondrait à une com- 
position : C*'*H'^'Ar^O^* S. Celte formule exige les 
pourcentages suivants des éléments : 

c : 54,80 ; H : 7.5 ; Az : 16,00 ; S : 0,8. 

La maîsine est insoluble dans l'eau à froid comme à 
chaud, ainsi que dans les diverses solutions salines. Ce- 
pendant, par une longue ébuUilion avec l'eau, elle 
s'hydrolyse faiblement et donne à Tévaporation un 
léger résidu soluble. 

Elle est soluble dans les alcools méthylique et éthy- 
lique et dans l'acétone. Sa solubilité est beaucoup plus 
graoJeà chaud et ses solutions dans ces divers solvants 
précipitent par refroidissement. La maîsine précipite 
également de ces solutions parTéther hydraléou absolu, 
la benzine, les hydrocarbures, mais dans un état d'hy- 
dratalionqui la transforme en une matière gluante se 
collant aux vases et donnant, par dessiccation, une 
matière jaune translucide et cornée. La maîsine est éga- 
lement soluble dans l'acétate d'amyle bouillant en très 
petite quantité, et ce dernier la laisse déposer à froid en 
poudre blanche. 

Insoluble dans les solutions aqueuses acides (acide 
acétique à 2 et 5 p. 100), elle développe une odeur spé- 
ciale par ébullition au sein de ces dernières. Elle est 
soluble, au contraire, dans les solutions aqueuses de 
soude ou de potasse à t ou 2 p. 100 ou même plus faibles 

(îMi)* Les solutions alcoolopotassiques extrêmement 
étendues la dissolvent aisément. 

Dans les alcools supérieurs, propylique, isobutylique, 
la maîsine est soluble comme dans l'alcool amylique.. 

/Mm. d9 Pkarm, et de Chim. •• sten, t. XVII. (iS JAaTi«r iMt.) t 



— 82 — 

Ce dernierne dissout, à froid, que des traces de maïsine ; 
à chaud, au contraire, les quantités d'albuminoïde dis- 
soutes atteignent 11 à 11,5 p. 100 du poids de l'alcool 
employé. 

La teneur des maïs en maïsine est de 4 à 4,5 p. 100 
environ. 

Observations sur la recherche de Thuile grasse et 
sur sa formation, spécialement dans roHve; par 
MM. C. Hautwich et W. Uhlmann (1). — Après avoir 
passé en revue les divers réactifs usités dans l'étude 
micro-chimique des matières grasses, les auteurs décri- 
vent un procédé qui, dans de certaines limites, permet- 
trait non seulement de déterminer avec sécurité la pré- 
sence de rhuile dans une coupe végétale, mais aussi 
d'acquérir des connaissances assez précises sur la nature 
de la matière grasse examinée. 

On prépare une solution aqueuse saturée de potasse 
caustique exempte de carbonate; et on mélange cette 
solution avec un égal volume d'ammoniaque à 20 p. 100. 
Le réactif ainsi préparé, on en dépose une goutte sur la 
coupe à étudier ou sur une fine gouttelette de l'huile à 
déterminer et on recouvre avec une lamelle. Après un 
temps plus ou moins long, les sels de potasse des acides 
gras se séparent nettement à Tétat cristallisé, ils sont 
solubles dans l'eau. L'addition de potasse peut détermi- 
ner la précipitation de certaines substances étrangères, 
mais ces dernières peuvent être facilement discernées. 
C'est ainsi que Tacide tartrique donne de beaux cris- 
taux de tartrate de potasse ; on peut observer aussi des 
précipitations d*aIcaloïdes, mais dans tous ces cas, les 
cristaux étrangers sont répandus dans toute l'étendue 
de la cellule, tandis que dans le cas des matières grasses, 
les cristaux se forment exactement à la place de la 
gouttelette d'huile. 

(1) Beobachtangen iiber den Nachweis des fetten Oeles and leine 
BilduDg, besonders in der Oliye {Archiv der Pharmazie^ CCXL, p. 411, 
J902). 



■P»^^'- 



-83- 

Les auteurs ont étudié l'action de leur réactif sur 
toDteune série de matières grasses les plus diverses ; 
et, de cette étude qu'ils continuent, ils pensent pouvoir 
tirer des résultats assez précis sur la différenciation des 
matériaux examinés, d'après la forme et l'assemblage 
des cristaux produits sous Tinfluence du réactif. 

L'huile grasse de la racine de gentiane, qui a été 
étudiée entre temps, doit être considérée comme un 
étber de la cholestérine. 

La partie la plus intéressante du travail porte sur la 
formation de l'huile dans le péricarpjB de l'olive. Les 
auteurs distinguent trois périodes dans cette formation. 
La première période s'étend jusque vers la mi-août; la 
proportion de l'huile est encore relativement faible. 
Elle était au i6 août, d'après leurs expériences, de 
5,02 p. 100 de poids total du fruit. La deuxième 
période s'étend jusqu'à fin octobre, elle correspond à un 
accroissement rapide de la quantité d'huile (2 1,33 p. 100 
le 28 octobre). Dans la troisième période, d'octobre à 
jauTieret même février, la teneur en huile augmente 
extrêmement peu et subit même à la fin une très légère 
diminution (22,73 p. iOO le 15 décembre, 22,85 le 16 jan- 
vier et 20,84 le 8 février). 

Ces diverses périodes coïncident sensiblement avec 
celles indiquées précédemuient par Gerber dans 

CO' 
lesquelles le quotient respiratoire -rr-passe successive- 
ment de 0,72 à 1,4 pour tomber ensuite à 0,9 : 

Première période : quotient croissant vers 1 (jusqu'à 
Gn août) ; 

Deuxième période : quotient tendant de 1 à son 
maximum 1,4 (septembre et octobre); 

Troisième période : quotient tombant dans son 
maximum à 0,9 (après novembre). 

On a souvent admis que la matière première destinée 
à la formation de Thuile est la mannite, dont on peut 
facilement déceler la présence dans les feuilles de 
l'olivier. Les auteurs qui n'ont jamais trouvé de mannit>é 




dans I0 péricarpe du fruit rattachent la formation de 
l'huile à la disparition du glucose préalablement accu- 
mulé dans ce fruit. Les recherches qui conduisent à ces 
conclusions ont tUé faites par voie micro*chimique, en 
se servant surtout comme réactif du sucre, de la solu- 
tion alcoolique de naphtol-a, en présence d'acide sulfu- 

rique. 

H. H. 

Sur une cause de perforation des creusets de platine 
pendant les analyses de phosphates; par M. W. C. 
Hëraeus (l). — C^est un fait bien connu des chimistes 
que lorsqu'on calcine à haute température des phos- 
phates dans un vase de platine, il faut éviter la présence 
des substances réductrices, celles-ci pouvant donner 
naissance à du phosphore ou à des phosphures et, par 
suite, à un composé assez fusible que l'on, considère 
comme un phosphure de platine. * 

Malgré toutes les précautions prises, il arrive souvent 
que, môme en l'absence de toute substance réductrice, 
lorsqu'on calcine dans un creuset de platine du phos- 
phate ammoniaco-magnésien pour le transformer en 
pyrophosphate de magnésium, le creuset est perforé 
dans le fond, quelquefois même dans la paroi latérale; 
les cassures sont cristallines et souvent leurs bords 
sont soulevés en bourrelets avec des traces distinctes de 
fusion. 

L'auteur, avec M. R. Haagu, a institué diverses expé- 
riences systématiques dans le but de donner nne expli- 
cation scientifique de ce phénomène. 

Le pyrophosphate de magnésium est réduit par le 
charbon dès la température de 950°. Les gaz réducteurs, 
surtout l'hydrogène, le réduisent au-dessous de 900®. Le 
gaz ammoniac qui se dégage pendant qu on chauffe 
au rouge le phosphate ammoniaco-magnésien est aussi 

m " Il 1. I ■ I ■ I ■ — — — » 

(1) W, c. Hbraeus. Ueber die Ursache der ZerstôruDg der Platio- 
tîegel bei Phosphotanalysen {Apoteker Zeitung, t. XVII, p. 658, n« 76, 
fi^plemb»!' iM)2). Sx. : Ztil /Mr mngew. C/um, 190S, p. 017. 



— 88 - 

im réducteur énergique, car, au rouge, il se décompose 
en doDuant de l*azote et de Thydrogène; Paction du gaz 
ammoDiac est plus énergique quand le précipité con- 
lient du phosphate d'ammoniaaue libre, La composition 
do platine qui constitue la matière du vase n'a aucune 
influence essentielle sur la résistance plus ou moins 
grande du creuset. 

Il faut donc attribuer la cause de perforation des 
creusets à la composition du précipité de phosphate 
ammoniaco- magnésien (ou à la manière dont on pro- 
cède pour la précipiter), ainsi qu'à la manière d'opérer. 

11 est possible que le fait de porter au rouge vif le 
précipité pendant qu'il se décompose soit la cause de 
la perforation des creusets. L'auteur appuie sur ce fait 
que lorsqu^on pratique dans le même creuset, plusieurs 
fois de suite sans le vider, des calcinations de phos*' 
phateammoniaco-magnésien, chaque précipitéimprègne 
la masse du pyrophosphate précédent : les gaz réduc- 
teurs qui se dégagent à la température oti peut s'effec- 
tuer la réduction des précipités accumulés peuvent 
donner lieu à la formation d'une plus grande quantité 
(le phosphure de platine. 

11 est difticile, étant donnée la pratique admise pour 
cette sorte d'analyse, de formuler une règle générale en 
Fue d'éviter Taccident. Il est probable que c'est en 
changeant la manière d'opérer la décomposition du 
phosphate ammoniaco-magnésien — c'est-à dire en mé- 
Qâgeant peut-être la gradation de la température néces* 
saire pour arriver à la transformation complète du pré-^ 
cipité en pyrophosphate de magnésium, en chassant, 
par exemple, tout le gaz ammoniac avant que la tem- 
pérature de réduction ne soit atteinte — que Ton trou* 
vtra It remède cherché. 

B. k. 



BIBLIOGRAPHIE 



Notre collaborateur M. L. Grimbert, professeur agrégé à 
rÉcole supérieure de Pharmacie de Paris, vient d'obtenir le prix 
Barbier à TAcadémie des Sciences. 

Voici le rapport de M. Marey sur ses travaux : 

« Après avoir déterminé d'abord certaines propriétés encore mal 
définies des sucres les plus importants, il a été amené à recher- 
cher les transformations que ces hydrates de carbone, ainsi que 
d'autres corps de môme nature, subissent sous l'action fermen- 
taire des microorganismes. 

« En étudiant la fermentation anaérobie produite par le bacille 
orthobutylique et ses variations sous certaines influences biolo- 
giques, il a montré, un des premiers, que la durée de la fermen- 
tation, la réaction du milieu, l'âge et l'éducation de la semence 
amènent des changements profonds dans le rapport et la nature 
des produits formés. Il en résulte qu'il est illusoire de vouloir 
représenter le phénomène par une formule unique et simple. 

« Une conclusion analogue se dégage de l'étude des produits de 
décomposition qui prennent naissance par l'action du pneumoba- 
cille de Friedlânder sur les hydrates de carbone. Les nombreuses 
recherches de M. Grimbert sur ce microbe ont eu en outre pour 
résultat de montrer tout le parti que Ton peut tirer de la con- 
naissance des fonctions biologiques d'une bactérie pour établir 
la notion d'espèce et de race. Il a montré, en effet, qu'il existe 
diverses variétés du pneumobacille de Friedlânder morphologi- 
quement semblables, mais se différenciant par la nature des 
produits auxquels elles donnent naissance. Plus tard, en s*ap- 
puyant sur le même ordre de recherches, il est arrivé à identifier 
complètement le Bacilltis lactis aerogenes avec le pneumobacille 
de Friedlânder. 

u La fermentation du tartrate de chaux, déjà étudiée par Pasteur, 
à fourni à M. Grimbert l'occasion d'isoler une bactérie nou- 
velle, le Bacilltis tartricus, point de départ d'une série d'observa- 
tions sur la biologie de la cellule vivante. Il a découvert ainsi, 
parmi les produits des fermentations provoquées par cet orga- 
nisme, un corps que l'on était loin de s'attendre à rencontrer à 
cette place, l'acétylméthylcarbinol, obtenu seulement jusqu'ici 
par synthèse au moyen des méthodes si délicates de la Chimie 
organique. 

« La décomposition des nitrates par les êtres vivants est un 
point de Physiologie générale que l'on ne peut analyser qu'en 




— 87 ■- 

s'adreutnt à des cellules de même nature et pour ainsi dire 
isolées. Ces conditions se trouvent réaliséejs en pratique par 
remploi des bactéries. En faisant agir sur le nitrate de potasse, 
âoit le bacille coli, soit le bacille d'Ëberth, M. Grimbert a montré, 
le premier, qu il fallait distinguer deux sortes de ferments déni* 
triàants : les unç, ferments directs, attaquent directement les 
nitrates en mettant leur azote en liberté; les autres, ferments 
indirects, n'arrivent à ce résultat qu'en présence des matériaux 
amidés contenus dans les milieux de culture. 

« Parmi les autres travaux les plus intéressants du même 
auteur, nous remarquons en particulier les suivants : un Mé- 
moire, devenu classique, sur la recherche du bacille typhique en 
présence du bacille coli ; une étude critique sur la préparation du 
milieu d'Elsner ; une série d'expériences sur Pabolition ou la 
persistance de certaines fonctions biologiques chez un coli-bacille 
soumis à des conditions dysgénétiques ; une étude d'ensemble, 
très documentée, sur les sérums thérapeutiques ; un travail 
très remarqué dans lequel M. Grimbert a jeté les bases d'une 
entente entre les bactériologistes pour unifier les méthodes 
de culture et a tracé du même coup le plan d*unc marche métho- 
dique pour l'étude des fonctions biochimiques des bactéries, 
marche qui commence à être suivie dans les laboratoires en 
France et à Tétranger. 

« En résumé, par leur originalité et leur précision, comme par 
leurs importantes applications en Chimie biologique, en Bacté- 
riologie et en Hygiène, l'ensemble des travaux de M. Grimbert 
présente un haut intérêt. » 

M. le D' Lesage, professeur suppléant à l'École de Médecine et 
de Pharmacie de Rennes, a obtenu le prix Buignet à TÂcadémie 
de Médecine pour un travail intitulé : Etudes sur les conditions 
dttiu Usquell^ peut se réaliser la germination des spores de'- cer- 
tainei Mucédinées, 

Cwrs de Pharmacie; par M. Edmond Dupuy, professeur de phar- 
macie à l'Université de Toulouse, membre correspondant de 
TÂcadémie de Médecine, et Henri Ribaut, agrégé à la Faculté 
de médecine et de pharmacie, lauréat de rinstitut(l). 2* édition. 

Le Journal de Pharmacie et de Chimie a déjà présenté à ses lec- 
teurs les deux premiers volumes de la 2** édition du Cours de 
Pkarmaeie de M. E. Dupuy, publiée avec la collaboration de 
M. H . Ribaut. Le troisième volume qui vient de paraître, à peu 
d'intervalle des deux premiers, témoigne de l'empressement des 
auteurs à compléter cet ouvrage qui a été accueilli avec une 

(4) Paris, 4903. — A. Maloine, éditeur. 



"^ 



— 88 — 

grande faveur. Il est consacré à l'étude des médicaments chimi- 
ques minéraux. M. le professeur Dupuy a suivi, avec raison. 
Tordre adopté dans les traités de chimie : les combinaisons 
définies qui se rapportent aux métalloïdes, puis celles qui se 
rapportent aux métaux. Les auteurs insistent particulièremc^nt 
sur les méthodes qui permettent de reconnaître les caractères spé- 
cifiques et les caractères de contrôle des médicaments employés 
dans Toffîcine. 

Ce troisième volume est à la hauteur des deux premiers ; il fait 
bien augurer du quatrième volume qui sera consacré aux médi- 
caments chimiques organiques et terminera cette publication. 

Guide formulaire de Thérapeutique générale et spéciale: 
par le D' Herzen (1). 

Cette nouvelle édition, qui garde de la première les qualités de 
concision et de clarté, a subi de notables changements qui ont été 
dictés à Tauteur par la rapide et remarquable transformation de 
la thérapeutique. Il y est tenu le plus grand compte de la réno- 
vation qui s'accomplit de nos jours dans les méthodes de Tari 
de soigner et de guérir : thérapeutique pathogênique, compen- 
satrice, préventive, balnéothérapie, sérothérapie, opothêrapie. 

Le lecteur y trouvera même des indications opératoires, sou- 
vent absentes d'un formulaire médical et particulièrement impor- 
tantes; étant donné le mouvement qui entraîne actuellement la 
médecine vers la chirurgie, dans le traitement de nombreuses 
affections considérées jusqu'à ces dernières années comme de son 
ressort exclusif. , 

L*auteur a adopté Tordre alphabétique des maladies qui permet 
facilement de s'orienter dans un cas donné sans perdre de temps 
en recherches. Tenant compte dans une large mesure des indica- 
tions variées qui peuvent se présenter dans le cours d'un même 
état morbide, la thérapeutique de chaque maladie embrasse dans 
ce formulaire les diverses phases qui demandent un traitement 
spécial, les diverses formes, les complications, symptômes domi- 
nants. 

Enfin, la plus large place a été donnée dans cet ouvrage aux 
médicaments nouveaux introduits en thérapeutique pendant ces 
dernières années. 

BulUtin scientifique et industriel de la maison Roure-Bbrtaakd 
fils, de Grasse, l" série, n*»» 5 et ô, mars et octobre 1902 (8). 

Ces bulletins, qui paraissent semestriellement, sont divisés en 
trois parties. 

(1) â» éditioa. — Librairie J.-B. Baillîère et fils. 

(2) Deux brochures. Imprimerie de Charles Hérissey, à Evreux. 



— 89 — 

La première est consacrée aux travaux et rocherches effectués 
«ous les auspices de la maison Roure-Bertrand : cette année, ce 
chapitre est surtout consacré aux recherches de MM. Charabot 
et Hébert sur la végétation de la menthe poivrée dans différentes 
conditions; les auteurs ont étudié rinfluence de Taddition du 
chlorure de sodium et du nitrate do soude sur le développement, 
la composition chimique de la plante, ainsi que l'influence de ces 
agents sur le rendement et la composition de l'essence. Viennent 
ensuite les recherches sur la nature de l'essence de feuille de 
mandarinier, essence qui contient environ 50 p. 100 de méthyl- 
antbranilate de méthyle et sur la composition de l'essence de 
roses de Russie. 

La deuxième partie comprend un certain nombre de renseigne- 
ments industriels ou commerciaux sur quelques essences exo- 
tiques ainsi que sur des flt»urs ou des produits aromatiques. 

Enfin la troisième partie est un résumé des principaux travaux 
français et étrangers, se rapportant à l'étude des huiles essen- 
tielles ou des produits se rattachant aux essences. 

Les bulletins do la maison Roure-Bertrand sont des publica- 
tions des plus intéressantes, soit au point de vue des recherches 
originales qui y sont insérées, soit comme source de renseigne- 
ments, industriels, commerciaux ou scientifiques. Ils démon- 
trent que l»'s craintes émises au sujet de l'inertie des producteurs 
de parfums et au sujet de l'industrie française des essences 
étaient exagérées et en grande partie non justifiées. 

H. C. 

Guide scolaire et administratif de l* Étudiant en Pharmacie civil, 
mUitairf, fie la marine et des colonies^ pour Vannée 1902 1903 ; 
par M- E. Madoulé, secrétaire de l'École supérieure de phar- 
macie de TL'niversité de Paris (l). 

Ch. m. 



(1) %• éditioa, revue et augmentée. 1 volame broché ia-8*de 121 pages. 
— Librairie Cotillon, F. Pichon successeur, imprimeur-éditeur. 
ii, rju SooAot, Paria. 



m^^ 



— 90 — 
SOCIÉTÉ DE PHARMACIE DE PARIS 



Séance annuelle du 1 janvier 1903. 
Présidence de M. Guighabd. 

M. Greorges énumère les travaux de la Société pen- 
dant Tannée écoulée; ce compte rendu, aussi brillant 
que consciencieux, vaut à l'auteur de chaleureux 
applaudissements. 

MM. Hooreu et Vaudin donnent lecture des rapports 
sur les prix de thèses. Des médailles sont décernées à 
MM, Tardy (médaille d'or), Ducatte (médaille d'argent), 
Dubat (médaille d'or). 

M, Guichard prononce le discours de clôture; puis il 
cède le fauteuil de la présidence à M. Léger et in vile 
MM. Landrin, vice-président, et Ghoay, secrétaira, à 
prendre place au bureau. 

Séance ordinaire du 1 janvier 1903. 

M. Léger inaugure sa présidence par une allocution 
très remarquée. 

M. Landrin remercie la Société. 

Correspondance imprimée. — Elle comprend : 4** la 
série des périodiques suivants : 2 numéros du Journal 
de Pharmcune et de Chimie^ 5 numéros du Pharmaceu^ 
tical Journal^ le Bulletin des Sciences Pkarmacologtques^ 
V Union Pharmaceutique, les Bulletins des Sociétés de 
Pharmacie de Bordeaux^ du Sud-Est , de Lyon^ des Doc^ 
teurs en Pharmacie^ deVAssociation/rançaise pour l'avan- 
cernent des Sciences^ de la Chambre syndicale des Phar- 
maciens de Paris^ 2 numéros des Archives de Médecine 
et de Chirurgie spéciale ; 

2'' Une brochure de M. Girolamo Dian intitulée : Genni 
Storici sulla /armacia Veneta al tempo délia republica ; 

3*" Une thèse de M. Amédée Ghaumeil sur le dosage de 
la glycérine par l'acide iodique (Doctorat de l'Université 
de Lyon). 




— 91 — 

Correspondance manuscrite. — Elle comprend : 1^ une 
lettre de M. François remerciant la Société de Tavoir 
élu membre résidant ; 

2* Des demandes de candidature : de M. Carette 
comme membre résidant, de M. Ghaumeil comme 
membre correspondant national, enfin de M. Rœmers 
comme membre correspondant étranger. 

Cette dernière candidature est appuyée par MM. Bour- 
qaelot et Colin. 

M. Guichard offre à la Société un nouveau fascicule 
du Dictionnaire de Chimie industrielle. 

M. Barillé présente la seconde édition du Précis de 
Pharmacie chimique de MM. les professeurs Grolas et 
loreau. A la première édition, qui ne date que de 1898, 
les auteurs ont ajouté, outre l'élude d'un grand nombre 
de médicaments nouveaux, deux chapitres traitant Tun 
des corps extraits des huiles essentielles, l'autre des 
matières albuminoïdes. 

MM. Thibaut, Prudhomme et François sont désignés 
comme membres de la Commission de vérification des 
comptes. 

Une nouvelle place de membre résidant est déclarée 
vacante. 



SOCIÉTÉ DE THÉRAPEUTIQUE 



Séance du^O décembre 1902. 

Sur la proposition de M. Huchard, le bureau reconnaît 
l'opportunité d'une discussion relative d'abord à la 
ration normale d'entretien, ensuite à l'étude des divers 
r^mes particuliers dans les états morbides. 

M. Barbier fait une communication sur la ration 
i entretien chez les enfants dyspeptiques et le besoin d* albu- 
mine en génh'aL 

Il est singulièrement difficile d'établir les bases fixes 
d'un régime alimentaire ; car il faut à la fois tenir 
compte de Vutilisa^on alimentaire (qui repose sur un 



^ 



— 9Î 



ensemble de conditions relatives à l'intégrité fonction- 
nelle du tube digestif et des glandes annexes, en parti- 
culierdu foie, ainsi que du système nerveuxquî modifie 
les échanges cellulaires) et du besoin alimentaire (qui 
dépend des conditions dans lesquelles vit le sujet, du 
travail qu'il fournit, de son âge, de son sexe, de sa race, 
de ses habitudes alimentaires, etc.). 

En ce qui concerne les dyspeptiques, les faits qu'a 
signalés M. Bardet sont des plus intéressants, et son 
opinion sur les dangers de l'alimentation excessive est 
confirmée pardesobservations de tousiesjoursen clinique 
infantile. Les troubles gastro-intestinaux dus à la surali- 
mentation par le lait de vache allèrent profondément 
la santé des enfauts et provoquent des crises d'infection 
ou d'intoxication. En pareil cas, la quantitédesaliments, 
surtout des aliments azotés, doit être très limitée. 

Chez les gens bien portants, au contraire, si l'excès 
d'aliments azotés peut être cause de certaines maladies, 
de l'artériosclérose en particulier, la quantité d'azote 
ingéré peut néanmoins varier dans de grandes propor- 
tions sans qu'ilen résulte forcément des troubles graves. 
Car lorsque la ration d'albumine est supérieure & celle 
qui est nécessaire au fonctionnement de la vie, à la 
réparation des pertes dues àl'activité cellulaire dans des 
conditions données, le surplus est éliminé : la désassi- 
milation azotée est proportionnelle à l'apport de Talimen- 
talion en albumine. Les expériences de C. Voit, de 
Maurel et de Lehmann ont montré le parallélisme régu- 
lier qui existe entre l'alimentation azotée et l'élimina- 
tion d'urée ; elles montrent également la difficulté de 
faire fixer de l'albumine par l'organisme. 

La connaissance du chiffre de l'équilibre azoté, c'est- 
à-dire delà ration grâce à laquelle l'azote alimentaire est 
égala razoteexcrété,seraitcertainement la plus précieuse 
pour l'établissement d'un régime; mais c'est une donnée 
absolument variable. Aussi doit-on laisser aux hommes 
bien porlants une certaine latitude dans le choix et la 
quantité de leurs aliments azotés. 



M. Barbier fait d'ailleurs remarquer que la question 
des déchets dans ralimentation azotée excessive est 
encore pleine d'incertitudes; il n'est même pas prouvé 
qae la toxicité urinaire augmente quand l*azote alimen* 
taire est supérieur à celui qui serait nécessaire pour 
maintenir l'équilibre azoté. Contrairement à M. Bardet, 
qui croit que ces déchets, composés de corps amidés, 
alcalinisent nos humeurs, il pense que ces produits, 
qui sont des acides, sont obligés, pour s'éliminer à 
Tétat des sels alcalins ou terreux, d'emprunter des bases 
àl'organisme, qu'ils désalcalinisent. 

11 ajoute que le calcul des aliments en calories ne suffit 
pas pour satisfaire aux besoins d'un organisme. Il faut 
en effet faire une part très importante à l'alimentation 
minérale, qu'on néglige dans cette méthode. Certaines 
oxydases, par exemple, n'agissent qu'en présence de 
certains métaux. 

Il importe avant tout de ne pas modifier brusquement 
un régime alimentaire. Il existe une accoutumance, 
qu'il s'agisse de races, de familles ou d'individus, grâce 
à laquelle la vie normale est possible avec des régimes 
fort dissemblables. 

On peut seulement admettre, comme des moyennes 
servant de termes de comparaison, les chilTres de 
igramme d'albumine environ par kilogramme du poids 
du corps et de 40 à 45 calories. Pour les enfants en voie 
de croissance, ces chiffres atteignent 2«' à 2^'50 et 
80 calories. 

M. Linossier cite les chiffres fixés pour la ration 
d'entretien normale par Munk et Ëwald. Ils correspon* 
dent à l^'oO d'albumine et à 37 à 4U calories par kilo- 
gramme et par jour, pour un homme au repos. 

Bien des sujets peuvent se contenter de moins: 
cesont les ralentis de la nutrition, surtout les obèses 
et les iliabétiques. Chez ces derniers, la ration d'entre- 
tien peut s'abaisser dans des proportions incroyables ; 
l'amélioration de tous les symptômes est souvent la con- 
séquence de cette diminution du régime alimentaire. 



I 



n 



r- 94 



Chez les accélérés de la nutrition, dontle type le plus 
frappant est le tuberculeux héréditaire, la suralimenta^ 
tion devient nécessaire ; elle n'est en réalité qu'une 
alimentation réparatrice de combustions excessives. ' 
Pour beaucoup de tuberculeux, un régime très riche, 
correspondant à plus de 60 calories par kilogramme, ne \ 
dépasse guère la ration d'entretien. Il en est de même I 
pour certain^ neurasthéniques, qui gaspillent leurs ali- 
ments sous l'influence d'un système nerveux déréglé. 

Chez les individus sains, il faut tenir compte des pré* 
dispositions héréditaires. L'hérédité est la déterminante 
principale delà formulede la nutrition. On nepeutdonc, 
dans tous les cas, établir un régime qu'après une étude 
individuelle des besoins de l'organisme. 

Dans la classe aisée de la population, il existe une 
tendance générale à la suralimentation albuminoïde, 
tendance plus dangereuse que ne le croit M. Barbier : 
l'élimination excessive qui en résulte fatigue à la lon- 
gue les organes et engendre les différentes maladies 
arthritiques. 

M. Mathieu montre Vimportance de la réalimentcUion 
suffisante chez les dyspeptiques. Beaucoup de dyspeptiques 
qui s'inquiètent, souffrent, ne dorment pas, maigrissent 
parce qu'ils ne veulent pas ou ne peuvent pas manger 
assez. Leur état dyspeptique s'aggrave par suite de leur 
alimentation insuffisante. 

Le meilleur traitement consiste alors dans le gavage 
à la poudre de viande. En Suisse, on prescrit beaucoup 
chez ces malades, et avec succès, l'alimentation inten- 
sive parles pâtes, les laitages et les œufs. La réalimen- 
tation doit être faite progressivement et ne pas devenir 
de la suralimentation. 

FeRD. ViGlER. 



— 95 — 



SOCIÉTÉ DE BIOLOGIE 



Séance du 29 novembre 1902. 

H. Nevea-Lemaire propose une classification des 
Culictdes, 

L'examen desCulicidos de Cochinchîne et de TAnnam 
a montré à M. A. Laveranque l'abondance plus ou moins 
grande des anophèles est bien en rapport avec le degré 
d'insalubrité des localités d'origine. 

MM. P. Camot et P. Josserand ont reconnu que Tin- 
Iroduction intraveineuse d'adrénaline, h. dose non toxi- 
que, ne paraît pas provoquer d'hémostase viscérale, tout 
en provoquant une élévation de pression extrêmement 
énergique ; les inhalations et injections locales au ni- 
veau des différents viscères abdominaux, malgré une 
légère action sur les muscles lisses des vaisseaux et des 
cavités» ont des effets hémostatiques minimes et peu 
utilisables, tout au moins à doses non toxiques; l'action 
hémostatique de l'adrénaline paraît donc assez variable 
suivant l'organe sur lequel on se propose d'agir; très 
remarquable sur certaines muqueuses (nez, etc.), elle 
Test beaucoup moins sur les viscères (foie, poumons, 
reins, etc.), tout au moins à des doses inoffensives. Les 
injections sous-cutanées paraissent sans action. 

M. Jean Lépine a observé que, chez les différents ani- 
maux, Tabsorption de SO^' de corps thyroïde, de mouton 
a toujours provoqué une augmentation, dans le sang, du 
nombre des mononucléaires. 

Il résulte des expériences de M. Trénel qu'au point 
de vue pathogène, le bacille du rhinosclérome, de 
même que le bacille de Lœwenberg, ne présente pas de 
caractère différentiel qui permette de le dijsitinguer du 
bacille de Friedlânder. 

MM. Paul Conrmont et A. Descos (de Lyon) proposent 
le nom d'aeido-rémtafUs ^ourles nombreux bacilles qui 
oot la propriété de résister à la décoloration par les 



- 96 - 

acides, après coloration parles méthodes proposées pour 
les bacilles tuberculeux; ils ont étudié l'agglutination 
des cultures homogènes de ces bacilles acido-résistants. 

MM. Leredde et L. Pautrier sont parvenus à faire le 
diagnostic de la lèpre par l'examen bactériologique du 
mucus nasal dont Thypersécrétion est provoquée par 
l'ingestion d*iodure de potassium. 

M. A. Marie a constaté que des animnux peuvent être 
immunisés contre la rage par uve seule injection d'un 
mélange de virus iixe et du sérum antirabique, mélange 
qui se comporte comme étantdépourvu de virulence, puis- 
qu'il se montre inoffensif pour les animaux qui en reçoi- 
vent dans le cerveau. 

MM. A. Rodet et Lagriffoul se sont occupés de la pro- 
priété agglutinative, à Tégard du bacille d'^Eberth^ du 
sérum des animaux immunisés coniv^ \q bacillus coli^ et 
réciproquement. 

M. G. Patein indique \dL poudre de zinc comme moyen 
rapide et parfait de Télimination du mercure dans les 
liquides sucrés traités par le nitratemercurique ; il donne 
les résultats de Tapplication de son procédé à Tunalyse 
dix liquide cépkalorachidien, G. P. 

FORMULAIRE 



Pommade contre les crevasses du sein. 

Menthol. . 1 gr. 50 

Salol 2 » 

Uuile d olire 2 » 

Lanoline 58 » 

En onctions, 2 fois par jour. 

Aphtes. — Toucher les parties, toutes les 2 heures, 
avec un tampon d'ouate trempé dans le collutoire : 

Borax 4 gp. 

Teinture de benjoin 2 » 

Sirop de framboises 30 » 

Le Gérant : 0. DoiN. 

PARIS. — IMPRIMBRtB P. LBvA, RUB CA8SBTTB, 17. 



— 97 — 
TRAVAUX ORIGINAUX 



Sur une réaction de V acide ca^odylique et des cacodylates; 
par M. J. BouGAULT (1). 

On ne connaît guère de réactions positives de l'acide 
cacodylique et des cacodylales : la plupart des réactifs 
ordinaires ne les précipitent pas, sauf l'azotate mercu- 
reux, qui donne avec lescacodylates un précipité, d'abord 
blanc, devenant presque immédiatement jaune (2). La 
réaction nouvelle que je vais indiquer est très caracté- 
ristique, très sensible et aussi très facile à effectuer. 
Elle permet de retrouver des traces de cacodylates, 
même mélangés aux méthylarsinates qui s'en rappro- 
chent le plus par leur composition. 

Le réactif employé est la dissolution chlorhydrique 
d'acide hypophosphorenx, que j'ai déjà indiquée (3) 
comme très sensible pour la recherche de l'arsenic, à 
Tétat d'arsénites ou d'arséniates, dans les produits les 
plus divers. 

Si dans un tube à essais on met une petite quantité de 
cacodylate de sodium dissous dans 1*"' d'eau environ, 
puis qu'on ajoute 10*^™' de réactif et qu'on bouche le 
tube, il se développe, au bout d*un temps variable sui- 
vant la proportion de cacodylate, une odeur cacodylique 
très nette. Même, avec un demi-milligramme de caco- 
dylate, cette odeur devient parfaitement sensible après 
on contact de 12 heures : aucun dépôt d^ arsenic ne se 
forme dans le liquide. Mais, avec de plus fortes quan- 
tités de cacodylate, on observe sur les parois supérieures 
du tube à essais, au-dessus du liquide, un dépôt 
d'arsenic qui se produit lentement et continue à aug- 
menter pendant plusieurs jours. J'indique seulement 

(1/ Note remise k la rédaction le 8 janvier 1903. 
(2; Je dois signaler aussi la réaction de fiarthe et Péry indiquée dans 
les Uanipulatxovs de Pharmacie de E. Gérard, p. 222. 
(3) ioum. de Ph. et de Chim., [6], XV, 1902, p. 528. 

J^um. de Pharm. et d€ Chim. «• Biais, t. XVII. (1" février 1903.} 7 



"1 



ce dernier fait sans y insister, parce que Todeur est un 
caractère plus sensible et plus constant. 

Les méthylarsinates se comportent d'une tout autre 
façon. Ils ne donnent pas lieu au dégagement d'odeur 
cacodylique, et tout l'arsenic qu'ils contiennent est 
mis en liberté et se précipite. 

La présence du méthylarsinate ne gène pas les réac- 
tions propres au cacodylate. Mais Tinverse n'est pas 
exact, laréduction du méthylarsinate est moins sensible 
en présence du cacodylate que lorsque le sel est pur. 

Dans tous les cas, ces faits montrent que le réactif 
à Tacide hypophosphoreux peut être utilisé : 

1** Pour caractériser Tacide cacodylique et les caco- 
dylates, et en particulier, pour leur recherche dans le 
méthylarsinate disodique. 

On met dans un tube à essais 09*',20 de méthylarsinate qu'on dissont 
dans là 2^^^ d'eau, on ajoute lOons de réactif, et on laisse en contacta 
froid 12 heures dans le tube bouché. Au bout de ce temps, on perçoit 
une forte odeur cacodylique, si la matière contient du cacodylate, 
même à la dose d'un demi- milligramme. 

2** Pour déceler dans les cacodylates la présence 
d'autres composés arsenicaux : 

Dans nn tube à essais, on met 0s^20 de cacodylate de sodium, qu'on 
dissout dans i à 2cm8 d'eau, et lO^ms de réactif. Le cacodylate pur ne 
donne lieu à aucune coloration, ni dépôt d'arsenic dans le liquide ; la 
moindre trace d'arsenic (moins d'un dixième de milligramme d*acide arsé- 
nieux ou arsenique) produit une coloration brune ou un précipité (IJ. 

Dosage des phénols dans les médicaments; par M. Et. Bar- 
râl, professeur-agrégé à la Faculté de médecine et 
de Pharmacie de Lyon (2). 

Ayant eu à analyser des médicaments dans la com- 
position desquels entrent plusieurs phénols libres ou 
combinés, j'ai employé une méthode qui me parait 
susceptible d'être utilisée dans la plupart des cas. Elle 

(1) Il est utile de s'en tenir à la dilution indiquée, savoir : 1 à 2«bis de 
solution aqueuse pour 10«i>^3 de réactif. 

(2) Note remise à la rédaction le 8 janyier. 



r 



— 99 -- 



est basée sur trois faits : l"" les phénols libres, distillés 
avec de Teau, sont entraînés par la vapeur d'eau; 
2* un grand nombre de phénols h poids moléculaire 
élevé sont solides et insolubles dans l'eau ; 3*" les phé- 
nols en dissolution dans Teau ou liquides donnent, avec 
l'eau bromée en excès, des bromophénols insolubles 
dans l'eau; en dosant le brome, on déduit le poids de 
ces phénols. 

Dans une cornue tubulée de 150 à 200'^"', on met un 
poids du médicament (solide ou liquide) tel qu'il con- 
tienne environ 0«%20 à 0*^30 de phénols; en dépassant 
ce poids, on aurait un précipité trop volumineux de 
bromophénols. On introduit dans la cornue envi- 
ron 75"" d'eau distillée et 2 à3*'"' d'acide chlorhydrique; 
on adapte un réfrigérant de Liebig ou simplement une 
allonge et un ballon bitubulé refroidi; on distille au 
bain de sable de façon à recueillir 40 à SO*"""' de liquide ; 
celui-ci est versé dans un vase à précipiter. 

On introduit dans la cornue 40 à SO'^"' d'eau distillée 
et on distille de nouveau un volume égal. Souvent, ces 
denx distillations sont suffisantes pour entraîner tout le 
phénol. Pour plus de certitude, il est préférable d'en 
faire une troisième, après avoir séparé le distillatum. 
Le liquide provenant de cette troisième est additionné 
d'eau de brome; s'il se forme un précipité, on fait une 
quatrième distillation. 

Lorsque le médicament contient des phénols à poids 
moléculaire élevé, en général solides, insolubles ou peu 
solubles dans l'eau, ils se condensent dans le réfrigé- 
rant ou dans Tallonge; à Taide du jeu de la pissette, en 
employant aussi peu d'eau que possible, on fait tomber 
les parcelles solides dans le vase à précipiter contenant 
le liquide distillé. On recueille les phénols solides sur 
un filtre taré après dessiccation sur l'acide sulfurique; 
on lave avec un peu d'eau froide; le filtre et son contenu 
sont desséchés sur l'acide sulfurique jusqu'à ce qu'il n'y 
ait plus perte de poids. On a un poids Pi de phénols 
insolubles dans l'eau. 




— 100 — 

Le liquide filtré, dont les phénols solides ont été 
séparés, est additionné d'un excès d'eau bromée : les 
phénols en dissolution se précipitent à Tétat de bro- 
mophénols insolubles. Après un repos de douzeà vingt* 
quatre heures, le précipité est recueilli sur un filtre 
taré après dessiccation sur l'acide sulfurique; on le lave 
avec très peu d'eau distillée froide, on sèche sur l'acide 
sulfurique. On obtient un poids P» de bromophénols. 

Ce poids Pb comprend le phénol soluble Pg et le poids 
de brome B; or, 80 de brome a remplacé 1 d'hydrogène, 
on a pour le poids des phénols solubles : 

P. = P3_B + iB = P.-2B. 

On dose le brome des bromophénols à l'état de bro- 
mure d'argent, après chauffage au rouge avec de la 
chaux, par la méthode ordinaire. 

Le poids total des phénols est : 

P=Px+Ps=:Px+Pb-^B. 

Lorsque le phénol est à l'état d'éther, il faut sapo- 
nifier au préalable par la potasse alcoolique, éliminer 
l'alcool dans le vide sur l'acide sulfurique et distiller 
après addition d'un excès d'acide chlorhydrique. 

La distillation des phénols avec de l'eau permet, dans 
plusieurs cas, de reconnaître qualitativement quelques 
phénols soit par le point de fusion des phénols lorsqu'ils 
sont solides, soit par les réactions colorées. 



REVUES 



Pharmacie. 

Feuilles de séné sans résine; par M. A. Kremel (1). 
— Les feuilles de séné débarrassées de résine sont offi- 

(1) UeberFolia Seiuiae sine résina; Pharmaceutische Post, t. XXXV, 
p. 661, 1902. 




— 101 — 

cînales dans un certain nombre de pharmacopées 
élrangères (1). Les procédés permettant d'obtenir ce 
médicament sont variables et même parfois assez 
sommairement indiqués. Les recherches de l'auteur 
ont porté sur la quantité et le degré de l'alcool à em- 
ployer dans le traitement du séné. La méthode prati- 
quement utilisable d'après ses études est la suivante : 
faire macérer les feuilles de séné pendant trois jours, 
dans cinq fois leur poids d'alcool à 90**, exprimer forte- 
ment, puis faire sécher. 

Il est assez délicat de distinguer les feuilles de séné 
qui ont subi le traitement précédent, des feuilles de séné 
naturelles. Ces dernières donnent bien, il est vrai, des 
infusions aqueuses susceptibles de se troubler par re- 
froidissement, mais c'est là un caractère (out à fait in- 
constant. L'essai suivant répond mieux au but : les 
feuilles de séné finement divisées sont mises à macérer 
pendant deux jours dans 10 parties d'alcool à 90®; on 
évaporeà sec, au bain-raarie, une quantité déterminée du 
liquide filtré; l'extrait obtenu représente en moyenne 5 à 
6p. iOO des feuilles de séné correspondantes ; il ne doit 
pas s'élever à plus de 7 p. 100. Des feuilles de séné non 
débarrassées de leur résine fournissent couramment 
une quantité d'extrait double. H. H. 

Argent coUoïdal ; CoUargol; par M. Brocadet, interne 
en pharmacie des hôpitaux de Paris (2). — L'argent 
colloïdal est une modification allotropique de l'argent 
métallique. 

Découvert par Carey Lea, ce corps a été introduit en 
1897 dans la thérapeutique par Cresdé, chirurgien en 
chef de la clinique de l'hôpital Carola, à Dresde. 

'Xj Asseï souvent les médecins français prescrivent la même drogue 
MU une intre désignation : « feuilles de séné lavées à Talcool » . 

(3) M. Netter vient de publier des observations nombreuses et pré- 
ôiet qui établiraient une très grande efficacité de ce corps dans le trai- 
ttawnt des maladies infectieuses, et une multiplicité d'indications pour 
•00 emploi. Nous empruntons cet article à YUnion pharmaceutique ^ 
a* do 15 janvier 1903. A. R. 



— J02 — 

On obtient l'argent colloïdal par la réduction d'une 
solution d'azotate d'argent au moyen du citrate ferreux. 

MM. Danios et Cothereau opèrent de la manière 
suivante : 

Prendre 300*'' d'acide citrique, les dissoudre dans 
2 litres d^eau distillée et ajouter de Fammoniaque jusqu'à 
neutralisation. 

D'autre part, faire dissoudre à froid 558^"" de sulfate 
ferreux ammoniacal dans 2 litres d'eau distillée. 

Mélanger les deux solutions et verser dans la liqueur 
par petites parties en agitant constamment : 

Azotate d'argent eO»' 

Eau distillée 500 

Laisser déposer à l'abri de Tair et de la lumière. 
Décanter la liqueur surnageante et filtrer. Le précipité 
est lavé avec soin sur le filtre et ensuite desséché dans 
un dessiccateur à acide sulfurique ou à l'étuve à une 
température comprise entre 40 et 50**. 

En traitant les eaux-mères par du sulfate de magné- 
sium, on récupère Targent qui reste en dissolution. 

L'argent colloïdal est constitué par de petits mor- 
ceaux noirs à reflets métalliques contenant 97 p. 100 
d'argent avec traces de fer. Il est soluble dans 23 parties 
d'eau. Ses solutions ne traversent pas le septum du 
dialyseur, et les acides, ainsi que la plupart des sels, en 
précipitent de l'argent métallique ordinaire. 

Sa densité est égale à 9,58. Il se combine au chlore, 
au brome et à l'iode en donnant du chlorure, du bro- 
mure et de l'iodure d'argent. 

L'argent colloïdal, qui a un pouvoir bactéricide très 
faible, puisqu'une solution à 30 p. 100 met 10 heures à 
tuer le staphylococcus aureus, a été employé avec 
succès dans toutes les affections d'origine microbienne. 
Peut-être y a-t-il accroissement du pouvoir défensif de 
l'organisme. 

Cette propriété de mettre l'organisme en mesure de 
mieux résister aux poisons bactériens est partagée, non 




— 103 — 

seulement par l'argent métallique ordinaire, mais encore 
par différents composés métalliques, tels que les sels 
mercuriels. Le professeur Ch. Bouchard disait derniè* 
rement (1) : « Rien ne prouve que les médicaments 
spécifiques autres que les sérums n'ont pas, à côté de 
leur fonction bactéricide, une action antitoxique. Je 
his allusion à ces faits de Patella qui, après Tinjection 
de sels mercuriels dans le sang, voit apparaître une 
leacocytose polynucléaire. Si les leucocytes pénètrent 
dans le sang en plus grande abondance, on conçoit qu'ils 
y accomplissent d'une façon plus complète leur fonction 
Datarelle qui est de se saisir des microbes ou de sécréter 
des ferments qui sontune sauvegarde pour l'économie. » 

Phabjiacologie. — L'argent colloïdal est surtout 
employé, sous forme de pommade, de soluté et de 
pilules. 

Pommade : 

Argent colloïd&l 13»'" 

Lanoline 35 

Axonge benzoïnée 50 

I On triture l'argent colloïdal avec un peu d'eau dis- 
tillée froide, car il ne faut pas le pulvériser à sec pour 
Tincorporer à l'excipient. 
I Après lavage de la peau, d'abord au savon, ensuite à 
I Téther, on fait, en prenant gros comme une noisette de 
cette pommade, deux ou trois frictions par jour d'une 
dorée de 20 minutes sur une région riche en vaisseaux 
lymphatiques (aine, aisselle). 

On recouvre ensuite la partie frictionnée de taffetas 
chiffon. 

Soluté pour injections intraveineuses : 

Argent coUoïdal l»' 

San diitiilée stérilisée 100<« 

Humecter Taisent colloïdal avec de Teau distillée 

(i) Les ttTuianees nouvelles de la thérapeutique. Mémoire présenté au 
Congrès du Caire. 

I 



— 104 — 

jusqu'à ce que les morceaux se soient ramollis; achever 
sa dissolution en agitant avec la quantité d'eau prescrite. 

3 à y^^^ dans les 24 heures, en une ou deux injections 
dans la veine céphalique ou dans une des grosses veines 
superficielles de la jambe. 

Ce soluté, s' altérant rapidement, doit être préparé au 
moment du besoin et mis dans des flacons en verre 
jaune. 

Par voie stomacale, l'argent colloïdal se prescrit à Ja 
dose de 0«',05 à 08%10 dans les 24 heures, soit en solu- 
tion, soit sous forme de pilules. 

Soluté pour usage interne : 

Argent colloïdal 1*' 

Albumine d'œuf frais 3 

Glycérine 3 

Eau distillée 300 

3 OU 4 fois par jour une cuillerée à café dans un peu 
de lait, i/2 heure avant les repas. 

Pilules : 

Argent colloïdal !«' 

Lactose 5 



Eau distillée ) 

Glycérine ) ^* 



s. 



Faire pilules n® 100. 4 à 6 par jour. 

En pratique chirurgicale, Targent colloïdal peut être 
appliqué dans les cavités, fistules ou profondeurs d'or- 
ganes lésés, sous forme d'ovules. 

Ovules : 

Argent colloïdal Ob'SO 

Eau distillée I sfoutte 

Beurre de cacao SO»*" 

Diviser en 10 ovules. 

Enfin, l'art vétérinaire utilise l'argent colloïdal pour 
combattre les diverses maladies infectieuses du bœuf et 
du cheval. 



— 105 — 
Soluté pour usage vétérinaire : 

Argent colloïdal 2Brr 

Eaa distillée stérilisée 200«m» 

23 à 50^"' par jour en une ou deux injections dans la 
veine jugulaire. 

Sur la préparation et la conservation de Féther anes- 
thésicpie; par M. R. Stollé (1). — Le traitement de 
Téther par le sodium, que Ton emploie d'ordinaire à la 
préparation de l'éther anhydre, suffirait, d'après Tauteur, 
aie priver entièrement des impuretés qui nuisent à son 
emploi en anesthésie. 

Pour obtenir de l'éther anesthésique répondant à 
toutes les exigences, il suffirait d'ajouter à 1"^ d'éther 
da commerce 10*'' de sodium en menus fragments, en 
ayant soin de munir le flacon à réaction d'un tube à 
chlorure de calcium, par lequel se dégagera Thydro- 
gène produit et qui préservera l'éther de l'humidité de 
1 atmosphère. Après trois jours de contact, il n'y aurait 
plus qu'à filtrer. 

Pour conserver à l'éther anesthésique ainsi obtenu 
toute sa pureté, il suffirait d'y ajouter quelques mor- 
ceaux de sodium. On filtrerait de nouveau au moment 
du besoin. M. G. 



Chimie. 



Réactions colorées de la narcéine; par M. A. Wan- 

GERw (2). — 1*» M. Arnold a montré, en 1882, que la 
narcéine, chauffée avec un mélange de phénol et d'acide 
sulfurique, donnait une belle coloration rouge, caracté- 
ristique pour cet alcaloïde; d'après M. Wangerin, on 
peut substituer à l'acide phénique la résorcine, le 
pyrogallol, le thymol; il recommande surtout la résor- 
cine. 

vil Ueberdie DarsteiluQg uad Aufbewahrung von/Etherpro narcosi 
;«ericA/<î rf«- deutsch. pkarm. Ge«., 1902, fasc. 7). 
(2) Pharm, Zeitung, 1902» p. 916. 



— 106 — 

Dans un verre de montre, placé au bain-marle, on 
chauffe de 0«',01 à 0^',02 de résorcine, 10 gouttes diacide 
sulfurique et quelques milligrammes de narcéine; le 
liquide se colore bientôt en rouge vif; la coloration est 
persistante et passe à l'orangé au bout de 12 heures. 

2** Si on chauffe au bain-marie, dans un verre de 
montre, une petite quantité de narcéine et de tannin en 
présence d'acide sulfurique concentré, le mélange se 
colore en vert. Après refroidissement, on ajoute de 
Veau, la coloration disparait et repasse au vert par 
addition d'ammoniaque en excès. 

La narcotine et Thydrastine, dont la constitution est 
voisine de celle de la narcéine, donnent la même réac- 
tion avec le tannin et l'acide sulfurique. Les autres 
alcaloïdes se colorent en brun noir dans ces conditions, 
à l'exception toutefois de la véralrine qui donne une 
belle coloration rouge due à l'acide sulfurique seul. 

H. C. 

Présence de strophanthine, choline et trigonelline 
dans la racine de Strophanthus hispidus; par 
M. Karsten (1). — L'auteur, ayant eu occasion d'exa- 
miner la racine fraîche du Strophanthus hispidus, a pu, 
de cette racine, isoler les principes suivants : 

Strophanthine: Il a employé, pour cela, la méthode 
indiquée par M. Thoms; la strophanthine isolée se pré- 
sente sous forme d'un produit amorphe, neutre, hygros- 
copique, facilement soluble dans l'eau et l'alcool, inso- 
luble dans l'éther, le chloroforme. Le rendement est de 
0,6 à 0,7 pour 1000. 

Cette strophanthine, hydrolysée par l'acide chlorhy- 
drique, a donné la strophanthidine ordinaire et un 
sucre cristallisé qui n'a pu être identifié. 

La strophanthine de la racine parait identique à la 
strophanthine amorphe de M. Thoms; cependant, cette 

. .(1) Ueber dus Vorkommen von Strophanlkin, Cholin und Trigonel- 
lin in der Wûrzel von Strophanthus hispidus {Berichte der deut, 
Pharm. Gesellsehaft, 1902, p. 240). 



— 107 - 

dernière, hydrolysée par Tacidc chlorhydrique, donne 
nn sacre incristallisable : peut-être le sucre cristallisé 
obtenu par M. Karsten est-il un produit d'une hydro- 
lyse plus complète. 

Dans les liqueurs séparées de la strophanthine, 
riodure de bismuth et de potassium donne un précipité 
ronge abondant ; de ce précipité, formé par des combi- 
naisons de bases organiques, M. Karsten a pu isoler : 

!• La ckoline identifiée sous forme de chloroplatinate ; 

2^ La irigonelline isolée à l'état de chlorhydrate, puis 
de chloraurate. 

La présence de choline et de trigonelline dans les 

semences de Strophanthus Kombe et hispidus avait 

déjà été signalée par M. Thoms. 

H. C. 

Sur le gratiole; par M. F. Retzlaff (1). — L'auteur 
a repris Vétude de la gratiole abordée déjà par Yauque- 
lin, Marchand et Walz, dont il résume brièvement les 
recherches à ce sujet. Il a eu surtout pour but d'isoler, 
à l'état cristallisé et pur, le ou les glucosides signalés 
antérieurement dans la plante. 

La drogue pulvérisée a été additionnée de son poids 
d alcool à 50*, puis d'hydrate d'oxyde de plomb fraîche- 
ment précipité, de manière à former une pâte épaisse. 
Le mélange humide a été introduit dans un percolateur 
recouvert d'alcool à 50** et abandonné à lui-môme pen- 
dant 24 heures; on l'a ensuite complètement épuisé 
avec le même dissolvant, jusqu'à disparition complète 
d'amertume. 

Les liqueurs obtenues ont été distillées de façon à 
chasser complètement l'alcool. Dans la liqueur aqueuse 
résiduelle, il s'est déposé en moins d'un jour un gluco- 
side impur qui a été lavé avec un peu d'eau et séché 
snr l'acide suirurique. Le glucoside a été dissous en- 
suite dans la plus petite quantité possible d'alcool 
absolu; la liqueur a été traitée par le noir animal, filtrée 

«) Uebcr Herba GraUolœ (Arch. de Pharm., t. CCXL, p. 561, i902). 



— 108 — 

et additionnée d^éther. Le glucoside ainsi précipité par 
l'éther, recristallisé à deux ou trois reprises différentes 
dans de l'alcool à SO"", a pu être obtenu cristallisé en 
fines aiguilles complètement incolores. C'est ce gluco- 
side qui a été désigné sous le nom de gratioline, 

La gratioline est insoluble dans l'éther, très peu so- 
luble dans l'eau, facilement soluble dans l'alcool fort. 
Elle fond en se décomposant à 235-237^. L'acide sulfu- 
rique concentré la colore d'abord en jaune clair, puis 
en rose, et finalement en rouge-cerise après quelques 
heures; il se produit en même temps une magnifique 
fluorescence jaune qui peut persister presque 24 heures, 

La gratioline est un peu hygroscopique ; elle cris- 
tallise sans eau; l'analyse élémentaire lui assigne la for- 
mule C"ff °0*\ Le rendement de la drogue en glucoside 
est assez faible; dans un cas, Fauteur a obtenu environ 
0*',15 de gratioline p. 400 de plante; avec une drogue 
vraisemblablement ancienne, la méthode de préparation 
indiquée n'a absolument rien donné. 

Si l'on chauffe pendant une heure, au bain-marie 
bouillant, 1»' de gratioline dans un mélange de 20*^"' 
d'alcool, 17^'"" d'eau et 3*^»' d'acide chlorhydrique à 
25 p. 100, on obtient, après refroidissement de la liqueur, 
des cristaux très nets constitués par un mélange de 
deux principes immédiats, \9, gratioligénine et la ^ra^zo- 
génine, 

La gratioligénine peut être obtenue pure par recristal- 
lisation dans l'alcool absolu. Elle fond à 283'' ; elle est 
sans saveur, presque insoluble dans l'éther et dans 
l'eau, assez difficilement soluble dans l'alcool; elle cris- 
tallise anhydre et répond à la formule C'"H^"0*°. 

LdL gratiogénine elle-même est, en réalité, un produit 
de dédoublement de la gratioligénine, car on peut l'ob- 
tenir en partant de cette dernière isolée à l'état de pu- 
reté : on chauffe pendant 4 à 5 heures, au bain-marie 
bouillant, i**" de gratioligénine avec 50 parties d'alcool, 
30 parties d'eau et 5 parties d'acide chlorhydrique à 
25 p. 100. La liqueur moyennement concentrée fournit, 



I 



— 109 — 

par un traitement convenable, la gratiogénine cristal- 
lisée en tables rhombiques anhydres, fondant à 198^, 
de formule C'»H»*0\ 

Le sucre qui se produit à côté de la gratioligénine et 
de la gratiogénine dans ces divers dédoublements, 
fournit une osazone fondant à 205^; l'auteur en conclut 
qu'il s'agit de glucose ordinaire ou dextrose. 

En somme, le dédoublement de la gratioline s'effec- 
tuerait en deux temps, de la façon suivante : 

I. C^IFOQiû ^ H«0 = C^HcoQiO 4. c«Hi206 

Gratioline Gratioligénine Glucose 

II. C37H*0Oî0 4- H«0 = C»iH*0O* -f C6H»206 
Gratioligénine Gratiogénine Glucose 

La gratioline pure ne possède aucune action sur les 
animaux; au contraire, les extraits aqueux ou alcooli- 
ques de la drogue peuvent provoquer des accidents, 
même à faible dose ; cette activité doit être vraisembla- 
blement rapportée à un autre glucoside qui^ à l'inverse 
de la gratioline, serait soluble dans l'eau. 

L'extrait éthéré de gratiole contient en notable quan- 
tité un principe spécial qui peut en être isolé par des 
traitements convenables à Talcool et que 1 auteur a 
appelé gratiolone. Ce corps se présente sous forme d'ai- 
guilles incolores, sans odeur et sans saveur; il est assez 
difficilement soluble dans Talcool, Téther, le chloro- 
forme, l'acide acétique et l'éther acétique ; il est inso- 
luble dans l'éther de pétrole, l'eau, ainsi que dans les 
lessives alcalines. Il se décompose sans fondre à une 
température élevée. L'auteur lui attribue la formule 
C'^H^^O'. H. H. 

Composition et essai de l'essence de calamus ; par 
M. Beckstrokm (1). — L'auteur rappelle que M. Kurba- 
tow (2] a isolé de cette essence un carbure de formule 

(1, Ueber die Bestandteile und Wertbestimmung des Kalmusoeles 
\Biricht. der dtutêch. Pkarm, Ges., 1902, p. 257). Voir, sur le même 
sujet : Joum. Pharm. et Chim., [6], t. XIII, pages 573 et 574. 

(2, Liebig's Annal., t. CLXXIII, p. 4. 




— iiO — 

C*'H»% bouillant à 158-159% que MM. Schimmel 
et C^" (1) ont vu s'y déposer un composé cristallin fon- 
dant à 167* et auquel MM. Soden et Rojahn (2) ont 
attribué la formule C'*H**0*. Les recherches ont porté 
sur les fractions de l'essence de calamus du Japon qui 
bouillent à une température élevée. 

L'essence a été d'abord agitée avec une solution de 
carbonate de soude à 2 p. 100 qui en sépara les acidtè 
heptylique normal eipalmitique. Puis, l'agitation avec la 
potasse à 2 p. 100 permit d'en retirer un phénol qui fut 
caractérisé comme étant de Veugênol 

CH2— CH = CH» 
C«H3^0CH3 

Son dérivé benzoïlé fond en effet à 70^5-71^ 

L'essence fut ensuite traitée par le bisulfite de soude 
et la solution aqueuse, séparée de l'huile surnageante, 
fut décomposée par le carbonate de soude; l'auteur 
obtint ainsi une huile odorante, très instable, laissant 
bientôt déposer des cristaux fondant à 114"" d'aldéhyde 
asaryliqzie ou aldéhyde 2. 4. ^-triméthyloxybenzolque 
CHO-C«H^-(OCff)». 

L'essence, ainsi privée de composés aldéhydiques, 
fut saponifiée par la potasse alcoolique, ce qui permit 
d'en séparer un peu d'acide palmitiqtie et d*acide acé- 
lique qu'elle renfermait à l'état d'éthers. 

Enfin, on la soumit à la distillation fractionnée. 
L'auteur retrouve ainsi le composé C"H"0* qu'il 
nomme calaméone. Ce corps cristallise dans l'alcool en 
prismes rhombiques fondant à 168"*, très solubles dans 
l'acide acétique, l'alcool, le chloroforme, moins soluble 
dans Téther, le sulfure de carbone, très peu soluble 
dans l'éther de pétrole. Il est dextrogyre a© = — 8** à 
26'', en solution alcoolique. Les propriétés chimiques de 
ce composé le rapprochent du cinéol; comme lui, il fixe 



(1) BericM. der deuisch, Pharm, Ges., 1899, p. 8. 

(2) Pharm, ZeiL, 1901, p. 243. 



r"^ 



— 111 — 

HCl ou 2Br : le dérivé brome C"H"0*Br' se décom- 
pose, déjà à la température ordinaire, comme le fait le 
bromure de cinéol, en donnant le bromure C"H'*Br. 
Comme au cinéol, Tacide sulfurique étendu ou le chlo- 
rure d'acétyle lui enlèvent 2H^0 en le transformant en 
nn carbure que l'auteur appelle le calamène C"fl". Ce 
carbure est liquide ; il bouta 144** sous 15™°* de pres- 
sion; sa densité à 23'' est 0,9i24; il est lévogyre 
a» = — 11%31 à26^ Son chlorhydrate C"H"HCl fond 
à 108*. 

La calaméone, traitée par le permanganate de potasse, 
se transforme en acide calaméonique C"H**0*, qui fond à 
138*; son hydrate C"H**0*.H*0 fond à 153^ 

En solution éthérée, la calaméone donne, avec le 
sodium, une combinaison pulvérulente, répondant à la 
formule C'*H**0*Na, qui pourrait lui faire attribuer une 
fonction alcoolique, si l'anhydride acétique ou l'iso- 
eyanate de phényle ne donnaient pas, avec elle, des 
réactions négatives. 

Les parties de l'essence bouillant plus haut que la cala- 
méone, additionnées d'éther ou d'éther de pétrole, puis 
refroidies fortement, laissèrent déposer des cristaux 
ii*<uarone ovipropényl 2. 4. ^'triînétkoxybenzine 

C(0CH»)CH 
CH»— CH = CH^C<f^>C(0CH3) 
CH C{0CHS) 

L'auteur put enfin isoler de l'essence de calamus un 
carbure C**H", bouillant à 151** sous 22"" de pression, 
dont les propriétés sont différentes de celles du 
calamène. 

Comme, en dehors des petites quantités d'eugénol et 
d'aldéhyde asarylique, l'essence de calamus ne ren- 
ferme que de Tasarone dont la constitution comporte la 
présence de trois groupements méthoxyle (OCH'), on 
peut, approximativement, doser ce composé en déter- 
minant, par la méthode de M. Zeisel, la quantité 
diodure de méthyle que fournit l'essence sous l'action 




— 112 — 

de l'acide iodhydrique. Cette méthode permettra de se 
rendre compte de la valeur d'une essence de calamus, 
en comparant les résultats obtenus avec ceux de 
l'auteur : 

Indico 
Densité de méthylc Asarone 

Essence de calamus 0,9620 15,34 7,08 p. 100 

— 0,9615 15,97 7.38p. 100 

M. G. 

Sur 1 essence de rue et sur les réactions des acétones î 
qui la composent; par M. C. Mannich (i). — On sait j 
depuis longtemps que la partie principale de Tessence j 
de rue d'Europe est formée de méthylnonylcétone nor^ \ 
maie CH^-CO-G^H*« et M. Thoms a montré (2) qu'elle 
renferme en outre de la méthylheptylcétone nor- 
male Cfl'-CO-C/H*' déjà rencontrée dans l'essence de 
rue d'Algérie par MM. Soden et Heule (3). Tandis que 
l'essence européenne renferme environ 90 p. 400 de 
méthylnonylcétone et de 1 à 5 p. 100 de méthylheptyl- 
cétone, l'essence algérienne est formée principalement 
de méthylheptylcétone. Cette dernière présente un 
intérêt particulier parce qu'elle était inconnue avant les 
recherches de MM. Soden et Henle; aussi M. Mannich 
en a-t-il préparé un certain nombre de dérivés. Il fait 
connaître en même temps quelques réactions de la 
méthylnonylcétone . 

L'auteur a transformé ces acétones en alcools corres- 
pondants en les réduisant par le sodium et l'alcool. Le 
méthylnonylcarbinol CIP-CHOH-C'H*' bout à 120^ 
sous 14"°* de pression; son éther acétique bout 
à 147°-149** sous 42"" de pression, son éther benzoïque 
à 198^-200** sous 15"" de pression; son éther oxalique 
fondà34%5. 

Le méthylheptylcarbinol CH'-CHOH-C^H*^ bouta 87%5 
sous 10"" de pression. 

(1) Ueber Rautenoel nnd Reactionen der Ketone desselben (Bei^ichle 
der deutsch. pharm. Gea,, 1902, fasc. 7, p. 267). 

(2) Journ. Pkarm. et Chim., (6), t. XIII, p. 483, 

(3) /6id.,l.XIV, p. 170. 



— 113 — 

Eq faisant bouillir le méthylaonylcarbinol avec 
l'acide sulfurique à 60 p. 100, on obtient à la fois Téther 
oxyde C**H**0 elle carbure élhylénique correspondants. 
L'éther oxyde bout à 198'*-200° sous 10°*" de pression; le 
carbure C**ll" est un liquide incolore, très mobile, qui 
bout à 192'*-193**; l'auteur pense qu'il est principale- 
ment formé d'un undécylène ayant pour constitu- 
tion CH*=CH-C'H"; Toxydation par le permanganate 
de potasse le transforme en effet en acide carboniqtie et 
ueide capHque CH»-(CB^)»-CO*H. 

La réduction par l'hydrogène naissant des oximes des 
méthylheptylcétone et métïiylnonylcétone n'a fourni à 
Taoteur qu'une petite quantité des aminés correspon- 
dantes. 

Ces acétones se condensent sous l'influence de l'acide 
chlorhydrique : laseconde fournit ainsi YacétoneÇ^^W^O, 
(juiboutà214**-216**sous 10°*°* de pression, et quel'ébulli- 
tion avec l'acide sulfurique à 60 p. 100 dédouble en deux 
molécules de l'acétone primitive. L'oxime, l'hydrazone, 
la semicarbazone de ce composé sont liquides; sa com- 
binaison avec l'amidoguanidine 

.AzH 
AzH«— AiH— Cf 

\AzH« 

fournit au contraire un picrate cristallisé qui fond à 
^25•-126^ 

La méthylheptylcétone, traitée de même, donne une 
acétone C"B"0, qui n'a pas encore été obtenue absolu- 
ment exempte de chlore. Celle-ci bout à 1 84^-1 85*" 
sous 14"" de pression. Le picrate de sa combinaison 
avec l'amidoguanidine fond à 130"*-! 31^, 

M. G. 

Transformation de ratropine en d- et /-hyoscyamine; 
par M. T. Ameno3Uya (1). — L'atropine est inactive sur 
la lumière polarisée, Thyoscyamine est lévogyre et Ton 

<1) U«berfoehraDg des Alropina in e/- aad Z-Hyoscyamia {Archiv der 
i**arm., t. CCXL, p. 498, 1902). 

^nmi. 4e Pkarm^ tt de Chim, S* lia», t. XVn. (!•' février 1903.) 8 




I 



— 114 — 

sait que ces deux alcaloïdes sont faciles à dédoubler en 
acide tropique et tropine. Gandamer a montré (i) que 
la tropine provenant du dédoublement, soit de l'un, soit 
de l'autre de ces alcaloïdes, est tout à fait inactive sur la 
1 umière polarisée. Tandis que Tacide tropique provenant \ 
de rhyoscyamine est actif, celui que donne Tatropine est \ 
un racémique, dédoublable en acide tropique droit et | 
acide tropique gauche. ! 

Si Ton parvient plus tard à dédoubler Tatropine en 
ses deux composants actifs, il est très probable que ces 
deux derniers seront identiques aux deux hyoscyamines 
droite et gauche déjà connues; mais ce dédoublement n'a 
pas encore été effectué. ] 

A son défaut, l'auteur montre que l'on peut faire la ^ 
synthèse de ces deux hyoscyamines en partant de l'acide 
tropique racémique et de la tropine inactive préparés l 
au moyen de Tatropine. ; 

Pour cela, il dédouble cet alcaloïde par les méthodes 
connues ; puis il sépare l'acide tropique racémique en 
ses composants, Tacide droit et l'acide gauche, en sou- 
mettant à la cristallisation fractionnée leurs sels do 
quinine. Il combine ensuite chacun de ces deux acides 
actifs à la tropine et obtient des chloraurates dont les 
propriétés sont identiques respectivement aux mêmes 
sels de l'hyoscyamine droite et del'hyoscyamine gauche. 

L'auteur a donc bien transformé l'atropine en d- et 
i-hyoscyamines. M. G. 

Transformation de l'acide d- glycuronique en /-xylose ; 
par MM. Salkowski et Neuberg (2). — On sait depuis 
longtemps que, sous l'influence de fermenls figurés ou 
non figurés, certains composés à fonction acide perdent 
les éléments de l'acide carbonique en donnant des com- 
posés plus simples. C'est ainsi que la lysine 

AzH«— (CH«)*—CH(AzH«)-C0«H 

(1) Archiv d. Pharm., t. CCXXXIX, p. 294 (1902). 

(2) Die Verwandlung von (f-glycaronsaeare in /-xylose {Zeitschrift f. 
pkysiol. Chem.j t. XXXVI, p. 261). 



- 115 — 

se transforme en cadatérine AzH'-(CH*)*^-AzH* , que 
Yomitiine AzH*-(CH'j^-CH(AzH*)-CO^H donne naissance 
à la putrescine (1) AzH*-(CH*)*-AzH% sous Tinfluence 
des bacléries de la putréfaction. C'est ainsi encore que 
\Ktyrimne OH4-C»H*-CH»-CH(AzH*).CO'H2, soumise à 
l'action de la trypsine^ se transforme en paraoxyphé- 
nylamine Oni-C*H*-CH'GH-AzH\. 

MM. Salkowski et Neuberg viennent d'obtenir, avec 
Vaeide à-glycuraniqite ^ une réaction du même genre: 
soas rinfluence des ferments de la putréfaction, cet acide 
se transforme, par perte d'acide carbonique, en \-xylose, 

COH~(CHOH)*— CO«H = COa+COH— (CHOH)»— CHSQH 
Acide glycuronique Xjiose 

L'acide rf-glycuronique est le premier produit d'oxy- 
dation du ci-glucose ; sa transformation en 2-xylose est 
le premier exemple du passage, par les moyens biolo- 
giques, de la série </ à la série l des hydrates de carbone. 

M. G. 

Sur un nouvel anhydride du glycocoUe ; par MM. Bal- 
MAîio et Trasciatti (2). — En chauffant le glycocoUe 
HO-CH«-CII*-AzHVà 1500-170^ en tube scellé avec de la 
glycérine, MM. Balbiano et Trasciatti ont obtenu une 
substance cornée dont la composition répond à la for- 
mule :C*H'OAz)". Ce serait un anhydride du glycocoUe, 

En chauffant ce composé à 160''-170'' pendant 8 heures 
avec de l'eau ou bien à 100°-110* pendant quelques ins- 
tants avec de l'acide chlorhydrique ou de l'acide 
aolfurique à 38 p. 100, on le dédouble en glycocoUe 

(C«H»0Az)« + 7iH»0 = nC2H«'0«Az. 

L*eau mère de la préparation de cet anhydride corné 
renferme l'anhydride de Curtius, 



>C0— AzHv 
(C«H80Ai)« ou CH«C >CH«. 

\AzH-C0/ 



M. G. 



(1) JQum. de Pharm, et de CAtm.,(6), t. XVI, p. 263. 
(î) GazHtta chim. italian., t. XXXII, !'• partie, p. 218. 



1 



— 116 



Sur la détermination des principes azotés, qui existent 
dans Turine, au moyen du chlorure mercurique; 
par M\I. Ernest Freund et Richard Fellner (1). — 
On tend acluellement à accorder une grande impor- 
tance au rapport qui existe entre les différents maté- 
riaux azotés éliminés de l'organisme par Turine ; aussi 
a-t-on imaginé de nombreux procédés plus ou moins 
indirects pour résoudre ce problème compliqué. Les 
auteurs ont cherché à isoler ces divers principes azotés 
en se basant sur ce fait bien connu que le chlorure mer- 
curique précipite les dérivés ammoniés sous des formes 
diverses, il est vrai, mais les précipite tous, pourvu que 
Ton se place dans des conditions voulues; ce sont ces 
conditions qu'ils ont déterminées dans le travail sui- 
vant. 

Leur méthode peut se résumer ainsi : tous les com- 
posés azotés de Turine peuvent être précipités en bloc 
par le chlorure mercurique employé en quantité suffi- 
sante en présence d'un excès de carbonate de soude; 
mais on peut les précipiter successivement et fraction- 
nellement à condition de se placer, soit dans des condi- 
tions déterminées d'acidité ou d'alcalinité, soit en pré- 
sence de tel ou tel sel minéral. 

ACIDE URIQUB ET BASES XANTHIQUES 

Le chlorure mercurique précipite totalement l'acide 
urique et les bases xanthiques dans certaines condi- 
tions. 11 ne faut pas que la solution soit trop acide, la 
précipitation n'aurait pas lieu; ni qu^elle soit alcaline, 
lacréatinine serait entraînée; enfin il faut un excès de 
chlorure mercurique. 

On prend 50"^"' d'urine, on les additionne de \ gouttes 
d'une solution à 1 p. 100 de sulfoalizarinate de sodium, 
puis on y verse : 1*^ de Tacide chlorhydrique jusqu'à 
faible réaction acide; 2"* d'une solution aqueuse ren- 

(1) ËRNBSTFRBUNDund Richard FELLNBR.UeberBestiminangder stick- 
toffhaltigen Urinbestandtheile mit Sublimât. Hoppe-Seyler's ZeiUckrift 
fur Physiologische Chemie, t. XXXVl, p. 401 (1902^. 




— 117 — 

fermant ia quantité voulue de chlorure mercurîque 
[on a préalablement fait l'essai sur 5^™^ d'urine; on 
doit mettre assez de chlorure mercurique pour que le 
carbonate de soude ajouté à l'urine ainsi traitée donne 
ua précipité jaune et non pas blanc ou rouge brun) ; 
3* de Tacétate de soude additionné d'acide acétique 
[solution faite comme pour le dosage de l'acide phos- 
phorique par le procédé à Turane) ; on s'aperçoit qu'il y 
a assez d'acétate de soude dont la présence est néces- 
saire pour faire disparaître l'acide chlorhydrique mis 
en liberté par Taddition de sublimé, quand une goutte 
dane solution de diméthylamidobenzol ne donne plus 
de coloration rouge orangé. 

Le précipité formé dans ces conditions renferme la 
totalité de Tacide urique et des bases xanthiques. 

CRÉATI.M?(E KT AMUOiNIAQUE 

Dans la liqueur séparée par (iltration du précipité 
précédent on verse un volume égal d'une solution à 
50 p. iOO d'acétate de soude. On obtient un précipité 
que Ton recueille et que Ton dissout dans l'acide chlo- 
rhydrique ; on fait de cette dissolution un volume dé- 
terminé. 

Dans une partie de la dissolution on fait le dosage 
total de Tazote par le procédé Kjeldahl, ce qui donne 
Tazote de la créatinine et celui des sels ammoniacaux. 

Dans une autre partie on ajoute de Tiodure de potas- 
sium et on alcalinise par la potasse; on obtient ainsi un 
précipité d*iodure d'oxydimercurammonium dans lequel 
on titre le mercure, ce qui donne par suite le poids de 
Tazote des sels ammoniacaux. La différence entre ce 
poids et celui de l'azote total donne le poids de l'azote 
dû à la créatinine. 

URÉE 

Lesauteurs ont reconnu qu'un mélange de S*'"'' d'acide 
chlorhydrique fumant et de lO'^"* d'une solution saturée 
de chlorure mercurique est un réactif très sensible de 



— 118 — 

l'urée quand, après l'avoir ajouté à Turine, on alcali- 
nise finalement le mélange par du carbonate de sodium; 
il peut déceler 1 à 2 millièmes d'urée. Mais il faut con- 
naître alors la quantité de mercure renfermée dans 
l'urine pour garder les proportions d'acide chlorhy- 
drique et de mercure quand, dans l'opération suivante, 
on ajoutera de l'acide chlorhydrique à Turine renfer- 
mant déjà du chlorure mercurique. On fait donc sur 
une portion du liquide filtré (débarrassé d'acide urique) 
un dosage de mercure par la méthode .du cyanure 
de potassium et de l'azotate d'argent; on ajoute à une 
autre portion du liquide la quantité calculée d'acide 
chlorhydrique de façon à réaliser les proportions du 
réactif précité; enfin on neutralise par du carbonate de 
soude en poudre et, finalement, on ajoute à la solu- 
tion son volume d'une dissolution de carbonate de 
sodium à 10 p. 100. 

On obtient dans ces conditions un précipité blanc qui 
est une combinaison mercurielle de l'urée et que l'on 
recueille sur un filtre. 

ACIDE HIPPURIQUS ET AUTRES PRINCIPES AZOTÉS 

A la liqueur précédente, séparée du précipité, on 
ajoute du chlorure mercurique. On obtient un aibondant 
précipité brun, et Ton peut s'assurer que la liqueur est 
complètement privée de principes azotés. Le précipité 
est mis à barboter dans de l'eau avec de l'hydrogène 
sulfuré : il se forme du sulfure de mercure et deux 
autres principes quel'on caractérise de lafaçon suivante. 

Le mélange renfermant le sulfure de mercure et ces 
deux principes est recueilli, séché et traité par l'éther 
acétique froid ; celui-ci dissout et abandonne par éva- 
poration des cristaux blancs qui ont été caractérisés 
comme de l'acide hippurique. On le traite ensuite par 
de l'alcool qui dissout et abandonne par évaporation un 
corps blanc d'apparence cristalline, qui renferme de 
l'azote, mais qui ne présente aucune des réactions de 
l'urée, de l'acide urique ou de l'acide hippurique, ni 



119 — 

des bases xanthiques; c'est un dérivé encore inconnu 
de Tazote extractif. 

Les urines albumineuses doivent être préalablement 
privées d'albumine en les coagulant par la chaleur en 
présence, non pas d'acide acétique, mais d'acide chlo- 
rhydrique. 

Les sucres ne gênent pas les réactions sur lesquelles 
sont basées les séparations précédentes. 

Les peptones, les albumoses, l'urobiline, sont entraî- 
nées dans la précipitation des bases xanthiques. 

Les auteurs se proposent d'appliquer ces recherches 
préliminaires à l'analyse des urines pathologiques, en 
titrant, soit par un dosage de mercure, soit par un dosage 
d'azote, les différents produits qu'ils ont ainsi réussi à 
séparer. E. L. 

'Les ferments solubles dans le lait; par M. L.-M. Spol- 
VBiiiM (1). — L'auteur est parti de la théorie d'Escherich 
d'après laquelle le lait ne serait pas seulement un ali- 
ment, mais aussi une source de ferments; il a entrepris 
une série de recherches qui l'ont conduit aux conclu- 
sions suivantes : 

On trouve dans le lait de femme et de divers animaux 
un ferment trypsique, très actif dans les laits de vache, 
de chèvre et de chienne, moins actif dans ceux de 
femme et d'ânesse. Il existe aussi dans ces laits un fer- 
ment pepsique, mais ce dernier est doué d'une faible 
activité. L'amylase, qu'on trouve toujours dans les laits 
de femme et de chienne, manque dans ceux de chèvre et 
de vache et ne se rencontre que d'une façon intermit- 
tente dans celui d'ânesse. On trouve dans les laits de 
femme et de chienne un ferment capable de dédoubler 
le salol en phénol et acide salicylique ; très actif dans le 
lait d'ânesse, cet enzyme n'existe pas dans ceux de 

(1) Ueber PoUflche Milchfermente und geeigneteMcthuden, Fermente, 
die im normalen Zastande fehlen, in der Milch einigcr Tiere, zu erzeu- 
g«T»; Zentr. f. Bakt. «. Paras., réf., t. XXXII, p. 321; d'après Apo- 
ihtktrZtitung, XVII, p. 760, 1902. 



— 120 — 

vache et de chèvre. Dans tous les laits examinés, on a 
trouvé une lipase d'activité variée. Les laits de vache 
el de chèvre, totalement dépourvus d'amylase, renfer- 
ment une oxydase énergique; par contre, les laits de 
femme et de chienne ne contiennent que des traces de 
ce ferment. Tous les laits examinés contiennent un 
ferment glycoly tique. 

Le lait ne saurait donc être considéré comme un 
simple mélange de principes nutritifs, mais comme une 
solution d'éléments doués d'activités biochimiques di- 
verses. 

Au point de vue fermentaire, les laits peuvent être 
classés en deux catégories, ceux des carnivores (femme, 
chienne) et ceux des herbivores (vache, chèvre); les 
premiers contiennent tous les ferments qui ont été re- 
cherchés, alors que quelques-uns de ces ferments font 
défaut dans les seconds. • 

Les ferments solubles du lait ne doivent pas être con- 
sidérés comme spécifiques, ou, pour mieux dire, comme 
caractéristiques de chaque espèce d'animal ; on peut, en 
effet, par une alimentation appropriée, chez la chèvre 
par exemple, faire apparaître dans le lait tous les fer- 
ments trouvés dans les laits de femme et de chienne. La 
présence de ces divers ferments est donc liée d'une 
façon étroite au mode de nourriture de l'animal qui 
fournit le lait. 

La conclusion pratique de tous ces faits, c'est que 
l'enfant doit être nourri de lait cru trait aseptiquement, 
et que le seul mode utilisable de conservation du lait est 
la méthode frigorifique'qui a, sur la stérilisation par la 
chaleur, le grand avantage de ne pas faire perdre au lait 
une grande partie de ses principes actifs. 

H. H. 

Procédé de dosage de la glycérine dans le vin ; par 
M. A. Trillat (i). — Ce procédé repose sur la pro- 

(1) Ac. d. 8c., CXXXV, 903, 24 novembre 1902. 



— 121 — 

priélé que possède l'éther acétique, débarrassé de ses 
impuretés, de dissoudre la glycérine dans une propor- 
lion d'environ 9 p. 100 à la température ordinaire, à 
l'exclusion des autres éléments contenus dans l'extrait 
sec d'un vin. 

La glycérine extraite par le mélange éthéro-alcoo- 
Uquc est très impure : c'est ainsi qu'un vin, traité avec 
tous les perfectionnements apportés à cette méthode, a 
donné une glycérine qui, à l'analyse, a fourni les 
chiffres suivants : 

Glyc<Srino extraite Théorie 

Carbone 42 39,13 

Hydrogène 9,10 8,70 

Oxygène (par diff.) 48,90 52,17 

100,00 100,00 

Cette glycérine ainsi extraite laisse un résidu minéral 
relativement considérable, qu'on peut évaluer de 5 à 
12 p. 100 de son poids. 

Il est facile de se rendre compte, par expérience, de 
la cause de ces résultats. L'alcool, même absolu, dis- 
sout, kla faveur d'une très petite quantité de glycérine, 
certaines matières extractives et une notable propor- 
tion de sels minéraux : la présence de l'éther ne fait 
qu'amoindrir ces inconvénients sans les supprimer. Il 
en résulte que, quelles que soient les proportions du 
mélange éthéro-alcoolique, on obtient toujours un pro- 
duit impur, d'aspect jaunâtre, et dont la composition 
est très éloignée de celle de la glycérine. L'emploi de 
Téther acétique dans certaines conditions déterminées 
supprime ces inconvénients. 

On mesure oO^n : ^^ vin et on les yerse dans une petite capsule en 
VfQQt placée au bain-marie. On érapore ayec précaution, à nne tem- 
péntQre d'cnfiron 10«, les deux tiers à peu près du liquide. A ce mo- 
ment, oa ajoute dans la capsule 5sc de noir animal pulférisé, on mé- 
lange intimement arec le résidu et l'on continue d'éraporer jusqu*à sic- 
cité complète. Le résidu, après refroidissement, est broyé dans un 
mit\itt àTec 5st de chaux Tire. Le mélango se présente alors sous 
forme d'ane poudre grise ne s*agglutinant pas et n'adhérant pas aux 
doigu. Cette poudre est placée dans un flacon et fortement agitée pen- 



122 — 



1 



dant quelques minutes &Yec ZO*^^^ d'éther acétique desséché et débar- 
rassé d'alcool. On filtre en décantant et en ayant soin de repasser les 
premières portions du liquide qui entraîne un peu de chaux au début 
et Ton recommence une deuiiôme fois le même traitement. On obtient 
ainsi un liquide clair contenant en dissolution la totalité de la glycé- 
rine qu'il s'agit maintenant de séparer. Dans ce but, l'éther acétique 
est évaporé en plusieurs fois dans une capsule tarée semblable à celle 
dont on se sert pour les extraits de vin, d'abord au bain-marie pour 
chasser la plus grande partie de Téther acétique, puis à l'étuve à 60<^ 
jusqu'à poids constant {i^ 30"^ environ). 

11 reste à peser la capsule munie de son couvercle et à évaluer par 
différence le poids de la glycérine, en prenant des précautions que 
nécessite la grande hygroscopicité du résidu. 

La glycérine ainsi obtenue est à peine colorée en jaune paille, elle a 
un goût franchement sucré : ce résultat n'est donné par aucune autr^ 
méthode. 

La combustion d'une glycérine extraite d'un vin traité par la méthode 
précédente a donné les chiffres suivants : 

Carbone 38,86 

Hydrogène 8,62 

Oxygène (par différence) .' 52,52 

Le résidu minéral n'atteint pas 1 p. 100 du poids do la glycérine : on 
peut le négliger dans les cas ordinaires. 

L'éther acétique doit être soigneusement déshydraté et débarrassé 
par distillation de l'alcool qu'il contient presque toujours comme 
impureté. 

La chaux en poudre a pour but d'enlever les dernières portions 
d*humidité et de neutraliser l'acidité de l'extrait. 

L'auteur se sert, depuis plusieurs années, de cette 
méthode pour évaluer la glycérine dans les vins et 
même dans le cas de vins glucoses à SO*"" par litre (1). 

A. R. 

Composition d'un vin altéré par le mycoderma vini; 
par M. X. RocQUEs (2). — L'auteur a eu l'occasion, au 

(1) Ce travail est très intéressant; mais, puisque M. Trillat dit en ter- 
minant que ce procédé réussit pour les vins à 30ff' de sucre par litre, 
cela semble montrer qu'il ne donne pas de bons résultats avec des vins 
très sucrés. Or, il y aurait grande utilité à posséder un procédé de 
dosage de la glycérine dans les vins très sucrés. Les autres moyens, celui 
de M. Laborde notamment, bien exécutés, fournissent des résultats satis- 
faisants avec les vins ordinaires. 

(2) Ann. de chim, analyt., 15 juin 1902. 



— 123 — 

cours d'une expertise, d'analyser un échantillon de vin 
range qui avait été fortement envahi par le mycoderrmi 
mi, La bouteille qui contenait cet échantillon avait été 
légèrement cassée au goulot, et, comme elle était cou- 
chée, la moitié du liquide s'était répandue. Le vin qui 
restait dans la bouteille offrait une grande surface à 
Fair; le myccderma vint s'y était développé dans des con- 
ditions très favorables, puisque cette bouteille était 
placée dans une cave à une température de 10 à 15 de- 
grés. Les conditions étaient, au contraire, défavorables 
au développement du mycoderma aceti, et l'examen mi- 
croscopique n'en montrait pas la présence. 

Âa moment où le vin a été analysé, il avait un mois 
de séjour dans la cave où il était déposé; l'auteur pos- 
sédant un échantillon du même vin n'ayant subi aucune 
altération a pu. en analysant comparativement les deux 
échantillons, se rendre compte des modifications que le 
développement An' mycoderma vint avait fait subira la 
composition du liquide. 

Voici les deux analyses : 

Vin envahi 
par le 
Vin non mycoderma 

altéré vini 

Alcool p. 100 en ▼olumo 9«3 5*7 

Kxtnit sec à 100 degrés 18,45 16,57 

Extrait dans le Tide 24,10 21,80 

Sucre réducteur 1,70 2,23 

Sulfate de potasse 1,10 1,07 

Tartre (dosage direct) 2,39 2,22 

Tartre correspondant à l'acide tar- 

trique toUl 3,08 2,93 

Addilél totale 5,18 4,80 

en axe 3,23 2,80 

80*H» ! TolatUe 1,93 2,00 

On voit que l'alcool a été fortement attaqué par le 
mycoderma vini. Cet organisme oxyde l'alcool en don- 
nant de Tacide carbonique et de l'eau. L'auteur a voulu 
vérifier s'il s'était formé, dans le vin envahi par le 
mycoderma tini, une quantité notable d'aldéhyde. Pour 
cela, il a distillé 100*^"' de chacun des deux vins, et il a 



— 124 — 

recueilli 10*^™', dans lesquels il a dosé colorimétrique- 
ment l'aldéhyde au moyen du bisulfite de rosaniline. 
L'analyse a donné : 

Aldéhyde par litre • 

Vin non altéré 0»M08 

Vin altéré 0s%295 

Il y a donc eu production d'une quantité sensible 
d'aldéhyde. 

Les matières exlractives ont subi une légère dimi- 
nution; celle-ci a porté, en partie, sur la matière colo- 
rante, qui a été retenue sous forme de laque par les 
cellules du mycoderma vint. L'intensilé colorimétrique 
du vin alléré a diminué d'environ 10 p. 100 ; le vin non 
altéré est plus violacé que le vin altéré. 

Les matières réductrices ont légèrement augmenté. 
L'acide tarlrique n'a pas été attaqué par le mycoderma 
vint. Enfin, on a observé une légère diminution de l'aci- 
dité fixe. Quant à l'acidité volatile, elle n'a presque pas 
augmenté. A. R. 

Dosage du fusel dans les liquides alcooliques; par 
M. E. Bechmann (1). — L'auteur a indiqué, il y a deux 
ans^ un procédé pour doser le fusel dans les liquides 
alcooliques. 

Il a perfectionné et simplifié le mode opératoire qu'il 
avait primitivement indiqué. Il opère de la manière 
suivante : 

a) Extraction du fuseL — Dans une boule à décan- 
tation d'une capacité de 200^™' environ, on introduit 
20»*^ de chlorure de calcium granulé pur, puis SO*""** de 
l'eau-de-vie à essayer. Cette eau-de-vie doit marquer 
au maximum 30°. On agile pour dissoudre le chlorure 
de calcium, puis on refroidit sous un courant d'eau. 
On ajoute 30^'"^ de tétrachlorure de carbone; on agite 
pendant 10 minutes au moyen de Tugitateur Reckling- 
hausen. 

(1) Zeits. f. Untersuch. der Nahrungs u. Genuss., 1901, p. 1039; 
d*apr. Ann, de Chim» analyt.t 15 juin 1902. 



w^r^^- 



— ^25 — 



On laisse reposer, puis on transvase le tétrachlorure 
dans une autre boule à décantation contenant 20 à 25""^ 
d'eau. 

On agite une seconde fois le liquide avec 20*^™^ de 
téfarachlorure pendant 10 minutes. On décante le dissol- 
vant et on rajoute à celui qui a servi au premier épui- 
sement. On fait encore deux autres extractions, cha- 
cune avec 20^"' de tétrachlorure, qu'on agite pendant 
i3 minutes. 

La boule à décantation, contenant 20 à 25"^*"' d'eau et 
le tétrachlorure provenant des quatre épuisements de 
Teaude-vie, est agitée pendant 5 minutes, de manière 
à dissoudre dans l'eau la petite quantité d'alcool éthy- 
lique entraînée par ]e dissolvant. Les petites portions 
d'alcools supérieurs entraînés par l'eau en sont enle- 
vées en ajoutant lO*?' de chlorure de calcium sec et en 
traitant deux fois par 40^' de tétrachlorure de carbone. 

b] Ethérification du fv^eL — La solution de tétrachlo- 
rure de carbone, qui est légèrement trouble, est addi- 
tionnée d'une petite quantité de chlorure de calcium 
fondu, et Ton agite jusqu'à ce que le liquide soit lim- 
pide. On filtre dans un flacon bouché à Témeri, en ver- 
saut sur un entonnoir à courte douille garni de coton 
de verre; on lave avec du tétrachlorure sec. Pour faire 
Véthérification, on ajoute environ S»*" de bisulfate de 
soude pulvérisé et 3**^ de nitrite de soude. Le dégage- 
ment d'acide nitreux commence aussitôt ; on laisse en 
contact pendant une demi-heure, puis on filtre dans un 
autre flacon sur du coton de verre; on lave avec du 
tétrachlorure. On ajoute à la solution '^^^ de bicarbonate 
de soude pulvérisé. Lorsqu'après agitation le dégage- 
ment d'acide carbonique a cessé, on ajoute de l'eau 
pour dissoudre le bicarbonate en excès et l'on sépare 
le tétrachlorure dans un entonnoir. 
c) Saponification de Véther nitreux et dosage du nitrite, 

— L'auteur opérait primitivement le dosage de l'éther 

nitreux par le traitement au moyen d'un protosel de 

fer et d'HCl; il mesurait le volume d'azote ainsi pro- 



— 126 — 

duit. II a simplifié le procédé en saponifiant l'éther 
nitreux au moyen de SO*H* et titrant l'acide nitreux 
par le permanganate de potasse. 

La solution de tétrachlorure de carbone est agitée 
fortement et à plusieurs reprises avec 10''*' de SO*H* 
concentré; on verse ensuite le contenu du flacon dans 
environ iOO^^ d'eau dans laquelle on a mis quelques 
fragments de glace ; on rince avec un peu d'eau glacée 
et l'on titre en versant dans le tout une solution de 
permanganate au 1/1000. 

Séparation des aldéhydes. — Si l'eau-de-vie renferme 
des aldéhydes, il est nécessaire de les séparer. Pour 
cela, on agite la solution de tétrachlorure avec du 
bisulfite de soude. On sépare celui-ci et on lave avec 
de l'eau. 

Les vins concentrés ; par M. X. Rocques (1). — La 
concentration des vins a été l'objet de récents travaux. 
L'auteur a eu l'occasion de concentrer, au moyen de 
l'appareil de MM. Baudouin et Schribaux, plusieurs 
sortes de vins rouges et blancs (2). Afin de rendre les 
analyses pluscomparables, il ad'abord effectué le dosage 
de Talcool sur le vin témoin et sur le vin concentré. II 
a ensuite ramené par dilution le vin concentré au titre 
alcoolique du vin témoin, et ce sont les deux vins pré- 
sentant le même titre alcoolique qui ont été soumis à 
l'analyse. 

Dans les diverses opérations faites, il n'y a pas eu de 
perte appréciable d'alcool. Le vin a été concentré à peu 
près de moitié : voici les rendements obtenus : 



Rendement obtenu 
p. 100 de vin employé 

sF 

55,5 
44 

54 


Taux de concentration 
calcnlé d'après le degré alcooliqae 

5M 
56,1 
43,8 
54,9 



(1) Ann, de chim, analyt.^ noTombre 1902. 

(2) Joum, de Pharm. et Chim., [6], XVI, 541, 1902. 




— 127 — 

L'auteur se borne à donner les analyses d'un vin 
rouge du Hidi, titrant d^'S d'alcool et amené par con- 
centration au titre alcoolique de ITi. Les autres vins 
lui ont donné des résultats à peu près analogues. 

Vin concentré 
ramené par dilution 
Vin Vin an degré alcooliqne 

type concentré du vin type 

Alcooi 9<»3 ITl 9*3 

Sitnit sec à i 00 degrés 16,80 28,09 15,36 

Kitrait dans le ride 22,00 , 37,80 20,44 

Sucre rédacteur 1,38 2,62 ],43 

Tiztxe (dosage direct) 2,08 1,11 0,64 

Tartre correspondant à Tacide 

tartriqne total 2,73 2,34 1,28 

Tiitre correspondant & Palca- 

liniié des cendres 2,20 1 ,77 0,95 

Ceadres totales 2,64 3,16 1,88 

Cendres insolables dans l'eau 0,54 1,04 0,57 
Alcalinité des cendres (en car- 
bonate de potasse) 0,81 0,64 0,35 

Qdomre de sodium 0,05 0,11 0,06 

Sulfate de potasse 0,91 1,65 0,90 

. totale.... 4,2« 6,31 3.45 

Acidité en S0«HS \ fixe 3,14 5,35 2,87 

/ TolaUIe . 1,12 0,96 0,58 

Les matières colorantes ne semblent subir aucune 
altération; les vins témoins, ainsi que les vins con- 
centrés ramenés au titre alcoolique des vins témoins, 
présentent au colorimètre la même teinte et la même 
intensité colorimétrique. 

La concentration a eu, comme résultat, de produire 
ODe précipitation de tartre et d'éliminer une partie des 
acides volatils. 

La précipitation du tartre était facile à prévoir ; elle 
est très notable ; l'élimination du tartre se manifeste, à 
l'analyse, non seulement par la diminution du chiffre 
du tartre, mais aussi parla diminution de l'extrait, des 
cendres et de l'acidité. 

Quant aux acides volatils, ils ont été éliminés dans 
la proportion de 50 p. 400. 

La dégustation est favorable aux vins concentrés. 
Ceux-ci sont droits de goût et bien fruités ; ils ont de 



Tanalogie avec les beaux vins corsés d'Espagne et 
d'Italie. Lorsqu'on déguste comparativeraent les vins 
témoins et les vins concentrés, ramenés par dilution 
au degré des vins témoins, on ne constate pas une très 
grande différence entre deux sortes de vins. Néanmoins, 
les vins préparés avec les concentrés sont plus plats ; on 
y perçoit un très léger goût de cuit. 

Si Ton se borne, comme le conseillent MM. Baudouin 
et Schribaux, à utiliser la concentration pour enrichir 
les vins faibles, on obtiendra des résultats excellents. 

A. R. 

Sur le dosage de Turée dans Turine; par M. Ch. Sal- 
LERiN (1). — Différentes méthodes ont été proposées 
pour remplacer l'emploi de Vkypohromite de soude lors- 
qu'on veut établir d'une manière précise la répartition 
de l'azote entre les divers matériaux de l'urine. 

I. — MOrner et Sjœqvist trgiitent l'urine en milieu 
éthéro-alcoolique par une dissolution aqueuse de chlo- 
rure de baryum et de baryte, qui précipite les matières 
azotées autres que l'urée et l'ammoniaque. Après vingt- 
quatre heures de contact, on filtre, on évapore l'alcool 
éthéré sous pression réduite et au bain-marie à oO o5', 
puis on continue la concentration dans les mômes con- 
ditions, en ajoutant un peu de magnésie qui élimine 
l'ammoniaque des sels ammoniacaux. Finalement, on 
chauffe le résidu avec de l'acide sulfurique selon [la 
méthode Kjeldahl. Le défaut de ce procédé est de ne 
pas précipiter V acide hippurique qui, dosé comme urée, 
donne pour celle-ci un chiffre trop fort. • 

II. — Pour remédier à cet inconvénient, Salaskin et 
Zaleski, après évaporation avec la magnésie, ajoutent 
de l'acide chlorhydrique au résidu et chauffent en tube 
scellé, à 140®, pendant trois heures ; dans ces condi- 
tions, Turée seule est dédoublée : l'acide hippurique et 
d'une manière générale les amido-acides ne sont pas 

(1) Bulletin de la Société chimique ^ t. XX VII, p. 6*20. 




HottûfiS fondamentales de^ chimie organique; par M. Ch. Moureu, 
professeur agrégé à l'École supérieure de Pharmacie de l'Uni- 
versilé de Paris (1). 

Leoseigaeinent de la chimie organique est à peu près complè- 
temeot délaissé dans le cours des études secondaires, de sorte 
que le jeu ne étudiant, qui possède en chimie minérale des notions 
assez étendues, se trouve un peu dérouté en face des cours com- 
plets de chimie organique des Facultés et Écoles supérieures. 
Celle science, dont le domaine s'accroît chaque jour, comprend 

(l; 1 Tol ia-8». Gauthier-ViUaL\4, éditeur. Paris, 1902. 
iéwn, ie Pkvm. et dé CAi». 6* BÉRIS t. XVII. (t" février 1903.) 9 



— 129 — I 

touchés; on ajoute de la magnésie et on distille Tam- 
moniaque formée. 

m. — Braunstein a apporté la modification suivante : 
la première partie de Topéralion est la même, mais, i 

après avoir chassé, au moyen de la magnésie, l'ammo- 
niaque des sels ammoniacaux, on ajoute au résidu 
10** d'acide phosphorique cristallisé, et on chauffe à 
Téluve à 140-445* pendant quatre à cinq heures; on 
évilc ainsi Temploi du tube scellé; après refroidisse- 
ment, on dissout le résidu dans de Teau, on sursature 
par de la soude et on distille l'ammoniaque formée avec 
les précautions ordinaires. 

C. Sallerin a vérifié que, dans le procédé précédent, 
d'une part, l'élimination des matériaux azotés que doit 
précipiter la baryte est bonne, et, d'autre part, que la 
décomposition des corps tels que l'acide hippurique, si 
elle se produit pendant l'hydrolyse de l'urée, ne charge 
pas le résultat d'une erreur sensible. En conséquence, 
il conseille comme méthode de choix la méthode de 
Braunstein, en recommandant seulement d'opérer l'hy- 
drolyse de l'urée, à Taide de l'acide phosphorique, par 
un chautfage de sept heures à la température de 
150.155^ 

G. P. 



BIBLIOGRAPHIE 




— 130 — 

en effet un nombre considérable de composés, bien fait pour 
effrayer un débutant. 

Le petit livre de M. Moureu rendra à Tétudiant les plus grands 
services en lui exposant sommairement mais clairement les 
principales théories actuelles de la chimie organique, en lui 
montrant comment on peut grouper les multiples composés 
qu'elle étudie suivant leur fonction chimique, et comment ces 
divers groupes se relient les uns aux autres. Ces notions géné- 
rales y sont toujours appuyées d'exemples heureusement choi.<is, 
qui fournissent l'occasion d'établir la constitution chimique des 
composés les plus importants. Aucun de ces composés n'est 
cependant étudié en détails, et cet ouvrage ne fournit que la 
charpente de l'énorme édifice qu'est la chimie organique. 

Avec son aide, Télève suivra sans peine un cours complet et 
abordera sans effroi Tétude des traités de chimie organique, qui 
deviennent forcément de plus en plus volumineux. 

Dans un premier chapitre, M. Moureu passe rapidement en 
revue les lois qui régissent la chimie ; il montre comment s'éta- 
blissent les formules de constitution, définit Visomérie, les diverses 
fonctionHy et donne des notions relativement étendues sur la 
stéréochirnie. 

Le chapitre II traite des carbures d'hydrogène acycUques : 
forméniques, éthyléniques, acétyléniques, alléniques et cycliques : 
paraffines, carbures aromatiques se rattachant au benzène, au 
naphtalène, à l'anthracène, terpènes. Il donne les principales 
méthodes générales de préparation de ces carbures, indique les 
propriétés qui distinguent entre eux les différents groupes et les 
réactions qui permettent de passer de la fonction carbure aux 
autres fonctions chimiques. 

Le chapitre III est consacré à Tétude des fonctions oxygénées : 
alcools, phénols, aldéhydes, acétones, acides, acides-alcools, etc. 
L'étude des sucres en forme un paragraphe important : leur 
synthèse, leur stéréochirnie, les réactions qui permettent de pas- 
ser de l'un à l'autre sont décrites sommairement, mais avec le 
plus grand soin. 

Le chapitre IV comprend l'étude des fondions azotées : aminés, 
nitriles, amides, oximes. L'auteur donne en passant la constitu- 
tion de la névrincy de la choline, des lécithines, des bétaïnes^ des 
uréides les plus importants, des corps appartenant au groupe de 
la purifie; acide urique, xanthine, caféine, théobromine; enfin il 
décrit les méthodes générales de préparation et les propriétés 
principales des composés azotiques et diazoïques, si importants pour 
l'industrie des matières colorantes. 
Les composés organominéraux forment le chapitre V. 
Enfin, le chapitre VI comprend l'étude sommaire des composés 
hétérocycliques : groupes du furfurane et du thiophène; du pyrrol. 



— 131 — 

auquel se rattache Vindigo; du pyrrazol, qui comprend Vantipy- 
rûK; de la pyrone; de la pyridine dont le noyau se rencontre 
dans la eonicine, la nicotine, la pipéridine; de la quinoléine qui 
renferme la plupart des alcaloïdes des solanées et des strychnées; 
delà paroxazîae; de la paradiazine, enfin de la quinoxaline. 

M. G. 

Le lait et son industrie; par M. A. TouRET, médecin-vétérinaire (1). 

Dans ce petit volume l'auteur a fait sur le lait une étude com- 
plète où chacun pourra puiser de précieux renseignements. 

M. A. Touret s'est attaché d'une façon particulière à montrer 
({ueile importance a le lait dans Talimentation des enfants et des 
convalescents et donne sur la façon de l'employer des indications 
dont l'utilité n*échappera à personne. Certaines questions d'hy- 
giène y sont magistralement exposées et les conclusions con- 
tiennent des vœux que l'administration devrait prendre en sé- 
rieose considération. 

H. 0. 

UacidUé urinaire; par M. H. JouLiE (2). 

Cette conférence, recueillie par M. le D' Jean Nicolaïdi, 
forme un opuscule de 70 pages. Le premier chapitre est consacré 
à quelques considérations historiques et générales sur la compo- 
âiion normale de l'urine et la valeur des rapports azoturiques et 
wtres. Dans le second chapitre, l'auteur passe en revue les diffé- 
rents procédés employés pour déterminer l'acidité urinaire et les 
résultats différents qu'on obtient selon qu'on opère en présence 
dn tournesol, de Thélianthine ou de la phtaléine ; il recommande 
a nouveau la méthode au suerate de chaux qu'il a indiquée de[)uis 
un certain temps déjà. Un appareil qu'il a imaginé rendlamani- 
polation très simple et très rapide. Pour l'interprétation physio- 
logique des résultats, il faut faire intervenir ensuite la densité de 
l'urine. Le troisième chapitre répond à certaines objections et 
expose les idées physiologiques, médicales et thérapeutiques 
de l'auteur. Elles ont donné lieu, en leur temps, à des discussions 
nombreuses et fait verser des flots d'encre : nos lecteurs les ont 
encore certainement présentes à la mémoire. 

G. P. 

(1) 1 Tol. iQ-18. Vigot frères, éditenrs, place de l'Ëcole-de-Médecine, 
Ptris. 

(2) Conférence faite ft l'Institut Pasteur, le 19 mars 1901. 



-- 132 — 



SOCIÉTÉ DE THÉRAPEUTIQUE 




Séance du 24 décembre 1902. 

MM. P. Gallois et Courcoux font connaître un nouveau 
mode d'emploi de Viode comme médicament abortif des 
furoncles. Ils préconisent une solution concentrée d'iode 
dans l'acétone à 4 p. 10. La dissolution se fait presque 
instantanément. Le liquide a sensiblement Taspecl de 
la teinture d'iode ordinaire. Mais au bout d'une quin- 
zaine de jours, la solution devient noire et sirupeuse { 
et prend l'apparence de la liqueur de cassis. Ce chan- \ 
gement d'aspect est dû à la production de monoiodacé- 
tone et de diiodacétone. 

Contrairement à la teinture d*iode ordinaire, la solu- 
tion fraîche parait moins nianiable et plus irritante que 
la solution vieille. Quand on applique sur la peau un 
petit tampon d'ouate trempé dans la solution fraîche» 
celle-ci produit une tache comparable à celle de la 
teinture d'iode, et présentant parfois un dépôt de cris- 
taux d'iode ayant un peu l'apparence du givre. La solu- 
tion vieille au contraire se transforme sur la peau en 
un vernis noir uniforme. Si l'épiderme est intact, l'appli- 
cation d'iodacétone n'est pas douloureuse; elle provoque 
une cuisson assez vive, si le furoncle est déjà ouvert. 

En raison de sa concentration plus de quatre fois 
supérieure à celle de la teinture d'iode, l'iodacélone 
fait avorter très facilement la plupart des furoncles : 
une seule application suffit le plus souvent. Mais cette 
solution est plus caustique que la teinture d'iode et il 
faut la manier plus prudemment : dans les régions où la 
peau est fine, elle peut provoquer une petite phlyctène, 
d'ailleurs sans gravité; on doit se contenter, d^ns ces 
cas, d'effleurer à peine les furoncles avec la pointe du 
pinceau. Enfin Tiodacétone peut produire une douleur 
extrêmement vive sur les bourgeons charnus d'un fu- 
roncle ouvert. 



pBPi»f?w— 



~ 133 



M. Catillon a reconnu que, conlrairement aux idées 
admises, la solubilité de Viode dans la glycérine est con- 
sidérable. On peut effectuer la dissolution de {^^ d'iode 
daiis2«' de glycérine à 30S densité 1.260. 

On n'obtient pas une solution aussi concentrée par 
simple macération. On peut soit ajouter à la glycérine 
riode dissous dans l'alcool ou l'acétone et évaporer ces 
dissolvants à basse température, soit opérer la disso- 
lution directement en chauffant le simple mélange 
diode et de glycérine pure, en vase clos, entre 120** 
et 150*. 

Cette solution présente la couleur et l'odeur franche 
de Viode; il ne se dégage pas de vapeurs irritantes 
d'acide iodhydrique et autres, comme il arrive quand on 
fait dissoudre l'iode dans Tacétone; aucune réaction ne 
se manifeste et l'iode semble subsister en nature, car il 
se sépare abondamment, en cristaux par sublimation, 
ottàTétat pulvérulent pai' addition d'eau. 

On peut donc obtenir, sans intervention d'iodure de 
potassium, des solutions glycérinécs d'iode à tous les 
degrés de concentration. 

Peut-être ces solutions sont-elles utilisables. La gly- 
cérine facilite à la fois la tolérance de Tiode et son 
absorption par la peau. Elle s'oppose à Tévaporation et 
n est pas irritante comme l'alcool. 

M. Gallois fait remarquer que, dans le cas particulier 
de la furonculose, la glycérine iodée ne pouvant sécher 
risquerait d'être enlevée au moindre frottement. 

MM. Hallion et Garrion présentent deux produits 
nouveaux, Veukinase aiXvi panoréatokinase. Ils désignent 
sous le nom d'eukinase une poudre jaunâtre extraite 
de la muqueuse duodénale du porc et contenant Tcnté- 
rokinase, ferment intestinal sans lequel, ainsi que l'ont 
montré les recherches de Pawlow et de Delezenne, la 
trypsine du suc pancréatique est incapable de digérer 
ralbumine. Us appellent pancréalokinase une associa- 
lion d'eukinase et de pancréatine. 
Pour que ces produits ne soient pas altérés par la 



— 134 — 

traversée de Testoiuac, ils peuvent être inclus dans des 
capsules de gluten ou incorporés dans une pâte de 
gluten qu'on réduit en une sorte de granulé. 

Ces ferments sont indiqués dans les cas de dyspepsies 
intestinales. 

MM. Danlos et Cothereau présentent une note sur la 
préparation de l'argent colloïdal (h). 

Le produit qu'ils ont préparé semble posséder les 
mêmes propriétés que le collargol récemment préco- 
nisé contre un grand nombre de maladies infectieuses. 

M. Deléage montre quUl est impossible de fixer tme 
ration d'entretien uni/orme. Même pour l'homme bien 
portant, on ne peut se baser sur des données immua- 
bles. Il est nécessaire de tàter la susceptibilité indivi- 
duelle, d'examiner les excrétions, d'établir le bilan des 
échanges nutritifs et de tenir compte du genre de vie. 
La ration alimentaire doit être modifiée suivant un 
trop grand nombre de conditions pour qu'on puisse éta- 
blir des règles fixes. 

M. Danlos a eu l'occasion de constater que V/iuile de 
chaulmoogra administrée en lavements est parfaitement 
tolérée et absorbée. L'émulsion se fait très bien en bat- 
tant avec une fourchette, à chaud, 75*^"' de lait et 12^' 
d'huile de chaulmoogra. Le lavement est conservé. Le 
malade n'éprouve aucune sensation douloureuse ; par 
précaution, il reste allongé deux ou trois heures. 

M. Danlos n'a pas encore assez prolongé ce traite- 
ment pour affirmer que l'effet thérapeutique sera le 
même que par ingestion gastrique. Mais l'huile de chaul- 
moogra étant à peu près le seul médicament qui, dans 
le traitement de la lèpre, donne quelques résultats, ce 
mode d'administration paraît recommandable, lors- 
qu'il existe de l'intolérance gastrique. 

Le bureau de la Société sera ainsi constitué en 1903 : 

Président : M. Du Castel ; 

Vice -présidents: MM. Mathieu, Y von; 

(1) Voir ce numéro, page 101. 



■Pi«>j ■.. 



J35 — 



Secrétaire ffénéral : M. Barde r ; 

Trésorier : M. de Molènes : 

Secrétaire général adjoint : M. Blondbl ; 

Secrétaires: MM. Vogt, Joanin ; 

Archiviste: M. Patein. Ferd. Vigier. 



SOCIÉTÉ DE BIOLOGIE 



Séance du 6 décembre 1902. 

MM. J.-P. Langlois et J. Pellegrin ont déterminé les 
pertes d'eau que les batraciens anoures subissent à l'air 
par la transpiration, ainsi que les variations corrélatives 
de la densité du sang. 

M. J.-P. Langlois prend la densité du sang de la façon 
suivante : il laisse tomber une goutte de sang dans un 
mélange de chloroforme et de benzine de densité 1.060 
ou 1.070; le tube contenant le mélange est plongé dans 
on milieu de température supérieure ou inférieure et 
on note le moment où la goutte de sang monte ou 
descend, comme dans le ludion. La densité du sang 
examiné est celle du' mélange de chloroforme et de 
benzine à la température à laquelle se produit le phé- 
nomène. 

M.\l. A. Gilbert et P. Gamot décrivent une lésion que 
la cocaïne provoque exclusivement sur les cellules endo- 
théliales du foie. 

M. 6. Weiss étudie l'influence de la température sur 
la conductibilité électrique du nerf. 

M. F.-J. Bo8C (de Montpellier) conclut de l'étude de la 
formule leucocytaire de la clavelée que le processus 
pustuleux vrai, c'est-à-dire dans son stade d'édification, 
doit être considéré comme la véritable réaction de 
défense de l'économie, aidée par une mononucléose 
modérée dans le sang et les tissus. 

Il résulte des expériences de M. le D' Maurel qu'il 
serait dangereux d'injecter le hromhydrate neutre de 
quinine dans les veines à un titre leucocyticide, et que, 



— 136 — 

pour les titres leucocytîcides, la voie veineuse est trois 
ou quatre fois plus dangereuse que la voie artérielle. 

M. Jean Lépine a constaté que la faradisation du 
sciatique provoque constamment rhyperleucocylose. 

M. C. Gessard a obtenu, par injection aux animaux 
de tyrosinaae animale^ un sérum capable d'empêcher 
l'action de cette diastase; il faut, pour cela, recourir à 
la lyrosinase animale à Texclusion de la végétale. 

MM. Léon Bernard et Bigard ont constaté que le sur- 
menage musculaire obtenu par faradisation détermine 
une modification structurale des capsules surrénales. 

D'après les expériences de MM. Nobécourt et Bigard, 
la fonction uropoiétique du foie n'est que peu dimi- 
nuée immédiatement après une première injection de 
naphtol dans une branche d'origine de la veine porte 
malgré l'intensité des lésions constatées histologique- 
ment; l'injection de glucose stimule la fonction uro- 
poiétique du foie et cette stimulation persiste plusieurs 
jour?. 

M. G. Denigès signale la présence d'une peroxydase et 
de produits ckoUniques Anxi9> le liquide de la noix de coco. 

M. J. Abadie applique Tépreuve de la tuberculine an 
diagnostic des affections tuberculetises du système 
nerveux. 

M. Tribondeau fait un certain nombre d'objections à 
la théorie filarienne de l'éléphanliasis. 

Séance du iZ décembre. 

D'après MM. Vaquez et Clerc, la filaire du sang peut 
déterminer, ainsi que le font les autres helminthes, une 
éosinophilie sanguine notable, mais celte intensité ne 
paraît rien offrir de caractéristique. 

M. Fernand Ârloing a reconnu que plus un sérum se 
montre capable d'agglutiner les bacilles de Koch, plus 
forte aussi est son action chimiotaxique, c'est-à-dire 
plus il attire un nombre considérable de leucocytes; il 
existe donc un rapport évident entre le pouvoir chimio* 
taxique des divers sérums et leur pouvoir agglutinant 



— 137 — 

avec le bacille de la tuberculose en cultures liquides 
homogènes. 

