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Full text of "Journal d'hygiene"

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Boston 

Médical Library 

Association, 

19 BOYLSTON PLACE. 



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JOURNAL D*HYGIÈNE 



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mmXl D'HYGIÈNE 



CLIMATOLOGIE 

EAUX MINÉRALES, STATIONS HIVERNALES ET MARITIMES. ÈPIDÉMIOLOGIE 

Bulletin des Conseils d'Hygiène et de Salubrité 

et des applications pratiques de la Science sanitaire 

PUBLIÉ PAR 

Le D' PJSfi^fii^^SNPIETRA SANTA . 

1 des Sciences). 




COMPTES RENDU»s$t4|^f ^^^ FRANÇAISE D'HYGIÈNE 



Le Journal parait tous les Jeudis. 



:ZZZ-« -VOX^XTIMEES. — laBB. 



PARIS 

30. RUE DU DRAOON, 30 



1888 

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Ni-.w'w.".yii,ip.iiy j. 



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CATALOSIJED, 

E. a. B, 



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14= ANNÉE. - 13» VOLUME. 



Numéro Stl9. 



JEUDI 8 JANVIER JSSS. 



lii'^'^ 



-JOURN 



:5^ 



TGIÊNE 



SOMMAIRE: Les deox Sociétés d^Uygiène de Paris. --^^eC^^isienses : L^tB^ibWclaDs la banlieue; Une séance académique à l'Hôtel de 
ViUe. — La Pelade et l'Ecole (Ollivier). — Par MonS^^^f^l&am/-^Jte^^ : Art et Progrès (C. Garxierj. — Les chevaliers de 

Malte (suite et fin) {inniES de la Gravière). — Les Soun»' ^ffli3e3 -sj jktnetln delà Société française d'Hygiène : Avis : séance 
de janvier. — L'Hygiène de TEnfance à TAcadémie de Médecine [Rapport de Villiers) . — Procès-verbal de la séance du 9 décembre 1887. 
— Les eaux potables devant Thygiène pratique (Vieillard). — Livres offerts en don à \a Bibliothèque. — L agenda médical pour 1888. 



Paris, ce 3 Janvier 4888* 



Les deux Sociétés d'Hygiène de Paris. 

Respect à l'histoire corn- 
temporalne, Messeigneurs ! 

La Société de Médecine publique vient de fêter dans un 
banquet confraternel le 10"^ anniversaire de sa fonda- 
lion (1877-1887). 

A celte occasion, MM. Napias et Martin, secrétaires gé- 
néraux, ont rédigé une notice a sur le but et les travaux 
de la Société » qui débute en ces termes : 

c Au mois de man tSTH, un petit groupe de médecins se 
réunissait et décidait de provoquer la création d'une Société 
où pourraient se produire et se discuter toutes les questions 
relatives à l'hygiène et à la médecine publique. Ce groupe 
était peu nombreux; il ne comprenait que huit personnes; 
mais quelques jours après, dans une seconde réunion, on se 
trouva trente-deux, et dès le mois d'avril, dans la réunion 
générale des premiers adhérents, on était plus de cent pour 
apnrouver les statuts et règlements dé la Société de Médecine 
puolique, et d'hygiène professionnelle de Paris. 

» Le 27 juin 4877, cette Société tenait sa première séance 

régulière. » 

* 
* * 

Nous ne voudrions pas laisser s'établir la légende que 
iesAui^ ont eu, les premiers, en mars 1877, l'initiative 
de la création d'une Société d'hygiène de Paris, alors que 
celte idée féconde remonte aux o avril et i7 mai 4876; 
alors que la première séance régulière de la Société fran- 



çaise d'Hygiène a eu lieu le 7 mai 4877, près de deux mois 
avant celle de la Société de Médecine publique (1): 

C'est bien assez pour les huit personnes de la première 
heured'avoir largement exploitécette riche mine de nolo- 
riété,^d'influence, et de positions officielles multiples, sans 
venir contester le mérite de l'initiative à des confrères mo- 
desteset dévoués qui sont à l'heure actuellece qu'ils étaient 
en 1876, c'est-à-dire Gros Jean comme devant! 

Dans CCS conditions,'nous compléterons, aujourd'hui, la 
notice sur le but et les travaux de la Société de Médecine 
publique, par la notice sur le but et les travaux de la So* 
ciété française d'Hygiène, dans l'espoir légitime de faire 
respecter les droits imprescriptibles de l'histoire contem- 
poraine. 

* * 

AvrU4876. 

Dans l'un des Bulleiins des Oonseik d hygiène du mois 
de mars 1876,1e Rédacteur en chef du Journal d* Hygiène 
adressait un pressant appel aux membres des Conseils 
d'hygiène de France (centraux et d'arrondissement) pour 
l'envoi régulier de leurs travaux annuels; à l'effet de pou- 
voir tenir ses lecteurs parfaitement au courant du mouve- 
ment d'idées et d'opinions de la province, dans le champ 
si vaste, et si peu exploité, de la Science sanitaire. 

Frappé de la justesse de ces observations, et croyant 
trouver un moyen plus pratique de vaincre l'indifférence 

(i } Tous les documents à l'appui ont été publiés dans le Journal dP Hy- 
giène : 1" vol., p. 190, 203, $41, 266, 289, 290, 301, 313, 315 338; 
2- vol., p. 109, 157. 



FEUILLETON 



Art et Progrès. 

Nous avons applaudi de trop bon cœur au succès de cette 
gerbe brillante de bon sens et d'esprit, jetée, à toute volée, 
sous la coupole du palais Mazarin par notre sympathique 
collègue et ami M. Charles GAimiEn, pour ne pas transcrire 
iciy à l'intention de nos lecteurs, quelques pages de sa lec- 
ture dans la séance publique des cinq académies. 

D^ J. M. C. 

9 Le Progrès, Messieurs, puisque c'estainsi qu'on appelle 
l'abandon successif des traditions passées, est certes une 
puissante manifestation de l'esprit humain. Il n'est donc 
pas étonnant que d'aucuns célèbrent la venue de ce progrès 
qui a transformé les mœurs et les usages, excité toutes les 



intelligences et stupéfié le monde entier par son immense 
et rapide dévelop|>ement. Il a diminué les distances, enre- 
gistre le vol des oiseaux, supprimé les pataches, rendu les 
mouchettes inutiles, et fait parler nègre jusque dans les 
billets doux qu'on se glisse d'un bout d'un fil à l'autre. 
Grâce à lui, nous avons établi l'état civil des naicrobes et 
vu apparaître les commissions, les sous-commissions, les 
arts mdustriels et les balcons de sauvetage ; vous voyez 

au'il y a nombre de raisons pour en dire du bien ; cela 
oit suffire pour m'auloriser à en dire du mal. 
» C'est mon droit ; je suis proche parent de M. Josse, et 
je ne m'en cache pas ; ayant été orfèvre toute ma vie, j'ai 
conservé im grand faible pour tout ce qui touche à l'orfè- 
vrerie et je m'imagine que rien ne me force à admirer ce 
qui fait tort à mon commerce. Or, si en ce moment je 
constate que l'art garde ainsi qu'aux temps jadis quelque 
peu de son prestige, et que les artistes tiennent encore un 
rang honorable, je constate aussi que leur situation devient 
bien précaire et que bientôt ils seront forcés de mettre la^ 
clef sous la porte. Diaitized bv w 

D En effet, laissez faire le progrès, laissez-le nous enva- 



JOURNAL D HYGIÈNE 



et la routine, M. le D** Gustave Drouineau (de la Rochelle), 
dans une lettre datée du S avril 4876, proposait: 

« De créer à Paris (centre Intellectuel par excellence), pour 
rhygîène publique, ce qui a été créé pour la médecine légale, 
à savoir une Société rayonnant sur la France, et traitant les 
questions d*hygiène, en dehors de toutes attaches administra- 
tives, devenant le conseil officieux et éclairé des hygiénistes 
de province ». 

Mai 1876. 

Le 17 mai, H. le U^ S. Maurin, de. Marseille, Président 
de la Société proleclrice de TEnfance, écrivait : 

« Votre dernier Bulletin des Conseils d'hygiène m'a remis 
en mémoire un de mes rêves de jeunesse. Vous savez le 
culte que j'ai voué à Tinitiative privée; vous connaissez la 
sainte terreur que m'inspirent toutes les commissions offi- 
cielles qui, pour vivre, marcher, écrire, penser, ont besoin 
de Tautorlté d'un fonctionnaire quelconque. 

p J'aime la liberté d'allures, la Science est une cavale de 
race qui ne souffre ni mors, ni éperons. Partant de ces prin- 
cipes, je me suis toujours demandé pourquoi il n'existerait 
pas une Société nationale d'hygiène publique et privée, 
indépendante de toute attache administrative. Société scientifi- 
que qui étudierait les questions de salubrité à ses heures, et 
comme elle Ten tendrai t. » 

(Suit le projet de statuts, avec cette péroraison : in manus 
tuas commendo!) 

Juillet 1S76. 

Une seconde lettre de M. S. Maurin, du mois de juillet, 
portait : 

«c Les lettres de félicitations qui m'ont ét6 adressées de 
Bordeaux, Lyon, Toulouso, Montpellier, les encouragements 
que j'ai recueillis de la part de nos confrères de Marseille, 
témoignent que la France verrait avec grand plaisir se fon- 
der une Société nationale d'hygiène. 

» Macte animo gêner ose»,, et comptez sur mon dévouement! » 

Août 4876. 

En juillet 1876, un important et nombreux meeting, 
sous la présidence du duc de Northumbsrland, réunissait 
à Saint- James- Hall les médecins hygiénistes les plus 
autorisés de Londres : Simon, Chadwick, William Farr, 
Richardson, Carpenter, Douglas- Galton, de Chaumont, 
Coriield, Eassie, etc , à l'effet d'organiser TAssociation 
scientifique du Sanitary Instilute of Great Britaln. \ 



Quelques semaines après, leD^ Lory Marsh, le zélé secré- 
taire, nous remettait à Paris tous les documents relatifs à 
cette nouvelle création, et dans une conférence courtoise 
étaientarrétées les bases des rapports ultérieurs entre l'Asso- 
ciation sanitaire anglaise,virtueIlementorganisée, etl'Asso- 
ciation française, en voie de formation. L'une et l'autre se 
promettaient de marcher dans la voie du progrès sanitaire, 
hand in hand^ heart to heart, main dans Ja main, cœur 
contre cœur! 

Septembre iS76. 

Au nombre des lettres d'adhésion arrivées au bureau 
du Journal, et qui avaient permis de répondre à MM. Droui- 
neau et Maurin : a Votre idée inavchii d'un pas assuré vers 
une prochaine réalisation », nous citerons celle d'Edouard 
CarrièrD, l'éminent climatologiste : 

« J'ai lu avec intérêt dans le Journal, auquel vous consa- 
crez toute votre intelligence et toutes vos forces, le projet 
d'une Société nationale ahygièney qui mériterait d'être encou- 
ragé, non seulement par le concours des populations, mais 
par celui du Gouvernement. 

» L'Olympe de la Science, comme celui des Comités, est 
rempli de bonnes intentions, mais pour obtenir des résultats 
immédiats et utiles, il importe de descendre dans les cieux 
de second ordre. 

D Les DU minores qui les habitent, savent donner plus 
d'essor aux intentions qjuand elles sont bonnes, en leur 
imprimant plus de fécondité. > 

Octobre 4876. 

Adhésions motivées, et promesses de concours, du 
D"" Gilbert Trapenard de Gannat, de M. Alf. Durand-Claye, 
M.MariéDavy, D'Rengadede Paris, D'JBérigny de Versailles. 

Octobre à Décembre 4876. 

Dans des excursions successi ves à Bruxelles (Exposition • 
d'hygièneeîdesauvetage), à Turin (Congrès des deux Asso- 
ciations médicales d'Italie), à Lisbonne, à Madrid, à Bor- 
deaux, M. de Pietra Santa expose à de nombreux confrères 
le projet de création de la nouvelle Société d'hygiène, 
reçoit des félicitations, et s'assure du bienveillant concours 
de MM. Kuborn, Félix, Van Hoisbeck (Belgique), Pac- 
chiolti, Coletti, Gamba, Minati, Barellai, Ratti, Toscani, 



hir et nous dominer ; laissez les relations s'étendre, les 
gazettes se multiplier et leséquations algébriques prendre 
la place du sentiment, et vous verrez sous peu que, si le 
mol art est encore inscrit dans quelques vocabulaires, la 
chose n'existera plus qu'à Tétat de souvenir. Il n'y aura 
guère alors aue les académiciens des inscriptions et t)elles- 
lettres qui s évertueront à classer cette période des âges, 
dans laquelle une sorte de maladie du cerveau, appelée 
idéal, sévissait sur certaines gens, ayant le nom bizarre 
d'artistes I 

9 Ce résultat est naturel ; comment pourrait-il en être 
autrement? 

» Jadis les peuples, cantonnés en grandes races, gar- 
daient pendant de longues années les caractères distinc- 
tifs de ces races. Sauvages; leurs productions avaient leur 
sauvagerie particulière ; civilisés, leur sentiment artistique 
naissait et se perpétuait en écoles, se modifiant seulement 
par grandes masses, de sorte que, si l'école produisait 
l'homme de génie ou si l'homme de génie créait l'école, 
il y avait toujours accord dans les tendances périodiques 
de chaque agglomération. Les types n'étaient pas immua- 



bles ; mais, réservés à telle ou telle cité, à telle ou telle nation, 
ils participaient du milieu dans lequel ils se produisaient 
et séparaient les pays bien mieux que les traités ou les 
frontières naturelles. Les artistes d'alors, imprégnés d'une 
sorte d'effluve autochtone, suivaient leur voie, pour ainsi 
dire patriotique, sans se préoccuper de ce qui se faisait en 
d'autres lieux, et si parfois ils changeaient de résidence, 
loin de se laisser circonvenir par les nouveaux entourages, 
ils restaient eux-mêmes et produisaient toujours d'après 
le sentiment primordial qui les animait. 

» De ces diversités de races, de milieux, de résistances 
aux choses étrangères, résultaient des manifestations 
artistiques, variées, fortes, ayant leur caractère spécial et 
formant ainsi comme une immense pléiade d*œuvres, dont 
toutes les étoiles avaient leur lumière propre et leur éclat 
particulier. 

» C'est ainsi que s'est constituée celte puissante histoire 
esthétique, dont chaaue âge et chaque nation ont fourni 
les pages les plus brillantes et les plus diverses. L'art av^l 
alors tout son développement. ^ ^ 

9 Maintenant que les chemins de fer, les voyages cireu* 



JOURNAL D'HYGIÈNE 



Magai, Corradi (Italie) ; Barbosa, Da Cunha Vianna, May 
y Figuera (Portugal); Nieto Serrano, Mendez Alvaro, 
Ctirteso, Ramon Serret (Espagne); Mabit, Lovieux (Bor- 
deaux), etc., etc. 

i'' Avril 4877. 

Pendant les premiers mois de Tannée, sont activement 
œntiouiks les démarches pour recueillir des adhésions 
en France et à l'Etranger, et le 1®' avril sont expédiées à 
profusiaa des circulaires signées : Chevallier, Passant et 
d^. Pietra Santa, avec les statuts provisoires. 

Les premiers articles sont ainsi formulés : 

Article premier. — La Société générale d'hygiène a pour 
but; ré tu de Ja plus variée et la vulgarisation la plus large des 
questions aûé rentes au bien-être de l'homme (individuel et 
social) et à la salubrité publique. 

Art. 2* -^ Purement scientifique, elle fait un pressant appel 
ànnitiative privée. 

Sur le conseil de M. le baron Larrey, aux épithètes 
nationale, générale, a été substituée celle, plus précise 
et plus immuable, de française, adoptée à Tunanimité 
par la première assemblée générale. 

7 mai 4877. 

La première réunion de la Société française d'hygiène 
a eu lieu le lundi 7 mai 1877, à 8 heures 1/2 du soir, sous 
la présidence de M. le professeur A. Chevallier, de l'Aca- 
démie de mi^decine. 

L'assemblée, après avoir entendu la relation faite par 
MH. Passaal ^t de Pietra Santà sur le but de la Société, et 
\t% diverses phases qu'avait parcourues, depuis un an, son 
organisation, s'est prononcée :\ l'unanimité pour sa con- 
stitution immédiate; puis elle a procédé à l'adoption défi- 
nitive des statuts, et à la composition de son Bureau : 

Préitident: M, A. Chevallier. 

Vicë-Prê-sidents : MM. Marié- Davy, Moutard -Martin et 
E, Muller. 

Serf^iaiTti: MM. de Pietra Santa, Saffray, Jdtrain. 

Tréwrûr: M, Tréhyou. 

Comeil d'administration (Paris) : MM. Passant, Durand- 
Claye, Ladreit de Lacharrière, Péan, Calvo, Limousin, Tollet, 
Autier, Mallez. 

(Province) T MM. Drouineau, Maurin, Rampai, Méoécier, 
Lecadre.Levieux,Evrard,Trapenard,Farina,HouzéderAulnoit. 






Voilà l'histoire vraie de la création de la première 
Société d'Hygiène française, voilà la notice véridique que 
nous opposons à la notice de MM. Napias etMartin (1). 

Les faits et les dates, que nous venons de rappeler plus 
haut, nous paraissent de nature à démontrer que les 
membres de la Société française d'hygiène ont mis, eur 
aussi, et avant tous autres confrères, dans la poursuite 
de leur but a la tenace patience qui constitue une sorte df 
foi scientifique, et qui, elle aussi, soulève les montagnes 9. 

D^ DE Pietra Santa. 



Res Parisienses. 



LA VARIOLE DANS LA BANLIEUE. — UNE SÉANCE ACADÉMIQUE 

A l'hotel dk ville . 

Les journaux politiques de certaine nuance ont. surex- 
cité les esprits au sujet d'une épidémie de variole sévissant 
depuis quelques mois dans les quartiers populeux des 
XIX* et XX® arrondissements, et, au delà des forlifica-' 
tions, dans les communes de Saint- Denis, de Pantin, de 
Créteil, d'Aubervilliers, etc. 

Nous n'avons pas attaché grande importance à ces 
révélations, par cette simple raison que, tous les ans, à 
pareille époque, l'on constate un nombre plus considé* 
rable de cas de variole dans les environs de la capitale. 

Quant à déterminer si l'installation des varioleux des 
hôpitaux de Paris dans les baraquements construits 
antérieurement en vue du choléra, et situés dans la zone 
militaire, avait pu dans une certaine mesure faciliter la 
propagation de la maladie, il nous semblait qu'on ne pos* 
sédait pas, sur ce point spécial d'étiologie, des renseigne- 
ments assez nombreux et surtout assez précis. 

(1) Dans le volume qu'ils ont publié à l'occasion du Congrès d'Hy* 
giéne de Paris en 1878, ces Messieurs avaient cependant reconnu que 
k Société française d'hygiène était la première en date. Si nous étions 
les ainé8 en 1876, pourquoi deviendrion&-nou8 les cadets en 1887 ? Le 
chiffre des 1160 membres qui font actueliement partie de la Société, est 
une protestation péremptoire contre les asserUons téméraires de la 
récente notice. 



laires et toutes les facilités de communication ont amené 
à une diffusion générale, les races, tout en gardant leur 
ohfine, s'entremêlent et s'empruntent leurs éléments dis- 
linctifs. Les types autrefois créés s'estompent et s'abâ- 
tardissent; Fon^inaUté décroit; l'éclectisme envahit tout 
de son pouvoir dissolvant, et les mêmes formules banales, 
les mêmes clichés de composition se répandent dans 
chaque nation. La ligne droite remplace les lignes mouve- 
mentées; les hautes maisons bêtes remplacent les demeu- 
res pittoresques; les toits vulgaires remplacent les pignons 
ou les terrasses, et les mêmes matériaux de construction 
B'emploient dans toutes les cités, en retirant ainsi à l'ar- 
chitecture son caractère primordial et rationnel. 

A Ah î si le progrès continue de cette façon, on ne verra 
plus dans l'univers entier qu'une même rue, une même 
maison, un même alignement et les mêmes règlements de 
voirie. Et vous voulez que j'applaudisse à ce résultat! 
V ous voulez que je célèbre le triomphe de l'uniformité, 
rimpeccable correction des ingénieurs, la vulgarisation des 
colonnes en fonte, le grattage des façades et l'interdiction 
i)a^ tourelles et des encorbellements ! Vous voulez que 



j'abandonne l'art vivant, coloré, prime-sautier, indépen- 
dant, avec ses* charmantes imperfections, pourm'éprendre 
d'une sorte de composé chimique qui englobe, dilue, mé- 
lange et dénature toutes les propriétés de l'art personnel, 
aûn d'en obtenir un précipité fade, incolore, sans saveur 
et sans énergie; une combmaison qui rend l'or plombé, le 
diamant opaque et la fleur sans parfum 1 Non, non ! c'est 
bien assez de subir un joug dont je reconnais la force, et 
parfois, hélas I l'utilité, sans consentir par surcroit à ado- 
rer le dieu censé parfait qui veut régner dans le nouveau 
temple et qui, pour l'art, n'est en somme que le dieu de 
la déchéance et de la monotonie... 

(H.^Ch. Garnier rappelle ici, qu'à la similitude des con- 
structions est venus se joindre la similitude de l'accoutre- 
ment ; il blâme vertement les artistes qui, au détriment 
de l'idéal, cherchent le salut dans ce qu'ils appellent l'école 
réaliste; il fait des vœux pour que, dans un cataclysme 
général, la terre s'entr'ouvre, abîmant dans ses eaux 
tous les arts et tous les produits de la civilisation. Les 
heureux temps de la barbarie reviendront alors, et les 
maîtres de cette nouvelle époque, les successeurs des 



JOURNAL D'HYGIÈNE 



A côté des faits scientifiques, venaient se placer, d'ail- 
leurs, des faits d'ordre local et d'intérêts particuliers. 

Quoi qu'il en soit, le Conseil général de la Seine a été 
saisi de la question par les plaintes et récriminations des 
populations de Pantin et d'Aubervilliers, les unes et les 
autres soutenues par leurs conseillers respectifs. 

Seulement, en arrivant à la tribune de l'Hôtel de Ville, 
la question a été généralisée au point de remettre sur le 
tapis la création des hôpitaux spéciaux de varioleux, de 
diphtériquesetde rubéoleux, création qui, précédemment, 
avait été enletrée, en un tour de main, sur le rapport de 
M.leD'Cbautemps. 

Nos lecteurs connaissent parfaitement le rapport sur l'Or- 
çanisation sanitaire de la Capitale au point de vue des ma- 
ladies infectieuses, à l'analyse et appréciation duquel nous 
avons consacré trois longs articles (1). A ce moment, nous 
avons fait observer les inconvénients de voir le Conseil mu- 
nieipal de Paris se transformer, à chaque instant, en nou- 
velle Académie de médecine, en ajoutant : a S'il a la bonne 
fortune de compter dans son sein un certain nombre de 
médecins distingués, ce n'est pas une raison suffisante pour 
venir exposer à sa tribune des théories hasardées, des sta- 
tistiques contestées, des faits en opposition avec l'obser- 
vation clinique. » 

La lecture attentive du Bulletin Municipal officiel du 
mardi 6 décembre 1887 prouve, à l'évidence, la justesse 
de nos observations, et nous dispense de tout commentaire 
ultérieur. Nous nous bornerons seulement à résumer dans 
un premier chapitre la question scientifique, telle qu'elle 
résulte des affirmations de M. le Directeur de l'Assistance 
publique et de M. le Préfet de Police. Dans un second cha- 
pitre nous exposerons les opinions contradictoires sous la 
forme pittoresque d'une scène de comédie à l'Aristophane. 



(1) Voir Journal d hygiène, n- 561, 562 et 564. 
Bien ç^ue nous a^ons exposé les projets du rapporteur, avec la dIus 
grande impartialité et que nous ayons critiqué certaines de ses iaées 



pie carte de visite. Ce procédé n'est ni correct' ni oonfratemel< 
sonne n'a le privilège de la Science infuse; nous avons reconnu haute- 
ment ses bonnes intentions, mais nous avons été étonnés, de trouver 
sous sa plume répablicaine et ultra-libérale l'affirmation du dogme de 
la centralitation et de la coercition, en matière sanitaire ! 

Sur ce terrain, nous combattrons toujours l'honorable conseiller mu- 
nicipal ungùibue et rostriil 



I 

D'après les renseignements de M. le Directeur de l'Assis- 
tance publique, dès le mois de mars dernier, la Ville de 
Pantin avait été obligée de fermer une de ses écoles pour 
cause de variole (1). 

Avant l'installation des baraquements pour varioleux sur 
les glacis des fortifications, il s'était produit à Saint-Denis 
18 décès par variole, à Pantin 2, à Aubervilliers 7. c Son«- 
goz, ajoute-t-il, que la variole a commencé à Saint-Denis 
en 1886; qu'en dehors des cas traités à l'hôpital, 300 cas 
ont eu lieu dans la ville dont 50 suivis de mort. » 

Pour M. le Préfet de Police Y épidémie de variole^ dont 
on a fait si grand bruit, n'existe pas I 

a Depuis le 2S novembre il n'y a eu à Saint-Denis que 
deux décès par variole; à Aubervilliers il n'y a pas eu de 
décès la semaine dernière ; à Pantin il n'y en a eu qu'un. » 

Voici, du reste, les conclusions de M. le D' Dujardin- 
Beaumetz, délégué par la Préfecture de Police pour faire 
une étude de la question, et présenter un rapport au Con- 
seil d'hygiène et de salubrité de la Seine, «autorité indis- 
cutable et indiscutée (1)» : 

il 1» La fréquence des cas de variole dans le XVin^etle 
XIX® arrondissements, et dans les communes d'Aubervil- 
liers, de Pantin et de Saint-Denis ne constitue pas une 
épidémie. 

» î<> Rien ne démontre, d'une façon positive, que l'hôpi- 
tal d'Aubervilliers ait été la cause de cette fréquence. 

» 3^ Les moyens prophylactiques à mettre en usage pour 
arrêter cette fréquence sont : l'isolement des malades, la 
désinfection des objets de literie et des vêtements, la sul- 
furation des locaux contaminés, la propagation des me- 
sures de vaccination et de revaccination. » (2) 

n 

Sur la scène les augures pour et contre (MM. Desprès 
etChautemps) et les chœurs représentant le public, et dans 

(1) lu mois de mars la variole régnait â Paris et y causait 13 décès 
par semaine. 

(2^ M. Âl. JOLTRAiN résumera la discussion du Rapport dans le cha- 
pitré BuUetin des Conseils d Hygiène du prochain numéro. 



Ampère et des Papin auront devant eux plusieurs siècles 
de tranquillité.) 

^ » £n attendant cette grande renaissance, comme elle 
n'est pas absolument certaine, t&chons pour l'instant de 
lutter contre^ le destin qui nous menace. Nous avons 
encore tant d'artistes vaillants qu'il faut bien croire qu'ils 
sauront défendre la place. 

Tj Si je m'escrime avec la lance de don Quichotte et 
cherche noise aux savants dont j'envie le génie et la 
toute-puissance, si, avec plus déraison, je déplore la con- 
fusion des styles, la perte du pittoresque, le règne des 
formules et les mauvais tours que le progrès pourrait 
jouer à l'art, j'ai encore assez de confiance dans la force de 
cet art pour être certain qu'il ne succombera pas sous 
les coups de son redoutable ennemi. J'espère même qu'il 
en fera un utile allié, non pas tant en en modérant l'essor 
qu'en prenant lui-même une plus vigoureuse allure. 

»I1 ne faut pas que l'esprit marche avant le cœur; que 
la raison marche avant le sentiment; il ne faut pas que 
le chemin des uns obstrue le chemin des autres. Laissons 
donc sans trop d'émoi la science poursuivre sa grande et 



féconde carrière, elle a sa mission; mais nous, artistes, 
mais vous, poètes, écrivains, suivons aussi notre voie 
sans nous laisser dépasser, et allons de notre côté ayant 
le beau pour idéal, l'horreur de la banalité pour guide, 
et pour arme la conviction. Nous arriverons, je l'espère, 
et il le faut, aussi loin que le progrès. Qui pourrait s'en 
plaindre? La France est assez riche pour se payer deux 
gloires! Ch. Garnibr 
(de l'Institut) 



Les Chevaliers de Malte (^). 

VI 

Un aatant eontre le fort Stalnf-Elme. 

Un matin, dès 6 heures, Moustapha fait sonner ses 
clairons et ses cornemuses. Les colonnes d'assaut se 



(1) SuiUet fin, voir les n<»« 586 et 5S7 (Vol. XII). 



JOURNAL D'HYGIÈNE 



r^spèce les conseillers généraux des localités contaminées 
(MM, Péan, Lefèvre, Lévêque, Jallon, Vaillant). 

M< Desprès . — a Quand il a été question de créer de 
grands hôpitaux d'isolement pour les contagieux, j*ai dit 
à cette tribune qu'il serait plus conforme à Tavis de la 
majorité des médecins, de créer des salles d'isolement 
ûms les hôpitaux déjà existants que de construire des 
hôpitaux spéciaux. 

« En effet, dans une salle de 20 malades, si vous avez 
6 contagieux, tous ceux qui entreront auront 6 chances 
sur âO d'attraper la maladie; quand, au contraire, dans 
une salle de 50 malades il y a 50 contagieux, un entrant 
a 100 cbances sur 100 de gagner la contagion. 

» La contagion par l'air ne peut pas être mise en doute ; 
nous avons visité à Londres, dans le quartier de Hackney, 
rhôpital des varioleux d'Homerton. 

a Cet hôpital est isolé, les portes en sont verrouillées, 
les murailles en sont épaisses, les salles en sont séparées 
au milieu des jardins. Le personnel de service ne sort 
T^s de rétablisseDjent et la discipline de l'hôpital, aussi 
bien que sa physionomie extérieure, en font une prison. 

* Eh bien I malgré ces précautions rigides, et rigoureu- 
sement observées, des cas de variole se sont produits 
datis le périmètre de l'établissement, et la statistique en 
a été relevée et consignée dans une brochure que le Direc- 
teur nous a remise à la fin de notre visite. 

* C'est là une preuve décisive de la puissance du pou- 
voir contaminant de la variole, et de sa transmission par 
l'air- 

» ..> Je me borne donc à rappeler ce fait hors de dis- 
cussion: que la puissance de la contagion est proportion- 
nelle au nombre des malades. 

1 Cela est démontré depuis que les maladies conta- 
gieuses sont connues. La conclusion logique amène à con- 
clure à la construction de petits hôpitaux d'isolement, 
et non de vastes hôpitaqx de 400 lits. 

» Je me résume ainsi. Messieurs : lorsqu'on réunit un 
grand nombre de malades atteints d'une même maladie 
contagieuse, dans un môme local, on crée un foyer con- 
tagieux dont la puissance croît avec le nombre des 
malades. 

& C'est là la preuve incontestable que la création de 



sévices d'isolement, bien conditionnés, bien appropriés, 
dans les hôpitaux, vaut mieux que l'installation de 
grands hôpitaux d'isolement qui deviennent fatalement 
des foyers d'infection /» 

M. Chautemps. — et U s'agit Messieurs, de ne pas laisser 
accréditer un préjugé, démenti par les faits, dénué de tout 
fondement scientifique, qui ne tend à rien moins qu'à 
accroître l'opposition, les résistances aux projets de la 
Ville de Paris. 

» L'opinion admise par tous les hygiénistes est que la 
diffusibilité de la variole est notablement inférieure à 
100 mètres (1). 

» Quand on a transporté le service des varioleux de l'an- 
nexe de l'Hôtel-Dleu dans les baraquements des hôpitaux 
de Saint-Louis et de Saint-Antoine, il s'y est produit des 
cas intérieurs, mais il ne s'en est pas produit d'extérieurs. 
Pourquoi des accidents se seraient-ils produits en trans- 
férant les mêmes services à Aubervilliers, avec une zone 
d'isolement supérieure, et avec des conditions plus rigou- 
reuses ? 

» L'idée qui doit dominer dans la variole, c'est que tout 
malade est un foyer contagieux. Ce foyer, s'il est dans un 
hôpital isolé, rigoureusement isolé comme celui d' Auber- 
villiers, ce foyer, dis-je, est sans danger. 

C'est une excellente occasion pour nous tous de dire 
aux communes qui se plaignent des épidémies, ou qui les 
appréhendent: Organisez des services municipaux de trans- 
port des contagieux et de désinfection, gratuits ou payants, 
suivant la fortune de ceux qui y auront recours. 

» Quatre grands hôpitaux pour les maladies contagieu- 
ses vont être établis autour de Paris. (Non, non 1) 

» Quant au contage de la rougeole, il ne se propage pas 
au delà de quelques mètres^ et ne vit que quelques heures. 

}[> Pour la diphtérie, je reconnais que des hommes auto- 
risés ont parlé de l'influence des hôpitaux ; mais les Bul- 
letins statistiques de la Ville prouvent que le voisinage des 

(1) Dans une communication à l'Académie de Médecine. M. le D'Cré- 
quy écrit : c A 230 mètres des baraquements d' Aubervilliers se trouve 
l^usine à gaz de La Villette. Or, depuis deux mois et demi, 14 ouvriers 
sur 720 ont été atteints de la variole, dont deux ont succombé, tandis 
qu'aucun des 1600 ouvriers des ateliers du chemin de fer de l'Est qui 
habitent les mêmes quartiers que les précédents n'a eu de petite 
vérole ! » 



forment : 3,000 janissaires^ 1,500 spahis, 1,500 marins et 
Arabes fournis par Drayut — 6,000 hommes en tout — vont 
de nouveau tenter l'escalade. En tête marchent les Mata- 
tiete^ aussi féroces que braves ; ces janissaires d'élite 
se vantent de ne pas redouter de combattre un contre 
sept. Vêtus, les uns de peaux de lion, les autres de peaux 
d'ouraou de tigre, portant, attachées aux épaules,des ailes 
de diverses couleurs, sur la tête des casques dorés, la figure 
barbouillée de rouge, le corps entier couvert d'un im- 
mense boudier, lesabre nu en main, ils s'avancent, pareils 
à une légion de démons. Derrière eux viennent les janis- 
saires et les spahis, en dernière ligne les soldats de Drayut. 

L'attaque a lieu de plusieurs côtés à la fois. Appuyés 
parleursarchers et leurs arquebusiers, les Turcs atteignent 
en bon ordre la muraille et commencent à dresser leurs 
échelles. 

Le bailli de Négrepont, le gouverneur de Broglio, les 
capitaines Jean de La Cerda, Medrano, et Pierre de Massuez 
leur ont ménagé une chaude réception ; sur tous les points 



de l'enceinte les Turcs trouveront à qui parler. L'achar- 
nement des Turcs, exaltés toute la nuit par leurs Imans, 
est incroyable. Pots à feu, grêle de pierres, barils de poudre 
et artifices éclatent dans le fossé, rien ne les arrête : les 
échelles sont renversées ; ils arrachent avec les mains les 
pierres de la muraille, et arrivent ainsi jusqu'aux para- 
pets. Là il faut combattre corps à corps. Les chevaliers 
repoussent avec furie les assaillants, précipitent dans le 
fossé quiconque essaye de prendre pied sur le terre-plein 
des batteries; pas un Turc ne sortira vivant de la 
mêlée. 

Pendantcinq grandes heures l'ennemi avance ou recule, 
gagne ou perd du terrain, revient à la charge, se voit 
refoulé encore, et finit, en dépit de tous ses efforts, par 
être obUgé de battre en retraite. L'assaut lui a coûté 
600 hommes; les Chrétiens en ont perdu quarante. 

En un mois plus de 4,000 morts du côté des Turcs, 300 
à peine du côté des Chrétiens. — Cette énorme dispropor- 
tion n'a rien qui puisse surprendre; l'assiégeant agit tou- 



JOURNAL D'HYGIÈNE 



■n 



hôpitaux Trousseau et des Enfants malades (qui reçoivent 
le plus grand nombre de diphléritîques) n'est pas plus 
dangereux que celui de^ autres hôpitaux, et la raison, c'est 
que la diphtérie se propage par les personnes, par les 
objets, et qu'elle se propage peu el peut-ôtre pas par l'at- 
mosphère. 

x> Les deux hôpitaux de varioleux, de môme que ceux 
pour la rougeole et la diphtérie, ne présenteront aucun 
danger. Je m'offre à vous démontrer cette innocuité 
quand vous voudrez. » 

Les Chœurs : 

M. Péan. — « Vous venez, Messieurs, d'entendre deux 
médecins. Le premier a déclaré que le voisinage des hôpi- 
taux était un danger; l'autre, au contraire, a affirmé que ce 
voisinage était d'une parfaite innocuité, et ne pouvait 
qu'êlre agréable à la banlieue. 

d La conclusion est que les docteurs ne sont pas d'accord. 
Il est donc bien naturel que la population voie un danger 
dans le voisinage des hôpitaux. 

» Quant à l'établissement des quatre autres hôpitaux, 
c'est une idée qui a fait peur à la banlieue, qui s'étonne 
que les l^arisiens veuillent toujours lui envoyer ce qu'ils 
ont de malsain. » 

M. Lefêvre. — a Pour améliorer l'état sanitaire de 
Paris, on veut notis doler des hôpitaux de contagieux. 

» Par cette série de mesures (établissements classés, 
dépôts de voirie, cimetières extra-muros) on a diminué, 
dans une proportion notable, les conditions de salubrité 
de nos communes, où les épidémies régnent en perma- 
nence. 

B Cette dispersion des foyers d'insalubrité dans les com- 
munes suburbaines s'est faite sans discernement, et sans 
mesure, dans toutes les directions. 

» D'ailleurs, s'il n'y a aucun danger dans l'installation 
de ces divers hôpitaux, pourquoi ne les gardez-vous 
pas dans Paris ? 

M. Lévêque, maire d'Ivry, au nom de Villejuif, Gentilly, 
Vitry, Ivry, c'est-à-dire au nom d'une population de 
50,000 habitants. — «Je proteste de toutes mes forces con- 
tre la création dans la banlieue d'hôpitaux de contagieux.» 

M. Jallon. — « Tout à l'heure il m'a semblé que j'assis- 
tais à un Congrès scientifique, et ce qui me confirmait 



dans cette opinion, c'est que j'entendais tous les médecin3 
qui ont pris la parole soutenir chacun une opinion dififé- 
rente. 

» Vous allez. Messieurs, avec ces hôpitaux créer une zone 
nouvelle. Nous demandons tous la suppression de la z(me 
militaire, et nous irions en établir une nouvelle, une zone 
d'infection ! » 

M. Vaillant fait la proposition suivante, qui est ren- 
voyée à la Commission sanitaire : 

« Le Conseil invite l'Administration à réaliser, sans plus 
de retard, par l'établissement de petits hôpitaux ruraiix 
d'isolement, le transport hors des murs de Paris, du trai- 
tement hospitalier des maladies infectieuses. » 

m 

Celte mémorable séance nous réservait, dans l'ordre du 
Pour et du Contre, deux autres surprises, visantplusparT 
ticulièrement MM. Dumesnil et Bertilion père. 

M. le D' Dumesnil a eu incontestablement les honneurs 
delà séance. Dans les couloirs de l'Hôtel de Ville, il avait 
eu soin de communiquer ses impressions personnelles 
aux partisans el aux adversaires des baraquements, et 
il s'y était si bien pris, que les uns et les autres sont 
venus invoquer à la tribune son précieux témoignage. 

M. Chautemps a rappelé queM. Dumesnil, en recherchant 
les causes de l'épidémie de variole qui règne à Créteil, 
avait reconnu : qu'il n'existe dans cette localité aucun 
service de variole pouvant être incriminé; de plus, qu'à 
l'Asile de Vincennes, aucun des 300 convalescents vario- 
leux (soignés depuis quelques mois par M. Dumesnil, et 
provenant des hôpitaux de Paris) n'avait communiqué la 
variole aux nombreux malades de Tasile. 

M. Lefèvre, de son côté, après avoir consulté le même 
M. Dumesnil, a déclaré que son avis était diamétralement 
opposé à celui de M. Chautemps. 

Tant pis pour lui ! s'est borné à répondre l'honorable 
conseiller municipal. 

Au dire de M. Arsène Lopin, M. Dumesnil est absolu- 
ment opposé au projet d'établissement des hôpitaux d'iso- 
lement dans les communes suburbaines. 

Mais alors! 



jours par grandes masses, concentrées, profondes ; il se 
heurte aux remparts, aux fortifications psssagères, der- 
rière lesquels son adversaire s'abrite. 



VU 



lia mort de Drafl^ut-Reïs. 

Dans la matinée du 18 juin, Dragut à découvert, dédai- 
gneux des balles qui sifflaient à ses oreilles, observait 
avec attention le tir du château Saint-Ange; il cherchait 
l'emplacement où l'on devrait, pour s'en préserver, élever 
une traverse. En ce moment, un boulet fend l'air, s'abat 
sur le rocher el fait voler une pierre en éclats. Un de ces 
éclats atteint Dragut à la tête, écrase son turban et lui 
brise le crâne. Le sang lui sortait par la bouche, par le 
nez et par les oreilles. 

On l'emporte à sa tente, un médecin chrétien parmi 
es esclaves est appelé, du premier coup d'œil il reconnut 



une blessure mortelle. Dragut vécut encore pendant quatre 
ou cinq jours; il vécut privé de tout sentiment. 

Ainsi finit un des hommes de guerre les plus remar- 
quables que l'Islamisme ait produits. Dragut est supérieur 
à Barberousse, il joignait la science à l'audace. Pilote 
incomparable, sur terre, il était digne de se mesurer avec 
les meilleurs généraux de Charles-Quint et de Philippe II. 
Il avait connu les rigueurs de la captivité ; il se montra 
humain avec ses captifs. Sous tous les rapports, ce fut un 
caractère. 

VIII 
lia levée du slè^e. 

Nous ne saurions dire toutes les émotions que nous 
avons ressenties à la lecture de ces épisodes du siège : la 
prise du Fort Saint-Elme après une succession d'assauts 
formidables; la grande attaque dirigée sur le Bourg, la 
panique du 7 août, où se révéla dans toute sa splendeur 



JOURNAL D'HYGIENE 



M. Hesprès rappelle qu'à Tépoque où Tannexe de THôtel- 
Dieu avait été transformée en hôpital de varioleux, on 
put cûQstater dans le V^ arrondfssement une recrudescence 
de la variole, puis it ajoute : f M le D' Bertîllon père éta- 
blit même, k ce propos, des statistiques extrômemenl 
probantes et intéreEisantes, coDsignéej dans le Bulletin 
de la Société médicale, v 

Toutefois^ M» Chau temps, en parlant de l'influence d<;s 
hôpitaux sur les maladies lymotiques, s'écrie: 

* le D"" Bertîllon père, qui était un statisticien^ mais 
non un médecin, a cherché par 4es affirmations, dont on 
a depuis reconnu r absence de fondement, à démontrer 
celte influence. j> 

Avoir été élu à Tunanimité Chef incontesté des travaux 
de la Statistique municipale de la Ville de Paris, et voir 
ses affîrmatious traitées d'une manière si cavalière par 
uo simple médecin de quartier, n'est-ce pas là un signe 



des te 



nips î 



D' DB FOURNÈS. 



La Pelade et l'École. 

Il y a dix mois, le D"^ Anguste Ollivier apportait à TAca- 
démie de Médecine des laits montrant la non-contagiosité 
de la pelade^ et insistait sur la nécessité de reviser les 
règlements qui excluent des écoles les enfants atteints de 
cette affection. Le savant médecin de l'hôpital des Enfants 
revient aujourd'hui à la charge, armé d'arguments nou- 
veaux, et il apporte à la tribune de la rue des Saints-Pères, 
a l'appui de sa théorie^ une ti'entaine d'observations nou- 
velles des plus convaincantes. Rien, jamais rien, dans les 
interrogatoires ou enquêtes, n'a jamais pu lui faire soup- 
çonner la contagion vériuible d'une maladie que l'on est 
convenu, sans preuves, de regarder en médecine comme 
Iransmissible. Or, sachez qu*il s'agit de 131 cas, observés 
avec soin chez de jeunes sujets, pour la plupart internes 
ou couchant avec d'autres enfants ; et jamais M. Ollivier 
n*a vu se produire une seule contamination, malgré les 
conditions les plus favorables pour que la pelade fût com- 



muniquée! Vingt-trois cas sur trente étaient manifeste- 
ment des trophonévroses, dues à des perturbations récentes 
du système nerveux, travail opiniâtre, émotion violente, 
querelles, pertes d'argent, traumatisme, convulsions, 
etc. 

Les défenseurs de la dualité de la pelade, tel^ que 
MM. Brocq, Vidal, etc., admettent qu1l est impossible de 
faire le diagnostic différentiel entre la forme parasitaire con- 
tagieuse et la forme nervruse individuelle, M. Auguste Olli- 
vier n'en disconvient poiut entièrement ; mais il lui parait 
nettement établi que la pelade non-contagieuse e^t la règle, 
et la. pelddo'ide transmissihle. une très rare exception. Il 
pense, pour conclure, que Ton peut prendre contre cette 
maladie certaines précautions très simples, avant de don- 
ner, en toute sécurité, a la libre pratique » ; mais les 
« quarantaines » actuelles lui semblent bien rigoureuses 
pour être maintenues. C'est également l'avis de 14. Cornil, 
médecin du lycée Henri iV. Ce n'est poiot du tout celui 
de M. Hardy, par exemple, qui proteste avec une vigueur 
toute juvénile contre ta théorie non contagionnisteî 

Espérons qu'un ukase académique fixera bientôt, à 

cet égard, l'opinion anxieuse des médecins d'écoles et de 

lycées. 
^ D^ E. Mon IN, 

P. S. La discussion sur le travail de M. Ollivier a été 
ouverte dans la séance du mardi âO par un discours très 
substantiel et plein de verve do M. le P' Hardy : 

« Je m'arrête. Messieurs, et je crois eu avoir dit assez 
pour démontrer la faculté contagieuse de la piîlade. et 
pour faire voir le danger de laisser les enfants peladeux 
en contact avec leurs camarades dans les établissements 
d'instruction publique; par suite, je me crois autorisé à 
demander le maintien du règlement actuel qui prescrit 
un examen fréquent et minutieux des t^les des enfants, 
et le renvoi dans leurs familles des sujets reconnus atteints 
de pelade. » 

Tout en s'associant aux sentiments de commisération 
exprimés par M. Ollivier en faveur des péladeux, M. Hardy 
demande, au nom de l'hygiène publique, qu'on les isole 
comme dangereux. 

Sur la proposition de MM. Besnicr, Baron Larrey et 



r héroïsme du grand maître, les tentatives du vice-roi de 
Sicile pour envoyer des secours à Malte, la vocation de 
Don Juan d* Au triche, Tescadre de Don Alvaro de Bazan, 
le débarquement de l'armée de secours, le retour offensif 
des Turcs , leur défaite et révacuation de l'île. 

Le dernier combat trouva l)on Alvaro de Sandi et Ascanio 
de la Gornia, en présence de Moustapha, mettant pied à 
terre, tuant son cheval et se plaçant à la tête de ses 
troupes. 

â Ce vieillard de 7o ans, le sabre à la main, a retrouvé 
toule la fougue de sa jeunesse. Couvert de son bouclier, 
il va d'un bout de la'ligne à l'autre prodiguant les encou- 
ragements, les menaces, donnant à tous l'exemple. y> — 
Toute Ténergie du Pacha ne put retenir des troupes qui 
ne combatlaient plus que par contrainte. Moustapha 
cherchait de tous côtés la mort : il allait au-devant des 
coups. La mort ne voulut pas de ce désespéré; elle a 
presque toujours de ces caprices. Piali-Pacha s'était 
approché de la plage avec les galères. Ce fut le signal de 



la déroute. Les Turcs se précipitèrent vers le rivagtî. La 
cavalerie put les sabrer sans qu'ils opposassent de résis- 
tance. Le massacre l'ut afireux. Les Chrétiens ne faisaient 
pas de prisonniers. 

Le 12 septembre, les chevaliers virent disparaître à 
l'horizon le dernier vaisseau ottoman. Le siège avait duré 
quatre mois. 

Pendant cette courte période, les perles des Turcs s*éle' 
vèrent à 30,000 hommes au bas mot : leur armée, qnand 
ils se rembarquèrent, n'était plus qu'un fantôme. 

liCS Chrétiens avaient k regretter 9,0^X) morts, dont 
240 chevaliers chapelains on frères servants. 

La France paya largemeul en cette Dccasion la gloire 
de conserver le rang où l'avaient élevée les croisades. 
Deux chapelains, un maître écuyer, tM> chevaliers, 2i frères 
servants, portent au chiffre total de 9;i le nombre des 
Français tombés en moins de quatre mois sur la brèche. 



8 



JOURNAL D'HYGIËNE 



Le Fort, l'Académie invite M. Ollivîer à résumer son 
mémoire dans quelques propositions fermes devant servir 
de bases à la discussion. 

— Dans la séance du 27 décembre, une entente s'est éta- 
blie entre MM. Ollivier et Besnier. Le projet de règlement 
et d'instructions rédigé par M. Ollivier, et dans lequel il 
a tenu graud compte des opinions de M. Hardy, a été ren- 
voyé à la Commission. 

Dans les lycées et écoles supérieures, après examen fait 
par une Commission de spécialistes compétents, certains 
péladeux seront tolérés dans Tinternat à la condition de 
se soumettre à des mesures d'isolement, de soins et de 
propreté qui seront formulés avec précision dans les 
instructions rédigées ultérieurement par la Commission 
de l'Académie et approuvées par elle. 



Par Monts et par Vaux. 

DÉLIRE AI6U HTDBOPHOBIQUB. — LE THÉISME 

C'est avec un certain étonnement que le public des 
séances du Lundi à l'Académie des Sciences a entendu 
l'analyse, faite par M. le Secrétaire perpétuel, d'une bro- 
chure de M. le D' Hesnet portant pour titre : Considéra- 
tions générales sur les fausses rages, observcUions du 
délire aigu hydrophobique. 

L'histoire médicale de cet alcoolique, qui remonte à 
l'année 1878, aurait pu rester sans inconvénients dans 
les cartons du médecin de l'hôpital Saint-Antoine, mais 
il n'a pu résister à U satisfaction d'apporter un nouvel 
argument en faveur des doctrines du jour; aussi lisons 
nous dans les comptes rendus : 

« M. le D' Hesnet en {)résence d'un fait aussi caractéris- 
tique de fausse rage, insiste sur la nécessité d'appliquer la 
méthode des inoculations du bulbe par trépanation après 
décès pour fixer le diagnostic, toutes les fois qu'il y a 
doute sur la véritable cause de la mort. » 

L'illustre Trousseau n'avait pas eu besoin de cet argu- 
ment jtw^^ mortemj pour établir le diagnostic précis des 
cas analogues, remarquables, par l'ensemble des phéno 
mènes de surexcitation et de suractivité nerveuse simu- 
lant l'hydrophobie I 






Nos lecteurs connaissent déjà l'accueil peu enthousiaste 
que le Journal dhygiène (Echos et Feuilletons) fait aux 
singulières théories des adversaires quand même du thé; 
mais il nous est particulièrement agréable de reproduire 
ici un paragraphe du récent ouvrage de M. le P' Ger- 
main Sêe : Du régime alimentaire des malades : 

< La meilleure boisson digestive, c'est le thé, à la con- 
dition d'en fjsiire une infusion légère, d'en prendre au 
moins un demi-litre, et à une température élevée; il 
remplacera, au repas du midi, le vin avec toutes sortes 
d'avantages; il ne fennente pas, il ne contient que des 
traces de tannin, tandis que le café en contient infini- 
ment plus qui coagule les albumines. 

» Dans ces derniers temps, Martin, William ont dénoncé 
un théisme, qui serait pire que le morphinisme, l'éthé- 
risme, l'alcoolisme. Ëloy, qui raconte ces faits, menace 
les buveurs de thé de l'affaissement intellectuel, d'hallu- 
cinations, de céphalalgie; Tivrogne théique deviendrait 
dyspeptique, cardiaque, cachectique, anémique, etc. Quel 
triste avenir nous préparent les trois tasses journalières 
de thé que je réclame comme le meilleur digestif, et 
comme le plus sûr moyen de soutenir l'énergie intellec- 
tuelle! Parmi mes meilleurs amis se trouvent des malades 
qui, depuis des années, suivent strictement mes conseils 
et brillent par leur vigueur physique et psychique. » 

Notre expérience personnelle, qui remonte à une époque 
déjà lointaine, nous permet de partager sans réserve 
l'opinion de l'éminent Professeur et de nous déclarer 
des théistes convaincus l Qr Echo. 




Pensée. 



La reconnaissance est pareille à cette liqueur d'Orient 
dont parlent les voyageurs, qui ne se conserve que dans 
des vases d'or ; elle parfume les grandes âmes et s'aigrit 
dans les petites. 

J. Sandbau. 



Nous ne pouvons mieux terminer ces extraits que par 
cette belle réflexion de l'amiral Jurien de la Gravière : 
« Rien ne contribue plus à élever le niveau des âmes que 
la menace de la mort. . ^^ J.-M. Cyknos, 



Les Souris chimistes. 

Par les temps difficiles où nous vivons, on se heurte 
à chaque pas à quelque nouvelle contrefaçon, et les labo- 
ratoires plus ou moins officiels en constatent tous les 
jours un assez grand nombre; mais nous trouvons aujour- 
d'hui dans la Bévue des falsific€Uions une curieuse 
concurrence faite au laboratoire- lui-même, et par qui? 
par de» souris I 

Une lettre adressée au The Analyste par M. Hc Coy, de 
Princeton (Etats-Unis), nous en apporte tous les détails. 
Ce chimiste, ayant reçu divers échantillons de beurre à 
analyser, se mit en devoir de les faire fondre. Les cap- 



sules qui avaient ser*: t à cette opération, furent laissées 
après qu'on eut décanté la graisse, sur une table où 
elles passèrent la nuit. Le lendemain matin, dix de ces 
capsules sur douze étaient complètement nettoyées. Exa- 
men fait, les dix capsules avaient renfermé du beurre 
naturel et les deux autres de la margarine. On renou- 
vela l'expérience avec deux cloches de verre, même ré- 
sultat. Quatre essais furent faits et quatre fois les intel- 
ligentes bètes consonmièrent le beurre et méprisèrent la 
margarine, ce qui nous semble très judicieux. Une foison 
essaya de ne leur donner que de la margarine et, néces- 
sité faisant loi sans doute, les souris en mangèrent un 
peu, mais en très petite quantité. 

Le fait est curieux et ne tend à rien moins qu'à réhabi- 
liter la souris; M. Me Coy parle déjà d'ériger une acadé- 
mie de souris pour exploiter ce talent jusqu'ici inconnu.. 

Ne rions pas, chers lecteurs. Qui pourrait deviner ce 
qu'il adviendra dans quelques années, des hommes et des 
souris? Dr E. B. 




-p Wll »- 



JOURNAL D'HYGIËNE 



BULLETIN DE LA SOCIÉTÉ FRANÇAISE D'HYGIÈNE 



AVIS. — La séance mensuelle de la Société aura lieu 
le veadredi i3 janvier^ à 8 heures 1/^ du soir, dans la 
salle de la Bibliothèque^ au Siège social, 30, rue du Dra- 
gon, 

Les membres titulaires recevront, par la poste, le Bulle- 
tin des séances pour raanée 1888, avec Tordre du jour de 
la prochaine séance* 



L'Hygiène de TEnfance. 

A t'AGADÉMIË DE MÉDECIKE fi) 

«Votre Commission a reçu de la Société française d* hy- 
giène une brochure intitulée ; Hygiène et Education de 
fenfana^ delà naismnce h dou:se ans, 

» Ce travail contient trois petits traités ; 1° hygiène et 
Mucatton, de la naissance à deui ans^â" de deuxans à six 
ans ; 3^ de six à douze ans. Tous sont les résumés de mé- 
moires récompensés par la Sociétt? et mis en ordre par 
les soins de plusieurs des membres de cette Société parmi 
lesquels il faut compter un des plus actiTs, le 0^ Blâche, 
dont vous connaissez déjà les travaux spéciaux. Nous 
voua avons déjà rendu compte sommairement du pre- 
mier traité trèa complet et nous n'avons que des éloges 
à donner auK deux derniers, qui sont, eux aussi, des 
guides intelligents pour les familles. 

» Au reste, le succès de cet ouvrage, en France comme 
à Tetra Dgepp est tel qull a été traduit en diverses langues, 
e( T Académie de Médecine ne peut que féliciter haute 
ment la Société française d'hygit'ue pour une publication 
si utile auK familles, n 

D' de ViLLtKRs, 
^^^^^^^^ Rapporteur. 

Procès-verM de la séance du 9 rlécemtoe 1887. 

Peësidenga de M- Marié-Davy. 

Lexîture et adoption du procès-verbal de la précédente 
séance. 

Nomination de nouveaux membres; 

Membres associés étrangers ; MM. Baron de Saboia, 
doyen de la Faculté de médecine de Rio de Janeiro (Bré- 
sil); D-- Hjalmah Sellïîen, secrétaire de la Eira de Stock- 
holm (Suède)i D'^ LuiGT Maramaldi, rédacteur en chef delà 
Pi*eventiva de Naples (Italie); D^ Njcasio Mabiscal y Garcia, 
de Madrid (Espagne), 

Membres titulaires (Province) : MM. D"^ Boudet, médecin 
inspecteur de Châteauneuf (PuvKle-Dôrae); D' Peschaub 
(G.), médecin des épidémies de Murât (Cantal); D»^ Hogubt, 
médecin à Marti gny-les- Bains ( Vosges). 

(1^ Hious noui empré^sonn d'eittraire du Bulïetin de FAcadt'^mie do 
Médecine Je paragrapiie do rapport de M. m Vellier^ sur le con- 
[^ours d**s pni de I hypone de Vùai&nce^ el noua pHoas le sovant 
rappurtear de i^cevoiV ici. pour sa bieiïveiUaat^ appréciation, les 
remereiemeaU sincère» de U ijtxdélé française d^hy^^iêne. 

Lé Sêcrilurial, 



(Paris) : M. RoDftiaoKs (Gaston), publiciste- 
M. le Secrjîtaibiî Général annonce la mort de trois mem- 
bres de la Société: MM. O^ Torelli, de Turin; D^Henrique 
Cabelio y Bruller, d*AlgésiraB,et D'Torrès Horaen.deRio 
de Janeiro. 

(Ces notices nécrologiques seront publiées dans le 
compte rendu du Secrétariat.) 

M. Ch. Tellïbr présente un appareil de son invention 
destiné à cuire Teau à une température suffisante pour 
détruire tous les microbes. 

A la séance précédente H. Imbs, faisant allusion à cet 
appareil» avait fait observer qu'il pouvait présenter un 
danger d explosion. Or ce danger n'est pas à craindre. 
L'eau ne dépasse pas en effet une température supérieure 
à ii^j température suffisante pour la destruction com- 
plote de tous les microbes. Ensuite elle n'est pas chauffée 
à feu nu, mais au bain-marie. Le cylindre contenant Teau 
destinée à Talimentation plonge dans uu appareil rempli 
d*eau saturée de chlorure de sodium. Or c'est ce second 
appareil qui est chauffé et qui sept de bain-marie pour la 
cuisson de Teau potable, A la partie supérieure du cylindre 
se trouve adapté un filtre, qui a pour objet de retenir tou- 
tes les impuretés de Tair qui pénètre dans TappareiL Des 
expériences ont été faites à ThÔpital de la Pitié, et les ana- 
lyses faites ont démontré qu il n'existe dans Teau ainsi sou- 
mise à la cuisson aucun microbe, 

M. Marié-Davy lait remarquer que Tappareii de M- Tel- 
lier serait plus complet, si Tony ajoutait le vase dans lequel 
on chauffe Teau chlorurée. 

M. Tkllîer répond que ce vase existe, mais qu'il n'a pas 
cru devoir Tapporter à la séance, pensant qu'il était suffi- 
sant de démontrer son usage. 

M. le D-^ DU PiËTRA Santa rappelle que M, Tellier avait 
déjà présenté à la Société un appareil analogue il y a quel- 
ques années, et que cet appareil était complété par une 
disposition permettant de rendre à Teau cuite Tair qu'elle 
a perdu penriant la cuisson. Il demande si celte disposition 
existe pour le nouvel appareil. 

M. Tellier répond que cette disposition est inutile. L'eau 
en effet n'est pas bouillie, mais seulement cuite, et ne se 
désaère pas. L'air reste dissous dans Teau avec les quan- 
tités voulues d'oxygène et d'azote. 

M. Vieillard pense que l'appareil de M, Tellier peut 
présenter deux inconvénients; 

En premier lieu, on a reproché aux filtres Chamberknd 
d'ôlre d'un maniement difficile pour les pei^nnes peu 
soigneuses. Ce reproche s'adresserait également à l'ap- 
pareil Tellier. Il faut un certain temps pour ia mise en 
train; on n'obtient pas de suite la chaleur voulue pour la 
cuisson. D'un autre côté, comment obtient-t-on la chaleur 
voulue? Dans les villes on a le gaz, mais dans les campa- 
gnes, il taudra se servir du charbon, ce qui rendra plus 
longue l'opération, et élèvera le prix de revient. 

M, Tellier répond qu'il n'a pas la prétention de deman- 
der que tout le monde fasse cuire son eau. Il vent seule- 
ment prouver que dans un grand nombre de cas son 
I appareil peut rendre de grands services. On a suflfisam- 
1 ment démontré que, dans les conditions actuelles, il 



10 



JOURNAL D'HYGIÈNE 



taut purifier l'eau; or le meilleur moyen de la purifier, 
consiste dans la cuisson. S'il y a réellement intérêt à faire 
cuire Teau, il croit que son appareil est le plus pratique. 
Dans les contrées nouvelles, où nous envoyons aujourd'hui 
nos armées, son usage s'impose. 

Au point de vue de Thygiène, peut-on affirmer que 
les filtres remplissent toutes les garanties absolument né- 
cessaires ? Non. Eh bien! dans ces conditions la cuisson 
seule peut présenter ces garanties. A la dernière séance, 
M. Imbs disait qu'il existe des microbes utiles et des 
microbes nuisibles. Hais la science n'est pas encore aiTi- 
Tée à faire la distinction entre les uns et les autres. En 
attendant la solution de cette question, il vaut mieux les 
détruire tous. 

Répondant à une question posée par H. le D'' Le Baron, 
M. Tellier dit qu'il ne peut faire connaître encore le prix 
auquel l'appareil serait livré dans le commerce. Mais il 
est certain que ce prix ne sera pas plus élevé que celui 
des filtres Chamberland. 

M. JoLTRAiN fait remarquer que, dans ces conditions 
l'appareil Tellier présenterait un avantage sur le filtre 
Chamberland, puisqu'il n'exige pas la pression néces- 
saire pour le fonctionnement des filtres. 

H. Marié-Davy répond qu'on peut avoir des filtres 
Chamberland fonctionnant sans haute pression. Il suffit 
que la bougie soit plus mince et que la pâte soit plus 
poreuse. Répondant ensuite à une question de H. Fichet, 
iï ajoute que, à Montsouris, un appareil de 35 bougies, 
coulant sans interruption sous une pression de 1 mètre, 
fournissait 230 litres d'eau par jour. 

Voici, du reste, quelques nombresobtenus avec deslitres 
neufs, et qui sont ramenés aux mêmes unités, l'heure pour 
le temps, le mètre carré pour la surface filtrante, le mètre 
d'eau pour la différence de niveau tmtre l'eau affluente et 
l'eau filtrée : 

Filtre au charbon 1 .015 

— au sable 157 

— en porcelaine dégourdie 115 

— en argile ordinaire cuite 16 

La vitesse de filtration dépend de la section des conduits 
capillaires, de leur longueur, de leur nombre et, par suite, 
de la finesse de la substance solide qui forme le filtre. Il 
estpoMlile d'arriver à un filtre industriel réunissant l'épu- 
la^îon vraie des eaux à la rapidité de leur filtration, à la 
ebudition qu'une première filtration ait d'abord débar- 
rassé les eaux, dessubstances qui troublent sa transparence, 
et cela dans le but de diminuer la fréquence du nettoyage 
de la matière poreuse. 

Le chauffage de l'eau à iiO^ pendant une heure la dé- 
barrasse, il est vrai, de tout germe vivant, ce que ne fait 
pas sûrement une température de 100^. On rencontre en 
effet dans les eaux des germes qui résistent à 103<^. Ces 
germes sont ils nocifs? Parmi ceux qui le sont réellement 
s'en trouve-t-il qui puissent supporter sans périr une tem- 
pérature de 100« ? 

Là est la véritable question. De l'eau cuite à 11Q<» sera 
évidemment dépouillée, à plus forte raison, de tout germe 
pathogène; mais quand on n'a pas à sa disposition l'appa- 
reil Tellier, la pratique moutre que la simple ébullition 
peut préserver d'un grand nombre de maladies micro- 
biennes. Cela d'ailleurs est fort heureux, car si les eaux 
Cuites et même simplement bouillies sont encore assez 



peu usitées en boisson parles explorateurs, les infusions 
chaudes de café, de thé ou d'autres substances, les ali- 
ments bouillis, sont assez généralement usités par eux 
comme par nous. 

M. Gautbblbt rappelle, à propos de la question des 
micro-organismes et de leur destruction, une noie qu'il 
avait autrefois donnée au Conseil d'hygiène de la Sarthe 
au sujet de la trichine. Il indiquait le moyen suivant : 

Généralement la trichine nous vient des viandes de 
porc importées d'Allemagne. Pour dessaler ces viandes, 
on se borne à les tremper dans l'eau bouillie. Au lieu 
d'employer ce procédé il serait préférable de faire cuire 
les viandes dans leur saumure. De cette façon la tempéra- 
ture serait portée à plus de 100^ et la destruction des 
trichines serait certaine. 

M. D** MoNiN ajoute qu'il y a quelques années, pendant 
l'épidémie cholérique, H. le D' Hureau de Villeneuve con- 
seillait de boire de l'eau distillée. Il prétendait que cette 
eau était très bonne. M. Monin a voulu suivre ce conseil, 
il a goûté de l'eau distillée, et l'a trouvée fort désa- 
gréable. 

H. le Secrétaire, général prie H. Tellier de résumer 
sa communication dans une note qui sera insérée au Bul- 
letin de la Société, avec une description et un cliché de 
l'appareil. 

M. Gautrblit donne lecture d*une communication sur 
les Combinavfons hypothétiques en hydrologie» Il démontre 
les nombreux inconvénients des méthodes employées ac- 
tuellement, et les erreurs qui peuvent en résulter. (Sera in- 
sérée in extenso,) 

M. Vieillard appuie les observations présentées par 
M. Gautrelet. Elles ont, à son avis, une grande importance, 
même au point de vue des médicaments, et notamment 
de l'arséniate de soude. 

Il y aurait intérêt à prescrire dans les pharmacies un 
degré d'hydratation constant. Au lieu d'employer les équi- 
valents anhydres, il faudrait employer l'équivalence hy- 
dratée. 

M. Lbscasse présente un petit livre destiné aux mères 
de famille et auquel il a donné le titre de carnet de bébé. 
Grâce à des graphiques parfaitement établis, ce carnet 
permet aux mères d'enregistrer chaque jour le poids de 
leur enfant, depuis la naissance jusqu'à seize mois. La ligne 
suivie par les pesées journalières permet de se rendre un 
compte exact des progrès faits par l'enfant au point de 
vue de sa santé, et de voir immédiatement si la progres- 
sion est en rapport avec les règles normales. 

La Société approuve l'idée ingénieuse de H. Lescasse, 
et décide qu'une note sera insérée dans le Bulletin. 

L'ordre du jour étant épuisé, la séance est levée à onze 
heures. 

L'un des Secrétaires^ 

A. JOLTRAIN 



Les eaux potables devant Thygiône 
pratique (*). 

Messieurs, après l'intéressante communication que 
nous a faite dans la dernière séance notre illustre et savant 

(1) Commuaication faite à la Société dans la séance du 11 novembre 
et publiée à la suite d^un vote unanime des membres présents. 



JOURNAL D^HYGIÊNE 



H 



***" 



présidents M. N^irié^Davy^ il pourrait sembler téméraire 
au dernier vbdu pariiû vous et sans aucun doute an moiod 
autorisé de vous enti-^lebir du même sujet. Mais, tous le 
savez, la question des eaux potables est plus que jamais 
à Tordre du jour ; d'autre part, la nature de tos travaux, 
comme aussi le but auquel vous tendez, la vulgarisation 
des eoseîgnerrenis pratiques de Thygiène, tont de cette 
élude 1 objet de vos persévérantes recherches et de vos 
constanteâ préoccupations. Après avoir afSrmé avec l'auto- 
rité qui caractérise tout ce qui porte la noble devise delà 
Société française d'Hygiène, les principes de l'éducation 
de fi oCaûce, ne vous semble-t-il pas qu'il conviendrait 
aus5Î de formuler à t'adresse de nos populations indus- 
trielles et agricoles les règles qui doivent présider au choix 
judicieux des eaux d'alimentation? Vos enseignements 
dusseut-ils une fois encore ne pas être écoutés en haut 
lieu comme ils mériteraient de l'être, ne fussiez-vous que 
la voix qui crie dans le désert, il ne vous appartient pas 
moins de semer la saine doctrine, dans l'espoir qu'un jour 
ou l'autre elle portera les fruits salutaires qu'elle contient 
en germe. 

L'importance de 1 examen des eaux d'alimentation est 
aujourd'hui si bien établie que, depuis le décret du 
30 septembre 18âi, les travaux de conduite d'eaux pour 
ralimenlatîoo des villes et des communes ne sontautorisés 
qu'après avis favorable du Comité consultatif d'hygiène 
publique k qui tous lùsdossiersdoiventétre envoyés. Pour 
introduire autant que possible la régularité dans les 
méthodes d'analyses et obtenir des résultats comparables 
entre eux, le Comité eonsullatif d'hygiène a fait publier 
une iOBtruclioQ très détaillée relative aux conditions d'ana- 
lyse des eaux devinées à r alimentation publique. Prépa- 
rée et rédigée par le IK G. Pouchet, professeur agrégé à 
la Faculté de médecine et auditeur au Comité consultatif 
d'hygiène publique, cette instruction a été discutée et 
adoptée par le Comité dans sa séance du 30 août 1885, 
puis adressée par le Ministre du commerce à tous les Con- 
seils d'hygiène de Trance. 

C'est donc bien de la science officielle et, selon toute 
apparence, le dernier mot du progrès dans l'analyse des 
eaux potables. Toutefois, malgré le caractère officiel et, 
dîsoDs-le hurdiment, les allures dogmatiques de ce docu- 
ment, nous qui faisons ici de l'hygiène indépendante et 
plus modeste, nous ne craindrons pas de lui adresser 
quelques reproches et d'y signaler de regrettables lacunes. 
Les conclusions que nous essaierons à notre tour de 
formuler (sans la moindre prétention d'ailleurs à l'infail- 
libilité), nous semblent résumer plus complètement et 
surtout plus pratiquement l'état actuel de la science ap- 
pliquée à l'étude des eaux potables. 

Pour satisfaire aux justes exigences de l'hygiène la 
plus sévère, l'eau d'alimentation aura deux qualités mal- 
tresses ; elle sera saine et agréable. Quelles sont les con- 
ditions à remplir pour qu'une eau possède ces qualités 
et comment peut-oo s'assurer qu'elle les possède? 

Vous me permettrez, Messieurs, de passer sous silence 
les procédés ds technique chimique et bactériologique 
qui s'appliquent aujourd'hui à l'analyse des eaux ; il serait^ 
à mon sens, hors de propos de vous décrire ces méthodes 
analytiques qui vous sont familières, et je me bornerai 
à vous soumettre quelques considération& d'ordre général 
qui me paraissent devoir guider l'hygiéniste moderne 
dans Texamen des eaax potables. 



I 

CondiHons nécessaires pour quune eau soit saine 
et agréable. 

Nous savons aujourd'hui que, si l'influence de l'eau sur 
la santé publique est bien constatée, c'est, en' somme, au 
moins pour la majeure partie, aux matières organiques 
qu'elle doit être attribuée. Sous ce nom de matières orga- 
niques, encore plein de vague et de mystère il y a quel- 
ques années, la science a découvert et montré le véritable 
ennemi, le microbe. 

Cette eau sera donc saine qui contiendra peu de 
matières organiques et sera, par suite, relativement privée 
de microbes. La tolérance à cet égard peut d'ailleurs aller 
fort loin, puisque nous considérons comme saine l'eau 
de la Vanne avec ses 248,000 microbes par litre. Toute- 
fois nous n'en dirons pas de môme de l'eau de la Seine, 
même en amont de Paris, et surtout de celle de l'Ourcq. 
Ces eaux ne sauraient être considérées comme saines, et 
il est au moins imprudent, sinon dangereux, d'en faire 
un usage habituel. La iillration telle qu'elle se pratique 
d'ordinaire, est insuffisante pour débarrasser une eau sus- 
pecte des germes morbides qu'elle est suscef lible de con- 
tenir, et qui lui viennent principalement des déjections 
humaines. En temps ordinaire l'on peut à la rigueur faire 
usage de ces eaux préalablement filtrées, mais il est de 
toute évidence qu'elles deviennent on ne peut plus dan- 
gereuses en temps d'épidémie et sont peut-être le princi- 
pal véhicule de la contagion. 

On peut soutenir, dans l'état actuel de la science, que 
l'eau^ même la plus pure, pour peu qu'elle ait subi le 
contact de Tair, renferme une assez grande proportion 
de germes bactéridiens. Toutefois il ne parait pas que 
ces germes soient toujours nuisibles par eux-mêmes et 
il ne faut pas se récrier outre mesure, comme on l'a trop 
souvent fait, contre leur présence. « Un habitant de 
Paris, dit M. Proust, buvant un verre d'eau de la Vanne, 
{en supposant que le verre contienne 250 centimètres cubes 
d'eaujy absorbera 2,750,000 colonies. 

En admettant même que ce chiffre ne soit pas forte- 
ment exagéré, nous ne craignons pas de dire qu'il ne 
nous effraye en aucune façon. C'est moins le nombre de 
microbes qu'il faut ici redouter, que leur rôle pathogène. 
Or, il parait manifeste que le véritable danger vient des 
microbes, spécifiques introduits dans l'eau par les débris 
organisés et spécialement par les déjections humaines. 
Nous rejetterons donc comme insalubre et mauvaise 
toute eau qiii, par son mode de captation ou son amé- 
nagement, sera exposée à ce genre de souillure; ces 
eaux devront être absolument proscrites en temps d'épi- 
démie, surtout lorsqu'il s'agira de fièvre typhoïde ou de 
lîholéra. 

 ce litre, il ne faudra jamais faire usage des eaux 
des fleuves ou des rivières puisées en aval des grands 
centres de population; les eaux de puits placés près des 
fumiers dans les villages ou près des fosses dans cer- 
taines villes, seront également rejetées. L'idéal d'une eau 
saine, toutes choses égales d'ailleurs, nous semble réalisé 
par l'eau de source, ou consommée sur place ou amenée 
à distance dans des conduites couvertes. C'est l'eau phy- 
siologiquement pure par excellence. w 

Dans le rapport de la Commission d'enquête sur les 



12 



JOURNAL DHYGIÉïnS 



projets d'assajoissement de la Seine, nommée en 1876 et 
présidée par le regretté H. Bouley, hi principale cause de 
l'insalubrité des eaux est mise sur le compte des matières 
organiques. C'est qu'en eflfet celles-ci, qu'elles soient ou 
non organisées, donnent toujours lieu par leur présence 
à la désoxygénation plus ou moins complète de l'eau et 
à la formation de ferments solubles ou figurés. « Ainsi^ 
dit ce rapport, la matière organique peut être insalubre 
directement, surtout si elle est organisée, ou indirectement 
en consommant V oxygène de Veau et en servant d'aliment 
à des êtres organisés. » 

Noter chimiquement la matière organique, c'est en 
quelquesorte contrôler l'analyse microbiologique de l'eau, 
et les résultats de ces deux expertises doivent se corro- 
borer l'un l'autre. L'oxygénation de l'eau étant en 
raison directe de sa pureté, nous trouverons là un pre- 
mier et sérieux élément de diagnostic. 

La pollution des eaux potables par les matières miné- 
rales n'a pas à beaucoup près la même importance que 
celle dont nous venons de parler. Elle est particulière 
aux cours d'eau des régions industrielles et se rencontre 
surtout dans le voisinage des mines et des fabriques de 
produits chimiques minéraux. M.Francklandcite à ce pro- 
pos le cas très curieux d*un manufacturier de Wakeiield 
qui put écrire et dédier un mémoire au comité sanitaire 
local avec une plume trempée dans l'eau de la rivière 
Calder dont l'eau est pompée pour !e$ usages de la ville. 
Il est évident que de pareilles eaux sont malsaines : leur 
aspect seul suffitd*ailleurs le plus souventà les fa ire rejeter 
pour les usages domestiques. 

Les conditions à remplir pour qu'une eau soit agréable 
consistent surtout dans sa limpidité, sa fraîcheur et son 
aération. Les eaux des fleuves et des rivières manquent 
le plus souvent de la fraîcheur et de la limpidité nécessaires. 
On pourrait, il est vrai,y remédier on les liUrantet les refroi- 
dissant, mais n'oublions pas, comme Ta si bien dit M. Robi* 
net, queTouvrier et le pauvre n'ont pas de filtre pour dépu- 
rer et de cave pour rafraîchir leur eau. 

Au total, la salubrité de l'eau est en général assurée 
lorsque celle-ci est mise par un moyen quelconque à l'abri 
des causes de souillures qui pourraient y introduire des 
matières organiques et des germes morbides ; une eau 
salubre par elle-même pourrait ne pas être agréable à boire, 
si elle n*élait en même temps convenablement fraîche, 
limpide et bien aérée. Voyons maintenant comment on 
peut s'assurer des qualités d'une eau potable et quelle est 
l'importance respective des diverses données fournies par 
l'analyse. 

(A suivre.) E. Vieillard. 



Livres offerts en don à la Bibliothèque 
de la Société. 

D'Paul F. MuNDÉ. De V électricité comme agent tkérapeuli- 
que en gynécologie. Traduit et annoté par le D' P. Menière, 
rédacteur en chef de la Gazette de gynécologie, brochure 
grand in-8®, avec douze figures dans le texte. Paris, 0. Doin, 
éditeur. 1888. 

(Notre cher collègue du Secrétariat a été bien inspiré, en 
nous donnant une traduction très soignée et savamment an- 
notée du travail du célèbre gynécologiste américain. « Le 
professeur Mundé n'est point étecirohgi8teyC*e%i donc sans idée 
préconçue et sans prétention à la science pure et abstraite de 



l'agent merveilleux, dont les applications médicales vont s'é- 
tendant chaque jour, qu'il a écrit la relation aussi complète que 
sincère des résultats cliniques obtenus par l'électrisation 
appliquée d'après la méthode qu'il a trop modestement quali- 
fiée d empirique (Ménière in préface). 

Nous sommes certains que cette traduction (véritable ma- 
nuel pratique) sera fort bien accueillie par les médecins prati- 
ciens désireux de s'initier aux mystères facilement pénétrables 
de Télectrothérapie et à ses applications aux mcUadies des 
femmes. 

Dans la première partie de ce travail sont exposés : l'histo- 
rique des applications de l'éleetrothérapie à la gynécologie et 
à l'obstétrique, et la description des appareils galvaniques et 
faradiques avec leurs modes d'emploi. 

Les treize chapitres de la deuxième partie sont consacrés 
aux indications thérapeutiques de l'électricité. En guise 
d'analyse, nous transcrivons ici textuellement les conclu- 
sions:*^ 

1® L'électrisation localisée est un moyen de grande valeur; 
elle devrait ^tre beaucoup plus répandue qu'elle ne l'est 
actuellement. 

^ Il n'est pas besoin de connaissances approfondies ni de 
l'expérience spéciale qu'ont les étectrologistes, pour employer 
cet agent avec sécurité et avantage, dans la pratique gynéco- 
logique. 

3<> Cet agent thérapeutique employé à propos et sur des 
indications correctes ne peut être dangereux. 

4® Il ne doit être appliqué que dans les affections chroni- 
ques, et lorsqu'on se sert du courant galvanique, il ne doit 
produire aucune douleur. 

5<> Les cas dans lesauels le courant faradique est indiqué 
sont ceux dans lesquels prédomine l'insuffisance de déveiop- 
pement ou le manque de tonicité des organes sexuels : tels 
que développement imparfait de l'utérus et des ovaires ; supe- 
rinvolution, subinvolution, aménorrhée, déplacements uté- 
rins, fibromes interstitiels. Le courant faradique, par ses 
propriétés stimulantes et les contractions musculaires qu'il 
provoque, augmente l'activité nutritive et la vitaUté des 
organes. 

6<» Le courant galvanique, au contraire, sera employé lors- 
qu'on voudra provoquer la résorption des produits adventifs 
résultant d'infiammations aivténeui es, lorsqu'on cherchera 
à atténuer les douleurs, que l'on voudra favoriser la restau- 
ration organique, et quelquefois comme caustique. Le courant 
galvanique subitement interrompu excite aussi les contrac- 
tions musculaires. 

' 7® La persévérance dans le traitement est une condition 
essentielle de succès. 

8° Les phlegmasies aiguës et subaiguës contre-indiquent 
généralement le traitement local par l'électricité. 

9^ Les conditions pathologiques dans lesquelles l'électricité 
manifeste son action sont celles dans lesquelles les autres 
traitements ont été employés sans succès, ou n'ont pu être 
supportés par les malades. 

10<> Dans les affections organiques, la guérison permanente, 
ou le retour absolu à l'état normal, peut ne pas être complè- 
tement obtenu par rélectrlcité, mais la douleur est con- 
sidérablement soulagée. On a des améliorations temporaires, 
et ces heureux résultats sont obtenus sans que les malades 
encourent aucun danger et sans que le traitement provoque 
de douleur. 

(Compte rendu du Secrétariat,) 



L'Agenda médical pour 1888. 

MM. Asselin et Houzeau, libraires de la Faculté de 
Médecine, viennent de publier V Agenda médical pour 1888, 
comprenant comme ceux des années précédentes : 

Unmémorial thérapeutique du praticien, — un mémorial 
obstétrical, — un formulaire magistral, — une notice 
sur les stations hivernales de la France et de l'étranger. 

Propriétaire-Gérant ^-^gg ^^ Piktra Santa. 

1MPBIMSRIB GHAIX. — SO, RUI BBRaiRB, PAR». — 37090-7. 



r 



li" ANNÉE. — 13» VOLUME. 



Numéro 590. 



JEUDI 12 JANVIER 1SS8. 



JOURNAL D'HYGIÈNE 



SÛMIIAIRE 



m AIRE : Cliroiihiiio de la crémation. — L'hygiène des théâtres (Roth). — Bulletin des Conseils d*hygiène (Seine). — La variole dans la 
banlîmie. — J'ar Mimts et par Vaux. — Feuilleton : Souvenir de quarante ans (De Lesseps) : La vapeur, 1* Algérie, TAbyssinie. — - 
Bulletin de la Société française d'Hygiène : Avis : Séance de janvier. — Les Eaux potables devant l'hygiène pratique [Suite et fin) 
{ViKitLAKuj. — Lij service vaccinal à Stockholm. — Livres oiTerts en don à la Bibliotiièque delà Société. 



Paris, ce n Janvier 1888. 

Chronique de la Crémation. 

AvaiiL de sigi^aler ici les faits nouveaux qui se sont pro- 
duits dans les Deux-Mondes^ sur la question hygiénique 
de fa Crémalion, dupais notre dernière chronique (î24 mars 
1887, û<* 3t8), nous croyons opportun de consacrer quel- 
ques mots à la aituation, au point de vue de la législation 
frao^aisel 

Nos Icctcuis se rappellent parfaitement que nous avons 
cMinbailu jadis, avec une certaine vivacité, les idées de 
M. Morin, alor.s qu'il sommait le Conseil municipal de faire 
plisser îniinodiatem?nt Tincinération de la théorie à la 
pratique, (i parœ que tout ce qui n'est pas défendu par 
ta ioi ej^t penim (1), » 

Ils se rappelleront aussi qu'au moment de la discussion 
à lu Chambre des Députés de la loi relative a à la liberté 
de^ funérailles », M. le D"" Blatin de Clermont-Ferrand, a 
lait adopter, sous forme d'amendement, le principe de la 
crémation (acullatîve : 

a Tout majeur ou mineur émancipé, en état de tester, 
peut déterminer librement le mode de sa sépulture, opter 
pour riiihuniation ou Tincinération (2). » 

(ti '> .Noua fjouri poserons carrément en adversaires, écrivions- 
douSt loi'jqu'i! ^^a^ira d'éluder et de contester les décrets existants du 
ïi fiimaira an 11 et du 23 prairial an Xii. b [Journal d' Hygiène ^ 
toU VU p. 13). 

fâ) Voir l'arUele " La Crémation au Parlement français i* {Journal 
d'iïtjgiimey voL \l^ p. 157). 



Le projet de loi adopté par la Chambre des Députés a 
été porté au Sénat, qui lui a fait subir de légères modifi- 
cations. 

Depuis, à la date du 15 novembre 1887, la loi sur « la 
liberté des funérailles » a été promulguée. 

Cette loi dispose à l'article 3 : 

« Que tout majeur ou mineur émancipé, en état de 
tester, peut régler les conditions de ses funérailles, notam- 
ment en ce qui concerne le caractère civil ou religieux à 
leur donner, et le mode de sa sépulture. 

» Un règlement d'administration publique déterminera 
les conditions applicables aux divers modes de sépulture. » 

H résulte de ce dernier paragraphe que l'application de 
la loi, en ce qui concerne la Crémation, est suspendue jus- 
qu'à ce qu'un Décret, déUbéré en Conseil d'État, soit inter- 
venu, pour déterminer les conditions auxquelles seront 
soumises les incinérations. 

Étant données les lenteurs administratives, étant donné 
le fait que l'Administration supérieure (représentée par les 
ministres de l'Intérieur et de la Justice) s'est toujours mon- 
trée peu favorable au système de l'incinération des morts, 
M. le D^ Chassaing a saisi de la question le Cortseil muni- 
cipal de Paris (qui depuis plusieurs années lutte pour son 
triomphe avec autant d'insistance que de conviction), et 
fait adopter d'urgence et à une grande majorité la délibé- 
ration suivante : 

« M. le Préfet de la Seine est invité à insister auprès de 
l'Administration supérieure pour que le règlement d'ad- 
ministration publique qui, aux termes de la loi du IS no- 
vembre 1887, doit déterminer les conditions applicables 



FEUILLETON 



Souvenirs de quarante ans. 

LA VAE*Lit.:il. — l'aLGÉIUE. — l'aBYSSINIE. 

Nous veïiuii^ de lire avec le plus vif intérêt les deux 
volumes : Souvaûrji de quarante ans, que M. le comte 
KerdtnaDd ue Lms^kvs a dédiés à ses enfants (i), et nous 
m pouvons résister au plaisir de signaler, d'une manière 
spéciale, à nos lecteurs, quelques extraits des chapitres 
^ïue le Grand Français consacre à la vapeur, à YAlgétic, 
et k VAbyssinie. 

1 

^r On connaissait depuis longtemps la force d'expansion 
ik la vapeur ( Aristote, Sénèque, Héron d'Alexandrie, 

iïi 2 vuL gianii in-ii^. Paris, Nouvelle Revue, 1887. 



Blasco de Garuy en 1543), mais son emploi perfectionné 
est d'une application contemporaine. 

» En 1830, la flotte française de l'expédition d'Alger, 
comptait 500 navires à voile d'une portée moyenne de 
500 tonnes pour une armée de 30,000 hommes et un seul 
bateau à vaj>eur, le Sphinx, de 160 tonneaux. 

» En 1880, 2,026 navires, contenant 4,344,466 tonnes 
de chargement, ont transité par le canal de Suez, avec 
100,000 passagers militaires et 100,000 passagers civils. 

» Après des siècles de guerre et de destruction, la vapeur 
et l'électricité semblent devoir ouvrir au monde une ère 
de progrès indéfini, en multipliant les communications 
pacifiques entre tous les peuples. » 

M. de Lesseps résume d'une manière magistrale l'his- 
toire contemporaine de la vapeur. 

« 1615. Salomon de Causest le premier qui ait songé à 
se servir de la force élastique de la vapeur aqueuse, daps 
la construction d'une machine hydraulique propre % 
opérer des épuisements. 



14 



JOURNAL D'HYGIÈNE 



aux divers modùs de sépulture, intervienne dans le plus 
brtif délai. » 

Cette procédure c:^l des plus légitimes et des plus cor- 
recLea, et comme l'iuifles promoteurs de ridée crémation- 
nhte, nous joignons nos vœux à ceux du Conseil municipal 
de E*aris. 

Maia, ce qui est beaucoup moins correct, ce qui même 
constiUie une ilap;raute illégalité, ce sont les essais d*inci- 
inTation qui vieanent d'être faits au crématoire du Père- 
Lflchaise, sur les cadavres de variolcux décédés dans les 
hôpitaux de Paris et non réclamés par leurs familles (1). 

Laissons îa pariïlo au Cosmos: 

i* Les partisans de la destruclioa des cadavres par le 
l'eu s'appuyaient t^n grande partie sur le principe de la 
liberté de conscience. Ils disaient avec quelque apparence 
de raison : [1 t^st injuste d'obliger les personnes qui prê- 
tèrent la crémation, ù faire avec leurs morts un voyage 
pénible et cofkteiix en Allemagne ou en Italie; autorisez 
la crémation on France et laissez aux familles la liberté 
complète des funérailles. Or, voilà que la première créma- 
tion exécutée en France officiellement (par Tinitiative et 
sous Ja seule responsabilité du Conseil municipal de Paris, 
avec la connivence de l'Administration préfectorale) est 
une crémation obligatoire, 

j» Un lualUeiireux varioleux qui a succombé dans Thôpi- 
lai, et n'a pas iHé récl^iUié par sa famille, a fait les frais de 
cette petite fét& laïque, gratuite et obligatoire. 

» Les exigences de la Science obligent aux autopsies, et 
juslilient les reclierches anatomiques faites sur le cadavre. 
Le ujalheureux sans famille ni foyer doit à la société 
marûlre un dernier tribut, celui de son corps livré à Tam- 
pljilhéâire de dissection; mais les études anatomiques 
nVx(^luent pas, quoi qu'on en ait pu dire, le respect dû 
■A\\\ Hiorts et surtout aux pauvres. Nous avons conim des 
gruupes de médecins et d'étudiants, qui tout en faisant 
sur le cadavre des études approfondies, dont l'utilité et la 
légitimité ne sont pas îv mettre en doute, savaient conser- 
ver des acrïtiments de respect et de dignité, c'est même 

(Il En \mh M. le Gaid.- des Sceaux et M. le Ministre de Tinté- 
ncur, pour h'oppoisr ùji% \iv\x\ du Conseil municipal, invoquaient le 
Ddcrel lic prairial nn XlJ,sur les inhumations, et les articles 77 du 
Ciïde rivii ot ii58 du Codo pénal, «objections légales leur paraissant 
inHtre obstEK^'le 6 l'autorisation même de simples essais ». 



Tordinaire. Quelle utilité y avait-il à expérimenter la cré- 
mation sur des sujets d^amphithéâtre? 

» On se rappelle que l'Administration a décidé que les 
débris des amphithéâtres subiraient ce traitement. Ce n'est 
certainement pas le moyen de rendre la pratique populaire 
en France. Déjà la crainte de l'amphithéâtre d'anatomie 
éloigne de nos hôpitaux bien des ouvriers. S'ils ne se sou- 
cient pas de devenir un jour la proie des anatomistes, la 
peur du four crématoire final produira, croyons-nous, sur 
leur imagination un effet encore plus triste. 

» Dans le public où l'on veut acclimater, malgré toutes 
nos traditions, l'idée de la crémation, cette pratique devien- 
dra un signe de misère et de honte. Beaucoup de bons 
esprits ont pensé de la sorte, et M. de Pietra Santa qui a 
consacré beaucoup de talent à la défense d'une thèse que 
nous combattons, s'en est le premier affligé. Si au moins 
on avait commencé par un ministre ou un homme 
d'Etat! » (L.-M). 

Il 

Croyant superflu de transcrire m extenso les procès- 
verbaux de la Commission qui a présidé aux incinérations 
du 27 octobre, nous nous bornerons à signaler les princi- 
paux faits et résultats (1). 

Nous ne dirons rien du monument lui-mêrne. En lieu 
et place du petit temple d'ordre dorique du cimetière 
monumental de Milan, du projet Pieper et Lilienthal des- 
tiné à Gotha, du projet français dessiné par le regretté 
architecte M. Demimuid, on peut voir au Père-Lachaise 
une lourde construction, une véritable usine à noir 
animal avec ses deux énormes cheminées. 

Le système adopté pour l'incinération estcelui de Gorini 
qui a eu son quart d'heure de vogue, mais qui est dis- 
tancé aujourd'hui par d'autres appareils mieux compris, 
et plus expéditifs (2). 

Malgré toutes les observations que nous avons présen- 
tées à M. l'ingénieur Bartet, au sein de la 4"® sous-com- 

(1) Il nous revient de source autorisée que la Commission n'a pas 
communiqué de procès- verbaux à la Presse. Quoi qu'il en soit, les 
renseignements fournis par les indiscrétions des assistants sont exacts. 

(2) L'appareil Gorini consiste en un four en briques analogue aux 
fours à réchauffer ou à pudler de l'industrie métallurgique. La 
flamme arrive latéralement sur le cadavre placé sur une espèce de 



(Dans son ouvrage « Les Raisons des forces mouvantes 
avec diverses macbiiit;s tant utiles que plaisantes » Salomon 
de (]aus formuli^ iiin^i le théorème S: « L'eau montera 
par aide du fm plus haut que son niveau. ») 

a 1690. Papiu a cAyuçii la possibilité de faire une machine 
h vapeur aqueuse et à piston. Il a combiné, le premier, 
dans une même machine à feu et à piston, la force élas- 
ri<(ae delà vapi^ur d'eau avec la propriété dont coite vapeur 
jouit de se précipiter par le froid. » 

(Voici II^ bilan des principales découvertes de Papin : 
Perrectioauemenlde la machine pneumatique; marmite ou 
, autoclave avec soupape de sûreté; découverte de la locomo- 
tion atmosphérique; première machine à vapeur à piston.) 

a 1705» New^comen, Cavvley et Savery ont vu les pre- 
micri que, ptjur amener une précipitation prompte de la 
vapeur aqueuse, il raïlïûtquereau d'injeclion se répandit 
sous forme de gouttelettes dans la masse même de cette 
vapeur. » 

(Savery se servait de la vapeur pour pousser Teau 



dans un tube vertical, comme Tavait indiqué déjà Salomon 
de Caus; et il opérait le vide qui déterminait l'aspiration 
par le refroidissement de la vapeur selon la méthode de 
Papin.) 

« 1769. Watt a montré les immenses avantages écono- 
miques obtenus en remplaçant la condensation qui s'opé 
rait avant lui dans Tintérieur du corps de pompe, par la 
condensation dans un vase séparé. Il a le premier signalé 
le parti que Ton pouvait tirer de la détente de la vapeur 
aqueuse. » 

(L'ancienne pompe à feu de Chaillot avait été construite 
sur ses plans dans les ateliers des frères Perrier). 

« 1783. Jouffroy en présence de milliers de spectateurs, 
fait la première expérience d'un bateau à vapeur à roues, 
qu'il avait construit lui-même. Le bateau remonta et des- 
cendit la Saône entre Lyon et Tlle Barbe. Le bateau faisait 
deux lieues à l'heure. » C^ r\r^^rs^o 

(Sa longueur était de 46 nfôfffe,egkblàfgébWfe*M 
et son tirant d'eau de m. 95.) 



ï 



JOURNAL D'HYGIÈNB 



15 



miâsîon de la Commission supérieure de rassainissement 
de t*aria, il a teim à faire triompher ses préférences, au 
moment même où Ui système Gorini était abandonné à 
Milan, par La substitution du système Poma Venini, qui 
rùpiïud mieux que 11* premier à la solution du problème au 
point de vud scieiitilique, mais qui est encore de beaucoup 
intérieur au système Siemens de Dresde (1). Ce dernier fonc- 
tionne avec promptitude et succès dans le crématoire de 
Gotha, et dans les principaux crématoires des Etats-Unis. 

IXTHAITS DBS PROCÈS-YERBÀUX PUBLIÉS 
PAR LES JOURNAUX POLITIQUES 

Premier essai (Samedi 22 octobre). 

— Four chaurte depuis le mercredi, tantôt à feu doux, 
lantùt à teu ardent* 

— Cadavre d'un varioleux, âgé de 67 ans; 

— lutroducliou du cadavre sur la sole dans le four 
fermé à 9 b, ^0 du matin; poids initial, 70 kilos (système 
de treuils). 

— Feu violent, rouge cerise. . 

^ 44 h. ùO. ft La sole est retirée et placée sur le tré- 
teau mobile; la combustion des os est complète; le foie 
seul n'e&i pas tout à fait brûlé, et est changé en une 
matière spongieuse exhalant une odeur de corne brûlée; 
autour des reins existe une matière pulvérulente verdâtre 
semblant provenir d'une vitrification partielle des viscè- 
res ; les gros os conservent leur forme, mais sont friables 
aiuâi que la boîte crânienne. 

» Leâ cendres sont réunies dans un bocal; le poids est 
de 2^^J*>0- 

grille au-dessouâ de la âoleda four. —Les gaz de la combusUon se 
reDdtîQt dans la ehominue d'af)pel. 

L^eipérience a prouvé^dès les premières incinérations, qa'avecles 
^i de la combu^tionj étaient entraînés dans la cheminée d'appel, 
aee Uimbeiiiix orgatiiques, et même des parcelles du squelette, qui se 
trouvaknt ainsi l^ince» djins l'atmosphère ambiante. 

(1) Dans le four Siemens on a la possibilité absolue d'arriver à 
une inelnéralion i:omj>ièta sans aucun résidu, ni aucune perte, L'uti- 
iisatioû de ta chaleur t'^t de 6,000 calories sur les 8.000 fournies par 
\îi cornbuiïlion de U bauLlle. La température peut aller jusqu'à 1,300 
on 1,500 degrés, limite de résistance des matériaux réfractaires gar- 
nUâant le four. 

L'opération totale a une durée de 50 à 60 minutes. 



» La quantité de bois brûlé pendant l'opération est de 
300 kilos». 

En somme, ce résultat est médiocre; 2 heures de temps, 
alors que Ton peut arriver par le système Siemens à la 
durée de i heure. 

La quantité de bois brûlé est considérable, et nous 
sommes loin des 6 tr. SO c. que coulaient à Milan les fasci- 
nes employées dans les premières incinérations (1). 

Deuxième essai (22 octobre), 

— Cadavre de varioleux, âgé de 58 ans. 

— Introduction du cadavre dans le four à 2 h. 5. 

— A 4 h. 20 la sole est retirée. 

— « Le corps est plus consumé que le premier ; il n'y 
a aucune trace détaches brunes ou jaunâtres; les cen- 
dres sont entièrement blanches. Leur poids est de 
2>'S500. 

M La quantité de bois brûlé est de 400 kilos » . 

Pour ce second essai, d'après le procès- verbal, si les 
cendres sont plus blanches, la quantité de bois consom- 
mé a été plus forte, et la durée de l'opération plus lon- 
gue : 2 heures i/4. (Les corps reposeront désormais sur 
une toile d'amiante). 

Nous sommes trop impartial pour ne pas tenir compte 
des difficultés d'un premier essai, d'autant plus qu'il nous 
revient de source autorisée que les appareils d'introduc- 
tion et de sortie des corps n'étaient pas encore prêts. 
Toutefois ces résultats confirment pleinement les appré- 
hensions et les critiques que nous avons adressées aux in- 
génieurs de la Ville, et justifient la nouvelle excursion à 
l'étranger d'un homme compétent, sans parti pris, décidé 
à voir fonctionner par lui-même les appareils de Milan et 
de Gotha, en n'inscrivant, que pour mémoire, sur ses notes 
de voyage, les affirmations des intéressés! 

Dans la journée du 15 décembre trois autres incinéra- 
tions ont été opérées au Père-Lachaise. 

(1) Pour les 36 incinérations faites au Crématoire de Milan par 
l'appareil Gorini. voici les résultats : 

Poids moyen du corps 54 kUos 

Poids moyen des cendres recueillies . . 2 — 950 
Durée moyenne de l'opération 2 heures 1/2 



ï 



En 1817, Claude de Jouffroy lança sur la Seine le Char- 
ies Philippe, en présence du comte d'Artois, des princes ses 
iils, des autorités de Paris et d'un grand nombre de savants. 

En 1819, le Persévérant, construit par Jouffroy, fit pen- 
drinl plusieurs mois les voyages de Chalon à Lyon et retour. 

^ 1801. Les premières machines locomotives à haute 
pression sont dues à des Anglais MM.Trewithiet et Vivian.» 

<L 1807. FuUon applique la navigation à vapeur aux 
grands fleuves d* Amérique. 

(RoberlFulton, d'origine irlandaise, qui connaissait par- 
faitement ies travaux de Jouffroy (et qui ne lui a jamais 
contesté la priorité de l'invention) exécuta avec succès sur 
la Seine, le 19 août 1803, les premières expériences d'un 
bateau à vapeur avec roues à aubes, devant une Commis- 
sion de TAcadémie des Sciences. Le Gouvernement fran- 
çais ne se trouvant pas à ce moment en mesure d'utiliser 
celte invention, FuUon s'embarqua pour TAmérique avec 
sa machine à vapeiir et le bateau qui la reçut fut lancé 
sur la rivière de TEst. 



1819. Le capitaine Moses Roger traversait l'Atlantique 
de New-York à Liverpool, avec un navire mixte de 380 
tonneaux. 

1820. Steel constructeur anglais, lançait sur la Seine 
un bateau à vapeur armé d'une rame articulée, ou patte 
d'oie, d'après le premier système essayé par Jouffroy. 

1825. Un steamer anglais mixte fait le voyage de Fal- 
mouth à Calcutta. 

1823 à 1830. Presque toutes les rivières navigables et 
les grands ports de France se servent de bateaux à vapeur. 

1830. Le problème de l'emploi de la vapeur dans les 
voyages transatlantiques fut définitivement résolu par 
l'heureuse traversée du Great Western de Bristol à New- 
York, et par celle du Syrius de la rade de Cork, en Irlande, 
à New- York. 

Il 

A Pour obtenir les avantages considérables que la pos- 
session de r Algérie assure à la France^ écrit H. de Lesseps, 



16 



JODRNAL D'flYGIËNE 



l"* homme du poids de 45 kil. : cendres résidues, 2 kil. 
21S; duré€ de ropération, 2 heures. 

â^femme diT poids de 48 kil. : ceadres résidues, 1 kil. 550; 
durée de l'opération, 3 heures. 

3° homme du poids de 80 kil., durée de ropération, 
2 heures, 

(Combustible en moyenne, 400 kil. de bois.) 

Pour ces essais on a établi un second foyer, chauffé au 
coke, à Tefifetde brûler la fumée et les gaz de Ja combustion ; 
pas de trace de fumée au-dessus de la grande cheminée ; 
— les gaz ont été recueillis pour être analysés avec soin. 
A l'ouverture supérieure la température dépassait 350®. 
Cette fois un pyromètre Chatelier a montré que Ja tempé- 
rature centrale du four oscilîait entre 600 et 700 degrés.- 

M. Ogier qui a fait l'analyse des gaz recueillis au 
sommet de la cheminée du four crématoire, a trouvé dans 
deux échantillons successifs 

Acide carbonique 3,47 4,16 

Oxygène 16,20 16,15 

Azote 80 i> 76.68 

Total. . . . 100 » 99.99 
(Pas d'oxyde de carbone, pas d'hydrocarbures). 

III 

Nous sommes, à notre très grand regret, dans l'impos- 
sibilité de répondre à la demande de renseignements que 
nous adressent plusieurs de nos savants collègues de 
l'étranger, sur les faits et gestes de la Société de créma- 
tion de Paris. 

Nous savons parfaitement que dans son état-major 
figure la fine fleur du radicalisme et de la libre pensée, 
mais nous ignorons — si elle publie des bulletins régu- 
liers ; — si elle a fait rédiger un travail d'ensemble sur 
les progrès de la question au double point de vue techni- 
que et social; — si elle distribue des brochures de pro- 
pagande, etc., etc. 

Pour ce qui concerne son active intervention auprès 
des pouvoirs publics; elle nes'est manifestée jusqu'ici, par 
aucun document péremptoire, et nous ne sachions pas 
qu'elle ait protesté, comme c'était son droit et son devoir, 
contre les agissements des impatients et des énergumènes 



qui, en voulant marcher trop vite, et en dehors de la léga- 
lité, compromettent grandement le succès de la réforme 
hygiénique. 

(A suivre,) D*" dk Piétra Santa. 



L'Hygiène des Théâtres. 

Un architecte distingué de Londres, M. Walter E. Roth, 
étudie, sous ce titre, dans le Sanitary Record^ une ques- 
tion toute d'actualité et des plus intéressantes, qui méri- 
terait certainement, autant et mieux que toute autre, de 
fixer l'attention des hygiénistes. 

Non pas que, dans son travail, l'auteur ait eu la pré- 
tention d'envisager, sous toutes ses faces, ce complexe 
problème d'hygiène publique, ce dont il se défend juste- 
ment, avec une grande modestie. Il s'est borné à réunir 
quelques-uns des documents les plus élémentaires qui 
permettraient de faire un résumé sérieux et complet de 
l'hygiène des théâtres. 

Dans cette étude devraient entrer, en sérieuse ligne de 
comptes, la construction, l'aménagement et l'installation 
de la scène et de la salle, les mesures les plus propres à 
sauvegarder la sécurité du public et celle des acteurs et 
des employés, les transformations les plus capables d'amé- 
liorer les conditions physi((ues et morales dans ces endroits 
plus spécialement destinés aux délassements du corps et 
de l'esprit. Car, il est à remarquer que cette partie de 
l'hygiène qui a trait aux salles de spectacle est généra- 
lement trop négligée, non seulement en Angleterre, où 
des règlements sanitaires de toutes sortes ont été édictés, 
mais môme dans presque toutes les autres nations euro- 
péennes. Il y a là une lacune importante; c'est pour la 
combler que M. Walter Roth apporte les premiers maté- 
riaux. Puisse-t-il trouver des imitateurs ! 

Aussi nous faisons -nous un plaisir, voire même un 
devoir, de résumer, d'après ses propres données, les par- 
ties principales de son très intéressant travail. 

Ventilation. — La mauvaise ventilation des théâtres est 
de publicité notoire; elle constitue d'ailleurs une cause 
d'insalubrité au premier chef. La température est généra- 



nous devons considérer les difficultés ou les facilités que 
nous offrent le caractère et les mœurs des Arabes musul- 
mans, au point de vue de la civilisation. 

D Sans se faire illusion sur les diflérences radicales qui 
distinguent les penchants, les aptitudes des deux races, 
ajoute-t-il, on a prouvé qu'une barrière infranchissable 
ne nous séparait pas des Arabes musulmans, et que la 
civilisation européenne ne devait pas les regarder comme 
des barbares incorrigibles. 

» Mais pour réussir, il est indispensable qu'on se place, 
vis-à-vis des Musulmans, au point de vue de la bienveil- 
lance et de la sympathie dues à des hommes que nous 
aurons, un jour, à déclarer citoyens français. 

a . . . Le fanatisme contre les chrétiens n'existe que 
parmi la race turque, et non parmi la race arabe qui pra- 
tique l'Islamisme dans la pureté de son origine, et qui, en 
suivant les préceptes du Coran, ne considère comme infi- 
dèles que les idolâtres et non les chrétiens. 

^ Il ne faut pas perdre de vue dans nos relations avec 



les musulmans d'Algérie, la véritable pensée de leur 
apôtre à l'égard des chrétiens, pensée exprimée dans le 
Coran, que de fanatiques commentateurs ont altérée. Les 
proclamations que Mahomet adressait à ses compatriotes, 
et qui sont devenues les chapitres du Coran, s'appliquaient 
principalement aux tribus de la Péninsule arabique, livrées 
à l'idolâtrie; il recommandait de respecter la croyance 
de Dieu (i) ». 

Pour prouver que Mahomet « n'a jamais commandé 
l'intolérance ni donné l'exemple du fanatisme », M. de 
Lesseps le suit à travers les phases de sa jeunesse. Avant 

(1) Comme preuves à l'appui, M. de Lesseps transcrit plusieurs 
versets du Coran. Voici le texte des versets 78 et 98 : 

V. 78 « Nous croyons en Dieu, à ce qu'il nous a envoyé, à ce qu'il 
a révélé à Abraham, à Ismaël, à Jacob et aux 12 tribus ; nous croyons 
aux livres saints que Moïse, Jésus et les prophètes ont reçus du ciel, 
nous ne mettons aucune différence entre eux. Nous sommes rési- 
gnés à la volonté de Dieu. » 

V. 98 « Les Juifs et les Chrétiens croient en Dieu. Ils ordonnent 
le bien et défendent le mal. Ils courent vers les bonnes œuvres h 
l'envi les uns des autres, et ils sont vertueux. » O 



JOURNAL D^HYGIÈNE 



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ement étouffanto, r^t ralmosphArc partîculi^reraeTit mal- 
Bâine aux plaœs élevées* L'air y est constamment vicié, 
la/ïl par la quantité éDorme d'acide carbonique produite 
par la respiration des spcctatuurs, que par la combuslton 
\\u. gaz d*éclairage, condi Lions défavorables qui amènent 
fatalement un manque presque complet d'otygène. 

Des mesures particulières devraient être prises d'ur- 
gence pour se débarrasser de cet air impur cl as&urer, par 
une ventilation normale, le renouvellement presque con- 
stant de Tatmosphëi^e ambiante. Une capacité cubique 
suffisante pour chaque spectateur s'imposerait, en outre, 
comme une nécessité publique, dût le nombre des places 
être diminué dans chaque salle. L'hyî;îène des specta^ 
Eeurs devrait être le nttprema tex^ mais hélas! 

Les considérations rationnelles de M. Holh nous ont 
rerais en mémoire une boutade spirituelle et fort juste 
dé notre sympathique maître, le professeur Peter ; « Tel 
refuierait, avec une horreur légitime, de boire de leau 
de J'égout collecteur, qui respire, sans sourcîlterj l'air 
d'une salle de concert ou de théâtre, véritable égout 
aérien, » 

Eclairage. — La substitution de la lumière électrique 
au gaz d'éclairage s'impose comme une nécessité, et 
il paraîtrait superflu de faire ressortir les avantages de la 
première, par comparaison avec les oombreujt inconvé- 
nients de Téclairage actuel. Le coût initial de l'installation 
de la lumière électrique serait, d'ailleurs, rapidemrut 
compensé par les économies quotidiennes que présente* 
rait, par la suite, cette indispensable modification* L'éclai- 
rage électrique supprimera, en outre, la combustion délé- 
tère du gaz, et anéantira cette anLi-liygiénique rampe de 
feu qui longe la scène, eL constitue une redoutable épreuve 
pour le pauvre acteur, obligé de supporter une chaleur op- 
pressive et dangereuse, avec une lumière toujours vaciî- 
lante. 

Chauffage. — Le meilleur mode de cliauffage des sallos 
de spectacle serait, sans contredit, celui par les tuyaux 
à i.-au chaude, procédé de beaucoup le moins nuisible 
pour les spectateurs obligés de conserver pendant un cer- 
tain temps une immobilité presque absolue. 

Loges d*arti)^tes. — L'emplaci^raent réservé aux acteurs 
etauK actrices pour procéder aux détails de leur teiletfe 



est, la plupart du temps, aménagé et disposé avec le plus 
complet manque de confortable; ce sont des petites piè- 
ces, avec une seule fenêtre donnant généralement sur les 
combles de î'i m meuble, si bien que It^urs occupants ne 
peuvent, en les ouvrant pour donner de Taéralion, que 
respirer un air anormal et malsain. Dans d'autres, au 
contraire, situées immédiatement au-dessus de la scène, 
l'atmosphère saturée et refoulée en cet endroit vient les 
incommoder dangereusement. 

Sièges. — C'est dans la questiondes sièges réservée aux 
spectateurs que réside un des demie ratum les plus prédo- 
minants de rhygiène des théâtres; les inconvénients mul- 
tiples qu'ils présentent sont de nature à fixer plus parti- 
culièrement l'attention des autorités municipales. L'espace 
assigné par les règlements, déjà bien insuffisant par lui- 
même, n'est même pas respecté par les directeurs, qui 
n'ont, pour unique souci, que d'économiser, autant que 
faire se peut, le terrain, et d augmenter en proportion la 
recette. 

La disposition actuelle de la plupart des théâtres est, 
d*aiiîeurs, essentieilemeutdérectueuse. Ces chemins paral- 
lèles à k scène, avec sorties aux deux extrémités, restrei- 
gnent l'espace déjà minime réservé à l'occupant, en l'obli- 
geant à livrer passage à ses voisins : cette gymnastique 
continuelle est certainement une cause de fatigue des 
extrémités inférieures et une cause de malaise moral que 
Ton pourrait facilement éviter, llsuthrail, pour cela, d'é- 
tablir plusieurs passages intérieurs donnant accès aux fan* 
teuila, qui ne seraient qu'au nombre de quatre entre cha- 
que travée. On perdrait certainement du terrain, mais on 
le regagnerait en commodité d'abord, en sécurité ensuite, 
vn cas d'accident imprévu, incendie ou autre. Le problèm^^ 
mérite d'être soigneusement étudié, quoiqu'il paraisse bien 
ditficile de mettre d'accord la nécessité de diminuer les 
places réservLHîs aux spectateurs, avec lobligatton d'aug- 
menter les recettes. 

Ces inconvénients sont encore plus manifestes si l'on se 
transporte aux places plus élevées. 

Peut-on penser s^ms frémir à la triste position d'un 
malheureux obligé de passer une soirée aux galeries 
supérieures : l'étroit espace qui lui est réservé le met 
dans Tabsolue nécessité de recroqueviller ses jambes sous 



ses prédications Mahomet, en route pour la Syrie, reçoit 
l'hospitalité des religieux de la Terre-Sainte et s'instruit 
dans fa religion auprès des moines gardiens du Saint-Sé- 
pulcre, 

En retournant en Arabie, il st^journe au sotnmel chré- 
tien du mont Sioaï, et reconnaissant de l'accueil qu'il y 
reçoit pendant une année, il laisse au Patriarche, un do- 
cument portant donation de certains privilèges et de 
diverses propriétés situées dans les régions qui devaient 
être conquises un jour par l'Islam. 

Les successeurs du Prophète s'inspirèrent de ces pen- 
sées de bienveillance. Lorsque Jérusalem fut prise et assié- 
gée par les Musulmans, Omar accorda aux chrétiens le 
libre exercice de leur religion, et les maintint en posses- 
sion de leurs églises. 

En passant par Bethléem", il pria dans Féglise bâtie snr 
la grotte où Jésus est né, 

Ea Afrique le même esprit de modération marqua les 
progrès de l'Islamisme, 



La conclusion qui, pour M, de Lesseps, sedédultde ces 

détails historiques, c'est qu'en Algérie il faut que les Mu- 
sulmans deviennent pour nous des concitoyens égaux et 
honorés. 

Seule, cette poli tique conduira à la pacilîcatioa de l'Al- 
gérie « que nous possédons en vertu d'une conquête 
légitime par 50 années de sacrifices, de sang et d'argent *• 

m 

Nous ne nous étendrons pas longuement sur le chapitre 
Abfjmnje juarce que déjà les questions historiques, reli- 
gieuses et politico-sociales qui s'y rattachent, ont été 
traitées par M, de Lesseps dans une brochure dont nous 
avons rendu compte : « Sottvenirs du Soudan (ï). 

Toutefois, les événements qui se préparent sur les rives 
de la Mer Houge, et les cris de guerre et de vengeance 

(!) Voïr Jourmtl d'ïbj^i^m " ,Soii>eiiir.i (in È^oudan i, ?al. IX, P- 
89 et àm. \. . ^^ - 



18 



JODRNAL D'HYGIÈNE 



son siège, ses genoux touchant le panneau circulaire, 
ses coudes appuyés sur le rebord delà galerie. S'il ne rap- 
porte pas à la maison, à la suite de cette soirée de distrac- 
tions, un dos brisé, des jambes ankylosées, une plaie au 
genou, une crampe à l'orteil, un violent mal de tête, et 
une humeur de dogue, c'est qu'un Dieu le protège. 

Et la malheureuse jeune femme qui a dû passer la 
soirée dans une avant-scène de côté, avez-vous quelque- 
fois pensé à sa triste situation? Obligée de se tenir debout 
et penchée, presque ratatinée sur elle-même pour ne pas 
gêner ses voisins de gauche, la tête inclinée en dehors des 
parois de la loge qui lui cachent presque entièrement la 
scène, elle aura certainement gagné, outre les inconvé- 
nients précités, un fort désagréable torticolis. 

Les pseudo-plaisirs du théâtre, dans ces conditions 
anormales, laissent bien loin derrière eux les tortures de 
l'Inquisition. 

(A suivre.) Joseph de Pietra Santa. 



Bulletin des Conseils d'hygiène. 

Seine : L'épidémie de variole dans la banlieue de Paris» 

La séance du Conseil d'hygiène publique et de salubrité 
du département de la Seine, du 9 décembre, a été consa- 
crée presque tout entièro à la lecture et à la discussion du 
rapport de M. le D' Dujardin-Beaumetz, sur Tenquête au 
sujet des cas de variole développés dans les xm® et xix« ar- 
rondissements de Paris, et dans les communes d'Auber- 
villiers, de Pantin et de Saint-Denis. 

M. le D' Dujardin-Beaumetz ne croit pas que la fréquence 
des cas puisse être attribuée à l'existence de l'hôpital des 
varioleux, l'action de l'air atmosphérique pour le trans- 
port du contage ne lui paraissant pas pouvoir s'exercer au 
delàd'un rayon décent mètres. D'ailleurs des cas de variole 
avaient été observés avant l'ouverture de l'hôpital. D'après 
le savant rapporteur, la cause à laquelle il faut attribuer 
la fréquence des cas de variole pendant les derniers mois 
écoulés, serait la propagation des germes morbides par 
les personnes qui accompagnent les malades à l'hôpital, et 



parles personnes sortant de l'hôpital avant que tout dan- 
ger de contagion ait disparu. (1) 

Comme mesures prophylactiques, il réclame en consé- 
quence Tisolement des malades, et par cela même « le 
maintien des hôpitaux d'isolement; la désinfection des 
objets de literie, et des individus contaminés, à l'aide d'é- 
tuves mobiles à désinfection », la sulfuration des locaux 
contaminés par des escouades de désinfecteurs ; enfin la 
propagation des mesures de vaccination et de revaccina- 
lijn. 

M. Brouardel appuie ces observations. Il rappelle qu'il 
y a quelques années, M. Delpech avait accusé l'hôpital de 
la rue de Sèvres d'être la source des cas de variole qui s'é- 
taient déclarés dans le quartier. Les maisons contaminées 
étaient en effet placées sous la direction des vents. 
M. Brouardel a démontré le contraire. « Il résulte des 
expériences qu'il a faites, qu'il n'a pas été retrouvé de 
croûtes varioliques dans les jardins entourant les salles 
des malades (!). Or c'était de l'autre côté du jardin de l'hô- 
pital que se trouvaient les maisons contaminées. » Les 
foyers de contamination étaient en réalité deux débits de 
boisson où se rendaient des infirmiers. 

M. Léon Colin appuie également les conclusions de 
M. Dujardin-Beaumetz, et rappelle les circonstances dans 
lesquelles il a pu établir que la distance de cent mètres 
entre les hôpitaux et les habitations confère une ga- 
rantie absolue d'immunité. 

« L'hôpital de Bicêtre, dont j'étais le médecin-chef pen- 
dant le siège de Paris (1870-71), reçut la plus grande 
partie des varioleux de l'armée de la défense; il y entra 
plus de 8,000 malades exclusivement atteints de cette 
affection et, pendant six mois, il s'y trouva à peu près 
constamment 1,500 varioleux; peut-être ne s'était-il ja- 
mais réalisé pareille agglomération. 

a Or, la distance qui sépare cet hôpital du fort du même 
nom, me semble d'être environ iOO mètres ; 

V II n'existait aucune communication entre l'hôpital et 
le fort, à peu près aussi complètement séparés entre eux 
qu'ils l'eussent été par un fleuve ; les germes engendrés 

(1) Si Ton se range à cette opinion, il faudra bien admettre cepen- 
dant que le voisinage de l'hôpital a dû exercer une influence tout 
au moins indirecte sur la fréquence des cas de variole. 



qui résonnent au delà des Alpes contre le roi d'Abyssinie, 
auteur responsable du massacre de Sahaty, donnent de 
l'actualité à ces études historiques et ethnographiques. 
Voici les en-têtes de chapitres de l'étude de H. de Lesseps : 

/<» Origine du peuple Abyssinien. 

(D'après la tradition, peu de temps après le déluge. Chus, 
petit-fils de Noé, passa avec sa famille par la Basse-Égypt**, 
traversa l'Atbara et vint jusqu'aux terres élevées de l'A- 
byssinie. Chus et sa famille, épouvantés par l'événement 
terrible du déluge, toujours présent à leur mémoire, ai- 
mèrent mieux habiter des cavernes dans les flancs des 
montagnes que de s'établir dans la plaine. Cette race 
d'homme se creusa, avec une industrie surprenante, des 
demeures commodes dans des montagnes de marbre et de 
granit, demeures qui se sont conservées en grand nombre 
jusqu'à ce jour. Quelque temps avant la naissance d'Abra- 
ham^ les enfants de Chus bâtirent la ville d'Axoum et de 
troglodytes devinrent un peuple policé habitant des villes. 



^ Voyage de la Beine de Saba à Jérusalem auprès de 
Salomon, et conversion de VAbyssinie au Juda'isme. 

(La reine de Saba ou Azab (qui veut dire Sud), pays de 
l'encens et de la myrrhe, situé non loin de la mer Rouge, 
alla à Jérusalem, sousles auspices d'Hiram, roi de Tyr, en 
traversant la Palestine sur un beau dromadaire blanc, 
escortée par ses propres sujets, les pasteurs. Le Nouveau 
Testament l'appelle la reine du Midi. « La reine du Midi 
vint des extrémités de la terre pour entendre la sagesse 
de Salomon; elle contempla celui qui est plus grand que 
Salomon. » (Saint Mathieu, chap. XII, v. 42.) 

(Païenne à son départ d'Azab, la Reine, remplie d'admi- 
ration à la vue des ouvrages de Salomon, se convertit au 
Judaïsme, et eut du roi des Hébreux un fils, Menilek, qui 
plus tard fut oint et couronné roi d'Ethiopie dans le temple 
de Jérusalem et prit le nom de David (986 avant J.-C). 
Menilek. de retour à Azab, conduisit avec lui une colonie de 
Juifs et parmi eux des docteurs de la loi de Moïse qui con- 



JODRNAL D'HYGIËNE 



19 



^ 



J 

par les varioleiix de Thôpital n'eussent donc pu parvenir 
au fort que transportés parJ'air; or, durant toute la durée. 
du si^ge de Paris, la population du for! en question ne 
présenta pas plus de cas de variole que celles des autres 
[ forts et casf^rnes de Paris ; ce qui ma naturellement amené 
â révof|iJer en doute la possibilité du transport aérien du 

IcoDtage variolique à une distance supérieure à la précé- 
dente. 

ft J'ai mémL* tout lieu de croire que la distance protec- 
trice est infini tuent plus courte, que le contage est très 
pesaûtf et j'ai exprimé l'opinion que, dans un hôpital où 
les varioleux occuperaient un rez-de-chaussée et qui serait 
LDtotiré d'un mur suffisamment élevé, il suffirait sans 
doute d'une zone large de 10 à 15 mètres, entre ce mur et 
b habitations voisines, pour protéger la population envi 
mnuaûte. 

* Je répète, à ce propos, ce que j'ai maintes fois répété 
ûé'j^^ que la variole va surtout où on la porte, ayant pour 
lûtermédiaires principaux les malades à leur entrée ou à 
leur sortie de Thôpital, les infirmiers, les voitures de trans- 
port, les effets, la literie contaminés, etc. 

V Et ici, plus de distance protectrice assurée ; les chances 
de contamination commencent à la porte de l'hôpital et 
ne diminuent que bien peu à mesure qu'on s'en éloigne. 
Ainsi, pour reprendre l'exemple de l'hôpital de Bicêtre, 
pendant que nous constations l'immunité persistante du 
tort voisin, mais ne communiquant pas autrement que par 
l'air, nous voyions la maladie se répandre dans toutes ces 
maisons qui, sous le nom de « Kremlin t), occupent l'in- 
tervalle entre Tenceinte de la ville et la porte de l'hôpital, 
maisons pour la plupart transformées en cabarets, où 
s^nrrêiaienl Itis malades, les infirmiers, les cochers qui 
avaiLpl conduit des varioleux à cet hôpital. 

ûDans un ^randhôpital,dont j'étais alorslemédecin-chef, 
des rondes de nuit étaient faites, comprenant aussi bien 
le service dit d'isolement des varioleux que les autres salles 
de malades; or, ces rondes, que je fis dès lors interdire, 
avaient contribué pour une large part à la procréation 
deâ cas Inlérieurs; mais ces derniers cas étaient aussi 
nombreux dans les salles les plus éloignées que dans les 
salles les plus voisines du service des contagieux. 

B II résulte des considérations précédentes que l'atmos- 



phère environnant un grand hôpital de varioleux ne me 
paraît guère plus dangeureuse que celle qui entoure un 
hôpital moins considérable; d'autre part, j'ai prouvé que 
la maladie des varioleux ne s'aggrave pas du fait de leur 
agglomération (les 8,000 malades de Bicêtre n'ont pas 
subi une mortalité proportionnelle plus forte que celle 
des varioleux traités en petit nombre dans les diverses 
ambulances de Paris durant la même période). Il en eût 
été tout autrement si, au lieu de varioleux, nous avions 
eu soit des typhiques, soit des blessés, soit des femmes 
en couches. 

» Tous ces faits ne viennent-ils pas à l'appui de la créa- 
tion et du maintien des hôpitaux spéciaux de varioleux? 

» Les faire grands, c'est les faire moins nombreux et, 
par conséquent, réduire le nombre des foyers de conta- 
mination répartis à la surface d'une grande ville. 

» 11 y a beaucoup à faire aussi pour imposer aux mala- 
des des hôpitaux le temps d'isolement nécessaire à les 
rendre inoflensifs ; peut-être serait-il tout simplement équi- 
table d'imposer des mesures analogues aux personnes 
atteintes en ville; j'ai rapporté ici, il y a quelques années, 
l'histoire de ce marchand de vins chez lequel j'avais été 
délégué pour faire une enquête sur une épidémie de variole. 
Or, je trouvai sa femme en pleine irruption de varioloïde, 
non seulement hors de sa chambre, mais servant à boire 
et à manger dans la salle des consommateurs. 

» Ce sur quoi il faut insister surtout, comme je le disais 
en commençant, c'est sur la vaccination et la revaccina- 
tion; à la comparaison faite par votre rapporteur entre 
les fréquences des atteintes en France et leur rareté en 
Allemagne, je puis ajouter une autre comparaison, celle 
de notre armée, dont, grâce au caractère obligatoire des 
revaccinations, la variole est à peu près complètement 
exclue, à notre population civile, où il importe que nous 
puissions enfin introduire cette sage prophylaxie. » 

M. Proust insiste sur la nécessité des vaccinations et 
revaccinations. Mais, pour vacciner en même temps tout 
un pays il faut une source abondante de vaccin, et la vac- 
cination animale peut seule fournir cette source abon- 
dante. Il estime en conséquence qu'il faudrait traiter avec 
l'établissement de M. Chambon, pour en obtenir les mê- 
mes services qu'en retire l'administration de l'Assistance 



Sertirent bientôt toute l'Abyssinie au Judaïsme). Les succes- 
searsdeMenilekoccupaientencoreletrôneenl770. (Bruce.) 

5" Conversion de VAbyssinie au Christianisme. 

{C'est sous je règne de Bazen (22*^ roi de la race), con- 
temporain d'Auguste, qu'arrivalanaissancedeJésu.s-Christ, 
rt c'est sous le règne d'Abretza, vers 333 de l'ère chrétienne, 
qu'eut lieu la conversion del'Abyssinie au Christianisme. 
Saint Athanase, évêque d'Alexandrie, sacra Fruraentius 
(lapôtrede TAbyssinie) évêque d'Axoum. Cette deuxième 
conversion du pays s'effectua paisiblement et sans aucune 
etTusIon de^ang.ïCes deux grands événements, écrit M. de 
Lesseps, ne coûtèrent pas la moindre goutte de sang à 
une nation sage quoique barbare, parce qu'aucune persé- 
cution ne fut la suite de la différence de sentiment en fait 
\ii'. religion, sSousle règne de Zara Jacob, quatrième fils de 
David U (1434) les Abyssiniens fondèrent un couvent à 
lëruftalem; plus lard il obtint le consentement du Pape 
pour établir à Rome un couvent d'Abyssiniens). 



4^ Lutte de VAhymnie contre V invasion des tribus musul- 
manes de V Arabie et de la côte d'Afrique. — Ses alliances 
avec le Portugal avant et après ia découverte du cap de 
Bonne-Espérance. 

Pendant que Jean 1®% roi de Portugal, envoyait deux 
ambassadeurs (Covillan et Païva) au prince chrétien d'A- 
byssinie, appelé en Europe le prêtre Jean, il donnait à 
Barthélémy Diaz le commandement de trois vaisseaux 
pour tenter le périple de l'Afrique. L'escadre atteignit le 
cap redoutable, objet des désirs et en même temps de l'é- 
pouvante de ses marins, mais lorsque Diaz voulut se rap- 
procher de la terre, les équipages effrayés, par des vents 
violents et par une mer furieuse, refusèrent d'aller plus 
loin ; c'est plus tard à Vasco de Gama, parti de Lisbonne 
le 14 juillet 1497, qu'était réservé l'honneur de doubler 
le 20 novembre le cap si redouté des Tempêtes, devenu dès 
lors le cap de Bonne-Espérance. w 

Nous regrettons de ne pouvoir suivre M. de Lesseps à 



JODRNAL D'HYGIÈNE 



publique. Un veau ou une génisse serait conduit chaque 
jour dans une des communes atteintes. Toute la popu- 
lation serait v^dœim'^e et revaccinée, et au bout d'une 
semaine répidt^mie aurait disparu. 

M, OLrjviER signale une autre source de variole qui 
ne paraît pas, dit-il, avoir été suffisamment indiquée. Ce 
sont les l'amîftes italiennes qui émigrent à Paris. Souvent 
aucun de leurs membres n'a été vacciné. Pendant une 
enquête faite, Tété dernier, sur Tépidémie de choléra in- 
fantile qui a sévi si fortement à Paris, il a constaté deux 
foyers de variole autour de quelques Italiens non vacci- 
nés, *"t atteints de varioles confluentes. 

Après quelques autres observations de MM. Bocrgoin, 
Tkélat, VoTst:^, et Oezançon, le rapport de M. Dujardin- 
Beaumetz a été adopté. 

A. JOLTRAIN, 

Secrétaire de la Rédaction, 

P.-S, — Dans Tarticle la Variole dans la hanlieuCy 
publié dans le dernier numéro du journal (S69), notre col- 
laborateur M. Fournès a rappelé les conclusions du rap- 
port du D'' Dajardin-Beaumetz, telles qu'elles ont été com- 
mu uiquées au Conseil municipal par M. le Préfet de police. 

Nous donnerons aujourd'hui le texte de ces mêmes con- 
rl usions 1 et 2 lei qu'il figure dans le rapport imprimé, 
publié par les soins de T Administration, que nous venons 
\\v recevoir. Les modifications qui y ont été introduites 
rendent moins absolue Topinion du savant rapporteur. 

Condudmis, { " Les cas de variole dans les dix-huitième 
et dix- neuvième arrondissements et dans les communes 
d'AuburvilIiers, de Pantin, de Saint-Ouen, ne sont pas 
nssez nombrt^ux pour constituer par leur ensemble ce 
i]mi l'on décrit sous Je nom d'épidémie. 

^2*^ Riennedémoritre, d'une manière positive, que l'hô- 
pilaJ Irmporaire d'Aubervilliers ail été la cause de cette 
ircquoticti. Comme dans cette dissémination de la variole 
lii tniiisport des germes morbides par les personnes est 
beaucoup mieux démontré que celui par lair atmosphé- 
rique, il faut rendre plus effectif l'isolement des malades 
de rbôpjtal des varioteux par les trois moyens suivants : 
ciraure de Thôpital par un mur suffisamment élevé; inter- 
diction aux personnes non malades d'accompagner les 
varioleuxî isolement du personnel de l'hôpital et maintien 
à Thôpilal des varioleux jusqu'à leur complète guérison. 

3** (mtime rédaction). 



Par Monts et par Vaux. 



M. COLIN D ALFORT. 



PROTESTATION OPPORTUNE. 



La nomination comme Directeur de l'Ecole vétérinaire 
d'Alfort de M. Nocfird, le plus jeune des professeurs, a eu 
pour premier réstdtat la retraite de M. le professeur Colin, 
le savant modeste, le travailleur acharné, le vaillant et 
intrépide lutteur. 

En portant à la connaissance du personnel et des élèves 
de TEcole la décision ministérielle qui nommait M. Colin 
Professeur honoraire des Ecoles vétérinaires de France 
le nouveau Directeur s'est exprimé en ces termes : 

« Nul ne méritait mieux ce titre que le savant éminen 
qui, pendant de si longues années, a été l'honneur de 
profession vétérinaire, et l'orgueil de l'Ecole d'Alfort. 

« Noire respectueuse admiration l'accompagnera dans 
sa retraite et nous conserverons, comme un précieux 
exemple, le souvenirde ses quarante ans de labeur acharné 
et de son œuvre impérissable. » 

Belles et éloquentes verba, qui malheureusement lais- 
sent tristes et irréparables les actal 

M. le D' Féréol a retracé devant l'Académie de méde- 
cine, en termes émus, la vie modeste et bien remplie du. 
D^ Bernutz, « personnalité éminente et originale, caractère 
loyal, observateur éminent ». 

En rappelant qu'il avait laissé par testament à l'hôpital 
de Sedan, sa patrie, une somme ae 100,000 francs sous la 
condition expresse et exclusive que l'hôpital continuera à 
être desservi par des religieuses, M. Féréol, dont les idées 
libérales sont bien connues n'a pas craint de s'écrier ; 

a Bernutz donne ainsi une éclatante confirmation à la 
protestation qu'il a signée avec la presque unanimité des 
médecins et chirurgiens dbs hôpitaux, contre le renvoi des 
sœurs hospitalières, protestation que tous, catholiques, 
protestants, juifs ou libres penseurs, républicains, ou non 
républicains, nous avons faite et renouvelée, uniquement 
en considération de l'intérêt des malades et de la bonne 
organisation des services. » 

Renvoyé à M. le Directeur de l'Assistance publique qui 
dernièrement, au banquet Péan, s'honorait d'avoir été un 
modeste médecin de campagne, mais qui oublie facilement 
son origine à la tribune du Conseil municipal de Paris, et au 
sein du Conseil de surveillance des hôpitaux. 

D' Éceo. 



travers les récits des luttes intestines et des guerres sou- 
vent malheureuses que les souverains de la race de Salo- 
mon eurent ^ soutenir de 4559 à 1770 contre les tribus 
Gallus, voisines de TAbyssinie. 

5** Époqiie moderne. 

A la finduxvrn*^ siècle, les gouverneurs des principales 
provinces refusùrent obéissance au monarque de la descen- 
dance de Salomon» et depuis cette époque l'Abyssi nie s'est 
trouvée gouvernée par les ras ou rois des deux grandes 
divisions qui forment l'empire, le Tigré et l'Amhara. 

