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Full text of "Journal d'un combattant de février"

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Fcuxrr, Ph. 



JOURNAL 



COMBATTANT DE FÉVKIER. 



JOURNAL 



D'UN 



dTamlrallant h ^àxitx, 



TA& 



PHILIPPE FAUEE; 

/ 

FOAQXZNT SVR l'aUTEUB, PAK PIB&KE LBSOirX, ET DBS SlSCOrO) 
TSONONCÈB SUA LA. TOUBS DE PHILIPPE PAUOE ; 



HOTES HISTOEiaUES ET DE TEKOIOKAQES DE LA UAIM 
DE LAHBITHAIS, DE MADAMB ADÈLE TICIOB HUGO, DE TICTOBBUQO, 
DB LOUIS BLANC, DE KOSSUTH, DB LBDBU-ROLLIN, D8 HAFfl, 

de hbbzbk, db berieau, se obbfpo, de bru, de 1. habnet, 
d'alphonbb btakchi, d'alfbbd talandieb, et 

d'aUTBBS amis DB PHILIPPE PAUBB. 



l^nWi à $tt»ts tar 



AUGUSTE DESMOULINS. 



JEBSET: 

C, LE FEUTIŒ, IMPRIMEUR-LIBRAIRE, BERESPORD 8TRREI. 

1859. 



TABLE. 



FlOIB 

JxBBBT, 24 Février, 1859 viii 

Atxbiisbbkbbt 1 

Fraient d'un ouvrage iuâdit intitula La Bochbb vkb Pbos- 

CKiTB, par Pierre Leroux 3 

Discoora pronono^s sur la tombe de Fhilippk F^ube 9 

Diecoura d'Auguste Desmoulina 9 

Xettre adressée par Julian Hamey A U mère et mx amia de 

Philippe Faute 20 

Bisocnira d'Alphonse Bïanclii 28 

Inscriptions gravéea aur le tombeau de Flûlippe Faum 34 

JOURNAL D'UN COMBATTANT DE FÉVRIER. 

CHAPITRE I. 

26 Atbil 1847. — Préambule. — Coup-d'œÛ sur la rituation de la 

France et de l'Europe 87 

CHAPITRE n. 
2aDÈciHSBB 1847.— Situation des Partis 52 

CHAPIIKE m. 
Bfi Jamvieb 1848.— Ouverture de la SeasiMi 58 

CHAPITHB n'. 
26 Janvibs 1848. — Discussion et vote de l'Adresse 66 

CHAPITRE V. 

27J'A)(yiEB 1W8. — Lut te de porte-feuille fl.—Tatribles pronostics. 68 
CHAPITRE VI. 

28JAHTIBK 1848,— Aigres débat» parlementaires 71 



TABIX. ▼. 

CHAPITRE Tll. 

29 JjLimiS 184S,— DùcouiB belliqueux de H. de Lamartine nu 

la Nationalité Italienne 75 

CHAPITRE Tni, 

31 Jaittibk 1848.— DiBcoun de M. Thien sut la Question 

Italienne 80 

CHAPITRE IX, 

IFÉTMBB 1848.— Affaires de la Suisee 81 

CHAPITRE X. 

9 FÈTBiBK 1848. — DiflcuBÛou du droit de réunion. — DieMurs 

de MM, Hébert, Ledru-Eullin, et Odilon 
Baïrot 82 

CHAPITRE XI. 

10 FfevBiBB 1848. — Bdet de l'Âmendenient Darblaj.— Discoure 

de MM. de Oenoude, Blanquî, Guizot 
etThiera 90 

CHAPITRE XII. 
llFÉvsutB 1848.— Tote définitif de l'Adresse. — Diacours de 

M. de lamartine 94 

CHAPITRE XIII. 

16 FfeTBiKB 1848. — CODToi d'un patriote.— Les étudiants, les 
ouTriers e'ogitent. — Sruits d'Insurrection 

en Italie 09 

CHAPITRE XIV. 

16 FÊTSIBS 1848. — l'agitation augmente.— (opinion de Lamen- 

nais sur la résistance. — Discussion décisive 
AU Bein de la Kéunion socialisfe. — Opinion 
de Pierre Leroux sur le mouTement et sur 
ses Huites possibles. — Philippe Paure sou- 
tient le principe de la résistance et range à 
■onaTÎa la Béunion. 102 

CHAPITRE XV. 

17 FÉVBIBE 1848, — Eéunion chea Jean Beynaud. — EipoMtion 

du Sodaliame 113 

CHAPITRE XVI. 

19 rfcrxiEB 1848,- ETénements d'Italie. — Oraison funèbre 
d'O'Counell, faite à Notre Darae par 
Lacordairo. — Banquet Catholique à l'Hôtel 
Lambert. — Préjutratiià du GouTemement 
et de l'Opposition. {Article de Paulibb 
Boland) 118 

chapitre xvii, 

21 PÊVBIBB 1848.— Lundi, midi 130 

" " " Huit heures du soir 131 



T(. TABLE. 

CHAPITRE XVIII. 

22 FËVBIKB 1848.— Mardi, & heures du matin.— Testament de 

Philippe Taure 131 

CHAPITRE XIX. 

22FÈVBiBa 184S. — Mardi, huit heures du matin 132 

" " " Huit heures du soir 132 

" " " Minuit 137 

CHAPITRE XX. 

23FÉvniEE 1848.— Mercredi, midi 138 

" " " Beux heures 1S3 

" " " Dix heures du Boir 139 

" " " Onze heures et demie du Boir 141 

CHAPITRE XXI. 

24FÉrBTEB 18i8.— Jeudi, 6 heures du matin 141 

" " " Quatre heures du soir 142 

" " " Minuit 146 

CHAPITRE SXII. 

29 Ffcvsisa 1843. — Les OuTriers portent leurs réclamationB à 

l'Hôtel de Tiae 146 

CHAPITBE XXm. 

14DÈCSUBBE 1853.— Union ! (Article daté de Londres) 148 

APPENDICE. 

Note (o)— SiiHTB-PÉtisiB; Jbaxkb, ls Pèbb EitTAirriir ... 153 

Note (6) — JTbantib d'Abc 156 

Bote (c) — liA. LiBBBTè AUX Bâbbicxdbb, (tabltAU d'Eugâne 

Delacroir) 156 

Notefii)- La PoLoaBB 168 

Hôte (e) — LAKBiriri.TH 168 

" ■' FlTNÉHilLLBa DB Lahbbnais 164 

" " LsTTBBa DB Lamïbmaib 185 

Note (/)— Fabeb d'Olivbt 167 

" " Vers dorés des Pythagoridens 168 

" " Extraits de l'Etat Social de l'Homme 171 

" " " des Examens des Vers Dores 176 

Note (if)- BÉBASGBK 180 

" " L'EsBiscB SB Phiuptb 186 

Note (A)— QnBBTiOKs d'Histoibb 186 

Note (i)— Lb Gboppb Socialistb 186 

Note (j) — Lbttbb DB JuLiAV Habmbt 187 

" " APPBBKXI— COMPAONOB — MtlTBB 188 

Note (fc)— La Tombb db Babab 189 

Note (0 — ^L'HiBTOiBB KELiaiGuaB 190 

" " Adam 190 

" " CoBMOOOHIE 191 

" " Db L'Histoibb 192 

" " l'eclaibehb 196 



TABLE. Tll, 

Note (m) — U, ss Lamabtinx à Uâcoh 186 

Note («)— La. Cibcuuieb du 3 Makb 1848 196 

« 11 Votas* db Pibbbb Lxxoux à Fabis 187 

Note (oj— Lbttkb db lotria Elasc 197 

Note (p) — I'" BAKftuHT SociAiiBiE DB LiHOQBa 198 

Note (g)— Ijb bbtoir bu Fateioib 199 

" " Protestation d'im Electeur... 199 

Note (r) — Jean Ebtsaud 201 

" " Article do Philippe, sur "Terre et Ciel" 202 

Note (»)— .Napoi-éok Jèbôub 203 

Note (() — Lbb PkÊparatiss db M. Guizot 204 

Note (ttl — L'Etabgilb Eteeitei 204 

Note («) — I-A Canue de Babas , 211 

Note(arl— Lb TocsiiT 213 

Note (y) — LosDSXB 214 

Nota («) — ^Miasoir PEOTiDBifTiBLLB de la FaAifCB 222 

TÊMotaKAQBS. — Lettre de Lameimma 224 

" Lettre de Madame Adèle Victor Hugo 226 

" De la même à Philippe Faure 2S5 

" Lettre de Victor Hugo 225 

" lettre de Louis Blanc à Philippe Faure 229 

" Louis Blanc à Philippe Faure 226 

" Lettre de Louis Kossuth 227 

" Lettre de Saffi 227 

" Lettre de Ledru-Eollin 227 

" Ziettre d'Alexandre Serien ' 228 

" Lettre de Philibert Berjeau 229 

" Lettre de Louis Greppo 229 

" Autre lettre de Lmus Greppo 229 

" Lettres d' Aime Greppo 330 

" Lettre de Jenny Greppo 232 

" Lettre d'Anne Greppo 282 

" Lettres de Jenny Greppo 284 

" Lettre de Cherassus 235 

" Lettre de Cœlme 236 

« Lettre de Veillard 336 

" lettre d'Alfred Tftiandier 237 

" lettre de Couturat 288 

" Article de critique littéraire, pw Philippe Faure 239 

lettre de Félix I^rat 243 

" Lettres do "WilMd de Fonvielle 24a 

« lettre d'Emest Lebloys 244 

" Lettres de Jules Bru 244 

" Fragment du Jonmal de Philippe Faure 248 

" Extraits de Journaux 

" L'Ebtapettk 260 

" ThbEeabosbb 261 

L'Homme 264 



JEESEY, 24 FÉTHIEE 1859. 



Nous terminons aujourd'hui, ouziâmc amÙTersaiie de la 
Bévolutioa de Février, et dans 1& septième année de notre 
exil, l'impression de ce premier volume des écrits de Philippe 
Faure. • 

Fuisse ce livre éclairer l'opinion et même l'histoire. 

Fuisse-t-il marquer le vrai caractère, le caractère socialiste 
de la Bévolutioa de 1818. 

Fuisse-t-il en8n contribuer à i^re triompher dans le monde 
la Liberté, la Fraternité, l'Egalité, ce principe triple et un 
comme Dieu, un et indivisible comme la ïlépublique ! 



* Koos publierons produinement boos le Utre Fkaoucnts d'Histoire 
ST DB cBiTiauE UTTtBiiBx, uii volomo d'études fort inWreswitteg de la 
mais de l'auteur du Joukkal u'uk CohbilTsaki di F£tbixk. 



AVERTISSEMENT. 



La Béroliitioii de Féyner fîit mt &it si compliqué et 
résultaDt de causes ei multiples, qu'il s'écoulera encore 
beaucoup de temps avant qu'on n'en puisse écrire l'his- 
toire. Un de nos meilleurs amis, Philippe Faube, 
qui a en la gloire de participer à cette RèTolutîon, en 
a raconté lui-même les événements les plus mémorables, 
et c'est BOD récit que nous publions. Noos^ croyons ce 
récit intéressant pour le public et de nature à éclairer 
l'historien qui plus tard entreprendra de raconter la 
naissance de la République de 1848. 

Le Joîimal Sun Combattant de Mvrier a paru il y a 
plus de dix ans dans VJEclairew du Centre. Ce docu- 
ment, écrit dans l'ardeur de l'action par un jeune 
homme qui eut ime part héroïque dans les scènes qu'il 
raconte, a tout l'attrait qu'on cherche d'ordinaire dans 
les Mémoires. La réimpression de ce Journal était 
le plus bel hommage que nous pussions rendre à la 
mémoire de notre ami Philippe Faure. 

Nous avons cru devoir y joindre les témoignages 
qu'il a reçus de plusieurs de ses amis et que sa mère 
a pieusement conservés. Parmi ces témoignages se 
trouve le fragment suivant, que Pierre Leroux a bien 
voulu, pour elle, détacher d'un ouvn^ encore inédit. 

B 



AVERTISSEMENT. 



Ce morceau eiit une peinture ai vraie et n complète de 
Philippe Fawrc, que nous n'avons en qu'à rassembler 
cninuïtc quclqurtt dates et <iu'à citer lua Discours pru- 
Qonc^ Bur ea tombe, pour achever de flaire connaître 
notre ami. 

Nous pinçons î la fin du "Journal d'un Combattant" 
le TeHtaincut de Pliilippu Faure. deux Lettres de lui, 
et lia premiers feuilleta d'un article qu'il avait com- 
mencé sur le ]iYrc de Jean Reynaud. Ces pièces nous 
ont paru m rattnclitf nuturcUtiment à l'ouvrage et le 
compU'tiT. 

On trouvera dana l'Appendice les documents liisto- 
TÏquoe et les Témoignngea, Les lettres de La Mennaia, 
do Maïkmc IIu(^. de Vietor Hu^u. de Louis Blanc et 
de L. KoK-sutb sont remarquables, tant à cause des 
idtaB qui en «ont le fond que de la sympathie montrée 
à Philippe Faure par ces poraonncB illuBtres. 

Noua publiouB ctn ouvrage deux ans et demi après la 
mort de rautciir. et duiui un tiinjw où les idée» cjui ont 
amené la Kérolution do Février panuasrnt partout 
Taincues et dédaignées, bien qu'elles exercent partout 
une îuflut.iice oeculte du plus en plus puiltsnntc. Si 
quelque chonc peut ranimer dans lets âme^ la foi à ces 
idée», n'cBt-cc pas de les voir confeafiies par un esprit 
profondément ninc^re et dmit, et servies avec un absolu 
dévouement par lui [^rniid cœur ? 

AUGUSTE DESMOULINS. 

/«my, Stptitrtir» 1SJ3. 



I 
I 

I 



FKAGMENT DTN OUVRAGE INÉDIT 

onavLk 

LE EOCHETt DES PROSCRITS. 



CHAPITRE IX. 

PHILIPPE FAURE. 

Verrai-je partout dos tombeaux, et tout ce rivage 
eat-il peuplé de «ouvenira funèbres ! 

Voîli l'endroit où j'ai serré, pour la dernière 
fois, la main de Pm lippe Faure. 

V'Oiu Yoyex ce chemin tortueux qui, du rocher 
où je suis, mèae à la ville par Colomberie ; c'est 
ïa route de Saint-Clément. Hé bien, à une portée 
de fusil d'ici, je montrai à Fauro le nom de La 
ïlennui», écrit à l'angk d'uno ruo qui débouche 
■ur cette route : La Mennats Place. 

Ali I comme il a été bien inspiré celui qui, pro- 
fitant du druit que chacun a de nommer comme il 
veut les constructions qu'il élèye, se trouve avoir 
donné à cette rue un nom qui lui restera, O ami, 
ami illustre ! Ta tombe n'est pas ici, et ta charité 
n'a voulu d'autï-e tombe que la fosae commune, le 
grand gouii're où disparaissent les pauvres de Paria; 
hé bien, soit ! mais tu auras ici, du moins, un céao- 



Î,E ROOIEB DBS TftOSmiTS. 

tapbe. Cette rue est un exemple pour ton pays 
Breton. Ont-ils peusé, de l'autre cûtt- du détroit, 
à faire ce que la main d'un, étranger a fait ici, dcpui» 
longtemps, pour toi ? 

Noua dîmes cela ensemble d'un conmiun accord, 
moi, vieux, qui ai vécu des années dans le com- 
merça do La. Moniiais ; Ini^ jeune, maia depuis 
longtemps l'arnî et le disciple de ce maître véuc- 
rable. . . . 

Et puis, nous nous dîmBs adieu, nous nous sépa- 
râmes. ... ce fut un dernier adien. 

A quelques jours de là, il mourut-. ... Il mourut 
en quoIquoB lieurea dans les bras de sa mère. . . . 
Ah ! pauvre mère. . . . 

Elle m'a envoyé ce matin demander les Paroles 
j>'u.\ CitoTANT; elle veut mettre, sur le tombeau 
qu'elle fait ériger à son fils, cea etropbes d^ Ja 
ïTeunais : 

" — JouJie Soldat, oii Tsa-tu* 
" — Je vali cuioliattre pour la JiistÎPiî, pi>ur 
In BAinie csuac dcï Peuples, potii lo dioiu 
I sacrÉH du Geiiru Humain. 
" —Que tes armes iwient bénie», J£une Bdldot. 



" — J«im« Soldat, Où TaB.tu } 

" — 9e vais cgmbattre, pouj que tous aient 

uu ciel un Dieu et uni; l'utriu nur la tt^rre. 
" — Que les nrair-H iiairnt b^'iuc«, ic^t foi» 

bÉniea, jeune Soldai." 



PJllLirPE FAURE, 



I 



Jamais épîtapbc n'aura mieux convenu au mçrC. 
Ob! cottQ mèrù a bien. choiaL Elle counnisaait 
bien «on fila, aon tr<^sor pt^rdu. Elle et son fils ne 
iiiÎHuitiut qu'un, ILi n'avalent qu'un cœur, qu'une 
àiue. 

Comme on a raiscm de dire que la mort achève 
de tracer la vraie figure do notre vie ! Jo vois 
maintenant lu vie do Philippe Faure bien phui 
olairoment, quoique je l'aie toujours sentie et eom- 
pi-ia©. C'était un chercheur de la Vérité, laïus 
doute ; moia il lui fallait uuo action, uuo ritaJisu- 
tioD. n était consacre. 

Oui, il était vi-uiiuent consacré comme un 

Sémblnhle à ce& mères antiques qui consacraient 
lenrs fils au Seigneur pour toute la vie, sa mère 
l'avait coiiaacré dès sa nui^sanuc. 

Cette mère avait connu, aimé Fabre d'Olivet, 
une grande intellifrençe ég'orée dans lea r&vc« de-» 
sciences occulter, dans les mystères de ralchimic, 
et trop portée à. s'envelopper dea nuages de l'éso- 
térisme. Il voulut, au milieu d'un inonde idéale- 
meut oi^anchi, rééditer uu temple itecret ; il se 
fit prêtre à la façon antique, mêlant l'E;»yptianisme 
au Cliristi^inisme. Mois il fut Irappé d'apoplexie & 
cinquante ans, eur les marches de son autel, au 
moment, je crois, où il célébrait «a messe. 

Que fera-t-elle de son SÏ&, maintenant que Tinir 
tiateur n'est plue, que î'Epopte qui devait lui ouviir 
les yem a lui-même fermé le» yens ; que l'Jïiéro- 



LE HOCHER DES PnOSCRITS. 



I 



jibante a disparu, bsus laisser de «ucccMenr P I3Ie 
nft peut que lui transmettre, de souvenir, les ensei- 
gnements qu'elle a reçus, et que la reconnaissance a 
gravis dans sou âmo ; car hore do ce culte de la mé- 
moire, quel autre secours lui rcato-t-il ? Une lueur ■ 
faibl»?, incertaine, et qui semble enveloppiée à dessein, 
iw montre à peine dans de-a ouvrages inachevés. 
O'oet une marche à travers l'obscurité des sinueux 
Rentier» des Pyramides, avant d'arriver à la sali» 
où s'achevait l'initiation et où brillait la lumière. 

N'importe, il est consacré. Elle le destina, cette 
mère béroïque, aux plus nobles dévouemeuts. Dès 
l'ilgc de huit ans, elle le conduisitr à Sainte-Pélagie, 
dans la prison de Jeanne. L'enfant se lia aveo la 
prisonnier ; et Jeanne, emmené de Paris h Hara. 
char^ de fers, écrivait sur les marges d'une lettre 
que Philippe lui avait adressée: — "L'amitié et 
" les paTOles na'ivos de cet entant me consolent 
" dans ma captivité." (a) Plus tard, après la mort 
du martyr républicain, Philippe reçut des mains 
du père et de la mëre de Jeanne la croix que 
cctui-ei avait gagnée en Juillet. Cette croix, 
Philippe la porta, quinze ans Hprèa, sur les barri- 
cades de Février. 

Les visites de l'enfant à fîftintr-Pélngîe lui firmt 
dès ce t«mps connaître Oodefroy Cavaignac et Har- 
rast. Vn de ses parents le leur présenta. Philippe 
alors fut séduit par leur conviction républicaine. 



I 



fa} Poui oc renvoi ot pour toui lu imTnnte, vuîr l'Appendice^ 



PKarPPE FAVItB. 



Mais Grodofroy mourut, et Marrast trahit. 

Devenu homme, Piûlipjie chercha, , , , 

Il s'approcha do nous ; il v^cut avec nous. . . . 

Mais il trouva le plan trop vaste, il y avait trop 
à méditer, il fallait trop an patience, la vie s'y 
consumerait. ... désir de réalisation, combien 
tu en aâ égarés ! 

Alors il entendit La Memiaîs s'écrier : — " Sei- 
" gneui', Uâ &ont là gisojits ; mais ils n'y seront 
" pas éternellement ! Encore trois Joura, et le sceau 
" sacrilège sera biiaé ; et ceux qui dorment se 
" réveilleront, et lo règne du Christ, qui est Jus- 
" tice et Charité, et paix et joie dans TEeprlt 
"Saint, commencera." 

Kt Philippe répéta, aprèa La Mennaîs : — Aitui 
soit- il/ 

Oh I je me souviens de cette nuit (c'était 
l'avant-veille du 83 Février) où l'on me conduisit, 
avec quelque mystère, à cause des em^bûchcs de la 
police, dana une maison destinée à être démolie, 
au centre du quartier le plus populeux de Paris. 
Dans une chambre déjà ûbandunnée, à la lueur 
d'un lampion, je vis une fuule de figures qui 
toutes me conanissaîent. — " Que faufc-il faire P 
La Bourgeoisie prépare une émeute ; maïs si nous 
nous eu mêlons, ce sera une Révolution." — Ce fut 
Philippe qui posa uinsî la question. Et quand 
j'eus parlé, qui fut mou contradicteur P. , . . Ce 
fut lui. 



$ LB ROCBER DES PROSCRITS. 

Le sorlendomoin, en offet (qu'il en ait la gloire), 
liabillé on HoDtagnard d«e l^yrénéee, et reinar- 
qiiablû par une énergie que aa faibleuee cor[)oreIle 
fai^t encore ressortir, sur la place de la Rétolt.:- 
TicxT, il transformait une émeute de la Boiu^oisit; 
en Révolution ! 

La Mcnnais aura donc fait l'épitaphe do celui 
qu'il aima ! de celui qui porta peiit-ètro aa plus 
liaut degré la foi dans aes prophéties et lo carac- 
tère da son école. 

C'est i. merreiUe ! Mais que dirais-tu, mère 
infortunée, ei, lorsque tu iras visiter lo tomboaii 
élevé par tes larmes, au-dessoua de ton inscription 
tu lisais oea paroles de celui que La Motituub ucÎocu 
loDgtompa comme un Dîcii: 

" Quiconque tirera répéc, périra pK l'Épéc." f* ' 

PIEiUïK LEROUX 




DISCOURS 

FKOXaNcËH 

SUR LA TOMBE DE l'HIUPPE FAURE. 



Le Mardi 15 Janvier 1856, uii nombreux cortège 
de Proscrits do tous les pays accompagnait au cime- 
tière de Saint-Joan, & Jersey, les dépouiUeB mor- 
t*llc« de Philippe Faure. 

Lea Proscrits, aussitôt qu'on fut arrivé à lu 
grille du cîmetîèrE, porteront enx-mêmea le 
cercuKÎl jusqu'à la foase, et l'y descendirent. Alor» 
l'un d'outre eu.:;, Auguste Besmoiilina, s'avança au 
bord de cett^i fosse, encore ouverte, et prononça lo 
Discours suivant : 

"Aiiis, — Si je D'écnutaiR que le scntimcTit de ine» 
trItituVitcH peraonnellea. â je cÉdaia à mes propres an- 
goiîiHCfi, je ne prendrais piw iri la parole, n y a un moîi 
à pleine, nous conduisions au cimetière voisin mon 
Dcvcn, l'enfant de Desit^cs, emporté par une maladie 
«mâainc. Tl y a trois joiira. je recevais lanouvelle de la 
mort de mon père, et le lendemain, je perdais l'ami dont 
sous TcnouR d'apporter le cadavre dans cette Îosbc. 
Tous comprendrez qu'en fiioe de Rptnblaïilcs eatas- 
tropbcH, il me Boit pénible de ne pas m'en tenir aux 
pleuTH, et de parier. 

Pourtant il faut que cenx qui oentinucnt la lutte dnns 
luquclla Philippe Faure était, dès ses plus jcunta année», 
entré, eoTome voluntaîre du progrès, sachent quL'l frère 
d'ormeA lIb ont perdu ; il faut que lee hommes dispo^ 



D[SOÛURS PHONDKCÊS 



de ceenr i rc4»:Toir les idées philosopliiques et religieuses 
qui l'ont poussé et BDntrnn dons cette lutte apprennent 
à quel de^ré d'élévutioa ces idées étaient arrivées en 
lui; enfin il faut qiu? cinm qiiï viendront après nous 
connaissent sa rie, «fin d'avoir un bon exemple de plus 
 suivre comme hommes, comme fils, et comme citoyens. 

Je Buis bien aii-dessooB d'une telle lâclie. Les tristes 
échos de ce cimetière s'étaient accoutumés à répéter les 
accents d'une voix plus éclatante que la mienne, et c'est 
une douleur de plm dans notre deuil que l'absence de ce 
compatriote illustre qui IHÎK.tit r«1^utir si loin et si haut 
le cri de ces tomlteH proscrite». Notre iuni mort secon- 
dera ma faiblesse ; eu racontant sa rie si coiu'te et pour- 
tant déjà bien remplie, je te ferai parler lui-même, et îl 
TOQH apparaîtra tel qu^uie amitié de douze ans me l'a 
fait connaître. D'autres parmi vous, Amis, m'aideront 
i remplir oe deToir. Je tous peindrai principalement 
en lui l'homme, le Ris, l'ami ; eux. tuu» diront les mérites 
et les neri-ices du citoyen. 

Philippe Faure était né en Champagne, le 1 5 Décembre 
1823. Sa mère,— car on ae saurait se faire une idée 
exacte de la. destinée ni du caiactère de PhiKppe si l'on 
ignorait ce qu'est sa mère, si l'on ne connaissait l'œuvre 
à laqueHo elle avait voué son enfant — sa mère, issue d'une 
fomille de militaires, éprise uatureUement d'ime admi- 
ration enthousiaste pour k'g qualités héroïques, mais 
éprise avant tout du l'amour de la Fronce et du seotà- 
mottt de la mission glorieuse réservée à cette noble 
nation, ea mère avait ardemment souhaité im fils qui 
pût pratiquer Ivs graudi-s vertus, réidiser les œuvres 
eubUraeii que ^n idéal lui faisait concevoir, mai* 
qu'elle ne pouvait réaliser. Cbez elle, même dès 
ce temps, cette notion élcvéo du devoir avait déjà 



I 
I 



I 



81TIL LA TOMBB DE VDIIJFPB FAURE. 



n 



I 



une racine plus profonde et plu» intime que ce qu'on 
appelle PATBioTisME : iwnr outle ûme d'exception, 
la Patrie ne raérile tout notre dévouement que i>acce 
que cette Patrie, c'est la France; c'est-ù-dirc l'idée qui 
se fait universelle, c'esl-à-diro encore. la Relijarion. Owi, 
Amis, cette importante vérité, si bien formulée paï le 
Sooialism*!: laPhancb eiiiT trir£RBi,iGio:«, i-aFkascb 

C9Z LA. ltBLIGtO>' EL1.E-MÊS1Ë QVt 8Ë TiU-NSFIOUïlB 

POUB DETENiu SotriÉTÉ. pouT BCTvir de lien entre 
tons les Peuple», pour lea amener à une même foi, à un 
mime tdènl de Justice ; cette vérité, ta mère de Phi- 
lippe l'a Hentie dèii sa jeuucHse. Elle l'a comiue. elle Ta 
oonfesBée, elle l'a servie toute m vie ; et, comme si ne 
n'était pna iiMez, seluD ellt-, que de consacrer à une telle 
cauKe toute Ha pent^ée. toutes ses forces, tout son ounir, 
cUo voulut auaai lui consacrer ce qui tenait de plus pr£9 
à Bon cunir, cUc lui dévoua mn 6ts ! . . . . 

Ceux-là seulu parmi vous qui ont intimement connu 
Philippe, peuvent savoir combien complètement U repon- 
dit aux vœux de sa mère, avec quelle ardeur il iiima co 
qu'elle aimait, avec quel dévouement il eerrit la cause 
qu'elle servait ; quel culte eonetaut et fcraae il voua à 
l'idée qu'elle avait embrassée. Pour moi qui l'ai connu 
depuis notre adoleacenoe à touA deux, et qu'il appelait 
sou frère aîné, pareo qu'en effet jo l'ai précédé dons la 
vie de prêa d'un an, je dois lui rendre ici témoignage. 
ianiAts je n'ai tu deux ?imca ei profondément unies, 
deux eRpritB dans un si touohnnt aceord, deux eœurs ea 
répondant ci bien que ce tils et sa mère. Entre eux, 
rien qui ne fût absolument commun. La Religion, la 
PbîloHUphic, Icti ScicncsB. l'IIietoire, la Politique, ces 
dbutés cucuro si indécises du lu conticiencc bumniuc. ces 
problèmes bruknte qui divisent tant do familles^ 



12 



mscouKs PBONoscÊa 



n'étaient pour Philippe et ita mère qu'nuta&t de point* 
de rapprocUement. autant de? foyors commune, où B*6eliù> 
raîpnt tt se fotidnicnt Leurs eeuttmi'Utit et leurs ])pnt^t-f?. 

Kt il ne faut pus croire. Amis, ({u'ils ftiïiseat, dés 
lors, t-ncouragéa dans leur foi politique cl rcUgieuw 
par raEBentimeiit de ceux <{uï les cDviroanaictit. l'Oin 
de là, Iciir vie étuit un combat c »ntinucl contre 1«5 idépu, 
contra les préjuges, contre les vif es de la aociété. Pour 
conquérir le droit, ei aimpb cepciidrint, de coes*tv<^ 
«on liU près d'elle, k méro de P'auro avait dil soutenir 
dcR luttt» p^nible-s: combien n' eut-elle pas à cnartor 
d'obstftclcR pour l'arracher à l'ensei^emcnt officiel ; 
roTûbieo ne lui fallut-il pas d'infatigable perBévérance 
pour obtenir qu'on laissât fie développer litirement ee 
jeune esprit, également loin des daJi^oreuaes limères de 
l'Université et du joug pastoral dp l'Eglise. 

A forec d'amour maternel, elle y réussit pourtant. 
L'enfant (grandit près d'elle et n'eut jamais, grScc à 
Dieu, d'autre édueatear que sn mère; il ne connut 
jamnis, non plus, d'autre prêtre, d'autre confesseur! 

Touchante ntcesaîté des époques (le renouvellement 
comme la nôtre. Quand tout est mort, ou à peu prés 
mort dans une société ; quand elle n'il plus ni religion, 
ni culte, ni momie, ni lois respectées ; quand les honuue« 
ne connaisHent plus entre eux d'outrés attaches que les 
tiens puroment matérit^U et n'échangent plu», en place 
d'idées et de sentimeutri, que des piècea de métal, il tant 
bien alors que l'Humanité se réfugie quelque part : elle 
revient au foyer domcatiquo ; il faut bien que le vrai 
culte s'entretienne, pnia* ec transfigurer un jour: il se 
rutrouvo dans la famille ; il faut biua que la reli^oa 
renaiBâe: elle renaît au sciud'uue raére. Où allez-vouii, 
viergcfl mères dË notre Judéemodeme? Pourquoi «errer 



I 



8UR LA lOUBU DB FUILtPfB t'ACRB. 



13 



NI fort muTOtre cœur votre précieux fardeau? — llérode, 
ditcfi-vous. cherche le petit cnfimt pour lo foire mourir. 
— Ah ! je comprentls ; lu Vi-nti.' vous est coimue ; vous 
sarez que ce petit enfant, c'est l'Avenir, o'ert le Salut 
flu monde. c?t voue vouIok que le wân qui l'ii fait naître 
ot qui lo nuiirrit, serve eneoro à le piéservtr ! 

Ce quu l'iùlippe ainsi cueci^é pur ku mère iipprit dt^ti 
tes plus teuilrcs années, vous pouvvi! le prubecutir. vous. 
Amis, qui uvt>z vécu avec lui. A sis ans, il lisait loi: poèmes 
irilumèru vt les (.■oinprrnait assez |>ourKu iiossit^ituor nu 
récit des iiv«iitur«« dTHyBsc ot An «ou rftour dune la 
patrie. Uu an plus tard, Li Révolution do 1630 lui âonnu 
wi première leçon d'IiÎNtoire. Cett«3 fois la France »'a8W>- 
cûûl à la uiùte, et vernit iuiprimiir diuis le ca-ui' et daiu 
l'esprit de L'cafont le sentiment du di'oit et de la jugticc.(9) 
Si mes forces me lu permcttJiiont, je vous le peindrai" 
déjà rèvolutiomiaire. orpanisaut à l'inslar de lu virile 
RÙlîcc de 8011 dëpiutemeiit, une milice d'euihntN mouta- 
gnards : j'&i bntc d'ojTÏver à des èv^Dcmciitii motus éloi- 
(foés de noua ; pourtant je me reprocherais do négliger 
un trait de non enfance qui le peint bien, selon moi. 
CéCait vers 1831 : lu Pologne (plodiours parmi vuufr, 
AjnÎB. s'en souviennent) la Pologne venait de succom- 
ber ;- — la lri.-îte nouvelli; itait récente encore. Philipjie 
^il a^'ait Hopt ans ù peine), conduit pitr un parent au 
bureau de la 'FribuKc, lirait diu!^ un coin Ic^ jour- 
aauï. Tout à ffoup il s'écrie : ■■ Et pourquoi la P'rance 
" ne va-t-pUe pan an RepoTtra de la l'oïogne?'' Le» réilar- 
teurs du jnumal et qutlqucH patriotes caui>iticnt dur 
értnements RanK prendre garde à l'cntànt dont la taille, 
d'ailleurs, était au-dessnus do ctille dcis cnfiints de sob 
igo. En î'cntendanl répéter: — "' Et pourquoi la France 
" neTa-t-cllc pas ausccouTB de la Pologne?" — "Pour- 



HnOOUBS PROKOSCfe 



"quoi n'y VM-tu pas, toi?" lui (lit quoiqu'un. — "Je 
" suis trop petit, mon «ubre uo coupe pas et mon fiiBil 
" rote îV toiw Irs eoiii>», mais si j'avais quinze atu !" — 
*' Et si lu i'Uiw tuè?" — "Eh bien, je inourrais en com- 

" battant!"— "Kt ta mère? " L'enfant se troubla, 

les larmEM lui vinrent aux yeux, mais son sentiment 
héroique reprit le desaiu et il s'écria : — " Qu'importe» 
" pourvu qu« la France rente \" (d) 

Pour qui «uit appr^iner les hoiumuK, Philippe est tout 
entier «lans vv mut. Soldat et Français, il se révèle 
diLux cette parole et comme guerrier et comme patriote. 
ïlais voyez. Amis, comment il entend ces doux choses ! 
n sera Soldat, cet (^-nluut, puisqu'il y a un ennemi à com- 
battre, mais soldat-eitoycn. Et en effet, né dans une 
famille de nûlittûre», il n'a jamais porté d'autre uniforme 
que celui de Ourdc ntiiiomil, et, s'il ne craint point, 
elinquu foi» que l'occuinon s'en présenta, d'aflVontâr le 
feu des batailles, ce fut toujours sur des barricades et 
du côté où l'on défendait la Liberté et la Justice. 

n sera Patriote, puîiique ce qu'il veut a^iiut t«»it, e« 
qu'il met au-de^HUH de tout, de sa vie, de lu vie mime 
de sa marc, c'cëI quo In Feami:i: be»ib; mais cotte 
France qu'il ainii.-, elle est si ^^nndc. si immcoMC, si 
unÎTcrsellc, que les &uutièreii no sauraient la borner 
à bi's yeux et que c'eut en Folo|j;ne qu'il faut aller mou- 
rir pour défendre celte Frmuc-là ! 

Gûnircux Philippe, je reeonnaift dans ce mot les 
nobles dispositions de tu nature. Ta mère, La Mea- 
nais (e) et Fabre d'OUvet (fj ont pu te Ikire croyant à 
leur manière ; Bérauger a pu te communiquer son idée de 
la patrie, (</) mais nul ne t'a fait brave, nul ne t'a fait 
dévoué. Ce» belles qualités de ton «œtu éclatent dans 
la vie : elles la carat tériaent toute. 



I 



SUB LA TOMBE DE PHITJPPB PAUBB. 



15 



n s'ilavmît prjs (iv m mire, étudiant comme (ou 
mattrc. Ln Mviinai», r*\'ait dit et comme lui, Philippe, 
dovtît coiubnttre un jour, en volontaire. Cette méthode 
pouvait avoir rinconTéoient de lui foire voir un peu de 
tout sa&e le forcer à Rpproftmdir onconc étude en pur- 
tieuUcr; mois elle avait l'immense nvuntagc de laÏMer 
MO esprit libre, de Le prés^erver d'un grand nombre da 
préjugés. A dix-neuf ans. il fut chargé de la fonction 
de Secrétaire de lu Suvièté d'Enseignement Universel, 
fondée pur ks di-icîplffl de Jncotot. Ci-st là que je 1» 
TÎa pour lii première foi» en 1844. Je lu» frappé de n 
manière exacte dt> foire 1m pruoè:«-verbnux d^s S^neea 
de la Société. Juk-s lîuulinc, ami de Philippe et lié 
BTeo moi depuis quelque teuiptt. nous mit eu rapjMjrt. cl 
dopuiii uou» avons toujours vécu dan:^ une étroite inti- 
mité, que la perte de Bouline et beaucoup d'autres 
malheurs conunous ou personnels ne ûreot que rejaerrer 
choque jour. 

C'était le tempe oâ nous avions dans plusieurs quar- 
tiers de Paris des centres de propagande socialiste- 
Chez Louis N^tré »e tenait une réunion mère, dans 
laquelle on s'occupait d' études pliilOHophiques et rclî- 
gteuses. Ou turmait là des cnseigneurs qui. une Jbis 
fbrméa, se répandaient eur dVutres points, soit pour 
&ire connuitru l'idée qu'ils croyaient être la Vérité, eoit 
poxa combattre wUc qu'ils croj-aieut être l'Erreur. Ce 
qui sortit de cet utile travail, t'eut à l'histoire de le 
dim; car ces faib< à voi«ius do nnun appartiennent 
déjà ù l'hii^irc par l'influi^nce qu'ils exercèrent sur le 
Mouvement Sociulititc do 1848 ; les nombreux amis que 
cet cuBcigaement rallia furent, en cHct, oc que j'oserai 
appeler le Noyau du Socialisme, tt, à ce titre, eurent 
oaa grande part dans les événemcota qui suivirent. 



DISCOCSS PROMOMCÉS 



( 



Philippe, qui n'avait pan coiiun<! nous à gaffer 1p 
jiaia (le cliaque jour, cousacrit tout koq tempH à ci!tt« 
œuvre de pi'opii^nikde. Il kc chai^çea du Coure d'IIû* 
toire ; cette circonstance eut cela d'avantageux pour lui, 
qu'il fut oblige de ooucentrer sui' ce sujet toutes »e» 
«■tudea, et qu'il eut ainsi une sorte de spécmlité daiw 
laquelle il devint rÉeUement très fort. 

L'tinnûe suivante, il fit uu voyago de trois mots en 
Algérie. Il publia une courte relation de ce Toyi^çe 
dana la Jtrvue Sociale, qui venait de paraître. A *ion 
ii^tour il Pari^, <-n Ontnl»re 1845, uoub eûmes la dou- 
leur de penhe Uabiui, vieux serviteur de l'idée républî- 
caine et socialiste, et qui uous avait £iit Is plus cordial 
accueil. Philippe prououça Hiir la tombe de Rabau ou 
discours qu'il me faudra tout-à -l'heure répéter Bur la. 
«jenne, paioe qu'il contient une formule à laquelle je 
tirois de tout mon. esprit, de tout mon cœur et de touteii 
mcH forccR, et qui pour moi cITace les liorreun de la. 
mort. Cette formule, c'est la Solidarité éteiTielle des 
hommes entre eux, c'est la Kenaissanee sur lia Terre 
dans niumanité. Peu de temps »près oette cérémoDie 
funèbre, je cou(;us le projet d'aller joindre à Boussac ceux 
de nos aoiis qui s'eflbrçaieat de réaliser par rnssociation 
les idées (jue nou» eoscignionM à Paris. Philippe qui, 
d'accord avec nous sur le Foud de ces idées, ne jugeait ■ 
paH cependant la situation du monde comme uouh ja 
jugions alors, et comme uous pereiatuns à la juger 
aujourd'hui, combattit ma résolution, mais santt Ul 
vaincre. Cette lutte douloureuse pour tous deux, bien 
qu'elle n'eut jamaiii interrompu nos relations, je ne la 
rappelle ici que pour vous faire mieux connaitre Plùlip[>u. 
Noua ijentions bien l'un et l'autre que l'apostolat «ana 
action ne «auivit convetùr aux hommea du uwtr« 



I 



son LA TOUBE DE PmiJPPE FAniE. 



fr 



* 



temps : nuits tandis qu« je voyais principalement l'ftetion 
dans les patienta labeurH d'hommes associés autouir dt- 
inatnununts de traTiiil, lui, in voyait principalement 
doafi la lutte sans toutes sen formes : il la TOj&it dont 
l'flTganiAution dca forces d'im pflrt.i potïtiqiio : il la 
voyait liant) le combat, (ju'îl 8ontaît proche. 

Il rcatû : inui» il ne mma en aida pa.? moine de tout 
Kin pmiToir. H so chargea de la ('orraspondanc^ 
Portsicnne àa V Eelairettr du Centre, que nous venionH 
d'ajouter à nos pu1>lieatious. et ce fut non début clnua la 
ouriérc du journalisme. 80 première corrospondnnce, 
datée du 26 Avril 1 647, cet ouricuec sous plus d'un 
rapport ; j'y trouve le poseage suivant : * Que n'eat-il 

* donné de pouvoir observer les progrès du Socialisme 

* dans Iw esprit'*, l'élan qui pousse do tontes parts vcw 
' une régénération aocialp? Kn proscrivant les Abso- 

* eiatiom, le pouvemement a désorganiBé ses adver- 

* Boire^, mais ils sont plus dangereux agissant dans 
' l'ombre et sans qu'il puisi!C constater leur influence. 

* La question Sociale prrâccupe chacun aujourd'hui: 
' tïs livrcB ri'liihtoîre n'vn inapirent; les j^mniaiix la 
' traitent chaque jour, les romans la portent dans le» 
' boudoirs, les iKilonfl la voient surgir avec eifi-fii dans tes 
' conversations. Voyez comme on dévore les hiHtoiren 
' de la Kévolution. voyez le succès de Louts Blanc, do 

* lAmattine-, do Micbelet ! On étudie, dan» la ehuto de 

* lajiodalilé militaire, le* egmptûmca de la chute de la 
' fiodalitf Jînoncirre. (h)' 

Remarquer.. Ainii*, qu'il y a tout près d'un an entre 
oeUe coiTt'jipondïince et Février 1818; mais Philippe 
«nit trop trïivaillé à ]irrpnror ce gnmdV'vénemeut pour 
»e pas y froin- à rrivimcc. Il y croyait aussi ; il y 
croyait ftrtuemenl, et c'est quelque chose de salsisMiiit 

o 



18 



DIB00UB8 THCntOSCfy 



qtie do voir es jeune homme prêtre avec tant de pr£- 
cÎMon la suite des actes qui amèneront, à eî peu âc 
temps du là, l'cmcuh.', la rceistance, le comliat, la 
victoire ! 

DaoD chacna de ces actes glorieux, il eut une g^Io- 
rieuse part. Je n'ai pas bi'tioia île vous îc monlror 
prèparaal Tactioa ùita Janvier ISifi ; cntraînanl le 
20 Février, dans cette action, notre proupe socinlit<tcf/) , 
en (Ifipit clcH prcsâi^ntimcnts tuncâtcs de Pierre Lerotis, 
tn^ justiË^K. bêlas ! par ïvs événeiumts : jotnut le 23 
le {vcmicr cri d'insurrt.'ctioii à lalèlc des étudiants sou- 
levés, forçant avec une poiguée d'èléves des écoles et 
d'ouvriers, la tête du Pont de la Révolution, et francliiB' 
Rant 1? premier la grille de la Cbainhre des Députéa. 
CJuand on écrira pIiLitard rniatoirc de la Révolution de 
Férrier, son Journal d'un Comhattant deviendra l'une 
des pliLi belh's page* de cette histoire, et la postérité 
apprendra, en la lisant, qm^l vaiUnnt cœur c'était que 
ce Philippe l'aurc. qui sut si bien nllier dans fia main 
la pluma du Joumaiistc à l'épèc tiu Soldat Citoyen. 

Mais il s'en faillit (ic beaucoup que cette révolution 
réalieât l'idée que Philippe s'en était faîte. Bien loin 
de Toir U Hépubltque amener la chute de la féodalité 
Ënancière. on vit bicotôL la féodalité &naiieiérc pré- 
parer la r;iiue de la Képubltque. Aoasi, à peine reposé 
An la lutta victorieuse d'oi^ la Hcpubliquo était sortie. 
Philippe diit-il rentrer de nouveau dans rorcnc, pour 
déieudre ta llévolatïon contre la réaction grandissante. 
Il partitipa à tout ce qui se fît dans le sens de l'opinion 
la plut avancée, au Eli^in den clubs, des vomitéa rèvolu- 
tiomiairea et des réunions électorales do cette époque : 
mnis c'est surtout comme journaliste qu'il combattit. 
Lo jPevple Cvatl Huant (IMS), La Jtrpritentant du 



I 

4 



SVX UL 70HRX DT. PtHT.TPPff PAtTItB. 



10 



* 



Peuple (L848). Le Peuple (18-19), Xs Fom d» 
Peuple (1850). Lo Peuple de 16■^{l; ecâ journaux qui 
tour à tour tombèrent sous \p9 proo^s et lc« nmnidea, 
trouveront on Philippe iin collnborntcur oesiila, infliti- 
gablc. Puû, quand il lui spmbU qu'il était temps 
d'étendre aux dépancmcnts iinc asitation qu'il jugeoit 
bienûùflante et nfcessfiÎTe. il pnrlît pour le Mnns, où il 
travailla à réunir en un seul journal le Courrier de la 
Sêrthe et lo Honhomme Manceau. 11 était attaché & co 
journal quand se fit te Coup d'étnt de Wccmbrc. Pr*- 
Mtit & Paris le '£, il fit pcndunt deux jours des tcnutivca 
inntiks pour éclairer la grande ville but la portée du 
Coup d'état. Ici, permettez-moi âe le laisser parler luî- 
mèmc. Voici ce qu'il ccrivftit, le 8 Juin 18Ô2, au 
Rédacteur du Patriote Sataisien : * Je fus envoyé 
' dans lu Département qua j'avais or^omijé pour y 
' mettre le ftit. Dijà sur uuc lettre de moi, l'afraire 
' était engagée. Maïs pendant que je garais la Surthu, 
' «a cliangeont six fois de voiture en viogt-qumxo 
' beurcu, rafijiru éclatait it Pum; la Déuiocratîe Oâsoz 

• dévouée pour pwndro les armes était écrast c. Les 
' pajsans, levés au son du tocsin, rentrèrent chez eux 

• i cette noti^'cllo et mes amis durent fuir ou se consti- 
' tuer prisonniers. PluïicorG furent transportés, dont 
' qoelqucs-uns méiuc n'aviiient pab bouj^ê. Pour moi, 
' apréa des joui*» et des uuîts de morthc» et d'inquié- 
' codes, je trouvai un obiIc. Quatre mois pluB tard, 

• n'entendant plus parler de rien, JG rentrai chc.>K moi. 

• Peu du temps après, on m'espcdia du Mona l'anéti 

• préfectoral m'expuUuit à jimiis dj la Fruaeo.* 

'* L'exil no fut pour lui que la lutte ooutinuée. Tonl 
qu'il resta un moyen d'action on de pwjt?»tction, il en 
fit osogo. Arrivé à Loadre« lo 31 >Eai« 1852, U ac 



20 



TfîSCOXTBS nuWOÎTCÉS 



rattacha à TVmon SoàalinU. Puis, à Jwwy. fl prî 
pBrt à la rédaction de l'Adresse au Ti-uple. qui fut 
publii't! le 81 Octobrf, cuntri- lu ProclaïUBtion de rKra- 
piri', On dit mcine que ce« iin>tî< de la dernière pliruse: 
rkarrfer son Jiuti et nUciulre riwure, sont de lui ; m»ii' 
n'cùt-il eu que rbonnettr de signer cette jn-ut«gttition 
iiu nom dr toiits et de concert avec Victor Ilugn. t-t 
UTCc notre aiui Fombcrtaux, que son nom ne s'en troit- 
verait |mui muiiis a^ocié. et d'une manière gloriei»«, 
eettu fois encurc à l'Histoire de la Révolution. 

Ver» Novemhre de ctttc mèiue lumée, il retoumn i 
Londi-es. , . .11 défendit dnna «ne aBsombléc de proserits 
(le tous les paya, notre ami Anglius le citoyen Julian 
Hamcy. Hanicy l'ait allusion à ce service dans ime 
lettre qu'Asplet \*icnt de me remettre et que je doii« 
iDuinteaunt vous lire, linrtiey est retenu au lit par la 
multtdle, et il adresse V ex pression de ses r^rets à la 
mire et aux ainis de Philippe Fauie. Voicî sa lettre (f) : 

31 lu Mht tt aux 3.m\s ^« mon fljcr 3lmi 7n'ctit\ 
|)f)Uip|it Satxrt. 

* A peine conTalcscent d'une m&lsdie grave, je anis frappa 
p( profoncK'niiijit affecté de la iioui'oUe tristo et foudroyaûle de 
In mort iir6maliir/'e de mon pauvre et clier nrnî P!iilippbFa«ki;. 
JuraiiuaÏBoommeiui &ère, IliM'Stnk plii»<iu'un frfere parle 
KMijî, il m'était frère par le cœur. Jnmnia je n'otiblierai son 
il6vi>ueinânt géiij-reux pruuvé dans le monieni du pËril, slon 
que je n'avais quepcud'acnifict qit^meecmiLdnis ùt aient nosi. 
bleui. Je giuilurui la icconnab^ance iIl' oti condiiiLe en rotto 
ciccosîon, tant que jt; garderai la faculté dît souvenir. Comme 
|)fttriol«, comme Kcpublicaiii, comme SocialietL", i-<iniiue iicTif 
«pâlie de la Hédemptîon d-e t'HumunicA, vt mirtout eonunv 
PioBorit eupp')rttint putienimeni les peines de IVzil, na con- 
duite pMtCiituit un exemple doiLt ap» coucitwjrens doivent êCi* 



8I7K lA TOMBE DE PHII.m>E FAVRE. 



31 



tm. Soa unow et ih BcAja usidus pour m mère, nuintc- 
QUt si taBlhcureuie, eUi^ seule peut digiiitni'nt loh apprfiiàer, 
INtutt-ft 1™ KjTnpjitliiw do mon ua'ut pour nllv- <len* &a solitude 

'Cent enrore un« wn&re âouleixr de plna potir mol d'Olre 
InMpablc de quitter ma chambre e1 de no pouvniï me juinibc 
nu eitojciui qui rtint [mjrcr !«' clt-micr tribui niix leezen de mon 
ob^amt, TouU^fi.iis, laiiise^^mtii, luu-ct'^ruiblcsiuots, tûmoigllK 
(luoique impiirraitËiucnl, loun amitié pour PhiLippe, et mêler 
in«« lanne» aux v&treB. 

' E vécut et tiavailU pour la République et il est mnrt en 
«t!l pour la Këpnhliqiie. L'hommage de ses fr&rei rfipublU 
mifu proelamu wa nictltce ot honore ea taésaotre. 

(Signé) 'Jci.iAN IIaukït,' 

Je n'agouterai que pc" de mois, Amis, ù ces géné- 
reuses paroles de Haracj-. 

Philippftrc^'iatà Jt-rsey le 3 Août 1854. H y apprit 
U profcftaion de compositeur à l'Iniprimerie Uvirna- 
liCLl.K. A partir de ce moiarnt il se tînt en deliors de 
toute actiûD politù^ue. Chargé di; traduire K'3 article» 
f crita [>ar Kdasuth et qui étaient publiés ea ft-aiti;ais par 
V Homme, il s'occupa tout entier de sa douhk' protession 
de compositeur et de tmduetcur. Je doia diie t\u'ii la 
iiuite d'un grand malheui' donie-stiqui;, sa mêi-c était 
venue partager son exil, et qu'il lui consacrait tout le 
temps que lui loiiiiiiiiit aou traTail. Il y ii quelques moi* 
U proscription nouvelle de tbente-tbois dt.s mitre* 
nnt s'i^outcr pour lui à touK lus tourmeots de l'vxil. 
L'cloigncmi-'ut ecubit de tout d'anùs lui fdt on ne peut 
plu» pénible. Voua save» totin avec quel dévouement 
il était veuu, l'un des premiers, défendre l'Imprimerie 
UvivEBâELLE Contre les fnrcars payées de la populaoe 
de cette île. Ce fut ma dernier tribut de génèroaité en 
£&Teur de notre cause. L'inaction presque absolue où 



22 



D1800VKB FEOXOSCÉS 



la suppression dr L'Homme, le lai»!tait lui caïutait -an 
amiT c-Iuipx'" Tt-nioin et ccnCdent de se» dèec-ptions 
et de »es doidcurs, jo puis vou* dire tout ce ({uc le »pcc- 
tacJi^ du monde lui fniiinît soufiî'ir. Ardent et généreux 
il xoynit se feriuer pour longtemp» Fère des dévoue- 
ment* îllustrfs, — " NouH vivons trop tôt ou trop tard," 
cHsait-il ; " nous no Hontntes pas do notre temps." La 
mort (cette mort qui l'a frappé avant-hier, presque ins- 
tiin tant! ment) n'est venue que de là ; et le Docteur 
Gonict, qui ne l'n pus quitté, vous dira qu'en Philippe. 
leB ardeurs de la 6ène furent eutrcteuuee par l'état 
douloureux d'un cerTcaa que des médîtatioas tristes 
avoic-Tit cxrité au plus haut point. 

C'est donc eneore tine victime que nous pleiirana, 
Amifl. Cest onir de ces &mes élevées et délicate» que la 
me dea comiptiona Ae notre temps révolte et dégo6te 
et que la noble passion <îu bien cousumc. Tout à l'heure, 
dans sa lettre éloquente, Ilaraey nous disait : " U vécut 
"et travailla pour la République, et il est mort en ejtîl 
"pour la République." Je sais bien, moi, de quelle 
République idéale il fut l'amant passionné. Je sais bien 
de quelle cité, encore à venir, îl fut le soldat citoyen, 
n répétait Konvcnt en prenant sa plume de JoumaliBte, 
la Bublïme formule da Ulrich de Hiittfn : — ' A In Vérité 
• pur lu Liberté, à la Liberté pnr la Vérité.' Nul plus 
que lui. pflrmi nous, n'ovait le droit d'arborer cette de- 
TÎse ; e-ar celte devise sort tout entière de sou fi.me. 

Philippe, avant de IniîwiT ici ta dépouille, il me reste 
à proclamer nur ta lomb-' la Vérité relifyciLse que noua 
portions en commun et que noun avoua tous deux cher- 
ché à actrir. chacun wlou sa naturef'^J . Tes propres pa- 
roles (ne suffiront. Il y n un peu plu? dd dix ans, nous 
(tious un grand nombre d'nmia autour d'une l'oese comAe 



I 



I 



Sl'R LA TOICBB DE PHILIPPE FAURB. 



23 



* 



crUe*ci. Seulement ei?tte Tosse était creusée pour un 
vieillard et cIIb était creuB«e dann la Icrrc de France 
Kaban venait de mourir rntouré de noua tous, ji-unt-» 
yçesa qu'il avait foi-més, et il avait pu en mourant «c bcr- 
oer de l'espoir du prochain triomphe de l'idciî. Tuua. 
[deina d'ardeur et de foi, nous suîvlmcit ech rrirteii an 
cimetière du mont Parnasse ; et [à , Philippe, fidèle écbo 
de nos sentimeats. tu prononças ces paroles : 

' Et maînteniuit, Balian, ton corps repos? enfin. Celle 
' enveloppe mortelle quw tu qb eonstaininent »tncrifiée aux 
' idée« d'avenir, ee eorps dont tu avais fait nbn^^ation 
' pour l'ofli"ir à Dieu comm« viHime expiatoire du ma- 
'tériulisme corrupteiu' qui (çnngrrnc la «ociélé, tu l'aa 
'quitté et ton i\me i'puréc, Jbrtilîée par la lutte, a 

* commencé sa nouvelle existence. 

* Sa vie e'eet usée dans une lutte incessante pour set 
'frères, les opprimé;!. Il a ensayé de tous les moyens. 

* il s'est »ilreK!té à toutei^ Le» docHriues, il leur a demandé. 

* à tontes le mot de l'avenir. 

' Quel mot a-t-il rapporté ? — Ce mot qui est La Vérité 
•et la Vie — * lIommoR, vous êtes frères, vous ^tes plus 
** que frères.' — Et il développait alors cette loi de 
•Solidarité, d'après liiquelle nul homme ne peut jouir 
'lorsque l'ilumanilé soufTre ; nul liomma nu peut toiiT- 

* frir, sans que tous ne soiilTrcnt en lui. Parce que 
'l'homme et les homme» ne fnnt qu'uN en Dieu. 
'Paroe qu'ils ne peuvent êMe heureux, qu'en réalisant 

* par cett«! dmion de chacun et de tous, le type idéal de 
'rHumanité.* 

Je ne sais. Amis, ai vos cspritssont comme le mien; 
nuùa cette parole de foi me console et me fortifie. Je 
vois bien, pourtant, tout ce que cplte tombe iBppclIc 
de mal. TJn homme, un jeune Itommc succombe daaa 



% 



TOSOOrRS PRONONCÉS 



loutc sa force en moiiiB do deux jours, et k science, ins- 
pirée par l'umitic, n'y peut ricin. Bien plus, l'amour, 1m 
soins, l'âme d'une mire n'y pcuvMit rifn, et ti^tto mcrc 
ijuej'ni vue iiicbbct de bum^nt le front de ce eaila\Tc. 
nette mère u'a rîcu pu pour y ranimer Iti vie. Kllc a 
I>vL'du soa âl», j'ai perdu nioo aiiii, tous nous avon» perdu 
lui fnH'ç, un compatriote dévoué, un hèrofl Philippe 
i'8t iiiiirt muet, cojuiue si eu lui Lt peueèc, obBÉclf'-c pnr une 
insuinuonlable tristesse, s'était dérobée avant la vie. 
Seul, «on œil que j'arnia vu tant de fois îËumiiicr non 
visajfc d'ordintiirc pensif, d'un écluîr d'esprit ou de noble 
itrdeur : son mil tne révélait, en se tounuint arec une 
teudre«t)e iniijuièto vers »a mf'ie, ses tourmente intc- 
rieui"». J'« vu co regard suprême e' éteindre. J'ai va 
le désespoir muet de liv mère, j'ai enaeveli moi-même ce 
eorpn inanimé, je l'ai suivi ici avec vous tDu«. je l'ai vu 
descendre dnnB cette fo»bG crcuâée dona une terre étran- 
s^ïii. Toutes les misères humaine» bc ruMcmblcnt 
devant moi : mît^ére de la science inipuisitautc contre 
la maladie ; mî^^re de La société préBonlc, si eorrompuc. 
51 dé]^ii.dée, qu'elle dèlaitâC et lûèconnalt Ica ])1us beUw 
facultés de l'àme; misère de la patrie, qui accueille le 
Crime triompluiut et repousse la Vertu jusqu'à co point 
de LUI BEFoaEB l'hospitalité ne TOMBEiu; misèro 
enfin de L'iunitié, misère de l'amour qui peut donner la 
vie et ne peut rien pour la wiuvcr. . . . Oui, Amis, toutes 
les misère» août là dans cette tombe, je les «ens et pour* 
tant im mot me oonsele, parce qud eo mot, comme non» 
le disait Philippe tout-â -l'heure : ce mot, c'est la Vérité 
et la\'ic. lih bien ! oui. les déjjradfttions de tout genre 
peuvent affliger nos regards et nous frapper noiis-mfcmta» 
nom Kojuiaes iSoLtDAiBK^ : Xvi. 'homme ne peut 
•JHLiK LoitsarE L'iluiiJiiiiiè aouiruE." Mai» voici 



<É^ LA TtOiaE SE PIULITPB J^AVUIi:. 



26 



» 



rr qui rétablit la Justice àans lu monde» voici œ qui 
nous rend l'espoir ; 'Nor. homme ?( e pf-ct socffhir 

• 8*K« QUE TOUS KE BOl'FtBB.VT EN iUI,' Voici l|lli 

noua rend la fol : 'L'hommk et les hommes as homt 
' Qo'oN KM DiED.' — Voioi enfin, qui ranime en nouH 
i'Amour : ' hKH hommba ne PEirvR?.'T Être heuerux 

'qu'es REiI.r3A.NT PAR CETIE 0ÏJION IIE CIIACOK ET 
' DK TOCS, I.K TYPE IDÉi.1. DE t'HCMAMTÉ.' 

Si cette Solidarité cm vrnie dans l'i>g}>aef, il liiut qu'elle 
■oit vTsie aussi dan» le tempic. Si les hommea vivant 
actiifUcfint^nt but cette terre, no sont qu'tiy ; « clwciui 
d'eux porte en lui l'Ilimianité, il Faut bien qu'il eu soit 
de même de ton», de» pAves pen(?hén vers la tombe aiutn 
bien que des enl'unt8 qui itur^iKeeut du berceau. I-a Soli- 
,t* n'est donc universelle que pnree «lu'elle est éter- 
Lh mort n'est donc, comme la niÛBuanoe, qu'un des 
do la vie. Séchoas nos plour», Amh, PUilippe 
Piinre rient lie mourir : j'afHmie qu'il renaîtra sur oette 
terre, dans l'Humanité. 

Le meiUenr moyen pour non» du remplir envers lui 
Ica devoirs d'une amitié fidèle et éclairée, c'oet de noio» 
remettre tons à notre œuvtb d'apostolat et de reuouvel- 
leateot; aân quel a oondition Ituwaiuo s'améliore, que la 
misère sou» tous sus aspect* y ait minan d'ompire, que 
ïii terre ee Iransfimire. ut qu'un y renuissiint sou» une 
forme nouvellf, il nous rutrouvi? touc tnmeforinés, vivant 
libre», frtrc». tf(uux duiw ec monde futur pour la venue 
duquel aouij avûiu combuttu avec lui, et d'oA la loi de 
1b vie, mieux eoiuprise ot mieux. pi-iilîqué<>. aura baoni 
pottr toujours la moit et son iViuC-brc oppureil." 

Après un moment de silence, le citoyen Alplioiisu 
Bîanchi, désigné pnr les Proacrita Trançuis poup 
prendre la parole ca leur nom dans octto circous- 




26 



Disooniw rsosoNCÉs 



tance, s'approcha H son tour de la fosse, et lut le 

Discours qui suit : 

CiTOTEHft, — Encore une fosse ouverte tna la terre 
d'exil, encore un funèbro coqtoî. encore un cadavre, 
eneore une victime ! 

Vous TcnoK, Citoyens, d'entendre les accents du 
deuil privé : ta famille et l'amitié se sont udrcBsécs à 
von» par l'organe de notre excellent ami DeemouUns. 
A non tour. In proseription républicaine liabitant Jersey, 
vient expiîmer par ma voix ses douïeurs sur cette tombe, 
sur ce corps cjui fut celui (Vnn penHeur, d'un écrivain 
dévoué, d'un vaillant snldat de la démocratie militante. 

PhilippB Faure, doué d'uue inLelligence précoce et 
irncrgique, jeune, tout jeune encore, cumbatLaît déjà par 
la conepiratton de Li pensée le régne abrutissant de 
IjOuïs- Phi lippe. Pendant que les Satinjaiis de ce temps 
d^Rhonoraicnt le peuple de Juillet, un petit groupe 
d'iminraes Jirdents et inslmita se réunissait. Leur but 
était d'enseigner la aejeuce aux désliérités du droit 
naturel, à ceux que la pauvreté, inipoGèe par une société 
marâtre, a privés de rinstriiclioii. iiiarchimdi.se courante 
Komme le velours et la soie, que l'on achète en France 
à denicis comptanta. 

Dans cette phalange d'éducateurs, l'idée socialtBlc, 
si peu répandue alors, trouva une cbairc. Faurc, en 
particulier, apportait là son contingent de travùL 
L'histoire du vieux monde, ce long martjTologe du' 
prolétariat csploité, abruti, égorgé par les religions, 
les monarchies, et le parasitisme ■,(JJ l'hiatoire avec ses 
conscqacneos philosophiques, était son étude favorite. 
La eonacicnce des ouvrier^*, assistant à cea conlërcncvs. 
recevait le verba de véril* ; le sentiment de \& justioa 




SITR LA TOiTBF. DE PHILIPPE FACBE. 



27 



lea aiptait avec vîolmcR : In prapag:ando enfin aipiûftit 
m silence Ia haohp du combut. Aîo^ïî Faure com^ncrnit 
Mfl Teilles de vingt nns à fourbir leii arm» dont les 
bulles dcYCtient, quelque jour, cribler les royales forte- 
IV8AP8: à prfpapcr le bÈchcr qui devait consumer en 
place de (îréve le trône et l'f t'hnfnud. 

Des années entières furent cmploy^cB & cet înunciiM 
labeur î 

Mais le «oleîl de Février se lem ! Pile d'abord, 
ayant pour contempliit^urs nii des eftprïtn bornés on des 
Bmbitieiuc mécontents, ce que l'on appelait alor» V<^po- 
ntionparïemeaitsir'â : cch hommeR porluicnt entre eux un 
jn^n étonnant; ils invoquaient la (.'herte, le Droit 
écrit ; ibi attaquaient Guizot et respectaient le roi : ils 
préparaient une rérolation pendant une année, ib y 
excitaient par des discours violenta, et croyaient ensuite, 
les iiineuscs ! ancter cette révolution eoinme une com- 
pagnie d'ïii&nterîe, alors que son capitaine lui crie : 
Ilalte là ! ! Soldl bieutèt radieux, quand, repoussant len 
cadormcarx, ouvriers et ctudîanU déployaient héroïque- 
ment sur les barricades trouées jiar les boulets, la dra- 
peau unitaire, le drapeau du Peuple percé de mille 
balles ; quand le fusil popalaire, acclamant non-seule- 
ment le suoit ni', kéumoti, mais toxts les dkoits, 
annonçait aux rois que la Itévolution allait reprendre 
sa course civilÏKutrïre ; aux peuples que la République 
FVant^nise inarqiuiit la pnmiièrc éttipe de la Itéj)ublic{ue 
Européenne. 

Faure rêunÎMttaît Les deux qtinlttéa principale» du 
DitQOcrate. Il étiut Hévolulionnaire parce qu'il étiut 
Socialiste. H eranprcnait que les idées seraient lettres 
mortes si on les binçnit au vent en les abondonnnnt à 
lent fortune j et, tout eu songeant à la reconstruction 



DISCOUBS PBOKOXCÊS 



tuliire, il portiiit le marlt-itu démoUsseur daiis k-s i-uinC9 
tlu pusse. Selon, l'état dv la luth?. Il reni|iliiçaît la plume 
par l'épée o« l'épve par la plume. Nuiurî de tels sen- 
tlnieula, Fmire — nuuy n'uvuns pas besoin du le dire — 
tut lui de* pi-L-micTs iletjccnduîj dans Ul i-uo. Mon kcuIc^ 
ment il KP disposait lui-mtin« à la lutte ; mftw, de pliw, 
il y excitait Ior atitnM«. Dana une lettr*' (jn'iï écrivait à 
YEdaireur dit Centre le 21 Fémer 18'J8. après avoir 
donné ses imprcti;»ious sur le» fait^ précMeiiti<, il ajoute: 
"A DKMAiff LE Combat 1" et 8a phrase coulîatite 
•wnble dire: A Demain i..i VictoirkI 

Le loudoniain, en effet, le 2^! il jutte le cri d'îusur. 
«•ctiou dsins le quartier Latin. Pendniit culte journée 
et eelles qui eui^x'ut, il eonstruit des barriL'ade», lutte 
oyntre la jîardc uuiiiicipidc, eombnt au milieu du peuple, 
t't ne quitte le hisil qu'après la procliniiutiyn de U Uépti- 
bliqueù l'Hôtel de Vaio! 

Mai9, hêks, il le constate déjà lui-iuêmc : — ■ Seau- 
'coup," écrit-il. '• se jettent à heurte //pj emploi» et 
' Ua vils îaquaia de l'ancien r^tfÎTue prerment /a Uvfvg 
'de la République aveo un empressement J^^ùUlant.' 
En eff'f t. la Képublique périclite. Lob prêtres bénissent 
les arbrcB de Liberté, les royaliutCB retrouvent leurs 
poditiooë, les usiiriers conservent leurs priiiiléf^ea : lu 
trohiHun ost partout, lu Révulution n'est nulle purt. 

Fnnre rut s'y ti'oinpti pua : il faut eorabuttre eneore ; 
il taille sa plume, i^ Pfitpîe Constituant défendait 
«vec courage, f nerj^ie et Inlent la caiiso de la démocratif 
aocialt* : Pliilippe Fiiurc pivnd plar-c parmi sea rédnc- 
tixatfi et partage leurs danfjers.. La vuix honnête et pc- 
tcntissantc de Lamennais cfliaic le* réttctcurs de tous le« 
partis : son JAurmil meurt roui; le» loii< A^culert votée» )wi- 
ï'AiaGmbléo Constituante. 11 est plu.-* facile de tuer U 
vérité que de lui répondre. 



8UH LA TOMBE ns PîtILIPPE FAURE. 



9λ 



» 



Après les fautes, les crimes; ceux-ci s'necumulaicQt: 
Jnin 18-)8 Qu'ait m. iiprf'B la biitailU'. l'horrible mu<-wtcn' 
du peupk' iiorÎMiïn ; lu iriuiHiiortHtiiiu de eu U-uipH. iliffui- 
mère <lc lu uuitsportiLtiuu de Di-cembrc, u^'att, daue sou 
immense initjuilf', offrajé toutes les consciences; le 
wbrc rciu])lu(,'^il le drutt. l'Etat de Siéfçc rompinçaît la 
loi; la presse u'éluît libre que pour la conspii-ation de 
In rue de Potiera ; en ptoiinçnnde en profitait et lançait 
ta plein eolcil, avec impudence et impudeur, ees pam- 
phlets bardés de fnussetéa historiques et de cidonmieei 
indÏTidoellee. Kn même tempa les royalùftes d'épéc, 
de wutoae, de to^. d'iirgent continuaient leur lâche 
mensoti)^, IIh udomictit lu lU-publiquc, criaieut-ïli), 
ilt en étaient les Scn'iteiirH ! Y.U pour prix des gros 
IraitemcutH que le Pcuplu leur piiyu-it: au dedans, ûs 
jK-niculaicut à outjimce les Républicuins ; au dehors^ 
ils livraient In Itf>puMi(iue aux monarques leurs alliés. 

C'était avec horreur que Faure voyait ce navrant 
tableau se dérouler ehuque jour sous seR yeux ; dans le 
Btpriaentant du l^avple, puis dans Le Peuple, jour- 
naux dirii^ée par Proudlton, il dénoti<;ait à la France 
ces wdieuseB mainuuvres dont le dcriiicr mot était fata- 
lement un Deiut-Déeembre, xm Coup-d'Etat au profit 
d'un prétundaut quelconque. 

Griee à riiiintelligeiLee, volontaire ou non, de 
rAvKemblée Constituante et aux eriines eniiLnti» parle 
Gouvernement sorti de Juin ; grâce à l'absurdité d'une 
Constitution qui consenait la monarchie sous le nom de 
Présidence ; grâce aussi aui înf'àmes eolomnles répan- 
duei en tous lieux par les membres de la rue de Puilicr!', 
l'électioD du 10 Décembre fait sortir de l'omo le nom 
d'un prétendant, lu nom d'un Buiiapiuie. L'empire 
euauue&cti pour quiconque comprend les événementtt. 



99 iHsctnrBs rwasasdM 

Le jamaal Le PempU ctût nart. tôt tamam 4nft 
'■■Im pgv le* ■>-*»*■■ et les em p ii ao uag aie ati ; la 
FmM ém Pempte hâ avait ■oecédé. Famé fc a ti a M h 
brtte cC cnotbattait to^oon: îl cnmhittait puvr la 
Liberté de b PrcKe que rJUsemUée lg giahti »c mie i 
Ba^srte èoasut sansTenords; il wrobattait powr la 
liberté iTiwiii iiliim et de rénaioa ; il cooibattaîl poor 
ks feapte» ija'dB fnmnhnït. pour la Pologne ili'liiaifi . 
famr la Hoogtîe tombant soïb le la- anstro-rosse. poor 
bBépobliqœ Bomaïne égtRvée par ee* RèflwsbûiB- 
■ettrs, aondo^ces et aÛTTées, qui dnwest, deux ana 
plaa tazd, égotger la Bêpobliqiie Françaiw ; il eoB- 
batlaît cootre Cbangamier et les siens, qond ee 
gfeafral Je Im BépmUiqiÊe et bob étit-m^or fcîaaieat 
■abro^ dans les mes de I^ris. sa bénéfice da Vxpb et 
ém^ fiitar empœnr de France, des boaunes «ans aiaua. 
In défenaenn lojaiiz de la Solidarité des Peiqiks. 

I«s lottes tiectœales êtaimt égalnnent ks grandes 
farttes de ce temps : Faure, dont TinteO^aice et 
f énezgie étaient coonnes de ses amiâ, siégea phùon 
ijÎB aa OKnité aocialtsts de la Seine. Xà, coouae par- 
toot, il fit «on deroir. 

La !^ronnce, aoan bien qœ la C^^stalc, ccdamaît le 
euueuui» des dèmociatâs éelaîrâ. Un giaad aoaabn 
de Tépoblïeaias de la Sjrtbe appelèreat Philippe Faore. 
n ae rendit an ilans, où ii prit la dizection dn t V n » l ui' 
d« Im Smrtke et du Bmiliemme JKaaren. A cette 
^nqœ va gxand crime, un crime égal à edaï de 
DéeemtKe, ae préparait : la grande majorité de TA»- 
■esiblée, sentant sa juste împopalaritê, brïaait Fmaa 
dn suffiage nnivots^ et coarait la loi dn 31 Mai. 
nilqjfie Faore déioadît le vote général an non dca 
I de 1& Jnatioe. Sese&rtSr eamme ke ndCR% 



BVB LA TDSIBE DB PHtUJTFG FAUHE. 



31 



flirent rains : les élus <lu BuSrage uoirersel manquADt 
4 icur mandat, à k>ur devoir, à leur hutmeur, votèrent 
rabomiaabtu loi rvcluiuèe par loua lt?s partis moaor- 
cHiMc-H, et livréroDt à Botmpune une position qu'il 
mclicrcluûl dupuia ei longtemps avec lunt do machîavé- 
lismu. 

Len royaIisti?a, av.>u;;lés par leurs pnssions, furent 
eotiuiuèH rux-ménici-. par leur propre faute, dans 
l'abîme où ild pcusuient ne prédpitor que ks rcpubli- 
aûus. Axissi luuuvuls poIiEit^ucti qu'iulîd^lca manda- 
uùrc?, ila poïèrcul aituù lu piunu fuudiuuuilalQ de 
l'édifice napoléoaitru. 

Le 2 décembre arriva. 

Républicains et royuUstea furent jetés pêle-mêle dans 
les cachots de la traliison. 

Faure, revenu à Paris di^puis quelque tempa. ae 
lan^ d'abord daua la lutte dcB rues ; pui» te 4, il partit 
pour le M.1I18, afin d'y prfparcr le combat. On Roit le 
nate, le parjure vainquit, le droit fut Écrasé. 

La vio dii Fuure était trop honorable pour qu'elle ne 
lui attirât pas les pf^riiécutiODs bonaportistce, Faure 
devait être et fut proscrit. 

Sa caciduîte dunn l'exil fut celle d'un homme 
eouvtÛDC'j. Sur a^xtQ terre étrnngèrR, oit nous pleurons 
la patrie absente et a'^Bcrvîo, il lutta encore, et eut 
ITionueur d'appliqurr Bun nom à l'énergique protepta- 
tion partie de Jmicy. lors de la comédie jouée ai 
France à l'occasion du rctablJssement de TEmpire. 

VoiU le citoyen que noua plcur&na, voilà celui à qui 
nous rendons en ce moment U-a derniers devoirs ! 

C'est un vftillunt eoldat de moins, c'est un lutteur 
qui manquera à la démocratie te jour du combat 
suprême ! 



32 



DTSCOrSS PBOVONCÉS 



Deuîl sur lut comme sor tous ceux qui «ont inortx. 
qui mcuirnl. qui moarront pour notre «aimte cause 
avant ravénemenl de U ré^n^mticm M>cialG ! 

Si la tristesse est dans no* cœurs, une énergique 
Tolonté bout dans non cerreaux. Nous «avons que si 
Lambeau, Cayenne. Belle-Ile, l'eiil nous enl^Tcnt à 
chaque heure quelqu'un de nos anm : l'Idée, invincible 
et immortelle, incorpore à chaque jour un comhatbtnt 
de plus dans l'immense annw rèndotiaiuiaÏTe. 

Quoiqu'il 8JTÎ^'o. malgré les mensoDges ncertlotauz 
et tes pcT«éc(LtioIli^ roTnlr», le jour n*e«t pa* loin, e^>^ 
roQ»-le. où le prolétariat d*> France, éclairé enfin, com- 
pietidnt que notre canse est la sienne et que nous ne 
ronbattons que pour faire triompher f*9 droits imprex- 
criptihles ; il verra ulon: qne le seid moyen de renvçrîer 
l'esploîbtdon politique et »>cialc, unique cause de la 
misèn, e«t d'accomplir une révolution égalîtaîre, de 
fotider une société dans laquelle îl produira pour lui- 
même et nOD pour autrui. Qu'il prenne enfin pour 
guider ses acte», non tJes préceptes menteur», vieilIcriM 
in\-CDt6c6 pour l'abrutir et rénervcr. mats la nûwm 
humaine, cet immense et lumineux flambeau, qui. trou- 
vant en lui seul son aliment, éclaire et conduit l'hunu- 
nité dans la large voie de la Vérité et de la Justice. 

Aloc». il w oo Mcia «on înconce^-able torpeur ; de 8oa 
hrar- înv:iincu îl fmi pour sou propir avanta^ cette 
gr:uKlo Révolution française, étoile directrice de la 
Kévolutioo générale ; et les exploités de tous W pay* 
levant le« v-eux racore vers cette France dont tant de 
lais îl leur a été parlé, marrheroiit à la dernière fçuerrr. 
poussant le cri !<«cré qui les ralliera en un seul bâtai]- 
km mal^ les Itntipatliies nationales et le« diStresoes (te , 
née. 



