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Full text of "Journal général de médecine, de chirurgie et de pharmacie franc̜aises et étrangeres, ou, Recueil ..."

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JOURNAL 

m 

GÉNÉRAI. 

DE MÉDECINE, 

DE CHIRURGIE ET DE PHARMACIïf, 

FRANÇAISES ET ^ÉTRANGÈRES ; 



OU 



RECUEIL PÉRIODIQUE 

DES TRAVAUX DE LA SOCIÉTÉ DE MÉDECINE 

PE PARIS j 



> J • • 



)Rëdigé par CE.' S. Oaultiër vie CiauUrt, doc- 
Téut êfl ïfiéatsiSîfif (CTéTï T'àculté de Faris r cheva- 
lier de Tordre rojal de la Légion-d'Honneur, 
membre résidant de la Société de médecine et de 
' la Société médicale d'émulation /^ancien chîrur- 
gien-major de l'ex-garde, chirurgien de l'Ecole 
royale polytechnique. 

TOME LXXIP , XP DE EA IV SÉRIE, 



i * - 



A PARIS, 



ChezCjiouLiiEBOis , libraire de la Société de médecine, rae 

des Mathnrinff- Saint* Jacques, n** 17; 
Et le» principaux Libraires. 



Juillet 1820. 



\ 



l t 



IMPRIMËB.IE DE A. BELIN* 

EUK DES MaTHURINS, HÔTEL DE ClDNT. 









JOURNAL 



GÉNÉRAL 

DE MÉDECINE, 

DE CmaURGIE, DE PHARMACIE, ete.« 

oo 

KECUEIL PÉRIODIQUE 

SB X.A SOCIÉTi DB MliDEGISB OB PABIt« 



SOCIÉTÉ DE MÉDECINE DE PARIS. 

Remarques sur la fracture du col du fé* 
mur^ par M. Hervez de Chégoin , doc-- 
teur en médecine de la Faculté de 
Paris. 

( Séance du 4 janvier 1820. ) 

Xôi/ï le mondtB connatt les signée de la 
fracture du col du fémur. Ils sont exposés |P'"«t««* «*«* 
dans les livres avec une assurance et une fa- 
cilité qui ne permettent pas de croire que 
Ton prisse jamais méconnaître une maladie 
dotlt les caractères sont si tranchés et si cons-* 
taus. Le but de ce mémoire est pourtant 



• (4) 

de démoiifrer qn'aueun de ces signes n'est 
fémur!" ** caractéristique , et que si leur réunion ne 
laisse point de doutes sur Texistence de la 
fracture, celle-ci népumoios peut exister^ 
malgré Tabsence dé fous les phénomènes sur 
lesquels le chirurgien, a coutume de.l^aser 
son diagnostic. Pour donner la preuve de ce 
que je viens d^avancèr, et procéder avec 
quelque ordrç daqs, cette discussion , je vais 
passer eii revue les principaux symptômes 
de la/ maladie qui fait le sujet de ces r^mar^ 
ques. 

Il en est un qui a frappé d^abord tous les 
observateurs, c'est le changement de direc- 
tion dans la partie inférieure du membre. 
L'inclinaison de la pointe du pied en dehorf 
est une circoi^sfance si oicdinaire dans la 
fracture du coUdu fémur, et qui s'accorde 
si bien avec l'action des muscles fix^s^au 
grand trochanter , qu'on a eu peine à con- 
cevoir la possibilité de rinclinaison en sens 
opposé, c'est-à-dire 9 la rotation de la pointe 
. , ,clti pied, en dedans.. On a donc . commencé 
par 1^ révoquer en doute. Cependant Tayio^-r 
i*it^ d;es grands maîtres a. paru si décisive , 
et l^urs' expressions si claires , si . prépises ,^ 
qu'on (a, fini par y croire.. C'est justeTuentà 
ceS: expressions si claires , que je m'arrête; 
Pfi^^e que je ne les trouve pqint tellepi et 



•( 5 ) 
ff u^au contraire^ je les crois susceptibles d'une 
^^ iaterprétation toutç différente. ^ A. 'Parjê, f/^^jj"*^' 

^ p. 343 , 1. 7 et 8 , du ch. XXI, dît, en par- 

lant de sa malade, qu'il trouva sa jambe plus 
courte, et son pied tourné au-dedans* Il 
parle du pied en totalité , et non de la points 
seulement. Or, tout le pied en dedans^ ceci, 
je croi3 , signifie la plante du pied regardant 
le bord interne du pied opposé. G^est en 
.effet ce qui a lieu dans la fracture du col du 
fémur , quand le pied tout entier est appuyé 
SUT son bord externe , et la pointe tournée 
e^n dehors. 

Ce ii^est pas que je nie la possibilité de la 
i:otàtion de la pointe du pied en dedans , elle 
a été observée par des hommes avertis de 
Terreur. Moi-même j^ai eu occasion de Tob- 
. server^ n:)ais je crois. qu^elle tient à d^ cir^ 
constances qui n^ont pas été mentionnées ; 
c^est pour. cela que je vais^n parler, en rap* 
portant un fait dont j^ai été témoin. 

Une femme de chambre , âgée de qua- 
rante-deux ans , tomba dans un escalier , la 
poitrine en avant, se releva ,, et reitomba 
aussitôt sur la hanche gauche. Elle se re)eva 
encore, et put marcher avec le secours. d^iw 
bras , depuis la rue de Beaune jusqu^à pelle 
de l'Université , n* 60. Elle souffrit beau- 
coup dans la nuit suivante ^ néanmpin3 elle 



(6) 
.sortit de son Ht k Pheure ordinaire 5 et se mit 

fomor!'^ **" à froffer un appartement. Mais à peine avait- 
elle donné quelques coups de brosse 3 qu^elle 
tomba sur les mains et sur les genoux* Celte 
fois , il fallut la relever ^ et on la porta à la 
'Charité. La pointe du pied était tout-à'-fait 
tournée en dedans^ Le raccourcissement était 
peu considérable ; il augmenta bient^. C^est 
à cette chute sur le^s genoux , que j^attribue 
la rotation de la pointe du pied en dedans^ 
La fracture s'était opérée dans la seconde 
-chute , et c'est la troisième qui a produit le 
déplacement. On conçoit , en effet, com- 
ment un choc sur les genoux peut donner 
lieu à ce mouvement en dedans ; surtout chez 
les femmes, qui ont l'extrémité inférieure du 
fémur très-déjetée dans lé même sens. Il pa- 
raît même que y chez les hommes , la pointe 
du pied est tournée en dedans quand la frac« 
ture est le résultat d^une chute sur les pieds. 
J. L. Petit , qui a bien spécifié que la pointe 
dii pied était tournée eu dedans, en rap- 
porte seulement deux exemples. Dans le 
premier, il ne dit pas comment l'accident a 
eu lieu ; mais, dans le second , le malade s^est 
fractuiré le col du fémur en tombant sur les 
pîeds , de la hauteur d'une fenêtre d'où il 
s'était laissé pendre par les mains pour avoir 
moins d'espace a franchir. 



(7) 

Cest aind, ce me semble ^ qu^on pent ex- 
pliquer la coQtradiçtioo apparente qn^on^ren- ^moV/' ^^ 
pontre danfi des ouvrage^ également recom* 
' mimdables. C^esf en pesant les moindres cir- 
constances ^ c'est en examinant les moindres 
détails , qi^^on parvient à se rendre compte 
de phénomènes diflSciles à concevcHr. 

• J. L. Petit a eu raison d^indiquer comme 
wi 4utre symptôme de la fracture du col du 
lémur , le rapprochement du grand (rochan- 
ter de Tépine antérieure et supérieure de Tos 
des iles. Ce rapprochement est réel; il est 
évident lorsque la pointe du pied est fournée 
en dedans ; mais il n^a pas lien quand elle est 
tournée en dehors : au contraire , ces deux 
éminenees sont plus éloignées Pune de l'autre 
que dans Tétat ordinaire. U suffît d 'indiquer 
ce fait pour en fiûre sentir la vérité ; car y si 
le ,grand trochanter esi porté en haut , il esi 
encore bien plus pmrté en dehprs et en ar- 
rière par le poids du membre privé de sou- 
tien^ et par Faction des muscles rotateurs 
delà cuisse. Cette remarque n^est pas le ré« 
aultat du simple raisonnement ; c^est une 
, chose d^observatien , que J'ai constatée sur 
les malades 9 et tout récemment encore sur 
.on )euae homme de dix-sept ans ^ placé au 
,numéj:o 21 , de la salle Sainte* Vierge. (Uâ« 

pital de la Charité* ) . 



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Le racscourcissemenf- dit' membre ^ et la 
fému?/* ^ possibilité dé Ini rendre | par^Pexteosion , sa 
longueur naturelle y qu*ii perd de nonveatt 
quand 6n Tabandonne à lui-même-, sont des 
syinptômes qui appartiennent aussi bien à 
une fracture oblique du corps du fénHit qu'à 
celle du coL Quant à Pimpossibilité qifé-» 
prouve le malade de souiever* le membre 
en totalité , on sait qu'une cotatasion de râl^-^ 
ticnlation , ou des muscles , pqut s'opposer à 
ce mouvement. On sait aussi que I9 crépita«> 
tton est souvent impossible . à entendre datis 
la fracture du col du fémur la mieux carac- 
térisée. Enfin y il n'est pas aussi f^oile qu'on 
se l'imagine, d'apprécier l'étendue moindre 
des arcs de cercle décrits par le grand tro- 
chanter dans les mouvémena de rotatto|n 
qu'on imprime au membre. 

Cette première partie des remarques* que 
j'ai l'honneur de soumettre à la Société ', a 
pu paraître plus curieuse qu^utile ; aussi ce 
n'est point celle sur laquelle je désire le plus 
fixer sou. attention. Mais j'ai dit que la firàù- 
ture^.dii col du fémur pouvait exister mal- 
gré l'absence de tous les phénomènes qui ta 
caractérisent.' Ce cas , qui ne me parait p&s 
«avoir étéL décrit, est vraiment embarrassanl , 
-et'îp ne pènsepas qu'on eût pu en trotiVdr 
l'explication, si l'exami^Q aliatomique n'a- 



( 9 ) 
Tait foarni les moyen» de coacilier les symp- 
tômes, contradiatoires qu'on observe alcirs. lémuv/^ 
. Ëa effet 5 le membire est plus court que 
Pautre, et la pointe du pied. n'est touroëe ni 
en dehors ni en dedans* Il y a dépkcemjent 9 
poilue le membre eèt plus court , et on 
n'entend sieu qui ressemble à la crépitation ; 
le8 mouvemens de rotatioa se passent évi. 
deihment dans rartieulation ^ . et non axides* 
sous« Le malade n'ose point soulever le. 
membre , mais on voit qu'il le ferait sans la 
cramte de la douleur. C'est cette crainte seu|e 
et non le défaut de point d'appui, par le fait 
de:la solution de continuité , qui s'oppose à ce 
mouvement d'élévation ; enfin le membre ne 
reprend point par l'extension sa longueur 
naturelle. Mais je sens. que l'on aurait de. la 
peine a me comprendre et à me suivre y si je 
ne me bâtais d^énoncer^ au moins ^ en quoi 
consiste la disposition singulière que je veux 
signaler. Je ne crois pas que le nom de frac-r 
ture lui convienne; j'aime mieux l'appeler 
enfoncement du col du. fémur d'ans la 
substance spongieuse du grand itro-- 
chanter. 

J'ai maintenant à raconter comment j'ai 
découvert cet état pathologique, et après 
l'avoir décrit avec queiqne soin, je ferai 
part de l'observation qui m'a mis à même 



(lO) 

de vérifier, sur le vivant, les phënoménet 
fémar. ^^^ ) avais imagé devoir se présenter , d a- 
près rinspectioQ de la pièce anatomique. 
Dans l'année iBiS, on reçut à la Charité une 
vieille femme qui, trois semaines aupara- 
vant, avait fait une chute sur le gfand tro* 
chanter. Comme cette femme était fort âgée p 
et !\a chute déjà ancienne, on n^appliqua 
aucun appareil* On fit même peu d^attention 
au membre , pSrce que cette malade était 
danâ un tel état de dépérissement, qu^on s'at«* 
tendait à une fin prochaine, qui, en effet, 
ne tarda pas à arriver. 

Comme j'ouvrais tous les cadavres venant 
des salles de chirurgie, j^examinai de même 
celui-ci, où je m'attendais à trouver une frac- 
ture ordinaire Su col du fémur. La première 
chose qui me frappa en disséquant les envi- 
rons de Tarticulation , ce fut la brièveté du 
col de l'os. La pièce me parut curieuse , je la 
séparai des parties molles; puis ayant scié 
verticalement, et de dehors en dedans , la tête 
^e Tos, le col et le grand trochanter, je vis, 
au milieu de la substance spongieuse de ce 
dernier , une couche de substance compacte. 
Je la reconnus bientôt pour appartenir à la 
face inférieure du col du fémur, ou elle est 
très^dure, assez épaisse , offrant une espèce 
^e renflement qui établit la démarcation entre 



la couche compacte du col ef celle du corps 

àe Vos. C'était là que la sôluHon de contî- J^^^^ ^"^ 

nuité avait eu lîeu , à l'endroit où le col est 

très-resserré d'avant en arrière 3 et forme 

une pointe bien remarquable. 

Par 1^ fait 'de cet enfoncement 5 le col du 
fémur était devenu transversal 5 et le membre 
plus ciourt de toute la perte de l'obliquité ^ 
ou si l'on veut , dé tout^ la partie enfoncée. 
IjSl partie inférieure du coi avait pénétré plus 
avant que la supérieure ^ comme si cet en* 
fdncement avait eu lîeiï par un mouvement 
de bascule de haut en bas 3 et de dedans en 
dehors. Les deux parties psseuses étaient tel*- 
lement enchâssées l'une dans l'autre , que le 
membre eût pu exécuter toute espèce de 
nionvemexit , sans les déranger. On voit maifi- 
ienant, sans qu'il soit besoin de revenir sur 
.chaque symptôme^ combien un pareil cas 
doit laisser d'incertitude dans l'esprit du chi- 
(Tvirgieïi. 

Je regrette beaucoup de ne pouvoir offrir 
la pièce anatomique à la Société. Je l'ai mon- 
trée à beaucoup de pwsonnes dans le temps. 
Un chirurgien allemand qui suivait alors la 
visite de l'hôpital, me pria instammeot de 
la lui prêter ponr la faire dessiner. Elle s^est 
égarée depuis. 

Ce n'est qu'au bout de trois ans , que )'eus 



Fracture da 
féfiiur» 



(12) 

occasion de t^oir un malade qçi présentait les 
symptômes qiie je crois devoir caracteiriser 
renfoncement du col du fémur dans le gi^and 
(rochanter : voici le fait. 

Le 25 août 1816 , un batelier , âgé de qua- 
tante-quatre ans, tomba de sa hauteur sur 
la partie externe de la cuisse gauche» Il entra 
à la Charilé le 271 II nous apprit quMl avaif 
pu se retevér et faire quelques pas ; il fallut 
cependant Papporter à Thôpital sur un bran- 
card. Un gonflement considérable sans chan- 
gement de couleur à la peau , s'était manî*- 
festé presque sur-Ie^champ , et durait encore. 
Il s'opposa, pour l'instant^ à l'examen de la 
maladie. On vit seulement que le membre 
était peu déformé , et qiie la pointe du pied 
conservait sa direction naturelle. Plus tard , 
on mesura avec attention les deux membres. 
On trouvait bien une légère différence dans 
leur longueur ; mais on l'attribuait à la diflS^ 
culte de mettre le bassin sur un plan égal , à 
la douleur qui cause une rétraction quelque- 
fois bien réelle. Cependant le malade souf- 
frait toujours ; le poids des couvertures sur la 
pointe du pied le fatiguait singulièrement ; 
quand il essayait de soulever tout le memtre, 
41 fe détachait des di%ps ; mais ajussitôt la dou- 
leur le lui faisait abaisser. Enfin cet homme 
est resté deux mois entiers à rfaâpital. A cette 



ëpbqjie^ le membre gaucbe avait ciaq li- 
gnes de moins que l'autre , et la pressiou sur ff^^^^^^^ "«^ 
le pied causait encore de la douleur dans Je 
lieu que je suppose ^voir été, le siégç de I4 
maladie. . ^ , ; 

J^ai cru trouver^, dans celte obse^yatipo* j^ 
un exemple djB renfopp^mapt/ da Qt^làij.fq^ 
miir dans la, s^^^t^^cje .^[icvsgf pusie du gr^nd 
troçhantqr. Ceite dispo^itio?!^ qu9.jp C(ipsiî4^i^ 
ii^ci comme primitive., pou;ri:at| pept-étre ,s^ 
luanifeaier secondairem^Qt ; mais alors . de& 
symptôfpes biç^ difirérens..^urf^ient existé dao^ 
h.PWipe-i. : :, . ;.. , . 

Quoi qu^il eu. soit ;^ j^ sommets à |a Soçi^à 
celte observation pt . Ie3 .rej9[ifu:4|ii^ ^ui |a 
p;çécèdeiit. $i jp me suK ^rÇlWP^ > }e iUj^ <île- ' 
maudç qu'Pj êfrç^eyeirtj. j .. . . . ;. 



f ». • » 1 



Ea: trait au rappojçt ^^.,^I|\I, Roux et L^- 

'- •'/ '(Séance dii 6 juirt'iSio) \ ' ' ' * 

. V • • jDepuis . loi}grlémps ^ des: cfairtti^gSeiu» 
çilèibr^ B!»Aient reiauffqvd que piusienrs' des: 
(»i^f sijndliqxiés; p^ jes auteurs «commet œ^rac*-^ 
t^sftqu€i3.idf$;la frâ'oturo "du; ool du ^^émnr^f 
po*fi;tai#|it) qéaaia<>m6 manquer absolument/^ 
quoique rexisteoice 4ct cette. ïésioû hs^r fût 



(14) 

démontrée par d'acrtres phénomènes moins 
fémuc. tranches , aidés des circonstances commémo- 
râtives. Quelquefois, cependant, des prati-* 
ciens très-recommandahles n'ont pu éviter de 
tomber dans de graves erreurs ; et on peut 
se fappeller, à cet égard , le fait consigné 
dans le tome IV des Mémoires de TAcadémie 
de cfairttrgia, première observation du mé- 
moire de M. Sabatibr , dans laquelle la frac- 
ture du col du fémur ne fut reconnue par 
Cet illustre chirurgien , et par Faget Taîné , 
que plusieurs jours après Taccident, lors-^ 
qu'un déplacement des fragmens s'annonça^ 
par )è raccourcissement brusque du membre, 
et vint dissiper tous les doutes. 

La direction de la pointe du pied en de-^ 
dans, qui avait déjà été observée par Am- 
broise Paré et par J* L. Petit , dans quelque 
cas de la fracture qui nous occupe , a dû en- 
core , aussi bien que l'absence de tous les 
signes caractéristique^ dé cette lésion , jeter 
beaucoup d'incef^titude^ dans leur diagnostic. 
Mais quoique la possibilité en ait été révoquée 
en doute par Lou|S , elle est aujourd'hui gé- 
néralement admise comme une vérité de fait^ 
que personne ne contestcL Cette variété dàtis 
la disposition du pied s'était même offerte' 
à DssAULT un assez graod nombre de fois^ 
pour qu'il ait cru pouvoir établir quVll^ 



(i5) 
ilait, quant à sa fréquence , à celle dans la- 
quelle le pied est touroé en dehors , comme ^"^u",** ^' 
un est à quatre. 

Un fait intéressant^ confiriUatif de ce prin- 
cipe , nous est aussi rapporté dans le mémoire 
de M, Hervjsz. ( Voyez plus haut, p. 5.) 

D'après fxs considérations , on peut voir 
combien est fondée en principe la doctrine 
adoptée par M. Hkrvëz , et d'après laquelle 
il conclut y comme Bichat luren avait déji 
ddtiné l'exemple , (tome i*', page 226, des 
Œwres chirurgicales de Desault, ) qu^aur 
cUn des signes de la fracture du col du fé- 
mur n'est exclusivement caractéristique ; que 
tous isolés 9 seraient insuffîsans , et que leur 
a^embjage seul peut jeter du jour sur le dia« 
^nostic de cette affection. Cette manière d» 
voir . est prcfai4ement uniforme à ce que là 
pratique dès grands hôpitaux nous, montre 
presque tous les jours, et ce que, dit id 
m. Hervez s'accorde entièrement avec les 
principes qu'il a souvent , et pendant longr 
temp$ ^ entendu professej par l'un de nou^;, 
dont il est l'élève particulier. Toutefois le^ 
▼érités de cette iaqportance; sont toujouts 
.très-bonnes à répéter, et nous devons surtoitf 
beaiicoup. de reconnaissance aux médecins 
^i les confijwiiat piar d» nouvelles obserr 
valioni. 



(i6) 
Une autre proposition du mëmoire établit 

fiimur/* ^^ 9^®" ^ fracture du col du fémur peut avoir 
lieu , non-seulement sans la réunion des symp^ 
tomes indiqués plus hajLit^ mais encore ^ns 
qu'aucun d^eux existe d^'une manière évi<- 
dente. C'est le cas que confirment les deux 

^ dernières observations mentionnées dans le 

mémoire^ mais surtout la première dans- la^ 
quelle Tautopsie cadcivérique a fait connaître 
lingétirede désordre qui, sans *étre àbso*- 
lùment inconnu, avait pourtant peu fixé 
Tattentioii des observateurs.; nous vûtilôns 
parler de renfoncement du col dans la sub^^ 
stance spongieuse du grand troch^ntèir, di6^ 
position qui empêche le raccourcissement du 
membre et sa: déviation en: dehors et en de-- 
dans. On ne sent ni crépitation ni impossibir 
lité absolue de lever la totalité âçf l^xtté'diité 
affectée. Ce fait ne sera pas stérile poiur lefe 
praticiens., et il mérite de &xét toût^a l^uf 
attention. Désormais on saura 'quelle e^^e 
de lésion du coldu fémur 11 fkudra sôuf^ 
çoniifer qtiând^la oion-îexiptënoe • dea "^signés 
énumérés ci-dèssu6 coïi|ciâéra , • dahs le' • éafts 
de chute sur le^rdiidjti-ôckàhterv aved dés 
'doulenrs constante^ de J'^i'ti^ula tiôn ^ ■ uii trêJ- 
faible râc43our€^se»iêt<t - du membqe^ y ^t uii 
certain gonflement' de ^4 ^rtie^ é^péri^tir e 4e 
la cuisse. 



^* ■ »^ 



(17) 
Nous ayons dit plus haut que le genre 

cTaltëration cfuîa été reconnu par M. Hërvé2, J,"«'""^ ^^ 
c^e$t-à-dire Timplantation du col dans Tépais- 
seur du grand trochanter , n^était pas un dé- 
sordre tout-à-fait inconnu. En effet ^ Db- 
SAULT nous paratt bien avoir voulu parler 
d^une disposition semblable , lorsqu^il dit ^ en 
traitant des fractures dans lesquelles le col 
est rompu transversalement ^ quMl arrive 
quelquefois, dans ce cas , que ce fragment 
reste comme enchâssé dans le corps de Tos , 
de manière qu^il lui présente une échancrure 
plus ou moins profonde. BiCHAT assure aussi 
que plusieurs cas de cette espèce se sont 
offerts à son illustre maître , et que l'un d'eux , 
dont il conservait la pièce naturelle , était 
modelé en cire , et déposé dans la collection 
de FEcole de médecine. ( Voy. Œuçres chi-- 
rurgicales j \. i*', p. 222 et 223.) 

Quoi qu'il en soit , messieurs , l'observa- 
tion que vous présente sur cet objet M. Her- 
VEZ DE Ch^goin , nous a paru digne du plus 
grand intérêt , en ce qu'elle est propre à dis- 
siper les incertitudes qui pouvaient encore 
exister sur un point de pathologie externe 
d'une importance non contestée. Vos com- 
missaires pensent , en outre , que les deux au- 
tres observations que renferme le mémoire ^ 

T.'jadela Col. 11^ delaa^Sér. Juillet. 2 



( i8 ) 
occuperont utilement leur place dans Phîs- 
ioire des fractures du col de fémur , et que 
Tensemble de ce travail indique dans «son 
auteur un zèle ardent et éclairé pour la re- 
cherche de la vérité, et doit lui mériter 
votre approbation. Ils vous proposent de faire 
imprimer textuellement ce mémoire dans le 
Journal de la compagnie. 



Réflexions sur les usages attribués anx 
kystes apoplectiques ^ par^. F. Raisin, 
docteur et professeur en médecine , à 
Caen^ etc.^ associé national de la So- 
ciété de médecine de Paris • etc. 

(Séance du 21 décembre 1819.) 

Vitium nifail credere : yîtiani 
•mnia credere. 

Depuis que Panatomie pathologique a été 
KyBiesapo- çyjlj^^ç avcc autant de zèle, la médecine 

, s^est enrichie de faits nombreux et importans ; 
les lésions organiques ont été mieux connues, 
et Ton a pu déterminer avec plus de certi- 
tude le diagnostic de certaines maladies. Mais , 
dans plusieurs circonstances, ne s'est- on 
point trop hâté de tirer des conséquences 



( 19 ) 

des faits nouveaux , ayant d'en avoir un assez 

grand nombre bien observes et bien coordon- pieciiquei. 
néa^ntre eux ? 

Cette réflexion me paraît pouvoir s'appli- 
quer aux kystes apoplectiques. A peine la 
découverte en a-t-elle été faite , qu'on «'est 
'«mpriessé d'interpréter les vues que la nature 
s'est proposées dans la formation de ces kys- 
tes, et on les a regardés comme destinés à 
sécréter une matière capable de rendre plus 
fluide le sang épanché dans le cerveau par 
l'effet d'une apoplexie , et à en opérer en- 
suite la résorption. 

. Examinons jusqu'à quel point cette opi- 
nion peut être vraisemblable. Si nous jetons 
un coup d'œil sur le développement des tu- 
meurs enkystées , nous voyons que leur vo- 
luqie y a toujours en augmentant ^ que très- 
rarement on en obtient la résolution ^ et que 
leur ^uérison ne s'opère que par l'enlève- 
ment du kyste, ou par sa destruction, lors- 
que sa position ou quelqu'autre circonstance 
ne permet pas d^'en opérer la dissection. Sans 
ces précautions , la maladie est toujours suivie 
de récidive. Ne pourrait-on pas conclure de 
ces faits avérés ^ que , dans les kystes , la fa- 
culté exhalante l'emporte sur l'absorbante ? Si 
donc on était forcé d'admettre cette consé- 
qyence, comment concevoir que dans les 



(20) 

«S9S-S* épanchemens sanguins , résultats d^apoplexie, 
pTietiques** les kjTsfes quî contiennent la matière de ces 
épanchemens ont été destinés par la nature à 
en opérer la résorption ? 

Les auteurs de cefte opinion ont bien senti 
cette difficulté : aussi ont -ils Faits deux classes, 
de kystes. La première est formée de ceux 
qu^ils appellent primitifs ou préexistans à 
la matière épanchée , comme dans les tu** 
meurs appelées mélicéris , athérôme ; Tau- 
fre se compose de ceux qui se développent 
accidentellement autour des corps étrangers^ 
et qui sont le résultat de l'irritation inflam- 
matoire de transformation , qui donne nais- 
sance à tant de productions organiques. Ce 
^ont ceux-là , auxquels on a accordé à un 
haut degré la faculté absorbante, et les kystes 
apoplectiques sont, dit*on, de cette nature. 

D'abord on pourrait demander comment 
des kystes pourraient se former préalable- 
ment à la matière qu'ils contiennent , une 
production accidentelle supposant toujours 
un travail dans la partie où elle se forme. Si 
Ton admettait une pareille classç de kystes , 
ne ;Serait-on pas en quelque sorte forcé d^ad- 
mettre aussi Texplication trop mécanique de 
Louis sur la formation de ces poches mem-- 
braneuses? Au surplus , mon but n^est point 
d'examiner si la formation des kystes appelés 



( 21 ) 

préèxistanSy c'est-à-dire ceux des fumeurs 
mélicériques , efc. , esX due à ua mécanisme pieoUt|uesr 
particulier , ou si elle ne pourrait pas se rat- 
tacher à celui des productions accidentelles. 

Avant d'accorder aux kystes apoplecti- 
ques la faculté d'absorber le sang épanché , 
examinons les faits sur lesquels repose une 
pareille opinion. <c Le résultat d'observations ^ 
attentivement suivie^ dans THôlel - Dieu 
de Paris, dit M. Bhicheteau ( Dictionnaire 
des sciences médicales , t:27 , art. kyste ) , 
prouve que vers le neuvième , dixième et 
quin2ième jour après Tattaque d'apoplexie ^ 
le caillot sanguin assez consistant adhère aux 
parois rouges et molles de la caverne : si on 
divise ces parois par lames très-minces , on 
trouve sous la plus interne, qui est foute 
ronge , d'autres lames formées par la subs- 
tance cérébrale , tachetées de points rouges , 
d'abord f rès -rapprochés ,* puis de moins en 
moins à mesure que Ton s'éloigne de la paroi 
interne du foyer ; le cerveau est jaunâtre au 
voisinage : il n^y a point encore de membrane 
véritable, mais la couche rouge intérieure 
paraît en être le rudiment A une époque plus 
avancée , la rougeur diminue , l'aspect mem- 
braneux est plus évident. Enfin , si on ouvre 
des individus morts un an , deux ans , six 
ans après une attaque d'apoplexie , on trouve 



( 32 ) 

5 nn kysfe d*une capacité variable , formé par 



pieaiqueSr ^^® membrane très-fine , contenant de la 
sérosité jaunâtre , etc. Nous pouvons ajouter 
à cela , continue M. Bricheteau , qu'à me- 
sure que le sang épanché diminue par Teff^ 
de râbsorption, la capacité du kyste se ré" 
duit , ses parois s'épaississent , se confondent 
de plus en plus avec la substance cérébrale , 
et n'offrent au bout d'un temps indéterminé 
qu'une cicatrice jaunâtre ou un tissu lami- 
neux, infiltré de sérosité également jau- 
nâtre. » 

Tels sont les faits sur lesquels les partisans 
de cette opinion se fondent pour accorder à 
ces sortes de kystes la faculté d'absorber le 
sang épanché dans les^ diverses parties du 
cerveau des apoplectiques. Nul doute que 
♦ dans les cas d'épanchement, lorsque les ma- 

lades ne succombent pas sur-le-champ y il ne 
puisse se former * accidentellement une pro- 
duction membraniforme autour du caillot; 
mais est-elle destinée par la force médicatrice 
de la nature à résorber le sang épanché? Ne 
potjrraîf-on pas élever quelques doutes à cet 
égard , lorsqu'on réfléchit que cette disposi- 
tion n'a pu être observée qu'après la mort 
des malades ( ce qui prouve qu'elle n'avait 
pas absorbé la matière de l'épanchenient)? 
Sur quoi est-on fondé à croire que les kystes 



( 23 ) 

remplis d^une sérosité jaunâtre , et que Ton 
a trouvés dans des cadavres d'individus ^norts ^^^iia^^^^ 
plusieurs années après une attaque d'apo- 
plexie, n^ont pu être formés qu'à la suite 
(f un épanchement sanguin ? Enfin , peut-on , 
sans un peu de prévention y voir dans une 
petite cicatrice jaunâtre les restes d'un kyste 
apoplectique ? 

Ici se présentent naturellement deux qne&- 
tions relatives à la pathologie et à la théra- 
peutique de l'apoplexie. 

1** L^apoplexie peut-elle être promptemçnt 
mortelle ^ lorsqu^il ne s^est point fait d'épan- 
chement ? 

!a* Lorsqu'il y a épanchement , Tapoplexie 
peut-elle être guérie ? 

La première question est facile à résoudre. 
J'ai trouvé à Touverture de quelques cada<- « 

vres de personnes mortes presque subite- 
ment d'apoplexie , les vaisseaux de la face , 
du cuir chevelu ^ les sinus de la dure-mère 
et les vaisseaux qui y aboutissent, gorgés 
de sang, et le cerveau lui-même injecté^ 
sans aucun épanchement ni dans les ventri- 
cules, ni dans sa propre substance. La com- 
pression subite , exercée sur cet organe par 
une congestion sanguine , peut donc quelque- 
fois seule occasioner la mort. Dans des cas 



(f4) 

S semblables , les saignées , faites à temps , peu- 

La solution de la seconde n^est pas à 
beaucoup près aussi facile; car^ dans les cas 
de guérison , il reste toujours des doutes sur 
Texistence de Tépanchement. M. RioBÉ , qui 
a traité cette question en 1814 ^ dans sa dis* 
sertation inaugurale , a tranché la difficulté , 
et c'est aux kystes ^ nommés depuis apoplec- 
tiques 3 qu^il attribue Thonneur de la cure. 

Ceux qui ont adopté son opinion , ont 
employé divers raisonnemens pour Tétayer : 
examinons les principaux. 

On a commencé par établir ^ conune nous 
Tavons vu plus haut^ deux classes de kystes , 
les uns primitifs , les autres consécutifs. Aux 
premiers a été attribuée la faculté exha- 
lante 9 et jaux autres la faculté absorbante. 
La plupart des kystes consécutifs ^ au rang 
desquels sont placés les kystes apoplectiques , 
ont une structure qui les rapproche des mem-» 
branes séreuses ; mais ces membranes jouis- 
sent à un haut degré de ces deux facultés. Cest 
donc à tort qu'on attribue, de préférence, 
aux kystes consécutifs la faculté absorbante. 
D^ailleurs , si Ton fait attention que , parmi 
les tumeurs enkystées , on en trouve beau- 
coup dont le kyslq présente la texture des 



( 25 ) 
membranes séreuses , (Dicdonnaire des Se. 

I t A H N Mt y • KyBlei apo- 

med.^ f. 27 , pag. i5 ) , on sera porté a c|*oire piectîquet. 
que la difiereiice ou Tidentité de structure ne 
suffit pas pour expliquer les phénomènes 
d'exhalation ou d^absorption attribués à cha- 
que classe de kystes. 

Un autre raisonnement dont on fait usage , 
sa tire de ce que , dans certains cas de gros- 
sesse extra-utérine, les kystes qui renfer- 
ment le fœtus n^en contiennent plus à la 
longue que les parties les plus dures , telles 
que les tendons y les os , les dents , parties 
qui seules ont pu résiter à l'absorption ( ib. , 
pag. 19 et suiv). Pour qu'un pareil raison- 
nement eût quelque valeur, il faudrait qu'une 
telle absorption eût lieu dans tous , ou au 
moins dans le plus grand nombre des cas de ^ 

grossesse extra-utérine ; mais les choses sont 
loin dé se passer ainsi. Lorsqu'un fœtus se 
développe hors de la matrice , si la gastro- 
tomie n'a point été pratiquée à temps, il peut 
arriver que la présence de ce fœtus , prolon- 
gée au-delà du terme ordinaire, devienne 
un corps étranger qui irrite les parties voi- 
sines et amène une inflammation prompte- 
ment mortelle, ou qui, se terminant par 
suppuration , laisse quelque espoir de guéri- 
son en procurant la sortie du fbetus qui sera 
en partie décomposé et mêlé au pus de l'ab- 



(26) 

-- ces. Dans d^autres circoustanoes, rinflamma-^ 

piectiquer' tioii peut prendre un caractère chronique et 
mener lentement la malade au tombeau. 
D^aufres fois ^ le fœtus s'est durci , comme il 
est arrivé à celui qui était déposé dans le ca- 
binet de Stuttgard ^ et qui resta pendant qua- 
rante-sîx ans dans le ventre de sa mère. ( Il 
n'est pas dit que la grossesse fût extra-utérine; 
mais la circonstance est indifférente puisqu^il 
devait toujours être contenu dans ses enve-. 
loppes. ) Enfin , quelquefois une partie du 
fœtus peut être absorbée à mesure que sa 
décomposition s^opère ; mais son absorption 
n^est pas un phénomène constant et qui puisse 
servir à prouver que les kystes consécutifs 
* soient exclusivement^daués de la faculté ab-^ 
sorbante. 

On a eu recours à Tanalogie , et l'on a re- 
gardé' comme des kystes consécutifs , qui au- 
raient sans doute pu absorber le sang épan- 
ché ^ cçtte matière épaissie et formant une 
couenne plus ou moins tenace , que Petit le. 
fils a trouvée dans les cadavres de ceux qui 
sont morts d'épanchemens à la suite des 
plaies pénétrantes du bas-véntre {ibid , p. 1 5, 
et 16). Il faut avouer que la nature em-, 
ploierait , en pareil cas , un moyen bien lent 
pour opérer la guérison , et que Fart l'em- 
porterait beaucoup sur elle en profitant de 



( ^7) 
cette ressource (au moyen de laquelle )e «55555555 

foyer de répanchement se trouve circons- ^JciTanel'!' 
crit ) • pour donner issue au sang épanché , 
comme l'a prouvé la belle observation de 
Vacher, de Besançon. ' 

Enfin on a regardé Tamnios (^ibid., p.3o.) 
comme étant jusqu^à un certain point une 
sorte de kyste séreux, dont la formation est 
déterminée par Finfluence excitante du germe 
fécondé sur l'utérus. Mais n^est-ce pas faire 
un étrange abus de Tanalogie , que de com- 
parer une membrane indispensable pour l'ac- 
complissement d^une fonction aussi impor- 
tante que celle qui préside à la conservation 
de l'espèce , membrane dont les rudimens 
existent peut-être dans Jps matériaux du fœ- • 
tus, que de la comparer , dis-je, à des pro- 
ductions accidentelles qui ne sont que des ré- 
sultats d'un état pathologique , et qui , quel- 
que organisation qu'on veuille leur supposer, 
ne jouiront, jamais des propriétés vitales au 
même degré que les tissus naturels et primi- 
tifs avec lesquels ils ont quelques rapports . 
de structure ? Si Ton admet que Pamnios soit 
formé par Pinfluence du germe fécondé sur 
l'utérus , c'est donc un kyste consécutif qui 
devrait absorber la liqueur qu'il contient. Au 
contraire , la nature , plus sage et plus pré- 
voyante, a voulu que cette poche séreuse 



C 28 ) , 

renfermâï toujours assez de liquide pour qu& 
pieciiques?' ^® foBtus fut garanti des injures extérieures 
dont les effets auraient pu compromettre son 
existence. 

Si les kystes apoplectiques étaient destinés 
par la nature à remplir constamment une 
fonction ^ la nature aurait dû les organiser 
constamment de la même manière; cepen- 
dant on a trouvé dans les cadavres de per- 
sonnes mortes long-temps après des attaques 
d^apoplexie, des kystes qui offraient la texture 
des membranes muqueuses. (Dictionnaire des 
se. méd. , t. 27, p. 32 et 33. ) Pourquoi , d'ail- 
leurs 5 développerait-elle des kystes dans les 
endroits pourvus de membranes séreuses , 
dans les ventricules du cerveau , par exem^ 
pie? L'arachnoïde ne pourrait-elle pas absor- 
ber le sang épanché dans les cavités qu'elle 
tapisse ? 

Toutes ces considérations ne tendent-elles 
pas à infirmer Topinion de ceux qui ont re- 
gardé les kystes apoplectiques comme destinés 
à absorber le sang épanché, et ne pourraient* 
elles pas nous conduire à la solution de la 
seconde question proposée plus haut? Serait- 
on bien loin de la vérité en admettant que Fa- 
poplei^ie est subitement mortelle dans les cas 
d'épanchement assez considérable pour com- 
primer le cerveau de manière à en empô- 



lue». 



(29) 

cher sur-le-champ les fonctions ; qne lorsque 
répanchement est moindre , la mort survient pieciiqi*^* 
plus tard ; enfin , que lorsque IVpanchement 
est peu consid^érable , et conséquemment la 
compression légère, le cerveau s'y accou- 
tume peu à peu , et qu'alors la résorption se 
faisant au moyen de Tarachnoïde , ou des 
vaisseaux absorbans , les malades peuvent 
guérir plus ou moins prompteme^t ? Lorsque 
la mort n'arrive qu'au bout de douze, 
quinze ou vingt jours , ou lorsque le ma- 
lade survit à l'attaque d'apoplexie , alors le 
sang épanché devenant un corps étranger y 
irrite les parties voisines : de cette irritation , 
résulte un travail , au moyen duquel se forme 
une membrane qui, à la longue, présente une 
organisation plus ou moins parfaite. Mais )e 
ne puis voir dans ce phénomène qu'un pro- 
duit de l'irritation , comme cela arrive dans 
tous les cas où un corps étranger, séjournant 
dans quelque partie de l'économie animale y 
y développe une fausse membane, ou bien 
si l'irritation est plus considérable, y fait 
naître une inflammation plus forte qui se ter- 
mine par la formation d'un abcès, et rejette, 
avec le pus qu'il contient , le corps étranger 
qui l'a déterminée. 

II est évident qne lorsqu'on a trouvé dan» 
le^cerveaa des apoplectiques des kystes rem* 



(3o) 

w plis de sang ^ - le malade est mort des suites 
pitcUquer ^® rapoplexîe. Ces kystes ont donc été inu- 
tiles. Lorsqu'au bout de quatre ou six ans 
( oui^. cité, t 27, p. 24.)^ après des attaques 
d'apoplexie, on a trouvé dans le cerveau 
des kystes remplis d'une sérosité jaunâtre, 
est-ce une preuve irrécusable que ces kystes 
ont été formés à la suite d'un épanchement 
sanguin? Et d'ailleurs, s'ils jouissent d'une 
faculté absorbante, telle qu'on la leur sup- 
posé , pourquoi la sérosité qu'ils contenaient 
n'étajt-elle pas absorbée après six ans? N'est-ce 
pas , au contraire , une preuve que ces po- 
ches membraneuses ne jouissent pas plus que 
les autres de cette faculté? Les kystes trouvés 
dans le cerveau de ceux qui ont survécu 
long-temps à des attaques d'apoplexie ne 

^ peuvent-ils pas être attribués aux mêmes 
causes que ceux qui se développent dans 
d'autres parties de l'économie animale ? En 
effet, on en trouve dans tous les organes , 
( ibid. , p. 27 et suiv. ) et toujours ils sont 
remplis du liquide qu'ils sont , dit«-on , des* 
tinés à absorber. « Des kystes séreux s'orga* 
nisent au centre des poumons , dit M. Bri- 
chetëAU, dans les cavités des plèvres , dans 
la substance du cœur ; ils ont presque ton- 
jours leur origine dans de fausses membra- 
nes , si fréquemment la suite des phlegma-* 



(3i ) 
sies tboraclques ; ils accompagnent par fois 
les vomîques , les pleurésies chroniques qui Kystes ape- 
simulent la phihisie, en fournissant sans cesse 
du pus absorbé par les vaisseaux lymphati- 
ques, et rejeté par Pexpectoration. » Tous 
ces kystes sont cependant consécutifs, et 
néanmoins ils ne résorbent pas la matière 
qu^ils contiennent , pour s^effacer ensuite » 
comme on nous l'assure , et ne laisser, comme 
signe de leur existence , qu'une cicatrice 
jaunâtre. C'est donc à tort que l'on a attri- 
bué aux kystes consécutifs, et particulière- 
ment aux kystes apoplectiques , la faculté 
absorbante portée à un plus haut degré que 
la faculté exhalante. 

Déjà quelques médecins leur avaient re- 
fusé l'organisation et conséquemment la fa- 
culté absorbante (^ibid. , p. 25.); niais M, Bri- 
CHËTEAU ne partage pas leur opinion , et 
c( regarde , dit-il , la membrane signalée par 
M. RiOBÉ , comme un kyste organisé que 
développe la force médicatrice de la nature 
pour faire disparaître un corps étranger 
dont la présence dans le cerveau est nuisible v 
à l'intégrité de ses fonctions. » On eut peut- 
être mieux aimé que M. Bricheteau eût dis- 
cuté leurs motifs , que de le voir se placer 
comme autorité. 
Avant de terminer, je ne dois pas omettre 



(30 
de rapporter deux observations consignées 

pieaiqueïT" ^^^^ '^ *^®^® ^® ^' RiOBÉ , parce qu'il pa- 
rait y attacher beaucoup d^importance , et 
les regarder comme décisives en faveur de 
son opinion. 

Première observation. « Le 17 mai 1814, 
un maçon , âgé de soixante-huit ans , ayant 
la tête volumineuse y le visage vermeil ^ le 
thorax large 5 le col court , est entré à la 
Charité, et y a été couché au n"" 19, de la 
salle Saint-Louis. Il y a dix-huit mois , étant 
occupé à balayer dans une rue , il fut saisi 
d^étourdissemens et de vertiges, et perdant 
connaissance y se laissa tomber. Dès ce mo- 
ment ) la parole devint embarrassée ; le mou- 
vement et le sentiment furent considérable- 
ment diminués dans un côté du corps. 

}} Le 1 7 mai , les traits de la face étaient 
tirés à gauche^ la langue s^inclinait de ce 
côté et la parole était gênée ; tous les mem- 
bres étaient faibles , mais surtout ceux du 
côté qui , dans le principe , avait été le siège 
de lliémiplégie. L^appétit était bon y les selles 
régulières , le pouls plein et vibrant. Dans la 
région du cœur y on sentait des palpitations y 
dont le malade n^avait pas la connaissance : 
son intelligence était bornée ; cependant Jies 



(35) 

réponses aux questions qu^on lai faisait , 

étaient assaz justes. Kystes a|io« 

Tfc 1 1 • • A / plectiqne». 

» Pendant deux mois environ , même état. 
Dans les derniers jours de juillet, il s^est 
éteint peu à peu sans qu^il soit facile de dire 
quelle a été la cause de sa mort. 

» J^ai disséqué avec soin sou cerveau : il .^ 
était pâle et très-r ferme ; las ventricules étaient 
dans leur état ordinaire. En divisant le corpji 
strié du côté gauche , j^ai ouvert une cavité 
obliquement dirigée d^avant en arrière , et de 
dedans en dehors , ayant huit ou dix liguèk 
d^étendue dans ce sens , et six ou huit dans 
\ les autres. Une sérosité roussâtre s'est écon* 

lée , et j^ài vu que cette cavité était tapissée 
d'une membrane d^un jaune fauve, parfai- 
tement àeinblablê i celle que j'ai décrite dans 
la ' déii^tième observation de cette dissei*ta- 
tion. Mais ce qu'il importé de remarqua ioi^ 
c'est qu'au -milieu de la sérosité renfermée 
dans cette membrane accidentelle , il y avait 
encore une petite quantité de sang noirâtre 
et coagulé. Voilà , si j'ose le dire , la nature 
prise sur le fait. Une^mémbtane s'est orga- 
nisée autour du sang épanché ; elle verse un 
liquidé séreux qui baigAe et di^out ce isang ^ 
que chaque jour elle repompe. Que Tindil- 

■ 

vidu survive encore quelque temps, et là 



(34) 
• membrane ne contiendra plus que la 
listes 4p^ q^j[ i^j ^^ propre. Tout le teng aura été re- 
pris. » 

Deuxième observation. <c En 1 8i i ^ Marie 
Dumont, âgée de cinquante-six atls, eut une 
attaque d'apoplexie qui fui soudaine et des 
plus violentes : perte du sentiment , des foao^ 
tions des sens et dé la parole ; paralysie do 
la moitié latérale gauche du corps ; respira- 
tion laborieuse. La saignée modéra ces symp* 
tdmes , qui disparurent peu à peu. 

» Depuis assez long-*temps, les fonctions 
intellectuelles s'exerçaient assez bien ; il he 
restait plus que de la faiblesse dans les mem- 
bres qui avaient été fra|^és d'hémiplégie , 
loi!âqu'$u mdis de juillet dernier (1814) une 
nouvelle apoplexie , soudaine comme 1^ pre^ 
piière^ détermina une mort prompte. 

. 3»< DaASi rbémisphère gauche , on trouva 
un vaste épanchement de sang liqui4e qui 
ne 'c<u;9>muniquait pas avec les cavités céré^ 
braies. ' 

» Dans rbémisphère droit, où il était na- 
turel de chercher les traces de la première 
apoplexie , pu rencoi»tra une, cayit^ qui avilit 
^ près de deux pouces d'avant en arrière', etai^ 
I^oips la moitié dans les autres' sens. Une 
membrane d^un jaune fauve, d'une épais- 



( 55 ) 
seur assez grande et remidîe de sérosité , ta* 



pissait cette cavité. Celle-ci communiquait p^^^^aet!' 
avec le ventricule latéral droit par une petite ^ 

ouverture que fermait un caillot de sang 
d^une très-grande solidité et d^une élasticité 
remarquable. Il avait le volume d^un pois , 
et ressemblait à un morceau de caoutchouc : 
c^était le reste du sang qui s^était épanché 
dans la première apoplexie , et qui avait i 
produit tous les symptômes que j^ai rappor- 

A tés. » 

Toujours préoccupé de Tidée que les kystes 
apoplectiques sont formés par la nature pour 

^ absorber le sang épanché ^ M. Riobé s^écrie 

à la fin de «a première observation : « Que 
l'individu survive encore quelque temps , et la 
membrane ne contiendra plus que la sérosité 
qiii lui est propre ; tout la sapg aura été re- 
pris. » Mais est-il bien prouvé qu^une partie 
du sang a été absorbée ? Il faudrait pour cela 
avoir les moyens de constater la quantité 
épanchée. 

Le même vice de raisonnement se retrouve 
à la fin de la deuxième observation. « G'é- 
tait , dit M. Riobé , le reste du sang qui s'é- 
tait épanché dans la première apoplexie^ et 
qui avait produit tous les symptômes que f ai 
- rapportes. )> Encore une fois , qnelle était la 
quantité de sanlg épaiichée ? U ne dit pas 



(36) 
9Ba=n=9 même dans cette observalkjtil, que le caillot 
.^y»'."""""»- solidifié m enfermé dam mie membrane, 
et cependant il suppose qu^lne partie avait été 
absorbée. Comment se fait-il ^ d'ailleurs^, que 
dans tbus les cas cités, la sérosité jaunâtre ^ 
bien moins pense que le sang , se trouve al> 
sorbée la dernière , puisqu'on en a trouvé 
dans des kystes six ans après des attaques 
d'apoplexie? 

Je me résume. 

En admettant la distinction des kystes en 
primitifs et en consécutif, Içs faits allégués 
pour prouver que les derniers jouissent à un 
haut degré de la faculté absorbante ne sont 
pas concluans. 

' La différence de structure ne suffît pas 
pour expliquer la différence des fonctions 
-attribuées aux diverses classes de kystes, 
puisqu'on a trouvé des kystes apoplectiques 
offrant une texture muqueuse , et que des 
kystes primitifs ofirent quelquefois unei tex- 
ture séreuse. D'ailleurs , les membranes sé- 
reuses exhalent et absorbent avec la même 
activité. . * 

L'analogie que l'on a voulu établir entre 
les kystes apoplectiques et les enveloppes du 
. fœtua|, est inadmissible; elle ptouveraît même 
contre Topinion qu'on veut soutenir , puis- 
que le fœtus est : plongé dans les eaux de 



(37) 
ramnibs , qui cependant serait une sorte de 

Jiyste consécutif. pV^^tTquX" 

Les kptes apoplectiques ont été trouvés 
au bout de six ans remplis d^une sérosité jau- 
nâore ^ qui aurait dû être absorbée, après un 
aussi Io9g temps. 

De tous les fails et les considérations ex- 
posés dans ce mémoire^ on. peut conclure : 

!• Que les malades frappés. d'une apo- 
plexie sanguine peuvent guérir , lorsque Té- 
panchement est peu considérable. . ^ 

2T Que les kystes qui. s^organiaent aùtonr 
edn caillot ne sont point la eanse de la gué- 
ridon ; mais que la cbinpression n'étant pas 
assez forte pour être. mortelle, la nature a 
le temps d^organiser les kystes. 

3' Que ces kystes sont purem^it et simple- 
<:ment le résultat d^une irritation^ et que ienr 
formation doit être rattachée à celle de& pro- 
ductions accidentelles. 



Bapport de M. Rouzist, au nom d^une 
• commission, sur le mémoire précé^ 
.. • dent. 

' ( Séance du 20 juin 1820. ) 

Ij apoplexie dans laquelle il se fait un 
ipanchement de sang dans le cerpeâu 



( 38 ) 
t-LLi ' -_zijj est-^lle susceptible de guérîson ? Telle est 
Ku^r'a question qu'agita, en 1814, M. RiOBlÉ, 
dans sa Dissertation inaug. soutenue à la 
Faculté de médecine de Paris y et sur laqueUe 
il se décida pour Taffirmative. Les observa- 
tionsw rapportées {^ar ce médecin, sont tottt-4- 
fait concluantes ; et la théorie qu'il a donnée 
du mode suivant lequel la guérison s'opère 
dans ces cas, est appuyée sur des recherches 
si exactes , que , jusqu'à présent , à notre con^ 
naissance , personne ne s^étail avisé de la 
combattre. M. Ripsé , comme on sait , avait 
été conduit par ses recherches anatomiques y 
à reconnaître qu'une membrane accidentelfe, 
d'abord imparfaite, et qui par la suite se 
rapproche de la texture des membranes sé^ 
reuses , s'organise autour du sang épanché ; 
. ^ue cette membrane , dans les premiers lemps 
de sa formation , secrète un liquide séreux 
qui baigne le sang qu^elIe contient j qu'à ce 
premier travail , succède une activité d'ab- 
sorption qui fait disparaître successivement 
le sang et la sérosité , et qu'enfin , à n^iB^ie 
que se fait l'absorptioïi des matières conte- 
nues dans la cavité membraneuse , les parois 
de cette dernière s'affaissent par degrés, s'ap- 
pliquent immédiatement L'une contre l'autre, 
lorsque l'évacuation est complète, et se con- 
fondent ensuite intimement, ne formant plus 



(39) 
qu'une sorte de cicatrice. D6 ces faits ^ 
M. RioBE a tiré cette conclusion j que les po- ^JcTn^ 
ches membraneuses « dout il vient d^êtrë 
question, et que Fauteur dû mémoiFe sur 
lequel nous sommes chargés de vous faire un 
rapport^ appelle kystes apoplectiques ^ sont 
organisées par la nature pour opérer la ré- 
sorption au, 3ang épanché. 

Cette proposition , M. Raisin la considère 
comme n'étant pas. la conséquence rigou- 
reuse des faits observés^ et c^isst à en dé- 
montrer le peu de certitude 5 qu^est consacré 
le mémoire qu^il a adressé à la Société. 

Malheureusemeut Fauteur ne s^en est pas 
tenu à la seule discussion de Tobjet en Ktige; 
il a voulu combattre en même temps la doc- 
trine générale des kystes , que M» Briche* 
TEAU a exposée dans le Dictionnaire des se» 
médic. ; ce qui Ta souvent entraîné dans ^es 
digressions très-accessoires au sujet principal, 
et compliijue singulièrement la solution. qvCû 
s'était proposée. M. Raisin ne nie i, point. 
1 existence des kystes apoplectiques ^ mais il 
se récrie contre Tassertion de MM. Riobé 
et Brichetëau ,^ qui avancent quç ees po« 
ches membraneuses sont déçeloppées pat là^ 
force médicatrice de la nature , pour faire 
disparaître le sang épanché, dont la pré^ 
sence dans le cen^eau est nuisible à IHn^ 



tégriti des^ fonctions. Voici à quoi peuvent 
Kystes apo- g^ réduire les principales obiections de l'au- 

plecliqiie». r r i 

ieur du mémoire : i* les kystes apoplectiques^ 
s'ils se rapprochent p«r leur strucCure des 
membranes séreuses » doivent être également 
susceptibles^ comme ces dernières , d^exhala* 
tion et d^absorption ; c^est donc à tort qu'on 
attribue de préférence , aux premiers , la fa- 
culté absorbante ; 2* Ton trouve beaucoup de 
tumeurs enkystées dont Tenveloppe se rap- 
proche de la texture des membranes séreu*- 
ses, et d'autre part, les kystes apoplecti- 
ques se rapprochent quelquefois de Torga- 
ifisation des membranes muqueuses ; S"" les 
épanchemens sanguins ont lieu quelquefois 
dans des parties du cerveau tapissées par 
Farachnoïde ; or , dans ces cas ^ la nature 
n^'auiait pas besoin d'organiser un kyste sé- 
reux, puisque la membrane séreuse naturelle 
pourrait opérer l'absorption ; 4* on a trouvé 
chez les cadavres d'individus qui avaient 
succombé quelque temps après une attaque 
d'apoplexie, les kystes remplis de sang ou 
de sérosité ; dans Tun comme dans l'autre cas 
le kyste a donc été inutile ; 5^ enfin les kystes 
qu'on a trouvés dans le cerveau de ceux qui 
ont survécu long-temps à uUe attaque d'apo- 
plexie ne pourraient-ils pas reconnaître une ^ 
autre cause que l'apoplexie elle-même, puis- 

/ 



( 40 

qu'il est démontré que tous les organes de 
Péconoraie peuvent se prêter au développe- Ky«te»apo- 
ment des kystes ? 

Ghercboxis à ramener toutes ces questions 
i leurs élémens {primitifs. Et d^àbord , l'apo- 
plexie avec épanchemenf de sang est-elle sus- 
ceptible de guérison ? Les faits parleat trop 
haut pour qu'il soit possible d'élever des 
doiites à cet égards et M. Raisin en convient 
lui-même. Le mécanisme de cette guérison 
s'opère-t*il par la formation d'une membrane 
accidentelle qui enveloppe le caillot de sang^ 
çt ensuite par l'absorption du caillot lui- 
même ? M. Raisin pense que lorsque l'épan- 
cbement est peu considérable ^ et par consé- 
quent la compression légère , le cerveau s'y 
accoutume peu à peu , et qu'alors la résorp*. 
tion se fait au moyen de l'arachnoïde ou des 
vaisseaux absorbans ; mais que lorsque l'ab- 
sorption ne se fait pas assez promptement, 
le sang 9 au bout de douze à quinze Jours ^ 
étant devenu un corps étranger, irrite les 
parties voisines , et Ae cette irritation résulte 
un travail au moyen duquel se forme une 
membrane qui , k la longue , présente une 
organisation plus ou moins parfaite ; mais 
qui n'est point développée'par la nature dans 
la vue de la faire servir à l'absorption du sang 
épanché. 



(40 

Il y a^ dans cette phrase^ denx propos!* 
Kystes apootionsj VvLixe défait et Tautre de raisonne^ 
^'•**'^''- ment: pour ce qui est de la première, 
M. Raisin prétend qae Tabsorption du sang 
est antérieure au déyeloppement de la mem- 
brane accidentelle , que môme cette dernière 
ne peut se former qu^en conséquence de Tir* 
ritation produite par le caillot sanguin lors-* 
quHt n^a pas été assez promptement aln 
sorbe. Ce médecin reproche à MM. Riobé eif 
Bricheteau de dépasser dans leur théorie 
rautorité des faits^ et lui-même n^apporte pas 
la moindre preuve directe à Tappui de la 
sienne. 

Suivant M. Raisik, c^est F arachnoïde qui 
fait disparaître Vépanchement quand il a 
lieu dans les ventricules. — Qu'est-ce qui 
le prouve ? Lorsque Vépanchement s^est 
formé dans la substance cérébrale elle- 
même j ce sont les vaisseaux absorbant^ 
qui exécutent cette fonction. Sur quoi e9i 
établie une assertion semblable ? L'anatomie 
a-t-elle jamaîs démontré dans le cerveau 
Pexistence de vaisseaux absorbans ? 

Quant à la seconde proposition de M. Rai- 
sin ^ elle me parait porter sur uû vice de 
langage , dont MM. Riobé et Bricheteau 
n'ont pas su se garantir dans l'énoncé des 
fonctions qu'ils ont attribuées aux kystes apo- 



\ 



(43) 

I 

plectiques ; ce cjui prête merveilleusement .s x 

aux fausses interprétations que M. Raisin a pj^îl^aêr" 
▼ovlu'lui donner. Ce n'eslen effet que par un 
abu5 d^âpplicatîon du langage métaphysique 
k Texposition des phénomènes pathologi- 
ques^ que MM. RioBE et Brichetbau ont pu 
dire : gue laforôe médicatrice de la nature 
développe les kystes apoplecti4fiiea pour 
opérer la résorption du sang épanché ; 
aussi Tauteur du mémoire a-t-il beau jeu à 
leur demander pourquoi cette force médi- 
catrice f qui a pour ainsi dire conçu la né* 
eessité du développement du kjste y aban- 
donnert-elle son travail à moitié ^ et Jaisse^ 
t-elle séjourner quelquefois le caillot sanguin 
dans la cavité membraneuse qu^elle avait 
destinée à le faire disparaître. / 

Nous croyons , avec M. Raisin ^ que ^'*eA 
rirritation que développe la présence du sang 
épanché , qui est la causq . de la formation 
de la membrane accidentelle qui Tenvi* 
ronne ; mais rien ne nous parait démontrer 
que Tabsorption du sang s'opère autrement 
que par Faction même du kyste apoplectique. 
Indépendamment des faits qui ont établi la 
découverte de M. Riobé, et de ceux ^u5 
récensqui Pont confirmée^ nous croyons pou* 
voir invoquer à Tappui de la faculté absor- 
bante des kystes apoplectiques , l'analogie des 



( 44 ) 

phénomènes qui ont Heu dans les cas à peu 
Kyste» apo- pj,^ semblables d^épanchemens séreux dans la 

cavité de la poitrine y ou du. bas-ventre ^ ré« 
sultanl d^une inflammation de la membrane 
qui tapisse ces cavités , ou d^an épanchement 
sanguin dans ces mêmes régions ^ suite d'une 
plaie pénétrante. M. Brighbteau jà dé)à fait 
usage de ce dernjier fait pour appuyer sa 
théorie ^ et M. Raisin Ta attaqué sur ce point 
d'une manière fort singulière , lorsque ,.pour 
toute objection , il s'en est tenu à dire : il 
faut avouer que la nature emploierait en 
pareil cas un moyen bien lent pour opé-- 
rer la guérison , et que Part remporterait 
beaucoup sur elle , en profitant de cette 
ressource , au moyen de laqudle le foyer 
de V épanchement se troui^e citconscrit , 
pour donner issue au sang épanchée Conime 
si l'on pouvait rien conclure de la prompte 
efficacité des moyens chirurgicaux, contre 
là marche naturelle y expérîoaentalement re- 
connue, de certains actes patfaologiqueis ^ et 
accorder à la nature une sorto de pré- 
voyance, que naguère on lui refusait. 

Que se passe«t-iL, quand la pleurésie a dé- 
terminé un épanchement plus ou mwo» oon- 
sidérable dans la cavité de la poitrine ? Lors- 
que la maladie tend à se terminer d'une ma- 
nière favorable , il s'organise autour du li- 



•^ 



( 45 ) 
quida séreux une membrane accidentelle , 

d^abord informe . mais qui . par une série de Kyâte» apo- 

n . ^ » r plccliquea. 

transformations successives , - se rapproche 
toujours davantage de la structure des mem- 
branes naturelles ; à mesure que ce change- 
ment s'exécute , cette membrane opère Tab- 
sorption de la sérosité qu'elle renferme , et 
lorsque la résorption du liquide est parfaite ^ 
la m embrane 5 qui a acquis son plus parfait 
degré d'organisation , présente les caractères 
du tissu séreu2ç naturel , et devient coimqe 
lui susceptible d'exhalation et d'absoiption ; 
elle, peut même s^enflammçr, et présente 
alors dans sa cavité un épanchement séreux , 
qui se dissipe par la formation d'une fausse 
membraQe semblable à celle d'ori.elle avait 
priç naissance. 

Certainement, nous ne prétendons pas faire 
une application trop rigoureuse de ce qui se 
, passe dans la guérison de la pleurésie , à ce qui 
s'exécute dans- l'absorption du sang épanché 
dans l'apoplexie ; toutefois il est constant que 
che;? les pleurétiques , la sérosité > ^cuvent 
très-copieuse^ qui est. contenue dans la> fausse 
meo^brane étant absorbée par elle^ il.n!est.pas 
plus étonnant de concevoir une faculté sem- 
blable dans les kystes apoplectiques. 

S^ no\is examinons maintenant ce qui a lieu 
lorsque 9 par. une cause inconnue ^ l'organisa- 



C 46 ) 
tion de la faosse membrane dans la plenrésià 

Kysiesapo-vîent à être suspendue on troublée y nôtts 
verrons que l'absorption du liquide séretix 
est suspendue, et c'est précisément là une 
des causes les plus fréquentes du passage dà 
la pleurésie aiguë à Tétat chronique. 

Toutefois ^ sans prétendre faire autre chose 
que de simples rapprochemens , ne serait-il 
pas raisonnable de soupçonner que rabsorp- 
tion incomplète du «ang épanché dans le 
cerveau , peut tenir à quelque caose incon- 
nue qui aurait troublé Forganisation du kysfe 
apoplectique ; que la présence d'un liquide 
séreux dans la même membrane^ après F ab^ 
sorption du sang (fu^elle contenait da^ 
hord^ pourrait reconnaître une cause qui 
aurait mis en jeu accidentellenitnt sbû àc* 
tion exhalante ; en avouant néanmoins qu'il 
est possible , comme le dit , mais d'une ma» 
nière trop générale , M. Raisiï^^ qu'on ait 
pris, dans quelques cas , pour des kystes apo- 
plectiques , de petites hyxlatides qui s'étaient 
développées dans le cerveau ; qu'enfin fa res- 
semblance de structure avec les membranes 
muqueuses , plutôt qu'avec les membranes 
séreuses, que l'on a trouvée, mais assez ra- 
rement, aux kystes apoplectiques, pouvait 
tenir en partie à ce qu'ils n'avaient pak en- 
core atteint leur organisation définitive? Ces 



(47) 
explications, que nous ne donnons que comme 

des conjectures ,sont , au reste , fort peu îm- ^[['^y^ 
portantes pour décider la question si les kystes 
apoplectiques sont ou ne sont pas Torgane 
qui fait disparaître le sang épanché dans le 
cerveau : nous les avous hasardées , parce 
qu^elles portent sur quelques objections d'as* 
sez peu de valeur, que M. Raisin. a opposées 
à la théorie de M. RioBÉ , et que nous ne de- 
vions pas les passer sous silence. Nous n^ar- 
rêterons pas long -temps votre attention, 
messieurs , sur quelques considérations cri- 
tiques de M. Raisin , relatives à la doctrine 
générale des kystes que M. BrichetëAU a ex- 
posée dans le Dictionnaire des se. méd. ; elles 
nécessiteraient de trop longs développe- 
mens , et d'ailleurs elles sont toutes subor- 
données à cette opinion fondamentale , que 
la faculté absorbante n^est pas incontestable- 
vçient reconnue aux kystes apoplectiques , et 
plus généralement à tous ceux qui sont con- 
sécutifs à la matière qu^ils enveloppent , et 
auxquels quelques pathologistes, du nombre 
desquels e^t M. BHiCH£t£AU^ ont spéciale* 
ment accordé cette facultié. - 

Au reste, le mémoire de M. Raisin nou^ 
paraît de nature a mériter Tattention des 
gens de Tart , et Ton pourra mieux juger à 
la lecture, jusqu^à quel point ses observa- 



(48) 

tions sont fondées. Dans cette vlie, nous 
Kysre» apo- avons Thonneur de proposer à la . Société 

plec tiques. • r r 

d^insérer prochainemeat , dans son j ournal , le 
travail de M* Raisin , aux talens duquel nous 
nous plaisons , d^ailleurs , à rendre justice , 
quoique nous ne partagions pas son opinion 
sur le rôle purement passif des kystes apo- 
^ plectiques. 



i*.^ 



Observation de croup chez un sujet dont 
les viscères présentaient une transpO" 
sition générale ; par MM. Nacquart et 
PiORRY, membres résidans. 

(Séance du 20 juin i8ao.) 

Transpoftit. A. C. ^ est âgé de six ans et demi. L'habi- 
eivwcerea. tQc[edeson corps est assez maigre, sa peau 
fine 3 ses membres grêles ; il a de Pesprit, des 
dispositions ; sa physionomie est languissante; 
sa poitrine est un peu plus proéminente en 
avant que cela ne devrait avoir lieu : il a 
éprouvé dans le^ premières années de sa vie 
des engorgem^ens glanduleux au cou ; il a en- 
core les ganglions lymphatiques cervicaux 
plus dévelopjpés que dans Pélat naturel; sa 
santé n^a jamais été robuste. 

C a été atteint, il y a six mois, d'une toux 
très-vive, très-ra,uque, se manifestant par 



(49) 

quinte , plus vive le matia et le soir , et ac- 
compagnée de Texpectoration de mucosités d^IySlL 
transparentes. Depuis ce temps, Tenfant a eu 
fréquemment la fièvre. Celle-ci se manifes- 
tait surtout le soir : une soif très-vive tour- 
mentait presque constamment le malade ; des 
sueurs nocturnes se manifestaient ^u front et 
à la poitrine 3 un dévoiement assez considé- 
rable alternait avec elles. Cette affection avait 
été singulièrement négligée ; à peine avait-on 
fait prendre à Tenfant quelques boissons pec- 
torales. 

Lorsque nous vîmes le malade , le 5 juin 
dernier, la langue était peu rouge, la soif 
très -vive, Tépigastre et Pabdomen nulle- 
ment douloureux à la pression ; la poitrine 
sonore dans tous les points de sou étendue, le 
son très-clair dans la région que le cœur oc- 
cupe habituellement , et mat au contraire , à 
droite ; la res|)iration facile et non doul^ou- 
reuse, la pression des espaces intercostaux 
peu sensible ; nulle douleur au larynx ou à 
la trachée , la voix naturelle , les battemens 
du cœur plus développés et plus étendus qu'à 
Tordinaire. Nous crûmes remarquer que la 
pointe du cœur venait frapper entre la 
sixième et la septième cûte droite. On sen- 
tait aussi dans - Tabdomen et à gauche un 
corps solide , qui paraissait être le foie. 

71 72 de la CoL i\* de laS^^ Sér. JuUlcU 4 



(5a) 
Les médecins qui avaient vu cet enfant 
deêlhcètta. avantnoùs, avaient également cru reconnaî- 
tre une transposition générale des viscères. 

Les renseignemens que nous avons pris 
des parens sur les goûts et les habitudes du 
jeune C. , ne nous ont rieû appris qui eût 
quelque rapport avec une semblable mons- 
truosité. 

Le jour suivant^ Penfant fut e^osé toute 
une journée au contact d^un air froid et hu- 
mide. 

Le mercredi 7 , la toux fui plus vive qn^à 
^ordinaire ; une douleur fixe dans Ja région 
du larynx et de la trachée-artère se fit res- 
sentir ; la voix devint altérée , la difficuilé 
de la respiraffron assez grande ; nue fièvre 
vive se déclara. 

Le même jour, dans la soirée, voix ana- 
logue au cri d'un coq , respiration sifflante , 
toux rauque, tête déjetée en arrière, dou-» 
leur extrême à la partie antérieure du . cou , 
face bouffie et violette , lèvres livides , dan- 
ger de suffocation , etc. 1 

Application de six sangsues autour du cou , 
d^un large vésicatoire sur la poitrine, de si- 
napismes aux pieds , puis sirop d^ipécacua- 
nha, donné par cuillerées, et d'heure en 
heure. 
Malgré Temploi de ces moyens , la respi- 



( 5i ) 
ration devint de plus en plus laborieuse et 

incomplète , le pouls s'afiaibit et acquit de la aïs ^'i^re»! 
fréquence : le malade succomba le jeudi 8 , 
après une longue agonie. 

L^ouverture du corps fut faite le lende* 
main à quatre heures. Uappareil digestif 
présenta les particularités suivantes. 

L^œsophage était sain ^ incliné au cou un 
peu plus à droite qu'à gauche ; il corres- 
pondait ensuite à la partie antérieure et 
droite des premières vertèbres dorsales, puis 
avec la partie antérieure et gauche des cin- 
quième, sixième, septième et huitième, et 
enfin se courbait à droite et en avant , pour 
traverser le diaphragme , et s^unir à festo- 
mac. 

Ce der^ieir viscère avait sa. grosse extré- 
mité ji droite, son extrémité pyloriq^e à 
gauche* La membrane muqueuse était mani- 
festement enflammée dans une large éten- 
due^ La raugeur rCacewpait pas la partie 
la plus déctiçe de V organe. 

Les courbure du duodénum étaient à 
gauche , en sens inverse de ce qu^elles sont 
ordinairement à droite. Le paquet des intes- 
tins grêles était à droite , le cœcum à gau- 
gauche, le colon ascendant également à 
gauche ; le colon descendant et PS iliaque de 
cet intestin I à droite. Le rectum n'offrait rien 



(52) 

de particulier. Point de phlegmasie ni d^ul- 
Tfansposii. cération du conduit intestinal ; seulement, 
quelques ganglions lymphatiques engorgés 
dans le mésentère. 

Le foie et la vésicule du fiel étaient à 
gauche ce qu'ils sont habituellement à droite. 
La rate occupait dans Thypochondre droit, 
tme position analogue à celle qu^eile affecte 
habituellement à gauche. . * 

Le péritoine était sain, et contenait fort 
peu de sérosité ; ses replis transposés comme 
les viscères auxquels ils s^insèrent. - v 

L^appareil respiratoire présentait les dé- 
sordres suivans. 

Le larynx , enduit d^une fausse membrane 
extrêmement épaisse , ou plutôt de muco^ 
sites assez consistantes , transparentes ,' 
d^une teinte verdâtre , et contenant des 
bulles d^air. Les ventricules étaient remplis 
d'une semblable production , la glotte en 
était presque complètement oblitérée. La 
couche pseudo-membraneuse était tell^* 
ment considérable et devait tellement obs- 
truer le larynx , qu^il esl difficile de 6once^ 
voir comment la mort n^a pas été plus 
prompte. 

La membrane muqueuse était très - visi- 
blement et très^largement enflammée et 



(53) 
épaissie. Les mucosités s^ea déiachaienf avec 
facilité et étaient teintes en rouge dans le dcsVîwére»! 
point qui correspondait à Forgane. La tra* 
chée-artère et les bronches participaient à yé" 
tat du larynx: les mucosités y étaient cepen- 
dant moins consistantes ^ mais la rougeur y 
était au moins aussi marquée. Lés principales 
divisions des bronches participaient à Tétat du 
larynx et de la trachée-artère. 

Les poumons étaient transposés. Celui 
qui présente deux lobes était à droite^ et 
celui qui est formé par trois lobés occu- 
pait* la partie gauche du thorax (i); ils pa- 
raissaient crépitans dans une grande partie 
de leur étendue ; seulement , en arrière et en 
haut^ ils étaient très-rouges et imperméa- 
bles à Pair. La section de* ces 'organes ne dé- 
couvrît pas de tubercules. Les rameaux 
bronchiques étaient tous ]::emplis de mucosi- 
tés très-épàiësès, et' paraissaient d'ailleurs 
très-rouges. Le thymus était beaucoup plu» 
volumineux que celai est ordinaire à cet âge« 
Les plèvres étaient saines. Elles ae contenaient 



(i) Leur couleur était livide , et D*avait pas cette 
teinte rose qu'ils présentent ordinairement chez 
les eufans. 



( 54 ) 
point de sérosité ; on n'y voyait pas de fansse 

de.yiicèref. membrane. 

L^appareil circulatoire ne présentait d'an- 
. très désordres qu'une transposition générale. 
La pointe du cœur était dirigée eu bas , en 
avant et à droite ^ et la base en baut , en ar- 
rière et à gauche. Du reste , ii était sain , 
quoiqu^un peu plus gros qu'à Tordinaire. 

La crosse de Faorte était ^ ainsi que l'aorte 
pectorale et abdominale, en sens inverse de 
ce qu'elles sont chez les autres sujets. Le pé* 
ricarde était sain. 

Le crâne et le canal radbidien «e forent 
point ouverts. 

Si Von conservait des doutes sur la oatute 
inflammatoire du croup , ce seul fait ne de- 
vrait^il pas les dissiper ? 

N'est-ce pas un catarrhe pulmonaire ^ qui ^ 
cliez ce sujet , s'est propagé vers le larynx ^ 
et a déterminé les accidéns qui ont entraîné 
la mort du malade? 

La ' phlegmasie qu'on a observée sur la 
membrane muqueusede Testomac , devait-* 
elle être attribuée aux potions fortement 
émétiques que nous avons données ? 

Comment se fait-il que nous n'ayons poiiit 
trouvé d^indices de phlegmasie intestinale ^ 
lorsque le malade avait une diarrhée qui 
durait depuis plusieurs mois ? 



1 



(55) 

Ouel rapport existait-il enire les sympfA- 
mes que 1 enfant présentait avant 1 invasion ^^, ^ j^^re^. 
du croup et la transposition des viscères? 

Ce fait ne semble-t-il pas prouver qu'il est 
des affections des organes respiratoires qui 
peuvent simuler tous les symptômes de la 
phthisie tuberculeuse , quoique les poumons 
né présentait rîen de semblable? 