Le Tigré, avec ses dépendances, comprend tout ce qui 
se trouve entre la nier Rouge et le Tacazzé. L'Amhara est 
forrai^e par les territoires qui se trouvent entre le Tacazzé 
et le NiK 

C'est en i8.!>o iiu'un chef abyssinien, simple gouverneur 
il' province, après avoir vaincu successivement le roi de 
1 îgré et le roi de Clioa, se proclama empereur sous le nom 
de Théodore. 



M. de Lesseps raconte les guerres intestines soutenues 
par Théodore tour à tour vainqueur et vaincu. En ce mo- 
ment le prince le plus puissant de l'Abyssinie, par le 
nombre et par l'importance des provinces qu'il a recon- 
quises, paraît être le roi Nikas, roi d'Ethiopie, « qui règne 
dans la loi de Notre Seigneur Jésus-Christ depuis Mizvs^a 
jusqu'à Gondar, et ceci est le royaume de Tigré, etc. d 

Le Grand-Français termine son récit des principaux 
faits de TAbyssinie, en exprimant l'espoir « que la France 
se mettra d'accord avec l'Angleterre, pour restituer à une 
population de plus de 30 millions de chrétiens refoulée 
dans ces montagnes, son ancien territoire maritime ». 

En écrivant ces lignés M. de Lesseps ne pouvait prévoir 
que la politique coloniale de ritalie sur la mer Rouge, 
placerait inopinément le jeune Royaume en face d'une 
guerre de conquête et d'extermination. 

D' J.-M. Cyrnos. 
f> 



JOURNAL D'HYGIÈNE 



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BULLETIN DE LA SOCIÉTÉ FRANÇAISE D'HYGIÈNE 



AVIS, — La séance mensuelle de la Société aura lieu 
le vendredi 13 janvier, à 8 heures 1/^ du aoir, diuis la 
^lle dû la Bibliothèque, au Sitge social, 30, rue du Dra- 
gon. 

(L'ordre du jour de la séance a déjà été envoyé à Mes- 
sieurs les membres par la poste.) 



Les Eaux potables devant THygiène 
pratique (^). 

Il 
Méthode à mivre dam r examen des mitx potablen. 

Si Ton veut se rendre an compte exact de la valeur 
d'uoe eau d'aliraentalion, eu ouittanL en œuvre toutes les 
ressources de Ja scierïce moderne, nous croyons qu'il fau- 
dra suivre, la marche suivante : 

la pruimlère chose à faire est d'examiner la nature de 
IV-au et la condition de son aménagement*^ L'état sani- 
taire des pr*pulations qui font usa j^e d'une eau, et jusqu'aux 
bruiLs populaires qui ont parfois cours sur sa valeur 
relative, ont une grande importance. Nous avons vu dans 
un grand nombre de localités de la eampa^Eie certaines 
eaux mises par le sentiment public bien au-dessus d'au- 
tres, dont Tinfériorité réelle était ensuite démontrée par 
Tanalyse. 

Leg propriétés organolepliques ojU une grande valeur 
et auront soigneusement étudiées, 

La détermination de la température et celle du degré 
bydrotiraétrique peuvent se faire sur place même et n'exi- 
gent aucun appareil encombrant* Nous estimons que Viu- 
dieation fournie parledejjjé hydrotimétriqueest des plus 
précieuses, et peut a van laineuse ment suppléer dans la plu- 
pan des cas à l'analyse chimique proprement dite. 

Nous ferons cependant une réserve pour le dosage des 
chlorures qui a une importance de premier ordre, comme 
la si bien établi M, Marié-Uavy. Ce dosage est au surplus 
très facile à exécuter au moyen des liqueurs titrées; il 
peut fournir, comme Ta fait observer M. Mariè-Davy, d'u- 
tiles rensÉîigoenieuts sur Torigine des matières qui ont 
souillé l'eau. Si les sources à nappe profonde d'une loca- 
lité ne renferment que de faibles proportions de chlorure, 
*^ que d'autre part Teau dt*â puits en accuse une no taille 
proportion, il est manifeste que ce chlorure « ne peut 
*îvmr ^11 une ongirie locnfe et ne peut provenir qm^ deji 
^^^jactmns de rhomrne et des animmuv, ou des eaux de 
^'^mine. » (Marié-Davy, ni annuaire de Montsouris p. ^û^^) 

En dehors de cette origine suspecte, les chlorures na- 
Hirels d'une eau potable non î^eul émeut ne sauraient être 
naisij>les, mais encore peuvejU fttre considérés comme 
i;îien,^nt une influence des plus heureuses sur l'économie. 
Il réâJilte en efiét de récents travaux de noire émi lient 
Collègue M, Gaulreiet, que les chlorures seraient dans ie 
senun sanguin le véritable régulateur de rhématose; de 

(t) SiàiteH^n, voir le n* 586» 



ee fait toutes tes alFections morbides qui se traduisent 
par une exagération des oxydations organiques, par de la 
consomption, seraient en grande partie au moins justi- 
ciables d'un abaisf^ement dans la saturation normale du 
sanfî et de Téconomieen chlorures alcalins. Je n'insisterai 
pas, messieurs, sur cette remarquable théorie qui repose 
sur un ensemble de faits cliniques, chimiques et théra- 
peutiques des plus intéressants ; j'espère d'ailleurs que 
M, Gautrelet voudra bien exposer en délai! ses idées 
à cet égard dans une de nos prochaines séances. 

Mais, à notre avis, réiément le phis précieux pour 
jufçer de la valeur d'une eau, c'est le dosage de son oxy- 
gt^ne, oji a dit avec raison que h dosage de t oxygéné 
dmis une eau donnée, exécuté par un chimiste^ équivaut 
à r examen fait par un botmnsle des végétaux et des ani^ 
maux vwantjg gui croissent dans cette même eau. u (Alf. 
Riche.) » tùi dosant la quanti fé d'oxygène dissoute dans 
une eau mélangée à des eaux industrielles ou ménagères, 
remarque à son tour M. Gérardin, on doit avoir ta cote 
exacte des qualités hggiéiiiques de ee.ite eau et dû Vinflxtence 
bonne ou mauvaise qu'elle peut avoir sur les êtres v haut s, j> 

On fera le dosage de Toxygéne, soit par l'élégant pro- 
cédé de M. Girardin, soit par celui du laboratoire de 
Montsouris- La principale cause de la disparition de 
l'oxygène dans une eau étant TabsorpUon de ce gaz par 
les organismes microscopiques, il importera d'évaluer 
pour les différentes eaux la rapidité plus ou moins grande 
de cette disparition, c*est-à-dire de déterminer le coeffi- 
cient de disparition de l'oxygène du coefficient d'altéra- 
bilité. 

Malgré la restriction que Ton peut faire relativement 
à la valeur scientifique du dosage des matières organiques 
par le caméléon, il sera bon cependant de l'exécuter en 
rentoLirantde toutes les précanlious nécessaires. On pour- 
ra représenter la matière organique soit en acide oxali- 
que, soit en milligrammes d'oxygt^*ne que celte matière 
organique peut prendre au permanganate de potasse alca- 
linisé et bouillant pendant dix minutes. 

Après ces différents dosages viendra Texamen micros- 
copique du dépôt des eaux, examen pour lequel la 
méthode de M, Neuville peut rendre de réels services. 

Bien autrement sérieux est Texamendes eaux au point 
de vue des germes; Il vient corroborer puissamment les 
données déjà fournies par la détermination de leur richesse 
en oxyi^èue et de leur coefficient d'altérabilité. Toutefois, 
si nous en exceptons la méthode de fractionnement, il ne 
paraît pas que l'on soit arrivé jusqu'à présent k compter 
les microbes ou même leurs colonies avec une approxi- 
mation suffii^ante. Nous estimons que la méthode de frac- 
tionnement employée à Montsouris, et dont M» Marié- Davy 
a fait tout dernièrement usage à Annecy, a une très haute 
valeur et peutdormer, entre les mains d'un habile^expéri- 
inentateur d'excellents résultats ; nous ne lui ferons qu'un 
reproche j c'est d^exiger uue séiie de manipulations et un 
matériel qui ne peuvent se trouver que dans les labora- 
toires spéciaux. Aussi a*t -on cherché de^ proct^dés plus 
expédilifs et plus à la portée des hygiénistes, OOQIp 
Le D^ Proust, dont on ne saurait d'aîUe^ csontefîter 



23 



JOURNAL D'HYGIÈNE 



la compétence en matière d'hygiène, a présenté à l'Aca- 
démie de médecine, en octobre 1884, une méthode de 
numération des colonies bactéridiennes des eaux qui ne 
nous semble rien moins que sérieuse. Nous ne la décri- 
rons pas ici et il nous suffira pour la juger de rappeler 
que M. Proust a trouvé par sa méthode 11,000 colonies 
dans l'eau de la Vanne, alors que celle du canal de TOurcq 
n'en contiendrait que 8,000. On ne fera jamais admettre 
à personne que l'eau de la Vanne soit plus riche en bac- 
téries que celle de l'Ourcq. 

Voici pour notre compte comment nous croyons qu'il 
serait utile de modifier le procédé de M. Proust pour 
arriver, non pas à la numération des microbes ni même 
à celle de leurs colonies, mais à une évaluation suffi- 
sante de la pureté relative des eaux. Au lieu de la 
gélatine comestible recommandée par M. Proust, nous em- 
ployons la gelée nutritive dont la préparation a été indi- 
quée par M. Miquel, Cette gelée se compose de bouillon 
de bœuf additionné de 1 0/0 de gelée sèche de fucus 
crispus : elle ne fond qu'entre 88 et 60® et présente l'avan- 
tage de pouvoir être stérilisée à 110® pendant plusieurs 
heures sans perdre la faculté de se soliditier. Comme 
M. Proust, nous nous servons des tubes à expérience 
dans lesquels nous introduisons 10 centimètres cubes de 
gelée nutritive. Après stérilisation à 110® dans un bain 
d'eau additionné de chlorure de calcium, les tubes sont 
ensemencés avec 1/10 de centimètre cube d'eau et aban- 
donnés à l'étuve à une température de 18 à 20® ; suivant 
le plus ou moins de pureté de l'eau, l'altération de la 
gelée est plus ou moins rapide, en tout cas elle suit 
constamment la même marche. C'est d'abord un trèslé^er 
nuage qui trouble la transparence de la gelée à sa partie 
supérieure, puis va s'accentuant progressivement de haut 
en bas. Les taches apparaissent à la surface et bientôt 
de nombreux points noirs se forment dans l'intérieur 
des tubes, ce sont les colonies bactéridiennes. Si l'on a 
affaire à une eau très impure, comme celle de la Seine 
à Clichy par exemple, il se forme dans la gelée des 
bulles de gaz plus ou moins grosses qui sont l'indice d'un 
commencement de fermentation, rapidement suivi de la 
liquéfaction de la gelée. 

Nous ne demandons pas à cette méthode plus qu'elle 
ne saurait tenir, c'est-à-dire de nous fixer sur le nombre 
des colonies microbiennes d'une eau. Son mérite à nos 
yeux est d'être d'une exécution facile et de suffire, dans 
la plupart des cas, à nous renseigner sur le plus ou moins 
de pureté des eaux; plus en effet une eau contiendra de 
germes, et plus vite aussi elle passera par les difierentes 
phases que nous venons d'indiquer. — C'est ce que nous 
avons constaté pour quelques eaux de Paris : 

APPARITION DU NUAOB LIOUBFACTION 

Eau de la Seine : 

à Corbeil 2°»® jour. 3°** jour. 

à Bercy S"® — S"* — 

au Pont-Royal ... S"^" — 8'»« — 

à Neuiliy 24 heures. S'^^ — 

à Clichy 18 heures. 2'"« — 

Eau de la Dhuis ... 6™® jour. 17™® — 

Quoique fon incomplètes, ces expériences n'en concor- 
dent pas moins avec ce que Ton sait d'autre part de la 
pureté relative de ces diverses eaux. Nous croyons d'une 
façon générale qu'une eau qui ne donne lieu à la forma- 



tion du nuage bactéridique qu'au bout de huit à dix jours, 
est saine et hygiéniquement inoffensive. 

Lorsque le chimiste aura soumis une eau potable à la 
série d'épreuves que nous venons d'énumérer, il lui 
faudra porter un jugement sur la valeur de cette eau, 
et ce n'est pas là le côté le moins délicat de sa tâche. Il 
serait utile que l'on pût fixer d'une façon précise les règles 
qui doivent le guider dans ses appréciations, mais on 
comprend que cela est bien difficile, pour ne pas dire 
impossible. Voici comment nous croyons que Ton peut 
formuler les caractères d'une bonne eau potable. 

1® L'eau potable doit être limpide, sans odeur, d'une 
saveur agréable, et à une température oscillant dans ses 
plus grandes limites entre 10 et 18® centigrades. 

2® Son degré hydroti métrique tie doit pas dépasser le 
maximum de 28 à 30® à l'état naturel et de 10 à 12® 
après ébullition; 

3® Son titre en chlorure de sodium peut évoluer sans 
inconvénient entre 12 à 18 milligrammes. S'il est plus 
élevé, il y aura lieu de se préoccuper de l'origine de ces 
chlorures et de vérifier surtout s'ils ne sont pas d'origine 
humaine. 

4® C^tte eau devra contenir au moins 8 centimètres cubes 
d'oxygène par litre, soit en poids 7"»18, environ à la 
température de 0®et sous la pression de 760 millimètres; 

8® Son coefificient d'altérabilité, c'est-à-dire le nombre 
obtenu en divisant la diminution que subit l'oxygène pen- 
dant 48 heures de séjour à l'étuve, par la quantité qui s'y 
trouvait avant la mise à l'étuve, ne doit pas dépasser 0,20. 
Toutefois, ce chiffre doit être le résultat d'une moyenne 
d'expériences exécutées surlamêmeraceàdiverses époques 
de l'année ; 

6® L'oxygène pris au permanganate alcalin et bouillant 
pendant 10 minutes doit être de 1 milligr. 8 environ. 
Évaluées en acide oxalique, les matières organiques ne sau- 
raient dépasser sans danger la moyenne de 12 à 18 milli- 
grammes d'acide oxalique ; 

7® Dix centimètres cubes de gelée nutritive de lichen, 
ensemencés par un dixième de centimètre cube d'eau et 
maintenus aune température de 28 à 30 degrés, ne doivent 
pas s'altérer sensiblement au bout de huit jours. La sur- 
face de la gelée se couvre alors d'une légère pellicule de 
colonies bactéridiennes; des bulles de gaz envahissent 
graduellement la gelée jusqu'à ce que sa liquéfaction 
commence à se produire. 

La marche à suivre pour l'analyse des eaux proposées 
par le Comité consultatif d'hygiène diffère un peu de celle 
que nous venons d'indiquer ; elle comprend les détermi- 
nations suivantes : 

1® La quantité de résidu solide laissé par l'eau ; 

2® La quantité des produits volatils au rouge ; 

3® Le degré hydrotimétrique ; 

4® La quantité de chlorure ; 

8® La quantité de sulfates ; 

6® La quantité d'oxygène enlevé au permanganate. 

Nous ne voyons pas l'utilité dans une analyse sommaire 
et faite en vue de connaître la valeur hygiénique d'une 
eau, de déterminer son résidu solide. Cette opération exige 
l'évaporation d'un litre d'eau au moins et nécessite l'em- 
ploi d'une balance très précise. L'indication fournie par 
l'analyse hydrotimétrique peut très bien suppléer à cette 
détermination du résidu tixeijzed bv vn^ 

Quant à la calcination au rouge des produits volatils. 



JOURNAL D'HYGlÊNE 



23 



elle est surtout cooseillét} au point de vue des matières 
oi-<^anique&. Mais nous savons ifue des sulxstaures îuilres 
que Icf* matières orj^auiques soeiL éflfala:ueuL voiatiles k 
celle tiBmpérature, en sorte que Too no saurait arriver par 
cette mctliode a uu dosagt* exact de t'es dernières» 

Ce qui nous surprend le plus dans cett<^ instruction, 
c'est qu'il n'y soit fait aucune mention du dosage de 
Toxygène, Depuis les savants iravau3tdeM. Gérardiii, il 
n'est plus permis de négliger cet ùlémuut capital dt? rai>a- 
Jyse des eaus, d'autant plus que Toiiéralion est fort sirîiple 
et trt>s facile àeiécuter. Puisque le D^ Pouchet connaît les 
procédés analytiques du laboraloiredeMontsouris, etqu'iï 
leur emprunte sa inétliode d'évaluation des matières orga- 
niques, pourijuoi ne parle-t-11 p.is aussi de la délermitiu- 
tion du coetiicient de disparition de roxvi^i'ne? Le dosage 
de loxygèue fait dans ces coudiLious, à ufi intervalle de 
quaratîte-liuit heures, nous parait êtro le meilleur moyeu 
d apprécier la valeur d'une eau pntable. Il est regret- 
table que le mémoire de M, Pouchet n'en fasse pas men- 
tion* 

il est vrai de dire que rinstrucUon ministérielle a été 
surtout rédigée en vue de l'analyse des eauî de source, 
c'est-à-dire des eau^c qui ont généi^lement le moins 
besoin d'être analysées, — « Nous aurons surtout m me, 
dit en eflel M. Pouehet, re^mi des enux de isourcc, qui 
offrent déjà par kur nature mcmv V7iti certaine garantie 
de pureU; ranatfjse des eaux de riviérefi, ou de canaux, 
u^rail néœssairemeni plus complexe et entraUeraii tou- 
jours, comme coynplêment de Canulf/nj chimique, un exa- 
m en microsm pique g ui n é ces fiite va il C envoi d éch a n tilio ns 
à des laboratoires onjaniftés pour ce (fenrc tfc recherches, " 
A notn^avis, il n'est pas besoin de laboratoire spécial pour 
faire un doâage d'oxygène, on pour préparer une f^elée 
nutritive dont fa rapidité d'attération sera en rapport 
direct et constant avec la pureté de Tean. 

Comment d'ailleurs appréciera-l-on sans cela la valeur 
dos eaux de puits qui cnnsLiluent ta mijeuns parlic des 
eaux do:Jt Tont Lsoge ks p<jpula lions rurales? C'est là 
surtout ((uc l'analyse est utile, à lacondiiîon toutelbi^s de 
ne pas négliger le côté principal de la question, c'est- 
à-dire la matière organique. Or, nous pouvons affirmer 
que dana l'état actuel de la scicuce, la question des 
maiieres organiques est suffisamment résolue au point de 
Yue pratique, d*na cûté par îe dosage direct de l'oxygène 
et la détermination de son cocfficieut de disparition, de 
Vautre par la façon dont ^es matières se comportent en 
présence des gelées "uiritives, 

ïl est clair que nou5i lui répudions, en aucune f^j^oUj la 
méthode plus compliquée de bactérioloiîie dont MM. Marié- 
Davy ont fait usage dans Lnir belle analyse des eau s. 
d'Annecy et de Varzy. Nous avoua seulement voulu 
indiquer un procédé d exécution plus facile ; nous croyons 
que la déduction tirée de la plus ou muins longue 
période nécessaire à la liiinéfaction de la gelée de lichen, 
peut suffire dans la majeure partie des cas pour juger, 
au moins approximativement, delà pureté d'une eau. 
Quoi qu'il en soit, Messieurs, ce n'est pas au C'^mité 
consultatif d'hygiène tiue nous irons demander de 
nouvelles lumières sur Texamen des eaux. Puis(iue nous 
avons le bonheur de posséder à la ItHe de noire chère 
Société un de ceux qui ont fait faire le plus de progrés 
A cette intéressante question, c'est de ses beaux travaux 
que nous nous inspirerons, Avec^lui nous ferons volon- 



tiers de l'hygiène, parce que nous sommes certains do 

fain^ de Thygièue pratique, 

C, Vieillard, 



Le service vaccinal à Stockholm, 

Du rapport de M. KIos Linroth sur le service de rétablis- 
sement vaccinal de Stockholm en 1886, nous relevons les 
renseignements suivants : 

Sur 31 veaux ou génisses ayant à leur arrivée dans réta- 
blissement un poids moyen Je 82 kilogrammes, et a leur 
sortie, 8 jours après, de yO k. 7, on a recueilli 1,100 verres 
et lit tuims dj vaccin (hauts l'"',o, de 6 à 7'"" de dia- 
mètre). 

Sur "^.fiil enfants vaccinés par la lymphe animale on a 
obtenu : 

âK>3 succès soit 96,8 p, 0/0, 
72 insuccès, 
30 inconnus. 

Sur i.oiS enfants inoculés par le vaccin jennerien on a 
obtenu : 

loSâ succès, 
o insuccès, 
11 inconnus. 

Au cours des opérations de l'année, il a été facile de con- 
stater que cer tai nés génissesdonnaien l une 1 y m phe vaccinale 
moins efficace. Dans la généralité des cas la réussite de la 
vaccination était plus constante dans fes mains des vac- 
cinaieurs olliciels que dans celles des praticiens, ce qui 
prouve la nécessit<> d'une certaine habitude dans la techni- 
que opératoire. La manière de conserver le vaccin joue de 
même un certain rôle dans le succès des opérateurs. I*ar 
les soins do la Commission sanitaire du service vaccinal, 
le vaccin est conservé dans une petite glacière oti l'air est 
sec, pendant que les génisses sont installées dans des éta- 
bles cbauffées, 

La température ambiante exerce une action incontes- 
table sur les résuluits de h récolle en général* Par les 
temps frais celleKîi est plus abondante et plus certaine au 

3^ et au 0° jour, 

D-^ Fr, Ekhjwo. 



Livres offerts en don à la Bibliothèque 
de la Société, 

M. A. Co^/TA^fCE. EmpoLmnneurs — Empoiwnni^s — Venins 
cl poi'ions. Leur productif ni et leurs fonctions pendant 
la vie; — dauj^^ers et utilité pour Thoinme, Un beau volume 
iU'S^de 420 pagesJ^Uotlischild, éditeur, Paris- 1888. 

(LhI lecture de cet ouvnige êdilé nvecleacin et le luxe habi- 
iueU de la maison UottiHchild, intéressera beaucoup nos cnl- 
lèj^^jes. — 11 est très curieux» très originaL etpar-dcFâus tout 
trës instructif, — i>ans ces conditions nous prierons M. le 
D^Cymo-i de lui consacrer prochainement deux ou trois arti- 
cles \iu Feuilleton), 

M. Léun DuFOim, Souvenirs d'un savant français* A 
travers un stède (t7S0*f8ù5). Science et liistoire. Un beau 
volume în-8^ avec portrait et vignettes. J, îiothschild, 
éditeur, Paris, 18S8, 

(Et meininme juvat! (Epigrflphe)„ t 

Si le sa V, ait et modeste auteur, membre correi^o@|(^t[@ 
rinstilut, a éprouvé beaucoup de satisfaction à écrira c«s pages 



JOURNAL D'HYGIÈNE 



i'h 



rr 



« qui Font fait revivre dans les étages chronologiques de ses 
souvenirs », nos cliers collègues, après la journée de labeur, 
ressentiront en le feuilletant, les douces émotions que donne 
le culte du beau et du bien. N'est-on pas réconforté, dans la 
terrible lutte pour l'existence, en lisant ct;s lignes de l'avant- 
propos: 

« J'ai fait imprimer dans divers recueils de fort nombreux 
travaux de science, plus de 200. — Je me sens disposé à en 
augmenter le nombre, puisque je ne ressens point encore les 
glaces de mes quatre-vingts hivers, et que je conserve pour 
les recherches et pour l'étude une ardeur que je ne sens pas 
décUner. 

» J'apprécie toute la valeur de ce privilège et j'en remercie 
Dieu! » 

Nous prierons le D"* Every Body de consacrer à ces Soucc- 
îiirs dun savant français, l'un de ses charmants feuilletons. 

Ce volume a été présenté à l'Académie de Médecine par 
M. le Baron Larrey, qui a rendu un légitime hommage d'ad- 
miration au médecin naturaliste, membre associé national). 

D'* Antonio Alvès Feuueira. Hydrologie ç/éncrale ou dis- 
sertation sur la naluîx, la qualité et les usages des eaux 
naturelles et arti/icielles, minérales et potables. Paris 1867 y 

(S'il nous était donné, après vingt années de séparation, de 
rencontrer un ami d'enfance et de supposer par impossible 
qu'il soit resté tel que nous l'avions connu à cette époque, 
nous trouverions une étrange discordance entre ses idées et 
sa manière d'être, et les nôtres propres. C'est une impression 
de ce genre qui se dégage delà lecture du travail de M. Ferreira ; 
aussi Dlen pour l'apprécier avec toute l'impartialité nécessaire 
faut-il se reporter à la date à laquelle il a été publié. 

Très complète et représentant lidèlcment \ts connaissances 
hydrologiques du moment où elle a paru, cette remarquable 
thèse n'a plus aujourd'hui qu'une valeur rétrospective. Néan- 
moins, nous ne saurions trop y louer tout ce qui a trait à 
la technique de l'analyse ; les procédés employés par l'auteur 
sont admirablement décrits et de fort belles figures contri- 
buent pour une large part à les rendre intelligibles. 

Ferons-nous donc un crime à M. Ferreira d'avoir ignoré en 
1867 ce que tous nous ignorions comme lui à celte époque. 
Les beaux travaux de Gérardin sur le dosage de l'oxygène, et 
ceux non moins remarquables de M. Marié Davy sur la bactério- 
logie des eaux potables, ont imprimé à cettB partie de l'hydro- 
logie générale une direction toute nouvelle et des plus fécondes. 

Telle qu'elle est pourtant, et malgré son aspect quelque peu 
suranné, la thèse magistrale de M. Ferreira n'en témol^^ne 
pas moins d'une prodigieuse érudition, et l'on peut encore la 
lire non seulement avec profil, 'mais encore avec un véritable 
plaisir. Aussi, tout en souhaitant que l'auteur mette son tra- 
vail au niveau des idées modernes, nous ne saurions trop le 
remercier d'avoir songé à en faire hommage à la Société fran- 
çaise d'hygiène). C. Vieillaud. 

NoRWÈGE. Statistique des hospices d'aliénés de la Nor- 
wège, pour les années 1884 et 1885 (Oversigt over Sinds- 
sygeasylernes' Virksomhed)^ fascicules 10-8**, Christiania, 
1885-1886. 

(Ces documents, publiés par la Direction médicale et 
sanitaire du royaume de Norwège. (D'' Dahl, directeur), sont 
recueillis avec d'autant plus de soin et de précision, que les 
asiles d'aliénés dans les Etals Scandinaves ont été de tout 
temps l'objet de la sollicitude de TAdminislration suprTieure. 

(Voir à cet eilét le récit du voyage de notre cher collabora- 
teur M. P. Moreau de Tours.) 

Chaaue fascicule expose les données générales sur les hos- 
pices aaliénés en Norwège, le tableau du mouvement des 
entrées et des sorties, par guérison ou par décès. Des détails 
très circonstanciés sont réservés aux causes de l'aliénation, 
aux meilleurs modes de traitement, aux divers genres de 
travaux auxquels sont soumis les malades. 

Dans une seconde partie sont résumés les rapports spéciaux 
des directeurs des asiles de Gaustad, de Christiania, d'Oslo, 
de Christiansands, de Ly, de Stavangers, de Bergen, des asiles 

Ç rivés des D""^ Uosenberg et Murtens, de l'asih; communal do 
rondhjems, de l'établissement d'aliénés de Rotvoldj. 



D' Félix BnÉMOND. Rabelais médecin. Notes et commen- 
taires. Pantagruel, avec une préface de M. le D'' Hahn, 
bibliothécaire en chef de TÉcole de Médecine. Un vol. in- 
l!2«. A. Maloine, éditeur. Paris, 1888. 

(Vous connaissez déjà les longues heures de recherches et 
d'études que notre cher collègue du Secrétariat a consacrées à 
cette célèbre, intéressante et curieuse figure du xvi** siècle, 
qui a nom Rabelais. En faisant revivre le Rabelais médecin 
dans les commentaires dont il a déjà accompagné le texte de 
Gargantua (1) et donl il accompagne aujourd'hui celui de 
Pantagruel, M. F. Brémond s'est attaché principalement à 
reconstituer le tableau fidèle de la pratique deTai't de guérir 
au temps du joyeux curé de Meudon, dont les traits fins et 
spirituels sont reproduits en tête du volume. Nous pouvons 
atïirmer que le but a été parfaitement atteint, et que le lec- 
teur bénévole se fera un véritable plaisir de tourner benoîtement 
le feuillet, 

« Rabelais, écrit M. Hahn dans la préface, fut pour les gens 
du peuple, un consolateur, un ami; sa bourse comme sa 
maison étaient toujours ouvertes à tous. Il est probable que 
la plus grande partie de ses paroissiens ne connaissaient rien 
de ses éludes philologiques, de ses voyages, de ses livres ; en 
revanche, ils savaient que leur curé était un excellent médecin, 
c|u'il avait pratiqué à Lyon, à Angers, etc., et ils s'adressaient 
à lui chaque fois qu'ils étaient malades. » 

Rabelais, poursuit M. Hahn, nous a indiqué lui-même com- 
ment il concevait l'art de guérir: « Soigneusement reviste les 
livres des médecins grecs, arabes et latins sans contemner 
les Ihalmudistes ei caballisles, et par fréquentes anatomies 
acquiers-toi la parfaite connaissance de l'autre monde qui est 
l'homme ». 

Trois questions dominèrent dans la médecine du temps: la 
syphilis, la peste, les plaies d'armes à feu. Rabelais ne s' oc- 




mal nouveau. 

Nous partageons en tous points l'opinion que le savant 
bibliothécaire de la Faculté de Médecine résume en ces 
termes : 

a il est certain que la lecture de Rabelais serait indispen- 
sable à qui voudrait écrire l'Histoire de la Médecine à la 
Renaissance. Les commentaires érudits de M. le D'" Bré- 
rnnnd sont sous ce rapport une bonne fortune pour le public. 
Krudition, précision dans les indications, choix judicieux des 
anecdotes et des citations historiques, rien n'> manque. C'en 
est assez pour assurer à la seconde partie de Rabelais nmle- 
cin, le même succès qu'à la première. » 

Rappelons en terminant la conclusion do deux char- 
mants feuilletons publiés dans ces colonnes par M. le 
D'' Félix Brémond sous ce titre Rabelais hygiéniste (2). 

a Dans ses conceptions les plus folles, l'auteur de Pan- 
tagruel n'a jamais perdu de vue le côté philosophique de 
son épopée grotesque. Si la raillerie semble être la note 
dominante de son esprit, toujours la science raccompagne; 
c'est pourquoi lorsque la liberté, la justice, la vérité, la 
raison disent, devant le marbre de Rabelais : « Celui-là 
travaille pour notre triomphe»; la iMédecine doit ajouter : 
< Moi aussi, je le salue c )inine un pionnier de l'huma- 
nité. » 

(Compte rendu du SecrétatHat.) 



(1) Voir Journal d'Hygiène^ vol. IV, p. 545. 

(2) Voir Journal d'Hygicney vol. VI, p. 13 et ; 



Propriétaire-Gérant : D^ de^etra Sanï a. 

i7.dhvC^ooQle 

IMPHIMliUI CUAIX. — %Q, RUI UIAOÙB, PARU. — 056 8. 



U» ANNÉE. — 13* VOLUME. 



Numéro 591. 



JEUDI 19 JANVIER 1888. 



JOURNAL D'HYGIÈNE 



S0M1L\1RE: Res farisienses. — Annuaire statistique de la ville de Paris (année 1885). — L'hygiène des théâtres [Suite et /în) (Roth). — 
R4>vue de«> Journaux allemands. — Bulletin annuel de statistique démographique et médicale (Pabis 1885). — Feuilleton : La Science 
Jaî<:<seni, — La Canne t près Cannes. — Strophanlus et Strophantine. — Les imprimeries d^Indiana il y a cinquante ans. — Bulletin 
de 1a Société française d'Hygiène : Purification des eaux domestiques (Imbs). — Imprégnation des tissus par pulvérisation (Band- 
SEPT). — La ladrerie des bêles bovines et le taenia inerme de Thomme (Alix). — Revue analytique et critique des publications pèri(>diques 



d'tijgîènc [Annai.es. — Rbvue). 



Paris, ce 19 Janvier 1888, 

Res Parisienses. 

ANNUAIRE STATISTIQUE D8 LA VILLE DE PARIS 

Vl"^ année 1885 (1). 

Nous veûoiis de lire, avec autant (inattention que de 
profit, le sixième volume (année 1885) publié par le 
Service de la statistique municipale (D*^ Jacques Bertillon, 
chef des travaux statistiques). 

La première partie comprend les chapitres : Météoro- 
lojTie — Voie publique — Eaux — Navigation — Égouts — 
Asâainisïieoient di\ Paris. 

La deuxième est consacrée à la Démographie. 

La troisième, sOus le titre générique de Variétés, ren- 
ferme d utiles renseignements sur les Finances de la Ville : 
rOctroi, lûs Denrt^s et objets de consommation, les Abat- 
toirs, le Laboratoire municipal, les Inhumations et pompes 
Tunèbres, l'Ëdairage,, la Circulation avec ses différents 
moyens de transport, TËnseignement, l'Assistance publi- 
que, la Protection des enfants, les Logements insalubres, 
les Prisons de la Seine, les Incendies, etc... 

Comme pour les précédents Annuaires, nous viserons 
plus particulièrement dans cet article la Démographie; 
en nous abstenant des observations*et critiques que nous 
avioQS formulées en janvier 1887 (2), au sujet du peu de 
concordance qui existe parfois entre les Bulletins hebdo- 

( 1 > 1 f oJ . grand m-8' de850 pages. Imprimerie municipale, Paris, 1887. 
[t] Voir Jùutnat dUygiène, vol. XII, p. 25 et 32. 



madaires de la statistique municipale, et VAnntiaire pour 
la même période publié longtemps après. 

La correspondance courtoise que nous avons échangée, 
à ce moment, avec M. le D<^ Jacques Bertillon, nous a dé- 
montré que le Service de la statistique avait toujours à 
compter avec certaines négligences des Mairies d*arron- 
dissements, et avec certaines lacunes des Bulletins de 
mariages, de naissances et de décès. 

Dans ces conditions, en regard des chiffres donnés par. 
l'Annuaire pour Tannée 1885, nous placerons ceux qui 
figuraient dans notre Bulletin démographique pour cette 
même année (1). — Disons de suite que le plus souvent 
les différences sont de peu d'importance. 

I 

L'introduction à la Démographie débute par une étude 
assez étendue de M. J. Bertillon sur le Divorce à Paris. Ce 
document sera plus précieux pour l'avepir qu'instructif 
pour le présent. En effet, sur les 1,242 divorces pronon- 
cés par les maires de Paris en 188o, la presque totalité 
(1121) avaient été précédés d'un jugement en séparation 
de corps. Il faudra donc attendre une plus longue période 
d'observations pour établir « que les règles statistiques 
qui concernent le divorce {et qui montrent so'ii innocuité 
au 'point de vue social), paraissent devoir se vérifier à 
Paris avant peu de temps. » 

Mariages. — En 1885, le nombre des mariages a été de 
20,265, soit une moyenne mensuelle de 1 ,689. Les mois qui 
en ont compté le plus sont ceux d'avril et de mai (2,023). 

(1) Voir Journal d'Hygiène, vol. XI, p. 56. 



FEUILLETON 



La Science (^). 

t ... Ce résultat nous montre que l'importance de la 
Science est comprise chaque jour davantage dans notre 
cher pays. Souhaitons que ce sentiment se développe de 
plus en plus. N'était-ii pas à craindre, en effet. Messieurs, 
que ces hautes études, honneur, il est vrai, de l'esprit 
liumain, mais aussi apanage d'une bien petite élite dans 
raocienne société, disparussent ou tout au moins s'amoin- 
drissent considérablement, au milieu des transformations 
sociales si profondes que nous avons éprouvées? 

il l>e Ja reiuaniuable allocution prononcée par M. Janssen à la 
^eanci^ piLb[îi]ue anniielle de TAcadémie des Sciences, nous sommes 
leureiix d'eitratrs les paragraphes qui assignent à la Science, son 
oiiKHijiticiâ. &a vakur et ses destinées. 

D' J. M. C. 



» Heureusement, les sciences, et en particulier les scien- 
ces mathématiques et physiques, qui ont jeté tant d'éclat 
sur les XVII® et xvni* siècles, ont en même temps préparé 
les applications merveilleuses du xix®. 

» Oui, ce sont les Galilée, les Descartes, les Leibnitz, 
les Newton, les Huygens, les d'Alembert, les Lavoisier, 
les Volta, les Lagrange et les Laplace qui ont ouvert la 
carrière aux Papin, aux Watt, aux Ampère, aux Morse, 
aux Stephenson, aux Bréguet, et à tous les grands ingé- 
nieurs de notre siècle. Supprimez, les premiers, et les 
seconds s'agitent dans le vide. 

ï) Les merveilles du xix« siècle ont leur origine et leur 
source dans les travaux des siècles précédents, comme les 
fruits d'un arbre ont leurs principes dans les racines qui 
plongent dans les profondeurs du sol. 

» Il existe, il est vrai, une école qui, tout en rendant 
hommage à l'importance de ces grands résultats, voudrait 
qu'en dirigeât l'étude de la Science uniquement en vip 
de ses applications. - ^ ç^ 




JOURNAL 



La moyenne annuelle des mariages pendant les dix der- 
nières années est de 19,581* {Notre tableau pour I880 
portait le chiffre de 2a,tj93,) 

^^msmnces. — Le chiffre deg naissances pour 1885 est 
de 61,400 dont 68*098 domiciliés à Paris, soit une propor- 
tion deS68,3 pojr 10,000 habitants, ou de 26,83 0/00. 
(Notre tableau indiquait 6â,3!20 naissances.) 

Marines. — Le chilFre des mort- nés pour 1885 a été 
en réalité de 47*^0 (au lieu de 4,833 indiquées d'après les 
bullelins hebdomadaires), 

Décès. - Ils se sont élevés en 1883 à 54,616, soit 150 
par jour* La moyenne des dix dernières années est éva- 
luée à 32,749, &oit 142 par jour. (Notre tableau portait 
53,891 décès.) 

Le mois de l'année le plus meurtrier a été celui de jan- 
vier avec 5j4iî4 décès ; le moins meurtrier celui de sep- 
tembre avec H,813 décès. 

Va tableau spécial donne les décès en 1885 par groupes 
(i'âgps, et lour rapport à la population recensée en 1881, 
soit 2,239,928 habitanLs. Le rapport des décès à la popula- 
tion, ou pour 1000 iadi vidus combien de décès, est de24,4. 

Enregistrons maintenant les chiffres que donne l'An- 
nuaire de 1885 pour les décès par principales maladies 
(chiffres qui concordtîot, à quelques unités près, avec 
ceux que nous avonâ déjà publiés dans notre bulletin.) 

•iCto FIOPORTIOll 

pMr 1I,NI kablt. 

Phtisie pulmonaire. . , . 10,163 45.37 

Fièvre typhoïde 1,412 6.30 

Variole , . 194 0.86 

Rougeole 1,564 6.98 

Scwdatine 198 0.88 

Diphtérie et croup . > , . 1,786 3.01 

Rage , , , 10 . 0.04 

L'étude du mouvement des hôpitaux de Paris, pour ce 
f[ui concerne la phlisiu^ la fièvre typhoïde et la syphilis, 
donne lieu aux rapprocliemeuts suivants: 

PhUsie: "^ ''i''' 

Hommes 2,662 2,464 

Femmes - 1,585 1,220 

Garçons. ...,..,- 66 33 

Ftllea 54 39 

Total . . . 4,367 3,762 



D'HYGIÈNE 

Fièvre typhoïde : 

Hommes 1,210 233 

Femmes 746 143 

Garçons \Wl 27 

Filles 124 22 

Total . . . 2,237 425 
Syphilis : 

Hommes 2,066 12 

Femmes J,585 7 

Garçons 66 -27 

FUles 54 J6 

Total . . . 3,371 ^ 

Le chapitre Suicides mérite une mention spéciale : 
En 1885 on a compté 817 suicides (632 hommes et 

185 femmes). Envisagés au point de vue de leur état civil, 

ils sont ainsi répartis : 

Célibataires 271 

Mariés : 354 

Veufs 149 

Inconnus 43 

Total . . . "Wl 

Sous le rapport de Tâgc on a pour les diverses périodes 
les chiffres suivants. 

de à 15 ans 5 soicidw. 

de 16 à 25 - 80 — 

de 26 à 40 — 205 — 

de 41 à 60 - 361 - 

de 61 et au delà . 166 — 

Total .... 817 — 

Le genre de mort est ainsi énoncé : 

Par poison 45 — 

— asphyxie 157 — 

— strangulation 13 — 

— pendaison 276 — 

— submersion 125 — 

— armes à feu 133 — 

— instruments tranchants .... 20 — 

— précipitation d'un lieu élevé . . 43 — 

— écrasement 7 — 

Total . . . 817 

II 

Nous allons emprunter à la 3™® partie du volume 
{Variétés) quelques renseignements qui nous paraissent 
de nature à intéresser nos chers lecteurs. 



» Ce serait là, Messieurs, Terreur la plus funeste que 
l'on pût oximmetlre. La Science, comme l'Art, ne donne 
ses hautes faveurs qu'à ceux qui la culti ent pour elle- 
même^ et encore, à quel prix les donne-t-elle? 

j9 L'histoire nous montre, en effet, de quels efforts, de 
quels tabeui^, et de quelle dépense de génie la Science 
fait payer ces rares présents qu'on appelle les grandes 
découvertes. Souvent des vies entières se succèdent et se 
consument avant que le but soit atteint. Il a fallu Coper- 
nic, Tycho-Brahé, Kepler et Galilée pour préparer New- 
ton ^ et Lavoisier résume les efforts des siècles qui l'ont 
précédé. 

f Sans doute, qu'importe le sacrifice de ces grandes 
vies, si le but sublime est atteint ! Elles sont payées de la 
gloire, et rhumanité herile de la vérité et des conséquent 
ce.s fécondes qui en découlent. Mais croire que l'on peut 
user de ces conséquences sans jamais renouveler la source 
d'eu elles émanent, ce serait, pour continuer l'image de 
tout à rheure, s'imaginer pouvoir cueillir indéfiniment 



les fruits d'un arbre sans lui fournir de principes répara- 
teurs. 

» Une science cultivée uniquement en vue des applica- 
tions tomberait bientôt en décadence; et cette décadence 
serait même' si rapide que celte science, abaissée, ne don- 
nerait bientôt plus aucun de ces fruits d'utilité immédiate 
qu'on attendait d'elle. 

» Il tant bien le savoir ; alors môme qu'on ne voudrait 
voir dans la Science qu'un admirable instrument mis entre 
nos mains pour dompter les forces de la nature et en 
faire de dociles serviteurs, et qu'on n'estimerait que les 
résultats d'utiUté matérielle qu'elle peut donner, on de- 
vrait encore; dans l'intérêt même de la grandeur et de la 
perpétuité de ses résultats, cultiver une haute science théo- 
rique. 

» Mais la question est encore plus haute, puisque la 
culture de la science touche aux intérêts de la grandeur 
intellectuelle et morale de Thomme, c'est-à-dire aux 
intérêts qui doivent primer tous les autres. ^ 



JOURNAL D'HYGfÈNB 



m 



Logemenls imalubreis. — Le nombre des affaires sou- 
ini&fïâ à la ComniîdiîiûG des Jogemeûts losaJubrcs 5'es( étové 
à 960 ainsi réparties 

Terminées par la Commis^sion ..,..- I8i 

Soumises au Conseil nmnicîpaï 658 

Pourvois dovaDt le Conseil de préfecture • 35 
Contraventions déléréessaux Jrinunauxcor- 

rectioûaelâ 83 

Total. . . 9fiQ _ 

Ètabiissements (Teanx minh-aleit, — Les Médecins 
inspecteurs du service oat visité eo 1883 : 

i'Hè fabriques d'eaux de Seltz et de limouades 

gazeuzes, 
et t,41>^> déi»ôLs d'eaux mioérates (de toutes catégoriea 
françaises et étrangères, 

Total i^iitH établissements» 

(Ce chinVe dépasse 1,900, en 1887). 

Garnis, — Le service des ffarnis établit ainsi, au 1^' jan- 
vier et au 31 décembre 188.*!, le nombre des garnis et des 
locataires dans les vingt arroodissements de Paris, 

^" Janvier ,'ii décembn^ 

iT/nT^ooIsài H^m^m^ 

prisons civiles de la Seine, — Voici d'abord Féiiumé^ 
ration dos élabiissemenls pénitenciers, avec le nombre 
des prisonniers (des deux saxes) qui y ont i*\é renfermés 
en 1883 : bmiis ruiti 

Dépôt de la Prétecture de Police . 43,936 t\ ^548 

Maisons d'arrêt et de correction 
cellulaires (Mazas), , , « . . 7,f)G7 

U Santé ,,...-...,. \%^m (t) 

Maison de correction (Sain te- Péla- 
gie), , 7,098 

Maison d'arrêt et do correction 
(Saint-Lazare) 10,907 

Maison de justice (Conciergerie), 4, M 3 

DépAt des cundaninés (Grande- 
Roquette) , . . . • 2,706 

Maison d'éducation correctionnelle 
(Petite Roquette). .,.,.. 1,843 3 

(1 ) Les mt>yeDneiî journalières lie popalaiioo sunt |M>ur Maïas de 



La population des prisons de la Seine, répartie en 1885 
d'après les trois régimes en vigueurdanscesétablissemeaLs, 
donne les chiffres suivants : 

liti^jme en commun et isolé 8i,02! (dont 28,8^ '"* ^^^) 
Régime cellulaire 30,993 (dont 3,635 «w tkm) 

La maison de répression à^Saini-Dmis{i) a reçu 4,333 
personnes. 

Mendiants libérés i ,645 dout 266 femmes 

Détenus par mesure admi- 
nistrative 1,898 dont i^'ift femmes 

Reclus en hospitalité, - . - 810 dont 276 femmes 

Le dépôt de mendicité de la li>eine établi à ViliersCoi- 
lereia (Aisne) a reçu 1,146 reclus dont 099 hommes et 
417 femmes. 

Identification. — Le service d'identiiication de la Pré- 
fecture de Police, dirigé par M. Alphonse Bertillon, prend 
de jour en jour plus d'extension et plus d'importance. 

Voici l'état numérique par noms, par âge, par natio- 
nalité, des sigoalemenls anthropométriques relevés en 
1883. 

Individus reconnus pour avoir été mesu- 
rés antér ie u reme n l s ous u n au tre nom 4i4 

Individus reconnus pour avoir été mesu- 
rés antérieurement sous le même nom 4, 040 

Mesurés pour la première fois .... 10,Fj01 

Total, . / . 14,965 
Par âge : " 

De 16 à 18 ans. 1,397 

18 à 21 ans. • - . 2,«26 

25 à 30 ans % . , . 2,497 

30 a 45 ans 4,152 

Par nationalité: 

Français ,....,,.,..*,. 13,761 
Etrangers 1,305 

m 

Terminons cette rapide analyse par quelques détails sur 
le Service médical de nuit, les Enfants assistés, et TAssis- 
lance publique. 

Sernic^ médical de nuit. — Notre dévoué collègue et 

1,008 et pour la Sonté de 1,217, alors qne oelUï derojêre n'esi coa- 
s t mi le que pour recevoir IDIX) priaonnier*. 
(1) Ctîtie maiaoQ sera bientôt r^ra placée par ceUe de Nanlerre. 



» Élevons donc la voix. Qui plus que TAcadémie des 
Sciences, a le droit eL le devoir de le fairtî ? eïevons la voii 
pour proclamer des vérités si importantes et si nécessaires. 
Que ces vérités soient entendues de tous ceux qui peuvent 
apporter une pierre h rédîfice. Tout d'abord, de ceux qui 
siègent dans les cooseils de ja nation et qui ont charge 
de l'avenir et de la grandeur de la France; puis des 
citoyens a Time grande et généreuse, comme nos dona- 
teurs qui veulent le bien rie ieur pays; enHn, de notre 
admirable jeunesse qui clmrche une carrière à son acti- 
vité et à ses tilleuls. 

û La France ji'a-t-illo pas aussi, â cet égard, des obli- 
gations plus pressantes et idus directes enœre qu'aucune 
autre nation ? i\' v a-l-il pas plus de dix siècles que notre 
pays est créancier du monde par les Sciences et les 
Lettres? 

» Or, Messieurs, j'en ni le sur presstujtiment, la Science 
est appelée h jouer le rôle prépondérant dans h monde 
qui se prépare acluellement. Ne perdons pas notre rang. 



redoublons d*efforts, il y va, non seulement de notre in- 
fluence et de notre gloire, mais peut-être de notre exis- 
tence et de notre raison d'être dans le concert des na- 

^^'^^ ' Jawssbn 

^^^^^^ (de llnslitut). 



Le Cannet» prés Cannes. 

NOTJCIÎ CimATOLO^ilÛlIR {1) 

Parmi les nombreuses stations hivernales qui sillonneni 
le littoral méditermuéen, et où les étrangers du monde 
entier accourent chaque aimée, pour retremper au doux 
soleil du Midi leur constitution atlUibne ou retrouver la 
sanlé perdue, il lUi i*si une qui, malgré la modestie de ses 
apparences, mérite cependan t à tout égard, d'être signalée 
h ï attention des praticiens. Je vt;ux parler du Cannet^près 
Cannes; je me propose d'énumérer brièvement dans cettf 

( 1) Noie présentée à la Société d'hjgiiM daos la séimce de Du mem- 
bre 1887. 



i8 



JOURNAL D'HYGIËNE 



ami k D' Pâs^ot, après avoir pris rinitiative de la créa- 
tion de cet important service, s'était imposé Tobligation, 
toute gracieuse, d'en établir la statistique trimestrielle et 
annuelle. Nous regrettons de ne pas trouver son nom 
dans TAnnuaire, 

Nos lecteurs savent que le service est assuré dans les 
30 arrondissements de Paris par 608 médecins et 356 sa- 
ges-femmes. Il fonctionne, suivant la saison, de 10 et If 
heures du soir jusqu'à 7 etO'heures du matin. 

En 1H85 le chiffre des visites s'est élevé à 7,494. 

Hommes . •• 2,441 

Femmes 3,895 

Enfants 1,158 

Le service est en progression depuis son organisation. 

1877. 2"^' année .... 3,312 visites de nuit 

iSiiO. 5«^* année .... 6,341 

1883, 8"^* année .... 6,895 

■ 1885, 10" année .... 7,494 

Enfants assUlé^, hospice dépositaire, — Le nombre 
total des enfants de toutes les catégories, admis à l'hospice 
dépositaire des enfants assistés de la Seine pendant l'an- 
née 1885, a été de 12,003, soit: 

Enfants assistés 3,772 

Enfants secourus en nourrice ..... 105 
Dépôt des eafants moralement aban- 
donnés 8,126 

Le nombre des secours de toute nature accordés en 
1883 a été de 34,539 (dont 33,871 pour secours) avec con- 
dition d'allaitement; en argent et en layettes. 

Le mouvement de la population des enfants assistés 
du département de la Seine pendant l'année 1885 se 
décompose ainsi : 

l"* Enfants à la pension d'un jour à 
1:î ans existant au 31 décembre 1884 16,127 

t^ Enfanta envoyés dans le cours de 
Tannée 1,874 

3" Knfants envoyés dans divers place- 
ments, , 1,201 

Total 19,202 

Assistance publique. — Le nombre des élablissements 
liospitaliors de toute nature dépendant de l'administra- 
tion générale s'élève à 25 (hôpitaux généraux et spéciaux, 
maisons do santé). 



Population d'après les rapports officiels pour l'année 
^^^ • mvm miicB 

DB M ÂDBCINB DK CHUOROIK 

Malades au 1** janvier 7,239 2,215 

Malades entrés pendant Tannée . 86,643 27,649 

Malades sortis 73,582 25,977 

Malades morts 12,721 1,604 

Malades restant au 31 décembre . 7,548 2,206 

Le nombre total des journées de malades pour les ser<- 
vices de médecine a été de 

2,762,461 
et pour les services de chirurgie, de 
853,275. 
Population des hospices, maisons de retraite et hospices 
fondés (aliénés, vieillards, infirmes, enfants et malades 
des asiles temporaires). 

Existant le premier jour de Tannée . . 10,674 

Entrés par admission 7,033 

Sortis 5,042 

Décédés 1,798 

Restant le 31 décembre 10,897 

La population indigente de Paris au 31 décembre 1884 
s'élève pour les 20 arrondissements, à 144,864 formant 
54,449 ménages. 

Voici leur répartition par arrondissement (plus et 
moins) : 

XX« (Belleville, Saint-Fargeau, Père- 
Lacnaise, Charonne) 18,842 

XIX« (La Villette, Pont-de-Flandre, 
Amérique, Combat) 15,038 

Xl« (Folie-Méricourt, Saint- Ambroise, 
Roquette, Sainte-Marguerite). . . . 15,600 

XVIU» (Grande-Carrière, Clignancourt, 
Goutte-d'Or, La ChapeUe) 14,182 

II^' (Gaillon, Vivienne, Mail, Bonne- 
Nouvelle) 1,85 

Vin« (Champs-Elysées, Roule, Made- 
leine, Europe) 1,816 

l®"" (Saint-Germain TAuxerrois, Halles, 
Palais-Royal, Place- Vendôme) . . . . 1,592 

Le nombre des malades inscrits au traitement à domi- 
cile (indigents et nécessiteux) était au 1®' janvier de 
78,946 (dont 13,546 logeant en garni). 



notice les cooditious topogr^hiques et climatolo^iques 
spéciales à cette charmante localité, à cet Éden privilégié. 

J'observerai tout d'abord que, si bon nombre de méde- 
cins i purent encore les avantages de cette station hiver- 
nale d'élite, il est juste de recounaitre que des praticiens 
éminents et des maîtres de la science ont su, au cours de 
ces vÎDgt-cinq dernières années, mettre en relief les ressour- 
ces incontestables que nous offre cette localité au point de 
vueclimatuthérapique. Les idées des divers auteurs fran- 
çais et étrangers qui ont écrit sur le Cannet étant concor- 
dantes, je citerai les principaux noms auxquels cette sta- 
tion est redevable de l'essor qu'elle commence à prendre 
aujourd'hui. Plus tard, dans un travail spécial, j'espère 
donner à ce sujet toute l'extension qu'il comporte. 

DiH l'année \Hol le séiour au Cannet de Rachel, l'illustre 
tragtMienne, avait éveillé, sur les faveurs exceptionnelles 
gue la nature a prodiguées à ce site merveilleux, l'attention 
des médecins qui donnèrent leurs derniers soins à cette 
artiste infortunée. 

En 1862, M. le D^dePietra Santa, dans ses savants rafH 
ports sur les Climats du midi de la France, reconnaissait 



que le Cannet représentait le type le plus parfait de la 
zone sédative ou des collines, et le nommait « le Madère 
de la France ». A dater de ce jour, MM. Gigot-Suard, Abel 
Rendu, Macé, N. Gueneau de Mussy, Behier, Buttura, de 
Valcourt, Carrière, Gavasse, Gruzu, etc., furent unanimes à 
constater que, pour les malades qu'il faut calmer sans les 
affaiblir, on doit préférablement choisir le Cannet comme 
réunissant en somme tous les avantages des stations 
connues sans en présenter les inconvénients; 

Ces avantages, disons-le de suite, résident tous dans le 
climat qui est chaud, sec et tonique, et dans la température 

3 ni est sensiblement élevée, é^le et uniforme. Ôes con- 
itions sont directement liées à la topographie même du 
Cannet, qui s'étale en gracieux amphithéâtre à trois kilo- 
mètres au N. de Cannes sur une verdoyante colline demi- 
circulaire et au milieu de massifs embaumés d'orangers, 
d'oliviers, de pins, de chênes et de bruyères arborescentes. 
A l'Est, au Nord et à l'Ouest, une ceinture de collines 
boisées et aux contours pittoresques soustrait cette riante 
localité à l'influence directe des vents r^nants au Nord. 
Enfin au Sud, par une large ouverture, se déroule le pano- 



JOURNAL D'HYGIÈPŒ 



Jugés non malades à la première 

visite 1,697 » 

Maintenus en traitement 77,219 » 

Nombre de journées de maladie . 741,200 » 

Durée moyenne du traitement . . 9.39 

L*état des recettes brutes des théâtres et spectacles de 
Paris, dont un dixième est prélevé au profit de Tadmini- 
Btration de FAssistance publique, a été pour Tannée 188S, 
de 

26,327,141 francs. 

ly DE PisTRA Santa. 



L'Hygiène des Théâtres ('). 

Santé deg acteurs. — Les données sont généralement 
insuffisantes pour juger efficacement Tinflueiice que l'exis- 
tence artistique exerce sur la santé des acteurs. Le manque 
d'exercice en plein air, les répétitions pendant le jour, les 
fatigues de la soirée et de la nuit influent défavorablement 
sans doute sur le physique ; quant à leur manière d'occu- 
per leur esprit, elle varie suivant les habitudes et les goûts 
de chacun. Quoi qu'il en soit, une vie sagement réglée, 
avec une excitation modérée, permet de maintenir, même 
dans ces conditions anormales, un juste équilibre. La 
santé des gens de théâtre est, d'ailleurs, généralement 
satisfaisante, soit qu'ils se soient habitués de bonne heure 
k cette existence, soit qu'ils se soumettent à des règles 
d'hygiène particulière, qu'il serait trop long d'étudier en 
ce moment. 

Les statistiques de mortalité particulière afférente à la 
profession théâtrale nous paraissent difficiles à établir, une 
enquête de ce genre ayant peu de chance de donner des 
résultats suffisamment exacts. Il est permis de remarquer, 
cependant, d'après les données les plus généralement 
connues et admises, que la pratique de leur art ne paraît 
pas avoir développé une influence bien considérable sur 
la longévité des acteurs : nombre d'entre eux ont atteint 
un âge très avancé, et il serait presque impossible de 
démontrer que ceux morts jeunes auraient vécu plus long- 
temps s'ils avaient exercé toute autre profession. 

Les maladies les plus fréquentes chez les acteurs sont, 
par suite même des conditions de leur existence, lesaffeo- 

(1) Suite et fin^ voir le n* 590. 



tions du poumon, de la gorge et du larynx. Plus particu- 
lièrement disposés à passer subitement d'une température 
surchauffée à un froid intense, ils demeurent, à bon droit, 
sujets aux rhumes, aux bronchites et aux catarrhes. Leur 
vue s'affaiblit peut«être rapidement, par suite des incon- 
vénients multiples de l'éclairage des théâtres, quoique la 
myopie soit généralement exceptionnelle parmi eux. 
Quant au surmenage intellectuel causé par la saison 
théâtrale proprement dite, il ne semble exercer qu'une 
influence secondaire sur leur santé, les quelques semaines 
de repos qu'ils prennent annuellement pouvant amplement 
suffire à rétablir l'équilibre de l'organisme surexcité. 

Influences morales. —L'influence morale que le théâtre 
exerce sur les acteurs est certaine,et se retrouve chez eux 
au même point que chez toutes les autres personnes qui 
demeurent plus ou moins imbues des idées et des senti- 
ments particuliers à leur profession. L'acteur s'incarne 
pour ainsi dire dans ses rôles, et il arrive fatalement que 
les habitudes de la scène deviennent chez lui comme une 
seconde nature. Aussi apportent-ils dans la vie ordinaire 
les coutumes, le langage, la démarche, voire même les 
qualités et les défauts des personnages cpi'ils représentent 
en public; ils se reconnaissent par ce fait de prime abord, 
n'ayant pais su ou voulu se conserver un caractère d'in- 
dividualité. Cette règle, cependant, comme toutes les 
autres, présente quelques exceptions, mais il faut bien le 
dire, ce sont des exceptions. 

Influence du théâtre sur la santé. — Cette influence 
qu'on ne saurait nier, et que nous ne voulons pas négliger, 
quoique M. Walter Roth 1 ait involontairement passée sous 
silence, varie suivant les divers genres représentés, et nous 
ne saurions mieux la résumer que ne l'a fait notre distingué 
confrère, M. le IK E. Verrier : « La tragédie amène des 
douleurs de tête, des troubles de la vue. des étourdisse- 
ments, de l'anxiété, un certain malaise. La comédie pro- 
voque, au contraire, des effets différents; le franc rire 
éclate, la circulation devient plus active, le cœur bat 
plus fort, les yeux sont brillants, toutes nos fonctions 
sont surexcitées. L'opéra, s'il est mauvais, peut provo- 
quer les maux de tête ; s'il est bon, il favorise la digestion, 
la circulation et la respiration, rend les yeux plus vifs, 
le visage plus coloré, et le pouls plus actif. » 

Emploi des enfants sur la scène. — Malgré la sévérité 
des règlements, on ne tient pas assez la main à l'inter- 
diction absolue de la présence d'enfants sur les scènes 
théâtrales. Il y a là un grave danger pour la santé de ces 
jeunes existences, et les parents devraient être poursuivis 



rama le plus séduisant, et Ton embrasse d'un seul coup 
d'œil toute la vallée du Cannet, limitée à droite et à 
gauche par des collines mollement ondoyantes, derrière 
lesquelles se découpe comme àremporte-pièce,dansrazur 
d'un ciel presque toujours limpide, l'admirable chaîne de 
l'Estérel. Au bas de la vallée s asseoit la ville de Cannes 
se mirant dans la mer tranquille d'où émergent en touffes 
verdoyantes les lies de Lérins, au delà desquelles la vue se 
perd dans l'immensité de l'horizon méditerranéo-céleste. 
Ce tableau très raccourci permet néanmoins de déduire 
à priori les indications thérapeutiques relatives au Can- 
net, et pour les résumer en deux mots, nous dirons avec 
notre excellent ami, M. le D' Gruzu, que a le Caonet con- 
viendra particulièrement non seulement chaque fois qu'il 
Îf a suractivité du sy[stème nerveux, mais aussi chaque 
bis que cette suractivité atteint l'appareil circulatoire ; 
dans la phtisie éréthique, alors qu'il y a tendance aux 
hémoptysies, aux mouvements fébriles et dans toute pé- 
riode avancée de cette dernière affection. Les personnes 
atteintes de laryngite aiguë, tuberculeuse ou de toute 
autre nature, les rhumatisants, les herpétiques dont la 



peau fonctionne mal, les catarrheux et les bronchor- 
réiques dont la muqueuse sécrète à l'excès, se trouveront 
beaucoup mieux au Cannet que dans les autr(|^ zones du 
littoral. 9 Dans ces dernières en effet (Nice, Cannes, 
Saint-Raphaêl,Hyères,etc), dont la position topographigue 
laisse souvent à désirer, on rencontre, soit l'exposition 
aux vents froids d'Est et principalement de Nord-Ouest, 
qui amènent des changements brusques de la température, 
soit l'influence directe de la brise marine humide si pré- 
judiciable aux tempéraments nerveux et éréthiques. 

Comme complément à la question médico-pratique, 
j'ajouterai gue le Cannet, grâce à l'initiative privée, est 
aujourd'hui complètement transformé : de larges boule- 
vards le reliant à Cannes, des promenades séduisantes, et 
enfin tout ce qui a trait aux nécessités et à l'agrément de 
la vie matérielle, se trouve réuni au Cannet. 

Nous ne doutons pas oue le précieux concours de tous 
les praticiens qui, en denors ue toute idée spéculative ou 
de parti pris, tiendront à donner à leurs malades toutes les 
satisfactions que leur dicte la science, n'assure à cette 



JOURNAL D'HYGIÈNE 



^. 



t 



de ce chef pour cette exhibition malsaine. Aucun enfant 
ne devrait paraître sur un théâtre, sous quelque prétexte 
que ce soit, avant l'âge de quatorze ans. Ce n'est malheu- 
reusement pas toujours le cas. 

Puisque les enfants sont en question, que les mères de 
famille qui mènent leurs jeunes bébés au théâtre, con- 
trairement à toutes les règles du bon sens et aux principes 
les plus élémentaires de Thygiène, nous permettent de 
leur rappeler une appréciation charmante de celte fai- 
blesse maternelle faite par une jeune intéressée : ce sera 
notre mot de la fin. 

Mademoiselle Jeanne est conduite au théâtre par une 
mère trop indulgente, à l'occasion de ses quatre ans. 

— T'es-tu amusée? lui demande le lendemain son plus 
jeune frère. 

— Oui, répond la charmante enfant, mais comme on 
est mal pour dormir. 

Joseph DK PlETRA SaNTA. 



Revue des journaux allemands. 

LIS PÈLERINS MUSCLMANS DANS l'hEDJAZ 

Le délégué du Conseil international a envoyé deDjeddah, 
le 7 septembre dernier, son rapport sur la période de 
pèlerinage dans THedjaz. Aucun cas suspect de choléra 
n'a été constaté parmi les pèlerins. La plupart des décès 
ont été causés par des fièvres gastro-intestinales se rapr 
portant au type typhique.On notait déplus des symptômes 
nerveux et l'apparition fréquente de pétéchies. La mort 
était précédée de coma, et surprenait les malades quel- 
ques jours après l'invasion du mal. Trois heures après 
le décès, la température était encore très élevée. Le carac- 
tère épidémique de cette fièvre n'a pu être constaté. 

Le nombre des pèlerins s'est élevé à 140,000 environ, 
46,020 ont pris passage sur le bateau. Pendant les quinze 
jours qui oomprennenlles quatre jours de fêtes lechiffre des 
décès s'est élevé à 605. Ce même total n'était que de 304 
l'année précédente (publication de l'office impérial de 
Berlin, décembre 1887) 



EmpolBonaeBieBtii «^ufl^d par la vlaafle de boaeheiie 
à Mlddelboors (Pays-Ba») 

D'après un rapport, en date du 21 octobre 1887 {Neder- 
landsche Staats-Courant), on a signalé à Middelbourg, 
dans les derniers jours d'août, de nombreux cas d'em- 
poisonnement par usage de viandes malsaines: 35fr soldats, 
et 36 personnes appartenant à 13 familles ont été afifectés. 
Cette viande avait une couleur somlure, une odeur et une 
saveur étranges que la cuisson augmentait encore. Les 
symptômes morbides apparurent dans les 12 ou 48 heures 
qui suivirent l'ingestion de l'aliment suspect. Les mem- 
bres des familles atteintes qui, par une circonstance quel- 
conque, ne mangèrent pas de cette viande, furentépargnés. 

Les symptômes observés furent les suivants : pesanteur 
et douleurs stomacales, nausées, vomissements, douleurs 
abdominales, diarrhées, fièvre 39^, céphalalgie, bour- 
donnements, angoisse, sentiment de faiblesse, éblouis 
sements, vertiges, somnolence, langue sale, légère dila- 
tation de la pupille. Les accidents s'accroissaient réguliè- 
rement les jours suivants. Plusieurs des malades eurent 
une éruption d'exzéma fébrile qui couvrit les lèvres et 
marqua la fin du mal et de l'amaigrissement. Les recher- 
ches faites permirent d'élablir que la viande malsaine 
provenait d'une vache abattue le 28 août à la suite d'une 
fièvre septique survenue après la parturition. D'après 
les renseignements du vétérinaire cantonal, cette vache 
avait vêlé quelques jours avant le temps présumé. Rien 
d'anormal ne survint tout d'abord, mais peu après, l'ani- 
mal perdit l'appétit, la sécrétion du lait diminua et la 
maladie prit un caractère sérieux. La bête, abattue peu 
avant de succomber, achetée par un boucher fournis- 
seur de l'armée, fut envoyée secrètement à Middelbourg. 
Notons enfin que les cochons, chiens et chats apparte- 
nant aux possesseurs de la vache malade, qui avaient 
mangé les détritus de l'animal abattu, soufiHrent égale- 
ment d'accidents du côté du tube digestif. 
( Verof^eullichungen der kais. Gesundheitsamts) 28 décem 
bre 1887) 

VENTE ET CONTROLE DU LAIT A BERLIN 

Le D' Bischoff a fait ft la Société d'hygiène publique de 
Berlin une intéressante communication sur la vente et le 
contrôle du lait. Ce contrôle, à son avis, ne doit pas se 



■^ 



station naissanle un éclatant succès : tel est le vœu que 
nous soumettons à l'appréciation impartiale de nos con- 
frères de la Société Française d'Hygiène. 

g^^^^^—^^ D"^ Bekmondy. 

Strophantus et Strophantine. 

On trouve au Sénégal et au Gabon plusieurs variétés de 
strophantus, plus connues sous le nom d'inée. L'hispidus 
a été reconnu et classé par de CandoUe dans la famille des 
Apocynées (1). M. Bâillon l'a décrit dans ses monographies, 
comme une liane s'élevant aux plus grandes hauteurs. 

f^s voyngeurs nous avaient ap pris que les peuplades indi- 

( J ) « Famille des plantes dicotylédones, en majeure partie tropicale, 
coniDosee d arbres et d'arbrisseaux. Les «poçynées contiennent un grand 
nombre de plantes vénéneuses, on pourrait même dire que toutes le 
M>nt par quHqu'une de leur partie; en revanche il en est qui fournis- 
sent de précieux médicaments » (Ch. Naudin. Manuel de Caoclimateur ) 

Dans Touvroge récent. Venin et poison. M. A.Cootancb, au chapi- 
t-e : La Toxicité chez les Plantes, range les apocynées dans les fai 
végétales formées d'espèces toutes toxiques. 



gènes emploient l'inée comtne poison d*épreuve et pour 
empoisonner leurs flèches. 

Dès 188S, Pelikanet Vulpian, dans une note présentée à 
l'Académie des sciences, étudiaient les propriétés physio- 
logiques du strophantus. 

En 1869, le professeur Fraser faisait à la Société royale 
d'Edimbourg sa première communication sur ce sujet, 
qu'il a repris récemment avec succès (1885). Ses expéri- 
mentations cliniques l'ont conduit à classer ce médicament 
parmi les toniques du cœur. 

Dans des communications faites à la Société de Thé- 
rapeutique età la Société de Médecine pratique, notre savant 
collègue de la Société d'hygiène, M. A. Catilioii, a rendu 
compte das recherches et analyses qu'il poursuit depuis 
quelque temps, comme contribution à l'étude pharmaco- 
logique et chimique de l'extrait de strophantus et de laslro- 
pbantine cristallisée. 

Les doses thérapeutiques de ce nouveau médicament 
ont été dès lors établies avec précision par MM. Dujardiu 



JOURNAL D'HYGIENE 



31 



faire suivant uoe règle uaiforme et uaique pour toute 
l'AiLemagiie. La compoailion du lait normal varie ea effet 
Suivant les régions, et la surveillance de la vente doit en 
jtftre laissée aux polices locales. Après avoir fixé les con- 
ditions qu'on doit exiger d'un lait de bonne qualité, l'ora- 
teur étudie la queâtiaû au point de vue spécial de Berlin. 

U divise le lait qu'on trouve dans le commerce berlinois 
en 3 catégories : i»* lait pur, 2<>lait écrémé, enfin 3® le 
demi- tait qui alimente la plus grande partie de la consom- 
mation. Le D' Bischoff plaide en faveur de cette troisième 
tat^orie qne l'on veut exclure du marché comme étant 
d'un contrôle trop difficile. 

Le Polheiprœ^kitum de Berlin propose les trois caté- 
gories de Jail suivantes : 

i^ Lait pur contenant au moins 3,7 de principes gras 
et ayant 1,0^ du poids spécifique; 

!âP Demi -la il contenant au moins 1,5 de principes gras 
et ayant 1,030 du poids spécifique; 

S^ Lait maigre contenant au moins 0,18 de principes 
gras et ayant l,03â du poids spécifique. 

La consommation du lait à Berlin s'élève à 400,000 
litres par jour; âOO litres sont journellement contrôlés par 
la police à l'aide des pèse-lait, puis envoyés, s'il est besoin, 
au laboratoire pour être complètement analysés. 

Suivant le 0^ BischolT, le contrôle de la police est suffi- 
sant, l'analyse chimiquo et la recherche du poids du 
beurre sont inutiles. 

Le professeur Orth pense que la distinction en deux 
catégories de lait est seule pratique; il est favorable à 
lanafyse quantitative (au point de vue du contenu en 
t>eurre) sans laquelle il est difficile de prononcer la confisca. 
tion. La manière de procéder des contrôleurs actuels ne pa- 
raît avoir soulevé aucune réclamation. Enfin, pour lui, 
un lait ne contenant qiie 1,5 0/0 de principes gras doit 
être qualifié lait maigre et non demi-lait comme le fait 
le D^ Bischoff. 

MM. Vasserfuhr et Frank estiment qu'on ne peut ex- 
clure le lait maigre du marché, et en priver la population 
pauvre. Quant aux caractères et limites à assigner aux 
différentes catégories de lait, ils croient bon de recourir 
aux lumières d'un chimiste expérimenté. 
(CeniralhlaU fur ailg. gemndheitpftege 4887, n« 44,) 



LES MICROORGANISMES DANS LES DIFFÉRENTES COUCHES DU SOL 

Recherches faites à r Institut d* Hygiène de Berlin 
par Karl FrankeL 

Le travail du bactériologue allemand a eu pour but la 
constatation qualitative et quantitative des bacléries dans 
les différentes couches du sol et principalement du sol 
non foulé par l'homme, du sol vierge. A cet effet, l'expé- 
rimentateur a fait construire un instrument qui lui a 
permis d'aller puiser, à diverses profondeurs, les échantil- 
lons de terre à analyser. Le dispositif instrumental permet 
d'assurer que la terre, objet des recherches, a été rapportée 
dans l'état de la plus complète et la plus parfaite intégrité. 
La partie principale de la sonde imaginée est formée d'une 
cavité ovoïde de 12 centimètres sur 3 centimètres et demi, 
évidée, creusée dans l'axe de l'instrument et protégée pen- 
dant le forage par un opercule qui peut s'ouvrir à volonté. 
Dès qu'on est arrivé à la profondeur voulue, le glissement 
de l'opercule permet le remplissage de la cavité ad hoc^ 
opération qui se fait pour ainsi dire spontanément par 
suite du mouvement de rotation imprimé à la sonde. 

Les cultures faites à l'aide de ces échantillons de terre 
sur la gélatine liquide ont permis à l'auteur d'établir les 
faits suivants : 

La surface du sol non foulé, non remué, vierge de tout 
contact humain, est constamment riche en microorga- 
nismes. Les genres décroissent en raison de la profondeur 
(les expériences ont porté sur la terre des environs de 
Postdam et de Berlin). Cette décroissance delà quantité des 
microorganismes n'est pas toujours égale sur tous les 
points; mais à une profondeur de l'^.SiS, le nombre des 
microbes est en général 100 fois moins considérable qu'à 
la surface. Les points oii affleure la nappe souterraine sont 
très pauvres en germes, et le plus souvent ils en sonttota» 
lement dépourvus. 

Les germes pathogènes font absolument défaut sur les 
sols vierges; sur les sols habités on a trouvé les germes 
de l'œdème malin. 

(Deutsche med. Wœheuschrift, 1887, n® il.) 



D' Ch. SCHMIT. 



Beaumetz et Bacqnoy. Le premier affirme, dès mainte- 
nant, que le strophantus agit «comme tonique du cœur 
et comme diurétique chez les cardiaques.» 

Le second, dans son service de l'Hôtel-Dieu, emploie 
relirait de M, Catillon sous forme de granules de 1 mil- 
ligramme. 

t( Son action très nette, ajoute M. Bucquoy, est de sou- 
tenir le cœur en lui donnant de nouvelles forces. » 

La siruphantîne de Catillon s'administre en granules 
de 1/10 de milligramme. 

Si les maladies du cœur sont en progression arithmé- 
tique, on voit que les médicaments pour les combattre 
s'accroissent de jour en jour en progression géométrique! 

.^BS==Ba ^' ÉCHO. 

Les imprimenes d'Indjana il y a 50 anq. 

S'U est une branche d'industrie qui ait accompli un 
grand progrès^ c'est à coup sûr l'art de l'imprimeur. A 



voir le luxe des éditions actuelles, le nombre pour ainsi 
dire incalculable de journaux, de revues qui se publient 
chaque jour dans le monde entier, on ne peut se défendre 
d'un certain élonnement en lisant cette description d'une 
imprimerie il y a 50 ans ! Dans l'État dlndiana, les per- 
sonnes qui exercent l'état d'imprimeur ont un assorti- 
ment de caractères en bois. Quand la composition du 
journal est prête, les souscripteurs arrivent chacun avec 
une serviette blanche. La forme est tamponnée au moyen 
d'une certaine boue noirâtre et humide dont, heureuse- 
ment pour la littérature, le pays abonde, et, à l'aide d'un 
marteau on obtient sur chaque serviette un exemplaire 
du journal, avec lequel l'abonné se relire sans crainte 
d'avoir rien à démêler avec le timbre. 

Un peu d'eau et de savon fait justice plus lard desnoie- 
velles qui ont vieilli, et rendent à la serviette son premier 
lustre, et la disposent à recevoir les communications qui 
ont pénétré dans ces pays reculés. ^ m, ,>£ t. 



JOURNAL IKHYGIËNE 



1 



BULLETIN ANNUEL DE STATISTIQUE DÉMOGRAPHIQUE ET MÉDICALE (Paris). 



3issr 



TKimSSTKES 



4« 



TOTAL 



ANfféB 
1886 



MOUVEMENT DE LA POPULATION 



l 



1.266 
i.070 
1.140 
1-037 



4.513 



4.673 



NAISSANCES 



Hommes 



7.931 

7.564 
8.073 
7.657 



Femmes 



7.694 
7.359 
7.872 
7.459 



31.215 30.384 
61.609 



31.102 I 29.423 
61.034 



< 



4.801 
5.554 
.5.125 
5.039 



20.519 



20.423 



DÉCÈS 



Cas gén. 



13.929 
12.854 
11.387 
10.851 



Caszym. 



1.804 
1.717 
1.086 
1.098 



49.021 5.705 
54.726 



50.578 I 4.496 
55.074 



OBSERVATIONS MÉTÉOROLOGIQUES 



Moj«i»e 



759,2 
755,7 
756,1 
753,1 



756,0 



760 



TEMPËRATDRB 
MOYENNE 

Maxniu liniBOtt 



+9,1 

18,2 

22,7 

8,2 



14,5 



15,11 



-2,3 

8,1 

12,4 

2.5 



5,1 



8,6 



51 

■ 

z 



9 ■ 



85,8 
60,1 
57,9 
76,6 



70,4 



71,5 



puns 



luBlité 



mm 

31,5 
134,0 
158,7 
137,2 



461,4 



667,1 



OZONE 



Mojeiae 



milllgr. 



1 8 



¥ENT8 



Directioo 



E.N.E 

N.1/4N.E. 

O.N.O. 
0.1/4S.0. 



N.N.O. 



SSO.NE 



DÉCÈS PAR AGE 



Naissabce à 1 an. . . . 

1 à 5 ans . . . 

5 à 9 ans . . . 

9 i 20 ans . . . 

40 à 59 ans . . . 

au delà de 60 ans . . . 

Total 



8.769 

6.850 

3.292 

10.923 

12.220 

12.682 



54.726 



CAUSES aiNCIPALES DE DÉCÈS 



I. Maladies ztmotiqdes 

Variole 

Rouffeole 

Scarlaline 

Diphthépie 

Croup 

Fièvre typhoïde 

Fièvre puerpérale 

II. Maladibs:tubirculeusbs. 

Phtisie pulmonaire 

Méningite et carreau 

A reporter. 



416 

1.682 

231 

1.698 

1.454 
224 



10.333 
1.766 



17.804 



Report . • . 
IIL Maladies gAn. et SAisoNNièass 

Apoplexie eérébrale 

Bronchite et pneumonie .... 
Maladies organi(]ues du cœur. . 
Diarrhées entérites 

IV. Maladies violentes. 

Accidents 

Suicides 

V. Autres causes de Décès. 

Total . . . 



17.804 



2.404 
5.692 
3.066 
4.083 



655 

894 

20.128 



54.726 



TABLEAU COMPARATIF DÉCENNAL DE LA POPULATION ET DE LA MORTAUTÉ 

(Pour l'anaée 1887 : le taux de la mortalité est de u.to pour 1000 habitants.) 



J( Naissances 

-3< Mariages 

i;i Décès 

I Maladies zymotiques . . 
Phtisie pulmonaire . . . 
Bronchite et pneumonie. 
Autres causes 

Total oénéral des Dicàs. 



1878 



55.324 
18.278 
47.851 

3.812 

8.376 

7.698 

27.965 



1879 



56.482 
19.464 
49.461 



1880 



57.031 
15.431 
57.744 



1881 



60.582 
20.573 
56.865 



1882 



47.851 



4.234 

8.417 

8.041 

28.769 



49.461 



8.181 

8.944 

6.682 

33.937 



57.744 



7.147 

9.568 

5.809 

34.341 



56.865 



62.435 
21.634 
58.674 

7.817 

9.833 

5.794 

35.230 



1883 



58.674 



64.337 
20.659 
56.616 

5.693 
10.695 

5.792 
34.436 



1884 



56.616 



63.060 
20.424 
55.555 

5.746 
10.653 

5.105 
34.051 



1885 



55.555 



62.320 
20.693 
53.891 

5.419 
10.092 

5.743 
32.637 



1888 



53.891 



61.034 
20.423 
55.074 

4.541 

9.856 

6.673 

33.768 



1887 



55.074 



61.609 
20.519 
54.726 

5.705 

10.333 

5.692 



54.726 



N. B. Les chiffres du présent tableau ont été établis d'après « Les tableaux mensuels de statistique de la ville de Paris » 
(janvier à septembre), et pour les trois derniers mois d'après les Bulletins hebdomadaires. Comme ces résultats subiront quel- 
ques modifications (de contrôle et de révision) ils ne doivent être considérés que comme très approximatifs. 

Pendant que nous avons trouvé pour le taux de mortalité annuelle en 1887, le chiff're 24,20 pour 1,000 habitants, M. Ber- 
tillon, dans le Bulletin hebdomadaire de la 52<» semaine, révalue à 23,41 0/00. La différence doit provenir nécessairement du 
fait de prendre pour base, tantôt la population du dernier recensement, tantôt celle plus précise de la population calculée. 

On voit par le tableau ci-dessus que, d'une manière générale, il y a eu en 1887 (comparé à 1886) moins de mort-nés et 
moins de décès, plus de mariages et plus de naissances. 

Le tableau des observations météorologiques a été dressé par M. Ferdinand Marié-Davy. Nous publierons prochainement 
dans le Bulletin de la Société, la communication faite à ce sujet par M. Marié-Davy notre cher Président./^^^^^T^ 



JOURNAL O'HYGIËNE 



33 



BULLETIN DE LA SOCIÉTÉ FRANÇAISE D'HYGIÈNE 



[ 



L 



Purification des Eaux domestiques (^). 

La purificalion des eaux domestiques est une opération 
très utile, car un certain nombre de maladies graves nous 
semblent causées par les microbes que renferment ces 
eaux> On peut classer en trois catégories les moyens em- 
ployés pour faire cette purification. 

t<* Les filtres qui, par un obstacle, empêchent le passage 
des microbes. 

^ Les appareils chauffant Feau jusqu'à Tébullition pour 
détruire les microbes nocifs. 

3* Lm appareils cuisant Teau, sous pression, et à haute 
température, pour détruire tous les microbes. 
. Je mtî propose d'examiner ces différents moyens. 

I. ^ Parlfication de l'eau par les filtres. 

Les filtres servent généralement pour débarrasser les 
eaux des matières en suspension et visibles; ils peuvent, 
en pareil cas, fonctionner sans pression et dans des con- 
ditk>ns d'entretien et de réparations faciles. Il n'en est 
pas de môme, quand il s'agit d'enlever de l'eau, des orga- 
nismes infiniment petits, car il faut alors que les inter- 
s atlea laissés par le filtre, pour le passage des eaux, soient 
eux-mêmes infiniment petits, et, par conséquent, qu'une 
pression force l'eau à passer. Quelle est la limite de poro- 
sité des filtres à laquelle il faut s'arrêter pour cela? Il est 
érident que cette porosité doit varier suivant les pressions 
et diminuer à mesure que la pression augmente. Il faut, 
en outre, que le filtre soit d'un nettoyage facile et d'une 
solidité à toute épreuve. 

£d effet, le fonctionnement du filtre cesse, s'il y a 
obstniclion des pores et, d'un autre côté, le filtre lui-même 
devient un danger considérable s'il y a une fissure. Il est 
évident que puisque le filtre empêche les microbes de 
passer^ il les accumule, il y a donc accumulation des 
microbes de toutes sortes sur le côt é extérieur du filtre et 
s'il y a rupture de ce barrage, il passera, à un moment 
donné, une quantité considérable de microbes; or, l'infec- 
tion des eaux est une question de nombre d'organismes 
nocifs* Un fiUre fragile présente, par conséquent, un véri- 
table danger. 

C'est là une critique que je me permettrai de faire au 
sujet des filtres Chamberland appelés filtres Pasteur. Ussont 
composés d*un tube de porcelaine; or, la porcelaine n'a 
pas une porosité fixe; de plus on ne peut faire varier cette 
porosité, sut%'ant les pressions; il faut à ces tubes une 
opération de stérilisation très délicate et enfin, ils sont 
esseotielîùuitjnt fragiles. Une fissure peut se produire dans 
le liftre. sans signe extérieur, et, dans ce cas, le danger 
dJuler lion des eaux, loin d'être évité, est considérable- 
ment augmenté. 

Le système suivi par MM. Carré et fils me semble bien 
plus sur : il consiste à envelopper un tube métallique 
percé de trous nombreux, par un tissu de soie décreusée 
très fin et que l'on superpose par un enroulement gradué, 
suivant la pressiou. La soie étant imputrescible ne s'altère 

il; CommuDicution faite à la Société dans la séance du 11 novembre 
11^, 



pas; sa résistance est constante. Dans le filtre Carré, il y 
a deux filtrages ; le premier enlève le gros des matières 
en suspension; le filtre de soie qui vient ensuite ne laisse 
pas passer les microbes. Il y a là un appareil bien raisonné 
pratique et rendant de réels services. 

Il, — Puriflcation de l'eau par le chavffageo 

La pression nécessaire pour faire passer Teau à travers 
des pores infiniment petits, n'existe pas dans beaucoup de 
circonstances; il faut un autre moyen réalisable partout. 

Le chauffage de l'eau n'allant que jusqu'au point 
d'ébullition est une opération facile et qui peut se faire 
partout. Par ce moyen, on réalise un résultat pratiquement 
très bon qui consiste à détruire les microbes nocifs. Les 
explorateurs qui s'astreignent à faire bouillir leur eau s'en 
trouvent bien. 

HM. Chennevière et fils ont construit un appareil simple 
et pratique, qui réalise très convenablement l'opération 
ainsi comprise. L'air et l'acide carbonique, tout en étant 
portés, en même temps que l'eau, à une température suf- 
fisante pour détruire les microbes, sont maintenus dans 
l'appareil et sont ensuite facilement mélangés daos l'eau, 
en agitant l'appareil. Une disposition simple permet un 
refroidissement rapide. Cet appareil peut être utilisé par- 
tout, dans toutes les villes, quelle que soit la pression de 
l'eau, à la campagne, dans les voyages. 

III* — Traitement de l'eau par eulssou, sous pression* 

M. Charles Te Hier, inventeur distingué et connu par ses 
remarquables travaux, traite l'eau à une température de 
110 degrés au moins, dans une sorte d'autoclave. A cette 
température, tous les microbes possibles, les nocifs comme 
les inoffensifs, sont radicalement détruits. — Le résultat 
est complet et cet appareil peut rendre de grands services 
partout où on peut, sans inconvénients, employer un 
appareil fonctionnant avec pression, 

kn résumé, il me semble que les trois appareils dont il 
vient d'être question, l'appareil Carré, l'appareil Chenne- 
vière et l'appareil Tellier, peuvent être employés utilement 
chacun dans des circonstances différentes. 

Dans les installations où il y a une pression d'eau 
suffisante, le filtre Carré peut convenir parfaitement. 

L'appareil Chennevière peut servir partout où il n'y a 
pas pression. 

L'appareil Tellier sera employé convenablement dans 
les hôpitaux, les fabriques où il y a une infection dan- 
gereuse et où l'appareil peut être utilement surveillé. 

Ce classement n'est pas absolu ; je ne donne qu'une 
indication, avec le conseil, quel que soit celui des appareils 
choisis, de purifier toujours l'eau destinée aux usages 
domestiques. .^^,,^^^^,^,^^,,^,^^ Ibibs. 

Imprégnation des tissus par pulvérisation {*). 

Le moyen ordinairement employé pour effectuer l'in- 
corporation de certaines substances dans d'autres matières, 

(1) Noie transioise aa Secrétariat par M. ringénieur A. Bandsept de 
Bruxehes. 



34 



JOURNAL ITHYGIËNE 



consiste à dissoudre ces substances dans un liquide 
quelconque et à les imprégner ensuite des produits de 
la dissolution. 

Dans ces conditions, l'eau servant de véhicule au& 
substances à incorporer pénètre graduellement dans les 
matières en traitement, après avt)ir chassé l'air renfermé 
dans les pores de celles-ci. 

Quoique cette opération puisse être accélérée en chauf- 
fant le bain, elle n'en reste pas moins incomplète, l'im- 
bibition des matières ne s'étendant, en général, qu'aux 
surfaces seulement. En eifet, l'eau, par suite de l'adhé- 
rence de ses molécules, ne possède pas une force de péné- 
tration assez grande pour que la solution s'introduise 
dans les moindres interstices de la matière exposée à 
son action. Les molécules des substances se répandent 
bien dans le corps, mais elles ne sauraient en pénétrer 
intimement la structure. 

Le procédé nouveau constitue un profcrès maniuant 
dans le mode d'incorporation d'une substance quel- 
conque dans une matière donnée, quelle que soit sa 
nature, en produisant une pulvérisation de la substance 
à incorporer qui atteint, en quelque sorte» les limites de 
la gazéification. 

Dans ce procédé, les substances pulvérisées à l'infini 
sont entraînées et dirigées sur la matière à pénétrer, sur 
laquelle elles arrivent sous forme de brouillard, au moyen 
d'un jet d'air ou de gaz comprimé, ou au moyen de la 
vapeur sous pression. 

Dès lors, la pénétration devient complète et elle se 
répartit uniformément dans l'intérieur des fibres les plus 
délicates. Les particules solides de ces dernières étant 
en excès, communiquent au liquide, projeté sous cette 
forme de pulvérisation, des propriétés de cohésion qui 
donnent lieu à une combinaison intime des éléments 
en présence. 

Ce résultat peut s'expliquer, en analysant l'opération 
dans la fonction de ses deux facteurs. 
' D'une part, par suite de son extrême division, la matière 
acquiert une grande capacité de pénétration, et, dans 
cet état, ses molécules sont mises dans la nécessité de 
réagir individuellement, alors que, dans d'autres condi- 
tions, il ne se produisait que des effets de masse qui, 
conmie tels, se limitent aux surfaces. D'autre part l'ex- 
trênie mobilité des gaz, dont la force de pénétration 
est sensiblement augmentée par suite de la détente qui 
se produit après une forte compression, donne une inten- 
sité plus grande à Taction réciproque entre les élément 
mis en présence, par suite de l'accroissement d'activité 
fourni à la masse de matière sur laquelle on opère. 

Les substances à incorporer peuvent être des matières 
réfractaires ou anti-iuflammables, — désinfectantes, anti- 
septiques ou antiputrides, — colorantes, etc. 

Celles qui sont sensibles à la lumière ou au courant élec- 
trique peuvent encore être décomposées, par ces agents, 
à l'instant où s*opère leur incorporation ; de telle sorte 
que les substances, au moment de cette incorporation, 
aient déjà subi le résultat de la transformation chimique. 

Le procédé offre donc le moyen d'utiliser plus parfai- 
tement les propriétés physiques de certaines matières, 
en substituant aux actions mécaniques, jusqu'ici mises 
en œuvre, des réactions plus prolondes conduisant à 
la transformation complète des tissus manipulés. 

Une trame étant donnée, on peut, par cette méthode 



physico-chimique, transformer complètement sa sub- 
stance première; de manière qu'après 1 opération, le tissu 
soit d'une coutexture absolument nouvelle, possédant 
des propriétés entièrement différentes de celles qui pré- 
existaient. 

Ce procédé, .susceptible d'une foule d'applications 
industrielles, conduit à des résultats pratiques bien supé* 
rieurs à ceux que l'on obtient par les méthodes ordinal* 
rement employées. 

Le projecteur est à jet spiriforme ou centrifuge. 

Â. Bandsept. 



La ladrerie des bêtes bovines et le taenia 
inerme de l'Homme (^) . 

Tous les ans s'ouvre, au Ministère de la Guerre, un con- 
cours entre les vétérinaires de notre armée. La médaille ' 
d'or de ce concours a été justement décernée cette année, 
aux observations si intéressantes recueillies en Tunisie 
par H. E. Alix, l'un des plus en vue de cette vaillante 
phalange des vétérinaires militaires, qui compte tant de 
savants remarquables, autant que modestes. 

La ladrerie bovine, assez généralement admise en théo- 
rie, mauquâit jusqu'ici d'une description anatumique et 
clinique suffisante. M. Alix a profité de son séjour dans 
la Régence pour étudier de près les bœufs tunisiens, assez 
sujets à cette maladie, puisque un cinquième au moins 
des bœufs abattus dans ce pays est plus ou moins ladre, 
c'est-à-dire, renferme dans son tissu cellulaire, plus ou 
moins des vésicules du cysticercus bovis^ qu'on sait être les 
larves du tœnia mediocanellata ou inermis de l'homme, 
ce cestoide bien connu surtout depuis les recherches de 
Leuckart et de Kuchenmeister (1861) et les travaux si 
remarquables de notre regretté Davaine. La malpropreté 
et le peu de soins apportés dans la nourriture des bestiaux 
arabes, explique en partie la fréquence de ces dangereux 
parasites dans la chair des bœufs tunisiens. 

Après avoir exposé et critiqué les théories généralement 
admises en épizoologie, et notamment la célèbre théorie de 
M. Mégnin, l'auteur décrit les symptômes peu apparents du 
cysticercus bovis et s'étend longuement sur la marche et 
Tanatomie pathologique de la maladie. A propos des 
mesures sanitaires (dont nous rapporterons tout à l'heure 
le résumé), M. Alix cite plusieurs de ses rapports à ses 
chefs hiérarchiques, pour démontrer que la cuisson com- 
plète de la viande est capable d'enrayer rapidement les 
cas de tœnias inermes dans le milieu militaire. Cette pro- 
phylaxie est surtout importante en Tunisie, où le tœnia, 
sévissant surtout sur des sujets affaiblis, précipite l'ané- 
mie tropicale, aggrave la diarrhée et la dysenterie, et 
semble favoriser le développement ou l'aggravation de la 
fièvre typhoïde. 

M. Alix termine par les conclusions suivantes son ma- 
gistral mémoire : 

« 1® La ladrerie des bêtes bovines est due à un helmin- 
the particulier, le cysticercus bovis qu'on trouve dans les 
muscles sous forme d'ampoules elliptiques à ^i^and dia- 
mètre, ordinairement dirigé dans le sens des fibres. 

» î2" Ces kystes ladriques, d'aspect blanchâtre ou trans- 

(1) J.-B. Bailliëre, éditeur, 1887. 



JOtlElNAL D'HYGIÈNE 



pan.'nl, soat plus ou moins volumineux, mais toujours 
visibles à l'œil nu et relaliveinent peu nombreux. 

îi 3** Li ladrerie est tellement fréquente en Tunisie, au 
moiiii» dans certaines parties, qu'un cinquième environ 
des bceuls indigènes présente des cysticerques. 

« 4* I^es symptômes de la maladie étant à peu près nuls 
il est impossible de la diagnostiquer du vivant de l'animal. 
M D'un autre côté, outre que le langueyage est difficile, il 
ne fournît pas de renseignements sérieux. 

n I/examen de la viande seul peut révéler la présence 
des cysticerques dans Tintérieur des masses musculaires. 
» ^i"^ La rréx{uence du taînia inerme en Tunisie, la par- 
bitc analogie qui existe entre l'extromité céphalique de 
celui-ci ei le cysticerctis bovis, prouvent que la présence 
de cet helminthe dans le tube intestinal de l'homme doit 
ùtrc rattachée à l'ingestion de viande de bœuf ladre. 

& 6* Dti nombreuses expériences démontrent, en ouïr?, 
que le cycle des migrations du lœnia inermis est du bœuf 
il l'homme ( par la viande ), et de l'homme au bœuf (par 
les excréments contenant des proglottes). 

* 7^ Afin de prévenir l'extension de la ladrerie sur les 
bci3ufs tunisiens, il y aurait lieu d'obliger les Arabes à 
conceoirer leurs excréments dans des lieux de dépôt, où 
ils ne seraient plus continuellement à la portée des ani- 
maux et où la fermentation tuerait vite les œufs du taenia 
inerme. 

B 8° Comme mesures à prendre (en Tunisie), pour évi- 
ter la transmission du parasite à l'homme on devrait, au- 
tant quii possible, soumettre tous les bœufs de boucherie 
à un examen minutieux, refuser ceux par trop ladres et 
recommander de porter la viande des animaux acceptés à 
un degré de cuisson convenable. 

1 Vai degré est atteint quand la matière colorante de la 
viande a disparu et que celle-ci présente une teinte gris 
rosé caractéristique. 

5 9* Ffi France, les inspecteurs d'abattoirs feraient bien 
de redoubler d'attention dans l'examen des viandes, et de 
ne pas perdre de vue que si les bœufs d'Afrique et de Hon- 
grie sont plus spécialement atteints de ladrerie, ceux d'ori- 
gine française n'en sont peut-être pas toujours exempts, 
s 10° D'un autre côté, comme le choix des animaux de 
boucherie est facile chez nous ; comme la cuisson, même 
poussée à un degré très convenable, ne tue pas sûrement 
le paraaile; on devrait refuser, à moins que les circon- 
&Uînces s'y opposassent absolument, tous les animaux 
atteints de la ladrerie. 

M 1 1** Eniin, si l'on se trouvait dans la nécessité d'em- 
ployer Ja viande de bœuf crue, on éviterait la transmission 
à Ihomme du parasite qu'elle pourrait renfermer, par une 
préparation minutieuse delà viande. Dans le cas contraire 
H sera toujours prudent de recourir à une cuisson suflQ- 
sarDment prolongée, d 

D*^ E. MoNiN. 



Revue analytique et critique 
des publications périodiques d'hygiène. 

A:<iNALES d'hygiène ET DB MÉDECINE LÉGALE 

Septembre 4887, — D' Dumesnil. La variole à Paris et 
ta créalion d'un Institut vaccinal public. C'est la conti- 
nuation et la fin du mémoire que nous avons signalé 
précédemment. (N*» 57S.) 



L'auteur s'étend avec beaucoup de complaisance sur 
les détails des services vaccinogènes. de Bordeaux, de 
Lyon et de Lille, mais il ne dit pas un traître mot. ni du 
service inauguré à Montpellier par notre savant collègue 
M. Pourquier, ni du service des vaccinations gratuites de 
la Société française d'hygiène. 

Il faut nécessairement que M. Dumesnil ait perdu le 
sens du juste et du vrai, pour passer ainsi sous silence les 
efforts dévouésd'hygiénistes indépendants, qui n'ont jamais 
cherché à tirer parti de leurs fatigues et de leurs s^acri- 
fices pécuniaires. 

Qu'il y ait intérêt à multiplier dans les arrondissements 
de Paris des stations vaccinales, nul ne saurait le con- 
tester, mais à quoi bon leur donner l'estampille du Conseil 
municipal, ou du Conseil d'hygiène de la Seine, alors 
que l'industrie privée est, d*ores et déjà, en mesure de 
fournir la lymphe vaccinale (de provenance certaine et de 
pureté indiscutable), nécessaire pour vacciner et revac 
ciner toute la population parisienne, sans compter la 
quantité énorme de vaccin animal expédiée chaque jour 
en province. 

Mais nous oublions de poser un point d'interrogation. 
Le très zélé auditeur au Comité d'hygiène verrait-il dans 
l'organisati&n des stations vaccinales de Paris, l'occasion 
propice de joindre une nouvelle fonction (directeur ou 
inspecteur général de la vaccine) à toutes celles qu'il 
accumule déjà sur sa tête? 

— D*^ Maraudon de Mbntyel. La loi sénatoriale sur les 
aliénés. Le savant médecin en chef de l'asile public 
d'aUénés de Marseille entre en matière par des considéra- 
tions philosophiques de haute portée. 

a L'histoire de la folie, prouve que l'humanité ne s'est 
jamais résignée à considérer la perte de la raison comme 
une calamité inhérente à la nature de l'homme, au 
même titre que les maladies du corps. Aussi, pour 
s'expliquer les aberrations mentales et calmer les sus- 
ceptibilités de son orgueil, recourut-elle à des hypothèses 
différentes sans doute, selon les temps et les mœurs, 
mais tendant toutes au même but : donner aux pertur- 
bations psychiques une cause, si je puis ainsi dire, extra- 
humaine. L'aliéné sous l'influence de cette préoccupation 
qui, pour être inconsciente, n'en était peut-être que plus 
puissante, a été proclamé le favori des Dieux, ou le sup- 
pôt de Satan, vénéré ou brûlé vif, comme un être hors 
nature, rendu tel par une intervention surnaturelle, 
divine ou diabolique. 

« Et il en fut ainsi dans tous les pays. Quand la Science 
en lapersonnedel'illustrePinel, eut montré dans l'aliéné 
un malade, dans la folie une maladie relevant de la mé- 
decine, force fut à l'esprit humain de s'avouer qu'il s'était 
payé jusqu'alors de chimères I i) 

Le mémoire du D'* Maraudon a un double but : 
1«> mettre en relief les principales dispositions de la loi, 
et montrer en quoi elle diffère, dans les grandes lignes, de 
la Législation en vigueur ; 99 apprécier les décisions de 
la Chambre haute, et donner son avis en toute sincérité, 
a Honni soit qui mal y pense ! » 

Parmi les réserves ou critiques formulées par l'auteur, 
et qui toutes révèlent une connaissance approfondie de 
la question, nous signalerons celles qui s'appliquent aux 
entrées et sorties. Il ne croit pas pratique de faire régler 
par le Conseil général du département les conditions de 
sortie pour les aliénés indigents. « Les aliénés indigents 



36 



JOURNAL D'HYGIÈNE 



non dangereux ne seront secourus, qu'on en soit certain, 
que si la loi leur donne un droit formel à l'assistance; 
or j'affirme la nécessité absolue de voter ce droit dans 
le double intérêt des malades, et des finances départe- 
mentales» 

« .... Un aliéné curable est rarement dangereux; 
il ne devient d'ordinaire un danger sérieux que quand 
le mal s est enraciné, pariant est devenu difficile, souvent 
impossible à extirper. Cest condamner la grande majo- 
rité des indigents à 1 incurabililé, encombrer les asiles 
et imposer des charges sans cesse croissantes aux dépar- 
tements, que ne pas modifier la loi dans le sens que 
j'indique. Une loi qui se piqueiait d'être humanitaire et 
économique, distingueriiit parmi les aliénés noïi dangereux 
les curable, et les incurables, ordonnerait 1 isolement 
thérapeutique des premiers qui, laissés en liberté, finiront 
presque tous imr lomber pour toujours à la charge du 
département, en devenant dangereux et incurables. Que 
la Chambre répare celte fautel» „ , . . 

Pour M. Maraudon, dans la procédure pour 1 admission, 
les solutions adoptées p^xv \q Sénat ne sont pas à 
rabri de tout reproche. Les décisions du jury (dont 
on recotniait Tintervention) ne sont m naotivées m 
susceptibles d'interprétation. 

« Si Vordonnance, le jugement ou l'arrêt q"/ F^- 
noncc le non-lieu ou l^acqiiiltement spécifiant lahéna- 
tion mentale supprîmo toute équivoque, le verdict de 
non-culpabiUté laisse planer la plus grande indécision 
sur les sentiments des jurés. Le Sénat, cédant au desir 
d'établir une règle unique, a admis que le caractère 
dangereux de tous ces aliénés nétait pas établi par 
le tait seul de la poursuite exercée contre eux. Lest 
un non-sens : tout aliéné qui a nécessité des pour- 
suites e4 évidemment un aliéné dangereux qui doit 
être séquestré, et pour sortir de la difficulté des afl*aires 
d'assises, il faut que le Président ait le devoir en 
certains cas déterminés, de poser au jury la question 
dirresponsabilité pour cause de folie.- » 

BEVUE d'hygiène 

Si^ptembreiSSÎ. Nous relèverons dans ce liiscicule trois 
mémoires originaux et une revue crilique. 

i« D^ E VAixtis. — La vaccination animale dans un 
corps dMnnè^. Avant déjà consacré à ce travail un article 
de fond dans le journal, nous nous bornerons à mettre 
en doute celte affirmatidu de l'auteur. 

a Un voit que notre armée est admirablement pourvue 
de tout ce qui est nécessaire pour assurer la revaccination 
des contingents nouveaux et anciens dans toutes les cir- 
constances où elle peut se trouver. » 

En théorie, et sur le papier, la chose est bien possible, 
mais en fait et pratiquement, dans plusieurs corps d'ar- 
mée, y compris la ganii&on de Paris, le service de revac- 
cination ne peut s'effectuer qu'avec le concours des msti- 
tuU vaccinogènes, organisés par l'initiative privée... 
Sans compter que, dans ces circonstances, le ministère de 
la guerre réalise des économies de temps et d'argent. 

2*^ IKMlquël. i^i>f^rwc^îOrts relatives à l'analyse micro- 
fjraphi<]itv des eaux. La lecture de ce travail n'est pas 
faite ïiour vulgariser les pratiques journalières de ces ana- 
lyses L'auteur en accumulant les difficultés opératoires, 
semble vouloir monopoliser cette étude dans un nombre 



très limité de laboratoires. Voici, du reste, comment il 
résume les principales précautions qui doivent accompa- 
gner le prélèvement des eaux destinées à l'analyse micro- 
graphique. 

ï) — Ces eaux seront recueillies dans des vases propres, 
et stérilisées. 

» — Elles devront parvenir au laboratoire d'analyse dans 
le plus bref délai possible ; si ce délai excède 30 minutes, 
les eaux devront être soumises à une réfrigération infé- 
rieure à 5® centigrades. 

» — Les précautions les plus minutieuses présideront 
au prélèvement proprement dit, qui devra être fait dans 
tous les cas par des agents ou des correspondants, spécia- 
lement dressés à cette importante opération. » 

(Lire à ce sujet la remarquable communication faite à 
la Société par M. Marié-Davy (eaux potables d'Annecy 
(Savoie) et de Varzy (Nièvre) dans les numéros S79 et Ô80 
du Journal d* Hygiène). 

3^ M. Ch. Hersgher. Note sur une étuve locomobile, à 
désinfection. Le succès de cette étuve, de par l'approbation 
de l'hygiène officielle, est en train de cx)ntredire le succès 
des filtres Chamberland, seulement dans les deux cas la 
pratique journalière de ces appareils révèle une série de 
difficultés et d'impedimenta qui laissent à réfléchir, et qui 
mettent une sourdine à l'enthousiasme des premiers jours. 

L'étuve locomobile «a l'avantage de pratiquer en temps 
d'épidémie la désinfection, par la vapeur sous pression, 
le plus près possible du local contaminé » : c'est cet appa- 
reil qui a fonctionné pendant la récente épidémie de 
miliaire du Poitou. 

4** D** A. J. Martin. La statistique de la rage en France. 
Nous avons déjà eu l'occasion de sifirbaler ce travail qui 
met à nu les incertitudes, et les inexactitudes des statis- 
tiques officielles, pour rehausser les statistiques de l'In- 
stitut Pasteur qui aurait rendu un nouveau service à la 
cause de la santé publique. » 

La conclusion de M. A.J. Martin qui porte l'empreinte de 
l'opportunisme à son degré de quintessence, mérite d'être 
méditée par le Bureau de l'hygiène publique du Ministère 
du commerce et de l'industrie. 

» Les considérations qui précèdent montrent quelles 
lacunes considérables existent dans la statistique de la 
rage en France. M. brouardel déclarait avec la grande 
autorité qui lui appartient, à l'Académie de médecine, 
qu'en 1874 il ne s'était pas fait d'illusions sur la valeur 
du chiffre annuel moyen de 30 cas de rage humaine en 
France, qu'il donnait (Dictionnaire encyclopédique des 
sciences médicales), ce chiffre était évidemment trop faible; 
puisqu'il était établi sur des renseignements incomplets 
et partiels ; « mais je ne m'imaginais pas, a-t-il ajouté, 
combien les documents officiels ont peu de valeur en 
France, en matière d'hygiène et de santé publique » 

D-^ DE P.-S. 



Pensée. 

On ne donne rien si libéralement que ses conseils! 

La Rochefoucauld. 

Propriétaire-Géroâit ;. D^ de Pietra Saktap 

IMPIUMMII CHAIZ. — tO, RUB BUOiRIy Pimitf. — 1i 06-1-8. 



14» ANNÉE. — 13» VOLOME. 



Numéro 592. 



JEUDI 26 U 



JOURNAL D'HYGIÈNE 






^OMMAIHK : Ci ironique de la crémation (suite) (AngleteTre, République Argentine, Suède, Elats-Unis). — Le chlorure de sodium, le sel 
«emme. In mer (DAUBuiE). — Bulletin d(s Conseils d'hygiène (Seine). L'empoisonnement saturnin. — Par Monts et par Vaux. — 
Feailleton : Les médecins pendant la lîévolulion (Sadcehotte). — Histoire des sciences mathématiques et physiques (Mahie). Les 
deiiv Steplienson. — Les maladies contagieuses à New-York. — Bulletin de la Société française d'hygiène : Publications de» 
In Sociéie riançaise d'hygiène (i877-i»87). — Service des vaccinations. — De la contagion du meurtre (Aubry). — Livres offerts en don à 
l.i Biblioihùqiie. 



Paris, ce 26 Janvier 1888. 

Chronique de la Crémation [^). 
IV 

ANGLETERRE 

Le 8 novembre 1887 a ea lieu, au crématoire de Saint 
John's Woking (Surrey), la vingt-quatrième incinération, 
sous le paironage, surveillance et contrôle de la Société de 
crémation de Londres, présidée par sir Henry Thompson. 

Nous avons décrit, en temps et lieu, Tappareil du four 
crématoire (système Gorini modifié et perfectionné par les 
soins de SiM. Tumer et Eassie, ingénieurs). Voici quelques 
détails sur la dernière crémation: 

Cadavre d'une femme, âgée de 3oans, du poids de 5:2 
kilogrammes, ayantmanifesté par disposition testamentaire 
le désir d être incinérée en Angleterre. 

L'opération a parfaitement réussi, le poids des cendres 
réâidues étant de 4 livres 1/2 (anglaises), et la durée de 
rincinératlon complète de 1 heure 15 minutes (â). 

Le Briiuh Médical Journal fait remarquer que sur les 
vingt-quatre crémations qui ont eu lieu à Woking, on 
compte neuf femmes. La Société de crémation de Londres 
Si'applaudil b*^aucoup des encouragements qu'elle trouve 

(Î)5ui7e, voir le n*» 590. 

(1) Ces jours derniers a eu lieu la crémation du Major général Hodg- 
mt%, Li- piiids des cendres parfaitement blanches a été de 3 poundSy et 
b durt-e de l'opération de trois quarts d'heure. 



dans ce que nous appelons le sexe faible, sexe qui pourtant 
exerce une influence prépondérante dans la vie sociale de 
nos voisins d'outre-Manche. 

Sir Henry Thompson vient de nous envoyer les bonnes 
épreuves de l'article Crémation qu'il publie dans la Revue 
Nineteenth Çentury.CJesi une exposition très précjse et très 
méthodique delà question, depuis le mois de janvier 1874, 
époque à laquelle il adressa son premier appel en faveur 
de la réforme hygiénique dans la Contemporary Review. 

Dans le chapitre qu'il consacre à l'historique de la cré- 
mation dans les diverses contrées du globe, l'éminent chi- 
rurgien nous apprend les louables efforts du D''J. M. Creed, 
de Sydney, pour faire adopter par les deux Chambres de 
l'Australie un bill à l'effet d'établir et de régulariser les pra- 
tiques de la crémation (to establish and regulale crémation). 

Aujourd'hui, ajoute-t-il, au crématoire de Woking l'in- 
cinération est accomplie d'une manière complète, facile et 
prompte, sans production de fumée ou de gaz dangereut 
(Ihe complète incinération is accomplished without escape 
of smoke or other offensive produit, and tvith extrême ewe 
and rapidity). 

En faisant un pressant appel aux partisans de la cré- 
mation, à l'effet d'exercer une influence salutaire sur l'es- 
prit des membres du Parlement, Sir H. Thompson énumère 
les moyens qui doivent sauvegarder les droits imprescrip- 
tibles de l'autorité sanitaire, de la justice et delà société. 

a Aucun crématoire ne pourra être installé sans l'auto- 
risation préalable du Ministre de l'intérieur {Home Secre- 
tary). 

» Toute incinération devra être précédée d'une enquête 



FEUILLETON 



Las Médecins pendant la Révolution. (*) 

Un travailleur qui n'est plus, mais dont le fils est lou- 
jours sur la brèche, a publié sur ses confrères des dernières 
années du xvin® siècle une remarquable étude qui lui a 
coûté de nombreuses recherches, Cîir elle ne comprend 
pas moins de loO notices biographiques. 

C'était une lourde tâche à remplir, après 57 années 
d'un labeur incessant, que ce dernier hommage rendu à 
une profession qui avait été l'honneur et l'intérêt de la 
vie eotiere, du D' Constant Saugbrotte, 

Honneur donc à la mémoire de celui qui n'a pas eu la 
conaoEaLlon de voir paraître ce dernier ouvrage, digne en 
tous points de ceux qui l'avaient précédé. 

c Qui chercherait dans ces pages une intention politique 

{ij 1 ToL in-18, par le D' Constant Saucerotte. Perrin et C'% Ed»"». 
— I^ris 1887. 



serait assurément déçu, déclare l'auteur, je n'ai eu d'autre 
souci, je n'y soutiens d'autre cause, que celle de l'indépen- 
dance et de la dignité de notre profession. 

ï> Si, en tant au'hommes politiques, on a peu parlé de 
nos devanciers, s ils ne semblèrent pas toujours, quand 
ils descendirent dans l'arène, à la hauteur de la tâche 
nouvelle qui leur incombait, on ne les vit pas, en géné- 
ral, faillir aux grands devoirs dont les institutions qui les 
avaient régis leur avaient enseigné le respect traditionnel.» 

Etudiant successivement, pour ainsi dire année par an- 
née, les médecins, au début de la Révolution, dans les 
assemblées (Constituante, Législative, Convention) et sous 
la Terreur, il nous est difficile d'analyser ici ce travail si 
intéressant à lire dans son ensemble. Nous nous borne- 
rons donc à signaler le chapitre IIl : les médecins en dehors 
des fonctions politiques, dans les armées. 

CosTE, qui avait déployé comme médecin en chef de l'ar- 
mée des talents de premier ordre, suivit la Grande Armée 
et revint terminer aux Invalides en 1819 sa noble carrière. 

NoLLÉ, qui portait aux victimes de la Terreur des secours 
et des encouragements jusque dans leurs prisons.C> 



38 



JOURNAL D'HYGIÈNE 



sommaire l'aile par le CoroDer (coroner's inquesl)^ et de la 
délivrance d'uQ certificat du médecin traitant sur la cause 
de la mort ( a médical certifkate of death signed hy a 
qualified médical man), lequel seul aura le droit d'auto- 
riser l'incinération en écrivant les mots formels: « Créma- 
tion permitled. » 

V 

RÉPUBLIQUE ARGENTINE 

Nos lecteurs se souviendront, sans doute, de la lettre par 
laquelle notre distingué compatriote le B^B. Dupont nous 
annonçait : que, sur son initiative, le Conseil municipal de 
Bueuos-Ayres (République Argentine) avait prescrit la 
construction d'un four crématoire dans le cimetière 
général de la ville (1). Une Ordonnance dûment sanc- 
tionnée en avril 1886, établissait le principe de la créma- 
tion facuLtative, devenant crémation obligatoire pendant 
les périodes d'épidémies, pour les victimes des maladies 
infectieuses et contagieuses. 

Du 1«^ novembre 1886 au 1" juillet 1887, il a été inci- 
néré dans le nouveau crématoire, 1141 cadavres dont 785 
cholériques, et 3^6 morts d'affections diverses de carac- 
tère infectieux. 

L'ouvrage du D'' E. Coui : les Progrès de Vhygiène dans 
la République Argentine (dont nous rendrons compte très 
prochainement), ne nous donne pas le chiffre des cré- 
mations opérées sur le désir formel des personnes avant 
décès. 

La Société de crémation de Buenos-Ayres a été recon- 
nue par Règlement du 17 janvier 1887. 

Elle aura pour principal objectif de solliciter du Con- 
grès national la sanction d'une loi <& autorisant la crémation 
facultative dans toute l'étendue du territoire de la Répu- 
blique. » 

VI 

NORVÈGE 

La Société suédoise de crémation (Svenska Likbranning- 
foueningen) a été fondée à Stockholm le 30 mai 1882; 
elle compte à ce jour plus de 3,000 adhérents des deux 
sexes; elle a l'ait dans le pays une propagande très active 

(l) Voir Journal d'Hygiène^ vol. XI, p. 370. 



au moyen de circulaires, de brochures, de bulletins par- 
faitement rédigés et toujours au courant des progrès de 
la question dans les diverses contrées de l'Europe (1). 

Dès que ses ressources financières l'ont permis, la Société 
a fait construire un crématoire provisoire, situé dans le 
voisinage immédiat du cimetière du Nord. Le système 
adopté pour l'incinération est celui du colonel Klingens- 
tierna avec deux foyers, l'un pour porter la température 
du four à 800 et 1000 degrés ; l'autre pour brûler la fumée 
qui entraine avec elle les produits de la combustion, en 
sorte qu'aucune trace de l'opération, par la vue, ou par 
l'odorat, ne se révèle à l'extérieur. 

Cn agencement bien entendu de tuyaux de fonte, par- 
courant les murs principaux de l'édifice, et de conduites 
ramenant des flots d'air frais et constamment renouvelé, 
permet d'utiliser toute la chaleur produite par du coke de 
l'usine à gaz. 

Une cloche en fonte légère, oblongue, suspendue au- 
dessusdu cadavre, et pouyants'abaisserjusqu'àsonniveau, 
permet de concentrer sur lui toute la chaleur rayonnante 
et de hâter ainsi incinération complète. 

Les premières incinérations faites sur les corps de 
membres de la Société, ont fourni d'assez bons résultats 
au point de vue de l'opération finale ; seulement, celle-ci 
a duré de 4 heures ^ minutes, à 3 heures 40 minutes, temps 
nécessairement trop long; par contre les frais de combus- 
tible sont très minimes puisqu'ils oscillent entre six et 
sept couronnes et demi (10 francs SO de notre monnaie). 

M. le D' Fr. Eklund, notre éminent collègue de la 
Société française d'hygiène, à qui nous devons les rensei- 
gnements qui précèdent, nous annonce : qu'une humble 
requête a été adressée au Grand gouverneur de Stockholm 
pour faire précéder les incinérations, des mesures aptes 
à donner toutes garanties à Thygiène publique et à la 
justice. (Certificat de décès mentionnant le genre de mala- 
die, — enquête préliminaire par lautorité judiciaire sur 
les conditions dans lesquelles la mort est survenue, — au 
besoin autopsie cadavérique et rapport médico-légal.) 

(1) Nous remercions vivement le Bureau de lu Sociélé (MaM.E. Klin- 
genstierna, président, et Per 1 jndell, secrétaire) de l'envoi qu'elle a 
bien voulu nous faire d'un diplôme, très artistement dessiné, de 
membre honoraire! 



Cabanis, qui sauva nombre de proscrits réfugiés dans 
son hôpital sous la livrée de la misère. 

EsQuiROL, Vauquelin, Cadet de Gassicourt, Geoffroy- 
Saint-Hilaire, dont les noms honorés sont venus jusqu'à 
nous. 

Et tant d'autres, dont la carrière s'est consumée dan. 
l'accomplissement obscur du devoir. Combien de belles 
actions laissées dans l'ombre en raison même d i danger 
qu*il y aurait eu à les divulguer. 

Tel BoLMANN obtenant un faux passeport pour favoriser 
la fuite d'un proscrit, action qui pouvait Je faire condam- 
ner lui-même à mort; Lemonnibr, le médecin du roi le 
soignant jusqu'au Temple; Sabatirr s'exposant follement 
au danger pour rejoindre les Invalides, dont il était le chi- 
rurgien en chef, envahis pardesbandes qui voulaient y trou- 
ver des armes; Bayle, choisi comme membre du Conseil 
général pour haranguer Barras et Fréron, et leur deman- 
dant « de mettre un terme aux crimes qui dévastent la 
contrée afin d'y rétablir l'ordre et la justice! »; Desault 
osant s'élever contre la désorganisation médicale de son 
temps ; Leroux condamné à mort en 93 et qui, en prévision 



de cotte éventualité, portait toujours du sublimé-corrosi 
dans un bouton de sa redingote ; etc, etc. 

Le service médical était organisé dans les prisons avec 
une incurie extrême, la tisane jointe à la diète formaient 
la base du traitement, et suivant les errements d'alors, ré- 
gnaient en maîtresses, les saignées à outrance qui ache- 
vaient d'épuiser les malheureux arrivés pour la plupart 
à un extrême anéantissement physique et moral. 

Le D' Saucerotte termine son étude par l'examen des 
intérêts professionnels qui n'avaient pas gagné, autant 
qu'on pourrait le croire, à l'intervention des médecins dans 
les aifaires publiques : 

« Hommes politiques avant tout, ils semblent dans ce 
nouveau milieu, perdre de vue la Science à laquelle ils 
doivent leur importance personnelle, ou se montrer indif- 
férents à ses destinées. 

» Au régime oppressif des corporations avait succédé 
l'indépendance absolue de leurs membres, laquelle, si elle 
était d'un grand prix, avait bien ses périls : placé naguère 
au-dessous de la caste privilégiée, à un bon rang dans le 
Tiers, quoique dans une situation modeste, l'homme de 



JOURNAL D'HYGIÈNE 



39 



vn 

ÉTATS-UNIS 

Aux Ëiats-Unis, la question de la crémation continue à 
l'aire de rapides progrès. Le crématorium de Mont-Olivet 
(NeAv-York) est en fonctionnement régulier. Les créma- 
toires de Washington et de Lancastre (Pensylvanie) ont 
perfectionné leurs appareils d'incinération. 

Les crématoires de Cincinnati et de Buffalo sont prêts à 
Ibnclionîier à bref délai. Des Sociétés de crémation 
Tiennent de se créer dans le Michigan , et dans plusieurs 
autres États de TUnion. 

Voici les renseignements complémentaires que nous 
fournit le The Médical Record de New^ York, dans son der- 
nier numéro de décembre : 

4 II existe actuellement aux États-Unis : 21 Sociétés de 
crémation et 22 crématoires, dont 10 érigés en 1887. 

» Le nombre des incinérations pendant la période 
imSI a été de 147. 

n Les crématoires qui fonctionnent régulièrement sont 
ceux : do Fresh-Pound, de Washington, de Lancaster, de 
Buffalo, de Pittsburg, de Cincinnati, de Los Angeles. 

^Cenx qui pourront fonctionner, à bref délai, sont ceux: 
de Philadelphie, de Baltimore, de Saint-Louis, de Détroit, 
de San Francisco, de Devenport. » 

Dans le Manuel des Bureaux d'hygiène du Massachu- 
setts (State board of health), qui énumère toutes les lois 
Et ordonnances relatives à la santé publique, nous trou- 
vons auK paragraphes 141, 142, 143 et 144 le texte de 
celles qui concernent la crémation. 

fi 141. Cinq personnes, ou plus, pourront former une 
association (corporation) à Tefifet d'incinérer les corps morts 
(dead bodies), en justifiant d'un capital qui ne pourra pas 
être moindre de 6,000 dollars, ni supérieur à 30,000. Ces 
corpoiations auront les mêmes droits, et seront soumises 
aux mt^mes obligations, que toutes les autres corporations 
reconnues par l'État. 

^ 142. Les susdites corporations pourront acquérir par 
legs, dou ou achat direct, les terrains et localités néces- 
saires au but qu'elles se proposent; mais aucune con- 
struction ne pourra être faite, aucun appareil ne pourra 



être installé, avant que les plans et devis n'aient été soumis 
à l'examen, et contrôle, du Bureau d'hygiène compétent. 

n 143. Les règlements adoptés par ces corporations, pour 
le transport et la réception des corps morts dans le cré- 
matoire, la conservation des cendres, devront être de 
même adoptés par le Bureau d'hygiène qui, en toutes circon- 
stances, devra être prévenu par le Secrétaire (clerk) des 
opérations effectuées. 

» 144. Le corps d'une personne décédée ne pourra être 
incinérée que 48 heures après la mort (sauf le cas de 
maladie contagieuse ou infectieuse). Le Directeur du cré- 
matoire devra se faire présenter le certificat de permis 
d'incinérer délivré par le médecin du district, qui a connu 
la cause de la mort, et qui a dû s'enquérir des circon- 
stances sociales qui l'ont accompagnée; si l'autopsie du 
décédé a été jugée nécessaire, la famille devra justifier aussi 
du paiement des honoraires du médecin légiste. 

» Les hommes de l'art qui ne se conformeraient pas à la 
stricte exécution des lois existantes, encourraient les 
peines et amendes édictées par le paragraphe 9 du cha- 
pitre 26 des Public statutes I » 

Dans un autre document américain. « Le Rapport du 
chirurgien général de la marine pour l'année 1887, M. le 
D^ T. J. Turner fournit des détails intéressants sur l'instal- 
lation du Muséum d'hygiène de Washington, dont la direc- 
tion vient de lui être confiée. 

Notre savant collègue de la Société d'hygiène constate, 
avec satisfaction, les rapides progrès qu'a réalisés dans les 
divers États de l'Union Vidée crémationisle. 

Dans ces conditions, pour mieux éclairer l'opinion pu- 
blique (to enlight sensé of the community),i\ émet le vœu de 
voir se multiplier, dans les salies du Muséum, les modèles 
réductions, plans et dessins de crématoires et appareils qui 
s'y rapportent. 

(A suivre.) D' de Pietra Santa. 



Le Chlorure de sodium, le Sel gemme, la Mer. 

LEUR FORMATION DANS LA NATURE 

C'est encore dans le livre IV, Rôle des eaux souter^ 
raines, dans les terrains stratifiés^ du volume, les Eaux sou- 



Tarl voyait désormais les positions les plus élevées dans 
la hiérarchie sociale accessibles à son ambition, sansqu'on 
put dire néanmoins que la profession elle-même y eût sen- 
siblement gagné en considération, ou en autorité morale. 

a Nir dans la Constituante qui avait fauché tant d'abus, 
ni dans la Législature, ni même dans la première période 
de Ja Convention, lorsqu'il s'était a?i de tout recréer, on 
n'avait songé aux réformes à introduire dans l'art de gué- 
rir, aux moyens de le mettre en rapport avec la crise éco- 
nomique qui atteignait notre situation professionnelle. » 

Dés i1ï)0, un plan pour la création d'écoles avait été 
conçu par Vicq d Azir, et ce ne fut que le 14 frimaire an III 
(4déceaibrel'794)que troisEcoles dites de Santé, contenant 
en germe les Facultés dans lesquelles elles se transforme- 
ront plus tard, furent ouvertes à Montpellier, à Strasbourg 
çl à Paris où le nouvel enseignement organisé sur un vaste 
]tlaa allait prendre un essor inconnu. On avait créé des 
chaires d'histoire de la médecine, d'hygiène, de physique 
médicale, de médecine légale, de chimie animale, de cli- 
nique, etc. 

O' ne fut cependant que le 19 ventôse an XI (9 mars 



1803) que Fourcroy, le célèbre chimiste, présenta au Corps 
législatif la loi encore en vigueur aujourd'hui sur l'exer* 
cice de la médecine. 

« Cette loi constituait incontestablement une très grande 
amélioration sur l'état de choses existant, bien que Guil- 
lotin en eut dit : a aux grands maux les petits remèdes ». 

De nos jours, les portes de nos Assemblées sont large- 
ment ouvertes aux médecins qui y sont nombreux, mais 
ils y ont beaucoup à faire ; combien de questions en effet 
incombent à la sollicitude du corps médical. 

«Je ne vois point pourquoi, écrivaitSainte-Beuve, arrivés 
au sommet de leur ordre et à la plénitude de leur vie, les 
savants ne seraient point légitimement appelés à concourir 
de leurs lumières à la chose publique, à résoudre tant de 
questions pratiques et utiles qui intéressent la bonne po- 
lice des sociétés humaines, et sur lesquelles ils ont qualité, 
plus que personne, pour décider. » 

En agissant de la sorte les médecins législateurs arrive- 
raient à jouer le rôle de la goutte d'eau qui finit par faire 
déborder la coupe qui ne devait jamais être remplie; et 



40 



JOURNAL D'HYGISNE 



TERRAINES AUX ÉPOQUES ANGIENiNBS (1) que M, A. DaUBRÉE 

Dous fournit les détails les plas intéressants sur la for- 
mation du chlorure de sodium et du sel gemme. 

a Selon rhypothèse généralement admise, lorsque 
l'écorce silicatée du globe terrestre s'est refroidie et con- 
solidée, et que l'eau s'est elle-même condensée et a formé 
un océan Jiquide, diverses substances volatiles, telles 
que le chlorure de sodium, qui avaient pu d'abord rester 
en vapeurs, se sont dissoutes dans la mer. Quelle qu'en 
ait été la salure originelle, l'océan n'a pas cessé de servir 
de réceptacle, d'une part à des émanations volcaniques 
et thermales, d'autre part à des substances salines appor- 
tées par le lavage des parties externes de l'écorce solide. 
On sait, en effei, que l'eau des fleuves n'est jamais chi- 
miquement pure; depuis qu'il y a des continents, les 
eaux qui les arrosent apportent donc journellement, à 
part les matières pierreuses qu'elles tiennent en suspen- 
sion, des substances réellement dissoutes, qui proviennent 
du lavage des roches. 

i> Si, depuis des époques reculées, la mer a beaucoup 
reçu, elle a aussi fourni abondamment, soit en livrant 
aux êtres organisés certains corps qui leur sont néces- 
saires, comme la chaux, soit en formant elle-même cer- 
tains dépôts. 

» On sait que le chlorure de sodium est très abondant 
dans la mer actuelle. En adoptant le chiffre de 2.70 0/0 
comme teneur moyenne, et une profondeur moyenne de 
4.300 mètres, ce que l'Océan contient de chlore équi- 
vaut à une couche de sel gemme qui couvrirait le globe 
entier avec une épaisseur de près de 476 mètres. 

i> Sans qu'il soit possible de supputer la quantité de 
sel gemme que renferment les terrains stratifiés, on doit 
croire, en se basant sur ce qui est connu, que cette 
quantité est bien inférieure à celle qui se trouve dans ce 
vaste réservoir de chlorure de sodium en dissolution. 

t> Les dépôts de sel gemme qui se rencontrent dans 
les terrains stratifiés à des étages très variés, ont été 
généralement attribués à une simple évaporation de 
Veau de mer telle qu'on en observe dans les marais 
salins. Cependant, quand on examine les conditions 

(1) Voir Journal d'Hygiène^ vol. XII, p. 509. 



dans lesquelles se présente le sel gemme^ la manière 
dont de puissantes couches de cette substance sont 80u«- 
vent étagées les unes au-dessus des autres, leur asso- 
ciation à des argiles rougies et bariolées par le peroxyde 
de fer anhydre, l'absence habituelle d'animaux, on 
reconnaît que cette première supposition, bien que parais- 
sant la plus naturelle, n'explique pas certaines conditions 
générales du problème ainsi que l'a montré Ëlie de 
Beaumont. 

(L'auteur combat ici l'opinion des géologues qui 
ont rapproché le sel gemme, qui constitue des masses 
stratifiées, de celui qui se sublime aux abords des vol- 
cans, et y ont vu des produits d'anciennes solfatares sous- 
marines.) 

Pour M. Daubrée, l'origine des principaux gîtes de 
sel gemme rappelle deux influences, comme si l'évapora- 
tion de l'eau des mers à laquelle ils paraissent devoir leur 
origine, avait été provoquée, non par la seule action 
de l'atmosphère, mais par des émanations chaudes pro^ 
venant de l'intérieur. 

» Beaucoup de dépôts de sel gemme, de dolomie, et 
de gypse, malgré des liens de filiation qui les unissent 
évidemment aux éléments normaux de la mer, paraissent, 
d'autre part, se rattacher à des émanations souterraines, 
de manière à faire supposer que ces dernières ont pu en 
provoquer la formation. 

a Depuis les temps les plus reculés, la mer est donc 
comme un vaste entrepôt. D'une part, elle n'a cessé de 
recevoir des apports, les uns externes, les autres internes; 
d'autre part, à tous les âges, elle s'est dépouillée de sul>< 
stances qu'elle contenait originairement ou qu'elle avait 
ainsi emmagasinés, en les enfouissant, parfois sous la 
forme organique dans des sédiments, où, depuis lors, elles 
sont restées en grande partie. 

» Une observation analogue s'applique à l'atmosphère 
dont la teneur en oxygène, et en acide carbonique, a été 
influencée par la décomposition des roches et par la for- 
mation des terrains stratifiés, ainsi quel'amontréËbelmen. 

» Si l'on avait la prétention de tenter d'établir pour 
les anciennes périodes une sorte de compte courant de 
la mer et de l'atmosphère, il serait difficile de ne pas 
commettre des cercles vicieux; les contingents fournis 



leur autorité s'affirmerait d'autant plus qu'ils se recrute- 
raient davantage dans les sommets de la profession, sans 
se renfermer dans le cercle étroit des préoccupations poli- 
tiques d'un jour. 

D^ Marins Roland. 



Histoire des Sciences mathématiques 
et physiques (*). 

Seizième Période (d'Arago à Abel). 

Les hommes les plus éminents de cette période sont: 
Cauchy, Poncelet et Charles, pour l'analyse et la géomé- 
trie; Fresnel, Aragoet Faraday, pour la physique ; Arago, 
Herschel et Encke, pour l'astronomie ; Poncelet, Stephen- 
son, Clapeyron et Sadi Carnot pour la niécanique; Che- 
vreul et Dumas pour la chimie. 

Arago a eu la plus heureuse influence sur les travaux 

(i) Max Marie. Tom. XI. Gauthier-Villars et fils, imp.-Iib. Paris, 1887 



de ses contemporains, mais il a tellement éparpillé les 
efforts de sa belle intelligence, qu'il ne lui reste guère en 
propre que la découverte du magnétisme de rotation, et 
celle de la polarisation chromatique. 

Les travaux de Faraday, de Chevreul et de Dumas, ainsi 
que ceux d'Herschel, de Stephenson et de Clapeyron se 
passent de commentaires. 

iitepheuBoa (George) (1781-1 848). 

Son père était chauffeur, et attaché à la pompe à feu 
d'une houillère. D'abord chargé de garder des vaches, 
puis, à quatorze ans, admis, comme aide-chauffeur, auprès 
de son père; il n'avait encore, à dix-sept ans, reçu aucune 
instruction, lorsqu'ayant réussi, lui-même, à se rendre 
compte du fonctionnement de la machine à laquelle il 
était attaché, il eut le bon esprit de suivre l'école de son 
village pour y apprendre à lire, à écrire et à compter. 

Il obtint peu de temps après une place de mécanicien 
dans une usine des environs de Newcastle et commença 
dès lors à se faire connaître par d'ingénieuses inven- 
tions. 