H 



SUR LA TOMBE DE PHILIPPE FAUBE. 33 

Ce cri de combat qu'ils jetteront dans la suprême 
lutte, enToyons-le comme dernier adieu à cette tombe 
qui va se fermer pour toujours : 

" Vive la MèpiMique universelle, démocratique et 
meiale ! " 

Ce Discours termina la cérémonie funèbre. Un 
Proscrit Polonais prit la bêche du fossoyeur, et s'en 
servit pour jeter la première pelletée de terre sur 
le cercueil. Un autre Proscrit suivit son exemple, 
et tous, se passant la bêche, rendirent l'un après 
Vautre à Philippe Faure ce pénible et suprême 

devoir. Après quoi l'on se sépara dans un silence 

religieux. 



34 IWSCRIPTIONS GEATÉBS 

Inscriptioiu gravées sur le tombeau de Philippe Fanre. 

La mère àa Philippe A élevé un monument k 6a mémoire. C'est 
une colonne Burmoatée d'une urne. Sur l'un des c6tés de cette colonne, 
on lit t'inscription qui suit ; 

Jeune Soldat, ou vas-tu ? 

Je vais œMBATTBE POUR TE RENDRE 
SUR LA TERRE, UNE PATRIE 

AU CIEL, TON Dieu. 

QUE TES ARMES SOIENT BÉNIES, JEUNE SOLDAT. 

PHILIPPE AMÉDÉE FAURE. 

ChâlonS'Sur- Marne, 15 Décembre 1S23. 
Jersey, 13 Janvier 18d6. 

Ma mère, au REVOIR 

DANS UN MEILLEUR MONDE 

OU NOUS SERONS TOUS RÉUNIS 

NOUS QUI NOUS AIMONS. 

Au SEIN DES Immortels 
DEVIENS UN Dieu toi-même. 



SUR LE TOMBEAU DE PHILIPPE FAURE. 35 



Sui l'autre c6t6 de la colonne est gravé l'extrait BuiTant du Testa- 
ment de Philippe Faure : 



Je vais combattre pour la Liberté, 
kon pooe un parti. mon seul espoie 

est dans une action providentielle, 

dans une transformation religieuse 

pour régénérer la société. 

. . . MAIS LE DROIT EST ATTAQUÉ ; c'eST UN DEVOIR 
PO0E MOI, JOUBKALISTE, DE PRENDRE LES ARMES. 

PARDONNEZ, DIVIN JESUS, SI NOUS, 

DISCIPLES DE l'Evangile éternel. 



NOUS NE savons, COMME VOUS, 



PREFERER LE MARTYRE AU COMBAT. 
Parit, 22 Février 1848. 

PHILIPPE FAURE. 



Aux feux des camps le gl&ive encor scintille ! 
Dans l'ombre à peine on voit poindre le jour. 
Ses uatianB aujourd'hui la preuiière, 
France, ouvre-leur un plus lai^e destin. 
Pour éveiller le monde à ta lumière. 
Dieu t'a dit ; Brille, étoile du matin. 

— BËBANQER. — 



JOUItNAL 



n'ira 



COMBATTANT DE FEVEIEE. 



CHAPITRE I. 

25 Avril 1847. — Préarnluîe. — Coup-d' œil sur là Situa- 
tion de la France et de rJSurope. (l) 

A PIERRE LEROtJX, RÉDACTETTR EN CHEF DE 

rS<^ireur du Centré. 

YoTTS me demandez, mon ami, de détacher, pour 
vousj de mon Journal particulier les nouvelles qui 
ont rapport à la politique : les grands journaux ne 
TOUS suffisent pas. Cependant, voua en avez pu 
juger vous-même, quMid je vous ai montré ce 
Journal dont vous avez la bonté de voud 
souTenir, les f^ts que je m'amuAe à y rassembler» 
venant après les récits des recueils périodiqueB, 
seraient la plupart sans intérêt pour le commun 
des lecteurs. Mon Journal était principalement 



38 JOURNAL d'un OOMBATTAST 

pour mot, quand je le ccmuneiiçaî il y a deux ans 
à pou prèsi une sorte de résumé de mes études di- 
>'erse8 et des pensées que le spectacle de l'histoire 
ou de la TÎe conisoiiporaine &îsait naître en moi. 

Depuis, j'y remarque une tendance srugulière : 
d'ime part-, Tétude a développé et fixé en moi des 
idées, des principes qui ae trouvent actuellement 
mêlés à mes împressi<»is les j^ns intimes ; et, d'un 
autro oâté, les notes qœ je prenais en courant, sur 
la poKtîqoe du jour» sont deranieB de phn csi plus 
êtcmlues, et ont presque aujourd'hui les dimensions 
d'iuiicles de journaux. MaDiaueosHitexii, ces ar- 
ticles u«> ^ distinguait pas asacx oomplét»ne9it des 
aj^véciatMns, des souvoùis puremoit personnels 
qui les prvoèdttit ^ ks soiToit jour par jour dans 
uiim rahîw, pour pcmToir întèresBer d'aotzes que 

C\« naïutt^ d'aîlfevrs, o« c«s artiîc^pciunûent- 
iU a jout«jr, pour tos feotaura, na OTitinapHm îndis- 
cK-ltoos d«s feuàUes iwriodMyaes qni Betteat & jour 
W phtt $Mi<H& ÎBcàieRb^ An hattK parierncBlaîres, 
«4 UiJttiiMlMiMtepK<i>fe«sipeùw«0BÇ«a4eladqilo- 

V\Wk» iHËÙMib, »M— WMK ; was M» dStea que 
v\^ «» «uw^âiv iL kl &K gè a i a U H ùtùne 
«)w WMiA * ftii|^ «bdk» aam ifcvnal; qae nb 
^4Mlt<» à «M» ^è^tmtÙMk» «M» «llu* KMdêpeadHBte 
^M wt» fiiUt. |w'<i:jiiWM p*K» ^'«Ife cbK pn 



DK PfeVRIBR. — 2Ô AVEJL 1847. 



30 



FsHàiona et les détails qui peuvent circuler daus 
tca coDversatioiu. 

Je cédti à de si obligeantes insistaaces. Je vaig 
n'efforcer de fiaUir à lu vol«o tous 1«8 conmi«nig(« 
politiques colportas par des Jiommeê Bérmw, et je 
vous en ferai yart: heureux lorsque jo tomberai 
sur une de cee révélations inattciuiuea que laissent 
«chapper certttins pctit« honuu«H d'état déâireax de 
prouver qu'ik savcut ce que lo vulgairo ne devrait 
pas Bavoir. J'easoierai ainsi de compléter les récits 
que voua donnent les feuilles quotidiennes ; et tandis 
que cellos-ci oc rapportent que lus faits, je tâcherai 
de TOUS en faire saisir la ptysionomio vivante, si je 
puis ainsi parler, et de vous en signaler les cauees 
petites souvent, très petites; mais souvent au£si 
profondes et plus grandes qu'on ne croît. 

Pour aujoard'lïui, je vous conterai les confidences 
d'un pauvre député qui se dédommage, dans L'inti- 
mité, de la contrainte de la chambre. Ce député, 
conservotour par tempérament, trop doux et trop 
iéffiête pour aimer l'arbitraire, trop foiblo pour 
combattre le pouvoir, se trouve pressé par les uxi- 

ices de ses électeurs, clmtouillé par les flatteries 

luveruemNitaleB ; il tremble devant le faat6mc 
'révolutionnaire agit^ par les ministre», et juge 
pourtant lo système avec clairvoyanoc, mais tou- 
jours en héâtont. Co conscrvatem- îtnpartiai, car il 
est du nombre des foudroyés de la fameuse répri- 
nuode des DébaU, ce conservateur impaitiul riait 
de mes diatribes, lors des ^Slcctions générales, il y s 



40 



JOVKSAL tfVH TOMBATTANT 



huit mois. Il voyait tout en beau, alors. — "La Franco 
out-clle jamais plus forte position depuis rétablis- 
sement de la monaTclii'Q coostitutioiuiËUe ?" me dî- 
suit- il à cotte époque. "Voyez: Palmerston, qui nous 
liait, n'ose noua contrecarrer ; l'Espagne suit nos 
conseils ; l'inaurroction Portugaise oWit conjplai- 
«ammcnt à Dona Maria et à notre ami lo Duc do 
Palmella^ A Rome, notre ambassadeur dirifre le 
clioix des cardinoux : lo roi disait, en 1 ^22, à Odi- 
lon-Barrot, qu'un Papo raisonnable lui semblait 
difficile â obtenir, et nous avons aujourd'hui un 
Pape libéral qui s'appuie sur In France. Dans 
AthânoF;, qui, sinon la France, soutient Colettî, ce 
politique habile qui prépare l'IIellénie aux grandes 
destinées qui l'attendent lorsqu'il faudra remanier 
i'Orient P Ainsi nos alli4s, tous prudents, tous réa- 
lisant les amëliorations matérielles ai nécessaires 
aux éttits du midi, nos alliés gouvernent sur la 
Méditerranée. Quant ans puissances dn nord, 
elles ne nous aiment pas, mais elles nous respectent; 
et sans l'entente cordiale, trop calomniée, Cracovie 
ue serait plus, le Czar régnerait  CoDstantinople. 
Et pour la France, que no fera pas M. Guizot, sûr 
de la majorité ? Il l'a dit à Ijisious, il accomplira 
des réformes sagçs et modiîrées, il réduira, jjar 
exemple, les impiîta sur lo sel, les poètes, le timbre 
des joumaox ; il colonisera l'Algérie ; peut-être 
esMtiera-t-il bientôt d'y appliquer notre code. 
Nous allons résoudre les difficult»!» de la question 
de l'enseignement (oe député venait do preodi« do* 



I 



DE PÔVRIBB. — 25 AVXO. 1847. 



41 



«ngagementa forai els avec ses iSlecteurs). Eh! mon 
3}iini, jo ao vois pafi ce qui noutt onipâchoruit <Vac- 
«opter l'ûdjonction des capaciti's, et tt'cntrer lenfr- 
9nmt daos la vole <le la, réCorme imrlemen taire," 

Yoîl ce qu'il me (Usait, cet honnête conserva' 
lenr, il y a huit mois. Vous saver, mon ami, ce 
qu'il cet advenu do tout ce beau programme. Hier, 
Je l'ui revu, oe naïf ddputé ; il esquivait la conver- 
aution politique. Enfin, trop pressa, fl s'est écrié : 
*' Jja situation est bien grave. Depuis 1815, l'Europe 
"ne s'était pas trouvée si près do la crise définî- 
"tÎTc." (Textuel). 

Vous pouvez juger de mon étonnement, à cet 
aveu de sa part. Vous pensez aussi que j'ai eu la 
malice de lui rappeler ses eepérauces. Mais toiu 
fturiez eu pitié de lui, comme moi, si vou9 l'aviez 
itendu parler avec effroi de la position de l'Europe. 
"LeCzar," disait-il, "s'ennuie de temporiser, il 
Bcnt la vieilIeBse qui s'approche, îlveutagir, Hveut 
prendre Constantinople au risque de mettre l'Europe 
en combustion ; et la destruction de Cracovie, Tané- 
itifi«ement de la Pologne, les notes méprisantes 
ix hoËpûdars du Buuube no sont qu'un défi à la 
France et à l'Angleterre. D'nn autre côté, Pal- 
merëton est plus que jamais irrité contre nous, 
rAnjçlotorro c«t blosat'B d'avoir va son nlliauco mé- 
prisée pour un intérêt dynastique; elle nous ohorohc 
d^« tiiuiemis. D'aiUeui's, elle n'a souoi que pour son 
commerce, et, ta elle ue redoutait pas la concurrence 
future de la Russie, elle lui permettrait tout pour 



42 



sroK 



aie œ qn vénJfeeim de «OB {K^BiB- pM? L'êqilt- 

wâf»f»l»riiiTiïaii U^HOtdasBbett 
JEsan détaacUsn de k Qt» cOMBiatte. Les 
fmitM^mmt tttmifûSa^ aaÏB 3s •• faut qiTqoanwr 
■■« knri inf ririHi I« pi^le tfâfMèle povr a 
aolMÎilmee, et tow sans bien qae "c'tat dhn 
" le bonkager q» eouManai ks BéTCiatâaa&''~ 
[AxRSO BB Ti^rr.] Ia nptara de TwOJauem 
anglaise doob busse mw allié», la dicvté du pam 
pwpiee kidoetnii» infifa» ■tfMTnr, b gpo- 
wracwml raeale devant les lâdmea pnoÛMb et 
k muante bétite. Aa defaon, av didaaa, «hacm 

■ miifi; Miiii Éli iiiilli iraigiiiiill'ifîiiiMiHl, 

et k polîtiqiie dca ca)râpw teiaxde à ftàaa cette 
eriae, plas nieDaçante qne edW de 1&30, 1830 et 
1&40. Ia staukn est hien gnre I " M 

Voâi, mon ami, ks paroka mkwM de ce panne 
dépoU, qui Tote pour k aàtÛÊt^e, par pcor^ poor 
retarderorttecriacqtt'ticroit imminente; et, pQJgy 
je n'ai ziea de aeiiMaii à TûosaimoDcer, permettes- 
moi de capwer avec tous de l'état de l'Europe avec 
les détails qu'il me donnait. 

Le Btïniâtère croyait consolider sou influenee en 
B t pag ne par l'habile rapidité de Jl. Breasoa i 
eaaeUra le doable mariage. Moiâ les Conès ont 
reiiTené Isturitx ; et ¥oici que la reine Isabelle, 
cett£ mutine et capricieuse eu&nt, boude parce 
qu'on menace le paladin qui l'aTait déclaré* 



3 




48 



> 



se 



DHÎean? avant treize ans. Elle se jette dans les 
brasdos Progressistes, pour eauver lo jeuue et beau 
Sfimmo; elle chasse lo minîatèro Soto-Mayor, 
longu'îl ^ient de rewfvoïr lui vot« de confiance 
dans les Cortds ; elle rappelle Oloza^, ce partiâau 
déclaré des Anglais ; elle chawe "Bgana, l'ami 
de la reine Cbristîne ; elle confie la garde do sa 
peraonae au viens Coetanos, dont le titre nobi- 
liaire rappelle aux Français le déaaatrc de Baylen, 
jui déxewfmnta les peuples sur ^invincibilité de nos 
urmes. L'Angleterre trîomplie et suit toujours le 
dont me parlait un honune d'état de la 
'jniiuule; elle se fait plus libérale que nous, et 
ferait Communiste, bî nous étions RépuUictiina. 
Ëa vain tes amis de Pastor Diaz, dans la presse 
parisienne, veulent-ils nous persuader tjuo Pal- 
mereton n'ost pour rien doiiâ ce revirement : le 
Courrier Fraudai» avoue lui-même que Bulwer a 
participé à l'avéncmcut du ministère Pachcco. 11 
Be peut que Palmerston protègs la prétondant 
devenu presque aussi radical que M. de Genoudc \ 
peut que Pacheco aime la France ; mais il est 
in qu'il s'appuie en ce moment sur le gou- 
vernement Anglais. On assure qu'il a offert à 
Dona Maria sou intervention, si elle veut renvoyer 
Dîeta, le conseiller Autrichien appuyé [lar les 
Tuileries. A Miidrid, M. Guizot n'a plus d'in- 
floenco; aussi parle-t-on d'aEinistic, et la Kllc de 
Ferdinand VIT a fiût grâce à cinq oondamnéa à 
taort. Mais le comte de Monttiuijolîn oe paraît 



44 



JOVBXAZ. DUS O0EllB*TT.UrT 



pAA disposé à Uiaer ysntr tranqoillenwînt i 
oou!» d'état libénox. Dn gatàlim âUmmcjat les 
pnmnoes, dénotent 1m cmiMgnH, et le paye àcs 
ricfus mûsMOS a peat de la diseMe qm déaole 
l"Europç^ 

A lisbmuiB, Dooa Muta ne vent pas nous abaii- 
donoer, ^le ; cUe a répondu à tea avis : *' J^aioe 
" mieux jouer ma couivonc que de l'humilier." 
Vqob pourez répéter, mon ami, cette pan>Ie de 
TDtrc poète farorî : 

** Dieu juste ! encoce un foi qû -mit tomber !" 
Dooa y[xnz ae tient prête à cliercher osile â bord 
des bâtiments Anglais, lorsque tout eemblflit 
otmspirer pour elle. Jje maréohal Soldanlia, cette 
réputation européenne, ce petit-fila dn marquis de 
PombaÂ, lui a dévoué son épée jadis républicaine, 
aujourd'hui Uberticide. Bomfim, dont le faible 
corps renfemuùt tant d'audace militaire, est pri- 
sonnier, et déporté inhumainement eut tes plages 
mortiieres d'A&ique. A la tête des forcée insur- 
rectionnelles se trouve le comte Das Antas, qui 
dénonçait, il y a trois ans, la conspiration de 
Bomûm et do Joee Ëstcvào. Das Antas, après 
une lenteur calciUée, a laissé accabler Bomfim, il 
s'est retiré dans Porto, abandonnant les provinces 
insurgées aux féroces champions de la reine, et 
cq>endant, par un aveuglement inconcevable, la 
Junte loi conserve aon commandement. D'ailleuTs 
cette Junte craint la Démociatie, elle ne veut pas 
mécoatenter Victoria, qui fait de la royauté de 



I 



DE PÊTBIEB.— 25 AWh 1857. 



45 



Bons Maria une qneetïoa pereonnelle. La Jtmto 
manque d'élan révolutionnaire, de scîcTice admi- 
nistrative, de confiance dRns le peuple. Qu'importe 
donc qui triomphera ? Le rortugal manque do 
Knmtes, do porte, de finances, d'instntctîon pri- 
maire, d'arsenaux, d^ culturi?, ^nurlout de popula- 
tion. Mois la dispute cntro Doua Maria ot la Junte 
ne fiût qne disoler le pays. Hé bien ! la reine a 
su se rendre tellement odieuse en protégeant le 

» renégat pillard Costa Cabrai, en s'idcntiitaut avec 
BB cause, que les Portngaia lui préfèrent encore les 
ambitieux de Porto. Le rieux et mutilé Sada 
Bandeira s'est transporta par mer à quelques lieues 
de Lisbonne; José Estevèo et les volontaires de 
l'Alemt«jo marelient pour le joindre. Mais ces 
deux hommes, tous deux loyaux et dévoués au 

kpeys, chasseront la reine au profit d'intrigants ; 
l'argent anglais abonde à Porto ; et nous verrons 
encore à Lisbonne s'agrandir à nos dépens l'in- 
âuence angLii^e. Décidément, nous ne pesms 

Iguùiv dans la Péninsule. 
En Italie, nous n'osons soutenir le Pape, qui a 
dû rétablir la censure, et qui pourtant contient à 
peine l'impatience des patriotes, lesquels se forment 
spontanément en bataillons, pour le soutenir, 
disent-ils, et pour intimider l'Autricbe. D'autre 
■ part, lee peuples ont peur de la disette, et les mar- 
chés sont troublés par des émeutes. Qui peut dire 
où s'arrêtera ce monvement ? Certes, ce n'est pas 
U. Guizot. 



46 



JOUBJTAL DUir aOMH&TTASrr 



ient dSB 



Ea Grèce, l'influence russe et anglaise vient 
renverser Colettî, parce qu'il n'a pas voulu abaisser 
Athùnes aux pieds de Stamboul ; et la ]>auvr(; 
Hellénic s'agite en vain, elle a perda le chef qui 
lui promettait la réunion du Panhcllenium. Encore 
un allié que perd la Ptoucc, et c'était le dernier. 

La Turquie, pressée entre l'Angleterre ce la 
Itussie, voudrait s'appuyer sur nous ; mais qui 
peut se âer aux lionmtâs qui ont abandonné Ancône, 
et dont la protestation n'a pu sauver Cracovic ? 
Keschid Pacha est malgré lui sous le joug de nos 
eiiueuiis, vt tous sks efforts retardent vainenieut 
la décomposition de TEinjiire turc. Là, les popu- 
lations s'inquièteut aussi pour les subsis tances, et 
le« agents du Csar répandent des craintes dL famine. 
Méhémct sait ce que lui a coûté notre alliance, et 
les populations chirétiennca du Liban dé»aniiées, 
incendiées, massacrées, témoignent hautement de 
notre iuipuissancecn Orient. NéanmoinslesPrinci* 
pautés du Danube contiaient leur jennesjso à nos 
écoles, comme pour éveiller nosejTnpathies. Voici 
que le Czar les contraint à se faire slave): par l'éduca- 
tion, en attendant qu* elles le soient par la conquête;. 
Le Citar met le pîed sur le Danube ; il touche aux 
Dalkatis i il s'impatiente d'une trop longue inac- 
tion, il concentre des laasses de troupes, et, sans 
les convuLsions de la Pologne, il aurait déjoué 
depuis longtemps la méticuleuse diplomatie des 
royautés constitutionnelles ; la Romélie aérait sa 
proie. 



t)B FÉVRIER. — 25 ATEn. 1847. 



47 



Pauvre Pol<^e ! Elle ii snccnmW plutôt que 
de niarcli(!r à l'avant-garde des barbares du nord, 
et sou cadavTc arrête cDcore les Cosaqiii^s. Hais 
est-elle morte vraiment ? Voyez luire ses baïon- 
nettes dans les rues de Lemberg ; voye» camper 
SCS soldats ytès des canons, mèche allumée ; on 
arrête une comtesse polonaise. Diteji, mon ami, 
la Pologne est-elle morte? Ives patrouilles cir- 
culent dans Prague, parce que la pwpagand^ iftrre 
mjUimmfi- la Bohème. Les diètes esclaves de l'auto- 
crate autrichien réclament la liberté do la Presse, 
la Honnie se couvre d'associations. Partout, d'ail- 
leurs, les paysans refusent la corT^e; et Vienne, 
épuisée par une crise mont'taii'e, Vienne est trou- 
blée par dca émeutes ; les ^ains simt rares. Quelle 
position pour l'Autriche stationnaire ! Metteniich 
en perd le sommeil. Puis le caprice d'une dan- 
seuse expulse les Jésuites de la Bavière, et met 
le roi aux prises avec les théologiens rf^actionn aires. 
Lo Wurtemberg applaudit ; les Etats prussiens 
sont emportés par le mouvement philosophique. 
Berlin »i^u: dos péLidous. L'industrie a se» 
troubles aussi, et les ouvriers demandent de» 
réformes sociale». Que faut-il pour faire éclater 
r.MlFmajîne ? Kien qu'un pas du Czar, écrit*ou 
de Leipsick. 

Pendant ce temps, ou soufirc en Angleterre, on 
France, en Belgitiuc ; un mciiri de faim en Ecosse, 
en Irlande ! Le blé est race» la pomme de terre a 
manqué I 



48 



JOUHNAI. D CN COUBATTAKT 



I 



Î/Aristocratîc anglaise est effrayée; elle craint 
(le se troux-er entre mie guerre «traugèrc et une 
|)opuktioii alTani^e, elle a voté des millions pout 
l'Irlande. Victoria, le pape anglican, a fait un 
acte religieux qui me semble bien remarquable : 
clic a imposé un jeûne tnttragrâinaire comme aux 
temps de grandes calamités ; et de Québec il Cal- 
GUtta, à Paris comme A Londres, les Anglais ont 
partout jeûné pour sauver de ta famine la Grande- 
Bretagne aux abois. Miiis qu'importe? Leslrlan- ■ 
dais, fatigués de leurs «tculfrauces, meurent de faim 
saoa combattre la famine. Les terics restent 
incultes, les populations abandonnent le tra'^'oil 
ingrat qui ne peut les nourrir. II faut mourîrj 
hé bien ! pourquoi «'ûpuiserP Ilâve et dt!'cUanié, 
sans aliments pour réparer ses forces, l'enfant 
d'Erin laiese en friche 1p champ de ses oppresseurs. 
Oh ! n'est-ce pas, c'est un afiieus spectacle que ce 
peuple agricole, délaissant la charrue, et s' asseyant 
pour mourir ? Vous qui vivez dans nos campagnes, 
dites, la Fiance n'eu viendra jamais à ce point de 
découragement ? 

La Banque de Londres Élève encore le taux de 
ses escomptes, l'argent est rare, les forges du pays 
do Galles éteignent leurs feux, les salaires ne 
s'élôvent pas, la misère croît toujours, le Parlement, 
est inquiet. En France, la Banque ne peut raf- 
fennir le ci'édit, le Ministère rassemble avec peiuC' 
les fonds nécessaires au paiement de la rente 5 p., 
cent ; les Chambres votent presque sans discuter 




HE rtvna&R.—'2Ô Avnih 1M7. 



49 



tous les crédits demandés pour soulager les ou- 
vners ; les villes s'iinposcul de girandâ 6âCri£ces ; 
mais rien n'apaise l'agitation, rien ne peut l'apai- 
ser, que la liaisse sur tes graias ; et rétrau<^r ne 
nou6 fournit pas asscx pour empêcher la hausse 
constante. Ht voyer. comme le monde est sin^fu» 
lièrument urganisé ! J'aî suus les yeuK une lettre 
île la NoutelIe-Orl^Ds. Les Etats-Unis ne savent 
plus oii déposer leurs récoltes ; les magiisins re- 
gorgent de cerisaies pour l'cxportulion : en Europe, 
le sang coule, les populationît languissent ou s'in- 
surgent faute de blé ! Maia on manque de moyens 
de transport. Qui te croirait, lorsqu'on étale dans 
des statistiques le nombre de nos vaisseaux, lors- 
qu'on s'enorgueillit de nos raiûdee /rfcamen*? lié 
bien ! non, la France ne manque pas de navires,, 
c'est le commerce qui en manque. Si ïe Gouver- 
nement voulait employer la marine de l'état, des 
bâtiments résoudraient bientôt toutes les difficultés 
relatives au tvansiJort des subsistances. Mais 
récononiie de nos lionnnes d'état est basée sur un 
principe comnind» : ils abandonnent à la libre 
concurrence le soin de nourrir le pays. L'état de- 
venir commecçant> l'état faîre concurrence anx 
Capitalistes ? Jamais. A peine si quelque» voix 
dédaigueusonient écoutées, ont osé hasarder timide- 
laent cette proposition. Des remorqueurs attendent 
les vaisseaux dans los parages dîfliciles, c'est tout 
ce qu'on a pu obtenir. En attendant, le pris du 
>|Kun augmculc, le peuple ^'inquiète. On a parlé 



60 



JOniHAL D'rîT OOKDATTAVr 



d'un lU&cît dans la récotte de âàs millions dliL-cto- 
litre» nu moins, ou a importé trois ou quatre mil- 
lions ; ou craint do no pouvoir apporter Le reste à 
t<>mp8. Que fcrn le Gouvernement, si le blé 
mAnqtko en. JuinP A supposer que le Aommerce 
ttppotle lu ([unntit^ nécessaire pour éviter la famine, 
1m prix trop t'icvi^s ne peuvent-ils pas iuire amii'- 
t nr uu p<.>upU> des maux incalculables ? ■ 

Ainsi donc, puur me résumer : En Espagne, 
rt^volutîon do palais contra notre gpavcraemcnt 
ot uMm'cmcDt contTfi nos idées; en Portugal, nne 
luttu déplorublo oïl notre politique eet représenta 
pu UQo femme frivole et altière ; en Italit^ l'infin- 
nnc» KUtrichienne arrêtant le Pape dons ses effivts 
d'UttABonttioQ modérée, ot la natâon tout entière 
prlte à précipiter U marcKo des éréneraents ; en 
QrtWi l'AnjHc'tttm aîdant la Russie à nsnTcner 
un ttiaiel^ QTgluÙBsiQar. paz«e qa*il est notie 
■M ; l'Onsuk VnH à l'aBudù^ b Can peanrt sar 
ïm 4tals gféoo-sbT«^ «t ■mwmil TaipH* tpi k 
9^fU9 mmn émlJÊvhntnni h Pbhy», frrirfw, 
(ihftiABU «MMv SH iMahottx ftfwrf B ; FAo* 
Iric4» «ft dfaatKM ; r ^Bi— ^in f»<ts à —gdwr; 
|«ul^'«« la KtmM» & tmàn^ parfiMt rnHTi d*i 

WHB miW OTIMS SK nSlHK ^mCSHi* ^^HB ^ 





DB ït?WEH.— 25 A^TUL 1847. 



51 



chaque matin la presse ; vi^îlà ce que tout lô monde 
peut voir ! 

Que n'est-il donné de pouvoir observer les pro- 
grès du SocïaUsmo da'nâ les espnts, l'élan qui pousse 
de toutes parts vers une régéuénition sociale? En 
proecrivant les as30ciationa> le Gonvernement a 
désorganisé ses a(lyoi*6airi>s, luais ils sont plus dan- 
gereux agissant dans l'ombro et gaue^ qu'il puisée 
ooostater leur inâuence. La question Sociale pré- 
occupe cbacim aujourdliui ; les livres d'histoire 
s'en inspirent; leajournuux la traitent chaque joxir, 
les Tomana la portent dans les boudoirs, lea salona 
la voient surgir avec efiroi dans les conversations. 
Voyez comme on dévore Ica hiatoires de la Révolu- 
tion, Toycz le succès de Louis Clanc, de Lamartine, 
deMiclidct! On Studio dans la cliute do la féo- 
dalité militaire, les i^ymptùmes de la cliuto do la 
féodalité financièi-c. 

Et pendant ce temps les Mîniatres achètent des 
coUoctious do fossiles ; puis il» nomjucnt une com- 
misâîon générale des clieniins de fi^r, aupétioire au 
Conseil des Ponts et C'bausaées dont Tindépendance 
gêoRÎt parfois le Gouvemomeiit. La Cbambrc, 
réunie depuis iwi^t «loj-i, a voté la réduction mo- 
mentanée des droits sur les céréales, l'Adresse au 
roi, et rejeté la très modeste proposition do Sf. 
Buvergier de Hauraune. Aujourd'hui, elle laisw 
au Gouvernement la faculté de rembourser por 
dixièmes le cautionnement dos compagnies de ohe- 
mina de fer. Prime d' agiotage pour les banquiers ! . 



52 



lOV&SAX. D CN tXJMBATTANT 



Aussi nul intérêt n^GlIemeut sérieux ne «'attache 
plua aux travuux des Cbombres, ni mix actes du 
GouTemement; le peuple regarde \-er» ravenir, 
tout eu lisant l'histoire de la Bérolutiuii Pran- 
çaÛG ! . . . . 

ciL.U'rntE II. 



22 DÊCEMSOi: \M1.— Situation Jet Partis. 

J'ai toutes sortes de li^ca nouvelles à vous 
donnor, mou ami. On prétend que l'irritation 
produite par les banquets réfonni^s e&aîe le 
ministère. H serwit question d'ôter à l'opposition 
djTLiwtîque la popidorité dont elle s'affuble en 
prodiguant les mots de réformes et de progrès. 
Que diraient, en e£Fet, les tribun-s si violenta dans 
leurs discours, mais eî modustes dans leurs pre- 
tentionB, le jour où M. Guizot présenterait, à sea 
conservateurs disciplinés par M. Ihichâtel, une 
xéductiou des taxes sxir les lettres et de l'impôt sur 
le 8cl, l'adjonction de la deuxième liste du jury à 
la liste électorale, et l'exclusion de quelques fonc- 
tionnaires do la Chambre ? On ajoute à ce» réformes 
le projet do loi sur renseignement. On prépare 
mie loi sur le régime hypothécaire. Fuis on montre 
la diplomatie française chassant du cabiaot de 
Madrid les ministres dévoués à la politique an- 
glaise, et arrachant le cœur d'Isabelle uux influences 
progressistes. On se vnute des progrès accomplis 
en Italie; on se hâte d'ajouter qu'on encourage 



A 



1>K FÉVRIER. — 22 nÉCEMllBE 1847. 



53 



lee soUTereins à ne pas sp laisser entraîner par 
! l'exaltation des peuples au point do mcittrc en 
ditngcr la paix et les traités de 1815 ; on sv féli- 
cite d'avoir consolidé l'ordre, la reine et le« Cuhnil 
i Lisbonne, eaas qu'il en oit coûté que les astu- 
cieuses propositions nn cabinet nnglnis do faire 
intervenir l'Espagne seule. Et le aj'stème, L'crawmt 
Ibes ennemis, triomphe des taquineries de l'opposi- 
tion, et raille lea frais d'éloquence et d'cnthouaîafîmc 
inutilement dépensés daus le^ bnnquets réfarmistes ! 

Voilà, dit-on, le programme du ministère. S'il 
le suit an peu hardiment, IVClt. Dufaure, Billault, 
Dupin, Kraile de Girardin, Thiers, voire même Léon 
de Mallevillo et Duver^er de Haumime, seront 
Wcn attrapés, forcés qu'ils seront ou d'être inconsé- 
quents et de se jeter dans une opposition plus 
décidée pour pouvoir attaquer le ministère, ou de 
soutenir de leurs votes ces hommes dont ils désirent, 
dit-on, prendre les places, ces hommes, leurs 
cnnomia peraonnch ! 

JjB. Gauche de MM. Odilon Barrot, Pages (de 
r.'Vriège), Ci-émîeux, Lherbette, ne peut, eUe, se 
montrer satisfaite de ce progratome, qui ne ramone- 
rait le sjrstème qu'à la politique do Casimir Périer. 
T*a Gauche veut uuo modification plus complète do 
k loi électorale, un remanimcut du budget, do 
l'administration, do l'arméo ; une loi sur la res- 
ponsabilité ministérielle, et une politique plu» 
décidée à l'extérieui'. Après tout, ce serait un 
cabinet Dupont ^dc l'Eure) ou LoSîttc que nous 



nVVSXL tfVS aXMMXOAST 



I 



ilflniMWiMiil ces moBeon ; osiâset bien ^riférïfale 
en to^ QidniBiTe, îl eat -nmî, aaà ÎMnffimit 
poiir réaoodre les problèmes posés an sîièole 
TnpôMé, U Familk., ifcat. 

Mais t r uu Tac M n oQ i m pvti, qndqa'Q 
c^iabk de riaoaSn «es praUdraes ? Mûlé, Thiers, 
G«iaot^ Odîlûo BaxTOt, i des degrés dÏTwi, repré- 
sentent le système siiîtî depuis 1830. Us n'ont su 
et ne anmàent rien Téaoodre. Le Ifatiouai e% les 
radicaux de U «oalitioii, des Bastilles, et des Ban- 
quets, sauraient diriger one administration avec 
des Tues d'amëlioratiûct, de probité minntîease, de 
responsabilité, plus démocratiqae peut-«tre que lit 
gauche ; ils ne poomieot, ils le savent bien, 
présider à une rénoratùm de l'état snciaL L'union 
momarcliiqac et ses loyaux rorsHstes, un mom^it 
surpris et entraînés par M. de Gcnoudc, laiearait 
tous les jonrs percer leur aigreur, leurs ranconea, et 
leur iguoranoe. Us soutiennent les Jésuites, non 
pour le principe de la liberté, mais parce qu'Os 
sont nltramontaïns. Us défendent le duc de Mo- 
dène et le sanguinaire Ferdinand de iN^aples, 
admirent le réformateur Charles-Albert, exhatttmt 
le Saint- Père à s'arrêter, et blessent à tout mtMnent 
le sentiment d'égalité qui caractérise la France, en 
exaltant maladroitement la noblesse, et en palliant, 
avec j4us de maladresse encore, les fautes de la Res- 
tauration, hardiment reniées par M. deGenoude. 

Quant à la Ré/orme, à »on parti j^us socialiste, 
plus radical que l'ancien parti répnblicain désor- 



\ 



OB FÉVRIER. — 22 DÉCraiBRE ISlT*. 



55 



mais transformé, sou action est grande. Bons doutr-; 
mais il est permis d'attendre, pour les juger, dw 
les avoir vus à l'œuvre, ces £h de la tcrriUu mon- 
tagne! Le talent incontostablo do Mil. Arago, 
Ledm-HolUii, et Louis Blauc illustre ce |»arti, sans 
loi acquérir ono confiance qu'ébranlent parfois 
one polémique inutilement violeutQ ot le défaut de 
développement de leur système sociaL 

Quant à M. de Genoudo, esprit logique, con- 
Bdcncieox, émdit, il voit très bien qu'imc réformo 
religieaee doit accompagner, inspirer les réformes 
sociales et politiques demandées. Mais il est seul; 
Bca doctrines ne trouvent que trop \)en d'écho par- 
mi les Catholiques et les Légitimistes. . . . Ceux qui 
croient à sa bonne foi craignent do le voir repous- 
sé par ses amis triomphiints> comme jadis ÏL de 
Châteanbriand. 

Aucun des partis ne présente i la France lesga- 
mntics qu'elle demande, avant de se décider à un 
effort suprême pour reprendre sa marche. Aucun ï 

Poxirtant les événements ec pressent, les peuples 
se lèvent, les questions s'accumulent. Il fout ré- 
pondre à l'Humatiité, qui demande à la France le 
mot d'ordre ou de signal. Il le faut. I>es réformes 
ne suftisent plus, des changements de minialèrc ou 
de d^oiastie sont inutiles à l'Europe ; les améliora- 
tions no remédieront à quelques maus qu'en créant 
à l'inetttnt de nouvelles misères. Ainsi la libre 
concurrence a détruit les monopoles du moyen-âge, 
pour y substituer les souilranccs du Prolétariat! 



fie 



JOirRNAl. n'CTK CDMIUTrAXT 



En 1R32, im Bépaté mtègr», (•) dons, bien 
foulant, nllait qnitter Paris, désespéré de aou im- 
paisaanco pour le bion. o&BTé des tendances dm 
cûDâerratcurs, tremblant pour le fragile édifice de 
1330, et mécontent de tous les bomiu«e, d« tous les 
puiis qoi cherchaient ou à lo modifier ou à le 
changer. 

— Mais n'y s-t-il pltu d'e^nmce ? lui demftn- 
âait-oo. 

— Kh ! ""J*"**. IX n'est ni on changement de 
ministère, ni m» Révolution qu'il ncn» fkat ; c'est 

une RteÊKteATION BHOAUI TOtT E3mÈBE. 

Ob mot résnmc la situation. Bt eonine, pour 
rigteinr b soeiéié, Q faut nn prisâpe, ui dogmo 
religteox ; cocome nul hoM c, nulle secte, nnl 
parti plae^ «i évidence ne représente un principe 
gttn jnl* mùa naa ooterie, nae îoidgae. oa on sys- 
tèn* oclwif, «<pjtaw Ib cAOte MBâwme jeté par 
IjUBAltùke: * Un principe, e< pas de parier' 



aUPÎTRE in. 

3i Jjutnu la*».— 4ftwiiCi Aie. 



Sfefift k CSumAb* 
SaMim! LBsdn 
\m plu awbhirtw 
ywl q — MM daa al 



D^Mtéa 

tfitte par 
Mit mis à jour 
o4 «"«ak coaainmiae la 



»E PÉITIIEB. — 25 JANVIER 184S. 



67 



probit« admiiùstratÎTe de ?ir. Duchâtel, et l'orgueil- 
leuse auRtorité An M. Guizot. H s'agiaBnit de 
l'afiùire Prtîk, et de la distribution des indemnités 
anx inondés de la Ijoire. 

Le 20 Janvier, M. Hébert présente nn projet do 
loi contre le frafic des emplois publics, et M. Dnpin 
retire lu proposition qui a éveillé Finiti&tive tnitùs- 
tériclle, tout on promottant do réclamer une péna- 
lité plua sévère contre lo stellïonat. 

Puis M. Fouid a h» un rapport impartial et cir- 
con8tanoi(5 sur la réélection do M. Rîchond dos 
Brus. Cet hoiiorabte médecin. Député du Puy, 
nommé lospoi^teur doa Eaux Thermales de Kéris, 
a été snomia à la réclcotion ; il a obtenu, le 23 
Octobre, 431 voix contre l(îi>. Ija protestation de 
49 électeurs s'appuiesordîvers points, mais surtout 
Rur la répartition faite par le Préfet, des fouda 
destinés par la Chambre et par des milliers de 
Bousoripteurs, à Bocourir les vlutimes de l'inonda- 
tion de la Loire. Ces fonds auraient jiai/é le bon 
vouloir (les électeurs minisiériels, les homme* de 
Vadminittration ne se seraient pas oubliés, tin mairf- 
aurait obtaiu sept à huit mille ft-anc^. M. Chopia 
d'Amouyille, le Préfet, a refuaé au Conacil Géné- 
ral de fournir les états de répartition. M. Tuja, 
Conseiller de Préfcctnrr, a donné sa dcnuBsion, en 
déclarant ne pas 'V'ouloir porter la solidarité des 
aoteedo l'admiiuatration ; le Conseil Général de la 
Haute Loire, malgré le Préfet, a demandé compte 
de la distribution dea aecoura ; il a été prouvé que 



M 



JOCRNM. D'trS COMBATTAST 



ds riollM propriétaires, des électours, ont reçu loar 
piti-t dot tooours, qiu! \o Tt^fct s'est mandata à 
lui<m&mo, don sommes montant à quinze ou S(tiz« 
millo (Vonci, ut qu'il a mandaté à ses dctuL Sous- 
Vrétbts due sommes plus consiâérablea encore. 
tVpottdant, l'auumuoo ayaut été domiée par le 
GoaTornomoat quo toutes ces sommes, eu appo- 
NiUQo di^U.mruiV>« de leur de-^ioation, avaient payé 
rorKanÏMiUuii d'ateliers do travail, la reconstruc- 
tiua dM pont*, etc. et oes faiia a'étant d'ailleurs 
puMia qnolqiMM mois araut T^kctiott, le n^iporteur 
ftofon à k oh>abn do T«lider i'âactioQ : M. Bu- 
VWRX 4s F«i7 dwMmdft à le PnSfefc a it antonsé 
(W U> yiixàatin i repartir, ainsi qu'il l'a fiût, les 
AHKb naùft à n di^aaiîgB. ^ Gteûn Gridaixte 
«"Wife r4Aift A «M cinaJiiMik «t X. BvMax de Piuy 
^IkUiliM^cwwnMft t«»leP>«<Bk adiaabéiattx 

«mAmkmÎW ; «a a Aâîvri 4k i 

«4 ««« «h» « 4«i4 ^ tt ff«nier » » Jmlkt 






Dt ÏÉVRIER. — 25 JANVIER 1848. 



59 



Thermales ? Est-îl vroi qu'il ait écrit à un médcdn 
inspecteur pour lui domander aa démission ?" Au 
milîoii dos trépiguoments du centre, M. Kidiond 
œ lëvA, hésite et se raœicd sans répondre. — " Je ne 
conçois rien à ce silence de M. Richond," s'<k^^e 
M. Lh^liette; et la parolo BOiioro et retentlesante 
do M. f>. Barrot e'élèvc contre cette administra- 
tion, qui transformo en corruption an acte do 
charité patriotique! La {^^auehc tout entière de- 
mande la production des documents, l'imprcsaion 
de l'état de répartition, M. Duchàtel s'y refuse, 
couvre do sa rusponsahilité la responsabilité du 
Préfet, affirme que les fonds reiuia è. l'administra- 
tion on a do rielioB propriétaires ont 6té dépensés 
au profit dos pauvres, et demanda qu'on ne s'arrôte 
pas à 008 banales accunations de- corruption et de 
vénalité. M. 0. Barrot lit alors le procès verbal 
des détibérations du Conseil général ; et M. Gtar- 
nior Pages, au milieu d'un tumulte croissant, cite 
des faita accablants ; M. Cbappuis, gendre d'un 
électeur influent, a reçu 960 francs. Ses propriétés 
sont pourtant situées à 200 mètres au-dea.%us du ni- 
veau de l'inondation. Trois riches propriétaire* ont 
reçu 2,800 fr. pourtme perte de 400. Le Cbntuu : 
"Aux voii ! aux voix î " — M. Hicuosd des 
Bm'S : " M. Gory Floréal dont vous vouez de parler 
comme ajiint été acheté pour mon élection, a fâgoA 
la protestation dirigée contre moi!" — M. Garnïer 
Pages : " Cela n'eet pas vrai, je tiens cette pro- 
testation, ce nom ne s'y trouve 



^ jùvvaiKL d'cx COUBATTAST 

dM cm. (les îaterpoUations qui ec croUent, les deuj: 
1>/|>ut4tA «xominant fa, ou plutôt Its protostations 
(oiir il y en a deux), et il. Richond dea Bnu 
atlimiQ de iiou\-pau quo M. Grory, qu'on accuse 
d'nvoir Aivi rarrorapu, a sîj>7ié la protestation. Au 
nùlii*u d'un tumutto impossible à décrire, la mix 
do M . Uamior IhiffÈs fait retentir ces paroles. "Hj 
M doux Mewieurs Gory, l'un a wçn rargcOt, l'autre 
« {NntaMA. " Aùm crtU- a/iiirv eonuhtmc^ par U 
mm^Hêm a* lermim» f»r un mmh^ff, et M. Bi- 
tttuttd 4m Bras est pnrUm ^ Dépoté. 

A« eMttMnOBBMni d» W «émce nnVBntr. M. 
RMwiâteBrtt * iliiiilf hywJe «>r tepto- 
t<4ft w<M :— - II. (àunw Pk^" <Ët-iL ** est libn 
^ Mnnt <è* vn «Mit* «mm» ^ vier FiLintan ; 

^fiik^lft tiiMMV nyii m nfcsHk fa* w nom ■■ 

■M«ill |M «» Mn « 







ns FêVRIBB. 25 J.iMVIKR 1848. 

H. CSwgaray veut uno manifestation de la Cliaiubre, 

Km. Odilon Barrot engage lu Chambre à m f.(mten- 

^tr du biàrae infligé par le Président, et M. de la 

3toclieju«iuoleùi s'écrie: — "J£n voulant Ibrcer nu 

Pde U08 collègues à 80 rétracter, on envenime le 

*^ débat) et ce n't»it plus dans cette enceinte qu'il 

•' peut se Eenniuei"." La Séance reste suHfiendue, 

■Kt l'agitation Be calme difficilcmcntj bien que 11. 

Bauzet déclare l'incident vidé.* 

H. O. Banot> avec cette pompe de langage dont 
«ait rehausser lt-6 accusations qu'il porte, inter- 
îlle alors M. Guizot sur l'affaire Petit. Ce M. 
?etlt désirait une plaoc de rcœveur. Son cousin, 
I. lîerlin de A'aux, Pair de Frtince, propriétaire 
du Journal des Débats, le conduit à M. Génie, 
Secrétaire du Cabinet de M. Guizot : — " On a be- 
"soin," lui dit JI. Génie, "d'une place de référt-u- 
" daire à la Cour des Comptes ; achetez uno démîs- 
"aion, et voua aurez votre recette." — "Mais quel 
" rapport entre cea dtjux emplois ?. ..." — " Que 

m* voua importe ? Adrcssez-voua à M achetez sa 

V* démission, et vous serez nommé." Muni de lettres 

KU recommen dation, M. Petit ackrtc\a démission, la 

dépose entre les muins de M. Génie. . . . Mois la 

détnisaioa avait été déjà vendue à un autre, et M.. 

Petit 8e trouve fort heureux de rentrer dans se» 



* Ijb bruit K ciuru, et il a. été démenti, qœ M. Richtinrl 
avait mvoyé un ciirtel h M. Gui'iiicr-l'agès. Le MtmiieMT an- 
nioDce que MM. Loiabit, t'nmât, LiAdâres et Lf)%ieUc ont 
obtmu a«4 duux honor&hles advcruticus tine déclariaioa A«no> 
rai/e pout louii deux. 



G2 JOURNAI. d'uv oombaixabt 

fiMids. . . . Plus tard, H. G^énie demande de noor 
veau à IL Petit d'acheter nue démÎBHian. de réfé- 
rendaire. Divenes pn^positions sont Eûtes, les 
exigmoes deTÎeimeiit plus élevées ; il. Génie met 
en n^port IL P^t avec d'antres sdUicîteazs, 
qui réanisseait lems efforts et knr argeait. ... 
OefMkdant " des hnôts aa. eonzent à sa lioiit&" 
LelGiùscredes flnaiioes nie le £itt à la Otamlse, 
e4 poQT quHl ne ntaaqne pas â sa panJe, ostains 
jvtllidtcnrs, déjà fonctwamàie^ se vêtirent de 
r«3MciaùoiL n ne frOait pas qm'm emplo;pé 
<4>Unt d» 1 anaccBent ■nyenMort finanoeB. M. 
Peou M. Alna pasteat ank; ccwifarits par U. 
Cï<«Mv >k«i4à«WKUiUdèBi9EÙa delLBa&ah, 
uKtTWOUtmt peaisHn viaciav de 6,000 fr. YdHi 
W Ëàt& L'ùveipeZbiMn dt 3L <X Bamt portait 
$w U f*nM^»tàes d» ^L ûsôks & ees Sût», dont 
W pK«iTV» «*l dTatUesis pasi^ «■& ses tcox, et il 
«kaàkaMk»- M mv mucwacw «ccwûtnM. mtWÊtaola^ 

^Ctt» jtxxjftf onà Ta yL ûx£jcfi asss de dédain 
t-f ^ aM|c«s^ <«.-SLT?f î& jrtiTià«- ùxs ^H x^iétait : 
" JV <<« i tîttML'^ «X s^fiï À£ apastn^ihes 
MAwawtie» ^w «j^ {«fiàTcamif à^^ et hs plus 
MKCS ^>4k\vtùr$ An^ao^iùnti: i îft Cbasmore. !1L 
l.v^£X»,<4 * vvniit .À-iCWC aoK ÙKi^obi repccaent»- 
s&y'iii. ^odÀ» u i"» ?*t iùjTîc atm. isàix aa deŒos 






DB Ffi\*RnîR. — 25 JANVIER 1848. 



63 



des accusations précisoa de comiptioa articulôu» 
contre lui. L'orjïucU de cet homme a vainement 

[nssemblé leji débris d'une intègre réputation et 

' sa réponse haineuse, arrogante n'a rien jutitifîé. 
Il a menacé de rejeter sur aes adversaires, comme 
il l'avait fait à la Chambre des Pairs, la solidarité 
tic ces abus ; il a ni6 les faits énoncée, il s'ost réjoui 
de la suaccptibilité du paya, et il s'est en6u écrié : 
— " Co qui se passe devant voua dépasse les limites 
ordinaii'os delà justice ot de la vérité. . . .Le parti 
conservateur se trjihii-ait lui-même s'il désertait la 
cause de la moralité publique. . . .Les hommea qu'il 
honore do sa confiance ont ou i rccncillir un héri- 
tage mêlé, bien mêlé. Nous travaillons à l'épurer. 

' Si le parti coneorvateiu' n'a pas la coa£auco que 
c'est là ce que nous faisons, qu'il nous renverse, 
qu'il s'adresse à des hommea qui répondent mieux 
à sa peusée, car m pensée doit être d'épurer, de 

I moraliser. Mais il a celte confiance. Qu'il se sou- 
vienne dimc que l'auvre est à peine commeneée, 
que noua avons besoin de toute notre force. 8i le 
moindre affaîbliesement lîevait noua venir de lui» 
nous ne délibérerions pas un seul instant pour nous 
retirer." 

Ia réplique de M. O. Barrot ne s'est pas fait 
attendre. — "Après avoir exposé les faits, il me 
paraît impossible," dit-il, "de sjortir de cotte alWr- 
zuLtive ; ou de les nier, on de les flétrir, ou d'en 
accepter la responsabilité écrasante. Vous voua 
retranchez dana votre orgueil : cela est commode. 



64 JorESLU. B'rx oomsattaxt 

e^ est-Q digne î* Toos mettez -votre majonté i 
de CToe^les éfseares. H y & dans votie oonfianoe 
en elle qœlqne ehoee d'insoSoit. Oasad Tau 
Tenez d'appcmca- une lo qoi est ime «xaidanniatifMi 
de rOÊ actes, aai termes de laqnefle îtn*y *f— nn 
triboml &a ^nnde qui ne tous "-|— *^* le titre de 
oonqilioe ou d'aoïxiar prùubnl, et qne Tom dittiii & 
TOOc majamé : Tosex pour auà. H j a dans eette 
«ooâuKie quelque c^ose dlztsolenl. Gh làcn ! que 
TvCze maiontè tok ponr tobs P H. de PcTOBBont 
eaùe dedi^aidzcJLGnai^^afinaaalqnetans 
las :îGiàssM^ depÙK 1S3». «f «fad de 3L Ftey, 
se «ni lendas eciapaihlK àt «es aib^ Jkjvès d'inn- 
tsKas fcoi*raeKàaB&, 3 s'èaie «■ia:—-'' L'étalage de 
Ions «tt j:ruï^ wMs ea laxâsC <w 3 y a longCEH^ 
qne TOBsaanei fat otàsv ra|ifGBatàaa àTQiaus. 
iNn* cùiq HÙna^ JeoèoEnà taas ëonle la lanile 

& 3I.T)àeis. ~ Fï9pè u tï^ 3L Tb^a se 

l^T* akes <t donae à «c^ panÀï» le âsecâ le plus 
fboMl: — ''Le â^DOL:^'^ ôîi-a^ '^qa'^cx honnête 
ha— If wù à xKcaisK&àiaeicrr' Litôêfaas s'ègaie 
Mvfeinraxs^bjxià^evàet&cie.iiESeiDLHâiert, 
Xh^Mk, «« ^ JWraoBiMKL Maàf X. Doûkr xâa- 
Wlk^weSva: — "^K 2ie»a«h pK àf s^rar à des 

IJmfaÙW «Kï XVOliK irar A i ^wriimMr JUKS à IL le 

IbdùtK^ « j|.'£&t£ar^ «Kunàe^ <3%é «i a e ffi ana t " 
Idi «Nttonf M. G^àaK xàx^ «bmc*-. IL LÀahet te 
i»KiptiM^ » bt «w î«<E=w À 3L Bflàx. de Vnu, 



DB pft\'nrett. — 25 j.unriEB IMB. 



R5 



car il ne put la fairti par écrit.' J'ai va. 
s'écrie M. Lherbette, sur lo tht^àtre le Tabtufk 
drKeijoion; je riens de voir, à cette tribime, l« 
Taxtuve vk Probité '".... Au milieu dos cris, 
àm exclamations, M. Darblay, un cenaervatimr, 
pTOpw* un voto de blâme, et 225 voix du centre 
le nejettent. Il ne a'eat trouvé que 140 Dépntéi 
qui aient eu l'ftudacfl de se déclarer affligés ot mé- 
contents ! TIq certain nombre de oonuervatèura se 
sont abstenus. 

Ainsi s'est terminé le prolog;ae de la grandft 
dÎHluâoil de l'Adresse. Trois séances ont été 
oomacrées, dopuia, à la discussion de cette Adrestv. 
Attaqué par MM. Bei-viOw, Darblay, resmoiisseaux 
de GÎM^, trois couservatcui's, le Ministère a ganlé 
le silence. M. Dncoa lui a lancé quelques flèches 
acérées, quï ont dÔ blesser plusieurs des hcoiorubles 
prisonniers qu'il a su faire ÎL l'opposition, et parmi 
lesquels on compte MM. de Golberj', Laurence, 
F. lléal, le Marquis de Dalmatie, Janvier, et "S!, 
ïïauzct, qui uvaît reçu autrefois la présidence d'un 
banquet du centre gaucho, avant-goût des honneurs 
phiB significatifs dont il cat aujourd'hui en posees- 
aûm. 

Les paroles de MM. Gauthier do Rumilly, L«- 
fort-Gonsolin, E. de CJirardîti sur l'agriculture et 
le commerce, et de M, Jules de LiiKteyrie sur les 
finances, n'ont pu émouvoir une Chambre inatten- 
tive. Ijbs nouvelles de rinsiirT«':^'tifin de la Sicila 
lépondaicnt la terreur dans lu Cent» ; ot c'ent à 



JOCXJLU, peu ÇamMtTT±XT 




par le p^j^ akn qa'il eik 
,ikpniité,àw 
noMOnoè 

ItBin T^ritfn. QaKitaiix 
k pB^ les il<ihi|.Bi>. n 



CD crtiK- 

iMç±a d'amesceb 

...&iiéaaié,ls 

RCDÔlUes 

dr BHvalît^, 

wdiKnt 

UMqw, pu- les 
qm pMVcsncttt, rocgB&isfttaoB BOCMUff ne 
d'au pu ; et S De se réreîQe de n 
qa'aiL farnit des wxmm i l'mériBar, oa ai 
leUaitir les krangoes des «ladqBM 
tdbom qm oaent «nègre azboRr le dnpeea. des 

pflDC^BB I 

Pana entend mamtenïr Lx DBort de KËrînoH. 
Le oonùté da 12cbi« aRoadnaraMiit âédore qao 1* 
Banquet ajoozué aoia Uea après U discnsâon d* 
fAdreve. 

Heneuzs ka aiîùtn», teepectàlakt! 

CHAPÎTKE IV. 

25 JumEK IM8_— 2ïwi««w« <« ntf« d^f TjUretêf. 

I«peBplem*A(ne: Oia«*ux. boob pcjou notr» cluiaf , 

Lee paragraphes de TÂdre^e, reUli& aux fi- 
nances, ont rté TÎToneiit discutas \ muis Ift majo- 
rité Tote «aos TQoloîr rkn entendre. MM. 



I 
I 



I 



TUi«n, M 



PB rÉVBlBR. — 26 JXNVltlK 1848. 



67 



LÎ8, Orémicux, ont pressa d'arguments et 
de chISrcs MM. Duob&tel, Dumoa et Muret (d» 
Bord). Un déficit croipsant; l'i^piiieemeTit des capi- 
taux détournés de l'industrie financière pour 9ul>. 
venir aux travaux estmordinaireH ; les dépenses 
inatiles, le gospillag'o, et les coDGUSBÎonâ ; ocnt 
milUûii* engloutis chaque année en Algérie s&n» 
riea coustitaer de durable ; la buTcaucratie épuî- 
aant dfs ressource» inespérées, e'opposant à la 
réduction des impôts do consommation, et dépen- 
sant toujours plus ; le Gouvomement forcé da 
contracter d'onérenx emprunta, subissant la loi des 
banquiers, et ne pouvant combler le déficit malgré 
l'augmentation des recettes : voilà cette position 
financière où nos ministres habiles aperçoivent nn 
équilibre possible 1 — " Cet équilibre," a dit plai- 
samment M. Deslougi-ais, " me semble un tour d» 
force gymnastique. Tombcra-t-îl, no tombera-t-il 
pas? Voilà la question qu'on s'adresse, voilà ce 
qu'on appelle vn budget «j équilibre ! " M. E. d» 
Girardin propose de changer de système de comp- 
tabilité : tout inscrire au budget, discuter, voter tout 
waemblc, et supprimer les budgete extraordinaires, 
qui entraînent à des dépenses bors de proportion 
avec les recettes, voilà son système ; on ne ferait 
alors do travaux extraordinaires qu'avec l'oxcâ- 
dant des recettes sur les. dépenses ordinaires. .. . 
M. Qamier-Pagès a, par deux fois, rappelé bu minis' 
tère un grave sujet d'înquétude : il s'agit des deux 
cent niillioiLS de La caisse d'épargne, qu'un moment 



DB FÏhTHBR. 27 JANVIBR 1848. 



en 



TOLS daoa la classe qui gouverne m'inqaiète cL 
m'effraie. Ce qiin j'y vois peut s'exprimer Ȕ 'un 
mot : les mœurt! publiques *'jf altèrent ! " L'orateur 
examine la démoralisation politique, la substitu- 
tion des intérdtfi privés aux «sntimenta génénux, 
la tili^pm des <j;ouvertiants causé par Ll corruption, 
qui avilit ju&(|u'aiUL plus grands fuutitiunnairt»:, et 
il termine par ces inutiles avertissements : — " Ne 
|«entez-vons pas le vp-nt des Révolutions P En 
presence de la dégradation des mœurs publiques, 
eBfc*c« que vous avez un lendemain ? Est-ce que 
V0U8 savez oit eu sera la France dans un an, six mois, 
lin jour? Tout ce que vous savez, c'est que la 
lempète est à l'horizon. , . . Vous dormez sur un 
volcan, le danger est réel. Conjurez-le, il est 
(emp?, attaquez le mal dans le mal lui-même ; pour 
l)ieu, changez l'esprit du gouvernement, il vous 
conduit aux abîmes." Un conservateur endurci, 
ïf. Devienne, riposte alore aux piquantes Balllien 
de M. Ducoa, en lardant ses ouU^^es passés à 
i'OjiposiLioa; puis il dit ù la Oaucbe: "Vous accuses 
'le poUToir de k, démoralisation politique ; pour- 
-" tant, c'est vous qui rcdigez l'ordre du jour de 
'' l'opinioa publique. C'est l'Opposition qui a 
tontes les sympathies, parce que le pouvoir c'rst 
*' le maître, et le maîtrej c'est l'ennemi. Est-ce 
''qoo par hasard on ne lit pas vos livres, tob jour. 
" naux ? Si les mœurs sont corrompues, c'est vous 
*' qui en Êtes coupables." M. Devienne, avec un 
vif, mordant, spirituel, passe alora en revue 



70 



JOUBRAI. D'UK COMBATTAKT 



les alliée de la Gauche, les ennemis de U religion^ 
les détracteurs de la propriété, les romancîei» 
de l'histoire, les apologistes de la ConTention, lu» 

utopistes de l'égalité Interrompu par M. Léoa 

de Malleville : — " Hé ! mon Dieu, tout la mond» 
Mit que les Saint-Simomens sont ministériela." M. 
I>evieano atteste la droiture, la pureté des mceur», 
fait rélogo do la loi électorale qui l'a fait nommer 
Député, do la majorité qui vote avec lui, accuse 
roppowtioa d'ovoir voulu intimider la Cliambre, 
ot proto&te que les Bornes ne bougeront pas. I 

M. Billaull reprend et dévelopjje, nvec son talent 
ordinaire, la thèse de M. De Tocqueville. Il siguale 
le fardeau des exigencefl électorales, et lit cett« 
lettre, adressée à un Député tnip bienveiLliint : i 
— "£spa'ez}'os iolHeitaiiom ; il faut primire eo»! 
*' t^mps pour des demandes d« ce {^eiiit. Quand pou* • 
,**n'aurrz piturien à demander pour toi électeurs, ii» 
*^ feront bien prêt (Fêire iiiffrvtN." M. Billault rap- i 
poUc tous les faits de corruplion dévoilés depuis un ' 
an, Ifsdénégntioiia ministérielles démenties par lea 
faits, l'aflaii-e Petit, et il termine ainsi ; — " Si voua 
"aviez de IcMiguea années devant vuub, je pourrai» 
" TOUS comprendre. Mais il peut naître telle cir* ! 
"constance, où la main qui a porté le fardeau do» 
" affaires publiques, cesserait de le soutenir. Pour- 
"riez-voua faire face am circoBstances? Oseriex- 

"vouB faire appel à la Garde Nationale ? 

"Membres de la majorité, vous dites, en parlant do» 
*'iiiiiuatrea, sur une question de moralité : nous n* 



DE rfnuEn.— 28 jantieb 1848. 



71 



" pouvons les renverser, cela compromettrait la si- 
"Uiation! but une queation ëtmtigère, cela com- 
"promettraît la paix du monde ! sur une question 
"intérieure, cola poueserait à la réforme. Soit, 
** gardcz-Ieal Maïa prenoz bien garde de ne pouvoir 
"ni gouverner ni eontcnir un Gouvernement. Sur 
••"une question do moralité, en présoaco d'évcaitua- 
" litéa prochaines, notre devoir était de vous donner 
'*im avis. A vous maintenant d'aviser !.,.." 

CHAPITRE VI. 

28 Janvier 1848. — Aigres Blbatt parîementairet. 

En réponse à M. Janvier, MM. F. De Lostcyric 
«t Léon de Malîeville harcèlent le Miuiatère, et ce 
dernier orateur sV-crie : — "La pontîte suprême do 
" parti Conservateur s'est trouvé mêlé à d'indignes 
*' tripotages. Vous niez ? Est-ce que vous ponve» 
"nier les lettres qui ont passé sous vos yeux? 
''Allez, vous avez beau vous déclarer satisfaite, 
**lo pays TOUS estime assez pour ne pas tous 
"croire?" 

Le Ministère ne pouvait plus reculer ; M. Hébert 
a pria la parole. Il s'oat plaint hautement de toutes 
eca ftccujiafiona, la plupart vieillies :— " On a traiU' 
"formé" dit-il, ■' le Mininire de la Justice en prai 
" Jnge Â'Instrîtetion. (Pat /ait de nombreuses en- 
'^qnitea, et j'ose croire que personne m récusera nu 
"parole (PAonnéte homme et de Meifjîxfrat, . . ." 

M. E. DE GiBABDiN : — " Je demande îaparoU." 
(Exclamation}. 



JOTTXKAL D'mr OOMBjLTTAKT 



M. HâBKKT : — " Je répèt« que peraonne ne dou- 

" tera de ma parole d'honnête komme Peut-être 

" y a-t-îl q^uclqu'im qui croit avoir à se plaindra 
" dfi l'accomplissement de mes devoïra de Magistrat, 
" malgré les sûductious et les menaces. . , , Je vais 
" vous dire ce qui s'est paijst- ... , " 

T^a Chambre a compris alors qu'un achat per- 
soQjtiel allait s'engager. E\le a lait sileace, craî- 
giiant de perdre un mot de tx duel scaadaleus 
entre le froid et arrogant ministre et son haineux 
adversaire. M. Hiîbert, interrompant son discour», 
rappelle les deux procès intentée par lui d la Presse 
et au Commerce, alors que ces journaux essayaient 
une nouvelle oombinuison àv publicité que las tri- 
buiiBux déclarèrent néci\?^t4?r doux gérants et deux 
cautionnements, comme constituant deux journaux 
séparés. Il s'agissait de publier un supplément 
auquel on pîit s'abonner sëpar^ment, — " Sur ces 
"eutreiaites," dit le ministre do la Justice, "g'agi- 
" tait, dans les bur^ux de la Chambre, la disoua- 
" sion de l'Adresse, Le même membre qui vient 
" de demander la parole, me donna aa voix, et je 
" fua appelé à rhonneur de passer la soirée choK 
' lui. ... Je fis cependant mon devoir. La Frtaat 
" £ut condamnée . . . . " Pois M. Hébert continue 4 
■e disculper du roprocho de partialité élové par H. 
ït. de Slultevillâ au Eujut des afiaires Lccomto, 
Bénier, Warnory, de Jussica et Petit. H répri- 
mande les violences de l'opposition, et lui conseilla 
plus de modération. " Ces attaques, ces violeacos 



* 



4 



3>E FÉ^IIIEB. 28 JAIfVIEE 1848. 



\ 



I 



retomberaiit sur elle, ei elle s'cntendm «lire : 
" Subis la loi qtie tu as faite ! " 

Ia voix tremblante de colère : — *' L'antre jour," 

dit M. De Girardin, " on tous parlait du Tartufe 

" do religion, du Tartufe do probîttf . H y a uuasi 

•• lo Tûrtufe de juAtice !" Le President, au milieu 

<ïe8 cris « l'ordre, enjoint à l'orateur de s'expliquer, 

©t l'orateur répond: — "Jo qualifie ainsi ceux qui 

"traitent de calomnie des faits qu'ils savent f^tre 

" rée/«, ceux qui, aous uuo fausse raideur, cacheut 

•• une fauBBO impartialité." TTn violent débat s'^ta- 

"blit entre le Président:., l'oral^ur, rappelé ù l'ordre, 

et le Centre. M. E. de Girardin aunonco qu'il va 

raconter dos faite, et la Chambre redevient silen- 

-r.ieiwe. Il commence par repousser les insinuations 

du Minîjitrt', le détic de citer des menaces, se moquo 

des tentatives de séduction que M. Hébert a eru 

apercevoir dans une invitation, et sa retournant 

vers lo Ministre : — " Voua avez," lui dit-il, *'pour- 

" suivi la Prv^se &. outrance, et vous avez laissé 

" paraître un outre journal sans cautionnement ! " 

M. Hébert : — " Ce n'est pas exact." 

M. E. DE Gihardin : — "Vous l'avez poursuivi, 

"sur ma dénonciation dix fois répétée! Et cette 

*' rigidité envers un jouraiil, voua la dépouillez 

"pour d'autres. I« Siècle fait depuis un an ee que 

•' la P«?se voulait taire, et vous n'osez poursuivre." 

M. IFfiBEiiT : — " Cda n'est pm vrai." 

M. E. DE GiRAKDiN : — " M. le Garde-des-Sceflui, 

' avec cetrto urbanité qui le oaractêrise, me dit : — 



74 



GOMBATTAST 



" Oa n'est pas vrai. — Je réponds : Cela est Trai ; le 
" Sièek Mul coûte 48 fraoca ; avec lo Musée JÀtié- 
" raire, il en coûte 60. Cela c*t clair et nett 
" Mais paetion» A d'uutros faits. J'avais dit qu'on 
" avait voulu acheter 1,200,000 francs un projet do 
"loi. ]iO Oouvornemont a traité cola d'încptic. 
" Vuulpx-vciufl savoir les noms d&t inaUree de poate ? 
"(LoCfïutre; 'Auîtvoixl aux voix!') Ce eont 
"MM. Dailly, David, Faucher et Dnclos ; le projet a 
" ^t^ pané dans le Cabîaot do M*. Joox. (Le Centre: 
" Aux vuix ! aux voix I) Et si je prouvais que M- 
" lo Clardc-des- Sceaux a eu connai^ance des faits 
" relatif* au troisième Th^Atru Lyrique. Le notaire 
"qui achetait pour ctt th^tre le Cirque Oljm- 
." piqu9 était oblige, pour avoir Targent nécessaiie» 
■" d« T«ndra «a cluirgi>. Il pr^aents son suoceeaeur 
" A la Chanof^lerie. On fit \ta objectiona lea plna 
•* firaree. M, le Garde^ee-Sceaux ne voulait pa« de 
** aueeesseur, lonquo ..... un fonctionnaire alla À la 
*' Chanceileri*) et fit si bien qui? le suoceaseur de 
" M. Moriu ftit nommé. 31. Il^Urt dit n'avoir 
" rien au ; je no lui dirai pas : C* n'est pas viui, 
" BMM : Oe ft'ost pas rtgoaz«aaeincnt exact." U. 
Hébert <««aM de se diaonlpH' ; affirme qu'il n'était 
pa« encore Uiwslre lorsqve ces £ùtB se mni pacséi. 
M. de Oirardin reprend U puole, et, malgré 1m 
«iMtMn du Omœ» pairicDt à faire ntrir*!— c« 
' tl y a pluàeaas ta^mgùam povr din : 
" 11 oorrompi;" Û nV «tta^*«Mpoardiie: "H 
."—"J atteste' éaBomn que H. U&ieti 




I 
I 



DE FÉVRIER. — 29 JAKVIBB 1848. 

'•^tftit Ministre lorsque M. Logcndra tmcc^da à 

"M. Morial" 

Vous voycs, mon ami, où dcsccDiI la représenta- 
tion QatJOQale. Oa no discut*: pua t'arganisation 
intérieure de l'état, les rapports dvts Communes et 
du pouvoir central, le contrAle dea finances publi- 
ques, r^dufitttion morale de la nation. Non, on 
discute la probité, la loyauté ptraonmUe de noi 
gouTemanta, et, des réputations jusqu'à ce jour 
intactes, il reste à peine le souvenir I En vain H. 
Dufaurc a voulu faire reprendre à la dùicussiou sa 
portée politique. Les passions qui agitaient la 
CbftTfibre la rendaient iouttentive ; on attendait 
impatiemment le moment de voter. L'amende- 
ment de M. Billault, qui blâmait les /tmenteK exemple* 
donnés au pays par les hommes du pouvoir, a été re- 
jeta. M. do Lamartine a demandé la romiso de la 

diftcnssion nu lendemain. Le Centre exigeait qu'il 

parlit de suite pour ue pas pe.nire un mofiient .... 

Après vïng;t minuti>H de clameurs et de tumulte, !• 

Président lève la séance. 

CHAPITRE ^^I. 

M Janvier \M&.—J)ùcourg heiUgurux A; M. de 
Ijamarlirte «ur la Naitonalilè Ilaliettne. 

lies abords du palais Bourbon étaient assiégés 
de curieux, malgré le dégel et la pluie. Lu» tri- 
bunes étaient combles longtemps avant l'ouvertur» 
de la séance. liCS étrangers, les dames, les proviu- 



76 



JOURNAL D'UN COMBATU^tT 



ciaus BO disputaient les places, et la Chambre elle- 
mémc était plus nombrcuso encore que les jours 
pr6cMont«. 

M. du Lamartine a prononcé, d'une voix faible 
d'abord, à peine iicrccpliblo, un diacours où son 
magique talent se fait sentir, sans dnute, main qui 
a néanmoins déçu l'espérance populuiro. L'uuteur 
des GifonUiits, parlant de Vltaiie et du Pape ! On 
attendait quoique chose de grand et de nouveau 
peiit-(M.Te. M. de Tmmartinc a voulu parier & la 
l^llmuibrc, se restreindre au possible, et son discours 
< causé une véritable déception. Pourtant il a fait 
preuve de tact en ne prodiguant pas sm palpitantes 
apoistropbo^, en refouliint nea aspi ration», en repliant 
tes ailes à cette tribune des élus du cens. Les 
hartuigues du tribun électrLscnt le forum; elles 
seraient au-de^us do ces iiiti-lligeiicea bourg^eoïses 
qui déduif^ncut autant l'idéal que Pavcnir, et h 
discours de M. de Lamartine, poiu- être plua positif, 
pluH actuel que ses discours de Mftcon, (m) n'eu 
éclipse pas moîn» ceux de la plupart de« orateurs. 
Oaerai-je l'analyatT, le dénaturer ? C'est à regret 
quo je m'y résigne. 

II raconte d'abord les mouvements do 1820 
réfrénés par les baïonnettes autrichiennes, Pavi- 
neraent de Pie IX, les e>ipéraiiceN qui l'ont salué. 
Mais il ne peut partager ses espérances. — " Si du 
" combat," dit-il, " était sorti un homme, le dra- 
" peau de l'Italie fédérale d'une main, le dmpeao 
" du progrès dans l'autre; s'il avait héroïquement 



n 

■h 
M) 
£1] 

i 



DE PÉVRIKR.— 29 JJiNVIRH 1848. 77 

" rallié autour àe lui toutes les forces ponr rappeler 
" l'Italie à l'indépendauce, le monde à la forreoF 
"que mérite la causo de la liberté «t do IV-inaiitû- 
"pation ; cet homme, phénomène de l'hiatoirc, eût 
"soulevé dos Byropotbies unanimes pour la sainte 
"canse do la liberi-é. Il ne l'a pas osé, et tous 
" tr/ez concouru à lui ôter ce t'uurage. Il s'est 
"contenta d'être un Pape gueUe et d'extirper 
" qtwlqucs-nns des abus de son g;ouveniement. Et 
" pourtant, sorti du conclave en prononçant le mot 
" de liberté, que les échos du Capitolo avaient ai 
" longtemps oublié, le Pontife fiit întronwé par les 
*• bras do tout un peuple. L'Italie treasaillit !....'* 
' L'orateur exaniine la politique do la Franco 
Radicale: elle devrait rallier les mécontrats du 
monde entier, se mettre à la t^to de cette colunne 
inccndjairo et prendre la responsabilité du aang 
qa'coi eût fait répondre en Italie et dans toute 
tEnrope. Constitutiouucllp, la Franco pouvait 
enotmrager les Ttalicnrt X s'unir, promettre de les 
protéger, et attendre Ica circonstances. Bétrograde, 
La France s'alliait à se» ennemis naturels pour op- 
primer ses amis, ses alliés. " Telle a été votre con- 
duite, et clic mérite toute notre indignation } " 

Ici se place une analyse pressante, accoblantp, 
des dépêches ministérielles, où " le Gouvernement 
** de la France, de la Révolution, de la frstentité, 
"et de riudéj}cndance dans le monde, caractérisa 
" de chÎTnériq^io ot dangereuse cotte régénération d« 
" l'Italie, dont elle a û souvcnit reusuvelé depvit 



78 



rointNAL D UN COUBATTAÏTr 



" trente ans le témoignage et le martyro ! '* Ls 
BoBtaunLtîon avait otfert son appui aux Italifms, 
•'ils voulaient remplacer la Constitution démocra- 
tique de Cadix pur la Charte de Louis XVIII, et le 
Oouvorncnicnt de Juillet abandonne le Pape, etJ 
traite do perturbateurs les chefs de l'aristocratie 
et les prédicateurs de l'indépendance. Eévolo- 
tionnaires I ce Toscan qui vante le gonvcmcmcnt 
du Gmnd-Duc Léopold^ cet Archevêque de Milan, 
vieillard de quatre-vingts tns, qui prouste en chaire 
contro les imiTTnTUtn des ntoUitos antrichiens, ca 
Comte Borromco, poocâsonr do 000,000 livrea da 
rante, et qui affrunte les vengeaitces de VAquiU _ 
OrifbjpM, an point de d jpo6er publiquement r<aân M 
dft la Toison d'Or, («uillê du sang de se« compa* 
triotes. Vous les caloomiei pour les abandonner. 
L'orateur £ùt la coaitotsie i K. Guii»t da la 
craire ou fwd d'un Hb^ralisme sinoère, respectant 
lesid^etiwlmotmignaBtpaa. — "0*0^ vient dons 
qu'il abaiMkuw TlteB^ qu'il mefiace la Suiase f 
U •• prat douter que la nationalité italienne ne aoit 
vivante ; la née ilalîi^M De a'ert fM Bâmgée «Tw 
tmofi^Ktaaauni Vapoigawd^kaflaMlHdeTe&iatv 
ha «D^itanaîas «ba S ^ pârfber g n'eat 4l«tni aocu 
sMveiùr> nrane wpJiawiiî k hagew est tonjosi 
pore, n salBt ^veir ra am job cette iBagnîfiq» 
Italie fffÊT SNitîr «<«(■ denàère pwlsa ù oo qni aa- 

towii 1Na«a 4» la aatat» et 4e IlieM ^'«aaa 



1 



pcitl 



Ak! 




DB MÎTRIER. — 29 JANVIER 1848. 



79 



poissanoo des nationaliti*», alliez-vous i ntolic, & 
h SaiHse, et tous ne craiadrvz rien des avakuches 
da Nord. Rpspectpz les traités signéa par la Pro- 
rîdenco et iiitiliéa par la nation ! Votre allianc* 
trec les puiiisajices du Nonl date des mariages espa- 
gnols ; maJB rappelez-veus la chute du Dirpctoiro ! 
Ne mentez pas à votre origine, no rcniea pas vos 
principes ou tous êtes perdus ! 