Le lendemain du jour de l'ouverture , la 
membrane muqueuse du larynx était pâle. 
Est-ce que les traces de rinfiammalion pour« 
raient; queliquefois se dissiper dans les cada- 
vres , à mesure que les affinités chimiques 
prennent le dessus sur les propriétés de la 
vie? 



Faits constatant V^cacité du mojça, 
dans la traitement des pblegmasies 
chroniques des organes de la respira^ 
tion ; absentes pari. Y. F^Vaidy (mem^ 
br$ résidant) médecin en chef ^ etpre^ 
mierprofesseur à V Ecole militaire d'ins^ 
truetion de Lille , etc. 

( Note du rédacteur. — HÊsn qtste lé mé- BfficacUéda 
moire qu'on va lire ait été ongiuairement im- '"°**' 
primé dans le Bulletin de la Faculté de 
médecine ^n'^Sy 1820, néanmoins j M. Vaiot 



( 56 ) 
ayant , dans le f emps , communiqué à la So- 
Efficaciié çj^j^ jg médecine de Paris , dont il est un 
des membres résidans, les résultats avanta- 
^geux qull obtenait journellement de remploi 
du moxa dans les phlegmasies chroniques 
des organes de la respiration , j'ai cru devoir 
insérer cet intéressant travail dans le Re- 
cueil périodique des travaux de la Société. ) 

ce Lorsqu'on lit la plupart des traités de 
pbthisie pulmonaire^ on est effirayé de la 
quantité de moyens conseillés et employés 
xsontre cette funeste maladie ; et , au, milieu 
de . cette abondance stérile , le jeune prati- 
cien reste dans une désolante incertitudes 
J'ai éprouvé moi-même cette perplexité , au 
début de taa carrière médicale. Pour en sor- 
tir^ j^ai cherché à r^Bconnaitre la véritable 
nature de la pbthisie y et j^ai la persuasion en- 
tière que cette maladie, si redoutable dans 
ses conséquences, n'^est pourtant, dans le 
principe , qu'une simple pneumonie chroni- 
que. Les tubercules lymphatiques , qu^on y 
observe souvent , ne sont qu^une coinplica- 
tion accidentelle , qui ne change point le ca- 
ractère essentiel de la maladie. L'observa- 
tion m'a appris aussi que l'hydrothorax est 
presque toujours le symptôme d'une pleuré- 
sie chronique. 



(57) 
De cette théorie , qui est fondée sur des 



faits j et qui a Tavantage de la simplicité , dn moxa. 
découlent , ce me semble y deux grandes in- 
dications ^ savoir 5 les saignées locales au 
commencement et lorsqu^il y a de la fièvre , 
et les plus puissans exutôires , dans un état 
plus avancé delà maladie. C'est principale- 
ment de ce dernier ordre de moyens , et spé- 
cialement du mox:a , que j^aurai Thonneur 
d'entretenir la Société. 

^ Première observation. — Pneumonie 
chronique. Bresson , soldat , âgé d'enviton 
vingt-quatre ans , d'une constitution vigou- 
reuse, ayant été extrêmement fatigué dans 
une grande manœuvre , contracta une pneu- 
monie très-intense. U entra à Thôpital mili- 
taire de Samers 9 le troisième jour de la ma- 
ladie. Une larjge saignée du bras produisit un 
soulagement médiocre. Dominé alorï par la 
onainte^des maladies asthéniques, je n\)sai 
réitérer la saignée. La pneumonie jiassa de 
l)état aigu à Tétat chronique ; la toux et la 
difficulté dé respirer persistaient ; l'expecto- 
ration était difficile 9 la peroussioii dû côté 
gauche de la poitrine^ occasionait de Ja 
douleur, et produisait un son mat au->des- 
sous du mamelon. 
Un vësicatoire appliqué sur le peint dou- 




(58) 
loureux, amena une amélioration «BOftible^ 
mais qui ne fut pas de longue durée. Je fis 
alors brûler un moxa sur la même place. 
L^inflammation déterminée par la brûlure , 
fut suivie d'uue cessation totale des symptô- 
mes; mais un re&QÎdis$ement subit occa- 
siona bientôt une rechute , poAj: laqueUo' je 
voulus appliquer encore un vésicaloire $wr 
le côté aiOTecté^ Le malade me pria d^ lui apr 
plîquer un moxa plutôt qu'un vésicatoîre , 
parce qu'il avait reconnu la supériorité du 
premier moyen. Je fis dionc bpûler un second 
moxa 5 qui fut suivi d'une guérison radicale. 

Au printemps de l'année iSofi» je revis 
Bresson, qui avait fait la glorieuse «campagne 
d'Austerlitz et qui continuait de jouir d^une 
bonne santé. 

Deuxième abserçatioù. "^PhthUie pml^ 
monairè. Boieldieii ; dragon , âgé de T^^gt* 
cinq ans, d^une faille élevée^ mais d'une 
cCHistitutioB délicate^ était malade à l'hôpital 
militaire des Cadets^ à Vai^ovie , lorsque 
je fus chargé du service de cet établissement 
dans Tété de 1807. Il était d^une maigréuv 
extrême ; il avait les joues creuses et rosées ^ 
une chaleur acre dans la paume des maiflus; 
une fièvre continue qui redoublait tous les 
soirs ; il avait aae.expeGtoration abondante ^ 



\ 



(5p) 
muqueuse, par fois striée de sang ; soif vive j 
p^e d^appétit^ langue mince et rosée. Il EfficacUé 
avait UDe grande crainte de la mort , et il 
me supplia de tenter tous les moyens possi- 
bles pour le sauver. Je lui fis brûler un large 
moxa entre le mamelon droit et le bord du, 
stçmnm ; à mesure que Tinflammatioii s^é- 
tablit, tous les symptômes diminuôreni* 

Sur ces entrefaites , ]e fus chargé d*une 
autre division de fiévreux dans leanéme hô- 
pital ) et je perdis Boieldieu de vue. Je fus 
agréablement surpris peu de temps avant 
mon départ de Varsovie , lorsque je rencon- 
trai ce dragon, portant plusieurs bottes de 
fourrage. II s^arrèta pour me remercier , et 
me dit qu'il ne conservait plus qu'un peu de 
toux et de faiblesse , mais qu'il avait d'ail- 
leurs recouvré Pappéfit et le sommeil. Il se 
livrait à l'espérance d'une guérison parfaite. 

Ttomême chserçction. ■— Phtkisie puh- 
mcfnaire. Un soldat de la garde royal* , âgé 
d'environ trenfe-cinq ans, venait d'être ré- "^ 
formé pour une phthisie pulmonaire au se- 
coikI degré : trop «alade pour supporter la 
voiture qui devait le porter dans sa famiUv , 
i( entra & l'hôpital du Val-de*Grâce , au mois 
de mai i8i8. il présentait les symptômessui<- 
vans : voix enrouée et entrecoupée ; req)i« 



( 6o ) 
j ' rafton gênée ef accompagnée d'une doulenr 

au moxr**^ profonde au côté gauche de la poitrine , dans 
les graqdes inspirations.; expectoration puri- 
forlne , par fois sanguinolente ; petit mouve- 
ment de fièvre tous les soirs , peu de som- 
meil 9 sueur sur la poitrine au moment du ré- 
veil y inappétence ^ prostration des forces ^ 
découragement! 

Je cherchai à lui persuader que la maladie 
la^était- point mortelle, et je lui donnai Pas* 
surance qu^il recouvrerait la santé s'il voulait 
se soumettre à une opération très-<loulou- 
reuse : il y consentit avec joie ; je profitai de 
sa bonne disposition^ et je lui fis brûler un 
large moxa sur le côté gauche de la poitrine. 
II y eut un soulagement prompt et notable ; 
la fièvre et l'insomnie disparurent d^abord , 
l'expectoration devint moins abondante et 
cessa d'être sanguinolente et de présenter Pas» 
pect puriforme ; Pappétit et les forces se ré- 
tablirent ; et trois mois après son etitréé à 
Phôpital, ce militaire partit à pied pour se 
rendre dans son pays. 

Quatrième observation. — Hémoptisie 
açec Jièçre. Marie Vernal , née à Salaman- 
que , âgée de vingt-deux • ans , d'une cons- 
titution délicate , éprouvait un crachement de 
sang qui se renouvelait depuis onze moisj 



( 6i ) 
tous les jonrs^ ou à peu près. Elle ressentait 
une forte irritation et une vive chaleur dans , Efficacité 
la poitrine, sans siège bien détermina* La* 
cavité thoracique percutée résonnait égale- 
ment dans tout son poqrtour. Il était survenu 
une fièvre hectique avec sueur nocturne , 
toux fort incommode , inappétence et amai- 
grissement considérable ; l'expectoration qui 
amenait y au commencenient^ du sang pur, 
fournissait alors des crachats muqueux^ striés 
de sang. Un médecin espagnol , après avoir 
fait pratiquer deux saignées , d^environ deux 
onces chacune , avait annoncé brusquement 
à la malade qu'elle devait s^attendre à jouir 
bientôt de la gloire du ciel. Marie Vemal re- 
grettait amèrement la vie, et le désespoju: 
auquel elle s^abandonnait , aggravait sensi- 
blement son mal*. Un officier français me 
pria de la voir par pitié , et de lui promettre 
une guérispn , regardée toutefois comme ioi^- 
possible. Je fis ce qu^on désirait ; je per^sua* 
dai facilement une infortunée , qui cherchait 
elle-même évidemment tous les motifs , tous 
les prétextes pour se faire illusion. Je pro- 
posai d'appliquer un moxa vers le milieu du 
sternum ; j'annonçai que je viendrais le len* 
demain faire cette opération» La malade me 
supplia instamment de Texécuter à Tinstaçt 
méme^ elle m'aida avec joie à préparer le 



, /■ 



(62) 

cylindre >de coton , et elle le laissa brûler 
do m^^**^ jusqu'à la dernière parcelle sans jeter un sou- 
' pir. Elle avait déjà le pressentiment de sa 
guérison , et elle s'y livrait avec tout Ten- 
thousiasme d'une Espagnole. La nuit qui 
snivit l'application du moxa f\it calme ^ les 
crachats étaient encore légèrement teints de 
sang. Le deuxième jour^ Thémoptysie avait 
totalement cessé , et n'^a plus reparu depuis. 
La fièvre hectique , la toux , les sueurs et 
l'expectoration abondante diminuèrent gra- 
duellement, et la guérison radicale était opé- 
rée avant la cicatrisation du moxa, qui sup« 
pura pendant environ cinquante, jours. 
J'ai en des nouvelles de madem« Verual 
' deux ans après ; elle avait conseîrvé sa bonne 
santé. 

Cinquième observation. — Pleuro^pneu^ 
monie chronique. Cal , soldat y âgé d'envi^ 
ron trente ans t entré à TbôpHal militaire du 
Val-de-Grâcc au mois de novembre 1818 , 
présentait tous les symptômes qui caractéri- 
sent u«e pleuro-pnipumoiiie chronique : dou- 
leur aiguë au-'dessous de k mcamèlle et de 
l'omoplate du ttié droit , dyspnée ; impos- 
sibilité de remplir les ^devoirs de l'état mili- 
taire 9 et de supporter la m^oindre fatigue , 
toux fréquente ^ expectoration diffid^e et 



(63) 
parfois sanguinolente ; percussion du côté 

j«aji •*• j»A . ' Efficacité 

droit de la poitrine, produisant un son mat. gumoxa. 
Cette affection durait depuis six ans, avec 
des alternatives d^amélioration et d^enipire- 
ment. 

Trente sangsues appliquées sur le point 
douloureux^ n'amenèrent qu'un soulage- 
ment momentané. On ne tarda point à brûler 
un môxa sur la même région. Le bon effet 
en fut très-marqué. Au mois de janvier 1819, 
tous les symptômes avaient disparu ; la poi- 
trine était redevenue sonore, et Cal avait 
recouvré le sommeil , Pappétit , et assez d^em- 
bonpoint 

Sixième. obseri^ation. — Pleurésie chro^ , 

nique açec hydrothorax. Madame Lefèvre, 
âgée d^environ quarante ans, douée d'une 
forte constitution, sujette aux angines tonsiU 
laires, me fît appeler au mois de juin 181 6; 
ellie me raconta qu^elle était enrhumée depuis 
deux mois, et que son rhume n^avait fait 
qu'augmenter ) malgré les potions émétisées 
qu'eue pi^enait tons les jours, d'après le con- 
seil de son apothicaire. Elle avait une toux 
cpatiouelle sans expectoration ; elle ressen- 
tait dans le côté droit de la poitrine » une 
douleur pongitive qui changeait quelquefois 
de placo ^ mais qui revenait toujoucs se fixf r 



(64) 

f*T— — SOUS la mamelle droite. Elle avait la respira^* 
dQ m^ixa!'^^ t^^^ gênée, surtout lorsqu'elle était au lit; 
elle ne pouvait se coucher que sur le côté 
.. droit , avec les épaules très-élevées ; elle avait 
perdu Tappétit et le sommeil y et elle déses- 
pérait de sa guérison. 

Le pouls n'était point fébrile ; la percussion 
de la poitrine du côté droit excitait une vive 
douleur , et produisait un son mat très-mani- 
feste depuis la hauteur du mamelon jusqu'en 
bas. Enfin , une légère œdématie de la poi- 
trine et du bras du côté droit, ne laissaient 
aucua doute sur l'existence d'un épanche- 
ment dans la plèvre. 

Je fis appliquer sur le point douloureux 
vingt-quatre sangsues, qui produisirent une 
soustraction de sang considérable , sans sou- 
lagement bien marqué.* Ennuyée de ses lon- 
gues souffrances, la malade consentit à se 
laisser brûler sur la poitrine , un moxa de 
près de deux pouces de diamètre» La dou- 
leur fut extrêmement vive , et , contre l'or- 
dinaire , ne cessa point après l'opération. 
L'escarre se détacha^ prompfement, et laissa 
une large plaie qui fournit pendant trois 
mois une suppuration abondante. Cette plaie 
fut constamment douloureuse jusqu'à la fin. 
Avant la guérison de la plaie , la^douleur de 
côté, la toux, la difficulté de retirer, et 






Btilcacil* 



' (65) 
tous les autres symptômes ayaient coûiplè- 
mept disparu. Madame ticfèvre a recouvré da moxa. 
une santé parfaite , et elle eu jouît encore 
aujourd'hui ( % novembre i8i8.) 

Septième obserçatioh. — Phthisîe laryn- 
gée. NrVart, soldat Vétéraa , âgé de trente- 
six aus^ de petite stature , et d^une constitu- 
tion délicate , adonné aux boissons spiri- 
tueuses, se plaigaait d^un enrouement avec un 
sentiment sonore et de sécheresse dans le 
larynx. La douleur Se propageait, en dimi- 
nuant d^intensité, jusque vers la première 
division des bronches ; il y avait toux con- 
tinuelle , insomnie, sueurs nocturnes, et 
maigreur exrême. Je fis brûler un moxa sur 
la partie antérieure et inférieure du larynx ; 
la brûlure fut suivie* d^une inflammation 
assez légère , et ne suppura poitit. Gepen^ 
dant tous les symptômes se dissipèrent pc^u à 
peu , bien qu^avec une extrême lenteur. Un 
an après Popération, Nivart était encore 
faible et maigre , mais il avait du sommeil 
et de l'appétit ; il jouissait d'une sauté tolé- 
rable. 

RÉFLEXIONS. 

J^aurais pu citer un beaucoup plus grand 
nombre d^observations favorables ; j'aurais 
T. -j^ de la Col. ii^ de la a" Sér. Juillet. 5 



.^ 



(66) 
peut-être dû aussi rapporter celles dans les* 

dtt moxa^ quelles j'ai échoué. Mais celles-ci ofiriraient 
peu de lumières, parce que j^ai souvent 
cédé aux instances des malades , ou aux. in- . 
vitations des élèves , dans des cas qui ne me 
présentaient que bien peu d'espoir , d'après 
cette loi commandée par Thumanité et 
avouée par la raison : il vaut niîeux essayer 
un remède incertain , que d^ abandonner 
le malade à une mort certaine^ Quoi qu'il 
eu soit, les faits que je viens d'avoir l'hon- 
neur de soumettre à la Société me semblent 
établir suffisamment ce fait , que les phleg- 
masies chroniques de la poitrine, y compris 
la phthisie pulmonaire , ne sont point essen- 
tiellement incurables par leur nature ; qu'elles 
ne sont hors de toute chance de guérison, 
que lorsqu'elles sont parvenues à un certain 
degré, qui est variablp suivant le tissu affecté 
et l'intensité de l'inflammation. 

Ayant trouvé la doctrine des maladies ré- 
putées incurables, en défaut sur ce point, j'ai 
pensé qu'elle peut l'être sur plusieurs autres , 
et j'ai acquis la conviction que l'art serait 
moins souvent impuissant, si les praticiens 
employaient avec plus de confiance \es 

f grands moyens de la thérapeutique , qui ont 

le double avantage d'une action très^énergi- 
que çt d'une innocuité parfaite. Il y a beau- 



1 



( 6? ) 

ct)up de médecins qui croient à Tutilité du -h-shsh-? 
moxa^ et qui ne l'ont jamais appliqué, j^^*!^^^''*^ 
parce quMls peqsent que les malades , et sur-* 
tout les femmes, ne voudraient point Teui* 
durer. -C'est une grande erreur. J'en ai fait 
un fréquent usage dans ma pratique civile , 
et j'ai presque toujours réussi à persuader 
les femmes auxquelles j'ai jugé qu'il pouvait 
être convenable. 

J'ai essayé comparativement les autres exu* 
toires avec le moxa. Le Uniment ammonia- 
cal y préconisé dans ces derniers temps , est 
infidèle , parce qu'on ne peut l'obtenir doué 
d'une causticité toujours égale. Le vésica- 
toire dccasione une vive irritation , souvent 
accompagnée de fièvre ; il est difficile à en- ^ 
tretenir, et il produit peu d'eflfet. Le cautère 
sur la poitrine est aussi trop peu actif : le se- 
ton est d'une efficacité remarquable. Mais 
son application est ordinairement confiée à 
un élève , et lorsque celui-ci fait les deux ou- 
vertures très -rapprochées, les deux phleg- 
mons qui en résultent se confondent , et pen. 
vent obliger à supprimer le sétoh , pour évi- 
ter la formation d'un abcès grave. Le séton 
9 encore rînconvénient de sortir delà plaie, 
pendant les mouvemens que fait le malade , 
ou dans le pansement , par la maladresse du 



(68) 
I I I., cht^rgîen. J^ai vu cet accident arriver plu- 
EflRcaciié sieurs fois , et le passaije d'un nouveau sétou 

du moxa. , i i 

est très- douloureux. 

Le moxa produit un soulagement beaucoup 
plus prompt que l«s autres exutoîres ; mais 
•- il cicatrise ordinairement dans Tespace d'en- 
viron deux mois. Si le malade jae veut pas 
endurer une seconde application du moxa , 
on prolonge Teffet du premier , en le gar«- 
nissant d^un pois, pour le transformer c^n 
cautère. 



\ 



^ote du rédacteur sur P enfoncement du 
col du fémur dans lu substance spon-- 
gieuse du grand trochanter , pour faire 
suite au mémoire de M. H£RV£Z djee 
CHé6t)iN , et au rapport de M. Laonsau» 
{^Voy. p. 3 et i3 de ce numéro,) 

Depuis que le mémoire de M» Hervez de 

Fracture ^ / . . . 

4a fémur. Chégoin est livré à rimpression» le fait 
principal sur lequel il s'est proposé d^appeler 
l'attention de la Société de médecine , savoir 
renfoncement du col du fémur, resté in- 
tact ^ dans rëpaisseur de la substance spon- 
^euse du graud trochanter, a été la matière 
de qudques entretiens que j^ai eus avec mon 
excellent ami le savant et modeste docteur 



C69) 
RtBËS , quî avart déjà observé ce cas remar- 
quable de pathologie , et à ToWigeance du- ^^ Sémti'î^ 
quel f e dois d'avoir pu mettre sous les jeai 
de la Société de médecine , xine pièce d*ana- 
♦omie pathologique quî lève tous les doutes 
sur la réalité de la lésion dont M. HërVez a 
fait mention dans son mémoire ^ et dissipe 
les incertitudes que le rapport de M. Laqnbau 
pouvait laisser à cet égard dans les esprits. 

En effet, quHI me soit permis de dire' que 
Pestimable confrère que je viens de notHmer ^ 
lie me parait pas s'être f^it une idée bien 
exacte de Fespèce de tolâfion de eôntinmté 
dont i) s'agit ici. Selon lui, elle H*étai| pas 
entièrement inconnue , et il ci^të en preuve 
l'assertion suivante de BichAt, qà'il croît 
devoir rapporter à une disposition ànatogne 
des denx ftragmens. ce Quelquefois, daiisce 
dernier cas ( lorsque la divisiob èst'ffMsVfr-^ 
sale) Je col reste eomme enchts^ daiis 1^ 
corps de fos^ ftàfctûré' de manière qu^îi lui 
prêtent^ tme échancnire plus ou moitis pro« 
fonde {Œuuresehhutg. rfi^ Dwâult, *; ï , 
p« 222. ) » J'objecterai que^^ dans le cis dont 
parleM. Hervbx, et dans celui qui a: fourni 
à- M. Bjqbr$ la pièce patlu:)Io^qoe qu'il m'a; 
eommumqnée, il n'y a pas, à pro{»'eiiient 
dire , de fracture du col du féqwir , et par 
conséquent point d'engrènement simple ou 



V 



( 70 ) 
BP réciproque des fragmens , comme cela a liea 

Fracture j . • /»» /ir »• 

du fémur. ^^^^ Certaines fractures {Nosogr. chirurg.j 
t. 45?' 60 5 4* édit). Maïs le col est intact ; 
seulement il s'enfonce , sans se rompre ^ dans 
l^épaisçeur de la substance spongieuse qui 
forme Textrémité supérieure du corps du 
fémur entre le grand et le petit trochanter , 
et il y pénètre plus ou moins profondément. 
Dans la pièce que m*a fait voir M. Ribes , et 
que j'ai mise sous lets yeux de la Société de 
médecine, dans la séance du 4 juillet, le col 
intact affecte une direction totalement per« 
pendiculaire à l'axe dii fémur , au lieu d'être 
oblique sur cet o^ , comme dans YéHX sain : il 
y a plus d^un grand pouce dé différence entra 
çe$4eU:X états; de sorte que, comme on le 
conçoit fort bien , le côté inférieur du col 
est entré beanooiip ; plus profondément dans, 
l'épaisseur <îè la basie clu grand trocb^ter 
^lie le supérieur. 

Enfoncé de. la sorte à un pouce de pro- 
fondeur , le col du fémur est plqss court; le 
membre luî-mêma e3t raccoyrçi , «•.dd toute 
la différence qui existe entre la situaticHi ^r^^ 
dinairement oblique du col et celle aôtudle- 
menti horizontale qufil affecte ;. 2"* plus laidi-* 
minution de longueur du col égale à la.pro-- 
fondeur à laquelle il a pénétré dans l'épais- 
seur du fémur. 



(70 
Dans un cas de cette nature , le racconr- 

cissementdu membre a lieu nécessairement; d„^]J^u"!^*' 

mais les efforts d^extension et de contre-ex- 

tension ne peuvent lui rendre la longueur 

qu^il a perdue ; il faudrait pour cela dégager, 

au préalable , le col du fémur implanté dans 

la base du grand trochanter , comme nous 

Tavons dit ; ce qui n^est praticable par aucun 

procédé. 

Il est manifeste que la crépitation , signe 
non constant, mais réel de la fracture du 
col du fémur ( Nosogr. chirurg. , tom. 4 , 
p. 65.), ne peut avoir lieu ici ; les fragraens ne 
jouissent d^aucùne mobilité Tun sur Tautre , 
seule circonstance qui rend possible la cré- 
pitation. 

Le pied conserve sa rectitude naturelle, 
puisque le fémur et son col n^ont , en quel- 
que sorte , pas cessé de faire un tout con- 
tinu , et qu^ainsi Faction des muscles rola- 
teurs de la cuisse , le poids du membre , ce- 
lui des couvertures restent sans effet. 

Dans un pareil état de choses , la circons- 
tance commémprative d'une chutesur legrand 
trochanter , suivie du raccourcissement per- 
manent du membre , fait bien présumer 
l'existence d'une fracture du col du fémur ; 
mais le défaut de crépitation , Timpossibilifé 
de redonner au membre , par les efforts etx- 



(70 

fensîfs , la longueur qu'il a perdue , la rec- 
fla fémur, f^tude Subsistante du pied, ne peuvent nian- 
qûer de jeter la plus grande incertitude dans 
l'esprit, et rendre le diagnostic incertain. Il 
n^ a même que la considération du raccour- 
cissement persistant du membre, qu'on ne 
peut , après un certain temps , attribuer ex* 
dusivement à la douleur causée par la con* 
fusion, suite de la chute, et à la contraction 
spasmodique des muscles ; il n'y a , dîs-je , 
que cette considération qui puisse faire ad- 
mettre l'existence de la solution de conti-> 
nuité. La chirurgie devra donc beaucoup à 
MM. RiBEs et Hervez pour avoir recueilli 
et publié des faits propres à lever tous les 
doutes, ou du moins h appeler un redou- 
blement d'attentiou dans les cas de nature 



équivoque; et chaque fois que des circons*' 
tances analogues se présenteront, il sera tou- 
jours prudent d'assnjélir les malades au re- 
pos absolu , dans le lit et dans une position 
horizontale, pendant tout le temps néces- 
saire pour que la consolidation puisse s'ef^ 
fectuer. Il est , du reste , parfûitemeut évi- 
dent que le membre restera pttts court , et 
qu'il y aura une légère claudication. 

Maintenant que l'attention des praticiens est 
appelée sur une solution de continuité jus- 
qu'alors inconnue ^ oa du moins mal carac- 



( 73 ) 
f érisée , car , ainsi que je Tai observé plus 

haut, le passage extrait des Cfluçres tfe aaféniùr. 
D'esaulT, n*a , avec le cas qui nous occupe, 
qh*un rapport fort équivoque, il restera à 
savoir, si le cas se reproduit fréquemment, 
dânis qùeltei circonstances {spéciales il a ^îeu ; 
s'il arrive plus coramunément cher lè^ érdui- 
fes , ou chez les vieillards, dont, contre fo- 
pinion banale généralement admise, M.IlrB£$" 
a démontré que les os étaient moins pesans, 
moiris deuses , plus âboudalis en tissu spon- 
gieux ou réticulairfe ,* susceptibles même, à 
leurs extrémités* , de céder à un efibrt de 
pression exercé È>\xr é\JLX.Ç^f^oyj0n^ (Taçril 
1B19, p. ffg.) Cette solidité inbindre des ex- 
trémités des os longs chez Tés* vieillards , ex- 
pliquera-t-elle la production de la ^isposi* 
tion pathologique qliî nous occupe , et par 
laquelle le col du fémur , au lieu de se rom- 
pre dans un point de son étendue, enfonce 
l'extrémité de Tos sur laquelle il est implanté 
et pénètre plus ou moins profondément dans 
le tissu spongieux de cette partie ? Toujours 
«st-il bon de noter que la femme ctiez la- 
<|uelle M. Herysz rencontra , après la mort, 
le premier exemple, qui fut à sa connaissance, 
de renfoncement du col du fëmur dans la 
substance spongieuse de Textrémité supé- 
rieure de cet os, était une femme de soixante- 



(74) 
quinze ans. Le sujet de Tobseryatioa de 

da Imor?^ ^' Ï^^BES , était lui même d'un âge avancé. 
Resterait donc Tadulte , chjez lequel le pre- 
mier de ces observateurs a cru reconnaître • 
pendant la vie, T^xistence d'un désordre^ 
semblable, comme Texposé des signes ob- 
servés porte à le soupçonner. 

A cela j'ajouterai , en passant , que , sur la , 
pièce que m'a fait voir M. Ribes ^ le col du . 
fémur est singulièremeiit court et gros , ce . 
qui, toi^tes choses égales d'ailleurs , a, dû le 
préserver de la solution de .continuité dont - 
cette partie di; fémur est menacée dans toute 
chute sur le grand trocbanter. Au moins est il 
probable qu'un col long et grêle serait plus 
exposé à se rompre. 



•i^ 



Extrait du procès-verbal de la séance 

du 2 mai 1820. . ., 

t 

Fièvres es- La Société, après avoir entendu le rap- 
«eniieiies. p^j.^ j^ j^ commission chargée d'examiner 

les mémoires relatifs au concours sur les fiè- 
vres , a arrêté qu'un extrait, sommaire de 
ce travail serait imprimé. 

La Compagnie a pensé que cette mesure 
était la seuHe propre à concilier tout à la fois 



( 75 ) 
ce qu'elle doit au public, qui atJieDd un ju- 
gement motivé sur cette grande et impor- JjJ^;^',;""". 
tapto qo^e^tipa^ et le respect que lui com- 
mande la propriété des auteui:$. 
r I^ Société exprime tout sou regret de ne 
pauv,oJr imp;rii)[ipr, .en totalité ^ le. bqau tra-f 
vail présenté par M. le docteur Chapotin , 
au nom de la commission (i). 



Peut-on mettre en doute V existence, des 

) fièsnres essentielles ? 

Messieurs ^ en adoptant cette question pour 
sujet d^un prix à décerner en 1819 » \qw b^ 

> vous êtes pas dissimulé les difficultés qu& pré*S' 

sentait sa solution dans l'état actuel de nos 
connaissaî^ces , ou , pour mieux interpréter 
vos sentime,ns> ce sont ces difficultés même 
qui ont ^fixé votre choix ^ • daas l!espoir de 
contribuer h lés. aplanir par une discussion 
publique et franche. . 

Incertaine et vaiîable pendant des siècles^ 
la doctrine des fièvres n^a cessé de portf^ 
Fempreinte des systèmes qui ont succe^sive- 



\ 



(i) Le secrétaire général delà Société de méde* 
cine, chargé, par la Compagnie , de rédiger l'ana* 
Ijsë du rapport , a cru dev^oir, dans le plus^ grand 
nombre des cas , emprunter les propres expressions 
iiu rapporteur. . , 



( 76 ) 
ment régné dans la science. Elle a dû par 

•eirficilea. ^^ subît le sovt de CCS hypothèses. En effet , 
Tes maladies auxquelles on a imposé C6 nom y 
par leur fréquence , par leurs variétés , et le 
danger qui les accompagne^ ont de tous 
temps 4îxé l'attention des médecins : aussi 
leur théorie peut-elle êtte regardée comble 
le type des doctrines médicales etles-ittêmés. 
Lorsqu'à la fin du aiècte dernier , Tobser- 
vation clinique ramenée 'à sa pureté pre- 
mière, et éclairée des résultats jusqu'alors 
incomplètement appréciés de Tanatômie pa- 
thologique , eut reconquis fous se^ droits , et 
fut redevenue la seule base sur laquelle il fût 
permis à l'avenir d'élever des dogmes , l'his- 
toire des jRèvres se plaça au prenaier degré 
de c^ nouvel édifice : elle put même alors pa* 
raître irrévocablement fixée. Car , quelques 
atteintes portées de loin en loi» à oette nou- 
velle étiologie, en modifiant qnetqnei» uns 
de ses points, semblaieni en laisser intactes 
les bases primordiales. 
Mais une opinion, récemment émise , a 

pour ob)^^ 9 ^^^ P^^^ ^^ rectifier quelques 
vues erronées , ou de redresser des classifî- 
catioDS défectueuses , mais de contester .I4 
réalité de la doctrine en eUehmâoote, et d»ia 
renverser en emtier. 
^observation pratique, l'expérience et 



\ 



\ 



77 ) 
les résultats fournis par Tautopsie cadavérl* 

que, sont également les appuis qu^elle in- gf^t^'ij^.*** 
voque. 

Frappés de Timportanc^ de ces discussions , 
de Tincerfitude dans laquelle elles doivent 
jeter un grand nombre de praticiens, et , en- 
core plus, des résultats qu'elles peuvent avoir 
dans le traitement des maladies , vous avez 
cru nécessaire d'éveiller de bonne heure 
Fattention des vrais médecins , en les appe- 
lant à concourir par leurs lumières et leur 
expérience à éclairer cette grande question. 

La palme que vous avez attachée à ce 
concours, Futilité de la question proposée , 
et les résultats que la solution doit avoir sur 
les destinées de la science elle-même , vous 
imposaient , dans le jugement dd3 pièces du 
concours , des devoirs rigoureux , et une im- 
mense responsabilité. 

Mais si votre dévouement aux intérêts les 
plus chers de la médecine, atteste que vous 
n'avez pas eu le dessein d'ouvrir l'arène à de 
stériles disputes , votre impartialité, bien con* 
nue, ne permettra pas de douter que vous 
n'ayez, dans cette grande circonstance, portd 
jusqu'au scrupule les précautions propres à 
éclairer votre décision. 

Neuf mémoires vous ont été adressés. Vos 
commissaires av^ent eu le de^ein^^ d'abprd^ 



(78) 

do vous en présenter {^analyse d'après le de- 
rî/A-Yfue». _^ Jq mérite dont chaque autear avait era- 
prélat son travail ; mais la difficulté d^établir 
des rangs invariables entre des ouvrages, 
dont plusieurs différent autant par les opi- 
nions de leurs auteurs, qu'ils se rappro- 
chent par l'élévation du talent, a décide 
votre commission à les examiner suivant 
leur numéro d^inscription. 

Le mémoire, n** i, porte pour épigra- 
phe : Morborunt autem omnium cum idem 
modus sitj locus tamen diçersus. Hipp. 
( De flatibus. ) 

L'auteur, pour se rendre compte de son 
sujet , recherche quelle idée on s'est formée 
de la fièvre, quelles maladies ont reçu ce 
nom et à quel mode d'altération a été , à di- 
verses époques , rapportée celte classe de 

maladies. 

C'est alors qu'il ramène aux trois chefs 
suivans les opinions émises sur leur nature : 
que les fièvres sont identiquement générales; 
qu'elles sont des maladies générales, accom- 
pagnées d'une affection locale ; et enfin \ 
qu'elles ne sont que des affections priioatitive- 
ment locales. 

Il déduit de l'exameti rapide de divers or- 
dres de fièvr^es , la preuve, suivant lui , que 
les fièvres présentent deux classes de phéno- 



(79). 
mènes , les nns locaux et essentiels y les au- 
tres généraux ou pyrexîques et sytnpathi- |'«^^^re« «sa- 
qués. 

Recherchant ensuite si cette affection lo- 
cale, de laquelle il fait dépendre les fièvres, 
a un mode essentiel , il s^arrête i la fièvre de 
ait^ qu^il prend pour type , et dans laquelle, 
dit il, la nature fait exécuter ^ presque sous 
nos yeux , la série des phénomènes qui cons- 
tituent les fièvres essentielles. 

Il lui reste à examiner si Td^c/zoï} lo-^ 
cale y dé laquelle dépendent les fièçres^ a 
un mode essentiel. Sa réponse est affirma*^ 
tive ; et il s^attache à démontrer que cette 
affection est une sorte d* irritation^ qu**il ap- 
pelle congestiçe , irritation dont il placo 
le véritable siège dans les v^sseaux et les 
organes sécréteurs. 

Cest en adoptant ces caractères , pour dé- 
finir les fièvres , que Ton peut véritablement 
admettre Texistence des fièvres essentielles. . 

N^. 2. Fondées sur quelque aperçu plus 
ou moins exact, ces diverses interprétations 
sont toutes également vicieuses « parce que 
chacune n'admet qu'un mbjen exclusif, 
tandis que la nature en emploie plusieurs. 

( Chaussisr. ) 

Telle est Tépigraphe de ce mémoire , où 
Tauteur annonce d^abord que , par suite des 



I > 



(8o) 

circonstances favorablss dans lesquelles il a 

FièviTfl es- été placé, il croit avoir pu , au milieu des di- 

flenu^ ef. yçrgences de doctrine , se former une opir 

nion que les faits et le raisonuement appuient 

égalemeut. 

La (lèvre , en général j les symptômes qui 
la caractérisent , les causes qui la fout naî^ 
tre ^ une fois passés en revue ^ Tauteur s'ar- 
rête aux diverses espèces que renferme le 
genre nosologique 9 appelé fiès^re. 

Un mode primordial d'altération ^ qu'il 
■nomme angiosthénie , et qu'il défiuit action 
augmentée dusystème vasculaire sanguin y 
lui semble présider k la fièvre , et revêtir en- 
suite y d'après ses propres causes , et d'après 
le tempérament ^ les maladies préexistantes ^ 
lé genre de vie ^ le dimat, l'état moral, etc., 
diverses formes qui ne sont autres qne les 
fièvres andennemeut admises. Ainsi cette 
même angiosthénie se joint ^ suivant lui , 
tantôt à nne diathése inflammatoire y d'autre 
fois à une disposition ou bilieuse ou mu- 
queuse , ou même nerveuse , et constitue par 
là des ordres différens de fièvres. 

Les fièvres ^ suivant cet auteur , sont le 
plus otdinairement idiopatfaiqties , c^est-à« 
dire, que presque toujours elles recpnnais- 
sent pour cause une lésion çùt'porle difec* 
tement sur le système des orgwies oirou-- 



C8«) 

latoîres. Pour qu'elle soit ^sympathique , il 

faut qu'une phlegmasîé ait lieu loin du ,enj^\î^' 

eœur et des gros vaisseaux. 

De cette première partie du mémoire^ 
ainsi que de la seconde , qui esi consacrée à 
une discussion seulement polémique ^ Fauteur 
4éduit cette pi^ôposition , par laquelle il ter- 
mine son travail : On ne peut pas mettre eu 
doute rexistèncè des fièvres essentielles. 

r • 

Klein, 

L'auteur du niémoîre portant cette épigra- 
phe y pour se rendre compte de la matière 
qu'il a à traiter , se demande « s'il y a des 
fièvres qui paraissent dues à une affection g;é- 
nérale de Téconomie , et auxquelles en bé 
puisse assigner de siège précis , ou bien , st 
la fièvre ne devant être regardée que comme 
un symptôme indiquant la souffrance d'tiu 
organe ou d'un système d'organes^ il ne 
s'agit que de trouver Iç lieu «ifilude et de 
calmer son , irritation ^ pour couper, dans 
leur racine j la série des phéncMnènes qui la 
constitue. A 

Son opinion' ii^est point incertaine. Il re- 
garde la fièvre comme une et identique par 
sa nature ^ mais comme susceptible de pré-* 

T. 7a «fo laCol. 11^ de la Sk* San Juillet. 6 



(82) 

■ senter des variations nombrenses 5 suiraot 
€»- i'egpèee de désordre dont les fonctioi/s et les 
organes sont le sîége« La même affection , 
ajoate-t-il ^ qui , au printemps , n^aurait pré- 
senté que des symptômes inflammatoires, 
s'escorte de symptônies bilieux en été , de* 
vient catarrhale en automne , et se montre , 
suivant les circonstances , avec Tapparence 
de malignité ou de putridité. 

L^auteur passe en revue les différens or- 
dres de fièvres le plus généralement adniis ; 
et de cet examen , ainsi que de la discussion 
à laquelle il se livre 3 relativement aux fiè- 
vres intermittentes , il déduit cette proposi^ 
tion que , ce bien que dfms les fièvres on i:en- 
contre assez souvent des congestions lo-^ 
cales 3 des désorganisations^ des inflamma- 
tions, cependant la fièvre n^en est pas moins 
primitive, générale, essentielle, ces altéra? 
tioDs n'étant que secondaires et conséc^^ 
tiveç. » 

Le numéro 4 a pour devise : 

« La seule voie de découvrir tout ce qui 
se trouve dans un objet , est de Texamiaer 
en détail et de le décomposer jusqu'è ce., 
que l'objet devienne si simple , qu'on nCi y 
puisse plus l'analyser davantage. » 

ZiaiMERM, Traité de Vexpér.^ liv. 3. 

L^auteur pense que ce serait en vain que 



(83) 
Ton inf^rrogeraif des faits pour s'éclairer sur 
la nature de la fièvre ; il ajoute que la fièvre sfnHciîrt!^' 
n'étant qu'un des actes de la vie , c'est dans 
l'appréciation de celle-ci qu'il faut aller cher- 
cher des notions précises sur celle-là. 

Porté à admettre ^ mais sans vouloir le 
caractériser, un fluide nerveux comme agent 
de tous nos actes , l'auteur suppose qu'il se 
passe dans chaque nycthetneron , ou série 
diurne , un ensemble de phénomènes qui ^ 
lorsqu'ils se succèdent régulièrement , ra* 
mènent ainsi, chaque jour, le corps au point 
on il était la veille ; que , dans le cas contraire , 
l'organisme voit se léser chaque jour plus 
profondément une ou plusieurs de ses fonc- 
tions. 

De ïà naissent, et une exaltation des phé- 
nomènes nerveux , dans laquelle consiste , à 
proprement parler , la fièvre ; et souvent une 
congestion locale passagère , ou même une 
altération de texture d'un ou de plusieurs 
systèmes d'organes. 

AxiÉsi , en se résumant , conclut-il , que la 
fièvre simple est due à Vaction du sys- 
tème ners^eux , qu'elle est invariable dans 
son essence , et que si elle offre des dif^ 
férences dans ses symptômes , c'est que 
le système nerveux auquel elle est due , 
peut être excité par une infinité de causes 



(84 y 

différentes qui modifient sa marche et sa 
^?."!T" **^ durée. J 

Le mémoire inscrit sous le numéro 5 , et 
ayant pour épigraphe : Opînionum corn-- 
menta delet dies , naturœ Judicia con- 
firmqt (Ciç. de natura Deorum)^ estcon-»- 
sacré à un parallèle de la doctrine de& lè- 
vres essentielles, telle qu^elle est professée 
par PEcole de Paris , et de la nouvelle doc-^ 
trine qu^a présentée M. Broussais. 

L^auteur s^étant persuadé que cette marche 
était la seule propre à éclairer réellemçpj( 
la question mise au concours , déduit de ce 
parallèle les propositions suivantes : 

tt II n'y a pas de fièvre sans altération qt%9l- 
conque d^un orgaue ou de ses propriété; 
il n Y a y pcu: conséquent, pas de fièvres essen- 
tielles y si Ton entend par là des è^res bkmt- 
bides e^iistant par eux-mêmes , et ind^penr 
damment de Torganisatioa sur laquelle Un 
exerceraient leurs ravages : oi| ne p^ttt iissir. 
miler ce qu^on a désigné soqs le npçi defi^^ 
vres essentiçU^ 3 aux pl;ilegpi^sies proprf^ 
ment dites ; les fièvres esjsentielles soçt d^ 
modifiçatiloi^s des phlegmasies ; m^is ces^^ 
difîcatip;cis sont asi^z iaxpprtantes ppi^*- Iib^ 
faire considérer çomo^ 4^ mi^ladiiBi^ 
culières , etc. » 



Le mémoire, numéro 6 , a tiré de de Haen 
(RMio med. F, p- 67) l'épigraphe sùi- ^Jurfi».*'*' 
vante : 

Certiorne iffilur ars erii^ si quod toties 
cadaverum lustratiônes nos ntoneantsup^ • 

prifnemus ; ne semel dudum r&ceptas opû 
niones ac scholarum> systemata^ ifuœ ad 
, mnliiê explicanda mulàum > ad piura pa^" 
rum aut nihiifacianê l'abefactentur ? 

L'auteur ^ tliscutant d'abord la valeur dil 
mot fièvre , observe qu'ayant réuni soils une 
même dénomination un grand nombre de 
phénomènes qui Ae sont pas liés riécéssaîre- 
tnent les uns aux autres , qui dépendent de 
causes difierentes, et se reproduisent dans 
son ordre inverse , il n'y a pas de type cer- 
tain , d'essence déterminée. 

Dès la plus haute antiquité , dit l'duteur, 
on a divisé les maladies aiguës en fièvres 
proprement dites y et en affections dès difiPé- 
rens organes avec fièvre. Le fondenîieni de 
cette division reposait probablement sur ce 
que, dàûs Ces dernières, la lésion d'un or- 
gabé biëii ôonnti, était manifeste parla dou- 
leur et le trouble de la fonction ^ tandis que 
daiis les fièvres proprement dites , ou essen- 
tielles ^ ces lésions étaient plus obscures et ne 
paraissaient pas proportionnées à la gravité 
des accidens. 



( 86 ) 
Cependant ces lésions lui paraissent évi^ 

tonime^T'' ^®^*^* ^^^^ '® P'"* grand nôf|ibre des cas , .et 
il s^âtfache à démontrer quels organes der 
vaient être affectés dans les quatorze ma* 
lades du premier liçre des épidémies d'HiP- 

POCRATE. 

L^anatomie pathologique ayant fait décou- 
vrir, dans les fièvres putrides , des viscères 
sphacelés; dans les fièvres malignes ou àtaxi- 
ques y le cerveau et ses membi^ànes enflaon- 
més ou en suppuration ; dans les fièvrçs ia- 
flamma foires , des traces de suppuration où 
SQolement d^inflammation dans les gros vais* 
seaux artériels ou veineux ; dans les fièvre 
intermittentes , le foie et la rate altérés de 
plusieurs manières ; il fallait déclarer » dit 
Fauteur, ou que les maladies, dans lesqueltei; 
on avait reconnu ces désordres, n'étaient 
pas des fièvres essentielles , ou que les fiçvres 
s^accompagnaient d'altérations aussi profon- 
des de certains organes. 

Douze observations , la plupart emprtin^ 
iées à la pratique de fauteur , lui servent à 
prouver que ^ lors même que les symptômes 
attribués aux fièvres essentielles n^étaient 
point équivoques , eependant Tautopsie a 
fait découvrir des lésions graves , et étayent 
son opinion. 

Four fournir a Topinion quUl a embrassjée 



(8?) 
de nouvelles bases, il s'attache à Phisfoire 

des fièvres inf ermiiteates , que Ton a surtout , ^tieik»?*' 
dit*il 9 regardées comme essentielles. 

Placé dans des pays où là fièvre intermit- 
tente était endémique, il a pu se convaincre ^ \ 
par de nombreuses observations , que, le 
plus ordinairement, le foie ou la rate étaient 
tuméfiés^ et à l'ouverture des corps , que, le 
plus généralement, Testomac ou Tintestia 
grêle est frappé d'inflammation ou de spha- 
cèle. 

II invoque de nouvelles recherches d^âna-* 
tomie pathologique, et surtout il signalé ^ 
comme hii ayant souvent montré des altéra* 
tîon^ fort importantes , la colonne vertébrale 
dont on n'ouvre pas assez souvent le cou-* 
duit. 

L'auteur termine , en disant que le mol 
essentiel^ ajouté à celui à^ fièvre , n'aurait 
de valeur qu'en l'opposant à celui de symp^ 
iomatîque f que celle-ci étant constituée par 
l'accélération du mouvement du cœur , dés 
"artères et des exhalans, à Toccasion de quel- 
que lésion dans le tissu des organes , on ne 
sait en quoi consisterait celle qui ne recon- 
naîtrait pas cette cause. 

• • / 

* • » r 

Le mémoire anmévo 7 , a pour titre par«> 
ticulier : jDi5«^r/tf tôtM ^ur la. cause immi- 



(«8) 
médiate des Jlêçres angiotlfni^es , gM*- 
»t;jiieWe*. ^w-infiics , muqueuses, ddynamnfues ^ et 
sur Vétat fébrile en générùl ; ^ il ^te 
^ur épigraphe : 

'Atijue fi^rclê magna q.uœseiù este pt)" 
tes0 y -an nan exsentia^les fébres pêiDulià^ 
rem affecidànem' pàrii^ifi aliqutfmm in^- - 
' ter/f,anàin seéjfjianp^n 

BAILtOUi^ 

. L'auteur se propose de prouver ^ qu'il n'est 
pas suffisamment démontré que , dans, ttsius 
h$ C9S ^ uue aSection local^e quelconque pré- 
çj^de ou accompagne la fièvre. . 

Pour, prouver cette proposition»^ ilétablil 
jd'abox'd que, même lorsqu'une cause externe 
devient la cause de la réaction générale , 
celle-ci n'est pas toujours en proportion (je )a 
première , et ne la suit pas toujours imnié^ia- 

.tement. 

. '{ • ■ . . • . - . . 

._I1 ajoute que la prédisposition du sujet se 
fait ici , tellement sentir; que » dans dçs cir- 
CQiistances en apparence égalés , un individu 
H^ya une fièvre de réaiption plus ou nitoins 
intense , Jandis qu'un, autrq n'en éprouyerà 
point. ; .. 

Cette première suppçsitipn le mène à pen-* 
ser que ^ si la cause prédisposante agit assez 
vivement ^ elle ponrnr secde » ' et> «sans acfton 
externe acciclenteUe>» détteininer la mèmd 



"> 



(89) 
fièvre aogiotémqae 9 qui) alors, sera essen- 

fî-àtlo . Fièvre» fâ- 

L^auteur^ dans un tableau détaillé des ca- 
ractères de la fièvre bilieuse , de la fièvre 
muqueuse , cherche à prouver que , si quel- 
quefois les lésions locales précèdent la fièvre , 
souvent aussi Taffection générale se déve- 
loppe Ja première* Mais , dans ces deux cas , 
la fièvre n^est guère que rangiolénie ou irri- 
tation générale du système nerveux ^ avec 
pléthore sanguine , réunie à un embarras gas- 
trique bilieux ou muqueux. 

Les développeméns qu'il donne à Thistoire 
de la fièvre adynamique , dans laquelle la 
tendance des phlegma^^es précédentes qu 
coucomittantes , à une terminaison par gan- 
grène y se présente comme paractèrç , prin- 
cipal et ccmstant, amènent Fauteur, à conr 
dure que la fièvre adynamique est une affec- 
tion générale dans laquelle ,1a vitalité des 
tissifs est modifiée a'un,e , manière particu*^ 
f *ei(^# 

.^ Ainsi ,^ dit^il j|. en terminant , comn^e noui; 
appelons symptomOi^gupa des fiçvres qui se 
déyelo[^ent.sous rinflueuce d^une affection 
locale et déterminée., de mènie il cQuyiept 
de nommer essentielles ^ celles qi:^i parais- 
sent affecter égalemeat toates les pairies 9 
sttivwt leur degré d^ sensibilité , sans, eau» 



/ 



( 90 ) 
locale comme sans altération physique des 

Fièvres e£. tiSSUS. 
•entielleg. 

Le mémoire , coté sous le numéro 8 , a 
pour épigraphe : 

Le mot fièvre , pris dans un sens vul- 
gaire , pour une simple accélération du 
pouls et un sentiment varié de chaleur, > 

devient d'une étendue illimitée, et on cesse 
de s'entendre , si on ne l'applique exclusive- 
ment à une classe de maladies variées entre 
elles et distinguées par des caractères fonda- 
mentaux, de toute autre maladie interne. . 

JPivnL, sn. fièvre^ du Dict. des se. méd. 

Celte épigraphe est le résumé des opi- 
nions de Tauteur. Profondément imbu de la 
doctrine des fièvres essentielles ^ il pense que 
la fièvre est une , qu'elle constitue un état 
particulier de la circulation du sang et de là 
chaleur ; qu'elle est toujours Teffet dTune lé- 
sion des forces vitales , laquelle tient à' utt 
état pathologique d'un organe , ou d'tm 
système d'organes ; mais que ses variétés n*en 
détrtiisent pas 1 essence. Cest en partant de 
ces données , qu'il borne son travail à une 
discussion dans laquelle il prend pour basô 
V examen de la doctrine médicale. 

« La concordance, dit-il, en terminant, 
qnî règne entre cette multitude d'observa- 
tions faites en des lieux divers ^ en différens 



( 91 ) 
temps 5 et chez des individus de tous les 

9exes , de tous les âges , de f empérameus op- ^*^eïk»*** 
posés y de professions diverses ^ par des mé- 
decins qui avaient embrassé divers systèmes ^ 
et professaient des doctrines contraires , 
prouve que la nature a aflfecté à chacune de 
ces fièvres des caractères particuliers qui ser--^ 
vent à les distinguer entre elles et de toute 
autre affection morbide. » 

Uauteur du mémoire inscrit sous le nu- 
méro 9 , et ayant pour, épigraphe cette sen- 
tence d'HiPPOCRATE : Judicium difficile y 
e^t persuadé que personne ne songe réelle- 
ment à nier l'existence d^un ordre de mala- 
dies que Ton doive appeler ^è^r^« essefi" 
tiellçs y mais que la question repose seule- 
mf^nt syxr le mode de lésion qui constitue ces 
affections. Il croit en conséquence que le 
débat actuel peut se réduire à ceci : Les fiè- 
vres dépendent-elles d^une irritation locale ? 
Dès lors , dit-il y il suffirait pour résoudre né- 
gativement la question ainsi posée, de rap- 
porte;r un seul exemiple de fièvre, dans le- 
quel il n^eût existé aucune trace d'irritation 
locale. 

A Tappui de son opinion y Tauteur rapporte 
quelques observations, dont Tune est rela- 
tive à nne maladie caractérisée>?^Mr^ inflam". 



(90 
B matoire par Pierre Frank. A Tonverture da 

^oiitlui!^ corp« , on trouça toute la membrane in- 
terne du ventricule gauche du cœur, deB 
gros et des petits vaisseaux ( aussi loin 
(fuCon ponçait les suivre ) ^un rouge vif. 

L^aoteur , sans entrer dans aucune des 
considérations générales que pourrait présent- 
fer son sujet , et Vârrêtanf à la discussion de 
quelques faits établis dans r<ordre assigné par 
l^auteur de la nosographie philosophique^ 
conclut en disant que Von ne peut mettre 
en doute les fièçres essentielles. 

Tel est, messieurs 3 le précis des neuf mé- 
moires qui vous ont été adressés. Si leur nom- 
bre prouve tout l'intérêt que le public mé- 
dical porte k la question que vous avez po- 
rtée , le talent qui se fait remarquer danii tous^ 
atteste que des hommes exercés à manier 
des sujets difficiles se sont présentés dans 
Tat-ène. 

Peu dé concoui^s, eh effets offrent dès tra*- 
Vau^ aussi recômtnandables ; car toirè coni-^ 
mission né cràht pas d*avàâcër que pi'es^ 
que tous les mémoires font prouve d^uite 
Instruction profonde de la part de leurs au^ 
teurs 9 et que plusieurs de ces ouvrages ren-« 
forment des vues supérieures. 
* Une pareille collection de travaux nous 
avait fait espérer que ilous pourrions vous 



(93) 
proposer de décerner la palme^MaU vos com- easassasasi 

niis5ajre3 j après^ plusieurs réunioDs consa* s^aluetr** 
orées à dels dîscussioD» sur le mérite des piè^ 
ces du concours entre elles, ^ sur leur 
rapport avec It sujet mis en question , ont 
un^imement reconnu qu^aucuu des mé- 
moires n'était encoi>e empreint de cette éper- 
gte de. pensées, et de cet accent de vérité y 
qui y portant à 1^ fois la lumière et la con- 
viction , dissipent tous les doutes , ouvrent . 
de nouvelles voies , et commaiident tous les 
sujSragçs. 

Iffi, rapport que nous mettons sous vos 
yeux , a pu vous convaincre .,< messieurs , 
que si les concurrens ont tous, bien que 
dans des degrés différens , déployé de vastes 
connaissances et fait preuve d'ua jugement 
solide , tous ausçi n^ se sp^t p^ astreints à , 
cette marche rigoureuse que réclame un 
si^jet 4 difficile ; que tous n'ont pas égaler 
ment mis à profit cet esprit de méthode et de 
logique qui procède ayec mesure pour s'é- 
lever de^, faits les {]Jus simples aux proposi- 
tions les plus compliquées ; que tous n'on| pas , 
fait QiQr^çr d'uq pas égal , et les faits de la ^ 
jMTatiqi^e ,, et les inductions de la théorie ; qi^e , 
tous, dans rageneement de l^ur trav^^U» 
n'ont pas sa établir , entre les parties dont: il 
s^ cwiposey ç^ prQpQrtions fi néc^s^fdres 



(94) 

pour que la conviction résulte à la fois de 
Fièvres e«- lous les poîats discatés ; que tous n*ont pas 
vu qa*uae question semblable devait ' se 
résoudre, non par uae^ polémique réglée sur 
les chapitres de tel ou tel ouvrage , mais par 
des mémoires écrits de verve et traités ex 
professa; que tous ne se soat pas rappelé 
que la matière est assez étendue pour n^avoir 
pas besoin de recourir à des digressions plmr 
ou moins savantes 9 mais dont le moindre in- 
convénient est toujours de faire perdre de 
vue l'objet principal ; et que tous enfin , n^ent 
pas également réussi à évitei^, les uns, Tari- 
dité de simples discussions de faits pratiques ; 
les autres , Tobscurité de raisonnemens abs- 
traits. 

Cest au peu de temps que les concurréns 
ont eu pour traiter un sujet aussi grave , aussi 
étendu , aussi difficile , qu'il faut rapporter , 
fi*en doutons pas , messieurs , presque toutes 
lés imperfections que nous avons eu à signa- 
ler. En vous proposant de remettre la ques- 
tion au concours, nous vous demanderons 
d^en fixer la clôture à une époque plus éloi- 
gnée. Par là vous laisserez aux praticiens qui 
ont déjà concouru , la facilité de multiplier 
leurs recherches , de recueillir de nouveaux 
faits 9 et de mûrir encore plus leurs opinions; 
ptsr )i vous donnerez aux médecins , "qui ^ 



( 95 ) 
ne sVtant pas présentés la première fois ^ dé- 
sireraient entrer dans la lice , le temps de g^^ieU^** 
coordonner leurs matériaux et de les distri- 
buer dans un ordre méthodique. 

Et convaincue , par ce que vous avez déjà 
obtenu , de tout ce qu^ vous devez espérer ; 
certaine surtout dés efforts que vous voulez 
tenter pour arriver à un résultat aussi émi- 
pemment utile que le serait pour l'art ^ la 
solution favorable de la question proposée , 
votre commission vous invite à agrandir la 
carrière du concours , en multipliant les hon- 
neurs et les récompenses qui y seront atta* 
chçs. 

arrêté de ta Société. 

., La Société , ouï le rapport de la commis^ 
sipn à laquelle elle avait renvoyé les çiémoi- 
res relatifs au concours sur les fièvres essetï" 
tielles, applaudissant au zè]e et aux talens 
qu^ont montré messieurs les concurrens^ mais 
regrettant^ dans Fintérét de la science, de ne 
pouvoir leur témoigner , d'une manière plus 
implicite 3 l'estime que lui inspirent leurs tra- 
vaux ^ 
Arrête ; 

1 * La question ainsi rédigée : 
Peut-on mettre en doute V existence des 
Jiè»rc$ essentielles ? 



( 96 ) 
Est remise au concours. 

•miuIuct*^ 2* La Société déclare qu'elle laisse à mes- 
sieurs les concurrens , dans le choix et le^ 
développement de leur opinion , la plus 
grande latitude. 

3^ Le prix consistera en une médaillo 
d'or de la valeur de trois cents frahesi 

4"" Mais k Société de médecine , vu l'im-* 
portance dé la matière , décernera , en outre ^ 
s'il y a ^eu, aux mémoires qui auront lo 
plus approché du prix , bavoir : 

Des médailles d'or décent franps, 

Et des médailles d'émulation en argent. 

5"* Le concours sera fermé le trente sep'^ 
tembre 1821. 

Les mémoires , écrits lisiblement , en fran- 
çais ou en latin,' devront ipBTvemVjfrancs^de 
port y avant cette époque, terme de ri-^ 
gueur , au secrétaire général de la Société do 
médecine ^ rue Saînte-Avoi^, n"^ 39. 






OBSERVATIONS MÉTÉOROLOGIQUES 



THERMOMÈTRE 



H- S,oo 

-t- ».>5 

+ '.7S 

+ o,i5 

-j- o,85 

+ 0,90 

+ ».75 

+ 9.>5 



+ 1S.75 
-H ia,i5 
4- io,So 
+ 6,7s 

+ 9,a5 

+ lolio 
+ i3,a5 
+ ifi,i5 
+ 153» 
+ ao,75 



5,4o 



+ 

+ '.90 

+ 3,75 



+ 5.35 
+ 5.75 



+ a,o6 

+ 4,5o 

4- Ï.90 

+ >.75 

+ o,5o 

■+■ o,ï5 

+ 3.!«5 

4- 4,00 

+ . C'So 

-t- 5,.o 

+ '.So 

4- 4,i5 

+ S,6o 



BAHOMÉTHE 



748,4* 
755,08 



7S0..S 
744,64 
76..40 



76.,., 
76».oi 

763,54 
755,44 
747,73 
739,04 
735,46 
755,60 
758,36 
760,7a 
7611,91 
753,13 
757,«4 



755,66 



BÉCAPITULATION. 



75t,of 

747.1 

754,. 

757,44 

758.45 

760,55 

763,58 

763,66 

733,60 

748,8g 

7t4,o3 

75i.7r 

764,5: 

763,73 

764,64 

765,06 

764,0: 

761,61 

;?■•»' 

753,60 
745,75 
738,59 
757,45 
735.97 

758,4 
78". «. 
763.40 

767,.. 
707,04 



7*7.7» 
757.84 



7^3,46 
761,9s 



753,68 
76*,67 
761,8e 

761,74 

765.39 

760,07 

761.36 

759.77 

753,34 - 

7*3,1(7 

7.13,65 
741,57 

755,96 

758,iS 

761,09 

7û".99 
7.^5,sS 
756,5n 



L^jevation moycuoe. ,-, • . 
PIiw sranii Ji^-tk. chaleur. 
Moindre degré dvcfaaleii'r' 



cnnr ia,93. — Uli. d«l'Ob». 



«6°,75 le 3 

5 5o le 
'6,73. 



FAITES A L'OBSERVATOIRE ROYAL DE PARia 

MOIS DE MARS 1820. 



O 

a 



1 

3 

3 
4 
5 
6 

7 
8 

9 
10 

11 

12 

i3 

i4 

i5 

16 

»7 
18 

ï9 
20 

ai 

22 

a3 

24 
25 

26 

2' 

li 

3o 
3i 



:^ 






n 
»< 

C5 
O 
H- 



92 

55 

64 

43 

55 

60 

70 

64 

60 

61 

68 

69 

47 
65 

7» 

52 

57 
5i 

49 

37 
70 

88 

64 

70 
66 

52 

65 
60 
Si 
5i 
61 



VENTS. 



VARIATIONS DE L'ATMOSPHERE. 



61 



5.-0. 
N . O f. 

'Nf. 
Nf. 
Nf. 
Nf. 

N.. 
N.-E. 
M.-E. 

S. 

S.-E. 

S.-E. 

S.-O. 

S.-O. 

N.-O. 

N.-E. 

N.-N.-E. 

N.-E. 

N.-E. 

N.-E. 

N. 

O. 

S.-0 fort. 

S.-O. 

N.-O f. 

O. 

S.-O. 
S.-O. 

S- 

S. 

o. 



Couvert, brouill. , pi. fine,couv. 

PI. fine , lég. brou il. et neige , nuageux , id. 

Couv. , neige fine , couv. , par Int. ^ neig. , b. cieU 

Bean ciel , nuageux , id. 

Couv. y.brouill. , id. t beau oiel. . . 

Nuagenx, broail. , id. , couv. 

Couv. , brouil. « id. , nuageux. 

Id. , grésil • quelq. éclaircis . îd. 

B«au ciel , biouil. , id. » très-beaa ciel. 

Id. , nuageux , id. 

Id. y beau ciel , id. 

Très nuageux , brouil., nnagenx trèt-oonv^ 

Id. y id. , beau ciel, pi. i 5 h. 

Lég. nuages , brouil. , id. , couv. par interv^ 
PI. , brouil. , couv. , brouill. y couv, 

Lég, nuages , beau ciel , id. 

NuH^eux, brouil. , nuageux , 'très^x>av. 

CbuV. , bronil. , id. , id. 

Trcs-duageux , broaU. , couv. , naageox. 

Très-beau ciel , lég. vapeurs ^ lég. nuages. 

L<^g. nuages-, brouil., nuageux , oouv. par interv. 

Cony.^ , lég. brouil. , pi. lég. brouil, nuageux. 

Ti-ès-nûagenx , couy. , pi. par intery. 

Id. , id. , id. \ 

(d. , id., nuageux. 

Nuageux , brouil. , gl. , très-unageux , coQy« 

Id. , pet. pi. , couv. par int. y nuageux. 

Id. , id. , lég. vapeurs. 

Id., et brouil. , beau ciel, id. ' . "^ 

I(i. , lég. nuages , nuageux. 

Id. , id. , id. . 



^ RÉCAPITULATION. 

Nombre de jaffs beaux.. .. 23 Jours dont le yo»l a souffla 

de couverts. .... 8 du Nord... 

de pluie 7 N.-E... 

de vent Si £.....'• 

de brouillard... 23 S.-E... 

dégelée i3 S 

déneige i S.-0. .. 

de grêle ou grésil 2 - O 

de tonoerre .... o ' N.-O. . • 



7 
6 
o 

2 

9 

7 
3 

9 



folf. 



y 



(99) 



11 
i 



OBSERVATIONS EXTRAITES OES JOUR- 
NAUX DE MÉDECINE. 



Mémoire sur les ruptures du cœur; par 
M. RosTAN, médecin delà Salpêtrière. 

Une femme septuagénaire paraissait manifeste- 
ment atteint^ d'une affection organique du cœur; Hupiaredic 
au moment où l'on y pense le moins , elle expiré. — - 
A l'ouverture du corps I «le péricarde fut trouvé 
distendu et de couleur violette : incisé en 4édoIant « 
on reconnut qu'une très-grande quantité de sang 
coagulé était cause de la distension et de la couleur 
de cette membrane. Le cœur ayant été nétoyé avec 
les doigts (mieux eût valu^ sans doute, à grande eau 
dans un baquet), M. Rostan aperçut à sa pointe^ 
et un peu à sa surface antérieure , deux fissures irré^ 
gulières, dentelées, dont l'une était longue d'un 
pouce, et la seconde de trois ou quatre lignes seu- 
lement ; elles étaient distantes l'une de l'autre d'^n 
demi-pouce. • . L'ouverture communiquait avec te 
ventricule ga^iche , dont les parois vers cet endroit 
n'avaient que deux lignes environ d'épaisseur, tan-^ 
dis que, vers la partie supérieure, elles avaient plus 
d'un pouce de diamètre* » 

Une femme de soixante-quinze ans, maigre, . 
pâle, d'une faible constitution , expire subitetnent, 

T, ']% diiia Col, 11* d0 la a* Sé* Juillet. 7 



( Ï<H> ) 

sans avoir paru âtre malade. « L'ouverture du corps 

Rupture fit reconnaître le péricarde distendu par du sang 

u cœ r. ooagulé , et une seule ouverture irrégulîère située à 

la pointe du ventricule gauche» et communiquant 

avec cette cavité. » 

Un troisième cas présenta» avec les précédons » la 
plus grande analogie. 

Une (emme de DQixwti^^di^buit ans » pré^édetn* 
mbnt douée d*un^ forte constitution » mais valélu^ 
dinaire depuis quelques mois^ à la suite d'une 
chute» et paraissant n'avoir qu'un rhume téger» 
mdurt subitement* «Le péricarde était distendu et 
violet. Après l'avoir incisé » et avoir détergé le cœur 
du sang dont il était entouré» M. R. reconnut 
vers la pointe du ventricule gauche et à la face an- 
térieure » deux fissures irrégulières , dont l'une 
ioiigue de sept à huit lignes , noire » paraissait pro* 
fonde » et la seconde » plus longue » paraissait êtr« 
superficielle ; la première communiquait dans le 
ventricule.» 

\ M. RosTAN avait fait lier tous les vaisseaux et 
détacher le cœur avec son enveloppe» conservée in- 
tacte» pour faire juger de l'intégrité du péricarde à 
la Société de ta Faculté de médecine , et faire voir 
que ^ s'il existait une rupture du cœur» elle ne pou- 
vait être que spontanée; mais, malgré la presque 
certitude de l'existence de cette lésiou , la crainte de 
s'exposer à une méprise aussi publique » Ta déter- 
mine à examiner la pièce avant de la présenter. 
Quelle honte y aurait-il donc pour un médecin plein 
de candeur et de modestie , à reconnaître publi- 
quement son erreur , s'il avait énoncé ses vues «vee 
«ne sage réserve et sans aucune jactance ?) 



( lOl ) 

. Une femme âe soixante-quatorze ans éprouvait ^ 
ijlepuis quinte ans environ» une douleur intolérable Eupturedu 
dans le oôté gauche de la poitrine , et dans l'épi- ^^^'* 
gastre; cette douleur s'étendait dan9 ta région dor- 
sale * ou elle se faisait sentir profondément et re- 
venait par intervalle ; le décubitus occasionait de 
la suffocation. Cette femme était sujette à de fré^ 
•quentes syncopes « qui survenaient à la suite de 
fortes palpitations.; spn somnaeil était léger; elle 
-s'éveillait souvent en sursaut > mangeait beaucoup , 
et était douée d'unie grande mobilité. -^ A la suite 
d'une indigestion , voniissemens et douleurs à l'épi- 
•gastrequi la forcent à etttrer,à l'infirmerie. — Mort 
subite, ( an nofoment où elle se sent rétablie. 
' « Après avoir enlevé le sternum « le péricarde 
parut irrégulier à sa surface et adhérent au cœur; 
en le .soulevant , il fut facile d'apercevoir du sang . 
épanché dans sa partie postérieure. Ouvert avec 
, "précaution , il fut trouvé adhérent ^' cœur« non 
pas immédiatement , mais au moyen de plnsieucs 
tsouches albumineuses plus ou aK)ins dures : ces cou- 
-ches occupaient la face antérieure dti eœur. Pour 
voir d^où était venu le sang contenu dans la partie 
postérieure» il fallut. détacher cette concrétion $ par- 
venu au tissu du corar , on aperçut une rupture 
irrégulière et langue d'un pouce et demi. Il était 
aisé de voir que cette ouverture était récente ; mais 
au côté gauche de cette fissure , dans l'étendue de 
cinq ou six lignes dans tous les sens , la substance 
du cœur était détruite et remplacée par une con- 
.crétîon fibrineuse , absolument seàciblable à celle 
qu'on rencontre dans les poches anévrismales des 
gros vaisseaux , laquelle paraissait se confondre 
avec le tissu du cœur. D^ailleurs le ventricule était 



( 102 ) 

■ES^mihci dans cet endroit et épai^î partout ailleurs. 



Rupture du Une chose qui paraît bien remarquable 9 c'est que 
la rupture ait eu Heu i non pas sur la partie an* 
ciennement ' altérée , mais bien dans un ^endroit 
voisin. La densité de la partie fibrineuse devait 
être bien grande , et son adhérence bien solide. . • 
Il n'est pas douteux , d'après l'aspect dé l'altération 
locale , et'd'après les symptômes que cette femme . 
éprouvait depuis quinze ans , que la perte de subs- 
tance du cœur n'ait une date fort ancienne ; et que 
la femme en questbn n'ait dû la prolongation de 
son existence au tampon fibrineux développé dans 
cette ouverture « et à l'adhérence de cette partie 
avec le péricarde antérieur correspondant* » 

Cest dans l'hiver dé 1816, que M. R. a obsefvé 
l^s trois premiers cas de rupture du ventricule 
gauche du cœur /et cette années il a rencontré deux 
fois la même lésion dans l'espace de quinze jours. 
Voici la réflexion judicieuse qu'il fait à cette occa- 
sion, ce Les médecins qui exercent leur art dans de 
vastes étahlissemens , peuvent avoir observé comme 
moi , dît«-ily que les maladies les plus rares se pré- 
sentent quelquefois dans un laps de temps fort court, 
en nombre assez considérable 9 et qu'on restait en** 
sufte un temps fort long sans rencontrer la même 
affection. (i^Toi/f^./ozir., n^ d'avril ^ p. 2650 



(io3) 

Mémoire sur le traitement des maladies 
aiguës chez les gens adonnés à Vusage 
du vin et des liqueurs alcoholiques ; par 
M. Ghomel 3 médecin attaché au service 
de la Charité. 

Un homme de 70 ans , adonné au vin j entre à 
rbôpital de la Charité au douzième jour d'une péri- Maladi€« 
pneuQaonie bien caractérisée » pendant laquelle ^'S^^* 
il n'a cessé de boire chaque jour une bouteille et 
demie de vin pur , sans qu'il ait paru en résulter 
aucun mauvais effet. — Un traitement méthodique 
fut mis en usage , et, dans l'espace d'un petit nom- 
bre de jours , le malade entra en convalescence • 
son rétablissement fut un peu long. 

ce Ce fait me frappa vivement , dit M.Chobjiel; 
ma première pensée fut d'admirer la puissance de 
la nature, qui, dans quelques cas, résiste à la fois 
à des maladies graves et aux moyens les plus pro- 
pres à les aggraver encore. Mais» ensuite j je ne pus 
m'empècher de me demander ce qui serait arrivé à 
ce malade , s'il eût été soumis à la méthode ordi- 
naire, aux saignées , et aux boissons aqueuses. Il ne 
me paraissait pas démontré qu'il eût été guéri par 
cette méthode 1 et il était bien certain que l'emploi 
du vin à haute dose n'avait pis mi^ obstacle à son 
rétablissement » en admettant qu'il n'y eût pas 009^ 
tribué. >» 

Vers la^ même époque « un autre ivrogne de cia- 
quante ans, atteint d'une péripneumonie intense, 
entre à l'hôpital dès le deuxième jour, de sa ma^ 



\ 



( 104 ) 

ladîe. Il est traite par la méthode ordinaire , les 

Mniadifs saignées* et lejs boissons adoucissantes;; les sjrnip» 

tôines Vaggrâvent ; large vésicatoire sur la poitrine, 

remèdes expectorans : la maladie fait des progrès et 

se termine malheureusement le dixième jour. 