JOURNAL D'HYGIÈNE 



iî 



par luQ et par Tautre milieux présentent un caractère 
jjoiuJé, et empreÎQt d'exagération, par suite des emprunts 
ina^ssaots quils ont faits eux-mêmes aux régions pro- 
fondes. 

t Cependant, à en juger parla persistance de certaines 
familles d'animaux, on peut supposer que les deux Océans, 
gazent el liquide, qui servent de milieu à la vie, n'ont pas 
aujourd'hui une composilion chimique fort différente de 
celle qu'ils présentaient dans les périodes reculées où se 
déposaient les premières couches fossilifères. Ces deux 
milieux, en présence de réactions complexes et variées 
doQt ils ont été te siège, se seraient sans doute plus con- 
sidérablcroeai modifiés, si la stabilité de chacun d'eux 
D'i^tait pas entretenue par des antagonismes et par une 
tendance à Téquilibre, tels qu'il s'en rencontre de toutes 
parts dans la nature. Mais le laps de temps qui comprend 
[^histoire de Vhomme, et surtout celui sur lequel portent 
des observations précises, sont trop courts, pour que 
Ym arrive ù ce sujet à des conclusions qu'il faut aban- 
donner à nos successeurs. 

» En résumé, d'aprcsles observations qui viennent d'être 
présentées, la mer, quelle qu'ait été sa salure originelle, 
ne paraît pas avoir pu renfermer, à la fois, tous les corps 
qui s'en sont séparés ]>our constituer les terrains stra- 
tifiés. 

B D'une part, Técorce granitique lui a graduellement 
fourni des matériaux, tant par sa propre trituration que 
par voie de décomposition. 

a D'autre part, pendant la série des périodes géologiques, 
la mer a successivement emprunté des substances à des 
régions du globe qui semblaient être trop en dehors de 
mn action pour devenir ses ' tributaires, à ces parties 
protondes d'où viennent les roches éruptives et les filons. 
La mer a mis en œuvre ces diverses substances, souvent 
après qn*clles avaient subi préalablement des décomposi- 
tions chimiques, ou qu^elles avaient passé par la vie. Elle 
a agi sur elles par les mf^mes procédés que sur les sub- 
stances qu'elle enlevait à la surface. Elles les a disposées 
également en couches régulières, les a associées à des 
malières arénacécs, y a souvent distribué de nombreuses 
dépouilles de ses habitants, comme si elle avait cherché 
à s'assimiler ces épavi^s et à les naturaliser dans son 



domaine. Aussi pour discerner aujourd'hui la patrie origî» 
nelle de ces corps, faut-il recourir à une enquête appro- 
fondie et difficile. 

» Toutefois l'examen approfondi de la composition 
des terrains stratifiés nous apprend, non moins claire- 
ment que celles des filons métiitlifères, combien paraît 
avoir été considérable l'intervention des parties iutcraes 
du globe et des eaux souterraines. 9 

A, Dauier&£. 
^^^^^^^ (de rinstitut). 

Bulletin des Conseils d'Hygiène. 

Seine : L'empoisonnement saturnin. 

A l'une des dernières séances du Conseil de salubrité, 
M. le D*" Armand Gautier a donné lecture du troisièmi^ 
rapport présenté par lui au sujet de Tintoxicalfon des 
ouvriers qui manient, à Paris, le plomb, ses alliages et 
ses dérivés sous toutes les formes. Les deux rapports pré 
cédents dataient de 1882 et de 188 ^ et s'appliquaient aux 
deux périodes s'élendant de 1876 à 1880; et de 1881 à 
1883. 

En 1882, le nombre des ouvriers qui manient le plomb 
dans le département de la Seine s\4evait h 30,000, Depuis 
cette époque, il est descendu à 23,000 environ. C'est dont* 
dans la proportion d'un dixième que le nombre des ou- 
vriers atteints de saturnisme aurait dû diminuer. 

M. Armand Gautier constaie, avec satisfaction, que la 
proportion a été beaucoup plus grande puisque le nojiibre 
annuel de malades saturnins, pendant la période de 18B4 
à 1886, a diminué de plus dr moitié. Le nombre de 
jours d'hospitaUsation, calculé pour un an, est tombé 
de 8,420 dans la période triennale 1881-1883, à 3,537, 
dans la période suivante, de 1884 à 188(>. Enfin la gravité 
des affections saturnines parait également avoir été moin- 
dre. En efifet, dans la période précédente, les malades pas- 
saient en moyenne 20 jours à Thôpital, tandis que, au 
cours des années 1884-1886, ils n'y ont passé en moyenne 
que 14 jours 8 dixièmes, soit un quart de moins de temps* 

Ces excellents résultats peuvent ()tre attribués à diffé- 
rentes causes. Le rapporteur du Conseil d'hygiène pense 



1 



il 



n n*étaît encore, eu 1810, que simple surveillant à la 
houill<î^re de Newcastle, lorsqu'ayant été appelé par hasard 
à réparer une machine atmosphérique de Newcomen, il 
s^acquitta de ce travail de façon à attirer sur lui l'atten- 
tion, 11 reçut pour ce succès une gratification qui lui 
permit de se livrer de nouveau à l'étude. Il apprit alors 
les mathématiques, la mécanique et la chimie; après quoi, 
il tut nommé en 1812, ingénieur de la mine de Willington, 
avec des appointements de 2,500 francs. Il put alors pla- 
cer son tilsau collège, 

A cette dernière époque, Georges Stephenson se démit, 
en faveur de son iils et de quelques-uns de ses élèves, 
des fonctions qu'il avait occupées près de diverses compa- 
gnies, el se retira dans son cottage de Tapton, oii il s'oc- 
cupa encore de diverses inventions, notamment d'un frein 
priur arrêter les convois. 

Cependant, il quitta encore sa résidence pour se rendre 
au désir du roi de Bdgiaue, qui voulait lui confier la 
eoûstruction des cheinina ne fer de ce pays. 

U vjsi ta à cette époque la France et l'Espagne; à son retour 
tûgleterre, il tut atteint d'une pleurésie dont il mourut. 



Ses compatriotes lui ont élevé deux statues: l'une à 
Liverpool en 1844, l'autre dans sa ville natale on 1862. 
Un meeting mternational s'est réuni ^ en 1875, à Darlington, 
pour fêter le cinquantième anniversaire de la création du 
premier chemin ne fer. 

Stephenioit (Roberl) (I!^U3-1H5ÏI). * 

U reçut les premiers éléments de l'instruction près d'un 
maître d'école de Long-Benton; son père le plaoa ensuite 
comme externe chez un maître de pen^^ion ii Newcastle ; 
le soir, il travaillait avec son père qui rinitiait à ses 
recherches et à ses inventions. 

Robert quitta la pension de Newcastle en 1818, pour 
entrer comme sous-inspecteur ii la mine où travaillait son 

f)ère; il eut le bonheur de sauver la vie à son directeur, 
ors d'une explosion de feu grisou. 

Son père qui s'occupait en 18:27 de la construction du 
chemin de ter de Liverpool k Alanduester, lui donn^ 
gérer l'usine de machines à vapeur de Newcastle â laquelle 
Robert donna une grande extension. C'est lui qui rédigea 



i 



43 



JOURNAL D'HYGIÈNE 



que la principale réside dans Tintervention des mesures 
administratives votées en 1882 par le Conseil. 

« Eu particulier Tinstruction relative aux causes de 
rintoxication saturnine et aux moyens d'y remédier, dont 
raflSchage a été ordonné dans toutes les usines, ateliers, 
chantiers, fabriques où Ton manie le plomb et ses dérivés 
sous toutes les formes, a été la mesure la plus efficace, et 
nous pensons que c'est à elle qu'il faut attribuer l'amélio- 
ration constatée au point de vue des maladies saturnines 
dans le département de la Seine. » 

M. Armand Gautier profite de cette circonstance pour 
démontrer à quels résultats on pourrait arriver adminis- 
trativement, au point de vue de Thygiène publique, en 
appliquant fermement les décisions du Conseil d'hygiène 
et en tenant. la main à leur exécntion. De cette façon on 
pourrait également faire de grandes économies, non seu- 
lement au point de vue de la santé des ouvriers, mais 
aussi dans l'intérêt de la Cité et de l'Administration hospi- 
talière. 

Toutefois, si le nombre des malades a diminué, celui 
des cas de mort au contraire a presque triplé. Le rappor- 
teur du Conseil croit que l'on peut imputer le chiffre 
plus élevé des décès à une désignation plus précise des 
causes de la mort, par les personnes chargées de dresser 
le tableau des statistiques hospitalières, 

D'un autre côté, les ouvriers saturnins les plus grave- 
ment atteints sont aujourd'hui, non plus comme autre- 
fois les cérusiers et fabricants de massicot et de minium, 
mais les peintres, enduiseurs, broyeurs de couleurs et 
badigeonneurs. Ceux-ci en effet ne travaillent presque 
jamais enatelier,ils sont en chantier volant où les prescrip- 
tions hygiéniques ne sauraient être affichées ni surveil- 
lées. En outre, leurs patrons persistent à employer les cou- 
leurs à base de céruse, alors que le sulfure, et l'oxysulfure 
de zinc, surtout l'oxyde de zinc sont reconnus comme 
dénués de danger. 

« Le meilleur moyen de remédier à cet état de choses 
serait sans doute que l'État et les administrations, aussi 
bien que les particuliers, n'acceptent avec les entrepreneurs 
de peinture, aucun marché où il ne serait formellement 
stipulé que la céruse et les préparations plombifères ne 
soient pas employées dans les travaux à faire. » 



Après avoir entendu la lecture de ce rapport, le Conseil 
d'hygiène publique et de salubrité de la Seine a émis à 
nouveau le vœu : 

« Que M. le Ministre du Commerce et de l'Industrie de- 
mande, dansl'intérèt de la santé des ouvriers cérusiers» aux 
Administrations de l'Étal et aux Compagnies de chemin 
de fer, de n'admettre dans leurs adjudications que la céruse 
broyée à l'eau ou à l'buile, ù l'exclusion de la céruse en 

PO^d**^- » A. JOLTRAIN, 

Secrétaire de la Rédactiùn, 



Par Monts et par Vaux« 

LES VIEUX ET LES JBUN8S. -^ L*AIR COJiFl%i ET LA PHTISIE. 

Le Chroniqueur de la Revue de thérapeutique médico- 
chirurgicale vient de se donner le plaisir de rechercher 
l'âge de bon nombre des organes de la Presse médicale : < )e 
parle des vieux, dit-il, car, pour ce qui est des jeunes, ilen 
naît tant et tant, de $i étranges et de si intéressés, que je 
ne me suis pas senti l'a patience de pousser jusqu'au bout.» 

Avec beaucoup d'à propos, le D*^ Aller constate « deux 
courants tout à fait opposés dans l 'impulsion qui est don^ 
née à la rédaction des divers organes de notre Presse mé* 
dicale actuelle, et chacun de ceux-ci parait suivre l'un et 
l'autre courant en raison de son âge. 

rt La vieille Presse se montre volontiers réfléchie — au 
risque de paraître un peu lente, — soucieuse du fond» 
plus ou moins de la forme; par nature elle tend vers le 
genre « Revue » soit en publiant des articles généraux 
plus ou moins étudiés et étendus, soit en s'offrant un 
luxe a i analyses )> par lequel elle vise plus ou moins à la 
perfection et à se montrer complète. 

» La jeune Presse, au contraire, affiche uu désir inouï 
d'arriver à la rapidîté de l'information, comme si cette 
foudroyante rapidité avait la môme raison d'être en méde- 
cine, quen politique et dans la vie sociale. Comme la 
grande Presse des boulevards, sur laquelle elle se modèle, 
elle se fait télégraphique et téléphonique^ ne se prive pas 
d'abréviations, se moque de la forme pourvu qu'elle ar- 
rive vite, ne s'embarrasse pas de longues études. Son am.. 



le rapport à la suite duquel le projet de son père, de sub- 
stituer, sur les chemins de fer, des locomotives aux 
machines fixes, fut adopté par la compagnie du chemin 
de fer de Liverpool à Manchester, et il contribua pour 
beaucoup aux perfectionnements qui valurent à La Fmée 
le prix de 1829. 

Il construisit peu de temps après une locomotive encore 
plus parfaite, La Planète, qui franchit en 3 h. 39 m. la dis- 
tance de Liverpool à Manchester, en remorçiuant un train 
de marchandises considérable. Il construisit ensuite une 
locomotive à courbes courtes. Enfin il imagina la coulisse 

Ïui porte son nom, et dont la combinaison avec le tiroir 
lapeyron réalise le progrès le plus indispensable pour la 
meilleure exploitation des chemins de ler et la sécurité 
des voyageurs, c'est-à-dire le moyen le plus simple et le 
plus rapide d'obtenir Tarrêt, soit aux stations, soit en 
marche, en cas de danger, par le renversement de la 
vapeur, en la faisant affluer sur la face du piston que le 
mouvement acquis poussait vers l'une des extrémités du 
corps de pompe, 
il participa à la construction d'une foule de chemins de 



fer en Angleterre, en Suède, en Italie, aux États-Unis et 
en Egypte. En même temps, il faisait accepter et réalisait 
son invention des ponts tubulaires. C'est lui qui construi- 
sit, à Newcastle, le viaduc de plus d'un kilomètre qui 
traverse la Tyne sur un pont sous lequel peuvent passer 
les plus gros vaisseaux; le pont Victoria qui traverse la 
vallée de Tweed; l'immense pont Britannia qui relie 
l'Angleterre à File d'Anglesev ; les deux ponts établis en 
Egypte, l'un sur une branche du Nil et l'autre sur le 
grand canal; enfin le pont Victoria sur le Saint-Laurent au 
Canada. 

Il fut enterré en grande pompe dans Téglise de West- 
minster. Nous ajoutons, à regret, qu'il s opposa, autant 
qu'il le put, au percement de Tisthme de Suez. 

On avait déià imaginé, dès 1804, d'employer la vapeur 
au transport des wagons chargés de houille, dans l'inté- 
rieur des mines, mais, jusqu'en 1814, les machines 
employées à cet effet étaient fixes et le tirage des wagons 
se faisait à l'aide de cordes ou de chaîna, sur des^ rails 

habituellement en bois. Diaitized bv Vr^OOQ L, . 
G est Georges Stephenson qui, le premier, rendit la 



JOURNAL D'HYGIÈNE 



43 



bition paraît être le « reportage », el on p';ut s*attendre 
que, à k première occasion, elle inaugurera a Vintervieivi^. 



* 



Tout cela est parfaitement exact, et la prévision se trouve 
déjà sur le terrain des réalisations, mais malheureusement 
ces jeunes confrères sentent fort bien qu'ils sont à l'unis- 
son des aspirations du jour, et que l'idéal d'un bon rédac- 
teur doit être : de se former une bonne clientèle de pro- 
tecteurs, haut placés, influents, ayant leurs libres entrées 
dans les Ministères, faisant de droit partie de toutes les 
Commiâsions passées, présentes et futures ! 

Les lois existantes, les décrets, les ordonnances, sont le 
c&dct de leurs soucis, et lorsqu'il s'agit de reconnaître les 
services des nouvelles trompettes de la Renommée, ils ne 
rmjgîiient pas de répondre : Ce qu'un décret a établi, un 
nmvmn décret peut le détruire sous prétexte de réorgani- 
«ation, voire même d'épuration ! 



* * 



Voici, d'ailleurs, deux petits exemples des avantages de 
la Presse à reportage, actuellement représentée par deux 
frères ennemis se disputant, avec beaucoup d'animation; 
les £aveurs du bon public médical et extra-médical. 

Le Rapport de M. Chamberland, député, sur rOrganisa- 
tion de lia Santé publique, ne pouvait manquer de figurer 
dans les colonnes du frère cadet, avant même qu'il ne fût 
distribué aux membres de la Chambre du Palais Bourbon. 

Il va sans dire que le savant rédacteur, en rappelant les 
grandes lignes du Rapport, a saisi de suite : « la grande 
différence qui existe entre cette organisation, et l'organisa- 
tion actuelle si rudimentaire et si défectueuse ! » 

C'est à ce magnifique décret organique sur l'hygiène 
publique de 1848, l'une des pages glorieuses de la deuxième 
République, que s'adressent ces charmantes épithètes ! 

Fuis, après avoir lancé T encensoir au travers du visage 
de rélève de prédilection de H. Pasteur, qui doit être in- 
contestablement aussi compétent en hygiène publique, 
qu'en bactériologie, l'enfant terrible ajoute : 

« Nous souhaitons seulement que la Chambre et le Sénat 
se pénètrent au plus vite de l'importance majeure de la 
question qu'il soulève, et qu'ils votent, à'bref délai, l'orga- 



nisation de la Santé publique, sur les bases du projet que 
nous venons d'analyser » 

Nous n'avons pas mission, dans ces Échos, d'examiner, 
d'analyser, et de réfuter, l'argumentation très*contestable 
de M. Chamberland, mais nous avons le devoir de signa- 
ler à nos confrères un nouvel article 7 de la proposition 
de loi, qui est la négation la plus formelle du secret 
professionnel, et qui rabaisse le médecin au niveau d'un 
simple employé de commissariat de Police ! 

Art. t9. <( Tout mëdeclii sera tenu de don- 
ner soli à l^auiorltë administrative, soit aux 
as^nts de la santë publique, les renseigne- 
ments utiles à rityfflène s^nërale, notam- 
ment en ee qui e«»neeme les maladies ëpldë- 
mlques et endëmiques, et l^lndleatlon des 
eausiïs de dëeès* 

» lies eontraventlons au prëeëdent artiele 
&eranê punies a'une mtÊÊewuMe ae S à 9S 

Dommage vraiment que l'honorable rapporteur n'ait 
pas prévu le cas de récidive. 11 y a là une lacune impor- 
tante à combler ! 

Eh bien 1 croyez-vous que notre zélé confrère, en tran- 
scrivant le texte du dit article 29, ait trouvésous sa plume, 
un seul mot de réserve, de regret, ou de protestation? 

Assurément non; le point essentiel, pour lui, c'était de 
faire preuve d* information rapide, et de proclamer urbiei 
orbi que a ce très remarquable rapport était tel qu'on pou- 
vait V attendre, d'un homme aussi compétent que l'hono- 
rable M. Chambbrland ! 

Triste! Triste!,., pour les partisans quand même de la 
liberté des citoyens! 



* 
* ♦ 



Passons à une autre réminiscence. 

L'un de ces derniers jours, à l'effet d'écrire quelques 
paroles gracieuses à l'adresse de nos chers collègues de 
Belgique, le même frère cadet inaugurait la statistique 
fantaisiste, en se posant ce point d'interrogation. 

« Sur 1,000 personnes, combien en meurt-il, par année, 
dans les diverses capitales ou grandes villes? )> 

Voici la réponse : 



machine mobile, c'est-à-dire créa la locomotive. Il sub- 
stitua en même temps les rails en fer aux rails en bois. 
Peu de temps après, en 181 â, il imaginait de faire sortir 
par h cheminée la vapeur qui avait été utilisée, de 
manière à augmenter le tirage et la force de la machine. 
Haïs Tinvention nouvelle restait encore bornée au transport 
de Ja houille dans l'intérieur des mines. 

Les négociants de Manchester et de Liverpool avaient, 
dès 181 S, formé le projet de réunir leurs deux villes par 
ûù chemin formé de rails en bois sur lesquels les marchan- 
dises seraient transportées par l'intermédiaire d'une ma- 
chine tixe; mais ils avaient été obligés de renoncer à leur 
Entreprise. Georges Stephenson fut chargé de reprendre 
pfe projet et de l'exécuter d'après les idées qu'il avait fait 
prévaloir. Mais on crut devoir, avant d'exploiter cette 
ligne, organiser un concours pour la construction de loco- 
motives plus parfaites que celles que Stephenson avait 
^employées jusque-là, et ce fut encore lui qui, avec l'aide 
" i son fils nobert, remporta le prix, gui était de 500 livres 
idiiig. Us nonunèrent leur locomotive la Fusée (theRoc- 
*}, Os avaient eu le bon esprit d'adopter l'idée des 



chaudières tubulaires récemment inventées par notre 
compatriote Seguin. Le nouveau chemin fut inauguré en 
1829; il n'avait été construit que pour le transport des 
marchandises, mais on l'employa aussi, presque aussitôt, 
au transport des voyageurs. 

FiCS magnifiques résultats obtenus par les deux Stephen- 
son les tirent bientôt appeler de tous cotés pour diriger 
la construction de nouvelles lignes. Ils créèrent par eux- 
mêmes ou par leurs élèves celles de Liverpool à Birmin- 
gham, de Sheffield à Rotherham, de Birmingham à 
Derby, de Derby à Newcastle, de Manchester à Leeds, 
de Leeds à Bradford, de Chester à Crewe, de Manches- 
ter à Birmingham, de Maryport à Carlisie, etc., qui furent 
ouvertes de 1830 à 1840. pr j^ m, Cyrnos. 



Les Maladies contagieuses à New-York, t 

Un journal américain appelle l'attention des pouvoirs 
publics sur l'extension considérable des maladies conta- 



44 



JODRNAL D'HYGI NE 



•^ 



A Bruxelles j5 

A Pam 21 

A Turin 19 

A Berlin 20, etc. 

Rt^jJextons : « Bruxelles qui vient en tôtedelistele doit, 
certainement, à la création d'un Service autonome d'hy- 
giène/ » ^ 

Nous n'avons pas à rechercher ici le Bulletin hebdoma- 
daire, quelconque, qui a fourni de pareils chiffres, mais en 
généralisantsaos doute de la semaine à l'année, notre jeune 
coufrèrea indiiii en erreur, et ses lecteurs, et, chose bien 
plus grave, ceux d'un journal sérieux la Lz6er/é qui a re- 
produit l'art icle de très bonne foi ; 

EiïecUvemeiit, aucun de ces taux de mortalité n'est exact, 
et en consultant les plus récents documents officiels (1886 
et 1887) du Bureau d'hygiène de Bruxelles (Rapport au 
Conseil communal pour 1886), du Bureau de statistique mu- 
nicipale de Paris (Bulletins hebdomadaires pour 1887), de 
1 Office central dliygiène de BerUn (Kaiserlichen Gesun- 
heitsamls», du Bureau communal de Turin (Ufficio di sta- 
tica), on rétablît ainsi la vérité des faits. 

Sur i ,000 perâonnes il en meurt par an : 

A Bruxelles. 24. 8 

A Paris, . , 23.40 (24.12 d'après le tableau annuel 
publié dansle Journal d'hygiène.) 
A Turin. . 25.00 (26.50 pour toute r Italie,) 
A Herliu . . 26.00 (en 1886) 

Le journal h informations rapides n'avait pas davan- 
tage le droit d'assigner à Bruxelles, une première place 
qui appartient, incontestablement, à la ville de Londres. 

Hti 1886, le taux de mortalité du Gréa ter London (fau- 
bourgs et banlieue) a été d*après le Registrar General 
d*ï Sommerutt-House de 21,4 pour 1,000 habitants. 

Dans les beaux quartiers de Londres; Marylebone 
Hegeni Street, Kensington, elle est même descendue à 16, 
15 et 14 0/00. 

En Ecosse, l;t ville d'Edimbourg arrive avec une morta- 
lité moyenne annuelle de 20,63 0/00. 

La ïM^nclnaion naturelle de tout ce qui précède, c'est que; 

<j li ne suffit pas d'arriver le premier, il faut encore 
atteindre le but, en se retrouvant en parfait équilibre sur 
ses jambes! » 



* * 

M. Brown-Sequard est venu communiquer à l'Académie 
des sciences une première série d'observations et d'expé- 
riences, sur l'influence de l'air confiné sur le développe- 
ment de la phtisie pulmonaire. 

Tout d'abord, il a présenté un ingénieux appareil de 
M. • d'Arsonval, destiné à enlever tout l'air sortant des 
poumons des phtisiques. 

Cet appareil se compose de plusieurs parties dont la 
plus essentielle est une sorte de hotte de forme biconique 
qui se place à une certaine distance de la tête du malade 
couché. Cette hotte est portée par un tube deux fois re- 
courbé, dont on peut faire varier la hauteur, et qui peut 
glisser le long d'une tige fixée sur un pied court, trian- 
gulaire. 

L'extrémité inférieure de ce tube communique par un 
tuyau souple de gros calibre, aver. une cheminée d'appel 
en tôle dans laquelle brûle une source de chaleur (gaz, 
bougie, lampe, etc.) 

Cette combustion détermine un appel d'air dans toute 
l'étendue du système de tuyaux, de sorte que les gaz ex- 
pirés par le malade sont immédiatement entraînés daûs 
la hotte qui se trouve au-dessus de sa tête. En passant 
sur le foyer en combustion, ces gaz se débarrassent en 
partie des germes qu'ils peuvent contenir, et ce qui reste 
est rejeté au dehors de la chambre. 

M. Brown-Sequard a rappelé ensuite les observations 
qu'il avait faites en 1869 et 1870, sur des animaux auxquels 
il avait inoculé la tuberculose par la voie sous cutanée. 

Les cobayes conservés sous un hangar dans de bonnes 
conditions hygiéniques (litière, alimentation et aération) 
ont résisté à l'inoculation meurtrière, et sont restés long- 
temps en pleine santé. Ceux, au contraire, qui furent placés 
dans les laboratoires, où ils vivaient dans un air confiné, 
ont presque tous succombé à la phtisie. 

«( Ces résultats sont une nouvelle preuve de l'influence 
détestable de l'air confiné, et de l'action bienfaisante, au 
contraire, de la vie à l'air libre. Ils nous montrent aussi 
dans quelle voie nous devons nous engager pour préve- 
nir le développement de la phtisie pulmonaire.» 

D^ ÉCHO. 



gieuses à New^York, notamment de la diphtérie qui 
exerce annuellement de grands ravages dans cette cité. 

Sans aucun doute, cette mortalité sera sensiblement 
diminu^'e par les travaux sanitaires entrepris récemment, 
ainsi que par l'application des mesures préventives édic- 
U^es par le Code sanitaire, mais encore faut-il faire con- 
naître au public les données les plus élémentaires de 
rhygiène publique. 

L'ignorance absolue de ces préceptes et le manque de 
précautions pris< s dans chaque famille, sont encore trop 
rép.indues dans la population ; et notre confrère signale 
fout particulièrement les funérailles publiques, comme 
présentant un sérieux danger pour l'extension des 
maladies eontagieuses. 

Coîilrairement aux sages prescriptions du Code sani- 
taire, qui enjoignent « de ne jamais exposer, conduire à 
1 t'élise et enterrer publiquement toute personne morte 
trune maladie pouvant contaminer d'autres personnes », 
les i^iln [jreneïîtsde funérailles, certainement plus coupa- 



bles en cette circonstance que ceux qui les emploient in- 
consciemment, passent outre aux règlements, se souciant 
fort peu, dans l'intérêt de leurs afiaires, des dangers que 
leur négligence fait courir à la population ambiante. 

Dernièrement, par exemple, un enfant succombait à 
la diphtérie dans une maison de la 43^ avenue; le corps 
fut exposé pendant deux heures, et les obsèques furent 
publiques. Dans la même semaine, trois autres enfants et 
deux femmes mouraient des suites de cette terrible ma- 
ladie. 

Il y a là, pour notre confrère, un danger des plus 
sérieux, qui réclame une très sévère répression de la part 
des autorités sanitaires. j ^g p^ g^ 



Diaitized bv VnOOÇlC 
La culture seule rend l'homme parfait. IIufeland. 



JOURNAL D'HYGIËNE 



iS 



BULLETIN DE U SOCIÉTÉ FRANÇAISE D'HYGIÈNE 



Publications 
de la Société française d'Hygiène. 

(1877^1887). 

U Société, dans h première séance de jan\ier, a voté a 
runaaimité Vinsertion immédiate au Bulletin, des deux 
di)CUEDent£ ci-jofnls qui liguraient au compte rendu du 
Secrétariat, 

ilâ sfint la preuve éclatante de l'activité de l'œuvre mo- 
dt^te, persévérante et humanitaire que la Société poursuit 
depais sa fondation en 1877. 

Ces documents seront de même pour nos nouveaux col- 
lègues uu exemple et un encouragement, car en voyant 
l'accueil empressé qui est fait à TEtraugerà toutes nos pu- 
bUcations, ils n'hésiteront pas à se mettre au travail pour 
en accroître le nombre et l'importance. 

En nous adressant ici aux savants membres associés 
étrangers, qui se sont associés avec tant de zèle et de bien- 
veilianceà Tœuvre commune de propagande hygiénique 
etsaintiiire^ nous sommes heureux de pouvoir leur donner 
la nouvelle assurance de la gratitude et du dévouement 
sympathique de la Société tout entière et de son 



Secrétariat. 



K D' 



2. 



3. M. 



4. M- 



M 



6. M 



7. M 



8. M 



0, D' 



Kî. D- 



DE PiETRA Santa : Société françaùe (Thygiènej sa 
misùn d'être, son but, son avenir (Conférence à la 
salle des Capucines). Broch. in-8®, 35 p. ^877. 
b' S<-E. >fAURiN : Rapport des lois et des mœurs avec 
la population (Conférence faite à la Société). Broch. 
m-8^de24p. 4877. 

C, Tollet : La réforme du casetmement et les bains- 
doucher (Conférence faite à la Société). Broch. 
in-B^'de 24 p. avec tableaux et planche. 1877. 
A. JoLTRAiN ; Le tannage des peaux. Nouveau pro- 
cédé de M. Ch. Pavesi de Mortara (Perchlorure de 
fer). Broch. in.8« de 16 p. 1877. 
Placide Couly : Organisation des secours publics à 
/^aris (CongrèsdeLeamington). Broch. in-8® de 12 p. 
1877. 

A, HoLLÈs : Le choléra. Etudes et souvenirs. Broch. 
in^»del6p. 1878. 

Ch. Terrier : Etude sur les égouts de Londres, de 
Bruxelles et de Paris. Broch. in-8*> de 35 p. 1878. 
E. TuRPiN : Décoration sans poison des jouets en 
caoutchouc ; avec note de M. Cahours (de l'Institut) 
sur Veosine et la fluorescine. Broch. in-8® de 16 p. 
1878. 

Marmisse : Nécrologie médicale raisonnes, ou 
Recherches statistiques sur les décès des médecins. 
Broch. in-8« de 48 p. Bordeaux-Paris 1878. 
Verhier : La Comédie et la Musique dans leurs rap- 



ports avec la Santé. Broch. in-8® de 16 p. 1878. 
U* IK DE PiEiiiA Santa : Les hospices marins et les écoles 
de rachitiqu£s (Conférence faite au palais du Tro- 
eadéro. Exposition de 1878). Broch. in 8** de 40 p. 
8. 



m- .1 Q' 



12. M. Placide Couly : Du choix d^un état au point de vue 

hygiénique et social (Conférence faite au palais du 
Trocadéro. Exposition' de 1878). Broch, in-8* de 
35 p. 1878. 

13. M. Ch. HussoN (de Toul) : Etude sur le café, le thé, et 

les chicorées, Broch. in-8*», 16 p. avec lig-, 1879. 

14. M.Marié-Davy: Assainissement de [a Seine, Déver- 

sement des eaux d'égout dans la forêt de Saini-Ger^ 
main. Broch. in-8*>, 8 p. 1879. 

15. D' R. Blache : Etude sur les biberons (Rapport à la 

Société). Broch. in-8«, 16 p. 1879, 

16. M. DuvERDY : Assainissem^ent de Paris. Les eau^c d*é- 

goût en Angleterre (Edimbourg, Londres, CroydonK 
Broch. in-8« de 16 p. 1879. 

17. D»" Salet (de Saint-Germain) : Utilimtion agricole des 

eaux d'égout. Broch. in-8** de 1(> p. 1879. 

18. Secrétariat de la Société : Epuration et utilisation 

des eaux d'égout de la ville de Paris (Presqu'île de 
Gennevilliers et forêt de Saint-Germain). Docu- 
ments divers extraits du Bulletin de la Société, 
Broch. in-8'» de 107 p. 1880. 

19. M. Marié-Davy : Epuration des eaux d'égout par le 

sol de Gennevilliers. Broch. in-8\ 12' p. 1880. 

20. Annuaire de la Société pour 1880. Statuts, Bureau. 

Comités d'études. Liste générale des membres de 
la Société, Broch. in-8'> de 55 p. \m). 

21 . MM. Sabourdy et Julien : Nouveau procédé de désin- 

fection avec planches. Broch. in-8°, 12 p. 1881- 

22. Guide du vaccinateur. Les deux vaccins^ (liédigépar 

une Commission de la Société). Broch. in-lS^» de 
32 p. avec figures. 1881. 

23. D' Tommasi-Crudeli (Conrad) : La malaria de Rome 

et l'ancien drainage des collines romaines. Broch, 
grand in-8** avec planches, 30 p, 1881. 

24 . Hygiène et éducation de la première enfance, (Concours 

de la Société de 1879) rédigé par une Commission: 
MM. R. Blache, Ladreit de Lacharrière et MéiHtVe 
(d'xVngers), rapporteurs. Broch. io-lS", 36 p. 
l'-^ édition en 1879. — 7» édition en 1885. (Cha^ 
cune de 10,000 exemplaires.) 

25. M. Marié-Davy : Travaux de la Société m t t9B^ .hX\ù- 

cution du Président. Broch. in-H'*, 16 p. 188! * 

26. Annuaire de la Société ^onv 1882. Statuts. Bureau, 

Liste des membres (toutes catégorit^s), Broch, in 8% 
66 p. 1882. 

27. M. Marié-Davy : Système du « tout à Végout » ; cana- 

lisation spéciale des vidanges. In-8*' de 14 p. 1882, 

28. Joseph Zanni (de Constantinople) : De^ beurres dits 

de Siôéne. Composition et analyse chimique. Brodi, 
in.8'' de 20 p. 1882. 

29. Hygiène et éducation physique de la deuxième enfance 

(Période de 2 à 6 ans), (2^ concours de la Société), 
rédigé par une Commission : (MM. R, Blache, 
A. Houles, Le Coin, rapporteurs). Broch. in 18% 
32 p. l'« édition en 1882. — 2« édition eu ISSa^^îp 

30. Baron de Thérésopolis (D»* Ferreira de Abreu) -^4^ 

l'antagonisme de la morphine et tles akalo'idesde^ 
solanées vireu^ses. Broch. in-8'* de 16 p. 1882. 



7 

i 



i 



46 



JOURNAL D'HYGIËNE 



31 . D^ E. MoNïN ; Obésité et maigreur. Essai d'hygiène 

pratique. Broch. in -8®, 20 p. 

1^^ édition en 1882. — 2« édition en 4883. 

32. SEcnÉTAftjAT de la Société: Assainissement de Paris. 

Les odeurs de Paris et les systèmes de vidange. 
(Tout à TégouL Canalisations spéciales) Extraits 
des Bulktins de lu Société. Broch. in-8*> de 92 p. 1882. 
33* D'' L. GftELLETï {de Vichy) ; Des précautions hygié- 
niques el proplujîactiques à prendre contre la fièvre 
li/pho'ide.BmQ\u in.8« de 22 p. 1883. 

34. Jl. G. MevNET : Des laits condensés au point de vue 

de ralimentatton publique, et de celle des enfants 
nouveau-im. (Rapporta ia Société). Broch. in-8% 
20 p. 1883. 

35. D^ Tdmmase CflUDELf (Conrad) : La préservation de 

f homme dans les pays à Malaria. (Rapport offi- 
ciel). Broch. ia^8*» de 16 p. 1883. 

36. M. A. Hoçt.És : Action du cuivre sut Véconomie. His- 

toire d'un village, (Durfort); avec appendice: His- 
toire d'un village et d'un atelier. Broch. in^8^ 
20 p. 1884. 

37. D^ E, Moma; Lq propreté de l individu et de la mai- 

son. (Concoufâ de la Société de 1883. Médaille de 
vermeil). Broch. in-8« de 45 p. (Souscription du 
Ministre de (Instruction publique, V^ édition 
1884, ^4'-^édilionl886. 

38. Annuaire de la Société, pour 1884. Broch. in-*» de 

60 p. 1884, 

39. Dr DE Pjetra Santa: Trichine et Trichinose aux 

Etats-Unis (Documents officiels). Broch. in-8^ de 
42 p. 1884. 

40. D' Baratoux, Landur et Kahn : La Voix. (Anatomie, 

physiologie, registres, hygiène). (Rapport à la So- 
ciété) Broch, in-8« de 32 p. 1884. 

41 . Hygiène et éducation physique de la deuxième en- 

fance, {Période de 6 à 12 ans). (3"'» concours de la 
Société. Bédigé par une commission. MU. R. Bla- 
che. A. Houles. Le Coin, rapporteurs). Broch. in- 
8*^ de 34 p. 1886. 

42. D^ E, MoNix : La prévention des fièvres en Sologne. 

(Esquisse dlivgiène pratique). Broch. in-8^ de 16 
p. 1887, 

43. Hygiène et éducation de V enfance. (De la naissance 

à 12 ans). (Réunion en un seul volume des bro- 
chures de Concours de la Société). Broch. in-8® de 
112 p. 1880^7. 

44. D'" Paul MoREAu de Tours : Surmenage intellectuel et 

sèdentaHtè dam les écoles. (Rapport delà Commis- 
sion des prix. Concours de la Société de 1887). 
Broch. ja-8-^ de 14 p. 1887: 

45. D' &R PiETRA Santa: Organisation des services de 

l'hygiène pubîiq%ie en France. (Rapport à la So- 
ciété). Broch. jn-8o de 20 p. 1887. 

46. D' E. BiAYAG : Une Colonie scolaire. (Vacances de 

1887). (Rapport à la Société). Broch. in-8o avec 
tableaux statJsLiques de 16 p. 1888. 

47. D" E. MoNJN: U hygiène dans la Pologne Russe. (Rap- 

port sur TExposition d'hygiène de Varsovie en 
1887). (Mission officielle du ministre de l'Instruc 
tion publique). Broch. in-8*» de 37 p. 1888. 
48 • D'' Palmberg : Organisation de U hygiène publique en 
Finlande. (Rapport à ia Société). Broch. in-8** de 
p.1887. 



49. D' DE Pietra Santa et A. Joltrain : La Caravane 
hydrologique de septembre 1887. vol. in-8® (sous 
presse). 

Tradactions en Ijanira^* étraniirèreB des pablieations 
de la S<»eiété. 

Hygiène et Éducation de la première enfance. 

1 . En italien : D' de Giaxa (Trieste) : 2 éditions, 1879 

et 1880. 

2. — D*^ A. Donarelli (Rome), 1879. 

3. — D' F. Matoni (Naples), 1880. 

4. En espagnol : D' Manuel Pizarro (Séville) : 2éditions, 

1879 et 1881. 

5. En anglais : D' Walton (Cincinnati), E. U. A., 1880. 

6. En arménien : D^ Péghédimaldji (Constantinople), 

1880. 

7. En allemand: D^ A. Muller (Mulhouse;, 1879. 

8. En flamand: D^ Lammens (Bruxelles) ,1880. 

9 . En belge : Reproduction du texte français par l'Agglo- 

mération bruxelloise des Conseils d'hygiène. 

10. En russe: M. Hirschborn (ministère de l'intérieur 

à Saint-Pétesbourg), 1881. 

11. En rouman : D' J. Félix (Bucarest), 1882. 

12. En serbe; EK Selak (Raguse), 1884. 

13. En portugais : D^ Moncorvo (Rio-de-Janeiro), 1885. 

14. En grec moderne: D' Zinnis (Athènes) ,1883. 

Hygiène et Éducation physique de la deuxième enfance. 
(2 à 6 ans.) 

13. En anglais: D' Mac Cook-Weir (Nottingham), 1882. 

16. En italien : D' Badaloni (Bologne ,1882. 

17. En espagnol : D'' Manuel Pizarro (Séville), 18S3. 

18. En arménien: D' Péchédimaldji (Constantinople), 

1883. 

19. En serbe : D' Selak (Raguse), 1883. 

20. En suédois; D^ F. Eklund (Stockholm), 188S. 

21. En portugais: D' Moncorvo (Rio-de-Janeiro), 1886. 

Hygiène et éducation physique de la deuxième enfance. 
(6 à 1i ans.) 

22. En espagnol: D"^ Manuel Pizarro (Séville), 1887. 

23. En arménien: D*^ Péchédimaldji (Constantinopl»^), 

1887. 

Guide du Vaccinateur (Les deux vaccins). 

24. En espagnol : D** Ramon Serret (Madrid), 1881. 

25. En italien: D' Carlo D'ARPE(de Lecce), 1881. 

26. — D' Matoni (Naples), 1881. 

Propreté de f Individu et de la Maison (D' Monin). 

27. En espagnol : D-^ M. Pizarro (Séville), 1887. 

28. En italien : D^ Badaloni (Plaisance). 

29. En suédois : D' F. Eklund (Stockholm), 1887. 

30. En allemand : D*^ Hemmann (Aarau), 1887. 

31. En arabe D' Aly Heydar (Le Caire), 1887. 

32. En arménien: D*" Utudjian (Constaniinople), 1886. 

La Voix. 

33. En italien : D' Recupito (Plaisance), 1886 



34. 
35. 



D' Badaloni (Plaisance), 188S 
D' Solera, 1886. 



/DOhNAL OHVGIÈNfc 



47 



ffistoire d'un Village. {Abbé Houles.) 
36. D^ Alfïerï (Nocera Umbra) : 188*. 



Service des Vaccinations gratuites. 

Le Service des vaccinations gratuites de la Société a été 

inauguré, en février 1880, dans la salle du rez-de-chaussée 

de ïa StKJété d encouragement, 44, rue de Rennes. 

I Les jours et heures des séances étaient portés à la con- 

naïssaoce du public par dos affiches apposées dans les 

* vio^t arrondissements de Paris, et par des avis insérés 

I dans les journaux poliliqucs et médicaux. 

Lu appel direct, par circulaires, aux confrères et aux 
sagesrremiDc^ leur apprenait qu'ils trouveraient aux Jours 
^ desdîles séances, sans rétribution aucune ^ à leur choix, 
' du vaccin jennérien et du vaccin animal. 
^ Le vaccin animal était fourni par les génisses de 

M- Ljinoix, cl plus lard de M. Chambon> moyennant un 
prix /iic payé par la Société. 
Le vatîcîn d'tmfant était fourni, à la première séance de 
I chaque année, par uu vaccinifère envoyé par M. le Direc- 
teur de la vaccine de l'Académie de Médecine. 

Ledit vacx:inifère assurait pour les séances successives 
le vaccin jennérien, utilisé de bras à bras, ou servant à 
la récolte des pointes d'ivoire expédiées en province. 

Toutes les vaccinationsetrevaccinations étaient, et sont 
pralitTuées par des médecins membres de la Société, sous 
la direction de MM. Dromain et de Pietra Santa. 

Les confrèrea de Paris et de la banlieue étaient autori- 
sés à amener, rue de Rennes, leurs clients et les élèves des 
pensions, ou écoles, pour y être vaccinés par eux. 

A plusieurs reprises, et sur la demande de ces confrères 
(menribres ou non de la Société), soit la génisse, soit le 
vaccinifère ont été envoyés en ville. 

A la huitaine, des certificats signés par le Directeur du 
service élaicnt remis aux parents avec indication précise 
des résultats obtenus sur chaque bras. 

Sur un registre spécial déposé au siège social, étaient 
enregistrés les noms et adresses des enfants vaccinés, et 
deâ personnes revaccinées, avec indication de^ résultats de 
Topi^ratîon. 

Halheureusement, ces données statistiques sont très in- 
complètes: 

1° Un certain nombre de parents ne venaient pas récla- 
mer de certiticat à la huitaine, d'autant plus que nous ne 
pouvioDâ leur offrir aucune prime. 

2*" Les médecins de la ville, et deJa banlieue, délivraient 
eux-mêmes les certificats aux personnes qu'ils avaient 
vaccinées ou revaccinées. 

3* Nous n'a vous pas toujours pu obtenir les listes des 
[personnes vaccinées dans les agglomérations (pensions ou 
^B écoles). 

^1 Pendant les années d'épidémies, ou d'augment, de la 
^1 variole (1880-81-82), les séances de vaccination ont eu 
^m lieu chaque semaine (le mardi) dans la période comprise 
^H entre les mois de mars et fin juillet. 
^P Pendant les autres années d'accalmie, les séances ont été 
^B réduites à 7 ou 8, en mai et juin. 
^H Ett somme, de 1880 à (in 1887, le nombre total des 
^^ séances s'est élevé à 80. 

^k Le nombre des vaccinés et revaccinés étant en moyenne 



de 100 pour chaque séance, nous arrivons à un total de 
8,000 opérations vaccinales, qui est un minimum par les 
raisons rappelées phis haut. 

Le personnel de nos séances se recrutait dans la classe 
aisée, pour les personnes amenées par des confrères; dans 
la classe des petits employés et des commerçants de détail, 
pour les personnes qui y arrivaient directement. 

Les enfants d'ouvriers des quartiers populeux formaient 
toujours la minorité. 

D'une manière générale, le rapport des vaccinations aux 
revaccinations a été de :: 90 : 10. 
et pour le choix du vaccin, sur 100 enfants vaccinés : 
97 l'ont été par le vaccin de génisse. 
3 à peine ont réclamé le vaccin jennérien. 
(Tous demandaient à voir la génisse.) 
En ne tenant compte que des certificats délivrés, les suc- 
cès pour les vaccinations ont oscillé autour du chiffre 
96 pour 100. (vaccin pris aux S™° et 6°*^ jours) 

Service de renvoi des tubes. 

Dès 1880, l'agent de laSociété tenaità la dispositioa des 
membres de Paris, ou de province, pendant toute Vannée 
des tubes de vaccin de génisse qui étaient expédiés par la 
poste au prix de 1 fr. (prix de revient pour la Société.) 

La Société n'a jamais exigé de rétribution pour les con- 
frères réclamant du vaccin pour services publics. 

Aux époques d'épidémie elle a envoyé, à titre gratuit, 
des tubes de vaccin, en Corse, à Marseille, à Bordeaux, 
au Havre, à Nice, à Cannes, à Montpellier, au camp de 
Châlons, en Algérie ! 

Le service de la vaccine de la province de Bacau (Rou- 
manie) est assuré, depuis six ans, par des tubes de vaccin 
de génisse (120 tubes par an), acquis par le D*" Mancash, 
membre associé étranger de la Société. 

Sur la demande d'autres collègues étrangers, des tubes 
de vaccin ont été envoyés à l'île de la Réunion, à la Marti- 
nique, à Buenos-Ayres, en Colombie, à Panama. 

L'envoi des pointes d'ivoire, chargées de vaccin jenné- 
rien, a toujours été très limité et exceptionnel. 

De 1880 à 1887 le chiffre de tubes de vaccin de génisse, 
distribués à Paris, ou envoyés en province et à l'étranger, 
s'élève à 

9,200 tubes. 

Pendant les trois années d'épidémie de variole 1880-81 
82, il a été de 4,435. 

Le Service des vaccinations gratuites est inscrit au mo* 
deste budget des Dépenses de la Société, pour une somme 
annuelle qui a varié entre 300 et 200 francs. 

(Les frais de poste, d'imprimés, etc., rentrant dans les 
chapitres spéciaux qui les concernent.) 

(Compte rendu du Secrétariat,) 



De la Contagion du Meurtre. 

ÉTUDE d'anthropologie CRIBirNELLE (1*. 

L'étonnante facilité avec laquelle se commettent les 
crimes, la similitude presque absolue dans les moyens 
d'exécution, le retour pour ainsi dire périodique de cer^ 

(1 ) Thèse de Doctorat du D^Paul Aubry, in 8-,Félix-Alcan, éd . Paris,l887. 



48 



JOURNAL D'HYGIÈNE 



-^m 



talDs meurtres, ont engagé M. le D' Aubry à rechercher 
r|uelle était la cause, quel était le lien mystérieux qui reliait 
CCS différents étals. Or, ce phénomène de psychologie mor- 
bide n'est pas le résultat de la simple imitation ainsi qu'on 
serait tenté de le croire tout d'abord. Il y a plus : c'est un 
mélange de quatre termes fort distincts : suggestion, 
imitation, hérédité, contagion; dont l'ensemble constitue 
les éléments principaux d'une épidémie. 

Le meurtre épidéniique a été démontré par l'histoire; 
mais ce n'est que depuis un petit nombre d'années que la 
nature véritablement pathologique de ces épidémies a été 
entrevue, blucouragé par l'exemple deses maîtres, M. Aubry 
n a pas craint d'apporter une pierre à ce grand œuvre. Il 
a traité avec autorité cette question si palpitante d'intérêt, 
si grande de conséquences. Son travail est divisé en trois 
parties t dans la première il a étudié la contagion du 
meurtre datïs ses modes généraux : il a recherché quels 
en étaient les grands facteurs, et à ce titre, passé en revue 
la famille, la prison, le spectacle des exécutions, la lec- 
ture. — Dans la deuxième partie il a traité de la contagion 
du crime daus quelques-uns de ses modes spéciaux; 
vitriol, revolver, empoisonnement, dépeçage criminel, — 
EnQn dans la troisième, il examine les épidémies et les 
endémies. 

Nous ne suivrons pas l'auteur dans l'examen de ces 
dilTtTcnles questions appuyées de nombreuses et curieuses 
observations. Nous n'en retiendrons que les conclusions : 

L'idée du meurtre est essentiellement contagieuse. 

l*our se manifester, deux facteurs lui sont nécessaires ; 

1** L'hérédité ou sa dégénérescence. 

%' L'éducation, Et sous cette dénomination il entend 
raction de^ exemples. 

Le récit d*un crime reproduit avec détails par la Presse 
amène presque toujours une série de crimes, dont les 
moyens d'exécution, sont, pour ainsi dire, calqués sur le 
crime-type. Les actes de cruauté, auxquels on assiste 
pendant les grands bouleversements politiques et sociaux, 
reconnaissent presque toujours Tentraipement des masses 
par quelques esprits exaltés. Il y a une véritable conta- 
gion imîtative. 

La prophylaxie des meurtres repose : 

1* Sur une saine hygiène morale, individuelle. 

^ Sur la moralisation des mœurs. 

3* Sur la réglementation des comptes rendus des crimes 
par la presse. 

4'^ Sur une ï^é vérité plus logique des tribunaux. 

Onvoitdonetouterimportancequerauteurattacheàunc 
bonne hygiène morale et, à ce titre, on ne peut que sou- 
haiter avec lui de voir ses conclusions adoptées par les 
autorités compétentes. 

D^ MoREAu, de Tours. 



Livres offerts en don à la Bibliothèque 
de la Société. 



D^ i. C. P(4ix GuYON. 



N. Velpeau. Discours prononcé à 
Tours le 30 octobre 1887 à l'inauguration du monument 
élevé à Bretonneau, Velpeau et Trousseau. Broch. in-8''. 
G. Chameroï.édit. Paris, 1887. 

(Eilen que notre cher collègue, le D''Guignard, ait déjà rendu 
compte à la Suciété de cette imposante cérémonie, bien que 
vous commissiez tous la biographie de Tillustre chirurgien, 



parti de si bas pour s'élever si haut, nous avons le devoi 
de signalera votre attention les pa^es émues écrites, en l'hon- 
neur du maître, par l'un de ses disciples de prédilection, de- 
venu à son tour maître autorisé et aimé : lalssdns-lui la 
parole. 

« Le premier des grands ouvrages de Velpeau, le Traité 
d'anatomie chirurgicale, n'avait-il pas fourni l'instrument 
nécessaire au perfectionnement de lart oj^atoire et du dto- 
gnostic ? 

» Ce sont deux choses que le grand chirurgien français n'a 
jamais séparées. Chaque jour, par son enseignement et sa pra- 
tique, il montrait que celui qui n'est pas avant tout dominé 
par la préoccupation du diagnostic, qui n'a pas appris à 
mettre en œuvre avant d'agir toutes les ressources de ta cli- 
nique, afin d'établir sur des bases assurées la connaissance 
exacte de lu lésion, peut être un brillant opérateur, mais ne 
mérite pas le titre de chirurgien. » 

A propos de la mémorable discussion sur le Cancer, qui eut 
lieu en 1854 à l'Académie de Médecine, discussion qui eut sur 
la marche de la chirurgie la plus heureuse influence en France 
comme à l'étranger, M» Guyon éctit cette belle page d'histoire 
contemporaine ; 

« Nous étions au moment où l'analyse anatomique et les 
recherches expérimentales, dont notre grand Bichat avait 
donné l'exemple, commençaient enfin à nous prêter d'une 
façon efficace leur concours depuis si indispensable. Ceux qui , 
dans l'évolution qui s'affirmait nettement, soutenaient avec 
ardeur les droits du microscope, et celui qui de toute la 
hauteur d'une expérience sans rivale venait, en sa qualité de 
chef reconnu de la chirurgie française, parler au nom de 
l'observation, réclamer pour elle, dans le présent et l'avenir 
comme dans le passé, un rôle qu'il ne craignait pas de vou- 
loir prépondérant, rendaient à notre science des services 
égaux. 

I» Aujourd'hui, les hommes les plus autorisés par leur vie 
et leur apport scientifique proclament, comme le faisait en- 
core récemment l'un de ceux dont la parole a le plus de 
portée (P^ Chàrcot), que la clinique seule peut diriger par des 
voies sûres la rénovation scientifique de la médecine par 
l'expérimentation, et que cette manière efficace d'assurer la 
valeur définitive des résultats obtenus dans le laboratoire, 
constitue ce qu'ajuste titre il appelle la méthode française. 

« Velpeau n'avait fait (j[ue rester fidèle aux grandes tradi- 
tions dont il était le représentant le plus en vue. Il les con- 
naissait trop bien et, depuis qu'il en avait le dépôt, avait trop 
ajouté à leurs richesses, pour ne pas parler en leur nom et 
au sien. En rappelant, avec les résultats jusque là obtenus, 
la direction suivie, il invitait les chercheurs pleins d'une juste 
foi dans l'avenir, à ne l'oublier, ni à l'abandonner, quelque 
loin que dussent les conduire leurs savantes explorations . 
Noiis venons de voir qu'il avait été entendu ». 

Kcoutons ces paroles émues de la péroraison : 

<r Dans toutes les phases de sa vie, Velpeau avait cru au 
travail; à la lueur des dernières clartés de sa belle intelligence, 
il tentait encore d'inspirer cette confiance salutaire à ceux 
qui l'entouraient. 

»... Les nations qui veulent vivre respectées, et accroître 
leur puissance, ont besoin de s'appuyer sur elles (les forces 
intellectuelles) et le devoir de les protéger dans leur essor ! • 

(Compte rendu du Secrétariat,) 

La Société Française de Tempérance met au concours 
pour l'année 4889 les sujets suivants: 

1® Prix Lunier (1,000 francs). Statistique des débits de 
boissons dans les différents pays. — Rapports avec la cri- 
minalité. — Remèdes. 

2® Prix de la Société (1,000 francs). Le livre des mères 
(l^réservation de l'alcoolisme et derivrognerie). — (100 à 
120 pages in-32). 



Propriétaire-Gérant : D' de Pibtra Santa. 



IMPRIMBRU CHAIX. 



.ji:i.iiiâl 



i4« ANNÉE. — 13» VOLUME. 



Haméro 593. 



JEUDI 2 FÉVRIER 1888. 



^ 



JOURNAL D'HYGIÈNE 



ï?ùMMAlRE : Duonique de la Crémation (suiteetfin) (Italie, Pays-Bas, Allemagne, Suisse, et Espagne). — La Lèpre en Orient (Aubry). — La 
Lèpre an MiQDPsota et aux lies Sandwich. (Grondvold et Mouritz). -^ Revue des journaux allemands. (La désinfection en Autricbei) — 
l*ar Monts el jur Vaux. — FeulUeton.Les Ancêtres paléontologiques (A. Gaudry) — Où est l'âge d'or ? — Bulletin de la Société 
fraxiçai»ed Hygiène: Avis. — Séance de lévrier. — Procès-verbai delà séance dul3janvier — Revue analytique et critique des Publi- 
catioBs (i'by^lëne iHemie cTHygiène). — Livres offerts en don à la Bibliothèque de la Société. — Encore la crémation. 



Paris, ce 2 Février 1888. 



Chronique de la Crémation (^). 



VIH 



ITALIE 

Le Congrès interualional de Crémaliou, qui devait avoir 
lieu Je mois dernier à Milan, a été ajourné à Tannée pro- 
chaine. Pour assurer son succès, il faut, de toute néces- 
sité, que la SociéLé de crémation de Milan renonce à la 
prétentioFi de moDOpQliser, à son profit, la direction du 
mmvement crémaHoniste dans les deux hémisphères. 

Dans îe projet de loi « Code de l'hygiène publique », pré- 
sealé au Parlement italien par MM. Depretis et Crispi, 
Tarticle du chapitre IV relatif à la crémation est ainsi 
libellé ! 

a ÀrL fM. — La crémation est facultative, pourvu 
qu'elle soit opiVr6e dans les crématoires préalablement 
aulorigés et situés dans les cimetières. Les communes 
devront toujours concéder à titre gratuit, la surface de 
terrain nécessaire pour leur construction aux personnes 
qui eu font les frais. 

A La crémaliOQ elle-même et le transport des corps à 
iociuérer sont eiempts de toute taxe. 

B Les orues cinéraires contenant les résidus de la cré* 
matloû complète seront conservées dans des cellules spé- 

{1} Suil€ €f /fn, voir^ le n^ 590 et 592. 



ciales (celle columbarium}. Les cendres résidues pourront 
être réclamées par les héritiers ou parents de la famille. » 

Noslecteurs se souviendront sans douted'unarticle publié 
Tan dernier par le D' Fournès sous ce titre : « La crémation 
devant la statistique en Italie » (1). Notre cher collabora- 
teur qui, comme c'est son droit, ne partage pas notre 
enthousiasme sur Timportancedecette réforme hygiénique, 
en voulant démontrer par des chififres statistiques « le peu 
de progrès qu'a faits dans la masse de la population ita- 
lienne, ridée de Tincinération des cadavres », arrivait à 
ce résultat : sur 100 décès, la proportion des incinérés 
est représentée par le chiffre 0,0i . 

Désirant nous renseigner sur Tétat des esprits dans la 
classe médicale, nous avons consulté le récent et remar- 
quable Compendium d*Hygiène, publié par le P'* Roncati, 
de rUniversité de Bologne. 

Son opinion hostile est résumée en ces termes ( traduc- 
tion littérale) : 

« La crémation des cadavres, non nécessaire pour les 
exigences de Thygiène, et peut-être dangereuse, aux fins 
et besoins de la grande économie de la nature, pourrait 
causer des dommages irréparables à la sûreté des per- 
sonnes, et à l'action légitime de la justice criminelle, 
parce que le feu détruit dans la trame organique toutes 
l races de poisons végétaux ou organiques. is> 

Nous laisserons de côté les objections tirées de la méde- 
cine légale, parce qu'il est facile, en toute circonstance, 
de prendre préalablement les mesures et dispositions indis- 
pensables pour éviter, et annuler, ces causes d'erreur. 

(1) Voir Journal d'Hygiène, vol. XII, p. 148. 



FEUILLETON 



Les Ancêtres paléontologiques. 

iTaÏjrège ainsi le titre d'un ouvrage destiné à cap- 
tiver de nombreux lecteurs et que vient de publier 
H- Alb. Gaudby à lu Bibliothèque scientifique contempo- 
raine i)p L'auteur, d'à illeurs si sympathique, est du nombre 
des indépendants qui ont su concilier le respect de tradi- 
tions vénérables, sinon divines, avec un zèle scientifique 
qui ne recale pas devant les conceptions en apparence les 
plus subveriiives : du nombre des géologues que le Dar- 
winisme n'effraie pas; et, plus que personne, il a fourni 
aux doctrines transformistes les faits positifs dont nos 
matérialistes se sont prévalus. Pas plus que ses aînés, ce 
livre de l'auteur des Enchaînements du monde animal, ne 

[Il L^'i AnaHres de noj animawr dans les temps géologiques , par 
Alb.Gaudr}. de kloslitut. — J. B. Baillière. Paris. 1888. 



soulève de polémiques doctrinales ; c'est un exposé pure- 
ment expérimental comme on dit aujourd'hui : de la 
paléontologie analytique et synthétique sans parti pris ; 
et toutes les Écoles s'intéressent à des écrits rédigés avec 
cette indépendance, qui n'exclut, ni ne préjugé, Tes con- 
victions d'un autre ordre. 

A mesure que les géologues décomposent l'écorce ter- 
restre en assises caractérisées, chacune, par quelques 
espèces particulières d'animaux fossiles; les paléontolo- 
gistes dissocient ces faunes, où se rencontrent plus rare- 
ment des formes identiques, et où sont multipliées les 
nuances qui caractérisent des formes analogues ; celles-ci 
sont assez distinctes encore pour que les partisans des créa- 
tions successives se voient acculés à Ihypothèse d'une 
création continue, à moins que les types prévus dans l'or- 
ganisation du monde, n'aient été susceptibles de trans- 
formations ; et c'est à déterminer les rapports des formes 
entre elles que s'applique la paléontologie contemporaine, 
dans la troisième phase de l'évolution qu'elle accompli 
depuis Cuvier. ^ 

Au lieu que leurs prédécesseurs cherchaient surtout les 



30 



JOURNAL D'HYGIÈNE 



Les objections qu'invoque le P^ Roncati pour établir 
que (a crémation porte une grave atteinte au grand axiome 
de la chimie moderne : « Rien ne se perd, rien ne se crée » 
demandent à être examinées de plus près. 

Dans le travail : « la Crémation d que nous avons publié 
en 1881 en collaboration avec M. Max de Nansouly, rédac- 
teur en chef du Génie civil, nous écrivions : 

f Enfoui dans la terre, ou placé dans le four d'incinéra- 
tion, l'organisme humain donnera toujours une quantité, 
déterminée d'avance, de produits gazeux et de produits 
solides. 

• Dans le premier cas, la molécule organique prend la 
route la plus longue pour arriver à sa nouvelle destination ; 
dans le second cas, sous l'action d'une température très 
élevée, la décomposition chimique est plus prompte et 
plus complète. Le nombre, fini et déterminé, de calories 
nécessaires pour la dissociation des éléments organiques 
du corps, lui est fourni immédiatement, et chacun d'eux 
reprend sa liberté. 

9 Le reclassement de ces éléments, et leur rentrée dans 
l'activité générale de la nature, sont pour ainsi dire im- 
médiats. Les uns, à l'état gazeux, restent quelque temps 
en suspension dans l'atmosphère ; d'autres condensables, 
vont retomber sur le sol; et délivrés, les uns et les ai 
de la promiscuité que donne l'inhumation, ils oj 
à leur attraction proportionnelle, pour aller se^ 
point exact où leur présence est nécessaire à 
des trois règnes de la nature. Quant à la faible 
cendres et d os qui reste immobilisée (le 6 0/0 
nous savons qu'elle est constituée par des élémei 
peu actifs (alcalins ou terreux) dont la source est i 
sable dans le sol. ^ 

' En présence d'un problème de cette importance, M. de 
Nansouty et nous, ne pouvions nous contenter de simples 
affirmations; de là l'obhgation de passer en revue, et de 
discuter avec soin, les opinions contradictoires. 

C'est devant la Société de crémation des Pays-Bas, que 
M. le D' Mohr, a, le premier, soutenu : « que la pratique 
prolongée de l'incinération, tendait à appauvrir, de plus 
en plus, la surface du globe, de l'ammoniaque et de l'azote 
nécessaires à l'entretien de la vie, parce que dans l'inci- 
nération, l'ammoniaque, et les sels ammoniacaux contenus 



dans les tissus, sont décomposés, et que l'azote seul est mis 
en liberté ». 

Le D*" Franchi mont de Leyde réfuta, séance tenante, 
l'opinion de M. Mohr^ et en s'appuyant plus spécialement 
sur les recherches de nos savants français, Boussingault, 
Ville, Dehérain, etc., il démontra a que l'azote résultant de 
la décomposition des produits ammoniacaux, trouvait dans 
l'atmosphère même les éléments pour reconstituer l'am- 
moniaque dans la végétation même des plantes (1). » 

C'est une objection analogue à celle du D' Hohr, que 
formule le P*" Roncati dans l'article Cremazione de son 
Compendium d'hygiène. 

« La crémation ne fournit pas d'ammoniaque, comme le 
fait la putréfaction. Elle se borne à verser dans l'atmo- 
sphère, de l'azote et de l'hydrogène non combinés entre eux 
Les analyses de Schmidt, de Dresde, ont établi que les seuls 
produits de l'incinération dans le four Siemens sont : le 
gaz acide carbonique, la vapeur d'eau et l'azote. Par 
conséquent, combien serait considérable pour les végé- 
taux la perte de l'ammoniaque, si la crémation se généra- 
lisait et devenait obligatoire. Étant donné que la popula- 
tion du globe s'élève à 1300 millions, il faudrait incinérer 
chaque siècle, 4 millions de cadavres, qui, s'ils étaient 
]a terre, par une consommation lente et natu- 
aient au règne végétal un trésor incommen- 
oniaque, de nitrates et de nitrites.» 
la première crémation du 13 novembre 
rnier au Pèflb-Lachaise, M. Ogier directeur du Labora- 
logie, a recueilli au sommet de la cheminée 
atoire, plusieurs échantillons des gaz qui s'en 
à une température de plus de 400* 
L'analyse chimique lui a fourni les proportions sui- 
vantes : 




Acide carbonique 
Oxygène . , . . 
Azote 



de 3,17 a 4,16 
16,20 à 16,15 
80 à 79,68 



(1) La décomposition des matières organiques, ajoute M. W. Eassie 
de Londres, produit non seulement des composes azotés et ammonia- 
caux, mais encore de l'azote libre. D'ailleurs, la houiUe, qui est restée 
pendant des milliers tl'années au sein de la terre, met incessamment, 
depuis qu'elle est exploitée, de l'azote en liberté, et produit autour 
de nous, une augmentation de l'azote disponible bien supérieure à la 
diminution qui pourrait résulter de Tincinération des cadavres. 



différences dans la comparaison des fossiles, nos paléonto- 
logisteà s'attachent, au contraire, à rechercher les ressem- 
blances entre les espèces et les formes pré tendues <r inter- 
médiaires » qui les relient et qui se multiplient chaque 
jour, de telle sorte que la notion, si incertame d'ailleurs, 
de l'espèce, s'en trouve définitivement obscurcie. D'Archiac 
a calculé que les Français seuls ont publié de 1823 à 1867, 
cinq mille huit cent cinquante-deux planches de fossiles : 
ce ^ffre qui laisse en dehors du calcul les vingt dernières 
années est plus éloquent que toutes les paroles pour don- 
ner ridée du mouvement de la paléontologie. 

D'ailleurs, les apparitions et les disparitions des types 
distincts dans les couches successives ne sont souvent 
qu'apparentes, et résultent de ce que des migrations, quel- 
quefois suivies de retour, renouvelaient la faune, lorsque 
changeait le terrain, sans que les espèces disparues et 
reparues eussent éprouvé dans leurs pérégrinations et leur 
adaptation à des milieux nouveaux, de changements assez 
notables pour altérer trop profondément le type, bienque ce 
type fût presque toujours modifié dans lacolonie de retour, 
ftïais il n'est pas indifférent de pouvoir grouper en séries 



successives, ces milliers de noms que le paléontologiste est 
forcé d'attribuer à chacune des formes ainsi différenciées, 
pour les distinguer l'une de l'autre: a là où l'on voyait 
autrefois dix êtres, cent êtres différents, il n'y en a plus 
qu'un; l'histoire de la nature se simplifie; sous son appa- 
rente diversité, nous apercevons l'unité ; au lieu de créatu- 
res jetées comme au hasard, sans règle et sans suite, dont 
l'indéfinie variété semblait devoir surmonter la compré- 
hension de l'esprit humain, nous croyons suivre la trace 
de quelques types dont le fond est assez varié pour que 
nous soyons capables d'embrasser leurs traits principaux ; 
ainsi espérons-nous arriver, un jour, à comprendre le plan 
que Dieu a suivi pour produire et développer la vie dans le 
monde. » 

Des Marsupiaux aux Mammifères, la sériation est con- 
stituée par un certain nombre de types intermédiaires 
qui paraît suffisant à M. Gaudry pour établir le passage; 
d'ailleurs « un rudiment d'allovitoïde me semble, dit-il, 
en désaccord avec les harmonies habituelles de la nature, 
s'il n'est pas destiné à avoir un jour son utilité dans le 
Marsupial devenu Placendaire. 9 ^ ^ 



JOURNAL D'HYGIENE 



51 



(Pa5 a oxyde de carbone, pas de gaz combustibles tels 
que l'hydrogène ou les hydrocarbures) (1) 

D'après M. Ogier l'excès d'azote dans les deux échan- 
tillons proviendrait de deux causes ; 1° de la destruction 
des matériaux azotés du cadavre; 2<^ d'une certaine quan- 
tité d'air dont l'oxygène aurait été fixé sous forme d'oxyde 
par ks tôies neuves des appareils. 

Quoi qu'il en soit, il est certain que dans l'installation du 
four crématoire du Père-Lachaise, les émanations qui s'en 
dé^^agent ne sont pas de nature à souiller l'atmosphère 
ambianUn et si le dégagement de l'azote s'effectue dans 
une proportion supérieure même à la normale, cet azote 
trouvera bientôt dans les courants d'air humide et renou- 
velé dVii^ large surface de terrains, plus ou moins boisés, 
des éléments nécessaires pour reconstituer l'ammoniaque 
que réclame avant tout la végétation. 

Voici donc parfaitement établi, répondrons-nous à M. le 
D^ Mohr et à M. le P*" Roncati, le double rôle chimique et 
physiologique que doit jouer la crémation dans la succes- 
sion des organismes et des temps. 



IX 



LES PAYS-BAS 

La Société néerlandaise de Crémation, créée à La Haye 
en 1874, compte dans les principales villes de la Hollande 
dix sections locales avec un personnel de 680 membres, 
ayant versé en 1887 dans la caisse du zélé secrétaire géné- 
ral et trésorier M. John J. Perk, la somme de 960 florins 
(1,920 francs). 

A l'effet d'obtenir l'autorisation du Gouvernement, 
TAcadémle royale des sciences d'Amsterdam, et la Société 
Bt^^erlandaise de Médecine, ont émis un vœu formel en 
faveur de la Réforme hygiénique : 

* L'incinération des cadavres, à condition d'être entou- 
rée de précautions (à déterminer ultérieurement), peut être 
admhe sans détriment pour les recherches de la justice. » 

Lu Société s'est mise en mesure de faire incinérer en 

(1) Nous avons dit plus haat qu'en sortant du four central les flam- 
nies etla fi* m éo passaient sur un fo^er de coke incandescent, avant 
ûe *tî rendre dans la cheminée d'appel, de manière à consommer en- 
lîèremeat la fumée, et les résidus organiques en suspension. 



Allemagne les corps de ses membres. La première créma- 
tion s'est effectuée à Gotha le 29 décembre 1887 (M. Hey- 
ligers., docteur en droit). 



ALLEMAGNE. SUISSE. ESPAGNE 

Nous n'avons rien à signaler de nouveau, en Allemagne 
depuis le Congrès crémationiste de Gotha (1886) (1). 

Les diverses Sociétés suisses de crémation, continuent 
leur propagande par brochures, et conférences. — On 
nous annonce le prochain fonctionnement d'un créma- 
toire à Zurich. 

L'Espagne en est encore à l'étude théorique de la 
question, mais dans cet ordre d'idées, la discussion qui a 
eu lieu, l'an dernier, au sein de la Société d'hygiène de 
Madrid, sur l'initiative de notre savant collègue le P' A. Fer- 
nandez Caro, a eu un grand retentissement dans la Presse 
scientifique et politique (2). 

D' DE PiETRA Santa. 



La Lèpre en Orient (^) 

« Il n'entre pas dans notre programme, écrit M. )t 
D' Paul AuBRY, de vouloir esquisser ici l'histoire, 
complète de la Lèpre. Nous rappellerons seulement la con- 
fusion qui a longtemps existé dans la science à son sujet. 
Aujourd'hui, grâce aux travaux de Danielsen et Bœck, 
dé Hansen en Norvège, de Zambaco à Constantinople, de 
tous les dermatologistes et bactériologistes français, et 
tout récemment de Leloir, nous savons ce qu'est la lèpre. 
Nous sommes heureux de constater que cette maladie 
tend à disparaître, et qu'actuellement en Europe, il n'existe 
plus que quelques cas isolés, importés le plus souvent, si 

(1) Voir Journal d'HygiènCy voL XI, p. 576. 

(2) Voir Journal d'Hygiène^ vol. XI, p. 489. 

(3) La question de la Lèpre étaat de nouveau à l'ordre du jour de 
la polémique, il nous a paru utile de donner ici l'Extrait d'un Rap- 
port sur le8 Hôpitaux, tes Asiles d'aliénés et les Léproseries en Orient 
adressé, au ministre de l'Instruction publique, par le D** Paul Aubhy. 
(Travail couronné par l'Académie de Médecine. Prix Monbione 1887.) 



Pour les Pachydermes, les types se rapprochent jus- 
qu'à se conl'ondre; même la paléontologie les relie aux 
Ruminants sans effort; et l'un des rapprochements les 
plus intéressants est celui qui établit le passage du pied 
du rhinocéros au pied du cheval parla disparition des 
doigts latéraux réduits chez le Cheval à des stylets sans 
utilité. Il y a eu à l'époque tertiaire, des Chiens planti- 
grades comme nos Ours ; et des Lémuriens que Ton a 
pris pour des Pachydermes. Si la parenté n'implique pas 
la paternité, c'est déjà quelque chose que de la trouver 
aussi directe entre des ordres aussi différents. 

L'espace nous manque pour donner les exemples qui 
oontirment cette loi, dont les applications en géologie sont 
si fécondes : que la longévité d'un type est en raison in- 
verse et sa mobilité en raison directe de son degré de 
perfection ; toutefois il nous semble qu'on a quelque ten- 
dance à exagérer l'action modificatrice du milieu, qui 
nous paraît beaucoup plus restreinte que les transformistes 
ne le supposent; l'évolution des types à travers les âges 
me paraît toujours plutôt préme et déterminée dans le 
plan du monde qu'accidentelle mais, sur ce point, M. Gau- 



dry passe la parole sagement et adroitement aux physio- 
logistes. 

L'un des attraits de ce livre est le résumé qu'il contient 
des beaux ouvrages de l'auteur sur Pikermi et le Lébe- 
ron, que peu de personnes ont été à même de connaître 
en raison de leur étendue et de leur rareté. Après un 
exposé méthodique des découvertes de Pikermi et de 
celles qui en dérivent, M. Gaudry formule la notion trans- 
formiste de la seule manière qui, à notre point de vue, 
soit aujourd'hui rationnelle. Quel que soit le procédé 
créateur, la variabilité dés formes est incontestable; la 
série des types paraît continue; mais la paléontologie est 
trop jeune encore pour concevoir le mode suivant lequel 
leur évolution s'est opérée et l'action réelle du milieu, du 
croisement ou de tous autres agents modificateurs, dans 
la transformation nécessaire des types aux divers étages 
paléontologiques et géologiques. 

Je ne puis analyser longuement l'élégant chapitre a des 
lumières que la géologie peut jeter sur quelques points 
de l'histoire des Athéniens » ; le Léberon nous ramène à 
la paléontologie pure des derniers teinps miocènes, à l'é- 



fyt 



JUUKTlALi il nitfU&PUii 



ce n'est ea Norwège et en Orieat, les deux seules con- 
trées où il soit possible d'étudier cette maladie. 

» L'année dernière, nous avons eu occasion de visiter 
les léproseries de la Scandinavie à Bergen et à Trondjem. 
Ces léproseries sont plutôt des hôpitaux, car on y soigne 
effectivement les malades, et si l'on ne parvient pas à les 
guérir, entrave-t-on du moins presque toujours la marche 
terrible de cette affection. Toutes ont des médecins qui se 
tiennent au courant des progrès de la science et font tous 
lesjours de nouvelles recherches. 

» En Orient, par contre, les léproseries ne méritent 
même pas le nom d'asiles ; ce sont des cabanons où ces 
malheureux soat entassés, vivant plutôt d'aumônes que 
de la maigre subvention qui leur est accordée. Quant 
aux médecins indigènes ils ne savent pas ce qu'est la lèpre; 
ils pénètrent à peine dans ces repaires de la misère et de 
la souffrance. 

» Un savant et un homme de cœur, le D^ Zambaco, 
naturalisé français, consacre une partie de sa vie à l'étude 
de cette ^maladie, et seul à Constantinople, il vieuten aide 
aux lépreux.» 

Suivons le jeune et zélé missionnaire dans les descrip- 
tions qu'il donne des principales léproseries. 

Ramleh. 

Sur la route de Jaffa à Jérusalem se trouve la petite ville 
de Ramleh (le Sable). Eu dehors de la ville, sur un terrain 
absolument isolé de toute habitation, s'abrite la léproserie. 

Lorsque le P' Lorlet la visita en 1881, il trouva des 
huttes de boue infecte dans lesquelles étaient logés les 
lépreux. 

Aujourd'hui la léproserie comprend dix cellules voûtées 
et assez grandes, mais qui ne reçoivent l'air et le jour que 
par une méchante porte de bois fermant mal. Elles ren- 
^ ferment quelques haillons, des nattes pour le repos, quel- 
ques instruments de cuisine primitifs. Ces cellules entou- 
rent une petite cour carrée dans laquelle les malades 
préparent leurs aliments. 

La plupart sont dans un état horrible à voir. La maladie 
a fait des progrès. Là, ils sont mal nourris, mai logés, 
vivant de la maigre subvention qui leur est allouée et 
surtout d'aumônes. Ils sont là une quarantaine entassés 



dans ces horribles cellules. Us ont le droit de sortir, d'al- 
ler et venir en ville malgré la terreur qu'ils inspirent aux 
habitants. 

Hilom. 

En sortant de Jérusalem après avoir franchi le Gédron, 
on tourne un peu vers le sud, et on gravit le mont Scan- 
dale jusqu'à mi-côteau, laissant le village de Silom au 
nord pour arriver à la léproserie. C'est un bâtiment rec- 
tangulaire composé de cinq vastes pièces voûtées. Les 
portes sont tournées du côté de la montagne; dans cha- 
que cellule une petite meurtrière donne jour sur la vallée. 
L'ameublement est le même qu'à Ramleh : des haillong, 
des nattes, plus le Klabich, sorte de cuve en terre séchée 
et en paille haute de 1 mètre qui sert aux lépreux à mettre 
leurs provisions. 

Us sont là une vingtaine, tous assez mal hypothéqués 
et comme de raison vivant d'aumônes. 

Jérusalem. 

Cette léproserie modèle a été fondée en 1867 par des 
Allemands, et entretenue par eux sous la direction de 
M. Haus. — Depuis l'ouverture de l'établissement, 93 ma- 
lades ont été soignés. 11 en reste aujourd'hui 18^ par con- 
séquent 75 sont morts, ce qui donne un mouvement an- 
nuel de 4 entrées. 

Au rez-de-chaussée de la léproserie,existent vingt-quatre 
lits en fer répartis en quatre salles pour les hommes, 
autant pour les femmes au premier étage. Les salles sont 
voûtées, blanchies à la chaux et admirsd)Iement propres. 
Devant la maison, située en dehors de la ville, mais non 
complètement isolée, se trouve un petit jardin parfaite- 
ment entretenu. 

Le D"* Hausler les visite une fois par semaine. Il n'est 
fait aucun traitement proprement dit pour la lèpre; 
l'hygiène seule, et l'hygiène bien entendue y est seule 
appliquée. 

Tout lépreux, quelle que soit sa nationalité et sa reli- 
gion, est reçu à l'asile ; son admission est faite par le mé- 
decin, et il ne paye aucune redevance à l'hôpital. 

En Syrie, les lépreux n'ont le droit de séjourner qu'à 
Ramleh; à Jérusalem, et à Naplouse (qui contient 50 ma- 
lades. 



1 



pocrue où la prédominance des herbivores socialisés em- 
bellissait et mouvementait la Terre, offrant une proie 
commode aux carnassiers, qui se multiplient en consé- 
quence et arrivent à leur apogée. En complétant Pikermi, 
le Léberon démontre la mobilité plus grande des types 
supérieurs des mammifères, et appuie l'hypothèse que les 
séparations des étages et des sous-étages ont été surtout 
le résultat du déplacement des faunes. Malgré tout, la 
question de la mutabilité des espèces et de l'évolution, en 
général, reste encore indécise, et l'on ne peut émettre à 
cet égard que des conjectures. 

L'ouvrage de M. Gaudry se termine par une sorte 
d'histoire de la paléontologie au Muséum^ sous forme de 
biographies de ses professeurs. 

Au résumé, livre substantiel, sous son petit format. 

D' Ad. Nicolas. 



Où est l'âge d'or? 

I 

La vieille tradition de l'antiquité païenne nous dit que 
l'humanité a débuté dans ce bas monde par être parfai- 
tement heureuse. 

a La terre, dit Ovide^ sans être déchirée par la char- 
rue, fournissait toutes sortes de fruits, et les habitants, 
satisfaits des aliments qu'elle leur présentait d'elle-même, 
se nourrissaient de fruits sauvages, ou du gland (c'est-à- 
dire de la châtaigne) qui tombait des chênes. Le prin- 
temps régnait pendant toute l'année : les doux zéphyrs 
animaient de leur chaleur les fleurs qui naissaient sur la 
terre; les moissons se succédaient sans qu'il fût besoin 
de labourer ni de semer; ou voyait de toutes parts cou- 
ler des ruisseaux de lait et de nectar, et le miel sortait 
en abondance du creux des chênes et des autres arbres. » 

Enfin, ce qui n'est pas moins précieux, t on obitr- 

O 



"^iT^r: 



JODRNAL D'HYâffîNE 



^ 



Eq Asie Mineure, il existe trois léproseries analogues à 

celle de Ramleh, à Méteiîa (antique Lesbos), à Rhodes et 

àChid. 

Sentari. 

On sait que Scutari, séparé de Gonstantinople par le 
Bosphore, eslune ville importante dans laquelle Télément 
européen n'a pas encore pénétré. En dehors de la ville se 
tixMive un imm^ise câmetièreaTec ses gigantesques cyprès. 
Dans son enceinte, et du côté opposé à b ville, se trouve 
ia léproserie. 

Toute parsiMine reconnue lépreusey est conduite d'office. 

Us sont là 25 ou dO entassés dans une niasure qui me- 
nace mine. lueurs petites chambres sont relativement 
propres. 

Us n'ont pas le droit de sortir ni de dépasser dans le 
eimetière un périmètre très restreint. A la limite de leur 
domaine existe un tombeau sur lequel les passants dépo- 
sent quelques paras. 

D'après l'estimation de Zambaco, il existe cependant à 
Omstantinople 3 à 400 lépreux. lis s'y promènent libre- 
inesit, cachant avec le plus grand soin leur maladie, de 
erainte d'être envoyés à la léproserie. 

Notre savant collègue de la Société française d'hygiène 
le D'' Zambaco a demandé depuis longtemps, au gouver* 
nement turc, un terrain pour y construire une léproserie 
modèle à ses frais et à ceux de ses amisi En attendant, 
il a organisé chez lui une consultation gratuite où il four- 
nit, avec les médicaments, quelque peu d'argent pour les 
aider à améliorer leur hygiène. 

Dans le chapitre qu'il consacre au Traitement de la 
Lèpre, M. le D' Paul Aubry se montré très partisan des 
idées étiologiques et thérapeutiques du W Zambaco (i). 
En parlant de ses observations cliniques et recherches 
bactériologiques, il ajoute : 

< Chose curieuse, à très peu de différence près, les opi- 
nions professées par le médecin de Gonstantinople, sont 
celles que nous avons entendu émeltre aux médecins 
norvégiens. » 

D' DB FOURNÈS. 



(1) Voir Journal â^ Hygiène, Tarticle: « la Lèpre â Gonstantinople», 



La Lèpre au Minnesota et aux îles Satadwich* 

Au moment où l'Académie va ouvrir la discussion sur 
le remarquable rapport de M. le D' Besnier, il nous a 
semblé intéressant de recudilir quelques documents 
nouveaux au sujet de la contagiosité de cette redoutable 
maladie. On sait que le savant médecin de l'hôpital Sainte 
Louis est partisan convaincu de la ccmtagiosité de la 
lèpre. Nous sommes absolument de son avis et nous avons 
essayé de le démontrer dans le volume de pathologie exo* 
tique qui va bientôt paraître. (1) 

Nous venons de recevoir le onzième volume (1884-86) 
du Board of Health of Minnesota publié par les soins de 
notre savant collègue de la Société d'hygiène le D*^ Charles 
Hev^itt, et nous l'avons lu avec un vif intérêt: d'abord 
parce que les rapports qui y sont contenus sont très bien 
faits, et ensuite parce qu'on y trouve un rapport sur « la 
lèpre au Minnesota » par le D' Gh. Gronvold, et awb Ueê 
Sandwich, par le D' Mouritz et plusieurs autres disUn* 
gués contrères. 

I 

Le nombre des lépreux au Minnesota, à la fin de 1886, 
était un peu moins nombreux qu'en 1884. Sur 15 lépreux 
en observation, 11 avaient des parents atteints de la lèpie : 
huit fois le père était lépreux et une fois la mère était 
malade. Dans six cas, la durée moyenne de la vie, à parthr 
du début dd la lèpre, a été de 17ans et demi. Chez quatre 
malades atteints de la forme tuberculeuse, la maladie a eu 
une durée moyenne de 9 ans. En comparant les cas ob- 
servés au Minnesota avec ceux des ties Sandwich, on con-* 
State que la maladie a été bien plus violente. D'après Gron- 
vold, au Minnesota, la lèpre n'a pas semblé être facilement 
communicable, 

H 

Les îles Sandwich ont été envahies récemment par la 
lèpre qui contribue à faire disparaître la race indigène{2). 

(1) Fidèle à ses principes dd liberté entière d'appréciation et de 
discussion, le Comité de rédaction du Journal dPHygKne. en publiant 
l'article de son savant collaborateur, ne craint jpas de déclarer qu'il 
considère comme trop absolue Topinion de M. F. Roux sur la conta- 
giosité de la lèpre. 

(2) Au moment de la découverte de Gook, il y a cent ans, la 



vait alors les règles de la bonne foi et de la justice, sans 
y être contraint par les lois. » 

Par malheur cet heureux temps n'a pas duré, et les 
Phéaciens de l'Odyssée sont les derniers peuples chez 
lesquels on en retrouve des traces. 

A cet âge d'or succéda Tftge d'argent qui» quoique 
mmns parfait, fut encore supportable; mais l'âge d'airain, 
qui vint ensuite, fut beaucoup moins bon; et enfin 
l'Age de fer, qui remplaça l'âge d'airain, ne fit que con- 
duire le genre humain de mal en pis. 

» Ce fut alors, dit toujours Ovide, qu'on vit un dé- 
bordement général de tous les vices. La pudeur, la 
bonne foi et la vérité bannies de la terre, firent place à 
la fraude, à la trahison, à ia violence et à une avarice 
insatiable. » 

II 

La Science moderne a renversé tout cela et soutient 
une thèse diamétralement opposée. D'après elle, la plus 



profonde misère physique et morale a été le seul partage 
de l'humanité primitive* Les hommes avaient à combattre 
leurs ennemis, les animaux, et leurs semblables mêmes: 
ce n'est qu'avec toutes les peines du monde qu'ils 
parvenaient à se procurer une nourriture grossière et 
insuffisante ; les seuls bons repas qu'ils faisaient consis- 
taient à se manger entre eux, et ils n'en laissaient 
jamais échapper l'occasion quand elle se présentait. La 
femme était méprisée, comme une bête de somme, la 
promiscuitéétait le seul mode en usage de relation sexuelle. 

Hais grâce à Elle, — la Science, — la condition de 
l'homme s'est améliorée peu à peu, et s'il veut suivre 
ses doctes conseils, il arrivera infailliblement au parfait 
bonheur, au comble de la félicité; ce n'est qu'afliftire de 
temps et de peine. Alors, il jouira de tous les biens pos- 
sibles et imaginables, et sera exempt de tous les maux» 
tant physiques que moraux. 

Bref, pour la science, l'âge d'or est devant nous, et non 
derrière. Digitizea , ^ 



JOURNAL ITHYiGIÊNE 



Le premier cas de lèpre, dans ces îles, fut observé ea 4883 
par Hillebrand et comme cette affection était inconnue 
des Havaïens et fréquente au contraire chez les Chinois, 
on appela la lèpre mal des Chinois. On sait que M. Leroy 
de Méricourt soutient que la lèpre avait été observée aux 
lies Sandwich par Quoy avant Témigration chinoise. Mais 
H. Emile Vidal a parfaitement démontré que la descrip- 
tion de Quoy, fort peu claire d'ailleurs, s'appliquait à une 
foule de maladies cutanées et non à la lèpre. Cependant 
tous les auteurs n'admettent pas que la lèpre ait été intro- 
duite aux îles Sandwich par les Chinois. 

Gibson pense que la maladie était a à Tétat latent dans 
le sang des Havaïens » depuis la découverte de ces îles, 
1100 ans auparavant, par les émigrants venant de l'ar- 
chipel indien. Les habitants de Java et des îles voisines 
ont une grande ressemblance avec les Havaïens et sont 
atteints des mômes maladies. Meyer admet avec beaucoup 
d'autres, que la lèpre a été introduite par les équipages 
des navires baleiniers composés d'individus appartenant 
aux races chinoises et portugaises et à d'autres chez les- 
quelles la lèpre est endémique. 

La rapidité avec laquelle cette maladie s'est répandue dans 
les îles Sandwich ne peut s'expliquer qu'en admettant 
qu'elle est contagieuse. En outre, les habitants, trèshospi- 
taliersy reçoivent chez eux les lépreux sans difficulté. Ac- 
tuellement, le nombre des lépreux dans les îles Sandwich 
est d'environ 1800, soit 2 0/0 de la population (Parmi les 
3,076 lépreux reçus dans l'établissement du lazaret de Molo- 
kai, depuis son ouverture en 1866, il y a eu 22 chinois et 
22 personnes de race blanche.) 

Mouritz, qui a pu étudier la lèpre de près aux îles Sand- 
wich, est résolument contagioniste. Comme le dit très 
bien Meyer, c'est uniquement la lenteur avec laquelle se 
développe la maladie qui peut faire croire qu'elle n'est pas 
contagieuse. Mouritz cite plusieurs faits qui démontrent 
nettement la contagiosité de la lèpre. Un des plus remar- 
quables est le suivant. Le Rév. P. Damien arrive, en 1873, 
de Belgique et se rend à l'établissement des lépreux. Il 
était âgé de 33 ans et était d'une excellente santé. Il était 

population était d'environ 500,000 âmes. Cinquante ans plus tord elle 
était réduite de plus d'un tiers à 142,000. En 1853 elle descend à 
73,000 pour se trouver en 1886 à 40,000 habitants. 



en contact continuel avec les malades. Il resta bien por- 
tant jusqu'en 1884. A cette époque, il commença à res^ 
sentir des douleurs dansla jambe gauche. Le D'Arning 
reconnut l'existence de la lèpre et, huit mois après, des 
petits tubercules lépreux apparurent sur le lobule de l'o- 
reille. 

Dans toutes les maladies contagieuses, on retrouve le 
même fait. Certains individus, bien que s'exposant jour- 
nellement au contact des malades, échappent à la maladie. 
Des médecins, d'un esprit peu scientifique, partent de 
là pour nier la contagion. Assurément la variole est 
contagieuse. Cependant avant la découverte de la vaccine, 
bien des personnes échappaient aux atteintes de la mala- 
die tout en s'exposant à la contracter. Il faut donc 
renoncer à un semblable raisonnement. Non, tous les 
individus en contact avec les lépreux ne sont pas fata- 
lement atteints de lèpre, mais il suffit que quelques-uns 
le soient (et on ne peut nier que le fait se produise), pour 
admettre la contagiosité de la maladie (1). , 

Par quelle voie s'exerce la contagion? La lèpre est-elle 
inoculable? Jusqu'à présent on pensait que non, mais 
il ne faut pas oublier le temps considérable que la mala- 
die peut mettre à 4e déclarer. Récemment Hillebrand (de 
Bornéo) a rapporté un fait qui tendrait è prouver que la 
lèpre est bien inoculable. Un enfant blanc jouait avec un 
enfant de couleur atteint de lèpre. Il enfonça son couteau 
dans une plaque anesthéique et, par bravade, se piqua avec 
la pointe de ce couteau. Il partit ensuite pour l'Europe et, 
à 19 ans, il fut atteint .de lèpre confirmée. La maladie 
avait donc mis une douzaine d'années à se déclarer. 
Peters, dans l'Inde, a prouvé que les solutions de conti^ 
nuité de la peau devenaient souvent le point de départ de 
la lèpre. 

(1) Hutchinson affirme que la lèpre est plus fréquente dans les 
localités où règne la plus grande immoralité (where immoraUty is 
greatest). 

Nous transcrivons ici le teite même de Mouritz : 

< Toute l'histoire de la lèpre dansjes îles Sandwich, depuis son intro- 
duction jusqu'à son expansion et son rapide développement, prouve 
qu'il faut considérer la maladie comme une maladie contagieuse (a 
contagious disease), — Si le même fait n*a pas été constaté dans 
d'autres contrées où la lèpre est endémique, cela ne va pas à ren- 
contre des observations faites ici sur place! » 

Ajoutons toutefois, que le D' Fitch, contagioniste, considère la ma- 
ladie comme une quatrième période de la syphilis (a fourth stage) • 



1 



L'avènement de cette ère de béatitude étant affaire de 
temps, il s'ensuit que pour l'atteindre, nous devons faire 
tous les efforts possibles afin d'abréger ce temps. De là 
les stimulations de toute sorte au progrès ; encouragements 
aux lettres, aux arts et aux sciences ; instruction obliga- 
toire, contraintes de toute nature. 

III 

La doctrine chrétienne ne pi end pas tant de détours 
que la payenne pour nous expliquer l'origine de l'âge de 
fer dans lequel nous nous trouvons, ou croyons nous trou- 
ver. 

Pour les chrétiens, il y a bien eu un âge d'or ; mais il 
n'a pas été long, hélas! Le premier homme, et surtout la 
première femme, n'ayant pas voulu se contenter des fruits 
de l'arbre de vie, que Dieu avait mis à leur discrétion, et 
ayant préféré ceux de l'arbre de la science, furent bien 
déçus dans leur espérance, car, si l'arbre scientifique pro- 
duit le bien, il porte aussi le mal, et il n'est pas facile de 



prendre l'un sans l'autre, ni même de distinguer l'un de 
l'autre. 

De cette tentative il est résulté que l'homme a passé 
d'un seul bond de la félicité parfaite dans la misëre la 
plus complète, de l'ftge d'or à l'âge de fer, sans séjourner 
dans les étapes intermédiaires. 

Heureusement, par Elle, — la Religion, — l'humanité 
peut être régénérée. Toutefois, contrairement à la science; 
la religion n'admet pas que la régénération puisse être 
complète, et que l'âge d'or soit devant nous, du moins 
en ce monde. 

IV 

De ces trois opinions, quelle est la plus vraisemblable? 

A priori, la première semble désespérante. Elle nous 
présente notre décadence comme fatale,, notre misère 
comme définitive et irrémédiable. S'il en était ainsi, nous 
pourrions dire, en entrant dans ce monde : Lasdate ogni 
speranza, et ce serait le cas de se redemander avec M. Hur- 
rell Mallock si la vie vaut la peine tCêtre vécue, ^^ 



JOURNAL D'HYGIÈNE 



5S 



CelJe-ci se transmet certainement par la vaccination. 
Houritz évalue à S 0/0 le nombre des malades qui con- 
tractent la lèpre de cette façon. Arning, chez les lépreux 
qa'il avait vaccinés, trouva le bacille pathognomonique 
dans Ja croûte et dans la lymphe, dans la forme tuber- 
culease. 

Âax îles Sandwich, comme ailleurs, on a constaté que 
la lèpre était beaucoup plus fréquente chez Thomme que 
chez la femme, dans la proportion de 2 à 1. Elle peut se 
développer à tout âge, puisque Arning Ta vue chez un 
enfantdeS ans 1/2 et a constaté la lèpre en plein dévelop- 
pement chez un enfant de 4 ans. 

Quant klsiprophylaxie, Gronvold recommande la séques- 
tration des malades (1). Comme les habitations des lépreux, 
avec ce qu'elles contiennent, constituent des foyers d'in- 
fection, il vaut mieux les brûler. j)r Pemand Roux. 



Revue des Journaux allemands. 

LA DÉSINFECTION EN AUTRICHE 

Le Conseil sanitaire supérieur a publié, en septembre 
damier, par l'organe du Ministère de l'intérieur, une or- 
donuance concernant les moyens de désinfection à mettre 
en oeuvre dans les cas de maladies contagieuses. 

Les maladies visées par l'ordonnance sont : le choléra, 
la variole, la diphtérie, la fièvre typhoïde, le typhus pélé- 
chial, le typhus récurrent, la scarlatine, la rougeole. Té- 
résipèie, la dysenterie épidémique, la septicémie, la pyo- 
tiémie, les affections sceptiques puerpérales, rophthalmie, 
lacoqueluche, Iaphtisie,la morve et l'anthrax. 

La désinfection doit être plus énergique pour les sept 
maladies qui figurent en tète de Ténumération ci-dessus 
exposée. Nous mentionnons cette indicalion, car la désin 
fection méticuleuse absolue et énergique ne nous semble 
pas toujours nécessaire, dans l'anthrax par exemple. C'est 

{1} Le traitement médical varie selon Ja condition du malade, la 
période de la maladie, et son caractère spécial. 

Les principaux médicaments sont appelles c seiketen rm », pris à 
l'intérieur, et « Yokn-yaka s à l'usage de bains. 

Lttdeux sont des remèdes secrets dont le bureau d'hygiène n'est pas 
encore parvenu à déterminer la nature. 



dans le même esprit pratique que les auteurs de l'ordon- 
nance font remarquer que les moyens et agents de désin- 
fection doivent être choisis non d'après le genre de mala- 
die, mais d'après Tétat du malade, et surtout d'après la 
nature des objets à désinfecter. Les excrétions des malades 
doivent être soumises aux agents les plus énergiques et les 
plus sûrs. 

Indépendamment de la combustion pour les objets de 
peu de valeur, les désinfectants h mettre en œuvre sont 
les suivants: 

1** La vapeur sous pression dans les étuves. Le séjour 
dans les chambres est en raison du degré de perméabilité 
et de l'épaisseur des objets. 

2® L'acide phénique à 5 p. 0/0 employé surtout pour la 
rage, ou comme spray dans les chambres. 

3<* Le sublimé (1 gramme par litre d'eau pure), se! très 
énerjçique mais toxique et dangereux. Il n'y faut recourir 
que lorsque les autres moyens sont inapplicables. Il faut en 
dire autant des fumigations chlorées et bromées qui sont 
trop coûteuses et de l'acide sulfureux qui est peu efficace. 

4^ Les alcalis et le savon sont d'un emploi avantageux 
en ce sens qu'ils entravent le développement des spores. 

5^ Le lait de chaux parait avoir une action spéciale sur 
les germes du typhus et du choléra. 

Le malade sera isolé, dès qu'on aura reconnu le mal, 
et rien ne sortira de sa chambre pendant sa maladie sans 
avoir subi la désinfection, linges de corps et literie seront 
plongés pendant douze heures au moins, dans une solu- 
tion d'acide phénique à S 0/0, les objets qui ne peuvent 
être lavés passeront à l'étuve à vapeur, les sécrétions se- 
ront également reçues dans des vases contenant la solution 
d'acide phénique. Dans les fièvres éruptives, la peau res- 
tera soumise à des lavages désinfectants; les compresses, 
bandes, objets de pansement seront brûlés. 

Les corps des personnes mortes de maladies conta- 
gieuses, seront enveloppés de toiles imbibées d'acide phé- 
nique. La solution désinfectante sera le chlorure de chaux 
pour les décès causés par la fièvre typhoïde, rougeole et 
scarlatine. 

Quant au choléra, une ordonnance spéciale a été publiée 
Tannée précédente. 

Il n'est pas fait mention de la désinfection des locaux^ 



La seconde est-elle plus admissiUe ? 11 n'est guère de 
mode aujourd'hui de contredire une déesse aussi puissante 
que la science ; néanmoins, à nos risques et périls, nous 
nous permettrons de dire que son opinion est injuste et 
peu logique. 

Injustey car, s'il est vrai que les hommes ont été plus 
malheureux qu'ils ne sont actuellement, si ce n'est que 
par les travaux et les efforts des hommes existants que 
la condition des hommes futurs peut être améliorée et, 
finalement, rendue parfaite, il y a là une double injustice : 
non seulement les hommes sont malheureux sans l'avoir 
mérité ; non seulement l'inégalité, c'est-à-dire l'injustice, 
existe d'homme à homme et de génération à génération ; 
mais encore chaque génération est condamnée à la double 
peine de remédier à sa propre misère et de préparer le 
bonheur des générations suivantes jusqu'au temf)s où 
celles-ci n'auront plus que la peine de jouir. 

Cette opinion est en outre peu logique. En effet, on 
ne voit pas comment, parmi des hommes tels qu'on nous 



représente les hommes primitifs, la science a pu naître, 
croître et produire dans leur sort les améliorations qu'on 
lui attribue. 

Quant à la doctrine du Christianisme, puisqu'elle se met 
hors de toute discussion, nous pouvons l'y laisser, d'autant 
que, son bonheur n'étant pas de ce monde, nous ne pou- 
vons la soumettre à nos moyens d'investigation. Nous 
devons^ toutefois, observer qu'elle n'est pas maladroite de 
ne pas admettre l'âge d'or en ce monde, car il n'y aurait 
plus besoin de prêtres s'il arrivait. En outre, en la ren- 
voyant dans l'autre monde elle donne le change aux dés- 
hérités de celui-ci, et permet ainsi aux autres de jouir 
plus tranquillement des biens qu'ils possèdent en cette vie 
en attendant l'autre. 

V 

Aucune de ces trois doctrines ne nous donnant la solu- 
tion désirée, il nous faut donc la chercher ailleurs, dan^ 
la raison et dans les faits. ^ ^ ^ 



m 



JOURNAL D'HYGIÈNE 



la question est difficile. Dn travail émanant des laboratoires 
de l'Offiçfi de Berlin a comblé cette lacune. On y reconnaît 
un procédé commode et efficace de désinfection des tapis, 
tentures et autres objets de prix. C'est de les frotter à la 
mie de pain qui parait avoir la propriété d'entraîner les 
germes. Nous reviendrons prochainement sur ce travail. 

D' Ch. SCHMIT. 

9isassssssssssasasm 

Par Monts et par Vaux. 

UNR LEÇOM MÉRITÉE. — L'HISTOIRE DES ACCOUCHEMENTS 
CHEZ TOUS LES PEUPLER 

Lliôpital de la Charité vient dépasser, à son tour, par 
les fourches eaudiaes de la laïcisation. C'est avec un sen- 
timent de sincère admiration pour les sœurs Augustines 
kospUaliéres, que uous transcrivons ici l'éloquente et noble 
protestation des médecins et chirurgiens de l'hôpital, aux- 
quels nous envoyons un salut de respectueuse gratitude. 

Madame la Supérieure des Sœurs Augustines^ 

à VHôtel-Dieu. 

G Madame la Supérieure, 

« Avant le départ des Sœurs Augustines, si injustement 
renvoyées de l'hôpital de la Charité, et puisque Vadmi- 
nutratiùa de l'Asmtance publique, quelles ont si long- 
temps et si loyalement servie, ne croit pas devoir leur 
adresser un moi de remeixiement, veuillez agréer ici l'hom- 
mage de notre reconnaissance pour les religieuses d'élite, 
que vont perdre nos malades. 

n Tout ce que nous avons tenté, pour conserver à notre 
hôpital les Sœurs Augustines^ est demeuré inutile, mais 
elles emporteront du moins ce souvenir, que les médecins 
H chirurgiens des hôpitaux n'ont pas abandonné celles 
fini les ont toujours le mieux secondés. Ce témoignage de 
la justice que nous leur rendrons, adoucira pour nous 
ramertume de notre impuissance. 

« Nous ne voulons rien ajouter. La vie de la religieuse 
d'hôpital est an-dessus de l'éloge. Les Sœurs hospitalières 
seront de longues années encore, chez tous les peuples du 
monde, rt^xpression la plus pure du dévouement et du sa- 
criljce. 



» Veuillez agréer, madame la Supérieure, Tassurancede 
notre haute considéraiion, 

» PoTAiN , Desnos, Féréol, Ltvs, Laboul- 
BÊNE et Blaghez, médecim à l'hôpital 
de la Charité; — Trélat, A, DESPnâs. 
chirurgiens à PhôpitcU de la Charité* ^ 

Jamais les prédécesseurs de H. le D'Peyron, iesDaveone, 
les Husson, les Blondel, ces hommes de cœur, d'intelli- 
gence et de travail, ne se seraient exposés à recevoir une 
leçon si sanglante et si méritée ! 

Il est vrai qu'il pourra se consoler en constatant que la 
lettre de nos chers maîtres n'a pas trouvé place dans les 
colonnes du Progrès Médical. 

Que de lauriers cueillis par ce cher confrère dans les 
parterres fleuris de la laïcisation ! 

* 

En attendant (pie l'un de nos collaborateurs rende 
compte du remarquable ouvrage de notre coKègua et 
ami le D^ Witkowski, V Histoire des accouchemmis chez 
tous les peuples^ nous nous faisons un plaisir de transcrire 
ici d'après le Bulletin de TAcadémie de Médecine, les 
termes dont s'est servi M. de Villiers en le présentant 
au docte aréopage : 

a C'est une histoire littéraire et anecdotique des accou- 
chements depuis l'antiquité jusqu'à nos jours, contenant 
des monographies curieuses, des opuscules humoristiques 
peu connus ou inédits, un ensemble de ce que la mytho- 
logie, l'histoire, les mœurs et les croyances [topulaires, 
les superstitions, les religions, peuvent offrir sur les accou- 
chements. » ^^^ Dr Echo. 

Pensée. 

La vérité est comme une graine imperceptible; elle 
vole dans l'air et va toucher on ne sait oh ; on l'enterre 
sous un tas de fumier ; un beau jour, elle en sort comme 
un brin d'herbe. Un passant la remarque, s'en empare 
et la montre à tout l'univers, p^ ^^ Musset. 



Les raisons se tirent de la nature humaine et de la na- 
ture des choses; les faits se puisent dans l'histoire de l'hu- 
manité, 

L' homme est un être sensible,doué de facultés actives qui 
ont pour JiD de satisfaire, par leur exercice, sa sensibilité. 

De la sensibilîLé dérivent les besoins et les désirs; de 
l'activité résultent les actions par lesquelles l'homme s'ap- 
proprie les choses nécessaires à la satisfaction de ces be- 
soins. 

Le bonheur consiste dans la satisfaction des besoins, 
qui peuvent être différents en quantité et en qualité, mais 
quft Ton peut grouper sous les trois dénominations de 
besoim physiques, moraux et intellectuels. 

CtîS! trois ordres de besoins doivent être subordonnés 
les uns aux autres pour leur satisfaction : il n'y a pas de 
moralité pour celui qui manque du nécessaire physique, 
c'est ce qu'exprime le proverbe : Ventre affamé n*a pas 
d^oreilkë. A plus lorte raison les besoins moraux doivent- 
ils primer les besoins intellectuels. 



D'après cette définition de la nature humaine, on peut 
être heureux ou malheureux de diverses manières. 

Pour qu'un être soit heureux, autant que le comporte 
sa nature, il faut et il suffit qu'il y ait équation entre ses 
besoins et ses facultés. 

On peut donc être très pauvre et être heureux, il ne 
s'agit que de ne pas désirer plus que ce qu'on possède; et 
pour ne pas désirer, le plus simple est de ne pas connaître 
ce dont on est privé. 

Un peut également être très riche et très malheureux ; 
il y a même plusieurs moyens pour cela : l*' désirer plus 
encore que ce qu'on possède; l'ambition est insatiable; ^ 
avoir peur de. perdre ses richesses; 3* être blasé sur tous 
les plaisirs que l'on peut se procurer, etc. 

Il semble que la nature ait pris plaisir à nous détourner 
de ce bloc enfariné que l'on nomme les richesses. 

(A suivre.) 



^^ Rgldxbl. 

JL.oogle 



JOURNAL 0*HYGIËNE 



87 



BULLETIN DE U SOCIÉTÉ FRANÇAISE D'HYGIENE 



AVIS. — La séance mensuelle de la Société aura lieu 
Je Yândredi 10 t*^vrier» à 8 h. 1/2 du soir, dans la salle de 
la Bibliothèque, au Siège social, 30, rue du Dragon. 

OaUBE DU JOUR 

Rcmouvellemeot du Bureau et des Comités d'Etude. 

Parmi les cotnmunlcations inscrites déjà à Tordre du 
jour de la séance, nous citerons celles de MM. Pourquier 
de Montpellier, Imbs, Ferdinand Marié-Davy, E. Cagheux 
et D' Raiuonde. 



Procès- vertal de la séance du 13 janvier 1888. 

I^HÉSIDENCE DE M. MaRIÉ-DaVY. 

Lecture et adoption du procès-verbal de la précédente 
séance* 

Nomination de nouveaux membres. 

Membre.^ associés étrangers. MM. d'ândrade (Joa- 
quim CanÎ020), k Rio-de*Janeiro (Brésil) et D** Cipriani 
(Cipnano) à Nocera-Umbra (Italie), 

Membres tifulaires (Paris). MM. E. Jessé et comte de 
BaucuEft, 

(Province) MM. D"" Lavr4Nd, professeur d'hygiène à la 
Facullé libre de Lille (Nord), et D' Gambier (Paul), au 
Raincy (Seine-et-Oise). 

A l'occasion du procès- verbal, M. Casalonga fait part 
d'une observattOQ qu'il a entendu faire à l'Exposition 
d'hygiène urbaine de la caseroe Lobau. Quelqu'un disait 
que les meilleurs litres étaient inutiles, et que le meilleur 
moyen d'épuraiion dei eaux consistait dans la décanta- 
tion. Il demande ce qne pense M. Marié-Davy de cette 

M. le PRÉsmENT répond qu'il ne saurait partager cet avis. 
Les microbeâ, quels qu'ils soient, sont toujours fertilisés 
dans une eau qui contient des matières organiques, il n'y 
a que rébuIliLiou qui puisse détruire sûrement tous les 
organismes » 

Certains filtres peuvent parfaitement épurer l'eau. Il y 
a même tais depuis qui, par la décantation, peuvent 
dimiouer le nombre des organismes en faisant une espèce 
d<% collage comme celui des vins; mais ils ne peuvent les 
faire disparaître complètement. 

M* le Secrétaire GiNàRAL donne lecture du compte rendu 
du Secrétariat (sera inséré in extenso), 

It communique eusuite les propositions faites par le 
Conseil d'administration pour l'élection du bureau pour 
Tannée 1887. Le Conseil a pensé qu'on pouvait se dis- 
penser cette annéed'adresser à tous les membres titulaires 
de Paris et de la province des bulletins de vote. En se con- 
iiirmant aux résultats des dernières élections générales, 
il a dressé une Hste des membres qui sont naturelle- 
ment désignés pour remplir les diverses fonctions du 
Bureau et du Conseil d administration, ainsi que celles 
de Présidents^ Vices-Présidents, et Secrétaires des comités 
d'éludés. Les propositions du Conseil d'administration, 
mise» aux voix, sont adoptées à Tunanimité. 



MM. Cacheux et Casalonga font toutefois remarquer que 
ce vote devrait être renouvelé à la prochahie séance pour 
permettre aux collègues absents de venir déposer leur 
vote. Les élections deviendraient alors définitives. 

C'est ainsi que se font les élections dans la plupart des 
Sociétés savantes. 

La Société partage cet avis et décide que Tordre du jour 
de la séance de février portera en tête : Élection du Bureau, 

Est également votée l'insertion au Bulletin d'une notice 
historique sur le Service des vaccinations gratuites de la 
Société. Ce document avait été demandé au Secrétariat par 
notre très distingué collègue M. Bezançon, pour éclairer 
la religion du Conseil de salubrité sur la question à l'ordre 
du jour de la création d'un Institut vaccinal oflSciel. 

M« le Secrétaire général communique ensuite la liste 
dressée par les soins du secrétariat, des publications delà 
Société depuis sa fondation en 1877 jusqu'à ce jour. Cette 
liste comprend guaran/e-^cii/'brochures ou tracts , et trente- 
six traductions en langues étrangères. 

La Société par un vote unanime vote l'insertion de ce 
document au Bulletin. 

H. Marié-Davy présente à la Société le relevé fait par lui 
et son fils, des dounées météorologiques hebdomadaires 
de Tannée écoulée 1887, et de la mortalité correspondante 
à Paris. Des graphiques indiquant les données météorolo- 
giques (pression barométrique moyenne, température 
maxima et minima, et moyennes absolues de chaque se- 
maine, jours pluvieux, hauteur fournie par les pluies,) et 
accompagnées des courbes correspondantes de la morta- 
lité hebdomadaire par difi'érents genres de maladies zymo- 
tiques, sont placés sous les yeux des membres de la Société, 
pour leur permettre de suivre exactement les résultats 
constatés. 

La Société décide à Tunanimité que cette importante 
communication sera insérée in extenso dans le Bulletin. 

M. Langlebert expose la série d'expériences et d'ana- 
lyses qu'il vient de faire pour établir la raison d'être et 
TeflBcacité thérapeutique (médication externe) des sels dits 
de morues. 

Le sel qui sert à la salaison des morues fraîches au 
moment de la pêche sur les bancs de Terre-Neuve s'im- 
prègne de certains principes organiques qui manifestent 
leur présence par une proportion plus considérable d'azote. 

L'analyse chimique ne décèle du reste dans ces sels 
aucune trace d'iode. 

MM. GoRBCKi, MoNiN et Casalonga à propos de cette 
communication, échangent quelques observations au 
sujet des procédés employés pour l'extraction des sels 
gemmes et des sels marins. 

En raison de l'importance de cette communication, 
M. le Président demande son insertion au Bulletin, avec 
addition des détails intéressants fournis par M. Casalonga 
sur les marais salants du midi de la France. 

M. le D*^ de PiETBA Santa donne lecture d'une note 
adressée par M. Charles Naudin, de TInstitut, sur le Sima6a 
Cedron, petit arbre de l'Amérique centrale qui ressemble 
au palmier, bien qu'il appartienne à une tout autre 
famille, celle des simaroubées* Sa graine, connue sous le 



JOURNAL D'HYGIËNE 



nom de noix de céiron, passe chez les indigènes pour être 
le remède infaillible de l'empoisonnement par le venin 
des serpents les plus dangereux. 

M. Naudin cite à ce sujet les observations faîtes il y a 
déjà plusieurs années à la Nouvelle-Grenade, par notre 
collègue du secrétariat, le D^ Saffray, qui avait constaté 
les vertus curatives de la noix de cédron, non seulement 
comme antidote du venin des serpents, mais encore 
comme fébrifuge de premier ordre. 

La note deM.Charles Naudin sera insérée, in-extenso, au 
Bulletin de la Société. 

M. AuRBiLLK communique une note sur les dangers 
d'intoxication saturnine résultant de l'emploi de la braise 
chimique. Dans une observation récente communiquée à 
la Société médicale des hôpitaux de Paris par M. le D' 
Troisier, l'analyse faite par M. Hanriot avait révélé dans la 
braise incriminée de l'azotate de plomb. (6 0/0 du poids 
du charbon). Cette proportion qui paraît énorme devient 
moins effrayante lorsqu'on tient compte de la faible 
densité du charbon. Cependant pour allumer le feu, il 
faut environ 10 grammes de braise, ce qui correspond à 
0«r',60 d'azotate de plomb. 

M. Aureille croit que c'est par exception que la braise 
chimique est fabriquée avec de l'azotate de plomb. Ce sel 
était en effet employé au début; mais on ne tarda pas à 
s apercevoir des inconvénients qui en résultaient, enraison 
du dégagement d'acide azoteux pendant la combustion. On 
songea donc à remplacer l'azotate par l'acétate de plomb. 
Ce sont des échantillons decette nature que M. Tanret, en 
1876, et M. Aureille lui-même en i884, ont eu à examiner. 

Quoi qu'il en soit, la braise chimique, même préparée à 
1 acétate de plomb, n'est pas sans danger, puisqu'elle con- 
tient encore une certaine proportion de produit toxique. 
Elle a de plus l'inconvénient de brûler moins facilement. 

En résumé, M. Aureille pense qu'il serait dommage d'in- 
terdire cettemdustrie, parce qu'elle tait vivre de nombreux 
ouvriers et que ce produit est commode; mais il affirme 
la nécessité absolue de la transformer en imposant la subs- 
titution d'un sel inoffensif, à l'acétate ou à l'azotate de 
plomb. 

M. le D' GrORECKi n'admet pas qu'on puisse préparer la 
braise chimique à l'aide de l'acétate de plomb, n a fait 
lui-même des expériences et n'a pu obtenir des résultats 
qu en employant l'azotate. 

Les acétates ne sont pas d'aiUeurs des sels qui puissent 
favoriser la combustion. 

M. le D' dbPibtra Santa fait remarquer que M. Aureille 
a déjà publié sur ce sujet un article dans le Journal 
dHysiène, en 188S. Les braises qu'il avait soumises à 
1 analyse contenaient non de l'azotate, mais de l'acétate de 
plomb. Notre coUègue expliquait ainsi le phénomène de 
la combustion. 

«Avec l'acétate la combustion est plus lente parce que 
oxyde de plomb est seul à fournir son oxygène, mais 
les applications peuvent être généralisées sans crainte 
d oxydations mtempestives; le mécanisme en est ingénieux- 
1 oxyde de plomb de l'acétate, à la chaleur de l'allumette' 
se trouve réduit par le charbon qui développe en brûlant 
assez de chaleur nouvelle pour amener la réduction des 
parties voisines ; le métal réduit se réoxyde au contact de 
1 air, et finalement, il reste, comme cendre, une abondante 
^"mw ^^ ^itbarge en poussière très ténue. » 
MM. JoLTRAiN et MoNiN rappellent que la question a déjà 



été étudiée par le Conseil d'hygiène publique et de salu- 
brité du département delà Seine en 1847. Tout en recon- 
naissant l'innocuité de la fabrication, le Conseil avait 
pensé que le produit lui-même n'était pas exempt d'incon- 
vénients. 11 avait en conséquence émis l'avis qu'il était 
prudent de défendre la vente de la braise chimique prépa- 
rée au nitrate de plomb, mais qu'il y avait lieu d'autoriser 
la fabrication et la vente du même produit, à la condition 
de remplacer le nitrate de plomb par celui d'ammoniaque 
ou tout autre nitrate non toxique, et pouvant produire 
chimiquement le même effet. 
L'ordre du jour étant épuisé, la séance est levée à onze 

heures. 

L'un des secrétaires : 

D' E. MoNiN. 



Revue analytique et critique 
des Publications périodiques d'hygiène. 

REVUE d'hTGIÈNE ET DE POLICE SANITAIRE 

Octobre 4887. Ce fascicule a une réelle importance, car 
il donne iin compte rendu détaillé des discussions qui ont 
eu lieu dans les sections du Congrès International d'hy- 
giène et de démographie de Vienne; des conclusions vo- 
tées; des vœux exprimés ainsi que l'analyse des confé- 
rences qui ont été faites en séance plénière, un chapitre 
spécial est consacré à l'Exposition d'hygiène, aux excur 
sions et aux fêtes. 

Dans le Bulletin M. le D' Vallin donne ses impressions 
personnelles sur l'organisation et le fonctionnement des 
quatre sections du Congrès. Le savant rédacteur en chef 
de la Revue d'Hygiène n'est pas partisan des travaux 
librement présentés et au besoin discutés. » Les commu- 
nications de ce genre doivent être tout à fait exception- 
nelles, car elles transforment un Congrès en une séance 
banale d'une Société de médecine; elles dérangent l'ordre 
établi ; les discussions étant nécessairement improvisées 
ne peuvent donner un résultat aussi utile que lorsqu'on 
a pu étudier à l'avance le texte d'un rapport sur un sujet 
d'intérêt général. » 

Nous nous permettoos de professer une opinion diamé- 
tralement opposée. 

Il y a eu à Vienne, comme du reste à Genève, à la Haye 
etc., trop de questions mises à l'ordre du jour et trop de 
pré-rapports dans plusieurs seclions ; de l'aveu même de 
H. Vallin, les membres désignés à l'avance ont lu ou ex- 
posé de nouveau de vive voix leurs rapports imprimés 
depuis deux mois, et l'on a atteint la fin de la séance 
avant que la discussion ait pu commencer. 

Nous avions donc raison d'insister auprès de Témineat 
secrétaire général M. de Gruber, pour que l'on n'inscrive 
à l'ordre du jour qu'un nombre très limité de questions 
d'ordre général. 

« En résumé, écrit M. Vallin, chacun de nous rentre de 
Vienne, plus instruit, mieux renseigné sur beaucoup de 
points, moins peut-être par ce qui a été dit dans les sec- 
lions, que par les échanges d'idées qui s'opèrent par les 
conversations journalières avec des hommes vivant dans 
un milieu différent, ayant dans une certaine mesure une 
antre éducation scientifique, et apportant souvent les 
résultats d'une expérience personnelle sur certains faits 



^\ 



JOURNAL DUYGIËNË 



S9 



particuliers, c'est là le plus grand bénéfice des Congrès, 
nous le reconnaissons chaque fois davantage. » 

D^ A. J. Martin. La désinfection des chiffons. C'est le 
mémoire in extenso qui a été communiqué à Ja 3'"*» réu- 
nion du Congrès de Vienne, et qui contient les résultats 
des expériences entreprises par lui sur la désinfection des 
chiffons par la vapeur sous pression (1). 

€ J'estime, écrit M. Martin, que la désinfection par la 
vapeur sous pression des balles de chiffons séparées par 
tranches, constitue un procédé très pratique, efficace, 
offrant des garanties à la fois pour les intérêts commer- 
ciaux et pour la santé publique. Je veux espérer que cette 
pratique constituera quelque jour une nouvelle conquête 
des recherches scientifiques et techniques dans le domaine 
de la science sanitaire. 

Nous sommes persuadés que MM. Geneste et Herscher 
sont du même avis. 

Novembre i887 Le premier mémoire «est consacré par 
M. Vallin aux projets d* assainissement de la ville de 
Rouen; le deuxième de M. Thoinot et Hontang, a pour 
titre : Géographie médicale de la suette miliaire en France 
depuis 48i4. 

i^ Sur la proposition du D' Jules Hue, le conseil muni- 
cipal de Rouen nommait au mois de novembre 1886 une 
Commission chargée d'établir les moyens d'assainir la 
ville. La commission déléguait l'étude de la question à 
une sous-commission dont M. Valiiu a été à la fois le prési- 
dent et le rapporteur. 

Rappelons d'abord les conditions hygiéniques mauvai- 
ses de la ville. 

Le sol de Rouen est profondément souillé par l'usage 
séculaire des fosses de vidange à fond perdu, dont la 
suppression a été commencée il n'y a que peu d'années. 
La ville compte 110,000 habitants qui devraient fournir 
en moyenne par an 45,000 mètres cubes de matière 
solide et liquide, et 90,000 mètres cubes si la projection 
de l'eau dans les égouts ne se faisait pas d'une manière 
trop parcimonieuse. Comme d'ordinaire on ne lire des 
fosses de vidange que 40,000 mètres cubes, le reste, c'est- 
à-dire 50,000 mètres cubes de matière fécale ou urinaire 
en fermentation, s'infiltre dans le sol, et de là dans les 
puits très nombreux encore de la ville, créant un milieu 
de culture fertile pour les germes morbides, quelle qu'en 
soit d'ailleurs la nature. 

D'autre part, le réseau des égouts esi incomplet, formé 
de tronçons sans homogénéité ; les eaux ménagères coulent 
dans les ruisseaux et souillent les bordures des trottoirs; 
les ordures ménagères, les boues et les balayures des rues, 
les résidus des marchés séjournent trop longtemps sur la 
voie publique, et contribuent à infecter l'air que l'on em- 
prunte au dehors pour ventiler les appartements. 

Nous reproduisons ici les conclusions de la sous-Com- 
mission : 

« 4« Achever le réseau des égouts suivant un plan d'en- 
semble et améliorer les égouts imparfaits sur les bases 
suivantes : suppression des radiers plats; restitution de la 
forme ovoïde; parois lisses et imperméables; ventilation 
libérale et directe par des bouches ouvrant sur la rue; 
lavage fréquent et automatique de ces orifices, aména- 
gés de manière à empêcher la projection des débris soli- 

{!) Nous rsviendrons prochainement sur les rapports présentés à 
cette 3« section par nos savants collègues de la Société d'Hygiène M. M. 
Finkelnburg de Bonn et Corfield de Londres. 



des; chasses d'eau intermittentes sous pression pour en- 
traîner les dépôts; chambres de retenue en certains point? 
pour arrêter les sables ; 

» 2° Prohiber le dépôt direct des ordures ménagères 
sur la voie publique; celles-ci devant être placées dans 
des boîtes métalliques, qu'on porterait le matin ou le soir 
au bord des rues, et enlevées avant 10 heures du matin 
pir des tombereaux en nombre suffisant ; 

» 2« Faciliter l'abonnement à l'eau du service public 
dans toutes les maisons, en exonérant le propriétaire ou 
le locataire des frais de prise sur la canalisation centrale, 
de branchement et de colonne montante, pourvu qu'un 
minimum d'abonnement soit garanti par la maison; 

» 4^ Autoriser dès à présent, à titre révocable, l'établis- 
sement de la vidange à l'égout dans les rues où l'admi- 
nistration aura déclaré que la canalisation est appropriée 
à cet usage. N'accorder l'autorisation qu'aux maisons où 
l'eau du service public arrivera sous pression dans les 
cabinets; où les tuyaux de chute, aérés et prolongés jus- 
qu'au toit, seront munis de siphonsconvenables au-dessous 
du siège, et avant leur jonction avec l'égout. L'imposition 
d'une taxe par tuyau de chute parait légitime; 

» 5*» Exiger dans toutes les maisons la ventilation, au- 
dessous du toit, des tuyaux des eaux ménagères avec 
occlusion siphoïde à plongée suffisante au-dessous de 
l'évier; 

» 6® Continuer pendant quelques années encore à déver- 
ser dans la Seine le contenu total des égouts; mais com- 
prendre dès à présent dans le plan d'assainissement un 
champ d'épuration par le sol, d'une superficie de 300 à 400 
hectares à quelques kilomètres en aval de Rouen, remplis- 
sant les conditions requises de porosité, d'altitude et de 
déclinaison vers la Seine. » 

Voilà, certes, un beau, sage, et intelligent programme 
d'assainissement, et nous faisons des vœux pour qu'il 
entre le plus tôt possible dans la voie des réalisations 
promptes; mais n'y aurait-il pas à Rouen quelque corres- 
pondant de la Société de Médeciue publique de Paris pour 
venir combattre à outrance, et le système du tout à l'égout, 
et répuration par le sol et l'utilisation agricole des eaux 
d'égont. 

2« MM. Thoinot et Hontang faisaient partie de la mis- 
sion sanitaire envoyée de Paris pour étudier, sur place, la 
suette miliaire de 1887. Nos lecteurs connaissent parfai- 
tement la question par le^ articles successifs qui ont été 
publiés dans ce Journal sous les litres sweatny sickness, 
communication Jablonski, rapport Brouardel. 

L'étude de géographie médicale que nous avons sous 
les yeux a été présentée à la Société de médecine publique, 
et cela occupe 36 pages de son Bulletin avec 3 cartes géo^ 
graphiques à l'appui. 

Ce long travail d'érudition et de bonne volonté pêche 
par la base parce queles auteurs, de leur propre aveu, n'ont 
eu à leur disposition que des documents insuffisants ou 
incomplets : « Nous n'aurons que trop à signaler les graves 
lacunes que nous n'avons pu combler. » Les sources qu'ils 
ont utiUsées avec le plus de succès sont le livre de Rayer 
sur la suette et un article du Dictionnaire encyclopédique 
des sciences médicales de M. L. Colin. 

Depuis 1821, sur 83 départements (moins la Corse) 30 
ont toujours été indemnes. 
Les épidémies de la suette miliaire depuis 1821 sont 
I réparties en 3 groupes: " ' O 



r 



m 



JOURNAL D'HYGIÈNE 



^ 



l*Éï>idéfnie3 s<^vissantsur unou plusieurs départements ; 
Oise et Seine-et-Oise (1821); Oise (1832); Dordogne, 
Cliarenle, Lot-et-daronne, Tarn-et-GaPonne, Deux-Sèvres 
(iai9j. Haute- Vietine (1887); 

£^ Épidémies envahissant plusieurs localités en nombre 
variable et dans une région de médiocre étendue: Cou- 
lomraiera (1839) Poitiers (1881) ;arrond' de Louhans (1862) 
Pas-de-Calais (1866); lie d'Olerou (1880); 

S^ Ëpidémios plus encore localisées dans une seule 
jcommuoet h volai oage restant indemne. 

Coiiformémeiil à la doctrine du rapport officiel au 
Hinistre du commerce, ces messieurs admettent comme 
règltf absolue: l'endémie de la suette comme véritable 
iien entre Uîs épidémies. Us se posent ensuite ces deux 
points d'ttîterrogation : 1® Torigine de Tendémicité dans 
une localité; 2"* le pourquoi des réveils épidémiques. 

« L'origine de l'endémicité dans une localité parait être 
ordinairement dans une épidémie qui Ta frappée au pas- 
sage. La suetlti trouve dans cette localité des conditions 
favor<*bli*s à son développement, et s'y cantonne pour un 
iempâ plus ou inoids long. ï» 

a Le pourquoi des réveils épidémiques, nous ne sommes 
pas en mesure de risquer même une hypothèse à ce sujet. » 

Nous vtnona de transcrire les paroles mêmes de 
MM. ThoinoL et H mtang, daus l'espoir qu'elles porteront 
daos le^prit de nos lecteurs une lumière plus vive que 
dans le nôtre I 

Un autre point d'interrogation, plus intéressant, ne nous 
semble pas avoir reçu une réponse bien précise. 

Lasuette miliaire «st-elle envoie d'extinction en France? 

L« Colin n'a pas osé se prononcer; Briquet en 1868 
croyait à la diminution ; la mission sanitaire officielle 
écrit : 

fl Nous ne croyons pas que la suette soit en voie d'ex- 
tinction; tout au moins cependant est-elle plus rare et 
moins grave qu'autrefois; mais il s'en faut de beaucoup 
qu'elle disparaisse; il s en faut que la possibilité de tout 
réveil épidémique ait cessé dans les foyers anciens; et 
peut-être de nouveaux foyers sont-ils en voie de formation 
à l'heure actuelle ». 

En présence de ce singulier pronostic que nous ne 
sommes pas en mesure d'accepter ou de combattre, nous 
ne pouvons que faire des vœux pour qu'à la moindre 
alerte^ les savants missi dominici sanitaires soient dirigés 
sur les localités envahies avec firmes et bagages et étuves 
locomobiiefïi sans attendre la propagation et le déclin de 
répidéniie I 

La péroraison du mémoire de MM. Thoinot etHontang 
mérite d*êlre publiée in extenso. 

<r Qui sait quels reliquats laissera cette épidémie de 
1887? Qui sait si dans sa course la suette n'aura pas 
trouvé quelque point où elle pourra se fixer, devenir endé- 
mique; en d'autres termes qui sait si des foyers nouveaux 
ne seront pas créés sur le passage de l'épidémie, avec tous 
leurs dangers pour l'avenir. 

Car telle paraît être la marche de la suette : création 
denouveijm Toyers qui, les ancienss'éteignantou devenant 
peu actifs, jouent à leur tour le premier rôle; c'est ainsi 
que tour à tour ou a vu, depuis 1712, la Franche-Comté, 
laNormandie, la Pirardie, lePérigord, êtreles lieux préférés 
de la suette. L e voludon secontinue sans doute aujourd'hui 
tl le Poitou ainsi que les contrées avoisinantes vont peut- 
cire, pour quelques années^ jouer le rôle principal dans | 



répidémiologie de la suette. C'est sur ces quelques obser- 
vations que nous terminerons, sans présenter d'autre con- 
clusion pour cette note incomplète r>. 

Le procès-verbal de la séance du 26 octobre de la Société 
de médecine publique ne nous dit pas si l'on a fait à cette 
communication les honneurs d'une discussion, ou de la 
nomination d'une Commission spéciale chargée d'eu 
apprécier la valeur. 

D' DE P. S. 



Livres offerts en don à la Bibliothèque 
de la Société. 

P^ Sirus PiaoNDi Souvenirs cliniques concernant quel- 
ques maladies ou indispositions habituelles, qu'il est par- 
fois prudent de rçfpecter. Broch. in-8*». Marseille, 1888. 

(Nous ne saurions mieux faire pour signaler cet intéres- 
sant et utile travail à^nos collègues, que de rappeler les paroles 
de M. le Baron Larrey au moment de sa présentation a TAca- 
démie de Médecine. 

« L'auteur s'est inspiré pour le choix de ce sujet du TraiU 
des maladies qu'il est dangereux de guérir, par Dominique 
Raymond, et il en a trouvé les plus remarquables exemp'es 
dans sa longue expérience pratique, tant eu médecine qu'en 
chirurgie. La conclusion de ces Souvmirs cliniques atteste, 
une fois de plus, les avantages que la médecine peut retirer 
d'une habile temporisation. » 

Une appréciation aussi autorisée nous impose à tous le 
devoir de lire et de méditer la brochure de M. Sirus Pirondi.) 

D' Paul AuBRY : La Contagion du Meurtre, Étude d'an- 
thropologie criminelle. Thèse de doctorat, grand in-8° 
Félix AJcan, éditeur, Paris, 1888. 

(Le nom de M. Aubry vous étant connu déjà par les extraits 
que nous avons publiés de son étude sur Les hôpitaux d Orient 
(couronnée par l'Académie de Médecine, Prix Monbinne), nous 
avons laissé à M. le D^ Paul Moreau le plaisir d'analyser à votre 
intention cette thèse des plus instructives au point de vue 
médico-légal). 

(Comptes rendus du Secrétariat.) 



Encore la Crémation. 

Aumoment du tirage, les journaux du soir nous apprennent 
que MM. Chassaing et Guichard, conseillers municipaux en 
mission à Milan, viennent de déclarer: « qu'aucun des sys- 
tèm&s de crémation employés en Italie n'est pratique ». 

C'est ce que nous avons crié par-dessus les toits, au 
moment où le Conseil municipal adoptait les plans et clevis 
de M. Bartet pour le crématoire actuel du Père-La chaise. 

M. Chassaing propose, dit-on, un système qui opérerait 
l'incinération complète en une demi-heure! 

La chose nous paraît difficile, mais comme nous sommes 
ici sur le terrain de l'expérimentation, nous la désirons 
prompte et éclatante. 

il nous serait agréable de proclamer hautement que le 
système Chassaing est supérieur au système Siemens, que 
M. de Nan.^outy et nous, avons préconisé jusqu'à ce jour avec 
une conviction sincère et motivée. D^ de P S 



Propriétaire-Gérant : D' n^iETEA Samta. 

Diaitized bv VnOOÇlC 



iMPimiuii cHAix. — to, aui BiRaiu, paru. — 2S10M-8. 



!*• ANNÉE. — 13» VOLUBIE. 



Maméro 594. 



JEUDI 9 FÉVRIER 1888. 



JOURNAL D*HYGIÈNE 



SOMMAIRE : Res Parisienses : La question d'Achères devanl le Parlement. Utilisation agricole des eaux d'égout (!•' article). — Bullelin des 
Cûfiseils d'hygiène (Côte-d'Or). — Par Monte et par Vaux. — Peullleton. Où est Tâged'or ? (suiteetfin). — Nez et odeurs au point de 
vue de l'hygièoe. — Bulletin de la Société française d'Hygiène : Avis. Ordre du jour de la séance mensuelle de février. 
— L Exposition d'hygiène de Varsovie en 1887. — Rapport au Ministre de Tlnstruction publique (Monin). — Livres offerU en don à la 
Blbliathèque de la Société. 



Paris, ce 9 Février 1888, 

Res Parisienses. 

Là QU£STION d'aGHÈRBS DEVANT LB PARLEMENT 
Ullliaallon agricole des eaux d'é|foat de Paris. 

[AU moinent de la mise eu uages du jouraal, nous rece- 
vons de M. Marié-Dayy un 1res intéressant article, dans 
lequel sont consignées ses impressions personnelles sur les 
di^bats de la Cbambre des Députés, et le vote qui s'en est 
suivi relativement à Tassainissement de la Seine. 