MM. Vaschide et Cl. Vurpas montrent que chez 
rhurome normal, comme chez Taliéné, la musique agit 
en excitant Félément mental moteur; elle est comme 
un tonique et un stimulant de la motricité. 

M. Stéphane Leduc (de Nantes) montre la possibilité 
d'introduire dans les tissus vivants toutes les substances 
solflblcs et conductrices de l'électriciié, à doses suffi- 
santes pour déterminer la mort chez les animaux, ou 
faire apparaître des accidents toxiques chez Thomme; 
c'est ainsi que chez celui-ci on peut facilement intro- 
duire la in(^r;E;^in^ jusqu'aux doses toxiques. La strychnine 
introduite électrolytiquement dans un nerf moteur 
chez l'homme diminue d'abord très notablement Texci- 
tabilité au lieu de l'introduction ; celle-ci reprend, après 
cinq minutes environ, sa valeur normale et la dépasse 
ensuite. 

M. F. Batelli a reconnu que : l** Y adrénaline est 
transformée en milieu alcalin en présence de Toxygène; 
2* la rapidité de la transformation dépend du rapport 
existant entre la quautité d'adrénaline et le degré d^al- 
calinité de la solution ; 3"" le produit de transformation 
n'est pas toxique, ou du moins il présente une toxicité 
de beaucoup inférieure à celle de l'adrénaline. 

M. Charles Richet indique l'action accélératrice des 
Bels de m'tgncsivm dans \dL fermentation lactique; la dose 
optima pour Faction accélératrice répond à environ 
i2<^50 de chlorure de magnésium par litre. 

M. Charles Richet a retiré des tentacules des actinies 
une substance toxique et pruritogène à laquelle il a 
donné le nom de t/ialassine, 

M. H. Garnier a constaté que V adrénaline, qui est 
incapable de produire la gangrène des tissus dans les- 
quels elle est injectée seule, provoque le sphacèle si 
elle est injectée en même temps qu'un liquide conte- 
nant des streptocoques. 

M. E. Maurel considère comme probable que le plus 




— 138 — 

grand danger de la quinine injectée à un titre teucocy- 
ticide dans les veines provient des embolies causées par 
les leucocytes d^un diamètre supérieur à celui de cer- 
tains capillaires du poumon. 

Séance du 20 décembre. 

MM. Paul Coormont et A. Descos ont produit chez 
le chien des lésions tuberculeuses par inoculation, par 
voie sous-cutanée, du bacille « acido 'résistant » du 
beurre de Binot. 

MM. Leredde et L. Pautrier ont pu établir le dia- 
gnostic du lupus tuberculeux du nez par l'examen du 
mucus nasal après ingestion d'iodure de potassium. 

MM. G. Billard, L. Dieulafé et V. Mallezont observé, 
avec des urines d'ictères ou des urines additionnées de 
bile ou de sels biliaires, que l'abaissement de la tension 
superficielle est beaucoup plus facile à réaliser, en ajou- 
tant NaCl; l'action de celui-ci se manifeste le plus sou- 
vent à un titre quelconque de dilution, mais il existe 
encore un maximum d'abaissement toujours plus ac- 
centué qu'avec les urines normales. 

D'après M. Brissemoret, le lactose^ éther glucosique 
AngalactosCy est plus laxatif que ce dernier; Vacétyllactose 
l'est plus encore. C'est là un nouvel exemple du rôle 
coexistant de la /onction éther que de pouvoir, avec la 
môme molécule de galactose, par le seul intermédiaire 
de son éther, graduer son action exonératrice, en pro- 
voquant, soit un effet eccoprotique avec le galactose, 
soit une action laxative avec son éther glucosique, le 
lactose, soit une véritable purgation avec Téther acé- 
tique de son éther glucosique. 

MM. P. Carnot et P. Josserand ont reconnu que 
rinjection intravasculaire de doses faibles d'adrénaline 
dans les différents réseaux vasculaires donne des éléva- 
tions de pression artérielle très différente; ces diffé- 
rences s'atténuent lorsqu'on augmente les doses de 
substance active. 

MM. E. Couvreur et L. Rougier ont reconnu que 



— 139 — 

Ykémocganine^ principe organométallique à base cui- 
Triqae contean dans le sang des gastéropodes, possède 
les plus grandes analogies avec Thémoglobine. 

Pour M Doyen, le fait que Tadrénaline provoque 
parallèlement la décantraction d'un organe et la contrac- 
tm d*un autre organe semble indiquer que cette 
substance n*agit pas sur la fibre musculaire et vient à 
Tappui des expériences qui démontrent l'existence de 
nerfs inhibiteurs. 

H. 6. Leven a appliqué le radioscope gastrique à 
l'étude du séjour des liquides dans Testomac. 

MM. Ch. Achard et Lœper montrent qu'après la liga- 
ture du pédicule des reins, la masse du sang augmente, 
ainsi que la proportion d'eau contenue dans le sang et 
lei tissus, et la quantité d'eau exhalée par les poumons. 
En injectant aux animaux aux reins liés des solutions 
salines, tantôt sous la peau^ tantôt dans le sang, on 
démontre le balancement compensateur entre l'eau des 
tissus et celle du sang; le sang trop concentré attire 
l'eau des tissus et les tissus chargés d'un liquide trop 
concentré attirent l'eau du sang. 

MM. L. Launay et H. Leroux ont constaté que, chez 
des sujets atteints d'irritation méningée parfaitement 
nette et soumis à un traitement mercuriel au moyen 
d'un sel insoluble (calomel) dont l'élimination est, on 
le sait, très lente, la membrane arachnoïdo-piemé- 
I rienne reste imperméable à cette substance. 
\ M. Victor Audibert estime que le leucocyte éosino- 

I phile sert à combattre les poisons que contient le sang 
et que contiennent même les tissus, à neutraliser dans 
Téconomie les substances nuisibles au bon fonctionne- 
ment des organes. G. P. 



Cmtiuii (numéro du 15 janvier 1903). — P. 52, 5« ligne, à propos du 
mémoire de M. Ch. Moureu Sur les gaz de quelques eaux minérales^ 
ta lieu de n 80p. 100», « lire 8 p. 100 d'un mélange d'argon et d'hélium ». 



— 140 — 
SOCIÉTÉ DE PHARMACIE DE PARIS 




SÉANCE ANNUELLE 

Compte rendu des travaux de la Société de PharmorCie 
pendant Vannée 1902; par M. Georges, secrélaire 
annuel des séances. 

Messieurs et chers Collègues, 

Depuis plus d'un siècle, notre Société poursuit avec 
une ardeur constante la lâche que s'étaient imposée les 
hommes éminents qui en ont été les fondateurs. Unis 
dans un amour profond de leur art, ces premiers maî- 
tres voulaient la grandeur de notre profession par le 
perfectionnement de toutes les sciences dont elle est 
tiîbutaire. Leur énergie fut si grande, leurs travaux si 
habilement conduits, que les luxuriantes récoltes se 
succédèrent ininterrompues dans le domaine métho- 
diquement et habilement cultivé. Les générations qui 
suivirent, appuyées sur des traditions de conscience, 
de persévérance, d'ingéniosité dans TefTort, continuèrent 
avec la môme ténacité l'œuvre magistrale des anciens 
et les moissons restèrent toujours abondantes, sinon 
toujours aussi riches. Aujourd'hui vous m'avez réservé 
l'honneur, tout de satisfaction pour moi, de vous 
rappeler, en un exposé succinct, la part active que vous 
avez prise celle année à ce développement régulière! 
incessant de nos sciences spéciales. Dans le tableau que 
je vais vous présenter, vous verrez que, pendant ces 
douze mois écoulés, notre Société n'a pas failli à son 
passé brillant et si méritant de Thumanilé. 

Dans la série des travaux que j'ai à vous remémorer, 
les uns, peu nombreux, ne semblent pas avoir en appa- 
rence de liens directs avec la Pharmacie, les autres au 
contraire ont une utilité marquée pour la marche en 
avant dans le progrès professionnel. 

Parmi les premiers je vous citerai ceux que nous 




- 141 — ^ 

devons à M. Leidié. M. Lcidié, qui a une connaissance 
approfondie des métaux du platine et s'est fait une spé- 
cialîtt^ de leur étude depuis plusieurs années, vous a 
commuDiqué une marche régulière et complète qui 
permet de les différencier et de les caractériser en par- 
lant d'un échantillon unique de matière à analyser. 
Celle méthode, approfondie en coUahoration avec 
M. Quenessen, ivpose sur Tactiondu bioxydede sodium 
à la température du rouge naissant. Tous les métaux 
saroxydés donnent des sels à base sodique, excepté le 
rhodium qui reste à l'état de bioxyde. De là, deux 
§:roupes, Tun soluble dans l'eau, Tautre insoluble, dès 
lors facilement séparables, et sur chacun desquels l'es- 
sai qualificatif systématique peut être ensuite appliqué. 
Les réactions analytiques nouvelles simplifient d'une 
façon toute particulière l'étude des dérivés ammoniés 
des métaux de platine. 

. Reprenant aussi les travaux de Gibbs etLang sur les 
azotiles d'iridium, M. Leidié a passé en revue les 
azotites doubles d'iridium et de divers métaux, et spé- 
cialement les azotiles doubles alcalins. Il a démontré 
qoeTazotite double d'iridium de Gibbs était un chloro- 
azotate et celui de Lang une sorte de laque de compo- 
sition mal définie renfermant des quantités variables 
d'azolite double et de chlorure de potassium unis à des 
traces de chloroazotate. II a indiqué un mode de pré- 
paration de l'azotate double d'iridium et de sodium et 
celle d'un sel double d'ammonium inconnu jusqu'ici. 
Enfin, ses tentatives pour reproduire les autres azotites 
doubles de Gibbs et Lang, tels que ces chimistes les ont 
décrits, sont restées vaines. 

Les recherches de M. Cousin touchent à une autre 
partie de la chimie. Notre collègue vous avait initié 
autrefois aux résultats de l'action de Tacide nitrique 
sar les dérivés halogènes du gaïacol. Il vous avait 
montré que, l'acide nitrique réagissant soit sur les 
dérivés tétrachlorés ou tétrabromés, soit sur les dérivés 
trichlorés ou tribromés» il ne se forme dans aucun cas 



_ 142 — 

des dérivés nitrés, mais bien les orthoquinones corres- 
pondantes ou des quinones complexes dérivées du di- 
phényle, cette vérité s'appliquant également aux dérivés 
tétrahalogénés du vératrol. Cette année, M. Cousin a 
poursuivi, avec sa dextérité et sa rigueur scientifique 
habituelle, ce genre d'étude sur les vératrols trichloré 
et tribromé, et il est arrivé à des résultats différents. 
L'action de l'acide nitrique sur ces produits conduit à 
des vératrols trichlorés et tribromés mononitrés. La 
connaissance de ces faits complète d'une façon heureuse 
rbistoire des produits de substitution des élhers mono 
et diméthyliques de la pyrocatéchine. 

En dehors de ces travaux de chimie pure, et pour 
présenter un tableau d'ensemble des études de M. Cou- 
sin, je vous rappellerai ses deux communications sur 
les aristols dont les conclusions touchent plus direc- 
tement à nos intérêts professionnels. 

Dans la première, il a montré que, d'une façon géné- 
rale les aristols ou dithymols iodés du commerce con- 
tenaient des proportions plus ou moins grandes de 
chlore sous forme de dérivés organiques. La présence 
de ce chlore est due au mode de préparation industrielle 
du composé iodé, dans lequel un hypochlorite alcalin 
intervient. L'hypochlorite réagit non seulement sur 
l'iodure destiné à donner l'iode à Télat naissant, mais 
aussi sur le thymol. De là, production de dérivés chlorés 
ou chloroiodés en même temps que d'aristol. 

Incomplètement satisfait de ces résultats, M. Cousin 
a voulu savoir quelle était la nature du composé chloré 
qui se formait dans la préparation du dithymol diiodé. 
Après avoir séparé par lavages successifs au moyen de 
Palcool absolu l'aristol iodé plus soluble du produit 
chloré moins soluble, il fit l'analyse élémentaire de ce 
dernier et lui trouva la composition du dithymol di- 
chloré. Cette découverte l'engagea à essayer l'action de 
Phyprobromite de soude sur une solution alcaline de 
thymol. Il obtint le dithymol dibromé. 

La conclusion pratique et la plus appréciable de 



— 143 — 

cette série de recherches, pour nous, est que le di thymol 
diiodé de Messinger et Yortmann ne saurait être obtenu 
plus pur et plus exempt de produit chloré que par le 
procédé opératoire du supplément du Codex. 

Parmi les médicaments dont la thérapeutique s'en- 
richit tous les jours, les composés organiques de cons- 
titution dé&nie tiennent assurément la première place. 
Il semble que nous suivons aujourd'hui une voie qui 
Doas éloigne de plus en plus de l'empirisme. Au nombre 
de ces produits nouveaux, nés au delà de nos frontières 
on chez nous, il en est dont l'inQuence heureuse sur la 
santé publique ne répond pas longtemps aux espérances 
résultant d'un début facile; il en est d'autres qui, dès 
leor apparition, jouissent d'un succès qui va toujours 
grandissant, justifié par l'expérimentation rigoureuse- . 
ment scientifique et des effets incontestables. Dans 
cette catégorie rentre certainement l'acide glycérophos- 
pborique et les glycérophosphates dont nous devons la 
connaissance à M. Portes. Continuant ses recherches 
sar les éthers phosphoriques des alcools polyatomi- 
qoes, M. Portes en collaboration avec M. Prunier nous 
a fait connaître une nouvelle série de ces composés : 
l'acide phosphomannitique et les phosphomannitates. 
Pour obtenir l'éther phosphorique de la mannite et 
surtout pour obtenir un rendement satisfaisant, il ne 
suffit pas de placer en présence les deux corps réagis- 
sants à une température quelconque. Il faut soumettre 
pendant sept jours à l'action d'une température de 123'* 
le mélange d'une molécule d'acide phosphorique siru- 
peux et d'une molécule de mannite. La séparation de 
Tacide phosphomannitique formé et de l'acide phos- 
phorique restant se fait au moyen du sous-acétate de 
plomb. Les sels plombiques recueillis sont décomposés 
par Thydrogëne sulfuré. Finalement, les acides ainsi 
isolés sont séparés par le carbonate de barium qui les 
transforme Tun en phosphate de barium insoluble, 
Tautre en phosphomannitate de barium soluble. La 
solution de ce dernier, décomposée par une quantité 



1 



— 144 — 



exactement suffisante d'acide sulfurique étendu, met 
Tacide phosphomannitique en liberté. Il peut dès lors 
servir à la préparation de tous les phosphomannitates, 
sels solubles dans Teau. Tel est, en quelques mots, le 
cycle des opérations nécessaires pour obtenir cet éther 
et ces sels nouveaux. MM. Portes et Prunier ont con- 
duitce travail avec un esprit d'observation remarquable 
qui ne peut qu'ajouter à leur juste renommée. 

Avec la précision qu'il apporte dans tous les sujets 
auxquels il louche, M. Jungfleisch est venu vous faire 
connaître le moyen d'obtenir à volonté les acides lac- 
tiques droit et gauche. Frappé do la variabilité des 
lactates de quinine présentés à l'Exposition de 4900, il 
voulut s'éclairer sur les causes de ce défaut d'unifor- 
mité. Dans ce but, il prépara du lactate de quinine par 
neutralisation d'acide lactique débarrassée des anhy- 
drides par Tébullition, puis titré, par la quantité théo- 
rique de quinine hydraté ou anhydre. Les solutions 
dans l'alcool ou dans l'eau du sel ainsi obtenu, con- 
centrées, abandonnent par cristallisation le lactate de 
quinine à acide droit, les eaux mères restant chargées 
du lactate de quinine à acide gauche. De là, une source 
facile d'acide droit ou gauche absolument purs. 

Abordant un sujet d'ordre différent, M. Guerbet. 
auquel nous devons déjà des travaux d'un très grand 
intérêt en chimie organique, surpris de l'inégale solu- 
bilité des lactates de mercure employés en pharmacie, a 
repris leur préparation. Il est arrivé à obtenir un lactate 
mercureux bien défini par l'uïiion d'oxyde mercureux 
pur avec de l'acide lactique étendu de dix fois son 
volume d'eau et bouilli. Ce sel est facilement dissociable 
par l'eau, mais est complètement soluble en présence 
d'une petite quantité d'acide lactique. Il obtint égale- 
ment, pai une méthode semblable, un lactate mercurique 
très soluble. Les solutions de ce sel soumises à l'ébulli- 
tion offrent une particularité remarquable. En présence 
de Teau bouillante, en effet, le lactate mercurique 
se dédouble en donnant du lactate mercureux, de 



— 145 — 

l'acide lactique, de l'acide carbonique et de l'aldéhyde. 
Eogelhardt et Maddrel, en 1847, avaient découvert 
deux laclales de mercure qu'ils crurent, Tun du lactate 
mercureux, insoluble dans l'eau, l'autre du lactate 
mercurique, soluble. Bruning, en 1857, ayant examiné 
ces sels, pensa établir d'une façon irréfutable que le 
lactate mercurique précédent était un lactate mercu- 
reux. Fort de la pureté des composés qu'il avait obtenus 
et de la connaissance approfondie de leurs caractères, 
M. Guerbet reprit les expériences d'Engelhardt, Maddrel 
et Bruning, en suivant à la lettre leurs indications. Il 
nWriva qu'à des mélanges variables de lactate mercu- 
reux et de lactate mercurique plus ou moins solubles 
suivant la proportion des deux sels simultanément 
formés. Grâce à M. Guerbet, la thérapeutique se trouve 
donc en possession aujourd'hui d'un lactate mercurique 
soluble dans moins dç la moitié de son poids d'eau, 
et qui peut être particulièrement utilisé en injections 
hypodermiques. 

Si nous passons des travaux de chimie analytique et 
de chimie pharmaceutique à ceux qui touchent plus 
particulièrement à la physiologie végétale et à la phar- 
macie proprement dite, nous trouvons en première 
ligne une étude de M. Bourquelot sur la présence du 
sucre de canne dans les réserves alimentaires des 
végétaux phanérogames. Dès 1862, M. Buignet, dans 
ses recherches sur les sucs de fruits, avait soupçonné 
la présence du saccharose dans les éléments nutritifs 
des plantes. Mais pour le démontrer, il fallait mieux 
que les réactifs chimiques^ aidés des instruments d'op- 
tique. Quand le sucre de canne était abondant, seul 
ou en présence de petites quantités de glucose ou de 
sucre interverli, la chose était possible et Buignet dé- 
montra qu'il était suffisamment armé pour cela. Mais 
dans les autres cas, il y avait grosse difficulté pour ré- 
soudre le problème à cette époque. A M. Bourquelot 
était réservé l'honneur d'établir lu vérité des prévisions 
de M. Buignet. Passant en revue les réserves de toute 

/onm. it Phmrm. et de Chim. 6- kébib. t. XVII. (i" février «303.) 10 



^ 



-.146 



nature où les végétaux dans leur développement pui- 
sent leur nourriture, il y a mis en évidence la présence 
du sucre de canne. Ce sucre existe toujours, que 
les réserves soient consliluées par des matières grasses, 
de l'amidon ou de Tamyloïde, qu'elles le soient par de 
la mannane ou de la mannogalactane. Une seule excep- 
tion jusqu'ici est à signaler : elle existe chez les cham- 
pignons où le saccharose est remplacé par le tréhalose. 

Entre temps, M. Bourquelot nous a apporté une 
série de réactions dites d'identité : ainsi, les semences 
de Strychnoè potatorum comme celles de noix vomi que 
donnent, en faisant réagir sur le produit d'évaporation 
de leur teinture quelques gouttes diacide sulfuriqueaa 
tiers, la coloration rouge violacé, caractéristique de la 
ioganine; ainsi, la réaction deKlunge surTisobarbaloïne 
s'obtient également avec les ferments oxydants et en 
particulier avec l'oxydase du Russula delica en solution 
glycérinée; ainsi enfin, l'action oxydante du réactif 
d'Hirschsohn qui se manifeste sur Taloïne par Tappari- 
tion d'une belle coloration rouge-cerise, se produit aussi 
avec la tyrosine. Ici, la teinte est brun cachou. 

M. Bourquelot nous a donné aussi le moyen d'obtenir 
sûrement la réaction du perchlorure de fer sur Tacidc 
méconique des préparations opiacées en partant de 
liquides même très colorés et nous a exposé en détail la 
marche à suivre pour produire la coloration rouge- 
cerise, caractéristique du cachou, avec la teinture de ce 
nom, en employant la solution de chromate jaune de 
potasse au vingtième. 

A ces travaux toujours intéressants, notre infati- 
gable secrétaire général a ajouté la découverte d'un 
nouveau glucoside, l'aucubine, qu'il a retiré des graines 
à'AiLCuba japontca, et étudié avec M. Hérissey. Ce glu- 
coside, soluble dans l'eau et dans l'alcool, a été isolé au 
moyen de ce dernier dissolvant, le sucre de canne qui 
l'accompagne ayant été détruit par l'action de la levure 
de bière. L'aucubine purifiée est un corps solide, cris- 
tallisable, fusible à 180**, lévogyre et dont le pouvoir 



r 



— 147 — 



eslaD= — 173'i. Elle est dédoublable soit par Témul- 
sioe, soit par l'acide sulfurique étendu en dextrose et 
en un produit jaune foncé insoluble qui ne renferme 
pas d'azote. 

L*aacubine, glucoside nouveau, me conduit à vous 
parler de Tanalyse du fruit d'une pipéracée récemment 
introduite en Europe, originaire de Kissi, et classée par 
M. le professeur Heckel sous le nom de Piper Famechoni- 
Heckel. Ce fruit, pédicellé comme le poivre cubèbe, 
un peu plus petit que lui, d*odeur aromatique prononcée 
et très spéciale, de saveur acre et piquante, vous a été 
présenté par M. le pharmacien principal Barillé, qui en 
a fail une étude complète au point de vue chimique. 
C'est chose hardie, vous le savez, Messieurs, d'aborder 
aujoard'hui pratiquement, en chimie, les sujets les 
plus divers. Nous devons reconnaître que M. Barillé a 
su apporter dans l'analyse du poivre de Kissi une com- 
pétence égale à celle qu'il avait montrée les années 
précédentes dans ses différentes éludes, telles que celles 
da phosphate bicalcique et des carbonophospbates. Le 
dosage de la pipérine était en effet ici d'une très grosse 
difGcalté, car tous les procédés actuels y compris celui 
deClusius, basé sur l'emploi du salicylate de soude, ne 
condoisait qu'à des résultats inexacts par défaut, dé- 
montrant clairement que cette substance était en com- 
binaison insoluble dans les dissolvants habituels. De- 
vant les insuccès de ses premières tentatives, M. Barillé 
eut ridée ingénieuse d'appliquer la saponification alca- 
line au dosage poursuivi. Sous l'influence de tapotasse 
alcoolique la pipérine se dédouble en pipéridine volatile 
et acide pipérique qui donne un sel insoluble avec la 
potasse. Ces deux produits se séparant ainsi facilement, 
il devenait possible de les doser, de les identifier et de 
remonter par eux au poids de la pipérine initiale. Tel 
«lie problème original qu'a résolu M. Barillé. En 
dehors de cette pipérine et des principes ordinaires 
contenus dans les grains de dicotylédones, le poivre de 
Kssi renferme une forte proportion d'huile essentielle, 



— 148 — 

5 p. 100 environ, dont M. Béhal a jugé intéressant 
d'étudier la composition. Cette huile est formée de 
linalol, de géraniol et, pour les 9/10 environ, d'un ses- 
quiterp^me particulier, peut-êtrenouveau. 

Continuant à s'attacher avec une ardeur toujours 
nouvelle à son sujet favori, les aloës, M. Léger vous a 
communiqué à différentes reprises le résultat de ses 
recherches, intéressantes pour le chimiste, toujours 
utiles pour le praticien. Après vous avoir indiqué com- 
ment la réaction rouge-cerise de la barbaloïne sous 
rinfluence du bioxyde de sodium, et celle de Klunge 
pour risobarbaloïne, pouvaient être obtenues, il vous a 
précisé les précautions à prendre pour la recherche des 
aloës dans les médicaments en se basant sur la première 
de ces réactions. Il vous a signalé les causes d'erreur 
pouvant provenir de la présence de la rhubarbe, de 
l'émodine, de la rhéine, du cascara sagrada et de la 
bourdaine, le moyen d'y remédier par l'emploi d'une 
petite quantité de soude caustique et par la défécation. 
Portant soji attention sur les teintures d'aloës, il vous a 
montré, à l'aide des réactions précédentes, que. ces 
teintures se conservaient mal et que la forme pilulaire 
pour l'aloës était la forme pharmaceutique de choix. 

Dans un autre mémoire, M. Léger, revenant à son 
ancien procédé d'extraction des aloïnes légèrement 
modifié dans les proportions de son mélange dissolvant, 
chloroforme et alcool méthylique, a recherché la bar- 
baloïne et risobarbaloïne dans les différents aloës. Les 
réactions dont je vous ai parlé plus haut ont servi de 
base à ses recherches. Il a rencontré la barbaloïne dans 
tous les aloès, excepté celui du Natal, risobarbaloïne 
dans les aloès des Barbades, de Curaçao et dans le 
socotrin. L'aloès du Natal renfermerait deux aloïnes 
spéciales : la nataloïne et^l'homonataloïne. 

Enfin M. Léger s'est occupé de la constitution chi- 
mique de la barbaloïne et de risobarbaloïne. La for- 
mation d'aloémodine identique à celle de Tschirch et 
Œsterlé, de pentose lévogyre par l'action du bioxyde 




— 149 — 

de sodium sur la barbaloïne, la production d'un composé 
chloré très particulier aux dépens de la barbaloïne 
chlorée sous l'influence du même réactif, le pouvoir 
rotatoire de la barbaloïne, ne lui permettant plus de la 
considérer comme un dérivé immédiat de Tanthra- 
qoinone, ni de maintenir la formule de Grœnvold, il en 
fait désormais un isomère de la franguline dontl'iso- 
barbaloïne serait elle-même un autre isomère. L'œuvre 
de M. Léger arrive donc à son terme, et en dehors des 
retouches qu'il pourra peut-être y apporter encore, on 
peut d'ores et déjà dire qu'il a élevé de ses mains pa- 
tientes un monument digne de la science 

Si M. Léger n'abandonne pas le sujet de ses affec- 
tions, M. Collin poursuit avec une ténacité égale des 
travaux d'une autre nature toujours remarquables par 
la tinesse de son esprit d'observation, et ne compte pas 
son temps employé à la protection de la santé publique. 
11 vous a soumis cette année une étude complète des 
pyrèthres et des poudres insecticides. C'est aux particu- 
larités saillantes des ovaires des fleurs épanouies de 
pyrèthre qu'il engage les micrographes et les experts à 
s'adresser pour déceler la fraude. Là plus particulière- 
ment se manifestent les caractères fondamentaux des 
pyrèthres de Dalmatie, du Monténégro et du Caucase, 
très différents de ceux des Chrysanthemum qu'on leur 
substitue le plus souvent. 

En raison de son rôle dans la commission de notre 
formulaire officiel, M. Yvon a voulu particulièrement 
éclairer certains points obscurs de quelques prépara- 
tions officinales importantes, au nombre desquelles je 
vous rappellerai le sirop simple, le vin de quinquina et 
la gaze phénolée. 

Au sujet du sirop, il a cherché à fixer approximati- 
vement les limites entre lesquelles peut varier la pro- 
portion de sucre réducteur qu'il renferme toujours. 
Dans ce but, il a examiné les sucres raffinés et autres 
qui peuvent servir à sa préparation, étudié le moyen 
le plus simple de doser le sucre réducteur qu'il 



— 150 



1 



peut contenir, établi les proportions de sucre et d'eau 
nécessaires pour faire un sirop pur suivant le mode de 
préparation, eteniin contrôlé les caractères physiques 
et chimiques du sirop de sucre. Je ainsisterai pas sur 
les détails de ce travail de longue haleine, et ne m'ar- 
rêterai qu'aux conclusions importantes : 

1** Tout sirop de sucre récemment préparé ne doit 
pas renfermer plus de l*"" p. 1000 de sucre réducteur 
dosé par la liqueur de Fehling. 

2'* lO^"" de sirop de sucre amenés au volume de lOO'*' 
par addition d'eau distillée, examinés au polarimètrc 
dans un tube de 20*^" et à la température de 15** doivent 
donner une déviation à droite de 8°34\ 

Les recherches de M. Tvon sur le vin de quinquina 
ont été également très nombreuses. Son désir était 
d'arriver à trouver un mode de préparation de choix de 
ce médicament, afin de faire cesser sa variabilité si 
grande en alcaloïdes comme le démontre la première 
partie de son travail^ S'inspirant de la formule de 
préparation de l'extrait de quinquina de la Pharmacopée^ 
néerlandaise, il a étudié le produit que donne la pré- 
paration faite suivant le Codex de 1884 en ajoutant G'^"* 
d'acide chlorhydrique par litre et en prolongeant la 
macération six jours, l'influence de la durée du contact 
de Talcool acide sur la dissolution des alcaloïdes, les 
effets de proportions croissantes d'acide sur la quantité 
d'alcaloïdes dissous. Enfin il a complété ces recherches 
par deux nouvelles séries d'expériences, les unes pour 
connaître l'action du traitement acide sur l'ensemble 
des principes, les autres pour étudier les effets de 
l'agitation. 

Les résultats acquis lui démontrèrent que l'emploi de 
l'alcool acidulé conduit à un vin de quinquina plus 
riche et plus régulièrement riche en alcaloïdes que 
celui obtenu par lamélhode du Codex, plus rapidement 
fait, plus coloré, aussi odorant que le vin employé, plus 
riche en matières extraclivcs. 
• Le dernier sujet dont s'est occupé M. Yvon est la 




— loi — 

gaze phénolée. Celle gaze préparée suivant les indica- 
tions du supplément du Codex n'est pas exempte de 
critique, pas plus que n'est rigoureux le mode de dosage 
de l'acide phénique renfermé dans ce produit. M. Yvon, 
après des essais niulliples, s'est arrêté à une formule 
de préparation qui donne plus entière satisfaction et à 
un mode de dosage de l'acide phénique aussi simple 
que rigoureux. Tous ces divers documents, dus à la 
patience énergique et à la sûreté de main d'un savant 
et habite praticien, faciliteront singulièrement la tâche 
delà Commission du Codex dans le choix des décisions 
à prendre. 

À la tète des nombreux membres de notre Société 
qui apportent le contingent de leur zèle et de leur 
lumière à Tétude des liquides physiologiques et patho- 
logiques, se trouve M. Patein. Vous n'ignorez pas com- 
bien il est difficile de débarrasser certains liquides des 
matières colorantes ou des corps organiques qui nui- 
sent au dosage rigoureux des sucres qu'ils peuvent con- 
tenir. M. Patein vous a signalé, comme réactif précieux 
de défécation, l'azotate mercurique préparé au moyen 
d'oxyde jaune de mercure et d'acide nitrique, jusqu'à 
saturation de ce dernier. Une controverse deMM. Lépine 
et Boiilud Ta conduit à une étude plus complète de 
Vaclion et du maniement de ce défécant nouveau. Il en 
résulte qu'après addition du réactif au liquide sucré, 
celui-ci doit être neutralisé aussi exactement que pos- 
sible, filtré, puis soumis à l'examen optique. Dans le 
cas d'un dosage par la liqueur deFehIing, la solution 
claire doit être débarrassée de l'excès de mercure soit 
par l'hyphosphophite de soude, soit plutôt par la 
limaille de zinc. Dé tous les sucres, le glucose serait le 
plussensible à l'action de l'azotate mercurique, et encore 
n'est-il pas atteint dans les vingt-quatre heures qui 
suivent la défécation. 

A M. Patein nous devons encore une analyse, faite 
&vec M. Bronant, de calculs intestinaux d'origine médi- 
camenteuse renfermant du soufre, des phosphates de 




— 152 — 

chaux et de magnésie et du carbonate de chaux. Ces 
calculs étaient probablement dus à des cachets de sou- 
fre et de magnésie non délités par les liquides de l'es* 
tomac ou de Tinteslin. Ne pas associer ces substances 
destinées à être prises sous forme sèche est la conclu- 
sion qui s'impose d'après cette observation. 

Telle est la liste déjà longue, quoique incomplète 
encore, des travaux que vous ont communiqués vos 
membresrésidants. Il me reste à vous parler de ceux que 
nos collègues, correspondants ou non, vous ont soumis 
par la voix de quelques-uns d'entre nous. 

Depuis peu de temps, le méthylarsinate ferrique est 
employé en thérapeutique. Ce sel varie malheureuse- 
ment d'aspect et de composition suivant son origine 
commerciale. M. Leprince s'en est préoccupé et en a 
étudié la préparation. L'action de l'acide méthylar- 
sinique sur l'hydrate ferrique ne l'a pas conduit à un sel 
défini, mais à une suite de composés variables par leur 
constitution suivant les proportions des éléments mis en 
présence. 

M. le pharmacien-major Rœser a expérimenté et fait 
choix d'un mode de dosage de l'essence de moutarde, 
qui est une modification du procédé de Gadamer. Il 
consiste à doser le soufre de la thiosinamine par voie 
indirecte en recourant à la méthode cyanoargentimé- 
trique de Denigès. La marche est simple, les résultats 
sont exacts et le temps nécessaire à l'opération beau- 
coup moins long que dans les autres procédés. 

Au laboratoire de M. Bourquelot, M. Hébert a con- 
trôlé les modes de préparation de l'extrait de noix 
vomique, suivis dans les différentes Pharmacopées, et 
le procédé de dosage de leurs alcaloïdes dont ne parle 
pas la Pharmacopée française. Le résultat de ce con- 
trôle est que le procédé des Etats-Unis légèrement 
modifié ne laisse rien à désirer. 

M. Dufau, outresa collaboration avec M. Patein dans 
l'étude de la défécation des liquides sucrés par le nitrate 
acide de mercure, vous a adressé l'analyse du corps 



r 

( vitré de l\ 



— 153 — 



vitré derœil du bœuf assez différent dans sa composi- 
tion de celui de l'œil deThomme, un procédé pouroble- 
Dir l'oxyde rouge de mercure par voie humide, et enfin 
un aluminate de maganèse qui comble une lacune 
dans la série des spinelles artificielles. 

M. André s'est attaché à vous montrer les inconvé- 
nients du dosage de l'acide urique par le procédé 
Ilaycraft-Deroide, quand le malade prend de la Ihéo- 
bromine, de la caféine ou des produits alimentaires 
en renfermant. Le procédé de choix auquel il s'adresse 
aJors est le procédé Denigès, qu'il abandonne cepen- 
dant pour celui de Salkowski-Ludwig, dans les cas où 
le dosage du cuivre devient impossible par la présence 
de produits colorés masquant la fin de la réaction. 

La morphine et Toxymorphine ont été l'objet d'un 
travail très intéressant de M. Bougault. Transfor- 
mant la morphine en oxymorphine, M. Bougault vous 
a fait connaître les propriétés de cette dernière, le 
moyen de la séparer de la morphine en faisant passer 
les deux alcaloïdes à Télatde sulfate, Tun soluble dans 
l'eau, l'autre à peu près insoluble, et enfin les réac- 
tions qui permettent de les distinguer. 

MM. Manget, pharmacien-major, et Marion, ingé- 
nieurdesartsct manufactures, vous ont faitprésenter un 
butyrodoseur, instrument destiné au dosage du beurre 
dans le lait. Ce butyrodoseur, dont l'usage repose sur un 
principe analogue au lactobutyromètre de Marchand, 
iiBère complètement de ce dernier par sa forme et son 
mode d'emploi comme vous avez pu vous en rendre 
compte. 

MM. Manget et Harion vous ont signalé également 
dcnx réactifs très sensibles de l'aldéhyde formique 
dans le lait et dans d'autres liquides, Tamidol et le 
diamidophénol. 

M. Bréchin vous a fourni les résultats intéressants 
d'nne analyse d'urine albumineuse. 

A M. Ecalle vous devez un travail délicat sur 
U teneur en aconitine de quelques préparations d'à- 




— 154 — 

conit, et à M. Tardy une analyse complète des essences 
de fenouil, de badiane et d'anis. M. Tardy a trouvé, dans 
les essences de fenouil, du cymèiie, de Testragol, de la 
thyrao-hydroquinone, de Tacétone anisique et un corps 
dérivé de cette acétone; dans l'essence de badiane il a 
caractérisé Testragol, le terpinéol et l'acétone anisique ; 
dans l'essence de badiane du Japon, le cinéol et un car- 
bure térébenlhénique. Il a constaté l'absence defénone 
dans l'essence d'anis. 

M. Paillât nous a présenté une note ayant pour 
objet la conservation du sérum de Trunecek par l'addi- 
tion de traces d'acide citrique. 

Enfin M. Sarthou vous a transmis une étude sur 
l'azote contenu dans les eaux de citerne et sur les laits 
d'Orléansville. 

Je ne dois pas oublier de vous mentionner également 
une sérift d'ouvrages ou de noies toujours intéressantes, 
touchant à des sujets multiples, qui nous ont été 
adressés par Tintcrmédiaire de notre président, de notre 
secrétaire général ou de nos sociétaires. Entre tous, je 
vous rappellerai : une note de MM. A. et P. Andouard sur 
le White Spiril, pétrole destiné à falsifier l'essence de 
térébenthine; la Chimie Alimentaire dans Tœuvre de 
Parmenticr où M. Balland, notre correspondant, passe 
en revue les travaux de ce savant si justement popu- 
laire; Touvrage de M. Toraude sur les Cadet, analysé 
par M. Barillé dans notre journal mensuel; l'urologie 
de M. Alfred Pajot, d'Amiens; la « Pharmacologie de la 
valériane » de M. Caries, de Bordeaux, etc. Mais je 
m'arrête : vos souvenirs suppléeront facilement aux 
oublis que je suis obligé de commettre. 

Après ces témoignages de vitalité si grande de notre. 
Société, nous devrions tous nous réjouir, et notre joie 
serait complète si la mort avait épargné nos rangs cette 
année. Malheureusement, elle a encore frappé aveuglé- 
ment à notre porte et a enlevé Tun de nos membres les 
plus anciens. M. Charles Bougarel. 

Depuis 1878, M. Bougarel était des vôtres. Ses com- 




— 155 — 

mencements furent brillants et pleins d'espérances, 
mais les hasards de la vie le forcèrent bientôt à aban* 
donner les préoccupations scientifiques pour des soucis 
d*un autre ordre. Interne et lauréat des hôpitaux en 
1873 et en 4875, il fut reçu pharmacien en 1877 après 
nae thèse soutenue sur Tamygdaline et sur un principe 
Tégétal nouveau, l'acide phyllique. Aide de clinique de 
laFaculté de Médecine, membre delà Société Chimique, 
secrétaire général de la Société d'émulation pour les 
sciences pharmaceutiques, il exerça avec distinction et 
dignité la pharmacie à Paris, puis à Fontainebleau, 
et de nouveau à Paris. Du jour de son retour, il fut un 
des membres assidus de nos séances, et s'il prenait 
rarement une part active à nos travaux, il ne s'en désin- 
téressait jamais. Les caractéristiques de sa vie furent 
son dévouement à sa profession et son attachement à la 
Société de Pharmacie. C*est au nom de cette affection si 
grande que je rends hommage à sa mémoire et que 
j'exprime en votre nom et au mien les regrets sympa- 
thiques que nous inspire sa mort prématurée. 

Les membres correspondants que nous avons perdus 
sont assez nombreux, et leur nombre ne nous est peut- 
être pas complètement connu. Tous, je les salue respec- 
tueusement danç la mort. Parmi ces pionniers de la 
science disparus, je vous citerai : MM. Schneegans, de 
Strasbourg; Redowod, de Londres; Wetterhoitz, dç 
Saint Pétersbourg; Griffith, de Dublin; John Faber et 
Jenkins, de New- York, et M**° Eloïse Figueroa, de 
Cuba. Deux d'entre eux par leur haute notoriété mé- 
ritent de ma part un tiommage particulier ce sont 
MM. Schneegans et Wetterhoitz. 

M. Schneegans, pharmacien en chef de l'hôpital de 
Strasbourg, était membre du conseil d'hygiène de l'em- 
pire d'Allemagne, membre de la Commission de la 
Pharmacopjéc allemande, et avait été rédacteur en chef 
àw Journal ff'e pharmacie cT Alsace- Lor7*aine. On lui doit 
eo particulier un travail très important, en collaboration 
avec Geroch, sur la gaullhérine qu'il retira à l'état cris- 



■1 



156 — 



tallisé de Técorce de bouleau d'Amérique vers 1894. 
M. Schneegans est décédé à Tàge de 42 ans, c'est-à-dire 
à Tâge où rhomme instruit et expérimenté vit dans la 
période des efforts utiles et heureux. 

M. Wetterholtz était ancien président de la Société de 
Pharmacie de Saint-Pétersbourg. Sa valeur profession- 
nelle et son mérite scientifique ressortent des fonctions 
mêmes qu'il avait été appelé à remplir. Aussi regar- 
dons-nous comme un devoir de confondre, à son sujet, 
nos condoléances avec celles de nos confrères de 
Russie. 

Trois de vos membres résidants vous ont demandé 
récemment d'agréer leur démission pour entrer dans 
l'honorariat. MM. Marcotte, Yvon et Boymond jouiront 
des droits que donnent vos règlements aux longs services 
rendus. Grâce aux prérogatives attachées à leur nouvelle 
situation, non seulement nous ne les perdrons pas, mais 
certainement la Société de Pharmacie aura encore à se 
féliciter souvent de leur présence, et des lumières dont ils 
voudront bien l'éclairer dans toutes les questions qui 
s'agiteront dans cette enceinte. De jeunes collègues 
seront appelés prochainement à les remplacer d'une 
façon effective dans nos rangs. Puissent-ils être les 
égaux de leurs prédécesseurs en science, en travail et 
en dévouement, et perpétuer parmi nous les qualités et 
les mérites que nous connaissons à nos nouveaux 
membres honoraires ! 

M. Leroy vous a adressé également une demande. 
Pendant huit années il a été votre trésorier et a occupé 
la charge que vous lui aviez confiée avec un zèle et une 
habileté qui, à maintes reprises, justifièrent vos applau- 
dissements les plus nourris. Dans votre dernière séance, 
il vous a prié de le relever de ses fonctions qu'il avait 
toujours si parfaitement remplies. S*il vous aété pénible 
de lui donner satisfaction, la cause de sa détermination 
vous a été plus pénible encore, car c'était la maladie 
longue et cruelle contre laquelle il avait lutté si coura- 
geusement et pour lui et pour vous, qui le mettait dans 




— 157 — 

l'obligation de cesser de vous être utile à son gré. Ce 
n est pas seulement le secrétaire annuel qui lui exprime 
aujourd'hui, en votre nom, le regret profond que cause 
à tous sa décision, et qui lui traduit vos sentiments 
intimes en formulant le vœu que sa santé, depuis si 
longtemps chancelante, retrouve bientôt sa vigueur 
d'autrefois et lui permette de revivre au milieu de vous 
les jours du passé; c'est aussi l'élève d'un temps, bien 
éloigné déjà, qui a le souvenir vivace des heures labo- 
rieuses écoulées sous sa direction, toutes de soUicitude,^ 
de justice et de cordialité. 

Si le deuil et les cruautés de la vie sont venus l'attris- 
ter trop souvent, la Société de Pharmacie a compté 
aussi des heures de joie dans les récompenses et les 
satisfactions particulières de quelques-uns de ses 
membres, cependant peu nombreuses cette année. 

Dans le renouvellement de la représentation natio- 
nale, deux des nôtres furent au nombre des élus : 
M. Villejean, qui a reconquis son mandat pour une 
seconde période, et M. Cazeneuve, l'un de nos corres- 
pondants de Lyon. Qu'ils veuillent bien agréer de nou- 
veau tous deux nos plus cordiales félicitations ! 

M. Grimbert a obtenu le prix Barbier à l'Académie 
des Sciences. La lecture des raisons motivées qui lui ont 
valu cette haule récompense suffira à vous redire le 
passé de travail, la continuité de TetTort du jeune 
mailre dont votre Société a lieu d'être tout particulière- 
ment fière. Le prix, en effet, lui a été décerné « pour 
l'ensemble de ses travaux, leur originalité, leur préci- 
sion et leurs importantes applications en chimie bio- 
logique, en bactériologie et en hygiène ». 

M. Patein, dont l'activité scientifique vous est 
bien connue, a été nommé officier de l'Instruction 
publique. 

Je suis particulièrement heureux de vous rappeler 
aussi que M. Crinon qui compte plus de vingt ans d'un 
attachement tout filial à notre Société et toute une vie 
de dévouement désintéressé à la cause professionnelle, 



V 



— 158 



a été l'objet d'un hommage particulier des membres du 
Comité d'organisaliou du Congrès international de 
Pharmacie del900. M. le pharmacien-inspecteur Marty, 
toujours en avant pour la défense des bonnes causes, 
s'en est fait le promoteur, cherchant, avec Tappui 
des membres du Congrès, à effacer dans la mesure du 
possible un oubli regrettable, mais non irréparable 
encore. C'est avec enthousiasme que nous saisissons 
l'occasion de notre fête annuelle, pour prendre part à 
ce témoignage intime et si mérité de reconnaissance 
de la grande famille pharmaceutique. 

En terminant, permettez-moi de souhaiter une cor- 
diale bienvenue à M. François que vous venez d'appe- 
ler à prendre place dans vos rangs après l'avoir choisi 
entre plusieurs concurrents particulièrement méri- 
tants. 

Messieurs, voilà les actes de votre vieintérieuro, si 
calme dans son cours, si active dans son calme ! Voilà 
les événements variés qui en ont marqué les différentes 
étapes ! Il en est encore un dont je ne vous ai rien dit et 
qui cependant vous intéresse au premier chef. 11 s'est 
produit, il est vrai, loin de vos séances, mais il ne s'est 
pas produit sans vous, ou du moins sanà l'action des 
plus qualifiés d'entre vous. C'est d'ailleurs à ce titre 
que je ne puis le pass(îr sous silence. Il s'agit, vous 
l'avez tous compris, de la Conférence internationale de 
Bruxelles pour l'unification de la formule des médica- 
ments héroïques. L'historique de l'idée, qui a eu un 
commencement de réalisation cette année seulement, 
est long cependant. Nous pouvons remonter à plus de 
trente ans en arrière pour lire dans la préface du 
Codex de 1866 une proposition émise ou plutôt déjà 
mûrie par notre grand chimiste Dumas. Il y demande 
que les nations s'entendent pour adopter un formulaire 
pharmaceutique universel en raison des communica- 
tions incessantes établies entre tous les pays du monde. 
Commentée projet lui paraissait-il exécutable? Je ne 
saurais le dire. Il semble bien cependant que l'héri- 



-p— - 



— 159 — 



lage i]u'il convoitait pour nous, pour nos successeurs 
était difficile à conquérir rapidement. Gène pouvait être 
Tœavred'un seul homme môme grand comme Dumas! 
?léaomoins le bon grain était semé; il allait lever, se 
développer et mûrir. Tous les Congrès pharmaceu- 
tiqaes reprirent l'idée émise. Mialhe, au deuxième Con- 
grès inlernational des Associations et Sociétés de Phar- 
macie, chargé d'un rapport sur les moyens de compo- 
ser an formulaire légal universel, démonlraitla nécessité 
de ce nouveau Codex par les relations quotidiennes des 
nations civilisées, par la*similitiide des maux dont les 
hommes sont partout atteints, par le besoin d'une inter- 
prétation unique des prescriptions médicamenteuses et 
l'identité de leur exécution. Ces raisons, si précises, si 
générales, si constantes, demeurèrent cependant sans 
effets appréciables. Les notabilités pharmaceutiques les 
plus marquantes les appuyèrent encore longtemps en 
vain. Il fallait, pour arriver a la réalité du fait, frapper 
pins haut qu'aux portes des Congrès spéciaux et res- 
treindre l'étendue du sujet. C'est ce que fit ressortir 
avec autant de précision que de clarté M. Bourquelot 
aaCongrèsde 1900, oiiil déclarait quecen'étaient pas les 
pharmaciens, tous convaincus, qu'il fallait convaincre, 
mais les médecins dans les Académies, et les ministres 
compétents. Peu certain pourtantd*unsuccèsrapidedans 
ce sens, il faisait voter une adresse à toutes les com- 
missions pharmaceutiques officielles destinée à insister 
sur la mise à exécution des vœux renouvelés du Con- 
grès de Moscou. 

Cependant, le gouvernement belge, à la suite d'un 
vœu de M. le professeur Rommelaêre, déposé à l'Aca- 
démie Royale de Médecine le 29 octobre 1898 et voté 
au mois d'avril 1899, avait déjà pris Tinitiative de pres- 
sentir les gouvernements étrangers, sur leur adhésion 
éventuelle à une Conférence internationale pour l'uni- 
fication de la formule des seuls médicaments actifs. 
Les négociations étaient déjà engagées lors du Congrès 
international de Pharmacie de Paris qui y applaudit 




— 160 — 

avec d'autant plus d'empressement que les rapports de 
MM. Bourquelot et Tschirch étaient plus concluants. 
Deux ans se passèrent encore et après une adhésion 
presque unanime des gouvernements, la Conférence 
s'est réunie le 15 septembre dernier. Sans m'étendre 
sur les détails de son fonctionnement, dont M. Bourque- 
lot vous a entretenus ici, je vous rappellerai que trois 
délégués y représentaient la France : MM. Gariel, Bour- 
quelot et Yvon; que la discussion porta sur 72 naédi- 
caments héroïques dont 42 furent unifiés; que le 
compte-goutte normal français a été adopté. 

Et maintenant, laissez-moi vous lire les dernières 
paroles de M. Bourquelot à son cours d'ouverture : 
« N'y a-t-il pas dans les résultats de la Conférence de 
Bruxelles comme un acheminement à la Pharma- 
copée universelle, comme un espoir d'atteindre à sa 
réalisation dans un avenir plus ou moins lointain? Si 
Ton a trouvé un terrain d'entente pour les médica- 
ments héroïques, il faut bien croire que ce terrain n*a 
pas de limites étroites, et qu'il sera permis aux pharma- 
ciens de l'avenir d'en agrandir un peu l'étendue pour y 
donner place à l'entente plus large qu'exige l'élabora- 
tion d'une Pharmacopée universelle. » 

A ces paroles d'espérance succédera sans doute, un 
jour, la réalité, telle que nous Tenvious. Alors les géné- 
rations futures n'oublieront pas les premières et dures 
difficultés d'édification d'une grande œuvre de progrès. 
Elles se souviendront du zèle infatigable, de l'énergie 
si soutenue, de la science si féconde de M. Bourquelot 
A son nom elles associeront celui de son collaborateur 
dévoué, M. Yvon, et les applaudiront tous deux, comme 
nous, en raison de leurs succès dans l'établissement des 
premières assises d'un monument érigé pour le bien-être 
de l'humanité tout entière. 

{A suivre.) 

Le Gérant : 0. Doin. 

PARIS. — IMPRXMBRIB F. LBYÊ, RUB CASSBTTB, 17. 






— 161 — 



TRAVAUX ORIGINAUX 



Euai rapide de la créosote officinale au moyen 
de la glycérine et de Veau; par M. R. Michonneâu (1). 

Un essai pratique et rapide de la créosote reste \.o\i' 
Y^ss^ma desideratum pharmaceutique. . 

Déjà Taltention a été attirée, sur ce point, par divers 
antenrs, et MM. Adrian et Trillat, en particulier, ont 
proposé un procédé colorimétrique visant plus spécia- 
lement le dosage approximatif du gaïacol. 

Dans un autre ordre d'idées^ essentiellement pratique 
et simplement approché, car la séparation réelle et 
rigoureuse des éléments de la créosote est longue et 
délicate (ainsi que l'ont montré MM. Béhal et Choay), 
H. Prunier (dans le 2* volume de son ouvrage Lee 
Médicaments chimiqueSy page 587) a proposé de s^ap- 
puyer, en dehors de la densité et du point d'ébullition, 
sur remploi de la glycérine comme dissolvant, et de 
Teau comme précipitant, pour caractériser d'une 
manière suffisante une créosote pouvant servir aux 
usages pharmaceutiques. 

Toutefois les proportions relatives d eau et de glycé- 
rine n'étaient pas encore suffisamment précisées. C'est 
celle recherche que j'ai entreprise sur le conseil de 
M. Prunier, et dont on trouvera plus loin les résultats. 

Comparons, d'abord, les procédés usités jusqu'à ce 
jour: 

i* Essai au perchlomre de fer. — Il ne donne pas 
de résultats satisfaisants. 

En opérant comme il est indiqué au Supplément du 
^M^, c'est-à-dire en milieu alcoolique, ce que l'on 
cherche à mettre en évidence, c'est le gaïacol, la réac- 
lion du phénol étant masquée par l'alcool; il n'est 

!l Noie remise à la rédaction le 8 janvier 1903. — Travail (ait aa 
^rttoire des etaais de la pharmacie centrale des fadpitaoz. 

'•■m. 4ê Pkarm, et de Chim, 6« tfon, t. XVII. (15 février 1903.) il 




— 162 — 

donc pas étonnant que des créosotes additionnées 
de 10, 20, 30 et 40 p. 100 de phénol ou de créo- 
sote de houille donnent des colorations sensiblement 
égales. 

Si on opère en milieu aqueux, en agitant un petit 
volume de créosote avec de l'eau, filtrant pour éliminer 
l'excès, et ajoutant du perchlorure de fer dilué, goutte à 
goutte, les résultats ne sont pas meilleurs. 

2*" Essai au collodion. — Les créosotes examinées 
ont été mélangées avec un égal vblume de collodion. Il 
a été fait quatre essais : 

N* 1 Créosote pure 

N"» 2 — additionnée de 10 p. 100 de phénol 

N- 3 — -- 20 — 

N* 4 — — 40 — 

Un cinquième essai a été fait avec du phénol pur 
liquide. Il n'y a pas eu de coagulation, même avec la 
créosote à 40 p. 100 de phénol. Le phénol pur coagule, 
au contraire, le collodion, ainsi que cela a déjà été 
dit. 

Cet essai est donc complètement insuffisant. On sait, 
du reste, que le gaïacol gêne sensiblement la coagula- 
tion du collodion par le phénol. 

S** Essai à Tanimoniaque. — 10*^""' de créosote ont été 
agités avec 40"^™' d'ammoniaque officinale. On laisse 
déposer, et on note la diminution de volume : 

N" i Créosote pure ( . ♦ • ) ^'"^^ 

N* 2 — additionnée de «0 p. 100 de phénol ) aPJ<î>s ag^alion ê ^ j 

N- 3 - 20 - \ ®^ séparation, \ ^ 

N- 4 - 40 - ( Il ^e»^ = ) 8,5 

La diminution de volume permet ici, jusqu'à un 
certain point, de contrôler la pureté de la créosote. 
Toutefois il est juste de constater que, par suite de 
l'insolubilité plus grande des homologues du phénol 
dans Tammoniaque (notamment des crésy lois), ceux ci 
restent dans la créosote. Cet essai fournit donc des 
résultats d'une portée moins générale que celui à la 
glycérine dont nous allons parler maintenant. 




— f 63 — 

• V Essai à la glycérine. — La créosote, qui se 
sépare par addition d'eau à un mélange de créosote et 
de glycérine, est purifiée : et cette purification porte 
notamment sur le phénol. 

>os estais ont été conduits de la façon suivante : 
Dans un tube gradué, IS*^'"' de créosote sont mélangés 
à 5'"' de glycérine ordinaire. On agite; la dissolution 
effectuée, on ajoute de l'eau pour compléter S0^°*', 
soit Sy^. Le tube étant fermé, il les secoue vigou- 
reusement pour obtenir une émulsion parfaite. On 
laisse reposer. On lit le volume de créosote qui se 
sépare. Puis, le liquide surnageant étant décanté, il est 
remplacé par de Teau distillée jusqu'à obtenir à nou- 
veau SO*^"'. On agite derechef et on recommence la 
même opération, de façon à enlever à la créosote toute 
la glycérine qu'elle relient. On note la diminution de 
volume après chaque lavage. 

Au bout de trois décantations, la créosote ne retient 
plus de glycérine, car le liquide qui se sépare a une 
densité égale à celle de Feau agitée avec de la créosote 
pare : soit D = 1 .003 environ. 

Voici maintenant les résultats obtenus : 



!L SE SBPARB 



Âprôs Après 

!•' lavago 2» lavage 

N* 1 Cféoioto pure 13«"S faibles i4«nsr> 

!i' 2 Créosote additionnée 

de !Dp. 100 do phénol. . !5«™' faibles 14«™' forts 

5* 3 Créosote additionnée 

de 20 p. 100 de phénol. . ISc"»' faibles llcm» faibles 

N' I Créosote additionnée 

àê 40 p. lUO de phénol.. 15<^»3 faibles 13«m3 ^ 



Apre» 

3» lavago 

flflinS 



i3cm33 



i3cm3 forts 



12cn»3 



Si maintenant nous ne considérons que les résultats 
foorais par la troisième opération, c'est-à-dire lorsque 
tonte la glycérine est éliminée, nous pouvons les tra- 
duire dans le tracé suivant. Les abscisses représentent 
les centièmes du phénol [ajouté à la créosote. Les or- 



— lel — 



1 



données indiquent les diminutions de volume cous* 
tatées. 




Centièmes de. phenvL afoxités, 
ip zo 3o ^o 



La courbe se rapproche sensiblement de la ligne 
droite. Une addition de 10 p. iOO de phénol est déjà 
perceptible et 20 p. 100 parfaitement nette. 

Les indications fournies par ce procédé ne peuvent 
évidemment être qu'approchées : les solubilités réci- 
proques pouvant faire varier les résultats d'une ma- 
nière notable. 

Tel qu'il est cependant, il permet de déceler les falsi- 
fications de la créosote par le phénol ou mélange de 
phénols et créosote de houille, à partir de 20 p. 100. 



Sur la présence de faibles qtéantités de trypsine dans les 
pepsines commerciales ; par MM. Em. Bourquelot et 
H. Hérisset (1). 

Lorsqu^on fait agir la pepsine en milieu physiolo- 
gique, c'est-à-dire convenablement acidulé, sur la 
fibrine, on voit d'abord celle-ci se gonfler, puis se 
fluidifier à l'exception d'un faible résidu. Cette dispa- 
rition de la fibrine, qui correspond à sa transformation 
en syntonine, constitue la première phase de sa diges- 



(i) Note remise à la rédaction le 28 janTier. 



— 165 — 

tion pepsique. Les phases suivantes s'accomplissent au 
sein du liquide, el Ton n'en peut suivre les progrès 
qu'en examinant celuî-ci au polarimëtre : le produit 
esty comme l'on sait, lévogyre, et son pouvoir rotatoire 
va diminuant peu à peu, pendant Tacte digestif, jusqu'à 
un minimum déterminé. 

L'accomplissement de la première phase n'est même 
pas dû à l'action de la pepsine, car on peut la provoquer 
à l'aide de l'acide seul, quoiqu'un peu plus difficile- 
ment. Ainsi, si Ton plonge de la fibrine dans un liquide 
renfermant de l'acide chlorhydrique ou de Tacide 
oxalique, el si on maintient le tout à une température 
de 50 ou 60*, cette fibrine se gonfle et dispamit, comme 
nous l'avons dit plus haut. 

Ces faits conduisent à se demander si la présence 
d'un acide est vraiment indispensable pendant tout le 
cours- de la digestion pepsique; si, par exemple, la 
fibrine une fois transformée en syntonine, la digestion 
ne pourrait pas se continuer dans le milieu neutra- 
lisé 

Pour étudier celte question qui ne nous paraît pas 
avoir été examinée méthodiquement jusqu'ici, nous 
avons opéré en milieu chlorhydrique et en milieu 
oxalique. Nous avons toutefois préféré ce dernier milieu 
par la raison que l'acide oxalique peut être éliminé 
d*UQe liqueur avec facilité. Ajoutons que, au point de 
vue fermentatif, sa substitution à l'acide chlorhydrique 
dans l'acte digestif est sans inconvénient, car il a été 
reconnu par plusieurs expérimentateurs que les deux 
acides sont, à cet égard, à peu près équivalents. 

La transformation de la fibrine a été obtenue en 
maintenant le mélange suivant : 

Fibrine laréo et essorée 1 iO»' 

BaudUtUlée 1.400 

Acide oxulique critUllisé i2>^3, ou acide- chlo- 
rhydrique (HCl) 7,41 

à la température de 45-50® pendant plusieurs jours. 
Dans ces conditions, la masse s'est bien liquéfiée, et 




— 166 — 

l'on a obtenu, surtout en milieu oxalique, une liqueur 
faeile à filtrer. Les proportioœ de chacun des acides 
sont équivalentes en poids. 

^ous appellerons ces liquides, pour abréger : liquide 
oxalique et liquide chlorhydrique. 

Ils ont été soumis à l'action de trois sortes de pep- 
sines commerciales très actives, renfermant l'une une 
proportion faible et les deux autres une forte proportion 
dé matériaux solubles. Nous désignerons la première 
par le n"" 1 et les autres par les n®* 2 et 3. Les expé- 
riences ont été faites dans des conditions variées qui 
sont suffisamment définies par ce qui va suivre. Dans 
tous les cas, on a ajouté de l'eau de façon à ramener 
le titre acide à un titre physiologique. 

A B 

Liquide oxalique ......... lOO""^ Liquide oxalique 100**^ 

Eau distillée 50«3 Eau distillée 50»:' 

Fepsinen° 1 i»',5 CO'Ca précipité 2^ 

On a^ite jusqu'à neutrali- 
sation, puis on ajoute : 

Pepsine 1*',50 

G D 

lÂquide oxalique lOO-»* Bau distillée 4W-» 

San distillée 50— ^ Pepsine 1^,50 

Co^Ca 28» 

Lorsqu'on ajoute le carbonate de calcium en B, de 
façon à neutraliser le mélange, la syntonine, qui n'est 
pas soluble en milieu neutre, se précipite, de sorte 
qu'en réalité le ferment se trouve en présence d'un 
produit qui est presque tout entier à Tétat solide. 

Les mélanges ont été maintenus à 50"" pendant six 
heures. Le liquide A ne précipitant plus par addition 
d'acide azotique, on pouvait considérer, comme ter- 
minée, la digestion telle qu'on a l'habitude de la com- 
prendre dans les essais de pepsine. A ce moment, afin 
que tous les essais fussent dans les mêmes conditions, 
les liquides A et D ont été additionnés chacun de 
2''^ de carbonate de chaux, et tous les mélanges ont été 
fM)rtés h 100% 




— 167 — 

Après refroidissement, les liqueurs filtrées examinées 
au polarimètre (^ = 2) onl donné : 

A B G 9 

- 2^6' — 58' — 18' — 20' 

S'il ne s'était produit aucune action en B, la somme 
des rotations de C et D aurait dû être égale à la rotation 
de B, ce qui n'est pas le cas. D'autre part, la détermi- 
nation de la matière en solution dans les divers essais 
adonné pour 100*^"' : 

A B G D 

2^^,36 0»r,93 0Kr,37 0K^35 

Soit, en faveur de B, une différence de 0«%21 pour 100^''^^ 

Des expériences analogues ont été faites avec les 
solations de fibrine préalablement maintenues au bain- 
marie bouillant pendant un temps qui a varié suivant 
les essais, de deux à six heures, de façon à déterminer, 
s*il était possible, des transformations plus profondes 
de la fibrine par l'acide. 

Les résultats, tout en étant, par suite, numérique- 
ment différents, se sont trouvés de même sens que 
ceux qui viennent d^être relatés, ainsi que cela ressort 
des tableaux suivants qui représentent quelques-unes 
de ces expériences. 

II. Expérience faite avec liquide oxalique maintenu 
deux heures au bain-marie bouillant (pepsine n^ 2) : 
A B G D 



Bolation 


— 3-32' 


— 3» 


-58' 
OB',63 


— 1«46' 


RéôdnMcp. 100'-3. . 


Off',90 



Soit, en faveur de B, une différence de rotation de 16* 
einne différence de résidu de 0s%{4. 

lU. Expérience faite avec liquide oxalique maintenu 
8ix heares au bain-marie bouillant (pepsine n^ i) : 

A B G D 

Rotation — î*28' — — 1M2' —18' 

Risidaiecp. 100*»» — 1^^,27 OK',79 Ok',37 



1 



— 168 — 
Soity en faveur de B, une différence de résidu de 

IV. Expérience faite avec liquide chiorhydrique main- 
tenu deux heures au bain-marie bouillant (pepsine t%? 3) z 

A B G D 



Rotation , 


— 3-32' 


— 3*2C' 
2«S44 


— 1H2' 

i»^4^ 


— !•!»■ 


Résidu sec p. 100»'.... 


0Kr,85 



Soit» en faveur de B, une différence de rotation de 16' 
et une différence de résidu de 0s^^l2. 

On aurait donc pu conclure de là que la pepsine 
pouvait agir, quoique faiblement, en milieu neutre, à 
la condition que la fibrine ait déjà subi de la part des 
acides des modifications préalables. Il était cependant 
indispensable de voir si la digestion ainsi produite 
correspondait réellement à une digestion pepsique. 

Nous avons eu recours pour cela à la tyrosinase qui, 
comme Harlay l'a démontré, colore en vert tous les 
liquides neutralisés de digestion pepsique (1). Or, tandis 
que la réaction s*est toujours nettement produite avec 
les mélanges A, il a été impossible de l'obtenir avec 
les autres mélanges. Les mélanges B, au contraire, se 
coloraient en brun noirâtre comme le font les liquides 
de digestion trypsique. 

On se trouvait donc conduit à se demander si la 
digestion observée dans les mélanges B n'étaient pas 
dus à un ferment trypsique. 

Pour étudier ce point, nous avons mis à profit le fait 
connu et étudié d'une façon particulière par Har- 
lay (2), à savoir que les ferments trypsiques sont détruits 
dans la digestion normale pepsique, et même dans les 
milieux acides où peut s^effectuer cette digestion. 

Dans une nouvelle série d'expériences, la pepsine, 
avant d'être employée, a été maintenue en solution 
acide physiologique pendant six heures à 48-50^. C'est 

(1) V. Harlay. De l'application de la tyrosinase à l'étade des fermenU 
protéolytiques ; Thèse Doct, Univ. {Phat^macie)^ Paris, 1900, p. 56. 

(2) Mémoire cité, p. 73. 



r 

monlAfnpnl: al 



— 169 — 



•eolement alors qu'avec cotte pepsine on a repris les 
I esBais exposés aniérieuremeot et cette fois on a trouvé 
I ies résultats de l'ordre ci-après (pepsine n"" 3) : 

A B CD 

RotitbA —3-48' —2-56' —MO* -1*44 

Résidu p. lOOc»» — 1»',67 0«^81 0»%87 

On voit nettement ici qu'il n'y a eu en B aucune 
action dîgestive. 

En effet» le poids du résidu de B égale la somme des 
résidus de G et de D, et il en est de même pour les 
rotations. 

Il faut donc conclure : V que la pepsine est incapable, 
en milieu neutre, de peptoniser la fibrine déjà modifiée 
pkr les acides; 2"* que les pepsines commerciales, ou 
tout au moins bon. nombre d'entre elles, renferment 
de faibles quantités de ferment trypsique. 

Reste la question de savoir quelle est l'-origine de 
eette trypsine. On ne peut guère supposer qu'elle soit 
sécrétée en même temps que la pepsine. Il nous parait 
beaucoup plus probable qu'elle provient du sang dont 
il est impossible de débs^rrasser complètement les 
moqueuses stomacales qui servent à la préparation 
de la pepsine. Le sang, qui est, sans aucun doute, le 
siège de phénomènes complémentaires de la digestion 
intestinale, renferme, en effet, différents ferments solu- 
bles parmi lesquels on a signalé un ferment protéoly- 
tique. C'est précisément à ce dernier qu'il faudrait, 
d'après Qarlay, rapporter la digestion spontanée de la 
fibrine coagulée et conservée en milieu antiseptique (1). 



DiUnmnatian de f indice d'iode dans les essences ; par 
MM. Sanglé-Fërriâre .et L. Guniasse. 

Dans le but de généraliser le procédé de dosage des 
boiles essentielles que nous avons indiqué dans notre 

(i) Mémoire cité, p. 90. 



_ 170 — 

méthode d'analyse des absinthes (1) et de l'appliquer àl 
la détermination de la richesse aromatique desliqueurs| 
à base d'essences, nous avons établi, d'une façon rigoa- 
reusement exacte, le chiffre d'absorption de l'iode pour | 
un certain nombre d'essences dont la pureté et la pro- ! 
venance, tout en nous étant garanties, ont été au préa- i 
lable vérifiées d'après les constantes physiques de ces 
essences : solubilité dans l'alcool, densité ou déviation i 
polarimétrique. 

Nous avons ensuite appliqué le mode opératoire an- ; 
térieurement décrit et qui ne diffère que par de légères 
modifications de la méthode indiquée parHûbl pour la I 
détermination de l'indice d'iode des corps gras. 

L'essence exactement pesée est mise en solution dans | 
l'alcool à 83". On ajoute 45 à 25*^"' d'une liqueur alcoo- 
lique iodo-mercurique contenant : 

Iode par 25«' i 

Bichlorure de mercure 30»'' ' 

Alcool par à 80^ 1»" 

On laisse en contact 3 heures exactement. On titre 
alors comparativement à un titrage semblable effectué 
sur de l'alcool à 80" environ et dans des conditions 
identiques, au moyen de la solution normale décime 1 
d'hyposulfite de soude. 

Dans ces conditions,nous avons obtenu une constance 
absolue dans les nombreuses déterminations que nous 
avons été à môme de faire sur une même essence et 
dont les résultats sont exposés ci-dessous : 

Iode absorbé en grammes par gramme deseenoe 

Esftenco de térébenthine ancienne. 3,2105 

— térébenthine récente 3,1191 

— néroli ancienne 2,8356 

— ancienne 2,9464 

— — récente 3,0394 

— coriandre de Russie 1901 2,5806 

— — de Russie 1901, disiiUée à Paris. . 2,5958 

— — duTarnl897 2,6416 

(1) Sanolé-Ferxuèrb et L. Cuniassb. Nouvelle méthode d'analyse des 
absinthes présentée à PAcadémio de Médecine. Dunod, éditeur, 1902. 



r^ 



— 171 — 

Enence de coriandre récente 2,1184 

- bergamote récente 2,9260 

- laT&nde, fleurs 1899 2,6619 

- d'angélique, racine 1902 1,8542 

- d'angéliqne, raoine, 1901 1,8842 

- mélisse de France (citronnelle) 1 ,8288 

- santal ancienne 1,7373 

- rose de Paris 1,6662 

- menthe poirrée 0,5435 

- menthe anglaise 0,5848 

Essence d'orange de Portugal récente 3,3506 

- d'orange de Portugal Tieille 3,4442 

- d'orange récente 3,4747 

- mandarine très Tieille 2,9975 

- — Tieille 3,1060 

- — récente 3,0175 

- citron récente 3,0600 

- — 3,1293 

— 3,3020 

- bigarade récente 3,5179 

- cédrat récente 3,1292 

- reine des prés récente 2,3977 

- cannelle de Ceylan vieille 2,2250 

- — Cejrlan récente I,57i8 

- — Chine récente 1,5748 

- d'amande amére Tieille sans HCy 

- d*amande amère récente avec HCy 

SiKBce de carvi récente 2,4190 

- fenouil 1901 1,4579 

- — très vieille •. . . . 1,2700 

~ - vieille 1,1633 

- petite abslnt]ie de Paris 1900 0,9347 

- — — très vieille 0,8686 

- — — vieille 0,9906 

- — — vieille 0,9652 

- marjolaine vieille 0,8331 

- grande absinthe de Paris (plantes sèches 1888) 0,5080 

- — — très vieille 0,5831 

- — — (avant maturité).. 0,7874 

- - d'Algérie 1901 0,5784 

- — d'Espagne 1898 0,4673 

— d'Espagne 1900 0,4572 

— du Midi 1897 0.8737 

— dn Midi 1899 0,9855 

- Unaisie de Paris 1891 0,1066 

- tanaisie de Paris 1900 0,1117 

de sariette vieille 2,0218 

- girofle 1901 2.6314 

- thym récente 2,4282 



— 172 — 

Essence de badiane du Tonkin 1900 1.6103 

— -- du Tonkin 1901 i,yi9% 

— — très tieille 1,5100 

— — fieille 1,4935 

— d*anis de Aloravie 1898 1.1648 

— — Russie 1901 . distillé à Paris 1 ,661 1 

— — Russie. 1901 MHO 

— — du Tarn 1901 1,3665 

d'Espagne 1901 l,320i 

— — trèsTieille 1,4274 

— — (plus de dix années) 1,3970 

Essence de camomille romaine jaune vieillo ordinaire, 

de chez Merck 1,0363 

— — ordinaire bleue neille, de chez 

Merck 2,5095 

— ~ romaine rectifiée incolore récente 0,4368 

Essence de cardamome récente 1 ,2293 

— cajeput récente 0,79i4 

Essence de calamus Tieille 1 ,2192 

— calamus récente 1,5951 

— dTiysopc de Paris 1900 0,9906 

— — Paris très vieille 0,7162 

— — Provence 1900 0,5486 

— — Provence très vieille 0,4775 

Ces chiffres peuvent être utilisés pour le dosage des 
essences dans les liqueurs et les solutions alcooliques, 
comme nous l'avons indiqué dans notre Méthode d'ana* 
lyae des absinthes du commerce. Ils peuvent aussi ser- 
vir à l'identification des huiles essentielles et à la 
recherche de leurs falsifications (1). 



Sur une réaction d^ identité du pyramidon; 
par M. G. Rodillon. 

La diméthylamidodiméthyloxyquinizine, désignée 
plus simplement dans le commerce sous le vocable 
déposé de <c Pyramidon », présente en solution aqueuse 
la propriété de bleuir par Taddition d'un soluté de 
gomme arabique. 

Kétude de cette réaction a montré qu'elle ne s'effectue 

(1) Travail t'ait au Laboratoire municipal de la Ville de Pans. 



— 173 — 

I qu'au contact de Tair et que, d'autre part, elle n'a 
lieu si la solution de gomme a été portée à une 

mpérature supérieure à 85^. Le professeur Denigès 
a logiquement conclu à la présence d'une oxydase. 

De CCS remarques îl ressort que le pyramidon* par 

le oxydation ménagée, donne naissance à un corps 

1 se dissout dans l'eau en lui communiquant une 

loration bleue. 

On pourra donc identifier le pyramidon en traitant 
sa solution aqueuse par un oxydant incolore tel que 
l'eau oxygénée, les hypochlorites alcalins, ou par le 
bioxydede manganèse, l'oxyde puce de plomb, etc., en 
prenant soin toutefois de ménager l'action de cet oxy- 
dant, car le composé bleu ainsi formé est détruit si on 
pousse trop loin l'oxydation. 

Pratiquement on prendra 10'^^'' de pyramidon que 
l'on dissoudra danso""™* d*eau, on ajoutera une goutte de 
|)a solution d'un hypochlorite courant (extrait de Javel 
00 liqueur de Labarraque) et Ton verra se former rapi- 
dement une belle coloration bleue. Un excès d'hypo- 
chlorite est nuisible : aussi peut-on le remplacer par 
quelques gouttes d'eau oxygénée, il est alors nécessaire 
de chauffer à 60 ou 70*. On pourrait appliquer cette 
réaction au dosage du pyramidon par colorimétrie. 
Koas compléterons cette note en disant que le perchlo- 
rure de fer donne avec la solution de pyramidon une 
coloration violette très intense analogue à celle des 
phénols. 
=^~~~~'— ^ ■ ' ' ■,,.-■ , ■■■■■. — ,»—--^— ^ 

Sur Us réactions du ffaïacol; par M. G. Guérin, professeur 
à rÉcole supérieure de Pharmacie de Nancy. 

On sait que les solutions alcooliques de gaïacol trai- 
tées par une goutte de perchlorure de for officinal se 
colorent en bleu pur; une plus pure quantité du réactif 
donne une coloration d'un vert émeraudc. 
Les solutions aqueuses donnent, dans les mêmes 

conitilions, une coloration et un trouble brunfttres. 



— ■ 174 — 

Si Ton ajoute de Tammoniaque, puis un hyopcUo- 
rite alcalin, à une solution aqueuse de gaïacol, il se 
produit une coloration verte lorsqu'on applique la cha- 
leur. 

Une solution aqueuse de gaïacol, additionnée de 
quelques gouttes de nitrite de soude^ à 10 p. 100, puis 
d'une goutte d'acide sulfurique ou nitrique, se colore en 
rouge orangé (Adrian). 

A ces réactions nous pouvons ajouter les deux sui- 
vantes : 

A. — Les solutions aqueuses de gaïacol traitées par 
par une solution d'acide chromique, ù 1 ou 2 p. 100, 
donnent une coloration et un précipité brunâtres. 

jB. — Ces mêmes solutions aqueuses de gaïacol addi- 
tionnées d'acide iodique, à 1 ou 2 p. 100, se colorent eu 
orangé brun et laissent déposer un précipité de couleur 
kermès. 



MÉDICAMENTS NOUVEAUX 



Gujasanol (1). — MM. Einhom et Hûtz ont étudié 
récemment Tacliondeséthersacétiques monochlorés de 
plusieurs phénols sur les aminés secondaires de la série 
grasse : cette réaction leur a donné un certain nombre 
de corps nouveaux, dérivés du glycocoUe et dont le plus 
important est le gujasanol^ formé par l'union de l'éther 
acétique monochloré du gaïacol et de la diélhylamine. 
Pour faciliter l'intelligence de ce qui suit, rappelons 
que l'ammoniaque réagissant sur l'acide acétique 
monochloré donne le glycocoUe 

COOH— CH2CJ+AzH3 = COOH.CH-^-AzHs+HCl. 

Si on remplace Tacide monochloracétique par un 
éther phénol ique de cet acide et l'ammoniaque par une 
aminé secondaire, on arrivera à des glycocolles dialky- 

(!) EiNHORN et HtiTz. Avçhiv der Pharmazie, 1902, p. 631. 



mm II 



— 175 — 

lés et contenant un radical phénolique : le gujasanol 
est un de ces glycocolles. 

Pour l'obtenir, on prépare d'abord l'éther acétique 
monochloré gaïacol en traitant par roxychlorure de 
phosphore un mélange de gaïacol, acide monochlor- 
acétique et pyridine : l'éther qui a pour formule 

C<H*— 0CH3-0— CO— CH«Cl 

est en aiguilles blanches, fusibles à 58*'-60'*. Cet éther 
secombine directement à la diéthylamine pour donner 
ane base dont le chlorhydrate a pour formule 

C«H*— 0CH3— 0— ce— CH2— Az(C2H»)s.HCl; 

c*est le gujasanol. 

Le gujasanol cristallise en aiguilles prismatiques, 
fusiblesà ISi'^-lSB^, solubles dans l'eau. Sa propriété la 
plus remarquable est d^ètre décomposé par les alcalis, 
mèoie les plus faibles, avec formation de gaïacol ; la 
présence de ce dernier corps peut être déeelée dans les 
urines d'animaux qui ont absorbé du gujasanol, et cela 
très peu de temps après l'ingestion du médicament. 

Le gujasanol présente au point de vue de sa facile 
décomposition un avantage marqué sur d'autres éthers 
du gaïacol, qui ont été proposés antérieurement (car- 
bonate, benzoate, etc.). 

Les auteurs ont préparé une combinaison du même 

ordre en remplaçant la diéthylamine par la diisobuty- 

i lamine. Ils décrivent aussi des dérivés analogues obte- 

' nus en remplaçant le gaïacol par d'autres phénols (créo- 

sol, phénol ordinaire, crésylols, thymol, etc.). 
I II. C. 

Cryogénine. — Sous le nom de Cryogénine^ MM.Lu- 
ndère, de Lyon, ont mis dans le commerce un nouvel 
antithermique qui est au point de vue chimique la 
I ienzamidosemicarbazide . 

La cryogénine se présente sous forme d'une poudre 
cristalline blanche, peu soluble dans l'eau, soluble dans 
ralcool. 



— 176 — 

 la suite des essais thérapeutiques faits avec la cryo- 
génine par MM. Dumarest et Gilibert (1), il résulte que 
ce produit est un antithermique sans action tostique. 

Elle a donné de très bons résultats chez des tubercu- 
leux et son emploi dans ce cas est préférable à celui 
des autres antithermiques,car elle ne provoque pas de 
troubles digestifs. 

La cryogénine est administrée sous forme de cachets 
contenantde 0«^20 à0«',60 :1a dosemaximaeatde 1«^20 
pour 24 heures. 

H. C. 



REVUES 
Pharmacie. 

Conservation des sangsues (2) ; par M. Trautmam«. 

— Les recommandations de l'auteur portent sur les 
trois points suivants : nature du récipient, tempéra- 
ture de l'eau, lumière ; elles peuvent se résumer ainsi : 

— l*" Conserveries sangsues dans un bocal à conserves, 
en verre blanc, rempli aux trois quarts d*eau, à la tem- 
pérature de la chambre, et fermé par une loi le ou une 
gaze. — 2° Exposer le bocal à la lumière dîiïuse, mais 
éviter la lumière directe du soleil. — 3** Ne renouveler 
Veau qu'en cas de besoin, et non pas régulièrement tous 
les jours ou tous les deux jours. Pour cela, décanter 
avec précaution et remplacer l'eau par de Teau nou- 
velle à 15*17''. Après plusieurs décantations, remplir de 
nouveau le bocal aux 3/4. — 4** Ne pas nettoyer les parois 
du récipient, et laisser s'y développer des algues dont la 
présence parait favorable à la conservation des sang- 
sues. — 5** Troubler le moins souvent possible le repos 
des sangsues. 

(1) Voir Lyon Médical, noT. et déc. 1902. 

(2) Ueber fiehandlung und Aufbewahruog der Blutegr^I ; Phat^maccuL 
Zlg„ 1902, p. 677; d'après Schw., Wochench, f. Chem, h* Phtit-m., XL, 
p. 594, 1902. 




— 177 - 

Eo observant ces précautions, on réduit les pertes au 
minimum; on évite, en tout cas, celles qui proviennent 
do brusque changement de température, des chocs et 
des blessures faites aux sangsues que Ton détache de 
force des parois du vase, lors du nettoyage quotidien. 

V. H. 

Houveauprocédé pour évaluer l'action de la pepsine (1) ; 
{Mu-M. Spriggs. — L'auteur a suivi les variations de visco- 
àléde solu lions albu minoïdes (syn tonine) sous Fin fluence 
delà digestion pepsique. La solution à essayer est con- 
tenue dans l'appareil mèmequi sert àmesurerla viscosité. 
Cet appareil plonge dans un bain-marie à température 
fixe. IjtviscosimtHre est un tube en U dont une branche 
est constituée par un tube capillaire sur une certaine 
longueur. Le liquide est aspiré à travers la branche 
capillaire, puis, au moyen d'un dispositif qui permet 
I d'exercer à la surface du liquide une pression constante, 
on chasse de nouveau le liquide dans l'autre sens, h 
I travers la partie capillaire. La viscosité est mesurée par 
le temps que met le ménisque à franchir toute la partie 
! capillaire. Le tube capillaire avait 0'"°,35 de diamètre, 
I et 68"" de longueur. Le passage de Teau dans ce tube, 
I sous une pression de 450"'" de benzol, exigeait 
; 73M à 38*5. 

I Déjà sous l'inQuence de HGl seul une solution de 
i syntonine voit sa viscosité diminuer peu à peu, pour 
devenir sensiblement constante au bout d'un temps 
variable selon la température à laquelle on la main- 
tient. De 220", la viscosité s'est abaissée en trois 
jours, pour une température de 40°, à 160" envi- 
ron. On constate en même temps une diminution 
de la quantité d'albuminoïde coagulable. 

En présence de pepsine, la chute est beaucoup plus 
rapide. Dans les quinze premières minutes, le temps 
d'écoulement s'est abaissé de 180 à 120" environ, 

(i) Eiae neae Méthode zar Bestimumung der Pepsinwirkung; Z/«c/i. 
r. physioi Chem., XXXV, 465-494, 1902. 

•/•^. ée Pharw. tt de Ckim. 6» série, t. XVII. (15 février 1903.) 12 




— 178 — 

pour atteindre après trois jours un chiffre voisin 
de 83 et sensiblement constant. La viscosité est alors 
voisine de celle de Teau. — Des essais semblables avec 
la vitelline ont donné des courbes tout à fait compa- 
rables. La diminution de viscosité est surtout due à la 
transformation des albuminoïdes coagulables en incoa- 
gulables ; car, lorsque la viscosité est devenue à peu 
près constante, on trouve encore très peu d'albumi- 
noïde coagulable. La transformation ultérieure en albu- 
moses n'a pas grande influence sur la viscosité. Si l'oD 
trace une courbe de la quantité d'albuminoïde coagu- 
lable aux divers moments de l'opération, elle suit pa- 
rallèlement la courbe de diminution de la viscosité. 

Des essais ont été faits comparativement avec des 
quantités de pepsine différentes : quelle que soit la 
quantité de pepsine, pour une viscosité égale des dif- 
férents mélanges (viscosité qui n'est atteinte que suc- 
cessivement pour chacun d'eux), on a trouvé la même 
proportion d'albuminoïdes coagulables et incoagu- 
tables. 

Enfin les différentes courbesobtenuesontpuêtre repré- 
sentées par une formule algébrique qui permet d'éva- 
luer les rapports entre les quantités de pepsine et la 
rapidité de la digestion. v. H. 



Chimie. 



Sur la présence de l'argon dans les gaz delà source 
Bordeu à Luchon, et sur la présence du soufre libre 
dans l'eau sulfureuse de la grotte et dans les vapeurs 
de humage ; par M. Henri Moissan (1). — Les eaux sulfu- 
reuses de Luchon ont fait le sujet de nombreux travaux 
parmi lesquels on peut citer ceux de Bayen, d'Anglada, 
de BouUay et Henry, de Fontan, de Filhol, et enfin les 
recherches du D*" Garrigou, qui a fait remarquer que 
les sources d'un même groupe d'eaux sulfureuses peu- 
vent être très différentes. 

(1) Ac. d, 8c., CXXXV, 1278, 29 décembre 1902. " 




— 179 — 

Source Bordeu, — La source Bordeu, n" i , possède un 
véritable griffon, présentant plusieurs fissures longitu- 
dinales par lesquelles on voit arriver Teau sulfureuse 
chaude et se dégager quelques bulles de gaz. L'eau sort 
de la rocbe à une température de 44^ au milieu de cou- 
ches schisteuses, plus ou moins attaquées. La tempéra- 
ture de l'eau augmente de un degré lorsque l'on enfonce 
le thermomètre dans la faille traversée par l'eau. Le 
griffon se trouvant au fond d'une vasque naturelle, il a 
été facile de disposer sur des entonnoirs retournés des 
flacons remplis d'eau sulfureuse prise au fond même 
de cette vasque de façon à éviter Taction et le contact 
des gaz de l'air. L^eau produite en notable quantité par 
cette source est conduite par un caniveau dans un 
grand réservoir réunissant le débit de plusieurs 
sources. 

Les gaz recueillis n'étaient pas très abondants et les 
différentes fissures du griffon en dégageaient des quan* 
tités variables, bien que toujours assez faibles. 

Lorsque les flacons de 250*''^' étaient remplis de gaz, 
ce qui demandait deux à trois jours, on les fermait au 
moyen d*un bouchon de verre rodé enduit de paraffine, 
puis on coulait de la paraffine fondue dans l'espace 
annulaire du goulot de la bouteille. 

Ce gaz transvasé sur la cuve à mercure attaquait très 
légèrement la surface de ce métal. Il ne renfermait pas 
trace d^hydrogène sulfuré, car un papier à l'acétate de 
plomb n'a pas noirci à son contact. Ce fait semble indi- 
quer que Teau sulfureuse de la source Bordeu ne ren- 
feraie pas de sulfhydrate de sulfure au moment de 
Témei^ence : sans quoi, ce composé, par simple disso- 
ciation^ devrait fournir de Thydrogène sulfuré. Dès 
queTeaude la source Bordeu est en présence de Tacide 
carbonique de l'air, l'émanation de l'hydrogène sulfuré 
«si due H Taction secondaire de l'acide carbonique de 
l'air sur le sulfure de sodium. 

Ce gaz ne renfermait pas d'acide carbonique, il ne 
contenait pas trace d'oxygène, car il ne colorait même 



— 180 — 

pas la solution de pyrogallate de potassium. Il était 
entièrement formé d'une petite quantité de méthane, 
de beaucoup d'azote et d'un peu d^argon. 
Son analyse quantitative a fourni : 

Forméne 1,22 

Argon 2,56 

Azote 96.22 

L'étude spectrale de cet argon n'a pas indiqué la pré- 
sence de l'hélium. 

Source de la Grotte. — Cette source est une des plus 
anciennes parmi les eaux sulfureuses de Luchon; sa 
température prise au griffon est de 59^ Elle présente 
un intérêt particulier, parce qu'elle est utilisée pour le 
humsge. Au moyen d'appareils installés en 1890 par le 
D^ Frébault, on fait passer sur une surface de cette eau 
thermale un courant d'air qui monte dans les appareils 
de humage et qui possède, au point de vue thérapeu- 
tique, des propriétés particulières. 

Lorsque l'on hume ce mélange de gaz et de vapeurs 
d'eau, on ne perçoit pas l'odeur d'hydrogène sulfuré. 
De plus, un humage prolongé, excessif, n'a jamais 
amené les phénomènes toxiques de l'empoisonnement 
par l'hydrogène sulfuré. 

Cependant des objets en argent laissés dans les salles 
de humage se recouvrent, en 24 heures, d'une patine 
noire de sulfure d'argent. Cette sulfuration rapide de 
l'argent doit être attribuée à une autre cause. 

Si l'on place, en effet, du papier à l'acétate de plomb 
devant l'un de ces tubes ^ humage, il est facile de 
reconnaître q"u'il ne se colore en marron très clair 
qu'avec une extrême lenteur, et ce ne sont pas les 
émanations qui donnentles colorations les plus intenses 
au papier à l'acétate de plomb qui sont les plus actives 
au point de vue thérapeutique. 

Pour rechercher les composés qui pouvaient prendre 
naissance dans ces conditions, l'auteur a condensé sur 
un récipient en verre rempli de glace, la vapeur qui 
sortait des tubes de humage. On obtient ainsi un 



— 181 — 

liquide incolore qui fournit un très léger dépôt. Ce 
liquide possède une faible odeur d'acide sulfureux, et 
présente les réactions d'une solution très étendue de ce 
gaz : décoloration instantanée à froid d'une solution 
étendue de permanganate de potassium et décoloration 
d'empois d*amidon bleui par une petite quantité d'eau 
iodée. Il contient aussi une très petite quantité d'hydro- 
gène sulfuré et des traces d'acide sulfurique, il n'y 
existe pas d'arsenic. 

Le dépôt provenant de la condensation des vapeurs 
d'un appareil de humage a été étudié au microscope. Il 
était formé de quelques iilaments et poussières prove- 
nant de l'air atmosphérique, et, en plus, de fragments 
irréguliers faiblement colorés, de couleur jaune, à indice 
de réfraction différent de celui de l'eau On y a ren- 
contré aussi quelques petites masses agglomérées ayant 
l'apparence de l'ambre claire, et quelques filaments 
recouverts par place de petits cristaux jaunes. Ces 
poussières sèches, placées entre deux lames de verre et 
portées à une température de ISO**, laissent voir la 
fosion d'un grand nombre de ces petites particules en 
un liquide jaune, et, si l'on chauffe davantage, on 
reconnaît que les parcelles fondues se vaporisent : ce 
sont les caractères du soufre; en chauffant ce résidu 
à iOO\ on perçoit nettement Todeur de la vapeur de 
soufre. Il existe une quantité de soufre beaucoup plus 
grande condensée dans les tubqs de porcelaine en col 
de cygne qui terminent ces appareils. En effet, il suffit 
de recueillir la poussière qui tapisse l'intérieur de ces 
tubes pour voir qu'elle est entièrement formée d'une 
poudre d'un blanc jaunâtre formée de petits octaèdres 
possédant tous les caractères du soufre. Si la vapeur de 
soufre ne s'oxyde que faiblement dans ces conditions, 
cela tient à ce qu'elle est noyée dans un grand excès de 
vapeur d'eau. 

Une notable partie de ce soufre peut provenir de 
l'oxydation par l'oxygène en présence de la vapeur 
d'eau du gaz hydrogène sulfuré dégagé du monosulfure 



— 182 — 

de sodium sous Taction de l'acide carbonique de l'air. 
£t celte oxydation est assez complète pour qu'il ne se 
dégage que des traces d'hydrogène sulfuré aux appa- 
reils de humage; une autre partie provient de la vapo- 
risation du soufre qui se trouve en solution dans l'eau 
sulfureuse. 

Le soufre, en effet, est légèrement soluble dans ce 
liquide ; il est même un peu soluble dans Teau distillée 
à la température de 50°. 

Si l'on place dans un tube scellé un fragment solide 
de soufre et une petite quantité d^eau, puis si l'on 
maintient le bas du tube à une température constante 
de 60* pendant plusieurs jours, on voit se former de 
petits cristaux blancs de soufre h la partie supérieure, 
c'est-à-dire dans la partie froide du tube. 

De même, si Ton fait passer d'une façon continue un 
courant d'eau distillée privée d'air, dans un tube 
horizontal contenant des fragments de soufre solide 
maintenu à + 60"*, puis que l'on dirige cette eau dans 
un récipient refroidi, on voit se condenser dans la 
partie froide de l'appareil un léger dépôt de soufre de 
couleur ambrée. 

Du reste, il suffit de prendre de Teau exempte 
d'oxygène et de la maintenir à l'ébullition en contact 
avec quelques morceaux de soufre solide, puis de la 
filtrer rapidement pour voir se former, par refroidisse- 
ment, dans un verre conique, un dépôt de petits cris- 
taux microscopiques jaunes qui possèdent les propriétés 
du soufre. 

Si l'on répète les expériences précédentes avec une 
solution aqueuse à 1 p. 1000 de monosulfure de 
sodium, la solubilité du soufre devient plus grande. 

L'eau de la Grotte renferme donc du soufre en solu- 
tion et la vapeur sortant des tubes de humage contient 
une très petite quantité d'hydrogène sulfuré et d'acide 
sulfureux, ainsi que de la vapeur de soufre. Cette der- 
nière provient de trois sources différentes : l^combustion 
lente de l'hydrogène sulfuré; 2° réaction d'une petite 







— 183 — 

quantité d'acide sulfureux suri 'hydrogène sulfuré ; enfin 
3*Taporisation du soufre en solution dans Teau. 

Cette vapeur de soufre peut jouer un rôle dans Tac- 
tion thérapeutique de humage soit comme antisep- 
tique, soit parla facilité de son assimilation. On com- 
prend dès lors pourquoi le humage ne peut se faire qu'à 
ane petite distance du griffon, lorsque la température de 
Teau est aussi élevée que possible, c'est-à-dire lors- 
qu'elle est très chargée de vapeurs de soufre. 

A. R. 

La destraction des matières organiques en toxico- 
logie; par M. G. Bruylants (1). — De tous les procédés 
piéconisés pour la destruction des matières organiques, 
lors d'une recherche toxicologique, c'est celui de Fré- 
sénius et von Babo qui est le plus employé. Il présente 
cependant, dans la pratique ordinaire, un inconvénient 
assez grave. Les cristaux de chlorate de potassium, en 
plaques ou en lamelles, sont immédiatement attaqués, 
par l'acide chlorhydrique chaud ; peu denses, ils sont 
décomposés déjà dans les couches supérieures du li- 
quide ; en sorte qu'une grande quantité de chlore se 
dégage sans avoir agi sur les matières organiques. Il 
s'ensuit une perte très forte en acide chlorhydrique et 
une acumulation parfois nuisible de sel potassique dans 
le produit traité. 

Cet inconvénient peut être écarté par l'emploi de 
comprimés de chlorate, tels qu'on les fabrique pour 
Tusage en pharmacie. 

Très dense et plus difficilement attaquable que les 
cristaux, le chlorate comprimé tombe au fond du li- 
quide et est décomposé lentement, régulièrement, de 
façon que tout le chlore puisse être actif. 

Les viscères convenablement divisés sont introduits 
dans des matras Ërlenmeyer, additionnés d'acide chlor- 
à 5 ou 7 p. 100, et chauffés au bain-marie 



V) Annal, de Pharm, de Louvain, août 1902. 




~ 184 — 

jusqu'à liquéfaction. On laisse la température tomber 
jusque vers 80^ et on y introduit quatre ou cinq com- 
primés à la fois; on les renouvelle après décomposi* 
tion, en ayant soin de ne pas laisser s*éle ver la tempéra- 
ture. Lorsque le liquide est devenu jaunâtre, on arrête 
Tadditionet on chauffe au bain-marie jusqu'au brunisse- 
ment; puis on ajoute de nouveau des comprimés et 
ainsi de suite jusqu'à ce que la coloration jaunâtre per- 
siste. En opérant avec soin, on peut arriver à ne point 
percevoir de dégagement de chlore. 

Il a été employé environ 400'^'' de comprimés pour les 
proportions suivantes de viscères. 

Estomac et soq contenu 245*^ 

Intestin ! .100 

Cœur et poumons 180 

Ceryeao 250 

Foie, rein, raie 715 

Soit un total de 2.490»' 

Le chlorate de potassium comprimé, pris par quan- 
tités, n'est guère plus coûteux que le chlorate cristal- 
lisé. A. R. 

Dosage volumétrique de l'acide phosphorique; par 

M. de MoLiNÂRi (1). — Cette méthode est employée par 
Tauteur depuis 1895. 

Réactifs. — 1* Molybdate (T ammoniaque : on dissout 
90^'' de molybdate d'ammoniaque cristallisé dans un 
peu moins d'un litre d'eau; on ajoute quelques gouttes 
d'ammoniaque; on complète le volume; on laisse 
déposer pendant 12 heures et Ton filtre; 

2° Nitrate d'ammoniaque : on emploie une solution 
saturée ; 

3** Acide nitrique, de densité voisine de 1,4; 

4" Potasse caustique : on étend à 1"' 326",5 de po- 
tasse normale, bien débarrassée de toute trace de carbo- 
nate par l'eau de baryte; 1" correspond à l"**^ de Ph*0*; 



(1) Ann. de chitn, analyt., novembre 1902. 



— 185 — 

5* Acidesulfurique: il doit avoir le même titre, volume 
à volume, que tapotasse caustique; on le prépare en 
étendant 326",5 d'acide normal à i "'. 

6'' Indicateur : on dissout 1'^ de phénol phtaléine dans 
lOO** d'alcool a 60% et Ton emploie 0",5 de cette solution 
pour chaque titrage. 

Méthode, — Superphosphates. — Or. prépare d'abord 
les solutions en traitant 2'*' de superphosphate par Teau, 
et Ion amène le volume à 250*^*"; le résidu de l'épuise- 
ment par Teau est traité par 100^^ de citrate d'ammo- 
niaque alcalin (Formule Petermann) (1), et l'on amène 
ensuite le volume de la liqueur à2S0"; on prend 12''',5 
de chacune des solutions ci-dessus; on ajoute 10^^ 
d'acide nitrique additionnée de son volume d'eau, 15''*^ 
de solution de nitrate d'ammoniaque et Ton dilue de 
manière à obtenir un volume de 70^^ environ; on fait 
bouillir pendant 10 minutes; on retire du Jeu et Ton 
précipite l'acide phosphorique par 20" de molybdate 
d'ammoniaque, ajouté en 2 fois, par fraction de 10"; 
on laisse déposer pendant 10 minutes, on filtre : on lave 
2 à 3 fois par décantation avec de l'eau distillée, on 
jette le précipité sur le liltre, et l'on continue à laver 
jusqu'à ce que le filtratum n'ait plus de réaction acide 
(il ne faut jamais toucher les parois du verre avec 
l'agitateur pendant la précipitation); on place ensuite 
le filtre et son contenu dans le verre qui a servi, et l'on 
Terse la solution alcaline (potasse caustique), jusqu'à ce 
(|ue le précipité soit totalement dissous; on délaie par- 
faitement le filtre avec un peu d'eau; on ajoute l'indi- 
cateur, et l'on titre au moyen de l'acide sulfurique, en 
laissant couler celui-ci goutte à goutte : on retranche 
le volume d'acide employé du volume de potasse; la 
différence donne directement la teneur en acide phos- 

(1) Ce cilrtte s'obUoDt en dissolvant 500^*' d'acide citrique dans Tarn- 
moDiaqae à 0,92, JDsqa'à réaction neutre (il faut enyiroD lOO®*:) ; on 
tmène la coneeotratioD du liquide refroidi à la densité de 1,09 k 15o, en 
postant de l'eau; on ajoute ensuite, par litre, SO*)» d'ammoniaque à 0,92; 
on agite et l'on filtre. 



— 186 - 



^ 



phorique, chaque centimètre cube représentant 1 p. 100 
d'anhydride phosphorique lorsqu'on opère sur 0«',i de 
matière. 

Scories de dépkospkoration. — On prélève 10" de la 
solution (S»*" dans 500*^*=); on neutralise par l'ammo- 
niaque, jusqu'à formation d'un précipité persistant; on 
ajoute lO''*^ d'acide nitrique additionné de son volume 
d'eau, IS*""" de nitrate d'ammoniaque et une quantité 
d'eau suffisante pour avoir un volume d'eau de 70*=* 
environ; on chauffe jusqu'à l'ébuilition; on retzte du feu, 
et, après quelques instants, on ajoute 5^*^ de solution 
molybdîque; on agite légèrement; on laisse déposer 
pendant une minute; on verse de nouveau 10" de 
molybdate ; on agite; on laisse déposer pendant 10 mi- 
nutes, et Ton continue comme précédemment. 

Phosphates. — La précipitation se fait dans les mêmes 
conditions que pour les scories ; on ajoute, en plus, 10*^ 
de citrate d'ammoniaque, et l'on précipitie l'acide 
phosphorique au moyen de 40" de molybdate d'am- 
moniaque, par fraction de 20". 

Superphosphates {acide phosphorique soluhle dans F eau), 
— La précipitation se fait dans les mêmes conditions 
que pour les phosphates. 

Engrais composés. — Même méthode que pour les 
superphosphates. A. R. 

Origine de l'arsenic contenu dans certaines bières ; 
par M. A. Petermann (1). — Il y a bientôt deux ans, la 
presse anglaise s'était émue de nombreux cas d'empoi- 
sonnement qui s'étaient produits dans diverses villes 
d'Angleterre et dus, d'après le D^ Reynolds, à l'usage 
de certaines bières renfermant de 2 à 70"'^' d'arsenic par 
litre ; l'avis général fut que l'introduction de cet arsenic 
provenait d'additions, dans le cours de la fabrication 
de la bière, de glucose et de sucre interverti obtenu par 



(1) Journal d'agriculture pratique^ t. III, 1902, p. 501; d'après Anna* 
les agronomiques, 25 octobre 19C2. 




— 187 — 

aiction de Facide sulfurique du commerce, souvent 
arsenical, sur la fécule. 

On chercha à rejeter ces accidents sur la présence 
d'arsenic dans les superphosphates employés comme 
eograis pour l'orge de brasserie. M. Petermann a suc- 
cessivement étudié les trois points suivants : 

V Recherche de Tarsenic dans les superphospha- 
tes; 

2* Le superphosphate arsenical doit-il être considéré 
comme nocif? 

3* L'orge récoltée sur des champs fumés au super- 
phosphate et les malts renferment-ils de Tarsenic? 

La première question fut résolue par le dosage de 
l'arsenic dans un certain nombre d'échantillons de 
superphosphates de fabrication belge qui servirent par 
la suite comme engrais dans Tétude des deux dernières 
questions. On a trouvé dans ces superphosphates des 
quantités très notables d'acide arsénieux variant de 
M22à0,i80p. 100. 

Cette proportion, en prenant comme exemple la 
quantité maximum d'acide arsénieux et en supposant 
un emploi à l'hectare de 1.000^" de superphosphate, 
provoquerait l'introduction dans le sol de 1"^8 d'acide 
arsénieux, soit 0,0008 par kilo de terre. Or, d'après 
Sorauer, lacide arsénieux ne deviendrait toxique dans 
le sol qu'à la teneur de 1 p. 1000, ce qui supposerait 
an apport annuel répété pendant dix siècles de 1 .000"' 
de superphosphate, en sorte que la réponse à la 
seconde question doit être négative. 

Au sujet de la troisième question, le fait que les biè- 
res fabriquées uniquement à l'aide de malt et de hou- 
blon sont exemptes d'arsenic et que les végétaux refu- 
sent d'absorber des quantités sensibles d'acide arsénieux, 
même par addition directe de ce corps ou de ses congé- 
nères, permet a priori de répondre négativement. La 
démonstration directe a été fournie par l'examen des 
vingt-cinq échantillons divers : orges, betteraves, 
caltivés sur des sols fumés au superphosphate arseni- 



^ 



— 188 - 



cal; on n'a rencontré que deux malts donnant une très 
faible réaction de l'arsenic, inférieure à un dix-millio- 
nième. 

L'auteur conclut de ses recherches que « s'il est par- 
faitement vrai que les superphosphates du commerce 
renferment presque toujours de l'arsenic, les orges 
fumées avec cet engrais et les malts en sont complète- 
ment exempts ou en renferment de si faibles traces que 
la responsabilité de la présence de quantités apprécia- 
bles de ce toxique dans certaines bières retombe sur 
Teniploi de glucose ou de sucre interverti impurs. 

Dosage de la caféine dans le thé; par M. André (1). 
— On pulvérise finement 10*'' de thé et on les mélange 
intimement au mortier avec un lait de magnésie préparé 
avec 10«' d'eau et lO**" de magnésie; après un contact de 
quelques instants, on ajoute 100'''' d'alcool à 85"*; on 
introduit le mélange dans un ballon, qu'on place au 
bain-marie; après quelques minutes d'ébuUition, on 
décante et Ton fait trois nouveaux traitements avec 50" 
d'alcool à 85^ bouillant; les liqueurs sont réunies et 
évaporées; lorsque le liquide est réduit à 60", on filtre; 
on évapore ensuite le filtratum en consistance d'extrait; 
on traite cet extrait par Tacide bromhydrique étendu 
de son volume d'eau; cet acide bromhydrique s'empare 
de la caféine; on filtre; on ajoute au filtratum 50" d'une 
solution ainsi composée : 

Brome 508» 

Bromure de potassium 100 

Eau distillée 850 

11 se forme un précipité jaune orangé, constitué par 
le bromhydrate de tribromocaféine qui s'est formé 
(C«H*^Br=Àz*O^HBr) ; on redissout le précipité dans l'eau 
et l'on amène le volume de la solution à 500"; on en 
prend 50*^*^ dans lesquels on détermine le volume de 
brome libre jusqu'à ce que le papier ioduré [amidonné 
ne se colore plus. 

(1) Bulletin de pharmacie de Lyon, juin 1902. 



— i89 — 

Soit r ce volume; le volume du brome libre contenu 
ans les 500" de solution de caféine sera t? X 10. 

D autre part, on détermine le volume de brome libre 
[contenu dans un mélange de W d'eau et de SO'''' de la 

lulion bromo-bromurée ci-dessus formulée; soit V ce 
volume; le volume sera V X 10 pour SOO". 

La différence entre V X 10 et t? X 10 représente le 
volume de brome combiné à la caféine. 

(V — r) X iO X 0,007159 (facteur de transformation 
de 1" de liqueur de Penot en brome) donne le poids de 
))romeuni à la caféine, et ce poids, multiplié par 0,8083 
(facteur de transformation de 1^** de brome en caféine), 
donne la teneur en caféine. 

Plus simplement (V — t?) X 0,05786 représente la 
quantité de caféine cherchée. 

Dosage des bases xanthiques. dans le cacao (1) ; par 
|M. J. Dekker. — L'auteur passe successivement en 
[revue quinze méthodes diverses de dosage des bases 
xanthiques dans le cacao, et fait la critique de chaque 
méthode. Il propose finalement le procédé suivant, qui 
donne un rendement plus considérable de produits plus 
purs: 10*' de poudre de cacao et 5^' de magnésie calci- 
née sont chauffés avec 50^"^ d'eau, pendant une heure, 
dans un ballon de 250"^°"^ avec réfrigérant à reflux. On 
filtre chaud, de préférence à la trompe: Le résidu est 
bouilli un quart d'heure avec 150^°"^ d'eau et le liquide 
est filtré. 

Les liquides filtrés sont évaporés à sec, en présence 
de sable ; et le résidu est finement pulvérisé. Celte 
poudre est bouillie trois fois avec chaque fois 100*""' de 
chloroforme, au réfrigérant à reflux. Le chloroforme 
est filtré chaud et distillé. Le résidu, séché à 100<* 
une demi-heure, est pesé : il représente les bases xan- 
thiques. L'auteur a fait plusieurs essais concordants 

(1) Zar quantitaven Bestimmung dor Xanthinbasen im Kakao; 
ScBWBis., Wockenschr. f. Chem. u.Pharm,, XL, p. 527,544, 554 (1902). 



— 190 — 



1 

avec ou I 



avec une même sorte de cacao commercial, 

sans addition préalable de quantités connues de théo- 

bromine. 

On peut séparer la caféine et la théobromine, soit par 
le procédé de Kunze, qui repose sur la précipitation de 
la théobromine par le nitrate d'argent ammoniacal, soit 
plus simplement, d'après Tauteur, en traitant le mé- 
lange des bases par oO*""' de benzine, quantité ne dissol- 
vant que 4/2"*' de théobromine, mais suffisante pour 
dissoudre toute la caféine de la prise d'essai. On laisse 
en contact vingt-quatre heures, en agitant de temps 
en temps, et on évapore 25'^°'* du liquide filtré. On pèse 
le résidu, qui représente moitié de la caféine de la prise 
d'essai. 

V. H. 

Les bases xanthiques dans les feuilles de cacao et 
de kola (1) ; par M. J. Dekrer. — Feuilles de cacao. — 
Les feuilles, réparties en plusieurs lots, suivant leur 
état de développement, ont été desséchées en présence 
de chaux vive aussitôt la récolte, puis essayées par le 
procédé de l'auteur (2). Le produit obtenu a été recris- 
tallisé dans l'eau, pour le purifier. On a trouvé : 

Feuilles âgées Traces de théobromine ? 

Feailles moins âgées 0,29 p. 100 de théobromine 

Feuilles jeunes 0,55 p. 100 de théobromine, arec 

traces de caféine. 

Il s'ensuit que la théobromine s'accumule dans les 
jeunes feuilles, et que dans les feuilles âgées, elle dis- 
parait, par utilisation, ou par transport en d'autres 
points de la plante. Une analyse de Péckolt donne le 
chiffre de 0,16 p. 100 de théobromine (rapporté au 
poids sec); l'analyse portait, sans doute, sur des feuilles 
âgées. 



(1) Untersuchuog der Blattcr Yon Theobroma Kakao und Stercolia 
Cola auf darin enthaltene Xanthinbasen; Scbwbiz., IVocAen^cAr. f, Chem. 
u. Pharm., XL., 569, 190S. 

(2) Voir Tarticle précédent. 




— 191 — 

Feuilles de kola. — Même procédé de dessiccation et 
i de dosage. 

Feuilles jeunes 0,049 p. 100 de caLféioe 

I — 0,101 p. 100 de théobromino 

I Fenillea àg^es Traces de bases xanthiques. 

On constate ici encore la disparition de bases xan- 
thiques, à mesure que iesfeuilles vieillissent. On voit de 
plus que, dans les feuilles de kola^ le rapport des bases 
entre elles, est exactement l'inverse de ce qu'il est dans 
les graines ; celles-ci^ en effet, ne contiennent que des 
traces de théobromine à côté de la caféine. 

V. H. 

Sur remploi des nitrates pour la caractérisation des 
vins de sucre; par M. Gurtel (1). — L'abaissement des 
droits sur les sucres, en mettant à bas prix le degré 
d'alcool, inquiète le monde viticole, qui redoute la pro- 
duction des vins artificiels. L'auteur s'est proposé de 
rechercher un moyen qui permit de reconnaître l'emploi 
du sucre en vinification, dès que les doses employées 
dépasseraient celles que l'usage a consacrées et que la 
loi tolère. Son procédé consiste à conserver dans le 
sucre ou à y introduire après purification, dans les pro- 
portions de j^ environ, le nitrate de potasse existant 
dans le sucre Je betterave. Ces proportions suffiraient à 
révéler le sucrage du moût, dès qu'il dépasserait les pro- 
portions de 4*^ à S** environ par hectolitre, car le produit 
fait complètement défaut aux vins naturels et on ne le 
rencontre qu'exceptionnellement dans les vins large- 
ment mouillés à l'aide d\^.aux de puits riches en nitrate. 
11 semble d'ailleurs que l'on puisse sans inconvénient 
englober vins de sucre et vins mouillés dans une même 
réprobation. Un millième de nitrate ou moins encore, 
selon la tolérance accordée au sucrage, n'augmenterait 
pas sensiblement la teneur du sucre en impuretés natu- 
relles. D'ailleurs le nitrate de potasse existe dans la 

(t) Ae.d. Se, CXXXYI, 98, 12 janrier 1903. 



n 



— 192 -" 



betterave, comaie dans beaucoup d'autres végétaux 
alimentaires. Sa présence dans le sucre ne constituerait 
donc pas une dénaturation du produit. Enfin la recon- 
naissance des nitrates est excessivement simple. 

Il y avait à rechercher si les organismes de la fermen- 
tation ne les utilisent pas comme tant d'autres subs- 
tances azotées. Les avis sur ce point étaient assez parta- 
gés. 

M. Curte.l a opéré : 1* sur 12'** de vendange vinifiée à 
la façon ordinaire ; 2* sur une série de fermentations de 
moûts stérilisés et ensemencés de levures diverses ; 
3° sur des vins faits, stérilisés et ensemencés des prin- 
cipaux organismes des maladies des vins. 

Vendange, moûts et vins étaient additionnés de nitrate 
de potasse et Ton recherchait, au bout d'un temps 
plus ou moins long, avec le sulfate de diphénylamine, 
si ce corps avait ou non disparu. Il emploie pour 
cette détermination le sulfate de diphénylamine. Le 
réactif révélait sans difficulté, dans un vin rouge, 
la présence du nitrate, dès que la teneur était d'en- 
viron 30™« à 40°"» par litre ; avec les vins blancs ou 
peu colorés, la réaction est plus sensible qu'avec les vins 
très colorés. 

Les ferments de la tourne et de Tacescence semblent 
capables de détruire les nitrates et, par suite, d'empê- 
cher la réaction qui doit caractériser les vins de sucre, 
si ce sucre contient des nitrates. Mais les vins piqués 
et les vins tournés sont déjà suffisamment disquali- 
fiés pour qu'il ne soit pas nécessaire d'en rechercher 
l'origine. 

Il est possible cependant qu'au cours des fermentations 
secondaires qui se poursuivent lentement dans les grands 
vins, sous rinfluence d'organismes analogues ou identi- 
ques, il y ait h la longue utilisation et, par suite 
disparition des nitrates ; mais ce qui est redoutable 
pour le viticulteur, ce n'est pas le sucrage, même exagéré, 
de ces grands vins, mais la production intensive de vins 
artificiels destinés à la consommation immédiate. Le 



procédé conviendrait tout particulièrement à la carac- 
térisatioa de ces vins. 
La présence du nitrate de potasse dans le sucre à la 

dose de ^ou moins encore, suivant la tolérance accor- 
dée au sucrage, suffirait à révéler celui-ci dans les vins 
normalement fermentes et restés marchands, dès que la 
teneur en sucre dépasserait 3** à 5*^ par hectolitre. 

A. R. 



BIBLIOGRAPHIE 



F^^muîain des médicaments nouveaux pour 1903; par M. H. Boo 
QLiLLON-LiMOUSiN, (locteur en pharmacie rie l'Université de 
Ptris. Introduction par le D' Huchard, médecin des hôpitaux. 
15» édition (1). 

Cette édition contient un grand nombre d'articles sur les 
médictinents introduits récemment dans la thérapeutique ; beau- 
coup n'ont encore trouvé place dans aucun formulaire, même 
dans les plus récents. 

Noos citerons : Adrénaline, Anesthésine, Arrhénal, Chiéline, 
ùtprol, Cymol, Dermoxapoly Eosolate de calcium, Eprosine, Engu- 
fonne, Gazu-Basu^ Glycéro-Arséniate de chaux, Glycosal, Histo- 
9tnol, Ht/pnopyrine, lodopîiène, Lactanine, Lactate de mercure^Léci- 
thîM, îtaphtalan, Purgatine, Rétinol, Rheumatine, Satoquinine, 
Stnolol, Vlmorène, Valyl, Vioforme, etc, 

L'auteur y a joint des notices sur les médicaments, annoncés 
dtns ces dernières années, qui ont acquis de l'importance : Ben- 
zncftine, Caeodylate de soude, Caféijie, Chloralose, Cocaïne, Eucatne, 
finipyrine. Formol, Glycérophosphate, Ichtyol, lodol^Kola, Levure 
\ ^ Wére, Menthol, Pipérazine, Résorcine, Salophène, Salypirine, So- 
I ^atose, Strophanthus, Trûmal, Uratropine, Vanadate de soude, Xé- 
reforme, etc. 

Chaque article est divisé en alinéas distincts intitulés : syno- 
^ymie, description, composition, propriétés thérapeutiques, 
modes d'emploi et doses. Par ce moyen, on trouve immédiate- 
ment le renseignement cherché. 