«^ . ■ • 

Plus tard y un homme de vingt-neuf a|is ^ d'tf ne 
bonne constitution , journellement plongé dans Ti- 
vresse, est atteint d^une péripneumonie violente avec 
inflamraa(tion du péricarde. Méthode de traitement 
antiphlogistique, saignées, boissons adoucissante», 
oxjrmellées : mort au neuvième jour. 

tt Ces faits , et plusieurs autres que j'ai observé» par 
moi-même , ou qui m*ont été rapportés > m*ont porté à 
reconnaître avec la plupart des médecins qui se sont 
occupés de séméïotique, que les maladies aiguës qui 
lurvieonent chez les ivrognes sont généralement 
mortelles ; mais , en même temps , ils m'ont conduit 
à rechercher lés causes de cette mortalité , et les 
ïnojens de la diminuer. 11 m'a semblé que les ma- 
ladies dont sont attaqués les gens adonnés à l'u- 
sage du vin et des liqueurs alcoholiques , n'étaient 
pas traitées convenablement ; qu'on n'apportait pas 
, Assez d'attention au danger d'interrompre subite* 
ment une ancienne habitude : j'ai pensé enfin , qu'en 
accordant à ces malades une quantité déterminée de 
vin pur ou mêlé aux autres boissons , et même en 
leur permettant une certaine dose de liqueur alco- 
holique , on parviendrait à obtenir , dans le traite- 
ment de leurs, maladies , des résultats plus avan- 
^ tageux. 

n Persuadé qu'avant d'essayer une méthode - de 
traitement qui n*a pas la sanction de {'expérience^ 
on ne^a^aurai^ réiuiir trop: de donnëes sur la- valeur 



i 



( »o3 ) 

^ei moyens qu'on .abandonne « et de ceux qu*on se 
prppose de leur aubsUtuer ; j'ai voulu oqiuiaitre . Matodio» 
d^une xnani/bre précise « et d'après des résultats nu- 
mériques p jusqu'à que( poinl \e^ maladtes aiguës sont 
plus fâcheuses, chez les ivrpgnes que obefli les au« 
très înd^yidus^ les unsi et les loutres étant traités par 
la même méthode^ J'ai pris pour, point de oonsparai^ 
^on la périgneumonie , parce que cette affeotipu 
est fréquente , ^qu'elle peut se termiper par la mort 
comme par le retour i la santé, et qu'elle est, chez 
presque toua les individus , traitée pat des nkoyens* 
sinon entièrement semblables , du moins fort ana*? 
logues» On sait que» parmi les diverses professions » 
il en est plusieurs dans lesquelles l'ivrognerie e^t uo 
vice si général , qu'on peut , sans exagération , le 
çpnsMlérer comn^e eststant chez les neuf dixièmes 
des individus qui les exercent. Tel est le métier de 
marchand de vin* de tonnelier » de i^eher, dexhar^- 
retier; or, voici quels ont été les résultats de mes 
recherches* 

» Sur cent trente-quatre individus qui ont été 
traités de péripneomome aiguë à l'hôpital de laCha*» 
rite j dans l'espace de quelques années , il s'ien est 
trouvé douae exerçant une des quatre professions 
>qui viennent d'être indiquées t et ceht vingjt«deiiz 
exerçant des états différens« Parmi les psen^iers , la 
mortalité a été de deu^i^ tters (huit étir donae); 
parmi les seconds , elle ne s'est pas élevée au .quart ; 
elle a été de vii^t-huit sur cent vingt-deux : encore 
est-il à qbserver que, parmi ces derniers, lapro'* 
portion des morts a été bien plus considérable 
dans les états qui fournissent plus d'ivrognes que 
dans ceux où la tempérance est moins rare. Ainsi, 
|»rmi les portefaix et les > comimissionnaires:, le 



( îo6 ) 

nombre dç3 diécès a été pfësque ëgal à celui iei 
•îgHës. SuérisoTis^; ttnâis que , parmi les tailleurs , les ma- 
nœuvres 9 les foouVangers, la proportion des' morts 
n'a pas dépassé le sixième , ou fout au plus lé quart* 
n De tels résultais: ne pouvaient pas me laisser de 
toutes stir la terminaison fâcheuse des maladies 
aiguës des ivrognes 9 traitées par la méthode ordi-^ 
naire : le raisonnement me conduisait à admettre 
que l'usage du vin pouvait et devait leur être avan- 
tageux» et quelques faits me confirmaient dans cette 
opinion... V. Trdpde motifs me portaient à per^^ 
mettre le vin aux ivrognes atteints de maladies ai-* 
gtiës , pour que je laissasse échapper l'occasion de 
lé faire lorsqu'elle se présenterait. » 

Un homme de cinquante âns^, d'une constitution' 
robuste , cocher de profession » mangeant peu , bu- 
vant beaucoup (de deux à quatre litres de vin par 

\^ur^ avec quelquefois une demi-bouteille d'éau- 
de-vie), est atteint d'une péripneumonie aiguë» 
pendant le cours de laquelle il prends chaîne y aur ^ 
quelques bouillons et environ une pinte de yin. En- 
tré à l'hôpital de la Charité , au quatorzième jour « 
o^ prescrit une saignée de huit onces, l'infusion des 
fleurs pectorales avec un tiers de vin , et deux tasses 
dé vin pur. An^Uûration sensible daiis l'état du 
malade. —^ Le lendemain 9 trente sangsues sur la 
poitrine ; un vomitif à raison des signes d'embar-f 
ras gastrique, continuation des mêmes boissons.* 
Sous ce régime 9 la maladie se térniiney mais le 

. rétablissement est lent , comme chez le sujet de la 
première observation. {Nouy. four. , 1»" d'atirii , 
p. 281.) 
.M. Chovel a raison d^ regretter de n*avoir qun 



( 107 ) 

deux faits directs à apporter à l'appui de sa doC" 
triae^ Deux malades sont atteints de péripoeumanie . ^^^^^^^ 
aiguë, et arrivent au douzième et quatorzième jours 
(ce qui, après tout, ne suppose pas une grande in<^ 
tensité dans la maladie ) , sans avoir cessé de boire 
du vin y et sans avoir supporté d'émissions san<^ 
guines. A peine iidmis à l'hôpital , on leur fait une 
saignée » on applique en outre trente sangsues à l'un ^ 
d'eux; le premier , auquel on ne donne que des 
boissons adoucissantes 9 entre en convalescence} 
son rétablissement est un peu len^ ; le second 
joint aux boissons adoucissantes une petite propor- 
tion de vin ; cbez lui aussi » le rétablissement cona* 
plet fut un peu lent , comme chez le sujet de la 
première observation. Il faut être bien pressé de 
conclure , pour le faire sur deux cas semblables. 
M. GaoMEL attribue la guérison des deux malades 
eu vin qu'ils ont bu : ne pourrait-on pas^ avec tout 
autant de logique • dire que , sans la saignée qui lui 
a été faite au douzième jour, le premier malade^ 
aurait fort bien pu périr, malgré la bouteille et 
demie de vin pur qu'il buvait chaque jour ; et qiie 
le second , qui ne se trouvait pas trop bien au qua* 
torzième jour , de la pinte environ de vin qu'il bu- 
vait aussi ^ a d& son salut à la saignée, et aux trente 
sangsues , autant qu'au quart d^ vin ajouté à l'infu- 
sion de' fleurs pectorales et aux deux tasses de vin ? 
— 'Ne pourrait-on pas présumer que tant de gens du 
peuple ne succombent à la péripneumonte , par 
exemple, que parce qu'ils laissent passer les pre- 
miers jours sans appeler du secours ; tandis que , 
si la maladie était vigoureusement attaquée, dès le 
début 9 par de fortes saignées générales , et l'ap- 
plication de nombreuses sangsues sur les parois dé 



( io8 ) 

■5» la poitrine correspondantes à Tendroit doulourdox , 
Malidicf la marche de rinflammatîon palmonaire serait ar- 
rêtée 9 et les soins ultérieurs donnés dans les hôpî- 
iatix seraient moins infructueux ? — Du moins ^ 
puis-je opposer aux deux faits rapportés par M. Cho- 
mEL en faveur de l'usage du vin chez les ivrogiies 
dans la péripneumonie ^ dei^ autres faits que j'ai 
observés, il j a quelques mois, chez deux ivrogHiCS 
bien caractérisés. Appelé au déclin du second }our 
chez l'un des deux, et au troisième jour chez l'autre» 
tous les deux ajant ba du vin depuis le commence- 
ment de leur maladie , fai prescrit chez le premier 
une saignée de près d'une livre, et l'application 
immédiate de trente sangsues; chez le second, deux 
fortes saignées ont été faites , à don^e heures' d'in- 
tervalle; puis vingt-cinq sangsues, et, plus tard , im 
vésicatèire ont été appliqués sur la poitrine. Fën- 
dant quatre ou oinq jours , ces deux malades n'ont 
pris que quelques bouillons , de» bbissons adoucis- 
santes , et point de vin ; mais oomme la violence 
<de la maladie était domptée, et que la convalescence 
fut prompte , je ne tardai pas à les remettre à un 
Tég^ni9 phis substantiel, et à l'iisage modéré du 
vin , beauràup plustât , toutefois , que je ne l'aurais 
'fait chez des personnes moins adonnées à en boire. 
— Depuis lors, une pleurésie bien prononcée a eu 
lieu chez un grand buvenr aussi ; Tattaque'a répondu 
à la vivacité du début de la maladie i qui fut promp- 
tement vaincue, et le vin ne repartit que dans in 
convaièscencef 

. Je le répète, si Von attaqu^dit plus énergique- 
ment les pblegmasies de la poitrine par les saignées 
généi^ales et locales , suivies, an besoin, de l'emploi 
des vésicatoiret , chez les malades de la classe des 



( 109 ) 

àTtisans; si ceux-ci se présentaient de meilleure 
heure dans les hôpitaux , on aurait moins de non Maladi< 
succès dans le traitement de ces maladies , et l'on ^'1»^^' 
pourrait fort bien, et avec beaucoup d'avantage» em- 
ployer , dès l'instant de la convalescence commen- 
çante f le vin pur et même les boissons alcoholiques 
dont les malades auraient contracté l'habitude* 

Toutefois , ne sojons pas exclusifs , et reconnais- 
sons la justesse de cette remarque de l'auteur du 
mémoire^ « que permettre à un individu adonna au 
vin , la dixième partie de ce qu'il en prend habî* 
tuellement , c'est en soustraire les neuf dixièmes , 
et parconséquent l'affaiblir plutôt que l'exciter : le 
vin à une action tonique et stimulante ; mi^is cette 
action > comme celle de tous les autres moyens 
thérapeutiques » n'est pas absolue « mais relative. » 

Du reste , l'auteur renonce à la prétention d'a« 
voir proposé un moyen nouveau , et convient qu'il 
ne fait qu'appliquer à un point de médecine pra- 
tique un précepte général / émis parles premiers 
maîtres de Tart, et répété depuis eux par un grand 
nombre de médecins ; savoir, qu'il faut^ dans l'ét^ 
de xnàladre « comme dans l'état de santé , respec- 
ter jusqu'à un certain point les habitudes , fussent- 
elles plus pernicieuses encore que celle dont il est 
ici question (p. 291.) 

Nous ajouterons aux observations que nous noua 
sommes permises sur le mémoire de M. Ch. , qua 
notre confrère a^ parfaitement choisi son terrain^ 
en prenant pour exem^ple la péripneumonie. Il lui 
eût, sans doute, été plus difficile de soutenir les 
avantages de son système, s'il eût prétendu en fair» 
l'application à la gastrite 9 à la péritonite , à l'enté-» 
xite. 



Note sur la grenouillette; par M. le 

baron Larreï. 

L'autear retrace en peu ^e mots la nature véri- 
Grenoailf; table de la tumeur aublinguate , nomm^ grenouil" 
JeU0 ; ï\ jette un coup d'œîl sur les divers procédés 
proposés pour en procurer la guérison ; condamne 
le procédé préconisé et nîis en usage par li^. Dir- 
purTREN (voy. les numéros dé février i8ïd y p. a54 
et avrii 1820 f p. 97)9 et conclut que le moyen qui 
lai a paru le plus sûr , le plus simple et le plus effi- 
cace, est la cautérisation par le cautère actuel , avec 
les modifications qu'il y a faites, ha principale con- 
siste à traverser la tumeur d'un côté à l'autre avec 
un cautère cultellaire fait exprès et rougi à blanc. 
On protège les parties voisines de la grenouillette 
et les commissures des lèvres , à l'aide de plaques 
iminces en bois , que l'on fait tenir par un aide , 
tandis que le chirurgien traverse d'un seul coup 
Voûte l'épaisseur de la grenouillette , et que » por- 
tant au même instant le cautère en avant , il brûle 
toute la paroi antérieure du kyste. Par ce procédé , 
tout le foyer de la maladie est mis à découvert ; la 
paroi antérieure est détruite , et le reste des feuil- 
lets membraneux qui ont échappé au fer rouge, s'en-^ 
jQamme et s'exfolie successivement ; les oriBces des 
canaux se retractent et adhèrent fortement ; enfin 
la cicatrice s'opère , reste déprimée , et le majade 
est guéri en très-peu de jours , sans être exposé à 
des récidives Ç^Nons^. jour: f n" d'avril, p. 292). 



•♦ 






( m ) 

Mémoire et obsen^ation^ sur quelques 
points de doctrine relatifs aux sym- 
pathies pathologiques des membranes 
muqueuses abdominales ; par M. J. J) 
Lasserre, D. m. V.p à Somme f (^Dor- 
dogne.) 

« Le but que se propose Tauteur de ce travail, est 
de prouver que non-seulement il est des cas dans pathoîogiq!* 
lesquels les membranes muqueuses abdominales 
peuvent être affectées en même temps que d*autre9 
parties de réconomie, piaîs encore que souvent le 
retour de ces membranes à leur état naturel est in« 
idispensable à la guérison d'autres maladies dont la 
terminaison , sons l'influence du traitement qui cou- 
vient aux lésions de ces membranes ^ indique évi* 
demment la sourde où elles ont pris naissance. » Ce 
travail est presque entièrement composé d'observa* 
tions dont je vais donner une analyse succincte. 

Une femme de trente-quatre ans, brune, d'ua 
caractère Irès-vif, ayant perdu la majeure pfirtie 
de ses dents à la suite de couches laborieuses t 
éprouva d'abord dans les membres des dopleprs va- 
gues, qui furent considérées comlne rbumatis* 
maies. Plus lard , ces douleurs se présenièrent avec 
le caractère de névralgie dans toute la partie^ gau- 
phe de la tête. M. LÀsss&aE reconnaissant, à des 
signes non équivoques une atonie dû canal alimen- 
taire et particulièrement de l'estomac , parspUe da 
défaut de mastication suffisante des alimeas et du - 
travail plus grand qui en résultait pour que ce der- 
BÎer organe pût leur faire subir le^ pir^parations 



(na) 

digeHives convenables , prescrivit succeesivemenf 
Sywipaibie» „jj vomitif d'ioëcacuanha , un iarxatîf dou* et une 

potbologiq. "^ 

)x>is8on amère et stomachique* Bientôt sa langue 
reprit la couleur naturelle propre aux mêmbi^anes 
muqueuses dans l'état de santéj l'appétit recouvra 
peu à peu son tjpe babitael ^ et les douleurs sym* 
pathiques , fixées sur les ramifications du nerf tri- 
facial, disparurent pour ne plus se faire sentir. 

tTn jeune homme, blopdf habitant une rue étroite 
et toujoui's hûftiicle $ dans la partie basie d*iin bourg 
aîHié près d*un ruisseau , ressent des douleurs d'appa- 
rence rhumatismitle dans la région du sacrum, puis 
de l'aidé gauche, dans toute Télendue de la cuisse 
éhsi cdté. M. L* , trouvant une décoloration totale de 
iapeancot^ixie d^ns le t>tèmier degré delà chlorose, 
la langue blanche, parfaitement nette, comme étio- 
lée , Iti'bôucke p&tiei^se , sans goût d'àmëhumé , avec 
' insoticiance, découragement, ventre ballonné, ré- 
aolinant comme dans la tympanitè, borbbryjgmes , 
constipation , digestion pénible, etc., etc.; n*bésîtà 
pas à regarder le dérangement des fonctioôs de ta 
membraiie muqueuse digesiive, cômaîè la cause pre- 
iDftièredëtous 6eé sytiipiàîxxei fâcheux; et par une'tn* 
£kience ëympathii|ue; deâ douleurs nerveuses t^efoeKe^ 
qui tourmentaient temaladeé — Le traitement fut di- 
rigé d'apirès eette= idée. Un vomitif avéb l'ipéca-* 
cu^nhay quelques laxatifs doux , puis un put*^atif pluà 
actif, et une décoction tégèré de gentiane furent 
preserits; et, commîe îe dit M. L., l'effbt't^asàa sei: 
espérances; la douleur névralgique di^ài^u! sans 
retour, l'appétit revint et augmenta^ Véikt géné- 
ral s'améliora sensiblement, bt en di^-sépt jourk dé 
ce traitement le jeune homtiie avait reûbuvté Une 
santé parfaite. • «. • ''•^ • 



(ii3) 

. Nous venons de voir uQe atonie , un dérange' 

meat notable dans les organes digeslifs et l'exercice Syjnpailuej 
, ,' „ . f*. ® -. _. paihologiq, 

de leurs fonctions i produire sjmpatlitquemenjt des 

douleurs nerveuses d'apparence rhumatismale « re- 
Jbelles à tous les traiteinens locaux» se dissiper par 
jiayomitif.,. quelques laxatifs et l'usage des boisons 
amères. Voici maintenant des exemples de pblegma- 
aies gastro-intestinalesi qqi produisent sympatbique- 
xx^f^t des maladies variées., lesquelles disparaissent 
.4è& qu'un traiiemem^t approprié à l'état d'irritalioo 
4u tube digestif est mis en usage. 

Une ^mme de trente^^ix ans se donne une gas- 
trite par l'abus qu'elle fait dti vin pendantune gros^ 
sesse ;;..,• à la suite des couches, elle est affectée 
d'aaasarque^ On prodigue en vain les diurétiques 
et les plus violens. purgatifs. L'état de la malade 
paraisai^t, désespéré • M. L. pensa avec raison que 
s'il était un mojen de conduire cette aCTection à une 
.terminaison Jbeu^euse, ce ne pouvait être qu'après 
a^votr çalmé les symptômes de la gastro-entérite. En 
^ conséquence D il fit pratiquer, des mouchetures aux 
:fc^atii0na des ipA^iibref abdominaux pour remédier 
»au qri|&plâiBB»4oa^nant ,.ia suffocation , et il mit Va 
BMiad# A rttsàg0.d9^décj9fitîans de graminées y légè. 
nement nitvées «. et rondui^s mucilagiaeuses par l'ad- 
dilion deU ^aotme^ad^reigsUAte. Telles furent les bases 
,da t^ibMiiént 49114; le résultat fut si heureux que 
l'«nflsm!q«e se: dissipa , la gfl(slro-^ntérite fut com- 
plèlemânt'guépiei etila malade téiablie dans.un état 
de santé parfaite en tKmt d!un mois. < 
.. Il en fut de mêmç che^:une jeune fille de quinze. 
ans qui , at teinte, d'ube, entérite chronique, vit ^ se ) 

* déclarer une hydropisie.ascite avec anasarqiie des 
S?» *j%d9ta^ C0L il* de la u'^ Sér. JuîUei, 8 1 



( "4 ) 

membres inférieurs. Un traitement à peu près sem- 
Sympathies blable fut mis en usage , et eut un résultat aussi 

palholociq. , ° 

neureur. 

« N'est-il pas évident , dit M. L., qu*on se serait 
en vain obstiné à traiter ces malades par les diuré* 
tiques et surtout par les purgatifs, tant que la phleg- 
masie» qu^je ne balance pas à regarder comme hi 
cause directe de rhjrdropisie , aurait subsisté? D'un 
côté , l'action des reins aurait toujours été contre^ 
balancée par l'irritation fixée sur la membrane mu- 
queuse, et de l'autre, tout ce qui aurait tendu à 
provoquer l'action péristaliique dés intestins, aurait 
augmenté Tinflammation de cette membrane et 
maintenu là peau dans cet état de constriction qui 
' en rend les pores imperméables à là transpiration. 
Le même raisonnement n'esbsil pas applicable au^ 
sudorifiques , ainsi qu'aux diurétiques et même àuk 
purgatifs? » 

Une femme qui était atteinte dHme ^astrfte sôb* 
aiguë , qu'exaspérait l*usage du vin , ressentait en 
inéntre temps les douleurs d'une névralgie sciatiquet 
contre laquelle les moyens les plus rationnels furent 
$âps succès jusqu'à ce que > par un régime exti'êode-v 
ment sévère, des boissons adeucissantes et gom* 
meusès , la phlegmasie de la membrane muqueuse 
gastrique se fût dissipée, et avec elle la névralgie* 

De même, aussi , un homme très-adonné au vin, 
affecté d'une névralgie «ciatîque , ayant ta tangue 
arouge, ëprq^ivait habituellement une soif ardente 
qu'il cherchait inutilement à apaiàer avec du vili , 
mangeant peu , digérant mal , n'ayant que de» éva- 
cuations alvines r^res et composées de matières 
sèches et dures , vit en trois semaines disparaître la 
d<»ttleur de sa jambe f la soif ne le toilnifteata plus 9 



> 



(115) 

Pappétit lui retint, etc , dès qu'il eut, pendant ce laps 

de temps, renoncé absolument à l'usage du vîii pour Symp«thi« 

tout traiiement. , » 

<c Je pourrais, dit M.L., beaucoup augmenter la 
nombre des faits de ce genre ( nous n*en avons ana- 
lysé qu'une partie) si je voulais rapporter tous ceux 
que j'ai été à même d'obàerVer ; mais je pense qu9 
ce peu sufBt à mon sujet. Je pourrais , par exemple » 
Consigner ici diverses ophtalmie» « de»- douleiirs 
même tt^s«intenses dea tégun^eaa du ^cWlne , de* 
crampes d»ns les ddgts et dans les orteil»,* des otftl- 
gies , des otites aiguës et chroniques , qui ^née» son» 
l'influeûcë d'une cause identique t ont oédé «lae 
snémes moyens thérapeutiques des membranes mcH 
queuses abdominales > après avoir résisté pour la 
piiipatt au traitement auquel on les voit céder dans 
les èas ordinaires. ( Joum. urUi^rt. ^' de juin ^ 






•Il 



Polypes fibreux utérins , opérée par ^ ^ 

M.DUPUYTREN. ;^^ 

.... . , . .4« : . 

« I/extrépiité inférieure de deux ix^9^^JB9^j^ Polypai ft 
fibreux développés dans le vagin de dem^ femmes » l>reas* 
étant ulcérée et donnant lieu à des écoulemens pu- 
ruiens et à des pertes , avait fait méconnaître la na- 
ture de la maladie, et commettre des erreurs graves 
de pronostic. Chez les deux malades^ les polypes , 
après avoir été amenés au-dehors , ont été enlevés 
par excision de leur pédicule , et chez aucune il n'y 
jt eu d'écoulement de sang, ni, pendant ni après 
l'opération. Toutes deux ont été guéries ep. quelques 



(u6) 

jours et jouissent maintenaot d'une parfaite sautté. 
( Bull, de la Foc. , »" IV. — 1820, ji. i35. ) » 



9SS- 



r 

Calculs prostatiques. 

2» « ii 9 <».4 TJixin4lade«i âgé da quarante-un am^ apràa 
ÇalcnUprof* avùir. séjourné dana/i/M^ÂeiAn*. hôpitaux 9 vint enfin 
utiquc, à, lŒLôiel-rDieu pour se faire traiter de plu^hurs 
fistules qu'il partait depuis plusieurs années au pé^ 
sînée. M. SuPUYTBrKN souda oe» fistules et renQf»«* 
tra^des <:orps étrangers qu'il annonça être des calr 
euls ; le inaludie fut eler* soiMié» et ces mêmea caU 
eiik furent :d}d Ddut^eau sentia, non pas dans Tinté*- 
xiwv ,de . Investie , mw d^jas le. tissu même de, l^ 
prostate. Ce malade fut opéré, les calculs JTurentje^r 
^aits> lis étaient au nombre de douze pourvus de fa- 
cettes et articulés. M. P^^ fut flïème obligé d'inciser 
la prqata^ en {différentes directions, pour pouvoir 
les dégager et les extraire tous» Le malade n'éprouva 
pas le moindre accidèût , et tortit de Thôpital par- 
faitement guéri ( ibid, ). m —Les calculs analysés par 
: lii/t'aiBi^kiiD se sont trèuf^és composés de 86 par- 
ties dé ][>hos)i>lïate de éhaux^ i3d6 matière animiilet 
dtf qàelquë^ ti^aCeà de carbonate de c!ieux. 



Calculs urinaircs. 



Cdh wUxknm Le même professeur a retiré de la vessie d'un 
"* " ^*^ hommei par ropération de la taille aa haut appareil. 



C"7) 

deux énormes calculs de Forme prismatique «pesant 
ensembie 14 onces 6 gros. — Le malade a succombé ^^lc»l> Q"- 
peu de jours après Topération « m une néphrite sub^ 
aiguë , malgré l'emploi des saignées , des sangsues 
et des boissons délayantes. 

autopsie, — Péritoine sans rougeur , cette mem- 
brane n'avait pa^ été intéressée par l'opération. — 
Xe rein droit volumineux « IxMselé à Textérieur» 
désorganisé intérieurement 1 contenait deacateuls 
volûmineoxi imitant atsox bien un^ raipification de 
<k>rail , et du ppîds de 11 gros. — L'uretère corrds* 
pondant était dil^tté, et égalait en (voss^r un intes- 
tin grêlé. 

Le rein gaucbe était 4u volunie ordinaire ; riire* 
lère de ce côté, un peu dilaté à l'endroit où il se 
joint à la vessie , contenant un calcul du volume du 
doigt , et du poids de deux gros et demi. { Ouv. dté 9 
p. i38.) 

Ce qui rend ce fait fort remarquable « n'est pas 
tant le volume des calculs réaaux et vésîcaux , ooa« 
sidérés isolément , que la réunion 4'ttn aussi grand 
nombre de concrétions terreuses dans les voies uri« 
aaires d'un seul individu. 

B. G. G. : 



i 



(ii8) 



l UI'.'.'f '■ ■" ... ■' " ' .^ } k 



LITTÉRATURE MSÉDICALE. 



Traité de médecine pratigue de Pierre 
Frank ^ traduit du latin, par J. M. C. 
GouDAREAu, D. M M.^ membre de la 

■ 3 

Société de médecine pratique.^ vol. 
in-%^. ( Voy. y annonce bibliographique 
au jf de mai , p. 286. ) 

Nous avons dit quelque part que rien ne viej^- 
Médpcine lissait pIus vite qu'un ouvrage de science, à moios 
^ * de le ra>eunir pat de nouvelles éditions. Si cette 
assertion avait. besoin de preuves, nous en trouve- 
rions une frappante dans le livre dont nous venons 
«^ d'exposer le titre : il était à la bauleur de la science; 
il contribua même à ses. pti>|jM|ji^.': quand les pre- 
miers volumes furent pubtié^^^^l est maintenant 
au-dessous , du moins dans plusieurs parties. A Dieu 
ne plaise f qu'imitant l'uUracisme de certains en- 
thousiastes , nous^ prétendions établir que , hors des 
doctrines anatomico-pb jsiologico-patil^ologiques , il 
ULy a pas de salut. Non ; donner dans rexclusif en 
médecine, c'est donner dans l'absurde. Toutefois 
on ne peut n^er que la science est toujours en 
mouvement , soit qu'elle avance « soit qu'elle dévie; 
que les travaux des Pujol, des Bichat, des Pixel, 
desToMAssiNi» Batlbi Prost, Caffin» Brous- 



rre 

C. 

la 

?/. 



I- 

IS 

e 

S 



C ÏI9 ) 

Ié^ais , etCft , n*ftieiit éclairci une foule de points f 

écarté des ecreurs , proclamé des vérités. Rien de Médecin» 

plu» vrai t surtout dans la partie des fièvres , étemel P^^'^"^* 

sujet de disputes et de divagations savantes ou pué» 

riles- 

Sous le rapport de la classification., partie plus 
essentielle qu'on ne croit ^ parce qu'elle donne des 
idées fauAies ou vraies des chpses , et, qu'on ne se 
détermine dans la pratique que par des motifs 
quelconques, le docteur Frank est loin d'avoir 
suivi la méthode naturelle : le lecteur en jugera. 

Toutes les maladies qiH sont du domaine de la 
pathologie interne « à l'exception des névroses, 
dont l'auteur, ne parle point, ;Sont comprises dans 
six classes : les fièvres, les inflammations, les exan« 
thèmes , les maladies impétigineuses , les flux , les 
rétentions. 

La première classe se divise en deux ordres, les. 
fièvres périodiques ou intermittentes , et les fièvres 
continiles. Tpiites ies idflammations sont décrites 
d'après les régions du corps à capUe ad calcem. 
La dasse des eiumtbèmes forme deux ordres , les 
exanthèimos noâ^tka scabreux. On trouve pour les 
maladies impéltJHpIse deux subdivisions , celles 
qui sont rongeanmV comme les dartres , et les ta^ 
ches. La classe des fluxa pour ordres , les. flux sé- 
reux , naAiquietix , sanguins et mixtes. Enfin , la. 
sixième classe n^adniet que deux ordres , les i;éten- 
tious aériennes, et les rétentions aqueuses. Voilà 
le syrstènie de classification adopté dans pe traité. 
Mats , pour peu qu'on soit habitué à considérer Ten- 
semUe des affections morbides^ pour peu qu'on ai( 
suivi ta niarche de la scièf»cet on sentira combien, 
il est dé£ectueux ^ combien les divisions en. sont; 



arbitriiires , les rapproehemens toT^,*le$ base» 
Médecine inoettaîiies; un pareil gu&da nepotit être saivi. • ' 

Toutes les classificalioii» sont vicieuses;» c'est: utie^ 
chose slssez géoéralenoieDl reconnue; mais cela dif- 
fère du plus au moins. Il ne s'agit pas ici de monter 
sur le trépied , et de dire en style de.sectâive : ici 
est la lumière « et là sont Jes^ ténàbres / c*eat nous^ 
qtii Taffirmona ; mais on peut poser eb principe que 
la meilleure classification pathologiq>ue est celle qui 
repose sur la nature 4es tissus. (7est ce qui a dë)à 
été^fatt,et ce qu'on cherchera toujours k perfec- 
tionner. Pourquoi cela ? G^est que ^rtoui ôà les. 
rapports organiques sont' les 'mêmes» on iwvk^ra, 
identité de propriétés vitales; cette identité établira 
nécessairement l'analogie de» affeeticms morbides « 
puis celle de leurs caractères » d« leur 'masolie « et 
des moyens thérapeutiques à leur opposer»' Vten-» 
neot -ensuite ^ pour le praiicien , les difiEévencea ti- 
rées des fonctions plus' ou moins importantes lie la 
pariie » du degré de la maladie, enfin -de^ l'aotion 
consensuelle de U république orgattiq^e. Cest ains* 
qu'on trouvera le fil quS doit nous guider dans. le 
dédale de nos infirmités^ qu'on formera de ^ais 
groupes naturels. 

De ces considérations générales d^Bseendonsià 
de plus positives , en jetant un coup d-ceil sur oha-« 
cune de^ divisions principales de cet ousrrage. . * 

^La partie des fièvres occppe tout te .premier vo*>. 
lume; c'est assez dire combien l'auteur y. attacdiait ^ 
d'importance. Il eist bien reconnu aujourd'hui que 
h division des fièvres en continu^ et, en périoifi'» 
quçs, ne peut se soiileni«; i»ir« sansassarer^jpseie . 
caractère «st absolument le mêm^» on peut dire, 
qu'elles ne diffèrent pas essenl!dleme0t. J!7a les voitn 



( lai ) 

on pas souvent dans la pratique changer de tjrpe ^ et 
d'intermittenter de^wir ooàlixnies ? D'aiUeurà , le Méde«i»e 

* , _ .V pratique. 

trauement dea unes et des antres est à peu près '^ 
fende sur les méuM» bases. 

On chercherait en vain dans ce livre la définition 
de la fièvre; et ce nVst pas sans raison, parce que 
les idées de Kaoteur sent ioiii d'être fixées à cet- 
égard, et qu'elles manquent de clarté. On trouve 
ce^eaijaiit en tète du tableau nosologique , qui classe 
ce ^nre de naladie , que la fièvre eu une a/feù^ 
Han de la aaiure irriièe , et rèagUsant contre 
un stimulus TmcrUfifu» a^ec léiio sutséfuente 
de ^uelftéé fonction. Il est aisé d'estimer la valeur 
de cette prétendue définition , et de ^ir qu'elle 
peut tout aussi bien s'appliquer aux infiainniaiionS 
qu'aux fièvres. <^ue 'signifié, d'ailleurs , ce mot de 
nature irritée P îus^^ lésion des fondions esl«eUe 
subséquente ou antécédente? Je remarque encore 
une assertion qui avait grand besoin de développe- 
ments Lafimr» etst phitot l'ombre dé certaines 
maladie , €fu*tfn€ maladie par elle-même. Ne 
serait*elle donçqu'un sjrmptènie, une conséquence^ 
un effiit? VèiUt précisément là question agitée m^n- 
tanant entre les praticiens \ nuiis qui , vue nette* 
ment y froidement, était au^iesaous de l'impor- 
tance qu!on y a attachée. 

. Ce q^u'tft dit le docteur ¥nAKK 9ur les causes iur- 
ternes , externes , etc. i de ces maladies , comporte 
ées détaib purement scokstiques , qui ne méritéût 
pas«d^élre répétés. Tool ne dépend-il pas en effet 
de la prédisposition du su^et ? C'est uà principe que 
les ptithologistes actuels reconnaissent fOiais au- 
cpiel , selon nous y ils ne donnent pas encore àssea 
d'exteosiou. Cette vérité noui» £sit $eutir Ifextrême' 



J — ..iij importance de bien apprécier la comtiuitioa an 

Médecine malade, son régime, ses habitudes, eld. Si yous- 

^ ^ * connaissez bien^la nature d'un ierrein , ne prévoyez- 
vous pas celle des fruits qu'ils produira nécessaire-** 
ment? / 

Serait-ce donner une juste idée àe la malignité , 
que de la confondre avec les caractères grades qui 
se signalent dès l'invcuion de la maladie. Toutie 
maladie dangereuse^ n'est pas maligne, bien qu'elle 
soit dangereuse quand elle est maligne. Far ce mot 
étrange y mais expressif, on entendait autrefois une 
affection dont la marche est insidieuse , d'une ap- 
parence d'abord peu redoutable; mais qui déve* 
loppe tout à coup un appareil de symptômes fou- 
droyansr Sbnivert a bien saisi ce caractère, quand 
il a dit : {deJ^eM^. , lib.l^^ cap. u>f)febres ma" 
lignas in principio siatim^ cognoscere difficile, 
cum fnàlignitas soepè diu lateat et n&n nisi ubi 
"vires sumpsit^ se se prodat. C'est encore dans ce 
sens , qu'HïPPOCRATE fait cette remarque îpalsus^ 
bonus^ urina bona^ eeger moritur; ce qui arrive en 
/ effet dans- certaities fièvres atatiques. 

Quant aux effets de la fièvre , on iit, dans cet oi»- 
vrage, qu'ils sont tantôt funestes, tantôt salutaires, 
dissipant , par l'élimination d'une Tnatière acre et 
tenace , des convulsions , des paralysies , des ca- 
chexies, etc. ; en sorte que son usage ^ bien dirigé, 
est un des grands secrets de la médecine et de la 
chirurgie. Le secret est be^u en effet -, mats il eat 
dangereux 4'en user , et l'utilité en est plns.que* pn><k 
. blématique. Un praticien distingué., nous' le savOnv, 
a écrit qu'U aimei^ait autant pouvoir donner la fièvre 
à volonté, que de là guérir. .Je iie pense pas dû 
cette manière. Si quelque bon géi^io m'offrait l'un 



( 12^) 

eu Tautre secret , mon choix «e serait pas douteux ^ 
et rhumanifé ne s*en trouverait pas mal. Plu» loin , Médecin» 
on lit encore que les bons effels de la fièvre con- ^ '^"^* 
siatent dans la correction , l'assimilation de la ma- 
tière irritante ou crue^ dans la séparation ^l'ex- 
pulsion de la matière préparée ou cuite. En voilà 
assez 9 je crois « pour faire voir sur quels fonde- 
mens repose la doctrine pyrétologique professée 
dans ce livre. Tout le reste se compose de co^sé- 
quenceâ plus' ou moins légitimes tirées de ces prin^ 
cipes surannés et fantastiques. 

Sous le rapport du traitement, le lecteur sera plus 
satisfait, ce qui arrive toujours > et notamment chez 
les systématiques. Soit , pour exemple, la fièyre in- 
flammatoire : le but sera différent , mais tous em- 
ploieront les mêmes remèdes, pour le bien du 
malade et Thonneur de Tart. Tantôt c'est pour adou- 
cir râcfeté des humeurs \ tantôt pour abattre l'excès 
du phlogistiqOe ;'d'autres veulent préparer et chasser 
la matière peccante^ ou bien diminuer le spasme , 
ou bien encore s'opposer à la violence de la téac- 
tion. Celui-là s'en rapporte tout-à-fait au principe 
conservateur et laisse aller ; celui-ci redoute l'hy- ^ 
perstbénle et affaiblit sans mgsure : cet autre craint 
l'irritation qui menace de tout envahir. Le bon , 
le vrai praticien , voit de la chaleur'et de Texalla- 
tion, un rhyfbme d'exercice vital outré. Quelle iest 
sa conduite ? Il calme ^ il tempère, et jette de l'eau 
'sur le feu. 

Ce qui concerne les inflammations ^ nous a pahi 
traité avec plus de discernement dans les détails 
que la partie des fièvres, mais non pas avec plus 
de méthode. Comme nous l'avons déjà fait remar- 
quer , l'auteur, au lteu.de grouper ces affections 



1 



( 124 > 

en raison de la patnre des tissus » les décrit d'après 
Mf'âeeine \^ r^giops ; marche fausse , qui s'éloigne de la v6^ 
*' ritable analjfaet et entraîne nécessairement dans 
^des longueurs et des répétitions. 

Le docteur ^aanx nç caractérise nullement Tin- 
flammation^ il l^, décrit; cependaoit à l'époque ou 
il publia son livre ; on savait d^jà qu'elle n'était que 
l'exaUation des propriétés vitales. Toutes les dis- 
tinctiops établies d^ns ciçt ouvrage eiitre le^ inflam- 
malions extjçrnfss , internes » primitives , secondai- 
res , bénignes , malignes « périodiques % etc. $ sont 
frivoles et inutilies. Qi^e penser encore de cette as- 
sertiop : l'inflammation peut s'associer à d'autres 
affections ; elle s*jmUf par exemple « avec le prin- 
cipe varÂolique » morbillemCf sjrphiUtiqujB'f rhuma- 
tismal , catarrh^l , etc. ? Si maintenant il existaH 
parnii nous un pathologiste énonçant de pareils 
principe^ , on 1^ croirait du dernier siècle; et ce- 
pendant le docteur FaAH ji^ est réputé , à juste titre , 
pour un savant : les cent voix de la renommée médi- 
cale on^ publié s^ louapges dans toutes les univer- 
sités ; mais le temps qui tQuiours va ^ fait avancer 
la science t et laisse bientôt en arrière le livrç , l'au- 
teur et sa réputation. En parlant des terminaisons 
d^ l'inf aujimation et dp la suppuration en parti- 
culier, on Ut: <t Nous appeiops ptM, la. matière 
que l'on trouve dans une plaie saine « dans un ab- 
cès phlegmoneux; c'est une humeur doucei blanche, 
opaque, ressemblant à une bouillie peu consistante , 
à une crème de lait légèrement épaissie. » Voifà 
Irait :pour trait la définition du pus qu'on trouvait 
îadis dans les pjripcipef de chirurgie de Georges 
VE Lafate. Comment est-il échappé à l'autieur, que 
celte déliniiion n'est applicalple qu'au pus du tissu 



(125 Y 

cellulaire? ({ue ce liquide dilVère d*aprës Torganisa- 

tioà du tissu enflammé , ulcéré ? C'est une vérité- Médecin 

t>rJdCipe, que les pathologistes actuels ne révoquent **" *^"^ 

plus en doute, et ce sei'ait nous défier des connais^ 

saiices du lecteu^ , qéte de là oo^rrbborer par de* 

preuves et des exemples. 

Sanns entrer dans dé plus grands détails sur les 
généralités, nous ferons remarquer qu*à l'article 
des hiftammations dti cou, il n'est fait aucone men- 
tion du croup; lacune f6tt inif>oriante , et qu'il. eut 
été fàcihd au ttadàètêur de remplir. ' 

lia {)éripneumonief es! nnè des inalàdies lés mieux 
déctites de Pottvrage ; mais pourcftiôi l'auteur adr 
ittét-it qtie la saignée eiit trèk-fafetttent indiquée 
'danaf le traitement de la péripneumonie fausse, 
(ffài n'est y seloà lui , qu'un catarrhe iiif ense des 
Ironchei? 

L'âifticle de la gastrite et de l'eètérite offre de 
rihférét ; toutefois on pourrait contester cette dis* 
fînction admise par nôtre làrteur, d'entérite' ou de 
gffstrtie pblegmoneuse et érjraipélatedse. Cette der- 
nière , tsùivant lui ,* est la s^ite d^une ibétaistase d'af*- 
fecHto cutanée; 'et dans le traitement il récom^ 
mande d'éiriter là saignée. Toutes lèBfc6risîdéi^iloDs 
sur Teiïtérhe latente sont pleines dé juàtéisé binais- 
manqdent de développemî^nt. « An reété , dit Tau* 
teiii*,' la maladief est méconnue par le silence de la 
naturie , non par la faate de l'observatènr. Il im- 
porte dlndiqnér la cause de l'erreur, afin que, 
4âns ttiié maladie si trompeuse; les moindres «ymp- 
tômesf attirent l'attention , et que de l'absenoe de 
plusieurs signes , on ne se bâte pas témérairement 
de conclure à Tabsence de l'entérite, i» On voit |^r 
aatle cîtatiaa littérale , qu'on avait déjà des idées 



( 1^6 ) 

exactes sur ces dangereuses inflammations, et qa# 
Médecine les chercheurs de renom , qui depuis ont répété, 
praiHioer retourné t ressassé ces vérités n'en ont pas augmenté 
la son^me. A ce sujet, nous rapporterons encore un 
p^lfsage très-remarquable de Morgaoni, dont le 
profond ouvrage est ordinairement plus cilé qu'il 
n'est lu et médité. Le vpici ': . Quo tempore mlhi in^ 
culoareù AtLBJ^^Tivxis , i^igiU0fdum et ca{^em4um 
esse in doloribus intestinorura, JSninif pose let^es 
.dolores ^ aut ctrtè çiim minime magnas ^nullà 
manifesta fehre.^ nullA coff'Mulsip^e ^ nullo vo» 
micu^ animo ac corpore .safi^ vige^Hbus ^^ de im^ 
'proviso vidisse apgros in, prœceps ruere et dtQ 
eripiab latente injiammi^tione et sphacelo non 
apinato. ( J^pist. 35 , /»" Ai. } On reconnaît ici le 
pinceau du maître. : . i. * 

Nous crojons inutile d'insister sur la nullité delà 
classe ttoi^èn^ey.i0«r exa^tftàmes^içxQ l'auteur veut 
absolument faire considérer dans tous Us cas comme 
indépendans des fièvres. Ainsi* dans une scarlatine^ 
june v/iriole, une rougeole fort^intenses , le .patient 
aurait deux maladies, l'exapthème et. la fièvre* De 
là cetk^ fwle de complication^ .qu'on signalait aulisr 
foiSf. quand on -professait uqie pareille doctrinq. 

Ot^ trouve dans cette classe un long, article con- 
^cré^ à. l'inoculation' de la vario)e* L'ai^tepr i^Jt^it 
excusable 9 pufsqu'à Tépoque où il écrivait^ on .^e 
/ vpttQf^îssc^^^ P«^^ la vaccine. Mais pourquoi le. tra- 

ducteur n'y a-t-il pas substitué une digression courte 
ft .lumineuse sur ; cette dernière inoculation ? Lj^s 
praticiens qui consulteront cet ouvrage y eussent 
trouyé leur compte; lautril donc pousser le respect 
jusqu'à la superstition ? 

1^ classe des maladies impàtigineiues^tx^iie des 



( Î27 ) 

jiffections cutanées . sans aucun symptôme de py- 
rexie. « Nous entendons par ces mols^, dit Tauteur , Médecin* 
uae classe de maladies qui s'accompagnent souvent ^* 
^'un état .cachecUq^ue , sans en être inséparables , 
4l»i consistent dans des taches » des aspérités « des 
boutons, des vésicules, des écailles épideiteoïques , 
des. fissures, des croûtes, enfin des ulcérations 
spontanées de la pcHu, et. diverses excroissances qui 
^coexistent tarement itvec la fièvre, à moins que 
ceU^-ci ne soit secondaire. » On voit, par celte 
longue et vague définition que cette classe .peut 
être fort étendue. Au reste, ces .afleetioilsont tou- 
jours démontré l'insuffisanpe de, nos. méthodes de 
«iAaasîfication.^ Presque toujours on les place d'une 
.aitnièife forcée dans les cadres tracés d'avance pour 
.les incerùm s^U des nosologîstes* 

Dans la division au flux sont compris quatre 
er^rçsy les flux séreux, muqueux, sanguins et 
,tiûiii3^le$f Si jamais on a fondé une classification sur 
409 fya^ptômeSy et par conaéquent sur des bases in- 
certaines, c'est assurément dans ce cas. On est 
étonné de voir le 4oGtear Frank adopter à cet égard 
.Jies*erreura des nosçlogiitesses deyaneiérs* Gom- 
mait se décider àrainger., dans la- mênie classe y le 
.ptyalîsme, le&^aiiéyrismes , les varices^ les hémor- 
f Hgi^ > la rumination, la diarrhée ,. uniquement 
pfirce qu'il y a un -flux ? JMais lai^son^ l'auteur se 
j^^tifier luirmé^œe.. « Pour faire une classe des flux^ 
4it^il, ilimporte peu de savoir s'ilss'accompagnent 
. qu non: de fièvre, s'ils dépendent d'un mouvement 
.d'impulsion ou d'un mouvement de résistance. Les 
causes .capables d'accélérer le cours de# humeurs , 
de relâcher les solides, sont tr.èsrvariéea, et diffèrent 
4!i îBttX lui*ffléaaie « autant que U fièvre ou l'état apy- 



( 128 ) 

rëxique. D'ailleurs^ les nosologistes,qui n'ont pat suivi 
Médecine la méthode naturelle, ont passé légèrement %vlv le 
prtttiqae. caractère et }es causes de ces maladies dans leur 
classification. Nous prendrons ^eUfuefoisla même 
liberté; pour éviter un trop grand nombre de divi- 
■sions,ndU8 réunirons des maladies d^êrsneesp&t 
leur cause et leur caractère , nous les placerons sous 
le même titre, seulement, parce qu'elles conststem 
dans un écoulemeiit morbide* » Le lecteur peut 
maîntetiant appréc^ier la valeur de ces motifs, )uger 
combien les meiUeurs esprits peuvent s'égarer, enfin 
estimer les^ progrès réels et incontestables de la 
science sous ce rapport. 

Toutes les généralités sur les ÛtLX- qu'on trouve 
dans ce livre, sont doiic un véritable hors-d'ceuvi^. 
. La description de chaque affeciioti en particulier^ 
est dtiù plus graUd intérêt; c'est là qu'on aime à 
retrouter le pratiote* judicieux et profond ; c'est 
ainsi qu'il dotme de très-bonnes vues êvtv le diabètes, 
sur les catarrhes, qu'il eût mieux fait de classer 
parmi les itifiammatiohs ; qu'il étafciit une disïinc- 
tion exacte et Idixitiléuse entre la i>teBAorrhagie et 
la gonorrhée, dotft il fait l'bit^re (loéiiptèfie^ que 
ses aperçus Étfni ingénieux, sinon teut-à-^fait vrais, 
sur la cause prochaine des anévrismesç qu'en parlant 
des ftux sànguins', il dit qu'il y a beaucoup deJrap* 
port entre les cau^s de la fièvre infiafmmâtoii<è, 

• des ifrflam'niations, et celles des béâkorraf^s'hy petos- 
théniquesou actifs. Toùfefbis il ne ri^ë pas dé*iee 

" principe important toutes les véritérqui hii sdàf^in- 

• hérentes. Ne sdit-6to pas <yore l'anaffogie' entre les iii- 
' flammations et les hémorragiies e^t telle qà'il n'y a 

peu^être que l'effusion du sang' qui eii^ fait ta dif- 
férence; que dans ces dernières le raouveibeÀt 



( 1 29 ) 
flaxibnnaireest mahiresté et caractérisé par la pâleur, 

les barripilatioDS , le frisson, le froid des extrémités, Médecine» 
les douleurs vagues , les altérations du poub , la '^^ 
chaleur et t'irritaliou de la partie affectée ? La plu- 
part 4eces symptômes sont attribués par le docteur 
FaATTK aux effets de la crainte sur Tâme; mais ne 
les remarque^t-on pas tous les jours chez les fem- 
mes, où l'éruption des règles est imiuiûentey sur- 
tout quaTid le tempérament est nerveux et irritable? 
€e mouvement fiuxionnaire est tellement important 
à remarquer dans les hémorragies, que les bases du i 

traitement n'en sont que des conséquences immé-' 
diates et raisonnées. 

Quant à la division des héinorragies hypersthé- 
niques et asthéniquès , on sali aujourd'hui à qiioî 
à'entenir, au moins dans le sens que l'entend l'an- 
teutv Ëa pratique ne fait-elle pas voir tous les jours 
des personnes faibles/ délicates, épuisées, et' cepen- 
dant affectées d*une hémorragie active, parce que le^ 
mouvemens dé fluxion convergent sur un organe 
en particulier ? Les cracbemens de sang n'en four- 
nissent que trop d^exémplés. 

CoB^die nous l'avons déjà dit, oh trouve, dans la 
classé des flux , là dysenterie, qu'on a définie : une 
fièvre qùiporiBson action sur le tube intesâinal. 
On dirait maintenant et l'on pense tout le con* 
traire $ niais quoiqu'il en soit de la classification et 
de Itt définition , Thistoire qu'en donne l'auteqr n'en 
est (>as'moins exacte , et pleine d'excellens préceptes. 

Des flux aux rétentions ^ la transition était natiK- 
relie; c^est> sans doute, ce qui a engagé le docteur 
ÏRANic à faire une classe ainsi dénommée. Il com- 
prend noR-iseulement sous be nom toute collection 
de liquide^^ mais aussi ce qu'on appelle obstruction. 
71 72 de la Col. w* de lap? Sér. JuilUt. 9 



( i3o ) 

Toutes les fois donc que le produit d'une sécrétion 
Médecine naturelle ou habituelle séjourne, au lieu de prendre 
^ ' les voies habituelles de décharge qui lui sont des-» 
tinées, c'est une rétention» » Mieux vaudrait cette 
fois décrire les i^aladies bout à bou( « l'une après 
ràutre^ que de les coordonner de cette manière; 
l'étudiant et le praticien y gagneraient sous plus 
d'un rapport. 

Cette classe n'admet que deux çrdres, les réten*' 
tions aériennes et les rétentions aqueuses ou les by- 
dropisies. Nous ne suivrons point l'auteur dans la 
description des maladies que renferme cette diviaion> 
les bornes d'un extrait ne le permettent pas; d'aiU 
leurs» malgré.leur importance, ces descriptions sont 
si peu méthodiques, qull n'est pas aisé d'en suivrç le 
développement. Far exemple, dans les bydropisies 
dont l'histoire fait presque la totalité du quatrième 
volume, l'auteur commence par des généralités, puisU 
décrit toutes les espèces d'hydropisies; il revient en- 
fuite sur les causes, sur lé diagnostic, le pronostic , 
çnGn sur le traitement de chacune d'elles : il en ré- 
sulte que rbbtoire de chaque hydropisie est, pour 
ainsi dire, éparse et morcelée, et qu'il faut pour la 
compléter , parcourir l'ordre entier de ces affections. 
I On conçoit le vice d'une pareille disposition. Il n'y 
a point de lecteur qui^ lisant l'article de l'hjdro-» 
' céphale, ne cherche à connaître sur-le-champ, les 
causes, les symptômes, la marche, les variétés, les 
faits d'aoatomie pathologique, les moyens théra- 
peutiques relatifs à cette maladie. Faire autrement 
^ c'est rompre l'unité d'une composition , c'est disse-, 

miner l^s parties d'un vaste tableau. 

]>etiî(|aàftit^ qaod vis, tlmplex damtaxat et nnani. 

( HOA AT. ) 



(i3i) 

Telle eslTanalyse rapide mais fidèle deTouvrage 
dout nous annonçons la traduction; ouvrage déjà Médecine 
connu d'un grand nombre de praticiens. En y je- ^" ** 
tant un coup-d'œil général , on peut le considérer 
sous le double rapport du plan et des détails. Le 
premier est tout-à-fait vicieux , assertion qu'il noua 
a été aisé de démontrer; quant aux descriptions par* 
ticulières, elles laissent beaucoup moins à désirer. 
Si on met à part des propositions démenties depuia 
par l'expérience, des observations tronquées, dea 
vues moins neuves qu'hypothétiques, on trouvera 
une foule de bons préceptes de médecine, des faits 
de pratique curieux, des descripions exactes et con- 
cises , des plans de thérapeutique bien conçus , un 
éloignement marqué pour toute espèce de système^ 
enfin un ton de candeur bien rare aujourd'hui , qui 
décèle à la fois le praticien consommé et l'esprit 
supérieur aux petitesses de la vanité. Notre enaly^ 
a été sévère parce qu'il s'agissait d'un ouvrage im- 
portant que nous avons entendu louer à outrance ^ 
surtout par nos confrères d'outre<*>Rhin. Que sert, en 
effet, de déployer toute la sévérité de la critique 
centre la plèbe des auteurs ? Ce serait, comme dit le 
proverbe , grêler sur le persil. Le préservatif n'est- 
il pas dans la médiocrité même de l'œuvre? Mais 
quand il s'agit d'une production d'un haut intérêt , 
fruit des travaux d'un homme de mérite > les er- 
reurs ont du poids ^ il importe donc de les signaler 
pourvu que ce soit toujours , sine ira et studio^ 



C i3a ) 

Réflexions sommaires sur les signes dis* 
tinctifs de quelques dyspnées. . 

Les maladies qui ont pour principal caractère le 
Signes des désordre de la respiration , ont été très-négUgées 
' par nos devanciers : ils ne voyaient que le symptôme 
dominant, la difficulté de respirer > qu'ils dési- 
gnaient le plus ordinairement par le mot asthme^ eu- 
sorte qu'ils confondaient sous ce nom toutes les dys- 
pnées. Nous sommes enfin sortis de ce chaos « 
grâce aux laborieuses recherches de plusieurs de 
nos contemporains. Le précieux ouvrage de M. CoR* 
yiSABT {Essai sur les maladies du cœur) a ré- 
pandu le plus grand jour sur certaines dyspnées pro- 
duites par diverses lésions de l'organe central de la 
circulation. Le Traité des phlegmasies chroniques 
a prouvé que d'autres dyspnées sont dues à des in- 
flàmmatiohs chroniques de la plèvre et du poumon. 
L'inestimable ouvrage de M. Lainnic(^/''^i/j- 
çultation médiate ) vient de jeter une nouvelle 
clarté sur ces diverses maladies, et les Recherches 
du savant docteur BaÉE {^Sur les désordres de lié 
respiration ) nous ont fourni des connaisçances 
précieuses dur l'asthme proprement dit. ISTo^s pou* 
vons donc maintenant reconnaître avec assurance « 
que telle difficulté de respirer est due à une inflam- 
mation chronique du parenchyme pulmonaire; telle 
autre à une inflammation pareille de la plèvre; tello 
autre à telle ou telle affection organique du cœur ou 
des gros vaisseaux ; et telle autre enfin à diverses 
causes passagères produisant des paroxysmes d'as- 
thme*. Ou aura peine à croire qu'on voudrait nous^ 



( 1 33 ) 

rejeter dans lé chaos d'où nous sommes sortis avec 
tant de peine. On ne veut plus du mot asthme^ il Signes ite 
est vmi, mais on prétend le remplacer par une ex- ^'l*"*^^*' 
pression aussi vague , celle de lésion organique 
prise dans son acception la plus étendue^ sans 
s'inquiéter des divers états pathologiques auxquels 
«on peut donner (5e nom, non plus que des symp- 
tômes caractéristiques de chacun d'eux. Il convien- 
drait petit-être de passer sous silence des assertions 
aussi vagues ; mais le ton d'assurance avec lequel on 
les émet, nous porte à les combattre, persuadés» 
d'ailleurs , qu'on ne saurait trop fixer l'attention des 
médecins sur les lésions des organes contenus dans 
le thorax. 

On sait que l'auteur de l'h^^pothèse que nous si- 
gnalons, a été réfuté par divers médecins^ sur les 
objections desquels il avait gardé le silence ; ce qui 
nous portait naturellement à croire qu'il avait re- 
connu le vide de sa manière de voir; mds il vient 
de déclarer qu'il la tient pour bonne. Il annonce en 
même tèimps qu'elle a été combattue; s'abstènant^ 
toutefois , de discuter les objections qui lui ont été 
faites. Il se plaint seulement avec amertume, et 
"très-sériensemeut^ défaisButs de vaudeville qui lui 
ont décodhé des épigrùmmes^ des satires et des 
quolibets. Quant à nous qui ne faisons point de 
vaudevilles, à moins que cène soit comme le bour- 
geois gentilhomme qui faisait dé ta prose sans s'en 
douter, nous avons déjà attaqué la supposition pré- 
dtéeC/i"" d*octobré'iBiQj page 120.), 6t nous alloua 
de nouveau chercher à dénixontrer, le plus briève- 
ment qu'il nous sera possible, que^ par cette suppo- 
sition , on met sur la même ligne des Aialadiés di«- 



i 



(i34) 

tenMMe», que llnatleoUmi seule peut ftiie oon- 

Les aniçritnuê au cœur ne peuvent être con^ 
fondus aifec VastJime, par les raisons suivantes : 
1* Uaoéwriême du cœur marche avec pins on mcnns 
de rapidité vers une terminaison ftmeste, il n*en est 
point de même dans Vastbme; on peut vivre 5o ans 
avec cette dernière maladie, et, chose fort remar* 
quablef loin d'augmenter, elle diminue avec les 
progrès de l'âge. 

d'L'aoëvrisme du coeur produit une dyspnée con- 
tinue ; l'asthme est caractérisé par une djspnée pé- 
riodique , et dans l'intervalle des accès la respiration 
est libre. 

3* La dyspnée produite par l'anévrisme , diminue 
ou disparait entièrement par le repos ; celle qui ca- 
ractérise l'astbme survient avec violence durant la 
nuiti pendant le sommeil. 

4* La dyspnée qu'éprouvent les personnes affec- 
tées d'anévrisme , s'accompagne rarement de sifQe- 
ment; celte que ressentent les asthmatiques en fait 
toujours entendre un assez fort. 

5^ La poitrine rend un son mat du côté gauche 
dans l'anévrisme ; elle rend un son clair dans 
Tûsthme. ( Voy. Corvisakt , J&ssai sur les mala'^ 
dies du cœur^ p. 444* ) 

6^ Les fonctions digestives se font bien chez les 
anévrismatiques \ elles s'opèrent très-mal chez les 
asthmatiques. 

7^ L'hydropisie survient dans l'anévrisme» et 
augmente la difficulté de respirer ; quand elle se 
manifeste dans l'asthme , les paroxysmes* cessent. 
(f^o/.Bnisi OU9. c»V», pigi— xi6). 



^ 



(i35) 

8* Les urines sont rares chez les anëvrismati* 
ques; mais si elles coulent avec abondance, ils Signes dM 
éprouvent du soulagement ; il existe une sorte de °y"P"«<^*- 
diabètes dans l'asthme , les urines sont parfois ren« 
dues en quantité prodigieuse 3ans que les malades 
en éprouvent aucun soulagement. 

ç"" Les battemens du cœur sont plus ou moins tu- 
multueux dans l'anévrisme ; ils sont calmes dans 
l'asthme. 

10^ L'exploration par le stéthoscope , donne , dans 
l'anévrisme du cœur, divers signes qui ne se re- \ 

^ trouvent point dans l'asthme ; ce dont je me suis 

assuré par l'examen attentif de plusieurs asthma- 
tiques. 
I II* Le pouls est irrégulier dans l'anévrisme } il 

iBst régulier dans l'asthme. (Corvisart, p. 444*) 

13. L'anévrisme ne disparait point , soit par les 
efforts de la nature , soit par un traitement quel* 
conque ; Tasthme disparaît spontanément et se 
guérit par un traitement convenable. Les médecins 
de Paris doivent se rappeler M. Busnet, maître en 
chirurgie. Il souffrit cruellement de l'asthme pen- 
dant fort long*temps. Il ne put se coucher pendant 
près de trente ans ; néanmoins son asthme dis- 
parut spontanément dans un âge avancé ; il put se 
coucher y et il visitait encore des malades à quatre- 
vingt-huit ou quatre-vingt-dix ans. 

M. Gaillot^ peintre d'un talent distingué, eut de 
violens accès d'asthme jusqu'à l'âge de dix-huit ans» 
il cessa d'en être affecté à cette époque. M. Gaillot au 
maintenant plus de quarante ans , et sa respiration 
est parfaitement libre. Nous avons eu la satisfac- 
tion de guérir plusieurs asthmatiques , notamment, 



(i36) 

un ancien camarade de Tautear que nous combat- 

Çignes ides «tons. 

>spnee«. ^^^ q^ ^ cfuvcTt des sujets morts de Tasthme» 

chez lesquels le cœur était parfaitement sain. {J^ày. 
le »*" d' octobre 1819, p. 1*7). . . D'après ce simple 
énoncé des faits , on voit que l'inattention seule peut 
faire confondre ces deux maladies. 

léa pleurésie chroni^tie ne peut être confondue 
' avec l* asthme , par les raisons suivantes : 

I* La dyspnée est constante dans la pleurésie chro'» 
nique; elle est passagère dans l'asthme. 

2^ Dans la pleurésie , la poitrine percutée rend un ^ 

soa mat du côté affecté; elle rend un sda clair de 
l'un et l'autre côté dans l'asthme. 

S"" La respiration explorée » au moyen du fctétbos- > 

cope , ne s'entend point dans le côté affecté de p1eu«> 
résie chronique « excepté le long de la eolonne ver- 
tébrale* [J^oy* LAENKE€«4/e t auscultation médiate^ 
t* I « $ 379 ); elle s'entend dans tous les points du 
thorax chez les asthmatiques ; elle est seiJement 
un peu plus sourde que chez les autres sujets , pen- 
dant la rémission ; elle est sibilante dtirafit les 
accès. 

4* Dans la pleurésie chronique, la respiration est 
plus sonore que de coutume > dans le côté sain i c,e 
qui n'existe point dans t'asthme. 

S*" Le côté affecté de pleurésie chronique , est 
manifestement plus volumineux que le côté sain. 
Rien de pareil n'a lieu dans l'asthme. 

6** La pleurésie chroniopie cause la mort dan» 
nn laps de temps assez court , eu égard à la duré» 
de l'asthme, qui peut être de cinquante et soixante 
ans.% . On voit, d'après ce léger aperçu , qu'il faut 



une graaôle inaUeuUon pour confondre ces deux 
maladies. . *'«"5* ''•» 

dyspnées* 

J\ est inutile d'élablir un parallèle entre l'asthme 
elles maladies inflammatoires du parenchyme pul- 
monaire ou des bronches ; il faudrait plus que de 
l'inattention pour les confondre* 

Concluons donc« de ce qui précède, que l'hypo* 
thèse émise sur l'asthme par le docteur N., est in- 
soutenable; aussi n'a-t- il pu la faire prévaloir par 
aucun raisonnement solide. Si l'on analyse ce qu'il a 
dit à cet égard * surtout dans son dernier article, on 

^ ne trouve que vague et incertitude* Jamais de défi- 

nitions, et comment s'entendre sans définitions?. . . 
L'asthme dépend d'une iésicNn organique , dit^l , et 

I ^t4e expression « comprend toute altération visible 

qui n'est point inflamitiarion aiguë. » D'après cela , 
excepté lé catarrhe pulmonaire aigu, la péfipneu- 
luonie, la pleurésie, la cardile et la péricardite 
aiguës > tout le reste, au besoin, pourra constituer 
l'astiime. Kous le demandons , que fera*t-on au lit 
du malade avec une pareille théorie? C'est là toute- 
fois que le docteur N. nous attend^ et que veut-il 
nous prouver au lit du malade ? que l'asthn^Q esC 
incurable , sans doute? Noi^s lui accordons très-vo-* 
lonliers qu'il doit toujours en être ainsi , en mettant' 
en œuvre la thérapeutique qui découle tout natu- 
rellement de sa théorie» 

Nous ne quitterons point la -plume sans émettre 
notre opinion sur quelques phases de l'article qui 
nous occupe. Il nous semble qu'à la place de l'au- 
teur , on aurait pu éviter de dire : <c que pensent-ils 
prouver, en disant qne telle personne a été guérie de 
ces symptômes ? Une observation de guérison !I Ils 
ignorent donc qu'il n'y a de certain que ce qu'on 



(i380 

vérifie te scalpel à la main , etc. , etc. Maître *^ 
Signes des faites des vaudevilles. » On aurait pu éviter do 
yspnees. ^.^^ ^^j^ ^ parce que le but de la médecine est de 

guérir; parce que les guérisons sont les meilleures 
raisons qu'on puisse donner à l'appui d'une théorie 
médicale , et que personne ne voudrait d'un mé- 
decin qui ne prouverait l'excellence de son savoir 
que le scalpel à la main. A la place des deux etc, on 
aurait pu mettre deux raisonnemens , parce que des 
raisonnemens prouvent quelque chosOf et que des 
etc. ne prouvent rien. — On'aurait encore pu se dis- 
penser de dire à son adversaire : « laissez-Ià vos 
^ raisonnemens qui -peuvent faire triompher toutes 
les erreurs , » parce qu'indépendamment de ce que 
ces mots pourraient avoir de flatteur pour lui y ils ne 
sont point en faveur de la logique de celui qui les 
emploie ; ils peuvent porter à penser qu'il ne peut 
raisonner d'une manière assez serrée pour faire pré- 
valoir la vérité sur l'erreur. Enfin , en combattant 
son adversaire, on aurait pu encore ne point faire 
comme le docteur N. Si tel eût été le cas f on aurait 
pu lui démontrer ses erreurs et ses torts , cela aurait 
beaucoup mieux valu que de lui jeter au nez \ faites 
des vaudevilles , comme on dit à un auteur mal- 
adroit i faites des fagots^ car , à propos de fagots , 
il jr a fagots et fagots. Un écrivain très-recomman- 
dable a dit : « la vanité mécontente fait de nous des 
fagots d'épines; » et d'après cela on sent combien 
un malin faiseur de vaudevilles pourrait diriger 
d^ épi grammes , de satires et de quolibets contre 
le disciple d'Esculape qui parle de vaudevilles, alors 
qu'il faut savamment discuter un point de mé-« 

decine. ..*..• • 

Th. Ducamp. 



/ 



( ï39 ) 

Traité des maladi^^ des En fans jusqu^à 
la puberté ; par J. Gapuron^ docteur 
en médecine , etc. , etc. ; — seconde 
édition. (Voyez ^annonce bibliogra^ 
phique au n^ de mai j p. 285.) 

Le docteur Capuron vient de mettre au {our une 
seconde édition de son excellent Traité des Ma^ 
ladies des Enfaris juséju^à la puberté. Lors de la 
publication de cet ouvrage en iSiS* on en a parlé 
avec éloge , dans ce recueil périodique. ( Voy. t. fyj^ 
p. 4^8. ) Comme dans la plupart des écrits de cet 
auteur» on y trouve réunies la concision et la clarté, 
qualités très*essentielles dans un livre, qui doit sur- 
tout être mis entre les mains des élèves. Nous ne 
doutons pas que les médecins ne soient satisfaits de 
la netteté des descriptions des maladies; ils j trou- 
veront une bonne érudition ; ils y puiseront des no- 
lions très*exactes et des idées toujours au niveau de» 
connaissances actuelles : ils verront que , dirigé par 
un bon jugement /ce médecin s'est abstenu de pro* 
noncer sur des points qui présentent encore trop de 
doutes. On ne peut que le féliciter de ne pas imiter 
en cela tant d'autres écrivains qui sont si prodijgues 
d'explications, qui bâtissent sans cesse des théories 
qu'ils croient nouvelles et qui nécessairement em- 
brouillent tout au lieu de chercher à tout éclaircir. 
Nous terminerons en faisant observer que celte nou- 
velle édition contient un grand nombre de correc- 
tions et d'additions. Elle a près de trois feuilles 
^impression de plus que la première^ Il est juste 
de noter qu'on n'a fait , en tête de ce Traité, aucun» 



( MO ) 

mention de cette augmentation. Il y a certainement 
une grande différence entre la manière d'agir de 
l'auteur et du libraire dans celte circonstance > et ce 
qui se pratique chaque jour. Combien de gensi, pour 
faire croire que des éditions précédentes avaient été 
épuisées , se sont empressés d'en imprimer de nou- 
velles! Combien de fois n'a*t-on pas reconnu que 
l'auteur d'une brochure s'était montré très-soîgneux 
de placer à la première page , d'abord tous ses titres, 
puis ces mots : rèt^Uâ^ corrigée et considérablsmenù 
aiâffmentéej mais qu'au résumé ces belles promesses 
s'étaient trouvées réduites à zérol Souvent ta valeur 
intrinsèque de l'ouvrage peut être portée au même 
tau)E : ainsi l'acheteur est doublement dupé. Encore 
si ces menées mercantiles n'étaient le partage que 
de quelques compilateurs obscurs, le mal ne serait 
pas si grand. Cependant il n'est que trop certain 
que des autenrs, rècommandables sous plus d'un rap- 
port , se sont prêtés à ces sortes de tromperies qui 
nous semblent si peu dignes des hommes de notre 
profession, et que pour l'honneur du corps et Pîn- 
■ térêt de l'art ^ nous nous empresserons de signaler 
toutes les ibis que l'occasion s'en présentera. 

DfiVILLIBRS. 



■»—< 



Enseignement publîÇé 

Le Roi vient de rendre, sous la date du S juillet 
i8xO) une ordonnance concernant les Facultés dé 
Droit et de Médecine^ dont nous croyons devoir 
faira connaître quelques-unes des dispositions. 



(141) 

Louis, etc 



I* • 



Art, i*'. A. compter du i*' janvier 1821, nul ne 
pourra être adnais à prendre sa première inscription 
dans les Facultés de Droit et de Médecine , s'il n*a 
obtenu le grade de bachelier ès-lettres. 

a. A compter du i*' janvier 1822 , nul ne sera 
admis à l'examen requis pour le grade de bachelier 
ès-letfresy s'il n'a suivi , au moins pendant un an, 
i^n cours de philosophie dans un collège royal ou 
Communal, ou dans une institution où cet enseigne- 
ment est autorisé. 

3. A compter du i*' janvier 1823, nul ne sera 
admis audit examen, s*il n'a suivi, au moins pen- 
dant uii an > un. cours de rhétorique, et pçndaiiit une 
autre année, un cours de philosophie dans l'un des- 
djts collèges ou institutions.. 

4* A compter du i'' janvier 1823» nul ne sera ttd<- 
mis a s'inscrire dans les Facultés de médecine, s'il 
nja obtenu le grade de bachelier. ès»sciences. D'iôi à. 
cette époque» Vin^ruction requise, pour ce grade, 
ainsi quçpourle grade supérieujrde la Faculté des ' 
sciences, sera réglée de nouveau, et de manière 
que le grade de bachelier il'exige, de ceux qui's^ 
destinent à la médecine^que les connaissances scien- 
tifiques qui leur sont nécessaires. 

( Les autres articles de V ordonnance sont relatifs 
à la police intérieure des Facultés.) 

Ob ne peut qu'applaudir à l'esprit qtii a dictéles 
articles, i, 2, 3, 4 <1^ l'ordonnance du 5 juillet. H 
nous reste seulement è former le souhait que le mi-> 
nistre^ chargé dé l'exécution , tienne la ipain pOur 



\ 



( T42 ) 

que des sursis « des ajournetnens indéfinis ne vien* 
nent pas en faire perdre ^ ou du moins en retarder 
les effets. Si Tordonnance reçoit son plein et entier 
accomplissement, nous aurons des médecins qui 
sauront l'orthographe de leur langue* les règles d& 
la grammairôet {elatin* et Ton n'entendra plus parler 
de ce^ examens dérisoLi*ement appelés Ituins^ dans 
lesquels les professeurs balbutient quelques questions 
en latin* et les candidats, après un ,péniblemot à 
tûLolf y répondent en mauvais fra^lçais. 



Formulaire de poche ; par M. Achille 
Richard fils. (/^cy. V annonce biblio^ 
graphique au ri' de mars , p. 287) 

Depuis peu d'années, les formulaires de médecine 
se succèdent presque sans interruption. S'il faut en 
croire un bon nombre de ceux qui les publieut « rien 
n'est plus facile que de traiter les malades au moyen 
de la méthode qu'ils ont adoptée, -et des receltes 
qu'ils ont entassées , souvent sans discernement et 
avec une présomption telle qu'ils secroient de grands 
docteurs , lorsqu'ils ont mis au jour ces compilations 
informes. Il est heureusement quelques-uns de ces 
formulaires auxquels ces reproches ne peuvent être 
adressés; parmi eux on doit citer celui que vient de 
nous donner M. Achille Richard , fils. 

Cet opuscule est divisé en deux parties. Dans la 
jHnsmièref on traite de la classification des médica- 
xnens d'après leur forme pharmaceutique. Dans la 
seconde on les a rangés d'après leur mode d'action. 



\' 



( 143 ) 

KouB pe croyons devoir ni féliciter , ni blâmer l'au'** 
teur du plan qu'il a suivi* surtout de sa classificaliont 
basée sur la manière d'agir des médicamens sur 
Téconomie animale. On sait que celte action est si 
peu appréciable qu'on ne marche le plus ordinaire- 
ment que d'hypothèses en hypothèses. Mais M. Ri- 
chard n'est pas plus repréhensible en cela, que tous 
ceux qui ont écrit sur ce même sujet.La matière mé- 
dicale sera Pune des parties de l'art qui « sous ce 
rapport, restera long- temps sans pouvoir subir des 
changemens notables dans l'ordre à suivre en l'étu- 
diant. Ce qui est remarquable dans l'ouvrage que 
nous faisons connaître^ c'est le choix des matériaux. 
En général la plupart des prescriptions qu'ony trouve 
sont simples, et c'est là ce qui en doit faire le mérite. 
On a eu soin d'élaguer cet attirail de médicamens » 
très-propres a surcharger la mémoire, et dont les 
vertus sont fort contestées par les vrais observateurs» 
Il importe plus que jamais d'épurer les pharma- 
copées et de n'y admettre que les matières dont on 
a long- temps éprouvé et constaté les effets. Le style 
de ce formulaire est concis et tel qu'il doit être pour 
un vade mecum. L'auteur, qui possède des con^ 
naissances très-étendues en histoire naturelle , de-* 
vait, plus que tout autre, décider avec assurance du 
cas que l'on doit faire de ces mélanges bizarrement 
conçus, et de ces prétendus spécifiques dont sont 
«vides les preneurs de nouveautés^ et qui çnt tant de 
fois trompé les espérances des malheureux qui osent 
en faire usage* Des médecins prudens ne dédaignent 
pas d'essayer, au besoin^ un nouveau remède , mais 
ils ne le vantent pas avant d'en avoir suffisamment 
constaté l'effioacité. Naître jeune confrère a déjà 
vieilli dans l'étude des' médicamens; dire qu'il s'| 



(i44) _ 

livre constamment sous la conduite d*ua père dont 
on connaît l'extrême savoir , c*est ajouter un degré 
d'intérêt de plus au petit li^re qu'il vien^ de publier. 
Nous pensons que ce formulaire doit convenir au 
plus grand nombre des médecins et qu'ils ne regret- 
teront pas de se l'être procuré; il estbon , d'ailleurs , 
d'avoir continuellement devant les yeux les formules 
qu'il contient, et qui, jointes à celles qu'on a 
extraites du nouveau Codex de la Faculté de Paris , 

/forment un recueil plus que suffisant pour l'exercice 
de la médecine. On a souvent besoin de soulager sa 
mémoire ; car , sur ce dernier point , personne né 

^ doit se faire illusion , rien ne s'affaiblit plus vite que 
cette faculté; il peut en résulter des erreurs graves, 
et quand on peut les éviter il faut mettre toute 
fausse honte, tout amour-propre de côté et consulter 
son formulaire. Devilliers. 



BIBLIOGRAPHIE. 

Réflexians critiques sur un écrit de ftf . Chosisl , 
ayant pour titre : De V existence des Fiét^res ; par 
Th. Ducaup , docteur en médecine de la Faculté 
de Paris , membre delà Société de médecine de la 
même ville, et de plusieurs Sociétés savantes. Bro*^ 
chure in-8** de 82. pag. — Juin 1820. Prix, Lfn 80 c. 
Chez Méquignon-Marvis , libraire , rue de l'Ëcola 
de M,édecine » n"" 3. -— Cet ouvrage se trouve iaussi 
ehez Croulleboia «libraire de la Société lio' mé« 
decine de Paris ^ rue des Mathunna Saint<;Jaoque8 « 
n^ 17 î ohez lequel on trouvera également tous. les 
livres et ouvragea de médecine analyâéi ou Dàême 
sifiplement. annoncés dans le Jouirai' général.. . 



fi 



( '45 ) 

Rapport fait à la Société de médecine de 
Paris , le ^ juillet 1 8ao , sur le Traité 
de lajièçre jaune de M. Devèzb , sui^d 
d^ observations générales sur la conta^ 
gion des jièçres typhodes ( i ) ,* pcir 
BuRDiN aîné , ancien chirurgien et mé- 
decin en chef d^ hôpitaux militaires, 
membre résidant. 

Lo Traité sur la fièvre jaune ^ dont vient 
de vous faire hommage notre respectable et '•^"^*'*"* 
savant collègue M. Devèze » est on travail 



(i) La Société de médecine est dans l'utage de 
ne considérer que comme^ua compte verbal., tout 
rappon<:^ï lui est fait sur des ouvrages imprimés , 
soit en français ou en langue étratigère. Néan- 
moins, M.BuRDiN, ayant fait moins un rapport 
sur l'ouvrage de M. DevIeze , qu'une dissertation 
ex professo , un véritable mémoire sur la question 
de la contagion ^ei fièvres typhodes^ \di Société, 
dérogeant pour cette fois à l'usage établi , a ar- 
rêté que le travail de son commissaire serait inséni 
dans le Journal dans la partie consacrée exclusive- 
ment aux mémoires originaux , dissertations ^ faits 
de pratique ^ etc. ( Voy. au numéro de Juillet 1819» 
p* /^ y un autre exemple et les motifs d'une con- 
duite semblable.) Note du rédacteur. 