Très fier de cette bonne fortune, le Comité de rédaction 
s*erD presse de laisser en premier la parole à notre cher et 
Ëavaot Président de la Société française d'hygiène.] 

1 

La loi 9«r rAssainissement de la Seine vient enfin de 
fiasser k la Chambre après nue défense héroïque de ses 
adversaires. Le Ministre des Travaux publics avait compris 
que le^ intérêts privés, des plus respectables, il est vrai, 
étaient venus s'opposer à un intérêt plus général embras- 
âani les opposants eux-mêmes. Il avait passé outre, et 
avait vaillamment soutenu le projet ; M. Âlphand, Direc- 
teur des travaux de Paris et Commissaire du gouverne- 
uieat, avait aussi fait de grands efforts, soutenu par un 
député de la droite séparé des siens sur ce point. 

La question avait été bien posée par le rapporteur de la 
loi, M. le D' Boumeville ; toutes les objections faites par 



les adversaires de cette loi, longuement discutées dans ce 
rapport et finalement écartées, ont été reprises par ces 
derniers qui ont ainsi aUongé le débat sans Téclairer d'un 
argument nouveau. 

Nous pensons que le Sénat suivra l'exemple de la Cham- 
bre, quant au résultat final, et non quant à Tâprelé de la 
discussion ; nous espérons que le Sénat confirmera une loi 
que nous croyons juste, équitable, et dont ses adversaires 
eux-mêmes sauront tirer parti, en dehors de quelques 
froissements d'intérêts personnels. 

Certes, tout n'est pas rose dans les questions d'expro- 
priation pour cause d'utilité publique. Les sentiments 
les plus respectables y ont quelquefois à souffrir; on les 
plaint sans doute, mais il n'est pas de citoyen français qui 
proteste au fond contre cette loi de son paysv 

Les grandes villes de la province trouveront dans la 
décision de la Chambre un encouragement à suivre la 
capitale qui a lutté depuis plus de dix-huit ans pour se 
faire salubre autant que belle, et pour diminuer le nom- 
bre des personnes qui y succombent à la maladie (1). 

Des précautions très grandes avaient été prises déjà par 
l'Administration parisienne pour approcher du but dont la 
loi actuelle lui permettra de s'approcher plus encore. Ces 
précautions sont-elles prises par toutes les autres munici 
pâli tés? Nous ne le croyons pas. 

Chacune d'elles a une mortaUté un peu différente de 
ses voisines, suivant le cUmat de la région et les conditions 
spéciales de la ville considérée. Tout parait bien quand 

(1) Voir Journal d'Hygiène^ n* 502, p. 44. 



\ 



FEUILLETON 



Où est l'âge d'or (*) ? 

VI 

Ces principes posés, les premiers hommes ont-ils pu 
être heureux? 

Evidemment oui ; il a suffi pour cela qu'ils n'etissent 
pas plus de désirs qu'ils ne possédaient de moyens de les 
siUisJaire. Là est la question. 

Oal-ilsen effet été heureux? l'âge d'or a-t-il existé, 
non pas aussi parfait que nous le représente la fable, mais 
i peu près? Autrement dit, les hommes primitifs étaient- 
iiâ plus heureux que nous? 

U est matériellement impossible qu'ils aient été aussi 

\ï\ Suite et fin, voir len*> 593. 



misérables que le prétendent les savants modernes. Dans 
de telles conditions l'espèce humaine n'aurait pu se con- 
server, à plus forte raison croître et multiplier. Or, elle 
l'a fait, donc... 11 n'y a pas à sortir de là. 

Moralement, l'histoire et la tradition nous indiquent 
que^ plus on remonte les âges, plus les hommes étaient 
bienveillants les uns envers les autres; plus ils étaient 
sincères et fidèles à leur parole; et réciproquement, plus 
on se rapproche des temps modernes, plus on voit le men- 
songe, la mauvaise foi se développer. 

La poésie même vient à l'appui de l'histoire : plus elle 
est antique, plus elle est remplie de sentiments nobles, 
généreux et, ce qui n'est pas moins caractéristique, d'une 
gaieté naïve et de bon aloi; tandis que chez les modernes, 
l'emphase tient lieu de noblesse, le ricanement du café- 
concert remplace le franc rire gaulois. 

Mais, que dis je ? Il n'y a même plus de poésie ni de 
poètes. U n'y a plus que des brocanteurs en prose et en 
vers, qui vendent leur marchandise aux éditeurs et aux 
directeurs de théâtre, quand ils peuvent, et qui en touchent 
le prix aux Sociétés d'auteurs et de gens de lettres. 



JOURNAL D'HYGIÈNE 



cette raortaiîté n'est pas exagérée par rapport à celles de 
toute la France; on ne se préoccupe pas assez de profiter 
des conditions du climat où Ton vit. 

L'encombremeût dans les grandes villes est une circon- 
stance Tuneste à la santé générale; et quand on y sort de 
son logis, c'est généralement pour se rendre à son travail 
dans un lieu souvent tout aussi malsain. 

Dans les campagnes, il en est autrement. La salubrité 
des demeures n'y est pas toujours plus grande, malgré 
d'incontestables progrès ; mais, du moins, Tair pur des 
champs combat cette mauvaise hygiène. 

Comparer la mortalité des campagnes de la Nièvre, par 
exemple, à celJe de Ne vers, est donc une chose inexacte en 
soi, à moins qu'on se propose un but spécial. Ce qu'il 
faudrait, serait de comparer les villes aux villes, les vil- 
lages aux villages^ les champs aux champs. Si on met en 
présence les viJIes et les champs, c'est uniquement pour 
montrer les différences qui existent entre les unes et les 
autres. C'est là un travail qui est fait en Angleterre, en 
UaHe... mais qui n'est pas fait en France. 

P(mr combattre les effets fâcheux produits par les villes, 
il y faut de l'eau pure arrivant en abondance, et des mo- 
yens rapides d'évacuation des mêmes eaux souillées par 
tous les déehetâ de la vie. 

Lo premier point semble actuellement préoccuper les 
Municipalités; il est rare que le second soit compris au 
môme degré parmi les nécessités urgentes. C'est là un 
tort, et qui enlève en grande partie les bénéfices des pro- 
f,Tès réalisés sur le premier. Le sol des villes et celui des 
campagnes s'infectent de plus en plus sous l'action des 
infiltrations concentrées; on croit boire des eaux pures 
parce qti'eUes sont fraîches et limpides; trop souvent on 
absorbe ainsi les germes des maladies redoutables à Tin- 
llnence desquelles on aurait pu se soustraire. 

Mais, dira-t-on, vous faites ainsi le procès à la loi nou- 
velle; non. 

Il importe, je crois, d'établir une différence fondamentale 
entre l'action épurante d'un sol continu et cultivé, et celle 
d'un sol mal aéré et fissuré. 

Le sol du jardfîi de Gennevilliers reçoit, depuis 16 ou 
i8 ans, de 40 à 60,000 mètres cubes d'eau d'égouts à l'hec- 
tare. On trouvedansceseaux d'égouts 6,000,000 de germes 



par centimètre cube. Le sol du jardin reçoit donc annuel- 
lement des milliards de germes, et cependant l'analyse 
n'en trouve pas plus dans cette terre que dans la terre voi- 
sine, cultivée à la manière ordinaire et sans irrigation. 
D'un autre côté le drain, qui passe sous le jardin, et r«îçoit 
ses eaux d'infiltration, n'en contient pas plus d'une cen- 
taine par centimètre cube ; que deviennent donc tous les 
autres? ils sont lentement détruits par l'air que la bêche, la 
charrue, et la végétation elle-même, font pénétrerdans Icsol. 

Il n'en est plus ainsi dans un sol fissuré, mal aéré ou 
laissant passer les eaux superficielles par simple filtration, 
ainsi que nous avons pu nous en assurer maintes fois dans 
les cases de Gennevilliers. En prolongeant l'irrigation pen- 
dant assez longtemps, pour que toute la couche filtrante fût 
imprégnée par les eaux d'une seule opération, on voit les 
eaux filtrées se troubler peu à peu et les microbes y appa- 
raître. La dose dépassait alors 2 à 300 millimètres de hau- 
teur de la tranche d'eau répandue sur toute la surlace du 
sol, c'est-à-dire 20 à 30 fois la hauteur normale. 

Dans les campagnes, comme dans les villes, le sol s'infecte ; 
la nappe souterraine, qui, d'ordinaire, sert seule dans les 
campagnes à fournir les eaux ménagères, tout en restant 
limpide et fraîche, garde souvent les traces des produits 
organiques superficiels qui s'y trouvent mêlés. Quand 
les eaux deviennent louches ou troubles, le mélange d'eaux 
non épurées par le sol y devient plus évident aux yeux; 
et le danger peut encore s'accroître, en temps d'épidémie 
surtout. 

La fièvre typhoïde, en particulier, est constante dans les 
grandes villes; elle sévit accidentellement et épidémique- 
ment dans nos campagnes. Le mauvais air passe, dit-on, 
sur elles. C'est l'eau, bien plutôt, qu'il faut incriminer, 
dont il faut se défier, qui doit en tous cas être mise à l'abri 
des causes de contamination si nombreuses dans nos pro- 
vinces. 

L'aérage de nos demeures, l'épuration de nos eaux 
domestiques, l'évacuation prompte et l'utilisation agricole 
de tous les déchets delà vie, tels sont les trois points qui 
nous semblent également nécessaires à la prolongation 
de notre existence, et à l'éloignement de certaines maladies 
qui la compromettent. 

Marié-Davy. 



-I 

lel. 

VCA ' 



Un autre fait qui ne doit pas échapperànos observations, 
car il marque une différence bien tranchée dans la manière 
de voir, de senti is et par conséquent d'être heureux, entre 
les anciens et les modernes, c'est que les anciens étaient 
beaucoup plus vivement affectés du mal moral (qui vient 
des hommes) que du mal physique (qui vient des choses), 
et, par opposition, bien moins avides des biens matériels 
que des biens moraux, plus ambitieux d'être honnêtes 
que riches. 

Sans calomnier personne, nous pouvons bien dire que 
la majorité des modernes a des sentiments tout opposés à 
ceux dont nous venons de parler. Il est aujourd'hui bien 
peu de portes qui ne s'ouvrent devant la richesse, quelle 
que soit sa provenance, et qui ne restent fermées devant la 
pauvreté, lût-eHe la plus avouable dans sa cause. 

Il rt'^sulte donc de cette rapide comparaison que les hom- 
mes primitifs avèrent largement de quoi satisfaire leurs 
Ijrsuiiks physiques, peu exigents lorsque, comme dit Ëpi- 
curr. hj pied est la mesure du soulier; qu'ils étaient fidè- 
les, diari tables, hospitaliers les uns envers les autres; 
enfin qu ils étaient joyeux, ce qui est le meilleur indice 



du bonheur. Ils étaient donc autant, pour ne pas dire plus 
heureux que les modernes. 

Les savants, qui soutiennent le contraire, en appellent 
aux sauvages modernes; mais outre qu'il y a sauvages et 
sauvages, tout indique que les pires d'entre eux sont 
d'anciens civilisés tombés en décadence. Il est étonnant que 
ceux qui donnent à l'homme une bien plus haute antiquité 
que la Genèse, soient précisément les seuls à ne pas s'a- 
percevoir que les sauvages actuels ne sont pas et ne peu- 
vent pas être des hommes primitifs. 

VII 

L'humanité future jouira-t-elle d'une plus grande som- 
me de félicité que l'humanité présente et passée? Attein- 
dra-t-elle le parfait bonheur que lui promet la science? L'âge 
d'or est-il devant nous? 

Si nous nous rappelons notre définition de l'homme, 
nous pouvons, à coup sûr, affirmer que non; et, de plus, 
que le bonheur tel que Tentend la s^î^çe n!esjL (las dési- 
rable. Diaitized bv VnOO V IC 

On suppose que le bonheur consiste simplement dans 



JOURNAL D HYGCÈNB 



63 



U 

Aa mois de février 1887 nous r-wons fait, tin n s ces colon- 
nes, une analyse coraplèle et détaillée du rapport rédigé 
par IH. le U' Uounievîlte, au nom de la Commission de la 
Chambre des Députés cJiar^ée d'examiner le projet de loi, 
présenté par le Gouvernement, ayant pour objeL^ l'uliiûa* 
tioti agricole des eaux d'égoiti de Paris et Imsainhuemenl 
ck la Seine (1). 

La discussion qui vient d'occuper, au Palais-Bourboiï, 
cinq séances successives a été des plu^ approfondies, des 
plus animées, et des plus fertiles en surpris(,'sde toutgenre. 
Du cûté des adver&Ures du projet nous avons entendu 
MM. Hubbard, Frédéric Passy, Périllier, de Mortillei, 
Camille Raspail, Dellisse, Barbe. 

Du côté des partisans, ont ligure MM. Loubet, Minis- 
tre des Travaux publics, Alphand, commissaire du Gouver- 
oement, Martin Nadaud, Marquis de la ferronnays. Mon- 
taul, Âchard, Bourneville. 

M.CLamberland, Directeur du laboratoire de M. Pasteur, 
s'est déclaré partisan du a tout à Tégout », mais il a voté 
contre Iti projet de loi, parce qu'à T irrigation sur les ter- 
rains d'Acbères, il préférerait un canal parlant de Paris et 
se dirigeant vers la mer. 

Ce serait faire injure à nos lecteurs habituels que de 
leur rappeler, une fois de plus, les principaux termes des 
problèmes qui visent le système de vidanges de Paris, Fas- 
sainissement de la Seine, et T utilisation agricole des eaux 
d'égout. 

U n'est pas un seul volume de la collection du Journal, 
de 1815 à ce jour, qui ne renferme quelque document 
important, sur ce qui s'est dit, s'est fait, et s'est réalisé 
aussi bien à Paris, que dans lesdépartemenlSfClquedans 
les diverses contrées des Deux-Mondes. 

Si nos habitudes d'impartialité et d'indépendance scien- 

|i Voir Journai d'Hygiène, vot. XII, (hfô ei vi.il. X, p. 3H5 pour le 
rappurl sur le ménie sujeL présenté |>ur M. Itoiiriiuvitlt^ à Lu précOdente 
LégiiJuiure- lTe*ît dans m document t^uesfs trourB ht dèposilion lïuie 
il J I Oïm mission d'enr^uéte psrlejiientnire pnr M. Viia^ni", Lu lexte d&i 
proi:tfs-^erbam, revu par l illusir-e chimiste luj-mi*mej prouve à lï^vi- 
de n et r que £on opinion u a jamùis éié aum liïrmvUe &l aussi aftsolue 
quii \l^ adversaires iLu projet d'AcUtTc^ se sont pin ù Its dire, ai i\ le 
répéter h sjitiété devant ta ClJùiJibre dea dùputt^s. 



tifjqne, nuus ont f ait aecueitlir avec un é{*al empressement 

les documents pou 7% et les documents contre^ nous n'avons 
jamais caché nos préférences et nos convictions en l^s dé- 
tendant, même, contre nos amis les plus intimes. 

Cette tilche du reste nous a été rendue plus facile parle 
programme net, et précis, que nous nous sommes iraa^dtï'S 
le prejnier jour de la lutte. 

En préconisant Je système du « tout à l'égout b, ou du 
1^ tout par Tégout », comme une nécessité inéluctatiie de 
la situation présente, nous n'avons pas craint de recon- 
naître : que iidMl^ en ce genre, serait pour l'hygiéniste 
une canalisation é tanche et continue prenant les matières 
eKcrémentitielles au lieu de production, le water-closet, et 
tes conduisant rapidement aux usines d'utilisation, ou sur 
les champs d'épuration. 

Dans cet ordre d'idées nous avions devant nous : d'une 
part Je système Berlier, de Tautrc le système Waring. 

lj*un et Tautre ont Jeur raison d'être; l'un et l'autre ont 
fait leurs preuves, maJ heureusement ni l'un ni l'autre ne 
peuvent trouver une généralisation pratique et immédiates 
dans une vaste agglomération comme celle de Paris, déjà 
pourvue d'un système d'égouts, qui ont fait, et qui feront 
pendant longt^?mps encore, J 'admiration de tous les ingé- 
nieurs étrangers. 

i'ûur ce qui concerne la double question de l'épuration 
des eaun d'égouts et de leur utilisation agricole, nous 
nous sommes placé exclusivement sur le terrain de Tex- 
périeuce séculaire, et des applications pratiques modernes, 

Va\ Espagne comme en JtaJie, et comme en Angleterre, 
sans parti pris, sans idée préconçue, nous avons visité 
sur place les champs d'irrigation, et lorsqu'en présence 
des faits Jes plus indétiiables, des résultats Jes plusincou- 
lestablea, notre conviction s'est trouvée, à runisson des 
recherches les plus récentes de la chimie agricole» et de 
l'économie rurale, noua avons hardiment suivi la bannière 
de ces émînents Ingénieurs de la ville de Paris, et de ce 
trop modeste savant, notre cher Président M. Marié- Davy 
qui, dans la magnifique expérimentation de la presqu'île 
de GeunevilH*îrs, offraient à la Science sanitaire l'une de 
ses plus brillantes conquêtes. 

Le canal à la mer avait été, Jui aussi, Tun de^ rêves de 
la première heure, alors que notre regretté collègue Brun- 



]a satisfaction de tous les besoins, sans aucune soulVrancj 
et même sans aucun etfort, sans aucune action. 

Or , nousTavons vu, rhoninie est à ta fois un être sen- 
sible el actif; pour qu'il soit hrureuît, son activité n'a p^is 
moins besoin a être exercée que sa sensibilité d être satis- 
faite. Quant à la souit'rance, elle est la condition Ktm quâ 
non du bonheur; elle est en m*}ine temps l'aiguillon de 
factivité et le frein de la sensihilité. 

Tant que l'homme sera homme, il n atteindra donc 
' pas cet état de béatitude passive que la science, aussi bien 
que la religion, lui présentent comme idéal du parfait 
bonheur. 

Pour que cet état se réalisât, il faudrait que la sensibi- 
lité et l'activité, qui forment le tonds de ïa nature hnimûne , 
pussent être séparées. Nous ignorons si ce déloublement 
aura lieu dans l'autre inonde, mais dans ctilui-ui, cela 
De nous parait pas passible. 

VJJI 

Concluons. Si l'on entend par IMge d'or ce nu on entend 
généralement : vivre sans soins, sans soucis, jouir sans 



souffrir et même sans agir, iJ n'a jamais existé et iVexis- 
tera jamais pour J'homme, puisque sa nature et sa lin 
sont d'agir pour jouir. 

Mais si Ton lait consister le bonheur dans J'équilibre 
entre nos besoins et nos moyens, entre nos capacités et 
nos [acuités, Tâge d'or n'est point une utopie, chacun le 
porte en soi, en puissance sinon en acte, et sa réabsation 
dépend de nous-mêmes; nous ne pouvons pas plus le 
recevoir de nos aocesseurs ijue le procurer à nos succes- 
seurs. '' 

Comme nous Vavons montt^é sommairement, le vrai 
bonheur parait avoir existé dans Jantiquilé plus que de 
nos jours; nos prétendus jjrogrès n'ont en rien contribué 
à laugmenter ; ce n est même pas s'aventurer beaucoup 
(juede dire quecesprogrcsconlirment la fable du savetier 
et du linancier. 

Mais il ne faut pas conclure dû li, avec le paganisme, 
que ce progrès à rebours soit fatal, que notre misère 
actuelle soit irrémédiable, et que notre pnstérité soit^|â:p^^ 
sairement vouée fi un état plus niaîbeureux encore>^ '^^ 

La source de notre malheur est eu nous-mêmes* Ce ne 



64 



JOURNAL D'HYGIÈNE 



laut nous en traçait le parcours, à travers ces vallées qui 
attendaient de lui la fertilité et le bien-être. 

Avec quel empressement n'avons-nous pas accueilli le 
projet de M. Bu mont ? nous croyions avec lui saréaUsalion 
possible et facile, car nous n'attachions aucunissime im- 
portance à la dépense de 70 ou 80 millions de francs. 

Mais lorsqu'aux objections tirées des niveaux, sont 
venues se joindre toutes celles qui ont forcé l'éminent 
ingénieur è substituer à son projet primitif, celui de l'uti- 
Jisaliou des eaux degout de Paris sur le plateau de Méry- 
sur-Oise, nous avons suivi, à notre grand regret, M. Du- 
mont dansia reculade que lui imposaient les circonstances! 
Eatrce à dire que noua ayons fait bon marché des reven- 
dications des populations riveraines de la Seine, des inté- 
rH^ plus ou moins gravesdontilsétaient les représentants, 
de la croisade inteJljgente et persévérante, conduite par 
(les hommes de cœur et de dévouement ? 

Non certes ! mais nous avons toujours pensé, mais nous 
pensons encore, que l' intérêt général doit primer les con- 
venances personnelles 1 

Autant nous avons trouvé justifiées, et légitimes, les 
appréhensions et les craintes des habitants de la presqu'île 
de Gennevilljera, lorsque la Ville de Paris a procédé à ses 
premierâ essais, autant nous croyons exagérées les réserves 
et les oppûsitioas actuelles de certaines communes du 
département de Seine-et-Oise ! 

Parler aujourd'hui di^ marais infects, de dépotoirs, d'usi- 
nes à microbes, c'est se payïr bénévolement de grands 
mots à elfet, aussi démodés qu'injustes de par la vérité 
des laits, quelle que S(iit d'ailleurs la paternité illustre 
sous laquelle on veuille les abriter ! 

En écoutant avec une religieuse attention les discours 
des principaux orateurs de la Chambre (de ceux surtout à 
qui nous avons voué depuis de longues années une réelle 
et stnct^re admiration), nous nous demandions quelle brise 
d'antan avait souffla dans cette atmosphère sereine? Quelle 
méconnaïss^iûce des notions les plus élémentaires de la 
science sanïtaire; que d'arguties, que de faux-fuyants, 
que de chicanes, que d'arguments de cours d'assises, que 
d'obstructions de procédure, que à* impedimenta factices ! 
L* opinion des hygiénistes a eu, sans contredit, les hon- 
neurs de toutes les séances, seulement pour la majorité des 



orateurs, celle-ci se résumait dans les dires et aflOrmations 
de MM. Pasteur et Brouardel. 

On a mené grand bruit sur les procès-verbaux de la 
Société nationale d'agriculture de France, et sur les appré- 
hensions théoriques de l'illustre savant, mais ces appré- 
hensions tombaient dans le néant par suite des déclarations 
plus précises consignées aux procès-verbaux de la Commis- 
sion parlementaire. 

Pourquoi d'ailleurs, étendre au delà des limites raison- 
nables la compétence d'un homme, si haut placé soit-il ? 

Nous embarrasserions fort, sans doute, ses fidèles adep- 
tes, en leur posant ces simples points d'interrogation: 

M. Pasteur a-t-il vu et étudié, sur place, les résultats 
de l'irrigation de la presqu'île de Gennevilliers? 

M. Pasteur a-t-il visité les belles fermes du Beddington 
et de Norwood, à Croydon? 

M. Pasteur a-t-il jamais mis les pieds sur ces cultures 
potagères de Valence, qui remontent à l'occupation des 
Maures ? 

Et si ces constatations n'avaient pas été faites, quelle im- 
portance devons-nous accorder à des expériences de labo- 
ratoire, alors que nous avons aux portes de Paris la grande 
expérience de la nature? Si la plaine de Gennevilliers, avec 
ses irrigations intensives, n'est pas devenue une mare in- 
fecte et pestilentielle, pourquoi les terrains d'Achères, qui 
se présentent dans des conditions non moins satisfaisantes 
de perméabilité, deviendraient-ils un vaste marais avec son 
cortège habituel de fièvres paludéennes et d'épidémies 
zymotiques ? 

Pour ce qui concerne l'opinion de M. le Professeur 
Brouardel, il a été facile de la trouver tout entière, et 
tout énergiquement opposée, dans les conclusions de la 
Commission ministérielle de 1880-1881. 

On avait pu croii'e, un instant, que l'éminent hygiéniste 
s'était incliné devant les décisions delà Commission supé- 
rieure de l'assainissement de Paris (1886) dont il faisait par- 
tie en qualité de vice-président, et au sein de laquelle il 
avait défendu avec son talent habituel ses idées de 1881 .Ses 
adversaires s'appelaient à ce moment Henry Bouley, Fau- 
vel, Béclard, Bouchardat, pour ne parler que de c^uxque 
l'impitoyable Parque a enlevés à la Science et à la Patrie. 

Mais c'était une illusion! M. Brouardel, dans une lettre 



sont pas les richesses qui nous manquent, ce sont nos 
désirs qui sont trop exaltés ; or il ne dépend que de nous 
de les modérer, mais cela dépend de nous. 

El alors i'ilge d or sera réalisé, car sa réalisation n'est 
pas l'affaire de fa science, mais du sentiment ; pas de 
r es prit, mais du cœur. 

ROCXKL. 



Nez et Odeurs, 



AC POÎNT DE VUE DB l'hYGIÊNE 



I . 

■ De tous le^ traits du visage, le nez est le plus important 

■ et le seul dont la transmission par hérédité soit constante 

■ daiH les races; mais son importance est bien plus grande 

■ encore, au point de vue de ses fonctions physiologiques. 

■ Le nez t!st la porte de l'appareil respiratoire. De plus 
W autorisés otit traité avant nous, dans ce journal, des in- 



damment du caractère d'hébétude qu'imprime à la phy- 
sionomie une bouche constamment ouverte, même pour 
respirer. 

L'absorption par les cavités nasales a fait dire à Bicbat : 
a ^i la thérapeutique n'a pas jusqu'ici tiré plus de parti 
de l'absorption des médicaments par les fosses nasales, 
cela tient, en grande partie, à la difficulté de maintenir 
ceux-ci pendant un temps suffisant en contact avec la 
membrane pituitaire. » 

Ainsi, indépendammentdel'absorption parles poumons, 
qui mêle au sang des parcelles assinûlables, il se fait, dans 
les fosses nasales, une absorption directe. 

Cette absorption est nulle, quand il y a surabondance 
ou suppression de la sécrétion muqueuse du nez. En d'au- 
tres termes, un nez trop sec ou trop humide ne remplit 
pas ses fonctions. Trop humide: tout le monde a expéri- 
menté les effets du rhume de cerveau. Trop sec: ne chas- 
sez jamais avec un chien qui n'a pas le nez humide. 

Le mucus nasal, qui durcit et sèche au contact de l'air. 



JOURNAL D'HYGIÈNE 



lue à la tribune de la Chambre^ a vivement protesté contre 
une pareille interprétation. Il persiste à considérer comme 
dangereux pour la santé publique les faits et gestes des 
Ingénieurs de la ville de Paris (1). Si, dans un rapport 
qui porte sa signature, il a accepté pourrassainissement 
delà ville de Toulon les deux principes primordiaux: 
du tout à Fégout et de Tutilisation agricole, c'était uni- 
quement parce qu'il était en minorité dans la Commission 
spéciale, et qu'il espérait, du reste, faire modifier profon- 
dément le projet quand il serait arrivé, pour examen et 
avis, devant le Comité consultatif d'hygiène de France, 
Pour donner plus de force encore è son argumentation, 
M. Brouardel a rappelé dans sa lettre que les récentes 
conquêtes de la bactériologie, que son récent mémoire 
sur l'épidémie de fièvre typhoïde de Pierref onds, que sa 
récente conférence au Congrès d'hygiène de Vienne sur 
les conditions de propagation delà fièvre typhoïde, justi- 
fient d'une manière éclatante son opposition formelle. 

11 serait téméraire de vouloir discuter ici ces ingénieuses 
théories, qui ne nous paraissent pas encore avoir reçu 
drûU de eité dans la Science sanitaire. 

En France, elles n'ont pas encore été acceptées par tous 
les hygiénistes, et en particulier par l'un de ceux qui 
marchent, en première ligne entête de l'hygiène moderne, 
M. le P Arnould, de Lille. 

A rétranger, elles ont été combattues par des savants 
qui font aussi l'honneur et la gloire de leur pays : Virchow. 
de Berlin et P' Pettenkofer, de Munich (2) I 

(1) « Non je n'ai pas varié, et je suis toujours convaincu que le 
projet présenté par MM. les Ingénieurs est dangereux pour la santé 
publique. j> 

(2) « Maison doit reconnaître que les recherches spéciales (bactério- 
logie] ne donnent pas encore d'indication précise sur les conséquences 
pi-atiques qui en résnltent, et il est bien à prévoir que les grandes 
villes auront terminé leurs travaux de canalisation avant l'époque où 
les bactèriologues auront déôniiivement résolu ces problèmes. (Ym- 

CHOW) » 

a Les faits apportés à la tribune par MM. Brouardel et Kovalski 
(fièvres typhoïdes engendrées par des eaux potables contaminées) ne 
démontrent pas que leau potable aèié la cause de l'infection. 

9 II n*est pas sûr que les bacilles trouvés dans certains cas soient les 
germes spécifiques delà fièvre typhoïde (micro-organismes de Gaiïkv); 
aossi longtemps qu'on ne pourra recourir à la preuve de sa spécifi- 
cation par l'expérimentation sur les animaux, le doute existera. 

>D*aiUeurB, il n'est pas prouvé dans les cas de MM. Brouardel et 
Rovalski que Peau avait été contaminée par les bacilles, préalablement 
è l'explosion de Tépidémie. > (Emhebick, de Munich.) 



A l'appui de ses affirmations , M. leP' Brouardel transmet 
tait à M. Hubbard un volume de la Société de Médecine pu- 
bliquede 1885, contenant le procès-verbal d'une séance dans 
laquelle la discussion s'était engagée sur la question. 
L'honorable député s'est bien gardé de dire que ce même 
volume contenait les réfutations énergiques de MM. Émite 
Trélat, Durand-Claye, Marié-Davy et tant d'autres. 

Quoi qu'il en soit, si les conclusions ultimes adoptées 
par la Société de Médecine publique sont restées dans le 
vague, celles de la Société française d'hygiène ont été tou- 
jours très nettement favorables aux projets des Ingénieurs 
de la ville de Paris, malgré les éloquentes protestations 
de nos savants collègues MM, ToUet, Duverdy, Salet, Go- 
recki, etc., etc. (1). 

En terminant ce premier article, que nous ferons sui- 
vre d'un second pour résumer les discours prononcés à 
la Chambre des Députés par les adversaires du projet d'Â- 
chères et par ses partisans, nous rappellerons: d'une part 
les conférences faites au Club des fermiers^ deCroydon, et 
à la Society ofAris^ de Londres, par notre éminent collègue 
associé étranger le D' Alf. Çarpenter, de Croydon, «Utili- 
sation des eaux d'égout par les sewage-farms » (2) ; de 
l'autre, la conclusion de l'important ouvrage d'un autre 
collègue associé étranger non moins éminent, le P' W. H. 
Corfleld, professeur d'hygiène à l'Université de Londres, 
en collaboration avec le D*" Louis Parkes, et qui a pour 
titre : The Treatmenl and Utilisation of Sewage (Eaux 
d'égout). 

« Donc, l'irrigation agricole par les eaux d'égout, puri- 
fie ces eaux, profite à l'agriculture et ne présente aucun 
danger pour la population du voisinage (3). ii> 

D' DE PiETRA Santa. 

(1) Voir les ^publications de la Société : 

1" 1880. —épuration et utilisation des eaux d^égout de la ville de 
Paris (presqu'île de Oennevilliers et forêt de Saint-Germain), broch. 
in-8* de 107. p. 

2*1882. Assainissement de Paris. [:as odeurs de Paris et les systèmes 
de vidange (tout à l'égout canalisations spéciales';, broch. in-8<> de 92 p. 

(2) Voir Journal d'HygiènCy vol. XI, p. 325 et 450. 

(3) « With regard lo irrigation farming, the facts that we bave 
brought together seem to us to show clearly, that it satisties the 
three conditioas wtiich we laid down : The sewage is puri/ied, a 

Erofitable agriculiural rctum is ensured, and the health of the neigh- 
ourhood is not endangered.» 



est un obstacle à une bonne olfaction. Beaucoup de gens, 
qni se croient très propres, seront étonnés d'apprendre 
que, dans les pays chauds de l'Amérique du Sud, on se 
livre, au moins deux fois par jour, à une ablution nasale, 
qui, pour rappeler une coutume de l'éléphant, n'en est 
pas moins une choseà recommander: aux enfants, d'abord, 
qui perdront^ de la sorte, une habitude malpropre et dan- 
gereuse, aux grandes personnes, ensuite, qui ne se dou- 
tent pas de ce que peut contenir de poussière un nez sou- 
mis à certains milieux. Un rinçage de nez, disons le mot, 
est à conseiller au retour des bals, des spectacles, des réu- 
nions politiques et, en général, de tous les endroits à 
microbes (4). 

Que dire des nez qui prisent! Le principe acre de la 
nicoline est déplorable pour les muqueuses, qu'elle irrite, 
quand le tabac est à l'état de fumée, à plus forte nison 

(1) Des olfactions d'acide thymique pourraient rendre de très 
grands services aux personnes forcées de séjourner au milieu de cer- 
tain foyers d'épidémie. 



quand il y est, en poudre, appliqué directement. Le tabac 
à priser est un dégoûtant exutoire. Il faut ajouter, pour- 
tant, que cet exutoire peut être dangereux à supprimer, 
quand l'habitude en est prise. Ne serait-ce pas là un motif 
plausible de ne pas la contracter? 

Le nez mérite aussi les soins dont il peut être l'objet par 
le secours qu'il prête à la phonation. Tout le monde sait 
qu'il suffit de s'obturer les fosses nasales pour avoir im- 
médiatement la voix de Polichinelle. Le coryza (un joli 
nom pour une vilaine chose) fait changer la prononciation 
de certaines lettres et donne à la parole les effets les plus 
comiques. On appelle cela : nasonner; rien d'Ovide. 

Un des phénomènes les plus étranges qui se rapportent 
à l'organe qui nous occupe, est sa sympathie avec la plu- 
part des organes de l'économie: estomac, tôle, poumons, 
gorge et cœur. 

Une odeur fétide suffit pour déterminer le vomissement 
ou la nausée. Remarquons, cependant, ici, qu'une odeur 
n'est fétide que. relativement à l'organe olfactif dp cha- 



66 



JOURNAL D'HYGIÈNE 



1 



Bulletin des Conseils d'Hygiène. 

Côte-d'Or (1886). 

Le compte rendu des travaux des Conseils d*hygiëne 
publique et de salubrité de la CAte-d'Or est rédigé, comme 
celui de J'année précédente, par M. le D' Gautrelet, vice- 
président du ConseiJ central. Il forme un volume in-8® de 
130 pages. Les rapports intéressants et les procès-verbaux 
des séances qui y sont insérés, sont un témoignage du zélé 
déployé par les membres de ces conseils dans Taccom- 
plissement de leurs fonctions. Ajoutons que ce zèle est 
d'ailleurs encouragé par le Conseil général du département 
qui ne recule devant aucun sacrifice, quand il s'agit des 
question» intéressant l'hygiène publique. 

Le Conseil central a tenu neuf séances, et Tordre du jour 
de chacune d'elles, toujours assez chargé, arareoient laissé 
une aSaire en suspens. Le chiffre des affaires traitées par 
le Conseil central s'élève à 28. Le Conseil de Beaune a exa- 
miné cinq dossiers, celui de Châtillon autant, et celui de 
Semur seize. 

Parmi les documents insérés inr-extenso dans le compte 
rendu de H. le 0^ Gautrelet, nous devons signaler une 
intéressante étude de M. Jobert sur Tor^anisation du ser- 
vice d'inspection des viandes à Vienne, à Munich, à Nancy 
et à Trayes, et le deuxième rapport annuel adressé au 
Préfet par M- G. Hébert, inspecteur départemental des éta- 
blissements classés. 

Inspection des viandes. — Dans la séance du 5 juillet, 
M. Jobert avait signalé au Conseil central la façon défec- 
tueuse dont ronctionne à Dijon le service d'inspection des 
viandes. Ce service était fait par un inspecteur peu compé- 
tent, n'ayant à aa disposition, aucun des appareils les plus 
éléuientdirea pour une vérification sérieuse de la salubrité 
des viandes mises en vente. En outre, les viandes dépecées 
venant de Textérleur de la ville étaient livrées aux con- 
sommateurs sans aucun contrôle. 

Le Conseil central, appréciant comme il convenait cette 
communîcatiot), pria l'auteur d'étudier pendant son voyage 
de vacances en Autriche et en Allemagne, la façon dont 
le service d'inspection des viandes est organisé, notam- 
ment à Vienne et à Munich. H. Jobert fit connaître à la 



séance de novembre le résultat de ses observations à ce 
sujet. 

D'après les renseignements qu'il a recueillis, l'inspection 
à Vienne fonctionnerait, à peu de chose près, sur les 
mêmes bases que l'inspection de la boucherie à Paris. Des 
surveillants, nommés après un cours spécial à l'institut 
vétérinaire, résident dans les abattoirs et signalent aux 
contrôleurs vétérinaires, toutes les viandes suspectes. 
Ceux-ci les examinent avec soin et font détruire les 
viandes nuisibles. 

Les veaux et les porcs étant abattus dans des tueries 
particulières, les viandes de ces animaux sont vérifiées par 
des inspecteurs de quartiers. Quant aux viandes foraines, 
elles n'entrent en ville que par deux seuls endroits. Un 
premier examen a lieu au point de départ; des vétérinaires 
attachés aux marchés sont chargés d'un deuxième et der- 
nier examen. 

A Munich^ les contrôleurs ne sont pas tenus de possé- 
der l'instruction spéciale exigée à Vienne. Aucune viande 
ne peut sortir de l'abattoir sans porter la marque du con- 
trôle. 

Beaucoup d'animaux malades peuvent être abattus de 
suite, et leur viande peut être consommée sans danger. 
Hais on ne permet pas de vendre cette viande avec celle 
d'animaux sains. L'animal reconnu malade est sacrifié 
dans un pavillon d'isolement, examiné avec soin dans 
toutes les parties, et les morceaux qui peuvent être livrés 
à la consommation, sont frappés d'une marque spéciale 
et vendus conmie viande de seconde et même de troisième 
qualité. 

Les viandes foraines sont inspectées à leur entrée. 

Les halles et marchés sont soumisà une double inspec- 
tion: inspection générale au point de vue de l'hygiène et 
de la propreté, inspection de la qualité des victuailles di- 
verses, viandes, gibier, légumes, poissons. 

A Nancy, le service du contrôle se partage en deux: ser- 
vice de contrôle à l'abattoir; service de contrôle extérieur. 
Deux timbres sont en usage : l'un permet de mettreen vente 
le morceau sur lequel il est apposé, l'autre constate que 
le morceau qui en est revêtu est de première qualité. 

Les viandes foraines passent par l'octroi, où elles sont 
pesées et marquées d'un timbre portant la note « viande 



eun : certains gourmets, loin d'avoir la nausée, vont se 
délecter à l'odeur d'un faisan avancé ; certains autres se 
pâment, aux senteurs de fromages qui affirment, jusqu'à 
rinsolence, les qualités de la caséine pourrie. 

Une odeur forte, même respirée avec plaisir, va provo- 
quer une migraine, voire des syncopes, chez certains indi 
vîdus dont l'idiosyncrasie y répugne. 

La sympathie organique peut amener des résultats dif- 
férents. Les excitations olfactives de la membrane pitui- 
taire vont chez d'autres, détruire la céphalalgie, dissiper 
une migraine, rétablir les mouvements du cœur, prévenir 
des vomissemenis et des nausées, et mettre fin à des con- 
vutsiont. L'odeur de la plume brûlée, si désagréable qu'elle 
.soit, est partois souveraine contre les évanouissements. 

L'odeur d'aliments préférés va provoquer l'appétit. La 
même orieur quand l'estomac est plein, va produire l'effet 
contraire. 

Il nous a été donné d'observer un cas bien curieux de 
la sympathie du nez avec les cordes vocales : chaque fois 



que la plus légère émanation de bois de santal était perçue 
par la personne à laquelle nous faisons allusion, elle était 
prise immédiatement d'un enrouement, qui arrivait jus- 
qu'à l'aphonie complète. 

Suivant Tissot (maladies des gens de lettres) a les mau- 
vaises odeurs éteignent le génie et abattent l'âme. » Les 
bonnes doivent donc produire l'effet contraire, et en effet, 
c'est justement ce que Rousseau affirme dans YÉmile 
pour l'avoir expérimenté sur lui-même, sans parler de 
George Sand qui s'inspirait en s'entourant dé parfums. 

Ne sommes-nous pas en droit do conclure des faits pré- 
cités, que la médecine et l'hygiène ont un grand parti à 
tirer des odeurs? 

Il est permis déclasser les parfums, comme les hommes 
en : nuisfbles, utiles, et indifférents. La comparaison se 
suit d'autant mieux que «il ne faut pas juger des odeurs 
sur l'apparence (1). » C^ r^r^ 

(1) L'acide prussique qui ein&iyilJé1^ikifndHl«nèi'e^ ^^ mon^X à 
respirer. 



JOURNAL D'HYGIËNE 



6T 



foraine o. 11 est perçu undroitde vérificatioa de cinqcea- 
times par kiJ(^rainine. Un daplicata du reçu de cette per- 
ception est envoyé par Toctroi à Tabattoir, où la viande 
est pesée à nouveau avant d'être vérifiée, puis revêtue du 
timbre du contrôle. 

A Troyes, le service est fait par un vétérinaire qui, non 
seulement vérifie les viandes à Tabattoir, mais encore in- 
specte lesétaux de bouchers et les ateliers des charcutiers. 
Les viandes foraines sont retenues par Toclroi et condui- 
tes sous la surveillance d'un employé à l'abattoir pour être 
vérifiées. 

Le Conseil central d'hygitee, conformément à l'avis de 
son rapporteur réclame, pour la ville de Dijon, un contrôle 
organisé sur les mêmes bases qu'à Nancy et à Troyes. 

Le rapport de H. Jobert est très intéressant. Nous regret- 
tons toutefois qu'il n'ait pas été complété par une étude 
du service d'inspection de la boucherie qui fonctionne à 
Paris, et qui rend de grands services. Il est utile sans doute 
d'étudier les services sanitaires institués à l'étranger; il 
ne l'est pas moins de tirer profit de ceux qui fonctionnent 
dans la capitale même de la France, et qui, comme celui 
de l'inspection de la boucherie, ont déjà servi de modèles à 
plusieurs villes étrangères. 

Inspection des Établissements classés. — Le rapport 
adressé au Préfet de la Gôte-d'Or, par l'Inspecteur dépar- 
temental des établissements insalubres, nous fournit une 
nouvelle preuve des services rendus par cette inspec- 
tion. 

Grâce au zèle déployé par l'Inspecteur^ l'Administration 
a pu, pendant l'année 1886, non seulement tenir rigoureu- 
sement la main à l'exécution des mesures prescrites dans 
les établissements classés, mais encore obliger un grand 
nombre d'industriels non autorisés à se mettre en règle. 
Le nombre des établissements visités a été en effet de 86 
sur lesquels 90 seulement étaient autorisés. 

Parmi ces derniers se trouvaient notamment les dépôts 
de boues et d'immondices provenant des villes (1'^ classe). 

Aussi M. l'Inspecteur départemental propose-t-il à 
M. le Préfet de prescrire aux maires des villes, d'insérer 
dans les cahiers des charges d'adjudication ou dans les 
traités amiables d'enlèvement des boues et immondices la 
clause suivante : « L'adjudicataire (ou l'entrepreneur) sera 



tenu de conduire les boues et immondices dans un dépôt 
préalablement autorisé. » 

M. G. Hébert; à la fin de son rapport, a bien voulu repro- 
duire in extenso l'article que nous avions publié, en 1883, 
pour féliciter le Conseil général de la Côte-d'Or d'avoir 
doté ce département d'une institution aussi indispensable 
que celle de l'inspection des établissements classés (i)^ 

Le savant président du Conseil d'hygiène de Dijon, en 
appelant également l'attention de M. le Préfet sur cet 
article, ajoute : 

a L'auteur du rapport (M. G. Hébert), dans sa modestie, 
s'est oublié lui-même; il a omis de faire remarquer que si 
la Côte-d'Or, pour me servir des termes du Journal d'Hy- 
giène^ a la bonne fortune d'être dotée d'une inspection des 
établissements insalubres, si elle doit cette bonne fortune 
à vous, Monsieur le Préfet, à la générosité du Conseil gêné 
rai, elle le doit aussi au zèle, au dévouement et surtout au 
désintéressement complet de l'Inspecteur, d 

Nous nous associons de grand cœur à cet éloge mérité. 

A. JOLTRAIN, 

Secrétaire de la Rédaction, 



Par Monts et par Vaux. 

LA SOCIÉTÉ PROTESTANTE DU TRAVAIL. — LA SALUTE PUBLICA. 
LA SALUD. 

Nous avons déjà eu l'occasion de signaler à nos lecteurs 
cette utile Société du Travail, qui sert d'intermédiaire entre 
les patrons et leur personnel, et dont l'action fraternelle et 
gratuite s'exerce au profit de tous sans distinction de culte. 

A la dernière assemblée générale (la 18'), sous la prési- 
dence de notre zélé et philanthrope collègue M. Georges 
Wickham, une remarquable causerie-conférence a été faite 
par M. Ferdinand Buisson, Directeur de l'Enseignement 
primaire au ministère de l'Instruction publique. 

Il n'était pas très facile de mettre à la portée delintel- 
ligence d'un auditoire nombreuiL et varié, Thistorique et 
la situation actuelle de l'Enseignement primaire supérieur 
et professionnel en France (2). 

(i) Voir Jourml cTBtjgiène, année 1885, n« 545. 

(2) A celte dénomination trop vagae d'enseignement profeisionnel, 



Orfila allait jusqu'à prétendre que toutes les odeurs 
agréables étaient des poisons. C'est excessif et absolument 
inexact; mais il y a des odeurs agréables qui sont très 
nocives et des odeurs désagréables qui peuvent être très 
hygiéniques. Il en est aussi qui, comme les émanations du 
mancenillier et du guano, sont tout à la fois infectes et 
mortelles. Ce qui est hors de doute, c'est que les fleurs 
agissent par leurs parfums, indépendamment de tout déga- 
gement d'acide carbonique. 

D'après Barrot, l'odeur délicieuse de la fleur du magno- 
lia glauca accroît le paroiisme d'une fièvre et la douleur 
d'une goutte inflammatoire. La fleur de la malva moschata 
donnerait aux femmes des accès d'hystérie, etc. 

L'empereur Henri VI, et un prince de Savoie furent 
empoisonnés à l'aide de gants parfumés. ^Jeanne d'AIbret, 
mère de Henri IV, mourut d'une maladie très aiguë, 
contractée après avoir acheté des gants chez René le Flo- 
rentin. Un mouchoir, préparé par une dame de Florence, 
fit périr Lancelot ou Ladislas le Victorieux, roi de Naples. 



Le pape Clément VU fut tué par la vapeur d'une torche 
aromatique portée devant lui. Deppel termina sa vie, en 
respirant des vapeurs d'arsenic. 

Ces exemples eff'rayants seraient de nature à faire cou • 
damner en masse tous les parfums. Leurs dangers, cepen- 
dant, n'empêchent pas leurs excellents résultats, quand 
ils sont employés judicieusement. 

Le musc, dont beaucoup de personnes ne peuvent sup- 
porter l'odeur, rend de très grands services dans le trai- 
tement de la fièvre typhoïde; ce qui donnerait à penser 
qu'il est un antiseptique de premier ordre, et qu'il pour- 
rait être avantageusement employé comme préservatif de 
la môme maladie, lorsqu'on est forcé de traverser des 
foyers d'infection. 

L'ambre gris a été connu, de tout temps, pour provoquer 
des émotions gaies. 

La fleur de tilleul^ respiréeà air libre, ^ide puissamment 
à la c,ure des aifections nerveuse^.^^*^ ^^ 

Certaines odeurs, conune celle du pavot, provoquent le 



68 



JOURNAL D'HYGIENE 



l 



M. Buisson cependant s'est acquitté de sa tâche avec 
beaucoup de bonli<?ur ; eL, aux applaudissements de tous, il 
a pu proposer comme devise de la salle de travail des nou- 
velles écoles ces belles paroles de Channing : 

(T II n'esl pas de plus sûr moyen d'annoblir une profes- 
sion manuel |p que de faire saisir à ceux qui doivent 
l'exercer j le rapport intime qui la relie avec les lois natu- 
relles du monde. & 

Deux passages de la conférence nous ont particulière- 
ment intéressé» 

Le premier, c'esi la définition que les législateurs de 1792 
avaient donné de renseignement national. 

4 Offrir à tous les Individus de l'espèce humaine les 
moyens de pourvoir à leurs besoins, d'assurer leur bien- 
être, de connaître et d'exercer leurs droits, d'entendre et 
de remplir leurs devoirs ; assurer à chacun d'eux la facilité 
de perfectionner son industrie, de se rendre capable des 
fonctions sociales auxquelles il a droit d'être appelé, de 
développer toute l'étendue des talents qu'il a reçus de la 
nature; et par là établir entre les citoyens une égalité de 
fait, et rendre réelle l'égalité politique reconnue par la loi : 
tel doit être le premier but d'une instruction nationale » 

(CoNDOftCET), 

Le second, c'est un légitime hommage d'admiration à 
(adresse de M. Dumy. 

En reprenant sous TËmpire les idées de Renouard, de 
Giiizot, de Cousin, et d'Arago, le Gouvernement s'était posé 
ce point d'interrogation : 

Où fonnera-t-on des commerçants, des industriels, des 
cultivateurs ? 

'< M, Rouhnd proposa a l'enseignement secondaire 
professionnel », M, Du ru y l'appela « l'enseignement secon- 
daire spécial V, lai donna des programmes, lui bâtit des 
collèges, lui trouva des élèves, et ce qui était plus difficile, 
des maîtres; bref, il eut la bonne fortune de faire d'une 
simple conception théorique une réalité, tant il y porta de 
cette ardeur généreuse et tenace qui lui a valu dans l'Uni - 
vëisiLé une popularité de bon aloi et lui vaudra dans 
riustoire une belle page! » 

il > a iicii de subaihuer eelit* plus claire et plus compréhensible d'cn- 
seUjnefn&nt technique avec ses trois branches naturelles : troseignemont 
agriœiCj eoseigritirnoot industriel^ enseif^nement commercial. 



Ht *■ 



M. le professeur Carlo Ruata (de Pérouse), l'un des col- 
laborateurs les plus zélés de La Viia de Brescia, vient de 
prendre la direction d'un nouveau journal cpii aura pour 
titre la (( Santé pMique ». 

« Le but que nous voulons atteindre, écrit-il, c'est que 
la question sanitaire, la plus importante de toutes assuré- 
ment, et en réalité la plus vitale, reste toujours vivante 
dans le pays, et aussi, que soient mis en œuvre tous les 
moyens nécessaires pour arriver à abaisser notre effrayante 
mortalité. Nous donnerons dans chaque numéro la mor- 
talité moyenne de tous les chefs-lieux de nos provinces 
et de leurs environs, et, en regard, celles des principales 
villes du monde : car la mortalité est le meilleur indice 
des conditions sanitaires. Nous ne manquerons pas de 
faire des enquêtes pour notre propre compte sur les 
points qui laissent le plus à désirer. » 

Le premier fascicule mensuel (18 janvier) contient un 
article très étudié sur YOrdinamento sanitario. C'est un 
historique très fidèle de la situation passée, et présente, de 
l'hygiène publique en Italie. 

Notre éminent confrère, à qui nous adressons nos vœux 
sincères de succès, ne craint pas de dire que dans la Pénin- 
sule les pires ennemis de toute réforme sont la bureau- 
cratie et le fonctionarisme (longue hiérarchie de chefs, 
sous-chefs, directeurs, sous-directeurs employés à poste 
fixe, à la journée et à l'heure.) 

H. Ruata termine par une photographie très réussie des 
idéalistes et des techniciens I 






Nous envoyons un salut amical au journal La Salud, de 
Buenos-Ayres, fondé et dirigé par le D*" J. M. Franceschi. 
Cette publication populaire est consacrée à répandre dans 
toutes les classes de la société argentine, les connaissances 
et principes indispensables pour conserver la santé, pré- 
venir les maladies, et perfectionner l'évolution de l'huma- 
nité. Noire distingué confrère a pris pour épigraphe ces 
sages paroles d'Antoine Petit : 

C Ignorance en courant fait sa ronde homicide 
V Indifférence observe, et le hasard décide/ 

D' Echo. 



sommeil ; d'antres, comme la menthe et le verveine, main- 
tiennent et prolongent Tétat de veille. 

Il est à noter qu'aucune sensation n'est personnelle au 
même de^ré que la sensation olfactive : telle personne 
éprouvera d'excellents effets d'une odeur, qui, chez une 
autre, en délarminera de détestables. 

Diverses causes peuvent oblitérer l'odorat. Les fumeurs 
et priseurs doivent se résigner à avoir l'odorat beaucoup 
moins tin que la commune moyenne des individus. L'ha- 
bitude finit par rendre complètement insensible aux 
odeurs : les lanneurs ne sentent plus l'odeur infecte qui 
les environne; les personnes employées dans les magasins 
de parfums, en perden t complètement la perception. L'on 
cite, à cet égard, l'exemple du duc de Richelieu, qui, par 
rabu."; des parfums, en avait ^moussé chez lui la sensation, 
au point de pouvoir vivre dans une atmosphère où ses 
visiteurs sévanouissaient. L'odorat se perd aussi par suite 
de rhumes négligés et île certaines maladies du nez. 

A l'inverse de la civilisation romaine, où le goût des 



parfums avait pris des proportions abusives, leur usage 
est presque nul dans les temps modernes, peut-être à 
cause de la quantité de névrosiaques que ces temps ont 
fait éclorc. Nous nous privons ainsi d*une jouissance 
réelle et d'un secours utile dans beaucoup de cas patho- 
logiques. La sensation des odeurs est assurément une des 
plus voluptueuses, et, à la différence des autres sens, qui, 
comme la vue et l'ouïe, disparaissent avec la vieillesse, 
l'odorat persiste sans changement, jusqu'aux limites ex- 
trêmes de la vie. 

Gabriel Prbvost. 



Pensée. 



Il y a des gens qui ne savent pas perdre leur temps 
tout seuls ; ils sont le fléau des gens opeupés. 

Diaitized bv 



IPPPV^B 



JOURNAL ITHYGIËNE 



BULLETIN DE U SOCIÉTÉ FRANÇAISE D'HYGIÈNE 



AVIS. — L'ordre du jour de la séance du 10 février, 
porte : 

i^ Élections du Bureau et des Comités d'Étude; 

2^ Rapport de la Commission des Finances (1887-88); 

3^ Communications diverses (MM. PouaQuisR, Imbs, 
Cacheux, Marié-Davy, Raimondi, etc.). 



L'Exposition d'Hygiène de Varsovie. 

(WYSTAWA HY6IENICZNA 1887) (i) 
I. — «éBérallIés. 

La population de la ville de Varsovie, qui, au jour 
du dernier recensement officiel, opéré le 9 février 1882, 
était de 381,324 habitants, atteint maintenant (juin- 
juillet 1887) 437,000 h. : ce qui, en dehors du chiffre 
élevé des naissances polonaises, accuse une très forte im- 
migration de Textérieur. 

D'après les recherches de M. Danielewicz, président du 
Comité de statistique de l'exposition de Varsovie, la durée 
moyenne vitale est, pour l'âge de 10 ans, de 43,77, et de 
34,17 pour l'âge de 20 ans. (De nombreux travaux gra- 
phiques, concernant la mortalité et la morbidité varso- 
viennesy figuraient à la Wystawa^ sous la signature du 
D** Szumianski : nous ne saurions les reproduire ici ; mais 
noQ8 devons les signaler aux statisticiens.) 

Les Juifs forment, à Varsovie, un tiers du chiffre total 
des habitants. A part des exceptions ( dont le chiffre ne 
dépasse guère 20 p. 100), ils vivent dans les conditions 
d'hygiène les plus déplorables. Le quartier où grouillent 
les Juifs est une agglomération de taudis méphitiques et 
insalubres, sans eau, sans cabinets d'aisances, sans plan- 
chers, encombrés des débris alimentaires et des r^idus 
les plus immondes. Le « quartier juif » est, pour Varsovie, 
une continuelle menace d'épidémies, et il en est à peu 
près ainsi partout, eu Pologne. (La population de cet ex- 
royaume est de près de 8 millions d'habitants, dont les 
Juifs forment près d'un huitième). 

l^es vicissitudes politiques inouies de cette contrée 
nous expliquent pourquoi (malgré la valeur cérébrale de 
la race polonaise et la moyenne élevée de l'instruction) les 
institutions d'hygiène et d'économie sociale s'y trouvent 
si peu développées : « D est fort regrettable, comme le 
disait, à ce propos, le D*" W. Lubelski (2), que le clergé, 
si puissant chez les catholiques et chez les Israélites polo- 
nais, non seulement ne contribue guère à propager les 
notions de l'hygiène, mais se trouve même, presque tou- 
jours, opposé avec les principes élémentaires de cette 
science. » 

Cependant, une bonne culture hygiénique individuelle, 
et la stricte application, dans les villes, des principes con- 
temporains de la science et de la police sanitaires (eaux 

(1} L'hygiène dans la Pologne russe. — Exposition de Varsovie en 
1887. Kapport au Ministre de l'Instruction publique par M. E. Mon In 
chargé d une mission officielle. 

(3) Congrès d'kygiène du Troeadéro 1878 (international). 



potables, égouts, évacuation des immondices, hygiène 
bromatologique, etc.), auraient, dans ce pays, qui est une 
sorte de trait d'union entre l'Orient et l'Occident, une 
influence générale et civilisatrice de premier ordre. La 
Pologne hygiénisée (si j'ose user de ce néologisme) serait 
capable de servir de barrière aux diverses épidémies, tour 
jours importées d'Asie^ qui viennent visiter la vieille 
Europe : peste, typhus, choléra, diphtérie, fièvres érup- 
tives... Au contraire, la Pologne sans hygiène, fournit à 
tous ces fléaux des moyens d'expansion, des aliments oii 
ils viennent puiser, sans cesse, de nouvelles forces et 
entretenir ainsi leur vie épidémique... 

Pour ce qui est de Varsovie elle-même, l'hygiène per- 
mettrait à son habitant de lutter efficacement contre lei 
fièvres palustres et contre la fièvre typhoïde. Les fièvres 
intermittentes, fréquentes en cette ville, tirent évidem* 
ment leur origine de la pollution des eaux de boissons. 
L'eau potable, en effet, vient de la Vistule (11 litres par 
jour et par habitant) : elle renferme, parfois, de nom* 
breuses traces de matières organiques, et ses propriétés 
miasmatiques n'ont jamais été modifiées par aucun assai- 
nissement hydraulique. Quant aux eaux de puits, que 
boivent encore certains quartiers, elles sont ignoblement 
infectées par l'état de perméabilité constantedeslatrines (1) 
et par les infiltrations de matières fécales : le bacille de la 
fièvre typhoïde vit admirablement dans ce milieu, émi- 
nemment pathogène. 

Il est malheureusement difficile d'espérer de sérieuses 
améliorations dans la police sanitaire de la grande cité 
polonaise. Varsovie ne peut posséder, en effet, ni voirie, 
ni administration communale. L'enlèvement des inmion- 
dices se fait par les concierges ou gardiens des maisons ! 
Quant à la municipalité, le gouvernement russe a refusé à 
la ville tout conseil municipal, même imposé par lui .Tout 
se centralise donc à Pétersbourg, et personne n'ignot^, 
hélas î les lenteurs de l'Administration en Russie .... 

Il paraissait difficile(pour bien des raisons politiques et 
autres sur lesquelles il ne nous est point permis d'insis- 
ter), il paraissait difficile, dîs-je, d'organiser une Exposi- 
tion poUmaise, et surtout une Exposition d'hygiène I Aussi, 
lorsque cette idée germa dans la tète de M. Polak, médecin 
de TËnfant-Jésus, directeur du service vaccinal et rédac- 
teur en chef de la Revue d'hygiène populaire « Zdrowie 9 
(la Santé), tout le monde crut à une folle mystification. 
« Autant valait, disait-on, organiser en Sibérie un Salon 
de peinture I » Et pourtant, elle fit bientôt son chemin, cette 
idée folle, hardie, presque impossible eu égard aux condi- 
tionssociales.politiquesetadministrativesspécialesaupaysl 

En peu de temps, H. Polak vit, en effet se grouperautour 
de luiplus de 150 hommes de bonne volonté, qui, tous, s'ap- 
pliquèrent à lui aplanir les difficultés. Grâce à des sous- 
criptions volontaires, ils purent constituer un capital de 
garantie. L'œuvre fut placée sous la protection de ]M°^* la 
comtesse Aug. Potocki, avec M. Szokalski comme président 
et JHM. Luczkiwicz, Grotowski, Janicki, comme vîce-prési- 

(1) ... lorsqu'elles existent : fait raré^ il faut malheureusement 
le dire (car elles manquent dans les 4/5 des maisons actuelles )..« 



■?r 



70 



JOURNAL D'HYGIËNE 



^ 



dents, M. Polak conservant la fonclion de secrélaire général , 
dont il s'est acquitté avec le zèle le plus méritoire. Cinq 
comités se constituèrent, dont les présidents et les secré- 
taires furent choisis, dacs la mesure du possible, parmi 
les personnes indépendantes^ afm d'éviter toute collision 
avec les autorités russes, — ce qui était surtout impor- 
tant (ainsi que nous le verrons), pour la section de ren- 
seignement. 

Le 21 mai 1887, à 11 h. du matin, les portes de TExpo- 
silion s'ouvraient sur la place Ujazdow. La bonne volonté 
et l'énergie morale des organisateurs avaient triomphé de 
tous les obstacles; et Varsovie avait l'honneur d'inaugurer 
une Exposition technique d'ensemble que Paris n'a jamais 
vue jusqu'ici, et que Berlin, Londres et Bruxelles avaient 
été les seules villes de l'Europe à entreprendre!... Nous 
ajouterons que la « Wystawa hygienicza w Warszawie » 
faisait, à côté de ses aînées, une excellente figure. 

Loin d'être, comme la plupart des manifestations de 
ce genre, une sorte de bazar industriel plus ou moins 
incohérent, l'exposition d'hygiène de Varsovie présentait, 
au plus haut point, le caractère sérieux et essentiellement 
didactique et théorique qu'indiquait son titre. Les mem- 
bres des comités avaient apporté un soin excessif à donner 
tous les renseignements possibles au grand public sur les 
objets exposés. Le plan architectural était aussi artistique 
que méthodique : fait rare dans les expositions quelles 
qu'elles soient, chaque objet se trouvait, dans chaque 
section, placé à sa vraie place. 

Chacun des membres du comité oi^anisateur s'occupait, 
exclusivement, d'un groupe spécial, Ao7'« concoure, installé 
d'une façon absolument scientifique, et pour ainsi dire 
idéale. Cette intéressante innovation offrait, en quelque 
sorte, le précis hygiénologique parfait de chaque section. 
Cette préoccupation constante d'enseignement et de vul- 
garisation se reflétait dans un catalogue raisonné et fort 
clair : toutes les données théoriques de Ja science sanitaire 
se retrouvaient encore, répétéesà l'envi, dans l'intérieur de 
la Wystawa, sous la forme de grands placards imprimés 
en lettres énormes. Autour des comités officiels et hors 
concours^ venaient se grouper les exposants libres, dont 
les vitrines étaient nettement séparées de l'exposition, di- 
dactique et idéale, du comité de chaque section. 

L'auteur de ce mémoire ne peut dissimuler sa satisfac- 
tion d'avoir assisté à une manifestation vraiment scienti- 
fique et désintéressée, sorte de vulgarisation par les yeux, 
qui tenait plus de la leçon de choses que du tournoi indus- 
triel proprement dit... L'exposition étant exclusivement 
polonaise, un rapport fait sur elle peut, à bon droit, s'in- 
tituler : a C Hygiène dans la Pologne Russe.t 

Quant aux résultats matériels, ils ont été suffisants pour 
permettre l'installation prochaine, dans le jardin zoolo- 
gique, d'un musée d'hygiène polonais. 

La « Wystatva hygienicza » de Varsovie montre com- 
ment on peut, au milieu des difficultés les plus grandes, 
créer, à force d'énergie et de volonté, viribus unitis, une 
œuvre sérieuse et durable I Cette manifestation scientifique 
remarquable a bien mérité de tous les gens de cœur et de 
progrès... 

II» — Pavillon de la stalUtique. 

Un élégant pavillon est bondé, pour ainsi dire, de cartes, 
plans, photographies, etc., se rapportant à l'hygiène et à 
la démographie polonaises. 



Six tableaux de M. Danielewicz représentent : la popu- 
lation de Varsovie (1882), la mortalité de cette ville (1886), 
les chiffres de décès causés par les trois grandes épidémies 
vulgaires (scarlatine, diphtérie, typhoïde), calculés par 
arrondissements et pour 100,000 âmes. En 188t), la plus 
grande mortalité par scarlatine a été dans les huitième, 
neuvième, dixième arrondissements, 10 à 12 cas pour 
10,000 ; chiffres analogues pour la diphtérie dans les qua- 
trième, huitième et douzième arrondissements; par fièvre 
typhoïde, la plus grande mortalité a été de 8 à 10 par 
10,000 dans les cinquième et sixième arrondissements. 

D'autres tableaux nous montrent les entrées des malades 
aux hôpitaux, par mois, et le rapport desdites entrées avec 
la température moyenne du mois, pendant une période 
de six années, de 1879 à 188S, etc. ; la mortalité dans les 
hôpitaux ; les moyennes thermiques et les courbes météo- 
rologiques de Varsovie ; les plans du superbe établisse- 
ment de Ciechocinek, avec ses baignoires en cuivre et 
ses murs en porcelaine ; la carte de Dombrowa par le 
D' Kahl; la carte des étiages de la Vistule, de 1860 à 1880; 
les tableaux graphiques des hauteurs barométriques quo- 
tidiennes pendant plusieurs années; le plan général en 
relief de la ville; l'appareil télégraphique en usage pour 
signaler les incendies sur différents points de Ja ville 
(chaque rue de Varsovie possède son signe télégraphique 
spécial, qui s'imprime automatiquement à l'aide d'un 
alphabet de points et de lignes en couleur). 

III. — Dyi^lène scolaire. 

Cette section comprenait un pavillon unique, mais bien 
remarquable et bien complet. C'était une sorte d'École 
modèle, reproduction typique d'un établissement privé do 
Varsovie, l'école de H. Gorski, installée par les soins du 
D' Roman Jasinski, hygiéniste, de H. Rycerski, ingénieur, 
et de M. Gorski, pédagogue; elle comprenait tout ce qui 
constitue, pour nous autres médecins, une école « selon 
l'hygiène. » 

Le plancher est en chêne plein, de 4 centimètres 1 /2 
d'épaisseur et ces diverses pièces se trouvent exactement 
emboîtées, de sorte qu'elles ne laissent entre elles aucune 
fissure : le bois est, du reste, recouvert d'une sorte 
d*enduit hydrofuge à base d'huile de lin, que l'on peut 
laver à grande eau et que l'on n'a besoin de renouveler 
que rarement. 

Les hancs sont du système Gostynski. Ce modèle n*est 
pas connu chez nous : je ne l'ai point vu, non plus, figurer ' 
parmi les quatre-vingt-dix et quelques bancs d'école, qui 
ornent Y Hygiene-Museum du professeur Koch, à Berlin. 
Voici sa description sommaire : Le banc présente un dos- 
sier, composé de trois travées et absolument fixe; dans ce 
dossier glisse, par son propre poids, le siège, formé aussi 
de trois travées, dont la dernière est légèrement déchve : 
le tout s'adapte exactement (comme j'ai pu m'en rendre 
compte), à la musculature infantile. 

Quant à la table scolaire, elle se soulève entièrement 
au moment du nettoyage de l'École. La monture du banc 
est en fer forgé et la table en chêne ciré. Chose excellente, 
selon l'âge de l'enfant, il y a sept types de bancs difjjtérents. 

Les fenêtres de l'École s'élèvent jusqu'au plafond ; leurs 
Persiennes sont en verre, pour assurer la ventilation et 
n'intercepter en rien la lumière... Celle-ci est, naturel- 
lement, latérale gauche, et l'École se trouve orientée de 



JOURNAL D'HYGIÈNE 



71 



telle sorte que, les stores se levant de bas en haut, jamais 
le soleil ne vienne offenser la vue des enfants. 

Sur les mtir^ de l'École, apparaissent des cartes géo- 
graphiques, tableaux d'histoire naturelle, plans et repro- 
ductions photographiques des Écoles (parmi eux, les plans 
de rÊcoleMonge, considérée comme moc(e/e parles hygié- 
nistes) ; les tables de De Wecker, pour apprécier l'acuité 
visuelle et la sensibilité aux couleurs. Le D'^ Jasinski a 
photographié lui-même un jeune garçon, représentant les 
diverses positions vicieuses et anormales pendant récri- 
ture. Ces déformations vef tébrales par attitudes scolaires 
vicieuses étaient, à mon sens, tellement intéressantes et 
bien faites, que j'ai tenu à ce qu'elles figurassent de nou- 
veau, au pavillon de la ville de Paris, dans noire Expo- 
siiion d^ hygiène de V enfance^ avec leur épigraphe vraiment 
topique : 

« GuUa cavat lapidem, non vi, sed sœpè cadendo,^ 

Dans la même salle, se trouvent exposés les travaux divers 
de rËcole professionnelle de Varsovie; les cartes en relief 
de M. Nowicki pour les aveugles, avec différentes espèces 
de clous pour figurer les frontières, villes, montagnes, 
etc. ; les appareils à règle glissante et divers systèmes fort 
ingénieux pour apprendre l'écriture, la lecture etTariih- 
métique aux aveugles. 

On remarque aussi une vingtaine de systèmes différents 
de hancs scolaires, parmi lesquels je citerai ceux de Kai- 
•jer, de Kunze et celui des écoles israélites de Francfort 
sur Oder. Divers de ces bancs sont munis de ce que les 
Allemands nomment les « Grade-halter 9, sortes d'appa- 
reils à redressement forcé, pour les enfants qui se penchent 
habituellement en avant, en écrivant. Parmi ces appareil, 
destinés à la prévention de la myopie scolaire^ aucun no 
ma semblé pratique : le moins mauvais est encore celui 
qui prend son point d'appui, en arrière, sur les épaules, 
parce qu'il ne gêne point les mouvements du thorax, et 
qu'il est incapable d*entraver la respiration chez l'écolier. 

Parmi les nombreux tableaux destinés à l'instruction et 
à l'éducation infantiles, j'ai à citer la carfee/ftnogfrapAigwe 
de la Pologne, o\x M"® Woycicka a représenté, sous une 
forme figurée très artistique, et très gaie, les mœurs, cou- 
tumesetindustriesdiversesdel'ancienroyaumedePologne. 

Les deux autres pièces annexes de la section pédago- 
gique (même pavillon) comprenaient : une infirmerie 
modèle, avec trois lits d'enfants; les appareils de gymnas- 
tique, escrime, patinage, canotage, sport vélocipédique, 
etc., et tout ce qui sert à combattre les funestes effets de 
la sédentarité sur les enfants, et à développer dès le jeune 
âge, la force, l'adresse, la volonté et l'énergie morales : la 
culture somatique est, d'ailleurs, très en honneur à Var- 
sovie. 

Je mentionnerai encore cinq tableaux statistiques du 
ly Julikowski, de Radom, concernant la taille, l'acuité 
visuelle, la circonférence thoracique, l'état du système den- 
taire et les traces de scrofulose : tous documents recueillis 
avec soin sur 1000 élèves du lycée de la localité. 

Un mot encore sur Y hygiène intellectuelle Avi petit Polo- 
nais. Au moment où la question du surmenage semble 
passionner, en France, les pédagogues et les médecins, 
je crois devoir insister sur un fait particulier, qui existe 
en Pologne Russe, et dont tous les parents constatent la 
néfaste influence sur le cerveau de leurs enfants. A partir 
de neuf ans, les enfants sont obligés, de jpar la loi, d*ap- 
prendre tout en langue russe, qui est la langue officielle 



du pays. Jusque-là, leur langue maternelle a toujours été 
le polonais, et ils n'ont jamais eu Toccasion de prononcer 
un mot en russf , ni de lire une lettre de Talphabet spé- 
cial à celte nation. De plus, le génie des deux langues 
diffère encore davantage, si cela est possible, que leurs 
formes extérieures, le polonais étant le produit direct de 
la civilisation Romaine, tandis que le russe dérive entiè- 
rement de rOrient. Les parents constatent si bien ces 
différences, qu'ils se plaignent tous (et à bon droit) que 
leurs petits soient contraints de si bonne heure, non à 
apprendre, mui^ à savoir , ce qu'ils appellent a une langue 
étrangère. » 

On peut, toutefois, surmener le Polonais impunément, 
au point de vue cérébral ; dès qu'il achève les premières 
étapes de son développement physique, ses facultés de 
réceptivité sont étonnantes, et n'ont d'égale que sa vive 
imagination. Quant aux aptitudes spéciales à cette race si 
vivante, elles apparaissent surtout dans les sciences 
mathématiques et naturelles, dont le jeune Polonais 
apprend et retient aisément les détails les plus arides. 
Son cerveau est précoce comme évolution, et apte, au 
plus haut point, à la gymnastique éducative et à la pré- 
maturation scientifique. 

(A suivre) D' E. Monin. 



Livres offerts en don à la Bibliothèque 
de la Société. 

D^ Thomas Jonks Dyke : 22® Rapport annuel sur les 
conditions sanitaires de Merthyr-Tyifd. — 14® rapport 
annuel sur les conditions sanitaires du district rural de 
Merthyr-Tyd fil-Union, 2 broch. in-8^ 1887. 

(Les rapports annuels du F)'' Dyke, médical officer of heaUh,àe 
Merlhyr-lydfil, et de son district rural, sont toujours un 
modèle du genre, par la méthode et la précision de leur expo- 
sition, par rimporlanco des documents sur lesquels ils sont 
établis. 

C'est en suivant pendant une longue période une localité 
donnée, surtout un district industriel, que l'on peut mieux 
apprécier la bienfaisante influence de rhygiène publique, et 
les progrès successifs de la Science sanitaire; aussi n'avons- 
nous pas été étonnés de trouver la paroisse et le district de 
Merthyr-Tydfil, donnés comme exemple dans l'ouvrage du 
D*" Corfîela, œ Treatment and utilisation of sewage, » 

N oublions pas de reconnaître que ces remarquables résul- 
tats (l'assainissement progressif, et d'amélioration sanitaire, 
sont dus à la parfaite harmonie qui règne entre les autorités 
sanitaires locales, et le savant médecin préposé à la sur- 
veillance de rhygiène de ces populations. 

La paroisse de Merlhvr-Tydtil contient i 0,757 maisons 
abritant une population ae 55,909 âmes, soit un excédent de 
7,052 sur le dernier recensement. 

Naissances, Le Bureau a enregistré 1,961 naissances: 1,037 
sexe masculin et 924 sexe féminin, soit une proportion de 
33,3 0/00. Le chiffre moyen (average rate) a été en 1886, pour 
TAnglelerre et Je pays de Galles, de 32,4 0/00. 

Mariages, Le nombre des mariages a été de 585. 

Drcès, Le chiffre total des décès a été de 1,420 (781 sexe mas- 
culin et 639 sexe féminin), soit une proportion, de 25,3 0/00 
habitants,' un peu moindre que celle de Tannée 1885 (25,6). 
Pendant celle même période le taux de mortalité en Angleterre 
et au pays de Galles est resté à 19,3 0/00. Toutefois cet excé- 
dent de 6 0/00 n'est pas énorme si l'on considère qu'on se 
trouve ici au milieu d'une population manufacturière, et si Ton 
se rappelle que pour l'année 1881, le taux mortuaire était de 
27,6 dans les deux districts de Merthyr-Tydfil. 

Vaccination, Pour montrer avec quel soin est accompli Q 
service des vaccinations, il suffit de dire que l'opération a éfé 



JOURNAL DHYGIÈNE 



pmtiijuée Hur 1,550 enfants. 170 enfanta étant morts dans les 
premiers mois de la nulssince. en additionnant ces deux 
chiffres on obtfcent un lotal de 1,7:ÏV^ qui, seul, doit être mis en 
présence du chiffre des naîssjinc^fs qui a été, commo nous 
lavons vu plus haut, de 1.DGI. 

Pour ie district de Merthyr-Tydtii-Union, M. Dyke constate 
des résultats analogues, aussi bien au point de vue du mouve- 
ment démographique qu'au point dt^ vue sanitaire.) 

M. Ht?iBi de Farville. Couac W5 scientifiques. Décou- 
veries et ÏQventbns, Progrès de la science et de rindustrie. 
26^° année (1886). VoL in-18, J. Hotlischild Edit. Paris, 
1887. 

(En voua présentant le 25™* volume de cetle intéressante 
publication, nous disions qne Tau leur acquérait d*année en 
aïinée de nouvelles forcera, vires acf^uitil eundo : En ce q^ui con- 
cerne l'Exposition et le iilyle di?s causeries, notre collègue et 
ami se souvient to uj ours qu'i 1 a rhônneur d'être l'un des Lau- 
réats de l'Acadéniio Française* 

La table méiliodiquo comprend : l'aslrodomie, la phys^ique, 
la mécanique, la chimie, la médecine et physiologie, l'art des 
constructions, rhisluire naturelle, les variétés; si Thygiène 
n'e&l pas élevée aux honneurs d'un chapitre spécial, elle re- 
^' trouve une place modeste dans les chapitres Médecim et Va- 
riétés. Ce n'est pas assez, dirons-nous sans embages à M. de 
Parviile. 

Réservant pour ce Fmiikton du .1 ou mal d'hygiène l'article 
qu'il consacre à la découverte du D" Menli-Hitly sur la meil" 
Jmre maniéré de dormir; nous énuraércrons sommairement 
les paragraphes des Causeries de 18H« qui nous paraissent 
devoir ialén sser ie plus les médecins hygiénistes. 

— Lm HécélaUonM de la ckiniif^, ai VakMisine moderne, — « Le 
vin d*aujour(i"hui ne ressemble plus à celui d'autrefois. L'eau 
de vie de ï'Sm u est plus du tout celle de 1830. L'alcoolisme 
bénin de jadis est devenii un alcoolisme dangereux, et cet 
alcoolisme moderne grandit sans cesse et nous envahit. Les 
Progrès de ralcooîisme chronique, de la folie, démontrés par 
les statistiques, deviennent tout bonnement effrayants. C'est 
un fléau redoutable 1 

— Vaîtjiue. — 9 Unchimjslean^laisM^Stanfortvientd'exlraire 
des herbes marines, une nouvelle substance l'arme qui parait 
susceptible de nombreuses applications. 

û On extrait l'algine en lriiit.*ni les algues eu ébullition 
avec du carbonate de soude* La solution filtrée est précipitée 

ear Tiicidc sulfurique, 1/aïgine ainsi obtenue ressonable à l'ai- 
umine; elle contient tout ra?-ote et toutes les parties nutri- 
tives de rherbe marine. Celle substance possède 14 fois la 
viscoailé de ramidon et 37 fois cellti de la gomme arabique. » 

L^algine serait ausM un produit alimentaire, contenant à 
peu près la proportion d'azote que Ton trouve dans le fromage 
de Hollande* 

— Fièvrt' îyjàoide ftpoulut livrai, — « Esl*ce que par hasard nous 
ne nous détierions pas assez du voisinage des basses-cours et 
des poulaillers *' M, le D^ Orjr a signalé trois cas de fièvre 
typhoïde qui se son! développés à Passy dans un hôtel nou- 
vellement construit, san?» que ïa maladie existât dans le voi- 
sinage. Mais on avait installé dans l'hùlel un poulailler, et 
le sol l'orradit au pied de la maison, un cloaque infect. Une. 
jeune femme de 23 ans et deux très jeunes enfants furent 
simultanément atteints de lièvre typhoïde bien caractérisée. 
Le 28 juillet, on dut procéder au nettoyage du poulailler, et il 
se répandit une odeur infecb pendant Tes grandes chaleurs 
qui régnaient dors* Le 11 août des lùriies lenticulaires appa- 
ruretil chez les trois sujets, ei la lièvre typhoïde se déclara. 

JL de Parville, ne voit pas d&m ce fait une relation bien 
précise» de e^use à efTet» d'autant que Ion ne peut exclure la 
simple coincidmc£ f Nouî? partageons son avis, mais en remer- 
ciant M* Ory d'avoir, dans cette étiolojfie de plus en plus com- 
plexe de !a tîèvre typhoïde, invoqué la putréfaction des ma- 
tières animales, alors qu'aujourd'hui, de par la bactériologie, 
toutes les causes do mal se résument dans Faltération des 
eaux potables l 

— Lf catacitfgme rfe Clutrieston, — a Des le 27 aûot, des chocs 
violenU se font sentir en Californie; lotis les navires en rade 
de Charleslon (Caroline du Sud i ont été vigoureusement se- 
coués; mais c'est seulement le 31 auùl que s'est produite la 
coratnoUoa qui a ébranlé la moitié des :i8 Etats de l'Amérique 
du Nord, a peu près tous ceux qui se trouvent entre les mon- 



tagnes Rocheuses et l'Atlantique. C'est dans les environs de 
Charleston que la catastrophe a acquis les proportions d'une 
calamité nationale; les secousses ont persisté pendant des se- 
maines entières : on vit se former aux environs de la ville 
des crevasses énormes ayant plus de 20 mètres de longueur, 
et dont l'œil ne pouvait mesurer la profondeur; il s'en échap- 
pait des fumées sulfureuses et souvent des masses de sable 
tantôt blanc, tantôt rouge. L'eau des puits montait et des- 
cendait rapidement — avant la catastrophe le temps était 
lourd, l'atmosphère absolument calme. — Les 2/3 de Char- 
leston ont été détruits; oo compte environ 200 victimes. » 

— Végétariens (?/ carnivores, — « Dédié aux végétariens ! Les 
végétaux ont certainement du bon dans l'alimentation, mais 
la viande, qui n'es t qu'une condensation sous forme diges- 
live de végétaux, est l'aliment par excellence pour les esto- 
macs paresseux. Certains animaux herbivores, quand ils le 
peuvent, se hâtent de laisser le régime végétal pour adopter 
le régime Carnivore, c'est peut-être de la simple ^ourmanoise, 
mais sans doute aussi un argument à faire valoir en faveur 
de l'alimentation Carnivore. » 

M. de Parville cite à celte occasion le Nestor notabilis, per- 
roquet d'Australie qui détruit les troupeaux de moutons pour 
se repaître de leur viande. En Islande, les chevaux et les 
bœufs se régalent de chair de morue. Le chien de prairie, 
petit rongeur très vif que l'on peut voir au Jardin d'acclima 
tation, est très friand de viande, etc. » 

« De tout temps, l'homme a adopté les deux régimes à la 
fois quand il l'a pu, et le régime moderne est resté, au raffi- 
nement près, le régime antédiluvien. » ) 

M. Albert Gaudky (de l'Institut). Les ancêtres de nos 
animaux dans les temps géoloyiques. Volume de la Biblio- 
thèque scientifique cx)ntemporaine, avec 19 figures inter- 
calées dans le texte. J. B. Baillière, éditeur, Paris, 1888. 

(M. le D*" Ad. Nicolas a^ant bien voulu se charger de pré- 
senter à nos collègues cet intéressant et rimarquable volume, 
nous nous bornerons à rappeler comment M. Albert Gaudry 
comprend le mot Paléontotogie ! 

t Les sciences naturelles prennent dans notre siècle un déve- 
loppement dont sont frapp& tous les esprits philosophiques. 
L'horizon qu'elles dominent s'étend chaque jour sous la double 
influence de la s^éographie et de la géologie. Pour juger les . 
races humaines des animaux, les plantes, les phénomènes du 
monde physique, nous ne sommes plus confinés dans les 
champs étroits de l'Europe : grâce aux travaux des voyageurs 
nous embrassons une vaste partie du monde. Nous obtenons 
par la géologie des résultats plus admirables encore, nous 
remontons au-delà des temps où l'Homme fut créé. Nous ne 
connaissons plus seulement les êtres qui furent nos contem- 
porains, nous trouvons dans les couches du globe les dépouilles 
d'un nombre illimité de plantes et d'animaux : une branche 
spéciale de la Géologie a pour objet l'étude de ces débris fos- 
siles, c'est la Paléontologie!) 

(Comptes rendus du Secrétariat.) 



Annuaire médical et pharmaceutique 
de la France. 

L'Agence des Publications médicales et scientifiques 
vient de publier son Annuaire pour 1888 {Annuaire 
médical et pharmaceutique de la France, du D' F. Rou- 
baud, et Almanach général de l* Union médicale, réunis). 

En tête du volume figure un chapitre donnant Ja légis- 
lation médicale et pharmaceutique de la France, la légis- 
lation militaire, et les extraits du Code civil et du 
Code d'Instruction criminelle et pénale dans les dispo- 
tions diverses applicables à la profession. (21, rue delà 
Monnaie.) 

Propriétaire-Gérant : D' de Pietra Santa. 

UPMHBUI GBAIX. — tO, KUI BIRaÈAI, PAUt. — S730-S-8. 



14' ANNÉE. — 13" VOLUME. 



Numéro 595. 



JEUDH 6 FÉVRIER 1888. 



JOURNAL D'HYGIÈNE 



SOMMAIRE : Res Italicœ : La législation sanitaiie. — L'enseignement de la médecine vétérinaire. — L'air expiré (Brown-Sequard, i>*ârsonval, 
WtTRTz). — L'assainissement des cimetières (Arloing et Ferrand). — Par Monts et par Vaux. -— Feuilleton. — Le Simaba Cédron (Naudin). 
— Le Liège et ses applications (de Graffigny). — L'Européen dans les paj^s chauds. — Guide hygiénique au Congo (de Groote). —Analyses 
contradictoires (W. Blyth). — Bulletin de la Société française d'Hygiène : La Braisp chimique. — L*Exposition d'hygiène de 
Varsovie en 1887. Rapport au Ministre de l'Instruction publique (suite) (Monin). — Livres oti'erts en don à la Bibliothèque. 



Paris, ce 16 Février 1888, 

Res Italie». 

LA LÉGISLATION SANITAIRE. — l'ENSBIGNEMENT 
DE LA MÉDECINE VÉTÉRINAIRE. 

I 

Le 13 avril 1886, le regretté Dopretis, ministre de Tln- 
féricur. Président du Conseil des ministres du royaume 
d'Ilalie, déposait sur le Bureau du Sénat un projet de loi 
intitulé : Codice delta publica Igiene. 

Lï) gouvernement s'y était grandement inspiré de cetle 
mémorable étude de Bertani, qui a été comme le testament 
scientifique du grand patriote : Projet d'un code de Vhy- 
giène publique pour Vltalie, auquel nous avons consacré 
Tan dernier une analyse aussi détaillée que possible (i). 

Dès leur apparition, le projet Berlani et le projet Depre- 
tis ont suscité, dans toute la Péninsule, un mouvement 
d'opinion de controverse et de polémique, où parfois se 
sont fait jour les idées les moins pratiques et les plus con- 
testables. 

Le docteur Raffaele Zampa a ouvert le défilé des réserves 
et critiques dans des articles, très remarqués d'ailleurs, 
ptjbliés dans le Raccoglitore medico de Forli. 

La compétence de Fauteur justifiait ses observations sur 
certaines lacunes à combler, sur quelques suppressions à 



(1) Voir Jowmal d'Hygiène, vol. XI, p. 145. 



FEUILLETON 



Le Simaba Cédron {*). 



C'est uû petit arbre de l'Amérique centrale, qui res- 
semble un peu à un palmier, quoiqu'il appartienne à une 
toat autre lamille, celle des Simaroubées. Sa graine, dont 
on commence à parler en Europe sous le nom de noix de 
Cédron, passe de temps immémorial, chez les indigènes 
de cette partie de l'Amérique, pour être le remède infail- 
lible de l'empoisonnement par te venin des serpents les 
plus dangereux, et il paraît, d'après le dire de personnes 
dignes de foi, que cette réputaticHi n'est pas usurpée. 

(1) Note transmise au Secrétariat par M. €b. Naudin. Déjà en 1879 
II. le D' Triana, dans son Prodomus de la Flore de la Nouvelle-Gre- 
nade^ avait consacré un chapitre au Simaba Cédi'on, vulgo Cédron. 
Voir Jowrnal d* Hygiène, vol. III p. 136. 



opérer, sur quelques modifications à introduire dans le 
texte de la loi. 

Le D' Stran)bio, de son côté, a donné dans la Gazzetta 
medica di Lombardia, le rapport très substantiel qu'il a 
rédigé au nom du Conseil sanitaire de la province de Hilan. 

La Société italienne d'Hygiène, à la suite d'une discussion 
qui a occupé à peine deux ou trois séances, a envoyé, à 
Rome, le libellé d'un projet avec nouvelle appellation : Loi 
de la Santé publique, et amendements notables au projet 
Deprelis. 

La Société nationale des médecins condotti, qui a pour 
Président notre vénéré collègue le D^ Doiiarelli, dans 
le Congrès qu'elle a tenu récemment à Rome, sous la pré- 
sidence d'honneur du nouveau président du Conseil des 
ministres, M. Crispi a insisté sur la nécessité de n'intro- 
duire dans le texte de la nouvelle loi que « les articles 
afférents à l'organisation des services sanitaires^ en réser- 
vant les détails de fonctionnement pour des règlements 
ultérieurs. 

Le Congrès de Pavie (Association médicale italienne, 
présidée depuis plusieurs années par notre éminent col- 
lègue le P"^ David Toscani), s'est surtout préoccupe de la 
prompte réalisation d'un projet de loi précis : Code de Vhy- 
giène publique. — Code sanitaire, ou Loi de la Santé publi- 
que^ en émettant le vœu d'annexer aux Universités rxis- 
tantes, des Facultés pour l'enseignement de la Médecine 
Vétérinaire. 

Dans ces entrefaites M. Crispi , dès son arrivée au pou- 
voir, pour donner une première satisfaction au corps mé- 
dical, s'est empressé de créer au Ministère de l'Intérieur 



Voici ce que raconte, à ce sujet, dans un des derniers 
numéros du Journal Agri-horlicultural de Madras, un 
voyageur anglais, M. John Penn Currey, que ses affaires 
avaient appelé à Panama. 

« J'avais tué, dit M. Currey, un grand serpent à son- 
nettes, et comme nous nous entretenions, mes compa- 
gnons et moi, du danger qu'il y a à rencontrer quelqu'un 
de ces redoutables reptiles, un Indien de notre suite se 
mit à rire de notre frayeur, en nous disan qu'avec une 
noix de cédron il n'y avait pas plus lieu de s'inquiéter 
d'une morsure de serpent à sonnettes que de la piqûre 
d'un moucheron. Personne ne le crut, mais le lendemain 
notre Indien ayant réussi à prendre un de ces serpents 
vivant, il nous l'apporta et se fit faire deux protondes 
morsures à la main. Nous lui offrîmes aussitôt de cauté- 
riser les plaies, et il refusa. 

B La main de notre homme ne tarda pas à enfler et à 
prendre une teinte rouge pourpre. Avant que l'inflamma- 
tion ne gagnât le bras, il tira de sa poche une noix de 



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JOURNAL D'HYGIÈNE 



UM Run^îiii spécial do l'iiyjîii^ne [jublisjue dont il a confié 
la Direclioii au PrrifeseGr Pa|];lr(ir)î *Io Turin. 

Lqs jQiirnaux d'Ilalm nousapï)r(Mi[ii^nt aujourd'hui, que 
11' preiTiÎLT sohi do i' honorable Diit'cUHir a élé de rédiger, 
à son tour, un iiouveati projet de loi, sous un nouveau 
litre : l}i lulela delC If/iem*. e Satiîlà pnblica a (l) à l'effet 
d'y comprendre la prophylaxie tU rassistancc publi- 
que fl (^)* 

Nous n'avons pas à iul^îrvciiii' dans ces discussions 
passablenjent hyannlines. Le titre à donner à la loi nous 
paraît chose Lien u joins essentielle que l'organisation 
elle-mfime de Thygiène pubiitjue. 

Comme nous l'avons écrit dt»jà dans un compte rendu 
du Congrès de Rome, en souvenir du très regretté Berlani, 
J'initiateup et l'iipolre de ce grand mouvement de réforme, 
il eût été plus sage, et plus patriotique, de conserver son 
lîlre de Code rfe r hygiène publique! 

.\ous n':(Y0ii5 pas davantage à juger l'opportunité pour 
le Directeur du service, d'initier le public médical à ses 
idées personnelles, alors surtout qu'elles contrecarrent le 
projet liepretis déjà soumis ù une Commission du Sénat. 

Toutefois, la lettre du Pr Pagliani, contient une phrase 
qui rious a caust'; un véritable ^entimint de tristesse. 

« Dans ie nianuscrit que j'envoie h l'imprimerie, écrit- 
il au P"* Leoiii, j'ai supprimé pour ic^ médecins les mots 
de condolti <^icondotte^ en les appelant médecins commu- 
naux el circonscriptions sanitaires. (Vi ho soppresso i no- 
Vii di medîci condotît c condoite chiamandoli medici com- 
munal i c circôHcriT^iotii sanitane). 

Mais quelle nécessité, grands dieux î de faire disparaître 
Cftl*' déniimjjiation de medici condoUi qui représente en 
st.innne une institution paiiiculiere à lltalie, quia devant 
elletnu^ brillante ïiîstoirercinoiitant^plusdesix siècles, qui 
a tant coutriliué 5 runilication de la patrie, et qui a fait 
«lire à IL Combes : <i En Un lie, on ne doit pas craindre de 
l'allirrner, la médecine constitue presque à elle seule le 
uiouveinenL des idées, lï 



(1} Tiitcîn [Tniiilk., proteelionj s^mvegiïrdt^)- Dictionnaire A lbekt[. 

(i) LeUit.^ (ly l's f'ijglianj à M. le ?r Lc-^^ni, secrétaire général de 
î \,S!q>dHtioti [luLioiiiile des iiiétjerm^ condotti. 

Nous apprcDuna à Ea dermère lieut o i]Wi M Crispi a retiré le projet 
(li; lui Dcprulis, pour soaniuUre au Sénai k^ nouveau texte. 



Lorsque nous écrivions, en 18r>3, l'histoire deFEnseigne- 
ment médical en Toscane et des mcdîci cmidatti, pour les 
donner en exemple à la France, préoccupée à ee moment 
de l'organisation de la médeciîie cantonale, noua ne nous 
doutions guère que des mains italiennes viendraient, an 
jour, les lancer de cœur léger dans le sombre fleuve de 
l'oubli! 

Plus respectueux de la tradition, dans foute notre iodé- 
pendance et notre admiration du Passif, noua envoyons 
un dernier salut confraternelaux médecins condolli dltalie 
dignes successeurs, au xn® siècle, des archiàli-es populaires 
des Empereurs romains de Rome et ihi Con-itantinople, et 
nous les félicitons, une dernière fois, des services constants 
qu'ils ont rendus à la Péninsule, en établissant, pnrtout 
et toujours, au milieu des populations rurales et monta- 
gnardes, ce niveau de sentiments et d'idées, si nécessaire an 
développement d'une société bien constituée, aux progrès 
et à la prospérité d'un peuple libre 1 

H 

Aux deux récents Congrès, de Pavie {Association médi- 
cale italienne) et de Milan (professeurs des Universités) 
M. N. Lanzillotti-Buonsantt, Directeur de Técole supé^ 
rieure de médecine vétérinaire de Milan ^ a brillamment 
soutenu la cause du relèvement de renseignement de la 
médecine vétérinaire. 

Nous applaudissons de tout cœur à ces nobles efforts, 
et nous faisons des vœux pour que les ordres du jour 
votés par les deux Congrès soient pris en considération 
par le Gouvernement italien ; voici leur HbeUé : 

« 1° Le XlPCongrès de l'Association médicale italienne, 
après avoir entendu les conclusions du rapport du P^ 
Laozillotli Buonsanli, exprime a M. le ministre de l'ins- 
truction publique le vœu que renseignement de la méde- 
cine vétérinaire soit annexé aux rniversilés sous forme 
de Facultés, et que les étudiants (|ui se destinent h Ui 
carrière soient admis à TinscripUon avec la llcc^jza licmle 
(correspondant à notre baccalauréat). 

2° La Section vétérinaire du Congrès de Pavie (Associa- 
tion médicale), approuvant le rapport du P^ LanzilloUi- 
Buonsanti sur la nécessité de réorganiser le îservicc vélé- 



cédron, de la grosseur d'une cliâtaigne, en mâcha une 
moitié et couvrit sa main de sa salive, puis fit avec ce 
qui restait de la noix une infusion dans de l'eau chaude 
et l'avala. 

Jï Au bout d'uîie demi-heure, la main était désenflée et 
les symplômcîi extérieurs de l'inflammation avaient dis- 
paru ; il ne restait au malade qu'une légère indisposition, 
accomp^j^née de quelques envies de vomir, et dont il ne 
se ressentait plus deux heures après. D'autres expérien- 
ces faites à la &uite de celle-ci ne nous laissèrent aucun 
doute sur t eflicacité de la noix de cédron, dans le cas de 
mor.suies de serpents, n 

Quelque temps après, M. Currey, emportant des noix 
le cédron, se rendit à Sao-Francisco, où, avec l'aide du 
professeur Langwert, on ht de nouvelles expériences, qui 
loutes confirmèreat les premières* Elles ont été publiées 
d.iDS le journal Alla CaUfornia et itens le Lancet, de 
Londres. 

Hien avant ic^ laits jupportés ci-dessuS; un médecin fran- 



çais, leD** Saffray, établi à la Nouvelle-Grenade, avait cons- 
taté les vertus curatives de lanoixdeeédron, non seulement 
comme antidote du venin des serpents, mois comme fébri- 
fuge de premier ordre, peul-cire supérieur au quinquina 
lui-môme contre les lièvres in lermitlen les, si fréquentes 
parmi les Européens qui habitent la zone équatoriale. Il 
paraîtrait môme qu'à Panama et dans la région environ- 
nante, on est persuadé que la noix de cédron eat aussi le 
préservatif de la rage après morsure. Le fait a besoin 
d'être confirmé, et il est à croire que d'habiles et coura- 
geux expérimentateurs ne manqueront pas pour rensei- 
gner le public médical sur ce point. Sans doute les virus 
ne sauraient être confondus avec des venins, mais qui sait 
si un médicament capable d'an nibi 1er ces derniers n'au- 
rait pas la même efficacité contre les premiers? Dans la 
lutte qu'on a entreprise contre une des maladies les plus 
redoutées, on ne saurait être trop armé, et de toutes les 
bonnes armes qu'on pourra décou\ rir, la plus sioipk ^ra 
la meilleure. " ' O 



JOURNAL b'HYGlKNK 



rinaire du Royaume, 6met Ifi vcbu quo le Ministre de IMii- 
tL^rieiir, dans ses projets d^orgaiiisaLion de la santé piihli 
que, ne perde pas de vue le fonctionnement du service dv 
la police sanitaire des communes, attendu qu'il ost im- 
possible de dissocier Thygiènt* de Thomme de celte des 
animaux. 

> La Section verrait avec satisfaction la création pro- 
cbaino d'tin iaspecieur vétérinaire atlaclié à la Direction 
générale de la santé publique siégeant à Rome, et des 
vétérinaires de TÉtat dans chaque province d'Italie, » 

3^ L'ordre du jour voté par la Section médicale du 1*''' 
Cougrès national universitaire de Milan comporte quatre 
desiderata : 

a 1^ Que les Écoles vétérinaires aclueïles de Naples, de 
Turin et de Milan soient annexées : les deux premières 
aux Universités de ces deux villes, et la troisiùme à F In- 
stitut supérieur de Milan. 

a g'' Que ces Ecoles soient transformées en 1^'acuUés de 
Médecine vétérinaire, à régaletdms les marnes conditions, 
que les Facultés de Médecine, de Droit, de Sciences et 
Lettres, etc. 

» Bi^ Qu'à la Faculté de Médecine vétérinaire, les étu- 
diants soient admis, après avoir subi les examens de la Li- 
cence des lycées, ou de la Licence des Instituts techniques. 

» 4** Qae le Gouvernement soumette au Parlement un 
projet de loi pour l'organisa lion des conduite vétérinaires 
du Royaume, » 

Parmi les orateurs qni ont soutenu avec le plus de con- 
viction, d'éloquence et de brio, ces utiles et indispensables 
réformes» nous sommes heureux de citer M, le Professeur 
ï»éoateur Pacchiotti. l!!n termes émus il a soutenu la cause 
des vétérinaires, ces parias modernes qui, après de lon- 
gues et laborieuses études, rendentà la société des services 
signalés, sans en retirer aucune compensation ni maté-- 
rielte ni morale, 

« Et cependant^ au milieu des populations rurales, le mo- 
deste vétérinaire n'est- il pas la sauvegarde de la propriété 
privée, et le promoteur de laccroissement de la richesse 
nationale 1 

» Qui ne sait d'ailleurs, combien, h notre époque, les 
progrès de la zooiatrie ont puissamment contribué aux 
progrès de la médecine elle-même, p 



iNous espérons que ïes paroles de sympathie de notre 
émînent collèi^ne, membre honoraire de la Société fran- 
*,:aise d'IIyjiçlène retentiront, comme des échos d'encoura- 
{^ement ei d'appui moral, dans le cœur des médecins 
vé Lé r inaires d'Italie î 

Le moment de la justice dijitributîve est proche ! 

Û'' DE PiKTBA Santa, 



L'Air expiré. 

Dans une récente communication à F Académie des 
Sciences, M, Brown-Sequard en démontrant rinlluence 
déîesU^ble de l'air coniiaé, av;ut nettement indiqué la 
voie 5 suivre pour prévenir le développement de la phtisie 
pulmunaire. 

A ciMé des cas des LK' Stokes et Blake, qui ont vu leurs 
cavernes pulmonaires se cicatriser eii m condamnant à 
vivreet A coucher, pendant des années consécutives, àTair 
libre, garantis bien entendu contre tout refroidissement. 
Té minent académicien aurait pu citer celui du D"" Henri 
Bennet, de Menton. 

C'est l'expérience personnelle de notre savant ami, ce 
sont les principes salutaires qu'il en a déduits, dans ses 
ouvrages sur la phtisie pulmonaire» qui ont constamment 
guidé notre pratique, et qui nous ont inspiré les chapitres 
les plus instructifs de notre volume T^attement itATio^NKL 
DE LA pjrrisTE, à savoir : Traitement hygiénique; les di- 
mats; C aérothérapie: la prophylaxie. 

Continuant leurs intéressantes recherches sur ri nfluence 
de l'air expire par Thomme, ou les animaux, dans la pnt- 
duclion delà tuberculose pulmonaire, MM. lirown Se<|tianl 
et d'Arsonval ont expose, dans l'une des dernières séances 
de r Académie des sciences, les faits établissant : t que 
l'air sortant des poumons de t* homme, ou des animaux, 
est capable de produire des phêEionjèiies toxiques spé- 
ciaux qui, par leur similitude à une même dose, imï>li- 
quent non seulement lexisteoce d'un poison, mais que 
celui-ci est toujours le même. » Bésunions cette remar- 
quable communication d'après les Comptes rendus. 

Les faits connus jusqu ici sont les suivants : 



La médecine vétérinaire pourra tirer aussi un excellent 
parti de la noix de cédron. Ctions un exemple : Tout le 
inonde a entendu parler des ravages <|ue cause une sim- 
ple mouche, la mouche tsetsé, dans les troupeaux de la 
Cafrerie orientale. Un bœuf pitiué par ce minuscule insecte 
est irrévûcablemen*; condamné à périr, et, ce qui est à 
noter, c'est que l'intime quantité de venin déposé dans la 
piqûre agil, pour aiosi dire, à la faç^nd'nn virus. Le sujet 
n'a guère été étudié jusqu*ici, si même il Va été, mais il 
semble, a priori, que s'il y a un remède à ce mal, c'est à 
la noix de cédron qu'il faut tout d'abord s*adres5er. Inu- 
tile d'insister pour faire comprendre Tintérét qui s'atta- 
cherait à cette expérience. q\^ Nauûin 
^^^^^^^ (de rinbtitui). 

Le Liège et ses applications. 

Dans un des récents volumes de la Bibliothèque inslruc- 
tive. M, BS Graffigny nous parle du lièg^, de son origine. 



de son emploi, et sait rendre intéress^nits des détails sur 
un objet connu de tous; instinctivement, on pense en 
ouvrant le livre au bouchon du vin généreuîL qui donne 
des forces au convalescent, ou égaie un joyeux souper; 
on suit volontiers l'auteur à travers ïes lorèls de cht^nes- 
lièges du midi de la FnmcejderEspaf^ne ctderA[g*^rie (1)- 

Ce ïi'est qu'après douze ans de plantation que cet arbre 
donne une récolte sérieuse, on opère alors ce qu'on ap- 
l>elle le déma^dage^ c'est-à-dire renlèvement de la première 
couche de liège formée naturel îement sur le chêne, 1^ 
récolte se fait ensuite tous les trois ans; mais le chêne, 
qui vit plusieurs siècles, ne produit de bon lif'ge que 
jusqu'à rage de IrJOans. 

Après les opératirvns du bouitianiage^ du raclnge, du 
cla^sevient et de ttmballage^ le liège eu plamhex ou en 
catwm est livré aux banchonnienf et aux industriels* 

Pour protéger contre les insectes et les dangers de Tin- 

(l) Avec gravures et iJessinsi inlercotéa dans h M^iés^ chH ItHivet 
etC^, édiltiura, Paris, 1S87. - ^ ^ 



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JOURNAL D'HYGIÊNË 



1^ L'air expiré contient presque toujours, sinon môme 
toujours (d'après les belles recherches du D' B. W. Ri- 
chardson) de l'ammoniaque, mais en quantité très loin 
d'être suffisante pour expliquer, môme en partie, l'action 
délétère de cet air. 

2® L'air expiré contient, en très petite quantité, des 
matières organiques qui, si elles ne sont pas déjà putré- 
. fiées en sortant des voies broncho-pulmonaires, ont une 
grande tendance à s'altérer rapidement, môme à une tem- 
pérature assez basse. 

3° L'air confiné, chargé d'exhalaisons pulmonaires, 
n'est pas nuisible seulement par l'acide carbonique qu'il 
contient. En effet, de l'air ordinaire auquel on ajoute 1 0/0 
d'acide carbonique est à peine une cause de trouble, tan- 
dis que l'air expiré ne contenant pas davantage d'acide 
carbonique est extrêmement nuisible. 

Ces faits, et surtout Je dernier, rendaient probable que 
l'air expiré contient une ou plusieurs substances toxiques, 
mais personne n'a donné jusqu'ici la démonstration expé- 
rimentale directe de la toxicité des matières organiques 
d'origine pulmonaire que l'air entraîne dans l'expiration. 

Les expériences de MM. Brown-Sequard et d'Arsooval 
ont consisté à étudier les efiets produits sur des lapins 
par l'injection dans une artère ou dans une veine, d'une 
eau contenant le principe toxique produit par la muqueuse 
pulmonaire. 

Les quatre procédés d'injection du môme poison, em- 
ployés à cet effet, ont démontré dans tous les cas la simi- 
larité des phénomènes toxiques. 

L'injection a été faite très lentement, tantôt dans une 
artère, tantôt dans une veine , le liquide employé étant à 
la température de l'air ambiant 12<» C, les doses variant 
de 4 à 35 grammes de liquide pulmonaire. 

A la dose de 4 à 8 grammes, les premiers effets consta- 
tés de l'injection sont : 1« la dilatation pupillaire ; 2« le 
ralentissement très notable de la fréquence des mouve- 
nients respiratoires; 3<»une faiblesse paralytique très con- 
sidérable surtout aux membres inférieurs; 4^ un abais- 
sement de température très rapide et variant de 0*»,5 à 8*» C. 

A la dose de 30 à 35 grammes, les effets sont les mômes 
mais plus prononcés; des tremblements ont lieu et quel- 
fois aussi des convulsions générales. L'animal prend sou- 



vent une attitude recroquevillée; une diarrhée choléritorme 
survient rapidement, et dure jusqu'à la mort, qui survient 
d'ordinaire dans les trois ou quatre jours qui suivent l'opé- 
ration. 

Il n'est pas possible de rattacher de pareils phénomènes 
à l'eau des vapeurs pulmonaires^ puisque des quantités 
bien plus considérables d'eau peuvent être impunément 
injectées dans les vaisseaux sanguins des lapins, puisque 
M. Ch. Bouchig'd dans ses belles Leçons sur les auto4nr 
toxicatùms dans les maladies a prouvé a que l'eau ne 
commence à se montrer toxique, que si l'on en injecte 
plus de 90'"'' par kilogramme de l'animal (lapin). C'est 
donc évidemment à l'influence d'une ou plusieurs sub- 
stances toxiques contenues dans les vapeurs exhalées par 
les poumons, que sont dus les phénomènes morbides meq- 
tionnés plus h^ut. 

a L'étude des substances organiques, que l'air expiré 
entraîne, n'a guère été faite jusqu'ici. Leur quantité d'après 
ce qu'affirme le D*" Arthur Ransome est extrêmement 
minime : il n'y en aurait que 0^' 2 environ dans l'aûr 
expiré par un homme en 24 heures. L'agent toxique qui 
se révèle dans nos expériences provient très probabîen^çnt, 
nous pourrions dire certa^inement, de ces substance^ 
organiques. On peut en conclure que cet agent, malgré 
l'intensité des effets qu'il a produits dans nos ei^périej^ces, 
n'a dû s'y trouver qu'en quantité excessivement minions. 
Il faut donc admettre que sa puissance délétère est extrôipe. 
Ce poison est évidemment volatil et soluble dan$ l'eau, et 
il passe aisément à travers un filtre. Est-ce un alcaloïde 
plus ou moins semblable aux leucomaïnes et aux pto- 
maïnes? C'est ce que nous essayerons ultérieurement de 
décider. » 

Après avoir décrit les lésions trouvées à l'autopsie des 
lapins morts à la suite de cet empoisonnement (lésions^ 
toujours les mômes et caractérisées par l'irritation 4es 
centres nerveux et la congestion considérable des viscè- 
res), MM. Brown-Sequard et d'Arsonval formulent çe^ 
deux conclusions : 

a ^^ Les poumons de l'homme, du chien, et du lapin i^ 
l'état de santé, produisent un poison extrêmement éner- 
gique et qui en sort sans cesse avec l'air expifé. 

9 3° Il est extrêmement probable, sinon certain, quf» 



solation, les chênes nouvellement soumis au démasclage, 
on a inventé de recouvrir l'arbre ainsi dépouillé, selon deux 
procédés divers : Tun remet en place la première écorce 
enlevée (trop jeune pour être de grande utilité) que l'on 
ferme par une bande de carton cellulorique et que l'on 
assujettit avec des fils de fer; l'autre applique un revête- 
ment en pâte fabriquée avec divers débris. 

Indépendamment des bouchons dont on peut suivre la 
curieuse fabrication dans l'atelier, et l'adaptation non moins 
curieuse dans les caves de Champagne ; le liège est d'une 
réelle utilité pour l'industrie, depuis la mécanique jusqu'à 
la cordonnerie, en passant par mille instruments de divers 
usages; mais le plus intéressant est sans contredit celui 
des bouéeSy soit de grandes dimensions comme celle des 
navires, soit en simples ceintures pour les nageurs in- 
expérimentés. 

Mentionnons encoi-e le fameux kiosque de liège à l'Ex- 
position du travail et renvoyons pour mille détails pleins 
d'intérêt h l'ouvrage lui-môme : « il nous prouve éloquem- 



ment combien celte industrie, insignifiante au début, a 
pris de développement, et quelleest l'utilité de cette écorce 
qui non seulement sert dans mille besoins de la vie usuelle, 
mais encore, à l'occasion, sauve cette môme vie humaine 
de la mort, et rend ainsi à la civilisation des servioes inap- 
préciables. » 

Le dernier mot n'est pas dit encore sur les applications 
du liège à l'industrie, le linoléum qui a vu le jour il y i^ 
peu d'années, n'est qu'un composé de poudres de li^e 
agglomérées au moyen d'huile de lin, et verpis epsuit^ de 
diverses façons. 

Nous ne pouvons mieux apprécier le livre de H. de 
Graffigny qu'en lui appliquant ses propres paroles ; « U^ 
lecture d'un ouvrage quelconque de vulgarisation, tout en 
délassant et en récréant l'esprit, l'instruit, l'intéresse, 
augmente la somme des connaissances antérieures et quel- 
quefois ouvre des horisons nouveaux devant la pensée 
attentive». D'EvkryBod» 



JQmNAL D'HYGIÈNÇ 



T7. 



c'est cet agent toxique qui rend si dangereux Vair 
confiné. » 

L'importance pratique de ces recherches n'échappera 
pas à 140s lecteurs; elle nous donne la clef de faits patho- 
logiques, bien plus péremptoires et bien plus faciles à com- 
prendre que par 1 intervention, à la piode du jour, des 
bacilles et des microbes. 

Rappelons d'ailleurs que cette conquête de la thérapeu- 
tique préventive trouve une réalisation pratique dans l'em- 
ploi du ventilateur imaginé par M, d'Arsonval, Cet 
appareil simple, et d'un maniement facile, lorsqu'il est 
placé au-dessus du lit dans une chambre h coucher, permet 
de débarrasser complètement la chambre de tout l'air 
expiré pendant le sommeil (1). 

D^ ï>%, Fqurnès. 

P.-S.— Danslaséancedulôjanvier, MM. Brown-Sequard 
et d'Arsonyal ont rapporté dexioi^veaui^ faits confir^iantles 
conclusions tirées de leurs premières expériences. 

Chez sept lapins, pesant de l ,850 à 2,1 OQ grammes, ils ont 
ipy^tô sous la peau dq thorax et de l'aisselle, 4es quanti*^ 
tés variant d^ ^Oè 44 centimètres cubes d'e^u de conden- 
sation des vapeurs exhalées par lea pouiqops des deux 
chiens : les effets produits ont été les mém^s q\{^, ^orsqu on 
a iptroduit ce liquida directement dans Je sang. 

{1 était important de démontrer quei c'est ^ ^n poisoq 
OflgUOique, chimique, etiiOQ à des microbes, que sont duq 
les effets produits par l'injection dans le sang, o|i soqs la 
peauy du liquide pulmonaire infecté. 

A ceteiiet, les savants physiologistes pot fi^jt bquillir, çfî 
vs^ oIqs, upe certaine quantité de liquide pulmonfùre pro- 
vep^nt derbommp ou d'up chien, et en r^pé^nt les e^^- 
périenees par les mômes procédés qu'ayant, ils ont ot)tenu 
les mêmes résultats, a C*est donc biep k PQ agent délé- 
tère cliinûque qi^e sont dus les p)^énomènes tosîques^et la 
mort, dans les expériences que pqus avons hi\^s. t 

UBI. Qrown-Sequard et d'ArsoRvalspiitiennenf que lepQi« 
sQp organique volatil sortant de^ poumons de l'homiP^ et 
des mammifèi^ est un alcaloïde par les raison^ suivantes : 

1? L'alcalinité du fluide pulmonaire contenant le poison; 

i 

(1) Voir Journal d'Hygiène, no592. 



2* La persistance de la toxicité de ce fluide après ébuU 
lition en vase clos ; 

3® L'ensemble des phénomènes toxiques et autres, cau- 
sés par l'injection de ce fluide soit dans le sang, soit 
sous la peau d'un lapin. 

Conclusion, «c L'air confiné qqi cause la phtisie pulmo* 
naire produitcette affection, par une influence lente exer* 
cée par ce poision volatil, dont nous venons de démontrer 
l'existence dans l'air expiré. » 

— Au covu's de la même séance M. Friedel a présent^ 
une note de M. Robert Wurtz sous ce titre ; Sur la pré- 
sence des bases volatiles dans le sang et dans F air expiré. 

Ces recherches de pure chimie forment naturellement 
le complément des expériences physiologiques qui précé- 
dent. 

(Dans ces premières analyses M. H> Wurtz a signalé 
la présence d'un chlorhydrate d'ammoniaque oui semble 
prédominer, d'un chlo)*hydrate d'une base organique à 
réactions spéciales, d'un chlorhydrate de çhloroceurate 
dont la solution chauffée à 100^ exhale une odeur arpma* 
tique sy^i generis.) 



AssamissemeQt dçs Gimetiéires. 

Lé B\Ule(in de Pbarmiacie de Lyon, organe de la Société 
de riplst, nous apporte le texte d'une commvinication faite 
par l'un de ses membres les plus compétents, M. Et. FsR- 
aAi^D, sqr r assainissement des cimetières. Comme c'est à 
vr^i djre Ja préface d'une monographie non encore publiée, 
nous réserverons à un autre moment le soin de l'analyser 
d^nsun articje d'ensemble. En attendant, nous signalerons 
le chapitre où se trouve traitée la question de l'antago- 
nisme des deux modes d'assainissement; l'un par la végé- 
tation (pratique usuelle), et l'autre par la suppression de 
la végétation (proposition nouvelle). 

L'éfqd^ des terraips nus» et des terrains couverts, con- 
duit M. Fèrrand à rappeler un exemple de haut enseigne- 
ment puisé dans la pratique de tous les jours et dans les 
procédés de la nature 0: l'exemple de la grande culture 4cs 
céréales et des légumineuses, cette culture qui déyore pour 
ainsi dire, et avec le concours de la terre et de l'air, trans- 



li'Européen clans les climat.s chauds, 

6UIDB HTGIÉNIQUB AU CONGO <i) 

Le D' Faul de Grooie (l'un des vaillants pionniers de 
l'audacieuse entreprise coloniale africaine de Léopold II) 
vient de publier une étude consciencieuse et bourrée de 
Ui% qui est destinée à servir de guide à l'Européen dans 
les fégions équatoriales. Nous ne nous arrêterons pas sur 
les considérations générales qui ont fait éclore cette q^uvre 
importante, non plus que sur les aperçus climatologiqu9s 
mt les pays chauds et leur influence morbide. Ces don- 
nées sont suffisamment présentes h l'esprit de tous nos 
ooUëgues; chaque numéro, pour ainsi dire, du Journal 
ihypène, contient des lignes consacrées à \dt climatologie, 
objet constant des préoccupations de son éminent tonàBi- 

(1)1. B. Q^iUière. édit. 1887. 



teur. Nous voulons insister un peu plus sqr les pages 
concernant exclusivement le Congo, encore peu connu et 
passablement contesté au point de vue colonial. 

D'après Stanley, les Européens qui succomt)ent au 
Congo, sont surtout emportés par les Sèvres des régions 
basses de la côte. Mais les plateaux, élevés de 6 à 800 mè- 
tres au-dessus du niveau de la mer, sont assez sains pour 
que M. de Groote puisse qualifier cette région de Java 
belge : nous craignons bien que cette appellation ne soit 
hasardeuse, étant donnée la salubrité réelle de la ))elle colo- 
nie hollaiidaise ! 

La malaria débute souvent, dans ces région^ torrides, 
par des troubles gastro-intestinaux de l'urticaire. Dès ces 
premiers symptôcaes avant-coureurs de la fièvre (que la 
fatigue et )a langueur accompagnent ordinairement)^ il 
faut prendre une purgation, puis du café noir et de la 
quinine, à 1^ dose de 50 centigrammes tous les quarts 
d'heure. Ou arrête fréquemment ainsi la confirmation de 
l'accès. Digitized by - C 



JOURNAL D'HYGIÈNE 



n 



forme en èti^s vivaiUs et éoiinemmeat utilisables des 
monceau K d'immondices, de résidus organiques, de i'u- 
micrs, de vidanges, toutes choses que l'homme ne saurait 
abaadoûQer sans danger pour lui-même, ou ne pour- 
rait détruire moins dispendieusement. 

• Théoriquement et pratiquement, dans le sens le plus 
généra) possible, Je rûle d'épuration et d'équilibre est donc 
celui de la végétation, mais après Tavoir surpris dans ses 
voies cachées, l'avoir affirmé et grandi, nous allons le voir, 
dans rappJication aux cimetières, tantôt glorifié encore, 
tantôt nié, et finalement amoindri, u 

Très au eouraot des travaux modernes de chimie et de 
bactériologie, M. Ferrand reconnaît que l'acide carbo- 
nique (qui est par son abondance la haute expression de 
L'activité de la décomposition,) abonde dans l*air des cime- 
tières el surtout dans leur sol. 

Cet acide carbonique est Oiiturellement le véhicule des 
effluves nauséabondes résultant de la fermentation pre- 
mière des éléments protéiques et constituant des produits 
gazeux ou volatils. 

« [1 nous fournit enfin un intéressant rapprochement 
à faire entre la découverte de M. Ârloing qui reconnaît 
dans la radiation solaire, le pouvoir de tuer la spore redou- 
table ayant résisté à la pourriture, et itntre cette môme 
puisiance, déjà signalée plus haut, par laquelle le soleil 
décompose les traces d'acide carbonique de l'air pour en 
lixer le carbone dans les plantes des cimetières et d'ail- 
leurs, taire avec ce carbone les forêts, comme il a fait les 
houillères, les ligoites, etc., et prépai^er tous ces trésors 
de combustibles qui, revenus aux mains de l'homme, 
sont ou seront des sources de chaleur des raillions de fois 
plus Intenses, et de restitution d'acide carbonique à l'at- 
noosph^rt^ Dans ce procédé simple, on voit à nouveau 
ri nli aiment petit produire les plus grands résultats ; on 
voit dans les deux cas ce que peut un rayon de soleil. » 

Arrivé à ce point de son exposition, M. Ferrand met en 
présence les idées et recherches de MM. Miquel et 
Arioing. 

Pour le premier, les courants atmosphériques sont les 
agents de diffusion des bactéries dans l'espace, mais l'hy- 
giéniste peut, à volonté, les immobiliser à la surface par 
rhumidité, jusqu'à ce que la pluie ou un épais gazon vien- 



nent plus tard les soustraire aux courants de latmc^- 
phère. » C'est là l'apologie de ce qui existe généralement 
autour de nous. 

La proi>osition contraire du savant Lyonnais, partisan 
convaincu de la radiation solaire est plus radicale, plus 
sûre en quelque sorte « car le gazon sans pluie assèche 
très fortement la surface, tandis que sans ombrage la ra- 
diation solaire tue le microbe, son mycélium et sa spore 
soit dans la poussière, soit dans l'humidité, puisqu'elle les 
anéantit même dans leur bouillon de culture ; puis, si la 
surface se renouvelle plus ou moins superficiellement sous 
l'impulsion des vents, les radiations solaires réitèrent leur 
salutaire action. » 

Voilà donc bien posés, et posés en termes précis, les ter- 
mes des deux systèmes d'assainissement. 

— Abondance de végétation (arbres et gazonnements 
soignés). 

— Suppression de toute végétation pour mettre en jeu 
l'action exclusive des radiations solaires. 

Dans ces conditions, M. Ferrand s'efforce de chercher 
une voie de conciliation entre la pratique ancienne et la 
méthode nouvelle, comportant l'une et l'autre des extrê- 
mes dont les inconvénients ne sont pas négligeables* 

il a commencé par étudier avec soin la flore des cime- 
tières, et l'expérience lui a montré quels étaient les ar- 
bustes qui devaient être réservés pour rentonrage des 
tombes, et quelles étaient les essences que Ton devait 
recommander, de préférence, pour les grandes allées (1). 

Transcrivons ici les conclusions qui visent, plus spécia- 
lement, le point de la question en litige : 

— a Choix de terrain mixte, sec, meuble, élevé, non do- 
miné, spacieux, sans pente voisine bien accusée^ à sous- 
sol ni imperméable ni trop voisin de la nappe souterraine, 
ni ex]K>sé aux inondations 9. 

]» — Pas de gazonnement, pas de ronces, pas d'arbres 
touffus au-dessus ou autour des tombes, surface binée 
pour arracher les mauvaises herbes, ou mieux revêtement 
de sable, ou encore de menus graviers, mais arbrisseaux 
isolés à feuiUes non caduques, sveltes, donnant peu d'om- 

(1) Ce sont pour lui le Bignonia catalpa ^ l'Eu^ïal^^pLus gLol>ul»S| Je 
Tulipier de Virginie, le Sopnora et le YernU du Jopon, ta TiUeul, 
l'Krable, le Sycomore, etc. 



Contre les fièvres bilieuses. Tau leur recommande l'usage 
de rhutle inius et cjîim.bienconnuodes iodlgènes; contre 
les affections du foie, l'infusion d'écorce de frangule. 

Comme mesures générales d'hygiène, le D*" de Groote 
recommande surtout de se prémunir contre les change- 
ments de température et contre les courants d'air froid, 
qu'il est plus téméraire d'affronter que les miasmes eux- 
mêmes. Le séjour dans les creux de lf?rrains, l'intempé- 
rance et l'impureté des mœurs, la nourriture insuffisante, 
les actes d'imprudence et de bravades, les excès de fatigue, 
etc*, font, au Congo, de très nombreuses viclimes. Mais 
un homme sain, fort et prévoyant peut être cosmopolite 
et s'acclimater, pour ainsi dire, partout, La volonté éner- 
gique, la gaielé morale, la sobriélé parfaite et l'assuétude 
graduelle à la chaleur, sont les indispensables vertus de 
lout colon désireux de réussir. 

L'auteur entre dans de minutieux détails concernant 
l alimentation, le vêtement, rhabjtalion, etc. Mais ces 
détails difï^reQt trop peu de ce que nous savons déjà de 



l'hygiène intertropicale et du séjour dans les contrées mala- 
riques, {>our que nous jugions utile de les reproduii^ ici. 

Les annexes du GuUk de M. de Groote renferment d'in- 
téressants aperçus sur la faune, et Jes ressources alimen- 
taires de ces riches zones où se vériHe surtout le bel adage 
antique : « Multa latent in majestate naturœ 10. L'auteur 
donne aussi un résumé des soins immédiats à administrer 
en cas d'accidents, et en l'absence du médecin : cette 
partie pratique est traitée avec le plus grand soin et 
d'après Tordre alphabétique. L'œuvre entière est, d'ail- 
leurs, conçue avec le désir évident de rester dans le do- 
maine pratique, et d'être utile aux Belges émigrés sur le sol 
équatorial. L'auteur a voulu (et il y a pleinement réussi) 
fournir, à tous, des notions exactes sur le climat et les 
maladies régnantes du Congo, ainsi que sur les pré- 
cautions hygiéniques indispensables à celui qui veut, — 
sinon faire souche, desideratum impossible à atteindre, — 
du moins vivre, en Afrique équatorialerV-^^^^Tp 



JOURNAL D'HYGIËNE 



79 



brsige au point de laisser arriver à leur pied les radiations 
solairfti {choix de Coïiifères}* 

t — Allée d'arbres quelconques ouvertes pour la circu- 
lation, surtout dans h directron des vents les plus habi- 
UieZïeioent rt^goants. 

» — Rideau ou écran de piaulations serrées d'arbres 
rameux et à feuilles persisLantes, toujours vertes, spécia- 
lem^ût du côté de la ville. 

» — Réserver, à titre de périmètre de protection, autour 
des grands cimetières, uue ceinture ou certaine quantité 
de terrains à affermer pour la culture, comme mesure 
aanJlaire^eton prévision d'agrandissement un jour néces- 

^^- * Et. Ferrand. 



Par Monts et par Vaux. 

U MIL nw MÏB. — KAHINE Et AHJ?f. — LES GRANDS RÉFORMATEURS. 

■ 1^ mal lie mer est dû au verUge 
qm ïu. [Dobilité des objets détermine. » 

Darwin. 

La qu&'îtion toujours controversée, et longtemps en- 
core cOQlroversable» du Irai tement du mal de mer, vient de 
faire une entrée triomphale à la tribune de l'Académie des 
Sciences, et k celle de l'Académie de Médecine, avec une 
communication de M, le D' Ossian Bonnet, c'est Vantipy- 
rine qui aura trouvé ie Phénix arabe du poète italien : 

Ma queat' Araba Feuioe 
Che cl iâk, aio^cua Eo dice ; 
Dove m^ n&sum lo sa ! 

(Tout le monde croit à son existence, mais personne ne 
connaît sa demeure.) 

Pour notre savant collègue a toutes les théories propo- 
sées jusqu'ici pour expliquer le mal de mer, ne reposent 
que sur des suppositions, et en réalité le mal de mer n'a 
pai de caus^ absolties et conslantes » 

Cela n'empêche pas M, Ossian Bonnet, d'en formuler 
une, plus ou moins neuve, basée sur le « vertige qui est la 
conséquence de la sensation de vide éprouvée au moment 
delà descenUj du navire, — et sur l'embarras gastrique 
qui joue un rùie prépondérant, o 



Analyses contradictoires. 

Noua croyons devoir appeler tout particulièrement Tal- 
tention des autorités municipales et judiciaires sur un 
article paru récemment dans k S^niitary Record, au cours 
duquel le chimiste officiel, public analyste de Marylebone, 
M, Wynter Blyth, signale une lacune très importante, et 
de très réels inconvénients, dans le Sale of Pood and 
Dmgs Act (Règlement concernant la mise en vente des 
dtarétô alimentaires et des médicaments). 

Notre savant collègue de la Société française d'hygiène 
s'est occupé, plus particulièrement, de l'industrie laitière, 
et de la mise en vente de cet indispensable produit ali- 
mentaire, hélas 1 trop souvent falsifié. Nous résumerons, 
aussi brièvement que possible, tous les desiderata qu'il a 
cou s ta tés. 

Dans le cas où TinduslrieJ reconnaît lui-même la fal- 
?ific:ition du produit mis en vente, et signalée par l'ana- 
IjBe» aucune diificulté ne se présente; mais si, au con- 



Pour MM. Leroy de Méricourt et Rochard» parlant par 
longue expérience, cette théorie doit rejoindre les autres 
dans le chapitre de i' Inconnu. 

Pour M. Javal, le mal de mer n'est nullement le simple 
effet de l'imagination, et, à son avis, les vomissements sont 
le plus souvent le phénomène primordial, essentiel du mal 
de mer. Il trouve du reste un remède infailhble, pour ses 
traversées de la mouche, et ses promenades sur la Seine, 
dans l'usage du chloraK 

M. Le Fort, toujours pratique et positif, croit que» pour 
qu'un médicament réussisse contre le mal de mer, il faut 
surtout y avoir confiance, a Le mal de mer, en effet, est sur- 
tout une affaire cérébrale f n 

Quoi qu'il en soit, cinquante-sept observations recueillies 
avec soin, ont démontré à M. Ossian Bonnet « d'une façon 
éclatante refficacîté de i'anUpyrine t Voici son mode d'ad- 
ministration : 

Chez les sujets impressionnables, en butte aux vertiges, 
1^,S0 sonl suffisants. 

Chez les personnes robustes, atteintes de vomissements 
violents, on portera la dose k % grammes. 

Chez les malades qui vomissent, on fera immédiatement 
et successivement deux injections sous-culanées, contenant 
chacune, 0«%50 d'antipyrine. 

Antipyrine for ever f 

Au mois d'août dernier, nous avons signalé à nos lec- 
teurs deux médications infaillibles, ayant toutes fait leurs 
preuves et préconisées par le D^ Toussalnt (la Jeijnb 
Mère). L'une a pour base des granules aîternécs de stry- 
chnine, d'hyoscianîne et de quassine, conjointement avec 
une bonne et large ceinture pour comprimer le ventre. La 
seconde repose sur les injections sous-cutanées d'atropine 
(2 à 3 dixièmes de milligramme toutes les! à 8 heures) (1). 



*% 



Nous poserions volontiers k M, Ossian Bonnet le même 
point d'interrogation que nous avons^poséà M< Toussaint; 

Connaissez- vous la communication laite à la Société 
française d'hygiène en novembre 18«i (t) par le U' Baron 
deThérésopolis? 

(1) Voir Journal d'hygiène^ vol, \II, p. 395- 

(2) y6W.,voi.VI, |>.I*et5. 



traire, le vendeur conteîite la validité de l'analyse, il est 
ordonné, aux termes dû VAct précité, de s'en rapporter au 
Somerset-HoiLse Lahoraiory (Laboratoire ofliciel central), 
ayant seul qualitiï pour procéder à l'analyse contradictoire. 

Or, cette disposition j qui parait des plus rationnelles 
de prime abord, ne peut être jugée de même dans la 
pratique. Un certain laps de temps s'écoule, naturelle- 
ment, entre le moment où réchaniillon controversé part 
du laboratoire de district, et celui où il peut être examiné 
au laboratoire central ; étant donnés ta nature rapide- 
ment putrescible ûu lait et les changements prolbnds 
qu'il subit sous l'influence de la fermentation de ses 
éléments constitutifs, les échantillons soumis à cette nou- 
velle analyse ne sont plus identiques à ce qu'ils étaient 
au moment même du prélèvement. 

Tout en admettant ce Tait indéniable, les experts du 
Somerset House ont adopt*S pour en prévenir les inconvé- 
nients, un procédé qui laisse beaucoup à désirer au poinC 
de vue scientifique. Ils sont partis de ce fait que tous 



m 



JOURNAL D'HYGIENE 



Notre bien repris tlé collègue n'avait pas de théorie per- 
sonnelle sur le mulde mer, mais dans sept traversées de 
France au Bn^sil, et vice %'ersa, sur lui-même et sur ses 
compagnons de voyage, il avai l constaté l'efficacité du chlor- 
hydrate de morphine en injections hypodermiques (dix 
gûultes d'une solution conttiiiant 30 centigrammes de sel 
de morphine et 20 grammes d'eau distillée). 

Pour M. Thérésopoliâ, le médecin du bord devait rester 
seul juge de [augmentation de la dose ordinaire de 
10 gouttes, — En outre, à plusieurs reprises, il avait con- 
staté ce fait très curieux : la tolérance extrême sur mer de 
la morphiue^ alors qu'à terre elle provoque parfois des 
phénomènes narcotiques. 






Nous ne parlerons que, pour mémoire, de deux autres 
moyens infaillibles préconisés par nosconfrères des États- 
Unis. 

L'un, faîL disparaître les nausées, en marchant sans 
cesse, pendant toute la traversée, sur le steamer dans la 
direction qu'il ëuit. 

L'autre, démontre par expérience personnelle < que la 
puissance de la volonté suffit pour conjurer les effets de 
ces atroces tourments qu'il regarde comme un simple pro- 
duit uffear (peur), neroousness and timidityf 

En résumé, nos lecteurs, dans leurs prochaines traver- 
sées, n'auront que l'embarras du choix: 

Chlorhydrate de morphine du Baron Thérésopolis; 

Granules de strychnine, d'hyosoianine et de quassine 
du D^ Toussaint. 

Chloraldu IK Javal, préconisé jadis par Giraldés; 

Antipyrine du D'' Ossian Bonnet! 
et le mal de mer, en perspective, quand le moral ne se 
trouvera pas en parfait équilibre ! 

* 

La nouvelle Reime internationale des falsifications des 
denrées atimeniairea signale une falsifioation qui vient d'être 



constatée en Belgiaue, et qui a déjà donné lieu à Tinter- 
vcntion légitime ae la justice : a La farine, notre pain 
quotidien, la principale nourriture des classes moyennei^^ 
était mélangée avec de l'alun, matière nuisible, ainsi qu'jl 
a été reconnu par plusieurs savants, et d'après nos ana- 
lyses môme, jusqu'à 1.07 0/0. » 

Cette farine alunée provenait Don d'qp marchand en 
détail, mais portait la marque d'un grand établissement 
industriel faisant savoir an public par des annonces dans 
les journaux politiques que sa farine était agréable^ nourt 
Tissante et saine! 



* 
* * 



M. Léon Say, qui avait accepté la présidence de la dis- 
tribution des prix de la Société Industrielle du Nord, à 
Lille, a ouvert la Séance par une ren^QrquaWe conférence 
sur l'amour de rhtimanité et les grands réformateurs, « En 
présence du mal social, s'est-il écrié, le découragemeat 
envahit parfois les esprits. Les uns déclarent ce mal irré- 
médiable, et tombent dans une profonde indiiférence ; 
beaucoup ne pouvant prendre leur parti versent dans l'uto- 
pie. Tel Platon, qui voyait le remède au mal social dans 
la République absorbant les individualités. » 

M. Léon Say 2^ combattu, avec éloquence, rutopio du 
gouverqement platonicien parce qu'elle ^upprinie Tiniti^- 
tive individuelle et ignore les lois de l'^rtivité humaine. 