" D vous a fallu dire en Suisse que le Sonder- 
bund était national, et la Diète révolutionnaire. 
Id France e»t devenue gibeline à Home, autri- 
chienne à Turin, russe à Vareevie. La France, 
mentant À acs affections, a plaqua Bon oreille ù la 
porto des Cabinets étrangers ! J'ai dû jirémonir 
]a Chambre, le pays et l'Italie contre Totre poli- 
tique ! . , . .Quant à l'indépendance de l'Italie, je la 
vote avec le cœur et lea mains de la Fiance. Espé- 
ïes!, crieraî-jo aux Italiens quî veulent réaliser Is 
fédération du Midi contre le despotisme du Nord, 
Ksp^rez ! Sous le Gouvemoraont de la France, il j 
a la France qui salue avec l'ivresse d'une sainte 
joie le drapeau de la rég-énérction italienne !" (n) 

M. Guizot a répondu sans oacr avouer hautement 
ID politique rétrograde, mais sans éviternéanmoius 
ocs déclarations impopulaïrea qui blessent, irritent 
et scandalisent toujours dans sa boucte les sympa- 
thies nationales. Ainsi, il s'est plu à répéter am 
éloges à la modéraiion de l'Autriche, à la bonne 
valante de Mcttcrnich ; et, comme la Gauche se cou- 
tonaït «Lcore, pour mieui la braver, il aâectait d« 



80 xotTRNjU, »'inf oouBATTAirr 

Tenter lea traités de 1815, base de Pordre européen 
ci que la J'Vanct a acceplés. — " Dites que vous lee 
avez skWs," s'écrie M. Thiers. M. Gxiizot a malu- 
t«rtu ses paroles, taucé vertement la politique révo» ■ 
lutioimoiro de ÛI. de Lamartine, taxé d'ignorance 
profonde et d'impudence qualifiée, toute peaaée do 
changer le Siata quo, et déclare qu'il ne craignait 
rien pour la politique du Juste* Milieu, ni dudâdans> 
ni du dehors ? 

M. Mauguin, jadis orateur, n'a pu se faire 
écouter. . . , 

CllAPITIlE VIII. 

SI JufTi'Ba 1848. — Discours de M. Tkien attr I» 
Qaastioa Jiatieime. 

M. Camot a établi que l'Italie déchirée par Ica 
traitas de 1815, assoryie militairoinout par l' Au- 
triche, veut resgaiair sa nationalité av.^st tout. 
U n'y a qu'un parti, c'est le parti de l'indépeD- 
dance. Les questions philosophiques, politiques, 
écwtomiques eeront discutées plus tard. Avant 
tout, les Italiens veulent avoir leur Patrie ; et Ici 
aouflrances qu'ils endurent légitiment cruellement- 
lour impatience ! 

Aprcfl MM. D'Haussouville et Deamousseaux 
de Givré, M. Thiera a pris la parole. Lucide, mo- 
déré, sobre de phraséologie, noorri do fait'9, son 
diacoura est, comme toujours, un exposé rapide et 
complot de la question ! JQ montra l'Italie exi- 



DE PfiVBIBB. — 1 rtVIOBR 1848. 



81 



géant les institutions les plos modéra ot uéao- 
ïnoins taxée de rndicole, do rcpubUcomo, par notre 
«iiplomatie. 11 montre les traités de 1815 euX' 
xuémeG, que oous sabiseoiis, ca les détestant, ga- 

kï^nti&sant l'indépendance de Parme et de Modène, 
et cependant les garniaons autrichiennes occupent 
le« fortereseea do ces deux états. Il montre l'An- 
gleterre encourageant l'Italie, accaparant les sjtu- 
jiathies nationales, et remplaçant la France dans le 
cœur de cette nation, notre dernière alliée en 181 5 1 
M&lgTt^ l'habileté, le talent de M. Thiers, on 

■ eent des réticences à tout moment dana son discours. 
Il Teut être Ministre, et il craint de s'engager, il 
craint surtout de déplaire à. la Diplomatie, de bles- 
_^ fier les cours et M. de Mettemich. 
f Sans ayoir les mêmes motifs, mais pour ne pas 
comproraettrc son directeur^ M. Odilon liarrot n'a 

■ pas su colorer et préciser ses paroles de sympathie 
pour rit&lic, et M. Guizot a eu peu de pciue à 
persuader au pays ot à la Chambre que les systèmes 
|K>litiquca du Contre et de In Gaucho différaient 
peu dans leurs résultats. — Le cinquième para- 
graphe est adopté. 



CHAPITUE K. 

1 FÉTMER 1848. — Jffairea da la Sume. 

La séance est remplie par les discours peu écou* 
tés de MM. C. Perrîer, Malgaignc ot Mahul. Il 
s'agit de la Suisse. M. Thiersdoit prendre la parole 
sur cette question encore. Cela veut dire que noua 



82 



at tfVS OOMnATTJSST 



aurons dos aperçus vifs, claire et ^-ulgaires sur les 
dissensions politiques et religieuses de ootte /or- 
teresse du radicalisnte. 

Il n'y a rien de nouveau ni de puissant dans 
cotte Chambre ; les Ddputt^a le eontent, ot leurs 
paroles comme leurs aotca manquent de franclusc 
et de hardiusso. A rostériour, à l'intérioxir, il s'agit 
de régénérer la société, et ils ne sauraient faire 
autre chose que s'efforcer de rendru durable l'édi- 
fice du présent, l'étayor, le rebadigconmr. 



CUAI'ITItE X. 

9 FÉTBiER 1848. — Discussion dit droit de réunion. — 
Discourt de MM. Mibert, Ledru-HoUin et Odiioa 
£arrot. 

Les séances de la Chambre nous ont donné, 
cette semaine, l'image affaiblie de* séances les 
•p\m orageuses de la Convention. La violence doa 
Sentiments éclatait au Falais-Bourbon malgré la I 
modération contrainte du langage, et la passion 
agitait à la triliime des orntours dont lo respect dû 
à des collègues réprimait difficilement l'ardente 
indignation. Autrefois les adversaires s'envoyaient 
à l'échafand; par bonheur, nous vivons dans un ■ 
temps où l'oppression sanguinaire est repoussé«. ^ 
Réjauiasons-noiis de ce que les partis se conteut«nt 
d'échanger dos outrages ot des insultée, au lieu do 
mettre hors la loi leurs ennemis ou de déporter il 
Sinnamary Ils aveugles promoteurs des banquet» 




DE FÉVEJBB.— 9 FÉVRIER 1848. 



83 



I 



réformistes. Le droit de réunion, supprimé par 
le bou plaiintr du Ministère, qui s'autorise de Tin- 
terprctatioa Bophistique d'une loi de police ; plus 
de ceut Députvs cuudanint.^3 par \m discours de la 
oouroDDO et des doux CliaiubreH ; le parti conser- 
Tttteur 8c serrant derrière MM. Gruizot et Duchâtel, 
et refusant même la promeaso éloignée dos réformes^ 

voilà où nous en aomniea aujourd'hui. Domain 

De quoi domain acra-t-il fait ? Q.ue d'autres se le 
demandent ; pour moi, je reprends mou rôlo de 
narrateur. 

M. BoÎésoI, Député du douzième arrondissement, 
repousse avac dédain l'injuro faite à la \-iUe do 
Paris par lo gonvemcment, et proteste qu'il n'au- 
rait pas accepté La présidence du bnuquet de son 
arroodissomcnt, s'il n'eût été bien convaincu do 
l'esprit pacifique et légal de cotte réunion. H y 
a un certain courage à M. lîoiàsel, homme très 
modéré, à so porter ainsi solidaire d'une réunion à 
laquelle doivent assister Ica radicaux les plus com- 
promettants, et dont plusieurs, calomniateurs, sans 
doute, aocuEaicut M. Boie»el de refuser la préaïdcnce. 
depuis qu'il savait. .. . Mais, quoi qu'il en soit, 
M. lioissel a compris et accompli son devoir ; il a 
senti qu'il fallait oublier toute disHenBÎon en face 
de ceux qui se décliiraient les ennûmis du droit de 
réunion, et il a noblement i-eTendiqué les droits de 
tous, et ceirs do sea commettants en imrliculier. 

Les énergiques apostrophes de M. Borrot avaient 
ému lo mimâtère ; le plus acerbe, lo plus irritant 



M 



jomxAL irtnr cojcbattast 



des ministres a, poncUnt deux heures, insulté l'op- 
poâitioD, déni^ ks droits primordians:. épouTsnté 
les âmes tïm i<^<*« des bcanes eo enTeniniAnt les doc- 
tnnes et les discoun do la Gauche ; pais, redisant 
BUS &pTC3 doctrinairca las anathèmee jet& à la cor- 
ruption par les orateurs de« banqueta, il a galvanisé 
les honcs du Centre, éperdus au contact des dieux 
LoTK du ministère : la Peur et la Colère. — " Rap* 
" pelez-vous/' criait-il aus Conservateurs, " ces 
" haiangues, propres à provoquer les désordres et 
** les révtdatbns. On a élevé tribune sur tribune 
" pour trainer aus pieds de ces tribones la majorité 
"de cette Ctambre, autjorité igouie fi rfpuf, 
•• disaient les tribuns, majorité accusée de concus- 
" «ion, de prévarication I On y a traîné la monar- 
** chie, on a prédit sa mine, on Ta menacée de son 
" renversement. A Béthune, on disait que le peuple 
" n'avaic pas donné sa déinisaon, qu'il pouvait 
" revenir sur la place publique (une voix : " Conti- 
" naex, on rreri«idra"),el qu'il peut encore porter 
" la main sot la couroiuie et la jeter aus flota de 
*• Cherbourg. A DiJMi, c'est un appel à toutes les 
" cbsses, aux artistes, aux artisans. (Intemiptioa : 
" 'iSi! bien! après!') J'en passe eî des mefl- 
'* leurs. M. O. Barrot prétend qu'il s'agit ici d'un 
" de ces droits primordiaux qu'cm ne peut niex' ; je 
" me défie de ces droits prétendus primordiaux 
"qu'on ne tivuve écrits dans aucune loi. (Au 
" milieu de l'agitation, M. Ledra-RoUin demande 
** la parole). Les drtùts fondam^itaax sont tons 



DE FÊVRIEn. — 9 PÊVSIEÏ 1848. 



85 



" rcoonnus et consooréa par la charte, et la cliarte 
" est muette snr le droit de réunion. (Une voix : 
" * Lo droit de respirer y est-il?') Il y a plus : la 
"constitution de 1791 avait reconnu le droit de 
" s'assembler ; et siï mois pins tard la Constituante 
*' faisait une loi poar interdire les eociétés popu- 
" laires." 

M. Chambolle ; — " Il s'agissait de sociétés, non 
*' de réunions." 

M. Ef.BBRT : — " Les réuoiona étaient le berceau 
" (ÎCB Bociétéa." 

M. 0. B.1BR0T : — "On n'avait pas, en 1791, la 
"loi contre lea a,«soeiation8 dont voua êtes armé." 

M- IléMKitr : — " Lors de la discussion de cette loi 
" contre les asaocîattona, deux orateurs s'écrièrent : 
" * Votre loi est injuste, noua ne nouB y somnet- 
" trons p«3, nous juroos d'y désobéir.' L'un est 
" aujourd'hui l'air de France, l'autre est oncoro 
*• Député ; et ni l'un ni l'autre, nous le croyons, n'a 
" exécuté eft menace. J'espère qu'il en eera de 
■" même du défi porté par MM. Duvorper do Han- 
" ranne et Léon de MaUcvillc, Entre la parole et 
" l'action il y a lo conseil. La Loi doit être appU- 
" quée, elle le sera. Nous avons toléré oee manî- 
■" festationa jusqu'ici ; elles deviennent dangercoflos, 
" nous les prohibons ; maia nous regretf^rionB qu'on 
" vit dans cet acte une provocation à l'émeute. 
" Kous refusons ce secours ! '* 

Après un diaoours peu écouté de M. Fcuillade- 
Cliaurin, qui adjure la majorité de ne pas se com- 



Se 



JOUBNAL D^CS COMBATTAMT 



promettre par dea démarches poSBÎoiméea et vio- 
lentes, M. Lodra-Rollin s'empare do la tribune na 
milieu de l'agitation de la Cîiambre. Le Contre 
fl'apprôtc à oouvrii de ses clameurs, s'il y a lieu, 
l'apologio de la Convention. M. Sauzet guettait 
les paroles du tiibua radical ponr le rappeler à 
l'ordre, la Oaitcko semblait craindre un appel au 
peuple, une menace à la société. M. Ledra-IlollÎD 
calme, pressant, sobre d'argnments et de phrases, a 
broyé la juriaprudence du Himstro de la Justice, 
démontré la légalité des banquets, et réclamé har- 
diment, maU Bans violence, les droits non inscrits 
dans les lois Lumaiuea. Il eet des droits naturelsT 
qu'un teste formel i>eut seul soumettre è. des res- 
trictions. — " Nul texte qui interdise ou limite le 
*' droit de réunion, maîa an teste fonu6l qui l'ati- 
" torise- Lisez la déclaration des droits de 1791. 
" Ce texte, nullo loi ne l'a, depuis, abrogé. Il n'est 
" question de ce droit m dana !a Charte de 1814, 
" ni dana celle de 1830 ; donc, ce droit n'exiatepoa, 
" dit lo Ministre de la Justice. Yoïci ma réponse : 
" Les droits de la nation Jrançaisc ne sont pas rep- 
" pelé» dans la Charte do 1830 : c»t-CG qu'il» 
'* n'existent pas ? Oh I vous me faites la partie 
" trop belle. Vous vous souvenez tous comment elle 
" s été faite votre Charte I ^Longue et bruyante 
" exclamation). Mon langage eet toujours cuusti- 
** tutionnol il la tribune. J'ai prêté serment à la 
*' Charte et je la respecte. fParleïi ! Parlez '.) 
*' Ëeportex-voufi à la délibàration : voua y trouverez 



DE F£vni£iL — 9 FÉnuER 1848. 



87 



" plusieurs articles de la Charte de 1814, axnc 
*' catto seule mention : suppurié. Kotro Charte ne 
" pr<iscnte que dea lacunes ot des coupures. (M. 
•* Sauzet se lève.) On a procédé par suppi^ession." 

M. Sauzet : — " Telle qu'elle est vous devez la 
" respecter." 

M. de Larochejacq'uelein s'élance à La tribune et 
remet à M. Ledru-RuUin un esempluire de la 
Charte en lui indiquant le Préammule qm porte : 
" La. Chai-te de 1SI4, telle qu'elle a été mneiidé* 
"par nos délibérations.".... M. Ledru-EoUin 
reprend : — " La Charte do 1830 n'est donc que la 
" Charte de 1814 amendée. Or la charte ne parb 
" pas du droit du réunion, et cela, ee conçoit ; elle 
" étut de provenance étrangère et ne cherchait 
" pa* son principe dans nos anciennes Conetitu- 
" tiona. (La Chambre se retourne en riant vers 
« MM. de Genoude et de Larochejacqueîein). 
*' Mais le lendemain do 1880, M. Goizet déclarait 
" que ce droit était une chose légale, désirable, 
" Vous dite» que la loi de 1791, dirigée contre 
" les associations, atteint les réunions. Vous 
" oubliez donc que la première société populaire 
" fut fondée le 15 Juillet 1789, le lendemain de la 
" prise de la Bûatille ? Les sociétés étaient anté- 
" TÎeures à k déclaration da droit de réunion 

" Vous avez iuToqué la lui de 1790, je tous ai 
" répondu que la Constitution do 1791 sanctionnait 
" le droit de réunion. ^'ou3 avez invoqué la loi de 

1791, je vous ai démontré qu'elle ne s'applique 



88 JOUBNAL D'ÏTH COXBAXTAST 

" pas aa droit de réanion. Vous m'arei ol^ecté le 
" silence de la Charte, je tous aï mctatré une foule 
<■ de droits încontestaUee et incontesté dont elle 
" ne parie pas non pins. Poor sopinîmer un dnut 
** il&ntaam<nn8iintexte,nneloî; ToosnepoaTez 
"enmontrer! Vos prétentions sont pins exagérées 
** que cdies de la Bestamatiai. Ba|qiele>-TOiis le 
** banquet offert à Ia Farett^ œ Jaeobm, ee Boimet 
** iiM^. Raj^telei-Tinis» M. Gviiot, le tianquet dn 
** 90 "iSait anqnd tous avei assisté comme membre 
** d» la société * Aide-toi. le del t'aidera.' Onya 
** poité le toast an roi, et> deux mois phs tant, la 
** nmratê s^embarquait à ClkKboiirg ! Quant i ces 
** expressions d*aTeagks et d'ennemis, dks me 
** tOMbttkt peu. Xai Tonbi lertndiqa» fezndce 
** <f«n droit an iHNn de tons: Avant de le anqppri- 
**ttH^réflê<bia8e!KlMn; sIlTanàtdnaBn^Tfné, 
** J9 ne Tondrais p^ qne Tons «k tmm kx lu yc n - 

« adUw J*ai looln dé&ndre fe dnràr lanbean 

** à» nos K bott sa ! O n'aek pas mm qnMtJBw de 
^ faiti ; c*«et «■» qwBtîim & droit. S totb Ton- 
*^Imm ■ftnsofy er la £me des batafllana. wns 

**M«tt ntùnrions. mnis poor en igp afc i " 

Ici l'teHMifeiott d» plos «a pfas azdcane ^ la 
CWaabc* ftite ^[pIosàMt. ke KBterpeBatHms se 
«owftt. k t«mdh»<o«nelavocK4» ro ra te n rqni 
wpvwd â>iNd0»Mkt>—''^Z$<fi» «K appefiecàosiB an 

X. H«b«et pNftMte d'aboïd içttn. m» fera pas 
«Mwbnt W Wftfhwiw» s'ùaitpb» ^'«a iffdfe la 



DE FÉVRIEH. — 9 FÉVBIBB 1848. 



80 



liorace "lederaier lambeau de nos UbertéB," et 
déclare encore qu'il ne reconnaît do droit que les 
droits écrits dans la Constitution. H déclame vio- 
lenunent contre les Constitutions abrogées et t«r- 
mine en s" écriant : — " Ce que voua avez fait toub 
" ne pouvez plua le faiic Toilà ce que noua 
" voulons." Comme M. Hébert passait devant la 
Gauche indignée, comme les criB *' C'est de la 
** ccaitre-révolutîon, c'est une persécution," reten- 
tissaient sur tous les bancs, une voix domine le 
tumulte, la vois sonore do M. 0. Barrot : — *' Voua 
" dépassez le Ministère Polignac !" A ce mot, le 
Centre se lève et demande avoo fureur le rappel 
à l'ordre ; la Gauche répond À ce défi en ae levant 
et s'écriant : * Rappelez-nous donc tous à l'ordre ! ' 
H. Hébert repousse cetto insulte, l'injure la plus 
grave, dit-il, par loa terribles souvcnira qu'elle 
rappelle, cette injure que lui adresse un homme 
qui devrait donner l'exemple de la modération et 
do la réserve. — " Ces injuras me prouvent, e'écrie- 
" t-il, que j'ai mis la main sur la plaie, et me 
" raffermissent dans la lésolutiou inébranlable do 
" faire cséoutcr la loi contre ceux qui l'enfrein- 
" dront." 

il. OniLON Barrot: — "J'écarte d'abord vos 
" menaces, réminiscences du passé, arme dont on 
" use quand on entre dans la voie où vous poussez 
" le Parlement. Au lieu d'appeler ici la liberté de 
" discussion, voua associez à vos rossontimcnta 
" La Couronne et la majorité, ^'ot^e conduite 



w 



JOUWTAL D'tm OOMBATTAST 



M «^ nno tache pour un pouvoir sanctionné par 
" l'insuTrectlon des masses. Sliniatrcs do la 
" Révolution do Juillet, voua violez un droit que 
*' les Ministres de la Beet-auratiou ont respecté 
" au moment où ils allaient être renversés avec 
" la royauté. Voilà qm est un fait, un foit 
** indélébile que je répète encore : voua ne resr 
" pectoï paa oo qu'a respecté M. de Polignac/' 
Jj& Contre, à peine contenu par le calme imposant 
du chef do la QancHe, éclate alors en imprécations; 
la Gaucho réplique aux insultes par de violentes 
apostrophes. ftPt. Faiilet, £. De Girardin essaient 
\*aincmcnt de se faire entendre à la tribune, et 
M. Saoxet, accahié, désorienté, ne pouvant ni 
contonir le tumulte, ni faire roprendi^i la dîscos- 
àon, abandonne le fauteuil et dîspar&lt dans lu 
couloirs. 

CHAPITRE XL 



10 FtTUBK 1848l— J&r«f de rammilim t DmiUf. 

Jm MM. 4ê Q mtu i9 , JHaafw, Chàaot ei 
XUên. 



Ln •maBdaoMUts de M. de Lenefs et de OeoQoade 
dinkilipés arec talent» mak pea écoutées ne «ont 
pas ap|Kijr<éa. Le ■ii-vi«t* de M. de Genoude. 
noun-i d'iutéranaxLtss et eazieoBefr c it e tin a s animé 
ptt de tadîoaktt pcotestatMU pour les dnMsda 
toiH, a w le gtaai tort d'toe intempecti^ Vem*. 
|«itùi se BMBMçaHttC s'accotaient i une lutt« 



DB FÉVRiBR. — 10 FÉVRIER 18!8. 



91 



I 
I 



I 



déciâivo, les conseils du prêtre-député nopouToiont 
leur convenir : — " Pour éviter les r<?Tûlutions, il 
** faut/' dit-il, " rétablir la nation dans ses droit», 
" fguder Torganisation dans l'intérêt dits cloâscs 
*' populaires per l'association. Retrempex-vous 
** dans le peuple, il pt^ut «ncore aanver le monde. 
*' n n'y a qu'un mot ixiur sortir do votre situation, 
*' o'eat le droit national." 

ÎL Darblay développe à son tour nn amende» 
zaentquî atténue le blâme dirigé contre le» députée 
de la Qauche. Son discours, écouté aveo Intérêt, 
exprime nettement la réprobation des Conservateurs 
honnâtes et modérés pour l'immobile corruption du 
ministère. M. Cucliàtel a répondu par des ploi- 
«ttnteriea fort piquantes au [wrte-drapeau de la 
Boission oon&ervatrico ; M. Paillct défend avec trop 
de lougtiear la légalité des banquets, démontrée la 
Teille par M. Ledru-UolUn, et la Chambre s'apprête 
à voter, lorsque M. 0. lînrrot déclare qu'il no peut 
appuyer M. Darblay, ne reconnaissant pas à la niajo- 
Até le droit de condamner même un seul membre 
de la minorité. M. Blanqui aine fait un appel aux 
sentiments de dignité des conservateurs ; les con- 
jure de rayer ces deux mots funoBtes, dont l'impra- 
doice sera révélée avant six mois, supplie la majo- 
rité toute puissante, d'être généreuse. La tfancbe 
se récrie aveo force : — " î^'oua ne voulons pas de cette 
générosité." M. Blanqni rappelle les dernières pa- 
roles de son père, membre de la Convention, et quï 

son lit de mort l'adjurait de ne jamais conaontii 




i 



92 JOCHSAL D'fK OOHBATTATÎT 

à la condamnation d'un Hcpréscntant Ap. la nation. 
M. Dumont réplique, en accusant la Gauche de 
provoquer iino K^rolution politique pour amener 
une RéTolution sociale. Commences sous l'invoca- 
tion do 89, les banquets se eont terminés, dit-il, 
sous l'invocation de 93 I 

M, 0. Barrot> avec louto I*^nergîo à'xm tribun, 
accueu le Gouremement d'une politique à outrance. 
" — Nous subissons lu majoriti^, mais à condition ■ 
" qu'elle nous respectera. Vous pesez sur les élec- 
*' tions, et voua nous contestez le droit de réunir 
" nos concito}'ens pour leur dénoncer Ira abua et 
" les moyens d'y remédier. Si voua persistez, si 
" votre majorité, se constituant nos juges, prétend 
" nous frapper de ces appellations injurieuses, 
" nous vous les renverrons ; nous vous dirons : 
" C'est vous qui êtes les ennemis de nos instîtu- 
" tiotts ; c'est vous qui êtes des aveugles ! " 

Je ne sais si l'homme de Gand était troublé par 
seâ remords ; mais, certes, M. Goizot parlait avec 
égarement ! Sou émotion, ses angoisses alténùont 
sa voix ot faisaient errer sa pensée dans des 
plira$«â sans suite, oit ae distinguaient seulement 
de$ menacc« et l'orgueil réactionnaire auji prises 
arec les Bouvenira du professeur d'histoire. Il a 
osé réclamer le droit de blâme par la majorité, 
ajoutant que l'opposition au. pouvoir en userait 
certainement. 

M. 0. Bassot : — " Je roms garantis le ooo- 
'* traire." 



DE rÉvniEB. — 10 Ffi\-WER 1848. 



93 



M. GnzoT. — " Toutes les grandes armes sont 
usoB. n y a ici une majorité qui, à ello le 
!Bt, pourrait étouffer les discussions." A cca 
imprudentes paroles, la Chambre se soulève, les 
iuterpeJJtitions, les apostrophes tourbiliotuient uu- 
lour du président du conseil ot sa hautaine inâexi- 
bilité fiéchit 80U9 l'orage. 11 reprend: — "La 

K " majorité eu a le pouvoir, mais elle ne le ferait 
" pas. Toute arme est d'an dangereux emploi, il 

I " ne faut pas en abuser. Je défends mes idées, ma 

■ " politique, coiume je l'entoiide. C'est l'eseence 
" du gouvernement représentatif." 

M. Thiera défend lea droits de la minorité, et 

W' s'iudigue do la menace do M. Oaizot : — " Mon droit 
" est inscrit dans la Charte, aussi sacré que celui 
*' de la royauté. Je n'accepte pas votre tolérance, 

H" je n'accepte pas les pai'olcs du président du 
" Conseil. La Charte m'a conféré un droit et 
■' j'en UBO, ot la majorité ne peut me le retirer. 
" Messieurs, voui déclarez qu'il y a dans cette 
" Chambre des ennemis de nos institutions P C'est 
■' une injustice, c'est surtout une dangereusa 
** imprudence ! " M. de Larochejaoquelcin, le flétri 
de 1844, supplie la Chambre do ne pas réitérer 
une faute qui rebondît contre ses auteurs. . . . 

A huit heures du soir, lo Président met aux 
Toix ramendement de M. Darblay ; l'opposition en 
masse s'abstient. L'amondemcut est rcjoté. 



DB PÉVBIER. — 11 FÉVRIER 1848. 95 

•' Depuis que le gouvernement a élargi la question 

'* au point d'y faire disparaître une . de nos der- 

" nieras libertés, est-il un seul de noua qui pense 

" que le jeu de nos institutions soit concentré dans 

** l'enceinte législatiTe ? Quand la royauté et les 

*' deux chambres ont dît leur opinion d'un fait, le 

■' dernier mot est-il ditP (Longues intermptionfl, 

*' oui, oui, non, non.) En debora de ces pouvoirs, 

*• au dessus (réclamations bruyantes) au dessous, si 

" vous voulez, de tout ce mécanisme, il existe un 

•* juge, un souverain arbitre, la Nation. (Explo- 

" sion d'applaudissements et de dénégations.) Oui, 

" en debors du faisceau des pouvoirs publics, aussi 

*' bien à Rome autrefois qu'aux Etats-Unis au- 

" jourd'hui, il y a la voix qui avertit et qui con- 

" damne, la voix dont on ne méconnaît point 

" impunément les avertissements et dont les mur- 

" mures sont de graves symptômes. H y a la voix 

" du peuple. 

" Je n'ai pas assisté aux banquets ; mais j'en 
" accepte glorieusement toutes les conséquences. Il 
" y a eu une agitation (applaudissements au centre), 
" ime agitation salutaire, et je m'en réjouis. J'avoue 
" que nous avons eu plus de peine à modérer, à 

"contenir (Au milieu du tumulte et des 

" applaudissements du centre, on entend ces cris : 
" ' Ab ! vous en convenez donc P ') nous avons eu 
" plus de peine à en modérer, à en contenir le 
" nombre qu'à l'augmenter. (Explosion de bravos 
" à gauche. Silence au centre). Nous n'avons agi 



9G 



JOURNAL D UN COMnATTAIÎT 



1 



" ni en couapirateursj ni on factieux ; nous avons 
" voulu avertir la nation de la distance de plus en 
" plus grande qui sépare le gouvernement de son 
" origine, do la Révolution do Juillet. Et tous 
" coul&s, mettre la main de la polies eur la louche da 
" pays." 

La voix affaiblie de M. de Lamartine se perd 
dans le bruit. Le président obtient difficilement lo 
silence. — " Vous dîtea que nous avons excîtt! «ne 
" agitation artificicUo. Ah. I Messieurs, elle ne vous 
" alarmerait pas tant [ Lo pays a été très patient 
" depuis dix-sept ans. H n'avait pas encore compris 
" oombien votre système est déplotablB. Quand il 
" a va cette mesquine oligarchie prendre la place 
*' de la dmocratie do 1830 ; quand il a vu le 
" scandalo s'implantei dans ce pays de l'honneur, 
*' et les flots impurs de la corruption atteindre 
"jusqu'aux Ministres; quand il a vu dans \m 
" intérêt dynastique, compromettre la pais. Quand 
" il a vu violer tous les principes révolutionnaireB, 
" quand il a vu la France onaerréo dans une frun- 
" tière de contre révolution en Europe, le paya 
" s*est ému, il a parlé ! " (L'exaltation de la Gaucho 
interrompt l'oratouf.) " H y a dea armes dange- 
" reuses, disait M. Goizot ; pourquoi donc s'en 
" servir ? Voua pouviez laisser à ce mouvement 
" toute sa liberté, sauf â ea réprimer la licence. 
" Vous pou\'ie2 présenter une loi. Non, vous avca 
" préféré voua adresser à l'arbitraire, cette tamb 
" qui se brisera daiLS vos main» ou se retournera 



DE PfiMttBR. — 11 FÊTBIEE 1848. 



97 



I 



" oontro vous-mômo tm jour. Je lu répète, vous 

* voulez maître la main de la police sur les lèvres 

* du. pay». Avez-vDiia bien rédéohi aux cousd- 
' queucee de cet-ncte ? Je vais tous les dire : Je 
' suppose qu'au défaut de législation (f^llc qu'on 
*" nous oppose e«t dérisoire) une partie de la repré- 
' seutatîoii se reiuse à subir votro censure, ii vous 
' obéir. Vous pmposertz une wîutencc d'indignité. 

■ Cest dans la logique, sinon dons vos intontioufi. 
^ £b si ioB électeura voui renvoient ces Députéis, 
' le passé noua dit ce que vous ferez. Vous renoa« 

* relierez l'espolfiioTi du Manuel ; et certes il se 

■ trouvera parmi nous autant de Manuels que do 

* députés frappés par votre censure. En Angle- 

* terre, dims une circon.sta7ice semblable, un oro- 

* teur, Lord Walter Raleigh fut dénoncé par 
** fiuckingham ; vûiis lavez ce qui advint à Buck- 
** ingham — StrafFord dénonça Buckiugham, Vous 
*' «mnaiaaez te sort de Stra&brd." {La vois de l'ora- 
teur se perd au milieu du tumulte qui couvre la 
fin de cette citation.) " Measieursj l'histoire de 
■" notre Révolution est pleine aussi de ces terribles 
" exempLc« de réactions succédant aux réactions, 
" de victiroee entraînant d'autres victimeB ! Un 
*' mot encore : Souvonez-vous du Jeu de Paume. 
" (Violente intomiption). Le Jeu de Paume fut 
" un lieu de réunion publique" , , . , Ijcs Clameurs 
du Centre redoublent j les apostrophes et les cris 
interrompent longtemps M. de Lamartine, qui 
reprend avec nue fiévreuse énergie : — " Je répè- 



" terai la parolo du Présîdont àa Conâeil : V» 

" clameurs pouvoat couvrit" ma. toÏs, mais dlea ne 
" m'empâcheront pas de dire ce que je crois être la 
" vérité i. mon pays et à la Chambre. Dailleurs, 
" c'est (wur dire cette parole que je suis monté à 
" la tribuue ! Ijs Jeu de Paume iiit un. Uou do réu- 
" nion fermé par des mînietrcs oppresseurBj et roti- 
* vert par la représentation nationale." 

Le reste de la séance ne présente plus qu'une 
confiLaion de discours interrompus, d'exclamations 
incohérentes, de récriminatioBs écliangées ontre 
MM. Vitet, 0. Bitrrot, de Laslcyrie, de Larochc- 
jacquelein, Crémieux. M. de Rémusat accnae la 
politique Irréconcilîable dee Minifitres d'éToquer ■ 
une loi révolutionnaire aana eouci de l'avenir. M. 
Lufaiiro s'écrie : — " Rondoz le Député respectable 
" au Député," Enfin le préaident obtient avec peine 
le oalme et le silence uéceaaairea pour voter. Une 
première épreuve est déclarée douteuse. Le Centre 
paraît consterné, La Gauche demande le BCrutïn 
de division ot l'amendement conciliateur est rejeté 
par 228 vois contre 185. On procède au vote du 
paragraphe. L'Opposition s'abstient, à l'exception ' 
des Conser\'afeurs dissidents, et le paragraphe œt 
voté par 223 voix contre 18. 

MM. Dupont de l'Eure, Manuel, Berville, très 
Gouffrants se sont fait porter à. la Chambre. Le» 
deux derniers sont arrivés trop tard. De son côté, 
le Ministère a fait venir deux Députés Vftlétudi* 
ttnirea, MM. Qoary et Champanhet. 



DK PÉmrER.— 15 FÉvnran 1818, 99 

Le lendemain, la Chambre a rejeté l'amonde- 
ment Sallandroiize demandaat au Ministère de 
[a^indro l' initiative des réformes. M. Guizot a 
reftisô obstinément de faire aucuno promesse. 
Pagitation était au comble L'éloqoent Berrycr, 
Sfts jjIus que MM. E. de Gîrsrdin, Blanqui, Darblay, 
ïallandrouzc, ne peut obtenir lo ailence. M. Tîiicrs 
kzuande iine réponse explicite. M. Ghiizot ne veut 
»à8 la donner. 222 vois rofuBent la réforme à 1 89 
posants. Enfin, l'Adrcsso est votée. L'Opp03Î- 
se retire, et les Conservatoura se sont tus au 
bro de 241. M. Sauzet a constamment voté 
le ministère, L'Opposition, pour première 
geance, a décidé qu'elle ne paraîtrait plus dans 
(€3 salons. Sous la présidence de M. Barrot, la 
jlauche a décidé qu'elle s'entendrait avec le comiti! 
la douzième Arrondissement, pour résister légale* 
ent et paci£quemeiit à l'arbitraire. . . . 

CHAPITRE XIII. 

i FÉVRiEK 1948. — Cimvûi d'an patriote. — Zea élw 
^t$f tes ouvriers s'a^UenL — Bruit* d'insurrection ea 
Italie. 

Toici, mon cher Auguste (n) , des renseignements 
ipubliobWs tels quels, maie dont tu poux tirer 
a^ pour VEcMrmr. 

Ijc* patriotes affluaient au convoi de Caussidière 
père, l'un des employés de la Réforme. Us témoi- 
gnaient leur sympathie pour l'alttiction du file de 



100 



JOVSSXL D'UN 009UU1X1XT 



09 défcuscor du peuple, déjà si cnieUemeut éprouvé 
par les persécutions que Itû aTuît aStù^es eoa d«- 
voucnieat patriotique. La foule recnefllirt sm'W&it 
le cortège osoorté, surrràllé, par U troope sooa Iw 
armes. La Pdîoe se gtiasait dans les tuxgs. Une 
fleur, signe de raooDnûaauioe, se distnbaait en 
éfAkUlgeant nne parole» un geste^ poaz ne ptâ 
naqwr d« donner la main i on ■onÂBnL 

J'avmîs emprunte on unilonne de gaxde natioflftl 
pmr «Toù le droù de suivre josqu'au cùnetiène 
À, eoauH QB on était menacé, le pouToir, toi^GBn 
iaqnet» toigoiin loiéMDlent de eea twnnignagea 
poUka i{ûiiBlaiiantpaaadreBaé«, &âattt dispetscE 

Ûa riMtiiliiMl dn firiiwMii ft^ewifir et de 

nox qiB ToK «ut fnt^as. h'aéUtioa, qm 
à^û «n WM a'aiagBaktait i rhagM déo oa T e rte 
d'oa aalw^ùa^ W^ fair f wimÎw^ A chaqiie 
et |Miil4Bi'i abaB de pavrair, 
; )ida ^éelMir a» 4* 4éAar k yi ei u e- 
^ ^inir— M ^miil ai l'M devait 
k !»!■■ fliiiHeli — *QM«»oqiii 

lH*«te^fe^«tiHaBeanà 



4 




DB i^ÉTïtnnt— 15 PÉVRTEH 1848. 



101 
force 



" l'on envoie cfmixe eux U police et la 

brutale." 

Des jeunes gens, étudiants, ouTrlers, plusiours 
evâtufi (le ruiiiforme de g;arclo national, se dcman- 
aient comment coTrespondjre avec les chefs ?. . . . 
Moi, connu de Louis Blano et des nïdactcurs do 
Réarme, je fus chargé do transmettra à l'hia- 
orien de Juillet cet hommage do confiance de la 
wrt do eea jeunes gens. 
Louis Blanc (o), comme tu penses, a'eet monti^ 
itisfèit do ces énergiquea dispositions de la 
eunesse et du peuple. 

' L'insurrection de Naples et de Sicile est très 
sérieuse, et a, en Italie, plus de retentissement 
3u*on ne le voudrait aux Tuileries. Je n'ai point 
Snoore de détails : ce que je sais fort bien, c'est 
^ue, à Turin, les portraits de M. Guizot aîiisâ que 
exemplaires de aon discours du 28 Janvier 
omier ont été brOlés en place publique, et que, 
même temps, chacun lisait avec enthousiasme 
discours prononcé le lendemain par M. de 
iftmartine, discoura traduit par la OoMordùi, et 
.blié en supplément par ce Journal. 



102 



JOimNAL D'UN OQÏtBATTAirr 



CHAPITRE XIV. 

16 FÉVRiEQ 184B. — L'ajitatioa augmenta. — Opinion 
de Lamennais sur la réêutanee. — JKéieuation dieïnve 
au soin de la réunion so/fiaïUtc. — Opinion de !Bierre 
Leroux sur le vmuvcment et tmr ses suites poasihle». — 
Philijppe Faure soutient te principe de Ta Tésîttanoe! et 
range à son aeit la rêttniùn. 

Tu 08 inquiet do Pierre et do Dosages, mon chra: 
Auguste. l^Bsure la famille, je tes ai tus. . . . 

Tu ne peux t'imaginer la fermentation âc» es- 
prits. On s'inquiète, on murmiu^, on s'agito. Lo 
I)ouToir rit et menace. Il médit* de s'opposer au 
banquet du Douzième. 

S'il le fait, il ea résultera do graves événements. 
Plua de soixante députés doivent se rendre â ce 
banquet'. Les pairs de la Gauehe, d'Althon Sbee, 
da Boissy, do la Moskowa, et plusieurs autres se 
proposent de se joindre à ces courageux députés ; 
ils seront suivis des principaux ri'dacteurs des 
journaux do l'opposition, delà jeunesse des écoles» 
des ouvriers iutolliguuts ol palrîotes, de La légioo 
du Douzième. . . . 

Odilon Bari'ot aurait, dit-on, annoncé qu'il ne 
voulait s'y rendre, lui et. son opposition dj-nastique, 
qu'autant que Ledru-ItoUin s'abstiendrait d*y 
paraUre. Iiedru, pour ne poîat faire manquer 
cotte déuioustratiou, aurait coosenti à s'ubst^r: 
— " Mais à une condition," aurait-il ajouté ; " toÏIâ 
" la troisième fois, M. Odîïou Barrot, que vous me 



I 



BB PÉVntER. — 16 FÉVniBR 1848. 



103 



I 

I 

I 



*' jou«z on pareil tour. Yoas abusez de mu con- 
*' âescendoucv ; mois cette fois, tous marcherez, 
"onje tous iàche par les jambes (rois mille itu^vitiiis 
" jw cous /erent courir plu» tite que mut ne 
" le eoudra." 

J*ai été voir. Lameiuiais. " Si ce conflit," lai 
ai-jc dit, " fait renoncer nos chefs à se réunir au 

" Banquet électoral? " — " Alors, le droit de 

" réunion vous sera enlevé, et avec celui-là tous 
*' les autres. ... et il ne vous restera aucun moyen 
" do réclamer, de conserver aticnn droit ! " — 
" Mais si les députés, les chefs de l'opposition 
" s'abstiennent tous, la jeunefise de toute condition 
** ne peut-elle s'aasembler au lieu du banquet, cl 
" protester en faveur du droit de réunion électo- 
" raie?" — "On vous opposera la force armée. . . ." 
" Que faire ? faut-il alors marcher au risque des 
" événements ? " 

Lamennais jeta un regard de tristesse sur sa 
débile pui-soune, perdue dans sa vieille redingote 
noire, et sar ses pauvres petits pieds frissonnants 
dons ses pantoufles, appuyés aur les chenots : — 
" Je ne puis vous donner de conseil, car je ne puis 
*' marcber le premier." — '* Alors, j'interprète 
*' Totre silence ; je penserai que vous marchez eu 
" avant, et je vous suivrai comme mon chef ! " 

Nous avons eu hier soir, je devrais dire cette 
suit, une réunion. Je ne t'aurais pas voulu M, 
parce que je saiâ trop bien quel parti tu aurais 
conseillé d" adopter. Voici ce qui s'est passé : 




104 



lOttHNAL D'UN COS!BATr.\?tT 



On s'était donné reodcz-vouB dans une maison 
destinée à être démolie, et déjà abandonnée de» 
locataires. Tu le rappelles nos Goiirs ; mais les 
anciens centres de ces réunions étaient des palais 
nupriîa de la grande chambre nue, délabrée, et ■ 
mal éclairée où nou3 étions tous rassemblés. Ou 
ne rio voyait pas, mais on «changeait de \ivos inter- 
pellations et la diacnssion s'animait. ■ 

— " Resterons-nou? spectiiteurs d« la lutte qui 
" va s'cng^goi'?" demandait l'im. — " Mais," disait 
im autre, " y anra-t-il une lutte ? tons les députés 
*' s'abstiennent, ainsi que tous les hommes in- 
" fluents." — "C'est à nous," répondais-je, "de ré- 
" clamer au nom du droit attaqué. — " Ce serait" 
dit H, , . ., "une émeute de la Bourgeoisie." — 
— '■ Oui, mais si noue nous en mèlonsï il en sortira 
" ime Révolution!" 

Tu vois à quel ton on était monté. Kdouard H.... 
qui, depuis ton départ dirîf^ généralement les 
travaux, însiato sur la nécessité de discuter à fond 
CB point important, à sbtdîi- quelle conduite nous 
dovouB tenir nous, eocialisteis religieux, dans la 
circonstance. On se tait, on écoute ; H, . . . dé- 
veloppe »ou opinion. II eut pour la non résistanco 
abaoluc. (J'ai su depuis qu'il s'était entretenu 
avant la séance avec une personne très connue 
de toi, et que tn vas voir paraître tout-à-I' heure.) 
Selon lui, c'est pour nous un principe do no point 
nous mêler encore à la politique active ; il expose 
tous les périls, toute» les chances funestes d'une 



( 



DE FÉVRIER. — 16 FÉVRIER 184S. 



105 



lutte inégale, à luquclle on n'est point prépaie ot 
dont b succès, si douteux, n'amènera probable- 
ment ancue réforme ealuttûro. Il tennîno à peu 
près ainsi : — " Kniin, nous sommei une élito, nous 
" portons on noua la foi de l'arenir ; nôua sommes 
" le germe du PiDgrèa, devons-nous exposer, «nn- 
" promettre tout cela ! " 

— " Parlez pour vous," lui criai-jo, " moi je ne 
■" me crois pas si précieux." 

£t j'allais continuer; mais à l'autre bout de la 
salle, un homme prend la parole, et dès les pre- 
miers mots captive L'attention. Ëa voix grave et 
accentuée ne m'était pos inconnue ; l'ensemble de 
sa physionomie — je ne pouvais avec mca inauvaî» 
yeux distingTiç-r ses traits — me rappfluit uu sou- 
venir confus. 11 appuie l'opinion de l'abstention, 
mais avec une force de logiqiie, une puissance, un© 
facilité d'élocution qui nous impressionnent tous. Jo 
n'aipaa 8téno,(iT!ïpliié8on discours; enToicipourtantla 
substance:—" Saclioua, cliers amis, qui nous sommes 
>'" et fw que nous voulons. Si nous étions, avant 
■" tont, dos hommes politiques, nous n'aurions point 
■ " & discuter ici ; notre rôle serait marqué d'avance 
-" dans la résistance qui se prépare ; mais si nous 
" sommes les hommes de l'idée, les serviteurs d'une 
"doctrine, notre devoir est, aujourd'hui ce qu'il 
" était hier; il oonaifite à enseigner, à propager ce 
'* que nous croynns la vérité. Notre idée de soli- 
" darité, la théorie d'organisation vraiment répu- 
: '* .blicaine qui on découle est bien au fond dca évé- 



106 



JOCBNAL D'UK OOHBAITAST 



I 



' nemcnte actnels ; mais jo n'ai pas bosâin de Tons 
' dire que ce ne sont pas nos principes qui fonb 
' agir les hommes de l'opposition. Loin de là, s'ils 
' poument noaa entendre ici, s'ils se dontaicnt qno 
' dos Socialistes songent à. les suivre, cola suffirait 
' oerCaiuemcnt pour les empêcher de marcher. £t 
'dès à présent, pensez-vous que nous ne aoyiona 
' pour rien dans les tergiTereatioiis de ces ambi- fl 
'lieux? Agiter pour poosâcr leurs chefe au minîs- 
' tèrc, pour faire toinb«r Guizot et Ducbâtel, cela ^ 
'leur irait, sans doute; mois si leur agitation dorait^^^ 
' émouvoir jusqu'au Peuple; si, comme on le diaait-^= 
' tout-à-l' heure, leur émeute devait donner nais- 
' saooe à une Révolution, ils seraient les premiers 
' à se repentir, et à tout faire pour restaurer la 
' monarchie avec le premier monarque venu. Ei 
' le Gouvernomont lo sait bien ; il compte plua 
' leurs craintes qno sur ses soldau et sur ses canons. 
' Il rassemUe i grand bruit ses zaoyeuâ de défense ; 
' mais tout bas il fait dire aux chefs de l'opposition : 
' — ' Preuei garde ; la société est minée par les 
' ' mauvaises doctrines ; $i tous êtes véritablemeot 
' * amis de l'ordre, bioi loin de vou^ tourner contre 
' ' le ministère, agissez avec lui, afin de délivrer la 
' ' Ftanoe de« Socialistes.' — Vous voua indignia 
'des hésitations d'Odilon Barrot et de ses amis, 
' soTci persuadés qu'elles n'ont pas d'sntreâ motilb 
' que ceux que je dis. Ceci d'ailleurs tous explique 
' la conduite du pou^'oir. Pourquoi les poarsmtes 
' contre Cabot ? Foarqut» les persécutions déjà 




I 
I 




D8 FëVBIBK. — 16 FÉVB18R 1848. 



107 



" cutomencées contro nos amis P Pourquoi l'ordre 
" avait- il été donné de noua arrêter à Limogea ai nous 
•' nous rendions an banquet ? (p) On espérait uno ma- 
** nifcetation hoâtilo, au lieu do la fèto religieuse qui a 
" eu lieu, et l'on s'était pr<Spar<5, nous en avions reçu 
," l'avis, à fair« dea arrestations en masse et un graud 
"procès. M. Duchâtel n'avait-il pas dit: — 'II ost 
"'temps à'ù.gir contre ces doctrines; autrement 
■"• 'noua aurons bientôt douze millions de Commu- 
"'nisteB.* — Croyez- vous, amis, que si la liour- 
" geoisie était aussi bien renseignée à cet égard qne 
" M. Duchàtel, un seul de se» chefs, un seul même 
" de seB journalistes, fût-il riîpublioain commo on 
" l'est au National, voulût marcher devant tous ? 
" Non, n'imaginez pas cela. On agitera, on mettra 
■" tout en train ; puis le moment venu, voua serez 
" laîaséa seuls en face du danger. Nos amis seront 
*' tués, massacré^ on ai anâtera des multitudes 
" pour faire le procès-monstre dont on a besoin ; 
" et, en apprenant les opinions des ûpcuaés, vos 
" chefs do la vcillo seront les premiers à applaudir 
*' au triomphe du gouvernement. Ne faites rien 
" avec de pareils alliés. Laissez les Bourgeois ré- 
" gler entre eux leui-s différends. S'ils vous voient 
" entrer derrière eux dans la lutt*, ils se retireront 
" et vous aérez écrasés. En somme, selon moi, c'est 
" une St.-Barthélcmi qu'on prépare — uno St.-Bar- 
'' thélemi du Peuple. Mais j'admets l'autre hypo- 
'* thèse: que la victoire vienne à l'insurrection. Kh ' 
*' bieUj dans cette supposition, je ne vois point de 




108 



JOtnCfAI. DtJîf COmATTASTT 



' momdjo8 dangers. Lo Peuple aora tudco, maïs 
' qm profitera de sa TÏctoire P Ce n'esi point vous, 
' Ce n'œt pu le Peuple, ce n'est pas la caose ^u 
' Peuple, ce i 



eera cette fraction Ae la Boorgeoîaie 
'qui rédige le Natù>nat et 

cçXXe fenillc. Ne les 
ces RèpublicainB-là P Ne 



'mente 



pas, 



partage les senti- 
es connaîasea-ïTius 
savez-Toos pas 
** comme ils détestent tootes les idées qui iMoa sont 
" chères ? comme ils ont peur de œs idées ? Ai ! 
** les jdus grands ennemis du Peuple et du Soda- 
**Hsme, ce ne sont pas eenx qoi aont an pouvoir, 
" ce sont ceux qui y arri Tendent, Voici donc ma 
** oancloaion : Notre devoir comme doctrine b'ec- 
*' corde avec notre vraie politique pour la non- 
*' interveation : testons ce que nous eourmee, des 
*' hommes voués à l'idéaL Contianons à procéder 
" par la voie du Progrès, par le travail lent et eer- 
•' tain de rasswiatïon , par la propagande, non par 
"nne action réTolutionnaire infailliblement suivie 
" d'une réaction. L'emploi de la force d'ailleurs 
" est à oontradietoiro avec nos principes que nous 
" ne devrions y recourir qu'à la dernière estrémité. 
" FvaBÎons-nous même aujourd'hui réduits & cette 
" dernière e^ïlrémité, il ne nous resterait que le 
** nartyre ; car nous ne saurions combattre, n'ayant 
" punt avec nous de soldats, c'cat-è-dirc d'hommes 
" trauJtfiHinés par nos idées et résolus à les défendre. 
" Seaocoup ont été sollicités, ébranlés, c'est déjà 
** on immense résultat ; attendez pour agir qu'un 
" jJus grand nombre adopte nos principes, et ne 



I 

I 



I 




t>« pflvareH. — 16 pÉviuEB, 1848. 



109 



" compromettes pas l'aTcnir pour vouloir trop tôt 
" le rendre pr«;flent ! " 

L'orateux dominût nos amis : je le Bentais ; je 
les TÎs tous ébrunlûs ; presque tous, conTaioeus, 
allaient se retirer. Nous laiseions oinâi le champ 
libre au pouvoir. Plein encore de mon entrc- 
tùm dtt matia avec Lameuiais, je les interpelai à 
monteur; je leur peignis l'état où nous allions 
tomber, privés de tout moyen de réclamation : — 
" Commcut, leur dis-jc, former des associations, si 
" l'on ne peut se réunir et s'entendre même pour le 
" chois d'un député? Quelle propagande poesible, ai 
" l'on ue peut s'^ulairur, ac soutenir mutuellement F 
" s'il suffit au pouvoir, pour obtenir le silence do 
" la résiguatioa, de supprimer un droit consacré 
'* par la Charte, et d'opposer la force brutale, la 
" force année à uuo protestation pacifique ? Où 
" eu 8iorous-uou$ alors ?. . , , En ce moment de 
*' crise, s'abstenir, rester inactif, céder à Torbi- 
" traire, n'est-ce pas se rendre complice de l'iujuft- 
" tice ? (2) s'ôter jusqu'au droit de se plaindra, de 
^ ae défendre ? Ou nous parle de doctrine, le moyen 
^pâe chercher en commun la vérité, li la liberté 
" de réunion nous est absolument refusée ? La 
" Bourgeoisie, nous dit-on, craint les Socialistes. 
" Personne n'en doute I Mais que nous font lc« 
" torreors de la Bourgeoisie ? Au-dessus de toutes 
" les classes, il y a lo droit. Or le droit est attaqué. 
'* La Bourgeoisie le sont aussi bien que nous. 
" Si un reste de dignité la dispose à la résistance, 




110 



JOTUWAÏ, r>*VV COSEBATTiST 



devons-nous Inî refuser notre appui, notre con- 
cours ; quand ca concours même peut nous être 
un puissant moyen de la pousser en avant? Elle 
Tise à un changement de porte-feuilles, elle agite 
dans le but do mettre à !a place de Guîzot dont elle 
no Teut plus, Mole ou peut-être Odilon. Barrot j 
agitons avec elle, et, à la place de Louis Philippe, 
nous aurons la République 1 . . . . Erreur, vaine 
illusion, nous objocto-t-on ; ces gens-là vous 
laisseront seids eu fiice du danger ; vous serez 
écrasés. Pour moi je ne puis le croire ; ils sont 
trop engag;é8 déjà ; mais quand mémo nou« 
devrions être lâchement abandonnés, nous devons 
à la Franco, nous devons à nos idées de progrès, 
noua devons à nona-mômos de protester contre 
l'attentat qui se prépare. Oui 1 résister à cet 
attentat, ce n'est pas un acte de purtî, un de 
ces actes dont on pent toujoura discuter la oonvc- 
nauce et l'opportunité, c'est un dévoie. I £t si la 
France était déchue à ce point qu'un tel abus 
de pouvoir dût passer sans autre protestation 
que la mienne, je protesterai seul ! , , , . Mais on 
va plus loin ; on suppose que le combat ait lien 
et qu'il nous donne la victoire : dans ce cas même, 
nous dit-ODj tout est à craindre encore, car le pou- 
voir tombera aux mains d'hommes à qui les idées 
de progrès sont odieuses. Je réponds: Oui, ces 
hommes ecront à craindre, s'ils t'ont seuh la Révo- 
lution ; mais si nous luttons avec eux, si nous 
mfuxihons en avant pendant la lutte, ncixmvons* 



I 



DE PÉVBIER. — 16 TÊTEraR 1848. 



m 



I 



" nous pousmr eu araiit la rictoireV Si ces hommes 
" sont un danger, combieQ ce danger sera-t-îl plu» 
" grand s'ils sont seuls an gouvcmcmcat ? Coin- 
" battons donc avec euxanjourd'hui afin d'avoir 
" demain le droit do lea diriger, de les reprendre, 
" s'ils font mal; de les eucom-ager, de lee soutenir, 
'* ^ila ûvanoont ; de les remplacer, s'ils reculent. Le 
" citoyen, qui irient de parler disait en terminant 
" que nous avions avec nous trop peu d'hommes ; 
" il s'en présentera ; ils surgiront de tous côté» : 
" marchons, nous serons suivis. Toat« ia Prance 
" eet lasso du régime aetuel. Quelquo soit celui que 
" nous mettions on plaoe, noua aérons approuvés, 
" soutenus de tous. Il n'est besoin d'être ni rëpubli- 
" oûin, ni homme de progrès pour être dt?goûtë des 
" oorruptâons dont nous sommes témoins depuis tant 
" d'années. La vue de c«s actes honteux met toutes 
" les sympathies de notre c6té. Jamais moment 
" plus opportun ne se présentera. Le jjarti conser- 
" valeur est en désarroi, toutes les opinions sont eu 
" confusion ; au milieu do leurs luttes, si nous 
" savons agir A. temps, nona disposerons de tout, 
" nous cntiainerons tout le monde, et alors qneL 
*' champ, quel vaste homou pour ks hommes do 
" l'avenir. Il n'y a pas do progrès qu'on ne puisse 
" attendre d'un pareil mouvement. Où, en eSot, 
" tin peuple arraché tout à coup à une si longue 
" et si honteuse léthargie ne peut-il être entraîné ? 
" A nous de devancer le torrent à la coureo, à nous 
" de maintenir le flot soulevé, de préserver notre 



119 



JOCRVAL D'tni COMBATrAHT 



" sainte cause des excès qui ne doivent point- la ' 
*' souiller tii la compromettre. Tont nous porto à ' 
" nou3 Juiudre su mouveaient. Si nous nous abste- 
" nons, tionfl abandonnons nos dernières liberté», 
" nous donnons libre carrière à loua les abus, à 
" toutes les iniquités du régime actuel ; proaons 
" part  la r(53istanco et nous arrachons la France 
" à (w régime odieux, et nous enroutons lu monde 
" entier dans la voie da Progrèa. Oui, citoyens, 
" tmit m'en donne l'eapoir !. . . . nous atteindrons 
" notre but ; le but auquel nous axons tous consacré 
" notre vie ; et nous verrons luire sur la Frauoc, 
" le règTie de Juêtice et de Vérité. . ." 

ie m'arrêtai, étonné moi-même d'avoir parié si 
longtemps. J'étais animé, encoura^ par les mur- 
mures approbateurs d'Edmond, de son £rère Charles 

de M .,deB ,deB , deCéleetin 

P. do J ., et de plueicura de nos vievr 

amis placés près de moi. Je sentis à la fiu que 
je l'emportais et que tous ou presque tous s'étaient 
rangés à mon avis. 

On se forme en groupes, on continue à s'entre- 
teair chaleurousement. Un jeune hommo arrive 
jusqu'à moi, me prend aailcalement la nmin,. , .^ 
c'est Luc Dosages. 

Je ne l'avais pas reconnu de loin, à la lueur 
TEuâllante do la chaudello placée sur l'établi de 
menuisier qui nous servait do table. 

— " Voua ici ! depuis quand donc à Paris ? et 
" Bana doute cet homiuB grave, impoaaut, qui vient 



^ 



DB FÉVBIER. — 17 FÉITUER 1848. 113 

" de parler, c'est Pierre. Âh ! si j'avais su ! et moi 
" qui me sois permis de le combattre publique- 
" ment." 

J'allai lui faire mes exooees. — " Pourquoi donc ?" 
m'a-t-il répondu aveo une charmante bonhomie. 
" Nous ne sommes pas du même avis, voilà 
" tout. Tous l'avez emporté ; cela devait être, 
" o'est l'opinion de la jeuneœe ; mais quel sera le 
"résultat?" 

J'ai été touché de sa bonté indulgente. Ce n'est 
pas à mon âge que je me serais permis de contre- 
dire aimî un homme de cette importance et de ce 
caractère, et dans nne assemblée ! Maudite vue 
basse qui ne me permet de rien reconnaître à deux 
pas. £t pourtant, lorsque je pense à quoi tiennent 
souvent les plus décisives déterminations, je suis 
tenté de me féliciter de n'avoir pas reconnu 
Pierre Leroux. 

CHAPITRE XV. 

17 FÊvniEK 1848. — Séunion chez Jean Beynaud. — 
Expoeition du Socialisme. 

Je continue, mon cher Auguste, à te tenir au 
courant de ce qui se passe. La rédaction de 
VEclaireur en pourra peut-être tirer quelque profit. 
Pierre est venu nous voir hier. Il s'est présenté 
chez nous avec cette manière affectueuse qu'il a 
toujours eue avec moi, et qui a établi tout d'abord 
entre ma mère et lui quelque chose de l'intimité 
d'une ancienne amitié. 



114 



TOrmrAL n un coujuattast 



Faisant allusioa à ma sortie do Tantro sotr, a 
[^aiaaismcnt félicité ma mère sur son heUiqueux 
fil». Mais dans les étoges qu'il adressait à la. mère 
d'un hérof, dans la façon tout aimable dont il so f 
plaignait d'avoir éié battu por l'asoendant d'une 
parole chaleureuse qui nvait entraîné tout t'auditoîro, 
on dépit do la raison et de la prudence qui parlaient 
par sa bouche (mais comme une voix aa désert, 
grâce à son contradicteur), j'ai cru voir que mon 
exposition lui avait été sensible. Tout en riant, 
je lui ai renouvelé mes excuses, rejetant In fauto 
anr ma vue baase, qui ne m'avait pas permis de 
roconnaitro c«1ul que je contredisais. 

Pierre alors m'invite à une soirée chez son ami 
Jean Reyuaud, â qui il veut présenter qaelques-un-H 
A.Q ie% jeum» gem ; — " maia," me dit-îl, "ne nous 
" mangez pas, ne nous battez pas ! " Tu juges si 
je fus touché de son indulgence et charmé de l'idéo 
do voir Jean Eeynaud (r) dont j'apprécie tout le 
mérite et dont quelques idées me séduisent. 

Je m'y rendis avec Luc Pesages, Gustave Sandre, 
les jeunes Ollivier, à qui Desagca mo présenta, et 
quelques autres do nos amis qui étaient venus me 
prendre. Il y avait chez Jean RejTiaud brillante 
compagnie ; des savants, doe artistes, des hommes 
politiques, venaient là comme nous, jeunes geus, 
écouter Pierre, interroger celui qu'on appelait lo ■ 
philosophe de Boussac. Par un singulier hasard, 
je vis là près de Louis Blanc un jeune homme dont 
la physionomie me frappa ; je le reeouuue» c'était 



\ 



DE F£\'ïttElt. — 17 FÊTRIB» 1848. 



le plm jetmo fil» de Jérôme Napoï^cra. (h) J'avais vu 
son frère qui était venu., lors de son passage à Paris, 
visiter lo panorama àc la tmtaitle d'Ejlaa. Le mal- 
heureux jeune bomme traversait la France sons nn 
nom supposa ; il courait eu Espagne se faire tuer 
ea duel. Ctilui que je rencontrais chez Jean Rcy- 
naud avait, naguère, soulevé une vive émotion à 
la chapelle de Saint-Leu. Ou célébrait un Bcrvîco 
à l'occaBion de la tranalation des corps du roi do 
Hollande et de son second iilâ, dans une a^pidtare 
de fttmille. Plusieurs membres de cette lamiUe 
proscrite avaient obtenu la permission de venir en 
France pour déposer les restes de leurs parents dans 
leur sépulture consacrée. . . Napoléon-JérOine était 
venu s'incliner devant le sarcophage conduisant sa 
sœur Mathildo. Sur leur paasage, s'échappaient 
dans la foule des cxolanuLtions involoataires : ou 
B'entrc-regardait. H ressemble à Napoléon d'une 
façon saisissante, et cette ressemblance se reflète sur 
la fi^re blanche, blonde et rose de la hcUo Matbildc. 

II j- a quatre moia à peine de cela ; pourtant, en. 
le retrouvant chez Jean Reynaud, je fus comme 
saisi de cette rcgsumblance. Mais mon attention 
ftit bientôt captivée par la conversation qui était 
devonuo générale. L'ancien, collaborateur do Pierre 
le pressait de parler. 

—"Allons, Pierre, parle-nous. Ces messieurs 
*' désirent t'ontendi'e, parle donc." 

Pierre ae défend et Jean Iteynand inaîsto aveo 
le6 taquineries dont on poursuit tuie timide muai- 



lus jnnxiL ifvs aaax^uxT 



^yTT tpâ. n'aie ol pvblîe pniduùe aon talent. 
Devant ee Bowle f £te qn. ae bttaît d'aiteodre 
le ptuloamphe expooK m ^K&siffi cK proclamer aa 
tri wfialâlg, ces îu<ÎLitMMB aemfabient plutôt 
&ita pour ôter la parole que pour emeo iagn . 

— " Pazle-^iODa de rHamamcé," Rprend Ber- 
naod. " Explïfpe-iiaaB la SaBdanfeé, la Keoaïs- 
*' maee, et la "biade et le CircHà» ; parle donc ; 
" Voa tTétxmte," 

£t en^^ tout le nunde ae recnoDe dans un 
grand. Mlemy, dans mie ittPirtînn emyeaaée. 

I^ene Leroux s'excuse ; il n'est préparé à 

parier Nir zim fl. craint de &tigai^ cet andi- 

tcire pea habttné à entoidre traiter de sonblables 
sDÎetB dans un aalom. 

—** ATi l ce lont ces ^im*^ qui t'intimident P 
" ee aiRit ces menhlcB qni te gênent ? qu'on 
" étetgne les lampes." 

Snr TinTÎtatim de Pior^ Luc Desages prend la 
pande. H se Tenferme dans une série d'affirma- 
tions qn'îl ne déreloi^ pas ; il crût i la Trinité 
ea Dien et dans Hioomie ; ïl croit À la Stdîdarité 
étemdie : il croit i la Triade comme loi d'organi- 
sation ; au Ciratha comme loi de subsistance ; 
mais sans appuyer de preuves aucun des principes 
qu'il émet. 

Aussi, comme tm espère foire parler Pierre, les 
olDTJections viennent de toutes parts. Fabas attaque 
la Triade ; Henri Martin, tout en reconnaissant 
qu'on en retroTtre la trace dans l'histoire, parmi 



DR FÉVRIER. — 17 PÉVRIBB 1848. 



117 



le« chevaliers Ao la Table Ronde, l'attaque égale- 
ment ; Jean lît'ynaiifl d^clfire qu'il ne peut croire 
h la Hcnaissance, qu'il ses ycxix l'Humanité n'est 
qu'un mot, et il combat toutes les opinions du 
Pierre, faisant avec beaucoup d'eaprit l'apologie do 
toutes les opinions contraires. 

Ainsi presse do tous côtéâ, Pierro a répondu. 
Jamais il n'a eiprimé ses convictions avec tant 
d'éloquence. La vivacité et le laisser-aller de 
l'iDiprovisatlon, sans rien ôter i. ces questiona 
profondes de ce qu'elles offrent de grave et 
d'inipo6&.at à h. méditation, ont excité un intérêt 
qui s'est emparé de tous et de toutes. On l'écou- 
fjiit, on appi-o\]vaît, ou s'éleviut à la liauteur de ses 
conceptions, ot si tous n'adoptaient pas toutes ses 
idées, on admirait cet liomme et l'on symputhisiiit 
avec lui. Ali ! l'iorre a été bien beau ! . . . . 

Tu peus compter la journée d'hier parmi les 
meilleure:* de cette école de Boussac qui t'est bî 
chère. J'ignore si le plan pratique proposé par 
Herre à la fin do son discours, ce plan d'une Colonie 
Agi'icofe fondéa nur >tn noKtenu moyen de subsistance, 
dont il nou.'i a distribué lo Prospectu-s, sera adopté, 
mais sois assuré que les idées gagneront beaucoup 
à l'admirable exposition qu'il nous a faite. 

Ceci m'a éloigné de la politique. Ce n'est pas 
qu'elle n'offre rien d'intéressant, tant s'ea fout. 
n y a ou à Naples une vraie révolution. Ici 
toujours beaucoup d'émoi. Le pouvoii- fait, dît-on, 
de grands préparutifs de défouee. 



118 



JOUKSAL DFK COMBATt.Urr 



CHAPITRE XVI. 



19 FÉTBiKB 1818. — Mvinementt iT Italie.— Oraùm 

Junihre iPG'Connetl. faite à Xotre-J)ame par Laeor-^ 

àaire. — JBanqnet CathoUquc à tJlôtnî Zamhurt. — ! 

^rt^aratija du Gouvernement et Se rOpposition. 



[^Le "Journal d'un Cambattnat" préicDlo Iteett» dntei me laeuB* 

Ïue nous rempliisoQs en citant l'arlioli! tuiviiut. &:rit pu Patlish 
^OLiKC, d'Bprts IflB natM «jDâ Pbilipps envc^t de Ptjia è l'EfUù- 



I 



" Le^B signes d'im grand changemeat se pressent cm 
Europe, 

l<a Révolution siciJîenrM? s miircfal. Le 12 Janvier, 
jour de la (He tlu roi, le peuple de Pakrme s'î>tati 
ùiaurgé, après avcâr aimonL-é qu'A prendrait les RTm^v 
si à ce moment-là Les réformes Buxquelles il ttspÎTaïi ■ 
u'ètaient pas accordées. f 

Le 13, àè» sept heures du matin, le tocsin appelait 
aux armes la popnlution, et le bruit <Ie lu fusillade so 
faisait entendre. De temps en temps, djin» la diroetion 
du palais, retentissaient des déc-hargefi d'artillei'ie ; dw 
groupes de quinze à vingt individus, armés de fusils d» 
chasse, âe sabres, de camics à èpée, et diriges par de» 
jeunes gens bien mis, parcouraient la vïUe aux cris cTe 
"ViveFerdinanaiI!" "Vive la Constitution del812!" 
A partir de ce jour, l'insurrection ne fit que s'étendre ■ 
et se fortifier. Après une série de eomliatK souvent 
meurtriers, l'autorité du gooremement ayant tout i bat 
cessé d'^étre reconnue dans la ville, il s'est établi par la 
force des choses une espèce d'orgaoisatian de ce grand 
soulèvement. 



I 



BE FÉVHIBR. — 19 PfiVMBn 1848. 119 



I 



Le 15, U a èt6 institué diS^rents comités auxquels 
les iasurg:és n'ont pas ceRsé d'obéir depuis : 1" comité 
de la défense de tu ville, préaidé par le prince Pantcl- 
lerin ; 2" comité des Anunccs, présidé par le marq^ia 
de Riidini ; 3" comité des ajjproràionneraenw, présidé 
par le prétour de la ^illc, nitirquîs de Spadelatto ; 4* 
comité des afiaires d'Etat, présidé par le maréchal do 
C4unp fn retraite Bon Rupgtro Settimo, Komme capable 
et joTjiRRant d'une grando popularité. Fonni les mem- 
bres leEi plus influent» de ces comitée, on a distingué 
porticnlièrcmcnt SIM. Stabi2o et Seaglia, la premier, 
négociant, le second, avocat, 

Depuis lo pommenccmeiit de l' insurrection, les troupes 
royales n'oot pas ces^é d'oceupei' les poeîtioiis suivantes : 
le palais rojal, où se trouve le lieuteuant du roi en Sicile ; 
le fort de Gaatellaniare, les casei'oee du Mi^lc, la prison, 
ùtuée entie le Mole et la «-ille ; le palaîâ des tinaDces 
iiur In place de la Maiine, au bas de la rue de Tolède, 
et les casernes tiiii avoÏHÏnent le palais loyuL Ces troupes 
iurent renforcées par un corps de G,(JOO hommes porté 
BUT une esoadxo de neuf ârégates à vapeur que le roi ât 
partir en tuute hâte de Naples, et qui arrivèrent de- 
vant Palermc dans la joiu^ée du là, à quatre heures de 
l'après-midi. Apt^s un stjour de 24 heures, le comte 
d'Aquilii. frère du roi. est reparti pour Naples avec deii.\ 
de CË« bàùmeuls ; deux autres bâtiments ont été détn- 
diés de l'enciulre dans la journée du 1 7, et il est resté 
cinq &égate8 en vue de la ville. 

J>t» la iiult du 13 au H Janvier, le fort de CosteUa- 
loaie buii^uit àca boulots et des bombes sur la ville, 
quoiqu'il n'y eût encore eu que des engagements par- 
tiels et peu meurtriers entre les troupes et les iuNiirg6<. 



120 



JOURNAL D'nf OOMltATTANT 



Aucua avîa, aucun signal n'avuit annuDoé à lu partie 
îaoffL'nsive (le la popuIiLtîon le danger qui la nLonaçnCt, 
nuniin délui u'avuit été accorité niix divers oonsuls pour 
avertir el po\ir mettre en sùruté laiirs imtiamiiix. 

Les Palcrmitains sp sont battus jiendant cinq jf""*! 
les vappiirs en mèma tempe que Ich forts ont bomhnnlé 
Il villu pendant saixiuito-ilouiie heures. Les hnbitanta 
do Palormc l'ont emporté. Les troupes roj-rtlcs ont été 
défiiitefi. 

tialeme s'est révoltée le 17. L'iiL^urrection s'est ré- 
{Minrlue dans le» campayues environ n.iu les. 1m Capïtft- 
uiite, la tene d'Otraute, les Ahruzzes et la Calabrc sont 
insnircée», dit-on. 

Lorsque le roi de Naplcs eut appris la victoire dea 
PalermitaÏTis et le» progrcs de I" insurrection, il se décida 
à l'aire des concensions. Cinq déci-etu royaux furent 
publiés par le Journal des Deux- Sicilce. Ils promet- 
taient une onukigtic, ils conftrninient la sèpnTution Admi- 
nistrative et judiciaire des Dc!L\-SîcilcM. comme l'n vntcnt 
dt-mundc les habitants de Païenne. Par ces décrets In 
liberté de la prefiae était nceordéc moyennant Icf restric- 
tions qui existent à Rome, en Toscane et en Snidnignc. 
Le» commîmes étiûent émîmeipées ; elics de\aimt ad- 
ministrer elîes-mémes leurs biens et éliie leurs mi\f;îs- 
ti'atîi. Les eou-Heils pi-o^-inciaiix. dont les actes seraient 
(léMirnini» rendu» publics par la vuic de la presse, avaient 
à élire un comité de coniîiinep ]iinir ndiuiiiistrer les biens 
de lu province conjointement avec l'intendant. 

Les ConsultcB do Naples et de Sicile recemient lo 
pouvoir U'ipvlatif. eu ce sens que leur a^i-i était indis- 
peneablc poiu- la cuiifccUon des lois et réfflctnent», pour 
la formation d(^a tarifs de douanes, la conclusion 



, d»! 



DE PÊVBIBR. 19 FÉVRIER 1848. 121 

tomtés de commerce, l'adoption de toute mesure finan- 
dère, et la présentation de certains projets ministériels 
au conseil des ministres. Enfin, la compt^tîon de la 
Consulte générale des deux royaumes était fixée ainsi 
que modifiée. 

Le gouvernement napolitain espérait que ces conces- 
nona calmeraient l'effervescence générale en sstis&isant 
les esprits. Son attente a été déçue. Les décrets 
royaux ont été déchirés aussitôt qu'affichés à Naples ; 
ses concessions ont été refusées par les Siciliens. Le 
Marqms de Spadelatto, prètem: de la ville de Païenne, 
a répondu an nom du peuple et du comité au lieutenant 
du roi en ces termes : 

" Le comité, fidèle interprète de la ferme résolution 
" du peuple, ne peut que persister dans les idées déjà 
" transmises à votre excellence par mon intermédiaire, 
" à savoir, que les armes ne seront déposées, que les 
*' hostilités ne seront suspendues, que lorsque la Sicile, 
" réunie à Palerme en parlement, adaptera à notre 
" époque la constitution que notre pays a possédée 
" depuis plusieurs siècles, qtti a été réformée en 1812 
** BOUS l'influence de la Grande Bretagne, et qui a 
" été confirmée implicitement par le décret royal du 
" 11 Décembre 1846." 

H parait que les concessions faites un peu trop tard par 
Ferdinand de Naples, auraient satisfait les populations, 
il y a quelques mois. C'est bien difiérent aujourd'hui. 
On a été jusqu'à refuset l'amnistie accordé par ce 
monarque. Au milieu de l'imtation actuelle et du 
soulèvement général, quelle solution sera donnée par 
les événements à toutes ces difficultés ? La révolution 
ne semble pas de nature à être facilement comprimée. 



133 JOUINAL d'un OOUMiXXAST 

Uualqu€S eomqnnâuoM Tenues d'an-delà des Monta, 
Ut lejirisentttit oomme souTenine. Pakxme a un 
|tMkT«nMB«kt pioviaoizfi, ^ ses hibitmts officnt l'aspect 
d'tuM muhit»de ^Uutoswste et année pour la dé£sise 
d(^ 9M ânùt». Maipi le calme aj^taient de la popu- 
btMB MpoKttinat le nà, in^iùet sur ses diqiowtkms, 
a dNÉtadi «a ccuBBMmdiMt da Son Saint Ebne s'il 
yottTKtt eQHptw s«r la suniaoB. Le coninaadant a 
rt y aiè* «K «•i«j«ak sa dfMrimn 

i1lli«aMi«iX&'UiaMa.l»Cde ee woîs(FcnMrX qve 
l>ùl<fa* avut M èlM* & w« £riàn aacnle frasçiMe 
4*MNMAt*4MKlesfHtx4»X^ln; k asHtre-aùral 
T il NiiiirT irriÏT mii ilii 1 iiiaMiiii T i ' 

Itf» itMCW teit é(wia » Jhij a t inonaft |nv le 
ni <è* idifkt*. ^M aranM |èif ^'& f«ncr k pan <w 
à MbwAir À MB J iy u 4f Ih^^w pMPCràfi Cest, 
<mkp—ifc.«* *IKMW ym yUaiMK. lia 
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â « vMWNCpè •» MikiMnfi. «k fl a 

ti» teBi«)t^4»KkMar «r «■■ m 





DE rÉVRUSB. — 19 FÊVHIBK lSi8. 



123 



nous ait léguèeA la RévolutioD, voici oe qui m panait 
à une autre ertrémité de Paris, C'e n'étJiît pUis dao» 
un palais légt^atif qu'avait lieu la gcéue, c'était d».ii« 
une église ; la tribune s'était trmistbrraée en clmirti. 
Cette chaire sert à lui easeigncmcDt religieux, ce ^niit 
âc!4 fidèles soutui!* qui se jirea»otit à l'entour, uou de» 
adversaires prêts à la (lisru.<«8iDii, non des hommes 
dél^ués par In nation poiu* défcndi'e et assurer ses 
droits ; de plus, l'orateur est un de ces nïoines Domi- 
nicains qui furent jadis les invc-nteurs de la Sainte 
Inquisition. Là, non plus qu'un Pulflis-Bourbon, sans 
doute, on ne rnppcllcm donc Ica vcrilablu» principe» 
révolutionnaires. 

Restons pourtant ; car oe Domiaicain, c'est l'abbé 
Lacordaire, celui qui jadis, avec un autre ministre catho- 
lique, écrivant le journal l'Avenir, avait arboré pour 
■épigraphe le» mots Dmu et la. I.idëeté I 

De quoi scca-t-il question d'aillcure ? l'ne oraison 
funèbre doit Ctrc prononcée ; le héios rie ce panégy- 
rique, c'est O'Connell, le Uhirateur, l'agitateur de 
l'Irlande, le défenseur d'une accte opprimée, l'homme 
enfin qui, pendant une longue vie, fat en Ann;lclcrre 
le promoteiu', le chef de ces réuniona pidjliquos qu'on 
veut aujourd'hui interdire à la Fronce, A tous les 
mérites ordinaires de l'éloqucuce inGontestable de M. 
Lacordairt se joindra dans cette cîrc<mBtanee un médite 
d'à-propo», tort rare dans le» discoura des Qtgancs des 
religions du passé. 

L'auditoire est plus mtêrcesaut encore que le prédi- 
cateur ; aus&I nous nous oceupcrone du publie bien 
plus que du discours. Nous pourrions d'aîUcuTH être 
d'ua avifi contraire à celui du Dominicain. Sans doute. 



154 



JOmSAT- DCN COMBATTANT 



noM n'npprècîtTonB prw de la mime nuinivrc que lui 
Im f!iiitH et (fCHtcs du liêros Irlauikis. doq plus que nou.'t 
ne prcmonB dans Bosquet nos jugcuit-nttî sur les p^rgon- 
na|;(.>H hUtoriquca. L'ornisou funèbre tst flatteoxe de 
Bti nuturo ; ci* n'vtt ijn» pour elle que fut inventée cette 
mAximo : On nt ihit itu-r morts qne la vérité. 