T. 7a de la Col. li* de la 2"" Sér. AoÛt. I o 



... ^'^^^ 

■ qui doit vivement intéresser la société ; il 
Fievrcjaune j-app^n^ ^Qg maladie désastreuse qui a re- 
paru plusieurs fois en Espagne et en Italie 
depuis peu d'années, et contre laquelle on 
cherche même encore à se garantir aujour- 
d'hui sur nos côtes, des Basses-Pyrénées et 
des Pyrénées orientales , à cause de son ap- 
parition:^ dans Fîle de Majorque ; enfin cet 
ouvrage est particulièrement important ^ 
parce qu'il renouvelle- la question impor- 
tante k]e la contagion^ 

Si c'est par une exposition claire des faits , 
par. des raisonnemens franchement exposés, 
et par les plus grands égards pour ses adver- 
,sairès qu'on aime à voir un auteur s'engager 
dans la discussion des grandes questions de 
medecine^pratique ^ on aura lieu d'être satLs- 
iait de là manière aussi honnête que lumi- , 
neuse avec laqoeHe notre estimable collègue 
a édrit son ouvrage. 

Dans sa préface, l'auteur raconte qu'il 
s'est trouvé obligé d['abandonner Saint-Do- 
mingue lors de la révolte des nègres , pour 
se réfugier à Philadelphie. Il expose que 
c'est pour avoir acquis sur cette maladie une 
grande expérience à Saint-Domingue, qu'il 
se trouva investi de la confiance des notagis- 
trats de Philadelphie, et qu'il fut chargé, 
seul , de diriger l'hôpital qu'on avait consa- 



\ 



erê à la fièvre jaune , maladie qui désola cette 
ville pendant Tannée 1793 et les suivantes. 

Quoiqu'une épidémie soit survenue dans 
une contrée éloignée , et à une époque déjà 
reculée , sa description n^en est pas moins un 
monument précieux ^ quand elle a été faite 
sur les lieux par un homme éclairé^ qui 
cherehait de bonne foi la vérité ; c'est le seul 
titre qui reste de la maladie. Sous ce rapport ^ 
rhistoire que M. DevÈze a tracée de Tépi- 
demie de Philadelphie, sera toujours lue 
avec un grand intérêt. Cette histoire est pré- 
cédée de la topographie de la ville , qui de- 
venait indispensable pour bien entendre com* 
ment la température et les localités ont pu 
donner lieu au développement spontané de 
cettemaladie. 

L'autetir considère trois périodes dans la 
m:ârche de la maladie ; il les décrit avec dé-^ 
taîl et clarté , en observateur profond. On 
regrette cependant que ^ dans la troisième 
période, l'auteur ne retrace que les diflFé- 
rentes' terminaisons funestes ; c'est le repro- 
che qu'on faisait aux observations d'HiPPO- 
CRATE, en disant qu'dles étaient une belle 
contemplation sur la mort. Une description 
détaillée des différentes terminaisons heu- 
reuses qu'on peut observer au milieu d'une 
épouvantable mortalité, sert à montrer la 



( 140 ) 

5 nature des efforts que Fait rorgaaisalioû pour 



Pièvrf jaune surmonter la maladie , et peut ainsi contri- 
buer à diriger le praticien dans le choix des 
moyens curatifs. Du reste , Tauteur répare 
eu partie cet oublia en rapportant quinze 
ohservatioQS particulières de la fièvre jaune , 
parmi lesquelles il s'en trouve six qui se tet'- 
minent par la guérison. 

L'auteur consacre ensuite un chapitre pour 
les autopsies cadavériques , qui ne fournis- 
sent rien de remarquable. On regrette ^ à 
cette occasion , qu on ait toujours négligé ^ 
dans les ouvertures de cadavres , d'obser- 
ver Tétat de la moelle épînière. Les méde- 
cins qnt sûrement été retenus par la diflS- 
culté qu'on épronve à découvrir le canal ra- 
chidîen. Cette circonstance est d^autant plu^ 
fâcheuse , qu'il parait que c'est prédséinent 
dans cette partie que l'on trouverait les alté- 
rations les plus graves et les plus cotistanfés , 
à la suite des épidémies de fièvres typhodes. 
On en sera peu étonné si on réfléchit > d'une 
part , aux désordres profonds et à la décom* 
position rapide qui survieniient aux organes 
du ventre et de la poitrine dans ces fièvres 
essentielles, et^ d'une autre part^ k l'action 
directe du rachis sur la vie de ces mêodès or- 
ganes ; action évidemment prouvée dans 
ces derniers temps par les expériences da 



( M9 ) 

feu Legallois. Notre collègue , M. Comte , 
est un de$ premiers qui ait signalé ce genre 
d'altératioi^ ddn$ une épidémie de typhus 
nosocomiaal qui régna à Grenoble eu i8i4« 
Et voici ce qU'il rapporte à cet égard : « Les 
recherches poussées jusque dans le caQal 
vertébral ont constamment découvert des 
traces de phlegmasie sur la surface interne 
de Tenveloppe de la moelle ; des traces sem- 
blables, livides ou d^un rouge obscur^ dans 
la moelle même, avec des portions de sa 
surface macérée , et présentant une suppu* 
ration manifeste (i). » 

Notre collègue, M. Dupuy, a également 
observé dans lès épizooties du gros bétail , 
survenue^ en 1795 et 1814, que la moelle 
épinière était iqjectée et ramollie au point 
de se réduire en une pulpe sans consistance 
par la plus légère pression. Quelquefois il 
a vu des points npirâitres à Torigine des nerfs 
lombaire^ et sacrés , et souvent un épanche- 
ment cpnsidérable de sérosité , comn>e dans 
rhy4rorachis (2), Ces recherches pourraient 



(0 yoy, le journal de la Société de médecine* 
t. 58 , p. 247. 

(a) y^oy, VsiriicXe épizootie^ du Dictionnaire des 
ftc. médicales , par M. le docteur Guersent. 



( i5o ) 

7^=^=^=5 fournir le véritable caractère des fièvres es-^ 
sentielles, en prouvant quelles dépendent 
d^un dérangement gériéral de V action 
nerçeuse d'une nature parHculière ; déran- 
gement tellement grave dans les fièvres ty- 
phodes intenses^ qu^il donne la mort en 
quelques jours, et que Ton trouve l'or- 
gane même qui entretient cette action 
nerveuse 5 frappé d^une désorganisation mar- 
quée. 

Il est une chose bien digne de remarque 
dans la description des fièvres épidémiques y 
qui ont eu lieu loin de nous et à diverses 
époques, c'est que , à Texception de quel- 
ques Symptômes non essentiels qui servent à 
'Caractériser l'espèce en général, comme la 
teinte jaune et le vomissement noir dans la 
fièvre jaune , les bubons'ou anthrax , et une 
marche plus rapide dans la peste du Levant, 
on retrouve toujours la même série de phé^ 
nomènes morbides et de dérangemens géné- 
raux que nous avons tous eu occasion de voir 
tant de fois, pendant la guerre, dans le typhus 
nosocomial. 

A la suite de l'histoire de l'épidémie de 
Philadelphie , M. Devèze donne une des- 
cription de celle qui eut lieu à Cadix en 1 800, 
pour montrer la parfaite identité de ces deux 
épidémies. L'ouvrage entier est divisé en trois 



( i5i ) 
livres ; tout ce que nous venons de rap- 
porfer se trouve compris dans le premier. F*«^'^«)*""* 
Le troisième contient des considérations gé- 
nérales sur le traitement. Dans ce dernier , 
Tauteur passe en revue Taction des difierens 
moyens énergiques recommandés et aban- 
donnés tour à tour ; il montre qu'il n'est au- 
cun spécifique contre la fièvre jaune. Le trai- 
tement empirique de la saine doctrine ^ et 
la médecine des symptômes paraissent seuls 
constituer les moyens propres à arracher 
quelques individus au torrent dévastateur 
qui ne cesse ses ravages que par de grands 
changemens atmosphériques 3 par l'approche 
de rhiver , ou seulement faute de nouvelles 
victimes à dévorer. 

Dans le second livre ^ qui compose plus de 
la moitié du volume^ Tauteur recherche 
d'abord les causes de la maladie ; puis il éta- 
blit les différences qu'il croit exister entre 
Pinfection et la contagion ; enfin il traite lon- 
guement cette question : La jièçre jaune 
est-elle une maladie par infection y ou bien 
une maladie contagieuse ? La longueur 
même de cette partie , est une preuve que ce 
n'est pas la plus claire ; cependant elle se fait 
lire avec un grand intérêt , parce qu'il s'y 
trouve beaucoup de citations précieuses, 
extraites des meilleures lûstoire^ d'épidémie* 



(I52) . 

Pour faire entendre sous quel point de vue 
icvrejaaoe l'^ui^pj. eirvisage cette question , Je dois rap- 
porter de suite comment il définit Vinfec^ 
tion et la contagion. «Le principe de la 
contagion , dit-il , provient toujours d'un 
être vivant, et il est le résultat d'une maladie 
qu'il a la faculté de reproduire. — Le prin- 
cipe de P infection^ au contraire, esi un ré- 
sultat de la décomposition des corps organi- 
sés 5 et il ne peut être reproduit par le fait 
de la maladie à laquelle il a don^é lieu. » 
M. D. attribue la fièvre jaune à Tinfection. 

Cette distinction de la contagion et de Tin- 
fection est peut-être plus ingénieuse que so- 
lide , et peu propre à confirmer le sentiment 
dont Fauteur est profondément pénétré^ et 
que partagent chaque jour un plus grand 
nombre de médecins , savoir , que la fièvre 
jaune h' est pas contagieuse par le moyen 
(Tun virus fixe et permanent ; car il ne 
serait ^as difficile de prouver, par l'ouvrage 
même, que la fièvre jaune rentre dans la 
définition de la contagion. En effet , Fauteur 
pense que dés hommes réunis en trop grand 
nombre et des substances animales en putré- 
faction peuvent donner lieu au dévelop- 
pement de la fièvre. jaune. Or ces conditions 
se trouvent réunies au plus haut degré dans 
lin rassemblement d'hommes affectés de fiè- 



îv 



(i53) 
vres fyphpdes ; ceux qui la confracf ent au 
milieu d'eux , peuvent la propager à leur i'>èvn. jaune 
tour, et ce mode de propagafiou rentre par- 
finitement dans la définition de la contagion. 
Gonveinon3 qu'il eftt très-difficile de bien dé- 
finir les mots employés dans une science 
couverte encore d'obscurités. L'on est obligé 
de refaire le langage i mesure que de nou« 
velles expériences ou observations viennent 
éclairer les théories, et il ne faut souvent 
qu'un nouveau fait pour changer toute la 
valeur des expressions usitées. C'est une 
difficulté de ce genre qu'a eu à vaincre notre 
estimable secrétaire général , dans son savant 
article d^ la contagion , du Dictionnaire des 
sciences médicales. 

Dans les grandes épidémies des fièvres ty- 
phodes y les . médecins qui pensent que ces 
maladies sont contagieuses^ entendent , en 
général , par cette expression , qu'elles ont 
la propriété de se communiquer d'un indi- 
vidu à l'autre^ sans se croire obligés d*ex- 
phquer le mode de contagion, et souvent 
même sans avoir cherché à s'en rendre 
compte. Cependant c'est le mode de conta^ 
gion qu'il est important de connaître , puis-» 
que c*est lui seul qui peut faire juger do 
l'utilité des moyens employés dans les gran- 
des épidémies pour en arrêter les progrès. 



( i54 ) 
i ■ ' -J -^ Afin d'éclairer cette question , il conviendrait 

^®^^®^*""* peut-être d'établir d'abord ce qui est pos- 
sible en fait de mode de contagion y d'après 
l'état actuel des connaissances physiques et 
physiologiques , et d© rechercher ensuite ce 
qui est le plus vraisemblable parmi les choses 
reconnues possibles. 

Quand il paraît une épidémie de fièvres ty- 
phodes dans un pays , elle n'a pu être détermi* 
née que de trois manières : premièrement, elle 
s'est développée spontanément par un con- 
cours de causes locales et individuelles bien ap- 
préciées aujourd'hui , et elle peut continuer de 
produire ses ravages par le fait seul de ces 
mêmes causes ; secondement, elle peut avoir 
été importée d'un lieu où elle règne habituel- 
lement , et s'être communiquée par voie de 
contagion; troisièmement enfin , elle pour- 
rait avoir commencé à se développer par 
les causes ordinaires d'épidémie , et avoir 
pris ensuite un caractère de gravité qui la 
rendrait susceptible de se communiquer par 
voie de contagion ; en sorte que dans le fort 
de la fièvre typhode , la maladie serait en- 
tretenue , tout à la fois „ et par les causes gé- 
nérales d'épidémie , et par l'action consécu-^ 
tive d'une véritable contagion. 

Si l'affection est purement épidémique , 
c'est-à-dire produite par les miasmes que 



( i55 ) 
dégagent , en certaines occasions , les ma- s! 



tîèrcs végétales ou animales en putréfaction 3 ' vf*?)»""* 
ce à quoi M. D. attribue seulement la fièvre 
jaune, il n'y aurait d'autre précaution à 
prendre , pour s'en garantir , que de s'éloi- 
gner des lieux qui produisent ces miasmes. 
Mais si la maladie a été véritablement im- 
portée, ou si, après n'avoir été qu'épidé- 
miqùe, elle finit par devenir contagieuse , 
dans ces deux derniers cas , il doit exister 
un véritable virus , une matière contagieuse 
dont il convient de déterminer la nature 
physique et le mode d'action physiologique. 
Sous le rapport physique , la matière con- 
tagieuse doit être , comme tout autre corps , 
ou à Tétat fixe ou à l'état gazeux. Dans l'un 
et l'autre état, cette matière peut être de 
nature à se décomposer promptement , après 
qu'elle a été produite , ou bien elle pourrait 
avoir la propriété de se conserver avec toute 
^dn action délétère pendant un temps plus 
on moins long. Il n'y a rien , du reste , à 
préjuger 3ur sa composition chimique , puis- 
que son existence et son caractère physique 
ne sont pas encore constatés. Sous le rapport 
physiologique , la matière de la contagion 
ne pourrait être, qu'un produit de la mala- 
die dans son état d'aiguité , et se trouverait 
fournie, ou par la transpiration cutanée, ou 



( i56 ) 
par rexhalafîôn pulmonaire , ou par les di- 
iievrejauno y^j-^gg excrélîoDs, OU enfiii par un produit 

de sécrétion qui serait particulier à la mala- 
die, comme les bubons, les anthrax, etc. 
Cette matière devrait encore fournir, sous le 
rapport de sa propriété contagieuse , une . 
distinction importante. Ainsi elle pourrait 
agir sur Torganisation , au ipoyen d'une mo- 
lécule , comme le virus de la variole ; ou 
bien il faudrait une dose de cette substa'nce, 
plus ou moins considérable, selon sa con- 
centration, et la disposition des individus^ 
çt elle agirait alors cpmme les divers poi- 
sons. Enfin, cette matière ne doit pouvoir 
produire son effet contagieux sur les indivi- 
dus, qu'en agissant directement sur une par- 
tie dépuée d'épidernie , à la manière de fous 
les autres virq^ connus. 

Nous allons retraper rapidement les causes 
générales quj peuvent donner lieu aux fié* 
vres typbodes, puis nous entrerons dans 
quelqu&s détails sur la marche de$ épidémies 5 
afin de juger , parmi les suppositions que nous 
venons d'établir comme possibles , celles 
qui paraissent les plus vraisemblables , et 
pouvoir ensuite les mettre en rapport avec 
les grandes mesures sanitaires employées 
jusqu'à ce jour. 

Parmi les causes des épidémies , les unes 



( ï57 ) 

tientlenf aux localités , les autres de^pendent 
de la disposition des individus. Aux pre- 
mières se rapportent un pays chaud ou tem- 
péré, riverain ou habituellement humide ^ 
environné de marais , mal cultivé ou défri- 
ché en partie ; de gi^andes villes mal expo- 

^sées, mal bâties; des rues étroites , mal per- 
cées, point ou mal payées ; des maisons 
basses, sans latrines. Les secondes sont une 
population nombreuse accumulée dans des 
locaux resserrés, humides et sombres, l'igno- 
rance , là misère , la malpropreté ; des ali- 
inens de mauvaise qualité ou insuffisans ; des 

.travaux excessifs ; enfin une transmigration 
brusque dans des pays sujets aux épidémies. 

Il est tellement vrai que ce sont là les 
principales causes des épidémies des fièvres 
typhodes, qu'on les voit disparaître en Eu- ' 
rope, à mesure que la civilisation en fait ces- 
ser Torigine , et qu'on les voit persister ou 
reparaître fréquemment dads les lieux où la 
population reste au même degré d'igno- 
rance ^ de misère et de servitude. Eafiu, Ton 

* sait que quand les malheurs de la guerre 
ramènent momentanément toutes ces causes 
dans un pays civilisé , on voit bientôt sur- 
venir la maladie qui en est le résultat ; en 
sorte qu'il est permis de dire aujourd'hui 
qu'une épidémie de fièvres typhodes peut 



(i58) 
être produite à volonté , sans secours de vî-^ 
Fièvrejannu rus étranger. 

M. AuDOUARD a pensé que les diverses es- 
pèces dVpidémie appartenaient à difTérens 
climats y et qu^on pouvait ^ sous certains de- 
grés de latitude , tracer des zones perpen- 
diculaires à rhorizon auxquelles se rattache* 
raient les quatre principaux degrés d'épid^- 
mie« Ainsi , en allant du nord à Téquateur y 
il assigne le typhus comme propre au nord 
de TEùrope , les intermittentes pernicieuses 
au midi de cette région , la fièvre jaune à 
TAmérique, enfin la peste à F Asie ou F Afri- 
que (i). Cette remarque pourrait être vraie 
dans un état de civilisation stationnaire.comme 
il Test en Asie ; mais 5 en Europe^ Ton peut 
dire que les progrès dans les sciences et 
les arts repoussent toutes les espèces d^épi^ 
démies. L'on sait que la peste s^est montré à 
Paris et dans la plupart des villes de France.; 
mais Taisance et la propreté Ten ont chassée 
et Tont forcée de fuir du côté du midi , ou 
elle a cessé de paraître après avoir ravagé 
Marseille. Si Tltalie assainissait ses marais,* 
elle verrait de même disparaître ses inter- 



(1) F'oy. les Recherches sur la contagion des fiè- 
vres intermittentes. 



(i59) 
mît tentes pernicieuses. Sous ce point de vue , «■ 



il serait possible de rapporter les principales Fièvrejaun» 
formes d^ épidémies à des degrés différens de 
civilisation , et à quelques circonstances lo- 
cales. Ainsi au dernier degré d^ignorance, 
de misère et de servitude , au milieu d^une 
population nombreuse » sous Tinfluence de 
miasmes putrides et d'un climat chaud ou 
tempéré ^ doit se montrer la peste 3 et a me- 
sure que toutes ces circonstances diminuent 
on ne voit plus paraître que les typhus pro- 
prement dits. Lorsque ces mêmes, circons- 
tances sont én^inemment influencées par des 
exhalaisons marécageuses , plutôt que par 
des émanations de matières animales putri- 
des, surtout près les bords de la mer, on 
voit paraître alors la fièvre jaune de préfé- 
rence. Il est bien probable que fabondance 
et la propreté sont des moyens beaucoup 
plus sûrs de se garantir de la peste que les 
quarantaines et les lazarets. 

Quoi qu'il en soit, lorsqu'une épidémie de 
fièvres typhodes se développe, et qu'elle 
commence à devenir fort meurtrière , aussi- 
tôt on voit renaître la dissidence d'opinions 
qui existe entre les contagionistes et leurs 
adversaires. Malheureusement leurs différen- 
tes manières de voir entraînent des mesures 
de salubrité diamétralement opposées ; d% 



(i6o) 
■ telle sorte que si les moyens employés dans 
Ficyrejaunc j^^ grandes épidémies ne sont pas justifiés par 
Texistence d^un virus fixe et permanent , elles 
deviennent manifestement funestes , et bien 
plus propres à favoriser les progrès de l'épi- 
démie , qu^à en borner lés effets. Ainsi les 
non-contagionistes pensent que pour arrêter 
les progrès du mal dans une ville où règne 
' répidémie , il convient d^engager les habitans 
aisés à se répandre dans les campagnes , 
qu^il faut ramener Tabondance , multiplier 
les moyens de salubrité , placer les malades 
dans des lieux très-espaces , et leur prodi- 
guer, sans crainte , • tous les secours conve- 
nables. Les contagionistes , au contraire , di- 
sent que quand la maladie a pris le carac- 
tère contagieux , il faut fermer les portes de 
la ville , établir des cordons de troupes ^ pour 
empêcher toute émigration, signaler les 
maisons des individus malades, interrompre 
foute communication , et détruire par le feu 
tous les objets contaminés. Pour arriver k 
reconnaître dans quelles circonstances peut 
convenir ce dernier moyen de séquestre et 
de destruction, il faut passer en revue, dans 
le cours d'une épidémie, le petit nombre 
d'états reconnus possibles , et sous lesquels 
peruvent se présenter, ou tes miasmes am- 
^bians, ou le virus importé ou produit par la 



rt 



( i6i ) 
maladie , afîa de pouvoir jager ainsi à quelle 
supposition peut être adapté le système or- f*«^*^*J«""* 
ganisé dès institutions actuelles. 

Si répidémie n'est due qu'à l'influence des 
miasmes qui se dégagent des matières ani- 
males ou végétales en putréfaction dans un 
lieu déterminé , comme M. DEvkzE pense 
que ceta arrive dans la fièvre jaune , le sys- 
tème du séquestre est évidenunent mauvais 
sous tous les rapports ^ et celui de l'émigra- 
tion serait le seul convenable. Cette mesure 
commence même à être conseillée par les 
les autorités mieux instraites dans plusieurs 
villes d'Amérique , où Ton engage les ci- 
toyens à se retirer dans les campagnes pen- 
dant les épidéoiies de fièvre jaune. 

Si la maladie 9 d'abord épidémique^ de- 
vient côùsécutiv^ment contagieuse par le 
moyen d'un virus que produirait le typhus 
parvenu à un certain degré d^activité » ou si 
la maladie est due à un virus importé : dans 
Tun et l'autre cas , ce virus sera nécessaire- 
ment ou à Fétat gazeux oU à l'état fixe. S'il 
est à Pétaf de gaz^ il ne difière point des 
miasmes ; il agit nécessairement comme eux ; 
en se portant' sur les parties dénuées d'épi- - 
derme , lorsquUl s'introduit dans les narines • 
la bouche , sous les paupières , etc. Du reste , 

' T. 72 de laCol. ii^detà^^ Sén Août. 1 1 



( i6» ) 
-■■■ que ce virus gazeux soit permaneut^ ou s'al- 

levrejaunc ^^^^ ^^^^ facilité , quelle que soit sa pesan- 
teur spécifique ; qu'il puisse inoculer la ma* 
ladie avec une seule molécule ou ue pro-" 
duire cet effet qn^à une certaine dose , selon 
la disposition individuelle ; dans toutes ces 
suppositions, le syst^e du séquestaro feod. 
toujours à accumuler les miasmes^ et à assu- 
rer les progrès de Tépidémie : il augmente 
d^ailleurs considérablement la disposition des 
individus à contracter la maladie 3 en les 
glaçant dVfirdi et en les forçant de rester 
accumulés au milieu d^un centre épouvan- 
table d'infection, privés de tous moyens 
d^aisance et de salubrité. Dans une ville po«> 
puleuse , au fort de Tépidémi^ , les miasmes 
^ doivent devenir si considérables, que les 
vents peuvent les emporter fort loin^ s^ns 
que les barrières ni les cordous de troupes 
puissent les arrêter ; et, en supposant même 
que le système du séquestre soit capable de 
cerner les miasmes au point de les empê-« 
cher de se répandre au dehors , dans ce cas* 
là même, il sera beaucoup plus Ëicile de con<* 
cevoir le mal affreux et positif que ce sys«- 
tème doit produire , que Tàvantage incertain 
que Ton peut en retirer. 

l)ans la supposition d'un virus fixe, il y a 
encore des distinctions à faire ; ainsi il pour- 



( i63 ) 
rait être altérable , et ne communiquer la 
maladie cpi*à une certaine dose , comme les Piè^»f*'i»"'"* 
poisons. Dans ce cas , le séquestre ne serait 
propre qu'à le retenir et à favoriser son eflTel 
contagieux, en le concentrant dans un même 
espace. Mais en supposant que ce virus soit 
contagieux à molécule ^ il pourrait encore , 
ou s'altérer à Pair , comme le virus vaccin , 
ou bien enfin être fixe , permanent , et 
«usceptible de s'attacher à tous les objets con- 
taminés. Dans le premier cas , le séquestre 
des individus malades et des objets contami- 
nés 9 serait encore dangereux ; tout devrait 
fendre à opérer la décomposition prompte 
du virus , en isolant et disséminaînt les hom- 
mes et leis choses , et favorisant ainsi leur 
exposition au grand air , par tous les moyens 
possibles. Enfin , il reste la dernière supposi- 
tion d'un virus fixe, permanent et conta- 
gieux à molécule , susceptible de s'attacher 
aux objets : dan^ ce cas, son existence de- 
vrait être parfaitement prouvée, par cela 
même qu'il aurait alors des caractères sem- 
blables à celui de la variole. Ëh bien , dans 
cette dernière supposition même , le système 
de l'isolement servirait encore à peu de cho- 
ses , surtout s'il était vrai , comme le disent' 
les grands partisans de la contagion , qu'un 
rat," qu'une mouche, qu'un corbeau peut 



C r64> 
B porter H maladie au loin 3 et fournir ainsi 
Fièvrejaune l'étincellc d'uu nouvcl incendie ; mais sur- 
tout par la raison qu'il n^est aucun moyen 
sûr pour parvenir à détruire entièrement 
tous les objets contaminés y et qu^il devrait 
toujours se conserver quelques molécules 
propres à entretenir la maladie , comme il 
reste toujours du virus varioleux. 

Il est bien probable que Fignoranee des 
temps passés y et une aveugle frayeur ^ biea 
pardonnable à cette époque ^ ont donné nais- 
sance au système de la contagion par un vi- 
rus fixe et permanent^ ainsi qu^à rétablisse- 
ment des institutions sanitaires actuelles; ins- 
titutions qu^on n'établirait probablement pas 
aujourd'hui si elles n^existaiént point. Quand 
une fièvre, d^abord épidémique ou spora- 
dique , finit par devenir contagieuse ^ ç^est 
bien probablement au moyen des émana-^ 
tions ou miasmes produits dans le fort de la 
maladie, et avec lesquels on se trouve en 
contact 3 qu^elle doit se communiquer. Mais 
les anciens qui n'avaient aucune notion de la 
physique des gaz , ne pouvaient pas com- 
prendre ce mode de contagion* Aussi GuT 
DE Chauliac , qui voyait bien qu^il ne s^flS- 
sait pas de se préserver du toucher pour être 
garanti de la maladie, disait que la peste 
d^ Avignon^ au treizième siècle, étaii de 



( i65 ) 
telle contagion > qu^on la gagnait même 
en regardant un malade. Fièvrc^aun^ 

La seule maladie qui , par ses ravages épi- 
déniiques ^ présente quelques analogies avec ' 
les fièvres typhodes , erf la variole. Mais 
celle-ci est parfaitement connue ; si l'on ignore 
son origine , on connaît très*bien sa nature. 
Ainsi Pon sait qu^à un individu aiSecté de 
petite vérole , il survient des boutons dahs 
lesquels se trouve à Tëtat fluide un virus 
contagieux et fixe^ qui peut se conserver in« 
définiment^ pour reproduire la même maladie 
qui lui a donné naissance. L^on sait que quand 
un varioleux est couvert de boutons à matu- 
rité pendant Texeessive chaleur qui accom- 
pagne la fièvre, ce sont ces boutons qui 
répandent une vapeur produite par le virus 
qu'ils contiennent , et qui s'annonce par une 
odeur particulière ; cette vapeur est capable 
de communiquer la maladie dans une cer- 
taine ^hère d'activité^: en s'introduisant dans 
les orifices des voies pneumo-gastriques. On 
sait que les boutons de la variole , en se des- 
séchant , conservent sur leurs écailles ce vi- 
rus à Téiat fixe , et que par la desquamma- 
tion chacune de ces écailles porte ainsi une 
portion de virus capable de se conserver par- 
tout sans précaution ^ pendant longues an- 
nées; Ton sait que ces écailles peuvent étrf 



( ï66 ) 
— " ensuite emportées par Ite venfs pour aller au 

levrejaune |^j^ communiquer la maladie , en s'inti:[0- 

puisant dans les narines des enfans. Uon sait 
que ce même virus peut se conserver ^ ou à 
rétat liquide ou à Tétat sdlide pour înooiler 
la maladie à volonté. Enfin , Ton sait que , 
si cette maladie avait pu attaquer plusieurs 
fois les mêmêâ personnes, elle aurait fini par 
dépeupler la ferre , après en avoir mutilé les 
habitans de mille manières. Tous ces faits 
sont précis ; ils ne sont point contestés, et 
rendant parfaitement raison de tous les phé- 
nomènes que présentent les grandes épidé-^ 
mies de variole , et la présence continuelle 
de cette maladie ; tandis <jue pour le virus 
contagieux dès fièvres typfaodes, tout est en- 
core en question : son ea^isfence même est un 
problème , les difiërens auteurs qui Tadmet- 
tent ou la nient, s^étayent de raisonnemens 
et d^observations plus ou moins vraisembla* 
blés ; la controverse peut durer encore un 
siècle de la même manière ^ sans donner de 
résultats incontestables; cette forme d'explo- 
ration est arrivée à son terme. Dans cet état 
de chctees , il n*y a qu'une série d'expérien- 
ces authentiques qui puisse résoudre corn-- 
plètement le problème de la contagion des 
fièvres typhddes. On est encore à concevoir 
comment des expériences aussi importantes 



( i67 ) 
pour les gouvernemens n'ont pas été ordon- 
nées. L*on cherche en vain dans Thistoire F>e^ret«"»« 
des épidémies , et Ton n^ trouve presque 
rien à cet égard. 

Pendant la peste de Moscou, en 1771 , ou 
annonça ia découverte d^une poudre fumiga- 
toire^qui désinfectait tous les objets conta* 
minés. LMmpératrice Catherine , instruite de x 
cette prétendue découverte , ordonna qu^on 
en fit Tessai. Pour cela , on prit des che- 
mises et des vêtemens qui avaient servi aux 
pestiférés , et après les avoir passé à la fumi- 
gation , on les fit porter à sept forçats 3 qui 
nVprouvèrent aucun accident ; mais il ne ^ 
vint point dans Tidée des expérimentateurs 
de faire la contre-épreuve , qui, seule, pou- 
vait rendre cette ex:périenGe décisive. Le 
peu de crédit qu^a conservé cette fumiga- 
tion , porte bien à croire que si la contre- 
épreuve eût été faite, elle aurait donné le 
même résultat. 

A défaut d'expérience sur la contagion des 
fièvres typhodes , je vais en citer quelques 
unes qui ont été faites dans les principales 
épizooties du gros bétail • Celle qui régna 
dans la Bourgogne , en 1745 , donna lieu à 
. une expérience importante. M. D£ Cqurti- 
VBON rapporte , dans les Mémoires de T Aca- 
démie des sciences de la même année , qu^il 



( i68 ) 

• fat effrayé de la perte qu'entratnait la des- 
truction ordonnée de tontes les peanx des 
animaux abattus ou morts de la maladie; 
perte qu^il évalue à plus de cent mille écus 
pour la province de Bourgogne. Cet acadé- 
micien voûtant s'assurer par lui-même si les 
cuirs conmiuniquaient en effet la maladie^ 
^ se Iransporta le 2 juillet à Âizeray ; ce village 
qui contenait quatre cents bétes à cornes, 
venait d'en perdre deux cents en moins d'un 
mois. Il choisit là des peaux fraîches de 
bêtes mortes et dépouillées le jom* même. Il 
les enveloppa soigneusement de paille et d'un 
cuir tanné 3 et les fit transporter danssQO do- 
micile , distant de deux lieues, et que la 
• maladie avait épargné. Le lendemain , il en- 
ferma deux vaches dans une écurie particu- 
lière, et elles y restèrent six jours sans sor- 
tir, et recouvertes de ces peaux, qui avaient 
fini par contracter une odeur cadavéreuse' 

. insupportable ; cependant ces vaches n'é^ 
prouvèrent aucun accident, et furent re- ^ 
xnises^ parmi les autres bétes à cornes , aux- 
quelles elles ne communiquèrent point la 
maladie. 

La publication de ces expériences n'eii 
provoqua point d'abord de nouvelles ; car , 
en 1774, dans Tépizootie qui ravagea les 
provinces méridionales , on continua de sui- 



T^ 



( Ï69) 

vrele même sy&fème d'abaffage, de desfruc- m m 

tion et d'isolçment^ sans aucune apparence ^'«v")*""* 
de succès. Dufau , médecin à Dax , observe 
à ce sujet 5 que ^ pendant soixante ans 5 mal- 
gré tous les efforts de Fadministration la plus 
active, la maladie épizootique n^avait pas 
disjcontinùé de parcourir et de ravager TEu- 
rppe j et particulièrement la France^ se por- 
tant de Test à Touest 5 ou de Touest à Test, 
^ans règle aucune, de la manière la plus 
surprenante , et , pour ainsi dire , la plus ca- 
pricieuse. Ce médecin, frappé de voir corn* 
bien la perte des peaux , celle des suifs , et 
le massacre des bêtes malades augmentaient 
les malheurs de Fépizootie , se détermina à 
représenter au ministre Timpuissance et Tinu- 
tilité de ces moyens destructeurs , et le pré* 
judice immense qu^ils causaient au pays , en 
pure perte, 

Dupont de Nemours , dans ses mémoires 
sur la vie de Turgot , rapporte à cette occa- - 
sion , qu^ les dépenses que Ton fit pour ar- 
rêter ce fléau , sans aucune apparence de 
succès, s^élevèrent à près de quatre millions 5 
sans compter les pertes particulières des pro- 
vinces , qui durent s^élever encore au ipoins 
h quatre millions. On, en sera peu étonné , si 
Ton pense qu^on payait aux propriétaires le 
tiers des bêtes immolées ; qu^on achetait en- 



( }70 ) 
saife de nouveaux animaux de labour /qu'on 

Fièvrejaune donnait des gratifications aux troupes qui 

formaient le cordon , etc. 

Turgot , en habife ministre d^état y ne tarda 
pas à s'apercevoir de Tignorance dans la^ 
quelle on était sur les causes du développe- 
ment et de la marche des épizoofies ; et 
c'est à cette occasion qu'il fit rendre l'arrêt 
du conseil, du sg avril 1776, qui établit 
une commission royale de médecine pour la 
recherche des maladies contagieuses sur les 
hommes et les animaux. C'est cette même 
commission qui ^ prenant une forme plus aca- 
démique^ est devenue la Société royale de 
médecine. 

Vicq-d'Azir, qui occupa un rang si dis- 
tingué dans cette Société savante ^ était un 
grand partisan de la contagion , et la plu- 
part de ses écrits sur les épizooties recomr 
mandent les mesures destructives. Il croyait 
que celle de 1774 avait été apportée de la 
Guadeloupe à Bayonne , par le moyen de 
cuirs; 

* DuFAU raconte à ce sujet que ViCQ- 
d'Azir , voulant prouver aux incrédules , 
dont le nombre était grand , que la contagion 
se communiquait par le moyen des peaux , 
fit écorcher un bœuf mourant de répizootie^ 
et en fit appliquer la peau toute fraîche sur 



(»70 
un bœuf sain ; mais cette peau ne communi- 
qua pas la maladie à cet animal ; elle sembla , '^^'''''^" 
au contraire , lui servir d'égide pour Ten ga- 
rantir. Depuis cette époque ^ ViCQ-D^Azra 
commença à douter ; il renouvela les expé- 
riences 5 et voici comment il se rétracte : <c La 
maladie ne se communique point par le 
moyen des cuirs, ce que M. Courtithon a dit 
avaut moi ; j'ai inutilement renouvelé les cuirs 
sur le dos de huit vaches à quatre reprises, sans 
qu'elles aient éprouvé d'autres symptômes 
que du dégoût pour les alimeus ; Tappétit 
leur est revenu ensuite (i)^. » 

On voit que si Ton eût commencé par faire 
ces expériences , on aurait évité de grandes 
pertes, et épargné bien des vexations aux 
laboureurs des pays soumis à Tépizootie, 
telles que celles qui doivent nécessairement 
résulter de la présence des soldats envoyés 



ae 



(i) Oa croirait peut-être, â*après des expériences 
aussi conokuàAtês , et une rétractation aussi authen- 
tique , qu'on aurait franchement autorisé )a oonser* 
vation des peaux > mais point du tout; l'on se con- 
tenta de dire qu'on pourrait les conserver après les 
avoir passées à la chaux. Les formalitést à cet égard, 
étaient accompagnées de tant d'entraves , que la 
plupart des pojrsans préféraient perdre leurs cuirs 
que de s'y assujétk*. 



\ 



( i7a ) 
dans les villages , à FeSet d'arracher de vive 
FievrejauDef^Pç^ les bestiaux saîns pour les assommer et 
les enferrer. 

La direction des expériences ^ une fois en- 
treprise, a fourni pour les épizooties des 
documens très-précieux ; ainsi Vicq-d'Azir 
a reconnu que les cuirs et les sui& ne com- 
muniquaient point la maladie, et que Ton 
pouvait manger sans danger la viande des 
bétes mortes. L'on sait que les troupes étran- 
gères n'ont pas eu d'auire.nourriture en 1814, 
dans quelques départemens. 

Vicq-d'Azir , après s'être assuré qu'on in- 
fectait des animaux sains en les enfermant 
avçc d'autres qui étaient malades , a chw- 
ché à inoculer la même affection , et il y est 
parvenu en introduisant sous l'épiderme di- 
vers produits d'excrétions morbides, telles 
que le mucus nasal , la bave ^ la cbas»e , et 
les larmes. Ces expériences ont été répétées 
plusieurs fois depuis, par les partisans de 
l'inoculation dans les épizooties. L'on . a rp- 
connu que ces diverses excrétions morbides 
peuvent , comme le vaccin , conserver quel- 
que temps leur propriété contagieuse , quand 
on les tient exactement renfermées ; mais 
qu'exposées quelques jours à l'air, ou re- 
cueillies après la mort , elles perdent bientôt 
leur propriété contagieuse. 



(173) 

ViCQ-D^AziR s'est assuré que la maladie , 
une foîscontraciée, soit naturellement, ou Nièvre jaune 
par rinoculation , ne pouvait pas être reprise 
une seconde fois pendant la même épizootie. 
Enfin* ee célèbre médecin , conduit par ces 
expériences à des vues nouvelles , a fini par 
proposer Fémigration des bêtes saines confine 
le meilleur moyen de diminuer le ravage des 
épizooties , et il cite plusieurs essais qui gnt 
été couronnés d'un plein succès. Notre col- 
lègue y M. DupuT^ a obtenu aussi de grands 
avantages par Fémigration dans quelques 
épizooties. 

On voit ainsi les avantages qui peuvent 
résulter d^une série d'expériences bien faites, 
et il est à désirer ^ que Ton suive la même 
marche dans les épidémies de fièvres ty« 
phodes. Spuace rapport, nous devons féliciter 
M. Dbvèze d'avoir fixé l'attention de TAca- 
demie des sciences sur la non*contagion de 
la fièvre jaune , et d'avoir obtenu de cetta 
Société savante qu'elle adresserait son mé- 
moire au ministre de l'intérieur , qui avait 
précédemment établi un comité sanitaire. J'ai 
lu de même » il y a quinze ans , un mémoire 
a l'Institut , pour développer les doutes que 
Ton peut élever sur la contagion dans' les 
^épidémies de fièvres tjrphodes , et pour solli- 
<àXBt des expérieijices authentiques. Deux mé- 



.( m) ^ 

decîas furent nommés commissaires. Le rap- 
i«vrejaune pQJ,Jg^J, fif un travail éteuda , dans le sensr de 

mon mémoire 9 le second refusa de le si-^ 
gner; deux physiciens qui leur furent ad<^ 
joints , se récusèrent , et je retirai mon tra- 
vail , probablement prématuré. 

Aujourd'hui que la contestation de la coih 
tagion par un virus permanent , continue à 
être mise en doute , et puisqu'il est reconnu 
que ce point de doctrine ne peut être éelàirci 
que par des expériences directes que les 
gouvernemens seuls peuvent autoriser etor^* 
donner ; il est à désirer que les médecins 
contagionistes et leurs adversaires se réunis- 
sent poi;ir demander que ces expériences 
soient faites, et que, jusqu'alors, ils appor- 
tent, chacun de leur côté , le fruit de leurs ob- 
servations et de leurs méditations , sans ani* 
mosité et sans prévention systématique. 

N. du R. Ce travail se lie a celui de M. âudouard, t. 71 , 
p. 327 , lequel est en réponse an mémoire de* M. Sedii<lot , 
p. 196. 



ObseriHitîon d^une éjection urétrale bleue} 
par M. Granier , méàecin à St-Pons , 
( Hérault^ , etc. 

( Séance du ao juin 18^. ) 
Urine bleue Dccouloiima , habitant de la conmiune de 
Pardassianj arrondissement de Saint-'Pons, 



(175) 
département de l^Héraul t , me présenta , dans 
le mois de mars 1819, sou enfant mâle» "»? *>!???. 
puîné 3, âgé de trois mois , qui pissait bleu , 
me dit-il. Four me convaincre de la vérité 
du fait 5 je demandai à voir ses langes. La 
mère de cet enfant m^en présenta , qui , quoi- 
que lavés j conservaient çà et là de larges 
taches bleues, «rengageai cette femme à mo 
conserver soigneusement un des langes qui 
contint de' ces urines^ ce qu^elle fit, et elle 
me le remit quelque temp^i après. Je lui de- 
mandai quelques renseignemens , et voici 
ceux que j'obtins d^elle. 

ce Quoique dans ma famille ni dans celle 
de mon mari » je ne connaisse personne at- 
taqué de cette maladie, j'avais une fille qui 
est morte à Tâge de quatre ans 3 et qui » comme 
mon petit, rendait par momens des urines 
bleues. J'ai tout lieu de croire qu'elle est 
morte de cette affection. Mon enfant a la 
même infirmité depuis deux mois et demi. 
Ce n'est que dans certains momens , et à des 
intervalles plus on moins éloignés , qu'il rend 
avec douleurs ses urines colorées en bleu ; 
quand elles sont de couleur naturelle , elles 
sont émises sans souffrance. Du reste , l'enfant 
est parfaitement réglé pour toutes les autres 
foj^ctions. » 

y^xa^en que j'ai fait de ce jeune enfant. 



Urine bleiu 



, ( 176 ) 

ne m^a rien présenté qui soit digne d^être 
rapporté ; tout , chez lui , au moins exté- 
rieurement , est dans Tordre naturel. Je n^at 
pas pu m^assurer si la couleur bleue des 
lurines était FefFet d^une espèce de blennor^ 
rhée, qui, se joignant aux urines ^ leur don* 
nait cette couleur y ou si les urines elles-mê- 
mes prenaient cette coulew dans leur réser- 
voir par une cause quelconque. Je me borne 
donc à faire connaître ce fait, et à mettre 
sous les yeux de la Société un morceau de 
linge teint par ces urines. Je ferai seulement 
remarquer que ce lange qui est teint , ne 
l'est que d^espace en espace, ce qui ferait 
présumer que les urines ne conservant pas 
toujours la couleur bleue dans un même 
jet, elles tiennent cette couleur d^une hu- 
meur qu^elles rencontrent sur leur chemin 
dans des temps indéterminés. 



Rapport de M. Dblens , sur Vobserçation 

précédente. 

(Séance du 4 juillet 1820.) 

Les divers fluides du corps humain jouis- 
sent, dans l'état de santé , de caractères phy- . 
siques et chimiques qui ne varient que dans 



( 177 ) _ 
des limites assez bornées; mai$ ils peuvent sssssssssm 

accidentellement revêtir tout autres carac- Vrine bleue 
tères. L'urine, surfout, destinée k porter 
hors de Téconomie la plupart des principes 
qui lui sont étrangers ou qui sont devenus 
tels , est de toutes nos humeurs celle qui pré- 
sente les variations les plus remarquables. Les 
auteurs abondent en observations dHirines 
rouges ,. noires , blanches ou lactées , vertes ^ 
bleues enfin. Mais ces faits curieux djemeu- 
reraient à jamais stériles , si ^ mécoanaissant 
la corrélation intime et nécessaire qui existe 
entre Vétàt physiologique et morbide des 
otganes , et les propriétés physi^es et chi- 
\ iniques de ces mêmes Qrganes, oudespro* 
délits de leurs sécrétions , Ton se bornait à 
observer ces faits sans leà rattacJier aux états 
maladifs qui les ont produits et dont ils peu- 
vent concourir à dévoiler l'existence et la 
manière d^étre. En. effets les changefnens 
qui¥proûvent dans leurs caractères physi-^ 
ques les fluides sécrétés, sont liés, on n^en 
saurait douter , à das modifications réelles de 
la > composition diimique , lesquelles résul-- 
tant , il est vrai , de la vie , et non du jeu des 
affinités ; mais dont, toutefois, il importe de 
constater Texistence et de découvrir la na- 
ture* 

Qui ne sait, en jefiet , que la présence du 

T. jz de la Coi. Il* d€ la a* Sér. jioÛL 12 



( 178 ) 
9 8ncre dans Furine , est^ plus certainement en«^ 

'^'^ * core que Tabondante excrétion de ce fluide , 
l'indice d^un état morbide particulier ; que sa 
décoloration^ à laquelle correspond toujours 
Tabsence plus ou moins complète de l'urée 
et de Tacîde urique , signale constanmient les 
affections spasmodiques ^ dont les autres 
symptômes sont quelquefois si équivoques; 
que f dans certaines lésions du foie ou de ses 
annexes, Turine contraste par sa couleur 
brune , mêlée de rouge et de jaune ^ avec 
la décoloration des fécès ; qu'un précipité 
diacide rosacique accompagne et dénonce les 
maladies inflammatoires ; que ^ phénomène 
plus extraordinaire , Turine peut renfermer de 
véritable lait dont les reins paraissent être 
alors les organes sécréteurs ; du pus qui n^est 
pas le résultat de Tulcération des voies uri- 
naires ^ etc. ? 

De ces faits incontestables ^ que nient seuls 
les hommes qui sont et veulent rester étran- 
gers aux connaissances chimiques et à leur 
application légitime à la médecine 5 il est fa- 
cile de conclure que Tanalyse des urines doit 
éclairçr Tétiologie des maladies » et que, sans 

;[>>.;( elle, oii n^aurait encore que des idées incom-> 
plètes y inexactes y et souvent erronées sur les 
divers caractères que peut revêtir Turine 
sous rinÛuence des difiérens états morbides. 



( ï79 ) 
En effefij quoique nous venions de parler 

d^urines véritablement laiteuses et purulen- ^'*"* *^**** 
tes^ il ne faut pas se hâter de conclure que 
tons les fluides lactiformes ou puriformes 
contiennent réellement les principes chimi* 
ques da lait ou du pus. Cest aussi à la chimie 
que Ton doit d^avoir dévoilé Terreur ou 
les fluides lactescens des membranes séreuses 
enflammées avaient conduit les anciens mé^ 
decins touchant les métastases laiteuses ; vé- 
rité bien reconnue aujourd'hui , et qui dé- 
montre Tutilité dont peuvent être pour la 
médecine pratique ces sciences accessoires 
ou plutôt auxiliaires , dédaignées seulement 
par ceux qui ne les ont pas cultivées. 

La source de la coloration noire des uri- 
nes n*a pas encore été soumise à une aussi 
scrupuleuse investigation. L'exhalation du 
sang dans un des points des voies urinaires, et 
Faltération quMl subit avant que d'étiré rejeté , 
peuvent, à la vérité , rendre compte de quel* 
ques faits , mais ne les expliquent pas tous ; et 
ici vient s'offrir la question de VatrabilCj que 
j'ai cherché à présenter sous un nouveau 
point de vue à Tarticle maladie noire , du 
Dictionnaire des se. médicales , et que les 
bornes de mon sujet ne me permettent potnf 
de reproduire. 

Quant à la couleur bleue des urines ^ ob-* 



( i8o ) 
jet principal dé ce rapport^ mais auquel 
Urine bleue j^g cousidératious précédentes m'ont paru se 
/ rattacher intimement , on en connaît déjà un 
certain nombre d'exemples. Actuarius est 
le premier (^De causis urinarum, lib. i, 
cap. i3 ) qui Tait signalé d'une manière gé- 
nérale : d'autres 9 à son exemple > ont indiqué 
la possibilité de ce phénomène ; mais les faits 
particuliers qui le constatent sont tous assez 
modernes. Sigismond Konig vit^ en 1678^ 
une jeune fille qui , entre autres symptômes 
extraordinaires, et peut-être simulés, ren- 
dait des urines bleues ou verdâtres (^journal 
de méd. de Lârroque i683). Jean Bianghi, 
plus connu sous te nom de Janus Plancus 
( Comment, de V Institut de Bologne , an- 
née 1767, t. 5 ) , a vu de semblables urines 
chez un malade qui, atteint précédemment 
de dysurié , avait une fièvre de mauvais ca- 
ractère; le dépôt qu'elles formaient prit en- 
suite h couleur du vert-de-gris ; à Fouver- 
ture du cac^avre ^ ou'^n'observa rien de par- 
ticulier dans, la vessie. Plusieurs personnes 
ont p^sé que cette teinte bleue pouvait ve- 
nir d'un vase de cuivre dans lequel aurait 
unné le malade ^ supposition gratuite , et qui , 
fût-elle vraie pour un fait , ne saurait les 
expliquer taus. Le docteur W. Batt, de 
Gênes , a vu les urines d'une jeune hydro- 



\ 



( i8i ) 
pique qni prenait de Péthiope martial , dé- 
poser un «édimeot bleu , que M. Mojon , ^^^^^ ^'^^"^ 
professeur de chimie en la même ville , a 
reconnu pour du prussiaf e de fer ( Bibliot. 
méd. , t. 26 )• Le même phénomène a été 
observé en 1808 ^ par M. Goullon , chez un 
enfant infiltré , à la suite de phlegmasies de 
divers organes et de fièvres intermittentes. 
La Bibliothèque britannique fait aussi men- 
tion d^un vieillard attaqué de jaunisse et de 
fièvre intermittente , dont l'urine déposait un 
sédiment vert y qui bleuissait en séchant. — « 
M. FiCKER ^ enfin, a vu tout récemment une 
petite fille de deux ans et demi y atteinte du 
croup, et dont Furine teignait en bleu le 
linge. (BibL méd. , t. 66, p. 388.) 

L^observation que nous a fait parvenir 
M. Granieh, vient corroborer encore les 
faits précédons, dont elle se distingue par 
quelques particularités, notamment par l'ab- 
sence de toute maladie. Les urinçs^ au reste, 
ne sont pas le seul fluide où le développe- 
ment accidentel de la couleur bleue ait été 
observé ; le sang , les crachats , la n^atière 
de la transpiration , celle du vagissement , 
la sérosité , le pus , les excrémens eux-mê- 
mêmes (i) en ont offert des exemples que 

^^ — . — 

(i) M. Deneux, présent à la lecture de ce rap* 



( i82) 
j'ai cra pouvoir réunir sons un même point 
de vue , à Tarticle acide prussique y du Dic- 
tionnaire des se. médicales. Des essais tentés 
par d^habiles chimistes semblaient attester 
effectivement que c^eBt k la présence , dans 
ces fluides, d^une combinaison de Tacide 
prussique avec le fer, c'est-à-dire, au prus- 
siate ou hydrocyanaté de fer, connu gé-^ 
néralement sous le nom de bleu de Prusse j 
que cette couleur devait être attribuée ; que, 
par conséquent , l'acide prussique , naturelle- 
ment étranger à notre organisation^ peut^ 
dans des circonstances particulières , se for* 
mer dans Téconomie , phénomène dont la 
liaison avec Tétat de maladie n'a pas encore 
été saisi « mais qui n'en est pas moins digne 
de remarque, et qui, sans doute ^ fournira 
un jour d'intéressantes considérations. 

M. GrAniër ayant joint i son observation 
un morceau de linge taché en bleu y prove-- 
nant de Tenfant dont il a recueilli l'observa- 
tion , j'ai pu le soumettre à quelques essais ; 
mais ils ne confirment point ce qui précède 
sur la nature de ce principe colorant. En effet. 



port , annonce avoir souvent observé chez des en- 
fans à la manielle de semblables excrétions bleues* 
{Extnùé du procès verbal* ) 



( i85 ) 
le petit nombre de ceux quî , jusqa^ici , ont 
eu occasion de s occuper , sous le rapport 
chimique, de ce singulier phénomène , rap« 
portent que la matière colorante^ dont il s'a- 
git , est insoluble dans Teau , inaltérable par 
les acides , et qu^elIe disparaît au contact des 
alcalis , propriétés qui s^accordent parfaite» 
meut avec Tidée qu'on s'est faite qu'elle dé- 
pend de la présence du prussiate ou hydro-* 
cyanate de fer. Au contraire , celle que j'aî^ 
examinée , est soluble dans l'eau ^ n'éprouve 
aucune altération de la part des alcalis, même 
concentrés , et des acides affaiblis ; mais elle 
disparaît au contact de facide nitrique con* 
centré , ou par Taction d'une forte chaleur ^ 
propriétés qui sembleraient plutôt l'assimiler 
à l'indigo , mais qui prouvent au moins qu'elle 
n'est point due au bleu de Prusse , comme 
on était en droit de le supposer. L'observa- 
tion de M. Graniër offre donc encore , sous 
ce point de vue, une particularité remar^ 
quable. 

Je dois , avant de terminer , dire un mot 
de l'opinion que ce médecin recommandable 
semble adopter, touchant la cause de la 
forme de plaques qu'affecte la matière bleue 
sur les linges de l'enfant. Suivant lui , chaque 
jet d'urine n'est pas coloré en entier, mais 
emprunte partiellement sa teinte bleue d'une 



( i84 > 

matière sécrétée dans Tua des points du ira-» 
tTnne bleue j^| ^q^ parcoutt Turine , et entraînée par elle 

à chaque émission. Le récit de la m^e ex- 
plique , ce me semble , ce phénomène d'une 
manière plus satisfaisante. <c Ce n'est , dit- 
elle , que dans certains momens , et à de» 
intervalles plus ou moins éloignés que Ten- 
fant rend ûi^ec douleur s»s ùrines'colorées en 
bleu. » Et, en effet, ne peut-on pas conclure 
de là , que l'urine n'est excrétée qu'en très-^ 
petite quantité à la fois , goutte à goutte pour 
ainsi dire, ce qui, joint au jeune âge de l'en- 
fânt, et à la nature extrêmement grossière 
de Ses langes, explique suffisamment pour- 
quoi ce fluide n'a formé que des taches au 
lieu de les colorer en totalité? 

Je conclus à cô que l'observation de 
M. Graniër soit insérée dans le recueil de 
là Société. 



Obserçation sur une tumeur située dans 
le mésentère y et au milieu de laquelle 
on trouva les vestiges d^un fœtus ; par 
M. Olivry , médecin à Quimper ( Fi- 
nistère. ) 

(Séance du 21 décembre 1820.) 
lus. "** ^ Mademoiselle P., née en 1799, de parens 



( i85 ) 
sains, était d'une constitution énaûiemna^nt • 
lymphatique. De fréquentes affections ver- ^^^ ^*°**^'*" 
mineuses rendirent sa première enfance pé- 
nible. Ses règles parurent pour la première 
fois^ sans aucun trouble ^.à Page de qua- 
torze ans» Sa santé se fortifia même à cette 
époque 3 et n^éprouva pas d^altération no- 
table jusqu^au mois de février i8j6. 

Ce fut alors , que mademoiselle P. eut un 
mouvement fébrile p et se plaignit de dou- 
leurs dans le ventre. Je fis bientôt cesser ces 
apcidens^ à Taide d'un traitement adoucis- 
sant. Un mois de séjour à la campagne 
assura le rétablissement de la santé de l£| 
jeune malade. 

Fendant ce temps ^ les deux yeux dont le 
volume augmentait sensiblement depuis un 
an j, prirent un accroissement tel , qu'ils ne 
pouvaient plus être entièrement recouverts 
par les paupières. La sclérotique était , pro- 
portion gardée , moins distendue que la cor« 
née. Celle-ci faisait une saillie très-sensible en 
avant ; la pupille était très-dilatée. L^ vue , 
parfois affaiblie , n^était nullement doulou- 
reuse. 

Cet état des yeux dura jusqu^au 14 août 161 6, 
époque à laquelle mademoiselle P. sn<)comba 
aux accidens d^une carie de la colonne ver- 
tébrale avec des engorgemens steatomateux 



Ci86) 

- dans le mësenfère , ainsi que le fit connaître 

tu«. l'autopsie cadavérique faite quatre heures 

après la mort , en présence de mon confrère 

M. GouEFFÈs , qui avait vu quelquefois la 

malade avec moi. 

Les yeux sont d'un bon tiers plus volumi- 
neux que dans l'état naturel ^ quoiqu'ils 
aient perdu de leur grosseur dans les derniers 
jours de la maladie. Les globes détachés de 
l'orbite sont mous et fiasques ; les humeurs 
( de l'œil sont plus abondantes , le cristallin 
moins consistant , l'humeur vitrée plus fluide 
que dans l'état ordinaire , la rétine et la cho- 
roïde ne sont nullement altérées. 

Les viscères de la poitrine n'offrent aucune 
trace d'altération. 

A l'ouvertnre de l'abdomen , il s'écoule un 
pen de sérosité. Tous les viscères abdomi- 
naux sont parfaitement sains. 

Le mésentère ^ le mésocolon et le méso- 
reetum^ contiennent des glandes engorjgées 
de diverse grosseur^ Des tumeurs stéatoma- 
tenses plus ou moins volumineuses y plus oa 
moins solides, plus où moins avancées dans 
leur dégénération, se remarquent particu<* 
lièrement dans le mésentère» . 

La dernière vertèbre dorsale, les deux 
premières lombaires , et l'extrémité corres- 
pondante de la dernière côte asternale sont 



( i87) 
cariées du cAté droit. L'intérieur du canal 
rachidien contient en cet endroit une certame ^u». 
quantité de fluide rougeâtre , qui exerce une 
compression réelle sur la moelle épinière 
dont les membranes sont rouges et épaisses. 

Uautopsie faite, j'emporte chez moi la 
plus volumineuse des tumeurs pour Tétudier 
avec plus de soin. Après en avoir examiné 
Fextérieur, je veux la couper en deux ; mon 
bistouri est arrêté par un corps dur. Afin de 
parvenir a Tisoler, je déchire la tumeur avec 
les» doigts , et bientôt je découvre une subs- 
tance osseuse, entourée d'un appareil fibreux 
très-fort ; une matière gélatineuse est inter- 
posée çà et là entre l'enveloppe fibreuse et 
l'os. 

Cette masse baigne dans un liquide puru- 
lent , épais et blanchâtre , et le tout est con- 
tenu dans un kyste stéatomateux. Afin de ne 
pas risquer de briser Pos , je fais cuire la tu- 
meur, et j'bbtiens ainsi la portion osseuse 
parfaitement isolée. 

Surpris de rencontrer un os dans un kyste 
stéatomateux , je le suis davantage , lorsque 
j'y trouve une dent de l'espèce des canines 
implantée dans cet os. Cessant alors de re- 
garder cette substance comme une des pro- 
ductions accidentelles , dont les recueils d'a- 
natomie pathologique présentent d'assez nom- 



Os d'un fœ 



tU8« 



( i88 ) 
! breux exemples ^ je soupçonne l'existence 
' d une double conception, dans laquelle un 
des germes ayant enyeloppé Pautre, aura 
pris son accroissement naturel , tandis que 
le germe ainsi entouré aura trouvé des obs- 
tacles insurmontables a son développement. 

Dans le cas où Ton admettrait la supposi- 
tion que je viens de faire , le développement 
de la dent n^aurait plus rien d^extraordinaire 
en soi : dans le cas contraire , rien ne serait 
assurément plus surprenant , et plus difficile 
à expliquer. Gomment concevoir , en effet , 
la formation spontanée d'une dent au milieu 
d^une masse et dans une région totalement 
étrangère aux voies de la génération ? 

La dent trouvée dans cette pièce , offre le 
complément de développement des secondes 
dents , et par conséquent est en rapport avec 
Tâge du sujet de l'observation • Il serait im« 
portant d'ouvrir cet os , afin d'en bien ob-^ 
server l'organisation , ainsi que celle de la 
dent ; de rechercher si l'on trouve l'intérieur 
de celle*ci disposé comme de coutume , de 
voir si la racine est percée pour permettre 
l'entrée des vaisseaux et des nerfs ; d'exa- 
miner si au fond de l'alvéole on trouve un 
canal correspondant. 

Le corps osseux , au surplus , n'a aucune 
forme déterminée. Cependant s'il lui fal- 



( i89) 
lait trouver, avec qnelque os, des rapports 

de ressemblance , ce serait avec la portion ^^ ^'"" ^^' 
pierreuse du temporal. On peut, en effet, re- 
connaître, jusqu'à un certain point, la fosse 
jugulaire, le conduit auditif externe , le trou 
stylomastoïdien , la pointe du rocher , et 
c^est à ce derqier endroit qu'on trouve la 
dent ; mais il faut convenir que ces rappro- 
chemens ne sont rien nloins que rigoureux. 

Les désordres graves dont Fautopsie nous 
a montré les traces dans le mésentère et dans 
la colonne rachidienne, sont certainement 
bien suffisans pour expliquer les accidens 
qui ont précédé et occasioné la mort de ma- 
demoiselle P. , et ces cas ^ malheureusement ^ 
ne se présentent que trop souvent à Inobser- 
vation de tous les praticiens. 

Khydrophtâlmie n^a été accompagnée 
d^aucune douleur , et paraît n'avoir exercé 
aucune influence sur la santé de la malade. 
Il est à présumer que la mort seule , arrêtant 
les progrès de la collection séreuse , a pré- 
venu Papparition dés souffrances atroces que 
l'on observe ordinairement dans cette ma- 
ladie. 

Quant au rôle que la présence du germe 
a pu jouer dans les maladies qui assiégèrent , 
en quelque sorte, la vie de mademoiselle P. , 
il iie me paraît pas facile à démêler ; et tout 



( I90 ) 
-L, ce que Pon pourrait dire à ce* sujet , ne re- 

tSl**'""^** poserait que sur des suppositions tout-à-fait 
gratuites. 



Extrait du rapport de M. de Kergaradec , 
sinr robservation précédente. 

( Séance du 4 juillet i8ao. ) 

... Il est assez remarquable que Taffectioa 
observée sur les yeux de mademoiselle P. y 
que je crois pouvoir y avec M. Olf^ry , re- 
garder comme une hydrophtalmie y n*ait été 
accompagnée d^aucun trouble notable ou 
permanent de la vision 5 et qu^elle n'ait 
donné Heu à aucun sentiment douloureux. 
Je crois qu'il faut en chercher la cause dans 
la lenteur avec laquelle la collection s'est 
formée. On sait, en effet , quelle difFérence 
apporte à cet égard la marche plus ou 
moins rapide de l'épancl^ement. C'est ainsi 
que j'ai vu un des ventricules latéraux du 
cerveau dilaté et distendu par une quantité 
de sérosité égale à un demi-verre (trois à 
quatre onces ) , chez un individu qui , pen- 
dant sa vie , n'avait présenté aucun symp- 
tôme qui pût faire soupçonner cet état pathos- 
logique ; tandis que dans d'autres cas y des 



( «91 ) 
quantifés beaucoup moindres d\in liquide 

épanché à la suite d'un coup , ont donné Heu ^V*'"" ^* 
à la mort précédée de tous les signes de 
la compression du cerveau . * . 

Je ps^rfage tout-à-fait Topinion de 

Fauteur sur la nature de la pièce osseuse 
trouvée chez mademoiselle P. , et j'adopte 
Texplication qu'il donne de sa formation. La 
moralité bien connue du sujet, le siège même 
de la tumeur qui était absolument hors des 
voies de la génération , ne permettent au- 
cune supposition capable de porter atteinte 
à une réputation, du reste , parfaitement éta- 
blie. Si donc, la pièce, que j'ai l'honneur de 
mettre sous les yeux de la Société , présente 
des formes beaucoup moins prononcées que 
celles d'un fœtus trouvé » il y a quelques an- 
nées, dans le corps d'un jeune homme de 
14 ans, (le jeune Bissieu}^ et dont les cabi^ 
nefs de TËcoIe sont en possession , cela dé- 
pend très-probablement de l'obstacle apporté 
à son développement par la tumeui^^stéatoma- 
teuse , qui lui a servi d'enveloppe , et je me 
crois autorisé à dire que la théorie par la- 
quelle on a expliqué la formation de Tune , 
est parfaitement applicable à l'autre. (^BuL 
de la Faculté, t. J , p. 4, et Recueil pér.y 
t. 21 , p. 335 , deuxième alinéa. ) 

Je ne chercherai pas plus que l'auteur , à 



( Ï92 ) 
déterminer quelle influence a eu PexisfeDCtf 

sus. "" *' de cet emboîtement de germe sur la santé 
de mademoiselle P. Si^ d^un côté, sa vie a 
été marquée par une continuité de souffran* 
ces peu interrompue , d'un autre côté , cepen- 
dant, elle a joui pendant trois années d'une 
sanlé parfaite. A l'époque où elle devint nu- 
bile, elle prit de Tembonpoint, delà fraî- 
cheur, et se faisait remarquer par un phy- 
sique fort agréable. Si, bien jeune encore, 
elle à péri victime d'une maladie longue et 
douloureuse , les désordres dont l'autopsie a 
fait découvrir les traces suffisent pour rendre 
raison de ceux que l'on a observés pendant la 
vie. 

Quant à la question de savoir si le germe, 
le vestige du fœtus a envie, l'existence de 
trous nourriciers pareils à ceux que l'on 
rencontre dans les autres os , et surfout le 
travail que suppose la formation d'une dent^ 
ne me permettent pas d'hésiter à me décla- 
rer pour l'aflBrmative. 

La matière gélatineuse qui remplissait lès 
inégalités de la pièce osseuse, et la substance 
fibreuse qui l'entourait de toutes parts , me 
semblent être des vestiges des parties molles 
du fœtus. 

Que penser du kyste stéatomateux qui 
contenait cet embryon enfermé ,. et du li- 



( 193 ) 
qalde purulent au milieu duquel il nageait? 
Faut-il y voir une dégénérescence des mem- t^g. 
branes et des humeurs qui enveloppent le 
fœtus dans les cas ordinaires ? ou bien doitr 
on ^assimiler aux nombreuses tumeurs de 
même nature, qui furent trouvées dans le 
voisinage ^ et admettre que la production 
osseuse fût seulement englobée par elle? 
L'une et Pautre de ces suppositions seraient 
peut-être susceptibles d'hêtre défendues en 
s^àppuyant sur des analogies fort concluan- 
tes ; mais , pour décider la question , il eût 
fallu examiner avec une attention minutieuse 
la manière dont les parois du kyste se com'^ 
portaient, et M. le docteur Olivry n'était 
plus en mesure de se livrer à cette recher- 
che ^ lorsquMl fut parvenu à constater d'une 
manière précise la nature de la tumeur. 

L'emboîtement accidentel de germes dont 
Fautopsie de mademoiselle P. me paraît of- 
frir des traces incontestables , est un fait tel- 
lement extraordinaire , qu'il m'a paru intér 
ressant de faire quelques recherches sur les 
cas analogues qui ont pu être observés par 
les auteurs. 

Plin£ , au chapitre 65 du X* livre de son 
Histoire naturelle y rapporte , d'après AriSt 
TOTJ5 5 que , lors de l'expédition d'Alexandre 

T.'j%dela Col. Il* de la a' Sér. Aoùt. l3 



Os d'un foe- 



( »94) 
« au royaume de Perse ^ furent trouuées des 

iHi. souris pleines de sounsseaux , qui avoyent 

d^aufres petits au ventre. » ( Traduction de 

DUPINET.) 

EIo Espagne 3 un vaisseau fit naufrage sur 
une côte 9 près de laquelle demeurait un 
capitaine de vaisseau , frère du fameux mé^ 
decîn de Vérone Stephanus a Castro ; il en 
sortit une grande quantité de rats, qui ne 
tardèrent pas à infester la maison du capi- 
taine* Unix de ces animaux ayant été pris, 
son ventre ^tait si volumineux , que la cu-^ 
xiosité porta à l'ouvrir. On y trouva un fœ- 
tus de la grandeur d'une souris. Celui-ci 
ayant été disséqué lui-^même, on s'aperçut 
qu'il avait dans l'utérus d'autres embryons , 
parfaitement formés. Ce fait est attesté par 
Stephanus a Castro, (Frank de Franckenau, 

satyrœ medicas. Satyra 4 , p.^S* ) 

* 

David Spii^lemberg ( Ephemer. cur. nat. 
germ.anA.schol.adobs. 36, Ad. Sachsium) 
xaconte qu'en Hongrie une vache mit au 
monde une génisse pleine. 

Le même SpillembëRg , d'après Torque^ 
mada ( dial. VIII, cœLius iialaspina , giar- 
dino di fiori euriosi , et Euseb. Nierem- 
BER6 , hist. nat. y lib. 6. , cap: 2 ) , nous ap* 
prend qu'eu Espagne ime jument accour 



( «95 ) 
cha d*ime mule dont rutérus renfermait 

une autre mule. îï/"° '*' 

On troa ve la même chose d^une biche dans 
Lanoius ( Epist. 70, t. I , p. 376 ) et dans 
Gaspard A Bjeies (^Campi eIisii.quest.Z6, 
n^ aS.) (Fbakk de Fbanckenau^ ouvrage 
cité). 

Wedelius ( Ephem. cur. itat. germ. , 
an VI et VU, dbs. 122) a vu un cancre ren- 
fermé dans un autre cancre. 

Rien de plus commui^ que de rencontrer 
tin œuf dans un autre œuf; une orange dans 
une orange ; un citron dans un citron ; 
ou bien de voir deux de ces fruits étroite- 
ment unis, et n'en formant plus qu^ un seul. 
Tous les cabinets d^histoire naturelle présen- 
tent aussi un grand nombre d^exemples de 
deux fœtus d^ommes ou d^animaux réunis 
par des liens plus ou moins forts ; de mons- 
tres à deux têtes , à deux corps , pu à mem- 
bres doubles. 

Mais ce qui se rencontre plus rarement , 
e^est le phénomène de Fembottei^ient complet 
des deux germes. ' Il est même à présumer 
que tout ce qu'en ont dit les auteurs, se- 
rait aujourd'hui rangé parmi les fables ^ si U 
possibilité de ces emboStemens n'était par^ 
faitement établie par l'exempl^ déjà cité du 



( 196) 
jeaoe BIssieu et , fosp le dire y par celui de 



Os d'un fâi« , • Il -r* 

tuf. mademoiselle P. 



Thomas Bartholin , dans son ouvrage dô 
insolitis portas vus ^ atteste, sur lé témoi- 
gnage d^uojB sage-femme , que , dans laFionié , 
une femme mit an monde un fœtus du- sexe 
féminin, dans le ventre très*volumineux du*" * 
quel pn rencontra , ^u lieu ordinaire y pu 
fœtus du même sexe , J^^^g d^une pà^mp^ et 
pourvu de poils et d'Qngles*: A la vérité^ il 
ajoute que, quelques années après,. les ma- 
gistrats appelèrent la mère pour Tinterroger 
sur son accouchement , dont le. bruit s'était, 
répandu dans la contrée , et qu^elIe en jiia 
la réalité. Mais Bartholin pense que cette 
femme fut portée à déguiser la vérité dan#. 
cette circonstance, pour éviter Téclat auquel 
Texposait l'espèce de procédure dont elk^ 
$e trouvait Tobjet. 

Gabriel CLAUD£RU3(^/;ft. cur. naS. germ^ 
année 1684^ & delà collection. JPecur ii^ 
obs. 7a, ;?. 164), après avoir rappelé ce fait 
et plusieurs autres ^ également tirés de BaBt 
THOUN , ajpute Ce qui suit. 

(c \!a cas absolument semblable arriva 
dat^la Thi^inge, au village de Bezgendorff, 
près de Naumbourg^^dans Iqs domaines du 
seigneur de Breitenbauch t ainsi que je Tai 



npprîs de la boiicbfe de sa bèlfe-mère , veuve 
de M. de TirapliDg , mafrécbal de la cour. tus. 

« La femme d'un m'eûttier aceoucha à 
terme , d^une-fillê saine d^^iHeurs , mais dont 
l'abdomen ' présentait un volume extraordi- ^ 
nairé. Cef te petite Kllë , le huitième jour d^ 
sa lïaissaoce, fut ptisë de grandes douleurs 
de ventre y annoncées par des cris et une in- 
quiétude oontîntiels et par une grande agi- 
tation; ensuite il sortit des pai^ties sexuelles 
de la sérosité sanguinolente; bientôt fut ex- 
pulsée uxie petite fiIlé bien vivante ^ suivie 
de son arrière-faix ; bien plus ^ les locbies 
coulèrent ; tout^ en un mot , se passa comme 
dans un accouchement ordinaire. 

» Là longueur du corps de cette petite 
fille dMne si jeune mère , était égale à celle 
d'un doigt médius ; elle vivait , et devait être 
considérée comme un individu parfait dans 
sa formation; c'est pourquoi on ki administra 
le sacrement de bapléme ; mais les deux fœ- 
tus moururent le lendemàip. La femme du 
meunier , que Clâuderus se plait à nommer 
Taïeule de la plus jeune des petites filles > 
leur survécut. » 

Four être crues , deis histoires aussi ex- 
traordinaires auraient sans doute besoin d'être 
appuyées du témoignage de personnes dî-* 
gnes de foi , et l'on voit que Clauderus et 



'Os d'u a foe- 
tus. 



( Ï98) 

BARtholin ne se donnent pas pour témoins 
oculaires des faits qu'ils rapportent Ces deux 
écrivains eux-mêmes^ quelque graves, 
quelque savans qulls soient, ne sont pas 
exempts du réproche d*accueiUir facilefuent 
les récits merveilléu:Jc. Je serais donc fort 
éloigné de garantir la réalité des faits qu^âs 
attestent. Mais ^ diaprés ce que nous avons 
observé nous-mêmes dans ces derniers temps » 
)e ne pense pas qu'on puisse se refus» d*ad* 
mettre , comme possible y 1* emboîtement 
accidentel des germes. Cela posé , je raison- 
nerai ainsi sur les exemples fournis par les au- 
teurs que je viens de citer. 

Dans les cas ordinaires et assez firéquens 
de conception multiple , chacun des germes 
fécondés descend isolément dans la matrice ; 
il y prend sa nourriture > croit , et se déve- 
loppe sans nuire aux autres germes placés 
dans son voisinage. 

Mais si quelque circonstance établit entre 
eux des rapports trop intimes , leur rappro- 
chement produit bientôt leur union. De là, 
les fœtus doubles ; de là , la réunion de deux 
ou de plusieurs végétaux , dont les germes 
ont été semés dans un espace trop étroit* Le 
même mécanisme préside à Fadhérence que 
ne tardent pas à contracter deux jeunes ar- 
bres artificiellement maintenus en contact. 




C 199 ) 
DWfres fois, il y a commencement d*em« 

boitement. Alors il a deux têtes ou deux co- ?* ^'^ '^ 

tus* 

lonnes vertébrales , ou quatre jambes, ou 
quatre bras. Les parties qui ne sont pas dou- 
bles ou bien ont été dédoublées, si je puis me 
permettre cette expression , par la destruc- 
tion dç Pune d'elles dont quelquefois ou 
aperçoit encore des traces, ou bien ne se 
sont pas développées à cause de Tobstacle 
qu'elles auront rencontré de la part du 
germe principal. Cest ce que Ton voit dans 
les monstres à deux têtes , ef autres qui exis» 
tent dans les cabinets de la Faculté de méde- 
cine de Paris , ou dont les auteurs citent des 
exemples nombreux. Oest encore ce qui ar-^ 
rive dans ces fruits bessons , pommes , ceri* 
ses , noix , etc. , etc. , que Ton sert sur nos ta*- 
blés. Presque toujours Pun des fruits est in- 
complet ; il y manque des parties essen- 
tielles j qui semblent avoir été usées par 
Taction nutritive du germe qui a pris le plus 
de développement. 

Enfin Ton rencontre des produits d'une 
double conception dont l'un s^est trouvé 
complètement englobé par l'autre ; et dans 
ces cas, qu'arrive-t-il? Le germe extérieur 
est susceptible de prendre tout son accrois^ 
sèment. Quant à l'autre, voici ce qui se 
passe* 



( ioo ) 
Sî le germe entouré a pour enveloppe 
tu8 ^'^^ ^* immédiate ^un kyste de nature peti suscep- 
tible d'extension , le travail de la vie s*y exé- 
cute pendant quelque temps ; mais gêné par 
les localités , le développement s'y fait sans 
aucuu ordre. Le moule de la configuration 
primitive se perd tous les jours de plus en 
plus ; et , au Ëout de plusieurs années , il ne 
reste plus qu'une masse irrégulîère , des 
vestiges de Porganisation fibreuse , des por- 
tions osseuses 5 une dent; traces informes 
sans doute 3 mai^ déjà sufiisantes pour ca^ 
ractériser Tindividualité de la pièce qui 
offre toutes ces dispositions : tel est le cas 
observé cliez mademoiselle P. 