Il a réfuté, de ipêrpe, les théories de Thomas Morus, de 
Fénelon et de Fourrier, qui, elles ftussi, sapritiept l'activité 
humaine, seul ressort de l'activité sociale ! 

« La théorie de TEtat-Providence est essentiellement 
fausse ; le seul et véritable rôle de FElat, c'est d assurer 
à tous la liberté et la justice. 

» Le critérium d'un bon gouvernement est donc de ne 
rien entreprendre pour restreindre la liberté et l'initiative 
individuelle. 

i> Voilà la solution la plus conforme à la dignité humainet 
et la plus favorable au progrès et à la morale ! » 

Ce sont bien là les principes que nous nous efforçons 
de suivre dans notre modeste sphère d'actiQn I 



P^ Echo. 



les laits se décomposent, quelle que soit leur qualité, 
dans une certaine proportion, théoriquement connue, 
et que par une rationnelle comparaison entre ces chiffres, 
et ceux donnés par ua première analvse, il est facile de 
reconstituer exactement la composition normale de la 
substance mise en vente. 

Cette méthode d'appréciation paraît, à bon droit, inad- 
missible à M. Wynter Blyth, qui juge, avec raison, que la 
nature m^me des ferments ayant occasionné la putréfac- 
tion, la durée du temps pendant lequel ell^ reste continuée, 
et d'autres circonstancs^a imprévues, ont parfaitement pu 
modilier les résultats primitifs dans des conditions qui ne 
sont pas toujours le^ mêmes pour chaque échantillon sou- 
mise l'examt-n. Delà provient, bien souvent, la différence 
que Ton constate entre les donni^es fournies paries deux 
analyses, Tune laite sur un lait fraîchement prélevé, l'autre 
exécutée à la suite d'un état plus ou moins avancé de dé- 
composition. 

Après avoir signalé les îaconvénients et les inexacti- 



tudes de cette n^éthode, M. Wynter Blyth nous fait con- 
naître un procédé des plus simples, qui permet de s'assurer 
infailliblement que les échantillons, quelque anciens 
quMls soient, n'ont pas été dénaturés; ce procédé consiste 
dans l'addition pure et simple d'une quantité donnée 
d'alcool au lait prélevé. L'alcool jouit de Is^ propriété 
d'empêcher la décomposition du lait, et il sera, par ce 
moyen, bien facile aux experts de retrouver immédiate- 
ment, défalcation faite de la quantité ajoutée, la composh 
tion constitutive du lait soumis à l'analyse. L'intérêt du 
commerçant est, par ce fait môme, sauvegardé d'autant 
plus qu'il peut toujours, à son gré, envoyer, comme terme 
complémentaire de conaparaison, un secqnd échantillon 
non préalablement alcoolisé. 

Ce procédé, certaitiement des plus simples pt qui peqt 
rendre de grands services dans les analyses contradictoires, 
nous paraît du moins des plus faciles à n^ettre immédiate- 
ment à l'épreuve pour permettre de lejugef entQulecou- 
I naissance de cause. j^^p^ ^^ p,^^ g^^^^ 




JOUIlNAt h'HYGlKXE 



8! 



BULLETIN DE LA SOCIÉTÉ FRANÇAISE D'HYGIÈNE 



La Braise chimique (') . 

M. te D^ Trois ter, dans une des deraières s^Satices de la 
f Société médicale rfe? hôpitaux », a attiré raLtention de ses 
collègues sur un cas d'intoxication saturnipe» causé par 
h manipulation de la braise chimique* 

€e produit est, en effet, de la braise de boufanger im- 
prégnée d'un sel de plomb; elle acquiert ainsi la propriété 
de Srùler à la façon de famadou et de faciliter de la sorte 
l'allumage des leux de charbon; on l'utilise aussi pour 
cbàulTer les ferH creux des tailleurs et mâme les réchauds 
de lahie et de quelques voitures de place. 

L'accident n'est pas nouveau; M. Troisier cite, du reste, 
des oï)âervatiûn& analogues de MM. Duguet et (iérin-Rose, 
ea 1885^ e( une nota datant de 1876, de mou confrère 
M. Tanret. 

il cou Tient, je crois, de rappeler que le Journal d'Hygiène 
apublié des observations analogues (t) que j avais sou- 
mises, au mois de décembre précédent, à Ka Commissiou 
d'hygiène d'arrondi ssement^ avec f histoire de ce charbon 
fit de divers autres, appropriés par l'industrie à des usages 
nouveaux au moyen de procédés chimiques ou mécaniques. 
V Union médicale avait aussi, à cette époque, signalé 
ma communication. 

Je faisais remarquer combien était dangereuse la com- 
position de cette braise, contenant jusqu'à là et 14 0/0 
d'acétate de plomb, suivant tes échantillons, eteorapro- 
mettant la santé de nombreuses ouvrières et de ceux qui 
remploient; je rappelais les accidents constatés daus les 
services de AIM. Duguet et Gérin-Rose, 

Les Coosells d'hygiène et de salubrité se sont souvent 
occupés de ce produit, soit pour Tinterdire, soit pour 
ordonner la substitution d'un azotate alcalin au sel plombi- 
gène; l'on put mu me croire, un moment, que Tenquûte 
confiée k M. Armand Gautier, après les accidents de 1885, 
allait amener Tinterdiction, ou, tout au moins, la transfor- 
mation de cette dangereuse industrie; il n'en a rien été» 
puisque de nouveaux cas d'intoxication viennent de se 
produire (3). 

Cette marchandise si peu [jyglénique, qui date de 1816, 
continuera donc quelque temps encore è faire des victïmeSj 
jusqu'à ce que l'on découvre un nouveau sel pour lui sus- 
citer une concurrence plus conforme anxeiigences de la 
sauté publique. 

On la prépara, d'abord avec de l'azotaie de plomb, 
mais, pour Étendre sou emploi, limité par le dégagement 
des vapeurs nitreuses pouvant attaquer les mélaui, on 
imagina de se servir de l'acélate; ce sontdesécbaotillons 

II) Note commmiii|Uée à la Soeiéié ilàn^ la s^yincfl do 13 janvier. 
impr^SLon au ElalteUn votée h runanimité, 

{%] Voir vol. \, p. 17Û, 26Î et iBi. 

(31 Dan» le caé s^i^nalé à la SaclÊLé médi^^ak âos hôpitaux par 
M. Je I> Troiîiier, r»na]yiif; de ïa bruine Mitmiqne incriminée fnite 
par IL llaiiriot, n révélé ia ptéa&ùce dà l'ajoia^ do phmti iii 0/0 du 
poids de charbon.) Cette proportion qui parait énorme devient moins 
effrayante lorsqu'on tient compte de la faible densité du charbon. 
GepMidaot pour allumer le feu il £aut environ 10 grammes de braise, 
ce qui eomspood à Os',60 d'azotate de plomb. 



de cette dernière manière que M,Tanret en 1876, et moi- 
même eu 1884 eûmes à exumioerp 

La présence d'un acétate est des plus faciles à constater; 
dès Tabord, la combustion seule éveille Tattention; il se 
dégage une odeur manifeste d'acétone provenant de l'acida 
acétique décomposé par la chaleur; déplus, en chauiTanl 
en présence d'alcool et d'acide sulfurique, on perçN^tt 
l'odeur de Téther acétique; enfin un mélange d'acide arsé- 
Dieux et de cette braise, chautfé dans nn tube h essai, 
dégage Jes senteurs caractéristiques du cacodyle. 

Cependant un fabricant, au moins te patron de \Bt 
malade de M. Troisier, doit se servir de lancian procédé, 
puisc^ue, dans les échantillons qui lui ont été soumis, 
M. Hanriot a trouvé de Taxotaie; j*aî cherché k m'en pro- 
curer chez quelques charbonniers sans y parvenir; je 
nai pu examiner qu'un paqui<t d'un fabricant nouveau; 
la braise de ce dernier est aussi à f acétate de plomb, mais 
elle ne se consume pas ipieuL que de la braise ordinaire } 
cela tient, sans nul doute, aux très minimes proportions 
de sel saturnin qu'elle contient; est-ce par économie, ou 
pour diminuer, dans la mesure du possible, les dangers 
du produit. En tout cas, il n'est guère réussi; il ne brûle 
pas et demeure quand même dangereux, puisqu'il con- 
tient encore une certaine proportion du pmduit toxique. 

.le n'en conclus pas moins, comme en ISHff, en disant 
qu'il serait dommage de voir interdire cette industrie, 
parce qu'elle fait vivre de nombreuses ouvrières et que le 
produit est commode, maisenaflirmant 1^ nécessité abso- 
lue de la transformer en imposant l'emploi d'up sel inof- 

fensif* AORKÏLLE, 

pharmacien. 

L'Exposition d'Hygiène de Varsovie (i887) (*). 

IV< — .Sitetton allmetitiL|r«. 

Le pavillon de fer comprenant cette section était le 
plus important de la «f Wy.'itatvar>. Là, se trouvaient réu- 
nis un très grand nombie de produits ressortissatJt à la 
brômatologie hygiénique, — depuis le pain bis vulgaire, 
et le pain de seigle de Graham, jusqu'aux vieux vins si 
respectés de l'époque du règtie de Sobieski 1 

A l'entrée du pavillon se trouve, comme sur tous les 
points de TExposîtion, une statue emblématique. Nous 
voulons signaler celle-là (groupe de Cérès) parce que le 
prisme, qui sert de piédestal à la déesse des moissons, a 
un rôle utile et instructif des plus ingénieux. Peint sur les 
côtés, par bandes de diverses couleurs nettement super- 
posées, il nous représente, d'une part, los diverses portions 
ou éléments an atomiques du corps humain; sur une autre 
figurent les composés chimiques du corps; sur une antre, 
la composition et la quantité de la ration alimentaire 
physiologique normale ; sur une autre, le régime alimen- 
tairn des femmes, des enfants, des malades des hôpitaux 
etc., etc. Cet enseignement par les yeux est dû à deux de 
nos confrères, MM. Nencki et Nussbaum, qui ont rédigé, . 

(1) Suite, voir le n* 594. " ' O 



ta 



JOURNAL DWTtlENE 



égaleinent dans ce sens, une brochure explicative très 
intéressante^diatribuée à tout visiteur qui en taisait la 
demande. 

Uaas la seetiou alimenUiire se trouvaicQt rt^uiiis plus 
de 60 exposants» Je n'iosi&lerai* naturellement, que sur 
ies eipositions qui pràsentent un intérêt pour Vhygiéniste* 

Les Polonais de la classe aisée boivent ordinairemeat 
Jeur bière nationale (dont le goût, très agréable, rappelle 
celui des bières d'Alsace). Ci-tte bière ^piwo), exempte 
jusqu'ici de toute falsification, tend beureusemeot à rem- 
placer partout Todieux alcool de pommes de terre. Les gens 
riches boivent également des vins de Crimée, qui ressem- 
blent aux vins hongrois, et du pseudo-bordeaux, fabriqua'' 
avec du tan, du campèehe et du petit vin autrichien, dont 
la couleur est relevée par le suc des baies de sureau ; (notre 
Champagne est également tn>s falsifié avec les petits vins de 
Crimée carboniques artificiellement en Russie.) 

Bières. — M. Junga présenté une exposition très impor- 
tante. C'est une sorte detmssme en miniature, avec des 
modèles très artistiquement présentés de tous les appareils 
hygiéniques destinés au filtrage et à la l'ermentatiou des 
mails. J'y ai surtout remarqué (imto; s ^cAoîW, af/siênie Gec- 
iRuii, différant des anciens, en ce sens que les ouvriers s'y 
trouvent absohiment à î'abri des poussières et des tempé- 
ratures élevées: ils se tiennent, en effet, dans les chambra s 
avoisinantes, d*où on les voit faire descendre, à T ai de de 
manivelles, la table-séchoir ^ de plus en plus bas, jus- 
qu'aux étages inférieurs. 

Je signalerai aussi un modèle de ^vagon senant au trans- 
port des bières par voie ferrée; et deux buutellles renfer- 
mant, depuis quatre ans, de la bière préservée de toute 
fermentation par un bouchage hermétique spécial. 

On voit ensuite les neuf opérations de la brasserie 
s'eflfecluer sous les yeux du visiteur, depuis Torpe en dépôt 
Jusqu'à la bouteille de bière prête à être bubp Autour, sont 
réunis tous les produits, à tort ou à raison usités en bras- 
serie: houblon, levains, Heurs, mélasse, résidus divers, 
amidon, sucre de pommes de terre, glycérine, quassia, 
ftïoès, acide picrique, racines de violettes» acide salicyli- 
que, etc. 

Annexés à cette exposition d*objets naturels, se trou- 
vent neuf dessins graphiques qui permettent de compléter 
Je panorama: ces dessins offrent la description des pro- 
cédés théoriques de la fabrication; c'est la chimie indus- 
trielle de la brasserie, fort mélliodiquement résumée en 
un élégant stpiopëis, 

M- Milicer nous présente, en six l>ocaux, di%^erses subs- 
tances nous indiquant les progrès de la fabrication de la 
bik-e, et dans sept autres, la valeur variable des déchets 
de la fabrication. U nous permet ainsi de comparer^ au 
point de vue de l'hygiène, la valeur alibile et tiygîénique 
des quatre bières de Kùlmbach, Vienne, Ptlseuet Varsovie* 
Il nous expose, de plus, dans trente-quatre bocaux, les 
substances usitées pour la falsification des bières : aloès, 
noix vomiquêp colchique, dapbné mezereum, fraxinus 
excelsior, poivre, cannelle, etc., et la comparaison des 
orges au point de vue protéique. 

ViMs* — UM. Miliceret Znatowicz ont exposé, dans des 
éprouveltes, la composition visible et pour ainsi dire tan- 
gible, de deux vins, que Ton peut aîu^i résumer dans ce 
tableau : 



LOJiKiaiTlOR p. 0/00 UtiitOUIÏ UDRDEALK 

Eau 8:i6Jj 899J) 

Alcool H9.r> 7ÎÎ.1 

Extrait. %\.^ 20.9 

Glycérine fi-i y. 6 

Acides (succinique, etc.) . < 11.4 i.4 

Glyeose ^.K 1.0 

Ceudres t-7 '^*é 

AuTHES SUBSTANCES. — M. llukowski a pu égalenienl 
analyser, dans des éprouvettes analogues, divers éctian- 
tillons de tliés, de qualité variable, prélevés au hasard 
dans les dépiHs de Varsovie; des cafés crus et grillés, des 
cacaos, etc., avec leur teneur analytique en caféine et en 
théobromine, et les substances servant à la falsification 
de ces denrées. 

La livre de thé coûtant six roubles sedécomtK>seainsî : 
extrait, 38 p. 0/0; théine, 2,4 ; cendres, 6,6, On reconnaît 
lesqualités inférieures à une moindre proportion d'extrait, 
randis que la quantité des cendres est double ou triple : 
c'est ainsi que figurent, à côté de réchaotillou type ou éla^ 
loD, des thés à 5 et 3 roubles la li\Te, profondément talsi- 
fiés par des arbustes étrangers et l 'addition dégommes, etc. 

Le pharmacien Hutniewsk! expose les diverses plantes 
à sucre, leur teneur en substance saccharines diverses, le 
miel et sa composition; etc. M. E. Neugebauer expose un 
nouveau procédé de fabrication du vinaigre; M. Lesser, 
des machines usitées dans les laiteries modernes, ainsi 
que des tableaux indiquant la composition exacte du lait 
des dher.^ onimaux et les diffi^rences d'analyses du lait de 
vache, selon les modes d'alimeiUation de Tan i mal. 

Le blé et la farine sont représentés par de nombreux 
spécimens en nature, et par des dessins de botanique 
microscopique fort curieux; mais ils ne donnent lieu à 
aucun développement spécial . 

La viande et ses altérations, les fruits, les légumes, 
champignons, huiles, graisses, etc., sont répartis selon 
les mêmes données méthodiques, en divers points du 
pavillon, et complètent heureusement la section alimen- 
taire. 

T* — Cuisines économique a* 

Elles oni été fondées à Vai-sovie en 1867. Mais, depuis 
vingt ans, le nombre des indigents et le prix des denrées 
se sont tellement accrus, qu'on arrive bien difficilement 
aujourd'hui, à donner à tous les nécessiteux une nourri- 
ture hygiénique et bon marché* Gn^te h quelques phi- 
lanthropes, parmi lesquels il faut citer M"'^'* Hapacka 
et Swiej'gocka, on put, toutefois, introduire, dè-s 1880, 
de grandes améUorations dans Tinstitution des « tanie, 
kuchnie, û Les garçons sont aujourd'hui revêtus d'un 
uniforme; les repas sont dis^tribués, par portions, au 
moyen d'ustensiles fprt propres, dans des salles à manger 
bien aménagées. Dans certains cas, les cuisines économi- 
ques sont autorisées à distribuer leurs repas au dehors. 

Un diner ordinaire comprend : un potage à ^ kopeks ; un 
bouilli garni, 6 kopeks; un rôti de veau» mouton, bœuf 
ou porc, c^Helette, viande farcie, etc., à 14 kopeks; quant 
aux légumes, leur prix est de 4 kopeks et celui du pain est 
de 1 kopek. Le volume des jwrtions distribuées est asse^ 
important pour que personne ne consomme jamais tout 
ce qui lui est offert. j 

A Torigine des <x tanie kuc^gîf |^.^ le prix du(^^^ était 
de 10 kopeks: mais la portion de viande n'était que de 



JOUBNAL imyGlÈNE 



83 



18 onces, et fut porter, successiverrit^nL, k 30, puis h 
40 onces 0884), 

La clientèle s** compose principalement d'indigents en 
hatiil noir: artistes, professeurs, piîtits bourgeois, ouvriers 
d*art, employés de oommerce, étudiants.,. Celle clientèle 
étant toujours pressée de finir son repas, on lut obligé 
d*augrnenter singulièrement le nombre des garçons nu 
restaurant (29 dans les deux cuisines). 

J'ai visité, en détail, ces utiles institutions d1iyp;iène, 
qui arrivent à procurera chacun une nourriture abondante 
et saine, sans r<^âliser jamais aucun bénélice. Situées^ 2â, 
Podwalu, et près l'église Sainte-Croix, Krakowskiem 
Przedmrescîu, elles peuvent assurément servi rdd modèles 
et d'enseignement h toutes les institutions analogues : et 
quoi est, hëlasl le pays qui puisse dire: « Je n'en ai point 
besoin, o 

Maintenant, quelques chiffres fournie par la directîon, 
montreront rimporiance sociologique des a tauiekueli- 
nie t. Jusque fin 1886» elles ont délivré H.0ÛK,2H portions 
à 3,iS0.600 personnes, parmi lesquelles 336,1) là femmes. 
En 1886, on a délivi-é dans les deux cuisines : 

Soupes 164,â^ portions. 

Bœuf bouilli 93,638 — 

Rôtis garnis 135.3^ — 

Légumes 41,509 — 

Pain 169,127 — 

Utncrs complets . • . 204 — 

Cûiltant ensemble 39,274 roubles 61 kopeks. 

217,800 personnes ont fréquenté letahiisscment, où se 
trouvaient^ jouruellement, 320 hommes et 80femtiies, On 
a consommé : bœuf: 119,313 livres; porc: 3,9UI; veau: 
9,134 ; mouton : 6,9^6 \ lilel: 1,705 ; langues ; 833 ; sau- 
cisses : i,lTi ; tripes et foies: 1,995; poissons: 5,159; 
farine : 5,563 ; pommes de terre ; 689 mesures ; chou- 
croûte : 2,387 livres ; gruaux : 2 mesures 1/2 ; 5 qualités 
de graisses, de 8, 9, 8 1/2 et 6 ; riz : 2,309 livres ; maca- 
roni : 3,704 ; crème : 614 mesures ; laiteaiUé : 2,291 mesu- 
res ; œufs 9,277 pièces ; pois : 13 koray ; champignons : 
147 livres ; lard : 2,922 livres ; légumes pour 494 roubles ; 
produits sucrés : 639 roubles. On a brûlé pour 1889 rou- 
bles de charbon et employé 5,481 livres de beurre. 

VI. — Eaux n&inérales ei Cllmatothéraple. 

D'après les renseignements précis fournis par M. le 
EK Lubelski et par notre consul général M. Boyard, il 
existe, en Pologne, de nombreuses ressources aux points 
de vue hydro-minéral et climatérique, qui touchent de 
si près rhygiène proprement dite : 

I. — Les principaux établissements thermaux sont: 

1® Ciechocineky établissement très prospère par ses 
salines et sauneries; eaux chloro-iodo-bromurées. 

2^ Busko, sulfureuses faibles, iodo-chlorurées faibles. 

3^ Solek, très analogues à Busko. 

4** Nalecjsowy StawineL Gozdzikow, Inowlodz, ferru- 
gineuses. 

II. — Comme établissements hydrothérapiques bien 
installés, je citerai ceux de Varsovie, Wiezbuo, Gvodzisk, 
Naleczow, Nowe-Miasto. 

III. — Enfin les stations climatériques et sanatoria de 
la Pologne sont : 

Mienia (immenses forêts de pins), Oltvock (id.), Mrozy 



(id.), Pxdawy (eaux vives de Novv^o-Âlexandria), Ojcôw 
(à 473 mètres d'altitude) et enfin Lysa Gfrra {Mont Chauve), 
le point le plus élevé de Tancieu royaume du Pologne 
(598 mètres d'altitude). 

La plupart de ces établissements hygiéniques sont 
ouverts de mai à septembre. Ce sont des buts de prome- 
nades et de villégiatures très fréquentés, où Ton fait la 
cure rc[iommée du koumys et celle du kéi'yr, avec ces 
laits fermentes fabriqués sur place. 

A l'exposition d'hygiène de Varsovie figuraient, du reste, 
des plans en relief, graphiques et fort bien faits, sur ce 
suj(*t. Les cartes des eaux minera les de Pologne et la dis- 
tribution , dans cet ancien royaume, des établissements 
d'byfîiène hospitalière et d'assistance publique ont été 
dressées fort habilement parM^'^Lubelska sous la direction 
de son sympathique mari. 

(Je crois devoir insister également sur les intéressantes 
conférences de ce dernier, constamment suivies par plus 
de 200 personnes. Le D^ Lut>elski, en traitant la question 
vitale des hôpitaux, ne manquait jamais roccasion d'in- 
sister sur les traditions françaises et sur les anciennes 
relations de notre pays avec la Pologne. Il a fait surtout 
un magnifique étoge de la mission sociale et humanitaire 
de la France, lorsqu'il a traité de la Société de la Croix - 
Bouge, 

Le savant praticien a également parlé, à diverses 
reprises, de la nécessité de créer des refuges pour les 
phtisiques dans les forêts résineuses de la Pologne; il a 
fait une conférence très curieuse sur les petites malermlé^^ 
dont plusieurs ont déjà été établies à Varsovie; sur la 
possibilité d arriver au traitement gratuit de tous les 
malades dans las hôpitaux, k l'aide d'un impi>t de quelques 
centimes perçu, au moment de la doc l<i ration de naissance, 
sur chaque enfant nouveau-né, etc. Outre Tintérôt éco- 
nomique et social de ces conférences, elles présentaient 
l'avantage incontesté de porter à la connaissance du grand 
public les desiderata qui restent à combler ). 

Vit. ^ Exposition noftoeomlale* 

Une grande parlie des hôpitaux polonais ont exposé, 
dans le pavillon spécialement aménagé dans ce but, les 
modèles, mannequins, lits, appareils, etc., usités en 
hygiène nosocomiale, dans ce pays. De plus, la Société 
russe de la Croix-Rouge a fourni l'installation complète 
d*un hôpital-baraque, tel qu'il fonctionne avec Tappui des 
autorités du pays. Les remarquables graphiques de 
M"- Lubelska indiquent avec précision tous les desiderata 
qu'il faut combler pour satisfaire aux besoins d'une in- 
stallation complète d^". l'assistance publique dans les cam- 
pagnes. Un grand nombre d'objets de pansement et de 
produits pharmaceutiques, dont la préparation, exclusi- 
vement polonaise, peut rivaliser avec celles de Tétranger, 
complètent l'exposition de ce pavillon. 

C'est Y hôpital des Enfants Malades de la rue Alexandria, 
qui a exposé véritablement, le plus au complet, tout ce 
que doit comprendre un hôpital bien organisé. On y trouve 
jusqu'à l'appareil de Sayre, et d'autres, pour les opérations 
et les prothèses les plus délicates; un matelas à pile mé- 
tallique de Volta contre Vincontinence d'urine, etc. ; des 
modèles excellents de water-closets hygiéniques, des 
tableaux graphiques concernant le régime alimentaire des 
malades ; des balances, cuvettes, tables d'opérations, et<^ 
le tout très confortable et môme luxueux. Cette exposition 



84 



JODRNAL D'HYGIÈINË 



fait le plus grand honneur à M"® Auguste l^otockî et au 
D*" Sikorski, orçjanisateurs. 

L'hôpital évangélique, sans rien nous oflFrir de bien 
nouveau, aégaleoaent installé une bonne exposition. 

L'hôpital Saint-Esprit a envoyé ses plans complets, avec 
ses baignoires, éluves, etc.; un excellent fauteuil pour 
Convalescents (modèle polonais ) ; le D' Portaer, une chau- 
dière à inhalations, etc. 

La baroque Alexandre II est fort luxueuse comme mate- 
las et comme lits mécaniques : c'est excellent, quoique un 
peu cher, pour faire de la chirurgie en temps de guerre ! 

Parmi les produits accessoires de ïh^'gïénc des malades, 
je signalerai: le lit d'accouchement hygiénique du D^ 
Runcewicz, les appareils d'inhalation du I)*" Malcz; les 
instruments du D' Chwat : fauteuil à spéculum, irrigateurs 
et aspirateurs fort bien conçus. 

La fabrique Valulo, de Lôdz, dirigée par MxM. Urbanowicz 
etTrzcinski a exposé les pansements du D*" lodliowski, 
les instruments de M. Weissbium, etc. 

M. Sltickgold, amateur, a exposé un modèle de petite 
pharnlacie de famille; les sœurs Slavinck, des batteries 
électriquels et de l'eau ferrugineuse artificielle, etc. 

M; Osinski a exposé un appareil ingénieux (analogue 
à ceux qui fonctionnent dans certains cimetières d'Italie 
aux frais des particuliers, mais bien plus perfectionné), 
pour la révélation de la mort apparente. Il s'adapte aux 
doigts du mort ou du soi-disant tel, et met en mouvement 
une forte sonnerie, mue par une batterie électrique, dès 
qu*iî se produit la moindre secousse musculaire 

Le D' Krajevvski a exposé, à ses frais, une salle d^ opéra- 
tion, assez analogue à celle de l'Enfant- Jésus, avec tables 
opératoires, pansements, irrigations, flacons antiseptiques, 
ligatures, gazes antiseptiques et ouates préparées, lavabo 
spécial pour la désinfection des mains de l'opérateur, vête- 
ments spéciaux hygiéniques pour l'opérateur et ses aides, 
instruments variés, etc. 

(Parmi les exposants de celte section, nous avons remar- 
qué l'un de nos compatriotes, M. Barrié, cordonnier ortho- 
pédiste, établi à Varsovie depuis plus de 2S ans, et, d'après 
ce qu'on nous a dit, homme de bien avant tout. Ses formes 
pour le pied normal et pour le pied déformé nous ont 
paru des plus soignées. ) 

(A suivre.) ,^^^,,^^,,,^,^,,,^^ ^^ ^- Monin. 

Livrés offerts en don à la Bibliothèque 
de la Société. 

M. Henri Baiioy. Les Eaux minérales de Saint^Dié. 
Étude historique et documents scientifiques. Broch in-8^ 
Saint-Dié. 1887. 

(L'auteur a eu la pensée patriotique d'appeler l'attention 
des hydrologues et des médecins sur les eaux du Petit Saint- 
Dié qui appartiennent à la classe des ferrugineuses crénatées^ et 

ui sont au même genre que celles de Forges, de Bussang. 
e Provins. 

La découverte de ces sources remonte à l'époque romaine, 
et ce fut auprès d*eiles que le fondateur et patron de Saint- 
Dié, l'évêque Dieudonné, vînt plus tard chercher sa dernière 
retraite. 

t Saint-Dié occupe le centre d'un vallon très agréable au 
pied des montagnes des Vosges. 

i Ce vallon qui a deux lieues d'étendue, est appelé le Val 
Saint-Dié. Une rivière abondante en poissons delicals, par- 
court, en serpentant, toute la plaine : ses eaux vives et nm- 
pides y entretiennent la fraîcheur et la fertilité des prairies. 
Les montagnes qui terminent le Val sont couvertes d'arbres 



3; 



que respectent les froids les plus rigoureux. Toujours revê- 
tus de verdure, ils présentent aux yeux, dans la saison des 
frimas, Tadmirabie contraste de Thiver et du printemps. Aux 
agréments de la situation, Saint-Dié jouit encore a'autres 
avantages. L'air qu'on y respire esi si salubre et si pur, qu'on 
y parvient communément à l'extrôme vieillesse, sans en 
ressentir les infirmités. » (Nicolas, 1779.) 

« Depuis cette époque déjà lointaine, ajoute M. Bardy, le 
pays de Saint-Dié est toujours un des plus pittoresques,' des 
plus magnifiques et des plus dignes de toutes les admira- 
tions des amis de la nature, mais la ville a beaucoup gagné 
à son avantage. Coquette et gracieuse el^e s*élale sur les 
deux rives de la Meurthe, au pied de vertes montagnes, au 
milieu d'un splendide paysage. ») 

M. Paul Christmann : LaNatalion et les Bains, suivi de 
quelques indications sur far^ denaqer, 1 vol. in-I2, illus- 
tré par Genilloud. Librairie Alcide Picard et Kaan. Paris, 

1887. 

(Le problème que s'est attaché à résoudre notre distingué 
collègue de la Société peut se formuler en ces termes : « Nager 




désirer et y habituer tout le monde ». 

Ajoutons de suite que ce problème a été résolu par Tin- 
staliation des piscines de natation de la rue Château-Landon 
et du boulevard de la Gare, c L'idée des piscines de natation, 
écrit M. Christmann, n'est pas nouvelle; et sans vouloir re- 
monter aux Romains, et à leurs thermes célèbres, c'est avec 
une légitime satisfaction que nous constatons que la première 
pii>cine moderne a été construite dans notre pays ». 

Voici ce qu'écrivait en 1783 Nicolas Roger, plongeur de pro- 
fession dans le chapitre « Une école de nage, » de son Essai 
sur Vart de nager, 

« Nous n'avons pas en France d'école de nage. Mais en 
a-t-on ailleurs? 

» Je désirerais que nous en eussions une ouverte dans tous 
les mois de Vannée. La pompe à feu de Chaillot pourrait en 
fournir le moyen. Jl s'y perd une quantité considérable d'eau 
brûlante; quoi de plus simple que de creuser quelques bas- 
sins et d*y recueillir cette eau? Si elle est trop chaude on en 
mettrait de froide. » 

Nous félicitons M. Christmann de cette réminiscence, car 
il est bon qu'on s»che à Londres, à Berlin, à Vienne, à Bruxel- 
les, à Buda-Pest, etc., qu'ils ont appliqué et généralisé une 
idée française.} 

Statistique oes Œuvres et Établissements de biew- 
FAiSANCE (opère pie). — Grand in-folio de 654 pages. 
Publié par les soins de la Direction générale de statis- 
tique du Royaume (Commandeur L. Bodio). Rome .1887. 

(Nous avons déjà eu l'occasion de parler des résultats de 
IVnquéte de la Commission royalo instituée par décret du 

3 juin 1880. Le présent volume est consacré a la Lotobardie 
avec ses huit provinces: Milan, Côme, Mantoue, Pavie, Son- 
drio, Brcscia, Bergame et Crémone. 11 donne la situation dos 
opère pie au 31 décembre 1880 et il énumère les legs de 
bienfaisance faits dans la période quinquennale 1881-%. 

En résumé, au cours de ces vingt dernières années, les œu- 
vres dé bienfaisance dans leurs variétés de manifestations ou 
lypes (hôpitaux, hospices, asiles infantiles, écoles, collèges, 
orpheUnats, maisons de retraite) se sont accrus en propor- 
tion notable dans les huit provinces : 380 et 308 pour celles 
de Côme et de Milan, 41 et 24 pour celles de Brescia et de 
Sondrio. 

L'augmentation porte principalement sur les hôpitaux (de 
113 à 149), et sur les asiles infantiles (de 21 à 126)* 

La philanthropie et la bienfaisance sont inépuisables dans 
cette riche Lombardie qui compte en outre 4 hospices marins, 

4 asiles pour les enfants du i"^ âge, et des instituts pour les 
enfants fachitiques (Milan), pour les aveugles (Côrûe), pour 
les sourds-muets (Crémone). 

(Comptes rendus du Secrétariat.) 
Propriétaire-Gérant : D^ de Pietra Santa, 



IMPRIMBRIB CHAIX. — M, RIE UBROKRB, PARIS. — 345i-2*8. 



Il* ANNEE. — 13* VOLUME. 



Naméro 596. 



JECDI 23 FÉVRIER 1888. 



JOURNAL D'HYGIÈNE 



SDilMAIKH : Annuoire siatisUiiue de la France (10* aonée 1887). — Manuel de Tlnspecteur des viondes (Villain et BAsœu). — Par Monts et 
par V&uï^ ' FeuUtetan— Photographie et Météorologie (Janssen). — En Finlande : Les ateliers des enfants mendiants à Helsingfors. 

— Les Colorvieâ de vn^iances. etc. (S. Asp). —Les Enfants Canadiens, — Bulletin de la Société française d'Hygiène : Bureau de 
la Société française dllygiC^r^e (1888) et Comités d'études. — Rai>pori de la Commission des Finances. (Exercice 1887; Budget pool* 1888). 

— L*Eïp03ilioo d'bygièn** de Varsovie (suite et fin) (Monin). 



Paris, ce 25 Février 488S. 

Annuaire statistique de la France. 

DÏKIÈMK ANNÉE — 1887 (1) 

Nous ne serons démenlis par personne en affirmant que 
cette publication est Tune des plus remarquables et des 
inieuï réussies du genre, parTheureuse distribution des 
matières, par la clarté des tableaux, par la précision des 
détails et de la table alphabétique des matières. Toutefois 
elle n^échappe pas aux deux reproches que Ton peut 
adresser à la plupart des Annuaires des autres contrées 
de l'Europe: d'une part, les chiffres statistiques fournis 
se rapportent à une période déjà un peu éloignée (c*est 
ainsi que pour le volume actuel, la plus grande partie des 
documents qu'il renferme se rapporte à l'année 1884, un 
seul même remonte à i883). 

D*autre part, les tableaux très bien agencés d'ailleurs, 
tie sont pas accompagnés d'un texte sommaire les résu- 
mant, ou mettant en évidence les faits les plus saillants. 

Si nous sommes bien informés, cette lacune sera pro- 
ctiainement comblée par M. Loua, le savant Secrétaire 
général de la Société de statistique de Paris, qui nous don- 
nera ainsi dans un volume personnel d'une centaine de 
pages la quintescence des Annuaires de la France, en les 
mettant à la portée des n?oins experts en lecture de 
tableaux et de chiffres. 

[1) VoL grand in-8* de 722 pages. Imprimerie nationale. Paris, 1887. 



Les matières de ce volume, en ce qui rentre plus par- 
ticulièrement dans notre cadre d'études, sont ainsi détail- 
lées aux dates indiquées : 

L Territoire et population (1886). 

II. Mouvement de la population et émigration (1884). 

VL Etablissements pénitentiaires (1883). 

VU. Assistance publique (1884). 

IX. Instruction publique (1884-188S). 

XXII. Octrois et consommations. 

XXIII. Algérie. 

Relevons actuellement dans les tableaux spéciaux les 
renseignements afférents à chacun desdits chapitres, 
(renseignements toujours utiles à consulter pour les 
recherches ultérieures), en faisant mention des tableaux 
rétrospectifs qui témoignent du parallèle, ou comparaison, 
entre le présent et le passé. 

I. — La France actuelle, avec son étendue territoriale 
de 52,883,490 hectares, comprend 8*7 départements, 362 
arrondissements, 2,871 cantons, et 30,121 communes 
(dont 17,181 au-dessous de SOO habitants; — 14,307 de 
de 501 à 1,500 habitanfs; — 180 de 10,001 à 30,000 ha- 
bitants). 

Sa population, d'après le dénombrement de l'année 
1886, déclaré authentique par décret du S janvier 1887, 
s'élève à 38,218,903 habitants (37,103,689 Français et 
1,115,214 étrangers), ce qui donne pour la population 
spécifique la proportion de 72.27 habitants par kilomètre 
carré. (Le dénombrement de l'année 1881 donnait le 
chiffre de 37,672,048 habitants.) 

Le résumé rétrospectif indique ainsi les augmentations 



FEUILLETON 
Photographie et Météorologie. 

Dans l'article que nous avons consacré dernièrement 
aux merveilles de la vhoiographie, en parlant des belles 
épreuves de la /owdre ootenues par M. Moussette, à Auteuil, 
nous avons indiqué toute leur importance pour l'étude de 
h météorologie scientifique. 

Ces appréciations sont hautement confirmées par la 
remarquable communication faite à l'Académie des scien- 
ces par son illustre président M. Janssen. 

Pendant un récent séjour à l'Observatoire du Pic du 
Midi d'Ossau (M. Vaussenat, directeur) à l'effet de contrô- 
ler ses études a sur l'absorption élective de Voocygène », 
M. Janssen a eu la bonne pensée d'utiliser la présence 
d'un habile praticien de Pau, M. Lamazouène, pour obtenir 
la photographie des phénomènes atmosphériquesdontcelte 
station élevée offre des tableaux parfois si satisfaisants : 

« Mon but, a-1-.il dit, en présentant ces épreuves qui ont 
fait l'admiration de toute l'assistance, était surtout d'atti- 



rer Tatlention des météorologistes et des observateurs sur 
les applications importantes à moif sens, que la photo- 
graphie peut recevoir ici (1). b 

Voici comment les Comptes rendus résument cette com- 
munication. 

d La Photographie apportera à la Météorologie — envi- 
sagée ainsi qu'on tend, avec si juste raison, à le faire 
actuellement, comme une science indépendante devant 
être cultivée pour elle-même — des éléments de discussion 
précieux et variés : 

» 1<^ En donnant des phénomènes des images d'ensemble 
sur lesquelles ces phénomènes peuvent être discutés, et 
qui donnent une valeur toute nouvelle aux éléments mé- 
téorologiques observés ; 

» 2*^ En permettant dans des cas particuliers, et par l'em- 
ploi de méthodes appropriées, des mesures de distance, 
de hauteur, de dimension des nuages, des météores, etc. ; 

(1) Quatre photoeraphies formant panorama présentent le développe- 
ment de toute la chaîne pyrénéenne, vue du Pic, le 4 octobre au lever 
du soleil. Le n** 5 montre les pentes neigeuses du Pic du Midi ; 
d'autres montrent des efTels très intéressants de coucher de soleil. 



86 



JOURNAL D'BYGIÈNE 



successives de la population ramenée au territoire actuel 
de la France. 



4836. 
4866. 
1886. 



32.759.829 
36.495.489 
38.218.903 



II. — PourFannée 1884. voici les chiffres des divers élé- 
ments qui constituent le mouvement de la population. 

1^ Mariages 289,555 

2» Naissances 937,758 

Garçons. 479 , 339 dont 38,883 naturels. 

FlUes. . 458,419 — 36,871 — 
(Accouchements doubles := 19,456; accouchements triples 
= 240. ^ 

3« Mort-nés 45,286 

4« Décès 858,764 

Sexe masculin 446,555 

— féminia 412,229 

La répartition de ces décès par âge (principaux âges) et 
par sexe 

Sexe naseirlio. Seie ffminio. 



Au-dessous de 1 an . 
De 1 à 5 ans. 
De 20 a 25 ans . 
De 55 à 60 ans . 
De 80 à 85 ans . 
De 90 et au delà . . 



91,481 
42,061 
12,709 
i2,265 
20,605 
2,079 



74,462 
39,974 
12,658 
18,770 
23,000 
3,649 



Récapitulation par grandes catégorie» de population : 



lariagei. Raisstjiees. 



Département de la Seine. 
Population urbaine. . . 
Population rurale . . . 

Totaux . . . 



25,257 

75,542 

185,756 

289,555 



80,270 
272,156 
585,332 



Décès. 

72^35 
271,524 
514,725 



937,758 858,764 



Le relevé rétrospectif des naissances et des décès donne 
de 1861 à 1884: 

ffaisiaoces. Décès. 



^861 1,005,073 

^872 966,000 

^877 944,570 

4883 937 944 



866,587 

793,064 

. 801,456 

841,141 

D'où cette conclusion regrettable : abaissement sensible 
et constant de la natalité, pendant que la mortalité reste 
stationnaire, c'est-à-dire oscille autour des mêmes chiffres 
proportionnels. 



Le tableau de Y Émigration nous apprend que le nom- 
bre des énâigrants français a été de 6,100 : 

6,086 pour la France, 
14 pour rAlgéric. 

Les départements à plus fort contingent sont : 

Basses-Pyrénées *. . 1,356 

Hautes-Pyrénées 383 

Seine 364 

Gironde 270 

Savoie 240 

Corse i33 

Les départements qui en ont fourni le moins sont : 

La Vendée 9 

L'Orne g 

Le Morbihan 6 

La Dordogne 6 

L'Indre 4 

Les émigranls sont répartis par port d'embarquement : 

Le Havre 2,231 

Marseille 277 

Bordeaux 3,592 

Les pays de destination sont par ordre d'importance de 
l'émigration : les États-Unis de TAmérique du Nord, la 
(Confédération Argentine, le Brésil, les Antilles et le 
Clanada. 

VI. — Les établissements pénitentiaires de la France 
comprennent : 
!•* Les maisons centrales et dépôts de forçats; 
2** Les maisons d'éducation correctionnelle ; 
3» Les chambres et dépôts de sûreté, maisons d'arrî5t, 
de justice et de correction des départements. 

i^ Les maisons centrales, y compris les pénitenciers 
agricoles de la Corse, sont au nombre de 24 dont 18 affec- 
tés aux hommes et 6 affectés aux femmes. 

L'effectif général au 31 décembre 1883 était de 
15,313 détenus (13,120 hommes et 2,103 femmes). 

2*» Les maisons d'éducation corrreciionnelle pour les 
jeunes détenus sont au nombre de 38 établissements 
publics, 11; établissements privés, 27 avec une population 
de 6,033 garçons. 

Les établissements affectés aux filles, sont au nombre 
de 21, dont un seul, celui de Rouen, est établissement 
public, avec une population de 1,418 tilles. 



.^ 



» 3<> En ouvrant aux études toute une voie de mesures 
photométriques de la lumière des astres dans ses rapports 
avec l'atmosphère ; 

» 4** En permettant de léguer à l'avenir un ensemble de 
documents utilisables, quel que soit le poiiit de vue que 
les progrès de la Science amènent à considérer. » 

Janssen 

^^^^^^^^^^^^^^___ (de rinslitut). 



En Finlande, 

LES ATELIERS DES ENFANTS MENDIANTS A HELSINGKORS — LES COLONIES 
DE VACANCES — L'ÉTABLISSEMENT MÉDICO-MÉCANIQUE 

Parmi les documents étrangers recueillis par notre zélé 
collaborateur M. Hamon pour la récente Exposition d'Hy- 
giène de l'enfance, figurait une brochure du D' Georg Asp, 
sous ce titre ; « Quelques notices sur l'hygiène de r enfance 
à tielsingfot*s (1). » 

(1) Helsingfops, la capitale du grand-duché de Finlande, dont la fonda- 



A cet intéressant travail dont nous respecterons Torigi- 
nalité du style, nous emprunterons quelques détails rela- 
tifs aux ateliers des enfants mendiants (I) ; aux colonies 
de vacances (II); à l'établissement de gymnastique du 
D' Asp (Ui). 

1 

« C'est un fait connu déjà depuis longtemps qu'une des 
raisons principales delà pauvreté et de la démoralisation 
dans nos grandes villes, est la^aresse ainsi que le manque 
de goût pour un travail sérieux qui caractérise les enfants 
de notre classe ouvrière, surtout ceux qui sont élevés dans 
les villes. De là provient la mendicité, qui pétant un métier 
profitable, est exercée toujours dans de plus grandes 
dimensions, et d'autant plus qu'elle est tolérée par la société. 
L'assistance publique, très étendue de nos jours, a fait 
de grands sacrifices aux pauvres, mais elle est au fond 

lion remonte au roi Gustave I«' de Suède (1550), compte aujourd'hui 
environ 50,000 habitanls pour U plus grande part Suédois et Fii|^is. 



JOURNAL D'HYGIÈNE 



87 



3» Cliamlires et dépôts de sûreté: 3,1 11, avec 68,009 
journées de détention; maisons d'arrêt et de justice: 
38Î, population ^4,458 (dont 3,913 femmes). 

La transportalion à la Guyane et à la Nouvelle-Calé- 
donie rournit les renseignements ci-jojnts pour la période 
de imf au 3i décembre 1883. 

Eotrés ^So rt it 

décédés. éTidés on disparus. 

Guyane 24,170 12,148 3,140 

Nouvelle-Calédonie, 15,209 3,263 362 

RésuniL* rétrospectif général de la population détenue 
dans les établissements pénitentiaires en France et aux 
colonies : 

Total général. 

1832 60,243 

1862 55,821 

1872, p .i ...••••• • 62,703 

1882 60,556 

1883 60,702 

VU. — Le chapitre consacré à Tassistance publique 
comprend: 1" les bureaux de bienfaisance; 2® les hôpi- 
taux et hospices; 3° les enfants assistés; 4^ les asiles 
d'aliénés. 

I" Le nombre des bureaux de bienfaisance sur tout le 
territoire de la France ayant fonctionné dans Tannée 1884, 
s'élève à 14J00. Ils ont secouru 1,443,320 individus. 

Les recettes de toute nature (revenus propres; subven- 
tions des communes; charité publique) ont été de 
oÛ,682J09 francs; et les dépenses de 34,480,008 francs 
Les placements en immeubles ou en argent montent à 
environ 20 millions de francs. 

La situation générale des bureaux de bienfaisance a 
donc été en 1884 à peu près le même que dans les années 
prt^édentes 1883, 1882 et 1881. 

2° Hôpitaux et hospices. — Nombre des établissements. 
— Personnel. — Budget. 

Le nombre des établissements hospitaliers (hôpitaux, 
hôpilaux-hospiccâ et hospices) répartis dans les 87 dépar- 
tements est de lj6S4 (il était en 1880 de 1587). 

Le cliiffre du personnel (médecins et chirurgiens, reli- 
gieuses, employés, servants) s'élève à 29,177 personnes. 



Le nombre des lits affectés au service a été de 169,123 
(164,903 en 1880). 

Leur budget annuel (fonds libres non compris) est ainsi 
établi : 

Recettes. .Fr. 111,016,764 (en 1880: 105,102,608) 
Dépenses. . . 113,600,462 ( — 103,330,452) 

Ainsi en 1884 avec une recette de plus de 6 millions 
sur Tannée 1880, on arrive à avoir un déficit de plus de 
2 millions. Voilà le résultat le plus net des réformes hos^ 
pitalières à Tordre du jour! 

Celte situation est plus caractéristique pour le départe- 
ment de la Seine (Paris, 42élabl. hospit.). 

Pour un total de 26,833 lits affectés au service, on a 
un personnel de 3,911. Les recettes sont de 39,163,354 fr. 
et les dépenses de 41,896,968, d'où résulte un excédent 
de dépenses d'environ 2 millions. Quant au mouvement 
des malades il est ainsi établi : 

Naïades traités. Guéris. Décédés. 

Hommes .... 262,351 212,153 24,024 

Femmes 138,939 106,936 15,138 

Enfants 52,526 40,618 5,325 

453,816 359,707 44,487 

Soit une mortalité annuelle de 9.80 pour 100 malades 
traités ! 

3^ Enfants assistés. Le total des enfants assistés de toute 
catégorie (existants et admis en 1884) est pour toute la 
France de 61,078 dont 31,978 garçons. 

Le seul département de la Seine figure dans ce total 
pour 18,476 enfants assistés. 

Le nombre des décédés tant à Thospice qu'à la cam- 
pagne est de 3,169, soit une proportion de mortalité de 
8.20 0/0. 

Le budget des enfants assistés est ainsi résumé : 

Ressources du service : 16,242,084 francs. 

Dépenses pour les élèves des hospices. . 11,224,202 
Dépenses pour les enfants secourus tempo- 
rairement • • • 5,119,141 

En étudiant le tableau rétrospectif du mouvement géné- 
ral des enfants assistés pendant la période 1872-1884, on 
constate les oscillations suivantes: minim'a et maxima. 



aussi souvent irréfléchie qu'indifférente. Ce n'est pas 
Taumimc — secours du moment — qui soutient le pauvre 
dans son combat pour Texistence, mais un secours durant 
des années entières en formes d'éducation et d'instruction 
dans un travail pratique, et cela même de génération en 
girnératjon. L'édncaticn des enfants est souvent très pénible 
au pauvre et cela d'autant plus que beaucoup de parents la 
regardent comme inutile^ d'où vient que les petits gran- 
disant sans inâtructiou. C'est ici que la bienfaisance 
publique â un vaste terrain pour son activité, avant tout 
par la fondation d'ateliers pour les enfants mendiants. La 
snciété^ aussi bien que Tindividu, profite de cette espèce 
d assistance. Prenant cela pour base. Ton en a déjà établi 
dan» plusieurs villes de la Finlande. 

• L'atelier des Enfants mendiants à Helsingfors, ouvert 
1*^ 3 janvier 1883, a pour Imt de retirer les enfants pauvres 
de la mendicité et de leur donner des soins, de l'occupa- 
tîoû et une nourriture frugale, mais saine. 

B A l^établissement sont accueillis des garçons et des 



filles âgés de 8 à 14 ans. Dans les mois d'été on met au 
service les enfants de notre ville âgés de 12 ans «tau-des- 
sus, si cela se peut. Les enfants natifs d'autres endroits 
sont renvoyés à la campagne. 

» Un enfant, une fois entré dans l'asile susdit, n'a pas 
le droit de le quitter avant l'heure de sortie du soir, excepté 
les enfants qui fréquentent quelque école et qui en ont la 
permission. L'intendante de Tasile est tenue de veiller à 
ce que les enfants aillent ponctuellement à Técole, en cas 
contraire elle peut, après en être convenue avec l'institu- 
trice de Técole respective, faire, selon les circonstances, 
un autre arrangement. 

» Au plan des travaux sont en premier lieu relevés les 
ouvrages manuels qui contribuent à développer la réflexion 
de Tenfant, à exercer la propreté et Tordre, et particuliè- 
rement les occupations qui ont rapport à la vie du peuple 
et à celle dans les familles, pour les besoins journalier^ 
comme tricotage, couture de linge, filage, métier de cor>^ 
donnier, et de tailleur, raccommodage d'habits, ouvrages 



'vy^t 



88 



JOURNAL D'HYGIÈNE 



Niniffli. 



Naiimi. 



Déparlement de la Seine. 16,033(1883) 20,230(1872) 
Autres déparlemenis . . 40,468(1881) 57,623(1872) 
France entière 57,046(1881) 77,852(1872) 

4*> L* Annuaire donne au chapitre aliénés (1884) trois 
tableaux: — Le mouvement général des aliénés, par 
établissement, avec résumé rétrospectif (1871-1883). — Le 
mouvement général des aliénés par genre d'aliénation. 

— Les aliénés à la charge de chaque département. 

Ce qu'il nous faut enregistrer ici de préférence c'est le 
nombre des établissements, et le chiffre des aliénés qui 
ont passé dans ces établissements pendant Tannée 1884. 
11 existe en France 1 asile national (Charenton), et 47 
asiles départementaux dout les plus importants sont 
ceux de la Ville-Evrard (S.-et-O.) (2,432 pensionnaires). 

— Maréville (Meurthe-et-Moselle) (1,8S1 pens.). — Bron 
(Rhône) (1,736). — Saint-Pierre Marseille (Bouc|ies-du- 
Rhône) (1,352). — Prémontré (Aisne) (1,026). — Vaucluse 
(S.-et-Oise) (1,520). — Bailleul (Nord) (1,394). — Saint- 
Yon, Rouen (Seine-Inférieure) (1,220).— Toulouse (Haute- 
Garonne) (1,026). — Armenlières (Nord) (1,896). 

Le nombre total des existants et des admis eu 1884 a été 
de 40,73o; celui des guéris de 2,034; celui des décédés de 
4,030, soit 9.80 décès pour 100 malades. 

IX. — Les divisions naturelles du chapitre Instruction 
publique sont : 

1* L'enseignement primaire; 2« l'enseignement pri- 
maire supérieur; 3^ l'enseignement secondaire; 4^ l'en- 
seignement supérieur. 

1^ Nous ne nous occuperons ici que des écoles mater- 
nelles, et résumerons le tableau rétrospectif de l'ensei- 
gnement primaire dans ses grandes lignes. 

Le nombre total de ces écoles (publiques ou libres) pour 
toute la France était pour l'année scolaire 1884-85de 5,731 
(1,992 écoles laïques et 1,992 congréganistes); le total des 
élèves s'élevait à 719,090 dont seulement 276,878 laïques. 

Voici à trois dates différentes les résultats chiffrés de la 
situation (toutes écoles). 

* ' * Ecoles. ïïltres. Eièies. 

1876-77. . . . 71,547 IICVIOO 4,716,935 
1880 -81. . . . 74,441 122,760 5,049,363 
1883-84. . . . 78,456 132,580 5,468,681 



4^ La France possède seize Facultés des sciences, 
octroyant trois grades : baccalauréat , licence, et doctorat. 
Les grades conférés en 1884, ont été les suivants : 

Baccalauréat complet et restreint. . . « 3,348 

Licences 330 

Doctorat 19 

La Médecine est enseignée dans trois Facultés (Paris, 
MontpelUer, Nancy), et dans trois FacuUés mixtes de 
médecine et de pharmacie (Lyon, Lille, Bordeaux) 
(3,310 inscriptions). 

La Pharmacie a trois écoles supérieures et trois Facultés 
mixtes (3,923 inscriptions). 

Les écoles préparatoires de médecine et de chirurgie 
sont au nombre de 18, dont 2 de plein exercice (4,06? 
inscriptions). 

En 1884, ces Facultés et Écoles supérieures ont reçu : 

601 docteurs en médecine, 
115 officiers de santé, ^ 
432 pharmaciens ^l'' et 2°»« classe), 
495 sages-femmes (2«»» classe), 
54 herboristes (1" et 2'n« classe). 

XXII. — Octrois, consommations. 

Laissant de côté la partie afférente aux octrois, nous 
enregistrerons quelques chiffres généraux relatifs aux 
consommations principales dans les villes chefs-lieux de 
département(l<>painet vin, 2«alcool, •cidre,bière, 3*» viande 
de boucherie). 

Nous donnons ici les chiffres de consommation annuelle, 
par tète, dans 11 départements pris au hasard : 2 au nord, 
2 au midi, 2 au centre, 2 à Test, et 2 à Fouest et 1 Ile de 
Corse. 

p.- vj- Aleoolpar Bière Viandes 

"*"' '"'• etbqoeors. et cidre, fraîches. 

kilog. litres litres litres kilog. 

Pas-de-Calais ... 183 33 5.1 311 69 

Oise 237 85 8.8 15 68 

Pyrénéet^rientales. 231 137 7.6 13 81 

Bouches-du-Rhône . 210 184 6.1 92 63 

Gironde 166 212 4.9 8 65 

Charente 152 200 3.6 . 15 64 

Canlal 207 158 4.5 9 74 

Allier 165 151 6 12 76 

Savoie 166 24^ » 6 68 

Basses-Alpes. ... 155 140 5.3 7 70 

Corse 179 80 1.5 47 31 



de fillo, à nettoyer et à arranger les chambres, etc. Les 
élèves sont aussi obligés de prêter la main aux besognes 
du ménage de rétablissement. Le chant a été admis comme 
l'élément ennoblissant Tâme du pauvre enfant. Pour sou- 
tenir la force vitale et les bonnes dispositions innées, la 
gymnastique sera aussi à l'avenir introduite. On leur 
apprendra de môme à tailler au couteau et à faire au tour 
des objets en bois. 

» En fait de bains, on en donne aux frais de TétaWisse- 
ment chaque semaine à un certain nombre d'enfants, et 
les plus pauvres reçoivent en cas de maladie des médica- 
ments. 

» Les dépenses de l'asile se couvrent, tant qu'il est pos- 
sible, par les sommes annuellement allouées par la Caisse 
d'Épargne, la Compagnie du débit des boissons alcooliques 
et la Municipalité. 

» Une Direction formée de sept Dames a la surveillance 
de rétablissement et de sa caisse. 

» Le personnel d'instituteurs de J'Atelier des Enfants 



mendiants est engagé à appointements par la Direction. 
Le devoir de Tintendante est de veiller à ce qu'un très 
bon ordre règne dans l'asile. On lui donne pour cela, 
quant aux enfants, le pouvoir d'une mère de famille. 

» L'Atelier des Enfants mendiants est ouvert de 8 h. 
du matin à 6 h. du soir. Le déjeuner est servi de 8 à 9 h. 
et le dîner de 2 à 3 h. 1/2. Les élèves plus avancés en 
âge prennent part à l'arrangement de chaque jour; ils 
montent l'eau et le bois à brûler et, à tour de rôle, aident 
une semaine entière aux soins du ménage. 

» Vers le 22 décembre l'on y arrange une fête de Noël 
avec chant, prière et distribution d'étrennes qui con- 
sistent en des habits confectionnés par les élèves eux- 
mêmes. 

» L'entretien d'un tel établisssement serait trop cher 
durant toute l'année, et comme les parents pauvres trou- 
vent en été plus facilement leur gagne-pain et par consé- 
quent peuvent nourrir leurs enfants, l'Atelier des Enfants 
mendiants est fermé du 1*' juin au 1" octobre. » 



JOURNAL D'HYGIÈNE 



Le département où Ton consomme le phis de pain est 
la Haate-Loire (334 kilog. par tète), les deux où Ton en 
consomme le moins sont le Lot et le Lot-et-Uaronne (109 
etlli kilog. par tête). 

C'est dans les Alpes-Maritimes que l'on consomme le 
plus de vin (288 litres par tête). Les départements où l'on 
en consomme le moins sont le Nord (17 litres par tête), 
la Mayenne el le Calvados (28 litres par tète). 

Les départements où Ton consomme le plus d'alcool 
sont : la Seine-Inférieure (15 litres par tête), l'Ille-etr 
Vilaine (14 lit. 4), le Calvados (14.1). 

La plus forte consommation de bière a lieu dans les 
départemento du Pas-de-Calais (311 litres), du Nord (298 
litres), des Ardennes (238 litres), de la Somme (108 litres). 

Les départements qui consomment le plus de cidre, 
sont : rille-et-Viiaine (448 litres), les Cdtes-du Nord (402 
litres), la ^Mayenne (282 litres), la Manche (280 litres). * 

Les départements qui montent, en tète de liste, par 
la plus grande consommation de viande, sont la Haute- 
Marne (avec 12S kilog. par tête), le Morbihan (111 kilog.), 
les Basses-Pyrénées (108 kilog.)tCeux qui occupent le bas 
de l'échelle sont le Lot (avec 49 kilog. par tôte), la Loire- 
Inférieure (4i), la Corse (31 kilog.). 

Dans le département de la Seine la consommation 
moyenne est de 76 kilog. par tête. 

D'une manière générale on peut dire que la eonsom- 
mation moyenne de viande pour toute la France oscille 
entre 60 et 6S kilog. 

XXIII. Algérie. 

D'après le dénombrement de 1886, la population est 
ainsi répartie dans les trois départements de l'Algérie : 

Département d'Alger (territoire civil 

et territoire de commandement). 1,380,541 hab. 

Département d*Oran 963,439 

Département de Constanlino .... 1,566,419 

Total. . . . 3,910,399 hab. 

En augmentation de 98,489 habitants sur le recense- 
ment de 1881. Voici la population des villes chefs-lieux * 

-\lger . ^ 74,79î hab« 

Oran 67,681 

Constantine 44,960 



La population européenne moyenne est ainsi établie 
dans chacun des trois départements. 

Département d'Alger 444.767 hab. 

— d'Oran . • 144,142 

— de Constantine ICI ,621 

En décomposant ces chiffres on trouve que dans les 
totaux sont compris : 

166,364 français, 

34,585 israelites naturalisés, 
104,179 espagnols, 

30,007 italiens, 

14,857 maltais, 
5,357 allemands, 

i 9 , 764 autres étran^rs. 

Parmi les établissements hospitaliers de l'Algérie flgu* 
rent 9 orphelinats (3 dans chaque département), ayant 
présents au !•' janvier 1884, 202 garçons et 583 filles. 

Le total général des enfants assistés est de 1,09S pour 
les trois départements, dont 601 au-dessous de 12 ans. 

D' DE PiETRÀ Santa. 
Manuel de l'inspecteur des viandeSi 

Par YiLLAiN et Bascou (i). 

Le succès du très original et si utile Manuel publié, il 
y a deux ans (2), sous Thabile direction de M. Villain, le 
savant Chef d'inspection du service de la boucherie à Paris, 
a engagé son auteur à faire paraître un C!omplémentde cet 
ouvrage, en attendant qu'il nous offire un traité complète- 
ment refondu. Ce n'est pas chose facile de s'engager dans 
une partie encore si peu explorée de la science (aussi 
neuve, littérairement parlant), et nous sentons fort bien 
la nécessité de procéder lentement et par étapes succes- 
sives, nécessité à laquelle obéissent M; Villain et ses colla- 
borateurs. Ils préfèrent, comme le disait un ancien : ic m- 
tere gradus quam progredi per tenebras. » Ce n'est point 

(1) Ccmplément. Avec la ooUaboration de MM. Lafourcade, Moule 
et A. Méraax. (Georges Carré, éditeur, 1888.) 

(2) Voir Journal d^Hygiène^ vol. IX, p. 513 et 536. 



II 

t Pour les écolières de l'école supérieure suédoise des 
demoiselles à Helsingfors, qui dirant l'année scolaire sont 
obligées de mener une vie sédentaire, et qui par la nature 
de leurs ouvrages sont retenues une grande partie de la 
journée dan's la maison, l'emploi du temps des vacances 
d'été est de la plus grande importance. En Finlande, où 
ces vacances durent trois mois, juin, juillet et août, les 
habitants aisés des villes profitent ordinairement de ce 
temps pour le passer à la campagne. Aussitôt que les clas- 
ses sont terminées, des familles entières quittent la ville 
et n'y retournent qu'à la fin des vacances ; car, malgré toutes 
tes mesures hygiéniques que Ton prend de nos jours dans 
les villes, l'air ne peut y être ni aussi pur, ni aussi rafraî- 
chissant qu'à la campagne. Les enfants ne peuvent non 
plus avoir la même liberté de se mouvoir en plein air 
comme à la campagne dans les bois et dans les champs. 
Mais tandis que les gens vivant dans l'aisance peuvent 



procurer à leurs enfants tous ces avantages, plus néces- 
saires dans notre climat qu'aillears, les parents pauvres 
n'ont pas les moyens de faire la même chose pour les leurs, 
el cependant un changement d'air et de séjour est d'une 
plus grande importance pour les enfants des pauvres, parce 
que leurs habitations dans là ville, par des raisons com- 
préhensibles, sont bien moins appropriées à conserver la 
santé que les appartements spacieux des personnes aisées. 
Pour remédier, au moins en quelque manière, à cette dis- 
proportion et afin de trouver moyen de procurer à des 
élève» moins aisées, surtout à celles qui ont une constitu- 
tion délicate ou une mauvaise santé, l'avantage de profiter 
de l'influence bienfaisante de la vie champêtre, les maî- 
tres, les maîtresses et les élèves de l'Ecole supérieure sué- 
doise de demoiselles à Helsingfors, ont travaillé en com- 
mun avec le Conseil de cette école pour fonder, peu à peu 
par des contributions volontaires et des collectes, des fonds 
qui se sont agrandis toutes les années par de nouvelles^ 
contributions. Dans ce but, des élèves (anciennes et actu- 



90 



ÏODRNAL D'HYGIÈNE 



nous qui les en blâmerons : notre lâche serait, en effet, 
bien plus facile et bien plus profitable, s'il ne sortait des 
imprimeries que des travaux aussi longuement mûris et 
d'une vérité aussi définitive que peuvent le permettre les 
fluctuations incessantes delà biologie. 

Dans le Complément dont il nous est agréable de rendre 
compte, aujourd'hui, à nos collègues, les auteurs exami- 
nent successivement : 

Chapitre I : les saisies des viandes et leur justification 
d'après les données actuelles de la science; 

Chapitres II et lit: l'importance de l'examen sur pied, 
la détermination de l'âge du veau ; 

Chapitre IV: les abattoirs; 

Chapitre V: introduction à Tétude des viandes impro- 
pres à la consommation; 

Chapitre VI: soufflage des viandes; 

Chapitre VII : parasites de la viande ; 

Chapitre VIII: pertes de poids subies par les viandes 
sous l'action de la cuisson; 

Chapitres IX et X : cahier des charges pour fournitures 
de viande. Législation ; 

La saisie des viandes s'impose : 1^ quand elles sont pri- 
vées de qualités alimentaires (viandes gélatineuses d'ani- 
maux trop jeunes, viandes maigres, cachectiques, hydro- 
émiques); éf* quand leur ingestion peut-être num6/€ (vian- 
des pyémiques, septicémiques, charbonneuses, rabiques, 
morveuses, tuberculeuses, ladres, trichineuses, toxiques et 
vénéneuses); 3® lorsqu'elles sont, quoique non nuisibles, 
immangeables sous le rapport gustatif (porcs monorchides 
nourris de tourteaux oléagineux rances, etc.)- 

Au sujet de la maigreur des animaux, M. Villain nous 
donne une classification très claire, que l'on peut résumer 
sous quatre rubriques: 

4^ Maigreur physiologique : disparition de la graisse, 
mais volume normal des muscles; s'observe chez les ani- 
maux jeunes, non émasculés: On ne saisit pas; 

S^ Atrophie musculaire simple ou sénile : muscles très 
maigres mais rouges, avec graisse lobée, ferme et onc- 
tueuse: On ne saisit pas ; 

3^ Atrophie cachectique^ hydrohémie : Muscles émaciés, 
décolorés, infiltrés; graisse diffluente, ou absente: On sai- 
sit toujours; 



4® Maigreur extrême, étisie, marasme, consomption 
Autophagie, ni graisse ni muscles, moelle osseuse fluide: 
On saisit toujours. 

L'historique et la législation des abattoirs en France et 
à l'étranger, occupent une quarantaine de pages, aussi 
intéressantes à lire que difficiles à résumer. 

A propos du soufflage des viandes, il importe de distin- 
guer le soufflage proprem^ent dit, introduction d'air dans le 
tissu cellulaire pour faciliter l'enlèvement de la peau et don- 
ner aux tissus gonflés une plus belle apparence ; et le souf- 
flage surnommé a la mu^igue », dans lequel l'air est porté 
directement au centre d'une région, par le moyen d'une 
plaie faite, à cette région, à l'aide d'une canule métal- 
lique. L'ordonnance de 1879 ne protège pas les arts en 
boucherie : elle interdit avec raison la musique, comme 
un procédé déloyal par excellence,de chantage industriel. 

Les parasites de la viande sont très nombreux. 11 y a, 
d'abord, ceux du tissu musculaire proprement dit (pso- 
rospermies, vers vésiculaires, cestoïdes, échinocoques, 
bothriocéphales, distomes, trichines, rhabdilis, échino- 
rhynques, agamomena de l'éperlan et du maquereau; les 
parasites végétaux, comme Yactinomycose musculaire du 
porc et les sporanges d'haplococcus). En second lieu, les 
parasites du tissu conjonctif : filaria clava du pigeon, 
cœnurus serialis des « bladdery rabbits » anglais ; symr 
plectoptes cysticola et balbtania gigantea. En troisième 
lieu, nous avons les parasites des grandes séreuses et 
notamment le cysticercus pisiformis de Zeder, état kysti- 
que du tœnta se^Tata (tœnia en scie de Gœze), fréquent 
' dans l'intestin grêle du chien; le stéphanure denté, néma- 
to de porcin ; la filaire équine ; Vagamonemapapilligerum, 
qui pullule dans le péritoine du colin et du maquereau; 
les célèbres bacilles tuberculeux... Quatrièmement, M. Vil- 
lain s'occupe des parasites du sang : filaire hématique, 
bilharzie du bœuf, parasites hématiques végétaux de la 
classe des schizomycètes. Les microbes, micrococcus, vi- 
brions et bactéries (bacteridia anthracis, etc.) se rencon- 
trent également dans le sang, ainsi que le bacille sympto- 
matique du rouget du porc. 

Il est, enfin, une cinquième classe de parasites, qui s'at- 
taquent à touteâ les viandes, indistinctement, et dont les 
germes sont dans l'air : ce sont des moisissures, aspergil- 



n 



elles) de cette école, ainsi que des élèves des classes péda- 
gogiques, ont de temps en temps arrangé tantôt un con- 
cert, tantôt une loterie ou aussi quelque représentation 
dramatique. Grâce à la bienveillance généreuse des audi- 
teurset des spectateurs cette jeuneentrepriseaeudusuocès. 

» Comme une preuve de l'intérêt avec lequel cette 
entreprise a été embrassée, on peut citer que depuis l'an- 
née 1884, lorsque notre poète lyrique connu, Zacharlas 
Topelius, alors président du conseil de cette école, donna 
une première somme d'argent pour la fondation de c la 
première colonie de vacances », en mémoire du poète épi- 
que alors récemment décédé Elias Lonnrot, le célèbre 
compilateur de l'épopée nationale de la Finlande « le Kale- 
vala », cette première donation a été suivie de deux autres. 
L'école possède doncmaintenant trois fonds, dont les rentes 
sont ajoutées toutes les années au capital sans déduc- 
tion. 

» Dès la première année une spmmede 4S6 marcs(francs) 
80 pennis fut employée à payer la pension de quatre jeunes 



filles à la campagne pendant deux mois, les frais de leurs 
voyages y compris. L'été suivant, en 1888, quatre élèves 
furent placées de la même manière, en 1886 un nombre 
de dix ; et cette année cinq écolières jouissent de ce pri- 
vilège. Le prix de la pension a été de 30 à 60 marcs par 
mois; à peu près 100 marcs ont été dépensés annuelle- 
ment pour faire un petit trousseau aux élèves qui man- 
quaient de vêtements convenables. 

» A l'égard du lieu de séjour, ainsi que pom* les bains 
et le régime de vie en général, un médecin a été consulté 
pour les élèves bibles et maladives et tous les remèdes 
prescrits leur ont été procurés. 

» Le choix de la pension a été fait d'après un point de 
vue pédagogique. Les élèves ont été placées dans de bonnes 
familles, chez des personnes instruites, qui, en leur don- 
nant tous les soins nécessaires, ont pu en même temps 
surveiller leur conduite morale et leur développement 
intellectuel. La lecture des jeunes filles a été spécialement 
surveillée. Celle-ci s'est faite en partie en commun, sous 



JODRNAL DllYGlî^Ë 



Icâ, ppiiicillesetc. Les inconvénients en sonl insignifiants, 
de mL'ine que ceux des viandes phosphorescentes^ dont la 
pallio^énie est, actuellement encore, des plus obscures, 
(chose étraiigt^ dans un sujet lumineux) : il s'agit proba- 
blement de bactéries ayant les propriétés bizarres des 
fampyres. 

Nous n'insisterons pas sur les menus détails d'ordre 
administratif ou ïégisktif, par lesquels se termine lé cu- 
rieux et savant Complément du Manuel de V Inspecteur. 
Qu'il suffise à nos lecteurs de savoir que la santé des Pa- 
risiens serait entre bonnes mains, si tous les « prêteurs » 
de rhygîènc s'occupaient « de minimis s» avec une intel- 
ligence semblable ^ celle que M. Villain, depuis longtemps, 
dépense pour le service sanitaire heureusement confié à 
sa direction. 

U aîlleurs, nous aurions tort d'insister plus longuement 
sur ce point» universellement admis. M. Villain et son 
service sont légendaires, comme compétence et comme 
dévouement aux intérêts delà Ville et de l'hygiène publi- 
que! Si chacun comprenait de !a même manière son 
devoir, la saule nationale serait en sécurité; on pourrait 
répeter la parole (liélas! plus consolante que vraie) d'Or- 
fita ; <f ia soàiit peut dormir y la science veille. » 

D^ E. MoNiN, 
Secrétaire de la Rédaction. 

Nous ne saurions omettrede dire que l'ouvrage s'accom- 
pagne d'un allas do treize excellentes planches (onze chro- 
molypographies \ dont la parfaite exécution fait le plus 
grand honneur au jeune et intelligent éditeur M. Georges 

Carré, 



Par Monts et par Vaux. 

LE CONGRÈS LIBRE d'hYGIÈNE (1) 

Et rose, elle a vécu ce que vivent les roses. 
L'espace d*un matin I 

C'est à cette pauvrette idée d'un Congrès libre d'Hygiène 
que s'appliquent aujourd'hui les charmants vers du poète 
aiméi 

(Il \'o\v Journal d'Hygiène, vol. XH, p. 589, notre article: a La 
quetUon des Congrès; — un Congrès libre d'Hygiène et de Sauvetage. )> 



Fauchée à son aurore par la main cruelle des chefs de 
lile de la Société de Médecine publique?, elle ^H iLiaiiiniée 
sur le seuil du Palais de l'Industrie des CUamps-Ëtysées! 

Racontons cette lamentable histoire : 

L'annonce d'un Congrès libre, par riiiitialive et sous le 
patronage immédiat des huit grandes Sjciétés d4iyi;iL^ao 
d'Europe, sans délégations officielles, sans programme 
imposé d'avance, avec pleine et entière liberté de discus- 
sion, avait été reçue de toutes parts a\'ec une faveur 
marquée (1). 

Même avant la rédaction et l'envoi dm circulaires et 
avis d'adhésion, d'Angleterre, d'Espagne, dltalie, arri- 
vaient au Bureau de la Rédaction des articles do jouruaux 
annonçant l'heureuse nouvelle, des lettres d'encourage- 
ment, de félicitations et d'explications complémentaires. 

En province, les hygiénistes de vieille roche, menacés 
de parles législateurs du Palais-Bourlion, d^me épuration 
prochaine, fourbissaient déjà leurs armes pour venir se 
mesurer en champ clos avec les grands pr^Hres et les 
missi dominicide l'hygiène officielle, celte incarnation pré- 
tentieuse de la science sanitaire. 

A la veille de disparaître dans le fleuve de Tinjuslici^ et 
de l'ingratitude, des membres éminents des t'onseils d'hy- 
giène et de salubrité du Mord, du Rhône, de la Giroudt% 
des Bouches-du-Rhône, de laSeine-Interieuie, de la Cùle- 
d'Or, de la Loire-Inférieure se promeltaleul de venir ex poser- 
devant un public impartial et indépendant leur œuvre 
dévouée, patiente et féconde de trente et quelques aimées. 

Les deux questions proposées par la Soeiétê frani^ii^t^ 
d'Hygiène ainsi formulées : 

i^ De l'organisation de l'hygiène publirpAe en France ; 

2^ Du service médical des communes. 

Quelle belle occasion de connaître sur chacun do Ci'ï 
problèmes de premier ordre l'avis moltvé du plus grand 
nombre, en mettant en présence les hommes d'ex|iL'ri« ti€(^ 
et d'action, et les réformateurs en chambre uniqueineul 
préocupés de se tailler une position sociale convenable, 

(l)R.ippelonsici la lettre de notre Rédictciir en chef au SecréUUrù 
général du Congrès international d'hygiène de Vienne. 

« Dans de pareilles conditions, n'y aurait-il pailieude jfairenno^im 
loyal de Viniliative individuelle, de la /i Oei'té de d i»cuss inn , de la iim il fiitn n 
des règlements à leur plus simple expression, du droit commun pintr 
toutes les délégations officielles ? » 



la direction d'une personne instruite qui faisait lire les 
élèves à haute voix et qui en même temps surveillait leurs 
ouvrages à la main, pour la plupart des objets utiles à leurs 
toilettes. Les matériaux de ces ouvrages ont été payés de 
la caisse générale des colonies de vacances. Si les élèves le 
désiraient elles-mêmes, on leur permettait de prendre part 
aux légers travaux domestiques de la maison. 

« Toutes les années ces jeunes filles sont revenues for- 
tifiées et rafraîchies de leur séjour d'été. Les joues pâles , 
s'étaient colorées de la couleur de la santé, et chez presque 
toutes on pouvait remarquer un accroissement de vivacité 
et de persévérance à leurs devoirs de l'école pendant l'au- 
tomne et l'hiver suivant. 

» Nous donnons ci-dessous un petit aperçu de l'ordre du 
jour de l'été 1886, pour les élèves. Ces élèves, âgées de 
là à 15 ans, étaient alors placées au presbytère de Lojo, 
dans une belle contrée de notre pays et confiées aux bons 
soins et à la direction spéciale de M'^® Âina Uelsingius, fille 
amée du pasteur de la paroisse. » 



Ordre du jour pour les élèves; VéU} 48SS^ 

« Les élèves se levaient le matin à 7 h. et demie. Après avoir 
déjeuné et bu du lait frais tiré, elles faisaient uae petïlû 
promenade. 

» De 9 1/2— il, lecture et ouvrages à la muin, coulure, trico- 
tage, etc. Pendant une partie de la leçon till-s lisaient o RèciU 
tirés de l'histoire de la Finlande » par L Krobii et cnsuilo 
quelque livre instructif et amusant pour la jeunesse, 

» A il heures, bain do lac. Comme le chemin dn hir éUit 
assez long, cette course prenait au moim? una heure, 

» Dans" Taprès-midi elles travaillaient cl lisaient aiteruali* 
vement de 3 h..et demie jusqu'à 4 h. et demie» » 

» Le reste de l'après-midi était réservé aux promeaadtîs et 
aux récréations. Les promenades se raisaieiil tantôt à pied, 
tantôt en bateau. Les élèves préféraient de beaucoup etis 
dernières; les longues promenades à pied faLiguaient siif- 
tout les plus faibles. Elles ramaient toujours elles-jiir^rjM*s 
et étaient heureuses et fières des progrrsi qu'elles fui an 
dans cet art. Ces excursions avaient pn sqiie loujc 
but fixé, ce qui augmentait leur plaisir et leurînt^ 



s faisaient 



92 



JOURNAL D'HYGIÈNE 



dans le vaste manteau de la réorganisation de Thygiène 
publique. 

Malhenreasement, dès que la situation s'est nettement 
accentuée vers le succès, les foraminifères officieux ont 
commencé leur travail sourd et habituel. Ils ont invoqué 
les merveilles que Thygiène officielle nous réserve pour la 
grande Exposition de 1889; ils ont insisté sur les inconvé- 
nients d'une manifestation inopportune des K6re-pcn«cur« 
de r hygiène; ils ont fait valoir la convenance d'éviter aux 
savants étrangers l'embarras du choix entre les dates 1888 
et 1889! 

Ces raisons capitales, et tant d'autres, d'ordre secondaire, 
ont été jugées très péremptoires, dans les hautes régions 
gouvernementales et l'intervention d'un simple directeur 
des bâtiments civils, a suffi cette fois pour culbuter, de fond 
en comble, l'échafaudage du Congrès libre d'hygiène! 

La victoire a été du reste très prompte pour M. le Di- 
recteur des bâtiments civils. Il a pu se borner à déclarer, 
au Directeur de l'Exposition des Champs-Elysées, que le 
Palais de l'Industrie lui avait été concédé uniquement 
pour fah'e du sauvetage, et qu'il lui était formellement 
interdit sous peine de déchéance de faire de l hygiène 
pratique ou théorique, en paroles ou en action ! 

Devant une injonction aussi catégorique, le Directeur 
de l'Exposition a bravement baissé pavillon; séance tenante 
la (Commission supérieure a demandé à son délégué orga- 
nisateur des. Conférences et Congrès, de changer son fusil 
d'épaule et le tour a été joué! 

Pauvre hygiène! si fière naguère de figurer dans Je 
programme du premier magistrat de la République, si 
anxieuse de prendre prochainement une place honorable 
sur la plate-forme élextorale. 

Au nom du Progrès, au nom de la Liberté, au nom de 
l'Égalité, l'Hygiène publique e^/ et restera officielle, on elle 
ne sera pas! 

Avant tout respect à l'autoritarisme, place au fonction- 
narisme, prosternation devant les positions acquises. 

Initiative individuelle, li]3erté du père de famille, droit 
de propriété, secret professionnel, tous vains mots et pré- 
tentions surannées! 

Le programme de l'avenir, c'est Vohligatoriété partout, 
toujours, et quand même, avec sa devise antique : salvs 



populi/el son oriflamme moderne guerre d* extermination 
aux microbes! 






A propos de l'Exposition universelle de 1889, des corres- 
pondants indiscrets ou naïfs, nous ont posé ce point d'in- 
terrogation : 

Alors que les noms d'illustrations scientifiques plus ou 
moins récentes, s'étalent au Journa/ officiel dans 2, 3, et 4 
jurys d'admission, comités ou sections d'études, comment 
se fait-il que les noms du savant modeste qui préside aux 
destinées d'une nombreuse Société technique, et du lutteur, 
campé depuis plus de 30 ans sur la brèche de l'hygiène 
militante, brillent par leur complète absence ? 

Le pourquoi, chers lecteurs, c'est l'histoire des agisse-, 
ments administratifs. 

M. le Ministre du Commerce et de l'Industrie a décliné 
sa responsabilité; il n*a fait qu'accepter les propositions 
de M. l'Administrateur général de l'Exposition. 

M. Berger a accepté, tout naturellement, les propositions 
du Président du Comité consultatif d'Hygiène de France. 
Le Comité s'en est tenu aux décisions de la sous-commis*- 
sion prise dans son sein; la sous-commission a maintenu 
les choix de son rapporteur, et le rapporteur fidèle aux 
précédents, s'est borné à transcrire les noms tirés des 
cartons officiels par le garçon de bureau du Ministère! 

Et voilà comment personne n'a osé prendre la respon- 
sabilité d'un ostracisme puéril, immérité, et par dessus 
tout inintelligent : Lugete vénères I 

D*^ Echo. 



Pensées. 



Quand on voit le style naturel, on est tout étonné et 
ravi ; car on s'attendait à trouver un auteur, et on trouve 



un homme. 



Pascai-. 



La musique est le plus coûteux de tous les bruits. 

Théoph. Gautiba. 



joyeuses chçinsons exécutées en commun, rehaussait l'a- 
grément de ces promenades sur l'eau. 

» Un plaisir qu'elles préféraient à tous les autres était 
de jouer quelque petite pièce de théâtre pour les enfants, 
par Z. Topelius. Comme deux de leurs camarades d'école 
demeuraient dans le voisinage, elles étaient en assez grand 
nombre pour pouvoir exécuter quelques-unes de ces 
pièces. Cet amusement ne leur était permis que sous la 
condition que tous les arrangements fussent simples et 
sans prétentions. La représentation et les répétitions 
avaient lieu au jardin, en plein air. » 

(A suivre.) ,..,..^^,,,.^_ ^' '• ^ Cyrnos. 

Les Enfants Canadiens. 

Si vous avez parcouru les campagnes de la France, il 
vous sera sans doute arrivé de frapper à la porte de quel- 

aue maiSvyU, dont les habitants étaient aux champs,et 
'entendre, au lieu de la voix du maître, vous conviant à 
entrer, les vagissements d'un enfant en bas âge resté seul 
au logis. Puis, si la curiosité ou l'impatience vous ont 



porté à pénétrer dans la rustique demeure, vous aurez été 
tort surpris de n'y trouver au premier abord aucun être 
vivant. Vos yeux cherchent dans le berceau, dans le grand 
lit de famille, dans tous les coins de la masure enfumée ; 
pas d*enfant, et cependant les cris recommencent' de plus 
belle, et ce n'est quelquefois qu'après bien des recherches 
que vous découvrez une pauvre petite créature accrochée 
dans sou maillot à un clou fixé dans le mur à une grande 
hauteur. La nourrice qui cumule les fonctions alimentai- 
res avec le travail des champs, n'a pas trouvé de meilleur 
moyeu de préserver son poupard de la dent des hôtes, et 
surtout de celle du pourceau vorace. 

Au Canada le même système est en usage. Les maillots' 
des enfants ressemblent (quelque peu à des bottes de pos* 
tillon, s'accrochent aussi à des branches d'arbre ou sont 
portés sur le dos de leurs mères, pendant les longs voya- 
ges qu'entreprennent les familles canadiennes. Mais quelle 
différence! Si quelque chose peut compenser les incon- 
vénients du maillot, c'est sans contredit^tte vie au grand 
air des poupards canadiens. 



Diaitized by 



V^C>'M. DE T. 

O 



JURNAL D'H\GIÈNE' 



BULLETIN DE LA SOCIETE FRANÇAISE D'HYGIÈNE 



Bureau de la Société française d'Hygiène. 

{iB&Bh 

Président dlionnênr: S. M* DosvPeckBO d'Alcantaba, Em- 
pereur du Brésil, 

Prêsidmt: M* Marié-Davw 

Vice-Présidentâ : MM, Eîonnafont, Chevandier, Moutard- 
Martin, Hcller, Péan, Passakt. 

^tHaire générai : M, d^ Pietra Santa, 

iaires : MM, Joltra[n, Saffiïay, Monin, Bremoni>, 
MoBKAtJ r>E Tours, Digoix, Blayac» Rodxel. 

Conseil d^administralion : 

Paris : MM. Dlranp-Clate, Ladreit de LACEtARRrëftE, E, 
Cacjieux, Dewi LK-PosTOîiiEa^ Le Coin, Méniëbe 
t>* Angers, 1). A*Casalonga, Ficuet, Bl^êl, Marv- 

DlîRAND, CORECKI, BlACHE. 

r*rovince : MM. S. Mauiun (Marseille). L, Rampal (Mar- 
seille). NivET (Clermonl-Ferrand), Evrard, 
(Beaavaîs). Levieux (Bordeaux). Farina (Meo- 
ton). Tarras (Pau)* Comte Touchimbërt (Poi- 
tiers). Ma» iitcET (Vannes). LifîBNDag (Saint- 
Léger-sous-Beuvray). 

Trêsoti4fr: M. Trébyoc- 

Ccmmission des finances: MM* A* CuevrieRi Al. Le Coin, 
et G* MEvrvET. 

Smkede la raccinei M, Dromain. 

Bthlioihécaire : M, Hamon, 

Archiviste: M. Joseph de Pietra Santa, 

iMboratôire d'anabj.Ke : MM. Dupre: etBRiLLiÉ. 

/*^ Hp^iène privée. 
Président: M* hms. 

\k.§~présidenîs * MM, Maure l et Dépasse. 
Sctrétaires : MM. E, Goobeu r et Aureille. 

2^ Hygiène pttblique. 
Président : M. A. Durand-Clave. 
Yice^prlsidenU : MM* Duvêrqv et E. Cacheux, 
Sea-étaires : MM. G. Vieillard cl Gazbau. 

S^ Chimie appliquée (médecine ^ indiistrte^ hyaiéne)^ 
Pràidetit : M, A* Petit. 
Vice-prèsidents : MM, Catillon el Crinon. 
Secrétaires: MM. BocQuiLLOr* et Langledeut. 

.;* Climuiohf/ie, méiàùrùlogie. 
Prétifient : M. Ad. Nicolas. 

r»V-pr<f«i</e7t/i^* MM. Guérin-Menevuxe et F. Rodx, 
Smrtairci : MM. Floqu^t et Gautrklet, 

a* Géoiogiei kijirnlogieu 
Président : M, Stan, Meunier, 
ftce-prùiidmt^ : MM. BodgOxHOnt et Grellety, 
Secrétaires : Laburtue et A* Cazaux. 

H^ Démographie et slaliuique^ 
h't'iiiieni : M. Marbea^. 
Vtre-pn^ideitti^: MM.DrVERNEY et WiTKOWSitl. 

Secrétaires : L* Maôtin et A, Verdier, 



Rapport de la Commission des Finances. 

exercice; 1887 — BUDr,ET POUR 1888 
Messieurs et cher s Collègues, 

Votre Commission des fioauces, composée de MM. Pas* 
sASTi Le Coin et Chevrier rapporteur, s*esl réuuie le 
t31 janvier courant dans la salle de la bibliothèque au siège 
social, pour examiner tasituatioQ fiuaacière de la Société 
française d^ilygîèue. 

Après avoir entendu le rapport de M* le Trésorier Tre- 
hyou» et les explications de M. le Secrétaire général sur la 
marche morale et scientilique de l'œuvre commune, elle 
a examiné avec soin les livres de comptabilité, ainsi que 
les tableaux préparés à J'elîet d établir la liquidation de 
rexercice 1887, et la préparation du budget des recettes 
et des dépenses pour Texercice 18HJ^. 

Les budgets des recettes et dépenses ordinaires pour 
l'exercice 1887 avaient été iixés ainsi : 

Receltes (cotisations des membres de Paris 
et province) .,.,,,.,,,,,. Fr, 6,932 a 

Dépenses (11 chapitres du budget) , • , » 7,895 » 

En l'éaiité, les deux chiffres ont été dépassés, et l'exer* 
cice se solde de la manière suivante ; 

Recettes : 8,219 fr.50 c* soit en plus ; î,'£67 fr. 50 c* 

Dépenses: 9,273 fr. 65 c, soit en plus : 1,378 fr, 68 c. 

Les dépenses sont, en somme, supérieures aux recettes 
de quelques centaines de francs par ces principales 
raisons: 

1* La rentrée des cotisations a été œtte année assez 
difficile, et une trentaine encore restent en souffrance; 

2'' Le Concours de 1887 (surmenage et sédeutarité) ; 
le Congrès dlïygiène de Vienne; l'Exposition d'Hygiène 
de rEiifaDce; rinstaltation de la Salle de la Bibliothèque 
pour les réunions mensuelles; ont donné lieu à des 
dépenses supplémentaires ; 

3* Le nombre des Publications de la Société s'est accru 
de six nouvelles brochures, dont la Société a voté Tim- 
pression, et le tirage à part, dans la très louable pensée 
d'encourager les jeunes travailleurs, et de répondre au 
bienveillant intérêt de ses membres associés étrangers; 

4^ Les Irais de poste, qui figurent au budget des 
dépenses, pour une somme de près de 900 francs, vous 
disent assBî Tlmpor tance des relations contraternelieset 
scientiiiques que la Société entretient avec les savants des 
tfeux mondes. 

Pour Texercica 1888, nous vous proposons d'accepter 
les bases établies par M. le Trésorier. 

Recettes ordinaires, . Fr. 7,156 » 

Dépenses (11 chapitmîj). 7,895 i> 

Dans ces conditions, l'encaisse de la Société au 1**^ jan- 
vier 1888 est de 2,765 fr* 45 c, ainsi représentés: 
Six obligations du Crédit foncier de France. 2,000 * 

Livre dj chèques. , - , , . 426 60 

Caisse (dépenses courantes) • . • < . r^ 338 85 



94 



JOURNAL D'HYGIÈNE 



A celte somme, existant lécUement en caisse, pourra 
se joindre celle de 277 francs, plus-value à ce jour des 
obligations du Crédit Foncier, et de 292 francs pour ren- 
trée probable de cotisations. 

Vous voyez, messieurs, que vos modestes finances con- 
tinuent h otrc gérées avecî intelligence et économie. Les 
registres de comptabilité sont parfaitement tenus. Dans 
ces condi lions, nous vous proposons de voter des remer- 
ciements à notre cher Trésorier, et d'accorder une modeste 
indemnité de 100 francs à partager entre Fagent de la 
Société et lo comptable, qui Tont secondé avec beaucoup 
de zèle» 

Si l\Hat de situation n'est pas aussi prospère que nous 
l'aurions di^siré, il ne faut pas perdre de vue que nous 
traversons une période de circonstances difficiles que 
nous devons subir, en maintenant entière notre confiance 
dans la raison d'être, l'avenir et le succès de l'œuvre com- 
mun e. 

A. Chevrier. 



L'Exposition d'Hygiène de Varsovie (1887) (*). 

VIII. — Ilautt^riologie et MIcroscople médicale» 

L'exposition du laboratoire du D*" Bujwid peut être 
s^if^Mïtilde comme le véritable modèle d'un établissement 
scientifique complet, en parfaite harmonie avec lès don- 
.'lOes actuelles de (a science. 

Je diviserai en rjuatre groupes la relation de cette remar- 
quable Esposition technique : 

i" Appareils employés dans la science bactériologique; 

2° Diverses sortes de bactéries, en culture ou dessinées; 

3" Tableaux graphiques des diverses analyses de l'air et 
de l'eau ; 

-i" Vil ccï nation anti-rabique, méthode Pasteur. 

I, — Nous apercevons, d'abord, tout l'appareil techni- 
(|uc nécessaire pour les préparations des bouillons de cul- 
ture, la gélatine, lagélose, et le sérum, qui sont les milieux 
artiticiels où doivcjit se développer les bactéries. Une étuve 
est destinée à ïa stérilisation des tubes d'essais, plaques, 
éprôuvettes et autres vases, à l'aide de l'air surchauffé à 
1S0°; une seconde étuve à vapeur sert à stériliser les 
liquides; divers filtres servent à les clarifier; un thermo- 
stat très ingénieux s'applique à la culture des bactéries; 
fdusieurs appareils pour les analyses de Tair et de l'eau ; 
des microtomes; des couleurs d'aniline et autres, pour pré- 
parations; des aiguilles de platine pour semer les bac- 
tt^ries; divers microscopes, etc. 

II. — Les bactéries^ dont le D' Bujwid a exposé ks cul- 
tures, se divisent en trois séries : celles de l'air, celles de 
t eau et celles qui sont pathogènes pour l'homme et pour 
[es animaux. 

Parmi les bactéries de l'air, j'ai surtout observé avec 
attention une espèce étrange, qui produit sur la gélatine 
luic coloration brunâtre, et se présente au microscope 
sous la forme de longs fils qui rappellen tassez les cryplo- 
gurnes de moisissure: l'absence d'organes de fructification 
itîïli^e de la cli>sser, pourtant, parmi les bactéries. 

Dans les bactéries de Feau, l'attention s'arrête sur des 
î*spèces violacms <jue l'onrencontre (mais rarement) dans 
les boues: le D' Bujwid a obtenu celte préparation en fai- 

J) Suite et /în, voir les n" 594 et 595. 



sant l'analyse bactériologique de grêlons tombés au mois 
de mai à Varsovie (1). 

Toutes les bactéries morbides sont représentées ici*. . 
celles du charbon et de ses deux vaccins, celles de la tuber- 
culose, du choléra, de la pneumonie, de la fièvre typhoïde 
et du typhus, les bactéries d'Emmerich, de Denecke, de 
Miller, de Chantemesse, de Finkler, etc.: celles de la septicé- 
mie des souris, du rouget porcin, du choléra des poules; le 
staphylococcusaureus, lestreptococcus pyogeneseterysipe- 
latis, etc., etc.; le tout fort nettement et habilement préparé* 

III. — Les tableaux comprenant les résultats des diver- 
ses analyses de l'eau et de l'air ne sont pas moins intéres- 
sants. On n'y retrouve point seulement cet esprit méthodi- 
que et topographique qui caractérise XsiWystawa w Wars- 
zaïvie; mais le caractère polonais, lui-même, s'y révèle, 
avec toutes ses qualités de précise observation et sa puis- 
sante et vive ingéniosité. 

Nous y -voyons que l'eau de la Vistule, non filtrée, lors- 
que le fleuve est bas, contient de 400 à 500 bactéries, tan- 
dis que, filtrée, elle n'en contient que 60 à 100 par centi- 
mètre cube. Lorsque la Vistule monte, les résultats sont 
tout à fait différents; un centimètre cube d*eaunon filtrée 
renfernie de 100 à 120,000 bactéries : filtrée, 4 à 500. Quant 
à l'eaii des puits, le chiffre ne dépasse guère 60 à loO. 

Les analyses de Tair nous montrent : que l'air calme et 
froid contient très peu de bactéries (de 14 à 80 pour 10 
litres), tandis que, chaud et agité par le vent, l'air en ren- 
ferme de 120 à 180 ; l'air des sous-sols, de 400 à 450, celui 
du théâtre et des salles d'étude après les leçons, de 300 à 
3o0 ; celui des laboratoires 420, etc., etc. 

IV. — Dans un coin de la section, se trouvent des rages, 
renfermant les lapins inoculés, par trépanation, avec le 
virus rabique recueilli dans la moelle aux diverses pério- 
des de l'affreuse maladie. On y voit des animaux inoculés 
depuis un an et traités ensuite par la méthode Pasteur : 
ils se portent fort bien aujourd'hui. 

En face, dans une armoire vitrée, se trouvent placées 
les moelles provenant de lapins inoculés. Les unes sont 
fraîches et les autres desséchées par la potasse caustique. 
Enfin, sont exposés tous les instruments usités pour la 
célèbre méthode prévenlive: trépans, scalpels, aiguillesde 
Revcrdin, seringues de Pravaz, etc. 

Nous avons pensé qu'il serait intéressant d'avoir quel- 
ques renseignements sur les résultats pratiques de la mé- 
thode, d'autant plus qu'ils n'ont point encore été livrés à 
la publicité. La statistique des sujets mordus traités à Var- 
sovie par 4e D"" Bujwid est la suivante : Jusqu'au 1®^ juil- 
let 1887, 220 individus ont été inoculés ; 86 fois 0/0, la 
rage des animaux qui les avaient mordus a été scientifi- 
quement constatée par l'inoculation du lapin bu par une 
autopsie concluante du médecin et du vétérinaire. Dans 
les 15 cas 0/0 qui restent, la rage de l'animal a été plus 
ou moins suspecte. 35 personnes mordues n'ont pas été 
l'objet d'inoculations, parce que leurs blessures étaient 
insignifiantes, et que l'animal était reconnu peu suspect. 

Conclusion générale : Parmi les inoculés, 2 seulement 
ont succombé, ce qui fait une mortalité de 1,06 p. 0/0: 
proportion sensiblement analogue à celle de l'Institut 
Pasteur. 

Nous arrêtons ici le compte rendu de la section bacté- 

(1) Ces bactéries sont si nombreuses qu'elles ne peuvent provenir 
que de l'eau : a On n'en trouve point trace dans Tair de Varsovie », 
nous affirme M. Bujwid. ^ . .^^ 



JOURNAL DHYGIÈNt; 



m 



rîûlogiqiK'; son cxpOriiLioii furt Incii romprisp, aéti^suivio 
avec fuvuur par lo grand public, auqud s'aUrossaicnt des 
cou I ère nces fa mi 1 i ères su r J a q u o s t i on , L(3 D '^ B u j vv i d 1 es 
a réunies çn brochure f de Janj^ue polonaise, naturelle- 
meut) sous le titre ; Cinq conférences mr les bactéries. 
Il y rend compte du rùle jou6 dans la police saniuure du 
gbbe par ces in (lui ment petits, el suppute Ta venir pro- 
bable rcservé, en biologie, h la rechercha bactériologique 
bi€u faite. 

^ A côté du laboralolre du D' Bujwid, (igure une aulrc 
section, occupant deux eoinparlimejjts et arrangée par un 
groupe de médecins, avec une précision des plus seienli- 
tiques. J'y remarque, d'abord, les très beaux dessins du 
0^ Skabicrevvskï» représentant les parasites végétaux et 
aaimaux les plus importants en hygîénographie; une série 
de flacons renTcrmaut m natura tous Jcs ta^ûas, tri c ho ce- 
pfiales,ixodes,strongles, écbinocoquusdu foie et de ïa rate, 
kyst**s liydatiques du cœur, etc. Ces dernières prépara- 
tions, ainsi qu*un échantillon 1res rare de muscks hu- 
mains trichinisés, sont dues au D^ Przewowski, agrégé et 
pwsrcteur de l' Université. 

Diveriîes cultures dans lu glycérine, l'agar-agar, le bouil* 
Ion, etc, ^ ont été faites, par le D' Jakowskj, des parasites 
de férysipèle, ducharbon, de la phtisie, etc. LesD''May- 
icl et Bering ont exposé hun préparations d'anatomic 
pathologique de la (ulfercuhse, bien connues de tous les 
sabrants; M. Berent, son ihermoslat h. ventilalion pt^rma- 
nente; le D"" Vorslaedter son bactériomè're très ingéuieux. 
Je D^ Nicolas Briinner ses microtomeg et ses nouveaux 
porte-objets. 

Ou voit que la bactériologie est très avancée (ainsi que 
toutes les études d*histoire naturelle^ du reste) âTUniver* 
site de Varsovie. Je ne veuï point omettre de signaler 
uDC intéressante dét;ouverte, due récpmmentàM. Bujvvtd: 
iî s'agit dune nouvelle réaction chimique, pour recon- 
naître aisément les parasites du choléra asiatique : l'acide 
chlorhydrique pur donne à la ctilture une coloration 
P)uge foncée caractéristique, tandis que les autres prépa- 
rations (telles que celles de la cbolérine» de la diarrhée de 
Cochinchine el des parasites de Prior-Finkler) ne clian- 
gent point de couleur sous l'action de racido chlorhy- 
drique. 

L'exposition dei épiphytes de la pomme de terre et 
celle des micro-organismes des diverses maladies était 
nettement installée. Parmi les travaux expérimentaux 
dont l étude était otterte au public, j'ai remarqué les pou- 
mons d'un lapin mort en quatre semaines de tuberculose 
railiairc aiguë, apns inoculation, ik ta veine jugulaire, de 
préparations bacilio-tuberculeuses; un aulre poumon de 
lapin, mort en huit jours, après inoculation d'une culture 
é'aspcrgillu$ fumifjalus (mycosisaspcrgellina) ; une belle 
préparation des scolex du tissu cellulaire* {Afin de per- 
mettre au visiteur de mieux s orienter, chaque préparation 
naturelle est accompagnée d'un dessin schématique en 
couleur et très agrandi.) 

Les conférences pratiques de la section étaient toujours 
accompagnées d'inoculations sur de petits animaux, lapins» 
cobaye» souris blanches, etc., sans réussir à émouvoir 
aucune de ces sensibilités anti-vivisectionnistes (autant dire 
anti-menHfiques) de mauvais aloi, qui se manifestent si 



volontiers en Angleterre, en Allemagne et dans tous 1rs 
pays [Frotestants. 

L'onti linge spécial à ranatomie pathologique, ciseaux, 
rasoir>, aiguillas et pinces de Force vvoski, thermostat et 
r-'gulïj leurs de Bérent, microlomi-s de Bruner, etc., ainsi 
qu'une bibliothèque remplie d\.)^vra;îes spéciaux et ren- 
fermant tous Itfs atlas d'iiistologie et de bactériologie con- 
nus, alLestaient, pour tout vî^ïiteur, le degré élevé du 
développement de la médecine scientifique en Pologne. 

X« — Hjgii^tic urbaine «C Ccitle cUlI. 

La plupart des objets exposés dans cette section figu- 
raient dans les annexes des bâtiments, et ne nous outraient 
rien de bien nouveau- La canalisation souterraine actuel- 
lement faite à V'arsovie; le modèle de maison salnbre, 
analogue à celles qui hgu raient à VHfjgien's Austeltung de 
Berlin, et à la UealtKsExhlbilion de Londres; les liftres, 
modèles de chaussées, de fosses d'aisances, etc*, peuvent 
nous arrêter un instant. 

Le canal des égnuts nouveaux varsoviens a 60 pieds 
de long sur 6 de haut; rintérieur est en briques ; il pré- 
sente un aspect assez conforme aux données modernes. 
Les fiUr.s sont également tous de sysîémcs connus. Li*s 
chaussées sont ciirrelées en granit avec trottoîrs recouverts 
d'asphalte de Val -de-Travers. (Un curieux pavage en fer est 
usité ù Varsovie pour les chevaux; d'après mes rensei- 
gnuments, s'il est économique, i( donne des résultats 
déplorables pour la santé des chevaux, surtout en hiver,) 

La Com|>agnie d'assainissement expose des tonneaux 
herméliques ei une pompe aspirante et foulaute s'appli- 
(|uant au mélange des solides cl des liquides; plusieurs 
modèles de water-closets désinfectes par la poudre de 
tourbe provenant de Nowy-Dwor, près Varsovie, Cette 
poudre (dont les propriétés désinfectantes nous ont sem- 
blé participer du pouvoir absorbant et désodorant phy- 
sique de la terre sèche, et des propriétés a nli putrescibles 
du tannin) est encore préférable 5 la poudre d'Utwock, qui 
i st d'un usage populaire eu Uussie pour la désinfection 
dos cabinets d aisances, 

Kïi résumé, Thygiène urbaine était la parité faible de 
la Wystawa ( noui avons vu pourrpioi, dans les (jènéra- 
iUè$, et nous n'insiaterons point dans cJes explications dont 
on pourrait nous reprocher Topportunité). 

et latluBtrie«« 

Un grand nombre d'objets exposés ont trait S Taména- 
gemenl intérieur d^.^s uiaisous : de splcndides cheminées, 
des poéks monumentaux en faïence, dont on ne saurait 
se faire une idée sans les voir; des ventilateurs, baignoires, 
cuisines à gaiî, parquets divers, ciments, lits de modèles 
variables, etc., attestent la vitalité et Tingéniosité de 
l'industrie polonaise. M, Granzûw a exposé un nouveau 
système de construction en briques creuses, que tous les 
hygiénistes ne peuvent qu'approuver. 

M. Ritter expose Vexsiccafor, sorte de composé d*hnile 
et de substances antiseptiques, dont il imprègne les murs 
pour les préserver de rhumidité et des parasites végétaux 
et animaux, M. (a-^zemwski [présente aussi une substance 
analogue, ]^iiom!rontb!, pour préserver les lo^^iements des 
insectes et autres animaux, njni+îToH hu Ct.OO(J I P 

Une étuve de désinfection, analogue ^%lirSHa'ij@i^'^ 



m 



JOURNAL D'HYGHENE 



chisscrie et teinturerie de Grochow, a été exposée par 
M. Oh. Geber : c'est un appareil ea bois, assez analogue 
à celui de Geneste et fierscher, et qui fonctionae au 
moyen de la vapeur d'eau surcbauffée sous pression. 

Une exposition, bien destinée à renseignement par les 
yeux, était ceUe des divers cubes d*air, représentant : Tair 
normal, l*air des Lhéâtrcs au commencement et à la fin du 
spectacle, aux places de stalles et aux troisièmes galeries; 
l'air d'une maison bien et mal ventilée; Tair du meilleur 
h^ipital de Varsovie pendant le jour et pendant la nuit. 
Chacun de ces cubes représentait, in vitro, les analyses 
fort exactement faites, à Toccasion de \2l Wystaway par 
divers chimistes corapétents. 

Le même esprit méthodique d'instruction populaire se 
retrouve dans les appareils de cuisine, dans le pavillon 
destiné k la vaccination, etc., etc. 

A propos dû rédairage, l'ingénieur Holowiuski a dressé, 
d'après ses propres expériences et celles du professeur 
Hernnanu Kohu (de Vienne), un tableau, de plusieurs 
mètres de long, résumant les diverses intensités lumi- 
neuses du gaz, des lumières électriques de source variée, 
du pétrole, des huiles végétales et des diverses bougies : 
cette comparaison est faite aux points de vue hygiénique, 
économique et financier, et l'on y trouve indiquées les 
dépenses faites par les grandes villes du monde pour leur 
éclairage, dépenses toujours comparées avec l'intensité 
de cet éclairage lui-même. C'est un travail considérable, 
qui a coûté plusieurs années d'études à son auteur. 

Dans V hygiène indmtrietie^ la fabrique de Zyrardow 
expose ses pompes à incendie qui n'ont rien de bien cu- 
rieux. Le D'^Swiatîowski, inspecteur des fabriques, expose 
divers appareils de -prophylQ.vie industrielle: une scie mé- 
canique recouverte d'une épaisse enveloppe en fil de fer 
(système Nusperli et KcLmienski), appareils Rau, Lilpop 
et C^^ étalés dans le kiosque d'éclairage électrique de 
M. Abakanowicï; lunettes, conserves, masques divers el 
autres ripparcits destinés i préserver louvrier contre les 
pousâièresindustriclles,etc.j etc. Comme appareil nouveau, 
j'ai remarqué, dans cet ordre d'idées, celui de M. Gru- 
bi€nskt\ destiné à préserver les tisserands contre les par- 
ticules échappées au tissage, dont le danger pour les pou- 
mons est notoire metit si conaiflérable. Cet appareil con- 
siste simplt^ment en un pu lit sac communiquant avec la 
quenouilEe qu'il englobe: il a semblé pratique, commode 
et économique, et personne, jusqu'ici, n'y avarit encore 
songé, 

La Compagnie Varsovien ne des chemins de fer a pris 
une part active à la Wyslaita^en installant sa chambre- 
modèle de sauvetage avec fauïeuils, tables, lavabos, boîtes 
à pansements, water-closets, etc. On y trouve tout ce qui 
peut servir à donner des soins. Cette chambre existe dans 
les principales stations : déplus, d'après les ordres du 
médecin en chef Sli[iiecki, chaque chef de train a sous la 
main tout ce qu'il faut, pour porter secours à un voyageur 
à un moment donné. 

Tout le long de la voie ferrée, se trouvent des Avis au 
publie rédigés dans les termes les plus complets. 

Les iJiemîus de fer de la Vistule ont aussi exposé leur 
poste de secours, ainsi qu'un modèle de wagons sanitaires 
pour le transport des cholériques, construit d'après les 
plans du D^ Latocki l'année dernière. 

A côté des signaux, lanternes, aiguilles, etc., on remar- 
que plusieurs appareils pour le diagnostic du daltonisme. 



parmi lesquels celui de Stilling et ceux de Daae in Kra 
gero (Norvège) nous ont paru les plus pratiques. 

Un Varsovien, M. Petsch, a exposé un système très pra- 
tique pour remédier rapidement aux accidents de chemin 
de fer. On n'a qu'à arracher le fil télégraphique qui longe 
la voie, et à l'adapter à un appareil spécial, qui enregis- 
tre, sans que l'on ait besoin de rien y connaître, tout ce 
qui est nécessaire pour prévenir plusieurs stations voisi- 
nes, de l'accident survenu sur la voie. 

JLII. — Cosmétlqaei. 

Cette partie de l'Exposition, très importante à cause de 
la coquetterie bien connue des fenunes polonaises, a été 
confiée à la direction de M. Wenda, rédacteur du journal 
polonais : Les connaissances pharmaceutiques. 
On peut en faire la description suivante : 
1^ Histoire et ethnographie; 2^ Europe contemporaine; 
3® Teintures pour les cheveux; 4® Collection très complète 
des parfums animaux : musc, ambre, etc. ; ^^ Collection 
des huiles et essences vraies obtenues par distillation; 
Ô** Parfums réalisés par la synthèse chimique; 1* Savons 
divers, hygiénii|ues, médicinaux, etc.; 8® Autres produits. 

XIII* — Appendice et CJonelution. 

L'Ensbionement DE l'hygiène est obligatoire dans toutes 
les Universités médicales en Russie, et à Varsovie par con- 
séquent. Les ètudiaiits des deux dernières années sont 
tenus d'y assister, et le cours occupe cinq heures par 
semaine. Le programme, comprenant: l'air, l'eau, le sol, 
l'habitation, la ventilation, lechaufiage^ l'éclairage, le vête- 
ment, l'évacuation des immondices, l'hygiène de la nutri- 
iion, l'épidémiologie, la statistique, l'anthropométrie et 
la police sanitaire, — est entièrement traité dans une année. 
Il existe, en outre, à l'Université, un laboratoire, fort bien 
installé, où les élèves bénévoles sont, à tour de rôle, exer- 
cés aux manipulations et recherches pratiques du domaine 
hygîénologique. 

L'inspection sanitaire scolaire n'existe guère que pour 
les établissements d'enseignement secondaire. Cette partie 
importante de l'hygiène des cités a été, jusqu'ici, assez, 
négligée en Pologne : ce n'est guère que dans la capitale 
de la Russie que Ton peut trouver trace d'une organisa- 
tion proprement dite. 

Je n'ai point à insister, dans mon rapport, sur ces ques- 
tions, de domaine russe et officiel: mon but ayant été 
de donner une idée à mes collègues de la manifestation, 
exclusivement polonaise, et due entièrement à l'initiative 
privée, dont Varsovie a le droit de s'enorgueillir aujour- 
d'hui : l'Exposition dChygiène de 4887. 

En terminant, je tiens à remercier ici, publiquement, 
de leur cordial et fraternel accueil, MH. Boyard, consul 
général de France, et le D' Lubelski, médecin du consulat, 
grâce auxquels ma tâche de rapporteur est devenue aussi 
agréable que facile à remplir. Je remercie, enfin, mon 
éminent maître, M. le D' Leroy de Méricourt, qui a bien 
voulu faire de ce mémoire un rapport élogieux, à la 
Commission ministérielle des missions scientifiques. 



Propriétaire-Gérant : D' de Pietra Santa. 

IMPRIMERIB LHAIX. — 20>^RUB BERGÈRB, 1>AR1S. — iOM'S-S. 



'5*' 



140 ANNÉE. — 130 VOLUME. 



Numéro 597. 



JEUDI 1" MARS 1888. 



JOURNAL D'HYGIÈNE 



SOMMAIRE: — Harveyetla Circulation (iusang(LABOULBÂNE]. — Les sels de Nickel (Riche). — Traité d'électricité médicale (Onimus et Legros). 
— Par Monts et par Vaux. — Feuilleton, En Finhnde : Les colonies de vacances; l'établissement médico-mécanique (G. Asp). — 
L'expérience du Grand-Papa (E. Bbrthet). — Les Céréales (Parmentier). -- Bulletin de la Société française d'Hygiène. Avis : 
Séance de mars. •— Les sels de Morue en thérapeutique externe (Langlebert-Casalonga). — Le Service de la Vaccine à Nice en 1887 
(CiAUDo). — Livies offerts en don à la bibliothèque de la Société. 



Patis, ce 4^' Mars 188S. 

Harvey et la Circulation du sang. 

Cesalpioo Koperse, Harvey dimostro, 

(P' SCALZI.) 

M.A.IiABOuLBàNBvieiit de cons&crer l'une des savantes 
leçons du cours d'Histoire de la Médecine et de la Chi- 
rurgie, qu'il professe à la Faculté de Paris, à la grande 
découverte de la Circulation du sang. 

Cette question n'est pas nouvelle pour les lecteurs du 
Journal d'Hygiène; en raison môme de son importance, 
elle a été l'objet d'articles très étudiés (1) qu'il nous 
plaît de rappeler ici, avant d'exposer les idées du P' La- 
boulbène,par cela même que. sur quelques points, nous 
ne partageons pas ses profondes et sincères convictions. 

Notre dissentiment porte surtout sur le rôlo très effacé 
que rérudit et savant professeur assigne à André Césal- 

(!) Voir in Journal d'Hygiène les articles : 

f Aîi'iré Cesalpin et la circulation du sang (à l'occasion dn monu- 
ment qui lui a été élevé en 1877 sous le portique de l'Université de 
Home). Vol. IL p. 85. 

2» Les lois de la circulation enseignées par Vanatomie owp nie, 
fembriologie et Vobservation clinique \)SiT Pinocx, proilaraant« l'i'nilé 
cardiaque de circulation et de sanguificalion d. Vol. V, p. 304. 

3» La cirrulfUion du sang par Te D' Ramon Turro, critiquant la 
théorie régnante ou mécanique, pour lui substituer une théorie vhv 
sutlogiqve. Vol. VIII, p. 267. 

40 Noliçe biographique de Willium IJavuey par Max. Marie (Ilisloiro 
des sciences mathématiques et physiques^ Vol, IX, u. 88. 

50 La uconda revendicazione del Cesalpinopar le P' Scalzi.VoI. X 
p. 595. 



pin, alors, qu'après les contemporains, Haller et Flourens 
lui en attribuent un assez considérable, alors aussi que 
nous croyons avec le P' Scalzi de Rome, que la décou- 
verte de la circulation du sang comporte ces deux termes, 
phases ou périodes : 

Cesalpin Ta découverte; Harvey Ta démontrée! 



1 

Elle serait trop longue Ténumération des écrivains qui, 
en Angleterre, en France, en Italie et en Allemagne, ont 
tour à tour exalté la gloire de Harvey, ou contesté, plus 
ou moins formellement, sa découverte. 

Les opinions des auteurs ne sont pas moins divergentes, 
lors(jn'il s'agit do déterminer la part de déconcerte qui 
revient aux prédécesseurs de Harvey, à savoir: Michel 
Servei, Real Columbo, André Cesalpin, Fabrice d'Acqua- 
pendcnte, Charles Ruini, etc. 

Laissant un momerjt dans la pénombre les panégyristes 
anglais, italiens et espagnols, pouvant obéir à des senti- 
ments plus ou moins légitimes de patriotique nationalité, 
nous retiendrons romme raisonnables et véridiques le 
jugement et les appréciations de deux Français, le célèbre 
Portai et l'illustre Flourens. 

c Harvey, écrit le premier, dans son Histoire de laméde- 
cine et de la chirurgie (1770-73), a terni son ouvrage et 
sa réputation, en passant sous silence les travaux qui l'a- 
vaient précédé. Servet, Colombo, Levasseur, Cesalpin 
méritaient bien d'être cités, car ces quatre analomistes 
avaient vu séparément les objets principaux de la circu- 
lation. » 



FEUILLETON 
En Finlande, 

LES GOLONIBS DE VACANCES — L'ÉTABLISSEMENT UéoiCO-MÉCAMQUE (1). 

Nous transcrivons ici, avec une certaine satisfaction, les 
charmants souvenirs des vacances d'été de l'une de ces 
demoiselles, âgée de 15 ans (M>^« OlgaOttosson) . 

* La première fois que je fus envoyée à la campagne 
comme « colon t>, pourypasserle; vacances, je fus placée 
dans une famille qui avait une terre dans les v skàren » 
(archipel) à l'ouest d'Helsingfors, dans les environs dt; 
Barôsund, connu pour son site pittoresque. Je n'avais 
jamais été à lu campagne, je n'avais jamais vu de forets, 
je ne connaissais de bois que les petits parcs près de 
Hclsijigfors. La première chose (|ui me frappa à mon 
arrivée, c'était l'air irais et délicieux que je respirais à 
pleins poumons. Les beaux arbres, les fleurs, le chant 

(1) Suite et fin, voir le n« 596. 



des oiseaux, tirent une vive impression sur moi. Je me 
sentais libre et gaie comme l'oiseau dans les bois. Mon 
plus grand plaisir était de sortir le matin de bonne 
heure, de monter quelque colline et de contempler la 
belle nature. Je ne me reconnaissais plus moi-même. Les 
bains de mer délicieux que je prenais tous les jours, de 
môme que les bons repas, me lircnt beaucoup de bien. 

» A la campagne on n'avait que le choix des plaisirs. 
Un de ceux qui étaient suri ont à mon goût, c'était 
d'aller en bateau. Nous allions ordinairomcnl jusqu'à une 
petite île où nous abordions pour nous promoner, cueillir 
des fleurs et des baies sauvages, ou pour nous amuser à 
différents jeux. Parfois nos courses s'étendaient jusqu'à 
Fagervik, une belle terre dans le voisinage, où nous 
admirions le parc, le jardin et la cascade. 

» La fenaison m'a laissé aussi un souvenir agréable. 
Nous nous rendîmes tous à la prairie. La cafetière et le 
panier avec du bon pain frais ne lurent pas oubliés. Dè}r> 
que nous fûmes arrivés, nous entrâmes dans le fenil où^ 
nous nous amusâmes de notre mieux. Ensuite nous prîmes 
du café. Quand le char à foin retournait du icnil pour y 



98 



JOURNAL DHYGIÈNË 



^ 



Voici sur Ja découverte de la Circulation, Topinion for- 
tement motivée de Flourens; « Galieu ouvrit la route qui, 
suivie de près par Vésale, Servet, Colombo, Gésalpin et 
Fabrice d'Âcxiuapeiideii le, nou8 a conduit à Harvey. 

».,. Césalpinqai, le premier, a vu que le sang dans les 
veines revient des parties au cœur, au lieu d'aller du 
cœur aux partie?, retour qui constitue la circulation géné- 
rale, 

» , -. Fabrice d'Acquapendente qui, le premier, a vu les 
valvules des veines sans en connaître Tusage, 

«... Et enfin Harvey^ homme admirable dans la démon- 
stration des choses perçues par les autres, qui a prouvé 
la circulation pulmonaire par la structure même du cœur, 
la circulation générale par la disposition même des val- 
vuIls des veines, qui a rejoint les deux circulations l'une 
à Tautre, et nous a donné le spectacle complet d'un grand 
mécanisme. » 

C*eat ce jugement impartial de Flourens, accepté sans 
COI Mrs le par les écrivains de la moitié du xix« siècle 
(a iii; lai s, espagnols et italiens), que vient combattre aujour- 
d'hui le savant professeur d'Histoire de la médecine par 
dos ari^umenls que nous n'acceptons pas comme péremp- 
toires — Laissons -lui d'abord la parole : 

II 

Id. le F' Lal>ouibèi]e commence par faire la biographie 
de William Harvey, que nos lecteurs trouveront dans la 
notice très exacte que lui consacre M. Maximiiren Marie 
dans SCO Histoire des sciences mathématiques et physiques ; 
avant d'arriver aux xvi® et xvii® siècles, il énumère 
r^tpidement les opinions qui avaient cours aux temps 
anciens, et pendant le moyen-âge. 

« Les hippocratiques n'ont eu aucune connaissance du 
courant circulaire du sang. 

Aristote croyait que le cœur seul et les veines conte- 
naient du sang. 

Démocrite, Ânaxâgore, surtout Eristrate, regardaient 
les artères comme un système de vaisseaux absolument 
distinci des veines et rempli d'air. Tous admettaient dans 
le sang un mouvement de va-et-vient en rapport avec 
rinspirationet l'expiration de Tair par la trachée artère ou 
artère rude. 



AvecGalien, Ton se trouve en présence d'un système 
habilement conçu, basé sur des expériences prouvant 
que les artères renlerment du sang comme les veines. 
Toutes les artères battent au même moment, par suite 
d'une certaine puissance qui vient du cœur. Pour Galien, 
les oreillettes sont les parties accessoires du cceur. En le 
mettant à nu par Tenlèvement du sternum, il reconnut 
à cet organe trois états : il se dilate lorsqu'il veut attirer 
quelque substance utile (diastole), se replie sur lui-même 
pour jouir des substances attirées, se contracte pour 
expulser le résidu de ces substances. Le cœur pour 
se mouvoir a besoin de chaleur; les veines ont leur 
principe dans le foie; cependant sur un animal dont on 
a enlevé l'appendice xyphoïdé, on voit battre l'oreillette 
droite et la veine cave qui s*y rend. Ainsi pour le méde- 
cin de Pergame une artère amène du poumon l'air dans 
le cœur (veines pulmonaires), et cette artère doitfinalement 
rafraîchir le sang en lui envoyant sans cesse de l'air. De 
plus, les ventricules communiquent entre eux par les 
porosités ou les perforations de la cloison médiane, et 
de la sorte tout le sang arrive à être rafraîchi par l'air. 

Ayant admis que, dans le poumon, les extrémités des 
veines nourricières comnuniquentavec les plus fines ter- 
minaisons des artères lisses, il ajoute qu'il en est de même 
avec les dernières ramifications trachéennes, et enfin que 
des communications existent également à travers la cloison 
ventriculaire. 

» En pensant que le mouvement des artères est dû, non 
à l'impulaiondusang, mais à l'ébranlement des parois par 
action du cœur, Galien est resté à côté de la circulation 
artérielle; mais en réalité il n'a connu ni la grande ni la 
petite circulation. » 

La doctrine de Galien sur la fonction du cœur et des 
vaisseaux a été acceptée aveuglément par le moyen âge. Il 
a fallu arriver jusqu'à Vésale pour voir disparaître les per- 
tuis, les porosités de la cloison inlerventriculaire. 

Le premier texte imprimé où il soit question de la cir- 
culation pulmonaire date de 15S3. Michel Servet (né en 
Navarre, Espagne) l'indique dans un livre de controverse 
théologiqueC/iri5/iam5mire*/iiu//oqui lui avalu lebi^cher. 
(Attaché à un pilori, Servet fut brûlé vif avec son livre, à 
Genève, au lieu dit ; Champ-du-Bourrcau.) 



I 



» 



rapporter une nouvelle charge, nous nous y assîmes, et 
lorsqu'il faisait de gmuds sauts en passant les fossés et 
qu'on se poussait c?u riant, c'était un plaisir de plus. Nous 
ne retournâmes que tard dans la soirée. 

j) L'été passa vile; il ne m'avait jamais paru si court. 
Enfin arriva le malîa où il fallut quitter l'excellente famille 
dansiaquellcj*avuis eu le privilègede demeurer, etles belles 
contréus dont j'emportais tant de souvenirs agréables! 
t'ortiliéc et ayant bon courage je revins à la ville pour 
recommencer mes études à l'école. 

)i Wéié suivant, en liSHS, je fus envoyée au même endroit 
et placée dons la même famille. En y arrivant j'eus la même 
impression agrt^able que j'avais ressentie l'année précé- 
dénie. Les Jours pasisèrcnt vite avec leurs différentes occu- 
palions, li lecture, le travail et les promenades. Nous fai- 
sions de temps en temps de longues courses. Je me sou- 
vi[;[js particulièrement d'une excursion que nous entre- 
prîmes pour prendre des écrevisses. Nous y allâmes en 
deux voitures, crfr l'endroit était à une distance de huit 
kilomètres do notre demeure. Arrivés sur la place, une 
partie de la compagnie se mittout de suite à la pêche, tan- 



dis que les autres s'occupèrent à préparer le café. Quand 
celui-ci fut prêt, toute la société se plaça sur le gazon 
autour de la cafetière. Après avoir fait une bonne pêche 
nous retournâmes tard dans la soirée, gais et contents de 
notre journée. 

» Une autre fois nous eûmes la permission d'aller sur 
un bon petit cheval jusqu'à Fagcrvik. Nous y fîmes visite 
chez une vieille dame qui nous offrit d'excellentes fraises 
de jardin et beaucoup d'autres bonnes choses. Nous nous 
promenâmes dans le magnifique parc où il y a une allée 
tortueuse formée par de hauts arbustes et appelée « le 
labyrinthe » . 

» Nous avions aussi beaucoup de plaisirs à la maison. 
Il y avait d'abord un grand jardin avec une quantité de 
fraises, de framboises et de groseilles. Sur une grande 
place unie nous jouions au cricket et au volant. Un autre 
plaisir était d'aller regarder les veaux, les agneaux et les 
poules avec leurs poussins. 

» Dans l'été 1886, j'eus pour la troisième fois l'avantage 
d'être envoyée à la campagne, cette fois à Lojo. Le bon 
air, les beaux arbres et les fleurs y rencontrèrent mes 



JOURNAL D HYGIÈNE 



En ieuilletanl Tuti des r.iriGâ exemplaires de ce livre qui 
se trouve, avec les tracés du toM,^ la Bibliothèque natîoDafe 
delà rue de Richelieu, on lit à la page 270 ces lignes 
remarquables : 

«... Cette commimicaLion (du ventricule droit avec Ii? 
ventricuJe gauche) u'a pas lieu, comme ou le croit commu- 
I Dément, par la cloison mitoyenne du coeur; mais par un 
grand artiiice, le sang subtil ept poussé, par un long con- 
duit du ventricule droit dans les poumons ; jmr les pou- 
mons il est préparé, il devient jaune, et de la veine arté- 
lieuse (art^i'e pulmonaire) il est transféré dans l'artère 
^'éÎDeiise (veiue pu Ira on a ire). 

1 Le trajet du sang à travers les poumons est réellement 
indiqué; Servet connaÏÉmit donc en \o^3 h circulation pu!- 
moaaire, ou petite drculatiou. » 

Matteo Realdo Colombo de Crémone succéda à Vésale 
dans sa chaire d anatomie à l'Université de Padoue^ et 
mourut en 1^9. Pendant ses expériences sur des chiens, 
Colombo montrait les vêtues pulmonaires pleines de 
sang, et dans ses livres : De re medicaj il ait expressé- 
ment : 

d Entre tes deux ventricules (du cœur) existe une cloi- 
son à travers laquelle presque touslesanatomist.es pensent 
que le sang passe du ventricule droit dans le ventricule 
gauche, mais le chemin parcouru est beaucoup plus long. 
En effet, le sang est porté par la veine artérieuse (arLère 
pulmonaire) au poumon, où il est rendu plus léger; ensuite 
mélangé à l'air, il est porté par l*artère veineuse (veine 
pulmonaire) au ventricule gauche du cœur. » Et il ajoute 
tièrement : « (le que personne, jusqu'ici, n a marqué par 
écrit, quoique cela puisse Atre facilement vu par tout le 
monde... Je sais que cet usage nouveau des poumons, 
qu'aucun anatomiste n'a jusqu'à présent imaginé, paraîtra 
peu digne de conûauce et ^.mblera être un paradoxe, a 

< La petite circulation, ajoute M. Laboulbène, est pré- 
cisée- Sen'et laissait transsuder encore que1qu«ï chose par 
h cloison interventricuïaire; Colombo la ferme complète- 
ment, sans hésitation, sans le souci de l'opinion de Galien 
nu de Vésale. 11 a vu et revu sur les animaux vivants le 
sang revenant du poumon ; il ne le dit pas [învus, comme 
Servet, maïs avec un luxe d'adjectifs iliedéclare (ïondus, 
knuis, pulcher. En outre, Colombo fait exécuter aux val- 



vules cardiaques leurs vrais mouvements ; elles s'opposent 
au retour du sang, qui avance et n'ondule plus. 

« X mon avis, tout ce qui a été supposé, parfois très habi- 
lement, pour attritmer à Servet la découverte de la petite 
circulation n est pas probant. Je conclus donc que Servet 
a reen d'Italie la connaissance du fait dout il n'a point re- 
vendiqué l'idée première, d 

ïir 

« Jusqu'ici j personne n*a prononcé le mot de circulation; 
il se trouve dans les écrits de Césalpin. Je dois vous dire 
do suite que malgré les élof^es qui lui ont été prodigués, 
entre autres par Geoffroy-Saint-Hilaire et par Flourens, 
Césalpin a peu ou point compris ce sujet; partisan absolu 
d'Aristote et de Galien if n'a rien inventé (1). 

tf Où se trouve le mot circulatio? Dans le livre V des 
Qiii'^^Hoiu péripatéticiennes publié en loTl à Venise (2), 
Iluic samjnmia circula tioni eœ dextrocordis ventriculoper 
ptilmonem, in miistrum ejusdem ventriculum, etc. Mais 
dans ce passage, le mot circulation s'applique uniquement 
au circuit pulmonaire, mieux exposé par (k>lombo, qui 
avait indiqué Taction de l'air sur le sang dans la respira- 
tion, t} 

De l'ouvrage de Césalpin, Zte Plantts, publié à Floreuce 
eu lo83. M, Flourens avait extrait une phrase qui lui pa- 
raissait irt^s probante : a Dans les animaux, nous voyons 
que lalinient est conduit par les veines au cœur, comme 
à l'officine de la chaleur naturelle; qu'après y avoir reçu 
la dernière perfection, il est distribué dans les artères par 
tout le corps à Taide de l'esprit qui est engendré diuis le 
cœur, w 

M. Laboulb^ne reproche à Flourens d'avoir remplacé le 

(1) CoLte ofTirmotion tjous paraît bien téméraire, et coatraale sin^ti- 
Urreiiit^nt avee les jliKtiUJents d'onlinaJre si imiiartiaux et ai modéré^i 
de M. LuÏKïuibètie : [iouh e^^iyerons du reste de la «combattre plus 

fil La pramière édition dea Questiûni perîpatclfde, porie ladau* de 
1,^3, Venise. — CiHle dont parle M. I.abouïbénw » été pubUée ft l'\ù- 
reniîe en tfifiO «lors que ('«iulpiji élaîi rirofiiSseur à iTuivandlè dw 
Vhc Nous avmns déjà donné celle dote m? lî>13, on rapjselaai que le^ 
prinri paies piiblîi^dluns do Harvà^j pophiieut le* dates dt- 10U) et 
lG28 : — 76 ajisde distance entre tes deuîL dates crlèbroH c'est bien 
quelque diose ! 



^ 



regards comme les années précédentes» Le séjour à Lojo 
m*a laissé tant d'agréables souvenirs que je ne pourrais 
presque pas en nommer un seul à pari. Je puis seulement 
dire que tout était bien. Les journées passèrent rapide- 
ment, partagées entre la lecture, le travail, les bains et 
les promenades. Une partie en était réservée aux récréa- 
tions. Nous faisions souvent. des excursions tantôt à pied, 
tantôt en bateau. Parmi les parties à pied je me souviens 
particulièrement de celles que nous faisions à Hiitis, cam- 
pagne dans le voisinage, où il y avait un petit lac avec 
beaucoup de beaux nénuphars. Nous faisions quelquefois 
le tour du lac dans un petit bateau. Comme nous étions 
toujours pourvues d'une provision de beurrées, nous nous 
asseyions dan s quelque bel endroilombra^^é, où elles étaient 
Vite consumées avec nn appétit excellent* Une lois nous 
allâmes à Lill-Ojarao, une jolie maison de campagne^ où 
demeurait un des maîtres de notre école, U y avait une bon ne 
eararpolette et beaucoup d*autres arrangements poursV 
^ muser. Nous montâmes aussi plusieurs Tois sur <t le Loh- 
jaiiR^lkë 11 ^montagne à Lojo) où Ton trouvait des 1 innées 
el des mirtilles en grande quantité. Nos promenades sur le 



lâc étaient si nombreuses que je ne pourrais les nommer 
toutes. Le plus souvent nous allions 5 une petite ferme, 
extrêmement bien située sur une pointe. On y avait un 
excellent lait caillé, le meilleur que j'ai jamais mangé. 
Nous cbantions toujours en ramant- — On nous permet- 
tait quelquefois de jouer des pièces de théâtre dans le jar- 
din nu presbytère* 

û Les bons soins, les bons bains, l'excellente nourriture 
que nous avions, ont beaucoup contribué à fortilier ma 
santé. On nous avait pesé à noire arrivée à la compagne; 
vers la tin de Tété mon poids avait augmenté de 11 livres 
(5 kilos et demi)* 

& Je crois que ce dernier été m'a été le plu^i utile de toua 
ceux que j'ai passés à la campagne et jamais je n'oublierai 
ces h(!ureux jours 1 

j* Mes meilleurs remerciements à tous ceux qui m'ont 
procuré tous les avantages d'un séjour à la campagne, u 

a Cette institution commença son activitesons le ®m 
« d'Établissement privé de Gymnastique f« i\ H^lsîngfois 






J^'f- ;«« 



100 



JOURNAL D'HYGIÈNE 



:i 



mot « aliment » (alimentum) par a sang », ce qui donne à la 
pensée deCésalpin une précision qu'elle n'avait pas dans 
son esprit. 

Le savant Professeur nous permettra de ne pas accorder 
d'importance à cette querelle de mots. Flourens était par- 
faitement dans le vrai en traduisant alimentum par sang, 
et ce d'autant plus que, comme nous l'apprend M. Laboul- 
bène lui-même, dans un autre [ouvrage De questiorum 
medicarum publié à Venise en 1593, Gésalpin désigne 
l'aliment « comme le sang formé dans le foie, le sang qui 
vient du foie et va au poumon ». 