I !!} 1vol. ÎQ-ISde G22 pagei, carU : 3 fr. (Librairie J.-B. fiaillière et 
ftUM9,ttie Hautefeaille, Paris). 



Jtm, et Pharm. tt dt Chim. «• «Éaii. t. XVII. (t5 février 1903.) 13 



|?y ACADÉMIE DES SCIENCES 







Séance du 5 janvier 1903 {C. jB., t. 136). 

— Remarques sur F origine des phénomènes volcaniques; 
par M. A. Gautier (p. 16). — Voir le prochain numéro 
de ce Journal. 

— Activité de quelques sels de terres rares comme exci- 
tateurs d* oxydation; par M. A. Job (p. 45). — L'acétate ^ 
céreuxjoue le rôle de convoyeur d'oxygène vis-à-vis de ; 
rhydroquinone avec une activité au moins égale à celle 
signalée pour Tacétate de manganèse (Bertrand). Ce 
phénomène est en concordance avec l'existence d'un 
peroxyde de cérium. 

L'acétate de lanthane se comporte de même; par 
analogie, on peut supposer l'existence, incertaine jus- 
qu'ici, d'un peroxyde de lanthane. 

— Sur deux nouvelles méthodes de synthèse des acides 
oxyphosphiniques ; par M. C. Marie (p. 48). — On obtient 
les acides oxyphosphiniques en chauffant un aldéhyde 
soit avec l'acide hypophosphoreux, soit avec Tacide 
phosphoreux; la première méthode est préférable. On 
oxyde ensuite par le brome, on enlève l'acide phospho- 
rique par la mixture magnésienne et on précipite Tacide 
cherché, Tacide éthylphosphinique, CH^— choh— po(OH«), 
par exemple, à l'état de sel de plomb en liqueur légère- 
ment acétique. 

— Acide bromo'isopyromucique ; par M. G. Chavan>e 
(p. 49). — L'action du brome sur l'acide isopyromu- 
cique donne un dérivé monobromé. Son étude conduil 
à attribuer u Tacide isopyromucique une formule con- 
tenant un groupement lactonique et un groupement 

XOH = C-CO 

énolique, ^<^ , I • 




— 195 — 

— Oxydation de l'ammoniaque et des aminés par action 
aUalytique; par M. A. Trillat (p. 53). — L'action de 
l'oxygène sous l'influence cataly tique du platine donne : 
I" avec Tammoniaque : nitrites, nitrates et un peu 
d'azote; 2^ avec les aminés grasses primaires : nitrites, 
nitrates et aldéhydes correspondants; 3** avec l'aniline : 
pas d'action notable; 4" avec la dimélhylaniline : 
aldéhyde formique et produit de condensation de cet 
aldéhyde avec le résidu de Tamine et la dimélhylaniline. 

— Diminution du taux des Ucitkines dans les laits 
davffês; par MM. Bordas et S. deRaczkowski (p. 56). — 
La teneur du lait en lécithines diminue par la chaleur: 

LaitchaaGTé au bain-marie, à 95% pendant 30'... 12 p. 100 de porte 

— à fea nu à 95* pendant 30' 28 — — 

— à 103-1 iOo en autoclave pendant 30'. 30 -— — 

— Sur un nouvel ergomètre; par MM. Th. Simon et 
l.-Cu. RoL'x (p. 39). — Description d'un appareil per- 
metlanl de déterminer le travail mécanique ou l'elForL 
toorni par un muscle bien isolé de Torgauisme humain. 

— Sur la reviviscence du cœur. Rappel des battements 
du cœur humain trente heures après la mort; par M. A. 
KcuAxo (p. 63;. — Voir le prochain numéro de ce 
JmtnoiL 

Séance or 12 janvier 1903 (C. B., t. 136). 

— Sur de nouveaux dénvis halogènes des benzylidène- 
et benzylcamp/tres droits; par MM. A. Haller et J. Min- 
ci is [p. 09). — Par Taclion du brome sur le benzyl- 
camphre, il se forme suivant les proportions de 
brome :1° deux benzylmonobromocamphres, composés 
lûyaul entre eux que des différences d'ordre sléréo- 

cbimique \ / ; 2^ deux B-bromobenzyl- 

C*Hn^C= CH-CCH*Br 

mènecamphres, \/ .différant entre eux 

par la poî>llion du brome dans le noyau benzénique. 



— 196 — 



1 



— Sur la glycolyse dans le sang « in vitro » ; par 
MM. R. Lépine et Boulud {p. 73). — Expériences sur les 
variations que subit le ferment glycolytique soas 
diverses influences exercées soit sur Tanimal vivant, 
soit sur le saog « in vitro i>. 

— Des tariations dans V activité de réduction de roxyke" 
moglobine au cours d!une ascension en ballon; par M. Tri- 
pet (p. 76). — Aux grandes altitudes, la réduction de 
roxyhémoglobine est activée; la proportion d'oxyhémo- 
globine augmente. 

— Sur deux silieiures de manganèse; par M. P. Le- 
BEAU (p. 89). — Etude de deux silieiures de manganèse, 
Si Mn» et Si Mn, obtenus tous deux dans l'action du 
manganèse sur le cuivre silicié. 

— Sur le chlorure de cinnamylidène ; par MM. E. Cha- 
RON et E. Dlgoujon (p. 94). — Le chlorure de cinna- 
mylidène, c^H»— CH«;CH— CHCi», est obtenu par action du 
perchlorure de phosphore sur Taldéhyde cinnamique. 
La préparation du composé pur est assez délicate à 
cause de son instabilité. Cristallisé, fond à 54^ se 
décompose par Teau à froid en uci et aldéhyde cinna- 
mique (différence avec les composés analogues dérivés 
des aldéhydes saturés). 

— Action du sodium sur le phénoxy propane iodé; 
i.^.diphénoxyhexane; par M. Tabbé J. Hamonkt (p. 96). 
— Le phénoxypropane brome, traité à l'ébullition par 
riodure de sodium en solution dans l'alcool, donne le | 
phénoxypropane iodé, c«h*och«.ch«.ch«i. Ce dernier, 
soumis à Taction du sodium dans Téther anhydre, donne 

le diphénoxyhexane, c«H60(CH«)«oc«h» (P.f. 83**). 

— Sur l'emploi des nitrates pour la caractérisation des 
vins de sucre; par M. Curtel (p. 98). — L'auteur propose 
l'addition de 1/1000 de nitrate de potasse au sucre de 
betterave, afin de pouvoir reconnaître son emploi en 




— 197 — 

vinification. Il a reconnu que la fermentation normale 
ne détruit pas le nitrate. 

— Les phénomènes de jtyrénolyse dans les cellules de la 
fkindehépcUo-pancréatiqtie de V Eupagurus Bernardus ; par 
M. L. Launot (p. 109). — Le nom de pyrénolyse est 
doiméparrauteur àTensemble des faits suivants : divi- 
sion du nucléole sans division nucléaire consécutive» 
polvérisation d'un ou des nucléoles de division, exode 
dans le caryoplasma des granulations internucléolaires 
ou dissolution de ces granulations dans la substance 
fondamentale acidophyle du nucléole. 

— Sur la présence du saccharose dans les amandes et sur 
son rôle dans la formation de l^ huile; par M. G. Vallée 
[p. 115). — Les amandes arrivées à maturité contien- 
Dent d'une manière constante du saccharose. L'ensemble 
des résultats expérimentaux permet de supposer qu'il y 
a, dans le péricarpe^ une formation ou un afflux cons- 
tant de sucres réducteurs et de saccharose ; puis, que 
ces hydrates de carbone vont s'accumuler dans la graine 
où ils concourent à la formation de Thuile. 

--Sur la formation de la pourpre de Purpura lapil- 
ha; par M. R. Dubois (p. 117). — Le mécanisme 
intime de la formation des matières purpurigènes, dans 
le genre Purpura^ aussi bien que dans le genre Murex ^ 
résulte de l'activité d'une zymase : Id^purpurase, 

— Etude comparative de F activité productrice deglycose 
par les muscles striés^ le myocarde et les muscles lisses ; par 
MM. Cadéac etMAiGNON(p. 120). — Le cœur est l'organe 
de réconomie qui produit le plus de sucre après le foie. 
Viennent ensuite les muscles striés, puis les muscles 
lisses. 

— Sur le calcul de Vécrémage et du mouillage dans les 
Mofyaea du lait; par MM. Louïse et Gh. RiQUiER(p. 122). 
—Les auteurs rappellent les formules qu'ils ont données 




^ 



J98 — 



dao3 une communication précédente et critiquent celle 
de M. Génin. 

Séance du 19 janvier 1903 (C. R,, t. 136J. 

— Recherches sur les alcaloïdes des quinquinas : quinine 
et quinidine ; par MM. Uerthelot et Gaudechon (p. 128). 
— Des recherches thermo-chimiques effectuées sur ces 
doux alcaloïdes et un certain nombre de leurs sels, il 
résulte qu'ils ont la même fonction, les mêmes chaleurs 
de formation et de neutralisation. 

— Sur une matière colorante des figures de la grotte de 
la Mouthe {Dordogné) ; par M. H. Moissan (p. 143). — La 
matière colorante en question est entièrement formée 
d'oxyde de manganèse. 

— Sur une soi-disant réduction électrolytique du chlorate 
d^ potassium ; par M. A. Brochet (p. 155). — MM. Ban- 
croft et Burrows avaient signalé la réduction électroly- 
triquedu chlorate de potassium en chlorure. M. Brochet 
montre que le chlorate de potassium est irréductible 
dans ces conditions, et que sa prétendue réduction est 
le résultat de l'action intermédiaire de l'anode de cui- 
vre sur le chlorate de cuivre formé à son contact. 

— Sur unmodede formationdes phénols ; parM. Bodroux. 
(p. 158). — Un composé benzénique brome, R— Br, est 
converti en organo-magnésien, R—MgBr, puis oxydé en 
solution éthérée par un courant d'air, R— OMgBr, et 
enfm décomposé par HCi : 

R - OMgBr 4- HCl = MgClBr + R — OH. 

— Sur le dinitroacétate déthyle; par MM. L. Boo- 
vt:ault et A. Wahl (p. 159). — 1 p. d'acide nitrique 
fumant réagissant sur 3 p. de malonate acide d'étbyle 
donne un peu de bisanhydronitroacétate d'éthyle et 
du nitroacétate d'éthyle (AiO«)»— ch-C08C«h». Liquide, 




— 199 — 

D]= i .369, non distillable sans décomposition ; acid« 
fort. 

— Influence de la nature du milieu extérieur sur l'état 
tFkjfdratation de la plante; par MM. E. Charabot et 
A. Bébert (p. 160). —La conclusion de ces recherches 
est que i^addition au sol d'un sel minéral a . pour effet 
d'accélérer la diminution de la proportion d'eau chez 
la plante. 

— Observations sur la théorie du cloisonnement; par 
M. A. Dangeard (p. 163). — L'auteur formule comme 
soit les lois primitives du cloisonnement : i*" Taxe 
Ducléaire se place perpendiculairement à Taxe cellu- 
laire ou au plan cellulaire, s'il en existe un ; 2"" le plan 
de division passe par l'axe ou le plan cellulaires; ceux-ci 
sont déterminés par la morphologie générale de la cel- 
lule et la position de ses éléments permanents. 

— Sur la présence dune kinase dans quelques champi'- 
ponsboêidiomyeètes; par MM. G. Dëlëzenne et H. Mou- 
T03i (p. 167). — Certains champignons contiendraient 
une diastase, analogue à Tentérokinase, susceptible de 
conférer à des sucs pancréatiques totalement inactifs des 
propriétés digestives manifestes. h'Amanita muscaria 
s*est montrée beaucoup plus active, à ce point de vue, 
que le Psalliota campestris et le Boletus edulis. 

— In/luence de la configuration stéréockimque des f/luco- 
iwfei swr V activité des diastases kydrolytiques ; par 
M. H. PoTTEViN (p. 169). — L'auteur a soumis au con- 
trAledeTexpérienceet confirmé la loi de Fischer ainsi 
formalée : Chaque diastase limite son action aux déri- 
vésd'un même sucre, et parmi ceux-ci aux homologues 
d'imenième série a ou 0. 

— L aldéhyde acétique dans le vieillissement et les alté^ 
rotiww du vin; par M. A. Trillat (p. 171). — L'aldéhyde 
acétique semble jouer un rôle important dans les diver- 
M modifications du vin. Le vieillissement correspond 



— 200 — 

aune oxydation normale des alcools du vin, c'est-à-| 
dire à la formation d'aldéhydes, à leur acéliiisalion età 
leur élhérificalion. Sous l'influence de certaines mala-l 
dies, la proportion d'aldéhydes augmente: selon les. 
circonstances, elles forment une combinaison insolu* 
ble avec la matière colorante du vin, ou sont résinifiées 
par les sels minéraux du vin. 

— Recherches sur la toxicité du ksopo ou tanghin de 
Menabé {poison des Sakalaves); par M. L. Camus [p. 176]. 
— L'extrait alcoolique de ksopo est un poison violent, 
notablement plus toxique chez le chien que chez le 
lapin; il agit d'une façon prédominante sur le système 
nerveux et sur le cœur. 

— L origine des perles chez le Mytilus gallo-promncicdis; 
par M. H. Dubois (p. 478). — Chez ce Mytilus^ les perles 
sont manifestement produites par un distôme, différent 
du reste de celui de Mytilusedulis. 

Séance du 26 janvier 1903 (C. 72., 1. 136). 

— Recherches sur les alcaloïdes du quinquina : cincho- 
nine^ cinchonidine et cinchonamine; par MM. Berthelot lt 
Gaudechon (p. 181). — Détermination des chaleurs de 
combustion, de formation et de saturation des alcaloïdes 
ci-dessus. 

— Sur V emploi d^unjil télégraphique pour l'inscription 
des tremblements de terre et la mesure de leur vitesse de 
propagation; par M. G. Lippmann (p. 203). — L'auteur 
propose de faire usage de stations A, B, G séparées par 
des intervalles de plusieurs kilomètres. La station A, 
atteinte la première par le tremblement de terre, déclaD- 
che électriquement les appareils enregistreurs de B et 
C, qui se trouvent ainsi en fonction lorsque arrive le 
mouvement sismique, dont la vitesse est moins grande 
que celle de l'électricité. 

— Sur la quatrième campagne de la « Princesse Alice II» ; 




— 201 — 

par S. A. S. lb prince de Monaco (p. 211). — Résumé 
des résultats obtenus, priDcipalement au point de vue 
océanographique et zoologique. 

— Sur la radioactivité induite et sur Vémanation du 
radium; par H. P. Curie (p. 223). — La disparition de 
la radioactivité induite par le radium dans une enceinte 
fermée que Ton soustrait à Faction du radium, se pro- 

doit suivant une loi exponentielle I = Iq « e , qui reste 
la même entre les températures de — 180** à + 450**. 
M. Rutberford a admis que le radium émet une émana- 
tm radioactive qvL\\^^mh\^ croire de nature matérielle; 
M. Carie emploie aussi cette expression A*émanation et 
lui fait désigner Vénergie radioactive émise par les corps 
radioactifs sous la forme spéciale sous laquelle elle est 
mmaçasinée dans les gaz et dans le vide. 

— Sur V existence de superoxydes électrolytiques de 
plmb, de nickel et de bismuth; par M. A. Hollard (p. 229). 
— Le bioxyde de plomb déposé à l'anode contient des 
oxydes plus oxygénés, et en proportion d'autant plus 
grande que la concentration du plomb dans le bain est 
plus petite. Le nickel et le bismuth forment également 
dans les mêmes conditions des peroxydes d*un ordre 
élevé. 

— Sur les équilibres qui se produisent entre le cuivre, 
le iilicium et le manganèse, et sur le siliciure de manganèse 
Si*Mn; par M. P. Lebeau (p. 231). — Les résultats de 
cette étude conduisent à admettre Texistence des trois 
nliciures définis de manganèse : SiMn«, siMa et sisMn : 
ils précisent leurs conditions de formation. 

— Sur deux acides phosphores dérivés de laméthyléthyl^ 
dtone; par H. G. Marie (p. 234). — Ces deux acides sont 
l'acide monocétonique po»h».ch3.co.c«h* et son produit 
d'oxydation l'acide oxyphosphinique, po»H8CH».co.c«H6. 

— Sur un nouveau phénol diiodé; par M. P. Brenans 



— 202 — 

(p. 236). — L*auteur a étudié précédemment les trois 
phénols diiodés (1.2. 4), (1. 2. 6), (1.3. 6). Il fait con- 
naître un 4' isomère (4. 3. 5), obtenu en partant de 
rorthonitranilinediiodée(i. 2. 4. 6). 

Sur le pouvoir rotatoire dans les éthers homologues du 
boméoly de Visohoméol et de Vacide caîapkocarboniqiu ; 
par MM. J. Minguin et G. de Bollemont (p. 238). — Les 
pouvoirs rotatoires trouvés confirment la loi de 
Tschtigaeff ainsi conçue: Le pouvoir rotatoire molé- 
culaire Mo = an X M reste constant dans une même 
série homologue, à partir d'un certain terme de cette 
série. 

— Sur la chloruration des carbures aromatiques steisti-- 
ttiéSf par le chlorure plombique ammoniacal; par MM. A. 
Seyewetz et P. Trawitz (p. 240). — Le benzène mono- 
chloré est à peine attaqué. Les benzènes brome et iodé 
donnent des dérivés chlorobromés et chloroiodés. Les 
homologues du benzène se chlorent dans la chaîne laté- 
rale. La présence des groupes nitrés semble empêcher 
la chloruration. 

— Recherche sur les acides ix'^'diméthylglutariques ; par 
M. E. Blaise (p. 243). — La condensation du cyanacé- 
tate d'éthyle sodé avec le bromopivalate d'éthyle con- 
duit à un acide C^Hi^os différent de l'acide ax-dimélhyl- 
glutarique, et différent également d'un acide a0-dimé- 
thylglutarique obtenu en condensant le cyanacétate 
d'éthyle, soit avec le tiglate, soit avec l'angélate 
d'éthyle. 

— Préparation et propriétés de Vhexanediol 1.6, ou 
glycol hexaméthylénique et de ses principale dérivés ; par 
M. Tabbé J. Hamonet (p. 244). — Le diphénoxyhexane 
c«H60(CH«)«.0G«H6, traité par Hi, donne l'hexane diiodé 
{(CH<)«i; celui-ci est transformé en diacétine, puis en 
hexanediol, dont la constitution est encore démontrée 
par sa transformation en acide subérique. 



— 203 — 

— CoTUritutionà la physiologie de V oreille interne; par 
iM. Marage (p. 246). — Les vibrations, en arrivant au 
4ympaD, conamuniquent à Tétrier des déplacements de 
Tordre du 1/1000 de millimètre ; ces déplacements, 
transmis par la périlymphe, impriment au sac endo- 
lymphatique des variations de pression, sans vibrations 
ni translation de liquide en totalité. 

— Cycle évolutif des tissus privés de leurs rapports 
intimes avec les nerfs; par M. Alberto Barbieri (p. 249). 
— Il semble résulter de ces recherches que les neris 
jouent un rôle actif et considérable dans l'évolution 

; morphologique et dans l'évolution chimique de tous les 
tissas. 

— Sur r ovule et la fécondation des Asclépiadées ; par 
: M, P. Dop (p. 250). — La symétrie par rapport à deux 

plans n'est qu'apparente dans le sac embryonnaire 
! addle des Asclépiadées : les antipodes n'étant pas com- 
parables entre eux. ni leur ensemble comparable au 
groupe des synergides et de l'oosphère. Dans cette 
; famille existe la double fécondation de l'oosphère et du 
noyan secondaire du sac. 

J. B. 




— 204 — 



SOCIETE DE PHARMACIE DE PARIS 



SÉANCE ANNUELLE 

{Suite etjin) (1). 

Rapport de la Commission des Prix (section des Sciences 
physiques) de la Société de Pharmacie de Paris (1902) 
M. Barillé, président; m. Lafont;]M. Moureu, rap- 
porteur. 

Messieurs, 

Votre Commission a eu à'examiner quatre mémoires, 
qui ont déjà valu à leurs auteurs MM. Albert Desmoa- 
lière, Fernand Ducatte, Ernest-Jacques Tardy et Paul 
Thibault, le titre de Docteur en Pharmacie de TUniver- 
sité de Paris. 

M. Desmoulière a répété sur un certain nombre de 
substances végétales les recherches qu'il avait déji 
faites en commun avec M. Portes sur les fraises, où il 
avait découvert, vous vous en souvenez, la présence 
normale de Tacide salicylique. Ses expériences person- 
nelles ont établi l'existence dans les fraises, les fram- 
boises, les mûres, les cyuorrhodons et la racine de 
réglisse, de traces d'un composé possédant les carac* 
tères du salicylate de méthyle. Cette étude a conduit 
Tauteur à insister sur une cause d'erreur lors de la 
recherche de l'acide salicylique dans diverses matières 
alimentaires, confitures, gelées ou marmelades. Il a 
confirmé et étendu les faits signalés par plusieurs chi- 
mistes touchant la question du salicylage naturel des 
vins, et indiqué un nouveau procédé de défécation 
excluant toute cause d'erreur. Mettant enfin à profit la 
propriété que possède le chloroforme, l'éther, l'étherde 
pétrole et la benzine, de décolorer le salicylate de mé- 
thyle coloré par le chlorure ferrique, M. Desmoulière 

(1) Joum. de Pharm. et Ch., t. XVII» p. 140, l»*" février 1903. 




a a déduit un procédé simple de séparation du sali- 
ylate de méthyle et de Tacide salicylique dans une 
olulion aqueuse. 

Le travail de M. Ducatte est intitulé : « Essais de re« 
roduction artificielle par voie sèche de quelques mi- 
éraux naturels du bismuth (sur les dérivés halogènes 
salfobismuthites). » En faisant agir à chaud les 
biorare, bromure et iodure de plomb sur le trisuUure 
e bismuth, Tauteur a obtenu trois séries parallèles de 
nlfobismnthiteshalogénés-suirurés. Les mêmes expé- 
ieoces, répétées avec les chlorure, bromure et iodure 
eoivreux et les chlorure, bromure et iodure de cadmium, 
'ont conduit à des résultats analogues. Les divers 
composés ainsi produits ont été isolés à Tétat cristallisé 
et très exactement analysés; ils constituent, pour la plu- 
part, de nouvelles espèces chimiques* M. Ducatte a en 
oatre réalisé la synthèsede trois espèces minéralogiques : 
TEmplectite et la Wittichénite, qui sont deux sulfures 
doubles de bismuth et de cuivre, et la Patrinite, qui est 
DR sulfure triple de cuivre, de plomb et de bismuth. 

Le mémoire de M. Tardyapour titre : « Etude de quel- 
ques essences du genre anisique. » Après avoir décrit 
tvecprécision une excellente marche générale à suivre 
pour Fanalyse des essences, M. Tardy fait une étude 
approfondie des essences d'anis de Russie, de fenouil 
de Fraoce, de fenouil d'Algérie, d'un fenouil étranger 
particulier, de badiane de Chine et de badiane du Japon, 
lia révélé, dans Tessence de fenouil de France, Texis- 
teucedu cymène, de Testragol, de l'acétone anisique 
eld un corps cristallisé de formule C*®H"0' ; dans l'es- 
sence de fenouil d'Algérie, celle de l'estragol et de la 
Ihymohydroquinone; dans Tessence de badiane de 
Cbiue, il a mis en évidence l'estragol, le terpilénol et 
TacétoDe anisique et, dans l'essence de badiane du 
lapon, le linéol et un carbure terpilénique. Ces 
importants résultats étaient en majeure partie aupara- 
vant inconnus; il en est de même de ceux qu'a fournis 
à l'auteur l'élude spéciale de l'aldéhyde et de l'acétone 




— 206 — 

anisiques et de la fénonc, dont les combinaisons molé^ 
culaires avec les deux naphtols ont été obtenues parfai- 
tement cristallisées. 

M. Paul Thibault nous a présenté une « Contribution 
à Tétude des composés du bismuth inscrits au Supplé- 
ment du Codex (1895) ». L'auteur nous donne tout 
d'abord la préparation d'un oxyde de bismuth hydraté 
toujours identique à lui-même et exempt de toute im- 
pureté, qu'il emploiera le plus souvent dans la suite. 
Ayant reconnu que le benzoate de bismuth officinal 
n'est pas un composé défini, il propose un nouveau mode 
d'obtention fort avantageux et facile à appliquer. Pas 
plus que le ben/oate, les différents salicylates de bis- 
muth connus ne présentent une composition constante. 
M. Thibault a réussi à obtenir un composé salicylique 
de bismuth bien défini, qui est cristallisé en prismes et 
possède le pouvoir rotatoire. La combinaison gallique 
du bismuth a été préparée par réaction directe de 
l'acide sur l'oxyde ; l'action de la potasse a fourni un 
corps bismutho-potassique spécial, qui n*est, chose 
curieuse, ni un sel vrai, ni un sel basique. Enfin, 
M. Thibault a fait voir que, dans la préparation du lac- 
tate de bismuth, corps nettement cristallisé, on peut se 
servir indifféremment d'oxyde anhydre ou d'oxyde 
hydraté. 

Telle est, Messieurs, la substance des travaux que 
nous avions à juger. Chacun des quatre mémoires est 
une œuvre sérieuse, digne de tous nos éloges. 

Le travail de M. Tardy sur. les essences a paru à votre 
Commission particulièrement important par le nombre, 
rinlért>tetlanouveautédesrésuUats,etnousestimonsqiie 
lamédaille d'or de notre Société lui revient sans contestci 
M. Ducatte, qui a eu le mérite d'isoler plusieurs séries 
de corps minéraux, presque tous inconnus avant lui, et 
de triompher des réelles difficultés que présentait leur 
analyse, nous a semblé mériter la seconde place. Dans 
des voies toute différentes, MM. Desmoulière et Thi- 
bault nous ont également apporté des faits et des ob- 



^ 



— 207 — 



servations pleines d'intérêt; aussi, est-ce avec regret 
qae nous nous voyons réduits à vous prier de leur attri-* 
boer la seule et trop faible récompense laissée dispo- 
nible par nos statuts. 

En résumé^ Messieurs, votre Commission est d'avis 
de décerner la médaille d'or à M. Tardy, la médaille 
d'aiigent à M. Ducatte, et une mention honorable à 
S(M. Desmonliëre et Thibault. 

Ces conclusions ont été ratifiées par la Société. 

Rappûrtde la Commission des prix (section des Sciences 
naturelles) de la Société de Pharmacie de Paris (1902) : 
M. CoLUN, président; M. Ymox; M. Vaudik, rappor- 
teur. 

Messieurs, 

La Société de Pharmacie a reçu cette année un tra* 
vaôl seulement pour le prix des sciences naturelles ; le 
nombre des concurrents est donc réduit à son extrême 
limite, et il me faut, comme les rapporteurs des années 
précédentes, exprimer le regret qu'un trop petit nombre 
d'étudiants prennent part aux concours de notre 
Société. 

Le travail présenté par M. Georges Dubat a pour titre : 
Élude des hydrates de carbone de réserve de quelques 
jraintsde Liliacées. lia été fait dans le laboratoire de 
M. le Professeur Bourquelol et a été présenté à l'Ëcole 
de Pharmacie pour Tobtention du titre de docteur de 
rUniversité de Paris. 

Dans son introduction, l'auteur, après avoir rappelé 
qu'avant lui, des travaux avaient été publiés sur la 
composition des hydrates de carbone contenus dans 
diverses plantes de la famille des Liliacées, nous indi- 
que qu'il a étudié particulièrement les graines de Petit- 
Houx, de Muguet, de Cévadille, de Poireau, d'Oignon 
et d'Asphodèle. Les recherches antérieures avaient 
montré que dans la plupart des graines à albumen 
corné de la famille des Légumineuses, on trouve 



— 208 — 

d'une façon presque constante deux sucres, le mannose 
et le galactose; il était intéressant de voir si dans les 
graines que nous venons de citer on rencontrerait les 
mêmes sucres. 

Pour arriver à extraire facilement les hydrates de 
carbone de ces graines, M. Dubat, après avoir essayéle 
procédé de Mûntz à Tacétate de plomb, et celui de 
M. Bourquelot à la soude caustique, a adopté une mé- 
thode qui consiste à hydrolyser les graines grossière- 
ment pulvérisées soit directement avec l'eau addition- 
née de 4 p. 100 d'acide sulfurique^soit après une macé- 
ration préalable de vingt-quatre heures dans Tacide 
sulfurique à 75 p. 100; finalement, c'est à ce dernier 
procédé qu'il donne la préférence, comme pouvant 
donner la quantité totale de sucres que peuvent four- 
nir les graines mises en expérience. La recherche et 
l'identification des sucres obtenus sont décrits avec 
détails; c'est ainsi que, dans la graine de Petil-Houx« 
M. Dubat a pu caractériser nettement le mannose après 
avoir préparé Thydrazone, séparé ensuite le sucre de 
cette dernière et finalement déterminé le point de 
fusion, et le pouvoir rotatoire des cristaux desséchés 
à^00^ 

La proportion de mannose contenue dans les grai- 
nes de Petit-Houx est élevée ; elle est de 28 p. 100 
environ du poids de la graine et constitue 40 p. 100 du 
sucre total obtenu. M. Dubat a recherché la nature des 
sucres qui accompagnent le mannose ; il a vu qu'il n'y 
avait point de galactose, et que les pentoses n'exis- 
taient dans ses liqueurs d'hydrolyse qu'en propor- 
tion très faible ; il a donc recherché si, parmi le ou les 
sucres réducteurs restant à connaître, ne se trouvait pas 
le lévulose ou un sucre contenant le lévulose dans sa 
molécule. Après un certain nombre d'expériences très 
bien conduites que je ne rapporterai pas, M. Dubat 
arrive à faire lapreuveque les liqueurs d'hydrolyse du 
Petit-Houx renferment du lévulose; au moyen du 
procédé à rinvertine de M. Bourquelot, il montre que 



— 209 — 

! sucre provient du saccharose contenu danslesgraines 

i un taux voisin de 4 p. 100. Mais il existe encore une 

Jforle proportion de sucre non caractérisé ; M. Dubat 

L cherché à déterminer sa nature de la façon suivante : 

lèpres avoir débarrassé les graines de leur sucre de 

iGanne par un traitement à l'alcool à SO"* bouillant, il 

ries hydrolyse, et les liqueurs obtenues sont débarrassées 

là froid de lamannose par l'acétate de phénylhydrazine. 

[Après séparation, on obtient à chaud avec un excès 

de phénylhydrazine une osazone dont le point de fusion 

lest voisin de celui île Tosazone du glucose. D'autre 

• part, Texamen polarimétrique de liqueurs d'hydrolyse 

'dont le titre en mannose était connu donne un résultat 

tel que Tauteur arrive à la conclusion suivante : « Il est 

donc permis de supposer l'existence du glucose dans 

les liydrolyses des graines de Petit-Houx. » 

Dans le troisième chapitre de sa thèse, Tauteur nous 
indique les conclusions auxquelles il est arrivé en 
traitant les autres graines de la famille des Liliacées; 
elles sont les mêmes que celles se rapportant au Petit- 
Houx. 

En résumé, M. Dubat nous a fait voir dans son travail 
que les hydrates de carbone de réserve des Liliacées 
sont constituées : 1" par une très faible quantité de su- 
cre réducteur.qui peut même parfois faire complètement 
défaut ; 2** par une faible proportion de saccharose et 
3*pardes mannanes et des dextranes. 

Ces recherches sont intéressantes à plus d'un titre ; 
elles sont exposées avec beaucoup de netteté, dans un 
style clair et précis, elles ont été conduites avec mé- 
thode, ce qui n'est pas pour nous surprendre, étant 
donné qu elles ont été effectuées dans le laboratoire de 
M. Bourquelot. Le seul regret que j'exprimerai, c'est 
qneVauteur n'ait pu faire disparaître le point d'inter- 
rogation au sujet du glucose. 

VotreCommission aété d'avis de décernera M. Dubat 
la médaille d'or de la section des Sciences naturelles. 
Ces conclusions oui été adoptées par la Société. 

J»n. it Pk^rm. et dé Chim. «• «éhik t. XVII. (15 février 1903.) i^ 



— 210 — 

M. le président Goichard distribue aux lauréats les 
médailles des prix de thèse et, après une allocution 
pleine d'humour et d'esprit, il invite M. Léger, prési- 
dent élu pour Tannée 1903, à prendre place au bureau. 

M. Léger procède à l'installation du vice-président, 
M. Landrin, du trésorier, M. Vaudin, et du secrétaire 
annuel, M. Choay. Il prononce ensuite le discours sui- 
vant: 



Allocution de Jf. E. Léger, président. 

Messieurs, 

Dans le domaine politique, quand un candidat solli- 
cite les suffrages de ses électeurs, Tusage veut qu'il éta- 
blisse les mérites qui le recommandent, qu'il fasse ce 
que Ton nomme sa profession de foi. Ici, rien de sem- 
blable. Vous m'avez choisi comme vice président Tan 
dernier, un peu malgré moi. Aujourd'hui, me voici 
devenu votre président. Bien qu'un peu troublé par un 
tel honneur, mon cœur se réjouit en présence de la 
marque de haute estime que vous avez bien voulu 
m'accorder. Je ferai tout mon possible pour m'en rendre 
digne. Sûr de votre bienveillaute, indulgence, je serai 
soutenu, du reste, parle vif attachement que j'ai tou- 
jours eu pour notre profession. On a dit avec raison que 
l'homme porte pendant toute sa vie l'empreinte de ses 
premières années ; ceci s'applique également bien aux 
années passées dans l'exercice d'une profession; et, 
pour nous autres pharmaciens, les années de stage dé- 
cident souvent de l'orientation à donner à notre vie. 
J'en ai fait sur moi-même Texpérience. C'est en 1871 
dans l'officine de Charles Maître, à Auteuil, que je fis mes 
débuts. J'avais eu la chance de tomber sur un praticien 
joignant h une science parfaite une grande dignité et 
un vif amour de son art, de telle sorte que le stage fut 
pour moi une véritable initiation aux études futures. A 
l'époque que je viens de rappeler, la lutte pour l'exis- 




— 211 — 

tence n'était pas aussi rude qu'elle Test aujourd'hui, le 
côté commercial de la pharmacie n'avait pas encore 
l'importance qu'il a prise depuis. Est-ce à dire que le 
pharmacien doive renoncer complètement à être homme 
de science pour n'être plus qu'un simple commerçant, 
ondes plus humbles commerçants, si l'on ne considère 
qae le chiffre de ses affaires? Je ne le crois pas. Ne 
Toyons-nous pas le haut enseignement donné dans cette 
École servir non seulement à former des praticiens de 
pins en plus instruits, mais aussi à faire éclore de véri- 
tables vocations scientifiques. 

Parmi les sciences qui intéressent le pharmacien, la 
chimie doit ôtre placée au premier rang. Du reste, ne 
l'at-on pas dit : la pharmacie est le berceau de laehi* 
mie. Que de produits sortirent du laboratoire du phar- 
macien pour servir ensuite de matériaux d'étude à nos 
plus illustres chimistes, leur fournissant souvent les 
éléments de leurs plus remarquables travaux. C'est 
ainsi que la glycérine, ce principe doux des huiles de 
Scheele, devint entre les mains de notre grand maître 
Beiihelot le premier alcool polyatomique connu. De 
même, les deux principales matières colorantes de la 
garance : Talizarine et la purpurine découvertes par 
Pierre Robiquet et Colin, furent dans la suite l'objet des 
pbs importants travaux qui conduisirent MM. Grœbe 
et Liebermann à la synthèse de l'alizarine et de La- 
lande à la transformation de celle-ci en purpurine. La 
lécithine, entrée depuis peu dans la thérapeutique, dé- 
couverte par Gobley dans le jaune d'œuf, ne servit-elle 
pas de thème aux recherches de Strecker et de Wurtz? 
11 est à peine besoin de rappeler que PieiTe Robiquet et 
Gobley faisaient partie de notre Société. 

Dans le développement de la chimie, le pharmacien 
a donc joué le rôle du voyageur arrivant dans une con*- 
trée inexplorée et y découvrant des richesses que d'au- 
tres exploiteront ensuite^: il s'est montré un 'véritable 
prospecteur. Trouvant dans l'arsenal thérapeutique un 
Snind nombre de substances à portée de sa main, il s'in- 



^ 



212 — 



génia surtout à extraire les principes actifs de plantes 
qu'il maniait chaque jour. De ces recherches sont nés 
ces alcaloïdes végétaux dont la découverte est une véri- 
table gloire pour notre profession et pour notre patrie. 
La nature longtemps mystérieuse de ces alcaloïdes dis- 
parait de plus en plus, à chaque instant un coin du voile 
se lève et le jour n'est pas éloigné où tous pourront 
être obtenus par synthèse ; c'est ce qui a déjà été réalisé 
pour quelques-uns tels que la conicine, la caféine et 
dernièrement pour l'atropine. La quinine, la morphine 
seront de même bientôt classés à leur rang dans la série 
des espèces chimiques. 

Longtemps encore, la nature végétale continuera à 
fournir à la médecine ses médicaments héroïques; 
longtemps encore, le'pharmacien continuera à cultiver 
cette science aimable qu'est la botanique; cette science 
au langage doux et harmonieux comme le latin dont 
elle se sert, formant ainsi un peu contraste avec les 
mots souvent durs et quelque peu barbares de la chimie 
moderne. Néanmoins, on ne peut nier que les médica- 
ments purement chimiques prennent chaque jour une 
plus grande importance; mais ceux-ci viennent plutôt 
s'ajouter aux médicaments tirés du règne végétal qu'ils 
ne les remplacent en réalité. Deux grandes classes em- 
brassent surtout ces nouveau-nés de la thérapeutique : 
les antiseptiques, grâce auxquels la chirurgie moderne 
peut se permettre toutes les hardiesses qu'excuse sou- 
vent le succès final, et les hypnotiques, les analgésiques, 
lesquels arrivent bien à point pour calmer les cerveaux 
en ébullition et rétablir l'équilibre dans les organismes 
névrosés des humains du xx" siècle. 

Dans le développement gigantesque de la science 
chimique, me sera-t-il permis de rappeler quelle part 
importante revient aux savants sortis de cette École, 
c'est-à-dire aux pharmaciens? Quelques-uns de ceux-ci, 
ronipant avec les traditions, quittant le domaine de 
l'analyse immédiate, si cher à nos ancêtres, ont abordé 
avec succès la chimie pure et ses savantes conceptions. 



— 213 — 

lie évolution que je tiens à constater nous fait pré- 

iger pour l'avenir Texistence de toute une pléiade de 

vants sortis des rangs de la pharmacie. 

L'année 4903 verra probablement l'apparition du 

ODveau Codex. Plusieurs d'entre vous, mes chers col- 
lées, accueilleront peut-être cette prophétie avec un 

lalicienx sourire : je ne la crois cependant pas irréali- 
le. Que sera ce nouveau Codex? je ne saurais vous le 

ire, mais il est bien certain que nous y trouverons le 
jTcflet des longs travaux que s'est imposés notre Société 

cette occasion. 

11 y a dix ans, dans une séance analogue à celle-ci, 
notre regretté secrétaire général, le professeur Plan- 
ehon, dans une de ces captivantes lectures dont il avait 
le secret, nous faisait revivre quelques-unes des 
anciennes années de notre Société. Il nous montrait les 
séances occupées, en partie, à faire une revue des tra- 
vaux publiés sur des sujets susceptibles d'intéresser le 
pharmacien. Cet aspect de nos séances a disparu depuis 
longtemps. Aujourd'hui leur intérêt réside surtout dans 
les communications qui nous sont présentées. Je ne 
saurais trop vous engager, Messieurs et chers collègues, 
à continuer cette tradition. Le domaine des sciences 
pharmaceutiques est assez vaste pour que chacun puisse 
sy mouvoir à l'aise. Ne craignez même pas de nous 
entretenir de sujets qui pourront paraître, tout d'abord , 
étrangers à ce domaine ; en effet, telle substance, au- 
jourd'hui curiosité scientifique sans application, pourra 
devenir le médicament héroïque de demain. iN'est-ce 
pas à propos de ce chloroforme, resté longtemps sans 
emploi, que Wtirlz disait ; « La recherche du vrai con- 
'loit tôt ou tard à la découverte de l'utile. » 




— 214 — 

Séance du k février 1903. 
Présidence de M. Léger. 

Correspondance impriTnée, — Elle comprend : 2 nu- 
méros du Journal de Pharmacie et de Chimie^ le jBulletin 
des Sciences PAarmacoloffiçueSy ï Union Pharmaceutique 
et le Bulletin comm^rcialy les Bulletins des Sociétés de 
Pharmacie de Bordeaux ^ du Sud- Est ^ de Lyon^ de la 
Chambre syndicale des Pkar moyens de la Seine^ de l'-^*- 
sociation des Docteurs en Pharmacie \ 2 numéros du 
Pharmaceutical Journal; le tome XLIII des Travaux du 
Conseil d* hygiène publique et de salubrité du départetnent 
de la Gironde^ par M. Ch. Blarez; enfin un ouvrage sur 
le Centenaire de la Société libre des Pharma/nens de Rouen 
et de la Seine- Inférieure, 

Correspondance manuscrite. — Elle comporte : 1* des 
demandes de candidature de MM. Tardy, Desmoulière, 
Eugène Thibault et Bougault comme membres résidants; 
de M. Warin comme membre correspondant; 2** une 
lettre de M. Dubat qui remercie la Société de lui avoir 
décerné une médaille d'or dans la section des Sciences 
naturelles. 

Communications. — M. Bourquelot fait remarquer que 
la fondation de la Société de Pharmacie remonte bien- 
tôt à un siècle. 

Sa première séance date, en effet, du 45 thermidor 
an XI (3 août 1803). 55 membres, sous la présidence 
deParmentier, signèrent le procès-verbal de cette séance 
qui fut entièrement consacrée à l'élaboration du règle- 
ment. M. Bourquelot demande s'il ne serait pas oppor- 
tun de commémorer ce fait historique en célébrant 
cette année le centenaire de la fondation de la Société. 
Cette proposition est acceptée en principe et il est décidé ' 
qu'une commission sera nommée pour la faire abou- 
tir. 

M. Bourquelot présente, au nom de M. Ecalle, une 
note sur le dosage de la digitaline dans les préparations 
officinales de digitale. L'auteur a appliqué à ses recher- 



— 215 - 

ches le procédé de dosage de Keller, procédé auquel il a 
apporté quelques modifications. Il a pu constater: 
l^que des trois préparations liquides du Codex, alcoo- 
lature, teinture et teinture éthérée, la plus chargée en 
digitaline est la teinture ; 2** que des extraits, c'est Tex- 
trait alcoolique qui est également le plus riche en glu- 
coside actif. Il a pu confirmer, en outre, ce fait connu 
depuis longtemps que les feuilles de digitale de seconde 
année contiennent plus de digitaline que celles de pre- 
mière année. 

Ce travail est l'objet d'un échange d'observations de 
la part de MM. Petit, Landrin, Viron, Léger et Bour- 
qoelot. 

M. Grimbert décrit la technique qui lui permet de 
caractériser jusqu'à un millième de maltose dans un 
mélange de maltose et de glucose. Son procédé est basé 
sur la solubilité de la maltosazone dans l'acétone 
étendue d'eau et sur l'observation de la forme cristalline. 
M. Guerbet prend la parole au sujet de cette commu- 
nication. 

MM. Grimbert et Coulaud ont cherché à déterminer 
la nature du corps réducteur existant dans le liquide 
céphalo-rachidien. Pour cela, ils ont employé la 
méthode de défécation donnée récemment par M. Patein, 
puis traité le liquide filtré et déféqué par Tacélate de 
phényihydrazine : l'osazone obtenue et purifiée pré- 
sente tous les caractères de solubilité el le point de fusion 
(an bloc de Maquenne) de la glucosazone. 
Ils ont rencontré 19 fois ce sucre dans 22 cas. 
M. Tvon présente à la Société un appareil destiné à 
déterminer rigoureusement le poids des gouttes, parti- 
culièrement dans le cas des liquides volatils. Cet appa- 
reil est l'objet d'une discussion à laquelle prennent part 
MM. Petit, Crinon, Bourquelot, Guinochet et Guichard. 
M. Portes communique une note de M. A. Desmou- 
liére, ayant pour titre : « Sur le ferment du salol contenu 
dans certains laits. » Cette note n'a pas pour but d'infir- 
mer les faits publiés récemment, mais démontrer qu'il 



^ 



— 216 — 



est possible d'expliquer les résultats de MM. Nobéconrtj 
Merklen et Spolverini par des réactions d'ordre chimie 
que, sans qu'il soit besoin d'invoquer les actions diasU- 
siques. M. Vaudin prend la parole sur ce sujet. 

M. Bocquillon présente un travail de M. Lahache sur 
les eaux de Tidikelt. 

Nomination de commissions. — Sont nommés mem- 
bres : l^'de la Commission des candidatures : MM, F. Vi- 
gier, Cousin et François: 2° de la Commission du Geo 
tenaire: MM. Crinon, Petit, Marty, Portes, Lépinois et 
les membres du Hureau. 

Déclaration de vacance. — Une place de membre rési 
dant. 



FORMULAIRE 



Potion à la quinine sans amertume. 

Sulfate de quinine Os^SO 

Essence de menthe V gouttes 

Solution saturée de saccharine X » 

Eau distillée 9 ff»" 

(LUTZ.) 

Formules épilatoires. 

Teinture d'iode 3«' 

Essence de térébenthine 6 

Huile de ricin 8 

Alcool 50 

CoUodion 100 

Badigeonner 3 ou 4 jours la surface velue : tous les 
poils restent adhérents en enlevant la croûte collo- 
dionnée qui reste. 

Autre formule : 

Iode pur is^ 

Essence de térébenthino i 

Teinture de castorcuin 2 

Alcool 20 

Collodion 30 

Appliquer 2 à 3 jours consécutifs, une fois par 
24 heures. [Journ. de méd. de Paris,) 

A^^éronT: 0. Doin. ^ 

PARIS. — IMPRIMBRIB P. LEVÉ, KUU CA8SBTTB, 17. 



— 247 — 
TRAVAUX ORIGINAUX 



Analyse des « apéritifs amers y> ; 
par MM. Sanglé-Ferrière et L. Cuniasse. 
Comme suite à notre récent travail sur l'analyse des 
absinthes du commerce (1), nous avons pensé quMl serait 
peuMtre possible d'appliquer aux spiritueux dénommés 
% apéritiTs amers » notre méthode de dosage des 
essences basée sur leur indice d'iode, ainsi que notre 
procédé d'absorption des essences à Taîde du noir déco- 
lorant, procédé qui permet d*effectuer l'analyse de 
lalcool employé dans la fabrication de ces boissons 
dites apéritives. 

Les apéritifs amers du genre de l'amer africain sont 
pour la plupart préparés avec des alcoolats parfumés 
obtenus par macération et distillation de plantes aroma- 
tiques, ou par simple infusion de ces plantes. Il arrive 
quelquefois que l'on mélange les produits de distilla- 
tion avec ceux d'infusion ou encore que Ton emploie 

I uniquement un mélange tout préparé d'essences. 

! Les formules de préparation peuvent donc varier à 
Imfini, mais elles se rapportent presque toujours au 

\ type suivant que nous empruntons au Traité de lafabri^ 
cation des liqueurs j par M. J. Fritsch (2). 

Amer, dit Pieon, 

CaUmns «ronuticiu 80sr 

Ecorce» d'oranges amères 2^,^00 

Quinquina gris lOOs' 

Colombo {08' 

Cardamoaie 5s' 

.\loé« 5«r 

Zeitcs do citrons frais (nombre) 4 

▲kool kd^ 201U 

Eaa commune 5ii( 

Mettre le tout dans ralambic, chauffer pour le tran«> 

(I) Sii!ioLé-PBR&iBKB et L. CuNusas. Nouvelle méthode d'analyse 
duabânthêt présentée à VAcadémie de médecine, Ounod, éditeur, 1902. 
fi)lfassMi, è4itew(lS91, p. 3S1). 



/mm. ée Phmrm, tt de Chùn. 6« aÉaii, t. XVII. (t«r mars 1908.) 15 




— 218 — 

chage, laisser refroidir; à l*infusion ainsi obtenue 
ajoutez : 

Infusion de gentiane 1"» 

Amertame do cacao 3 

lufusion d'oranges fraîches 2 

Liqueur curaçao ordinaire 5 

Esprit d'oranges fraîches 2 

Infusion do coing 3 

Caramel dédoublé 3 

Ajouter l'alcool et Teau nécessaire pour faire 100^'^ 
d^amer; celui-ci doit peser comme l'amer Picon, 27* 
(apparent) d'alcool; 

Les extraits composés servant à préparer instantané- 
ment les « amers » contiennent plusieurs variétés 
d'essences ; nous donnons ci-dessous la composition do 
l'un de ces types d'extrait assez répandu dans le 
commerce : 

Essence d'orange 1188r8 

— do citron 120«'" 

— de curaçao 168s%5 

Alcool à 96- '. l»i»,400 

Teinture de quinquina gris 800^' 

— gentiane 462k'' 

— rhubarbe SOOk»" 

Extrait de cacao 300k** 

Cet extrait s'emploie à raison de 3 à 10»' par litre 
dans un sirop alcoolisé coloré au caramel. 

Dans les amers préparés par distillation ou par in- 
fusion, la dose d'essences en dissolution est en général 
moins forte que dans l'absinthe, la proportion des pro- 
duits aromatiques employés dans la fabrication étant 
relativement minime et le degré alcoolique des amers 
ne dépassant presque jamais 40^. Mais lorsque ces spi- 
ritueux sont obtenus par simple macération de certains 
végétaux dans l'alcool, il y a lieu de considérer, indé- 
pendamment de Teffet physiologique de Talcool et des 
fîssences, l'action que peuvent également exercer les 
alcaloïdes et certains glucosides tels que l'aloïne, pro- 
venant des plantes employées. 

D'autre part, l'emploi direct de mélanges d'essences 




HBrr-«vr^ 



— 219 — 



préparés par certains commerçants présente l'in- 
convéoient, comme nous Tavons constaté du reste, 
d'introduire une dose d'essences supérieure à celle 
susceptible de s'y dissoudre et de laisser surnager à la 
surface du liquide alcoolique une couche huileuse d'es- 
sences. 

Toat en étant en proportions assez faibles, les 
essences contenues dans les amers sont douées d*un 
pouvoir aromatique assez puissant qui permet de mas- 
quer le mauvais goût de certains alcools du commerce 
provenant de distillations défectueuses ou le plus sou- 
vent de l'emploi de flegmes alcooliques très chargés en 
impuretés par suite de distillations successives et anté- 
rieures, ou encore de mélanges contenant des alcools 
dénaturés et en partie désodorisés. 

Etant donnée la composition des amers, il nous a paru 
que l'analyse de ce spiritueux devait ôtre complétée par 
les recherches suivantes : 

i* Examen de l'alcool au point de vue de ses impu- 
retés. — Dans le but de déterminer le titre alcoolique 
du produit et de séparer ensuite les essences, on distille 
iOO""' aussi complètement que possible. 

Après distillation, on ramène au volume primitif, on 
prend le degré alcoolique et on conserve le distillatum 
qui doit servir au dosage-des essences. 

Quand on connaît ce titre alcoolique, on applique le 
procédé que nous avons décrit pour l'analyse de l'al- 
cool dans les absinthes,c*est-à-dire que l'on dilue l'amer 
de façon à obtenir 600*^"* de liquide à 25* et on ajoute 
40*" de noir spécial Poulenc PW. 

On laisse en contact 24 heures au moins en agitant 
de temps en temps, puis on filtre. Cette opération est 
parfois un peu longue par suite de la nature du produit; 
il peut arriver que le liquide passe avec une légère 
coloration jaune due au caramel. Dans tous les cas, i( 
^tsans odeur appréciable et sa faible coloration ne 
gène en rien, puisqu'une distillation élimine définiti- 
vement les matières fixes. 



n 



— 220 — 

On distille 500 '^"^ comme pour les absinilies et on 
recueille 300""^'. 

Sur cet alcool on dose les impuretés par fonctioua 
chimiques. Les aldéhydes sont exprimées en éthanal» le 
éihe^s en acétate d'éthyle, les alcools supérieurs enl 
alcool isobulylique ; on dose le furfurol. L^acidilé esU 
tUfée directement sur le spiritueux non distillé et 
exprimée, selon rusag:e en acide acétique (t). Ob| 
recherche Talcool méthylique. 

2"" Dosage des huiles essentielles. — Les huiles essen- j 
tielles contenues dans les apéritifs amers ou amers afri*J 
cainssont surtout l'essence d'orange partugaleyressenee.j 
de citron ou leurs succédanés de la famille des Hespé- 1 
ridées. 

Ces essences appartiennent au groupe des essences àl 
fonction aldéhydique ayant pour constituant principal 
le citral ; on y rencontre aussi le citronellal et le lima-| 
nène.Pour les doser, nous employons un procédé iden-. 
tique à celui que nous avons adopté pour le dosage | 
des essences dans l'absinthe. 

Les lOO*"""' d'amer distillés pour l'obtention du degré 1 
alcoolique sont très exactement mesurés. On en prélève 
fO^"^ que Ton place dans une fiole conique bouchée à 
l'émeri. — Dans une fiole semblable on met 50^' d'alco<ri 
à 40° environ, on verse dans, les deux fioles et très 
exactement 15 ou 25*^™' d'une solution iodo-mercoriqae 
composée : 

Iode pur 251?^ 

BichloTaro de mercare 3*^ 

Alcool pur à 80o iHi 

Ou laisse en contact trois heures. On lave le bouchon 
et les parois de la fiole avec xme sollfffion con^editrée 
d'iodore de potassium pour rassembler tout Fiode et on 
titre, à l'aide de la solution normak-décime d'hyposul- 
file de sodium, jusqu'à décoloration. 

(i]CH GriRARD et DupRB. Anolysê des matières alimentaires, Duood 
édiMsF. — Cb. GnuLRDetL. CuOTASBa. Manuel pratique de Vanalyssdts 
alcools et des spiritueux. MassoD, éditeor. 




— 221 — 

La différence de centimètres cubes employés pour les 
deux titrages X 0,0753 donne, dans ces conditions, la 
tnenr &i essences par litre. 

L'essence de P(M*tagal étant de beau<x)up celle qui 
ilofftine dans les liqueurs apéritivesamères, nous avons 
pris, comme facteur permettant d'établir la proportion 
totale d essences, le pouvoir d'absorption de Tiode de 
cette essence qui est eu moyenne de 3,42 et pour sim- 
plifier les calculs, sachant que notre liqueur d*hypo- 
sulfite de sodium est normal-décime correspondante à 
la liqueur normal e-<léci me d'iode, nous avons déter- 
miné le facteur 0,0753 qui donne directement, dans les 
conditions d'expériences indiquées, la teneur en 
grammes par litre (1). 

Nous avons du reste vérifié et constaté, par de nom- 
breux dosages effectués snr des solutions titrées conte- 
nant des mélanges de ces essences, que ce facteur don- 
nait des résultats très satisfaisants. 

3* Etade des matières fixes. — Ces spiritueux con- 
tiennent une quantité relativement grande et très 
variable de matières fixes en dissolution dont la propor* 
lion varie entre 40 et 150*' par litre. 

Aans cet extrait complexe,c'est généralement le sncre 
qni domine, puis le caramel qui sert à colorer et enfin 
les substances extractives des végétaux employés dans 
l'infosion et dans lesquelles on trouve des principes 
amers, des glncosîdcs, des alcaloïdes, etc. 

Dù9aye de t'extrait eee. — Le poids de l'extrait soc 
est obtenu d'aoïe façon suffisamment exacte en évapo- 
raat.à Tétuve i*églée à 100% lO"""^ de «spiritueux dans 
nae capsule de verre plate ; après 8 heures d'exposition 
dans rétnve,on peut considérer le poids obtenu comme 
oenslant. 

Da8%çe du sucre. — Le sucre se trouve dans les 
amers à l'état de saccharose en partie interverti ; pour 
le doser, on prend 10*^"' d'amer, on chasse l'alcool et on 

(i) SASMué-AniRiàini oi L. 0onxa.8SB. Journal de Pharmacie et de 
Chimie, 15 fémcr 1903. 




— 22Î — 

ajoute 5^'"' de perchlomre de fer en solulion concenlrée, 
on chauffe 10 minutes au bain-marie, on laisse rerroidir 
et on sature Tacidilé en ajoutant avec précaution une 
solulion de carbonate de sodium concentrée. On met 
une petite pincée de noir décolorant et on complète aa 
volume de lOO*'"' avec de leau distillée. 

Après (iltration, on dose sur 10^°*' de liqueur de Feh- 
ling. Ces matières réductrices trouvées peuvent être 
indifféremment exprimées en glucose ou en saccharose. 

Recherche du caramel. — A 25*^™' d'amer on ajoute 
au moins deux volumes d'alcool à OG"". On filtre pour 
séparer les gommes et les dextrines. On évapore Tal- 
cool et on ajoute une solulion concentrée de chlorhy- 
drate de phénylhydrazine dansTacétate de sodium, qui 
à froid donne après une heure ou immédiatement à 
chaud un précipité floconneux rouge-brique. 

Recherche des colorante de la houille. — Ces colo- 
rants sont peu employés dans les amers; néanmoins cer- 
tains marchands de colorants et de produits pour distil- 
lateurs vendent un colorant brun spécial pour amer 
qui contient un rouge-ponceau, du jaune de naphtolS 
et une petite quantité d'indigo. 

Après s'être assuré de la présence de l'un des colo- 
rants de la houille ponccau ou jaune de naphtol pas- 
sant dans l'alcool amylique ammoniacal, on peut sépa- 
rer ces trois couleurs à Taide du tour de main suivant: 

On évapore à sec dans une capsule plate la solution 
diluée, on reprend à froid par l'élher acétique bien lavé 
et desséché qui enlève le rouge et le jaune en laissant le 
bleu. La liqueur décantée est évaporée à sec au bain- 
marie et reprise par une petite quantité d'eau dans 
laquelle on ajoute une goutte de chlorure de baryum 
pour précipiter le ponceau. Il suffit de filtrer pour sépa- 
rer la matière colorante jaune qui reste en solution. 

Les autres colorants de la houille peuvent être recher- 
chés par les méthodes générales connues (i). 

(1) Ch. Girard et Dupré. Analyse des matières alimentaires, Dunod, 
éditeur. 



— 223 — 

Reehere/ie des alcaloïdes et des glucosides. — Nous 
tavons vu que le mode de préparation des amers par in- 
[fasion présentait l'inconvénient d'enlever aux plantes 
[aromatiques employées une certaine quantité de sub- 
I stances extractives pouvant contenir des alcaloïdes et 
I des glucosides, il y a donc lieu de rechercher ces corps 
[ dont la présence, même à faible dose, est susceptible de 
I causer de sérieux inconvénients. 

Dans ce but, nous conseillons de suivre la méthode 

i indiquée par M. Ogier dans son Traité de Chimie toxico- 

[logique sous le nom de Modification cC Otto (page 506). 

I Mais lorsque Ton veut simplement constater la présence 

de ces corps nocifs, ce qui est le ca» général, et qu'on 

De dispose que d'une faible quantité d'échantillon, on 

peut opérer de la façon suivante : 

On prend 1 00 à 200''"*' d'amer, on chasse l'alcool au 
bain-marie après avoir acidifié par un peu diacide tar- 
trique. On laisse refroidir, on sature par du carbonate 
de sodium, puis on épuise deux fois avec 50*^"' d'éther. 
Ce dissolvant, séparé de la couche aqueuse, est filtré et 
mis à évaporer ; quand il ne reste plus que très peu 
d'éther, on en prélève une petite portion pour recher- 
cher les aloïnes à l'aide du procédé donné par M. Ogicr 
dans l'ouvrage déjà cité (page 698) et qui consiste à 
ajouter à la solution éthérée quelques gouttes d'eau et 
une faible quantité d'une solution concentrée de potasse, 
<{ui, dans le cas do la présence de Taloès, donne une 
coloration rouge très sensible. Cette réaction peut être 
complétée par l'essai au sulfovanadate d'ammoniaque 
qui, avec Taloïne, donne une coloration brune et par 
le chlorure d'or, avec lequel on obtient un précipité 
rouge-pourpre, etc.. 

Pour la recherche des alcaloïdes, on évapore complè- 
tement l'éther et on en traite le résidu par un peu 
d^&cide chlorhydrique faible. Cette solution est soumise 
aux réactifs généraux des alcaloïdes : réactif de Rou- 
chardat, réactif de Tanret, acide picrique, etc... 
Nous donnons ci-contre quelques analyses des prin- 



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eipavx <r ^érilifeaiB<ers n du commerce et des amers pré- 
parés par noos avec des alcools de puretés différent'es. 

Jisciercie de petites quantités (fe maltose en présence 
du çliicose; par M. L. Grimrert. 

La détermination d'un mélange de glucose et de mal- 
tose n*offre pas de grandes difficultés quand ces deux 
sacres existent en proportions telles que la déviation 
pofarimétrique et l'action réductrice peuvent être mesu- 
rées avec certitude. Il n'en est pas de même quand Tun 
des deux corps n'occupe dans le mélange qu'une place 
mfime. Leur transformation en osazone peut rendre 
dans ce cas de grands services. 

J'avais pensé mettre k profit, dans ce but, la technique 
pablîée par MM. R. Lépine et Boulud dans les Comptes 
rendus de la Société de biologie du 7 décembre 4901. 
Leur procédé consistait h traiter rosazone formée par de 
l'élher; la maltosazone seule entrait en dissolution. 
Léther évaporé laissait un résidu qu*on faisait cristal- 
liser dans de l'eau chaude; les cristaux desséchés 
fondaient à 206\ 

J'ai voulu d'abord vérifier la valeur du procédé en 
opérant sur une maltosazone provenant de maltose pur, 
ayant subi deux cristallisations dans Talcool à 96° et, à 
mon grand étonnement, j'ai dû constater que la maltosa- 
zone est aussi insoluble dans Véther que la glucosazone^ ce 
qni rendait toute idée de séparation impossible. 

Je fais également les plus gi'andes réserves sur le 
point de fusion obtenu, par les auteurs précités, car ils 
ne nous donnent aucun détail sur la manière dont ils 
ont opéré. Or, comme le dit fort bien Maquenne (1), « le 
point de fusion des osazones n'est pas net et peut même 
varier de plus de 20** suivant le temps que la matière 
met à fondre». 
C'est ainsi qu'en employant la méthode classique du 

,1.1 L. Ma4)cbnnx. Les sucres et leurs principaux dérivés, p. 257. 
Parii, Csxrh et Naad, 1900. 



— 226 — 

bain d*huile et en chauffant rapidement, comme 
recommande Fischer, j'ai vu la maltosazone commencer 
à se décomposer vers 180^ tandis que sur le bloc de 
Maquennc, par la méthode dite de. la fusion insian 
tanée de Bertrand, on obtient un point de fusion cons- 
tant de 196-198\ 

Le glucose dont le point de fusion classique est fixé 
à 205° ne fond en réalité qu'à 230-232*» (Bertrand). 

J*ai donc repris Tétude de la maltosazone et comparé 
ses propriétés à celles de la glucosazone dans un but de 
séparation possible. 

Maltosazone. -r- Des solutions de maltose pur de 
plus en plus étendues sont additionnées pour 20"*' de 
1*^"' de phénylhydrazine fraîchement rcdistillée et de 
1*^"' diacide acétique, puis chauffées au bain-marie pen- 
dant 1 heure. Aucune cristallisation n'apparaît à chaud, 
Tosazone ne se forme que par refroidissement. 

La réaction est encore nette dans une solution ne reo- 
fermant 1/1000 de maltose; au delà/je n'ai obtenu 
qu'un résultat négatif. En cela la recherche du maltose 
par la phénylhydrazine est moins sensible que celle 
du glucose dont on peut déceler par ce procédé 
jusqu'à 1/20000. 

Examinée au microscope lorsqu'elle vient d'être pré- 
parée, la maltosazone se présente sous forme de larges 
cristaux tabulaires allongés, colorés en jaune. Ces cris- 
taux sont plus petits, tout en conservant leur forme 
générale, lorsqu'ils proviennent de solutions diluées. 
Recristallisée dans l'eau, la maltosazone donne les 
mêmes cristaux plus courts et groupés en rosace ou en 
cocarde. 

La maltosazone est insoluble dans le benzène et dans 
l'éther. Elle se dissout rapidement dans l'eau chaude, 
et à froid dans l'alcool méthylique, dans l'alcool à 50* 
et dans un mélange à parties égales d'acétone et d'eau. 

Purifiée par traitement au benzène et desséchée 
à 100^ elle fond à 196-198- au bloc de Maquenue 
(procédé de la fusion instantanée de Bertrand). 



— 227 — 

Glueasazone. — Le glucose traité de la même manière 
doDQft une osaxone cristallisée qui se précipite à chaud 
même dans les solutions ne renfermant que 1/15U0 de 
sucre; au delà de cette limite, la précipitation ne se fait 
plus que par refroidissement et la réaction est encore 
netle pour une dilution do 1/20000. 

La gtucosazone se présente au microscope sous forme 
de longues aiguilles groupées eu branche de genêt, ou 
bien dans les solutions étendues en faisceaux caracté- 
I. ris tiques. 

Elle est, comme la maltosazone, insoluble dans le 
benzène et dans l'éther; elle est de plus insoluble dans 
Veau chaude et à froid dans Talcool méthylique et dans 
racétone étendue. Son point de fusion au bloc de 
Maquennc est de 230-232** (Bertrand). 

Séparation (tun mélange de glucose et de maltose, — La 
solution renfermant les deux sucres est additionnée, 
par 20*"', de 1*"' dephénylhydrazine et de \'^^ d'acide 
acétique cristal lisable. On porte le tout au bain-marie 
bouillant pendant 1 heure et on laissse refroidir com- 
plètement. On recueille Tosazone formée, on la lave à 
Teau froide, puis après dessiccation, au benzène jusqu'à 
ce que celui-ci cesse de passer coloré, finalement on la 
dessèche à 100". On a alors le choix pour la séparation 
de la maltosazone entre les deux modes opératoires sui- 
vants : 

1* L^osazone purifiée est triturée dans un mortier de 
verre avec la plus petite quantité possible d'acétone 
étendue de son volume d'eau. On filtre. Le liquide 
filtré abandonné à lui-même laisse bientôt déposer des 
cristaux de maltosazone. Si Ton a employé trop d'acé- 
tone pour la quantité de maltosazone existant duns le 
mélange, la cristallisation ne se produit pas. Il faut, dans 
ce cas, laisser le liquide s'évaporer à Tair dans une 
capsule de verre jusqu'à disparition de l'odeur d'acé- 
tone, verser le résidu trouble dans un petit tube à essai 
et le chauffer légèrement au bain-marie jusqu'à éclair- 
cissement, puis le laisser i-efroidir lentement. 



— 228 — 

2* L'osazone purifiée est délayée dans une très petit 
quantité d'eau et chauffée au bain-marie bouillant 
daut 5 minutes. Filtrer rapidement Le liquide fiU 
donne par refroidissement des cristaux de maltosazoMl 
que Ton peut faire recristalliser comme il vient d'êtiel 
dit plus haut. 

En employant concurremment ces deox naéthodes] 
j'ai pu caractériser nettement le maltose dans une soin- 
tîon au 1/1000 contenant également 1/1000 de glit-j 
cose, et dans une autre solution renfermant 1/2000 de 
maltose pour 1 p. 100 de glucose. 



Dosage de la digitaline dans les préparations o^cinales 
de digitale et de digitaline ; par M. Ecalle (1). 

Dans toute cette étude, la dénomination de digitaline 
s'appliquera, exclusivement, à la digitaline cristallisée 
du Codex français obtenue, pour la première fois, par 
Nativelle. Celte digitaline est enlièrement soluble dans 
le chloroforme et identique à la digitoxine allemande de 
Schmiedeberg. 

Le produit que ce dernier auteur appelle digitaline 
est un glucoside de la digitale dont l'action physio- 
logique est très diGEérente de celle de la digitalise 
française. 

Il est donc nécessaire d'élablir neltemenl la diffé- 
rence des deux produits désignés si malencontreuse- 
ment sous le même nom, alors surtout que KiJiani (2) a 
pu obtenir la digitaline allemande à l'état cristallisé. 

La digitaline crislallisée française présente les 
caractères suivants : Elle est insoluble dans Teau, faci- 
lemcnt soluble dans Taicool et le chloroforme, moins 
soluble dans l'éther, insoluble dans l'éther de pétrole. 
La digitaline allemande est insoluble dans l'eau, soluble 
dans l'alcool et insoluble dans le chloroforme. 

La digitaline cristallisée française et la digitaline aile- 

(1) Note présentée à la Société de Pharmacie, le 4 féTricr. 

(2) KiLiANi: Joum. rfe Pharm. ei de Chim., [6], t.TX, p. 57, 1899. 




! — 2^9 — 

ÉDande présenleni d'ailleurs des réactions parlicalières 
qm permeLlent de le? différencier l'une de l'autre, 
krsqu oa les dissout dans l'acide sulfurique concentré 
«I qu'on agoate à la solulion un oxydant, brome, acide 
uolique on perchlorure de fer. 

Kiliani a, le premier, donné un mode opératoire pra- 
tique. €'est ce procédé, légèrement modifié par Keller, 
puis par Kiliani lui-même, que nous avons suivi. 

On prépare, comme réactifs, les deux solutions sui- 
▼iBles : 

Solution n* 1 

FO*H« par. i00cn»3 

SoLation d'alaa de fer à 5 p. 100 1»°^^ 

Solution n» 2 

I Acide acétique cristallisable 100«"^ 

Solution d alan de fer à 5 p. 100 !«»'' 

I Iode opératoire. — On verse, dans un tube à essai, 
! envirou 4 à 5*'"' de la solution n** 1. 
I D'autre part, on fait dissoudre, dans un autre tube à 
i essai, ou mieux dans un vase à expérience, une trace 
de digitaline dans un demi-centimètre cube environ de 
I la solulion n" 2 ; on y fait tomber ensuite une goutte de 
! perchlorure de fer, puis on fait glisser doucement cette 
I dernière solution le long des parois du tube contenant 
la solution n® 1 et on laisse quelques minutes en 
I contact. 

Avec la digitaline française, il se forme, à la limite 
des denx couches de liquide, une zone foncée et au- 
dessus, par conséqueat dans l'acide acétique, un anneau 
Meu vert absolument caractéristique. 

Arec la digitaline allemande, cette coloration bleu- 

^wl Ae la partie supérieure ne se produit pas, mais la 

partie inférieure (acide sulfurique ferrique) se colore en 

ronge violet. 

La présenoe simultanée des deux réactions permet de 

i reconnaître un mélange des deux digitalines (1). 

WKxuim.Jattm. de Pharm. et de Chim., [6], t. IV, p. 29,. i8»6. 



— 230 — 

D'après les travaux de Keller (1), la difçitaline cris- 
tallisée française étant de beaucoup le plus aclif de 
tous les glucosides trouvés et isolés dans la digitale, 
on peut admettre que la valeur d'une digitale ou de ses 
préparations doit èlre proportionnelle à la quantité de 
digitaline cristallisée qu'elle contient. Effectuer ce 
dosage serait donc un moyen de fixer cette valeur. 

C'est ce que nous avons essayé de faire. 

Le procédé de dosage que nous avons adopté est ce- 
lui de Keller (2). Après plusieurs essais, nous avons 
cependant cru bon d*y apporter quelques modifications 
qui, à notre avis, donnent une plus grande précision 
aux résultats. Le mode opératoire auquel nous nous 
sommes définitivement arrêté a été contrôlé sur une 
solution de digitaline, mélangée à un extrait inactif 
dissous (extrait de chiendent). 

0^%236 de digitaline cristallisée sont dissous dans 
o'^"^ d'alcool a 90', puis mélangés à une solution de 2»^ 
d'extrait de chiendent dans q. s. d'eau distillée, le 
volume total étant porté à environ 150^"*. Celte solu- 
tion est additionnée de 25*^"" de solution au 1 :iO d'acé- 
tate neutre de plomb, puis le volume complété à 200**'. 

Après agitation et iillration, on prélève 100*^"' du 
liquide filtré. Ces lOO'^"' sont traités par 10*"' de solu- 
tion de sulfate de soude h partie égale, pour les débar- 
rasser de l'excès de plomb. Après 48 heures de repos, on 
décante 90*"^ du liquide clair. C'est sur ces 90""', qui 
représentent par conséquent les ^^ du liquide total, que 
va s'effectuer réellement le dosage de la digitaline. 
(Cette quantité de gO'^™* n'a rien de fixe, on se contente 
de décanter la plus grande partie possible du liquide 
clair et on opère sur ce liquide après en avoir exacte- 
ment pris le volume.) 

Pour cela, on ajoute au liquide décanté : 

AmmoDiaqae à JO p. 100 2»»' 

Chloroforme 30*^™=» 

(1) Journ, de Pfiarm. et de Chim., (6), t. VI, p. 16:. 1897. 

(2) Ibid., p. 168. 1897. 




— 231 — 

Le tout est versé ensuite dans une ampoule à robinet 
d*environ 230^""' agité modérément. (25 à 30 secousses), 
et mis à reposer. Le liquide chloroformique décanté est 
filtré sur un BItre préalablement mouillé de chloro- 
forme. 

On recommence cinq fois l'opération avec une même 
quantité de chloroforme. Il est quelquefois nécessaire, 
pour épuiser plus complètement les liqueurs, d'accen- 
tuer les secousses dans une ou deux de ces opérations. 
Ud commencement d'émulsion peut alors se produire; 
' dans ce cas, on laissera reposer le mélange pendant 
48 heures. Tous les liquides chloroformiques, étant 
réunis dans le même vase à précipité, sont mis à 
évaporer au-dessus de la vapeur d'eau et séchés par un 
courant d'air chaud. 

L*évaporation complètement achevée, le résidu est 
redissous dans environ 3*^"' de chloroforme et la solu- 
tion chloroformique recueillie dans un second vase à 
précipité en verre de Bohême, préalablement taré et 
d'une contenance d'environ 100'"'. 
A cette solution on ajoute : 

!• Ether sulforîqae de 0,720 de densité lOcms 

*• Elhep de pétrole 70cm» 

Ce mélange est agité avec précaution et mis à déposer 
pendant 48 heures, après avoir eu soin de recouvrir 
le vase d'un verre de montre, afin d'éviter une trop 
grande évaporation du liquide. 

Le Kquide clair est ensuite décanté aussi loin que 
possible, puis le liquide restant mis à évaporer, d'abord 
aa-dessus de la vapeur d eau, puis au bain-marie et 
enfin, lorsqu'il ne reste plus que très peu de liquide, 
environ 1«°*', séché par un courant d'air chaud. 

Le vase est ensuite placé dans un dessiccateur et pesé 
après refroidissement. 

La quantité de digitaline obtenue a été de 0«',0098, 
soit pour la quantité totale Îï:22îîl2<il2 x 2 = 0«S0239 au 
lien des 0>',0236 employés. 




C'est par ce procédé que nous avond dosé la digitaline 
dans plusieurs préparations de digitale. 

Résultats. — Voici les résultats que m>us avons ob- 
tenus • 

i® Dans une teinture de digitale du commerce {fçt^ 
mtùledu Codex) : 

Le dosage a été effectué sur 100^' de teinture qui ont 
été évaporés au bain-marie jusqu'à réduction à lO'**, 
Ces 40*^"' ont été repris par 100*^"" d'eau distillée et le 
dosage effectué comme précédemment. 

Nous avons trouvé 0«%0398 de digitaline pour les 
100«*^ de teinture de digitale, soit : 0«%398 p. 1.000. 

La digitaline se présente alors, ainsi que Keller Ta 
constaté, sous forme de vernis en partie cristallisé. Elle 
n'est pas absolument pure, lorsqu'on opère sur une 
teinture, un extrait ou des feuilles et contient alors des 
traces très faibles de digitaline allemande. 

Ce dosage terminé, une trace des 39"«',8 de la digita- 
line obtenue a donné la réaction caractéristique d'iden- 
tité. 

La même vérification a été faite pour chacun des 
dosages effectués dans le cours de ce travail. 

2** Dans une teinture êthérée de digitale du commerce 
{Jormule du Codex) : 

lOO»*" de teinture éthérée de digitale ont été évaporés 
avec les précautions nécessaires, le résidu repris par 
l'eau distillée et l'évaporation continuée comme précé- 
demment. Résultai : 0»',02337 pour 100«' de teinture, 
soit : 0»',2337 p. 1060. 

{A suipre.) 

Sur lejerment du salol contenu dans certains laits; 
par A. Desmoluères (1). 

MM. Gh. Nobécourt et Merklen ont récemment pubUé(2) 
une série de travaux concernant les ferments au lait et 

(t) Note présentée à la Société de Pharmacie (séance du 4 férricr). 
(2) Presse médicale^ 1902, p. 1229 et 1242. 



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— 233 — 



ayant trait en particulier à l'existence dans certains 
hits, ies laits de femme et d'ânesse, d'un ferment possé- 
dant la propriété de dédoubler le salol en ses compo- 
sants, acide salicylique et phénol. Les auteurs ont em- 
ployé le procédé suivant pour caractériser le ferment 
hydratant du salol: on ajoute à 20*^"' de lait i^' do salol 
et on place à l'étuve à 37"^, puis on traite par Téther h 
plusieurs reprises; on décante, on évapore et on ajoute 
ta résidu une solution titrée de perchlorure de fer. Le 
dosage se fait par le procédé colorimétrique. La réaction 
caractéristique n'apparatt qu'après un séjour de 1 à 
2heures à Tétuve, elle est toujours nette après un sé- 
jour de 20 à 24 heures. Pour 20^"* de lait de femme, la 
^ quantité d'acide salicylique formé a varié entre i**%8 et 
lO**', pour les laits d'ânesse entre 6"8' et 7"8%5.Le fer- 
ment du salol manque toujours dans les laits de chèvre 
I et de vache. MM. Nobécourt et Merklen ont de plus 
I remarqué que le dédoublement du salol se produit éga- 
I temenl à la température de 20'' et faiblement et tardive- 
' ment à la glacière; Texposition du lait à une tempéra- 
ture de 55 k 60^ pendant une heure atténue son activité; 
celle-ci disparait à une température de Go"* pendant une 
heure, de 400'' pendant une demi-heure de 115" pen- 
: daot dix minutes. L'acidification du lait, même quand 
I elle est faible, empêche l'action 4u ferment. 

Ces données ont été pleinement confirmées par Luz- 
xattel Biolchini et par Spolverini. 
* Nous allons exposer un certain nombre de recherches 
que nous avons faites au point de vue chimique seul ; et 
ces recherches, nous avons été amené à les effectuer 
après avoir constaté le fait suivant: 

Si à du lait de femme ou môme à du lait de vache on 
ajoute une certaine quantité d'acide salicylique, pai* 
, exemple 15 à 20"«' pour 50^™' de lait, que l'on agite 
soigneusement, et que Ton abandonne quelques instants 
au repos, il semblerait à première vue, après avoir lu la 
communication ci-dessus, qu'il doive être possible d'en- 
lever cet acide salicylique par agitation du liquide avec 

^<Mrm. éê Pkgrm, et 4m Chim, «« séb», t. XVII. (!•' mars 1903.} 16 



""^ 



— 234 



un dissolvant approprié. 11 n*en est rien cependant: 
l'éther ou la benzine n'enlèvent qa'une très petite por- 
tion surtout dans le cas du lait de femme de l'acide saii* 
cylique précédemment ajouté. 

Ya>t-il là un fait réellement bien étonnant? NoOf 
ainsi que nous allons le voir. Disons d'abord que l'acide 
salicylique ajouté au lait peut être entraîné intégrale* 
ment par l'éther ou la benzine, à condition d'aci* 
duler fortement au préalable, par exemple à Taide de 
quelques gouttes d'acide chlorhydrique ou solfa* 
rique. 

Maintenant reprenons la question d'un peu plus loia 
On sait que la réaction des laits est variable et qu'elle a 
été attribuée surtout : aux phosphates (A. Gautier), aax 
matières proléiques (Vaudin). 

Oràquelétatse trouvent les phosphates dans le lait? 
D'après Duclaux, la partie soluble du laif contientdes 
nombres à peu près égaux de molécules de phosphate 
Iricalcique, phosphate bisodique et citrale de soude. 
M. Vaudin, dans un travail fort intéressant, est arrivé 
sensiblement aux mômes conclusions. L'acide phospho* 
rique existerait donc dans le lait à l'état de phosphates 
bibasiques et tribasiques. D'aulre part, Berthelot a mon- 
tré que dans la saturation de l'acide phosphorique par 
la soude les trois molécules de soude qui interviennent 
ne dégagent pas la même quantité de chaleur en se com- 
binant à l'acide orthophosphorique. La première molé- 
cule dégage autant de chaleur (14*^,7) qu'en s'unissant 
aux acides monobasiques les plus énergiques; la 
deuxième en dégage seulement autant (41'',6) qu'en si^ 
combinant avec les acides faibles comme l'acide bori- 
que; la troisième n'en dégage qu'une quantité encore 
moindre (7%3), comparable à celle qu'elle dégagerait 
en réagissant sur les phénols ou sur les alcools. 

Or, si à une solution de phosphate disodique (neutre à 
la phtaléine), ou à une solution d'acide phosphorique 
neutralisée par la soude jusqu'à neutralité au tournesol 
(ce qui sature une acidité et demie), on ajoute de l'acide 




— 235 — 

salicyliqne en proportion déterminée, puis qu'on agite 
les liqueurs avec de la benzine, on remarque que la ben- 
line n'extrait qu'une partie de l'acide salicylique ajouté. 
Si même on a dosé préalablement la quantité d'acide 
phosphorique contenue dans les liqueurs, on verra que 
l'acide salicylique non enlevé parla benzine correspond, 
à peu de chose près, à la base combinée à la deuxième 
acidité de l'acide phosphorique. 

Et en effet, tandis que la deuxième acidité de Tacide 
phosphorique, en se combinant à la soude, dégage 11%7, 
l'acide salicylique neutralisé par la soude dégage 12,8 
pour le premier équivalent. 

11 est donc à supposer que de l'acide salicylique 
ajouté à du lait doit s'emparer au moins en partie des 
bases saturant dans le lait la 2' et la 3* acidité de l'acide 
phosphorique, et si de plus on tient compte des autres 
bases contenues dans le lait et combinées à des acides 
fables sasceptibles d'être déplacées par l'acide salicyli- 
que, le fait que nous avons constaté et signalé au début 
do ce travail se trouve expliqué. 

Nous avons dit précédemment que la réaction des 
laits était variable: 

D'ane manière générale, le lait de vache a une réac- 
tioB amphotère au tournesol et une acidité très nette à 
la phtaléine. Nous avons constaté qu'à la phtaléine 
Tacidilé du lait de vache oscillait entre 1«',485 et i»'",530 
CD acide lactique par litre (Denigès et Vaudin ont trouvé 
Jeschiffres semblables). Le lait de femme normal au con- 
braireesttoujoursalealin an tournesol et présente une aci- 
dité très Faible vis-à-vîs de la phtaléine. Ainsi nous avons 
eo roccasion d'examiner récemment deux laits de 
femme dont l'alcalinité au tournesol était de 0^%342 de 
soude par litre pour Tun des laits, de 0»'',200 pour Tau- 
Ire. L'acidité à la phtaléine exprimée en acide lactique 
par litre a été trouvée égale à 0«',180 pour les deux 
ichaatillons de lait. 

Quant au lait de chèvre, il se rapproche comme com- 
position et comme réaction du lait de vache, tandis que 



— 236 — 

le lait d'ànesse est celui qui se rapproche le plus du 
lait de femme. 

Celte réaction du lait ne pourrait-elle pas jouer un 
rôle dans la saponification du salol? Dans ce sens, nous 
avons fait quelques expériences que nous allons rapi- 
dement passer en revue. 

Nous avons préparé la solution suivante que nous 
désignerons par A : 

Phosphate disodique cristallisé pur i^^ôQ 

Acide citrique is' 

Sucre de lait 4 Os*" 

Eau disitillce q. s. pour dissoudre 

On a neutralisé exactement la dissolution au tournesol 
sensible, à l'aide d\ine solution diluée de soude, com- 
plété ensuite à 1000*^°*' avec de Teau distillée» 

Cette solution A a été additionnée de 10^'' de salol 
pur et le tout a été placé h Tétuve à S?"". Après 24 heures, 
le dosage de Tacide salicylique a fourni la. teneur de 
6'°»' pour les 1000*^"' de solution, et après 36 heures 
20"»' toujours pour 1000'°^ de solution. 

— Autre expérience : solution A neutralisée non pas 
au tournesol, mais à la phtaléine : ajouté 10^' de salol 
pour 1000^"' de solution et placé à Tétuve à 37^ Après 
24 heures, la liqueur contient 16"«' d'acide salicylique. 

Enfin nous avons vu précédemment que le lait de 
femme était toujours alcalin au tournesol et que celte 
alcalinité était voisine de 0^%342 de soude par litre. 
I^ous avons dès lors fait Tessai suivant : 

4000^"* de solution A (neutre au tournesol) ont élé 
additionnés de 0»%342 de soude et de 10»' de salol. 

Le produit a élé placé à Tétuve à 37""; au bout de 
15 heures seulement, le dosage de Tacide salicylique a 
fourni pour les 1000*^"* de solution : 200"»% et après 
39 heures : 360■8^ 

Toutes ces expériences montrent fort nettement qu'à 
37'' la saponification de salol s'effectue assez facilemeat, 
sans qu'il soit besoin d'une alcalinité bien grande des 
liqueurs. 




— 237 — 

Nous citerons maintenant la note suivante de M. No- 
bécourt (toc. cit., p. 1243) : « Ce n'est pas ici le lieu 
d'insister sur le mécanisme des actions diastasiques et 
sur leurs rapports avec les actions chimiques. Nous 
signalerons seulement les expériences en cours de l'un 
de nous. Lo lait de vache, qui est sans action sur le salol 
à la température de 37^, le dédouble si on ajoute de 
0^\03 à 0*^"',10 d'ammoniaque pour 20*^"' de lait, La 
réaction de Tacide salicylique apparaît après un séjour 
de 5 à 7 heures à 37', de 3 heures à 55**, mais ne peut 
être décelée après 24 heures h 10^. Le chauffage du lait 
pendant 15 minutes à 115'' n'empêche pas le dédouble-* 
ment de se produire. » 

Le D' Spolverinî écrit également : « Nous avons 
constaté qu'une réaction sensiblement acide du milieu 
retarde beaucoup Taction du ferment et va même jus- 
qu'à l'enrayer. Cela est si vrai que, si l'on ajoute seule- 
ment une goutte diacide acétique h 5*^*"' de lait de femme 
ou de chienne, la réaction de l'acide salicylique ne s'ob- 
tient même pas au bout de 24 heures, tandis que si 
l'on alcalinise légèrement le lait de chienne^ la réaction 
s'effectue plus manifeste et plus intense qu'à l'ordi- 
naire. » 

Est-il possible, dans ces expériences fuites sur des 
laits alcalinisés, de séparer l'action du ferment, si fer- 
ment il y a, de l'action saponifiante des alcalis? Evi- 
demment non. De plus, dans la dernière expérience 
citée de M. Nobécourt, Taction diastasique est bien 
problématique» car actuellement, croyons-nous, on ne 
connaît pas de ferment qui, en solution aqueuse, puisse 
résister 15 minutes à 115"*. Ëntin, il est une chose im* 
portante dans les expériences qui ont été faites pour 
rechercher le ferment du salol, c'est la présence ou 
(absence de ferment lactique, puisque toute acidité du 
milieu s'oppose à la saponification du salol. MM. No- 
bécourt et Merklen n'en parlent pas; quant au D' Spol- 
verini,il a opéré m sur des laits recueillis aseptiquement 
dans des récipients préalablement stérilisés », et pour 




— 238 — 

la même raison, il mettait, dans les éprouveites conle- 
nanl le lait soumis aux expériences, quelques gouttes 
d'une solution alcoolique de thymol. A moins de pré- 
lever le lait dans la mamelle (car Dnclaux a montré 
qu'ainsi il ne contenait aucun germe susceptible de 
rendre le lait acide), il nous semble bien [difficile d'être 
à l'abri du ferment lactique. Évidemment l'addition 
d'antiseptiques atteindra le but, mais alors il faudm 
les employer à doses élevées. Nous avons pu vérifi<*r 
que l'addition à 30*''"^ de lait de vache de 10 gouttes de 
solution alcoolique à 1 p. 100 d'acide thymiqtie n'en- 
travait pas sensiblement la fermentation lactique, à 37* 
bien entendu. 

Voyons maintenant et pour deux laits seulement, le 
lait de vache et le lait de femme, ce qui se passerait en 
faisant abstraction un instant de Texislence d'un fer- 
ment. Le lait de vache mis à 37** subit très rapidement 
la fermentation lactique, ctau bout do très peu de temps, 
l'acidité du milieu sera suffisante pour empêcher la 
saponification du salol. Au contraire, le lait de femme 
ne subit pas facilement la fermentation lactique; étant 
donné son alcalinité, il pourra forcément y avoir sapo- 
nification de salol; puis, peu à peu la fermentation lac- 
tique s'établissant, l'acide salicylique se trouvera à Tétai 
de liberté et susceptible d'être totalement enlevé par 
agitation du lait avec de l'élher. Et en effet le ferment 
saponifiant du salol n'a pas été trouvé dans le lait de 
vache et on l'a constaté toujours actif dans le lait de 
femme.. A lappui de ce que nous venons de dire, nous 
citerons rexpérience suivante qui nous paraît intéres- 
sante, puisqu'on ne peut invoquer l'action d'un ferment: 
Nous avons pris du lait de vache normal possédant à la 
phlaléine une acidité de l^^iSS en acrde lactique par 
litre; ce lait a été soumis à Tébullition dans un mairas 
soigneusement fermé par un tampon de coton. Après 
l'efroidissement, nous avons vérifié quelacidité n avait 
pas sensiblement changé ; nous avons alors ajouté dans 
le matras quelques grammes de salol pur, remis le tam- 




I — i39 — 

pondecoloD etplacéàrétuveà37''. Au boutde 24 heures 
Taeidité était toujours la même et le lait agité directe* 
ment avec de Téther n'abandonnait à ce dissolvant que 
des traces infinitésimales d'acide salicylique ; au con- 
traire, nous avons constaté qu'aprèsacidulation du lait 
par l'acide sulfurique, agitation avec Téther, et évapO'^ 
ration de Tétlier filtré, on obtenait un résidu se colorant 
eo violet intense par addition de quelques gouttes de 
perchlorure de fer dilué. 

Si,dansle laitde femme, ilsemble réellement exister un 
fermenldecefait mëmequeie phénomène disparailaprès 
chauffage préalable du lait 1 heure à60-65*, 1/2 heure à 
)00* ou 10 minutes à 115'', desdéductions d'ordre pure- 
ment chimique peuvent cependant encore intervenir. 

Dans le lait de femme, le ferment lactique est tou- 
jours peu actif, et les températures ci-dessus suffisent 
pour entraver ou même empêcher totalement son ac- 
tion. Par suite, Tacide salicylique du salol saponifié par 
la seule alcalinité du milieu so trouvera h l'état de sel 
et ne pourra pas être enlevé par l'éther. 

Découle-t*il de toutes nos observations qu'il n'existe 
pas un ferment dédoublant du salol? Nous ne pouvons 
Vafûriner, car la présence d'un tel ferment n'aurait rien 
deilraordinaire. Notre but est simplement d'appeler 
Vatlention sur les nombreuses causes d'erreurs qui 
peuvent amener à des conclusions encore incertaines. 



REYDSS 



Chimie. 

Sur la présence de l'argon, de Foxyde de carbone 
M des carbures d'hydrogène dans les gaz des fume- 
rolles du Mont Pelé à la Martinique; par M. Henri 
MoissAs (1). — Les échantillons de gaz ont été rerais 
» Vauleur par M. Lacroix. Ces gaz ont été recueillis dans 

S) ic. de Se., CXXXV, 1085. 



— 240 — 

une fumerolle de la rivière Blanche entre Téruption du 
8 mai 1902 et avant Téruption du 30 août de la niôm^' 
année. Cette fumerolle laissait échapper d'abondante* 
émanations à température élevée. Les Fragmi^nts de 
plomb placés à l'entrée de cette fiimeroUe fondaienl 
avec rapidité, tandis que le zinc restait à Tétat solide. 
La température était donc environ de 400 *. Le gaz étyit 
recueilli grâce à une aspiration détermiriée par un écou- 
lement d'eau, et au moyen d'un tube de porcelaine qui 
plongeait au milieu de la fumerolle. Les gaz étaient 
noyés dans une grande quantité de vapeur deau, et, sur 
les bords de l'ouverture de la fumerolle qui s'élail pro- 
duite au milieu d'un conglomérat, se trouvaient en 
abondance du soufre et du chlorhydrate d'amnioniaque. 

Lorsque les flacons ont été remplis, on les a fermés 
rapidement au moyen d'un bouchon de verre très bien 
rodé enduit de cire blanche. 

Ces flacons ont été ouverts sur la cuve à mercure 
avec facilité et se sont remplis àmoiLié ou au tiers par 
suite de la diminution de pression provenant de la con- 
densation d'un grand excès de vapeur d*eau. Ils renfer- 
maient de la vapeur d'eau, des traces de vapeur de 
soufre, une très petite quantité d'acide chlorhydrique, 
des gaz absorbables par la potasse sans hydrogène sul- 
furé et formés surtout d'acide carbonique, de l'oxygène, 
de l'azote, de l'argon et enfin des gaz combustibles ne 
contenant pas d'acétylène, mais riches en oxyde de car- 
bone, en hydrogène et en méthane. 

Les quatre échantillons de gaz ont fourni les chiffres 
suivants : 

12 3 4 

GazabsorbableparKOH. 16,80 13,58 16,42 15,38 

Oxygène 11,60 11,11 12,14 13,61 

Azote et argon 59,20 61,10 60,33 55,65 

Gaz combustibles 11,60 11,00 10,61 13,30 

Il est facile de démontrer, au moyen d'une goutte de 
sous-chlorure de cuivre ammoniacal, qu'il ne contient 
pas trace d'acétylène. 




— 241 — 

Ces gaz ne contiennent pas non plus de carbures éthy- 
léniques. Ils renferment de l'hydrogène, de Toxyde de 
carbone^ du méthane. On y a rencontré une quantité 
fargon de 6^^\H p. 100 et, après la séparation de 
cet argon, qui ne renfermait pas d'hydrogène, d'après 
soa analyse eudiométrique, on en a fait un tube de 
Plucker, qui a donné le spectre caractéristique de ce 
eorps simple. Cette teneur, élevée par rapport à la quan- 
tité d'oxygène ou d*azote qui se trouve dans ce gaz, 
éloigne complètement Pidée d'une absorption acciden- 
telle d*air au moment de la prise d'échantillon. Le 
résidu gazeux n'a pas fourni le spectre de Thélium. 

D après ces analyses, on peut établir, de la façon 
suivante, la composition de Téchanlillon de gaz n^4 : 

B»u gaz saturé 

Acide cbiorhydrique trace» 

Vipeup de sonfre traces 

Hydrogène suUaré néant 

Acide carboDique 13,38 

Oiygéne 13,61 

Aïole 34,94 

Argon 0,11 

Acétylène néant 

Kihylcno néant 

Oxyde de carbone ! ,60 

Melhtoo 5,46 

Hydrogène 8.12 

w teneur élevée de ces gaz en oxyde de carbone les 
rend très toxiques. Il n'est que trop certain que cet 
oxyde de carbone a dû faire un grand nombre de vic- 
titneg lorsque les éruptions gazeuses du Mont Pelé ont 
^t^enlraÎDées à la surface du sol. 

Sdg de nickel réactifs des sucres réducteurs ; par 

M.DuYK (1). — On sait que les sucres réducteurs exer- 
çât leurs propriétés réductrices, non seulement sur 
Ȕ liqueur cupropotassique, mais aussi sur d'autres sels 
Ws que ceux d'argent, de bismuth, de nickel. L'auteur, 
^ basant sur ce fait, propose le réactif suivant pour 
^^!gP} ^ la liqueur de Fehling : 

^*'^^-rf.Sc.,i.CXXXlV. p. 1163. 




— 24Î — 

A 25*^'^ d'une solution de sulfate de nickel à 20 p. 100, 
on ajoute 25*""' d'une lessive de soude de densité 1,*33, 
et 50°"^ d'une solution aqueuse renfermant 3*^' d'acide 
tartrique. On obtient ainsi une liqueur verdàtre, lim- 
pide et très stable à froid et à chaud. Les sucres réduc- 
teurs traités par ce réactify déterminent, à l'ébullition, la 
formation d'un précipité d'oxj/de nickeleux. 

Sur Tacide ozonique; par MM. Adolphe Bjeter et 
Victor ViLLiGER (1). — La potasse caustique sèche mise 
au contact de l'ozone prend une coloration rouge 
orangé intense. Cette coloration persiste longtemps en 
l'absence d'humidité, elle disparaît par addition d'eau 
et il y a en même temps un fort dégagement de bulles 
gazeuses. 

Le corps orangé auquel les auteurs donnent le nom 
d'ozonate de potasse peut cependant se former en pré- 
sence de Teau : en effet, si on fait passer un courant 
d'air ozonisé dans une lessive de potasse à 40 p. 100 
placée dans un mélange réfrigérant, la liqueur se colore 
en rouge orangé, mais la coloration disparaît par l'élé- 
vation de la température. La réaction est la même avec 
l'oxyde de rubidium; avec la soude, il n'y a qu'une 
faible coloration jaune. 

L'ozonate de potasse ne parait du reste posséder 
aucune action oxydante et les auteurs, dans la solution 
aqueuse, n'ont pu caractériser l'eau oxygénée. 

Il est vraisemblable que le corps orangé est identique 
au tétroxyde de potassium qui se forme comme produit 
de la combustion du potassium et dont la composition 
a été établie d'une façon définitive par les recherches 
d'Erdmann et Kœlhner sur le tétroxyde de rubidium. 
La formation d'ozonate de potasse explique aussi cette 
observation faite par Schœne (2), que la potasse addi- 
tionnée d'eau oxygénée donne par évaporation dans le 
vide une masse jaune. 

{1} Berichle, t. XXXV, p. 3038. 

(2) Annales de Liebig, t. CLXXXXIII, p. 241. 



■PT"" 



— 243 — 

Si on admet ridcnlité de Tozonate de potasse et du 
tétroxyde de potassium K*0^, l'aciilo ozonique doit être 
L*onsidéré comme une combinaison d^eau et d'ozone 

H. C. 

Sur la constitution de la cystéine; par M. Cari Neu- 
JBERf. ^f). — La cystéine est un dérivé obtenu par Bau- 
mann dans la réduction de la cystine, corps sulfuré qui 
•exble dans certaines concrétions de l'organisme. La 
cystéine a pour formule C'irAzSO^ et on lui donne 
d'habitode la formule de constitution suivante 

AxH< 

CH^-C— COUÏ, 
SH 

admise par Baumann et Kiilz.La cystéine qui serait ainsi 
un dérivé de Tatîide thiopyruvique COOH-CS-CH*, 
donne effectivement quand on la traite par les alcalis 
bonillaots de l'ammoniaque, de Tacide sulfhydrique et 
«ne petite quantité d acide pyruvique Cir-CO-COOH. 

Cependant jusqu'ici on n'a pu réaliser la synthèse de 
Il cystéine en partant de la formule de Baumann et 
M. .Neuberg met en doute l'exactitude de cette consti- 
Intion. 

Il fait remarquer que la thioisosérineCOOH-CH.SH 
-CH\AzH* et la thiosérine COOU CH AzH*-CH'SH 
peuvent aussi donner l'acide pyruvique comme produit 
de dédoublement, de sorte que la formation d'acide pyru- 
vique ne peut être considérée comme caractéristique. 

Laction de l'acide azotique mène à des résultats qui 
sont en contradiction avec la formule admise par 
Baumann pour la cystéine. En effet, quand on oxyde 
la cystéine par l'acide nitrique, il y a formation d'acide 
isélhiooique CH»OiI-CH*-SO*H et cette réaction dé- 
montre, d'après M. Neuberg, que les groupements AzH* 
^} Sfl ne peuvent être fixés sur le même atome de car- 

\h Berichte, t. XXXV, p. 3161. 



— 244 — 

bone. La formation d'acide isélhionique prouve que la 
cystéine possède la formule, soit de la thiosérine, soit 
de la Ihioisosérine, et il est vraisemblable que la cystéine 
est une forme active de la thiosérine, la serine étant un 
corps très répandu, ainsi qu'il résulte des récents Ira- 
vaux de Fischer. La formule de la cystéine serait donc, 
dans cette hypothèse : COOH-CH.AzH*-CH*SH. 

H. C. 

Glycérides complexes dans les corps gras naturels; 

par MM. Holde et Stange (1). — On admettait généra- 
lement jus(Ju'à ces dernières années que les corps gras 
d'origine animale ou végétale étaient constitués presque 
exclusivement par des mélanges de triglycérides du 
type de la trioléine, de la tripalmitine ou de la tristéa- 
rine; cependant, enl889,Blith et Roberlson montrèrent 
que cette opinion était trop exclusive, car ils purent 
retirer du beurre un glycéride complet de formule 
C=»H«(C*H'0»)(C*«H^»0')(C"H'^0'), c'est-à-dire une oléo- 
butyropalmitine. Depuis, des corps analogues ont été 
isolés dans un grand nombre de graisses (beurre, beurre 
de cacao, suif, etc.) et MM. Holde et Stange se sont 
proposé de déterminer s'il était possible de retirer des 
huiles, des glycérides à acides mélangés; les recher- 
ches ont porté surtout sur l'huile d'olive. 

Dans ce but, une solution élhérée d'huile d'olive est 
soumise à un refroMissement de — 48** à — 50° au moyen 
d'un mélange d'alcool et d'acide carbonique liquide; la 
partie cristallisée est recueillie, lavée au moyen d'un 
dissolvant refroidi à — 30**, — 35**, précipitée de nouveau 
de sa solution éthérée à une température de — 20% puis 
après plusieurs traitements analogues, purifiée par 
cristallisation dans l'alcool éthéré à la température 
ordinaire. 

Le glycéride purifié se présente sous forme d'une 
masse blanche fusible à une température de +30' 

(1) Gemischte Glycéride in nalUriichen FeUe. Berichie, t. XXXIV, 
p. 2402 ; — t. XXXV, p. 4306. 




— 245 — 

à +31*"; les auteurs ont étudié ses différentes pro- 
priétés ainsi que sa composition : il en résulte que le 
corps isolé a pour formule C^H«(C*'H"0^)^(C^^H"0^); 
ce serait donc un oléodimargaroglycéride, Tacide mar- 
garique ayant pour formule C*"H^*0*. On connaît deux 
acides répondant à cette formule, Tun Tacide marga- 
rique obtenu synthétiquement par Kraiït, l'autre l'acide 
daturique retiré par M. Gérard de Thuile de semences 
de Datura Stramonium. Les recherches de M. Holde 
ne lui ont permis d'ideniitier Tacide margarique de 
rhuilc d'olive ni avec l'acide de Krafft ni avec Tacide 
dalariqne; il est môme probable que l'acide margarique 
de l'huile d'olive est un mélange de deux isomères. 

Enfin, en soumettant h un refroidissement plus éner- 
gique ( — 60**) la solution éthérée d'oti avait été retirée 
roléodimargarine, M. Ilolde a isolé un autre glycéride 
contenant deux molécules d'acide oléique avec un acide 
solide qui est soit Tacide palmitique C*^H"0% soit un 
acide margarique C*'H'*0*. 

Ces recherches montrent que l'huile d'olive contient 
d'une part un acide gras solide différent des acides 
palmitique ou stéarique, d'autre part que la compo- 
sition des huiles est plus complexe qu^on ne l'admettait 
jusqu'ici. , ' H. C. 

Présence dune peroxydase et de produits choliniques 
dans le liquide de la noix de coco; par M. Demgès (1). 
— L'auteur a communiqué verbalement à la Société de 
Pharmacie les premiers résultats de ses recherches sur 
le liquide, parfois très abondant, qu'on peut retirer des 
noiidecoco telles que le commerce les livre en Europe 
et il a annoncé la présence d'une peroxydase dans ce 
liquide. 

11 a constaté que cette peroxydase se trouvait d'une 
manière constante, non seulement dans le liquide,mais 
aussi dans l'amande des noix de coco et qu'elle était 
d'une très grande activité, 

J) Bull, de la Soc* de Pharm. de Bordeaux^ décembre 1902. 



— 246 — • 

Il suffit, pour la déceler, de mettre dans un tube une 
petite quantité d'eau de coco, quelques centimèlres 
cubes d'une solution aqueuse de gaïacol à 1 p. 100 
(réactif de Dupouy) et une goutte d'eau oxygénée à 3 
ou 4 volumes. Même à la température ordinaire, mais 
bien plus rapidement vers 40'', le contenu du tube prend 
une coloration jaune rougeâtre, puis grenat, corres- 
pondant à la formation d'une quinhydrone gaïacoiique. 
Celte oxydase colore aussi le pyramidon en présence 
d'eau oxygénée. 

Comme la peroxydase découverte par Dupouy dans le 
lait et la salive, cette substance perd ses propriétés 
vers 78'*-79'' : le liquide qui la contient ne présente le 
plus souvent que des traces d'albumine. 

Les matières sucrées, qui constituent environ 
60 p. 100 de l'extrait sec de l'eau de coco et dont le 
poids peut atteindre plus de 80^ par litre, sont de 
nature diverse suivant le degré de maturité de la noix. 

Ainsi, dans un liquide provenant d'une noix ouverte 
au printemps, M. Denigès a trouvé, avec une déviation 
lévogyre de 9**7 saccharimétriques, en tube de 20'". 
48^% 20 d'un mélange de glucose et de fructose (sucre 
interverti). 

Un liquide, analysé au début de l'hiver, déviait à 
droite de 21'' 20 saccharimétriques et renfermait 37^' de 
saccharose avec seulement 2»*" de sucre interverti. 

Enfin, à côté d'une forte dose de produits phosphores 
ou phosphatés, ces liquides renferment une quantité 
très notable de choline dont on peut cxtemporanément 
démontrer la présence en mettant sur une lamelle de 
verre une goutte d'eau de coco avec une goolle d*un 
liquide iodo-ioduré préparé en prenant : 

Iode 6r 

lodure de potassium 8 

Kau disUllôe 150'^-* 

Après quelques instants de repos, on couvre une 
lamelle et on aperçoit de très nombreux cristaux bru- 
nâtres d'iodo-cboline (cristaux de Florence). 



— 247 — 

Butylchloralantipyrine ; par M. Calderato (1). — C'est 
le produit de la condensation du butylchloral et de 
l'antipyrine, et il a pour formule C*"H*'0'Az'Cl*. Pour 
la préparer, on triture un mélange de 10^' d'hydrate de 
batylchloral et 9*',7 d'anlipyrine jusqu'à ce que le tout 
ait pris une consistance pâteuse; on ajoute alors 
19*^7 d'eau, quelques goul les d'acide chlorhydrique con- 
centré et on chauffe jusqu'à dissolution complète. Par 
le refroidissement, il se sépare des cristaux jaunâtres 
fusibles à 70-71^. La même combinaison se dépose au 
bout de quelque temps dans le mélange des solutions 
des deux corps, pris en proportions moléculaires, en 
solutions suffisamment concentrées et chaudes. Le 
butylchloralantipyrine est soluble dans l'alcool, Télher, 
le chloroforme et dans 15 parties d'eau à2o®. La solu- 
tioo alcoolique se colore en rouge par les selsde fer; elle 
ne réduit pas la liqueur de Fehling et n'est pas décom* 
posée par la lessive de potasse, même à chaud. 

H. C. 

Dosage de la potasse et de la soude dans l'urine ; par 
M. G. Garratt (2). — L'auteur propose, pour le dosage 
de la potasse et de la soude dans Turine, la méthode 
suivante : 

Dans un vase d'Iéna de 300'*"'' de capacité, on mesure 
!0(K'' d'urine et SO'^"' d'eau, on ajoute environ 2«f de sul- 
fate de chaux sec, on agile bien, et on verse une goutte 
ue phénolphtaléine et de la chaux éteinte en agitant 
jusqu'à coloration rouge permanente, et on met, en 
oalre, une nouvelle quantité de 5**" de chaux éteinte ; on 
chiiuiïe au bain-marie à 55^ pendant un quart d'heure 
en remuant avec un agitateur de verre. On enlève du 
bain-marie et on abandonne à froid toute la nuit. On 
décante le liquide que Ton filtre sur un filtre sec dans un 
flacon gradué de 100^"' portant un trait au 102*. On 
recueille 100*"* du liquide, on ajoute t'^'' de carbonate 

(1) ^tdhêkâr Zeilung^ 1V02, p. 8j0. 

12/ TheJourn. of physiology , 1902, p. 507. 




— 24<S — 

d*ainiuoniaque en poudre et on complète à 102^"* avec 
de l'ammoniaque. On agite^ on laisse reposer, et on 
filtre. 

On prend 76'"''5 du filtrat (correspondant à 50'** 
d'urine), on ajoute 3*^' de sulfate d'ammoniaque, on 
évapore à siccité dans une capsule de platine, puis on 
incinère doucement jusqu'à ce que les cendres soient 
grises; on les humecle après refroidissement d'acide 
sulfurique, et on incinère de nouveau. On pèse les sul- 
fates obtenus. Ensuite, on ajoute i^"' d'acide chlorhy- 
drique et on épuise par de Teau chaude On fait environ 
230''°* de liquide et on précipite par le chlorure de 
baryum en excès et on laisse déposer. On recueille le 
précipité de sulfate de baryte sur un filtre, dont le poids 
de cendres est connu. 

Après lavage et dessiccation, on incinère séparément 
le filtre, on humecte les cendres de quelques gouttes 
d'acide sulfurique et d'acide azotique, on évapore, on 
ajoute le précipité et on, chauffe au rouge. On pèse le 
sulfate de baryte après refroidissement. 

Du poids des sulfates totaux connus par ta première 
pesée, on soustrait 0«',001 pour le sulfate de chaux et 
0«',000o pour le sulfate de magnésie : on obtient x. 

Du poids du sulfate de baryte, on soustrait 0«',0025 : 
on obtient y. 

Alors on a 

[(y X 0,1476) — .rj X 1,4174 = Na^SO* 

et 

. X— Na2S0* = S0iK«. 

En. G. 

Dosage de la strychnine dans les mélanges de 
strychnine et brucine; par M. Gordin (1). — De toutes 
les méthodes proposées pour doser la strychnine dans 
des mélanges de strychnine et de brucine la plus simple 

(1) Div quantitative Beslimnung des Strychnins und Brucins in 
Gemiachen von Strychnin und Bnicin {Avchiv dev Pharmazie, 1902, 
p. 6ii). 



r 



— 249 — 



et la plus commode est la méthode de Keller ; cette 
méthode consiste à dissoudre 0^,3 du mélange des deux 
bases dans lO*'"' d'acide sulfurique à 40 p. 100; on 
chauffe légèrement pour achever la dissolution; après 
refroidissement, on ajoute 1""^ d'acide azotique fort 
;D= 1,42), puis on fait digérer 1 heure et demie à une 
douce température. Dans ces conditions, la brucine est 
détruite et il ne reste que la strychnine qu'on extrait du 
liquide par addition d'ammoniaque et agitation avec 
un mélange d'élher et de chloroforme. Cette méthode a 
été reprise par M. Gordin qui a constaté qu'elle ne per- 
mettait de retrouver que 96 p. 100 de la strychnine. Il 
I attribue cette perte de 4 p. 100 à une altération par- 
tielle de l'alcaloïde sous l'influence de l'acide nitrique 
I dont l'action est trop prolongée ; M. Gordin conseille 
également de remplacer l'ammoniaque par la lessive de 
soude et le mélange d'éther et chloroforme par le chlo- 
roforme seul. Il propose la méthode suivante qui a 
donné de très bons résultats. 
Deux à trois décigrammcs du mélange de strychnine 
I et brucine sont dissous à chaud dans 15*^°*' d'acide sulfu- 
I rique à 3 p. 100; après refroidissement, on ajoute S*"^ 
I d'un mélange à parties égales d'acide nitrique fort 
i (D= 1,42) et eau. On chauffe exactement 10 minutes 
' au bain-marie, puis on verse le liquide dans un enton- 
noir à robinet, on rend alcalin par la lessive de soude 
et on agite à trois reprises différentes avec du chloro- 
forme. Ce dissolvant est recueilli, filtré dans un petit 
ballon taré, et distillé après addition de 2"°' d'alcool 
amylique, ce qui a pour but d'empêcher les cristaux de 
strychnine de décrépiter vers la fin de la distillation ; on 
eatraîne les dernières traces d'alcool amylique par un 
courant d'air, on dessèche le ballon vers 130-140** et 
on le pèse. L'excès de poids donne la proportion de 
strychnine contenue dans le mélange. 

H. C. 



^MTM. de Phmmu €t de Chim. 6« siniB, t. XVU. (1" mars 1908.) 1*7 



— a» — 

Dosage de la strychnine et de la bmcine dans la noii 
vomiqne; par M. E. Dowzard (1). — Pour doser la 
fttrychninei le mélange des alcaloïdes csE dissous da&i 
50*"' d'acide suifurique à 2 p. 100, puis on y ajoute 
5^*' d'acide azotique, on abandonne le mélange à 
lui-même pendant un quart d'heure. Ati bout de ce 
temps, la solution est mise dans une boule k décantation 
avec IS*""' d'ammoniaque de densité 0,890 et lu^"** de 
chloroforme. On agite pendant 5 minutes, puis on laisse 
reposer, on sépare le chloroforme, et on agite k nou- 
veau le liquide alcalin avec 10"^*^ do chloroforme. Les 
liqueurs chloroformiques sont lavées à deux reprisa 
différentes avec IB*'*^ d'ammoniaque diluée (ammo* 
niaque 1^"^; eau 40^*"^). Enfin le chloroforme esl décanti?, 
on le soumet à Tévaporation, et le résidu est desséche 
à 100** jusqu'à poids constant. 

Si on veut doser la brucine, on fait une solutioo 
titrée de brucine pure, en dissolvant 0,16 de brucine 1 
anhydre et 0,16 de strychnine dans de Tacide sulfu- 
rique à 2 p. 100, et on complète au volume de 100'^^ 
On dissout alors 0,10 du mélange des alcaloïdes à 
examiner dans 50"^"' d'acide sulfuriqiie Si 2 p. 100. On 
place cette solution et 50*^"' de la liqueur titrée précé- 
dente dans deux vases en verre de môme dimension, et 
on ajoute en même temps, dans les deux, 5^°"^ d'acide 
azotique de densité 1,42, et au bout de 5 minutes, on 
fait un dosage colorimétrique en prenant la solution 
titrée de brucine comme point de comparaison. 

Eh. G. 

Recherche de Tapomorphine dans le chlorhydrate de 
morphine; par M. H. Helch (2). — La 4"^ édition delà 
Pharmacopée allemande donne le procédé suivant pour 
vérifier l'absence de l'apomorphine dans le chlorhydrate 
de morphine : 5^"' d'une solution à 1/30 de chlorhydrate 



(1) Chem. News, t. LXXXVI, p. 292. 

(2) Ueber den Nachweis des Apomorphins in Morphiuin hydrochloii- 
Jum [Pharm, Post, 1902, n» 51, loi). 




de morphine sont additionnéi do I goutte de «oltttîon 
de carbonate de potasse. 11 doit »e produire immédiate- 
ment ou après quelques instants un précipité cristallin 
d'un bianc pur, ne se colorant pas à la longue et le tté- 
laoge, agité avec du ohloroformet ne doit pai colorer ce 
dissolvant en rose* 

L'aoteur s'est assuré qu'en présence d'une très petite 

({aantilé d'apomorphine (1/10 ou 2/4 Ode milligramme^ 

soit 0^,01 à 0<% 1 2 d'apomorphine p« 100 de chlorhydrate 

denorphine), la solution et le précipité se colorent en 

vert, si Ton a eoin d'abandonner quelque temps l'essai k 

la lumière et au contact de l'air. Le chloroformei dUê 

Von ajoute ensuite, se colore très faiblement en violet. 

Il trouve un réactif encore plus sensible et surtout 

plus rapide de Tapomorphine dans le bichromate de 

potasse. Si, en effet, dans Tessai précédent, on substi- 

Uieane solution de ce sel à la solution de carbonate de 

potasse, Toxydation de Tapomorphine est immédiate 

i elle chloroforme prend une coloration violet^rouge, 

qui est encore apparente avec 5/100 de milligramme 

d'apomorphine, soit 0«',03 d'apomorphine pour lOO^^'^du 

chlorhydrate de morphine essayé. M. G. 

Séparation quantitative de la leudne et de la tyro' 
^ ; pointa de fusion de ces deux composée ; par 
M. J. HÀseaniii!! et EtiRtsNFELD (1). ^ La leuciue et la 
tyrosine se forment toujours simultanément dans le 
dédoublement des albuminoïdês et Ton avait cherché 
bien «ouïrent, mais en vain jusqu'ici, une méthode qui 
P^n&lt de les séparer facilement et complètement l'une 
d^rantre. 

MM. Hflbermann et Ehrenfeid viennent de décou^ 
^r dans l'acide acétique un dissolvant de la leudûe, 
qni laisse la tyrosine à peu près insoluble i 

|><^ dicide acét. k 16« dissolvent <O«^0 de leucine et 0K^i6 de tyrosine. 
|J*[ -- bonUlaût — 29«',2 — O^MS — 

j<) KtM^MfltKàtif ê lUdiode tat Trtmioag def UiMins ttad TytosiSi 
«'•m Seykr'i ZeUsehnfl f. physiol. Chem., t. XXXVIÎ, ^. Il (iSSS). 