Librement placé dans l'abdomen , par con- 
séquent moins resserré dans ses enveloppes y 
le fœtus trouvé chez le jeune Bissieu , prend 
pendant quelque temps un accroissement 
plus régulier ; mais rencontrant bientôt des 
obstacles dans les parties environnantes , il 
s'arrête dans son développement. La tête 
n^est plus qu^indiquée; les dents sont jetées^ 
comme au hasard , sur son sommet , recon- 
' naissable seulement par quelques poils clair- 
semés, qui remplacent la chevelure ; une ap- 
pendice placée à l'autre extrémité , tient lieu 
de membres inférieurs. Toute la pièce est 
encore bien peu régulière dans son organe- 



( flOl ) ^ 

sation et dans sa configuration ; néanmoins , ^ ^, ^ 
il est absolument impossible d élever la tut. 
moindre doiife sur sa nature d'embryon hu- 
main. 

Si le même hasard, qui a placé hors des 
voies de là génération lé germe englobé , le 
déposait dans Tatérus , et rien ne répugne à 
cette supposition , lé développement se fair 
sant dans' lin organe doué au plus haut degré 
de Pexpansibilité vitale ^ nul obstacle ne s'op- 
poserait alors à son accroissement régulier. 
Le placenta de ce germe y puiserait une 
quantité de sang relative à la petitesse de 
Tembryon chargé de lui en fournir. Ainsi , 
Pun n^acquerrerait au bout de neuf mois 
que là longueur d'une palme , comme dans 
l'exemple de Bartholin , ou d'un doigt du 
milieu 9 comme dans le fœtus de Be:^gen- 
dorff, tandis que l'autre présenterait le 
volume ordinaire du fœtus à terme ; mais 
tous les deux seraient également assujétis 
aux lois ordinaires de la configuration hù^ 
maine. 

Eh vain objecterait-on la dîflSicuité d'ad- 
mettre à un âge aussi tendre cette expansion 
active de l'utérus ; la physiologie n'a pas 
d'axiomes qui s'y opposent ; elle nous ap- 
prend au contraire , que , dès qu'un corps ' 
étranger, à quelque âge que ce soit, et 



( 2oa ) 
cfuélld que soit sa nature ^ se fornle ou sd 
eus. diéveloppe dans la matrice^ Torgane devient 

aussitôt un centre de fluxion; sa nutrition 
acquiert une activité très-grande ^ son vo^- 
Inme augmente progre^vement ^ jusqu^à ce 
qu^il arrive à tin certain degré qu'il ne sau*^ 
rait dépasser. Alors ^ à Texpansibilité vitale» 
succède la conf ractilité ; alors doit s'effectuer 
un véritable accouchement , et ;e nUmagine 
pas , en supposant que le fœtus extérieur soit 
viable 3 que la chose puisse se terminer au« 
trement. Or^ pourquoi le fœtus extérieur ne 
serait-il pas susceptible de vivre an moins 
quelques jours ? 

Les suppositions que je fais ici , ne sont 
autre chose que Thistoire des souris de PuNS 
et d^AnisTOTB^ du rat de Stsphanus a 
Castro, de la biche de Langius^ de la mule 
de ToRQUEMADA , de la génisse de SvithBM- 
BER6 3 et des fœtus mères de Fionie et de 
Thuringe. Dans tous ces cas y les embryons 
remarquablespar leur petitesse y avaient d'ail- 
leurs la forme régulière de l'espèce à laquelle 
ils appartenaient. 

Ce n'est Qu'après avoir terminé mon rap» 
port 9 dont les matériaux étaient prêts de* 
puis plusieurs mois , que j'ai consulté , dan^ 
le Dictionnaire des sciences médicales , l'ar- 
ticle curieux où il est traité des monstres^ 



I 



( »o3 ) 
J'y ai fronyai de nouvelles raisons de per- 
sister dans les idées que je viens d^éinettre. 
Parmi les faits intéressans que renferme cet 
article , j^y ai remarqué les de&x suivans : 
Georges Willams Yong rencontra chez ua 
enfamt mâle de dix mois^ dans Fépaissenr 
du méso-colon transverse ^ un fœtus con«- 
tenu dans un kyste. Ce fostus était enduit 
d^u](ie matière sébacée. Les membres étaient 
courts,>^onds y fermes^ vigoureux^ et placés 
comme ils doivent Têtre. Deux vaisseaux 
communiquaient du kyste au fœtus. Le cer-* 
veau, la moelle épinière et le cœur man- 
quaient ( Transact. philosophiques 5 1. 1 3 an^ 
née 1 809, ) — he journal de Verdun , pour 
Tannée 171 1, raconte qu^une petite chienne, 
Âgée de deux mois , mit bas un fœtus , que , 
sans doute , dit le journaliste , ' elle avait 
apporté du ventre de sa mère. 

Ces deux cas rares me semblent rentrer 
dans le système de la pénétration des germes , 
et en rendre la réalité décidément incon* 
testable. 



O5 d'un iab* 



tué. 



•ik.*- 



( ao4 ) 

^ . . . 

ùphtdlmid vénérienne , qui parait apoîr 
été contractée par contagion oculaire ; 
par M. te docteur Audovard , membre 
résidant y médecin des hôpitaux mili^ 
faites de Paris ^ chepalier de V ordre 
royal de la Lé gion-^^ Honneur , etc. 

Lé ùommé Rose (François) j âgé de ^Z ans. 
Ophtalmie soldat à la lëgîon de la Mayenne, né à Sf- 
Hîlàire-des-Lah des , arrondîssemerii de Laval , 
département de la Mayenne , fut atteint 
d^ophtalmie en décembre 1818. II croyait 
avoir gagné cette maladie dé son camarade 
de lit, qui avait aussi uâe ophtalmie chro- 
nique , à cause de laquelle il fiit réformé. 
Chez le nommé Rose , la maladie déhuta à 
l^œil droit, par une tache ronge ou inflamma- 
tion très-circonscrîte dé quelques faisceaux 
capillaires de la cotijonctive à Taugle ex- 
terne. Ce point inflammatoire s'éteûdif pro- 
gressivement k toute cette membrane. Cette 
première inflammation fut dissipée au moyen 
d^une lotion que fournissait la cantinière du 
régiment Cette lotion, dont on ignore la 
préparation , calma le mal, pendant quinze 
jours. La maladie reparaissant, fut combattue 
par le même moyen , et revint encore plu- 
sieurs fois à intervalles de trois semaines ou 



( ao5 ) 
d*un moh , josqu-en décembre 1819 , ^oque 9 
à laquelle un érysipele se montra sur la )Que vS^Kiel»*! 
droite , et pour cela 9 cet homme entra mo- 
mentanément au Val-de-Orâce. 

Il y fut sdumts au traitement antipfalogisti- 
qiie 9 et on lui appliqua des sangsues aux; 
tempes , autour des yeux 5 et. derrière les 
oreilles. II sortit , au bout.de. dix-sept jours 
d'ilôpital , guéri de son érysipele , et Tophtal- 
mie parai^sa^t aussi^ dissipée ; mais elle re- 
painifUii mois après I et .fut de nouveau com-, 
battue par la lotion de la cantinièrè. Gepep- . 
dant<» moyen finit par être insuffisant •» et lai 
maladie étant très-intense, ce militaire ileotra, 
aii;Val-de-Orâce le 24 février dernier. Il fut. 
obligé de s'y rendre en voiture , ne pouvant, 
«apporter la lumière et souffrant d'une grande 
eépiialaigie à gatiche , tandis que Tophtalmia 
était i droite. 

he même médecin :qui Tavaît traité deux 
xxK>is auparavant , lui donna .encore ses soins. 
Il lui fit appliquer quinze sangsues sur les 
tempes le premier jour ^ et vingt autour des 
yeux le lendemain. Despédiluves, des collyres 
émolfiens et une diète sévère secondèrent ce 
moyeb. Mais ce traitement , bien que com^ 
plètement anti-pHlogîstique » fut sans effet 
jusqu^au 8 mars , époque à laquelle ce sujet 
ayant été réputé atteint d^une maladie cliro^ 



( 2g6 ) 
nique ft incurable ^ fut évacua sur rhôpital 
véaérieil^è! niilitaite de Pîcpus ; et ce fut li que je com- 
mençai k le traiter* 

Voici une description sommaire de Tétat 
dans lequel je le trouvai. L^œil droit, siège 
d^une forte inflammation 5 ne pouTait sup->. 
porter la lumière. Le globe feràs-rouge et- 
gonflé , cwaotérisait ce degré de Pdphtalmie 
auquel bn a donné le nom ^d^ chemosis^ 
JJitis en sortant à travers txne solutibn de 
continuité éprouvée par la cornée y faisait 5 
k la , partie supérieure et externe de cette 
membrane, une sailHeou hernie du volume 
et de la forme dMn gros pépin de raisin. Le 
malade déclarait ne pa$ y voir de cet œil, 
dans lequel il sentait une chaleur et une ar^ 
deur assez vives , mais sans pulsation : une 
matière puriforme en découlait. Il était im** 
possible d^observer les mouvemens de la pu- 
pille , tant rimpression> de la lumière était 
insupportable ; Tceil gauche , an contraire , 
n'en «était point incommodé, et distinguait 
très-bien les objets ; il y aivait un peu' de rou- 
geur. Cet homme supportait son état avec 
calme , et montrait- beaucoup de. docifité. II 
passait les journées eiKtières dans sOu lit , la 
tête sous le drap. 

Ce que j'appris du malade sur les temps 
antérieurs n^éclaira point le diagnostic de I9 



( «7 ) 

cnaladîe , et le pronostic que j^en portai fut 
incertain et nullement consolant Cependant ^vénériennîT 
il fallait satisfaire aux indications qui toni'" 
baient sous les sens et calmer les souffrances. 
Un collyre émollient laudanisé^ qu^on avait 
administré jusqu'alors au Val-de*Grâce et 
qui apaisait les douleurs ^ fut continué. Des 
cataplasmes émolliens sur Tceil malade furent ' 
prescrits ^ ainsi que des bains de pieds. Quel- 
ques jours furent consacrés à. Tobservatioa 
et je ne vis aucun changement. Ensuite j^eus 
recours successivement à divers moyens^ tels 
que les saignées générales , les vésicatoires y 
les bains de pieds à la moutarde ^ les purga- 
tifs, la pommade anti^ophtalmique de Lyon> 
et autres qui furent tous sahs effet. Enfin , 
nous arrivâmes au premier avril , et rien ne 
faisait pressentir une amélioration. Au con«- 
traire 5 vers le lO de ce mois, la rougeur de 
Tœil gauche augmenta rapidement , Tinflam* 
mation y prit un caractère très^véhément , 
et vers le 20 , la maladie s'y était transportée 
^n entier ; tandis que le droit commençait a 
supporter la lumière , et que tout Tappareil 
inflammatoire qui y était fixé depuis quinze 
mois, s'effaçait par degrés. Mais ce mieux 
être n'avait rien de satisfaisant, puisqu'il 
était tout au détriment de. l'œil gauche. Ici, 
4)utre l'impossibilité de supporter la lumière , 



TcncriQon^* 



( 208 ) 

on voyait la rQUgeur du glQhe de Vc^il por* 
S^ÏÏ! lée & rextf êwe. L^inflaroiMtiQa et la tumé- 
fàcth^n étaient telles , que la cornée parais^f 
sait occuper lé fond d'pin godet , et être en- 
foncée de plusieurs ligties dans Tépaisseur du 
globe. Des douleurs violentes se faisaient 
sentir dans. «la tête ; il y OvVait un peu de 
fièvre. 

Malgré la gravité des aocidens» je conçus 
quelque fâpqir de^guérison, me fondant sur^ 
la mol^lité de la maladie ; cai: il était bien 
manifeste qu^elle s^élait transportée de droite 
à gauche. De plus ^ elle avait actuellement un 
caractère : aigU , autre circonstance qui de-r 
vait me déterminer à lui opposer un traite* 
ment anti^phlogistique des plus complets. 

Dans œttb vue, je prescrivis, la saignée 
générale 9 la saignée locale, des lavemens^ 
des boissous acidulés laxatives , des bains de 
pieds , des demi-bains , et une diète astoz séf 
vère. Je continuai petidant pluaieura jours 
la plupart de ces moyens > mais^sans aucune 
apparence de succès. Cq)erldant^ vers les 
premiers jours de mai , les demi-bains , sur 
lesquels j'insistais comme .révulsifs , fireol 
^~x paraître un écoulement gonorrhoïque ; ce 
qui fut pojur moi un. grand: trait de lumière. 
La cause de Tophtalniie fut ainsi démasquée., 
et le traitement fut dirigé absolument contre 



\ 



( ^o9) 
rinfectîon vénérieime. Je ne dois pas omettre 

de dire que récoulement ne dura que quel- vénérienne! 
ques jours. 

Eu conséquence, le lo de mai, ce malade 
cpmmença un traitemeat anti-syphilitique 
qui se composa de quinze frictions mercu- 
tielles , d^un gros chaque y administrées sur 
les extrémités inférieures ^ et d^autant de 
bains tlèdes. La liqueur de van Swieten fut 
donnée un même nombre de fois , et la ti- 
sane d^orge fut la boisson ordinaire. La li- 
queur et le bain étaient donnés le lende- 
main de la friction , alternant avec elle. A la 
cinquième friction , le malade s^aperçut d'un 
mieux sensible , et il prit beaucoup de con- 
fiance dans le traitement. Chaque jour fuf 
marqué par une tendance manifeste vers la 
guérison 3 et le trentième , tous les accidens 
étant dissipés y je mis fin aux remèdes. La pe- 
tite tumeur qui était à l'œil droit s'était effa- 
cée ; le malade voyait assez bien de cet œil , 
tandis que du gauche il ne distinguait que les 
gros objets. Alors voulant m'éclairer des 
connaissances d'un habile oculiste pour sa- 
voir ce que je pouvais attendre du retour 
jplus ou moins complet de la vue, je le pré- 
tentai à M. le docteur D£MOURS, qui voulul 

T. 7a d4 la Col. Il* (h la a* Sér. AoÛt. 14 



( 210 ) 

— bien constater ^ ainsi qu'il suit, l'état dans le- 

Yé^Sïinï q»i®l «® trouvait ce sujet. 

ce La cornée de chaque œil a ë^té le siège 
d'un abcès. Celui de la cornée de l'œil droit 
a eu lieu à la partie inférieure externe. Le 
siège de celui de la cornée de l'œil gauche , 
' était la partie supérieure de cette membrane. 
Les cicatrices qui subsistent , laissent aperce- 
voir les pupilles allongées, ce qui résulta de 
l'adhérence de la portion correspondante 
que chaque iris a contractée avec la face 
concave de la cornée. On reconnaît aisé- 
ment, dans l'un et l'autre œil, qu'une por- 
tion de riris a fait saillie à travers l'ulcère 
qui a succédé à l'abcès de la cornée. Cette 
portion est atrophiée , comme il arrive tou- 
jours dans les procidences de l'iris , et l'al- 
longement des pupilles subsistera pendant 
toute la vie de l'individu, sans une diminution 
considérable de la vision. » 

Cet état fut constaté le i5 juin. Alors le 
malade évitait de se trouver au soleil , une 
lumière trop vive lui étant incommode. Mais 
il s'y est habitué assez promptement ; car il a 
demandé sa sortie de l'hôpital le 4 juillet , et 
le lendemain il s'est mis en route pour re- 
joindre son régiment (i). 

■ - ■ - 

(i) Cet homme , à cause de son état 1 avait inspiré 



Caii ) 
Actuellement que la nature sjphilîque de 



cette ophtalmie est prouvée par le succès véucritmi*. 
du traitement, nous pouvons dire que le 
diagnostic de cette maladie fut long-temps 
erroné , et que ceci doit être un sujet de ré-^ 
flexions pour les praticiens, toutes les fois 
quMl s'agira d^une ophtalmie chronique. Les 
médecins du Val-de Grâce , et moi-même , 
dans les premiers femps du traitement que 
j'ai dirigé , ne pouvions soupçonner une in- 
fection vénérienne. Cet homme déclarait 
n'en avoir jamais eu le moindre symptôme ; 
et Ton devait d^autant moins imputer sa ma* 
ladie à ce vice, que Tophtalmie vénérienne 
est ordinairement secondaire et non point 
primitive. Il est donc probable que chez le 
nommé Rose , les yeux , ou pour parler plus 
exactement , Pœil droit , fut le siège primitif 
de rinfection. Ce qui porte à le croire , c'est 
que la maladie y a été fixe pendant long» 
temps , ou pour mieux dire , locale , et que 
Férysipèle qui parut à la joue droite en dé* 



beaucoup d'intérêt à toutes les personnes de l'hôpi- 
tal. Sa {i^uérison à été un sujet de satisfaction , et je 
dois dire que j*ai été bien secondé dans ce traite- 
ment par M. le docteur Nidart^ chirurgien aid^ 
juajor de cet établissement. ^ 



( ai2 ) 
ceinbre dernier , doit être considéré comme 
^9^^^î**"*'* une extension du siège primitif^ ainsi qu'une 
aréole inflammatoire entoure souvent les ba« 
bons vénériens, et que la phlogose du pré* 
puce et du gland chez les hommes , et de^ 
grandes lèvres chez les femmes, résulte aussi 
d'un ulcère de même nature placé dans lif 
voisinage, li'état d^ns lequel j^ai vu cet œil , 
et subsidi^irement le gauche^ pouvait faire 
pronostiquer que cet homme perdrait la vue* 
Un tel aveuîr m'affligeait ^ et , pour n^avoir 
rien k me reprocher ^ je variai les moyens 
curatif^ p qui j cependant eurent un but com^ 
mun , celui de rompre la résistance de Tirri- 
, tation locale , d'affaiblir cette irritation en la 
divisant , de provoquer une irritation fluxion- 
naire pour faire céder rirritatîon morbifîque , 
l'irritation maladive 3 etc., car aujourd'hui 
il y a des irritations , de tontes les sortes, 
comme naguère il y avait des fluxions , des 
métastases , des sympathies , des corrélations 
d'organes , etc. ; bref ^ les moyens que j'em* 
ployai eurent pour résultat de faire paraître 
un écoulement gonorrhoïque , qui, bien que 
passager, fut suffisant pour faire connaître la 
cause de cette cruelle ophtalmie. 

Après cela , les moyens thérapeutiques 
étaient faciles h trouver. Le traitement a été 
actif, mais simple et régulier ; nullement tra- 



versé par dés incidens ^ et surtout des plus 
efiScaces. Si f en parle , c^est moios pouf en ^éJerienoe . 
tirer vanité, que pour rappeler, à Fégard 
des maladies vénériennes, des considérations 
nosologiques et thérapeutiques, qui ne me 
paraissent pas mériter une entière créance. 

Assez généralement, on traite ces mala-* 
dies localement , ou bien on porte le mer^ 
cui^e le plus pri^i possible du siège du mal. 
Ceci , bien entendu , ne s^adresse pas aux mé- 
decins qui nient Texistence du virus véné^ 
rien. Dans Tophtalmie que je viens de rap- 
porter, les remèdes ont été appliqués an 
loin, et ils ont fort bien réussi. Les porter 
sur lesyeuit ou dans le voisinage , n'eût servi 
qn^i augmenter Tirritation locale qui était 
très^consid^able. On ne doit point perdre de 
vue que , dans ce moment , Tophtalmio avait 
le caractère aign* Par le traitement que fai 
employé, j^ai justifié Topinion que î*avais 
que la maladie syphilitique , loin d^étre ac- 
tuellement bornée aux yeux , s^était étendue . 
i toute Ia constitution de Tindividu , et quMl 
fallait un traiteUMnt anti-syphiliiique général 
et complet 

Cette manière de raiscmner n^est nullement 
conforme à celle de Tauteur de rartiela 
ophtalmie , du Dictionnaire des sciences 
médicales , ( t. Sy, p. 441 ) qui , paraissant 



*' , , . ' ré voguer en doute Inexistence du virus véné- 

0|jhtaiinie ^ * 

vénérienne, rien, repoùsse Teniploi des mercurîaux , et 
ne conseille coiftre Tophtalmie syphilitique 
que le traitement anti-phlogistique le plus 
rigoureux. Une telle opinion doit être signa- 
lée comme dangereuse à suivre ; et je le fais 
avec d'autant plus de raison , que Touvrage 
dans lequel elle est consignée , sert de règle 
à beaucoup de praticiens, et qu^il peut être 
consulté avec fruit dans beaucoup d'occa- 
sions. Certes, tant à Thôpital du Val-de- 
Grâce qu'à celui de Picpus, les moyens 
anti-phlogistiques u^avaient pas, été épar- 
gnés , et malgré cela Tophtalmie était arri- 
vée au point que la perte de la vue sem- 
blait inévitable. Probablement, l'auteur de 
l'article , qui, sur d'autres questions , a donné 
des preuves d'un savoir solide, et dont on lit 
les productions avec intérêt, a voulu accré- 
diter sur ce point une théorie nouvelle , que 

. l'expérience repousse ; car il n'ignore point 
que ce n'est pas là ce que pensent les méde- 
cins oculistes qui sont actuellement en pôs- 

. session de nous guider dans cette partie de 
la science médicale: tels sont PsLLiBR (Pré- 
cîs sur les maladies des yeux ^ 2^ vol. in 8\ 

- Montpellier 1790 ) ; Scarpa ( Saggio di os- 
sermzioni e d*€sperienze sulle 'principale 
malattie degli occhi^ i vol. iu-4^. Pavio 



( i^i5 ) 
1801 ); Wenzel (^Manuel de V oculiste ^ 
fi vol. m-8^ Paris, 1808 ) et Demours ppht«ï«»i« 

, "^ yénerienne. 

'(Traite des maladies des yeux , 3 vol. in-8*. 
paris i8i8)i On lit dans les écrits de ces maî- 
tres, que rophtal mie vénérienne doit être 
combattue par les mercuriaux ; et pour pré- 
venir Tobjection que Ton pourrait me faire, 
que rophtaknie qui est causée par la sup- 
pression d'uné^ulement gouorrhoïque n'est 
j)oint vénérienne, je répondrai par ces pa- 
roles de ScARPA : que Tophtalmie gonor- 
rhoïque par inocuIatÎQn , circonstance dans 
laquelle ou ne peut doiiler que le virus vé- 
oériexk ne soit la cause immédiate du mal des 
yeux, no* notenace jamais Torgane de la vue 
d'une destruction aussi prompte et aussi rà*. 
pide , que celle qui a lieu par mét«istaae go- 
norrhoïque (i). Maîs&^il &ut encore une au- 
torité qu^ûn ne saurait récuser , JQ citerai 
SwEDiAim^ qui ye»! qu'on, oppose à Toph- 



(1) La Oitialmia gùfiorroipa per innés ùo ^ nelle 
^uàli circostanze non puo cader^ dubhio -che il 
veleno venereo non sia la cagione immemata del 
maie d'occhi y non minacciagiammai con tant* 
impeto e prontezza la distruzione delV organo 
delta vista , corne fa éjuella dôtta per metastasi 
gan^rroicay p. ^^. 



M • 



(ai6) 
fahfiie vénitienne tin fraifemrat 
o,,h..imi« r^gniier et complet. 

Cependant , ^elle que soif rimportance 
de ces vues thérapeutiques ^ si je n^avais eu 
qu'à raconter l^histoire d^une ophtalmie vé- 
nérienne qui a cédé an traitement mercnriel , 
je me serais abstenu d'écrire. Mais ici il y a la 
circonstance d'une ophtalmie qui a précédé 
celle qui vient de nous occuper ; il y a eu 
aussi le rapprochement de de^x honimes 
dans le même lit et sur te même oreiller , 
d'en naissent quelques furésomptions de Cora* 
munication morbifique. Il est à regretter que 
^'ophtalmie du premier ait échappé i nos 
recherches ; mais nous pouvons juger qu^eîle 
a été assez grave , puisqu'elle a été un motif 
de réforme. Eile durait depuis long-*temps , 
et Ton n^en a pas vu la fin. A côté d^elle , il 
en a paru une autre qui a été égalmneht vé^ 
bémente et opiniâtre y qui , après bîiMi des 
détours , s>st montrée vénérienne , et qui , 
par conséquent , était greSee sur une mala- 
die contagieuse. Second aperçu duquel on 
peut inférer que celle-ci a été acquise par 
contagion oculaire. Si telle a été , en effet , 
sou origine , cette ophtalmie méritera d'au- 
tant plus de fixer Tattention des hommes de 
Fart, qu'on n'en trouve point de pareiHa 
dans les traités les plus connus , tant sur les 



( 217 ) 

maladies des yeux^ que sur les affections sy- 
philitiques. Il faut eu excepter toutefois celle YénerjennlT 
qui e&t attribuée au professeur Ghaussier , 
dans Tarticle ophtalmie du Dictionnaire ^ etc. , 
. p. 4fiO. On eût bien fait dMndiquer Touvrage 
dans lequel elle esi consignée originairement. 

Différentes réflexions naissent du fait que » 

je viens de rapporter. Je me plais à les sou- 
mettre au jugement des médecins. Elles se- 
ront tirées , i* des considérations physiolo- 
gîco-médicales que fournît cette observation ; 
jssT de ce qu'on doit entendre par contagion 
oculaire. ^ 

§. r*" S'il s^agissait d'une n^ladie véné- 
rienne contractée par les organes de la géné- 
ration y on serair facil«cnent d^accord sur la 
cause on la matière de la contagion* L^apli- 
tnde des organes, non moins qoe F^xistmce 
da virus , seraient accordées sans diseuasioit , 
quoi qu'en pensent quelques médecins qui, ne 
voulant pas laisser aux hnmoristeisi un petit 
coin où ils puissent vivre, en paix, soutien- 
inmiqu^I n^y a point de virus. Même adhé- 
sion serait donnée si l'ophtalmie était surve- 
nue apris la suppression brusque d'un écou- 
lement gonorrh6ïV|ue , ou bien encore' si' le 
malade portait à ses yeux, par ses mains, 
ou par des linges qui en seraient imprégnés , 



vene 



(2,8) 

la matière d'an écoulement ou d^mi ulcère 
Opiuaimie vénérieii. Dans le premier cas . Tophtalmie 
serait par métastase , et dans le second , par 
une sorte d'inoculation. Dé tels faits ne sont 
pas rares dans la pratique. Mais Tobserva- 
tion que je viens de rapporter fournit ma« 
tière à disputer , tant 3nr le lieu que sur le 
moyen par lesquels la coQtagion s'est opé- 
rée. Ici , au contraire , au lieu d'être éma*. 
née des organes sexuels , rinfection , après 
être sortie d'un œil n^alade^ serait parvenue 
à Tœil d'un voisin, et c'est au ipoyen de la 
chassie délayée par les larmes et répandu^ 
sur le chevet par le premier malade, que 
rinfection aurait atteint rcêil du camarade 
de lit. Une ophtalmie simple a été commu- 
niquée par un moyen analogue , par un 
mouchoir en jouant à colin-^maillard ; c'est 
ce quB rapporte M. le docteur DëMOURS. Four, 
cendre ma pensée avec plus do clarté^ j'exa* 
minerai, i^'s'il est probab)e,qne l'humeur .qui? 
s'échappait dés paupières eut' les caractères»- 
du virus syphilitique ; â"" si l'absorption de 
cette humeur, supposée virulente, à pu. «sa 
faire par les paupières. 

Sur le premier point , il suffît de, sa voie, 
que la coujpnqtive qui -tapisse l'œil et l'intér 
rieur des paupières , vient ise terminer à l'ex- 
trémité de ces dernières et se perdre dans la 



C ^19 ) 
peau ; qu^elle est de la nature des membra- 
nes muqueuses; que , comme elles , elle ex- ye^érieunê* 
crête habituellement une humeur que four- 
nissent les conduits excréteurs des glandes 
de MëïbomiUs ; que cette humeur , vulgai- 
rement appelée chassie ^ presque insensible 
quand Tœil est sain , et plus abondante quand 
il est malade , esi analogue à celle des autres 
meaibranes muqueuses ; que, comme^celle- 
ci j elle varie dans sa consistance et dans sa 
couleur» relativeinent à la cause qui Taj^s- 
citée; qu^elIe e$i blanche 5 jaune ou verdâtre, 
selon que Tophtalmie est simple ou véné- 
rienne y de même .que les écoulemens par 
Turètre ou le vagin ofiTrent ces mêmes nuan- 
ces de couleur, selon quMls dépendent d'une 
affection catarrhale simple ou d'une infec- 
tion virulente. Nous trouvons aussi que la 
coifjonctive, dans Tétat de santé, est , comme 
les autres membranes muqueuses, peu irri- 
table, mince, et d^un blanc diaphane, les 
vaisseaux qui la traversent étant alors plus . 
lymphatiques que sanguins. Mais, comme 
ces dernières , dans l'état de maladie^, jelle 
acquiert une sensibilité très -grande, aug- 
menté prodigieusement de volume , devient 
rouge , s^enflamme , s'ulcère , et fournit une 
matière abondante , qui a la propriété d'ir- 
riter les parties voisines qu'elle touche i pro- 



( 220 ) 

prîeté qu'il n'est pas rare de trouver dan» 
\éneri'nue! Pexsudation morbifique des merabrarte» du 
même genre. En un mot, dans Tétet physio- 
logique et dans Tétat pathologique, elle se 
comporte eomme les antres membranes ma-» 
quenses , qni sont le siège natturel de Tinfectioa 
vénérienne. Mais en remontant des organes de 
la génération vers les parties supérieures da 
corps y et tonfours en suivant le département 
des membranes muqueuses , nous voyons la 
partie supérieure de Todsophage, les fosses na<* 
/^/iles, et Fintérienr de la bouche , être le siège 
de Tinflammation vénérienne , et d'ulcères de 
même nature survenus , tantôt primitive- 
ment, tantôt secondairement, et susceptibles 
de se propager par les baisers ou par tout 
autre contact plus ou moin& immédiat. Dans 
toutes ces circonstances , la membrane muf» 
queustf , qne| qu'en soit le Heu , fournit une 
excrétion qui contient le virus ; et dès lors^ 
il ne paraîtra pas extraordinaire de retrou<<- 
ver ce dernier dans l'excrétion de la mem- 
brane muqueuse de l'œil. Là-dessus nous 
avons l'autorité de Scarpa, qui dit que 
l'ophtalmie vénérienne chronique n'est, i 
proprement parler , qu^un symptôme de plus 
de la syphilis confirmée (i). D'où je conclus 



(i) La cronica ottalmia venerea non ê , proh- 



veueriennu- 



( aai ) 
que 9 puisque rophtalmie que je viens de ^ ^ 

rapporter était vénérienne, Texerélion de la piihiaimie 
conjonctive était virulente et contagieuse. 

J^ai promis d^exaniiner, en second lieu, s^il 
a pu se faire que cette humeur fût absorbée 
par les paupières. Certes , si nous avons vu 
que la main ou des linges imprégnés de lu 
matière gonorrhoïque ou de celle d^un ul- 
cère , étant appliqués sur une autre partie 
du corps y déposent le virus ; s^il est vrai 
que 3 porté sur les surfaces muqueuses , ce- 
lui-ci y détermine des accidens de nature 
vénérienne; s^il est vrai encore que la con- 
jonctive soit une membrane muqueuse pour- 
vue, comme les autres membranes de ce 
genre , de vaisseaux inhalans et de vais- 
soaux exhalans ; après lui avoir reconnu la 
faculté d^excréter une humeur analogue k 
celles des membranes congénères , il faudra 
accorder aussi quVIIe a pu absorber les mo- 
lécules du virus ophtalmo-syphilitique qui 
«^étaient répandues sur le chevet et qui sont 
venues s^implanfér sur elle. Le développe- 
ment et la marche de Pophtalmie dont il s^a- 
git, ont justifié ce que j^avance. En efibt, le 



priamenie parlando f ehe un sinPoma di più délia 
lue ÇQnfermata , p. loo. 



J 

( a22 ) 

premier phénomène de la maladie s^est ma« 
éuériennè* nifesté à l'angle externe de rœîl droit , qui 
est la partie de cet organe qui , par le roulis 
de la tête sur le chevet , a été facilement en 
contact avec le drap de lit ; celui-ci , avon^ 
nous dit, doit être considéré comme impré- 
gné de la matière ophtâlmo-syphililique. Un 
y point inflammatoire s'est montré dans ce lieu^ 
qui était celui sur lequel la molécule infec- 
tante a dû être déposée, et ce n'a été que par 
degrés que ce point inflammatoire, s'est 
étendu à toute la surface du globe de Toeit. 
Telle n'est point la marche ordinaire de 
l'ophtalmie qui résulte- d'une métastase. 
Dans* ce dernier cas, l'inflammation s'empare 
uniformément de toute la conjonctive d'un 
œil, et quelquefois de tous les deux ; les 
médecins oculistes sont unanimes là -dessus. 
Mais ce qui est bien remarquable , c'est qu'il 
est aisé de reconnaître les deux modes d'in- 
flammation dans l'observation rapportée ; car 
l'ophtalmie primitive , celle de l'œil droit , 
fut d'abord circonscrite , et s'étendit ensuite 
de proche en proche , comme le fait l'oph- 
talmie par inoculation gonorrhoïque , au 
dire de Scarpa, je l'ai déjà rapporté ; tandis 
que celle de l'œil gauche , que j'appelle par 
métastase, fut tout d'abord uniforme sur 
toute l'expansion de la membrane. Il est k 



y 



( aa3 ) 
t'emarouer aussi que cette maladie fat long- 
temps fixe sur Fceil primitivement atteint; Ténerieonè! 
fixité que les maladies vénériennes afiectent 
généralement dans les premiers temps de 
leur durée ; qu^elIe n^a point cédé pçmplè- 
tement, pendant un an, aux moyens anti- 
phlogisfiques ; au contraire^ qu^à chaque 
refour elle s'est montrée avec plus d'inten- 
sité ; que Férysipèle qui Fa compliquée un 
an après son apparition , annonçait Pefibrt 
et Textension de la maladie , et qu'il dénote ^ 

que le virus , loin de s'éteindre par le temps , 
prenait de jour en jour plus de force ; que 
l'ophtalmie secondaire de l'œil gauche fut un 
phénomène pathologique analogue à l'éry- 
sipèle ; enfin que, lorsque l'ophtalmie a été 
attaijuée par les mercuriaux , elle s'est dissi- 
pée comme par enchantement. La réunion de 
toutes ces circonstances indique, à ne pas 
s'y méprendre , quel fut le siège primitif de ^ 
la maladie , et confirme ce que nous avons 
avancé sur la virulence de la cause qui l'en- 
tretenait. 

Si quelqu'un objectait que l'écoulement 
gonorrhoïque, qui fuf provoqué parles demi- 
bains, était un indice queJes organes de la 
génération participaient à cet état patholo- 
gique, sans nier l'objection qui, toutefois 
ne peut être prouvée à priori, je répon- 



drais que si dans beaucoup de cas les ulcè- 
vénérienne, res à la gorge , et 1 ophtalmie elle-même , sont 
attribués à la relation dé ceis organes avec la 
bouche et les yeux par la sympathie de$ 
membranes, comme on peut ea voir deux 
exemples frappans rapportés par M. De*- 
MOURS , 8àn$ le numéro io3 de ses observa- 
tions (i); dé même aussi ^ par un retour qu on 
ne peut contester dans le cas qm nous oc-^ 
cupç , la sympathie a du s^exeroar dans un 
ordre inverse ; c^est*à«<lire , que Tirritation 
syphilitique des yeux a dû provoquer celle 
de TurèlrSi Ici la sympathie a en lieu per 
descensum^ tandis que te plus CHrdinaire- 
meut elle s^ppère ptr ascensum- Aussi Pc^- 
talmie doit-^ile être considérée comme ayant 
^té raffecfion primitive , tandis que Fécoule- 
ment gonorrhoïqne était secondaire ; et pour 



(i) L'un de ces cas, est d*ua homme qui reçut un 
baiser'd'une fiile publique; deux jours après, il eut 
un chancre à la bouche , et bientôt une ophtalmie 
qui fit tomber la cornée en suppuration. Le second , 
est d'une ienne fille de 5 ans, qui, par suite d'un abus 
de oonGance % a^aat été infectée , eut pendant sept 
mois difTérens symptômes vénériens , et enfin une 
ophtalmie qui existait conjointement avec des ex- 
croissances vénériennes à la vulve : la cécité s'en est 
suivie. 



7 



«ccorder aux îdé^s du ]oar la part que la 
raison autorise, je dirai «avec Scahpa, que ^^^^|j|j*^t 
œ phénoixièae dépend plutôt d^une liaison 
sympathique entre l'urètre et les yeux j que 
d^une véritable transposition de matière (i). 
Aussi Técoulement ne dura-t-il que quelque^ 
jours, parce que Furèlre n'était point le siégO 
.primitif de la maiadie^ et qu'on eût cherché; 
mal à propos à y fixer celle-ci par des cata* 
plasmes, des bougtes, des injections irri- 
tantes ^ etc. 9 tandis que cette manœvre eut 
été avantageuse dans le cas où rophtahuie 
aurait succédé à un pareil écoulement. 

Cette obiservation remplirait dans un cadre 
ophfalmo-nosologiqueunelacunedontScÂRPA 
semble se plaindre, lorsqu'il dit : qu'on n'a 



(x) Forse si accoscano pià alla vBrita quelli i 
^uali riguardano quodesto fenomeno y piiuosto 
corne Veffetto d*uno stretto coKsenso fra l'uretr^ 
e gti occhi ^' che d^iina vera trasposizione di ma'» 
iêria^p, 94- On peut voir cetie sympathie des or-* 
ganes sexuels avec les yeux, bien prouvée par un 
fait que le docteur LeveIllé rapporte; savoir, une 
oplitalûiie très*grave, qui avait pour cause la si;p<^ 
presâion brusque de la perte mensuelle chez uue 
feiiitiie, que ce mévlecin guérit en rappelant les 
mois. Voyez patç. a6i,, t. if* <ie sa traduction 'du ' 
Traite des nialadie<s des yeu^ /par ScA^pi, Pa-^ 
ris i8oa. 

T. 72 de la Col. iV de la a« Sér. ^OÛt. ^ 1 5 



( 2a6 ) 
■ I ■ jamais vu la syphilis confirmée succéder à la- 
tSéSe! métastase gonorrhoïque sur les yeux (i). 
Dans Tespèce actuelle ^ il y a lieu de croira 
que Tophtalmie du premier malade était vé- 
nérienne. On ignore , il. est vrai , si elle était 
conçécutive d'une gonorrhée ou de tout autre 
formé Msypliilitîque. Mais ceci n^établit au- 
cune différence ; car ifous avons dit d'après 
ScARPA , et contre le sentiment de quelques 
modernes, que Tinoculation du flux gonor- 
rhoïque communique le virus vénérien ^ et il 
est au moins constant que , de la. communi- 
cation d'une ophtalmie de cette nature , il e&t 
résulté une infection générale^ une vérole 
confirmée. 

Après avoir examiné rapidement les con-^ 
sidérations physiologico-médicales que four- 
nit cette observation , et après avoir fait con- 
naître qu'il est possible que cette ophtalmie 
ait été acquise par contagion oculaire / je 
ferai sur cette contagion les réflexions fiui- 
vaçtes. . 

§ II. La controverse sur la contagion de 
Tophtalmie n'a pas été poussée aussi loin qtie. 



(i) No» si è maive'dtita l(i lue cQnfermata^uC'^ 
pedere q,Uu cosi de ttor motos tasi gonarroica ogH 
occhi y p* 9^. 






( ^^7 ) 
celle sur la conlagibiï de la fièvre jaune ; 

- • 1 p 1 1 Ophialmî© 

circonsfatiôe heureuse, car si le len de la yénérienne. 
dispute prenait avec uùe égale force sur deux 
points dû monde médical , Fincendie pour- 
rait avoir des Milites fâcheuses. Disons , néan-* 
moin^, que si Ton considère la contagion de 
Foplitalmie sous un point de vue philosô-' 
pfaique , on la fera rentrer dans Tacception 
ciommuneà la plupart des autres contagions ; 
car elle rie mérite pas plus un nom particu- 
Ker , elle h'est pas plus essentielle ni ' plus 
constante que celles auxquelles j'ai consacré 
mes recheirche^. Cependant éller a été consi- 
dérée isolément d^abord par Mongiardini , 
médecin iialîeil', qui écrivait en i8oi ; en- 
suite pafr Edmondstok, médedn anglais , et 
teiVie question a été renouvelée par le doc- ^ 
teur Vetch , qui , en 1807, puWici à' Lon* 
dres que l'ophtalmie avait été propagée en 
Angleterre par les troupes de l'armée an- 
glaise qui Fa vàienf apportée d'Egypte. L'on 
^ de ce sentiment Màc-Gregor, médecin 
en chef de cette même artaée. Cependant on' 
dirait que cette opinion a été comme un mé- 
téore dans le mondé médical; On en a parlé 
commed'unenoûveaûté ;et l'on a «continué . , 

à croire de l'ophtalmie / ce que Fon en 
croyait auparavant. Néanmoins y il est Aei 
cas où elle est contagieuse ; il en est aussi un 



( 228 ) • 

sKssssssm bien plus grand nombre , sans donte^ dans 
réAérîcnne* lesquels elle ne Test pas. Dans ce conflit , fau- 
dra-t-il rejeter les premières observations en 
faveur des dernières ? ou repousser celles-ci 
pour faire droit aux autres? Non, s^ns doute; 
et avec un peu de réiQexîon^. il seiraitiàcila 
de s^entendre. Malbeureusemeatau|Qiird'huii^ 
Ton s^arrète aux mots et Pon néglige les cho* 
ses. On veut I à toute force, individualiser 
les maladies , fixer leurs attributions respec-^ 
tives, et en faire des êtres aussi invariables 
et aussi faciles à distinguer que Tor , Par- 
gent , le cuivre^ le fer , le soufra , etc. ; et 
. après qu^un grpnpe de sypiptômes plus pu 
moins constans a reçu nn noiu^ celui de 
^ fièvre jaunii , par exemple , si Ton a vu CQ(te 
maladie contagieuse une ^is, il faiii4>^^ 
qu^elie le soit tonjonrs, ^elpn les contagio*- 
nisies , et si dans, upe autre circonstance elle 
n^a pas été contagieusis , il faudra , daqs tous^ 
les, cas , lui refuser ce caractère , Qpjpme' 
le font las nqn^contagiQni^tes. Soutenir JV^^ 
ou Tautre assertiqa d^upe ipanière absolue y 
c^est vouloir propager une erreur extrême*^ 
ment funeste . \ et cette erreur décèle uuo 
grande ignorance ou un manque de juge* 
ment. Aussi, après avoir rapporté qu*una. 
ophtalmie a été acquise par conXagion , au, 
lieu d'affirmer d^une manière générale que 



/ 



• ( 229 ) ^ 

PopTiTalmid est contagieuse, je dirai tfue^ dah^ 
i^espèce actuelle, la syphilis s'est 'commnni- ôp^itaîmin 
qnée sons forme d^ophtalmîe ç de mêhife que 
ce n'est point une fièvre jaune ni une fièvre 
internaittentè ^ui se cbmâniniqûent par con«* 
tagion , mais biete un fy^ptius qui a la forme 
d^une fièvre inflacsmatoi^é lliKeûsè ou gastro- 
hépatique , Vulgairement appelée fièvre 
jaune y ou d*une fièvre plus ou ïAéîns pé- 
riodique , qui a reçu le nein de fi:èvre in-* 
fennittente. 

" Peut-être y â-*-i! quelque raison de croire 
^ne rophtâhnié vénérienne est plus cômnùiune 
^u'on ne p^nse ; et par conséquent que e%\i^ 
tnaladie de Tœil est , à cause de cela , suscep- 
tible desè^conitHuniquer très^otttent. A Tap- 
ptii de celui , on peut alléguer une présomp- 
tion que r^n tirerait des fréquens succès 
qù'obtienbent quelques podinaadôis anti-oph* 
talmiques d^n^ les(|uélles on adiU^t les oxide» 
de mercflre. Il më sèttibleraisontikàbliB de dire 
que %\ îé spécifique n'y trouvait pas Tocca- 
9iott de se neutraliser par la maladie; il exer- 
cerait mir TcBil une action irritante 3 et que 
loin dé guérir le mal ; il ne ferait que Paug- 
méhfèr. 

■ Après avoir vu dans quelles circonstances 
on tiA en droit de soupçonner qu'une ophtal- 
nue est entretmue par le vice vénérien^ et 



▼ener 



( aSo ) 
qu'elle peut se communiquer , on poniraît^ 
éîiK'^r ^^ ^'^« ne craignait de donner trop d'exfen- 
sion à ce. sujet, examiner si Pophtalmie idio- 
pathique qui survient dans les pays maréca*- 
gens après le règne d9 ce]:taias vents > peut 
/pus$i se communiquer. iSi )e considérais Tex- 
.eôriation de la peau que la matière ophtal* 
'Cliqua cause sur les jouei» en s'y répandant , 
^i }e comparais ce phénomène au coryza^ ou ,à 
la dysenterie épidémique i si je portais un œil 
scrutateur sur la différence qu'iLy a entre 
J'excrétion naturelle des nàeiubranes mu- 
gueuses et celle qu'ell^$ fournissent da|is les 
«premiers temps de leur stade inflammatoire ; 
-si )e faifiàisi considéret coibbien. doit être 
^ande et promptf^ Taçtioci de cette dc^rnière 
^ur les surfaces dénuées d'épiderme , lorisquf 
la, peau, ce bouçlÎQr donné, par. la nature 
.contre une foule d^gefus^de destruction ^ ne 
lui résiste. pas; si j'examinais ce qui ^e passe 
dws les membranes ^es bronches et de l'es* 
tpmac 9 lorsque le^ contact des miasmes vient 
y établir le siège d'un^ fièvre* qui sera peut- 
-être contagieuse ; si je rappelais Taiiaip^.d^ 
structure qpi règne eqtre ices membranes et 
celle de l'œil, j'arriverais probablemfnt k 
: appliquer à la phlogosjB delà conjonctive,^ 
les mêmes raisonnemens que l'on peut faire 
sur la contagion des fièvres. Mais je m'arrête 



( a3i ) 
aux con$idéFatîoas que j^ai tirées du sujet de 

/•T /--j 111 Ophtalmie 

ce mémoire. Je veux éviter de parler de la vénérienne, 
contagion en général , aussi bien que de celle 
de la fièvre jaune , dont en ce moment ou 
nie la possibilité en face des Sociétés savan- 
tes. Celles-ci ,' heureusement^ ont eu la sage 
réserve de ne pas se prononcer. Si dans d'au- 
tres occasions 5 j^ai publié ce que j^en pense 5 
je Taî fait plutôt pour payer uii tribut à la 
science , que pour m'inscrire au nombre des 
sectaires outrés d'une opinion, quelle qu^elle 
soit y et c^est dans le même esprit que j*ai ré- 
digé ce detnier travail* 

OBSERVATIONS EXTRAITES DES JOUR-. 
NAUX DE MÉDECINE. 



l* 



Mémoire sur le déchirement sénile du 
cœur ; par M. Blaud , médecin en chef 
des hospices de Beaucaire. 

J*ai dans le .numéro précédent du journal gé^ 
néral de médecine \ p. 99, analyse le mémoire de *^<^"*'*'*» 
M. B.OSTAN, sur la rupture du cœur, chez cinq 
femmes âgées. Cet organe était atteint d'hypertro- 
phie , à l'exception de sa pointe qui se trouvait 
amincie. M. Blaitd publie aujourd'hui quatre ob* 



cœur. 



servations qui fendent à prouver que l'homme > sur 
D<^cliirem» le déclin de sa viev est exposé à one espèce de dé- 
aeoeur. cbirement du cœur, dépendant d'une cause toute 
particulière ; il lui donne le nom de dèelùremenê 
bénite , parce que ce sont les vieillards qui en sont 
principalement atteints. Citons quelques uns de ces 
faits. 

tjn homme de quatre-vingt-six ans , ayant tou- 
jours joui d'une assez bonne santé « éprouve la sen- 
sation d'une douleur vive, d'une chaleur brûlante 
et d'un poids incommode dans la région cordiale; 
en même temps anxiété inexprimable , oppression t 
grande faiblesse , pâleur subite , mort instantanée. — 
. • . Péncarde distendu par une grande quantité de 
sang; ventricule gau.be'du cœur déchiré oblique- 
ment dans sa région antérieure « de dedans en de- 
liors , et de haut en bas , dans l'étendue d'environ 
un pouce. — Tissu du cœur et principalement du 
ventricule gauche, mou, flasque , d'iiné couleur 
grisâtre » s'écrasant facilement sous les doigts , con- 
verti en une substance particulière* gélatiniforme , 
dans laquelle on distinguait à peine la forme et la 
direction des fibres musculaires; il n'était point 
aminci. 

Un homme de cinquante- huit ans f après quel- 
ques incommodités de nature ^équivoque et des 
douleurs à la région du cœur, éprouve une grandd 
anxiété, fait des efforts violens pour vomir, s'agite, 
et expire. — . . • Péricarde rempli de sang noirâtre, 
et en partie coagulé, ventricule droit déchiré vers 
aa pointe, dans sa région antérieure, dans l'étendue 
d'environ un pouce, et selon la direction de ses 
fibres ; un semblable déchirement à la partie anté- 
rieure moyenne et inférieure du ventricule gauche. 



( a33 ) 

On remarquait aussi sur l'un et l'autre ventricule, 
troi^ autres déchiremens, mais incomplets , c'est-à- Décbirem. 
dire, ne pénétrant pas dans les cavités de l'organe... 
Tissu du cœur d'un rouge pâle , d'une épaisseur or- 
dinaire; mais 9 mou, flasque , facilement déchira- 
ble. On y distinguait encore la forme et la direction 
des fibres musculaires qui étaient comme abreu» 
vées d'un fluide séro-gélatineux. 

M. Blauo cite encore deux autres observations 
d'bommes de soixante-seize et quatre-vingt-quatre 
ans I morts subitement , et à l'ouverture desquels on 
trouva dans le coeur des désordres analogues à ceux 
qui viennent d'être décrits. 

La dégénérescence gélafiniforme du tissu du 
cœur, dont il a été fait' mention dans les obiierva- 
tiens précédentes , et que l'auteur ne regarde pat 
comme une véritable affection morbide^ à pro|>rement 
parler, mais bien comme le résultat immédiat et 
inévitable de la nature des fonctions du cœur , et 
une conséquence de l'exercice de la vie ; cette dé* 
géoérescence , dis- je , est , selon lui » la cause es- 
sentielle du déchirement sénile de l'organe central 
de la cii^olation. Mais une foule de ûaifde^ secon- 
daires qtii augmentent plîié ou moins les Oonlrae^ 
tioris de cel organe , pëtrvent déternsiâer l^altéra^ 
tion pathologique dont il s'agit , ou du ttieihs lui 
faire devancer de beaucoup l'époque de son d'év^ 
loppement naturel par les progrès de Tftge ( BibliotFi. 
médicale , numéro de juin , p. 964- ) 

Ces quatre faits se sont prëseàtés à l'observation 
de M. BLAtTO en i8oS, 1812, 1814 et i8ig. 



(^34) 

Ob$erçation sur un abcès du foie; par 

M. Depons. 

« 

Il est question dans cette observation { dont la ré- 

foi« ^^ ° daction laisse beaucoup à désirer , sous le double 

rapport de la clatté et des détails qui sont fort in- 

«complets) d'un jeune homme qui était tombé dans 

un état de nuirasme et de fièvre lente • avec météo- 

risme du veptre. — L'auteur de Fobservation fit 

appliquer plusieurs fois , à buit jours d'intervalle « 

des sangsues à la marge de l'anus « afin de dégager 

les vaisseaux bémorroïdaux et la veine porte « dans 

Ja vue de détruire V obstruction considérable qu'il 

présumait exister dans le foie. Des fomentations 

^et des cataplasmes émolliens furent appliqués sur 

^Vabdomen ^ et l'on prescrivit des boissons adoucis* 

santés et apériiives. 

. « L'exactitude et la persévérance daas l'emploi 
de ces remèdes j préparèrent et amenèrent , à la 

.suite d'un purgatif minoratif« la sortie» par l'anus « 
d'une tumsur stéatomateuse enveloppée d'un 

Jkyste rempli d^une m,atière pultacée très'fé^id^. 
Peu d'béures après* le malade .en rendit une se- 

/OOnde t et uQe troisième fut re jetée dans la journée. 

Jje ventre qui s'affaissa après cette crise me per* 
mit de m'assurer de l'état du foie ;/> découvris , 
outre l*obstruciion., un abcès très^profond dans 
la part^ç convexe de ce viscère / j'en fis faire de 
suite l'ouverture ; il en sortit une grande quantité 
de pus. La plaie /«// tenue ouverte deux mois en- 
tiers ,• durant lesquels l'usage des remèdes délayans » 
spéritifs et fondans, détruisit entièrement l'engor* 



( 255 ) 

gement. Le malade reprit ensuite peu^ à peu des lsiïj l 

forces , de l'embonpoint , et se rétablit de manière . .-^^^es du 
à ne plus éprouver aucun ressentiment de sa ma- 
ladie. {Nouf. journal ,. mai^ p. i5. ) n 

L'auteur, serait probablement fort embarrassé 
po^ur dire ce qu'il a voulu désigner par ces mots : 
une tumeur aléatomateuse enveloppée d' un kyste 
rempli d^uiie matière pultacèe très-fétide. — Il 
faut convenir aussi c^n'îl a des moyenis bien puis- 
sans d'investigation , pour avoir découvert , outre 
l'obstruction « un abcès très-^profond dans la par^ 
tîB convexer du foie ! — ^ Sans doute qu'il y avait 
adhérence du foie enflammé et devenu le siège d'une 
collection purulente , avec les parois abdominales , 
'quoique l'auteur n'en dise rien; autrement, en/az- 
'^ant faire de suite l'ouverture de l'abcès , il cou- , 
rait le risque de causer la mort de son malade^ en 
'donnant lieu à l'épanohemeht du pus et de la bile 
dans la caVité abdominale , s'il ne s'était pas trouvé 
d'adhérence établie entre le foie et les parois de 
Tabdomea. Or, pour * être assuré que cette adhé- 
Tence indispensable existe réellement., il ne suffit 
pas qu'une tumeinr abeédée se fasse sentir à travers 
ies parties molles extérieures ;'ilfaut encore indis- 
pensablément qu'il y ait affection non équivoque de 
ces dernières. Dans* tous les* cas , il parait plus ra- 
tionnel d'avoir recours , pour l'ouverture de l'abcès , 
•à l'appUoiâtion de la potasse caustique , qui fait une 
'escarre qu on fend le lendemain « de préférence à 
l'instrument tranchant qui peut dépasser les bonnes 
de l'adhérence , et provoquer l'épanchement mdrtel 
de la matière purulente à la surface des viscères ab- 
'dominaux. 

Quelque ift){)arfaîteque soit la rédaction de Toh* 



( 236 ) 

servation commilniquée par M. Depons, le fait 
même est intéressant > et cela suffit. 



Obserçation sur une opération de la^ 
ryngO" trachéotomie y pratiquée , açeo 
succès ; par M. A. R. P. Duchateau , cA/- 
rurgien aide-mqjor à jirras. 

Une petite fille de six ans et demi /• d'une cons- 
Tracheotom. ^î^^tÎQJ^ lymphatique « avala , vers le soir du 23 no- 
vembre i8i5« un noyau de prune « en jouant avec 
d'autres enfans. Les accidens non équivoques qui 
résultent du passage d'un corps étranger dan» les 
voies aériennes, se manifestent à Pinstanl. Six 
grains d'ipécacuanha provoquent quelques vomis* 
semensf qui ne procurent paA le résiiltat désiré. 
L'opération proposée est reqiise au lendemain par 
les parensy selon une trop funeste coutume f au risque 
devoir périr l'enfant par les4iccidena de la suffocai- 
tion, oo par Ifiofian^matioa qui s'emparera des 
voies aériennes et rendra inutile consécutivement 
l'opération pratiquée avec le plus de «uccèff dana le 
premier instant. Les médecins devraient s'efforcer 
de persufider aux gens, étrangers a l'art « que de 
l'opportunité du moment, opportunité si fugace > 
occasio prœceps , Hifp. dépend le résultat beur* 
reux ou malheureux d'une opération aussi délici|t(» 
que Test celle de la laryngotomie. 

En efCet, quelle comparaison établir entre rinci»* 
sion des tégumens du col et la division de quelques 
•uns des cerceaux cartilagineux delà tracbée-artère » 



Qpéralion nécessairement exempte de létbalitë , et 
rinflammation des voies aériennes, la congestion Trachéotom. 
sanguine du parenchyme pulmonaire, la péripneu- 
monie , suitei inévitable et le plus souvent mortelle 
de la présence prolongée d'un corps étranger dans 
le conduit delà respiration? Après d'inutiles délais^ 
l'opération, enfin pratiquée, procurera bien l'ex- 
traction du corps étranger^ mais l'individu n'en 
succombera pas moins aux accidens de la pbieg* 
masie développée dans l'appareil des organes de la 
respiration , et l'on rejetera sur le fait de l'opéra- 
tion même, ce qui n'est que la conséquence rigou* 
reusé de la lenteur qu'on a mise à la pratiquer. 
Mais revenons* 

M. DucHATKAU, après avoir couché la petite ma- 
lade sur une table garnie d'un petit matelas , et lui 
avoir posé la tète aur un oreiller, fit à la peau de 
la partie antérieure du col un pli transversal , qu'il 
inciaa ensuite dans une étendue d'environ un pouce 
•t demi, ce qui mit à découvert la partie infé- 
rieure du laryax, et la supérieure de la trachée-* 
artère. Plongeant ensuite son bistouri , dont le tran- 
chant était dirigé en bas , sur le ligament cricb- 
thyroïdien , il divisa le cartilage erîcoïde et trois 
cerceauK de la trachée«-artèFe. Aucune artère ne fui 
divisée : aussitôt que l'instrument eut pénétré dans 
le lasjmx, une colonne d'air en sortit, et le noyau 
amené par elle, vint frapper la pointe du bistouri. 
La faiblesse de l'expiration empêcha qu'il ne fût 
poussé au dehors; alora, après quelque^ testatives 
inutiles pour le saisir et l'extraire, on irrita la 
meipbrane pituiteire y la malade fit une grapde kis- 
piration suivie d'une expiration forte et bruyante , 
les lèvres de la plaie s'écartèrent et donoDèreBt issua 



C 238 ) 

à ane écume sanguinolente , et an noyau , qui fut 
lancé au loin avec beaucoup de force. — Soulage- 
ment prompt ; pansement méthodique ; toux l^ère 
pendant quelques jours ; cicatrisation de la plaie en 
deux semaines : la voix n'a éprouvé aucune altéra- 
tion. (Nou9. journal^ mai , p, 38.) 



Ligature de V artère tibiale postérieure ; 
par M. OuvRARD, chirurgien en chef, 
adjoint de VHôtel-Dieii d"" Angers. 

Un jeune homme de dix-sept ans , se préG^>i- 
Artèwii- f^m sans précaution sur un lit, où était jeté négli- 
geammaot un pantalon dans la poche duquel se 
trouvait un couteau de boucher, reçut une blessure 
profonde à la partie supérieure de la. jambe, et de 
dedans en dehors y environ un pouce et demi au^t 
dessus de la malléole interne. Une douleur 'vive se 
fit sentir dans la jambe, et une hémorragie qui se 
manifesta à plusieurs reprises, fut réprimée .pav 
des moyens insuffisans et peu . méthodiques. Les 
médecins appelés ne reconnurent sans doute pas 
la nature de l'accident, ou bien ils espérèrent à tost 
que la nature seule parviendrait à oblitérer l'artère 
tibiale postérieure qui fournissait le sang. 

Un mois après, il y «vâit une infiltration consi- 
dérable de sapg dans le tissn cellulaire, et la com- 
pression eocercée .Jivr //a( plaie. ^fnémef\ava^U donné 
lieu à uneescarre. L'hémorragie, ayant reparu ) un 
officier de santé fendit cette escarre, et. passa une 
ligature autour de l'artère • un pouce juste' au-^ 



«^^HMMRB 



(239) 

dessus de la malléole interne. Mais l'aiguille ayant i= 
été conduite au travers des chairs , on ne put ac- . .. , ^*^^ - * 
quérir la certitude d'avoir compris dans l'anse du 
fil le vaisseau ouvert. Les bouts de la ligature furent 
fixés à un bandage com^ressii appliqué sur la plaie ; 
ce qui' n'empêcha pas l'hémorragie de reparaître* 
trois jours après. Alors on tordit la ligature » et on 
procéda à un nouveau pansement. ^ ^ 

. Sur ces entrefaites , M. Ouyrard appelé pour 
procéder à l'itmputation de la jambe , tenta au con- 
traire de conserver ce membre^ Sur cela, il ôta les 
liens qui entouraient ce dernier, mit la plaie à nu, 
et , à l'aide d'une incision de deux pouces et demi 
de long , faite de bas en haut , et en rasant le bord 
interne du tibia , il coupa la peau , le tissu cellu- 
laire, l'aponévrose tibiale et la portion inférieure de 
l'attache du bord inierne du muscle soleaire» Alors 
faisant étendre le pied sur la jambe, et fléchir 
celle-ci sur la cuisse , il put facilement atteindre 
l'artère tibiale postérieure. Il passa le doit indica- 
teur de la main gauche sous la masse commune 
aux muscles soleaire. et jumeaux; saisit l'artère ti- 
biale avec l'extrémité des doigts , et l'approcha 
assez facilement du bord interne du tibia. Alors , 
la main droite armée d'une très-petite aiguille 
courbe, il passa autour de ce vaisseau une double 
ligature , embrassant avec lui quelques fibres mus*- 
culaires du fléchisseur commun des orteils et le nerf 
tibial. La ligature ne fut pas serrée, l'hémorragie 
se trouvant suspendue, et n'ayant même pas reparu 
depuis, {même journal ^f. 4^.) 

M. OuvRARD remarque judicieusement qu'on 

a éprouvé d'autant plus de difficulté, dans la pre- 

jmière opérationi à lier l'artère tibiale postérieure , 



(ho) 

là même où elle n'est recouverte cfne par ia peau • 
Artère ti- qu*oa a opéré sur des parties emAammées, au mi- 
lieu d'un tissa cellalatre infiltré de sang • et , pour 
ainsi dire, dans un centre désorganisé. En pareil 
cas , ce n'est pas là qu*il faut porter la ligature ; à 
rinsiant même où une artère vient d'être blessée , 
l'endroit le plus faeiie à atteindre sera toujours le 
lieu d'élection. {^Ikid. , p. 45.) — N'est-ce pas ainsi 
que , dans un cas de déchirement de l'artère tibiale 
antérieure, par l'effet d'une fracture de la jambe, 
M. D0PUTTRBIY alla de suite porter une ligature 
sur l'artère crurale au tiers supérieur de la cuisse? 



Sondes frt« 



Calculs urinaires , ayant pour noyaux 
des fragmens de sonde de gomme élaS'- 
tique introduits dans la vessie. 

M. le professeur Dupuytren a présenté à la So* 
giies. ciété de la Faculté de médecine , dans la séance 

du 25 mai y les pièces suivantes. 

tt. i» Deux ,calciils ajant pour noyaux deux bouts 
d'une sonde tellement fragile , qu'elle s'était brisée 
dans la vessie. Quelques mois après son accident » 
le malade vint trouver M./D. , qui le souda, re« 
connut les calculs > et pratiqua l'opéraitiç^Ov. Ge ma- 
lade pi4 sortir au bout d'un. mois. .. ) 

• . . ;) 3^ Un bout de a^pd^ çk la longueur de trois 
à quatre pouces, Qt.je(ytj?ai.t de U vessie d^os 14t 
quelle eUe s'étfltil brisée. Jm malade., ^ de cin- 
quante aQSt yint le lendemain nȐme de aon acpir 
dent A L'Bôtel-Dieu , apportant avec lui Je reste de 



\ 



C =40 

sa sotede, qui était d*une telle fn^ilitë , qull safS- 

sait de liti faire éprouver la plus légère courbure Sond« fra-» 

pour la briser. L'opératioa pratiquée permit d'ex-» 

traire le bout de la tonde. ' 

M. D* insiste surtout sur le dafijpr de U mau« 
vaise confection deis sondes , et désirerait que Tau-* 
toritë jïritdes mesures pour prévenir le retour de 
pareils accidens* etc. {Bulletin de la FacuUé^ 
n« 5^1820, p. i8oi))> f^d/. sur le même stijet» au 
u6q, p. 23S. 



<mmiif*0mm^imm 



t 



Obserçatîon sur la rupture d'une sond^ 
de gomme élastique , dont lesfragmens 
ont été heureusement retirés de la ves^ 
sie sans le secoure d'aucune opération 
instrumentale } par M. Hàime , médecin 

à Tours. 

. . . ' . « 

Je ne puis mieux placer qu*ici le précis d'un 
fait récemment observé par M. Haime. 

Un homme assàjetlâ à l'usage des sondes , qu'il 
négligeait de renouveler assez souvent , ayant voulu 
en changer nne qu-il gardait depuis huit^ours « h*en 
retira qu'un fragment de la longueur de trois pou*> 
ces ; le reste de rînstrument était demeuré dans 
}# vessie ; son extrémité supérieure répondait à 
peu près à quatre pouoes de la terminaison de 
l'urètre^ L'opération de la boutonnière paraissait la 
seule ressource. J'eus» dit M. H aime, quelque 
espoir (ayant introduit l'index droit dans le rec« 

T.^%i4laC6l.xi^'drtaifSér. AàS^. ï6 



\ 



(• «42 ) 

tinii « et reconnu rinstrument dans ia position dé- 
Sondes fra- ^j.j|ç ^ qyg ^ p^y un concert d'action dans les efforts 

soutenus et combinés des deux mains , je parvien- 
drais 9 d'une part, à faire avancer rinstrument vers 
l'orifice de l'urètre « et de l'autre à plisser , en quel- 
que sorte y le canal, et à en diminuer suffisamment 
l'étendue , en repoussant la verge vers le pubis. Cet 
espoir ne fut point déçu ; car on eut la satisfaction , 
au bout de quelques minutes de cette manoeuvre « 
de voir paraître à l'orifice urétral l'extrémité du 
fragment , qui, saisi par un aide , fut heureusement 
et facilement retiré. ( Journal nniv. , numéro de 
juillet^ p. 106.} 



Cas d^ accouchement rendu difficile par 
T la présence d'une tumeur dans Vex^ 
cai^ation du bassin ; par M. MoREAu , 
D. M. P. j accoucheur. \ 

Àccmichem. ^^^ femme d'une constitution primitivement 
difficile, forte , mais détériorée par plusieurs grossesses « et 
surtout par un catarrhe |)ulmonaire chronique, par- 
vint sans accident notable au huitième mois d'une 
cinquième grossesse. Vers cette époque «plusieurs 
hémorragies successives se manifestèrent ; une der^ 
nière , arrivée vers la grande épo4fue , fut excès- 
flâve « et mit en péril les jours de cette femme. 
^ M. MomiAU appelé, trouva une tumeur du vo- 
Imne de la tète d'un fœtus à terme, oocopant la 
fosse iliaque droite* s'élendanl depuis le niveau de 
la ^crète de Tiléuia jusque dana i'ezca?atipn peU 



( 245 ) 

vienne > 3'étant approprié la partie droite de la «■ 



.circonférence du col de Tutérus, et la portion du Accoucliem, 
vagin Correspondante , de laquelle elle était recou- ^' • ' 
verte , et à laquelle elle paraissait intimement unie. 
L'orifice du col de l'utérus, flasque et béant ^ était 
déjeté en haut, en arrière et à gauche. 

>La malade paraissant réduite au dernier degré ' 
d'épuisement, M. Morieau résolut d'al}er percei? 
la poche des eaux , de retourner l'enfant , et de dé-> 
terminer ainsi promptement l'accouchement £a 
conséquence, cette femme ayant étfé placée conve- 
nablement , <( après avoir , dit l'auteur* bien gvalssé 
Textérieur de ma main droite^ je l'introduisis dan? 
le vagin , je refoulai la tumeur avec la paume de ma 
main, pendant que mes doigts pénétrèrent 9an9 
diffic^illé entre les membranes et l'utérus. Je IrpUr 
vai , à trois ponces environ de Torifice , le pla-r 
centa complètement détaché j je rompis les mem« 
branes latéralement et à gauche. ijÇi'eufant se prér 
sentait par les fesses ; il me fut fa,cile de saisir les 
pieds et de les amener à la vulve; je dégageai, san^ 
trop de difficultés , le tronc et les bras , en ayant 
soip de ramener, autant que possible, l'enfant dfini| 
la seconde position des pj,eds, à cause 4^ la tu- 
meur qui était à droite ; lorsque les bra.s furent dé-? 
gagés, je m'aperçus bientôt, comme je le craignais ^ 
que la tumeur s'était replongée dans l'excavation di^ 
bassin , et que la têtQ de l'enfant restait au-dessus 
du détroit abdominal. Je réintroduisis donc la main 
droite en avant du tronc de l'enfant , en suivant la 
concavité du sacrum, et avec l'extrémité des doigt^ 
je refoulai de nouveau la tumeur ; j'allai ensuite dé-* 
jtourner la face de l'enfant et la ramener au-devant 
de la symphyse sacro-îliaque gauche/ Ge mouyç-?' 



( 244; 

ment opéré » il me fut facile de la faire plonger 

Accoaohem. dans l'excavation du bassin et de lui faire francliir 

* la vulve. La délivrance suivit immédiatement la 

sortie de l'enfant > » qui était vivant « mais très-^ 

faible , décoloré « et ne vécut que quatre jours. 

Après Taccouchement , la tumeur que M. Mo« 
REAU pense être formée par l'ovaire droit , conser* 
vait les rapports et le volume qui lui ont été assi* 
gnés précédemment. -^ Il en était encore de même 
six semaines après ; mais l'utérus avait repris les 
dimensions et la place qui lui sont propres. {BulL^ 
n'^Sfp.zSç.) 



Selon M. BécLAEQ , chargé de faire un rapport 
sur l'observation précédente > ce fait mérite d'au- 
tant plus de fixer l'attention des médecins , que les 
tumeurs qui peuvent opposer des obstacles à la par-* 
turition , ont été à peine notées dans les traités 
dogmatiques sur l'art des accoucbemens , quoi- 
qu'elles soient une des circonstances les plus graves 
de cette fonction , entourée de tant de douleurs et 
de dangers. C'est pour remplir cette lacune > qu'il a 
réuni dans son rapport les principaux faits connus 
de ce genre. 

Je ne partage pas son opinion sur la gravité bien 
moindre qu'il attribue aux cas , heureusement très- 
rares, de tumeurs osseuses ou d'exostoses *, sous 
prétexte que, très-lentes dans leur développement, 
ces tumeurs pourraient être reconnues avant la gros- 
sesse. Outre que rien n'est moins prouvé que 
cette dernière assertion , à moins que la présence 
de ces tumeurs ne donne lieu à des accidens capa<* 



(^45) 

bies de déterminer une feune fille , ou une femme 

non enceinte à se laisser fbucher , il est évident que A-ocomcheni. 

cette connaissance acquise plus t ot ou plus tard ne 

diminuera en rien le danger qui peu t rés^ilter de 

leur existence à Tépoque de la parturition. 

Bien que les corps Ghreux de l'utérus ne se dé- 
veloppent ordinairement qu'après Tépoque passée 
delà conception, et que, n'étant pas toujours situés 
assez bas dans la longueur de l'utérus pour s'oppo- 
aer au passage de l'enfant dans le détroit supérieur^ 
ils apportent rarement des obstacles à renfante- • 
ment , quelques cas de cette dernière espèce ont 
cependant été vus. 

Quoique les tumeurs qui ont leur siège dans les 
annexes de l'utérus, et surtout dans les ovaires, 
soient extrêmement rares pendant la durée de la fé^ 
condlté de la femme , leur présence n'apporte que 
trop souvent encore les plus grands obstacles à l'en* 
fantement. M, Béclard en cite vingt-trois exem-* 
pies , y compris celui rapporté par M. Moreau. 

<( Si l'on en retranche trois (femmes), dont deux 
n'étaient pas enceintes , et une dont l'accouchement 
n'a pas encore eu lieu , l'on a encore vingt faits de 
tumeur , et vingt d'accouchemens rendus difficiles 
par des tumeui^s situées dans le bassin, qui parais- 
sent avoir leur siège dans l'ovaire. '— Parmi ces 
femmes , sept se sont rétablies parfaitement , trois 
imparfaitement , et dix sont mortes. «—Des enfans, 
trois sont nés vivans ; un est né vivant , mais non 
viable; seize étaient morts, et deux ne sont pas 
notés. L'un était probablement vivant , et l'autre 
mort. — Ainsi , sur quarante-deux individus , qua- 
torze ont été conservés et vingt -huit ne l'ont point 
été. 



(M6) 

!■*■*—» ii Nous pouvODS maintenant tirer de ces fait^ 
Accoiichem- les conclusions suivantes ; i" que les tumeurs dont 
il s'agit^ doivent fixer Tattention des praticiens, à 
cause^de l'obscurité de leur diagnostic ;,2® que dans 
le cas où la tumeur occupe une grande pe^rtie du 
bassiui ni la version, ni la céphalotomie ne peu- 
vent suffire ;- 3^ que le soulèvement de la tumeur 
doit être mis en usage toutes les fois que celle-ci 
est mobile. Deux femmes, deux enfans ont paru 
devoir leur vie à ce procédé , qui est celui qu'a em- 
ployé M. MoREAu; 4° m^^ l'ouverture de la tumepr 
_^^ est d'une grande importance, puisque des dix fen^- 

xnés qui se sont rétablies , cinq , et deux des quatre 
enfans nés vivans y paraissent en être redevables à 
cette ouverture ; 5° que dans quelques cas (ceux 
où la tumeur occupant tout le bassin ne diminue- 
rait pas par l'incision ) la section césarienne pour- 
rait être là seule ressource. ( /^/W. , p. 167. )»> 

E. G. C* 



Médecine légale ou considérations sur 
r infanticide ; la manière de procéder 
à Voui^erture des cada^^res ^ les perfo- 
rations spontanées de V estomac y et sur 
V ecchymose f la sugillation y la meur- 
trissure, et la contusion ; par MM. Le- 
ciEux , Renard, Laisné et Rieux. ( Voy. 
V annonce bibliographique y au numéro 
daçril y /?. 144.) 

Médccino ^^ juste et "^ve impatience avec laquelle on at<« 

légale. 



(H7) 

4ènd le Traité de ^médecine légale , ptomis par 9S" 

M* le .pi'ofesseurCHAUSSiBR, fera saos doute ac- * ^^<*«<***** 

légale, 
cueillir aivec eHipressement rOuvrage dont je vais 

entretenir le lecteur.^ Quatre thèses sur divers 
points de médecine légale ^ ont été soutenues à Ifi 
faculté de médecine de Paris, pendant l'année qiii 
vient de s'écouler y et comme elles renferment la 
. doctrine de M. le professeur CHAirâsxEa « sur plu« 
sieurs questions fort importantes > on a cru rendre 
service à la science en les publiant èQlleciiveménl^ 
Les. quatre atrteurs de cette brocburô méritent des 
repiercimens pour l'extrême fidélité avec laquelle 
ils ont retracé les leçons d'un makre célèbre; ils ont 
même saisi jusqu'à son style et ses locutions favo- 
rites f de telle sorte que, bien qu'on lise sur le titre 
les, noms de MM. Lecieux , Renard, Laissée et 
JBLiEux » on est tenté de croire qu'ils n'ont fait que 
les fo^ictioits de secrétaires. Mais ne soulevons pas 
le rideau; puisque M. Chausszsr ne fait pas de ré- 
clamatians , imitons, son silence , et bornons-nous 
à examiner ce que cet oavrage présente d'utile, 
quelle que soit son originel. 