(f Plus on étudie impartialement Gésalpin, dit en ter- 
minant ce chapitre M. Laboulbène, plus on est forcé de 
conclure que dans la plupart de ses assertions, se dresse 
nn obstacle à la circulation générale : toujours l'antique 
flux et reflux dans les veines d'un côté, dans les artères de 
l'autre. L'illustre péripatéticien aurait-il entrevu la grande 
circulation (je vous ai montré qu'il était en arrière de 
Colombo pour la circulation pulmonaire) qu'il aurait par 
respect pour Aristote, cherché une théorie afin de ne pas 
voir les choses autrement que son oracle ? » 

Voici encore une assertion assez gratuite, et qui frise de 
bien près le parti pris de rabaisser le mérite et la gloire 
de Gésalpin. 

En montrant à ses élèves le bel in-folio « De venarum 
ostiolis lifter », publié à Padoue en 1603 par Fabrice d'Ac- 
quapendente, M. Laboulbène constate : d'une part que la 
démonstration des valvules des veines avait été faite par 
Fabrice, en 1574, avant les réflexions de Gésalpin; de 
l'autre qu'à la découverte, bien antérieure à cette époque 
des valvules des veines, se rattachaient les noms de Gbarles 
Estienne, de Sylvius,de Gannani, de Vésale, d'Eustache, 
de Posthuis et de Salomon Alberti. Il résume son appré- 
ciation en ces mots : 

« Fabrice d'Acquapendente avait observé a avec une 
grande joie » que la plupart des veines possèdent des val- 
vules qui s'ouvrent du côté du cœur ; il les a soigneuse- 
ment représentées. Mais il n'en saisit pas la vraie fonction ; 
il pensait qu'elles avaient été faites pour modérer l'afflux 
du sang veineux, et l'empêcher surtout, de se porter en 
trop grande abondance vers les parties décUves, ce qui 



aurait le double inconvénient de priver les parties sypé- 
rieures de l'aliment qui leur est nécessaire, et d'ameaer 
un gonflement perpétuel des mains et des pieds. » 

(A suivre.) D' de Pjetka Santa, 



Les sels de Nickel. 

Le D' Blayac a déjà rendu compte d'une bonne étude 
de M. Van Hamel Roos sur l'action physiologique des sel« 
de Nickel (1). 

Des expériences physiologiques variées lui ayant dé- 
montré leur complète innocuité, le savant Rédacteur en 
chef de la Nouvelle Revue des falsifications des denrées ali- 
mentaires , n'a pas craint de protester contre une décision 
du Gonseil supérieur d'bygiène d'Autriche, tendant à dé- 
fendre la vente et l'usage des ustensiles de cuisine en 
nickel. 

M. le P' Riche a porté devant l'Académie de médecine 
la question de la nocuité ou innocuilé du nickel qui 
est devenue très importante pour notre pays depuis que 
Garnier, en 1861, a découvert en Nouvelle-Calédonie des 
mines renfermant un minerai de ce métal oc contenant 
pas d'arsenic, alors que l'arsenic se rencontre dans pres- 
que tous les minerais étrangers. 

Les opinions des chimistes sont divergentes : 

Orfila, ne s'est prononcé ni dans un sens ni dans l'autre ; 
Hussel, a déclaré que le nickel n'était pa^ pins dange- 
reux que le fer; Simpson le compare, au point de vue de 
sa toxicité, au zinc ou à l'étain; Anderson, le considère 
comme dangereux, et l'assimile à \^ pjçrotoxine; Dragen- 
dorf, déclare que c^est une matière très dangereuse qui 
liquéfie Içs glotbules du sang et les détruit à la dose d'un 
seul oiilligramnAe d'acétate, etc. 

Voici comment M. Riche expose ses expériences: 

a J'ai d'abord administré l'acétate à haute dose à deux 
cobayes. L'un est mort, mais il résulte de l'autopsie pra- 
tiquée par M.. Laborde, que Ta^iimal a succooibé à une 
pneumonie ; l'autre est bien portant. 

» J'ai donné easuite à un chien, 25 grammes du nième 

(1) Voir Journal d'Hygiène^ vol. XII, p. 519. 



au commencement de l'année 1868. En la constituant, le 
but était de travailler autant que possible pour introduire 
la gymnastique dans l'éducation des demoiselles, dans 
l'école comme hors de l'école, et pour intéresser le public 
à cette branche de la gymnastique, d'y perfectionner des 
institutrices, et enfin de pratiquer la gymnastique médi- 
cale, c'est-à-dire de seconder les forces de la nature, de 
vaincre les maladies chroniques par une cure de mouve- 
ments ou, mieux dit, par des mouvements des muscles, 
mis en règles. En Suisse et en Allemagne on a pris le sys- 
tème généralement reconnu de Spiess pour pase de la 
gymnastique d'école. — Le résultat de l'activité de l'éta- 
blissement fut, au-dessus de l'attente, très grand, la 
gymnastique pour les filles étant devenue très vite obli- 
gatoire dans les écoles des filles de l'Etat et un objet 
d intérêt général- Peu à peu elle fut admise partout, de 
sorte qu'il n'y a plus guère d'écoles de tilles où la gymnas- 
tique ne soit pas introduite. — Après ce résultat heureux 
les travaux de l'établissement ont principalement embrassé 
l'orthopédie , la gymnastique des malades et l'instruction 
des institutrices. Depuis l'automne 1874 la gymnastique 



des malades a été facilitée par l'introduction des appareils 
mécaniques construits par le docteur en médecine Zander 
à Stockolm (1). Après ce temps l'appareil mécanique s'est 
augmenté peu à peu, et Je travail des mains a été diminué 
sans être pourtant exclu. Get appareil consiste à présent en 
M pièces. Vu l'étendue de cet appareil mécanique, dont 
une partie comprend des machines dites a passives » (les- 
quelles on fait mouvoir au moyen d'une force motrice 
mécanique), il fut nécessaire d'acquérir à l'institut une 
maison particulière. 

-ù Gette maison bâtie sur une place des plus saines de 
la ville, sur un sol montueux et construite très soigneuse- 
ment d'après les préceptes de l'hygiène, occupe une sur- 
face fondamentale de 750 mètres carrés; elle a une situa- 
tion isolée avec la façade principale vers le Sud-Est, de 
sorte qu'elle dispose de l'air et de la lumière de tous côtés. 

Pour se faire une idée nette des influences sous les- 
quelles les écoliers grandissent, particulièrement de leur 



(l) Voir la description de Pi^yàid^^t ^ 
Journal d'Hygiène, vol. lY, p. 4o9, 533 et 58' 




os ^ 



JOrRNAL D'HYGIENE 



lOf 



sel à la dose de 50 centigrammes par jour. L'animal ne 
s'est ressenti de rien. 

n Tai recommencé rexpérience sur un autre chien. A 
la do^e de «^0 cc^ntîgrarumGS, Tauimal ne s'est resseuti 
de rien. J*ai alors perlé la dose à 750 mlUigrammes^ k 
un gramme, et jusqu'à deux grammes. 

> A cette dernière dose, Tanimal n'est pas mort^ mais 
il a présenté des vomissements, une diarrhée persistante, 
une sorte' d'ataxie du train de derrière. Ces accidents dis- 
paraissaient d'ailleurs très vile lorsqu'on abais^it la dose 
du sel à lîOO milligrammes et Tanimal qui avait maigri, 
engraissait à nouveau. 

» L'animal fut sacrifié, etTaulopsie montra qu*il ne pré^ 
sentait aucune espèce de lésion. 

ï On ne peut conclure absolument du chien h Thomme; 
mais cependant ce qui s'est produit au cours de cette ex- 
périence, permet de conclure que la quantité extrême- 
ment minime de sels de nickel que contiennent des ali- 
ments cuits dans des vases de ce métal n'est nullement 
dangereuse pour Thomme. Le nickel employé dans Tart 
alimentaire n'est pas plus nuisible que le fer, dont il se 
rapproche au point de vue chimique. ^ 

D' DE FotJBNÈS. 



Traité d'Électricité médicale (^]. 

Cet ouvrage, depuis longtemps classique, avait besoin 
d'ftre remis au courant des conquêtes récentes de la scien- 
ce, et M, Onimus (dont la gi^ande compétence en électro- 
thérapie est reconnue de tous), s'est acquitté, à ja com- 
plète satisfaction des praticiens, de cette lâche difficile et 
délicate* En eifel, quoi de plus difficile et de plus délicat 
pi>ur un maître, que d'écrire un traité ex-prùfessOt sans 
tomber dans des exagérations de doctrine, sans manifester 
certaines préférences théoriques î Le D"" Onimus s'est 
acquitté impartialement d'une tâche magistrale : il a résolu 
ainsi un problème, dont la solution est rare, en médecine 

(1) Recherches phv&iolngiqneg et cl î niques, par les ûocU^nta E. Oni- 
nms et Ch. Lef,'ros;a' éditmn^ reviif» f^i considérablement auginentée 
l*ar E. ÛtfiHïjïT. — Fdiï Akan, nJil-?ijr. Paris, ni88. 



OÙ les rivalités d'écoles at>ondent presque autant qu'en 
poli tique*. . 

L'ouvrage est nettement distribué en trois parties : les 
appareils, leurs effets physicOKïhiraiques, leurs applications 
à la physiologie et à la clinique. 

Dans la première partie, l'auteur décrit compendi eu sè- 
ment les appareils électriques, à courant constant et con- 
tinu, à courant induit ainsi que les appareils d'électricité 
statique. {A propos de ces derniers, nous regrettons de ne 
pas voir mentionner les ingénieux procédés de notre dis- 
liiigué collègue le D' Huguet.) M. Unimus étudie ensuite 
les phénomènes de réiectricité dans les corps vivants, le 
trajet des courants dans rorganisme^ les résistances des 
divers tissus au passage de l'électricittL 

La deuxième partie comprend les effets chimiques et 
physiques de l'électricité sur les corps vivants, les phéno- 
mènes lumineux et calorifiques et ! action chimique de 
l'élecïrolyse. Dans cette lechnographie, trouvent naturel- 
lement place le polyscope et le photophore, avec les mul 
tiples appareils de la galvaoocaustie thermique, et ses 
applications au canal lacr ymo- nasal , à Vurèthre, à l'œso- 
pTiage etàTanus, Nos lecteurs connaissent tous les beaux 
travaux de TÉcole française sur le traitement des anévris- 
raes par Télectrolyse, dont T honneur revient en grande 
partie à notre éminent collègue Dujardin-Baaumetz. Le 
D'^ Onimus étudie ce mode de traitement avec un graad 
sens critique, ainsi que la thérapeutique analogue des 
varices, hémorroïdes, kystes, novi-vasculaires, hydrocè- 
les^ épanchements de sérosité. L'action cautérisante des 
courants électriques a été également utilisée pour la des- 
truction des tissus, lorsqu'il est important de ne laisser 
aucune trace cicatricielle. On sait avec quels succt^s Tripier 
et le tant regretté Mallez ont appliqué cette méthode h. la 
cure des rétrécissementa uréthraux. Néïaton Tavait essayé, 
déjà, dans les polypes naso- pharyngiens, et M* Onimos 
rappliquait récemment avec M. Léon Labbé, à la cure 
d'un fort rétrécissement du vagin. 

Les recherches physiologiques et cliniques (3« partie de 
rœuvre) constituent, d'ailleurs, les pages les plus étendues 
et les plus intéressantes pour nos lecteurs. Après avoir 
décrit remarquablement les phénomènes physiologiques 
de réiectricité animale, et démontré, à l'aide desexpérieû- 



i 



effet sur la capacité pulmonaire, ainsi qu'en général sur 
la nutrition, on a fait, au commencement et à la lin de 
trois semestres consécutifs, des observations détaillées sur 
un grand nombre déjeunes lilles. Pour constater la capa- 
cité pulmonaire on s'est servi du spiromètre, avec lequel 
nous avQLis mesuré le vol u me d'air qui , après une aspiration 
aussi profonde (|ue possible, sort des poumons par une 
expiration aussi complète que possible. La quantité de 
cet air expiré dépendant de plusieurs facteurs, comme de 
la largeur du thorax, de la mobilité des eûtes, de la gran- 
deur des poumons, des intestins, du péritoine, de la force 
dos muscles respira tt^ûra, etc., il importe que ces recher- 
ches soient faites avec beaucoup d'exactitude pour nous 
donner un résultat certain sur la capacité pulmonaire» 

« Jusqu'à présent il nous manque une méthode qui 
puisse nous donner un résultat absolu quant au vrai 
volume du thorax, duquel dépend celui des poumons y 
renfermés. Dans le ca.s en (fuestion la capacité respira- 
toire, qni dépend de Tactivité des m n scies respirateurs 
(capacité vilalej, a lo plus grand intérêt. 

Y Par des observations étendues on a trouvé que la 



capacité pulmonaire est dépendante du sexe, de Tâge, et 
de la grandeur du corps, tandis que le poids du corps 
joue ici un rôle intérieur, et qu'elle est plus grande cheï 
l'homme que chez la femme. Pour Inomme on a en 
moyenne un surcroît de loO cm. cubes de lacapacitfi pul- 
monaire pour une augmentation de!2^", 5 de la grandeur 
du corps; pour la femme un surcroit de seufement 100 cm 
pmir la même augmentation. Jusqu'à la trenle-cinqui*'me 
année elle augmente, à partir de cet i\ge elle diminue» Ce 
sont la des données générales. 

(M. le \)^ Asp donne ici des détails très circonstanciés 
sur les résultats de ses recherches, sur des jeuneE filles, 
qui embrassent les classes comprises entre 9 et la ans.) 

Nous sommes heureux de lui adresser toutes nos félici- 
tations les plus sincères. j)r j j^| Cyhnos. 

L'Expérience du grand-papa (*). 

Dans ce livm dédié à ses petii^^T^iifants, Faute urhieg 

{ÎJ I ToL orrié de gravures, lexle par Elie Rerthet, — Jauvot «t C'% 
éditeurs, Fans 1888. 



102 



JOURNAL D'HYGIÈNE 



CCS de Becquerel, lexisteûCfi des courants électro-capil- 
laires, ka auLâurs nous niontreot ensuite TiaflueDce de 
réleclricité sur la clrculalion, sur le cœur, la tension vei- 
neuse et artérielle. Deux grandes conclusions pratiques 
doraim^nLce chapitre: I" les tibres musculaires des vais- 
seaux sanguins servent à faciliter le cours du sang; 2<» les 
congeslions actives sont hi résultat de l'activité fonction- 
nelle plus grande des libres musculaires des vaisseaux. A 
ces conclusions ressortissent diverses applications clini- 
ques : au xliémorrhagies utérines, aux troubles menstruels 
ou dysménorrhôe (Hilfelsbeim) ; pour rappeler des hémor- 
roïdes ou des épistaxis habituelles; dans l'impuissance par 
érection incomplète et atoofe géûitale, etc.; pour exciter 
les sécrétions inaclives el résoudre les engorgements des 
ganglions lymphatiques, etc. etc. 

Uaction des courants sur le système nerveux est très 
complexe. Mais MM, Onimus et Legros ont su la débrouil- 
ler, avec la lucidité qui caractérise si bien leur expérimen- 
tation. Le courant direct est celui qui agit le plus énergi- 
quement sur les nerfs moteurs. Le courant inverse, ou 
ascendant, est celui qui agit le plus sur les nerfs sensitifs. 
L* excitabilité d<^s nerfs mixtes est diminuée par un cou- 
rant direct et augmentée par un courant inverse, etc., etc. 
Dans riiyperesthésie des nerfs sensitifs, et principalement 
dans les névralgies, qui constituent le type de l'augmen- 
tation de sensibilité, le courant induit, et surtout le cou- 
rant constant, rendent, à coup sûr, de très grands services. 
Un ceriatQ nombre de tics douloureux et de névralgies 
anciennes ou chroniques, avec ou sans troubles trophiques, 
névTites, sciatiques, névralgies utérines, névralgies par 
cohésions etc., sont également justiciables, an plus haut 
poi lit, de rélectncile, Daus la migraine, les courants induits 
de !£ à 3 minutes réussissent aussi, parfois, surtout si la 
maladie est d'origine rhumatismale ou due à un trouble 
d'innervation du grand sympathique. 

Comme Thyperesthésie, Tanesthésie des nerfs périphé- 
riques est largement niodrflée par les courants induits. 
M. Onimus rapporte Tobservaiion d'un laveur de che- 
vaux pris de fourmillements dans Tavant-bras droit et d'in- 
sensibilité, (|ui fut guéri au br^ut de dix séances; celle d'une 
hiitièrede 1q ans, alteinte d'engourdissement des pieds, 
consécutif à l'usage fréquent de la chaufferette, etc., etc. 



L'augmentation d'excitabilité des nerfs moteurs cause 
les spasmes ou tics convulsifs de la face, le torticolis, la 
crampe des écrivains, et les autres crampes professionnel- 
les des violonistes, pianistes, télégraphistes, etc. La com- 
pression ou la contusion sont susceptibles d'amener des 
paralysies nerveuses périphériques (paralysie des luxa- 
tions; paralysie par les béquilles, etc). Dans les paralysies a 
frigore dites rhumatismales, M. Onimus démontre que les 
extenseurs sont toujours paralysés les premiers. Enfin, il 
existe des paralysies obstéiricales infantiles, plus commu- 
nes qu'on ne le croit, et sur lesquelles les éminents auteurs 
insistent avec raison. Toutes ces affections guérissent, 
plus ou moins vite, et plus ou moins complètement, sous 
l'action des courants induits. Il en est de même des para- 
lysies hystériques et de lachorée. Au contraire dans l'épi- 
lepsie et le tétanos, l'électricité est loin d'avoir tenu ses 
promesses : les esprits sérieux renoncent même à son 
emploi. 

Nous passons ensuite en revue les paralysies consécutives 
à des lésions de la moelle, et M. Onimus s'étend avec com- 
plaisance sur celles qui sont consécutives aux accidents de 
chemins de fer et qui dépendent ordinairement d'une com- 
motion ou d'une contusion de Taxe cérébro-spinal. Il 
indique, à ce propos, les moyens très simples pour déceler 
la simulation, et pour porter un pronostic scientifiquement 
établi. Les applications de l'électricité aux maladies pro- 
prement dites de la moelle épinière (ataxie locomotrice, 
myélites) ressortissent à la médecine des symptômes, mais 
retardent assez peu. en réalité, révolution du symptôme 
morbide lui-même. Toutefois, l'atrophie musculaire rétro- 
grade, parfois, sous l'action puissante des courants conti- 
nus surtout si le mal est limité à certains groupes musculai- 
res. Ces courants rendent également dans les paralysies 
infantiles, les plus signalés services. Dans les paralysies 
musculaires et des nerfs de l'œil, on obtient couramment 
de rélectricité les plus magnifiques résultats. Danis les 
hémiplégies, elle fait cesser les contractures et les dou- 
leurs, favorise la réparation cérébrale et la résorption des 
caillots, empêche l'atrophie musculaire d'accomplir son 
œuvre néfaste avant que l'encéphale ait repris sa santé. 

Nous passons ensuite à l'action de l'électricité sur le 
système musculaire des muscles striés, dont nous trou- 



connu Elle Bbethkt cherche à leur inspirer le goût de 
l'histoire naturelle. Est-il un plus utile passe-temps que 
l'étude de la botanique? eslit lien de plus attrayant que 
de se livrer â la recnerche des magnifiques végétaux qui 
pullulent sur notre sol béni ? 

Les plantes médicinales sont les préférées du grand- 
papa conteur qui les explique et les montre à un petit 
garçon qui a besoin de plusieurs d'entre elles pour soigner 
sa mère malade; c'est tout d'abord le lierre terrestre, 
grosses touffes d'un vert sombre, de la famille des 
labiées, aux grappes de fleurs bleues exhalant une odeur 
forte et einployt^s surtout en tisanes ; la digitale pourprée, 
belle plante aux feuilles lanugiueuses, aux grandes fleurs 
de couleur pourprée ponctuée, eïuployée dans les maladies 
de cueur; le bouillon 6/a;ic, plante robuste dont les feuilles 
sont couvertes d'un duvet blanchâtre et dont les fleurs d'un 
jaune oâle forment une sorte d'épi au sommet de la tige, 
cette plante est employée en infusion et son goût rappefle 
celui du thé; la peiiti centaurée à fleur rose, employée 
aussi contre la fièvre. 

Les enfants dans leurs courses près d'un petit ruisseau 



rencontrent le trèfle d*eau, superbe gentianée dont la fleur 
en grappes pyramidales est finement coupée et exhale une 
odeur suave; la châtaigne deau que nos ancêtres les Gau- 
lois employaient comme nourriture; les ophrys de la 
famille des orchidées dont le pétale imite à s'y méprendre 
la forme et la couleur d'une abeille, d'une mouche ou d'une 
araignée, delà leurs noms divers, ophi7s-bourdon, ophrys- 
mouche, ophrys-araignée et même ophrys-pendu, dans 
laquelle (avec quelque bonne volonté par exemple) on dis- 
tingue la forme d'un homme pendu. 

On tire des orchidées, dans les pays tropicaux où elles 
sont plus nombreuses et plus étonnantes que chez nous, 
une substance alimentaire très estimée qu'on appelle le 
salep, La plupart sont épiphytes, c'est-à-dire qu'elles vivent 
en parasites sur d'autres végétaux, s'implantant dans les 
troncs des arbres ou se suspendant à leurs branches, sou- 
vent par un seul fil très mince; elles les ornent de fleurs 
multicolores, donnant aux forêts un charme indéfinissable. 

Les oiseaux et les papillons occupent tour à tour nos 
petits promeneurs qui retrouvent des veronîVyué?^, des sali- 
caires, des menthes sur les rives du petit cours d'eau ; les 



^w 



lOURNAL D'HYGIRNE 



m 



vons des preuvei convaincantes en physiologie et en 
clinique. De même pour les (ibr^s lisses de la vie 
vêf;étaLJve, plus ieols à la contraction, mais d'une airophie 
difficile cl d'unn régénéra lion très rapide : TapplicaLion 
de JplectfoLhérapie aux cas de cnnstipation opiniâtre, 
d^obstruction intestinale, de coliques de plomb, paralysies 
vés ï cal es , s pe ï^i n athorr ée , hyper tropli i e pros ta ti q ue , etc., 
en fournît [es preuves cliniques les plus palpables. On 
peut aussi en trouver dans la cure des atfeclîoos utérines 
(|ui a rendu si populaires les noms de uos très distingués 
confrères Tripier et Aposloli. 

L'électrisation statique généralisée, bain électrique, 
friction électrique, etc. » réussit fort bien dans le traite- 
ment de Tanémie, de la neurasthénie, de rhystérie, de 
Tirritation iîpinale : on sait avec quelle prodigalité en use 
la célèbre éeolede laSalpétrière. Parmi les afîeetions gé- 
nérales auxquelles on a appliqué l'électricité, il Tant citer 
le diabiMe insipide, les maladies par ralentissement de la 
natrition, Télèphantiasis, certaines affections cutanées 
rebelles et douloureuses; enfin, et surfout, les aiîections 
rhumatismales, et même les arthmpathies, auxquelles 
notre savant collègue le D' Danion consacrait récemment 
un travail fort remarqué* Dans certaines cardiopathies, 
rélectricité, prudemment maniée, peut rendre de réels 
services au^ malades, ainsi que Ta, avec raison, avancé 
Ouroziez. Les expériences de physiologie, aujourd'hui 
classiques, d'Onimus et Legros, sur Taction électrique 
dans la motricité et rînnervation du muscle cardiaque, 
peuvent servir de base et de soutien à cet adjuvant pré- 
cieux de la médication pharmacologique ordinaire. 

L'examen de la con trac l il i té électro-musculaire est, enlin, 
le plus sur moyen de s'assurer de la mort réelle* 11 per- 
met, de plus, de savoir à combien d'heures remonte la 
mort : certains muscles, en effet, perdent, avant d'autres, 
leur excitabilité ; la forme de la contractilité change et 
donne des renseignements plus importants même que 
ceux que Ton peut tirer de la perte de la contractilité. 
En outre, cette exploration est des plus avantageuses, 
parce qu'elle sert, plus qu'aucun autre moyen, à rétablir 
les fonctions du cœur et de ia respiration. Cest, à la 
fois, l'un des meilleurs remèdes de la mort apparente et 
le meilleur, assurément, des divers procédés d'examen 



proposés dans le but (si louable et si èmimmment hygié- 
nique) d'obvier aux inhumations précipitées... 

Nous arrêtons ici le compte- rendu du Traité à'ékctri- 
citv d'Onimus et Legros. Pourquoi ajouterions-nous des 
critiques:^ celles que le sympathique auteur de laâ*' édi- 
tion s'adrejse à lui-même : développement inégal des 
chapiires, imperfeclion du plan, etc? Lne science à ses 
débuts ne comporte pas un traité parfait, comme peut 
l'être un manuel de matière médicale ou d'analomie. 
L essentiel es t. pour elle, la clarté dans Te x position des 
lois fondamentales, clarté seule capable d'en rendre la 
lecture attrayante et tructueuse, L'ouvrajçe d'Oninus 
remplit merveilleusement ce programme : înventis facile 
aliquid addere, 

D^ E* MoNiN, 
Secrétaire de h Rcdaetion, 



Par Monts et par Vaux. 

IIBEHTK l-T TOLKllANCK. — VIN FEHriunENF.l.X NATUREL, 

Dans le tome XII de l'Histoire des Sdences mathi'mati- 
ques et phym/ue-^^ M. Max Marie consacre une longue et 
intéressante biographie à l'illustre mathématicien Cauchv, 
et s'elforce de distinguer en lui « l'analyste il le penseur, le 
praticien et le théoricien, l'inventeur et le chef d'école, a 

Kn abordant Pexposé de ses idées philosophiques, le 
vivant érudit transcrit cette belle page qu'il prend, dit-il, 
au hasard dans les écrits de Cauchy ; 

a C'est ici peut-être le lieu d'examiner ce qu'il faut 
entendre par les mois de tolérance et de liberté. Que 
demandent les partisans d'une liberté illimitée? Uue 
chacun ait le droit de faire ce que bon lui semble. Mais, 
s'il en est ainsi, chacun voudra faire ce qui lui est le plus 
utile, ce qui servira le mieux ses intérêts. Or loin que les 
intérêts des hommes se trouvent tous d'accord, ces inté- 
rêts sont constamment en opposition les uns avec les au- 
tres... D'ailleurs, prenez-y garde, la liberté que Dieu a 
donnée à l'homme n'est pas un droit : c'est une faculté 
de choisir entre le bien et le mal, entre le juste et l'injuste, 
entre le vice et la vertu. ..On peut userouabuserdelaliberté. 



fraîches renoncules blanches qui flottent à la surface de 
l'eau, les sagittaires et les plantains aquatiques qui dressent 
leur hampe svelte au milieu des roseaux surmontés d'élé- 
gants panaches, et au milieu des iris chargés de faire la 
garde avec leurs grands sabres verts, en attendant qu'ils 
se fassent utiliser dans une fabrique de parfumerie. 

Ainsi tour à tour les plantes usuelles sont expliquées 
par le grand-papa dans le grand livre de la Nature. 

Des plantes on passe aux fourmis et aux nécrophores 
pour arriver enfin aux Plantes carnivores; il s'agissait 
du Rossolis ou Drocera dont les feuilles sont recouvertes 
de longs poils rouges, au sommet desquels suintent des 
gouttelettes d'une liqueur visqueuse et brillante ; de là 
vient le nom àeRos soHs (rosée du soleil) que l'on donne 
à cette plante. Aussitôt que des moucherons, fourmis ou 
autres bestioles se posent sur ces feuilles impiégnées de 
liquide, elles s'empêtrent dans ce suc formant glu et les 
longs poils rouges de la plante s'abaissent pour les empri- 
sonner ; la Dionée et les Népenthés passent également pour 
carnivores. 

A ce moment l'expérience du grand-papa ne suffit plus 



à ces petits élèves, et il s'empresse de leur mettre entre 
les mains les meilleurs traités de botanique qu'ils trou- 
veront moins arides, n'ayant pa3 débuté par la théorie 
mais bien par la pratique. 

Ce commencement d'éducation n'est pas à la portée de 
tout le monde, mais nos petits Parisiens liront avec fruit 
et plaisir l'intéressant volume que M. E. Berthet a si 
bien mis à leur portée, et ceux qui plus heureux rencon- 
treront dans leurs vacances à la campagne quelques-unes 
de ces plantes, les reconnaîtront avec joie et les classeront 
dans leurs mémoires sans aucune difticulté. 

C'est la vraie Leçon de choses qui adoucit les difficultés 
de début de toute étude sérieuse. 

D' Marins RoijVKo. 



Les Céréales. 



En faisant des recherches pour mon livre V Hygiène ^ 
VEstomac, que la librairie 0. Doin vient de mettre sous 
presse (1 vol. de 400 pages, avec préface par Théodore de 



104 



JOURNAL D'HYGIÈNE 



Mais la raison, d'accord avec la loi divine, nous enseigne 
clairement que le bon usage de la liberté doit être récom- 
pensé, que Tabus doit être puni. Ainsi Ton ne peut jamais 
accorder aux hommes, comme un droit, la liberté de faire 
le mal... Jamais les lois humaines ne peuvent autoriser 
le mal comme principe, et une loi qui le ferait serait nulle 
de soi. 

» Parlons maintenant de la tolérance, ou plutôt de la cha- 
rité chrétienne, car sous peine de ne plus s*entendre, il 
est bon de ne pas changer le sens que les mots ont reçu. 
L'erreur matérielle et Terreur morale, qui traîne le vice à 
sa suite, se trouvent directement opposés aux intérêts ma- 
tériels et moraux de l'homme et de la société. L'erreur 
est donc l'étemelle ennemie de l'homme. 

» La vérité seule peut lui donner d'utiles conseils, mais 
comme tel homme qui adopte aujourd'hui l'erreur peut la 
rejeter demain, il en résuUe que l'erreur ne doit pas être 
confondue avec celui qui a le malheur de s'y attacher. 

» C'est précisément l'amour que nous portons à nos 
semblables qui nous interdit de favoriser jamais la pro- 
pagation de l'erreur. Cette règle est commune auK gou- 
vernements et aux individus. » 

M. Max. Marie, trouve que le texte de Cauchy manque 
de précision et de netteté, parce qu'il confond, ce qui est 
humain et ce qui est divin, autrement dit ce qui est d'or- 
dre législatif et ce qui est d'ordre religieux. 

« Cauchy, ajbute-t-il, n'a jamais dû se poser la question : 
Pourquoi, tandis qu'il existe tant de religions, il n'y a 
cependant qu'une seule morale, commune à tous les 
hommes, sous toutes les latitudes et tous les climats ? S'il 
se l'était posée, il aurait pu reconnaître que les lois 
morales ne sont que l'expression même des conditions 
d'existence des sociétés. » 

«... Qu'est-ce que le bien et qu'est-ce que le mal ? dit 
en terminant M. Marie. Je suis sûr que Cauchy aurait 
répondu : « Le bien est ce qui est conforme à la volonté 
de Dieu, et le mal ce qui lui est contraire ». 

» C'est là une mauvaise définition, et qui, loin d'en- 
traîner l'acquiescement, ne produirait que des discor- 
dances. 

« Le Bien est ce qui tend à resserrer les liens sociaux ; 
le Mal est ce qui tend à les relâcher et à les rompre ! » 



M. Maximihen Marie, dirons-nous à notre tour, est-il 
certain que ses définitions du bien et du mal, seront 
acceptées par la généralité des philosophes, en dehors de 
toute idée religieuse, en dehors surtout de toute opiniou 
politique. 

Qu on le veuille ou qu'on ne le veuille pas, « que l'on 
croie à la Conscience ou qu'on la répudie », que Ton ait 
foi dans le libre arbitre, ou qu'on le considère comme un 
vain mot, n'y a-t-il pas dans ces idées de bien et de mal 
quelque chose qui se détache des régions terrestres, pour 
s'élever dans un inconnu qui, à des moments suprêmes, 
fait et fera toujours la consolation des uns et la terreur des 
autres !! 

*% 

Le Journal de Phai^niade et de Chimie (M. Riche, ré- 
dacteur principal) contient, dans son numéro dulS octobre, 
une note intéressante de M. Sambuc sur un vin fei^rugineux 
naturel de la Seyne ( Var). 

Ce vin, provenant d'un cépage américain, le Jacquez, 
donne à l'analyse les résultats suivants: 

Alcool à 15*>; en volume 8,4 0/0, 
soit en poids 61 ^''o4 par litre. 

Extrait sec à 100« 20 80 — 

Acidité exprimée en acide sulfu- 

rique 6 20 — 

Cendres totales (carbonatées) . . 2 60 — 

Peroxyde de fer anhydre . ... 011 — 

Nous ne croyons pas qu'une telle richesse en fer ( 1 1 
centigrammes) ait été signalée jusqu'ici dans aucun vin. 
En effet, la proportion ordinaire est de i à 2 centigrammes 
Fe* 0*. 

Ce vin aurait donc ulfie importance thérapeutique 
réelle, si les récoltes prochaines donnent la preuve qu'il 
conserve cette précieuse propriété. 11 en sera probablement 
ainsi, étant données d'une part, la richesse en fer du sol 
schisteux qui le produit, de l'autre, sa forte coloration 
(vin de teinturier). M. Sambuc a constaté depuis 1883 
que le vin de la Seyne est riche en œnocyanine, qui, sui- 
vant les recherches de M. Gautier, est la forme sous laquelle 
le fer est fixé dans le vin. 

N'est-ce pas le cas de crier aux innombrables spéciali- 
tés ferrugineuses : Casse cou! 

D' Echo. 



Banville), il m'est tombé sous la main un livre rarissime, 
dans lequel j'ai cueilli les notes ci-dessous, dont je signale 
à mes collègues le véritable intérêt rétrospectif. Le livre 
en question, signé du nom de l'illustre et bienfaisant 
Parmentier, a dû être écrit à peu près à la même époque 
que son célèbre mémoire, couronné par l'Académie de 
Besançon, sur l'usage alimentaire de la pomme de terre 
pendant les disettes. Voici le titre : 

Parmentier. — Mémoire sur les avantages qae la pro- 
vince de Languedoc peut retirer de ses grains, considérée 
sous leurs différents rapports avec r agriculture, le corn- 
m^rce, la meunerie, la boulangerie. — (Paris, P.-F. Didot 
jeune; MDCCLXXXVI. 1 vol. in-l°, 447 pages.) 

P. 359, art. XL\ : Des différentes espèces de pain usitées. 

Êpeautre. — Moins cultivé qu'autrefois. Pain blanc, 
mais lade sans sel, difficile à faire. 

Seigle, — « Principale nourriture des habitants dés pays 
froids » en Europe. 

Méteil. — a Aliment habituel des cultivateurs même 
les plus aisés. » Reste frais longtemps, ce qui leur permet 
de cuire moins souvent. 



Maïs, — e Un des plus beaux présents que le nou> 
veau monde ait fait à 1 ancien. » Parmentier indique deiix 
procédés de panification. Il note qu'en Languedoc on ne le 
prépare qu'en bouillie, ou en gâteaux (pain de millei, 
millasse, cassole, ) 

Pomme de terre, — Ses avantages sur le sarrazin (p. 385), 
— Déconseiller le pain de pomme de terre, avec ou sanf> 
mélange d'autres farines. — a Mais il est certains peuples 
auxquels il faut absolument du pain, et ils croiraient 
n'être pas nourris, si l'aliment ne leur était présenté sous 
cette forme » (p. 378). 

Avoine, millet, — Il proscrit les pains d'avoine, de 
millet, usiiés dans quelques cantons de Languedoc, el 
conseille de les remplacer par les pains d'orge ; — <x Plus 
décorce que de farine. » 

Page 381 En général, le pain est la forme la meilleure 
pour consommer le blé et le seigle; la bouillie pour les 
autres grains. 



mm)Y 



G!&fe|I'è 



JOUHNAL DHYGmXE 



lOS 



BULLETIN DE U SOCIETE FRANÇAISE D'HYGIENE 



AMS. — La séance mensuelle de la Société aura lieu 
Je veudredi 9 tnars à 8 h, 1/â du soir, dans la salle de ta 
Bibfjotbèque, au Siège social, 30^ rue du Dragon. 

mvm DU JOrR 

DisçussîoQ sur les commu ni calions de la séance de 
février, — D^ Dépasse: Statistique sanitaire des égouliers 
de Paris, 



Les sels de Morue 

EN THÉRAPEUTIQUE EXTERNE (D 

Les sels de morue peuvent-ils être employés comme 
bains, et dans ce cas quelesl leur mode d'action ? — Telle 
est, Messieurs, la question que nous allons résoudre, eL 
sur laquelle nous voua demandons de fixer votre bien- 
veUlanle attention. 

El tout d'abord, permettez*Q0U3 de vous donner quel- 
ques détails sur ce qne nousentendons p^iT sels de morue. 
— Vous n'igDorex Messieurs, aucune des préparations 
que subit la morue, eu tre le moment où elle est^pt^cliée 
et celui où elle vous est livrée pour se transformer, entre 
les mains savantes de vos cordons bleus, en plats plus ou 
Dioius renommas. — En premier lieu, extraction desfoîeSj 
qui serviront à ]a préparation de l'huile de foie de 
morue, car il existe de Thuile de vrais foies de morue 
blanche, blonde ou brune. — Après cette opération qui 
se lait dans les pêcheries, la morue découpée est placée à 
fond de cale des navires en couche& superposées, séparées 
et recouvertes par des Hts de sel commun, formant ce 
qu'en termes spéciaux, on appelle des coussins. Le sel qui 
environne ainsi les morues prend le nom de sel de row.s- 
sin, 11 est soumis à des droits et ne peut circuler en libre 
franchise qu'après avoir été dénaturé. La Régie admet 
vingt-deqx procédés de dénaturalion que je passerai, 
du reste, sous silence. La morue accomplit donc ainsi 
la traversée dans ce bain de sel, Dans les ports de dé- 
barquement, elle est déchargée, et transvasée dans de 
grandes futaiUes, dans lesquelles ou ajoute à nouveau du 
sel commun, pour remplacer, st cela est nécessaire, celui 
perdu ou mis hors d'usage pendant le parcours. 

Le sel, par son contact prolongé avec la morqe verte, 
slmprègoe, ainsi que le démontre l'analyse nue nous 
mentionnons plus bas, des principes solubles quelle ren- 
ferme, et des principes volatiîs dont elle est le siège de 
formation. C'est à ce double rôle d'agent de dessiccation 
et de conservation qu'il doit ses propriétés. L'agriculture 
et riudustrie font usage depuis longtemps, du reste, du 
^Iqui accompagne la morue lorsqu'elle nous arrive ainsi 
desséchée, H est employé par les tanneurs, les corroyeurs, 
les glaciers et surfont les cultivateurs pour fertiliser leur* 
terres, ce qui est déJA, de la part de ces deraiers, une 
reconnaissance implicite de ses propriétés nutritives et 
fortifiantes. 

Il) GommimlcaitoQ faitti à ta Soclétâ datis la séance du 13 janvier. 



Tout récemment, notre attention fut appelée par des 
praticiens distingués sur la composition de ces sels, et sur 
la recherche des principes auxquels ils devaient d'avoir 
obtenu d excellents résultats thérapeutiques externes. 
Il était donc intéressant de connaître quels éiéments, et 
en quelles proportions, la morue avait pu abandonner aux 
uh(k vousûns, et dont Todeur et Taspect, à défaut de 
tout autre indice, annonçait au moins une moditiealion 
de composition. 

Nous avons fait une analyse comparative d'échantillons 
de sel ordinaire et de sels de cousain, provenant de sources 
diverses. Ainsi que l'établit le tableau suivant, il existe 
des différences assez sensibles entre les deux ; diirérences 
caractérisées par la présence dans les seïs de morue de 
matières azotées que nous avons dosées à TéLatde méthy- 
lamine; quant aux autres caractères, il existe de telles 
variétés daus la composition des sels du commerce qu'ii 
est di^cile de tirer une conclusion à l'avantage de Tun ou 
de l'autre. 

En effet nous trouvons en moyenne 



SEL MAUTIf 

Eau 91). 

Chlorure de sodium ........ 936.9 

Chlorure de magnésium 8,^ 

Sulfate de magnésie . 15,4 

Sulfate de chaux * , , , 9.8 

Matières insolubles. , - 0.1 

1000.0 

mu DB MORUE 

Eau . 40. 

Chlorure de sodium 933, 5ÏJ 

Chlorure de magnésium. 2,0022 

Sulfate de magnésie , , 2.2702 

Sulfate de chaux iâ.07t]0 

Mali^'^res insolubles fixes. ...... 3.03 

Matières ipsobi blés volatiles, . , . . 1.97 40 

Matières dosées à letatderpéthy lamina . . 3076 

Pertes , . . , 4,8t 



O^OO 



0/00 



1000,0000 



Que remarquons-nous en comparant ces deux tableaui? 
— Vnm augmentation d'eau dans les selt de morue, con- 
séquence toute naturelle de leur contact avec la moru'i 
non desséchée, puis une diminution des sels de magnésie, 
cédés à la morue, à laquelle en échange ils empruntent ses 
éléments azotés. 

Ces principes azotés sont un mélange d'aminés (mé 
tliylamine, dimétliylamîne, trîmétbyïamine) dosé à l'état 
de méthylamlne simple. Pour faire c^ dosage, après avoir 
acidulé, par l'acide chlorhydrique, une quantité déterminée 
de sels dissous à chaud dans leau distillée, nous avons 
il Itré et évaporé pour chasser l'excès d*eau. Après avoir 
ajouté de la potasse caustique , nous avons dégagé et rô^ 
les gaz dans l'acide sulfurique normal, avec lequel la 



106 



JOURNAL D'HYGIÈNE 



niélhy lamine s'esl: combinée, puis nous avons tilré Tacide 
non saturé. Par diilérence, et par équivalents, nous avons 
obtiîDu la quanlitc lie méthylamine dégagée, soit 0.3076, 
correspondaut à 0.23ii d'azote libre par kilogramme de 
se[. 

Etant donné d'uue part Tefficacité bien connue des 
bains de sel marin, d'autre part la composition des sels 
de morue, il est facile de tirer une conclusion favorable à 
leur emploi thérapeutique externe. 

Ne voyûos-nous pas, en effet, aux éléments constitutifs 
du sel marin, s'ajouter, en proportion dosable, les prin- 
cipes azotés représentés par la méthylamine? La pratique 
médicale, a, du reste, de tous points, confirmé la théorie 
et obtenu de sérieux résultats de l'emploi des bains de 
sels de morue^ pour combattre les affections des os, le ra- 
chitisme, la paralysie de Tenfance, la chlorose, l'anémie, 
la scrofule^ les manireslations rhumatismales, etc. La dose 
ordinaire est d'un kilogramme de sel de morue par bain, 
pris k la température ordinaire des bains, et d'une durée 
de vingt & trente minutes. 

Âd. Langlbbert. 

OBSERVATIONS DE M. D. A. GASAL0N6A 

M, Casalonga fait remarquerqueTabsence de toute trace 
d'iode signalée par M . Langlebert, (ce sel est fort recher- 
ché par les cultivateurs, pour anpender leurs terres, où 
il fait de plus en plus défaut), semblerait indiquer que 
ce n'est pas la morue, mais seulement son foie, qui ren- 
tcrme ce^corps ; ce qui n'empêche pas certains fabricants 
de livrer sous le nom d'huile de foie de morue, des huiles 
faites avec d'autres parties de la morue que le foie, y 
compris toutes sortes de déchets. 

Quant k la rareté du sel employé à la conservation de 
ce poisson, il pense qu'elle résulte de la préférence accor- 
dée au sel en gros cristaux cubiques obtenu dans le raffi- 
nage du sel gris des marais salants de TOuest, par éva- 
poratlon à basse température. Sa recherche par les culti- 
vateurs doit provenir de ce qu'en Tachetant, ils évitent 
les droits de douane^ lesquels sont très élevés. 

En raison de la faible densité des eaux de l'Océan, du 
faible degré d'évaporatîon de l'air des côtes de l'Ouest, et 
rlns frais de raffinage, ce genre de sel doit coûter plus cher 
que celai obtenu dans les salines du Midi, où le degré de 
salure est bien plus élevé, et où l'évaporation est plus 
active, et donne du sel blanc en gros cristaux sans qu'il 
soit nécessaire de le raffiner. 

M. Langlebert dit que les cultivateurs payent le droit 
de douane, le sel qu'ils achètent n'étant pas considéré 
comme suffisamment dénaturé. 

Invité à donner quelques renseignements sur la diffé- 
rence de fabrication des diverses sortes de sels fabriqués 
dans V Ou est, daos le Midi, et au moyen des sels gemme, 
M, Casalonga dît que la question nécessiterait des déve- 
loppements fort étendus. 

Il vient d'indiquer les causes d'infériorité des marais 
salants de TOuest, où la récolte du sel se fait, en quelque 
sorte, au jour le jour; ce sel, sauf celui recueilli à la sur- 
taccjélant en petits cristaux gris, souillés de terre, et peu 
purs. 

Dans le Midi, Teau prise à la mer à 3^ et 3^2 Beaumé. 
rourt, comme dans les salines de l'Ouest, d'un comparti- 
mt'ut à ruiiire, s'évaporant sans cesse, mais plus rapide- 



ment, après avoir déposé vers 17® B. son sulfate de chaux 
sur les tables salantes, aux environs de 2^ B. A ce mo- 
ment la précipitation des cristaux commence, et atteint 
bientôt, par une alimentation régulière, et une évapora- 
tion vive, une épaisseur de 20 à 30 millimètres et 
plus. 

Le dépôt une fois effectué, l'eau mère est écoulée, et le 
sel est battu ; c'est-à-dire qu'après la division de la table 
en petits carrés de deux à trois mètres de côté, au 
moyen de pelles plates en bois, le sel est relevé au centre 
en un cône, que l'on transporte pour en faire des tas 
plus grands appelés camelles. Ces tas affectent la forme 
d'une pièce triangulaire dont une des arêtes sert de faîte. 
Quelques-uns sont couverts avec des tuiles pour les sous- 
traire à l'action de la pluie. . 

Aux salins de Giraud, en Camargue, MH. Henry Merle 
et C'% aujourd'hui Pechiney et C'%ne jettent pas les eaux 
mères. Ces eaux ont été longtemps emmagasinées dans 
de vastes réservoirs bétonnés de 50,000 mètres cubes de 
capacité, et traitées l'hiver au moyen des appareils réfri- 
gérants du système de M. F. Carré, construits par la maison 
Mignon et Rouart. Ces eaux refroidies à — 18** G. laissent 
déposer leur sulfate de soude; après quoi elles sont en- 
voyées dans des chaudières plates, où, évaporées h gros 
bouillons, elles produisent du sel fin raffiné. Les nouvelles 
eaux mères, par refroidissement, laissent déposer un 
chlorure double de potassium et de magnésium, qui, par 
lavage et par un traitement approprié, donnait du chlorure 
double dont le prix était encore avant 1866, fort élevé. 

Mais, vers cette époque une mine de chlorure de potas- 
sium fut découverteen Allemagne, et les prix de ce clilorure 
s'abaissèrent de plus de la moitié, ce qui compromit cette 
industrie. 

(M. le Président rappelle qu'en effet une mine de chlo- 
rure de potassium fut découverte alors à Hassfurt en 
Allemagne, et qu'elle modifia ccmsidérablement les con- 
ditions du marché pour la vente de ce produit dont les 
applications sont nombreuses.) 

M. Casalonga fait remarquer que la découverte de ce 
gisement paralysa un instant l'importante fabrication 
qu'il vient d'esquisser, mais ne la fit pas disparaître. Elle 
fut assez heureusement transformée sur les conseils du 
regretté Balard, pour pouvoir encore lutter avec les pro- 
duits de Hassfurt. 

Au lieu d'emmagasiner les eaux mères qui ont déposé le 
sel marin, on les pousse par évaporation jusqu'à 37%B. On 
en obtient successivement du sel marin jusqu'à S^l^ B, du 
sel mixte (sel marin et sulfate de magnésie) de 32 à 35® B. 
du sel d'été (sel analogue au précédent mais avec concen- 
tration de ia potasse sous forme de sulfate double de 
potasse et de magnésie, et de chlorure double de potas- 
sium et de magnésium). 

Ces sels sont traités par dissolution, refroitiissement, 
évaporation libre, de manière à obtenir successivement 
du sulfate de soude, du sulfate double de potasse et de 
magnésie, et du chlorure double de potassium et de ma- 
gnésium que l'on dédouble aisément par l'eau froide. 

Balard espérait établir à Giraud une fabrication du brôme^ 
ce corps simple qu'il avait eu la gloire de découvrir dans 
ces eaux mères; nous lui avons vu commencer l'instal- 
lation de cette fabrication. Mais diverses circonstances à 
la suite desquelles survint sa mort, empêchèrent la réali- 
sation de cette fabrication. 



JOURNAL IVHYGiÈNE 



107 



Le Service de la Vaccine. 

i NICE 1887 [11. 

Les vacciDations et revacci nations à la mairie de la ville 
de Nice ont œtnmencé à la lia R*vner, et ont duré jusqu'à 
la lin juîû. Leur nombre s'étève à 700. Mais j*ai fait ea 
?ille et dans mon Ciibintît, depuis le 1" octobre 1886 jus- 
qu'à ce jour, 7Ô0 au Ires vaccinal ions elrevaccinal ion s dont 
]t&î/è se ratlacheutï je dois Je dire, au service public, 
Qjaot aux revaccinât ions pratiquées dans les écoles pri- 
maires de la ville, depuis le l''^ mars jusqu'au lojuinj 
elles s'élèvent à 3,388. 

En addi Lion pan t tous ces cbittres, savoir : 

l"^ A Ja mairie ; 

Vaccinalions ....... 640 

Revaccinalions 60 700 

â^Eo ville et dans mon cabinel ; 

Vaccinations 330 

Revaccina Lions .,,,,. 400 750 

3^ Dans les écoles publiques : 

Vaccinalions » 

Re vaccinations 3,388 3,388 

Total 4.838 

Ce grand nombre d^inocu!a lions a été fait uiuqittnicnl 
avec du vaccin animal. C'est que la pratique, pour ainsi 
dire journalière, de la vaccinalion animale depuis i870 
jU3 (u'aujourd'hui, m'a donné la conviction que, prali- 
t|uéedausde bonnes conditions, la vaccination animale est 
mllement supérieure à la vaccinalion humaine et tou- 
jours exempte des graves dangers auxquels celle-ci peut 
exposer, Avecle vaccin animal, nos eflfortsont éLë couron- 
nés de succèa, puisque la mortalité par variole a été en 
dt^croissancc très sensible depuis le mois d'avril jusqLi\') 
ce jour, à tel point que c'est à peine si on compte en- 
core acluellement quelques cas de décès par vnriole, 
eL quant à la supériorité du cow-pox, elle est telle que je 
vous demande la permission de reproduire ici les pages 
du rapport que j'adressai dernièrement à la Municipalité 
de Nice, et qui ont trait aux revaccinations des Écoles 
communales ; 

s Je veux plus particulièrement insister, disais-je, sur 
[fô revaccinations dans les écoles , et m'occuper en même 
temps des locaux scolaires et des conditions hygiéniques 
qu'on y rencontre. Voici le tableau des revaccinatfons pir 
école, ainsi que le tableau des revaccinalions pur i\ge et 
par sexe et celui donnant les résultais généraujt : 

Le prejnier tableau donne les résultats suivants : 

GK^tlLE B CCOLBS TOTAL DBS RRVACCINATIONS SUCCÈS 1/2 Sl;CCla ISSrŒfcS 

De garçons. 16 2077 505 43^i JI50 

ùt mies . . 12 mi_ 471 231 599 

Total . . 3388 976 6tj;] m5 

Le deuxième tableau donne les résultats par ùgi^s 
(motus de 6 ans ; 6 à 9 ans ; 9 à 12 ans ; 12 ^ i'î ans.) 
test dans les deux périodes comprises entre 6 eL Î2 que 
le nombre de succès est plus considérable (817), dans la 
prûuiiere ils sont réduits à 26. 

' I ^Qt^ traosmise au Secrétariat, et communiquée à la Société {énas 
iû sfànce de jan?ier) qui en a voté l'impression au Bulletin. 



Le troisième tableau résume les résultats précédents et 
établit les chiffiTs proportionnels de siiccos et demi-succès 
dans les deux sexes par përiodesd'âge. 



1 



Masculin. ii à 12 U m O/O 

— iâ à l(i 43 
Féminin . <i a U m 50 0/0 

- 12 â 16 50 n 



\ U 0/0 
53 0/0 



48 0/0 



Comme on le voit, le nombre des succès obtenus s'élève 
à 2Î> 0/0, c'cftt-à-dirc, à près du tiers; ce qui constitue une 
heureuse proportion chez des enfants qu'on revaccine 
depuis l'âge de ans jusqu'à 16, 

On remarquera que le nombre de réussites chez les 
jeunes filles est sensiblempnt supérieur à celui des gar- 
çons. D'où vient ce privilège? Mou avis est que cela tient 
surtout a ce que les premières sont plus soigneuses, plus 
couvertes, plus dociles, ne se livrant point a cette gymnas- 
tique incessante qui e^t le propre des garçons* Il y a aussi 
à se demander si le tempérament lymphatique, plus fré- 
quent chez les jeunes filles, ne les prédispose pas davantage 
et à la vaccine et à tn variole. 

Il va saiïS dire que je mets en ligne de complète nombre 
de fausses vaccines f car celles'-çi ne sont pas sans impor- 
tance à cause de ta signi 11 cation que je leur donne. J'ai 
écrit, en effet, autrefois, et l'expérience que j'ai acquise 
depuis, m'autorise à répéter ; que la personne revaccinée 
qui présente une fausse vac^:îne, autrement dit une légère 
pustule apparaissatit vers le troisième jour et Taisant bit^n- 
tot place à une petite croûte qui ne tarde pas à tomber el 
à laisser à sa place uuq petite cicnlrice arrondie, cette 
personne, dis-je, est réellement sous Tin 11 ucuce préserva- 
trice du vaccin. 



Aind donc la supériorité du mccin animal sur le vaccin 
humaïn est inconteslabie el^ en règle y mé raie, la vaccina- 
tion animale doit être pvé/erév à la vaccination humaine. 
Cesl pourquoi, non j^eulementjc ta pratique quant à mot 
sur une ras le èchelie, mais je ta conmilc vu c^ tient ii tous 
mes confrères auxquels foi distribué aile année p/«if de 
200 tubes de cow-pox pour fitsat/e de la ville de Nice et 
400 pour l'usage des autre i rommune^ de notre départe- 
ment, 

D^ CiAURO, 

Conservateur du vaccin jjour k^s A iiXis-MariUm^is. 



Livres offerts en don à la Bibliothèque 
de la Société. 

D' 0. Commence, méduciji en chef adjoint du dispen- 
saire : La Proslilution dirant t'Acadèntie de Médecine de 
Belgique^ broch. in-S**, Âsselin et Bouleau, éditeurs, 
Paris 1888. 

(Résumé fort bien compris des récentes discussions concer- 
nant la réglementation de la prjslttation, dont la néco^slLé 
a été ntïicieliement ree^nnue, duns le but de restreindre 1^ 
propaf^atitju des mtdadics vénérien nu. 4. \os voisins ont \itf*\ 
avec raison, que la prustitutioii quis'aJljLihi.' dan,H ^^©'Q'tC^ 
être interdite, tt que les lé m m es qui s*y livrenK «loi^vj^^re 
iiiscrites d'oflice et sou mises aux viaiti^s sanîtain':?. Cet Le ?ulu- 



i 



I 



10» 



JOURNAL D'HYGIÈNE 



Hon, la seule nMrtifesletnent prophylactique, est malheureu- 
sement ditllcUemeflt compalime avec la sauvegarde de la 
liberté individuelle et cle la dignité des personnes : sans cela, 
les pouvoirs publics de toutes les nations auraient déjà géné- 
ralisé Texcelfenle pratique des visites sanitaires corporelles. 
il faut siivoir grand gré » notre savant collègue de la Société 
d'h>'giène, d'avoir si^malé los améliorations successives qui 
onf été introduites dans le fonctionnement du service du 
dispensaire par ilnîLîative du D^ Passant et par la sienne.) 

Dr E. M. 

M* Paul LEiiOY-BEAULrKu, de l'Institut, professeur au 
Collège de France ; Précù d'économie politique, Delagrave 
édtleiir Paris 1888, 

(Nous as&isioos à un si prodigieux débordement d'erreurs, 
de pr^jutîos ou de niaiseries, en matière économique, qu'on 
doit être reconnaissant cnveri^ les hommes qui contribuent à 
éclairer sur cette aiaHere le grand public. Si seulement nos 
députés, nos conseillers de toutes sortes, généraux, munici- 
paux, etc., qui ont à prendre ou à exécuter des décisions, 
possédaient un petit nombru d'idées nettes et vraies, sur la 
production et le mouvement des richesses, nous n'aurions 
pas si souvent à déplorer les mesures prises dans nos assem- 
blées. 

Pourlunt on est censé enseigner l'économie politique dans 
nos écolesjles premières notions dans les écoles élémentaires 
et des noiions un peu plus étendues dans les écoles normales. 
Mais il est plus fîicilede Tinscrire dans les programmes que 
de trouver de^ mai très ciipat»les de l'enseigner. Pour ensei- 
gner de simpks notions, dira-t-on, est-il donc nécessaire de 
liiiit savoir? Oui, il faut être assez fort pour pouvoir être 
simple. On donne à nos plu>i jeunes maîtres, aux moins expé- 
rimentée, la besogne la plus difficile, la plus délicate, quand 
on leur conHe la mission d'instruire les plus jeunes enfanls. 
Il est vrai qu^on met entre leurs mains d'excellents livres, les 
meilleurs qu'oti ait jamais faits pour l'enseignement pri- 
maire. Les éditeurs se sont adressés aux maîtres des maîtres, 
à des membres de l'Instiiuî, à des professeurs de nos grands 
ét:(blissement9, pour leur demander de faire des livres pour 
Ic5. petits; il sullit de citer, parmi tant d'auteurs éminenls, 
Jules Simon, Baudrlllard, Mézières, Paul Leroy-Beaulieu. De 
longtemps encore les livres ne suffiront pas, mais tous les 
jours la situation s'améliore et elle s'améliore, grâce aux bons 
livres qui sont de plus en plus répandus. 

M, Leroy-Bcaulieu a voulu éviter deux écueils dans les- 
quels les auteui*s tombent as^s^z fréquemment : faire un ou- 
vrage philoi^ophique ou un formulaire non moins abstrait, 
au lieu d'un précis simple, clair, accessible à des natures 
encore peu cutiivéeii. Noua croyons que son livre convient sur- 
tout aux personnes dites gens du monde dont le nombre s'ac- 
croît heureusement chaque jôur, et qui veulent connaître les 
choses autrement qu'il rélat de clartés. Il sera pour tout le 
monde d'une lecture agréable, profitable. Nos^ collègues de 
la Société d'hygiène y trouveront traitées des questions qui 
touchent de près a r'hygièue, dans le chapitre sur /(z popula- 
tion, k pau]iérisme, la c/mr/ié, dans celui sur la pari de la 
nature H de*' forces naiurelks dans la production. Nous n'en 
sommes pas d'ailleurs à démontrer les rapports de l'hygiène 
et de l'économie politique : f^'est chose faite. 

Le slylp de M. Paul Leroy-Beaulieu est d'un professeur et 
d'un lettré, ferme, «ou tenu /clair et sobre. Les matières sont 
bien ordonn^e^, et sur chaque chose, il en est dit assez pour 
h rendre compréhensible et rien de plus.) 

F. H. 

IK Viiicenzo CMiiiONE. Manuel de Matière médicale et de 
ThhrtpnUtqîie, ^ l'usai^c di^ l'éludiant en médecine et du 
mMecin praticien, 1 vol. ^rand in-S*» de 7U0 pages. D' V. 
Pasquûlii, éditeur. Nuple^, 1888. 

(L'ouvrage de notre savant collègue de la Société est arrivé 
en peu de îemps a ^a ^^ édiUon : celle-ci est dédiée au pro- 
fesseur Serrmola, de Napks, « qui a ouvert par ses doctrines 
une nouvelle voie h la tbérapeulique. » 

Professeur de matière médicale à l'Universilé do Padoue, 
M, Cbirone s'e^t inspiré des progrès récents de la pharmaco- 
logie expérimenlale. l^armi ses acquisitions innombrables, il 



a choisi de préférence celles qui avaient reçu le contrôle de 
l'observation clinique la plus généralisée. 

a Les ouvrages de ce genre et de cette valeur échappent à 
l'analyse, mais ils méritent de figurer dans la Biblii>thi'que 
du médecin praticien, pour être feuilletés aux moments de 
doute et d'hésitation. » 

Voici les définitions que donne M. Chirone de la Matière 
médicale et de la Thérapeutique : 

« Les activités vitales des éléments anatomiques qui com- 
posent et forment l'organisme, ne se manifestent pas sponla- 
nément, mais bien par l'intervention des causes qui les exci- 
tent. Ces causes excitantes ou stimulus, lors qu'elles influen- 
cent l'organisme dans le sens de sa conservation et de son déve- 
loppement progressif, prennent le nom de causes nutritives ou 
diététiques; si l'influence des causes est anormale, et suscep- 
tiljle a'altérer les conditions de l'existence, ou d'en compro- 
mettre la vie elles sont dites : causes morbides ou pathologiques ; 
en 3® lieu si les causes excitantes ou stimulées sont de nature 
à ramener à l'état physiologique et de santé l'organisme ma- 
lade ou morbide, elles prennent la dénomination de remèdes 
ou d'agents de compensation (compensi). 

» L'étude naturelle et biologique de tous les agents aptcâ à 
ramener Torganisme souffrant à l'état physiologique^ ou qui 
sont administrés à cet eflet, constitue la Matière médicak. 

» L'étude clinique de ces mêmes agents, forme le domaine 
de la thérapeutique. » 

Le savant Professeur divise le premier chapitre en doux 
groupes principaux : la matière médicale hygiènioue et la 
pharmacologie. Dans l'exposition de l'un comme deraulre. il 
se préoccupe surtout de montrer au public médical * fjue la 
matière médicale moderne s'est engagée réholument et a bon 
droit dans la Voie de rexpérimcnlaiion et que l'expérience 
physiologique doit précéder toujours l'observation clinique, ») 

D' J. B. Olcott (de South Manchester, Connecticiilj, 
Prairies, pâturages, gazoïis et peuple, in-8°. 4887. 

(Dans cette conférence, remplie d'observations judicieuses 
et de conseils pratiques, le savant auteur s'adresse plus spé- 
cialement aux agriculteurs (farmers) et à leurs familles, en 
leur montrant qu'ils sont absolument les maîtres d'améliorer 
leur position sociale. 

La science vient en aide à la nature avec ses multiples 
productions pour assurer aux hommes une existence pros 
père. 

« Le bon fromage et le beurre étant de même que le bon 
cidre, la bière, le vin et le pain des produits de fermentatîou, 
il y a lieu de les soumettre à une surveillance continue, et 
l'étude attentive des ferments d'une part et des pâturages de 
l'autre donnera les moyens les plus efficaces pour rendre à 
nos sources d'eau leur pureté primitWe. ^) 

D' Albert L. Gihon. Dignité et importance de l individu 
(The Individual) . Broch. in-8^ publiée par ordre du ilu- 
reau d'éducation publique de Philadelphie. 

(Le discours adressé par M. Gihon aux élèves des écoles supé- 
rieures est un petit chef-d'œuvre de conseils paternels et 
pratiques. 

Dans les climats du nord, les jours commencent par s'élen dre 
au delà des heures du coucher du soleil, puis à mesure que 
l'année s'avance, cette période de lumière diminue jusqu'à ce 
que les populations soient entourées des ombres d'une longue 
nuit, il en est ainsi de votre existence; pendant la jfuufîsst!, 
le temps semble s'écouler trop lentement; c'est la période 
de l'activité facile; à mesure que Ton avance dans la vîe on 
trouve les heures trop courtes, et l'on regrette d'avoir gas- 
pillé les heures pro.-pères f(/o/ien hours).) 

(Comptes rendus du Secrétariat,} 



Propriétaire-Géro^f^^^^^i^ Qr^^çJ^ 



IMPKlMlilUE CHAIX. — 20, KLE DBKCBRB, PARIS. — 4G72-2-8. 



M^ ANNÉE. — 13" VOLUME. 



Naméro 598. 



Jt:UD[ K MAKS 188K. 



JOURNAL D'HYGIÈNE 



S0M^\IAIKK : — Horvey pt la Cîri'ublMîii du snns (ituite H fin} iLaboilbfineI, — Empoisonneurs. Empf(isonn*}s i venius et poisi^ns [Coi'taî«i:è). 
— Revue alJeEnandf^ (Question du cholëi-îi frETTBWKOKER) . — Pur Monls et par Vauï. — Feuîllletoa^ Lt balaiUe do Lêpante (Jrui^n 
DE LA G BAVikisj. — L'auiL^nte. — Bulletin de la Société française d'Hygiôiio. Avî^, — Qvdte ilu jour ilc la ac^umie (ie nuàvs. — 
l'rccês- verbal de la séance du 10 fcrrier, -— L'aualyse chmiifiue et biologique dea fclau£. — unique.» mots s 



Les êgouts à Liège (Put/^evs), 



I sur une espèce dlnsomnie. — 



Paris, ce 8 Mars fSSS, 
Hârvey et la Circulation du sang (*). 

I? 

Arrivons enJîn avec Je P*^ Loboulbènc au cœur du sujet: 

• Harvey, aïhnt droit au but, au milieu des à pen près 
et des hésilations de ses conltimpopains, envisage clai- 
rement Ja circufatioQ totale du sang el il la démontre* 

ij Après avoir longtemps cherché, il avait trouvé juste; 
ses expériences sont décisives- Il ne méconnait pas Co- 
lombo et Fabrice d'Acquapendentc, il nomme le premier: 
peritissimus, dociisiîmn.i f il dit dus^ûcood: a Jérôme- 
B Fabrice d'Acquapendente, très habile anatomîste el 
j> vénérable vieiklard... qui a découvert les valvuk^s raem- 
i> braneuses dos veines», n'a pas su en trouver les usages, 
» ni les autres après lui. n Remarquez, Messieurs, que 
Harvey ne mention ne ni Serve t ni Césalpin. 

» 11 y a deux parties distinctes dans le livre de Harvey, 
Exerdktlh anaumiica d^^motucordis el san^uinis^ pour : 
1** détruire les anciennes erreurs; 2** édifier les nouvelles 
vérités. Le prologue ou préface montre que les suppositions, 
les arguments et raisonnements, attaqués par Harvey, 
n'auraient jamais été réfutés, ni Tautorité de Galien dé- 
truite, sans des faits rigoureusement observés, sans des 
expériences démonstratives, absolument probantes. 

(1) Suite et fin, voir le n' 597. 



n Cette préface est bien moins iatéressante que la se- 
conde partie j je la trouve confuse, sinon embrouillée,. 
Quelle différence avec la seconde partie esipérimentale! 

» Harvey affirme que son livre est ie seul où Ton ait 
tracé une nouvelle route au sang et où l'on ait montré 
qu'il revient sur lui-même, 

ï La postérité accepte, sans en détruire aucune^ ces 
preuves de Touvra^e capital de Harvey; les faits relatés 
dans la seconde partie sont l'expression désormais acquise 
de Ja vérité : le sang se dirige du cœur vers les organes 
par les artère,-!, et il revient des organes du cœur par les 
veines. Lr: sang passe d'un ventricule à Tantre h, travers 
le poumon ; Taorle distribue atout l'organisme le sang 
revivifié ; le sang artériel est repris par le système veineux, 
les veines sont des vaisseaux dont la fonction est de rfirpe- 
Dcr le sang des extrémités au cœur, les valvules des vei- 
nes favorisent le mouvement qui a commencé dans les 
petites pour finir dans Jes grandes. 

« Telle est la circulation ctrinplète du sang partout 
d.!crite aujourd'hui, enseignée de bonne heure aux ruJants; 
mais rappelez- vous celte pensée de Biot ; a Kien n'est 
lï plus clair que ce qu'on a trouvé hier, rien n'est plus 
» difficile à voir que ce qu'on trouvera demain », et pro- 
noncez sur le mérite de Harvey. 

h II vous faudra lire. Messieurs, ce livre dcllaivey que 
Flourcns déclare « le plus beau de la piiysiologie ». Vous 
verrez que rexpérimenlateur n'a pas cherché la solution 
de problèmes ardus dans les ouvrages anciens, mais dans 
l'observation personnelle. Il a patiemment constaté com- 
ment battait le cœur sur les divers animaux vivants et il 



FEUILLETON 



La bataille de Lépante. 

Pour faire suite à ses savantes et remarquables études: 
Les Corsaires barbaresques et la marine de Soliman Pacha, 
les Chevaliers de Malte et la marine de Philippe II, M. le 
vice- amiral Jurien de la Gravière publie à la librairie 
Pion deux nouveaux volumes sous ce litre : La guerre de 
Chypre et la bataille de Lépanie, 

Comme précédemment, nous leur ferons de larges em- 
prunts à la grande satisfaction de nos chers lecteurs, en 
guise de délassements littéraires et d'émotions patrio- 
tiques. 

I 

I^a Sainte l/in^ne. 

Voici d'abord le tableau que trace de la situation poli- 
li que de la Turquie au xvi® siècle le saint pontife Pie V, 



le moine austère qu'un suffrage imprévu appela en 1563 
à s'asseoir sur la chaire de Saint Pierre, et qui étonna le 
monde par son activité merveilleuse et par sa ferveur 
juvénile (1). 

« siècle vraiment arrivé au comble des malheurs! Les 
Turcs ont déclaré la guerre aux Vénitiens: ils nesougent 
qu'à détruire la Chrétienté pièce à pièce. Considérez les 
commencements si humbles et si obscurs de cette nation : 
elle prend naissance chez les Scythes qui habitent le Cau- 
case des Indes, s'établit d abord dans la Perse et la Médie, 
y vivant de brigandages, et, pendant bien des années, ne 
taisant aucun bruit dans le monde; peu à peu ses forces 
s'accroissent; elle a l'audace d'envahir en armes des pro- 
vinces chrétiennes; elle occupe la Ciiicie, subjugue les 

(1) « A Tàge de 66 ans, avec 3 pierres d'une once et demie chacune 
dans la vessie, on le vil oubliant ses atrocei souffrances, porter, durant 
de longs mois, ses prières au pied des aatelji, adresser ses sollicita- 
tions ardentes À toutes les cours, invoquer à la fois, avec cette violence 
impétueuse qui fait la force des saints, le Roi du ciel et les princes 
de la terre, prodiguer en un mot ses démarches, ses émissaires, ses 
trésors, pour armer contre Tennemi de la foi chrétienne \^ fils dégé- 
nérés dfes Croisés. » 



no 



JOURNAL D'HYGIÈNE 



n 



a fiai par éclaircir le mystère des cootractious cardiaques, 
par voir et apprécier la systole, la diastole e* le repos. On 
avait fait du cœur un organe d'aspiration qui attire le 
sang du foie. Harvey prouve le contraire ; il en fait un 
agent propulseur. La contraction des oreillettes est ra&- 
cessoire, la contraction des ventricules est l'essentiel, et 
cette contraction est isochrone avec la pulsation des ar- 
tères, avec le pouls, avec le choc du coeur contre la poi- 
trine. De plus, en tenant compte de la capacité des cavi- 
tés du cœur et estimant la quantité du liquide renfermé 
dans l'ensemble des vaisseaux, il conclut que le mouve- 
ment qui entraîne le sang dans les artères et qui le ramène 
par les veines, doit s'accomplir dans un très court espace 
de temps, et de la sorte le sang exécute un circuit, est 
doué d'une circulation rapide et incessante. 

» Retenez bien, que c'est par l'expérimentation que la pe- 
tite et la grande circulation ont été définitivement établies. 

Avant de vous parler des principaux détracteurs et adver- 
saires de Hàrvey, je dois avec impartialité vous signaler 
deux lacunes dans son œuvre : il n'a pas compris Tîn- 
Huence de l'air atmosphérique sur le sang ; il n'a pas connu 
les anastomoses des artères et des veines dans les tissus. 
Il était réservé à Malpighi de voir pour la première fois 
en 1661, à l'aide du microscope, îe passage direct du sang 
des artères dans les veines par les capillaires, et si Jacques 
Dubois a le premier injecté les'vaisseaux, Ruysch a mon- 
tré, vers 1690, non plus la circulation en acte, mais la 
circulation anastomotique au repos, par ses admirables 
injections pénétrant jusque dans les ramifications vascu- 
laires les plus ténues. » 

Dans la dernière partie de la leçon, M. Laboulbène passe 
en revue avec autant d'érudition que de complaisance, les 
écrits des détracteurs de Harvey, et ceux de ses admi- 
rateurs (1). 

Parmi les premiers figurent dans la première moitié du 
xvi^ siècle, un jeune médecin du Yorkshire, Primeroze, 
français d'origine; Parisanus, médecin de Venise, élève 



(1) On sait que tous les ans à ia Société Harveyenne de Londres, 
le président en fonctions prononce Téloge du ^raod homme; nous 
avons signalé à lenr tempts les remarquables discours du D' John- 
son, et celui du P' Sievexing notre émiaent collègue de .la Société 
française d'Hygiène. 



de Fabrice d' Acquapendente ; Gaspard Hoffmann, profes- 
seur' d' Al torff; Jean Riolan le fils, ou Riolan II; Guy Pa- 
tin, l'ennemi de Renaudot et de Mazarin; Franzolius 
toujours respectueux des doctrines d'Aristote et de 
Galien ; Jean de la Torre gémissant du scandale causé par 
les novateurs; Folius et Magnanius, admirateurs de Co- 
lombo ; Homobonus Pisô qui niait la circulation parce 
qu'elle troublait la thérapeutique, etc. etc. 

De son vivant Harvey a été défendu par des hommes 
éminents : Werner Rolfink, professeur à lena; René Des- 
cartes l'illustre philosophe; et à son exemple, Drak«, 
Régius, Back, Siégel, Eut, etc. etc. 

c Les modernes discutent encore la part de Harvey, et 
quelques-uns la font petite. 

» Les auteurs italiens qui ont écrit sur l'époque de la 
Renaissance, si glorieuse pour leur patrie, revendiquent 
la découverte de la circulation par Colombo, Gésalpin et 
même Fabrice d'Acquapendente. 

En Allemagne, Henri Tollin. pasteur à Magdebourg, 
et avec lui Cb. Dardier et 0. Douen, soutiennent que Ser- 
vet a trouvé la circulation avant Colombo. » 

Voici la conclusion de M. le P"* Laboulbène, qui nous 
parait plus sage, plus modérée, plus acceptable que cer- 
tains des chapitres de sa remarquable leçon ; c'est avec 
intention que nous avons souligné quelques-unes de ses 
expressions. 

« Enfin, je conclus que lorsqu'on compare, ce qu'on 
savait de la circulation avant 1628 et ce que Harvey est 
venu apprendre, on doit reconnaître l'œuvre du génie. 
Les prédécesseurs ont eu, soit IHntuition d'une œnceplion 
vaguCy soit rinvention bornée; Harvey aurait-il pu faire sa 
découverte sans les données acquises ? On peut l'affirmer 
pourles val vulesdes veines dont Fabrice et d'autres avaient 
connaissance. Personne avant lui n'a eu la notion du grand 
cercle, la conviction de la circulation générale. Si dans les 
écoles italiennes quelques-uns on( pu entrevoir celte admi- 
rable chose : la circulation du sang; aucun ne l'a mise en 
lumière, aucun n*a fait le livre magistral de Harvey. » 



Ne voulant pas abuser de la bienveillante attention de 
nos lecteur», nous nous bornerons à résumer l'œuvre de 



Arméniens, combat les Thraces d'Asie et les Qliciens de 
la Cappadoce, se répand comme un torrent jusqu'aux bords 
de l'Euphrate et du Tigre, soumet les habitants du mont 
Taurus et ceux du mont Ainanus. Où s'arrêtera la cupidité 
du turc ? ne voyons-nous pas les armes ottomanes se por- 
ter au delà du Tanaïs, du volga, du Borysthène, de la mer 
d'Hyrcanie ? Après avoir dévoré presque toute l'Asie, les 
Turcs s'emparent de Coastantinople, et se saisissent de la 
Grèce ; ils renversent de son trône le Soudan du Caire : 
l'Egypte et la Syrie, deux grandes puissances, tombent 
entre leurs mains; Soliman, de nos jours, a réduit en son 
pouvoir une partie de la Hongrie. Il a pris l'Ile de Rhodes, 
assiégé Malte, occupé par fraude Tile de Chio, enlevé 
Szigetb aux Hongrois. Sélimaujourd'^hui, après avoir violé 
le droit des gens, violé sa propre foi, avide encore d'éten- 
dre sa tyrannie rapace, envoie assaillir Tile de Chypre. > 
Quand la Ligue, après de longs débats et d'intermi- 
nables hésitations, fut conclue (l'Eâpagne, le Pape, Venise), 
le commandement de l'armée (le saint bâton de général) 
fut accepté par Don Juan d'Autriche, fils naturel de Char- 
les Quint, et déjà célèbre pour avoir terrassé les insurgés 



de Grenade, a II était, écrit Brantôme, beau, gentil, en 
toutes ses actions courtois, afiable, d'un girand esprit et 
surtout très brave (1). » 

Le 8 septembre plus de 300 navires, montés par 80,000 
hommes, se trouvaient réunis dans le Darse de Messine. 

Le Roi catholique (Philippe II) en avait envoyé 164, en 
y comprenant les contingents de Naples, de Sicile^ de 
Malte, de Gênes et de la Savoie. 
. L'escadre pontificale présentait 1 2 galères et 6 frégates : 

L'escadre vénitienne 106 galères, 6 galéasses, 3 naves 
et 20 frégates. 

« L*histoire des nations, écrit l'amiral Jurien de la Gra« 
vière, c'est l'histoire de leurs armées l 

» L'intérêt stratégique de la bataille de Lépante ne sau- 
rait cependant remplir, des méditations qu'il provoque, 
deux volumes entiers. L'étude du cœur humam restera 

(1) « Don Juan d'Autriche, lorsqu'il liTra le 7 octobre 1571^ la plus 
grande bataille navale des temps modernes, avait Tàge. d'Alexandre 
â Issus, d'Annibal en Espagne, de Gondé à Nordlingen^ de Napoléon 
Bonaparte à Toulon. 

Charles XII à Narva était moins âgé encore. » 



JOURNAL D'HYGIÈNE 



111 



CesatpiBo, lelte qu^elte a été expos<^ au moment de rinau- 
guraiioDdLimoQumentde Rome par les P'* Scalzi et Mag* 
gioranL 

K Le§ artères sorties du cœur vont toujours en dimi- 
nuant danti leur cours, et lorsqu'elles sont devenues très 
déliées, elles reprennent eo forme de veines, un calibre 
toujours plus fort jusqu'au cœur. 

s Cetta idée heureuse des vaisseaux toujours continus, 
et du cours non interrompu entre eux, du sang, tel a été 
le^rand théorème anatomo-pathologique, qu'aucun savant 
avant lui n'avait formulé. 

A La veine cave et Taorte, autrement dit les veines et 
les artères, ne s'arrt^tent pas dans les viscères, mais se 
bornent à les traverser înm^eunt ulleriuë^ sans y laisser 
le sang qu'elles transportent non tras(undxint $Qnguinem\ 
puis elles se divisent en capillaires tn^s (lus m copiltamenta 
resolvaniur {Perip,, lîv. 5, quest. Ht). 

» C'^t avec une égale précision et une aussi grande 
lucidité de jugement qu'il signale le fait de la jonction, 
sans interruption aucune, des deux genres de vaisseaux, 
et pour la première fois, dans la science anatomique, il 
affirme la continuatioo de vaisseaux sanguins, 

B Pour lui, c'est dans le cœur que se fait la plus grande 
anastomose entre les veines et les artères. Cor cunjunctiû 
est venarum et arieriarum mfzximu oscuUs, pendant que 
dans les extrémités des vaisseaux, cette anastomose advient 
par des anastomoses plus déliées Inductibus ûutem parco- 
rumosculorumetiam communicaHo apparet^ sedimbedllù 
(quest- Vf). 

V Cêsalpin a donc connu la circulation capillaire qu*ont 
mise plus manifestement en lumière Carlo Ruini et Mar- 
cello Malpighi^ » 

Ne voulant pas pousser plus loin les appréciations et les 
discussions de textes, ne voulant pas insister davantage 
sur les divergences dopinions des contemporains, nous 
rappellerons aujourd'hui ce que nous écrivions h une autre 
époque avec la plus entière conviction : 

t Quant aux générations médicales des xvni® et xix® 
siècles, elles associeront dans un même sentiment d'hon- 
neur, d'admiration et de reconnaissance, les noms à jamais 



immorlels do Cêsalpin, qui dans la démonstration de la 
circulation sanguine cœteros anticesserity et de Harvey qui 
primuis promulyavit mundo la grande découverte 1 ] • 

D'" DE PiETBA Sauta* 



Empoisonneurs — Empoisonnés. 

VBNl^l BT POISONS flï* 

M. A CouTAscE, ancien pi'ofesaeur aux Ecoles ae médç- 
due navale, le savant auteur de Télude « Les luttes pour 
fexistenceTt vient d'écrire également Thistoire trèscurieust% 
tr*'?g originale et très instructive du Poùon. 

L'esprit encore frappé des grandes sc^,nes de combat 
que nous offre la nature, et des couttita sans uombre que 
font naître entre les créatures vivantes les néceîisités de 
Texislence et Topposition des intérêts, il a vu s'éclairer de 
lumières nouvelles Tune des faces de la lutte. Le duel de 
la vie et de la mort s'est précisé davantage, les conditions 
de la vie se sont compliquées des fatalités de la mort, 
et lui ont fait comprendre que le meilleur moyen démul- 
tiplier la première (la vie), c'était de répandre ta seconde 
(la mort). 

De là pour M* Coutance cette nouvelle formule ilu grand 
drame de ce monde « La lutte contre l*exûlence *. 



ff Quand la vie, écrit-il, s'accrott en densité au delà des 
bornes d'un juste équilibre entre elle, l'espace et la subsis- 
tance qui lui sont nécessaires, nous ne tardons pas à cons- 
tater qu'elle étouffe* Sans perdre en quantité, elleconimence 
par perdre en qualité. C'est alors que les organismes infé- 
rieurs prennent le dessus, que leurs phalanges innom- 
brables débordent de toute part; c'est l'invasion des 
barbares. Et quand ces vies inférieures ont pullulé, comme 
elles ne peuvent exister sans le secours même des organis- 

(1) Empoisonneurs j empoisonnés ; Venins et Poisons. Leur produc- 
tion et leurs fonctions pendant la vie, — dangers et utilité pour 
l'homme, par A. Coutance. 1 beau volume in-8. J. Rotbscliild, édi- 
teur. Paris, 1888. 



toujours la seule mine inépuisable. La bataille de f^épante, 
par bonheur, n'est pas seulement un grand événement 
naval, une journée : elle est avant tout le dénouement 
d'un drame. La question était posée depuis plus d'un 
siècle ; le sort du monde se trouvait en suspens. La res- 
tauration de la marine espa^mole accomplie par Philippe II, 
raJliance de Venise et de TEspagne conclue sous les aus- 
pices du pape Pie V, firent pencher la balance du côté de 
la Chrétienté, cinq actes douteux, — l'expédition de Tu- 
nis, l'expédition d'Alcer, l'expédition d'Amca, le siège de 
Iblte, la guerre de Cnyf)re ne laissaient présager qu'une 
issue équivoque; la bataille de Lépante éclate comme un 
coup de foudre; le rideau se baisse et les applaudisse- 
ments du monde civilisé saluent la retraite dénnitive du 
flot musulman. » 

II 

lie départ. 

Le 46 septembre, dès le point du jour, après avoir en- 
tendu la messe, Don Juan sort du port de Messine. Les 



Î^aléasses sont remorquées au large; la grande réale lève 
e fer la première, met en branle ses 60 avirons, et montre 
au peuple qui couvre le rivage sa poupe, que le ciseau de 
Juan Bautesta Vasquez, le célèbre sculpteur de Séville, a 
pris soin d'orner des plus ingénieuses allégories; une im- 
mense clameur salue le départ de la Capitane : le reste de 
la flotte appareille, et ce presse dans le sillage qui lui sert 
de guide. 

Les dispositions à prendre pour la marche et pour le 
combat, longuement étudiées à Messine, ont été mainte- 
nues jusqu'à l'heure du combat. 

Le 17 septembre commence la grande traversée de 
Messine à Corfou, et le 26 vers 10 heuras du matin la flotte 
mouillait sous le canon de Corfou. 

Le 3 octobre 1871, à l'aube, la flotte chrétienne sortit 
du port de Gomenitza (côtes d'Albanie); le même jour elle 
se trouvait à la hauteur du cap Blanc (pointe sua de l'île 
de Corfou). — Le 4 octobre, vers 4 heures du matin, les 
pilotes découvrirent, à demi-noyées dans la brume, les deux 
îles d'Ithaque et de Céphalonie, îles élevées et rocheuses. 



irj 



JOUKPiAL D HYGIENE 



mes supérieurs, elles s'éteignent d*eiles-mênnes, faute de 
Bubshatum vivant, et la ruine est faite. 

Xi JQSûisiâsables adversaires par le nombre et la peti- 
tesse, ces ennemis redoutables échappent aux armes des 
êtres supérioura, il faut contre eux des moyens spéciaux. 

» On pense alors au poison, Tarme des faibles; au poi- 
son, Tun des agents les plus rapides et les plus sûrs dans 
les luttes contre l'existence, comme il Test aussi dans les 
luttes pour l'existence. 

û ^ C'est surtout en considérant les luttes de noire espèce 
que ce côté du ri^te du poison grandit singulièrement. 
Certes, nous multiplions la vie autour de nous, la vie qui 
œn vient à nos besoins; mais ce que nous multiplions sur- 
tout c'esL la mort. 

tt Tiier et tuer encore, c'est la condition même de notre 
existence. Semer la vie, reprendre la mort, avoir une main 
pleine de germes et l'autre de poison, voilà notre fonction. 

» Le laboureur après avoir mêlé au grain qu'il vient 
contier à la terre la substance toxique du chaulage, par- 
court ensuite^ la main levée, son champ creusé de nouveaux 
sillons. Telle est Timage vivante des conditions de notre 
existence en ce monde. » 

Avant de sgîvre fauteur dans son étude du poison qu*il 
partage en deux sections bien naturelles : 1® le poison 
dans le monde minéral ; ^ le poison dans le monde vivant, 
rappelons avec lui la définition du poison. 

* Le poison, disait Liltré, est le nom générique de tou- 
tes les substances qui, introduites dans l'économie animale 
soit par la respiration, soit par les voies digestives, agis- 
seal, d'une manière assez nuisible sur le tissu des organes 
pour cùmpromeltre la vie, ou déterminer promplement 
la mort, n 

M- Coutance n'est pas satisfait de cette définition. Il ne 
comprend pas la restriction — çut, introduite dans V écono- 
mie animale — puisque les plantes ont leurs poisons comme 
les animaux. Il voudrait supprimer aussi ces mots — qui 
agîMent sur le Hmu des organes — car il est des poisons 
qui ne laissent pas de traces sur les tissus. 

D'autre part, on ne peut pas exclure de l'étude des poi- 
sons, les virus (êtres vivants ou microbes), et les ferments 
qui, au temps de Littré, u^étaient que des états particuliers 
de la maiière agissant par action catalytique. 



Ces critiques ou réserves le conduisent à déAnir le poi- 
son : « toute substance, quels que soient son origine et smi 
état, qui n'ayant pas de place normale dans l'économie y 
trouble la vie ou en amène lamort. 

La toxicité d'ailleurs n'est pas chose absolue mais toute 
relative. Il n'y a pas de substance absolument, universel- 
lementf toxique; et une substance j^eut être toxique et 
prendre rang parmi les poisons, sans que son injection 
puisse toujours troubler l'économie et amener la mort, 
a L'opium tue à forte dose, et fait dormir à dose légère. 
La toxicité est donc encore une conséquence de la quaa* 
tité ». 

II 

Au lieu de nous engager de suite dans l'analyse des 
divers chapitres du volume, il nous a paru opportun, pour 
leur plus facile compréhension, de commencer par le der- 
nier. 

Comment le poison tue. — Conelusions. 

Ce procédé d'ordre synthétique permettra de mieux ju- 
ger l'œuvre dans son ensemble. 

« Dire comment la vie peut être atteinte par le poison, 
écrit M. Coutance, c'est là certainement un des points les 
plus importants de cette étude, mais non l'un des plus 
faciles. Et tout d'abord savons-nous bien ce que c'est que la 
vie?» (Pour l'auteur, « la vie est quelque chose de spécial, 
bien au-dessus des phénomènes physico-chimiques. ») 
Dans ces conditions, et pour éluder la difficulté, il vaut 
mieux ne pas opposer le poison à la vie, et se borner à 
chercher simplement ce que le poison peut faire, ce qu'il 
peut produire, et de quelle façon, dans l'organisme, petit 
ou grand, qui est le substratum nécessaire de la vie, et à 
l'aide duquel elle se manifeste. 

« Toute vie, si compliquée qu'elle paraisse, est réductible 
à la cellule; une seule cellule, comme dans les bactéries, 
certains champignons, certaines algues, peut constituer 
une individualité vivante; plusieurs cellules s'associent au 
contraire dans le plus grand nombre des êtres, pour for- 
mer l'individualité vivante. 

» La cellule vivante, animale ou végétale est formée de 
deux parties : l'une essentielle et vraiment vivante, le pro- 
toplasma, et l'autre secondaire, l'enveloppe. Le protoplasma 



La ilolle n^hésita pas à s'engager entre les hautes terres 
qui dessinaient devant elles comme un long couloir; elle 
inclina vers la droite et alla chercher l'entrée du port 
Phiscardo, premier abri qu'ofirent les nombreuses décou- 
pures de la cCtle. céphalouienne. 

Le ^ octobre, la tlotte s'arrêta en face du Val Alessandri 
(ranscPilaros de nos cartes modernes) qui s ouvre à l'extré- 
mité septentrionale de la grande île de Samos. 

Pendant Ja journée du 6 octobre, Don Juan se vit con- 
traint do rester au mouillage. Ce jour-là apparut dans ces 
parages Kara^Kodja envoyé en reconnaissance par le Capi- 
tan -Pacha, mouillé à Lépante, pour faire le dénombrement 
de la Hotte chrétien ne. Reconnu et poursuivi par les galères 
de garde, le hardi corsaire ne dut son salut qu'à la rapi- 
dité de ses deux galères. 

Dans l'après-midi le généralissime, encouragé par une 
meilleure apparence du temps, donna le signal de Tappa- 
reillage, « une force irrésistible semblait le pousser; les 
pilotes auraient été mal venus à lui adresser leurs repré- 
sentations ». 



III 



Ei'enneml en Tue* 



« Le soleil éclairait le sommet des montagnes, et la flotte 
chrétienne débouchait du canal compris entre l'ilo Peiala 
et les derniers rochers des Ëchinades, quand le guelleur 
placé, comme d'habitude, au callet de la réale, anaonça 

Îu'il apercevait du côté du sud deux navires. Ces Vi>ik^s, 
ontla blancheur seule faisait tache sur le ciel,émergeaietit 
seules au-dessus de Thorizon. La flotte cependant gagnait 
peu à peu du terrain; les vigies ne tardèrent pas à recon- 
naître et à signaler deux galères. Ce n'est pas deux voiles, 
deux galères, que maintenant on distingue, on dirait tout 
un vol de mouettes rasant l'eau de ses ailes. De nouvelles 
blancheurs débordent à chaque instant de la pointe basse 
qui les dérobait aux regards. Plus de doute : c'est renuemi . 
» L'ennemi se trouvait à 10 milles environ, accourant les 
voiles gonflées, amené vers la flotte chrétienne par une 
belle brise; il n'y avait pas de temps à perdre : Don Juan 
ne lit pas tirer le coursier. — Il réservait co coup de gros 



JOURNAL D'HYGIENE 



in 



otibase physique de la vîe est le interne dans les deux règnes; 
leâ mêmes poisons agiroDt doûc sur ranimai cellule^ el sur 
la plante cellule; Ténergie du poison sera en rapport avec 
la plus ou moins de résia tance de la cellule elle-mêrae, et 
avec le plus ou moiasde facilité avec laquelle la cellule se 
laissera pénétrer par tui, » 

Ou sait que Claude Bernard admettait deux genres de 
pnison^ï : les poisons de la vie qui s'attaquent au proto- 
plasma, et les poisons des mécaniwiea qui visent le jeu des 
organes. Les premiers sont communs à tous les êtres 
vivants, les seconds à certaines catégories d'ôlres, 

Lti curare, la digitaline, la strychioe sont des poisotjade 
mécanisme pour ces aniniaujt, mais ils n'agissent pas sur 
les plantes parce que celles-ci n'ont ni nerfs, ni muscles, 
ni cœur, 

L'oxyde de carbone est un poison de l'homme et des 
animaux supérieurs, mais ce gaz, souverainement toxique 
à ces niveaux ètcvés, est inactif chez les invertébrés et 
étiez les plantes « 

< Le poison des mécanismes arrête la machine (jeu des 
organes), mais il ne tue pâs immédiatement la vie des cel- 
lules* » 

l^our M. Cou tance la distinction de Claude Bernard 
entre le poison de la vie el les poisons des mécanismes^ 
D'est peut-être pas aussi réelle qu'elle par;iil d'abord. A 
son avis, on reconnaîtra bien mieux l'unité de la vie en 
admettant partout un perturbateur du mouvement vital, 
plutôt qu'en lui prêtant deux manières d'agir. Toute cel- 
lule \i vante, tuée par ie poison ne devieut-elle pas un 
corps étranger dfias l'organe dont elle fait partie? 

Quant aux formes de Tempoisonnement, elles varieront 
à l'infini selon la diversité des substances, la diversité des 
éléments cellulaires, (a facilité ou les difficultés de la 
pénétration. 

Transcrivons ad lillcram les concltutions du savant 
professeur ; 

■ Le poison est donc partout? Oui partout, car nous 
somm^^s loin de Tavoir signalé dans tous les coins où il 
se cache, d^avoir levé tous les masques sous lesquels il se 
dissimule, indiqué tous les travesti^^sements sous lesquels 
il se déguise. Je m'imngine un homme de la nature, un 
patriarcal Sachem des bords des grands fleuves, des pro- 



fondeurs de l'Afrique, ou bien un de ces Uaoris penseurs 
des îles lointaines du Pacifique, venant étudier notre 
civilisation el se faisant indiquer par un guide dévoué les 
dangers qui pourraient le menacer, dans son ignorance de 
toute la perMie des choses et des hommes aux pavs 
civilisés. 

» Son étonnoment serait sans borne ; ta tunique de 
Déjanire est une image lointaine dece^ vêtemenln empoi- 
sonnés, de ces robes de gaze verte à Tarsénite de cuivre, 
de ces dentelles auxquelles on a rendu leur éclat h l'aide 
de la Céruse; de cûs bas rouges teints àlaCoralline et qui 
déterminent sur les jambes de ceux qui les portent une 
éruption douleureusi^ ( 1) ; de ces cols en papier dans Tap- 
prêt desquels Adams a retrouvé une préparation arse- 
nicale, 

Tï Le poison, mais il est dans ces mèches à Tusage des 
fumeurs, teintes en jaune par le chromale de plomb; il est 
dans CAS pains à cacheter multicolores, dans ces enve- 
loppes rendues opnques par des couleurs diverses. Un bou- 
quet de fleurs naturelles peut vous empoisonner dans un 
appartement clos, mais un bouquet de fleurs artJlicielles 
aux rouges à base de sel de plomb d'Erythorine, sont 
capables d'intoxiquer celles qui les portent. 

u iSi l'air des rues est vicié pur les émanai ion s deségouts, 
celui des chambres et des salles chauffées avec des poêles 
en fonte devient toxique par la présence de l'oxyde de 
carbone. Si nous échappons aux poisons minéraux, noua 
sommes menacés par les poisons animaux ou végétaux. Si 
nous évitons ceux-ci, Tarmée des microbes est là qui nous 
attend ; dans Tair, dans le sol et dans Teau, dans tout en 
que nous buvons, dans tout ce que nous mangeons, le 
toxique apparaît. 

» Pour combattre nos ennemis, pour défendre nos amis 
ou nos serviteurs, nous devons sans cesse faire appel au 
poison, et nous noua empoisonnons souvent alors en le 
préparant, ou en le donnant aux autres. 

» Nous naissons imprégnés de poisons héréditaires. Le 
lait de nos nourrices, femmes ou bêtes, peut encore nous 
empoisonner. Toutes nos maladies sont des empoisonne- 
ments, nous n'en triomphons que par le poison. Enfin, 

[1) Injectée sons Lipeny i,i coralliim tue une grenouille en 4 heurL-^^ 
un chien en 34 hiun^, un lapiQ en 4ë heures. 



canon pour jeter le gant au capitan-pacha, — il fit sim- 
plement tirer de la poupe un petit sacre, et arborer aus- 
sitôt après une bannière blanctie à Testantérol de la réale. 

V Tel était le signal convenu, dès Messine, pour pres- 
crire à l'armée de se former en ordre de bataille. 

» Lo signal a été compris. L'armée, comme un athlète 
se prépare à la lutte. Les antennes sont sur-le-champ ame- 
nées à mi-rmût : on les élonge dans le sens de la quille; 
It-s pavesades, les mantelels de rambades se dressent; les 
S':»ltlats de leurs armes garnissent les arbalétriers p Pendant 
ce temps les escadres se rangent de front sur une seule 
ligne. L'aile gauche s'appuie à la terre, le corps de bataille 
ôoc^ipe le centre; Taile droite tire au large afin de laisser 
à la flotte l'espace nécessaire pour se développer. Les ga- 
léasses sont remorquées pour se placeràun mille en avant 
delà ligne. » 

IV 

Mam dernière revue. 

Les deux Qoltes se découvrirent mutuellement le 7 octo- 
bre à 1 heures du matin. 



« l! y a des batailles sinistres: il en est, si Ton piul 
s'exprimer ainsi, d'élégantes, La bataille de Lépante est 
une bataille de gentilshommes ; les chefs y combiiltront 
comme de simples soldats. Là se sont donné rendez- v->us 
les vétérans des grandes guerres qui ont ensanglanté le 
début du siènle, et les jeunes émules que cette journée 
appelle à faire leurs premières armes. Ce n'est assurément 
pas une bataille ordinaire. Ce soir le cap Scropha aura 
mérité le nom que les Ottomans lui conservent encore, il 
pourra s appeler à bon droit le cap Satiglant, Quanly Bon- 
roumi b. 

Comme à ce moment, Ton demandait à Don Juan s'il 
ne rassemblerait pas une dernière fois le Conseil, le fils di! 
Charles-Quint répliqua vivemunt : w Le temps des conseils 
est passé ; ne vous occuper plus que de combattre d. 

Sur ces paroles, Don Juan lit accoster sa frégate: il y 
descend accompagné de son secrétaire Juan de Soto. Dans 
une autre frégal*> s'est embaraué son lieutenant, le grand 
commandeur de Castille don Luis de Reqnescens. IVon 
Juan l'envoie porter ses ordres auxgalèresdel'adegauchtf 
il se réserve de parcourir lui-môme le corps de bataille rt 



m 



JOURNAL D'HYGIÈNE 



-^ 



après notre mort, ïiotréoadavre n'est plus qu'une fabrique 
depoisonfi que les ymnts doivent éloigner d'eux, sous 
peine d'empoisonnement. » 

Que de vérités dans, œs- assertions, toutes paradoxales 
qu'elles- puissent para! tre^ au- premier abord ! 

. ' D' DÉ FOURNÈS. 



Revue des t^ublicatibns allemandes. 

ÉTAT ACTUEL DK LA QUESTION DU CHOLÉRA 

Sous ce titre, M. de Pettenkofer a publié dans les ilrcAti; 
fur Hygiène (vol. IV, V, VI et VII) un travail très étendu 
analysé par la Deutuche med^ Wochensch (n® 4S, 1887). 
et dont il est bon deprésenter un résumé à nos lecteurs, 
On sait queFauteurallenàand a pour ainsi dire consacré sa 
vie à l'étude du choléra. Ses travaux 'sont empreints de la 
plus parfaite impartialité; en voici la preuve: jusqu'enl860, 
Pettenkofer était contagioniste ; à paiiir de cette époque, les 
études- lui ayant démontré que cette théorie [reposait sur 
une base peu solide, il eut lecourage d'abjurer ses anciennes 
croyances pour devenir localiste. 

Au début de son livre récemment para, il en indique 
nettement le but en ces termes : a II eèpère démontrer 
d'une part par l'histoire et les faits constatés dans les 
épidémies de choléra que les mesure3 prophylactiques 
générales, basées sur la théorie contagioniste^ mesures 
coûteuses et impossibles à appliquer, ont été de la plus 
complète inutilité dans le passé, et ne •serviront de rien 
dans l'avenir. Il pense établir, d'autre part, qu'il est 
impossible de créer l'immunité contre le eboléra [pour 
des terrains qui n'y sont pas naturellement réfrac- 
taires. » 

Pour Pettenkofer, il n'existe pas de diCTérence spédfique 
entre le choléra asiatique et le choléra nôstras. Dans 
certaines conditions, la maladie peut se déclarer partout 
d'une façon en quelque sorte autochtone et indépendam- 
ment de toute communication humaine; C'est la théone 
de J. Guérin et de James Cunîngham. 

Nous ne reproduirons.pa$ ici les argunients de l'auteur 



contre la théorie contagioniste. Il s'appuie, on le sait, 
par sa communication à la 2"** Conférence sur le choléra, 
sur les cas très nombreux où malgré le 'contact de per- 
sonnes indemnes avec des cholériques, malgré la conta- 
mination d'effets souillés, la maladie ne s'est point dé- 
clarée. * 

lia étudié particulièrement, dans ce même but, les^pi- 
démies de vaisseaux où l'observation est plus facile. 
' Les localistes, comme le médecin allemand, supposent 
avec autant do raison que les contagionistes, u« germe 
cholérique, spécifique, transmisslbfe par contact. D'après 
eux. encore ce germe est un micro-organisme. Hais il ne 
font point dépendre du cholérique ou de ses déjections 
la qualité infectieuse du microbe. Ce caractère spécifique 
tient, pour eux, aux lieux infectés. 

Cette théorie s'appuie sur des faits incontestables: 
influence considérable des circonstances locales sur le 
développement ou le non développement de la maladie ; 
circonscription du choléra à certaines localitésqui peuvent 
même se limiter à certaines zones fluviales; explication 
de la susceptibilité inégaledes difi'érentes localités à l'égard 
du fléau, suivant la nature différente des terrains des difié 
rents niveaux de la nappe souterraine, etc.; destruction et 
disparition du germe lorsqu'il a ' épuisé les conditions 
locales et temporaires des lieux. 

Bref l'immunité permanente ou temporaire des localités 
est sous la dépendance des trois facteurs suivants : per- 
méabilité du sol pour l'eau et l'air, qualité de la nappe 
souterraine, souillures du sol. 

Quant au bacille de Koch, l'auteur admet son existence 
constante dans les déjections, il le considère aussi comme 
l'agent spécifique de la maladie. Mais il n'acquiert cette 
spécificité qu'à certaines phases et sous l'influence de fac- 
teurs agissant en dehors de l'organisme. Ace point de vue 
Pettenkofer n'ajoute aucune importance aux expériences 
Faites à Berlin sur les animaux. 

La constatation de la présence du bacille est donc impor- 
tante pour le clinicien, mais non pour l'épidémiologiste; 
car dès que ce germe est reconnu, les lieux sont infectés 
et les mesures prophylactiques sont sans eflScacité. 

De môme Tisolement des malades, rétablissement d'hôpi- 
taux spéciaux, la désinfection des selles sont inutiles; à 



l'aile droite. Le crucifix en main, Ievisage.a8sùré,11ipafise 
à la poupe de chaque galère, rappelle aux équipages l'in- 
dulgence plénière de Pie V, leur promet la victoire a de si 
bonne et généreuse grâce, dit Brantôme, qu'il n'y avait 
nul qui ne l'admirât ». 

V ••'.•••.;-• 

Eia formmtion cm bmtaiUe. 

« Rentré à bord de la réale, Don Juan, raconte Bran- 
tôme, fait tirer une canonnade à l'ennemi par bravade et 
et comme à corps perdu, comme lui faisant signe par là 
qu'il était préparé à la bataille, et allait droit à lui, et lui 
montrait de quoi. Puis, il fait monter le caro (pavillon 
carré) à Tarbre et la flamme à la penne, tous signalz de 
bataille. » En même temps s'arborait à la poupe de la réale 
le grand étendard de la Sainte-Ligue. 

Ali-Pacha défié ne fait pas attendre sa réponse. Un 
coup de canon est parti de la capitane ottomaue : l'éten- 
dara du Prophète déroule lentement ses plis, pendant que 
les timoniers le hissent tout au haut de la haste de poupe. 



Don Juan s'agenouille pour adresser au ciel une fer- 
vente prière. Sur chaque vaisseau les religieux bénissent 
et exhortent les équipages, a II n'y a pas de paradis pour 
les poltrons. » C'est là un langage que tous les soldats du 
XVI® siècle comprennent. 

Reportons-nous à cette époque encore à demi-barbare; 
sous un vernis récent de civilisation, quelles pensées 
égoïstes et farouches, quelles passions brutales remplissent 
alors les âmesl Partout des crimes, partout des meurtres 
insolents ou ténébreux...; un seul sentiment relève la 
nature humaine, un seul sentiment imprime auxactes et 
aux hommes un caractère de grandeur. Ce sentiment, 
c'est la foi dans une autre vie ; c*est laconvictiond'undevoir 
à remplir, l'ardeur d'un dévouement dont on ne trouvera 
plus la récompense en ce monde. 

a La foi règne à un éffal degré dans les deux flottes : 
elle plane comme une aigle au-dessus de la scène san- 
glante. Supprimez-là : ce grand combat dont on célébrera 
la gloire d'â^e en âge, ne sera plus qu'une repoussante 
boucherie. Pour accomplir sans remords et sans crainte 
sa terrible besogne, l'homme de guerre a besoin de s'ap- 



JOURNAL D'HYGIÈNE 



115 



plus forte raison les quarantaines et les mesures restrio- 
lives générales. ' 

Dans le mfinie ordre d'idées enfin, l'auteur dénie, aux 
pèlerinages toute influence sur Textension géographique 
du choléra. 

Pour lut, ta mdlieure mesure prophylactique c'est la 
fuite, qui est sans danger pour les autres. A ces fugitifs, 
il faudrait désigner des localités dont l'immunité cholé- 
rique a été recoDDue par l'expérience; on en trouverait 
beaucoup ilans les montagnes. Foires et marchés sont à 
supprimer dans [es lieux où sévit Tépidèmie, mais par 
cou Ire, les agglomérations ne sont pas à redouter dans les 
tocilités que le choléra n'ajamais visitées. De même, Téva- 
cuation des troupes déciniées n'est pas à redouter dans 
les lieux indemnes, pas plus que le renvoi des malades ou 
des convalescents dans leurs foyers. 

LlûcorporaLioii des recrues en temps de choléra dépen- 
dra des circonstances locales. Il en sera de même pour la 
fermeture des écofes. 

Quoique d'après la conception localiste, le transport du 
virus cbolérique par les objets inanimés soit possible, 
aucun fait réel n'est venu démontrer cette possibilité. 
Aussi les proliibitions frappant certains commerçants, les 
obstacles mis à la circulation des chiffons par exemple, 
ne août point justifiés. 

La prophylaxie rationnelle se borne à combattre les 
influences locales : desséijier les maisons, éloigner les 
cabfiiets d'alsauces des habitations, s'opposer à l'imprégna- 
tion du sol par les détritus de toutes sortes^ pourvoir les 
maisons d'eau en abondance; voilà les mesures vraiment 
efficaces ; voilà les mesures k prendre non seulement pen- 
dant les épidémies, mais avant leur apparition; veiller de 
m^me à la propreté et à l'hygiène des vaisseaux, mais 
abandonner, une fois pour toutes, les mesures restrictives 
si nuisibles et si coûteuses. 

L'assainjssetneût de l'habitat humain, voilà de quoi pré- 
venir non seulement les épidémies de choléra, mais toutes 
les autres. C'est le but de la science et de l'hygiène mo- 
dernes. 

D' Ch.SCHMIT. 



Par Monts et par Vaux. 

l'ëTHNOGRAPHIÇ. — VALBUR NUTRITIVE DU BOUILLON. — LES MEILLEURS 
PROFESSEURS DR MéDEGlNE. 

Le Bulletin de Ut Société d* Ethnographie, publié men- 
suellement sous la direction de notre savant confrère le 
D' E. Verrier, contient dans son numéro de novembre un 
article des plus intéressants de M. A. Castaing, sous ce 
titre : Les fonctions intellectuelles. 

L'auteur nous apprend qu'en juillet 1860, le Ministre 
de l'Instruction publique ayant demandé la définition et 
le programme de l'Ethnographie, la Société avait confié 
la réponse à faire à une Commission prise dans son sein. 

Après une discussion approfondie du rapport rédigé à 
cet effet, la Société adopta la définition suivante : 

« VEthnographie est Vétude physique, intellectuelle et 
morale de V Humanité. » 

A ceux qui prétendent faire de l'Ethnographie une 
branche de l'Anthropologie, M. Castaing répond en met- 
tant en regard le champ d'activité des deux sciences : 

♦ L'Ethnographie, écrit-il, est l'étude de l'Humanité; 
et comme l'Humanité se compose de groupes, races, peu- 
ples, nationahtés, comme ces groupes sont les unités so- 
ciales sur lesquelles s'opèrent les travaux d'analyse et de 
synthèse, qui doivent conduire à ses conclusions, l'Eth- 
nographie est dans son droit lorsqu'elle emprunte à tous 
les ordres de connaissances, ce qui peut éclairer son sujet. 

» Le principe de l'Anthropologie, c'est la description 
de l'homme dans le type et dans l'espèce, car l'Anthropo- 
logie est une science naturelle et rien de plus. » 

Voici, du reste, en quels termes M. Castaing croit pou- 
voir résumer la célèbre discussion dont nous avons parlé 
plus haut, résumé qui constitue en définitive tout son 
programme, et toute sa raison d'être : 

« Il y a un magnifique sujet d'études, c'est l'homme et 
l'humanité : l'Anthropologie et l'Ethnographie l'abordent, 
toutes les deux en même temps. 

» L'Anthropologie n'en saisit qu'un seul côté, l'homme 
physique; elle méconnaît les autres côtés, ou n'accorde 
son attention qu'à quelques-uns de leurs détails. 

» L'Ethnographie saisit l'homme physique, et elle fait 
de cette connaissance la base de ses études; mais elle 



payer au culte d*ane idée. L'idée qui dominait à la jour- 
née de Lépante nu différait qu'en apparence de celle qui 
inspirait les combattants de Jemmapes et de Vaimy. 

j> Le droit cherchait à y primer la force. La notion du 
droit suppose toujours une croyance innée dans l'inter- 
vention d'un principe supérieur. Admirons donc les épo- 
ques de foi, en dépit de leurs égarements. L'absence de 
loi, c>st tout simplement le refroidissement de la mort. 
Il y a eu la foi de Lépante, la foi de Jemmapes et de Valmy 
aussi bien que la foi d'Austerlitz. Recueillons pieusement 
les tisons à demi éteints: rallumons la flamme I cette 
flamme, pour un peuple, c'est la vie. » 

RappeloDS ici quelle était la disposition des deux flottes 
partagf^s en trois escadres, ayant chacune son chef, cha- 
cune ses guides de droite et de gauche. 

Fhtte chrétienne. — L'ayant-garde commandée par Don 
Juan de Cardona se composait de sept galères. 

Le corps de bataille commandé par le généralissime 
Dou Juan d'Autriche comptait (j2 galères dont la capitane 
de Veniero. capitaine- général de la flotte vénitienne, et 



la capitane de Sa Sainteté (Marconsonrio Colonna, lieute- 
nant général de la Ligne). 

L'aile gauche commandée par Barbarigo, 53 galères 
dont 41 de Venise. 

L'aile droite commandée par Jean André Doria comprend 
30 galères et 2 galéasses. 

Le corps de réserve avec 30 galères commandées par 
Don Alvaro de Bazan, marquis de Santa-Cruz. 

Flotte ottomane. — Elle était commandée par Ali-Pacha 
jeune, ardent, confiant dans sa fortune et celle de son 
maître (Sélim n).Pertev-Pacha était commandant général 
des troupes Oulouch-Ali , vice-roi d'Alger,Méhemet-Scirocco 
Hassan-Pacha, Héhemet bey, pacha de Négrepont. 

La flotte ottomane comprenait 208 galères et 66 galiotes 
ou fustes, portant 125,000 hommes dont 3,500 janissaires. 

L'aile droite commandée par Méhemet-Scirocco compre- 
nait 56 galères. 

Le corps de bataille avec 9^ galères ét%it commode 

"^'aUe gauche obéissant à "^IJI-^o^^l^cSaVer A^ 



116 



JOURNAL D'HYGIENE 



^ 



étudie surtout Thomine intellecluel et moral, dans ses 
œuvres et ses croyances, dans ses institutions et ses usages, 
dans ses monuments, ses traditions et son histoire. 
» Kvidemment, TÉthnographie contient TAntliropo- 

logie. 



* 
* * 



M. le P"* GsRMALN Ses, en s'inspirant des données mo- 
dernes de tn digestion et de Talimentation, juge en ces 
termes la %'aleur nutritive du bouillon: 

tt l"" La quantité d'albuminates y csttoujours très faible, 
et d'autant moindre que la viande a été moins bouillie; le 
bouillon n'apporte donc que très peu d'albuminates à Tor- 
ganisme, attendu que la plus grande partie reste à Tétat 
coagulé dans la viande. 

n t^ La gélatine ne contribue que pour une part indi- 
recte à la rt^organ [cation; elle peut en se décomposant 
produire de la chaleur; elle sert surtout à protéger les al- 
buminates corporels qui se brûleraient davantage en son 
absence, mats elle ne régénère pas les tissus corporels. 

« 3^ On y trouve une petite quantité d'hydrates de 
carbone ; la matière giycogène, l'inosite, le sucre et l'acide 
lactique qui sn rencontrent dans la viande fraîche, ne 
lardent pas à subir de profondes aItéi*ations. On peut sup- 
poser a priori^ comme dit Briicke, que le giycogène se 
transforme en sucre, et que le sucre lui-même subit la 
transforma lion un acide lactique; mais on sait que l'acide 
lacUque provenant du muscle n*est pas identique avec 
IVu'ide lactique de la fermentation du sucre; le premier 
tourrie le plan de polarisation à droite; l'acide lactique 
nu pas de caractère optique. 

>' 4^ Parmi les substances organiques il faut citer encore 
quelques produits quaternaires, la créatine, la créatinine 
i.t \\\ carninc, mais dont on ignore l'action physiologique. 

ij ^^ Les matières salines y jouent un rôle bien plus 
considérable; l'acide phosphorique qu'on y rencontre 
sert dans l'organisme à la consolidation du système osseux; 
le chlorure de sodiurn abonde dans les liquides, et c'est 
aux f^hlorures mnû qu'aux phosphates, qu'on a été tenté 
de rapporter toute la valeur nutritive du bouillon qui ne 
serait d'après cela qu'une solution saline. Mais il n'en est 
rien. 



» Tous les médecins, tous les individus sains ou malades 
sont d'accord pour reconnaître au bouil!on un pouvoir 
réconfortant, et ne lui substitueraient certes pas avec 
bonheur une solution chaude de phosphate de potasse et 
de sel de cuisine. En quoi consiste sa vertu? Ce n'est pas 
un moyen élémentaire, car si, chez un convalescent on 
remplace le lait par le consommé le plus parfait, le résul- 
tat sera désastreux; mais si, comme il arrive souvent, le 
lait chez l'enfant est mal supporté, s'il provoque la diar- 
rhée d'une manière infaillible, on peut pendant un ou deux 
jours d'abstinence de lait, prescrire un bouillon concen- 
tré puis le mêler avantageusement au lait de vache; le 
lait seul est indigéré, le bouillon seul mène à l'inanition 
car il ne contient, abstraction faite des sels, que très peu 
de matières organiques, trop peu d'albuminates, trop peu 
d'hydrates de carbone, et la graisse qui s'y trouve n'en est 
pas aussi facile à digérer que celle du lait. » 






Dans un discours, aussi instructif pour le fond, que 
charmant pour la forme, prononcé à l'hôpital Saint-André 
de Bordeaux, à l'occasion de l'installation des Internes et 
des Externes, notre savant maître en hygiène M. leD'Ch. 
Levibux a rappelé en termes bien sentis ce souvenir de sa 
jeuuesse. 

t Un médecin illustre, qui faisait honorer la médecine 
par la noblesse de son caractère, par la dignité de sa con- 
duite, et qui fut enlevé prématurément aux malheureux 
dont il était le père, à la reconnaissance et à la respec- 
tueuse affection de ses élèves, j'ai nommé Chomel« se 
plaisait à nous répéter souvent pendant sa visite et dans 
ses leçons : 

» Les meilleurs professeurs de médecine ce sont les ma- 
lades! 

n C'est qu'il était imbu de cette vérité que tous les arts 
qui demandent la culture des sens doivent être directement 
étudiés sur la nature même, et que les jeunes gens qui 
se destinent à la carrière médicale doivent, dès le début, 
se donner rendez-vous dans les hôpitaux, non seulement 
parce que la fréquentation constante des malades les habitue 
à l'art si difficile d'observer, mais parce que la vue du 
malheur et de la souffrance ouvre le cœur à ce tendre res- 
pect pour ses semblables, qui est le premier et le plus sacré 
de nos devoirs professionnels. » j)r Echo. 



Ou loue h- Ali, vice-roi d'Alger, se composait de 61 galères 
et 32 fçaliotes. 

ï^ réserve (8 galères et 21 galiotes) était dirigée par 
MuraL-Dragut, 

(A rnivre.) D' J. M. Cyrnos. 



L'Amiante. 



L'amiante revient aujourd'hui en grand honneur! Nous 
lavons vue préconisée récemment : 1® pour la purification 
des eaux dans «les filtres, supérieurs, à coup sûr, aux 
filtres Cliamberland; 2® pour rendre incombustible les 
étoiles des danseuses et les décors d'opéra. 

Personne n'igcorequelesanciens faisaient avec l'amiante 
des nappes et des serviettes qu'il suffisait de jeter au feu 
pour les laver» Ils en enveloppaient les cadavres sur les 
bûchers d'incinération, comme seul moyen de ne pas mêler 
les ik^ndres du défunt aux résidus des bois et des résines. 



L'amiante est une substance blanche, grise ou grisâtre, 
que l'on rencontre en masses fibreuses, souples et soyeuses 
dans les fissures de la Serpentine. 

En France, c'est principalement dans les montagnes des 
Pyrénées, des Alpes et de la Savoie, que l'on trouve ce 
silicate de magnésie, d'un tissage assez difficile et passa- 
blement coûteux. 

Mais ces graves inconvénients n'enlèvent pas à ces tissus 
la propriété très précieuse d'être incombustibles. 

Pensées. 

Les paresseux ont toujours envie de faire quelque 
^^^^^' Vauvenargoks, 

L'homme est le seul animal qui sait qu'il doit mourir. 



^ 



it qu H aoit mourii 

Google- 



JOURNAL D'HYGIENE 



117 



BULLETIN DE LA SOCIETE FRANÇAISE D'HYGIÈNE 



AV[S. — Ordre du jour de la séance mensuelle du 
vetidredi 9 mai^ à 8 h. 1/â du soir, 30, rue du Dragon. 

D^ Di-: PASSE : Statistique sanitaire des Egou tiers. 

M, Gautrelet : Le Lait destiné à rallaitement artificiel 
dans Paris. 

D^ DR FjETBA Sa\tà : La question de la Prostitution 
ea llnlie. ^^^__^_^ 

Prûcès-TBTbsd de la séance du 10 février 1888. 

Phésidencb de m, Marié-Davy. 

Lecture et adoption du procès-verbal de la précédente 
séance. 

Coniormément au vote émis à la séance de janvier, il 
est procédé à réIecLion définitive du Bureau^des membres 
du Constfil d'adiiiLDi:tration, ainsi que des présidents, 
vice- présidents et secrétaires des Comités d'études pour 
i^année 1888. 

( Voir cette liste complète ddns le Bulletin du n® 396). 

Il est ensuite donné lecture du rapport de la Commission 
des iiuances qui est adopté à T unanimité, et dont l'inser- 
tioD au Bulletin est demandée. Des remerciements sont 
votés au trésorier M. Trehyou, et aux membres de la 
Commission des fioanoes. 

M. le D^ DL PiEiTRA Santa donne lecture du compte rendu 
du Secrétariat, et signale en premier lieu une lettre de 
M, NivET, membre du Conseil de salubrité de Clermont 
(Puy-de-Dôme), réclamant quelques renseignements au 
sujet des mesurer à prendre pour Tassainissement des villes. 
A Clermont plusieurs piojeLs ont été étudiés. L'application 
du système Berlier a été reconnue impossible. D'un autre 
eùté la disposition des plaines qui entourent la ville ne 
permet pas de faire des irrigations, ce qui rend imprati- 
cable le système du tout à Tégoul. Dans ces conditions, on 
a pensé à imposer à tous les propriétaires la construction 
de fosses étanches. Mais avant de prendre une décision, 
M, Nivet désirerait savoir s'il a été constaté que dans cer- 
taines villes, Ja mortalité eût été diminuée par suite delà 
construction de fosses étuEiches bien ventilées. 

M. Maeiè-Davy ne croit pas qu'on puisse citer d'exem- 
ples de ce genre. 11 n'eu a du moins jamais entendu par- 
ler. D'ailleurs le système des fosses étanches est difficile 
à adopter en province. A Paris même, où il en existe un 
grand nombre, il se produit dans la plupart d'entre elles 
des iissures qu'il n'est possible de constater, qu'après la 
vidarjge. Il en résulte dos infiltrations, et par suite une 
infection des puits voisins. Le système des fosses mobiles 
paraîtrait préférable, et offrirait dans tous les cas plus de 
sécurité. 

M. Cachbux dit qu'en Autriche, on a constaté que la 
mortalité avait diminué dans certaines villes où la con* 
stTuction des fosses étanches avait été imposée. Hais il y à 
lieu de remarquer que les règlements de police sanitaire 
sont très sévères. Ils obligent à vider les fosses tous les 
trois mois, qu'elles soient remplies ou non. Il en résulte 
que des vért&catîons fréquentes peuvent être faites. 

M, F£a£T considère comme dangereux le système du 



tout à l'égout* Il pense que le système diviseur est le 
meilleur et qu*il doit être préféré à tous les aulres. 

M. Marié-Davï répond que le danger qui résulte des 
fosses consiste surtout dans les infiltralions qui peuvent 
occasionner l'infection des puits voisins. Quant aux odeurs, 
il est facile de les éviter, et dans tous les cas, elles ne sont 
pas dangereuses. Il faut taire une grande différence entre 
le danger qui peut provenir des odeurs et celui des orga* 
nismes microscopiques. 

Quant au système divis^^ur que préconise M. Feret, il 
présente évidemment des avanta^^es. Mais il faut absolu- 
ment qu'il existe des égouts pour recevoir les matières 
liquides. Or en province surtout, cette condition n'est pas 
toujours facile à réaliser. 

La parole est donnée à M. Imgs pour une nouvelle 
communication sur les eaux potables. 

Dans les différentes épidémies, la contamination peut 
résulter de causas multiples, mais il est certain que l' m 
est un des véhicules les plus efficaces pour la propagation 
des maladies. Rendre les eaux potables absolument tiaine^ 
est donc une chose très importante. C'est un problème 
dont la solution s'impose. 

Rappelant la dernière communication qu'il a faite sir 
ce sujet à l'une des précédentes séances, M. lues dit que 
depuis cette époque il a recueilli des renseignements tr's 
utiles, notamment de notre cher Président, sur les condi- 
tions à réaliser pour qu'une eau potable ne pn-seute aucun 
danger. Il résulte de ces renseiguements que Teau portée 
à une température de h- (30*' C, offre déjà une sécurité 
suffisante. A h- 80" C. les microbes pathogènes des prin- 
cipales maladies sont infailliblement détruit3. En faisant 
chauffer l'eau à une température supérieure à 80* C. on 
obtient donc une immunité complète. 

La question est importante, car si Ton devait traiter les 
eaux à une température supérieure à Tébullition, il faudrait 
employer des appareils d'une construction difficile; et dont 
la manipulation pouirait aussi présenter des dangers. 

Partant de ce principe, M, ïsias tait la description d'un 
procédé qu'il a imaginé, et qui semble réunir tous les 
desiderata, puisqu'il permet de livrer, pour ralimentation, 
une quantité abondante d'eau, préalablement soumi<te a 
une température supérieure à 80* C, mais intérieure à 
TébuUition. 

M. le D*" E. MoNiN demande à lU. Imbs ce que deviennent 
les sels minéraux contenus dans les eaux soumis^ s h son 
procédé d'épuration. SonUils modifiés ou détruits ï La 
question est importante, car il est prouvé que les eaux 
qui servent à falimentation doivent contenir notanimeni 
du carbonate de chaux. 

H. Imbs répond qu'il ne pense pas qu'aucun des sels 
minéraux contenus dans Peau soit détruit. Il u'esisie 
pas d'ailleurs trace de dépôt calcique après le traitouiont. 

H. Marié-Davy appuie l'avis de M. Monin. Il ne laut 
pas que l'eau soit irap pure, et il importe essenliellemenL 
qu'elle contienne du carbonate de chaui. 

Sous le bénéfice de ces observations, la Société vote 
l'insertion au Bulletin de la communication de xM. lniUs, 

M. Cagheus l'ait une comoiuoiaotion des plus iuiaâgp 



JOURNAL D'HYGIENE 



■1 



santés^ visant les moyens pratiques de mettre à la dispo- 
sition des communes, une quantité abondante d'eaux 
potables salubres. 

Le Président remercie M. Cacheux et demande Tinser- 
tioh de son travail au Bulletin. 

H. Ferdinand Marié-Davy dépose sur le bureau une 
note sur l'analyse biologique des eaux, en réponse à la 
communication faite antérieurement par M. Vieillard 
(sera publiée in extenso). 

' M. le D^ DE PiETRA Santa présente de la part de notre 
savant collègue le D*^ Aly Heydar, une nouvelle Revue 
d'hygièoe publiée par uo Comité de rédaction où figurent 
les noms des protégés les plus autorisés de l'École de 
mé^lecine du Caire. Cette publication ne manque pas de 
s'inspirer des travaux de la Société française d'Hygiène. 
La brochure de notre collègue, le D' Ë. Monin, sur la 
Propreté de l'individu et de la maison, y a été reproduite 
in extenso. 

Itt. Marié-Davy présente au nom de M. Paye, l'Annuaire 
du Bureau des Longitude? pour Tannée 1888. 

La séance est levée à onze heures. 

L'tin des secrétaires, 

A. JOLTRAIN. 



L'Analyse chimique et biologique des Eaux. 

Dans l'intéressante communication que M. Vieillard à 
faite à la Société française d'Hygiène, et à la plupart des 
conclusions de laquelle nous ne pouvons que nous asso- 
cier, nous avons cependant remarqué quelques points 
que nous demanderons à notre collègue la permission de 
discuter. 

Les eaux de source sont en général considérées comme 
pures et, à la condition que leur degré hydrotimétrique 
ne soit pas trop élevé, chacun les accepterait les yeux fer- 
mée, pour son alimentation. Cependant les terrains cre- 
vassés peuvent parfois réserver des surprises à ceux qui 
mettent leur confiance dans cette pureté des eaux de 
source. 

Près d'Annecy, qu'on nous permette de revenir encore 
sur ce sujet, de nombreusessourcess'échappentdes rochers 
fissurés et crevassés du mont Semnos ; ces sources lim- 
pides et fraîches en temps ordinaire, se troublent lors- 
qu'une forte pluie vient à tomber. Or le sommet de la 
montagne, plateau sur lequel pâturentde nombreux trou- 
peaux, est sillonné de vastes crevasses dans Iesquelles,par 
suite de la déclivité naturelle du terrain, ruissellent les 
eaux de pluie, entraînant avec elles les purins des fumiers 
et toutes les impuretés de la surface du sol. Du reste, les 
bergers y jettent généralement, pour s'en débarasser plus 
facilement, tous les animaux qii'emportent les maladies 
épidémiques ou autres. Ces crevasses peuvent communi- 
quer plus ou moins directement avec les sources qui sor- 
tent des flancs de la montagne et l'on voit quelle peut 
être la boisson de ceux qui se servent de pareilles eaux. 
Cet état de choses nous fut du reste dénoncé par l'analyse 
chimique et surtout par l'analyse biologique. 

On ne saurait donc trop, suivant nous, vérifier la pro- 
venance des eaux de source, surtout dans les pays dont 
la charpente est formée de couches géologiques crevassées 
ou fissurées. 

D'autre part, l'oxygénation de l'éau ne peut donner ici 



au(;une indication, car une eau de source pure peut con- 
tenir moins d'oxygène qu'une eau de rivière impure. Le 
coefficient d'altérabilité seul, tel que l'a installé mon père 
à Montsouris, peut donner d'utiles indications. 

La matière organique de son côté est indépendante des 
organismes. Ceu^-ci, même en grand nombre, ne sauraient 
représenter une quantité de matièreorganique appréciable, 
et des eaux extrêmement chargées en matière organique, 
comme celles surnageant les matières de vidange, peuvent 
ne contenir que relativement fort peu d'organismes. La 
matière organique ne nous inquiéterait donc guère, au 
même titre que le chlore, que comme indice,' et aussi 
parce qu'elle procure aux organismes une nourriture qui 
en permet la pullulation rapide. 

Quand au degré hydrotimétrique de l'eau, sauf dans 
certains cas où il est trop élevé, nous avouons n'y pas 
prendre grand intérêt au point de vue sanitaire. Il ne peut 
en effet donner aucune indication sur la pureté d'une eau. 

Si maintenant nous abordons la question des nucrobes, 
nous sommes forcé d'avouer que nous différons totale- 
ment d'opinion avec M. Vieillard. 

Le temps mis par les organismes à apparaître sur la 
gélatine et à Uqoéfier n'a, suivant nous, aucune significa- 
tion quant à leur nombre et surtout quant à leur nocuité. 
Deux exemples suffiront à faire comprendre combien ees 
données sont trompeuses dans beaucoup de cas : 

l^ L'organisme supposé de la fièvre typhoïde se déve- 
loppe lentement et ne liquéfie pas la gélatine. Il peut donc 
se trouver en grande quantité dans une eau qui ne serait 
pas indiquée comme mauvaise par le procédé cité plus 
haut; 

iP On bacille vulgaire, tout à fait inoffensif, souvent 
contenu dans les eaux, a une telle action sur la gélatine, 
qu'il apparaît dès le second jour et qu'un seul suffit pour 
liquéfier rapidement la gélatine. Ici encore le procédé pré- 
conisé par M. Vieillard se trouverait en défaut. 

Les exemples analogues seraient d'ailleurs fort nom- 
breux. 

En sonmie, nous croyons qu'il est imprudent d'abor* 
der la question des microbes des eaux, ailleurs que dans 
un laboratoire bien organisé. L'étude chimique suffit par- 
faitement dans les cas ordinaires à classer une eau tout 
d'abord, et à renseigner sur son état de pureté ou de pol- 
lution. 

Elle seule peut être fkite facilement et partout, et, sui- 
vant ses indications on sait si Ton doit ou non recourir à 
l'étude complète et scientifique. 

Dans les cas d'épidémie, au contraire, on ne peut s'ar- 
rêter à ces données; mais alors il est préférable de s'adres- 
ser de suite aux praticiens s'occupant spécialement de ces 
questions délicates. 

Du reste, les résultats fournis par l'analyse microbienne 
dans la plupart des cas, même par les laboratoires les plus 
sérieux, est bien imparfaite encore, puisqu'on s'y borne 
à compter le nombre d'organismes contenus dans une eau, 
énumérant ensuite la proportion de bacilles, vibrions, 
micrococcus, etc. Même alors, en effet, nous ne sommes 
que bien imparfaitement renseignés, puisque le microbe 
du charbon est un bacille et que le bacillus subtilis est 
absolument inoffensif. 

Que nous importe, en effet, de savoir qu'autour d'un 
troupeau rodent une dizaine d'animaux du genre canis^ 
puisque les chiens qui le ^dent et les loups nui chèr^ 



JOURNAL D'HYGIÈNE 



119 



cbeni à le manger appartieaneot tous les deux à ce même 
genre. 

Au contraire, lorsque pendant une épidémie quelcon- 
que on trouvera dans les eaux d'alimentation, des orga- 
nismes ayant l'aspect de ceux auxquels on attribue la 
maladie en question, lorsqu'on les a isolés et étudiés avec 
soin, on peut en conclure la nocuité des eaux et en 
interdire l'usage. Alors seulement nous admettrons la 
yalenr d'une analyse biologique. 

Mais une telle analyse n'est pas à la portée de tous, et, 
tout en nous ralliant pleinement à tout le reste de Tinté^ 
ressante communication de H. Vieillard, nous lui deman- 
derons la permission de ne point admettre le procédé 
d'analyse biologique proposé par lui« 

F. Marié-Davy. 



Quelques mots sur une certaine espèce 
* d'insomnie. 

Tranquille repos de nuit et absence de douleurs : voilà 
deux signes presque infaillibles d'une parfaite santé. Mais 
hélas! la chose n'est malhenreusement que trop vraie, le 
nombre des malades qui souffrent d'agrypnie et d'affections 
douloureuses est relativement très grand. Je veux étudier 
aujourd'hui certaine espèce d'insomnie, fréquente et très 
facilement curable en Suède, celle qui est sous la dépen- 
dance de la malaria. En me fondant sur une expérience de 
bien des années, je veux résumer, en peu de mots, les 
variétés de ce symptôme, parfois très grave, surtout s'il 
est mal interprété, si sa cause réelle demeure inconnue, 
chose fréquente lorsque la plupart des autres signes clas- 
siques d'une infection paludéenne font défaut. 

11 est d'abord certains malades qui se trouvent dans 
l'état de veille jour et nuit; il leur est parfaitement impos- 
sible de fermer les yeux, l^a nuit entière^ ils entendent son- 
ner toutes les heures. Quelques-uns éprouvent la sensation 
désagréable de frissons légers, ou d'autres symptômes peu 
caractéristiques de Timpaludisme. Plus fatigués au lever 
qa'au coucher, il leur semble que leur cerveau est par- 
faitement creux et ils sont incapables de travail intellectuel 
et corporel. Pendant la journée ils ressentent quelquefois 
le besoin et l'envie de dormir, mais ils s'évertuent à n'y 
point céder, pour ne point compromettre leur sommeil de 
nuit. Inutile précaution : la nuit suivante l'étnt de choses 
est précisément le même, et ces malades n'ont pas un 
moment de sommeil. 

Certains sujets déclarent impossible à eux de s'endor- 
mir avant minuit. Ils se réveillent, disent-ils, après avoir 
dormi une heure et demie ou deux heures tout au plus. 
Néanmoins ils se sentent assez fortifiés par ce court som- 
meil, ils peuvent vaquer à leurs affaires ; pourtant assez 
souvent, ils éprouvent des faiblesses et les jambes leur 
manquent. 

Un troisième groupe de malades s'endort régulièrement 
chaque soir, pour se réveiller après trois, quatre ou cinq 
heures au maximum, les uns toujours sur le même coup 
dliorloge, d'autres régulièrement une heure plus matin, 
par exemple de cinq à quatre ou trois heures le matin; ils 
se disent, d'ailleurs, assez frais et dispos, mais dans la 
journée la plupiirt d'eux éprouvent des frissons légers, 
une fièvre éphémère avec sueurs, migraine, courbature, 
épuisement. 



Symptôme commun à tous ces malades: si vous Vous 
informez de leur état de santé antérieur, tous ont été 
affectés sans exception de fièvres intermittentes : la plu- 
part dès leur enfance; ou bien ils sont soumis à l'Influence 
continue de la malaria ; Vexploration décèle du reste chez 
eux une intumescence plus ou moins considérable de la 
rate. 