3tlnîa cAtnyon». avftnt de t-tndrc compte de ce qui jtc 
priiKO A Notre- Dami^, Ac dire uu peu ce que noiw 
pcnAnnA de cette figure d'O'ConnclI. grandie outre 
mcHuro par le» hommei* de son parti. 

In8tnmient de la l'ïxjndeuec, luiûs lusinuiieut îm- 
pitrlhit et «veuf^le, O'Coauoll. tout yu voulant l'nl&uu- 
cliimoiaent dire (■ntlioliqucs d'Irlniidc et le rétablisgcment 
de Ift nntioiuiUtt irlniKLûsc. ue »ut jamais s'élever aux 
RmmU ppiiveipp»' de la Ubertè. de la fraternité et do 
r^Rulilè hunmùios. îTt pw hasard dans une secte 
0p^îiu6i\ il \*outut l'afEhuiehisMïracut de cette «ccte. 
ntl^ «MIS s'inquiéter de la liberté de toutcfi. H n'eût, 
que non» rn>_\tmn. fevrv cordialement la main ni d'un 
Juif ni d'un IdiUitre; et, s'il eût été maître, à leur 
luur Iw OtthoUqucA irlandais «iraient opprimé les 
jniMbUttA, leur rrdcfluuKtimt irîl pour <pil. dent pour 
4tet l^ un »eul de Jir« «ctCM. ps» un seul de «s 
dhmun n'indMjucnt qu'il mittt le lien ftntemet qui 
Wftil \aiM ka Hommes monr eux, et ses paroles de haine 
oikl loi^tftpat pouTHUvi le» t^tukttonaaÎMa de France. 
KltSa. «0U de mec bour|7(w», Texprit de l'inégalité 
i^t «uB kA : it^ du» l'aiîxtwxctîqtte .Vofrlrterre. ne 
NMUttil ^TUTii'- p«tt» ÏBiiiiMiiMitif J a r an cer qu'on. 
Immi* «a tkfà d'vB «Mb* fci— t. 4^9 qadqoe lUif 
^ii»lN«i%i>iliM>li*WMrt. O'OiMcD ei« jt^ pour 
MtOWii tte pHsi. a nr «eiMt. n'aecdo^ que 



I 



DE FÉVRIBB. — 19 FÉVRIEK 1848. 125 

des ccu\Tes du passé. Il peut être, bous certaîiu rap- 
ports, unhéros national; il ne sera jamais un des héros 
de l'HcuANiTÉ. Or les nationalités ont fini leur 
temps, l'ère de I'Humakiié est commencée. 

Mais retournons à l'assemblée de Notre-Dame. C'est 
le 10 de ce mois qu'a eu lieu cette solennité. L'homme 
auquel s'adressait particulièrement du haut de la chaire 
le nouveau Bossuet, ce n'était ni Louis XIV, ni même 
le duc d'Orléans; c'était un mince avocat de Dublin, 
M. John O'Connell, pour la tète duquel se trouve bien 
un peu large la couronne civique que lui a léguée son 
père. Noblesse oblige ! En vertu de ce dicton, et par 
droit d'hérédité, M. John O'Connell se croit condamné 
à défendre envers et contre tous les sectaires catholiques 
àa la verte £rin, aussi bien que de demander aveo 
acharnement le rappel (r«peaZ), et une foule d'autres 
niaiserieB, qui, amusant les Irlandais par un vain leurre, 
leur font négliger leurs intérêts véritables. M. John 
O'Connell siégeait au banc-d' œuvre, en compagnie de 
quelques auditeurs privilégiés ; puis venait le comte 
d'Appony, ambassadeur d'Autriche; l'évêque de St.- 
Flour, qui présidait la cérémonie en l'absence de 
Monseigneur Affire, retenu chez lui par la grippe. La 
même indisposition avait éloigné M. de Montalembert, 
et, parmi les fidèles, plus d'un œil égaré cherchait des 
yeux ce coryphée du chœur catholique. 

Comme le dernier coup de midi retentissait à l'horloge 
de la cathédrale, un murmure qui parcourut l'assemblée 
annonça l'arrivée du prédicateur. Tous les regards 
étaient fixés sur la chaire avec une avide curiosité. 
L'abbé Lacordaire, revêtu du costume de Dominicain, 
gravissait lentement les d^;rês, en s'appuyant sur la 



1» 



TOUKSAIi P*UN COMBATTAÏfr 



balustrade. La pâleur de son risiige. lo «m affiiiblî de 
Bil voix nux jjreiniers mots qu'il prononçn. révélèrent 
l'altératioii de sa santé. L'illustie prédicateur n'est 
pas encore remis d'ime afl'ectioa de poitrine qm, pcu- 
dant longtemps, l'a tenu éloigné de la chaire. Mais 
.bientôt rorateur a vaincu le malade, et c'est à granda 
traits, dans un. styîe magnifiij\ie. et nvec tinc Éloquence 
bien supérieure au sujet, que M. Lacordaïre a Eût le 
panégjTÎque de Vaptaiear. 

La cérémonie s'est terminée par une quête en faveur 
des paa\Te8 catholiques d'Irlande. On n'a point parlé 
des pauvres, catlioliqU'eB auBsi pourtant, bombardés à 
Falenue par le roi très catholique de Kaitle^i. 

Tant qu'a duré le discours, rattentiiin de l'assemblée 
ne s'ctit pas un instant démentie. Mais in, nu sortir de 
l'église, quelques catbuliqucs fervents se fï-Ucitaient dé- 
■votemeiit, il étiùt facile, à raiidilion des phrnsps entre- 
coupées qii'on saisissait au pasîWfçe, de rcconnaîtri' q\if 
la majeure partie du public était composée d'artiste», 
de litténiteiirB, de joumatisttis, venus là comme à uu 
«pectaclc, à un exercice littéraire, ou bien tout simple- 
ment pour voir où en est la doctrine. la philosophie du 
catholicisme. Une partie du groupe catbohque, les gros 
bonnets, parmi lesquels M. Lacmrdaire, se rendit chex 
M. le prince Cwirtoryski, ù l'hôtel Lambert, où avait 
été préparé un banquet oH'ert à John O'Conuell par les 
deux comités de la liberté religieuse et dot» Becoure jKnir 
r Irlande. 

Les honneurs de ce banquet étaient faits par M. de 
VatimcsuiL vice- président du comité de la liberté reli- 
gieuse, et par M. le prince Czartoryski. L'archevêque 
arait accepté l'invitation d'y prendre pnn ; et ne pou- 




DK FÉVRIER. — ig FÉVEnî» 1848. 



137 



vont s'y rendre, il s'était &Lt remjLlacer par M. de la 
Bouîllcric, viciiire génénil du diocèBC de Poris. Parmi 
les cimttvcs, on remnrquiùt M. le duc d'Hiireourt, M, le 
loarquis Barthélémy, M. le TÎcomte d'Andignc. pairs do 
France ; In Chambre dea Députes était représentée par 
M. lo marrjuis de la Kocbejacqiiclein, M. le comte de 
Camé, M. Clapier, M. le mnrqiiî» de la Guiche, M. Por- 
talîft, M. de Falloiix. Bcaiicoup d'autres Jïcrsoimes de 
distinction étaient là : BI. de Connenin. M. de Cham- 
pagny, M. Lenormant, de l'iofititut, M. de Kergorlay, 
noms fenieux entre lotis dam le parti calholique. 

Certes, cette oraison fiinèljre, ee banquet pourraient 
«lonner lieu à de norabreiiseB séflfxionn, sur ronvtour, 
sur 1© sujet du discours, sur une nseemblée qui, on ne 
saurait Je nier, soit lorsqu'elle coraraen<,'ait au sein de la 
catUédriilc, soit lom^u'elle se terniiniut au milieu des 
gracieuses muj^uiâecnoct) de l'iiàtt:! Lambert, était forte- 
ment empreinte d'un cnntctèrc politique. Nous mmu 
contenterons d'une seule remarque. Cette rèuiiion, 
faite en commémoratiou et pour ulusï dire bous l'inTO- 
CAtion do l'homme dea bimquety et des meetings, n'a-t- 
elle pan l'air d'une maligne épigrammc ? Koh ministres 
auraient pu la défendre, comme iUi ont défendu le ban- 
quet du Douaèmc airondisscinent ; il» auraient aimé 
peut-ètxo à ac rendre coupables de ee nouvel acte d'ar- 
bitraiiu ; l'éloquence parfois rèvolutiounaire du moiuc 
dominicain ne leur convient guère plus que ne le ferait 
celle d'un St.-François d'AsiaBeri; mais île ci-îiigiicnt les 
foudres do l'Eglise bien plus que les colères du peuple, 
ou mf,mc de ce coi-ps électoral, qui leur euvoic une 
Chambre si facile à eati^aire. Uuc les Catholiques se 
rassurent sur la poilcc du vote du lO^mc piu'a^raphc, 



22S XKS3UI. 3^'CX oaMHlZLUT 

1(W Ilôb se jjearait lee sOeânâre, abôtés gn'îk «mit par 
le xecpoct qn'ii^nre ie clei:;g« à us prêsâeut ds oanseQ 
se yotpHtmt., nne fist «a> des âiotts ânpaseé. Cest 
K «t (jm Éita» reapeoé es enx ; et^ et -atm la Hberté à 
laquelle, dw» l'état de dwcdoboai oâ sont tombés au- 
jgordluû tenu 1» eaba «tfrâA de rËurcpe, les sectes 
iwWTdle* denaggit a-nâr dioât, tonl -wmim tnm qae eefle» 
1^ psoneot dans m long puce leur Twàaim d'être. 

£ile parti catholîipie ag^ à ^mmièie, les antres 
pattû n'i^jtent pas ncHits. I^ ftitulalk » des ei^nits 
psrût anirée an demûr tenie:. 

Sif«t ailles k Tote de r AdioM, IL Onfe de Giraidin, 
dépitté de la Oeose, a enraya à la Chambre m, démis- 
aîoa aîiuâ couçoe : 

" It Fénicr 1818. 
"Monnenr le président, 

** Entre U tn^orité înlolénnte et la mqonté iiiccMi< 
** séquente, il n'y a pas de place pour qui ne comprend 
** pas: le PouToir sans l'initiative et le pn^rès,rOppo- 
'' mtûm sans la TÎgaeur et ta logique. J'attendrai les 
** électifKts générales. J'ai l'honnear d'être, monsiem- 
** le président, votre très humble et très obéissant ser- 
«fiteur, 

Exile de Giiu-BDIx." 

Le Banquet du Douzième arrondissement aura lieu 
demain. Dimanche, 20 Février. 

La Gazette de France annonce que le comité organi- 
sateur de ce banquet, comité formé de MM. Alfred 
Mathey, Vemet, et A. IsMobert, a décidé qu'il aurait 
lieu, non au Mont-Famasse, mais à Paris, dans une 
propriété particulière, ^iiste terrain clos que M. le 
général Thiars, député, possède aux Champs Elysées ; 



DB FtVBIER. — 19 FÉVEIBK 1848. 129 

c'est là que lea ouvriers traTailleiit en ce moment à 
construire un grand pavillon. Le Banquet se composera 
de souscripteurs et d'adhérents. 

Le même journal assure que l'artillerie de Vineennes 
sera toute attelée Dimanche, dès dix heures du matin ; 
et qu'un approvisionnement de cinquante cartouches 
par homme vient d'être fait dans les casernes de la garde 
municipale et dans celles de la troupe de la garnison. 

Le Conttitutionneî annonce que l'on fait marcher des 
troupes sur Paris ; il évalue de 60 à 80 mille hommes 
les f<»:ceB que l'on peut y concentrer rapidement en 
employant les chemins de fer. 

Le Courrier M-ançait dit qu'il y a eu Mardi demi^ 
une grande réunion des commissaires de police de Paris. 

La Séforma du 17 contient 1^ lignes suivantes: — 
" Nous avons dit que les casernes et les forte recevaient 
" un approvisionnement extraordinaire. Outre les 
" munitions et les vivres, on distrilme aux régiments 
" des haches, ainsi que des pioches et des pelles, soit 
" pour élever des retranchements, soit pour démolir 1m 
" barricades." 

Ainsi, en dépit des avertissements de rhistoire et 
ûes conseils de l'Humanité, le pouvoir se prépare â 
l'emploi de la force brutale. " Il est," disait M. Guizot, 
*' des armes dangereuses ! " Que M. Guizot se souvienne 
et qu'il prenne garde." 

" Pauline Roi41td." 



K 



JOUKSAL lypN OOMBATTAKT 



CHAPITRE XVn. 
21 PÉraiEii liiS.—Landi, mdî. 

Je I16 sais trop, mon cher ami, sîi quand, et 
comment cotto Icttro te parvic^ndra. Je la com- 
mence pendant le veille des ûi-mea ; lu termi- 
nerai-je? Tu ne peux te Ëgurer l'aspect de PariH, 
l'agitation de tous les esprits, et l'inquifStudo qui 
monte de l'atelier au salon ; siniati-es précurseurs 
de l'orage 1 D'une part, Louis-Philippe est déter- 
miné à noua écraaer ; d'autre part, Paris veut 
maintenir le droit de réunion, et ce sera un 
magii^uo coup-d'œU que celui do ces députés, 
défilant à la tête des Ecoles et des douze légions 
da IiL gardu nationale, dans cette immense avenue 
des C hampe- Elyséos, oii les attendront quatre cent 
mille spectateurs. Puis, arrivés sur le ten^eiîn, 
oommencera le drame. Si Louis-Pliiliitpo bg borne 
à nous oppoaur uu procès- verbal, la niariife&tation 
pourra, selon Vétat de Vaimmphère, se terminer 
pociGquomcnt. Sinon, si la force armée nous 
attaque, la garde nationale rdh'era ks jiostes de 
ta Ligne, les ouvriers et les étudiants écraseront la 
garde municipale, et Louis- Philippe tomliera. On 
assure qu'il roeule, qu'il comprend le danger, tant 
mieux pour loi., , , , 



DE F£VBIEa.~-23 FÉVBIEB 1848. 131 

(Suit heures du soir.) 
Je TÎem de voir Flocon. Sugeand est nommé 
gouTemeur de Paris, la loi sar les attroupements 
est proclamée. Demain le combat, (tj 

CHAPITRE XVIII. 

22 FÉTBiEs 1848. — Mardi, 5 heure» du matm. — 
J^tament de Philippe J'burff, 

[Nous plaçons ici cett« {lartie du Teatainent de Philippe ; écrite aTant 
le combat, elle ne saurait, sebn nous, dtre détachée de son " JoumsL"] 

Ceci est mon Testament. 

Je lègue à ma mère tout ce que je possède. 

Philippe Faube, 



Je croîfl à la Religion Catholique. Toutes les 
religions, variées dans leur forme, tme au fond, ne 
sont qu'uNB religion, toujours rappelée par les 
Théosophes et 1m Révélateurs. 

Je vais combattre pour la Liberté, ' non pour un 
parti. Des hommes, des partis, je n'attends rien. 
Mes espérances sont dans une action providen- 
tielle, dans une transformation religieuse pour 
régénérer la société. Mais le Droit est attaqué. 
C'est un devoir pour moi, journaliste, de prendre 
les armes. 

Fardonnez-noiis, divin Jésus, si nous ne savons, 
comme vous, préférer le martyre au combat!. . .. 

Arnaud de Brescia, Ulricb de Hûtten, disciples 
de l'EvANGiLB Eternel, (u) je vais imiter vos 
exemples. 



183^ 



JOUHNAL D FN COMUArTAST 



E I jo to rejoins. A-Dieu, ma mère. 

Brûle oa mets en sûreté tous mes papiers. Ta 
Terras toi-mèm.o, si tu les lis, à. qui tu Youdras Iqs 
communiquer. 

Quant au reste, tout eat à toi, ma mère, et mou 
ca;ur aussi, tu le sais bieo. 

Au revoir dans un meilleur monde, où, nous 
serons tous réunis, nous, qui nous aimons. 

A-Dieu, encore, 

Phujfpe. 

CHAPITRE XIX. 

32 FÉTEtEE IMi.^Jifardi. Jiuit heure» du matin. 

Je t'écris chez Jourdain, cher Auguste. Quatre- 
vingt millo hommes sont concentri^s sur Paris. 
Pour éviter une collision, Odîlon Barrot et ses 
amis refusent de a'associer â notre manifestation. 
Lamartine, Dupont (de l'Eure), Orémioux, Garnier- 
Pogès, d'Althon Shee, d'Harcourt, en tout une 
vingtaine de pairs ou de députés, pereistent ; mais 
le Comité du Douzîâme arrondissement ajoumo le 
Banquet, ot lea gardes nationaux ôtont leur uni- 
forme, n pleut à verse. Qu'allona-uons faire ? 

{Suit heuret du toir,") 

Le combat a commencé; je vais to raconter 1m' 
ivéucmcnts du jour : 

Les étudiants, les jemxeâ gëos accourus pour les 
joindie de tous les quartiers, quelques ouvriera, 
massés devant le Panthéon, sont partis, sans armes, 
sans drapeau, sons uniformes parmi eux, sans chefs 



DB FÉVRIER. — 22 FÉVRIER 1848. 



133 



ëminentSj pour savoir si Paris vont maintenir son 
droit. Je les suis avec Jourdain ; nous allons nou» 
faire massacrer; cela réveillera pt^ut-ètro le Peuple... 
Nous entonnons la MarsriUam devant la caserne 
des municipaiis, rue des Grès; ils rentrent. D'où 
vient que personne ne noue arrête, que les troupes 
eont soigneusement écartées de notre pnssag;c ? 
Louis- Philippe joue gros jeu ; il espère se conso- 
lider &i estemiinant une émeute. . . . C'est une 
Révolution qui oommoncc. . . . 

Devant I'EgoIc do Médecine nous quittent 
quelques-uns des g;uidcs de la colonne ; oe sont des 

agents provocateurs I Nous traversons la ruo 

Dttupliine, le Pont-Neuf, la rue de la Monnaie, ïa 
rue 8aint Honoré. Notre année se grossit. Nous 
étions cinq mille ; j'étais vers In fin de la colonne 
au départ ; je guia vers le centre en arrivant à. la 
Madeleine, . . , Noua avons su depuis que les dra- 
gons chargeaient, à quelques pas de nous, la foule 
assemblée duvant l'hûtL'l de M. Guizot ; nous 
n'avons aperçu, aucun mouvement, et la cavalerie 
0. disparu, à notre approche. . . . Noua défilons 
autour da la Madeleine ; là devaient se mettre en 
têtu les députés ; pereonne ne paraît. On siifle, 
on chante la Marmllaisa, l'air des GiromUns ; on 
descend la rue Royale. Au miniatère de la Marine, 
des dames et des fonctionnaires nous regardent 
défiler ; les cria : " A bas les eatififaits !" "A bas 
les corrompua 1 " "A bas les lâches !" "A bas 
thdzot ! " " Vive la Réibnao ! " retentissent dans 



JOURNAL D'en OOMAATTUrr 



I 



rangs ; mais xm cri réunît tontes les voîx poor 
r les dUapidateurs de notre flotte : " A bas 
iB Tolcura !".... Nous entonnonfl le Chant du 
'épart, et nous nous prouiions sur la Place de la 
RéTolution, où sont masSiés des milliers d'ouvrière. 
Xa tâte de la colonne s'arrête. Jourdain, (le jeune 
graTdur), Bebock, jouno tj-pographe l>elge, de 
Fouviellts jeune pi-oibascur de matlHÎmatiques, 
et moi, nous arrivons eu ti-te devant le Pont 
do la Concorde, burr6 par nnu vÎQjçtaiue de 
gardes municipaux di pied, qui croiaout la bayon- 
nette, et arment leurs fosila. Le moment était 
décisif. l>jrrièro nous, on hésitait, un vide ee 

formait. Noiw uvaii^-ous. Les bayonnottes sont 

8ur nos poitrines : — "Allona, camarades, vous n'allez 
'* pas frapper des i'i-èccs ? Kous sommes paisibles, 
" vous le voyez; mais si voua tirez, voua Ètos perdus; 
" vous n'êtes pas en force. laî-ssez-noo» passer." 
Et, tout en pai'laiit, je détourne la bayonnette, 
Fonvielle saute derrière le soldat, nous passons 
environ UDO dousaine ; les municipaux se retour- 
nent, 60 précipitent sur nous, et Debock saisit nue 
bayonnetto prête à lui percer la cuisse. La canne 
à lance de Itubttu (e) a revu le combat, mon cher 

Auguste, et j'ai armé mon pistolet En même 

temiïs la foide se précipitait à notre Becoors, et le 
pont est oulové. J'ai reiuta mon pistolet dans ma 
poche, ot nous noua sommes jetés sur la Chambre 
des Députéâ, en clamant : " Tîre la I-ignc ! '* Nous 
biuiubiasons la grUIe, sans résistance ; en un 




DB FfiVSlSR. — 22 FJiVBlEB 1S48. 

■ instant les gradins sont couvoris ; et, de la ooloii- 
nade, nous d^xHivrons los quais, le pont, la Place, 
la me Ro^'ule couverte do tèten. Combien de 
milliers d'iigmmea nous Btu\'uieut ï Qui pont Ica 
compter ? 

Trop tôt ! Les Députés n'étwcnt pas encore 
on séanco, et notre position devenut dangereuse. 
Beaeues, orions-nons en commençant lo mouve- 
ment; et ks Ëooles sa râtircnt en plusieurs 
bande».. ... X* Peuple reste. . . , 

Notre but était atteint. Tout Paris sayoît qae 
nous persistions h maintenir notre droit, que naas 
appelions le combat, le Gauveruement n'avait pas 
osé assumer sur Ini l'odieux d'un massacre de la jeu- 
nesse bourgeoise, et partout on courait aux armes. 
Nous noua retirons. ... Le Peuple reste. . . . Des 
charges do di-agons, de gardes municipaus: à pied 
et à cheval ite lancent sur la Ibule agglomérée. Deux 
femmes au coin de la rue Rwoîit un vieillard, sur 
le quai d'Orsay, tombent sous les coupa de la garde 
municipale : signal fatidique de toutes les Kévolu- 
tiona, Igs promîârcs viotîmca sont des êtres faibles 
ot inoffenaifs. ... La foule se disperse ; la place est 
occupée militairement, «t Bugeaud y établit son 
quartier {çenérul .... 

A partir de ce moment commence, dans tous lee 
quartiers, une bataille, dont les incideuta sont 
diversement racontés. Dans lo récit que je vais te^ 
faire, tu trouveras les événements dont j'étaia spec- 
tateur et acteur, et, plus brièvement, les toits qu'im 
m'a racontés. 



\ 



136 



JOURNAL D'OW COMBATTAST 



Dans le faubourg Saint- Honoré, l'émeute s'oa^ro 
sous les chargea des dragons, qui, le sabro au 
fourreau, balaient la chaussée sana regarder les 
trottoirs. Les barrièros de TËtoile, du lloul», de 
OourcoUeB sont brûlées. Dana la grande avenue, 
les chaises sont amoncelées sur la chaïisaée par 
les gamins sana armes, qui ae dîâijoreent sous les 
chargea poor so reformer aussitôt. Loa gardes 
municipaux les maltraitent, les blessent sans IcH 
décourager. Ces mulhcureuic enfanta sautent à 
la hridc dos chevaux ; un d'entre eux a la main 
coupée d'un coup de sabre, entoure le moignon 
d'un mouchoir, s'éloiguo un moment et revient 
derrière la barricade jusqu'à ce que lea forces 
Tabandonnent. Us enlèvent le drapeau du Pano- 
rama, courent au poste voisin, abandonné par la 
Ligue, repousses un moment par la garde muni- 
cipale, ils l'obligent biontût à s'enfermer dans le 
poste, accumulent autour le faoia destiné au chauf- 
fage, et y mettent le feu. . . . Un détachement du 
26ème de Ligne aocoiixt l'arme ou bras. lies insurgés 
se précipitent au devant, criant : — " Vive la Ligne ! " 
embrassant les sapeura, se pendant à la selle du 
commandant ; et les soldats dégagent le poste sans 
avoir à frapper ; mais aussitôt Ica gardoa munici- 
paux ae jettent snr les pauvrea enfants : malheur 
à qui ne peut les éviter I 

Le poste du Cirque Olyinpiqne est pria et brûlé, 
en présence d'un bataillon de la liigne, l'arme au 
pied. On assure que les gardoa municipaux de 
ce poste ont été fusUlés par les insurgés ! . . . . 



DE vÊrxrsBL. — ^22 février 1848. 137 

Fendant une partie de la nuit, rémeate dispute 
le premier arrandissement aux troupe et à la 
garde municipale. Des feux de bivouac illuminent 
tous ces quartiers ; et là se chauffent successive- 
ment les deux partis. Jusqu'à ce moment, les 
insurgés n'ont point d'armes. . . , 

{Minuit.) 

lia gauche a demandé la mise en accusation du 
ministère. Qu'importe ! Les Députés du centre 
ne sont rien pour nous .... MM. De Boiasy, D'ÂI- 
thon Shee, d'Harcourt, n'ont pu se faire entendre 
à la Chambre des Pairs. 

Le rappel de la garde nationale a battu ce soir. 
Peu d'hommes y répondent, et ce sont des Répu- 
Uicains. Les boutiquiers ne veulent pas se battre 
pour Louis-Philippe. La Ligne ne tirera que si 
la gardé nationale la conduit. . . . On a enfoncé 
les boutiques de I^epage, de Devisme ; les fusils 
sont démontés ; jusqu'à ce moment nous man- 
quons d'armes. Pourtant, les barricades s'élèvent 
dans les quartiers de l'Hôtel-de- Ville, des rues 
Saint-Denis, Saint-Martin, et Montmartre. . . . 

Devant l'Ecole Polytechnique, les cris du peuple 
appelant l'Ecole au secours, ont amené une charge 
à la bayonnette. La ISème Légion a mis en fîiito le 
colonel Lavocataucride "Vive la Réforme! " 



138 



roTTKNAL d'un COUBKTTAST 



CHAPITRE XX. 

28 FéYKiBB 1848. — Mensredi, îatdft. 

Les iScolca ne dssconJuut pus en masso ; mais do 
moment en moment lïca étudïauta et des ouvriers 
du faubourg Saint-Marceau descendent dans la 
villo. On se bat dans tout le centre, Porte Saint- 
Denis, me de Cléry, rue neuve Saint-Eustacho, me 
du Cadran, rue du Petit Canx-au, i-ue Montmartre, 
nio Mauconseil, ruo Viuîllû-du -Temple. Des barri- 
cades sont dlevées. On se défend avec acharnement 
contre la garde municipale. lies blouses sont admi- 
rables d'énergie, de saiig'froid, de résolution. Dans 
les rues Saint-Denis, Saint- Martin, et dans toutes 
les petites niee qui les coupent, les barricades, 
disputéca avec rage aux gardes municipaux, sont 
abandonnées devant la Ligne et relevées un moment 
après. Quelques gardes nationaux se mêlent aux 
combattants. Nous pressons la 12ème Légion (quar- 
tier du Panthéon) de se mettre à notre tète. Dana 
les autres quartiers le rappel bat ; ici, on sait bien 
que Ifl rappel no réunirait que des insurgés. Les 
officiers hésitent ; pourtant il faut se hâter ; on 
égorge no» frères I. . . . Malheur! la pluie tomho i 
torrents : le tempa est doux, maia lea averac a bo 
succèdent sans interruption. 

(Deux heures.) 

Le combat a repris malgré l'orage. Place des 
Petits Pères, la 3ème Légion a formé le carré dc^■ant 
les charges do cuiraasiers et de chasseurs. Dos 



I 



DE FËTRIER. — 23 FÉVRIER 1848. 189 

piquets se portent sot le quartier Montmartre. La 
cavalerie, comme l'infanterie de Ligne, les salue et 
68 retire devant eux. L'armée est passive presque 
partout. ... La 12ème Légion veut se rassemblei^ ; 
les officiers sont chez le maire, demandant l'autori- 
eatiou de faire battre le rappel. La population 
s'impatiente, beaucoup descendent vers Paris. En 
vain les ponts sont gardés. La Ligne laisse pas- 
ser les combattants. 

{Dix heures du soir.) 

Le combat a été sanglant entre les boulevards 
et les quais. On a fait marcher la Ligne pour 
appuyer la garde municipale. Les soldats, pour la 
plupart, tirent en l'air, après avoir crié de fermer 
les fenêtres ; mais les insurgés ripostent avec fureur, 
et l'irritation commence à gagner l'armée. Au 
marché des Innocents, à Saiut-Kéry, le canon a 
grondé ; la mitraille a écrasé les insurgés ; les 
barricades ont été prises et reprises : les rues 
sont teintes de sang. Les uniformes de gardes 
nationaux sont devenus plus nombreux derrière les 
barricades; des armes ont été données aux insurgés; 
des vivres, des secours de toute espèce leur sont 
prodigués. Le courage et la modération de tous 
ces combattants soulagent un peu le cœur des 
commerçants. 

Les officiers républicains de la ISème Légion 
ont fait battre le rappel sans ordres supérieurs. 
Les gardes nationaux, séparés du Peuple par la 



140 



JOCHKAL D'UN COMBiTTAÎfT 



quelques étudiants qui porsistaieat à 108 < 
En quelques instants tout était surpieii..fl 
stationnait toujours l'arme au pietl, sur la. 



Ligne sur la place du Panthéon, n'en ont pas : 
crié: "VivckRéfonno!" " A bas Gnizot ! ' 
colonel Lavocat veut bs dire réformiste, lui, lo 
traître de Juin 1833, lui, le Tendu des Qobelius, 
lui, l'ami do Fîoscliî î Les apostroptes les plu» 
violentes, Ie>.s menaces l'ont fuît reculer; et, pour 
éviter lc3 bayonnettea do aa Légion, il a dû fuir. 
Alors, la garde nationale a parcouru Ica faubourgs 
Saiiit-Jucques et Saint- Marceau, suivie par le Peuple 
et par les quelques étudiants qui persistaient à les 
attendre. 
La Ligne 

place du Pauthéou. L'avia du cbangemout do^ 
Ministère est aurvena. On voulait douter d'abord.B 
Les Journaux du soir sont arrivés. Sur les inter- 
pellatioua ds M. Vavin, M, G-uizot a déclaré que 
le comte Mole était ans Tuileries, et il a ajouté: 
"Jusqu'au moment où nous aurons réaigné nos 
"pouvoirs, noua maiutieudi'ons l'ordre, eelon notre 
*• conscience, comme nom l'avons fait Jusqu'à ee 
"four." On apprend alors qu'ïine foule de gardes 
nationaux ont porté aux Tuileries et à la Chambre 
le vœu général de Paris, et que ces manifestations 
pacifiques, maïs empreintes de fermeté, ont épou- 
vanté lo roi ! MM. JBilIauU, Dufanre, vont être 
miniatrea. Pourtant, M. Gitizot esi toujours aa 
ministère.... Les gardes nationaux se retirent avec 
tristesse, craignant d'êtres joués. Les étudiants et 
le Peuple ao portent vers la Seine : arrivés à la place 
Maubert, quelques décharges de la garde munici- 




p 



I 



■ 



TJB TÉVRIER. — 24 PÉVRTBR 1848. 141 

palo ropooâec&t cette fonle immenso maïs sans 
anuee,8t qui se croît d'ailleurs isûn» delà K^fonuet 
Four résumer cette journée. Il faut rondro hom- 
mage B l'héroïame des Travailleurs, Eux, enx seuls, 
ont repoussé cette l'éroce garde municipale, qui por- 
-tout s'eet vengée par dos atrocités de la haine quo 
]ai porte la population. Entro les boulevards et les 
quais, Parie est coupé de quinze en quinze pas par 
de formidables barricades, et le Peuple voille dans 
lea maisons voisines. La nouvelle du changoment 
de ministère a répandu le mécontentement parmi 
lo8 combattante. C'tat un bien mesquin résultat 
pour tant de victimes ! . . . . La garde iiationole 
s'ect dispersée, la Ligne est rentrée dans ses 
ca&emcE, dans la plupart des quartiers. Est-ce uno 
trêve?.... Est-ce le triomphe du gouvernement? 

{Orne heures et demie du setr.) 

Le tûcân ! .... la réserve marche sur Paris, (x) 

CnAPITRR XXI. 

24 FÉvAiEs 1846. — Jeudi, six heures du matin. 

Paria est eouâ les armes. Nous avions bien 
deviné la truHison de Louia>Philippo. Bugoaud 
oommande la garde ualiunale ! Mule n'est pas 
ministre. Mais, pour noxis tromper encore, on parlo 
de Thiers et de Barrot ! . . . . Hier soir, vers lee dix 
heures, une foule mêlée de gardes nationaux par- 
courait lea boulevards iUimiinéB, criant : *' Vive la 
Uéfgrmel" "A bas Guiiwt!" Arrivés devant 



142 



JOinUTAI. ffTOt COMBATTAÎtT 



iBieura 
Pi'èa de soixante 



I 



l'hâtel des Affaires Etrangère» 
imprudent efiraie les soldats, e: 

peloton arrêtent cette colonne. _ .-._ 

cadavrOB 1 Tin immense crL de vengeance a réreilléfl 
Paris ; toute la rive droite a couru aux armes 
"Aux armes!" répi^taient les barricades. "Aux 
armes I" répondaient les gardes nationaux.... Et ca- 
tocain que j'entendais hier soir, c'étaient des étu- 
diants qui réalisaient hardiment notre plan. lia 
sanuoiout le tocsin à Saiut-8ulpice I Tout à coup, la 
garde municipale accîourt, sans bruit; nnedéchai^ 
on étend dix par terre ; les autres sont aisassinéa 
«ans bmit ! Des cris déchirants partent des tours de 
Saint-Sulpice, et réveillent la garde nationale but la 

rive gauche Paris est sous les armea ! On dit 

que dans la journée d'hier des gardes nationaux ont 
eaeuyé le fou du 45èmD do Ligne ; qu'un officier de. 
I/igne, refusant d'assister la garde municipale sans. 
la garde nationale, l'olScier des municipaux aurait 
brûlé la cervelle à l'officier da la Ligne, et qu'un 
combat Be serait engagé entre les deux compagnies. 

L'exaspération gagne tout Fariâ. Aux ormes ! 

(Qiwii're heures du aoir.) 

Nous sommes vainqueurs ! . . . . 

Je auÎ3 arrivé trop tard au Panthéon. L'Ecolo 
Polytechnique, résolue de 8C jeter dans rinsurrec 
tion, réclamait sa liberté, lorsque la garde nationale 
a forcé les portos. Un peloton do vingt élèves par 
arrondis Bcmont s'est mis à la tête des gardes na- 
tionaux, et la bataille a recommencé. Lea postes 



I 




D£ PÉVBIBR. — 24 FÊVIUEK 1848. 143 

des municipaux se sont rendus, pour la plupart, sans 
résiâter. Les misérables, désarmés, tremblants, ont 
été protégés, ou plutôt entourés — «ar les plus nobles 
semtiments animaient seuls le Peuple — ^par les écoles» 
les gardes nationaux, et les combattants restés 
sobres. ... Je vais te raconter d'abord les deux épi- 
sodes auxquels j'ai assisté. A l'EooIe Polytechnique, 
un poste de Ligne, sommé de rendre les armes, 
a refusé. TJn coup de feu imprudent est-il parti? 
Je ne sais ; mais j'ai entendu trois décharges coup 
sur coup, et sept à huit hommes sont tombés autour 
de moi. Le Peuple s'est précipité dans l'Ecole. 
Quelques élèves et gardes nationaux sont accourus... 
Devant le Panthéon le 55ème restait l'arme au pied 
depuis Mardi. Le Peuple regardait avec envie les 
fusils des soldats. Les soldats, immobiles, calmes, 
gardaient leui% armes, mais ne bougeaient pas. On 
s'adresse aux officiera ; le commandant nous répond : 
— "Nous sommes des militaire français. Nous 
" nous ferons hacher avant de rendre nos armes ; 
" nous vous promettons de rester neutres, cela doit 
" vous suffire. Vous avons-nous gênés ?" (Ici les 
rires d'éclater, ils n'avaient pas fait un mouve- 
ment.) "Vous êtes gens de cœur ; que feriez- vous 
" à notre place ?" Cette digne allocution contentait 
peu le Peuple, que nous avona néanmoins dissuadé 
de désarmer ces braves gens. 

Puis je suis descendu vers les quais, aidant sur 
ma route à hérisser de barricades la rue Saint 
Jacques. 



144 



JOUSNAL U'-try OOStBATTAKT 



tToi parcouru la Cité, oïl retentissait le bourdon 
S0118 la prot4K:tioQ duPcuple et de la garde nationale. 
On brûlait un des ponts suspendus. TJn jeuno 
homme et un lieutenant de la Ligrio accourent 
engager les citoyens à maintenir les communica- 
tions ; je me joins à eux, et le feu est bientôt 
étoiut ; mais la pont Louis- Philippe est déjà con- 
sumé. J'arrive à la Ré/orme, en escaladant lc3 
barricades parlaîtement gardées. J'annonce la 
victoire du llième arrondissement, et je repara pour 
annoncer la nomination du Gouvernement Provi- 
soire, composé de MM. Lainariine, Dupont (de 
rEitre), Araffo, Louis Blanc, Le.drU'RoUiny et 
Albert. Une heure plus ittrd, on le proclamait & 
la Chambre des Députas, en y ajoutant quelques 
membres des autres nuances radicaloe, tandis qu'une 
liste de 15 membres circulait dans Paris, sortant j& 
ne sais d'où .... 

 la Bastille, Jourdain a vaillamment combattu, 
avec le Peuple, pour enlever cette importante 
position. Los premières décharges avaient décon- 
certé bon nombre de gardes nationaux, maïs le 
Peuple s'est rué sur les soldats, et les a désarmés. 
La Ligne, paralysée les jours précédents par l'atti- 
tude de la garde nationale, a presque partout 
rendu ses armes. . . .Le combat était sanglant, i 
l'Hâtel-de- ville; il a été plus sanglant encore au 
Palais Koyal. Là, la dème Légion, son maire et son 
Koutenant-colonel en tête, a dû longtemps et voïl- 
lamment combattre. Le capitaine Lesaéré y a été 



I 




WB PfiTWBB. — 24 FÉVRIER 1848. 145 



On a mis le fou aux [loates, dit-oii. Auliert- 
Bocho et T^stieur. officiers rlc la garde nationale. 
seul», »c sont rendaa aux Tuileries ; là, ils ont 
ordvHHç au duo do Nenmurs de faire évacuer le 
fili&teuu ; et ce triete réijeni leur a demandé, en 
tremblant ; — " Que faut-il faire ? " MûtiseiQimif a 
descendu le perron des Tuileries, soutenant son 
clieval par la bride. Plusâeurs Légions marchaient 
sur les Tuileries, lea élève-s de l'école Polytechnique 
en tête, et précédées par le Peuple. Toujows vail- 
lant, toujoiiTB terrible, et toujours g*5néreu3C, la 

Penple a fait gréco aux vaincus sans défense 

ho 25èmo 80 voutc, avec raison, do n'avoir poH tiriï 
un seul coup, et de n'avoir pas un homme blessé. 

(Mlmii.) 

lie roi s'est sauvé dans une voiture de place 
escorté par la cavalerie au, triple galop. I>eB 
combattants l'ont poursuivi un momentj croyant 
que c'était Guizot.-^"Nou8 ue l'escorterions pas ; " 
ont dit les offîciei-s, " ce u'ost pas Guizot, c'est le 
" roi qui so sauve.'* " Eh bien ! qu'il ne revienne 
"plus!" ont répondu les combattanta. La du- 
chesse d'Orléans, improvisée régent*, s'est rendue à 
la Chambre avec ses enfanta et aea deux beaux- 
frères. Odilon Barrgt a essayé d'escamoter à son 
profit la Eévolutiou. Il était tbiov tard. . . . 
Lamartine, plein d'égards pour cette grande înfor- 
tone, maiii iuébi-auable défenseur des principes, 
Lodni-RollJn, éncrgiquo promoteur do l'insiu-- 



146 JOURNAL d'en combattant 

rection, Crémîeux, Maugoia, etc., s'opposaient à 
rosciLitiotage, lorsque les étudiante et le Peuple, 
envahiasant la salle, ont mis en fuite M. Sûuzet et 
Lee députés. Les combattants out pm place ; au 
milieu des cria et du tumulte, Latnai'tiiiB, Ledru- 
llollin, Dupont (de l'Eure), ont tour à tour pro- 
clamé les noms des membres du Gouvernement 
ProTÏaoirc ; et bientôt Ica chefs do la République 
Française délibéraieat à l'Hôtel de TiUe, au 

milieu des coinbattauts 

Tu as lu les proclamationa ; tu sais les mesures 
prises à la hâ-to pour poun'oîr à la situation. Tout 
EST A FAiiiE. La tâche aera-t-elle au-dessus dca 
forces de nos chefs P. . , , 

CHAPITHE XXII. 

29 FÉVRiBE 1848. — Lea OKvrîâra portent leun récla- 
mations â l'Hôtel de Ville. 

Je euis brisé de fatigne. Hier eeulomont j'ai 
dormi dans mon lit. La pluie, la fatigue, l'inquié- 
tado, la faim, m'ont épuisé, et m'âtent la force do 
terminer cette lettre 

Pourtant, il me reste è. te pai-ler de nos amis. 
Parent, Edmond Frçssard et sa femme, Cliarlea 
Proasard, Charles Lebnm, L{>me No-'lach, Debock 
(oes deux derniers légèrement blessés), GustaTC 
Sandre, sont descendus ans barricades. VoilÀ, 
jusqu'à ce moment, lea noms que j'ai recueillis. 
Vasbenter s'est comporté comme un héros pondant 



DE PÉ\'BIER. — 29 FÉVRIER 1848. 147 



la bataille et depuis. Il s'est mêlé pannï Ic8 
Preaeiera, qui chcrclmient à briacr les nutchines. 
Ses traita énergiques, sa bcllo chevelure noire, son 
élocatiou convaincue et persuasive loa ont décidés 
à Bodispcrser. — "Notre intérêt, à noua, TravaîUours, 
" c'est de garder loâ mûchiiies," disnit-îl. " Elles 
" feront pour noua le travail, en nous laissant le 
" loisir de nous iuatruire. ItTuis il faut laisser le 
*' temps à l'industrie de s'organiser ; et pendant 
" queI<{U(.>s aornaÎDes encore, rien ne peut être 
" changé ; serrons-nous près du Gouvemement 
" Provisoire, soTitenoas-le, et usons do notre droit 
" d'élccteui-s pour faire assoi'or l'avenir du Peuple 
** par l'Assemblée Conatitiwmte. Soyons patienta, 
*' frères, nous sommes forts I " Je l'iii aecondé 
de mon mieux ; mois combien Téloquence de 
ce travailleur était ûu-desaua des efforts de 
l'étudiant. 

L'ordre ae rétablit peu à peu, les ouvrierB 
B*a«Memblent, les clubs se rouvrent, l'agitation se 
colmu maiâ pour s'organiser.... J'espère, je 
compte sur l'intelligence du Peuple pour laisser 
le temps au Gouvemement de satisfaire à ses 
réclamations, et pour faire justice des Uonteusos 
excitations d'hommes qui n'ont pas oaé paraître 
pendant le combat. En attendant^ beaucoup ne 
jettent i la curée des emplois ; c'est dégoûtant, 
et lea vils laquais de l'ancien régime prennent 

L la livrée républicaine avec un empressement 

H repoussant.... 



148 



JOUIUTAt D'mr COMBATTAST 



i 



X*Our me résumer, les étudiants ont donné râlan 

n.voo dt^voucmcnt; W ourriors ont combattu oomiuc 

tlc« lio"8 ; V Ecolo ï'oly technique et lo garde na- 

lioUttl** ont iiasure le Iriouiplie, . . , 

Toat à toi, 

Philippe Favbe^ 

p. S.— ^Ti ce moinont nne fonio d'ourriers 
liaient dpux A deux ; ils vout porter leurs récla- 
[matiuua à rU<3tel do Ville. L'ordi-c et lo calme 
•ont ndmirablw. 



CIIAPITRK XXm. 



14 DÉCEMBSB 



1853. — tltiiofi ! 
Londres), (if) 



(article daté 




IX/utiolt ruinant, puliUé iliuui i' Hi/m-mo, iiuti> a para trouver naln- 
ifiQ^inait «•l4*MiUSn(lu " Jaimol iVuaCoiub4tUBtdoF«nûr.''l 

Il ost sage do ne pou récriminer entre nous; 
tous, GouvL-ruuiits, Parti, et Peuple, nous avons 
commis dos fautes que l'iiistoire impartiale jugero. 
ïîxaminons-les pour no pas y retomber ; mais no 
nous croyons pas le droit de nous les reprocher 
comme de» crimes. Tous, nous y avons plus ou 
moins participé, aoit que noua les ayons provo- 
quéett, soit que nous y uyoa» concouru. Tous, 
nous en portons la solidarité. Que le maUiour 
commun, conséquence do no3 fautes communes, 
noua rapproche donc enfin. Divisés, nous avons 
succombé ; essayons donci une fois, de mettre «n 




DK FÉVBIEB. — 14 DÉCEMBRE 1853. 149 



pratique notre devise fraternelle. Comproiiong et 
appliquons notre doctrine do solidarité ; ne nous 
acindona plus on sectes, en partis, en classes enne- 
mies, Bprès avoir pi-êclié la Fraternité des Peuples, 
la Solidarité kumuinc. Tous unis, fierons'nous 
assez forts pour raincre les égoismm, loa privilèges, 
les préjugés coalisés et armant contre nous l'igno- 
rance et la misèro de ceux-là même que noua 
défendons?. 

Nobles, banquiers et prêtres de tous les cultes, 
iU ont su rallier tontes leurs forces, grouper toutes 
leurs inducnces contre nous. lia ont iiidiQ'érem- 
ment acclonnî la dictature du aoldat républicain 
ou do l'impérial parjure ; ils ont béni les arbres 
de liberté tout comme les aigles du Coup-d'iltat. 
IIh ont fuit taire leurs ambitions, leurs jalousies, 
et ce qui leur restait de conscience ; ils eussent 
sacrifié la moifié de hur fortune pour comerver le 
reste. Pour retarder la Révolution, qu'ils savent 
bien ne pouvoir éviter, Us laissent le Czar menacer 
dan» Constantinople, do couper aux Anglaïâ la 
routo des Indee, et do prendre pour lui la Médïter- 
fauée, if lac français. . . . 

Pendant ce temps, qu'a fait la nation, Bourgeois 
ou Prolétaires P 

Le Prolétaire a plus cherché L'augmentation 
immédiate de son bien-Hn-., par la bausse partielle 
des salaires, qu'il n'a étudié le but pliut lointain et 
plus élevé de la Révolution sociale : l'abolition du 
Prolétariat. De là cette apathie de l'ouvrier qm 




La Bourgetùs a redouta, pour ses intérêts, les ' 
«ontAqo^AM mrtainea du progrès démocratiquô, 
1b IkiDA àm spicaLations, l'annihilation du privi* 
Uga MpîtiUste. Ne voulant pas voir qae l'intel- 
figaae* et ractirit n'avaient qu'à gagner à l'avè' 
MOWDt du Tra^-oîl, le Bourgx>ois a traité en euuonue 
Ife République^ Pour nous échapper, par peur et 
par jgotsiue, il a taisw s'introniser le despotisme 
jiisuiliqu» et brutal du Deux- Décembre. 

Tuus, pourtant, Bourgeois, Prolétaire», Paysan», 
uu instant lovés & Tappcl de la Kévolution sociale, 
et rejetée pur la Terreur Sonapartiâte dans leur 
inystérioufw inertie ; tous sont appelés à secouer l'op- 
probtv national, à rwntrer dans la voie providentielle 
ouTerto à la Franc© pour y guider le monde, (z) 

Mntj c'est en &iBUit abnégation de leurs intérêts 
immôdîats, en acoeçtaut, s'il le faut, les dures 
néi^cautéa de la crise ré^-olntionnaire, qu'allégera 
d'ailtt>itrt; le mutuel déTouement ; c'est eu fiùaaut 
taire régoi&mo et l'exclusivisme dans lenr &me, quo 
BouTgeoù et Prolétaires, retrouvant leur dignité 
d'iwinme trop engourdie par le culte dea intérêts 
matériels, m retreinperont dans le courant révolu- 
iîuitna)n\ et rendront à notre patrie aon honneur 
fft ftou iiùtiatira. 

Hikohut» dtvno nous unir ; nos consciences, nos 
MnvloUou», UOU» a'avODB pas, comme nos ennemis. 




I 



Bï FÉVBIER.— .14 DÉCEMBRE 1853. 151 

à les Bacrifîer ; car, alors, mieus vaudrait renoncer 
à jamais à ressusciter la République française ! 
Nos idées ? mais elles sont la llévolution mCmc ; 
tous, Qouâ voulons l'émancipation sociale, poUtiqno 
et religieuse de I'uomme. Qui donc détachera aon 
drapeau du faÎBceau commun ? D'où sortirait mie 
résistance à riuiion révolutionnaire ? 

D'aiitîpatkiBs personnelleis, d'idëes systématiques, 
de défiances injustes, d'enthousiasmes exagérés P 
— lie dévouement commun à la cause commime 
ne doit*il pas seul évoiller un écho dans cette 
autre tombe qu'on appelle fcxil. — C'est l'amoui" 
fraternel, le dévouement, la foi an devoir qui 
peuvent ressusciter le Lazare populaire ; oublions 
donc un moment no^ sectes, nos préférences indi- 
viduelles; ne pensons qu'à nos aspirations com- 
munes Ters la délivrance de l'Humanité ; et prou- 
Tona au monde, par nos actes plus que par noa 
paroles, que notre doctrine de Solidarité n'est 
pas mi texte mort pour les Démocrates, pour les 
Proscrits ! 

PHILIPPE FAITRK. 



tVS -DV JOVLXtkL D'UK COMIUTIAITT DE f£vSIE:S. 



APPEiroiCE. 



NOTE (o). 

SAINTE-PÉLAGIE; JEANNE, LE PÈRE 

ENFANTIN. 

Page 6 : " L'amitié et les paroles naïves de cet 
" enfent me consolent dans ma captivité." (a) Plus 
" tard, etc." 

Au sujet de Jeanne et des rapports de Philippe arec ce 
martyr républicain, avec les prieotmiers de Sainte-Pél^e, et 
avec Enfantin, la mère de Philippe nous communique les 
détails suivants ; 

"Quelque tempH aprâs les événements de Saint-Méry (1832, 
Philippe avait neuf ans), un honune, jeune, d'une figure 
distinguée, d'une apparence maladive, frappe à ma porte et 
demande l'avocat Adolphe P 

~" Ce n'est pas ici," dit Philippe. 

— " Je le sais, mais j'ai inutilement frappé chez lui ; ... . il 
m'avait pourtant donné rendez-vous." 

Et il caressait l'eniont ; cclui-ci l'invite à attendre Vavoeat, 
qui aurait bien dû prévenir le concierge, ou rentrer à temps 
cliez lui. Ils échangent des paroles amicales et enjouées que 
j'entends de mon parloir. 

— " Vous êtes Jeanne i" 



IH 



APPSSDICE. 



— "Oui, Madame." 

3a forme; vivctiiont la porte. 6p(nivantée de l'iioprudeoce de 
mon parent, qui donno Ttindêx-voua à un pruecrk dftUB une 
ntaisdii hubiti-c par âcax. agEnts de polico et par deux 
bonunes èutpccts (Tftre dM mowhardi .... 

•~" Je lu «ais, me iliL Jeaana ; j'ai hiibicô C9ttâ maison ; Je 

me suis \\i-e nvea P , îk qui nous avei quelquefoU 

confiË Totre «nfiuit, tandis que vou» ixïtz mal&dG ; j'&i été 
touché des saiiiâ nlfectuuux cl intcUigenCs q^u'U vous rcndùl, 
si petit ! et plus d'une fol», il nune n tous Étonnéfl pat l'aidnit 
et la pr/'Cocilë (le ses. «pntimenTs petriotiiiueB." 

JeonnefuttJislaUâ dans la chambre d'Adolphe P 

ouvrant sur un pnllier eonimun il quatre npparteinenls. P!u« 
d'un locataire i^l le* poOi-tiurix coniiiiîaafiitDt Jeanne. Son pbrc 
et sa mùtù le vcniûent voir. Ils montaient chez moi; oci 
respectables el mallueuteux psrçnts adoraient içur fils, 

— " Vous Toilà heureuse, disaii>je à ïladame Jeanne, votu 
Tene!; d'emlirasier voire fils." 

— "' Uui I '• me répondait cette paui^TB mère, " heureuse, 
encore pour quelques minutea! A peine auroi-je dêpaisË 
lt> coin de la ru<!, tciutea lui^s angoiaaeB [uviendiont me auisir; 
je croîTAÎ qu'iJa ont déc:i3uvert nioii filn, qu'i'4 sont venus le 

S rendre, et je iL'nurai plus un inetant de repos jusqu'il 
emaïn." 

— " Je le cToi« bien." 

L«s ètouTderics, Us maUdreeseH du pronerit et de son. hât« 
et de toua leuTft nombTLvix aniÎB, me tuttscFent tant d'inquU- 
tudo t|ue la ti^vre nie reprit. 

Le JDur ËJLé pour le départ de Jeanne, .je ici;ue £«s Adieux 
et la promesae de gcb paienta, de reTenir me danser de ses 
nouvelles et cHerclier quelque consolation dans l'intûrCt 
qu'ils inspîrnieiit pur leur tnérîte aulnnt quci par leur 
malheur. 

Ppu d'heures aprta. Ad. P arrive bmEquament : 

— "Tues malade? ne Tna psst'nffecter d'une tnauTaÎBeiioa* 
Telle.. .. Jeanne est arrêté ! '* 

Philippe me dciniinda de l'aller voir à Sainte-Pélaple, 
ConduitpAT le vieux pî*re et la mi'Te du pTJHonnicr, &qui je 
ne pua refuser ce que leur Ëis regardait comme; la plu* douce 
tlittraation. 

A Suîiitc-Péltigie,. tons lea dçt«nus polilir^ucB accueillirent 
Yer^fanl gw avait entti^n^àlireû mt jmiive iihstf d« Sainl-Utry, 
ampnti du hraa liroil, lequel obtint un petit emploi pour vivre, 
Ait* qu*il sut lira. 

Philippe, ijuuiblé de caresses ci d'éloces, parcourut touto 
la pritum, et iiil tout observer : les munivres de» prtnouuierftt 
t«urs costumes, leurs discours, Ica^ dfcoiatioiu do Icun cel- 
IuIqï, Iciu* rcpai L . . . On le luqtÛQS siic su loiriécJ tio'iyu». 



I 




ftàlKTE-rélAOIE ; JEAKDB, LE FÈBE BIÏFJ.IITi:X. 165 



\ 



\ 



\ 



» 



— " Vou« ètç« TÉpubUcaim," 6"Écti*-t-il, '■ « voue kUivcIigs 
tant d'imporiance à dea /rîai'iùfg, et tou» vou» plaipiez de 
Ift miohsntp soupe île lit piteoa i. . . . Allei, vous n'ètm puii 
d«B Sputiatca I ' 

Il Toiilut voir LB rÈBE E.VTAKTur qui lui derannda : — 
" Voulo2-vous ftte Saint-Sînionîeîi ? " 

— " Bat-ce qu'il y a des eafcmta SaiuUSimoniims : " do- 
mondo-t-il à son tour. 

— " Sans doute, vous trouveicx pnrmi ntiits de gontil» pottift 
camnrades." — " Oh," reprend l'enfant, après ua iiiotunt 
de réfleïion, "josuia trop polit pour mr /mre ptctpui ckoM. 
Plus tbid je ine l'crai ValAoligtif comme maman." 

Le p&T« XunlAii, compagnon menuLBier, ancien solditt de In 
K^publinuu et de lu Orunde Armée, qui piéuisémctil avait 
Eerri &vec la oncles de Philippe, Était le portier de sotte 
maison ; U. ^talt \lè avec Jt>aniii> et arec sca mnis ; il noui 
a|)prît le dfpait de Jeanno pour 1g Mont Saint-Michel. 
Philippe Bp lÈve (ivûnt le jour. 

— " Je viiii yui'tter It pire Nnntitii!, qui va bîentûl éteindre 
la lampe et coiurnencer le balayaae de l'eRcalivr. Ja rais 1b 

Îirier de me conduire ii Sainle-I'ilagie, avant que l'en oti»re 
ËS portes de 1a pri«on ; noun Terrons sortir le convoi des 
prisonniers ; je veus dire tulleu ù Jeanne, A tous." 

— *' Mai» mon pauvre enfant, il y a. deur heures de chemin 
pour t«H putites jtvttibes, et pcut-t-iri! ni Jcunne, ni uueun du 
ceux que tu connais, ne partiront par ce convoi. 

Main l'enfant éclate en sanglots. — " Ce sont lonjfitira des 
patriotes que l'on cmmitie..,. Est-ce (qu'ils me tonnsifl- 
Boicnc, <mx f eal-cc qu'ils connaissaiont lz rEVPi.E, lorsqu'ils 
allaicrt aux biirricudes risquer Itfiir vie, se faire enfermer 
KU Mont .Saint- Michel fil» n'en aoriiront peul-&tre phu), et 
c'était pour le peuple ! pour toua '. pour moi, qu'ila n© 
connÛMiùtiLt pas I est-co qa« je no lour doispas un adieu V 

Apria la mort de Jeanne, ses purenta donnèrent it Philippe 
1a otqù d» Ju.iUtt du républicain de Sitiat-Méiv, et Philippe m 
porta aux barricades de révrier. 

Le 25 PévriBT, jiprès la viotoîre, le» ou*rierB presaîers 
voulant briser lea nLachlnes, Pliilippo et VssbenteT (corn* 
poaiteur) se portèrent aux imprimeriL-a ineiiacÉes, pour 
prfssirvcr do lu dcElTuctiOD les presses it \*opeur. Un ouvrier 
ïtait armé d'un miirteau, et il allait frapper la machine, 
quand Philippe s'i^lim^ce et détourne le coup qui peiina i'at» 
tuinOre. Ce mouvoroeni attira l'attention sur lui. AIm» l'un 
des imprimeurs, piunnnt en se jominl la crois d« Juillet que 
portait Philippe, lui dit d'un ton moqueur : — " San» doute, 
TOUS avtx go^if cela ta Juillet ^" 

— " Non ; c'est la croix de Jennne que j'allais consoler dans 
ta prùtiui, ti v'avt son père qui me l'a duimC'Q aprfs b& mort. 





le droit pmt-êtze 

r SKK nECcea ovrrien ; les 

. À^bï&ppe^i lenn amis. 

k^îïit^CSW.3*««taE90Miaat des presses 

ec»rBtôaB^'3WÉtJi» JaTOMA qui Les briserait. 

MME I^ régatJioms et 

lis pose. 3 bnt le dire 

LJ tMiu. Impropriété." 

~'V^ > ; "* ^tfâHiHINB l ima Tîfèe. pémm par 

■ It^a^ ' T<in»ri '"n^ '"* — \'^z — '—— de Ptaitios, 

- «t. -'«ik ■ w«& -W Éfcw» i^ aiMM ' L. jpt-'eg&J Imaàn. «Tmea «t de 
> >^.). f- ' 7_tt, "1— wat rm— t.* •rp-"*'* -"- >~»h.t- 

- ..««Mt»*^.!!*^^ JNPK.d» iiaw.UM» 'ir ifcing»!* Tictnâe." 
;StH4«AM i.AK^ w m n ift r6*«^ ac ft^pa jimaâs de 

»l»m».--11|[iaat< -■M a w'MM ««qp»» aMJOTD s «wnt, 
^*^« ^ .:ta^ .'<^À>Bé« ^MM JHt >{>L ^Mmit s nnr Ses) 



■* ■■!%. i* si»-»:U!H!W«: i» — iî«»-ï^ - et moi 






t^ IJSEBTÊ AUX BA111IICAIIE9. 



157 



" Que peuuil y comprendre r" «t l'on e'aïauso â lui con- 
■tillcr de chnngicT Mia nom dû ni. 

— " -Te voua trouve trop d'animositô contre Louis Philippe ; 
vous feries; mieux de lui -dire le uiul qui bl- iail : ee iiVsl ptut 
'lui qui rorilonnc. il ne le voit pa», il ne le snit pas peut-être." 

— " Qui l'*.'ni|)Mie de lii« les jouTimu^! ; ' dit Armtuitl 
lliinttst, s'ef!ôri,'tiut de teiilr son Btiioujt. 

— '• Oh 1 IcB jcumauji, ils sinit si L'sagêrfe ! et pui*." dit 1« 
pptit censeur qui n'cniund pits malice, " csi-ce que vou* 
tsioyuï qu'ils disent lonjourB lu Téritû ?" 

— "Pourquoi ne elioisit-il pits de bons mînbtreB?" lui 
âemand" un puramiuase, qui riait en «a barbe. 

— "Ah!" dit Philippe, "pcnsez-voua que ti^us ceux qui 
KheichenI h It di-veiiir, no veulent que le 131811 du pciipîo ■ " 

— " Uu'il s'culoTu-e de bons dfput^s. qu'il ftuutc leur» 
conecU»," ccpliquaicnt quElques-uœ ds est meseÎEiirB, (unuséa 
dm l'i.-pro[ii]s dont l'enfunt no pouvait se douter. 

— " Lbb bons députt'sî'" dc^mandc-t-il ù buu tour, "atcoir- 
ment vouleï-rous qu'il les rcconnaisao î 11 7 on a tant dû 
vendus, Kuit qui oliwrchenl ft bù ïwndre ! " 

Le» dames bu fcât?jreiit de détourner la conversation ; elle» 
careaaaieiit eu fliuchohmt l'enfant ^■tonné. Peu de jiiuru 

après, on ne doutnit plus que lo tîcui A et bioii 

jk<â autres ne ftiseeiit dûywius Iùs plus " jusTe-milieu," 
P La vî%'e intuitiiin de eei enfant inquiétait sa m&te ; ell>ele 
tint éluignû de cr. monde politiquL-, de ces Écrits qui l'avaient 
liHit iraprys&ioimé. 

Mais dans l'iutërieur ulisciir et retira, lee livres, IcB rou- 
xenirs de In iamiUc iLont tou» Ica mcmbrcB a^-oitnt pris pan 
eux événements dcpuia 1789 (Bertrand Pé=;ot, le bisaïeul ma- 
■leniel de Philippe, avait étû député » la Congtituanto, et ses 
'S}i, volontaires de 1T92, apr&s avoir di^l'endu Ica (ronliL'rvM 
'de la Frsaicc Eous la Itépubli^uc, ttaîent ilcvenus généraux 
dans la Grande Armijc), l'hiatoîte nvante, en un mot, lui 
' apparaissait. 

Quelques annfes npr^», aur la pince de la Concorde, Ip» 
BO]d&ii du géniu, guidés par M. Le Sue, lilcvaitnt Vobctisquc 
àe Louqsor aux acclaniaiicius de tout un peuple. 

Aunioiueniuù, uprfaplusieureuscillmiions.l'obélisqufii^efixH 
'commcdelui-mcnic, sur »ii buse, VeutliousiusmegagnaPhilippe. 

— "Oh! mÈre, regarda : lÀ-bss^ au-dcesu» des arbres de* 
'Cliatnps ElyÉÉPB, l'nrc do iiiomphe ; lil-bns en fnue, le Louvret 
avec le Mu^eiuïi ; le Temple de la Gloire vis-il-via du Pont 
den grands hnnimc» ; ici la Dùme dca Invalider et bien loin 
les tours de Notr^-DaïuQ et le Panibëon; tout, tnui, delaplac? 
"do la Concorde, ert but lu pUcu ell(*-infuie, rEg\pce viiait 
tïouver la FmJice : vois, lu Colonna d'AusterlilK et l'ob^liaque 
de LouqiQi tacs à focc ; Sésoetris et ^Kapolâon sa regnrdeni ! " 





Page U ; 

" ruatc ; " (rf) 

Au miliou d'une Joyeuge rimûoti d'en&nta, FMlippe 
ttùtëment le plua vif et le plua (-û, reste trietc, et ne pto 
pRTt ni aux jeux ni à ]& oollstion qui est ofisrle, Prewë 
que&tiuns amicales, il réiii>nil enlîn, na piiuvant retenir 
larmcft : — " Varsovie est pris ! Varsovie est i^ fau et à eaug ! 
En vouant ici, j'en ai entendu lo nouvelle criée aux l» 
boulevards ; jo ne puis m'unuaer. Je ne puU prondie aociili 
pUiiiil" 

SOTB (e). 

LAMENNAIS, 

Pacî; 14 : " Généreux Philippe, je reconnais 
^« ce mot lea nolïlcB dispositioiis de ta natuic. Ta mèi 
" Laiaeimais (e), etc." 

Lb journal L'Homme du Mercredi 8 Mars 1854, contient u 
IctUc adressée à Ribeyrglles par Tlillippo au sujet de In ni< 
do Lnmcnniiis. On j trouve cgolcmcat ime comespandance 
Londres où le ré*it de ce douloureui éy^-QumeQt revient bo 
ea plume. Nous TËunisBone ces deux pifces dans l'arâole 
■uiva.nt. Bi(in c^ue le comniuicenient do cet article ne se rap». 
porto pas a Lainrainais, nous le conservons cependant, poui 
rien 8ter de lia phjiiiononûe à la correspondance île Philippe. 



•* Mon cher Etibcyrollcs, 



•• Lon^n, t Mar* m*. 



" tJne iamnootion miliuir« ù Siuragns» a ftê vaincue ptf 
OIU) ptrtla dM troupes sur le eoncouiB dEsqttplleH comptnit li> 
oolonal HoTO^ tué ik la têtu dts insurgé» un momttit où il 
TvpTochnit sa trahison au colonel des grenadiers. Cett« insur- 
rection SEUU drapeau, acclamant le nom du eénâral Cmcha 
au limi do iaÀxo np]iel aux Kynvpaihiea des radicaux du Sara- 
goaae, ti'cat pourtant pa:^ étuunée ; lee Tnincuâ ont battu em 






Lumnr&n. 



159 



BUia Qs ont r&llié & eux U gSTnisoD âc Hues» et 
BtUot le Hsut-Aiaeoa. — De nombiviui» tuTvstnlîuiiG de 
rdiputês et de juumamws, la plupart rfiynii»t-«4 modM*. ont 
|bu lieu ÎL Miidrid, Le 'Fimea persiste a Boutenix qtte le Coup 
|d*£ait de la tcinc IsAbdle peut dctcrmmcr l'cxpulBion dee 
rbtnis et In tréurion d'un Empire d'Ibêrie tn faveur des 

Dragance. D'nutrc:» parlent de ILépuMic^ue 

Lord J. Rwsdl a piéscntÉ im lûïgo projet de Réfonne élce- 
co projet, tiSKcz bien attucilîi pîir l'opLoiDn publique, 
l'a pomtiuit excité nul iHnthousi&aiiie ; les préuccupaLîuna ftont 
E^cuTà, On ta A profilé pour engager le minùtêre fcl'njouT- 
ner, et, hier, lord j. Eussell a annoncé qu'en effet, le vote du 
proJBt de loi ne stra pas poiiss-é aussi «ïemejit, iinssi promiile- 
munc qu'on avait dit d'abord. Le Chroiviel/r-, organe des Whig», 
tâu.t eu approuvant L'héSLtation du minisièrc il lutter contre 
certainB du Bt'S pmlibUQH, craint que cette reculade ne «liÎBiiflbc. 
tiuniie les populations, «n leur montrant la guerre comme un 
moyen d'ajourner In. Réforme ; le Times fait un nppel iroiiiiiiic 

^ à l'opinion publique, qui peut aeule enlcTCi d'euthousiaunu) 
une Kéfomie ptu s^êable itux nienibri.'S Ae» Communes. 
MuinteuEml, venons \ la quehiton d'Oiieut. 
Lee cabinets Ab F/>riâ et do Londres ont envoyé au Csoi' uno 
demiiire aonmintion d'avoir, dans les six jouis, à déclarer s'il 
veut, oui ou non, évacuer les Principauté avant le 30 Avril. 
Ou approuve peu, icietàPatlH. ce nouveau délai; on aurait 
L préféré une dL-cluTation de guerre immédiate. 
■ Ls floUo de la linliiquB vu partir pour bloquer les port» 
l'tiLKea auj^tÔt lu fonl« àea glace*, et enipScher lea CBcadrt!9 
nuMes de ee réunir. Le Dnmcmu-li n été prié deloiaaei le port 
Kdfl Kiel ouvert ati.\ v-aiescaux {uiglais et feançaû ; 1& Buèdu 
FEdoute l-L-s SottOB TUKK'Cs, IcB ports de Riga et de Kronstadt 
étant pr&s d'être uuverta par suit« de l'ado ucisa'wnent inatcou* 
tiuné de In température. 

Le mar6eli»l Si»înt-Am«ud e«t notnmfi général en chef do 

l'expédition d'Orient. Les générnux Canrobert, Bousquet, 

lîëpinaB^ae, etc., l'accompEiguent, Pitnni loe légimcntâ dÉHCnâs, 

U 20e de ligue et le Ta léger oat été iutiout ounuua ppui leuw 

L tdIc« républicains eu 134d. 

f Le Pai-li'tnerit ErajiÇttîs (où l'on ne parle gnières) a été ouvert 
en Ecruide pompe hier ; le discours impérial roule eux 1a disette 
et sur la giioric, baus of&ir rien de rtiniarquablc quo la con- 

»&incc placée dmis l'alliance des ruisaanees gtrmEuiiques. 
hm opÉrations militairti cont rospcnduei^ en Orient, par lu 
tennpètGB et leii pltiiei^ torieudelloB. Néfiiimoins, une cscfulre 
escorte un convoi de troupL's destina & l'srmée d'Asie, et des 
renforlfi, auilout des oilicitra europécnfl, arrivent conslammwtl 
I k Omer Piiehs. I>e$ combat» d'uvaal-pvete ont eu Ueuioit» 
m l'e«jour9 aur tout le Bm Dunube. 



Tnis ucodninj de Comquc* tJtriftiena (mbiu zttOfAitià ébtt 
lu l'une paxsaiie des déoûlcs do CtiuleB ^UI fltmiimx- 
ttctîau du dvniioi hAuId) ont 6té atfaxùiès pv 1« Suluut et 
annta ptu Lviiï» Boita imite. Ces Cosaques ponrat réonia sio" 
Icon orniidiux U C'roix et le Croissant, Evmbalc de IV-xliuc- 
tion dw fiuiaduncs leligioux domina par ruléabumiiaitiurv.— 
D'autre piin, uuu tirinuc.>uc kurtle, à In £ifoii dc-a aiiciqu» 
nmiumacB dont clic occupe prettiue le tenitoiic, ntnfiic rllc- 
lutlino au Sultan les i^uArricrH de en horde : protcetation contn 
im i^oliui<iti ilvB liun'iti!! ! I/lHlnniiiaiie a'un VR snus le choc do 
f vénimfiiu ; Il atxepic le c^uhijouik des Cluétii?»a, Icun ofli- 
cien, loiu» Knnr*, c( ncfc'ert'rRÎe pnsde voit une femme, uni: 
priiiooew uuia toUc st In Sirmes i\ la mnin 1 

Aiiui toiaWiit lit* oiicienii cultos, les anciens pouvoirs; ù 
uUMiil le» *i»iU» aocidtéa : " 

•' 3 Man ISM. 

•' Noua RK«wi» une bien do-ido^iTeUBe nouvelle : Lamennais 
vicut <le mourir. A le; voii- si Irilc de îtcinté, ne sautcnoni un 
votlM débilo que ptir l'in domptable énugic d'une religieuse 
viilunti, on (lavnit criiindrn d^-piiis liingtemps -du le voir c^lrvctr 
il Ib d6n)ooratle; puurtiuiT, il nvoît surmonté tant (1« souf* 
ftftBMi, de ]MS*éeution«, de déreptiniie, poiu BQD «me plu» 
«0O«blantw «ncora qua U prison ou l» iiiftlndie, qu'on e^érett 
leien^ an rentrant en France, lorsque 1a sainte Bévulutioa 
HUhkitél; prdchfe pu «ui éloquence, régénérerait eniiu notre 

SaviVT« putri«. . . . Uilw ! combien do nos nmi^ d?3 plus 
A^^oufo, dva plus inielligonts, mmiqu^ront on co jour i\ l'appel 
lie noa mbuih I Combiru de tombes l'cli&vcraiit sur la route ucs 
«xilte, «t UtnsUtoat notre retour ! 

11 iet«lt îuutU» de vuivcUt aux lecteurs de L'aommt <e que 
fut I.uniHiii«t»|M>ur]aapiiviicratie, pour la civilisation. Smtra- 
VMUI ciuiBOtcnDioux, sa parole sublitac tIegtmiilL'UTet deconvic* 
ttoHi la pui«itaHec de 8C« id6ee et la religieu«e ardeur de ats efforts 
Mur oonnHilre et n^andre la lumière do l;i Justice et de la 
Vtrilf, oui tnip ilhuttf le JCixe «i^cle pour Lju'îl soit tiesoin de 
tappeler ici, un à un, les «euvres et 1(« frcto de 1' np'>tie populaire. 
8ia'nboniiIlWtrillâti(-deur âc«iltnefl s'esidonnuiit piiren^eoBe- 
mmt (IniiM un doute 'égciîslp, et s*il es«nio de reittitiseitcr le 
OUlmlicisme en mettant la seience de sa thi-oîogîe au service 
dllftïapitiitc, c'est qu'il eepérait l'atlVanehissemem de l'IIu- 
nmltépBr t'^glLHe et la loi du Chiist. Si plus lard, il ««juimb 
lo doinwa delefiuligioii universelle sans plus s'enfermer dans 
1« Chnïtiimième qui lui avait n-Tusi^ de premiru laiioixdehOH 
ot de d&fcndre liienuai.- îles Peuples opprimée, — c'est quo M> 
esprit sinctre avait radi-ealement rompu avec la IrtSre i 
cultes pass^H, eoiis ubiuidonncr pourtant sa confliuicc 
loi proviileniicUc, di>nt il n'a pua cessé d'affinncr In 
souvcriûne. 



•MorMdn ^ 
ce dans la H 
pilisMCce H 



iji»n!7fie*i». 



161 



7e)i>£>rut' pair l'£mpii«, pur In Rcutaurutinn, il *xpîa, pn un 
Ui île uri^uu. le crime d' avoir d6iiniic6 la hautc-ti'aliiiKiu du 
rcRn* ou lA)uia-Phiiî)ipe tl Ici liuhilcë jciiiRleri«A du sct^tiquu 
H. Thiow. CI nfait, dan» le p«iiii>hlpi Srûl.int iiui lui coi'u» la 
liberté, HÏi^nalé l'explosion |iubli<|iit du SoL-ialistne daii* ie« 
jf'ttr» de 1810, npiisVavcîi [ii\>|ilipli«êe pmdnjit (iÎK (uie parles 
far^tft rf'td (Jroî/ant, It Lii^r* du l'ruple « WU9 l-cs ï'ummt» 
Jtéroluiianiniîrei doiil In n:)JStii]iic iiiflutucc a préparé l'Eunijif 
entiJb^ i\ raTtoi-miJfit du Veilie iiau.»«iu. Uaiu oa p»ison. U 
étudia prntiqucmcitt le prublcnte so«lal i et, rCAïUnt les tbco- 
rW absolues du (.'<;m/ri<(ni>w, Loui. en ^itrif-sanl V Irutiridua- 
Iini« inhumain, il jiosa Ich b:ises ile la léali^eiiuii lévalutiun- 
nairc poi' r AsBUcialioii et le Cr^'dît eocïal. «n mfnic temps qu'il 
exhortait les pioiétoirci à chetcher d*nâ la F^l c-t le mutuel 
divouament la forœ ot l'unian indispi^neabloe au iriompli* de 
l'EgiiUlé. 

L'inrariablc loyauté da (oroct^re do LomcnaaiR l'a fait 
Tai^er mdii'slenient ot brusquement dan» l'applicattaii îl Is 
viw pulitiiiue dr acM nrinripL» rclîgii-ux ; maU il ti*» juinuis 
CMM de pruirrcitser, a'avaiiKr Tora l'Idéal ; cC il a toujours 
coaroffCOKmciu proolaint ce qu'il cioyait ùtro In vétiti, ta£rac 
quand il fellait reonnuBitio qu'il avnii trré. On le TÎt, pair 
exemple, spr£> artiii' ii^iligé une Cuuatïtiiticin ait il inlidduisâît 
U PK«idcncc comme cléoLcnt d'unité, voter contre la Fréà- 
deiiee lorsque les Oaii|Eers lui en eurent ûlé ùimonUH par cette 
t«tlie ai pleine d'aUei' tueuse Tënéimtoii qu-» lui ^ctivU George: 
Sand, et dont vntm tlifvt'K avoir gtii'dé le «ouveuir. Après 
RTDtr e^vbcmcnt blùmii lci> toUcs cx;:iiHlioii«, lis eutrtkîuementa 
diaoTdonK^ auxqiu^ s'abandonnait parfois noire ijarti en 
I848i il n'eut pliis de hl&nm eL du eolûrc, aprbs les Iîuie>Ua 
jnimiÉCB de Juin — ([u'd avait de tt>ut« Bon ilmo essayé do 
prcTcnir — 11 no prit plu^ la ulumt! quû pour c^adamner te» 
uleurs, VI d^tendiw rhoiuiem, la vie, la liberté de» 
:«n, Aussi ne t4UiUi-l*il paâ ù voir le eabie brtaci aa 

Ce cuuni^u de b«( eouvîeiloua, cette Taîllaiwe en face de la 
Ftoeo vicwiieusc, ne l'omt. jnmais ahaBdonué, Il ne chcri:lui 
}aiD*it U popularité aux dépcoâ de scB priacipea. " Sa voix 
**ii'6tait qu'on Kouillu," <Ui ia lui Louin TiUmv j et ce soufne iw 
BOUvsk »e faire siitendr» dane !«* temp^itm révolutions air (?■. 
il M tataiùt donc tn»latu'nt, rrgrctuuit de se ^Butir la belli* 
qneuse énane dee c^nlicr^ mvatiqucs du moyea-ivftv, watu 
pouTuir. ù df;faul d>.ti iu-uicb, luiter par l». parole cimtr« 
l'Erreur et la Tyrannii-. 

Mftii, dfuui riutimilé, Il n« cessait d'impiicr h tous ceux <iui 
rapprochai en l ci; rciqiuîcl de lu divine <*»o»ai de l'huiiimniti, 
cette foi dans l'idfnl, t;ette aUBtfrc et coniilnntc obierrancr du 
ÛcToir et de ta Solidaritû norido dca hniumes, [^ui ont dlet£ 



162 



ArPEKDIOB. 



«et Comiaentaires m l'BTS&iilc, et qui l'ont mlB wmvcnt aux 

Erù«s arec les fractions tceptiqu^s, rolciiritmai» et inditidii»- 
Km de notm pitrti. Tl <)ût voulu Toir pTStiqucr, dans la via 
de duumn. lea pnnoîpM do momlr étemelle snpÊneura k tout 
Int^te de porti, et que les «hunpioiiE du Ftogito doivent 
pnqnger par l'cxi^inplQ niitnnt quu pitr la pjU'ulv, Nutu [>cûir de 
reuftembkr il ca prCtrcn dont li coadiulc souille et coirompb 
l'cn»fi(rncinmt. 