51" Considérations sur l'infanticide. Tel esl Iniantieide. 
le titre du premier mémoire, auquel est joint, 
comme modèle, un rapport fait en justice sur le 
meurtre d'un enfant nouveau-né. L'auteut de cet 
opuscule , après avoir donné la définition du mot 
infanticide ^ signale quelques erreurs relatives aux 
apparences qui peuvent en imposer à des experts 
peu attentifs , et spécialement à l'abus des inhuma- 
tions clandestines d'enfans morts en naissant, ou 
dans la première huitaine de raccouchement» « Sans 



\ ■ t 



(24») 

pailler, âit^iU de U négligencQ qu'apportent qdet* 
IiifanU«ide« quefoî» de jeunes analomîstes dans l'objet de leur» 
éludes ou de leurs dissections , j*ai la certitude que 
plus 4'nBe fois des hommes mariés « honnêtes , mais 
pauvres et nullement instruits des lois , des régie* 
mens de police « voj^ant leur femme accouchée 
d'un enfant mort » se sont décidés à enfouir eux-* 
mêmes j ou à rejeter loin de leur domicile le petit 
cadai^re, uniquement pour s'e^tempter de l'embar* 
^s et des dépenses de l'inhumation. » 

Passant ensuite aux règles que doit suivre l'ex* 
^rt chargé par la justice de constater le délits il 
établit dans cinq paragraphes les questions dont la 
solution peut l'éclairer. Ce sont, i*" déterminer l'âge 
de l'enfant ou l'époque de la grossesse^ A<> quelle a 
été la nature» la durée du travail de l'accouchement; 
S'' si l'enfant dont on examine le corps ^ est mort 
. avant f pendant « ou après l'accouchement ; 4'' de* 
puis quel temps l'enfant est mort;S^ si la mort 
peut être attribuée à quelque violence 9 M quelle en 
est l'espèce* 

li'examen de ces diverses questions , amène des 
détails du plus grand intérêt , et dont l'analyse ne 
pourrait donner qu'une idj^e incompèle» tant est 

« 

grande la précision avec laquelle ils sont exposés. 

• 

C'est ainsi que 9 d'après des expériences exactes 
faites à l'hospice de la Maternité, l'auteur établit 
d'une manière positive les dimensions, le poids et 
les caractères extérieurs du fœtus à terme, et qu'il 
enseignera reconnaître^ d'après des signes cer- 
tains , l'âge de celui qui n'aurait point atteint le 
terme naturel de la gestatioxi. Il apprend les moyens 
de distinguer 9 d'avec les résultats de violences 
txercées sur l'enfant dans un but criminel « les con- 



( «49 ) 

tusiotfd^ les ecchjFmoses, et même les fractures 
qui peuvent être la conaéqueoce, soit d'un accou- Infanticide. 
chement naturel et laborieux , éoit de manœuvres 
pratiquées pour opérer Textraction dU fbeius; C*€st 
dans cet article qu*on trouve une note' qui renferme 
Pidéé première du quatrième mémoire. Après avoir 
rapporté les expériences et les opinions des auteurs 
sur ce qu'on nonime docimâsie pulmonaire {^ÇX" 
pression dont il démontre l'absurdité)^ Tauteur pré- 
sente une table comparative'du poids totaVdu corps, 
et partie du poumon' d'enfans morts , avant , pen- 
dant oii ajprès ràccôuchement. Cette table, dressée 
d'après un ti-ès-grand nombre d'observations re- 
cueillies à la Maternité ', prouvé que l'expérience 
qui consisté à jeter les poumons dans l'eau, est loin 
de fournir des données positives ; que les poumons 
peuvent plonger au ïbiid de l'eau , quoique l'enfant 
ait respiré, et vice iyefsâ. Enfin,' pour constater si 
la mort a été due à quelque violence , M. LEciEtrx 
Vappo rie encore une série d'expériences propres à 
reconnaître les altérations qui seraient produites 
par la chute d'un eiifânt sur la tête, la compression, 
bii la percussion exercées sur celte partie. 

Cette 'monographie, qui est sans doute la plus 
complète et la plus riche en faits, de toutes celles 
qui 0|it été publiées sur l'infanticide , sera lue avec 
autant cl'intérêt que dé fruit par les élèves qui doi- 
vent passer leur quatrièmeexamen ; mais plus en- 
core par les praîticiens, qui seront bien aises d'y 
trouver, en abrégé, ce qu'on sait de plus positif sur 
ce sujet important. 

5 IL C'est encore surtout aux praticiens qui Ouyeriurc 



( aSo ) 

peuvent êtr& appelés pour procéder juridi([ueme&t ^ 
Oav«rtQfle rexamen d*ua cadavre 9 c^'oa do^t recommande^ 
descadarr. jg^ lecture attentive des ConHdéruHons médicô^ 
légales a.ur la manière de procéder à V ouverture 
des cadavres , eu spécialement dans les cas de v£^ 
siies judiciaires. Ce&i là, surtout, <{u'oii pejit re- 
connaître facilepient les préceptes donnés par M. le 
professeur Csaussier dans ses savantes leçons ,. et 
apprécier Tesprit d'ordre et de méthode qui (e ca^ 
ractérise. Ce travail est moins susceptible encore 
que l'antre d'être analysé : ici tout est d ui)e néces- 
sité indispensable ; tout doit être retenu et médité* 
Les procédés opératoires nécessaires. pour l'examen 
des cavités splanchniques , les précautions.à prendra 
pour assurer Texactitude des résultats, les règles 
à suivre pendant et après l'examen anatomique des 
parties» enÊn la forme d'après laquelle doit être 
rédigé un rapport judiciaire; tels sont les prin-^ 
cipaux objets que l'auteur a envisagés avec toute la 
perfection désirable. Rigoureux dans son style ^ 
comnoke te maître dont il nous transmet la doc- 
trine, il emploie tour à tour le raisonnement et TI- 
ronie plus puissante encore, pour proscrire certaines 
locutions vicieuses qui se sont glissées dans le lan- 
gage médical» « Ces dénominations absurdes , ri- 
dicules, ditâl, se répèlent sans cesse, et se trou- 
vent dans la plupari dés livres modernes ; tant il 
est'^r^i que tes sottises s'accréditent , se propagent 
par llrréQexion , par Tinoiitation , et que , comiïie 
Va dit Boileau : 

Un sot trouve toujoun an plus sot <|ai l'admiee* 

Pcrfuratîons S ^^^' ^^ troisième mémoire roule sur un sujet 
«ponjaiiéça. d'une haute inaportance, ce sont les érosions et 



( *^ï ) 

perforations spontanées de V estomac* Ce mé- 
moire , ou plutôt ^ne consultation médico-légale de PcrforaiîoDa 
M. Je professeur Chaussier , qui a été réimprimée ^^ *neea* 
à la fin , a donné lieu.à une réponse par M. Raigb 
Selorme^ D. m. F. y réponse « dont la justice veut 
que je rende compte en même temps que du travail 
de M. iiAiSNÉ , qui aurait peut-être dû s'abstenir 
d'uoe aggression , au moins inutile , à son début dans 
la carrière médicale. 

La première partie de son mémoire est consa*^ 
crée à l'histoire des érosions et perforations sponta- 
nées de l'estomac , considérées dans les rapports 
qu'elles peuvent avoir avec les empoisonnemens 
par les substances corrosives , la seconde n'est autre 
chose que la copie d'une consultation niédico-lé- 
gaie faite par M. Chaussier, sur un rapport juri<* 
dique de M. Raige, chirurgien à Montargis. La^ 
proposition que l'auteur tend à prouver^ est celle-ci: 
Le poison retrouvé en substance dans l'intérieur des 
organes digestifs est le seul signe d'après lequel on 
puisse prononcc;r avec certitude qu'il j a eu empoi*^ 
sonnement. Après avoir indiqué les signes corn* 
inuns à l'empoisonnement et aux perforations spon- 
tanées , il fait connaître le moyen unique d'éviter 
l'erreur dans ces cas difficiles, c'eit l'examen des 
circonstances antérieures et l'analyse chimique des. 
substances trouvées dans le canal intestinal. Pour 
expliquer ces lésions si proniptes et si funestes t 
l'auteur admet que notre économie produit elle* 
même , dans certains cas y des poisons ; ces poisons 
qu'on pourrait appeler ui paniques , sont souvent 
plus actifs que ceux qui ^ont pris au dehors , et la 
nature « en les jetant eiioUiie âur un des organes , y 
produit des ^itérauoi^s a3st;z analogues à celles 



qu'occadionerait le Contact d'une substance caueti-^ 
Perforations q^jg, y^ Jl convient qu'une foule de causes différentes 
* peut donner lieu à ces^perforâtions , et réfute ceux 
qui les attribuaient à Inaction irritante du ^tic gas-^ 
trique , à k présence de v&ri dans le ventricnle. f 1 
semble singulier qu'il ait l-ang'é parmi les perfora^ 
tions qui peuvent donner lieu à des méprises, celles 
qui tiennent à ime affection cancéreuse, l^e sait-on 
pas , en effet > qu'en pareil cas , iors nbênte que ta 
maladie est restée latente pendant toute la 7>ie 
du svfet y Ve^camen anatomique , )e né dis pas l'au- 
topsie cadavérique» fait voir des altérations telles 
quePerreur est inipossiblé. Pour opposer îun fait & 
des faits , je vais en citer un qui s^est passé sous, 
mes yeux. Un homme qui n'avait présenté auoua 
des sjmptâmes du cancer de Testomac , vint Ré- 
clamer les soins d^un praticien distingué, pour dea 
coliques qui , à raison de sa profession , furent re« 
gardées comme dépendantes du plonib ; en consé- 
quence y on K»i administra un vomitif. Dans les ef-^ 
forts occasîonés par l'action de ce médicament , le 
malade éprouva la sensation d'un liquide qui de là 
partie supérieure de l'abdomen se serait répanda 
dans toiïtèla capacité de cette 'cavité, et mourut 
dans les vingt-^ua'tre heures , avec les sjmptômea 
d*une pétitoiii^e' sur-aiguë. A l'ouverture du cotps „ 
on trouva* tin tépaàchement de sérosité trouble, de la 
rougeur , et lea autres altérations propres à la péri- 
tonite. La partie antérieure et moyenne de l'esto- 
mac offrait une petite ouverture capable d'admettre 
un pois ; dle^ se trouvait au centre d^un ulcère can< 
ééreùx , dont lés bords épaissis et durs ne laissé-- 
rent pas penser qu'une autre cause eût pu donner 
lieu à cette série de phénomènes. Je ne cite cette 



( 



s. 

/ 



( 200 ; 

observaûou que pour faire voir que M. Laine au- 
rait pu, sans que sa thèse jr perdit rien» suppri- Perforai inus 
mer, toutes les histoires d? peribr^itions dues à la *^°" "*"^ *' 
dégénéra tion cancéreuse. 

L'auteur arrive ensuite à l'histoire des. perbra-f 
lions de l'estomac y que l'on peut regarder comme 
essentielle » et sur la formation desquelles il admet 
la théorie de l'ulcération en général. Il rapporte» 
plusieurs observations tirées de difii^rens auteurs ; 
mais elles, manquent du degré d'exactitiide désira- 
ble. On la trouve ^ à la vérité » d^^s.les observations 
recueillies par M. le professeur Chaus.s|9E ; mais, 
malgré tous ces détails, l'histoire deces affections est 
loin d'être complet ^ et demande des recherches 
plus étendues et plus suivies. Les conclusions de ce 
mémoire sont, que pour éviter les qrrevrs toujours 
graves ^ auxquelles donnent lieu en «lédecine It^ale 
les perforations spontapées de l'estomac, on doit 
avoir égard, i® àiput ce qui a précédé, et accQqupa-r 
gpéla mort ; 2® àl'examejB attentif des altérations ^ue ' 
présente l'estomac; .3^< ephn à l'exameii des .autres 
parties du corps , et plus spécialement de Ul na^ 
ture des matières contenues dans le canal digestif. 
Les caractères spécifiques qu'il attribue à l'ulcère 
pfoduit dans l'aBlomac par une causeinti^Fue , sont 
les suiyans c les bords n'ont poist Ae <3duleur comme 
ceux de l'uloère qui sucoède à l'action d'ufi^ >caiistî« 
que \ ils sont toujours aminois , la membieafie s4>' 
reuse.est détruite dans une* moicis grande ^^ndoe 
que les deux autres % enfin «es-bords ne sphf ^fémV 
irrégulièrement découpés. , 

Je ne ferai point iti le détail -de kt dônsultàtibii- 
dé M. Chausster; ce serait redouveler- Mttë disctii*-' 
«ion qui aurait dû être ottl^iée, ef^ris" laqtleHé/ 



\ 



(«54) 

aJL— — ^ d'ailleurs^ je n'oserai» xn*élablir juge, puisque le 
Perforations fait est déjà loin de nous. M. Raige^ fils de celui 
•pontanees. ^^jj^j^g lequel elle était dirigée, pouvait seul en- 
treprendre de la réfuter ; il a mis autant de modé- 
ration que de talent dans sa réponse 9 qui honore 
à la fois le fils et le médecin. Cette thèse a pour 
but de soutenir, cette proposition touf-à'-fait con- 
traire à celle de M. Laisne, savoir, que , dans un 
grand nombre de cas 9 l'autopsie du cadavre fournit 
seule des signes asse;: évidens pour faire recon- 
naître et affirmer l'existence d'un empoisonnement 
par une substance corrosive. Après avoir combattu 
avec succès les ppinions émises par son adversaire , 
l'auteur passe à l'examen dé la consultation de 
M. Chaussièr , qu'il discute en détail , et contre 
laquelle il fournit des objections qui m'ont paru 
fort justes. La lecture de l'ouvrage de M. B.AIGÇ 
doit être inséparable de celle de Fouvrage précé- 
dent ^ on peut 9 en extrayant de l'un et de l'autre 
ce qu'ils contiennent de positif, en former un corp^ \ 
de doctrine sur un des points les plus épineux d^ 1^ 
médeci|ie légale. 

»■* 
Ecchymose. ^ ^^' ^^ ^^^^ ^^^'^^ doute avec intérêt la disses 
tation de M. Riswx , sur l'ecchymose, la sugilla- 
tien, I0 meurtrissure^ ef la contmion. Il est, 
comme on sait 9 fort nécessaire de distinguer ce^ 
différentes lésions 9 dans les rapports juridique»*^. 
^ dans le^queU l'inexactitude des expressions peut 
produire les plus graves inconvéniens. M. Rijeux; 
indique d'abord , d'après les auteurs , les causes 4^ 
l'ecchymose , et le mécanisme de sa formation ; 
pif il» il examine son $lég§ , et dé^pilp T^rtiÇc^ 4? 



( 255^ ) 

ceux qui, pour en imposer à l'expert ^ produisent» 
par la succion de la peau, des ecchymoses qn'ils. Eccbymoit. 
veulent faire passer pour le résultat de violences 
extérieures. II consacre plusieurs articles au dia- 
gnostic de cette lésion; il.s^occupe surtout de cettes 
qui surviennent à la tétç'.du fceius, par suite d'un 
accouchemeat long et difficile « et de c^IIbs qui 
s'observent sur Le col après la suspension « et qui \ 

peuvent faire reconnaître si Tindividu s'est pendu 
lui-même , s*il a été pendu après avoir été étran- 
glé. Enfin il examine ces deuxik questions : Peut^on 
faire des contusions sur un cadavre ? Peut-il sur-* 

* ê 

venir des ecchymoses après la mort? 

On doit désirer que toutes les parties 4e la méd^e* 
cine légale soient traitées avec autant de soins el 
de détails que ceUe3, dont il est question dans ce 
volume. Espérons que M, le professur Chaussij^ 
se décidera enfin à remplir l'attente du public t en 
faisant paraître un traité complet sur cette branche 
importante de Tart. En attendant , ce sera toujours 
un service que de faire répandre les fruits de ses 
nombreuses recherclies et de ses savantes médita^ 
tions par des élèves dignes ^e \\^if 

On aurait pu ajouter au mérite de, cette coUibc*- 
tion , en y joignant la^dissertation dp ,M. Huabj) f 
intitulées iConsidèranons médico-légales sur les 
^articles Soç eu 3ii du code pénal. Ce travail» 
exécuté avec beaucoup de talent , offrait plusieurs 
points de contact avec celui do M. Rirttx. 

RATKRr 



« < 



m* 

•4 



(^56 ) 

Réflexions critiques sur un écrit àe 
M. Chomel , ayant pour titre : De Vcxiè- 
tence desfièi^res ; par M. Th. Ducamp , 
docteur yen médecine de la Faculté de 
Paris, etc. (Voyez T annonce bibliogra* 
phique, au nuwiéro de juillet, p. i44|). 

Déjà , d^ns le numéro de mai, p. aSy , fai pré- 
ExUtence sente «ne analyse du mémoire que M. Chomei:. 
< es evrefc ^j^j^ ^q tnettre au jour sur la question de i'exis* 
tence des fièvres. A la même époque, à peu près ( en 
juin ), M. Ducamp 9 membre de la Société de mé* 
decixie et collaborateur distingué du Journal géné- 
ral , a lancé dans le pul^Iic médical des réflexions 
critiques sur ce même écrit ; il en prend chaque 
paragraphe , presque chaque phrase même , pour 
les combattre , les réfuter , ou du moins leur oppo^ 
ser les plus puissantes objections. Un moyen assez 
piquant dont il fait usage pour cela, est d'aller 
chercher ses armes les plus meurtrières dans la 
Nosographie philosophique ^ en démontrant^ le 
texte à la miûn , qye l'illustre auteur de ce livre fa- 
meux , a partout décrit des phlegmasies , pu du 
moins des lésions d'i^rganes pour des fièvres essen- 
, tielles ; et en opposant sans cesse ses assertions le^ 

moins équivoques aux hypothèses de son disciple* 
qui se fait , envers et contre tous , le champion à% 
l'ancienne doctrine. ' 

J'ai déji^ remarqué que* M. CaoMiL pouvait se 
donner l'appartnce de la victoire dans cette polé- 



<l 



■ ( a57 ) 

inique , en s'appltquant à démontrer que le tube 
alimenfaire n'est pas toujours le siège d'une inQam* . Bxisienc* 
inalion ou d'un© lésion , de laquelle dérivent les ■•^res. 
symptômes connus sc^us le nom de fièvre : chez 
quelques individus , on ne rencontre aucune al'» 
tèrauon appréciable. M.. DucAMP tomb^ volontiers 
d'accord sur ce point , et pense même que M* Baous- 
SAis f par sa supposition favorite ^ a fait jouer un 
trop grand rôle aux sympathies. On l'accuse ^ dit-il^ 
de voir des phleg^nyies partout. Je vais lui adres- 
ser un reproche qui pfiraitra fort étrange ; c'est de 
ne pas voir assez de phlegmasies dans les cas de 
fièvres ataxiques , et de considérer comme sympa- 
thiques des phénomènes idiopathiques dépendant 
immédiatement de l'inâammation du cerveau ou 
de ses annexes. • . Qu'il me suffise de dire ici, que« 
si dans les cas où M. Chomel n'a rien troufé , le 
cerveau était très-ferme , gorgé de sang ; s'il exis- 
tait un épanchement plus ou moins cQnsi4érable 
dans ses ventricules^ et peut-être à sa surface » 
loin déconsidérer ces lésions comme rien i je pense 
qu'elles suffisent pour expliquer ces symptômes 
ataxiques et la mort. 

Je vais transcrire ici un passage ^ssez long de 
l'écrit de M. Dugamp , pour que le lecteur puisse 
apprécier la méthode qu'il a suivie , et la valeur 
de ses argumens. 

Selon M. ChoM EL , « chez le plus grand nombre 
des individus morts dans le cours d^ fièvres gra^ 
vesy les trois quar^ environ^ ^n trouve des ul^ 
cèresplus ou mains nombreux dans les intestins^ 
vers la valvulve iléo^cœcale; les glandes mésentè^ 
riques correspf>ndartÊes sifnt ronges et tuméfiièeSf 

T.j^delaCoLii^delaa^Sén Août. ,17 



( 258 ) 

( la rate est souvent gonflée et convertie en une 
Existence sorte de bouillie livide et noirâtre'^ » Il est essen-* 
tiel de rapporter le passage suivant : <c Dans le plus 
^rand nombre des personnes mortes de fièvres 
graves , on trouve de la rougeur ^ du gonflement 
dans une portion plus ou moins étendue du con^ 
duit digestifs et des ulcères plus ou m^oins nom^ 
breux. Morgagni avait aperçu ces ulcères ^ sur 
lesquels , dans ces derniers temps , MM. Prost 
et Petit ont particulîèrem,ent appelé l'attention 
des médecins. Ces lésions sont très-communes ; 
mais elles ne sont pas constantes , et si les 
symptômes des fièvres graves existent quelque- 
fois sans elles (i) » (voilà' M. Chomei. réduit à 
chercher des exceptions ) il est permis d'en con^ 
dure que ces symptômes en sont ou peuvent en 
être indépendans (2). — En citant M. Petit, et en 
admettant que les lésions que ce médecin a trou- 
vées chez les sujets morts de ce qu'il nomme 
fi^èvre entéro^mésentérique , sont les mêmes que 
celles que M. Ghomel a rencontrées sur les sujets 
morts de fièvre adynamique , il nous a épargné de 
longs développemens dan^ lesquels il nous eût fallu 
entrer pour réfuter ce passage. M. Chobiel re- 
prochait « il y a quelque temps , à M. Broussais , 
de ne pas être à la hauteur des connaissances : or, 
quoique j'aie de^ la répugnance à faire des repro- 



(i) Pourquoi pas, û des lésions #uffisantes se rétroa-< 
vent clans le cerveau , la mo«lJe épinîère et leurs enve- 
loppes , etc. ( R. ) ? * 

ip) QtL vi49nt d'en voir la nt^n. (R« } 



des fièvres* 



( 259 ) 

cbes ^ je me vois, à mon tour , obligé de reprocher 

ici à M. Chomel de ne pas ,être à la hauteur des Existence 

connaissances , d'ignorer même une chose très-es- 

^ntielle , c'est que la fièvre enléro-mésentérique 

de M. Petit est une entérite. — Pour les fauteurs 

de la nouvelle doctrine. — Non, M- Chomel; 

pour votre maître le professeur Pinel ; oui, pour 

le professeur Pinel ; et c'est par ses propres argu- 

mens , par ses propres paroles , que je vais vous 

réfuter. 

tt D'après la description de cette maladie (la 
fièvre entéro-mésentérique ) , dit M. Pinel , don- 
née avec beaucoup de détail et de soins pai" MM. Pe- 
tit et Serres , on ne peut méconnaître une 'vèri-^ 
table entérite^ on inflammation ^violente de la 
memhrane muqueuse des intestins grêles *vers 
leur terminaisoTi, Les symptômes locaux et gêné-* 
raux ne sont autre chose que ceux qui survien* 
nent dans les phlegmasies de ce genre , surtout 
quand elles portent le caractère atonique; et \a fièvre 
^ymptomatique qu'on observe ici n'est point d'abord 
par elle-même adynamique ou atonique. Au plus 
haut degré de la maladie elle prend l'un ou l'autre 
de ces caractères , et surtout le premier. On ne trouve 
donc aucune raison pour faired'une paraiDe maladie 
un nouvel ordre de fièvre; et la^îluparl des médecins 
étant convenus maintenant de regarder la fièvre 
dite puerpérale comme une inflammation du péri<* 
toine ou des divers organes abdomÎBaux , n'admet'» 
t^ont, je pense, la fièvre entéro-mésentérique que 
comme une inflammation des intestins , loin de la 
reconnaître pour une maladie sut generis {Nosogr* 
phiL f t. i.f p, 496, 5*. éâit. ). » J'en demande bien 
pardon à M. Chomel; mais je plaide ici la cause de 



(^66) 

mes «emblables , et rhumanité m'oblige à tirer des 
Existence conséquences de ce qui précède. Ainsi, de l'aveu de 
son maître^ les trois quarts des sujets que M. Chqimlel 
a considérés comme atteints de la fièvre adjrnanH- 
que, étaient tout simplement atteints d'entérite ou 
de gastro-entérite : de Taveu de son maître, le ré- 
gime antiphlogistique est le plus avantageux dan$ le 
traitement de cette maladie ; un régime stimulant» 
c'est-à-dire , tout opposé, doit donc être le plus 
désavantageux : donc, en l'administrant, on a fait 
tout le contraire de ce qu'il fallait faire pour le bien 
des malades ; donc il est important que tous ceux qui 
exercent Van de guérir^ ne suivent pas l'exemple 
de notre auteur. Ainsi, vous qui êtes médecins^ rap- 
pelez-vous que M. CuoMEL a trouvé sur les trois 
* quarts environ des sujets morts de fièvre adyna^ 

miçue^ les lésions qui, selon M. Petit ^ caractéri- 
sent la fièvre entéro-^mésenlérique ; f^sij^pelez-vouSf 
surtout^ que M. Pinel déclare que la u fièvre entéro^ 
mésentérique n'est qu'une entérite ^ et qu'une enté- 
rite ne doit pas être traitée par des stimulans. » 

Yoici encore un passage que je crois devoir citer 
textuellement : « Chez d'autres sujets, a dit notre 
auteur , il n'existe que quelques taches rouges dans 
les intestins et l'estomac; cette rougeur n'est , se- 
lon lui^ d'aucune importance, parce que M.Bic£ARD 
i'a rencontrée sur les cadavres de la plupart des 
suppliciés; M. Magbnpie sur les chiens soumis à 
SG$ expériences, et M. LERMiiriER sur un maçon 
qui se tua en tonibant d'un toit. Cela prouve qu'un 
coupable peut être conduit au supplice avec une in- 
fiammatipn partielle du tube digestif; ce qui est 
d'autant plus probable, que de tels hommes sont 
depuis longtemps dans les. prisons et les cachots; 



(a6i) 

qu'ils n^y vivent que d'alimens grossiers et de mau- 
vaise qualité; que le chagrin, le manque d'exercice Exiêienct 
ne tardent pas à altérer leur digestion , et qu'ayant 
presque tous la diarrhée , on doit retrouver sur 
presque tous des traces d'inflammation du conduit 
digestif. Les chiens qui servent aux expériences sont 
des chiens vagabonds, qui cherchent leur nour* 
riture dans les fumiers et les ordures; et quand ils 
n'auraient pas le tube alimentaire intact, je ne sais 
pas s'il faudrait beaucoup s'en étonner. Quant au 
maçon 9 je l'abandonne, en observant toutefois qu'on 
se fait des contusions, des ecchymoses en tombant 
d'un toit, et que le tube digestif n'en est alors guère 
plus exempt que le reste du corps. ^ 

Autre passage.... « De l'aveu même des antago- 
nistes de la nouvelle doctrine, Testomac est , par ses 
fonctions, sa sensibilité et ses rapports sympathi- 
ques, un des organes les plus exposés aux inflam- 
mations. D'après cette disposition, la gastrite aiguë 
doit se rencontrer souvent dans la pratique; les 
auteurs doivent nous en donner des exemples nom* 
breux et variés : or, M. Pin kl ne nous en a trans- 
mis que deux dans saNosographie, encore les a-t-il 
l^mpruutés à d'autres écrivains.... M. Firkl rapporte 
douze, observations de gastrite dans sa médecine 
cli/iiçue»... Sur ces quatorze observations il ne s'en 
trouve pas une de gastrite aiguë proprement dite.... 
Que conclure de tout cela ? Que, eu égard aux causes 
nombreuses de la gastrite aiguë, il est impossible 
que cette maladie ne se soit pas rencontrée très-sou- 
vent dans la pratique de M. Finel, et qu'il l'a mé- 
cotinue puisqu'il n'en parle pas. Je dis qu'il l'a 
méconnue, et la preuve c'est que tous les cas de vraies 
gastrites aiguës se trouvent dans son premier volume 



( 262 ) 

sssssssssss consacré aux fièvres dites essentielles. ( Ici Taufear 

des fièvn»!* ^^^^ ""^ foule d'exemples tirés du premier volume 
de la Nosographie» cinquième édition)».. En ren- 
contrant tant de gastrites parmi les fièvres du pro- 
fesseur Pinel, doit-on être étonné d'en trouver si 
peu parmi ses ph]egmasies?Et malgré toutes les épi* 
ihètes dont on pourra me gratifier, suis* je autre 
chose que juste , quand je dis que les sectateurs de 
la médecine du symptôme ont méconnu les signes 
de la gastrite ? — Voilà pour les signes de l'inflam- 
mation aiguë de l'estomac. Quant à ceux de l'inflam- 
mation aiguë des intestins , j'admets qu'on les con- 
naît. Mais je prends pour exemple \^ fièvre entèro^ 
mèsentèriquô de M. Petit, qui est une entérite 
pour M. PiNEt , et une fièvre adynamiqite pour 
M. Cromel , son élève. Que le disciple et le maître 
s'accordent s'ils Ip peuvent; quant à moi, je déclarei 
dans toute la conviction de mon ame> que le maître a 
raison et que le disciple a tort. Voilà une belle oc- 
casion pour ce dernier de montrer son dévouement 
à ta fièvre adynamique \ qu'il la défende contre son 
auteur ménle. )» 

Forcé par le défaut d'espace d'abréger l'analyse 
que je voulais faire de la brochure de M. Duc amp i 
j'indiquerai seulement aux lecteurs, comme devant 
surtout fixer leur attention, la discussion très-serrée 
à laquelle il soumet le texte du mémoire de M. 
Chomel, relativement à la présence si fréquente 
des ulcéi*ations intestinales; la critique sévère mais 
fondée, qu'il fait des expressions gangreneuse et 
aâynamique , employées par ce dernier comme 
synonymes; la discussion à laquelle il se livfe sur 
l'étiologie des ulcérations intestinales, discussion 
devant laquelle s'écroule manifestement tout l'écba 




(â63) 

faudage des raîsonnemeDs de son adversaire sur 

celle malière imporlanle , etc. , Existence 

^. .• j -mir r^ • dei fièvres. 

C esl surtout contre cette aàsertiou de M. Chobiel- 

// ne s^agU que de changer le nom de quelques 
maladies y que M. Ducamf s'élève avec force; il 
démontre combien le traîlement même sera dépen- 
dant de )a dénomination adoptée 9 d'après l'idée 
que cette dernière fera concevoir de la nature de la 
maladie. A Pappui de cette dernière assertion» il 
rapporte Fhistoire d'une maladie aiguë qu'il traita 
à l'époque de son début dans la pratique de la mé- 
decine » d'après le système thérapeutique alors en 
vogue. Je regrette de ne pouvoir transcrire ici celte 
histoire intéressante : beaucoup de nos plus honora- 
bles confrères pouri*aient> comme je l'ai fait moi- 
même > j reconnaître la conduite qu'ils ont souvent 
tenue en de semblables rencontres. J'ai la parole 
d'honneur deM. Dïtcamp, que cette histoire de ma- 
ladie n'est point une pure invention de sa part. 
On y Wôuve le zèle innocemment meurtrier avec le- 
quel on nous avait enseigné â procéder par voie 
d'analyse des symptômes ; à écarter préalablement 
un embarras gastrique» à combattre Vodynamie^ les 
symptômes ataxiques» etc.; à persister opiniâtre- 
ment dans l'emploi des stimulans » des toniques les 
t>lus incendiaires, et malgré l'apparition successive 
des symptômes les mcnns équivoques d'une phleg- 
masie gastro-intestinale. Ifest surtout intéressant de 
' Voir le jeune médecin observer avec effroi une hé- 
iDorragie intestinale » chez un malade arrivé au dix- 
Bfeptième jour d*une fièvre adynamique des plus 
graves. « Je relus» dit-il» la Nosographie» et je vis 
que cette diarrhée de sang est parfois critique des 
fièvres ady^namiaues ; et M. Landré Beadvais la 



(264) 

plaçant au nombre des signes favorables « fefus ras- 
Existence sure. Toutefois rhémorragîe m'occupait « je voulais 

me rendre compte de son heureux résultat; mais / 

ne le pouvant^ je restai dans le doute philosophique* i 

Considérant cette hémorragie comme une crise, je 
m'imposai la loi de ne point troubler les efforts de la 
Obture t je supprimai tous les médicamens ; la diar- 
rhée de sang continua , et mon pauvre malade re- 
couvra la santé après une très-longue convalescence. 
Dans é/ueli/ue lieu éjfuil soiù^ ajoute M. Dugamp y 
et cet aveu fait honneur à son cœur et à son carac- 
tère, je lui^n demande bien pardon , je n avais 
que de bonnes intentions ; mais je fis tout ce quil 
fallait pour qu*il ne pût jamais se plaindre de 
tnoi. » 

A la suite de cette observation y M. Ducamp en 
cite , d'après M. Pinel , deux autres fort analogues* 
Tune d'un homme et Tautre d'une jeune fille « c{uî 
empiraient sous l'emploi du traitement anti^adyna- 
mique, et furent promptement soulagés et bientôt 
après entièrement guéris , dès qu'on eut mis eu usage 
un traitement entièrement anti-phlogistique; 

Enfin il rapporte une observation tout-à-^fait sem- 
blable, recueillie dans les salles de l'hôpi^l militaire 
du Val-de-Grâce sur un malade dont il donne le nom, 

> 

et 4]ue ceux qui suivaient alor^ Ma^Br-oussais doi-^ 
vent se rappeler. 

u Nous pensons, dit-il en finissant^ qu'il ne peut j 
avoir de système solide que celui qui s'appuiera sur 
l'anatomie pathologique ; nous pensons qu'il ne suf- 
fit pas d'invoquer à chaque pa^e eette science, qu'il 
faut encore en comprendre l'utilité i et que, pour la 
rendre utile ^ il faut lui associer la physiologie. A 
quoi nous servira, en effet, que l'on ait trouvé te œr- 



( 265 ) 

veau gorgé de sang i ses ventricules distendus par s 



un épanchement séreux» les poumons hépatisés^ les E^isienc* 

. - , , , . - des fièvres. 

cavités pleurales contenant une plus ou moins grande 
ïfhnntité de sérum, le foie très- volumineux ^ la rate 
réduite en une sorte de putrilage^ Testomac rouge , 
tes intestins ulcérés^ les glandes mésentériques en- 
gorgées , et€. , etc. I si Ton' n'en déduit auoune consé- 
quence, si l'on ne fait entrer ces lésions pour rien 
dans la production des symptômes , si on laisse sub- 
sister des classifications et surtout des méthodes 4e 
traitement basées sur quelques apparences exté- 
rieures ; si enfin , on néglige toutes les analogies et 
toutes les inductions? Les partisans de la nouvelle 
doctrine désirent que la science s'élève sur trois 
grandes bases : l'observation, l'anatomie pathologi- 
que et la phvsiologie. Ils veulent qu'on oesse de voir 
les individus et leurs intérêts particuliers, pour ne 
yoîr que les choses et les intérêts de tous; voilà ce 
qu'ils veulent^ et l'hiimamté applaudit à leur résç- 
lution. » 

Jj'extrait que je viens de donner de l'écrit de 
M. DpcAMF inspirera, sans doute, le désir de la 
connaître, aux BSédecinS qui, dégagé» dé l'asservis- 
sement à toute doctrine systématique , nous vîntrelle 
en droite ligne de l'atiCiqMÎté.la plus recelée > et ne 
jse passionnant que ppur la vérité et le bien de leurs 
semblables, sonltoujour» prêts à renoncer à une ' 
erreur dans laquelle ils ont peut-être vierlli, ou que 
du moins ils ont reçue en arrivant sur les banics de^ 
l'école, sans prétendre obstinément rester en ar- 
rière, parcequ'ils ne sopt pasentrés les premiers dans 
la voie véritable. 

• » * 

E. G. C. 



( 266 ) 

Mémoire concernant les effets de la pres^ 

sion atmosphérique sur le corps hu-- i 

main, et V application de la ventouse 
dans diiiers ordres de maladies j lu à 
l'académie des sciences de Paris , etc. ; 
par L. Fr. Gondret, docteur en méde- 
cine , etc. , etc., A, Paris , chez Biaise 
jeune , quai des Grands - Augustins , 
n^Z. 

Frappe, dès son début dans l'exercice de la 



Effeu de la médecine , du peu de succès de nos moyens théra- 
peutiques ordinaires dans les affections chroniques , 
M. le docteur Gondret s'est rappelé l'axiome éta- 
bli par le père de la médecine , que tout ce que la 
feu ne guérit pas , doit être regardé comme incu- 
rable ; et fort de cette autorité , il s'est décidé à 
essayer un remède qui avait eu tant de succès entre 
les mains de l'antiquité. Après avoir pqisé dans la 
Pyrotechnie chirurgicale de M. Peagy , les meil- 
leurs préceptes sur l'emploi du feu en chirurgie et 
en médecine, l'auteur en fît l'application à lapra- 
tique , et bientôt des succès' aussi grands qu'inespé- 
rés , furent le prix de ses premiers essais , et l'en- 
couragèrent à multipliei' ses épreuves. 

C'est encore à la docte antiquité , que M. GoïT" 
DR£T a emprunté le moyen thérapeutique trop long- 
temps négligé parmi nous A et auquel il s'efforce 
de rendre , dans le mémcAe qu'il a publié sur la 
pression atmosphérique^ une vogue qu'il n'aurait 
peut-être xamais dû perdre* Après avoir la et mé« 



( 267 ) 

dite les ouvrages d'HipPocaATS , de Celsc, et 
surtout de PeosïJER Aitin (de medicinâ jlEgyptio^ '^^^ ^® ^ 
rum ) 9 Tauteur a employé les ventouses daus ua 
grand nombre de nialadies graves , et principale- 
ment dans les congestions sanguines , les hémorra- 
gies , les âijxions , et les inflammations. La ven* 
touse est , suivant M. Gondret , le meilleur re- 
mède que l'on puisse opposer aux anévrismes du 
cœur et des gros vaisseaux. Il cite plusieurs exem- 
ples à l'appui de cette proposition , que confirment 
également les bons effets qu'en a retirés- M. le 
professeur Halle , rapporteur de la commission de 
l'Académie des sciences , nou«seulement dans les 
maladies du cœur , mais aussi dans beaucoup d'af* 
fections de poitrine avec douleur fixe, et sans symp- 
tômes inflammatoires généraux. L'auteur a consi- 
gné dans les cinquante-trois observations que ren- 
ferme sou mémoire , tous les différens eus dans 
lesquels les ventouses ont eu des succès marqués. 

Voulant ensuite se rendre compte de l'aclion 
de cet agent thérapeutique sur l'économie animale « 
M. G. a cru que le but de ses recherches devait 
être dirigé principalement vers une des propriétés 
physiques de l'air « qui lui paraît avoir la plus 
grande influence sur notre organisation , et il éta- 
blit d'après des faits qui lui paraissent incontesta-i- 
bles « que la pression atmosphérique, l'une des con. 
ditions de la vie et de la santé , a une action coeffi- 
ciente dans les maladies. Ainsi , le vide opéré par 
le moyen des ventouses sèches ou scarifiées , mé- 
rite, suivant M. G. , le nom de remède spécifique 
de toute maladie caractérisée par la pléthore* la 
fluxion , Phémorragie et l'inflammation. Ce n'est, 
d'après la tJiéorie de l'auteur, que par la soustrao* 



( 268 ) 

lion partielle de l'air t qui était pour la partie lésée 
Effets de la une surcharge d'autant plus grande , que celui-ci 
pression. ^^^.^ ^^^^ ^^ densité , qu'on déplace le siège de la 

maladie ; et c'est en aidant la nature à expulser 
les produits de la lésion , qu'on rétablit l'équilibre 
entre lei organes affectés , et la pesanteur de l'air à 
laquelle leur existence est subordonnée. 

Nous imiterons la sage réserve du savant rap- 
porteur de l'Académie , et avant d'admettre ou de 
rejeter l'explication du mode d'action des ventouses 
que M. G. a peut-être envisagé sous un point de 
vue trop exclusif, nous attendrons qu'un plus grand 
nombre de faits heureux ou malheureux rapportés 
avec bonne foi , nous perniettent de distinguer la 
vérité de l'erreur. Rien ne nuit souvent plus à ta 
propagation d'utie bonne méthode « que le zèle 
trop ardent de ses partisans , et l'on sait qu'il suffit 
du plus léger revers « ou même d'un succès dou- 
teux pour la discréditer > et la replonger dans l'ou- 
bli. Le temps et l'expérience ont fait justice de la 
plupart des médicamens que l'on avait décorés du 
' nom de spécifiques 9 et il est probable que les ven- 
touses ne sont point encore dignes de ce titre pom- 
peux. Nous ne pouvons Cependaût que louer en 
M. GoNDREt l'enthousiasme qui nous a valu des 
rechercher savantes ej^ curieuses sur l'emploi du 
feu et des ventouses , et noiis pensons qu'il a rendu 
un véritaUe service à/ l'art de guérir , en fixa&t 
l'attention des praticiens sur ces deux moyens thé- 
rapeutiques trop peu employés. Nous désirons qu'il 
poursuive avec constance des recherches qui ne 
peuvent manquer d'établir , avec plus de précision 
qu'on ne l'a fait jusqu'à ce. jour f les cas dans les- 
quels l'application du feu et des ventouses peut être 



( a69 ) / 

d'une utilité incontestable , et mérite la préférence 
sur tous les autres agens thérapeutiques. 

Laitrent. 



Recherches sur le mécanisme de la res* 
piration et sur la circulation du sang* 
Essais qui ont obtenu une mention ho^ 
norable au concours de V ^académie des 
sciences de Vinstitut royal de France ; 
par M. Isidore Bourdon > interne des hô^ 
pitaux civils de Paris ^ él^çe naturaliste 
du gouçernement {}). 

Long-temps la physiologie fut le roman de la mé- 
decine. Une mauvaise direction avait été donnée aux Respiration, 
recherches expérimentales; on poursuivait la fibre 
élémentaire , le fluide nerveux; on appréciait par le 
calcul la force contractile du cœur, que les uns es- 
timaient à cent quatre vingt mille livres, et les autres 

à quelques onces ! Mais ne perdons pas le temps 

et le papier à rappeler le souvenir d'anciennes er- 
reurs d^jà oubliées, et qu'on ne trouve si souvent re- 
produites et combattues dans les livres modernes de 
physiologie, que pour augmenter l'épaisseur des 
volumes et le nombre des pages; et, sans plus de 
délais n'ayant à disposer que de peu d'espace, ana- 



(i) Brochure in-8^.de 8i5 pages. —Prix , a fr. , et 2 fr, 
^5 cent. , • franc de port. Chez BaiUière ^ libraire , rue d« 
l'Ecole de Médecine , n** 16— i8ao. 



(270) 

lysons de suite un des plus întéressàns mémoires 
Respiration, sur la phjsîologîe expérimentale qui ait paru dans 
ces dernier temps. ^ 

M. Isidore B0URDON9 déjà avantageusement 
connu dés physiologistes et des médecins par son 
savant mémoire sur le vomissem^ent ( T^oy. ù. 66 , 
p. 255 de ce journal) 9 et son ingénieux essai sur 
V influence de la pesanteur sur quelques pkénû" 
mènes de la vie ( ^. 68 , p. ilfi. ), vient d'obtenir de 
l'Académie des sciences une mention honorable^ 
à l'occasion de deux mémoires relatifs au mécanisme 
de la respiration et à la circulation du sang. D'aussi 
glorieux suffrages nous dispensent de tout éloge » en 
même temps qu'ils justifient tout ce que nous pour- 
rions dire de flatteur à l'auteur à l'occasion de cette 
nouvelle et brillante production. Nou^ alloaii donc 
en présenter une simple analyse. 

Premier mémoire. — Sur le mécanisme 
de la respiration et des efforts. 

L'auteur rappelle en peu de mots l'importance de 
la fonction qu'il se propose d'étudier , l'obscurité qui 
enveloppe encore la cause et le mécanisme de cer- 
tains phénomènes I et il indique la glotte comme 
étant toujours e^n harmonie d'action avec les muscles 
abdominaux dans la production des efforts. 

Le chapitre premier est intitulé :2)^ la glotte et 
de ses usages.^, B. remarque judicieusement que 
les physiologistes ont admis de confiance jusqu'à ce 
jour l'dcclusion de la glotte pour expliquer certains 
phénomènes respiratoires^, que Bichat est tombé 
dans une contradiction manifeste dans l'explication 



{VJl ) 

qu*Il a donnée delà manière dont se comportent la 
glolle et le diaphragme dans les efforts pour souIe- Respiration, 
ver un fardeau^ etc. «c Je fus d'abord frappé , dit-41 y 
de la manière prompte et facile dont se suspend la 
respiration; à Toccasion d'un effort quelconque > 
c'est-à-dire, toutes les fois que l'action des muscles 
abdominaux doit être employée à d'autres résultats 
qu'à l'expulsion de l'air de la poitrine; soit dans les 
grands exercices du corps ^ tels que le saut, la course^ 
l'action de lutter , de pousser, de soulever, de grim- . 
per où de na^er, soit dans les diverses tentatives ^ 
d'expulsion; le vomissement, l'accouchement , l'é- 
mission des urines, p II examine ensuite quel est 
l'agent de cette suspension si subite et souvent si 
complète. 

Est-ce le diaphragme quisuspendta respiration? 
Il en serait ainsi si ce muscle continuait long-temps 
d'agir , et tous les physiologistes lui ont attribué cet 
usage. Mais i^ le diaphragme ne jouit pas d'une action 
durable, ce que l'auteur démontre par une expérience 
fort ingénieuse > exécutée sur lui-même ; 2**, si la 
suspension de l'a respiration était due à la contraction 
du diaphragme, ceux des animaux qui sont pourvus 
de cet organe > auraient seuls la faculté de suspendre 
.leur respiration et d'exécuter des efforts. L'anatomie 
comparée démontre le contraire , à l'égard des oi- 
seaux chez lesquels ce muscle manque , sans qu'ils 
soient privés de la possibilité de faire des efforts. 

Mst'Ce le voile du palais qid , chez l'homme , 
suspend la respiration ? — La négative résulte de 
la possibilité où sont les personnes que des affections 
. syphilitiques ont privées du voile du palais de faire 
des efforts avec autant de précision et de facilité 
que les individus chez lesquels unQ.semblable iufir-. 



( ^7^ > 

mité n'existe pas. — Une expérience assez dîfGcile 
Rcfpiration. qu'il a exécutée sur lui-même a encore confirmé 
l'anteur dans son opinion. 

Déterminer si cest la glotte qui suspend la 
respiration. — A en juger par son organisation , la- 
glotte est susceptible de se fermer exactement* — 
Fendant Teffort^ quelqu'il soit, on éprouve vers l'en- 
droit du larjrnxqui répond à la glotte, un sentiment 
de pression y qui semble avertir qu'il existe là un 
obstacle à l'expulsion de l'air renfermé dans les 
poumons.... — Si, dans les divers efforts» l'air est 
alternativement retenu dans la poitrine et expulsé 
\ de cette cavité, on sent très-distinctement la glotte 

se fermer dans le premier cas, et s'entrouvrir dans 
le second ; un petit bruit semblable à une toux à 
voix tasse se fait aussi entendre à chacune de ces 
alternatives. — Outre l'anxiété générale qui résulte 
du besoin de respirer, on éprouve, après chaque 
effort considérable et prolongé^ un sentiment de 
lassitude vers la glotte , comme celui qui succéde- 
rait à la contraction de ses mu3cles. 

Il résulte d'expériences faites sur des chiens aux- 
quels l'auteur avait mis la glotte à découvert , et aux- 
quels il avait administré une forte dose d'émétique, 
que dix , quinze ou vingt minutes après l'ingestion 
de cette substance , peu de temps après l'apparition 
des premières nausées qu'accompagent des mou- 
veniens spasmodiquës des lèvres , des mâchoires , 
de la langue et du pharynx, on voyait de la manière 
la plus distincte, la glotte mise à découvert se fer- 
mer exactement , à l'instant fnême où les muscles 
abdominaux se contractaient avec force* 

Enfin M. B. a tenté sur lui-même une série d'ex- 
périences, pour* s'assurer que pendant l'effort la 



( S7S ) 

gtotle te^ie close. Il a pousrë la patience dans ses ssssssas 
essais d'expërimentàtion, jasqu'à renouveler pçn- ^^^P^'^^^^o"* 

« 

dant soixaute-quinzQ JKHirs de suite ses tentatîvesipouç 
habituer insensiblement tes parties qui composent 
Fisthme. du gosier au coniaci des doiigis. De ces re* 
cherches que je ne-puis qulndiquer ici , il résulte 
que la glotte se ferme e^cfement daus les efforts , 
, c'est'à-dire , toutes ie^ fois que les muscles abdomir 
xiaux se contractent pour un autre résultat que l'ex- 
pulsion de Tair dansr la. poitrine. 

• \ 

». 1 

Chapitre deuxième. Synergie </e la glotte et des 
muscles abdominaux, ^l.règae une iiaruionie çons* 

■ 

tante entre les muscles abdominaux et la gloite : ces 
organes concourent dansions les cas â la produc* 
tion des mêmes phénomènes, ils semblent avoir eié 
form^^pour s'aider . mutuellement. L'auteur passe^ 
en revue le phénomène , de l'expiration rapide de 
l'air pour la production de certains sons , ou l'ex* 
f ulsion des mucosités renfermées dans les bronchesi 

< ' • •• — • * 

-<• Çeqxde l'exécution de grands mouvemçns^ ou de 
l'expulsion des substances contenues dans reslgmaç^ 
Ja vessie ou ht matrice. £n nxême temps que les^ 
muscles abdominaux agiront sur lés côtes pour ré- 
trécir la poîtr.ipe et comprimer les .poumons , la 
glotte ae fermera exaotenf eut pour retenir l'air daas 
ces organes y et pour réBécbir ^ur les. viscères de 
l'abdomen ou sur la colonne vertébi^le l'action des 
muscles expirateurs. 

Il est aisé de concevoir ce qui arriverait si la glotte 
n'était plus susceptible d'occlusion exacte , ni même 
de rétrécissement variable , en considérant ce qui 
ae passe chez les individus affectés de .(istule tra- 

T.'j2delaCoL 11* de laru''>^ér. ^oAt^ Ji8 



( 274 ) 

chëale. Sî Toiirerture reste béante , les grands moia^ 
Respiraliou. vemens, les divers efforts, mais surtout les expul« 
sions ne pourront plus s'opérer, et pour restituer à 
ce3 personnes le libre exercice de toutes ces actions^ 
il faudra indispensablenieni recourir à remploi d'un 
obturateur. Encore à chaque effort voit-on la plaquo 
de gomme élastique , l'emplâtre agglutinatif , etc. « 
dont la fistule est recouverte, être soulevés et re- 
poussés avec force, s'ils ne sont maintenus par un 
bandage circulaire qui. les fixe autour du coU Je puis 
du moins citer à l'appui de Topinion de M. B., sur 
la nécessité de l'occlusion de ta glotte dans ses ef« 
forts, le fait d'un miliiairë, qui, atfecté d'une fistule 
trachéale, avait soin de porter sa cravatte assez ser* 
rée autour du col, et surtciut de place^ le nœud qui 
la fixait au-dessuB de l'ouverture fistuleuse, sans quoi 
la voix se perdait quand il voulait parler, et il ne 
pouvait iaire aucun effort expulsif; l'air comprimé 
par le resserrement delà poitrine, ne manquant 
pas alors de s'échapper par l'ouverture fistuleuse» 
J'avais vu le fait, mais la raison de ce phénomène 
m'avait échappé. 

M. fi. a, en quelque sorte > trouvé en lui-même 
un nouvel exemple de ce qui se passe chez l'homme 
que j*ài observé, et chez tous les individus qui se 
trouvent dans le même cas. Il est parvenu à s'intro- 
duire et à supporter dans le larynx une petite sonde 
/ de gomme élastique, ce qui rendit impossible ebe2; 
lui la production de la voix, 4es cris, la toux, et 
même les tentatives d'expulsion $ autant de phéno- 
mènes qu'il put produire de nouveau dès l'instant 
qu*il boucha la cauule, après avoir fait une grande 
inspirât ion. 

j>dm a.Uacber une trop grande ixnportuoe«tt ré- 



r 



Bultats qu^ofTre TaDatoniie comparée, ob ne peut !9 
qu*être frappé de la preuve directe que cette scieuce ^®*P**^^^*^^" 
fournit en faveur de rasserlion de M. B. Ou la irpuvQ 
dans ces êtres qui sont privés de laglotte paruneorr 
ganisation primitive. Chez tous, les expulsions ont 
été rendues plus faciles , soit par la liquidité ^es mat- 
tières à e^ii^pulser, soit par l'^bsenc^ ou la faiblesse 
jdes sphincters , soit par la présence d'un cloaque à 
l'aide duquel les excr^mens liquide^ sont mêlés aux 
solides, Ainsi les résistances 3e trouvent paturelle- 
ment affaiblies , là où ne pouvait être développée \^. 
puissance nécessaire pour les vaincre, — Il esl plu- 
sieurs iQammifères dont la glqtte n'est que rt^çlimea'^ 
taire , et che;ç lesquels , par une corrélation frapr 
pante, l'utérus se trouve dépourvu de col, de sorte 
que le produit de la conception ne peut y séjourneF 
tout le temps nécessaire pour l'accroissement parfait 
jd^un foptusy dont, au reste, U nature preim soîq, 
par une disposition particulière, vraiment admira-v 
bta« qui s'observe chez les Hàrsupiaut, niais stir« 
tout les KanguroQSf — Dec conclusions sont ri- 
goureusement déduites des faits précédemment 
mentionnés et des expériepces démonstrative^ aux- 

quelles Taifteur s'est livré, 

, • , ... . .. ~ 

• Oi", établir qu'il y a tendance à f. expiration pen* 
dant Ips efforts, et que la respiration ne'peqt être 
suspendue ' qu'à Taide 4^ l'occlusion de la glotte; 
n'est-ce pas doublement prouver que le diaphragma 
alors n'agit pas ? C'est ce que fait l'auteur ^^tks le 
chapitre troisième, qui traite de Vètfi^tpassif^d^ dia^* 
phragme dans les efforts. Il y démontre qU|S pç 
muscleest passif dans les efforts, dans ceux mêmj8oi)|i 
la respiration est entièrement suspieadue; que 1^ 
faspension d« la respiration est pair con^éc^uent 19» 



( ^76 ) 

dépendante de toute action de ce même organe; C0 
Respiratioflé ^^. ^ ainsi qu il l'observe judicieusement, en rétrécit 

de beaucoup le champ d'activité, contre Topinioa 
généralement admise , et en dépit dçs phrases pom- 
peuses par lesquelles les phjrsiologisles célèbrent 
cette partie des ionctions qui lui sont attribuées. 

Forcé parle défaut d'espace de me resserrer dans 
^'étroites limites, je ne puis qu'indiquer les divisions 
du chapitre quatre^ iut itule : JDes efforts en général^ 
dans lesquelles M. B. étudie successivement le mé- 
canisme des efforts ; l'action des muscles abdomi- 
naux ; l'état et les usages de la glotte ; l'état du 
diaphragme pendant les efforts ; les résultats des ef- 
forts relativement aux viscères de l'abdomen. Je 
vais seulement analyser les expériences entreprises 
sur le vomissement , le saui et le nager. 

i*" t)ans l'état ordinaire y un. chien auquel on a 
administré de l'émétique, éprouve au bout d'environ 
un quart d'heure des envies de vomir, et fait pour 
les satisfaire des efforts violens. Dès les premières 
secousses, U rejette une grande partie des matières 
contepuQS .dans l'eslomac :: après trois oq quatre ef- 
forts, au plus, tout se trouve évacué. Pratiquez au 
contraire à la trachée-artère une large fistule que 
vous maintiendrez ouverte , et l'animal , au bout de 
quelques instans, fera dix ou douze efforta,.successifs 
et absolument inutiles pour vomir. C'est en vain qu'il 
esaaie. de retenir sa respiration , l'air se trouve tou- 
jours rapidement expulsé , aussitôt que l'inspiration 

est terminée. 

» - 

2*" Un chien qui, dans l'intégirité du ses: voies 
aériennes « Aageait assez bien, alla au fond de l'eau « 
et ne put parvenir à se soutenir à la surface , dès 



( *77 ) 

qu'une ouverture eut été pratiquée à sa trachée* 

artère. Respiration. 

3^ Un chien vigoureux pouvait franchir aveo 
promptitude un fossé plein d*eau et large de trois 
pieds et demi La trachée-artère est ouverte, et l'a- 
niaial tente de sauter; maîSf cette fois, il tombe fiu 
milieu du fossé. 

Dans un autre article j'analyserai le mémoire de 
M. B. 9 ayant pour titre : De l' influence des organes 
expirateurs sur la circulation du sang. Mémoire 
qui me paraît encore plus solidement pensé et établi 
sur des expériences plus démonstratives^ que le prev 
mier dont je viens de donner une analyse succincte* 

E. G. C. 



Mémoire sur les Jistules de la glande 
parotide et de son conduit excréteur ; 
par M. Gendron (Esprit) D. M. P. (Le 
Cercle médical de Paris , dans sa séance 
du 23 mai 1820, a décerné une mé- 
daille à r auteur de ce mémoire), In-S\ 
— Pria: , ifr. , et i/r. 25 cent. A Paris , 
chez Croullebois ^ libraire ^ rue des Ma- 
thurins SaintrJacques , n"" 1 7. — 1 820. 

Prouver que les fistules salivaires sont dues plus ^, , 

. , * irianae pu» 

souvent à la denudation de la glande parotide qu'à rotide. 

la lésion du canal parotidien ; établir que la cauté- 
risation et les injections sont les moyens préféra- 
bles en pareil cas ; fixer l'opinion sur ce sujet , 



\ 



mis en question par deax mémoires de Loùi^ , qiit 
GUndoptfA contiennent chacuu une doctrine opposée ; tel a été 
Mid«« Je but de Mi Gendrûn , qui Ta rempli de ma- 

nière à mériter l'assentiment d*UBe Société recom- 
xuaudable. Les encouragemens honorables qu'il en 
a reçus sont trop au-dessus de mes éloges pour que 
ceux-ci puissent ajouter quelque chose à son triom*' 
phe. Je vais seulement présenter une analjrse suc- 
cincte du travail qui le lui a procuré. 

C'est dans un fait qui s'est présenté à lui , dans 
^aa pratique, que M. Gendron a trouvé la base de 
son mémoire. La comparaison de ce fait avec celui 
qui est rapporté par Louis dans le tome 5 des 
Mémoires de l'académie royale de chirurgie , lui 
a fourni des connaissances propres à éclairer le 
diagnostic, et le traitement des fistules salivaires. 
tJue jeuue fille de neuf ané fut renversée par une 
Vache ^ et en reçut un coup de corne > qui lui dé- 
chira \â joue gauche , et produisit Une plaie à lam- 
beau I mais qui né pénétrait pas dans la bouche. Une 
sœur liospitalière eut l'imprudence de couper le 
lambeau, et même de faire en outre une incision à 
la partie inférieure de la plaie. 11 y eut une suppu- 
ration abondante et prolongée i et quand la cica- 
trice commença à s'opérer, on aperçut une petite 
ouverture qui donnait passage à une humeur lim- 
pide. On reconnut alors l'existence d'une fistule sa- 
Itvaire; mais on l'attribua, à la lésion du canal pa- 
rotidien , et on s'efforça d'en obtenir la guérisoa 
en traçant à la salive une route artificielle, mais 
sans succès : plus tard, on employa inutilemement 
la compression de la glande parotide. La maladie 
est alors déclarée incurable. C'est six ans aprèa 
Taccident, que M. GBiroROir voit la malade pour la 



première fois ; il trouve un peu au-devant du bord ^ 



J 



antérieur du muscle masseter une ouverture fistu- Glande pa« 
leuse tellement étroite « qu'elle ne pouvait être *" ®^ 
franchie que par un stylet très- fin avec lequel on 
sonde ordinairement les points lacrymaux. Ca 
etylet, dirigé du côté de la bouche « parcourait un 
trajet d'environ cinq lig;ses : on pouvait l'enfoncer 
plus profondément du côté de l'oreille. Il s'écou* 
lait par l'ouverture fiâ^tuleuse une humeur limpide t 
et dont la quantité augmentait sensiblement, quand 
la malade parlait , mangeait , ou lorsque l'on com- 
primait la glande parotide. M. Geiydron pense t 
comme on l'avait fait avant lui, qu'il jr avait lésion 
du canal parotidien » et que la partie antérieure de 
ce conduit était oblitérée. En conséquence , il voulut 
ouvrir à la salive une route artificielle. Lé succès 
parut d'abord couronner l'opération ; mais bientôt 
la salive coula de nouveau par l'ouverture fistuleuse. 
Avant de tenter une troisième opération , M. Gsir- 
DRON examina la fistule avec une attention scrupu- 
leuse , et par une série de symptômes qu'il serait 
trop long de détaiUer , il découvrit que la glande, 
parotide était dénudée dans toute son étendue; en 
examinant le conduit fistuleux y il le trouva telle-* 
ment bien conformé, « que je suis persuadé > dit-il , 
que la dissection l'aurait détaché des parties aux- 
quelles il adhérait , aussi aisément qu'on sépare un 
conduit excréteur. J'avoue que malgré l'exactitude 
des recherches antérieures , cette conformation si 
parfaite d'un conduit contre nature me fit craindre 
d'avoir sous les yeux le canal parotidien lui-même. » 
N'ayant point d'incertitude sur la nature de l'affec- 
tion , M. Gendrok injecta dans la fistule un mé- 
lange à parties égales d'eau tiède et d'eau-de-vie 



. ( 280 ) 

campTirée. Ces injections répétées trois fois , et se- 
Glandepa- rondées par une compression mëtliodique y don* 
^' nèreiït lieu à l'inflammation adhésive des parois 

d'e la fistule , et à une guérison prompte et com- ' 
plète. 

Rapprochant celle observation de celle que rap- 
porte Louis t et analysant cette dernière, M. Gen- 
imoy vient à prouver que ce célèbre chirurgien a 
eu affaire à une fii^tule de la glande parotide. Il 
joint à son travail des réflexions curieuses sur les 
fistules salivaires en général , et sur les signes dis- 
tinctifs des fistules de la gla-nde parotide et|du ca- 
nal excréteur de la salive ; enfin, il exaniiue.les dif- 
férentes méthodes de traitement qui ont été em- 
ployées avec succès contre les premières. La com- 
pression lui semble devoir ètre^fejetée , parce qu'elle 
est incertaine, difficile et douloureuse; laxauléri- 
sation est convenable « quand la portion de la glande 
qui fournil la salive, est à découvert au fond d'une 
plaie ou d'un ulcère. Enfin les injections stimulantes 
seront employées, quand la glande dénudée r sera 
recouverte par des tégumens. Elles ont Tavantage 
de pénétrer partout où il y a décollement , d'irriter 
à la fois tous les points dénudés de la glande et le 
tissu sous-cutané : elles produisaient une inflamma- 
tion adhésive suivie de la guérison. 

ÈATIER. 



MHi* 



^^m 



VARIÉTÉS. 

M. le docteur Lagne ATT m'a adressé quelques ré- 



clamalions.à l'occasion d'une assertion émise daus ^^^^^^ ^* 
la note que j'ai cru devoir joindre au travail de 
M. Hervee de Chégoin ( /^oïV/tf »• de juHlei 
p. 68 ). J'ai dit que l'estimable rapporteur ne me pa^ 
raissaiâ pas s'éirefait une idée bien exacte de 
V espèce de solution de continuité dont il s'a^is^ 
^ait dans le mémoire de M. Hebvez. M. Lagneau 
qui convient, d'après l'examen de la pièce d'anato- 
mie pathologique tirée de la collection de M. Ribes* 
k que ce n'était pas là l'espèce de désordre dont il avait 

voulu parler comme ayant déjà été observée par 
Desault, rejette absolument la cause de son erreur 
sur le peu de précision et de clarté que M. Hervez 
aurait mises dans l'ënoncé des faits qui font la ma« 
tière de son travail ( Voy, p. lo ). Ce dernier n'est 
pas éloigné d'en tomber assez volontiers d'accord. 
Je renvoie du reste les lecteurs pour porter un juge- 
xnenit dans cette discu:^sion, aux pag. lO; i6et 68 du 
n* précité , tout en observant que l'examen prélimi- 
naire de la pièce pathologique m'avait placé dans 
une position incomparablement plus favorable que 
celle de M. le rapporteur, pour bien concevoir et 
décrire la nature précise de la lésion du col du fé- 
mur. Quoi qu'il en soit^ et pour lever toute espèce de 
doute dans l'esprit des lecteurs, je ferai lithogra- 
phler à mes frais , dans l'intérêt de la science , le 
dessin de la pièce de M. Ribes. 

( N. B. A ce dessin sera jointe la figure de la pièce 
osseuse trouvée par M. Olivry, dans l'abdomeii 
d'une jeune fille , Voy. p. i84 ^^ 190 de ce n"" Y 



On lit dans le rapport fait au comité central dm 
YacciBe, vaccine du département du Tarn^ dans sa séance 
du u octobre 18Ï9, par M. le docteur Dslbose , 
secrétaire du comité., quelques observations et des 
remarques qu'il nous a semblé intéressant de faire 
connaître. 

M. OuRADon , docteur en médecine à Lacaune^ 
a vu chez un enfant de cinq ans une éruption de qua- 
tre-vingts boutons vaccins disséminés sur toute l'ha- 
bitude du corps. — Chez un autre enfant de six ans^ 
porteur de six boutons vaccins parfaitement beaux 9 
développés au lieu même de l'insertion « le genou 
gauche a été trouvé tuméfié et enflammé; il j avait 
fièvre forte, douleur à la cuisse, et existence d'une 
trentaine déboutons vaccins parfaitement reconnais^ 
sables^ grouppés sur une surface un peu plus grande 
qu'un écu de six livres. Plusieurs enfans furent vac* 
cinés avec le virus puisé dans ces mêmes boutons; 
l'opération réussit parfaitement. 

Une manière de conserver le vaccin , dit M. 00"* 
BADOU , et de le transporter d'un endroit à un autre, 
est celle-ci : J'imbibe autant que possible de virus 
un peu de coton dont )e forme une petite boule grosso 
comme un pois; je l'enferme avec soin dans un tuyau 
de plume que je cachette aux deux boutit. Quand je 
veux l'employer « )'humectece colon avec une goutte 
d'eau. En dernier lieu, avec un seul appareil , j'ino- 
culai 28 individus ^ l'opération ne manqua qu'à un 
leul. 

M. Albout, de Puylaurens» a vu la vaccine et la 

* 

petite vérole se développer en même temps sur uo 

^ enfant; la vaccine n'avait pris que sur un coté du corps; 

sur oe ^ïêoM côté , les boutons de la petite vérole 



I 



I 



étaient beaucoup plus clair-semés que sur Is côté 

ôpoosé. Vaccine* 

Cette observation est loin d'être unique âans leâ 
fastes de la science, et pour ne parler que de nxa 
propre expérience , je dirai que j'ai vu, en octobre 
î8i8é sur un enfant de sept mois» vacciné pendant 
qu'il éprouvait une indisposition qui se trouva être 
la période d'incubation de la variole , cette dernière 
se développer dès le lendemain de l'insertion du 
virus vaccin, et êtrecouQuentef sans que pour cela la 
vacbine ne suivît pas son cours ordinaire; de sorte 
i[ue les jreux les moins exercés pouvaient aisément 
distinguer, au milieu des milliers de boutons de 
variole dont l'enfant était couvert > six boutons vac<* 
eins parfaitement développés sur ses bras. 

Ce qui rend le fait plus intéressant , c'est qu'une 
jeune sœur, âgée de 4 ans , habitant la même cbam* 
bre, ayant été vaccinée le quatorzième jour, vit» 
trois jours après > la variole la plus bénigne se déve- 
lopper et suivre son cours régulier , concurremment 
avec la vaccine. L'enfant succomba au vingt-unième 
jour ; la petite fille fui à peine indisposée et se réta* 
Uit prcTmpiement 



(284) 

Résultats ^analyses faites par M. J. L, 
Lassaigne , préparateur de Chimie à 
T Ecole royale vétérinaire , communi-^ ' 

çués à la Société de médecine^ le 3i 
décembre j920 ; par M, Dupuy, l^un 
de ses membres^ 

Salîçe du cheçah 

100 parties de cette liqueur extraite avec soin d*uii 
âiialjTies. J08 canaux salivaires, ont donné par l'évaporatioa 
ane et demie de substances fixes qui étaient compo-< 
sées^ I* d^une matière animale soluble dans Talcohol^ 
2"* d'une matière animale soluble dans l'eau ; 3^ d'aU 
bumine; 4^ d'une trace de mucus; 51^ de mùriate de 
potasse et de soude ; 6? de soude ; 7*^ de carbonate de ^ 

t chaux ; 8^ de phosphate de chaux. 

Calculs trouvés dans la vessie d*un chien. 

Ces calculs étaient au nombre de trois ; ils avaient 
une couleur jaune à l'extérieur , blanche dansl'ioi-* 
tériçur, une forme tétraédrique réj^ulière; ils bccu«« 
paient toute la capacité de la vessie , ils ont donné à 
l'analyse chimique, 1® du phosphate ammouiaco* 
magnésien; â^ du phosphate de chaux; 3"^ du car« 
bohate de chaux ; 4^ du mucus. 

Plusieurs autres calculs provenant d'animaux de 
même espèce ont fourni les mêmes résultats. 

jinalyse du foie d^une jument malade. 

La substance de cet organe était d'une couleur 
jaune » d'une consistance moins ferme qu'à l'ordi- 



( 285 ) 

uaire. Elle a fourni à l'analyse ^ i* de Talbumine; o'i % 

À» de la matière jaune de la bile; 3» de la matière Aoalyac». 
Terte ; 4" une huile grasse* jaune, fluide à là tempé- 
rature ordinaire; 5"* du muriate de soude; 6"* dii 
phosphate de soude et du phosphate de chaux. 

L'absence du picromel dans la bile du cheval, 
comme on s'en est assuré par l'analyse^ est un fait 
remarquable ) puisqueceflesubMani^efatt la partie 
la plus abondante de la bile du bœuf. 

On voit par les résultats de l'analyse précédente , 
que le parenchyme du foie de cet animal contient 
une grande quantité de bile que M. Braconnet n'a 
pas reoGOntrée dan$ Id foie des animaux s^ins. 



li 



Tubercules mîUaires. troui^és dans le 

♦ « ^ • 

foie d^une brebis. 

Ces tubercules étaient enkystés , Se couleur blan» 
châtre « disséminés ça et là datts la substance du fofe. 
Ils ont fourni : i® du phosphate de* chaù:^ en grande 
quantité ; 2P un peu decârbonai^r de la même base ; 
3** \xn peu de muriate de sfôude ; 4^ des matreines pib- 
pres à la composition delà bile de cet animal. 

Des tubercules nombreux situés dans le parert" 

chyme pulmonaire de la mêoiie; brebis ont fourni : 

V* du phosphate et du .carbonate de c^ai^x ^ 2'' un 

,peu d'albuofine et de spuae;3? du tissu. paf:einchyn^a- 

teux ; 4*^ une matière grasse blanohe* , . , . 

Analyse de la bile et de Turïrïë d!uh 
foetus de vqche. ' 

V La bile était composée de. mcicus ;4*adê matière 
fatine très*abondaiite ^ de soudent de ni^ktèdè'U 



(2B6) 

même base; on n*y a pas trouvé de traces de 
picromel . 

2^L'urinedu même animal était formée de mucua^ 
d'acide lactique ; de muriate de potasse et dç soude f 
de sulfate, etc. Ou n'y a pas trouvé d'urée. 



analyse tTune concrétion hépatique , trou-* 
çéedans la vésicule biliaire d^ un homme 
mdrt de maladie ; par M. Fënëulle , 
pharmacien^ 

Nota. — Cette concrétion a fourni à Panaljse du 
jj^°^*y^*^°" picromel qu'on ne rencontre point ordinairemert 
dans la bile de l'homme sain. 

Propriétés physiijues. La forme de cette concret 
lion était ovale , de couleur blanche sur quelques 
points > brune sur d'autres, d'uuè odeur lé^re* 
Xnent musquée, d'une cassure crisialliDe et brillantet 
grasse au toucher, et d'une pesanteur spécifique 
moindre que celle de l'eau. £lle présentait sur vue 
de ses faces extérieures une matière blanche^ tr^« 
dure, sur laquelle nous reviendrons^ 

Propriétés chimiques. Une portion du calcul ré« 
duite en poudre fine, fut traitée par l'alcobol, rectifié 
bouillant; celui-ci en opéra la dissolution en presque 
totalité, à l'exception d'un borps brun. L'alcobol se 
colora en jaune ; à mesure qu'il se refroidissait , il 
se précipita beaucoup d'écaillés brillantes, cristal-» 
lines , Qu (jl^oiestérine de NF, Chevi^eui:. y unç por« 
tion de la liqueur surnageant les cristaux , essayée 
par les réactifs , précipitait par Pacétate de plomb} 
le dépôt séparé par filtration , le liquide passé pré« 

, ci^^itait feoQorç pfur le spus-acétAte de lu même baf 9i 



{ 




On fit évaporer à siccité à une douce chcjUW^^'e 
liquide séparé des cristaux ; le résidu traité par Concréilon 
l'eau, laissa au fond de la capsule un peu de résine hépatmue, 
verte de bile ; la solution aqueuse était jaunâtre ; 
évaporée de nouveau 4 siccité , elle se dissolvait 
très- aisément dans Talcohol ; elle avait une saveur 
anière , ensuite sucrée. La dissolution ne précipi- 
tait pas par l'acétate de plomb neutre (i) , mais par 
le sous-acétate; le précipité recueilli sur un filtre, et 
bien lavé « fut dissous dans Tacide acétique : on fit 
passer un courant d'hydrogène sulfuré, et on sé- 
para le sulfure de plomb; les liqueurs évaporées 
laiissèrent une matière jaunâtre, de consistance 
mielleuse f présentant tous les caractères du pi- 
cromel. 

La partie insoluble dans l'alcohol était brunâtre; 
elle se dissolvait dans la solution de potasse causti- . 
que bouillante ; l'acide hydro-chlorique était faible » 
et l'eau ne l'attaquait pas sensiblement ; je la re- 
garde comme du mucus modifié. La partie blanche^ 
dure> placée sur une des faces du calcul, et dont 
nous avons parlé plus haut , était formée de sous- 
phosphate et sous-carbonate de chaux. Cette con- 
crétion est composée, i® de cholestérine , 2^ de ré« 
sine de bile, 3^ picromel , 4<* mucus modifié , 5® phos* 
phate et carbonate de chaux. 



n w > 



(t) Je m'attendais à retroaver dans la liqueur aqueuse un 
peu de résine de bile unie au picromel; car , eomme l'Ob'* 
perTe M. Thxnard , lorsqu'on dissout deux parties et de«» 
mie de picromel et une de résine de bile d^ns ralcobol, 
que Ton fait évaporer à siccité , l'on obtient un composé s«« 
lubie dftui l'eau , formé d« résint «t de jpicrome^. 



"^^ BIBLIOGRAPHIE. 

Mémoire sur les altérations et l'influence du 
foie dans plusieurs maladies , et sur les moyens 
curatifs qu'elle réclame; par J. B« Regn aulx, che- 
valier de Tordre de Saint-Michel » médecia-coosul*- 
taflt du Roi, etc. 
Brochure in-8^ de 4^ pages ; 1820. 
Nouveau traité de la rage^ observations clini- 
ques , recherches d'anatomie pathologique, et doc- 
trine de cette maladie > par L. P. Trollict^ pro» 
fesseur de médecine clinique à THôtel-Dieu de Lyon, 
professeur d'anatomie à Thôtel des Beaux- Arts 9 
membre de plusieurs sociétés savantes. 

Un vol. in-8** de 879 pages ; prix 4 fr. 5o et 5 fr. 75 
par la poste; à Paris , chez Méquignon-Marvis. 

Manuel légal des médecins, chirurgiens et phar- 
maciens, contenant les lois, arrêtés, décrets, avis 
du conseil d'étati ordonnances du Boi, et rég;Iement 
actuellement eu vigueur en France^ sur l'exercico 
^^de la médecine^ de la chirurgie et de la ph^macie. 
.Nouvelle éditio;n considérablement augmentée. Un 
.vol? iQ-i2$ prix 2 fr. 5o c. , et 3 fr. 25 c. par la poste; 
à Paris, chez Décle, libraire, place du Palais de 
Justice f 1830. 

Le titre de ce petit ouvrage en fait connaître suf- 
fisamment l'utilité, et le recommande assez à toutes 
ies personnes ((ui- se livrent à la pratique d'une des 
branches dp l'art de guérir, pour nous dispenser de 
.le reçpwmander plus amplement à nos lecteurs* 

Nota. — MM. les abonnés sont prévenus que le 
retard qu'ils éprouvent dans la publication des ta- 
bleaux nc^étéorologiques ,'yient uniquement de l'ex- 
trême difficulté de pouvoir se les procurer à temps. 



( 289 ) 

Troubles dam V excrétion aMne , à la 
suite d^une diarrhée ; par M. Piobry , 
membre résidant. ^ 

(Séance du |8 juillet 1820.) 