— 252 — 

Les. auteurs montrent qu'en adjoignant à ce dissol- 
vant l'alcool à 95®, on peut arriver facilement à séparer 
ces deux corps. 

Il suffit pour cela de chauffer leur mélange avec 
20 fois son pqids d'acide acétique additionné de sod 
volume d'alcool à 95° jusqu'à commencement d'ébulli- 
tion et de laisser refroidir. Toute la tyrosine se dépose 
au fond du vase : on la sépare en filtrant la solution. 
Celle-ci renferme toute laleucine,que Ton peut obtenir 
pure en décolorant au besoin avec du charbon animai, 
puis en chassant lefdissolvant, d'abord par distillation, 
puis par évaporation au bain-marie. 

Les auteurs ont pu obtenir ainsi la leucine et la tyro- 
rosine tout à fait pures. Elles ont alors des points de 
fusion différents de ceux admis jusqu'ici. 

La leucine pure fond à 270° (non corrigé) en se dé- 
composant complètement, en tube fermé, comme en 
tube ouvert. : 

La tyrosine fond en tube ouvert à 272° (non comgé) 
et à 265* (non corrigé) en tube fermé. 

M. G. 

Recherche de petites quantités d'a-Naphtol dans le 
6-Naphtol; par M, Arzberger (1). — On sait que 
l'a-naphtol est un corps beaucoup plus toxique que son 
isomère le g-naphtol et toutes les Pharmacopées se 
préoccupent de la pureté du p-naphtol au point de vue 
de sa teneur en a-naphtol. 

La pureté du jâ-naphtol est d'autant plus nécessaire 
que ce médicament; est très souvent employé comme 
désinfectant du tube intestinal. L'auteur résume d'abord 
dans un tableau les différentes réactions qui permettent 
de distinguer les deux phénols isomères, puis dans un 
second tableau il donne les caractères dïdentité et de 
pureté exigés par les Pharmacopées étrangères. 

. (1) Zur Unterscheidung von a- und jî-Naphtol und uber den Nachweis 
▼on geringen Mengen a-Naphtol in p-Naphtol {Pharmaceutischt 
Poffi, 1902, p. 153). • 



— 253 - 

Pour déceler de faibles quantités d'a-naphtol diins le 
^-naphtol, il donne la préférence à la réaction deJorissert 
qui, d'après M. Arzberger, doit être effectuée delà façon 
suivante : 0^%3 du ^-naphtol suspect sont dissous dans 
2 à 3^' d alcool, puis additicJnnés de 10 à 15^"' d'eau; on 
agite de temps en temps pendant un quart d'heure, on 
filtre, on ajoute 10 à 12 gouttes d'une solution de 
potasse à 10 p. 100 et finalement de 1 à 4 gouttes d'une 
solution concentrée d'iode dans Tiodure de potassium 
(1,1^; Kl, 2'^; eau, ôO»*"); si le g-naphtol contient uiie 
quantité même très faible d'a-naphtol, il se forme une 
coloration violette. 

D suffit de deux millièmes d'a-naphtol pour avoir 
une réaction très nette ; le p-naphtol tout à fait pur est 
d'une coloration jaune pâle. 

Les essais donnés par les Pharmacopées, et spéciale- 
ment Fessai au perchlorure de fer, ne permettent pas, 
d*après Tauteur, de déceler moinsdel p.lOOd'a-naphtoK 

H. G. 

Sur la présence de pyrocatéchine dans les produits 
de distillation de la houille; par M. E. Bôrnstein (1). — 
L'auteur, dans le cours de recherches faites sur les pro- 
doits de distillation de la houille, distillations faites à 
des températures aussi peu élevées que possible, a 
obtenu des eaux goudronneuses qui, au contact d'une 
solution de perchlorure de fer, prenaient une belle colo- 
ration verte. 

Dans ces produits, il a pu isoler, par une série de trai- 
tements convenables, la pyrocatéchine qu'il a caracté-* 
risée par ses différentes réactions : point de fusion, pré- 
cipitation de la solution aqueuse par l'acétate de plomb, 
coloration verte par le perchlorure de fer, virant au 
violet rouge par une trace d'alcali. 

Dans toutes les variétés de houille étudiées, il a pu 
isoler le même produit. 

Il est à remarquer que la pyrocatéchine a été cons- 

[\) BencA/c der deulsche chemisch. Gesellschaft, t. XXXV, p. 4324. 



^ 



- «64 - 



tamment caractérisée en tant qu'élément ou dérivé des 
subitancea végéUlei fraîches ou fossUei. GW ainsi 
qu on Ta obtenue en partant de la catécbine, de Tacide 
niorJDtannique» du kino, des goudrons de bois, du sucre 
brut de canne, des eaux goudronneuses, provenant 
de la distillation de roches bitumineuses, etc. On voit 
qu on peut la retirer aussi des plantes fossiles, qui cepen- 
dant ont subi des transformations chimiques si conii* 
dérables. La présence de pyrocatéchine dans les pro* 
duits de distillation d'une substance peut donc être 
invoquée h Tappui de Torigine végétale de cette 
substance. H. C. 

Toxicologie, 

Intoxication saturnine dans la fabrication des fausses 
perles; par MM. E. Gaucher et H. Bernard (1). — Elle a 
éié constatée sur deux ouvriers travaillant dans une 
fabrique de perles fausses. Le procédé employé est le sui- 
vant : on moule une pâte dont la composition es( secrète 
et on passe la matière au four. La masse très dure obte- 
nue dit polie sur des meules d'acier: il se forme d'abon- 
dantes poussières. 

La cause ne serait pas l'absorption de ces poussières 
Qii tant que poussières, mais elleserait due à un composé 
plombique. En effet, d'une part, on a constaté les symp- 
tômes du saturnisme : coliques caractéristiques, liséré des 
gencives; d*autre part, l'attaque des perles par l'eau 
régale fournit un liquide qui offre très nettement les 
réactions du plomb. On a remarqué, il est vrai, que les 
lapidaires en pierres Unes deviennent fréquemment sa* 
turnins; mais ce fait est dû à ce qu'on emploie des roues 
en plomb recouvert d'émeri; dans l'usine en perles 
fausses où travaillaient les deux malades dont il est 
question ici, les meules sont en acier qui ne s'use pas 
sensiblement. 

A, B. 

(Il Ann, ^Hyg. publ,, juin 1902. 





— Î55 — 

Intoxication professionnelle par le benzol et ses oom- 
pofte; par M. L. Mohr (1). — Les observations ont été 
faites sur une dizaine d'ouvriers employés dans les fa- 
briques de benzol et de ses composés chlorés et nitrés. 

Les symptômes cliniques sont: céphalalgie, vertiges, 
accélération superficielle du pouls et de la respiration ; 
tremblements ; cyanose ou ictère de la peau. 

Dans le sang un grand nombre d'hématies fragmen- 
tées, variables en forme et en volume ; absence de colo- 
ration ou coloration faible du stroma de beaucoup d*hé<- 
maties ; présence de mélhémoglobinedans le sang. Dans 
I urine est constamment de Thématoporphyrine. 

A. R. 

Itme sujet; par MM. Solpallt et François (3). — Les 
auteurs ont constaté, sur deux malades travaillant dans 
aoe teinturerie au nettoyage des gants avec la benzine 
elTélherde pétrole, de la polynévrite caractérisée par 
des troubles paralytiques des membres supérieurs et in- 
férieurs. 

Ces troubles paraissent dus aux impuretés de la 
benzine; ils ont été déjà constatés dans des fabriques 
spéciales de benzine et dans des usines oix l'on vulcanise 
le caoutchouc par de la benzine et du chlorure de soufre. 

A. H. 



ACADÉMIE DES SCIENCES 



Séance uc 2 févbier 1903 {C. R., t. CXXXVI). 

Sur le^ Oçhnacées; par M. Ph. Van Tieghem(p. 265). — 
L'auteur présente un Mémoire comprenant l'étude de 
^73 espèces de celte famille, 213 déjà décrites et 
260 nouvelles. 

S) Ann, (THyg. pwW., julQ 1902; d'après DeuL Med. Wochen^chr., 
p. 73. 1903. 
't] Ann, (tHyg.y janv. 4903, p. 19. 




— 256 — 

Contribution à t histoire des hommesfos&ilm ; par iL A, 
Gaudry (p. 266). — L'étude comparative de la dentition 
de crânes fossiles, découverts à Menton par le prince de 
Monaco, montre qu'ils se rapprochent beaucoup plus 
du crâne de l'Australien que de celui de TEuropéen 
actuel. 

Sur Véthérification de la mannite par Vaeide phoëphù- 
riçue; par M. P. Carré (p. 306). — Reprenant le tra- 
vail récent de MM. Portes et Prunier (1), Tauteur 
arrive à des conclusions un peu différentes. Il obtient, 
entre autres, un sel de baryum, d'un étber de la man- 
nite, de formule PO*BaC*fl^O»+H*0. 

Sur la structure comparée du bourrelet dans len plantes 
greffées; par M. L. Daniel (p. 323). —Le bourrelet de 
la greffe, même entre plantes aussi semblables que 
possible, présente une structure tr^s variable. Ceii 
montre que Ton n'est jamais sûr, dans le greffage, (fe 
reproduire avec certitude un résultat donné. 

Sur la végétation dans des atmosphères riches en add^ 
carbonique; par M. E. Demoussy (p. 325). — La conclu- 
sion est que les plantes peuvent profiter à un très haut 
degré de la présence de faibles excès d'acide carbonique 
dans l'atmosphère qui les baigne. * 

Séance du 9 février 1903 [C, i2., t. CXXXVI). 

Sur le déplacement par Veau de Valide sulfurique des 
bisulfates alcalins; par M. A. Colson (p. 360). — L'eau 
dissocie les bisulfates alcalins; la composition chi- 
mique des bisulfates dissous change donc avec la dilu- 
tion. 

Sur une nouvelle synthèse de V orthodiazine ; par 
M. R. Marquis (p. 368). — Par réaction de Thydrazine 
sur Taldéhyde fumarique. 

Oxydation des acétates de cobalt et de manganèse par le 
chlore; par M. H. Copaux (p. 373). — Les acétates de 
cobalt et de manganèse sont oxydés par le chlore, de 

(1) Jour. dePh, et de Ch., [6], t. XV, p. 457. 




— 257 — 

fai^DS différentes. Dans le premier cas, on obtient une 
combinaison chloro-acétique complexe de Toxyde GO^O^, 
et dans le second, un acétate de Mn^O'. 

Etude de raction du chlorure de sélényle sur la mannite ; 
par MM. G. Châbrié et A. Bouchonnet (p. 376). — On 
obtient un composé cristallisé de formule G*fl*0'Se' 
qai représente de la mannitane dont les 4 H des groupes 
alcool secondaire sont remplacés par deux Se 0. 

Synthèse de V acide anisique et de l'acide paraéthoxy- 
ienzoîque; par M. F. Bodroux (p. 377). — Les dérivés 
monobromés dans le noyau, des oxydes phénoliques 
réagissent facilement sur le magnésium en présence 
d'élher anhydre. Les composés ainsi obtenus absor- 
bent CO^ en donnant des sels doubles de magnésium 
que les acides décomposent en mettant en liberté des 
étbers-oxydes d'acides phénols. Le parabromanisol 
donne ainsi l'acide anisique; le parabromophénétol, 
lacide p. éthoxybenzoïque. 

Doublement et dédoublement moléculaires dans la série 
dupjfrane;fBT M. R. Fosse (p. 379). — Le bis-dinaphto- 
pyryle se dédouble par le brome en 2 molécules de 
bromare de dinaphtopyryloxonium. Inversement, en 
parlant du bromure précédent, on peut retourner au 
bis-dinaphtopyryle par simple ébullition dans l'acide 
acétique en présence de poudre de zinc. 

Migration du groupe méthyle sovs V influence de V acide 
io^drique; pBr M. E. Bla.ise (p, 381). — Sous l'influence 
de l'acide iod hydrique, un groupement méthyle de 
l'acide diméthylglutaconique a émigré de la position 2 à 
la position 4, fournissant ainsi un exemple simple et 
caractéristique de la migration d'un groupement carboné 
dans une molécule acyclique. 

5ttr un nouvel orthocyclohexanediol et ses dérivés ; par 
M.L.Brunel(p. 383). — Get orthocyclo-hexanediol et 
ses éthers sont obtenus par saponification desmonoiod- 
^drines correspondantes (voir Joum. de Pharm. et 
C4i«., [6], XVII, 15 février 1903). 
Sur deux nouveaux glucotannoîdes ; par M. £. Gilson 




— 258 -- 

(p. 388). — * Ces deux corps sont extraits de la rhubarbi 
de Chine et àénomméh plucoffaltine et tétrarine. La prépi* 
ration n*est pas donnée. Toub les deux sont cristallisé>. ; 
Le premier se dédouble, par les acides, en rf-glucose et 
acide gallique, le second fournit du rf-glucose, de V%^\h 
gallique, de l'acide cinnamique et de lar^^'<7*?w^7î^C^'H**0^ 
Ce dernier composé présente Jos réactions généralfti 
d'un aldéhyde. 

Sur Veêêence û^« Calamintha Nepeta, dite de Marjolaine 
dans le midi de la France; par MM. Gknvresse et Cha- 
BLÀY (p. 387). — Cette essence conlient du pinène, delà 
pulégone et une cétone nouvelle non saturée, la cala* 
minthone C*^fl*^0. 

Sur la nutrition du Sterigmatocystis nigra; par M. H. 
CoupiN (p. 392). — Voir le prochain numéro de c^ 
Journal. 

Sur une maladie de» rameaux du figuier * par M. A. 
Prijnet (p. 395). — Cette maladie est produite par un 
Botrytis qui se développe d'abord &ur les figues restfe 
sur Tarbre à la fin de la saison; de là il gagne 1^^ 
rameaux. Un excellent moyen préventif consiste, à Ia 
fm de la saison, à débarrasser Tarbre de tous les fruiU 
qui ne peuvent arriver à maturité. 

Sur la Pkthirioae, maladie de la vigne camée par U 
Dactylopius vitis et le Bornetina Corium; par MM, L 
Mangin et P. VuLA (p. 397). --'Voir le prochain numéro 
de ce Journal. 

Sur une liane à caoutchouc du Bae^ Congo; par M. E. De 
WiLDEMAN (p. 399), -— Cette plante appartient au genre 
Clitandraj famille des Apocynées. L'auteur le décrit 
sous le nom de Cl, Arnoldiana, 

Sur la réduction d'oligiste m magnétite par les hydfo* 
carbureê; par M. L. DK Laujsay (p, 406). — L'auteor 
montre que la présence du magnétite dans certains 
gisements de minerai de fer peut être expliquée p^rla 
réduction de Toligiste par les hydrocarbures. 



i 



-889 - 
SOCIÉTÉ DE THÉRAPEUTIQUE 



Séance du 28 janvier 1903. 

M. ¥ogt présente uae note de M. Claret $ur un nouvel 
miploi thérapeutique de Vhypo$ulJite de sodium. 

Les pansemenU à l'acide phénique ou h la créosote 
tout quelquefois sans effet dans des cas de carie den> 
teîie, au quatrième degré, avec sécrétion de pus d'une 
odeur putride. Des pansements quotidiens de la cavité 
dentaire, avec un petit tampon d'ouate, imbibé de solu- 
tion saturée d'hyposulfite de soude et recouvert d'un 
autre tampon bien tassé, font au contraire disparaître, 
en quelques jours, l'odeur et la saveur qui inoommo-* 
daient grandement les malades. Ce remède a, de plus, 
Vavanlage de n'être ni toxique ni caustique. 

M, Bardet présente, au nom de M. Collet (de Lyon), 
triM ûàêâr^atioHê d'hémorragies viscérales graves arrêtées 
: par Cinjectim de sérum gélatine. 

On reproche aux injections gélatmées, dont on con- 
naît les propriétés coagulatrices et hémostatiques, 
d'être douloureuses, ce qui n'est pas sans fondement, 
et d'être dangereuses, ce que n'a pas eu l'occasion de 
vérifier M. Collet, dans les quelques cas d'anévryames 
où il les a employées. Il est évident que la stérilisation 
de la solution doit être absolument parfaite. 

Dans trois cas d'hémorragies graves, les injections 
soas^;ulanées de sérum gélatine ont arrêté l'écoulement 
sanguin alors que tous les autres modes de traitement 
avaient échoué (ipéca, ergotine, ventouses, glace, révul* 
«OD, lavements chauds}. Dans le premier cas (hématé- 
mèses par ulcération gastrique), la guérison fut 
obtenue après une injection de sérum gélatine à 1 p. 100. 
Dans le second (hémoptysie), on injecta SO*"""^ de solu* 
tion gélatinée à 2 p. iOO. Dans le troisième (hémo- 
ptysies fréquentes et abondantes), on dut faire cinq 
injections soos-cutanées de 300 jt aOO^""' de solution k 



— 260 — 

2 p. 100, en sept jours, puis plusieurs injections 
300*^»' de sérum gélatine à 4 p. 100, avant d arrêt 
définitivement l'hémorragie. 

Cette dernière observation montre la nécessilé d'ar» 
river à des doses élevées et renouvelées {^300'*^ 1 
4 p. 100 par jour) en cas d'insuccès de doses plu* 
faibles. M. Collet n'a d^ailleurs observé aucun accident 
pouvant faire craindre l'emploi répété de ces injeclioos. 

MM. L. Rénon et E. Géraudel ont étudié l'action dw 
bleu de méthylène sur les ulcérations de la longue et du 
voile du palais, chez cinq tuberculeux arrivés au derDier 
degré de la tuberculose pulmonaire. 

Dans tous les cas, ils ont observé une sédâtion tr^ 
marquée des douleurs, qui rendaient ralîmcntation 
presque impossible, et une cicatrisation plus ou moins 
rapide des ulcérations, qui disparurent complètement e( 
définitivement chez trois malades. 

Ils étudient, en ce moment, raction du bleu de 
méthylène, donné par la voie gastrique, sur Tentérite 
ulcéreuse des phtisiques. Ils ont toujours observé, jus- 
qu'à présent, la diminution et parfois la cessation 
complète de la diarrhée. 

M. Maurel présente une note intitulée* : De Vincorpû- 
ration de certains médicaments dans la cire pour qu'ils u 
soient mis en liberté que dans V intestin. 

Lorsqu'on veut éviter l'action des médicaments mx 
l'estomac ou leur modification par le suc gastrique, m 
peut y parvenir, aussi bien que par la médication kéra- 
tinisée, en les incorporant, à chaud, dans de la cire. 

Par exemple, pour Tingestion du copahu, on peut 
prescrire des bols d'après la formule suivante : 

Cire jaune 10^ 

Oléo-résine de copahu 20** 

Poudre de poiyre de cubèbe q. «• . 

pour faire à chaud un opiat de bonne consistance, à 
diviser en bols, selon les indications. 

Dans les cas de paresse intestinale, on peut prescrire, 
de la même façon, la poudre d'ipéca à la dose de 0^,10 



— 261 — 

<%20 par jour» en plusieurs fois, ou la poudre de 
jlygala à une dose double. 

^ orsqu'on veut préparer de même de la pancréatine, 
ération est un peu plus délicate : afin de ne pas 
érer la pancréatine, on doit faire l'incorporation à 
ke température à peine suffisante pour ramollir la cire. 
(. Cantru a fait des expériences qui démontrent rin- 
àté absolue de F acide phoaphorique, 
[Contrairement au phosphore, l'acide phosphorique 
st pas toxique et est incapable de produire la stéatose 
1 foie. Il est toujours saturé dans le tube digestif et 
orbe sous forme de phosphates acides, qui n'ont 
is eu la propriété de stéatoser le foie. 
Depuis quatre ans, un éleveur de chevaux donne à 
^jeunes poulains, chaque jour, 25 à 50^' d'acide phos- 
boriqae officinal ; il se déclare enchanté des résultats, 
les cobayes, pesant 350'^ prennent, pendant plus d'un 
bois, i^ d'acide phosphorique officinal par jour, dose 
Qonne qui, pour un homme de 70**% correspondrait à 
'*' d'acide par jour ; on constate seulement qu'ils ont 
pu peu maigri. L'urine de ces animaux est devenue d'aï- 
aline, neutre, puis légèrement acide. Un chien de 8**' 
^Idemiapris, pendant 20 jours, de 1 à 3^' d'acide phos- 
phorique; son poids est monté à 9**^,400; ses urines 
oBt devenues acides. 

L'acide phosphorique n^est donc pas toxique. Mais il 
llaul le donner suffisamment dilué, car il est très caus- 
Itiqne. On doit égalenent tâter la susceptibilité nerveuse 
Ides malades et leur tolérance gastro-intestinale. 

M. Ghassevant signale l'intérêt qu'il y aurait à 

rechercher le phosphore dans Turine des herbivores 

soamis à ce traitement, ces animaux éliminant nor- 

j Paiement l'acide phosphorique par les fèces et non par 

l'orine. 

Il* Bardet, avant la clôture de la discussion sur la 
[ hdiion de la ration alimentaire j répond aux critiques Af^ 
aébil qui ont été faites à sa communication. 
Il résume son opinion en disant que le médecin doit 



^ 



- 388 - 



désormais s'attacher à prescrire (non seulemeBt 
régime qualitatif, mais un régime quantitatif limitai 
la quantité d*aliments nécessaire à l'entretien da ssa; 
lade. Les calculs de M< Barde t, corrigés par lea a«^ 
mentatîons diverses, fixent la ration normale d^ 
aduUe à 30 à 40 calories par kilogramme de poids 
0»',75 à i^' d'albumine. 

M. Maurel ajoute que, pour les nourrissons, la ration 
doit être de 75 calories (soit lÛO^' de lait) par kilo- 
gramme. 

Quant à la quantité d'aliments azotés nécessaire i 
l'organisme de Thomme adulte, elle correspond à envi* 
ron t^'' par kilogramme^ Mais, pour être sûr de satiaEaire 
ce besoin, on peut adopter^ sans inconvénient, la dose 
de i«^%25 à 1«%50 d'albumine par kilogramme. 

Pour M. Barbier, la quantité de lait de femme capabls 
<ie produire les 75 calories nécessaires au nounisaon par 
kilogramme de son poids est de 120^' et non de iO(P, 
comme l'admet M. Maurel. Ce dernier chiffre est, par 
contre, exact pour le lait de vache. Mais, en raison de 
la différence de composition de ces laits, il ne peut j 
avoir équivalence entre 120<^'' de lait de femme et iOO*' 
de lait de vache: d'où la nécessité de favoriser, autant 
que possible, l'allaitement maternel. 

Ferd. Vioier. 



^QËTË DE BIOLOGIE 



Séance du 21 décembre 1902. 

Appréciation dea poids du plasma et des éléments Jigwit 
à Uur état d^ humidité naturelle dans une quantité détsr* 
îfiinéedesang ; par M. O.-V. Mayet. 

La fonction adipo^pexique du foie dans Mes rapp&rU 
avec la nature des graisses ingérées ; par M. P. CAïuii^ et 
M^'* Deflandre. — Le foie fixe, après ingestion de diffé' 
rents cOrpsgras, une assez forte proportion de graisses, 




— s«« — 

^i|ui parait ea indiquer le degré d'assimilation : la quan* 
^tité de graisse ainsi fixée est beaucoup plus grande 
^après absorption d'huiles animales qu'après absorp- 
tion d'huiles végétales ; les matières grasses du lait 
ou do beurre, qui sont principalement destinées à Tali- 
mentation du jeune animal^ sont très supérieures à 
i toates les antres à ce point de' vue. 

Transfarmation de l'adrénaline dans Vorganisme ; par 
I M. V. Batelli. — Celui-ci admet que l'adrénaline, dans 
I son passage à travers les organes, se transforme en 
I cxyadrénaline; Toxygêne qui se trouve dans les glo- 
I boles rouges parait nécessaire à cette transformation 
dans l'organisme. M. Batelli suppose qu'à l'état normal, 
Torganisme et surtout les muscles ou le système ner- 
veux produisent une substance qu'il appelle protôodré- 
naUite, qui est continuellement déversée dans le sang et 
augmente pendant le travail musculaire; transformée 
en adrénaline dans les capsules surrénales^ elle est 
éliminée par celles-ci proportionnellement au travail 
mascttlaire, en sorte qu'elle arrive à faire défaut dans 
ces capsules quand le travail est poussé jusqu'à l'épuise- 
ment. 

lid firopUiëmose otine « carceag y> ; par M. Motas (de 
Bacaresl). — Le carceag^ nom donné en Roumanie à 
une maladie très grave du mouton, est dû à un piro^ 
plasma spécifique que l'on trouve dans les globules 
bouges; celte maladie est propagée par les tiquea. 

Cirrhose de Hanoi f.t leucémie à « Mastxellen » ; par 
M. BïGAKT. — On trouve constamment la moé^;?^//^ dans 
le sang des sujets atteints de la cirrhose de Hanot. 

A^'ité *ur les propriétés fixatrices de la substance céré- 
^kdméckéé; par MM. V. Morax et A. Marie. — Les 
«périences tendent à prouver que, dans Taclion neu- 
tralisante du cerveau vis-à-vis de la toxine tétanique, 
interviennent au moins deux propriétés différentes : 
'one, de beaucoup la plus importante, puisqu'elle repré- 
sente les 97 pour 100 du phénomène, est essentielle- 
ûïenl labile et ne résiste pas à la dessiccation ; l'autre 




— 264 — 

parait absolument fixe, persiste après dessiccation et 
n'est pas modifiée par des températures élevées. 
Examen de la perméabilité méningée ; par M . J.- A. Sigard. 

— Ses résultats concordent avec ceux de MM, Launoy 
et Leroux, qui ont noté l'imperméabilité ménÎDgée as 
mercure chez des malades traités par des injections 
sous-cutanées de calomel. 

Séance du 10 janvier 1903. 

Sur les premières phases de V empoisonnement aigu par 
V oxyde de carbone; définition du coefficient d^empoisanne" 
ment; parM.JNfiSToaGRÉHANT. — M. Gréhant donne le nom 
A% coefficient d^ empoisonnement BXiTdi^^ovi^m existe entre 
le volume d'oxyde de carbone absorbé par le sang et 
le volume de l'oxygène que ce liquide peut absorber. 

Sur les substances toxiques des sérums normatcx; par 
MM. H. Carré et H. Vallée (d'Alfort). — Ils estiment 
qu'on peut tirer de leurs expériences la conclusion que, 
si la toxicité d'un sérum n'est pas le fait seul de son 
pouvoir globulicidcy elle relève presque entièrement, au 
moins en ce qui a trait aux accidents immédiats, de 
l'action de Yalexine sur l'organisme et surtout de la 
macrocytase. Un liquide d'épanchement à»ia{T<?pAag^^*tue 
comme le sérum frais de l'animal qui l'a fourni, tandis 
qu'un liquide d'épanchement à microphages ne provoque 
jamais d^accidents, à quelque dose quW Tinocule. 

Sur la présetice d'une kinase dans quelques champignons 
basidiomycêtes ; par MM. G. Delezenne et H. Mouto>. 

— Us signalent la présence, dans quelques champi- 
gnons basidiomycêtes, d'une kinase qui, ajoutée à des 
sucs pancréatiques totalement inactifs vis-à-vis de 
l'albumine, est capable de leur conférer, de même que 
le ferait l'entérokinase, un pouvoir digestif des plus 
évidents. G. P. 

{A suivre.) 

— - - ■ - ■ — — — 

Le Gérant : 0. DoiN. 

PARIS. -* IMPanCBRIB p. LBVi, RUBCA88BTTB, 17. 



r 



— 265 — 



TRAVAUX ORIGINAUX 



; Trataux de pharmacie galénique effectués à V occasion de 
la nouvelle édition du Codex : Extraits fluides; 
par M. Em. Bourquelot (1). 

; Les extraits ^Miflfe*, c'est-à-dire les extraits repré- 
sentant poids pour poids la drogue employée à les 
I préparer, sont entrés depuis longtemps, comme formes 
i fflédicamenteases, dans la pratique médicale du monde 
; entier. On en trouve un certain nombre d'inscrits dans 
I la plupart des pharmacopées : autrichienne (1889), hol- 
I kidaue (1889), américaine (1890), italienne (1892), 
I mue ^1893), danoise (1893), etc., etc. Il n'y en a pas 
moins de 81 dans la Pharmacopée américaine (2). 

La Pharmacopée française, presque seule, n'en fait 
pas mention; et c'e&t là, pour nos confrères, une 
source d'embarras quotidiens. En l'absence de formules 
officielles, ils sont obligés de recourir à celles des phar- 
macopées étrangères, quand ils n'en imaginent pas eux- 
mêmes. De tonte façon, il en résulte des produits 
variables d'une officine à l'autre, sinon comme activité, 
du moins comme apparence. 

La Commission de revision ne pouvait, cette fois, 
refuser de les accueillir. C'était le seul moyen d'en 
unifier la préparation dans notre pays. Après consulta- 
tion des diverses Sociétés pharmaceutiques de France, 
son choix s*est arrêté définitivement sur les suivants : 
Bimrdaine^Cascara^ Coca^ Condurango^ Cola^ Grindelia^ 

U)?oat les articles précédents, voir : [6], t. XII, p. 466 et 508, 1900; 
t. XIV, p. 516 et 5«3, 1901 ; t. XVI, p. 161, 1902. Dans ce dernier 
utide, à 11 page 163, ligne 4, nn membre de phrase a été omis. Il faut 
rétablir comoie il suit : Ajoutez quelques Routtes de solution de phénol- 
phialéiM r/, à l'aide dCune burette graduée, laissez tomber goutte à 
^mUte de la solution demi-normale d'acide, etc. , 

,i. Dans cette Pharmacopée et dans la Pharmacopée anglaise, 
l<a3 d'extrait correspond à 19'' de la drogue. 

Jnn, de Pkarm. tt de Chim, 6* siâiB, t. XVII. (15 mars i903.) 18 




— 266 — 

Hamamelis, Hydrastis^ Salsepareille et Viburnum (1), 
Leur préparation et leurs propriétés ont été étudiées 
avec le plus grand soin dans mon laboratoire par M. J« 
Warin, qui en a fait le sujet de sa thèse de DoctonI 
universitaire (2). 

La Commission a adopté deux types de préparatioB; 
suivant que l'évaporation de la seconde partie dei 
liquides d'épuisement est poussée jusqu'à TobtentioB 
du poids complémentaire delà portion mise en résenre 
{Bourdaine)^ ou jusqu'à l'obtention d'un extrait qui est 
redissous dans celte dernière portion, le poids de k 
solution étant complété ensuite par addition d'imej 
quantité suffisante du liquide alcoolique employé à| 
l'épuisement {Grindelia). Nousreproduisons.du reste,k 
mode opératoire prescrit pour chacun de ces types. 

L Extrait fluide de Bourdaine. — Extractum Frangul» 
ftuidum, 

Eoeroe de Boa»! aine en pondre demi-fine (a» 25)/. iOOO*' 
Alcool à 30» q. •. 

Humectez nniformément la pondre avec SOOflrr d'alcool à 30*. ApHs 
2 heures de contact en yase clos, introduisez-la dans un perotlatev. 
Ajoutez de nouvel alcool en tous conformant anz règles de la iizifit* { 
tiou, et quand celui-ci commencera à s'égoutter, fermes l'orifice infô- 1 
rieur et recouvrez l'appareil. 

Laissez macérer pendant 24 heures. Procédez à la liziviation ; recueSki 
•t mettez à part les 800^' de liquide écoulés en premier lieu. 

Achevez l'opération. Distillez les nouvelles liqueurs poar en rstirv 
*alcool. Concentrez le résidu au bain-raarie jusqu'à rédactioni 200i' 
que vous ajouterez à la portion mise à part, de façon à obtenir es 
tout lOOOff' d'extrait fluide. 

Laissez reposer deux jours dans un Ueu frais et filtrez. 

M. Warin a essayé la lixivialion avec des alcools de 
concentrations diverses (40^, 35*" et 30*^); il a constaté 
que l'alcool à 30"" est celui qui donne les meilleurs 

(1) n faut 7 joindre encore l'extrait fluide d'er^o/ d€ seigle; maisl» 
préparation de cet extrait est un peu j>articuUére : nous n'en parisrons 
pas dans cet article. 

(2) J. WasinC: Etude comparative sur la préparation de quelgn» 
extraits fluides. Thèse de Doctoral tmi»cr«tYairc (Pharmacie). Paiii, iW* 




— «7 — 

résultats, Textrait fluide étant le plus riche en prin* 
ctpes dissous. 

Lorsque la lixiviatton est hietk conduite, 10'^^ de dis* 
solvant sufii&ent pour atteindre un épuisement à pBU 
près complet, — et cette quantité peut être considénée 
également comme suffisante pour la préparation des 
wtres extraits fluides. 

Devront être préparés oommc l'extrait fluide deBour- 
daifie, sauf e.n ce qui concerne le titre de Talcool et 
piques détails qui seront spécifiés pour chacun, daos 
notre Pharmacopée, les extraits fluides de Casoara 
tagrada (alcool à BOf), de Cùla (alcool à 60^), de Coca 
(alcool à 50^), de Condurango (alcool à 45°) et A'ffyérW' 
«»« (alcool à TO""). 

11. Extrait Jiuide iie Grindelia. — Tlxtractum Grùi- 
Jeliœ /luidum. 

FenilleB et fleurs de Grindetia en poudre grossière 

!!• 15) ttOOe»» 

Aleool à 75* q* s. 

Buneetez uniformément 1% poudre aTedfSOOir' d'alcool à 15®. Après 
1 IttONs de contact en Ta«^e dos, ,introdui«ez-la dans un percolateur. 
Ajoutez de douyoI alcool en tous conformant aux règles de la lizivia- 
tkm et laissez macérer pendant 48 heures. 

Procédez alors à la lixiyiation. Recueillez et mettez à part les SQOffr de 
Hqvîde écoulés en premier lieu. 

Achevez l*opérmtion. Distillez les ^nouTellos liqueurs pour en retirer 
f«fcooL £taporez le résidu au bain-^marie en consistance d'extrait et 
ndistohes le produit dans la partie • mise en réserve. Com,plétez 
«Dfoltele poids à 10009' arec de l'alcool à 75*. 

Laiiiez reposer deux jours'tn lieu frais et filtres. 

M. Warina essayé la lixiviation avec des alcools de 
concentrations diverses ,(96*, 50* et 75"); il a constaté 
que ee dernier est celui qui donoe l'extrait fluide le 
^8 riche en principes dissous. 

Les extraits fluides qui devront être préparés en sui- 
vant ce mode opératoire aenty outre celui de Grindelia^ 
les extraits à'Bamamelis (alcool à^S""), de SaUepareiUe 
(ilcool àSOr) et de Vaurnwm^{BAcool à 80"?). 

Gonformément aux décisions générales de la Gom- 




— 268 — 

mission, chacun des extraits fluides sera l'objet d'un 
.article spécial dans lequel seront relatées les propriélél 
principales de cet extrait. Pour deux d'entre eux s 
extraits fluides de Cola et A'Hydraatis^ Tarticle sera 
complété par un procédé de dosage du principe acti 
(caféine dans le premier et hydrastine dans le secondl. 

Au reste, nous allons reproduire ce qui dans ces ar« 
ticles peut intéresser le lecteur, en y joignant quelqm 
données qui présentent de l'intérêt au point de vue docu- 
mentaire, mais ne sauraient trouver place dans le Codex. 

1. Extrait fluide de Bourdaine. — Liquide noir, à 
saveur légèrement amère et astringente, qui, addi- 
tionné de 10 parties d'eau, précipite abondamment. 

Si on agite 10*"^ d'éther avec un mélange de 1*^"' d'ex- 
trait et de 4^"' d'eau, si on laisse reposer et si à Téther 
décanté on ajoute 2*^°"^ d'eau et 4 à5 gouttes d'ammo- 
niaque, le liquide aqueux qui se sépare est coloré en 
rouge-cerise (réaction des oxyméthylanthraquinones). 

M. Warin a trouvé pour un extrait fluide de Bour- 
daine, préparé comme il a été dit plus haut, une den- 
sité de 1,069 à 15"; lOO'^^Mecet extrait ontfourni29«^l2 
d'extrait sec (dessiccation à Tétuve à 100"*). 

2. Extraitjluide de Cascara sagrada. — Liquide brun 
foncé, d*une saveur très amère, précipitant par addi- 
tion de 10 parties d'eau. Le nouveau liquide filtré pré- 
cipite abondamment par le tannin, ce que ne fait pas 
Textrait de Bourdaine dans les mêmes conditions. 

L'extrait de Cascara donne également la réaction des 
oxyméthylanthraquinones. 

Densité d'après M. Warin : 1,073; rendement en 
extrait sec : 34,90 pour 100^»'. 

3. Extraitjluide de Coca, — Liquide brun jaunâtre, à 
saveur amère et aromatique. Etendu de 10 parties 
d'eau, il trouble abondamment. 

Densité d'après M. Warin: 1,067; rendement en 
extrait sec : 31,35 pour 100«"*. 

Le même expérimentateur a trouvé pour 100^ d'ex- 
trait une teneur en alcaloïdes de 0»^296• La Commission 



r 



7 W "-■ — ^- 



269 — 



n*apas cru devoir encore faire état de cette dernière 
donnée et a écarté tout procédé de dosage des principes 
actifs. 

4. Extraie /luide de Cola, — Liquide de couleur 
ronge foncé, à odeur de Cola, à saveur amère et astrin- 
gente. Etendu de 10 parties d*eau, il donne un préci- 
pité brun jaunâtre. Par iiltration, on obtient un liquide 
jaane rougeâtre, précipitant abondamment par s^ddition 
de tannin. 

Densité d'après M. Warin : 0,976; rendement en 
extrait sec : 12,82 p. 100""'. 

bwigt de la caféine, — Pesez dans une petite capsule tarée ISsi" de 
Veitmt fluide k essayer. Eraporez aa bain-marie jusqu'à porte de %9f. 
Venez l'extrait ainsi réduit dans un mortier assez large; lavez la cap- 
fole avec 2c»3 d'eau distillée employée en quatre fois; ajoutez 10?'' de 
nagfiéiie calcinée et triturez longtemps la masse de façon à obtenir un 
méUoge homogène et bien pulvérulent que vous abandonnerez à lui- 
m^me pendant 1 heure. ^ 

Placez ensnite le mélange dans un ballon bien sec, de 230«"^3 de 
captcité, ajoutez 150?' de chloroforme; tarez le ballon auquel vous 
adapterez un réfrigérant à reflux. Faites bouillir doucement au bain- 
muie pendant 45 minutes. Laissez refroidir ; pesez de nouveau le bal- 
lon; rétablissez an besoin le poids primitif par addition de chloro- 
fonne. Agitez et filtrez lOOS'' de la solution chloroformique (correspon- 
àaat Mnsiblement à lOf^^ d'extrait fluide) dans un vase conique de 
fiohéma préalablement taré, en ayant soin de couvrir le flltre pour 
empicher Tévaporation du chloroforme. 

Eraporez avec précaution au baln-marie. Desséchez complètement le 
résido dans Tétuve à eau bouillante jusqu'Jt poids constant. Pesez après 
refroidissement. Vous devrez obtenir au moins 0i?i',12S de résidu, cons- 
titué par de la caféine blanche et presque pure. 

Cette quantité correspond à 1«'",25 de caféine brute 
pour 100"^ d^extrait fluide. 11 est prudent de s'assurer 
qu'on a bien affaire à de la caféine. Pour cela, on ajou- 
tera au résidu de l'eau bromée ou quelques gouttes 
d'acide azotique fumant; on versera la solution dans 
une petite capsule et on évaporera avec précaution à la 
flamme d'une lampe à alcool : il devra rester un 
enduit rouge brun se colorant, par addition d'une goutte 
d'ammoniaque, en violet pourpre. 



— 2r7« — 



1 



La caféine étant partiellement à Tétat combiné dans 
fes stgmences de Cola et, par suite, dans l'extrait, on 
comprend qu'il soit nécessaire de faire intervenir un 
alcali, lorsqu'on veut obtenir la totalité de l'alcaloïde. 
Divers expérimentateors, Dieterich entre autres 1)^ se 
sont servis de la chaux. Les expériences de M. WarÎB 
ayBnt établi que la magnésie calcinée donne des 
résultats sensiblement identiques (2), la Comnii»- 
sion a pensé qu'il valait mieux prescrire l'emploi de 
cette dernière que le pharmacien a toujours soos la 
main. 

Avec dos noix de Cola renfermant 1,84 p. 100 de 
caféine brute, M. Warin a obtenu un extrait iluide qui 
en contenait 1,80 p. 100. Le même extrait a donné à 
M. Hérissey 1,73 p. 100. Ce sont là des résultats suffi- 
samment rapprochés. Un autre lot de noix de Cola ren- 
fermait 1,69 de caféine brute p. 100 et son extrait 
fluide 1,375. Dans le cas où l'extrait fluide serait nota- 
blement moins riche en caféine, il faudrait, pour plus 
de précision, opérer le dosage sur" une quantité double 
dé cet extrait, c'est-à-dire sur 30*''. 

5* Extrait fluide de Conduranffo. — Liquide brun, 
aromatique, de saveur très amère. Additionnéde 10 par- 
ties d'eau, il donne un précipité résineux s'agglomé* 
rant par la chaleur. Le nouveau liquide, filtré après 
refroidissement, est jaune et précipite abondamment 
par addition de tannin. 

Densi té à 1 5^- 1 ,0122 ; rendement en extrait sec : 47,27 
pour lOO*'"'. M. Warin a constaté, en outre, que cet 
extrait renfermait pour 100**' : 0«',56 de résine et une 
proportion de condurangine donnant, avec le tannin^uB 
précipité pesant après dessiccation 3*'',65. 

ff. Extrait Jluide d^Hydrastis. — Liquide jaune brun, 
à odeur vireuse rappelant celle de la teinture d'opium, 
à saveur très amère. Il se trouble fortement lorsqu'on 

(1) Uber die Wertbesfcimmang der Kolanuss and des KoUextmUat; 
Helfenherger Annalen, p. 181, 1898. 

(2) Journ. de Pharm. et de Chim., [6], t. XV, p. 315, 1902. 



r 



— 271 



Fétend de 10 parties d'eau et donne alors par filtration 
un liquide limpide jaune. 

Stfoit didentUé, — A 2«»3 d'extrait ajoutez k^^^ d*acide sulforique 
£kié officinal (aa 1/10) et laissez reposer. Il devra se faire, au bout de 
S<ûns de 13 mioates, ua dépôt de cristaux jaunes (sulfate de berbérine) . 
Daoez !•"» d'extrait à 20«»» par addition d'eau dij«tillée. A 5«»» de la 
tolatioa ajoutez 2en3 d'acide chlorhydrique, puis 2e>n3 d'eaa chlovée :il 
éerra s« produire aussitôt un» coloration rouge. 

Dotagede Vhydrastine. — Pesez ezactemoat 1502 d'extrait fluide dans 
«M capsule tarée. Evaporez an bain-marie jusqu'à réduction à ^«^. 

a&prenez le résidu par environ iQ«^ d'eau distillée et versez la solu- 
ttDaàam un flacon de 150«'as de capacité. 

ijeiiief SMceasireoaeat lOff' da benzime de pétrole, 50b<^ d'éther offt* 

âaal et 3'*' d ammoniaque liquide. Abandonnez le mélange pendant 

1 heure, en ayant soin d'agiter vivement et fréquemment. 

Séparez la solution éthérée qui surnage et filtrez-la sur un filtre sec. 

i Intredùsez 5Cvr de cette solution dans une ampoule à décantation et 

Sfiiei fortement pendant quelques minutes avee lO»"*' d'un mélange 

I ceoiyoté d« 1 partie d'acide chlerhydrique officinal et de 4 parties^ 

! 4:tin. 

Apréi séparation, faites écouler le liquide acide et limpide dans un 
i fliceu. 

Â^lei encore à deux reprises arec 5*^^^ d'eau additionnée de quel- 
ques gouttes d'acide chlorhydrique. Réunissez ces liquides aqueux au 
, premier. 

Ajoutez alors nn excès d*àmmoniaque et agitez fortement avec 50S' 
; d'éther. Laissez reposer 1 heure. Versez le liquide éthéré séparé de la 
pirtie aqueuse sur nn filtre sec. Pesez 40sr du liquide filtré dans nn 
I pstàtSacoQ conique en verre de Bohême préalablement taré. 

Evaporez an bain-marie jusqu'à poids constant. L<s résidu de^a 
peser au moins Os«',20 (hydrastino correspondant sensiblement à lOs' 
d'extrait fluide). 

Ce procédé de dosage est celui de la Pharmacopée 
allemande. Appliqué par M. Warin à Texlrait fluide 
adopté par la Commission, il a donné 0<^^2i5; soit 2,45 
poariOO»'. 

Densité de Texlrait de M. Warin : 1,029; rendement 
en extrait sec : 23,83 p. lOO^-'. 

7. Extrait fiaide de Grindelia rohmta. — Liquide 
brun verdàlre, résineux, poissant les doigts, à odeur 
aromatique, à saveur très amère. Additionné de 10 par- 
lies d'eau, il donne un trouble blanc. 



- 272 — 

Densité à 15* d'après M. Warîn : 0,972; rendemeat 
en extrait sec : 28,83 pour 100*^"^'. 

8. Extrait fluide cT Hamamelis. — Liquidebrun foncé, à 
saveur astringente. Etendu de 10 parties d*eaa, îl 
précipite assez abondamment et donne alors, par fil- 
tration, un nouveau liquide jaune ne précipitant pas 
par le tannin. 

Densité à 15*» d'après M. Warin : 1,064; rendement 
en extrait sec : 30,11 pour 100*'■^ 

9. Extrait fluide de Salsepareille. — Liquide rouge 
brun, à saveur légèrement amère. Etendu de 10 par- 
ties d'eau, il donne un liquide limpide, moussant for- 
tement par agitation et précipitant par addition de 
tannin. 

10. Ext7'ait fluide de Viburnum. — Liquide brun 
rouge, à odeur désagréable rappelant celle de la valé- 
riane, à saveur amère et styptique. Etendu de 10 par- 
tiesd'eau, il donne un précipité couleur chair. Le liquide 
filtré est jaune et se colore en jaune orangé passant peu 
à peu au rouge rubis, par addition d'ammoniaque. 



Sur la présence du saccharose dans les graines huileuses et 
sur sonrôledanslaformationdeV huile ; parM. C. Vallée, 
professeur-agrégé à la Faculté de médecine et de 
pharmacie de Lille (1). 

I. — Présence du saccharose dans les graines huileuses. 
Lorsqu'on passe en revue les analyses réunies parles 
auteurs sur la composition des graines huileuses, on 
est frappé de ce fait que le saccharose n'est que très 
rarement signalé ; tout au plus voit-on indiqué le poids 
global des sucres, c'est-à-dire les sucres dosés avant et 
après interversion par les acides. Or, nous savons que 
cette façon de procéder expose à des erreurs, car les 
acides sont aussi capables de dédoubler les glucosides, 
les inulines, les amidons. 

(1) Note remise à la rédaction le 9 février. 



r 



— 273 



Nous nous sommes donc proposé d'examiner un cer- 
tain nombre de graines en employant la méthode à 
Hovertine de M. Bourqueiot (1). Nous exposerons briè- 
rement comment nous avons appliqué cette méthode 
en prenant comme exemple une des graines que nous 
avons étudiées ; nous résumerons ensuite dans un tableau 
lesrésultats obtenus avec les graines suivantes : amandes 
douces^ amandes amer es ^ graines de ricin ^ semences de 
emirge\ pistaches^ graines de sésamSy coques du Levant. 

Disons de suite quedans toutes ces graines nous avons 
rencontré du saccharose. 

Prenons comme exemple les amandes douces : 

2Mt* d'unandes douces pulrérisées sont jetées peu à pea dans 400'~3 d'al- 
cool à 85* bouillant ; on maintient l'ébullltion pendant 1 heure, on laisse 
nfroidir et Ton filtre. Sur le filtrat on prélèTO lOO*"»' que l'on soumet 
à l'érapcration après addition de quelques décigrammes de carbonate 
decbaoz, de façon à saturer les acides yégétauxqui pourraient interverb 
tir le sucre de canne. L'alcool chassé, le résidu est étendu à 100<»>B3|^Yec 
d«l'eao thjmolée, et l'on en fait deux parts : dans l'une on ajoute Os'^io 
d'ianitioe, et dans les deux une pincée de thymol. Les deux flacons 
Mot mis à rétuTe à 33« et, après un séjour de 21 heures, on prend les 
rotations des liquides ainsi que leur pouvoir réducteur par rapport à la 
fiqaear de Pehiing. 

Si nom désignons par A le liquide additionné de thymol et d'inrer- 
tÎDs, par B le liquide additionné simplement de thymol, les résultats 
obnrrés sont les suivants : 

Dë%'iation Sucres réductears 

A ; — ^•20' l'=',6l2 

B + 2«18' 0»%048 

Il l'est donc formé iff',564 de sucres réducteurs (exprimés en sucre 
interrerti) représentant pour [ajn = — 19«5 une déviation de — 0*^366 
«tofs que les ls',i85 de saccharose dont ils proviennent représentent 
■n« déviation de 1*59 pour [ajo -^ 66«6. Si notre solution contenait du 
ncchaiote, la déviation polarimé trique, après l'action de l'invertine, 
dersit diminuer d'après nos calculs de 2°35'6 ; or l'expérience a donné 
vaedéTiation de 2038'. 

Il résulte de cette expérience que les amandes douces 
arrivées à maturité — c'est-à-dire avec une teneur en 

{\) Joum. de Pharm, el de Chim., 6» série, t. XIV, p. 481. — Nous 
nous étions antérieurement familiarisé avec cette méthode dans le 
Ubontoire même de M. Bourquelot. 




— 274 — 

eau d'environ 5 p. 100 — contiennent 2«',97 p. 100 de 
saccharose et C^^OO p. tOO de sucres réducteurs. Nous' 
nous sommes aussi appliqué à isoler le saccharose en 
épuisant 500«^ d'amandes par de l'alcool à 85*. L'alcool 
d'épuisemeut est évaporé après filtration et le résidu est 
repris par l'alcool absolu. Après quelques jours de repos, 
des cristaux se forment sur les parois du vase, on les 
déiache, on les lave à l'alcool absolu, on les sèche à 35* 
et on les soumet aux essais suivants : 

Point de fusion au bloc MaqaeQDO.., ISO". 

Pouvoir rotaloipe... 4- 66052 (a=2»32', Z=2, p = l,0785, © = 5ir). 

La liqueurde Fehling n'est pas réduite. 
Voici maintenant résumés en un tableau les difiTérents 
résultats que nous avons obtenus : 



DÉSIGNATION DES GRAINES 


SACCHABOSB 

p. 100 


8UCRB8 

RÉDUCTBOaS 

P. 100 


Amandes douces 


2,97 

2.94 
1,06 

3,26 
0,^4 
0,61 


0,(t9 


Amandes amères 


0,ii 


Ricins 


0,12 


" Courges 


0.12 


Pistaches 


0,20' 


Sésame 


0,1^ 


Coques du Levanl. . ^ ..... 


1,03 







II. — Sur le rôle du saccharose dans la formation 

DE l'huile. 

Nous nous sommes demandé, en outre, si, par des 
dosages successifs faits dans des amandes en voie de 
maturation, il ne sérail pas possible de saisir quelque» 
relations entre l'apparition des sucres réducteurs, du 
saccharose et de Thuile. 

Les fruits nécessaires ont été prélevés aux environs 
de Montpellier (1), tous provenaient d'un même arbw 

(1) Nous adressons ici nos bien sincères remerciements à M. E. Co^- 
bemale, ex-pharmacien de la marine, qui a bien voulu nous envoyer lef 
fruits nécessaires pour ce travail. 



■ •■■fc- 



— 275 — 

Il <c Amandier à la Dame ly ; les fruits de cette variété 
it ane coque demi-tendre et sont mûrs en juillet. 
: Ces fruits étaient pesés sitôt reçus, puis on détachait 
Imande du péricarpe pour examiner ces deux parties 
Iparémenl. Plus tard, au début de mai, le péricarpe 
entant deux parties nettement différenciées, l'une 
bargée de chlorophylle et l'autre n'en contenant pas^ 
* les avons aussi séparées pour Texamen analytique. 
Rajouterai en effet qu'en examinant au microscope une 
ipe transversale du fruit, on trouve, au point de vue 
biologique, des différences très nettes, entre la partie 
erteet la partie blanche. 

Le tableau suivant résume les résultats obtenus. 

iquantités des différents sucres sont rapportées à 100 

i fruit tel qa'il m'est parvenu aussitôt après la cueil- 

Mte. Nous n'avons pas cité séparément les résultats 

Ibtenus avec le péricape blanc et le péricarpe vert pour 

pas compliquer outre mesure le tableau. Notons 

limplement que la partie blanche s'est toujours montrée 

llus riche en sucres réducteurs et en saccharose. 



Dé«giiaiion 


Poids 


PÉRICARPE 




AMANDE H 


des 


moyen 


o 


t 

III 
O O 


w» 


o 




« 


pruM 


da 


h 


o g. 


|i 




«'«chtttiUoDa 


fniit 


r 


9 9 • 

... 




60 


•2 




Tiamars... 


0«'60 


0,48 


5,11 


» 


0,00 


5,57 


» 


3atril... 


1,50 


0,70 


2Jl 


i> 


0,33 


2,72 


» 


U - ... 


^M 


0,59 


3,00 


i> 


0,43 


2 92 


» 


» - ... 


1,5» 


0,67 


3,8» 


» 


» 


3,25 


» 


«"oi»i 


9.9e 


0,81 


3,91 


» 


1,14 


2.80 


u 


Mniti 


12,10 


0^ 


5.67 


B 


1,«9 


2,97 


» 


«juin.... 


11,50 


0,61 


4,90 


» 


l,6-> 


0,92 


traces 


ii JQin.... 


> 


» 


» 


traces 


0.93 


0,33 


traces 


SjmUeL.. 


10,10 


0,51 


4,61 


0,42 


5i 


0,19 


6 97 


S* juillet .. 


9,20 


0,T7 


3,95 


0,3U 


0.51 


0,28 


14,35 


!•' octobre. 


1,65 




» 


» 


3,36 


0,U8 


54,19 



*< L^examen des données fournies par ce tableau 
montre que le péricarpe contient des proportions rela- 



— 276 — 

tivement constantes de sucres réducteurs et de saccha- 
rose pendant la maturation. 

Dans Tamande, au contraire, les sucres réducteun 
diminuent progressivement au fur et à mesure qu'appa- 
raît soit le saccharose, soit la matière grasse. 

Le saccharose va en augmentant jusqu'à Tappari* 
tion de l'huile, puis on le voit diminuer peu à peu pour 
remonter finalement lorsque la formation de l'huile sera 
moins active. 

Remarquons enfin que le péricarpe ne contient 
jamais que des traces d'huile. 

Nous nous sommes demandé toutefois si ces résul- 
tats, rapportés à la matière sèche, et non plus à la 
substance humide, ne prendraient une autre significa- 
tion. C'est pourquoi nous avons eu soin de déterminer 
pour chaque échantillon le poids de matière sèche, en 
employant comme moyen de dessiccation le videsulfu- 
rique. Nous donnons ci-après parallèlement les quan- 
tités de sucres réducteurs et de saccharose calculées 
suivant les deux méthodes : 



Sucj'es réducteurs 








Dans la matière hamide,p. 100... 0,92 0,33 
Dans la matière sèche, p. 100. .. 8,38 2,90 


0,19 
1.18 


0,28 
1,00 


.0,08 
0,08 


Saccharose 








Dans la matière humide, p. 100. . . 1,65 0,93 
Dans la matière sèche, p. 100. . . 15,03 8,13 


0,52 
3.20 


0,54 

1,89 


3,36 
3.35 



On voit que les quantités des différents sucres ont 
été en diminuant, tant par rapport à la matière humide 
que par rapport à la matière sèche. 

L'ensemble de ces résultats permet donc de suppo- 
ser qu'il y a, dans le péricarpe, une formation ou un 
afflux constant de sucres réducteurs et de saccharose ; 
puis, que ces hydrates de carbone vont s'accumuler 
dans la graine, où ils concourent à la formation de 
l'huile. 

Il nous parait difficile d'aller plus loin actuellement 
et de dire quels sont, du saccharose ou des sucres réduc- 
teurs, les précurseurs immédiats de Thuile. 



— 277 — 

Dans un travail récent, Hartwich et Ullmann (1), 
en étudiant Tapparition de l'huile dans les olives, en 
même temps que les variations quantitatives des sucres 
rédacteurs, ont conclu que l'huile se forme aux dépens 
du glucose ; mais cette conclusion nous paraît d'autant 
plus prématurée que les auteurs n'ont guère suivi les 
variations du sucre que par des réactions de coloration 
au microscope (2). 



Dopage de la digitaline dans les préparations officinales 
de digitale et de digitaline ; par M. Ecalle [Fin] (3). 

3* Dans la poudre de feuilles de digitale du com- 
merce : 

20*' de poudre de feuilles de digitale ont été intro- 
duits, dans un ballon ordinaire de 300 à 350""°^^ de con- 
tenance, avec environ 200^"' d'eau distillée. Le mélange 
a été chauffé au bain-marie pendant au moins deux heu- 
res, en agitant fréquemment et filtré dans un vase à 
précipité. Le résidu a été repris par une nouvelle 
quantité de 200''°'^ d'eau distillée, chauffé à nouveau 
pendant une heure et filtré. 

Les deux liquides filtrés ont été réunis, mis à évapo- 
rer jusqu'à réduction à environ 150*°' et additionnés, 
après refroidissement, de 25*°'' de solution d'acétate neu- 
tre de plomb au 1/10, le mélange étant agité avec 
soin. 

Une petite quantité de ce liquide filtrée et traitée par le 
sulfate de soude ne donnant pas de précipité, nous en 
avons conclu que nous n'avions pas d*acétate de plomb 
en excès et avons ajouté une nouvelle quantité de 20""^ 
de notre solution. 

Le précipité par le sulfate de soude ayant été, cette 

(1) ArchUf d€r Pharmazie, t. CCXL, fasc. tf. 

[t, Laboratoire de chimie biologique de la Faculté de médecine de 
UUc. 

(3) Jûnm, de Pkarm. et de Cfiim.f t. XVII, [6], n® du 1»^ mars 1903, 
p. 228. 




— 278 — 

fois, très caractéristique, nous avons complété noire 
liquide à 200'''°' et continué l'opération comme précé» 
demment. 

Nous avons obtenu 0^%05362 de digitaline pourâfts' 
de poudre, soit 28'.684 p. 1000. 

(( Il sera donc nécessaire, dans les dosages de la digi- 
taline dans les extraits et les feuilles de digitale, dehra- 
jours s'assurer, avant d'ajouter le sulfate de soude au 
premier filtratum, que ce filtratum contient bien un 
excès d'acétate de plomb. » 

4^ Dans des feuilles de digitale, grossièrement pulvé* 
risées par nous, mais provenant du commerce, nous 
avons trouvé 0«^064625 de digitaline pour 20«' de 
feuilles, soit 3«%231 p. 1000. 

Ces différences de richesse en digitaline de la poudre 
et des feuilles de digitale du commerce peuvent s'ex- 
pliquer par les expériences de Van Itallie qui a cons- 
taté que la partie parenchymateuse de la feuille est 
beaucoup plus riche en glucoside que le pétiole et les 
nervures de cette même feuille. 

Les feuilles de digitale qui nous ont servi % faire 
notre poudre ont, en effet, été soigneusement mondées^ 
grossièrement écrasées entre les mains et débarrassées 
de leurs pétioles et de leurs nervures. 

Van Itallie (1) a trouvé dans les feuilles de digitale 
des Vosges, débarrassées de leurs pétioles, de 3«*,636à 
S8%772 de digitaline p. 1000, et seulement l'^,01 à 
18%51 p. 1000 dans les pétioles et les nervures des 
mêmes feuilles. 

Les feuilles desséchées de la plante cultivée ont don- 
né au même auteur de le^51 à 3K^86 de digitaline 
p. 1000. 

Madsen (2) a trouvé dans les feuilles de digitale de 
Norvège de 2«^',560 à 2»%880 de digitaline p. 1000. 

— ^* 

(1) Van Itallie. Pkarm. Çentralh,, p. 734, 1897; d'après Joum. de 
Pharm. et de Chim. 

(2) Apatheker Zeitung, p. 787, 1897; d'après Uum, de Pkarm. et de 
Chim2 




— 279 — 

La moyenne des essais fait par Keller sur des feuilles 
de digitale a oscillé entre 2«%60 et 3«%20 p. 1000; un 
échaatillon lui a cependant fourni un résultat maximum 
de e^^^O p. 1000. 

D'après Kiliani, lessemences de digitale^ si elles con- 
tienneot de la digitaline cristallisée, en même temps 
^e d autres glucosides, n'en renferment que des traces 
extrêmement faibles. 

Contrairement à l'opinion de ce dernier, Keller pré- 
tend que les glucosides contenus dans les semences de 
la digitale sont absolument identiques à ceux qui se 
trouvent dans les feuilles de la même plante. 

Les précédents dosages ayant porté sur des préparar- 
tioDs de digitale prises dans le commerce ou préparées 
avec des feuilles provenant du commerce, iln'étaitdonc 
pas possible d'établir de comparaison sérieuse entre les 
différents résultats obtenus. 

Nous avons alors préparé des teintures et des alcoo- 
latares avec des feuilles de digitale de première et de 
deuxième années que nous avons récoltées, au mois de 
mai, dans les bois de Meudon-Bel-levue. 

3* Tableau comparatif des résultats obtenus dans des 
teintures et al^oolatures de digitale, récemment prépa- 
rées par nous : 

Alcooîatures 

Préparation : Alcoolalares obtenues par macération, pendant 10 jours, 

im féûiles fraichet de digitale dans partie égale en poids d'alcool à 95**. 

Alooolatare 
Résultat! p. 1000 

Peuilles de l** année 0«%4204 

Pfiilles de 2* amée 0<%4888 

Teintures 
Mpuration : Teintnres obtenuos par macération, pendant fO jours, 
des feuilles de digitale séchées à Tair libre, dans 5 fois leur poids d'al- 
cool à 60». 

Teinture 
RéftoUats p. 1000 

FeaiUos de 1^* année 0«',4400 

Peuilles de 2* année 0«'",508* 

Nota. — On remarquera la faiUedîfiéFe&oederickeB0e 



— 280 — 

en digitaline qui existe entre les alcoolatures et les tem- 
tures. 

6® Dans une alcoolature de feuilles de digitale, datant 
de dix ans, et préparée par nous, par macération, dans 
partie égale en poids d'alcool à 90°, des feuilles de digi- 
tale de deuxième année récoltées un peu avant la florai- 
son, nous avons trouvé 0^^0426 de digitaline pour 100*' 
d'alcoolature, soit08S426 p. 1000. 

7** Dans un extrait aqueux de digitale du commerce : 
2^'^ d'extrait ont été dissous dans quantité suffisante 
d'eau distillée, versés dans un ballon d'environ 200*** 
et l'opération continuée comme précédemment, en ayant 
soin de prendre les précautions indiquées, quant à ce 
qui est de la solution d'acétate de plomb à ajouter. 

Nous avons obtenu 0«',00806 de digitaline pour 2^ 
d'extrait, soit 08^403 p. 100. 

8® Dans un extrait alcoolique de digitale de commerce: 

L'opération précédente répétée sur l'extrait alcoolique 
de digitale nous a donné O^^Oil de digitaline pour 
28^*^ d'extrait ou 0^%S5 p. 100. 

9^ Dans des granules de digitaline faits à la main: 

100 granules de digitaline au ^ de milligramme ont été 
délayés dans environ 12®"'^ d'eau distillée, auxquels on 
a ensuite ajouté 50*^"^ d'alcool à 90® pour dissoudre la 
digitaline. 

Le tout a été mis dans une éprouvette graduée et bou- 
chée, puison a complété à 150*^"' avec de l'eau distillée, 
et l'opération continuée comme précédemment. 

100 granules au -^ de milligramme et préparés seu- 
lement depuis une semaine ont donné 0^^,0236 de digi- 
taline aulieu de 0ë^'*,025 que, théoriquement, ils devraient 
contenir. 

Le même dosage, effectué trois mois après, nous a 
donné 0«%02385 au lieu de 0b'-02S. 

Ces granules n'ont donc subi aucune altération^sous 
l'influence du temps et leur titrage peut être considéré 
comme suffisamment exact. 



r^ 



281 — 



r KHDans une sololion de digitaline faite dans un mé-^ 
bnge d'alcool, de glycérine et d'eau. 
i La présence de la glycérine nous met ici en face d'une 
ïifficnlté opératoire qui s'est déjà présentée lors de nos 
losages de l'aconitine dans le même véhicule. 
1 Ledosage delà digitaline s'appuyant surtout surla solu- 
Klitédeceglucosidedansle chloroforme, il est important 
iesavoir comment le chloroforme se comporte vis-à-vis 
le la glycérine contenue dans le véhicule etdont on ne 
Ipeal se débarrasser aussi facilement que de l'alcool. 
; Pour cela, nous avons fait différents essais : 20^'°' de 
|chloroforme ont été mélangés dans une ampoule à robi- 
net avec20*"' de glycérine chimiquement pure à 30? et le 
tout fortement agité à plusieurs reprises. Le chloroforme 
iécanté retient toujours quelques traces de glycérine, 
suffisantes pour empêcher un dosage exact. 

Il ea est de même si on substitue l'éther au chloro- 
ferme. 

Nous avons essayé de remédier à cet inconvénient de 
la mauière suivante : ^i^^^0 de notre solution de digi*^ 

laline au ^555 ont été évaporés dans une capsule de verre 

jusqu'à presque complète disparition de Talcool et addi- 
lioonés, après refroidissement, d'environ 60^™' d'eau 
distillée, afin de précipiter la digitaline. 

Le tout a été mis ensuite dans une ampoule à robinet 
avec environ 70 à SO'^^'de chloroforme pour redissoudre 
ladigitaliue, onaagité fortement (150 à 200 secousses), et 
laissé pendant une demi-heure à déposer. Le chloro- 
forme a alors été décanté et le mélange d'eau et de gly- 
x^rine repris deux autres fois par une nouvelle quantité 
de chloroforme. 

Les trois liquides chloroformiques réunis ontété mis à 
éviiporer, au-dessus de la vapeur d'eau, dans une grande 
capsule de verre et Tévaporation complètement ache- 
vée, le résidu a été repris par 2 à S"^*"' de chloroforme. 

Le chloroforme décanté (la glycérine restant s'attache 
aux parois de la capsule) est mis à évaporer à nouveau 

^«va. rfe PWm. et 4i Chùn, 6* siui. t. XVII. (45 mara 1903.) 19 



1 



dt le résida repris qaatre autres fois par lamème quih 
tité de chloroforme. 

ie chloroforme de la dernière reprise est recuBlî 
dans uae petite capsule, préalablement tarée, et la cap* 
suie précédente lavée, à deux ou trois reprises^ a«n 
quelques gouttes de chloroforme que Ton a soin d'ajouter 
au ohloiroforme de la petite capsule. 

Le tout est mis à évaporer comme précédenmeiiietp 
févaporation achevée, la capsule mise dans un deisie^ 
cateur et pesée après refroidissement. 

J(eus avons ain» obtenu •^,0141 de digitaline aa lien 

L'opération^ recommencée avec 21<%50 de solution 
nous a ésmné 0b%022. de digitaline au lieu de O*^,0il5. 

Enfin, une troisième opération, faite sur IS^'^SI 
d'une solution datant de cinq mois, nous a donaéO*',01tt 
ded%ilaline au lieu de 0>*,0I8S. 

Le temps n'a donc aucune influence sur la digitalim 
en eolution dans ua mélange d'alcool, de (^ycérinc et 
d'eau», but de ces dernières recherches. 

Conclusions. — Par ce procédé de dosage de lai 
digitaline donné par Keller, il est donc très possible, 
snrtout en lui faisant subir les quelques modificationf 
que nous avons adoptées, de doser )a digitaline dans les 
différentes préparations pharmaceutiques de la digitale. 

Etant donnée la grande activité de ces préparations 
et eu égard aux diverses causes qui peuvent influer sur 
leur valeur, âge de la plante, lieu et moment de la 
iécolte, épuisement plus ou moins complet de la partie 
employée, il y a lieu de se demander si, sans se con- 
tenter d^unifier les modes de préparation, précaution 
souvent insuffisante pour donner des produits à action 
constante, il ne serait pas préférable d'unifier complè- 
tement les préparations officinales de digitale en fixant 
un titre de digitaline pour ces diverses préparations. 

On pourrait, par exemple, adopter les titres sni- 
vants : 

f Pour raîcoolature ou la teinture de digitale, 0«',25 



— M3 — 

èe digitaline p. iOOO (chaque centimètre cube corres- 
pondant à -^ de milligramme de digitaline). 

2* Pour la poudre de feuilles de digilale, 2<^%50 p. 1000 
(an gramme de poudre correspondant à 2*^^ et demi de 
digitaline). 

3* Un extrait alcoolique de digitale ramené au titre 
aaique de O^.SO p. 106 (un gramme d'extrait corres* 
pottdant à 5"*' de digitaline). 

4* Une solution à un gramme pour 1000. 

5* Des granules au — ou au qy de milligramme. 

La solution &u ^ se trouvant dosée par le seul fait 
de sa préparaiion, le point important est l'emploi d'un 
Tébicttle de densité constante et se rapprochant le 
plas possible de la densité de l'eau distillée et dont la 
goutte, au compte-gouttes calibré, correspondrait à un 
poids fixe, bien déterminé. 

Le mélange suivant répond assez exactement à ce 
juste desideratum : sa densité est sensiblement la même 
que celle de l'eau distillée et il donne, au compte- 
goattes calibré, à peu près exactement 50 gouttes au 
gramme. 

Ea volumes En poids 

Alcool à93« (D. 0,820) 528'»^ 433»' 

Qljcérine omraiquement pure à 30* 

(I>. 1,210) 280 355 

Bau disUUôo q. 5. p. 1000 212 212 

1,020««5 1,000»' 

On fait dissMidre la digitaline dans l'alcool^ on ajoute 
la i^yeérine et enfin Teau distillée. Il faut avoir soin, 
lorsqu'on opère en volumes, de tenir compte de la con- 
(action des liquides* 

Pour les granules, la bonne préparation peut tenir 
lieu de titrage. 

Cependant, pour la solution et pour les granules, le 
titrage peut encore devenir une garantie d'exactitude, 
lorsque le pharmacien ne peut faire lui-même ces 
préparations ou qu'il veut s'assurer de leur bonne 
conservation. 




— Î84 — 



Sur la présence du glucose dans le liquide cépkalora^ 
ehidien; par MM. L. Grimbert et V. Coulaud. 

Les auteurs sont d'accord pour admettre dans le 
liquide céphalo-rachidien de rhomme la présence d*un 
corps réducteur que les uns ont attribué sans preuves 
au glucose, et d'autres à la pyrocatéchine. Les expé- 
riences décisives de Guerbet(l) ont montré que Thypo- 
thèse de Texistence de ce dernier corps devait être 
rejetée. 

Dans le but de déterminer la nature de la substance 
réductrice, nous avons soumis à Tépreuve de la phényl- 
hydrazine un grand nombre de liquides céphalo-rachi- 
diens provenant soit du service de M. Widal, soit de 
l'hôpital Broca, et n'appartenant pas à des glucosu- 
riques. Nos échantillons étaient préalablement déféqués 
à l'aide du réactif de Patein et en suivant la technique 
publiée par cet auteur (2). 

Dans 19 cas sur 22, nous avons obtenu une osazone 
se formant le plus souvent par refroidissement. Cette 
osazone présentait deux formes cristallines assez dis- 
tinctes : petits faisceaux en aiguilles analogues à ceux 
que Ton obtient dans des solutions de glucose étendues, 
ou bien longs cristaux flexueux partant d'un centre 
commun et donnant à la préparation comme un aspect 
chevelu. Ayant réuni à part l'osazone provenant de 
plusieurs échantillons offrant cette dernière particula- 
rité, lions l'avons soumise, après dessiccation et purifica- 
tion au benzène, à l'action de l'eau chaude, de Talcooi 
amylique à froid et de l'acétone étendue. Elle est restée 
ijDSoluble dans ces divers réactifs. Enfin, desséchée à 
400"*, nous avons déterminé son point de fusion au bloe 
de Maquenne par la méthode de la fusion instantanée 

<ie Bertrand, en opérant parallèlement avec une gluco- 

— 1 

(1) QuuBBT. Sur la com^sttion du liquide céphalo-rachidian. Journal 
de Pharmacie et de Chimie^ [6], X, p. 59, 1899. 

(2) G. Patbin. ibid., [6], XVII, p. 5, 1903. 



r 



^ ■ ^ ■ f 



sBioae pure, et nous avons obtenu le point de fusion 
de229*-234'. 

Enfin, dissoute à chaud dans une petite quantité 
d'alcool à 60"*, elle a laissé par refroidissement se dépo- 
ser des cristaux en branches de genêt, caractéristiques 
de la glucosazone. 

La substance réductrice de nos liquides céphalo- 
rachidiens est donc bien du glucose. 



Sur le nrop de Gihert au quinquina. Incompatibilité ; 
par M. M. A. Astrlg, chargé des fonctions d'agrégé^ et 
J. Robert, pharmacien de 1" classe. 

Il arrive fréquemment de constater çà et là, dans la 
pratique pharmaceutique journalière, d'assez nom- 
breuses incompatibilités médicamenteuses. Tantôt ces 
incompatibilités n*ont que peu d'importance au point 
de vue thérapeutique ; la préparation est-elle trouble, 
par exemple, on met une étiquette « Agiter )), et puis 
tout est dit. Tantôt, au contraire, les propriétés des 
corps en présence sont tellement modifiées que Pacti- 
vité de la préparation est bien différente de ce que le 
médecin avait prévu ; il est alors du devoir du pharma- 
cien de prévenir ce dernier, avant d'exécuter la prépa- 
ration. 

Une étude ultérieure, plus complète, faite par Tun de 
DOQs sur les incompatibilités en général^ et celles des pré^ 
varations de quinquina en particulier^ indiquera avec 
détail la conduite à tenir par le pharmacien, en présence 
des incompatibilités anodines, dangereuses pour le pré- 
parateur, pour le malade, etc. Nous désirons simple- 
ment, aujourd'hui appeler l'attention des pharmaciens 
et médecins sur une association médicamenteuse 
résultant, comme tant d'autres, de Tabus immo- 
déré des changements dans les formules officinales 
et constituant des préparations, tout à fait irration- 
nelles. 




— tt6 — 

f ^ \]n de nos confrères a eu il y a quelque temps à 
exécuter rordonnance suivante : 

sirop de Gibert SW»' 

(Efceoiplacer le sirop simple par le sirop de quinquina.) 

• D^ X..- 

2** Un journal médical (1) (l'"^ janvier 1899) a publié 
la formule : 

Sirop de Gibert ou potion mercurielle iodurée, 

Biiodure d'hydrargyre 0**30 

iodure de potassium « 30 

Eaa distilMe !50 

8n»p ûe. qmnqpmm J 490 

Deux cuillerées 5 soupe, etc. 

Outre que pour Tauteur de cette dernière prescrip- 
tion, potion et sirop semblent être synonymes^ la for- 
mule donnée s'écarte légèrement, il faut bien le dire, 
de celle du sirop de Gibert habituel (2). Mais ces 
ceiaarqu^ préalables n'ont, en somme, que peu 
d'importance. 

Autrement grafves sont les observations suggérées par 
l'union fantaisiste du biiodure de mercure ioduré et du 
sirop de quinquina. Le premier de ces corps, réaiîlif 
général des alcaloïdes (Valser), donne, avec le sirop de 
qmnquina officinal obtenu d'après le procédé du Codex 
(au moyen du quinquina calisaya), une préparation 
blanc jaunâtre sale, d'aspect peu engageant ; et cela, 
surtout à cause de la précipitation des alcaloïdes da 
quinquina à l'état d'iodomercurates. 

Or, ce précipité est insoluble dans les acidea faibles 
^tarlrique, citrique, etc.,) de m.6me que dans l'acide 
chlorhydrique dilué; il a donc fort peu de chance de se 

{i)' Quinzaine médicale, £899^. 

(2] Sirop de Gibert (Soubeiran et Regnaiild),t. Il, p. 785 : 

Biiodure de mercure 1*^ 

lodare de potassium 50 

Sâu distillée 50 

Sirop simple, q. s. pour obtenir 2000 



r 



£smmàre dira» l'estomac du malade, ei par suite, 
l'action spécifique des detix comipcffants du mâangE: ert 
«Budérablement amoifidfie. 

Ba ae tenant cocapte f ae da prodait le plk» aetii, 
^eit-à-dire du biiadore de mercure, od conçoit que^ la 
ipintité de ce corps, laetaiit en aol-ation, varie «veerta 
nàttmt du sirop de qainqaiiia en alcaloïdes : plus 
eelle-ci est grande, plus abondante est la Ibrmatioi^dk 
fridptté. 

De sorte que neos arrivons à cette conclusion aassE 
ounease et inattendue ^ laquelle n'ont certainsmant 
pai songé les aoteora des formules citées^ : non sauli^ 
aieat le sirop de Gibert au quinquina ciiange d'aspast 
d'uae pharmacie à l'autre, ik cause des divecsea qua»- 
lilé^ eotamerciales d'écorces de quinquina employées 
(bas la pratique, mais da plus, un aîrop de quinquina 
méHiocre, panvre en alcaluides^ donne un> prodniA 
final iodomercuré plus actif qu'un sirop scrupuleuse- 
ment préparé d'après le formulaire légal. 

N'esUil pas possible d^obtenir, grâce à un intermède 
approprié, un sirop de Gibert au quinquina limpide? 
Aatremeot dit, le précipité aleale'idique peut-il ttre 
ivité aa moins en partie ? Il résulte de nos essais q^ 
l'alcool et la glycérine;, dans certaines proportions, 
ttnpèchent cette formation. iûO''' de sirop de quinquina 
^Codex, auxquels onajoute environ 1S><' d'alcool à 911^^ 
<ni 40*' de glycérine.,, ne donnent pas de précipité, sen- 
sible, par addition de la solution de biiodare iodurtf. 
^ft ces quantités n'oat rien d'absolu, précisément 
H'ceque, ainsi que nous l'avons rappelé plus haut^las 
s^n>96 de quinquina des pharmacies peuvent avoir ane 
tcneir variable en alcaloïdes. Ainsi, 5 p. iOO.- d'alcMrl 
^ 8b(& pour empècber la précipitation dans. un< sicop 
obtenaavec un extrait fluide du commerce. 

Kntout cas,, nous ne pensoois pas que le pharmacien 
Fausse, de son chef, substituer au sirop de quinquina une 
^ relativement considérable d'alcool ou dé glycérfne^ 
^8 en référer à l'auteur de l'ordonnance. D'ailleart, 




— 888 — 

les si]*ops ainsi obtenus limpides précipitent à nouveii 
lorsqu'on les étend de 2 ou 3 volumes d'eau. 

La conclusion pratique à retenir de tout ce qui pré* 
cède, c'est que le sirop de Gibert préparé avec le sirop 
de quinquina officinal perd certainement de ses pro- 
priétés thérapeutiques. Cette association doit, à notre 
avis, être évitée. D'autres expériences en cours éten- 
dront bientôt ces. observations. 

Nous ne verrions pas d'inconvénient à substituer, ainsi 
que! l'a proposé M. Vigier, le sirop de café au sirop 
simple. Le sirop de Gibert modifié de cette façon pos- 
sède, d'après Fauteur, un goût agréable, ne provoque 
pas de troubles digestifs et se conserve très bien. En 
tout cas, il est d'une limpidité parfaite : la caféine, en 
effet, ne précipite, en solution aqueuse, par le biiodare 
de mercure ioduré, qu'en présence d'acide chJorhy- 
drique et en liqueur suffisamment concentrée. 



REVDES 

Dosage de la dureté des eaux au moyen d'une boIu* 
tion aqueuse de savon; par M. Gawalowski (1). — 
L'auteur propose de remplacer dans l'hydrotimétrie la 
solution alcoolique de savon généralement employée, 
par une solution aqueuse d'oléate banque de soude. 
L'oléate neutre de soude se dissout dans une petite 
quantité d'eau ; mais si on étend cette solution, il se 
précipite des particules extrêmement fines d^m oléate 
acide, tandis qu'un oléate basique reste en solution; il 
est facile de séparer l'oléate acide qui cause l'opales- 
cence du liquide par agitation avec du papier à filtrer 
très divisé, suivie de filtrations sur du coton hydrophile. 

La liqueur aqueuse d'oléate basique donne une mousse 
plus persistante que celle obtenue avec les solutions 

(1) Tilrimelrische HârtbesUtnmung in Trink und Nutzwcuser mUlelst 
wâsseriger Seifenlâsung {ZeiUchrifl fur analytische Chemie, 1901 
p. 7i8). 



r 



alcooKqnes de savon, ca|* il n'y a pas dans la bouteille 
hydrotimétriqne de vapeurs d'alcool qui font rapidement 
tomber la mousse. De plus, elle ne varie pas de titre, 
car il n'y a pas de perte d'alcool par évaporation. Elle 
se conserve parfaitement dans des fioles de couleur 
verte. 

On peut préparer la liqueur hydrotimétrique soit 
avec de Toléate de soude pur, soit avec le savon de 
coco qoi est parfaitement blianc et neutre. On découpe 
le savon en fines lanières qu'on fait macérer avec 40 ou 
SO fois son poids d'eau et on décante la partie claire. 

Cette solution de savon est titrée au moyen d'une 
solution de chlorure de calcium contenant 0,0012 de 
chaux (GaO) par centimètre cube; on la dilue de façon 
cpie l*"* de liqueur hydrotimétrique corresponde à 1'"* 
de solution calcique. 

L'addition d'une petite quantité de solution de carmin 
k l'eau à titrer facilite la fin de l'opération, car la cou- 
leur blanche de la mousse se voit facilement au-dessus 
du liquide coloré en rose, de sorte qu'on aperçoit la 
plus faible épaisseur de mousse ; on doit opérer dans 
des fioles de couleur vert pâle et placées au-dessus 
d'une surface blanche. 

L'auteur propose des flacons de 200^'*^ environ de 
capacité et portant 4 divisions correspondant à 25^°^% 
50*"', 75*""', lOO*"'; suivant la dureté de l'eau essayée, 
on opère sur un volume plus ou moins grand. Il propose 
également une burette spéciale dont le bouchon ajusté 
à l'émeri peut servir soit à verser la liqueur de savon, 
soit à fermer l'orifice de la burette. 

H. C. 

Sur l'iodométrie des phosphites, hypophosphitea et 
liypophoBphates ; par MM. E. Rupp et A. Fjnck (i). — 

l*" Pkosphites. — L'iode ne réagit que très lentement 
sur Tacide phosphoreux ou les phosphites. En présence 

(1) tkrichUd. d. chem. GtstlL, XXXV, p. 3691, {^02 — et Archiv 
der rharmazie, CCXL, p. 663, 1902. 



— 290 — 

du bicarbonate de soude, roxydation est beaaooof phis 
rapide et quantitative; de ] à an procédé de dosage]» | 
l'iode basé sur la réaction suivante : . 

PO«fl« + 1« + H«0 «= PO«H« + 2HI. 

Mode opératoire. — Le produit à doser, pris en quan- 
tité convenable (0«',10 à 0^*^,20), est dissous dans Fean, 
additionné de 0,50 à 1,50 de bicarbonate de soude et 

N 
d*ini grand excès de 9olat&Q j^ d'iode. Le tout, placé 

dans un flacon bouché à Téméri, est laissé en 

contact à l'abri de la lumière directe pendant 

2 heures. L'excès d^iode est ensuite titré avec la sola- 

N 
tion T^ d'byposuUite de sodium. 

Le trichlorure et le tribromure de phosphore sont sus- 
ceptibles du même dosage. 

2* Hypopkosphites. — Les hypophosphiCes, contrai- 
rement aux p h osphites, ne sont oxydés par l'iode qu'en 
milieu acidifié par un acide minéral; dans ces condi- 
tions, Poxydation va jusqu'au terme phosphite: 

HSO + P02H3;+ 21 = F03H» + 2HI. 

Ce terme est cependant légèrement dépassé, les phos- 
phites réagissant un peu sur Tiode en milieu acide. Si 
alors on rend le milieu alcalin par un petit excès de 
bicai-bonate, l'oxydation par l'iode va jusqu'aux phof- 
phates. 

Mode opératoire. — Dans un vase bouché à rémeri* 
on met une prise d'essai de 0*^,40 environ d*bypopho»> 
pbite, on ajoute 5^' d'acide sulfurique dilué à i/KK 

N 
puis un excès de solution r^ d'iode. Après 42 à 

15 heures de repos dans un endroit scmibre à la tem- 
pérature de Tété, on titre l'iode en excès. On safnre 
ensuite la liqueur par du bicarbonate de soude, dont 
on ajoute un excès (0«',56 à l'** environ), puis un excès 

N 
de solution 7^. d'iode^ et on titre après 2 beuiesde 
10 



mftv 



ipos. Od a}oate les deiix quanthés d'iode alksorbé 
lu» le 1** et le 2* dosage, et on calcule la qnantîlé 
niypoqphoflf^te d's4)rèaréquation : 

PO«H« + 41 + 21ï«0 = PCHH» + 4m. 

Bjfpaphûsphatêè. — L'acide hypaphosphorique est 

WDsidéré comme formé par la combinaison d'une 

Bolécnle d* acide phosphoreux et d'une molécule d'acide 

ftiiOBpborîque. D'après l'auteur, rébullition avec J9CI 

k dédouble, et le dosage est ramené à celui de l'acide 

phosphoreux. 

I llûde opératoire, — Une prise d'essai de 0*^,20 

lliypophosphate est bouilli 1 heure avec iO^'^HGl 

l23p. 100. Après refroidissement, on neutralise par le 

licarbonate de soude et on continue comme pour les 

iphosphites. 

J. B. 

I Ooiige étt giycocolle dans les proéaks de Thydrolyse 

^ attraflûnoïdes; par M. Emile Fischer (1). — Dans 

l'action des acides ssr les albuminoïdes, c'est^à-dine 

jAuif Thyàrolyse de ees substances, il se forme, eatre 

intres produits, des acides moitoamidés et des acides 

l^kaoïidés; tandis que pour ees derniers (lysine, par 

I exemple) on connaît des procédés de séparation suffi- 

Ittmmeot exacts, il n'en est pas^de même pour les dé- 

mes moQoamidés et spécialement pour le giycocolle. 

H. Fischer propose pour ce dernier corps le procédé 

imvant qui Jui a permis d'isoler et d'évaluer approxi- 

■ttàvement le giycocolle; il a déjà été appliqué daos 

n certain nombre de cas (hydrolyse de la gélatine, de 

'ela Ebroine, etc.) et les résultats ont été satisfaisants. 

€e procédé n'est qu'une partie de la méthode générale 

donnée par M. Fischer pour la séparation des acides 

MBoamidés résutfant de l'hydrolyse des albumines (2). 

Wow rappellerons que dans cette méthode M. Fischer 

\^^M»chrifl fur Phyiiologischê Chemie, t. XXXV, p. 229. Voir 

«ww t. XXXV, p. 10; — t, xxxin, p. m. 

91 Voir Jottm. de Pharm., 6* série, ^ XVI, p. 265. 

I 



transforme les acides monoamidés en chlorhyi 
d'éthers éthyliques, met les éthers en liberté par 
alcali et les sépare par distillation fractionnée 
pression très faible. Mais avant de procéder à la di 
position des chlorhydrates M. Fischer isole le chloi 
drate de Télher du glycocolle eh maintenant queli 
temps à basse température la solution alcoolique 
chlorhydrates. 

Prenons par exemple Thydrolyse de la gélatii 
hydrolyse dans laquelle il se forme une proportii 
assez forte de glycocolle. 

1^ de gélatine est chauffé six heures an réfrigérant 
reflux avec 3'** d'acide chlorhydrique (D= 1,19), puis 
tout est évaporé dans le vide jusqu'à consistance 
pense ; on ajoute alors 3"^ d'alcool absolu et dans 
dissolution on fait passer un courant rapide de 
chlorhydrique ; sous l'influence de l'acide chlorhydriqi 
il y a d'abord éthérification des acides monoamidéli 
puis transformation en chlorhydrates : le glycocolk 
par exemple, donne C4PC0*-CH*AzH»HCl. 

La liqueur alcoolique maintenue quarante-huit heorej 
dans une glacière laisse déposer des cristaux de cUoi 
rhydrate d'éther glycocollique peu soluble à froid:* 
autres chlorhydrates restent en solution. 

La plus grande partie du glycocolle se dépose som 
cette forme; cependant une partie du chlorhydrate resit^ 
en solution grâce à la petite quantité d'eau qui reste 
dans la liqueur ; c'est pourquoi il est bon de recommen- 
cer plusieurs fois les mêmes opérations en évaporaot 
dans le vide la solution alcoolique» redissolvanl dans 
Palcool absolu, traitant par un courant de gaz chlorby* 
drique et faisant cristalliser dans la glace; on obtient 
dans ces conditions la presque totalité du glycocolle. 

Avec du glycocolle pur, M. Fischer a pu isoler 
95 p. 100 delà proportion introduite. Dans les mélang;^ 
d'acides monoamidés, la proportion de glycocolle isolée 
est plus faible et on retrouve une petite quantité de ce 
corps dans les séparations ultérieures. 




— 293 — 

Pour juger du degré d'exactitude, M. Fischer a ajouté 

poids donné de giycocolie aux produits d'une hydro- 

de caséine, albumine avec laquelle il ne se forine 

des traces de giycocolie; en appliquant la méthode 

mée ci-dessus, il n*a retrouvé que 78,5 p. 100 du 

fcocolle introduit. Mais c'est là un cas particulier et 

Eralement la proportion isolée est bien plus élevée. 

H. C. 

Contenu en giycocolie des gélatoses ; par M. L£vëme(1). 

^L'auteur s'est proposé dans ce travail de déterminer 
la méthode indiquée par M. Fischer pour le dosage 
giycocolie dans les produits d'hydrolyse des albn- 
les (2) donnait des résultats exacts dans le cas de la 
ine et des gélatoses, produits obtenus dans Taction 
ferments digestifs sur la gélatine. 
Poar cela il a séparé le giycocolie dans les produits 
Thydrolyse de 50'' de gélatine, et dans les eaux mères 
De donnaient plus de cristaux de chlorhydrate 
éther glycocollique il a dissous 8''^,5 de giycocolie : 
e séparation effectuée par la méthode de Fischer lui 

Ipennis de retrouver 91,64 p. 100 du giycocolie intro- 

hit Les résultats sont donc plus exacts que dans le 

cas de la caséine. 
Il a dosé ensuite le giycocolie dans les gélatoses obte- 

Mes par l'action de la pepsine, de la trypsine ou de la 

ftpaîne sur la gélatine. Les produits des digestions 

effectuées à la manière ordinaire sont d'abord séparés 

€11 deux portions au moyen de précipitations fraction 

nfcs par le sulfate d'ammoniaque : 

I i' Les protogélatoses précipitent d'abord par le sul- 

I fale d*ammoniaque ; 
^ Les deuterogélatoscs sont isolées des eaux mères 

des précédentes par addition de sulfate d'ammoniaque 

à saturation. 
Les gélatoses sont purifiées comme d'habitude par 

(i) ZeiUehrifl fur phynol. Ckem., t. XXXVII, p, 8i. 

(S) Voir Jaum. de Phtwm,^ même numéro, article précèdent. 



(Kalyse, rediwotutioa dans l'eau et précipitatian 
Vaicool. 

Gbacune des giéfattosea obtennaa est hydrolysée 
TacMe ctilorhydriqHe et dans les produits d'bydn>lji 
on dose le glycocoUe par la méthode de Fiseber. 

Le tablera suivaat résume les résultats obt 



en glrcoeoUe 
p. 100 

aéiailne 16^ 

ProtogAlatose pepsique. . . • fS,3$ 

— trypatque f7,*l 

^ |Mpaïq|ie 2Û,S9 

^ DenterogéUtOM pepsique 19,M 

— trypsiquo 20,tf 

— papaS^oe ^. . i9,3S 

Les gélatoses sont donc plus riches en glycoco 
que la gélatine. Les écarts obtenus avec les protogât 
toses sont dus aux dliTérences des durées de digestion 

H. C. 

Sur qoelqms éfliera de giycocoUe BfritHBftituéB avec 
menthol et le boniéol; par MM. EiNHORNet Jahn (1) 
Les auteurs se sont proposé de préparer des dérivés d 
menthol et du boniéol, soiubles dans Teau, propriA 
manquant à tous les composés mentholiques proposa 
jusqu'ici en tant que médicaments. Pour cela ils ont 
étudié des corps analogues au jfujasttnol (2) et dans les- 
quels le gaîacol e£rt remplacé seit par le menihol, soii 
par le bornéol. Les principes basiques ainsi obienas for- 
ment avec l'acide chlorhydrique des chlorhyrlTaic» 
soiubles, 

Ether menthyliqme du diéthylglycocvlle. — La prépara- 
lion de ce corps repose sur les mêmes réactions qti« 
celle du gujasanol. Le menthol ou alcool menthyli^iuc 
C**H"0, chauffé avec l'acide monochloracétique,enpr^ 
sence d'acide sulfurique, donne un élher de formal<s 

(1) Ueber tubstiluierte Glykokollester daa Menthols and Boiaooli. 
Archiv der Phartnazie, 190t, p. 644. 

(2) Voir Jûurttal de Pharmacie, 6* airie, t. XYU, p. 174. 




I 



i 



C'*H'*0-C0-CE[''C1; eet aher dérivé de Vacide numo- 
ehloracétîfiie se combine à la diéthylaminc pour 
ioBiier l'éUier menthyliqae da diéthylglyeocolle, éther 
ayant pour formule C*'H**0-CO-CH* .\z(C*HV; cet 
éther possède des propriétés bafiiqaes et forme avec 
l'aeide chlorhydrîqiie oa sel cristallisé en aiguilles blan- 
ches fastUes à 108^, soluble dans Teaa. Il exerce^ sur- 
tovt en injeelions intraveinettses, ime action très mar- 
quée sur le coeur et sur le rein. 

Ether bomylique du diétkylglycocolle, C*^H*^0-CO- 
CVAi(€'Il^)\ — La préparatioQ eet identique à celle du 
dérivé précédent ; cet éther forme des sels avec Facide 
chlorhydrique, Tacide citrique; ces sels ne sont pas 
toxiques et possèdent une action physiologique plutôt 
inverse de celle du camphre. 

Ether mentkylique et éther borrtylique eu camphorylgly^ 

cocotte. — Ces corps sont obtenus dans Taction de 

ramidocamphre C**H**0-Azfl* sur les éthers mono- 

cbloracétiques du menthol et du bornéol. Ils forment 

des chlorhydrates so lubies dans Falcool, très peu solu- 

blesdansUeun. Le dériTédu menthol est un poison du 

sang, celui du bornéol est pour ainsi dire dénué de 

propriétés physiologiques. 

H. G. 

Huile de coton se figeant difficilement ( Winter Oit) ; 
par M. U. Pollatsgh£jl(1). — On fabrique en énorme 
quantité aux Etats-Unis d'Amérique une huile de coton 
dépourvue de la plus grande partie de sa stéarine et 
connue sous le nom de Winter^Oil, en abandonnant au 
frais Thuile brute pendant deux ou trois mois dans de 
grands réservoirs où la stéarine se dépose. Cette indus- 
trie nécessite donc une grosse mise de fonds. 

L'auteur arrive à séparer la stéarine beaucoup plus 
rapidenent et par conséquent plus économiquement en 
profitant de la propriété que possèdent les glycérides 
des acides gras solides (stéarine^ palmitine) d'être sapo- 

(i) Ueber winterhartes CoUonoel. — .CAetru flràiny, 190S,ii»58,p. 664. 



— 296 — 

nifiés beaucoup plus facilement que les glycérides des 
acides gras liquides (oléine, linoléine). Pour cela, il 
agite l'huile brute de coton avec 10 à 14 p. 100 de son 
poids de lessive de soude à 25 p. 100, de manière à 
avoir une masse homogène: quelques minutes suffisent. 
Il laisse ensuite déposer pendant 48 heures le mélange, 
qui se sépare en deux couches. L^huile surnageante est 
alors décantée et lavée avec de Teau salée chauffée à 
SO"" ou 60''. On obtient ainsi un rendement de 72 à 
78 p. 100 de l'huile employée. 

L'huile traitée de la sorte possède les mêmes qualités 
de fluidité et se fige aussi difficilement que Thuile de 
coton américaine connue sous le nom de Winter OU. 

M. G. 

Culture de la canaigre; par M. Raymond Rogeb (1). — 
La racine de la canaigre peut être utilisée comme matière 
tannante pour la fabrication des cuirs de luxe en leur 
donnant une belle préparation et une belle couleur 
orange ; on peut également s'en servir pour faire les 
basanes et les cuirs forts à semelles. L'Allemagne en 
consomme déjà une certaine quantité et on ne pourrait 
que gagner à répandre cette culture. 

La canaigre se plaît dans les régions tempérées 
chaudes, dont l'hiver est assez doux ; elle aime les sols 
sablonneux et légers. 

La plantation se fait en août-septembre sur un labour 
de 20 à 25 centimètres par de petites racines de la récolte 
précédente pourvues de bons yeux au collet ; on les 
dispose à 15 centimètres de profondeur en lignes dis- 
tantes de 60à 70 centimètres avec un espacement de 30 à 
35 centimètres entre les pieds. 

La canaigre demande les mêmes soins culturaux que 
la pomme déterre : buttage au début de la végétation et 
binages pour détruire les mauvaises herbes. La floraison 
se fait en février-mars, la maturité a lieu en mai, puis 

(1) Journal cTagrieulture pratique ; 1902, t. III, p. 547. — D'apréi 
Ann, agronon.^ leptembre 1902» 



— 297 — 

feaUIes se dessèchent et la plante entre pendant l'été 

[Vn période de repos. On doit Tarracher environ un mois 
iprès la dessiccation des feuilles ; les racines sont 
nettoyées et conservées en couches minces en endroits 
Wrés pour favoriser leur dessiccation. 

Chaque pied donne de trois à dix racines tubéreuses, 
ressemblant à des patates, et dont le poids varie de 50 à 
SOO grammes ; le rendement moyen à l'hectare est 
Ide J5à 20.000 kilos de racines fraîches, soit à 5.000 kilos 
jé^tubercules séchés. Leur teneur en tannin est de 18 ou 
SOp.lOO. 

A. R. 

I Sur la destrnction de certains insectes nuisibles en 
lagricQltare et notamment de la chenille fileuse du pru- 
nier; par M. J. Laborde (1). — Les pruniers dans le 
département du Lot-et-Garonne ayant été envahis par 
kchenille fileuse, l'auteur a expérimenté de nouveau 
un liquide insecticide dont il avait déjà préconisé l'em- 
floi contre Tenvahissement des vers de la grappe de la 
vigne {Cochylis f Evdemis botrana^ Alttse). Cet insecticide 
possède la composition suivante : 

Gemme de pin i^t^ 

Soade caustique 2 

Ammoniaque à 22» B 1 litre 

Eao 1 00 — 

Il agit en stupéfiant d'abord Tinsecte grâce àTammo- 
niaque, puis en le recouvrant d'une couche de vernis 
visqueux qui obstrue les organes respiratoires et qui 
provoque lasphyxie. 

La destruction a été aussi satisfaisante que possible 
an moyen de deux applications de ce liquide. 

Pour la destruction des vers de la vigne, on y ajoute 
du verdet ou acétate de cuivre, à raison de 100^' par 
hectolitre préalablement dissous dans l'ammoniaque. 
On peut ainsi lutter en même temps contre les rots de 
la grappe. 

(1) Ac. d. Se., t. CXXXIV, p, 1149. 
'Mm. éê Phmrm, •( dâ Chim, 6« bûbje, t. XVII. (15 mars 1903.) ^0 



— 298 — 
BIBLIOGRAPHIE 




Revue des médicaments nouveaux et de quelques médications mw» 
veJles; par M. C. Crinon, directeur du Répertoire de Pharmaàé 
et des Annales de Chimie analytique (1). 

Les médicaments nouveaux les plus importants dont trail^ 
cette édition, sont : VAdrénaline, VAnesthésine, la Bismuthase, h 
Cryogénine^ le Cypridol, VHistogénol, VHypnopyrine, Ylchtoforme^ 
le Lipiodol, le Lipobromol, la Mésotane, le Méthylarsinate de soude 
ou Arrhénal, les Phosphomannitates, notamment le Phosphomaxn^ 
tate de fer ou Eugéine, la RJteumatine, la Saloquinine et VUlma-- 
rêne. 

Il revient sur certains médicaments déjà indiqués, ne figurant 
pas au Codex : TAp/o/, le Képhyr^ le Koumis, la Lithine, la Lo6êlu; 
le Maté^ le Myrtol, le PauUinia, le Podophyllin, etc. Les déve- 
loppements dans lesquels l'auteur entre sont proportionnés t 
l'importance réelle ou présumée des médicaments. 

Le plan de l'ouvrage est celui des éditions précédentes : Mode 
de préparation, propriétés physiques et chimiques, caracté/ei 
distinctifs, action physiologique, action thérapeutique, formes 
pharmaceutiques qui se prêtent le mieux à son administration, 
doses à prescrire. 

Cette édition aura le succès des précédentes. 

Chimie organique appliquée à la Pharmacie ; par M. B. Bonet, pro- 
fesseur à l'Université de Madrid. — Série acy clique, 893 pages, 
in 8o (2). 

Ce traité, écrit en langue espagnole, contient tout ce qui peut 
intéresser les étudiants en pharmacie et les pharmaciens dans le 
domaine de la Chimie organique. Les questions théoriques, les 
détails pratiques des préparations et les propriétés des corps y 
sont clairement exposés. 

Ch. m. 

Glossaire médical : 9.500 mots, noms ou expressions, 426 gra- 
vures; par MM. L. Landouzy et F. Gayle (3). 

Le nombre chaque jour croissant des appellations par nom 
propre, l'emploi, devenu courant, de centaines de néologismes en 
science biologique et médicale ont engagé les auteurs à dresser 

(1) 10* édition (1903), chez M. Rueff, éditeur, 106, boulevard Saiot- 
Germain, Paris. Prix : 4 francs. 

(2) Imprimerie moderne, Galle de los Gafios, 4, Madrid, 1902. | 

(3) G. Naud, éditeur, 3, rue Racine, Paris. | 




— 299 — 

recueil comprenaat les uns et les autres afin, disent-ils, que 
liologues, médecins, étudiants, chercheurs, puissent couram- 
ment parler la langue médicale actuelle. 

Ce glossaire indique : 

!• La expressions médicales courantes ayant trait à l'anatomie, 
i la physiologie, à la médecine, à la chirurgie, à la physique, à 
tàchinie appliquée, à la matière médicale, etc.; 

2* Les mots nouveaux dont Téolosion indispensable devait suivre 
rarénement de Tasepsie, de Tantisepsie, de la bactériologie, de 
rh sérothérapie, de Topothérapie, etc. 

3* Les noms (Tkùmmes que Tusage applique aux maladies, aux 
méthodes thérapeutiques, aux procédés opératoires, aux techni* 
qocs de clinique ou de laboratoire, aux instruments et aux appa* 
reils usités en médecine clinique ou en médecine expérimentale. 

On trouvera aussi dans ce livre des indications touchant les 
uni minérales, les stations marines et climatériques ; des cartes 
q^éciales ont été dressées dans le but de rendre les indications 
, tossi commodes que précises; de nombreuses figures complètent 
tes descriptions et des portraits accompagnent les biographies. 

Ainsi compris, ce livre donnera au travailleur un fond solide de 
renseignements sur nombre de mots qu*il chercherait vainement 
dans les plus complets des dictionnaires de médecine. 

loyeiu pratiques pour placer un tuberculeux; par le D*" Sersiron, 
médecin consultant à La Bourboule(i), avec la carte de Tarme- 
ment antituberculeux, par le P' Landouzy et le D' Sersiron. 
Petit opuscule de 46 pages. Ch. M. 

SOGIËTË DE PHARMACIE DE PARIS 



Séance du 4 mars d903. 

Présidence de M. Léger. 

Ccrrespcndance imprimée. — Elle comprend : 2 nu- 
méros du Journal de Pliarmacie et de Chimie, le Bulletin 
des Sciences PharmacoloffiqtieSy V Union Pharmaceutique j 
les Bulletins des Sociétés de Pharmacie de Bordeaux, 
du Sud-Est, de la Chambre syndicale ei de \^ Société de 
frétoyance des Pharmaciens de la Seine^ de V Association 
des Docteurs en Pharmacie \ le Bulletin comniercial; 
i numéros du Pharmaceutical Journal; 1 volume AssO" 

(1) CheiC. Nand, éditeor, 3, me Racine. 



— 300 — 

dation française pour r Avancement des Sciences {3V ses- 
sion, i 902) ; des brochures relatives à divers travaux de 
H. Less, de Power et Less, de Jowett et Potter, sur le 
prochain Congrès international de Chimie de Berlin, sur 
Berzélius. 

Correspondance manuscrite. — Elle comporte : 1® anej 
demande de candidature de M. Dufau comme membre 
résidant; 2"* une lettre de M. Olivier appelant rattentiott|_ 
de la Société sur un projet d'exploration d'une région 
peu connue de l'océan Glacial, lettre à laquelle il joint 
une note sur le plan de travail du voyage ainsi que des 
bulletins de souscription ; 3"* une lettre de M. Prothiëre 
demandant la liste des membres honoraires et résidants 
de la Société. 

Communications, — M. Bourquelot présente une note 
de M. Warin sur l'extrait fluide de quinquina rouge 
obtenu par le procédé de Vrij. Pour la préparation de 
cet extrait, on peut, selon de Vrij, effectuer l'évapora- 
tion des liquides d'épuisement au bain-marie et an 
contact de Tair, ou bien encore, d'après Giles, concen- 
trer les liqueurs dans le vide. Il résulte des recherches 
de M. Warin que l'emploi du vide ne présente pas 
d'avantage : Textrait fluide obtenu dans le vide ne ren- 
ferme pas plus d'alcaloïdes que celui qui provient de 
l'autre procédé. 

M. Guerbet signale une cause d'erreur dans la recher- 
che de l'iode dans les urines. Cette erreur provient de 
ce que la calcination de l'extrait urinaire en présence 
d^alcali caustique donne toujours lieu à la formation 
d'une petite quantité de cyanure alcalin qui transforme, 
dans les traitements ultérieurs, une partie de l'iode en 
iodure de cyanogène. 

M. Léger étudie le dosage de la cantharidine dans les 
cantharides. Il propose l'emploi de la benzine comme 
dissolvant, avec addition d'acide chlorhydrique pour 
décomposer les cantharidates. Ce dissolvant permet 
d'obtenir une cantharidine très pure après simple lavage 
à l'éther de pétrole. 



— 301 — 

M. Boorqaelof fait remarquer que la séparation de la 
eantharidine libre et de la cantharidine combinée a été 
l'objet d'un travail publié dans les Annales de Die- 
irieh. 

M. Portes, à propos de cette même communication, 
donne quelques renseignements concernant les propor- 
tions de cantharidine libre et de cantharidine combinée 
fue peuvent contenir les divers insectes vésicants uti- 
lisés par le commerce, soit pour Textraction de la can- 
tharidine, soit pour la préparation des divers médica- 
ments vésicants. Il a eu l'occasion d'analyser à diverses 
reprises des cantharides officinales et des mylabres ; il a 
pu constater que si, dans les cantharides, la proportion 
de cantharidine combinée varie d'ordinaire entre 0,50 
eH,50 pour 1000, celte proportion peut, dans les my- 
labres toujours plus riches que les cantharides, atteindre 
le tiers delà cantharidine totale : un essai qui lui avait 
fourni 15«' p. 1000 de cantharidine totale lui a donné 
3*^ de cantharidine combinée. Il n'est donc pas indiffé- 
rent d'employer un procédé ne tenant pas compte de 
ces deux états. Le procédé adopté par M. Portes, à 
cause de sa grande facilité et de la pureté du produit 
obtenu, est celui de M. Baudin [Journal de Pharm, et de 
Ckim., 1888, tome II, page 391). 

M. Léger propose, pour le dosage de la morphine dans 
l'opium, le procédé G. Loof, d'une exécution rapide et 
qui donne une morphine contenant 97 p. 100 de pro- 
duit pur. Toutefois il conseille de remplacer, dans ce 
procédé, l'eau distillée par une solution de salicylate 
de soude à 2 p. 100. 

M. Bourquelot rappelle à ce propos l'explication don- 
née par Schneegans sur le rôle joué par le salicylate de 
soude. 

Belativement au mode de dosage d'opium proposé 
par M. Léger, M.Portes.lui trouve le défaut, déjà re- 
proché d'ailleurs à tous les procédés dans lesquels on 
ajoute une quantité fixe d'ammoniaque, de ne pas tenir 
compte de la proportion de morphine qui sera déplacée 




— 302 — 

par ce volume d'ammoniaque, alors que la composî 
de l'opium n'est pas constante et qu'il est, par suitei^ 
impossible de connaître la quantité d'ammoniaque de- 
meurée libre. 

Dans le procédé à la chaux et au chlorhydrate d'am* 
moniaque que la Société a adopté, cet inconvénient est» 
au contraire, évité puisqu'il n'y a de mise en liberté 
qu'une quantité d'ammoniaque à peu près équivalents 
à la morphine précipitée. 

M. Portes ne voit pas pourquoi on abandonnerait un 
procédé qui, avec la modification de M. Gannepin, donne 
des résultats très exacts et dont les manipulations, à la 
portée de tous les pharmaciens, l'ont fait adopter par 
quelques pharmacopées, notamment par la Pharmaco- 
pée britannique. 

Nomifuition de Commission. — Sont nommés membres 
de la Commission de candidature : MM. Sonnerai, -RoQS' 
seau et Guerbet. 

Déclaration de vacance. — Une place de membre rési- 
dant. 



ACADËMIE DES SCIENCES 



Séance du 16 février 1903 [C. -R., t. CXXXVI). 

— Loi relative aux forces électromotrices des piles 
fondées sur V action réciprocité des dissolutions salines et 
électrolytes solubles ; par M. Berthelot (p. 413). — Lors- 
qu'on fait agir une base sur un acide, la force électro- 
motrice développée est la somme des forces électromo- 
trices développées par Faction du sel correspondant sur 
Tacide, d'une part, et sur la base, d'autre part. Les dis- 
solutions réagissantes sont supposées étendues, de titre 
équivalent, et ne donnant lieu à aucune séparation de 




— 303 — 

i 

jyrodiiits gazeux oa insolubles, ni à aucun changement 
jffogressif, antre que la neutralisation , dans leur 
constitution intérieure. 

— Sur le rayonnement du polonium et du radium; 
par M. H. Becquerel (p. 431). — Expériences sur la 
déviabilité par un champ magnétique des rayons du 
|K>lomum et du radium, d'où il résulte que les rayons 
Au polonium paraissent identiques aux rayons a du 
radium. 

— Sur de nouvelles synthèses effectuées au moyen des 
molécules renfermant le groupe méthylène associé à un 
on deux radicaux négatifs. Action de Vépichlorhydrine 

\ sur les éthers acétonediearboniques sodés; par MM. A. 

, Haller et F. March (p. 434). — Le produit obtenu avec 
Tacétonedicarbonate d'éthyie répond à la formule 
(C"fl"0*Cl)'Gu, et est le sel d'un éther composé céto- 
lactoniqne. L'acétonedicarbonate de méthyle donne 
des résultats analogues. 

— Conditions de dosage du manganèse en liqv£ur acide 
par les persulfates; par M. H. Baubigny (p. 449). — La 
séparation du métal oxydé se fait le mieux en liqueur 
sulfnrique. 

— Chaleurs déformation de quelques composés sulfurés; 
par H. M. Delépine (p. 451). — Les corps étudiés sont 
des éthers imidodithiocarboniques substitués à Tazote, 
des dithiouréthanes bisubstituées à Tazote, deux thial- 
dines, deux carbothialdines. 

— Action de F hydrogène sur le sulfure d'argent en pré^ 
senee des sulfures d'antimoine et d'arsenic; par M. H. 
Péuboîî (p. 454). — Le rapport de la pression par- 
tielle de B'S à la pression totale du mélange gazeux 
augmente avec la proportion de Sb*S' ou de As*S' dans 
le mélange avec Ag*S. 

— Action de l'acide phosphorique sur Férythrite; 
par M. P. Carré (p. 456). — L'acide phosphorique agit 
d'abord comme déshydratant, puis il forme avec ce 
produit de déshydratation, d'abord un monoéther, puis 
an diéther. 



— 304 — 

— Préparation de quelques combinaisons de l'oài 
cL-méthyl ct-isopropyladipique; par M. G. Martine (p. 438jJ 

— L'auteur cite le chlorure de l'acide, le diamide, le dia- 
nilide, le diparatoluide, et les éthers diéthylique cil 
diméthylique. 

— De la température de calé/action; son emploi e»! 
alcoométrie; par M. Bordier (p. 459). — L'auteur décrit 
un appareil pour déterminer la température de caléfac-; 
tion, et l'applique à divers mélanges d'eau et d'alcool. 

— De faction pathogène des rayons et des émanations émi 
par le radium sur différents tissus et différents organismes; 
par M. J. Dantsz (p. 461). — Voir un prochain numéro 
de ce Journal. 

— Mécanisme de faction de la sécrétine sur la sécré' 
tion pancréatique ; ^^v M., C. Fleig (p. 464). — L'action 
de la sécrétine porte sur le pancréas lui-même; elle 
agit en excitant ou bien directement la cellule pancréa- 
tique, ou bien les éléments excitosécrétoires. 

— Action sur f oreille ^ à V état pathologique^ des vibra^ 
tions fondamentales des voyelles ; par M. M arage (p. 466). 

— Les vibrations fondamentales des voyelles, trans- 
mises à l'oreille par une membrane vibrante, ne sont 
ni douloureuses ni dangereuses. L'auteur a pu, par ce 
moyen, améliorer beaucoup de cas de surdité dus à des 
otites catarrhales ou scléreuses. 

— Sur l'implantation de l'os mort au contact de Vos 
mvant;pB.T MM. V. Cornil et P. Coudray (p. 469).— 
L'os mort reste à peu près tel qu'il a été implanté, 
entduré d'une capsule fibreuse. 11 est possible qu'il se 
fragmente à la longue; mais sa résorption, même au 
bout de six mois, est insignifiante. 

— Sur la maladie du châtaignier causée par le Mycelo- 
phagus Castaneae; par M. L. Mangin (p. 470). — Voirie 
numéro de ce Journal. 



r 



305 — 



Séance du 23 février 1903 {C. iZ., t. GXXXVI). 

— Lois des /orées électromotrices des dissolutions 
salines : infiuence de la température; par M. Berthelot 
(p. 481). — La loi énoncée dans un précédent mémoire 
(voir ce même numéro du Journal, G. R., séance du 
i6 février), parait indépendante de la température, au 
moins entre ii"* et 50^. 

— Décarburation spontanée des aciers; par M. G. 
BcLLOc (p. 500). — La décarburation est liée intime- 
ment à là présence des gaz occlus, qui sont les agents 
de sa production. Un chauffage préalable à S50®, qui 
chasse les gaz, s'oppose à la décarburation lorsque 
ensuite on chauffe au delà de 800^. 

— Sur quelqties produits de la réduction des sels de 
cuivre par V hydroxy lamine ; par M. E. Péchard (p. 504). 
— La réduction des sels de cuivre en liqueur ammo- 
niacale par l'hydroxylamine peut servir de point de 
départ à la préparation de nouveaux composés cui- 
vreux à acides oxygénés. L'auteur décrit l'acétate cui- 
vreux, le sulfate cuivreux ammoniacal. 

— Action de Vurée sur V acide pyruvique, Triuréide 
dipyruvique; par M. L.-J. Simon (p. 506). — Le triuréide 
dipyruvique est obtenu par l'action de HGl concentré 
sur Turée et l'acide pyruvique, ou sur l'acide homoal- 
lantoîque, premier terme de Tactionde l'urée sur l'acide 
pyruvique. 

— Sur quelques acides phosphores dérivés de la benzo- 
phénone et de la méthylpropylcétone ; par M. G. Marie 
(p. 508). — Ces acides sont obtenus par l'action de 
1 acide PO'H' sur les acétones : on a ainsi les acides 
PO'H'CO.R*. Par oxydation au moyen du brome, on ob- 
tient ensuite les acides oxyphosphiniques PO'H'GO.R*. 

— Sur les résultats obtenus par application en distil- 
Isrie de saccharomyces acclimatés aux principes volatils 
U^ziques des mélasses de betteraves; par M. H. Alliot 
(p. 510). — Voir un prochain numéro de ce Journal, 

J. B. 



306 — 



SOCIÉTÉ DE THÉRAPEUTIQUE 



Séance du ii février 1903. 

M. Leredde présente quelques considérations géné- 
rales 9ur la méthode en thérapeutique. Il accuse Finsuffi- 
sance des méthodes de travail ordinairement employées 
de rincertitude qui domine encore actuellement sur 
bien des points delà thérapeutique, malgré l'abondance 
des documents publiés. Il en donne plusieurs exemples 
relatifs au traitement des affections syphilitiques. La 
meilleure méthode susceptible de démontrer la vérîtéet 
l'erreur parait être la méthode de comparaison, qui 
seule permet d'éliminer le rôle du hasard et des effets 
curatifs naturels et d'apporter une démonstration évi- 
dente aux yeux de tous. Il conviendrait de comparer les 
résultats d'un traitement aux résultats du non-traite- 
ment ou d'un autre traitement, observés simultané- 
ment sur un grand nombre de malades aussi semblables 
que possible. 