Sa mort laisse !nti>rTompne une tradtictjon du Ptaradi* du 
Danli.' : ptctstULtmient de %6. fiii. Ce trayail nous eût fait 
l'imiiuître k' niyeik-isnic clu |)oùt«, comme liû révolu tionaaiTC 
et ihé<ilo([ien..'..Laraeiuiiùa croyait, il a toajoura cru, qu« 
l'humanîii.^ uo pouvait progresspr sans pitîscr, diiiu une faî 
tvligicuâir, Lo lifti diM imwa et la loi di- lu Société. H parU- 
^mc eetto croyance avec cas esprits émineuts, pour la piupari 
»asMni»penwniM>l»,etquÎ8"appQlIi'niBéranBC'T, Cliâlpaubriftnil, 
Lunortiiie, Cieorge Bniiil, Pierre Leroiuc, Jctin Reynoad, etc., 
etc., etc. H sVlait, comme eus, t\e\i à cette vio eupériwuc 
des pr«ar(6 tie l'humwîTv, qui brise les chnînes dos scetes et 
den eup^rstîlions sans aiiLoitidiii l'iianuiie et lo dépHuillCT du 
rcligitux nt-ntimeiit de sn, inj-slérieiiie destinée. Et cela lu.- 
l'erûpiii^hiût pas de ^rre eliaquc jour do la vie de touB, »ym- 
pcthiquf j\ toutea lus «oiilfriunos, partageant les luîtes et les 
émotions de bcs IVJreii, Its sidfint. d« sch conaeilg, de «on 
rsemple, de toolRs bps facullca," et trsTaillunt avec ardeurà 
rtippiodior l'aYtaerncnt do la DCmocratic, bien que son appio- 
b.itiou filt refusée i pexlaînes doetrine» (lu à certains hoinnw» 
durit il ne rechcTchait ni ne repoussait l'alliance. 

...Il y a huit nus de c«la, nous causions toue dctix d«s 
dogmes direra sur la via future : et 11 mo disait ; " De cette 
*' existence de l'iiomme aints Li sueptoision de son existence 
*' connue, nous ne pouvons nous lormer l'idÉe que par hjrpo- 
" thèse! et ralltgQrie. la poéaJe, la légende même. Talent 
" souvent. In pliilosophie sur eoa questions. C'est ainsi que des 
" mythes populaires nous représentent les âmes de deux 
" omaotB a unisaont aprùa la mort, poiu' ug fonncr qu'un muI 
"6t(eî eti au contraire, l'Esprit d'un grund hoimnc n'incar- 
" niint daiu ses diseiples, ruCcue dans toute une K&tion, et 
*' donnant l-ti vie û de nombruuacs géjiérntionn..." 

Ah ! s'il en est ainsi, puisso l'esprit do inmonnais nviflet 
les g^uérntions qui Tiennent, et sutâtiiuer îi l'iipiiiliîiiue indif- 
TÉrence de nos eontcmporaina en matiJre df Jieligion, de 
ïloralo et d'Honneur, l'énergique et icligicuie toi att D«Toit 



I 



I 



• J'ni fW- n1itiTtri<, Il âiTcriciK tnln, &(■ pnrter. do In paiI ùa LnmËnnalL de* 
HBoiir^ Ik <Ltn i^fiitrii^n <iiii l'iiclTcsutlcai \ lui (inr li>lirc«, vl dont II a* 
vouLiH pM ftlimonnu, me dv>tpnilnnl nif'iiipili'illreqiie jertantBd*»part. 
Il £talt iQia 4'etra dsua l'ai^AtLOt, ï nilv (pvijuc. 




XAMEHNAtS. 



ma 



quî l'a toct«]iu â&ue sa. lutte contre lan Pmssanc(>H jiuiqu'apr&s 
^&JUurt, et lui n fuît U-guvr, par wa Te6t(uii(.'at,* un dcraiei 
acte de foi à wa cadavre 1" 

" PjItLIPrB F AUBE." 

'■ P, S,— L;» mort -Je Lamonnaîs jette «n voile d? deuil sur 
tette semaine déjà bÎ Lruite p«ur les rf-pablii'aîiis cÉli-braiit ibtns 
l'exl], danii les prisons, ou daiui le ^laiid (.'Quhot iiiipùtial, 
l'anoîvereiai».- du. râveil si vouit de la llëvolutiun du lElb, Le 
griuid nom, lo dévouement nigdeFle et constant de LFimonnaia 
avaient esinlf J«ii» la population de Paris un ardent dtsii de 
rendre un demîeï hemmiigc au tTitosophe déiuocifitc, et 
d'hanivrerpottmc inunenïc et popiduireuacifcsiation/cCi^nra* 
da pativrir. On ae ri^p^'lait tnut bd» qu'il avait refueiî jusqu'au 
denikT moniwit In vtsile des prêtres et des dévoia qui vcju- 
luient extorquu' de e,aïi agonie une abjiuatîoa ; qu ii avait 
enfin déshérité, pai uaii Tetitamiïut, veux de ses parentD qui 
avaient pria purt Ain répression de l'insurructiun db Juin. ISÎS. 

Le gouTtriiDiuont a fait pubUur la meuacu d'interdire, par la 
force, la nianift station de resptet et de véuêrution pour les 
i-eBtGS du. grimd homme *juî venait de mourir. Mai«, pour 
éviter un c*ntlit, on a fait partir le convoi dfea sept heures du 
malin, apiÈ^ l'avoir oiuioncâ pour dixhcurca. QueloucB amiâ 
personneb, Biaise, Eeiioit-Chuinpy,Au8uatv Barbfel, E, Littré, 
Martin de Strasbourg, tianvier-Pagés, siiivaieRt seuls. Bôraa- 
gor & rejoint le funùbre corteee, eu route, et eau arrivée n fuit 
Que grande imprcesion eux a. foulo qui statiannoit dans loa 
mes ; Béruugec était, avec Chûnnubiiand, l'ami le plu» iuUuie 
de InUoenitm». 

Le convoi s'est rendu au POie I>achiûae par des rues détoiir- 
néfiB i néanmoins la foule étoit et considérable, qu'au pont du 
Canal les sergents de ville se sont ouveit p^K^age l'épée k la 
main. — Des ehnrgea île {^nrde munjeipalc 6ur la place de la 
BastUlc. et de dragons prÈs du cimctitre du i'trc Lachaiac, 
de» coups de caruie et d'épée uux environs de la mnisoii itiar- 
tuairc ont assailli le» musses accoiu-uts. et se dispersant en 
npcionatit le changement d'heure tt d'itinéraire. 

TulliHi mit Ëlé les ubsc^qucs d'un des plus Uluttres génies 
dont la yraiiee citera toujourit avec orgueil le nom huk untiona 
ne« Émules. Il est vrui que «'était un penscoir, et que te régime 

du sabre voudrait en finir ayoc la penace." 

" P. P." 

Lamennais était &6 d Sodnt-Mslo, en 1782 ; il nvatt donc 
7Sanslcrade sa mort, arrivée le 28 Fénier 1SA4. La lettre 



" Il ftoi-danafiiHirMa TeMaiiirat,ûe donner t Ma «wwnïll Im (uah'oUtna 
du iwuTre, u:!» ru&eu ii l'CwU3>> 



1«4 



HSVKJCfie-K. 



iffû «oit, iwllitrfr & TlctOP Hogo, » M pnUife dnu VITomanti 
mw^ Il wiiraiIttittiDs afin de oompUuc te récit doiit)& par 



Jïhili; 



'• Cha çiotcnu 



•Ttrk,Ulrfltml»H, 




I 
I 



*• ]ti irrm» qn'Q «n adl» qve vous novra teosei^ £ «ir H 
tmamilm dnac m aont p—éw le» otn^iurâ de LMocniinù. 
I <«!• M (Mul Cottius dt In plume quelqxiee notM k 
t/^ ^qstdI a*sit Dté indiqua pour huit bvorM 

' ' - ' 'rif£ Iksept WuiM et un quaii, el 

minnCM, malgn- Icn instimcm de 
^in*vu <ivi ^hrurox défloBt (qui voulait qu'on an«BdIt 
IM WÎIbm* fMHoav KMerMn 1> aura pmxtio au cottvoi), la^ 
..— . ' -^-ï MBfdBtiL L» environs de Li rkùpod mi 
.!>• tfMgonÉiiM. Ltt mwuMMiiigii^ publia 
< ' itit RiflMnmkeot tût 00iiipt«ndi« aux amia 

iiu it« iHt ttovnàuBt fa» « oi iye r it se fimoer «o con^^ 
OitAiMiat t4p«Mlu* 0» nombre inflnî sut le bouietard 
vhfttAk •«■ t» pUc* 4» U Bastille et Tuc de la RoqoettG 
MUHUi vooM donner m chiSïe mPme npproximaDTeles ' 
„„v>'>->> ■ I ^^ni d'batiit, qni aniTuuhi valu-er le cercueil, 
t . 1 i.t TOUS dir«, c'eM qu'il detait être immense, 

II. t% KaatiUv. la «inalation a ité interrotnpue- 

<W^ iU>uu«tt«, 1» nwLTcû «VBtl tout jiutp d» quui pjua«T Mitn 
^ ik-ua hid«a. I« ftwla eDc«mbnùt le banlevaid ext^mrur prîs 
IM clnMàtec HAlçré la tenue grave ot rfisignce de eett» 
nultitudff, dM atrocités ont 6t6 oonimlscfi, «t ]i1ii<^îoiitb 
nuw yeux. Pour nvnir mantfeMé de l'empTcseeineiit à ■ 
puiu aniir «MaTÔ de p6nCl>cT un peu plus avant qu'il a! 
ordono^ pour at» riens en un mot ou pour des choses 
l'InWitlton iinii|ue î-tait lo rr*prct et 1a «ympatlue, sami 
utUitnco de violence ni même d'éclst exa^éjé, plusîeun 

H uni éii liitérnlemocit assommés. Les sergents dfr 
limt anmét do }o ne «lis qnpl* *a>i*p-i*teç imnortés 
iFi-ni, ot IVappiucot tur ces loallieuivux Jusciu i^ les 
iiuiiitii» poT t«m tout enstngUnt^, Dc^-ant moi, un hommo 
vik lil;<uae n r«ta an moins dix «oups de casse-t^te qui l'ont 
fti-iii)» iwna ntoiirrmmit et sans souffle. FI y n eu (c««t est 
ptutuui^ 4ulnKc caa uu moins du même genre. Si je ne erai> 
M cMnpromettrc des amis, je tous citerais MM. tel et 
imi mmiali'TiI du r^rv-LacHaise ind%n6s, — et l'un d'eux 
.._ ^11. -".««.^.«lea brutalité dont Us vrasient d'Atre 
uonstruonAc ! Ils ont £o&rt^ le peuple da 
f 1 imId d'kumilit^. Le gnuid Iwatme a Touln 

*' -MUB laa pauTraa qu'il a tant ûmé». B a M 

b. ■ — lu Ica nwndiaats. Sod oorbiUsid £tsit cslui, 



Ittifl 



•OUS'j 



: auiran.'' 





LAUE.NKAïa. 

non pu de U denûire «Ins^c. moi» d'aptia la. d»ni^ cIju«c, 
de ceux f\a» la mU^re a mis au-deseous de terne «t (^u'on 
«mterra [itu cïiarité. Ayant untcndu dire que ri<tii «e Iltiûl 
ainsi, jcncneais, bu moins, su ti corps scrn mis dan» un tombcnu 
de funillc, dans un endroit propre à rcc-cvmr un monument, 
Xnn, j'ai pu, i forno do pntienct', pwwniï i entier dnti* lo 
cimetibre. LumcunuiN a voulu i>trc eiiterrt duii* lu foMe 
eommuac. J'ai vu ion cercueil à peine rccouTcrt cStoyant le 
C«rcuoIl des demlcni Incormuc. Jq ne naurais tous diro, cher 
prgiiinit, combiïTii j*ai M toticlié. Cette prÉdicnticin de 
régftlit^, qui nVscliLt paft l'action du giuif^, ïnaia qui l'unît 
dan* un saint umbrostement arec la pativretê. est d[une 
grandeur, d'une i^loijuanTO qui émeut jusqu'au fonri de l'âme. 
— ILii» Tiiili qui est ptn-ort ]ilus gtrmd, ft qui, \u les tirL-ou« 
stoncofi, est tout-i'i-rnit àigna de Tuttc altcatioii. Suivant les 
Intentions de M. LomLimoU forniuBciueiil ^xpriinfes dnns 
l'drlc df •o« volont''" dTiiitTo», non npuleineni on n'a pua 
conduit Hùti corpï k l'i-uliBn. iniii» ou n'a pas mis do croix eut 
va fo»(it\ J'ai loucW lu bûtim inosei".'! auquel gn a «taobë 
avec une corde un pnpier poTtnut ta nom glorieui ; im liilton, 
«■I J1I13 di- cr«ix ! «iqii-Tbr oxcmplc (lunaf pjir ce génie w reli- 
gieux qui s'en cet alIË A Dieu en rf pudinnt les \ictix Mgncs, 
la vieilli- formule, le vii-ux «wurdoto, toutes eea v-icilteHeB, 
•léciépit*^ Beiiltment, l'nutre jour, mai» aujnunî'liui, sprtdi 
tant (l'uttcntats, aprfe tiint d'ncte» d'un obspiulîsjni; îtilolé- 
mblc. devenues des aigncs de honte, doa symbolcfi d^tCHtablis 
qu'on doit liauttnient répudîi'r. Et cet exemple est doimé 
pu tm ancien ptrlre, iin vieillard de 72 niLt, ei pur dnni sa 

Îlnietue apoatafîii? I Oui, oui, c'cat \ti un eîçne des temps : 
. n'y IL plus de sacerdoce, il n'y a plus di: tfuniaturaliïiue, le* 
prCiret » un vont ! " 

X... 



LETTÎLES D£ T.ATifUXMAIS. 



Les deux. Ictti'ttB suivantes ont été ndrcMfes de Varia pAC 
Lnntcnnoin il Philippe, nlnrs i^daetciir du Bnnhtimme iltinn^u. 
Pnttie iln.nK In Snrthc, comme p,u'toiit, e'dfiirçail d'uniT les 
divt'mes fraytidiui ilu parti léjmblîcaîn. H y rL-nconirait de* 
difficultés qui l'âcunnnlcnc et qui le faisaient acvJblx. I.&men- 
n&ia nu peut lui expliquer ces dillicultés qu'en les iittriboant à 
l'âgoftme humuR ; il exhorte Philippe t\ In patitnioo, et l'en- 
4an»g« à peraâvér». Coa doux lettrée et l'article qui pi^fdc 
Tdr&last compl5tement le disciple et U- niiùln-. 




166 



AJT£NDIC£. 



" PuL*, » Mwnttir* IBSft 
Koeilcl 

*' Vol» n'aïes besciîn, mon clier moirùeur Fiiai*, d'aucune 
juBtiËcatton près de mai. Jo pa««c dono toui de suite il l'objet 
de ToCru k-ttru. I! t-s: iriat« ijuâ partout U y ail des àivitjoiw 
enue ceiiï. qiii tenxleiit nu mî'iiiB luit ; et c'est, piiïsq^ii'il faut 
le dite, que lù Mui duiuine dune tontee les icùK^, et qus 1a 
cause coiuiaune, lu vaiwe dce peupk-9, de rhumanUé, ii« rient 

Ju'apr^s. HipprticliBr, concilier, c'est doue comme voua la 
itcs fort bien, une[ju.i'tic d;:tii)tri; tjclie. Qitnnt ii.u\ inoyena, 
Qâ dôpoodont tclleracnt d<;s cir(-i>usiiiti(-es, de l'Ëtat des eaprltSi 
du earftetittf dos hummcî, qu'il est impowîbk- dt voua douiier 
«uciui conncil pnrcLculier i.\-diîssus. H eo *st â peu mH niiui 
•m ce qui touche Ia Religion. Ctir, en dehora dea geiiéndités 
ptuJo«o|iM(.iuee, lu loiigiigic ÏL tenir ii chacun diffère selon lot 
(ipîiilûiiis diverses, lea projii^ês, la panée de l'esprit, toutes 
choses que l'on ne pmit ciimniitrc et appréiiier nue uoi le» 
rappatiB diiccts avec lee hommes. H y a une lai de la coe- 
Boiemîi?, une ioi tla w qui kb résuaie dans 1« devoir et le dixiÎL, 
et K' droit et le devoir u'oiic fiucuii fLiiidemeiil, HUcune raisoD 
quclcDiique dune Ica syattimi!» matériulisIcJi. Yoilili le point 
capital ÎL uicH yi'ux. Et comme cette M rfc vie est d&DB tua 
egecnee ce qu'on nomme Koligion. nulle rie réelle, nulle vb 
inonvle ou sociulo eaufi ll.[^!igÎDll, Muis les religions nppel£cs 
positives iiû sont pas cotte li>i pure ; il s'en, faut de limuicoupi 
Elles KTifcrniDiit tonU'S, diias te qiû les cniartérisu reEpocôve- 
jueiit, de» erreurs Jung creuses, et des élémentH pernic-îoux. 
Ainsi piu' exemple et pour s'en tenir à ce eeul point, le Calholi- 
v,ismc CHt iadicidi>Tneut iucompatible uvcc la Libei'té. Slnii, 
comme In lumitce no bu fait pas tout d'un coup chez les liomuiM 
qui, dfs l'eufanee, oui ïi5cu soub l'empire de eenaiii8 préjugés, 
rîntéri>t mèniHï de In. Vérité esîge que l'im uaa avec eux do 
ménagometita ; et que, dins Ui pratique, on évite de les cho- 
quer trop directement ; sans quoi, ou ne r(!"tt8Bir«ît qu'à suacîter 
au vrai une opposition pUui rive. La douceur, l,i condescen- 
dance, une cerisiiue meenrQ que les Grèce nommnient : («i*»' 
»st inii*pi't»sablu pour opérci le bien, et l'nmour, qui l'initpire, 
est le pruiuierdcB apfitre» et, biuia cûmpBrai&tjn, le pluspuieaant, 
"RteeveK do nouveau, tnou eliet monsieur Ftiure, l'assurance 
de mes sunUmeuia oCTectucux. 

(Signe) " LAstEsxAiB.*' 

I " Vv\», 17 luTleT uai. 

" Vous i»o duvca pBB VOUE jîtonnpT, mon cliernionsieur Fan», 
do lene^jiitrer des dtaDîdtiice». Elles août inCviUiNes eu tout 
ti'n][ix et Burtout eu celui-eî, où tant de doctiîues, d'opïnionit, 
de pensées divcntcs et ttouTuit oppasCcs, paxtagcut lus esprits, 



I 




FABRE-D OLIVBT. 



167 



un n£nd di^ti'iinent de In cause commune; car, chacun 
■UBichunt (tans ia. vole, il »' ensuit qu'an joiir du combnC, tei> 
forces sb diôpcracnl et qu'aprf^a la ^kLolro, oii n'est iirôpAré ÎL 
rien établir, à riiyi urgi«ii6L'r de concert. Aussi, l'uviaiir d« 
l'humanité bb iaiUil de ini-mème, non par 1 m homme», maî» 
malgré les hommes, ut c'est pourquoi son iiv&iiennait est ai 
laborieux, st pC'aiblu ei si kuL 

"Voua aulv«iz une bonne voie, pciHÏateK-y. Les obsuicles, jly 
«1 n. partout ; il ce fiiut donc pns s'en inquiéter outre nirsurp. 
Quand on ne les choqus pa§ violeaincnt, ils e'nifaibliss>eat 
d'vUeuis peu ù peu, et le il«voii uocomplî n'est jamais stérile. 

" Je Tepoiu«e comme vous toute dictature. Les avantagea 
■qu'elle peut avoir en un nuimenl iLonué, n'en compeiiSL-nt paa 
lès inconvénients. Elle c9t de mauvais cxctaplc et conB^qucim- 
meul de mauvai'* uffut. Seluii mu plus iiji'te eruyanue, c; est la 
Liberté unie II l'Amont qui snnvera le monde. Elle est tivcc- 
r£g&liié qui en est le fondement, la loi prcnii^G de l'ordre 
social auquel le& peuples ospbent. Je nu connuis point <1q 
question religieuse, politîctue, éconcnnique, qui puiase être 
résolue Bfl.nâ elle, et il o-'an cât aucune qui ne doLve pur «Ue 
trouver enfin aa Bolution. Elle a pour o-^pression, dans l'orga- 
nisation politique, le suffrage miiverayl, qui doaiie i chntun sti 
Sirt d'iniltienf-e et une part l-^alv à lou.*. Dt-mande/ donc, 
emiuidei! eans cesBe, le rt-labliaaem.ent dueulfrage universel. 
C'est dcmmider la- Pnijc. par, avou lui, tout ao résoudra pacifique- 
méat, et, sans lui, la guerre, uno guerre Uirrible UNt iiLÔTÏtable : 
l'ius fiuim eivtiia bcttci. 

" Vou» avez bien liit de ne pas impiîmer ma lettre ; elle 
n'était que pour vous et j'aurais été contrarii; qu'elle fût 
devenue publique. 

"Solut fraternel, 

(SignË) " Lajubkmjlis." 

NOTE {/). 

FABRE-D'OLIVET. 

Page 14 : "Ta mère, Lamennais, Fabrc d'Olivet (/) 
" ont pu te £ùre croj'oiit à leur manière, etc." 

Fabsë-d'OliVet, né k Soint-Hippolytc (Oara), dans le» 
C^Twines, en 1769, d'une ûuuille protestante, mort à Parts en 
1624. esc l'auteui de Bavontûs recherches but la piûloRopMe de 
l'Histoîte, du Langage et delà Musique. Ou lui doit d'inlÉrei- 
seauta travau.^ »ui la. Langue d'Oc {Le Trouiadoia; IKQj). H 



168 



kTFMXmCK. 



S Agalomeat publié la idatuiL do la guâciioo âe «ourâa -i 
tjpMe pivT lai. Sm sutiM onrm^ra publia »ODt : La Lum^H^' 
Bébràijtu: Rtttihtit (1815) ; Lrt V»rt iorit de Fylhanon 
atpli^ura (ISIS) ; La Cotn de Ixiid Byron, traduit lii tvn 
eiunolpjques (1833), VBittoirt ci* VEtat SoeiaZ de rnvmm* 
(ISIS), n a l&iaeé ua grand ouiragc iuMIt our la Hcn^im, 
uurrage dont de nombreux extraits ont paru, tctb 1812, dans 
la Fmncc Musicale. H doit ««1er eiicoro plusiçuM luiw do lui, 
r tiiL »Lii le Sympaihiamc, nom qu'il iloimntt 5 Iii cause inconnue 
jtlBqu'M'l (le tou* lus phénimï'n.pa myatérL'us (ttLagnËlûici', 
extase, etc.) ; un autre sur l'Eeaenc* de In Miifli^iie et sur le* 
Xnmlirec de Pytlingorë ; un autro enfin sui la TIi«odE»k 
Uni^■c^«clll^. 

n avait «t£ lié dnnM »a jeiiiiesae avec Napoléon et aTCc 
T&lma, leur atiié de iiouf aus. Toudù* iiu* ce liunilcr renou- 
rclait en Fran-oe l'art dcnmatiqtic, et qit« Kapolénn essaj'ail, 
iiu début du Dii-NeuviC-ice Siècle, de relever l'egopire de 
Charlomftgue, Pabre-d'Olivet, poiiseant plijB loin stwi embltion, 
clietcliait dau» la science les liaxiE-s de Viuiilé uiiiverselle. 

Foui&ire «pprêciEir ce grtiod ceprit, autiei pTofond érodii 
que hnrdi penaeor, nom donnerons q^iielqucs extrftits de rg» 
ouvrages. Citons d'uboril »n trnduction cloa Vers Dor^ do 
Pj-thngore : < 

" VEIIS DORÉS DES PYTILVGORICTENS, 

TIlADriTR KN VEB3 BtTM0I.T'Iût:E6 FKAITÇAtS PAK 

Fabue-d" Olitet .• " 



PRÉPARATION. 

" Bends Mix Dieux immortele le cultâ contiuxé ; 
Oardç tiiBUile ta foi : ïévtro Ib œ<'nwîre 
DeM H^i-us Trieufaiteur», des Eeprits dcmi-^DiLnix. 



• I*j B9r« if-iT^ de Fj/thagiKv, Arpttpift, tt Iradaitt pour Is 



FABBE-D'OtlTET. 



109 



PUBIfICAIIOX 



" Suis Iian fils, Ertie juste, f:p<Tux tcmlre et bon pèio. 
ChAÙia pour îqh ami, 1 ami du ta vertu ; 
Celle \ ets- ilinix euiun-ils, îitKtniii-tiii ]>iur sa vte. 
Et poui un tort léger ne le (imtte janiftis ; 
Si ta le naax du moine : car une loi aérdre 
Attache In Ptiiasiuicc & la Nécewsifé. 
ri l'eal donné pourtant de cotnbatlre et Ae vaincre 
Tes îii\le& puseinoâ ; oppi-endâ ù lus ûomplcr. 
Sois sobre, actif et cimslc ; évite la coltre. 
Ea public, en. setTCt nu te permets jainHÎB 
Rioa de mol ; et surtout rcepcctc-toi tgî-mtoie. 

*• Ne paile et n'sgi» point sans avoir réfiéoM. 
Boâa juste. Souvteiie-iot qu'un poiiToîr inTÏiieîble 
Otdooiic (le mourir ; que tos biens, les honneuia 
ïoeiloiient ncquis, sont ^ilee i. perdre. 
Et qtiFtnt (lux maux qu'Entraîne avec soi le Destîu, 
Juge-les ce qu'ilâ aoiit ; *nippor!e»les ; et tàehe, 
AuîFuit que tu ponrros, d'en ndoncii les trtiite ; 
Les Dk-ux, aux plus cruels, n'out pae Uvié k» »agoe, 

" Comaïc In Vérilf, l'Erreur a ses amant* : 
Le plitltjaopîie approuve, ou blâme uiec pmilencc ; 
£t fri riïrrcur tncmplic. il s'éloi^t- ; il uttcnd. 
Kooutfc, et grave bien en ton cœur mes paroles : 
Ferme l'cpil et l'oreill-,.' il la prf venticm ; 
Crains l'exemple d' autrui ; peii^c d'uprf s toi-mBmc : 
Coniulte, déiibiïrt', vt ehoi*i» lil>rt'ni(-ni. 
Laisse les l'oux agir el saii* but et siins etiuse. 
Tu dois dana le jM'éscnt, ccintcaiplei l'sTeiiir. 

" Ce que tu ne eaU pas, ne nrfteods point lo fure. 
Instruis-toi : tout s'occoràc à la cDastniice, nu temps. 
Veille SUT la santé : dUpense avec mesure, 
Au oorpB les. nlLmcuts, il l'esprit le repos. 
Trop ou trop peu de soins sont i fuir ; ear l'eiivîc, 
A 1 un et rnutre uxctn, n'iitlo^lio égnJement. 
Le luse et l'avAricc ont des suites semlilablo», 
n faut clioisir eu timt, un milieu juste et bon. 



lu. Terre, ifirtai à la datte -rl-t, la liaturue et de ht LUt-énUvm 
frnn^.t'tB» ft à feUe XHitlvirt cf *■ Z.itith'afvrt ancienne à9 VX,»- 
4lUiil iiHiiiriai {ie Frriace ,■ pai l'aliK-ii'Ulivet. Avtc etlla i-sigtt^fiut: 
"Je Xii» parler nii Snffe : iilnlimfs l^f [trurimM." [vprs (U PjIIUiiiare 




170 



APresmcE. 



PEBFECTION. 

" T>&s rinstanl dn lé^'eil, examine a\ec cftlau^ 
Ce qu'il to rcïtc il laiic et qu'il faut sucouipltE. 

** Quo januLia le somnicil ne ^errao tn pnupi^re, 
Sans t'Otre demanda : Qu'ai-jc omî* ? (Au'iii-ic fait ? 
Si c'est, miil, nliâtirns^toi : fiî c'Mt bien, persivèic. 

MÈdilo mes cons^^ik ; aime-les ; hiûs-Ibs toua : 

Aux dîvîiiet TBrtus ib sauront le fonduire, 

J'enjure par Celui qui griiva daus nos cœurs 

La TtTUAnB SackLk, imm^nâc et pui Gymbole, 

SoTirce dç Is Xaturc, et hukIvIs àee Dîiiux. 

Mai» qu'avant tout, ton âme, & son devoir fidèle. 

Invoque hvec ferveur ceo Dieuxj doni les soeour» 

Peuvent seuls aclievcr us ceu^Ti'a commencée*. 

Itutruît par eux, alurti ri^n ne t'nbusera : 

Dca î'trca difTôrGiitii tu Aondems l'essence ; 

Tu connaîtras de Tout le principe «t la fin. 

Tu sauras, et le Ciel le veul, que la Xature, 

Semblable ejt toute chose, est la même en tout Ueu î 

En Borte qu'êcloin" siii tes Ji'oii* véritable», 

Ton ecour de vbîub dt-^sits ne se repaîtra pUis, 

Tu verras que Im maux qui (lévureut les hommes. 

Sont le fruit de teur choix ; et que ces mallifureux 

Cherchent loin d'eux Ua biens dont ils portent Iil souree. 

Pt'U s&vcut être heitrcux ; jouets tlca p8«*ions, 

Tour ù tour lialIottÉa p:ir des vagues trontmÎTKB, 

Sur une raier hmis rive, iU roulent, aveuglés, 

Sans pouvoir rëfieter ni céder 2k l'orage. 

■■ I>iQu ! TOUS îes »auverj«Z en dcGsillnnt lenre wux. . , , 
Mais non ; c'est aux Humains, tlont ta Roue est divine, 

A discerner l'Erreur, ii voir la Vi'ritû, 
La Xature les sert. Toi qui l'as pénétrée, 
Homme sage, homme heuiein, respire dans le port. 
Msûs observe mes- Inia, en t' abstenant dea choses 
Que ton âme doit craindie, en les dietinguiuit Tjiea ; 
En laîasant sur le corps réguer l'intelligeuee : 
Afin que, t' élevant dons l'Etber radieux. 
Au sein deâ Immortels, tu soia un Dieu tûi-mèmo ! " 

Ces vers contiennent l'exposé d'une doRUinc que fabie- 
d'Olivet considérait comme bax^e sur toute La science antiiiud 
et qu'il a cherohë i^ scrrii touto a.a vie snn» lu dë^'oiler onti^- 
nient. Voici en quels termes U mconte lui-m?me les immcnBas 
tntvnux auxquels il M coaduit par l'Cludo de cette doctrine. 




FAUttE-DOLlVET. 



m 




'Les extraits itiiTaiiU sont liras de V£tat Soeial é» rUomm», 
[ouvrage en deux vDlum«a ptiblU deux an» arant sa mort. 

" Jp me dÎH : Puieqwo !e S5ph«T do MoÎbc-, qui contiont la 
coâmogotitc de cet liunime ci;Ii:lirc, ust évidcmiiitnt le fruit 
^d'iui gcuis tiù-a clûvc, conduit pue uuc inapivation divine, il ju: 
seut contenir quo des principes vrais. St ce géiiie n quul- 
F^uefuis erré, ce ne peui eue <|uq ditns rEnchmiiË]iu;iit Aizrt 
Cùne6qutncea, on fronchiaaaat des idies intarmcdiftir^s, ou en 
rapportant ù une ccrtnitii; oause des elfeu qui appurtecitieut & 
J'aiLire ; mais ces orreura l^gâres, qui tiunneut souvent lï la 
[.fromptiludi.- de l'éloiuiTiun et \ l'cclat des images, ne taat 
rica à Ia vérité ['i:ind;kiu entai e, qui est l'itine do sce écrits, et 
nui doit se trouvée eBseniieUemûat idi'Ulique dans tous les 
ivres sacrée des nntians, (^taauèa comme Iq »icii de In source 
)u« et fôeondo d'où dûcoule toute vérité. Si cela i\a paraît 
baa ainsi, c'«et que le ^êpher, composa dana une lungue 
îepuÎB king>letap« ignorée ou perdue, u'mI plus entendu, et 
que ses traducLcura en ont Tolaiitaiietncnt ou involutuiiiie- 
ment déndtuTC on perverti le seua, 

" Apr^a aveif fait et rui son ne m eut, je passai de suite !i soi» 
applicntion. .T'exB.niiiittî de toute !,i force dont j'étais capable 
1 hébreu du SépliËT, etje ne lardai pas è. voir, comme je l'ai 
diloOleuis, qu'il tr£tiiU pas rmdit dans les ttaductioaa vul- 

Mairtà, et quL' Moine ne disait presque piis un mot en lièbreu 
c ce nu'ou Ini fu-isoit diie en grec ou en latin. 
" Il est oaniplèlemcnt inutile que je repaie ici plus au long 
ce qu'on peut trouver «nliSrcmcut développé dans l'ouvrage 
que j'ni composa exprî-s sur ce siyel ; • qu'il me auifiae de 
dire, pfiar l'intelligence de celui-ci. que le lemp» que j'nvais 
dcatinc pour ûcriro l'Histoiie de la Tcire, apiâs quo j'en atu-nJa 
lasaemhlê les matériaux., fut presque enUùreirnjnt umployi' ù. 
expliquer un seul des monuments qui les contenait en partie, 

^ftfia que ce monument d'une irrefritgidilc authenticité nt 
CtinlriirLVt pis, par âon opponiliciu formelle, ruTdoiinnnce de 
l'édifice, et ne le fît pas crouler prir »h base, en lui refusant 
eou appiù fondiuuenlol. Cette csplicatLon inCme, faite à la. 
DJiuiiËre ordluairu, n'aurait pas aulli. Il falliiit prouver sus 
antres, avec bestucoiip de travail el de peine, oe que je m'étais 
asee'f. facilement prouvé îi rcoi-mcme ; cl pour re*tiluerime 
g longue perdue depids plus du vin^t-quutre ^iL-cles, créer une 
■ ^ammaire et un dictionnaicij Taiicid, appuyer la traducCLon 
F T«rbale de q,uulqaeii chapitres du Sèpher d'\me multiludade 



*t.A L*snriRi!BaAïairtiLESTiTr(E. etc., S roi. In-ita., dans Umiu 11 en 
truuir I* crisiniiftnnip i\e Mnl»p, tvUe riirtllp est cjntpnus daÎBllfesdfl prt- 

EUMiBubii;H,Uvt duSEiuiEUiTU, culgolreuiEiit mtt-LGBxhk. 



IT4 



APrEKDIC£. 



" Interrogeons les uchives soorfes da Gciire EttiSAin. 

" En ouvrant loa liTTes twciés des plus anciennes Q&tioQI 
du mande, ceux dea Chinois, dei Hindous, des Hcbrciuc, ou 
âo3 Paracti, on voit <i\ia \<t lèçne tmimal^xistnittouL entier 
avant que l'Homaie esistilt. tursijue l'HuiiiiiiL- parut suj la 
BcSne de l'univers, il l'omin. A lui seul un quatii^me rf jçne, le 
Sè^ne llatninat, Ca rf:gne est nommû Purv^Iiau poi les Ctiiciuiiii 
Fovnu pur les Br^limea, Kcn-Qmonii ou Slnehia par 1h 
secia.teurs d« Zorosstri, et A'îamt par les H^reux et par tous 
les peuples qui reçoivent lo Sf plier de Moïse, soit qu'ils s'jr 
rattachent par rEv&ngilc comme Ica ChrêtictiB. eoit qu'ils y 
remontant pur Le Coran et l'Evangilç, eoinine les MusiùiiiitBl. 

" Au mom-enl où l'Homiae parut sur In Terre, les trois 
règnes qui en faiment l'ensem'ble et \i divisent existaicnL 
Lo rii^xu: minérnl, 1« vCgËttil et ranimS'l avaient été l'objet do 
truîs créatiuiiB auceessïves, d« trois appEirïtiona ou de (roi* 
dévcloppcruente; l'Homme, ou plutSt le règne hominol, fiit 
le qllat^il^me 

" L'Iîoinnie, âeatiu^ à être le nceud qui utiit la DÎTinîté à 
lamntiJ-ie, fut, stlun l'expressioii d'un moderne n a turalis le, 
Sa. chaîne de coniniunicutioa entre tous les ctres. Placé uns 
contina d« deux moiidos, il devint lEt voie d'uxdltation ditns la 
corps, et celle d'nbatHsement dans l'esprit divin. L'wssvnce 
élaborée dee tioîs r^^ues de la neture se réunit tsa Itii A une 
puisauicf! TolitivQ, libre dans son CBsor, qui en lit le type 
vivant de l'unLvL'is, Cl l'itnuge de Dieu même. Dieu est le 
centre «t la firtunféronet de tout ce qui est : l'Homme, & 
l'Lnitntion de Dieu, est le centre tt ia eircûnférooce de U 
BphËro qu'il habite ; il n'existe que lui seul dsns cette sphini 
qui soit eompusë de quatre esseneett : aus^i est-ce lui que 
Fythsgore daignait par son mystérieux qiuttemBtTo, 



luuneUM et pur 3;vmbolc, 

SoutCfl Aa lu. Krituro, i-t modi^k- dps Dieux. 



J 



" Lu notion de toutes choses est oongên&rc à l'homme : I» 
soiomse do l'immensité et de l'étemiié cm dans son esprit. 
I>eH ténèbres éxiûsses lui en dérobent souvent, il eut vni, le 
dÎBL-crnc tuent et l'usn^e ; maie il eiiflit do t'cxereicc aesldu. dn 
sefl facultés pour changer ees ténèbres eu ltiini6rc. et lui 
rendre In posseBwii.iii de ces trésors. lU'Mi ne peut résiator à 
Is. puissance de sa Volonté, quand ha Volonté, émue psr 
l'amour divin, principe de toutttA'ertu, agit d'nccoid htdcU 
Providence 

" I.'IIomme appartient h. une nnture triple ; il peut donc 
vivre d'une triple vie : d'une vie inâlinctivc, d'une vio ani- 
nique, ou d'une vie intellect uellc. Ces trois vie*, quand 
elles KonL toutes Les trois dévelopX'ées, as confondooi duis un» 




TABRE-Tl'OMTKT. 



lïs 



quUri^iiiC qui oet la tio pToprc et toIiUta àa c6l Ctie admi- 
rable, dont l Houruu immarullc «at Oum lu vie et 1& voloUé 

«ina 

" I)^» qac le premier mouvement est donné à l'Ctre humain 
puissance, et qu'il poaie en nctc paT un eâ^t de ea natim, 
ii»i ili'lcnniiKTC pnr la Ciiiise première àv toui Icfi ÙUes, 1b 
lytr irjiiiictîf' attire et dûselup-pc les ^lômont» du (wy* j Ir 
lycr luùniiiiiic cri'-c l'/inin, et 1 intclleutuol élabore Vapril. 
■liommo se ooinpoie donc de Corp», d'Ame et d'Ktptit. Au 
'oi|is appanietuient les l/taoin» ; k l'Aine, les panion» ,- à 

riîsprit, les intjiiratùiii* 

" tjuand jû dis que l'homme ett ainki, oel& ne doit a'entendie 
qne de rUonune en gÉnËml, conHidcré ii1utiii(;ttvctii<!nt dans 
Ik ptiuiUUltÉ de eo» ewtunce. L'hmiunu individuel khi uè« 
nrcoient dêvoloppc doiu toutes nce modiâoiitianH mentales, 
mêiD« Hujourd'hui que le Kgne homiaa) jouit d'une grande 
puikannce dnns In nature. Duns l'enrnnce du ri^gne, 1& masse 
de rtiuraanité otAÎt luiii d'tlro ce ((u'elle est h ptéacfkt ; In vîu 
instiuctivQ était dans l'indÎTidu la ^io pr&pondcmnte, i'ani* 
Rtîque 310 jeiftit que de iailjles lueur*, et L'iatelli'ntiiolle 

n'exi9tu.it encore qu'en germe Un liomme partifulier est il 

une gronde nation, connue une gruiidc iiutioii o&t au règne en. 

fbiéiaL Qui Ëoic, pai cxctsplu, combtvn d'^ommtB aiaieiii 
lumi Leiu' cnniÈre d4?|)ntH la plus fniblo qutotd du la via 
'jusquTt «in cstrûnie d6cliii, parmi les peuples d'Assyrie ou 
d'UgypLc, durant la longue exietcznce de ces duux peuples ? et 
qui sait combien Ans peuples senilblaljlea sont deslinCB encore ii 
Di'illei' Et il s'éteindie sut la grèiie d.u mondi?, avant i[ua 
l'Honune Uttivi:rael arrive h la cadtieité ? 

" En trnçnnt lo tablcnu mf^taphysiiiuc qu'on a tu, j'ai cotisi- 
âéri l'homme dutiB le plus gfimd dû velop peinent qu'il puisse 
attoindio Ktijaurd'lini. Ce dOvcloppcmcnt tnciiic n'cipparticttt 
piisùtous iGahomm-sBj il u' appartient p4a mùmoàU plue gi'Ondo 
pilrtifd'fntre eux ; il n'eall apunage quedu potilnombre. I.u 
nature ne fnit pAS los homme» égaux ; les flmes dïfft'reiit 
encore pluË que les corp.t.... L'^'gnlitc tans doute est «liuia 
Veosoncc voUtivo dctoua, piùaquo cette essonce eat divine; 
ftinaig rinôgûlilô s'est glissée duix» lus facultés pai' la diiersitê 
f de l'emploi et la difl'éT«nci' de l'esarcico, . . , L'égalité animiotit 
esl doDCt djins rantiialîté des clioats, une chimère encore plua 
grande que l'êgiUité dco force» instinctiTes du corpj. L'uié- 

»galité est partout, et dans l'iutfelligeaco encore plus que danit 
tout lo letitc ; puisi^u'il y a parmi les bommes eajatanta, et 
■urtout parmi ceux dont la civilisation n'eet qu'ébauchée, un 
grand nombre d'hommes dont le oemie intellectuel n'est pas 
Ri^me encore en voie de développement. . . . L'homme est une 

Îiuissnncc, maiti UDa puissunce en geimc, laquelle, pour menî- 
caicr ses proprîût^s, ptmi atteindre ti lu hautcui o(t »» 



v 




176 



KTFtsimcz. 



deednéw l'appellent, a besoin d'une action int/ilenra jvertuve 
par une Action exiJrteare qui la léactionne. C'est une plante 
céleste dont lea tntines n.Uadtfe'» à la terre cIoîvenL y pampa 
Ue forcos ôl^mciiiairon, aii» àe loe élaborer pur un tr&vml 
particulier; et qui, OlôTOnt pcuîLpLUHU ligo luajeatiiouse, et M 
coiuT.inl eiLsn caison de flpuni et de fruiin intanectuel». Im 
mûiiBse aux rayoua de la lumic^ie divine, et les offre en 
liolo«nu»ta DU Dieu de l'um^'a's 

" Mais ii l'homine n'est d'abord, i^omrae je Tiens de 1« dir«^ 
qu'tLse puJBsimci; l-d gcnne que In civiliiation doive diV0* 
loppct. d'où lui Tiendront leo principe» de cette culture î 

" <re réponds que ce sera do deux puiisunciM auxqi>«Ue> U 
80 trouve lié, et dont il doit foiincr la troisième, aelon lu Imcii- 
tîon du théoaophe idiûiois. Ces di^tix puisenncea, au nùUeu 
desquelles il ee trouve placé, aont le Pestin et Ift PBOTii>iDiCii. 
Au-deHïoiiB de lui est lo Destin, nnture tiôoes-Kitae et naturëe; 
au-dessus de lui est la Providence, nature libre et natuionto. 
nest, lui, comme rhgnù honiinal, la, volonté médiatrice, la 
forée efReîente, plocéB entre ces deux natures, pour leur servir 
de lien, de moyeu de coniiiiumfB.riiin, et réunir deux nclion», 
deux mouvements qui seraient inconipB.liijlefi aiins lui. 

" Les troii PuisBancca que je viens de nommer, lu Vaavt- 
DBNCB. VIIoMME poMsiiiériJ eonimo rù^ne liomtnnl, et le Desrnt 
constituent la TEKNAIIIE UNIVERSEL. Rien n'échappe 
& leur aciinti ; Tout ]f ur tn «oumiA dnns l'Unirera ; tout, 
excepté DIEU luim^nie qwi, lea enveloppant de sçn insondub!» 
iinîio, fotaiu iivec pux cette Tktuakb suerùe des Kncîena, c«l 
touuenDL- quuttrnuiie, qui eél tout dann tout, et hura duquel 
Un'cGtiiGii. * " 

Pabre-d'Oliret n'avait pu voir la Trinité dans l'Homme et 
dans lo gouvernement de ru.nivprs. sans la voir dtma la DItI- 
nil6. Aussi lit. on dans «es Ezanirnt itfs Vert Dorrs, le pal- 
^age BuirnDt, dans loquel ce 'dolente d« la Trinité conduit 
l'nuteui A unv vie eyntiiétîque sut les diSi^Tenta cultoe de U 
terre : 

".... Le but àe tous les cuit» éttmt <^lemcnt de conduire è 
la cannniEeïincede InDÎTiniti/, ils ne dîB^rent entre giuc que par 
la route qu'ils Uaccnt potir y parvenir; el cette route déperd 
loi^oura de In manlî-ro dont la Divinili^ Il &té ^nviungri: pm 1« 
fbndstrur du mite, SI oe foncinteut Va, eimsidérée daiu ton 
intoUigvncc, il a vu la Divinité duii! nos raodUlcatioa« 
anlrerBeÛei, et par conséquent triple, eoinnie W&ivws; s'il 



I 



I 



• rpl'PUi «wl»l !l« momme ; en rne> nhîliwophlqneji mir l'îîiitlïire lu 




fabbe-d'olitet. 177 

l'a considérée dans son entendement, il l'a Tue dans ees 

Ïiincipes créateurs, et, par conséquent, double comme la 
rature ; s'il l'a conaidérëe dans sou instinct, il l'a tus dans 
ses facultés et dans ses attributs, et par conséquent infinie 
comme la Matière ; s'il l'a considérée enfin, dans sa propre 
unité Tolitive agissant à la fois dans ses trois modifications, il 
a TU cette même DÎTinité selon la force ou le moUTement de 
sa pensée, ou dans son essence absolue ou dans son essence 
uniTerselle ; c'est-à-dire. Une dans sa cause, ou TTne dans ses 
effets. Examinez bien ce que je Tiens de dire, et Toyez s'il 
existe un seul culte sur la face de la terre, que tous ne 
puissiez rapporter à l'une des espèces dont j'ai indiqué 
l'origine. 

" J'ai dit que la Divinité, considérée dans l'intelligence 
humaine, se montre sous l'emblème du ternaire universel ; de 
là, tous les cultes où dominent trois Dieux principaux, 
comme aux Indes (Brahma, Vishnou et Budra), en Grèce et 
en Italie (Jupiter, Neptune et Pluton) ; trois modifications 
principales dans le mime Dieu, comme en Chine, au Japon, 
au Thibet et parmi les nombreux sectateurs de Foë ou de 
Bouddha. Ce culte, qu'on pourrait appeler celui des Tri- 
théistes, est un des plus répandus sur la terre, celui qui se 
mêle le plus facilement aux autres. Il plût à l'imagination, 
et donne de grands moyens à la sagesse pour s'élever aux 
vérités intelligibles. 

" J'ai dit que la Divinité, considérée dans l'entendement 
humain, se manifeste sous l'emblème des deux principes 
naturels : de là, tous les cultes où paraissent deux êtres 
opposés, comme dans le culte de Zoroastre. Ce culte, qui se 
rencontre rarement aussi pur que chez les anciens Paisee, 
ou parmi les sectateurs de Manea, se mêle volontiers au tri- 
théisme, et même au polythéisme : il est très-reconnaissable 
en Egypte et chez les Scandinaves, et beaucoup plus 
enveloppé chez les Indiens, les Grecs et les Latins. On 
pourrait regarder ce culte comme une Dyarchie naturelle, 
et appeler ceux qui le suivent des Dyarehi»tet. Le 
jugement et la raison s'en accommodent fort bien ; aussi 
Toit-on ordinairement les profonds raisonneurs et les 
sceptiques, y incliner maigre eux. • Son abus conduit à 
l'atiéisme ; mais il offre de grands moyens, quand on en sait 
&ire un bon usage, pour pénétrer dans l'essence des choses, 
et parvenir à l'explication des phénomènes naturels. 

" J'ai dit encore que la Divinité, considérée dans l'instinct, 
se présente sous l'emblème de l'infinité matérielle : de là, 
tous les cultes, où par un mouvement contraire, l'intelligible 
devient sensible, et le sensible intelligible ; comme quand les 

* Cela est frapput, snrKnit duu Bayle. 



178 



ATPEÎfBtCB. 



ittjiboU et le* £icuItC« de la Divinité ^e putienUtiMitt et le 
peaioaiiiâcnt, et que les m^enu do la nature, ksnsnwada 
r0nivcra et let ctrw indtviduvU tiux-iu&mcis, le dlviafawDt. 
Ce culte, auquel j'ai donn^ le nom de l'ufytiéiimo, «al partomt 
aouB dircrsca formea et baub divers nonu, la |iurtt«e du 
vulgairQ,..,,,.. !?^on nbuii pr&npitn leepaniplts uana 1 iitolA- 
trte at la auperetitton -, atm bon pmiiloL évertue lea talents, et 
dûnn» lU^attoe tnt rcrtun tiAruïiiuu*. On devient artiAU ou 
h^roa Mr rvocaltatton du l'ulyThéisnic ; Eavs-rt un pliil(isopb« 

ÎU coua de la D^arclùe ; «l safce ou tliéosophe pnr ceUe da 
ïithUaiuc. Cce ttois cultea, »oil purs, soit diversement 
uAICfl. lotLI ka Hc-uls dont La transfi^rmation EOit p'OeBÎble; 
o'<Wt>i-dlrc qui piiieKvtit t'itri' revËtus di> fiirmce OBtensililea et 
reulÎKTaia (laiu un iitui<l [jui-tcgnque. Le quatrième culte, 

S|ui ne fond» itur l'untif' ubeolue d^ Dieu, u cat point txatiA- 
urmnbk'. Voici pourquoi : 

" La Dlvliiilé ctnisiJ^iôe dant l'unité ToUlive de l'honime, 
agJMant tk la lob dan» ses Unis fucultcs principAles, te 
manifeato, «ommcje l'aidit cniiti dans eon âaeenee &bs<^u0, 
ou daim Hon camonce univciscUe, Uni> ditn» sa caus<>, uu ITno 
dans scfl oITcta : de là, miji pluâ, tous Hb cullea publics, mali 
ti>u« les myiit.ùrtfi secrets, tnutes Ira dncliinÉe myâliquce et 
contomplniivce; car, conuneiu rejiréBenter au deliora ce qui 
a*a de reueniltlanee avec rivn r Coiumeiit Tendre senuble ce 
qui est AU'deEsus de taule IntelligoncG : Quelles expreasiODS 
ootiTieadrotit à ce qui est incxjiriinnlile, h ce qui eat phiB 
ineSlkble quele stlenco int'ino ^ QiicU temples 61^v«ni-t-ao 
ik ce qui eut iucmnpréliensible, înncce^sîtilo, insondable } Lee 
tliÂoeoplics et les Bagc« avoicriit gcnti ces diilicultéc; ils 
avaient vu qu'il faut suppriiuct tout discouTSi éloignée tout 
simulacre; reitoiiror !l touti^ enceinte, nii^antii enfln tout 
objtit sensible, un a' exposer h dnnner de faueaee îdéea de 
l'eascncc absolue d'un Etre que Tespoce et le temps ne 
peuvent cimtcnir. riunieure osi'ient l'pntwprpiidre. On 
auit, en h' L'n foi II; tint ilâni une aiiliquilé t(&s-rtH:ulc't^, que le* 
plu* anciens Mages do la Perso n'ilcvcûenl aucun temple et 
n'^rigcaieiiit niicimo statue. Les Ilruidoe en uaaitôit de 
mfuie.* 1â>» pteinicrs invoquaient 1« Piînripe de toutw 
choflfB sur le BotMnet des inoiitagnce. les seconds, dana U 
piofondtuf de» foiûts. le* uns et les autres juscaiont 
indiiçiiP do In Miij>s[(> divînc de l'enclore dans une enceinte, 
et du la lepri-seniei par nue image malÉrielle, 11 naridt 
mSmc qu(! k« picmiers lloniain* paitaffeaieikt cette opmteia. 
Muii CCI rnhe entji' rein Mit intelleotuel et di-nuC de formes, &• 
sauriiit mibaister longlenipa. Il faut, nu penpie, des objets 
•eruit)lM sui Icsqueb san idâoe puissent se reposer. Cea 

• Ftllautln-, Ottroiu ou Cuns, h V. B. 3. 



TXBKE-D' ou T£T. 



17» 



' «Iqfels B'iaaiavcBt u dépit mime ds ligHiHittKa ^-ai eherch« h 

(<Im praicrir«, I.CS imitms, les Btutuos. Iw tomplra se 
inultiplimt maJjJiT^ Im lois qui lei iléfîtndcnL Alan, *i la 
cullc nV-protivc pria une xMoTmc Nthitnirc, il ■« chkiiKC, ou en 
un giMÙcr Anthropomorplûame, ou go un mrtuiiati&me 
IiIkoIu 1 G'(is.l-ik-iliri;, que l'hafnntc du peu pin, no pounint 
*»'élevcf jusqu'à l'Unité JDlvbie, rBbaistejubqu'ii lui; et que 
te lATuni nu poiiTMit tu coniiiiendro et croyant nûnnnifiln» la 
«ai»ir, lu rontond avec It. Hnturii. 

" C'éuil puiic éviter vMtv catAfllropbe biérïtable, <^ne lea 

'■Hgcs ot Ice thâoeophcc nvaicnt fait un mystùro de \ Uiùtû 

"de Dieu, et l'araicmi cacliiiâ au fond dce sanctiuiircB. Ce 

[ n*6tait qu'uni^ àc* jprouvoii multipltân vt luTvntii! l'intlitî 

était Jui;é digne d'Aue iidmi« au sublime degré de Vitutopaie, 

^u'on «oulcvait ù ses yeux lo dernier voile, et qu'on livioit i 

u contctnpUtion le pnRi:ipQ ci tu fln do toutes cLoecs, l*£ue 

des Btrea, dan* ton îniHindnlile niiitô. * '' 

Noua n'avons pas 1« pt^cntion de faire connidtxo par 
^tMlijuGa extnùtH troniiuê» l'utuvic ni iiii{iortainlc du Fiil>r«> 
d'OUvet ; nous avoni voulu seuleincnt on matquet le caiactilTe 
«l la direction, et expliquei par li rinfluenue t^ue celte onixTe 
exvrçn sur Phitippo Fauie. Si la poitârit<$, appliquant U loi 
d'unitiâ qui iiispiia à Saïut-Junl eca rssTiTCTiûxs, exîgc&ît, 
avant de ic piuuoncer aur lea travaux de Fubre-d'OUve:, 
qn'il Hc piétcntdt nu Jngoment arec las amis tntcUeotuals, il 
C*t probable qu'il ne demanderait ce niprfmc *ccDim ni 
à Talma ni & Kapolâoa,t ^ qui lui eircotuitiincc» plutôt quu 
l'amitié l'unÎTem «n monicni; mni» qu'il invoqurrnil l'uppai 
de CoituT SB UvuELiK, at de celui qu'il appelle le PUUotopho 
Inconnu, S.MNT-MiUTix. 

Saini-Miuiiii uTaji réaumS dans non livre sur Dittt 
r Sitminj; et r Vmvtr», la tradition, mystique de Swodenbnig, 
de Jnoob BoDlmie, et des cxtctîqueâ frau^ius. Un soit quelle 
action cex myctiqii«s curent. Il lit un du nix-IIuitièmu Si^eley 
snttaFranc-Mui^nncrie. et par suite sur InsociétôcuropËenne 
et aur la RévoluLion FtançaÎM!. Au milieu dea oihjjqb de cette 
R£voLuUon et des terribles guerres de l'Empire, 1q PMhsophe 



ÎCb no hit cpip pendaut 1m C.mt Imnv fï «rfiee i Cartiot, aa» P»t«*- 
lirct put Ikiro laiprtinci U Coixuo (MtB va UeliUt (I.UWVB UÉBOoitif 
Ba>nivta.> 



180 



ArpKxnicE. 



Jhmhiiu axait tentt: de canserrci les prioclpca et leê inititu- 
tions Beoiitts du Myeticisme. 

Pe ion cât£, Couit de Oéticlia, ctierchunt duui U icicnoe 
cette u II île que 1& RËvdlution n'nvail. su xn pu rriflUuir duu 
la politique, avait es^&yé àa découvrir le» nfiginc» do lânea 
humaine, et luimueiicC daiu son Moiule Priinid/, se» reclieichBa 
eur retlmogrnpMs et sur lo IftQgiigti, qui (ure«l pour les 
philologaes modernea la source do tant do beaux traraox 
M de ei fiSeimdea d^hrouvcrtos. 

Enflammé de rcathausiasEaci du premier, excite pnr ta «oif 
de connnîue itui (l<-vniiût le «ccniid, un pnnicur unit en lui 
leurs deux tendiiucea : il chercha Ik faire aboutir la êpé- 
calationa du My-AticistiiG i^ des ctini;lusîous scii-ritifii^uus et & 
de% applications utiles ; il e'uttui'lm tiux BciirniMia occultes, 
mais pnur y tiouTei la clef dcn myalt-res antiijuCa, et pftur 
pénétrer, à l'aîdo Je cette cUf, dans Ica plus profonds 
arcanes lia la coanaiasance humaine i ce saxant en qui 
l'exaltRÛon de Baist-Maniu «'allia si puise atitme ut k l'jru* 
ditloa do Court do Gûbciin, oo fut F&buz-d'Olitet. 

HOTB Cff). 
BÊRAXGER. 

Paob 14 : " Bf^rangcr a pu te conimuniquer son 
" idée de la patrie, (^) mais, etc." 

UiS PBIFOIFJlLES CKABSUJÏtS DE SËUANGKK. 

{Beimtt Sun rteuaii d'étude» tUlèrairt» hril par PhUijip* Ftatrv.) 

— " L» roi d" Yvelot, gaÎD, «ntiiifiiio, aux vcth coup6a facile> 
ment et hi<m chantante. — Le in^iattur, oui ôt tire Vapoléon. 
— Sai/rr Bonteiiips, ilimce urhiquo îint. niiibtttuux, (Aoge joyeux 
et un pcoi tri»tc dos bous ciifanU. Janvier 1814. — Zm Gau* 
drîcU, im peu folle, cl qui ec tcrminii par un Uait fort eomîiiue : 
(au pl'toe i[iiï Vexborlail,) — La wiiVr arewjU, jiuintiire «laïri- 



—\,aartri pu, doiiç romance, inspirée par l invaKion ; la 
prcToî^c chunatin ciui mérite la nom d'udti.— I^si gueui, tit 
detemt» aux cn/cr», efi perce la ruillt-iie du Philosophe.— ta 



béila.hgï:b. 181 

coin de VAmitU, prétentieuse lomance de Demoiselles, — Le 
vieux célibataire, critique de mœurs fort amère et fort juste. 

— Les Gauloie et iea Francs, appel aux anncB et a l'unioa 
des partis pour la défense du sol ; ode pleine d'images poé- 
tiques et d'aUneione sublimes aux faits historiques : 

D'Attila suivaikt la voix, etc. 

Le bon Françaie, protestation modeste dont le mérite, outre 
les atlusione historiques, consiste dans la circonstance qui 
l'inspira. — La mordante satire contre les nobles : Requête des 
chiens de qualité ; — Vieux habits, vieux galons, contre les girou- 
ettes et les Tendus ; — Les adieux de Marie Stuarl, poétique 
élégie, admirable de rersiâcation, de sentiment mélancolique, 
et d'amour pour la France. 

— Le curé, digne de Rabelais ;—Le caHlUmnem, attaque plus 
TÎve encore contre le Clergé. — La vieillesse, pleins de senti- 
ment, de calme et de gaîté douce : 

Mes amis, ce n'est pas vieillir! 

— Prisonnière et chevalier, charmante imitation des romances 
du temps. — Antoine Arnaull, Eévêrement jugée par Béranger 
lui-même, et qu'il ne publia que pour rendre hommage à un 
proscrit. 

— Traité de Politique, timide conseil donné à l'empereur 
dans les Cent jours. — L'opinion de ces Demoiselles, leste et mor- 
dante épigramme contre les hommes vendus au pouvoir. 

— Plîis de Politique, tendre plainte sur les malheurs de 
■Waterloo, ode pleine de sentiments patriotiques, exprimés en 
Ters harmonieux. — Ma vocation, plainte sur sa destinée, et 
justification de son rôle, qu'il juge encore aujourd'hui si 
modestement. 

Le bon Dieu me dit ; chante, 
Chante, pauvre petit. 

— Le vilain, protestation contre les nobles et les souvenirs 
de la féodalité. — Le ménétrier, jolie chanson de village. 

Xes oiseaux que l'hiTeT exile 
Eeviendroni avec le printemps; 

qui ranime l'espérance du Proscrit, 

— Les DEDx ScEUBs de Charité, admirable et philosophique 
leçon adressée aux dévots, peinture touchante et pieuse de la 
vie de la Sœur, tendre et douce de la vie de l'Actrice, et dont 
le refrain si beau résume la morale évangélique. 

Dieu lui-même 
OrdomiB qu'on aime ; 
Je vous le dis en vérité : 
Sauvez-Tous par la charité. 

— Le Marquis de Carabas, ce portrait ridicule des absurdes 
prétentions des ém^réa. — Pailkuse, joyeuse épigramme contre 



1B2 



APPEÎTDICE. 



l«a pointes ctnirtisane qui sautent pour tout le monde ! — Xm 
dmr, pltnne du tristcm- et dont \ai vcn poîHîqufs wut lobUmes 
d'images et d'aUiulona : 

" V(nn BTCï vu bwnhrr In gloitt 
" D'im Ilinn trop in.iulu^ 
" Qui prit l'Auld Oc In Victoire 
" Pour l'AiiUt] lin lu LvberU," 

— Lr. Jugmk dharmlon, épîgramme trop juste coQtie le 
ptirquct. — Li* Vhatmts, idyUc eruciituie. — La Cocarde Bloiicfit, 
ciUru dCguisC-c, mais murdiinco, contru lus Bourbons de 
1815. — Mon Il'ihU, 6logc noble et joyeux de la pau\relé.— 
Im Sainte AUimife, parodie fiirt euergiquc des trnît&3 de 
Vionnc— 2.' i/iSTMiffi, qui contient quelques vers chaimants. — 
M(in Pe!i( Coin, V Irutépeniiaat, pri>t.cfiliiIioii tcintri; uemc qui le 
pressaient de fenoncer h «a po^itiâu mcdiocie. — La ifoniM 
visilli, touchant appel h \&, pûsi6rit6,— C<i(i'f<, leato peinture 
de», santînienls pnirioliiiuiw du l'aniiti.'. — L'Eiil^, t-iOXe élégie 
qu.*on ue peiii aiiiilyBcr, tant elle vst pkdniB do sentibiLtê. — 
M. Ju^iti, dirigâc coutrc la police et le» ufûntâ provocittcura 
qui fnisiicnt tomber les tvlaa do Didier, Caion, Bcrtoa, les 
quatre sorgent» de la Ttdchi'lle, — /,* Dieu Jet bonntt ^MU, 
eiprcs*ion calme et ilcmre du DKsme, fiuiniée d'yûllcur» par le 
patriotiamc. — Br<n>ïius, nltiuion k la gloire de nos «ime*. — £< 
fdtais petit iiiicaUt udo gracieusiB et twitchanle, qu'il serfiit 
Curieux de compairer ûvet le Vtcm de V. Ilugu; l'une tendre 
et aifec tue lise, 1 autre i&veiiiw et possionnéei lldiunger désire 
cbaiLier pour l&s autres, Y, Hug« dans son Vw ne pcoBEÛt-il 
qu'à lui : 

Si j'iîtms U (feuille que roule, etc. P 

~Dai;iW= tourire aux chanaona ifxm Vieitlard, apolo^c de 
SGS citants. — M^itAurit Jinmteu, sntîro morcUinte contre li 
Royoucf». — Cinqmi-nte ériis t/u nwi(<, excellenlc plnisnnHprie,— .Le 
Relrrur dam la Pairir, poésie dont lu litrL* milique sssex le 
Bontiment, pleine de nin^iVQiaunl.—Le Ventm, !ti ilùàion- 
nttirijs, t Enrhwnii, etc., t'outinueiit le feu roulant dirigé 
contre lu Kcstauration.-— ta Fariritmdalnc, double ttaUe^, 

Slaisanterie malheureusement tn>ii vraie, eontro le systènu 
e* interprétations. — La Sainte Alf!arto« dft Pmphf, appel 
rTicifi.que II l'union de la race humains, ik la Libeitv, i 
Egnlilé. 

—Le Champ iTAnyîf, odo mognifiqur, l'une des plus bellce. 
^Lei Enj'iinln de ta Frimcv, appel énerg;i<|Uc ïi la Patrie qui 
fl'eadort.— /■-«* Hosiiy7ioh, rommice tendre et mélant-oliiiiie, uu 
petit chef- d'a'uvro de sentiment. — Lts ftoittt tjui Jiltnt, dou- 
loureuse l^tégit), inspirée par une «uperfitition poétique. — L» 
Tmnps, Ma latnpt, toul«s gracieuses, toutea sciiEibles, et qui 
ormcnt un singulier contraste avec lu cliuoson presque impie 




SÊBÀNOER. 



1B8 



doat lc« trait! ipiiitMcls et !«• eoupt de fimct >ont mil dims 
U boucbe du Bon Di»M. — Les regrets nobles et pacriotlqueft du 
Vïtui lirayeaii, lécument touii? l'ÎTiitation lies solilnu d« 
l'empire «t tumoaccnt le pvculigicax effet que produlsînmt It» 
aobtvi couleur», «u 1»30. 

ifoH ttur Dupmnl, •ttun truU cl? cour«gcr ; Chrùtoph», une 
£pi(iaiiiiae burlenquii eontrc IcB ulliës. — iLuum XI, ofFre un 
ooiitnats Qolor£ de la "«io psiiiîbla dna champ» et dcn furmi- 
daMn wagoiMet du Tyitui.—t»s dmut Couiint, ]Joigiii!itt eu vers 
touchonta et froiuLi-iii? 1« rcrcr» do» gvnndes clyniLïtîca, l'in. 
eonMince des tiontmes : Napoléon U et Ucm-i V. V Oragt, 
qni â«vK3idnk la rundc de non enfiuiie, leur apprendra qob 
oâMSties et les f^ra rSfKcliir sur l'nviiiir.— " /.a cinyStài, est 
tme chwisnn Ai- (j^aii;," ii dit TiMSttt ; et t'«t là que BZ-ranger 
O, en cffgt, iôeum6 Ica imniic» poi-liqucs 1«B plus giundiuscB 
ptodiffuées par Bjron, V. IIngfp, Lnmarcme et C, Delavignc! ; 
o'ect lH qui? lui-même n'est tDuattj> la plus Cnidît, le phia 
hsanauiûox, le plus oiiginal, et certes, k ploB grand des potitei 
du eiëcle. 

Luprd/aetda K25 eatmodeete et eatiiii^ae tout It la foû." 

n est à regretter que Philippe n'ait pas eu le temps de 
poursuivre son nnalyM. Nous aurions eu aon seiitineat 
atu les denaitra recueils de Béraugûr, recueila BUpfricura 
encore, conunc mérÎEo Itttéialie vc eoninii> portée politique, 
ptiiloaophique et rolJgii.'Uflo. à ccm que Philippe nvait uou» It» 
yeux quand il foisiiit l'fltirlc qui pn'cfrtle. A défaut d'un 
jugement £crit de ba main sur l'etuenililv de ]'wu\Te du poëte 
national, oa naiiï pcnuettrn de plaucr iri quelques détaïln que 
doe propres souvenirs et nos eutri'tïeiia avec la m^re de 
Philippe TLons fcuroisacnt, et qui montrent toute l'influeDCo 
qu'a, eue sur lui cette poësic vralmonl fratiçaiso. 

" Dès le berce&il, Flûlippe chantait Ica odee patriotiques de 

ï^ranger qu'il nppuluîl : /.ea ehausant. A 9 onSi 11 rertvai-t 

eimi^&re d« l'Etit, reciieill&Dt dans sa mémoire, parmi les 

Souvenir» que tant de uoins înacrîls sur les tombes, HTaîent 

émquâs. le nom de Itrrauffur pour lui inséparablement Vi& au 

noni de Manuel, Il munuurait : 

Pour honorer latomlw, 

PïAi** wcaun au jioutTP ebansonnier ! 



De retour h la maison, il prEud une plume et d'abonduice d» 
MBUr, il cëlâbie, h sa manière, l'umiliâ de cee deux boEumea : 

8ur le» (l^briJi lio lo Patrie en eenilrM, 
. Hooi aoui étûn» ranocDtrà tous les doux 



ÂTTEVmOB- 



Cotte campoêltïon rcmarquablfl pu lo smtbacnt et l'&ge dt 
l'cnûuit, a&moli' aroii dvUsiuiné «a voundou. H ue ptwea plui 
nn jour suik ^erin. Ao» pcr*6m, sm affrotiann, en locluns, 
tout c« qui »e présente ; U a'exeici; k ht parole, è Vimpro* 
riflfttioii,... jOMtt Ka moment ob il a l'iunbition de bite un j^oï 
un ourrege uiuo iL sb patiio, d'njotiier un nom àe nhu aux 
Dama qu'elle Jut'cra <Ugn.ia* de Kuitvrnîr, rtîlimppHraelumiMii 
împftmîts. înoomplcta, par iaequcle U se nrepnre consciea- 
cieuiemeai. . . .La lévolutkiii (tiîl!(lSf%'lau; ilpenseàrniidii 
cluuuoiuûn: 

Bm, Mie «t aiùwt, tout etiùi |ioupIe ea InL 

Et PliilippL- Bc Inticc dnna F ac tion, E^t (Icvirnt joumalûtc . . • • 

en aiiendauc qu'il puisSB chanter : 

Jour do Ciibiiipho ^liûni l'uaircn. 

Unû) ce jour ne vint pus pour lui. Dili» IVxil, quoique 
■ouvem. dScouiagé, il reveimit. k ses nncicna traTHUx ; U 
^tutUilit, il anaassii.il des mutî-riniix, Tnnîti il n'^puisuit en 
cSbrU inutilcc pour amener V l'nim, VBarmonu, parmi lc4 
mambres brUfis do lu ^ ruscriptlon. 

Il lui levvniiit uu reiram île Béranger : 



Eu nu crî-utt Dkuin'udit: Nctaiinen. 



**Non, BËranger. l'homme ne peut pus dire, snns ne mealii 
" ù Im-mBmc, qu'il n'ci^t rien et encore niouia nue Dieu l'a 
" oréô pour 6we BiVn, Au contmLii!, Dieu 1 a orée pour 
" devenir une des plu* grandes puIsBnnceB c:éle«ieR. Un 
"'Accident a'eet oppoHe il sa» dL-ïo!o^ipcin(.-nt, mais co moave* 



•^WHayon de la L'erfutlibllité." 
Et to eJiansoJiuiOT en avait le pressratimenl : 

AJ] ! mon Adui, je in*cn douluû. 

Na dit-il pu mcKlofltcment : 

Je HP BuU qu'on ver liiUnnt; 

Mois je rcuoa La nuit latâut >um1>ri! î " 



Bëronger, nC. commo il noue l'appcend lui-inônv. rfantr* 
Paria, i-ii'.is n'on ET UB miskbb, en tan du Chriit mit-trp(-ecnl 
çaalrr'-vinift, CM inort b. Poriii, lo \Ù juiîltl 1857, ifié de 
77 ajM. L'éclat dM abaâquM officielles «i^u'on lui flt et qui 
contr.-tslu si péiublement avBC la dignité des funC-iailles d« ion 
ami LamcHiinia, cet encore trop pi^Boal aux fsprita p«ur 
ijuc nous j ituintioue. 




tBSFAÏÏCB DK PHILIPPE. 



185 



I 



I 



SOTS {g hit), 

UEXPANCE DE PHILIPPE. 

PiGB H : "Kal no fo. fait brave» nul ne t'a fuit 
P' " dÉTOné." 

"TovjiU-iiciifBnlssrtnlrf^itiolM pour leurs pnrenis; peml'cn- 
IJmiB uni Cté ausA! heureu-t, tous le aaTOE, moa cher Aug::utC( 
QuePhUip))<^;(:o!iibU<l'auliimd'cloge» et de cturiw«t«,otpaf un 
plu» griuid nnratjre de iiersonnti. Souvent cittte adarntion 1rs 
gite ; puur lui, au coiiiruire, ju crois que t'eBt là ce ijiù a le 
plTiH contribué À lui liupicci Lo ecatimcnt du devoir et le 
aâvaiiCTnciii, mfmt? au pris, du saciiAce. 

Ai^i- di* cinq iiii», il clcmsTtilsJt k fjûre aa priire avant d'aller 
àcrnuÎT. — " Kt pi>ui'iiuoi," lui demaDdo un onolequi sepUifût à 
le taquiner, " qu'syi-iu dtrne tt deiouiidiv au Bon Dieu, gu'mt- 
"ce qui te mnnqueî" — "Je gaja qu'il ne mo mnn^ue rieo," ré- 
pond Philippe. " je ne dia pas qu' il me faut do plus ; mata je 
" vvux prier Dieu pour qu'il m'aime, pour qu'il donuo à 
" Mamnn ImiI ce dont j'ai besoin, e1 pour lo rc-nuTcier." 

A quelque temps de IS, un aoir de carême, comme 4 l'ordi- 
nuirc, la Taniillc ctait r£'unic en nombre dans In chambre de la 
biaai'vuW, et l'iiu Cchujigenit dos pluiaanwries aiiiioalcs saue 
suit«, La grrtnd-tn^Te, an coin du f«a, liuiit l'Evac^lc à haute 
Toïx pniir tioi» nrrifre petits tnfiinta qui écoutaie-fil alteiitife la 
mort de J<!EUB-Chrû:it. Un doB jeunes oncloe de Flûlippe Lui 
frappe *ui l'épunltf :—'' Que di*.tu décela, loi ?" — " Ali!, tnoï!" 
»'fi-rie Philippe, "j'j/^tnia, j'y l'iaîtf at cela m' a, f ail tant de 
" prinef et il ae mit î\ pleurer. — "Aurait-il donc la piêtention 
'* d*Broii a»stst£ blaTussion de notre Seigneur?" 

Il ttitit ATai ; Ba vive mémoire lui rendait présenta les amis 
absents, les 1i«tu: qu'il nvnit parcuuruB, tout ce qui s'était 

EnsE^S stnu ece yvux; et Bon imaginalion l'ideiitifiQit avec ses 
(Ctures, pomniD s'il eût pris part aux lîvénementH mémoiablCB, 
comme s'il cilt vlth nrec les grauds liomniEB dont le curattï-ro 
M Était sympathique. 

H avilit dis ans ; j'hésiliùs h me ebiirger d'une iRsponsabi- 
liti^ dont je prévoyais tou* les iiiconTonienU. — " Vihre si nous 
" ne voulons rendre scrvii^e qu'à la condition de ne pua niiire ^ 
" iious-mômcs, n'eal-ce pas Ifi ee qu'ctL appelle Êgoisnie î " 

Et toujours tl me seconda dans tous le» devoirs, li.instous 
lïS soinrt pieux, fiouvuit ptnihkii, avtt uno tifueion do ifiiurj 
mais TOUS avce pu juger lo te-ndro reepcct et lu Teeonnutsi^anuo 
qu'il avait tuu^s ft ses pareiitd, tout eu se réservant cette indé- 
pendiuico moTAlr i^uc je lui avais ménugûe avec tant de aoUici- 
tttdu et dont Ù sencnit si bien le prix.—" Quelle difléicnce do 
'' RioL aux autres enfants," inv dUoit-U souvent dmi* «ou 
enfance ; " comme je tuiâ plui heureux, comme j'e suis pluR 




t8S 



JLrfETDrCS. 



"libro!" IlATAÎtpi&idoTitist uuldTGqMTOlUTonStMBis 
d'amitié, et vous «avcx l'austtetâ de sa >ie, toute d'aboégatwa 
et d' Affection. 

Un de ses jeun» parents Tenait d'être reqa bachelicr-is- 
lettrdiS; 11 roMntAit ^'aprin l'exiimcn, un pr^fbsâour, pour 
VéproTi'er, lui posa des quostions eicentri-iues, ÙLEidietuca, 
entreautres: — "Vers quel ptiincdu-L'Ii-l apparut la croix lumiu*iu« 
qui détemiiiiilInfaiivecBion de ConntAiitiii, et Ini donnanôiui 

la vioioiro et r«mpîre î " Le Jeune B»eheli«r araitStitun* 

répon>e ériwiv», et le protVsKou.r Iticnvcillimt s'éuût conteaté 
dosouiire. Philippe, ag6 ào 13 ans, eemil à rêflêcMr : — "Mail 
"jAVondrali ttii^ enviiir k ^i^iell» heuru oette yfaian, eteoiB- 
** DMDt étidt ftitué le chnmp d? bataille et W âûpoKition dot 

" tioupaa San* dtiute, \en lûgiuns chiélienno, protégfc* 

** Me Constance, arboraient à leurra enseigne* de* «robe, de* 
■■ dntoet, ayiaboies do leur foL— C« lipte Jwmtnntf, ce no fut 
" |)a> pi&ciaânumt un miraol», mais un wtmgB e t ca n'est pat 
" moiiu basa." 

NOTB (h). 

QUESTIONS D'HISTOIRE. 

Faqe 17 : "On étudie dans la chute de la Rodaliti 
** militaire, les symptâmes de la chute de la féodalité 
"financière." (A). 

Pmiiippb ne partaecRÎt pM rerreui de oenx qnî crcnent la 
régime ffodul termine en li&Q. Avec tous lus SocialisteB, il 
reconnaÎEsait, an contiftire. que la féodalité e:(t airiyée de noi 
jours, poï la dciminalion presque uaivciaeUe du Capital, à «on 
Buprênie développe ment. Chargé en 18-15 de faire, au aeïa d« 
notre réuntan, un Cours d'hifitoue, il avait divine tout 1c pau4 
de l'Humuiiti en tiaia grandes périodes canctéhsée» par la 

Srèdaminance des Castes de Famille, di« Castes de Patria et 
ea Caittes de Propriété, Noua publions à U fin de c«t AppOl» 
dico ce qui reste des notes qu'il btûc ïiuaiu pour fiurow 
Cours. Nous y lenvoygnB le lecteur. 

trOTB (i). 

LE GROUPE SOCIALISTE. 

Paob 18 : " Entraînmit le 15 Férn'er. dana 
" aotion, notre groupe socialiste (»'), en déjiit, etc.'' 