Parmi les circonstances nombreuses qui 
peuvent influencer l'exercice de nos fonc- ai^ne^^^" 
tions, il n'en est pas dont l'empire soit plus , 
puissant que celui, de Thabitude. Celle - ci 
r^Ie les actions dont nos organes sont char- 
gés, en détermine la périodicité , en provoque 
la réitération à des heures fixes , et modifiant 
Tétat malade comme Tétat sain , ramène les 
troubliss morbides à des époques détermi- 
nées. Sensations internes non perçues, ou 
sensations internes avec perception ; sensa- 
tions externes générales ou spéciales ; mou- 
vemens dépendant de l'iaflu ganglionnaire, 
ou contractions ^déterminées par le cerveau ; 
phénomènes d'assimilation , comme percep- 
tion , nifémorre, jugement f en un mot, fout 
ce qui constitue la vie , tout ce qui forme le 
corps de l'homme, toutes les actions qui sont 
chargées de notre conservation , sont modi- 
fiées , altérées, in^encées'par la "répétition 
des mêmes actes. De nombreux exemples , s'il 

T. rfiï de la Coi. il* de lap^ Sér, Septemb. 19^ 



( ^90 
en était besoin , pourraient mettre hors de 
Eîccréiioa j^ufe uq^ Semblable assertion . et démontrer 

alvine» ' 

que^ quoi qu'en ait ditBiCHAT, les organes 
assimilateurs ne sont pas plus soustraite à 
Fempire de Thabitude que ceux qui sont 
chargés d'établir nos rapports avec les corps 
qui nous environnent. Mais ce n^est point ici 
le lieu d^aborder une telle discussion. Je me 
bornerai ,iseulement à citer un fait qui m*a 
suggéré les réflexions précédentes, et qui 
me paraît propre à prouver combien , dans 
le^ traitement des maladies , il est utile de te- 
nir compte de Tinfluence que Thabitude peut 
avoir sur elles. 

. M. A. est âgé de trente ans. Adonné à Pé- 
tude^ et d'une bonne constitution , il a joui 
assez généralement d^une bonne santé ^ à 
l'exception de quelques troubles dans les di- 
gestions , auxquels il est assez sujet. Jusqu^à 
l'âge de vingt-sept ans ^ les excrétions alvines 
s'étaient manifestées tous les jours régulière- 
ment ; mais , à cette époque , il fut atteint 
d'une diarrhée qui persista pendant un mois 
et demi y et pendant la durée de laquelle 
l'acte de la défécation se renouvelait quatre 
ou cinq fois par jour. 

La diète absolue , les adoucissans usités eu 
pareil cas ^ les sangsues appliquées à Tômbi- 
ic et à l'anus ^ ne parvinrent, pas à calmer 



( agO 

cette diarrh^^e. Je réu3sis mieux en employant s 
la ihérîaque, que je donnai à deux reprises ^ ai^ner^*°" 
à la dose d'un gros ; les selles reprirent im- 
médiatement après de la consistance ^ et la 
santé ne tarda pas à se rétablir. -^ ' \ 
' Cependant le besoin de Tcxcrétion sterco- 
rale $e faisait sentir plusieurs fois dans la 
)ournée, et lorsque le malade cherchait à se 
débarrasser des matières que Tintestin con- 
tenait, ce n'était qu'avec des efforts consi-* 
dérables qu'iL parvenait à rendre quelques 
portions d'excrémens> dont la consistance 
était grande. 

Ces acddens persévérèrent dix-huit moisi ^ 
et, pendant ce temps ^ le malade employa une 
foule de moyens pour remédier à une affec- 
tion qui le rendait impropre aux travaux du 
cabinet, et qfui donnait à son caractère une 
teinte sombre et morose. Un régime frugal , 
et des alimens légèrement purgatifs , des la-^ 
Temens adoucissans , des sangsues à Tanus^ 
des bains de siège, etc., ne lui rendirent 
point la santé qu'il désirait. 

La diflîculté extrême qu'il éprouvait pour 
acconiplir l'acte de la défécation , rendait son 
état alarmant. En vain les muscles abdomi* 
naux se contractaient avec énergie , le sphinc- 
ter de l'anus , resserré spasmodîiquement , 
s'opposait souvient au passage de's excrémehs ^ 



( 292 ) 

ou du moins ne se laissait traverser que par' 
aivine"^"*" des matières très-peu abondantes^ La mem-^ 
brane muqueuse formait pendant Texcréfion 
un bourrelet beaucoup plus considérable que ^ 
cela n^a lieu dans Tétat de santé ; plus sen- 
sible qu'à Tordinaire, elle était fréquem- 
ment le siège d^une démangeaison îùsuppor- 
table. Là persévérance de semblables acci^ 
dens aurait sa^ doute détwminé une affection 
plus ou moins dangereuse de cette mem- 
brane 9 telle que des hémorroïdes , des iri^ . 
flammations , ou des dégénérations oirgani'-» 
ques. 

A ces symptômes locaux , commençaient 
à se joindra des accidéns généraux. Les di- 
gestions n'élaiaiit plu^i aussi régulières, des 
nausées se faisaient fréquemment sentir ; des 
coliques très-vives se manifestaient ; des gaz 
remontaient quelquefois par ro^sophagé ; 
M. A* maigrissait ^^ et tout faisait craindre 
que la maladie ne prît un caractère pins sé- 
rieux. 

La langue n^était point rouge ; le ventre , 
nullement sensible à la pressioildans les di- 
Vjers points de son étendue , ne présentait 
point.de ballonnement ; aucune tumeur ne 
se faisait sentir vers Thypogastre. ; la vessie 
paraissait être dans Tétat naturel ; Tanus ne 
présentait point d'hémorroïdes, point de vé- 



X 



(293) 
gétations , et le doigt porté daas le rectum , ^esssssssss^ 

ne repcpntrpit pas de rétrécissement. aivine?*'^** 

^ t^e fus quelque temps indécis sur là na- 
ture dç cette affection ; mais je ne tardai 
point à rapporter à une habitude vicieuse les 
symptômes fâcheu:>c qui se présentaient. 
Lc^s considérations suivantes m'eugagaient a 
adopter cette opinion. 

I* Cest après avoir été par jour quatre ou 
cinq fois à la selle ^ et cela pendant un moi^ 
et deiui de suite , que le malade a éprouvé 
le besoin fréquent de la défécation. 



a!" C'est toujours aux mêmes heures de la 
journée, que M. A. ressent le besoin deTex- 
çrétion alvine. 

3» Le malade convient que , lorsqu'^une 
occupation sérieuse le distrait , le force à ne 
pas porter son attention sur son incommo- 
dité^ il n'éprouve pas le besoin de la déféca- 
tion aussi promptement que cela a ordinai- 
rement lieu, 

4* Il n*y a aucun signe d'une lésion orga- 
nique capable de déterminer de semblables 
«çcidens. 

5" Le retour périodique du besoin de la 
, défécation , retour beaucoup plus fréquent 
qu'il n'a lieu dans l'état de santé , rend rai- 
son de la grande difficulté que fe malade 
éprouve pour évacuer les fecès. La seasa- 



( ^94 ) 
m tion se manifestant ^ en effet , lorsi^e peu de 
•i^ne!^^**^'* matières sont contenues dans le rectnm , c©^ 
lùi-ci ne peut se contracter sur elles avec 
* énergie , les muscles abdominaux doivent 
aussi avoir sur elles une action beaucoup 
moins puissante ; de Ik les efforts inutiles? 
auxquels se livre le malade; de là tous les 
accidens dont il est si cruellement tourmenté. 

6* -Tous les moyens hygiéniques ou phar- 
maceutiques ont été employés sans succès. ' 

7^ Les sensationis internes spéciales/ telles 
que la faim, la soif , le besoin d'excréter- 
Turine , etc. , sont puissamment influencées 
par rhabitude ; elles se manifestent à des 
époques périodiques ^ on y r!ésiate plus ou 
moins, lorsqu'on s'accoutume kles bra- 
ver , etc. 

8^ Le besoin de rendre les/ecès est enfin 
une des sensations que Phabitude modifie de 
la manière la plus marquée. 

Le traitement répandit à de semblables 
vues. Je ne songeai plys qu'à détruire , la pé- 
riodicité de la sensation , et, pour y parveçtir ^ 
j'engageai le malaise à ne pas céder au besoin 
de l'excrétion sterçorale, aussitôt qu'il se» 
ferait sentir, de résister à la douleur qui en 
résulterait, et de ée présenter chaque matin 
et à la même heure > à la garde*robe , soit 



(295) 
qn^il en éppouvât le besoin , ou qu^il n'en 

a;* «.«« «:«^»: Excrétion 

iut pas ainsi/ » ^i^i„^. 

Je conseillai en même temps un régime 
adoucissant : je défendis le vin , le café y les 
liqueurs fortes ; je recommandai à M. A. de 
détourner son attention de son incommodité, 
de se livrer à quelques occupations qui fixas- 
sent son esprit , disposé naturellement à so 
laisser entraîner par une imagination active ; 
je prescrivis des boissons adoucissantes ^ des 
demi-lavrâiens émoUiens et un exercice mo- 
déré. 

Le malade suivit ponctuellemen t mes avis,^ 
et ce fat avec une peine extrême quMl résjsta 
les quatre ou cinq premiers jours à la sensa- 
tion pénible qvC'û ressentait ; mais enfin il y 
parvint. Il remarqua dès le lendemain , qu'il 
n'éprouvait aucune difficulté dans Vexcré- 
tion alvine. Les matières surmontaient la ré- 
sistance du sphincteir, sans qVil fut néces- 
saire de se livrer à des efforts violens. Les 
jourssuivans, la même facilité dans Pacte de 
là défécation se fît remarquer , et par la suite 
il en Ait toujours ainsi. 

Huit jours s'étaient h peine écoulés depuis 
la consultation que j'avais donnée au ma- 
lade , que le besoin de rendre lesfecès se 
faisait beaucoup moins fréquemment sentir 
qu'auparavant; ce besoin devenait d'ailleurs 



( *96 ) 
dà pins en pins supportable ; bientôt M. A. 

aivine. ' ^^ lepronya plus qu a 1 heure ou je.biirayais 
cobsieiUé de chercbsr à se débarrasser .des 
matières contenues dans le rectum. 

Des médicamens donnés dans un sem- 
blable cas , auraient-ils produit le même-ef- 
fet ? Un simple consul hygiénique n'a-t-*il p&s 
été plus utile dans cette circonstance que 
i^iites les drogues de nos ofiScines ? La con- 
naissance de la périodicité des sensations in- 
ternes , dans rétat de santé, n'a*t-eUé point 
été la source, dans ce cas pathologique, d^un 
avis aussi simple que salutaire ? Ce fait ne ^ 
pourrait-il pas avoir ses analogues dans les 
troubles que peuvent présenter les autres 
sensations internes ? La: périodicité de ces 
sensations dans Tétat physiologique n^a^t^eUe 
pas souvent une influence bien grande dans 
les afibetions morbides? 
- Je laisse à la sagacité du lecteur le soin ê» 
résoudre de semblables questions ? 



( a97 ) 

Histoire d^une fièçre lancée céplufiàl*' 
gique f par M. Delaporte , rnédecin à 
Vimoutiers. - • • 

(Séance du 7 mA»s8&o. ) 

é 

Le i6 d^en^l^e dernjer, je fus.coqsujté 
par un nomnié X^irîvière ^ travaUkat à la pa- y^,^''^^ *'" 
peterie^ âgé d^ qu<irai»fe-deux ans» d^ne 
forte çqn^t^tilîfMi , ^t d^uu caractère tms^vif » 
poar iiQ(8 dpiiii^r atroce qu'il r^^estaît da« . 
piii$ d^i^x joaxaa.la parlie Jatéiralp gauobe d/9 
la tête^ aafi3 antre particiilarité qu'mi«.14gère 
rongeur d^ To^l « .. î . : : 

Je lui conseillai Tii^ge des bains de jann-* 
bes .sixiapisés ,, j dés k^ewens aigimés aveé. le 
murjate de ;s(iiude ^ et qn^lqite^ prépairatîoas , 
antispasmodique^. Tous jC^ .moyens, suivis 
de TappUcatipn réitérée de buit.sapf^ues der* 
rière Toreille ei à la tempe / nk)6oasipBÔreiit 
pas le plus petit soulagement. Au contraire* 
il ^Y joignit de la fièvre. 

Je revis le 20 M. Ij. ; mais il me parut dans 
un état de délire. Sa femme 9 qui Taccompa* 
nait y m'af^rit qu'il en était ainsi journelle- 
ment pendant la durée de son mal de ièie ; 
que » même » il la menaçait à chaque instant 
de se donner la mort, si on ne parvenait 



Tee 



'f 



( 298 ) 

promptemenf à le faire cesser. A cette scène 
levre lar- Qj-ag^ug^ succédait un calme parfait. 

Voyant alors , dans la récidive des don* 
leurs 9 une intermittence bien marqnée^ je 
crus devoir recourir au quinquina ^ avec 
d^autant plus de raison , que je connaissais 
l'observation de M. Audouard , t. 64,p. 3|8, 
du journal général de médecine, etc. 

Je prescrivis en conséquence une once de 
qninquina rouge pulvérisé , et quatre grains 
d^opium brut , également pulvérisé , que je 
fis partagel" en huit doses , et jehreeommandai 
d^en donneisJe soir une au malade dans ub 
demi-verre d'eau sucrée. Le lendemain mâ- 
tin 21 , à cinq et huit heures > denx nduvdles 
doses furent administrées. 

A rheure accoutumée, c'est-à-dire sur les 
onze heures , retour de Taccès , qui , cette 
fois cependant ^ fut bien moins fort que les 
précédens ^ et qui ne dura que quatre heures 
au lieu de six. Après la cessation des dou- 
leurs , on continua TadmiaistFation du quia* 
quîna, comme il vient d'être dit. 

Le 22 , la céphalalgie se fit encore un peu 
sentir. La septième dose ^ le soir , et la>hui<» 
tième et dernière le 23. — Convalescence. = 



1 • • 



•**?:» 

'* 



( «99) 

Observation sur [un paraphymosis qui a 
nécessité V application d^un grand nom-- 
bre de sangsues i par M. Bourgeois , 
membre résidant. 

( Séance du i8 juillet x8ao. ) 
\ 
Sans doute Popération du paraphymosis f — 
est simple et facile , et dans le cas où la trop Pa"P^ym<>- 
grande tuméfaction des parties rendrait petto 
opération laborieuse et délicate, des mou- 
chetures avec la lancette opéreraient uu dé* 
gorgement favorable; mais il peut néanmoins 
se rencontrer des occasions où l'on soit dans 
la nécessité dé renoncer également à Tem- 
ploi de Tun et de l'autre de ces moyens ^ et 
de recourir à ^applicatio^ de sangsues sur la 
partie tuméfiée. 

Le fait suivant, en même temps qu^il ser- 
vira de preuve à cette assertion , m^a paru 
accompagné de circonstances assez singu* 
lières pour devenir le sujet d^un exposé très* 

succinct* 

Dans le mois de mai 1 8 1 9 , arrivèrent chez 
moi , à la chute du jour, quatre habitans^de 
la campagne , dont deux vieillards , une 
jeune . femme de vingt-quatre à vingt-cinq 
ans , et .un jeune homme de trente ans en- 



^ <3op) 

' vuron. Ces bonnes gens avaient fait huit 

sis. lieues, pour venir, disaient-ils ,. consulter, et 

ils y avaient été déterminés j^ moins encore 
par le désir de voir un médecin qui §^expri- 
mât franchement sur Tobjet de la consulta- 
tion , que parce qu^il leur était importani 
que le secret ne pût en être dévoilé. 

Tout ce mystère s'éclaîrcit enfin pour moi, 
quand retirés dans mon cabinet , le jeune 
homme me fit voir un énorme paraphymosis 
que , d'après son rapport , il portail depuis 
trois jours, et qxii était la suite immédiate de 
la consommation de son mariage. II me dé- 
signa alors la jeune personne qui étaif pré-« 
sente , comme sa femme ,, et celle qui Tavalt 
miis dans cet éfât. Il résulta aussi de ses ré- 
ponses aux questions que je lui adressai, qu^il 
levait avant cet accident un phymosis na-. 
turel. 

Cette déclaration* fut suivie d^altercations 
trèis-vives entre les deux pères , qu'il me fut 
ainsi facile de reconnaître comme tels. Elle 
m^éelaira aussi parfaitement sur Tobjet de la 
contestation. Le père du mari était surtout 
fort animé , et reprochait très-durement à sa 
bru d^avoir donné à son fils le mal vénérien. 
Le père de la jeune femme soiitenait que la 
conduite de sa fille avait toujours été sans re- 
proche^ ot celle-ci affirmait, par ses wrmens 



B 



( 3oi ) 
tt par ses larmes, que jamais homme ne - "u 

Tavait approchée. moiu?^*"^* 

H fallait donc sur ta démande expresse des 
parens, visiter la délinquante ^.^t le refus 
finrmel que celie-ci faisait , semblait ajouter 
encore à rëquivoque de sa position. Enfin, 
après de longs débats, elle se décida à se 
laisser toucher. 

Les grandes lèvres étaient tuméfiées ^ et 
toutes lés parties externes de la génération 
meurtries et douloureuses. L'orifice du vagin, 
était en grande partie bouché par une por- 
tion membraneuse très-résîstante , et qui s'é- 
tendait en segment dans la partie postérieure 
et un peu latérale droite de ce condi^it. Il 
était facile de sentir que cette appendice avait 
été distendue par des efforts violens ; car elle 
:$édait à la pression du doigt ef s'éloignait, 
jl^ussée par lui , à une certaine profondeur. 
C'était alors , et en cherchant à surmonter la ' 

résistance qu'elle opposait , que le doigt glis- 
sait dans une ouverture assez étroite , et dont 
les bords présentaient des inégalités ou dé- 
chirures. 

Une pareille disposition anatomique expli- 
quant tout, je m'appliquai à la faire com- 
prendre aux parties intéressées, qui restè- 
rent fort surprises c^^uand elles furent enfin 



( 3oa ) 
eoavaincues qu^un excès de yîrgmité était la 
mdiis?^ ^' cause du désordre. 

Je proposai ensuite à la jeune femme d'in- 
ciser la membrane qui formait obstacle ; mais 
quoique je lui présentasse cette opération 
' comme très-légère , et comme le seul moyen 

par lequel elle pût deyeuir épouse et mère ^ 
elle ne voulut jamais y consentir (i). 

Toute idée d^opération fut également re- 
poussée par le mari^ et quoiqu^il souffrît 



(i) On ne saurait faîrç valoir trop de motifs pour 
détermiaer les malades , et surtout les femmes , à 
se soumettre à certaines opérations. Aussi notre ho- 
norable confrère a-t-ll parfaitement fait de dire à 
cette jeune femme , que son refus obstiné l'expo* 
sait à être pour toujours privée du plaisir de devenir 
épouse et mère. Mais il sait parfaitement que, si son 
assertion était vraie quant à la preiùière condition « 
il n*en était pas rigoureusement de même pour la 
seconde. En effet , n'a-t*on pas vu nombre de fois de 
jeunes filles, trop confiantes, concevoir , bien qu'elles 
eussent le vagin obturé par une membrane épaisse, 
consistante, offrant à peine le plus étroit pertûis 
fQuv le passage du saag menstruel ? Pour n'en citer 
qu'un exemple facile à vérifier par les lecteurs du 
journal général de médecine^ nous les renvoyons, 
è l'observation de M. Champion , insérée au nn^ 
miro de juillet 1819 , ^ 68 ^ ;9. 84* 

( Note du rédacteur). 



( 3o3 ) 
cruellement, que la verge fût considérable- 
ment tuméfiée . et que les urines ne coulas- \?f.'®^^^' 
sent que goutte à goutte et avec beaucoup 
de peine , il déclara qu^il ne se soumettrait à 
aucune application d^iastrument tranchant. 
Je lui représentai toutes les suites' que pour- 
rait avoir son obstination .Je lui parlai de gan- 
grène , de chute du membre ; rien n'ébranla 
sa résolution. Enfin , désespérant de le con- 
vaincre , je conseillai de tenter Tapplication 
des sangsues , mais sans en promettre un 
grand succès. 

Vingt sangsues vigoureuses furent donc 
placées et distribuées sur la couronne du 
gland , le rebord du prépuce , la verge et le 
périnée. Le sang .coulait abondamment quand 
î^allai voir le malade dans son lit vers les 
onze heures du soir. Je le fis mettre dans un 
bain de siège où il resta une heure ; après 
^quoi , le membre fut enveloppé d'un cata- 
jplasme émoUient , par lequel j'avais Tinteh- 
tion de solliciter l'écoulement du sang \ écou- 
lement que je défendis d'arrêter. _j 

Aussi continua-t-il pendant toute la nuit , 
et le lendemain le dégorgement qui s'était 
opéré était tel , que la réduction du para- 
phymosis se fit sads difiîculté (i). Je recom- 

— - ■ ■ - ■■ , , 

(l) la* procédé àm réduction qui consiste à près- 



SOMIS 



( 25o4 ) . 

mandai an malade la continuation des émoI« 
Parapby- Hens. Jedésîrais qu^il gardât le repos pendant 
quelques heures ; mais le même jour , toute 
la famille 9 en fort bonne intelligence , reprit 
le chemin de ses foyers, sans que faie su 
qui elle était ^ ni d^où elle venait. Je n^en ai , 
non plus , jamais entendu parler depuis. 

M. Del APORTE , médecin à Vimoutiers , a 
observé derniàrement un paraphymosis pro- 
duit par le malade lui-même , exempt de tout 
symptôme 4^affection, syphilitique ( mais 
porteur d'un phymosis naturel y, et qui 
céda sur-le-champ à Tapplicafion de six 
sangsues autour de la couronne du gland 
très-tuméfié et irréductible. {^Post-scriptûm 
de l'observation de fièvre larvée insérée dans 
ce^ numéro , pégê 297. ) 



ser et à malaxer le gland entre les doigts pour en 
diminuer le volume, et à le repousser ensuite for- 
tement , en même temps qu'on opère une traction 
sur le prépuce pour le ramener en avants aurait 
sans doute pu être mis en usage pour éviter l'opéra- 
tion ; mais, outre que jj'avoue qu'il ne lÀe vint pas 
dans l'idée , je doute que le malade eut vouiu^ le 
souffrir, et d'ailleurs la tuméfaction des partie était 
telle, qoe j'aurais hésite à y avoir recours ^dana 
la crainte de ne pas réussir. 

Je sais néanmoins qu'on l'a souvent employé avec 
succès. 



\ 



( 3o5 ) 

Rapport fait àUi. Société de médecine de 

Paris , sur y oftpareil portatif de M,.Le- 

. MAiJE^fi) destiné à T administration des 

bains de^vapfiurs humides; par MM. Au- 

QVÂAT, •( J% ^BSfUkiskfys^ reporteur. 

(SëfiaçB duL \\^ juillet x8flo.) 

. BlasMiirs,« la Société qui rassemble soi- « 

J^. |;^me et Inexpérience , a enrichi son Re« 
cueil , À diverses époques^ des documens qui 
Itti sont parvçaas sur l'administration des 
fvapeurs sèches j humides^ n^édicajmenteuses. 
Cette partie de la thérapeutique , d'une uti- 
lité si yastej^ était encore au berceau ^ lorsque 
Ton vit se. former dans le bel établissement 
de MM. Paul, Triatb£ et compagnie^ des 
bains de vapeurs, sur lesquels vous fûtes 
appelés à prononcer eni8o3> ainsi que sur 
. d'autres appareils fumigatoires inventés par 
M. CL^ps»..4octçpr en ^écleci^e à Stras- 
bourgs, Le rapport que nous eûmes Thon- 
neurdeyous &ulre à ce sujet, M. Laffiss£ 
et moi ,. rapport qui fut inséré au t 23 de 
:MOtre Recueil , \ présente pour conclusion : 

T.'jzd^hlht, 11^ ée la z'JSér. Septemb^ 20 



( 3o6 ) 

'■' « Que ces appareils , très-ingénieux, laissaient 

-vapeurl? P^" ^ désirer , et devaient servir dé type et 
de point de départ pour le perfactiotin^iïient 
de ceux que Ton construirait dans la silita. » 
Cependant il li^en a pas été'dilisi. De» appa* 
reils plus ou momé i(iformes«oût été eûéés 
depuis dans dive^rs autres étafalissemens , et 
Ton a dû s'étonner surtout de ce qu^ea 1B12 
M. G .... ^ alors pharmacien à Saint-Louis , 
voulant appliquer au traitement de la gale 
les fumigations sulfureuses , recooimandées 
depu'îs plus d'un siècle par GlaubBR contre 
les iualadîes de la peaii^ se fût servie après plu- 
sieurs essais irifructiieux , de là boèté îùunr- 
gatoîre de L/cLLOUÈTtÉ , à laquelle il avait 
ajouté de légères modificatioûs <}m ii^«n 
cotrigaièht pas les défauts: {yoy.J0Ufn*gin. 
de médecine ^ tl^jp. 21S.) 
' Ce fat alors que M. DAïK:teT,- ^t rhivita'- 
tioiT de radmiûisttatîon des hospices^ exa- 
mina ceis boëtes fumigatoires , dont il rei^oà- 
nût bientôt les imperfections , et qu'en chi- 
miste et en physicien habile , il en rectifia 
la construction sur un plantnieQit entendti^ 
plus simple , 6t cependant susceptible de re- 
cevoir encore diverses antres amélioration& 
Depuis cette époque ^ M. Rapov ,• dootéar 
en médecine à Lyon^ a amejcié ces sortes 
d'appareils à un degré de perfeatton qu'aur 



( 3o7 ) 
oun autre josque-là n'avait atteint. ( Voyez 
le numéro de juin dernier ^ p. 4^1). Les tapeor*. 
avantages que présentent des derniers , sont 
irès-nombreux. Tous les médicamens suscep* 
tîbles de se dissoudre dans Teau réduite é^ 
vapeurs ou d^ se vaporiser par le calorique , 
y sont Soumis à ^absorption cutaùée sans 
que 'le inalade soit obligé de changet de 
boèfté, lii même de^it^iatioa. Les Vapenr^^ 
^oit sèches 9 soit humides, arrivent dfansTin- 
térieur dcj Tappareil avec la plus grande îSr 
'diîté , et en sont évacuées dé même. Elles 
sV administrent isolément ou successive- 
ment, en- en régularisant la température 
ayfeç une extrême précision. Les douches de 
vapeurs dont tïiLDENBRAND a proposé Teni- 
ploi , éomme moyen thérapeutique très-avan- 
tageus: dans certains cas, peuvent aisémeTif , 
avec cief appareil , être promenées à volonté 
sut lés diverses parties du corps. 
' Halglré tous ces avantages , il restait pour- 
tant encore deux principaux points de perfec- 
tionuèmient â obtenir dans la construction de 
cesrï)6ëieè. L'un était de pouvoir tenir le suje^ 
que Ton fumîgè , couché horizontalement , 
*âyec la taçulté de lui élever la tête et la partie 
* supérieure du corps à volonté et sans ouvrir 
là boëte. Cette découverte est due à M. Anas- 
TAsi, peintre, devenu aveugle, et retiré 



y 



. ( 3o8 ) 
aiîx Quinze -Vingts. {^Voyezjourn. gin. dt 
Tapvon. médecine , 1 63 , /?• 78. ) L'autre perfection- 
nement, consistait à faire disparaître cette 
ouverture circulaire ^ pratiquée dans le cour 
vercle de. la boëte pour s'adapter au cou du 
patient ;.ouyerture qui représente assez bieo 
celle d'un instrupient de supplice. Cet autre 
perfectionnement se rencontre d^ns Pappa- 
reil portatif de M. Lemaire, objet de notre 
rapport. 

Ce$t ce, .même appareil ^ messieurs ^ qui 
tous a été présenté dans une de vos dernières 
néances^ et qui a été mis en expérience Ij^ 
3o. mai , sous les yeux de vos commissaire^. 
Il en- est résulté les Tlonn^es suivantes.. S^ 
ppn^tructioM est ingénieuse ^ çt répond par- 
faitement au but que Tauteur se propose,^ 
celui d'être ti:aiispor^é à domicile» pour y 
servir à Tadmii^istration des vapeurs hu;- 
m^des simples ou médicamenteuses. Son. petit 
volume y son peu de pesanteur, qui n'excède 
pas quatre-vingts livres » la simplicité 4es 
moyen3 employés pour le pieftre en actioj^ ^ 
et Texiguité des dépenses qu^ils exigent, doi- 
vent, en rendre Tusage familier* Il peut è\t!^ 
placé à volonté dans la chambre du pi^lade. y 
près de son lit, ou dans. une pièce voisin^, 
.san^ qu^il en. résulte dMnconvénient pour les 
personnes ou pour les choses, l'échappement 



(3o9) 
^u gsm an dehors étaat à peine perceptiUe. 
Le malade peul recevoir les fumigatioas assis ^^^^^ ** 
dans le réceptacle , ou couché dans son lit. 
La préparation du bain de vapeurs ne dure 
que vingt minutes au plus. Les vapeurs qui 
arrivent dans Tappareil de M. Lemaire, ou 
dans les lits préparés suivant son procédé, peu» 
vent être variées a.vec la plus grande facilité , 
sains changer le malade de situation. Leur 
température peut de même y être établie et 
modifiée -avec une extrême promptitude et la 
plus scrupuleuse régularité. A Texemple de 
Fun de nous ^ M. Burdin , qui a imaginé une 
machine propre à introduire des vapeurs 
dans les voies aériennes , Tauleur de l'appa^- 
reil portatif se ^opose d^eii étendre l'usagé 
a rintérieur de plusieurs organes. Coinm^ 
avec les machines de M. Rapou j il peut ad- 
ministrer des bains de vapeurs partiels^ et 
promener simultanément les douches de va** 
peurs sur diverses parties du corps 3 même 
en en variant la composition. Enfin M. Ls«> 
MAIRE 9 qui exerce une partie de Part de 
guérir, et qui est loin d^étte étranger aux 
sciences physiques 9 saura donner à sa dé- 
couverte y noi|s osons le présager , tout le 
degré de perfection dont elle est susceptible. 
Notre espérance à cet égard se fonde sur 
son empressement à recueillir les avis des 



C 3jo ). 
médecins éclairés, sous les yeux de qui il 
Baint^e' administrera journellement ses bains de va- 
peurs. Entre ses mains , celte découverte est 
un enfant dont il soigne Téducation , et qui 
doit se produire dans le monde avec avan- 
tage. 

description de V appareil , et mode d^ad^ 
ministration des bains de vapeurs. 

La première pièce est un réservoir à baïbn^ 
nette g y sorte de âacon ovale de cuivre , qui 
peut contenir huit onces d^alcohol. Au fond » 
est adapté un tuyau qui conduit ce liquida 
dans deux lampes/^/, placées sur un plaa 
horizontal, à peu de distance Fune de Tautre. 
A trois pouces de ce réservoir , se voit une 
'éolîpyle'A de cinq pouces de hauteur sur 
quatre pouces de diamètre. La base de cet 
instrument esi placée sous la première lampe^ 
dont nous avons parlé. Lorsque le câloriquie ^ 
communiqué par celle-ci , vaporise Talcofabl 
contenu dans Téolipyle (phénomène qui a 
lieu en sept minutes), le gaz s'échappe par 
deux conducteurs ee^ qui partent du som- 
met de cet instrument. Ces conducteurs, apré^ 
avoir remonté , se recourbent en bas , pren- 
nent une direction verticale , et se terminent 
horizontalement par deux trous capillaires 



(3ii ) . 
on peu au-dessus de la deuxième^ lampe /• 
Le gaz alpoholique, au moment où il sort^ TaJeuir*** 
coupe à angle droit Textrémité de la flamme 
de la seconde lampe , s^enflamme , et va se 
concentrer sur un paqaet d^amianthe posé 
dans Fintérietir de la cheminée de la chau- 
dière évaporatoire B. 

Celle-ci est un vase de cuivre de forme 
ovale , ayant neuf pouces de haut , et huit 
pouces de large. La partie qui regarde Téoli- 
pyle , présente dans sa moitié inférieure une 
ouverture de trois pouces et demi d'éléva^ 
tien sur autant de largeur^ Cette excavation 
est ce que Fauteur appelle la cheminée. 
L^amiantjbe qu^elle contient ^ reçoit le ca- 
lorique 5 s'en pénètre en un instant ', et le ré- 
fléchit sur toute la paroi de la cheminée. Au 
moyen du calorique qu^elle fournit ^ cetta 
parcd échauffe Teau de la chaudière et la 
met en ébnllition dans Fespàce dç huit à dix 
minutes. On est averti de cette température 
de Teau , par une soupape m , que la vapeur 
soulève : c^est le moment de placer le malade 
dans le réceptacle. 

La chaudière est garnie , pour la sûreté de 
^opération , de plusieurs robinets , dont un , 
dit trop plein a ^ et un autre ^ dit tube indi'^ 
cateur dd. Elle est surmontée de deux 
tuyaux M 9 conducteurs de la vapeur* Çeus* 



(- 3« ) 

» r 

ci $ont de enivre ; Us s^élèvent d'abord ea 
T»pear». s'axTOndissant y s^abaissent ensuite, et sont 
continnés inférienrement par denji antres 
tuyanx de fil de enivre tonmé en spirale , 
et recouverts exactement de tofle imper- 
méable, chacun ayant son robinet ii, qui 
ouvfe et ferme à volonté le passage à la va* 
peur. Ces tnyaux sont destinés à porter la va- 
peur dans divers points des réceptacles. 

Les réceptacles varient de forme selon 
qu'ils sont destinés à envelopper tout le ccxps 
ou une partie seulement. ( P^oy. fig. 2 et 3 )» 
Ils difiirent encore en ce que le malade 
a la faculté de s'asseoir^ ou qu'il est forcé de 
garder le lit. La cage de ces réceptacles est 
formée de tringles de bois très-minces , réu- 
nies par des vis et des écrous. Elles ont d^é* 
rentes formes , en raison de la destination de 
l'appareil. Celles qui appartiennent au baîa 
entier, sont de deux ordres ; les unes verti* 
cales aaa, de trois pieds et demi de hau* 
t^ur , les autres circulaires ccc, du diamètre 
de deux pieds et demi, et disposées de ma- 
nière à pouvoir s'élever et s'abaisser à vo** 
lonté. La cage , au milieu de laquelle il y a 
un siège à dossier, commode pour le malade y 
est enveloppée dans sa totalité d'une toile im- 
perméable A A , qui est libre inférienrement , 
et se ferme en haut autour du cou , avec l'in- 



j 



3^ i 



X-J 



dz/U- 



T\ 




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.i^-'-- 



' ( 5i3 ) 
fermëdiaired'an linge blauc «n fon&e de 
cravafte. Dans se$ surfaces , sonl pratiquées y^^^l^* ^* 
des ouvertures qui sont Ubres ou fermées sui- 
vant le besoin , et destinées à administrer des 
^duchés de vapeurs sur divers points du 
corps ^ sans exposer le malade à Faction de 
Pair extérieur. Ces douches se font à Taide 
de tuyaux flexibles , terminés par un con- 
densateur ; instrument avec lequel on évite 
que la vapeur condensée et rétablie à l'état 
d'eau très-chaude , ne soit projetée, sur le 
malade. Un th^momètre placé à la partie 
si^iérieiire du réceptacle ^ indique la tempe;- 
rature du bain. 

- Pour donner à la vapeur de Peau les qua- 
lités Imédicament^uses , M. Lemake a com- 
posé diverses espèces de cassolettes à dia- 
phragme , où se trouve déposée la substance 
propre à fournir le médicament. On fait 
passer la vapeur de Peau dans la^cassolette; 
elle en sort imprégnée des. substances sus- 
ceptibles de se vaporiser. Çest ainsi qu^on 
rmd ces vapeurs aromatiques^ alcoholi- 
quesy acétiques, alcalines > sulfureuses ^ etc. 
Pour saturer la vapeur de gaz hydrogène ^ on 
la fait passer à travers une Ciassolette de zine, 
située au fond du réceptacle et contenant 
une éponge imprégnée de quatre onces de 
sulfure de fer , et d'un gros d'acide sulfu- 



( 3i4 ) 

riqiie étendu d'eau. Pendant Tôpératiort, 
Bain» de l'odeur suIfureuse se fditàf peiné sentit dàti% 

Tapeurs. , *• 

Fàppartemehf. 

Pouf administrer le bàfn de vapeurs dans 
lè lit, on passe soiisTe malade dn drap de- 
toile imperméable , recouvert d*un drap de 
toile oi*dinaire. Oîi Surmonte lé tout d'un 
berceau mécanique partagé horizontalement 
en deux parties par un diaphragme où ttiîle 
extrêmement tendue en formé de toiture, et 
destinée à recevoir l'eàû condensée au Arap 
imperniéable dont on recouvre ce berceau, 
e^ à permettre à cette eau de s^couler dou* 
cément. Avec cette précaution , ôh évite que 
Teau condensée ne brûle lé malade eti tom- 
bant sur lui. ' 

Le malade se place dans le récieptacle , en^ 
veloppé d'un peignoir, et dans le lit, $ou« 
une petite couverture de laine ; lorsque les 
vapeurs arrivent chauffées stiflBsàmmént) H 
se débarrasse de ces enveloppés. En un mot, 
nous nous plaisons à te dire , toutes* les pré^ 
cautions sont prises pour qu'il n'ëprôtive au* 
cune incommodité. 

Vos commissaires, messieurs, estilâent 
ique l'appareil portatif de M. Lemaire, das^ 
tîné à l'administration des bains de vapeurs A 
domicile , mérite Taccuèilde la Société« 



(3i5) 

»... X 

t 

Nùtict sur un cas de guérison de miry^ 
eisme , <^bseruée chez Vhomme ; par 
M. R. Taabès^ membre de plusieurs So^ 

, cHtés médicales et autres Sociétés sa^ 
vantes* 

(Séance du i5 février 1820. ) 

Il y a environ hnit ans , j'ai communiqué ■ 

à la Société de médecine de Paris, Thistoire ""'"*''*'" 
d'un jeune hoifime de vingt ans , ruminant 
depuis IMge de six ans, époque à laquelle 
il fut malade d'une petite vérole confluente 
( voir h t. 46 du journal général de méd. , 
p. 25j.). Je puis fournir aujourd'hui la suite 
de cette histoire , qui est moins intéressante 
encore par des détails curieux sur le phéno-^ 
mène du mérycîsme qu'offre la première 
partie, que pafr l'exemple authentique d'une 
guérison de cette affection , sans qu'il en ré- 
sultât rien de fâcheux. 
* Je vais, avant tout, rappeler les circons- 
tances principales de l'observation. 

Le nommé Glaverie , qui en est le sujet , v 

ite cessa point de ruminer après chaque re- 
pas, depuis Tépôque à laquelle il commença 
à le faire. Environ une demi-heure après 
avoir fimngé, il éprouvait un petit malaise 
dans la région épigastrique ; puis avait lieu 



( 3i6 ) 
le renYoi d^nne gorgée d^alimenC, qui loi 
amina ion j^^jj^Qj^f^^j^ de Testqmac a la booehe par 

reflet d'an momyement • aati ^ pémtalHqae 3 
' aisé à observer. -Ces almums Q*avaieïit poiat 

d^odear adde , et paraissaient û^awoir, subi 
ancnne altération dans Festomac. Çlaverie les^ 
. mâchait de rechef , avec aatant de plaisir et 
de goût que la première fois, et il les avalait 
de même. Peu 4e temps après 5 d^aiitries aU* 
mens, qni ne panissaieut pas avoir été mêlés 
avec ceux qu'il avait déjà, ruminés , loi Re- 
montaient à la bouche ^ puis il les mâchait 
également de nouveau , et en &isait pareil- 
lement la déglutition. Enfin , /oz/£ 7m a/i- 
mens qu^îl aidait pris à son repas 3 lui re- 
venaient ainsi successivement de Festomac à 
la bouche, pour y subir une seconde çoias- 
tjcation. Il est bon d'observer que Glayerie 
mangeait en.se pressant un peu ^ et qu'au Heu 
de bien broyer ses alimens djes la première 
1 mastication , il ne faisait que les diviser très- 
iruparfaitement; c'est ce dont on ne pouvait 
douter en les examinant lorsqu'ils lui reve- 
naient à la bouche. Il est arrivé quelquefois 
à Çlaverie de s'endormir après son repas ; 
miais , au bout de deux heures de sommeil j 
il se réveillait pour vomir fout k la fois Ijss 
^limeas qu'il n'avait pus, ruminés. ... 
Tels sont, un peu en abrégé, les premiers dé« 



( 3i7 ) 
tails de robservàtiôn ; voici maintenatit ceux 
qui la complètent. Claverie fut réformé par îè «»«»»**«« 
cohseil de recru tetnent de son département^ 
rappelé au service militaire ^ et réformé une 
seconde fois potir là même cause; c'est-à- 
dire pour causé de rumination. Mais y quatre 
ou cinq mois après la dernière réforme , ce 
}Mne homme , cràlgAant encore d^être rap- 
pelé ^ se ndaviit. ^e hndemain de lacon" 
sommation du mariage , sa mâiinatipn com- 
mença à âiminuer, au point qu^au bout de 
huit jours 3 il en fut complètement délivré , 
ainsi que de la grande soif qu^il éprouvait 
dès qu^fl avait fini de ruminer. 

Depuis six ans que Claverie est marié , il 
est devenu robuste , et n^à pas eu la moindre 
menace dé sa. précédente incommodité. Ce 
qu^ily a ^ë plus essentiel à savoir, c^est que 
cet individu a affîi-mé à différentes person- 
I nés 9 notamment à M. Filhol", docteur en 
médecine , et à M. Rlboulet , chirurgien ai 
Grenade ^ dans le département de Fa Haute- 
Garonne ^ qu^il n^avait jamais usé du coït 
avant son mariage. 

Il est donc vraisemblable qu^aussitôt 

^ue Texcitation , des parties génitales a eu 

* lieu , celle de Testomac , qui avait été occa-^ 

sionée par une petite vérole qonfluente , > 

Mssé. 



t » \ 



(3,8) 

Ce fait bien <ionst^té , tend à -prouver 
umiuaiion ^^ç^ tant d'autres> quoique difiR^reas, qi^g 
le mariage est^rp^re à guérir quelques per- 
sonnes de certaines ineommodités ou makr 
dies cpntre lesquelles ^art est impai^ant 






i t t 



Extrait du rapport de M. rViLLBHQii y $u\ 
robJser^iioù prlicéd^ate. \ 

t < • • • . f 

L'histoire rapportée.par M. Tarbès 

I confirme ou tend à coufirtuer plusieurs re- 
marques consignées , par quelques auteurs 
qui paraissent avoir observé avec soinj^^et 
notamment par MM. Percy et Laurent dans 
leur excellent article méryci^me^y au. .Dîc- 
f iônnaire des sciences médicales.. Ces reuiàr- 
ques spnt les suivantes : i"" les personnes qui 
ruminent n^en sont point . incommodées; 
s!" leur estomac ne renvoie. dan3 la bouche, 
que les alimens qui n ont pas. été mâchés uno 
seconde fois : 3** ces alimenis. n'ont ordinal*^ 
rement aucune acidité ou mauvais gôutj 
4* malgré les éructai iows qui précèdent sou- 
Vent de très-près leur 'retpur dans la bouché g 
il nV a » dans ce retour • ni nausées , niliaur- 
le-corps^ ni angoisse; S"* enfin , les "gommés 



r •» • <• •< < « 



(3i9) 
qiii ruminent, le font presque toujours avec i 
ime sorte de sens^alité. Baminatioii 

. XiC mérycisme a presque toujours été pré- 
senté coxpme iacurable. Néanmoins nous sa- 
vons que nos confrères CutLi^RiËR neveu ^ 

pfiLËNf qt LEJVMEAU D£:K£RGARADËC, OUt 

vu cHacuu un cas, de guérison de cette incom- 
modité , sans qu'il en résultât rien de fâ- 
cheux.; et cela Qst d'autant plus remarquable 
qu^ou a dit que j chaque fois qii^qn fait cesser 
le ipôryciçme , des accidens en sont la suite. 
Çen^était même peut-être, d'^après le petit 
nombre des observatiçMis bien tracées., que 
dan^ les cas de maladie qu€ la rumination se 
suspendait. Cstte dernière circonstance offre 
une analogie ayec les quadrupèdes rumin'ans 
. ov bisi^cjçs. Mais il en est une autre par l'indi- 
cation de laquelle je veux terminer ce rapport. 
|1 parait que les personnes qujxujoiinent ^ ne 
font, pour la plupart, que diviser grossière- 
ment les alîmens, lors de la première masti- 
ç^tioi^; ensorte que Ton poqrrait, à cej égard, 
les compariçr au^ bœufs , aux juou tops , aux 
chameaux, etc., qi^i recueillent d'aboi-çl une 
grande quantité d'herbe dans leur panse , 
d'où» après Tavoir gardée quelque temps et 
fait passer dans. le bonnet ou second esto- 
mac, elle revient successivement dans la 
jonche pour être remâchée à loisir et avalée. 



( ^^o ) 
5 une seconde fois. Cette ôonipafaîson paraîtra 



Aauiiuation d'autant plus juste^ qile chez les jeunes ani- 
maux ruminans , encore à la mamelle , il ne 
se fait aucune rumination , parce que sans 
doute le lait est un aliment qui n^a besoin qiiê 
d^être ingéré dans Pestomac ; la caillette , 
qui est le véritable organe de la digesKion, 
analogue à Testomac simple de la plupart des 
mammifères , est même alors la seule poche 
qui soit bien développée. Mais il y aura tou- 
jours cette énorme différence, que Fe^mac 
des animaux ruminans se compose de quatre 
ventricules conformés avecFœsophage, pour 
exécuter la rumination ; tandis que chez 
rhomme celle-ci est constamment une ano- 
malie 9 une affection morbide qu^une confor- 
mation organique particulière ne nécessife 
jamais. 

Il paraît, disais- je tout à Pheure, que les 
personnes qui ruminent, ne font, pour la 
plupart , que diviser grossièrement leurs aK-* 
mens. L^observation recueillie par M. Gullë- 
HIER tend d^autant plus à confirmer cette 
assertion, que Thomme qui en fut le sujef , 
et qui^ pour remplir toVis les devoirs de son 
emploi, prenait ses repas en quelques minutés 
et avalait sans mâcher , cessa de ruminer^ 
quand , plus maître de son temps ^ il fiassait 
une heur^ à table. " * - * ^ • 



V 



( 3ai ) 
Ma conclusion est que Ton imprime , dans 
le journal de laSociélé, la suite de l'obser- ^^*"*.*'^?* 
vation de M. Tarées, et que Ton adresse 
des remercimens k ce médecin , qui , tous les 
)oi|rs, par un noble zèle y ajoute à ses droits 
•à la confiance publique et à Testime toute 
particulière de ses confrères. 



Extrait de deux histoires d'hépatitîs y 
communiquées à là Société de méde^ 
cin,e de Paris {dans sa séance du /\juil' 
letiBzo)^ par M. Delbosc, médecin à 
^Ibi; ensemble le rapport fait à ce sujet 
à la SociétéyparM.AxjDOVARD, membre 
résidant. 

(Séance du i** août 1^20.) 

Messieurs, dans votre séance du 4 juillet ^^ ^^^^ 
dernier, M. Delbosc, médecin à AIbi, a 
déposé sur le bureau deux observation&.d%é-^ 
patitis , dont l'une s'est terminée heureuse^ 
ment, et Tautre par une congestion puru*** 
lente , qui a été constatée par rautopsie.- 

Première obserçatîon. Celle-ci, que Tau?- 
teur nomme fausse hépatite , eut lieu chez un 

T.^2jdelaCol.Wdela:x'Sér. Septemb. Ai 



( 022 ) 

individu qui avait étésujet aux migraines, £tux 
HépatiiM. hémorroïdes et aux hémorragies nasales. Ces 
indispositions habituelles cessant^ il éprouva , 
en 181 7» des coliques ou douleurs dans la ré« 
gion de Festômac y qui furent calmées par 
des bains , des lavemens , et un régime ap-^ 
proprié. L'année suivante , une fièvre tierce 
survint et fut combattue par les délayans et 
les apéritifs. Cependant les fonctions ne se 
rétablissaient point ; Tindividu resta maladif, 
et les accès de fièvre revinrent irrégulière- 
ment. Il y avait démangeaison sur toute 
rhabitude du corps, constipation, teint jaune, 
les yeux de même ; les urines étaient rou- 
geâtres. tJn traitement débilitant fut mis eu 
usage ; on appliqua les sangsues, et tout cela 
fut de nul effet, La fièvre , sans être régu- 
lière , finit par revenir tous lès soirs , et s'ac- 
compagna d'une douleur qui, de Phypo- 
chôudre droit , se dirigeait vers Tomoplate. 
Le prurit, la couleur de la peau et celle des 
urines persistaient tels qu'il a été dit ; les éva- 
cuations alvines néanmoins s'étaient réta~ 
blies. Tout ceci se passait pendant l'hiver 
de 1818 à 1819. Au printemps, on donna les 
sucs de cerfeuil et d'oseille avec addition de 
tartrate de potasse, d'acétate de potasse, etc. 
Il y eut un peu d'amélioration ; les selles , 
tantôt liquides et tantôt en crotins durs, de-» 



( 323 ) 
vinrent fréquentes ; les accès moins longs - /■;- 
n^éfaient plus quotidiens'; la peau se rappro- 
chait de sa couleur naturelle ; mais Tappétit 
manquait 3 et la maigreur était extrême. La 
douleur de Thypochondre^ quoique non pul- 
. sative^ se réveillait à chaque accès ; bientôt 
après ^ y il eut du prurit au rectum , et , dans un 
. même mpis , on compta cinq hémorragies 
par la narine gauche. 

Cet état de souffrance di^rait depuis 
quinze moisk Le malade impatient de re- 
: couyrer la santé , quitta T Albigeois pour 
.aller dans les Cevènes^ son pays nataL Après 
.avoir consulté k Montpellier le docteur 
Chrétien , il se fit appliquer des sangsues à 
Tanus ^ et prit'tous les malins le suc de cer- 
feuil et d^oseille. Son état empira. La peau 
devint d^un jaune noirâtre , les selles de 
même ; les urines étaient oléagineuses. On lui 
fit boire les eaux de Vais > et il fut mis à 
. Fusage du succin jaune , et de la racine de 
Colombo. Le malade n^en retirant aucun effets 
mit fin à tous les remèdes ; en outre , répu^ 
. gnant à prendre les bouillons de viande^ il se 
^ décida à ne se nourrir que de fraises , de ce* 
, rises ^ de framboises ^ et de quelques pana- 
des. Il n'en eut point d'abord un soulagement 
manifeste ; il paraît que la maladie poursui- 



(324 ) 

vaît sa marche j quoiqueirès-Ientement ; mais 
^pa 1 ««• les 183 19 et 20 d'août, elle était parvenue à 
son apogée , et voici ce qui arriva. Les ac- 
cès de fièvre avaient eu jusque alors le type 
quotidien ou tierce , ou bien ils revenaient à 
de plus longs întervallps , et , pendant leur 
durée , la douleur de Thypochondre droit se 
faisait sentir et se pylohgeait entre les épau- 
les , gênant beaucoup les mouvemens du bras 
droit. Mais les trois jours précités , la fièvre 
se répéta trois fois chaque jour , avec une 
douleur si aiguë dans la région du foie , que 
le malade en poussait les hauts cris. Cette 
douleur déclinait avec la fièvre, et se ter- 
minait par des coliques, qui suscitaient 
quelques évacuations alvines d'un jaune ver- 
dâtre, et d'une odeur extrêmement fétide, 
^u dernier accès du troisième jour, le froid 
fut plus intense que jamais , et il s'ensuivît 
une chaleur brûlante , et une sueur telle que 
les matelas en furent traversés. Celle-ci était 
surtout très-abondante au côté droit, dans la 
région du foie. Le malade était extrêmement 
faible , et croyait toucher à son heure der- 
nière, lorsqu'il était à la fin de ses maux; car, 
à dater de ce jour, il n'eut plus de fièvre, 
son appétit revint ; mais il 21e mangea pen- 
dant long-temps que du pain et des fruits , 



v 



( 325 ) 
principalement des raisins. Sa convalescence 
dura quatre mois ; mais elle fui régulière , et ^P**^*"* 
il s^ensuivit un rentier rétablissement. 

Uaufetir conclut que cette maladie^ loin 
de pouvoir être attribuée à une inflammation 
vraie du foie , fut au contraire Feffet de Té- 
paississement de la bile ou de quelques con- 
crétions adipocireuses de nature biliaire. Je 
ne partage point son opinion. J^ pense au 
contraire qu^une inflammation lente s'est 
établie dans quelque portion du foie , qu^il 
sy est formé par degrés une congestion de 
matière étrangère , que cette congestion a été 
consécutive de la suppression du flux hémor- 
roïdal ou du flux hémorragique nasal (la 
pratique en offre de fréquens exemples) ; 
que la douleur qui se réveillait à chaque ac- 
cès en indique le foyer ; que chaque accès 
lui-même était provoqué^par Tirritation mor- 
bifique qui revenait plus ou moins périodi-, 
quement 3 parce que tel est , peut-être , le 
mode pyréxique qui est propre aux. organes 
biliaires: que la congestion qui augmenta 
graduellement pendant un long espace de 
temps , étant portée au plus haut point les 
18, 19 et 20 août, fît effort et rompit les pa- 
rois qui la renfermaient. Cest ce que prou- 
vent les accès répétés alors plusieurs fois, le 



(326) ... 

jQur , ainsi que le grand trouble et les dou- ' 
Hepaiitist |gyj.g vives quî se firent sentir dans la région 

du foie. La conversion de la douleur hépa- 
tique en coliques 9 dénote le passage d^une 
matière étrangère dans les intestins ; enfin les 
évacuations alvines d'un jaune verdâtre et 
extrêmement fétides , et la rémission qui avait 
lieu immédiatement après, confirment ce^ia- 
gnostic. La nature a renouvelé ses efforts 
trois jours de suite pour vider complète- 
ment cette congestion ; et ce travail ne diffère 
point de celui qui se passe dans un phlegpion 
volumineux à la surface du corps. Ces trois 
jours d'orage, cette rémission prompte ^^ la 
suppression des accès , à dater de cette épo- 
que, l'entrée en convalescence et le retour à 
une santé parfaite, {)arlent dans le même 
sens. Cette maladie du foie ne se serait point 
terminée de 'cette manière , si elle eût été 
entretenue par répai^sissement de la, bile , oti 
par une conarétion adippcireuse. L'accumu-' 
lation et Fépaississement de la. bile n'ont 
guère lieu que dans le cais où un calcul bi- 
liaire ^st retenu dans le canal cholédoque ; et 
lorsque cet accident arrive, la maladie dure 
beaucoup moins que quinze ou dix-liuit mois; 
fes dQuleur3 elles-mêmes sont d'une autre 
pâture , et la fièvre a une autre marche. En 
supposant une concrétion adipocireuse , il 



(327) 
faudrait admettre qu'elle est sortie spontané- s 
ment, et l'on n'en dit rîèn ; ou bî«A qu'elle ^P***'"* 
s'est fondue , ou qu'elle à été absorbée ; ce 
qui se fait lentement , sans secousse , et n'est 
nullement en rapport avec les trois jours 
d'orage qui ont été les derniers deJa ma- 
ladie. 

A ces considérations près, cette observa- 
tion mérite d'être imprimée , en la resserrant 
toutefois dans un cadre plus étroit que celui 
que l'auteur lui a donné. Il importe d'autant 
plus de conserver ce fait pathologique , qu'il 
atteste Tinfluence de la lésion. du foie dans la 
détermination du t3rpe intermittent de la fiè- 
yre (i)* On ne saurait rjBCueillir trop de ma- 



«■ 



(i) Il est bien essentiel de faire remarquer que 
la fièvre était dans toute sa force dans le momeut où 
Tirritation la plus grande se manifestait par une 
douleur très*vive ressentie dans l'organe , et qu'elle 
déclinait avec la douleiir. La coïncidence de ces 
deux phénomènes fournirait aux partisans des doo- 
trines anciennes l'occasion de dire que la fièvre , dans 
sa marche périodique, réveillait l'irritabilité de l'or- 
gane ^t rappelait la fluxion morbifique ; tandis que les 
sectateurs de la physiologie pathologique diraient, à 
leur tour, que la maladie de Torgane était anté- 
rieure aux accès de fièvre, qu'elle persistait après 
eux , et que le retour de ceux-ci indiquait une sur- 
excitation morbifique de l'appareil organique , qui 



( 328 ) 
fëriaox sur cette importante qaestioç. Le 
pa^**»- JQUj. Q^ gijg ^Jq[j ^pg éclaircie semble a'ap- 

.procher. La solation en a été réservée sstn^ 
doute aux temps où , cessant de considérer 
la fièvre comme une puissance , on ne la 
reconnaîtra que comme refiet des lésions 
organi(|ues. J^ai établi, le scalpel à la main , 
que la rate est toujours malade dams les fiè- 
vres intermittentes , et j'ai avancé que Tétat 
de maladie de ce viscère est la cause déter-* 
minante de ces fièvres (i). Si d'autres vien- 
nent ^ avec des preuves meilleures que les 
miennes , démontrer que c'est le foie qui est 
primitivement afiecté dans les fièvres pério* 
diques 3 j'amenderai mon opimon en faveur 
de leurs raisons; car je ne tiens qu'à la vé* 
rite (2). 

était [le siège de la maladie. Mais dans l'une et 
l'autre hypothèse 9 la périodicité rçste inexpliquée 
et peut-être inexplicable. 

(i) Cette théorie a été énoncée dans une nou'^ 
celle thèrapeutiifue des fièvres intenniuentes, — 
Un vol. in-8^. Paris , 1812. Mais elle a reçu plus de 
développement dans mes Recherches sur la con» 
tagion des fièvres intermittentes, — i vol. in- 8°. 
Paris* 1818; et dans un petit travaitsur les congés^- 
' tiens sanguines de la rate; in-8°. Paris , i8t8. 

(2) L'opinion de M. le docteur Audouaud , sur 
rinfluence de la lésion de la rate dans le développe- 



Lçrsqtid les médecins seroni persuadés qtie 
la fièvre n'est qu'un phénomène secondaire ^P**'^''« 
dans les mfaladies , ils seront par cetà même 
prémunis contre lés terreurs qui résultent dé 
rancienne mamèi'e dé la considérer. Cer er* 
reurs se répètent souvent ^ et j'en trouve la 
preuve aujourd'hui même dans la deuxième 
obswvation qui vous a été communiquée par 
M. le docteur Dëlbosc , et dont.il me reste à 
vous rendre compte. Voici le fait en abrégé. 

Deuxième observation. JJn individu dans . 
la force de l'âge, d'un tempérament bilieux 
et sanguin , avait renoncé à Thabitude de se 
faire poser des sangsues au fondement , et 
avait supprimé un vésicatoire qu'il portait 
depuis long^temps. Etant dans une soirée de 
carnaval^ il but sans mesure; sortit tout 
suant d'un bal , fut saisi par le froid , et 
souffrit de coliques violentes le lendemain. , 
Voilà les causes et le commencement de la 
maladie. Un officier de santé est appelé. 11 



ment des fièvres périodiques, étant nouvelle, la 
Société n'a consenti à la publier dans le Recueil de 
ses mémoires que comme une question sur laquelle 
il est à désirer que les praticiens portent leur aN 
tention pour la justifier ou la démentir. 

( Nate du rédacteur. ) 



( 33o) 
calme les coliques ; mais , an bout de qael- 
*'"***'*' ques jomrs, Tappareil d^nne fièvre biliense se 
développe. On évacae par hant et par bas ; 
la jaunisse se déclare , la fièvre est avec des 
redoublemens ; Thypochoadre droit est doa-. 
loureux et teadu. Oa donne alternativement 
du petit-lait et des apozèmes apéritifs. Enfin 
la maladie persistant et les redoublemens de 
la fièvre étant bien caractérisés , on donne à 
haute dqse le quinquina qui suspend les 
redoublemens pour quarante - huit heures 
- seulement. 

La maladie durait déjà depuis trente*six 
jours lorsque M. Delbosc fut appelé. C'était 

# 

le 12 mars. Il trouva Péfat suivant : teint jaune 
et plombé, inspiration courte et fatigante^ 
faypochondre droit presque souple; le toucher 
y réveille ime douleur vive ; le malade ne 
peut ce tenir assis , ni debout ^ ni couché sur 
le côté gauche. Une douleur passagère se fait 
sentir de temps en temps dans la région de la 
rate. Il y a un peu de toux , un peu de fièvre , 
et les redoublemens débutent par le frisson. 
On prescrit six sangsues à Fanus , des lave- 
mens émollieiis et des embrocations huileuses 
camphrées. Le paroxysme manque le lende- 
main et revient le jour. diaprés. Quarante-huit 
grains d'extrait de quinquina sont donnés 
sans efiet. Une once de quinquina opiacé 



snspend le paroxysme pendant deux Jours 3 

au boni desquels il revient plus fort que ^P***^** 

jamais ; et se répète deux fois le jour. 

Un professeur de Montpellier , justement 
célèbre, arrive le 24 mars. Il fijt délibéré , en 
consultation^ que le malade prendrait un 
opiat composé de quinquina demi-once ^ va- 
lériane et serpentaire de Virginie deux gros 
de chaque^ sirop d^absinthe q. s. pour quatre 
doses. La première est administrée le jour 
même. Elle cause des spasmes de Pestomac 
que Ton calme par Thaile d'amandes douces 
et réifaér. Il y a un léger paroxysme le soir. 
Le 25 , deux p^i^oxysmes réparés par un es- 
|f)ace de quelques heures , sans fièvre; le der< 
nier fut très-violent. Point de remèdes ce 
jour-là. Le 265 seconde dose de Topiat^ 
après quoi le malade dort trois heures. A 
son réveil il vomit le remède. Le paroxysme 
revient le soir , et îl est très-fort. Le 27 , troi- 
sième dose de Popiat ; elle n'est pas rendue : 
il y a paroxysme comme la veille. Les 28 et 
29 , le malade refuse de prendre le quin- 
quina; on le lui donne en lavement. On donne 
aussi en boisson la décoction de serpentaire 
de Virginie et d^amica ; on y joint des bols 
de camphre et de nitre. Le 3o , deux selles 
sanguinolentes puriformes et quatre le lende- 
main ; après quoi il y a ténesme i on a re- 



t" 



( 35a ) 
cours aux âDoUians, Le 5 avril \ le venfre se 
epatiUf . f mi^g^ • QQ supprime les remèdes. Les re- 

doublemens de la fièvre reviennent tous les 
jouis ; il y en a deux, et quelquefois trois 
dans la journée. Le 12 , détections alvines 
abondantes et de couleur brune. Le i3 , .au- 
tres déjections noires et grasses. Le 14, pouls 
fréquent et petit ; les extrémités se refroidis- 
sent et le malade meurt le lendemain. 

A Touverture du cadavre , on aperçoit le 
péritoine rosé ; Tabdomen confient un litre 
et demi d^une sérosité bourbeuse , d^un rouge 
jaunâtre ; Teslomac et les intestins grêles 
sent pblogosés ; il en ^ï de mâme des gro3 
d^ifs lesquels on trouve des gaz fétides et une 
matière, qui semble être un mélange de via 
et de sang; la rate est gorgée de sang ; le 
foie est de couleur de feuille morte : on voit 
une tache noire au grand lobe dans sa partie 
antérieure et supérieure ; immédiatement au- 
dessous de cette tache y est une collection de 
matière liquide purulente et verdâfre , qui va 
de la paroi antérieure à la paroi postérieure 
du lobe, et qui s'étend jusque dans le lobe 
moyen ; la quantité de cette matière e^\ éva-* 
luée à un verre ; la cavité qui la contenait , a 
. Faspect d'un ulcère gangreneux ; la vésicule 
du fiel est vide. 

Dans celte observation , on voit, que la 



/ 



( 533 ) 

< • 

maladie du foie qui , dans le priiocipe , dans 
son élat aigu , fut livrée aux soins d'un cÉE- HëputHû. 
cier de santé, est deveaue ténébreuse pour 
les médecins qui ont été ap|)elés après le 
trente^xième jour. Alors les signes de Thé- 
patitls étaient en .quelque sorte effacés. Aussi ^ 
sans faire la critique de personne ^ on peut 
demander si cette maladie a été bien traitée 
dans le commencement ; et si à cette époque , 
aussi bien que dans les temps postérieurs y ie 
quinquina et les autres e^citans n'ont pas 
augmenté la gravité du mal. J'estime du 
moins que Tififlammatton des viscères abdo- 
minaux dont on a trouvé des traces bien ma- 
nifestes dans le cadavre , ne pouvait céder à 
de pareils moyens ; et cette réflexion est fon- 
dée sur les avantages que le premier malade 
retira des fruits rouges , des soupes maigi?es ^ 
et de Fabstinence des viandes et de toute es- 
pèce de remèdes. Mais on faisait ce raison- 
nement : la fièvre est plus intermittente que 
continue , donc il faut Pattaquer par les fé- 
brifuges. Si Ton eût raisonné autrement , il 
aurait fallu abjurer les idées à Tappui des- 
quelles on a préconisé Tusage du quinquiq^a 
dans les fièvres intermittentes. Aussi Je chpix 
ne fut pas douteux ; et Ton, prescrivit le fé^ 
brifuge. Les efifets de la première et de la 
seconde doses annoncèrent qu'il était contre- 



(334) 

indiqué ; le malade lai-méme sentait ^ mieinC 
^ * "' que ne le disaient les symptômes , combien 
il était contraire à son état , puisqu^il fiait par 
le refuser ; mais on le lui donna sous une 
autre forme ^ et toujours parce qu^on avait 
présent à Tesprit que la fièvre était une sub- 
intermittente. 

Cette observation semble nous dire qu'il 
est d^une fausse thérapeutique de se guider 
diaprés le type de la fièvre. La lésion orga-> 
nique doit nous montrer plus sûrement Tin- 
dication^ et si Ton ne peut la découvrir ^ il 
faut se borner à une méthode expectante. Ce 
parti est le plus sage. 

Je terminerai ce rapport en faisant remar-^ 
quer que cette observation , comme la pré- 
cédente y mérite d'autant plus d^être prise en 
considération 9 à raison de ce qu^elie nous 
apprend de Tiafluence des organes biliaires 
dans le développement des fièvres périodi- 
ques, que non-seulement le foie était ma- 
.^adé^ mais même la raie; et qu*elle semble 
faite pour concilier les deux opinions dont il 
a été question au résumé de la première. 
Dans Tune et Taufre observation, les pa- 
roxysmes ont été d'autant 'plus rapprochés 
et d'autant plus forts , que la lésion organique 
était visiblement plus intense ; et lorsque 
celle-ci a été moindre ^ ils ont été plus faibles 



( 335 ) 
et plus rarement observés : nouvelles consi-» 
dérations qui méritent un examen attentif et 
une étude pratique toute particulière. 



De M léthargie et des affections, sopo^ 
reuses considérées comme symptômes; 
par M. Chantourelle , membre rési- 
dant. 

(Séance du i*' août 1820. ) 

Le peu d^accord qui règne entre les au- 
teurs sur ce quUls entendent par léthargie Léihtrgît* 
et autres affections soporeuses , m^ayant en- 
gagé dans quelques recherches sur cette ma- 
tière , j^ai pensé remplir les intentions de la 
société , premier mobile de nos travaux , en 
lui faisant part de mes réflexions à ce sujet, 
espérant ainsi provoquer une de ces discus- 
sions lumineuses , qui s^élèvent quelquefois 
dans son sein , toujours au profit de la science 
qu^elles ont pour objet. 

La médecine, autant et plus que toute 
autre science , a besoin de préciser son lan- 
gage , et qu'on détermine, d^une manière ri« 
goureuse, le sens attaché à telle ou telle 
expression , faute de quoi on cesse de s'en- 



(536) 
tendre et o^ s'expose à disputer étertfell«* 
'""'"'8'*' ment sur dies mois. 

C'est ce besoia qu^éprouve bientôt tout 
esprit judicieux, de substituer des idées claires 
et exactes aux.nolioDS vagues et confuses 
que nous laisse notre première éducation; 
e^esè ce besoin ^dis-je^ qui nous force à re^ 
prendre en isous-œuvre notre éducation mé- 
dicale 3 comme il nous contraint de rectifier , 
chaque jour ^ nos premières études^ parce 
que nous n^a vous ni le temps, ni le courage de 
les recommencer en entier. 

Cest donc rendre un grand service à la i\ 

science, c^est en préparer les progrès^que de 
ramener à une signification restreinte , des 
termes ' employés , jusque-là^ pour désigner 
des choses très-différentes et souvent même 
opposées. Mais aussi rien de plus propre à la 
replonger dans le chaos , rien de plus nuî>. 
sible à ses progrès ultérieurs, que de changer 
sans nécessité les acceptions reçues, de pré- 
tendre réformer les Dictionnaires, les Traités 
élémentaires de Médecine , en substituant, au 
sens grammatical et conforme à Tétymolo- 
gie des mots, une acception vague , sujette 
à varier selon le caprice des auteurs , et dont 
le moindre inconv;énient serait dq rendre , Qn 
qiielques années , la lecture des ouvrages 4e 
nos maîtres tout*à-fait ihintelligible. Gel^ est 



(357) 
si VTstiy (pe foutes les fois qu^un auteur ima^ 
gîne ainsi une nouvelle acception à donner à ^^^^^^^' 
un terme de science ^ il ne manque pas de 
dire que fout ce qu^on a écrit jusqu^alors doit 
être rejeté. 

Les langues mortes ne sont point ^ comme 
les langues vivantes , soumises à cette mobi- 
lité qui les détourné insensiblement de leu!r 
première valeur ( et ce motif, plus que tout 
autre, me paraît justifier la préférence qu*on 
leur accorde généralement pour la forma- 
tion des termes scientifiques ). Or , presque 
toutes les expressions dont la médecine se 
sert, étant tirées des tangues grecque ou Ia« 
tine , et se trouvant composées de plusieurs 
mots ou racines dont le sens est invariable 
et précis j il sVn suit qU^on ne peut donner 
une autre acception à ces mots composés, sans 
dire une absurdité, sans vouloir désigner 
60US le même nom le blanc et le noir. 

C'est cependant ainsi que nous voyons em- 
ployer , tous les jours , l'un pour l'autre, et 
confondre , ou détourner de leur véritable 
acception, les mots, signes et symptômes , 
quoique les premières notions des langues 
grecque et latine nous apprennent que le 
dernier avp^rûùfoi^ composé de ^uv et de ^tt/tt?», 
arriver avec , est et ne peut être > quand on 

T. 7a de la Col. II* de la 2* Sér. Septemb, 22 



I 



l'applique aux maladies ^ que» fout évëne- 
Liéthargie. jj^qj^x^ fo^if phénomène inséparable de la ma- 
ladie , tandis que par le mot sigrtum , signe , 
indice, on ne peut entendre que toute induc- 
tion tirée d« quelque circonstance ; le symp- 
tôme est donc la cause matérielle de l'opéra- 
tion* de l'esprit qui constitue le signe. Le 
symptôme e&i la cavise matérielle de la sensa- 
tion, et lé signe est le jugement porté. 

Le symptôme a lieu chez le malade, el 
, c'est dans l'esprit du médecin , dans son in- 
telligence , que se forme le signe. Tout le 
monde peut voir un symptôme, mais il n'est 
souvent donné qu'au génie de saisir le signe. 

On ne peut donc pas dire que le symptôme 
est converti en signe par l'intelligence , pas 
plus que celle-ci ne convertit la cause deia 
sensation en jugement, et c'est, sans doute, 
faute d'avoir assez réfléchi sur les diverses 
opérations de l'entendement que quelques 
auteurs modernes, très-recommandables, en 
confondant le symptôme et le signe , ont con- 
fondu la cause de la sensatioaet le jugement 
porté. 

Si d'ordinaire de tel ou tel phénomène, de 
tel ou tel symptôme perçu , nous tirons une 
conclusion , uii indice, nous portons enfin le 
j ugemént qu'il y a eu , ou qu'il y a telle ma- 
ladie,, ou enfin qu'elle aura telle issue, ju- 



( 359 ) 
gément qu^on nomme signes commémotaïifs, 
diagnostics^ et pronostics (ï); il peut arriver Léthargie. 
cependant que ces symptômes ne nous four- 
nissent point Toccasion d'un jugement^ ne 
soient point la cause d^un signe ; il peut donc 
y avoir des symptômes sans signés : mais , 
comme on le sent facilement , il ne peut y 
avoir de signes sans symptômes. Prenons 
pour exemple la léthargie et les autres affec- 
tions soporeuses, qui, comme nous le verrons 
plusl)as, ne sont que des symptômes. Nous 
voyons bieii le symptôme de l'assoupissement; 
mais^ comme il s'est présenté dans plusieurs 
maladies différentes, nous ne pouvons en tirer 
de signes commémoratifs , diagnostics , ni 
pronostics certains; car^ pour les signes 
douteux ou incertains , il est évident que ce 
ne sont pas des signes. 

Ce qui constitue la différence la plus essen- 



\ 



(i) C'est évidemment mal à propos qu*on a voulu 
récemment retr^nchei^ du nombre des signes , les 
signes commémoratifs ^ sous prétexte qu'ils servent 
ensuite à baser le diagnostic : cesont des jugèmens 
tirés de la comparaison des phénomènes antérieurs 
et portés sur l'état antérieur du malade. On devrait , 
sous le même prétexte , retrancher aussi les ^igties 
diagnostics , puisqu'ils servent ensuite de bas€f àd 
pronostic. 






(340) 

fielle entre les sîgaes et les symptômes , c*est 
Léthargie, q^g ^ lorsque noul^'iie connaissons pas une 

maladie dans son essence ^ nous sommes sou-* 
vent obligés de nous contenter d^étudier lès 
phénoniènes^ les symptômes qu^elle présente: 
et comme nous avons observé qu^un certaia 
nombre de symptômes ^ de phénomènes^ ac- 
compagnaient telle lésion d^organes que nous 
pouvions constater ; par analogie, nous avons 
réuni , nous avons groupé des symptômes , 
et nous leur avons donné le nom de mala- 
dies , quoiqu^'l ne fut pas démontré que tous 
ces symptômes fussent dus à la même lésion. 
Mais on conçoit qu^alors la formation de ces 
groupes de symptômes , ainsi décorés du 
nom de maladies ^ est souvent arbitraire : je 
veux dire qu^on ne les trouve pas toujours 
liés dans le même ordre , ni dans le même 
nombre. Il suit de là qu^on variera beaucoup 
dans la définition et dans la description de ces 
maladies , suivant quW adjoindra tels ou 
tels phénomènes qui se retrouveront aussi 
dans d'autres groupes (i). 

C'est précisément ce qui est arrivé pour 
les maladies soporeuses et pour la léthargie 



(t) Voilà pourquoi il n'y a, à proprement parler » 
de véritable déiinitîon que celle dea maladiea dont 
resâence est connue. 



^ 



(541 ) 

particulièrement 9 et si Tcm çsf ai loin de s^ao 
corder sur ce qu'on doit entendre sous ces ^^'^^*''8^*'- 
diverses dénominations y cela vient de ce 
qu'on n'a pas formé de groupes bien distincfa» 
et qu'ils sont' plutôt le résultat de l'imagina-*» 
lion que de l'observation , enfin de ce qu'on 
\ a voulu considérer comme une maladie par- 
ticulière ce qui n'est qu'un symptôme, qu'on 
retrouve dans les affections soporeuses. 

Léthargie de }Jfiufyoç ou >ùlif^pyieL , com* 
posé de AifAf, oublia et de dfryoç^ prùmpti 
signifie^oubli prompt , oubli facile. 

Remarquons , en passant , que tous les 
dictiomiaires^ qui se sont copiés sans examen^ 
prétendent) au contraire ^ que c'est un oubli 
lent, un ouUi paresseux ^^ faisant dériver cq 
mot de XnAf , oubli , de l'«X(p0i , privatif et 
de ip^ ; mms ce n'est point de ^Upyiv^ qui, 
efiectivemenf^ signifie péternosus^ paresseux, 
mais de dpyoç, ou Yd est augmentatif, et de 
Xiiftf qu'est composé le mot léthargie. D^'autres 
ont dit, je ne sais sur quoi fondés , que cela 
signifiait sommeil oublieux. 

Il est évident que si nous avons égard à 
rétymologie, nous ne devons entendre par 
léthargie A>i9àp}/ict, que cet état dans lequel 
l'individu oublie sur-le^chàmp ce qu^on vièn* 
de lui demander ; de manière qu'il ne répond 



is pas 3 quoiqu'il ait fait des moDvèmens pour 
« argif . ^^1^ ^ ^^ ^,y j.^pQ,j j j toute autre chose , 

et^ comme on dit, à bâtons rompus ; il oublie 
de boire ce qu'il tient à ses lèvres, il a uue 
grande tendauce au sommeil , mais on Tea 
tire facilement ; tous ses mouvemens sont 
libres ^ et il respire avec la plus grande faci- 
lité : c*est le seul symptôme que la léthargie 
ait de commun avec la catoche^ avec laquelle 
cependant pn Va confondue, dans le Dic- 
tionnaire des Scieucês médicales. La catodie, 
catochus , de lULrix^^ j^ ™^ roidk, est une 
aSêctiou tétanique dans laquelle les membres 
restent constamment roides et sans les se- 
cousses douloureuses qu'on observe dans le 
tétanos ; la respiration est libre ^ mais on ne 
peut confondre cet état avec le sommeil légœ 
et paisible des léthargies, 

Ge qui caractérise donc la lédiargie ,' c'eitt 
Toubli facile, l'oubli prompt, avec l^ersom-> 
, m^il , d'oti les individus sont tirés facilement 
pour y retomber aussitôt ; mais il est évident 
que. ce n'est là qu'un symptôme/ un acci-^ 
dent qui peut dépendre d'une foule de causes^ 
9oit agissant directement sur le cerveau , soit 
indirectement et par sympathie , soit encore 
de lé3ions organiques véritables. On conçoit 
que, dans ce dernier çaA, la léthargie est in-« 
çurf^ble , comme la - lésion de l'organe qui la 



( 343 -) 

produit; d'pù vient qu'on a divisé la léthar* w 

gîe en primaii-e et en secondaire, * Léthargre. 