Quant à la cause intime de cette variété d'insomnie, je 
ne puis véritablement émettre que des hypothèses. Cha- 
cun sait qu'il existe des substances comme la caféine, la 
théine Ja théobromine, qui sont douées de la propriété de 
tenir éveillés ceux qui en prennent. Eh bien ! il me semble 
possible que le microbe de la malaria produise une ou 
plusieurs ptomaïnes, dont l'effet pathologique ressemble 
à beaucoup d'égards à celui des alcaloïdes, qui viennent 
d'être mentionnés. Il est Clair, qu'au fur et à mesure que 
se forme cette « malarine ]), elle est éliminée par les 
reins; mais parfois la matière en question est produite en 
si énormes quantités que les reins n'ont pas le temps 
nécessaire pour en débarrasser le sang. Ou bien, les petits 
' vaisseaux de ta piemène et des grands ganglions du cer- 
veau (qui sont pourvus de cellules musculaires lisses) 
constituent peut-être un réactif si délicat de la présence de 
la < malarine » dans le sang, qu'ils ne se contractent pas 
. comme il le faudrait pour produire lesommeil. A l'appuide 
ce que j'avance viennent les résultats favorables du traite- 
ment par le sulfate de quinine, qui (règle générale) réta- 
; blit le sommeil des malades. Je le prescris de préférence 
selon la formule ci-après: R. sulfate de quinine 40-60 
centigrammes, bicarbonate de soude p. 2 grammes. DM : 
taies doses n* 10 ad caps, amylac. P. A prendre un cachet 
chaque malin et, en cas de besoin, un le soir. Je prescris 
aussi la formule suivante. R. sulfaUi de quinine 4 gram- 
mes, acide phosphorique dilué S grammes, sirop de gin- 
gembre 30 grammes, Ag. Lestinat 120 grammes MDV: 
à prendre une cuiller à soupe une ou, deux fois par jour. 

11 est peut-être superflu d'ajouter que je suis un adver- 
saire acharné de l'administration de la morphine, du chlo- 
ral et de toute l'armée des médicaments narcotiques, 
soporifiques et dans le but de guérir un malade, affecté 
d'agrypnie de cette espèce. Les narcotiques ne présentent 
dans. ce cas, aucun avantage, mais au contraire de sérieux 
inconvénients. 

£n combinant le traitement par la quinine, avec Thy* 
drothérapie, j'obtiens d'excellents résultats. 

Avant midi, c'est-à<lire quatre heures après le déjeu .er 
et deux heures avant le dîner, je prescris un demi-L*ain 
de 32 à i»" Celsius, d'une durée de 3, 3, 4 minutes. La 
température de l'eau y est diminuée d'un degré jui qu'à 
ce qu'elle n'atteigne que 22,20, IS^'C. Le malade dot être 
assis dans la baignoire, et le niveau de l'eau doit ;''élever 
presque à l'ombilic du malade. Pendant le bain en prati- 
que des irrigations assidues et des frottements énergi- 
ques du tronc et des extrémités. Avant de soi tir, le ma-* 
lade est inondé par le choc d'une eau de 18^ C. à 10<^ C, 
provenant d'un baquet, dont un quart sur chaque épaule, 
un sur le dos et le reste sur la poitrine, iiorsquedix bains 
ont été pris, le malade reçoit une douche d'eau froide 
(15 à 10^ C.) et épaisse, d*un avant-bras pendant 30 se- 
i condes jusqu'à une minute sur la raie. Immédiatement 
après, massage général. Avant et après le bain, promc^ 
nades à Tair frais pendant 10, 15, 30 minutes. ^ 

Dans une période plus avancée de la maladie, di^s frio- 



w^ 



m 



JOURNAL D'HYGIÈNE 



1 



tioDs, un ou deux malins par semaine, au moyen d'un 
drap de bain mouillé dans une cuve d*eau dégourdie, 
fraîche ou froide, où se place le malade, immédiate- 
ment àii^saut du lit, conviennent mieux encore pour la 
guérison. ' 

En ce qui me concerne particulièrement, je suis né et 
j'ai passé mes jours et mes nuits dans des pays maréca- 
{^eux, dans la région la plus malarique de la Suède, où 
j'ai exercé la pratique médicale; le traitement ci-dessus 
a réussi à me conserver une santé florissante. Je recom- 
mande donc, basé sur mon exemple personnel, Tapplica- 
tien de cette méthode à la fois prophylactique et curative. 

^^^^^^^ D' Fr. ËKLUND. 

r. :; Les Égouts à Liège. 

Les grands travaux d'assainissement doivent presque 
toujours leur origine aux flénux épidémiques qui s'abat- 
tent sur les popululious et leur font sentir cruellement la 
nécessité de se plier aux lois de rliygiène. 

La ville de Liège ne fait pas exception à la règle; il a 
fallu l'épidémie de fièvre typhoïde de 1882-83 pour que 
l'administration communale fît examiner la canalisation 
des égouts. Elle fut reconnue défectueuse; une Commis- 
sion composée d'ingénieurs et de médecins fut chargée 
d'étudier et de proposer un système complet de canalisa- 
tion. 

C'est le rapport (1) de cette Commission, rapport dû à la 
plume si compétente de notre savant collègue le P' Félix 
Putzeys, que nous analysons dans cet article. 

Il y a dans ce rapport toute une partie locale qui ne pré- 
senterait que peu d'intérêt pour nos lecteurs; nous ne 
relaterons que les décisions générales prises par la com- 
mission. 

La section des collecteurs doit être ovoïde; c'est la plus 
avantageuse, étant donné le faible volume et la concentra- 
tion du sewage à certains moments. Voici les propor- 
tions : la hauteur égale à une fois et demie le diamètre 
transverse, et celui des côtés une fois et un tiers ce même 
diamètre; cette forme est plus solide que l'ancienne forme 
ovoïde et assure mieux le curage automatique. Il ne doit 
point y avoir de banquettes; car le prix, en est élevé et 
elles sont sans avantages pour le curage. D'ailleurs la con- 
• slruction des égouts est établie dans le but du curage 
automatiçiue; l'intervention des égoutiers sera fort rare. 
Au besoin, un traîneau-vanne pourrait être employé au 
lieu et place du wagon-vanne des égouts à banquettes. 
^11 ne sera pas établi dans les égouts, de canalisations 
d'eau et de g^z, parce que les nombreuses ouvertures 
nécessaires aux nranchements détruiraient l'étanchéité. 
Les raccordements des égouts secondaires avec les 
collecteurs ou entre eux, doivent se faire avec une chute 
au moins é^ale à la différence du diamètre des égouts 
raccordés, ainsi que l'a dit R. Rawlinson; on évite ainsi 
les dépôts. 

Le radier doit être en pierre de taille du pays; le mor- 
tier doit être composé de trois parties de chaux moyen- 
nement hydraulique éteinte, deux parties de sable et une 
de trass. Le béton sera composé de quatre parties de mor- 
tier hydraulique, trois parties de pierres concassées de 
0^,04 de diamètre au maximum et de trois parties de 
briquaillon de même grosseur. Le radier en pierre de 
taille sera noyé dans le béton. 

Les voûtes des égouts et la face interne des pieds-droits 
doivent être cimentés. 

(1) Ce rapport, volume iD-8*del24 pago.S|CSt recompagne d*un ma- 
gnifique atlas conlcnanl 17 cartes et plans* 



Pour les égouts secondaires, il sera employé de préfé- 
rence des canalisations en grès. Leur prix est environ le 
tiers de celui des égouts en maçonnerie et elles n'ont 
aucun inconvénient lorsqu'elles sont établies dans de 
bonnes conditions de pente. Si la pente est de O'^^OOl, la 
longueur maximum de la conduite sera 75 mètres; si la 
pente est très marquée, la longueur peut être très grande 
sans inconvénient. 

Le diamètre de ces tuyaux doit varier avec le volume 
de sewage à écouler et avec la pente. Les tuyaux de O^jîs 
de diamètre pourront être employés avec pente assez 
forte, le volume d'eau étant considérable. Les dimensions 
habituelles seront 0%40, 0\3S, 0'»,35, 0«»,30, 0«,2o, 
O'^jâS. Ils seront établis sans courbe, un trou d'homme 
sera fait dans tous les points de changement de direction. 
De même aux points de modification de la pente il sera 
établi un trou de lampe. A toute intersection d'égoutsen 

Srès, il sera établi un trou d'homme. Le tuyau devra être 
ur, résister aux chocs, de densité, sonorité et d'épais- 
seur uniformes; il sera parfaitement droit, sa section bien 
circulaire; l'émail extérieur et intérieifr bien uniforme, 
les surfaces seront très polies. Il ne doit point y exister de 
crevasses; la cassure sera vitreuse et homogène. Le grès 
vitrifié est préférable à la poterie. 

Le tout a Végout doit être appliqué, c'est-à dire que les 
eaux pluviales, les eaux ménagères et les déjections doivent 
être admises dans les canalisations. La pénétration des 
matières lourdes de la voirie dans les égouts doit être 
évitée. Quand les boues à recueillir sont peu abondantes, 
on utilisera comme bouche d'égout les cuvettes en fontes 
avec occlusion hydraulique. Si les boues sont abondantes, 
on établira des bouches en maçonnerie, les boues s'y 
déposent tandis que l'eau se déverse par un tuvau dans 
l'égout. 

Le lavage des égouts devra être fréquent et abondant. 

La ventilation des égouts est nécessaire; de même il 
faut prévenir l'entrée des gaz d'égout dans les habitations. 

Le système accepté par la Commission liégeoise, con- 
siste en la relation directe de l'atmosphère avec la canalisa- 
tion au moyen d'orifices distants de 50 en 60 mètres. 

Pour la canalisation des maisons, la Commission pré- 
conise un siphon de pied au point de jonction entre la 
conduite de maison et Tégout; les tuyaux de chute des 
water-closets seront en plomb ou en fonte; ils seront 
placés à l'extérieur des murs, prolongés jusqu'au faîte des 
maisons, sans courbes. 

Les décharges des éviers, baignoires et lavabos, et les 
tuyaux de gouttières doivent rester distincts des tuyaux 
de chute des water-closels.Des coupe-air termineront tous 
ces tuyaux, sauf celui des water-closets qui débouchera 
librement dans le drain. 

Des siphons ventilés en couronne devront se trouver 
au-dessous de chaque évier, lavabo, vidoir, baignoire, 
water-closet. 

Le tuyau de service du water-ctoset ne doit pas être 
branché directement sur une conduite de distributioo 
d'eau. 

Telles sont les principales décisions prises par la Corn- 
missicn spéciale instituée pour V examen du plan général 
des égouts à construire dans la ville de Liège, Nous ne 
saurions trop féliciter son savant rapporteur feP' Putzeys, 
d'avoir rédigé ces prescriptions si conformes à l'hygiène 
bien entendue. 

A. Hamon. 



Propriétaire-Gérant: ^' i^^fP^Ç^f A-JWf'A> 



IMPRlMKHtB CHALX. — 30| RUS BBBOKRB, PARIS. 



5590-3-8. 



W AiNNEE. — \3^ VOLUMK. 



Naméro 599. 



JKUDI \n MARS 1888. 



JOURNAL D'HYGIÈNE 



SOMMAIRE : — Le Service médical des eaux niinépalei de la France en 1885. (Rapport au Ministre du Commerce par M Fti^ÉOL*'. — Vnlï- 
mentntion rationnelle des animaux domestiques (Ayraud). — Par Monts et pisir Vaux. — Feuilleton. La bataille de L^îitvte (suiùç et 
fin) fJmiEN DE LA Gravikrb). -— Essui de crémation pratique en 1811. (Dukour). — Bulletin delà Société française d'Hygiène. 
La Prostitution en Italie. La réglementation actuelle; les projets de réforme. (Pellizzari et Tomnasi-Crudeli). — Rcvtie analynque et 
rrilii[ue des Publications périodiques d*hygiène. (Archives navales : le Mouvement hy(/iéniqu?}. — Livres offerts en don à Ja RihliVtliéqae. 



Paris, ce U Mars 1888, 

Le Service médical des Eaux minérales 
de la France en 1885. 

Le rapport général adressé à M. le Ministre du Com- 
merce et de rindustrie sur le « Service médical des Eaux 
mnéraïes de la France pour Vannée 4883 » a été rédigé 
par M. le D' Féréol (i). 

Ce rapport vient compléter, d'une manière très satis- 
faisante, celui de M. le D"* Emile Vidal pour l'année 1884, 
lequel contenait, en germe, les principes généraux et les 
idées réellement pratiques qui ont été amplement déve- 
Icppees dans la discussion sur V Inspectorat! (2) 



M* Féréol, après avoir rappelé le projet adopté par 
rÀcadémie pour la nouvelle réglementation des Etablis- 
semenls thermaux, a eu la bonne pensée de reproduire 
en termes aussi sommaires que précis, les considérations 
qui ont dicté à l'Académie les résolutions auxquelles elle 
a cru devoir s'arrêter. 

" En votant le maintien de Tlnspectorat dans ses dispo- 
silions fondamentales, T Académie est restée fidèle à sa 
iraditîon, non par un vain entêtement, ni par esprit de 

( Ij l^ Commission permanent^, dont M. Féréol a été le savant rap- 
M>rteiLr. était composée pour Tannée 1887, de MM. Marjolin, Bourgoin, 
Empîi, Cfïnstantin Paul, et Pianchon. 

(il Voir /otirna/ d'Hygiène^ vol. XII, p. 117. 



rouline; mais, après avoir attentivement examiné toutes 
les solutions nouvelles qui lui étaient proposées, elle a 
pensé que Tancienne organisation qui avait dontié autre- 
fois de si bons résultats et rendu de si réels services, était 
encore, malgré ses imperfections, lamt.'i]leure, ou, si Fou 
veut, la moins mauvaise de toutes Igs t'avons d'exercer 
une surveillance dont l'État ne veut ni ne peut se désin- 
téresser; que, pour avoir quelque réalité, cette surveil- 
lance devait être permanente, locale et personnelle ; 
l'inspection régionale temporaire, nécessaire dailieurÈJ 
comme contrôle, ne pouvant la remplacer dans le détail 
des questions journalières ; et l'inspeclioa colleclive, 
difficile dans l'application, aboutissant, somme toute, à 
une absence de responsabilité qui est destructive de tout 
contrôle sérieux et efficace. 

^ Deux points ont paru essentiels à l'Académie pour 
restituer, s'il est possible, à Tinspection son ancienne 
valeur : 

» 1° Assurer de bons choix ; 
» 2^ Augmenter Tautorilé de rinspecteur. 
» C'est là le fond de la question ; et la sohilion n'est 
peut-être pas bien facile à trouver. L avi^nir dira si Ic^ 
moyens conseillés par l'Académie pour obtenir ce double 
râsuliat, dans le cas où l'administration croirait devoir en 
tenter l'application, sont efficaces ou illusoires- L^Acadé- 
mie a fait ce qu'elle a cru le meilleur, en (iemandanl pour 
elle une grande part, et même pour ravcoir, s'il était pos- 
sible, la part du lion, dans la nomination des médecins 
inspecteurs. On le lui reprochera peut-être. Elle nVibéit 
en cela à aucune ambition, à aucun désir d'augmenter 



FEUILLETON 



La bataille de Lépante {*). 

VI 

I^a mêlée» 

n était près de midi ; les galéasses reçîirenl l'ordre de 
se porter en avant; lorsque Don Juan les vit à un mille 
environ de saUgne de bataille, lorsqu'il aperçut le marquis 
de Santa Cruz (réserve) accourant à force de voiles et de 
rames avec ses 30 galères, lorsqu'il vit les galères arriérées 
db Juan de Cardona à un mille h peine de distance, il 
n'bésita plus et lit sonner la charge par les trompettes. Le 
moment était solennel ; la Chrétienté jouait sur mer sa 
dernière partie. 

il| in guerre de Chypre et la bataille de Lépante j par le viie- 
oonimlJuRiBN db laGravière. 2 vol. in-18, libr. Pion, 1«88. [Suite et 
I /In. \'Hï le n" 598). 



La distance entre les deux flottes diminuant rapidement, 
les galéasses vénitiennes ouvrirent le feu. Le premier coup 
tiré par la galéasse de Francesco Duodo enleva le grand 
fanal de la réale d'Ali; un autre coup brisa Tespalle d'une 
galère voisine; un troisième coup atteignit une galère peu 
éloignée des deux premières. Une émotion presque géné- 
rale se manifesta en ce moment dans la \U^im ennemie : 
la plupart des galères turques se mirent à scier. 



» Ali-Pacha, comme Ferragut à Mobile, réprima par 
son seul exemple ce mouvement inconsitiéré de retraite* 
Il ordonna de forcer la vague, se précipita en avant, à 
toute vitesse, sous une grêle de boulets, etl'anuée ottomane 
suivit. 

» Les Turcs arrivaient poussant des cris efl'royables, 
faisant jaillir l'écume sous la proue de leurs vaisseaux. La 
confiance leur était revenue tout entière. 

» L'aile gauche de Don Juan se trouva la piernièreaux 
prises avec l'ennemi. Scirocco l'attaciua de front, et pen- 
dant ce temps ses galère.^ légères se rtlissèrenl entre (^ 
terre et Barbarigo pour le tourner, et l'assaillir par dei rièrfc 
Le combat sur ce point semblait pn ndie dès l'abord uni* 



i±i 



JOURNAL liVûJÉNE 



son intluence personnelle. Etie suit, qu'elle a plus à perdre 
qu*à gagner à quitter les hauteurs scientifiques, qui ont 
jusqu'à présent constitué son seul domaioie, pour mettre 
le pied dans les régions administratives. Mais, elle a pensé 
qu'étant mieux placée que personne pour apprécier les 
mérites des candidats à rinspcctorat, elle n'avait pas le 
droit de se soustraire au devoir de revendiquer l'initiative 
de la proposition au Ministre» et môme, si une loi était 
possible dans ce sens, le droit d'élection directe, sauf 
approbation du Ministre. EHe croit qu'une telle élecliou 
serait une investiture devant laquelle les hostilités du 
Comité de l'Union des médecins hydrologues libres pour- 
raient peut-être perdre un peu de leur acuité, du moins 
avec le temps ; et elle pense que ce petit côté de la ques- 
tion a une grande importance dans le mouvement quelque 
peu artificiel qui s'est produit, dans ces dernières années 
surtout, autour de la question de l'Inspectorat. Elle croit 
aussi, à moins qu'elle ne s'abuse sur sa propre autorité, 
que ce mode de nomination pourrait apporter quelque 
prestige aux nouveaux élus. Enfin, elle espère quelescan- 
didats seraient engagés par là à produire des travaux per- 
sonnels pour se constituer des titres au choix de l'Académie. 
Quanta ce qui touche au relèvement de l'autorité de l'ins- 
pecteur, l'Académie ne peut faire davantage. 

« Mais, elle attire l'attention toute spéciale de M. Je 
Ministre sur le rôle que l'administration doit prendre à 
Bon tour, pour venir en aide à des fonctionnaires qui, par 
le fait, lui rendent des services gratuits, et qui ne peuvent 
le fairoqu'à la condition d'être soutenus. S'il est vrai que 
les relations de l'inspecteur avec les Compagnies fermières 
où les propriétaires des sources sont souvent faciles et 
courtoises, il Test aussi que les choses peuvent aller tout 
autrement. La preuve s'en trouve plus d'une fois dans \q^ 
rapports que nous allons examiner tout à l'heure. Il y a là 
des questions délicates, qui ont été portées à la tribune de 
l'Académie, et auxquelles celle-ci est forcément étrangère, 
se trouvant d'une incompétence absolue pour en connaître. 
Elle ne peut que signaler ce point de vue à l'autorité 
supérieure, et lui laisser toute la responsabilité do la con- 
duite à tenir (1). » 

(1 } Il nous sera bien permis de rappeler ici les conclusions auxquelles 1 
nous sommes arrivé dans un article. « L'Inspectorat des eaux minérales | 



11 

Dans la partie du rapport que H. Féréol consacre au 
compte rendu des travaux envoyés à' l'Académie pour 
Tannée 188o, se trouve d'abord formulé un blâme légi- 
time à l'adresse des Médecins inspecteurs de stations im- 
portantes OL qui n'ont point donné signe de vie jb. 

(En somme la Commission a reçu 46 rapports ou 
mémoires, pendant que 63 établissements n'ont envoyé 
aucun document scientifique.) 

Le laboratoire de l'Académie de Médecine, sous Thabile 
direction de M. Hardy, a exécuté 49 nouvelles analyses. 
L'autorisation d'exploitation a été accordée à 41 sources, 
les autres ont été refusées ou ajournées pour captages insuf- 
fisants ou pour trop faible minéralisation. 

Signalons actuellement les communications les plus 
importantes; 

Aix-leS'Baim. — M. L. Blanc étudie l'action des eaux 
dans les maladies du cœur. « Contrairement à l'opinion 
dominante encore aujourd'hui qui veut que tout car- \ 
diaque soit écarté des eaux minérales, qui ont toutes sans | 
exception la réputation d'être plus ou moins excitantes 
du système circulatoire et par conséquent dangereuses 
pour les cardiaques, un certain nombre de médecins 
cherchent aujourd'hui à prédser certains cas dans les- 
quels les eaux minérales peuvent et doivent être prescrites 
aux cardiaques, y^ 

M. Blanc signale une contre-indication formelle « pour 
les cardiaques qui n'ont pas eu de manifestations rhuma- 
tismales depuis quelques années, et lorsqu'il existe du 
nervosisme et des palpitations plus nerveuses que car- 
de la France^ » très remarqué mais aussi assez vertement discuté [Mir 
le Comité de l'Union des médecins hydrologues libres, 

j> 1* Réorganiser l'Inspection sur de nouvelles bases en faisant dispa- | 
raitre la gratuité des fonctions et les attributions nominoles; en impo- ' 
sant ded obligutions etreclives ; ' 

» 2* Donner à rinspectiou une hiérarchie véritable basée sur le 
classement des stations par importance, en récompensant les services 
rendus dans une peUte sUiUon, par un avancement dans une staUon 
d'ordre supérieur; 

» 3* Rendre les positions indépendantes des choix arbitraires et des 
fluctuations de lu politique; 

3> 4(> Conûer toutes les propositioDS de nominations, promotions et 
révocations à rAcudémie de médecine. » 

(Voir yourna/ d'Hygiène, vol. XI, p. 557.) 



tournure inquiétante, mais le siigueur Barbarigo, dit 
Brantôme, a lit très bien, se montra digne de sa charge, et 
le premier de tous obligea la victoire à se prononcer «. 
Debout sur le tabernacle, la visière levée, le corps à décou- 
vert, il animait ses gens; une flèche 1 atteignit à Tœil 
gauche et lui traversa le crâne; il mourut de cette bles- 
sure le lendemain. 

B Au centre dés^eux corps de bataille, les deux amiraux 
s'étaient reconnus à leurs bannières : ils se dirigèrent 
franchement l'un vers l'autre. Le Capitan Pacha ne tira 
pas un seul coup de canon avant d'être rendu à demi-Ion- 
longueur de galère de la réale. Le premier coup de son 
artillerie, déchargé ainsi à bnllc-pourpoint, emporta la 
rambade de don Juan et tua quelques rameurs; le second 
coup traversa l'esquif; le troisième passa au-dessus du 
fougon. La réalc riposta; ses projectiles balayèrent la 
poupe et la coursie de la galère ottomane. La fumée n'était 
pas encore dissipée que déjà les deux galères lancées à 
toute vitesse s'abordaient proue contre proue. La secousse 
et le fracas furent terribles; les éperons volèrent en éclats. 
La réale d'Ali dominait de beaucoup la galère chrétienne; 



son éperon mutilé pénétra jusqu'au quatrième banc de la 
réale espagnole. 

9 Les deux navires avaient rebondi en arrière ; Ics débris 
de gréement les retiennent accrochés : ils glissent lente- 
ment l'un sur l'autre, brisant dans ce frottement une par- 
tie de leurs rames et de leurs apostis. On jette les grappins: 
les galères, désormais inertes, liées par leur avant, ne 
forment plus qu'un seul champ de bataille. 

» . . .Per tev-Pacha de son côté avait abordé la Capi tane de 
Veniero. La galère du bey de Négrepont passaitau même 
moment entre la capitane du Pape et la capilane de Savoie. 
Tout le front des deux armées était alors en feu; on n'en- 
tendait que craquements de bois déchirés, que crépite- 
ments d'arquebuses auxquels se mêlaient les cris de 
fureur des combaltants. Des volées de flèches se croisaient 
dans l'air ; les flancs des vaisseaux se hérissaient de 
dards. 

ft Est-ce là, écrit l'amiral Jurien, ce qu'on peut appeler 
une bataille navale?' Où sont les combinaisons savante.^ 
des tacticiens? On se heurte, on s'étreint, on se broie sur 
une arène de quelques pieds carrés. La foule est partout 



I 



JOURNAL D'HYGIÈNE 



iiaqmft. Dans ce cas, les malades se trouveraient mal de 
l'escilalion générale produite par les eaux d'Aix quiagissent 
^ Ttianiresletnent sur le système nerveux »w 

Pour tes cas qui ne sont pas encore invétérés, l'auleur 
uffîrme que plus la lésion est récente, plus ellea de chance 
de se résorber par l'action des eaux ; d'où le conseil for- 
mel a ^renvoyer les malades à la station thermale le plus 
lût possible, soit 2^ ou 30 jp^irs après que les accidt'nts 
aigus ont disparus ». 

Celte affirmation inspire à M. Féréol les sages réflexions 
qiïi suivent : 

d J Ignore si ce conseil sera forlement goûté par mes 
collègiies, et îïi^Afi^par les malades; quant à moi, je suis 
un peu rebelle pcut-ôtre aux nouveautés, j'ai trop peur 
des tendances récidivantes du rhumatisme pour obéir à 
cette mvitation, Juxijmol03idaiia J6s. étroites JimUes où elle 
est faite, et j'attendrai.^que lexpérie^ce ait prononcé. » 

ft Quoi qu'il en soit, dit en terminant M. Féréol, le tra- 
vail de M. Blanc e&timportant, et peut le devenir encore 
pluis'll auaeisuite^ s'il se précise.dans ses conclusions, a 
\âappd de médetilk d'argent 4 

^ iïfl/(i?^^r tHérauVt). — La brochure de M. le D' Ad. 
PtAïicHË est très iïilëressaate au point de vue historique 
et au point de vue de l'origine probable des eaux deBaia-v 
me; elle se termine^ par des considérations importantes sur 
faetian spéciale de ees eaux dans le& paralysies. « L'auteur 
ne dissimule pas^ que les hémiplégiques que l'on envoie 
aèuveiuà ces-eaux ne s'en trouvent pas toujours bien ^ Les 
guérisons sont rares ; le plus- souvent l'état reste station- 
flaire s'il ne s'aggrave pas (i). i> 

Baréges (Hautes^Pyrénées). —M. le D' Orimaud adresse 
un mémoire ^très long mais excellent » sur les indica- 
tions et r efficacité des eaux sulfureuses dans la syphilis. 

L'auteur affirme que ces ôaux sont dangereuses à la 
pi^riode itiitialeô'ù elles risquent d'amener à leur suite le 
pliagédénisme ; à la période secondaire elles causent tnôme 
partois une exacerbation, mais souvent passagère et utile; 
c'est surtout à fa piériode tertiaire qu'elles conviennent. 
'^Bans sa pratique à Barèges, M. Grimaud continue autant 
que possible l'usage de l'iodure de pot:.ssium. 

[h Voir Journiiid'flygimflr Yt*i,. X, p^. 273 eti341.; vol. Xll, p. 118. 



Quant à la valeur du traitement.dit d'épreuve, l'auteur 
avec la majorité des médecins la considère comme nulle. 
(Rappel de médaille d* argent.) 

Cauterets (Haules-Pyrétiées). — Le mémoire de M. le 
D** BouYKR, médecin-inspecteur, contient dé^ renseigne- 
ments précis sur Télat des sources avec lesirtriéliorations 
que comporte leur aménagement. 

M. Bouyer donne aussi une étude spéciale trèsbîen faite 
des eaux sulfureuses dégénérées (le Pré, les Œufs, lePetit 
Saint-Sauveur, les Roches, les Bois, etc.,; et de la aourôe 
silicatée sulfureuse de Mahourat. (Rappel de médaille d^ar- 
gpnt.) 

Eaux-Bonnes (Basses-Pyrénées). — M. le D' Cazaux, 
déjà récompensé en 1880 pour ses Lettres médicales sur 
les Eaux-BonneSy adresse un nouveau mémoire sur la 
Nature et le traitement hydrologique de la ph fine pulino- 
naire. « Daus ce travail, après avoir posé nettement les 
contre-indications du traitement thermal, l'autetir fait une 
étude comparative détaillée et très intéressante des prin 
cipales sources auxquelles on envoie habituellement ie« 
Phtisiques: Eras et Royat, Soden et IschI, Wissembourg, 
Lippspringe (en Westphalie) sont successivement passés 
en revue; mais ce sont surtout les eaux d'Espagne que 
Mf Cazaux a étudiées sur place,^ et sur lesquelles il nous 
donne des renseignements fort curieux et absolument 
nouveaux: PerUioosa, Urbemaga^ eaux azotées à action 
calmante et résolutive des congestions pérituberculeuses, 
et qu'on emploie principalement en inhalations. 

» Cette étude, particulièrement neuve, mérite assurémen t 
d'être remarquée et encouragée. » (Médaille d'argent.) 

Pouguet (Nièvre). — M. le D^Bovet, médecin inspecteur, 
donne sur la composition de l'eau minérale de Pougues- 
Saint-Léger, des recherches nouvelles qui ont de l'intérêt; 
elles contiennent le dosage de l'arsenic (0.0032 par litre), 
celui de la llthine (0.0072 par litre) et celui des gaz en 
dissolution: 100 volumes de gaz recueilli sur la spurce 
renferment : 

Acide carbonique , .... 76 

Azote . . • 18 

Oxygène 6 



et les épées jjj^ucbçjntcjes multitudes. Des gal^i:es sonjt 
enlevées et presque aussitôt reprises. De distance en 
distffiDç^» iN'«§t formé comme des centres d'action ; .c'est 
sujr ces poidls q^e, de tous côtés^ les p)us vaillants açpou- 
reul; ie^ équipages décimés à chaque instant, reçoivent 
des ^nfQrls. Il jeux en vient par la poupe, p^ la proue, 
parle trf^v^rs^ t-e tumulte et la confusion sogit tels, que 
l^^cojp9Jt|9|tl9At§,ae peuvent ifieii distinguer des incident^ 
diii..conit>at. Ils frappent, pu tombent dans que m^lée 
obscure, siins savoir pour quel parti le sort se prononce. 

» Don Juan d'Autriche avait sur .^a galère 400 hommes 
du régiment de Sardaigne; Ali-Pacha lui opposait 300 
Janissaires armés d'arquebuses et 100 archers. Don Juan 
prit place au pied de l'étendard, le couvrant pour ainsi 
dire de son corps. 

^ Deux fois^le^ Espagnols envahirent laréale du Turc 
jusqu'à l'arbnede.m^^tre; deux fois ils reculèrent repouss^ 
parties saoours,.que les galères qui entouraient Ali, lui 
Miroyaient* Excités à .1^ yqe de ce puissant renfort, les 
I«n»fiôrueateo.maii$fi^urla/pro\iede la réalç chrétienne. 
JkmU}p&^ dft EigUQiTQa va; être aQcablé,,D6i]i Bçrnardiijo 



de Cardenas vole, avec la réserve, à son aide. Une balle 
d'eppingole frappe sa rondache et le renverse. 

» Cet.iustant fut l'instant critique de la journée. Don 
Juan avait mis i'épée à la main et s'avançait pour soutenir 
ses gens ébranlés; Ali, qui depuis le commencement de 
l'action ne cessait de décocher ses flèchesi avec un succès 
dout Dragut lui-même eût été jaloux, Ali s'apprêtait à 
sauter sur la galère chrétienne. Marc-AatJbi ne, par bonheur, 
s'est déjà emparé do la galère du bey*de Négrepont; il 
accourt avec deux galères et aborde lu galère d'AU par 
la poupe, d'une telle force que la proue de sa j^alère 
pénètre jusqu'au troisième banc, à partir deJ'espallt). La 
première voJée do ses arquebusiers l'ait tomber. les Turcs. 
d.Q toutes parts. Les soldats de.Don Juan reprennent, sur 
le champ, Toffensive. 

» Sur la galère de Colonna, lui formant le plus noblecorr 
tège de serviteurs qu'on puisse voir, se trouvaient réunis 
Pompeo Colonna, Pierfrancesco Colonna, le commandeur 
B,Qn[)eg£^$, Je duc de Mandragone, Michèle Bonelli, neveu p 
du Pape, le. commandeur de Saint-Georges, entouré de^ 
nombreux chevaliers de Malte et de volontaires français. 



154 



JOURNAL DHÏGIfiNE 



1 



ï 



Le 1*^ MtfiNOT, rnrdecïn consul tant à l'ougues depuis 
vingt-lroisans, adresse en deUîL fascicules dt^s Éludej; cli- 
îiiquos fiur len Eaux miné mies é' Poufjucs « éludes 1res 
personnelles et dans lesquelles on sent ie luMeciu obser- 
vateur et expérimenté n. 

Le mémoire de M* Mignot porte cette épf graphe très 
sensée ; 

a On aura plus fait pour nos établissements thermaux, 
eu éloignant les malades qui n'y trouveraferU pas de 
aaulagemeiit, qu'eu trompant par des promesses meuson- 
gÊres malades et médecins, qu'en cherchant à passionner 
la mode. * (MédaUh de bronze.) 

Saint-Getrah (Ilaule-Savoie). — M, le D^ Déugny, 
médecin inspecteur, après avoir insisti*; sur quelques détails 
administratifs a insiste dans des corollaires bien faits sur 
les indications de ces eaux un peu trop spécialisées, selon 
Un, dans Tesprit des médecins, àTeczéma û. (Médaille de 
bronze) (1), 

FicAy (Allier). — 5L\L PfpYRAutï et Gautuelet ont mis 
v\i commua leurs lumières pour publier une brochure de 
yO pages intitulée: Nouvelks rechercher expérimentales 
mir la compati (ion et l'action des eaux et de f\iir de Vichy 

Un long extrait de cet intéressant travail figurant déjà 
dans les colonnes du Journal d'Hygiène {communicAlioa 
h \ii Société d'Hygiène (la Cure thermale de Vieil y) et 
Compte rendu de la Caravane hydrologique du mois de 
^eplt'mbre ('2),) nous nous bonjurous à rappeler avec 
M. Féréol les principales conclusions : 

* Immunité de Vicby à rencontre de certaines maladies 
conlu^itfïses; 

ij Kxcitalion de l'activité respiratoire; 

(j Activité plus grande de la végétation; 

h Action sédative du climat de Vichy sur les névroses, 
la mélancolie, etc.; 

» Nécessité pour ie<ï malades de venir à Vichy, et insuf- 
fisance de la cure dite Vichy chez soi» 

II) Voirin Joi**»u/ d'Htjfjhne, vol, XI, p, ^3 et 24l>, k^ imét\?î*sanle3 
c4>mmujiicûtiûnR foites h Jn Saciélê française d'Hygit-ne sur h Prophy- 
tttxiB ei le traitement da la phtisie pulTHomiirP par tes elinmU d alti- 
tude. 

(3} \Q\vJùrtnutf ifByijiéTit. vol. \h p. tlH et 153; voL XÏI, p. 58:^. 



« Comment résister à rirruplion impélneusa de tant de 
braves? Le capitaine de la réale, don Juan Vasquez Coro- 

nado, se précipite avec Gil d'Audrada, avec Pîetro-Francesco 
Doria au-devant du secours qui luj arrive. En un instant la 
galère d'Ali est dépûuilléedeses élendards.Ali recule jus- 
qu'à Textrémi lé de la ponpejusqu'àla partie où se trouve le 
timon. Que devint-il on ce moment suprême? Son sort est 
resté nu mystère pour ses amis comme pour ses ennemis. 
« Il tire un couttîaO de sa ceinture, nous nflrrme Sereno, 
a se coupe la gorge et se jette à fa mer. Son eorps ne fut 
• pas retrouvé, t 

tt Combattue par Don Juan et par Marc Antoine, — s'il 
faut en croire la relation anonyme de la Bibliothèque 
nationale, écrite pour Tinstruction de Catherine de Médi- 
cis, — la galère d*Ali en moins d'une demi-heure fut prise, 
AU tué» la bannière turque enlevée. 

B Don Juan u donné l'ordre de pousser le cri de 
victoire et d'arl>onJr k poupe de la gajère conquise, à la 
place où flottait f 'étendard du Prophète, les saintes cou- 
leurs de la Ligue. Un grand effort se produit en ce mo- 
ment, sur tout Je front du corps de bataille; la victoire 



î Cette dernière conclusion, ajoute le savant rapporteur, 
qui est l'aboutissant de toutes les autres, ne manque pas 
d'une utilité pratique, qui sera fort appréciée sans doute 
par d'autres stations auxquelles nos auteurs accordent le 
titre de stations à air carbonique, v 

Les Thermes de VÈtat, — M. Armand Cazâux, directeur 
du Monde thermaly a réuni, dans une brochure k Taspect 
élégant, sur les eaux de Bourbon-L'Archambault, Bour- 
bonne, Luxeuil et Néris, des renseignements bibliogra- 
phiques, administratifs, historiques et même médicaux 
qui dans leur concision, ne manquent pas de justesse* 

D^ DE PiKTHA SaMTA. 



L'Alimentation rationnelle des 
domestiques. 



animaux 



A l'une des dernières séances de la Société nalionaU 
d'agriculture de France^ M. Guyol a présenté en termei 
très élogieux le récent Traité pratique de l'alimentation 
rationnelle des animaux domestiques de M. Ayuaud. Nous 
en transcrivons avec plaisir la page qui ressort plus direc- 
tement de notre domaine. 

a Dans le cours de ces études, je me suis attaché à 
résoudre une question, à mon avis, des plus importantes: 

» Premièrement, l'étude comparative de la production 
de la viande dans chacune de nos espèces domestiques. 11 
résulte de celte étude, qu'en première ligne se place, 
comme meilleur utilisateur des aliments, le porc qui peut 
faire un kilogramme de poids vif de viande avec quatre 
ou cing kilogrammes de matière sèche; puis i^iennent tn- 
suite les bovins à r engrais produisant la jnénie quantité 
de poids brut avec une moyenne de ^2 à 43 kilogrammes 
de matières sèches. Les élèves des bovidés nécessitent une 
moyenne de 15 à 16 kilogrammes de substances sèches 
pour produire un kilogramme do poids vif. En dernier 
lieu viennent les léporidés qui utilisent :i2 kilogrammes 
de matières sèches pour produire / kilogramme de poids 
vifs, 

D La seconde question que j'ai cherché à élucider, tient 
par un côté à la physiologie animale, et, par un autre à 



se déclare avec une rapidité foudroyante en faveur des 
chrétiens. 

» Vainqueur au centre et à l'aile gauche, Don Juan 
appuie le mouvement du marquis de Santa-Cruz, pour 
dégager à l'aile droite Jean André Doria aux prises avec 
les galères d'Oulouch-Ali. Le redoutable vice-roi d'Alger 
après un mouvement tournant des plus audacieux, avait 
enlevé sur la galère de Giustiniani l'étendard de Halte que 
le Sultan pour se consoler de sa défaite, fit suspeadre plus 
tard à la voûte de Sainte-Sophie. » 

VU 
Après la rlctoire* 

La victoire du 7 octobre 1871 laissait aux mains des 
chrétiens 190 galères, sans compter les fustes et les 
ealiotes, 15 autres galères avaient été coulées ou brûlées. 
Le combat, engagé à quelques milles de l'embouchure 
de l'Achéloûs, commença vers midi ; il ne se termina 
qu'au coucher du soleil. Le ciel s'était couvert, la nuit 



mm 




JOURNAL DHYGlfcNE 



m 



l'écûuomie rurale. C'est celle des principes immédiats 
formateurs de la graisse. Là se place rantagonisme de 
fécûle allemande qui veut que la graisse ne puisse être 
produite qu« par la transformation des matières protéi- 
ques et T assimilation directe de^ gratsses végétales; et les 
auteurs Tninçais, nos gloires coiilemix}raine5j les Dumas, 
les Boussiri|Tault, les Chevreul, etc. ^ qui admettent pour la 
formation de la graisse, Tinter vent ion des hydrates de 
carbone, si rapprochés par ïeur composition , 

» Je crois avoir prouvé, par des expériences suivies 
sur le porc depuis environ dix uoi^, que les savauls fran- 
çais ont raison contre ceux de TAllemagne. Et, bien que 
la question soit beaucoup plus dilhcile pour ies bêtes bo- 
vines, je crois avoir démontré aussi, qu'au moins dans 
les premiers temps de Teu graisse ment* l'intervention des 
hydrates de carbone dans la formation de la graisse était 
certaine, 

xf Si ces hydrates de carbone (composés d'eau et de car- 
bone) qui sont les corps les plus répandus dans la nature 
et qui coûtent [>eu de chose à produire, ne sont pas uiû- 
quemeût des aliments respiratoires, et peuvent ûtre fixés 
dans la formation de la viande, il y aura lieu d'aug- 
menter leur proportion dans les rations d'engraissement 
ou, comme Ton dit, d'élargir la ration nutritive, on obtien- 
dra ainsi une diminution notable dans le prix de revient 
de la viande. « ^^^_^^_ ^^^ °^ Folrkks. 

Par Monts et par Vaux. 

LES 4:HARS-rHmTiHKS, — ÉCLAïaArrE ij.KlîTlllQUE DES ÉTAKMS^EMlîNTS 
i:lI>H£S. 

Le 3*" bulletin trimestriel (1887) de la Sodétê de géogra- 
phie de rE.n contient d'intéressantes noies de voyage de 
M- le baron Etienne Hulot sous ce titre; Le Cant^ de 
rit [antique au Pacifique* 

L'auteur, en quittant la France en compagnie de troia de 
ses amis, s'était proposé de visiter Toronto, capitale du haut 
Canada, gagner le Saint- Laurent, prendre le vapeur de 
Montréal, puis se rendre à Ottaw^i, siège actuel du gou- 
vernement colonial et à Québec, la vieille citadelle de la 
,Nouvelle-France. 



* Dans toute Ja région de TEst, écrit-il, Télémenl français 
a conservé intact son caractère national. Guidé par Je 
clergé, il s'est imposé la tâche de défendre contre les 
anglificuieurs ses institutions, son langage, sa foi. L'An- 
gleterre, longtemps hostile à nos anciens colons, a fiai par 
céder. Aujourd'hui le Canadien est libre. Il jouit d'une 
véritable indépendance et son pays forme une confédéra- 
tion (le Dominion) sous la tutelle de la Grande-Bretagne, n 

Voici comment M. le Baron Hulot décrit le char-dm*- 
foir installé sur la ligne du Pacific-Canadian Raiiway, qui 
relie Montréal à Vancoit ver (distanceii,6^M mi lies soit plus 
de 4,^00 kilomètres). 

^ Le luxe et le confort a*y sont donné reodez-vous, et 
semblent avoir atteint le dernier degré de perfection. 
L'extérieur est en acâjou uni et Fintérieur marqueté de 
bois de rose et d'autres essences d'un heureux effet. Une 
allée traverse le wagon dans toute sa longueur {^i mètrea). 
Au centre quatre compartiments garnis de banquettes se 
transforment pour la nuit en « lits inférieurs »< Des glaces 
correspondant à chacun d'eux permettent aux hubifantes 
de commencer leur toilette derrière d'épais rideaux, avant 
de se diriger vers les petits boudoirs qui leur sont affectés. 
Aux i{ lits supérieurs u nous vo yons des fenêtres et une 
sonnette d'appel, modilîcatio n fort heureuse qui ne tar- 
dera pas à être généralisée sur toutes les lignes américaines , 
Le système d'aération est parfait, et les huit Jampea four- 
nissent un éclairage suffisant. Aux deux extrémités de la 
voiture se trouvent les cabinets de toilette. Notons encore le 
fumoir et la salle de bain, cette dernière d*uo usage géné- 
ral sur la grande voie canadienne. 

1* Des chars-palais (wagù us-salons) et d&^ chars-resla h- 
rants complètent cet appartement roulant, La cuisine bien 
qu'américaine n'est pas désagréable. Dès 8 heures du 
matin Je breakfast (déjeuner à la fourchette) réunit les 
convives ; le lunch est à 1 heure et le soir de 6 à 7 heures, 
chacun achève la journée par un copieux dinner ». 

Voilà donc relégués à larrière-garde ies deeping carft 
des Anglais, et^le wagon-lit de nos grandes Compagnies 
françaises. 






Le liuikiin de la Société indusitieUe de CEst donne des 
détails intéressants sur uue enquête faîte par M. Bayon, 






i^'avançait menaçante. Le port de FéUla par bonhent 

était à portée. Ce fui encore une faveur signalée de la 
Providence. La tempête éclata au milieu de la nuit; ai 
eue eut trouvé la flotte en haute mer, k-dcmi désemparée 
de ses rames, embarrassée de tant de captures, le danger 
^M été considérable: Lépante auraU eu très probablement 
Jes suites de Trafafgar. 

I Dès le lendemain matin Don Juan accompagné des 
jjéuéraux du Pape, de Savoie et de Gènes, de Jean André 
Ûoria, se rendit sur le théâtre de l'action, ceat-à-dire k 

Juatre milles environ du port de Fétala dans la direction 
u golfe de Lépante, La mer s'était cabnée ; le spectacle 
de tant de vaisseaux consumés par fincendie, des débris 
sanglants qui tlotUdent à sa surface n'en était que plus 
affreux. » 

Quelles furent les pertes subies par les deux armées ? 
Gerolamo Diedo évaluée plusde7,S00 hommes le nombre 
des morts dans Farmée chrétienne. Dans ce nombre sont 
couif^tés 1,300 galériens vénitiens. 

i>jn Gaeyatano Rosell adopte le chiffre de 7GÛ0 hommes 
iàiist iéj>arlis: ^,000 Espagnols, 800 soldats du pape, le 



reste vénitiens- La mort pouvait à son gré faucher en ce 
temps làdesmasâessan^nom ; rattention des chroniqueurs 
du XVI™* siècle ne s'y arrêtait guère- 

Les Vénitiens payèrent à la fortune ennemie la plus 
large part. Dix-sept de leurs capitaines (commandant des 
galères) périrent dans la journée du 7 octobre. En tête de 
la liste fatale tiguraient le Provéditeur général Barbarigo, 
Vincenzo Quirini, Benedetto Soranio- 

L'ordre de Malte fut aussi très éprouvé; 60 chevaliers 
de Saint-Jean, donnèrent ce jour-là leur vie pour la cause 
du Christ, 

L'historien turc Hadji-Khahfah se borne à dire que la 
plupart des combattants musulmans furent tués, noyés 
ou faits prisonniers. Presque ton? les spahis placés sous 
les ordres des Sandjak-beys furent massacrés . 

Le nombre des turcs immolés parla fureur des chrétiens 
se serait élevé d'après d'autres témoignages à ^,0^0 et 
^5,000 hommes. 

Parmi les prisonniers restés c^c 
valent les deux fils d'Ali-Pacha et 
Négrepont, 




12») 



JOURNAL U HYGIÈNE 



•'^ 



Ingénieur des arts et manufactures, à Tefifet d'évaluer le 
prix de revient de Téclairagé électrique dans quelques 
établissements industriels. 

La filature de Blainville-sur-rEau (qui possède 46,000 
broches, et expédie 3,900 kilog. de coton par jour) s'éclai- 
rait autrefois au gaz qu'elle fabriquait elle-même, et la 
consommation annuelle se chiffrait par une dépensa de 
12,000 francs. De plus, le gaz avait Je grand inconvénient 
de noircir le coton, de salir les murs des ateliers, de 
provoquer à chaque campagne des alertes sérieuses d'in- 
cendie. 

Aujourd'hui, la filature a une installation d'éclairage 
électrique (Edison) qui comprend 420 lampes à incan- 
descence de 16 bougies; ISO seulement fonctionnent nuit 
et jour. 

La force motrice (chute d'eau) est fournie par une 
turbine Girard de 50 chevaux. L'éclairage fonctionne 
depuis deux ans et demi. 

Elu additionnant tous les frais (lampes cassées, lampes 
hors de service), M. Bayon arrive au chiffre minime de 
2 cent. S pour le prix de l'heure de lampe. 

La dépense d'entretien avec la lumière électrique est 
donc, à peu de chose près, la même qu'avec le gaz, seu- 
lement l'installation première de la lumière électrique 
coûte plus cher. Elle a éié, pour la filature de Blaînvillc. 
de 60,000 francs. 



* * 



Les Archives médicales belges^ après le Journal de méde- 
cine de Bruxelles , constatent le succès des procédés Roosen 
pour la conservation des poissons, des viandes et des 
aliments divers. 

<r A l'aide de ce procédé, on apporte sur Ics marchés de 
Paris et de Londres les poissons de Norvvège, de Terre- 
Neuve et de pays plus éloignés; on espère porter jusqu'à 
Bombay les saumons d'Ecosse sans altérer notablement 
leurs qualités. » 

Les procédés Roosen comportent deux opérations. Le 
poisson au sortir de l'eau est jeté dans une barrique d'acier 
étamé contenant une solution aqueuse renfermant 3 0/0 
d'un mélange antiseptique (30 parties d'acide borique, 
46 parties de sel marin, 4 parties d'acide tarlrique). 



D^ J.-M. Cyrnos. 



Essai de Crémation pratique (30 juin 1811). 

Prise de Taragone par l'armée française, habitants 

Cassés au fil de i'épée. — « Le Gouverneur général de 
aragone me confie la mission d'aviser aux movens de 
détruire le plus promptement possible les milliers de cada- 
vres dont la putréfaction faisait courir un terrible danger 
à la population civile et militaire. La nature du sol, où 
le rocher est très superficiel, rendait l'inhumation impra- 
ticable; la submersion à la mer était une ressource pré- 
caire, les flots pouvant rejeter les cadavres à la côte; évi- 
demment, la combustion était le seul moyen expéditif et 



^ ^ Lorsque la barrique est pleine de poisson, à l'aide 
d'une pompe foulante, on refoule le liquide antiseptique 
àl'intérieur, de façon à obtenirune pression deôOàSOlivres 
(anglaises) par pouce carré. 

La barrique présente des dispositions diverses : Elle est 
en acier; elle mesure 4 pieds de hauteur et 2 pieds de 
diamètre, elle contient environ 300 livres de poisson, elle 
est fermée par un couvercle métallique. 

Pour ouvrir la barrique on dévisse une petite vis d'ar- 
rêt; la pression diminue, et le couvercle s'enlève alors 
facilement. 



* 
* * 



Dans une note présentée à l'Académie des Sciences, 
M. Lechartier a recherché l'action du froid sur les cidres 
à l'effet d'établir : 

i** Si le froid modifie le cidre dans son arôme, sa sa- 
veur et sa limpidité; 

2° La nature des produits obtenus en employant la 
congélation pour concentrer certains cidres légers. 

3** La destruction plus ou moins certaine des germes, de 
manière à conserver le cidre à l'abri de toute modification 
ultérieure. 

Une série d'expériences très variées, et fort bien enten- 
dues, ont conduit l'auteur aux conclusions suivantes. 

1*" En prolongeant l'action du froid, on obtient des 
cidres concentrés contenant 7 à 8 0/0 d'alcool, et 60 à SO»' 
d'extrait-sel par litre, c'est-à-dire la composition des cidres 
les plus riches de la Normandie. 

Ces cidres mis en bouteilles et conservés à la cave ont 
été trouvés quelques mois après bons et corsés. 

2° Après congélation, maintenue à 18° pendant 212 heu- 
res, on ne stérilise pas des moûts et des cidres parvenus à 
divers degrés de fermentation. Celle-ci se ralentit un peu, 
mais on ne saurait par l'application d'un froid à 18°où 20« 
donner à une liqueur sucrée contenant des ferments, la 
propriété de se conserver sans transformation ultérieure 
lorsqu'elle est maintenue ensuite à la température ordi- 
naire, 

D' Echo. 



« Des galères, des esclaves, c'était déjà un assez beau 
butin ; le véritable trophée de la mémorable journée ne 
fut pas pourtant celui-là. Douze mille Chrétiens délivrés 
de leurs fers, voilà l'impérissable joyau que don Juan 
venait d'attacher à sa couronne de Prince. » 



efficace. J'ordonnai la construction de plusieurs bûchers 
considérables, soit hors des murs, soit sur les places de 
la ville. La base de ces pyramides était composée de 
madriers, de poutres et de gros bois secs, qu'on trouvait 
facilement dans les maisons ou qui avaient servi aux blin- 
dages. Cette couche inférieure était recouverte de sarments 
de fascines et de menus bois. Au-dessu6» de ces matériaux 
très combustibles, on déposait une couche de cadavres, 
avec la précaution de ne pas les juxtaposer trop immé- 
diatement. Une nouvelle couche de fascines était garnie 
d une autre couche de cadavres, et ainsi de suite, de 
manière à former des bûchers pouvant détruire trois à 
quatre cents morts. On avait aussi la précaution de dissé- 
miner des cartouches dans toute la masse: la combustion 
fut très complète, la base de chaque bûcher constituant 
un brasier très ardent et suffisamment durable ; le nom- 
bre des cadavres brûlés dépassa quatre mille. » 

(Mémoires d'un savant français Léon4)uF0UR. Un vol. 
in-8^ Rothschild éditeur, 1888.) bvdOOÇlC 



JOURNAI. L*HYr,lf:NE 



m 




La prostitution en Italie (^]. 

LA RÈGLEMENT AT! ON ACTUELLE. — LES PROJETS OK Bi:rOflMIÎ. 

Le savant rapport de M. It^ D' Fournior* les conclusions 
de la Commission académique et la brillante discussion 
i^ laquelle elles ont donné lieu, viennent d'avoir on grand 
retentissement an delà des Alpes où les questions rela- 
tives à la prostitution sont depuis plusieurs années à 
Tordre du jour des Sociétés savantes, df'S Congrès scien- 
tifiques tt des débats du Parlement 

J'en donnerai pour preuve la nomination par M. le 
Président du Conseil des ministres, ministre de Tlntérieur, 
à la date du 7 janvier 1888, d'une Commission chargée 
d'élaborer tin Projet de réf^lement mr la mrveiUance (i^igi- 
lanza) des bonne-^ mœurs et de la proslituiiotu , 

Cette Commission, composée de deujt députés, d'un 
Conseiller d*État, de deux professeurs des Universités 
de Rome et de Palerme, et présidée par le P"" Tommasi- 
Crudeli (^) devait aux termes de l'arrêté ministériel 
prendre pour base de ses travaux, le rapport antérieur 
présenté au Gouvernement au nom de la Commission 
royalt? d'enquête instituée par décret du 26 août 1883 (3). 

I^a Commission royale où figuraient, d'apr&s la décla- 
ration de M, le ministre Depretis, toutes les compétences 
médicales, hygiéniques, administratives, juridiques et 
législatives^ après deux années entières d'enquêtes, d exa- 
mens et de discussions, a résumé ses travaux par la 
plume de son Secrétaire-rapporteur, dans un projet de 
règlement qui comprend 3a articles sous le titre géné- 
rique ; Provedimenti (mesures à prendre) pour assurer la 
morale publique, la sûreté et l'hygiène des citoyens. 

Ce sont ces importants documents que nous devons 
h l'obligeance de nos éminents collègues de la Société, 
les P^ Celso Pelliïîari, de Florence, et Tommasi-Crudeli, 
de Rome, qucje présente aujourd'hui, et que je me pro- 
pose de résumer, de manière à vous offrir un tableau 
sommaire mais fidèle ; 1" de la situation présente, S** de 
celle que, sous la pression de l'opinion publique et du 
Parlement, le gouvernement italien voudrait inaugurcT 
à bref délai, 

% 

La réglementation de la prostitution en Italie date de 
Tannée 1860. Elle avait été préparée et formulée par le 
professeur Sperino de Turin, le célèbre émule d'Auzias- 
TaFeone» sur Ja demande du général La Marmora, eifrayé 

\} Gomaïunt ration faite h la Société ilaos la séûDce du 9 mers par 
Mk le D' AE HiiiTHA Santa, secrétaire gi'méro!, 

lii TomniBsi-Crudeli et 4e Renus, députés; Inglûllerï, conseiUer 
d'Etal; firofessiiura Albaueso et Tluranle. 

<3} La O^mmlisU)!! a pour missioD d'éludier les queslioïis jeliiEives 
I Li [iroatitution, de revair et de riiviier l^a if^gUmients en vigueur^ 
de propo^<ir tes me.^urea opportunes à telfet rie puui'^oir eilicacement 
n la sauvegarde (tuteta) de la inonlile et île rhjj^iène publicnie. 

Prv^sidfDi: M. Ubnldïno Pej'uzKf* MeniLt-ea : MM. Pesijama ei VUlarij 

iàiatcur; B<.^rtani, dtï Keiizis, Laccliini É-t Pularaio, députés; Bianchi^ 

tvniieiller d'Ktal; CasoDova^ directeur au mioîstèrc^ de rîotérieur; 

.Maujùûit président du Conseil supérieur d'ijygiène; Pelli?,ïafi| pro- 

^ymir de a>philiogrophie, secrétaire. 



des ravages que la syphilis exerçait alors dans les rangs 
de l'armée pîémon taise. 

Cette législation spéciale {calquée dans ses lignes prin- 
cipales, sur l'organisation de la Police des jnœurs de 
Paris), comprend: 

— L'inscription sur les registres ad ^ oc de la police, de 
la femme qui se prostitue, devenant ainsi une fille en carte. 

— La surveillance sanitaire de la prostituée, au moyen 
de deui visitts médicales obligatoires par semaine. 

— La surveillance sanitaire des femmes qui séjour- 
nent dans les maisons de tolérance. 

Ces diverses mesures sont confiées à un Bureau sani- 
taire (ufp^io mnitarioj, comprenant un délégué du chef 
de la Siïrelé publique (prctore), un ou plusieurs mé- 
decins, des agents de la sûreté (guardie). 

Lorsque le médecin, au cours de sa visite médicale au 
bureau sanitaire ou dans la maison de tolérance, recon- 
naît et constate qu'une femme est atteinte de maladie 
syphilitique ou de maladie vénérienne, il lai délivre un 
certificat qui, après le visa â\xpretore, lui ouvre les portes 
du syphilicôrne. 

Ces établissements gouvernementaux sont générale- 
ment administrés par d'anciens fonctionnai r^is des pri- 
sons ou par des médecins. Ils ont sons leurs ordres des 
médecins chefs de service chargés de soigner les mala- 
des, et de les tenir séquestrées jusqu'à par lai te et entière 
guérison. 

Le nombre des bureiiusL sanitaires est de 300 envi- 
ron pour tout le Royaume qui comprend plus de 8,000 
communes* On compte à cette heure ÎQ syphilicômes 
d'État, dont 13 installés dans des bàtimenls spéciaux et 
7 dans les dépendances des prisons* 

Quel est le chiffre des prostituées patentées, et quel 
est le nombre des maisons de tolérance? 

La moyenne annuelle des filles inscrites pour toute 
la Péninsule est, en chiffres ronds, de 10,000. (Les 3/4 
des iDsCrH plions sont faites d'office.) Il était en 1875. 
de 3,098; eu 1881, de 10,422; il s'est abaissé, en 1883, 
à 9,157; et en 1884, î\ 8,7^i. (Les discussions im Parle- 
ment à propos du budget du service, semblent ne pas 
avoir été étrangères au ralentissement du zèle des fonc- 
tionnaires de toutes catégories (f). La population de 
l'Italie étant de 28 millions 4/2 (dont 14 millions pour 
la population féminine), on obtient une proportion de : 
1 prosliluée patentée sur 3,000 habitants! 

Si l'ou connaît très approximativement le nombre des 
femmes inscrites (car il y en a toujours un certain nom- 
bre qui figure sous les rubriques : chanfçement de rési- 
dence ou disparues (irrëparabile), on n'a que des notions 
tK:s vagues sur le chiffre réel de la prostitution clandes- 
tine. Les évaluations les plus optimistes la fixent de 45 
à 50,000. Voici quelques renseignements sur la situation 
des prostituées pateutées, relativement à leur âge, à 
leur état civil, à leur profession antérieure, à leur degré 
d*instruction. 



Uiqitized bv ' 

(1) Voir dans le J*jurna! d'hygiène Tfirliete : La pn>ati!iil1 
lentée devatU le Harkmeoi italien. » Vol. VIH^ p. 417. 



Google 

: La pmatiiiuCî pn- 



128 



JOURNAL D HYGIÈNE 



Année 4881 : 10,4^22 inscrites. 

Age, 

De 17 à 20 ans 2.953 

De 20 à 30 ans S. 456 

De 30 et au delà 2.013 

Total. . . 10.422 
Les filles mineures représentent le 27 0/0 du total. 

État civil. 

Nubiles 8.393 

Mariées I.e358 

Veuves 671 

Total. . . 10.422 



Profession antérieure. 
Femmes de la bourgeoisie (benestanti). 



262 



Femmes de magasins, négoces, etc. 

(artigiane) 2.16o 

Ouvrières (aperaie) 2.333 

Femmes de Ja campagne (contadine) . 2.033 

Femmes de service, domestiques . . 3.629 

Total. . . 10.422 



Degré d'instruction (année 1875). 

Illettrées ne sachant ni lire, ni écrire. 7.625 
Sachant lire et écrire 1.473 

Total. . . 9.098 

D'où cette conclusion : que 83,8 0/0 sortent des basses 
classes. 

Causes ou motifs de la prostitution. 

Elles ne sont pas toujours faciles à déterminer; d'une 
manière générale, voici les chiffres proportionnels : 

Par séduction de Tamant 1.653 

Par séduction des maîtres ou patrons. 9:^7 

Par perte des parents ou des soutiens 

naturels 2.933 

Pour soutenir leurs enfants ou parents 

infirmes 393 

Par vice et dépravation 2.752 

Par luxe 698 

Par causes diverses (indéterminées).*. 1.066 

Total. . . 10.422 



Lieu d'exercice du métier. 

Dans les maisons de tolérance. . . . 6.643 

Dans les habitations privées 3.779 

Total. . . 10.422 



La vie en maison domine sur la vie isolée. 
Situation financière. 

Les filles en carte payent un droit de visite qui varie, 
d'après leur état social, de fr. 50 c. à 1 fr. 50 c. 

Les maîtres et maîtresses de maisons de tolérance 
(condottori)^ payent une taxe qui varie de même, selon 



les catégories et classes de ces établissements, de 4^)0 fr . 
à 60 francs. 

1*^* catégorie (3 classes à rési- 
dence fixe) 617 maisons. 

2® catégorie (maisons de 
passe) 502 — 

Total. . . 1.119 maisons. 




Les receltes provenant du fait de l'exercice de la 
prostitution sous ses divers aspects, figurent au budg^^t 
de l'État (ministère de l'Intérieur) pour la somme an- 
nuelle moyenne de 600,000 lires. 

Les dépenses pour l'entretien et le fonctionnement dus 
bureaux sanitaires et des sypbilicôraes s'élèvent à 
1,600,000 lires; c'est par le fait la somme de un million 
qui reste à la charge de l'État. 

H 

Quels sont les résultats fournis par la réglementation 
de 1860, d'après l'expérience de ces vingt-six dernièrea 
années ? 

La réponse nous est fournie par l'enquête de la Com- 
mission royale de 1883, qui a examiné et étudié cette 
réglementation aux points de vue : moral, juridique, 
administratif, et sanitaire. 

I. — Cette réglementation, qui n'est applicable qu'à la 
femme, pose en principe son infériorité morale et juri- 
dique : c'est pour elle la négation de la dignité humaine. 

Par elle, l'Etat inaugure à la fois un système de pro- 
tection et d'oppression, pendant qu'il est bien démontré 
que la prostitution patentée ne diminue pas les excita^ 
tions publiques au libertinage et à la débauche. 

IL — La morale sociale et le droit doivent avoir le môme 
objectif; or, aucune législation n'a pu réprimer le liber- 
tinage, et aucune n'a pu donner une définition précise de 
la prostitution ; et si l'on est encore à attendre la recon- 
naissance juridique de ce fait étrange, comment l'ËtaC 
peut-il réglementer ce que ses lois n'admettent pas? 

[IL — La réglementation qui obscurcit l'idée de la mo- 
ralité et qui viole le droit, abaisse de même le sentiment 
moral des agents préposés à la surveillance de la pros- 
titution. 

Malgré leurs pouvoirs arbitraires, pour faire exécuter 
le règlement, ils ont besoin de l'intervention ou de la 
connivence de personnes qui vivent dans les bas fonds 
de la société (filles de joie, proxénètes et souteneurs) • 

De là deux graves inconvénients du règlement: 

1° H pervertit ceux qui sont appelés à l'appliquer; 

2** Par les abus qu'il engendre, il jette un mauvais 
vernis sur un service public qui, plus que tout autre» 
devrait jouir d'estime et de considération. 

IV. — Les principes fondamentaux de la réglementation, 
au point de vue de l'hygiène, sont : 

La visite préventive et obligatoire des filles de joie, et 
le traitement forcé, lorsqu'elles sont malades. 

Pour que les visites sanitaires soient efficaces, au point 
de vue de la prophylaxie des maladies syphilitiques, it 
est indispensable qu'elles soient généralisées à toutes les 
prostituées. 

Or, le règlement n'a de prise que sur la prostitution 
patentée, et ne peut, en aucun cas, atteindre la prostitution 
clandestine, et la haute prostitution. 



JOURNAL D'HYGIÊNF. 



i29 



Pour cette prophylaxie infime, il existe une différence 
esseotielle entre les maladies syphilitiques proprement 
dïtL^s {(lui iarecteiit le malade dans son organisme intime 
en étendant rinfectio/i à sa progéniture), et les maladies 
vénériennes {bleoiiorrhagie, chancres mous), qui coûs- 
tî tuent des accidents locaux non iransmissibles à leurs 
oDlants . 

Pour une période de 12 ans, sur 202,808 soldats véné- 
riens traités dans les hôpitaux militaires : 

14,â7i seulement étaieiit syphilitiques (7,23 0/0). 

Dans un service de sy phi licorne (période de 3 ans) : 

Sur 35,791 femmes traitées, 3,482 présentaient seules 
des formes syphiUtiques (13,35 0/0). 

Sur 10,000 prostituées patentées, 1^500 environ sont 
syphilitiques. 

Peut-on affirmer la ditllusion, à Tépoque actuelle, des 
maladies syphilitiques et vénériennes? 

Voici la réponse que fournit l'enquête : 

Sur i,884 demandes adressées dans les communes de 
la Péninsule, on a revu 4,10.j réponses ainsi libellées : 
318 constatent une grande diffusion. 

1,8h1 affirment que la maladie est rai^. 

I,8tî0 reconnaissent qu elhî n'existe pas> 

Oe là^la conclusion logique que la réglementation de 
I8<j0 n'a paâ exercé une influence bien nette sur la 
diffusion restrictive de la syphilis. 

Les grandes portes d'entrée de la syphilis, indépen- 
damment de la contagion directe, sont : 

L'hérédité et railaitement. 

Pour la première, il est difficile, et même impossible^ 
d'avoir des renseignements précis et de fournir- des 
chiffres statistiques. 

Pour la seconde, on se trouve en présence ûa Tattir- 
mation de â03 médecins, attribuant l'Infection syphili- 
tique à Pallaitement (de la nourrice au nourrissou, ou vice- 
versa) , 

73 médecins en Lombardîe; 
, SI dans la Vénélie ; 

11 dans la Ligurie -, 
VS dans rEmilie. 

Si le règlement ne peut rien pour fermer ces deux 
portes d'entrée, il n'a pas non plus d'action sur les 
fîO,000 femmes qui formf;nt le contingent de la prosti- 
tution clandestine, 

Kq dernier lieu, il est (complètement impuissant devant 
te sexe fort. 

Les partisans de la réglementation ayant fait grand 
bruit sur les résultats satisfaisants obtenus dans Parraée 
italienne, voyons les chiffres de près ; 

En 1866, le clJiffre proportionnel des maladies syphi- 
litiques était de 6,6 "nu de la foret; moyt^nue des 
effectifs. 

Pendant douze ans, la proportion a oscillé autour de 
ce chiffre U Y^Jf^. 

En 1887, on le retrouve encore à 6,3 Vtn5- 

Ce qui est vrai, c'est que depuis 1866 on a constaté 
une diminution dans le chiffre proportionnel des maladies 
vénériennes, et plus spécialement de la blennorrhagie» 

En 18tj6, la proportion était de io 'V'oq- 

Après avoir traversé pendant les années successives 
ntiê moyenne de 37,!2 Vooi ^^^^ ^^t descendue dansées 
derniers temps à 32 V„o* 

(11 ne faut pas perdre de vue que les règlements de 



disciplîuE' intérieure des régiments sont des plus sévères 
et que le militaire reconnu atteint de maladie syphili- 
tique ou vénérienne, est puni d'une amendede 10 francs, 
de plusieurs jours de prison ou de salle de police, sans 
cnmpter les permissions forcées ]>our aller se soigner 
dans sa famille.) 

Ce qu'il y a de plus curîeuitdans ces statistiques mi- 
litaires, c'est que, d'une part, toutes les armes : infan- 
terie, bt^rsagïieri, cavalerie, artillerie, présentent pour ces 
diverses périodes les mêmes contingents et les mêmes 
proportions; de l'autre, dans toutes les garnisons des 
grandes villes, le nombre des malades reste à peu près 
le même dans les périodes comprises entre 1860 et 1883, 

Toutefois, les bataillons alpins sont les moins atteints, 
par cda seul que dans ces localités de montagnes, il 
n'existe ni prostitution patentée, ni bureaux sanitaires. 

Le P^ Albanese nous apprend que Tinstalktion, le 
fonctionnement et le personnel de ces bureaux laissent 
beaucoup h désirer ; du reste, ils ne sont pas assez 
généralisés. 

Partout aussi le nombre des visites médicales est trop 
restreint- Si, en règle, les femmes inscrites doivent subir 
deux visites par semaine, en réalité on peut compter 
une visite tous les 10 jours. 

En dernier lieu, par des raisons multiples et plus ou 
moins correctes, on n'envoie aux SYphylic*jmes qu'une 
faible partie di*s filles inscrites. 

Les syphilio6mes laissent de même beaucoup à désirer. 
Le P"^ Albanese y a rencontré des femmes atteintes de 
syphilis, des femmes simplement vénériennes, des fi^ninius 
malades d^affcctions connu unes ou saisonnières, prove- 
nant de maisou'â de tolérance, des tilles à peini' nubiles 
que Von maintient séquestrées jusqu'à Tâge di* Hi uns, 
pour pouvoir les inscrire d'office comme prosliLuèctî. 

Ainsi, avec la réglementation actuelle, on n'arrive 
pas à atteindre les causes les plus efficientes de la pro- 
pagation de la syphilis sur tout le territoire. 

Les hommes syphilitiques, pauvres ou indigents, ne 
trouvent nulle part le traitement qui leur est indispen- 
sable : les syphilicômes mêmes leur sont fermés, 
* Les femmes sj-phili tiques, honnêtes ou dépravées, ne 
frappent pas a la porte des bureaux sanitaires, de crainte 
d't^tre appréhendées au corps par la police, et de voir 
s'infliger la marque indélébile de la prostitution patentée- 
Personne enhn ne s'est jamais préoccupé des enfants 
syphilitiques, bien qu'ils soient l'un des principaux 
facteurs de la dégénération de la race humaine, qu'tui- 
gendre le contage syphilitique, par la transmission aux 
nourrices et à leur famille. 

En résumé, écrit M, le secrétaire-rapporteur (P' Celsa 
Pellizzari) : 

— La réglemenlatîon de 1860 est une offense à la morah^ 
et au droit- 

— Elle va à rencontre des devoirs de l'Etat en exerçant 
une influence pernicieuse sur TAdministration publique. 

— Elle n'atteint pas les résultats sanitaires qu'elle se 
proposait. 

m 

Que faut-il faire pour modifier et améliorer cette 
situation , conformément aux (itmdm*ata de ropinioti 
publique, de la science syphitlûgraphique, et du^rli^- 
ment ï 



ïM 



JOUKNAL <D'HX6I1<:NE 



i 



Avant de r^^siinier devant vous Ui rapport cte laGom- 
mis:^ioii miiiîstériell*^, pprmeU[i?,-moi, Heseiears^ quelques 
réflexioniî personnelles visant le milieu moral et, si je 
piiî!§ m'eïcprjmer ainsi, l'atmosphèrG sociale du moment. 

Malgré son uniHcation, ritalie porte encore les ter- 
ribles empreintes qu'ont laissées sur le caractère, les 
mœurs el les mutiimes de se§ habitants, les morcelle- 
ments poiitiquca d autrefois. 

Tous cofî souveraîûs, grands oo petits, absolus ou 
despotes, nationaux ou étrangers^ semblaient n'avoir 
qu un seul obJL^clif : la dégradation des mœurs par Ti- 
gnarance, par la sattâraotion des besoins matériels, par 
la débauche, et par le dt'ibordtiment des passions. 

Le facteur le plus puissant de ce! te dégradalion, c'était 
lA^emme, devenant tour à tour un instrument de délation, 
de vengeance ou de corruption, dans les mains de celle 
léf^ion dî sbires, de souteneurs, de proiénôtes et de 
niffîanB, s'aesociant à qui mieux mieux pour exploiter 
la proslilaée est vivre de son commerce. 

Dans ces fâchtiuse.'î rt déplorables conditions, les 
hommes d'Etat du nouveau Koyaume, les législateurs, 
le? économistes, les administrateurs, les médecins bygié- 
nist€s, dans Tétude d*une question que nous n*efivisa> 
gcons en France qu au point devu^^ de la santé publique. 
ont dû nécessairement se préoccuper grandement du 
point de vue morah C'est ainsi que tQus ces hommes 
d'intelligence et de cœur dtms les Sociétés savantes et 
dans las Congrès, comme dans le Parlemeiit, se sont 
trouvés conduits à cette formule : Sauvegarder la. société y 
iVi reievant la femme. ! 

Je laisse la parole au P'' Toinmasi Crudeli : 

(t La sollicitude du Gouvernement pour amoindrir les 
eifets désastreux et malfaisants du contage syphilitique 
est assurément méritoire et digne de tous éloges, mais 
pour qu'elle devienne utile à la société, cette sollicitude 
doLt s'engager dans une autre voie, 

ï> Elle doit tout mettre en oeuvre pour fournir, aide et 
protection aux infortunés des deux sexes, et do tout 
;\ge, à reffet d'étoulfer, ou au moins de restreindre, celte 
suurce de dégMidalioii physique de la race, au lieu de 
ae viser seulement qu'une fraction du grand quotient 
s^'philitique social. 

i> C'est un fait reconnu par tous, que le nombre des 
prostituées clandestines surpasse toujours de .beaucoup 
le nombre des prosliluées patentées, là. même où la po- 
lice est perspicace, active et honoïMe, La force des choses 
le veut ainsi- 11 en fut, et il en sera de même toujours. 
Il n'enestpas moins vrai que cette fatale situation e^l aggra- 
vée presque partout pî^rla connivence intéressée des agents 
préposés à cette branche de la police sanitaire. Beau- 
coup de femmes échappent aux règlements parce qu'elles 
se soûl assuré la protection de personnes influentes. 
Quant aux grandes prostitutk^s qui, dans notre société 
moderne ont pris la place dos héiaims, delà civilisation 
grecque, et dont les agissements sont attentatoires à la 
con^Utution morale et à la fortune des Jf^rniHes, elles 
sont, et elles resti-ront toujours iniangiblcsl 

» En per:sistant dans la situation actuelle, un Gouver- 
nemenl civil et démocratique est entraîné par la force 
des choses, à exercer une tyrannie odieuse. sur un petit 
nombre de niaUieureuse^ femmes, et à se faire . complice 
de toutes les yexatk>ns que le libertinage^ Ls pcoxéné^ 
lis me et l'égoïsme le plus abject exercent à leur détri- 



ment, saDs pouvoir justifier son œuvre par un bienfait 
vériiable, et réel, au profit de la santé publiq:ie. 

» H est nécessaire, et nous ne craignons pas de le dinn 
il est urgent de changer de système, en substituant aux 
bureaux sanitaires actuels, des dispensaires publics, et 
enxréant de nouveaux dispensaires partout où ne fonc- 
tionne aucun bureau sanitaire. 

» Il importe, en outre, de substituer aux syphilicômes 
d'état, des sections oti services dermo-syphilopathique»^ 
dans les hôpitaux civils qui n'en possèdent pas encore; 
a'est là que les malades des deux sexes pourront se fairo 
soigner en toute liberté. 

» La Commission royale de <883, et Tecqucle rôcentc 
du P' Albanese, ont démontré que celle réforme radi- 
cale peut s'accomplir sans grandes difficultés et sans 
nouvelles charges pour le budget, en utilisant les fonds 
gaspiUés sans profits réels dans les bureaux sanitaires 
et les Byphilicômes. 

D Dans la rédaction de son proj^ de règlement, la 
, Commission s'est tout d'abord inspirée de cette pensée 
{concelto) que l'Etat ne doit pas se préoccuper de la 
prostituée en tant que prostituée, mais uniquement de 
la prostitution, quand elle s'exerce dans des conditions 
capables de produire une offense publique aux bonnes 
mœurs, et de compron^ettre Ja sûreté et riivfçièniî 
publiques. La position juridique de la femme ne peut 
èti*e nàodifiée par le seul fait qu eUe fait commerce de 
sa personne, et par cela seul, elle ne peui être placée 
en dehors du droit commun- 

» Partant de ce principe, la Commission a été unanime 
à déclarer: 

» Que les femmes prostituées ne doivent pas ^Jre snumùes 
à une inscription, à la visite médicale préventive et à ia 
visite obligatoire. 

D'autre part et en mémo temps, la Commission s'est 
trouvée unanime pour admettre ; 

» Que doivent être considérés comme des tUablîsstmieïits 
dangereux y insalubres ou incommodes (esercizi publici), les 
maisons ouvei'tes au public, dans lesquelles s exerce la 
prostitution par plwiieurs personnes fcomplessivaj et que 
par conséquent ces maisons doivent être surmiOées doTis 
V intérêt public. . .> . 

» Ces deuk idées fondamentales, adoptées £t une grande 
majorité par la Commission royale de 1883, ont servi de 
baseaux principales dispositions de son. projet do règle- 
ment. 

» Il était done naturel que notre Commission s'en ins- 
pirât dans la rédaction du nouveau règlement, en sorte 
que notre œuvre doit être considérée comme le complé- 
ment du travail de ceux qui nous, ont précédés dajis 
eette étude sociale. 

» Dans le titre I de ce règlement qui vise les oËTousea 
publiques aux bonnes moeurs {délie offese pidiùliche al 
buon costume) nous avons inscrit avec l'arlicle 5, une 
sanction qui ne viole pas le droit commun. Les conlra- 
ventions sont punies par le& peines de police^ édic^tees par 
les articles 86 et 116 de la loi deâûreté générale. 

Q Toutes les diapositions du titre. U, concernant les 
maisons de tolérance et leur surveillance, au douhïe point 
de vue de la sûreté publique et de l'hygiène publique, 
(délie case éiprostiluzione et délia vigilanza mdia pros- 
tituzione nelV interesse délia pubhlica Mcures;za el ddri- 
giene pubblica) sont coordonnées conformément à cette 



JOURNAL D'HYGlfiNE 



m 



idée ftiiidameDtale, d'avoir comme responsables d^^ 
CDntraventions prévues par les réglenietils, non pas les 
pmsii luises qui habiUiit ces maisons, mais les directeurs 
ami très ou maîtresses de ces maison? {mndutiùri}. 

9 Ces dispo&itiotis ne s'appli^fueiit jms aux proslituôes 
qui vivent isolément; snuf le cas préva par rariicle 10, 
de femmes déjà condamnées, par jugiimeot irrévocable, 
condamnées pour vol, pour recel (riceUti^ione) pour 
association de maliaiteiirs* L'article :23 qui donne à Tau- 
torité de la silreié la tacullé de prescnre des visites 
sanitaires dans les maisons de tolérance, môme par l'en- 
tremise de médecins militaires, vise plus s pédale me ut 
la sauvegarde de la s&nté publique dans hs grandis 
agglomérations de soldais, de marins, d'ouvriers, pour 
leiqucls les plus infimes maisons peuvent se convertir 
ea véritables ibyers d'infection syphilitique. 

ft Cet article 13 trouve sa sanction dans Tartide 26 qui 
donne au chef ou délégué de la sùrelé publique, le droit 
de fermer une maison de prostitution, même pour des 
motifs de santé publique. 

u La peine de fermeture de ia maiîion, t^diclée pour les 
contraventions prévues dans ce titre du n'glement, et 
contre laquelle l'article 98 n'admet pas de recours en 
appel, nous a paru la plus efticacc, pour tenir eu bride 
(riffa) les maîtres des maisons de tolérance qiii ojU 
souvent de ^ros capitaux ecigagés dans leur industrie, 
et qui doivent par conséqueiU rcdout[3r cette éveji tu alité. 

» Le titre 111 du règlement contient les dispositions r^)- 
latives à la personne des prostituées, réunies dans une 
maison de tolérance, et aux moyens pOï^sibles de leur 
réhabilitation. (Di^poshioni relative a fie per^onc dellc 
prois tUitlç,€ al la lu ro i raOi Itla z ton ej . Pa r 1 e^ d i s pcï s i t i o n s 
des articles 3i à 3.j, nous croyons avoir obvié aux 
pluagravesabus, qui, jusqu'ici, sont commis imp une m i^nt 
pur les maîtres et maitrcisei de maisons de tolérance au 
détrimejit de c^is infortunées, et leur avoir assuré, 
dans ies termes de raison^ une protection administrative 
équitable - 

tt Pour nous, le point essentiel c'est d'empMicr la 
sé*juestration forcée d'une femme dans la maisoji de 
proslitutiOEJ, et de ne pas encombrer la voie qui mtvne 
h. sa réliabititatioii alors qu'elle voudrait y aspirer* 

La cbarîlé et la bienfaisance (pubtique et privée) feront 
le reste avec le temps. 

n Le titre IV contient les mesures, créations et organisa' 
lions destinés à favoriser, et à généraliser, la propliylaxie 
et le traitement des maladitssyplnlitiquesel vénériennes. 
[l^rovedimenti per factiilare la proftlasd c lu cura délie- 
malanie ùfilUkhe). Dispensaires publics, services dermo - 
syphiliopatbiquesdans les liopifauik civils. 

» Dans les dispensaires pnblics.Ma consultation sera 
gratuite, à des jours et heures différentes pour les hom- 
mes, les femmes et les enfants. 

T Les médicaments seront fournis ^ titre gratuit aux 
personnes munies de cartes d'indigents. 

■ Les médecins des dispensaires délivreront des certî- 
lîcats pour admission dans les services hospitaliers. 

» Les médecins condotii dans les communes devront 
toujours soigner à domicile, les malades sypliîlj tiques 
ayant droit à ta gratuité du traitement. 

1 Toutes les dépenses que comportent l'organisation et 
le fonctionnement des dispensaires seront supportées 
provisoirement par l'État, 



» La nomination du personnel des dispensaires appaiv 
tient au Ministre de rinlérieur. ) 

ï> Loin de lions la prétention de soumettre à V. E, une 
teuvre parfaite : la perfection est difficile ou impossible à 
atteindre dzms les choses humaines les plus simples, et 
noua nous trouvons ici en présence d'une plaie sociale 
qui a affligé k toutes les époques, et qui affligera longtemps 
encore rbumanité, et qui envahit directement ou in- 
directement toutes les couches sociales. 

» Nous avons cependant la conviction de proposer « le 
plui grand bien, et le moindre niai u que dans les con- 
ditions actuelles du pays, il soit possible d'obtenir en 
cette malencontreuse matière. 

» Quiconque voudra examiner avec soin les travauK de 
nos devanciers dans Vétude de cette question, devra 
reconnaître que les mesures que nous proposons pour 
opposer une digue à la diffusion du contage sypliilitique^ 
auront, si elles sont bien appliquées, une efficacité plus 
considérable, que celles qui sont aujourd'hui en vigueur; 
et cela sans imposer de nouvelles et onéreuses chnr^a^s 
aux cou tri bu a Ides 

^ En adoptant notre système, TEtat s'affranchira d'un 
cert^iin nombre de services publics qui le déshonorent, 
en le rendant responsable d'une dégradation jm'idiqne 
de la iémme que ne justilie aucune raison d'ordre publie, 
et, nécessairement, complice d'une odieuse industrie qui 
s'exerce au détriment de la portion îa plus malheureuse 
de la société humaine* L'esclavage proscrit du territoire 
Italien, y est revenu avec les conséquences directes et 
innnédiates de la réglementation de IStîO, et sous sa 
forme la plus repoussante. Il est grandement temps de 
mettre un terme à cet état de choses, 

)> Au milieu du (lot d'intérêts matériels qui nous envahit, 
toujours prêt à submerger tout grand idcal, il n'est pas 
désirable que notre jeunesse s'habitue à regarder la 
léunnc comme un être inférieur, que l'État peut, à sa 
guise, mettre à la merci des plus abjects parmi les in- 
dnstriels. 

n La femme est chose sacrée pour l'humanité civile, et 
lorsque TÉtat se préoccupe de sa situation sociale, il ne 
peut et ne doit le faire que de deux manières: 

» — L'aider à s'élever au niveau de l'homme par l'in- 
telligence et la culture de l'esprit. 

» — L'aider à se racheter, à se réhabiliter, alors que sa 
faiblesse, son inexpérience de la vie, et l'égoïsme des 
liommes,ronlentrainée dans les bas-fonds delà Société. » 

P"^* PcLLizzARi (Celsô) et Toumasi-Crudelï, 



Revue analytique et critique 
des Publications périodiques d'hygiène* 

ARCUIVfS BE MÉDECINE I^AVALE 

Septembre 48ST. — Ce fascicule con lien t la fin du mémoire 
de M, ie D' Maure! : Contribution à i'étiologie du paludiame. 
Au chapitre « Parasites de l'impaJudisme » l*autenr discute^ 
avec beaucoup de soin, les trois opinions qui seules restent 
actuellement en présence : celle deCelU et de Marchi^va, 
celle de Tommasi-Crudeli, et enfin celle de l.averan. 



^ 
( 



1^2 



JOURNAL DHYGlÈiNE 



Quoique ses prérémn€t:s soient acquises aux parasites de 
Laveran (qui ne sont ni une altération des hématies, 
ni uûe altération des Jeucocyles) M. Maurel ne leur accorde 
pas une grande portée, par cela même qu'on ne les 
retrouve que dans des conditions exceptionnelles. 

«Mais d'autre part, ajuiite-t-i!, je pense qu'il y a encore 
loin pour conclure, de cotte constatation à la spécificité de 
sou action. Il me semble que ce que Ton sait de lui ne 
constitue pas un tout suffisant, pour que la théorie parasi- 
taire se présente au monde scientifique, avec les caractères 
de rÊrtitud© que ce dernier a pour habitude d'exiger. 

v£n résumé, mon o[>inion est donc qu*en ce moment 
toute concluî^ion définitive me paraîtrait prématurée. 
Certains faits peuvent bien nous faire pencher pour une 
quelconque des opinions en présence plutôt que pour 
telle autre, mais aucune d'elles n'est à l'abri d'objections 
assez sérieuses pour corumander la réserve. Le véritable 
esprit sçienli tique veut donc que, sans se décourager, 
chacun continue se3mvestigations,et que la science impar- 
tiale, attende pour se prononcer, La question est du reste 
assez avancée, et les trwailleurs assez nombreux et assez 
ardents, pour que Tattente ne me paraisse pas devoir 
être trop longue, v 

Octobre \8ST. — D^ H. Rey. Contribution à la géogra- 
phie médicale du Tonkin (suite). 

Démographie : « Le Delta du Tonkin ressemble à une 
grande fourmilière» où s'est accumulée, depuis quelques 
anmes et surtout duns ces derniers temps, presque toute 
Ja population des vastes territoiresqui l'entourent. L'amour 
de l'Annamite pour la rizière, l'insécurité du reste du 
pays, son insalubrité relative, son peu de fertilité, — qui 
n*a fait que s'accroître peu à peu par l'abandon et est 
arrivé à la stérilité, — ont produit ce résultat. Aussi il y 
a pléthore de population dans le Delta, tandis qu'ailleurs 
on renconlre de vastes espaces inhabités (notices colonia- 
Us), — La populution, se trouvant agglomérée dans les 
régions intérieures, et clairsemée au contraire dans les 
pays de montagne, on estime que les habitants des ré- 
gions élevées ne constituent que les 3/10 de la population 
totale. 

Quant au chiiïre réel de cette population, en prenant 
pour base le recensenieiiL des communes, fait par ordre de 
Win-Mang, en 1827, on arrive à 15 ou 18 millions approxi- 
maliveraent pour le Tonkin. En tenant compte des tra- 
vaux récents du Résident général (1885), M. Rey croit être 
aussi près (jue possible de la réalité en établissant que le - 
Tonkin actuel conLieut dix millions d'habitants. 

Si d'autre part on admet que la superficie approxima- 
tive du pays est de ^U0,O00 kilomètres carrés, il se trouve 
que la densité nioycimc de la population tonkinoise est 
de 50 habitants par kilomètre carré (elle est en France 
de 70). 

Des relevés faits par Mondière en Cochinchine et en 
Annam, pour une période de six années (1872-7 7) on peut 
déduire par analogie que la population du Tonkin se 
compose de: 

S,!8.'!j,000 individus du sexe masculin, 
4,815,000 individus du sexe féminin. 

Soit 52 hommes pour 48 femmes. En étudiant la dis- 
tribution probable de celle population par âges, M. Rey 
arrive pour Ta gi;i orné rai ion tonkinoise à cette formule 
démograplii(jue do « abondance d'enfants, pauvreté 
d'iioniraes faits, et de vieillards ». 



Nataiité. Elle doit être assez élevée, les familles de 10 
à 12 enfants ne «ont pas rares, écrit Mgr Puginier, évê- 
que d'Hanoï « comme chez les populations européennes, 
il y adansla population annamite^prédominance des nais- 
sances masculines sur les naissances féminines. » 

Mortalité, D'après les calculs de Mondière, en Annam 
pour 4,000 naissances, il survient seulement 849 décès, 
d'où résulte en définitive un excédent annuel de 151 
naissances. 

« Ce qui caractérise le mortuaire annamite, et le carac- 
térise d'une triste façon, c'est une léthalité considérable 
dans la partie de la population qui est arrivée aux âges de 
plus énergique activité et de plus grande production. « 
^^^^^^ D^ »E P. S. 

Livres offerts en don à la Bibliothèque 

D^Cav Hip. REcupiTOde Foggia. La Vipère est-elle une 
invention poétique ou une triste réalité? broch, io-8^ — 
extrait de la Reviie italienne de Thérapie et hygiène de 
Plaisance, (D^ Gaili rédacteur en chef). 1887. 

(Notre très distingué collègue de la Société répond à ce point 
d*interrogation sous forme de dialogue, très littéraire, ea rap- 
pelant la mort jIc Cléopâtre, et les opinions diverses émises sur 
cette mort même par Plutarque, Dante et Shakespeare. 

En fait, celte pajje d'histoire naturelle qui s'appuie sur les 
études de Redi, de FonftaAa, du prince Louis Bonaparte, et 
de Righini, nous apprend : 

lo Qu'il existe en Italie trois espèces de vipères : la vipère 
commune (coluber bcrus) ; la vipère c/wB?*sa ou petite vipère ; et 
la vipère aspide (coluber aspis), 

20 Que la vipère d'Egypte, ou nate des naturalistes, diffère de 
celle d'itahe par sa structure et par l'intensité de son venin. 

3^ Que la vipère n'est pas une invention poétique, mais une 
triste réalité aussi bien en Europe qu'en Afrique. 

40 Que le venin de la vipère peut être impunément Ingurgilé 
mais mis au contact immédiat du sang, il amène la mort. 

5<» Que Ton ignore encore pourquoi la vipère est piu^ dan- 
gereuse à certaines époques de l'année et dans certaines loca- 
lités de la Péninsule. 

6° Les meilleurs moyens pour traiter la piqûre de la vipère 
sont: la ligature, le sucement do la plaie, la cautérifiîilion 
par l'ammoniaque liquide. 

Rappelons, en terminant, les Intéressantes études faites sur 
ce sujet par le D'' Badaioni, et qui figurent dans la collection 
du Journal d! Hygiène, sous ce titre ; « le permanganate de 
potasse comme antidote du venin des serpents » Vol.vii, p. 129 
et 217.) 

D*" Jules Valnay. De la médication alimenlaire ration^ 
nelle. Broch. in-lâ. Paris 1888. 

(L'auteur fait Thiitorique de l'usage thérapeutique de la 
vianie crue et établit les indications d'une excellente prépa- 
ration soumi^ au contrôle des praticiens par notre distingué 
collègue, M. ilousseau, sous le nom de Tablette de bœuf con- 
dense. 

Ce médicament eupeptique trouve sa raison d'élre A une 
époque où, comme le disait Marchai de Calvi, « le muscle s'en 
va pendant que le système nerveux est surmené ».) 

D' Ruijscnde La Haye. Compte rendu du Congrès inter— 
national d'hygiène de Vienne, ln-8**. 1887. 

(Notre savant collègue de la Société d'Hygiène qui a pris une 
part très active aux travaux des sections, donne dans nne 
correspondance de Vienne écrite au jour le jour, ses appré- 
ciations personnelles sur Timporlance indiscutable du reste* 



du Congrès de Vienne 



(Comptes rendus du Secrétariat.) 



Propriétaire-Gérant : D*" dk Pietra Santa. 



IMPlilMtiUK LIIAIX. 



20, KLK ueh(;ei<b, paris. — 5754-3-8. 



;■ ANNKE. — 13» VOLUME. 



Numéro 600. 



JEUDI 22 MARS 1888. 



JOURNAL D'HYGIÈNE 



I 

{ 



50M:itAlHE : La prophylniie publique de la Syphilis à rAfiiltmie de Médite! ne {MM. FooRNEËa^ Lk Poivt, Bhouard^l, Thélat, LEnouEST. TJi* 
RotssEL.elc.L^ Bullelin des CooselJs d'Jiygièoe (ViK>îfc). — F^a|Jpt^^t jifénérai du Conseil cenirnJ penciaiU J^année 18*^6 (Skixe;. — L'us^ulnj^* 
sèment de laSein^j etTuiiMaalioEi a^^^ricoJe des eauï d'é^^ouL — Pur Slonts et par Vauï. — FeulUeton-Sûiiveuira d'un sîvani ffan';ais 
a irjivers uu sîèe'e (L. Dc^irouR^ — Le Pétrole (W, dk Fi>\vielle). — BuHetin delà Société française d'Hygiène : Mouvement 
seientifiquD international en hygiène, La section de Climatokigie et de Démfj^rfiphie au 0>n(p*é!i de Wiisliiiigton ili#t/i. — Mubdies par 
séjour prolongé dans Teati (Letheule). — Hevue anaTylique et crUique des publications pêriodiquefi d'hygïëaçt {Archivât navaks, yov^mhre 
ei Décembre fSÈ7}. \ 



Paris, et %2 Mars I8S8. 
La Prophylaxie publique de la Syphilis 

DEVAi^T l'académie DE MÉDECINE 

En essa yanl aujou rd'hu i de résu mer les b ri I la ii les discus- 
sions qui ont animé fes séances dij TA c^démmdtï Médecine, 
à ]a suite du Rapport de >L le 1)^ Fournie r, nous dénia n- 
dons à nos chers lecteurs la permission de leur rappeler 
ce que dous écrivions dans une étude d'ens^emble, à ïadale 
du 10 novembre 1887. 

f Le momeolnê nous paraît pa-ïtrès propice pour faire 

triompher, même au nom des ialcréts bien eiilendusde 

tlous, Jes principes tuietaires de la prophylaxie et de la 

§ant^. publique qui dominent la question de Ja syphilis. 

« Ne serait'il pas plus sage alors de marclier étapes par 
étapes, en commençant paries réformes reconnues indis- 
pensables, pour réservera des temps meilleurs, celles qui 
restent encore dans le domaine du doute et de la contro- 
verse? 

1 En résumé» àcbaquejoursufiitsa peine! aujourd'hui 
courons sus à l'arbitraire, à la séquestration, à Tincarcé- 
ration; demain nous organiserons d*uue manière plus 
effective rinstruction des jeunes générations médicales; 
plus lard nous réclamerons delà Législature Tinterdiclion 
absolue, et générale, de toute provocation sur ta voie 
publique?!» 

Ce programme que nous persistons k considérer comtne 
sage et pratique, même et surtout après les débals acadé- 



miques, n'était pas de nature à satisfaire fus nobles sen- 
timents d'apostolat du Rapporteur et de la Commission (1), 

Tous ont persisté dans la voie «te la rétormc selon leurs 
désira, etf pour atteindre le but, ils n'ont pas hésité à faire 
subir k leurs conclusions des modifications successives et 
sérieuses, eu sorte qu en dernière analyse T Académie se 
trouve aujourd'hui en présence d'uoe troisième rédaction , 
sans compter les conclusions primitives de M. Four nier (2). 

Pour bien en comprendre fa valeur et Timportance, il 
nous paraît indispensable de faire uti retour sur le passé, 
en compagnie du Bulletin officiel de T Académie. 

Premier projtl pn^senté par la Commûsion* 

TITRE I 
^rapliyla^te admlMÛIratlTe. 

L — L'Académie appelle Tattention de rautoritô sur 
les développements qu a pris la provocation mr ta vw 
publique dans ces dernières années, et en réclame une 
répression énergique. 

IL — Efle estime qu*il y a nécessité manifeste d'assi- 
miler k cette provocation de la rue divers modes, non 
moins dangereux, qu'a revêtus, surtout de nos jours, la 
provocation publiqup, h s.Tvoir; celle des boutiques; celle 
des bra^serien dites a à femmes n ; et plus pariiculièremcnl 
encore celle des débits de vin. 

IlL — Elle signale à Tautorité d'une façon non moins 

[lUHM. Riitjrrt, Bergeron, Le Roy deMéricouH, L. 1 1> Port, L. Colin i 
A, Fournier, liappurtenr. 
|i) Voir ces cond usions âu Journal ^Byfjtfne, voL XU, p. 304. 



I 



I 



FEUILLETON 



Souvenirs d'un savant français 

A TRAVERS UN SIKHLK (178<ï-ïflH:*) [M 

M. Léon DuFOUR, néàSaint-Sevcrsui lAdour^en 1780, 
revu docteur en médecine à Paris en 1!^46, atlaché au 
quartier général du corps d'armée du miirécbal Moncey 
pendant la guerre d*Espagne (i8i>H-i814), membre cor- 
respondant de l'Institut {Académie des sciences), mem- 
bre associé national de l'Académie de médeciïie, auteur 
de nombreuK et importants travaux de botanique et 
d'entomologie, a eu la bonne fortune de se trouver en 
rapport avec les hommes et les savants les plus illustres de 
Tépoque. — Ayant eu le soin, dès sa jeunesse, de consigner 
sur des notes journalières, ses impressions et ses souvenirs, 

tu 1 Yo\. in-8*^^ L Rolli5child, éd, Puri* lâSS. 



lia pu, au terme d'une carrière longue et très bien remplie 
(mort en 186o), publier un volume qui restera comme un 
titre de gloire pour ses enfants, et comme un exemple 
salutaire pour ses confrères et ses conciloyeûîi- 

Nous ne saurions dire tout le charme et tout Tintérét que 
nous avons éprouvés, en feuilletant a^s pnges, où Ton 
voit le jeune savant aux prises avec les difficultés de la 
cryptogamic et de rcntomolofrie, et le dévoue méduciu 
militaire tour à tour enthousiaste des succès et de Vlu'- 
roïsmedes soldats français, ou profondèmmt contristé dans 
les futures journées de la r*^traite et de Térncuation! 

Et comme l>n sent revivre, sous sa plume impartiale, 
les grandes et belles figures de cette époque mémorable! 

Su ries champs de bâtai lie: MonccVt Suchet,Ney,Harisse, 
Saint-Cyr, Mura t. 

Arinslitnl: le {général Bonaparte premier consul. Carnet 
1 organisateur de la victoire sous la Convention, Latreille, 
Savigny, Constant Dnménil et Olivier Jes Irgisl Heurs de 
l'entomologie, Cuvier, rArietote d<e nos jours. —Claude 



spéciale, la provocation qui rayonne aiàlour des lycées, des 
collèges, et qui a pour résultat Texcilation des mineurs 
à la débauche. 

IV. — Elle déclare qu'au nom de la santé publique, 
non moins (]ue de la morale publique, ces divers ordi'es 
de provocation constituent un délit qui doit être réprimé 
légalement. Elle réclame donc une loi définissant le délit 
de provocation publique et en confiant la répression à 
qui de droit. 

V. — La sauvegarde de la santé publique exige que les 
filles reconnues coupables dp. délit de provocation soient 
soumises à Vinscriptton et à la suroeillance médicale. 

VI. — L'inscription d'une fi Ile coupable de délit de pro- 
vocation ne pourra jamais être prononcée que par un tri- 
bunal et après débat contradictoire. 

VU. — Toute fille qui sera reconnue, après examen 
médical, affectée de maladie vénérienne, notamment de 
syphilis, sera internée dans un asile sanitaire spécial. 

Cet asile sera exclusivement ce qu'il doit être, à savoir 
un hôpital comme les autres hôpitaux, à cette seule diffé- 
rence près que les malades n'en pourront sortir que sur un 
certificat médical de guérison. De cet asile sera bannie toute 
rigueur inutile, toute mesure vexatoire qui tendrait à en 
modifier le caractère et à le transformer en pénitencier. 

Vin. — La réffletoentation actuellement en vigueur, 
relativement à la surveillance médicale des femmes 
inscrites, sera remplacée par le système suivant : 

1® Les filles inscrites, libres ou en maison, seront uni- 
formément soumises à une visite hebdomadaire, à date fixe: 
— et, en outre, à une visite supplémentaire qui serait 
faite mensuellement par un médecin inspecteur, à date 
inconnue. 

^ Chacune de ces visites sera complète, et portera princi- 
palement sur i'exainen desorganes génitaux et de la bouche. 

IX. — En ce qui concerne la province, les mesures de 
surveillance et de prophylaxie qui fonctionneront dans la 
capitale, seront rendues rigoureusement exécutoires dans 
les départements et dans toute l'étendue des départements. 

X. — L'interdiction de la provocation sur la voie publi- 
que sera absolue, générale, sans exception même pour les 
hlles soumises à la surveillance administrative. 

TITRE II 
Art. xi a XVI. — HospItalisatioB. Trftilement. 

(Nouveaux hôpitaux. — Médicaments gratuits. — Con- 
sultations gratuites, etc.) 



TITRE m 

Art. XVII a XXIII. - Réforme dans l'Ensel^neineiit. 

(Tous les services de vénériens ouverts aux étudiants 
en médecine à seize inscriptions; certificat de stage pour 
le doctorat; concours pour le recrutement du personnel 
médical. — Composition des jurys des concours.) 

TITRE IV 

Art. XXIY a XXXIl. — Prophylaxie de la syphilitt 
dans l'aroiée et dans la marine. 

(Création de conférences; déclaration du militaire affecté 
pour établir le lieu où il a contracté la maladie; interdic- 
tion aux soldats de fréquenter les établissements de mar- 
chands de vin; écarter toute punition du programme 
prophylactique de la syphilis ; instituer un service de police 
spécial autour des grands camps. ) 

TITRE V 

Art. XXX. — Prophylaxie des contaipions syphilitiques 
dérivant de l*allaftement, 

(Certificat médical garantissant la nourrice contre tout 
risque d'affection contagieuse qui pourrait lui être trans- 
mise par le nourrisson.) 

Dans la séance du 7 février, l'Académie a successivement 
adopté, à lunanimité, les articles I, II et III. 

L'article IV, tendant à considérer la provocation comme 
un délit, a donné lieu à des objections sérieuses de 
MM. Legouest, Lagneau^ Dujardin-Beaumetz, Brouardel, 
Hardy, Vidal, Laborde, Ernest Besnier, visant l'excursion 
que faisait l'Académie sur le terrain législatif, où sa compé- 
tence leur paraissant très discutable. 

a L'Académie doit rester sur le terrain de la médecine 
et de l'hygiène, et s'en tenir à formuler des principes 
généraux de réforme. » 

Malgré les efforts de M. Léon Le Fort qui, après une 
étude très savante de la législation anglaise, a soutenu 
<]ue la Commission ne dépassait pas les limites de son 
devoir et de son droit, les articles IV à X inclus ont été 
renvoyés à la Commission pour rédaction nouvelle. 



Richard, Lamarck, Ventenat, de Candolle, Bory de Saint- 
Vincent et Dupelit-Thouars, les botanistes en renom, puis, 
à des périodes successives. Portai, HalIé, Larrey le ver- 
tueux, l^providencedes soldats, Orfila, Fourcroy, Berthollet, 
Dutrochet, J.-B. Duma8,Flourens, Milne-Edwards, Valen- 
ciennes, etc. 

A l'Académie de Médecine : Rayer, Michel-Lévy, Claude 
Bernard, Malgaigne, Velpeau, Ch. Robin, Grisolle, etc. 

A la Société botanique de France, Durieu de Maison- 
neuve, comte Jaubert de Pomraaret, Clos de Toulouse, 
Ramond Sée, Planchon, Lecoq de ClermoDt-Ferrand, 
Monard de Metz. 

Deux chapitres du volume nous ont paru, à titres divers, 
devoir intéresser nos lecteurs. Lepremi<T, c'est un voyage 
d'exploration fait en 1816 dans les stations thermo- 
minérales des Pyrénées. Ce sujet présente une certaine 
actualité en raison du rapport de M. de Pietra Santa sur 
la Caravane hydrologique organisée en septembre dernier 
par la Société française d'Hygiène. Le rapprochement 



de ces deux dates fera mieux ressortir les progrès de 
l'hydrologie moderne. 

Le second, c'est la description faite en 1806 parle jeune 
docteur, de la fontaine de Vaucluse, toujours célèbre par 
le souvenir de Laure et de Pétrarque. 

I 
Les stations thermales des Pyrénées. 

« En juillet 1816, je fis avec mes amis et confrères 
Dufau (de Mont-de-Marsan) et H. de Poudeux (de Dax), 
un voyage d'exploration dans les établissements de nos 
Pyrénées occidentales, soit pour étudier de visu les qua- 
lités de ces eaux et leurs divers modes d'administration, 
soit pour apprécier la portée médicale des inspecteurs des 
diverses stations thermales. 

w Nous savions théoriquement, et, pour ainsi dire, sur 
la foi de la voix publique, quelles étaient les vertus géné- 
ralement accordées à ces sources tant vantées: on conseille 
généralement Cauterets pour les maladies d'estomac, les 



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^f^ 



JOURNAL D'HYGIÈNE 



Deuxième projet de la Commission^ 

Art, I\\ — L'Académie estime qu'au nom de la santé 
pubfique les divers ordres de provocatron doiveat être 
aâsïmiléâ à un déiit^ et réprimés comme tels. 

V. — La sauvegarde de la saule publique exige que 
[es ÛIIps se livrant à la prostitution soient soumises à 
yin^cripiion et à la surveillance médicale. 

VL — L'inscription des ji fies se livrant à la prostitution 
De pourra êlre pronuucèe que par V autorité judiciaire. 

VIL — Toute lille qui sera reeounue, aprt^s examen 
médical, affectée d'une maladie vénérienne, sera internée 
dans un asile sanitaire spécial. 

Cet asile sera un hôpital dont les malades ne pourront 
sortir qu^après guérîson des accidents transmise ibles. 

VIIL — Les filles inscrites, libres ou en maison, seront 
uniformément soumises à une visite hebdomadaire, visite 
complète et de date fixe- 

IX, — Pour la réglementation dans les départements, 
la rédaction de l'article reste la même, 

Après cette lecture. M, Laborde a ouvert le feu de la 
discussion, en démontrant que les modifications de la 
forme n'atteignaient en rien le fond, et que le mot de délit 
figurait toujours à sa place de balai Ile, 

H. Brouardel, après avoir démontré qu'on ne trouverait 
pas un seul juge pour appliquer la législation proposée 
par ta Commission, a formellement demandé que les 
articles IV, V et VI fussent remplacés par un vœu stipulaat 
que la prostitution soit sévèrement surveillée, sans entrer 
dans aucun détail d exécution* 

A ce moment, M. Léon L^e Fort a pronoueé un discours 
m^istral, en déployant loates les ressources d'un esprit 
sagace, compétent et autorisé. Pour lui, fAcadémie 
n'excède ni sa compétence, ni sa sphère lé^time d'action. 
£lîe a parfaitement le droit de demander qu'une loi vienne 
se substituer aux règlements administratifs, et que le délit 
soit apprécié par l autorité judiriaire, c'est-à-dire par un 
tribunal, et non par radminislration de la police, 

M, Léon Le Fort a obtenu un succès légitime eu faisant 
rhiatorique des diverses sourcesd^où la Police tire ses pou- 
voirs pour régkmenter la prostitution : 

!• Loi de 1789 sur les municipalités; 

2* Loi des 16-24 août 1790 ; autorité des corps munici 
paux en cas d'accidents et de fléaux calamiteux ; 



3** L*oi des IQ-â^ juillet 1790 relative à forganisatiou 
de la police municipale, ayant le droit d'entrer en tout 
temps dans les lieu.t livrés notoirement k la débauche ; 

4^ AiTété du 3 brumaire an IX, mettant les maisons 
publiques au nombre des choses soumises à f autorité du 
préfi^t de police; 

H^ Arrêt de la Cour de cassation 13 décembre 1847, 
établissant que la prostitution est comprise dans les objets 
de police que les lois de 1790 et 1791 confient au pouvoir 
muoicipaL 

Cette énumèration démontre cependant que la loi 
française u'a mentionné nulle part la Prostitution, et qu'en 
définitive toute la réglementation actuelle de la police des 
mœurs est arbitraire^ ou discrétionnaire si Tou veut 
admettre l'euphémisme de M. Lecour, Tancien chef de 
division de la Préfecture, auquel Porateur aurait décerné 
volontiers une couronne civique que, personnellement, 
rayant connu à fmuvrc, nous serions enchantés de ne 
pas lui offrir. 

M* Le Fort, en discutant savamment l'article l=''du Code 
pénal, les articles 46 i et 48â du 1 V" livre de ce Code, et enfin 
farticle 137 du Code d'instruction criminelle, insiste sur 
cette conclusion. Pour ma part, je réclame énergi que- 
utent riuterventîou de lautoTité judiciaire et des garan- 
ties qu'elle présenEe. 

Voici maintenant la rédaction qu'en son nom personnel, 
Mp L* Le Fort propose pour les arlicles tVet V. 

/l^, — L' Académie f dam l'intérêt de ta santé jmbtiqu€j 
émet le vam quune loi spéciale sur ia prostitution régie 
et fortifie les pouvoirs tù l'admiinist ration ^ et lui permette 
d^aiteindre et de réprimer la provocation partout où elle 
se produit. 

V. — L'Académie estimant que la sauvegaf^de de lasafUé 
publique exige que les ^lles èC lirrant à ta prôëtitution 
soient soumises à tinseriptionetà la surveillance médicfile^ 
éjnet en outre le va*u : 

» ^ Que cette surveillance soit temporaire ; 

yi S° Que si elle n'est pas consentie jfar la fille qui en 
est rôti jet, elfe ne puisse lui êlre împosî^ que par l'inter- 
vention de l'autorité judicinire (1). 

(1) « La firûsUtqtioo, s'est écrié dmis un beaa mouvetnent oratoire» 
]H. Le Port^ cat un mal, mol nécessaire., vieux et étemel comme le 



1 

I 

( 



£anK-Bonnes pour celles de la poitrine, Bâgnèresde Luchon 
pour les affections de la peau. Barètes pour la guérison 
des ulcères et des plaies, Saiut-Sauveur pour les maux 
de nerls, Bagnères-de^Bigprre pour la mélancolie et les 
obstructions; mais nous voulions acquérir des tiotions 
plus exactes et nous espérioos obtenir des renseignemeutâ 
plus précis, des médecins habitués à radminiatration des 
eaux tltermo-minérales. 

Cauterets. — « Toutes les eaux de Cauterets surgissent 
du sein de bancs scliisteux; elles sont éminemment sul- 
fureuses et exercent par conséquent une action plus ou 
moins excitante ou toniHaûte sur nos organes ; il est donc 
prudent de ce les prescrire que dans les affections carac- 
térisées par la débilité et la langueur des forcL>s vitales ; 
il coovient donc aussi de les bannir du traitement de 
toutes les maladies accompagnées d'un état d'exaltation 
de» propriétés vitales, des iiiilam mations, et en général de 
t*^-.i« 1^ afiections aiguës. 



a La situation élevée de Cauterets (900 mètres au-dessus 
du niveau de la mer), son air vif, sa température variable 
t^t assez généralement froide, la fréquence des brouillards, 
me paraissent être des conditions très défavorables pour 
la cure des maladies de la poitrine. » 

Saint'Sauvmr, — « A Sainl-Sauveur, près de Luz, les 
eaux thermales ont été captées dans un assez joli établis- 
sement. Les eaux de Saint-Sauveur jouissent de3 proprié- 
tés attribuées aux eaux sulfureuses en général. Cependant 
leur douceur et leur onctuosité les rendent spécialement 
applicables dans les affections nerveuses spasmodiqnes» 
dans les épuisements accompagnés de mobilité net^euse, 
dans les extitictions de voix, les hémorrhoïdes, les mala- 
dies de la peau, les blessures, les rétractions musculaires» 

les rhumatismes chroniques. » C^ r^r^r^Xr^ 

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Barètes, — « L'établissement de Barèges est le plus 
fréquenté de nos stations thermales. Le chirurgien-major , 



136 



JOURNAL D'HYGIÈNE 



Nous reproduisons ici, avec plaisir, réloqueute pérorai- 
son de noire savant maître. 

« En résumé, Messieurs, il y a aujourd'hui deux sys- 
tèmes: l'un, lesystèmc actuel, dans lequeiràdmiuistration, 
juge et partie, possède un pouvoir discrétionnaire et sans 
contrôle; l'autre celui que nous défendons, qui confie à 
la police tout ce qui est dans son rôle : la prévention, la 
recherche, la constatation des délits de provocation; qui 
lui donne le droit et le devoir de surveiller, de punir les 
filles inscrites; qui lui donne le droit et le devoir de les 
faire visiter médicalement, de les séquestrer et de les soi- 
gner si elles sont malades. Mais l'inscription forcée d^s 
filles, leur condamnation à la surveillance de la police est 
prononcée par l'autorité judiciaire. 

» Le premier système a prouvé son impuis^nce; elle 
s'accroîtra encore de tout le poids de la réprobation publi- 
que. Dcmanions l'intervention du pouvoir judiciaire, 
demandons une loi, car c'est dans la loi seule que nous 
trouverons le salut, quelque légitime que puisse être le 
but qu'il cherche à atteindre, un pouvoir discrétionnaire, 
agissant Jansl'ombre, agissant sans contrôle, sera toujours 
suspect. Je respecte la loi, je hais l'arbitraire. Pour pro- 
téger la santé publique, je demande une loi ! Pour pro- 
téger une femme qui peut être injustement accusée, je 
demande des juges. » (Applaudissement.) 

Troisième projet dé la Commission. 

Dans le but le plus louable de conciliation, et à l'effet 
de rallier la presqu'unanimité des membres de l'Académie, 
M. Foumier est venu lire à la tribune, dans la si^^nce du 
6 mars, la nouvelle rédaction adoptée par la Commission 
pour les articles IV à IX, l'article X restant supprimé. 

monde, comme les passions humaines, mais auquel on peut appliquer 
UQ traitement propnylactique et palliatif. » 

Les indications tnérapenliques peuvent se résumer ainsi : 

« t* L'inscription ne doit pas avoir pour résultat à peu près fatal, 
la prostitution a perpétuité ; 

» 2* II faut quelle puisse être volontaire ; 

» 3* n faut qu'elle puisse être imposée ; 

4* n fdut qu'eUe soit entourée de garanties qui protègent les droits 
des citoyens ; 

> n ne Aiut pas que les débats publics rendent le retour au bien 
impoisible d la fille condamnée à rinscription. » 



Art. IV. —Ces divers ordres de provocation ayant pour 
conséquence la dissémination de maladies syphilitiques, 
l'Académie réclame du pouvoir public un ensemble de 
mesures réglantet fortifiant l'intervention administrative, 
et permettant d'atteindre la provocation partout où elle 
se produit. 

Art. V. — La sauvegarde de la santé publique exige 
que les filles se livrant à la prostitution soient soumises 
à l'inscription et à la surveillance médicale. 

Art. VI. — L'Académie émet le vœu que l'inscription 
des filles se livrant à la prostitution ne soit prononcée que 
sous la sauvegarde du droit commun. 

x\hT. VIL — Toute fille qui sera reconnue, après exa- 
men médical, affectée d'une maladie vénérienne, sera 
internée dans un asile sanitaire spécial. 

Cet asile sera exclusivement ce qu'il doit être, à savoir, 
un hôpital, mais un hôpital dont les malades ne pourront 
sortir qu'après guérison des accidents transmissibles. 

Art. VIII. — Les filles inscrites seront soumises à une 
visite hebdomadaire, visite complète et de date fixe. 

Art. IX. — Les mesures de surveillance et de prophy- 
laxie qui fonctionneront dans la capitale seront rendues 
rigoureusement exécutoires dans les départements. 

En province, les filles reconnues affectées de maladies 
vénériennes seront hospitalisées dans un service spécial. 

M. Trélat, après avoir hautement félicité la Commission 
de ses efforts pour arriver à contenter tout le monde, per* 
siste à croire, que l'Académie n'est pas faite pour défendre 
la liberté individuelle. 

Le seul langage que l'Académie puisse tenir consisterait 
à reprendre les travaux de nos collègues, et particulière- 
ment du rapporteur de la Commission, et de dire au public 
qui nous entoure : « voilà la maladie, voici quels sont ses 
ravages, son extension, sa propagation ». Ajoutons, si 
vous voulez, qu'elle ruine la société, qu'elle frappe ses 
membres dans le sein de leur mère, et après leur nais- 
sance ; disons que tout cela a une source unique, constante, 
que c'est le bourbier Tangeux qui s'appelle la prostitution 
clandestine, bourbier fangeux mai contenu, mal réglé, et 
que l'on peut considérer comme le bouillon de culture de 
la vérole. » 

Pour M. Legouest, ces nouvelles conclusions lui pa- 
raissent contenir une inconséquence. 

a Vous réclamez, dit-il, sur un point le droit oommun 



de l'hôpital considère l'usage des eaux de Barèges comme 
dangeretix pour les affections de poitrine, excepté dans 
Tasthme humide. On emploie très utilement ces eaux 
dans les maladies suivantes : rhumatisme chronique en 
bains et en douches ; les paralysies, les affections cutanées ; 
dans les affections scrofuleuses, on applique la douche 
par aspersion sur les glandes hypertrophiées ; les engor- 
gements utérins, lorsqu'il n'y a pas douleur (bains et 
injections). 

« Dans les plaies d'armes à feu et autres blessures on pre- 
scrit la douche surtout dans les cas de carie. Des praticiens 
de Barèges ont foi dans les effets consécutifs de la théra- 
peutique thermale, à la suite des sudations abondantes 
qui s'observent après l'usage d*une saison. » 

Bagnères-de-Luchon. — t La situation de Bagnères-de- 
Luchon, au pied d'une montagne qui l'abrite immédiate- 
ment des influences du nord, et dans une vallée dont la 
base est largement dilatée, sa position géographique plus 



orientale que celle des autres thermes pyrénéens^ la végé- 
tation fraîche et vigoureuse qui recouvre les formes 
arrondies des montagnes voisines, les eaux vives qui, 
dans toutes les directions, viennent grossir le torrent de 
sa vallée; toutes ces conditions donnent au climat de 
Luchon une douceur de température et une pureté d'at- 
mosphère, qui ne contribuent pas peu, soit au maintien 
de la santé des habitants, soit à la restauration de celle 
des malades qui s'y rendent en grand nombre de tous les 
points des provinces limitrophes. 

» Les établissements thermaux sont placés au sud de la 
ville, à l'extrémité de la belle promenade de tilleuls 
(allées d'Ëtigny), et adossés à la base orientale de la mon- 
tagne d'où sourdent les eaux. Cette montagne est peuplée 
de hêtres soigneusement respectés parce qu'ils s'opposent 
aux éboulements. AOCtT(> 

» Les eaux de Luchon @ifii1j^âpplicables dansHios les 
cas qui réclament l'usage des eaux sulfureuses en géné- 
ral. M. le D'Barrié, inspecteur des eaux de Luchon, nous 



JOURNAL D'HYGIÈNE 



137 



pour ]es prostituées, et plus loin tous déclarez que la 
prostituée malade devra être internée dans un hôpital qui, 
quoi que vous fassiez, sera toujours une prison. Elles sor- 
tiront donc du droit commun dès qu'elles seront malades. 

D Mais ce n'est pas tout : vous dites que les mesures 
proposées seront rigoureusement exécutoires partout. Je 
prétends que ces mesures seront inexécutables dans bien 
des endroits. 

> Les hôpitaux de province sont régis par des Conseils 
d'administration composés des gens émineats de la loca- 
lité qui, presque partout, excluront les vénériens de leurs 
hôpitaux, régis généralement par des sœurs, et qui, dans 
certaines localités du Midi, sont en môme temps des pen- 
sionnats de demoiselles. » 

Dans la séance du 13 mars, l'Académie a entendu 
d'importants discours qui envisageaient la question sous 
des points de vue nouveaux. M. Brouardel voudrait que 
les mesures propres à réglementer la prostitution» fussent 
sanctionnées par une loi de police sanitaire analogue à 
celle du 3 mars 1822 contre les maladies pestilentielles 
exotiques, ou à la loi de 188t sur la police sanitaire des 
animaux, et que la fille à laquelle on impose l'inscription 
pût en appeler devant l'autorité judiciaire. M. Laborde 
a demandé la suppression des mots a sotis la sauvegarde 
du droit commun i>, parce qu'ils impliquent de toute néces- 
sité l'intervention des pouvoirs Judiciaires. 

H. Théophile Roussel a traité avec beaucoup de compé- 
tence et une grande élévation de pensées, la question des 
mineures se livrant à la prostitution. Rappelant les études 
auxquelles le Sénat s'est livré à son instigation pour éla- 
borer une proposition de loi relative à la protection des 
enfants abandonnés, maltraités ou délaissés, il a proposé 
à l'Académie d'adopter les résolutions suivantes : 

c Toute mineure de plus de 16 ans rencontrée dans un 
état habituel de prostitution, est conduite devant le juge 
de paix, qui décide, suivant les circonstances, si elle doit 
être soit remise en liberté, soit rendue à ses parents, soit 
placée par l'Administration dans un établissement appro* 
prié à sa réformation morale, soit, à raison de son état de 
santé, soumise à telles autres mesures, qui seraient recon- 
nues nécessaires dans l'intérêt de la santé publique. » 

D*" DE PiBTRA Santa. 



P.'S. Nous nous empressons de transcrire ici les consi- 
dérants et les conclusions adoptées par la Société de méde- 
cine pratique de Paris. 

1® Considérant que le nombre des prostituées inscrites 
n'a pas cessé de diminuer; que beaucoup d'entre elles, 
loin de se soumettre aux obligations résultant de l'ins- 
cription, disparaissent; que le chiffre des arrestations des 
filles insoumises, par rapport à leur nombre, est relative- 
ment peu élevé; 

^ 3° Considérant que c'est parmi les filles mineures que 
l'on trouve relativement le plus de cas d'affections syphi- 
litiques; que la durée du traitement à la prison-infirmerie 
de Maint-Lazare est insuffisante; 

3^ Considérant que les hommes sont des agents de con- 
tamination ; 

4*» Considérant que la loi n'autorise pas l'arrestation 
des prostituées ; 

tf® Considérant enfin que la syphilis est une maladie, et 
non une cause de délit, et qu'actuellement la femme véné- 
rienne a intérAt à cacher sa maladie au lieu de la déceler; 

La Société de médecine pratique émet le vœu : 

1^ De créer des Oisi)ensaires multiples de salubrité pu- 
blique pour les maladies vénériennes, et de faciliter aux 
nécessiteux les moyens de traitement. Dans ces Dispen- 
saires, on pourrait délivrer aux femmes, sur leurs de- 
mandes, des cartes attestant de l'état de leur santé au jour 
de la visite ; 

2® De faire rentrer les prostituées dans le droit commun, 
en supprimant l'emprisonnement arbitraire et les visites 
obligatoires ; 

3"" Enfin, de maintenir la liberté de chacun sur la voie 
publique par les moyens légaux. 

Bulletin des Conseils d'Hygiène. 

Département de la Vienne. 

Rapport ifénéral sur les ira?aux da Conseil êeniral 

d'hyifiène 

pendant l'année 1 886, par le D' JablonskI (1)» 

La plupart des séances du Conseil d*hygîèno publique 
et de salubrité de l'arrondissement de Poitiers ont été con • 
sacrées à d'intéressantes discussions sur une épidémie de 
variole qui avait débuté dans le courant de Tannée prëcé- 

(1) 1 vol. in-80 de 116 pages. 



a fourni les indications suivantes comme étant les plus 
positives : rhumatisme chronique, paralysie commençante 
des jeunes gens, engorgement scrofuleux, obstructions 
des viscères abdominaux, leucorrhée atonique, gravelie, 
asthme humide, catharre pulmonaire chronique, affec- 
tions atoniques de Festomac, plaies d'armes à l'eu, ulcè- 
res. Il reconnaît leur insuffisance dans toutes les maladies 
précitées, compliquées de lésions organiques; il blâme 
les médecins qui envoient à Ludion les - phtisiques. 11 
recommande spécialement l'usage des eaux dans les affec- 
tions dartreuses ; les dartres farineuses, la plupart des 
couperoses, les éphélides, résistent généralement au trai- 
tement thermal qui triomphe plus aisément des dartres 
humides ulcérées. 

i> L'usage des eaux de Luchon provoque quelquefois 
la fièvre, et celle-ci, dans les maladies chroniques, peut 
devenir un moyen de guérison ; elles peuvent aussi rap- 
peler à la peau les éruptions miliaires ou prurigineuses 
traitées insuffisamment, et en vertu de cette action dia- 



phorétique, sans qu'on ait à redouter des répercussions 
dangereuses. » 

Capvern. — « En allant en voiture, de Saint-Gaudens 
à Bagnères-de-Bigorre, par Hontrôjeau, nous passâmes la 
nuit au village de Capbert, aujourd'hui Capvem, tout près 
de l'entrée dans la vallée d'Âure. Nous y primes quel- 
ques renseignements sur les eaux minérales qui, d'après le 
pharmacien du lieu, jouissent d'un grand renom dans la 
contrée, pourla guérison des maux d'estomac, des hémor- 
rhoïdes, des obstructions, etc. 

» Ces eaux que nous n'avons pas pu soumettre à des 
réactifs, ne nous ont pas offert au toucher une chaleur 
sensible. L'analyse avec le seul secours de nos sens, ne 
nous laissa pas une haute idée de leurs propriétés médici- 
nales, et j'inclinai à penser que leur réputation locale en 
faisait le principal mérite. ^ 

» Quarante-trois an s après mon impression médicale sur 
les eaux de Capbert, je dois reconnaître que la station ac- 



138 



JOiJRNAL D'HYGIÈNE 



ï 



i. 
I 



dente. Cette maladie n'a atteint qu'un petit nombre de 
personnes, grâce à l'application immédiate de mesures 
prophylactiques dont la principale était la revaccination 
en masse. 

Dans la séance du 12 novembre 1886, M. le D' Moutet 
a démontré d'une façon très nette et très précise les excel- 
lents résultats obtenus à la suite des vaccinations et revac- 
cinations opérées à l'Hôtel de ville sur la population civile, 
à l'aide du vaccin de génisse. Onze cents personnes de tout 
âge et de tout sexe, ont été vaccinées ou revaccinées mais 
la constatation des résultats n'a pu avoir lieu que sur 937. 
Les succès se sont élevés à 349, soit en bloc 37 0/0. Les 
vaccinations pratiquées pour lapr^/mière fois ont été faites 
chez 42 personnes ; elle ont donné 76 0/0 de succès. Outre 
les vaccinations opérées à l'Hôtel de ville, la récolte du 
vaccin, faite après chaque séance, a permis de distribuer 
50 tubes et 80 plaques^ ce qui représente 400 vaccinations 
environ. 

a En résumé, dit H. le D' Moutet, nousavons fourni du 
vaccin pour 1,500 personnes; les dépenses se sont élevées 
h \0) francs; chaque vaccination revient donc àO fr. 06 c. 

De ce qui précède nous tirerons les conclusions suivantes: 

a i^ Une épidémie qui menaçait d'être grave a été ar- 
rêtée à Poitiers par les re vaccinations. 

» ^^ La vaccination animale a fourni une source pure 
et abondante de vaccin. 

» 3^ Le service est facile à organiser et n'entraîne que 
des dépenses minimes. » 

De son côté, M. le D*" Jablonski, dans son rapport géné- 
ral sur la constitution médicale et sur les épidémies de 
l'arrondissement de Poitiers, rend compte des résultats 
des vaccinations qu'il a opérées en qualité de médecin des 
épidémies. 

Du 26 novembre 1885 au 19 février J886, il a inoculé 
1,389 personnes. Treize cent trois individus ont été vac- 
cinés ou revaccinés avec le vaccin humain, et 86 avec le 
vaccin de génisse. 

Les résultats obtenus par le savant secrétaire du Conseil 
central d'hygiène, semblent moins favorables au vaccin de 
génisse. 

Nous citerons textuellement ses conclusions : 

« i^ Les vaccinations pratiquées sur des individus qui 



n'avaient jamais été inoculés, nous ont donné des succès 
à peu près constants. 

h 2<* Les revaccinations pratiquées à tous les âges avec 
le vaccin humain ont donné, en bloc et sans tenir compte 
des revaccinations antérieure*, une moyenne d'environ 43 
succès pour 100 inoculations. 

9 3® Les revaccinations avec le vaccin de génisse faites 
dans les mêmes conditions, ont donné seuIementâO 0/0 en 
moyenne. 

» Les revaccinations faites chez les individus âgés de 
plus de 10 ans et qui n'avaient été vaccinés qu'une seule 
fois, ont donné une moyenne de 50 succès pour 100 ino- 
culations. 

)) 5® Au contraire, chez ceux qui avaient été revaccinés 
une ou plusieurs fois, les re vaccinations ne nous ontdooné 
qu'une moyenne de 25 0/0. 

» 6^ Enfin sur les individus âgés de moins de 10 ans et 
qui avaient été vaccinés dans leur jeune âge, nous avons 
eu seuletHent une moyenne de 16 O/Ô. » 

Après avoir constaté que le vaccin d'enfant envoyé sous 
plaques par l'Académie de Médecine, donne peu de succès, 
M. le D' Jablonski semble donner la préférence au vaccin 
jennérien en tubes. 

Il ajoute toutefois : 

« Le vaccin de génisse en tubes donne de moins bons 
résultats que le vaccin d'enfant; — quant au vaccin pris 
sur la génisse elle-même, les résultats obtenus par mes 
confrères de l'armée sont très satisfaisants, et les miens 
auraient été meilleurs, j'en suis persuadé, si, au lieu de 
trois inoculations par personne,j'avaispu en pratiquer six.)» 

Le recueil des travaux du Conseil central d'hygiène 
publique et de salubrité de l'arrondissement de Poitiers* 
en dehors des travaux dont nous venons de parler, contient 
encore un rapport très intéressant de M. de Touchimbert, 
sur les observations météorologiques faites pendant les 
années 1885-1886. 

Seine. 

AsaalAUscneBt de la 0elMe. — Ij'vtllisatton airrieole 
des eaux d'é^oat» 

La Commission du Sénat chargée de l'examen du pro- 
jet de loi déjà voté par la Chambre des députés et relatif 



n 



tuelle de Capvern, superbement aménagée tout près de la 
voie ferrée (Toulouse-Tarbes), a pris le renom de Vichy 
de notre sud-ouest. » 

Bagïières-de-Bigorre. — Les montagnes si pittoresques 
qui dominent la jolie ville de Bagnères-de-Bigorre, à 
l'extrémité de la riche plaine de Tarbes, les vallées dé- 
licieuses qui l'avoisinent, l'abondance des eaux limpides 
qui la traversent, une grande quantité de sources d'eaux 
minérales, toutes les conditions favorables à la santé 
et aux plaisirs, font de cette ville un des séjours les plus 
agréables. Dans la saison des eaux, lorsque les temps sont 
prospères, c'est un petit Paris. 

» Les établissements thermaux sont extrêmement nom- 
breux; nous en visitâmes rapidement une vingtaine. 

Eaux-Bonnes. — » De Tarbes, en passant par Nuy et 
Pontac, nous arrivâmes à Laruns, dans la vallée d'Ossau, 
d'où Ton monte au hameau des Eaux -Bonnes. 



r> On ne se baigne pas aux Eaux-Bonnes, on ne fait 
usage que del'eau en boisson. L'inspecteur est M. Darralde, 
père. Préconisées surtout pour les affections des voies res- 
piratoires, on les transporte en grande quantité. » 

EauX'Chaudes. — « Nous visitâmes l'établissement des 
Eaux-Chaudes avec l'inspecteur IM. Larivière. 

» Sur l'escarpement qui forme l'encaissement du Gave, 
il y a une source à découvert et peu abondante, connue 
sous le nom de Laressec. Nous remai*quâmes une teinte 
rosée vers le fond des bassins, et des flocons blancs de 
matière grasse évidemment déposés sur une trame fila- 
menteuse (Conferva thermalis). 

» Depuis que j'ai inscrit ces notes d'observation médicale 
dans mes journaux de 1816 et 1819, les divers établisse- 
ments thermaux de nos Pyrénées ont acquis des amélio- 
rations considérables. Ces eaux minérales ont été l'objet 
d'analyses multipliées et exactes (celles surtout qu'a pra- 
tiquées le P' Filhol de Toulouse). La vogue d'aller aux 



roURNAL D'HYGIÈNE 






à Tassainisseraent de la Seine, et h ruUUsatioû agricole 
des eaux d'égoul, avait désiré s'oclairtîr de l'avis du G)[i- 
^U d'hygiène publique et de salubrité de la Seiûe, 

Le Conseil avait été convoqué à cet effet, le mars der- 
ûter^ en séance ejttraordinaire. Il avait h se prononcer sur 
le quefiLionnaîre suivant qui lui était soumis par M. 1g pré- 
fet de Police: 

^ i° L'épandage des eaux d'égout* tel qu'il est pratiqué 
à Geonevilliers, et tel qu'il résulterait de l'adoption par le 
Sénat, du projet de loi voté par la Chambre sur l'utilisation 
agricole des eaux d'égout et sur Fassaiuisisemeat de la 
Seine, olïre-t^l des dangers au point de vue de la salubrité 
publique? 

û 2^ Existe- t-il, relativement à la préservation des eaux 
de la Seine, un système connu, meilleur au point de vue 
de la salubrité publique ? 

» 3° Le système du toui à Végout, pratiqué conformé- 
ment au règlement volé par le Conseil municipal le 28 fé- 
vrier 1887, présente-t^îl des inconvénients pour la santé 
publique? 

10 4^ Y a-t-jl un système de vidange connu qui offre 
moins d'inconvénients pour la salubrité publique? 

On voit qu'un vaste champ est ouvert à la discussion. 

Au début de la première séance, plusieurs membres 
avaient émis Tavis qu'il y avait lieu de charger une com- 
mission spéciale, d'examiner fa question et de préparer un 
rapport qui serait examiné ultérieur<^ment. D'autres au 
contraire ont pensé qu'il était préférable de discuter tout 
d'abord afin de connaître Topinian de chacun, et d'appré- 
cier ensuite s'il y avait lieu de nommer une commisBion. 