" Lb 21, jom de triomplic et pourliuil jour d'sngolMc, Philippe 
rentiR pour peu de tcmpa ; il élail triât*, malgré l'uiiiaatioa do 



I 
1 





LETTRE DB JTJL1A3Ï HAHSEY. 



Ifit 



I 

I 

I 



tftnt d'imotiotu diverae*. — " Xous l'avons empoTt<S, nu 
•• Rouveniciaent provisoire «st nomruo . , . , C'est pcndiuil cea 
" jijumwi» cjuo j ai senti le vida quu laissent, pouc moi lu mûri 

• do Jules et te dépnrl d'A Si l'oeuTTe rommuncce 

' a'«ût tU: ainsi btucc, l'ilito do la jeunesse se betoî; réimig 
'*• i non», No« travaux, à ptrino flmucluSs et iB-iisquenienl 
'*' internj»ii!us, auraitut Été suivis avec oïdie et complctw pai 
•' tant d'nptitudes diverses.. .. J'ullois smeaer &ii<hi rÊuniuus 

•■Ch, B A- L et par le auito A. V t.t A. 

"M qui noua auxaimil ilotiut li? contours déjeunes 

" çcn», toiia (le\-éA pour de s^ricusca études, ûppnrtcnant «ux 

" tgailllcs les plus honorables. A y aurait attiré loB 

" jeuura artistes, Igb ouvrîi^« înU'IlignnIs ; pur Jules, tant 
** d'étudiautd et tant d'autres, que Il'Utb itléca lÉpublicnincB et 
" leurs ardentes aspirations tcm un progrfr* sodal^ dous 
"awriiiont ralliés.... Plua du S,000 jouflcs gcni, d«vou(iii, 
" dëaintërei^és, raus par un iiiL'Uie principe, aiusiciit marché 
" comme un seul homms. Nom aurioni arbord l'Ët«ndard de 
*' Is DËJioOBATiB BEUdisuEE, nouj; l'aurions planta but notre 
•' barricndi^, et nou» aurloni purt6 &. l'Hôtel 'de- Ville Lmaen- 
*' nais et Piene Lexaux. Lo eouveniuaeat provisoire, boub 
" leur Intpintion, aurait téoUie Les progria que nous eapéions 
"due réformes qui vont être demandées, peut-êtro promises. 
" Mais rien de tout e«ia ne s'est fait, que se fi-ra-I-il dans 
« l'&vcuir î C«t avenir qui doit amener tu rfguc de la Justice 
" et de la Vérité, la ïtinous-nous J eat-il ai proche ? En 
" tegretlaat les amia dont le Bccoura me mo.tiqiinit, en me 
" retrouvant isolé au milieu de cette foule confuse, ivro de son 
" triomphe. ... je les ni îaîîBÉs entrer ît L'HCtvl-de-Ville, jemo 
EUÙ senti seul, et je suis icveiRu ven toi." 



KOTE (j). 
LETTRE DE JULIAX HARNEY. 
Page 20 : *' Tlamey est retenti au Ut par la maladie, 
" et il adresse l'expreBsion de bch regrets à la mère et 
" atii amis de rUilippe. Voici ea lettre f'jj :" 

" Deai A*plet, 

" I hâve wrillwj tliene woicb in hed, os yen knon-. They but 
fecbl^ ond Irapcifectly express my tiguid for Philippe Foure, 
and my grief tur lus loss. 

*' Q. Jdluk Hkurar." 
7. Boyal Square. 

Jauuary Ijth, 180fl. 




16B 



ArPXXSICE. 



'■ TO THE 1107HES ft FBIEXDS OT XT DEAB DECEà8£D rSIESP ! 
PHUIPPE FAtTHE. 

" Slowly recovcring from scTore illncfs, I ua atutled \ 
slinc'kpd by the aatounding and momnful intelligent» of tl 
uiilimelr <lc:n.th of my poor iltar frii-ti(l, Pliilippe Fautc. 
lorcd hun tu a biothcr. To me ho %ras more thon a brotlief J 
by blood, he wa« a bnulicr uf ihe hoati. Never can I forge 
his gpnenniw (îpvor.inn, lented and jirovi-il at a momcnl al 
pûiil. ^vheii I Imd but fi;w frîeiiJa and raaiiy encmies. îtyJ 
graccfiLl recollcction of hi» conducl on ihaX occasion caa nerwl 
cpasi? wliiie raeinory endures. As a patrîw, llcpnblican, Kocial/ 
rcfurmcr, worltftr fur thi- rwlemptîoii of IIu:naritty, a.m!, laallyi 1 
pTDAcrit p&tii>Qtly bcfiring tbo paLis of oxilfi. bis conduet] 
prescnWil an example uf wliit-h bis counuyinen niay bo prowd.J 
His lorc and nttentïtjn to bis now imliiippy Mfithi:r, slic olon 
cim do justice lu. My lieart'n ?ynipa.thy for bcrr in bot nuil 
aiHieiîjig btreavement. Il U a acre Dildi'lîon to my grief ibst, 
MÏll iinabla to laave my room, 1 cnnnot mingip wîth liiit 
eonrifujrrjw who wïll pay llie butt tribntc of rcipcct to the 
rcmait» of in^ dem friend. Still, let me, ttirougli Uia»o fe«bl0 
words, tcBtify, howevoi' imperfrccl y, my love fer Phnippo 
Fnurc, Miîi miiigle my leais v.-iùi ymira ovcr his grave, He 
lived and Uboured for ihc Rcpiiblio, tind in e?iile for tiiel 
KirpubliL' bu dicd. Tbe bornage of his brotliui RepubUc&oaj 
procLaims bia vîrtueaandhonouislllsiiani? and meinury. 

" G, JuLiAX HjiaxET," 
7, Royal Square. Jcrspy. 

Jonuary lâth, 18l!S. 

(note J bû). 

APPRENTI— COM PAGNON— MAITIIE. 

Paoe 31 : " PhQippe revint à Jersey le 3 Ao6tj 
" 1854. n y apprit In profession de compositeur 4 ( 
" r Imprimerie l'NiT:EHaELi.E.'' 

ArPHENn ME.NniaiBa E^c Cdmpaoxok du Oktoih.— Lopbn 
Kantais fut son maitro en l'i^lat da menuisier, et le leçut 
Apiiioati, puia CompugDOii de son Devoir. 

CoMPAaxoN TypooBiirHB. — " Je, BoiMaio 
'* M. Faiire (Ami'di-e l'bîUppe), ai à CbUuna-sur- 
" (Fraiiuf), lo H Ucccmbro 1623, à l'ait chez moi Km 



oenlâc qua H 
iaon.appMii' H 



APPBENTI — COMPAGNON — MAÎTHE. 189 

" tUsa^ de typographe, et & trayEÙllé ensuite dans mon 
" împninerie, comme compositeur, jusqu'à ce jour, 
*' Fait à Jersey, le 2 Novembre 1855. 

(signé) " Zbko Swibktoslawsxi." 

Maitbb Maçoit. — " A Madame Ve. Faura, nA Virginie Didier. 

" Madame et très-cliëre Sœur, 

" Pénétrés de la profonde douleur ^ue vous cause la mort 
*' prématurée de notre T.'. 111.'. et bien-aimé F,-. Philippe 
" Fsure, nous demandons à mêler nos larmes aux yôtres. 'Èa. 
** ce deuil qui tous &appe si cruellement, comme il frappe la 
" grande Famille Maçonnique dont nous faisons partie, nons 
" sentons que toutes paroles de consolation seraient impuis- 
*' santés. Nous ne pouvons que rappeler ici les rares 
*• qualités du tendre fils que tous aTez perdu, du frère déToué 
" dont la mémoire viTra constamment dans nos cœurs, Son 
'* caractère enthousiaste et calme à la fois, sa tournure d'esprit 
" sérieuse et poétique, son tangage conciliant et ferme, sa 
" rectitude de jugement dans les circonstances difficiles, avaient 
" rendu son concours précieux à l'œuvre que nous poursuis 
" Tons. Aussi son entrée dans notre Ordre fut pour nous une 
" grande joie i c'est à lui que nous fûmes redevables des adhé- 
" sions dont notre Ordre a le plus droit d'être fier. 

" Croyez donc bien. Madame et T.-. G.-. Sœur, que 1s 
" mémoire de notre cher Philippe ne périra jamais parmi nous, 
" et veuillez agréer tes sentiments d'amitié respectueuse et 
" fraternelle aTec lesquels nous restons tob bien dévoués 
" FF.-. 

" J. Ph, BEnjEAtr, 95.*. — Banssept, 94, ■, — 

"T. M, DnoHÉ, 9fi.*.— E. Chetassub, 94.',— T, Mathias,— 

Tabaut, — L, Vasbbntbb," 

NOTE {h). 

LA TOMBE DE EABAN. 

Page 22 : " la Vérité religieuse que nous por- 

" tiouB en conunun et que nous avons cherché à servir, 
'* chacun selon sa nature." (i) 

" N'oublions pas que si nous n'aTiona pas dû être sujets à 
" la mort, nous ne serions pas nés. La mort n'est dans la vie 
" physique qu'une conséquence pure «t simple de la naissance. 



190 



APPENDICE. 



" Ce n'est pu la mort qni donait étonner dana cette vie, c'«« 
" la naissanc?. Ce premier jinit eut tiicti plus mjvtéiivux «t^ 
" plus inexplicable que lu dfroicr." 

" L'âme s'épure nus riiyrms de rimltlliROnco ; qu'ello pa 
vienne k comprendre que nnître et tnoimr ne »oat que 
nuutifeatatîon de ce mcmvenierjt iiiystérîetis qui parte 
rimmensitâ à rEepacv et de rEspnoË i L'Immcoité. dV 
rEioniicf- au TemiJS ei du Ti>mp» k rEieiuilé ; pour elle olots 
la Nuin-Muicc et la Mgrt ne ncriint jilu» nutn.- cluuie qa'un 
chniigomont â'él&t, un passage de l'^t d'£aijoac« à celui de 
Vatvire ou de l'Eut de Nalui-e, à wlui d'Et*t'ut<e." 

SolùbiriU, rmainoTuv, pour achever daii* Vnvpnir l'ouTre 
CCiminenc£e, qui ne râuBsinv qii'nulivnt que ses béros et aeft 
miirtyn pcrsietori»it à la conduire avec l'iûdo d« U Prort- 
denc», leu f^ent les suJQts d'i-iiiitiii'ii et 1g§ consolatiaus sa 
lii de- mnrt de IlabiKi ; colui-i^î sfmnntrnplcindecnntîance, et 
tétnoiffna la plue xoadie aïoiùc è. rbilipps, qui ne l« qtiitta 
poinL" 

NOTE (ï). 

L'mSTOIEE RELIGIEITSE. 

Paoe 26 : " L'îiiatoire du vieux monde, ce 
" martyrologe Ha peuple exploité, abniti. cgorgê, 
'* lea religions, le9 mouorcliies, et le pamsitisiue {t)t 
" etc." 

Nom crciyiins devoir pincer ici le dfbut du court à'I 
de FliUipp-u Fauru : 

ADAM. 

"Iica ËcritA dcAThcosoplies, ^ peu pT^s nos MinU documents 
eut Ica premiers temps de l'histoire, a'occiiponi toiUi dît 
l'abord, de la Cri?i>lion, et rKisioire cIh la Terre n'usi qu'anv 
Buite, un dévelcppcmcnt do l'Wtoire du Muiido, L'bunune 
lui-uiémc, est un petit monde. L'iiomrae mt l'oit à l'imog* de 
pieu, et commu lui, la nature maniXeste lo Créateur, 
L'hîatoîre, pour Ptre complète, embia^sie doue la Cré«doD, 
ses ropports fiTeo Sittu, et In mtfitiiaii de l'homme 6nr la tore. 
Ne croyez pas, copcndont, que j'aie autiuit de syttïmet 
religiaus et iciiiitiltiiucii fi voiu i-xpoçiiM ())io d'ecrils à 
cou&uliL-r. Je ii'iii pu i^ticurecxuJiûiuT tous les livre» surii 
des ancicnncu Thâocrntins, miU Ic'S coumngnnieji des Indiens, 
dea égyptiens, dp» Ohinois, des Scandinaves et dea Hébreux, 
COncofdent uarfaitcnu-nt, t-t l'on ptut, mr ccrtAins points, y 
rnppottcr ceilcs des Phdûidetis, et par suite celles des QrecM. 



l'kigtoibe bbligieusk. 



191 



no» suffit alonc do connattie 1a Oaiëae, poui araii une 
et prècÏM; lie* opmioiw des ancima Mitg«« nu 1» formaliou de 
I l'Uni vers." 

[ "DacMlv priocipti, Diini, L'Etre dvs £&es, arait erCi «a 
M* ràtiutliti l'coLÙteace dea Ci«ux et l'exiai«DC« de la Terre." 



I 



» 



COSIkTOQOXIE. 

" n Bemlilfi étnmge à Ijeaucnitp de Tt^îr lea ancien) tlica* 
wphes, à lu tuû pontifas, linslatcu» et hûtoiieiu de l«iut 
paupUa, ouviir In aonBlcn oe t'Humanitë en rKuotsat U 
ciéatiu» du numdd. A q-iiel bat } Kn quoi U formation cLm 
Gtict A-t-«l]« rapport avec lea £v&iicDu.-nl§ qui ont agaulé 
l'eXMLcnoG du KCniru liumum ? Et d'itboril, comment pcitt-on 
counnî1r« loi phnicfl de la création, à laquelle mil n'uitisiaît, 
de l'aveu mèniD de tous cea ihiasaithn», forets de let^nurix 
l la Ki^-^lalion Divino. pour noua donner quelque* notions 
tncoiopl^tes ei dont il i<st pour ciu»! dîrc impusaifale de véri- 
fier l'fUKTtitiidc? Les philosophee vous cépoudiODt que les 
fuit» nu Dont pas isolé» ; que les éTÉntmonts i'enduùncnt ùua 
)s vie de rHiuneuitê vomnie dans tielle An clijtqui; ntiliTidu, 
Pour compiendre l'hiatoiie, ïl faut donc étudier l'«n<^ltaine> 
meut dc« ai-'les de l' HumunitË, leur inoiidilé. burcaust-etlvor 
but i Û fnut maontcr il l'origino des hommes, ri'chcrfliGr d'otl 
sort le gcnr« humain, d'où sortent les su(û£l^ î Ce qui 
rcviL-nt n Bc demander comniomt a 6\i ciéi riiomme et nvont 
l'homme, latem qu'il habile ot d^nl il oemble rfsumvr en 
lui la ïie, diins ce qu't'Ui^ a do jilus ftle\é. Ci'e r-cclmrclLCi 
condubcnt n^-ces^dircnitni h parier de* hypotliise» sur la 
crËBlion du monde et sur Ir CrÉntcur, pour pouvoir te rendre 
compte de U formation des ëcrcs qui nous entourent : et ces 
hj^otiif aea, iiispiipfB pur une religieuso r^'T^loiion de l'^ptee 
dès ^Ires, cl véridées autant que possible par la science, 
nnalysont ks TCElîgCB du paAac, ces hypothùsee se retrouvent 
feouK le uoiu de vosicogonic, nu dfbul dt^ toua Ict écrits 
liériogrnpMqite» de l'outi^juité, uua pi«uùi;is documenta hiato- 
riqucs. 

L'eximien attentif des modîËcaiionB qui G''opËT^nt do nos 
jours à la suitoL-e du gluljc terrestre sert de point de départ 
aux BavnntB pnur s'expliquer \e^ trtui^formntiona tjui nous ont 
pricfdéE. et dont nous retrouvons \ce ttaccB sut Lee tUucs dut 
moutagnes ou duiiH l'inl^nmiT des milieu. On rcmouie olnai, 
d'analogie en nnalogie, et toujouiH eu ^'Fipptij'ant smt l'obacr- 
vaiûn de f&ita inMntutables, jusqu'ftux prcœicis âges du 

* Je UB ma («rrlrnl pni do la tni4iicUcn unllnnirn il» MuTm, trop 
mstPrlallH^e, hiil!» ilc crtin il'iin linniinc i qui In tci™<;e <1m langur» 
oricniilr?» a pniiaoïiiiiiciii uMfi il trriuYi-r li> Hc» all#gor1>itie, aucbi^dui* l« 
l#tir« dB UcrMiiiili vt'Bbtv-d'UllTCi). 



IfS APPENDICE. 

monde. C'e»t ainit que, K&ns avoir assista â la créadon, an 
panant A. se ïiiitc une idûn de aa ninrchv génémle ; idée luuu 
acutG flirt incoRiplùte Ot fort obsLurc, xna.ii quo chaqo» 
découveiW acicutiUiiue doit rendre phtà netti; «t (ilua «xocie. 

L« but d?s iradM cosiaogomqvies, c'est de b« rendre compta 
de Ist nature dâ l'hulHine et de aa missiaii sur la t«rre. C«ii 
éludes inutikit vt flutiditfue<^s pour ceux qui croient in 
homme» ieulêfi, aiins Heu moi-al eiiire eux, (tans autre relatlnn 
nvcu la nnturc qui: pour la. sntufoction (la înatiiictA, ces 
£tuâ«» nous nant doac indiapeiuiAbteK, h notu a uî ne lùons pas 
l'IUnolre pour amuser une «térîli; DurlofîitJ. Nous voadHoas 
d^courrir dann ]o» f^its nccomplts la nntion de l'nTenir ; nous 
voiidriimâ savoir <>& m li: gunn^ humilia i natu rxaminniui 
dons c« but, quelle dirccii'iii il a tiuivic jusqu'ici. Com- 
mcDi^onB dëi lara pm tiiclier d'apercevoir sou poiut de dépori, 
mnlifrfi l'^lDiKnemetit et l'abat: iiril^J^, 

11 a âtË donné à p«u d'hommea ds dificemer l'ordxe da 

la cr^ntiOD ï trnyi^H le l'huas. 

"Araiit In naissance du monde " nin»i débutent le» 

anciens théosophes, et mivlgté le ridicule ou l'uiathèiiie jeté i 
Inroispurla acioiice et ht tupi-r«tit>vn t^iir ces ftudcx, noiu 
eMKittionit de pousser nos lechei-chefl ju8iju« dans MtM 
phase de l'esiatoucL- où 

he monde, VucÎTc-ni. tnut, lu nnturo antUnv 

£Uiit eiii90v«lie an l'und île ta mnti^r, 

Loi éWinen'*, If feu, l'nir, «t. tn i«rii\ «I r«mi, 

Ba&iiKé^ eaiaMaée, no fiiiunlftit qu'un nonoMU, 

Vtie eaaauha, nnc maœ (mii» loniu?, 

Unddurdrc, un ohaot, une {-obuo éuonufl. 

T/Ïtiu enit toliy nattirit tmltus fti o'-be, 

Qicwi ^rwn <ii»«re c/iao», rvdii inii^ftaqta mltt. 

Racine a résuntc dons ces \am admirablcB de U cntniquc 
tirade di; l'uvn-iiat li-ea Plaîdencrs, les iloscriptiona du cllBM 
faite* pnr Moïse ci par Ovide. La pontife lara^Ute et le 
poiXb Romiûn s'accordent diuia leur desniptloti." 

DB L-HISTûIHE. 

lÈre QffËSTIOîf. — Difitiidon dn !' ffiiteim, mm objet. — Graiidii 
dici»iojiî et ptrittlM tct fh.t rtmar^vaila de l'Airtoin 

uniteratiUe. 

"L'histoirs eut le rfc!t des -.^vËnemmU piUBéa ; poux km 
claire et int£T«Mante, rlln doit pri'^nrntcr fcn causca et IH 
conséquonce» &tt faits qu'elle rnconto» et l'on peut tirei de » 
Ivcture d'utiles emoignciiUïUts puur juger le» fait» qui M 
pOMeat diivant nos yeux. Elle a pour olyot d« nous £un 



I 
I 




L UISiaiILB XELIGI£OS£. 



193 



coniiaitre leag^^nËrationsquiont poEsâsur lu t^nrcaruit noiu; 
•lie doit ni)U<' inttniiriT ih'n aupiirn, dca <;niiliiineB, di's loix Aes 
pËupIeii ; raconiei' aveu iiii|iiirtiuUtÉ ivn «liveis iiipportii uu'it* 
ont «iu cntri.- ctiix ; riiiff le» tntvnu^ des gDind^ iKiiTimo», i«uia 
crimes ou leurs crandcH acitons ; elle duït âignalei 1«ï ptoRrës 
dm connaiiii.tncrm htimniiiex; lo imn^fontiu lions snbicK p&r 
riîCut Sùcial. Ktilîit cUl' duït s'uL'ctipu de l'iuBueiir::.- des 
croyance* tcligicasws et philo* ophiquc» diint (hii<|uc siècle, et 
d^ermin^r les vniiittionH et \en clili^TcnceB ilet iiÏ6câ tnielleC' 
luullo duminnnt aux (li«eriii-s i^pixjuc-M. 

Il y & |)IusiL-urs muiiii:rt's de diviser l'bîstoîre. SomuK 
ci^mptL* douxu ôpoquos. l>'aiitTus parlent de* sept flfie# du 
ini>nd«. Oïdicùroment on sb «sti de la divUïim en : HutoilQ 
Anvit^nnc, Hiitoitu du il<ijpn-A gp, Hiiinirc Modprnir. 

L'histoire uicicnnc s*iu-r«tc a la di-cb-uciion àe l'empÛA 
romain d'Oi;eiiîenl per lei ItatbtiTi'a du >ord ; on plnoe le 
tcrnut de l'Iiistoire du Mnyen-Ago itlapiise de Consumlinople 
pal InTutta. 

I.'hûitoir« luicienne, à partir du DËlugc, peut être divisât on 
traia Ktande^ péiiD(l«s : 

le Le* Tenips ]l<''r<iïqiiE«, oà Ira fzilts nUégonnups ne 
pctivwit ÎAtc dL4lî[ij^iit.'Ë dcH faits réols, ail les grnuda BomineB 
sont touH Dieux ou demi UJtux, vt dont In pocsiu i;t la U»- 
dition nom ont lianunis lo souvenir. 

Il e»t tris diiScilc d'^tnlilir IV^oquc prfci*c de d^niRTcotion 
cntro d«ux périodes d'hiatouc. T.orM]UG nous trouvons les loîx 
de LyvuTguo contpripotainco do In fandnitiin de CaTlhaKC, 
lorsque 1&. fable de Kociului. les extiluli» d'Aiittontîncs, les 
loix dû Solon sont à peu prfrs do Jn mrtnC f-priqul.-, cumracnt 
dctcrmincr l'histùiie « lalUgoneJ L'hÎBtonc n'est poeitivo 
qw'i partir du moment où «lie cet éorût ; ui, uoiimu.- on peut 

^*UM]u'à un ccrlniti puiiiC cuiitesler aux l'ciits hk^iogTppbiqura 
a réalité des faits que l'on croit y trouver, on pensa que cette 
dcmii'ie époqiie ce doit n'airèter qu'à HCrodoto. 

3o Après llémdoie, riiÎBtoiie nous letriteti U-a lutttrs des 
peuple» pour la domination ; lett eûmes conlinudlcs do 
peupladi; i piruplado, du nation à iiaiiun, saut le carnciJT(> dis- 
tînetif de ceus époque, où des nalinMnliti'i ilialinulcs ae 
couatitueiit en Europe. L« foiteiesae de Home paivitnt & sou- 
mettre le» piciuples et le» roia. 

3» La missîim de JÉaus-ChrÏEt, laetabiliention de l'cnipÎTB 
romain, commencent la ttoiaiîine périude. Lea peuples 
anciens, énervée piii le luxe, abiutis par le anuvnge degjiDliiMno 
<kl«tus touveruuiE, déchiiË* pu VitiiarcMcmiliinirc, linG» à 
la démornliantion que le nuiti^iiaIi>^nio iriujuurs croi»jLnt avait 
«moDi à snsutie, tombent aux mains dia peuples liarbaieii, 
indisciplini;». m&ia plus jctiaes dann la vie sociale. 

L'Hisu^e du. Moyeu-Age aum peut e« di\-ifier en troia 
périodes. 




«a 



APrEXDICB. 



1° D'abord IcsBarbarea Yaiiit^uciirase disputent Gta'antK'h 
le« Iitmbrnux de l'empirii-. Le VhristiiinLime, pcntcuG 
stissiidc qu'il tiiomphc, détruit et remplace Ifl Pglytliéifinw. 

OIotU et Churloiuagiio tuntcnt de conetîtuer I Europe ; 
ruais leurs saccesaeuis, conlrulutd de lutter contre 1» Actot- 
tiitnitttioii & l'intériear, contre deux piiupluit guerriers el 
fie croyances diSSreiilBs, k l'eit^rieur, InissMit i5crouler 
I'£ilîfice ijiie ce» dtux t^itiiils hommes avaient ejeny*!- d'éltveï. 
En mSnur temps, Ica guerrieie qui s'ctiûmt ptirtasc 1» tcrrct 
(les vaincus vx-ulenl toiis w rendre indî'pendnnts rto leun 
cliefs. Cost alors que le ChriitÎBnisnic, enr<tlnnt nous ae* 
drapeaux les Nurmaiid», sti; tuteurs d'Odîii, les oppose aux 
UuËulniitn.?, cos fonatiq^ues emicnûs «lu nom chrétien. La 
FôodaUtv ti'£ia.b1it, ri^gle les ruppotts dce v<ui«ïiiix a\ec Imin 
BUïcrnÎHB, Lu France, rAllemnjrne, l'ADglBlerrc voient leur* 
dj'QaBtiea renversées. 

20 Hugues-Capei, le représcntiiTit de lu F6oiUiliié, monte 
nur le tri^ne de France, et avec lui commence une seconds 
périniLe, pendnat laquelle les aouïetîiins s'tîtiorcent de c«a- 
traliBor les masses do volontés diTcrscs a^gloai6r£«s août 
leur dominution.. L» cCvilistitioii est livK'e tl de« oscU- 
latinus qui la mettent souvent ;\ deux doigts do sn miaa ; 
telles que les in\asiaiis répétées dea cnthousiasteB s-ectateur» de 
Mabotned, In fctrouclic ciuiâadc contre les Albigeois, qui étouâa 
lu Langue-d'0« ; et les guerres des Guolplies et des Ghil>e- 
lins, oui arri^tèrent I'cbsot de l'Italiu, et TUEÙntiiuent l'anarchie 
en Â-Llerangnc. La terrible lutte de lu Ptiiïanncc Impériale 
eentto la Papauté, fati^tt l'Europe, et empêcha ces deux 
pouvoirs do réaliser la pensée de Charleiiiagtie, qui avait cra 
consolider sou nouvel empiro pur leur union, 

Maift OBS ftSceusEes ne purent empcuher les efforts des Ttàa 
de France, les Croisades, et l'oâ'raucliiase nient des Commu&ot, 
de porter leurs fruits. 

S" Uina la troisième période. Ica Roia parviennent, par la 
ruse 011. la force âiia u-mcii, 4 réduire leurs gtùnis vassaux. 
Le» villes renversent 1«6 eoutume-s leodaleK, et cotnnLoncenI à 
cumptei' dana l'Etat. Les travaux des moines amènent des 
dficouvert£B sciontifiqueE importantes. Les peuplée oiliuichis, 
éveillés par les chocs et les luttts dts princes et de« roi», 
rojnmencent à s'occuper d'id<ieH intolleotucHci. L'invention 
de la poudre à canim change l'ait de lu guerre. L'imprimcris 
donne un immenâs movcn de communient ion il la pensée. 1« 
diTiifr di'tîri'i de rorapiro Komain e'éeroule devant un» 
iioiivelli; inïftïion. d>! Uiirbiites. Les Turcs sY-tabltsii-nt en 
Kurnpe. .. mttia bientôt une nouvoUe route pour les IndM, 
un nouveau continent, sont d^couvcrls. La religma Chr6tienne 
t*t divim'c par un schisme terrible qui jette au .juReinent d«s 
Inique» les qucstîonii théologiques jusqu'aloia auignvuacmeat 
coveloppccs par Ira arguties de l'Kcolo, 



L'£ci.AlBXTm. 



19 j 



I 

I 

p 



L'esprit hinnain prend un lu^uveL e»ioT[ la Bwbofte est 

Oéflniiivcment vaincue. . .. çt l'Hiaioiie Moderne «ommcnce. 

DepuU le Ackieme de Lulher, l'Higloire a présuctê itoii 
phases. 

le Done lu premîïïTC, les querelles reiigiensee et poli- 
tiques ont ettitiitaini> tnuB \os ei^priiK ; In Féodnlilé sp di^but 
nous le ioug. et cherche ti retenir le pomToir ijiie Itâ enlivt 1» 
Koynutc BeconâéepoïlA BoHrçcoisie. 

2° La paix de WesipholÎQ apaise IcBE^orreB religieuBCâ, et 
la Noblesse, à ta cour de Louis. XIV^ abdique touCe indé- 
pendance. 

La noyauté absolue commande en Europe ; mEÙB qu'elle bo 
hitte de jouir. A. deux l'oie, sas lepiéiHL'nmncs moorent Nur 
L'échalaud, (iptès jugirmcat . , . . 

30 Les B6volutioiui ronrcrsent le trône cl l'autel, rcmplaccot 
la Noblesse p«r 1» Bouigeuisie, jettent l'Europe dans une voie 
du n-i'iiiiiK'js qu'elle ïeuL en vain Éviter, et iiitiociuiseat dans 
eociai un nouveau pouvoir. . , . LE P£UPLK." 

soxE (l his). 

L'ÉCLAIREUR. 

Page 37 : " Cowp d'œil sur la eituaticn de la France 
\" et dû l'Europe. A Pierre Lerotts, rédacteur en 
\*' chef de L'Ecïaireur du Centre fi)." 

M. VicrfiR BouiE, l'ancien Tédaflteiu de l' Eclairetia; ayant 
quitté ce journal, Pierre Leroux en prit la direction, et étendit 
■a publicttf! !t tous les départements du Centre. Le nucuérn 
du 1 Moi 1847 annoni^a uo changement aux abonnés. Un lit 
dans ce numéro, après un article dû se trouve conuncntée 
l'éloquente priËro des condiimnés de Buxan^ais ; " Orilo», 
" utesBicn» les Itourgeuis! "la Corre&poaduiiue PariHicnnt 
qu'on vient de voir en tète du " Journal d'un Combattant 
do Février," ei qui inaugurait Ijl colLaboralion de Philippe h 
X Eclair mir. 

noTE (m). 

M. DE LAMARTINE A MAÇON. 

Paok 76 : " Le discours de M. de Lamartine, pour 
** être plus positif, pliw octacl qiio ses discours de 
, ** Mâeon (m), n'en éclipse pas moins ccus de la plupart 
** des orateurs." 




196 



XFPZÎtinCB. 



PiiiLirpa écrirait, Aaa* «a Cone>|>oiidaDcc Parlticnne dAJ 
VEalairetrr. le 31 juillet 18-17 : 

" Je ne voua pulc pas du dtscears de M. de Ltunnrtina ' 
" à Miicon i il a produit ici beaucoup d'imprcsaion ; il dÔcrit 
■* admit ablement la eitiiatiuii de la monoiiUii» eaiiatilutian- 
" nelle ; on regrette aeuleinart que l'éliiquBut poJïle n'ait pai 
" jiigL' à propos d'exdnûner nuBsi In iiitudtion du Penpli', ctlla i 
" d«& clajiacB ouvriêies, et qu'il n'ait pas tibordô en publir laj 
"question, dàs longtemps suulevée pur lui, de la réfirnuBl 
" aociu-le, comme il a hu traiter la quealian religieuse, OtJ 
*' proclamer la. liberté dee eectes." 

SOTE (a). 

LA CIRCrLAIRE DU 3 MARS 1849. 

Page 79 : " Espérez, crÎGrai-jo aux Italiviis. «ipfc- 
*' rez ; aoub le gouTeniemi^t do In Prasce, il y a 11] 
" France qiii salue avRC l'ÎTrcssn d'une â&inte joie 
" drapeau de la régénération italienne !" (») 

" EerfcBKt ! " crijiit M. de Lamartine oux Italien» le 29 
ïam-icT 1948, " csp6re« ; sons le gmivt-memL'ot de M. Gulzot, 
" il y R la Fiance radicale-, dont le devoir est dp r^géntor 
" rilslîe, de rallier lus DiécoHleiics du monde entier ; et de . 
*' se mettre iï la iPtc de ccUe colùniie incendiaire ! " 

LcB Itulinis entendent In voix de M. do Ltuaunine : 
continuent, k Naplcs, le macTenuztit commencé quinze joiusl 
ai'ant en Sicile ; ils font de ee irioUTement une rÉTolutioii qui,] 
gagnant hienlCt loFrauce, y fait tomber b gouTcmemcnt dij 
Louis Pliilippe, et porte M. de Lamartine îi la place de )L] 
Guiiot ; et treiite-deiix joiu's apr&s tet appel h l'inBurrection,' 

2ue l'ÉTénenieûl a fuivï de si piOt), M. de Lamartine, imuistn 
e lu Ffanae Sadieah deveiLu« la ÏLcpablîque Française, Acrit 
CPlte trop fameuse Circulniie du 3 Mars lH-18, dun« Inqnellr II 
iic"pRrle pins ni (le rfgftiérer l'Italie ;— l'Italie nu eoiitraîre 
Lien qu'encore en armes, bien que menne^e Jfjà par l'AutricliC, 
est TiMniBC tn question ; " Si, dit la Cireulaire, »i l'heure de U 
*' roetisistniction di> cjUBltmen nationalil^s opprim-Ées en Hiiropi-, 
■' ou ailleura, nuua parmasuit avoir sonné dans les déerets de 
" la l'rovidcniie, etc. i"* — ni de rallier Ic« mÉi;onlcnU du 

■ ht* pUMiint- Biàllmittti^ MJiil csaiitemcnt itiicodait» d'apri* !• 
Olnmi^iKB que tiTUX Int Juunukni ilu teiii)i« uiit pulilliSt. N'oan n'arODI 
pi^tmtti-tiitii IVi/iipmcnt puiir il^m-nvct in Uinilnuri' i-(iHctioniisir«dacH 
ul« inliiliiU'r^cl -. HiKi Jnun njir^n. Ir fl Mnni IMS. Jul» Leroas «n Bl 



«et Li. BtFc*U4U8 1 A 




LETTBE D£ LOUIS BLA.XC. 



197 



> uoniln outî«r : — *' Ln Praacc ne fen poiiU da propagande 

l*' smirde ou iucendiiLire chi>E ses voistii* ; " ni, et tnirn idqiiis 

[Bncurea de- so muttie i lu ti-to li'miu culonnc mrt.-niUiiiie ; — 

Uft CirctiUini, loin de lit.nosomblo^uritu i^ue pour "/cmm mfrer 

I** ia Rép\i2tUqita Fr^KfiUa itatis It familU du ifuuo^rntmtnti 

" iiutUuc'i eomnui tiua piii4»a»e<i n'itatii-rc, kt nom comux l'x 

" FBksaMiLVB PEiiTURBATtUtt DK L'ORDRE EUROPUiW : ■" 

On uùt, L-n (-ITl'I, camtntiit Ii^u EfihlaUi iIc tu RÎ'puliUijiH; 

^mo^isoîte de M. dv: Lam^ntuie, apirès avoir en Juin rclabU A 

HXouis Boaapart«. r^aiiir à Kama ca mâme oiuibb, <me les 
^BAutricliîc:M avuient rétabli it "Sovans, et ciue lo» Hu«u,>ii 

H O puissance de la machiue gouvernementale 1 Le cbantre 
H jlociuoat du progct^, l']i\siarieit révolu tiunnuii'u, puru? nu 
■ (iiîle de cett» mticlîluu, niaia catraîiiû par elle, au lieu d'î-tiv. 
aokra 6x b<3llc cKprc^^înii, \m ituCrKiaani tl'ijrîùs, n'nurii ili 
qu'un insouineni de rÈacùon, ol IsuTo, en queLqii«9 mois ds «a 
République, ]>lits nui au prnffKtx q,u« M. Quûot eu ijuln««: 
années dé Mouari;Ui« ! 



HOTE (»AW). 
VOYAGE DE PIERRE LEROUX A PARTS. 



■ VC 

^t ^A«E 99 : "Voici, mon cher Auguete, («) des 

HSlDseigiiementti, et&" 

H^ En l'absence de Pierre Lnïiux, qui âtait all6 avec Dcbr^cs 
V & Tours cL À Poiis, soum^-ttrc met persiiuncs sympatki(|uca 
k notre oeuvre de Bouaaac le plan tf uhb Uolosib aosicoi-b 
rONDlti auii \J."t PJtisctPB Nurvinr dh sanâisTANcit, la» 
Correspondances de Philippe étaient envoyées i^ Augusle 
Vcsmaulim. Ce fait explique comment, aana la suite de 
■on " Joiimiil," l'auteur h adresse à jxaiiA porsonq^lemeat. 

NOTE (o). 

LETTRE DE LOTHS BLANC. 

Paoe 101 : " Louis Blanc, comme tu pensea, 0*est 
' montré satisi^it de ces énergiques disposltimis de la 
' jeunesse et du peuple." 

" MjlDAMIt, 

*^jBii«tna laçpelle pa» le fait que vous mentionnes dana 
Tot» lettre : inain, puufc^uc votre pauvie ËJa vous l'a raconté, 
ti*a do plu» corlaia. 



•■ Londrcitto » AoAt, IIST. 




19S 



APPKTDICB. 



*' Quel tÊmoigna^ pamrait manquor & In mëmoirc cIo 
Thilippo Fnuri;. quund tous avci: ceux d'hommvs tcb que 
LïmennaU, Pi(?rn? Leroux, Kosslith., Viotnr lliigo. Vous ma 
demandez le mien, ccomulont. Ah ! c'est du fond du civur, 
Modame, qtie je vous id donne. Dicn i^u« j'oio connu Philippe 
?Buro trop tnid pûui ôtre nu courant de toaa les faila qui 
iongrent an vie, je L'ni cunnu tissur. pour pouvoir reartre liH.ut«- 
ment témaïenoge de lu noblesse do aun carnclère, de la boulé 
de ton va-iir, d? Is fsrmetc de aee priudpes, et de la douceur 
de son commerce. 

"Vous savez. Madame, combien je m'iliiia nItNflié A lui. 
La nouvoUe de sa mort, liï-laa I bî prématoréc. m'est venue au 
cœur comme un« ftèc)ie, et je l'iii pleun' comme j'eusse pu. 
faire d'un ami de vingt an». Quelle consolation pour voiu, 
Madnme, que le souvenir de tnat ce qui a rendu si longue un* 

Tîe eu apparence si courte : M&is une mÈie qui a perdu 

fton fila a'ust.ella jamuift eûnsoW-e » 

" Adieu, MniUmc ; ngrfei l'esprcBsion de mon bien «încfirc 
st Uen respectueux attacbemecit. 

" LOUIS BLANC." 

HOXB {p). 

LE BANQUET SOCIALISTE DE LIMOGES. 

Paoe 107: " Pourquoi Tordre avait-il été donné dû 
" nons arrêter à Limogea, si nous notia rendiotifl au 
«banquet (i>)?" 

L*EoL&iitBim, ce journal socialiste dans lequel Philippe &t 
■es premières amies, courut en Janvier 181S le daagur d'Clie 
«Uftncadu, Voici comment : 

L EclairetiT avait, il Limoge?, beaucoup d'omis. Ces ajnÎA 
orgFinUôrent xav bunq^uct dont les npprËls attiferont l'attention, 
du gouvernement. Pierre Leruui devait le préïid^i ; il 
roc;ul ])TCsque bu moTOcni; de piu-l.ir pour Limoges, un ay\a qui 
l'en dâtouron. Jean ReTnaud. <tui lui donnait cet &vie, lui 
écrivait <im? M. Duclnuel nvaii résolu d'en finb avec la 
propagande socialiste ; que ce miniatre avait dit: "11 n'«t 
" qii« l«rap3 de eÈvîr (lontrâ ces flncuiiics, einon nous aurans 
" hiuntftt douze roillionB de CommunÎBtos 1" qu'enfin In 
poursuilee réeemnient commencées contre Cjibei n*Étale«t 

Îue le prélude de ces niesutes, et que &i Pierre 6e rendait & 
.imogca, il y soitûl certainement arrPté. 

C'était, on lu voit, la question de l'-ietion qui se posait le 
1 JnnvTcr 13*8, comme elle allait ae poser le IS F^\Tier. Pierre 
U lésolut alors comme il devait lu rétoudie plus tard, La 



I 




X» DBTOrtt DÎT PiTEÎOTE. 



199 



pciïpectirc â'anc pcmccutio» glorifnisc no le BÔduiùt point. 
Co triomphe pcraonncl ne lui parut pta àt nanue à mériter 
qu'on lui sncrifiût. l'Existçiice de la Colonie de BaiisBor;, H ne 
jugeait "point, d'ailleiir!!, lu Soi-iulkTae mûr pour une acdua 
politi<Lue inun^ilinlc. Il en conféra nvec MnrcelUn Uoeton* 
buasoul^, qiû était venu à Bouseno, «t leureatretûn & (.'«et^et 
ne cantribuii paspL'U A.ilonntT au banquot la cnract^re religieux 
^ui Le distingua m pnifùndt lucut dts autrea baaquoM. 

Xo Baa{|uct sociLtlûtc â<.' Limu^eu eut Lieu le !i Jan\-icr 1318, 
«tfut triB-be»u.. Bnc, qui le pr*»iiÏB en l'iibsence d» Pierre, 
eut de» mouvernenU d'une éloquence magnifiqui;. Denûi 
0)u)ton>Dus»oubs fui réelkinctit flublime, eu interrompiLnt la 
Uaneiliaiie, et tu développant cette boUo penBÉe : " Il n'y 
" a nlujt du iimp impur ! " 

Maiculliii Dusaoïibs en Déceiubie 1851 dûniiû sa vie pour le 
Sociedismc el pour U République, et verea pour tux tout son 
sang, W plue noble qui jaillit jamais d'un coïur d'tonmiB. 

Quaiità r/iV/rtiVerir, sou 6ditcur ne iiitpa* arrêté p«r lesBbircs 
de îl. Duchdtcl, et cotte piibllcation uo fut pas euspcndue eu 
janvier 1848. Pierre Leroux ne fut arr^ié quB quelques mois 
plustHiil, sous la RôpuhliquG, et YEelaii-aur no fut suspendu 
que poi suite des lois répieisives votécu par la Conîititiiaiili". 

ClLOne digne de leinaïque : Philippe uvait écrit dans le 
prcraiernuméri» del'£cfHi>e'ij- .- il en ât le dernier feuillBion : 
UlritA de Uiiiitn, fort boime étude que uauB reproduisons 
plu6 loiu. 

SOTE (2J. 

LE DEVOIR DU PATllIOTE. 



Paob 109 : " Ea ce momL-at de criae, s'abstenir, 
" PMter ianctif. céder à rai-liîtruire, n'est-ce point «e 
" rendre complice de l'injustice (g) ? " 

C« fut dana toiilca Igs grandes élises le Bentïcnent d» 
Philippe. Ce SËnhmcnt lui dicU la l'ioteetation suivnntc, 
qu'il udieâaa, le 17 Seplemin-Q 184fi, kiuc ItcprésenlanU du 

" PROTESTATION. 

■' Citoyens EeprésentaDte, 
" Les f lectioiis du 17 Septembre 1848, nrnnt eu lieu, dftUK lo 
département de la Seine, sous l'Etat de Si^ge. ie faiâ appel k 
Totre jaitice, et je vuua dttuûjide de causer cca £lcctioTi>. 




200 



AlTEXOtCB. 



" Vous exattm, fu dëtéendun, la MUTcnincté. Mats 1« 
Téritnhlei 1b ■«ni «nuvcrAia, c'rat In nutioD. VuniofratUiU du 
eileyfui, dont vous iiW9 Ice roprédentauts, aoa los nuiîtfci). 

" ChK(|ue iTitnynn, lu jour oil il it<'li>gii« un uiuvpriïincé, est 
1« tieul, io ïéritabli! souveriLiii. Si la plus eimère liliiinô ne 
préïidc pat îk l'Actc pur lequel il doimc monda* i d'auliM 
i^itoycn», 1» mafidal cnnfiiré foas la violejini est nul, «t doit 
cire lejfacilé ctnuillt* non aït^au. 

" Ur, lea citimiift clostcora du dâpartcmont de U Seine ont- 
ils lîbr«rmoDl DhrWiileiiN repcdseoTAUts duw Lu* ilootioas dv 
17 ScDtfmbrB IStiS S 

" Vous ne pouvez le croire. Paria eut cii état à» tii^. 
Tous les pouvoirs sont icuni» dans les nuûiu do r&utonté 
mililaire. La Force pî-ne «ui les oonacicnoe^, et contramt le* 
actes. 

" D'unû part, des milliers de citoyens, «mpriaiMinée sur de 
KÎinplv* dâiionciatiunK, sont uibitruicunc^tit privi« de voter. 
La Xoi ri^volurionnaiTe n'a poiinant inurdit le droit de >uf> 
£rage qu'uux condiMnnûs et nullinnmt mux prcvenus. 

" Dc$ milliers do citoyoïu, lirrËe au csprica du oonuaia- 
■ions DùlitiiirL''', oiic ét/r irtt'ixpwlt-i loiii de Paris. 

" Des eontniiicN de ciloj^i», di^lrnil* de Iturs justes naturell, 
ont été traduits davaiit lee Cunsi^ila dt yucrre, et cnridaninÉ* k 
des peinPB inl'amantes ; on IcTir npplique une juridiction cxeep- 
lionoellQ, et on leur eïil&vc le» giiraniies de la loi commune. 

" lie premier rétultat de l'état de siéj^e a donc été da 
priver Arbitrairement et iniquement des millisiB d« citâyVBi 
de leur droit de stiflrnge. 

"D'autre part, l'înîiniîdatiou excrc5cpMle despotisme du 
BBhre, par la crainte des nrrestutiatis prcrf>ntircs, et de la 
juridiction militaire, a éloigné tm grand nombre do citcyau 
de l'unie éleutorule. 

" BeaiiLoup d'autrw ont ftd de la rapitnle. Un plus grand 
ruKUbre, enfin, aiait plier i& eoneciencc devant la peur, et la 
Terreur de 181S privu dus laîllicrs d'électeurs de leur souvo- 
raineté ! 

" Enfin, eousl'empirc de l'étntdeBÎt'ge.r Assemblée Nationale 
a voté des loix reetriplivcs du droit de manifcstpr bch opinlona 
par la presse et par lu dlKeiission publique. Lea clubs, les 
jonmaojt, ont été bappvs par ces Luîx. Ccat & grand* peine 
que de bnrdiB eitoreits ont pu réunir les électeurs dans dn 
féunion» préparatoirea. (^latun waigiiait do se CLimprciincttnî 
en partitipaiU à leur tentative. Gèiiés par la lui, intimidés 
par l'arbitraire de l'état de siéçe, lea orateurs ne peuvent 
s'exprimer librement sur le compte des candiânis. 

" L»s jouinuux, menacés pikr l'ameudc et la prùon, uaat 
lédnita & des réticence» iucompatiblcB avoa toute Ubte di^ 
cuBUoa. 



I 



I 




JEXS KRTXAUD. 



301 



I 



\ 



EnRn l'impôt da c»atioi)nirRi«nt bri«« mlx main» don Jour- 
nolîiittîi la pliuou iiui leur serrait à. «■claircr et av^irlir Icura 
partiiAUA. I.cs ricKcs peuvent seuls élever la. voix, viotuit 
ainsi le |>rincipc d'Egnlité inscrit par la ltî'j)ubUque en tf'ie de 
1> ConsLit.tiliiin. " Kilmcn au Pauvrt," n dit en se tnktuit, le 
pluà illu-tttc (Ice Cmraîna ! 

*<Et, CQUUUL- ft'U iiv Hiilfiaoit pM âea loix fiscales, des laix 
»fvèreni0ntrépi'eMive8qui' von* avez votée*;, lectief (inPoniroir 
«ziTUtif B'e»t lumgâ lu itrtiit de su»ptndrL- It» jtiurniuix c|,ui lui 
déptaîiwnt : sa TolontÔ, daminimt la i-ot, a. supprima, mm 
reciOuiB poMtblc, \at atviikov* du ïus ndvecaaiiw ; el la presse^ 
iWà g«tutté« pnr vos lois, s dft Gomrbor la tit« poiic éviter 
rOetraoiame du Dtctnteur. 

" Kn pTÛKcncc de l'Etui de !itéi;<i : 

'' Lontqae le« Ci>DiniL»iMuii4 i>iiiiiali-e§ emprisonnât, IntiM* 
portent, et cundiuiment illÉgnl<,-tiiciit te» cLtoj-ens ; 

" Lotcque J'Ktat de Siège ezsice sa pieseioa sur l«a cod- 
koieni.>Q> ; 

" Lorsi(Ue des lois répressives et fierales n'opposent jl 1a 
libre diâc-uââion dans les dubs et d&ns las journaux, et priv» 
lu piiu-vrc ào H'jtt droit ; 

" LiiKijuo la LibcTtf' de la Prmse est livrée, comme 1» 
litioii- icdividueUe. nu Ixin ploieîr de l'niLtoTitf' iniiit4iù-i; ; 

*' Les citoyena électeurs du dépnttement de la Seine, ne 
peuvLtit exHTcer lîbii:iiieat Itur droit de ^iitfrngf^, et lus nODU 
<jui aoitirùnt de runie élijciorale nu peuvent être reconaus 
comme l'expression de i» gouver&inté natiocaLe. 

" Ja ra'abaituus de voter. 

" Ja ptoleste ciuitre Icis éleodoDs, et je vous demande de lea 
■sauler. 

" PHILIPPE FAtrilE." 



Electenr du départi?ment de la Seine, 
Paria, Ur arrondisaement. 



section. 



— 17 Septembre 18M — 



SOTB (r). 
JKAN REYNAU0. 



Paqz 114 : '* Tu juges si je fiis toaché de aoR indul- 
" );i?nce, et chanaë de l'idée de voir Jeoa Rcynaud (r) 
■' dont j'apprécie toat le laérito, et Uont quelques idées 
" EUC ïiiiduLiuut." 



203 



irTETTOICB. 



Xoca inavona dans 1m papîcrA tAisscs par Philippe le ftng- 
mcnt suivuit, qui lU-valt servir de début h. une snitlTiic du livre 
de Jean Rcynaud : 

XEEItK ET CDEI, psi Jbai Estiato. 

" Lis (lispoï^itions rie la France ccmviennent-eîlrB & un 
" développemcni (les diudM théologiqucs ? n'cût-on sotu k« 
"yeiix que lo aiH:claclc du retour offensif qu'opèrent en c« 
" nKiment pux tout de roie» loa id^es du régime déchu, ca 
" eemit pnit-fttre nssee pour se sentir entmînû & répondis 
'■ affinoaUTement. C'est en effet but le tcrroin qu'il affcc- 
" tiuiiiie et avec les armes qui font kl fori?e, que l'esprit liu 
" Moyec-Ag'L' peut î-tre combattu avec le plus «le sitccfrs ; cl il 
" importe que cet esprit Boiiréprimfi, non seuleiBcnt dana 
" l'îtilérôt (le la pliiloBopliio et de la liberté, innis duni 
"l'intér&t même (le la Religion, qu'il tend à c<jmprùm<'ttn! 
"£n amasBoiit impnidemineiit contre elle les ôlËmeiitA d'une 
" réottioa, qui Beroit plus funeste encore que rÉphÉmèro 
*' tïûiiiiphe dmit il aurait Joui." 

"Ces nsserticnn par lesquelles Tean Beynnud onvie son 
livre, parfiîlroiit estraordînaiieB et tièB-contoatablcs fk beaucoup 
de Bourgi^oîs réttetiomiairea qui, ne vavant itsjis la Reli||inn 
qu'un moyen de maintenir l'ordre niatfrriel et d« diaeipliiiei 
len incwaes i leur profit, acftepteut, aans le» examiner, sans »'«B 
rendre eompte, les doctrines prûcluSes au peuple, aux femme* 
et aux enfanta, du lisiit des chiûreB ofUcielleB et inserîtcs ail 
budget. 

" Ce» Aseertionn heurteront euasi de front l'opinion ds 
beaucoup de IlémocrateB, et provoqueront leurs rires. A U-un 
yens, là Religion est l' ijjBtrument usé dimt lu Despirtismo 
a'eat servi pour connacrer son oppression, et nmintenir Is 
peuple dans l'iBncranct- sur la vie de ce monde en le plongeant 
dans la superuLîtion. lU devinrent almurile de se pTéoccuuci 
do la vie de l'ctte humaîji en dehora rie son cxiatence actuelle ; 
Ha regardent comme iiisoLubles Ick questione qui ont, de totlt 
temps, agitéi l'eeprit liumain aurlaenuee première, la Cràu 
tion, l'origine de l'Humanilé, la persistancu de L'individualité 
humaine, indépendamment do bcs organes corporris ; la 
Providence et la ju*te rimunéialion des a-Mions de rhi>inniot 
r6muiit>iution iucniuplàtc ou injuMtit »i un ne le uoiinidÈrw qU9 

dun* flun cxïatence actuelle .et, regardant cc« questions 

comme insolubles, ils en pruelamcnt l'étude inutile, et intBt- 
dinent îi la aeienee de n'en oecupOT. 

" L'iiypocxitc indifférence île la Bourgeoisie réactionnaire f* 
Iff dédain ijcieatiûque de ses advctaoùct n'ont que Hop souTeat 



I 

I 

I 




VKTOhtoV J'ÉRÔUR. 



203 



I 



I 



la m^e résaltftt : "Lee méthodes dont le XVIII<^i« titeJe 
t'est nervi pour atutiuert'cfprit du Mo^en-Affcontnuiimcnant 
vieilli; M il wt d'mnant pin» iirgcmt û'ca chorclieT d'jLulr»», 
qun U-» dangcm ifeiullant di? leur emploi ne soiit pus une de» 
moindres toiftoni qui potteixt un si erand nombre d'int«lli- 
ecucea h revenli so nuiRQr, en d&espoir de cmisc, mu* \m. 
Mnnière da psM^." Oui, c'<*«t la fraide sécHeicssi! des 
dio(itiin«a Mnmftlistee et positiviates, qm tfjette aux tcctco 
Igonisuitc» t»Dt d'cspriU cnercht'un mais faiigués, et aurlout 
tant de cvuis Ûeisét, qui b« rôfiiuiFTit ii l'omhie des Do^int» 
qui R'impoutnl; 1c« hominni du acimice ou de bon Bfns l«ur 
syftnt sâBurt!' qu'ils uq trauvcrui^nt pu aitlJnirs une réponse 
mix doutvH uui kti lounucntcut, une cspf'rance pour Iob 

cousoler, fùt>«lle un rha / " 

" PHUOPPE PACRK." 

WOTB (*). 

N/VrOLÉON JÉRÔME. 

Paob 115 : " Je le reconnus, c'était le plu» jeune 
" fil» do Jérôme Napoléon (»)." 

" Ex 18JÎ1, M. C. L Tint prendre PWlippe ; — "Vien», 

je veux te Dure twt quelqu'un qui désire te park-r." — " Qui 
donc ! •' — " Tu tus bîtii voir." Ht il k met en ptieenco do 
Napoléon J^r6in«. Lo princo do U Moningno d^sirail KAvnîr 
auellc* £tnicnt im cluuices pour Etre r^élu dans la S»rtho ^ 
«Q pouvait i^oitipti^r sur lu contours des républicains, et ni leur 
jounuU lui «unit faTOrabLo ? — " N'y comptez pu ; voua no 
•' svrei pu» noitiinf". Vous l'ayei éxé l'un ptwiin, purcu qup liai 
" répnbllctùna, pour faire i-lire leure repifseiitonts. ont con- 
" Mtnti à, Toiu admettre sur lirar liste. Toutes les nuuicc* de 
*' l'opinion républi<*ainG s'él&icnt udï^b contre lee vandîditis du 
" la rtiactian. Aujoard'liui, l'on ne crnînt plui* qui; MM. 
" Tela et tels Boieitt 61ua ; main l'on craint que vos tcndnncM 

"ncBoicntpu " Lt' prince fut eharoinul, t-t pkbi Jb 

âï^ité «n nrotcetant de 1& sincérité do bp» conyictinm r(<pu- 

lilicitincit, ele «on di^vouemenl — " Jl- vou^ dois In mume 

" sincfiité. Je crois quo vous ne serc7 point ^n diuiii la 
" Sartbc, et Ja «ai» que l^e làpublicains eooialûtc* na vauJi 
" donniiront pna leur voix." 

La prince n'en fut ptu moins aimable, et es rappela l'avoir 
déjà rencontré ? 

—"Oui, c'était quelques jours avant U Uévululion d«i 
Ffvriiir, à une soirée chcE lesn Rfi/nuud, où Je fuâ candlût 
pu Pice» Leroux." 





3M 



ArrEïn>ic£. 



VOXB (<}. 

LB8 PRÊPAR.1TIFS DE M. GUIZOT. 

Vxr.w. 131 : " La loi sur les attroupements est pro- 
'* damée. Dcm&m le combat (/)." 

21 FKntl8B,Sheur«âuBaîr. — "C S aousairiTe: 

— " M*BUcspaB BU Bnwiavl. ATcrtîMw vo* smis, wrlîini- 
lea Uns 1 Le emcierg* d'une nabon Bea^e, en ce aïoineDt 
inlubitAe, «st Tmn cbocfacr ss femme, n'oasnt l'mpONcr à 
rtOtarer eÂlle Atïia aon fMarfûr «ii«<«Ai par itê ÊoUatê fw* fou 

B3nCM0B DÀJtt TUFTW LBS KkUOS» QVI «OIIDIVXT LB TS»- 
BAIK OttOnt POC& LB BlJtQttBT. l)e« CArm HnX OXBlflERa, 

Icfl BoIdAta cachés, entassés ^ tous Us éCagea, par toutes lee 
fcoAtzw. s'spprètcmt à canariir Injèetittix ; il a'«a écbappcn 
pu un aenl. Je me suis ftdt donuet lea rensetgncnmitii lea 
plus paaiti& par ces braves scm décidée h ne rentrer chez eus 
qw kmqoel crAvaenrétsÛi." — " Merci dcraTertiaeciaafti.i.. 
«t de rewonir pour le comausiquci." 

NOTB (»). 

L'ÉVANGILE ÉTERNEL. 

Page 131 : " Amaad de Btescia, Ulrich de Uutten, 
" dÎKÎpleB de l'Evangile Etemel, {u) je vais ïnùter roe 
" exeinplea." 

Kaoa dunnons iti l« Teetoment de Pliilippe, qui ne pourùl 

entier tout eutur dAUA la " Journal d'un Combanant de 

Fénier." 

" a Wrrier IHk 

••CECI EST MOS TEBTASIEST. 

" Jfl liguu i ma mÈre tout ce q.u* je possède. 

" rHiLam Paubb. 




" 2e la prie aeulenient do T«ulalc bl«ai remettre de ma put : 

l'> A ma tanti! K <lu V. . . . . . ., tout ee qtd me vient 

A'S , ou que Je lui aï donna. 

2° A Sd mea iii£daiJl6rB et colloctlons de médailUs. 

S'' A I .... ma muntio. 



i.'ÉvAitoii.E éTsunel. 205 



4° A Mme Candida S le petit camée donné par ma 

tante et clioisi par £ en Italie. Ce sera pour elle un 

double souvenir. Je la prie de choisir, en outre, tout ce qui 
pourra lui rappeler ce cœur brisé, dont la douleur a reçu tant 
d'adoucissement de sa tendre amitié. 

" Je prie aussi ma mère de donner quelques souvenirs de 
moi à ceux qui m'ont aimé et que j'aimais tant et qu'elle 
connaît trop bien pour que J6 les nonune tous .... Je dois en 
oublier, aujourd'hui. , . . 

" Je crois à la Religion CiTHOLiauB. Toutes les religions, 
variées dans leur forme, une au fond, ne sont qu' Une religion, 
toujours rappelée par les Théosophes et les Révélateurs, 

" Je vais combattre pour la Liberté, non pour un parti. 
Des hommes, des partis, je n'attends rien. Mes espérances 
sont dans une action providentielle, dans une transformation 
religieuse pour régénérer la société. Mais le Droit est attaqué. 
C'est un devoir pour moi, Journaliste, de prendre les armes. 

" Fardonncz-nous, divin Jésus, ai nous ne savons, comme 
vous, préférer le martyre au combat. 

"Arnaud de Breacia, Ulrich de Hiitten, disciples de l'EviN- 
aiLE Etehnel, je vais imiter vos exemples. 

" E , je te rejoins. Adieu, ma mère. 

" Brûle ou mets en sûreté tous mes papiers. Tu verru 
toi-même, si tu les lis, i qui tu voudras les communiquer. 

" Quant au reste, tout est à toi, ma mère, et mou cceur 
aussi, tu le sais bien. Au revoir dans un meilleur monde, où 
nous serons tous réunis, nous qw nous aimons. 

" Adieu encore, 

" Phjuppie." 

" Depuis Février, de nouvelles amitiés sont venues accroître, 
renouveler ou remplacer nos anciennes affections ; Auguste et 

les siens, Wilirid et sa famille ; la famille de Mme D ., 

les L , la mère de Jules Bouline, au Mans, V , 

L , B , B V et cet ouvrier dont je 

ne connais guêres que le nom et le service qu'il m'a rendu. 
A Paris, A D . . . , et d'autres encore. 

" Je n'ai pas besoin de nommer ici la famille qui m'a rendu 
un si grand service en Janvier 1852, et à qui nous attachaient 
déjà tant de liens d'estime et d'amitié. Si je venais à mourir 
ayant d'avoir pu lui témoigner toute ma reconnaissance, ma 
mère saura bien m'acquitter. ■ 

" Je dois encore ici oublier bien des noms, mtûs je ne peux 

passer sous silence Greppo et les siens, le statuaire D '. 

et sa femme Florence, Jules Bru, enfin, mon digne compagnon 
d'aimes. " 17 Avril 1852?' 



309 



APFENTICB. 



" Ceci Mt un teeond cndîcUi! joint au Teetsmcnt, mû 
davuit ^tre ouvert Iimaédiatcmeut apràa mii mort. 

" 22 Juillet 184S, 

■■ Ph. Fxubb. 

"I* — 7e d^sIiOTBis que mun ccxrpg ne f&ipnaportjùt'EKlUo. 
OepËtLilant je n'entends faire jjRr 1& cjw'une turtw de prot«. 
Utuin contre \a. ptilitntioa d' Ei/Iùm nmi/tie, élevûe par lutine el 
contre lt!9 fau9S>i.*« inierpTêtutioas donnôtii depuU Nic^e kux 
dogmes et aux doctrines sur la Trmiié, 1j Rév^l&tioii, U 
Oiàce, L'immortidité de l'Ame et la Ciétttion, aînti qu'i la 
firnsec tiiLduction de la Bible. 

" Si donc, pour un motif mSme minime, nm m&re dédirait 
que je iimse porté à l'Eglise, je déclare ne pa« m'y opposer. 

" il* — Je di-sirerajs ijue, suivant l'usage des ^uicio-tis, mon 
corpi fût bnilû, i;t lu« cendres rccurillicâ duns une unu. 
LTime seraîl, jieut-^Lro, plutôt déliirriinséu' des lleria du furp» î 

" Je ne saiâ, du rcatc, si cela e«t possible. Je le dcsiieraii 
vivomeot. 

•■ni''— Dons tous ks eu, je serais bien lieveux qbs au 
tante permît de déposer mes dépuuilles mortelles pf^ ds 
cclka iî'E ; mn. mfire lui dirn pourquoi, 

"IV— Je dôairu qu'oa onaevclÏBSc arec moi: la toque âe 

velours brodée paj- E , le eouteau d'ivaire qu'elle io'« 

donn^ cC tou» les obieU contenus daas le premier Uroii ea 
luiut de ma petite toible à trois tiroiiâ. (1). 

" Si e(?Ia ce se peut, qu'ils Eoient douiiis & nm lan1«, Bavf 
les papiers cjuî doiyent être brûlés. 

'• Fait U -li Juillet, 1845, à FariB. 

•'PaitirFK FirRB." 

(!) "Ce« objeta Bout maiatenant dnns la boîte cooiLi^, 

arttnt mon déparl, à, Ëd Ils denont être rendus ù ms 

tante et non brûlés ni détruits, oanf ceux icul'ennés dons un 
mouclioir. Londres, 17 Avril ISâ2." 

" PHILIPPE FAURE." 



I 



UuELQvmi citations, quelques mots d'fclfùcissement tûctO' 
riquG DcLîivLTent d« faire coiuiuître les principes que Philippe 
rontciMe diin» son Testumimt, et qu'il a acrvia et pratiqua 
toute ta tId. 

— "Tout» iRs ULioio» Tuiif» suri unrit Toun, 

*U IfONU." 

"Je nrewi'iitin l'cxiBtfjnco d'une grande Tlnité, «ouree 
" ëtenieUe d'où tout dvuuulu, tri Ji; lis tiliùjvmt^it que les 




■CivxJtQtli ÉTBBSZI., 



207 



** honuD^ ne «mit pn» nuwâ loin do la vente qu'île Ip crftîpnt 
•• généralcnienl. Jrfur plu^ grande erreur est de la chercher 
" là ob elle n'est pas, et de s'attacher &ux formes tandis qu'ili 
** derrûent leB ÊTil«r, au continlie, pour upprafoiidir Tûse^ace, 
" (surtoiit en nontidï-mat que ces tormei lont le plus souvmL 
" lent propra ouvrogeO " FABRE d'OUVIIT." 

"irti«grana? diversité de cuUes, sembUMo? pour le fond, 
" maiB Taiiés daiu leurs t'oinms, Huut loaiûfeiît^s p&i la vulunté 
" du l'Etrt Suprême. Les une suivent un culte, les nuttcs 
" ii'a-ttnchcnt àVttutie: tous oc» adoratems sont puiitUe dfi 
'• Icuni oiTi'iiaeti jiar liiur tvillc purticulier,. . .Dieu est le doa 
" de Charité. Digu est rofirande. Dieu est le feu de l'Autel -, 
" c'eal Dieu mrâie (iui fait le Bucrilice, et Dieu ecra obtenu 
" pu celui qui lait Dieu Le aeol obj^t de eas œuTcos. 

"BHAGWAT-GHITA." 

" Un phîloBopîie I^agoricien ne reconnaît pas ces bar- 
" lièrea rcdoutaliiia qui piin^uent les nations, lee isolent et 
" Içs rendent plus qu'ennemies. Lpb Dieux des peuples 
" sont i ses yeui, le* mêmes Dieux, et bcs dogmca cosmo- 
" polites ne coudiimnent peT»(imic A ia dnmnatiou âieriielle. 
" 11 peut, d'iin bout i\ l'autre do la terre, iJaire fumer 
'* l'enceae eur l'auld d(? 1b Divinité, sous quelque nom, ftous 
" quelque forme qu'elle boit adorée, et lui raidiv le culte 
" public établi par la Loi. " LYSIS." 

— " TuGoioritEa zt KBvi:iJt.»Diie, etc." 

" EiLTiron quatorze uu quinze BÎÈcles avant notre ftrc, troÎB 
"' bomnieB extraordinaiies pjLruri;ui sur la texre : Orpli^'u, clua 
" IcB Thraces ; Moïse, cliea les Egyptiens, et un troiMième 
" Bouâka, chsz les Hiudoux . . , . Ce^ Uoîs houimee qui parlent 
•' égalemmit dolaméine ifârité, maisquî s'attatheiit plus partï- 
*' culïèrement il en fuite tesBortir une des fnreis, s'ils «vuient 
" pu être réunie, scrajont pcut-ûtro parvenus ït faire tuiuiuitr» 
" la DivJnilÉ absolue:- — -Moisû, dans son insondable t'niU; 
" Orphée, dan» !■' tnjîni de ses ijipultéa et de ses attributs; 
" Foi-, dans le principe et La Su de ses cancepti'Oiis."— £fiit 
Social, p. 3LS. 

1 —" HqV EBbL E«FOnt UT DAKS Vjn AQIIOR POQTIDXNTUaLir, 
DAltB UNU TRAMSFUBX&TIOM BXT^IUIEUBB roUB. KÉofeKi(lL8& IX 
60C)tTf<-" 

" Il fallait un culte nouTeau dont les dogmes ÎQaceoHBîbles 
ik ta rnitipn et les formes iiiDexîbles Buiimisseiit également la 
Vuluuli^ de l'homme et domiiLaeaent le Deatin. C'était un 
immense clt'oitdc laFigrideuce, L'h&nuiie qu'elle appdapoui 




308 



APrEÏCDICE. 



yctaplÎT rctte tcrrlMe tnlselon devait «ans donUCtTcplua qu'un 
iKimmc, (!ar unîininnivui Du'âcflUSli^, eût ploy*»ou*rfîiïonML' 
fitrilonu qu'elle lui (Li]|iiiaila»oul<:tiii. ('<i hirnimi-diTin HRnnm- 
mait JÉAUiL, c'«*t-Â-<liix- fiaut^ur. Il naquît parmi ces rnêmi» 
H^hrenx stixquoli; Ib ^nrde du Sép/trr Ac Mui«b nvnit étû 
conliéi- ijuiiizo «ii^c-l*» auparavaai, et, parmi ce» hocumes d'un 
tiAruclèrr inflexible, dmia la MCto aci N&tArûenfl. la plm 
rigide de toute». La force meniale de Jéfiaa, son axaltatûn 
iutfUfcluelle.m vrTtu animique n'uviûiait ou rieade conipBrm1)Ie 
jiuquc-lil. Il ii'f luit poliit Buroiit «clon li'fi bamine», muis U 
acicnraduinondoiic lui 6tait nullnmciit lléGC!^gaL^c pour aon 
oni^TT-; cUo loi &urût nui au oontmir»; il ne lui fiiiliùt qnfi 
<Ie la fm ; et nul, ni firwit uî aiirà» lui, n'a ponf aussi loin cet 
abandon de la volontt- qui s'61iiucc rt'soluniL'nl dt%-(uit elle. U 
oommcnijn ea miiAiOR & trente ans, et la Huit ii tronte-troù. 
Tmiti an» lui RuffiTpnt pnur ('hnti^cr lu ùu.e du niuiidc. Mail 
aa vie, qudquc^ lutigui.' quMk' L'iic i-tf.tLc quelque» utiraclc* qu'il 
l'eût irmplic, n'narAÎt point suHi. 11 fulluit qu'il voulût mourir, 
0t qu'il eut la furei^âc! rusKUMilor. AiiniirHlilucITiirt dr Innnttire 
humKÎni- aidf-c par la Providence ! JESl'S LE VOULCT, ei 
trouva en lui les itioyi.-ii» de bl- LiVK):R A mokt, pour ou bravor 
te« horreurs, et en d'ompti-i l'iiidutnplablâ puleùince. Ce Roi 
de» (^pouvnnti'tnonlH ne rôpniivanla pan . , . , Jl- m'arrête. Ito» 
eulhougisAUM tgUOiuTna vu fuiiiitiqiii;» n'ont que Itup aervi pu- 
leur» vainoa cxogf lations ù d6truirc l'uctc le plus bi:au dont 
l'uni\i}TB B,tt (ni tûmoiti." P. d'O. 

— " PAIinoKKEZ. DtVIS JiSDS," 

" liliniinirit' lie tii«ii, paiaiblu au iDonMiC qu'H npin, 
1\turii>- Kiir L-U4 buurreaui un (L-i\ relij.'iDiM. 
ICt lii'iiit jitEqu'anbnw qui «aiua Km martjTo; 
Tel l'srbrp do Sandal quo&nppo ud furimi, 
CoUTi» da ies narnuna 1» tar qui In dfc'hiro." 

— " Disciples de t-'EVAXGILE ETEKXEL." 

Cm mat» expliquent toute la peni^^e dr Pliillppe. Comme 
on r« TU plua haut, dnns »ea étiidcH hiHlririqui.-!>, kod hiit 
principfti'Êtiiït de pénîitror la cauao dca ftchi^mi.'H relt;;ieus et 
poliliquci, vt l'ijifLutiice qu'il Iravi-r» le* Niiïclvw, tU exvrv«nt 
■aoore sur nmin ; de ro rendis ctmtpio des inl^ds, des T^rllis, 
que Tc pré aeni aient les pcirnécutéH de tiiutifi Ira (■poquta, <t 
«le mettre on lumiùra lex d(;.'ouvcncE sciciititîque<> CDnd«mi)6w 

tiarle» prétendus oiiliùdoxL'» eonime tMntriutletoirti at»c lea 
ivtea sacrés tels que ces mCmn orthodoxes les «Tnàent 
iraduits. 

11 aimait îk rnniuvsr, dim.* V cirraPt&rc du p^^p Al»xia, de 
Upiridion, qusIquU'UUB des tnùu de Min maluo Lametinaà. 




l'éva^oile éiebnel. 209 

Un jour, comparant les Commentaires ajoutés par Lamennais 
à sn traduction des Evangiles, avec les âemiers chapitres 
de Spiridiott, où les révélations de Joakîm de Flores, de 
Jérôme de Prague et de Jean Husa, apparaissent comme 
formant le lien de la tradition chrétienne et de la Révé- 
lation Socialiste moderne, Philippe nous dit : " Lamennais 
fait revivre Joakim de Flores." Noua noua rappelons que 
nous ne fûmes point de son avis à cet égard. Si nous euEsions 
eu à caractériser Lamennais, nous l'eussions comparé plus 
volontiers au moine Dominicain mais patriote Savonarole. 

Plus tard, Philippe fit des recherches historiques nouvelles 
sur le Uoyen-Age et sur l'insurrection religieuse de la Bo- 
hême. C'est alors qu'il écrivit Ulrich de Siitten, feuilleton que 
le lecteur trouvera dans la suite de cet Appendice. Comme 
Philippe n'a pas eu le temps de terminer les Etudes géné- 
rales dont Ulrich de Hûtten ne devait Être qu'un fragment, 
nous donnons ici, d'après nos conversations avec lui, et d'aptëa 
nos propres recherches, un rapide résumé de ces Etudes. 

L histoire du Christianisme nous révèle l'existence dans 
son sein de trois Sectes dont l'une se rattache plus particu- 
lièrement à l'apStre Pierre, et a fondé, sous son invocation, 
l'Eglise de Rome ; dont l'autre obéit à la voix de l'apôtre 
Paul, et a donné nsùssance à la Réforme ; et dont la troisième, 
qui reconnaît l'évangéliste Jean pour son fondateur, a pro* 
duit ces grandes inspirations qu'on a appelées les hérésies du 
Moyen-Age, depuis Abeilard et son disciple Arnaud de 
Brescia (1144), jusqu'aux chevaliers de l'Evangile Eternel 
(11Ô6), jusqu'à Jean Huss (1419), à Jean de Leyde (153â), tt 
Jeam Huniade* et au farouche taborite Jean Ziska (1424.) 

• N'onbliez pu lb boatz Jbiit Sobimki, dsns cette évocation de çranrta 
bommes du nom ds Jean, que vous faites d'après les notei recaeillieE par 
Philippe pour les travaux bistoriques q.a'il préparait. Ce nom est rt'nfriS 
dans notre ramille. Celui qui le portait noue a \6gxie un souvenir qui lui 
BUrrivra longtetûps. Ceux de nos enfanta qui l'avaient à peine entrevu, 
ne pouvaient roubllcr ; ceux qui n'étaient venus au monde que depuis en 
mort, apprenaient à respecter sa mémoire. Fréquemment, une rencontre, 
un hBZûTd, nous révélait quelque trait de ce noble cai'acl^re dont rénergic, 
la probité et le patriotiHme étalent rehaussés pat une bravoure stoïque et 
dévotiéë. Philippe, dés qu'il sut lire, recherchait si tous ceux du nom de 

Jean, ét.ûent dignes de porter ce nom Un soir, il écoutiùt une de eea 

lectures qui remplissent les soirées de famille : il s'agitait et soiTait avec 
inquiétude les progrès des Turcs, maîtres do Constant Inople, qui mena- 
çaient le second empire d'occident, prés de s'écrouler, de même qiie 
l'empire Komaïn, de même que l'empire d'Orient, sous une nouvelle 
Invasion de Barbares. L'Allemagne était ravagée et les souverains 
de l'Europe, trop occupas de leurs propres dissensions, ne songent même 
pasàsccourir contre l'ennemi commun, l'inepte empereur, détesté de tou». 

VlINirX VA BUCCOHBEB, LB CROIBSAHT VA ÊTRE ABBORË SUS LA TOVX Ht 

Bt-'Etienhi Philippe s'élance en courant par le salon, en brsmdissitRt 

son " sabre," et s'écriant : " I^ brave Jean ! le voilà I Vive Je*:* 
SoBiBBKi ! Viv« LA PoLOOKE, c'est elle qui a sauvé l'Europe 1 " iU 
B'av&lt qjte 7 oiu.) 



210 



MTXSniCB. 



PMlipp?, le 22 Férrier ISiÈ, au mam«tit de ç«rtir ou 
combiit, ipivuvo le bisviQ dç ju»Iifii'i piir uit piroctpe In 
df'l«rtn{natioQ qu'il pieiid ; de lailacher ï une Tritdilloii U 
caïuc mi'il mi défendre ; ttiiûs cniritni! il imt bien ^it'il ne 
•"agit plus d'iuio lôformo puromeat politique, ni aiéme pure- 
rnont nationalo, il n'iiiïo'iUL- puiiit lt'\ ^raiirls uuiiia de 89 M 
de 93 ; il remonte plus h&ut, ou. ai Vm veut, U crcnii>ic plu* 
pralîMidÉ nient dans U socii^é cl dnua l'tiiatnîre ; il s'appuie sur 
in R^TMatian, ntnîs sur la Rfivélntion lyrogreasire, at ilinvnqaa 
le» liéros, le* martyrs qui ont Toué leur via au eeivice du 
l'ouplc «t & la défonBe de U grande Dootrine desHnëc à 
H^liaer sur U t^rre la. Libcxlè, U Fmicrnîtf-, et rEçalité. 

Or ealla doctrine, avunt de s'ajip'-lec le Sucùdume, a ru 
uu nom daiL» le Uoycu-Ago ; elle a eu iiom l'KvxtiatLl 

BTBJllfU.. 

Au K^n de 1& Secto dta Johannites, r^ra la fin. dtt Dov 
Ktèm« Siècle, une Oofflinuniiuté de FT^rts-MiDeura mit en 
\ente à Parie dun» l'Eglise Nûtfe-Dnme un livre intitulé 
l' Hvangile Etamtt. Ce livf e oonieiiait uiie prophétie annonçant 
que les m» i;c es se tira de Saint Pit--trc seraîeitL renversés aoua 
|>t'U. et que daQft l'Eglise s'tlfverait une nouvelle puissance, 
HOU& le patraiiage de Sûnt Jba», p\]issaii<<.e qui devait faire 
dispatsitT-u complètement les partisans du Si^gG do Botne. 
l,e [jape Aleiandie IV fit ti-ùler ce livre en 1256 pai la main 
dubuurromt.etlamPnne ann6c^ l'Inquliicion fut établie à Paiii. 