M. Désesquelle, à propos d'une récente communica- 
tion faite à la Société médico-chirurgicale du Brabant, 
rappelle que, depuis 1897, il préconise Viodoforme en 
dissoltition dans le napthoU^ camphré dans le trattemeni 
des tuberculoses locales, 

La solution employée esta 1/15. On l'injecte jusqu'à 
la dose de VIII gouttes, qui correspond très approxima- 
tivement à 0«^,20 denaphtol-p camphré et à 0*^,015 d'io- 
doforme. Les excellents résultats obtenus dans le traite- 
ment des adénites tuberculeuses sont dus à l'exaltation 
de la puissance antiseptique des trois substances ainsi 
associées et à l'action sclérogène du naphtol. 

M. Courtade présente une note sur Vanesthésine en 
rhino-laryngologie . 

L'anesthésine, éther para-amidobenzoïque, fut dé- 
couverte en 1890 par Ritsert. Elle fut peu employée à 



W^'-' 



— 307 — 



cause de sa faible solubilité dans Teau (i p. 800 dans 
l'eau froide). Elle est facilement soluble dans l'alcool, 
Téther, le chloroforme, l'acétone, les graisses et les 
huiles. Elle se dissout dans la glycérine chaude^ mais se 
précipite quand la température de la solution s*abaisse; 
cependant celle-ci est encore limpide lorsque la tempé- 
rature est tolérable à la main. 

M. Court ade a employé avec succès Tanesthésine à 
Télat pulvérulent, comme anesthésique local, dans un 
cas de cautérisation des amygdales et dans plusieurs 
cas d'ulcérations douloureuses du pharynx et de laryn- 
gite tuberculeuse. Les malades, chez lesquels la dys- 
phagie était si intense qu'ils redoutaient d'avaler et dé- 
périssaient, faute de nourriture, furent soulagés immé- 
diatement et pour plusieurs jours, par une insufflation 
d'aoesthésine en poudre. 

Ce mode d'administration parait préférable à celui 
que préconise Kessel et qui est le suivant : attouche- 
ments de la muqueuse à anesthésier avec une solution 
huileuse ainsi formulée : 

Ânesthésine 20*' 

MenUiol 10 à 20 

HoUe d'oUves 160 

Le menthol peut être supprimé s'il est mal toléré ou 
mutile. 

M. Sardon (de Nice) envoie une note sur les effets thé- 
rapeutiques de V extrait intestinal total dans diverses moda- 
Vtésiinêuffisanee intestinale. 

Dans ce travail, présenté par M. Hallion, l'auteur 
relate les effets qu'il a obtenus de l'emploi de l'extrait 
intestinal total dans 140 cas, parmi lesquels le nombre 
des insuccès peut être évalué à 20. Les affections trai- 
tées étaient les suivantes : constipation simple ou avec 
entérite muco-membraneuse, entérite aiguë, auto-intoxi- 
cations d'origine intestinale, certaines diarrhées 
chroniques et dyspepsies intestinales, appendicite con- 
sécutive à la constipation et à l'entérite. 



— 308 - 

L'extrait sec en ingestion agit moins puissamma 
que l'extrait liquide en injection sous-cutanée, 
quantités ont varié entre O^^SO d'extrait sec et 12 de 
de 0^',40, entre une ampoule d'extrait liquide de S^"' toii 
les deux ou trois jours et trois ampoules de 5*^"' pi 
jour. Le seul inconvénient observé fut, dans un se| 
cas, un éry thème fugace autour du point d'inje 
tion. 

Le traitement amène au bout d'un temps variable dd 
rétablissement progressif de la sécrétion intestinale et id 
retour des selles normales. II n'a pas d'action directe 
sur la musculature de Tintestin, mais il modifie heu 
reusement la fonction digestive des sécrétions intesti«j 
nales : les poussées aiguës d'entérite avec selles liquide 
sanguinolentes, lientériques, sont arrêtées en peu d(| 
jours. Les peaux et les glaires qui caractérisent Tenté 
rite muco-membraneuse diminuent peu à peu et dispa«j 
raissent dans un ordre variable. Il est intéressant de 
noter que, dansquelques cas de diarrhée chronique,rad*| 
ministration de l'extrait a produit manifestement und 
diminution du nombre des selles, et de constater ainsil 
que le médicament agit contre des phénomènes patho-| 
logiques opposés, tels que la constipation et la diar^ 
rhée. 

M. Barbier a observé une amélioration considérablal 
chez une malade atteinte d'entérite muco-membraneuse^ 
et traitée par l'eukinase. En huit à dix jours la consti- 
pation a cédé. Mais la guérison sera-t-elle définitive? 

M. Hallion a constaté qu'on peut, au bout de quelque 
temps, réduire les doses, supprimer même la médica- 
tion, sans que les résultats se modifient. 

M. Barbier ajoute qu'il faudrait alors admettre une 
restauration de la fonction fermentative des glandes 
intestinales, phénomène qu'on n'observe pas pour cer- 
taines autres glandes, comme la thyroïde, traitées par 
l'opothérapie. 

M. Hallion dispose actuellement de deux cas, où les 
effets de l'eukinase ont persisté. 



w . ~ 



— ;î09 — 



M. A. Robin présente une note sur le traitement de la 
farab/siegénéraleparViodure de potassium. 

Dans nombre de cas, l'iodure de potassium a donné 
des résultats désastreux; dans aucun, il n'a heureuse- 
ment modifié les symptômes. Il faut donc se montrer 
très réservé dans son emploi, même quand l'origine 
syphilitique de la maladie n'est pas douteuse. 

MM. Jullien et Leredde citent également quelques 
mauvais effets de la médication iodurée (néoplasmes 
ulcérés de la bouche, syphilis du larynx). 

Aq cours de la séance, M. Fiessinger a été élu membre 
de la Société dans la section de médecine, et M. Debuchy 
dans la section de pharmacie. 

Ferd. Vigier. 



SOCIÉTÉ DE BIOLOGIE 



Séance du iQ janvier 1903. (Suite.) 

La msO'Constriction déterminée par l'adrénaline n'est 
pas due aux centres sympathiques; par M. 0. Josué. — 
M. 0. Josué a reconnu que l'injection d'adrénaline, 
dans les veines détermine la vaso-constriction en 
dehors de toute intervention des centres vaso-moteurs ; 
le spasme vasculaire est d'origine périphérique. 

Le sang et la rate après néphrectomie ou ligature des 
pédicules rénaux; par MM. Ribadeau-Dumas et Lecène. — 
Ils pensent que Thypoglobulie obtenue en créant des 
obstacles à Texcrétion des urines ou en supprimant la 
sécrétion urinaire tient, d'une part, à la dilution du 
sang et, d'autre part^ à une destruction réelle des 
bématies que prouve l'étude dé la rate. 

Recherche des bacilles tuberculeux^ dans le sang^ par 
iomogénisation du caillot; par MM. V. Bezançon, V. Grif- 
Fos etPmuBERT. — Ils indiquent la lessive de soude pour 
rhomogénisation du caillot. 

Sénstance du hérisson à l'atropine; par M. Joseph Noà. 




— 310 — 

— Les expériences sur le hérisson montrent que les 
iMectivores sont, comme les rongeurs^ réfractaires à 
Xatropine. 

Le groupement fonctionnel eccoproticophore de quelques 
purgatifs organiques; par M. A. Brissehoret. — Il pense 
que les propriétés eccoprotiques de quelques purgatifs 
organiques sont dues au groupement chimique cétone- 
quinoniqtce. 

In^uence du travail musculaire sur Pactitité de Fadré' 
naline; par MM. P. Carnot et P. Josserand. — Il semble 
que la traversée du muscle suffise pour neutraliser, en 
partie, Taction de Vadrénaline, et que cette neutralisa- 
tion est beaucoup plus nette encore lorsque le muscle a 
été préalablement soumis à un certain travail. 

Leucocytose dans V urémie expérimentale; par 
MM. DoPTER et V. GoDRAUD. — Ils concluent de leurs 
expériences sur des lapins que Tempoisonnement com- 
plexe, provoqué par l'insuffisance rénale, amène, du 
côté des leucocytes, une réaction intense, comparable 
en tous points à celle qui accompagne les intoxications 
connues par poisons, soit minéraux, soit biologiques. 

Séance du VI janvier. 

De V influence de la castfution sur le développement du 
squelette. — M. le P*" Antonin Poncet a reconnu que la 
castration provoque l'allongement du squelette, ce qu'il 
attribue à un retard dans l'ossification des épiphyses. 

Sur la présence ds faibles quantités de trypsine dans les 
pepsines commerciales. — MM. Em. Bourquelot et H. Hé- 
rissey ont reconnu : l*" que I^l pepsine est incapable, en 
milieu neutre, de peptoniser la fibrine déjà modifiée 
par les acides; 2"" que les pepsines commerciales, on 
tout au moins bon nombre d'entre elles, renferment de 
faibles quantités de ferment trypsique. 

De Faction de la bile sur les germes hydatiques. — 
D'après M. Ch. Féré, le fœtus peut être réellement 
secoué par les émotions de la mère; il réagit, sans 
doute, à' des changements brusques de la pression 



- 311 — 

utérine. Ces secousses sont vraisemblablement accom- 
pagnées d'autres phénomènes de réaction qui laissent 
des traces et peuvent rendre compte des troubles qui 
se manifestent chez l'enfant, après sa naissance. 

Note relative aux réactions du fœtus aux émotions de 
la mère. — M. E. Dévé pense que l'injection d'une 
solution de stèblimé à 1 p. 100 ou Aq formol à 1 p. 100, 
maintenue pendant cinq minutes en contact avec la 
surface interne d'un kyste hydatique (de la variété uni- 
vésiculaire), détruira la vitalité des grands échinococ- 
ciques contenus dans sa cavité. L'action parasiticide 
de la bile a été beaucoup exagérée. 

Sur le venin de la glande à pourpre des murex; par 
M. Raphaël Dubois. — La glande à pourpre des murex, 
({uoique ce ne soit pas là probablement son rôle unique, 
est une glande à venin servant soit à la capture des 
proies, soit à la défense, peut-être à ces deux objets à 
la fois. 
I Une localisation de la lécithine dans les capsules surré- 
nales du cobaye; par M. Paul Mulon. 

Les globules rouges et V hémoglobine chez les malades 
atteints cTafection laryngée dyspnéisante, — M. Marcel 
Labbé montre ^ue Thyperglobulie est un réactif très 
sensible de la gène apportée à Fhématose par un obstacle 
même léger, situé au niveau du larynx. Elle apparaît 
comme un processus de défense destiné à augmenter la 
surface respiratoire offerte par la masse des globules 
au-devant desquels l'oxygène se porte avec plus de 
difficulté. 

Toxicité de la pilocarpine. — M. Joseph Noé a vu que 
pour la dose mortelle minima de nitrate de pilocarpine^ 
on peut rapprocher d'une part le cobaye et le hérisson, 
d*autre part le rat et le lapin. Ces derniers sont environ 
dix fois plus résistants et présentent vis-à-vis de la 
; pilocarpine un état réfractaire, analogue à celui qui a 
été signalé pour l'atropine. La rapidité de la sialorrhée 
{ n'est pas un indice du degré de toxicité. 

Localisation de la sécrétion du sulfoindigotate de soude 



- 312 — 

danè les tubes intermédiaires des rein» chez le serpent, 
— MM. Tribondeau et Bongraud concluent de leurs 
expériences que le rein est une glande et non un filtre. 
Le bleu ne filtre pas à travers des glomérules, mais 
est sécrété par les cellules des tubes contournés qui le 
puisent électivemeut dans le sang, puis le déversent 
dans l'urine. G. P. 



FORMULAIRE 



Traitement de la coqueluche (1). —- M. Ausset (de 
Lille) recommande dans la coqueluche : 

1® D'irriguer la bouche avec de la liqueur de Labar- 
raque en solution à 25 p. 1 .000 ; de faire dans le nez des 
instillations d'huile mentholée à 200 degrés; de faire 
évaporer dans la chambre la mixture suivante^ et de 
placer de temps en temps l'enfant au-dessus d'elle : 

Acide thymique 1»' 

Teinture d'eucalyptus f . . ,^ 

Teinture de benjoin \ ** ^" 

Aliîool à 95» 100 

Eau quantité suffisante pour l^t 

2^ Contre la toux convulsive, le grindelia (supérieur 
au bromoforme infidèle). 

Teinture de grindelia robusta (selon l'âge) .... X à XX goattM 

Sirop de belladone 5»' 

Looch blanc, quantité suffisante pour 90 

A prendre dans les vingt-quatre heures. 
3*^ Contre le catarrhe des premières voies : 
Ipéca (si les mucosités sont abondantes et s'il n*y a 
pas fièvre); — fumigations ci-dessus mentionnées et la 
potion suivante, à prendre en vingt-quatre heures : 

Benzoate de soude 2^ 

Sirop de tolu 15 

Looch blanc, quantité suffisante pour 90 

(1) Journ, de méd, interne, 1902, n^ 5. 

Le Gérant : 0. Doin. 

PARIS. — IMPRIMSRIB F. LEVé, RUB CA8SBTTB, 17. 




— 313 



TRAVAUX ORIGINAUX 



Sur une cause (Terreur dans la recherche de Viode dans les 
urines; par M. Marcel Guerbet (1). 

Après Tingestion de médicaments contenant de Tiode, 
ce métalloïde s'élimine par les urines, soit àTétat d*io- 
dores, soit à l'état de combinaisons organiques iodées. 

La recherche des iodures n*offre aucune difficulté et 
se fait directement dans l'urine ; mais pour retrouver 
l'iode des combinaisons organiques, il est nécessaire 
d'évaporer lurine et de calciner le résidu avec de la 
potasse caustique. 

Tous les traités d^analyse conseillent alors de repren- 
dre par l'eau et de mettre Fiode en liberté, dans la solu- 
tion filtrée et acidulée diacide sulfurique, en addition- 
nant celle-ci d'un réactif oxydant (nitrite, persulfate, 
hypochlorite alcalin, acide nitrique nitreux, etc.). L'agi- 
tation de la liqueur avec du sulfure de carbone permet 
ensuite de mettre l'iode en évidence et de le doser par 
rhyposulfite, ou par comparaison colorimétrique. 

En opérant ainsi, on peut s'exposer à laisser échapper 
de petites quantités d'iode. L'extrait urinaire est, en 
effet, très riche en matières carbonées et azotées et, pen- 
dant sa calcination avec la potasse, il se produit tou- 
jours une petite quantité de cyanure de potassium, qui 
se dissout dans Teau, servant à reprendre le résidu cal- 
ciné. L'addition d'acide sulfurique à la solution obtenue 
met en liberté l'acide cyanhydrique en môme temps 
que l'acide iodhydrique, et lorsqu'on vient à ajouter le 
réactif oxydant, Tacide cyanhydrique transforme une 
partie de l'iode, mis en liberté, en iodure de cyanogène 
incolore et inattaquable par un excès de réactif. 
Si la quantité d'iode en expérience est très faible, elle 

(1) Note présentée à la Société de Pharmacie dans la séance du 
^man. 

ivnm, de Pharm. et de Chim. «• séaiB, t. XVII. (!•' avril 1003.J 21 




— 314 — 

peut èlre entièrement transformée en iodure de cyano- 
gène : elle échappe dès lors complètement. 

Pour remédier à cette cause d erreur, il suffit de 
chauffer pendant quelques instants à l'ébullition la 
solution acidulée par Tacide sulfurique : Tacide cyan- 
hydrique est chassé, tandis que l'acide iodhydrique 
reste entièrement dans la liqueur si elle est suffisam- 
ment étendue. On peut alors, en opérant sur celle-ci, 
mettre l'iode en évidence de la manière habrtuelle. 



Note sur le quinqirina liquide de Vrij; par M. J. WARnv(i). 

Parmi les extraits fluides de quinquina rouge, il en 
est un particulier, consigné à la Pharmacopée néerlan- 
daise (Supplément, édition 1891) sous le nom de quin- 
quina liquide et plus connu sous le nom d'Extrait de 
quinquina de Vrij. 

Cet auteur,— et probablement tout le monde comme 
lui à cette époque, — pensait que les extraits de quin- 
quina préparés à l'aide de Tacide chlorhydrique ren- 
fermaient les alcaloïdes à l'état de chlorhydrate. £n 
conséquence, de Yrij estimait que, les alcaloïdes du 
quinquina étant bibasiques, il suffisait, pour les faire 
passer dans Textrait, d'employer deux niolécules 
d'acide chlorhydrique pour une molécule des alcaloïdes 
contenus dans le quinquina. L'expérience lui démontra 
qu'il n'en était rien et que l'extrait préparé avec cette 
proportion d'acide chlorhydrique ne contenait qu'envi- 
ron moitié des alcaloïdes du quinquina employé. 

L'émincnt quinologiste hollandais constata par la 
suite que les alcaloïdes ne se trouvaient pas dans 
l'extrait à l'état de chlorhydrate, mais bien de cincho- 
tannates dissous à la faveur de l'acide chlorhydrique 
dilué et que, pour faire passer ainsi la totalité des 
alcaloïdes du quinquina dans l'extrait, il fallait 



(1) Note présMiiée à la Sjciété de Pharinjicie dans la séance du 
4 mars. 




— 315 — 

employer quatre molécules d'acide chlorhydrique pour 
une d*alcaloïde. 

Dans sa préparation, de Vrij concentrait les liquides 
provenant de la percolation au bain-marie; un Anglais, 
son élève, Giles, opéra cette concentration dans le vide, 
au moyen de ballons en verre de Bohème, les récipients 
en métal ne pouvant être employés à cet effet. Ce mode 
devait présenter l'avantage d'éviter l'oxydation de 
Tacide cinchotannique au contact de Tair. 

Je ne sais si Ton a étudié comparativement les pro- 
duits obtenus par l'emploi de chacun de ces procédés. 
J'ai pensé qu'il était intéressant à la suite de mes 
recherches sur les extraits fluides de quinquina rouge, 
d'examiner ce point. 

J'ai traité d^abord un quinquina rouge contenant 
5,76 p. 100 d'alcaloïdes, en suivant le procédé de Vrij 
tel qu'il est indiqué par la Pharmacopée néerlandaise. 
Les liqueurs provenant d'une première opération, 
effectuée avec 200 grammes de quinquina, ont été con- 
centrées à l'étuve, à une température ne dépassant 
pas 70*. 

Le produit obtenu présente une densité de 1,128 et 
abandonne par évaporation & 100° un résidu de 
31,80 p. 100. Il renferme 5,513 p. 100 d'alcaloïdes. 

Dans une deuxiè.me opération, portant également 
sur 200 grammes de poudre de même quinquina et 
conduite de la même façon, Tévaporation a été faite 
dans un ballon soumis au vide de la trompe à eau. 
Nous avons ainsi obtenu un extrait de densité = 1 ,088, 
abandonnant à la température de 100° un résidu de 
28,50 p. 100 et d'une teneur en alcaloïdes égale à 
5,22 p. 100. 

Nous avions donc ainsi deux extraits de valeur sensi- 
blement égale; mais, contrairement à nos prévisions, 
c'est celui soumis à Févaporation dans le vide qui est 
an peu moins riche en extractif et en alcaloïdes. 

Ce résultat pourrait être attribué, malgré tous les 
soins apportés à l'obtention de produits identiques, à 



— 316 — 

un épuisement différent de la substance. Kn oulre^ 
comme nous avions fait traverser le bouchon du balloa 
soumis au vide de la trompe par un tube effilé capillaire 
plongeant dans le liquide, il s'était produit ainsi une 
rentrée d'air au sein du liquide. 

Nous avons entrepris une nouvelle expérience en 
nous plaçant dans des conditions supprimant les incon- 
vénients signalés. 

Nous avons traité 200 grammes de poudre d'écorce 
de quinquina titrant 4,805 p. 100 d'alcaloïdes totaux. 
Nous avons divisé les liquides d'épuisement en deux 
parties égales, dont Tune a été soumise à révaporation» 
en étuve, à une température ne dépassant, pas 70*; 
l'autre, contenue dans un ballon de verre, a été évaporée 
dans un appareil spécial à la préparation des extraits 
dans le vide. 

Nous opérions ainsi sur des produits absolument 
identiques et notre évaporation dans le vide s'effectuait 
dans des conditions normales. 

Le quinquina liquide obtenu après évaporation à 
l'air présente une densité de 1,091 ; son résidu par éva- 
poration au bain-marie est égal à 27,90 p. 100, et sa 
richesse en alcaloïdes totaux égale 4,619 p. 100. 

Le produit résultant de Tévaporation dans le vide est 
d'une densité de 1 ,085 ; il abandonne par évaporation au 
bain-marie un résidu fixe de 27,30 p. 100 et son titre ea 
alcaloïdes totaux est de 4,534 p. 100. 

D'après les expériences ci-dessus, il n'y aurait donc 
pas, tout au moins avec les quinquinas que nous avons 
employés, d'avantage àopérer l'évaporation dans le vide. 



Produits alimentaires retirés du manioc \ par M, Balland. 

Le manioc {Manihot utilissima] est une euphorbiacée 
originaire d'Amérique. Porté par les navigateurs por- 
tugais à la côte occidentale d'Afrique, il s'est rapide- 
ment propagé à l'intérieur du continent africain. La 




— 317 — 

«ulture en est commune dans les régions équatoriales^ 
surtout en Amérique, du Brésil aux Antilles où le ma- 
Dioc est vulgairement désigné sous le nom de Yucca ^ 
En Afrique, elle est moins générale et paraît moins 
ancienne. Dans certaines colonies asiatiques, elle est 
d^introduclion moderne (A. de CandoUe). Le manioc est 
actuellement très répandu dans plusieurs de nos colo- 
nies: au Dahomey, sa culture semble augmenter d'an- 
née en année, au détriment de celle du maïs. 

On connaît de nombreuses variétés de manioc dont 
les tubercules servent à préparer des produits alimen- 
taires très recherchés (couacs, cassaves, farines, fécules, 
tapiocas, etc.)* 

Le coiuic est en granulations plus ou moins grosses, 
tantôt blanches, tantôt jaunes. Pour le préparer, on dé- 
lîkche par simple frottement la pellicule extérieure qui 
recouvre les racines de manioc; on les lave et on les 
râpe. On porte à la presse qui en sépare un liquide véné- 
neux tenant en suspension de la fécule, que Ton recueille 
ultérieurement, lavée à grande eau et séchée. On étend 
la pulpe pressée sur une plaque de fer modérément 
«hauffée; on remue continuellement jusqu'àdessiecation 
complète; on passe ensuite le produit" sec au tamis, et 
Ton a finalement des couacs à grains plus ou moins gros 
représentant plusieurs qualités commerciales désignée 
sous les noms de farine de manioc, couac blanc, couac 
jaune, etc. La nuance jaune est donné avec le curcuma 
qae Ton ajoute à la pulpe avant le séchage.' 

La cassate, qui est une véritable galette, provient, 
comme le couac, de la pulpe exprimée; cette pulpe est 
triturée dans des mortiers de bois, de façon à obtenir 
une pâte uniforme, puis étalée, sous forme de petites 
galettes rondes, sur des plaques de fer chauffées. Lors- 
que la cuisson est opérée sur Tune des faces, on retourne 
la galette avec soin pour ne pas la briser. La cassave 
4le Cuba dont l'analyse suit ressemblait plutôt à une 
crêpe qu'à une galette; son épaisseur était de 5 à 



w 



Composition centésimale de produits alimentaires 
provenant de 1 Exposition de Paris de 1000 




COLONIES 


FRANÇAISES 










MATXÀR] 


BS 


S 


« 




l'^au 


"^ 


fc^ ^ •" 


"^ 




'9 






Âzotém 


Grasses 


Amy- 
lacées 


5 


5 


CÔTE d'ivoire 












l 


Farine «le manioc 


9.80 


l.H 


0.25 


85.39 


2.45 


1.00 


DAHOMEY 














Farine de manioc 


9.50 


2.68 


0.25 


83.62 


2.6:i 


1.30 


G i: Y ANE 














Amidon de manioc 














(Cayenne) . . 


H.SO 


94 


0.40^ 


86 36 


Oti 


50- 


Poudre de manioc 


13.50 


1.84 


e.5o 


83.16 


0.60 


O.40 


Couac l>luMC (Macouria). 


9.00 


1.26 


0.20 


85.99 


2.25 


1.30 


Couac jimne (Oyapoc). . . 


m. 70 


2.05 


U.25 


83.10 


2.60 


1..301 


Tapioca (Cayenne) 


U.HO 


1.38 


0.45 


82.87 


0.20 


O.20 


— 


14.10 


0.77 


0.43 


84.43 


0.10 


0.15 


INDO-CHISE 














Fécule do manioc (Tonkin) 


15.80 


0.44 


0.22 


83.34 


0.00 


9.20 


MADAGASCAR 














Tubercule de manioc 


14.30 


2.38 


0.65 


78.93 


2.45 


1.291 


— 


i2.3(. 


2.59 


(►.85 


79.«1 


2.3G 


2.70 


Manioc haché 


13.80 
14.90 


1.S2 
2.38 


0.70 
1.3ÎÎ 


80.33 
75.27 


2.25 
4.30 


1.10 
1.90 


— desséché 


— — 


14.10 


2.38 


0.85 


78.56 


2.85 


1.26 


Fécule demaniocj •*"• quai. 


15.80 


0.84 


0.20 


82.96 


0.00 


0.20II 


MARTINIQUE 












II 


Farine de manioc 


8.80 


0.30 


0.20 


86.85 


2.3.% 


1.50 1 


— 


10.10 


0.45 


0.40 


86.30 


1.25 


1.50 [ 


Tapioca de manioc 


9.3U 


0.30 


0.45 


88.95 


0.00 


1.06 


NOU VELLE-CALEDONIE 














Couac 


7.00 
13.80 


2.37 
0.45 


0.85 
0.15 


84.73 
S5.ÏII 


3.2.5 
0.0» 


1.80 
0.40 


Tapioca de manioc 


— 


13.60 


0.30 


0.25 


85.60 


0.00 


0.25 


— 


ri. 50 


0.7t) 


0.25 


86.35 


0.00 


0.20 


REUNION 














Fécule de manioc ^ 


14.r>n 


0.44 


0.10 


84.66 


0.00 


0.30 


Poudre de manioc 


13.90 


1.23 


0.25 


83.42 


0.85 


0.35 


Tapioca 


10.60 


1 68 


0.40 


86.82 


0.00 


0.50 


SOUDAN 














Fécule de manioc 


11.20 


0.30 


0.23 


87.98 


0.60 


0.30 


TAHITI 














Poudre de manioc 


14.30 


1.26 


0.10 


84.04 


6.10 


0.20 


PA 


YS El 


[•RANG 


ERS> 








CKYLAN 














Fleur de cassave 


13.30 


1.08 


0.20 


85.02 


0.00 


0.20 


CUBA 














Galette de cassave 


12.50 


3.07 


0.25 


79.58 


3.10 


1.50 


GUATEMALA 




^ 










Amidon de yucca 


13.70 


0.46 


0.36 


84.09 


0.75 


O.70 


Farine de yucca 


13.20 
14.20 
13.40 


1.07 
1.23 
1.53 


0.10 
0.10 
0.25 


84.78 
84.17 
83.87 


0.55 
0.20 
0.75 


0.30 
0.1« 
0.20 







SAINT-NICOLAS (CAP YERT) 


Farine de manioc 


12.20 


1.3<î 


o.ir. 


83.77 


2.30 


o.sn 


— 


13.80 


1.69 


0.10 


81.06 


3.25 


0.10 




— :ji9 — 

La fécule de manioc «si obtenue en délayant dans 
l'eau la racûie rafée; «a laisse reposer et on décante 
l^eau laiteuse qui surnage pour la laisser déposer à uou- 
veaa. Par dessiccation au soleil, on a de 1 amidon en 
petites plaques plus on moins fendillées. Cet amidon, 
soigneusement pulvérisé et bluté, donne la mouBsache 
qui, daas le commerce de la parfumerie, peut rivaliser 
avec les plus belles poudres de riz. 

Le tapioca se prépare en prenant de la fécule humide 
que Ton dessèche rapidement au four et que Ton soumet 
^ensuite au broyage. Par le criblage on a des tapiocas de 
différentes grosseurs. La fécule humide, mélangée avec 
du sucre, donne aussi, sur place, des pâtisseries très 
recherchées. 

Lesanalyses qui précèdent prouvent que tous ces pro- 
duits alimentaires sont presque entièrement constitués 
par de Famidon avec 10 à 14 p. 1000 d*eau. Il y a peu 
d'azote et des traces de matières grasses. On ne trouve 
la cellulose en quantité notable que dans les produits 
obtenus par des procédés par trop primitifs. Les cendres 
en faible proportion sont toujours blanches, non fusi- 
bles. 



Anmiyêe dun liquide provenant d*un kyste du pancréas^ 
par MM. J. Alay, chargé du cours de chimie biolo- 
gique, et itisi>A(^ agrégé à la Faculté mixte de méde- 
cine et phoMinacie de Toulouse. 

Nous avons eu l'occasion d'obsei^v^er, chez une femme 
de trente-cinq ans, un kyste développé aux dépens de 
la queue du pHivcréas. La tumeur se présentait sous la 
forme d*une poche arrondie mulliloculaire, contenant 
environ 2100*'"' de liquide. Le liquide présentait les 
caractères physiques et la composition suivante : 

Caractères phycnques. — Liquide trouble, visqueux, 
Bhmt, de coloration jaune verdàirc, de saveur fade et 
sans odeur. Mousse par agitation et ne coagule pas. 

Densité : 1011. 



! 




— 320 — 

Réaction très faiblement alcaline, 

2" Composition rapportée à un litre de liquide. 

Matières I Serine S-''! 

albuminoïdes ) Globaline .... 0t6 




totales j Albumine ac 1^10-30 lu b le 3.0 

H^n ( Peptones Néant 

Chlorures (en NaCl) 3,* 

Acide phosphorique ...*..,,,- 0,16 

Sulfates Traces 

Chaux et magnésie . . , , . O^ftrï 

Urée (i,U 

Graisse et cholestérine ^. , , J f» 

Glucose Nctant 

Acide urique .......,..],,...... Traces 

Acétone , 0,05 eOTif on 

Les cendres contiennent en outre da fer et des traces 
de Luiivre. 

Examen histologique. — L'examen liistologique de la 
paroi montrait l'existence d'une membrane (ibro-con- 
jonelive tapissée par une couclie de ccUnles épithé- 
iiales cylindriques muqueuses. Le tlépol était constilin? 
par des débris de leucocytes granuleux, par quelques 
cellules épithéliales ayant !?ubi la dégénérescencî* 
muqueuse et par de rares hématies. 

Conclusions. — Le liquide examiné diiïèrt^ notabte- 
monL,par sa réaction faiblement alcaline et par sa coai- 
posilion, du suc pancréatique normal II est en outre 
peu riche en albumine et en urée, mais contient une 
forte proportion d'albumine aeéto-soluble qui n'existe 
pas habituellement dans les sérosités. Enfin il ren- 
ferme une quantité appréciable d'acélone. 



médicamen'ts nouveaux 






Le lécithol; par M. Aufrîïcht (1). — Sous le nom de 
léeithol la maison Riedel, de Berlin, a mis dans le 
commerce une préparation obtenue en partant du jaune 

(1) Ziir Priifung und WerthbestimmuDg des Lcciihoh, Pharmaceu- 
tuvhe Z€ilung.i903^ p. 1. 




d'œuf frais : celle substance,qui, somme loule,esl à base 
de lécithine,esi employée danb les mêmes maladies que 
ce produil. 

Le lécilhol se présente sous forme d'une masse jau- 
nâlre^de consistance cireuse, d'odeur particulière et de 
saveur douce; sa réaclion est neutre; elle est insoluble 
dans l'eau, peu soluble dans l'alcool à froid, soluble à 
chaud, soluble dans Téther, le chloroforme, la benzine. 
Quand on le soumet à la calcination, le lécilhol laisse 
des cendres alcalines, riches en carbonates alcalins et 
en acide phosphorique : on peut y déceler également de 
petites quantités de fer, de potasse, de sulfates et de 
chlorures. Le lécilhol traité parles alcalis est décom- 
posé en acide glycérophosphorique, acides gras ayant 
pour indice d'iode 77, et une base, très probablement la 
choline. 

La solution alcoolique est dextrogyre. 
! Le lécilhol a donné à l'analyse les nombres suivants : 

I Caroone 68.72 p. 100 

Hydrogène 9.66 

Azote 4,02 

I Soufre 0.28 

' Oxygène 9,91 

I Hhoaphope 3.17 

Cendres 3,58 

Somme toute, le lécilhol par sa composition se rap- 
proche de la lécilhine pure sans être identique à ce pro- 
duil : la proportion d'azolc notamment est beaucoup 
plus forte que dans la lécilhine qui contient de 1,70 à 
1,80 p. 100 de cet élément. II. c. 

Protyline; par M. C. Schaerges (1). — Sous le nom de 
Protéides^ Hoppe Seyler a désigné des albuminoïdes 
complexes qui sous rinfluence des agents hydrolysanls 
se dédoublent d'une part en albumines vraies, d'autre 
pari en un groupement de nature différente (hydrates 
decarb^ire, acides nucléiniques, etc.); ce second grou- 

(l) Uebcr Protylin und organische Phosphorprœparate. Pharmaceu- 
^whtCenlralkaUe, 1903, p. 1. 




— 322 — 

pement est désigné d'habitode sous ie nom de groupe 
prosthétique. 

Parmi ces protéides, Tune des classes les plus impor- 
tantes est constituée par les nucliines qni se dédovibleot 
en albumines vraies et en un groupement prosthétique 
phosphore, les acides nucléiniques. 

Kossel, à qui est due surtout Tétude des nucléines, 
admet que dans les acides nucléiniques le phosphore 
est contenu sous forme d'anhydrides d'acides phospho- 
riques résultant de Tunion de plusieurs molécules 
d*acides phosphoriques avec élimination d'eau. 

En partant des considérations résumées ci-dessus, on 
a été conduit à réaliser la préparation de protéides 
artiliciels, et c^est ainsi que la Société Hoffmann La 
Hoche, de Bâle,a mis dans le commxsrce, sous le nom de 
ProtylineSy des produits obtenus en unissant des albu- 
mines avec des anhydrides d'acides phosphoriques : ce 
sont donc des corps qui se rapprochent des nucléines 
jusqu'à un certain point. 

La seule protyline qui ait été utilisée jusqu'ici est la 
protyline phosphorée : elle se présente sous forme 
d'une poudre jaune blanchâtre, sans odeur ni saveur. 
Elle est insoluble dans Teau; traitée à ébuUition par 
l'acide chlorhydrique,elle est décomposée avec forma- 
tion d'acide phosphorique ; elle est soluble dans les 
alcalis; la proportion de phosphore qu'elle renferme est 
de 2,7 p. 100. 

L'auteur ne donne aucun renseignement sur la pré- 
paration ainsi que sur les propriétés physiologiques de 
celte nouvelle substance. h. c. 

RKVUKS 



Pharmacie. 

Procédé simple d'essai des objets de pansement au 
sublimé ; par M. G. Frerichs (1 ). — La méthode proposée 

(1) fiinC&ciies Verfahren zar Prtifung von SublimatrerbaDdfiDffen; 
Apolheker Zeitung, XVIT, 83i, 1902. 




— 383 — 

par M. Denner pour doser le sublkné dans les objets de 
pansement ccmsîske à épuisev un poids déterminé du 
produit à essayer par ée Teau eonienant du chlorure 
de sodium, à préeipiter à Tétat de sulfure le mercure 
entraîné en solution, à traiter le sulfure de mercure 
préalablement bien lavé par une solution d'iode, etfina* 
lement à doser Tiode en excès au moyen de l'hyposul- 
fite de soude. 

On peut ainsi calculer la quantité de sublimé conte- 
nue dans la prise d'essai, en se rappelant que d'après la 
réaction 

HgS -f 21 = HgP + S 

ua atome d'iode correspond à une demi-molécule de 
sublimé, et que, par suite, un centimètre cube de solu- 
tion d*iode j^ correspond à 0*',01355 de bichlorure 
de mercure. 
Ou peot très facilement simplifier la méthode, en 
I éfîtant Tépuisement de l'échantillon par la solution du 
chlorure de sodium et en dosant directement le sublimé 
sar le tissu même qoi en est imprégné. 

On prend, par exemple, 5»' de gaae ou d'ouate. On 
place réchantilloR dans un entonnoir, on le comprime 
assez fortement et on Tarrose peu à peu de solutioii de 
snllure d'ammoniom de manière à Timprégner lente- 
ment. On lave avec une assez grande quantité d eau 
oréinaire, on ajoute ensuite un peu d*acide chlorhy- 
driqae à l*eau de lavage, et finalement on termine Topé- 
ratio» avec de Peau pure. L'a^^ide chlorhydrique enlève 
les dernières traces de sulfure d'amoKHiium qui impré- 
frnent le tissu et qui seraient susceptibles de gêner la 
suite des opérations. La prise d'essai, devenue grise ou 
noire, par suite de laprésence du sulfure de mercure, est 
exprimée entre les doigts et introduite au moyen d'une 
baguette de verre dans un ballon à col large, d'environ 
300"** de capacité; on verse dans le ballon une quan- 
tité déterminée (15 à 25'°*') de [solution d'iode ^^ ; puis, 
au moyen d'une baguette de verre» on prend soin de 



— su — 

bien imprégner la prise d'essai avec cette solution. 
Après quelque temps de contact en vase clos, on ajoute 
environ 200^"^ d'eau, et on titre Tiode en excès aa 
moyen d'une solution ^ d'hyposulfite de soude, en 

présence d'eau amidonnée comme indicateur, en ayant 
soin d'assurer le contact des réactifs, par des agitations 
énergiques du mélange. En multipliant par O*f^0135S 
le nombre de centimètres cubes de liqueur d'iode qui 
ont été employés à la transformation du sulfure de 
mercure, on a la quantité de sublimé contenue dans 
S**" de pansement essayé. 

Le sulfure de mercure précipité par le sulfure d'amnao- 
nium adhère si fortement aux fibres du pansement 
examiné qu'il n'y a aucune perte à redouter dans le 
lavage à Teau; cette dernière opération est d'ailleurs 
considérablement facilitée par l'emploi de la trompe. 

On peut essayer qualitativement les objets de panse- 
ment au sublimé de la façon suivante : La gaze fu 
l'ouate sont étendues à plat sur une assiette, en couches 
modérément épaisses, puis imprégnées avec de l'eau con- 
tenant de l'acide sulfhydrique ou encore avec une solu- 
tion fortement étendue de sulfure d'ammonium. Après 
ce traitement, la couleur grise ou noire que présente 
Téchantillon doit être aussi uniforme que possible; 
d'une façon générale, il en est bien ainsi pour les 
gazes; mais, avec certains cotons, il arrive fréquem- 
ment que des endroits restent complètement blancs 
et que la répartition du sublimé soit ainsi très inégale. 
L'examen qualitatif seul permet immédiatement de 
déconseiller l'emploi de tels cotons. ii. h. 



Physiologie. 

Sur la reviviscence du cœur. Rappel des batte- 
ments du cœur humain 30 heures après la mort; par 
M. A. KuLiAKo (1). — On sait que le cœur d'un ani- 
mal conserve ses battements quelque temps après la 

(1) Ac, d. Se, i. CXXXVI, p. 63 ; 1903. 




— 325 — 

morf; on a observé ce fait chez des suppliciés, près de 
30 heures après la mort. Quand ces mouvements sont 
arrêtés, on a pu les rappeler par des Injections de sang 
artériel, dans les artères coronaires. 

Toutefois, dans les recherches antérieures, le cœur,. 
pris à Tétat complètement frais, provenait d'animaux 
sains. On n'aurait pas supposé que le cœur d'animaux 
morts à la suite d'une maladie quelconque, au lieu 
d'être tués, pût être ainsi ranimé. Cependant, l'auteur a 
pu ranimer le cœur d'un lapin à l'aide de la circulation 
artificielle plus ou moins prolongée, 2, 3 et môme 
4 jours après la mort spontanée, et ce cœur, isolé du ! 

corps, a fonctionné plusieurs heures. 

Une expérience, faite sur le cœur d'un enfant, âgé de 
'{ mois, mort à la suite d'une pneumonie double, a été 
aussi concluante: 1 

Lecœor a été enlevé sar le cadavre, 20 heures après la mort, porté 
VI laboratoire sans précautrons spéciales et soumis à une circulation 
artificielle, d'après la méthode de Langendorff et avec le liquide de 
Locke, chaad et saturé d'oxygène. Le cœur resta longtemps immobile ; 
c'est après 20 minutes seulement que de faibles contractions rythmiques 
sont apparne5, d'abord dans les tissus, puis dans le ventricule droit ; 
finalemeot, le cœur entier a donné des pulsations régulières pendant 
une heure. 

Des expériences analogues ont été répétées plusieurs- l 

fois. j. B. 

Chimie théorique et appUquée. 

Snr les conditions déquilibre entre le maltose et le 
glucose en présence de la maltase ; par M. Pomeranz (1). 
— SiToii faitréagirla maltase sur des solutions ^^^wrfw^d 
de mallose, la molécule de ce sucre est dédoublée entiè- 
rement en deux molécules de glucose 

Cï*H«0»» +HiO = C«H>«0«+ CflHl20« 
Maltose Glucose Glucose 

Mais si Ton emploie des solutions renfermant plus de 
1 p. 100 de maltose, on constate, comme Ta montré 

(1) Zur Kcnntnis des Gleichgewichtes zwischcn Maltose und Dextrose 
[Monaltkefte f, Chemie, t. XXIU, p. 750, 1902). 



I 




— 326 — 

M. Hill (1), que la réaction s'arrête avant que tout le 
maltose ait été dédoublé, quelle que soit d*ailleors la 
durée du contact entre le sucre et le ferment. 

En suivant les progrès du dédoublement avec la 
liqueur de Fehling et le polarimètre, on peut consta- 
ter que la proportion de maltose, qui reste inaltérée, est 
d'autant plus forte que la concentration de la solutioD 
sucrée est plus considérable. 

M. Hill a pen«é que ce fait était dû à ce que cette 
réaction du dédoublement du maltose en deux molé- 
cules de glucose était réversible : 

Maltose hydraté ^ Glucose + Glucose. 

Elle cesserait lorsKjue la teneur de la solution en mal- 
tose et en glucose est telle que l'enzyme dédouble ^ 
un temps donné autant de maltose qu'il en forme aux 
dépens du glucose. 

Pour le démontrer, il a soumis simultanément à 
l'hydrolyse, dans les mêmes conditions expérimentales, 
deux solutions également concentrées (40 p. 100), l'une 
de glucose, Tautrede maltose hydraté (C"H"0" +11*0). 
-Quand le terme de la réaction fut atteint^ il put consta- 
ter que les deux solutions renfermaient une égale pro- 
portion de maltose et du glucose : environ 15 du 
premier pour 85 du second. 

M. Pomeranz apporte aujourd'hui une nouvelle 
preuve de la réversibilité de cette réaction. 

MM. Guldberg et Waage ont en effet démontré que 
l'état d'équilibre de deux systèmes de plusieurs 
substances, susceptibles de subir des transformations 
réversibles, dépend du nombre des substances dont la 
concentration est variable, et qu'il est réalisé lorsque la 
relation suivante est satisfaite : 

p.p'.p'... 

^-—^, — «= constant. 

Dans cette équation p^ p\ ?'•'-, sont les concentra- 

(1) Journ, oflhe Chem, Soc, LXXm, p. 649, 1898. 



— 327 — 

tions des substances du premier système, et q, q\ 7"..., 
les concentrations des substonces du second système. 
Dans le cas de la transformation réversible du mal- 
tose en glucose, si p représente la concentration du 
glucose et q la concentration du maltose, puisqu'ure 
molécole de maltose donne deux molécules de glucose, 
OQ doit avoir, au moment où l'équilibre e^t établi, 

=-- = coaatant. 

Or M. Pomeranz a fait un certain nombre de déter- 
minations avec des solutions de maltose de concentra- 
tions diverses. Ses résultats sont consignés dans le 
tableau suivant : 



Mftllne cootena 

M débat 

da.08 

!»-• désolation 


Proportion 

de glucose, 

par rapport 

an ancre initial, 

quand l'équilibre 

est atteint 


concentration 

da glucose 

an 

moment 

de l'équilibre 


n 

concentration 

du maltose 

an 

moment 

de l'équilibre 


'I 


39,23 

80,00 

iO«00 

4.00 

2,00 


80 

90,5 

94,5 

98 
99 


1,83 
1,006 
•0,525 
0,2176 
0,1099 


0,163 

0,052 

0,015 

0,0032 

0,0006 


20.9 
19,8 
18,4 
21,3 
20,11 



On voit par ce taitleau que le dédoublement du mal- 
tose est poussé d'autant plus loin que la concentration 
est plus faible, comme l'avait vu M. Hill. 

On voit de plus que, conformément à la règle de 

Galdberg et Waage, les valeurs du rapport - sont à très 

pea près égales, bien que les expériences aient été 
faites sur des solutions de maltose de concentrations 
très diverses. Le dédoublement du maltose en glucose 
parlamaltase est donc bien un phénomène réversible. 

M. G. 



- 328 — 

Remarques sur T origine des phénomènes volcani* 
ques; par M. A. Gautier (1). — M. Gautier fait remar- 
quer que 'la composition des gaz volcaniques des fume- 
rolles du mont Pelé, analysés par M. Moissan, répond, 
aux proportions près, à celles des gaz qu'il a obtenas 
en chauffant dans le vide les roches cristalloïdes des 
terrains primitifs (granités, porphyres, etc.), à la tem- 
pérature du rouge naissant. Appliquée aux granités, 
porphyres, etc., cette chaleur de 500"* à 600** suffit pour 
mettre en liberté leur eau de constitution, qui, agissant 
à cette température sur les matériaux de ces roches el 
en particulier sur leurs sels ferreux, en dégage un en- 
semble de gaz riches en hydrogène, accompagné d'hy- 
drogène sulfuré, d'acide carbonique, d'oxyde de carbone, 
d'azote et d'argon, en un mot les gaz mêmes que Ton a 
signalés dans la plupart des éruptions volcaniques. 

Or dans les parties profondes du sol ce réchauffement 
des strates rocheuses se produit lorsque, par le tasse- 
ment, l'effondrement ou la fracture des couches sous- 
jacenles, un nouvel équilibre tend à s'établir. 

M. Gautier a calculé qu'un kilomètre cube de granit 
(et c'est le granit qui émet le moins de gaz et d'eau), 
chauffe au rouge naissanb, produira ainsi, soit à l'état de 
vapeur se dégageant du sol, soit à l'état d'hydrogène 
brûlant dans l'air, 31 millions de tonnes d'eau C'est la 
masse d'eau qui coule en 12 heures, à Paris, dans le lit 
de la Seine, avec le débit moyen de 694™* à la seconde. 
On voit que, pour expliquer l'origine de l'eau des volcans, 
la nature des gaz qu'ils rejettent, et la violence des phé- 
nomènes éruptifs, il n'est nécessaire, ni de faire inter- 
venir la pénétration des eaux de la mer jusqu'au feu 
central, ni d'invoquer les réactions internes qui peuvent 
encore s'y produire, réactions fort hypothétiques, car 
elles ont probablement atteint leur état d'équilibre 
définitif, depuis des millions d'années que les matières 
terrestres sont portées à l'incandescence. j. b. 



(1) Ac. (L Se, t. GXXXVI, p. 16; 5 janvier 



1903. 



— 329 — 

Sur la préparation du calcium; par MM. 0. Ruff et 
W. Plato (i). — M. Moissan (2), le premier, a préparé le 
calcium à l'état de pureté absolue et cristallisé, en fai- 
sant réagir le sodium en excès sur Tiodure de calcium 
fondu: le calcium, mis en liberté, se dissout d'abord 
dans le sodium, puis cristallise par refroidissement. En 
reprenant la masse métallique par Talcool absolu, on dis- 
sout le sodium, et le calcium cristallisé peut être séparé. 

Ce même savant (3) a encore obtenu le calcium en 
électrolysant au rouge sombre Tiodure de calcium fondu, 
«n employant comme cathode une tige de nickel pur et 
comme anode un charbon de cornue. 

Les auteurs, recherchant un procédé industriel de 
préparation du calcium, ont substitué à Tiodure de cal- 
cium très coûteux un mélange préalablement fondu et 
pulvérisé de 400 parties de chlorure de calcium anhydre 
avec 16,5 parties de fluorure de calcium. Ils décrivent 
deux appareils de production, Tun industriel, l'autre 
pour le laboratoire. Ce dernier consiste en un creuset 
de porcelaine dans lequel on fond le mélange des deux 
^Is et on les soumet à l'électrolyse avec un courant de 
S ampères sous 8 volts. L'anode est un bâton de charbon 
de cornue de 14"" d'épaisseur et la cathode un fil de fer 
de 2"" de diamètre. Le calcium se réunit autour de la 
cathode en un globule fondu dontTaccroissement aurait 
pour résultat d'augmenter l'intensité du courant, si l'on 
n'avait soin de remonter graduellement le charbon de 
cornue. Lorsque le globule métallique est suffisamment 
gros, on retire la cathode du sel en fusion, le globule 
métallique s'en détache et vient nager à la surface du 
bain d'où on peut l'extraire. On reprend ensuite l'élec- 
trolyse. Après une heure de fonctionnement, la matière 
du creuset de porcelaine est attaquée au point qu'on doit 
interrompre Topération. 

(1) Zar Dantellnng d68 Calcium. Dericht. d. deuUch. chem. Ges., 
L XXXV, p. 3612, 1902. 

(2) Ac. d. Se, t. CXXVI, 1153. 
P) /6ûf.. U CXXVII, p. 584. 

^Bvm. dt Pharm. <t et Chim, 6* siniB, t. XVII. (1" avril 1903.) 22 




— 330 — 

L'appareil industriel fonctionne d'une numière ana- 
logue, sauf que les parois du creuset de fer où se fait 
l'opération sont constamment refroidis extérieurement, 
Elles se recouvrent intérieurement d'une couche conti- 
nue de sel solidifié, qui les protège contre l'action 
corrosive des sels en fusion, 

M. G. 

Action de l'ammoniac sur le sulfure de phosphore, pré- 
paration de Tazoture de phosphore; par MM. A. Stock 
et B. Hoffmann (1). — Le pentasulfure de phosphore se 
combine au gaz ammoniac dès la température ordinaire 
en donnant le produit d'addition P*S^6AzH'; si Ton 
opère à la température de — 20**, on obtient une matière 
blanche répondant à la formule P^S'^TAzH^ 

Cette combinaison, chauffée peu à peu à 230**, perd 
du sulfure d'ammonium ; et si on la porte au rouge dans 
un courant d'hydrogène ou d'azote, elle perd en outre 
du phosphore et du soufre et Ton obtient comme résidu 
Vazoture de phosphore P'Az^. 

Ce composé est blanc, dépourvu d'odeur et de saveur. 
Chauffé au rouge vif dans le vide ou dans l'azote, il se 
décompose en ses éléments; chauffé dans l'hydrogène, 
il donne du phosphore et de Tammoniac- Exposé à l'air 
humide, l'azoture de phosphore prend une réaction 
acide par suite de la formation d'un peu d'acide phos- 
phorique. et cette réaction est complète si l'on vient à 
le chauffer à ISO** en tube scellé avec de l'eau : 

P3Az5-fi2H*0 = 3PO'H8+5AzH3. 

M. G. 

Les enzymoïdes; par M. Maurice Arthus (2). — 
M. Arthus propose de donner le nom à'' enzymoïdes à un 
groupe essentiellement hétérogène de substances que 

(1) Die EîQwirlLung von Ammoniak auf Phosphorpe&tasulâd uDd dor 
Phosphorstickstoff P3Az3. Berichie d. deutsch, chem. Ges„ t. XXXVI, 
p. 314 (1903). 

(2) Revue générale des Sciences, année 1903, p. 60. 




— 331 — 

les biologistes rattaeheni jusqu'ici au groupe des dia- 
Hmses ou ^nzymeê; telles sont les tûxmes microbiennes et 
les wsimê^ les antitoxinee, les ag^lutininesy les préeipi- 
Unes, les hémolysines et les bactériolysines. 

Les enzymoïdes possèdent quelques propriétés qui 
leur sont communes avec les enzymes : comme ces 
dernières, elles sont détruites par la chaleur humide à 
sue température inférieure à 100^; elles sont soiubles 
dims Teau et la glycérine, insolubles dans l'alcool, pré- 
cipitées par celui-ci de leurs solutions aqueuses ou gly- 
cérinées, soiubles dans l'eau après traitement alcoo- 
lique et dessiccation à basse température. Enzymes et 
eazymoîdes sont douées de propriétés colloïdes, ne 
dialysent que très lentement et très imparfaitement, et 
se laissent englober et entraîner par les précipités flo» 
eonneux qu'on détermine dans les liquides où elles sont 
dissoutes. 

I>'autres caractères, an contraire, les distinguent net-^ 
temcBt. Tandis que les enzymes provoquent des trans- 
formations cAmi^z<^« d'ordre catalytîque, se retrouvent 
inaltérées qualitativement et quantitativement à la fin 
de l'opération, sont capables, en quantité infiniment 
petite, de provoquer des transformations infiniment 
grandes, il en est autrement des enzymoïdes. Le» 
toxines, venins, etc., provoqnent dos effets pTiysiolo- 
giqves, et, en supposant même que ceux-ci soient d'ori- 
gine chimique, on ignore si une quantité infiniment 
petite d'antitoxine serait capable de produire des trans- 
formations chimiques'infiniment grandes. Le venin est 
bien modifié par l'agent actif du sérum antivenimeux, 
mai^ cet anti venin disparaît dans son action même, et 
p&r conséquent se distingue des enzymes qu'on re- 
trouve non modifiées à la fin de la réaction. 

Antre différence : pour les enzymes, la vitesse de 
lotion dépend essentiellement, toutes choses égales 
d'aiHenrs, -de la quantité de Hiastase agissante; elle 
croît avec cette quantité, qui n'a pas d'influence sur 
l'équilibre chimique terminal. Au contraire, dans Tac- 




— 332 — 

tîon des antitoxines sur les toxines, l'état d'équilibre 
terminai est rapidement atteint et la toxicité finale 
diminue proportionnellement à la quantité d'antitoxine 
employée. 

En ce qui concerne les agglutinines, précipitines, 
bactériolysines et hémalysines, l'ignorance dans la- 
quelle on se trouve à leur égard permet seulement de 
dire que ce ne sont pas des enzymes vraies et qu'il y a 
lieu de les distinguer de celles-ci. Leur place se trou- 
vera parmi les enzymoïdes. 

G. P. 

Contribution à Fétude des hémicelluloses; par 

MM. E. ScHCLZE et N. Castoro (1). — Dans une série de 
travaux antérieurs, Schulze a montréque lesmembranes 
cellulaires des cotylédons de Lupinus luteus et de 
Lupinus angustifolius sont riches en substances facile- 
ment sacchariiiables par les acides minéraux étendus 
et bouillants, donnant, dans ce traitement, du galac- 
tose et un pentose. Schulze a donné à ces anhydrides 
de galactose et de pentose le nom d'hémicelluloses. 

En étudiant les bémicelluloses du Lupinus Airsutus, 
les auteurs, en dehors du galaclose qui avait déjà été 
obtenu avec les autres hémicelluloses, ont pu, des pro- 
duits d'hydrolyse, isoler de l'arabinose à l'état pur. Ils 
ont utilifié dans ce but la méthode à la benzylphénylhy- 
drazino préconisée antérieurement par 0. Ruff et 
G. 011endorff(2). 

La matière première nécessaire aux essais était pré- 
parée de la façon suivante : les semences, préalable- 
ment ramollies dans l'eau, étaient d'abord débarras- 
sées de leurs enveloppes, séchées, broyées au moulin, 
dégraissées par l'éther, puis réduites en poudre impal- 
pable. La poudre obtenue était traitée par une solution 
de soude froide contenant 0^^1 d'alcali p. 100, puis par 

(ij Beiiràge zur Kenntniss der Hemicellulosen. Zeiisch. f. phys. 
Chem., XXXVII, p. 41, 1902. 
(2) Journ. Pharm. et Chim., [6], Xll, p. 77, 1900. 




- 333 — 

des solutions alcalines plus diluées et finalement par de 
l'eau, jusqu'à disparition de toute alcalinité; on prati- 
quait les lavages en opérant par décantation. Le résidu, 
traité par l'alcool étendu, était recueilli sur un filtre, 
broyé avec de l'alcool fort, maintenu quelques jours en 
contact avec de l'alcool, lavé à l'alcool absolu, à l'éther 
et séché dans le vide sulfurique. 100 p. de semences 
sèches, débarrassées de leurs enveloppes, fournissaient 
ainsi 32,4 de résidu contenant sensiblement 90 pour 100 
d'hémicelluloses. C'est ce résidu qui a été étudié. 

Traité par l'acide sulfurique à 2 p. 100, pendant 
deux heures, à la température de TébuUition, le produit 
adonné du galactose et de l'arabinose qui, comme on 
la dit plus haut, ont été isolés à l'état cristallisé. La 
matière, ainsi soumise à Thydrolyse accusait, à l'ana- 
lyse, un contenu en arabane de 14,02 p. 100 et de 
o3,34 p. 100 en galactane. 

Ce produit, si riche en paragalactoarabane, est très 
peu résistant vis-à-vis des acides même très dilués et à 
une température même peu élevée. C'est ainsi qu'après 
six jours de contact à 40** avec de l'acide chlorhydrique 
à 0,1 p. 100, 91,5 p. 100 de la substance primitive 
étaient entièrement solubilisés; on est donc autorisé à 
admettre que la digestion stomacale seule suffit pour 
faire passer à l'état soluble une partie des hémicellu- 
loses ingérées dans l'organisme. En faisant agir sur 
leur produit divers ferments, diastase, taka-diastase, 
ptyaline, pancréatine, les auteurs ont vu que, d'une 
façon générale, il se faisait une solubilisation de la 
matière mise en œuvre. Cette solubilisation, très peu 
avancée avec la pancréatine, allait beaucoup plus loin 
avec les autres enzymes. Mais dans tous les cas, comme 
avec l'acide chlorhydrique à 0,1 p. 100, la digestion 
était à peine à ses premiers termes, car il n'a pas été 
possible de déceler dans les liqueurs de traces appré- 
ciables de sucres réducteurs. Ce fait est extrêmement 
intéressant, car il montre une fois de plus la nécessité 
de rintervention de plusieurs ferments dans la diges- 




— 334 — 

tion totale d^s hydrates de carbone à molécole con- 

plexe(l). 

H. H. 

Préparationde Tapomorphine cristallisée, constitution 
de cet alcaloïde; par MM. R. Pschorr, B. JŒc&fxel 
Fecht(2). — L'apomorphineC*"H*'AzO*ne diffèredela 
morphine C*' H*^ AzO^ que par une molécule d'eau ; elle 
se prépare, comme on sait, en chauffant à 120'' -140'' la 
morphine avecTacide chlorhydrique, l'acide sulfurlque 
ou le chlorure de zinc. 

Jusqu'ici on ne Ta vait obtenue qu'à l'état d'une masse 
amorphe, s'altérant rapidement à Tair par oxydation ; 
aussi a-t-elle été fort peu étudiée. 

Les auteurs Tobtiennent cristallisée de la manière 
suivante : une solution aqueuse à 2,50 p. 100 de chlo- 
rhydrate d'apomorphine est précipitée par le bicarbo- 
nate de soude ; on extrait Tapomorphine à l'aide de 
Téther et Ton évapore la solution éthérée, préalable- 
ment desséchée sur le carbonate de potasse. Si Ton 
a eu soin d'effectuer toutes les opérations précédentes 
dans une atmosphère d'acide carbonique ou d'hydre- 
gèue, Tapomorphlne cristallise incolore avec une 
molécule d'éther C*"H*'AzCH, (C-ir)-O. On peut 
ensuite chasser complètement Téther en chauffant les 
cristaux à 100' dans le vide. 

Ainsi obtenue, l'apomorphine s'altère à la longue ; eUe 
est soluble dans l'alcool, Téther^ le chloroforme. 

On admettait jusqu'ici que l'un des atomes d'oxygène 
de cet alcaloïde appartenait à un groupe oxhydryle 
.(OH), l'autre faisant partie d'une fonction éthérée, 
comme dans la morphine. Les auteurs montrent qu'il 
n'en est rien et que ses atomes d'oxygène appartien- 
nent tous deux à des oxhydryles phénoliques. 

(1) Em. Boobqublot. Sur l'hydrolyse, par les formentS' soinblM, 
des hydrates de carbone à poids raolécubires éleréft. Bull, Sûc. BiêLy 
•LIV, p. 1111, 1902. 

(2) Uebcp die KonstUutioa des Apomorphins. Beridite d. deutsch. 
€hêm, Ges.A. XXXV, p. 4377, 1902. 




— 33« — 

Ds ont préparé à l'état de pureté un grand nombre de 
dérivés de l'apomorphine et sont arrivés, en discutant 
leurs résultats, à lui attribuer une formule de constitu- 
tion à noyau phénanthrénique. 

M. ij. 



Sur la présence de Furacile dans le corps des ani^ 
maux; par MM. A. Kossel et H. STEUDEL(i). — Vura- 
die (1} ou 2-6 dioxypyrimidine a été isolé pour la pre- 
mière fois par Ascoli (2) parmi les produits du 
dédoublement hydrolylique de la nucléine de la levure 
de bière; puis MM. E. Fischer et Roeder f^3; l'ont 
obtenu synthétiquement et ont préparé l'acide urique (III) 
en passant par l'un de ses dérivés, le ^-métkyluracile (4) : 



AiH - CD AzH— CD A«H— CD 

I • «I II II 

C0« *CH CO C— CH» ce C-AzHv 

I s 4 H lu I II >C( 

AiH— CI! AzH — CH AzH— CH-AzR/ 

1. Uracile. il. Thymine. III. Acide urique 



Un autre de ses dérivés, la tkymine (II), résulte aussi 
de l'hydrolyse des acides nucléiniques, ainsi que Tont 
montré MM. Kossel et Neumann(o); enfin la cytosine 
C*H'Az^O, dont la constitution n'est pas encore élucidée 
et qui se rattache certainement à la pyrimidine, se forme 
aussi daus le même dédoublement. 

L'uracile lui-même n'avait été obtenu jusqu'ici par le 
dédoublement des albumiuoïdes qu'en partant d'un 
végétal, la levure de bière; MM. Kossel et Steudel 
moDtrent qu'on peut aussi le retirer des produits du 
dédoublement hydrolytique des acides nucléiniques 
issus du thymus de veau ou de la laitance de hareng. 

(1 Ueiwr das Vorkommen des Uracils im Thierkoerper. — Uoppe 
St^U^s Zeiischrift fur phyaiol. Ckem., t XXXVII, p. 245, 4903. 

iî rtW., i. XXXI, p. 461, et Journ. Pharm. et Chim., 6- série, t. XVI, 
P- 268, mt. 

[h Btricht. d. dêutsch. chemisch, Gts., t. XXXIV, p. 3734. 

'4; Journ. Pharm, et Chim., 6<» série, t. XII, p. 334, 1900. 

,5; Ibid., 6« série, t. XVI. p. 267, 1902. 



— 336 — 

L'importance de ruracile et de ses dérivés provientde 
leur parenté évidente et prochaine avec l'acide urique 
d'une part et les bases ou acides nucléiniques d'autre 
part. Ils sont probablement les termes de passage entre^ 
les albuminoïdcs cl les dérivés de la purine (xanlhine, 
acide urique, etc.), qui proviennent de leur désassimi- 
lation. 

M. G. 

Sur un composé basique des cellules animales; par 
MM. KossEL et Steudel(I). — Il s'agit dans ce travail 
de la cytosine (2) qui a été isolée en 1894 par Kosselet 
JNeumann(3) dans les produits de décomposition de 
l'acide thymonucléinique. Ces auteurs avaient attribué 
à la cytosine la formule C"ir®Az**0\ que du reste ils 
ne considéraient pas comme définitive. 

Dans un travail récent sur les albuminoïdes de la 
laitance d'esturgeon, MM. Kossel et Steudel ont isolé, 
à côté de rhistidine, une base de formule C^H'^Az'O qui 
leur a paru avoir de très grandes analogies avec la 
cytosine du thymus. L'aspect des cristaux est le même, 
les deux bases contiennent la même proportion d'eaa 
de cristallisation. Les réactions sont à peu près iden- 
tiques; cependant les auteurs n'osent conclure d'une 
façon délinitive à l'identité de la base du sperme d'es- 
turgeon et de la cytosine du thymus. Ils se proposent 
de revenir sur ce point. 

Si, ce qui est extrêmement invraisemblable, ces deux 
bases sont identiques, la cytosine, le seul produit de 
décomposition des acides nucléiniques dont la consti- 
tution ne soit pas connue,^ posséderait la formule d'une 
aminooxypyrimidine et se rattacherait ainsi à lathymine 
qui est une mélhyldioxypyrimidine. 



(i) Zeitscfirift fur pfiysiologische Chemie^ t. XXXVII, p. i77. 

(2) Voir Journal de Pharm. et Chim., 6« série, t. XII, p. 22a. 

(3) Berichte a. deul. Chem. Ges., t. XXVII, p. 2215. 




— 337 — 

Action du peroxyde de sodium sur la paraformal- 
déhyde; par M. L. Vanjno (1). — Quand on met en contact 
la paraformaldéhyde ou paraforme avec le peroxyde de 
sodium, le mélange s'enflamme, et cela sans qu'il soit 
Décessaire de chauffer ou d'ajouter de l'eau ; il suffit de 
saupoudrer du paraforme avec du peroxyde de sodium, 
pour que l'aldéhyde soit oxydée avec production de 
Oamme. 

La solution de formol traitée par le peroxyde de 

sodium solide est décomposée avec une explosion plus 

ou moins forte, et l'auteur a constaté que, de toutes les 

aldéhydes, laldéhyde méthylique, soit liquide, soit 

solide, était celle qui réagissait le plus violemment avec 

le peroxyde de sodium. 

U.C. 

Sur la métaldéhyde; par M. .W. Bcrstyn (2). — La 
métaldéhyde (C*H*0)" est à peu près insoluble à froid 
dans tous les dissolvants : l'éther, le sulfure de carbone, 
Teau ne la dissolvent pas, même à Tébullition. Le 
phénol et le thymol fondus en dissolvent au contraire 
3 p. 100 de leur poids. 

La métaldéhyde se dédouble très facilement, surtout 
à chaud, en donnant de l'aldéhyde ; aussi ne peut-on en 
prendre le poids moléculaire par la méthode ébuUios- 
copique. Les auteurs ont pu faire au contraire cette 
détermination par la cryoscopie en employant comme 
dissolvants le phénol et le thymol. 

Les poids moléculaires observés oscillent entre ceux 
correspondant aux deux formulés [Cm'Oy et (C*H*0)*; 
la dernière est la plus vraisemblable. 

Chauffée à 100** en tube scellé avec un excès de zinc- 
méthyle, la métaldéhyde n'est pas attaquée : les auteurs 
en concluent que sa molécule ne renferme ni hydroxyle 
Bîcarboxyle. 
_ M. G. 

[V, Pharmaceutiscfie Zeitung, 1902, \k 1)j1. 

(2j L'eber den Meuddehyd. — Monatshefle fur Chemie, t. XXIII, 
p. 731, 1902. 






338 



Diminution du taux des lécithines dans les laits 
'Chauffés ; par MM. Bordas et Sig. de Baczowski (1). — Oa 
admet généralement qu'il n'y a pas de différences ap- 
préciables entre la digestibilité d'un lait cru et celle 
d'un lait bouilli; certaios auteurs prétendent même 
qu'il n'y a rien de changé dans la composition chimiqBe 
d'un liquide organique comme le lait, lorsqu'il se troure 
porté à Tébullition. 

En ce qui concerne les lécithines, cette conclusîonne 
semble pas justifiée. Les dosages de lécithine effecr 
tués sur un lait chauffé à feu nu pendant trente minutes 
ont donné les résultats suivants : 

LÉCITHINE 

En grammes DîminntWD 
par litre p. ICO 

Lait non chauffé 9,252 « 

Lait chauffé pendant 30 minutes à 60°. . 0,216 14 

_ __ àSOo.. 6,180 i8 

— — à 95*. . 0,180 28 

Le chauffage du lait pendant trente minutes àSS^'à 
feu nu produit une diminution de 28 p. 100 de la léci- 
thine. 

Si, au lieu de chauffer à feu nu, on élève la tempéra- 
ture au moyen d'un bain-marie, la perte observée est 
moins élevée. 

LéciTHÏN'R 



En grammes 
par litre 


Diminatioii 
p. IM 


m-m 


— 


0,365 


u 


0,310 


12 



Lait non chauffé 

Lait chauffé pendant 30 minutes à 95», 
au bain-marie.^ •« 

Enfin, si Ton chauffe de lait à 105^-110° dans un auto- 
clave, pour le stériliser, on obtient une diminution sen- 
siblementplus élevée que par le chauffage à95°àfeunu, 
perte notable puisqu'elle atteint 30 p. 100 de la totalité 
de la lécithine. 



(1) Ac. d. Se, CXXXVI, 50, 5 janvier 1903. 




— 339 — 

LÉCITHIMR 

Kn (^nranimos DiminatiOn 
par i ilre p. 100 

1 II T^TP 

Lait non chaiaffé 0,232 0,365 » » 

Lait stérilisé ptur chauffage pendant 

30 minutes à 105*-110o dans un 

anfiodawe 0.160 0,255 30 30 

On voit donc quMl sera toujours préférable, lorsqu'il 
s'agira de pasteuriser du lait, de faire cette opération en 
cbaufTant le lait au bain-marie, mai^que néanmoins le 
laitainsi chauffé perdra environ 12 p. 100 de salécithine. 

La décomposition d'une partie de la lécithine dans les 
laitsstérilisésàlOo*-HO*pernïetdec'omprendre, dans une 
cerlaÎDC mesure, lemécanisme des troubles digestifs qui 
ont été signalés chez certains nouveau-nés soumis au 
régime exclusif d'un aliment ainsi appauvri. 

A. R. 

Les sobetances noH sapomfiables du beurre; par 
X. KiRSTEX (1 ).— Les matières non saponifiables du beurre 
sont surtout la cholestérine, et de petites quantités de 
lécithine et de matière colorante jaune. Le meilleur 
procédé pour doser la cholestérine est celui de Bômer : 
on prend 10«* de beurre que l'on saponifie par une salu- 
i tion alcoolique de potasse, et la solution savonneuse, 
j diluécavecdeFeau, est épuisée complètement par l'éther. 
Après distillation de la liqueur éthérée, le résidu est dfe 
nouveau traité par de la potasse, puis par Téther. La 
solution éthérée est agitée avec une solution de potasse 
ào p. 100; on décante, on agite avec de Teau, et finale- 
ment cete liqueur éthérée est distillée et évaporée. Le 
résidu est desséché à 100* et on pèse. Ce poids donne la 
proportion de cholestérine bnute contenue dans le 
beurre. L'auteur donne les résultats de nombreuses 
analyses et ses chiffres montrent que la proportion de 
cboleslérine varie avec la période de lactation : c'est 
ainsi qu'au commencement la proportion de cette subs- 

1) Joum. of the chemical Society, t. LXX£II; d'après ZeiU nahr 
^îfiiMim., t. V, p. 833. 



— 340 — 

tance est en moyenne de 0,375 p. 100, pour augmenlcr 
graduellement jusqu'à une quantité de U»50 p. iOO. 

Er. g. 

Sur r essence de cannelle de Ceylan ; par MM. H. Wu* 

BAUM et 0. HuETHiG (1). — Les différents auteurs qui ont 
étudié l'essence de cannelle de Ceylan n'en avaientguère 
isolé avec certitude que Valdéhyde cinnamique^ Veugml 
et le phellandrène. 

MM. Walbaum et Huethig sont arrivés à y démontrer 
la présence de toute une série d'autres composés : la 
méthylamylcétone normale^ la benzaldéhyde, ïaldéhfde 
cuminiquey le linalol^ le térébentkène gauclie^ le cyrnènit^ le 
caryophyllrne. 

Leurs recherches démontrent également la présence 
d'une aldéhyde élevée de là série grasse, probablement 
Valdéhyde rionylique normale; enfin on doit admettre 
comme probable la présence A\x furfurol et des aeidtî 
hydrocinnamique et isobutylique, qui s'y trouvent sans 
doute à l'état d'élhers du linaiol. 

M. G. 

Sur la composition chimique du caoutchouc de Para: 
par M. C. HARRiEs(2)et par M. Weber(3). — M. Webera 
montré qu'en déshydratant par l'acétone des feuilles 
minces de caoutchouc de Para, puis en les épuisant au 
moyen du chloroforme, on en dissout la plus grande 
partie. Il ne reste comme résidu que 6,5 p. 400 de la 
quantité initiale. La partie soluble dans le chloroforme 
est principalement formé d'un carbure (C*"H**)", que 
l'on obtient à l'état de pureté en soumettant la solution 
chloroformique à la précipitation fractionnée par l'ad- 
dition d'alcool. La partie insoluble dans le chloroforme, 
comme aussi dans l'éther, la benzine, le sulfure de car- 

(1) Ueber das Ceyiou Ziiiimtoel [Journ. fur praklische Chemie, 
t. LXVl, p. n, 190*2). 

(2) Zur Chemie dos Parakaatschuks [Berichl, d, deutsch, Chem. Ges.i 
t. XXXV, p. 3256 et 4i29, 1902. 

(3) Ibid., t. XXXIII, p. 719, 1900. 




— 341 — 

hone, répond approximativement à la formule C'°E1**0'*'. 
M. Weber a analysé un grand nombre d'espèces 
différentes de caoutchouc, et toujours le carbure 
soluble dans le chloroforme a montré la même com- 
position centésimale. Il a pu en préparer un dérivé 
brome (C'^H'^'Br*)" et une combinaison chlorhydrique 
<C"H**CP)" : il en conclut que le carbure du caoutchouc 
renferme au moins deux doubles liaisons et doit être 
regardé comme un carbure acyclique. 

M. Harries arrive à la même conclusion en étudiant 
les combinaisons que donne le carbure du caoutchouc 
avec Tanhydride azoteux. Cet agent donne d'abord un 
nitrosîte de formule (C*'^H**'Az-0*)" que son action pro- 
longée transforme en nitrosite b {Ù^W^Xz^O^^) ou en 
nitrosite c C-®H^**Az*0** suivant qu'elle s*effectue en 
l'absence ou en présence de la vapeur d'eau. Le nitro- 
site e serait identique au nitrosite que Ton obtient en 
faisant agir Tacide azoteux sur le dimyrcène (C*°H'®)% 
qui résulte de la polymérisation du myrcène (C*^H*"), car- 
bure acyclique. 

Or, on sait depuis longtemps, par les recherches de 
M. G. Bouchardat (1), que le caoutchouc et les carbures 
qu'il donne par décomposition pyrogénée doivent être 
regardés comme des polymères de Visoprène C^H*. Par- 
mi ceux-ci le terpilène serait un carbure cyclique, le 
caoutchouc lui-même étant \in carbure acyclique. 

M. G. 

Sur la formation du parfum de la vaniUe; par 
M. Henri Lecomte (2). — Au moment de la cueillette, 
les fruits du vanillier ne dégagent aucunement l'odeur 
caractéristique delà vanille; ils n'acquièrent cette odeur 
qu'à la suite d'une préparation spéciale qu*on leur lait 
subir. M. Lecomte a étudié les conditions dans les- 
quelles se produit la vanilline qui communique son 
odeur spéciale aux fruits. 

{\)Journ. deHhann. et Chimie, [6], I, 162. 
^) Annales agronomiques, 25 octobre 1902. 



— 3^ — 

L'auteur a reconnu tout d'abord, dans les divc» 
organes du vanillier, la présence constante d'un ferment 
oxydant analogue à ceux que Ton désigne sous le nom 
d'oxydases; on a constaté la présence de ces ferments 
solubles dans la tige et les feuilles, dans le liqoide 
extrait de ces mêmes organes, dans des fruits verts 
et dans des fruits mûrs non préparés, enfin dans U 
vanille préparée du commerce. Ces divers organes 
provenaient de vanilliers des sources les plus diverses* 
et la présence de Toxydase a été démontrée par les 
réactions recommandées par M. G. Bertrand. On a 
également constaté dans ces différents produits l'exis* 
tence de sels de manganèse, corrélative de celle des 
oxydases. 

L'intervention de ces ferments solubles dans la pro- 
duction de la vanilline semble cependant contradic 
toire avec le mode de préparation de la vanille; en effet, 
ce dernier consiste à plonger les fruits pendant vingt 
secondes dans de l'eau à 85^, ce qui semblerait au pre- 
mier abord devoir tuer le ferment; mais Fauteur s'est 
assuré que, dans ces conditions, l'intérieur des fruits 
n'atteint pas une température supérieure à 50*, favorable 
à l'action des oxydases. 

En recherchant la nature de la substance capable de 
se transformer en vanilline, dans les fruits du vanillier, 
sous l'influence de l'agent oxydant, M. Lecomte s'est 
assuré que le suc de vanillier contient également un 
ferment hydratant, transformant l'amidon en glucose 
comme la diastase, et qui, agissant sur une sohi- 
tion de coniférine, provoque la formation d'une sub- 
stance possédant les mêmes réactions que celle dont 
on a reconnu la présence constante dans les tissus 
du vanillier. 

Il existe donc simultanément dans cet arbre deux 
ferments distincts, l'un hydratant, l'autre oxydant, 
dont la présence paraît intimement liée à la produc- 
tion de la vanilline. Celle-ci se formerait vraisemblable- 
ment de la façon suivante : pendant la préparation, le 




— 343 — 

fament hydratant transformerait la coniférine nais* 
saate esi alcool coniférylique et glucose; la présence du 
giacose est, en effet, constante dans la vanille. D'autre 
part, Talcool coniférylique serait transformé en vanil- 
Une par Taclion de Toxydase. 

A. R. 

Sosase da gluten humida; par M. ârpiis. — L'auteur 
a publié dans les Annales de Chimie analytique de nom- 
breuses expériences qui l'ont conduit aux conclusions 
suivantes : 

La température des mains de l'opérateur, leur degré 
de siccité, produisent des écarts qui peuvent atteindre 
2 p. 100. D'autre part, les mains très sèches donnent 
toujours des résultats moins réguliers que des mains un 
peu humides. 

La température de Teau employée pour le malaxage 
du pâton a une action très marquée. Le pourcentage du 
gluten humide augmenté au fur et à mesure que la 
température de Teau s'élève; le gain est de 2,S p. 100 
{mur les températures extrêmes de 5 et de 35"*. 

Le temps de repos du pâton fournit une augmentation 
de gluten humide qui va croissant pendant 4 heures, 
limite à laquelle elle atteint son maximum, 1,5 p. 100 
pour le cas actuel. Dans la première demi-heure, elle 
est déjà de 0,5 p. 100 environ. 
Le poids du gluten sec ne varie pas. 
La composition de Teau modifie également le pour- 
centage, suivant qu'on utilise une eau plus ou moins 
chargée de sels. L'écart est de 4,5 p. 100 en plus entre, 
les chiffres provenant de l'emploi de l'eau distillée et. 
ceux fournis par l'eau à 141*" hydrotimétriques. Le. 
gluten humide augmente parallèlement avec la richesse 
saline de Teau. De 21 & ÏW hydrotimétriques, le poids 
du gluten sec reste constant. Le gain en g4u4en ^t 
donc fictif et n'est en réalité qu'une âimpie hydratation 
de la matière azotée. 
La durée du malaxage influe aussi sur le pourcentage 




— 344 — 

du gluten humide. Si Ton prolonge cette durée de 5 mi- 
nutes après le moment précis où l'on aurait dû Tarrêter, 
il se produit une diminution de 2,5 p. 100 dans la 
teneur en gluten humide. 

Le dosage du gluten sec présente de grands avantages 
sur celui du gluten humide, mais il n'est pas exempt de 
défauts. 

Le dosage de l'azote est le seul procédé scientifique el 
vraiment exact qui permette de fixer les limites rigou- 
reuses pour Tachât ou la vente des farines suivant la 
richesse en gluten. 

Sur le dosage de ralcool en solutions très étendues; 
par M. G. Argenson (1). — Le principe delà méthode est 
le suivant : la solution alcoolique (toujours très faible) 
dont on veut connaître le titre est traitée par mélange 
de bichromate de potassium et d'acide sulfurique et 
distillée; dans des conditions convenables, l'alcool est 
en majeure partie oxydé à l'état d'aldéhyde qui se 
trouve dans les premières portions recueillies à la dis- 
tillation. Si l'on ajoute au distillât quelques gouttes 
d'une solution aqueuse de fuchsine décolorée par 
l'anhydride sulfureux, on obtient une coloration vio- 
lette dont l'intensité dépend de la quantité d'aldéhyde 
contenue dans le liquide soumis à la distillation. Cette 
coloration étant très voisine de celle des solutions éten- 
dues de permanganate de potassium, on apprécie de la 
façon suivante son intensité : on ajoute goutte à goutte 
à un volume déterminé d'eau une solution titrée de per- 
manganate jusqu'à ce que la coloration ainsi obtenue 
soit de même intensité que celle que l'on veut appré- 
cier ; du volume de solution de permanganate employé, 
on peut déduire, après essais préliminaires sur des solu- 
tions de titreconnu, la teneur en alcool du liquide en 
expérience. 

La sensibilité de la méthode dépend de celle du réac- 
tif employé; pour l'obtenir très sensible, il faut opérer 

(1) Bull, de la Soc. Chim., 3* série, t, XXVII-XXVIH, p. lOOO. 




— 345 — 

de la manière suivante : on dissout 25^^.'' de fuchsine 
dans un peu aïoins de 500*""^ d'eau soigneusement 
purgée d'air par rébullilion — la dissolution lente se 
fait plus rapidement à chaud — après refroidissement 
on complète à 500*^"' et on fait passer un courant très 
lent d'anhydride sulfureux. On arrête l'action du gaz 
bien avant que la décoloration soit complète; celle-ci 
progresse en effet avec le temps. Au bout de quelques 
heures, si la solution est encore colorée, on fait passer 
quelques bulles de gaz, on attend de nouveau quelques 
heures et ainsi de suite, en ayant soin de s'arrêter quand 
le liquide présente encore une faible teinte rosée. Si Ton 
poursuivait plus loin l'opération, on obtiendrait une 
solution de coloration paille dont la sensibilité serait 
considérablement moindre. Ainsi préparé, ce réactif 
donne une coloration appréciable en opérant sur des 
liquides renfermant 1/10000000** de leur volume 
d'alcool. 

En flacons pleins à l'abri de la lumière, ce réactif 
peut se conserver intact pendant plusieurs mois. 

Une fois en possession du réactif, on fait une première 
détermination en opérant sur une solution d'alcool de 
litre connu, 1/500000' en vol. par exemple. Pour cela 
on prélève 20*""' de cette solution que l'on introduit 
dans une fiole ; on y ajoute 5"°' d'une solution saturée 
de bichromate de potassium et l^^^M'acide sulfurique 
concentré et bouilli. La fiole est mise en communication 
avec un petit réfrigérant de Liebig par un tube coudé 
dont la portion verticale porte deux ou trois renflements 
sphérîques ou tout autre dispositif destiné à arrêter les 
projections pendant la distillation ; celle-ci est conduite 
lentement et toujours de la mêmemanière. On recueille 
les cinq premiers centimètres cubes dans un tube à 
essai A jaugé à cet effet par un trait circulaire et on y 
ajoute 0«*'5 du réactif. La coloration se produit peu à 
peu et au bout d'une heure elle ne varie plus sensible- 
nient. C'est le moment qui convient pour le repérage de 
la teinte que l'on effectue de la façon suivante : dans 

^Mni. it Fkarm, éi de CKim. 6* aftaiB. t. XVII. {\" avril 1903.) ^3 




— 346 — 

un tube à essai de même diamètre que le tube jaugé, on 
introduit 5*^"' d'eau; puis à Taide d'une burette on y 
ajoute d'abord goutte à goutte, puis par fractions de 
goutte une solution centinormale de permanganate, 
jusqu'à ce que la coloration soit de même intensité que 
celle du tube Â. Les deux tubes sont examinés par 
transmission en interposant entre eux et le jour une 
glace dépolie ou un papier huilé ; on note le volume de 
la solution de permanganate employé. La même série 
d'opération est répétée sur le liquide dont on veut 
connaître la teneur en alcool : celle-ci est sensiblement 
proportionnelle au volume de solutiondepermanganate 
nécessaire pour établir l'égalité de teinte pour des 
teneurs en alcool comprises entre 1/2O0000' 
et 1/100000% dans les conditions de Texpérience. Dans 
bien des cas, étant donné l'extrême dilution des solu- 
tions sur lesquelles on opère, on pourra se contenter de 
l'approximation obtenue en appliquant la règle de pro- 
portionnalité, bien qu'alors l'erreur relative puisse 
atteindre un tiers. Si on a besoin d'une approximation 
plus grande, on répétera l'expérience sur une solution 
d'un titre très voisin de celui que la première détermi- 
nation a fourni pour le liquide à titrer et le nouveau 
nombre exprimant le volume de permanganate servira 
à corriger le premier, la proportionnalité de ce volumeà 
la teneur en alcool pouvant être considérée comme ri- 
goureuse pour des solutions de composition très voisine. 

Dans le cas de solutions renfermant plus de 1/200000* 
d'alcool en vol., le réactif donnera après traitement une 
coloration d'une intensité égale ou supérieure à celle 
delà liqueur centinormale de permanganate. Dans ce 
cas, on recommencerait l'expérience après avoir dilué la 
solution dans une proportion connue pour Tamener 
entre les limites convenables. 

La solution centinormale de permanganate^ doit être 
préparée au moment de l'emploi en étendant convena- 
blement une solution de titre plus élevé et récemment 
vérifié. 



— ;î47 — 

Il est avantageux de se servir d'une burette de petit 
diamètre permettant la lecture du 1/100 de centimètre 
cube. 

On peut avoir à doser l'alcool dans une solution ren- 
fermant en même temps de Taldéhyde, ce dont on 
s'assurera à l'aide du réactif avant le traitement par le 
mélange chromique : cette aldéhyde s'ajoutant à celle 
qui prend naissance par oxydation de l'alcool ferait 
trouver pour celui-ci un chiffre trop élevé. On tiendra 
compte de cette cause d'erreur en soumettant à la dis- 
tillation dans l'appareil 20*'™^ de la solution à titrer sans 
addition de mélange chromique et en conduisant l'opé- 
ration comme il a été dit plus haut. Le volume de 
liqueur de permanganate sera retranché de celui trouvé 
lors de la première opération et la différence donnera 
le nombre correspondant à Talcool seul. 

Il convient de remarquer ici que l'alcool contient le 
plus souvent des traces d'aldéhyde qui donnent avec le 
réactif une coloration quelquefois très intense. L'auteur 
a essayé, sans y réussir, d'éliminer ces traces en faisant 
agir sur l'alcool pendant longtemps le nitrate d'argent 
ammoniacal, la potasse etla baryte; il a également tenté 
d'obtenir de l'alcool exempt d'aldéhyde en saponifiant 
par l'acide sulfurique étendu le sulfovinate de soude 
desséché par un séjour de plusieurs jours à l'étuve et 
en ayant soin d'effectuer la saponification dans un appa- 
reil purgé d'air par un courant d'anhydride carbo- 
nique. 

En général, la quantité d'aldéhyde est assez faible 
pour que les solutions très étendues qui servent au 
titrage ne donnent aucune coloration appréciable avec 
le réactif le plus sensible, ce qui suffit dans la pratique. 

Snrlaphthiriose, maladie de la vigne causée par le 
Dactylopitisvitis eileBornetinacorium ; par MM. L. Mangin 
et P. ViALA (1). — La phthiriose exerce des ravages 
assezcousidé râbles dans la Palestine. Cette maladie est 

M) Ae. d. Se, CXXXVI, 397, 1903. 



— 348 — 

produite par l'association très remarquable d'ua insecte 
hémiplère, unecochenille, le Dactylopitisvitis f^Zî\ehk^, 
et d'un champignon, probablement une urédinée, que 
les auteurs dénomment Bornetina corium Mangin el 
Viala. 

Voici de quelle façon s'établit cette sorte de sym- 
biose. La cochenille est un parasite de la vigne, qui vil 
sur les parties aériennes dans les régions tempérées el 
sur les parties souterraines dans les contrées plus 
chaudes, en Palestine par exemple. Le D. vitis, en 
vivant sur les racines, produit, par ses piqûres, une 
exsudation considérable de liquide, aux dépens duquel 
se produit bientôt le développemc.ni du Bornetûia corium^ 
dont le mycélium forme un manchon, qui enveloppe 
entièrement les racines, mais ne pénètre jamais leurs 
tissus. Le manchon laisse toujours un vide, et c'est 
dans ce couloir annulaire à mycélium floconneux que 
les Dactylopius circulent et piquent les racines. Mais les 
racines épuisées par ces piqûres répétées finissent par 
mourir ; la cochenille émigré alors sur de nouvelles 
racines. A ce moment, le manchon mycélien se rétré- 
cit en se desséchant elles spores apparaissent sur sa face 
interne. Les cochenilles, couvertes de ces spores qu'elles 
retiennent par leurs ornements, les emportent avec 
elles; cette dissémination des spores est encore 
facilitée par les fourmis, qui vivent souvent à côté des 
Dactylopius sous le feutrage mycélien. 

Le remède consiste à injecter du sulfure de carbone 
dans le sol avant la formation du feutrage mycélien, 
qui s'opposerait à la pénétration des vapeurs destruc- 
tives dans les couloirs habités par les cochenilles. 

J. B. 

Sur la nutrition du Sterigmatocystia nigra ; par 
M. Henri Coupin (1). — En 1870, Raulin a publié sur 
la nutrition d'une raucédinée, le Sterigmatocystis nigra 
{Aspergillus niger van Tigh.), un travail qui est devenue 

(1) Ac, d. Se, CXXXVI, 392, 1903. 



— 349 -^ 

^uste titre célèbre et classique. Se basant sur ce fait que 
les expériences de Raulin n'étaient pas faites en milieu 
stérile, et que par suite il est naturel de se demander si 
les conclusions qu'il en a tirées sont bien légitimes. 
M. Coupin a répété ces expériences en milieu sté- 
rilisé. 

Les résultats obtenus présentent quelques diver- 
gences assez remarquables avec ceux de Raulin. 

Comme ce dernier savant, il reconnaît que C, H, 0, 
j\z, Pb, S, Mg et K ontété utiles au Sterigmatocystis\ 
mais, contrairement aux conclusions de Raulin, le sul- 
fate de zinc, le sulfate de fer et le silicate de potassium 
B'ont été d^aucune utilité. Un pareil résultat est bien fait 
pour.étonner surtout en ce qui concerne le zinc, dont la 
présence, dans les expériences de Raulin, décuplait par- 
fois le poids de mycélium. On sera moins surpris si 
Von remarque que le sulfate de zinc est un antisep- 
tique qui, dans les expériences faites en milieu non sté- 
rilisé, empêche le développement des organismes étran- 
gers et par suite favorise grandement celui du Sterig- 
matoeystis : celui-ci ne lui résiste que grâce à sa vigou- 
reuse constitution. 

Antre différence importante : dans le liquide privé 
d'acide tartrique, par suite à réaction légèrement alca- 
line, Raulin n'observait pas trace de mycélium par si^ite 
de l'absence d'acidité et l'envahissement par les 
microbes. M. Coupin, dans les mômes conditions, 
mais en milieu stérilisé, observe une culture d'abord 
insignifiante, mais qui prend tout à coup un dévelop- 
pement énorme; et il constate à ce moment que le 
liquide de culture, alcalin au début, devient nettement 
acide. 

En résumé : 

l*Le fer, le silicium et le zinc ne sont d'aucune uti- 
lité dans la nutrition du Sterigmatocystis nigrax 

2* Le zinc, même, retarde le développement du mycé- 
lium quand la nourriture est abondante, et le tue quand 
il est mal nourri ; 




— 350 — 

. S** Le mycélium est susceptible de fournir lui-même 
l'acidité nécessaire à son entier développement. 

J. B. 

Sur les résultats obtenus par application en distillerie 
de saccharomyces acclimatés aux principes volatils 
toxiques des mélasses de betterave; par M. H. Alliot (1. 
— L'auteur a réussi, par des milieux de culture conve- 
nablement modifiés, à accoutumer certains saccharo- 
myces [aux principes primitivement nuisibles, qui se 
trouvent normalement contenus dans les mélasses de 
betterave. 

Parmi ces principes, on peut citer les acides organi- 
ques et les produits nitreux rentrant dans la composi- 
tion chimique des mélasses, et aussi les produits issus 
de l'évolution des germes bactériens au sein desdites 
mélasses. Celles-ci, en effet, contiennent diverses bac- 
téries, dont le développement a lieu parallèlement à la 
levure, et s'effectue d'une façon d'autant plus gênante 
pour cette dernière que le milieu se rapproche de Tal- 
calinité. 

Or les saccharomyces acclimatés, ensemencés dans 
des moûts non chauffés de densité 1080 à 1095, ont 
donné une fermentation parfaite avec un rendement 
aussi bon que par l'ancienne méthode, réalisant ainsi 
les avantages suivants : 

l*' Economie de calories; 

2° Economie de l'eau nécessaire à la réfrigération de 
grandes masses de mélasses portées à 90** ou 100"*; 

IV Economie de main-d'œuvre et de temps, par sup- 
pression de manipulation ; 

4** Accélération de la fermentation avec réduction de 

temps de 5 à;; 

T)** Il a été possible de réduire Tacidité initiale en 
grande cuve jusqu'à 0«',20 par litre (enSO^H^). 

J. B. 

(I) Ac. d. Se, CXXXVI, 510, 1903. 




— 351 



ACADÉMIE DES SCIENCES 



Séance du 2 mars 1903 [C. fl., t. CXXXVI). 

Préparation et propriétés des deux téti^aalcoyldiamido- 
dipkénylanthrones ; par MM. A. Haller et A. Guyot 
(p. 335). — Letéiraméthyldiamidodiphénylanthroneaété 
préparé par condensation du chlorure d'anthraquinonc 
avec la diméthylaniline, en milieu sulfocarbonique et 
en présence de APCl^ Rendement 8 p. 100. Le 
dérivé lélraélhylé se prépare d'une façon analogue. 

Sur la chaleur de comdustion du phosphore et sur les 
anhydrides pkosphoriques ; par M. H. Giran (p. 550). — 
Les résultats Ihermochimiques obtenus prouvent que, 
conformément à ce que Ton admet, les dissolutions 
récentes des trois variétés d'anhydride phosphorique 
conliennent à peu près uniquement de l'acide meta- 
phosphorique. 

Swr quelques nouveaux acides acctyléniques ; par 
MM. Ch. Moi'REu et R. Delaxge (p. 552). — Prépara- 
lion et description de douze acides acétyléniques de 
formule générale R — C^C — CO'II, appartenant à la 
série grasse. Ces acides ont été obtenus par fixation 
de CO* sur les dérivés sodés des carbures acétylé- 
niques R— C-«=CNa. 

Contribution à V étude des thioacides R — COSH; par 
MM. Y. Acger et M. Billy (p. 555). — En suivant la 
méthode de Kékulé expliquée par l'équation suivante 
R-C0'Cnp+NaHS=R-COSNa+C«H^OH, MM. Au- 
ger et Billy ont préparé l'acide thiomyristique et l'acide 
thiopalmitique à l'éclat libre, les acides thiooxalique 
et Ihiomalonique, à Télat de sels de sodium seulement. 
Surl^aldéhyde paraéthylbenzoïque; par M. H. Fournier 
.j. 557). — Liquide incolore, bouillant à 221% à odeur 
rappelant l'aldéhyde cuminique; a été préparé par la 
méthode de Bon veau It. 



— 3S2 — 

Méthode de dosage de la ghjaérine dans le sang; par j 
M. M. NicLoux (p. 559). — La méthode comprend le? I 
opérations suivantes : 1® précipilalion el séparalion des 
matières albuminoïdes du sang; 2^ séparation de la 
glycérine par entraînement par (a vapeur d*cau à lûû 
dans le vide; 3** dosage par la méthode au bichromate. 

— Etude biologique sur le parasitisme; par M, J. Rat 
(p. 567). — Recherches ayant pour but de déterminer 
les rapports physiologiques du parasite et de l'hôte, d 
^rétablir la part des diverses condîtions déterminantes 
du parasitisme, en les isolant ou en les faisant varier: 
expériences sur V Ustilago magdis. 

Séance du 9 mars 1903 {C. fl., t. CXXX VI). 

— Préparation et propriétés des hjdrures rfe rubidii^m d 
de césium ; par M. H. Moissan (p. 587). — Le césium et 
le rubidium fournissent par leur union directe avec tf 
des hydrures analogues à ceux de K, !Sa et Li, déjà étu- 
diés par le même savant. Ils ont comme formule géné- 
rale RH et sont tous des réducteur* énergiques. Us ne 
conduisent pas l'électricité, ce qui va contre Tassiini- 
lation de l'hydrogène à un métal. 

— Sur un thermostat d chauffage et régulation élec- 
triques; par MM. G. Marie et R. Marquis (p. 614). — Des- 
cription d'un thermostat très simple avec thermorégulfl- 
leur assurant la constance delà température à 2 ou 3 cen- 
tièmes de degré près. 

— Sur le sulfate cuivreux ; par M. A. Joannis (p. 615). 
— L'auteur décrit une combinaison de sulfate cuivreux 
et d'oxyde de carbone SO^Cu',CO,H-0. 

— Sur quelques dérivés de V acide oxy-i-naphtoique-K ; 
par M. F.' Bodroux (p. 617). — Préparation des 
acides méthyléthyl- et propyl-oxy-2-naphloïque-l, d'a- 
près le procédé indiqué précédemment (voir ce j^tf'"- 
7^a^,[6], t. XVII,p.257). 

— Sur V influence du sujet sur le greffon ; par 
M. Leclerc du Sablon (p. 623). — Des expériences faites 
sur des poiriers greffés sur coignassiers, il semble résul- 




— 353 — 

ter que les porte-greffes les plus avantageux sont ceux 
dont les racines emmagasinent le moins de matières de 
réserve. 

Sur le développement du Cicer arietinum L. après des 
Sictionnenunts de Vembi-yon-, par M. P. Ledoux (p. 624). 
— Les principales conclusions de ce travail sont : 1** la 
gemmule sectionnée n'est jamais régénérée; la tige 
principale est remplacée par deux vigoureux rameaux 
cotylédonaires ; 2^ les feuilles qui apparaissent sur la 
plante après des sectionnements de Tembryon ont géné- 
ralement des formes plus simples que les premières 
feailles des témoins. 

Sur le nouveau genre Protascus; par M. P. A. Dan- 
GEARD (p. 627). — L'auteur décrit une nouvelle espèce 
de champignon, parasite d'anguillules ; il le nomme Pro- 
tascus subuliformisy à cause de la forme de ses spores. 

La formation d* anthérozoïdes chez les hépatiques \ 
par M. S. Ikeno (p. 628). — D'observations faites sur le 
Marckantia polymorpha, l'auteur conclut que le blépha- 
roplaste de M. Webber, qui intervient dans la formation 
des cils des anthérozoïdes, dérive en réalité du centro- 
some. 

Sur les oxydases des Seiches; parM. C. Gessard(p. 631). 
— Les glandes du noir de la Seiche contiendraient 
trois diastases oxydantes : la tyrosinase, la laccase, et 
une troisième diastase, agissant seulement à la faveur 
d'un composé peroxyde. 

Sut la présence d*une érepsine dans les champignons 
ioêidiamycêtes ; par MM. C Delezenne et H. Mouton 
[f. 633). — Les champignons étudiés sont les Amanita 
musearia et citrina^ le Hsalliota campestris^ VHypholoma 
fatciculare. Tous contiennent de Térepsine, c'est-à-dire 
one diastase, inactive vis-à-vis de Talbumine coagulée, 
mais dédoublant les peptones et les albumoses en molé- 
cules plus simples, en produits cristallisables. 

J. B. 



— 354 — 
SOCIÉTÉ DE BIOLOGIE 




Séance du 2k janvier 1903. 

Toxicité du ksopo. — M. Lucien Camus a reconnu que 
Textrait alcoolique de hsopo ou tanghin de MénabéesX 
à la fois un poison nerveux et cardiaque, aussi bien 
pour la grenouille que pour le chien et le lapin. 

Inhibition de mouvements observée sous rin/luence du 
chloralose, — Les expériences de MM. E. Hédon et 
C. Fleig montrent que lechloralose, à côté desa propriété 
d'exagérer les mouvements réflexes, paraît également 
posséder celle d'exagérer certains phénomènes d'inhi- 
bition. 

Sur la sécrétion de lécithim dans les capsules surré- 
nales. — D'après MM. Léon Bernard, Bigart, et Henri 
Labbé la glande surrénale paraît être un des organes oii 
se fabriquent des lécithines. 

Inoculations échinococciques au cobaye. — M. F. Devé, 
en faisant des inoculations échinococciques à des 
cobayes, a reconnu que l'organisme de ces derniers 
détruit les scolex, tandis qu'il'permetaux vésicules filles 
de poursuivre leur évolution. Peut être parvien- 
drait-on, par des injections d'un sérum obtenu avec 
le cobaye, à rendre le lapin réfractaire à l'inoculation 
desscolex. 

Du diagnostic chimique deV hyper chlorhydrie. — M.Léon 
Meunier conclut de ses recherches : 1° que le dosage des 
acides libre etchlorhydrique est insuffisant pour carac- 
tériser seul un suc gastrique hyperchlorhydrique; 
2°qu'ilestnécessaired'yjoindrelesrecherchessuivantes, 
après repas d'Ewald : a) recherche de densité du suc gas- 
trique, qui devra être inférieure à 1020 chez un hyper- 
chlorhydrique ; b) dosage du glucose provenant àes 
matières amylacées, qui devra cire inférieur à 10*' 
par 1000**°*' chez un hyperchlorhydrique. 

La proportion de V hémoglobine réduite dans le sang o 




— 355 -- 

t état normal et chez les car diopathes. — M. Marcel Labbé 
a comparé la proportion de rhémoglobine réduite dans 
le sang, à Tétai normal et chez les cardiopathes. 

Existence d/une antikinaae chez les parasites intestinaux. 
— Les expériences de MM. A. Dastre et Stassano mon- 
trent que c^esl à l'existence à'xnL^ antikinase ({\x'\\ faut 
attribuer l'immunité des parasites intestinaux (taenias, 
ascarides), leur faculté d^échapper à l'action des sucs 
digestifs. 

Sur V action antikinasique du sérum sanguin. — 
M. 6. Delezenne a reconnu que le sérum sanguin, qui 
empêche ou tout au moins refarde très notablement la 
digestion trypsique doit cette propriété à une antiki- 
iMWtfetnon à une antitrypsine. Une dose relativement 
faible de sérum peut neutraliser ou atténuer très forte- 
ment une quantité notable de suc intesHnal. 

Sut la présence du manganèse et du fer chez les éponges; 
parM. Jules Cette. 

Leè gaz du sang dans Vanesthésie par Vamylène. — 
D'après M. CK. Livon, dans l'anesthésie par Vamylène^ 
les gaz que l'on extrait du sang renferment une pro- 
portion assez importante d'amylène : contrairement au 
chloroforme et à l'éther, cet anesthésique n'arrête pas 
les phénomènes de la combustion intime. 

Séance du 31 janvier. 

S«r Us Culicides de Diégo-Suarez et du Sénégal. ^- 
M, A. Laveran constate que, parmi les mesures d'assai- 
nissement qui s'imposent dans les villes de Saint- 
Louis, de Dakar et de Gorée, il faut citer, en première 
ligne, la destruction des Culicides. 

Action de la kinase sur le suc pancréatique hors d^ la 
présence des matières à digérer ; emploi de Vantikinase 
pour apprécier la valeur des trypsines et des sucspancréa- 
tiquu du commerce. — M. A. Dastre et Stassano font 
l'expérience suivante : un cube d'albumine est placé 
dans un tube à suc pancréatique isolé ; il est resté intact 
iprèslS heures d'étuve. Au contraire, dans un tube où 




— 356 - 

on a mis le suc pancréatique, de la fnnase intestinale 
et au même moment un cube d'albumine, celui-ci a dis- 
paru et la digestion est complète. Dans un troisième 
tube préparé comme le second, mais recevant en plus 
quelques gouttes de macération de tœnia^ la digestion 
est entravée et le cube d'albumine n'est que légèrement 
entamé. Le mélange kinase -|- suc pancréatique inactif 
perd ses propriétés protéolytiques après 5 heures de 
contact à la température de Tétuve s il n'y a pas dalhu- 
mine, de corps à digérer en présence] au contraire, ce 
contact n'a pas d'effet destructif s'il y a un corps à 
digérer. La valeur d'un suc artificiel quelconque, pro- 
duit expérimentalement ou industriellement, étant 
d'autant plus grande qu'il exerce mieux les actions 
qu'exerce le suc naturel, pour apprécier la valeur 
d'un produit commercial vendu comme pancréatine, on 
fera deux tubes : l'un qui contient la substance addi- 
tionnée d'un cube d'albumine, l'autre contenant la sub- 
stance, le cube d'albumine et en plus quelques gouttes 
de la macération de taenia ou d'ascarides. On meta 
Tétuve. La digestion doit se faire complètement, entre 
12 à 18 heures, dans le premier tube; elle doit être plus 
ou moins complètement empêchée dans le second. En 
opérant ainsi, on constate qu'une partie des produits 
commerciaux est franchement inactive et ne possède 
aucune propriété digestive. Ils doivent être écartés. 

Le microbisme biliaire normal. — MM. A. Gilbert et 
A. Lippmannont étudié l'abondante flore microbienne 
anaérobie dont les voies biliaires sont le siège, sur la 
presque totalité de leur parcours extra -hépatique. 

Suc gastrique de porc. — M. le D' Maurice Hepp pré- 
sente un flacon de suc gastrique de porc extrait de 
l'estomac de cet animal dans un but thérapeutique; ce 
suc est d'une conservation parfaite et n'a pas subi 
d'altération au bout d'une année. 

Séance du 7 février. 
Action du suc pancréatique et du suc intestinal sur Us 




— 357 — 

hématuries] par M. C. Delezenne. — Les premières re- 
cherches sur Faction du suc inteslinai dans la digestion 
tryptique des matières albuminoïdes montrent que Ton 
peut établir un parallélisme entre l'action conjuguée de 
la diastase inaciive du suc pancréatique et de Tentéro- 
kinase el Tact ion de Talexine et de la sensibilisatrice 
des sérums bactéricides et cytotoxiques. De même que 
la sensibilisatrice ou substance intermédiaire ou ambo- 
cepteur possède la propriété de se tixer énergiquement 
sur les globules rouges et de permettre l'action dissol- 
vante de Talexine, de même le suc intestinal sensibilise 
les globules rouges qui peusrent être ensuite hémolyses 
par le suc pancréatique, alors que le suc pancréatique 
seul n*a aucune action hémolytique et que le suc intes- 
tinal seul ne parvient qu'à agglutiner les globules. 

Recherches relatives à la question des antiferments ; par 
MM. £im. BouRQLELOT et H. Hérissëy. — La chaux en 
dissolution peut jouer vis-à-vis de Vintertine le rôle 
d antiferment et arrêter son action ; le ferment reprend 
ses propriétés dès qu'on précipite la chaux par l'acide 
carbonique. 

Étude bactériologique ; par M. Pissox. — Le mélange 
suivant : chlorure de zinc, 4 p. 100 ; chlorure de sodium^ ^vl- 
taré; a/tf;i, 10p. \Q(S\eau distillée, îonii non seulement 
des propriétés bactéricides, mais d'un pouvoir désodo- 
risant merveilleux. 

La kucocytose qui accompagne et suit les pertes de sang ; 
par MM. Henri Stessano et V. Billon. — La saignée 
provoque toujours une augmentation du nombre des 
leucocytes, sauf lorsqu'elle est effectuée dans un cas 
d'hyperleucocytose due à des causes fortuites. Dans la 
majorité des cas, le nombre des polynucléaires, étant le 
mfemeque celui des mononucléaires avant la saignée, en 
devient le double ou même 1«) triple dans le stade de 
l'byperleucocytose post-hémorragique. 

Recherche de maltose en présertce du glucose ; par 
M.L. Grimbert. — Uéther est absolument incapable de 
séparer les osazones du maltose et du glucose et il doit 




— 358 — 

être remplacé par un mélange à parties égales d'acétone 
et d'eau. 

Présence du glucose dans le liquide cépkalo-rackidten ; 
par MM. L. Grimbert et V. Coulaud. — La présence de 
glucose a été démontrée par la formation de son osazone. 

Sur la glycolyse des différents sucres ; recherches sur 
la glycolyse des liquides filtrés sur bougie de porcelaine ; 
par M. P. Portier. — L'auteur donne la liste des sucres 
subissant la glycolyse et celle de ceux qui ne la subis- 
sent pas : ni les macérations fluorées de pancréas, ni les 
macérations dans Peau chloroformée, filtrées sur bougie 
de porcelaine, n'ont montré de pouvoir glycolytique, 
Il semble que la présence des éléments figurés soit in- 
dispensable à la production de la gljKîolyse. 

Sur un nématode nouveau [Angiontoma helicis), parasita 
de {'appareil génital d'Hélix aspersa ; par MM. A. Conte 
et A. Bonnet. — On l'a rencontré exclusivement daos 
les Hélix recueillis sur le territoire de la commune 
d'OulIins au sud de Lyon ; mais là presque tous les 
Hélix aspersa étaient infestés. 

Action comparée des microbes et des toxines micro- 
biennes sur le sang défibriné; par M. Marcel Labbé. — L'ac- 
tion des microbes sur l'hémoglobine du sang est double : 
l**Ils exercent des phénomènes de réduction, car ils 
empruntent à Toxyliémoglobine une partie de l'oxygène 
dont ils ont besoin pour leur développement. Ces phé- 
nomènes sont liés à la vie du microbe. 2** Ils exercent 
des phénomènes de réduction et de transformation au 
moyen des produits solubles qu'ils sécrètent; ainsi, 
sous l'influence de la toxine microbienne, l'oxhémo- 
globine passe à l'état d'hémoglobine réduite ou de 
méthémoglobine. 

Cause d^ erreur dans le diagnostic du bacille tuberculeux 
recherché dans lès caillots par V examen microscopique ; par 
MM. V.IiEZANÇON, V. Griffon et Philibert. — Nombreuses 
sont les difficultés et causes d'erreur avec lesquelles il 
va falloir compter, si, du terrain de l'expérimentation, 
on veut passer dans le domaine pratique. 




— 359 — 

Valeur de la ehlorurie expérimentale comme élément de 
pronostic dans les néphrites ; par MM. Th. Mongour et 
Courbtte-Aknaude. — Cette méthode expérimentale, 
longue et pénible, ne donne que des résultats sans 
valeur. 

Séance du 14 février. 

Râle des éléments figurés du sang dans la glycolyse ; par 
MM. Maurice Doyon et Albert Morel. — L'expérience 
démontre que le ferment glycolytique ne préexiste pas 
dans le plasma ; la glycolyse n*a pas lieu dans le sérum 
débarrassé des globules. 

Uémulsine^ telle quon Vobtient avec les amandes, est un 
mélange de plusieurs ferments ; par MM. Em. Bourquelot 
et H. Hérissey. — L'émulsine renferme : 1° un ferment 
qui est Vémulsine proprement dite, dont Taclion n'a été 
observée jusqu'ici que sur les glucosides lévogyres don- 
nant du dextrose par hydrolyse ; 2" une lactose ; 3® vrai- 
semblablement une gentiobiose ; 4** souvent de Y invertira. 
Dosage et analyse organique de très petites quantités de 
glycérine pure ; par M. Maurice Nicloux. — Une modifi- 
cation du procédé de dosage par Tacide sulfurique et le 
bichromate de potasse permet de recueillir et doser 
Vacide carbonique produit par Toxydation, ce qui corres- 
pond à une véritable combustion. 
Sur l'activité optique de V hémoglobine et de la globine ; 
\ par M. le D' A. Gemgee. — Ces recherches ont démontré 
que, contrairement aux autres matières albuminoïdes, 
V*émay/oiin^ est dextrogyre. Ilparaît légitimed'admettre 
que les nueléoprotéides et les nucléines qui en dérivent 
forment une classe de substances albumineuses dextro- 
g)Tes. 

Toxicité de F alcool éthylique\ par M. N. Gréhant. — 
Un mélange d'alcool et d'eau injecté dans l'estomac à 
l'aide d'une sonde œsophagienne produit l'empoisonne- 
ment aigu ; on retrouve de l'alcool dans les différents 
liquides de l'organisme. 
A^niÀlaccase ; par M. G. Gessard. — En injectant de la 



i 




— 360 — 

laccase au lapin, on peut obtenir un sérum empêchant 
de la laccase. 

Réflexe acide de Pavlofet sêcrètine. Méçanisum hum&rd 
commun; par MM. Enriquez cl Hallios. — L^expérieoce 
démontre que Tinjeclion d'une solution d'acide chlorky- 
drique dans le duodénum provoque dans le sang l'exiâ* 
tence d'une substance excitô*secrétoire spécilique, c'est- 
à-dire de « sécréline » ; et le sang transfusé a un aulre 
animal provoque chez celui-ci un écoulement de suc 
pancréatique. 

De C action d'un mélange de coaame et d'adrénaline sur 
les tissus en/lammés ; par M. K. Fojsv. — Les résultats 
obtenus avec le mélange sont bien meilleurs, au point 
de vue opératoire, que lorsqu'on a recours à la cocaïne 
seule. 

Action de r ozone sur le bacille diphtérique et sur $û 
toxine ; par MM. Fernand Aulolno et Marc Trotdk. — 
L'ozone ne possède guère quun pouvoir atlénuant sur 
le bacille de Loffler; à dose suffisante, il peut détruire 
les propriétés toxiques de la toxine diphtérique?. 

Recherche de la nature tuberculeuse d^un exsudai par 
l'inoculation dans la mamelle d'un cobaye en lactation ; pal" 
MM. L. Nattan-Larrier et V. Griffon. ~ En injectant 
Texsudat dans la mamelle d'une femelle ayant mis bais 
depuis cinq jours, on constate bientôt la présence des 
bacilles dans le lait. On n'est pas obligé d'attendre la 
mise à mort de Tanimal, comme dans l'inoculation pé- 
ri tonéale. G. P. 

FORMULAIRE 



Lotion contre la chute des cheveux 

Eau de Cologne Min^ 

Glycérine , , , 25 

Teinture de cantharide , ! U 

Nitrate de pilocarpine 0,îïl 

Le Gérant : 0. DôIN. 

PARIS. — IMPRIMXRIB P. LEVk, KXÎM CA9SBTTX, il. 




— 361 



TRAVAUX ORIGINAUX 



Tourteau de ricin ; ses dangers, ses caractères anatomi- 
ques; par M. Ëug. Gollin. 

Les tourteaux de graines oléagineuses,dont quelques- 
uns élaieni déjà utilisés au temps des Romains, ont pris 
dans l'industrie agricole une importance extrême qui 
ii*afait que s'accroître dans la seconde moitié du siècle 
dernier. Leur commerce se représente par plusieurs 
millions de quintaux et leur valeur se chiffre par plu- 
sieurs dizaines de millions de francs. Ils sont aussi 
nombreux que les graines oléagineuses et constituent 
les résidus de l'extraction des huiles alimentaires, ofli- 
cinalesou industrielles; leur importance commerciale 
varie naturellement avec celle des graines qui les four- 
nissent. Quelques-uns de ces produits, qui pendant 
longtemps étaient considérés comme des déchets de 
îabrication et étaient jetés à la voirie, incinérés ou aban-» 
I donnés à la putréfaction, sont devenus aujourd'hui Tob^ 
jeld'un commerce extrêmement important : tel est le 
tourteau de cotonnier, qui, chaque année, donne lieu à un 
Vrafic repréâenté,en France seulement, par 35 millions de 
kilogrammes. Depuis que Ton a fait ressortir la valeur 
alimentaire et fertilisante de ces résidus de préparation, 
loin de les jeter, on se préoccupe d'en tirer le meilleur 
fK^Tli.En Allemagne.on utilise même pour la nourriture 
des bestiaux les résidus de la distillation des fruits d'om* 
Wlifères, dont quelques-uns, tels que les tourteaux 
d*anis,d'ajowan, de coriandre, de fenouil, renferment de 
iSàl9p. 100 de protéine et 20 à22p. 100 de matière 
grasse. 

Les tourteaux de graines oléagineuses sont utilisés 
dans ragriculture soit comme fourrage, soit comme 
^grais : les uns, désignés sous le nom de tourteaux ali'* 
^Mûres, sont constitués par le résidu des graines 

^Nn. é« Phûrm. et de Chim. 6* iteiB, t. XYII. (15 avril 1903.) 24 




— 362 — 

entières ou décortiquées, soumises à plusieurs pressions; 
ils conservent toujours une faible proportion d'haile 
fixe, dont la valeur alimentaire ne doit pas être négli- 
gée ; les tourteaux utilisés comme engrais sont obtenus 
aussi par plusieurs pressions, dont on a toutefois corn- 
piété l'action par un traitement au sulfure de carbone 
qui les prive de la presque totalité d*huile fixe. 

Parmi les tourteaux, les uns comme les tourteaux de 
lin et (T arachides constituent des aliments de premier 
ordre : d'autres tels que le tourteau de ricin ont des pro- 
priétés éminemment toxiques et ne peuvent être utilisés 
que comme engrais. 