C'est ce dernier avis qui a prévalu, et on a passé aussi- 
tôt à la discussion de l'article premier, 

M_ Pasteur, prenant le premier la parole, a vivement 
combattu le projet de déversement des eaux d'égout et de 
vidange de la Ville de Paris sur les terrains d'Achères» Son 
argument — est-il l>esoin de le dire? — réside principale- 
ment dans la possibilité de transmission des maladies viru- 
lentes et contagieuses par les microbes, 

« La génération spontanée des êtres microscopiques, 
a-t-il dit, est une chimère, et toutes les maladies virulentes 
et contagieuses relèvent de la présence et du développe- 
ment d'êtres microscopiques,.. 



s 11 faut que par ipus les moyens aujourd'hui en notre 
pouvoir, rhygiène se préocctipe de déiruire les germes 
dont je parie ou d'annihiler leur funeste influence. Orque 
propose-t-on ? On propose, non de les conduire k la mer, 
où ils ne pourraient plus nuire, mais de les accumuler 
chaque année de plus en plus sur des champs situés aux 
portes de la grande ville, et ces champs seront cultivés. 
Kncore, si vous les laissiez stériles, vous ne seriez pas 
exposés à ramener les germes dans Paris, » 

Le projet de loi a été également combattu par MM. 
Armand Gautier^ Lagneau, Schlœsing et Schutzem- 
berger. 11 a été au contraire éloquemment détendu par 
MM, Bourgoin, Rocbard, Trélat, Alphand, Michel Lévy, 
Pi'oust, etc> 

Finalement on a passé au vote sur l'article 1*"^ du ques- 
tionnaire. Par 24 voix contre 7, le Conseil a décidé qu'il 
n'y a pas de danger, au point de vue de la salubrité publi- 
que, à Tépandage des eaux d'égout* 

Aax* 2. — Par 29 voix sur M le Conseil a reconnu 
qu'il n'existe pas, relativemeut à la préservation des eaux 
de la Seine, un meilleur système quel'épandage des eaux 
d'égout. 

Art. 3. — Par 30 voix contre 11 le Conseil décide que 
le système du tout à Végoui pratiqué ranformément an 
règlement voté par le Conseil municipal en février 1887, 
ne présente pas d'inconvénients pour la santé publique. 

Leâ divers amendements proposés par les adversaires 
du projet de loi ont été successivement repoussé s, sauf 
un dernier, invitant les ingénieurs de la ville à étudier à 
nouveau le syst^^me d*évacuation des matières par canali 
sations étanches. 

A, JOLTKAÏN, 

Secrétaire de la liédaction. 



Par Uonts et par Vaux. 

iLTRARE: [N VERS A MAGlSTflit — LE HfK^QOET, — LA VAPilLLJ>E. 

La dernière séance du Conseil d'hygiène et de salubrité 
de la Seine a été marquise par un événement scientifique 
considérable. 



i 



Pyrénées poury chercher distractions et santé, s'est accrue 
de toutes les facilités de voyage qu'ont produites les che- 
mins de fer. » 

II 

Quel est le médecin qui, en lisant ces appréciations, 
reflet hdèie des connaissances hydrologiques de l'époque, 
ne serait en mesure de formuler de sérieuses critiques, 
ei de contester formellement les indications et contre-indi- 
otions thérapeutiques qui constituaient en 18â0 l'apanage 
des diverses sources thermales que nous venons d'énu- 
mérer? 

Qui parlerait aujourd'hui de réserver les eaux de Cau* 
terets pour les maladies d'estomac, ou d'envoyer à Lucbon 
des malades atteints de gravelïe. 

Comme l'a dit en excellents termes, M.de Pietra Santa 
dans son compte rendu de la Caravane de 1887 ; Thydro- 
!o^e scientiiique est de date toute récente. Elle est actuel- 
lecaent basée sur un ensemble de travaux persévérants et 



harmoniques des géologues, des chimistes, des ingénieurs 
des mines, des hydrologues et des cliniciens. 

» Partout, ècrit-il, nous avons retrouvé des confrères 
qui nous ont exposé les ressources thérapeutiques de leurs 
eaux, en se basant surla géologie et k chimie d'une part; 
sur rexpérimentatîon et l'observation clinique de l'autre. 
Plus de ces panacées universelles à l'adresse des affections 
les plus diverses, mais une spécialisation intelligente et 
précise de chaque variété d'eau minérale; et son apphca- 
tion rationnelle à chaque moditication particulière de 
lorganîsme malade, ù 

Voilà précisément Timportancedela voie d'observation 
directe, et d'étude sur place, ouverte en 1816 par M, Léon 
Diifour, Voilà en dêlinitive la voie qu'a inaugurée la 
Société française d'Hygiène en 1887, et dans laquelle elle 
doit résolument persévérer, pour la plus grande instruc- 
tion du praticien, et pour le profit le moifi^ntestable^ 
du malade. D'^'^'^^ftt>^t.VM7dvRNqg^ '^ 






i40 



JOURNAL D'HYGIÈNE 



La Coramission du Sénat, chargée de Texamen du pro- 
jet de loi <i sur rassainissement de la Seine et Tutilisation 
agricole des eaux d'égout » volé par la Chambre des Dé- 
puliis, a demandé l'avis du Conseil siégeant à la Préfec- 
ture de Police Iqui aurait dû figurer au dossier.) 

Sans chercher à connaître les motifs qui avaient déter- 
miné cette négligence, nous dirons de suite que la majorité 
du Conseil s'est prononcée pour la discussion immédiate 
du questionnaire formulé par le Sénat. 

Sur Tarticle premier, relatif aux dangers de Fépandage 
des eaux d*égout sur la presqu'île de Gennevilliers, M. Pas- 
teur a pria le premier la parole pour combattre le projet 
des Ingéuieurs de la Ville, au nom; de la science nouvelle 
qu*il a créée de toutes pièces. Pour lui, la génération 
spontanée des ^tres microscopiques est une chimère, et 
SI toutes les maladies virulentes et contagieuses relèvent 
delà présence et du développement d'êtres microscopiques, 
l'unique but que doit se proposer l'hygiène, c'est la des- 
Iructîon de ces germes, pour annihiler leur trop funeste 
iiijluence. 

Il faut donc, ajoute-t-il, repousser énergiquement au 
nom de la gcîeiice, ce projet ae loi voté par la Chambre 
des d^^putés, car il aura pour conséquence immédiate, et 
directe, d'accumuler chaque année des millions et millions 
de germes nocîts sur les champs situés aux portes de la 
grande ville, 

CetLe doctrine et ces affirmations ont été combattues, au 
nom de Tcxpérimentation sanitaire et agricole, par 
MM. Hochard, U. Trélat, Bourgoin, Michel Lévy, Alphand, 
[,éon Faucher, Proust. 

M. Pasteur, soutenu par quelques chimistes du Conseil 
(MM. Armand Gautier, Schutzenberger, et Schlœsing), 
est revenu trois fois à la charge pour enlever la position, 
mais au moment du vote, il a été complètement battu, et 
24 voix contre " se sont prononcées pour déclarer en prin- 
cipe : 

et Qu'ii n'y a aucun danger au point de vue de la salubrité 
publique à Tépandage des eaux d'égout. >» 

Noua saluons, avec une très vive satisfaction, ce résultat, 
puisqu'il constate le triomphe des faits pratiques sur les 
théories de laboratoire, et nous serions heureux que cet 
événement marquât la fin de cet enthousiasme irréfléchi qui 
porte les générations du jour à jurer in verba magistri, 
alors surtout qu'à aucune époque de l'histoire du monde, 
même pendant les ténèbres du Moyen âge, ces verha 
n'ont été plus scandaleusement autoritaires et intransi- 
geants. 



Le Pétrole 

Pur M. WiLFRiD DE FONVIELLE (1). 



Un comble d'ignorance et d'absurdité serait de prendre 
le Pétrole pour un nouveau venu dans l'histoire du monde . 
En effet, celte substance si longtemps dédaignée, ignorée, 
étrangère aux arts profanes des peuples modernes, figure 
dans une multitude de traditions curieuses et de légendes 
poétiques ou terribles, de l'Ecriture aussi bien que de la 
Mythologie* 

'C'est par Thisloire attachante de ces traditions et de 
ces légendes que l'auteur débute dans son volume; il 
prend ensuite \\i pétrole dans l'antiquité, puis aux Etats- 
Unis et en Russie; décrit les travaux des pionniers du 
pétrole, la fabrication des puits d'exploitation, et s'arrête 
un peu sur les puits de feu de la Chine, c'est-à-dire le gaz 
si répandu parmi nous aujourd'hui. 

Les annales du Pétrole abondent, par exemple, en 

(H Un vol. iti-18, Bibliothèque des Merveilles. — Librairie Hachette, 






Le Bulletin général de thérapeutique nous donne, sous 
la signature du D^ Dresch, un moyen bien simple et très 
pratique d'arrêter le hocquet. 

(k Fermer avec le bout de ses doigts les conduits audi- 
tifs externes en exerçant une certaine pression; boire en 
même temps à peti tesgorgées,un liquide quelconque qu'une 
personne vous présente d'une manière commode duns un 
verre ou une tasse; c'est tout ! 

» Le hocquet cesse instantanément. Je crois qu'il cesse 
parce que la contracture de la glotte se trouve du coup 
supprimée. » 

M. Desch ne réclame pas de bénéfice d'invention ou de 
priorité, mais il cite plusieurs cas de succès aussi curieux 
que concluants. Qu'on se le dise ! 






Il y a quel<]ues anuées M* Bouquet de la Grtb> dans une 
communication à la Société nationale d'agriculture, doot 
il est l'un des zélés secrétaires, avait signalé l'industrie 
nouvelle qui utilise pour la fabrication de la vanilline un 
produit des forêts, la conitérine extraite de la sève du sa- 
pin pectine. 

Comme il n'y a en France qu'une seule fabriauede vanil- 
line qui, sous un petit volume, vaut environ 1000 francs 
le kilogranune, M. de la Grve proteste avec raison sur la 
proposition présentée par MTM. de Mahuy et de Vaulconate 
à la Commission des tarifs de douane de la Chambre des 
députés^ tendant à asseoir un impôt de 110 fraucs par ki- 
logramme sur la vanilline afin de protéger la culture de la 
vanille à la Réunion. 

Le résultat le plus immédiat de cette taxe serait de traiïs- 
porter en Suisse, ou en Belgique, cette usine française. 

Deux faits curieux et intéressants à noter c'est que, d'tine 
part, la fabrication de la vanilline a augmenté en France 
la consommation de la vanilline, par suite de l'habitude 
prise d'aromatiser avec la vanille un grand nombre de 
produits ; de l'autre, l'usine existant en France, fabrique 
également de la vanilline avec les débris de vanille veDant 
de la Réunion (1). 

D'Echo. 



(1) Voir ParUcle sur les accidentfi produits par le vanillismeau Jour- 
nal d'Hygiène, vol. VUI, p. 608. 



iiicendies terribles allumés par maladresse, à l'époque des 
premières découvertes, et qui ruinaient les propriétaires, 
tout en coûtant la vie à tout un monde de travailleurs. 

On traite journellement à Bakou (mer Caspienne) 
8,000 mètres cubes \de pétrole brut, transportés par des 
navires-citernes environnés de toutes les précautions 
désirables. 

Le long chapitre du « Pétrole dans l'Univers i iiotîs 
montre les différentes contrées où se trouvent des gise- 
ments importants de pétrole. 

Les applications diverses de cette substance à l'industrio 
et à la science sont aussi variées que nombreuses, et la 
préparation du pétrole comme dissolvant, est une des 
spécialités les plus intéressantes, à cause de la grande 
extension que prend chaque jour l'industrie importante 
du caoutchouc. 

Nous félicitons notre cher collaborateur et ami M. W. de 
Fonvielle, de l'exposition simple et méthodique, ||ui fait 
l'un des charmes de cet intéressant volume. ç[^ 

D*^ Marius Roland. 



JOURNAL n'HYGlKNE 



141 



BULLETIN DE LA SOCIÉTÉ FRANÇAISE D'HYGIÈNE 



HOUTEMENT SCIENTIf IQUE INTERNiTIONAL 
EN HYGIÈNE 

La section de Climatologie et Démographie. 

Mi CONGRÈS DE WASHINGTON (ttï87) 

Le nombre des lravau\ lus à cette section est si consi* 
dérable que nous avons cru devoir^ à notre regret^ négli- 
ger les uns,pour offrir à nos collègues une revue analytique 
plus complète des autres. Notre choix s'est porté princi- 
palement sur les mémoires marqués au coin d'une certaine 
nouveauté, ou d'une valeur scientifique incontestable. 

Dans un discours d'ouverture fort apprécié, le Président 
de k section, le D^ Gtuox, nous dépeint la climatologie 
comme une science désormais dépendante de la médecine. 
Le climat en effet n*est pas seul responsable delà maladie 
iafectieuse; les conditions hygiéniques locales deviennent 
d1 m portante facteurs dans leur production ; aussi con- 
vient-Il de chercher et de déterminer les rapports qui 
e^tistent entre ces conditions et les facteurs météorologi- 
ques, il ajoute que cette étude ne sera réellement efficace 
que si le Gouvernement lui prête son autorité eu encou- 
rageant ce geure d'investigations. Aussi, pour préparer 
œ mouvement, la section se hâte-t-elle de proposer la for- 
mation dans chaque pays, d'une Commission spéciale, 
chargée de prendre pour base de la statistique médicale, 
dans les maladies intectieuses, aussi bien les conditiins 
de l'hygiène locale que les causes météorologiques de 
chaque contrée. 

Ces recherches proposées par Thonorable président de 
ta section ont déjà été pressenties, et dans une série de 
rapports nous avonsle plaisird*entendre certains membres 
du Congrès développer les mêmes idées, et témoigner par 
là de l'intérêt tout nouveau de ce genre d*études* 

C*est ainsi que le D"" Hichard Nunn, frappé de V immu- 
nité de Savannah xns-à-visdece7^Laines maladies infectieuses, 
se demande si la causa ne viendrait pas tout simplement 
des condilions sanitaires spéciales de cette ville, fci, point 
de typhus, de fièvre typhoïde, de fièvre puerpérale. Le 
choléra asiatique n'a visité cette ville qu'une fois; la 
diphtérie y est bénigne, le croup rare, le choléra int'antiTe 
des plus bénins. 

Toujours sur le mémo thème et par l'étude des rapports 
qui existent entre tes maladies respiratoires et les condi- 
Hùm mètéorotogi^iues, le D"^ H. Backish de Lansing nous 
Enontre» par une série de tableaux et de courbes fort inté- 
reâsanles, les relations de ces maladies avec le froid et le 
chaud. Pour lui, le froid est toujours sec, et c'est cette 
sécheresse qu'il faut incriminer dans la production de 
l'amygdalite, du croup, de la bronchite, de l'infîuenza, etc. 
Le sang redouble ses échanges, et par contre-coup produit 
laphlegmasie. 

Quant âu D'' William Moork de Dublinpil admet comme 
un des premiers facteurs de la pneumonie, la spécifité; son 
caractère, dit- il, est souvent épidémique; sa contagion est 
TiTAiivpf» nrui mode d'invasion rappelle celui des affections 



spécifiques; ses signes généraux précèdent les symptômes 
locaux; des phénomènes critiques (herpès, éruption bleu- 
âtre, etc.) dominent la scène des derniers jours, et s'ac- 
compagnent parfois de lésions rénales; enfin et surtout, 
le bacille découvert parait palhognomonique. H conclut 
que bientôt son caraclère zymotique et son mode d'évo- 
lution seront connus au même titre que pour la fièvre 
ivphoïde. Je ne ferai que signaler le travail du D^ Depuson 
de Denver sur le dimut le plus propice aur phtisiques, 
travail où il expose le danger des altitudes élevées dans 
r^tat congestit'j et le mémoire du D' Tuckhr-Wise de 
Suisse, qui résume dans les propositions suivantes les 
conditions météorologiques de la Suisse Alpestre {stations 
de Davos, Majola, Saint-Moriti et Wiesenl), à savoir; 

1*» Sécheresse de Fair; 

^ Asepticilé; 

3^ Diminution des aecrétions bronchiques par suite de 
la réduction dans la pression barométrique ; 

4** AugmenUition dans l'oxydation des tissus ; 

5" Facilité circulatoire; — ^augmentation dans les mou- 
vements thoraciquer, — nutrition plus vive; — sédalion 
nerveuse.,, 

A propos des Eaujc minérales de l'Amérique et de leurs 
climais respectifs, le D^ Coan de New-York nous appr* U'I 
un fait peu connu, mais particulièrement intéressauL 
Après avoir distribué les sources de TAmériqueen quatre 
grandes classes, tl nous démontre par des chiffres que la 
région de TËst contient beaucoup moins de stations mi- 
nérales que la région de l'ouest* Dans celle-ci, en effet, 
les sources existent avec la proportion de 80 0/0 et cepen- 
dant, comme superficie, elle n'est considérée que comme 
la 3fH partie du territoire. Passant aux climats qu'il étu- 
die dans leurs variétés respectives et qu'il considère com- 
me un des adjuvants précieux du traitement, il classe 
celui de la Californie et de l'Orégon comme un des meil- 
leurs, il pressent également la renommée future du climat 
des lies Ha waï. 

Par une ixïïncidence toute fortuite, le D' Woods médecin 
de marine des États-Unis, nous entretient à son tour des 
peuples d'Haivai. Ll nous fait dans un t jbleau remarquable 
la vraie peinLure de cette race, belle entre toutes parmi les 
peuplades polynésiennes, et dont la caractéristique est 
rhospitalité. C'est en effet pour avoir poussé jusqu'à l'excès 
cette qualité d'hospitalité, que, depuis un siècle les con- 
ditions de ce peuple ont absolument changé. La licence, 
les excès, la syphilis et Tabus qu'ils font du ^ ava s leur 
liqueur favorite, ont absolument changé la face de ce 
peuple, tant au point de vue moral qu'au point de vue phy- 
sique. La lèpre les envahit en 1848, et elle les décime à 
tel point, qu^en 1884, la population jadis de 400,000 âmes 
n'était plus que de 40,000, La population est iuff^ctëe et 
les établissements lépreux en ont reçu 3076 de 1865à ISStl, 

Quelques travaux sur la vaccination furent ensuîterobjet 
de lectures très intéressantes et fort goûtées. Je citerai les 
principales. ^ j 

M. J. KoROsi de Buda Pe^th, réfute dansjiCHQwîrC 
intitulé : <£ Du pouvoir de la vacdnalion comme prophifktxk 
de la variole e, toutes les argumentations anciennes ou 



F>- 



V .T^7'»V^ 



143 



JOURNAL D'HYGIÈNE 



'"^ 



récentes qne l'usage de la vaccine avait suscitées. Il établit 
par un long et consciencieux travail de statistique, qu'il 
convient de séparer l'un de l'autre ces deux ternaes ; mor- 
talité et léthalité. La mortalité, dit-il, est la chance pour 
toute personne vivante de mourir ; la léthalité est cette 
même chant» pour ceux qui sont déjà malades. C'est sur 
cette, base qu'ont été commencées et que se sont conti- 
nuées, en Hongrie, sous la sauvegarde des coroners, d'im- 
portantes statistiques qui ont démontré l'innocuité de la 
vaccine. Malgré les rares, très rares affections dont elle 
peut être la cause, par imprudence ou par ignorance, on 
ne saurait nier, et la valeur de la vaccination, et les exis- 
tences sans nombre qu'elle a enlevées à la mort. 

Le mémoire du D' Korosi est longuement acclamé et 
de chaleureuses félicitations sont adressées au vaillant 
champion de la vaccine. 

Comme suite à ce travail, le D' Wklch de Philadelphie 
vient nous apporter les résultats de son expérience de la 
vaccine pendant la période d'incubation de lu variole. Il 
se base sur 144 cas, pour aflSrmer les bons résultats de sa 
méthode, et avec le D^ Ybamans qui prend part à la dis- 
cussion, il pense que ce genre de vaccination ne produit 
d'effet qu'à la condition d'être institué dès le début de la 
période d'incubation, et qu'il est préférable d'user de vi- 
rus humain. 

Enfin, en quelques mots, le D' Whitmarch de Londres 
nous fait une description historique et officielle de la vac- 
cination depuis Jenner. Il y a quarante ans, le chiffre de 
60 0/0 représentait les victhnes d^ la variole ; aujourd'hui 
il n'est plus que de 1 0/0. C'est qu'en Angleterre, la vac- 
cine est obligatoire sous peine de poursuites; tous les 
enfants au-dessus de trois mois y sont contraints. Une 
loi en réglemente les termes et les motifs. Il émet, en . 
terminant, quelques considérations sur la vaccination 
antirabique (méthode Pasteur). Sa théorie n'infirme en 
rien la méthode pastorienne; mais il parait, selon nous, 
mal renseigné sur les moyens techniques mis en œuvre à 
l'institut Pasteur. 

Dans une autre série de rapports sur l'alimentation des 
enfants en bas âge, nous relevons en premier lieu celui 
du D' Vaughan professeur à l'université du Michigan. Son 
travail a pour titre : « Le lait de vache dans ta nourriture 
artificielle des enfants. » Il nous fait part des expériences 
qui l'ont amené à découvrir dans le fromage et plus tard 
dans le lait, le poison qu'il appelle tirotoxicon. Ce poison 
se retrouve toujours dans le lait qui a séjourné à l'air 
pendant un certain temps. Le choléra infantile, ainsi qu'il 
le démontre par l'expérimentation qu'il en a faite sur les 
animaux, est le résultat de cet agent infectieux. Aussi 
conseille-t-il de faire bouillir le lait, de le stériliser ensuite 
et de le mettre enfin en vases clos et cachetés. Cette mé- 
thode assurément pratique et possible chez les gens riches, 
^ous parait absolument impraticable chez les pauvres, 
précisément ceux où les moyens de conservation du lait 
sont le plus négligés. 

Le p'' Leedes, à son tour, met sous nos yeux dans un 
travail sur Vélevage des enfants^ le résultat des expérien- 
ces qu'il a faites sur des laiU différents. Après une série 
de comparaisons, il est arrivé à la méthode suivante : 

Pour rendre le lait de vache plus digeste et lui enle- 
ver son excès de caséine, il propose de faire digérer la 
caséine par une poudre peptogénique constante, qui à 
laide de la chaleur, la réduirait en cinq minutes. Préala- 



blement, le lait est dilué avec de l'eau et enrichi d'une 
crème destinée à lui rendre sa matière grasse. Les expé- 
riences cliniques, dît-il, ont confirmé sa manière d'agir. 

Enfin d'autres orateurs, la plupart médecins militaires, 
nous font part de leurs idées, sur Vhygiène du soldat, con- 
sidérée dans ses rapports avec les différents climats. C'est 
ainsi que le D' Morse, proclame la nécessité de l'eau pure, 
non souillée, dans Y alimentation des postes militaires. — 

Partout où l'examen de l'eau n'est pas fait, régnent la 
fièvre typhoïde et la malaria. 

De son côté le D' Schbifth des États-Unis, nous décrit 
dans tdus ses détails la question de l* acclimatation du 
jeune soldat dans les Indes. Son arrivée au corps, dit-il, 
est souvent marquée par la fièvre typhoïde, l'hépatite, 
etc... tandis que plus tard il présente une résistance bien 
plus grande à la chaleur, à la marche, aux maladies. 

Telles sont les principales questions afférentes à la sec- 
tion de climatologie et de démographie, qui ont été 
traitées au dernier Congrès de Washington. 

D' MoRiGB (de Néris). 

Maladies par le séjour prolongé dans l'eau. 

Sous ce titre le D' Letheule de Champtocé (Maine-et- 
'Loir)transmet au Secrétariat une note d'une certaine im- 
portance pratique. Pour notre distingué confrère, le con- 
tact prolongé sur certaines parties du corps, de l'eau froide 
et spécialement d'eaux stagnantes, engendre une série de 
maladies qui d'ordinaire ont leur siège sur la peau. 

» Bien des gens sont obligés par leur genre de travail de 
séjourner dans l'eau froide, plus ou moins croupie, ce qui 
donne lieu chez les uns à des douleurs avec oedème des 
jambes, chez d'autres à des répercussions sur des organes 
parenchymateux ou les séreuses, par suite de l'inégalité 
de la température sur les différentes parties du corps. 

>» Quels seraient les moyens prophylactiques les plus 
appropriés pour prévenir les conséquences inséparables 
de ce genre de travail? L'examen attentif des conditions 
d'existence des animaux qui vivent dans l'eau, tels que 
les poissons, les cétacés, nous montre qu'ils sont induits 
d'une substance grasse qui empêche le contact direct et 
Tabsorption subséquente de l'eau. La surface cutanée de 
l'homme est très propice à l'absorption comme le prouvent 
l'efficacité des bains, et l'utilité des liniments, et tous 
autres médicaments topiques appliqués à sa surface dans 
un but thérapeutique. Et encore il ne Tant pas perdre de 
vud que les corps gras empêchent cette absorption parce 
qu'ils viennent obstruer les pores de la peau, visibles à la 
loupe, et par où s'effectue la transpiration cutanée. 

D II s'agit donc dans le sujet qui nous occupe de placer 
la peau dans les mêmes conditions où se trouve normale- 
ment celle des animaux aquatiques. De ceux-ci les uns 
ont la peau naturellement grasse et épaisse, d'autres, tels 
que les canards, possèdent à la surface de la peau une ou 
plusieurs glandes dont les orifices externes sécrètent un 
suc huileux dont ils lustrent leurs plumes. 

» L'objet de cette glande est si bien de rendre le corps 
imperméable que, lorsqu'on vient à l'enlever, on constate^ 
que par suite d'une absorption devenue trop puissante, 
l'animal se refroidit dans l'eau, devient ainsi à tempéra- 
ture variable et dépérit dans la consomption, après avoir 
subi les phénomènes d'endosmose et d'exosmose. 



JOURNAL LVHI^GIÈNE 



14? 



^La conclusion pratique à tirer de ces observaLions, c'est 
que l'homme qui travaille daas Tuau doit, au momeut de 
s'y introduire, s'i^nduire la peau d'un corps gms qui le 
meUra daus les conditions sif^nalées ci-dessus. Il pourra 
employer à cet effet soit de la glycériûepSoitdel'huile, soit 
de Ja graisse, toutes substances qui empêcheront ou con- 
trarieront Ja pénétration de Peau sous le derme> 

tj Je connais un mallieureuxquiostcûmpliHe ment perd us 
de ses jambes depuis de longues années et qui marche 
avec la plus grande difficulté, pour avoir trayaîUé pendant 
qudques heures seulement dans Teau froide on il était 
entré pour retirer du foin emporté par les grandes eaux. 

» Toutes les personnes exposées à ce genre de travail, 
auxquelles j'ai conseillé ce moyen prophylactique aussi 
simple que pratique, lesmiciiQns grosses, ont pu en consta- 
ter rcfficacité et la raison d'être, o 

D^ H* Letheule, 
à Champ tocé^ 



Revue analytique et critique 
des Publications périodiques d'hygiène. 



ARCmVES NAVALES 

yovatibre iSS7* — Ce fascicule nous donne le compte- 
rendu de la séance du Gonprès d'Hygiène où a été discu- 
tée, sous la présidence de M. de Scheker, la question de 
V Acclimatation des Européem flans les pays chauds. Le 
programme comportait lexamen dus points suivants: 
cUoii du lieu ; amélioration des terrains ; construction et 
aménagement ; choix de ralimantation; habillement, ré- 
glementation de la maoière de vivre en général sous les 
tropiques. 

Les prérapports avaient été demandés à MM, Treille, 
le savant et sympathique directeur de la rédaction des 
Archives, au D^ Hcehiy de Bâle, et au D' Jean Buchner de 
Munich (1 ». 

M. Treille s'est acquitté de sa tâche avec beaucoup de 
compétence et d'autorité. Ses idées et ses observations sont 
en tous points conformes aux principes ciimalulo^iques 
qui ont été soutenus dans le Journal d' Hygiène par MM. 
de Quatrefages, Ad- Nicolas, Maurel, H, Rey, Fcrnand 
RoUK et de Pietra Santa. Comme nous tons, le rappor- 
teur admet une diflérence essentiel le entre Tacch mate- 
rnent et Tacchmatation^ entre le3 conditions de Texistence 
de rindividu, et les conditions de prospérité de la race. 

Pour M. Treille, dans les pays chauds pris dans léur 
ensemble, Taclioû du milieu sur Torganisrae humain est 
caractérisée par une influence dominante : la tunsîon de 
la vapeur d'eau atmosphérique; quand elle s'élève, il y 
y a une insuffisante tension de Toscygène qui s'accompa- 
gne d'une réduction de Thématose avec ses corollaires 
iuséparables: moins d'éner^^ic de l'exhalation pulmondire 
et de l'évaporation cutanée, augmentation progressive de 
la partie séreuse du sang (hydrénie), tendance à l'hyper- 
thermie. 

La rétention dans le système circulatoire, d'une plus 
grande quantité de vapeur deau(mcompLètenientexhalée 
pai' la surface pulmonaire) amène une répercussion sur le 
réseau capil'aire cutané, qui se traduit par une suractivité 
rie la sécrétion audorate, avec sa conséquence immédiate : 

Ifli ÏL By dîner cii^vnit traiter plus spoei-i le ment a ÛBa pré Jl^pos liions 
àûs. diverses raceâ liumaines par r-ipport aux différentes matières 
infectieuses, et des conséqueiicfiâ pratiques à en tirer pour le cooi- 
inercâ des alverses races ï* 



Texaj^ératioji de la sensation de soit', qui pousse TEuropéen 
A augmenter immodéré rnL^nt U*. régime des boissons, et à 
diminuer du même coup l*activité musculaire eu géuéraï, . 
la perversion des actes digestifs, le pïéfcliore des glandes 
Hépatiques. 

^ Eu résumé, les climats chauds sont d'autant plus nui- 
sibles à Torganisme de TEuropéen à prton, qu'ils sont 
caractérisés par une élévation dL^ plus en plus grande de 
la tension de vapeur atmosphérique, * 

Si Ion réfléchit que la constitution du sol superficiel, 
et son régitne fluvial et lacustre, exercLQt une influence 
directe et marquée sur les oscillation.* de cette tension de 
vapeur aqueuse atmosphérique, on comprend partaite- 
ment comment, sous un climat équntorial donné, la saison 
sèche est la plus salubre et comment la saison de Thi ver- 
nage (humide et pluvieuse) est la plus malsaine. 

De même aussi, sous une bande isotherme donnée, la 
plus salubre des contrées qui y sont comprises sera celle 
qui offrira le moins de tension de vapeur d'eau« et cela 
indépendamment d'un degré de température plus élevé- 
Quantiraltitude,eile joue nécessairement un rôle ïmpor- 
tmt dans Face li matât ion pour les pays situés entre les 
tropiques et Téquateur, parce qu'elle amène un abaisse- 
ment notable de la tension de vapeur d'eau. 

Nous regrettons de ne pouvoir suivre, aujourd'hui « 
M, Treille dans les détails très circonstanciés qu'il fournit 
d après son expérience personnelle, sur le choix du lieu, 
l'amélioration des terrains, le mode de construction de 
rhabilation, et son assainissement, le choi\ de ralîmen- 
talion et de Thabi II émeut, la réglementation de la manière 
de vivre, etc. 

Un exposé de l'hygiène des tropiques comportait des 
considéraiiona économico sociales sur le rôle et les apti- 
tudes de T Européen dans la colonisation des pays chauds. 

Ce chapitre est trailé de main de maître par M. le D' 
Treille. D'une manière générale, du niveau de la mer à 
800 mètres d'altitude, entre Téquateur et le 15* parallMe 
nord et sud^ il n'est pas désirable que rEuropéen tetite 
d'exercer par lui-même la profession d'agriculteur. H 
n'est pas physiquement organisé pour supporter le pénible 
travail de laierre, le maniement d^Ha charrue, delà hcrsc 
et des autres instruments agricoles. Si Texpositicjn au 
soleil, aux pluies tropicales lui inlerdit les travaux 
manuels, il doit borner sou rôle à la gérance de proprié- 
tés agricoles om d'établissemniit^ industriels, 

La mise eu état des trres pour ht cultut*edes riches 
denrées que produit la zone tropicale (canne à sucre, 
indigo, etc.) ne peut être le lot de l*Européen. Pour ce 
travail il faut des hommes acclimatés, des ouvriers déjà 
adaptés au milieu, 

initiateur bienveillant des indigènes, pionnier de la 
civilisation, il nepeulétre (avec un c:apilal adéquat) qu*UD 
organisateur et un directeur du travail colonial. 

Croire qu'avec une concession de quelques hectares de 
terre ou ae forôt vierge et des instruments aratoires, 
l'Européen pourra par ses bras conquérir une fortune, est 
une erreur malheureusement commune. Oans ies^ pays 
chauds, l'insuccès des entreprises de colonisation officielle 
est là pour témoigner contre cette chimérique illusion (i)< 
M. Treille résume en ces termes éloquents df^ns leur jus- 



(!) L'exemple de noti-e eolQniaation algérienne est \i\ pour prouver 
le biert Ibndé des eageâ apprécia tians de Tauteur. Qwi Ton compare 
Im résultat* obtenus peodnut les priîmi res années de la <!onquûte. 
alors que ïes colons dèbarquaienl a Alger sans aucnoE connaissance 
du pavs, avei. queUjutîa [usirumcnts H quelques pïanches, pour être 
d i v\gïk sur de^ lûca inés plus ou mojna inhabitées; et le* résultats obtenus 
après les év^.nements lie 1870-71 sur rinsiallntion des A L*ii ci ens- Lor- 
rains, par riniti^iitvo de philantbrope^ éclûirés. IVunt: paru U miacre^ 
h maladie, le dépérissf^menL et k mort; de l'autre; rac^lijïuitaUaiv> 
progressive, lo bûûtie aaatâ, le bien*étre §t la prapiagiUon de re^ècftik^ 



144 



JUUKl^AL UUYUUlil^lli 



U 



lesse et leur simpUcUôsoQ remarquable rapport: « Que les 
Européf^ns qui voiil aux pays chauds ne séparent donc 
jamais Thygiène des conditions économiques! C'est à cette 
union l'éconcie qu'.ils devront le succès, quelles que puissent 
être d'ailleurs les hésitations, les lenteurs et même les 
déceptions qui traversent Jeurs entreprises, » 

Décentre fSiST. — Ce fascicule comprend : 1** la fia de 
Tiraportant niémoire que nous avons déjà signalé précé- 
demment : le Tonkin, par le D' H. Rey; 2<> le compte- 
rendu de la discussion qui a suivi au Congrès de Vienne 
ie rapport de M. le D' Treille a sur racclimalation des 
Européens dans les pays chauds ». 

1«> M. A. H. Rey, avec sa compétence bien connue, passe 
successivement en revue : Thygiène privée (habitation, 
vêlements, alimentation, bains, douches, courses, prome- 
nades, occupaliOEis, travaux, etc.); l'hygiène militaire 
(troupes européennes et troupes indigènes) ; puis il arrive 
a rhygiènc publique. Nous sommes heureux de pouvoir 
iranscriîG in extenso ce paragraphe : 

« Tout est à créer ou à peu près. Je ne ferai qu*indii|uer, 
d'une manière sommaire, les poinls les plus importants 
sur lesquels, une agglomération urbaine étant donnée, 
l'attention de l'autorité devra être appelée : 

» 1* Ouvrir de larges voies, les orienter suivant les deux 
riiDussMus. Elles seront plantées d*arbres pour avoir de 
ruinbri.' ; pourvues de trottoirs couverts (comme en Algé- 
rie), aliu que les allants et venants soient à i*abri de la 
pluie el du soleil; bien entretenues ei éclairées la nuit; 

û â^ Amener de l'eau potable en grande Quantité et la 
distribuer dans les divers Quartiers; établir aes fonlaines; 

*> 3° Pourvoir au rejet des eaux de toute nature, des 
déjections, etc., au moyen d'un système d'égouts bien 
CEitenJu; 

» 4" N'autoriser que les constructions en pierres ou en 
briques, à un étage au moins; éloigner le plus possible 
du centrti toutes les pailloUes ou maisonnettes en torchis, 
qui sont autant de nids à rats, et dont le voisinage est un 
danger permanent d'incendie ; 

» 5"* Créer des hôpitaux généraux et des hôpitaux spé- 
ciaux (femmes, enfants, vénériens, aliénés), et aussi les 
léproserii-s; 

» 6° Établir, en lieu favorable et à distance suffisante 
des habi talions, des cimetières clos de murs. 

11 T ymte rfes piles publiques. Des mesures ont été prises 
déjà en vue de 'a surveillance de la prostitution. Elles 
devront èlre eoin|>:étées, et appliquées avec soin 

» 8* Vaccine. Une des premières préoccupations de l'au- 
torité a été la propagation de la vaccine. Il y a beaucoup 
à faire pour défendre les populations contre la variole, et 
c'est un des plus grands services qu'on puisse leur rendre. 

ïï 9' Quarantaines. Un Règlement a été éJicté, analogue 
à celui qui est en vigueur en Cochinclîine; il est de grande 
importance qu'il soit maintenu et observé rigoureusement. 
Un lazaret devra être établi soit à la Cac-Ba, soit sur la 
presqu'île de Do son. 

1» 10** Création de lieux de œnvalescence et de postes sa- 
nitairefi. Sur nos instances, un Hôtel de convalescents fut 
établi à Ouang-Yen (juin 1884). Cet hôpital a rendu de 
grands services au Corps expédilionnaire. Nous croyons 
qu'il serait utile de le maintenir et de créer d'au 1res éta- 
blissements de même nature, notamment sur la hauteur 
de la Cac-Ba {330 mètres d'altitude). 

• Les altitudes ne manquent pas au Tonkin : la chaîne 
quï règne le Inug de la côte, à Test de Quang-Yen, a des 
sommets qui mesurent de 1.000 à 1,200 mètres; les mon- 
tagnes de Cay-Tram, au sud de Chû, s'élèvent jusqu'à 
1,100 mitres. Mais c'est plutôt du côté du Yun-nan qu'il 
conviendra de rechercher une localité favorable pour en 
faire le véritable Sanafoniim du Tonkin. Un jour viendra, 
puisse- t-il ne pas être trop longtemps attendu, où, Lao-kaï 



«1 

i pcarra, I 



et Haï-Phong reliés par une voie ferrée, l'Européen 
en une journée, se transporter sur les hauts plateaux tt y 
passer la saison difficile. N'ayant plus à subir les épreuves 
pénibles de l'été, il fera sans peine deux années de séjour 
au Tonkin. J'estime môme avec Maget, que, dans ces con- 
ditions, le temps de séjour pourrait être porté à quatre 
années, a Mais, ajoute notre collègue, et non sans raison, 
j'assigne ce terme comme limite à la prudence.» (H. Ret.) 

^ La discussion sur le rapport de M. Treille a été ouverte 
par lô D' Ferreira Ribero, de Lisbonne, qui aexposé avec 
une grande autorité, les principes d'hygiène qui doivent 
guider les administrations coloniales dans le choix des 
centres d'habitation, et dans le mole d'exploitation des 
terres. M. Ribeirodéclare partager la doctrine physiologique 
de M. Treille, et en éoumérant les conditions d'inhabitabi- 
lité des pays chauds, il préconise, contre le paludisme, 
l'administration régulière et à petites doses du sulfate de 
quinine. 

Dans une péroraison chaleureuse, l'orateur exprime 
l'espoir que les colonies européennes servies par Thygiène, 
sauront arracher l'Afrique centrale à Sa barbarie et ouvrir 
aux déshérités do la vieille Europe un champ fertile et 
rémunérateur. 

M. le P' Mœhly de Bàle, avec sa grande expérience per- 
sonnelle des côtes occidentales d'Afrique, est couvaiocu 
que l'hygiène seule permet d'y vivre. 

M. le D^ Déchy-Mor,de Ruda-Pesth, a pu observer dans 
ITndo-Chine anglaise que la constitution météorique est 
bien au commencement de toute pathogénie, par I action 
combinée de la chaleur et de la tension aqueuse. 

a Le premier des avis que l'humanité commande de 
donner à l'émigrant, s'écrie M .' Déchy-Mor, c'est de lui 
dire que s'il boit de l'alcool, il est perclu sans retour pour 
lui, pour sa famille et pour sa patrie, r, 

M. le F' liuchner, de Munich, s'associe aux précédents 
orateurs pour faire émettre, par la section, le vœu « guc 
les gouvernements prennent des mesures propres à éclairer 
les colons, les minus et les militaires sur les dangers des 
boissons alcooliques. 

M. Buchner montre ensuite la nécessité qu'il y a d'étu- 
dier avec soin, dans la zone intertropicaK', l'aptitude des 
races indigènes à conlracler des maladies infectieuses. — 
il termine en réclamant la généralisation des observations 
météorologiques pour l'étude physiologique des climats. 

M. le Président de Scheizer, adresse de vifs remer- 
ciements à H. Treille, et fait adopter la proposition de 
traduire son mémoire en langue allemande, aux frais du 
Congrès! 

C'est là un honneur mérité et légitime pour le savant 
Rédacteur en chef des Archives navales, 

D' DE P. S. 



LES STATIONS D'EAUX MINÉRALES 

DU CENTRE DE LA FRANCE 
LA CARAVANE HYDROLOGIQUE DE SEPTEMBRE 1887 

(Compte rendu du Secrétariat 
Bécit de l'excursion, — Conférences faites auv diverses stations). 

Un voK in-8"Ulustré de ôgravurds. Paris, 1888. 

N. B, — Le prix du volume est de 3 francs pour les 
membres de la Société française d'Hygiène qui le prendront 
au Bureau, 30, rue du Dragon; et de 3 fr. 50 c. pour ceux de 
ses membres qui désireraient le recevoir par la Posle. 

Propriétaire-Gérant : W de Pietba Santa. 

IMPRIMBRIB CHAIX. — SO, RUB BBROÊRB, PARIS. — 6438-3-8. 



,V «»^i,p«J9« ■•itv • r v^ -*ï« t ■• 



•^■fT^^f 



i¥ ANNÉE, — 43^ VOLUME. 



Maméro 60l. 



JEUDI 29 MARS 1888. 



JOURNAL D'HYGIÈNE 



SOMMAIRE : Les Trogni;; de Thygiène dans la République Argentine (R. Coni). — Les hôpitaux maritimes (Casse). — Bulletin des Conseils 
d'ti^gîÈiie (Skine), — Ln Rage (Rapports de SiM. Alexandre et Dujardin-Beaumetz). — Par Monts et par Vaux. — Feuilleton : L*art 
cuUnaii^ au t\* sîècLe (Epistre de Maistre Pàstourel). — Les Araipées. — Bulletin de la Société française d'Hygrlène : De la 
Décessttff d'aîiaurer à tmttes les communes de France une distribution abondante d'eaux potables; l'Exposition de sauvetage et d'hygiène 
de 1888 (E. CACHEri)* — Revue analytique et critique des publications périodiques d'hygiène (Revue niédiccUe de la Suisse Romande; The 
Saniiartj Etiginêûr de New-York; Bolettti de Médicinal naval; l* Union médicale du Canada), 



Paris, ce W Mars 1888. 

Les progrès de l'Hygiène 

DANS LA RÉPUBLIQUE ARGENTINE 

A Toccasioû du récent Congrès iaternational d'Hygiène 
(laVîenne^ M. le D^ Emile R. Coni à résumé dans un 
volume m-4'' de 300 pages environ^ orné de 20 planches^ 
les conquêtes et les progrès de l'hygiène publique et pri- 
vée dans cette belle contrée de TAmérique du Sud, où la 
Société française d*Hygiène compte un si grand nombre 
de partisans dévoués, de travailleurs émérites, d'amis de 
la première heure- 
Avant de signaler les créations et les faits les plus 
importants, en prenant notre savant collègue pour guide, 
Dous sommes heureux de transcrire ici quelques passages 
d'un travail deM. Emile Uaireaux « La vie et les mœurs de 
La Plaia o . Nos lecteurs y trouveront la confirmation écla- 
laotedu bien fondé de notre réelle et sincère admiration 
pour la République Argentine. 

I 

M. Daireaux a vécu pendant dix années « au milieu 
d'un peuple sympathique, plus français, plus acquis aux 
idées françaises que nombre de nos colonies, les plus 
anciennement unies à la Métropole ; dans un pays où la 
France a plus d'intérêts économiques à surveiller qu'en 
aucun lieu du monde, où l'émigration spontanée a groupé 
plus de cent miUe de nos compatriotes. 



a II y avait utilité grande », écrit M. Gaston d'HallIy 
dans la Revue des li'Ores nouveaux^ à faire connaître, 
dans son ensemble, et dans ses détails, d'une façon pré- 
cise, les aspects naturels, la vie sociale, les mœurs, les 
institutions, les ressources, les lois* les industries de ces 
contrées que la nature a si généreusement dotées, où pour 
notre race, la solution du problème de la vie se présente 
attrayante et facile. ^. 

» C'est la société, ses mœurs extérieures et intimes» 
l'organisation légale et sociale de la famille» les origines 
ethmques de la nation, les lois de sa formation et de son 
développement, ses tendances démocratiques, sa consti- 
tution politique et ses lois, ses usages judiciaires, son orga-^ 
nisation commerciale et financière, ses industries urbaines 
et rurales, enfin, le caractère de l'immigration qui l'en-^ 
va hit, et la condition des étrangers qui s'y établissent» que 
l'auteur a étudiées. 

Ce travail serait incomplet^ si l'auteur n'avait ausf i 
indiqué; à grands traits, le cadre naturel où cette société 
est née, n'avait recherché les influences de ce milieu» sur 
son développement, en donnant les traits principaux des 
grandes régions, que ce développement élève rapidement 
du rang des pays vierges à celui de ct)ntrécs fertiles» pré- 
parées pour des générations futures. » 

Voilà la peinture fidèle que fait M. Emile Daireaux du 
commerce français sur ce vaste marché de Buenos-Ayres» 
où chaque pays étranger conserve son individualité com- 
merciale et son air d'action. 

« En pénétrant dans les rues de la ville, on croirait que 
la France a pris possession de ce pays; les hôtels, les cafés. 



FEUILLETON 



L'Art culinaire au xv® siècle, 

La lettre suivante, peu connue d'ailleurs, que nous avons 
retrouvée dans de vieux documents du xv® siècle, nous a 
paru assez intéressante pour être rapportée à nouveau. 
Elle contient des conseils fort curieux, de maistre Jacques 
Pàstourel, premier cuisinier du roi Louis XI, sur la com- 
position de la maison de bouche d'un grand seigneur et 
sur la cuisine de Tépoque. L'application des lois les plus 
élémentaires de Thygièiie, qui réclame des aliments sim- 
plement préparés, était alors absolument inconnue ou tout 
au moins traitée avec un sans-gêne inconcevable. L'orga- 
uismede nos ancêtres étaitril donc à ce point différent 
du nôtre, leur palais était-il donc si dépravé qu'il leur 
falfût de tels condiments? On peut se demander si, de nos 



jours, on trouverait beaucoup d'estoniacs capables l'afiron- 
ter sans danger, et de supporter sans souci de dyspepsie et 
de gastralgie, de semblables menus. 

A tout bien considérer, notre cuisine moderne, malgré 
tout le secours quelle emprunte à la chimie» est encore 
prérérable à tous ces mets de haut goût. 

On en jugera par Tépitre du prime-queux du roi Louis 
le onzième. D'M.deT. 

ÉPISTRE 

De maistre Jacques Paslourel, frime-queux du roi de 
France très chrétien, Louis le onzième, à maistre Jean 
Couvetz, prime-queux de Monseigneur le duc dAlbe, 
gouverneur des Pays-Bas pour Sa Majesté catholique le 
roi d'Espagne. 

Cher et amé disciple, 

One ne sauraient dire les paroles d'une bouche mortelÊ 
de quelle joie notre cœur a pantelé, lors de la réception de 
votre épistre» laquelle me fait à savoir que Monseigneur le 



^r^^-- 



146 



JOURNAL DtlYGIÈNE 



les restaurants, 6t il y en a plusieurs tenus comme les 
premiers de Paris, sont français; toutes les maisons de dé- 
tail de quelque importance sont françaises; tout ce qui 
constitue la toilette des hommes et des femmes, la vie ma- 
térielle d une grande ville est fourni par la France, vendu 
en français par des Français ; les grandes librairies sont 
françaises. A elle seule, la France absorbe 30 0/0 de tous 
les produits exportés du pays; les grandes Compagnies 
de navigation transatlantique sont françaises, et, cepen- 
dant la France tient ici une petite place commerciale : rare- 
ment un Français, ou une entreprise française y ontconquis 
une situation financière en vue (1). 

... La seule institution commerciale que les Français de 
Buenos-Ayres ont eu le mérite de créer les premiers, est 
cell'S d'une Chambre de commerce. C'est encore là une 
preuve de désintéressement patriotique. 

II 

M. le D' E.R. Coni trace en ces termes le plan qu'il a 
a iopté pour la rédaction d»son travail : 

« Nous commençons par étudier dans des chapitres 
divers, suivant un ordre logique : l'hygiène de l'homme 
dans son enfance, ensuite celle de son alimentation, de 
son habitation, du sol qu'il foule et de l'air qui l'envi- 
ronne. Puis, nous parlons des services urbains les plus 
importants, tels que l'approvisionnement d'eau, le réseau 
des égouts, etc., en un mot tout ce qui se réfère à l'assai- 
nissement des villes. 

» D'autres sections font ressortir les progrès réalisés en 
hygiène militaire et navale, hôpitaux, hospices, établis- 
sements de charité. 

)« Le chapitre VH, réservé aux études de la pathogénie 
et de la prophylaxie des maladies infectieuses, est ruades 
plus importants parce qu'il traite de questions à Tordre 
du jour. 

» Enfin le dernier chapitre rend compte de l'organisa- 
tion sanitaire de la République, qui peut être considérée 
comme l'œuvre des derniers temps. » 

En lieu et place d'un compte rendu d'ensemble, nous 

(i) «C'est que les capitaux fraoçais n'émigreot pas, et n'aident d'au- 
cune manière le Français qui s'expatrie, et qui, livré à lui-même, doit 
cliercher dans son travail personnel les éiémeots de son succès. » 



préférons suivre pas à pas i'auleur dans son exposé, en 
énumérant et en mettant en relief les faits les plus nou- 
veaux et les institutions les plus importantes. 

Chapitre L 
Hygiène de l'eafanee. 

Il n'existe pas encore de loi spéciale pour la protection 
des enfants du premier &ge analogue à la loi Roussel, par 
cela même que la plus grande partie des mères nourrissent 
leurs enfants, et que l'industrie des nourrices n'a pas 
atteint les proportions prises dans les cités européennes. 

1® VasiU des enfants trouvés estsoutenupar le Gouver- 
nement national, et administré par la Société de bienfai- 
sance* Le chiffre relatif des enfants abandonnés est de^ 
4.17 0/0. a Le tour fermé ou clandestin, tel qu'il existe dans^ 
la capitale, est un encouragement au libertinage et à 
l'abandon des enfants. y> Les enfants trouvés séjournent 
dans rétablissement jusqu'à Tàge de 5 ans, époque à 
laquelle ils sont envoyés dans des orphelinats respectifs. 

^^ Les salles (Tasile (Asilos maternales), pour les enfants 
âgés de plus de 2 ans, sont soutenues et dirigées par la 
Société des Dames de Charité. Au commencement de l'an- 
née 1887, celle du Nord comptait 894 enfants, et colle du 
Sud 400. 

Vasile d'orphelins (Asilo de huerfanos) et la maison 
d'orphelins (Casa de huerfanos de la Merced) sont soutenus 
par le Gouvernement national et administrés parla Société 
des Dames de Bienfaisance. 

La Société protectrice d'enfants orphelins et abandonnés^ 
créée en 1884 par l'initiative du Club industrial argentine, 
possède dans le village de Florès une maison où sont 
reçus des enranls âgés de moins de 10 ans. 

Citons en outre Yasile des oi'phelins pauvres, la maison 
de correction du Bon Pasteur, le c/dUge Pie IX d'Arts et 
Métiers, Vécole^Arls et Métiers de Saint-Martin, V orphe- 
linat français, Vasile d'orphelines irlandaises, etc. 

3<» L'enfant à l'école. Hygiène scolaire. — La République 
Argentine a réalisé dans ces dernières années des pro- 
grès considérables sous le rapport de Finstruction publi- 
que, la favorisant par des lois protectrices (loi du 8 juillet 
1881) ; augmentant son budget respectif, dotant d une 
plus forte rétribution le personnel de ces établissements 



ducd'Albe vient de vous donner les titres, pouvoirs et fonc- 
tions de prime-queux en sa noble maison. En cela, nous 
le reconnaissons, il a fait preuve de la haute sagesse qui 
le rend célèbre parmi les seigneurs les plus sages ; car 
de tous les disciples que nous avons conduits, par nos 
conseils et par nos exemples, dans le glorieux et difficile 
chemin de l'art de la gueule, aucun n'a su mettre à prolit 
nos enseignements mieux que vous. Aussi, quand la 
vieillesse, qui n'épargne rien en ce monde, viendra nous 
obliger à quitter les offices royaux, nous espérons que 
Dieu nous fera la grâce de nous donner en vous un digne 
successeur, et que nous remettrons en vos mains la 
baguette blanche, insigne de nos fonctions, tenue si 
longtemps parnous avecquelque éclat: nous osons le croire, 
d'après les hauts et puissants témoignages que nous en 
avons reçus des seigneurs, princes, et rois, conviés à 
s'asseoir à la table du roi très chrétien; nous osons le 
croire, surtout d'après les paroles d'estime et d'affection 
par lesauelles Sa Àlajeslé très chrétienne le Roi (Dieu et la 
Vierge le protègent) nous félicite chaque jour, aprè^ le 
banquet et durant la béatification et le bien-être que la 



chèrc-Iie produit en un monarque, le plus glorieux entre 
tous les monarques. Oui, cher etamé disciple, nous avons 
l'espérance que vous nous succéderez ; et c*est une noble 
anlbition que doit nourrir votre cœur. Car celui qui 
pourra dire : je tiens dignement la baguette blanche de 
maistre Jacques Pasto'jrel, pourra penser également et sans 
vanité : jesuis le premier prime-queux du monde chrétien. 

Vous nous demandez des conseils et des instructions : 
nous allons vous les donner, car nous ne sommes point de 
ceux-là qui veulent tenir la lumière sous le boisseau. 

Oyez donc, et gardez remembrance de nos paroles : 

1^*11 faut vous assurer si la maison culinaire de Mon- 
seigneur le duc d'Albe se trouve au complet et composée 
comme il suit : 

Huit panetiers. — Sept valets tranchants. — Trois 
sommeilliers. — Trois porte-chapes. — Huit écuyers de 
cuisine. — Troisclcrcs dfe cuisine. — Sept valets d'écuelles. 
— Quatre valets de chaudière. — Sept fruitiers. — 
Quatre clercs de fruiterie. — Deux chauffe-cire. — Un 
poissonnier. — Un fureteur. — Un porte-torche. 

â° Après vous être assuré par de longues interrogations 



JOURNAL D'HYGIÈNE 



147 



d'éducation; construisant des édifices appropriés pour les 
écoleSy et organisant dans la capitale un service d'inspec- 
tion médicale et hygiénique à l'exemple des principales 
villes européennes (1). 

4* L'enfant dans rindustrie. Pays nouveau dans lequel 
l'agriculture et l'élevage constituent les principales sour- 
ces de richesse, la République Argentine ne possède pas 
encoie ces vastes manufactures européennes qui font appel 
au travail de la femme et à celui de l'en faut. 

Chap. II. 

Vij^îème allmeiitalre. 

Le Laboratoire niunicipal de chimie de Buenos Ayres, 
sous la direction du D' Arata, fonctionne régulièrement 
depuis le mois de noveibbre 1883. Il est chargé de la sur- 
veillance des denrées alimentaires, de la vériOcation des 
eaux destinées à la consommation, et de l'inspection des 
établissements et des industries incommodes et insa- 
lubres. 

Les recettes perçues par la municipalité dépassent le 
budget des dépenses. 

D C'est l'unique exemple d'un laboratoire municipal de 
chimie taisant faC'f! à ses frais avec excédent : dans le 
monde entier, en ctTet, Texistence de ces institutions, bien 
que considérées comme service hygiénique d'absolue 
nécessité, entraîne une charge onéreuse pour le trésor 
des municipalités (2).» (E. Coni.) 

Deux autres laboratoires de chimie fonctionnent à 
Hendoza et à Tucuman, sous la direction de noire savant 
collègue H. Schikendanlz. 



CilAP. III. 



ftle. 



Uj^ène Mllltalve. — Hj^lène 

1» C'est à partir de 1880, et grâce aux efforts des D'* 
Biedma et Damianoviche que le corps de santé militaire 
a été organisé sur des bases solides. Voici comment ce 
dernier, notre collègue de la Société, rcli'ace Ja vie et les 
mœurs du soldat Argentin. 

(1).La gymnastique figuro comme braacho de t'eoaeigoement dong 
les écoles pabliques delà province de Buenos-Ayres depuis 1876. 

(2) Nous appelons sur ce taii ratteotion du Gonselt Municipal de 
Paris. 



« L'armée Argentine, par sa nature et sa composition, 
est peut-être unique dans Je monde entier. Elle est com- 
posée d'hommes (criollos) accoutumés aux fatigues ( t aux 
privations de tout genre dès leur jeunesse, et fomiliarisés 
avec les périls et les émotions d'une vie agitée. Il n'est 
probablement pas un seul d*enlre eux qui n'ait fait avant 
son incorporation à l'armée, un apprentissage plus ou 
moins rude comme vétéran dans les guerres intestines du 
pays. 

Le maniement du fusil et de la lance ne leur est point 
inconnu et tous sont, par habitude etpar éducation , cavaliers 
consommés. Dans la vie civile, les lourds travaux, les mille 
privations et fatigues dont souffrent nos armées en cam- 
pagne, ne les découragent pas, leurs coutumes martiales 
sont favorisées par une organisation de fer. 

c Notre soldat possède, en général, un caractère résigné 
et patient et prend son régiment en affection profonde. 
Au milieu des misères de toutes sortes, et des plus grandes 
souffrances physiques, il conserve un esprit serein et un 
caractère joyeux. Doué d'un rare stoïcisme de race, il con 
sidère avec une complète indifférence son alimentation^ 
son lit et ses vêtements. 

s On sait que dans quelques-unes de nos campagnes 
contre les Indiens, la viande du cheval sauvage a été ua 
mets savoureux pour nos vétérans mal nourris. 

» Dans les détachements et les fortins des Andes où les 
disUnces aux centres de population sont immenses, et 
les voies de communication longues et difficiles, les froids 
inclémenls les ont surpris quelquefois bivouaquant avec 
leurs légers vêtements d'été, ceux d'hiver n'arrivant que 
lorsqu'ils avaient vaillamment supporté les rigueurs de 
la saison. 

V La tente était un luxe rare dans notre armée, et le toit 
habituel de nos soldats en campagne était le plus souvent 
le ciel étoile, et son lit le sol dur des plaines des Pampas, ou 
les défilés des montagnes andines. 

» Tels sont à grands traits, les conditions habituelles 
de notre armée, et son mode d'existence (Damianovichb). 

i^ La flotte de guerre Argentine est composée de types 
très divers, dont quelques-uns n'ont pas la capacité et les 
commodités nécessaires pour les équipages (navires blin* 
dés). 



faites en conscience, que ces officiers possèdent chacun 
les connaissances néc-essaires pour leur office, vous leur 
direz de quelles importances sont les fonctions qu'ils 
remplissent, et ajouterez que vous voulez trouver en eux 
l'obéissance et hommage lige que tout vassal bien appris 
doit à son seigneur, ainsi que tout disciple à son maître; 
dès cet instant, vous vous montrerez à leur égard, bon 
sans familiarité, et sévère sans rigueur. 

3<* Vous visiterez ensuite les buffets et dressoirs, où font 
placés en honneur la vaisselle d'or et d'argent, savoir : 
grandes nefs à mettre les potagesy gobelets, pots^ pintes, 
chopines^ drageoirs, salières, baquets, brocs, ampoules^ 
pois à aumûnes, coupes, bassines à laver, plats, plats à 
cadenas, écuelles, tasses, coquemars. aiguières, quartes, 
chandeliers et porte-torches. 

Vous en ferez dresser la liste exacte, signée par quatre 
prud'hommes, et par messire le Sénéchal du Palais. 

4® Vous prendrez pareil soin pour les nappes grandes 
et petites ; a savoir les fines de Reims, et les grosses de 
Compiègne et de Laon. 

5» Vous aurez cure avant tout que la table se trouve 



mise à point et servie avec ordre et apparat, sitôt que le 
Sénéchal ordonnera la cornée de Veau (1). 

6^ Vous vous tiendrez en costume d'honneur debout 
près de Monseigneur, votre baguette blanche à la main 
gauche, et dans la droite le trousseau de clefs d'argent 
qui ferme les plats. Sur l'ordre de Monseigneur, vous 
ouvrirez tout le service, vous dégusterez chaque plat ainsi 
que les vins, et vous vous tiendrez en repos, a votre place, 
commandant tout du geste, surveillant tout du regard. 

Maintenant prenons chacune à chacune les sciences de 
notre art. 

CHAPITRE I 

DES BOISSONS, VINS, EADX ET LIQUEURS 

Tant que dure le premier service, il faut faire servir des 
vins d'Orléans et de Bordeaux, renfermés dans leurs outres 
de cuir, sans oublier la bière épicée que l'on prépare en 

(1) On annonçait autrefois à son de trompe le moment de se mettre 
à table. On nommait ce signal : oorner l'eau, parce que c'était Indi- 
quer que les valets étaient prêts adonnera laver avant que les convives 
se missent à table. 

Plus terd, on remplaça les trompes par une cloche. O 



148 



JOURNAL D'HYGIÈNE 



Le personnel laisse un peu à désirer, parce qu'une flotte 
nouvelle doit souvent utiliser des individus qui ne réu< 
nissent pas les conditions de développement, de force, et 
d'agilité indispensables à Thomme de mer. Néanmoins, il 
existe peu de flottes offrant un nombre inférieur de ma- 
lades. 

M. le D' Biedma décrit ainsi la vie très hygiénique des 
équipages : 

« Le marin se lève avant la diane, plie son hamac et le 
place dans les batayoles. En attendant qu'on hisse le pa- 
villon, il prend son café avec du biscuit et une ration 
d'eau-de-vie (cafia), pour commencer les travaux de lavage 
et de propreté ainsi que l'entretien des pièces d'artillerie. 
Après l'appel à 9 heures, il déjeune et entreprend ensuite 
le travail du bord jusqu'à l'heure du repos qui varieselonla 
saison de l'année. D retourne à ses occupations qui cessent 
au coucher du soleil» heure à laquelle le pavillon est 
descendu» et après un nouvel appel, le repas a lieu. Plus 
tard il prend son café, puis la retraite précède la distiibu- 
tion du service, un second repas succède, et dure jusqu'à 
l'heure du coucher. La nourriture est abondante et saine. 
Le marin est bien traité à bord. Les peines -corporelles sont 
proscrites. L'état sanitaire est, pour ces raisons, excellent.» 

(A suivre.) D' d£ Pietra Santa. 



Les Hôpitaux maritimes. 

Dans une communication des plus intéressantes faite à 
l'Académie de Médecine de Belgique, M. J. Casse étudie 
la question des hôpitaux maritimes au point de vue du 
traitement de la scrofule et de la tuberculose. 



Tout en rendant hommage à Barellaï, ra|)ôtre incom- 
parable de cette philanthropique création, le savant aca- 
démicien s'efforce de démontrer que les établissements 
temporaires fondés à l'exemple de celui de Yiareggio, et 
occupés seulement pendant la belle saison a doivent faire 
place partout à des établissements plus considérables, 
montés sur un pied plus scientifique, et destinés à per- 



mettre aux malades un plus long séjour aux bords de la 
mer ». 

Regrettant de ne pouvoir suivre M. Casse dans les déve- 
loppements qu'il donne : d'une part, aux maladies consti- 
tutionnelles qu'il s'agit d'amender et de guérir : de l'autre, 
aux conditions générales de l'atmosphère maritime, nous 
nous bornerons à transcrire ici les conclusions de son 
travail: 

ei 1^ Il ne suffit généralement pas d'un seul moyen pour 
guérir les lésions scrofuleuses, ou tuberculeuses; 

» 2<> La cure à la mer doit être prolongée pendant un 
temps suffisamment long; 

» 3^ Ce n'est que dans des conditions convenables que 
la réalisation de cette idée peut être obtenue ; et dans ce 
but, le moyen presque seul à employer, ce sont des hôpi- 
taux possédant toutes les ressources d'un service médical 
complet et les différentes médications que nécessite la cure 
à la mer; 

» iP Les asiles temporaires peuvent être considérés 
comme utiles dans quelques circonstances données; mais 
il importe de les vulgariser surtout comme colonies sco* 
laires, comme séjour pendant les vacances. » 

La conclusion pratique qui se dégage de cette expo- 
sition, c'est la nécessité pour le praticien de faire, à l'ave- 
nir, une distinction précise entre les enfants qu'il envoie à 
la mer. 

« Les uns affaiblis seulement et se trouvant dans la 
possibilité de réparer rapidement leurs forces, iront dans 
les Sanatorta, et n'y resteront qu'un temps relativement 
très court. 

» Les autres, les vrais malades, seront envoyés dans les 
hôpitaux maritimes permanents,pour y séjourner le temps 
nécessaire à la guérison et recevoir à la fois les soins mé- 
dicaux et chirurgicaux qu'exige leur état. ï> 

M. Casse résume la question avec ces sages paroles du 
D^ Houzet : 

« La mer sans le bistouri, guérit un grand nombre de 
manifestations scrofuleuses; le bistouri sans la mer, n'en 
peut guérir qu'un nombre limité; mais ils s'aident mu* 
tuellement, mais ils se complètent l'un l'autre ; mais, ils 
mènent à bien les cas les plus graves et les plus invété* 
rés. » 



laissant fermenter, dans de l'eau, du piment, de la poix 
résine, de la lavande, de la gentiane et du mieh 

Ensuite on apporte les vins d'Aï et de Beaune. 

Puis viennent les vins artificiels et les vins herbes, assai- 
sonnés de menthe etd'aloès ; les vins épicés, mêlés de noix 
muscade, de raisins secs et de clous de girofle. Le vin 
Aon, que l'on chauffe en y jetant du pain grillé ou des 
charbons ardents. 

— Voici maintenant un des grands secrets de notre 
science : c'est la préparation de Veau dorée. 

« Prenez des lames ou platines d'or, chauffez-les au feu 
le plus ardent, trempez-les dans de l'eau de fontaine et 
conservez précieusement cette eau en des bottrines closes 
avec soin. » 

Je tiens cette recette du savant alchimiste Evrarius. 

CHAPrrRE II 

DES SOUPES 

11 faut que les soupes ne soient ni trop claires, ni trop 
épaisses, servies chaudes, préparées de sept à huit façons 
différentes: à savoir, la soupe au sucre, la soupe aux gre- 



nades, la soupe verte inélangée de légumes, la soupe aux 
vitelots où nagent des morceaux de bœuf et de pâte, le 
potage, la croûte au pot, la panade royale, la soupe au 
gruau, avec des jaunes d'œufs, des épices et du safran ; 
enfin la soupe dorée, qui se compose de tranches de pain 
jetées dans un coulis de sucre, de vin blanc et de jaunies 
d'œufs, d'où on les relève pour les jeter dans une friture; 
après quoi on les poudre de safran et on les plonge dans 
l'eau rose. 

chapitre m 

DU PAIN ET DES PATISSERIES 

Il y eu a de deux sortes : le pain prim^ys, dn forme ronde, 
fait avec de h farine de pur froment; et le pain tailloir 
qui sert d'assiette et où l'on sert la viande. On fabrique 
ce dernier avec des œufs, de la crème, des épices et de la 
farine de seigle. 

Les pâtes doivent avoir la forme de plantes, d'animaux 
et d'oiseaux et contenir des chairs et des l^umes analogues 
à l'objet qu'elles représentent. Ainsi dans un pâté en forme 
de cerf, il faut de la venaison, etc. ^ 



JOITRNAL IVHYCrR^E 



149 



II 

Ije rapport statîstîco-sanitaire de l'hospice marin de 
Fano (Adriatique), pour Tanaée 1887, que nous envoie 
SI* le Û' Gitiseppe Badaloni, nou^ permet de dire à M. J, 
Casse que, m^nie en Italie, Ton s'est préoccupé depuis 
quelques aanéesde TidÊe d'apporter à ToBuvre de Barellaï 
les compléments que réclament l'art et la science médi- 
cale modernes, 

A Fano, par rinîtiatlve de notre savant collègue de la 
Société ù rétablissement centraf a été annexée une infir- 
merie^hôpUal, avec le double but; d'isoler certaines mala- 
dies contagieuses ou Intcctieuses ; et de traiter chirurgi- 
calement les enfants atteints de lésions osseuses plus ou 
moins graves (1), 

Voici, du reste, quelques chififrca tri^s instructifs portant 
sur les années 188o, 1880 et 1887. Ils démontrent Tim- 
portance et la yaJenr thérapeutique de l'air marin et du 
séjour à la mer, alors môme qu'ils sont limités à la saison 
e^Uvalô, 



lu îhtitt. «i irfiulijffi. 



ftiMillirn, fui — ^u liinr. 



1885. 

1887. 



53i 
493 

352 



114 

un 

Si 



âi2 



io:> 

114 
171 



07 
30 

88 



Pour cette période, les résultats sont représentés par les 
moyennes ci-jointes . 

Succès (guérison, amélioration) , , . , 96.3 O/'O 
Insuccès (élat stationnaire, aggravation, 

déc^s) 3. 7 0/0 

Pour Tannée 1887 la moyenne des succès s'élève à 
99.10/0. 

Toutes nos plus sincères félicitations à M, le D'" Bada- 
loni, et au philanthrope propriétaire de Thospice marin de 
Fano, M, Tonini. 

D' DE FOURÎVÈS- 



(1) La brochure fjue nous nvûns sou g les yeui, nou&i donne ï es des- 
sins, ataot et après guérîsotv, d'un m$ do néïîrose de rhumérus au 
tiers su^iérieur babilement et heureu&enitint opi^ré piir M. le D** Ba- 
daloni. 



Bulletin des Conseils d'hygiène. 

Seine. 
Ijâ ra^^w — K«pport de M> Al«iiiQâre* 

X Tune de ses dernières séances, le Conseil d'hygiène 
publique et de salubrité du département de la Seine a 
entendu la lecture d'un rapport, qui lui était présenté au 
nom d'une Commission composée de MM. Pasteur, Brouar- 
del, Chauteraps, Goubaux, Ollivier, Proust, Trèlat et 
Alexandre, rapporteur. Il s'agissait de la question de la 
rage des animaux , et la Commission avait pour mission 
de déterminer exactement ce que Ton doit entendre par 
les mots suspects de rage. 

L'arliclelO de ta loi du 21 Juillet 1881 est en effet ainsi 
conçu : 

a La rage, lorsqu'elle est constatée chez les animaux, 
de quelque espèce qu'ils soient, entraîne Tabatage, qui ne 
peut ^ire difléré sous aucun prétexte. 

n Les chiens et les chats suspects de rage doivent être 
immédiatetnent abattus. 

* Le propriétaire de l'animal suspect est tenu, même en 
Tateencd des agents de rAdministration, de pourvoir k 
raccomplissament de cette mesure. » 

Aux termes de larr^'^té ministériel du ^ août 1882, 
cet article concerne les chiens et les chats susceptibles 
de devenir enragés^ parce qu'ils ont été mordus ou seu- 
lement roulés par des animaux enragés. 

Hais ces animaux sont-ils les seuls qui puisgent étT6 
considérés comme suspects de rage ? 

Tel n'est pas Tavis de la Commission du Conseil de 
salubrité de la Seine qui propose la définition suivante : 

fl Tout animai qui, sans provocation, mord les per- 
sonnes ou les animaux, est suspect de rage. « 

Elargissant la question, M, Alexandre, dans son rapport, 
examine les moyens dont dispose, quant à présent, l'Ad- 
ministration pour s'opposer à la propagation de la rage, 
et ceux qu^elle pourrait mettre en vigueur, grâce à ses 
pouvoirs presquiî illimités. 

En premier lieu, il réclame la nomination, dans chaque 
arrondissement, et dans chaque canton,d'un ou de deux vé- 
térinaires qui seraient spécialement chargés d'examiner les 



CHAPrrnE iv 



DBS XET5 



C'est en ceci que doit mettre le plus d'inventif un prime- 
queux digne de sa profession. Les mets les plus délicats 
sont : des pieds de veau au safran, des pieds de mouton 
grillés, avec du persil et arrosés de vinaigre, des boudins 
blancs faits avec de la chair du chaix)n, du lait, de 1 am- 
bre et des épiées; des rôties de pain sur lesquelles on 
étend de la moelle de bœuf, des branches de bois déjeune 
cerf, coupées menues et frites dans du saindoux. 

CUÂPJTRE V 

DES nOTS ET DES POISSOXH 

Cochon de lait farci de viandes hachées, d'herbes aro- 
matiques, de pruneaux et de raisins secs^ gelinottes des 
Ardennes, merles blancs de Savoie ou d'Auvergne, pluviers 
de la Beauce, perdrix, daims» bartarelles, hérissons, 
cigognes, sangliers, iiaisans et autres gibiers. Entre cha- 
cun de ces plats arrosés d'eau rose et de jus d'orange, 



saupoudrés d'iris et de poudre d'or, placez des carottes 
cuites dans du vin et des betteraves cuites sous la 
cendre- 

Le Paon. — Si vous voulez ne point voir rire les con- 
vives, mais au contraire les entendre batire des mains et 
se récrrcr sur votre savoir- faire, il faut c^ue ce paon soit 
servi sur la table, aussi beau qu'il Tétait vivant sur le dres- 
soir, A cette fin, sans le plumer ^ on l'écorchc seulement 
et avec de grandes précautions. On enveloppe sa têt*j d'un 
linge qu'on arrose sans c^se, et Ton larcît l'animal de 
marrons, de safran et de poudre d'or. Quand il est cuit à 
point, on le recouvre de sa peau, on découvre la tête» on 
étale la queue, et d'un oiseau qui ne coCite qu'un sol, et 
que le pïua pauvre manant sert le dimanche sur sa table 
en guise d'oie, on fait un mets inappréciable et que le plU!* 
noble chevalier découpe, tête nue, après avoir reçu des 
mains d'une dame le plat d'or qui conlîent le magnifique 
volatile. 

Pour tes poissons, tous ceux du pays et delà mer, mar- 
souin, chien de mer, quartiers de balaiie^ ^carpes j brochets^ 
anguilles et mille autres, " ^ 



ISO 



JOURNAL DHYGIÊNE 



_^ 






r 






I 

r 



chiens et les chats suspects d'être enragés. Les vétérinaires 
sanitaires de la Préfecture de Police sont en effet trop peu 
nombreux pour satisfaire aux exigences du service, et ils 
ne pourraient en outre arriver que tardivement à l'appel 
des commissaires de police. 

Actuellement, voici comment les choses se passent dans 
la pratique : 

Une ou plusieurs personnes, un Ou plusieurs chiens 
sont mordus. Plainte est portée devant le commissaire 
de police qui commet un vétériniiire pour examiner l'a- 
nimal qui a mordu, ou en laisse le choix à son proprié- 
taire. Le praticien déclare dans un certificat que l'animal 
est sain, ou qu'il est suspect, ou qu'il est enragé. 

Dans le premier cas, il est rendu à son maître. Autre- 
ment il doit être abattu. 

L'insuflSsance de cette mesure n'a pas besoin d'élre 
démontrée. 

Une seule visite, si attentive quelle soit, est insuffisante 
pour établir un diagnostic certain. D'un autre côté, l'a- 
batage est exécuté sur l'ordre des commissaires de police, 
mais ceux-ci n'ont pour tout contrôle qu'tin certificat 
émanant des vétérinaires qui ont bieu voulu se charger 
de ce soin, ou simplement d'un équarisseur. Il n'est pas 
douteux que dès substitutions intéressées ne puissent se 
produire. 

Le savant rapporteur du Conseil d'hygiène demande en 
conséquence, que tout chien reconnu suspect soit conduit 
à la fourrière. Et comme, pour les soixante-quatorze com- 
munes du département de la Seine, le transport à la four- 
rière de Paris pourrait présenter des difficultés sérieuses, 
il réclame la création dans chaque canton suburbain, 
d une fourrière spéciale destinée à la séquestration des 
animaux enragés. 

Là Commission a pensé aussi que l'application rigou- 
reuse de la loi du 2 mai 1885 sur la taxe des chiens serait 
i}n puissant moyen d'élimination : 

a On peut affirmer que la moitié des animaux est sous- 
traite à l'impôt; et si les infractions étaient sévèrement 
punies, un grand nombre d'habitants renonceraient à la 
possession d'un chien; mais les recensements sont diffi- 
ciles, et ne sont touchés parla taxe, à de rares exceptions 
près, que les animaux déclarés par leurs propriétaires. Il 



importe de faire cesser cet abus, et la Commission areconnu 
que ce résultat pourrait être facilement acquis, en pres- 
crivant l'obligation d'attacher au collier réglementaire une 
médaille délivrée par l'autorité. • 

Cette mesure, entre autres, on ne saurait trop le répé- 
ter, est appliqpiée en Suisse, en Prusse, dans le grand -dacbé 
de Bade, où il est de notoriété publique que la rage a dis- 
paru. Elle est appliquée, chose plus singulière, en Algérie, 
à ConstantinC; par le maire de cette ville, et à la grande 
satisfaction des habitants. lies pouvoirs de ce magistrat 
ne sont pas certes, plus étendus que ceux de H. le Préfet 
de Police. 

Après avoir entendu la lecture du rapport de M. Alex- 
andre, le Conseil de salubrité de la Seine en a adopté le^ 
conclusions ainsi conçues: 

« 1° Nomination dans chaque arrondissement de Paris, et 
dans chaque canton suburbain, de vétérinaires préposé» à 
la visite des animaux suspects ; 

» 2® Transport à la fourrière, des animaux suspects sui- 
vant la définition du mot suspicion donnée au conr^ du 
rapport ; 

» 3^ Appropriation d'un local spécial servant de four- 
rière dans chaque chei-lieu de canton de la banlieue; 

» 4^ Création d'un laboratoire à l'usage du service 
vétérinaire sanitaire.» 

» 5"^ Suppression des chiens errants à l'aide des mesures 
qui suivent: 

— Utilisation du personnel des gardiens de la paix, ou, 
à son défaut, création d'un personnel spécial. 

— Obligation de faire porter aux chiens une médaille 
constatant le paiement de la taxe, médaille dont le modèle 
variera chaque année ; 

— Application rigoureuse des articles S3 et 54 du décret 
du 22 juin 1882, ainsi conçus : 

d Art. 53. — L'autorité administrative pourra, lors- 
qu'elle croira cette mesure utile, particulièrement dans 
les villes, ordonner par arrêté que tous les chiens circulant 
sur la voie publique soient muselés ou tenus en laisse. 

> Art. 54. — * Lorsqu'un cas de rage a été constaté, 
dans une commune, le maire prend un arrêté pour inter- 
dire, pendant six semaines au moins, la circulation des 
chiens, à moins qu'ils ne soient tenus en laisse. 



CHAPITRE VI 

DES SAUCES 

Les viandes et les légumes ont besoin d'être relevées par 
des sauces exquises : vous savez de quelles manières avec 
des amandes, du vin vieux, du verjus, de Teau de rose, 
du suc de coings, du citron, de l'orange, de l'eau dorée 
et de la poudre d'or, on façonne la smce cameline, h sau- 
piquet, le mostechau, la dodine, la sauce à Madame Râpée, 
la sauce froide, rouge, verte ou rose, et Veau bénite, par- 
ticulière au brochet, et faite avec la laite et les œufs oe ce 
poisson. 

CHAPITRE VII 

DBS.CRàlfES ET DESSERTS 

On donne aux crèmes mille formes variées selon le goût 
et les inspirations du prime-queux; les desserts doivent 
se composer de drageoirs remplis de dragées de Saint- 
Roch, faites avec des grains de genièvre, pour purifier 
l'haleine, de cotignac musqué, de fruits mûrs ou secs, de 
conserves. On y ajoute des pâtes sucrées, des nèfles à l'eau 
rose, des avelines confites dans le miel, des pignolats 



fabriqués avec de l'amande de pin ; enfin toutes les espèces 
de fromage. Sans oublier les passerilles et les supplica- 
tions {{) qui amusent les convives lorsqu'ils n'ont plus 
faim, et qu'ils ne restent à table que pour deviser et pour 
boire. 

Nous vous remémorons dans cette épistre beaucoup de 
choses que vous savez : mais nous avons voulu vous les 
dire pour vous laisser des préceptes complets,qui rappellent 
en votre souvenance celui qui fut votre maistre dans la 
très noble science des queux. 

Travaillez avec ardeur, cherchez à inventer; mais ayez 
toujours présent à votre esprit que vous tenez en vos mains 
la santé et la vie de Monseigneur le duc d'Albedont vous 
êtes responsable devant Dieu et devant les hommes; enûn, 
qu'en faillissant, vous déshonorez votre profession et celle 
de votre maître, lequel est Jacques Pastourel, prime- 
queux de Louis le onzième, roi de France, et fils aîné de 
l'église catholique, apostolique et romaine. 

Que Dieu vous ait en sa sainte et digne garde 1 

(1) Espèce d'oublié. " ' O 



1 



JOURNAL D HYGIÈNE 



m 



« La cnèine mesure est prise pour les commuDes qui 
sont parcourues par un chieu enragé. » 

Rapport de M* Dujardân-Beauntetz* 

Dans UQ remarquable rapport adressé à M. le Préfet de 
Police sur les cas de rage humaine qui ont été observés 
en 1887 dans le département de la Seine, M. Dujardin- 
Beaumetz a établi les faits suivants: 

t* 350 persounes ont été mordues par des chiens enra- 
gé*; 

^° Sur C€s 350 personnes, 306 ont suivi le traitement 
de rin&litut Pasteur; 2 sont mortes ; 

3" 44 n'ont pas cru devoir aller chez M. Pasteur; 7 sont 
mortes. 

En présence de ce chiffre très considérable de personnes 
mordues (350), M. Féréol a demandé à l'Académie de 
Médecine d*îasiâter auprès des pouvoirs publics pour que 
des mesures de police soient prises avec plus de rigueur 
contre les chitîns errants. 

L'Académie, séance tenante, a chargé une Commission 
composée de MU. Leblanc, Dujardin-Beaumetz et Féréol 
de formuler œs voeiix, qui sont en définitive ceux propo- 
sés par le Conat!iL d'hygiène et de salubritéde la Seine: 

a L'Académie, considérant que le nombre des cas de 
rage canine ne cesse d'augmenter dans le département de 
k Seine, et dans la France entière, que par suite le nom- 
bi^des personnes mordues suit une progression croissante, 
est d'avis qu'il y a lieu de rappeler aux pouvoirs compé- 
tents les conclusions adoptées en 1883 par l'Académie sur 
cette question; 

» Et, en conséquence, réclame l'adoption d'urgence des 
mesures suivantes, déjà adoptées par le Conseil ahygiènc 
et do salubrité du département de la Seine: 

« A, Uiilis^ation du personnel des gardiens de la paix, 
ôu, à son défaut, création d'un persotmel spécial ; 

^ B\ Ubligatiou de faire porter aux chiens une médaille 
constatant le paiement de la taxe, médaille dont le modèle 
variera chaque année ; 

ï C. Application rigoureuse des articles S3 et 54 du dé- 
cret du 2â juin -i88iS, ainsi conçus : 

i Art, S3. — L'autorité administrative pourr«, lorsqu'elle 
f.roira cette mesure utile, particulièrement dans les villes, 
ûrdonner par arrêté que tous les chiens circulant sur la voie 
publique soient muselés ou tenus en laisse. 



JD Art. 54. — Lorsqu'un cas de rage a été constaté dans une 
commune, le maire prend un arrête pour interdire» pendant 
six semaines au moins, la circulaUoti des chiens, a moins 
qu'ils ne soient tenus en laisse. » 

La même mesure est prise pour les communes qui ont 
été parcourues par un chien enragé. 

Après quelques observations présentées parMM< Hardy, 
BrouarJel, Dujardin-Beaumetz et Leblanc, les conclusions 
ont été votées à une très grande majorité. 

A. JOLTBAIN» 

Secrétain; de ta Réduction* 

POST-SCRIPTUM 

Voici d'après le Bulletin municipal officiel les termes 
précis des deux seuls amendements accepté:^ par le Con- 
seil d'hygiène publique et de salubrité de la 8ein(\ ûu 
cours de la discussion sur Y assainissement de la Seinp. et 
rutilisation agricole des eaux d^égoutde Paris: 

1^ Amendement Riche, Lagneau et Goubaux (adopté pat 
15 voix contre 10) : 

4.La ville de Paris devra poursuivre Téttide de l'établis- 
sement de canaUsations fermées pour révacuation des 
vidanges. » 

2*» Amendement Trélat, Levraud, Michel Lévy et OlUvier 
(adopté à l'unanimité) : 

« Pour donner au nouveau système d'assainissement 
toute sa valeur, il est indispensable : 

» i® D'en hâter l'application intégrale; 

» 2® D'augmenter dans le plus bref délai possible les 
surfaces d'épandage qui sont actuellement restreintes, 
môme après l'adjonction des terrains d'Achères; 

a D'amener d'urgence dans Paris les eaux potables dt^s 
sources nouvellement aa(uises par la ville, o 

Disons en dernier lieu que, dans la séance du 21 mars, 
le Conseil municipal de Paris a adopté à une forte majo- 
rité un projet de délibération rapporté par M. Deligny, et 
concernant « l'acquisition éventuelle d'un domaine de ^(10 
hectares près de Meulan,pour le même usage que les ter- 
rains de Méry-sur-Oise». 

Ainsi, se généralisent et s'étendent, conformément aux 
savantes recherches de M. Carnot, îes surfaces sur les- 
quelles pourront être efficacement épanducs et utilisées 
les eaux d'égout de la ville de Parts. j^^ j^ 



i 



i 



Fait on la demeure royale de Plessis-les-Tours, le 
dimanche dclœtare, l'an de grâce M.CCCG.LV. 

Jacques Pastourel. 

Les Araignées. 

Les animaux, même les plus humbles, ont tous leur 
histoire particulière écrite dans ces légendes populaires 
qui se perpétuent de siècle en siècle. C'est à ce titre que 
les araignées, par exemple, ces modestes et utiles ouvrières 
champêtres, ont été, de tout temps et dans diverses con- 
trées, l'objet de singulières superstitions. 

Eq Angleterre, notamment, nous apprend le HalVs 

Jùumal of Health, elles sont pieusement respectées, et 

i'OQ n'aurait garde de les détruire, de crainte de grands 

malheurs. 

Si ta veux vivre et prospérer. 
Laisse l'araignée vivre et tisser. 

dit un firoverbe de l'autre côté de la Manche. 



Cette vénération est suffisamment expliquée par les anti- 
ques récits populaires. C'est à une araignée, qui avait lis^é 
sa toile au-dessus de la crèche de Bethléem, quii le Christ 
enfant put échapper aux dangers ^e toutes sortes qui le 
menaçaient. C'est encore une araignée qui sauva la \k au 
roi David, dans le désert de Ziph, en tissant devant lui une 
toile qui lui permit de sortir sain et sauf de ce redoutable 
passage. 

Le même respect pour les arachnides se retrouve d'ail- 
leurs dans les récits orientaux. Mahomet, au cours de sa 
fuite de la Mecque, ne dut son salut qu'à nm^ araignée 
et à un pigeon. La première avait tissé sa toile devant la 
porte de la cave dans laquelle s'était réfugié le ProphètCi 
alors que le pigeon établissait son nid au-dessus de cette 
même porte; les soldats qui le poursuivaient ne doutèrent 
pas un seul instant que cet emplacement ne tut abandonné 
depuis longtemps, et passèrent outre, «aarpauiaer j>fcs^ 
loin leurs investigations. Diaitized bv VnUU^ l^ 

Un proverbe écossais veut que a toute personne ijui a 



r 



ISS 



JOURNAL D'HYGIÈNE 



r 



Par Monts et par Vaux. 

HYGIENE ET MICROBIOLOGIE. •— L^HTGIÈNB DE LA PEAU. 

En prenant la présidence de la Société de Médecine pu- 
blique, M. le P' Grancher, « l'un des plus fervente disci- 
ples de M. Pasteur » , n*a pas craint de considérer sa nomi- 
nation, comme im témoignage de reconnaissance pour les 
services rendus par la microbiologie, à l'hygiène^ et à la 
thérapeutique. 

Après avoir rappelé toutes les découvertes du Maître 
c qui se suivent dans un ordre, logique, et qui autorisent 
toutes les espérances », M. Grancher a entrepris un véri- 
table tour de force, en démontrant à son savant auditoire 
que la médecine traditionnelle et Thôpital n'avaient rien 
à redouter de la science expérimentale et du laboratoire. 

a Et cependant, Messieurs, la médecine d'Hippocrate 
et celle de M. Pasteur ne sont pas deux médecines diffé- 
rentes ou hostiles : c'est la même science qui procède par 
poussées successives dans des voies diverses, qui a fait hier 
la symptomatologie, le diagnostic et l'histoire des lésions 
anatomiques des maladies, et qui s'essaye aujourd'hui 
dans l'étude de leur pathogénie. Et toutes les conquêtes réa- 
isées dans la connaissance précise des causes des maladies, 
viendront enrichir le fonds commun sans rien détruire de 
nos premiers trésors, x» 

c ... Il n'y a donc pas deux médecines, mais deux 
esprits, l'esprit de progrès qui croit que la médecine est 
une science de faits, faits d'hApital, faits de laboratoire, 
peu importe: et l'esprit de négation, de routine, de paresse, 
qui vit de doctrines surannées et de beau langage. » 

Pour M. Grancher, l'hygiène dans un avenir prochain, 
tiendra la première place dans la préoccupation des mé- 
decins. 

a Quand ce jour sera venu, l'hygiène publique si rudi- 
mentaire aujourd'hui, progressera vite, au grand profit de 
l'humanité, elle disposera de toutes les ressources d'une 
civilisation avancée : science, argent, autorité; et armée 
par les pouvoirs publics du droit de commander, elle saura 
se faire obéir. » 

Voilà certes de brillantes perspectives ! nous craignons 
fort que, pour le moment, lô beau discours de M. Gran- 



cher ne reste que comme une page dans l'art de bien 
dire. 

Qu'il demande donc à ses collègues de la Faculté de 
Médecine de Paris si tous partagent son optimisme, et si 
tous croient à cette unification et à cette simplification de 
la science médicale? 

Pour nous, il y a toujours un ravin profond entre la 
clinique de l'hôpital, et l'expérimentation du laboratoire. 

La première laisse sans cesse ouvert devant nos yeux le 
grand livre de la nature; la seconde nous claquemure 
dans des formules les plus restreintes; 

En médecine : le microbe comme éliologie; la médica« 
tion parasiticide de Raspail comme thérapeutique. 

En hygiène : la désinfection dans toutes ses >'ariétés 
industrielles remplace la trilogie hippocratique aepwv, to- 

^CDV, u8p(i>v l 

*♦♦ 

Nous nous empressons de transcrire ad litteram la péro- 
raison de la remarquable conférence faite au Conservatoire 
des Arts et Métiers, sur l'hygiène de la peau, par notre 
savant collègue et ami le D' Hector George. 

a Si nous cherchons à résumer en quelques mots, sous 
une forme synthétique, l'importance de la peau, nous y 
trouvons une complexité de fonctions vraiment surpre- 
nante. Enveloppe à la fois souple et forte, sentinelle vigi- 
lante de toute la surface de notre corps, ardent foyer de 
la chaleur vivante, réservoir inépuisable toujours prêt à 
éteindre l'incendie qui pourrait nous dévorer, usine 
immense dont les miUe cheminées versent au dehors les 
poisons meurtriers de la fabrique humaine, rempart per- 
manent contre les contagions mortelles, tissu réparateur 
qui vient combler les brèches faites par un accident et, par* 
dessus tout, parure exquise de la beauté: telle est la peau. 
Elle mérite bien l'attention que nous lui avon^ accordée; 
et ce n'est pas sans raison que, dans l'expression familière 
des préoccupations hygiéniques, son nom symbolise la 

santé et la vie » ^ 

D' ÉCHO. 



tué une araignée dans la matinée, doive nécessairement 
casser quelque chose dans la journée ». Dans ce pays, la 
découverte dans un appartement d'un « money-spinner i, 
espèce particulière d'araignée, estun indice certain de pros- 
périté, indice qui, au dire du populaire, n'aurait jamais 
trompé personne. 

Les araignées jouent également un rôle des plus impor- 
tants dans la cure de certaines maladies, nous apprend 
le même journal. 

A Norfolk, les parents d'un enfant affligé du croup 
recherchent avec soin une araignée dans leur maison, et, 
s'ils la trouvent, la retiennent sur la tète de l'enfant en 
prononçant trois fois certaines paroles destinées à ^chasser 
la redoutable maladie ; le croup disparaît toujours, parait-il, 
devant cette magique invocation. 

Dans le traitement de r«ague», fièvre intermittente avec 
frissons qui précèdent les accès de chaleur, l'araignée joue 
un rdle non moins efficace. Appliquée vivante et enduite 
de mélasse sur le cou du malade, puis frottée légèrement 



pendant quelques minutes sur cette partie du corps, l'arai- 
gnée emporte la maladie avec elle. 

Le D^ Graham fait d'ailleurs mention, dans sa Médecine 
domestique^ de l'emploi des toiles d'araignées pour le trai- 
tement de la fièvre intermittente. D'après lui, l'araignée 
doit être enfermée entre deux coquilles de noix, et placée 
sur le cou du patient. 

Les campagnards du Sussex l'utilisent fréquemment 
dans les cas de jaunisse; un vieux médecin de ce pays 
préconisait, dans cette maladie, l'emploi de4'araignée, qu'il 
faisait manger à ses clients, roulée vivante dans du beurre. 

Après cette singulière prescription, il ne nous reste rien 
à ajoutera cette pharmacopée tout anglaise. Nous aurions 
cependant grand'peine, malgré son incontestable valeur, 
à l'appliquer pratiquement chez nous, les araignée^s 
n'étant respectées, dans nos villes françaises, que.... dans 
les maisons mal tenues, par les ménagères négligentes l 
Diaitize^ J. de P. S. 



De la nécessité d'assurer à toutes les com- 
munes de France une distribution abon- 
dante d'Eaux potables. 

LEXI'OSITIOM DE SAUVETAGE ET D'HYGIÈME DE 1888 11) 
I 

Dans mes recherches relatives au3L habitations ouvrières, 
j'ai souvent constaté que, dans bien des communes, les 
habitants n'avaient pas d'eau suffisamment pure à leur 
disposition. Dans beaucoup de grandes villes, les eaux 
dont on se sert pour les usages domestiques, sont mal- 
saines; elles sont souillées : soit par les impuretés du sol 
entraînées par les eaux pluviales; soit par les infiltrations 
provenant d'une canalisation imparfaite des eaux ména- 
gèrbs, ou d'appareils défectueux affectés au service dé la 
vidange. La fréquence de la fièvre typhoïde est un indice 
à peu près certain de l'altération des eaux potables, c'est 
pourquoi chaque fois qu'une épidémie de ce genre se dé- 
clare dans un endroit, l'Administration s'empresse de 
faire faire une enquête par une Ck)mmission composée 
d'hommes compétents. Ceux-ci font un rapport dans 
lequel ils décrivent parfaitement les effets de Tépidémie, 
ils ne sont pas plus embarrassés pour en trouver les causes 
probables, mais là se termine leur rôle! Le personnel de 
la Direction de la santé publique, composé en France 
d'hommes dont personne ne conteste la valeur, n'a aucune 
autorité executive, son action est purement consultative; 
il en résulte que dans les pays voisins, où les autorités 
sanitaires ont les moyens de faire exécuter leurs prescrip- 
tions, la mortalité décroît bien plus rapidement que dans 
le nôtre. Ainsi de 1875 à 1882, la mortalité a diminué en 
Angleterre de 3.2 0/00; en Bavière de 2.9; en Suisse de 
3.7; en Italie de 3.3, tandis qu'en France, elle n a baissé 
que de l.o 0/00. La statistique n'est pas organisée en 
France pour permettre d'y établir l'influence générale de 
h liùvre typhoïde, mais elle l'est assez pour servir à dé- 
montrer que l'armée française perd chaque année 1,700 
hommes des suites de cette terrible maladie, tandis qu'on 
ne constate dans l'armée allemande que 37S décès, et 8S 
cas de mort parmi les soldats anglais. 

En Angleterre on admet que la cause principale de la 
fièvre typhoïde provient de l'impureté de l'eau destinée à 
la boisson ; c'est pourquoi les autorités rurales de ce pays 
peuvent munir tout ou partie d'une localité faisant partie 
de leur district, d'une fourniture d'eau potable en quan- 
tité suffisante pour les usages publics et privés. 

Elles peuvent : 

l"" Construire et entretenir des ouvrages, des puits arti- 
ficiels et faire tout ce qui sera nécessaire pour obtenir de 
l'eau; 

^ Prendre à bail tous ouvrages (avec l'approbation du 
Bureau du gouvernement local) acheter tous établissements, 
tûutiis eaux, tous droits de prise ou de conduite d'eau 
dans ou hors les limites de leur district, et tous droits, 
pouvoirs et privilèges d'une compagnie des eaux; 

i\] Communicatioa faite à la Société par M. Ém. Gachbux dans la 
mMLt mensuelle de Janvier* 



S"" Traiter avec tpiî te personne pour une foumltured' eau. 
11 est inlerdit à une commune de fonnilr de l'eau taut 
qu*une compagoie privée le'/ait. La commune n'intervient 
que lorsque ses administrés sont pourvus d'eau de mauvaise 
qualité, ou lorsqu aucune disposition n'est prise pour as- 
surer la fourniture d'eau. 

Les communes qui fournissent les eaux ont tous les 
pouvoirs nécessaires pour faire passer les canalisations 
d'eaux potables et ménagères à travers les propriélés. 
Comme les communes ne disposent pas en gôoéral de ca- 
pitaux considérables quoiqu'elles possèdent des revenus 
importants, l'argent nécessaire aux travaux peut éire fourni 
par l'État au taux très modéré de 3 l'an ; li^ com- 
munes sont tenues de rembourser en 30 ans les sommes 
avancées, elles donnent pour garantie les tnxes qu'elles ont 
recouvrées. 

Lorsqu'un propriétaire n'a pas une concession d'eau 
potable dans sa maison et que la fourniture d'eau peut lui 
être faite moyennant un prix raisonnable (10 francs par 
an),rautorité locale lui donne avis d'avoir à installer chez 
lui une canalisation d'eau potable; quand îl n'en tient pas 
compte, la commune peut faire les travaux d'îastallatioii u 
ses frais, fournir l'eau, contraindre le propriétaire à lui 
rembourser ses dépenses, et le forcer à payer le prix de 
l'abonnement à la fourniture d'eau. 

Les autorités locales s'occupent également des puits, 
citernes et ouvrages publics affectés à la fourniture gra- 
tuite de l'eau aux habitants. Elles pourront fournir Teau 
aux bains et lavoirs publics et même aux industriels. 

Les autorités urbaines devront procurer et entretenir 
les pompes et tous ouvrages, le matériel et le personnel 
nécessaires pour assurer une fourniture d'eau suffir^riute 
pour le cas d'incendie. 

On voit qu'en Angleterre, le gouvernement se remi 
compte de Tinfluence de l'eau salubre, non idéalement sut 
la santé des populations mais encore sur celle des animaux 
et sur celle des végétaux. 

En France, on ne fait pas assez pour les classes labo- 
rieuses; on s'imagine qu'en leur donnant la liberté de se 
livrer à toutes leurs passions malsaines, ou est quitte 
envers elles. 

Depuis quinze ans, je lutte pour mettre de l'eau à Jadis- 
position des ouvriers. Quand j'ai commencé à faire au\ 
Lilas des logements salubres et commodes, j'espérais que, 
comme à Mulhouse, au Havre, en Belgique, les autorités 
locales m'aideraient à fournir de Teau à mes acquéreurs, 
et à écouler les eaux ménagères. 

Elles n'ont rien fait, ellesm'ont renvoyé à la Compagnie 
des Eaux qui a offert de mettre de l'eau à la disposition 
d's mes acquéreurs, moyennant le paiement des frais d'in.s- 
tallation s'élevant à 300 francs, et un abonnement dont le 
prix eut été de 70 francs. Comme mes maisons étaient 
louées sur le pied de 330 francs et vendues moyennant le 
paiement d'une annuité de 600 francs, j'ai demandé des 
abonnements de moindre importance. 

On n'a pas tenu compte de mes réclamations; c'est pour- 
quoi j'ai fait creuser des puits qui suffisent à tous les be-^ 
soins. A Vanves, j'ai construit également quelques mai- 



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ld4 



JOURNAL D'HYGIÈNE 



^■^ 



sons. Comme plusieurs persoones n'attendent que le 
résultat de mes travaux pour construire des centaines de 
petites maisons destinées à être vendues par annuités, je 
me suis adressé à la Compagnie des Eaux en lui disant 
que si elle ne me donnait pas d'eau moyennant un abon* 
nement de 23 francs par an, j'établirais des citernes dans 
mes maisons et que je ne construirais plus rien. 

Le Directeur a répondu en disant que si les eaux étaient 
livrées aux conditions que je réclamais, fout le monde en 
voudrait, et que la Compagnie n'était pas outillée pour 
satisfaire aux demandes. 

J'ai lutté de la même façon pour obtenir la suppression 
de fosses fixes. Il y a déjà dix ans que je fais remarquer 
aux autorités l'anomalie qui consiste à demander 30 francs 
par tuyau de chute pour écouler les liquides à l'égout. Je 
leur disais que dans mes maisons à étages, les privés de 
trente ménages sont branchés sur un seul tuyau de chute, 
et que par suite je n'ai qu'un franc à payer par logement, 
pour envoyer les vidanges à l'égout public, tandis qu'en 
plaçant mes logements à côté les uns des autres: pour faire 
des maisons isolées, il me faudrait payer 30x30=9)90 francs, 
pour me débarrasser du môme volume de matières fé- 
cales. 

J'ai réussi à faire adopter mes idées par la Société de? 
habitations ouvrières de Passy-Auteùil. Elle est parvenue 
à obtenir, grâce à ses relations, l'autorisation temporaire 
d'envoyer les vidanges de ses acquéreurs à l'égout en ne 
payant que 30 francs par groupe de dix maisons. 

Cette autorisation peut être retirée, elle ne garantit pas 
que, dans un cas analogue, un constructeur aurait le môme 
avantage; on m'a donné verbalement le droit de canaliser 
une cité dans les mômes conditions que celle de Passy- 
Autcuil, maison n'a jamais voulu me donner l'engage- 
ment par écrit de laisser subsister mon installation. Il fau- 
drait donc, à mon avis, demande^ à la Ville de modifier 
ses règlements relativement à la vidange, et l'engager à 
demander un droit de tant par logement ou de tant par 
tôte, si l'on veut faire cesser l'hostilité qui règne contre 
le tout à l'égout. 

Je vous demande pardon d'insister sur les détails pécu- 
niaires, mais plus je travaille l'hygiène sociale, plus il m'est 
démontré que les théories n'amènent à rien quand elles 
ne sont pas accompagnées d'expériences pratiques. Il en 
est des expériences relatives à cette science comme de celles 
de toutes leâ antred, il faut en faire beaucoup et y consa- 
crer des capitaux importants pour obtenir quelques résul- 
tats pratiques. 

Une autre condition essentielle du succès pour faire pro- 
gresser l'hygiène, consiste à tenir compte des intérêts des 
propriétaires. 

En Angleterre, on a reconnu, dans la grande enquête de 
1884 relative à l'état des logements des travailleurs, que 
les lois étaient impuissantes pour triompher des causes 
d'insalubrité dont la destruction causait un réel préjudice 
aux propriétaires; c'est pourquoi l'État a mis à la disposi- 
tion des intéressés de l'argent à bas prix, et leur a ainsi 
donné le moyen de se conformer aux prescriptions des 
lois et règlements sanitaires. 

Les Parisiens ont un grand intérêt à empêcher l'encom- 
brement de leur cité; par conséquent ils devraient chercher 
des moyens propres à décider les campagnards à rester chez 
eux. Parmi ces moyens, on peut citer l'assainissement des 
campagnes, l'amélioration du sol de façon à éviter les 



maladies endémiques qui déciment non seulement les 
habitants, mais encore les animaux et les plantes alimen-' 
taîrco. 

Nous avons essayé de profiter de l'Exposition de sauve, 
tage et d'hygiène qui aura lieu en 1888, pour organiser 
un Congrès d'hygiène et y convier toutes les personnes 
qui s'intéressent à l'hygiène sociale des populations rurales. 
Nous avions compté sans la Société de médecine publique 
qui a obtenu le patronage du Gouvernement pour organi- 
ser un Congrès d'hygiène en 1889, auquel assisteront tous 
les savants français et étrangers qui s'occupent de la 
science sanitaire. 

L'effet de nos premières démarches ne s'est pas fait 
attendre longtemps. Le Directeur des bâtiments de l'Etat 
s'est empressé de faire remarquer au sympathique Direc- 
teur de l'Exposition, qu'on avait concédé le Palais de l'In- 
dustrie des Champs-Elysées pour y exposer des appareils 
de sauvetage et non pour y faire de l'hygiène pratique. 

Nous comprendrions qu'on cherchât à empÇchcr^ Içs, 
procédés de vulgarisation d'hygiène, si lu France était à la 
tête des autres pays, en ce qui concerne la diffusion des 
connaissances sanitaires; malheureusement nous ne som- 
mes pas les premiers sous ce rapport, malgré nos savants 
dont on exploite les découvertes dans le monde entier. 
Nous reconnaissons volontiers que MH. Napias et Martin 
ont bien mérité de la science hygiénique en organisant 
l'Exposition de la caserne Lobau, mais nous ne croyons 
pas qu'ils aient produit autant de résultats, au point de 
vue de la vulgarisation des lois de l'hygiène, que les fon- 
dateurs de la Société française d'Hygiène, présidée avec 
tant d'autorité par M. Marié-Davy, et que notre infatigable 
secrétaire général, M. de Pietra Santa qui consacre sa vie 
à la rédaction de deux journaux d'hygiène dont personne 
ne conteste la valeur. 

Si en Angleterre on obtient tant d'excellents résultats 
au point de vue de la santé publique, il faut en attribuer 
une grande partie aux sociétés privées, notamment au 
Sanitary Institute ofGreat Britain, qui organise tous les 
ans un Congrès d'hygiène dans les principales villes du 
Royaume. Un Congrès d'hygiénistes pratiques eût pu 
élucider plusieurs questions importantes dont nous repar- 
lerons! En présence de l'insuccès de ses premières tenta- 
tives, le Comité d'organisation du Congrès de 1888 a 
renoncé à s'occuper spécialement d'hygiène, et il ne com- 
prendra dans son programme officiel que les questions 
qui intéressent le Sauvetage. Néanmoins, l'hygiène a trop 
de points communs avec le Sauvetage, pourque les mem- 
bres de notre Société ne trouvent pas occasion d'y pren- 
dre part et d'y exposer leurs idéeS; concernant un grand 
nombre de sujets que tout homme civilisé devrait con- 
naître à fond. 

Je citerai notamment les questions qui se rattachent : 
l^ aux soins à donner aux personnes qui ont besoin de 
secours sur la voie publique; 2<^ à celles qui sont placées 
dans des milieux insalubres, dont on parle fort peu dans 
les projets de loi qui vont être soumis aux discussions 
de nos Chambres ; 

3® Aux soins à donner aux victimes des accidents; 

4® A la prévention des épidémies ; 

ty^ Aux mesures à prendre pour obtenir une statistique 
complète des accidents et de leurs effets, de façon à pou- 
voir créer des Sociétés qui puissent assurer les travailleurs 



JOURNAL D'HYGIÈNE 



iSù 



et leurs familles contre les suites des causes qui les pri- 
vent de leurs ressources; 

&> Aux règlements qu'il faudra imposer aux patrons 
qui ne prendraient pas de précautions suffisantes pour 
assurer la vie de leurs employés. 

J*espëre que plusieurs do nos collègues feront à Tocca 
sion de TExposition de 1888, des conférences sur l'hy- 
giène, et que leurs communications auront autant de suc- 
cès que celles qui ont été faites à l'occasioa des concours 
agricoles qui ont lieu en ce moment au Palais de l'Indus- 
trie. Les nombreux auditeurs qui garnissent les bancs de 
l'amphithéâtre du Conservatoire des Arts et Métiers lors- 
que des conférenciers, tels que le D' H. Georges etc., 
causent de choses intéressant la santé publique, 
démontrent que nos classes laborieuses ne demandent 
qu'à s'instruire. Comme un certain nombre d'orateurs 
ont déjà manifesté Tinteotion de traiter plusieurs sujets, 
je serais fort obligé à mes honorables collègues qui adhé- 
reront au Congres^ de vouloir bien m'indiquer le plus 
tôt pk>ssible le titre de leur communication. 

L'intérêt des discussions sera augmenté par la possibi- 
lité de faire des démonstrations à l'aide des objets exposés, 
et des expériences sur le grand bassin de 130 mètres sur 
30 mètres de large qui occupera la grande nef du Palais 
de rindustrie. 

Des excursions très intéressantes seront préparées pnr 
un Comité spécial pour visiter les postes de sauvetage 
établis le long de la Seine, de Rouen au Havre, quelques 
stations maritimes du littoral de la Manche et les disposi- 
tions prises dans une mine pour préserver les ouvriers 
contre les accidents. 

Tous les ouvrages, plans et brocliurcs concernant l'hy- 
giène et le sauvetage, qui nous seront adressés, seront 
exposés en 1888 et en 1889 par les soins du Comité. 

Avant de terminer, qu'il me soit permis de communi- 
quer un fait intéressant : 

D'après les communications officielles, on a constaté en 
France la mort de 434 naufragés pendant qu'on en sau- 
vait 3,259, soit 1.3 cas de mort pour 100 cas de sauvetage. 

En France, l'initiative privétj fait bien plus que l'Etat 
pour sauver les personnes eu péril; il n'en est pas de même 
aux États-Unis où pour 486 morts il y a eu 28,317 per- 
sonnes sauvées pendant une période de 13 années, soit 
1,7 0/0. Dans ce dernier pays, l'État a pris à sa charge les 
frais qui proviennent de Tinstallation des postes de sauve- 
tage, et il rémunère les gardiens qui ont pour mission 
d'inspecter d'une façon permanente les endroits périlleux 
pour les navigateurs. 

Faut-il attribuer la faible proportion des dé^s causés 
par les naufrages, observés en Amérique, aux soins médi* 
eaux donnés aux victimes des accidents maritimes et flu- 
viaux, ou aux précautions prises pour éviter les sinistres: tel 
est le problème que je serais très heureux depouvoir résou- 
dre avec l'aide des membres de la Société française d'Hy- 

8'^"^- ^__^__ Emile Cacheux. 

Revue analytique et critique 
des Publications périodiques d'hygiène. 

RBVUB MéDlCALB DE LA SUISSE ROMANDE 

Nous relevons dans cet excellent journal, au chapitre 
Variétés, une note très instructive sur : 



Ija préfcnIloB de la rm§;e en Baylère. 

Pendant que TEuropc savante discute encore sur 
TeiBcacité du traitement de la rage par la méthode Pasteur, 
la Bavière parait avoir résolu le problème d'une manière 
pratique, en supprimant la maladie par d'excellents règle- 
ments d'administration publique. 

L'ensemble des mesures appliquées. depuis le mois de 
juin 1876 a reçu le nom de Hundesteuergesets, (Loi rela-- 
tive à la taxe sur les chiens.) 

De i863 à 1876, le nombre annuel des cas de rage mor^ 
tels dans l'espèce humaine pour une population de cinq 
millions et demi d'habitants, n'avait jamais été inférieur à 
14. (29 et 31 dans certaines années, 23 en 187S.) 

En 1877, le chiffre tombait à 13 et dans les sept der- 
nières années le nombre des morts a été seulement de trois ! 

Les moyens mis en œuvre en Bavière se réduisent en 
somme à des règlements très sévères contre les chiens 
errants. Sous peine de mort immédiate, tout chien doit 
avoir un maître responsable et porter au cou une médaille 
métallique, où se trouvent inscrits l'acquit de la taxeaur 
les chiens et Je numéro matricule du chien sur les registres 
du district. Cette médaille qui sert en quelque sorte de 
passeport au chien, est délivrée au bureau de police et 
change tous les ans (forme et couleur). 

Quiconque aperçoit sur la voie publique un chien non 
pourvu de la médaille de l'année, a le droit et même le 
devoir civique de le faire mettre en fourrière. 

La ta^e est de 3 marcs, de 6, de 9 ou de 18 marcs selon 
les districts, et c'est naturellement dans les grandes villes 
qu'elle est le plus élevée. 

On peut trouver ces mesuros méticuleuses et vcxatoires, 
mais elles ont leur excuse dans le résultat qui est de tout 
point satisfaisant : on peut dire que la Bavière est défini- 
tivement affraùchic du fléau de Thydrophobie. 

Le règlen;ient est appliqué avec la plus grande rigueur, 
et tout chien errant ou suspect est immédiatement sup- 
primé. 

Pourquoi le système bavarois ne serait-il pas immédia- 
tement mis à l'étude et appliqué en France?cela donnerait 
des loisirs aux chefs, sous-cheFs et auxiliaires de l'Institut 
Pasteur, et leur permettrait de consacrer tout leur temps 
aux recherches bactériologiques ! 

THE SANITARY KflGlNEfiR DB .NBW-VORK 

1^^ octobre f8S7. — Nous trouvons dans ce numéro des 
détails intéressants sur les cas de choléra morbus qui ont 
été signalés dans le port de New-York, et qui avaient un 
moment suscité une certaine panique dans les rangs de la 
population de cet immense emporium. 

Le bateau à vapeur ÏAlésia, arrivant de Naples et Mar: 
seille, avait à son bord 5 à 600 passagers émigrants. Pen- 
dant la traversée plusieurs cas mortels de choléra se sont 
produits dans cette agglomération (9 décès), et au moment 
oh VAlésia jetait l'ancre dans le port de New-York la 
maladie n'avait pas encore disparu. (En tout 3S cas de 
choléra dont 19 suivis de mort.) 

Les mesures promptes et énergiques prises parles auto- 
rités sanitaires de New-York, ont immédiatement circon- 
scrit le foyer d'infection. Le vapeur a été envoyé dans 
l'établissement quarantcnaire (Lazaret) situé dans J'ile 
d'Hoffman; les passagers ont été installés par catégories 
dans des pavillons bien aéréa, bien aménagés; les procédés 



Vô6 



JOURNAL I>'HYGfÈNE 



de désJQfection recommandés dans des circonstances ana- 
logues, onL été mis ea œuvre pour les hommes, les bagages 
t't [e navire» et le choléra s'est éteint sur place. 

Le Britanma^ étant arrivé quelques jours après, avec 
des malades cholériques à bord, le vapeur a été mis en 
{{uaraDtaîne (4 décès depuis «on arrivée à Yew-York). 
Les passagers et équipage de YAlésia ont été installés sur 
un vieuîL navire à trois ponts le Wdshingiony et les passa- 
ger du Briîannia onl pris leur place dans Tile Hoffman. 

En félicitant les autorités sçmitaires du port de New- 
York de ce suËcès, le rédacteur du Saniiary Engineer pro- 
fite de roccasioa pour stimuler le zèle du Conseil muni- 
cipal de la ville, et lui demander Texécution d'urgence 
des mesures d'assainissement relatives à une propreté 
plus sévère des rue», à un aménagement mieux entendu 
du système d'égouts, à l'enlèvement plus prompt des ma- 
tières excrémentitielles et des immondices de toute nature. 

/P nmJembrc 1887. — Compte rendu de la réunion à 
MenipUis do Y As&ociaiion amérkaine de la sarUé publique, 
sons la présidence de M. le D' George Sternberg. 

Dans son address^ notrô émisent collègue de la Société 
d'Hygiène q fait un brillant historique de la question 
nniional riuaraniine. 11 a énuméré toutes les mesures de 
saiï\*^K^^i<i' 't 'i'' [protection que réclament l'hygiène et la 
poîfce sanitaire modernes. 

11 a indiqué en dernier lieu l'opportunité de rétablir le 
Bureau national de l'hygiène publique, avec un Directeur 
respon^ble & sa tête. Le National Board of Public Health 
doit avoir sous sa dépendance un bureau spécial de ren- 
seignements internationaux advisory board of health, où 
doivent tigurer comme membres d'un comité exécutif, 
les chels des services de l'armée et de la marine. 

Dans le projet de M. Sternberg, les frais résultant de 
cette organisation nouvelle doivent être demandés, à une 
taxe payée par les armateurs et négociants dans chaque 
rmrl maritime» 

BOtETIN DE MEDICINAL NAVAL 

Notre savant collègue de la Société d'hygiène le D' Angel 
F£n:sAND£;£-CAiiû ¥ NouviLAS consacre son fascicule du 15 
octobre, au compte rendu des travaux du Congrès d'hy- 
giène de Vienne, auquel il a pris une part très active. 

M. Caro s'applaudit beaucoup:!^ de l'importance et de 
la valeur de ces travaux; 2^ des relations amicales qu'il a 
nouées avec "es représentants les plusautorisésdel'hygiène 
moderne, mais son esprit clairvoyant ne s'est pas laissé 
entraîner vers cette tendance à la réglementation quand 
m^me, qui caractérise les faits et les gestes des hygiénis- 
tes officiels des diverses contrées de l'Europe. 

La liberté individuelle n'est pas pour lui un vain mot, 
et les moyens les plus immédiats pour la respecter se 
résument dans ces mots ; V Instruction et V éducation hy- 
giénique des masses. 

Ayant à choisir entre les deux systèmes en vogue, le 
système Français avec sa réglementation à outrance, son 
arbitraire» et son autoritarisme, et le système des Etats- 
Unis, avec son initiative privée, son instruction etson édu- 
cation populaires, il se prononce hardiment pour la liberté 
des citoyens t 

— Le fascicule de novembre nous apporte le lointain 
t*cMo des applaudissements qui, au sein de l'Académie de 
Madrid, ont accueilli le discours do réception comme 
membre titulaire^ du D^ Fernandez-Caro. 



Après avoir tracé un tableau saisissant du rôle du méde- 
cin de la marine, l'orateur a développé avec autant de con- 
viction que d'éloquence, le titre de son discours, l'homme 
et le climat. {El kombre y el clma). Il comprend quatre 
chapitres : 

1^ L'homme est-il cosmopolite? 

S^ Comment l'espèce humaine a-trelle pu s'acclimater 
sur les divers points du globe? 

3^ Difficultés el importance de l'acclimatation dans les 
temps modernes ; 

4^ Acclimatation individuelle. 

Nous attendrons le texte complet de cette étude pour 
en donner une analyse plus détaillée. 

l'union MEDICALE OU CANADA 

Le fascicule d'octobre contient au chapitre Travaux 
onginauxy une étude de M. le D' J. Pallardy de Saint- 
Hugues sur le traitement de. là diphtérie. 

Les progrès incessants que fait cette terrible maladie 
dans les diverses contrées du nouveau monde, donnent 
beaucoup d'intérêt aux polémiques des professeurs et des 
praticiens sur les meilleures méthodes de guérison. C'est 
toujours la lutte des cautérisants et irritants contre les 
adoucissants et les antiseptiques. 

Le D' A. Paquet, professeur à l'Ecole canadienne de 
Montréal, préconise la glace, la chaux, le benzoate de 
soude sous toutes ses formes, avec la série des adjuvants 
émollients. Il estime avec le D' Flint de New-York, que 
la majorité des médecins du pays est actuellement oppo- 
sée aux caurémante et awa; irritants. 

M. le D' Pallardy proteste contre cette affirmation et 
contre la méthode trop absolue du P' Paquet. Il admet 
parfaitement que la diphtérie doit être attaquée consti- 
tutionnellement (traitement interne de l'empoisonnement 
général) et localement (modiâcation des tissus altérés)» 
mais pour cette deuxième indication il donne la préfé- 
rence aux caustiques, aux germicides, aux irritants. 

Ainsi, ajoute-t-il, la teinture de fer dans la diphtérie 
comme dans l'érysipèle, augmente la contractilité vitale 
des vaisseaux sanguins, probablement par un effet tonique 
et stimulant sur les systèmes vasculaires et nerveux, et 
par là, prévient l'extension du processus morbide . 

A l'appui de son dire H. Pellardy cite la conclusion 
d'un rapport d'une Commission sanitaire chargée en 18-59 
d'éludier la terrible maladie. 

« De plusieurs remédies internes qui ont été mention- 
nés, nous n'en connaissons aucun dans lequel on puisse 
placer autant de confiance, que dans la teinture de ses- 
quichlorure de fer en combinaison avec le chlorate de 
potasse. 9 

{Lancet des Etats-Unis et Médical Record de New- 
York, 1888.) 

Nous serions tentés de répéter à nos confrères des États- 
Unis et du Canada l'adage : est modu>s in rébus ; mais par- 
dessus tout nous leur rappellerons que la diphtérie est 
sans contredit une affection générale et constitutionnelle, 
totius substântiœ comme on aurait écrit avant l'ère nou- 
velle des bacilles et des coccus^ des antiferments cl des 
yermiddes. D'de>.S. 



Propriétaire-Géi 



SwfeîFstr 



IMPRIMBRIB CWAIX. — 20, RUE BEHOÈRB, fARlS. — 7010-3-8. 



U* ANNÉE. — i3' VOLUME. 



Moméro 602. 



JEUDI 5 AVRIL 1888. 



JOURNAL D'HYGIÈNE 



SOMMAIRE : L'atilisation agricole des eaax d'égoat de Paris devant la Chambre des Dépatés : )q9 adversaires (IfuesAnD^ F. Fas^ît, DRLLit.^Bt 
C. Raspail, Mortillkt, Chambbrland, Barbe); les partisans (Martin Nadaud, Bournevillr, i>I£ la FEaaoNHAVS, Alpband, Louiîet.Î — 
L'hygiène de Tenfonce [Gruard). — Feuilleton : L'âge des étoiles (Jaicssen). — L'éduaiUon d<*s ûQed au ïveli* siècle (L. Férst). — BuUe- 
tin de la Société françalee d'Hygiène : Avis. Séance d'avril. — Procès- verbal de Ja séance de mars, el annexe an procés^verbaL ^ 



i française d'Hygiène : 

Revue des Thèses du doctorat (Keix, Swingbbdaw, Barbt). — Bibliographie (Bérillon^ C. 



JûLY). 



Paris, ces Avril 4888. 

L'utilisation agricole des Eaux d'égout de Paris 

DEVANT LA CHAMBRE DES DÉPUTÉS 

Aipsi que nous enavonsprisTeDgagementclans un pré- 
eédeot article d'ensemble (1}^ nous allons résumer aujour- 
d'hui; le plus sommairement possible, les discours qui ont 
été prononcés à la tribune de la Chambre des Députés, à 
propos du projet de loi sur la question d'Achères. 

Ces extraits tirés des innombrables colonnes du Journal 
officiel, montreront bien la nature et l'importance des argu- 
ments qui ont éié invoqués, par les adversaires et par les 
partisans des projets des Ingénieurs de la Ville. 

D'un côté, des allégations, des attermoiements, des rai- 
sons de procédure, du sentimentalisme, de grands mots à 
effet sur la défense nationale, des théories plus ou moins 
scientifiques. 

De l'autre, uae étude sérieuse des facteurs multiples du 
grand problème sanitaire, une expérimentation pratique 
poursuivie dans les localités les plus diverses, des statis- 
tiques, des faits, des résultats. 

Ce travail, assez ingrat, d'analyse nous a paru opportun, 
au moment où le projet de loi adopté par la Chambre des 
Députés, va subir les épreuves de l'examen et de la discus- 
sion au Palais du Luxembourg (2). 

(i) Voir Journal tCHygièney n» 594 (9 février 1888). 
(2) Nons demandons pardon à nos lecteurs de consacrer à cet exposé 
les 11 colonnes da Journal. 



FEUILLETON 



L'âge des Étoiles ('). 



\ 



« Le grand Herschel, qui avait embrassé le ciel entier 
dans ses observations et dont les opinions étaient presque 
regardées comme l'expression de la science elle-même, 
croyait le soleil habité. Arago, qui lui succéda comme 
autorité en astronomie physique, le croyait habitable. 
Cette opinion de deux hommes aussi considérables, dont 
le dernier touche presque à notre époque, nous montre 

Îiiel chemin la science a parcouru en un quart de siècle, 
ujourd'hui, il n'est pas un astronome qui admettrait, 
même un seul instant, la possibilité du développement de 
la vie dans notre grand foyer central. 

(1) Lecture faite par H. Janssen dans la séance publique annuelle 
ta dnq Académies (25 octobre 1887). Eitrait de VÀnnuairedu Bureau 
des LoDgitudei pour 1888. 



Les choix faits dans les bureaux, comme membres de la 
Commission sénatoriale, prouvent d'avance que la bataille 
sera chaude et vigoureuse. — Sur les 7 commissaires^ 3 
sont hostiles au projet de loi, 3 sont favorables, et le 7^^ 
n'a pas d'opinion bien arrêtée. 



!/£« ftdvei^iaire»* 

De tous les adversaires du projet d'Achères, M. Hdbbard, 
député de Seine-el-Oise, a été sans conteste le plus intré- 
pide, le plus ingénieux, le plus persévérant, et même le 
plus éloquent; malheureusement, il s'est toujours plus 
préoccupé du passé que du présent, des aspirations que 
des réalités, de la théorie que de la pratique. Il était hatîile 
de mettre les Ingénieurs do la Ville en contnidiction avec 
leurs opinions d'autrefois, mais en bonne justice distribu- 
tive, il aurait fallu rappeler aussi les conclusions parfaite^ 
ment motivées des hygiénistes qui Jiguraient dans la 
Commission supérieure de rassainissement de Paris, 
Devant les noms considérables de MM. Pasteur ctBrouardel, 
se dressent ceux justement considérés de Henry Bouley, 
de Fauvel, de Bécîard, pour ne parler que de ceux que 
l'impitoyable Parque a enlevés à la Science et à la Patrie! 
Voici la péroraison du premier discours de M. Hubbard, 
« Nous demandons à rester ce que nous sommes. Nous 
sommes des conservateurs de rhygiène de Paris. Non 
seulement dans la ceinture de bois qui l'entourent et 
qui le couvrent, Paris trouve une protection contre renoemi, 
mais une protection aussi pour la santé de ses habitants. 



Nous avons, en effet, sur le rôle des divers organes 
du système solaire des idées plus justes et plus saines. 

» Nous savons que la fonction de l'astre qui est au 
centre de notre monde planétaire n'est nullement de ser- 
vir directement aux manifestations de la vie, ce qui serait 
un renversement des rôles el un obstacle insurmontable 
à l'accomplissement de celle fonclîon mtime; mais que 
tout au contraire, sa structure a été admirablement com- 
binée pour en faire le grand réservoir des forces qui doi- 
vent animer el eooserver tout le système, que par son 
admirable constitution il peut non seulement épandre sur 
les mondes qu'il enchaîne autour de lui par sa masse, ces 
effluves dont Tabondance confond l'imagination, mais 
encore qu'il en régénère sans cesse la source, en sorte que 
l'avenir de ces mondes dont il est le foyer, le régulateur 
et la vie, est assuré à travers d'immenses périodes chro- 
nologiques. » 

M. Janssen rappelle ici que ces nouvelles idées sur le 
rôle et la constitution du soleil ne pouvaient être le fruit 
de l'observation directe, vu la distance qui nons sépare du 
soleil. D'autre part, si les derniers progrès de laphotogra-^ 






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JOURNAL D'HYGIÈNE 



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P^ 



ir 



Celte ceinture de bois, elle purifie Tair de Paris, en même 
temps qu'à leur pmbre s'élèvent ces innombrables villas 
qui font le charme de la campagne parisienne, et dont 
rcxistcncc autour de la grande cité a bien aussi son inté- 
rêt qu'if n'est pas bon de troubler. 

» Au Heu d'aller sur les plateaux, dans les pays de cul- 
ture, qui out besoin d'eau, vous avez Tintention de des- 
cendre tout le long de la vallée de la Seine et de faire 
des irrigations sur le bord de l'eau, sur des terrains sou- 
vent inondés. A 

M. Frédéric Passy conteste Texpérience, si décisive 
pourtant, de Gennevilliers, et celle non moins probante 
de Berlin. En patronnant un. projet de canal à la mer, il ne 
craint pas de porter sur d'autres points du parcours Tin- 
fection qu'il redoute pour son département de Seine- et- 
Oise. 

c Messieurs, je vous en supplie, au nom de la justice, au 
nom de l'intérêt général, au nom de l'humanité, au nom 
de Paris lui-même, de sa richesse, de sa prospérité, de 
siK salubrité, réfléchissez -y à deux fois, avant d'accepter 
dans les termes dans lesquels il est conçu, le projet qui 
vous est présentjé ; et puisqu'il faut bien — nous sommes 
les premiers à le reconnaître — que nous arrivions à 
faire quelque chose, tâchons de faire quelque chose qui, 
en vous débarrassant véritablement, n'embarrasse pas les 
autres, et n'ait pas les conséquences funestes, déplorables, 
queje viens db mettre sous vos yeux. » 

M. Dellissb fait reposer toute soti argumentalion contre 
le projet de loi/ sur les conclusions de la Commission mi- 
nistérielle de 1881, composée de savants 9 devant inspirer 
toute garantie ». Naturellement il regarde comme lettres 
mortes les conclusions des Commissions supérieures 
techniques qui ont fonctionné postérieurement à l'Hôlel 
de Ville, et dont faisaient partie des hommes également 
compétents et autorisés. 

« Messieurs, je ne veux pasirisister davantage. Le projet 
qui vous est soumis n'atteint pas, ne penl pas atteindre, le 
but qu'on se propose, l'assainissement de Ja Seine. 

» Il est, de plus, inquiétant et dangereux pour la salu- 
brité publique. 

^ U est contraire aux intérêts do la défense de Paris, v 



M. Camille Raspail commence par demander à la Cham- 
bre la nomination d'une nouvelle Commission chargée 
d'étudier sérieusement cette grave question. 

<K Nous voulons tous l'utilisation des eaux ; nous sommes 
tous d'accord qu'il y a là dans un pays manquant d'engrais, 
une richesse qui est perdue, qui est jetée à la Seine, et qui 
continuera à y être jetée peut-être pendant quinze ou 
vingt ans encore. Eh bien, vous pouvez en deux ou trois 
ans établir ce canal à la mer dont on parle. J'ajoute : vous 
débarrasserez les alentours de Paris de ces fabriques de 
sulfate d'ammoniaque qui en vicient l'atmosphère» car 
elles pourront être transportées sur les bords de la mer 
où vous pouvez établir des réservoirs pour les matières 
excrémentitielles. Vous aurez ainsi non seulement de 
l'engrais sur tout le parcours du canal, nuds de l'engrais 
fabriqué. » 

M. A. DE MoRTiLLET croit,<iu'il n'y a qu'un moyen possible 
de sortir de la difficulté, c'est de faire une canalisatioa 
sufiisamment longue pour que les agriculteurs puissetit 
librement prendre l'eau qui leur est nécessaire, pour que 
les industriels trouvent le moyen d'en avoir s'ils veulent 
travailler, s'ils veulent faire des engrais mobiles, des tour- 
teaux transportables aux points où on pourra en avoir 
besoin; et pour que cette eau ait un débouché dans la mer 
aux époques où l'industrie et l'agriculture ne l'absorbent 
pas tout entière. 

M. Chamberland, directeur duLaboratoiredeM. Pasteur, 
entre en matière par une exposition de l'état actuel de la 
Science, « sur la question de transmission des maladies con- 
tagieuses et épi démiques 9. Abordant ensuite le fond du 
débat, il reconnaît qu'il n'est pas possible de séparer la 
question de Tépuration des eaux de la Seine, de l'autre 
question relative à Tévacuatron des >idanges. « Jen*hésile 
pas à déclarer que je suis partisan du « tout à l'égoul » ; 
j'estime que tous les détritus et tous les résidus de la vie 
doivent, le plus tôt possible, être éloignés des habitations, 
qu'ils doivent être projetés dans les égouls, et être rapide- 
demenl entraînés par les eaux en quantité suffisante, de 
façon à ne pas séjourner dans les maisons ou dans leur 
voisinû'i'e. » 



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1^. 



phle permettent bien de séparer des granulaiions de la 
photosphère^ qui ont 1/10 de seconde d'arc, cet angle 
si petit correspondrait à des objets qui auraient près de 
150 kilomètres de diamètre. II cherche alors à dégager de 
l'histoire des sciences ce qui s'applique plus spécialement 
à Taslronomie. 

c Les grandes découvertes réalisées en physique céleste 
dans; ces derniers temps, rapprochées des connaissances 
que l'invention des lunetier a introduites dans là science, 
nous permettent de nous élever aujourd'hui à une vérité 
d'ordre supérieur et d'introduire dans l'univers la notion 
d'âge et d'évolution qui, jusqu'ici, était exclusivement 
réservée à une classe de phénomènes terrestres. C'est à 
montrer ce que signifient exactement ces mots d'âge et 
d'ét;o/u^îon appliqués aux astres, et comment nous sommes 
conduits à les introduire dans la Science, queje consacrerai 
cette courte lecture. 

» Le motd^ suppose une existence qui a un commen- 
cement, un développement, une fin; l'âge implique un 
cycle de phénomènes justiciables du temps. Ce qui est 
éternel, n'a point d'âge. 



i> L'âge des étoilessignifiodoncque ces astres sont sou- 
mis aux lois d'une évolution semblable à celle que nous 
offrent sur noire globe les êtres organisés. 

«Ainsi, ces étoiles dont la lumière parait extra-terrestre 
et d'une nature toute célesti', ces étoiles dont la fixité a 
été si souvent prise comme le symbole de l'immobilité 
elle-même ; ces étoiles que notre éducation, nos traditions, 
nous avaient habitués a considérer comme les flambeaux 
éternels des cieux^ seraient donc soumises comme nos exi- 
stences terrestres^ aux lois de la naissance et de la mort; 
elles seraient, elles aussi, justiciables du temps et éprou- 
veraient les vicissitudes que toute vie porte en elle-même. 

» Telle est cependant la vérité. 

D Les étoiles sont des soleils analogues au nôtre, et elles 
sont soumises aux lois d'une évolution d'où résulte pour 
elles une période d'activité, un déclin, une fin. 

» Cette doctrine de l'évolution des astres n'est pas encore 
complète et étudiée dans toutes ses parties, mais elle s'im- 
pose aujourd'hui, et elle doit être introduite dans la 
Science dont elle représentera un des plus importants 
progrès, une des plus belles conquêtes. » 



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JOURNAL D'HYGIÈNE 



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D'autre part, M. Chamberland déclare fraachemdnt qu'il 
est « panisaû de rutilisalion agricole des eaux d'égout 
et de leur épandage sur le sol ». 

Après ces deux affirmations catégoriques, H. Chamber- 
land, obéissant à des procédés de logique assez singuliers, 
ee déclare hostile au projet du Gouvernement, parce que, 
dans sa pensée, la véritable solution du problème réside 
t dûijs k construction d'un canal couvert parlant de Paris 
et entraînant toutes les matières vers la mer. » Et tout le 
loDg de ce canal, ajoute-t-il, je voudrais a que des prises 
fussent ménagées de façon à pouvoir distribuer des eaux 
d'égout à tous les propriétaires qui en feraient la demande». 

y. Hahbr; député de Seine-e1rOise,dans un contre-projel, 
demande l'ouverture au ministère de l'Agriculture d'un 
[Crédit do 200,000 francs, pour la mise au concours des 
systèmes d'épuration par procédés mécaniqueset chimiques, 
des eaux contamin