Ce ItvTe ii'uttxiuait pue eeul^ment la Papauté i U remontait 
Jusqu'au DoginG ol poBHÎt, en fiico de la Doctrine manlcliéennv 
de In Chute DriginH.dle, la gruude iflée du Progrf» relineux 
et locial. ÏHxRi la pensée de^ JohAnnitce, auteurs a» ce 
\i\to, 1.1 Révéluilcin devait avoir trois époques lÂpondant avx 
tiois perHonnos de lu Trinité. La ptemièra de ces époquu 
avait lait cunnaître Dieu le P^re [loi de Moïse) ; dana la 
seconde, le FiU s'étnii manifesté [misâon de Jéauaj ; la 
troîaiûme, qui coinnuinçait selon eux, au TreiziËme Siècle, 
démit inJi.uguTer le r^gni? du Saiot-Esptit (Parnclei), c'rat- 
&-diro que le Paradis démit se r^Aliaer sur la terre, et 
que Igutcs tes disiinctiona tubitrairt-», tvut«i \en iiiénaUloii 
■ocialea, tciutc« li» CFistea qui »fp«raient les Ilomniee et les 
(laMftiant en Clercs et Laïques, enOauvcrnantaetOauvvmèa, 
en Kichcs et l\-iuvTc?, allaient difparaîtifi. 

Les tionimeH l>?s plus instruits et les plus purt lOUtinTeiit 
ccUp Doctrine de Tt^vangile ]i!lem>pl, et M la transmirent 
d'â^e en fise -, elle eut sce Chevaliers, ses PoMes «t .im Prê- 
chc^urs ; eue pii-Aida ik lu vr^'ation des erdre» monnstiqueB et 
■lilitniros \eK plus c^lAtires ; sons son inspiration myatique 
t* fondèrent des S'iciétcs Hectèlea qui nuhstitcnt encore ds 
non Jotirj I vc «ntln Tepou«»(i3 pir réiaumo et par l'igno* 
raixc des populaiious oetidentalefl, ^Hlncue en BdMtH tu 



4 




Sâziëme Siècle, ella se réfugia probablement chez Ira autrei 
peuples slaves qui, ayant reçu des Grecs leur initiation 
chrétieime, étaient préparés d'avance à accepter I'Etakqilx 
pi Jxur. 

KOTB (v). 

LA CANNE DE RABAN. 

FA.OE 134 : " La canne à lance de Baban a revu I« 
" combat (»)." 

Kabait était bossu et de petite taille. H portait une canne 
qu'il avait achetée, je crois, pour &ire son tour de France. 
Ceux qui ont connu Saban se rappellent ce voyage, qu'il 
entrejmt en sortant de Doullens, dans le but de foire con- 
verger les efforts de tous les tépublîcalns. L'invention de 
jDaguerre était récente alors ; Itaban, un appareil sous le Inw, 
allait de ville en ville, feisant des portraits pour vivre. Il 
visitfùt les joumaliates, les hommes influents du |>arti, lei 
«impies citoyens ; il les invitait à s'unit dans une action com. 
mune. On sait quel lîit pour lui le résultat. Après avoir 
ainsi sondé les idées et les bommee, Raban revint à Paris 
socialiste, c'est-à-dire, persuadé de la nécessité d'une doctrine 
générale, seule capable d'associer les bras après avoir éclairé 
les intelligences. 

n mit au service du Socialbme naissant toute l'activité qa'il 
avait déployée naguère en favetir de la conspiration républi- 
caine, n mourut en Octobre 184£, occupé de notre propagande 
Socialiste, et nous bénissant tous, noua autres jeunes gens, 
qu'il voyait décidés à servir l'idée nouvelle. 

Philippe, libre de son temps, put soigner Raban durant la 
maladie ; il reçut de lui cette même canne à lance qu'il porta 
en Février, et qui le servit bien moins encore que son sang 
froid et son intrépidité. 

Le fragment suivant, daté du 22 Septembre 1845, un moii 
avant la mort de Baban, est tout entier de la main de Philippe ; 
c'est une ébauche du Cours qu'il allait commencer et aux 
premières Béances duquel Rabsn assise : 

" 23 aeptonlire lUS, 

"QTIfiSTHWS PBnaTrTEB PB U. DOCTBINE DE L'EnCAKITi. 

" DE I.'hOMHE. 

" Introduction : C&n*iàératiùtu *ur la Société aetiull»; 
'ééfaut 4e tynthite. — Enamitur ies tendaneet dêmtaeratiguet et 
fkUo*^phiquet de Cépogue. — En un mot, préparer le Court «M 
partant 4e*- fait» pvwr renuitter awt prmoipee. 



APFES'DICff. 



"an'iar-PB qvi l'uoumi? 
" liV* Ot"'f>'<"), — De la natuTu de rhammc. 

" r.'iinniTIiccst jrnadfùfB — acnlimcnt — ccinaaiitame indittiihfp' 
mmt unii dan» une maiiiCntatiua uaa et ninair« & la foin. 
Une, par la ]M^'doniinaiiei.' dans cluniuc nuCu ; irinwrc, pur ta 
concouTB nfcesHoiic ùa troi». 

" La vift (II- l'homma tut une atpirafhn indtfinû. se mani- 
&«laii.t par sa natum irhiairt ; c'vst. ])iit «clip nkltire «in'il 
mllue Bur le iiiunde eiltriem ou en est înfluenc/'. La. vie de 
l'homme Cirt doiir uiia ctitiimuniim nccuâbnûc «vcc Kh ecm- 
blablce, stcc la ^'^atu^c, arec Dieu. 

" av'usT-CK ttun la ttb dk l'ubiuib? 

" 2tm« QueMion. — La vie de l'homine est iumî coramualoa 
n/'cwsairii .1ÏIV »ei »«ïjnblable.'i, avec ta Nature, arec Sîmi : «tn 
taul ini'clri'. il iluit l'UiiiinuiiicT nveu tout [-(^ i/ui e*t ; vu tant 
flxi'indMdii A«inaia,û doit surtout communii-r arec C UmMi- 
niW, qui est son oljjel;, et. dmU il fiit \a «iiict, parce mi'Q («» 
tmi à CL-Ili: Humamté. Vie olijiïiUvc et sulijci.'ûve,^-dêfiiiiticiai 
û donner. 

" Zm» âueffion.— Qv'Kti-ï-oi qn l'HuhamtI i 

" Rt^futcr loK faitEscs nattons données sui lliaiiune tn^vîâii 
cniKniversi--] àeuleniJ?nt, et dire : 

" L'HiimimitÈ, c'est l'hommc-humaiiiuS un 3l« idËAl te 
réali-iant i travt-rs le temps et l'eHpiu;*; par dta* étri?a particil- 
lîers apps^W* hommes. Donc, tout houiine pdc VHumaiùtéJ 
l'élal virtuel «.'idaiis itno nukiiileslaLiiin avtudle et piutïcuUèn. 

" Donc, cn£Q, Ivs bonuncs sont solidaires, 

" io'/tie QMithn. — Qw'hst-cï qrb ul Si)i.iDikArTÉ î 

•' R6Piler lee favii^ses notions du droit ot du devoir coaAi 
B^arimcnt. Montrer leur ûidi'vkiliilitii. Lt» lîroît nt In dvvoîi 
réunii en action, constituent la BuliJsritf. La ^ie f't&nt&Ill 

Êia stibjcotivc et ubjcclivc, et tout homme Étant riliimaiiité, 
droit et le tluvou ne peuvent o\i»tL'F séparâm^ui ; votm 
drtiit, vutre duvuir Ront le» mitii*. Dooc tout lnjinine at ûgal 
^ tout hiimine. Dnnc l'organisation notucll« c»t mauToisc, 
parce qu't'lK> est fondée sur la K^pAiatioiL du droit et du 
devoir, stir l'fgoÏBaïc «tt \v sacrifie!.', 

" fiinit Question. — QuELMi BEnh I.*OltOJkH»&TIC»r IfOBXlLri 

" Cdwlmllro les nolicns en vertu desquellea la Proprlfti, la 
Faniillu i^t In. Oit( ont ct£ *>t Monl oignnÎK^, 

"L'homme e&t scnnalioii : il a boeciin de pTupiiflê pout 
garantir et di^velopjiLT bu si-naaliuii. 

" L'hommv ut lutliineiil i il a bocoin de famille,. 



I 





Z,E TOCSIN. 21$ 

" L'homme est connaîâsoDce ; il dok participa au gouTene- 
luent de la cité. 

" Ces trois choses organisées en me du. fmi, yoilà le mal dam 
la société. 

" Ces trois choses devront être organisées en vue de la 
nature indéfinie de l'homnie, et être telles q^ue l'homme puisse 
y vivre et s'y développer. 

*' Introduction à la Sème Quetiion. ' ' 

" Distinction du ciel relatif et du ciel absolu. L'absolu; 
c'est Dieu, c'est l'être ; le relatif c'est la partie que nous en 

.«tteignons tous les jours. 

" 6é/ne Qiiettùm. — FaDOSÈs sans i'imdêfini. " 

" 7ètne Question. — De la Sbnaibsance daks l'Huuakitë." 

/ HOTE (jb), 

LE TOCSIN! 

Page 141 : " I^e tocsin. ... la réserve marche sur 
*' Paris (x)." 

" Mou cher Auguste, '~ 

" Je me reporte à cette nuit terrible où le 'bourdon de Hotre- 
Dame, les fusillades et le tumulte lointain m' arrivaient avec les 
rafal» de l'ouragan qui courbait nos peupliers jusqu'à faire 
entrer les branches par les l'enêtres ; le roulement des canons, 
le rappel, la marche des soldats, les fouirons pour l'artilleriie 
et pour les vivres, tous ces bruits sinistres me semblaient plus 
sinistres encore après un court silence... £n£n Philippe rentra: 

i'e lui fis part de la sollicitude de ma sœur et de Mme. Zoé 
j qui s'inquiétaient pour lui au point de vouloir envoyer 

le chercher dans Paris, tout en me rassurant sur la tran- 
guillité rétablie depuis le renvoi de M. Guizot. Je ne pensais 
pas que l'on se contentât de cette concession, et depuis que 
j'étais restée seule, le nombre de troupes, de batteries et de 
munitions que l'on dirigeait vers le quartier aux barricades 
me disait trop bien qu'il fallait s'attendre à de nouveau^ 
combats. 

" En efiet, Philippe était venu pour quelques instants seule-- 
ment. Il me raconta la descente du faubourg Saint -Marceau. 
Le Peuple ! le Peuple agité depuis plusieurs jours s'était 
eaâa ébranlé, et il était descendu. Hommes, femmes, enfants, 
comme au temps des barbarts [ à la lueur des torches, ils 
.descendaient paisiblement pat touteE les nies qui 4'^ vont 



214 



AFFEITDICE. 



vm Is Bçine ; «tuntont la )r»r*f11taitt, Lm fennm portsat 
leurs enfonU ànn* leurs bra» ; ies enfhnU plus grands <^!uul- 
Uîmt et couraient à travers celle masxe formidable qui 
devenu! plus compacte et a'engoutfïiût donâ les réseaux de «a 
mille jKiit£0 ruçe t^ui s'enticcroiscnE nux eniTtruns d« l'HDt^l- 
rie-Villc. Bien loin de sVflrayet i l'aspect de cette naaae 
humoino, les habitiitita descendiucitt do leur» raaisorM, Icf 
boutiquiers npporlsient d'eux-même» auc iiuurgés des viviw, 
de* rafruttliiiuivuietitii, rL-fusiukl le puieincitt tiue leiu offiaient 
Im moins jinuyrcB'. 

Philippe me quitta Aa nmmau : }c onntptai li troisibi» 
bfttterio lit: iZ-acrve (luî norlnit tlu clintim dn Mkri), et Vt tOKÎn 
M fit eutt^dre ! "— f .Vdfn de fci mère Je PhUijjpe.J 

HOTE (yj. 

LONDEES. 

Page 148 : " Union ! (artù-lc date de Lonrlrc-«/y;." 

Nova dannone ici pluiicu» docuniunu qui w rapporttiit au 
K^jour de Philippe ù Landrc» et i^ son premier paMMgc à 
Jersey : 

" Ax BbDACTBUX m PatrM* SaimUift, 

" Loadrw, S Jméq IM3. 
" Mon clicr con&ère, 

« Depiùs qu'en aort&nt de cIick moi -pom aller r^ciller le 
peuple, le tnatia d-u 3 Décembre', je vous donnnî U nouvelle du 
Coup d'état, il m'a été pii-aqu' intipoMible de tou» écrire. 
Aprîa deux }Ov>tb de lEnt&tîv^ inutile* pour {-claircr Pui» 
BUT la portée du Coup d'plnt, ja ftw enroyé dait* lii d'Tiiiitc- 
ment que j'aviiia orgiinist pyiix y mrtlre U Jeu. Uéjâ, but uac 
lettre de moi, l'a^ie éttût engagée, ^ais pendant qno Je 
gagnais ee (lépanomenl en ehmigeunt six foi» de Toiture en 
Tingt-quLitre lieure», l'ifffairr rvlittuit il Paria, et Itt Déniucntie 
ftaaeK dévoué« pour prendre 1t>s ormes, (ncùt écnuéo. Lca 
paysans, levés du eon dn tucitin, rentrèrent choi eux à eetn 
nouvcIlD, et me» nmi^ durL'nt Tuir ou m> constinkir prtMumien. 
Il y eii A trois transporléi, dont l'un, le principal, n'ataot 
cependant pw bougé ; Pnur moi, après dca Jouni6ei dt 
murehes et d'iiiqtiiéludc», jo imnvni nn myle ; (jouni ainû 
plus tiird, n'entendant plus pnrlrr de rtm. je rentriu chcx noti 
peu de temps aprf», on m'expédia du Haa» l'arTêté préfectonl 
m'expulsant Jt jainois de la France. J'ai obtenu qnelinie* 
jour» du répit poni mettre en ordie lea aflaireM de ma m«rs. 




L0XDBE9. 



215 



que j'&i l&iuée tin peu Mnjj&ant?, cas éTéneinente ayiuit altûié 
IIM aanté que km eaux il'ALx avitinit à peine rf-tablLc. Ma 
sœut est toujours anm malade, que lorsque, poiu lui faire 
Eicndre 1«> eaux, j'ui toXl U) voyage qui m'a valu le plaiiùr d9 
uire votre cannaùisAnco. 

" L'ubli^alii}!! du ijiànler eecrct mon aeylc, an moins pour nu 
pn oomprtnactlTP liw amu ôioonnm qui m'ont si ^ënâreose- 
menC sauv^, m'» privât du plauir An (.■uiiliuuct ni» relations. 
I*Out-<!trc m'»vca.vous cru tmnsporté. comme Ir. bruit en ■ 
couru : Je n'ai pas eu eette fi»s enccrc, le m&llicur de tomber 
aux grl&M de reniieiai, bien que j'en ûe eu souvent In 
«caini«. 

' J'ai tiDUv^ rémigrmtton. divisée en inillca cat«riea. Ani- 
[nadvenion. rËcriminationa. accuaatiotu, fureur, voUà le spec- 
\ tado oS^L pur t'cmi^Atitm ; par cena yiirtÏB la plus dispoi^ 
Ui combat, mois nue«i la plus disposée A se Uûhkt fgnrrr pitr Im 
maaé^ de police. Lca amis de Lodru, les eectairca Bocialiates, 
les potites umbitinn» ul kv erund<>ft coliiic», s'ai^linminit & 
diviser la. mallieureuse prose nplimi, et do ce» déctùnsmcnts, 
<^uc Hortiia-t-it ? rien de non poui penonnc 

*' Js ^-ous envoie une brochure qui vient do puroîtio à 
Landrcc;leaprinDlpa1i?)iti-U'G du Socialisme proscrit, ù Londres 
BO sont aaacmbl6c« pour tilcher de rÉuiiir e» un seul fBieccuu, 
iMdMtrines BOciolÎBtes en lutte en France. Qu'en sortira-I-il ? 
Des panphUtD, des idfe» ; penl-^tre un noliemîrigmeiit à une 
grande ilocttinu réivovatrice ; uuûs il sa iiourrait bien qu'il 
n'en sortit po» mi-mo le journal hebdumailitiie i )n formaiiim 
duquel on travslUe. 

" Cotte union Bociallste témoigne d'une aspLtatinn veJs 
l'Unité ptumi les diverses f fûtes : nutis leur est-il posoîblo d'y 
pami^î c'est 00 que l'avenir seul mûntroia. L Esprit i«lU 
gîeox 9t âognuktiquo de Pierre Leroux., les tendancDs d'auto- 
rité de Louis Blttnc, U dictature étroite du Communisme de 
CsboC, p(Hirront>elles s'entendre tntxo ellee ï et tu elles 
rtuBskeeat à s'sgglooiÊrer, leur sera-t-il pos»ibl« de s'accorder 
Bvec l«s carBcUras indépendants de llioré et des autres 
nfoudhonieiu accolas & eun ? Je ddia vous dire que Louis 
blanc fut tous seti efforts pour se modifier et pour se lier 
SUK pMtiE«iiB de Is Liberté dont il â^t'c'nd snns ccsm et 
chaleureusement les opiniuus. 

" Je pense que vous repioduirM la brochure de 'piort «t 
que \'ous annoncereE la formation de l'Unirai Socisliiste. Je 
Youii siir»! cibljgf de m'rnvnyer le numrro qui en paileTïi. 

" Je vou» r*euiitcraib ericoie bien de» choses eui la Démo- 
cratie, sui 1» scïticni qui s'y fbTTncnt, oui les brooiUeB de e^m 
okeEs, le<; haines ttiiriultucuscs de ««-s suld.aLs, et ana^ SUT 
rélabûtatioii d'idées grandes, rudîcjles. vraiment révolution- 
naires, qui t'j iiiit enCe les boumoe tépiH* des coterifia M 



su 



^prniDnnc. 



ilM Nctta, mais liaetecmint déroo^ M pnpts focSd.... 
inal4 nu lettre paMen par la Fruire .... 

" L'n nint pounant : totu Im proacrita, auii 
d'opiiiiMi, de aeoto, do coterie, ont farmâ une hk. 
OVpiatw de «««01111 Ovlcrnel. où il c*l défendu a>^ jirt^ 
|N>IUMia« et dout la oomnriawon s'oraupe d« r«cii«î11tr dM 
■oiMKn{rtknu et de ttoarer de l'emptaL mut les tnalbcmeiU. 
■au rtatovrcn «t tana trarai). La Ooamimoa «at fine 
aiwwuellenent i ell» se «mipote en ce moiBCDt de ctto^vos 
ftnmKmwmt aM<inbi^> pnr fnrcc dan* un bot de fraternité ; 
f. Vyat. !.. BUoc hcûm ItoUin. Pîeno Leroux. Tbor^. 
( 'niiitiidi^re, Ttibcyrollcit, Itnjcuu, Bvrtlioloa, Martîn-Bemard, 

Itqichol. Mint les' êlv» de la deniîfrre afance. Halh^urviwc- 
tUMit, ila lie a'miendcDt (|U« pour chercher à «cooimr Inufl 

Mtiti'lloj'Dnc : t'ile pouvaient mareber maoïBble, ce wrait nae 

' rï* politique fnimvnïâ . . . mais cela ne «en jamais ! 
" Adieu, nwn cher confrère, fjûtr» de crttr lettre ce qae 

«tw mudiea. Adreasioa vos réponses à rVniMi Soctalùt*. 
^i'ui Ut un ami <\ni rue ft-rii it-iiir \r* letlrca, 
" Snlut et Finlctnilé. Taui Jt voua. 

" Pli. FArRB." 

" Tirtlrt oublia; d'abnrd, «t non envoyée en rojant rimpua- 
^fibîliti dp t&cner ii An l'Unioa Saoioliate. 

— Août 1852.— 
" Au PairiiiU. Su<',uit>u 

" Pa, F." 

A GKEPPO, 

" St.<lUU«r, ïlamnltic, ISU. 
" Mon cher Greppo, 

*' Je para piior Lauilrea Lundi prochain ; je ne voui 
éorirnl pa« 1 mu truc meut, je n'ai 't'>>iUi:ur» pui itiand' chose i 
[OU* dire, mi muina de bnii. Cn-mniciiçonK p.ir Iti meilleur : 
\ti\ts de CiM|Uitrt di: Cltiiueili.')r qui se csL'Ituil & Fam ft po 
_.La'écliï|)pi.i' el rvjuijidco ici son mari, ob ils font cosemSlc 
iû ■blanthiiwngi'. EIJp dil r|u'i\ Tan» tinit. wt monte ou indif- 
frrfut ; la Ijoutiquo eat l'ulhce h. )ii)iiii))(utL-. Dca arrestationa 
CHjiitinucllL-« (i^i-ournf^ciU co rjui icMtu d'énLT^que parmi les 
proI6[airc«. Elle 3 vu Gouiklmux. qui paraissait trte aSIgt 
ot lui a dit qup lu* i>xîlvs ctniutit plu* hcurvux que ceux qui 
icalaivul tiii. fVnnu:. 

" Je reçois il l'instant rotzo lettre d'hier et tme lettre de 
^jouis Blanc. Vatro nppriibation mo Hntinûiit extrAnutnient 
et ju auis litiurcux du voir que la Tijradc si curieusciaetii 
•Mortic oit £l6 comprise par no* amis de Londres, dans aa 
•igoiAoatioafila fuU trunoaiie et oonciliatrico. Victor Hugo 



i 



à 



' LOITDBES. 217 

taarche à pas de géant ; il se tient à merveille, toujours 
empressé à prendre sa port de l'action, toujours éritant ce 
qui aurait l'air de le poser en chef de parti. Il a été très 
content de la réception de son fils dans la société fraternelle, 
Il nous a engagés à passer les Samedis chez lui, en famille. 
Nous y avons été au nombre de plus de 20 ; les uns ont fumé, 
d'autres ont causé avec lui sur l'avenir. Il a parlé de la 
Kévolution Européenne, de la grande guerre, de la démolition 
des institutions politiques ; suppresiian du clergé, de la magis* 
trature, de l'armée actuelle : levée en masse de 1,200,000 
républicains lancés à la destruction des trônes..,, tout ce 
grand plan se déroulait sous sa parole poétique .... Sabotier 
lui a parlé de la nécessité d'une dictature. Victor Hugo a 
fort bien défendu le suffî'age universel, mais en reconnaissant 
qu'entre la révolution et la convention, il y avait un inter- 
valle de quelques semainee qui doivent suffire pour qu'une 
dictature révolutionnaire fasse son œuvre assez radicalement 
pour qu'il n'y ait plus à revenir. Mathé l'a poussé sur la 
question sociale, devant laquelle il reculait d'abord, tout en 
protestant de ses sentiments particuliers prouvés par ses 
anciens livres.* Il a fini par convenir avec moi qu'il fallait 
nourrir la levée en masse et aviser à la crise économique 
-" La Banque d'échange, la liquidation de la dette, pour éviter 
la banqueroute," l'impôt- assurance, il a proposé ou accepté 
tous ces moyens sans sourciller. 

" Après quoi, un thé serri par sa femme et sa fille et de» 
chants patriotiques dits anec àme par Colfavru, ont clos la 
soirée. Fombertaux, l'honnête et vieux Démocrate a été 
parfaitement et particulièrement accueilli par Victor Hugo 
qui a très vaillament accepté cette compromettante collabo- 
ration. En somme, le plus grand accord a régné On a 

seulement remarqué l'absence de tous les membres de la 
Kévolution. Un mot d'ordre a~t-il interdit à ces soldats 
disciplinés d'assister aux soirées du grand poëte, du grand 
orateur, de l'ex-pair converti au Socialisme et sortant des 
barricades ! C'est présumable ; car ces 20 M. M. ne se seraient 
pas tous abstenus sans ordre ou concert préalable. . . . Pour- 

■ Le 39 Février, la France entière mIur la Répnbliqae avec un élsn 
d'enthousiasme et d'espoir, La Proclamation aauoDçiut l'Abolition na 
zji. PEINS SE MOKT [en madère politique.) L'Humunité crut avoir 
fait un pas vers l'avenir promis il la fraternité. Cette adieuse !nii)ieW, 
appelée Jrsnci dans les temps barbares, que nous croyions déjà loin de 
noiu, Li FEiHS DK KosT, Lamartine en Toulait I'Abolition entière, 
alMoloe, sans restriction. L'on avait dana la mémoire les paroles ton- 
cbanlea et enbHmes inspirées à Victor Hugo par le même sentiment (Ls 
Daanmt jour d'c» Condamne, CuimE Oubux, Discacns) et la France 

Joi eroyait avoir obtena oe progrès moral (et qui le réalisera un Jour, n'en 
onUma paa), la France j rattachera le nom de ces deux Poètes ; elle les 
unira dans sa reconnaissance & Béranger ^ul contribua si puissamment lui 
aBEd fc ee progrde dea eaprHs; 



il» 



ÂSratBKM. 



\ liiniiri 



tau noi r»lBtioa> uot aues ag^SablM -mi 
(W <l(plimblMi dÏMiMunon* qui ont édaii 
ùmt «xploumi antotu ducad^Tiede Comnet 

*■ Nuiu >voM on tcrvkc ^ toua HwiiifAt : s'dflt dTéoMÊ. M 
Acldaiu, de dnnaiuler si od réiisprin» «t pnmp ^Fnef* 
notn Lvttrp au pi-uplv >ut t'slMttsitian ; vm, tH Tan «au ^v*«t 
en onroU un jinquet tout impritad de i«n*f I Prà* de 3,SM 
oxtaapUlrc» «ont diji «d Franw, il en reste «otnu i p lt aw. 
J« Toiu «n BppnrterM <|iielqui?it ccntaîim poux qoe nat mit 
tla Londiva pulaaont le* itxp^dicr sur la Fnooe. 

" IJnt, qiiL m'MconipAgnc à Londrci, d'oA fl mtt pvtir 
pour t'Ain^rltiiM t SnbÀUei, Matli^ etr., vous esnriait nB» 
utnlti^, Vvullliri pr^tMnUr nos GompUmiait» r w pa cte enx I 
Idinu. «t A MIU). Oivppu. 

" A roui do comr, " fourra." 



riUOKENT OC JOUBKAL Il£ rHILIfFE. 

'• Londiw, S JuTkr UU. 



" Tht»^, Groppo, LchloT». Bru. Vdllud ; d'uitra taton, 
voal BU ognvoi oo llonri BoaUErund, un jeutw Purtnan mon 
ds la poitrine. Il ap]iKrtciiiiii u lu " Rrvulutton." La vefll^ 
Itnbcit (da iaxa,) avait iuinonc6 que cette sociÉt£ «'oj^linaH 
it M qu'on prononc&t »ur lu tuaibu ùv» divcoura nun a|»pcowvéa 
P*i nIc. vlvea rumeuis et discueuutu à ce siùet. 

" Aii flonvoi, je n'ai vti ni Lnui.i Bltino, ni Martin Beniânlt 
ni BtbcyToU«ii, ai Lcdru Kollin (dont U bcUc-inin vioit de 
mourir ; 11 parait uu'uu uuck- du hk fuinnie wt mort l i fa a m l 
<lo« RiillionN k «<-* hérïtierm sniin que LmItii ait jm «n «toit 
M port). Purfligcin [lurti^ le ihnjiL-uu dt^ U " KérùlutioiL" 
RoocTt, Kfshilcr, Gu6rm aoni »\w lui. Lu iJovK-t^ fntamcUe 
s'cRt fait luîi-u uti drapeau miigniAque. Li, marchant Félix 
Pjnt, Lnugi'nnd, Mnii«lct, etc.... Noua, qui prenona la 

aucue> noua noiu trourona avec la masM dcirii^ co eaoosd 
ra|>uau. Nuua panuini du " Otuy'K Iiui Laae" par va» 
pliuo affreuse; les nies sont boueunen, délVincém | noua clu> 
itiinons diuu la féage. L«s Angl&ia (habia de voir 400 fc<™™ 
suivro un corbilLardi eux qui payent quelquva pluurcuMa pour 
Bceotupagnu leun csadaTrca au cimc-ii^re, les Anglais rùnt, 
ailHen^ huent, en TccannaioMUit 1e-i l''runi,'aii( et leura drapeaux 
lasgM. Plui naut avnnçona dons les (|unrticrs miaôzoblM, 
aux malaona cturcuiifi, h U populniiou Jauiite, t^roc, hiv», 
appauvrie do sang, nux traits grimncfs pur la MoufErancOi et 

?luE les ftciitimcnii luHiiIi:« ne manil'est«at outragoiuencbt. 
''e*t Duur aux, pour inti» Im proKitaîrcs, quu nous lomniM 
proicnta et iu nous iuaulteut 1 







• 




LOMOBE». 



219 



" An ctmeli^T« de Victoria Fvk, i l'extr^mitd de la TilW) 
apràÏK deux henres de cette nnit« dnuluiUBUKe ou pénible, 
uius noua urStons enfin. Oa dépose le corpe. Là qaeli^aea 

ouvrieta et des femmes accourent, plus curieux qu'liu*tilc« 

lien d#ux diKpeaux te plsnt^tit sux d«ux bouts dp la toate. 
Keaftlft proaouce d'uiio vuie diatinctc-, bnm accentuée, luaia 
•MM duucur, oïL diaMium de ThOtoriqnc. bivn nn^ncfr, bien 
«rdanaé, tnaia lans pandoii, sans eutrUDem«rit. Il fait appel 
& la Tenptoncc pour nmourait In luulc iniitilr cHù-rt '..,.. 

" KoMrt (â« Jnn) s'écrie alors : " La céicmonic est fini» i 
dtOTCOkf, terminoni^l» en poutKiuit noue cri d« riilliuueut : 
Vm LX ItfcptTKMaVH I>tMOCtU.TiauK XT Soct\i.tl" 

" Le oci ent icpété i ranis on se itgnnLait, tout étonné de cet 
/(« mtMD Mf, lorsque l'ardigon cnlËve le drapeau do la"K£To- 
lution," a'élance eix avuat, fvnd la fuult, traînant derrière 
lui quelques hommes, la tète penchée, l'oreille basse, liontcux 
do l6ur rOle. La foule icste immobile, soumnte, preeqiu 
moqueuse: "Pas d'héeilnliun," nLunntireFitrcU)[oti, en pasaout 
près de moi, "en avunt !".... Et comme §'i] s'figîuait d'cnlevrr 
une position, ils portent vAillammenti nu nombrù de 2â. 11 i&fte 
pluaituts centaines d'homnicE poux écouter Ice diacouiud'un 
OUTTier nommé Bl-hose, de Hartelec Puis, U fommuiie ap- 
pelle aon chef : Pjot ! Pya,t '. Pynl î Félix Pynt, ayant r«ir 
a'itxt ior':6, prononce k son tour' une huangiic- 6tuÎJiée, tiri« 
bien dite et où le souvenir dç Miidnine KoUud, chsleiirensemont 
évoqué, nous remue A tons \a cœur. . . . Puis on part les pieda 
glacés par le gason mouillé. (On boit on verre de iltutn pour 
se véchauSer] et en rout« !...." 

" Nadntid ruL' tùiatge de caitssr avec Loub Blanc 

d'une concili&tion gèuérHle. l'wplm peu, iimis ce n'est pas 
d« Louis lllnnc qui; viendra lit T^-*^iAtiuicc. , . . Louis Blano % 
tr&i bien répondu. Tout ee qui se f«rn pour l' l^nion rilptbCU 
euine, Û l'approuvera. 11 ne veut pas qu'on se serve de son 
nom pour foii-e des avaucct, mais il est prêt à s'unir à totta 
)m r^ublicaina, excepté i. Ca>aignac, qu'il regmâc comme 
l'ennemi i]« lu DdmorratiB. 

" Non* avons chub^ du Ifi Avril, du 17 Mars. H n'eût pua 
voulu renrcrEiCr le gouvernement provisoire, porco qu'il ne 
voyait rien ii fairo avec ceux qui rBur<iî«nt remplacé. Mfnna 
peaaée pour le 10 Avril. U voulait poser sur le f^ouvemement 
pour on obtenir des décr<:<ta en faveur dn travail, nutis son jeter 
par l«s feuétree la majorité des gouvcmania. Par qui le* 
TesnpltsGcr i Par U:iKpnil, Cnhct, PÎltio lA-roux, Pruudhan, 
Slanqui, Barbes ? Ce dernier aurnil tuf Bluuqul, et lui-m^me 
rtt été iMMMiaé cnauitc. Quelles di^-ision*. quel chaos I riea 
d'airdté, de précis dans les cervollos. Len tantôt, Iwi crreiira 
oommisea, ont été in^évilniilcs, fa-tnlts. La Képiibliqui^ était 
impossible si l'on eût voulu exclure lc< iltua. Le fcrsûuul 



«20 



A^TEXntffE. 



RUinq-iiftit A T'(\lru H àtaut^t^lr* iiilmInt»tT!itir>a.<t. Aujonrâtini 
«ncore, le peraonnel raaniiue ! LamiLninc ctnit plus fwpulkiic 
(|u[! Iioniit Blnnc. I.nmjiilinc, ini>m(^, le 16 A^tÎI, Joua un 
■iiiguller nllc. Ln vvlllc, prcRqu'oTunt le jour, il avait vn 
niAmiui. Albert l'An noue ù a LoiiUltluic; celui-ci ee ni^U^ 
d'Albert et de ao piilice da eaci6tés bcptôIp*. AUinrl lui ihl : 
^"Tu va* tuiccequ'il mer^ponlta. Allun* ài'Uùiel de Ville." 
lia, Avtvnt mi'on ne prenne pirate, il \n flroit ù Lamartine. 

— "Monsinur âe Lamanûie, ToiwaveKpiihior une cM>nfiprpne« 
BTOoBliinniiiï" — Lnm&TtînR change de «Î9ii];e, «« trouble; puis 

rcprunnnl soit souiiro . — " Ah, c'«t vnti ! j'avais oublie de 

VOUS dlriï oelJi, Mi'AsifUm. On m'amt dil qu'il roulait mo 
fiurr ttntMBincr ; Je l'ai fait vonii : uoue nvai» chuk^ longlciups. 
Il m'u L-luirmû. Uitia vnùineut, ee n'eat pas la Hl/iuyii dont on 
rou.i pulail ? il est nimnblc, duuK, nvenunt. Il m'a dv:^|-«l(>ppi 
*^s nliins; tin foiLt exceUents ! je ftuU tout-b-fait dp non KTi*>— 
Vruiiiient, il m'a séduit " 

" Iiamnjoritt Tt^stait iuleiditc, inquifitf, Mmpçanncilf«.. . . 
i>nns lu J^ium^c, Laïaartina ac montra impitoytiblc, cbcrrhiuit 
une ïnftv. CC-iait Encilo. Barbes Bcicaurait uvac xa li'^inn. 
résolu d'arrètcrrlUunijui  tdut prix, »'tl tciiiak di? s'eiiipam 
du pouvoir. Tout se pnenn irHiiquillfineiit, pntirtant. Mais 
quand L«druKolîin réclama l'arrestation deBlanqtti; quRiid 
tous, sauf Iiouis lllauc et Atbwl l'eui^nt »iKiJ*e, et que Tint le 
tour de Lamartinp, celui-ci s'y refuse ob^invmi;nt et Suit pai 
prendre son chapeau, en âcclarnut qu'il lortirait plutfit du 

fouvemement. L'ordre fut néanmainK puroyé & Ciuusidtbrv, 
I ne fut point cxi-cul^: et il fut aitiiulL-, aans que Louta 
BlAnn ait an comment, ni pourquoi. 

" Et l'avenir .-— Le pursonnsl nous manquerait ; même pcw 
centrer d^UK rcngrGnago d'aiiimird'liui, lï plusi forte raîwnt 
f|nand il fnuilialt tout it^lt, i>' ailleurs, toutca les fracticdiB 
Tondraient leur part du (tàitati. Qu'on niMS laisse les linaacea, 
IcK trnvnuK publirpi. ]*ïn«IntClion publîi]!!»; sxix bleu», la 
guerre et yurtie de ritilfrieuc. . . .le reste aux raug«a, H cela 
marchera, . . ! " 

" Peut-être " 

" Cumbier toe pitrUitt de Yaucnr ; cela raut la pcîne d'£tte 
consorvf dans mt; notes, eit. 

" Vsiseur étudiant, dingeait L O-renoble Id moaTcmcnt 
(da IBSI) où Préfet pt KCnfrul furent mis «i piûton itt la ville 
conq^uiae il la Ui^TuIutiun iiciidant huit jours, Uuand il n'y 
eut plus moyen do tenir. Vaeeeur remit en liberW- l'rifet m 
Oéneral, qui I«> remord'^rt^t, Iv loutretit boiicoun de ki 
conduite inudfr^-e, plriiii? d'eftprit d'ordre.... et te firent 
arrCter c«mmc il aUnil passer la fronti6i«. Une folt es libccti, 
Vaaattnr d^elnra lu Pranoo perdue, lu Lll!pubti[|UH imponUds 
on Buiape, el partit pour L'Amérique. Il avait quelque aigoDt 



4 

i 




tONBHES. 221 

sur lui ; un indÎTidu capta sa oonfiance but le TaÎBseaii et le 
dépouilla en débarquant, sauB qu'il pût le reastûsir. Il se 
trouva doue avec ea femme, presque sans ressources, à la 
Nouvelle Orléans, 

" Sans perdre courage, Vasseur tiouva moyen d'obtenir une 
concession ; s'en alla sur les bords du Mississipi, sur un 
plateau ; abattit des arbres, éleva sa hutte ; défricha, cultiva, 
tua beaucoup de serpenta et de caïmans ; apprivoisa des 
cochons et des dindons (lesquels tuaient les serpents) ; profita 
des débordements du Mississipi pour réunir en trains les bois 
d'acajou flottant & la dérive, et se fit enfin une petite aisance. 
Il loua un esclave, fort étonné d'être si doucement mené. 
Bref, il vivait agréablement, lorsqu'il apprit la Révolution de 
Février. Il accourut en Europe, arriva eu Juillet 1848, courut 
chez Bastide, lui parla très vertement, lui dit qu'il perdait la 

République Bastide l'expédia en Suisse pour suppléer au 

défaut d'activité du vieux général Thiars, homme honnête et 
dévoué, mais facile, à tromper peut-ê^e, disait Bastide. 
Vasseur ne partit qu'avec l'assurance d'une intervention en 
Italie. . . . (Cavaignac l'offrit en effet) mais il était trop tard, 
l'armbtice était signé, (peut-être aussi la Cour de Turin 
craignait la France plus encore que l'Autriche). Vasse'ir 
donna sa démission, fut élu représentant de l'Ardêche et 
mourut quelque temps avant le Coup d'état.... Sa femme 
T^rettaït leur établissement sauvage, loin de la Civilisation. .. 

" 13 Janvier. Je viens de mettre mon Journal au courant.... 
J'ai écrit à ma mère. . . . J'envoie à la maison un paquet de 

lettres, l'Album de Jersey J'avais la tSte brisée,,.. 

partout on me trouvait l'air triste, soucîeui : regrets ! . . . . 
je me sens accablé dès que je pense un peu longtemps. 

" Le reste de la semaine a été rempli par l'étude. . . , 

" J'ai vu la famille Wehnert où j'ai trouvé le plus aimable 
accueil et ces fortifiantes sympathies qui allègent le temps de 
l'exil. On m'a vivement engagé à voir Cobden pour qui j'ai 
une lettre de recommandation de Victor Hugo, lettre ûtyiA 
j'ai gardé copie : 

" Jersey, 18 Décembre, 18S2. Marine Terrace, 

" Voici, mon honorable et cher co-proscrit, un mot poux 
Cobden. Cobden est digne de tout ce que vous dites si bien : 
il vous accueillera comme vous devez être accueilli. 

" Plein hiver à Jersey. Le Ciel est aussi laid que la terre. 
On croirait que Napoléon IH règne là-haut. Il est probable 
qu'il règne aussi à Londres et que, taudis que noua sommes 
ici dans la pluie, vous êtes là-bas dans le brouillard : mais il 
faudra bien que Mai revienne et la République aussi. 
" Je TOUS serre la main, 

" Signé VicToa Hooo." 

" Met amitiés à nos co-ptoscrits Yeîllard et Julea Bru," 



'■Ibfcl 



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.r«a4e>« 



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>-— ^^— . ** ■*— '- "". '«*— dSojVK, eaaDcl*< 

VttmHtx^mai de la£ dama la bmm yovr mac 
■mB. AwrilVT-te, y Tom Mie, 
Bot-mtow, «t tc^Uci leNTotr U »aarf«IlB ■i iimiimiii Je wm 
nBtÔBBBU d* luuM fOfuîiilfTatinn «t ife pnrfbade cocdikUlt 

" SifBé Vtcti» B«oo. 

" V. a Cobâo, Mcnbra d« Pidoont** 

2.ETrB£ DE PHILIFFZ JACKK A TICTOB HCGa 

" CUoycn, 

" Voa> m'KT«»£ûtitneofteâontM«au trop kmrevx po«r 
ftToir U dûcrdion à» U nftiMX. Voua m'&Tca propote, m 
nuHBCiit de mon dépszt, de mo donner une Icttn d'intiodne- 
lion pour Cobden. Lexil me vaudnit ùui cette dovÛe 
Mtiifutioa de oonuttie U grand initiateur du "Fiee Tn«k," 
et de le connaître sortu vo« aumiera. 

" PooT ceux ^ui ont déroué four rie ku progrf* înrwwinl dae 
tnititutkXM aociklc*. e'aX un gruid sujet d'étude que cet 
homme, kcnzeux adveiutre de* baniiTc* cleMtques oopoèées 
pirroncivn rfgîtno aux r«Utioiu eo«nmeiciale* inwn&tiooalci. 
LAFnnce a eu U wl-jut de donner l'exemple de l'abolition à.*» 
dovAnea prorincûuca. Grioo à Cobden. l'An^tcrre paraB 
■ppaU» • roman le* donuiea n&tlooAlea, et cet bommc oceu- 
pm aae place '-"—"" dana l*kiatoir« iconnmiq^ua do l'iiama- 
nité. — Cela n« lui a pu suai -, il a voulu joindre bs mm aux 
*9lz éloquvatM çiol continuaient la tradition pbiloaopbiquo 
francpîae, et coRvlaîi'nt Icn niition« A proscrire " ce meurtre en 
naMetlti'on sppellv la t^cna." Jcrou> aunû uiip rire rccon* 
nabmnee:, citoyen, ai tuub, qui stcx pris uih- gfnndc part h 
l'imvre de conciliation dei pcaplea, tduj ^fiUcE bien ise 
pr^aentcT h votre collègue du (ïongrte iJa la paix. 

" Ou Hana, do Paria, àe Ltmugt^. le» Itltte* que amis 
legerona ftliutcnt la proacription de Jemy de >a X cW«r joa ; 
ellet aV'CnrilrntmulWurmuenxiiitftoonBtateraui-t U inauvail 
effet produit par Icn uutiea pifcoea de ce genre puMi. » par noa 
amis de Londiea, et dont l'influence a d£trui: rmijireeeioa 

tiroduiiepar la document que vous uvi-e réi^ii'i-. Him ^^ue ta 
rtuea «xprinaai uoe greodo triatiuBef olka tcuvi^ient «a 




1II88ION P20VIDENIIELI.E D£ LA. FRANCE. 323 



même temps que là conscience n'eatpas muette daiu toutes les 
Âmes ; et si le réveil de la France est peut-être enoore loin, il 
y a du moins des citoyens qui yeilleat encore sur son ATeair et 
qui ont souci de sa dignité. 

" Veuillez agréer, citoyen, et faire agréer aux memliTea de 
viotre fomille que j'ai eu l'honneur de voir, les compliments 
respectueux de votre tout dévoué. 

" Ph. Patoe." 

*' J'ai remis vos lettres à M. L, Blanc, que j'ai trouvé très 
affligé des dissensions du parti, dont il se tient a l'écart ; et à 
U.Ivan Golowine. Ce dernier demeure 37, New Bond Street." 

NOTE (2). 

MISSION PROVIDENTIELLE DE LA FKANCE. 

Page 150 : " Tons sont appelés à secouer l'opprobre 
" national, à rentrer dans la voie providentielle ouverte 
" à la France pour j ^der le monde." 

- La Société fondée pour l'Emancipation intellectuelle, ouvrit 
on COUTS â'EdvcaUon maternelle. On eut bientôt la visite 
inattendue de deux Inspecteurs de l'Université qui, apiës 
avoir quelque temps écouté les divers exercices, demandent 
que l'on iasae improviser les Blëves. Les plus âgés s'^ refiisent. 
Le Professeur, inquiet et mécontent, se résigne à interpeler 
Philippe, î^é de 11 ans. — " Donnez -lui un luj^t" — "Sur 
"quoi? Que sait-il î — "Donnez-lui un sujet quelconque, 
" puisque TotiB venez noua surprendre et nous mettre à 
" l'épreuve." 

L'Inspecteur propose L'Âmovr de la Patrie. 

— " Philippe, tâchez deuejias vous perdre dans le vague da 
vos souvenirs, de vos imaginations; renfermez-vous dans 
votre sujet " 

— " Philippe, dît un jeune professeur qui l'avait pris en 
aniitié, figurez-vous que deux cents persoimes vous écoutent..." 

Et Philippe, enchanté d'un si beau si^et d'improvisation, 
pense à B^anger et firedonne à demi-voix t 

" Pour firelttcr le monde ï ta lumltre, 
Dleut'aâlt: Brille, Etoile do matUiI" 

— " France, ô ma patrie ! réponds à la totx qui l'appdlel 
Marche en avant ! Dût chacun de tes pas laisser une trace de 
sueurs et de sang sur l'arène. Marche en avant, sur la voit 
doulùurnue qui mène à la Terre Promise ! Sets de guide aux 
lotions, tes rirales encore aujourd'hui, âemttiii tes -aiawia 



!î24 



ArPENTMCe. 



quand tu autxb frayfi le rudo sentier ; fguiind In anru monUë. 

{itu ton itÉToQcinrat, que le JlD^uume He Dfcu »ur laTcrrc, c'cK 
ert^gnaâel&Vi^rii^. (îi^laXiiiticoi c'est l'Atnotir iIp la l'ouïe ! 
rAinoiir de ton» le» liDiiiinea uni» t-u Uîcu cuiuuie dca lïèiiai, 
pour n'cCrc plua qu'un seul peuple. 

" O Fianee, moIb le Pr^-eursimr qui les conduit toui à CK 
avenir de glaii« ut de bontttuc !".... 

— " Voua vofex hitsi que voua ne piu-lat pfts lur l'Amour 
do lit Putrîe? Jiuiljia, coitiiuo vuus iiounex, co quo \ÇVM 
veneï d'avunctr." 

Et Tctifiint qui ne recueille, lucontc une foule d'actîoiit 
h6rt>iqilOB îji>pi]'^-a par V.imoar lU la i'atrit. Il tient l 

E rouler que la France, connue autrc-foU l'IMlfiniei mala plus 
eiueuse, doit ilevancor Iok pouplc* ilr rEurtijHj tt leur Kcrrîr 
do modî'le eu suriia^Hunt laua Ita i>rbgrî'tt dans loua 1« arU, 
tout(^s lc3 svkDcef, tuuie-s le» rertus ! Wut te que l'on «ppdle 
litol et qui doit î-tre 'Voi. 

Et trtu;iiiit rnpidcnirnl l'Hiatoiro de !n Pranco, du Gaules 
«Tant In conquête de <Jt soi, ,}u§uuii NapoKVin, jusqu'il ce jour, 

évoquant TOUS les r.oius, tous lea smivenirs, il B'exatie 

nvcc Se-xnn^ d'Aïc, LDKpirniinn vivante lUi l' Amour d<! 1a 
Palrio, rôiélatinn do hi iiiiasion imposée îi la Fiance !— " Ahî 
" M la Fniricucit çiMzQiv Joulc« aux pied» ili> rvimtmi, »\ elle 
" s'abinilonne an découragement, & l'oubli d'HIe-mèin*. >i fWa 
" pMil juïfiu"ii-i désir, a. l'eepoir d'iiceomplir sa tàclic glo- 

" ricuH» fallut-il un miracle pour In sauver.... ooauiM 

" au tunijiK dn Jkinne, ne miracU irfcra !" 

El l'enriLiit «'arr^tA. cmu. oiùdij, iouI en lannc» et *c formu- 
lant h Ini-mcm^, le liiit, de au. vie cl la oanièTe oii il d«^v&il 
fi»«oiDlicr kÎBSBiit l'cxvmpk du plus pur dcvoucsunt." 



TÉMOIGXAOES. 



lEITHE 0£ UUEKNAIS. 



"PirU, Ifl Fiinlor, 1S5I. 

" J'ai rwu, mon rTierMonnieui^auiP, votrn pmi*t d'article, 
eljsvoua le renvoie, dans la rrainto que vnua n cil avcx paa 
gnidti cvpiti, Il m'» pciru Irta bien, et je ne vois mucun chuigt- 
inent ^ y faÎTi*. Q.u&i)i aux diiticultcs que vous reucontret, 
nù n'rn tcouvr.t.nn puint ? Ln seule chose importante nt dr 
ne fournir, ik qui que ce «ott. des reproches foniUa. Toujours 
le public finit par ftru juHt» il pui aa ranger ducâtédcls 
■ntauR. Comme voiis cicve» prorhaincmcnt vciiit voirMulame 
Toue mbre, ce me sera une occulon hcutcuso de causer arou 
TOUS de vos slïhiii«s cl du plutfîcvixs ellipses qu'il «t il'Aîcili 




TÉJtOlONAOes. 



225 



(1« *uS«ainm«at expliquer par InltTcii. J'attends donc pour 
cda voue acrii ùe ici. J'aurais un vrni plaiMi ft vous renouveler 
de vÎTO n>ix l'atsumnce du mun BlTuQtuiiux dévouement. 

•' Lmcen-naw.*' 
LETTBS DS UADAME ADELE TICTOS HUGO. 
" Qttomoterf, 12 Janvier 1$90. 

' Nous apprcrnons, M&dfimc, !a doulaureu&e uouvulle. Voue 

riricx Itt Croix jufi<iu*&u bout. Vi>UM In quîtUtrez pour aiiiiit^r 
la Lumière ou voiro chci tiifant voub b piécëdée. ! chèro 
Daiun, comme vous j'iùpordu un nifrint a<loré, une flllo bénie. 
Tin ang*- ! J'ai élf ctimnic rou» ottuchi^a fi lu claie, maikj'HÎ 
cm, j'&l eu firi, Cl pulit à petit le jour est venu ; et luiLÎntcnant 
je tic ToU que les ailes île mon ance. Bientôt votre fiU vous 
spp&caîtTft dons l'Axur ; il it mérité la lécumpi^naedeevTiilIantti, 
(It* giondâ ca;ur6. — Il (i lutté paur l'Kutnauïtë, pour l'Idée. — 
Quelle coiiBoIstion que ce Eouvenii liiiee^- ! 

" Couisge, clière Dame. Chaque larme est un ravon aii 
Ciel — votre pensée iro souvent. Quand voua netex loin, tounie» 
U q:UelqufiEaia vera Isa Exilés, les liëies de votre Ëls. 
" Ag,iÉex l'expreuion de unu atntiments, 

*' Al)i:i.B VicToa Hroo. 

"Seeamnchdfé mtx iûint de ttatrâ ami M. rAUippe JUpkt." 

DE Li MEME A PHILIPPE FAUEB. 

" Vou» SPtîc]: bien ai mabli?. Monsieur, rlcTenîrdinerdptnMii, 
jeudi, avec noua. C'est Ift fcto de mon mari. 11 n'u jamais 
trop d'omis ce jour lik. 

" A domain donc, & six heuiea, noua arurons nos chera acnia 
Bnrbier. 

" Adîls Vicioa Hctio." 



LETTEE DE VICTOB HCOO. 

" GaerD«aej, Haute ViUe, FSmar ÎSEB. 

" Voua vdulcs bien, Uadame, attaehec quelque prix ftu 
flouvcnir que je conaerce ik voue fils. Philippe Famé a été 
un des TiùlUnu de l'exil, et jet Ruiii heureux dv lui douucr ce 
témoipuif c devant tous, sa uièie, si dévouée ot si éprouvée. 
" Recevez, Madame, l'hommage de mon respect, 

" VicToa Huo«," 



336 



iPPEÎTDrCE. 



LSriEE DE lOUIS DLAKC A PBILIPFE FjLFBS. 

"LondM*! Kavembi* Itit. 
" Mon «îier ami, 

*' J'ai Tct;ii votre lettre Somedi, et le dorumont, déjà envoyé 
& Schœlclici, avait paru, areci imo l&itre â« lui, dans 1« Nominj 
AdvertUer. La commission ko trouvait dorui tnit» d'BvmncP, 
Cet appel est bien de toute fû<,ou ut jo me rfjuuia du 
fond Gu ccBiir d'y voir la sigiintme dt Victor Uugo â^uicr 
& c^té de la T&irC'. Ceoi est c«rtnin*?ni«nt â'nne gigui&câtion 

Srofonde. Mais voire voix nrrivcra-t-eUe jusqu'à ceux qnî 
ûivent l'entciiitre ? Car enfin, la France est mui-fie ! Bt 
ptiis, à cSti! des alHimces fûcondce, à cô<£ des lapprofihe- 
menis un quelque! sorte fatidiqui^g, ijue do dlTuiotis moneUâs [ 
qui? de luttes saLTiifgts ! Voua me dites c^ue voua ttlkx 
iGvenîi il Londres ; j'en »eraia cluirtnc potir moi, fi je pouvais 
l'être pour vous. SftiÎB halos I ce qu'on peut aouhailer de 
mti^x pour «es amb. c'e»t qu'île viveut loin, le pliu loin 
poPBÎblo de ce triste lover de tuiineR eavcnimâcB, do qucidÛM 
entis but et |)ouriaat brfil&ntcs. Quant & moi, je voiu Miui« 
qu9 jVn ni le cccui' si navré, qu'il me prtînd d«8 onvïes d'ftller 
m'eiiiicvtilir pour jnmtLÎa au fond de quelque »uULude où ne 

Sorriuiint: p[i3 It bruit des pn^sLons des hommcB. Mois non. 
'otie vie pBt un combat. Le soldat Ke doit fk bou yiMXe. 
Soudons, en attundunt que nous puissions mourir I Je voû 
de temps en temps Lcbluyfi et Talaiidicr, L'amitié de cm 
nobles eujurft me cuiiBole. ConimB moi, ils ta tinmcat à l'ëcnrc 
de toutes ces étranges (pierres intestines. 

'* Adieu, mon ther Fauro. Je toim envoie, en attendant le 
plaiair de vous levoir, une bien cordiale poignée de main. 

" Locu Blakc. 

*' P S.'^Mes amitiés à Sabntler, k Roomïlhac, k Bru, & tous 
ceux que nous aimons enfin." 



LOria BLANC A PHILIPPE FACHE. 

" Londre*, le 33 Unra 1 3U. 
"Mon cher nmî, 

" Je vo'us adresse M. Ruahton, qui ne propooe de dotmer 
â» LaetuTB» «ur 1(>£ liommes de 1B4S, et qui d^airoiait plépuci 
ce* Leciuies avec l'aide d'uriFraii^uii e^pablo do lu bien ren- 
Mlgncr, ft dont il pny<?rîdt convrinablemenl le tmrttD, cda 
vn sans dire. Les tondilîon^ r6(l8mée« danEi son collibor*tnir 
■ont le talent, la loyaaté, uii« (.'onnniMuince approfondie de* 
faite et de» personnes ; j'ai tout de suite pensé )k »-ouii. 



Soulenumt j'ai dît h, M. Ku«htoti ^uc je voua croyait à 




TÉH0IâNAO£S. 



227 



V^ASnl do l^rouillion uno npiniaii plus Tavorable qae »Ua 

Îu il m'i-it puMÎble d'«*"oir de lui. Mais qu'J rola no tit-^n* ! 
c désire que ce petit tmraïl soit de vgtrv goûl et votta Mit 
piofiUhlc. 

" Je viiun rcnroin, npiitilliju comcac tous ]q désîi«E, la 
lettre de ïoire ami- 

" S&Ltit oovdial, 

" Lovia Blaxo." 

1£TXRB DB LOUIS K08SUTH. 

" Loadtn, Dfeemtxe ISIS. 
" CltOTen, 

" Cnt &vrc Waucnnp Ht plaisir que je viims d'apprcadro 
de notre anù commun, Tolcki, que c'est ii Totn bontË que je 
sui> ledevable du rc-icellciiic tiaductliia de mou dîscouii it 
l'aiinÏToniivïte de lu ]lévo1\i(ioii pnlfinnisc. 

" Peraioitw-moi de tous on lemercicr cordialement, et de 
vouK dire que je serai» tits liturtitx de vuu» pouvoir t^-iuolgnet 
en quoi quo ce «oit, mon estime, ma canBid^miion et mou 
ofTectiuii toaUnnellc 

" L. KostDTU." 

LETTRE DK BAFFT. 

•• Oiroid, Tl Bigh Sirset, I Mtra IBSI. 
" Citoyen, 

" Mon ami ïlewen m'écril que les ^scouis pTononeéssu 
meeting du 27 Féniet à Londrui, seront iinpnniL-s dnn> 
l'HoMUf^ et me euUicitc h vùM8 cnvo^âr copie de la lottio que 
ÏIÀ écrite dam ccllo ciiconylaiice uu mêinu coniitë. La voùà. 
Si vous Ju|;ex & urriiios de la publicT, je voun pria d« vouloir 
bien m corrigo' t cirthograplx?, et luut ce que voua y trouverez 
de oluquwit par lappori h lu grtimtniûre. 

" S«lut et frntcmilÉ, 

'• A. Sai-w." 



LETrRK DE LEDEU-HOLUIf. 

••3» ManlïM. 
" Citoyen, 

" Si quelque chosa avait pu ctuinger U. dftenninaiion grave 
que J'ai pme, «uyei peMuadû qu« e e«i votre leiiie finienidla ; 
moi» un iitis que j'ai rei;u bîer de Porid m'oblige l y peiaé- 
virer. Il résulte do cette tuta que, do ttole côtés diffitienis. 
«ont arriva & la Prffeetuie des ronsuiguemeiits «ur l'élection 
de la Coumluian et sui le oom desmembiea q,ui la egm^tgHnt. 




32S 



ArPBxntcE. 



Ordre n été dono^ îmmédiAUtncnt par le OoaTcmemeut tk- 
rarrcillcT Tfiuh qtic Jitnaû ni» conupondsiic», slrui que les 
commuiiicationn nni poun-iùant wnir du Londrw, aux anciens 
■ounnipti^urn de Punii. 

" Ce qutr j'avais picTU s'c«t donc ài^h rfalie^, et lee rapport» 
vont (Icrmir plue diffidlee ; d'où la conséquence peur mai qw 
■l jp pni* Hrc vncore tiiilu iiibt de* «umii-riptrun clFritjr^, c'c«t 
pluii i^ui^ j&UAÎs h la cundition d'agir d'homme H humme et 
dont le plui gt&nd wc»t. 

" Nouii avotu un tort âan^ la proMription, c'est de noiM 
croire toujours >ur la tene de la patrie, sn grand air d* la 
Uberl^. maître* de faire tout publiqurnient, tnndîa que m^nie 
pour le* clio»« les plus eibcréea, nous eammes environné* 
d'AmbCicHc» et d'wpion». Qiuutd il ii'act d'^mpitre de« 
principe», v'e«tl>ien. il n'y a aucun dangeft loin de li ; mais 
quand il s'sglt d'orTachei de l'argent de nains sinon rË&ae- 
talrvR du moir» fort timnrfms, c est atitro chose; n tant y 
mettre plu» de mjstère et de eircunspcetion. 

" 1a faim n'attond pu, il tâut de l'argent. Toilik toute U 
mtctition. Or le meilleur moyen pour eu obtenir, Jk mM yctin, 
c est le *eent. 

" Quant & l'opiniDn que por fc rt'frttit <fe mon nom ta 
Conuniition le trotii^frait piraiiji^f, permettez-moi da ne 
pas part.ager tob craintes, Dt doux clioseB l'une, ou la 
Commiftiiian n été âérisusùinent nommée poitr r&n§sir et ce 
n'cntpas tUL nom de nkoLne qui. pouiTait la faire sombrer, Ou 
elle ^tuit impiiisËuntM pur la |>ulili^it6 même qu'oit lui avvt 
donnée, et ce n'est pas mon nom qui pourrait parer A cet 
inroiivénient. 

"Encore ttn coup, jo eontinuetai à remplir mon devoir 
comme ma eonsoleuee me le dicte, ieolémi>nt, elaiidi^gtinement. 
Eu égard nus terreur» qui rJgucnt ii Pniîit, faire autrement 
c'est manquer le but. 

" Salut fraternel, 

" LBDitu RoLirx." 



« 



« 



UriTRE d'AT-EXANCBE UEUZEN. 

" Considérant votre permission, 
" ConsidérnTit l'iirpence. 
" Cuniiidërant la jiécoHailé, 
" Con»id6rnnt le brouillard, 
" 3n Tons cnvoîi? la feuille avec la prih^ de jettCT nn coup 
d'teil sur les fnuti'H (quoique o'rj^L Itè* pou chrftictl) KttliX 

10 hL'urci du matin ; j'pnvorraila chercher. 

" Tout 11 vous, 
■■ Dimnaelic, U Sept. 1858." ■' A. H." 



TÉK0I0KA0B9. 



229 



• 



LSTIBB DE PBILIBBBT BESJBAV. 

" loodrai, F«rrlw IBW. 

*' Iful n'it élÈ [tlun dfliilmiicusetneiit franpS qun mot il U 
noaTello de U mort do YOlrc bien aimé Philippe, Je no tq^ 
ai pas É«rlE, car coûtes euiisuluai}im sout vuinu» dcvAiii une 
perle comme c<ll« ans toui avts fake ; mais j'ai Bonti qiiella 
aovftit ètce U grandeur tlo vulte nlHiutiuii ai éprouYo-tit moi- 
mdiac la ])Ius giaude pcino que j'aio Hubk pn exil. Vout le 
siivwT, Uadame, j'avatK connu vocre clisï l'hlUppe e» Févrie» 
m, et (juoiijue je fusse bi.>aucoiip plos Agé qiui lui, le «^risux 
da ion esprit, lo charme du ^un cai&ctàre, in ftoIidUé de son 
jugement, la sogoBsu et lu formcié do ttn convietiim» poU- 
ticiuc*, m'avaiimt tout de ïuïte attira veia lui. En \e revoysnt 
sur la terre étrau^iïre, IlAn^ 1'^ cumniun dvsoslte du la Pabic, 
jcl'iivait eiLué commo un frâro, comme ua ami. /e l'avais 
a««ocié avec boiiliuur à une uouvre qui o beaucoup pertlu par 
Ron atiAcnco, cnr son concours ardent l'nrait Tivifiec et nouii 
GompCîoas que, d&ns l'arGnir, il non» aiderait à en tain 
qu«lquo vhocc de grand ot du dig;nv du but que nou» poui- 
Riiivon*. Maintenant, je chercherais valm^ment aucuur de moi 
quelqu'un qui l^t en état de li; mniplocer. Le parti (li-ino- 
crftliquu & fiilt (Id nâm«, en le petdaat, une perle ÙT6pata.btc. 

" J. Pu. BSK/SAV." 

lETTEE DB tOt'IS ORKPPO. 

" LoDdrM, MlI lue. 
" Chfcre Madame Faure, 
Jen«veuxpaKlaiG.-ver partirlaleUTedcmafemmcannïToti» 
Tomcrcier de m'avoir choini parmi les amia de votre bien aim? 
l'IùUppe, pour ntc remcIUi! les pnpins politiques qu'il a 
lêjcuéi 1 sans vous dire ouc: quelque eoit la dîatance qui naU4 
aéparo, la mâme umitiu nous Unira, et que dfi loin comme do 
pie», naut puttsero us souvent il vous et ii. celui qiio taxis nou» 
avtMie aimé. RappeWï-moi au souvenir de ceux de non aiaïa 
qui voua viitDuient, et rcccrea l'oasurance de notre ofTectioii. 

"Ldcis Gbeppo." 

AUTILE LETTRE DE XOPIS CBE^PO. 

"LoadtM, l«l«Ao<lt.l>M. 
" Madame et chère amie, 

)t apprit que tous faites inipriinGr le Journal d'un 
atit de jVm'pr, et que vous devez mettre h )r 
fluite de* lettres, témoignages d'iuniiii' nu'aTiût u Iûlii au 
tnérltci le caractère de moa digue onû Philippe, je croirait 





AITEXDICK. 



& sn devoir ttai, li Je ne naaii m' 
n» penit nndn lioacnuc & mb 
crKtiqtiM et dvlquc*. Oui, }« pub Im nain m 
Âlllppc Kaure ttait t'un des botiimn les pin 
yaU conniu dsiu nos noga ; inUlUceao* «■pèrie 
vinnct dstu 1« latte, d'un carnci^n ferme « 
dMrrclunl tni^oun «t pcnoot k réunir les démocral** ta vm\ 
«A«l cl mhBQ faisceau, bien ooimincu q«*il ^tait ^we 1m\ 
discorda «t l'iwleiikent ne pourtieM qw perpécner le ri^D» 
ils U tyrannûr. 

" Comblea de Cois ra'a-Uil dit ; ** 8) nota senoRS non» «sir 
U r6vohitioo sonût fait£ : G*r U n'y m pas d'efeslaele qne n* , 
piiiwtnt francMr des boinnia ToaUnt rérieuwmt «t r~ 
nenl la Jualk'C M l'Aqutté." 

" (hti. madatitc, votre (C^némix fils aTÙt niaen ; car n a'fi 
k nue I union «t la lolénnce dnis les noca d^necrat' 
i|iif pulM«mt p^rmoctro mis r^>ub1innnK de r««aisir la ] 
m-rdiia tit d'nMturer niiuï le inumplie de leiir catiar 
Utal-Je tons mes oBbrts p«ur imit« mon bfaTe ami 
l'omBie lui Je d(nt touJoiuB en loiUc*. circnasi&nces, ' 
nnrns, ti'imt le devoir «Ik tout Itamnw sineèrtsient ami 
l'Iiumsnit^ 1 penser et Bfîr dHfEremmiCBt e'eet se rendre 
ptfM d« eeiu qui eppnment les peuplas «t étouffent tooW' 



" Pont TOUS, midame et nmie, je iic chen^emï 

pu 
do natro elici PniUppe; mois si les 



(air* ce (iiur n'a 



oint i 



ifberti. 

u faire le temps, à vous consoler de la pcrta.. 
iyi^>athles d'un da ac»! 
Trnln amiii powvcnt npparler qtitlfiiie soula^nneiit 1 voa 
■lutili'urs, cToytiK, madùac^ i^ue vaua les puaaédez toutes 
^^ «Dllltros, 

^^^ " Lorta ORappo." 

I ^^ 

I rlin 

I COTI 

I tru 

I rrti 

I qui 

^ qu. 



LmrniîB D'aptne oreppo a madame fattre. 

••LDiidr(!».6ATrillSlB. 

3, aibMm SqnirB, tnUnftoa. 

" Ch*riï Madune Faure, 

*' Nous avons Ali nous-m&mes teUotnent accabla 

par votre mnlhcur, <\np nous n'nvona pu trouver iino parol^. 

ot eounlation ft tous apporter ._ J*i»ToahiToirlcapereon«H 

nul aimaient vuLru ftU et quiii'ÎEitf-T!iN«i->iii h voui; touima'oat 
Anrgfc île vous esprimci' leurs K'gicU et l'nniitiA qn'elles 
caT)§crvcnt. . . , , Apr&s avoir eu d'aniicalos TRlations l'on 9t' 
truuvD tlUpoTsA*, Mans savoir quand et i-n quoi li«u l'on se 
retroiiveni. Nous^ratTiei aprfe avoir hitté p«iiduut plus de 
quatre ans dons un jnny» qui niiuAarAnftnmment refusé lepsin. 
quDiIdifn vu 6eliAiigo do QDUe travail, noua nous tojom) 



rixowKkOfs. 



231 



oblig^B de l'abAniloimer. Mon man ««t parti depuU uninota ; 
ot, Ycn lu intlimi de Ivân, nous irons le ri^oindrc. C'Mt à 
LisboDuo (lue nous plantons de nouveau notre tente. Sera-ce 
iiuLre demiitre étkpi: nvnnt que la liKin-té nous ouvra les portes 
de )n Fnuïcie ? Je l'osp&re. 

" Adieu, ma châr« Madame Faure, ctoycx que quelque 
part qua Ir dcstîn nous oondutso, le soiiYenir de votie ois oi le 
v8ire nous suÎYront, et recevez les embruMenienU <],iie Jenny 

"AtTNi Oiaerpo." 

"T-litMnnP. !» J<i\S\H IMB, 

ItD. Une Atirfo, le AiiiIm. 

" Ch&re Madame Paare, chère ttmie. 

"Que je regrotto, que nous rcgicttons tons que lo destin 
aouH ait pou6»64 ëi laii] de cens t\u(! nous aimoni et q,ue In 
difficulté de corfxspondrG rende Tare tpHL'ulplaisirquinnnB reste. 
.. ..Fouitant je vou^ autaU êciit plus ic^t, si Je n'uviûfi attendu 
i|uc nouR fussions inRCallés, afin de pouvoir youi donnn uac 
adresM pour nous f'crÎTe. 

"En, arrivant ici j'csp^rnis pouvoir remettre moi-même la 

lettre dont voue m'avw chargée pour Madame Candidat» , 

mais ma déoeption a ét^' yraiidc qmindj'fti appns qu« 1« lieu 
qu'elle haliitnit était à une vingtaiue de lieues i\e Lisbonne. 
J'ai prU !e purti de la lui i^nvuyer pur Iapost(.-,nufiBitdtqnej'ai 
pu lui donner notre adicasc. la priant do m'Écrim quelques 
mota aussitôt qu'elle l'auintL r«çue. Il y a do cela presque 
di;uK semaines, t^t elle ne na'a pas r/rpoudui Nous avons vu 
I>on Eaterào. Xoub lui avons piulf d'elle : il panilt savoir 
savoir iiru duehovi^ «ur sa poeition actuelle, et n«\iE a dit qu'il 
«n attendait prochaÏDeincnt d«fi nouvelles par quelqu'un qui 
devait la voir it non couvent. Je rccrctte vraiment beaucoup 
qu'cUo no ioit pas ik Lisbonno, c'eut élé pour moi im bien 
grand plaisir de lu voir. 

" VouB am trop vécu avec les Portugaïe pour que je vous 
donne dos dûiuU de Lisbonne. Le t&Mcau a dCl tous en (tre 
fail pur des penonncs qui vous l'ont micua peint que jii nu 
saurai» le fnire. 

" Mou mari est toujours occupî-dnns une fabrique; sar^tri* 
butigsi étant luËdiocrc. Jcnny et moi pensons y suppléer pat 
un peu de travail ; mais dans ce uiomeol il serait uiiAcile de 
■'en procuri'i, 

" Les fortes chaleurs ot Tapparition du choifiia dans nos 
mut» ont fait fuir à la eimipii(|[nu loua ceux qui ont une 
prinîtiou lirhc ou iti*iV. Je crois qu'on s'cftaic ou dcliV du 
mal, car le Docteur ^Elarbiei, que nous Toycns quelquefois. 
noiifi dit qu« la puur fait prutqu'nulant dj; mol que la maladie 
ell«>mËiae. 



232 



APPESDICE. 



*' Adûni, cMïï* nuditmc Fsurn, (ftioïque litLit Soignés nooi 
coiueivaus l'apwr dv vous levutt, et vous euTOjrons nga 
«niirca ombroââ«menU. 

*• Votic mie, 

" Am»R QfcBTPO." 

LETTBE DE JESKY OEHPPO. 

Uibonna, » Uttobn tSH. 

" Mure!, diiVrc MhiIhiol', Av. petit souvenir que vou» m'avw 
envoyé ; L m'est daubleiaent précieux poifqa'U aT»!t £t£ 
roninii-nt'é par cette dnuct L-t bimni; Isaiin-, et que tous atcb 
en t'cxtr&oo bonté da lo finir quoittuc ncciiblcc ot toitarée fMr 
In douleur. Herci encore iM soyi^i conraiitouo que je luU 
I>iLii BCiwibIc X cette roeriiiic d'altarîmafiit. 

" Ce matin encore jo rêljsaia vstio bonne lettre. Merci de» 
boni tuiisi'iU q^ue voub lae (!oa«E7. Vouenio dîtes BUtuî d( 
ne pas oublier votre cîiei enfaut ; non. bonne medsine Faîne, 
ya n'oublierai Jiunaifi non ami, il m'avuit inspira une adicction 
tn»p sincèro et trop rive i>our ouo la pierre d'un tombeau 
mL'U)i> puisse l'effat'cr de mu mémoire. Ce que je rogrellc 
m-ulcmcnt, c'est de n'être point niiprîa de voua, non pM pubï 
roua conâoler, û est dts plaies qui ne se guénaeeni pas, mai* 
pour pleurer avec tous œlni qui est & jusic titre regretta do 
tous ceux qui l'ont eouiiu. 

" Je ne voua rtirai rico de Lisbonne, je ne In connaia que 
bisn imparSûtempnt ; ici les temineB Borlent très peu, Jaiùis 
seulea ; ea un mot les ItAbituiIes mauresques prévoletit eocore 
sur toutes autrea eu eo pay^ Le ciel est Dcau depuia six 
semaines, poa un nuaçc ne l'obscurcit, nwis In TCiilure est 
eatÎLTeîrwjnt grLCfe pur lt>s nrdeiira d'uu soleil tropical ; elle 
ne levieiiilra que dans dvnx utois, 

" Adieu, au reroir, chère et bien aimée mndame. l^iissiena* 
wius être réunis plu» tflt que nous ne l'eapéroas; quoiqu'il 
ailviannc, comptea-moî toujouis nu nombrt! de eetix qui 
voiiB aircmit fiincèrement et qui Bcrftient heureux do vous lo 
pi ou*er. 

" Adieu (Hieore, jit vous embrasse du fond du cœur. 

•' XxKMY Guarpo." 

LETTKi: jyASKE OKEPPO. 

•• Lundrpi, 11) Htuf ]»•, 

■*«, ÙAg SqUATO, UoavoU SM^ 

" Ch&re Madame Faurc, chère amîc, 
" n y a quel^ui» mois déjik que noui coinmos i Londnt, et 
si je ue vous ai pna ùcrit, c'est qu'on m'avait dix que Y«uft 




TÉUOiaNAQBa. 



9i8 




Pensn-rmu y rente» }ongteinp«, et 
oa YiAl depitis quelque* année*, vouii v 
c-t-il au moins des unier Mon Dieu q;u» je voudms 
-vous savoir alnmt iLcaieusc, (vous ne pourei moriileineiit paa 
l'Atra), oiiùs mt tiiotn& eatourfc il'airection. 

" Pendant notre séjour en PortuguJ, Uadame S. .... . m'a 

4csit plusûuiR Iota, ?( avitit mon dépuil ic loi ni terit uno 
l«ttre d'adieu ; je lui parlais de tous et lui demandais qu'dlo 
Toulût Inon fcriro une lettre d«tit je me clinigerrtis; elle ne 
m'a pM rÉpondu, oc q,m m'a fciit supposer (lu'cllo n'était ptua 
à Coïniljro. Coimbre eel ^ ringt liuiies d^t LùlHinne, «t Je no 
connaÎMnis perBonoe qui pût me doBoec sur eUe des reu- 
eeignemeiita, 

" Quand DpriiB quatre nnnéca de luCtcB incessantes en 
Angleterre, noii£ auiumcs :iI1liï un Pcirtugal, noiiii avons cru 
qu'en tTftvnilInnt noub y trouverions nu nioiiislepnînq'iotidien, 
maîB notre mauvaise chance nous a poursuivis jusque là ; oai 
à |iuti)c Jirnny cl moi )' Étions-nous arrivées que moti miiri se 
Ti-oiiivait i«aMii emploi, lu luaison cù U 6tait ne pouvant paa 
tiontinutr parce qu'elle manquait d«'Fi fonda nécessaires pour 
oeJ». Moua avons cru lutter contre cette nouvelle catastrophe 
en &iMLnt virnir de France t|Uflqui?s niurt^ltati Jibl-h, soil pour Ikh 
vendre, fait pour coiit'eclioiiLiGr dca cliapcnux, et do ce côt£ lu 
nous n'avons pas eu plus dn nurcf », U est bien difRcile de faire 
quelque choee datis un pays où l'on n'est pas connu, eurtQUt 
unqu'on n* peut pas n'établir de fu^'ou a attirer les clienta. 
NeuA avons dune dit, api<^ avoir épuiai nu demiirvB 
reaB(niToes. revenir en AnirUtctre, où au moins nous avons 
qucdques ftlncèrfs nmi». 

"En arrivant ici, Jtrnny «"est piac6o dans une maison de 
eommcTce, mnia mou mari ext resté sans cnkploi jusqu'au mois 
de Janvier; c'est ù cette époque seulement qu'il est rentré 
dan* In maison de dorure où il ^tait avant notre départ pour 
Lisbonne. 

"Si je vous donne cea dëtixiU, c'est que voue tq» les aveu 
demandés ; c'est queie sais que vouk vous intéressex 4 tout ce 
qui QOU9 fouclwr, et t ust eulia pour que Vuus sachifï que nous 
galons strictement notre vie, mais que u»u3 la RiLgnona. 

" Noa lontéasont heureusement bonnea ; ombc cela noua 
avons toujours la mf^nc foi, Va même eap France, uuus pourruna 
encore lutter cwitie l'orage qui semble gronder uutour dâ 
noua, eu le soi qui tremblait hier sous les pas Aïs proeci'ils no 
nous semble pas rafF^rmi mijouid'hui, et ne le ■«■» L-i-iuùne- 
ment paa demain. Xnu» ne cruyona pas aux cuurtouics des 
doux gouTemementa. elles ne sont que pour la terme, et 
renferment au fond de cruelles meitHccs, 

" Mous avons p*ii de nouvelles de France ; nous savons 
■eaiement que le» ariuatadana sont pcimancntcs, (^uc (Uni 



2»4 



APPEHDICB. 



toutes Im TÎUsB let ptbona Mat pleinoa, et que la peur Mt 
telle qu'on n'ote plu adnner une l«tti« on Angletarn ou 
Mtx proBfTils de* nutrei pH.y«. 

" Combien do temp» cncoro U Ubralé, la justka, MZa<t-«Uo 
«ooipriméo pur les tyriuiM i 3e l'ieiiore, msis ce qu« je 8«ia, 
o'wt qu'Us ne parvleiiâiont psn 1 1 éioTifF«T. 

" Adieu, chhe Mnttanie Faute ; écrivuK-nous quelquefuia ftt 
rcccTGK l(w embrueemcata bien imoètcs de toi «mie. 

" Anxx QsBPTO. 

" No« smlfl, et en particulier Iw familles WdUaid et Ch»> 
Tusu* me chargent di: voua envoyer leur meilleure amitié." 

XETTBES DE iSSSlY QREPPO. 

•■ LondTM 19 U*.ra 1IH, 

6, Kins') Bitowc^ OwvtU K«U. 