L'usage de produits possédant quelque analogie dans 
leurs caractères extérieurs et des -propriétés aussi diffé- 
rentes exige de la part du producteur et du consomma- 
teur des précautions spéciales. L'industriel qui prépare 
indistinctement tous les tourteaux doit tenir ses étrin- 
delles et ses presses dans un grand état de propreté: 
l'agriculteur qui utilise les tourteaux de ricin comme 
engrais et les tourteaux de lin ou d'arachide comme 
aliment doit éviter de laisser ces produits dans le même 
local ou à proximité l'un de Tautre. C'est à quelque 
irrégularité ou quelque imprudence commise dans Tune 
ou l'autre de ces circonstances qu'il faut attribuer les 
accidents mortels que nous trouvons signalés chaque 
année dans les annales agronomiques des différents 
Etats de l'Europe, et qui presque tous sont occasionnés 
par l'absorption de tourteau de ricin. 

Comme les aliments destinés à la nourriture de 
l'homme, les tourteaux alimentaires aussi bien que les 
tourteaux d'engrais, sont l'objet de nombreuses et 
diverses falsifications dont les pouvoirs publics se sont 
préoccupés,dans ces derniers temps^d'enrayerlamarche 
toujours croissante. Ils ont été l'objet dans tous les pays 
d'études chimiques très sérieuses, auxquelles des chi- 
mistes de grande valeur tels que MM. Grandeau, Mûntz 
et Girard, en France, ont attaché leur nom. Si ces tra- 
vaux permettent d'être fixé sur la composition moyenne 



I 




- 363 — 

de ces produits, sur leijir teneur en azote, en acide phos* 
pboriqne, en huile fixe,en cellulose et eneau;s*iiS per- 
mettent, dans certains cas, de soupçonner une fraude, 
ils sont tout à fait insuffisants pour amener un expert 
à se prononcer sur l'identité, la pureté absolue d'un 
tourteau, et sur la nature des divers éléments qu'on a 
pu lui mélanger dans un but de spéculation fraudu- 
leuse. Pour être résolue, cette question, parfois très 
délicate, exige la connaissance approfondie de la struc- 
ture des graines oléagineuses entières et des divers élé- 
ments anatomiques qui caractérisent ces graines quand 
elles ont été dissociées par la contusion et la pression. 
Les nombreuses contestations survenues entre produc- 
teurs et consommateurs, et sur lesquelles les tribunaux 
sont fréquemment appelés à se prononcer, justifient 
l'utilité d'un travail entrepris dans cet ordre d'idées. 
L'importance de la question n*a pas échappé à nos con- 
frères de Belgique, de Suisse et d'Allemagne, qui ont 
publié des monographies très intéressantes sur ce point 
et OQ a quelque raison d'être étonné qu'en France, qui 
est le pays producteur des tourteaux par excellence, les 
journaux agricoles soient si sobres de documents et que 
labibliographie de cette question soit limitée à quelques 
monographies incomplètes, péchant trop souvent par 
l 'exactitude. C'est pour répondre à ce desideratum que 
nous avons entrepris, avec M. Perrot, professeur de ma- 
tière médicale à l'Ecole de Pharmacie, de publier une 
étudecomplète des* caractères extérieurs et anatomiques 
?ù permettent non seulement de constater l'identité de 
tous les tourteaux consommés en Europe, mais encore 
de reconnaître les falsifications qu'on leur fait subir. 

C'est de cet ouvrage, actuellement sous presse, que 
noQs avons détaché le présent article qui permettra à 
l'expert ou au pharmacien, généralement choisi pour 
^gttire d'analyse, d'apprécier les divers points de vue 
auxquels nous nous sommes placés. Nous avons choisi 
fetewteau de ricin^ parce qu'il en a été souvent question 
*«û8ce journal et que c'est celui à propos duquel la 



— 364 — 

compétence du pharmacien a été le plus souvent invo- 
quée ; car^ en cas d'empoisonnement par un tourteau 
alimentaire, c'est la présence du ricin qui doit être 
suspectée ou tout au moins recherchée. 

Graine de ricin. — Caractères extérieurs. Les graines 
de ricin (tig. 1) sont ovales, arrondies, ou légèremenl 
comprimées sur leur face dorsale,aplatiesou fortement 
anguleuses sur leur face ventrale; elles mesurent de 6 
à 12"*° de long sur 8°"" d'épaisseur environ. Elles por- 
tent à leur extrémité inférieure une caroncule charnue, 
grisâtre, qui recouvre l'impression peu apparente do 
hile. De ce hile part un raphé qui longe Tangle mousse 





Fi g. 1.— Graine de ricin entière et coupée longiludinalement. 

de la face ventrale et se termine en un point du tégu- 
ment indiqué par une petite protubérance. La surface 
extérieure des graines est lisse, brillante,d'une couleur 
grise, mouchetée et bigarrée de taches brunes. Celle 
enveloppe recouvre un endosperme huileux, blanc, au 
milieu duquel se trouve Tembryon. Quand elle esl 
récente, l'amande du ricin possède une saveur douce 
huileuse, accompagnée d'une âcreté peu sensible. 

Caractères anatomiques. Le spermoderme de lagraine 
de ricin comprend 5 enveloppes bien distinctes {fig.2). 

1** Une enveloppe extérieure (e), formée d'une assise 
de cellules tabulaires, aplaties,recouvertes par une cuti- 
cule garnie de crêtes fines. Vues de face,ccs cellules sont 
polygonales, sans direction bien déterminée, munies de 
parois droites ou faiblement ondulées, finement ponc- 
tuées. Elles sont incrustées dun réseau cellulosique 9^i 
leur donne une apparence toute spéciale : les unes sonl 
incolores ; d*autres, qui sont généralement réunies en 




— 365 — 

Ilots plus ou moins larges, sont remplies d'une matière 
colorante briine plus ou moins foncée. C'est la présence 
de cette matière qui contribue à donner à V enveloppe exté- 
rieure de la graine de . 
ricin Vaspeet moucheté 
qui la caractérise. 

2* Une enveloppe la- 
cuneuee (A), formée de 
plusieurs assises de cel- 
lules aplaties. Vues de 
face, ces cellules, qui 
sont polygonales, pré- 
sentent entre leurs pa- 
rois des lacunes trian- 
gulaires ou arrondies. 

3' Une assise de cel- 
lules en palissade (B), 
formée d'une seule ran- 
gée de cellules cubiques, 
allongées toutes dans le 
même sens et disposées 
en forme de palissade. 
Vues deface, ces cellules 
ont une section arrondie 
ou polygonale, des di- 
mensions un peu varia- 
bles et présentent sou- 
vent cnfro lonrs parois, 
qui sont très minces, 
détroits méats intercellulaires. Ces trois assises se sépa- 
rent nettement de la couche suivante quand on fait 
bouillir pendant quelque temps les graines de ricin 
dans une solution alcaline. Ces trois enveloppes cons- 
tituent le tégument externe de la graine. 

4' Une assise scléreuse (C), formée d'une seule rangée 
de cellules cubiques juxtaposées en forme de palissade, 
eH2 à 15 fois plus longues que larges. Ces cellules^(?r- 
^ment colorées en brun très foncé, sont munies de parois 




Pig. 2. — Section transversale 
de la graine de ricin. 

A, Enveloppe lacuneuse. — a/6, Albu- 
men. — B, Cellules en palissade. — 
C, Assise scléreuse. — D, Enveloppe 
interne. — e, Enveloppe externe. — 
fe, Tégument externe. — /i, Tégument 
n terne. 



— 366 — 

très épaisses j dont les couches cTépaississement sont silloih 
nées de plissements transversaux caractéristiques et bian 
apparents. La cavité de ces cellules est an peu élargie 
à son extrémité supérieure. Vues de face, ces cellol» 
sont polygonales et présentent une petite cavité arron* 
die, 

5** L'enveloppe interne (D), qui se sépare assez facile- 
ment des autres enveloppes et qui est constituée par 
plusieurs assises de cellules aplaties, étroitement appli- 
quées les unes contre les autres, munies de parois bien 
minces et très réfringentes. Vue de face, cette enveloppe, 
qui est sillonnée par de nombreux faisceaux fibro-vascu- 
laires, est nettement caractérisée par la présence de cris- 
taux très confluents (Poxalate de cAatiXy en forme de rosette 
ou de frambroisCy et par la présence de houppes aiguillées^ 
dont les filaments plus ou moins recourbés s'irradient en 
dxfférerds sens. 

L'amande est formée d'un albumen copieux qui 
entoure deux cotylédons foliacés. Le tissu de l'albumen 
est formé de larges cellules polygonales, isodiamé- 
triques contenant de l'huile fixe et des gros grains 
d aleurone, dans lesquels on distingue nettement un 
gros cristalloïde accompagné d'un petit globoïde. L'en- 
veloppe des cotylédons est formée d'un tissu de cellules 
polygonales qui sont allongées dans une direction 
parallèle au grand axe de la graine; en certains points 
de cette enveloppe correspondant aux nervures de la 
feuille primordiale, les cellules s'allongent très réguliè- 
rement et deviennent parallèles, comme cela s'observe 
habituellement dans l'épiderme des nervures des 
feuilles. 

La caroncule qui existe à la partie inférieure des 
graines de ricin est formée d'un tissu de larges cellules 
polygonales, nettement caractérisées par leurs parois 
épaisses et ponctuées. 

{A suivre,) 




— 367 — 

Sur quêlqties réactions du sirop de baume du tolu; 
par MM. A. Astruc et J. Câmbe. 

Les nombreux procédés préconisés par les auteurs 
pour la préparation du soluté destiné à obtenir le sirop 
de tolu semblent pouvoir être rangés sous trois chefs 
principaux : on peut opérer par digestion du baume 
(Codex, Dieterich), par précipitation d'une teinture plus 
ou moins concentrée (Julliard, Fructus), ou par distil- 
lation (Amy). Ces modes se partagent la faveur des pra- 
ticiens qui adoptent l'un ou Tautre, selon qu'ils se préoc- 
cupent de suivre la pharmacopée légale, d'obtenir un 
produit à arôme ou à titre acidimétrique plus ou moins 
forts, ou simplement selon qu'ils considèrent la commo- 
dité de préparation. 

Ainsi obtenus, les sirops présentent avec certains 
corps des réactions qui, ainsi qu'on va le voir, difTèrent 
suivant le produit mis en œuvre. 

M. Ijermigeaux(l) a indiqué, il y a quelques années, 
qu'un mélange de sirop de tolu et d'iodure de potas- 
sium exempt d'iodate prend une coloration jaune, duc, 
d'après lui, non à l'iode mis en liberté, mais bien à 
raclionsurle sirop du carbonate de potasse souillant 
1 Tiodure employé. M. Muller (2) a également signalé que 
! le sirop de tolu additionné de sirop de codéine prend 
1 une teinte jaune, attribuable encore à l'alcalinité de ce 
dernier. 

Les deux auteurs précédents ayant indiqué que cette 
coloration jaune disparaît par addition d'acide, il semble 
qu'il faut l'attribuer à l'action des alcalis sur un prin- 
cipe constitutif du sirop. Une telle opinion paraît d'ail- 
leurs confirmée par les expériences de M. Daclin (3j et 
de M. Braille (t). D'après eux, l'eau de chaux, Tarsénite 
dépotasse, etc., se comporteraient de la même façon ; 

U; D'tpréi Andouard, Traité de Pharmacie, 5« édiiion, p. 8ô9. 
(î) BulL Pharm. Lyon, 1897, p. 50. 
' WÎ^n.pAflrm., 1898, p. 203. 

W B««. des «ynd. des ph. deFr., 1900, p. 237. 



— 368 — 

ces substances coloreraient en jaune le sirop de tola 
préparé d'après le Codex, et non celui obtenu avec on 
extrait fluide.. 

Cependant, M. Ferrand (1) a constaté que Tiodurede 
potassium pur, exempt de carbonate, jaunit également 
le sirop de tolu. Si ce fait est exact, il y ^ lieu de penser 
que la réaction à l'iodure de potassium diffère quelque 
peu de celle obtenue avec les alcalis. 

Dansun travail prochain, l'un de nous, dans une étMdt 
pharmaceutique j aussi complète que possible, du, sirop de 
baume de tolu, reviendra avec détail sur la critique el 
l'explication probable de ces réactions. Nous voulons sim- 
plement indiquer, dès à présent, que l'action de l'iodure 
de potassium sur le sirop de tolu diffère de celle d'un 
alcali ; que ces deux corps agissent d'une façon variable 
suivant que le sirop a été préparé par l'une ou l'autre 
des méthodes rappelées au début ; que les réactions 
obtenues peuvent même, jusqu'à un certain point, servir 
à caractériser le mode de préparation d'un sirop donné. 

Action des alcalis. — Une solution alcaline (potasse, 
chaux, codéine), ajoutée à du sirop de tolu obtenu par 
digestion du baume, donne une coloration jaune vcr- 
dâlre assez intense, disparaissant par addition d'acides. 

Le môme essai effectué avec un sirop provenant de 
la précipitation d'une teinture amène aussi une colo- 
ration analogue, disparaissant encore lorsque, par un 
acide, on sature l'alcali ajouté. 

Aucun phénomène semblable n'est observé avec le 
sirop obtenu par distillation ; l'addition d'alcali donne 
un mélange incolore. 

Cette coloration de certains sirops de tolu par les 
alcalis mérite d'êlre étudiée de plus près. En addition- 
nant peu à peu le sirop de liqueur alcaline faible, on 
observe que les premières portions d'alcali n'amènent 
aucune coloration du mélange ; la teinte jaune, dont 
nous avons parlé, ne se produit qu'après avoir ajouté 
une certaine quantité d'alcali, quantité d'ailleurs fort 

il) D'après Andouard, /oc. cil. 



— 369 — 

fiable suivant le sirop examiné. Gela tient à ce qu'elle 
se produit seulement lorsque les acides contenus dans 
\sL préparation ont été neutralisés. Or, l'acidité du sirop 
de lola variantavec le mode de préparation, on conçoit 
facilement que la quantité d'alcali nécessaire pour 
amener cette teinte: jaune ne soit pas identique dans 
tous les cas. 

Le moment précis de l'apparition nette de la colora- 
tion jaune correspond à la neutralité du sirop vis-à- 
vis de la teinture de tournesol. La neutralité en pré- 
sence de phénol phlaléine exige une quantité d'alcali 
légèrement supérieure. Ainsi, 20®"' de sirop de tolu 
virent au jaune par addition de 9""' de KOH ^; la neu- 
tralisation au tournesol exige aussi 9*^"' de KO II 1^; la 
coloration rose de la phénolphtaléine n'apparaît 
qu'aprèsavoir ajouté 9*'°''5 de la même solution basique. 

Action de Tiodure de potassium. — Conformément 
aux expériences de M. Ferrand, il résulte de nos essais 
que l'iodure de potassium ctiimiquement pur, exempt 
d'iodate et de carbonate, donne une coloration jaune 
avec le sirop de tolu obtenu par digestion du baume. 
Cette coloration persiste après addition d'acide. Elle 
est due, contrairement à l'opinion de M. Lermigeaux, à 
del'iodemisen liberté, décelable avec la plus grande 
facilité au moyen d'empois d'amidon récemment pré- 
paré. 

Le sirop provenant d'un soluté obtenu par précipi- 
ialion d'une teinture fournit, avec l'iodure de potas- 
sium pur, un mélange incolore. La teinte jaune ne 
s'observerait qu'au cas où l'iodure contiendrait une 
quantité suffisante de carbonate alcalin, pour saturer 
l'acidité du sirop ; mais alors l'addition d'acide amè- 
nerait une décoloration complète. 

Aucune coloration n'est observée avec le sirop de 
lolu préparé au moyen d'un distillatum, que l'iodure 
soit pur ou carbonate. 

Il semble donc que le sirop de tolu préparé par diges- 




— 370 — 

tion du baume contienne, outre le produit verdissant par 
les alcalis, une substance spéciale, qui n*est ni Tacide 
benzoîque ni Tacide cinnamique, et agissant sur Tiodure 
de potassium ; une étude ultérieure nous permettra 
probablement de la mieux définir. 

De ce qui précède il résulte que : 

l"" La coloration obtenue par mélange de sirop de 
tolu et dlodure de potassium paraît distincte de celle 
fournie par les alcalis dilués sur le même sirop. 

2'' L4odure de potassium n'agit pas seulement par le 
carbonate alcalin qu'il peut contenir; Tiodure chimi- 
quement pur donne, en effet, une coloration jaune, par 
mise en liberté d'iode. 

3° Cette réaction (mise en liberté d'iode) ne se produit 
qu'avec le sirop préparé avec un digeste de baume 
tolu (Codex, etc.). 

4^ Les alcalis ne colorent les sirops de tolu obtenus 
par digestion et par précipitation qu'après saturation 
des acides au tournesol. 

5^ La coloration parles alcalis s'observe aussi bien 
avec les sirops obtenus en partant d'un digeste que 
d'un liquide provenant de la précipitation d'une teinture. 
On ne peut dès lors, comme on l'a préconisé, baser 
sur cette réaction une méthode de caractérisation du 
sirop de tolu du Codex. En effet, une grande partie des 
extraits fluides commerciaux pour sirop de tolu sont 
obtenus par précipitation d'une teinture. 

6° Nous proposons donc, comme réaction plus géné- 
rale de distinction des divers sirops de tolu, Temploi 
sucessif d'une solution d'iodurede potassium à 10 p. 100 
et d'une solution de potasse à 5 p. 100. 

Le tableau ci-après résume la marche à suivre pour 
l'essai : 

Coloration jaunâtre (bleue en présence 

b"^^ l d'empois d'amidon) Sirop pardigestion- 

de sirop! , ^ gc-s > Colorât, verdâtre. Sirop par précipiU 

de tolu ; Pas \ de sirop / 



sol.] de 
de Kl. /coloration J2*m» de sol. 



-{. ^cmSgol,] ^ de , ajoater 
2*™»desol 
de KO H ) Pas de coloration. Sirop par distillât 



— 371 — 

Ces réactions colorimétriques doivent être effectuées 
» présence d*an tube témoin renfermant da sirop sans 
lacun réactif ; on juge mieux ainsi des changements 
le teinte des mélanges. 

Notons, en terminant, que les procédés mixtes ou 
combinés ne pourront être décelés exactement par 
Mite méthode. 



A propos de Vindice de Hûbl; par M. L. Teychené, phar- 
macien aide-major de V* classe des troupes co- 
loniales (Saint-Denis, la Réunion). 

Certes les indices ne manquent pas pour arriver à 
déceler les diverses falsifications des matières grasses. 
Ghaqae nouveau traité des falsifications en apporte une 
variété qui n'est pas sans être un éloge pour l'esprit 
inventif des chercheurs. Mais de la théorie à la mise en 
pratique de ces divers procédés, il existe un monde. 
Les difficultés surgissent à chaque instant et ont bien 
vile (ail de décourager l'expérimentateur novice. 

C^est ce qui arrive dans l'application de l'indice de 
Hûbl pour la recherche des falsifications des subs- 
tances grasses. On a beau consulter de nombreux livres 
(lonl les auteurs sont cependant d'une compétence 
avérée, on a beau appliquer les uns après les autres les 
diverses modifications, on n'arrive souvent qu'à des 
résultats peu satisfaisants, quand ils ne sont pas néga- 
lits. 

Très brièvement l'indice de Hiibl consiste à doser la 
quantité d'iode absorbée par un corps gras. De ce dosage 
on peut déduire si un corps est bien identique à lui- 
mfime dans une certaine mesure. 

Hûbl recommande l'emploi d'une solution de HgCP 
q«i favorise l'absorption et d'une solution de Kl qui 
permet d'empêcher la précipitation de l'iode, et en 
Diéme temps, je crois, d'enlever les traces d'iode sur le 
goulot et le bouchon, ce qui est une petite perte. 



r^ 




— 372 — 

En effet, si Ton examine le goulot du tlacon dont on 
se sert et en même temps son bouchon, on remarque des 
traces rouges que l'analyse nous a fait reconnaître ^tre 
de riodure mercurique ; ce qui e^t une perle, attendu 
qu'il se dissout fort peu dans rhyposuHite dt» soude, 

Donc, Ton a préparé les solutions avec le plus grand 
soin et la liqueur alcoolique d'iode a été titrée avec la 
solution N/10 de S'O^Na". 

Ici, à ce sujet, je me permettrai d'ouvrir une paren- 
thèse pour recommander de faire la solution d'hyposul- 
fite avec 24«'",80 correspondant à la formule 

S203Na2 -i- 5H20 = 248 

et non avec 15«^80 correspondant à la formule 

S20»Na« = 158. 

L'on a pesé 0^^50 de matière grasse que Ton dissout, 
en prenant de grandes précautions dans 10'^°'^ de chlo- 
roforme ; puis l'on ajoute le mélange à parties égales 
de solution d'iode et de sublimé dans l'alcool. On attend 
le temps voulu (variable avec divers auteurs) et on 
ajoute 20*='"^ de la solution de KL 

On est tout étonné alors de voir se former un beau 
précipité rouge d'iodure mercurique, qui quelquefois at- 
tend pour apparaître l'addition de 4 OO*'™' d'eau, prescrit 
par Hiibl. 

Il est inutile d'aller plus loin. De nombreuses expé- 
riences m'ont permis de reconnaître que, dans ces con- 
ditions, il est impossible de doser l'iode. 

Cet accident peut provenir de plusieurs causes; l'aci- 
dité du HgCl* notamment est propice à cette combi- 
naison. En outre, l'humidité favorise dans le bichlorure 
de mercure la production de calomel. D*autre part, enfin, 
le sublimé a la tendance de céder aux autres métaux 
du chlore qui peut déplacer ainsi d'autres éléments. 

En effet, dès que l'on ajoute Kl, le précipité 
dellgP se produit à la suite des diverses combinaisons, 
substitutions dont la résultante finale est la réaction : 

Hg Cl» + 2KI = HgI3 + 2KC1. 




— 373 — 

Il est nécessaire d'ajouter ici que les matières grasses 
dissolvent très bien l'iodure, et notamment l'axonge en 
absorbe environ 0,49 p. 100. 

Mais cet iodure mercurique forme à son tour avec le 
chlorure mercurique deux sortes de combinaisons : des 
chloroiodures : 

HgP.2HgGl« 
HgI«.HgClî. 

et des iodomercurates : 

HgP.2KI 
HgI».KI. 

G est donc là encore une source probable d'erreurs. 
Mais écartons toutes ces causes d'erreurs et suppo- 
sons que le dosage se soit fait dans des conditions nor- 
males. 

11 suffit alors de calculer la quantité d'iode mise en 
présence avec la liqueur d'iode et de soustraire de. cette 
quantité la quantité d'iode saturée par S*0'Na*, en rec- 
tifiant en outre, au moyen du témoin, la perte d'iode 
qne fait subir le chloroforme. 

Mais on est grandement étonné lorsque le dosage de 
l'iode restant donne à lui seul un résultat accusant plus 
d'iode qu'on n'en a mis dans le flacon. 

On cherche d'abord l'erreur dans le calcul qui, plu- 
sieurs fois recommencé, ne donne rien. On recommence 
alors le dosage, puis une autre fois et encore bien des 
fois. C'est toujours le môme résultat désespérant avec 
quelques variantes. 

Cela provient tout simplement de la mise en liberté de 
l'iode de Kl qui vient s'ajouter et fausser ainsi le ré- 
sultat. 

Aussi, si Ton veut suivre exactement la méthode 
de Uûbl, il est nécessaire' de doser très] exactement la 
liqueur d'iode en présence de HgCP, en ayant bien soin 
d'ajouter une quantité proportionnelle d'iodure de 
potassium. En se mettant entièrement dans les condi- 
tions du dosage, on peut arriver dans une certaine 
mesure à remédier aux inconvénients que peuvent causer 



— 374 — 



ns citées plus I 



toutes les combinaisons et décompositions 
haut. 

En résumé, il existe deux causes d'erreur bien définies 
qui peuvent passer souvent inaperçues, lorsqu'on n'est 
pas en garde. Dans ces conditions, ce résultat faussé 
peut arriver adonner de mauvaises indications et lancer 
ainsi une analyse dans une voie défectueuse, si on a le 
malheur de commencer par cet indice. 

Dans un prochain article, nous indiquerons une 
méthode capable d'obvier à tous les inconvénients. 

Nouvelle réaction de certaine alcools et de corps voisins; 
par M. Gavard, préparateur de chimie à l'Ecole de 
Médecine et de Pharmacie de Marseille. 

Si, sur de l'acide sulfurique à 66® contenant 5 à 
20 p. 100 d'azotite de potasse, on ajoute avec précau- 
tion, sans mélanger les liquides, une petite quantité 
d'éther, on voit se développer, au bout d'une à quelques 
minutes, une intense couleur bleue qui envahit tout le 
liquide, disparait par agitation en dégageant du 
bioxyde d'azote, réapparaît par le repos et peut dispa- 
raître et revenir jusqu'à dix fois. 

La température la plus favorable pour obtenir cette 
réaction est de IS** à 30**. A — 20**, aucune réaction ni 
coloration ne se manifeste, même après 2 heures de 
contact. 

Les liquides chauds ne présentent aucune coloration, 
mais il se forme une vive effervescence ; il en est de 
même si les liquides étan * à a température ordinaire, 
on les agite dès le mélange effectué. 

La réaction ne devient pas explosive, quoique la tem- 
pérature s'élève fortement ; le mélange de 500*^"' deréac- 
tif et 200*^"^ d'éther a donné lieu à un violent dégage- 
ment de bioxyde d'azote. 

L'éther était rectifié au moment de l'expérience ; pl»- 
sieurs autres rectifications ont été sans résultat sur la 
coloration obtenue. 



— 375 — 

Les corps qui ont présenté cette couleur avecTacide 
sont: 



Trioiyméthjlëno. 


Alcool benziliqae. 


LeTulose. 


Poimol. 


Acide formiqne. 


Glucose. 


Acétone. 


— trichloracétique. 


Xylose. 


Aldéhyde élhyliqae. 


— lactique. 


Arabinose. 


Akod méthyUque. 


Oxyde d'éOiyle, 


Raffinose. 


- élhyUque, 


Ether acétique. 


Saccharose 


— amjlique 


Acétate d'amyle. 




— ptopjliqTie. 


Oxalate d'éthyle. 




— isopropjliqae. 


AcéUl. 




~ bntylique normal. 






— isobutylique. 






Sorbite. 






Dnldte. 







Erythiite. 

Lesréaclions les plus nettes sont données par les corps 
liquides vers 45*; avec les autres, il faut mettre un frag* 
ment an-dessus de là 2^°"' de réactif, puis tout de suite, 
et,avant le charbonnement qui ne tarderait pas à sepro* 
dure, ajouter sans mélanger 1 à 2^"' d'eau ; alors quel- 
ques bulles se dégagent, et au bout de quelques 
minntes à quelques secondes, la coloration apparaît, 
quoique beaucoup plus faible qu'avec les autres corps 
cités. 

La réaction est encore possible, mais peu colorée 
avec une solution aqueuse contenant 4 p. 100 d*alcool 
élhyliqne ou 4 p. iOO de formol. Il ne m'a pas été possible 
de|dëlerminer exactement la composition de ce corps 
bleu stable dans certaines conditions, mais qui se dis- 
socie par simple agitation. Il y a lieu *d'y admettre 
l'existence d'acide ou d'anhydride azoteux, auxquels 
serait due cette intense et belle couleur bleue. 



- 376 — 



REVUES 



Pharmacie. 




Sur Tessai du jalap; parM. A.-B. Lyons(I). — Enl891 
H. Alcock a proposé la méthode suivante pour le dosage 
de la résine total dans le jalap : on met, dans un flacon 
sec, 1*' de jalap finement pulvérisé et 20*^* d'alcool 
amylique et on agite de temps en temps pendant 
4 heures. Le liquide est ensuite filtré à travers un 
tampon de coton et on reçoit le filtrat dans une ampoule 
à décantation. On lave le flacon, dans lequel on a 
effectué la macération, avec 5*^"*' d'alcool amylique et 
on verse ce liquide sur l'entonnoir qui a reçu le marc. 
Lorsque toute la solution ainsi liquide est filtrée, on 
lave encore le résidu avec une nouvelle provision 
de 5*^*°^ d'alcool amylique. Les liqueurs alcooliques sont 
agitées à plusieurs reprises avec de petites quantités 
d'eau pour dissoudre certaines substances non rési- 
neuses et les solutions amyliques sont évaporées dans 
une capsule tarée contenant 10^"' d'eau pour empêcher 
Talcool de monter le long des parois de la capsule. 
Après évaporation à siccité, on pèse. On obtient le poids 
total de la résine. 

Lorsqu'on veut doser dans le jalap la résine inso- 
luble dans l'éther, on épuise tout d'abord la drogue 
par l'éther et ensuite par l'alcool amylique. 

A.-B. Lyons a objecté que le pharmacien a rarement, 
dans son officine, de l'alcool amylique et il propose de 
remplacer ce dissolvant par un mélange de chloroforme 
et d'alcool en opérant comme il suit : 

On met, dans un entonnoir de 8*^" de diamètre dont la 
douille est garnie d'un tampon de coton, 5'' [de jalap 
pulvérisé. On humecte la poudre avec de l'éther et on 
fait une lixiviation avec ce dissolvant de façon à 

(1) Pharm. Review, t. XXI, p. 61. 




— 377 — 

obtenir 25 ou 30*"' de lixivié. Pendant cette opération, 
l'entonnoir doit être recouvert d'une plaque de verre. La 
liqueur éthérée est évaporée dans un vase taré et on 
pèse le résidu qui est formé par la résine soluble dans 
i'élher. Ensuite, on découvre l'entonnoir, le marc se 
débarrasse de Téther par évaporation à Tair libre et on 
fait une nouvelle lixiviation avec un mélange de 
3 volumes d'alcool et de 2 volumes de chloroforme 
jusqu'à ce que l'on obtienne 50*^"^ de lixivié. Celui-ci 
est agité, dans une ampoule & décantation, avec 
25*'* d'eau distillée. On laisse déposer; on décante la 
couche inférieure dans un vase taré, on ajoute à nou- 
veau dans l'ampoule un mélange de 3^*"^ de chloroforme 
et de 2'*' d'alcool; on fait subir un mouvement gira- 
toire à l'ampoule sans Tagiter. On décante la nouvelle 
solution chloroformique dans la capsule et toutes les 
liqueurs chloroformiques sont évaporées à siccité. On 
obtient, après pesée, le poids de la résine de jalap inso- 
I lubie dans l'éther. 

Il reste dans le liquide hydro-alcoolique un peu de 
résine ; mais, d'autre part, la solution chloroformique 
dissout une petite quantité d'une substance soluble 
dans l'eau, ce qui vient, dans les résultats quantitatifs, 
compenser la perte de résine. 

Cet essai se fait rapidement et les chiffres obtenus ne 
diffèrent pas de ceux d'Alcock. 

Er. g. 

Nouvelle réaction colorée de l'acide borique; par 
MM E. Cassal et H. Gerrans (1). — D'après ces auteurs, 
si on traite un mélange d'acide borique et d'acide oxa- 
lique par de la curcumine ou même par du curcuma, 
on obtient, après dessiccation du mélange au bain- 
marie, une coloration rouge Magenta très intense 
Celle coloration est différente de celle qui se forme par 
laction de l'acide borique seul sur le curcuma. La 

\ (I) Ch^, Sews, t. LXXXXII, p. 27 ; d après The Britisk Food Journal, 
\ octobre 1902. 

^«ni. tfc Pkarm, et de Chim. 6' s£rib, t. XVII. (15 avril 1903.) ^5 




— 378 — 

réaction de MM. Cassai et Gerrans est beaucoup plas 
sensible; elle permet de déceler les minimes quantités 
d'acide borique. Cette coloration reste stable pendant 
plusieurs heures, au moips 10 à 12 heures; après un 
temps plus prolongé, elle disparait graduellement. La 
matière colorante formée est facilement soluble, sans 
altération, dans Talcool et Téther, mais elle est détruite 
par Teau. 

Cette teinte rouge Magenta vire au bleu intense par 
l'action des alcalis; cette nouvelle coloration est bien 
diflPérente de celle obtenue par le traitement, avec les 
alcalis, de la teinte rose rougeâtre formée dans l'essai 
avec le curcuma ordinaire. 

On peut appliquer cette réaction à la recherche de 
Tacide borique libre ou combiné dans le lait ou les 
autres produits alimentaires, à la condition d'opérer 
sur les cendres. A cet effet, les cendres sont traitées 
par quelques gouttes d'acide chlorhydrique dilué, puis 
par une solution saturée d'acide oxalique ; on ajoute 
une solution alcoolique de curcumine ou une macéra- 
tion alcoolique de curcuma et le mélange est desséché 
au bain-marie, puis il est repris par un peu d*alcool. 
Dans le cas où la proportion d'acide borique est peu 
élevée,^ il est préférable, avant de procéder à l'évapora- 
tion et à l'incinération, d'alcaliniser la substance ali- 
mentaire avec un peu d'hydrate de baryte. 

La potasse, la soude et les sels de potassium et de 
sodium en quantités assez grandes empochent la forma- 
tion de la matière colorante. 

Les auteurs ont appliqué cette réaction à un procédé 

de dosage colorimétrique de l'acide borique. 

Ek. G, 

Dosage de l'alcool dans les essences et les prépara- 
tions médicinales; par MM. E. THORP£etJ.tloLUEs(l).— 
Ces auteurs ont donné un procédé de dosage de l'alcool 
dans les essences et les préparations médicinales ren- 

(l) Chetn. News, t. LXXXVII, p. 82. 




— 379 — 

fermant des huiles essentielles et des corps volatils, 
comme Téther, le chloroforme, la benzaldéhyde, le 
camphre ou divers composés éthérés. Cette méthode, 
qai est d'une application générale, est la sui^ 
vante : 

25'*' de la préparation sont additionnés, dans une 
ampoule à robinet, d'eau et de sel marin en quantité 
suffisante pour saturer le liquide. Ce mélange est agité 
rigoureusement, pendants minutesavec50à80''"''d'éther 
de pétrole bouillant à 60'' et, après un repos d'une 
demi-heure, la couche inférieure est décantée, et, si cela 
est nécessaire, on Tagite à nouveau dans une autre 
ampoule avec de Téther de pétrole. Finalement, le 
liquide aqueux est mis dans un appareil à distiller. 
D'autre part, les solutions éthérées sont lavées avec 
2S'"' d'eau salée et les eaux de lavage sont ajoutées au 
liquide aqueux principal. On distille, après avoir neu- 
tralisé si c'est utile, on amène le distillât au volume 
de 100*"' et on détermine sa densité à la température 
de 15". En se reportant aux tables des densités des 
mélanges d'eau et d^alcool, on obtiendra la quantité 
d'alcool contenu dans la prise d'échantillon. 

Er. g. 



Chimie. 



Nomenclature des enzymes; par M. Edm. 0. von 
LippMAKN (1).* — L'auteur propose de désigner chaque 
ferment soluble par l'assemblage de deux mots, le pre- 
mier rappelant la substance sur laquelle agit le fer- 
ment, le second étant tiré du nom du produit de la 
î^cUoQ. La maltase prendrait ainsi le nom de malto- 
glacase. 

^Ue nomenclature, séduisante au premier abord, 
présente, quand on l'examine de près, de si grands dé- 

(i) Zar NomeDclatar der Enzyme (fier. d. d. chem. Ges.. XXXVI, 
î- 331, 1903). 



— 380 — 

savanlages, que nous ne pensons pas qu^elle prenne de 
longtemps droit de cité dans la terminologie scienti- 
fique. En dehors des difficultés de son application, elle 
amènerait à coup sûr des confusions regrettables dans 
un sujet déjà très complexe; c'est ainsi que Tamylo- 
maltase de Lippmann n'est pas l'ensemble des fer- 
ments susceptibles d'hydrolyser l'amidon et de dédou- 
bler ensuite en deux molécules de glucose le maltose 
formé d'abord, mais bien le ferment qui transforme 
Tamidon en maltose. 

On ne conçoit pas pourquoi l'auteur appelle la lac- 
tase : lacto-glucase, plutôt que lacto-galactase; il serait 
de même tout aussi justifié de désigner la mélibiase du 
nom de mélibio-galactase que de l'appeler mélibio-glu- 
case, comme l'indique Lippmann. Ce dernier paraît en 
outre considérer comme définis chimiquement certains 
principes qui sont en réalité des mélanges de principes 
immédiats, telle, par exemple, la caroubine, qui, sous 
l'influence des ferments, comme dans l'hydrolyse, par 
les acides dilués, fournit à la fois du mannose et du 
galactose. Il est inutile d'insister sur l'absence totale, 
dans la note que nous discutons, d'indications relatives 
aux ferments coagulants et aux ferments protéolytiques. 

H. H. 

Sur rhuile de datura; par M. Holde (i). — L'huile de 
semences de datura a déjà été l'objet d'un travail dA à 
M. Gérard qui a découvert dans cette huile l'acide data- 
rique C*^H^*0^ M. Holde a repris récemment l'étude de 
cette huile qu'il prépare en traitant les semences de 
datura par la benzine; il obtient 16,7 p. 100 de corps 
gras ne contenant pas trace d'alcaloïdes. 

L'huile de datura est verte ou brunâtre ; elle laisse 
déposer au bout de peu de temps des flocons bruns en 
partie résineux, de sorte qu'il faut la filtrer plusieurs 
fois pour l'obtenir claire. Quand on la refroidît, elle 

. (i) Ueber daa Daturaol {Mitt. d. Kôniglick. techn. Versuckanstall. 
1902, p. 66, et Pharmaceutische Cenivalhalle, 1903, p. 46).. 




— 381 — 

devient de plus en plus épaisse et à — iS"* elle est très 
visqueuse. Les constantes sont : 

Poids spécifique 0,916 à 15° 

IncUce d'iode 113 • 

Indice de saponification 186 

En séparant les acides solides au moyen de précipi- 
tations fractionnées par Tacétate de magnésie^M.Holde 
a obtenu Tacide daturique fusible à 55®, un autre acide 
de poids moléculaire 261 et fondant à 60''-62®, un troi- 
sième acide fondant de 53** à 54® ayant un poids molé- 
culaire supérieur à 286 et qui du reste n'a pas été dé- 
terminée exactement. 

H. C. 

Recherche de la morphine par la réaction de Lloyd ; 
par M. Albert Wangerln (1). — On sait que la strychnine 
traitée par Tacide sulfurique concentré et le bichromate 
de potasse donne une belle coloration violette. M. Lloyd 
a montré que dans les mêmes conditions un mélange 
d'hydrastine et de morphine donnait une coloration à 
peu près analogue ; plus tard Seward a constaté que, dans 
ce dernier cas, il était inutile d^ajouter du bichromate de 
potasse, c*est-à-dire que le mélange de morphine et 
d'hydrastine se colorait par l'acide sulfurique pur : cette 
réaction, ainsi modifiée, a reçu le nom de réaction de 
Lloyd. 

Cette méthode ayant été proposée pour la recherche 
toxicologique de la morphine ou de Thydrastine, 
M. Wangerin a voulu déterminer si la réaction de Lloyd 
était utilisable dans ce cas et si elle possédait quelques 
avantages sur les autres procédés. Pour cela, il a fait 
réagir l'acide sulfurique sur un mélange contenant des 
proportions de morphine provenant d'un poids de chlo- 
rhydrate variant de 08*^,001 à O^'^Ol avec un poids d'hy- 
drastioe allant aussi de 0«%001 à 0«^01. 

Avec des doses très faibles d'alcaloïdes, la réaction 

(1) Beitrag lar Lioydscheo Reaction auf Morphium {Pharmaceutische 
ZeUung, 1903, p. 57). 




- 382 — 

de Lloyd est incertaine et ne donne qu^une faible colo- 
ration rose ou violet pâle ; elle devient plus nette si on 
fait croître la dose d'alcaloïdes, cependant la teinte 
obtenue est variable; suivant les cas, la coloration est 
rose, rose sale, violet brun, violet bîeu ou violet rouge 
foncé. M. Wangerin donne un tableau indiquant les 
teintes obtenues dans les différentes conditions; il en 
résulte que la réaction est nette surtout avec des propor- 
tions de morphine variant de 0«^^005 k O^^Ol et des pro- 
portions d'hydrasline de 0^'',005 à ft8^01 : dans ce cas, la 
réaction est absolument comparable à ce qu'on obtient 
avec l'acide sulfurique et le bichromate de potasse sur 
la strychnine. Au point de vue loxicologique, la réaction 
de Lloyd n'est pas à recommander, car elle exige des 
quantités assez fortes d'alcaloïdes; déplus, les essais ci- 
dessus ont été fails avec des produits purs, condition 
qu'il est souvent difficile de réaliser dans une recherche 
toxîcologique. On connaît, soit pour la recherche de la 
morphine, soit pour celle de l'hydrastine, des méthodes 
plus sensibles et plus précises et avec lesquelles il est 
facile d'obtenir des résultats plus nets. Si, au contraire, 
on veut identifier l'hydrastine ou la morphine dans des 
préparations contenant ces alcaloïdes, on pourra sans 
inconvénient utiliser la méthode de Lloyd. 

H. G. 

Sur une nouvelle réaction colorée de la cholestérine; 

par M. G. Deimgès (1). — Parmi les réactions colorées de 
la cholestérine, deux des meilleures sont, sans conteste, 
celles de Liebermann (2) et de Salkowski (3). 

La première consiste à mélanger goutte à goutte, en 
refroidissant, une solution de cholestérine dans l'anhy- 
dride acétique avec de l'acide sulfurique concentré : on 
obtient ainsi une teinte rose rouge, puis bleue assez 
stable. 

(1) Bull, de la Soc. de Pharm. de Bordeaux. 

(2) C. Liebermann, fier, deutsch. Chem. Gesellsch., 1885, XVIII, p. 1M4. 

(3) Salkowski, PflUgers Archiv, VI, p. 207. 



— 383 — 

On obtient d'excellents résultats en ajoulairt, à 2*^"^ 
de solution chloroformique cholestérique, X gouttes 
d'anhydride acétique et une goutte d'acide sulfurique 
concentré. Dans ces conditions, on obtient rapidement 
nne teinte bleue qui va s'accentuant et est encore per- 
ceptible avec O"^,! de cholestérine dans la prise dressai. 

Le spectre du mélange coloré, non encore étudié, 
présente vers le milieu du rouge une fine bande d'ab- 
sorption très apparente dès que la teinte bleue est assez 
marquée. 

Pour réaliser la réaction de Salkowski, on agite, dans 
un tube k essais, une solution chloroformique de cho- 
lestérine avec un égal volume d'acide sulfurique con- 
cenlré, ou mieux, d'après Hesse, d'acide de densité 
1,76 (1 volume d'eau et 10 volumes d'acide sulfurique 
concentré). On constate que la solution de chloroforme 
se colore, suivant la dose de cholestérine, du jaune au 
rouge sang et que la coloration est longtemps persis- 
tante. 

En même temps, l'acide sulfurique qui surnage le 
chloroforme présente une fluorescence verte. 

Si Ton verse dans une soucoupe un peu de la solution 
chloroformique ainsi colorée, elle prend successive- 
ment, par hydratation du produit chromophore, une 
teinte bleue, puis verte, enfin jauue. 

Krukenberg, qui a étudié les propriétés spectrosco- 
piques du produit de la réaction de Salkowski, comme il 
a examiné celles du colorant formé dans la réaction 
d'Adamkiewicz, pour les albuminoïdes, a constaté 
qu'aussi longtemps que la solution restait rouge elle 
Montrait une large bande d'absorption entre C et D et 
que, lorsqu'elle se dégradait vers l'améthyste, elle pré- 
sentait une forte raie sur D, une plus faible entre D et E 
et une forte entre B et F. 

On peut combiner, en quelque sorte, les deux réac- 
tions colorées précédentes et identifier la cholestérine 
par deux caractères bien distincts, spécifiques et très 
sensibles, en agitant d'abord quelques centimètres 



r 



} 

4 




— 384 — 

cubes (2 par exemple) de solution de cholestérine dans 
le chloroforme avec la moitié de son volume d'acide 
sulfurique (de P = 1,76). L'agilalion s'effectue en 
secouant vivement le tube pendant au moins une demi- 
minute : si la cholestérine est à dose supérieure à O^^30 
par litre, on observe, en premier lieu, la réaction de 
Salkowski. 

Quoi qu'il en soit, on fait tomber dans la couche chlo- 
roformique surnageante de I à V gouttes d'anhydride 
acétique, la quantité à ajouter étant proportionnelle à 
la dose de cholestérine, c'est-à-dire à l'intensité de 
teinte prise par le chloroforme. On secoue légèrement 
le tube et il se développe une magnifique teinte carmin, 
tirant aisément sur le violet lorsqu'on augmente la pro- 
portion d'anhydride acétique. Quant à l'acide sulfu- 
rique sous-jacent, il prend une teinte rouge sang qui 
tranche manifestement sur celle de la couche chloro- 
formique. 

Lorsque la coloration de cette dernière est un peu 
intense, elle absorbe, même sous une faible épaisseur, 
toute la région verte du spectre; si Ton dilue suffisam- 
ment avec du chloroforme et si l'on examine au spec- 
troscope, après avoir de nouveau agité, on aperçoit une 
large et forte bande d'absorption couvrant une partie du 
jaune et du vert, une autre bande au commencement du 
bleu et, entre les deux, une raie fine moins apparente 
que les précédentes. 

La nature de ce spectre démontre que la matière co- 
lorante qui a pris naissance dans les conditions indi- 
quées n'est nullement celle qui se forme dans la réac- 
tion de Liebermann. 

Il n'en est pas ici comme dans la réaction d'Âdam- 
kiewicz, dans laquelle Tagent actif du phénomène co- 
loré est non l'anhydride acétique, comme on l'a cru 
longtemps, mais l'acide glyoxylique, impureté trèsfré- 
quente de cet anhydride. Avec la cholestérine, c'est 
l'oxyde d'acétyle lui-même qui joue le rôle essentiel 
dans la coloration obtenue; les composés aldéhydiques, 



— 385 — 

sauf peut-être le formol et le furfurol, ne modifiant pas 
sensiblement les résultats donnés par la seule agitation 
avec Tacide sulfurique. 

La réaction qui vient d'être développée l'emporte 
nettement en sensibilité sur celle de Liebermann et de 
Saikowski : elle permet de caractériser sûrement deux 
centièmes de milligramme de cholestérine en dissolu- 
lion dans 1^"^ de chloroforme, et, en outre, de mettre 
en évidence, avec la même prise d'essai, deux pro- 
priétés caractéristiques de ce produit biologique. 

Lysol et lykrésol ; par MM. Arnold et Mentzel (1). — 
Sous le nom de lysol et de lykrésol on désigne des pré- 
parations obtenues en mélangeant des crésylols bruts 
avec des savons mous : ces préparations sont solubles 
dans Teau et sont employées comme antiseptiques. 

Les auteurs, ayant eu Toccasion d'analyser un cer- 
tain nombre de ces produits, communiquent les résul- 
tais de leurs analyses. La méthode suivie est le procédé 
donné par Raupenstrauch (2) : on soumet le lysol à la 
distillation en recueillant ce qui passe au-dessous 
de 210*'; Teau distille d'abord, entraînant une certaine 
quantité des phénols; les crésylols passent ensuite et il 
reste comme résidu le savon et la glycérine. Cette 
méthode est simple, pratique et donne la totalité des 
crésylols. 

Les crésylols employés pour la préparation du lysol 
sont des mélanges contenant les trois phénols isomères 
ortho, para, mêla : ils peuvent contenir aussi une cer- 
taine quantité de principes neutres (carbures d'hydro- 
gène); pour évaluer ces derniers, on dissout les phénols 
dans une solution de soude à 8 p. d 00 et on agite la 
solution alcaline avec un volume donné d'éther de 
pétrole : les huiles neutres passent dans l'éther et 
augmentent le volume de ce dissolvant d'une quantité 
proportionnelle à la teneur en principes neutres. 

(1) Lyiol ei Lykrésol (Apotheher Zeitung^ 1903, p. 134). 

(2) Architdtr P^fmazi«, 1893, 3« fascicale. 



I 




— 386 — 

Quand on distille un lysoU il passe jusqu'à 405" un 
mélange d'eau et de phénols d'où on peut retirer les 
crésylols par un dissolvant ; de 105 à 187"*, il passe très 
peu de chose et les phénols distillent de 187'' à 210"; on 
les recueille et on les mesure; le volume multiplié 
par 1.042 (densité des crésylols bruts) donne le poids 
de ces corps : on peut, si on veut, fractionner l'opération 
entre 187^ et 210°, mais cela a peu d'intérêt; caries 
crésylols ont des points d'ébullition rapprochés. 

Le tableau suivant résume les résultats des analyses 
effectuées : 

Ljsol p. 100 L>-k.ré8ol p. ffo 

Eau 10,2 24,70 

CpcsyloU 48,46—48,21 35,08 

Huiles neutres 0,99—0,99 3,9 

Savons et glycérine 40,35 36,32 

Une bonne préparation doit de plus posséder les solu- 
bilités suivantes : être miscible à l'eau et à Talcool 
à %** en toute proportion, de même pour la benzine et 
l'éther de pétrole; la solubilité dans ces dissolvants 
indique qu'il n'y a pas un excès d'eau ou d'alcali. Le 
lysol ne doit pas colorer la phtaléine du phénol, il doit 
contenir de 48 à 49 p. 100 de crésylols et au maximum 
15 p. 100 d'huiles neutres. 

Les crésylols employés ne doivent pas contenir 
d'acide phénique. 

On recherchera le phénol dans la portion qui dis- 
tille à 105^ et dans la fraction 108°-187«. D'après les 
auteurs, la meilleure réaction pour caractériser le 
phénol dans ces conditions est la suivante : 

L'eau agitée avec du phénol C®H*0 prend, par addition 
d'aniline, de 3 à 4«™* de lessive de soude et de Va 
VI gouttes d'eau oxygénée, une coloration rouge. Dans 
les mômes conditions et avec les crésylols, soit isolés, 
soit mélangés, il se fait une coloration bleue; on pourra 
donc facilement caractériser le phénol soit dans le 
mélange d'eau et de phénols passant à 105% soit dans 
la portion qui distille de 105"" à iSV; ces deux parties 




— 387 — 

toivent donner une coloration bleue si les crésylols 
lontbien débarrassés d'actde phénique. 

II. c. 

Sur le carbollysof orme ; par M. Anselmino(I). — Sous 
le Dom de lysojorme on a proposé, H y a deux ans 
environ, un antiseptique qui est une solution de savon 
additionnée de formaline et d'un produit ajouté pour 
modifier Todeur : la préparation du lysoforme n'est du 
reste pas connue. A la suite d'un certain nombre d'ex- 
périences entreprises pour déterminer le pouvoir anti- 
septique du lysoforme, on a constaté que le pouvoir bac- 
téricide, spécialement pour les bactéries de la suppura- 
tion, laissait à désirer et n'était pas toujours aussi 
héroïque que celui de T.acide phénique. Aussi on a 
cherché à augmenter l'activité du lysoforme en Taddi- 
tionnant d'acide phénique, et sous le nom de carbollyso- 
j forme^ on a mis dans le commerce un mélange de deux 
I parties de lysoforme avec une partie d'acide phénique 
j brut. Les solutions à 5 p. 100 de carbollysoforme ont la 
même activité que des solutions phéniquées à 3 p. 100. 
■ M. Anselmino s'est occupé de l'analyse de ces pro- 
i dmlsau point de vue de leur valeur; la mélhode,la plus 
! simple en apparence, consiste à soumettre le liquide à 
j une distillation modérée qui met en liberté l'aldéhyde 
formique, à recueillir celle-ci dans l'ammoniaque et à 
: déterminer la proportion par les méthodes habituelles; 
ensuite on rend acide par un peu d'acide sulfurique qui 
sépare les phénols et les acides gras du savon ; les phé- 
nols sont chassés par une distillation en présence d'eau 
recueillis et pesés, puis les acides gras sont évalués à la 
façon habituelle. 

En réalité, cette méthode est ici inapplicable et les 

proportions d'aldéhyde et de phénol obtenues sont de 

I beaucoup inférieures à la proportion réelle : cela tient à 

I (1) Dcber Karbollysoforme {BerichU der deulsche Pharmnceutiache 
^lUchafl, 1903, p. 1). 




— 388 — 

ce que, sous rinfluence des alcalis, Taldéhyde formii[ue 
se condense avec le phénol pour donner delà saligéiime 
ou alcool orthoxybenzoïque C4P-0H-CH*0H ; cet akuii. 
sous TinQuence de TébuUition avec les acidtïs étendus, 
est transformé en un produit résineux^ la salirbétine.tie 
sorte qu'une forte proportion du phi^nol est retenue soui 
cette forme. Il est à la rigueur possible de déterminer 
la proportion de phénol en partant ^lu poids de saliriu- 
tine formée, mais les analyses sont alors 1res im-^r- 
laines. En remplaçant Tacide sulfurique soit par racidë 
acétique, soit par Tacide carbonique, on n'évite qu'iinr 
partie des inconvénients ci -dessus. 

En réalité, l'examen d'un carbollysoforme par lesprc* 
cédés chimiques est à peu près impossible et le seuï 
moyen de déterminer la valeur de ces préparations esi 
d'employer les méthodes bactériologiques, c'esl-à-^bre 
de déterminer le pouvoir antiseptique. 

H, a 

De raction pathogène des rayons et des émanations 
émis par le radium sur différents tissus et différents 
organismes; par M. J. Danysz (1). — Quand on appli- 
que sur la peau un sel de radium enfermé dans un tube 
ilii verre ou de caoutchouc, il se produit au point d'ap- 
plication une plaie d'autant plus profonde que l'appli- 
cation a été plus longue et la substance employée plus 
active. 

Sur la peau, la réaction n'est jamais immédiate; au 
moment de l'application, on ne ressent absolument 
rien, la congestion ne commence à apparaître que 8, 15 
ou môme 20 jours plus lard. 

Un composé de chlorure de baryum et de radium 
dans lequel il y a environ 50 p. 100 de radium pur, et 
dont l'activité, d'après les évaluations de M. Curie, serait 
îiOO.OOO fois plus forte que celle de l'uranium métalli- 
que, produit sur la peau humaine une congestion 
appréciable après une apposition de quelques minutes. 

i) C. R. de l'Acad. d, Se, t. CXXXVI, p. 461, 1903. 




— 389 — 

^ même composé, maintenu sur la peau des lapins ou 
les cobayes pendant 24 heures, provoque une destruc- 
ion complète de l'épiderme et du derme. La peau est 
ïouée et le tissu conjonctif fait saillie au dehors. 

Les tissus conjonctifs et musculaires sont moins sen- 
sibles que Tépiderme. 

Les intestins et les séreuses semblent être aussi très 
peu sensibles. Des ampoules contenant un composé de 
wlfatc de baryum et de radium, maintenues pendant 
ià4 mois dans la cavité péri tonéale de plusieurs cobayes, 
d'obI produit aucune lésion comparable à celle de la 
peau. 

Le système nerveux central, au contraire, est infini- 
ment plus sensible que l'épiderme. 

Les larves d*insectes, et notamment les chenilles d'un 
papillon des farines [Ephertia Kuehniella) enfermées, 
dans un tube de verre, avec un tube de radium conte- 
nant {^^ du sel de radium très actif décrit plus haut, 
iionl paralysées dans leur mouvement après un séjour 
de2i heures et meurent 2 ou 3 jours plus tard. 

LaclioQ sur les microbes est variable, en intensité, 
snivant les espèces. Toutes sont empêchées dans 
leur développement, mais quelques-unes seulement, et 
notamment celles qui produisent des diastases protéo- 
lyliques auto-digestives, comme le charbon, peuvent 
^Ire tuées dans certaines conditions. 

J. B. 

Etude microbiologique du rouissage aérobie du Un ; 
par M. L. Halman (1). — L'auteur a constaté la présence 
des espèces suivantes sur des tiges de lin roui en prai- 
rie: 

BaciUus eoli communw. Streptolhrix Forsleri. 

B' muentericus fuscus. Micrococcus Roseus. 

B. Huorescenê Uquefaciens. Pénicillium glaucum. 

fi. mycdides, Mucor mucedo. 

fi. sublilii. Cladosporium herbarum. 

i*J ^nn. agron,, t. V, p. n.'i. 




— 390 — 

11 a pu réaliser des rouissages aérobies avec des aA-\ 
tures pures de Botrytis cinerea^ Selerotinia Libertiawi el 
Aspergilluê niger^ en introduisant les tiges de lin dans 
de larges tubes contenant un peu de bouillon, en stéri< 
Usant le tout, puis en ensemençant avec les variétés 
désignées. 

Les agents atmosphériques n'interviennent pas direc- 
tement dans le rouissage, car deux lots de lin exposés 
sur prairie Tun à côté de l'autre et restant dans les con- 
ditions ordinaires du rouissage pour le premier, et 
subissant pour le second tous les deux ou trois jouis 
une stérilisation périodique par Taldéhyde formiqae 
afin d*y empêcher tout développement microbien, se 
sont montrés totalement différents, le premier étant 
complètement roui, le second n ayant pas même subi 
un commencement de rouissage. 

Les corps pectiques du lin solubles ou insolubles 
sont détruits par les microbes rouisseurs ou parleurs 
diastases, ainsi qu'on s'en est assuré par des essais 
directs sur des pectines et des pectates de chaux pré- 
parés spécialement. L'analyse morphologique avait 
confirmé ces conclusions. 

A. R. 

Sur un nouveau procédé typographique : la catatypie; 
par MM. W. Ostwald et G. Gros (1). — Les auteurs ont 
découvert un nouveau procédé de tirage des épreuves 
photographiques, qui permet d'obtenir des épreuves 
positives par simple contact, sans le secours de la 
lumière. 

Ce procédé, qu'ils nomment catatypie, repose sur la 
propriété catalytique de certains corps, comme l'argent 
ou le platine très divisés, dont la seule présence permet 
à certaines réactions, très lentes d'ordinaire, de s'effec- 
tuer très rapidement. 

Par exemple, une solution de pyrogallol, additionnée 
de broraatc de potasse, se colore peu à peu en brun. Or. 

(1) Die Kalatypie {Cheinischer Zeitung, 1903, n» 12, p. 117J. 







— 391 — 

ù l'on met en contact intime avec une épreuve au pla- 
tine un papier imprégné d'un tel mélange, on voit 
^'achever la réaction en 45 ou 60 minutes et, si Ton a 
employé une épreuve positive, on obtientune copie posi- 
tive de couleur rouge brun. Cette méthode ne peut, il 
est vrai, être employée dans la pratique parce que le 
platine de l'épreuve employée se recouvre bientôt d'une 
matière brune qui met obstacle à son action cata- 
lylique. 

On obtient au contraire d'excellents résultats prati- 
ques en employant l'eau oxygénée, dont les solutions 
aqueuses et éthérées sont décomposées très rapidement 
parle platine ou l'argent très divisés, tels qu'ils exis- 
tent dans les épreuves photographiques. Si l'on recou- 
vre, par exemple, un négatif au platine d'une solution 
éthérée d'eau oxygénée et si l'on évapore l'éther, toutes 
les parties de la couche d'eau oxygénée, en contact 
avec l'image négative,se trouveront soumises à l'action 
calalytiquc du platine, qui forme cette image : elles 
seront décomposées en eau et oxygène, tandis que les 
autres parties de la couche d'eau oxygénée resteront 
inallérées. On aura ainsi une véritable image aqueuse 
négative sur fond d'eau oxygénée, ou, ce qui revient au 
môme, une image positive faite d'eau oxygénée. On 
peut alors transporter cette image par simple contact 
sur papier gélatine. Yient-on alors à plonger cette image 
sur papier gélatine, qui est invisible, dans une solution 
sensible à l'eau oxygénée (solution révélatrice), on voit 
apparaître une image positive de l'épreuve primitive. 

On peut employer comme révélateurs des solutions 
alcalines de chlorure ou de sulfate de manganèse, qui 
donnent des images brunes de bioxyde de manganèse, 
ou bien une solution alcaline d'oxyde d'argent, qui 
donne une image noire d'argent réduit, ou encore une 
solution d'un sel de plomb que l'eau oxygénée trans- 
forme en oxyde puce. 

^^ peut aussi plonger l'image invisible sur papier 
gélatine dans une dissolution de sulfate ferreux ou de 




— 392 — 

sulfate ferreux ammonical : elle apparaît alors légère- 
ment teintée de jaune par suite de la formation d'un sd 
ferrique basique; elle apparaît enfin en noir violet, si 
Ton vient à la passer ensuite dans une solution d'acide 
gallique. 

La décomposition cataiytique de Teau oxygénée peut 
encore être mise à profit d'une autre manière : 

Si Ton plonge un papier dans une solution aqueuse 
de permanganate de potasse, ce sel est rapidement 
réduit à Tétat de bioxyde de manganèse qui colore le 
papier en brun. On peut alors écrire sur ce papier au 
moyen d'une solution d'acide oxalique qui, détruisant 
le bioxyde de manganèse, fait apparaître les caractères 
en blanc sur fond brun. 

Si Ton recouvre cette épreuve négative d'une 
solution éthérée d'eau oxygénée, ce réactif est décom- 
posé par les parties imprégnées de bioxyde de man- 
ganèse, tandis qu'il reste inaltéré par les parties 
blanches de l'image, formant ainsi une image positive 
faite d'eau oxygénée. Celle-ci peut alors être transpor- 
tée et révélée comme précédemment sur des papiers 
imprégnés de gomme ou de gélatine. On obtient ainsi 
en quelques minutes, sans avoir besoin de l'action de 
la lumière ; la reproduction de dessins ou de plans que 
les méthodes habituelles de reproduction photographi- 
que, au moyen des papiers à copier, ne permet d'obte- 
nirqu'après une très longue exposition à la lumière. 

M. G. 

Sur la maladie du châtaignier causée par le Mycelo- 
phagus Castaneœ^ par M. L. Maxgin (1). — La maladie 
du châtaignier désignée encore sous le nom de Maladie 
de l'enc7^e, Pied. noir y Phylloxéra^ exerce ses ravages en 
France et à l'étranger depuis une trentaine d'années. 

Elle sévit dans tous les sols, cultivés ou non, épuisés 
par le ramassage des feuilles ou nourris par la couver- 

(l) C. R. de l'Acad. d. Se, t. XCXXVI, p. 470, 1903. 




— 393 — 

nre; dans les pentes rocheuses peu fertiles, aussi bien 
pie dans les plaines à sol riche et profond. Frappant 
tans distinction tous les arbres, vieux et décrépis, jeu- 
les et vigoureux, cette maladie forme des taches par- 
bis étendues qui s*irradient plus ou moins rapidement 
la point d'attaque ; ces taches sont si semblables aux 
lâches phylloxériques que les cultivateurs de certains 
aintons de l'Ardèche ont désigné la maladie sous le 
lom de Phylloxéra. 

La maladie a son siège dans les mycorhizes qui sont 
iétruites au fur et à mesure de leur apparition ; cette 
destruction provoque une nécrose qui gagne peu à peu 
les racines les plus grosses jusqu'à la base du tronc. 

Le parasite, cause de cette destruction, est un cham- 
pignon à mycéliun délicat, dont l'observation a été 
rendue possible, malgré son extrême ténuité (1 à 2 (jl de 
liamèlre), à cause de la présence de la cellulose dans sa 
^embrane. Il est le plus souvent immergé dans les 
jttycorhizes, végétant rarement à l'état de liberté dans 
ksol. Toutefois il peut s'étendre à une grande distance 
id'nn massif de mycorhizes à un autre, mais il emprunte 
Alors, pour cheminer, un support ou un canal formé par 
lesrhizomorphes d'autres espèces. C'est seulement dans 
ces rhizomorphes qu'il fructifie, rarement du reste, et 
ses fractifications sont semblables ù celles des Pérono- 
«portes. L'auteur en fait un genre nouveau des Oomy- 
cèles et le dénomme Mycslop/taffus Castaneœ^ Mangin. 

On ne peut guère songer à détruire le parasite qu'au 
moyen de substances gazeuses, les vapeurs de sulfure 
de carbone par exemple. Si l'emploi de ce produit 
parait trop onéreux, il ne reste d'autre ressource, pour 
protéger les parties saines, que de détruire les arbres 

malades. 

J. B. 



^•tn.itPktam. êî de CKim. fi* «ébib. t. XVII. (15 avril 1903.) ^6 



— 394 — 
BIBLIOGRAPHIE 




De la glycérine. Physiologie, thérapeutique, pharmacologie; 
par M. A. Catillon. 

Notre distingué confrère vient de faire paraître sous ce titre (l) 
une excellente monographie de la glycérine à l'étude de laquelle 
il a contribué pour une si grande part. La première partie, qui eK 
une histoire médicale de cette substance, renferme les notions 
générales sur ce composé si important aujourd'hui La deuxième 
partie, physiologique, contient les travaux de l'auteur. La troi- 
sième est une analyse des principaux travaux de thérapeutique. 
La quatrième, intitulée Pharmacologie, est une revue critique des 
recherches pharmacologiques sur ce composé, dans laquelle il 
résume ses expériences personnelles sur l'association de la glycé- 
rine au fer et au quinquina, et sur la préparation de la pepsine 
par la glycérine ; il y a joint une table de la solubilité d'un cer- 
tain nombre de médicaments dans la glycérine pure. 

A. R. 



SOCIÉTÉ DE PHARMACIE DE PARIS 

Séance du V avril 1903. 
Présidence de M. Léger. 

Correspondance imprimée. — Elle comprend : 2 nu- 
méros du Journal de Pharmacie et de Chimie ; les BulU- 
tins des Sociétés de Pharmacie de Bordeaux et de Lyw, 
de V Association des Docteurs en Pharmacie^ de la Cham- 
bre syndicale: V Union Pharmaceutique; 4 numéros du 
Pharmaceutical Journal; les brochures suivantes: 

Comère : De V action des eau^ salées sur la végétation de 
quelques algues d^eau douce; Frederick B. Power : La eon- 
férence internationale pour V unification des formules des 
médicaments héroïques; la composition chimique du Denis 
uliginosa; Perrédès: Anatomie du Derris uliginosa. 

Correspondance manuscrite, — Elle comporte une let- 

(1) Naud, éditeur, 3, rue Racine, Paris. Un rolume in-8<> de 184 pages. 




— 395 — 

tre de candidature de M. Jaboinpour le titre de membre 
résidant. 

Communications. — M. Bourquelot expose les lois qui 
ressent Y hydrolyse des polysaccharides par les ferments. 
^ Examinant d'abord le cas des glucobioses, il dégage 
cette première notion que, pour revenir aux deux molé- 
cules de glucose constitutives, il faut autant de ferments 
différents qu'il existe de combinaisons. C'est ainsi que 
le maltose, le tréhalose, le gentiobiose et le touranose 
exigent respectivement la maltase, la tréhalase, la gen- 
tiobiase et la touranase. 

Passant ensuite aux combinaisons du glucose avec un 
autre hexose, il constate que chacune d'elles se réclame 
duD ferment particulier; ainsi le saccharose, le lactose 
et le mélibiose sont hydrolyses par Tinvertine, la lactase 
et la mélibiase. 

Dans le cas des hexotrioses, les ferments précédents 
dédoublent l'hexobiose en détachant une molécule 
d^hexose. Enfin, pour les molécules plus complexes et, 
d'une façon générale, pour les polysaccharides, Thydro- 
^ lyse intégrale demande autant de ferments moins un 
que le polysaccharide renferme de molécules d'hexo- 
ses. En d'autres termes, il faut autant d'actes fermen-^ 
iaires différents qu'il y a d« molécules d'hexose moins 
une. De plus, les fermetts doivent agir successivement 
et dans un ordre déterminé. De l'ensemble de ses obser- 
vations, l'auteur conclut que: 1"* il existe beaucoup de 
ferments solubles; S'^que l'intervention de ces ferments 
est soumise à des lois simples. 

M. Grimbert fait hommage à la Société d'un travail 
qu'il vient de publier sous le titre : Dioffnoétic des Bac- 
téries par leurs /onctions biochimiques. « Le but que je 
« me suis proposé,' dit-il, est de montrer tout le parti 
« qu'on peut tirer de l'étude des fonctions biochimi- 
« ques des bactéries pour la détermination de l'espèce. 
« Je ne veux pas dire que la connaissance des produits 
« formés par les microbes dans les milieux où ils 
" vivent peut suffire seule à établir un diagnostic. Je 




— 396 — 

(( sais trop bien que la formule chimique d'une fermen- 
« tation n'est pas une équation aussi simple qu'on pour- 
« raitle croire; qu'un facteur important intervient qui 
(( est l'être vivant lui-même soumis à toutes les in- 
« fluences du milieu où il vit, milieu qu^il transforme 
ce incessamment pendant toute la durée de son exis- 
« tence. Mais ces influences n'apportent à la marche 
d générale du phénomène que des modifications secon- 
« daires ne lui ôtant rien de sa signification générale, 
« et l'expérience a montré que les qualités fermentati- 
« ves d'un microbe sont sujettes à moins de variations 
« que sa forme, sa mobilité ou sa virulence. De plus, 
« la facilité qu'on a de le faire vivre dans un grand 
« nombre de milieux permet d'étendre très loin le 
ce champ des investigations et de varier à l'infini les 
ff éléments de diagnostic. 

« C'est ce que démontreront suffisamment, je l'espère, 
« les documents personnels que j'ai rassemblés. En les 
(( exposant, j'insiste surtout sur la technique employée, 
« car pour tirer de l'étude chimique des microbes tout 
« le bénéfice qu'on est en droit d'en obtenir, il est . 
« indispensable que. chaque opérateur soit certain, en 
« répétant une expérience, de se trouver dans les mêmes 
« conditions que celui qui l'a décrite le premier. 

« Aussi serait-il à souhaiter de voir une entente s'éta- 
« blir entre les bactériologistes en vue d'une unîfica- 
(X tion pratique des méthodes de culture. 

« Ce vœu," je l'ai formulé au Congrès de Médecine et 
« au Congrès de Pharmacie de 1900, après en avoir 
« émis l'idée dans les Archives de Parasitologie (1898, 1, 
« n^2, p. 191). 

« Je reviens encore une fois sur cette question en lui 
c( donnant plus de développement dans le présent tra- 
« vail que je divise en quatre parties : 

« Dans la première, j'étudie les milieux de culture et 
« les moyens d'arriver à leur unification. 

ce Dans la seconde, je donne le plan d'une marche 
« méthodique permettant de passer en revue les 




— 397 — 

« principales fonctions biochimiques des bactéries. 
« Dans la troisième, je décris les procédés d'analyse 
« el de dosage des produits bactériens formés dans les 
«I cultures. 

« Enfin, dans la quatrième, j'expose les résultats que 
« m'ont donnés les méthodes précédentes dans l'étude 
« de quelques espèces microbiennes.* » 

M. Léger présente un réfrigérant de Liebig modifié 
dételle façon que le tube destiné à recevoir la vapeur 
du liquide à distiller renferme lui-même un second 
tube pour le courant d'eau froide. La vapeur, admise 
par un tube latéral^ circule dans l'espace annulaire situé 
cotre les deux surfaces refroidies; il en résulte une 
condensation parfaite des vapeurs, même lorsqu'il 
8*agit de liquides très volatils comme l'acétone ou 
l'éther. L'appareil, de longueur moitié moindre que les 
réfrigérants ordinaires, se démonte facilement et peut 
I servir de condensateur à reflux. 

Elections, — M. Carette est élu membre résidant à 
la majorité des voix. 

Sont élus membres correspondants nationaux : 
MM. Chaumeil, à Ânnonay; M. Pinard, à Angoulôme; 
M.Warin,à VilIiers-sur-Marne; M. Astruc, à Montpellier. 
Sont également élus membres correspondants étran- 
gers: MxM. le P** Bruylants, à l'Université de Louvain; 
C. Buhrer, pharmacien, à Glarens (Suisse) ; Codina y 
Langlin, docteur-pharmacien, à Barcelone; le P** Dam- 
bergis, à Tlnstitut pharmaceutique d'Athènes; le 
P' Donald Mac Alister, à l'Université de Cambridge; le 
P' H. Greenish, à l'Ecole de Pharmacie de Londres ; le 
P'Greshoff, à Harlem; Poulhon, à Christiania; Rœmers, 
pharmacien à Aarhus (Danemark); Waller, pharma- 
cien, à Vexio (Suède). 

Centenaire de la Société. — M. Lépinois, en sa qualité 
de rapporteur de la Commission du centenaire, soumet 
» l'approbation de la Société le programme élaboré 
parcelle commission. La date de célébration du cente- 
naire est fixée au 47 octobre prochain. 



-^ :m — 

M, Bourquelot fait connaître ses recherches surVori- 
gine et les transformations de la Société. Il donne les 
noms et adresses des 55 membres présents àla première 
séance du 3 août t80S. 

Rapport su?' les candidatures, — M . Guerbet expose 1^ 
titres des candidats à la place de memhre résidant, pour 
laquelle une élection aura lieu dans la séance prochaine. 



ACADÉMIE DES SCIENCES 



Séance dl IGmabs i903 (C. fi., t. CXXXVI}. 

— Sur la solidification duflmr et sur la combinaisûn a 
— 252^5 du fiuùr solide et de Vhydrogène liquider par 
MM. H. MoissAx et J. Dewab (p. 641), — Le fluor a m 
solidifié et son point de fusion fixé à environ — 223* C. 
Même à la tempétatnre de — 252'',5, Thydrogène liquide 
réagit encore tr6s viuSemment sur le fluor solide, 

— Sur la piroplasmose bovine bacilliforme; par 
M, A, Laver AN (p, 648). — Desciiption de formes aty- 
piques du Piroplasma bigeminum observées dans le sang 
des bovidés de Rhodesia, atteints par Tépizootie qui 
sévit dans cette région. 

— Sur la production de la radioactivité induite par 
Vactinium; par M. A. Debierne(p. 671). — Expériences 
montrant qu'il existe un rayonnement nouveau carac- 
térisé essentiellement par la propriété de rendre radio- 
actifs, d'une façon temporaire, les corps qu'il frappe. 
Ces nouveaux rayons sont déviés par un champ magné- 
tique, comme le seraient des particules chargées positi- 
vement et animées d'une grande vitesse. 

— Sur la chaleur dégagée spontanément par les sels de 
radium; par MM. P. Curie et A. Laborde (p. 673). — 
Voir un prochain numéro de ce Journal. 

— Sur la combinaison de Vacide plombiçue avec les 
acides organiques; par M. A. Colson (p. 675). — Par 
action des acides organiques sur PbO*, on obtient des 




— 399 — 

anhydrides, tels que Pb(C^H'Oy, Pb(C^H=0^)*, décom- 
posables par l'eau en régénérant PbO^ et l'acide orga- 
nique corespondant. 

— Sur la chaleur de transformation du phosphore 
Uane en phosphore rouge\ par M. H. Giran (p. 677). — 
ITaprès ces nouvelles déterminations, la transforma- 
tion du phosphore blanc en phosphore rouge amorphe 
dégage environ 4 calories. On admettait jusqu'ici 
19 cal. 2. 

— Sur le eollargol'y par^MM. Hanriot (p. 680). — Voir 
on prochain numéro de ce Journal. 

— Action des métaux à chaud sur les acides gras; par 
M. À. Hébert (p. 682). — A haute température, et avec 
les métaux les plus oxydables, il y a d'abord formation 
de cétones, lesquelles sont ensuite décomposées en 
B,CO* et carbures éthyléniques élevés. 

— Propriétés de la solution de sulfate de soude; par 
MM. C. Marie et R. Marquis (p. 684). — La courbe de 
solubilité du NaCl dans la solution saturée de sulfate 
de soude, entre 14'*8 et 34**3, ne présente aucune ano- 
malie. Ce fait indique que le sulfate de soude n'a pas 
subi de déshydratation et que, par suite, il n'y a pas 
lien de penser qu'en solution le sel conserve les molé- 
cules d'eau de sa molécule cristalline. 

'^ Sur un nouveau procédé de préparation du chlorure 
plombico- ammoniacal; par MM. A. Seyewetz et P. Tra- 
WTTz (p. 686). — En ajoutant peu à peu du persulfate 
d'ammoniaque à du chlorure de plomb additionné 
d'acide chlorhydrique, on obtient un rendement presque 
théorique en PbCP,2(AzH*Cl). 

— Combinaisons diaminoéthéniques du cadmium; par 
M- Ph. Barrier (p. 688). — Par action de solutions 
concentrées de CdP et d'hydrate de diamino-éthène, on 
obtient, suivant les circonstances, CdP,4C*H*(AzH*)% ou 
un corps analogue deux fois plus riche en CdP. 

— Sur de nouveaux dérivés des éthers acylcyanacé- 
^içues; par M. Ch. Schmitt (p. 687). — Descriptions de 
plusieurs dérivés d'éthers acylcyanacétiques, obtenus 





— 400 — 

par l'action des chlorures d/acîdes sur les sels d'argenl 
de ces éthers. 

— MMk^lation et condensation du glutaconate d^éthyk; 
par M. E, Blaise (p, 692). — La raéthylalion du gluli- 
conale d*éthyle est 1res complexe; la saponification Au 
produit donne en effet un mélange des acides dimélhyl- 
glutaconique 2-2 cis et transet de Tacide dimétliylglu* 
taconique 2-i. 

— Sur le tétrapMnylèutanediùl et sêà produits de déshy- 
dratation; par M. A. Valkih (p. 694). — L'action dn 
bromure de phénylinagni^sium sur le succinate d'étliyte 
donne le tétrapliénylbutanedîol 

(C«Hï^)3C0H — CH^ ^ CHS — con{Qm^Y-. 

Celui-ci, par perte de IPO, donne le tétraphényltélra- 
hydrofuriurane, et ce dernier, perdant H^O, donne le 
télraptiénylbutanediène, 

— De la distribution ilansV organisme et de Céliminatm 
de Varsenic médicamenteux à Pétat de méthjflarsinate di 
soude ; par M. A, MoiNKVRvnp, 696). —Le méthylarsinate 
de soude n'a pas de tendance à s'emmagasiner dans les 
organes, et quelle que soit la dose absorbée, rorgaaisme 
n'en retient qu'une quantité très faib(e« laquelle ne 
s'élimine complètement qu'au bout du 30"* jour qui suit 
ringestion, 

— Action du zinc sur les microbes de Veau; par M. F. 
DiiiNERT (p. 707). — Si on ajoute du zinc à de Feau 
souillée par le bacille d'Eberth, le bacillus coli, ouïes 
microbes banaux retirés de Feau, et si on agile ivé- 
qiiemment) l'eau se trouve stérilisée en quelques 
heures. 

Séance du 23 mars 1903 [C, R., t. CXXXVI). 

— Etude de la combinaison de l'acide carbonique et dt 
llufdrurc de potassium; par M. H, Moissan (p. 723). — 
Entre — 83" et + 54*", le gaz carbonique aésoluments^ 
n'attaque pas l'bydrure de potassium; mais une trace 
d'eau suffit pour provoquer la réaction. 




— Dêeùmposition eatah/tique de Valcool étkyliqm par 
les métaux divisés ; formation régulière d'aldéhyde ; par 
MM. P. Sabatier et J.-B, Sicndebens (p, 738), — A lem- 
(léraUire peu élevée, le cuivre dédouble facilement 
ïalcool éthylique en hyd^og^ne et aldéhyde, peut- 
être avec formalion intermédiaire frhydrure métal- 
lique. 

— Sur tes sous-sels de baryum; par M, Giktz (p. 749), 
— Entre SOO^ et I 000^ le sodium, agissant sur BaP, 
donne Bai.NaF. Réaction analogue avec chlorure, 
Vromure. 

— Sur le méthylmonahromocamphrê^ le bromométkyl- 
mmphrt et le métkyUnecamphre\ par M. J. Minguin 
(p- 7!ïll. — Le méth y 1 camphre en solution sutfocai- 
bonée donne» avec le brome, le mélhylbromocamphre, 
lequel» par la potasse alcoolique, donne le méthyléne- 
camphre. 

— Sur C hydratation des acides acétylé niques, Nouvelle 
mêthùdê de ^ynth^se des acides ei dea éthers '^-cét uniques 
x&ji'»ubttitués ; par MM. Cu, Mochki et \\. Dklange 
1p. 753), — La potasse en soluliou dans Talcool à 95* 
hydrate les acides acétyléniques K-C^C-CO-H et four- 
miles acides ^-cétoniques R COCII^CO^H. 

^ Actian de PCP sur le glycol\ par M. P. Cahré 
lp.T56). — On obtient principalement (70 à 75 p. 100) 
le composé P*(0CH*)*C1\ 

— Action des com&inaisons ôrganô^mayné^ienne» mixtes 
iur ks corps à /onctions azotées; par M. L. Meunier 
(p*738). — Avec Tiodure d'éttiyle-magnésium, il y a 
dégagement d'éthane et remplacement d*un H lié à 
laiotepar-Mg!, ex. : 

^ Sur lêâ acides pyrogallol-sulfoniques ; par M. M. De- 
Uge (p. 760). — Description du pyrogalluî-monosulfate 
Pt dupyrogallol'disulfate de strontium. 

— Généralités sur les ferments aolubles qui détermi- 
^^i Vhydrolysé des polysaccharidesi, par M. Em. Bour- 




— 402 — 

QUELOT (p. 762). — Voir un prochain numéro èk 
Journal, 

— Existence de la glyeérine dans le sang normal \ pir 
M. M, NicLorx ^p, 764). — La glycérine existe normale- 
ment dans le sang (du chien ou du lâpin), en quantité, ! 
il est vrai, fort petite. 

— Sur le mécanisme des actions lipôly tiques \ par M» B- 
PûTTEviK (p. 767). — Le sérum du sang paraît exerciîr 
une action favorisante sur la lipasa pancréatique. 



SOCIETE DE THERAPEUTIQUE 



Séance du 2"^ février 1903. 

A Toccasion du procès-verbal, M. Linossler critique 
la méthode de comparaison proposée par M. Leredde 
comme la méthode la plus sûre en Itiérapeutique. Il se 
refuse notamment à répartir les malades au hasard m 
deux séries, dont Tune sera traitée par le médicament 
à étudier et Tautre sera mise en simple observation* 
Une telle méthode n'aurait que la valeur d'une statis- 
tique restreinte et pourrait amener à des conclusions 
fausses. Il faudrait au contraire que les malades fussent 
répartis avec sagacité en un certain nombre de groupes 
de deux malades aussi semblables que possible^ et 
traiter par le médicament à étudier un des malades de 
chaque groupe. A défaut d'un critérium incontestable 
du succès ou de Téchec d'un médicament, lejugemenl 
de Pexpérimentateur doit forcément entrer en jeu; 
aussi, dans toute recherche de thérapeutique, faut-il 
tenir compte d'un coefficient personnel de valear 
variable avec celle de Texpérimentateur. 

M. Chevalier présente une note sur raneslAésine. 

L'anesthésine est l'élher éthylique de l'acide para- 
amidobenzoïque. Ce corps, très peu soloble dans TeaUi 
plus soluble dans ralcool, la glycérine, les huiler, 



^ 403 — 

demeure inaltéré en présence deâ divers excipients 
employés pour Iei préparation des pommades. Il est 
toxique, par iajeclion in tra- veineuse chez le chien, à lâ 
dose de 0^%40 par kilogramme, et par injection dans 
Te^lomac chez le lapin, h. la dose de ^*^lo par kilo- 
jsn^mme. L'action toxique de Tanesthésine est surtout 
aiarqiiée sur le sang, dont les globules sont rapidement 
dlaqués et dont roxyhémoglobine est transformée en 
mélhémoglobine. 

L'anesthésine est un anesthésique local à employer 
dans les cas où on a utilisé Torthoforme, Il présente sur 
ce dernier Tâvantage d'un pouvoir anesthésique plus 
intense, d'une stabilité plus grande; de plus, il n'est pas 
in-itant pour la peau et les muqueuses. En raison de 
son action toxique sur les hématies, son emploi àl'in- 
ïérieur devra toujours être surveillé, 

M.Bardet présente, au nom de M. Bricard. une nou- 
uik itringuc êtérilisablê pour l'usd^e des ampoules stéri- 
Uêêei. 

MM, E. Berger et R. Loewy proposent, comme moyen 
p0^ éviter la confusion des médicaments^ Temploi d'éti- 
({uettes de grandes dimensions rappelant les signaux 
colorés des chemins de fer. 

Ces étiquettes, qui devraient être apposées sur tout 
Qacon ou boîte de médicament, seraient de trois cou* 
leurs. L'étiquette blanche signifie : substance inolTen- 
sive, emploi direct par le malade ; réliquelte verte in- 
clique : précaution, emploi par le garde-malade ou le 
malade lui-même s'il est intelligent et conscient; l'éti- 
(juette rouge : substance toxique, défense absolue d'em- 
ploi, usage réservé aux médecins, 

MM, S. Beroheim et Quentin ont expérimenté, d'après 
la méthode du D' Maréchal (de Hruxetles), le traitement 
<li k tuberculose par remploi combiné de la tuberculine et 
des tels étkérés de eréosate. 

On fait quotidiennement, pendant trois jours, une 
injection de 1,2 et 3""^ de phosphate de créosote, et le 
^lutlnème jour une injection de tuberculinc, en com- 



t 




- -404 — 

mençant par un quart de centimètre cube et en pou>] 
sanl graduellement, après de nouvelles injections dt 
phosphate de créosote,cette dose de tuberculine JDsqal 
un demi-gramme. Chaque centimètre eube de ttibercn- 
line de Maréchal contient un milligramme de produil 
actif. 

A la suite des injections de tuberculine» la tempéra- 
ture n'augmente que de 3 à 5 dixièmes de degré; la 
piqûre est un peu douloureuse, mais le malade ne 
ressent ni céphalalgie, ni malaise. Le lendemain Tei- 
pectoration est plus abondante et on constate une légère 
exagération des signes à rauscultation; puis lout rentre 
dans Tordre. 

Dès la première injection de tuberculine, les malades 
accusent tous une augraentaliou considérable de Tap- 
petit, qui devient souvent de la voracité. Les forces se 
doublent, la toux diminue, le poids augmente. Les 
bacilles disparaissent de l'expectoration chez cerlains 
malades. On constate Faugmentation de l'acidité des 
urines et des urates éliminés. 

Sur 26 malades à la deuxième ou à la troisième 
période^ 17 se sont améliorés avec une rapidité telle 
qu'on ne peut gu(^re attribuer celte amélioration qu'à 
Inaction de la UibercuUne. Les injections de phosphate 
de créosote n'ont jamais donné, a elles seules, de résul- 
tats aussi rapides. 

M. Gallois fait une communication sur le traitement 
de la fflossîte eûcfaliatrice margime par la liqueur de Van 
Swieten employée en bain local . Cette aftection, fréquenle 
chez les enfants élevés au biberon, peut se rencontrer 
aussi chez Tadulte, plus souvent chez la femme. Bien 
qu'elle soit considérée comme incurable jusqu'ici, on 
peut, en une semaine environ, en obtenir la guérisoo 
par le traitement suivant, que M. Gallois n'a essayé que 
chez des adultes. On fait prendre au malade une cuil- 
lerée de liqueur de Van Swieten qu il ne doit pas 
avaler. Il se penche en avant de façon à faire baigner sa 
langue dans la liqueur antiseptique. Lorsque le malade 



— 405 — 

ne pent plus supporter la cuisson désagréable que pro- 
voque le médicament, il le crache. Le traitement est 
recommencé tous les jours jusqu'à guérison, 

L'étiologie de cette affection est des plus obscures* 
L'efficacité des bains locaux de sublimé est un argu- 
ment en faveur de sa nature parasitaire. 
. Ferd, ViGÏEn, 



SOCIÉTÉ DE BIOLOGIE 



Séance du 2i /ém^er' 1903. 

Sur deux kippobosques du Transvaal smeeptible» de pro- 
\ pager U Trypanosomti Tkeileri; par M- A, Laverân. — 
On sait que le nagana est propagé par la mouche tsétsé ; 
le surra paraît être inoculé par les taons ; à ces diptères 
déjà connus comme étant les agents de propagation de 
maladies à trypanosomes, il faut joindre les hippobos- 
ques ou du moins certains d*entre eux. 

Cdûration des kêmatôzùaireè\ par M, GitLOT (d'Alger)- 
— Il s'agit toujours^ pour l'étude du sang sec, du mé- 
lange de Véosine avec un bleu, mais celui ci est \ebleu 
azur. 

Sur un nouvel infusoire parasile de r homme; par 
M. J. GriART, — C'est le Chilùdon dentatus décrit en 
IS33 et retrouvé aujourd'hui dans des selles dysenléri- 
fcrmes, 

DiE poison» contenus dans les tentacules des actinies; 
par M. Charles Richet. — On a pu retirer deux produits 
de propriétés bien difiérentea; Tun, {Rcongesiine, provo- 
que la mort avec douleurs abdominales, diarrhée 
violente et vomissements sanguinolents; Tautre, la 
^imsine^ détermine à très faible dose des éternue- 
ments et des démangeaisons extrêmement vives, 

Vakur de t influence du régime sur la longueur de Vin- 
ti8tin; par M. Joseph NoÉ. — Le déterminisme delà 
longueur de Tintestin est primitivement subordonné k 




— 406 — 

des facteurs, qu'on peut qualifier de primaires, et doof 
les principau>c soûl l'âge» la taille et Fespèce. Lk- 
flu^ncc du régime, contrairement à Topinion admise, 
parait secondaire et n'intervient pas nécessaire oicni 
dans tous les cas» 

Antikinase des jnacératiom d'ascaris et de l^nia; par 
MM. A* D%STHE et H, Stassako, — Si on mélange du sac 
pancréatique inactif, de la kinase et de la raucératiOD 
d'ascaris broyé, cette dernière empêchera la digestion 
de Talburaine pour une quanlilé donnée de kinase; si 
la kinase est en plus forte proportion^ la digestion i 
lieu. Les rapports réciproques de la macération d'ascariî 
et du suc pancréatique inactif n'ont pas d'inlVuence. 

De rki/perteucûCf/tose qui suit les pertes san^um4; 
par M. E, Maihel, — La saignée peut encore *:in 
utile: 1" par Thyperleucocytose qui la suit, 2" en débar- 
rassant l'organisme des produits toxiques coûteuu^ 
dans le sang évacué; 3"* en diminuant le titre de ctnx 
qui y restent, puisquela quantité de liquide est augmeu 
tée ; 4° en facilitant la rénovation sanguine. 

Influence de la castration otarique sur la nutritim\ 
par M- M. LAMnKFT, — On a constaté chez une chienne 
que la castration a amené une diminution de l'excré- 
tion d'acide phosphorique et une augmentation de 
poids. 

Séance du 2S/émer, 

Action de quelques composés phosphores sur la nutrition; 
par MM, V. HitLo.% et H. Stassawo, — Les expériences 
faites sur des animaux avec la lécithîne, Tacide nucMi- 
nique, la méthylphosphinate de soude, montrent que j 
l'influence favorable des composés phosphores sur la | 
nutrition n'est pas proportionnelle à la quantité de | 
phosphore qu'ils contiennent- 

Dû l'action du bromomlêrianate de soude; par M, Ch, 1 
Féré. — L'effet de ce sel est à peu près celui qu'on 
observe avec l'extrait de valériane ou avec des bromu- 
res, mais avec des doses moins fortes. 




— 407 — 



Sur V entraînement de Ut glycérine par la vapeur d^eau ; 
wiétAode de dosage de la glycérine dans le sang; par 
M. Maurice Niclolx. — ^ Grâce à certaines précautions 
dans la distillation du liquide glycérine dans le vide, 
on obtient un liquide distilla contenant toute la glycé- 
rine qu*il est possible de doser à Taîde de l'acide sulfuri- 
<iue et du bichromate de potasse, 

Aniitoxine rénale et albuminurie; par M. Raphaël Du* 
Bijis, — Il s agit de Tobservation d'uu malade en proie 
aux accidents urémiques les plus violents et qu'aucun 
moyen ne pouvait atténuer. On lit prendre au malade 
uae macération de rein de porc pulpe (deux à trois 
relus frais pulpes 6nemcnt dans 750*^ d'eau avec macé- 
ralioD et agitations répétées pendant 2 heures), La 
macération a été administrée en quatre fois dans 
les 24 heures et le traitement poursuivi pendant une 
diiaiue de jours. Il s'est produit une amélioration im- 
médiate et persistante* 

G, P. 



FORMULAmE 



Pommade du 0' Reclus (1). 

todofotme ijulTénté , i** 

Salnl 2 

Âdde buiique pulf ériaé .. ................. ï TL ^ 

pure. , , . 40 



Ab lî pyrint p îll Té rUée . 
Vaselin? pure. 



Celle pommade convient au pansement de toutes les 
plaies et particulièrement de celles qui suppurent ou 
WQt d'une asepsie douteuse. £tle est à la fois antisep- 
tique, antiputride et analgésique. 

EUxir de bromoforrae chloroformé (2). 

Bromofarme . . _......,....,.,...,« i** (XL gouttei) 

Chlort^forme >^^... . 0.ëË(XL gouUei) 

Aîcool 4 60" 100 

{i'i Buiktin général de thérapeidif^ue. 

{^)Sfn4icat diê pharmaciens de la Charente- In fërîeurê. 



408 — 




Cette formule est d'une application très pratique, car 
ce mélange est soluble dans Teau en toutes proportioas 
et peut être facilement introduit dans une potion : 

15 grammes renferment ©«""ÎS do bromoformo (VI gouttes j 
15 grammes renferment O.IU de chloroforme (VI goutter) 

Formules pour la préparation des ovules, suppositoires 
et bougies à base de gélatine et glycérine à 30" ; par 
M. Vossius, pharmacien à Anvers (1), 

Ovulea. 

Gélatine ,-,...,. .„.,.,. 7*^ 

Eaa distillée , 7|5 

Glycérine à 30<» ,.... 83 

Suppositoires, 

Gélatine 15«^ 

Eaa distillée 10 

Glycérine à 30« ,..,.- 7S 

Gélatine .,.. 'M^ 

Eau distillée -, 10 

Glycérine à 30» - . . 70 

Faire fondre la gélatine à une douce chaleur au bain- 
maric dans le mélange de glycérine et d'eau; filtrerl 
travers un linge serré en exprimant ; reporter le liquide 
filtré sur le bain-marie et y mélanger en agitant forte- 
ment le médicament indiqué. 

Chaque ovule pèsera 15*'. 

Chaque suppositoire pour enfant 1*^^/2 et 2^' 1/2 î 
pour adultes, 3 ou 5«^ 

Chaque bougie sera longue de 6 ou 12 centimètres. 



(1) Jouim. de Pharm. d'Anvers. 



Lé Oèrant : 0. Doin. 

PARIS. — IMPFIMKRIB P. TJtvit, RUB 0A88BTTB, 17. 




méralites sur les ferments êolublea qui déterminent 
V hydrolyse des polysaccharides ; par M. Em. Bour- 

QCELOT (1). 

Depuis quelque temps, des tentatives ont été faites 
de divers côtés pour préciser les relations qui existent 
entre les ferments solubles hydrolysants et les composés 
r lesquels ils exercent leur action. Jusqu'ici ces ten- 
ives ont assez peu réussi parce que, pour beaucoup 
composés hydrolysablesjes albuminoïdes par exem- 
e, la constitution chimique n'est pas connue et que, 
r les autres, les polysaccharides en particulier, les 
néralisateurs avaient trop peu de faits bien observés 
leur disposition. 

11 semble cependant, en ce qui concerne Thydrolyse 
entaire de ces derniers, et sans sortir du domaine 
périmental, que quelques propositions générales 
peuvent être énoncées, tout au moins à titre provisoire, 
Dc fût-ce que pour essayer de mettre un peu d'ordre 
une question dont la complexité parait augmenter 
e jour en jour. 

I Dans ce qui suit, je vais examiner la question, en 
[m'en tenant uniquement aux dérivés hydrolysables du 
■Uucose droit, dont l'hydrolyse fermentaire a été 
Bbservée. 

^ 1* On sait que le glucose peut se combiner à lui- 
même, avec élimination d'eau, pour donner naissance 
à plusieurs composés isomériques différents que l'on 
considère comme des éthers oxydes. Des faits connus 
découle cette première donnée générale : Pour hydro- 
lyêer ces combinaisons de façon à revenir atcx 2 molécules 

(1) Commanication faite à la Société de Pharmacie (Séauce du 
^" Atiil). ~ Voir d'autre part : Em. Bourquilot : Sur l'hydrolyse des 
HyMccharides par les ferments solubles {Journal de Pkarm. et de 
Chim., [6], XVI, p. 518, 1902). 

Mm. dt Phta-m. et dt Chim. 6' séRiR, t. XVil. (!•' mai 1003.| 27 



— 410 — 

de glucose^ il faut autant de ferments différents qu'il y s 
de combinaisons (1). 

Ainsi, le maltose est hydrolyse par la mallase ; 

— le tréhalose — par la tréhalase ; 

— le gentiobiose — par la gentiohiase ; 

— le touranose — parla touranase. 

Cela se conçoit d'ailleurs aisément. Dès Tinstant où 
un composé donne lieu, en se combinant à lui-même, à 
plusieurs combinaisons isomériques, le mode de liai- 
son est forcément différent pour chaque combinaison, 
cela en dehors de toute hypothèse. Et, par conséquent, 
étant donné ce que nous savons de Tindividualité des 
ferments solubles, il parait naturel que des agents diffé- 
rents de dédoublement soient nécessaires. 

2'' Le glucose peut également se combiner, de la 
même façon, c'est-à-dire en formant des éthers oxydes, 
avec un autre hexose, tel que le lévulose ou le galac- 
tose. Pour dédoubler chacun de ces éthers, il faut aussi un 
ferment particulier : 

Le saccharose est dédoublé par ïinvef'tine ; 
Le lactose — par la lactase ; 

Le mélibiose — par la mélibiase. 

Tous les éthers dont il vient d'être question, et qui 
sont des hexobioses^ peuvent, à leur tour, se combiner 
à du glucose ou à tout autre hexose de façon à former 
des hexotrioses. On conçoit que les mêmes ferments, 
qui les dédoublent lorsqu'ils sont libres, puissent les 
décbubler aussi dans ces nouvelles combinaisons. Mais 
ils les dédoubleront en séparant seulement l'une des 
deux molécules de rhexobiose, l'autre restant combinée 
avec la troisième. 

Voici le sucre de canne que l'invertine dédouble en 
glucose et en lévulose; dans les hexotrioses qui en déri- 
vent, le gentianose par exemple, l'invertine décrocbe 
une molécule de lévulose, laissant les deux autres molé- 
cules sous forme d'unhexobiose, le gentiobiose. 

(1) La nécessité d*un ferment particulier pour hydrolyser chacun de 
ces quatre glucobioses a été établie par les recherches que j*ai publiées 
foit seul, soit en collaboration avec M. Hérissey. 



IP" 



— 411 — 



Pour qu'il y ait hydrolyse complète, il faut faire inter- 
venir un deuxième ferment qui est un des ferments déjà 
prévus des hexobioses. Dans le cas du gentianose, ce 
ferment est la gentiobiase, II suit de là que dans le gen- 
tianose on peut dire que Tune des molécules de glucose 
est, d'une part, unie avec le lévulose comme elle Test 
dans le sucre de canne et, d'autre part, unie au glucose 
comme elle l'est dans le gentiobiose. 

En partant maintenant des hexotrioses, on peut faire 
des combinaisons plus complexes, des hexotétroses ou 
plus généralement des polysaccharides de plus en plus 
condensés. On doit raisonner à l'égard de l'hydrolyse 
férmentaire de ces nouvelles combinaisons comme on 
vient de faire pour les hexotrioses. Il faudra^ dans tous 
le» eoB^pcur C obtenir intégralement, autant de ferments 
moins un que le polystzccharide renferme des molécules 
ikexoses. U n'est pas impossible cependant qu'un 
même ferment puisse intervenir deux ou plusieurs fois; 
ce sera dans le cas où le polysaccharide renfermera 
plusieurs groupements d'un même hexobiose(maltose, 
par exemple). Mais la notion n'en doit pas moins être con- 
sidérée comme générale. On pourrait d'ailleurs la mo^ 
difier ainsi : L*hydrolyseintégrale d'un polysaccharide exige 
(uUant cP actes fermeniair es différents que ce composé ren- 
ferme de molécules sucrées moins une. 

Avec les hexotrioses elles polysaccharides plus con- 
densés apparaît une autre notion importante que 
l'on peut formuler ainsi : Dans l'hydrolyse dunpolysac- 
eharideyles ferments doivent agir successivement et dans un 
ardre déterminé. S'il s'agit d'un composé insoluble, on 
comprend que le premier acte férmentaire doive être 
celui qui amène la liquéfaction de ce composé. Mais, 
même pour les composés solubles, il semble qu'il en 
est ainsi : c'est en effet ce que nous avons constaté, 
M. Hérissey et moi, pour le gentianose. 

En résumé, les considérations qui précèdent nous 
conduisent d'abord à cette conséquence, sur laquelle 
i'ai déjà attiré depuis longtemps l'attention : c'est que 




f^. 



— 412 — 

le nombre des agents que nous appelons ferments sola- 
bles ou enzymes est plus grand qu'on ne Tarait soup- 
çonné et qu'il en reste encore beaucoup à découvrir. 
En outre, elles nous font entrevoir que l'intervention 
des enzymes dans les phénomènes naturels d'hydrolyses 
est soumise à des lois relativement simples que de nou- 
velles recherches permettront sans doute de préciser 
davantage. 



Le saltcylatê de mercure « dissimulé » et ses injeetûm 
hypodermiques; par M. H. Lajoux, professeur à l'École 
de médecine de Reims. 

Il existe quatre salicylates de mercure : deux salicy- 
lates mercureux et deux salicylates mercuriques. 
M. Grandval et moi avons, les premiers, réussi à pré- 
parer ces quatre sels que la théorie nous avait permis 
de prévoir et que nous avons fait connaître dans une 
série de mémoires dont le premier remonte à l'an- 
née 1880. 

De ces sels, l'un surtout se recommande à Tattention 
des médecins; c'est le salicylate mercurique basique : 

/C0\ 
C«H< ^ >Hg. 

Ce composé renferme, en effet, le mercure à un état 
de dissimulation parfaite^ propriété qu'il doit à sa cons- 
titution : le mercure réunit la fonction acide de l'acide 
salicylique à la fonction phénolique. 

Le salicylate basique possède une stabilité remar- 
quable; il se dissout dans les solutions de potasse et de 
soude, froides ou chaudes, étendues ou concentrées, 
sans que sa molécule soit altérée. Les acides, même 
Tacide carbonique, le précipitent absolument intact de 
ces dissolutions. 

Il se dissout, en plus ou moins grandes proportions, 
dans les chlorures et les iodures alcalins, en conservant 
toutes ses propriétés. 



■F 



— 413 — 

L'hydrogène sulfuré ne le noircit qu*au bout d'un 
temps très long. 

Il se dissout dans le sulfure d'ammonium et ce n'est 
qu'à la longue également que la solution laisse déposer 
dtt sulfure de mercure (1). 

Seul, le cyanure de potassium décompose immédia- 
tement le salicylate de mercure basique, caria solution 
obtenue, traitée par l'hydrogène sulfuré, laisse déposer 
du sulfure de mercure. Je me suis assuré que la décom- 
position est complète ; j'ai basé, sur cette réaction, un 
procédé de dosage du mercure dans le salicylate basi- 
que, procédé que je publierai très prochainement. 

Le salicylate mercurique neutre ou normal^ 

également découvert par nous, est un véritable sel de 
mercure. Il présente tous les caractères des sels mercu- 
I riques et, par conséquent, diffère complètement du %el 
I Ifuxque avec lequel, pour l'usage médical, il faut bien 
i se garder de le confondre, comme on le fait trop sou- 
vent encore. Pour éviter cette confusion, nous avons 
donné au salicylate basique le nom de salicylate mercu- 
rique dissimulé^ nom sous lequel nous conseillons aux 
médecins de le prescrire. 

Les poids moléculaires et les pourcentages en mer- 
cure des deux salicylates sont biçn différents : 

Poids Merouro 
moléculaire p. 100 

Salicylate mercurique basique ou dissimulé, 336 59,52 

Salicylate normal ou neutre 474 42,19 

Dans un travail tout récent (2), le D*^ Desesquelle 
attribue au salicylate de mercure, dont il ne spécifie pas 

[\) Poor plus de détails, voir notre ouvrage : Mcdicamenls chimiques 
organiques du Supplément du Codex, Paris, Maloine, 1897. 

(î) Sur le mode de dosage des préparations mercurielles employées 
tn injections hypodermiques, par le D^" Ed. Dbsbsqubllb (Bulletin des 
^fiences pharmacologiqueSf décembre 190Î). 



- 414 



1 



du reste la nature, 450 pour poids moléculaire et 44,4 
pour teneur centésimale en mercure. Ces nombres sont 
inexacts et ne se rapportent ni à Tun ni à l'autre de nos 
sels. 

Le salicylate de mercure dissimulé possède une indivi- 
dualité thérapeutique en rapport avec sa structure mo- 
léculaire. Il a été le sujet de nombreuses recherches 
thérapeutiques et a été introduit dans la quatrième édi- 
tion de la Pharmacopée germanique qui le désigne sous 
le nom de salicylate de mercure officinal et lui attribue[i) 
une teneur en mercure de 59,52 p. 100, c'est-à-dire 
précisément celle que nous avons indiquée plus 
haut. 

Sa composition en fait un antiseptique énergique. H 
a été employé avec succès contre la syphilis, la blen- 
norrhagie, la teigne. Il est bien supporté par l'estomac 
et, par cette voie, peut être administré & doses beaucoup 
plus élevées que les sels de mercure ordinaires, c'est-à- 
dire que les sels dans lesquels le mercure est sensible 
aux réactifs. Ainsi, on l'emploie, en pilules, à la dose 
de 0*^05 à O^'jlO et même, dans les cas graves, de 0«',30 
par jour. On l'administre aussi en injections hypoder- 
miques. Eich et Jadassohn ont reconnu que, sous celle 
forme, le salicylate dissimulé a une action rapide et 
que la durée du traitement est plus courte qu'avec les 
autres sels de mercure. 

Mais, jusqu'à présent, notre sel n'a guère été injecté 
qu'en suspension dans l'huile de vaseline ; même à 
l'état insoluble, ses injections déterminent rarement 
des douleurs ou des infiltrats . 

Cependant, si certains médecins sont partisans des 
injections de sels insolubles, d'autres, plus nombreui 
peut-être, préfèrent les injections de sels solubles. 
Aussi m'a-t-on souvent exprimé le regret que l'on n'ait 
pu préparer des solutions de salicylate dissimulé, 

(i) Ueber die quecksilberbetsimmung im offîâneUem, Yi^&mfjtm 
salicvlium (i4rcAtD der Pharmaziey 1901, p. 114). — Jaum.de PharmM 
de Chim., (6), t. XIV, p. 77. 



— 415 — 

capables d*ètrê injectées par voie hypodermique. Je 
viens de combler cette lacune. 

Je suis parvenu à préparer deux solutions de ce sel, 
aa même titre, dans lesquelles ses caractères chi- 
miques (considération essentielle) ne sont nullement 
modifiées. 

J'ai reconnu que le salicylate dissimulé se dissout 
dans le double de son poids de salicylate d'ammoniaque 
ou de benzoate d*ammoniaque, à la condition que la 
liqueur contienne un excès très faible, mais déterminé, 
d'ammoniaque. 

La préparation des solutions de salicylate mercu- 
rique nécessite, au préalable, celle d'une solution 
ii p. 100 de benzoate ou de salicylate d'ammoniaque. 
Au lieu d'employer les sels du commerce, je préfère 
préparer une solution avec l'acide benzoïque ou l'acide 
salicylique et une quantité d'ammoniaque suffisante 
pour neutraliser ces acides au tournesol. 

Solution de benzoate (T ammoniaque à i p. 100. 

Acide benzoïque pur 3k%510 

Ammoniaque à 22», diluée à 1/10 q. s. 

La solution à 1/10 d'ammoniaque à22'' est titrée alca- 
limétriquement ; on en prendle volume renfermant exac- 
lement 0«?%489 d'AzH'. (Ce volume est voisin de 25*^»*.) 

On introduit l'acide benzoïque dans une fiole jaugée 
à 100^"'; on ajoute la solution ammoniacale et environ 
50^"' d'eau distillée. On ferme la fiole avec un bouchon 
de liège et on agite; l'acide benzoïque se dissout; au 
besoin, on facilite la dissolution en chauffant légère- 
ment au bain-marie. Si, l'opération terminée, la liqueur 
est un peu acide, on lui ajoute goutte à goutte la solu- 
tion ammoniacale jusqu'à parfaite neutralisation. Enfin, 
avec de l'eau distillée, on complète le volume de 100*="'. 

Solution de salicylate d'ammoniaque à ip. 100. 

Aâde salicylique 3'',561 

Ammoniaque pure à 22^, diluée à 1/10, q. s. 

Elle se prépare comme la précédente en ajoutant à 




— 416 — 

Tacide le volume d'ammoniaque diluée contenant 
0»%439 d'AzH\ 

INJECTION HYPODERMIQUE A 1/100 DE SALIGTLATB 

MERCURIQUB DISSIMULÉ 

No I 

Salicylate mercurique dissimulé 1^' 

Solation de benzoate d'ammoniaque à 4 p. 100. 50**^ 

Ammoniaque à 22^, diluée à 1/iO q. s. 

Eau distillée ad. lOOe»» 

On met le salicylate dans un mortier de verre cl on 
verse peu à peu, en triturant avec un pilon, les 50""^ de 
solution de benzoate d'ammoniaque. On ajoute ensuite, 
goutte à goutte, avec une pipette, et en agitant sans 
cesse, la solution d'ammoniaque jusqu'à dissolution 
complète du sel mercurique. Quelquefois, il reste un 
léger trouble grisâtre dû à une trace de matière inso- 
luble. Sa proportion étant insignifiante, il ne faut pas 
chercher à le faire disparaître, afin de ne pas augmenter 
inutilement l'alcalinité de la liqueur. 

On verse la solution obtenue dans une fiole jaugée 
àlOO*""^; on lave le mortier avec de l'eau distillée que 
l'on ajoute à la solution; on complète le volume 
à 100^"\ On agite et on filtre. 

La quantité d'ammoniaque diluée, nécessaire pour 
parfaire la solution du salicylate de mercure dans le 
benzoate d'ammoniaque, varie selon que ces sels sont 
neutres ou acides ; les sels du commerce possèdent 
souvent cette réaction. Pour i«^ de salicylate de mer- 
cure soigneusement lavé à l'éther, il m'a fallu em- 
ployer 64 gouttes d'une solution ammoniacale (soit en- 
viron 3^""^) contenant 0p%06 d'AzH^ Cette quantité 
d'ammoniaque, diluée dans lOO*'"', est tout à fait négli- 
geable. 

La solution supporte, sans aucune altération, la tem- 
pérature de 120**; on peut donc la stériliser à l'auto- 
clave, opération qui ne me paraît pas nécessaire, élanl 
donné le grand pouvoir antiseptique du salicylate de 
mercure. 




— 417 — 

i l^*^Me cette injection hypodermique renferme 1^''' de 
fgUeylate de mercure dissimulé^ quantité correspondant 
kO^',59S de mercure métallique et tenue en dissolution 
|^r2^ de benzoate d'ammoniaque. 

IlfJSGTlON HYPODERMIQUE A l/iOO DE SALIGYLATE 
I MERGORIQUE DISSIMULÉ 

I No II 

Saticylate mercuriqne dissimulé W 

Solaiion de salicylate d'ammoniaque à 4 p. 100. bO"^^ 

A-mmoniaque à 22«, diluée à 1/10 q. a. 

Sau distUlée ad. lOO»™» 

L'injection n® 2 se prépare absolument comme l'in- 
jection n** i . Pour le salicylate mercurique pur et une 
isolation neutre de salieylate d'ammoniaque, on recon- 
airil qu'il faut employer exactement le même nombre 
dégouttes de la solution ammoniacale qui nous a servi 
à préparer l'injection n"^ 1 . 

1^^ de cette solution contient encore i^^'de salieylate 
mercurique dissimulé,quantité correspondant à O^'^^SSS 
de mercure métallique. 

Il faut remarquer que le benzoate de mercure, sel si 
en vogue aujourd'hui, est moins riche en mercure que 
le salieylate de mercure dissimulé; il n'en renferme, en 
effet, que 45,2 p. 100, tandis que le salieylate en con- 
tient 59,52. Il n'y a, de plus, aucune analogie chimique 
entre ces deux sels; le benzoate est un sel mercurique, 
le salieylate un véritable composé organométallique; 
il y a entre eux une différence analogue à celle qui 
existe entre l'acide arsénieux et le cacodylate de soude 
ou le mélhylarsinate disodique. 

Notre collègue M. le P*^ CoUeville emploie, depuis 
quelque temps, mes injections de salieylate de mer- 
cure (i); prochainement, il publiera le résultat de ses 
expériences. Ces injections sont peu douloureuses, 
moins que celles de cyanure mercurique. On peut les 
rendre indolores en les additionnant de chlorhydrate 

U) Quelques mots sur le traitement des plaies en dermatologie^ par lo 
!>' CoLLETiLLi (Union médicale du Nord-Est, 1902, p. 281). 



^ 



418 — 



de cocaïne ou, préférablement, en les faisant précédi 
à l'exemple de M. GoUeville, d'une injection de 
anesthésique. 

Le mercure injecté s'élimine rapidement ; j'ai 
constater sa présence dans l'urine 24 heures après! 
ministration d'une injection de salicylate mercuriqi 
dissimulé. 

Le médecin et le pharmacien pourront identifier li 
solutions de salicylate mercurique dissimulé par )i 
réactions suivantes : 

L'hydrogène sulfuré, agissant à froid, ne les noirci 
qu'au bout d'un temps assez long, variable avec 
température ambiante; si l'on fait bouillir les solutiooi 
saturées d'hydrogène sulfuré, elles jaunissent, brunis^ 
sent, puis abandonnent un précipité de sulfure de mer^ 
cure. 

Le sulfure d'ammonium, employé avec ménage- 
ment, ne modifie pas ces solutions; quand on en ajout* 
un excès, à froid, elles jaunissent. Les liqueurs, portéci 
à Tébullition, brunissent, puis abandonnent un préci- 
pité noir de sulfure de mercure. 

Dosage de V oxyde de carbone et de V acide carbonique dm 
les airs viciés ; par M. Ferdinand Jean. 

A côté d'intoxications aiguës et mortelles, causées par 
l'oxyde de carbone et l'acide carbonique, dont les 
exemples répétés et récents ont ému le public, les intoxi- 
cations lentes, résultant d*un manque de ventilation, (ie 
foyers de chauffage défectueux, de fissures ou de cre- 
vasses dans le corps des cheminées, ne sont pas moins 
dangereuses pour la santé ; car, ces gaz n'affectant pas 
Todorat, on n'en peut déceler la présence que par nnt 
analyse compliquée de l'air suspect ou par une expéri- 
mentation physiologique très délicate. 

L'auteur a pensé que le corps médical ferait bop 
accueil à un appareil simple et pratique, qui permettrait 
de faire rapidement, au point de vue de l'oxyde de car- 




— 419 — 

Due et de l'acide carbonique à dose anormale, Texamen 

s airs confinés, viciés ou suspects. 

Son appareil permet, non seulement de déceler la 
nce de traces d'oxyde de carbone, mais encore de 
erminer quantitativement la dose d'oxyde de carbone 
d'acide carbonique contenue dans Tair vicié, et cela 

itomatiquement, sans exiger de l'opérateur des con- 




naissances scientifiques, ni l'habitude des manipu- 
lations. 

L'appareil est constitué par trois flacons laveurs en 
^erre, A, B, C, raccordés par un tube de caoutchouc à 
Dn aspirateur double, à renversement, de 10 litres de 
capacité, muni d'un niveau gradué par demi-litres, et 
uont le débit est réglé de façon à faire passer lentement 
' air dans les laveurs, à raison de 10 litres par heure. 

Le flacon A renferme 50^°*' d'une solution de 



— 420 — 

chlorure de palladium au milliëme, aussi neutre 
possible. Sous Taction d'une certaine quantité d'o: 
de carbone, il se forme du palladium, reconnaissable 
dépôt noirfttre qui se produit, d'abord, sur les parois 
tubes, à la partie supérieure du laveur ; on obi 
ensuite, si Ton pousse l'opération, la formation d*i 
poudre noire et la décoloration partielle du réactif. 

Le chlorure de palladium peut être remplacé, dans 
laveur Â, par une solution de nitrate d'argent ami 
niacal au centième, qu'on prépare en ajoutant du nil 
d^argent dans une solution ammoniacale de niti 
d'argent, jusqu'à formation d'un commencement 
précipité d'oxyde d'argent. L'auteur a constaté qu 
semblable solution, filtrée et employée à froid, poi 
à l'égard de l'oxyde de carbone, exactement le mêi 
degré de sensibilité que le chlorure de palladium. " 
Taction de l'air contenant de l'oxyde de carbone, 
réactif prend une légère coloration violacée, puis foi 
un précipité noir, si l'on fait passer un plus gri 
volume d'air contenant des traces d'oxyde de carbone^j 

M. F. Jean a déterminé expérimentalement la seosi 
bilité initiale de ces deux réactifs, en faisant passefii 
dans le flacon laveur, de l'air mélangé avec des volumes 
déterminés d'oxyde de carbone, et il a constaté que les 
réactifs en question indiquaient la présence de l'oiydc 
de carbone lorsque 8 à 10*^"' d'oxyde de carbone dilués 
dans l'air avaient traversé le flacon laveur. 

Le deuxième flacon B contient 8*'"'* de soude ou de 
potasse demi-normale, additionnée de 45*^""^ d'eau A 
colorée assez fortement avec du bleu C4B. Pour faire 
virer au bleu franc la teinte rouge violacé de Tindic*- 
teur, il faut faire passer dans le laveur 88*"°*' d'acide 
carbonique mélangé dans n'importe quel volume d'air. 