" Bien chiïcc; madame, 

" C'Mt FiTPO nue joie hion Binc^^e que je me midg ou d4»ir 
que TOUS éiutiticz d'uToir quelques mots de mai. Laiiaes-moi 
d'abord tous remercier de U lionne amitié que tous m'ATOS 
conwTvée, Bmitié qni vous cbi biim rendui?, soyex en sûre ; je 
ppnse h vous gourent, liion lunivcoit ; «t ce n'eut pwi *ani 
émotions que je repasse dajiti ma mémuire tout cQ qui B'«et 
puaê depius plusieurs fuinéLii puur noua touii. Je me 
plaie tuitout A me ropuruii \ers ce temps heureux, si ou 
le compare & celui cjui lui a. i\xcc6dC; o{i nous Étiimn il Dcmen 
Btrool, vivant tous on famille i ce pauvre cher Philippe étAÏt 
!à parttuteont toutes nos joies, comme toute* noa pcinaB i 
aujourd'hui nous tommes tous isolas, cherchant à ruoodra 
ce prohl^^ne prpfond, à pénétrer ce myatire qur la mort wule 
rfv^lc : Tout est-tl Soi poui' noua, quand &ouh avoua quitta 
celle terre î 

" Jiî nt! le crpiB pns, je ne veux paa le croire. N'est-il pas 

S lus doux, pliu canaolant de porter en son csar l'espéiance 
e TCvuir oUIeuis ceux qu'un u aûiu^s icUbui. Cette ponate 
TOUR aid« à supporter la ^■\e et vous évite de redont^r la mort I 

" Voua vous rappelez hiuim duuto Alix HaTies ; dana 
chncutie de ces lettre* elle me parle de voui tit cela en tennw 
ir^8.afri>clueux ; ello vlmtde lie maiîor il y a & peu pr^ trob 
flcmnincs, Fuissi'-t-i'll-p clio hcureusL- ; elle le mériter bien. Je 
me propose de lui envoyer votre adrcesc, elle se fera un plaisir 
de vous ^rirt: quelque ligneB,-'~«Ue ausai elle aimait «t die 
rtgrctle votre Hls 

" Je tcnniiie en voua piiiuit de croire, bien chère madame 
Faure, que ce a'turt pas par indiflôrcnce que je ne voaa ai pu 




I 

I 



I 



ferit depuis et longleioin ; niuU on remet toiijcmrs d'écTirtt à 
MH unis quand oa n'A qmc de trûtcs notivctl» a leur donner. 

" Adieu ou plutôt ku revoir, bien châre Madame ; vioyct à 
1k tiiiotei «t i«ip*ctuauKe affectio» d« votre ttmto r\A\oai-it, 

"jBAmra Gnrrro." 

" Londres, 18 Ao^t ISaè, 
" ChJrc lionne Madann^ Fourc, 

**Nqus AvoiiK rpi^ AToe un indîcibin plùsif TOtze aimoblo 
letm, aliui ijue Isk deux chomuuits Mjuveaùs que vous j aves 
joint*. Comme coiu ftcn bonne, ob£rc M«d*inr, d'tLVoir nud{(r£ 
Tocre vue qui faiblit trouré moyen, de finir des oatragaa atusi 
Jolis et uuKui ilûlic-nlK ; iU iiotu nont âoubloment précieux. 

" J'ai HTTf Yotie petit f>ac ilau» la mf œc boite ^ui, dcpuia 
cinq MU. naîtirait Îù portc-inontro que m'avait fait ma entre 
Xsauro. Si oo porta . mon txd et runi<|u» Idttro iiti'cUo m'ut 
Jaro^ ëcrite, sont le» seuk ïu^vuniiH mat^iitlii qui luc reatent 
d'ello. jt garde dnnu mim cicui un lucn bon MUTeoit de 
cette amie que j'ai dix regretter nvani même d'avoir éxi an 
igo de rapifKcier cdriuii.' Mf U- niûriiatt. 

"Ayant peu de temps je ?ou* ëcria enk&tc,mBt)i jcnevoulai* 
pas qu£ la lottie de papa pArtIC jutnn vour envoya: un sut de 
Tcncrcirmiint cl d'amîté, un nouvimir à Pliilippo. 
" Votre nfl'octioanco, 

*' Jx*xKii OarjTO. 

"Homan tdo* erobroime mille foîa. Votuparl» de dCparl 
«ana noua dire où voua allei." 

lETTRE DB CTOEVASSirS. 

"LoodrMlOAoàl tl57. 
" Maclanic Fa-urc, 

" Dion qti? Miulnmi' (îtrppn, cetto excellente ande, ait bien 
voulu nou» oRfriicier, mu fijinuio et moi, h l'oxprcafioa de 
doulourcudv nympatliiu qu'elle voua exprime dans la trist« 
Holitude qui vous Mt ^chue pn pitnngs, par In n^ti- irréparable 
de Tulrc bien aimé Pliiliii]ie, je lui aï àetaaDdd la pcrmiuion 
d'^jouttr moi-mcmc quolciucii iifnic*. Pnlitenl-enea. en voua 
portant l'aisuranee âfs répéta profijndii oup «a Un jifématurée 
a fcit naître eliPK tous Kr* amia, cnntribucrn adoucir l'amertume 
d« votre âéftoliitic^n ! LaioscK-moî votu dire eneore combien 

n miiaoirv re^le entouri^e de reepocl et d'admîrntion Il 

e*t tombai vnillRinnirnt dnrtE la lutte du devDtr. Ba vie a M 
an cointinuL'l t)£vi>uomeiit û la cause de la justice et du droit, 

"8oy« licru d'un tel fil», et ai la mwrt voua l'a part, 
Mng«c qu'il vît encore par la mémoire et <[uc l'affection d« 
tona Aea amii voua lotc i jamais uuquiac. 




236 



Arr£}(Dic£. 



" Veuilles, ch&re Uadnme, offi^cr «u nam do oui «fbnU, m 
celui de au feiiiiD« et nu mien, rezpTe88kial& plus sincèrB d'un 
ilévoumiml inolt Stable. 

" E. OsBTuaua Ftu." 



lETXItE DE CtELIKE. 

" fuit, SS Jêanet IQSe. 

" Jen'etaBieroipai, Madune, de vous contolcr, c&r je mm 
qvo eola est impoasîbl^, j« comprends combien votre uouletu 
eel immenae; pnrractieB-umt jinilwucnt linviTtiirvoiuidiroaTec 
ij,ui*l <^hiigTiii UUU4 nvon^ K-HsctiCi In perte si doulouKMiHc que 
vous venea de l'uiie. et pcnuc-ticx-nDuad'Msooicr le témoignage 
de nos regrets ei de notsjtnpathicsit tous ceux ^uevousdevei 
rc(M!Yoir. 

** VooB coiuaaJï&iotw trop celui ^u« mni picuns poui ne pu 
l'aluer (Mimmc il en était digne. 

"Otïn'» pnjt plus ileciEwr, plim dehnnt^.plund'çsprit; onii'ii 
pas pluw (loniihlesaeet Jt.' dÉlicati;s*;e diiiisU'fl sentiment» i jene 
cctnniiieaÙBricnau.n)ondedt'bonct dcdérou^ comme lui i quel 
Eoinino^MantUnientùl d'être agrénbleaiixautreseidea'ouMicr 
lui-m^ma ; auHsi, comme il était aiitiË de toutes Les ponontm 
«lui avaiont le bonheur ^c le connuitrc. Quand en parle de lui 
■>c' n'e".t que k» louanges dans lu bouulie et les lanuL's uui vetw, 

" Mais je iii'ouWie, Madame, en ravivant aiiiii vos dauleurs ; 
(■ep end Bill, je n'iii [)u m' empêcher de vous donner une manque 
de notre iympothie. 

" Venez, Madaine, vt voua verrei combien on l'aîmwt, vou» 
trouvères ici bien des ccBuia pour tous comprendre et pleurer 
avec vous. 

" Kvaa Tout embrassons tendrement, 

*' Votre toute dêrou^iï, 

" CiBLQIB.' 

LEITHS DE VEILLAED. 

"LoOiliMjTJtillMUH. 
" Mndfline, 

*' ron. euie bien conruncu, voua n'avei jnmoiit douté de su 
profonde silTcc^tian pour I*hilippe, car vous «aviez que cette 
nlfecLian repuïB.il hui l'eBlinie cl In reconnoiiiancu tout & In 
foi*. Je no pui« pensci: ù Ivii sons me rappeler tûua Ice bons 
DiomeDta que J'ai û souvent pacâés avec lui ; dans ces dciuect 
convcniiLtit>n« dont lui seul avait le secret. C'eitt uns piiiode 
àc proaquG dis années en arrière qui se déroule tous laee yeux 
en ce mumeat encore ] c'est le souvenir tle msê Igngiut «t 
pf'iiibk-B veilles de mon garde-malade qui sont pr^Niitee & 



TfuOIONJLCKS. 



237 



it, et si ma ttMlé n'6l<iit si bien rf'iablie Je pentcraù 

ail hier. Puiivre nmi. il y nriut rn lui ijiislque 

cbOM du stuïcieii antEque et de tn fueuT do chnriié, Je me 
vois encore dans mes dclires cfdanl k l'in Bncncc da lettc voix 
douce « ftrme lout ft la l'oie, Jv spniaie et je le fleiis «ncoxe 
a.«ji>UTd'Vmî, que les soins itiuL'haiits de ceLta «niitié «i vrai*-, 
Bt profonde, ui? pouvaient ae bonipcr . . . .Je codais, je cëdaia 
toujuui*,. ..et QM luttes qui toujours s^ ter rainaient de Ift 
itième tnnnifTp éiaicnt sniTics de q^iielquos miniLten d'tm 
aommrît répomltur. Pauvre ainî. durs en paix du sommeil du 
Juste, ton aotivcnir est virart pnmi non« tous, 

" Je derais payer uuo dette siurrÉe i rolrc ftifl bien oimô et 
ToiiM (•scjiiïmrr tonteii Us EyinpnlIiieR de nos amis du Mans, 
qui m'uiit ilé liuiiniiiiKcrH pnr ma femme en ce moraeut-ci au 
>lan«, arec piièrc de vous les Ddic-eaer. C'est que ces ainii 
avu-iâoit f'Oniine tout le monde pu apprécier les qualités du âli 
et du cîttiyeii 

" Si Ici! rcpett unÎTcrsela parmi ceux qui l'ont connu, 
pouvait ndoucii les vfitres, certes, mtwrlaiiie, toub serieB soulftsée, 
car Ht jeune, pi-u d'IiDinmes ont plus que lui pot»iù£ 1& 
sympa Oue. 

" Je ne TOUS diriti rien de l'estime que tout aratciit pour 
«on eMoetère ptiHtinue, il n'en pouvait être ftiitremem, enr U 
paojiJidnit au plus liaut point la droiture de l'esprit «t du 
eCBur. 

" Combien nous avons »egr«tté, ra» fcmmo ol moi, de ne 
pouvoir vou? nilerconsBcner quelques instants; combit'R non» 
cuaoions élC heureux de payi-r l'i notri) pauvre aiilï cotte dette 
d'mùtié «t de locoimnLssiutce qu'en d'uutre» temps anm ttviuti» 
contractée envers lui. 

" Me permeftrL'î-ittus, nmdame, en finisnont. de voua ex- 
primer en mon nom, nu nom do mu fiunille, ot de nos amis, 
rMtuiuiee de lu plus vive et â« laplue respectueuse vympatlile, 

" C. Veiluuu)." 



T.ETTBE D'ALFHED TALAKDllîn. 

" BnueUce, 10 Septombic \iÙ3, 

Buii lie LouTuiiL S Iùl 

" Mon clu» Plitlippe, 
"Vous direi bien que je ne vous fcrîs que lorsque j'ai 
quelque clioae i, vous demander, maîa j'ctsp^^e que vouf 
n'èUn pu Slch6 que Je pense it vouf lorsqu'il s'a^t d'obliger 
decanus oommuriK...- 3 ni eu, il y n pmi dL- jnurs, àve nciuveliEiG 
dr fjiiÂatMT, ils sont en Suisse où d* se plaiaeiit furt.inabjc pL-n*c 
que nous apprendrons bientôt qu'ils sont en £!!pasuc ou 
niUcur*. Le Daguerrc cet un &et prétexte ÏL voyages s'il n'en 



288 



kVTLSHlCZ. 



vn pua le moyen. J'niaiwsi etesnouwlU» do lA-liloy» c^ui h'ÎI 
Kavftit iiuo je ifiuit f-ciia ne tuuKiucruIt |iaa d'i^outcr tauUra sa 
amitiés aux micuncs. ttunnii votia vcrrcc Louïa DlAnc, piicE- 
1« donc do mo donnet lui-mCniQ ou par tous de ses nouTcUee, 
Voua ooouppx-viu» toi^autK lies travaux que nuua avnna 
oomineiicé!! uiisemlilc avoc U* amis. Je voua priciaia alore d« 
mo fÙTC port dïE lésulU-U. Ici tien ù-a neuf, eux !& peiu du 
BonapaiCc n'est piw neuve chez les lÎL-lgis, luiu* le voyagtt i, 
Lille redouble cttle peur pour le i»ijrai::it. Tout ttl» est iioîi 
d'orages pour revenu ; la sâulc chose un peu consolADte ctt 
l'immixtion de lu polilit^uG doe ^inl.Unifi dans les affairci 
d'Europe : jo pcnsB quii vous miivi-i: cido iivcc intércL Aditu 
fi tous nos anus et à k-urs fuuiUles; mes affectcux respects i 
Madame votre mécei a xaua de ca-ui. 

" Al-KIIBII TALAKOtsa." 

LETTRE DE COrTUBAT. 

"LovArea, U> 21 SopUmbre 1SJS& 

*' CbcTS Madame Faiire, 

"ie viens vous dvcubët rûciirption ds votia banne ot 
aJ&atueuso !otv/e du 14 Auût Ji-rnier, qu« m'a iemla« 11 y a 
deux jours notre atni M. iieijiiuu. 

"Je vous rcTnercic du fond du cmur d'iToîr pensé à mot 
«□ rêpariissatit ce qui n tippancnu à notre cher âëfiml. 
L'amitié donc il m'a honoré est et reitiera dans mon c«tur ; 
mais il me semble ixuc ju surni plus prùs du lui en touchant co 
qu'il 3 touché, en li&aiit ce i^u'il a lu. 

"Pnurrt- umî ! lui si bon, «i dévoua, être tombÉ dana la 
pleine fleur de l'^g^, avec un passé ai beau d'avenir ! Ce 
ierait À douter de Injustico éternoUe, eiEcearrcionepUinaîcnt 
au dL>fsue de notre entendomcnc ÎÎbm qunnd les rocilleurB 
quiitunl ev monde, ce nu peut-être que pour passer dans de» 
mondes tupËrîturâi AutrciuciU il n'y aui^iic pua de loi morale 
dans l'utûTers. Je trois Jonc, comme vous le dite^ avec le 
aentiinent profond de la »6rité : L'awi, ik FRiTta aubent kb 

vous OIBLia 1'Jl& ! 

"Detotistea amln de PhilippeFoure (ils étaient nombreux] 
aucun mieux que moi u'n pu nppTf^icr les qualité» de Bon 
cœui, et n'en a iihis ressenti les bienfaits. Lora de la looguo 
maladie dont vous voulez bien voue souvenir, il fut celui 
d'entre mes amis d'csil qui tenta d'égaler le dévouetneot de 
mon excelleiitti ^pou^e, en me prodiguant jouni cl nuits lea 
Goina les plua délii^iitâ snna lesquels i'cueae ûdaibliblcncDt 
succomba- Au><9t, jft ne penE« Jamais à ces joun [lUHft luia 
reporter but celui qui n est plu< la part de raconnaiuance 
qan je lui dois. 



1 




TÉM 010 X AGES. 



3110 



" Chère VodMn« Paure, ai quelque cboee pouvait adaucir 
votre doiilcur mnieniL'llc, ce ncrniï In port qu'y riennont Uns 
C(îu« qui ont connu vutro fils, et eiuei cette sympalhlo qui 
fitit cortège à sa mûinaire. Vtin tan pur Bcmaiiie )u ViiIa tbu 
ivtTemper à celte rcunion innçoniiiquv dont il fut l'un dca 
fondatcuni. 

'* En g^nf'ial In situntinn do ■aou amîs dv Londfce oit 
devenue plui anppot lubie ; luu.t on prusque tous ont Ktii 
pat •« créer une industrie qui les fnil vivre; le nombre d« 
ceux qui sont obligé* d'aller d(?Dinndei' la séeuiit£ du travail 
au sol American est presque nul dcpui* un nti. 

" Douncz-iiouB quelqueroia do voi i>ouvellcs, el parlee-nous 
de ce qui peut ûncore voua iatâresser. 

'\Ma romniB se joint 1^ moi pour vous adrera«r nos plus 
affectueux nouTtuiis. 

" Vctre^b'cn dévoué, 

"E. CoUTVBAT," 

[On ne lira pas sans tntérft l'Article suivant, ëciit piti; 
PliiUppe à Voccaeion do la leprise du Diogine de FSUx Pyat. 
Cet article a paru dans la Voix du PeupU du 17 Avril ISfiO.] 

HEVUE DES THEATRES. 



TUÎ.A!IBK DB I.'oDÉDa : SIOGBNB, VMM ^kLIX PTaT. 

à M. de Kmlrtl 

" Vtm» avei dit biet !l l'assomblto lêgîsliitivo. Monsieur : 
* Au Tliéitre Ilalitn. je trouxe vfrilabk-iaetU l'un qui eat du 
tous Ici paye. AulhcâtTederOdéon, jcnetrourc la plupart 
du tempe, tiue riva jMiroUs ù / mtjiT^A/nMçaian», et presque jamais 
Cari. Je di'mnîido qu'on prenne 60,000 ûains Ac lu iitjbvon> 
tiondoTOd^on et qu'on les toportc sur le Théittr« ItoUon. 
Ce ftwait aeto de justice, et j'igoute atite de bon (joût et ût- 
mwmtiU .' ' 

" Si TQua aviez deniandi- le rejet de toutû aubvonljou théâ- 
trale, je ne me acmii) paa permti de vous répondre, la rcdoeCion 
économique cl politique de ce Journal nynnl pris sur c8 point 
uni; initiative devant laquelle je dois m'ineiiuel. 

** Si roua inus étïeK conlcul^ de chanter en votre piosc Ica 
lOUftngcs des fauvcltea et dE« ruaiiignoU des Italiens, J'eurais 
applaudi tout comme al c'eût iib leur chant qiû charmât 
mes oreilles. 

" Mata vous avcE attaqué l'Odéon; vous Tuvcs aceuiË au 
nom du la mainliié, de l'art ; vous ares prétendu cju'on y 
eatendaît des paioles à peîae iîanfai»Qi, 



340 



XPFEHDUCE. 



"Ah! Uondcnr, tooa n'*vtt donc catcodu ni Ft-nntcit 
h CAdwipy, ni Dhf hir. 

" M. Bar««he ranis a rsppeli^ le glorieux piued de l'Odéon : 
Casimir Uclavignc, l'ontutra, Ë. Augitu" ; lauûi il n'eel b^win 
de retourner bkj; carriim ée lu rcBtuuration et de U qoui- 
KgitimiLi' pour tionverks titiei «l'huuin^ur décernés il'0<UaD 
pal l'art et la moialc. 

" Su Unrftlitc : où U trouvcrcii-voui plus paT«, plvs niÏTe, 
plue piimîtivc, plan fian^'iiiso aussi de laiigigc, que duut CBtte 
idylle de Gvurga Snnd, où l'ener^e g&ulouo rCTot uns Jbnne 
ei neuve et «i pfiiiiiquc. 

" Vous Ti'a\ez donc aesistÉ h. a.ucunc dca cent ot quvlquu 
icpti'seninlioaa de Prarn-oît Le Chnmpy, ijue voua vou* 
croyoz oblige d'nD&tEipmalieer pudlcjucment l'Odéon, toxiA 
dopuû (luatorzc moiâ à la pastorale ! 

'■ L'Art, La, chute do la IVi'ia do votre nnû Reboul, et le 
triomphe de /^ùtfriiBdcvraicnt voua apprendre à mieux juger le 
théâtre ait ta nusemlile un public eclniic, întclligont et dea 
plus aplea il discuter ut fk AppÛqucr l'esitiftiquc. 

" AUeï! un théâueoù George Siuid et Félix Pyiit sont si bim 
spprécifa console un peu 1» po^iîJe des éeliecs que Manieurs 
Ica ncliclûmiciens lui font eunir et la momie des trahisons 
dont les hoinmen d'état se rendent chaque jour coupables. 

" Au nom de l'art et de la morale, Moimiour de Kcrdr«l, 
allez voir Diogi^ne, et retîrci votre «mendcnient. 

" PauvTP Kiogène ! cette ileraii!]'« miai-rc loi mimquAit. 

*' Il cm it pourtant Eubt de tonte goTie, el ce n'evt pss suis 
motif quo ce paysnn. atlirt; dans Athtne» par l'umour du 
l'humenitf', le dtTOuement i la Képubliquc, r«nihtmsiaame 
de l'Idéal, du vrai, du juste ; ce n'eal pas sans avoir bien 
soulFert qu'il a nié L'Idëal, lu \Tai, le ju«ic, qu'il ar«fusé ion 
bras h la pntcîc^ cl rompu tout lien avec l'humanité. 

" Tu t'ee fait cJiim, tu T'es enfermé dans ton tonneau, non, 
comme lo rat dan» Hon fromage, pour y vivre en 6%(iiBio, mais 
comiiio lofl saints du christianiMitie. pour pwîllur tua ilnic dw 
soiUIlurcs eocialcs. 

" Tu t'es fait rynîqutr, parce que tu as vu les hypcurites 
parer leurs vïla égui'sinc», letirs lAchos pnsïions dea b»iiux 
noms de Religion, d'Idéal, de morale, de justice, fu as 
rult! soldat, h<Sros des pondes luucs pntiioiiquos nksodiuit 
Bnn pnin : tu as ^ni l'otivricr, cif^teur dce merveUlefl d8 Is 
tapitnle, laîiiser ui mourant sur le champ de bat»illo dn 
trarnit, sa vcuv« et ses cnfi^nts & la discréiioii de la chuité 
publique, tu na vu Phidias en prison, Sopbodc accusé de 
luUe.... tu a% vu Socrnto buvant La cigilo et pourauirL par 
les hu^cs d'une foule superstitiou&e, criant ; JUurt à FAtA/e. 

•' Va, Diogèiif, ftiii-wt cAùu, tu «8 trop comvicoeiuux pour 
Ctre homme ! 



4 

4 





TÊUOIGXAOZS. 



3-tl 



" Va, Diegèno. aliumc t4 linlcnto et chnclu] un homme, tu 
n'en lToav«r«» certes pu 

Voil& que la miianlliropie me gagaf, et j'ai tort. Non, <sfi 
n'est "put l'hum&nilé que je dois Tenoufiser. c'ett !& société qui 
tranMormo. f-ncive et (It^inuralûe W liomiQQa. Diogtnc, l<i 
as reiii6 rbuM^mit^ en iiï«i«timL nu mnit^-ro des piuid» 
h<)iiun«a. Si tu occeptuia l'imiUltou quo l'adtc&se U bâilo 
A>p«eic î 91 m Tenaiit l'N^si-uir uu (tslln <le c&ttç ilLtutro 
cuutiisAiie, tu la verrais m^prUant Iv» hommsee* il» l'Jliie 
des Athéniens, ut n'éciiunl : ' Ja ne pciix thoiBir un At^nnie 
pnnai vuus. Tu ce be&u, Alcibiado ; tu es un philoeophc, 
ÎMaton ! tu o* un rii-ht-, Gurfiios ; tu*» un orulvur. Dëmoi- 
thf^ne^; lu e»iHn»ciilpt«uT, I,p>ij)i>c ; m BHiinpnjitp, Kuripirle; 
lu CE un utlilâte, Milun ; mnia nul [inruit voua n'e«l «i» 
homme. Euch fuciiece, «une BpotiUnéitf, »ni)t vonvvicncQ et 
HUIS cœur, voua n'im» loua que des masqueB, et J6 ne peux 
aimer qn'un homme. 

" £t Aspiisie aimi) DioitËnc, paicâ que lui, il enache leu» 
masques û touï cbb prétendus ^runds hoitiiotii. 

" Ah 1 tuoimieur de Kerdrel, ravt<E>vuu3 vu ce chikk, 
d^Diliircc dntiB sea dents viçoureusi^B le luantcAU tivinuit noua 
lequel m cacho ThypocriBie Boeîiil». 

"Tuconvaqui;» ïo Peuple au champ d'honneur, D^motliî'nes 
la théteur ; et lorsqno ce peuple ni'L-ourt an rendi'it-voiiK, lu te 
cnches lilcliënient, tu laiBâcs Itt SQudatds du roi de Maiûdotne 
ôgorgcr tee frires armés à tn voix, Ne parle plus d'honneur 
et de patrie ! 

" Et loi, Akiljiade, que foie-tu parmi ces ooiiititnncs? Toi 
Jeune, Vitlll&nt, iuâuiMit, tu Énerves tan àine et tu cbrrorops par 
ton exemple l'ëlUi3 de lu jouncEse ; tu iais di^scendre lu corrup- 
tion au mn du peuple, ft tu iralùn la ptiirie. 

" Oui, tu In trnhis ! l'on luxe et tue jouÎRflftncPB insultent & 
la mia&rc du travaiUeur ; mais tei hursn^efe pacifiques Ilvionl 
In patrie k l'Etranger, et c'est là qu'est surtout loti crime ! 

" Athéniens, ne distinguez* voua pus, dan» le* bcouillurda du 
noid l'oiglc de Maciduiiic aiguiïiuit sca Ecncf pour vou4 
dÔehîrer. N'entender-vous pus los rois armer leur» esclaïWi 
pour envahir et conquérir la République ; Celui qui parle de 
pais et de bicn-^tri; qunnd in putriu et lu République sont en 
danser n'est-ce pus un Traître ? 

"Et rou$ tous artÉDie» sans idéal, philosophe* Kitn« 
CTO]rancc)i, pTètrca suniî fut, noldati» saut iutelligen(.'« ; v«ua 
■urtout unurien, sangsue* dévorantes qui poKipcx inceuam- 
mant tes suiîura du travail, ëntrvant itin«i le FcupU 11épu> 
bticaîn, fuyez devant Diog^ne. Le cuikn hurle »ur rou* ira 
imprécfttiona de U conieicncc humiuiiQ tiohic et trompés 
pur ?ou». 



APPEXDieE. 



"M.dnKimlrol.Tauaqiiîi^tPtiiwix.tnenlMjMUialveaanp» 
duU l'ilic luuc Dfi;ton, diu». nu# p«iaiiirr d« U MMî£té 
DftaBllr. bicnijii'hitbinc^ .'k rathô.-iîcan«. ne nnu k-t-ditt ptt 
I^WU uliU'ini.'nt viaio, plr me d'une omâre mnàhxi-i 

rvdurii'iit ii'.n»me, luiii* un luimiui; purifia pu VtMOOOTt Qvaad 
AijKuto ivt ■ciitliicriUpii>li;Hr{Mir raustërcfareutdacTakieti 
ir»vri!-H>i« iMa r6p^cé l*a vet«ou érang^Iiq»*» : AimiK-tKm* 
te* KHI /m aalret, U trra tcauaiup parjann/ à c««£ y»"' OMTMrf 
ftauctyvfi ttimè ! ]{iiâii r&fciuatùjfl, do sacriln^ portée fiinBSft- 
rnorit contro Aipaslu pat lu volcuc llyperboldu, âvvcna Vavocat 
iitluMDvnt myé Hc^ dieux, Ae la inondo M ile Iti >oci^é. M 
vijii» a<U<illo pa» mpiwdé li?» rlkiuùiloiieii hjpocrîii-B «au» le»- 
ii.icl* miccoinli^rcol Innt d'innoccnt'i depuis Sicmte Jusqu'à 
JiNin HiiM. depuU Eschylejujqu'à B>?ran(rùr. I-vn^nnsu «t.... 
|{l (iMt d'atitri'a ! ISii tayniit les atalliv de l'Odéim occupée* 
HM» II'» d' Win il« la Montagne, «t eîi eutendant Ira écho* ia 
lo •uiiti- non» icnvoycr ]c mot d'oitracûmc. noua penitansik 
touti'i nv» vlctjjnps (II.' nofl lulteij politi'|ae«, noti* rvdùîoB* 
plus il'iin num clii-r h n<i!« ctnunt, m.ilgif 1mi p ruser iptiono. 
t'M «'tlo reprise du Dioetne de F, Pyut aTsil réuni & rOdéoa 
iM ntuH Uliutr» t&tc!i oc la dciaocVatic. pf.-le-iu(:l« avec 1<* 
dluuinnlo, (.'m In MartfîttaUr cl U>ii« nus cliimt» p^itriulifUCS 
d«HH UidiSi ii*i;i; L-xalriiliou. ioiif» iivfc arde-iir. applaudis ftTM 
Mnânif, Hdlunicnt ounonj aaiti,7trcUépiibliquc l.t UûpuMitiuo 
(^ArliCrii-H, et vetMitieiiL «ut le* lik'ïiuivs dv iioï uuiis le baume 
d'uur i>ui.l)uuiiAi»lo iyniiintlii(>. 

" I.i- Ktj'lrr )n<:i!iif, lu vcrvo inr'puî&nMe, IV-ntiaïu, 1a gfiité 
du driimo ^'tidcnt admirutik'moiit lendiu par t«u£ It» tu.'tv<iT&, 
tut niorduiiii! laillorie <lu oj-iiique ii po4.-ti(|uauent relevée pot 
un li-iioiit pniriotiinno ot par 1 iimo»ir rivslit^tt dmw 1* Taveiit 
du |)ikr[citï< avi?c U çn'inu niflnnculiniie. rCctruau et la cpiri- 
lurllu {■l^Stcunco d'Avpasic, ... M. DeHlinyvE.Umf. I..fiun;moni 
intiiiqii^ d'^tic^naevclia tous une pluîê di> bouquets trkolore* ; 

M>ri«. Dc^lirtyi-it. Mnis nous d'-vrionn Ira iicimmer tùxa, 

BB1IH devrions (lusai reproduire tcx m client eut I-o diime, «i nou» 
TonlimiB défendre l'ait et lu« utiÎKtuB (.'(intre vos ii^uatei 
aOL-Uitikriiiii.i. Allrï voir Uingîne, M. do Kerdirl; ne juge» 

tm» rodéon par oui-dito, m Dia^iaa par cet ariiclo inco- 
ti^rcnt, truumni, euniiyuux ; (dltï entendre l'wuvrc de Ftïix 
Pynl.otxou» leconiittîrroa mio l'au a raiemtat un et dtgna 
organe qu6 le pui-li: cxilii et d'oii^ai hnbilct interprètes ^uc lu>t 
•Olcurti durCMfon. 

" Allex. si pourtant tob oreilItiA ne nonl pan Moiiu^ea par 1m 
crU de ' Vive la liC;publi(pie,' cor cca cm accueillent le» allu- 
aioii* dlructtfs at bien inyolontnircmcivt pnurt&nt ficiuJies dana es 
drame Ccrlt «uut Luui» Philippe. AUcs, si v^u« ruulex 
Bdioiret In morale pocfc de toutea les mervciUea de l'ail, at 



I 




TÉUDIQNAOES. 343 

Mndez juBtice à l'Odéon. car il sait feîre aimer la Rêpublîqvw 
dont vous êtes un des législateurs 1 Après cela peut-être lei 
chants patriotiques et les acclamations rêpublictdiies vous 
■«mbleut-ils uu outrage à l'art et il la moraie. 

••Philippe Fauhe." 

leitee de felix, pyat- 

" Super Flamina Babjlooia, 20 Âyril 1850. 

" Mon cher confrère, 

" Vous m'avez comblé, vous m'avez accablé. Je ne sais 
comment vous remercier de votre trop gracieux article sur 
Diogène. Vous avez vu la pièce à travers votre spnpatM» 
pour l'auteur. 

" Pauvre auteur ! la première fois qu'on a donné ea pièce, 
il était en prison; tt la geconde, ii est en exil; que lui 

arrivera-t-il à la troisième mais vous m'avez donné un 

baume qui adoucit toute peine. Merci mille fois ! avec voun 
les absents n'ont pas tort. J'ai lu et relu votre feuilleton, qui 
n'a que le défaut d'être bienveillant à outrance. Je serre la 
main partiale qui l'a écrit ; je la serre de tout mon cœur, de 
toute ma reconnaissance, do toute mon amitié. 

" FÉLIX Ptat. 

" Mille compliments à tous nos amis du Journal,*' 

KEXTILES DE WILFEID DE FONTIELLE. 

" Paris, 29 Juillet 1851. 
" Mon cher Philippe, 
" Edouard a dû te prévenir du malheur qui nous a frappés 
j* te préviens à la hâte ; on a déjà dû le faire en mon nom. 
Vraiment je ne sais ce que je te dis, mon pauvre vieux ; la 
mort s' acharne après nous. Cependant j'ai bon espoir. 

" Ne perds pas courage, les choses changeront. Des compli- 
ments à Desmoulius et aux Leroux ; mes frères se joignent à 
moi. 

" W. Db Fonvielle." 

«5, Eue du Cherche-Midi, 

Janvier 1866. 
" Madame, 

"Je ne sais comment exprimer la part que je prends à 
votre douleur. Quel coup pouvait vous être plus funeste et 
combien vous devez avoir besoin de courage surhumain pour 

supporter une épreuve aussi déchiiante. iàijene ciaignais da 



u* 



ArTMUDlCt. 



lUi* ooulsi de nmircsn xo* Urmea. j« vom pcrlervlade UHiua 
iM qnalilis qui loai regiolt» »in«rencAt FUl^ipe pw toM 
•ca eonnacnon* «l pn ntA ta particulier. 

"Muame, Pllitipp««M mwtpn exU. c'vsuh-dînrnn champ 
«Ilnituinir, oomnw il «rniTi»»! à un ■oldxt de i» DéoDOcrvue. 
Que cette ppn>£e toub aouticnne, MaduiM, cm il Mt bran de 
mourir A «on poew pour la LlbeniS ! OMrsi-)« votu partar 
da jour* nipillrarn rjns l'Arentr aoœ réceira pmit-èire. 
Héla», Mndauic ! touii «o* jours mnt Yuuéii à la douleui puis- 

3 Ha Philippe n'cat plu*. Ucpcndant Tout dcm il aa minoire 
e trouver quelques »nii]a£;eni?ni« k toc ntaux m ganluat 
rmtp6ranc« qnp ni tniwt faniMtir num coutribué au auccèa de 
la vauae pour laquelle il avait cambAttu'IepuisaeapluBlMidrct 
annc6«. Co Oicl mut doit lacoiuotacion bien. amcrcaaaa doute, 
(le VOD* felre KmiAier au triompha â«B idl^ d» Ju^tioe et im 
I.Jb«rtfi auxquclIvH vutic 61» s'est immiJé. Fardonnot. 
Haditoa, i mon Amotibn, cC r«c(ret ra«suianc« â« mon dô- 
Tffuancat Bnii Klial. 

"W. hk yw.-<ifimi.i.iu" 



LETTBE B-BRNEfT LEBLOTS. 

- LoadiM, S Uù 18S3. 

" Mon bi«i cbet Philippe, 

"Je TOOB uime et d'abotdi. ami, voua dlr&!-je la doulmir 

qiio j'ui Éprourfc rn npprrnnnt 11 piTtr irri'-pdTnhlc liUi: VCO» 
avea fnita dans votre fumillc: Vue seule clioeo m'adoacUeut 
celte peine, c'e«t î'iJée du lui avoir cuuaf' qnelqnri hfute> de 
bnrhuijr à lui {isrlcr tie «au*. Ai-ant innn départ Je lui ai 
offert UD bouquot de violettes; ces Itciirs Tireitt pinisir à cette 
pnuvrv cnfauL Je no croyiûs pas que noua n'auriotu & lui 
«n apporter qua «iir une toiutie. Je ne cbereherai pas à «'out 
Mnaolcr, ami. Ht un mnlhrur Kcmblnbl*? me frappait. )e ne 
permvtiraiB pu h mes amU Vtanxi de vainca eonaolAtiou. 
Parler d'elle et la regretter avec vaua, toÏIA ce que me dit 
mon i^unir. 

" BnxsaT hmuyn." 

LETTKEB DE JUtEB BBU. 

■• S aiai im. 

" Cher amt. j'apprrad* qu» tu en à LoitdrL's avec tu tntre. 
Je n'tf pu beaoju, n'est-ce pu», c!ii.t ami. de le dire quelle 
]>i\n y<û pri»o du niflllitur qui t'n fiapp6 et des dnulmrcuscd 
iinotiono que tu oa dû lrnv*rser. Je n'ai point la pr^t«Dtioa 
do t» con»i>lcT, on ne se console pas de la mort de cwii qu'on 
aime. J'estime que ce aurait un groad malheor et 



I 




tfcHOlOVAOUS. 



24ô 



p 



Itrande bonté l'il en poiivnit ^tre niniù. Ijo temps itcbe loi 
lamipt %u profit dm arauvcnir*. voilii tout 

" Bruxdloa «n UrabaDt est imc pnado ville d'Mp«6t 

lUez YUlgiùrv et qtU no ae riSvèk pan, d'abord, comn» lo 
Paradis annonce pur tio« aniii. Ce n'sat pu qit« Ia Ilclgique 
n'ait d'cscfllcntc» qualités; aiiieii, cll« est du cantùimt, on 
y pirle friui^nie, on y manM, on y boit, on y âort fran^i», «t 
i-e ii'iMt piu pi'U tlii«. Nos catnaradea otii eu aalu de me 
préparer unt chambre où je min & prit prj« i l'ubri de tout 
danger. Nauh liaiiioDS, à un fïano pur tâle. des fcstina fc 
togrettvr que voua ne aayuz pQinl avec noua. Nous jouuaoïui 
d'un leinpi «upcTlii^ qui noua permet de auperbea pKomcnniIw. 
....il y a pourtant un revers b. cette agréable médailltr; dra 
nutoi de gcn» dn police nouB eauBcnc, de tempa en lanpn, In 
plus drOleo d'émotions! un pvupla \jtnit, luaia bico! mip 
nature décedtable, pas un puy^aj^p. poa un hariKon. I.a 
licÎEiiïUc, c'cet un perpétuel 'renier*. Mab j'oi vu doux 
monuments qui valent à eus neub, le vo^agv dg Belgique. 
Si». OiiJule et rUAtel du Villul J*iii vuïlé le miiiiùii la 
nioina t^iioitiniô qui pusfj^do quatre ](ubcn« et deux Juidaiina 
flniii^ pnrc^ilM ! Deimiin ju pUï pnur Anvers arco le Vrai. . . . 

" Quelles nturveilit'8 i^'i>!*iil eptie petite ville ! on ne 
eonnuit piiiiii tt-s ■plenileurn imirmniitntalea du mnjrcn-Ag» 
et l'on est i^iic>ri\[it de l'oeuvre de Uiibi^ns, qtinnd ou n'a pas 
TU les i^iUarica d' Anvcra et les chct*-d'<]:u\Te de L ut ^olbiquo 
seanéo & ehni^uo pan sur le sol di> oc peili paya aiiiiGi bêtement 
constilntiontiel aujourd'hui, qu'il » kti roratement cathaliqiis 
et fôodal auimfaîa I , . . .Noua vivons entre noua, noua voua 
r^-grclipnc (tclù c»l hoTiliU'iui'iit iiiiinotuiiL'), Pour ce qui ttX, 
Av- la poliiiqito, vi fi Londrpg on s'aftiici ilana le vide, ici on a 
le mafhtrur ou !i: bcinhpui' ili- ni! paa n'agitEr du t()ut.,..Idi 
prosrriptiou ii'ïflt paa plus rûiinic ici qu'ailleurs ; lo BtlCDM 
qu'tlk' Mil vblijiéi; de Riuder iioua peine d'6ire jetée ft \m 

porte, donne Ip change but ia e<Srilabl» «iiuntion Que c«nit 

qui peuvent pt-ji-et, peimunt. Ce irivail de rt«ueilU'TOPitt 
•t do mviditotirin ra (cra pas perdu pour l'nvenLr....Xoua 
n'ftvfluii plus ta. ,/>'■' »i>tn/,vrc au peuple. Nous we soinnita ps« 
niiKiMi tciilt pnur ili»pnx(;r de notru bma, tilclinns de fniic! dara 
noa» ïiidii idu^Ui-'ii]i.'nt> ci\t:c lu cuDCoura de i-c que iiuua 
savon», de nniro esprit chercheur, un fuads d'idée que noua 
pulasiona répandre k TooL-asion. 

K Juin 1853. 

" J*8i fsU «n charmant vnj-Bge. Depuis que je suU 

1 OaH'bve, jn mi- «cm rt-vîvre et ji- ne suis pas bÎQO sAr dp 
n'avoii pfts changé de plantie : quund je pense \ vous, enpiit* 
itiftiieur» que tous £im, qui pcritE^ten ïi ramper sur cet amas 
de boue sublunaiie qu'on appelle, ys croisi Lottdrtê % (est-ce 



246 



APPKTÎDICE. 



bien ça r) je me prend» à lou» roiiteropler atcc pitiu-. 3'tâ 

Îuitté llruxollca, j'ni UavcTsé rAUcmagno arec In nipidilé 
'tins balla Élastlquo, en trots bonde aux<|uc!s je laisicifti 
loiin nomt Tiilgnii?» : Coloynr, Maycner, Francftiri. Ta ne 
t'atteiidj pm (et en ceLi tu fuis preitvt- de haule prudence) 
à une description détaiUÉe du ilhin ot ds «et tlfintouraï 
Qu'il tD aiifliHc de navoSr, aiiiiplQ moitcO, que laul c-s que lu a> 

Cu ouïr, nu lire, sur le Jlhm, i-*t ù In Ti'nlitv eu ijao toi, 
abilaot du Lundr^B, tn in'cR ù mm. habiliuit de ticn^ve !.. .. 
'L'u C'?Tnprt>iKii4 que lonqti't>ii n pu «'urrûter doux heum 
dsvaDt lu GntliMrHle de C'<.>]ngiie ! Courir toute une journée 
MUT le dai< de rc piiiseiint <:t riiK|(U('ux lUTpcnL qu'on nppcllc U 
liliii) \ «'éblouir In vue et rïmacTHintiort au contact de oeii 
iioblet et vJL'Us chuleiii^i qui nippflleut Vma tic iiobU» d 
<i',iiiiique§ saiivpTiirs î (luniid oit .1 pu iwliipr «n pniwaiit In 
MaClHGthitrm. vuir li-a dûint-n de la c&tlii'TdruJu de Mnjrmcc 
resplondir nu eglcil couchant. tiurcn«' la roo des Juib \ 
Finricfon daan le ]tn>mcr. et entier clan» la la^le dca Empe- 
reurs et dniL-i ecUc tU» l'.lc-rttuTB ! ijnaud t-nlin, nprîs nrnir 
donné un regard i une tnauT&iec statue neuve de Gl1^the, on 
n pu a'aN^eQÎr bou loin dr la viuiUe et lupcrbc muiaou du 

docteur Faust ! lu comprends, si abruti i]ue tu Bob par tu 

»ie de T^Rètul, qu'on vous fori=id&rc', A-nU6 nutri-fi, avec cpr- 
tuiitD pitié I £t [juL' xiii dtraû-je pas de la ituieBc, ai je ne 

cratinaîa de vaus acetiblor î l.uu»:fi!inu l>si peut Stro 

In plus charmante posîtîoii du LSman. J'y al vu CluiiupM»K. 
11 a gnrdË le mcilteur aouviMiir de toi, et il a £t6 hetircus de 
parlfrdela Rranda fnmille Pïerïo Leroux. Je sut* arriva à 
tlell^vo Bans eiii:(inilire. iiiaÎB non dans un moment facile. Ij» 
tftnps Était aux espuUîoiis. . .. ceci c*l le revers de la mf- 
dutllQ : le monde qufi nous habitant, ei aromal qu'il «oit. n'cat 
pu t^ l'nbri &f% agents d» police. Ous iiit«cto« innlÊùnjtu as 

Ëuurtoiit partout 

" Je rcc>ùa ton eotcel lente lettre, M«ci, cher ami. d» 

ton aauvcnir, mcrei è tous ceux qui n'ont pas er&int de 
t'îmiter. PUisanterJe à pari, je no nui» pas musi beurt-iiK 
que je voudrAÎs en aviiir l'air. U'ubuid, si je junit d'une 
nature splendido. je no vous ni plux, vaut, pour partager OM 
biens avec moi et I avenir ne me paraU pa» eoua de briUaniea 
couleura..,. Si d'ici il un moU, je nu vols pa» jour à in ea 
afi'jiic». je quitte Gcnf'rt^ et jo rnia pUnlcr ms tente au pied 
des Alpes, au bord d" lac, dans quelque roin bien iml* et 
bien vert. J'ai un ëtranK<-' bi^snin du iioliltide et da ùUnos, 

.. Jo comprends trtia bien maintenant, que ta n'aïea p«a 

ntfime lonjcf à la SuImc. Tu na bien fût de fuir nu plu» vito 
ce piSgv loujount .tondu, cutto aoutici^ro permanente qui a 

remplacé ParÎM 

" Jo t'écris do Uontrcux, oà jo suia en compagaic, dfi 



I 



TÉMOIGNAGES. 24" 

qui ï devine ? de Sabag et de T., qui après avoir couru les 
aventures les plus parsemées de gendarmée, sont enfin arrivas 
saine et saufs I Nous sommes à mi-c5te, au pied de la Dent 
de Jaman, dans la plua belle partie du Lac dont nous ne 
sommes séparés que par une verdure dont les plus belles 
saTanes de ton pays peuvent à peine te donner une idée. En 
face, les Alpes, à droite, dans de superbes lointains, le lac 
avec le Jura pour limites ; à gauche, la vallée du Ehône que 
surmonte la Dent du midi couverte de neiges, bleues le matin, 
blanches et or à midi, roses et pourpres au soleil couchant. 
mais à quoi bon vous parler de ces naiseties, à vous, vous êtes 
à Londres. 

" . . . . Il y a longtemps que je n'ai ouvert un journal; j'ignore 
ce qui se passe et je m'en trouve bien, le monde s'arrangera 
comme il pourra de ma retraite de la politique, je veux croire, 

modestement, qu'il n'en ira ni mieux, ni plus mal Victor 

m'a enfin écrit, toujours le même. Bon, serviabie, dévoué, 
téméraire autant que d'autres sont prudents et réservés. 11 
croyait que je lui tenais rigueur. Hélas, si tous ceux à qui je 
n'écris pas plus souvent le prenaient sur ce ton, je serais réduit 
àchanterde mavoix la plus lamentable :l'Ezilé partout est seul. 

" Nos plus chaudes amitiés à Louis Blanc dont nous relisons 
chaque soir, au coin du feu, les admirables ouvrages. A 
Berieau, aux. amis de la L.'., à Oreppo et sa famille ; à 
Félix Fyat, à Boichot, Pardi.Wasb, Guill, Rou. . et à Madame 
Ron.,, Veâ, Malar, Wilfrid, Albert, Chevassus, Talandier, 
etc., etc. A tous enfin pour n'en pas oublier, à ta mère, bien 
entendu. Si tu vas à Jersey, embrasse pour nous tous Au- 
guste, Louis, Houmilhac, etc.,et nos plus chaudes poignées de 
main à Pierre Leroux et à Victor Buigo 

" Rassure-toi. Je ne suis ni fou, ni mtat, ni o&rwït, 
insolent 1 Je ne finirai pas sans te dire mon profond mé- 
contentement pour les nouvelles formes que tu afi'ectes avec 
celui qui fut toujours pour toi un maître doux, bienveillant et 
poli. De quels livres te nourris-tu, insensé î De quels 
nommes fais-tu ta société, malheureux ? Tu lis Scheelcher et 
tu fréquentes Mme. Beecher Stowe } arrête, onclt Tom, il en 
est temps encore ! . . , . 

" La terreur qui a un instant plané sur notre ville s'est 
dissipée. Nos amis bourgeois arrêtes sont maintenant relâchés 
et tranquilles. Nos amis ouvrier» sont encore en prison, au 
secret, ou traqués. Heureux temps, bienheureuse Egalité, 

" Si je reste en Suisse, ce qui n'est pas sûr, je ne veux pas 
rentrer dans les villes. Je choisirai le coin le plus reculé, le 

S lus solitaire. Ami, n'envie pu mon bonheur. Suis-je 
eureuK ? je n'en sais rien ; mais ce qui est vrai, c'est que je 
suis, en face des magnificences de la nature, ce que j'étais sur 
le pavé bourbeux de Londres : triste, brisé, las. 



MS 



ATTEÎTDICE. 



FKAGMEST DU JOUBNJLL DE PHILIPPE FAI 

" Mon pauvre jour do L'an ! cette vieillo fiJte de faBiUIc. to 
roîlft orisiement paesj. J« ne sais TTEkimeni ft ciuoi je l'ai 
employé ? Hier, il pleuvail i j'ui parcouru 1 en boutiques, le 
s»ir, pour opportcr & Jaiiny un petit LaHyt' Comp<inii>ji, iaodo)t« 
«ouvciùi' qu eWn a jojrL-utomeoi; acc^iiié uoiamc s» seule* 
étrennei. Etrennes d'exilé! J'ni pFUs6 la «oitf c dvoc elle et 
sn mère à cnuner de noa amia de France, île tous ceux oua 
nous roudrions voir, de ceux que nous n« vcrroiie plu» ! Ma 
pauviQ m&re, pendant co temps, asi uiaie, siuis aiiimaiion, 
M113 gaîté, sAHi diatrootion ; cllir ^ni nvnil mis nnn cxîntvnca 
en moi! dont tout lo plitisir èiM de penser teui haut avec 
moi ; do m'inatruiro, ili; m'iiinfrUorur, île m'iiupirct quaiid tlla 

pouvait combien lit mâùoii di>it lui Hcintilci tiiaic, vider, 

ennuyeuse Cette paurri; Isnuru maladL>, ào plaignant moiua 

'lU'eilc n'est à nlaindi'e, dont j'Ëgnyni» ou CQtvfcilaÎA la \\ii 
ctmtloui'euHe. . , .liUe aussi doit me regretter, ii petUt eîtoj/etme 
(eommo l'appelait EUoii M.\c Farlane) elle, toujours rivei 
iiritéG, ne m<^niigi;nnt h aucune hypncrisie, iï aucuns Uchot^ 
».on couti -d'ùpingle piciuanl et bk'ii diiigé. Umiv R,, jt- nuis 
BÛrii qu «Ue iQ« rtgi-L'tti! uussi. BUe n^appeloit l'ûtnc de la 
mikiuon, elle me cro-ynit rolaoniuible ! elle (ivnit contianeeca 
moi. La voiià privée de son âl» Auguste, qu'elle aiinc . - ■ 
ni? pouvant compior que sur l!ug^nE, ttop jnune encore; 
s'enuujnint de n'être pas chejt elle : ufllig^^**, Iriitéc de tout . - - 
Tous CCS chagiins doivent te heurter et rendre fojùâtemïe 
>lc Akinilie peu u^rf-able., ,.Si j'y étais. J'y mettrais le valme, 
:kLl dL^fant de la g^aîtir. 

" Ma ttkiite aussi me regrette. Elle pense aux absimts dans les 
lâunions do la famille, elle s'oocuiie de ma mire el d'Ieaur* ; elle 
ma leinplaoe. EUe-miVine est itlBigi^ par 1rs ninrtK qui chaque 
jour creusent l'eiislencL'. Elixa, llynuiùitlMi <Jli., ScttX morts 
«i proclioa. Muu oiicio a àà ôtrc accabif par la pcrto de t* 
s\t>w . ..Haureusemunt Edouard leur resio; mais d lui, aussi, 
je fioi* manquer et sas inquiétudes pour moi d'iivciit ! empS* 
cliuc d'i-tre heureus comme il devrait l'ttie, Cca ^mcs hon* 
nûts!;, d'ailleurs, souffrent on leur conscience de rabaissement 
•.1« la moralité nutionale. Jules aussi pen«a aux abeeitla, 
r«xcellent Jules ! ccDur aimant, hnunête, druU; d^placS dans 
cetto e.\iateiico militiiîre, de discipline impitoyable et Ulji- 
traii'C. Emile, Amédff, Léopol J y pcnecut aussi." 

* l.te|i(rld. iut au ^^g« <Ii< S'^bivitniMl. El cninUsn de nu oohib Ciequls 

patUmik' le lor JaDTicj: 19^3 luiinciuiJrnt k ku iinid uRiraWaa au l«t 
Jniivlar IBM. et cckiiibbit ile^uk lant nknrijui^i pur la niort dans leBommii 
{lo ct-ui 'liil «'irvlvent elHJOrB I futa«ent ina* Iv ami" de ThUlppe ptrtwr 
ilueiqiuM cutuujliiUi»» dans ta sympulUa «t In r^m* iiii'll l«ui aàe 



I 



XËH0IG1(A.GGS. 



2^9 



C« msiin 1er Jiuivier, MaUrdiar, Lobinfs, Bru, f.t>bUnc, «le. 
Je re^ÏN une lettre d'EdounriI ; honnf* nouvella de toi» K 
purotcH du cifrur ^oat mol. Mlle. Aiovlic, cùtto blonde j^uni- 
pcraonnc ei distinguée, aiplcuau. ri attractive, se marie (k uii 
nomme de banque, tnaia qui esit nppTi?cipT «a Annexe, liti 
plniiiFint benucoup et aitnnnt lu miiati^ue. Putxac-Uvlle Etre 
neurttuBe. L.... âputeË de trav&il. a oblitërû «en fncultés 
iiitvllculueiles enlt*jiurehw(i;euiil d'f-luJeu iBitiliém a tiques, un 
trayail physiologique tr^ curieux »'e»l prtirliiit c.lii'» Ini. 11 
Bcnlnit, iiî.init-il, le dcrrii-m A; la téit aepretrsr, t'm/onerr, et en 
effet les ptnchiiM» icnC tiffawtt. IL n trop vfcvi (.-Inualrnlutncnt, 
la nuluTff n'a pu fiiippotter lee prîvaticn» d'un rîlté, l'cseïs Je 
l'nutre ; et le rnilà le décJaiant incunibla du eonlinuer «r» 
tra-rotix crUiRÙnitur! lui lu premier i\j' Ecole Polj'tccïinique 1 
Il clin'chc un ctuplui t>ii il n'nuru pltu d'initiative, il« retpon- 

»nbt.liif , d'i'fTurts intellectuels, et il est oonient. tranquille 

Quel exemple frappimt de la nccesgit.é de maintenir l'iiarma* 
nie dana nea ficultâa et notre existence ! 

Et moi-mf mu ! uUjo dotic hurrnoniué inon oxistaDCe! La 
Tfoiurc phy^iijuc no HouJlVa-t-i-Ue pas de tout ce que je lui 
reCuBL' 't . . . .MunintcUii;tnce ti'ent-tltepiwfatiguéo à non lour ? 
... Maûs que £aiiD j ja d' ni ni métier, ni fortune, ni uvuriir. 
Je ne peux longpt i nie erût-i une fimiille quaikd ma position 
est si précDiro et mn vie ^ la merci de» ec^netni^ritn. TJnv 
mûcresïe t Je sais trop timide, trojt défiant pour la clierciier ; 
et iVailleurs, la femine ilnnt j'oblisiuIrnU un Rnprîoti, olilirn- 
draiti\ non tuiii, peut-être, plus qu'elle et moî u'aujion» cherché 
dans une union pnsa'igëre ; je lui dannorais peut-être lut 
amour pasaiwiué dont t'ile te jouoraU. . ..Kt si le contraire 
nrrivaii, ni pour «utUlaîre une piu^Binn ni«ineittiin(e, j« iifid-iin 
rexiateiiee d'une Jeutie lUIe, ne fteraia^e pas indigne de porter 
httut le fiont et en AvnnC lu dnipenu Dcinocraliquo ? Ce quo 
^« blùmi^ dnns Ica RTitr«i«, je ne le ft^rni pna. Je 6tii§ done réduit 
L HunlTrÎT, h attendre. ., .Mes r*res m'en trnî lient, il e»t vrai, 

yor» i'4raoi»; je m'imasine parfiii» nimir Une blonde 

ftgure, gracieuse, aonriontë, modeste et famiitèrc laut ensemble, 
ccmSantt; et rÉx«rv6c ; di^uee, malien ?, timide, volrintairi.- ;. .. . 
Yuitl ma churroanle apparïticin qui vient uusai inc souhaiter 
Il bonne ann^e, . . et derrière elle, cet ctEoim de Jeun ca 
filleâ [et de jeunes ^eua que j'ai rus enG«ntH.. ,.La bonne et 
blunde Bliae ; la prudente et maligne Hermine: la trïatv 
Irfiuise aux yeux nnirs, à In contenance peneionnairu, regrut- 
tant 80D Mie chéiï. et faisant txir lui dee t4v«a dont nul ne se 
réalûtera, . . lîUK^nr, bon j^ri^n et <l*oxcoll«>nt(i enndnitv ; 1« 
ntjMif Uliici le ftirme et vailiiint Arthur, IIé1i«<. Emile, Amétl6«, 

Stsur Sophie — t>t tous, «t toutci Ah ! combien je voudiais 

rovBoir parmi *ux , . . . 

" Mais je mu luiMe trop aller k mes aouvenîrs. J'ai pcn» 



1' 



fiôO 



LrFExnics. 



aiix vivanU on les âéi'mat, «ux coorts eu les regrottaut, en Ii 
évoquant, ^glantino I dont je n'éciii jamais le dou ({u'ca 
treniblnni et on pleiitont, et dont riœauo s£-v£tc, it^ileuM, 
naos cesse me lappelle-Vinon devoir, . . . Jiiiu* Boulms, pal nuî 
je suis eiitrt' daiiB la politique, ctquî B aiiccombé à son actinie 
muà yoit la ItÛptiblii)u<: qu'il dùaiiait si ordcmincnt . . . . 
C^'sarine ! cette intelligeni.9 el Bviupathiguo jowne fille, inoTU 
yictimede tous ceux qu'elle oimnit . .Eilmtmd Protutaid! . ., , 
et depuis, tant de parant^ tmit d'amis ! Niuous. le» ESiNi 
JuloB Baseans, Llna, Eiiiesi,, Yrou, Luciu ! Aulotnt'lK) «t 1« 
tnôre de Uaz.-iijlb dont j'ai apprig, par îiaaard, U mort l'autre 
jour, et tant d'auirea tucort- !. , , .Miulmm-- ItoUiid. victime 
courageuse du coup à'Etat. Anîetido-OUlvicr, Diuftoute 
entrevu uu inslant eu 48, t-t dont j'ai MUâ paitafiec le sort 

ea LSiil Efji, déjîl, (j'ai 29 otibÎi p^ine), ot je coinpt« plu* 

d'oETiiCtioua patoii l«s morL» que parnù Ica vivanU. . . . ' 

" PHILIPPE FAniE." 



4 



EXTRAITS DE JOURNAUX. 
"EsTursTTB, rArrier IBM. 

" Nous apprenons ta nmrt de M. Philippe Faurc, décMfi à 
Jeree; ii l'iga de tKat^deux ans, après deux jouri seulement 
de inatadîP. Quoiqui? jeune encore, ce publii'îste avait âéjft 
colluborë k\n r6dncLii>ii d'un grand naïubte de jnurtiatix appar- 
tenant loua à l'opiniuii la phiâ avancée. Avant la lévolitUoa 
d« Février, il avait dfjîi puliliê de Ti<):[ibrL>nx uitiolejt dam 
VEctitii'mr, journal fondé sous la dirciotiou de Fierre Leroux, 
el imptiiué tlani la typu{^iip1ûc que ce philuuuplii; ayait 
ét&blîc danà la forme aôciclaire de Uuuhfiac. Philippe t'auro 
prit une part active ù l'orgunUaiion du batiquet du 12a, 4 U 
mnnifeiiiKtiiin des *cole« et ù l» Jtijvoliiliiin rie Fàvrier. 

" DaiiH les pn-miers joursqui suivirent la prurlumalion de Ik 
République, il entra dans LnrûdcMaion linjQMrtwilU Rêprt'tinHaHl 
ihi Pfiifitt, et fut chargé de la paille dei> afi'aiies étrangères, 
que aes éludciî spéciales lui piTriniri'til Av. traiter avec Autunt 
de profondeur que de eagaciié et do véiiiable modfitaiio:]. 
Fidùle à la cnuse qu'il avait umbruMut-e, il suivit celte feuille 
da.n* ses diti'éveates tmiisPirmationç. l'uli!, lori>qu'<'lI« dut 
di'liiiitivemc-nt dtflpniiiîtrc, il aliunduiina l'urîs pour tanltiiuet 
«a polémique en province. Le BmAamm* Miti'ceitii le vhotait 
puur «DU ri^'dnetL'ur en chef, et U exen<a oes foiiettona aveo 
dialinclioTi jutqu'ritix (-vriir-inent» de DÈccmliru IB-ïl. 

" A cttte époque, U dut quitter bt Ftuncc. 11 ae ri^fui!:ia en 
\nKlulerru ot hiilûta, nltt^ruittiveinvnt, Londres et JiMvcy, et 
rÉdigca de nombreux articles dans le Jçurn<»l itc» JU/tiyi^t. 




I 

4 



TÉMOIGNAGES. 251 

C'est à Jersey qu'il passa les derniers mois de sa vie auprès, 
de sa mère qui était venue partager son exil. 

" Comme il connaissait à fond pluaieura langues ptracgères, 
il s'était fait maître de langues, et traTaillait en même temps 
comme typographe dans l'imprimerie démocratique de Jersey. 

" La mort trancha trop tât cette carrière si activement 
remplie. Philippe Faure était un grand cœur et un véritable 
homme de bien. Ses amis rontiroiit douloureusement sa 
perte. 

" A. Blaitchaud." 



Thg Rbasones, Sunday, February 3, 18G6. 

DEATH OF A TEENCH PROSCRIT. 

"Jersey, Janoaiy 18, 1869. 

" Death is bringing désolation to the hearths and hearta of 
tbe few exiles stilT remaiuing in this island. This week two 
maie chiidren, grandaons of Pierre Leroux, sons of citizena 
Desages and Fiézières — married to daughters of the exile just 
named— hare been reaped down by that mysterious Power, 
■whose Scythe too often IcTets budding childhood with ripened 
âge. This was nut the beginning of mouming in Pierre 
Leroux's household — for some weeks past oversnadowed by 
the grim destroyer, It must be nearly a montb ago that a fine 
boy, five years old, son of citizen Dcsages — now a second time 
bereayed — died. Accidentally I met the funeral procession. 
As ia customary with me, I lifted my cap as the moumen 
passed. In mj hasty glance, I did not, at the moment, recog- 
nize faces known to me ; though the thought stnick me — 
' thèse, from their bcards, should be Frenchmen.' I waa 
proceeding onward, when, some yards in the rear of the pro- 
cession, I met my friend Philippe Faure, accompanying hia 
mother. He hastiW told me the deceased was a grandson of 
Pierre Leroux'a. I immediately turned and walked by the 
aide of my friend, following the procession. Arrived at the 
cemctery, the coffin was lowered into the yawning grave ; an 
affectlng address by Pierre Leroux ; a vrild burst of grief from 
the fatber of the child, and ail was over. The cemetery lying 
high and exposed, was swept by a keen and searching btast. 
I was unwell, and on my return hume did not feel at ail 
benefitted by having stood bare-headed during tbe last cere- 
raonies. I had marked that amongst the last, perhaps the 
very last, to remain uncovered, was my poor fiiend Philippe 
Faure. Little thought I, at that moment, that in another 
three or four weeks, my poor dear friend would himselfbe 



APPESTDICB. 



consifned ta th« nU-dcToaring crav». Lcavin^ tli? ecmetcrr, 
va ■hook hands and parted; l [lurnoing toy loUtiiry walk. 
Prwcntiy, fiatiing 1 cotild not restoTs ■ propoT nuiursl 
wnrmih, I rclumetl lioine. 

"Next day.IcblUiltiponPhilippEFaarc. SubiGqucntly, be 
twice iKilli^d iipou. ma. Ug wm In hâve glvGii jati cc-ciain 
IcMcitia, mtmrupted liy my illnesa. I hcud of liim niiei^arda 
inquinag abaut me ! but I never eaw hirn aguiu. 

" Liisi Sutiilay evening [Junuary 13lli), n /orivy fneni 
infnrmcd rn^ he had heard ihâi Thilippi^ Fauie was sidc, 
thou^li lieliitil acL-n him un Uic previoun Wcdnenday L'venin([ 
(tppMently woll I waa aorrv to honr thifl. lut not alonaed. 
Hiid JDlc-Tiddd ti> buvu Ht-nt lli« nt^xC dity lo iniioirc as to hl« 
sï.ttt', Rfid lo req^uent him, whon beiwr, to fnvouf me wilh k 
vall. Scfore I cuuld acnd, a mcs.icngei, my fricnd, whu liod 
cdUed the provious ovotông, afi»n vUitod me. Ncvcrvrotl 
moro surpriied, ahockcd, uud griuved, ihan wÏilii he MÎd — 
iiiid hia wonb wcro m a thunderbolt f'ailing «t my fcct— 
• l'hHippt l'aura i» <kad .' ' 

" île wiis nUctidy dvud whnn tny frlend spuku uf biiiL a> bciag 
»ick, inerely. Ile liad bi'un sMeud wiih scarlet fever on Uw 
lOth of Jaaunry, and dicd on the ISth, Sunday, «bout twelrt 
Q ci'K'k. 

" ' Aivd vrho wfts Pliilippo Faiirer' (he roadcr bobt ulu 

" Ile was rot knowti to the Engiish public gcucridly; out to 
tho Ftcnth exilée he wiis well knowii, and by them VU 
l'Bspetted atid loved. A («w Eti^îlishincn kiiew hlra. I lovod 
liiiîi lis a btoiJu'r. To me ha wns more ihaa a bxothet by 
blugd : ho was a brnllter ol' the licmt. Ncvcr sha1l 1 forgirt 
liia ^ncrouB dévotion, teeted and pn)y(>dina moment nfperU. 
Never shall I l'orvet ^ow gallanily he etood by me wluin my 
honour waa assEiUtd, and tiiy Hte ibieatened, by imacrupulouB, 
eoivardly, and brutu! focs. 

" Philippe Faurc was a native oE ChampaRne : born in th« 
mmith of Novernber, 1823, Ile llad, ihar-i-fiitc, at htM deatli, 
juiit completed hi* thitty-seyond yeat — tbat perîod whîch ix 
tliD glory of n luan's litc ; wbca bU obytkal ttrctigth _tt 
inUtixed 1)111 undeiraycd ; wbi>n bia youtliful onUiiuiBisni atill 
lîreH, iniiTiir?M, nnd nnîmalc», but is tvnipcrcd by tbat modère- 
tion wbicn timi.* »iid expeiiuiiee natuniUy brîiig. Y<tt ni niich 
on offc, or within & fcw ycars of tbat pcnod, howmanjmen 
periàh, cm do»"ii in ttio" l'dliiess of tbeii bodily and miuitat 
strengtb. Pcrha^i* it U wiH (iit then» ; bat ctitn'mly it 1» • 
aisfûrtune, a dire miefarCunci loi' thosc vho buTC bea 
UBOviatsd willi Uium in the liaillu of Ufe. 

" The oauao to wliich Pbilippp Fnuro wa» dcvuled etinnot 
nffatà Ut I(Mu a sin^li! cHicicnt soblii-r ; and ho vaa onc of tbc 
bcet, bccnusc ablc, modcei, uiid truthful i not hungrriiig and 



4 




TÊHalOMAOEK. 



353 



I 

I 
I 



tbirKlin|[ nftcr iho fcrnlifiL-iiUon a{ n pitîfui penoiial junbittim ; 
but duvitiL'd abïolutoly — hmd, lifuid, and heait, to tbe CKUiic 
of libcTty nnd justice, 

" He had bccn cducated for thc profcMiun of an Aârocfttc. 
ï Ictiow noi if bo ever piautiacd n» «iicli. Probably noC, for at 
an eariy nge bc commcnced bie carc<:-r ns n Joiirnnlisl, In this 
■Ki'ich, or ncitico. I cnn but CQumcmtË ihc n&mcs of thc 
luUi ftc, to whieh he miiiribiiU'fl. 11g bei;n,ii t,i> wrilfl in 
'Belairrur i!ii ('enlrr in ibe vt-ar ]84£. He wnite " Somtnîra 
d'un Vojage en Al^^iie." in thp Jttvat i*wwTÛi/r, cdiltd by 
Pitrrc I^TOux. Afur thc mémorable and Kloiious Slth oï 
Febniary, 18*8, bc beciuno « (^untrlbutar to Proudhfln's 
HtpritentitHt. da Pm-plf ; La ni en liai»' i'enjite CoiintUnant ; 
another jniiniftl namcd ibi: l'eupte ; ulna thc Voie du t'cuplt ,- 
ihe P^i/i'r- */;■ 1850; the Vourritr d* la Sarike \ h Bon/iMHint 
JUimctau, 1S5I, &c., &t. 

" Philippe Faiire"» gloriouA partiripnlîon in tho Ilcvolatiim 
of ïc-bruury. will bo found reeorded in thc '* Joumûl d'un 
Gombaltant," publîabed în VEetairnir du Ctatrt oî Morch 4, 
IB18. 

" The dnrk ilny» oT DMMnhcr eniric, nnd Iho niaii of blood 
tTlumphant, ihose pnirioi* whoba'.i escoped d<'nth, Caycnne. 
ntid U»e cholt'd-up duiigt-iine ol' FrnnpL', Bought refuge în 
EngEund and tlnevrhtrc. Philippe Faute came tu Luiitïon in 
Much, 1852. In Scptember oï ihat w«r hu wfnt to .Tcrsey. 
At that tiine tbo ghriatty moekeiy of Bonapatic-'s 'L'iectiori' 
as EmpproT was in pm^rress. On the question nf whether the 
Kepublicat) parly atill left in Tranci^ Hiioiihl vote agnûiat tbe 
tyruiil, or iibifiuin iiltoBttb&ir Irora partitipating in ihwtk'ction 
Inrce, ih* exile» in Joisey lerommeiidL-d ihe lnui->r, in an 
iiddrcM tn tho Fn-ni-b pcopli;. ilatfd Ûctoher 31, 1832. To 
Ihftt &âdme lUf eifriiûtuic «f Philip Fuurc wae appcndeil. in 
«onjuiiciton With Oione of Victor Hugo and FotnbeTlaux — 
repTespnting the body of the esileti in Jersey. The nddicsa, 
«ave llit" la.il twrn nr lliree iinea, was wril.ten by "Viftoi Ilueo. 
Thoïclngttwu or ihrcc sipiiBcani linaa X wiUquatcpreaenuy, 
wate Buggested l>y Pliîlippe Faute. 

" Ruh.srqueiiUy, Philippe Fnnrp rrtumpd to rjondon. l[c 
came back tu JcrtiCy in Uct., 1854, and bot-auiu nnc of tïm 
'■taff' of VHmnme, uiiiil thût jownial wu» pro*ori.b«d ud 
«xpplUd by thp .(ersey inul niment» of M. Ilnnapane. 

" Philippe Faure vraannt married. Me livïdwiihhi» mothcr, 
a higbly inli'llieettt Avumari, who vhari'd his sentiments and 
Mpirattuns, nnd -«.k* c«nT«nt, I might aJmosi ïny hnppy, to 
aharr hiii cxiic. Ain.» ! fur hrr. 

•• Ile Tvas ihon ol etaturc and email of limb, but elid nol 
Bpp*>ai aiallwmkoi ailinfç. Tbough twyHb"n-sighttd,hiscyee 
hâu « \er5'pl>eaaiiiK expiession; and altogetber liù coununaDC» 



2S4 



x'prr.Ktnom. 



Mcfted tlie MUiidnesB of hU head. and tW gootlncse of ItW 
icart. 

" T/ouis Blniic kiiew mr pool fiitnd wtli. imd hU nlilf jifti. 

ïrilifttof Uhnrica Hibl^7Vollc*, will, cluubilc««, d'n juaUm! to 
IbU mi'iiioi'y. For ii)ys«lf, iho phyâlcal wciiknefi« whieh liiu 
lùiii'ii: ibtMïrilinK cviMi of thi» brinf nulint a laSoiir «1 «omit 
kâitUi^ilUy. Usa, uI course, f^rbadu Ûia aoiJiiiix uf tlioâc ftcta 
fAntI rc-tul1(;L-tiO!iH iha axUea Kc^rv uuuIJ havvtupiilk-d oiu wiili. 

ti)t) H'j )tav0 eukbled ma lo liure mawrially l«uglt)ê>ned i!m 

" It ia ODc af tbo aaddost aSictÎQiu of life to knoir thaï a 
' MeiiU U ou hîs duutli-liod, uiid ta bc unv'a «et>'Iii(!Upii<:itgLl(.'<t hy 
•PVCTP illnpM Inini tcnuling to, or evwi ■ci-ing, him. 'lli.it 
BiHktiun I wuH !i|>ari-d ut Uiu lime;, fiiTllim:» iiut oï che illiii;u 
of my fricnd utitil ull wai «ver. But t n'as not ïpxrvd thu 
flul><jequ«ut regti't — r^i'i>t Iii Tain. Nur cuuld I atu-nd tho 
fniicrnl — to mi! a liitler jmin. A léw wnriîs^lhi! titvL 1 hnd 
wiitlffu foi llir*o weckfi— CitiKcu Dcsraoulitis kindly rend ùa 
me. Ha, lu", ileLivcied lui alïêt-linç [iddrt-ss ; oiid wiiu fulluwvd 
by Citizen iliflin.'^i. wbn also (Iflivcri'd a nuitiililo distouiw 
ovpr »Il tUnt rr^rriDitii-d oï l'tiilippc l'iiurr. Tho Ucptiblic iitver 
liad u inorc t'oïiht'ul bob ; iox ttie Hcpuliltc )ic Uvedi laboarcdt 
aiiil siifTwt-il; and iii f.ii!»" l'ur tlu' Ut]tubUi: liûdied. Pwlmp* 
Ihc concluding woid'* oflhenddics» of OclobcT 31, ISôi^ 
ThlHppcraiiTe'» owii woid* — coiiHlilutâboth hû beat c[)ita[>Ii 
and legacy t" hia BiirTîriiig comrades : — 

' Iii pruseiic-e of M. linii»piiile ïiiid o( Uî» ^vm'maent, every 
citiïcn — worthy ol tho iintiio — docn coly oui: tliin^, unit ha« 
cnly one Uiiii^ to do : /«orf Ai> mv^Att, anil utail/or lAe /i^tir .' 

"Ami» 1 

" Q. JuLiui IIabmbt." 



L'HouuE, 31 Mfti nse. 

NâCHOLOOIE. 



PHILIPPE yXVKV. 

"Noua a' étions plua & JuTHev quand Fhilippo Fnnrc wt 
mort, et en jmimni. radrnu <ics uauiriigâs, rvûI Mimbii- 
muuLL'uTaiit'nit'iit, Voili'i pourquoi itaua ti'ùnoat pu mêki: 
nwtru udii'u rruurni'l aux derniùii.-» purolo» H\ii ont honoré *n 
tnitibe. Mai* nous n'avon» jaiDsis o\iblii fa drrtLn, et miui 
ifiii'iin, qu(ii(|u'»n pt'U tiiiu, lu pnyur, bitui COCCaiiiS ({ii4 
riicuro n'«flt jamaia postC'e potir les Mos, oc ijuv cvux qui oui 
bleu vicu ne wuiiùiiUt mourir. 



TÉMOIGNAGES. 255 

" Philippe Faure, enfant, avait eu 1^ plus grande chance de 
la vie : l'amour puissant, intelligent et doux d'une mère, 
femme sérieuse et forte qui sentait profondément la responsa- 
bilité de sa tâche, en cette tutelle des premières années. 

" La culture de l'enfant fut libre, spoutanêe, mais toujours 
conduite et guidée par une expérience habile, attendrie, 
dévouée. Les horizons s'ouvraient presque d'eux-mêmes : la 
met e avait l'air de suivre et n'imposait pas: ainsi point de 
discipline farouche, point d'études sèches et forcées: la vie 
s'ouvrait et se développait en plein essor. Mais les curiosités 
n'alimentaient jamais l'esprit sans laisser un enseignement ; 
l'intelligence et le cœur se formaient ensemble. Madame 
Faure préparait un homme. 

" Elle avait réussi, cette mère si cruellement frappée dans 
son amour, et dans cette génération qui a tant produit et tant 
souffert, nous avons rencontré peu d'esprits plus droits, peu 
d'études plus profondes, peu d'âmes plus libres, plus actives, 
plus élevées, que celle de Philippe. 

" Son mode d'action était double comme celui de toute 
pensée bien faite et qui cherche les lois après les choses. 

" Il exposait les faits ; il chercliait, il étudiait de près la 
vie, ses relations, ses incidents, ses formes ; il était de sa 
nature observateur, instructeur, nomenclateur, et comme tel il 
a fait sa preiive, soit dans ses études sur l'Afrique, insérées 
dans la Revue Sociale de Pierre Leroux, soit dans sa politique 
étrangère au journal le Peuple. 

" 11 avait, en même temps, la passion, encyclopédique : il 
s'inquiétait en toutes matières de la tendance générale, du 
l'organisation, de la loi. Son esprit n'était jamais satisfait, 
tant qu'il n'avait pas pénétré la raison, la logique des choses. 

" C'était un penseur. 

" Il s'est trompé souvent, comme nous tous, dans l'ordre de 
la science qui n'en est encore qu'à la libre recherche, et dans 
la série des généralités ; mais il n'avaitpas l'orgueil farouche, 
absolu de la conception personnelle, et quand il voyait mieux 
que son horizon, il ne s'encaissait pas, il ne se pétrirait pas 
dans le ajfstème. 

" C'était un libre et franc penseur. 

"Du reste, il avait eu lui le grand caractère humain, la 
probité, le dévoûment. Il savait pratiquer le devoir, même 
contre set idées, et dans sa dernière collaboration, au journal 
V Homme, quoique ses opinions ne fussent pas en tous points 
les nôtres, if nous a prêté concours jusqu'au dernier sacrifice. 

" C'était un grand esprit et un noble coeur. 

" Philippe Faure s'était trouvé dans le milieu le plus actif 
de notre dernière Révolution. 11 y avait rempli sa tâche de 
combat, eC plus tard, au Mans, il avait défendu l'idée socia- 
ILste, par une polémique habile et sulTÎe, dans le Bonhomme 
ifattceau. 



256 ArPENDICE. 

" L'exil le prit comme tant d'autres, et l'exU l'a tué : c'est 
la patrie des morts. Hélaa 1 quand le souvenir de sou agonie 
nous reYtent, notre cœur se déchire ; car ce bèie que nous 
avons perdu, la République aussi l'a perdu. 

" Mais il y a une douleur plus poignante, c'est le désespoir 
de la mère. Fuîsse-t-elle 6tre consolée, dans son supplice de 
la vie, par le souvenir âraternel que nous gardons tous d* 
cette belle âme qu'elle avait formée. 

"Chablbb Kibsthollu," 



FIN. 



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CECIL H. GREEN UBRARY 

STANFORD, CALIFOJiNIA 94305-6004 

(415) 723-1493 

Ail boolcs may be recolled of^ef 7 doyi 



DATE DUE 



JUL 2 2. 



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