C'est à dessein que Ton a diminué la sensibilité do 
réactif, afin de ne pas avoir à tenir compte de Tacide 
carbonique contenu normalement dans Tair, ou qui peut 
s'y trouver à petite dose ; l'air confiné ne devenanl 
impropre à la combustion des bougies qu'à la dose de 



— 421 — 

pour 100 en volume, il était, en effet, inutile de 
liner des doses d'acide carbonique inférieures h 
1100. 

I laveur C porte un petit tube de verre, garni d'ouate 

Prophile destinée à retenir les poussières en suspen- 

1 dans l'air, sur lequel on fixe le tube de caoutchouc 

[sert à puiser l'air, par aspiration, dans la pièce dont 

it d'étudier Pair. Il contient de l'acide sulfurique 

Baume qui est destiné à retenir les carbures 

jrdrogène et autres composés organiques volatils que 

' vicié par la respiration ou la combustion renferme 

Iveot en petites quantités ; la présence de ces corps 

lindiquée par la coloration jaune plus ou moins fon- 

que prend l'acide sulfurique au cours du barbotage 

'Vair dans le laveur. 

L'appareil étant monté et mis en communication, 
part, avec l'aspirateur d'air et, d'autre part, au 
[>yeD d'un tube en caoutchouc, avec la pièce dont on 
{propose d'analyser l'air, il suffit d'ouvrir le robinet 
1 l'aspirateur et de noter, d'après le nombre de litres 
an écoulés, le volume d*air ayant passé dans les 
^eurs, pour que le réactif A indique la présence de 
bxyde de carbone et le volume d'air qui a été nécessaire 

* faire virer au bleu le réactif B. 

^Sachant que 8 à 10*"' 'd'oxyde de carbone et 88«°* 

facide carbonique sont nécessaires pour influencer les 

laclifs A et B ; connaissant» d'autre part, les volumes 

rqui ont traversé le système de laveurs, il devient 

simple de calculer la teneur de l'air analysé en 

*yde de carbone et en acide carbonique. 

Si, par exemple, il a fallu, pour influencer le réactif A, 

^ire passer 20 litres d'air, on saura que cet air renferme 

r 5S ^ 10550 d'oxyde de carbone. Si, pour faire virer 

réactif B, il a fallu 3 litres d'air, c'est que l'air 

wlysé renferme 2,9 p. 100 d'acide carbonique en 

^ essais qui ont permis d'établir la sensibilité 



— 422 — 

initiale des réactifs ayant été faits avec de Ta 
18 degrés, on peut ramener les données analytiq 
fournies par l'appareil au volume d'air à de^é oa,| 
application de la formule de dilatation de Pair, 
l'analyse a porté sur de l'air, à une température did 
rente de 18**, au volume d'air à 18'. 

Cet appareil permet donc de doser des quantités 
faibles d'oxyde de carbone et d'acide carbonique 
les airs viciés, et cela par simple mesure du volume à\ 
ayant traversé l'appareil, résultats qu'on ne peut obte 
par les méthodes compliquées d'analyse gazométriq 



Tourteau de ricin; ses dangers^ ses caractères an 
miques; par M. Eug. Collin {Fin) (1). 

Tourteaux de ricin. — Caractères extérieurs. Il exis 
dans le commerce trois sortes de tourteaux de ricin. 

La première qualité, obtenue par la pression 
graines décortiquées, se présente en galettes carrées, cou 
péessur les angles, mesurant 2 à 3^™ d'épaisseur et [ 
3 à 4^^. Sa teinte varie notablement selon que les graine 
ont été plus ou moins soigneusement mondées de leu 
testa crustacé. Si le mondage a été complet, le tourteavl 
est d'un blanc sale ou gris ; si les graines n'ont pas été! 
soigneusement décortiquées, . le tourteau est plus oal 
moins nuancé de mouchetures grises ou brunes qail 
peuvent faire varier sa teinte du gris au brun. La cas*l 
sure de ce tourteau est généralement rugueuse, lameUJ 
leuse, assez irrégulière; il se désagrège assez facilement 1 
dans l'eau. 

La qualité courante est celle que Ton obtient en mélan- 1 
géant, lors de la deuxième pression, les coques séparées 
aux tourteaux provenant de la première pression. Le 
tourteau ainsi obtenu est d'un brun noirâtre ou gris noi- 
râtre, à structure lamelleuse, assez dur quand on l'exa- j 
mine à la loupe ou même à l'œil nu, et présente, au l 
milieu d'une gangue grise ou noirâtre, une multitude 

~ (1) Joum. de Pharm. et de Chim., XVII, p. 361. 15 avril 1903. ~ 



— 423 — 

idébris du testa, qui offrent une teinte différente selon 
k^variété des graines employées et selon que les frag- 

ts se présentent sur leur face convexe ou sur leur 

concave. Quand on fait bouillir ce tourteau dans de 
M alcalinisée, celle-ci prend rapidement une teinte 
rune. 

La troisième qualité est un tourteau repassé qui a été 
lité au sulfure de carbone. Il affecte des apparences 
h variables. Tantôt il est constitué par une poussière 
fossière d'une teinte grise, formée d^éléments de 
hrerses grosseurs parmi lesquels on distingue des frag- 
lents plus ou moins volumineux de la coque : tantôt il 
ità peine pulvérulent et constitué par un mélange de 
oques de ricin brisées ayant conservé leur teinte natu- 
A\t et de débris volumineux aplatis, blanchâtres ou 
pisâtres de Tamande qui a été soumise à une pression 
lodérée. Ce produit semble être composé de graines de 
icin qui auraient été grossièrement coutusées et faible- 

i comprimées, puis traitées par le sulfure de car- 
Dans ce mélange de coques et d'amandes, on 
Mroave parfois des graines entières simplement écra- 

ou déformées. Sous ce dernier état, le tourteau de 
kin est très facile à distinguer et ne peut être con- 
bndu avec aucun autre. 

Caractères mcroseopiques. Pour examiner le tour- 
teau de ricin au microscope, il suffit d'en prélever une 
tertaine quantité, en certains points de la masse, et de 
^Cûre bouillir dans l'eau alcalinisée les parcelles ainsi 
Tianies. On décante avec soin Teau qui surnage 
le tourteau, on lave le dépôt à grande eau jusqu'à ce 
^Be celle-ci soit tout à fait limpide, puis on examine 
successivement au microscope les divers éléments inco- 
lores qui proviennent de l'amande, et les parcelles 
colorées qui représentent les débris du spermoderme. 

Dans le tourteau de première qualité qui a été pré- 
pvé avec les graines décortiquées, l'élément le plus 
^vactéristique consiste dav^ la présence des débris de 
fmeloppe interne de la graine. Ces débris (D), généra- 



i 




Prg. 3. — Elément du tourteau de riùin. 

A, enTeJoppe Ucuneuse vue de face* —al, aleuraoe. ^- alày tlbunit 
B, celltiroses en palissade Tue» de face* — C, cellules sdéraosei n. 
de profil. — C\ les mêmes vues de face. — car, cellulea d* licaf" 
cille. ^ cr, crisUuï aiguillés. — D, enTeloppo interao de la graiii 
— eœ, eco', enTeloppe des cotylédons. — m, crisUUi &n ro*&t!e, — 
i, trachée». 



i 





— 425 — 

lemeDt très minces, transparents, se reconnaîtront de 
mite à IsLpréseTiee des nombreux cristattx en rosette (m), 
[#< des houppes aiguillées [cr) qui sont renfermés dans un 
Usêu de cellules à parois presque imperceptibles^ sillonné 
par de nombretix faisceaux JUro-vasculair es [t). Les débris 
^de Talbumen n'offrent pas d'éléments de détermination 
bien nels,à moins que l'on n'utilise le caractère fourni par 
les grains d'aleurone qui contiennent un gros crislal- 
loide accompagné d'un petit globoïde. 

Il est bien rare que ce tourteau, si bien préparé qu'il 
soit, ne renferme pas de débris du testa crustacé, dont 
les éléments anatomiques compléteraient et facilite- 
raient la détermination de son identité. 

Le tourteau courant est au contraire extrêmement 
facile à déterminer à cause de la multitude des débris du 
spemioderme. En recueillant ceux-ci, qui sont toujours 
colorés, dans une capsule de porcelaine et en les lavant 
à grande eau, on arrive facilement à isoler et à caracté- 
riser les éléments qui les constituent. Ce sont (fig. 3) : 
!• Les débris de t enveloppe externe {e) nettement carac- 
' tiriêée par des cellules polygonales incrustées de cellulose^ 
mitnies de parois faiblement ponctuées^ tantôt incolores, 
tantôt remplies cTune matière colorante brune. Les cellules 
cohréessont toujoursréunies engroupesplus ou moins larges, 
2* Le parenchyme lacuneux (k), incolore, qui cons- 
titue la deuxième enveloppe de la graine. 
. 3' Les cellules scléreuses (C), qui sont toujours très 
longueSf fortement épaissies et colorées, disposées sur une 
êeule rangée et allongées dans la même direction qui est 
légèrement oblique ou incurvée, 

4"" Enfin, \^^ fragments de la caroncule [car), qui est 
formée de cellules polygonales assez larges, munies de 
parois épaisses et ponctuées. 

M. Benecke a constaté, dans la plupart des tourteaux 
de ricin qu'il a examinés, Texistence d'une très notable 
proportion d'un champignon, auquel il faudrait, 
selon lai, rapporter une partie des phénomènes toxiques 
ptoduits par ces tourteaux. Ces champignons agiraient 

Journ, ie Phûrm, ti de Chim. 0< tÉftii. t. XVII. (1*' mai 1903.) ^ 




— 426 — 

à la façon de ceux qui, végétant sur le maïs, provoquent 
raffection désignée sous le nom de Pelagre. La préseod 
presque constante de ce champignon dans le tourteai 
de ricin pourrait même, selon M. Benecke, complète 
la série de ses éléments de détermination, qui sont d^k 
tout à fait caractéristiques et des plus précis. Pour 
déceler sa présence, il recommande d'employer le pro« 
cédé suivant. 

On triture dans un mortier une cuillerée à café 
tourteau pulvérisé avec un peu d'eau de façon à obtenir 
une bouillie claire qu'on passe avec expression à tri- 
vers une mousseline dans un petit récipient. On y ajoute 
environ 10 gouttes de lessive de soude concentrée: o& 
agite, on chauffe légèrement sans faire bouillir et on 
laisse reposer. A Taide d*un tube, on porte une goutte 
du dépôt sur un porte-objet et on examine au micros- 
cope au grossissement de 400 à 600 diamètres. 

On trouve, avec des restes indistincts de cellules el 
des débris de champignons, des spores ovales elliptiques 
souvent isolées, souvent aussi groupées et adhérant les 
unes aux autres. 

Composition chimique. — Le tourteau de ricin pré- 
sente la composition suivante : 

JOHNST ON DBCU0I8 ' 

ricin d'Amérique ricin brat ricin décortiq* ♦ 

Eau 2.54 9.85 10.38 

M&tiôres grasses.. 18.20 5.25 8.75 

— azotées.. 27 20.44 46.37 

CeuTlor."^!''' î ^^•♦^ *»•** 24 

Ceadres 6.14 15.02 10.50 

Usages. — La graine de ricin, outre l'huile fixe, 
renferme un principe éminemment toxique, désigné 
sous le nom de Ricine, qui, étant insoluble dans Tbaile, 
reste dans le tourteau : aussi ne peut-on songer à utiliser 
ce tourteau pour l'alimentation des bestiaux. Chaque 
année, on signale tant en France qu'à l'étranger des ac- 
cidents mortels^survenus chez des chevaux ou des mou- 
tons à la suite de l'absorption de doses relativement 




— 427 — 

fiaibles de ce tourteau. A plusieurs reprises on a cons- 
taté aussi la mort d'un grand nombre de poissons nour- 
ris avec du pain de chènevis qui avait été falsifié avec 
da tourteau de ricin. Bien que le D"^ Buchanan Hamil- 
ton ait écrit qu'une décoction de ce tourteau donné, aux 
Indes, à des buffles, avait pour effet d'augmenter la 
quantité de lait fournie par ces animaux, cette opinion 
ne doit être accueillie qu'avecla plus grande réserve et ne 
s explique que parce que le principe toxique des graines 
de ricin et de leur tourteau serait insoluble dans Teau. 

Si le tourteau de ricin ne peut être utilisé comme 
aliment, il est au contraire très communément employé 
comme engrais. Sa richesse en azote (3,67 à 7,42) et en 
acide phosphorique (1,62 à 2,26), sa teneur en potasse 
(1,12 p. 100) lui communiquent des qualités fertilisantes. 
Aussi Temploie-t-on depuis longtemps déjà comme en- 
grais aux Indes, mélangé avec la poudre d^os pour la 
culture de la canne à sucre : dans la culture du blé, il 
est également efficace. Au Bengale, on l'utilise soit seur, 
soit mélangé avec la poudre d'os pour fumer les champs 
de pommes de terre et de bétel. A l'heure actuelle, toute 
la production marseillaise de tourteau de ricin est ab- 
sorbée par la région de Pertuis et de Cavaillon pour la 
culture des primeurs, des pommes de terre et des aulx. 
Aux Indes, on l'utilise aussi pour la fabrication du gaz 
d'éclairage et comme combustible pour les machines. 
Dans le cas d'empoisonnement par un tourteau ali- 
mentaire, l'attention de l'expert doit être éveillée par 
les propriétés toxiques du tourteau de ricin qui passe 
pour être le plus vénéneux de tous ces produits. Aussi 
devra-t-il, dans l'examen microscopique qu'il sera appelé 
à faire, s'attacher à isoler tous les éléments cornés et 
colorés en brun foncé et à examiner s'ils ne présentent 
pas les caractères si tranchés sur lesquels nous avons 
insisté. Il convient de rappeler ici que d'autres graines 
d'Euphorbiacées, telles que les graines de croton, de 
pignon d'Inde, de bancoulier soumises à la pression, 
peuvent aussi fournir des tourteaux qui sont utilisés 




— 428 — 

comme engrais, et qui ne sont guère moins ioxiques que 
■celui de ricin ; mais leur production est infiniment 
plus restreinte que celle du tourteau de ricin. Le tour- 
teau de pignon dinde, cependant, se prépare en grande 
quantité dans la région marseillaise où il est désigné 
sous le nom de tourteau de Pulghère ou Purgère. 

Si la graine de pignon dinde présente dans l'en 
semble de sa structure anatomique une grande res- 
semblance avec la graine de ricin, elle offre cependant 
quelques particularités qui permettent de la distinguer. 
Dans ces deux graines, les cellules scléreuses en palis- 
sade offrent la même disposition, la même longueur, 
les mêmes épaississements ; mais Tenveloppe externe 
du pignon dinde est toute différente de celle qui existe 
dans le ricin : elle est constituée par une rangée de cel- 
lules fort allongées dans la direction radiale et dont les 
parois épaisses et ponctuées sont fortement incrustées 
de matière colorante brune. En outre, si Tenveloppe 
interne renferme des cristaux en rosette comme celle 
du ricin, elle contient aussi des cristaux prismatiques : 
elle est dépourvue de houppes aiguillées et sillonnée par dit 
vaisseaux laticifères qu*on nobserve pas dans la graine de 
ricin. 



Examen de calculs prostatiques ; par M. Puaux, pbar- 
macien-major de l" classe. 

M. le médecin-chef de Thôpital militaire de BizeHe 
nous a remis trois calculs qu'il a retirés, à Tautop- 
sie, de la prostate d'un Arabe décédé à Thôpital. Dans 
le cours d'une longue pratique chirurgicale, il n'avait 
jamais rencontré de calculs aussi volumineux, attei-» 
gnantun poids total aussi considérable. Il aconservéles 
deux plus gros comme pièces de musée, réservant, pour 
l'analyse, le moins volumineux. 

Dans les ouvrages spéciaux que les ressources locales 
nous ont permis de consulter, nous ne trouvons aucun 
renseignement précis sur la nature de ces concrétions. 




— 429 — 

Il n en est même fait aucune simple mention, soit dans 
le Trcùté de chimie physiologiqiie de Garnier et Schlag- 
denhauffen, soit dans la collection du Journal de Phar- 
macie et de Chimie depuis Tannée 4884. Dans le Traité 
de chirurgie de Duplay et Reclus, nous ne trouvoiïs 
que quelques vagues indications. 

La publication des résultats de cette analyse nous 
parait donc présenter un certain intérêt. 

Description des calculs. — Ces calculs, au nombre de 
trois, sont blanchâtres, avec légère teinte jaune brun, 
hérissés de pointes mousses, aspect mûriforme, sauf 
une surface plane^ lisse, qui parait être la surface 
d'application sur les tissus. Ils sont sonores, et la 
partie corticale se laisse facilement rayer par l'ongle. 

La densité prise sur le moins volumineux est 
de 1,87. 

Les données numériques se rapportant à chacun 
d'eux sont les suivantes : 

N' 1 No 2 N» 3 

Poids 62.40 8,115 3,724 

Grand axe 58— 31— ai- 
Petit axe 37— 23— 10»* 

Forme pirlforme disque bombé disqueplus api. 

Composition. — L'analyse a été faite avec le calcul 
n* 3. Scié en deux, il montre des couches concentriques 
blanches, friables, se séparant facilement par la percus- 
sion : elles sont disposées autour d'un noyau central 
ellipsoïde plus foncé, ne se laissant pas rayer par Tongle. 

Les axes du noyau sont de 12""' sur 5°". 

L'analyse chimique, avec une prise d'essai de 1'% a 
donné les résul tats ci-dessous : 

Bao ; 0.090 

Cendres 0.502 

Chaux da carbonate 0. 051 

— de Toxalate 0.180 

— du phosphate 0.089 

Acide phosphorique . 078 

Magnésie 0.040 

Présence du potassium 

Ammoniaque 0.022 



1 




— 430 — 

Les résultats rapportés à 100«' de calcul correspon- 
dent sensiblement à la -composition suivante : 

Eau 9 

Oxalate de chaux 40 

Carbonate de chaux 8 

Phosphate de chaux il 

Phosphate axnmoniaco -magnésien 12 

Matière organique et potassium (par différence) 14 

La matière organique présente les réactions de l'acide 
urique, réaction de la murexide. A côté de l'acide 
urique, il nous paraît exister un deuxième corps que 
nous n'avons pas pu caractériser, la quantité de ma- 
tière dont nous pouvions disposer» n'étant pas suffi- 
sante. 

En résumé, les calculs prostatiques examinés sont 
des calculs mixtes, principalement formés des sels miné- 
raux se déposant dans les urines alcalines. Autour do 
noyau initial formé par les urates se sont déposées les 
couches concentriques des sels de chaux et de phos- 
phate ammoniaco-magnésien. 

Le noyau central, formé d'urates, contient égale- 
ment un corps à odeur élhérée que nous n'avons pa 
identifier. 



Les kinases de V intestin; entérokinase ; sécrétine; 
érepsine; par M. G. Patein. 

On admettait, jusqu'à ces temps derniers, que le sue 
m^^^^maZ ne joue qu'un rôle tout à fait secondaire dans 
la digestion, et que, s'il contient une diastase inversive, 
ainsi qu'une petite quantité à*amylase et de maltase, son 
action est nulle sur les matières albuminoïdes. Mais 
Pavloff et son élève Chépowalnikoff ont démontré 
récemment que la sécrétion intestinale intervient acti- 
vement, au contraire, dans les processus digestifs et que 
la sécrétion entérique du chien possède la propriété 
d'augmenter l'activité des trois ferments du stic pan^ 
créatiçue. Si son action favorisante est peu marquée 



— 431 — 

-à-vis de Vamylase et de la lipase, elle peut atteindre 
degré vraiment extraordinaire lorsqu'elle s'exerce 
la trypsine. Adoptant la conception d'Heidenhain 
le zymogène pancréatique et sa transformation en 
fpsine, Pavloff admet que le suc entérique exerce son 
ttion sur les sucs pancréatiques dont le ferment est 
crété sous forme de zymogène, en provoquant très 
^pidement la transformation de ce dernier en trypsine; 
] comme cette action disparaît sous l'influence de 
ÊbuUilîon, il conclut qu'elle est due à une diastase 
aur laquelle il propose le nom d'entérokinase. 
Delezenne s'est livré à un grand nombre d'expériences 
n'ont fait que confiinner les conclusions énoncées 
l-dessos. Les sucs entériques, dont il se servait, pro- 
benaient de chiens auxquels on avait pratiqué, depuis 
llosieurs mois, l'isolement d'une anse duodénale ou 
|éjunale; ajoutés à des sucs pancréatiques de chien qui, 
déme à forte dose, n'agissaient pas sur la fibrine ou sur 
gélatine, ils communiquaient à ceux-ci la propriété 
î digérer les albuminoïdes en quelques minutes et 
il'attaquer rapidement l'albumine d'œuf. Le principe 
f de ce suc entérique est déjà sensiblement atténué 
un chauffage d'une demi-heure, à 60"*; chauffé à 
, pendant le même temps, il perd la plus grande 
rtie de son activité, et à 70 et 75"", il est complète- 
détruit. C'est donc bien une diastase qu'on 
Ipent, d'ailleurs, isoler par la méthode générale d'en- 
Itrainement des ferments solubles et conserver à l'état 
sec, après purification et précipitation par l'alcool. 
C'est alors un produit capable de manifester son action 
.favorisante sur le suc pancréatique à des doses extraor- 
dinairement faibles ; de conférer, par exemple, un pou- 
voir digestif, très manifeste, à du suc pancréatique 
inactif, lorsqu'il est ajouté à ce dernier, à la dose de 

moins de -^ de milligramme pour iO'^"* de suc. 

Celte diastase, cette entérokinase se fixe, avec facilité, 
sur la fibrine et celle-ci peut débarrasser la sécrétion 



— 432 — 

intestinale de toute la diastase quelle contient. Siloiij 
transporte, dans un suc pancréatique inaetify de Itj 
fibrine ainsi plongée, pendant quelque lemps, dans du.! 
suc intestinal et lavée ensuite à grande eau, cette fibrine] 
se digère sans retard. La digestion s'opère également, : 
si la fibrine, impressionnée par l'entérokinase, puisj 
transportée, pendant quelque temps, à la glacière, daos^ 
du suc pancréatique, est mise, après un nouveau' 
lavage, à Tétuve, dans une solution de carbonate de- 
soude à 0i^%5 p. 100. Il est permis d'admettre que la : 
fibrine, en s'emparant de Tentérokinase, subit une 
sorte de mot^dançage qui lui permet de fixer également 
la diastase protéolytique du pancréas et d'être ainsi 
digérée. Delezenne établit un parallélisme étroit entre 
Faction conjuguée de la trypsine et de la kinase et celle 
de Talexineet du fixateur (sensibilisatrice) des sérums 
bactéricides ou cytotoxiques. Dans les deux cas» on se 
trouve en présence de deux diastases inactives, lors- 
qu'elles sont employées isolément, mais qu^il suffit de 
réunir pour obtenir, d'un c6lé y \a.protéoly se; de l'autre, 
IdL bactériolyse ou la cytolt/se; et on peut considérer l'en- 
térokinase comme un homologue de la substance (fixa- 
teur de Metchnikoff, sensibilisatrice de Bordet, ambo- 
cepteur d'Ërhlich) qui donne aux sérums des animaux 
préparés leurs propriétés spécifiques. On peut égale- 
ment rapprocher l'action complémentaire de l'entéro* 
kinase sur la sécrétion pancréatique de l'action com- 
plémentaire de Vacide chlorhydrique sur la sécrétion 
stomacale et particulièrement sur la pepsine. 

Les premières expériences relatives à l'entérokinase 
avaient été faites sur le chien; Delezenne les a étendues 
aux autres vertébrés et a montré que le suc intestinal 
d'une espèce animale déterminée, celui du chien par 
exemple, est non seulement capable d'activer le suc ou 
les macérations pancréatiques des animaux de même 
espèce ou d'espèce voisine, mais encore d'espèces très 
éloignées, et cela, souvent à un plus haut degré que ne 
le fait le suc entérique correspondant. Quant à la distri- 



r 



— 433 



bntion et Torigine de Fentérokinase, Texpérience 
Bontre que, chez ie chien, la muqueuse intestinale est 
particulièrement riche en kinase, dans la portion duodé- 
lojéjunale ; la muqueuse de la première partie de Tiléon 
sn contient déjà beaucoup moins, et Textrémîté infé- 
fîeare de l'intestin grêle en est presque dépourvue. 
Poussant Tinvestigation plus loin, on voit que ce sont 
lis follicules clos de l'intestin qui interviennent le plus 
bergiquement dans la production de la kinase; la 
macération des plaques de Peyer dans Teau chloro- 
formée se montre des plus actives. Il convient 
d'ajouter qu'en dehors de l'intestin, les ganglions lym- 
phatiques et les leucocytes eux-mêmes fournissent une 
diasiase présentant des caractères et propriétés des plus 
identiques avec ceux de Tentérokinase; et différents 
ex(>érimentateurs ont pu vérifier que l'afflux provoqué 
de leucocytes et Thyperbémie physiologique de la 
digestion produisaient l'augmentation, dans la mu- 
Iqoeuse intestinale, du pouvoir favorisant de la digestion 
jtrypsique. Même in vitro, l'action des leucocytes, des 
; exsudais sur le suc pancréatique est qualitativement 
comparable à l'action favorisante de Tentérokinase, 
ipoique bien inférieure çuantiiativement. Les microbes 
également sécrètent des ferments solubles, ayant les 
mêmes propriétés que l'entérokinase et pouvant con- 
férer à des sucs pancréatiques inactifs une action 
digestive évidente de l'albumine. 

L'entérokinase n'est pas le seul corps d'origine intes- 
tinale exerçant une action sur le rôle du pancréas. 
Tandis que cet organe, sous l'influence de certains 
composés, la pilocarpine par exemple, sécrète, chez 
! l'wimal à jeun, un suc pancréatique protéolytique et 
contenant, par conséquent, de la trypsine^ il sécrète, 
an contraire, chez les mêmes animaux, ayant reçu une 
injection adde dans le duodénum, un suc à peu près 
ûénné d'action protéolytique, mais recouvrant immé- 
diatement celle-ci sous Tinfluence de suc intestinal ou 
4'titrait aqueux de la muqueuse de l'intestin grêle. 



— 434 — 

Pavloff donnait, pour cause de celte sécrétion, 
action réflexe due à la présence de Tacide dans le dw 
num ; en réalité, cette action, si elle peut être accepi 
ne paraît qu'accessoire. En effet, Bagliss et Slarlii 
ayant fait macérer la muqueuse de l'intestin grêle d'i 
chien à jeun dans de l'eau acidulée par l'acide chlorh] 
drique, ont obtenu un extrait qui, injecté dans ui 
veine, détermine immédiatement une sécrétion pj 
créatique abondante, non protéolytique, mais le dei 
nant par l'addition de suc intestinal; ]a nature 
l'acide paraît secondaire et on obtient les mêmes réi 
tats avec les aeideè nitrique^ sulfurique^ phoèpi 
rique^ etc. Les injections intraveineuses de sucinl 
tinal ne provoquent pas un tel effet sécrétoire ; il s'< 
suit que le liquide qui provoque cet effet, à la suil 
d'injection ou de macération duodénale acide est diff< 
rent du suc intestinal et doit cette propriété à un cq\ 
qui a reçu le nom de aécrétine^ différent de l'entérol 
nase et ne paraissant pas résulter d'une transformàtioa^ 
de cette dernière par les acides. D'ailleurs, entre le swi 
intestinal et cet extrait acide de muqueuse intestinale, 
il y a encore cette différence importante que celui-â 
peut être neutralisé et bouilli sans perdre son efficacité. 
Si donc l'entérokinase et la sécrétion ont une origine 
commune, l'intestin, elles sont entièrement indépen» 
dantes l'une de l'autre et peuvent exister l'une sans 
l'autre; la sécrétine ne dépend que de la transformation 
de prosécrétine sous l'influence des acides. Cette prosé- 
crétine est un produit de la vitalité propre de certaines 
parties de la muqueuse intestinale; on la rencontre 
même dans l'intestin du fœtus, à savoir, dans un intes- 
tin oii aucun aliment n'a encore pénétré. 

Cette prosécrétine se transforme en sécrétine sous 
certaines influences, en particulier celle des acides; 
mais la sécrétine produite, au lieu de se verser dans, 
l'intestin, est entraînée par les voies circulatoires^ se rend 
ainsi au pancréas et provoque la sécrétion de suc 
inactif, par lui-même, sur les matières albuminoïdes. 




— 435 — 

lia sécrétine n'agit pas seulement sur le pancréas; 
|b est capable d*exercer son action sur le foie et de 
(DToquerune accélération, très notable, de la sécrétion 
^re; sur les glandes salivairea elles-mêmes et de 
JDvoqaer une sécrétion de salive en rapport avec la 
lerétion de suc pancréatique. 

A côté de Tenlérokinase et de la sécrétine, il y a lieu 
\ meniionneT Y érepsine, diastase isolée par 0. Con- 
^m de la muqueuse intestinale des mammifères, tout 
[fait incapable d'attaquer l'albumine ou la fibrine, 
bis transformant, avec une très grande activité, la 
Iptoneet les albumoses en produits de désintégration 
pDs simples, en produits cristallisables. Les solutions de 

Btone, soumises à l'action de ce ferment, ne donnent 
8 la réaction du biwet et contiennent les mêmes 
jloduits que ceux qui se forment dans Thydrolyse * 
|m matières albuminoïdes par les acides : ammoniaque, 
Ddesamidés, bases bexoniques,cystine, etc. L'érepsine 
iste également dans le suc intestinal pur, mais en quan- 
(beaucoup moindre quedansla muqueuse, ce qui per- 
etde la considérer comme un ferment endocellulaire 
lont l'action s'effectue dans l'épaisseur de la muqueuse 
btestinale, au moment de la résorption des peptones. 
! Quoiqu'elle soit incapable d'attaquer la fibrine et 
"albumine, l'érepsine détruit assez facilement la caséine 
fa lait. Elle n'existe pas non plus exclusivement dans 
Mûtestin des mammifères. Delezenne et Mouton ont 
ppalé sa présence, ou celle d'un corps analogue, dans 
fcs champignons basidiomycètes ; ils avaient déjà ren- 
j^W, chez quelques-uns de ceux-ci, une diastase 
toalogue, sinon identique, à l'entérokinase. 
I Dastre et Stassano se sont livrés, sur les sucs pancréa- 
!j<pe et intestinal, à un certain nombre d'expériences 
ijoûlils ont déduit les conclusions suivantes : D'abord, 
«mélange de kinase et de suc pancréatique inactif joe?rrf 
l^J^^riétéêprotéoly tiques, après cinq heures de con- 
«ct, à la température de Tétuve s^iln*y a pas d'albumine, 
«corp«(i digérer en présence\^\x contraire, ce contact 



n 



— 436 — 



n'a pas d'effet destructif, s'il y a un corps à digéra 
Cherchant ensuite l'explication de la résistance dessai 
intestinaux aux ferments protéolytiques de la digei 
tion, ils ont reconnu que les ascarides et les \9Jil 
contenaient une antikinase^ capable de neutralii 
Tentérokinase et d'empêcher celle-ci de rendre prolé( 
lytique le suc pancréatique inactif. 

Les données précédentes ont conduit Dastre et S' 
sano à un procédé d'essai des trypsines et sucs pan 
créatiques du commerce. Ils partent de ce princip 
que la valeur d'un suc artificiel quelconque, prodi 
expérimentalement ou artificiellement, sera d'autaa 
plus grande qu'il s'approchera davantage d'exercer i 
actions qu'exerce le suc naturel. Or, ces propriété 
sont au nombre de deux: il digère complètement I( 
cubes d'albumine dans un intervalle de douze à dix-hui 
heures; il est entravé, plus ou moins complèlemeot 
par la macération detaBuias ou d'ascarides. Pourappr* 
cier la valeur d'un produit commercial, on fera doi 
deux tubes : l'un, qui contient la substance additionna 
d'un cube d'albumine; lautre, contenant la substance, 
le cube d'albumine et quelques gouttes de macératioo 
de taenias ou d'ascarides. On met à l'étuve. La digestiop 
doit se faire complètement entre douze et dix-huit 
heures, dans le premier tube; elle doit être p' 
ou moins complètement empêchée, dans le second. 

A notre époque d'opothérapie à outrance, ce mode de 
thérapeutique devait fatalement profiter de l'élude do 
suc inteslinal; l'extrait intestinal a été essayé et parait 
avoir donné de bons résultats contre la constipation..- 
et même contre la diarrhée, jouant ainsi un rôle remar- 
quable, comme régulateur des fonctions de l'intestin. 
Cet extrait a été administré par la bouche, mélangea 
des aliments ou par la voie sous-cutanée. On a préparé, 
pour ce dernier mode d'administration, une macération 
glycérinée, suivant la méthode de MM. Brown-Séquatd 
et d'Arsonval, macération qui est ensuite étendue d'eau 
salée physiologique. 



— 437 — 



REVDE8 



une nouvelle méthode de titrage des iodures 
s;parM.P. Felgenauer (1). — L'auteur estime que 
[diverses méthodes detitragequi consistent à oxyder 
lure alcalin par un excès de permanganate de potas- 
i et à doser l'excès de ce dernier par une solution 
lyposulfite de sodium ne donnent pas des résultats 
exacts ou toujours concordants. 
. méthode qu'il préconise est la suivante : 
[i*Uiodure alcalin est transformé en iodate par un 
ces de permanganate de potassium, 

Kl + 2KMnO« + H«0 = KI03+ 2Mn02 -f 2K0H. 

jOa dissout 0«',0774 de Tiodure à essayer et 0*',50 de 
rbonate de potassium dans 200*^"' d'eau; on verse 
i dissolution chaude dans une autre dissolution éga- 
lent chaude de 0^%20 de permanganate de potassium 
kns 100^*' d*eau, et on porte à Tébullition ; le liquide 
bit rester coloré en rouge. L'addition du carbonate de 
E>tassium a pour but d'empêcher qu'il ne se précipite 
Repartie de l'iode de Tiodate sous forme d'iodate man- 
Deax Mn(IO')* qui est insoluble. 

Pour détruire l'excès de permanganate, on ajoute 

la liqueur ci-dessus, portée à TébuUition, un peu 

ralcool, jusqu'à ce qu'elle soit complètement décolorée ; 

fn laisse refroidir, on filtre, et on fait un volume de 

3*0n prend lOO*"* de laliqueur, ony ajoutedel'iodure 
le potassium, puis on la rend légèrement acide au moyen 
Tacide sulfuriqne étendu. L'acide iodique et l'acide 
odbydriqae mis en liberté réagissent l'un sur l'autre 
ta donnant de riode suivant les réactions bien connues : 

KIO> + 5KI + SiSO^H* = HI03 + 5HI + 3S0*K». 
HI03 + 5HI =61 4 3HS0. 

il) P. Fblobnaubr. Bine laicht ausfiir bare und genaue Melhode 
lAlkaliodid la Utriren (Phat^maceutische Zeilung, t. XLVU, p. 988). 



— 438 — 

L'iode reste dissous à la faveur de Texcès d'io 
alcalin, on le dose avec une solution titrée d*hyposu 
de sodium. 

Mais la quantité d'iode trouvée représentant 6 i 
celle qui a été transformée en iodate, il faut, pour an 
le titre de Tiodure que Ton veut doser, diviser par 61 
résultats obtenus. 

D'après Tauteur, cette méthode permet d'opérer 
seulement en présence des chlorures et des bromo 
alcalins qui ne sont point oxydés par le permangana 
mais encore en présence des corps organiques ou 
substances réductrices ; il faut simplement, dans 
dernier cas, employer une plus grande proportion i 
permanganate de potassium. 

Ë. L. 

Sur un carbonate de potassium arsenical; 

M. C. E. Carlson (1). — L'auteur a trouvé dans leçon 

merce un carbonate de potassium très blanc, titi 

90 p. 100, qui renfermait une forte proportion d'arsenid 

Comme ce sel tire en partie son origine du suint de| 

moutons^ et que ces animaux peuvent avoir été s 

mis à un traitement arsenical, il estime que les pha 

macopées devraient introduire la recherche de l'a 

nie dans Tessai du carbonate de potassium brut. Il a ( 

devoir attirer l'attention sur ce fait, en raison dej 

emplois multiples du carbonate de potassium bri 

(bains, usages domestiques, etc.). 

E. L. 

Recherche qualitative et quantitative du plomb e 
d'autres métaux lourds dans les eaux par un procédi 
simple et rapide ; par M. G. Frerighs (2). — L'auteur i 
observé que lorsqu'on filtre sur du coton des liquides 
qui renferment à l'état de combinaisons soiubles des 

(1) c. E. Pharmaceutisc/u Cenlralhalle, t. XLIII (Neui Folft. 
t. XXIII). p. 717. 

(2) G. Frbrichs. Ein einfaches Verfahren zum Nachweis nnd ^\ 
qaantitativea Bestimmung von Blel und anderen Schwer meUHeflùB 
Wasser [Apotheker Zeitung, t. XVII, p. 884). 



— 439 — 

Itaax tels que le plomb, le cuivre, le fer, alors même 
le la proportion de ces métaux serait assez faible pour 
^*ils ne puissent être décelés directement, ces métaux 
JK>nt intégralement absorbés par le coton. La cellulose 
loue ici le même rôle que le charbon vis-à-vis de cer- 
iaîns sels métalliques dissous. La solution filtrée sur le 
coton est complètement dépouillée de métal si la filtra- 
iion est effectuée lentement, et si la colonne de coton 
A suffisamment longue. 

Pour les analyses qualitatives, on dissout la combi- 
aison insoluble fixée sur le coton au moyen d'un 
^acide approprié, on évapore à siccité, on reprend par 
\VeBX) bouillante ou par Teau acidulée et, après avoir 
ainsi rassemblé le métal sous un petit volume de disso- 
lation, on peut le caractériser directement par ses réac- 
tifs habituels. 

Pour les analyses quantitatives, on fait passer len- 
tement 15 à 20"' d'eau à travers un appareil formé 
d'une série de cinq petites allonges en verre placées 
: verticalement les unes au-dessus des autres; les deux 
premières renferment 5«' de coton, les deux dernières 
2*' : en opérant lentement (2 heures pour 16"' d'eau), le 
métal est absorbé presque entièrement par les deux 
premières allonges. Le coton est épuisé avec de l'acide 
chlorhydrique concentré, puis avec deTeau bouillante; 
on continue l'opération comme pour l'analyse qualita- 
tive.Dans la dissolution, on dosele plomb sous forme de 
sulfate, le cuivre et le fer (s'ils sont en trop petites 
({uanlités) par des méthodes colorimétriques. Dans 
toutes ces opérations, il faut vérifier que le coton dont on 
\ se sert ne se colore pas par immersion dans une solu- 
tion d'hydrogène sulfuré. Il faut aussi filtrer préalable- 
I ment sur des filtres d'amiante Teau sur laquelle on 
I opère, pour arrêter les métaux qui pourraient être en 
I suspension. 

L'auteur a contrôlé l'exactitude de sa méthode dans 
j le cas du plomb, en réduisant à 20^"^ un volume d'eau 
^gal à celui qu'il avait fait passer sur le coton (16'^% 



— 440 — 

et en dosant dans chaque cas le plomb sous forme t 
sulfate. Il a pu déceler sur des eaux ayant séjour 
dans des conduites en plomb une proportion de met 

représentantO^'/OOl dans 10'** d'eau, soit ^o ooo.ooo - 

D'aprëslui, cette propriété du coton serait susceptiUfl 
de plusieurs applications. Dans le cas du plomb: pari 
fication des eaux destinées à Tusage domestique (pi 
sont toujours amenées par des conduites de plomb. Dam 
le cas du cuivre : purification des eaux distillées daa 
des alambics imparfaitemennt étamés. Dans le cas 
du fer : enlèvement du fer entraîné par les machiuei 
hydrauliques élévatoircs. 

E, L. 

Étude microscopique de papiers anciens ; par M. Ei 
Hanauser (1). — L'auteur insiste sur rimportance coih 
sidérable que présente, au point de vue historique et 
paléographique l'emploi des méthodes microscopiqnel 
utilisées en sciences naturelles. Il résume, à Tappui dt 
cette opinion, les résultats du plus haut intérêt obteDits' 
par J. Wiesner (2) dans Tétude microscopique de pa-i 
piers anciens provenant de TAsie et en particulier da 
Turkestan oriental. Wiesner n'a commencé Texaiaw 
des manuscrits, qui lui avaient été remis par le profes* 
seur Hoernle, qu'après avoir soigneusement étudié un 
grand nombre de matières premières susceptibles d'avoir 
été employées dans la préparation des papiers anciens. 
Les recherches microscopiques ont démontré dans ces 
derniers la présence de fibres utilisées comme textiles, 
comme le lin, le chanvre, la ramie, ainsi que la pré- 
sence de fibres brutes provenant de plantes du genre 
MoTMè et de certaines Thyméléacées. La provenance 

(1) Zar mikroskopischen Uatersuchang aller Papiere {f^hm^ 
Zeitung, XXVII, p. 118, 1903). 

(2) MLkroskopische Unteraachung aller outturkestanischer and andertf 
asiatischer Papiere nebst histologischen Beitr&gen sur inikrotkopisch«o 
PapieruntersuchaDg {Denkschr. d. math, natw^o. Klasse d. haiserl. 
Akad. d. Wissenchaft,, Vienne, LXXII, 1902). 




— 441 — 

■otanîque de certaines fibres libériennes n^a pu être 
péterminée. 

I Les plus anciens papiers arabes examinés remontent 
|k790; ils ont incontestablement été préparés avec des 
t^îiTons, mais il parait bien démontré que ce sont les 
Chinois qui, dans cette fabrication, dès les iv® etv* siè- 
^s, ont ouvert la voie aux Arabes. Les Chinois sont 
fealement les premiers qui auraient imaginé d'isoler 
ks libres textiles par macération prolongée des tissus 
^gétaux et qui auraient trouvé Tapprèt du papier au 
Vioyen de l'empois d'amidon. H. H. 

Réactions de rhéroïne ; par M. F. Zernik (1). — L'hé- 
roïne ou diacétylmorphine a déjà été le sujet d'un cer- 
tain nombre de travaux, cependant certains points 
jn'avaient pas été fixés d'une façon absolument défini- 
tive. Il y avait notamment une certaine indécision sur 
|e point de fusion exact de la base et du chlorhydrate. 
L'auteur, en partant de corps absolument purs, a obtenu 
no* pour le point de fusion de l'héroïne, 232^.233** 
pour le chlorhydrate. 

M. Zernik a repris ensuite l'étude des réactions de 
! l'héroïne; certaines de ces réactions (celles dans les- 
quelles la diacétylmorphine est saponifiée) sont com- 
munes à rhéroïne et à la morphine. Citons par 
exemple : 

La réaction d'Husemann : l'une ou l'aulre des bases 
est chauffée un quart d'heure au bain-marie en présence 
d'aciâe sulfurique; l'addition d'une goutte d'acide 
nitrique fait naître une coloration rouge violette, puis 
bleu rouge, puis orangée. 

La réaction de Pellagri : une solution d'héroïne 
évaporée au bain-marie en présence d'acide chlorhy- 
drique concentré laisse comme résidu une huile rou- 
geàlre : cette huile est d'abord reprise par l'acide 
chlorhydrique dilué; on ajoute du bicarbonate de soude 

(I) Zur Nachweij des Uevoim. lierichle der deutsche Pharmaceutische 
GtteUêchafi, 1903, p. 63. 

JtmrtL de Pkarm. et de Ckim, »• sArib, t. XVII. (l" mai 1903.) ^9 



— 442 — 

jusqu'à réaction faiblement alcaline, puis deux gouUi 
d'une solution alcoolique étendue d'iode : il se fora 
une coloration verte et le liquide agité avec l'élb 
colore ce dissolvant en rouge pourpre. Avec la mo 
phine, la réaction est identique. 

Le réactif de FrOhde (acide sulfurique contenant ai 
trace diacide molybdique) colore également l'héroïne 
la morphine; avec cette dernière base la teinte initia 
est plutôt violette, avec l'héroïne la coloration tire si 
le rouge. 

Les propriétés réductrices sont moins marquées di 
l'héroïne que dans la morphine; cependant les dei 
bases réduisent la solution ammoniacale de nitral 
d'argent et le nitrate de bismuth. L'héroïne, contrair< 
ment à la morphine, ne réduit pas l'acide iodique; 
même le mélange ferricyanure de potassium et per 
chlorure de fer ne donne qu'au bout d'un certain temp 
un précipité bleu de turnbuU, dans le cas de 
diacétylmorp hine . 

Les réactions suivantes différencient les deux corps 

l"" L'héroïne, dans laquelle la fonction phénoliqa 
de la morphine est éthérifiée ne se colore plus en blei 
par le perchlorure de fer; 

2^ Une trace d'héroïne traitée par quelques goutte 
d'acideazotique de densité 1,4 (acide azotique à 65 p. 100 
se dissout en donnant une liqueur jaune ; au bout d( 
quelque temps, de suite si on chauffe légèrement, 
se développe une coloration bleu vert, partant di 
centre vers le bord du liquide; cette coloration 
bientôt et devient finalement jaune. Cette réaction, duc 
à M. Zernik, est caractéristique et rien d'analogue n'es! 
observé avec la morphine ou la codéine. 

3"" Enfin, ainsi que l'a indiqué Goldmann, si on chauffer 
une petite quantité d'héroïne avec l'acide sulfurique 
étendu et de Talcool, il se développe bientôt une odeur 
d'éthcr acétique. 

Ces deux dernières réactions permettront facilemcD* 
de déceler la diacétylmorphine. H. C. 




— 443 — 

Dûiage de Tacide ^-oxybutyrique dans rorine ; par 
li. Dabiistaedt£R '(1). — Les méthodes indiquées jus^ 
l^'ict pour doser dans l'urine Tacide ^«oxybutyrique 
CB**CHOH-CH*-CO'H reposent sur la propriété qu'il 
^ssède de tourner le plan de polarisation de la lumière 
fokrisée« Elles seraient toutes inexactes ou trop ion- 
nés et l'auteur propose de leur substituer un procédé 
hùié sur le dédoublement que subit l'acide ^«oxybu- 
iyrique au contact des acides concentrés : on sait qu'il 
le produit alors de l'acide oc-cro tonique suivant la réac- 
tion : 

CH»— CH0H-CH»-C0«H « CH3— CH = CH— 00«H-hH«0. 
Aoide p-oxybatyriqQA Âeide erotoniqae 

Or, Tacide crotoniqueboutà 181'' et il serait facile de 
leséparer delà petite quantité d'acides gras, que ren- 
ferme l'urine» par simple chauffage h 160^ 

Mode opératoire. — On alcalinise par le carbonate de 
soude lOO**"* d'urine et Ton évapore presque à siccîté. On 
dissout le résidu dans ISO*^"»'* à 200*^"' d'acide sulfurique 
150 ou 55 p. 100 et Ton distille. Le ballon distillatoire 
est muni d'un entonnoir à robinet par, lequel on intro- 
duit de l'eau goutte à goutte pour remplacer l'eau qui 
distille. On recueille ainsi, en 2 heures ou 2 heures 1 /2, de 
300^ à 350*="' de distillât. Celui-ci est alors épuisé 
deux ou trois fois avec de Téther; on évapore Téther 
etToQ chauffe le résidu au bain d'huile à 160"^ pour 
chasser la petite quantité diacides gras qu'il renferme. 
Ouïe dissout alors dans 50*^"*' d'eau, on filtre pour éli- 
miner quelques impuretés, telles que du crésylol, qui 
se sont précipitées et l'on titre ; l'acide crotonique au 
moyen d'une solution déci-normale de soude. lOO*'*' de 
cette solution correspondent à 0*%86 d'acide crotonique, 
c*est-à-dire à 1«',46 d'acide ^-oxybutyrique. 

Ce procédé de dosage serait fort exact. 

M. G. 

(1) Die quantitatÎTo Beslimmung des ^-oxybuttorsaeare im, Harn 
{Hoppe Sêgkr'ê Zeiischrifl /• physiùl. Chtm., t. XXXII p« 355, 1903;. 




— 444 — 

Sur la nature des produits qui se forment dansTactiot 
de l'iode sur les albuminoïdes ; par M. Schmidt (1). — 
L'auteur a montré antérieurement (2) que Tiode, en réa* 
gissant sur les albuminoïdes dissous dans l'eau, amène 
leur dédoublement avec formation d'acide iodhydriqoe 
et d'acide iodique. Il se produit en outre de l'acide car» 
bonique, de l'iodoforme, les acides acétique et formique: 
enfin on observe toujours la formation d'un phénol 
iodé que l'auteur croit être la paraiodopyrocaléchine. 

La production de ces composés commence dès 3?;, 
elle s'accroît avec la température, et Tauteur pense qu'ff 
faut la rattacher à l'oxydation de la tyrosine, qui fait- 
partie de la molécule albuminoïde. Les proportioDf 
relatives de ces divers produits de dédoublement cor», 
respondent en eifet, à peu près, à la transformation de 
la tyrosine d'abord en pyrocatéchine iodée et alanioe, 
puis à la destruction consécutive de celle-ci en acide 
carbonique, acide iod hydrique, iodoforme, acides for 
mique et acétique suivant les réaclions : 

. I. C6H*(0H)-CHa— (;H(AzH«)— C02H+H«0+2I = 

Tyrosine 

C«H3(0H)2 . 14 CH3 -CH— CH( AzHS)-C02H -j- HI 
p.iodopyrocatéchine Alanine 

II. 6CH3-CH(AzH«)— C0«H+6I+9H«0 

AUniiio 
= AzH<108+5AzHn+6CH3--CH(OH)— CQîH 

Ac. lactique 

III. 2CH3-CH(OH)-CO»H+ 12I+2H20 

Ac. lactique 
= 2C03+9HI+CHI3 +C02H« +C2H*02. 
Ac. formique Ac. acétique 

Si l'on prolonge suffisamment l'action oxydante de 
l'iode sur la vitelline du jaune d'œuf, on arrive à «ne 
destruction profonde de la molécule avec formation de 
phénol, de paracrésol, d'acide benzoïque et d'acide hip- 
purique. M. G. 

(1) Zur Kenntnis der lodirungs producte der Albumlnstoffe {Hoppe 
Seyler's Zeitschri/t f. pkysiol. Chem., t. XXXV, p. 386, et t. XXXYI, 
p. 343), 

(2) Journ, de Pharm. et Chim., 6« série, t. XV, p. â91 et 293. 



m? ^ 



~ 445 — 



ACADÉMIE DES SCIENCES 



Séajice du 30 MARS 1903 IC. R., t. CXXXVI). 

— Sur V affinité à basse température ; réactions du Jluor 
Hquide à — 187**; par MM. II. Moissan et J. Dewar 
(p. 785). — L'affinité du fluor liquide à —187** est 
UDcore assez puissante pour enflammer, sans le secours 
iîaucune énergie étrangère, le soufre, le sélénium, le 
phosphore, l'arsenic; pour décomposer violemment 
)|irec incandescence Toxyde de calcium, enfin pour 
donner avec Tanthracène un véritable mélange 
explosif. 

— Sur les alcoyl- et acylcyanocamphres et les éthers 
deoj/lcamphocarboniques. Influence de la double liaison du 
noyau renfermant le carbone asymétrique sur le pouvoir 
rotaioire de la molécule ; par M. A. Haller (p. 788). — 
Les éludes poursuivies sur les camphres cyanoalcoylés 
et cyanoacylés ont conduit à les représenter sous les 
deux formes cétonique et énolique, cette dernière com- 
portant une double liaison dans le noyau du camphre. 
Celle double liaison produit une exaltation du pouvoir 
rotaloire nettement accusée dans tous les dérivés énoli- 
ques, comparativement aux dérivés cétoniques corres- 
pondants. 

— Sur un calculateur mécanique appelé Arithmo^ 
frapk; par M. Troncet (p. 807). — Description d'un 
«ppareil destiné à efl^ectuer mécaniquement toutes les 
opérations arithmétiques. 

^ Action de V hydrogène sur les sulfures d^arsenic en 
présence d'antimoine et sur le trisulfure d'antimoine en 
frémce darsenic; par M. H. Pélabon (p. 812). — Con- 
clusions:!* L'antimoine déplace complètement Tarsenic 
ie ses sulfures si les deux corps sont liquides; 2** le 
gaz hydrogène, chauffé en présence du sulfure d'anti- 
tttoine et d un mélange d'arsenic et d'antimoine, forme 



^ 



— 446 — 



de l'hydrogène sulfuré, dont la proportion croît vm 
celle de l'arsenic dans le mélange. 

— Sur r acide pyrophosphoreux P'O'H*; par M. V. Ac- 
GER (p. 814). — Se prépare par l'action de PO'fl* sur 
PCP en excès. Fond à 38*", très déliquescent ; au contact 
de l'eau, se transforme immédiatement en PO'H*. 

— ' Action du phoêgène sur les combinaisons orgatamor 
gnésiennes mixtes; par M. V. Gbignakd (p. 815). —Il M 
forme l'alcool secondaire R\ CHO H, l'alcool tertiain 
R^ COH, quelquefois accompagné de son produit dl 
désbydration ; mais on n^obtient pas de cétone. 

-*- Nouvelles recherches sur la décomposition des aeidtê 
organiques; par MM. Oechsner de Coningk et RirsACt 
(p. 817). — Un certain nombre d'acides organiques ont 
été traités à 300"" par un grand excès d*acide sulfuriqoi 
ou de glycérine. Quelques-uns résistent, d'autres soat 
décomposés avec perte de CO*. 

-* Constitution des nitrocelluloses ; par M. Lâo Yignoi 
(p. 818). — Les nitrocelluloses, réduites en liqueur acidi 
par FeCP, donnent de roxycellulose ; la cellulose M 
différencie ainsi de la mannite et autres alcools poly* 
atomiques analogues. 

— Sur les composés azotés que contient la terre arabU; 
par M. G. André (p. 820). — Voir un prochain numéro 
de ce Journal. 

— Les défenses de Vorganisme chez les nouveau-m; 
par MM. A. Charrix et G. Delâmàrre (p. 829). — Cbei 
les nouveau^nés, soit au niveau des portes d'entrée, 
soit dans les viscères, les conditions de la résistance 
aux agents pathogènes sont défectueuses à plusieurs 
égards ; il n'est donc pas surprenant de constater à cet 
âge, relativement à une série de processus morbides, 
un certain degré de fréquence et de gravité. 

— Influence de Vétat chimique sous lequel on prés^ 
un élément à l'organisme^ sur la rapidité du passage de cet 
élément dans le sang ; par M, A. Mouneyrat (p. 832). — 
Le sang des chiens qui avaient reçu de l'arsenic soss 
forme minérale (arsénite ou arsémato de soude) renfer* 



— 447 — 

Jt deux fois plus d'arsenic que le sang de ceux qui 
aient reçu ce métalloïde, sous forme organique 
léthylarsinate de soude). 

Séance du 6 avril 1903 {C. 22., t. CXXXVI). 

[^ Anophèles et paludisme; par M. A, Lavsran 

853). — Voir un prochain numéro de ce Journal. 
[— Sur les changements de couleur qu^éprouvent les 
res mercuriques aux diverses températures; par M. D. 
; (p. 889). — Les deux variétés de HgP se com- 
ty sous Tinfluence des réfrigérations les plus éner- 
Iques, comme le feraient deux corps différents, et 
fodure rouge quadratique ne se transforme pas en 
inre jaune orthorhombique. Elles présentent destein- 
de plus en plus claires à mesure qu'on les refroidit. 
Sur les dérivés de V acide plombique ; par M. A. Col- 
i^N (p. 891). — La réaction du chlore sur les sels de 
lomb en liqueur acide parait se faire conformément à 
équation : 

2Pb(C«H«0«)« + CP = PbCl» H- Pb(C«H»0«)* 

— Sur une préparation du sulfure de zinc et du sulfure 
\eadmum cristallisés; par M. G. Yiard (p. 893). •** On 
il passer au rouge» sur du protosulfure d'étain, de la 
ftpeur de chlorure de zinc ou de cadmium diluée dans 

\ gaz CO». 

-^ Action des bases alcalino-terreuses sur les sels alca- 
ïjMhUrreux des acides pyrngallolsulfoniques; par M. M. 
|)eu6b (p. 893). — On obtient ainsi, au contact de l'air, 
m substances colorées, amorphes, dues à une oxyda- 
I et qui paraissent résulter du remplacement d'un 

orne d'hydrogène par un atome d'oxygène. 

— Cellulose nitrée; par M. Léo Vignon (p. 898). — Au 
imum de nitration de la cellulose on fixe 3AzO'^ 

ont l mol. en G^ Le dérivé nitré ainsi obtenu est un 

jlérivé Qxycellulosique. 

- Eâle des bactéries dans la production des périthèces 
Aêcobolus; par M. Moluard (p. 899). **-*La produc- 

l'ioa ds la forme ascosporée des Ascobolus exige un en- 



^ 448 — 

: semble de conditions, qui se trouve être réalisé par 
présence d'une bactérie, que l'auteur a isolée de laboai 
de vache. 

— Su?' le rôle de Voxalate de calcium dans la nutritii 
des végétaux; par M. Amar (p. 901). — Les crista 
d*oxalate de calcium rencontrés chez les végétaux doi- 
vent être considérés comme un produit d'excrétion, 

— Sur la localisation de Vesculine et du tanin clans i 
marronnier; pai* M. A. Goris (p. 902). — L'esculine 
été localisée en s*aidantde la réaction deSonnenschein: 
coloration rouge par action successive d'acide azotiqi 
et d'ammoniaque. L'esculine et le tanin se rencon- 
trent dans les mêmes éléments cellulaires. 

— Recherches sur les néphrotoxines ; par M. H. Bmwt 
(p. 909). — Voir un prochain numéro de ce Journal, 

J. B. 



SOCIÉTÉ DE THÉRAPEUTIQUE 

Séance du ii mars 1903. 

M. Vogt présente, au nom de M. A. Glaret, une note 
intitulée : Contribution à V étude des moyens propres a 
empêcher les altérations de la teinture d'iode et à modérer 
son action. 

La teinture d'iode, altérée par une conservation pro 
longée, peut, on le sait,n'être pas inoffensive. M. Claret 
a recherché un corps capable de s'emparer de l'acide 
iodique au fur et à mesure de sa formation et de donner 
naissance à des composés dont la présence ne modifie 
pas les propriétés du médicament. Le borax ou tétra- 
borate de soude répond théoriquement et pratiquement 
à ces desiderata, le métalloïde iode ne pouvant déplacer 
l'acide de la combinaison H* O'Na', et l'acide iodique, 
acide énergique, éliminant au contraire B*O^H*, selon 
la formule : B*O^Na*+2HI=2i\aI+B*O^H\ 

L'acide borique ainsi mis en liberté ne modifie en 
rien l'efficacité (de la teinture d'iode. On pourra donc 






I^parer celle-ci d'après la formule suivante, pour as- 
mirer sa conservation : 

Iode l»' 

Alcool à 90O 12 

Borax officinal 2 

Pour atténuer les effets d*une application trop forte 
de teinture d'iode. Caries a proposé d'employer le 
noDOsulfurede sodium. On obtient le même résultat en 
appliquant sur la région malade une pâte faite avec de 
îeau et de Tamidon ou, à défaut, de la farine. 

M. Lafay présente, au nom de M. Henry (deBourges), 
aa ajutage destiné à vider les ampoules dans toutes les 
seringues hypodermiques. 

M. Faure communique, d'après l'observation de 126 
malades, dont 84 ataxiques, soignés à l'Institut de réé- 
ducation motrice de La Malou en 1902, les résultats de 
la rééducation dans le traitement des troubles du mouve- 
ment. En ce qui concerne les ataxiques, on constate 
[ 32 p. 100 de succès complet. 

M. Danlos préconise deux nouvelles formules de pré- 
; pirations arsenicales classiques. 

Préférant les pilules asiatiques à la liqueur de 
I Fowler, qui est généralement moins bien tolérée par 
Tcslomac, M. Danlos remplace la formule classique des 
pilules par la suivante : 

Acide arsénleuz Ob'50 

Glycérine 3 

Poivre noir porphyrise ■. 5 

Pondre de gentiane, q. s. pour donner la consistance 
pilnlaire. 

La masse est divisée en 100 pilules. 
On fait dissoudre à chaud l'acide arsénieux dans la 
: gWcérine,puis on incorpore les poudres à la masse pilu- 
! Uire. 

I L'acide arsénieux, dissous dans la glycérine, se pré- 
sente ainsi à l'organisme dans un état d'extrême 
I division et par conséquent doit être facilement absorbé. 
En outre la dissolution dans la glycérine diminue l'ac- 
^^<^û irritante de l'arsenic sur la muqueuse de Testo- 



[. 




- 450 ^ 

mao, la glycérine rendant moins caustiques la pi 
des corps, et en particulier l'acide arsénieux, que Ton 
dissout. Enfin ces pilules restent beaucoup plus loDg^ 
temps molles et facilement absorbables que celles <fà 
sont préparées avec la gomme arabique, selon la f(»<- 
mule ordinaire. 

M. Danlos a également modifié la poudre caustiqoii 
arsenicale, destinée au traitement des cancroîdes nlcéf 
rés de la peau. Il a remplacé les substances inertes qiia 
contiennent la formule du frère Gôme et celles qui ea 
dérivent, par des substances capables de diminuer U 
douleur, souvent très vive, de ce mode de traitement 
La douleur est très atténuée par Temploi de la poudre 
suivante, délayée avec quelques gouttes d'eau pour loi 
donner la consistance pâteuse : 

Acide arséaieax porphyrisé l'' 

Chlorhydrate de cocaïne 4 

Orthoformo. , . . , ,. ^ 8 



M. Lafay rappelle que depuis longtemps, à Tl 
Saint-Louis, on fait usage de la glycérine comme exci- 
pient, en particulier pour les pilules de protoiodure. 

M. Bardet fait une communication sur le trcUtenM 
des accès d^ asthme par le pyr amidon. 

Ce succédané de l'antipyrine présente des avantages 
remarquables dans le traitement des névralgies. So» 
action se porte sur le système nerveux spécialemeat, 
ce qui explique les insuccès.que l'on a observés chez cer- 
tains asthmatiques, présentant non pas des accès d'as- 
thme pur, mais des accès à caractère asthmatique gref- 
fés sur un état local inflammatoire. 

Le pyramidon est nettement indiqué et peut (Art 
avantageusement prescrit chez tous les malades à 
asthme nerveux pur. Mais on n'aura aucun avantageàefl 
tirer, quand on aura reconnu que les accès sont com- 
pliqués de phénomènes inflammatoires ou congés^' 

Séance du 25 mars 1903. 
M, Triboulet présente un inhaUxieur en verre facile* 



l — 4l5i — 

nient stérîlisable. L'appareil a la formejd'une pipe: dans 
he fourneau on met de Touate chargée, par exemple, 

Iil'essence d'eucalyptus, dont le malade aspire les vapeurs 
far le tuyau. 
^ M. Bardet présente un siphon pour anesthéëie par le 
eklarure d'ét^le^ basé sur le môme principe que le 
«phon d'eau de Seitz. 

M. Dupont présente un appareil électrique destiné à la 
nekereAe du réjkxe lumineux, 

H. Fiessinger lit un travail intitulé : Traitement de 
t obésité avec surcharge graisseuse du cœur. 

Parmi les obèses, il convient de distinguer, au point de 
vue thérapeutique, les hypotendus et les hypertendus. 
Chez ces derniers, on obtient d'excellents résultats en 
prescrivant le régime carné, qui fait maigrir les mala* 
des et les soulage beaucoup mieux que le régime lacto- 
végétarien. Mais il faut avant tout s'assurer du bon 
fonctionnement des reins, ce que ne permettent pas 
toajours de préciser les recherches de laboratoire. Pour 
résoudre cette question, les meilleurs signes sont ceux 
qne fournit la clinique ; dès que Ja dyspnée et la cépha- 
lée se manifestent, le régime carné est contre-^indiqué. 
C'est au régime carné de Robin que l'auteur donne la 
préférence : 75 grammes de pain, environ i litre de thé, 
viandes et légumes verts cuits à Teau à volonté ; ni fari-- 
neox, ni graisse, ni sucre; les boissons chaudes facili- 
tent la digestion et calment la soif à petites doses. 

Qaand au contraire il existe de l'œdème, de rinauffi* 
sanoe rénale, le régime lacté est préférable. 

M. Mathieu présente une note sur le tympanisme aàdo^ 
mnal de cause aérophagique et son traitement. 

Le tympanisme abdominal qu'on rencontre chez de 
nombreux dyspeptiques, peut être, comme le tympa-^ 
aisme hystérique, attribué à la déglutition de l'air 
atmosphérique. M. Mathieu a observé plusieurs cas 
où il a suffi de persuader aux malades qu'ils devaient 
cesser leurs mouvements de déglutition, pour les guérir 
de leur tympanisme, 




— 452 — 

Bien des praticiens, attribuant ces accidents à deï 
fermentations gastriques, prescrivent inutilement dei 
antiseptiques variés. 

M. Bardât pense que Taérophagie est due à de véri- 
tables spasmes de la déglutition, dont la cause est sans 
doute un réflexe d'origine gastrique ; car ropium à 
toutes petites doses supprime ces accidents. 

Ferd. Vigier. 



SOCIÉTÉ DE BIOLOGIE 



Séance du 7 mars 1903. 

Sécrétine et acide dans la sécrétion pancréatique; par 
M. C. Fleig. — La sécrétion pancréatique provoquée 
par l'introduction d'acide chlorkydrique dans l'inteslia 
relève d'un double mécanisme : une action directe delà 
sécrétine normale sur le pancréas et une action réfleie 
due à l'acide en tant qu'acide. 

Procédés de coloration des protozoaires parasites du 
sang; par M. A. Laveran. — On prépare, au moment de 
s'en servir, le mélange suivant : Solution d^éosine à 
1 p. 1000, 2'°^\-<?aM distillée, 8^°»'; solution aqueuse 
d'Azur II à Ip. 100, 1*^"\ On mélange avec soin et on 
plonge dans le bain colorant la préparation de sang 
desséché et fixé à l'alcool absolu. Au bout de dix mi- 
nutes, on lave à Teau et on verse sur la lame quelques 
gouttes d'une solution de tanin à 5 p. 100 qu'on laisse 
agir deux à trois minutes, après quoi on lave de nou- 
veau et on sèche. 

Action de la peptone sur la sécrétion et Vexcrétion de la 
bile; par M. Doyen. — Si on injecte de la peptone dans 
les veines d'un chien porteur d'une fistule biliaire, la 
quantité de bile qui s'écoule par l'orifice de la fistule 
augmente considérablement. Gela tient à ce que la pep- 
tone fait contracter énergique sur la vésicule tout en 
exerçant une action d'arrêt sur la sécrétion biliaire. 

Sur la présence d*une éi^epsine dans les champignon* 



— 453 — 

tidicmycètes ; par MM. C. Dklezemne et H. Mouton. — 
outre d'une diastase analogue à V enter okinase^ il 

. possible d'extraire d*un certain nombre de ces chaoï- 

gnons un autre ferment soluble qu'il y a lieu de rap- 

[>cher de la diastase isolée par 0. Gonheim de la 

jqueuse intestinale des mammifères et à laquelle il a 
l^nné le nom d'érepsine. Celle-ci, qui est tout à fait 

capable d'attaquer l'albumine ou la fibrine, transforme 
kpendant avec une très grande activité la peptone et 
albumoses en produits de désintégration plus 

iples, en produits cristallisables. 
I Action du sérum sanguin sur la gélatine en présence du 
^loroformê; par MM. G. Delezenne et E. Pozerski. — 
l^rtains sérums sanguins qui exercent une action em- 
^chante extrêmement marquée vis-à-vis des ferments 
l'otéolytiques de la gélatine sont cependant capables 
bilaqucr eux-mêmes cette substance lorsqu'ils sont 
|outés en présence du chloroforme. Cette action, de 

ature diastasique, disparait complètement lorsque le 
ivnm a été porté à la température de 60-62'' pendant 

De demi- heure. 
L'électroly»e des salicylates comme moyen de pénétration 
Iwn salicyliçue en thérapeutique locale; par MM. J. 
Iergonié et C. Roques. — Dans les conditions des expé- 
Êiences, la pénétration de l'acide salicylique au niveau 
l'une articulation malade et au moyen d'intensités de 

Durant et d'une durée d'application très acceptables se 
dans des proportions suffisantes pour permettre 

l'utiliser couramment ce mode de pénétration en théra- 
peutique locale. 

Séance du ii mars. 

Béaction rapide et certaine de la matière colorante du 

^ng; par M. 0. Rossel. — Le réactif employé est une 

olntion préparée extemporanément d*aloine dans Tal- 

tool à 90* étendu de son volume d'eau. Pour constater 

3a présence du sang dans l'urine, on ajoute XIX à 

[XX gouttes d'acide acétique concentréà 4 à 6*^""' d'urine; 



— 464 — 

on ajoute de 6 à 8*""' d'éther sulfurique et on 
vivement. Quelquefois il se produit une émulsion ( 
fait disparaître en refroidissant le mélange ou en 
tant quelques gouttes d'alcool ; il se forme alors 
couches ; Téther acidulé se sépare et contient en 
tion les principes colorants du sang, tandis que toul 
les substances qui pouiTaient gêner la réaction 
séparées. On décante une partie de la solution étl 
et on y ajoute XV à XX gouttes d'essence de térél 
thine qui a été exposée à Taclion de l'air atmosphi 
rique et XXX à XL gouttes de la solution d'aloïne qui 
colore en rose après une à cinq minutes suivant h' 
quantité d'hématine en présence. On ajoute lemèi 
volume d'eau; celle-ci dissout le colorant quipassenti 
rouge-cerise intense. 

Modification de la méthode de Qram par ëubstituiim 
d'une solution bromo-bromurée à la solution iodoiodurk] 
ordinaire; par M. Charles Nicollb. — Cette substitih 
tion n'a qu'un intérêt théorique et ne présente aoeui 
avantage dans la pratique. 

Sur la présence du bacille cPEberth dan» Vurine dti 
typhoidiques pendant et après leur maladie; par M. H.| 
ViNCEîST. — La persistance de ce bacille dans ruriai 
après la guérison ne résulte pas d'une filtration à tra- 
vers le rein, mais de ce fait qu'il s'entretient et se cul* 
tive dans la vessie, comme en vase clos. 

Hypoleucocytose quinique ; pHr M. E. Macrel. — U 
quinine à certaines doses diminue le nombre de leuoo* 
cytes du sang; les expériences sont en faveur de l'hypo- 
thèse que si, sous l'influence de la quinine, les leuco* 
cytes deviennent moins nombreux dans la partie circu- 
lante du sang, c'est que probablement un certain 
nombre d'entre eux, devenus sphériques, sont retenus 
par les capillaires ou par les petits vaisseaux. 

Séance du 21 mars. 

Des effets antitoxiques de l'kypercàloruratiim; ptf 
MM. Edmond Lesné et Charlks Righst fils. — L'expé- 




— 466 — 

6 démontre en toute certitude que les substances 

iqnes le sont moins quand il y a excès de sel dans le 

phénomène en tous points comparable à celui 

Gh. Richet et Toulouse ont constaté, en montrant 

certains sels (le bromure dans Tépilepsie, par 

pie) étaient efficaces à dose moins élevée, quand 

y avait hypochloruration. 

MM. Charles Richet et Déjerine rappellent, à cette 
lecasion, les bons résultats qu'on peut obtenir des bro- 
iores chez les épileptiques qu'on soumet k un régime 
riimentaire non additionné de chlorure de sodium. 

Démonstration du passage dans V estomac contenant de 
fssu de V alcool étAyliqtie injecté dans le sang ; par M. N. 
fiRBHiNT. — L'intérêt pratique de cette démonstration 
cstqae, pour accélérer chez l'homme ivre l'élimination 
4e Palcool qui se fait par les poumons, par la peau, par 
les reins, et qui disparait en partie par combustion, il 
^t utile de pratiquer en outre plusieurs lavages de 
Festomac avec de l'eau pure. 

Glycosurie et hypophyse^ par MM. P.-E. Launois et 
FiERRE RoY. — Dans 16 observations d'acromégaliques 
diabétiques, accompagnées d'autopsie, il existait une 
biineur de la pituitaire ; la compression exercée par 
cette tumeur sur les parties de l'encéphale situées 
dans son voisinage peut être une cause de la glyco- 
turie. 

Généralités sur les ferments solubles qui déterminent 
thfdrolyse des polysaccharides et des glucosides ; par M. Em. 
BocRoiELOT. — Le nombre des agents connus sous le 
nom de ferments ou d'enzymes est plus grand qu'on ne 
Tavait soupçonné» et il en reste encore beaucoup à 
découvrir. Leur intervention dans les phénomènes 
naturels d'hydrolyse est soumise à des lois relativement 
«impies. 

Ejoistence de la glycérine dans le sang normal ; par 
, ». MàCRicE NicLoux. — La glycérine existe normale- 
ment dans le sang en quantité fort petite, mais variable 
I <l^us des conditions déterminées. 



i 



— 456 — 

Les gaz du sang dans Vaneètkésie par le bro 
d^éthyle; par M. Ch. Livon. — Cet aneslhésique pr 
voque, ainsi que le chloroforme, l'élher, un arrêt des] 
combustions intimes qui se traduit par une diminutioA.! 
de 00^ et une augmentation de 0. S^il y a danger; 
prolonger Tanesthésie avec le bromure d'élhyle, lei 
danger est bien moindre lorsque Ton répète les séances j 
avec intervalles pendant lesquels se produit le réveil, 1 

De Vaction hémolytiqtie « in vitro » des cultures ait 
babilles tuberculeux sur le sang de cobaye sain et de cchwfA 
tuberculisé; par MM. A. Raybaud et Ed. Hauthor5. —4 
L'hémolyse, absolument nulle avec le sang de cobayes | 
sains, se produit nettement avec le sang de cobayesj 
infectés de tuberculose. 

G. P. 



FORMULAIRE 



Formulaire des cacodylates (1). 

Pour les maladies consomplives, oii il est urgent de 
conserver l'intégrité des fonctions digestives, on em- 
ploie de préférence les injections hypodermiques. 

Cacodylate de sodium pur C^'W 

Eau distillée. ^ 100 

Alcool phéniqué X gouttes 

Chaque centimètre cube de cette solution répond à 
0^',05 d'acide cacodylique pur: chaque jour une ou 
deux injections hypodermiques de 1'°^* chacune. Ne pas 
dépasser 0^', 10 d'acide cacodylique par jour. 

{{) Bull, de Thérap., 30 mars 1903. 



Le Gérant : 0. Doin. 

PARIS. — UIPRIMBRIB P. LBVB, RUB CA8SBTTB, 17. 



— 457 — 
TRAVAUX ORIGINAUX 



^2f0U9 sur Cessai clés drogues simples [Cantharides); 
\ par M. E. Léger. 

Le Codex de 1884 ne donne aucun mode d'essai des 
^ërogaes simples. Il indique seulement que les cantha- 
rides doivent contenir O^'jSO p. 100 de cantharidine et 
Topium, séché à 100**, 10 à 12 p. 100 de morphine. La 
commission de revison de la pharmacopée a jugé qu'il 
conviendrait d'insérer, dans le nouveau formulaire légal, 
un mode d'essai pour toutes les drogues douées d'une 
certaine activité. Je me suis livré à un grand nombre 
d'expériences dans le but de comparer entre elles les 
méthodes proposées, j'ai dû souvent modifier ces 
méthodes et quelquefois en créer de nouvelles. Ce sont 
- ces expériences qui seront résumées dans cette note et 
dans celles qui suivront. Je me suis efforcé surtout de 
choisir des modes d'essai simples et rapides, faciles à 
exécuter avec le matériel restreint des laboratoires de 
pharmacie, tout en fournissant des résultats aussi 
exacts que possible. 

Cantharides. — Le dosage de la cantharidine dans les 
cantharides est une opération délicate, en raison de la 
bible quantité de produit contenue dans les insectes. 
Les pharmacopées, suisse, anglaise et américaine ne 
donnent pas de procédé de dosage. La pharmacopée 
allemande utilise pour cela le chloroforme additionné 
de HCl. Elle exige 0«%80 p. 100 de cantharidine. Cette 
quantité est manifestement trop élevée. Tous les 
auteurs qui se sont occupés de cette question indiquent 
des nombres beaucoup plus bas. C'est ainsi que Mor- 
treux indique 0*',30, Lissonde (1) 0«',46 (moyenne de 
16 analyses effectuées sur 16 échantillons différents). 
PourFumouze (2), le nombre O^^^SO p. 100 serait égale- 

(i) Thèse de Paris 1869. 
'?) Thèse de Paris 1867. 

/«mi. de Pharm, et d€ Chim. 6« néaiR. t. XVII. i(! 5 mai 1903.) . 30 



— 458 — 



"^ 



ment trop élevé. Avec Boiraux, j'ai dosé (1) 0*',40daa| 
une sorte commerciale et 0k%50 dans des cantharidei 
récoltées par nous dans le Loiret. Bien que ces chiffres 
ne se rapportent qu'à la cantharidine libre, il est permift 
de supposer qu'ils sont plus voisins de la vérité que let 
chiffres plus élevés. Dietrich (2), en utilisant la mélhoded» 
la pharmacopée allemande, a dosé, dans 10 échanlilloi 
de cantharides : 1° la cantharidine totale, 2" la canlhari-i 
dine existant à l'état de combinaison. Pour la première, 
ses nombres varient de 0,382 à 0,857 p. 100. Deuxdosagel 
seulement ont fourni des nombres supérieurs à 0,70 el 
un seul 0,857. La cantharidine combinée existerait danf 
la proportion de 0,033 à 0,309 p. 100, le plus souvent 
0,10 à 0,12. Ses conclusions sont qu'il vaudrait mieux 
exiger 0,50 et au plus 0,60 p. 100. Le même auteur ^3) 
remarque que les canthardines ne donnent le plus sou* 
vent que 0,35 à 0,45 p. 100 de cantharidine totale. Pool 
toutes ces raisons, il me semble plus rationnel d'admettre 
0,40 p. 100 comme minimum. J'ai trouvé, dans deux 
échantillons commerciaux, 0,41 et 0,45 p. 100 eu sui 
vant le procédé indiqué plus loin. 

Pour le dosage de la cantharidine, il est nécessaire» 
dans le choix du dissolvant, de s'arêter à celui qui four- 
nira la cantharidine la plus pure ; car les faibles quan 
tités de cette matière que fournira un essai portant sur 
un poids dUnsectes relativement élevé ne permettent 
pas de se livrer à des purifications qui auraient pour 
effet d'entraîner des pertes, peut-être minimes, mais 
qui, proportionnellement à la quantité de matière dosé^ 
deviendraient considérables. Ceci explique pourquoi 
j'ai renoncé à l'éther acétique utilisé par M. Galippe el 
au chloroforme qu'emploie la pharmacopée allemande. 
Ce formulaire reconnaît que la cantharidine fournie 
par le chloroforme et lavée à l'éther de pétrole est 
impure, puisqu'il recommande de la laver avec une 

(1) Répertoire de pharmacie y nouveUe série, 1. II, p. 612. 

(2) Pharmaceutische Zeitung, 1901, p. 835. 

(3) Uelfenberger Annaleriy 1891, p. 4. 



r 



— 459 



liqueur faiblement ammoniacale, dans le but de lui 
^lever les matières résineuses qu'elle retient. Ce 
lavage avec une solution aqueuse ne me parait pas 
yecommandable ; car, la cantharidine étant entraînable 
par la vapeur d'eau, il est à craindre qu'une partie du 
Jffoduit ne se volatilise pendant la dessiccation à Tétuve. 
rour toutes les raisons que je viens d'indiquer, j'ai fait 
Aoix comme dissolvant de la benzine qui ne dissout 
que la cantharidine mélangée de matière^ grasses et 
^colorantes qu'un lavage à Téther de pétrole suffit à 
finlever. Le pouvoir dissolvant de la benzine pour la 
cantharidine, bien que notablement inférieur à celui du 
ehloroforme, est cependant plus que suffisant pour dis- 
^soudre toute la cantharidine contenue dans les insectes 
rfioumis à Tessai. D'autre part, la distillation de la benzine 
a'entraîne pas de perte en cantharidine, ainsi que 
Dietrich s'en est assuré (1). 

Voici le procédé auquel je me suis arrêté. La cantha- 
: ridine qu'il fournit est complètement incolore et entiè- 
rement cristallisée. 

Dans un flacon à large ouverture pouvant être 
> Bouché avec un bouchon de liège, on introduit 25^*^ de 
cantharides en poudre, puis 125^°^^ de benzine et 
'2**' d'acide chlorhydrique. On bouche le flacon et on le 
maintient pendant trois heures dans une étuve chauffée 
à 60-65" en ayant soin d'agiter de temps en temps. On 
laisse refroidir, on verse le contenu du flacon dans 
une allonge à déplacement garnie d'un tampon de coton 
mouillé de benzine et disposée au-dessus d'un ballon. 
Quand l'écoulement du liquide aura cessé, on mettra 
de côté cette fraction (I) du produit. On placera sous 
l'allonge un autre ballon et on continuera la lixiviation 
jusqu'à épuisement en ayant soin de laver le. flacon 
avec la benzine devant servir à cet épuisement. On 
obtiendra ainsi une fraction (II). Les liqueurs benzé- 
niques seront distillées au bain-marie en commençant 

il) flelfenberger Annnalen^ 1901, p. 74. 






— 460 — 

par la fraction II et en opérant dans un ballon ti 
Quand rien ne passera plus à la distillation, on ch 
1 es dernières traces de benzine en plongeant le b 
jusqu'au col dans l'eau du bain-marie et en y insu! 
de Tair. Après refroidissement du ballon, on ajout 
au résidu constitué par une huile verte au milii 
de laquelle nageront des cristaux de cantharidii 
jQcms (i'éther de pétrole distillant entièrement au-di 
sous de50\ Après avoir bouché le ballon, onTabandi 
nera pendant douze heures. Le liquide sera décanté 
un filtre taré (après dessiccation à 60-65") de 7*^" de 
mètre et préalablement mouillé de benzine. On évitertj 
de faire tomber les cristaux sur le filtre. Les cristai 
restés dans le ballon seront lavés avec 24*^"' d'éther 
pétrole employés en quatre fois; et chaque fois l 
liquides seront versés sur le filtre, qui, finalement, 
lavé complètement à Téther de pétrole. 

Après quelques instants d'exposition à Tair, on por 
tera le filtre et le ballon dans l'étuve à 60-65* en rnaîo*] 
tenant ce dernier incliné. Au bout d'une heure, otj 
pèsera. En déduisant du poids obtenu la somme di 
poids du filtre et du ballon, le reste représentera le poids 
de la cantharidine. Ce poids ne devra pas être inférieur 
à 0»^^0, ce qui correspond à 0,40 p. 100. 

L'emploi d'éther de pétrole à point d'ébullition pca 
élevé permet d'obtenir la dessiccation de la cantharidine 
à la température de 60-65", ce qui réduit au minimam '. 
la perte par volatilisation; de plus, il est important 
d'incliner le ballon pendant son séjour à l'étuve de façon 
à faciliter les mouvements gazeux dans son intérieur. 
Enfin, la durée d'exposition à l'étuve est limitée à 
une heure, temps suffisant pour parfaire la dessiccation. 

Un échantillon de 25*' de cantharides, essayé de cette 
façon,a fourni,après une heure de dessiccation, O**", i Oio de 
cantharidine; après la deuxième heure, ce poids était de 
0»^0991 ; après la troisième heure de 08%0973 ; après la 
septième heure de 08*^,0957. Entre la première et la 
deuxième heure, la matière a donc perdu O«%0054; 



I la deuxième et la troisième heure, O'^OOIS; entre 
troisième et la septième heure, 0^%0016. On voit 
m début la perte est plus rapide, puis s'abaisse au 
at de devenir très lente. Néanmoins on n'arrive pas 

poids constant, même à la température de 60-65'', 
jui indique bien que, même à cette température, la 
itharidine est légèrement volatile. Il y a donc néces- 
I à limiter la durée du séjour à Fétuve : c'est pourquoi 
propose tle fixer cette limite à une heure. 



Vdesur le compte^gouttes normal; par M. P. Yvon (1). 

conférence internationale pour l'unification de 

formule des médicaments héroïques a proposé 

lopter, comme compte-gouttes normal, celui de la 

ïrmacopée Française. En même temps, elle a modifié 

[formule des teintures de ces mêmes médicaments qui 

ont, à l'avenir, dosées au dixième et préparées avec 

Talcool à 70** centésimaux. Il en résulte que le 

brede gouttes, correspondant à l**" de ces nouvelles 

^ntiires, sera modifié et quMl était utile de procéder à 

ar évaluation exacte. 

H.-J. Môller, délégué du Danemark, a, dans un 

pport très documenté, passé en revue quelques-uns 

bs divers travaux, et ils sont nombreux, publiés sur la 

Instruction et l'emploi des compte-gouttes; ce sont, 

ni les auteurs étrangers : F. Guthrie, J. Traube, 

Eschbaum, E. Harnach ; et, parmi les chimistes et 

barmaciens français : MM. Duclaux, Réveil, Lebaigue, 

Baichard, Boymond, Duhomme, Limousin, etc. 

Depuis la réunion de la conférence, M. G. Bûhrer, 

élégué de la Suisse, a publié, dans le n" 5 du Journal 

|fidw« de Chimie et de Pharmaeie^ 1903, un intéressant 

avait de re vision sur ce sujet, travail auquel nous 

envoyons le lecteur et qui résume parfaitement la 

gestion , au point de vue pratique. 

(1) Ce IraTail a été fait au laboratoire de chimie biologique de Tins- 
ttat Pistoar. 



— 462 — 

L'adoption, par la Conférence, du compte-goutlei 
la Pharmacopée Française, aété critiquée parle D'Ei 
baum; mais, comme le fait remarquer très judiciei 
mentM.Buhrer, quel que soit le compte-gouttes adopté, 
que le diamètre extérieur du tube d'écoulement pré*] 
sente un diamètre de 3, 5 ou6™°*36, donnant respective-: 
ment XX, XIII 8/10 ou X gouttes pour l^'' d'eau dis-i 
tillée, les causes d'erreur seront les mêmes pour tous' 
les instruments et le poids des gouttes sera toujoais 
variable. Les causes qui font varier ce poids sont, en] 
effet, très nombreuses, et M. Fr. Guihrie(1864) a pufo^ 
muler 15 lois qui régissent la formation des gouttes, 
s'écoulant par un tube capillaire. D'autres lois avaient 
été également indiquées par MM. Duclaux, Le- 
baigne, etc., etc. Plus récemment, M. Dufour, de Lau- 
sanne, a constaté que la pureté de l'air, exerce une 
influence sur le volume et, par conséquent, sur le poids 
des gouttes. Des traces de vapeur d'alcool, d'éther et de 
chloroforme le font varier d'une manière très notable; 
M. Bûhrer a pu le constater et cite dans son travail 
des chiffres très probants. 

Mon intention n'est pas de passer en revue tous les 
travaux publiés jusqu'ici sur les compte-gouttes et de 
citer tous les auteurs qui se sont occupés de la ques- 
tion. Je me place au point de vue pratique et en utilisant 
toutes les observations faites antérieurement, celles 
que je viens de faire et qui certainement ne sont pas 
toutes nouvelles, j'ai voulu rechercher s'il n'était pas 
possible d'obtenir du compte-gouttes une précision plus 
grande que celle qu'il possède actuellement. 

Le Codex Français de 1818 indiquait, pour compter 
les gouttes, l'emploi d'un flacon à col étroit, à bord 
plat et renversé, que l'on inclinait de façon à faire 
tomber les gouttes lentement; celui de 1837 ne donne 
aucune indication sur la manière d'opérer. Le Codex 
de 1866 est plus explicite : il dit que de nombreuses 
conditions influent sur le volume des gouttes et propose 
un compte-gouttes très simple, dont l'emploi permet 




— 463 — 

ftfarriver, non pas à une précision absolue, mais à un 
degré d'exactitude suffisant. Il consiste en un petit 
^lallon, muni d'une tubulure latérale, dont le diamètre 
\hUérieur est convenablement réglé et qui permet au 
rliqtiide, moyennant une légère inclinaison, de couler 
l'goutte à goutte et avec une grande régularité. On côn- 
^ sidère l'appareil comme bien réglé lorsque, à latempé- 
j rature de +15*, XX gouttes d'eau distillée pèsent 1«' à 
moins de 0^% 05 près : L'approximation est de i.. Vingt 

. gouttes peuvent peser 0^%95 ou 1^%05. L'écart entre deux 
bstruments peut être de 0«',10. 

La Pharmacopée Française de 1884 dit que « le 
compte-gouttes normal consiste en un tube de verre, 
terminé gar un ajutage capillaire, dont le diamètre 
extérieur doit mesurer exactement trais millimètres. 
Les liquides doivent s'écouler par ce tube de leur propre 
poids et avec régularité. 

On considère l'instrument comme bien réglé lorsque, à 
la température de + 15**, XX gouttes d'eau distillée 
pèsent !«' à moins de deux centigrammes près. 

L'approximation est donc de g-^. 

Vingt gouttes peuvent peser l8',02 ou 0»%98; l'écart 
entre deux instruments peut donc être de 0*^,04. 

Il est facile de voir que les indications du Codex de 
1884 ne concordent pas avec celles du Codex de 1886 et 
qu'elles ne sont pas suffisamment précises ni les unes 
ni les autres. Le compte-gouttes adopté par le Codex de 
1866 est celui de Salleron construit sur les indications 
de Réveil. Or Réveil dit que le diamètre extérieur doit 
être fixe (sans en indiquer les dimensions), mais que le 
diamètre intérieur peut varier sans inconvénient : le 
Codex dit au contraire que le diamètre intérieur doit être 
convenablement réglé et ne parle pas du diamètre exté- 
neur. Le Codex de 1884 fixe le diamètre extérieur et ne 
parle pas du diamètre intérieur; les autres conditions 
qui peuvent influer sur le poids des gouttes ne sont pas 
suffisamment définies. Les gouttes» dit le livre officiel, 



L 



— 464 — 

doivent tomber de leur propre poids, alors la hauteurdil 
chute (distance verticale entre le niveau libre du liquide] 
et Textrémité du tube capillaire) devrait être nulle; or, I 
cela n'est pas dans Tinstrument décrit. Dans tous les] 
instruments existant aujourd'hui, sauf ceux construits] 
par Salleron (4) sur les indications de Réveil en 1862, lai 
hauteur de chute est sans cesse variable. La réçulariiii 
dans la succession des gouttes n'existe pas plus que btj 
fixité de la pression, et dans tous les compte-gouttes il 
tube l'intervalle de temps qui sépare la chute de demi 
gouttes consécutives va en augmentant à mesure quel* j 
hauteur de chute diminue. Il ne suffit pas qu'un instni- ' 
ment donne exactement ou avec une approximation ■ 
fixée XX gouttes au gramme, il faut que le poids decha- ^ 
cune de ces gouttes soit égal ; or cela n'a li«u qu'avec 
une hauteur de chute nulle (écoulement libre) ou cons- 
tante. 

Cela est possible, et pour déterminer exactement les 
conditions dans lesquelles doit fonctionner ce compte* 
gouttes normal, j'ai dû étudier à nouveau toutes les 
causes de variation signalées par les auteurs et princi- 
palement par Réveil et Lebaigue et rechercher s'il n'en 
existait pas d'autres. Les indications formulées par ces 
auteurs ont servi de base aux rédacteurs des Codex de 
1867 et 1884, mais nous avons vu que les conditions né- 
cessaires pour construire un compte-gouttes normal 
n'avaient été ni nettement ni complètement formulées 
par les uns ou les autres. 

Réveil (1862) dit que ce qui fait du flacon compte- 
gouttes un véritable instrument de précision, c'est la 
Jixité du diamètre extérieur du tube d'écoulement qui 
doit être tel que les gouttes détachées pèsent exacte- 
ment 0^',0S; mais il ne fait pas connaître ce diamètre. 
Quant au diamètre intérieur, dit-il, il peut varier, carii 

(1) Ces instruments sont : l» le compte-gouttes baUon à tubalare Uté- 
raie dans lequel la hauteur de chute Tarie dans des limites assez res- 
treintes; 2« un compte-gouttes ayec tube Mariotte, dont le maniement 
n'est pas facile. 



r 



— 465 — 



fft'mfluence que la rapidité de Técoulement. Il ne fait 
IfBs mention de la hauteur de chute qui du reste ne 
ftarie pas ou varie peu dans les deux instruments cons- 
;lroils par Salleron à cette époque et qui sont encore 
>juijourd*hui les meilleurs lorsqu'ils sont bien réglés. 
i Lebaîgue en 1868 a publié un travail très important 
•or les conditions auxquelles doit satisfaire un compte- 
gouttes; il a fixé à 3™°^ le diamètre extérieur du tube 
capillaire et étudié l'inQuence de diverses conditions 
sur l'écoulement des gouttes; il a déterminé successive- 
ment celle de la pesanteur, de la capillarité^ de la den- 
pté et de la cohésion du liquide, de la température, de la 
pression^ de \^ forme et des dimensions du tube d'écoule- 
ment. La nature de la substance qui constitue ce tube 
est sans influence sur le poids des gouttes, pourvu que 
celte substance puisse être mouillée par le liquide. 
Comme Réveil, il admet que le diamètre de l'orifice du 
tube d'écoulement (diamètre intérieur) est sans in- 
floeace sur le poids des gouttes et modifie seulement la 
▼ilesse d'écoulement. Au contraire, le diamètre total 
(diamètre extérieur) du tube d'écoulement orifice et pa- 
rois compris fait seul varier le poids des gouttes^ et cela 
d'une manière régulière et proportionnelle à ce dia- 
mètre. Ce tube peut être plein et alors l'écoulement est 
extérieur. 
En résumé : 

1® Réveil dit que le diamètre extérieur du tube d'écou- 
lement doit être constant (sans indiquer ce diamètre) et 
tel que les gouttes pèsent exactement 0^',05 ; le diamètre 
intérieur peut au contraire varier sans inconvénients. 

2* Le Codex de 1866 reproduit les indications de 
Réveil relativement au diamètre extérieur; mais sans 
le fixer davantage, il ajoute, contrairement à Réveil, 
qu'il /ûtM^ régler convenablement le diamètre m^em^r. 
S'^Lebaigue dit, comme Réveil et le Codex de 1866, 
Vo le diamètre extérieur du tube d'écoulement doit 
être constant; il précise et le Jixe d 3"". Mais il 
admet, avec Réveil, que la grandeur de l'orifice inté- 



i 



^ 



— 466 — 

rieur est indifTérenle et modifie seulement la vii 
d'écoulement. En cela, il se sépare du Codex de 1868J 
qui, sans donner d'indications précises, dit qu'il faol 
régler convenablement ce diamètre. Nous verrons ploi 
loin que les rédacteurs de ce Codex avaient rais<« 
et que la vitesse d'écoulement influe sur le poids dei 
gouttes; cette vitesse dépend non seulement du dit» 
mètre intérieur du capillaire, mais aussi de la hautaor 
de chute, et l'on peut obtenir la même vitesse d'écoale* 
ment en diminuant le diamètre de l'orifice capillaire et 
en augmentant la hauteur de chute; ou inversement ea 
augmentant le diamètre et en diminuant ]a pression. 
Lebaigue avait du reste constaté cette influence de la 
pression, mais l'avait crue négligeable. 

Les rédacteurs du Codex de 1884 ont adopté les con- 
cl usions de Lebaigue. 

On pourra donc obtenir un compte-gouttes normal en 
faisant varier simultanément : 

l"" Le diamètre total du capillaire ou diamètre exté- 
rieur; 

2** Le diamètre intérieur ou orifice d'écoulement; 

3"" La hauteur de chute ou pression. 

Lorsque le compte-gouttes sera réglé, il suffira de 
maintenir constante la hauteur de chute pour que le 
poids des gouttes qui se succèdent soit constant. 

Cette dernière condition élimine d'emblée tous les 
compte-gouttes fermés dans lesquels l'ascension da 
liquide se fait par aspiration au moyen d'une poire de 
caoutchouc, et la chute des gouttes est déterminée par 
pression de cette même poire. 

Pour obtenir un compte-gouttes normal d'études don- 
nant exactement des gouttes de 0^%05 ayant toutes un 
poids uniforme, j'ai adopté le dispositif suivant (fig. 1) 
qui m'a permis de déterminer l'importance des diverses 
causes d'erreurs signalées jusqu'ici. 

Le tube d'écoulement présente un diamètre intérieur 
d'environ 2"*" et un diamètre extérieur de 3""" ; il est ter- 
miné par un capillaire c de 15"" de longueur (cette ^on- 




— 467 — 

^eur influe sur la vitesse d'écoulement et par suite, sur 
le poids des gouttes) dont le diamètre extérieur est d'en- 
ftiion 3"" et le diamètre intérieur d'environ 0"",80. 
I Ce tube d'écoulement est maintenu vertical au moyen 
i^'ime pince fixée sur un support S et est, par l'inlermé- 
Idiaire d'un tube de caoutchouc. T relié h un réservoir A 
I en verre, également maintenu par une pince à collier : 




Pig. 1. 

tube d^éconlcment et réservoir sont mobiles le long de 
la tige da support S et l'on peut faire varier la distance 
verticale qui les sépare et par conséquent la hauteur de 
ehate. Le diamètre de ce réservoir mobile est assez 
grand pour que la dénivellation produite par la chute de 
XX ou XL gouttes d'eau ne soit pas très sensible ; mais 
tomme il est nécessaire pour les déterminations de 
compter parfois jusqu'à C et CC gouttes, on main- 
Uent la hauteur de chute rigoureusement constante au 



l 



— 468 — 

moyen d'un tube de Mariotte H. On peut à volonté di> 
terminer, modérer ou arrêter l'écoulement des gouUfiij 
en comprimant, au moyen d'une pince à vis P, le tube 
de jonction qui réunit le réservoir au capillaire. 
. Avec ce dispositif, il ne reste plus qu'à faire variera' 
volonté les diamètres intérieur et extérieur du capil* 
laire, et l'on pourra étudier leur influence sur le poids 
des gouttes, la pression restant constante ; puis oa 
pourra étudier l'influence de la pression. Il est fiuiile 
de vérifier qu'avec un tube d'écoulement d*un dia- 
mètre extérieur de S""", le poids d'une goutte d'eau 
distillée n'est exactement de 0^\Q^ que pour une hau- 
teur de chute déterminée, ou pour une vitesse d'écou- 
lement (nombre de gouttes à la minute) également 
déterminée. 

On pourra obtenir des gouttes de poids normal (O'',05) 
avec un capillaire de diamètre inférieur ou supérieure 
3"°", pourvu qu'on règle convenablement la hauteur de 
chute ou la vitesse d'écoulement. Cette vitesse, en 
dehors de la hauteur de chute, dépend aussi du rfw- 
Tnêtre intérieur du tube capillaire ; voilà pourquoi, à mon 
avis, les rédacteurs du Codex de 1866 ont eu raison 
d'attirer Tatteution des constructeurs sur la grandeur 
de ce diamètre, mais ils ont eu tort de ne pas fixer les 
dimensions du diamètre extérieur. En réalité, il doit 
exister un certain rapport entre les diamètres inté- 
rieur, extérieur et la hauteur de chute ou vitesse 
d'écoulement et variées sont les combinaisons qui per- 
mettent d'obtenir un compte-gouttes normal. 

Le dispositif que je viens de décrire ne permet d'ex- 
périmenter qu'avec l'eau et les liquides non volatils : 
les gouttes sont reçues dans une petite éprouvetle 
légère en verre soufflé E (fig. 1) bouchant à l'émeri et 
tarée sur la balance à 1/2 "". Cette précision m'a paru 
bien suffisante, étant donné les nombreuses causes 
d'erreurs qui influent sur ces déterminations, causes 
d'erreurs qu'on ne peut éviter et dont on ne peut appré- 
cier l'importance. 



— 469 



Pour régler le compte-gouttes, j'ai toujours opéré 

série en prenant successivement dans la même 

ouvette le poids de XX, XL, XL gouttes, puis de 

l gouttes en une fois, en tout quatre déterminations 

bnt je prenais la moyenne. Les variations sont, du 




»'esie, assez faibles et l'on arrive facilement à régler la 
hauteur de chute, de manière à obtenir exactement 

' XX gouttes pour !«' d'eau distillée. 

] Pour opérer avec des liquides volatils (éther, chloro- 
forme, bromoforme) et susceptibles d'attaquer le tube 
Je caoutchouc, j'ai fait construire un appareil tout en 



— 470 — 

verre (fig. 2), avec un' récipient A de forme spéddftl 
permettant d'éviter la cause d^erreur due à Tévaponfl 
tion. 

Ge récipient est constitué par un petit ballon A, kl 
large col, traversé par un robinet, dont la luaùère pré«| 
sente un diamètre d'égale grandeur : au-dessus du ro-| 
binet est soudée une petite tubulure. Un réservoir eftj 
verre R, terminé par un tube capillaire N', est destiné à j 
recevoir le liquide volatil. Ce tube traverse un bouchoa] 
et pénètre dans la tubulure du flacon, qui doit recevoir! 
les gouttes. Au moyen d'un tube de caoutchouc, ajostéj 
à la tubulure latérale, Tintérieur du récipient est mis] 
en communication avec Tintérieur du réservoir, et cela | 
au moyen d'un tube de Mariotte MN, qui plonge daosl 
le liquide et assure la constance de la hauteur de chute* 
Une tige en verre T, terminée par un pointeau rodé P, 
permet d'établir, de supprimer et de régler l'écoule- 
ment du liquide. 

Avec ce dispositif, la chute des gouttes du liquide 
volatil se fait dans une enceinte saturée de sa vapeur, et 
lorsque l'on a compté un nombre dégouttes déterminé, 
on arrête l'écoulement par la manœuvre du pointeau, 
en même temps que par celle du robinet R, on ferme le 
récipient dans lequel sont tombées les gouttes. On 
isole alors ce récipient (qui a été préalablement taré sur 
la balance), en détachant le tube de caoutchouc, et on 
détermine l'augmentation de poids qui provient de 
l'introduction d'un nombre connu de gouttes. On opère 
par série, ainsi que je l'ai indiqué, et Ton peut ainsi dé- 
terminer exactement le nombre de gouttes nécessaire 
pour représenter l»"" de liquide ; il est bien entendu que 
l'instrument a été au préalable réglé avec de l'eau dis- 
tillée. 

{A suivre.) 



Wrr 



— 471 



de la décomposition complète de Vurée et des sels ammo- 
niacaux au moyen de Vhypobromite de soude naissant en 
mlieu alcalin ; par M. Octave Le Comte, pharmacien 
aide-major de 1" classe. 

L'urée mise en présence d'un excès d'hypobromite de 
loade est décomposée en donnant de Tazote, du gaz 
carbonique, du bromure de sodium et de l'eau : 

xAiH» 



^AiHî 



C0<^ _ +3NaOBr+2NaOH = Az«+C03Na«H-3NaBr+3H«0. 



D'après cette formule, 10''*'' d'urée devraient fournir 
37"',12 d'azote sec, pris à 0^ et à 760 : en réalité, Ton 
n'obtient, en opérant à froid, guère plus de 35^°'%4 de 
gaz (Hûffner); Russel et West fixent le rendement 
ï 33'*',75 au lieu de 37''-%12; Méhu évalue la perte 
à8p.l00etYvonà7p. 100. 

L'hypobromite de soude agit encore sur les sels 
ammoniacaux et met en liberté les 98 à 99 centièmes 
de Vazote qu'ils contiennent : 

.AxH* 
S0»( +3Na0Bp+2Na0H = Az'+SO^Naa+SNaBr+SH'O. 

L*azote non dégagé dans les réactions précédentes a 
été oxydé et fixé, sous forme d'azotate ou de cyanate, 
en quantité variable avec la pression, la température, 
l'âge et la concentration du réactif. Avec un hypobro- 
mite ancien, plus de la moitié de l'azote peut être 
retenu dans le milieu agissant. 

Le dosage des sels ammoniacaux et surtout de Turée 
se fait le plus souvent au moyen de la solution alcaline 
d'hypobromite. La soude en excès retient l'acide carbo- 
liique et la quantité d'urée ou de sel ammoniacal est 
donnée par le volume d'azote dégagé ; il est donc néces- 
saire, pour avoir un dosage exact, de mettre tout l'azote 
en liberté. 
Nous sommes arrivés à dégager la quantité théorique 



[ 




— 472 — 

de Tazote contenu dans l'urée et dans les sels ammo« 
niacaux en faisant agir sur ces corps, mis en milieu aléa 
lin, rhypobromite de soude naissant. 

Gomme réactifs, nous avons deux solutions, Tune k 
alcaline, l'autre B bromo-bromurée. 

Solution A alcaline. 

Soudo c&ustique NaOH 20'' 

Eau distillée 100»' 

Solution B bromo-bromurée. 

Brome Br 5'»' 

Bromure de sodium NaBr 10-' 

Eau distillée 100^ 

Ces deux solutions sont telles que, mélangées i 
volumes égaux, elles donnent extemporanément une 
dissolution d'hypobromite de soude semblable à celle 
employée pour le dosage de l'urée; en flacons bienbou-, 
chés, elles se conservent indéfiniment sans s'altérer, 
ce qui est un avantage considérable. 

Nous préparons deux solutions titrées, l'une d'urée, 
l'autre de sulfate d'ammoniaque : 

Solution (Vurée. 

Urée cristallisée et desséchée !«' 

Eau distillée q. s. p. lOO'"' à 15» 

Solution ammoniacale. 

Sulfate d'ammoniaque i*» 

Eau distillée q. s. p. lOO^™^ ^ ig. 

Et nous faisons les essais suivants : 

I. — Action de l'hypobroxite naissant en miuko alc4UN. 

Dans un uréomètre Yvon nous introduisons succes- 
sivement : 1«2^"' delà solution d'urée au 1/00 ; 2" 4*"* de 
la solution A alcaline ; et S'*, après agitation, l'^'dela 
solution B bromo-bromurée. La réaction se produit. 
Le brome se combine à la soude et l'hypobromite formé 
agit à Tétat naissant sur l'urée en présence d'un grand 




473 — 

Ixcès d alcali. Nous agitons et nous attendons la fin de 
il réaction, ce qui demande 15 minutes environ. Alors 
lous portons l'appareil sur une cuve à eau, et quand 
Téqailibre de température s'est établi, nous lisons le 
rolume d*azote dégagé. 

Nous recommençons cette opération un grand 
lombre de fois et nous constatons que le dégagement 
gazeux est toujours le même et égal à 8^"*',i . 

Le gaz produit ne renferme pas d'oxygène, l'acide 
j^yrogallique alcalinisé ne réduisant pas son volume. 

Nous faisons les corrections de pression, de tension 
le la vapeur d'eau et de température et nous trouvons que 
lcs8^*',l d'azote dégagés correspondent à une solution 
renfermant 1»"" d'urée pour 100'"\ ce qui est exact. 

Tout Tazote de l'urée et rien que l'azote a donc été 
mis en liberté par l'hypobromite de soude naissant et 
agissant en milieu alcalin. 

En opérant comme précédemment sur la solution 
immoniacalc, nous trouvons que cette liqueur contient, 
i'après l'azote fourni, !«' pour 100 de sulfate d'ammo- 
niaque; tout l'azote du sel ammoniacal a donc été mis 
en liberté. 

II- — ACTTO.N DE l'hypobromite DE SOODB NAISSANT EN MILIEU 
BROMO-BBOMURÉ. 

Dans l'uréomètre nous introduisons 2^"^' de la solu- 
tion d'urée, puis i*""' de la solution B bromo-bromurée 
et finalement 4"""^ de la solution  alcaline. Nous 
obtenons, en opérant ainsi, un dégagement gazeux 
ne dépassant jamais V^^.b lequel correspond à 
6^,92 d'urée pour 100^"' de solution : 8 p. 100 d'azote 
ont donc été retenus. 

Avecla solution ammoniacale nous trouvons, d'après 
fazote dégagé, 0s%98 de sulfate d'ammoniaque pour 
iOO^* de liqueur ; Terreur en moins atteint 2 p. 100. 

Comme on le voit, tout l'azote de l'urée et des sels 
unmoniacaux n'est pas mis en liberté par l'hypobromite 
<ie soude naissant et agissant en milieu bromo-bromuré. 

JnnL éé phnrm, %t de Chim. 6* ate», t. XVU. (15 mai 1903.) 31 



— 474 — 
111. — Action de l'hypobromite de soude sua l'urée kt les siu 

AMMONIACAUX ALGALINISÊS PAR LA SOLUTION A DE SOUDE. 

Nous commençons par alcalinîser 2^"' de la solutio 
d'urée ou de sel ammoniacal avec i^"' de la solution . 
alcaline et nous faisons agir Thypobromite de sou 
récent. Dans ces conditions, nous obtenons presque I 
Tazote théorique ; Terreur en moins n'est jamais sup 
rîeure à 1 p. 100. 

IV. — Essais sua des urines. 

Avec des urines, nous constatons que la solulî 
d'hypobromite de soude ordinaire, même récente, 
donne moins d'azote que l'hypobromite naissant et 
milieu alcalin ; la différence est de 7, 8 et même 10 p. 100. 

V, — Conclusions. 

D'après les essais précédents, nous voyons, que pour 
obtenir le dégagement complet de Tazote contenu dans 
Turéeetdans les sels ammoniacaux, il faut faire agir 
sur ces corps l'hypobromite de soude naissant en milieu 
alcalin : 

.AzH« 
!• C0< 4-8NaOH+6Br = Az24-COsNa«+6NaBr+6H80. 

^AzH» 

.AzH* 
2» SOK +8NaOH+6Br = Az«+SO*Na«+6NaBr+8HiO. 

\AzH* 

Pour avoir un dosage exact de l'urée et des sels 
ammoniacaux, nous opérons donc de la façon suivante : 

Prenons le cas du dosage de Turée dans une urine : 

Dans uti uréomètre Yvon nous introduisons succes- 
sivement : 1*» 2^'"' d'urine déféquée au 1/2; 2"* 4*^*' de so- 
lution A alcaline ; et, après agitation, 4*^"' de solution B 
bromo-bromurée. 

Le brome en présence de la soude donne de l'hypo- 
bromite, lequel agit à l'état naissant sur Furée forte- 
ment alcalinisée. Au bout de 5 minutes, le dégagement 
gazeux se ralentit; nous agitons alors et nous attendons 




— 475 — 



afin lie la réaction, ce qui demande un quart d'heure 
(Dviron. Nous lavons la chambre à gaz et nous portons 
i'uréomètre dans une éprouvette de 1 litre pleine d'eau. 
!{ous abandonnons le tout pendant 10 minutes pour 
nettre le gaz provenant de la réaction à la température 
ie Teau. Finalement nous établissons les niveaux en 
loulevant l'uréomëtre et nous lisons le volume d'azote 
dégagé V„ pris à la température V" donnée par le 
thermomètre plongeant dans Teau de l'éprouvette. 

Si H représente la pression atmosphérique à latin de 
fexpérience et / la tension de la vapeur d'eau à t^^ le 
Tolame d'azote dégagé, sec, à 0"" et à 760, sera donné 
far la formule : 

Vi(H-;0 



Vo = 



(1 + 0.003665 760 



Comme l»*^ d'urée renferme 371^'°\2 d'azote sec, à 
«•elà760, la quantité U d'urée pour 1000^™' d'urine 
sera : 

V<(H^/0JOOO 
(1 + 0.003665 t) 760 X 371.2' 

Pour doser les sels ammoniacaux au moyen de l'hypo- 
bromite de soude naissant en milieu alcalin, nouscom* 
mençons par neutraliser, s'il est nécessaire, la liqueur 
qai les renferme, nous alcalinisons et nous terminons 
Topération comme précédemment. En faisant les correc- 
tions de pression, de tension de la vapeur d'eau et de 
température, nous obtenons le volume V^ à 0"* et à 760 de 
Tâzote dégagé. Comme 1'"*' de ce gaz pèse O^S 00125647, 
ea multipliant ce chiffre par V^*^"*, nous avons le poids P 
de l'azote contenu dans le sel ammoniacal mis en réac- 
tion: 

p = 0,00125647 Vo. 

En résumé, Turée et les sels ammoniacaux, mis en 

iprésence d'un excès d'alcali et soumis à l'action de 

bypobromite de soude naissant, dégagent tout l'azote 

^tt'ils renferment, ce qui permet de faire ainsi un 

•dosage exact des corps. 




— 476 — 



Sur çuelques/arines ou, fécules exotiqueê employées à faU' 
mentation; par M. Ballând. 

Apé. La fécule désignée à Tahiti sous le nom HAfi 
est extraite des rhizomes de Talocase à grande racioe 
[Arum macrorkizum)^ qui est très répandue en Océanie. 
On cultive la plante dans les terrains humides, de la 
même façon que la colocase [Arum esculentum) dont les 
tubercules sont particulièrement appréciés, dans les 
îles Polynésiennes, sous le nom de taro. 

Conophallus. La farine de Gonophallus dont on fait 
un grand emploi dans Palimentation japonaise est re- 
tirée des tubercules à'xxn Amorphophallus qui appartient 
à la même tribu des Âroïdées que la colocase. Les tuber- 
cules peuvent atteindre 3 à 4 kilog. La farine aucoD* 
tact «le Teau froide donne après quelques heures une 
masse très poisseuse, même à la dose de 1^*^ pour 50»' 
d'eau. 

Tavolo. Le Tavolo de Madagascar est une fécule dans 
le genre du taro, provenant des tubercules du TaecaptR- 
natifida^ de la famille des Taccacées, voisine des Âroî* 
dées. Les Malgaches en font des galettes. 

Arrow root. L'Arrow-root {Marantaarundinacea\on^- 
naire d'Amérique, est une plante très cultivée aux An- 
tilles, au Brésil, au sud des Etats-Unis, en Guinée, dans 
rinde, etc. On retire des rhizomes une fécule très ap- 
préciée. A la Réunion et à Tahiti, celte fécule sert à la 
confection de gâteaux très employés dans Talimentation 
des enfants. 

Banane. La farine de banane est préparée avec le fruit 
du Bananier [Musa sapierUium) récolté avant sa maturité, 
c'est-à-dire avant que le sucre n'ait fait son apparition. 
Le fruit, débarrassé de ses enveloppes, est coupé en 
rondelles qui sont séchées à Tétuve ou au soleil. Ces 
rondelles sont ensuite broyées et donnent une poudre 
grossière qui est passée au tamis. Dans les pays de pro- 
duction (archipel Indien, îles du Pacifique, côteocciden- 






— 477 — 

dale d'Afrique, Brésil, etc.), la farine de banane est très 
employée dans Talimentation, à Tétat de bouillie, de 
galette ou de gâteau. Depuis quelques années, on s'ef- 
force de l'introduire en Angleterre, en Allemagne et 
aussi en France, mais sans grand succès. 

Caryot, Sagou, Talipot. La fécule de Caryot est ex- 
traite du tronc du Caryot [Caryota urens)^ palmier de 
rinde qui se distingue par ses feuilles très divisées. Le 
produit est de qualité inférieure au Sagou ordinaire que 
Ton retire du palmier Sagou {Sagus Rumpkii). 

Le Talipot est également retiré d'un palmier, le Co- 
rypka umàracuV/era. Pour l'obtenir, on abat les pal- 
miers quand ils ont de dix à quinze ans, on laisse écouler 
la sève, on enlève Técorce, on recueille la moelle que 
Von délaie dans l'eau et on jette sur une toile qui retient 
la partie ligneuse et ne laisse passer que la farine connue 
à Geylan sous le nom de Rawpalmirak root Jlour. 
Mapé. La fécule analysée vient de Tahiti; c'est une 
, poudre blanche, très grossière. Le fruit du Mapé [Ino^ 
i earpus edulis)^ d'où on la retire, se mange cuit. Les cen- 
I dres contiennent des traces de manganèse. 
I Nété. La farine de Nété^ dont l'analyse suit, et qui 
i figurait parmi les produits de la Guinée exposés à Paris 
; ea 1900, était constituée par la pulpe qui entoure dans 
I leurs gousses les graines du Nété [Parkia biglobosa)^ 
grand arbre de la famille des Légumineuses, très ré- 
pandu dans toute la zone in tra- tropicale de TAfri- 
' que. 

Arbre à pain. Les farines analysées, de saveur fade, 

non sucrée, viennent des fruits de VArtocarpus incisa^ 

[ récoltés avant maturité, séchés, pulvérisés et tamisés. 

Le fruit de l'Arbre à pain, connu à Tahiti sous le nom 

I de Maiore^ constitue, avec la banane et le poisson, la base 

de l'alimentation. Il pèse de 1 à 3 kilos et se consomme 

I en guise de pain, cuit avant maturité, alors qu'il est 

encore ferme et que son amidon n'est pas converti en 

I sucre. On en fait trois récoltes par an. 



Fécale 
d*Apé 

Eau 10.60 

Matières azotées . 1 . 26 

— grasses. 0.55 

— sacrées. 5.70 

— amylacées. 80.14 

Cellulose 0.85 

Cendres 0.90 



500 



— 478 — 

Farine de Féc«le 
Conophallus de Tavolo 



14.60 
3.69 
0.40 
0.00 

75.51 
1.10 
4.70 



Ceylan 

Eau 11.00 

Matières azotées . 1 . 38 

— grasses. 0.40 

— amylacées. 86.87 

CeUulose 0.13 

Cendres 0.20 

100 » 



100 



FécuLEa d'areo^t-root 



Réunion 

13.20 . 
0.44 
0.20 

85.96 
0.00 
0.20 

100 )» 




Fécule Fécule Fécule 

do de de 

Caryot Sagou Talipot 

Eau 15.90 12.10 12.90 

Matières azotées. 1.07 2.15 4.76 

— grasses. 0.15 0.15 0.50 

— amylacées. 82.33 80.40 77.04 

Cellulose 0.15 4.00 2.00 

Cendres 0.40 1.20 2.80 

100 » 100 » 100 



FARIXB DE L IBBU 
A PAIN 

Cap-Verl Tahiti 



13.80 
2.61 
0.85 

80.64 
0.10 
2.00 

lÔT 



14.30 
1.10 
0.20 

83.S5 
0.13 
0.40 

lÔTT 



REVUES 



Pharmacie. 



Sur le coUargol; par M. H. Hanriot (1). — Carey Lea 
a annoncé que, dans la réduction du nitrate d'argent 
par le sulfate ferreux, on obtient des corps solubles 
dans Teau qu'il a envisagés comme des formes colloï- 
dales de l'argent métallique. Il en a décrit un certain 



(1) C. R, de VAcad. d. Se, t. CXXXVI, p. 681, 1903. 




— 479 — 

iiombre de variétés, sans pourtant que Tindividualîté 
chimique de ces composés soit suffisamment établie. Le 
produit commercial connu sous le nom de collargol est 
use de ces variétés. 

On attribue à tous ces corps un certain nombre de 
caractères communs que Ton peut ainsi formuler : ils 
«ont solubles dans Veau en donnant des solutions colo- 
rées non dialysables; en leur qualité de colloïdes, ils 
«ont précipités de ces solutions par les sels neutres, 
tantôt sous forme soluble, le plus souvent sous forme 
coagulée d'argent ordinaire, ne se rcdissolvant plus 
dans l'eau; enfin, ces solutions électrolysées donnent 
nn dépôt d'argent spongieux, au ^6\q positif . 

Lorsqu'on cherche à purifier ces corps, ils se décom- 
posent avec formation d'argent métallique, et, pour 
leor donner de la stabilité, Lothermoser recommande 
de les additionner d'un corps colloïdal, au moment de 
leur préparation. 

Le collargol, qui a servi aux expériences de M. Han- 
riot, accusait à l'analyse 87,3 p. 100 d'argent. Il conte- 
nait un peu d*ammoniaque, une trace d'acide azotique, 
et une matière albuminoïde assez abondante. L'action 
du nitrate d'argent est particulièrement intéressante. 
Les solutions du collargol précipitent, en effet, le 
nitrate d'argent en donnant un corps insoluble, entraî- 
nant, avec lui, l'argent du collargol et l'argent du 
nitrate; ce n'est donc pas un simple coagulum analogue 
i ceux formés par certains sels neutres, dans les solu- 
tions colloïdes. Le précipité obtenu est une masse 
d'aspect métallique, friable, insoluble dans l'eau, la 
potasse, le carbonate de soude et le mercure. L'acide 
i^tique et le cyanure de potassium le dissolvent en un 
-liquide incolore, tandis qu'avec l'ammoniaque on 
reproduit la coloration rouge des solutions de collargol. 

Le sulfate de cuivre et l'azotate de baryum agissent 
d'une façon analogue à Tazotate d'argent. 
Les réactions précédentes assimilent le collargol à un 

sel soluble, capcible de former, par double réaction, des 




— 480 — 

précipités insolubles avec les sels métalliqaes. Al 
moyen de l'acide acétique dilué, on isole, en efifet, 
acide, Vacide collargoliquey insoluble dans Teau, mail 
soluble dans les alcalis et décomposant même M 
carbonates. 

On s'explique alors aisément le dépôt pris pour Jfl 
l'argent, au pôle positif, pendant Télectrolyse du coi« 
largol; seulement ce dépôt est formé, non d'ai^esf 
ordinaire, mais d'acide collargolique. Et finalement, 
collargol commercial serait, d'après ces expérienci 
du collargolate d'ammoniaque. 

J. B. 

Sur la réglementation des eaux minérales de Vichy; 
par M. Hanriot. — Le ministre de Tlnlérieur ayant 
demandé à l'Académie de médecine de faire une étude 
spéciale de toutes les sources du bassin de Vichy, 
M. Hanriot a été chargé de déterminer notamment les 
conditions d'influence que les sources peuvent présenter 
soit par rapport à l'ensemble du bassin, soit respective- 
ment entre elles par groupes de forages. 

Depuis quelques années les forages se sont énormé- 
menl multipliés dans la région et ont fait découvrir un 
grand nombre de sources alcalines que leur composition 
rapproche de l'eau de Vichy, et cela en des points quel- 
quefois fort éloignés de cette station. Certaines sources 
jadis autorisées ont disparu, d'autres ont changé de 
nom et il en est qui ont pris le nom de voisines dispa- 
rues ou moins importantes. 

Les eaux du bassin de Vichy ont une constance de 
composition des plus remarquables qui ne permet guère 
d'admettre qu'elles ne soient pas toutes de même ori- 
gine ; leur seul caractère variable est la thermalité qui 
varie de 12*'5 (Saint- Yorre) à 63^ (le Dôme) ; la ligne de 
thermalité passe perpendiculairement a l'Allier par la 
source du Puits Carré et la source du Dôme, la tempéra- 
ture diminuant à droite et à gauche de cette ligne. 

Les sources thermales paraissent être en étroites rela- 



— 481 — 

4ions entre elles, tandis qu'elles semblent indépendantes 
lies sources froides, même quand elles sont très voisines. 
Sources thermales, — C'est en 1886 qu'a été forée la 
bttremière source thermale, la source Gannat, et depuis 
les sources du Dôme et du Champ-des-Gornes. 

Les sources chaudes de TEtat produisaient 260 litres 

àla minute, soit 374.000 litres par24 heures; pendant la 

:«aison balnéaire, ce chiffre était à peine suffisant; la 

f Compagnie a fait construire des réservoirs contenant 

3.600""' d'eau minérale. 

La constance du débit était parfaite lorsque, en 1899, 
aété forée la source du Dôme n^ 1 ; presque aussitôt les 
eaux des sources de THôpital et de la Grande- Grille se 
troublèrent, mais leur débit qui avait diminué pendant 
f quelques jours se rétablit rapidement. En 1900, lors du 
forage de la source du Champ-des-Cornes, les sources 
chaudes furent atteintes dans leur débit qui reste 
diminué. 

Il y a aujourd'hui trois sources du Dôme ; deux seu- 
lement sont autorisées, leur débit est de 47 litres à la 
minute ; leur température s'élève à 63**, 39% 48°. La 
quantité mise en bouteilles est insignifiante, le reste 
forme une mare très étendue et se perd dans les prairies. 
La source du Champ-des-Cornes ou Boussange débite 
B2o litres à la minute, soit près de 900.000 litres; sa 
température est de 40°; elle est inutilisable, parce qu'elle 
est boueuse. Cette source jaillit à plusieurs mètres de 
hauteur, elle dégage des masses d'acide carbonique 
qu'on a évaluées à 3 millions de litres par jour. 

Sources froides. — Le groupe des Célestins n'a subi 
aucune atteinte lors des nouveaux forages. La source la 
plus importante (Célestins, 1896) est pompée et donne un 
débitde 13 millions de bouteilles par an ; le niveau de 
la nappe est resté le même. Leur minéralisation et leur 
alcalinité sont faibles, leur température basse (12°). 

Dans la région de Saint- Yorrc, 28 sources sur 80 sont 
taries. Cette diminution parait tenir uniquement à la 
multiplication prodigieuse des forages effectués. Si l'on 



— 482 — 

fait exception pour les sources Larbaud situées sur 
hauteur, qui sont restées abondantes Ja nappe miner 
semble s'être retirée vers les régions basses voisines ^ 
l'Allier qu'elles traversent pour se joindre à la régia 
d'Hauterive. La région d'Hauleriveest aussi forteme 
atteinte. Le débit de la source de TEtatest très diminoéj 
8 sur les 23 sources sont déjà taries. 

Le groupe de Cusset,où Ton avait exécuté de nombre 
forages, est gravement touché: 11 sur 29 sont taries; 
les plus belles sources sont en baisse notable, et 
minéralisation s'affaiblit. 

Seul le groupe des Célestins s'est ' maintenu intaotl 
parce que sa situation au centre du périmètre de protec-l 
tion lui a permis d'échapper au gaspillage de Teau et^ 
du gaz. 

Il est donc urgent de prendre des mesures énergiques.^ 
Le périmètre de protection, agrandi trop tardivement] 
en 1901, est insuffisant.il est mal orienté, car il n'englobe j 
pas la région de Saint- Yorre qui est un centre d'exploi- 
tation très important, ainsi que pour la protection des < 
sources chaudes de beaucoup les plus abondantes qai 
sont presque sur la limite du périmètre agrandi. 

M. Hanriot ne croit cependant pas qu'il y ait lieu 
d'étendre à nouveau ce périmètre parce que la découverte 
de sources alcalines d^une composition identique à celle 
des eaux de Vichy dans les communes de Burghas, de 
Saint-Sylvestre et deSaint-Priest rendrait très difficiles 
à tracer les limites de la nappe d'eau de Vichy. D'autre 
part, le remède serait insuffisant, parce que les forages 
actuels, imprudemment multipliés, laissent échappera 
pleins jets le gaz carbonique et l'eau thermale. 

M. Hanriot croit qu'il faut recourir à la réglementa- 
tion pour le bassin de Vichy, non compris les sources de 
l'Etat; on peut évaluer à 1.380 litres par minute le débit 
total des sources du bassin. Or, la quantité d'eau, uti- 
lisée pour les bains, pastilles, embouteillage, buvettes, 
ne dépasse pas 17 litres par minute; tout le reste coule 
à la rivière, soit 2 millions de litres journellement. 




— 483 — 

i L*Etat est du reste armé par rarlicle 3 des autorisa- 
Icms qu'il délivre : 
« Le propriétaire de la source ou ses ayants-droit 
(Vront se conformer aux lois, décrets, ordonnances et 
lements existant ou à intervenir, touchant la posses- 
•D ou l'exploitation des sources d'eau minérale» ainsi 
aux mesures de police'ou de salubrité qui pourraient 
r être ultérieurement prescrites pour la conduite de 
r entreprise. » 

M. Uanriot propose au Ministre d'introduire dans la 
léglementation des sources minérales les trois articles 
toiivants : 

1* Tout forage donnant lieu à une source jaillissante 
lievra être muni d'un régulateur ne laissant couler 
iqu'une minime quantité d'eau à déterminer en dehors 
^s heures de l'utilisation soit pour les bains, soit pour 
l'embouteillage : 

2* Toute source autorisée qui reste inexploitée pen- 
dant deux années consécutives doit être fermée hermé- 
'tiquement de façon qu'il ne puisse y avoir déperdition 
d'eau ni de gaz ; 

3* Il y a lieu d'inviter l'administration à obtenir la 
fermeture hermétique des sources situées dans le péri- 
mètre de protection, lors même qu'au moment du cap- 
tage elles auraient été sises hors de ce périmètre, s'il est 
établiqu'elles provoquent la baisse de sources reconnues 
d'intérêt public. 

Moyen de différencier le lait cru du lait bouilli; par 
M. DcpouY (1). — L'Académie de médecine a émis le 
▼œu que, pour empêcher l'inoculation du virus de la 
fièvre aphteuse par le lait, les règlements sanitaires 
n'autorisent la vente du lait provenant des vacheries où 
sévit cette affection qu'après que ce lait aurait été 
bouilli ou pasteurisé. 

M. Nocard a proposé de recourir, pour distinguer le 
lait cru du lait bouilli, à la réaction indiquée par 

(1) BulUtin de la Société de Pharmacie de Bovdeavjc, octobre 1902. 



— 484 — 

M. Dupouyen 1897 (réaction désignée à lort so 
nom de réaction de iS^^rc^], laquelle consiste en une 
ration bleue qui se produit lorsqu'on ajoute à 10* 
lait cru quelques gouttes d'eau oxygénée et 2 
3 gouttes d'une solution de paraphénylène-diamine 
2 p. 100. 

M. Dupouy fait remarquer que ce réactif présente 
défaut de s'oxyder facilement, au point que sa soIqi 
se colore sous la seule influence de Toxygène de Y\ 
elle est seulement préparée de la veille. 

Il est préférable de remplacer la paraphénylène-di 
mine par le gaïacol cristallisé (1), qui est moias oxydai 
et dont les solutions peuvent se conserver à peu 
sans aUération,si elles sont renfermées dans des flai 
en verre jaune. Ce réactif, dont M. Dupouy a, d'aillei 
indiqué le premier l'emploi pour la caractérisation 
lait bouilli, s'emploie de la manière suivante : on pn 
un volume déterminé de lait, qu'on additionne d'aaj 
volume égal de solution aqueuse de gaïacol crislallii 
à 1 p. 100, et Ton ajoute une goutte d'eau oxygénée; 
on obtient, avec le lait cru, une coloration rouge greni 
qui ne se produit ni avec le lait bouilli, ni avec le l 
pasteurisé à 80**. 

M. Dupouy fait remarquer que les colorations pro- 
duites par le lait cru, avec le gaïacol comme avec la 
paraphénylène-diamine, sont dues à l'action d'une 
oxydase particulière, que contient le lait et à laquelle 
il a donné le nom de Lactanacroxydase ; cette oxydase, 
qui se détruit, comme les autres diastases à la tenapé- 
rature de 80'', décompose l'eau oxygénée et met loxy- 
gène à un état moléculaire tel qu'il peut exercer une 
action immédiate sur les substances facilement oxy- 
dables, telles que le gaïacol et la paraphénylène-dia- 
mine. 



(1) L'emploi du gaïacol dans ce cas particulier est une appliciUoo 
spéciale de la méthode générale antérieurement indiquée par M. Booi^ 
quelot. (Sur l'emploi du gaïacol comme réactif des ferments oij^iaO* 
Société de Biologie, 1896, p. S96.) 



r 



— 485 - 
Chimie. 



Sur la chaleur dégagée spontanément par les sels de 
dimn; par MM. P. Curie et A. Laborde (1). — Les 
teurs ont constaté que les sels de radium dégagent 

la chaleur d'une manière continue. 
L'expérience a été faite avec deux petites ampoules 
antiques, en mettant, dans Tune, i^^ de chlorure de 
ryum radifère, contenant environ j de son poids de 
ilorure de radium, et, dans l'autre, 1*' de chlorure 
I baryum pur. Les soudures d'un couple thermo- 
ectrique sont placées respectivement au centre de 
taqae ampoule, au milieu de la matière qui les rem- 
it. Ces ampoules sont isolées dans Tair, au milieu de 
mx petites enceintes identiques, situées elles-mêmes 
ins une troisième qui est isolée calorifiquement et 

ns laquelle la température est sensiblement uniforme. 

Ils ont constaté ainsi une différence de 1*5 entre le 
[lorure de baryum radifère et le chlorure de baryum 
ur, le sel radifère ayant la température la plus élevée, 
lomme contrôle, ils ont répété l'expérience dans les 
ièmes conditions avec deux ampoules renfermant, 
>utes deux, du chlorure de baryum pur. Les différences 
e température observées sont alors seulement de l'ordre 
e grandeur de ^ de degré. 

Ils ont ensuite cherché à évaluer quantitativement la 
'haleur dégagée, dans un temps donné, par le radium. 

Pour cela, ils ont d'abord comparé cette chaleur à 

Ue dégagée par un courant électrique, d'intensité 
^nnue, dans un fil de résistance connue. Dans une 
leuxième série d'expériences, ils ont évalué la chaleur 
(imagée par le radium en faisant directement des 
imesures avec le calorimètre de Bunsen. 

Il ressort, de ces expériences, ce résultat très inté- 
"^^ssant que : i^^ de radium dégage une quantité de chaleur 
.^uiest de C ordre de 100 petites calories par heure, 

lie dégagement continu d'une telle quantité de cha- 

T»J c. R. de VAcad. d. Se, t. CXXXVI, p. ÔTJ, 1903. 



— 486 — 

leur ne peut s'expliquer par une transformation ch 
mique ordinaire. Si Ton cherche l'origine de la pr 
lion de chaleur dans une transformation intime, ce 
transformation doit être plus profonde et doit être àt 
à une modification de Tatome de radium lui-mèo 
Cependant, une pareille transformation, si elle exis 
se fait avec une extrême lenteur. En effet, les propriéU 
du radium n'éprouvent pas de variations notables, 
plusieurs années et M. Demarçay n'a observé auca 
différence dans le spectre d'un même échantillon 
•chlorure de radium en faisant deux examens, à cii 
mois d'intervalle Si donc l'hypothèse précédente éti 
exacte, l'énergie mise enjeu dans la transformation de 
atomes serait extraordinairement grande. 

L'hypothèse d'une modification continue de ratomel 
n'est pas seule compatible avec le dégagement de chi 
leur du radium. Ce dégagement de chaleur peut encop 
s'expliquer en supposant que le radium utilise une] 
énergie extérieure de nature inconnue. j. B. 

Recherches sur le plâtre ; par M. Ch. Cloez. — Avaor j 
les travaux de M. Lacroix (1), on admettait que, dans la ' 
fabrication du plâtre, le gypse ne subit jamais une dés- j 
hydratation complète et que, même au sortirdu four, il 1 
contient encorede 7 à 8 p. 4 00 d'eau ; onen concluait qu'il 
était surtout constitué par l'hydrate SO*Ca + 0,5H*0 
contenant 6,2 p. 100 d*eau. M. Lacroixayant montréque 
le gypse chauffé pendant longtemps à une température de 
125-145'' se déshydrate complètement ^n donnant un sul- 
fate de calcium anhydre différant absolument de l'anhy* 
drite par ses propriétés minéralogiques ou chimiques, il 
a semblé à l'auteur queTancienne théorie delà fabrica- 
tion du plâtre ne pouvait plus être admise et il a com- 
mencé une série de recherches. Toutes ses expériences 
faites d'abord avec du gypse pur provenant de fers de 
lance soigneusement débarrassés de toute matière 
étrangère ont été répétées avec de l'albâtre de Lagoy* 

(1) BulL de la Soc. chim,, 20 féyrier 1903. 




— 487 — 

^is avec des gypses ordinaires de première ou de 
'^conde masse. 

U ne cite que les expériences faites avec le gypse pur. 

*" de ce corps contenant 15«%813 SO*Ca et 48%186 
sont chauffés à l'élu ve à liS"". 

En 1 heure la perte d'eau est de 2ff''d34 

2 — — 3,344 

3 — — 3,892 

Âce moment le corps ne renferme plus que 0,294 d'eau 
nrconséquent le rapport , qui dans le gypse pri- 

toilif était égala 0,264, s'est abaissé en 3 heures à 0.018. 

Si l'on chauffe 1 heure de plus, la déshydratation est 
complète. 

Mais dès la seconde pesée, lorsque le gypse a déjà 
perdu 3,344 d'eau, on reconnaît que ce corps tend à 
augmenter rapidement de poids pendant la durée de la 
pesée, et que celle-ci devient de plus en plus difficile à 
mesure que la déshydratation augmente. Il était donc 
probable que ce plâtre obtenu à température relativement 
basse était un corps éminemment avide d'eau. 

Les expériences suivantes l'ont prouvé. 

Le plâtre anhydre est abandonné à l'air du laboratoire 
et à l'abri des poussières. 

Eaa p. 100 

En 1 heare il absorbe 3k''70 

2 — 4,27 

3 J< — 5,70 

1» — 7,57 

27 — 7,77 

74 — 7,93 

Ces expériences ont été faites à une température 
de 14.16*. 

En opérant à une température plus basse à 5-7®, Tab- 
sorption d^eau est un peu ralentie, mais elle tend 
toujours vers la même limite. 

On arrive donc à cette conclusion qui a été vérifiée 
W un plâtre à mouler obtenu industriellement dans un 
four de boulanger : 



L 



— 488 — 

Le plâtre au sortir des fours est anhydre ; mais, 
donné à l'air, il absorbe rapidement une certaine qi] 
iité d'eau qui tend vers la limite de 8 p. 100. Cette limil 
ne correspond à aucun hydrate défini. 

Dû reste, on admet dans l'industrie que le plâtre ( 
augmente peu à peu de poids et que celui-ci ne devic 
constant qu^au bout de 36 heures environ. 

Le plâtre anhydre, très facile à préparer dans les lab 
ratoires, est un déshydratant excellent qui permet d'an 
ner rapidement l'alcool de 90 à 98**. 

Dans un travail antérieur (i), l'auteur amontréquel'i 
pouvaitfacilementétudierla prisedu plâtre en legâch 
avec de l'eau et suivant le phénomène à l'aide du Ihi 
momèlrc. 

Il a étudié de cette façon le plâtre anhydre, et 1 
résultats obtenus sont assez curieux. Lorsque Ton verse 
du plâtre anhydre dans une certaine quantité d'eau, Ift 
température s'élève brusquement de 14 à 22* au-dessus 
de la température initiale, puis en 10 minutes environ, 
elle baisse de 4 à 6* et, pendant un certain temps, reste 
stationnaire ; enfin elle monte de nouveau et atteint ea 
général un niveau supérieur à celui que Ton avait pri- ■ 
mitivement observé. 

Cette série de phénomènes est absolument indépen- 
dante de la quantité d'eau qui a servi au gâchage. 11 l'a 
observée en employant, pour 100*" de plâtre, soit 50, 100 
ou même ISO»"^ d'eau. 

La première et brusque élévation de température 
correspond évidemment à un phénomène chimique : à 
rhydratation du plâtre. La seconde phase, abaissement 
notable de température, ne correspond pas, à sonavis,à 
un simple refroidissement par rayonnement. La chute 
de température dans cette seconde phase est beaucoup 
plus brusque que lors du refroidissement et il se produit 
là vraisemblablement un phénomène d'ordre physique: 

(1) Congrès international de chimie appliquée, t. I, p. 345. 



r 



— 489 — 



I dissolution du sulfate de calcium préalablement 
iydraté dans la première phase. 

' Pendant tout ce temps, le plâtre n'a pas fait prise ; il 
lonne, si l'on n'avait pas le thermomètre pour guide, la 
^sation d'un corps inerte : son aspect, sa manière 
Pêlre lorsque l'on agite la masse, rappellent la façon 
rètre du sable délayé dans l'eau. Puis tout à coup la 
basse s'épaissit et la température monte peu à peu : ce 
iemier phénomène ne peut s'expliquer que par la prise 
amasse d'une dissolution sursaturée. 

L'élévation énorme de température observée dès que 
ton met du plâtre anhydre en contact avec de l'eau n'est 
jias due à la formation première de l'hydrate à 0,5H*O, 

Eiisque Ton observe encore une élévation brusque de 
mpérature lorsquele plâtre a absorbé plus de 6,2 p. 100 
if eau, quantité correspondant à cet hydrate. a. R. 

I Étude chimique des feuilles de coca; par M. 0. 
^cssE (1). — M. Hesse, poursuivant ses études sur la 
imposition des feuilles de coca (2), Erytrhoocylon prucea- 
mm, de Java, vient d'en retirer de nouveaux principes 
définis de couleur jaune : le cocacitriny la cocajlavine^ la 
tocaflavétine et la cocacétine. Tous ces composés se dis- 
iaolveot dans l'alcool, ont une réaction acide et se colo- 
rent en vert par le perchlorure de fer; leurs solutions 
alcalines sont colorées en jaune. 

Pour les obtenir, on épuise les feuilles de coca pulvé- 
risées avec deTéther de pétrole, qui enlève des cires et 
Oûe matière colorante verte, puis avec de l'alcool. La 
«olulion alcoolique est ensuite évaporée et Ton reprend 
le résidu par l'acide sulfurique étendu, qui enlève les 
alcaloïdes (cocaïne, isococaïne, homococaïne, hygrine, 
; elc...). Le nouveau résidu cède alors à l'élher, d^abord 
une matière résineuse verte, puis la «ocaflavinc, la 
cocafiavétine et la cocacétiue, tandis que le cocacitrin 
reste en grande partie indissous. 

^y, Zor Kenotois der Cocabiaeuer (Joum. fur prakt, Chem,, 2* série 
«. LXVI, p. 401, 4902). 
[ij Liebig's Annal, der Cfumie, t. CCLXXI, p. 180. 

Jwm, dt Pfutrm. et de Chim. «• ateiB, t. XVII. (15 mat 1003.) 32 



— 490 — 

CocAciTRiN, C"IP*0»' + 3H*0. — Pour l'obtenir, 
reprend le cocacitrin brut par l'eau de baryte bon 
lante, qui le dissout, et on le précipite ensuite pan 
acide. 11 cristallise dans Talcool en aiguilles prise 
tiques extrêmement ténues, jaune clair, répondant àl 
formule C*«H'*0*^ + 3IP0. 

Si on chauffe le cocacitrin, il devient anhydre à 175',j 
fond à 186**, puis se décompose à 190°. Il est 
soluble dans Teau bouillante, très soluble dans l'acid 
acétique. 

Avec l'anhydride acétique, il donne rhcptacétylcc 
citrin C^^H" (CO.CH^)-O*" ; les acides étendus le dédc 
blent quantitativement à l'ébuUition en un sucre, le 
cocaose, et une matière jaune, \s,cocacétine, 

CS8H3S0i7+2H«0 = 2C«Ri«06 + CicHi^O? 
Cocacitrin Cocaoso Gocacétine 

Le cocaose, qui est peut-être identique au d-lalose^ 
cristallise à la longue en octaèdres de formule C*H**0* 
+ H'O, fondant à 89°-90«, avec départ d'eau. Il est 
dexlrogyre »»= + 18°, 8; son osazone forme de petites 
aiguilles jaunes fondant à 179''-180°, très solublesdans 
l'alcool bouillant. 

Gocacétine, C^'H^'O' + 3H'^0. — On peut l'extraire 
de la solution éthérée dont il a été parlé plus haut et 
résultant du traitement des feuilles de coca ; mais od 
l'obtient beaucoup plus facilement par le dédoublement 
du cocacitrin. 

Elle cristallise dans l'alcool en petites aiguilles 
jaunes, répondant à la formule C*«H*^0' -f 3H*0. Chauf- 
fée, elle devient anhydre à 130°, puis fond à 260°-265*. 

Avec l'anhydride acétique, elle fournit un dérivé 
tétracétylé; la fusion avec les alcalis la transforme 
d'abord en un autre produit de couleur jaune, IsidecoM- 

C»«H'20?-fH«0 = C02+C'6Hï*0« 
Gocacéiino Décocacétine 

puis en phloroglucine C®H*0' et acide protocatéchique 



— 491 — 

SocAFLAViNE, C^*H"0*® + 4H^0. — La cocaflavînecris- 
lise dans l'alcool en aiguilles prismatiques jaunes, 
fanant anhydres à 120^-130** et fondant alors à 463*- 
Les acides étendus la dédoublent en cocaflavétine, 
iicose et galactose : 



CJ*H3«Oi»4-2H»0 
CocaflaTÎne 



C«'Hï*0« + C«Hi«0« + C22HÎ80» 
Glacose Galactose Cocaflavétine 



ICkKiAFLAvÉTiNE, C'^H^'O' -f- 3IP0. — En précipitant 
kr Teau bouillante sa solution dans l'acide acétique 
^uillant. on Tobtient en aiguilles jaune pâle fondant à 
lo*, très solubles dans l'alcool, Tacide acétique, Tacé- 
ine, peu solubles dans l'eau. 

Chauiïé avec Tacide iodhydrique, la cocaflavétine se 
kansformc en norcocaflavétine C*°H*^0% avec départ 
riodurc de méthyle : sa formule peut donc s'écrire 
f ir^O' (OCH')* + 3H^0. 

M. liesse montre enfin que la substance extraite par 
Eijkman des feuilles de coca de Java sous le nom 
le quercitrinc n'est autre que le cocatrin, de même que 
Taeide cocatannique de M. Warden serait un mélange de 

cacîtrin et de cocaflavine. M. G. 

Acide lichestérique ; par M. Bôhme (1). — L'acide 
licheslérique a été retiré du lichen d'Islande, plante 
lans laquelle il existe en même temps que Taeide 
Icétrarique. Il a été l'objet d'un certain nombre de tra- 
Ivaux, cependant certains faits relatifs à sa constitution 
In'avaient pas été élucidés d'une façon définitive, et 
IVautear a continué dans ce but des recherches commen- 
jcées par Sinnhold en 1898 (2). 

Tout d'abord existe-t-il plusieurs acides lichestéri- 

I ques?flésse avait prétendu (3) que suivant la provenance 

dulichen on pouvaitisoler trois acides différents, acides 

qu'il désignait sous les noms d'acides a, p, y-lichestéri- 

ques. Ces acides, d'après lui, auraient tous pour formule 

(I) Archio dtr PhaiTnazie, 1903, p. 1. 

12) Ibid., 1898, p. 504. 

(3) Journal f. jn*akt. Chemie, 2* série, t. LVII, p. 303 ; t. LXII, p. 344. 



— 492 — 

QisgsoQs g| différeraient les uns des autres par def] 
points de fusion (très voisins du reste) et par le poaroiri 
rotatoire. 

M. Bôhme a isolé Tacide lichestérique en partante 
plusieurs échantillons de lichen dislande et dans tou 
les cas il a obtenu un seul acide ; ce corps convenable- 
ment purifié fond à 124'*-125'' et il a pour formohl 
CH'*0% formule qui avait déjà été déterminée parpln-l 
sieurs auteurs, Sinnhold entre autres. 

Le pouvoir rotatoire est compris entre + 28'',97 dj 
+ 29%30. 

Les autres recherches de M. Bôhme se rapportent à] 
la constitution dé ce corps. 

Pedersen avait déjà observé que Tacide lichestérique] 
chauffé dans le vide perd de Tanhydride carbonique et 
laisse un résidu fusible à 41^-42®. L'auteur a repris cette 
réaction en déterminant d'une part la proporlioD 
d'anhydride carbonique formé, d'autre part la nature 
du résidu. Pour cela, il chauffe vers 190" sous pression 
réd uile (4*^™' de mercure) un poids donné d'acide,recueille 
et pèse l'anhydride carbonique formé. Le résidu se prend 
en masse par le refroidissement et est purifié par cris- 
tallisations dans l'alcool. La réaction peut être ainsi 
formulée: 

Le corps C**H"0' se présente sous forme de croûtes 
cristallines blanches, fusibles à 41^-42'*, insolubles dans 
l'eau, très peu solubles dans les alcalis, solubles dans 
les dissolvants neutres. De Texamen des propriétés il 
résulte que ce corps est une lactone à laquelle l'auteur 
a donné le nom de lactone lichestérylique. L acide li- 
chestérique diffère de cette lactone par GO^ en plus; 
c'est donc un acide lactone. M. Bôhme donne àces deux 
corps les formules suivantes: 

COOH 
CUH2:-CH— CH2-CH«-C0 et C»iH»?— CH— CH>— CH-CO 



-0 



L&ctone lichestéryliqae Acide lichestérique 



— 493 — 

in traitant la lactone lichestérylique par la potasse 
bndue bouillante, M. Bôhme a obtenu Tacide corres- 

ddant, l'acide lichestérylique, sous forme d'aiguilles 
liées, fusibles à 83''-84^ 

ICe corps avait déjà été obtenu par Sinnhold dans 
Iction de la potasse sur l'acide licbestérique; il a pour 

lulc C"H»*0', soit C**H".CH (OH).Cfl*-CH*.CO'H. 

st un acide-alcool qui cependant ne donne pas de 

ivé acétylé avec l'anhydride acétique. 
I Enfin l'auteur a étudié l'action de l'acide iodhydrique 
incentré sur l'acide lichestérylique. 

Ces recherches, qui avaient été commencées par 
Innhold, avaient pour but de transformer cet acide li- 
liestérylique, d'abord en un dérivé iodé, puis de réduire 

dérivé iodé de façon h obtenii- un acide stéarique 

! Cette réaction est fort intéressante au point de vue de 
constitution de l'acide lichestérylique, car elle mène 
t)il à l'acide stéarique ordinaire C"H''0*, soit à un 
dmère. 

En chauffant l'acide lichestérylique vers 190'-210* 
hvecde l'acide iodhydrique et du phosphore rouge, il a 
Ibtenu un dérivé iodé mal défini ; le corps iodé réduit 
' le zinc et Tacide acétique donne un acide qui, purifié, 
ond à 49^5 - 50*,5. Ce corps est incolore, cristallisé en 
bles rhombiques à 6 pans; son poids moléculaire et sa 
formule sont les mêmes que celles de l'acide stéarique, 
liais les propriétés sont dilTérentes et M Bôhme le 
désigne sous le nom d'acide X-isostéarique. 

L'acide licbestérique, traité d'abord par l'acide iodhy- 
tdrique, puis par les réducteurs, donne le même acide 
jisosléarique; mais il y a dans ce cas dégagement d'an- 
Ikydride carbonique, pendant la première partie de la 
Uéaclion.II se forme en môme temps une certaine pro- 
I portion d'un carbure dont la formule probable estG*'H". 
L'acide X-isostéarique est un acide nouveau, différent 
0^8 acides stéaiiques connus jusqu'ici; l'auteur décrit 
«lans son mémoire un certain nombre de dérivés (sel de 




— 494 — 

soude, sel d'argent, sel de baryte, chlorure acide, élher^ 
éthylique]. Il n'est attaqué ni par le permanganate dei 
potasse en solution alcaline, ni par le brome. 

H C. 

Synthèses d'acides amidés; par MM. Emile Fischei 
et Weigert (1), Fischer et Leuchs (2). — On doit k 
M. Emile Fischer et à quelques-uns de ses collabora» 
teurs une série de travaux remarquables sur les acides 
amidés formés dans la décomposition des substances 
protéiques; entre autres résultats importants, ces 
auteurs ont pu fixer d'une façon définitive la formule 
de certains de ces acides (par exemple, la serine et l'iso- 
sérine) (3). Nous résumerons dans cet article les tra- 
vaux qui ont permis d'établir la formule de la lysine et 
de la glucosamine. 

La lysine est un acide diamido-caproïque qui con- 
stitue une des bases hexoniques de Kossel (4). On l'en- 
visage d'habitude comme étant l'acide a-e-diamido* 
caproïque et on lui donne la formule 

AzH«.CHS-CH«— CH«— CH»-CH— Az.H«— CO*H; 
K a 

Cette formule, rendue très vraisemblable à la suite de 
différents travaux, n'était pas cependant absolument 
déterminée. MM. Fischer et Weigert ont pu obtenir une 
lysine ou acide a-e-diamidocaproïque de propriétés 
tout à fait identiques à la lysine naturelle, mais qoi 
néanmoins diffère de ce produit par son inactivité sur 
la lumière polarisée, tandis que la lysine naturelle esl 
dextrogyre. 
Ils partent de Téther Y-cyanopropylmalonique 

CAz-CH«-CH«— CH»— CH{C00C«H*)« ; 

cet acide traité par l'acide azoteux perd un groupement 

(1) Berichte, t. XXXV, p. 3712. 

(2) Ibid., t. XXXV, p. 3787; t. XXXVI, p. 2i. 

(3) Voir Journal de Pharmacie, 1902, t. XVI, p. 75. 

(4) /6W., 6- série, t. XI. p. U7. 



r 



— 495 — 



CO.OC^H* el donne un élher a-oximido-ï-cyanovalé- 
rianique 

CAx— CH«— CH«-CH«-C(AzOH)-COOC«H6; 

celte transformation est opérée par le nilrite de soude 
réagissant sur l'éthcr cyanopropylmalonique en pré- 
sence d'alcoolate de soude. 

Si sur l'éther a-oximido-8-cyanovalérianique on fait 
iréagir le sodium en présence d'alcool absolu, cet éther 
est d'abord saponifié; sous l'action de l'hydrogène, les 
groupements CAz et G.AzOH sont transformés en 
AiU'CH* et — Cfl-AzH' et on obtient un acide «-e-dia- 
midocaproîque 

AxH« . CH«— CH«— CH2-CH«-CH . AzH«— C0«H. 

Cet acide est isolé sous forme de picrate, d'après la 
méthode donnée par Kossel et Kiitscher pour la purifi- 
cation de la Iysi.ne. 

L* acide a-e-diamidocaproïque possède toutes les pro- 
priétés de la lysine naturelle active, sauf le pouvoir 
rolatoire ; il donne comme la lysine un dérivé di- 
benzoylé fusible à liB^-liô"* (144* pour la dibenzoyl- 
; lysine active) ; les combinaisons obtenues avec le cya- 
I mate de phényle, soit sur la lysine de synthèse, soit sur 
la lysine naturelle, ont à peu près les mêmes propriétés. 
La lysine active, chauffée avec l'eau de baryte vers 
165''-170'',est transformée enun racémique, ainsi que l'a 
montré M. Siegfried : la lysine ainsi racémisée donne 
avec le cyanate de phényle une combinaison qui, par la 
forme cristalline, le point de fusion, s'est montrée tout 
à fait identique à la lysine de synthèse. Il n'est donc 
pas douteux que l'acide a-e-diamidocaproïque de M. Fis- 
cher représente la forme inacfive de la lysine naturelle. 
MM. Fischer et Leuchs ont également pu reproduire 
par synthèse la d-glucosamine, ou plus exactement 
I Vacide d-glucosamique qui avait été préparé par Led- 
derhose dans l'action du brome sur la d-glucosamine. 
La glucosamine est une matière sucrée azotée qui a 
^té obtenue dans l'hydrolyse d'un grand nombre de 



— 496 — 

substances protéiques et de la chitine ; la formule qu e 
lui attribue est 

CH«OH— (CHOH)«~CH . AtH«— CHO 

Traitée par les oxydants (brome), la glucosamine 
transformée en un acide 

CH«0H-(CH H)s - CH . AzH»— CO»H 

qui est l'acide d-glucosamique. La position du groupe-l 
ment ÂzH^ dans la glucosamine et dans Tacide gluco 
mique n'était pas fixée avec certitude, et les reeliercheil 
de MM. Fischer et Leuchs ont levé toute indécisioQ kf 
cet égard. 

La synthèse de Tacide d-glucosamique ayant élél 
précédée par celle de son antipode optique, l'acide I-gla-l 
cosamique, nous exposerons d'abord la méthode suivie | 
pour réaliser la préparation de cet acide 1-gIucosaraique. 

MM. Fischer et Leuchs partent de la 1-arabinose, 
c'est-à-dire de l'arabinose qui se forme dans l'hydrolyse 
de la gomme arabique ; cette arabinose en solution dans 
l'alcool méthylique, traitée par Tammoniaque, donnela 
1-arabinose-i mine, corps obtenu par M. Lobry deBruyn; 
cette imine, chauffée en tube scellé à 40® avec un mé- 
lange d'eau et d'acide cyanhydrique pur, donne un 
nitrile ayant pour formule 

CH»0H— (CH0H)3— CH. AzH«— CAz 

qui, saponifié, donne l'acide 1-glucosamique 

CH«OH— (CHOH)»— CH.AzH«-C0«H. 

Cet acide 1-glucosamique possède toutes les pro- < 
priétés de l'acide d-glucosamique de Ledderhose sauf 
le pouvoir rotatoire qui a été trouvé égal à + 14%31, 
tandis que celui de l'acide d-glucosamique est 
aD = — ^4^65. 

MM. Fischer et Leuchs ont abordé ensuite la synthèse 
de l'acide d-glucosamique en partant de la d-araJbinose. 
Par un ensemble de réactions tout à fait analogues à 
celles indiquées pour l'acide 1-glucosamique, ils ont 
obtenu un acide absolument identique au corps préparé 



r 



— 497 — 



^r oxydation de la d-glucosamine naturelle. Ils ont 
ïRsayé ensuite la réduction de cet acide dans le but 
Tarriver à la ghicosamine; dans celte réaction, ils 
ti'ontpu isoler le sucre azoté lui-même; cependant, en 
imitant les produits de la réaction par le cyanate de 
phéoyle, ils ont obtenu en petite quantité un dérivé 
iont la composition et le point de fusion concordent 
fnrecles propriétés correspondantes du dérivé obtenu 

CrSteudel dans l'action du cyanate de phényle sur la 
glucosamine. 

Ce travail remarquable établit d'une façon définitive 
la formule de constitution de la d-glucosamine, qui n'est 
tatre chose que la glucose ou la mannose dans laquelle 
foxhydryle alcoolique OH voisin du groupement 
aldéhyde est remplacé par un groupement AzH* : 

CH«OH— {CH0H)8-CH0H-CH0 
âf. glucose ou </. mannose 

CH»OH— (CH0H)3-.CHAzH«-CH0 
d. glucosamine 

Etant donné la grande diffusion de la glucose dans 
les produits naturels, il est vraisemblable que la gluco- 
samine dérive de ce sucre. 

Dans tous les cas, on peut envisager la glucosamine 
comme étant un terme de passage entre les hexoses et 
les acides oxy-a-amidés, qui se forment dans la décom- 
position des albuminoïdes d'une façon constante. La 
glucosamine forme donc, jusqu'à un certain point, un 
pont entre les hydrates de carbone et les substances 
protéiques. H. C. 

Dosage de l'azote organique sans appareil distilla- 
tûireougazométrique; porM. G. Demgès (1). — Lors- 
<Ju'on a transformé l'azote organique en azote ammo- 
niacal à l'aide du procédé primitif de Kjeldahl ou 
ie l'une des nombreuses modifications apportées à ce 
procédé par divers auteurs, on effectue le dosage de 
ummoniac,qui a ainsi pris naissance, soit en le décom- 

(1) Ballet, de la Soc. de Pharm. de Bordeaux, marrfl903. 



— 498 — 

posant par rhypobromite de sodium, après neatralU 
sation du milieu, recueillant le gaz dégagé dans un app»^! 
reilgazomélrique approprié et déduisant de son volume/ 
par comparaison avec une solution tirée d'un sel d'aa 
monium, traitée dans les mêmes conditions, le poid 
d'azote correspondant ; soit en distillant le liquide ; 
résiduel, fortement alcalinisé, après insolubilisation, s'î 
y a lieu, des métaux, tels que le mercure, et dosant aci<U*1 
métriquementlegaz ammoniac passé à la distillation. 

Le mode opératoire de l'auteur repose sur les prin-j 
cipes suivants : l"* Une solution de sulfate d'ammonium] 
qui ne renferme pas d'autres corps étrangers qu'un] 
excès d'acide sulfurique ou que des sulfates alcalins, peull 
être exactement neutralisée par un alcali en présence dej 
résazurine ou de tournesol comme indicateurs; 

2^ Une telle solution, ainsi neutralisée, additionnée \ 
d'une quantité connue d'une liqueur alcaline titrée, plus 
que suffisante pour déplacer Tammoniaque combiné, , 
étant soumise à Tébullition durant un temps voulu, perd ; 
tout son gaz ammoniac pendant que l'acide qui lui était i 
combiné sature une proportion équivalente d'alcali, sui- 
vant la réaction : 

SO*(AzH*)« + 2NaOH = SO^Na» + 2 AzH» + 2H«0. 

3® En ajoutant alors, au liquide refroidi, autant d'acide 
titré qu'on avait mis primitivement d'alcali, de la phta- 
léinedu phénol, puis de la soude titrée, jusqu'à coloration 
rose persistante, la quantité de soude finalement em- 
ployée correspond exactement à l'acide combiné initia- 
lement à l'ammoniac et permet de déduire le poids de 
l'azote qui Ta fourni. 

Pour que le procédé soit applicable, il faut proscrire 
l'emploi de tout adjuvant dans lequel figurent des 
métaux lourds (cuivre, mercure, par exemple). L'auteur 
emploie, comme adjuvant, l'oxalate de potassium et il 
cite à titre d'exemples les résultats qu'il a obtenus avec 
une substance azotée pure et ceux que lui a fournis un 
dosage d'azote total dans l'urine. 




— 499 — 

Voici ce dernier: — 10*^™' d'urine ont été chauffés 
avec 5^™' d'acide sulfurique pur et 5*^™'^ d'oxalate de 
j^tassîum : la décoloration complète a été obtenue 
kprèsune demi-heure et le résidu final neutralisé vis- 
^-vis de la résazurine a été étendu à 100*^™^ 
I Le dosage gazométrique a fourni 12^%6 d'azote total 
j^r litre d^urine. Le titrage, après ébullition avec un 
excès d'alcali, a donné, en employant 50"^°^^ du liquide 
neutralisé et la soude normale : 

ion 
4,.";5 X 0S'O14 X r— • = I2«n d'azote p. 100. 

En employant lO"^*"' de ce liquide et la soude déci- 
ijiormale, on a obtenu : 

9. l X Oir%0014 X ^ = 12ff%7 d'azote. 

I L'exactitude et la constance de cette méthode sont 

I donc très grandes. 

I ËUe a l'avantage de pouvoir être appliquée avec des 
solutions très étendues ou, ce qui revient au même, avec 
une très faible quantité de matière azotée, puisque la 
soade déci-normale fournit d'aussi bons résultats que 
Valcali normal. 



BIBLIOGRAPHIE 



Le froment et sa mouture (1), Traité de meunerie, d'après un ma- 
nuscrit inachevé de Aimé Girard, membre de l'Institut, 
professeur au Conservatoire des Arts et Métiers et à l'Institut 
national agronomique, et M. L. Lindet, docteur es sciences, 
professeur à Ilnstitut national agronomique. 

Préface (extrait). — Le regretté Aimé Girard avait, il y a une 
quinzaine d'années, formé le projet d'écrire, sous le titre placé eu 
lète de cet ouvrage, un Traité de Meunerie. En avril 1898, à la 
mort de ce savant, le dossier de Touvrage ne renfermait que le 

(1) Un beau volume grand in-S*, avec 85 figures et 3 planches; 1903. 
12 fi*. Librairie Gauthier-Villars, quai des Grands-AugustinSfà Paris (6"). 




— 500 — 

plan général et trois chapitres {I, II, VI), presque entière) 
écrits de sa main. 

M. Lindet, appelé par son enseignement à étudier continoel 
ment les progrès accomplis en Meunerie, sachant quel iol 
portait à ces questions celui qui avait été son maitre, conni 
les idées qu'il possédait sur les différents points traités, a ea 
bonne pensée d'achever l'œuvre commencée. 

Aujourd'hui la meunerie est une véritable science, qoi 
emprunte à Tanatomie végétale du grain de froment, à la com< 
position chimique des différentes parties de ce grain, à la con« 
naissance de leur valeur alimentaire, à leur résistance relatifs 
aux actions des instruments de broyage, etc., les éléments qm 
doivent servir de guide dans l'appréciation des résultats de la. 
mouture. 

Aimé Girard a montré que, des différentes parties du grain, il 
convenait de rejeter l'enveloppe et le germe. 

Le problème à résoudre consiste à produire le maximum (te 
farine blanche, sans débris d'enveloppe et de germes, avec It 
minimum de frais. Les différents éléments scientifiques doatil 
vient d'être question, joints à l'expérience et à l'habileté profes- 
sionnelles, permettent au meunier de juger la valeur des instra* 
ments qui lui sont proposés pour résoudre ce double problème. 
Tels sont les principes exposés dans ce livré. 

Chap. I. Le froment au double point de vue de sa production et 
de son commerce, — Chap. II. Détermination de la compcsUiM 
chimique et de la valeur alimentaire des ttiverses parties du grain dt 
froment. — Chap. III, Composition comparée des blés offerts àk 
meunerie française par Vagriculture et Hmportntion, — Chap. IV, 
Conservation et manutention des grains. — Chap. V. Nettoyage ifi 
blé. Mouillage, — Chap. VI. Le broyage du grain à la meute." 
Chap. VII. Le broyage du grain aux cylindres. — Chap. V/II. U 
mouture du grain par les engins autres que les meules de pierre tt 
les broyeurs à cylindres. — Chap. IX. Classement des produits 
moulus ou division sur boulange. — Chap. X. Travail des semoules 
et des gruaux. — Chap. XI. Marche générale du travail. Ilende- 
ments. Partie historique. — Ch.\p. XII. Les farines et les issues. 
Examen et analyse. Cojiservation. Commerce. 

« J'espère, dit M. Lindet, que le monde de la meunerie, du com- 
merce des grains et de la boulangerie fera bon accueil à ce livre, 
commencé par un savant auquel meuniers et boulangers ont 
gardé une grande reconnaissance, et achevé par nous, daos une 
collaboration pleine de regrets et de souvenirs. 

« Sans doute celui qui l'aura étudié ne devra pas avoir la pré- 
tention de s'improviser meunier; on ne peut le devenir qu'après 
avoir accompli un stage dans un moulin, comme on ne devient 
chimiste qu'après avoir longtemps séjourné dans un laboratoire» 



r 



— 501 — 



I aucun livre ne saurait lui indiquer comment on reconnaît que 
k marchandise est également touchée tout le long des cylindres 
ie broyage, qu*elle est mée, c'est-à-dire épuisée de farine, et 
pi*il lui est inutile de la soumettre de nouveau au conver tissage. 
fais il connaîtra, ainsi que je Tai dit plus haut, les principes qui 
ni imposent un travail rationnel et les appareils qui lui permettent 
lé le réaliser. » 



SOCIÉTÉ DE PHARMACIE DE PARIS 



Séance du 6 mai 1903. 

Présidence de M. Léger. 

Correspondance imprimée. — Elle comprend: le Jour- 
nal de Pharmacie et de Chimie (2 numéros) ; le Bulle- 
Un des Sciences pharmacologiques (2 numéros) ; les Bulle- 
tins des Sociétés de Pharmacie de Bordeaux^ de Lyon, du 
Sud-Est y de V Association des Docteurs en Pharmacie^ de 
la Chambre syndicale et de la Société de prévoyance des 
fkarmaciens de Paris^ de V Association française pour 
Vatancement des Sciences: V Union Pharmaceutique ^ï le 
Bulletin commercial; le PharmaceiUical Journal (5 nu- 
méros); enfin une brochure de M. Juan A. Dominguez, 
professeur de pharmacie à Buenos-Aires : Datos para 
la Materia medica argentina. 

Correspondance écrite. — MM. Amozan et Segalas 
posent leur candidature au titre de membre correspon- 
dant national. 

MM. Astmc, Chaumeil, Warin, élus membres cor- 
respondants nationaux; 

MM. le P' Braylants, C. Buhrer, Codina y Langlin, 
P' Dambergis, P*^ Donald Mac Alister, P' Greenish, 
P* Greshoff et Rœmers, élus membres correspondants 
ttraugers, ont envoyé des lettres de remerciement. 

Communications, — M. Léger, continuant Ténuméra- 
tiondes procédés analytiques qu'il propose à la Com- 
mission du nouveau Codex, décrit le mode dressai des 
drogues simples contenant de la caféine. Il dose ce 
principe actif par la méthode de Warin légèrement 




— 502 — 

modifiée; il fixe le poids des prises d'essai à 15^^ pool 
la kola, à O*** pour le guarana, à 13 à IS**" pour le thé;î 
demande que le titre en caféiDe de la kola ne soit pd 
inférieur à 1,25 p. 100. 

M. Champigny exprime le désir que le degré de des- 
siccation des poudres soit toujours indiqué dans les 
méthodes d'essai. 

M. Landrin fait remarquer que la teneur alcaloîdiqot 
des ipécas est très variable dans les sortes commercia- 
les ; il voudrait Tinscription, dans le formulaire légal^ 
d'un procédé d'analyse fixant un titre minimum. 

M. Petit demande à M. Léger si les méthodes d^aoa- 
lyses proposées à la Commission de revision du Godet. 
seront publiées avant l'impression du nouveau formu- 
laire. Il fait ressortir tout l'intérêt qu'il y aurait à étu- 
dier les procédés en vue de les améliorer en temps 
utile, si quelques modifications semblent nécessaires. 

M. CarettB) élu membre résidant, présente ses remer- 
ciements à la Société. 

Election. — M. Bougault est élu membre résidant à 
la majorité des suffrages. 

Nomination de Commission. — Sont nommés mem- 
bres de la Commission de candidature: MM. P. Vigier, 
âéret et Carette. 

Déclaration de vacance. — Une place de membre 
résidant. 



ACADÉMIE DES SCIENCES 



Séance du 14 avril 1903 [C. R., t. CXXXVI). 

— Dédoublement cataly tique des alcools par les métaux 
divisés : alcools primaires formé niques \ par MM. P. Saba- 
TiER et J.-B. Sanderens (p. 921). — Les métaux divisés, 
cuivre, métal, cobalt, platine, dédoublent les alcools 



r^ 



r."»-*»^ 



— 503 — 



Brimaîres forméniques en H et aldéhydes; le cuivre est 
K plus avantageux. Le dédoublement commence à une 
température d'autant plus basse que le poids molécu- 
laire est plus petit : à 200° pour l'alcool élhylique; à 
^0* peur Talcool amylique. 

: — Sur les principales légumineuses alimentaires des 
tolonie^Jra7içaises\ par M. Balland (p. 934). — Résultais 
^udosage des matières azotées, grassesetamylacées dans 
jrarachide, divers haricots, le soja, le voandzou, etc. 

Séa>ce du 20 AVRIL 1903 (C. R., t. CXXXVI). 

— Sur la spirillose des Bovidés \ par M. A. Laver an 
(p. 939). — Description d'un spirille pathogène dans le 
sang de Bovidés du Transvaal; l'auteur donne à cette 
nouvelle espèce le nom de Spirillum Theileri, Laveran. 

— NcLture du principe sulfuré de la source de Boyen à 
Bagne rea'de-L7ichon\ par M. F. Garrigou (p. 968). — 
L*eau Hayen, avant son contact avec Tair, contient du 
sulfhydrate de sulfure, chose très importante à établir 
en vue de Torganisation pratique des appareils de hu- 
mage. 

— Cellulose soluble; par M. Léo Vignon (p. 969). — 
En agissant à froid sur roxycellulose, les solutions 

' aqueuses de potasse régénèrent de la cellulose et dis- 
solvent une cellulose soluble, précipitable par l'acide 
chlorhydrique, les chlorures alcalins et alcalino-ter- 
reux. 

— Sur rexistence d'un filament axile dans la fibrille 
conjonctive adulte; par M. P. -A. Zachariadès (p. 973). — 
La fibrille conjonctive est un prolongement cellulaire 
dont les parties périphériques se sont transformées en 
substance coUagène. Â l'état adulte, elle est composée 
d'une membrane, d'une substance collagène et d'un 
filament axile. 

J. B. 



i 




— 304 — 

SOCIÉTÉ DE THÉRAPEUTIQUE 

Séance du 22 atril 1903. 

M. Danlos présente une note intitulée : Modificatiou 
au formulaire des injections de calomeL 

Dans le but d'éviter les douleurs et la formation de 
nodosités que provoquent les injections intra-rauscu**^ 
laires de calomel à la vapeur en suspension dans Thuil* 
de vaseline, M. Danlos a employé comme excipient le 
sirop de sucre, Teau simple ne tenant pas assez loog- 
temps le calomel en suspension. Le sirop de sucre, plus 
facilement absorbable que la vaseline liquide, ne pro- 
duit pas de nodules persistants; les douleurs sont sensi- 
blement moindres, surtout lorsqu'on substitue au calo- 
mel a la vapeur le calomel précipité, qui est beaucoup 
plus finement divisé. Mais il faut alors avoir soin de dé- 
barrasser le précipité blanc par un lavage à Télher, 
puis à Peau bouillante, des impuretés qu'il renferme 
(acide chlorhydrique, sublimé). 

Le sirop de sucre a l'inconvénient de réduire à 140* 
le calomel, quand on stérilise le mélange. Aussi doit-on 
stériliser à part le calomel et le sirop de sucre. 

M. J. Regnault communique deux observations ré- 
centes qui montrent, contrairement aux tendances 
actuelles, les dangers réels de Vingestion de sel de cuisine 
avec le calomel. Il n'est pas inutile d^attirer rattention 
des malades sur cette incompatibilité qui peut avoir des 
conséquences graves. 

Dans ces deux cas, des symptômes d'intoxication — 
douleurs gastriques et intestinales, convulsions, anxiété^ 
respiration difficile — se sont manifestés, à la suite de 
ringestion de 0^',60 de calomel et, peu de temps après, 
de quelques œufs très salés. Ferd. Vigier. 

Le Gérant : 0. Dont. 

PARIS. — IMPRIMBRIB P. LEYB, RUE CA88BTTB, 17. 




— 505 — 
TRAVAUX ORIGINAUX 



fteekercke delà qmnine dans le^s liquides de C organisme 
\tmde de ses propriétés fluorescentes \ par M. G. Denigès. 

I La propriété que présente la quinine, salifiée par un 
|nde oxygéné tel que SO*H^, de donner des solutions 

Entant à la lumière solaire une belle fluorescence 
. est une des plus caractéristiques et aussi des plus 
bles que possède cet alcaloïde : en solution aqueuse 
Src, après acidulation sulfurique, on peut ainsi dé- 
er jusqu'à i^^^ de quinine par litre de véhicule. 

I Celle fluorescence n'est malheureusement plus per- 

pptible, quelle que soit la dose d'alcaloïde, à la lumière 

jrtificielle, à moins qu'on ait recours à l'éclairage par 

brc électrique. 

J'ai constaté que la lumière obtenue en faisant brû- 
un petit ruban de magnésium de 4 à 5"=" de lon- 
leur, lumière si riche, comme on sait, en radiations 
uniques, permettait d'observer la fluorescence, de 
ir et de nuit, d'une manière extrêmement nette, 
me dans des liquides présentant un certain degré de 
Joralion, et de reculer notablement la limite de sen- 
^ililé de cette méthode d'exploration au point de pou- 
'irdéceler directement moins de 2°*»' de quinine dis- 
is à l'état de sulfale dans 1 litre d*eau et des fractions de 

Nligramme en se servant de la méthode desdissolvants. 
J'ai utilisé ce fait pour rechercher des traces de cet 

ifcaloïde médicamenteux dans les liquides de l'orga- 

•isme afin de pouvoir en suivre le mode d'élimination 

!bns ses moindres détails. 
Voici la marche des opérations à effectuer dans les 

iivers cas qui peuvent se présenter. 
Urire. — On met dans un tube à essai 10*^"' d'urine, 

A gouttes d'ammoniaque et on agite. Onajoute IS*"™' (1) 

jO C'eti la dose minima d'étlier nécessaire pour ne poini turiuer 
*«iiaUioii pepsislante. 

•'«•m. it Pkarm. tt de Ckim. «• aiiiB, t. XVII. (!•' juin lOM.) 33 




-- 306 -* 

d*éiher à 65 ou &&'' et on agite violemment pendant 
minute après avoir eu soin, au préalable, de di 
doucement Turine dans le solvant organique ; dans 
conditions, aucune émulsion ne se produit. On li 
séparer, puis, avec une pipette, on enlève la pres4[i 
totalité de la couche éthérée que l'on introduit dans 
tube après l'avoir passée sur un petit filtre, si elle 
fermait quelques gouttelettes aqueuses, ce qu'un 
d'attention permet d'ailleurs d'éviter presque 
jours. On ajoute 1*^°*' d'acide sulfurique à 5 p. 100, 
volume, on agite vivement pendant une minute; pu 
tenant le tube de la main gauche, on allume le ruban 
magnésium tenu lui-même delà main droite, parTi 
termédiaire d'une pince et dont on apporte vivemi 
l'extrémité incandescente, un peu obliquement, à 6 ou 
devant la partie inférieure du tube, en ayant soin d' 
terposer un écran entre l'œil et la lueur vive du métii 
on aperçoitalorslafluorescence,mèmelorsque l'urlne< 
sayée ne renferme pas plus de 1 /2"*?'' de quinine par liti 

Salivk. — lO*^""' de salive ou im volume v de 
liquide amené au volume de 10"*^ sont traités comi 
il vient d'être dit pour l'urine, mais en portant à 20° 
la dose d'éther afin d'éviter i'émulsion ou de la réduif 
à son minimum. L'éther surnageant est enlevé à la pi 
pette; la partie émulsionnée, filtrée, permet une sépa? 
ration complète de Téther qu'elle renfermait et qu'oi 
réunit à la portion d'abord décantée. On agite alors cè| 
éther avec l*""** d'acide sulfurique à 5 p. 100 et oi 
cherche à percevoir la fluorescence à l'éclairage magné* 
sien. La limite de sensibilité est d'environ i"«'d'alca-, 
loïde par litre, lorsqu'on a employé 10*^°*' de salive. 

Bile. — On opère avec la bile comme avec la salive. 
Il est à remarquer, toutefois, quel'éther, agité avec de 
la bile alcalinisée ou non^ lui emprunte une substance 
sur laquelle je reviendrai, communiquant au dissolvant 
éthéré une belle fluorescence bleu violacé. Mais, à ren- 
contre de la quinine, qui d'ailleurs ne rend pas l'éther 
fluorescent, cette substance ne passe pas dans l'eau sol- 




— 807 — 

e, de telle sorte que si, par le traitement qui vient 
re indiqué pour la salive, la couche éthérée seule 
laorescente, on peut conclure qu'il n'y a pas de qui- 
^ dans la bile et qu'au contraire ce liquide renferme 
alcaloïde lorsque la fluorescence est présentée parla 
che éthérée et par la couche acide. Dans ce cas, il 
[avantageux, pour avoir toute certitude, de séparer 

dernière afin de pouvoir l'examiner à part, à la lu - 
re du magnésium. 

kSG. — 10^** de sang, oxalaté ou fluoré, sontaddi- 
inés de 10 à 15*^"' d'une solution récente de méta- 
isphate de soude à 5 p. 100 et de 3 à S*^™' d'acide sul- 
îque à 1/20 en volume. Enfin on ajoute suffisam- 
nt d^eau pour obtenir un volume de 20 à 23'="*' (les 
^ de métaphosphate, d'acide et d'eau devant être, 
s les limites minima etmaxima indiquées, propor- 
Dnelles à la densité, c'est-à-dire à la teneur du sang 
albominoïdes). 

On agite, porte pendant quelques instants au bain 
^au bouillante et filtre. Le filtrat, toujours très lim- 
Je, est refroidi vers 15*, on l'alcalinise avec 
à XII gouttes d'ammoniaque, on ajoute 15*^"*' d'éther 
on achève l'opération comme avec l'urine. De même 
le dans le cas de la bile, on retrouve encore ici jus- 
l'â !"«' de quinine par litre. 

Lait. — On met dans une capsule 20^°*' de lait, 10^"^ 
e métaphosphate de soude à 5 p. 100, lO""""' d'eau et 
n porte à l'ébullition ; on ajoute alors 2*^"' d'acide 
olfurique à 5 p. 100 en volume, on porte encore à 
'ébullitionjusqu'à séparation complète des grumeaux de 
aséine,puisonfiltrejusqu'àliquideabsolumentclair(l). 

10^"* de ce filtrat refroidi, additionnés de X à XII 
[Dotles d'ammoniaque sont ensuite traités comme 
'orinc. J'ai ainsi obtenu la fluorescence avec l"»*^ d'al- 

loîde par litre de lait. 

Viscères et pièces anatomiques. — Après pulpage et 

(1) Oa poat, à la rigueur, opérer avec des doses de lait, de réactifs 
litd'eaa dânx fois plus faibles qae celles indiquées. 



— 508 — 

macération dans l'acide sulfurique à 1 p. 100» on 
trera et traitera le liquide comme le sang. 

Annexe. — Les préparations pharmaceutiques à 
de quinquina sont aussi susceptibles d'être étudiées ] 
cette méthode ; peut-être en utilisant la limite de 
bilité de la fluorescence obtenue sous l'influence d'i 
ditions d'eau suffisantes au liquide acide résulta 
d'une extraction éthérée, pourrait-on rapidement 
faire une idée de la teneur en quinine des produ 
essayés. Dans tous les cas, il est très facile, en metta 
en œuvre le phénomène de fluorescence provoqué | 
la flamme du magnésium, de montrer rapidement àt 
cours la présence de la quinine dans un vin, un extr 
de quinquina, etc. 

Pour un extrait, par exemple, on en ferait dissoud 
30 à 40*^8*^ dans 25*=°*' d'eau chaude, on ajouterait T 
XII gouttes d'ammoniaque, on laisserait refroidir, filti 
rait jusqu'à liquide clair dont lO^"*' seraient agités av 
15*^"^ d'élher, puis ce dernier, décanté à la pipetti 
serait agité avec 5 à 6^"' d'acide sulfurique à 5 p. II 
enfin on examinerait le contenu du tube au magnésiofl 
incandescent. Bien que la couche acide soit généra 
ment un peu colorée, elle laisse parfaitement percevo 
la fluorescence. 

Ajoutons que ces diverses opérations sont peu disp 
dieuses; l'éther peut être récupéré en grande partiel 
utilisé après agitation suffisante avec de l'eau sulfuriqa 
et simple filtration. 

Etude sur le compte-gouttes normal; par M. P. Yvo*. 

[Suite) (1). 

Le réglage des deux instruments doit être fait de la 
manière suivante. Les deux éléments qu'on a rendus 
constants étant la hauteur de chute et le diamètre inti^ 
rieur du tube capillaire ^ovl choisit le diamètre extérieur At 
ce tube un peu supérieur à 3"" (3'""i3) et on le rode 

(1) Journ. de Phann. et Chim., t. XVII, n" du 15 mai 1903,p.46l. 



— 509 — 



knt 



'àcequeles gouttes pèsent exacteinenl0^%05. On 

ainsi 'deux instruments d*étude parfaitement ré- 

!■«' près. Toutes les pesées ont été faites au 4/2"«'. 

moyen du premier dispositif (fig. 1)(1), j'ai pu, en 

nt avec de Teau distillée, déterminer Tinfluence 

i verses causes de variation qui n'avaient pas été 

lées, ou avaient été négligées comme étant sans 

rtance par Réveil et Lebaigue. 

ibaigue avait dit que le diamètre extérieur du tube 

lulement faisait seul varier le poids des gouttes, 

d'une manière régulière. Il a môme déterminé 

deur de ces variations, qui est en moyenne de 

par augmentation ou diminution de 1°" du dia- 

et pour C gouttes et dressé en 1868 le tableau 

nous allons reproduire. 

us récemment en 1895, Eschbaum a dressé un ta- 
iU analogue. Nous les reproduisons comparalive- 
t: 

Poids de 100 grouttes d*ean distillée 



ela 



Ire 



LEBAIGUE 


ESCHBAUM II 


I 




] 


[I 


III 


£ 


u 


m 


■"- 


h 


«0 


RameDé 


au mill. 


1 1 



C 


. S 


l 1 


II 


« s 




§ 


e = 


1. 
M 

e 


1 


3 1 


II 

© 


Poid 

do 

100 gou 


.2 M 


Poids 
de 
100 goutt 


^ a 


^M 


Sf-SO 


» 


0-«67 


18^34 


1 


l«'-94 


9 


î 


a,75 


!8r23 


1,39 


2,62 


2 


3,59 


18'65 


3 


5,00 


1,25 


2,89 
3,07 


4,92 
' 5.22 


3 


5,01 


1,42 


\ 


6,20 


1,20 


4,17 


6,90 




6,71 


1,70 


à 


•î.ftO 


1,30 


» 


» 




» 


u 


6 


8.Sn 


1,30 


6,56 


10,00 




9,15 


2,4i 


É 


10,20 


1.40 


» 


» 




» 


» 


8 


s 


» 


8,32 


12,60 




12,10 


2,95 


S 


13.90 


2.10 


D 


» 




u 


tt 


• 


» 


» 


» 


» 




1) 


M 


15 


1» 


» 


14.90 


22,50 




22,65 


10,55 


M» 1,30 


M «1,48 



11) Jmini. dePharm. et deChim., t. XVII, n* du 15 mai 1903, p. 467. 



— 510 — 

La concordance n'est pas suffisante entre ces 
tableaux ; la différence doit provenir de ce que les i 
expérimentateurs n'ont pas opéré avec des hauteurs! 
chutes constantes, ni tenu compte du diamètre intérie 
des tubes. 

Pour comparer les chiffres donnés par Lebaigue j 
ceux indiqués par Eschbaum (II), j^ai dû, dans 
colonne (III), rapporter au millimètre les chiffres don 
par ce dernier, et cela en prenant la moyenne du chiS 
supérieur et du chiffre inférieur. 

L'accroissement du poids de G gouttes par cba 
millimètre d'augmentation du diamètre extérieur ( 

d'après Lebaigue, de 1«',30; 

d'après Eschbaum, de l'^',48. 

La divergence est donc de H ,38 p. 100 ; elle doit tcD 
ainsi que je Tai dit, à ce que les deux auteurs n'ont] 
expérimenté avec des pressions identiques ni avec( 
diamètres intérieurs égaux : Tinfluence de ces deuxfK 
teurs est loin d'être négligeable, ainsi qu'on peutlei 
en consultant les tableaux suivants : 

Tableau I 

Influence de la hauteur de chute (pression) sur le poids des $otttii 
Température = 18». Diamètre intér. 0"",38. Diamètre extér. 3~J 



0-03 
0,10 
0,15 
0,20 
0,25 



2 «2 



21 

45 

15 

100 

130 



S 
S 

m 

E 
g 

< 



24 
30 
25 
30 



M = 21 



20 gouttes 100 gouttes Théorie 



0«'991 
0.985 
0,924 
0,839 
0.760 



4«'98o 
4,925 
4,620 
4.195 
3,800 



NOMBRX 

DB GOUTTES 

POUR i ORAMUt I 



20,06 
20.30 
21,64 
23.84 
26,32 



Je n'ai pu accroître davantage la hauteur de chute ^ 
à partir de fl",30 les gouttes ne se séparent plus, et 



F 



511 



br forme commence du reste k se modifier à partir 
p 0",20. Ce tableau montre clairement qu'à mesure 
pe la pression ou la hauteur de chute s'accroît, la 
itessede chute s'accroît également; elle est en moyenne 
b XXVII gouttes par augmentation de 5 centimètres 
^ haqteur. 

I Le poids des gouttes diminue à mesure que la pression 
jila vitesse de chute augmentent, la différence est sur- 
pot sensible à partir de O^'flS de chute. 
J ai ensuite étudié l'influence de la vitesse de chute 
|b8 gouttes sur leur poids, la hauteur de chute restant 
ÎMistante. L'appareil a été disposé pour une hauteur de 
ftute de 0°',25 et j'ai diminué successivement la vitesse 
^écoulement en comprimant de plus en plus le tube de 
Éoutchouc par le jeu de la pince. Le retard est dû à 
accroissement du frottement dans le tube dont le 
pamètreestde plus en plus rétréci. 



lam 



Tableau II 

iienr de chute 0»25. Température = 15«. Diamètre intérieur 0™»38. 
Diamètre extérieur 3™™15. 



«i 






NOMHKIl 




II 


?£ = 


POIDS 


DE OOUTTBS 


>IOYB?INE II 


|3 = 






POUR 1 


OKAMMB 






rà" 


■« 


' ■' 




■s— ^'^ 




- Il II -. 


10 


iO goatt«s 


lOOgoattcs 


Calcul 


Pratique 


Nombre 
de gouttes 


Poids 
de 20 {gouttes 


05'9885 


4»'9423 


20.23 


20 






-il) 


«,9910 


4.9X30 


20,06 


2.1 


20 


0,U945 


30 


1,000 


5,00» 


20,00 


20 


40 


0,9930 


4,9560 


20,13 


20 






r>o 


0,9610 


4,8340 


S'0(î8 


21 


f 




60 


»,95i0 


4,noo 


20,96 


21 


21 


0,9560 


70 


0,9480 


4,1410 


21.09 


21 






80 


0.9040 


4.5210 


22,12 


22 


22 


0,9040 


90 


0.8150 


4,37:ri 


22,8;> 


23 


23 


»,8750 


100 


<>,8;85 


4.242îi 


23,57 


24 


24 


0,8485 


110 


11,8063 


4,032.'i 


24,79 


25 


25 


0,8065 


1 \^ 


o.ms 


3,8775 


2r..78 


26 


26 


n,7775 


h 


o,?:ii5 


3,772:J 


26,:>0 


27 


27 


0,7545 



Ce tableau nous montre que la plus ou moins grande 



— 512 — 

rapidité de chute des gouttes exerce une influence 
marquée sur leur poids. 

Dans les conditions de l'expérience, le compte-goul 
détachait exactement XX gouttes au gramme pour 
hauteur de chute de 0",25, le nombre de gouttes 
minute étant de XXX. Pratiquement, ce nombre 
20 gouttes au gramme se maintient pour des vitesses 
chute inférieures jusqu^à 40 et supérieures jusqu'à 
Pour des vitesses de chute supérieures et allant de 
LXX gouttes à la minute, le nombre de gouttes né( 
res pour représenter 1 gramme d^eau s'élève à 21; 
nombre s'accroît d'une unité par excès de X gouttes 
la minute et devient égal à 22, 23, 24, 25, 26, 27 
des vitesses d'écoulement correspondantes à 80,90, i 
110, 120 et 130 gouttes à la minute. 

Remarquons que le maximum de poids correspoi 
à une vitesse de XXX gouttes à la minute, puis ce poi 
diminue pour des vitesses moindres et des vite 
supérieures. Ces deux séries de détermination établi 
sent donc d'une manière certaine l'influence de 
pression ou hauteur de chute et de la vitesse cHécouUmi 
sur le poids des gouttes. Remarquons de suite qu ai 
même vitesse d'écoulement peut être obtenue dans A 
conditions variables, par exemple en augmentant li 
hauteur de chute et en diminuant le diamètre intériei 
du tube d'écoulement. Lebaigue avait bien constat 
cette influence pour des hauteurs de chute allant de 
O^jlO à 2" (!) et dit que la pression diminue le poids de» 
gouttes, mais n'en a pas tenu compte dans la constroc* 
lion de Tinstrument qui porte son nom, pas plus du 
reste qu^ de la grandeur du diamètre de l'orifice d'écou- 
lement. Il ne croyait pas du reste à son influence puis» 
qu'il dit qu'il peut être indifféremment capillaire ou de 
plusieurs millimètres et que la vitesse d'écoulement est 
seule modifiée dans ces conditions ; il a expérimenté en 
faisantvariercediamètre intérieurde0"",5 à8"{!).Nou8 
avons vu que, contrairement à son opinion, la vitesse 
d'écoulement, dépendant soit de la hauteur de chute 



r 



- 513 — 

(tableau I), soit de l'accroissement du frottement (ta- 
bleau II), faisait varier le poids des gouttes; le tableau. 
suivant montrera quelle est l'influence des variations 
Au diamètre intérieur du tube d'écoulement. Les expé- 
riences ont été faites avec des Uibes capillaires dont le 
diamètre extérieur variait de 3"" à 3"'",20 et le diamètre 
intérieur de 0"°',o95 à 0"",459. J'ai rodé moi-même au 
tour et à la pierre tous les capillaires et déterminé 
exactement les diamètres extérieurs avec un pal mer 
donnant le centième de millimètre : les diamètres inté- 
rieurs ont été déterminés avec un microscope à oculaire 
mierométrique; et comme l'orifice n'est jamais cylin- 
drique, en prenant la moyenne du grand et petit axe de 
Fellipse. Voir Tableaux III, IV, V. 

Cette nouvelle série de déterminations confirme des 
faits déjà connus et nous en fait connaître de nou- 
veaux. 

1 4" La vitesse de chute des gouttes diminue avec la 
pression et s'accroît avec elle (Tableaux I, III, IV, V). 
1 2*" Le poids des gouttes diminue à mesure que la pres- 
sion augmente (Tableaux I, III, IV, V), et inverse- 
I ment. 

3^ Le poids des gouttes diminue en même temps que 
' lediamètre extérieur du tube d'écoulement (Tableaux III, 
IV, V). 

4* Le poids des gouttes s'accroît à mesure que le 
diamètre intérieur du tube d'écoulement diminue. 

Mais cette dernière relation n'est vraie que jusqu'à 
une certaine limite : lorsque le diamètre intérieur est 
très petit et varie entre 0"",4 et 0™"',2 ; le poids des 
gouttes diminue, les rapports qui existent entre les 
diverses conditions d'écoulement étant considérable- 
ment modifiés. 

En consultant ce tableau, on trouve déjà des indica- 
Uona utiles pour la construction des compte- gouttes, 
indications relatives aux rapports qui doivent exister 
^tre la hauteur de chute, les diamètres extérieur et 
intérieur àxi tube d'écoulement. 




Influence du diamètre intérieur du tube d'écoulemeat 
sur le poids des gouttes, la hauteur de chute et te 
diamètre extérieur resttnt fixes. 

Longueur du capillaire : 0"02. 
Tableau III. — Hauteur de chute : 0»15. 





DIAMÈTRE EXTÉRIEUR 1 


3" 


,20 

M 


3" 

228 
224 


M5_ 

ce 

l 


3" 

â 
o 

228 


M0_ 


3" 

1 


^05 

• 

1 


S 

o 

y, 

202 


3= 

« 

l 

0''8n 


0— 59o 

0,588 






08-869 
0,858 


0«'837 
» 


204 
200 


08-908 
0,904 


0,513 






96 


0,948 


95 


0,940 


92 


0,938 


96 


0.903 


0,486 






85 


0,980 




0,964 


86 


0,933 


88 


0,908 


0,4:)9 






62 


0,984 




0,969 


70 


0,960 


60 


0.963 




Tableau IV. — Hauteur de ch 


tt^e:0n»10. 


1 


o-"c:9:i 

0,o88 


124 
126 


0=5-940 
0,935 


124 
118 


0«'906 
0,940 


120 
118 


0''931 
0,9o2 


115 
120 


08-925 
0,933 


114 


0-'92l 


0,513 


62 


1,018 


59 


1,015 


60 


1,004 


58 


0,986 


59 


0,982 


0,48(î 


53 


1,021 


VA 


1,0?1 


56 


1,003 


56 


0.987 


57 


0,962 


0,459 


43 


1,029 


40 


1.024 


45 


1,003 


42 


0,988 


40 


0.984 




Tableau V. — Hauteur de ch 


ute : 0'»05. 


1 


0-"595 
0,588 


56 
59 


!P'038 
1,026 


54 
52 


18^018 
1,030 


52 
50 


lB'014 
1,013 


50 
52 


18-008 
1,015 


1 

( 5. 


O^-S»! 


0,513 


29 


1,035 


27 


1,022 


28 


1,015 


28 


0,995 


25 


0,986 


0,486 


25 


1,029 


24 


1,032 


25 


1,013 


26 


0,999 


25 


0,97« 


0,459 


20 


1,027 


18 


1,023 


20 


1,000 


20 


0,995 


19 


0,978 



r 



515 — 



Dans la pratique, la hauteur de chute varie entre 2 et 
I0** et les diamètres extérieurs des tubes d'écoulement 
sont compris entre 3"° et S^^.iS; j'élimine de suite 
ceux qui sont inférieurs à 3"**. Quant au diamètre 
intérieur^ il est très variable dans les instruments 
existant aujourd'hui. 

Je me suis livré à une dernière série de détermina- 
tionsen prenant des capillaires présentant une longueur 
de 0*,02 et dont le diamètre intérieur était de 0"",59o. 
J'ai fait varier le diamètre extérieur de 3"*", 30 à 3"™ et 
la hauteur de chute de 0"*,02 à 0"*,10 ; les résultats 
obtenus sont consignés dans le tableau suivant, n^ VI, 
et peuvent servir de base pour la construction du 
compte-gouttes normal, dans lequel la vitesse de chute 
des gouttes n'est ni trop rapide ni trop lente. 

J*ai donné dans ce dernier tableau et dans les précé- 
dents les chiffres que l'expérience m'a fait trouver : 
quelques-uns ne rentrent pas dans les séries qui 
devraient être proportionnelles s'il n'y avait aucune 
cause d'erreur expérimentale ; mais, je le répète, je n'ai 
voulu donner aucun chiffre ^A^'t^raye^^ (Tableau VI). 

L'examen de ce tableau nous montre que l'on peut 
construire un compte-goutte normal, c'est-à-dire don- 
nant avec de Teau distillée XX gouttes au gramme 
exactement ou avec une exactitude variant dans des 
limites très étroites. Suivant l'usage auquel l'instrument 
sera destiné, on pourra obtenir le résultat désiré, soit 
en diminuant ou augmentant tout à la fois la hauteur 
de chute et le diamètre extérieur. Si le liquide est très 
fluide et donne au gramme un nombre de gouttes élevé, 
il sera préférable de choisir un diamèlre intérieur 
plus petit; Tinfluence de la longueur du capillaire n'est 
pas très marquée, ainsi que j'ai pu le constater expéri- 
mentalement. 

Les chiffres du tableau VI nous montrent que l'on 
peut obtenir un compte-gouttes normal avec un dia- 
mètre intérieur égal à0"",595 (O-^^jSQà O^^.BO) ; et avec 
un diamètre extérieur variant de 3"° à 3"°, 15 et une 



— 516 — 













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— 517 — 

hauteur de chute de 0™,02 à 0™,08. Dans ces conditions, 
l'approximation varie de 0«^004 au-dessus à O^^^OOien 
dessous, soit un écart de 0'^%008 entre les instruments : 
nous avons vu que le Codex actuel tolérait un écart 
plus considérable puisqu'il atteint 08f%040. 

La coaiparaison des chiffres du tableau met en évi- 
dence un fait curieux : Le diamètre intérieur restant 
constant et le diamètre extérieur variant de S"*"*, 15 à 
3~, on voit que le poids des goultes s'accroît, à 
mesure que la pression augmente, de 0™,02 à 0°*,05 : il 
est alors maximum, puis il décroit à mesure que la 
pression grandit et va de 0™,05 à 0'°,10 et au-dessus. 
La hauteur de chute de 0°*,05 constitue donc une sorte 
de point critique^ correspondant au maximum de poids 
des goultes dans certaines conditions déterminées et 
il y aurait peut-être avantage à régler les compte- 
goultes avec celte hauteur de chute. Il est intéressant 
de rapprocher ce fait de celui que nous avons signalé 
au tableau IL Le maximum de poids des gouttes pour 
i. un même capillaire correspondant à une vitesse déter- 
minée, XXX gouttes à la minute dans Texpérience 
' décrite. 

Comme conclusion de cette étude, on peut construire 
an compte-gouttes normal détachant XX gouttes pour 
l<^d'eaudistiIléeendonnantau diamètre intérieurdu tube 
capillaire une dimension de0°"^,595(0"^"^,59 à Q'^'^fiQ) ; et 
en faisant varier le diamètre total (diamètre -extérieur) 
de 3"" à 3"»,05 et la hauteur de chute de 0^,02 à 
Û'",04 (poids moyen de XX gouttes, 18^%0006) oudeO™,Oo 
à0",06 (poids moyen de XX gouttes, 1»%005). 

On obtient sensiblement la môme approximation 
avec un diamètre extérieur de 3™'°, 10 et une pression 
de 0",07 ou un diamètre extérieur de 3""", 15 et une pres- 
; sionde0",08. 

La forme du nouveau compte-gouttes peut être va- 
riable suivant les usages auxquels on le destine ; mais 
la hauteur de chute que Ton pourra régler pour obtenir 
des gouttes pesant aussi exactement que possible 0«%05 




— 518 — 

devra être maintenue constante au moyen d*un tabedft 
Mariotte» lorsque l'on veut atteindre la précision maxi- 
mum. 

Pour l'usage pharmaceutique, la quantité de liquide 
dépasse bien rarement 1 à 2^^^ : on pourra supprimerle 
tube de Mariotte et construire le réservoir assez large 
pour que la dénivellation ne dépasse pas 1/2 àl'^^de 
hauteur : dans ces conditions, la vitesse d'écoulement 
restera suffisamment constante. 

Voici pour terminer le tableau résumant le poids des 
gouttes pour les nouvelles teintures internationales et 
de quelques autres médicaments. Les déterminations 
ont été faites avec un appareil donnant exactement Ats 
gouttes du poids de O'^'^^OS, à la température de 15 degrés 
en moyenne. 

Poids Nombre 

de de gouttes 

iOO gouttes pour 1 gr. 



Alcool absolu 

Alcool à 95« 

— 90° 

— 80» 

— 70« 

— 60O 

Teinture de digitale 

— de belladone 

— - de jasquiame 

— de lobôlie 

— de sLrophanthus 

— de racine d'aconit , 

— de noir vomique 

— de colchique (semences).. 

— d'ipéca 

— de cantharides 

Elixir parégorique 

Teinture d'iode 1/iO. Alcool à 93». . 

Ether officinal 

Chloroforme 

Bromofonne 



1.427 
1,535 
1,381 
1.687 
1,750 
1,830 
1.755 
1,735 
1,750 
1,755 
1,755 
1,750 
1,730 
1,755 
1,755 
1,760 
1,905 
1,562 
1,070 
1,650 
2,481 



70 
63 
63 
59 
57 
31 
57 
57 
57 
57 
57 
51 
37 
57 
57 
57 
52 
64 
93 
60 
40 




519 — 



MÉDICAMENTS NOUVEAUX 



Un nouvel hypnotique : le véronal (1). — On sait, à la 
suite d'observations faites par Ttiierfelder et Fischer, 
Baumann et Kast, Schneegans et Mering, que le pou- 
voir hypnotique des alcools et des disulfones est forte- 
ment influencé par le nombre des groupements éthy- 
liques. En partant de ces observations, Emil Fischer et 
J. von Mering ont essayé un certain nombre de corps 
eonlenant un atome de carbone tertiaire ou quaternaire 
relié à plusieurs groupements éthyliques ou propy- 
liqoes et ils ont préparé ainsi quelques hypnotiques 
nouveaux. Ces corps appartiennent au groupe des 
aréides; et trois d'entre eux possèdent un certain 
intérêt. Ce sont : 

C«H\ 
la diéthjlacôtylurée, pCH-CO— AzH— CO-AzHs. 

Cm\ XO— AeHv 
la diétbylmalonylorée, >C<^ >C0. 

C«H6/ \C0— AzH^ 

C3H\ .CO— AzH. 
la dipropylmaloDylaréd, >C^ >C0: 

C3H7/ ^CO-AzH-^ 

Des expériences faites avec ces produits, il résulte que 
la diéthylacétylurée a une action comparable à celle du 
sulfonal/ que la dipropylmalonylurée est quatre fois 
plus active, mais que souvent son action est trop per- 
sistante. Entre les deux se tient la diéthylmalony- 
lorée que les auteurs ont désignée sous le nom de 
vironal. 

C'est un corps bien cristallisé, incolore, fusible à 191^, 
de savear amère faible, soluble dans 12 parties d'eau 
bouillante et 145 parties d'eau à 20^ Dans les cas 
d^Dsomnie simple, une dose de 0'',50 suffit générale- 

[1} Veronal ein neues Schlafmittel {Apotheker Zeitung, 1903, p. 193). 



— 520 — 

ment. Pour combattre Tagrypnie, on peut donner 

dose de !«'; chez des personnes affaiblies, 0«%3 suffise 

On peut l'administrer dans du thé chaud, ou en nati 

sous forme de cachets. 

H.C. 



REVUE8 



Pharmacie. 

Contribution à Tétude des moyens propres à ei 
cher les altérations de la teinture diode et à modéi 
son action ; par M. A. Claret(4). — La teinture d'iode 
Codex est encore un des révulsifs les plus employ< 
tant par les praticiens que par le public. Ce médic 
ment n'est pas inoiïensif, surtout lorsque s*altérant pai 
une conservation prolongée, il est arrivé h contenir d< 
notables proportions d'acide iodhydrique. Son applica 
cation produit alors une vive douleur; puis, dans 1 
jours qui suivent, la peau, profondément atteinte, 
desquame, s'excorie, porte ouverte à des infectioosJ 
dont une poussée furonculeuse fournit parfois la preuve] 
tangible, comme j'ai eu l'occasion de l'observer. 

On a proposé, pour empêcher les altérations du pro 
duit, d'employer à sa préparation l'alcool à 96**. produii 
moins répandu dans le commerce et d'un prix plus 
élevé que l'alcool à 90\ 

Il a semblé à l'auteur que le problème de la conser- 
vation de la teinture d'iode serait résolu, si Ton pou- 
vait y ajouter un corps, dont les propriétés soient telles 
que, sans affinité pour le métalloïde dissous, il s'empare 
de l'acide iodhydrique au fur et à mesure de sa forma- 
tion, pour donner naissance à des composés dont ia 
présence ne modifie pas les propriétés du médica- 
ment. 

Le borax ou télraborate de soude lui a paru répondre 

(1) Bplletin delà Société de Thérapeutique. 



-- 521 — 

e mieux théoriquement à ces desiderata ; le métalloïde 
ode ne peut pas déplacer l'acide de la combinaison, 
naisTacide iod hydrique énergique doit éliminer Tacide 
lorique. 

L'expérience a paru confirmer la théorie. Une tein- 
tore d'iode ancienne, donnant au tournesol une réac- 
ion fortement acide, a été essayée de nouveau après 
iddition de borax, et n'a plus donné au tournesol bleu 
ftt'une faible coloration vineuse, indiquant la présence 
le Tacide borique. Enfin, malgré l'addition d'un excès 
le borax, sa teneur en iode, à en juger par sa colora- 
tion, n'a paru nullement modifiée. 

Comme conclusion, il propose de formuler ainsi 
b teinture d'iode du Codex pour en assurer la conser- 
vation ; 

Iode Iff' 

Alcool à 90« 12 

' Borax officinal 2 

M. Caries a proposé, pour atténuer les effets d'une 
|»pplicalion trop forte de teinture d'iode, d'employer le 
jinonosalfure de sodium. Un produit que l'on peut avoir 
parlout sous la main, l'amidon ou à défaut la farine, 
peut rendre le même service, si l'application est récente, 
en faisant passer l'iode à l'état d'iodure d'amidon 
inoffensif pour les téguments; on en fait une pâte avec 
de l'eau. 

Delà valeur thérapeutique des injections sous-cuta- 
nées d'huile camphrée gaïacolée dans certaines infec- 
tions au début (1); par MM. le D'' Matignon, médecin- 
major, et M. H. Bërnex, ex-interne des hôpitaux de 
Bordeaux. — Pendant les mois de décembre, janvier et 
février derniers, les auteurs ont traité plus de 150 ma- 
lades au moyen d'injections d*huile camphrée gaïa- 
colée, formulée comme il suit : 

Gaïacol OïMO 

Camphre 0,50 

Hoild d'oUves 15 

i l) Union pliannacvu iiijuc, 

J«wii. de Phvm. et de C%tm. 6* tftuB. t. XVII.;(1" juin 1903.) 3 i 



— 522 — 

Les injections faites à la dose de 2^^ dans le 
conjonclif sous-cutané n'ont jamais produit d'à 
dents et les résultats thérapeutiques ont été salisfaisao 
dans un grand nombre de cas. 

Les auteurs arrivent aux conclusions suivantes ; 

i** Les injections d'huile camphrée gaïacolée cons 
tuent un très bon traitement de la courbature simple 
accompagnant la grippe, Tangine ou la bronchite ; 
début; 

2® Les injections ont une action antipyrétique, 
général, assez rapide et durable; 

3** Cette médication peut rendre de grands servie 
dans le milieu militaire; les courbatures, à l'arrivée ( 
recrues et au commencement de l'hiver, sont, en effel 
communes et occasionnent un grand nombre de joa 
nées d'indisponibilité. 



Chimie. 



Sur le dosage volumétrique du zinc ; par M. J.-E. Cles-J 
nell(1). — Onemploiegénéralementpourle dosage vola-j 
métrique du zinc deux méthodes, l'une dite méthode 
sulfure, l'autre, au ferrocyanure ; elles exigent remploi] 
d'un indicateur externe. Dans le cas du procédé au sul- 
fure, on se sert ordinairement des sels de plomb ou du 
nitroprussiate de soude, mais la fm de la réaction est 
toujours difficile à déterminer. Dans le dosage au ferro- 
cyanure, la limite de la réaction par l'acétate d'urane est 
peut-être plus facile à percevoir, mais néanmoins le 
résultat n'est pas encore parfait. 

Dans le procédé de l'auteur, on précipite lezincparune 
solution de sulfure de sodium de litre connu, on en 
ajoute un léger excès que Ion dose en se basant sur la 
réaction suivante : 

NaSS-4-2KAgCy2 = Ag2S-f-2NaCy + 2KCy. 
(1) Chem. News, t. LXXXVII, p. 121. 




— 523 — 

r Les solutions nécessaires sont : 

1 !• Une solution de sulfure de sodium contenant 

aviron 0«%20 de ce sel p. 100. 

2*^ Une solution de cyanure double de potassium et 
d'argent obtenue en ajoutant de Tazotate d'argent à 
line solution de cyanure de potassium à 2 ou 3 p. 100 

tisqu'à ce qu'il se forme un précipité permanent de cya- 
ore d'argent, on laisse déposer et on filtre ; 
3* Une solution d'azotate d'argent contenant 5^^215 
îdece sel par litre : l''""' équivaut à 08'",001 de zinc. 
; Les minerais ou les sels de zinc sont dissous suivant 
les méthodes ordinaires et la solution est fortement aica- 
iînisée par de la soude ou de l'ammoniaque. On porte à 
iTébulUtiony puis on dilue et on filtre si c'est néces- 
teire. On ajoute ensuite un volume connu de sulfure 
de sodium de façon qu'il y ait un léger excès par rapport 
àk^quantité nécessaire pour précipiter la totalité du 
zinc. Le liquide est alors soigneusement agité dans un 
flacon bien bouché. Le tout, ou une partie aliquote, est 
filtré, on ajoute un excès de cyanure double de potas- 
sium et d'argent. Le précipité de sulfure d'argent se 
rassemble rapidement, on filtre, on lave le précipité 
; et dans le filtrat on dose le cyanure formé suivant la 
réaction précédemment indiquée ; à cet effet, la liqueur 
filtrée est additionnée de o''"* de la solution d'iodure de 
potassium et on verse la solution titrée d'azoiale d'ar- 
gent jusqu'à ce que Ton obtienne un trouble jaunâtre 
permanent. Un gramme de cyanure de potassium cor- 
respond à 0«',30 de sulfure de sodium, lequel équivaut 
àO«^25 de zinc. 

En. G. 

Sur le dosage de Tammoniaque dans l'urine; par 
M. Ph. ScHAFFER (1). — L'auteur critique les différentes 
méthodes de dosage de l'ammoniaque dans les urines; 
il reproche à la méthode de Schlœsing de donner des 
résultats souvent inexacts, il prétend que ces derniers 

(i) TKe Amer, Journ, of physiology, i. VIU, y. 3j0, 



ï 



— 624 — 

dépendent de certaines conditions expérimentales. ( 
ainsi, par exemple, que l'ammoniaque mettra on teu 
plus ou moins long à se dégager suivant répaisseoi! 
la cbuche du liquide soumis à l'action de la chaux, i 
vant aussi la nature de l'alcali destiné à déplacer cd 
ammoniaque et suivant la température à laquelle 
opère. 

Le procédé de Wurster, avec les modifications d'à 
de Nencki et Zaleski, et ensuite de Soldner, donne \ 
chiffres exacts, mais il est d'une technique un peu ( 
ficile. 

Plus récemment, Folin (1) a donné une nouve 
méthode de dosage de Tammoniaque dont voici ' 
principe •: 

On fait une première distillation, pendant un len 
déterminé, d'un volume donné d*urine additionnéei 
magnésie. On dose dans le produit distillé rammonl 
que constituée à la fois par Tammoniaque préformée 
par une petite quantité de cette base résultant del 
décomposition partielle de l'urée. Puis, on ramèl 
avec de Veau distillée le volume du premier liquid 
soumis à la distillation, à ce qu'il était prîmitiveme 
et on distille une seconde fois, toujours en présence 
la magnésie, et pendant un temps égal à la premiè 
opération. MM. Berthelot et André (2) ont vu que, da 
ces conditions, il passe toujours dans ces distillatiod 
successives une quantité égale d'ammoniaque provl 
nant de la décomposition de l'urée. En retranchall 
cette quantité de celle qu'a fournie la première distiC 
lation, on a par difTérence l'ammoniaque des sels aoi^ 
moniacaux. 

Le procédé de Folin est encore assez long à effectuerJ 
surtout lorsqu'il s'agit de faire toute une série de dosa4 
ges; aussi M. Schaffer propose-t-il de déterminer! 
l'ammoniaque préformée des urines en mettant à profit! 
une observation faite par Boussingault, dès 4830, M 



(!) Zeitsch. fur phys. Chemie, 1901, t. XXXII, 
(2) Bull. Soc. Chim., [2], t. XLVII, p. 481. 



515. 



-pn^- 



525 — 



voir: que si on distille dans le vide de Turine addition- 
e de carbonate de soude, à la température de SO"", on 
tient toute Tammoniaque des sels ammoniacaux sans 
l'il y ait décomposition de l'urée. 
L'appareil qu'il emploie se compose d'un ballon fermé 
r un bouchon donnant accès, d'une pari, à un tube à 
binet, d'autre part à un tube coudé relié à une éprou- 
tte, laquelle communique à son' tour à l'aide d'un 
bc de verre avec une autre éprouvette; cette dernière 
t reliée à un vase d'Erlenmeyer épais muni d'une 
bulure latérale par où l'on puisse faire le vide. 
Dans le ballon, plongeant dans un bain-marie chauffé 
50% on met 50'"' d'urine, 15 ou 20«' de chlorure de 
Klium et environ 50'°' d'alcool méthylique. La pre- 
âère éprouvette contient 25 à 50'"' d'acide sulfurique 
écinormal et la seconde, 10°'' du même acide. L'ap- 
arcil étant disposé, on ajoute à Turine 1»' de carbonate 
e soude, on bouche rapidement et on fait le vide. Avec 
ne bonne trompe, on peut réduire facilement la pres- 
ion à 10°™ en peu de temps et le liquide bout. L'ébul- 
ilion étant maintenue pendant 15 minutes, l'ammo- 
iaque se dégage et elle est absorbée par l'acide sulfu- 
ique titré; à latin de Topération, on fait rentrer len- 
ement l'air dans le ballon parle tube à robinet. On n'a 
>lus qu'à faire un dosage acidimétrique de l'acide déci- 
iormal resté libre pour en déduire la quantité d'ammo- 
ûaque combinée. 

L'auteur emploie, comme réactif indicateur, une 
iolulion au 1/1 00* d'alizarine. 

Ce procédé est rapide et donne des résultats compa- 
^les à ceux qui sont obtenus par la méthode de Folin. 

Er. g. 

Sortes composés azotés que contient la terre arable ; 
P^tM. g. André (1). — L'auteur a déjà examiné (2) la 
façon dont la terre végétale» prise à une même placCi 

(i) C. R.del'Acad. des Sciences, t. CXXXVI, 1903, p. 820. 
(2) i6ûf., t. CXXXV, 1902, p. 1353. 



— 526 — 



mais à des profondeurs croissantes, se comportait 
l'action de Pacide chlorhydrique et de la potasse, et 
fait remarquer que Tazote ammoniacal, dégagé d 
solution chlorhydrique par ébuUition de celle-ci av( 
magnésie, croissait avec la profondeur, dans lecasd 
terre prélevée au début du printemps, alors que 
azote donnait des chiffres sensiblement égaux lor: 
le prélèvement était effectué à l'automne. Dans 
nouvelle note, il étudie la répartition de l'azote dei 
rant sous forme soluble non ammoniacale d'une pj 
d'autre pari, celle de Tazote qui préexiste dans leî 
sous forme ammoniacale proprement dite, indé 
damment de toute action des réactifs sur la terre végé 

Pour pouvoir doser séparément l'azote des 
ammoniacaux et l'azote des amidés, l'auteur emploi 
procédé préconisé par Longi (1) et qui repose sur ' 
faits suivants : si l'on chauffe dans le vide à 40* un i 
ammoniacal avec un excès de magnésie calcinée, 
totalité de l'ammoniaque du sel se dégage dans Tespi 
de trois heures et peut être recueillie dans un aci 
étendu. Sijl'on traite delà même façon des amidesvai 
(urée, asparagine, acétamide,etc.), ceux-ci ne sedécoi 
posent pas dans ces conditions et ne fournissent 
trace d'ammoniaque. 

Les résultats trouvés conduisent aux conclusions 
après : 

A la fin de l'hiver, la quantité d'ammoniaque v^ 
suivant la hauteur à laquelle est prélevé l'échantilloi 
et augmente avec la profondeur. Ceci peut s'expliqu" 
en admettant que la nitrification, peu intense à cell 
époque de l'année, n'a pas encore changé en azot| 
nitrique l'azote ammoniacal qui provient de la déco 
position, surtout à la surface du sol, de la matière azo- 
tée. Une partie de cette ammoniaque, très diffusible, 
chemine donc dans les profondeurs et peut passer dans 
les eaux de drainage, ainsi que la chose a été notée bieii 



(1) Land. Vers.slal., t. XXXII,1886, p. 15. 



r 



527 — 



fies fois. Une autre partie est sans doute retenue par la 
biatière humiquo des couches supérieures du sol. 
! Au contraire, la quantité d'ammoniaque que l'on 
IVDContre, dans les différentes couches du sol, à la fin 
ilela période chaude de Tannée, est beaucoup plus con- 
sidérable qu'au début du printemps, la nitrification de 
l'ammoniaque ayant eu lieu au fur et à mesure de la 
broduction de celle-ci. 

J. B. 

I Perfectionnement du procédé de recherche de l'acide 
^anhydrique par le papier réactif de Schonbein ; par 
M. J.-C. Brunmch (1). — Le papier réactif de Schonbein 
jrend de grands services pour la recherche de l'acide 
jcyauhydrique dans quelques-unes de nos plantes fourra- 
Igères, comme le sorgho, le maïs, etc. Pour déceler la 
iprésence de cet acide, les plantes sont découpées en 
morceaux, puis finement hachées; on les mélange avec 
lear poids d'eau dans un flacon que Ton bouche hermé- 
tiquement. Au bout de peu de temps, par suite d'une 
action diaslasique, il se forme de l'acide cyanhydrique 
tacilement mis en évidence en suspendant, dans 
Talmosphère du flacon, des bandes de papier réactif de 
Schonbein. L'intensité et la rapidité de la coloration 
obtenue donnent une sérieuse indication pour la quan- 
tité de cet acide formé. Dans le cours de ces recherches, 
Vauleur a remarqué que si on ajoute au mélange de la 
plante et de l'eau, de la formaldéhyde, il ne se dégage 
aucune trace d'acide cyanhydrique libre et, pensant que 
les vapeurs de formol pouvaient être un obstacle à la 
réaction vis-à-vis du papier réactif, il a mis en présence 
d'une trace de vapeurs d'acide cyanhydrique le papier 
réactif imbibé de formol, et il a trouvé que l'aldéhyde 
formique augmente considérablement la sensibilité du 
papier de Schonbein. Des traces très faibles d'acide 
cyanhydrique produisent sur le papier, imbibé de for- 
mol au lieu d'eau, une couleur bleu foncé bien diffé- 

[W Cfiem. News, t. LXXXVII, p. 173. 



— 528 — 

rente de la teinte bleu clair ordinairement obtenu 
Cette coloration intense s'affaiblit pour disparaître ( 
plètementy si on laisse le papier exposé à Tair, mad 
elle reparait de nouveau en présence de l'acid 
cyanhydrique. 

Les vapeurs d'acide azotique ou de brome donnent kj 
même coloration, mais, au bout de quelque temp 
d'exposition k l'air, la teinte bleue devient jaunàtreJ 
puis verdâtre. 

M. Briinnich a essayé d'humecter le papier réac 
avec d'autres liquides : l'alcool et l'éther agisseiÂl 
comme le formol, mais moins énergiquement ; le chlo-J 
roforme et l'essence de térébenthine, au contraire,] 
n'augmentent pas l'intensité de la réaction. 

Er. g. 

Nouvelle méthode de dosage du tannin; par M. Paolj 

Feldmann (1). — Parmi les méthodes employées pour le 1 
dosage du tannin, l'une des plus employées est la] 
méthode de Neubauer-Lœwenthal qui repose sur les ] 
réactions suivantes : si on fait couler une solution de i 
permanganate de potasse dans un liquide contenant da 
tannin et du sulfate d'indigo, le permanganate oxyde 
d'abord le tannin, puis l'action oxydante se porte sur 
l'indigo qui est décoloré ; la liqueur perd sa coloration 
bleue, passe au vert, puis au jaune clair. 

Il faut naturellement, dans le cas d'une solution de 
tannin pur, déterminer au préalable la quantité de solu- 
tion oxydante nécessaire pour décolorer l'indigo dont 
on ajoute une proportion déterminée : la différence 
entre les deux volumes de solution de permanganate 
employée pour l'indigo seul et pour le mélange d'indigo 
et de tannin correspond au poids de cette dernière subs- 
tance. 

Dans le cas oii la liqueur contient d'autres principes 
susceptibles de réduire le permanganate, on agite un 

(1) Ëine neue Méthode zur quanti tativen Bestimmung des Geibsioffe^ 
[Pha)*maceuti8che Zeitung, 1903, p. 135). 




— 529 — 

rolume donné du liquide avec quelques grammes de 
ioudre de peau lavée et séchée : un deuxième essai 
ponne le volume de solution de permanganate corres- 
l^ndant à l'indigo et aux substances réductrices autres 
|ae le tannin. 

I Dans certaines analyses (dosage du tannin dans les 
^ns), il est préférable d'agiter le liquide avec du noir 
inimal lavé qui retient le principe astringent. Ënfm la 
^lulion de permanganate est titrée au moyen d'une 
Ikpieur renfermant un poids donné de tannin chimique- 
[ment pur. 

I M. Feldmann propose de remplacer dans ce dosage 
|k solution de permanganate par une liqueur titrée de 
[chlorure de chaux obtenue en épuisant par l'eau 
12'%50 de chlorure de chaux commercial et en amenant 
le liquide à un litre. D'après cet auteur, la décolora- 
tion de l'indigo serait plus nette qu'avec le permanga- 
nate, surtout si on a soin de n'ajouter que peu d'indigo 
^' d'une solution à S*"" par litre) : il opère comme dans 
la méthode de Neubauer-Lœwenthal, en solution acide, 
*'est-à-dire en présence d'acide sulfurique. Les résul- 
tats, d'après M. Feldmann, sont très satisfaisants. 

Cet auteur s'est proposé surtout de doser le tannin 
dans les vins : aussi il a étudié l'influence de quelques 
constituants du vin (alcool, glycérine, sucre) sur le 
chlorure de chaux : il résulte de ses expériences que ces 
frois substances n'ont aucune action réductrice sur le 
chlorure de chaux de sorte qu'il est possible d'opérer 
BQr le vin non distillé : il est donc inutile d'éliminer 
Talcool, ce qui est un grand avantage sur les autres 
méthodes. 

Le dosage du tannin dans un vin se fait, d'après celte 
méthode, de la façon suivante : 10*^°"' de vin sont étendus . 
de 190^-' d'eau, on ajoute 2«-* d'indigo à 5 p. 100 et 
2*"* d'acide sulfurique à 1/5, on fait le titrage avec la 
solution d'hypochlorite. 

Dans un deuxième essai, on chauffe au bain-marie 
lO"»* de vin avec 30*^"' d'eau, 3*^"^ de charbon animal; on 




- 530 — 

filtre et on traite sur le filtre par l'eau chaude, jusqnl 

ce qu'on ait un volume de 20*^"' ; l'analyse est achevé 

comme dans le premier essai en présence d'indigo é 

d'acide sulfurique. La solution d'hypochlorite est tiW 

au moyen d'une solution de tannin pur. 

Les chiffres obtenus par M. Feldmann par sa mélhodl 

sont notablement plus élevés que ceux trouvés dansid 

mêmes vins par la méthode au permanganate. Il y i 

donc lieu d'atleindre les résultats de nouvelles expé*i 

riences avant de juger définitivement le procédé É 

rhypochlorile. 

^^ H.C. 

Dosage de Tessence de moutarde dans les semencea 
de moutarde; par M. Schlicht (1). — La Pharmacopée 
allemande (4* édition) a adopté pour l'essai des semenc» 
de moutarde une méthode donnée par Gadamer; celU 
méthode consiste essentiellement à faire macérer deax 
heures les semences pulvérisées avec de l'eau tiède el 
à distiller la liqueur après addition d'alcool et d'huile 
d'olive; le liquide distillé est reçu dans Tammoniaque 
diluée, puis additionné d'un volume déterminé d'une 
solution titrée de nitrate d'argent; au bout de vingt- 
quatre heures, tout le soufre de l'essence de moutarde 
est transformé en sulfure d'argent; on filtre et dans le 
liquide filtré on détermine l'excès d'argent au moyen 
du sulfocyanure d'ammonium titré. 

M. Schlicht fait deux objections à cette méthode : 
1** Le temps de macération est insuffisant pour assurer 
la décomposition complète du gliicoside qui fournit 
Tessence; il faut prolonger la macération pendant seize 
heures après avoir additionné le mélange d'une petite 
quantité d'acide tartrique (08%5 pour 25«^ de moutarde). 
On peut aussi faire macérer quatre heures, maintenir 
quinze minutes environ le mélange à ébullition, laisser 
refroidir complètement, ajouter une solution demyro- 

(1) Zur Besiimmung des Senfois in Senfsainen {Pkarmaceutischi 
Zeitung, 1903, p. 18f; d'après ZeUschrift fur ôff. Chem., 1903, n» 3)- 



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— 531 — 



ine et laisser de nouveau macérer seize heures. Ces 
Ibnx méthodes assurent la décomposition complète du 
Hyronate de potasse. 

; D'autre part, dans la distillation du liquide, une cer- 
sûne quantité d'essence peut rester adhérente aux 
parois du réfrigérant et un simple lavage à Teau est par- 
bis insuffisant pour enlever cette essence : il est donc 
bdispensable de distiller autant de liquide que cela est 
^sible. Au lieu de doser le soufre de l'essence sous 
Ibrmede sulfure d'argent, on peut recevoir les produits de 
distillation dans une solution alcaline de permanganate 
dépotasse: le soufre passe sous forme de sulfate qu'on 
dosfira à la manière habituelle, en ayant soin d'éliminer 
l'excès de permanganate par addition d'alcool. 

H. C. 

Surlacytosine; par MM. KossELet Steudel (l). — Les 
auteurs, poursuivant des recherches entreprises récem- 
ment sur la cytosine, ont repris l'étude de ce principe 
extrait du thymus : dans Thydrolyse d'une certaine quan- 
tité d'acide thymonucléinique ils ont obtenu à l'état pur 
nne petite quantité de cytosine et ils ont reconnu que 
ce corps avait bien la formule C*H*Az^O, c'est-à-dire 
one formule identique à la cytosine extraite de la lai- 
tance d'esturgeon. 

La formule C*H*Az'0 correspond à une aminooxy- 
pyrimidine ou à une iminohydroxypyrimidine; de fait, 
quand on oxyde la cytosine, soit par l'acide azotique, 
soil par l'eau de chlore, il reste un résidu qui, traité par 
1 ammoniaque, donne une coloration rouge analogue à 
celle obtenue avec l'uracile : cette coloration (réaction 
<le la murexide] indique que le corps peut être rap- 
proché du groupe des dérivés de la purine, ainsi du reste 
<iue beaucoup de dérivés de la pyrimidine. 

H. C. 



(1) ZeitschHft fur physiologiache Chemie, t. XXXVII, p. 377. — Voir 
i9umalde Pharmacie et de Chimie, 1903, t. XVII, p. 336. 



— 532 — 

Recherches bot lesnéphrotoxines ; par M . H . BiERRiff 

— L'auteur a montré antérieurement que, si l'o 
injecte, dans le péritoine d^un lapin, du rein de chk 
broyé, le sang de ce lapin devient fortement népli 
toxique pour le chien. Une injection intravasculaire i 
ce sang détermine une albuminurie intense et 
même amener la mort. 

Il s'est demandé ensuite si l'on pouvait obtenir i 
poison actif en employant, non plus les reins broyé 
mais des principes solubles extraits de ces organes. 

En traitant des reins lavés, finement hachés, 
macération avec une solution faible de carbonate 
soude, et précipitant par l'acide acétique la liqueur 
trée, il a obtenu un précipité qui a été mis en susp 
sion dans une solution de NaCl, à 8 p. 1000, et injecft 
sous cette forme, dans le péritoine des lapins. Il 
recueilli ensuite le sang des lapins convenableme 
préparés, et ce sang défibriné aseptiquement a éU 
injecté dans le péritoine d'un chien. A partir du 3*^ 
l'animal a présenté de Talbuminurie qui a été en au 
mentant jusque vers le 15' jour. 

Des expériences faites comparativement avec le 
total défibriné, le sérum et les globules montrent 
ce sont les globules qui produisent les effets les plu 
intenses. 

Il résulte de ces recherches que les injections rép 
tées au lapin, non plus des cellules du rein de chiens»! 
mais de certains principes solubles de cet organe, per^l 
mettent d'obtenir une néphrotoxine énergique pour lel 
chien. 

J. B. 

Sur l'emploi du noir en œnologie, ses avantages et 
ses inconvénients; par M. Cari-Mantrand (2) (extrait), 

— On sait, depuis les travaux de Lowitz, que le charbon 
d'os est l'élément indispensable, grâce à ses propriétés 

(1) C. R. de l'Acad. des ScienceSy t. CXXXVI, 1903, p. 909. 

(2) Monit, scient., décembre 1902. 



— ^ 



— 533 — 



^rbantes et décolorantes, aux industries du raffinage 
M sucres, des glucoses et des tartres bruts. Le même 
^nt est employé avec succès à la décoloration des 
ans. A en juger par le nombre de tonnes qui se débitent 
RurDellement dans nos grands centres vinicoles du 
idi et de TAlgérie : Celte, Béziers, Narbonne, Nîmes, 
5ne, Oran ; et par la facilité avec laquelle le négociant 
I8se d'un vin rosé à un vin blanc, on est en droit de 
mclure que cette nouvelle industrie occupe une place 
Dporlante en œaologie. Les 2/3 des vins blancs qui se 
I^Dsomment tant à Paris qu'en province ne sont en 
hlité que des vins de faible valeur décolorés au noir. 
Il résulte en effet que Paris boit de plus en plus de 
in. Il est évident que ce résultat a été obtenu par le 
on marché des vins des deux dernières récoltes, et, 
Drtout, par la suppression presque complète des droits 
foctroi. 

Cette pratique est intimement liée au commerce des 
fins. Loin d'être déconseillée, elle est au contraire 
tDcouragée par les œnologues. M. Martinand, chimiste 
Kuologae à Marseille, a fait breveter tout récemment 
in procédé spécial de vinification en blanc par le noir. 
; Les vins qu'on dérougit sont généralement des ara- 
ttODsde plaine, titrant de 7 à 9° d'alcool, achetés à la 
propriété aux prix de 3 à 5 francs l'hectolitre (récolte 
le 1901-1902). On nomme vins jaunes, gris ou rosés, 
fes vins fins faits avec de la vendange qu'on laisse sé- 
journer de vingt-quatre à quarante-huit heures, suivant 
b nuance qu'on veut obtenir, dans la cuve de fermen- 
tation. On sépare au bout de ce temps la grappe du 
lûovil à la tire et au pressoir, et ce dernier, continuant à 
fermenter sans avoir de matière colorante à dissoudre, 
donne une coloration intermédiaire entre le vin blanc 
6lle vin rouge. C'est cette nuance rosée qu'il s'agit de 
Iwre disparaître parle noir. 

Ces vins — dits rosés — sont quelquefois employé» 
(n nature au coupage des vins rouges alcoolisés dont 
on veut abaisser le degré et masquer ainsi le vinage aux 




— 534 — 

yeux de la Régie. (Le mélange d'un vin rosé à acidii 
élevée et à faible degré avec un vin riche en alcool < 
en extrait sec, rend illusoire, pour déceler la fraod^ 
Tapplication de la règle alcool-acide et rapport alcool 
extrait, institués par le Comité consultatif des arlsè 
manufactures.) Leur principale destination est \eà 
transformation en vin blanc à Taide du noir. La vtf 
moutherie en fait également une grande consommati<Hii 
Ces vins, une fois blanchis, sont vinés hïT avec de rd 
cool du Nord, édulcorés avec 15 ou 20 p. 100 de mistellcy 
aromatisés à l'aide d'une infusion quelconque de planta 
appropriées et finalement livrés à la consommation aa 
prix dérisoire de 2S ou 30 francs l'hectolitre. Ce genrt 
d'industrie est actuellement très prospère à Cetleel 
dans la région. C*est une concurrence sérieuse aux ver- 
mouths de marque fabriqués exclusivement avec des 
vins de raisins blancs. 

Le noir qu'on emploie à cet usage est vendu par Tin* 
dustrie à 80 p. 100 d'eau au prix de 90 à 100 francs les 
100''*^ Il porte le nom de noir en pâte épuré. 

S'il est bien fabriqué, il ne sera constitué que de ca^ 
bone et de 1 à 3 centièmes au plus de cendres. Il doit 
être exempt de toute trace de phosphate de chaux indé- 
composé et d'acide chlorhydrique ; ne plus dégager la 
moindre odeur au contact de l'acide sulfurique dilué, 
ni communiquer la moindre saveur au vin. Ce résultai 
est presque toujours atteint. Dans ces conditions, il réa- 
lise le décolorant'par excellence, puisqu'il n'agit que sur 
la matière colorante seule sans toucher ni modifier les 
éléments constitutifs du vin ainsi que le prouve l'ana- 
lyse. 

Dans cet état d'hydratation, sa puissance de décolora- 
tion est considérable. La quantité de noir à employer 
pour la décoloration d'un vin rosé varie nécessairement 
avec la nature de celui-ci, sa durée de cuvaisoû, son 
degré alcoolique, etc. 

Le procédé de décoloration au noir ne nécessite aucun 
outillage spécial. On fait un essai de décoloration préa- 



rsTF^T-T- 



— 535 — 

^ble sur un litre de vin représentant l'ensemble du lot 
k traiter. On délaie le noir à la main dans une comporte 
Ipemplie aux 3/4 de vin, on le malaxe à plusieurs reprises 
iMi s*aidant d'un balai de crin résistant et on l'incorpore 
lu reste du vin contenu dans le foudre. Il est indispen- 
lable de hâter l'incorporation de la totalité du noir au 
vin parce que sa puissance décolorante diminue rapide- 
ment. Dans ce cas, il est bon d'avoir en