L'affection cérébrale est-elle légère ,.il n'y 
a nulle doulair , aucune réaction ^ nulle roi* 
jdeur du. pouls , nul phénomène, aulrç que le 
sommeil léger , avec l'oubli propspt et facile^ 
qu'on a improprement appelé -délire ou- 
blieux : c'est la léthargie dans toute sa pureté, 
la léthargie exquise ^ si je puis ainsi dire. Elle 
se dissipe d'elle-même , au bout d'un temps 
plus ou moins long , et ne compromet point 
les jours du malade. Elle peut être produite 
par une commotion légère du cerveau , par 
une fatigue tr^SMgmnde de l'ôsprit, des veilles 
prolongées ^ les nareotiques,' l'abus des opia- 
cés , du vin , un frcnd violenl^ Un étudiait en 
médecine j après avoir passé trois jours et 
trois nuits de suite dans les plaisirs du carha** 
val y se renferma , le mercre<fi des cendres , 
à sept heures, dans sa chambre, et s'endormft 
9ur sa/ chaise^ la tète appuyée sur une table. 
A six heures du ^oir , il fut éveillé par un 
domestique qui vint l'avertir pour le dîner; il 
répondit quelques mots dont cet homme se 
contenta ; notais il se rendormit aussitôt, et ne 
s'éveilla que lelend^xiaia, transi de froid- et 
fte pouvant imaginer comment il étaif* veim 
Hi% Cet état était sans doute très-.voisin de la 
léthargie. Elle peut aussi dépendre d'uiie 



^ 544 ) • 

simple névrosé, accompagner la pulnio^ 



* me, etc., etc. 



Si , comme nous venons de le démonter 
d 'après son étymologie^ la léthargie pore n^esi 
^^on phéDomène, n'est qu'un symptâme ^ 
qu^oa trouve, il est vrai, rarement seul, isolé, 
nous ec»nprendrons facilement comment les 
auteurs ^ qui > pour en faire une maladie ^ 
lui ont alloué d^auires symptômes étrangers ; 
eoonnent, dis^e,.ces autdura oniété si em-^^ 
barrasses pour la distinguer ensuite des ma<^ 
iadies soporeuses où on la retrouve avec ces 
éjnpbénomènes ^ tels que la fièvre, des con* 
vulskms , >ele« ; aussi. n*oni41s pa tracœ une 
ligne de d^ircaMon ènfere cette maladie et le 
coma , le carus , etc. • . - 

Mais TafiSsction cérébrale est-^lle (dus ^ai^c^ 
la lésion est-elle plus .profonde , il |M>urra f 
avoir 9 oulre le. phéikemène de Tassoupisse^' 
ment ^ do l'oubli ai prompt; il pauiray 
avoir , dis^j^^ de la douleur locale, une réac^ 
tiongénérale , de la* fièvre > des convulsions ; 
de seront de non veauK- symptômes ajoutés àla 
léthargie , et qui constitueront la léthargie se^ 
condaire, le coma^ le carus, Tapo^exie , etc., 
suivant la nature et le nombre de ces phéno-* 
mènesi Je dis suivant ces phénomènes et nott 
suivant le giçnre de lésio:ss organiques:; car 
on a pu trouver les mêmes lésionis dans des 



(545) 
mdividiis qui avaient offert ou le$ phéno** 

mènes de la léthargie , ou ceux du carus', de ^^^^^* 

Papoplexie , etc.^ ete* 

HiPPOCRATE y lui-même , et k plupart des 

auteurs qui suiTipent, admettaient avec la 

léthatgie ^ la fièvre , les convulsions : la lé-^ 

tbargie n'était donc alors considérée que 

comme symptôme ; et les ouvertures des ca« 

davres ont fait voir souvenf » dans ces cas i 

des épanchemens dans le cerveau, des abcés^ 

des cancers et deê traces dMnflammation ^ etc; 

Il est évident que ié père de k médecine né 

traçait poiot le taUeau d^une léthargie pure i 

quand il disait : Qui lethargo conflictantur, 

ex manibus tremimt , sotnnolenii sunt, 

malè cdorati y tumidi , puisas habent tar* 

dos et l^ntoSy ac oculorum gênas iitfe- 

riores sublatas^ sudores supefveniunt y 

alçigue subtumescunt ^ impotentes eunt , 

eic biiiasa effundunt^ quod si resiccatœfiie-* 

rinty urinœ àiiri<fue recrementa clàmpro- 

deunt y urinœ quales in çeterino gênera 

redduniur^ neque potum ncquealiud quid-' 

quant postulant* Mentis uerà compotes 

faoti y de oervicis dolore conqueruntur y ac 

incertos sonitus per aures impetuferri 

sentiunt. Ces symptômes ne sont-ils pas ceux. 

produits par un épancheinent aqaeux dans* 

le crâne ? Et n^est-il pas ckir qu'ils n'appar- 



(346) 
tiennénf pas à la léthargie , mais à Thydrocé^ 
i argic. pjjgjjjg ^ Jqjjj j^ léthargie elle - même se 

trouve être un symptôme ? 

Il règne encorQ beaucoup d^obscurité sur 
le su jiet qui nous occupe , et on a souvent 
confondu la léthargie avec toutes les. maladies 
dans lesquelles il y a assoupissement; affisc- 
tions qu'on a même. désignées, sous lenom.de 
maladies sopo^euses , rassemblant sous cette 
dénomination une foule de symptômes difie- 
rens. Mais si on a voulu faire de^'assouptsse- 
ment le caractère de cette classe , pourquoi 
n'y pas réunir aussi Tépilepsie , là catalep- 
sie, etc. , etc. ? î 

Mais quand on a voulu séparer ces sympr- 
fômes , qu'on attribuait à la classe des.mala-. 
dies soporeuses , en plusieurs groupes moins 
nombreux , pour en faire, des espèces de ma-, 
ladies^ alors Tembarras s'est encore accru , et 
tous les jours on voit augmenter l'incerti- 
tude , par les nouvelles divisions qu'on .pro- 
pose , au lieu de chercher à reconnaître celles 
que les anciens avaient établies. A la vérité, ils 
ont laissé une assez grande obscurité sur ce 
qu'ils entendaient par léthargie, cataph'ora, 
coma, carus, apoplj3xie. Cependant il n'est, 
pas impossible de/ la dissiper , et c'est ce que. 
nous allons essayer. 

11 est à remarquer que souvent ces.diversesi 



( 347 ) 
maladies n^ont offert aucune lésion d^organes^ 

que souvent aussi elles ont présenté toutes in- ^ ^^^^^' 

diSëremment diverses altéraJîons du c^rveau^ 

comme gangrène , épanchemenf) cancer, etc. 

D'autres fois enfin la lésion s'est trouvée à 

Testomac , aux intestins. 

Il n'est peut-être pas inutile* de chercher à 
bien établir ce qu'on a entendu, et ce qu'on 
doit entendre sous ces diverses dénominations» 
et toujours en se rapprochant des étymologies 
et du sens primitif. 

Veternus. Quoique \es anciens aient tra- 
duit XffioLff)^(cL par çéternuSy cependant ils ne 
confondaient pas ces deux états , et ils en- 
tendaient par çèternosi les individus faibles, 
paresseux , disposés au sommeil , ceux débi- 
lités par une longue maladie , mais qui con-r 
servaient l'usage de leurs facultés intellec- 
fuelles, quoiqu'avec un peu de peine. 

Léthargie. Dans la léthargie, il y a suspen- 
sion momentanée des fonctions des sens et 
des mouvemcns, il y a sommeil ; mais les ma- 
lades peuvent en être tirés aisément ; ils peu- 
vent répondre et exécuter quelques mouve- 
mens ^ quand on les excite , mais c'est tou- 
jours d'une manière injcertaine , et ils s'ar- 
rêtent bientôt pour retomber dans un som- 
meil qui diffère du sommeil naturel, en ce que 



^and on est tiré de celuî-d on a le libr& 
Léihargw. jj^gQ de ses facultés intellectaelles , ce qui 
n'a pat lieu pour les léthargiques chez les-^ 
quels ces fonctions sont Iroublées. 
- Ils oublient dé boire le liquide qu^ils ont 
sur le bord des lèvres, ils n'achèvent point 
un mot commencé; ils nW pas de fièvre, 
du moins apparente ; il peuvent rester dans 
cet état plusieurs jours , et en sortir ensuite* 
natur0lleiuent, à moins que cet état ne tienne 
à une lésion profonde du cerveau , à une 
métastase sur ce viscère. 

Cùtàphùre. Par ^ataphôre > tàxcvpopAy mot 
qu^on rendrait à là lettre par prostratio, pros-' 
tration-, on entend un sommeil pesant, lourde 
un asseupissemçnt profond, dont on tire diffi-» 
' cilemènt lès malades, qui y retombent sur4e- 

champ.'Ce sommeil, qui est cdui des fébrici- 
ians, v?est point réparateur et bienfaisant , 
comme le sommeil naturel et léger ; on le 
remarque surtout chez les gens du peuple , et 
on Ta nommé léthargie du peuple. 

Coma. Le coma se divise en coma t^igil et 
en coma somnolentum: Ce dernier n*esf 
autre chose que le oatajAora dont nous ve- 
nons de parler , qu'on a appelé aussi cata--. 
phora coma. 

j 

Le coma vigîl , aypvitvof ttêficn^ mot à mot. 



1 



( '49 ) 

assoupissement sans sonuneil , est une grande 
tendance au sommeil , à Tassoupissement ^ Léibargït. 
mais sans qu^on puisse s'y livrer. Les àia- 
lades ferment les yeux, à moins qu^ils ne 
soient excités ; alors ils les ouvrent , puis les 
referment aussitôt ^ croyant se livrer au som- 
meil; ils entendent trèa-^bien ce qu^oudit, 
quoiqu'ils paraissent dormir. Il y a presque 
toujours délire et fièvre, quelquefois déliré . 
furieux ; on Tobserve principalement dans les 
fièvres ataxiques ; d'où vient le nom de iy* 
pkomanie qu'on lui a donné. 

Carus. 'K.oLpoÇy des Grecs ^ qui signifie en- 
gourdissement. Ici les malades sont profoa-^ 
demeat assoupis , et comme engourdis ; oa 
ne |>êut les tirer de cet état en les excitant ) 
ils n'exécutent aucui^ mouvement voloBtaire^ 
et n'entendent point ce qu'on leur dit ; ils ont' 
presque toujours les yeux à demi ouverts; 
la respiration est libre et facile , mais les ins- 
pirations sont éloignées. On peut difficile- 
ment écarter leurs mâchoires. On observe le 
carus dans les fractures du crâne ^ aveq en- 
foncement et compression du cerveau ^ dans 
les violentes compressions de cet organe ^ 
dans les épanchemens ^ les abcès qui ont lieu 
dans l'intérieur du cerveau, ou entre ses 
enveloppes ^ dans l'hydrocéphale. Il est sour 



C 356 ) 

vent joint à une fièvre aiguë ; on Tôbserv^ 
^^^^^' souvent chez les varioleux; le pouls est ordi- 
nairement plus lent que dans Tétàt de 
santé. 

- ^poplexîey aiCo7C}o0oL, d'a'3ro'7fXn^€/V, side- 
rare ^ foudroyer. Uapoplexie est cet état 
dans lequel le malade tombe subitement ^ 
comme frappé de mort ; il y a suspension 
complète de toutes les fonctions des sens 3' et 
relâchement des membres , comme dans- le 
carus ; le malade est insensible à tous les exci- 
taus , mais il a , de plus que le carus ^ la res- 
piration stertoreuse. Il y a beaucoup de va- 
riétés dans les divers degrés d^intensîté de 
Tapoplexie , de même que dans la rapidité 
avec laquelle elle frappe un individu : mais 
ceci sort > de notre sujet. 

Chacune des affections dont nous venons 
de tracer une courte esquisse^ peut s'accom- 
pagner de fièvre ; ce qui est plus rare pour 
les deux premières. On trouve, à peu de chose 
près, cette division dans la Nosologie de Sau- 
vages, qui Fa rendue pourtant peu intelli- 
gible , en admettant des genres intermédiaires 
et composés lesims des autres , et ensuite 
autant d'espèces que de] causes qui peuvent 
occasioner ces maladies. Remarquons que 
toutes ces affections ont fourni des exemples 



/ 




1 



(35i) ), 

d'infortunés enterrés vîvans^et^ 
victimes de l'empressement ine/ 
l'on met^ se débarrasser d'un < 
Tous les auteurs en citent c' 
c'est surtout dans le Traité de^ 
Vincertitude des signes de la mort y t[xx — 
les trouve rassemblés avec une profusion 
épouvantable. 

Monl>ut a été de bien distinguer la léthar- 
gie des autres affections avec lesquelles on 
l'a confondue , et de faire voir que , puisque 
nous ne connaissons point encore l'altération 
qui constitue ces maladies ^ mais seulement ^ 
les phénomènes apparens y nous ne pouvons 
non plus établir qu'une distinction arbitraire 
entre elles ^ ou entre les groupes de symp- 
tômes que nous formons, parce que ces grou- 
pes de phénomènes ne se rattachent pas 
essentiellement à une lésion constante et par- 
ticulière à chacun d'eux. 

D'après cela je n'ai pas cru devoir m'ar- 
. rêter sur les signes ou inductions que pou- 
,yaient fournir ces symptômes y ce qui m'eut 
trop éloigné de mon sujet 



( S50 

'Cours de matière médicale ; par VL. HAHiV, 
4octeur en médecine. — Tome second. 
^ Paris , chez Croullebois , libraire , 
rue des Mathurins Saint-Jacqùes. 

Dads notre article précédeDt ( yoy. le cahier. iSp 
Mitiitemf- Janvier), nous avons parlé des généfalîtéa de la 
matière médicale. En donnant  ce mot, avons-nous 
dît , une extension convenable et rigoureuse , il fau- 
drait y comprendre tous les corps capables de ino^ 
difier les propriétés vitales, c'est-à-dire , la presque 
lotalité des êtres; car tous n'agissantrils pas sis 
rliomme d'une manière directeou indirecte? , 

NousavoQsaussi remarqué que le plan de l'auteur 
nous semblait s'écarter de la vraie doctrine. Les 
tUédicamens ont été classés par lui d'après leurs pré- 
tendues propriétés ; tandis que, pour' apprécier la 
mesure de leur action , il est inBnimenl préFérable ' 
de les réunir , d'après leurs rapports avec is seosi,- 
bilité de tel ou tel syitètne organique. C'était même 
l'opinion deCoLLEN, bien qu'il s'en soit écarté. 
a L'usage de rapporter, dît-il , l'action des médi- 
camens à certaines indications générales a fait be^i^- 
coup de tort aux auteurs de matière médicale; car lu 
plupart de ces indications ont pour base des erreurs 
de physiologie et de pathologie , et ne so^it ni suffi- 
samment développées , ni fort înielligibles ( Mat. 
med.)- » Du reste, nous avons rendu justice à la ma- 
nière dont le docteur HAifiiT avait envisagé son sujet, 
ivons fait remarquer des détails inléressans* 
!S vues pratiques, d'heureuses excursions 
omainede l'hjgiène. Maintenant, à l'occa- 



^ 



(353) . 

sion de ce second volume \ nous aHons continuer 

nos observation». Uncdes pirîhtipàleis'est sur la mé«*' Matière inc- 

dication ; «Ile consiste , comme chacun sait, dans la 

modification imprimée à nos organes , par les subs*' 

tances introduites dans ces mêmes organes. On expU« 

que cette modification d'une manière plus bu moins 

habile « et puis on s*en tient là« Aucun auteur , que je 

sèche > ne s'est appliqué à faire sentir les efTéts «e*. 

oondair«s , du plutôt les rapports sympathiques oc^ 

cfisionés par un médicament quelconque , en raison 

do oonseiisus organique. Par exemple, quand un 

rein est enflammé , il produit des Tomissemens* 

voilà un effet de sympathie pathologique. Si voui 

introduisez de Témétique dans TestomaCf il agit^^ 

dans certains cas , sur les poumons , dans d'autres il 

guérit une ophtalmio » une goutte sereine. Un mé^ 

dîcament étant ingéré peut arrêter une perte uté*- 

rine , etc. ; oe sont antant d*îeffets sympathiques 

produits par Tactiou des remèdes. Voilà ce qu'il se« 

ràit.important de reniarquer dans l'action de la ^ilti^ 

part des substances médicamenteuses. La clef de U 

• # » • , • 

thérapeutique réside peut-être dans ces recherches 
continuées avec un esprit de méthode* deiiéservet 
et d'impartialité absolues. Pour exploiter, ce vaste 
champ de découvertes , il conviendrait d'abdiquet 
tout système, toute explication subtile et alambiquëtt 
il ne fau^drait que voir , mais bien Voir ^ et 2:onélixre 
avec sagesse. ....:-• u 

Où est le praticien satisfait des théories données 
pour expliquer le mbded*action df^s médicamens? une 
substance active, les propriétés vitales d*un organe} 
mais comment ? Hic labor* . » . • • C'est néanmoinÉ 
unechose surprenrantOy de voir de quelle manièco 

T. 72 d* la Col. ii^dê là ix'Séf. ScpUmb, zS • 



(3H) 

tHév^ivm^t lea auteurs à ce sujet » d'après (es idjéot 

SRtiçjr^ mé- tjiépriques qu'ils oiit.Sit comioe nous. Ton seJoaae 
' la. peine de faire cetie triste comparaison à diflé* 
^nti»; éppques, on acquerra la preuve qu'il n'est 
pas de point de la science, sur lequel la docirine ait 
^tié pl^s versatile f la controverse plus fréquente # 
l'entêtement scientifique porté plus loin* la.pédaa- 
t^gqe suffisance et la morgue sophistique plus à 
décofivert. Aujourd*huif à l'exception de. quelques 
estais plus ou moins heureux , on convient assez gé* 
];uéraleiiieiit qu'oa ne sait rien ,^ou bien peu de chose» 
Nou9 ftvons tort si on explique nettement et. sans 
f fifl)iage igrstématique , l'action d'un seul médica^- 
lEDçnt. JL^ pl\ysique n'apprend rien , la chinaie. con- 
duit fk l'erreur, la physiologie ne donne que des 
pr.p;^i(itéf, l'anatpmie pathologique, cet oracle 
infaillible y . est ici sans voix ; il n'y a que la patho- 
)qg® dont on puisse obtenir quelques lueurs 9 eijK^ra 
SQnt;-QUes p&les et. incertaines : aussi quelle profu* 
sjqn stérile de médicamens» et, en même, temps « 
çQi^l\ien nos ressources sont bornées I Je n'entrp 
jam^ji^ dans une vaste et brillante pharmacie, siuis 
f^vair 1^' ÇP^ ycpn triste de ces réflexions ;.Q|ieUe 
s^içince q^^e la, m^decjne , si chacune de ces suib9* 
^nces, bien classées, biep étiquetées, soulageait réel* 
l^sji^nt .qç ^e nos maux l Nous approuvons donc le 
gQcfeurBAN^sr de n'avoir donné, en tête desesprinr 
oipales divisions , que des principes généralenoe&l 
çqQf^Dfk.et avoués , sur l'administration des médica« 
9^ps,^ de s'être abstenu de toute eq;>Ucation vaine 
et) Uj^rÂque. Séduit, toutefois f par. quelqpesXaits de 
STAtique j, p^r de graves a^!;^»!^^ , w parqiielque 
lyrppth^e plus briUnitfe <i«e fwdée , il. expose quet* 
qi^f^ id^ (|^'o^pourxi^t9iooffif ttf ç au creuset de la 



( »8 ) 

dbdusabtf. G'^^X ainsi <{u*il adnSt^* indubitftblenienl 

que Te^tomac eat passif dans là vo^misaame^t., ques- Matière m^^ 

tioa aqjom^'iuû r4iolud «a sto^ invarse. Est-il bian ^^^^* 

vrai ayssî q^a T^^Uque favorisa led^rgèmeiit 

du système p4r4bral? Dbsav&t l'admiaistrait dan» 

les comjsioiÎQfts à U têta« mais à d^sas fraclioanéat^ 

et comme dériv^^iif. Notra ainaur fia veui pmet non 

plus qu'on recounaisse une propriété F^f faSahia^aata 

dana laa aaidaa* STal dpute« s'il s'agit 4'^ae prapriété 

spéciale : elle n'est f«'iii»agiii^ira ; mais c*ast autre 

ohose , qoand ces mâmas acides aout étaadus al 

admiai&lfés conveoahlemjeiil; Texpérienaa démaoïra 

^urneUemant le«ur efficaoit^. i^e BAOttf jallégaépwr 

n^tre ai^teur çat que, dans ua aaftarrbe dooi il &II 

aiïfcléii il ar'eo o|]4ÎQt qua.do maiivais effets t at oalu 

davatt élre. Les adoucissans sont ici préférables; car 

lei acides e^^cileiit la touv i an agiasaai dipoelemeot 

sitr k muqueuse irritée. Toulafojs Imï^ effets seul 

bien côAStalés dans les fiàt/r^s ardanjas. ^et iuSnumi 

i9^teîres> Us sont rafraichissiansii précisément parcft 

qu^éUftt de l^gars exaJUiAs « iU pr/avoqueut dQimn 

«eut l'aatîon d^ exbalans » et eslweiH l'^rrd^^iir du 

de la fièvre» Jl est vulgaire qae r«eaii ^mj^^^ apaise 

plus dif^ileo^eiit la g^vre que q^andeUe ^^ a^. 

didée., œa pas parqs qa'iw ^. toit^mpiASt iM¥l 

parce que cette dernière sûmabe davantane V^jolio^ 

das i>rga»as a^^te«rs d^^ (a sj^Jf ve. Miai% dM 4'a^tapr, 

V^v§^B9 n'^t-il pas un d«9 principes içap^tit^pi 

^a^ acM}a^? Bh hjiçp^, qw'wppf te ? <Ip. Q$«^îaiit4>WJ 

frais ^fiM^mt paiiiT^ad4V!^iHig8iijej{p^rs0mi0 

«e s'avisa d'^n/coeK^s^r }a qualité inafr^bisawH^ 

V^là «ù cQiidMif l'ebps des misot^nfànans aaiakae 

^ftqttas , quapd r^Tqpéneia^ «l'ai» Ifil FAsir)^ bs^ 

On n'est pas moins surpris de remarquer les pa»- 




dicale. 



(.356.) 

sions parmi les rafn&chissansv on ne s'attendait 
goère à les trouver dans cette affaire^ mais elles 
agitent 9 elles ébranlent « elles bouleversent, elles 
rafraîchissent on échauffent^ en un. mot « elle* 
modifient tellement notre pauvre et faible machine « 
qu*eUes mentaient bied on article séparé. Leur 
mode est si différent de celui des antres agens thé- 
rapeutiques! Mais revenons. 

Dans ce second volume, M. Havih, suivant le 
plan qu'il s'est tracé , décrit une foule de médica- 
mens qu'il nomme des anliscoirbuliques , des carmi- 
natifs , des emménagogoes , des aphrodisiaques , des 
antispasmodiques* etc^« elc Cependant il y aune 
division de médicamens appelée lymphatiques. A 
part le vague que présente ce mot j on Voit ici que 
l'auteur a été forcé de rendre hommage aux prin« 
cipes que nous avons émis. Il a groupé certaines 
substances, d'après leur action directe sur un sys- 
tème organique. Si , dans le cours de son ouvrage» 
il avait constamment suivi cette marche, il eût été 
infailliblemisnt'OOQdait à des résultats pratiques plus 
positif. Du teste, cet article des lymphatiques laisse 
peu de chose- à désirer : une érudition choisie « 
( d'ekcellefis préceptes de thérapeutique, quelques 
i fei«i' bien exposés , prouvent que l'auteur est tout à 
la fbts bon médecin et sage écrivain. 
( ' Il s'en faut que ce qui conceriEie les antispasmodi* 
qneli nous ait paru aussi satisfaisant, sans néanmoins 
qu^on puisse l'imputer à l'auteur. Il a entendu dire ^ 
il a lu, piiîs il a écrit ; d'autres, après Ini , enten- 
dront -dire^ liront , puis ils écriront tout ce qu'on 
«Éttisar woes^important siijet , et rien de plus : c'est 
:f un écho qfai se. répète de livre en livre t d'auteur en 



» 



t. 



■ t. . t •! »• I « 

4 



(5S7) 

auteur; et depuis long-teii]|>8 nous n'avons que des 

reflets de reflets. Matière mé» 

L*autetfr remarque judioleusement, dans une note* 
qu'on n*a donn^ aucune explication satisfaisante du 
spasme. « On ne sait pas mieux , dit-il , comment 
agissent les mëdicamens antispafsmodiquts , et Ton ^ 
ne peut, dans Tétai actuel de nos connaissances ^ 
établir de rajsiport entre ces deux ëlémens de la mè- 
dicationy la maladie et le remède. » Raisonnement 
d'une parfaite- exadtitude; mais comment se 'fait*-il 
ensuite qu'il tente d'expHquer l'action nerveuse; et 
que l'hypothèse de Beil lui paraisse aussi /b»^/^ 
tin'ingénieusei «Il faut bi^nv dit*>il ^ qu'il émané des 
nerfs un fluide nerveux qui les pénètre , lorsque l'a- 
natomié n'y démontre aucun filet' nerveux. i> Ce 
motif est-il donc suffisant pour donner, le moindre 
degré de probabilité aux idées chimériques du phy^ 
siologisle allemand? Et même > en adoptant cette 
hypothèse, nous n'en seriods pas plus avancés, pour 
établir, dans les affections du système nerveux , Rs ^ 
rapport entre la maladie et le remède. 

Ce qui prouve combien nous sommes peu avancés 
sur cette matière^ c'est que nous donnons abusive- 
ment le nom d'antispasmodiques et de caïmans , à 
^es- substsmces • presque toutes très - énergiques , 
comme les étbers, l'ammoniaque , les gonomes 
résines , etc< En parlant de ces dernières , nous, cite- 
-Tons les propres paroles de l'aujteur. « Les sucs goni- 
mo-résineux, dit-il ^ en usage dans le traitement 
des affections nerveuses, possèdent deux propriétés 
qui paraissent tout-à-fait contraires : celle d'exciter 
tous les systèmes organiques, et celle de calmer partf- 
'cnlièrement le système nerveux. Cette sédation dés 
ay stèmes nerveux, sous l'influence d'un agent directe- 



(398 ) 

ment excif aiit , ne peut »'expUqiief qtt*6n resoniittb^ 
ffatiire mé- s^qi ^ pour cause occasionelle des • affeetklns' nei- 
veusea et spasmodiques', uo 'défaul d'excitation ou 
d*atonie ê% de faîMeaftiB de ce 9vstèa»e« Cette cause 
est, en eifetyUDe des plus ordiiiaires>dBs affectioi» 
Bek*Teuses » eti&'>» Rieô^ au contraire i ne Aie parait 
plus douteux que oetté [iréieiidneftiblesde et atpuie 
des nerfs. Loin âe\k ,'les personnes dites Heri^àns&f 
n'ont acquis cette âîspo»itîôn qoè ptar rex^roictocoâr 
ttnuel^ ta sollicitation assidue du arystèuâ^ nerveui^. 
Or> il est recotfdu ^n pbyàiolo^e que plus- Pexcita^ 
lion d'un orgaïie^ ou d'un s^stètoe d\>pgattes § est 
pfolongéis» quoique dans des bomea compatibles 
airec la sahré, et p^us ils acquièrent dé force él de 
dëveloppementi Toutelois celétat dé vitalité ne peut 
a^oir lieu qu'aulx dépens des autres ori^slfies, ete'est 
ce qui a Heu énné le eaft dont nbiii ftai^lonsv Lôrsqte 
le tempérameut est très-irrilabte» à riElxceptioB do 
aystèiife nerveux qui a^toût enrahi v les auires fon^ 
fions languissent « et aoiamineut celles db syétèoie 
musculaire. L'équiUbre orgatiique eàt rompu> la ré^ 
partiiion dea forces élaqt inégale. La faiblesse des 
individus ainsi tsonsiîiués n^est donc qu-apparenle 
et relative; aUssi voil*oi) dans les spasmes et les œn- 
vulsioQS , quaod , par une 6utte de l'irr éguiaritéd^ 
mouvement vitaux , les fordès se cbncentreni dans 
le système mustsulaire ; voit-^n « dis^jb* des females 
délicates et b jstériques soulever-des potda cohtidé- 
râbles , et résister aux ferceà de plusieurs hommes 
robustes. De ces considéra t ions ^ nous pouvons donc 
tirer cette double induction : i^ que l'atonie du â^ya^ 
tème nerveux n'eat nullement déniCMdtrée ches les 
personnes sensibliîa et irritables; car les .bains vwa 
(%iine doux» d^ poMtoits modétées tes. ealmml 



ttieax que toata autre espèce de remède i ^ que si 
iMTemèdes appelas antispftsmodiques ont une effi. J'^"'»*- 
eaoilé marquée ^ oe ne peut être que par une action 
directe sur le s^tèoie nerveux, mais action dont lè 
mode nous est totalement inconnu. 
^ Ces difficultés théoriques , cette incohéhencri 
d'idées de nos systématiques ^ se remarque égitle^ 
ment lorsqu'il est question des sédatifs et dès niit« 
cotiqoes 4 dont les propriétés se confondent danslif 
pratique. 11 n'est peut<»ètre pas , en matière mé^ 
dicale , d'expression plus vague que cetle de se-- 
datifs surtout xjuand on l'applique à une clhssri 
déterminée, et circonscrite de médicameiîs. Bn 
est -il qui jouissent essentiellement el d^ble- 
ment de cette qualité sédative ? Nous né tè- 
croyons pas; pour qu'un médicament agisse , il doit ' 

mettre en jeu^ la sensibilité de l'organe avec leqbël^ 
on le niet en eontael : or comment supposer iéi iHK 
pareil effet , puisque l'iadication est préeisëmënl' 
d'engourdir ef il'éniousser oette^ ihiéme sensibilfté? 
Mais^ dita-t-on»ilne s'agit que des Yésûhats et nevl 
du n^ded^actiott.Dansce cas laquestianeijf lout^à?' 
fait^férente. Alors pourquoi faire une division^de^ 
sédatifs ? on peut les multiplier i l'infini. Dans les 
ia^ammaitions , les saignées, les adonoissans > tes: 
émolliena« la diète» le repos, sont de bcms séda6fs%-^ 
Un malade éprouve, de violeas maux de t6ia,''dé^ 
l!épigastra]gie , vous donnez l'émétique , tout testent 
dans l'ordre ; l'éittétique etf done un. sédatif. Yoas> 
faites une indsîon pour e;ctraire lïn ^rpi étratign* >' 
pour^ achever la section d'un nerf, pour d^teîèsr, 
IVmneau inguinal ; à l'inslaiit cessent d'intolévablae 
douleurs : il faut nécessairement proclamer ie Us» 
toori ua très-puissapt sédatif. On vcit ici le f&obeiur 



résqltat-file Tabus des motot quand x>n n'y^itadie 
Matière mé- pas d*idées fixes : parce qu*on caime des douleurs eu 
administrant certaines substances « on se croit fondé 
i attribuer à ces dernières des qualités spéciales» 
C'est une erreur ; les narcotiques n'opèrent ces effets 
quçparla congestion qu'ils déterminent sur le cer— 
reoxh Le malade .perd la conscience de son mat» 
4olorM z»^eileetiéi le vin même , dans ce cas, est^ 
un bon séda^j au moral comme au pbjsique, le» 
ivrognes ne Tignorent pas : 'vinapeUite curas^ a dît 
Horace^ Ijes Turcs ne font abus de l'opium 'q«ie. 
pouir obtenir les mêmes effets; Relativement à cétt» 
dernière substance» il s'en faut qiie le procès soii 
).ugé ea' dernier ressort , sur ses qualités sédatives €hi 
stimulantes* malgré les assertions- des auteurs le& 
plus modernes. Depui».6ALiXN^ qui le jugeai^frcàd 
an quiitrièiiie 4egré.9 jlisqû'à nos jours , que d'bj*- 
pQtbèses^et de conjectures, opt é^é.e^i&iilées, prôdéea 
^K à jami^s oubliées l £b biiip; après tdni de travaux,, 
iKiulesrvous 9fiMM pourquoi Topium fait deurmir ^ 
Qp^a est tn 00 virius donnî^à 'y,o*e%t Mousek 
qiû l'a trouvé; Ija ^pratiq^ie-stiile iious fournit queU 
cpi^s lumièfces , . dans l'emploè* de ééi hératqùe mé^ 
didameiil. lies cas. où on Fadm2nistrç, les doses à 
pnlsiprire i les préparations les plus éopvenables noos 
spnt enseignées par l'expérience. Du moment que 
lifta^ qOitteii^e bâton d'aveugle , tout est vague» in» 
oerlain , illusoirp , su^t à discussion* Bien certaine» 
ment cela propositioa» paraitronl mal sonnantes à 
(VBUX qui acboaeiten^une explication-, aussitôt qu'elle- 
pnMit probable » et .cadre avec les faits; mais ai* 
tenides Une vingtaine d^années , et vous verres que 
l'on 'conyiéndra unanimement que nos connaissancesi 
eur cet' objet étaient tont-à-fait bornées. Conoluon« 



(3ôi> 

donc qu'on pourrait p^qaerire au yoçahulaire mer 
dical le mot àe sédatif fX{u\ ne.repofteque àur wai^ Matière mé^ 
erreur des sens « cllest-i^dire , sur les. effets apparent ^^ ^* 
^e les nxédicam^Qs, ainsi, qualifiés, produisent 
dans qertains cas seulemcent, puisque, dans. d'autres 
Topium et les .s^bstaiiGes :analog|fes rendent fu- 
rieux et montent les forcest vitales au plus haut 
de^é d'exaltation.» ,,>... ^ > ^ 

' NdL doule que ces réflexions ne puissent s'appli* 
qaer. à une foule d'autres médicamqns ; le dpc^eur 
EUkijv,^ lui^rmême^ ( qui s'y siérait a^en^u ? ) penche 
à cro^e qu'il n'^.a point de «vermifuges* a Fossé* 
doii\s?nousy,dit-i), des spécifiques. contre le$vers 
intealinaux ? T ,a-t*il de véritablfis vermifuges ?..Les 
médecins désjjg^ent par ce .nom» les mé^ica^ens 
^qwi ont la prppriété de tuer les vors: mais ji^iine^t 
moins prçpvé que cene^,prcprièf4\ leS(.veïirin4foges 
Jes plus aaliCs peuvent chasser les vers des int|9^ias , 
notais, bç^uqoup de 09^ anjunau^nepé^issaiit, qu'après ^ 

iepr sortie» en sorte qu'il \^t. difficile de.d^çidier'isî 
leuç mort«e§t cajoaée^parJ'effet de ce déplaçe^^^n^y 
oaipi^r l'effet immédiat du médicame|it*.D*ailleurs 
oeUbe . espuUioa a /womwX Ueu. spoqt|«|ér>ie9t « ^t 
son» avoir été profDq«ié9> taiidis, ifipe:» #aiis heau- 
eovp d'autre^circQ^slajpqçSjt l€fs,veraréi|islent à Paç-^ 
Mon des vermifugo^le^ pVis actifs. Ainsi les mé4eT 
Wi\% peuvent hiea douter ei?core, de l'action spëci^ 
fique attribuée à ces- médiopinens; il leur est aus^i 
permis de- douter si > p«ir)iii .les nocpl^reux: médica- 
mens vermifuges ,- une e^i^^ est pliis.qj)'une autre 
edaptée au traitement de telle p\x telle espè^. d^ 
iwrs* JU'expéyience urontre tous Içs jours q^e le 
mèpue médicament pei^t détruire ou.ç^pulser,des 
JiMeiiios tous le9 vers indifférf^mtii^eet^Oa détruis 




( SÔfl^ > 

les asfiftridcfTénniciakires , et les loArfirietâdés, «rf 
SSie!* ^* moyens tmiformiefl; ic» mêmes meyeiu font 
expulser de longnes portions de téntft, en sorte 
qu'il parsk que ce vers peut être détruit par tonales 
remèdes vermifuges donnés i fortes^ doses* Tout se 
féduirait peut>>étr6 dans le traitement des nUrladiet 
▼^mineuses , à adiministrer , pour cbaquë espèce dé 
vers, le même médicament, en donnant hdoseei^ 
raison du folnme* de la forceetdeiatenacttédes 
vers. » L'auteur ajoute en note que Gn^isir ne parlé 
pas de tes médieamensy et qne leailencodooei 
bonnneoélèbre est on avfeu tacite de Son peudecdxs* 
fiance à leurs vertus. Kous pouvons donc penser que 
ces remèdes n'existent pas : assertion d'autant plui 
probable qtie les toniques et les purgatifs sont^dani 
certâiiis cas, les meftleurs vermifuges connus. Ba 
vérité ,' quand on considéré riristabilité dé i^tak tlfélo^ 
ries en matjère médicale , rincertiiiide dé-iios rès^ 
sources , ië peu de sâretë de nos méthodes pour left 
atigmenter , oto est conduit , malgré sdîy au 'pla^ilfll^ 
géant saepttsme. Qui ne serait tenté de s'èt< fèpp^ 
porter à-l'em^risme {M et simple, et à rittsiiMI 
des maladëft^ qui, bien soittveïit, noils ontfoél*ni 
des r^tHèdes très-puissans et de bonnes méfbodes 
cnratives? Ysbivagb enfin aurail^il eu raison? On 
sait que ce médecin illustre oéssalôtit à eotip d^^êir^ 
cer , après dnquaiite ans de pratique ; je meretire^ 
dtéait«^il â ses amis , je stHs las de depinèr. • 

Toutefois' la manière" dent on a procédé fifa pai 
peti contribué à nops amener axi point oà teos M 
sommes ;' c'est-à-dire , que lès premières assises d^ 
l'édifice sotif à pèirie posées. P&rtoUt oA né voit ^«e 
les fruits dubasard, partout des-travaiftpaHielfl^^des 
observations IsoWês. Chacun a tiOftsidttré léttéboMi 



(S6S) 

cie9> les idées. pHjsiologtepieS' en .vogue 'dé* son Mtfilèreiité* 
tempB. Nul pUii gébéBil « aàiGuo but^chéterminéi Lee» 
liâpUaux^ les scyeiëtés savantes simullipHées^ le 
grand tiesabre des |ottiiiaozit l'^ap^ît d'analjFsesî 
heureusenieBl applk|ué eux scienoee f n'ont été que 
d'une utiUté pW que deulease» dans; lés questione 
de matière médicelei II. en résulte que le pratkeieà 
«si presque loujours îndéeis dais itam fbule de eas?* 
qu'il n'aranoe qifeitlâltonaBlr à Paîdvd'une marcher 
sans appbi ^ à*une thérapeutique sans l)ase et d^Ane 
expérienee limitée qu'Une ^il qu'à lui-même, ftt^ 
aenUe assurément n'oserait aifirmf r que nos ctm*^ 
naissances actuelles .siu* TaetieB et l'emploi des re^ 
ionèdes soient capables de fataiér un corps do doc* 
tainob Car ,«nfin» qu'est-ce spi'une scienoe? N'esl-^oe* 
pat un ensemble de vérités eipchaSnées les unes awr 
autres., vqûi M servent mutuellement de preuves , et 
sa. prêtent un. appui réciproque? Or^ sîoelte dé&ni«< 
tloa e9t. vraie , nous n'âvena pcrint encore de matièril 
médicale ; nous avons quelques essais.^ mais noua 
atten4w9! ?ncore uia ouvrage qui recule . les bornée 
4u la science» qioi fassol^eque par la solidité dea 
pirînçi|iea«( li^ sag^acité des recherches « la nouveauté 
dec^ ez^^ri^nces , la stérile du raisonneeoent» . la 
grandeur et ri^npDirtanfie des résuUaia* 

t^v ces. copsid^tÂQ9St critiques ot tant soit peu 
chagrines ^ tiotire.pr^ien}ioii n'est pas dfi . déprécier 
le t^vi^il du doct0ur Hài^in* Il a parfaitement rem* 
pU son iaai, , qui était de ras.seinUer toutes les. coa-?> 
naissances que nons . possédona sur L'hîstoifv et. 
l'emi^çi de;i substances médicamenteuses, et jd'en 
faiMi un exposé lumineux et précis* Tout considéré^ 
çsesi peutp?6tre le .meilleur. Hvie. q<on ait «suv mi îm** - 



(364) 

portâot dbfet. Dat mohi de la vieille Eeote , o6mtn& 
MatU^mé* apëritiC 9 fondant, désobstruant; un siyle pénible^ 
embanassé» en général peu ciiâtié, né luiôlent 
riten de son .prix* Ce sont des imperfections •qu'ont 
fisra aisénïent disparaître dans une seconde édidon«r 
D'autres livres, sur la. matière médicale ont été pu-» 
bliés avec plusdefraoas etsôus des formes plus sé- 
duisantes ; mais leur i^lilé nVn était pas mieux dé« 
montrée. Ce ne .sont pas de spéoiensès ^hypQtlièses r 
des expUnations subtiles que demande le praticien , 
c'est l'histoire simple « maîsesEiîote, mais blaire; do- 
médicament quf il veul employer ; ce sont des pria* 
cipes consaorés par rexpérieneéyptxir te guider dans 
l'applioation qu'il veut en faire. 
. Nous avons loué l'auliHir de s^étre abstenu d'insérer 
aucune, formulé daQS:i|6n'X)tnmg&; nous l'approii^ 
vous, encoitt de.ce cpi^il n'a fait qu'un usager très- 
réservé de |a;ohimie; de nous: avoir fait grâoede ces 
longues analyses qui prouvent si peu , que ^ selon 
Fobservation«de M. V|&ar , le pain et la cigtiépré» 
aentent les mém^ lésahais. Toius ces acides et osa 
priixûpM xfonvélleiiiënt déoM^erfs dont on^fait tant 
de bruit « sont-ils. donc d^uné ap^^lication-si-facilô-y 
d'une utilité^ tellement démontrée, qu'il fioiHè si^ 
délai les préconiser dans un ouvrage de malièife'tné»' 
dicale ? Nous neveyons'pas que la mo^pbiùe, Pkàid^ 
bydro»oyaniqùè I etc., fassent une ghan^ fortune 
parmi les praiiciens.'GoMilriien mêinë do des subs« 
tancée sont déchues du haut rangea lésa vaiènlplac^s 
d'abord l'enthéusifféme « la nouveauté , Tintérèt par-» 
tioulier. Si Ton doit renoncer à expliquer par té.^ 
ohiniie le pl«» petit fait physiologique, parce qtie 
la science dé* la vie n^est pas la soienee des attrac- 
tions moUculaiioii; il m faut pas compter davantHg»- 



(365) 

lur elle dans les pliënomènes pathoiog&pies ; jus- 
qu'à présent presque tout ett dûà rexpéidcemce cli- Matière mé*. 
nique. Comoie du lemps ie Mort^n, qqus pouvons ^^ *'- 
encoce dire : . / i • • 

AgDûscat vans eliîmîous- inmdaoîa ti%mm»f 

Kee totam nltcrius medicluam qiMerat in îgaf. ^ 

Cette science est d'ailleurs dans un mouvement 
perpétuel , rien de fixe et. d'arrêté, ^as même les 
bases. Sa changeante et bizarre nomenclature fa- 
tigue la mémoire sans but réel d'utiUté.^Deux ou trois 
Dictionnaires sont indispensables pour savoir que 
cette phrase, hj^dro-chlorate de sodium , signifie sel 
de cuisiné. Jamais le néologisme a-t-il été poussé 
plus loin ? Ceci nous rappelle qu'un certain Sachs, 
médecin, • avait intitulé un livre : Océan'-Mncra* 
Micro^Côsmit/uei de sorte qu'il fallait un géo- 
graphe , un grammairien , un physicien et un méde- 
cin pour savoir que, par ce titre , l'auteur voulait' 
exprimer les' rapports qù^il croyait apercevmr enff» 
le mouvement des eaux et celui du sang, n'est temps 
de mettre des bornes à cet étrange abus ^ si l'on ne 
veut pas faire de la médecine une science Ht mots, 
selon l'expression d'HoFFMANN, scientià pure no'^ 
minalis, Deptiis quelques années on veut tout mettre 
en Dicttontiaires , en Tableaux , en Nomendatnres^ 
que gagnons-^nous à ce travers ? des volumes , det' 
papiers et des mots , pas un fait de plus , et encore 
moins une vérité. 

. . RCVEZLLi-PARliïB. 



1, 



( 960 > 

• • r • - 

^ ^ t * ^ 

A 

Du mmimg9f emmdéré camtfie muyén 
présêfpai^ et euratif des matadiea; 
thèse y par M. J. Bousquet , de Mas^ 
Cabardis {Aude), doeteur. en méde^ 
cine ^ {tf 3^*^1820)^ apec eçtte épi-L 

* graphe 2. 

Le plaisir sied très-bien an sacé s 
Il ressemble aax vins délicats ^ 
Ott peut s'en permaltre l'usage : 
' Suveii ) ne voua enivrea pas. , . 

, L'illitetir établit i^vec raison # ce me semble , qu*oa 
Mariage, a çpafidéxé d'iiae manière trop matérielia les plai- 
flîrs 4^ f Sj»puF I lor^x^u^oa. les a pli^cés p^irmi )es 
CF^ra/^ dans les fabfa^atix d'hygiène « k qiiAse de Té* 
vacuatioa de la liqueur proU&qqe ^ et il se dempinde 
att, considérés coinme matière 4^ Tl^ygiène, ces 
^i^Êiç^ V^Iai^irs dç Tamom: ne peuvent p^ » 9veci 
ilttlaiU de raison f être rapportés & l'article des/var- 
Cisp^ <:i^k xseUU des eitcrétions. D*après sa ma« 
ttière'4* considérer ce sujet, U faudniit accorder 
IZieaueoup plus d'importaiic^ daiis reocplication des 
aceidens ffiti réiHlM^ ^ déper4îlioQs dv sperme « 
auy çircpnatanpes qui en iMxirmpagnefit l'éjçdission f 
fMxmouveoQMBnf vÂoteMs i^&prîmés au système ner- 
ipiiUCt et que D6iso(Q^|TS copipareàun aocès d*é-* 
pilepsie. En effet . comme il l'observe judicieuse^ 
ment, lesien|pnesi do^t la plupart n'évacuent rien 
pendant l'acte générateur» éprouvent du même abus 
ies mêmes inconvéniens que les hommes. Aussi, 
taxe-t*il d'exagération cette assertion de TissoT, 
( Onanisme) que la perte d'une once du fluide sémi^ 



(367) 

nal affaiblit plus que celle de quarante onces de 
sang-. 

L'opinion généralement établie est que la sé- 
crétion du sperme a lieu continuellement , et que« 
déposée dans les vésicules séminales , la partie la 
plus volatile > la plus odorante , l'essence , en quel- 
que sorte I du sperme , est repompée dans le sang ^ 
et que de ce mélange résultent des changemens 
surprenans : totum animal odore suo imprégnât ^ 
harbam , pubem , comua produci jubep , vocem 
mutât m.oresque ( Haller. Primce Hneœ phys. 
cap. 28, N^ B37). Neque enim, continue ce grand 
physiologiste, hœc animali 0b œtate acceduntp 
sed à semaine ^ et in perpetuum, ab çunuchis ab^ 
sunt* Animaliùm castratorum incrementum et 

• • • ' 

roburminuititr; integrorum ver6feroçiae{tfûstor. 
per totam camem diffusus invftlescit. Cette théo- 
rie > qui est celle que professent tous Iç^ p^siolo- 
gistes et tous ceux qui ont écrit ^ur rbisfoire natu* 
relie de l'homme , e^t précisément Cjell^ contre 1«* 
quelle s'élève avec plus de force M. J. ^ousqpet. 
$elon lui, « i? rien u'e^t mpins prouvé que ce pj^in-^ 
cipe^ qui établit ^ue ta sécrétion d^ sperme se fait' 
continuellencient. C^.qui se passe chez l^s animaux 
le.porte, au co.ntr^ire^ à, conclura 9 par analqigie,.qup 
cette sécrétion n'a. lieu qu'au ippfnent du coït , à 
l'occasLondqs idées qui ^'y rapportent. 7? Un homniQ 
çpntinent aj^açit soin d'écarter. ces sortes dldées, la 
sécrétion doptil s'agit » doit, chez l|ii> être peu ac<^ 
tfve , et les pollutions nocturnes Iç débarrassent du 
fluide sécrété. 3<* .Çiupppsé qMe les vaisseaux ^bsov^ 
^ans se chargent d'une portipq de .ce Quide , il est 
infiniment probable que TécoRomie s'en défcmrrassii 
Kff quelque aiUr^ y oijç , par U> sueur, par çxemgle ^ 



Maria^«« 



^ 306 y 

i ! comme il arme dans la rétentioa de tous' les autreai 

Màrïâge. fluides sécréeés.w 

^Cette dernière assertion n^est qu'une- supposition 
peu probable » et qui est mal étayée par les preuves ' 
d'analogie que l'auteur cite à l'appui. En effet, la 
sueur et les autres voies d'évacuation Sont-elles de 
grande ressource pour l'élimination de l'urine, d«* 
lasalive , des larmes , etc. , contenues dans leurs 
réservoirs naturels dont les conduits excréteurs soaC 
obstrués ? — En second lieu , la supposition que fe 
sperme n'est sécrété qu'au moment du coït, ou à^ 
l'occasion des idées qui s'y rapportent, rendrait de 
toute inutilité l'existence des vésicules séminales, et' 
l'homme se trouverait dans le cas de ces animaux > ' 
le chien par exemple , qui , privés de ces réservoirs ' 
nombreux, voient le temps du coït se prolonger^ 
pour que la sécrétion et l'émission du fluide proli- 
fique puissent avoir lieu. — ^Enfin je ne trouve pro- 
bable que la seconde supposition que fait M. J.Bous- 
quet , savoir, que la sécrétion du sperme n'a lieu 
que' d'une manière peu active dans l'état ordinaire , 
Comme cbe^ les hommes xontinebs , et qu'elle n'est 
augmentée qu'à l'occasion des idées relatives à 
l'union des deux sexes; Néanthoins on sent parfait' 
tement que, sunsadmeitre cànémuellement une 
sécrétion* de sperme aussi abondante que dans l'or- 
gasme vénérien , on peut admettre la formation 
-habituelle , mais lente et modéràe /de cette liqueur" 
précieuse 9 et sonséfour dans les réservoirs que la 
nature a destinés à cette fin. D'ailleurs, et cette rai^ 
son , ce me semble, est d'un grand poids, ies cUf- 
férences notables qui distinguent les eunuques dé 
ceux qui ont conservé l'intégrité de l'appareil gé^ 
nifal, proviennent évidemment de l'absence d» 



sperme qui manque àbsohinietit kcrx premiers t et 
de Texistence de ce fluide chez les derniers ; necfUé Mariage. 
enim y comme le dit Hallcr , que f ai cité plus haut, 
Jktec animali ah atate accedunt , sed à s'émine , \ 

et in perpeiuum ah eunnchis alfsunt- Si donc , le 
fluide séminal , repompé par les vaisseaux absorbans, 
devait èfrè^lfcainé par les pores de la peau, ou par 
toute atltI'e'Voie' d'extrétioiit selon Phypotbése dô 
Tauteur , sans avoir apporté une modification quel« 
conque dans l'^écononiie , à quelle cause probable 
con viendrait'il d'attribuer ks difFérences essentielles 
qu'on remarque entre les mâles restés en possessions 
de l'intégrité de leurs organes , et les castrats*? Mais 
laissons cette discussion d'une hjrpotfaèse sans ibh- 
dementt et continuons à analyser la dissertation de 
M. J. Bousquet. 

Première partie (^hygiène). — Du ma^ 
riage , considéré comme moyen .pré^ 
' serçatif des maladies. 

\9. Affections physiques^ La prédominand6 di]| 
' ^tème Ijrmphatique cède fréquemment à TusagiB 
deaplaisirs.de VsctaoMXxjuvenes cœlibes slramosi 
fiant , pùsteà vero tnatrimonio spontè eufontur^ a 
ëii "WIaishon; et ainsi disparait la prédisposition aioi . 
diéveloppement de l'affection sorophuleuse. -** L'au«« 
tenr aj^ant ^i pccasion d'observer chez trois jeunea 
ftiieii éminemment douées de la constitution scro*^ 
pliuleiae, le mariage* opérer, en peu de temps, les 
efaangemens les plus, heureux sur deux d'entre 'elies i 
pendant que- M troisième, restée vierge , demeurai 
en proie à cette cruelle affection, il demanda, à 

T.'ji.delaCoUlx^delau^Sér. Septemb. 2^ 



(570) 

Kpccssion de la remarque de Warthok $ si cette 
Mariage, fréquence plus grande des scrophules f dans le cas 
dont il s*agit, est due à quelque circonstance par- 
ticulière, de laquelle résulte que cette maladie se 
développe plus facilement chez les célibataires, oit' 
bien ai elle doit être considérée comme une affeC'* 
tion de Tenfance qui se prolonge dans les âges sui- 
vans ; et si là révolution de la puberté , pour pro« 
duire son effet antiscrophuleux, aurait besoin d'être 
~^ aidiée de l'exercice des fonctions génitales. 

i« Sffl est vrai » continue l'auteur, que l'usage mo» 
^éré des plaisirs de l'amour pirévienne le dévelop- 
pement de l'affection scropbuleuse , et s'il est vrai 
. encore que la phthisie pulmonaire né soit qu'une 
modification de cette cruelle maladie; ne devrait-on 
pas, jusqu'à un certain point, considérer le ma<^ 
riage comme un, moyen préservatif de la dégéné- 
rescence tuberculeuse des poumons?... Mais icif 
plus que partout ailleurs , il importe d'avoir égard 
au tempérament du sujet ^ à sa constitution caracté- 
risée par la prédominance du système sanguin^ on 
par i4nerûe dé l'appareil lymphatique ; car , oon^ 
seiUer le mariage, dans Pimmineuce de la phthisie »< 
à un sujet irritable et disposé aux maladies intlam* 
matoices, ce serait <:ommettre un contre-sens hy«* 
giéniqiie , tandis que le même conseil pourvait être 
utile dans des conditions opposées, y» On conçoit 
fiacilement qu'il ne faut pas moins que cette dis-» 
linction importante , pour qu'un médecin prudent 
Be craigne pas de conseiller le mariage à. un indi«* 
vida de l'un ou de l'autre sexe, et surtout du sexe 
féminin , dans l'imminence de la phkhiflie pulmo- 
naire. 
Jli'effet diaphorétique bien mapifest^ de l'acte 



/ 



( 371 ) 

gënëratour nous indique évidemment le mariage 
comme un préservatif des malaladies dépendantes Mariagei 
de la transpiration supprimée. Salon Tauteur , a c'est 
peut-être à tort que l'on a mis au nombre des causes 
du rhumatisme et de la gPMtle. L'exercice véoérîieaL 
fréquemment répété. L*impubipo de la .nature eéK 
plus souvent conservatrice que nos faibles concep- 
lions ne peuvent rimagiçier ; et. le penchant aux 
plaisirs des sens , chez les phthisiques et les goutf- 
ieux t pourrait bien être un effet de cet instinct con- 
servateur qui porte l'homme aux actes les plus pror 
pres À déranger Iç travail secret des causes mprbifi- "> 
queA, comme il lui inspire , durant le cours des ma- 
ladies , un goût particulier pour des substances .q^.« 
pables d'en procurer la guérison. » L'auieur ne noua 
donne cette idée que comme un paradoxe. Je par- 
tage volontiers son opinion à cet égard , et je crois 
que si les Persans , fort loin , comme tous les Mu-<f 
sulmanst d'être des modèles de continence, ne sojq^ 
point sujets à la goutte* c'est moins à l'usage exclusif 
des plaisirs vénériens qu'ils en sont redevables, qu'à 
la température élevée de leur pays qui facilite la 
.transpiration. (J'ajouterai que, sans les nier absb« 
ment , je ne mie hâte pas d'admettre de suite les 
assertions générales des voyageurs, sur l'état tel 
ou tel de santé ou de inaladie des peuples. Est -il 
donc si aisé à un voyageur , surtout chez les peu- 
ples de l'Asie, de faire des. relevés exacts, qui 
établissent d'une manière non équivoque la nature^ 
et tes espèces de maladies auxquelles sont sujettes 
les nations qu'il visite? ) 

Le mariage prévient , dans l'un et l'autre 8exe« 
les maladies sppsmodiques et les névroses variées 
qui résultent d'une continence trop rigoureusement . 



(37^) 

obienrée. Il en est de même de quelques maladies 
Mariage. puremeUl organiques de l'appareil générateur ches 
rbomme, et de l'appareil utérin chez la femme, 
comme sont les corps fibreux, le cancer de la ma- 
trice 9 celui des mamelles , etc. , qu'on observe plus 
. fréquemment cbez les' personnes du sexe qui ont 
gardé une continence parfaite, que chez celles qm 
ont accompli Jes fonctions de mère« pour lesquelles 
la iiature les arptit placées dans la société. 

Le mariage régularise l'écoulement menstruel, et 
prévient ou dissipe les accidens nerveux qui résul- 
tent de l'aménorrhée ou de la dysménorrhée. 

A en croire notre auteur, la mort même aurait 
'été le résultat d'une continence trop prolongée. 

.2^ .^^[/^^^oTx^ m6/»/a/^j«i Personne n*ignorecom<> 
biep. de fois un amour contrarié , la rupture d'une 
union près d'être contractée, un veuvage précoce 
•et religieusement observé, la continence absolue, 
en un mot , out donné lieu à l'aliénation mentale. 

L'auteur donne un relevé de 324 femmes allé* 
nées admises à la Salpêtrière en i8i8 ; il trouvç 
que lé nombre des célibataires est de 223^ contre 
loi femmes mariées; mais qu'il me permette de 
lui objecter quil se montre un peu trop prévenu en 
faveur de son hypothèio, quand on le voit inscrire 
parmi les 223 filles ou veuves, à la continence des- 
quelles il attribue l'aliénation mentale dont elles 
sont alTectées , 9& filles publiques et autres ayant 
fait des enfant sans union légale^ ce sont ses 
propres expressions. Que dirai(-on d'un auteur de 
statistique de TAUemagneou de la Russie, lequel 
ferait entrer, clans des tables de mortalité, le 



(-373-) 

Bombre des guerriers français tués & Ansf erfitz ou 

iL la Moskowa ; ou. encore celui des soldftts qui ont Mariage. 

suJccombé au typhus à Wilna , en Prusse , etc. ? Il 

est à peu prèsaus^i rationnel d*iiilputer à la coniU- 

nence Taliénation mentale de SR filles publiques^ 

et autres ayant fait des enfans saris uhiori lé* 

^a/d. Mais poursuivons. 

« Cet exposé rapide des maladies que le célibar 
traîne à sa iuite , et qui reconnaissent leur préser- 
vatif dans les jouissances légitimes du mariage, se 
trouve, en quelque sorte, couronné par ces grandes 
vérités : cpi*il meurt , dans un temps dùnné , pbîs 
de célibataires é/ue de gens mariés ; que ces der^^ 
niers parviennent à une plus grande vieillesse^ 
mot on ne cite pas un seul célibataire qui ait at^ 
teint un âge avancé ( H^feland ). w L'autefur cité 
oublie donc les pères du désert , ou les moines dis 
la Thébaïde , qui , malgré Tardeur du climat , pous« 
salent si loin leur carrière ! > ^ . 

Seconde partie, ( Thérapeutique. ) 

<c S'il existe des maladies qui affectent de pré- 
férence les personnes vouées au célibat , l'art pos- 
sède un moyen de plus pour les combajltre. . • • • On 
peut attendre du mariage 1à guérison de là pluparl 
(c'est beaucoup dire) des maladies iqui trouvent leur 
source dans le célibat, et leur mojeu prophylac- 
tique dans l'usage des {Aaisirs de l'amour. » 

L'auteur s'empresse d^ajouter : <« Il est au principe 
que nous venons d'énoncer, des exceptions qu'il 
importe de ne pas oublier , pour s'abstenir de dpn- 
ner un conseil qui 9 dans certaines circonstances j^ 
sçra^l utile , et qui , dans d'autres , pourrait avoir d» 



(374) 

graves incbnvëmens. Que peuvent^ en effet, les plai- 
Mariage, sirs du mariage pour la guérîson du cancer des ma-' 
melles? Quel résultat peut*on espérer de ces jouis- 
sances dans les lésions organiques de Tovaire et de 
l'utérus (i)? Et l'expérience n*a-t-elle pas démontré 
qu'elles hâtaient le moment funeste danslaphtbisîe 
déclarée , quelle que fût la variété à laquelle cette 
affection dût être rapportée ?» ^ 

Croirait - on , qu'après dès principes aussi sages , 
l'autear écrirait les phrases suivantes ? « Examinant 
la proposition contraire* nous la trouverons égale- 
ment vraie j c'est-à-dire, que « si le mariage ne guérit 
point toutes les affections morbides dont il peutétre 
regardé comme prophylactique* il opère quelquefois 
la guérison de quelques maladies dont il n'est point le 
préservatif admissible; et* par exemple, on ne peut 
dout^ que VèmoHon ^ui précède r-acte propaga^ 
teur^ le trouble du système nerveux au moment 
méjne où il s* accomplît^ e^le repos voluptueux fui 
lui succède f n'offrent autant de circonstances 
bienptopres à éveiller le principe conservcktewr^ et à 



(i) il. le profeMeQT RîcHJiR AND observe) ad iciensement, 
que c'est i prérenir cette terrible maladie , qu'il lânt pria- 
cî paiement s'attacher ; mais qae , lorsqu'on a réassi , dans 
rimminence de la maladie , à &ire cesser les doulean par 
l'emploi rationnel des mcyfens approprié* « an nombre des- 
quels il range Vahttinénce absolue du coït , si la femme est 
encore apte i coneeToir , il est infiniment utile qu'elle (ie- 
' vienne mire. Eu efiét , le travail de la grossesse 9 le dégor- 
gement considérable qu'opère l'accoucbemcnt , ramènent lo 
tissu de la matrice aux conditions les plus favorables à sa 
eonierTation. ( Noseg, chimrg. y f, 4^ p.. 396; ^sei. édit. ) (R.) 



(375) 

la retirer dé la sécùrUé funeste dans laquelle il est 
plongé; tandis ^u*à son insu^ les phlegmasies Mariage. 
chronié/ues et les désorganisations lentes détruis 
sent sourdemens les instrumens de la vie ? » Pour 
inoij je pense qu'on ne peut douter que cette 
aasertion ne soit fortement hypothétique » si ce n'est 
même le plus grand paradoxe qu'on ait jamais émis 
sur un pareil sujet. 

Quelle conséquence déduire d'un fait communi* 
que à l'auteur, savoir qu'une fièvre tierce rebelle 
H été terminée td'une manière critique par des éja- 
culations abondantes et involontaires ? Les avan- 
tagea du mariage^ proprement dit , n'ont rien à 
faire là. En général , cette seconde partie est un 
morceau d'une grande faiblesse , et semble démon- 
trer l'insuffisance des connaissances acquises jusqu'à 
ce jour sur le sujet important que Tauleur s'est pro- 
posé de discuter. 

Quoi qu'il en soit » du reste , de la prédilection 
que témoigne M. J. Bousquet pour le mariage , il 
est forcé de convenir que l'union des seixes ne çau- 
rait être conseillée indistinctement à tout le monde ^ 
et qu'il est des personnes (heureusement en petit 
nombre) que la nature semble avoir condamnées 
ail célibat. « Ce sont celtes dont les organes repro- 
ducteurs son( frappés de' certains vices de confor- 
mation auxquels tous les moyens de Tart ne sau- 
raient apporter de remède : celles que consument 
des maladies transmissibles par la génération , et 
qui n'auraient à laisser à leurs enfans que le triste 
héritage d'une vie empoisonnée par la douleur, eic<, 

etc » 

E. G. C\ 



(576) 

Noweau traité de la rage , obsermtipns 
cliniques, recherches d'anatomie pa^ 
iholqgîque , et doctrine de eette mala^ 
die ;. par L. F. Trollikt , professeur de 
médecine clinique à VHôtel-Dieu de 
Lyoni etc. (f^oy. V annonce bibliogra- 

• phique^ au numéro précédent^ p. 288.) 

— — ^^ T\y n peu de maladies dont on se «oit p|us occupé 
De la rage, que de laragtf. En 1779» M. Andry pojrtail, à trois 
cents I le nombre des auteurs qui en avaient traité , 
et, bien sûrenient, quelque grand que paraisse cç 
novubret il n'est point exagéré. Les écrits qui 00^ 
paru sur la même maladie depuis cette époque, sont 
encore plus nombreux. Néanmoins il vCy a peut-êtcp 
Aucune autre affection dont l'histoire offre autant de 
trace&de ce qu^on peut appeler superstition médicale. 
Lorsqu'on apporte dans la lecture des fajts un esprit 
d'analj^e sévère , on s'aperçoit bientôt qu'il faut xe- 
jeter tous ceux qui sont incomplets ou invraisem- 
blables , et qull faut recueillir de nouvelles observât 
tiens, ou choisir bien aans celles qui existent déjà # 
pour tracer une bonne description de la rage. C'est 
ce que des hommes d'un savoir étendu n'ppt pas 
toujours fait. 

Je n'analyserai point, chapitre par chapitre , If 
livre dont je fends compte : c'est seulement la dpc-^ 
trine, les opinions , lés faits nouveaux qu'il coijLtient 
que je veux exposer; en un mot, ce qui le distingua 
des autres sur le inéme sujet. 

Je crois deyoir commencer par dire qu'il n'est 
question dans l'ouvrage de M. Trollist, que de la 



f» 



rage propremect.dite , où de oeU^.mftladie horrible 
qui , chez rfaomine , est toujours dccasîonée par la D» 1* rag«. 
morsure d'un animal enragé. 
. . Maintenant )e rappellerai que la terrible pro* 
.priété de transmettre la rage, est* en générait exclu- 
sivement accordée â la salive ; mais que, pourtant, on 
cite des exemples de personnes qui devinrent hj* 
dropbobes pour avoir mangé de la chair d'un animal 
qui était lui-même hydropbobe , pour en avoir bu 
le lait 9 pour en avoir respiré, l'haleînef touché la 
sueur, disséqué les.cadavresi, pour avoir reçu les 
eniibrassemens et les caresses d'un homme en proie 
à la même maladie , etc. , etc* A cea[ fait; » que nie 
M. Trolliet , il en oppose d'autres bien autrement 
nombreux , rapportés par des autorités plus impo- 
santes, qui offrent davantage V^parence de la 
vérité, et qpi prouvent au contraire qu'on s'est nouni 
impunément de la viande ,des animaux enragés», 
qu'on boit leur lait ,^ qu'on les touche,., qu'on respire 
leur haleine , etc. , sans contracter leur maladie. 

Selon lui le sang n'est pas même inCecté dans la 
rage , malgré le cas cité par Lemert , d'un cbiei» 
qui devint enragé, pour avoir lapé le sang d'iin hyr 
drophobe qu'on venait de saigner, {Hivi. de tJÊcad. 
raj. dès Se, a. 1707,/?. 25.) , . ^ 

Je ne dirai point , à l'appni de ^assertion d^e 
M. T., que jamais la rage ne s'est développée chez 
les personnes qui avaient reçu à nu , sur leur peau^ 
ou même sur une écorchure , le sang des malades 
enragés : on aurait tort , ainsi quç je le dirai tout à 
l'heure y de conclure que la rage de l'homme est , 
aussi contagieuse que celle du chien. Je ne 8outieu<«> 
drai donc pas son assertion par des exemples dopt 
l'application me semblerait uiie erreur , mais par 



(378) 

des expériences remarquables, concluantes , encor» 
De lange, inédites, et qui sont dues à MM. Duputtaen, 
Breschet ^et Maoendie. Ces trois expérimenta- 
teurs n*ont pu , non*seulement inoculer la rage en 
frottant des plaies avec le sang qu'ils tiraient de 
chiens enragés , mais encore], en injectant par une 
Botie de transfusion, que l'on me passe le mot , du 
sang de ces chiens dans les veines d'autres chiens 
qui étaient sains , ils n'ont jamais communiqué la 
rage à ceux-ci , qu'ils ont gardés assez long-temps 
pour n'avoir aucun doute sur le résultat de l'expé- 
rience. 

Ainsi parait justifiée l'opinion commune parmi 
les médecins , qui donne à la seule salive la fatale 
propiriété dç propager la rage. Il serait superflu de 
rapporter ici des exemples de l'inoculation de cette 
maladie, soit par la morsure de certains animaux 
qui en sont attaqués, soit artificiellement , mais 
toujours avec la bave écumeuse de ces animaux. 
Mais les exemples dont je parle prouvent-ils que la 
rage affecte particulièrement les glandes salivaires ? 
que la salive , pervertie dans ses propres organes 
sécréteurs , en sorte déjà chargée du virus de la 
maladie? Telle est la question que se propose M. T., 
et qu'il discute , je veux dire qu'il éclaire , par des 
faits. 

Un événement malheureux lui a fourni l'occasion 
de faire six ouvertures de personnes mortes en-' 
-ragées , à la suite de morsures faîtes par une louve. 
Ses recherches ont eu particulièrement pour but 
de découvrir l'origine de la bave écumeuse > qui 
*est le véhicule du virus de la rage. Voici le résul- 
tat uniforme qu'elles ont présenté. 

X* La bpuche et Tarrière-bouche examinées 



V . 



(379) 

d'abord , étaient d*un gris pile , k peine lubrifiées 

par de la mucosité t et ne contenaient point d'é- 'l>elan>ge 

cume* 

a," Les glandes salivaires , parotides , sous-maxil- 
laires et sublinguales , ainsi que le tissu cellulaire 
qui lès entoure « n'étaient ni rouges , ni tuméfiées * 
ni infiltrées : elles oftraient leur consistance,' leur 
couleur grise naturelles , et, pendant le cotirs de la 
Hialadie , elles n'avaient été le siégé d'aucune dou- 
leur. 

Ces premières observations ont fait naître des 
doutes dans l'esprit de M. T. Le plus terrible de 
tous les virus , s'est-il demandé , celui dé la rage , 
serait-il produit au sein de ces glandes intactes ? S« 
développerait-il au milieu d'organes sans altération, 
tandis que les autres virus ne sont formés que dans 
des organes douloureux et enflammés ? 

3" Le scalpel, porté dans les voies aériennes , il a 
trouvé une inflammation du larynx i de la trachée- 
artère et des bronches. Les traces de l'inflamma- 
tion étaient d'autant plus manifestes qu'on les obser- 
vait plus inférieurement; là , la couleur de la mem- 
brane muqueuse était même celle de la lie de vin. 
Sur quatre cadavres on a aperçu de la mucosité 
ëcumeuse dans les bronches, et , en même temps , 
tantôt dans le larynx, tantôt dans la trachée-ar- 
tère. 

Ces derniers résultats de l'autopsie cadavérique 
portent à croire que la bave écumeuse', qu'on voit 
sur les lèvres des hommes et des animaux enragés , 
est principalement le mucus altéré des bronches , 
vivement agité et converti en écume par l'air qui 
entre et qui sort pendant une respiration convulsive. 
'Ajoutons encore que la matière écumeuse était 



V 



w^«r* 



( 38o ) 

g plas abondante, lorsque l'inflanimatlon des vqi'es 



De la jragej aériennes était plus forte ; que c'est dans la.poitrine 
que les malades rapportent cette douleur vive qui 
les tourmenté» ce feu intériety* <;e resserrement 
spasmodique qui les suffoque ; 't|[kîi^eadant là ma- 
ladie rien n'indique que les glandes salk^c|^ soient 

• affectées ; qu'on les presse sans faire éprout@i:^v,'pLa^ 
de douleur que si l'on toucbait d'autres parties f-T^ 
qu'on n'y sent aucun gonflement « aucune dureté ; 
enfin que la bave écumeuse ne paraît qu'après 
qu'on a pu observer des mouvemens convulsifs de 
la poitrine, ordinairement le second jour de la rag/e 
déclarée. 

I,a conclusion à tirer de ce qui vi^nt d'être dit,et d'un 

• grand nombre d'biistolresde rage, recueillies parles 
auteurs , et citées par M. T. , c'est que la bave écu^ 
meuse des enragés se fornie dans les voies aériennes» 
dont la membrane muqueuse est enflammée. . 

M. T. invoque encore l'analogie contré l'opinion 
<^ui fait arriver le virus de la rage dans la bouche 
avec la salive. Dans les autres maladies contagieuses, 
dit-il, dans la Iplénorrhagie, par exemple, n'est-ce 
pas la membrane, siège de la douleur et de l'inflam- 
màtion , ^ui secrète le mucus altéré, propre à trans* 
mettre la maladie ? Dans la petite vérole, dans la 
vaccine , c'est encore l'organe enflammé , la peau, 
qui forme là matière qui reproduit ou inocule la, 
maladie, etc. En effet » pourquoi admettre que 1^ 
rage fasse une exception , quand les faits ne portent 
pas à le croire ? 

Ce ne serait donc point avec la salive que le virus . 
de la rage arriverait dans la bouche ; mais , suivant 
notre auteur, avec le mucus altéré des bronches. 
lia première partie de cette proposition me paraît 



( 38i ) 

bien prouvée , mais j'avoue que j'ai quelques doutes 

pour la seconde. SAvrAots li'avaif-il pas aussi qiieU •'^** ^"l^* 

^ùès motifs pour croire que le poison ou le virus de 

là rage tirait sa source de la mucosité dà pharynx ? 

Tout en reconnaissant qu4l en avait beaucoup 

moins que M. T. , on ne peut rejeter tout-à-fait ses 

rafsonoemens. Voici ce qu'il dit : « les hjrdrophobes 

ie plaignent , pour la plt^part , d'un mal de gosier, 

d'une difficulté d'avaler « leur gorge s^enfle souvent; 

après la mort on f rouVe le haut de. Tcesophage livide 

et gangrené J leur bouche est éxempfte d'inflammà*-^ 

tioD, ^t<y*^,. Tous les phénomènes semblent dire qui^ 

ces glandes lsébaoées( les cfyptesmuqueux.da pha« 

rynx et de Tcesophage ) sont l'origine de la hw^é 

venimeuse des hydrophobes ( Dissertation sur lé 

Rage , art. LXXl, ). » Noos vêtirons jusqu'à quel 

point cela est vrai. 

On conçoit combien il serait facile « si Ton avait 
des chiens enragés , défaire Jes expériences directes 
pour c^nfiràiër ou réâversêr 1^- nouvelle doetrine 
de ti<X,re cpn&ère ' de Ljon : elle mérite bien 
d'appeler toute TâtieftlicM des hommes animés tdù 
noble dérir de perfectionner notre science. Ce qui 
milite puissamment- en faveur de cette doctrine, 
c^s^t que sa première piùrtie se trotive déjà démon- 
trée. Je crois devoir ajouter cependant, dans l'in« 
térèt de la vérité, que cVst moins sur ce qu'on ne 
voit pas de trace d'altération dans les glandes sali- 
vaii^s'^ que sur l'ensemble de toutes les circons- 
tances , que s'appuie une semblable théorie, car il y 
a dea cas deptyalisme très-al)ondant, dans lesquels 
l'observation ne nous a encore rien appria sur l'état 
des glandes salivaires. 

Ce que je viens de dire des recherchea de M. T. 



( 382 ) 

suffirait déjà pour faire assigner à son livre one 
Dt la rage* place distinguée parmi les écrits sur la rage* Mais 
ce n'est point là la seule chose qui recommande son 
travail : il a particulièrement éclairé ce qui appar-^ 
tientàl'anatomie pathologique^ c'est-à-dire, la pairlie 
la plus imparfaite de l'histoire de la rage. 

Il a observé que les poumons offrent deux phé- 
nomènes remarquables, xo un emphysème; 2" une 
couleur rouge.foncée. .. k. 

. Il ne connaît que Moroagni^ qui ait fait m^ntipn^ 
de VemphysibQaiQ.XDeSed^ ei Cétf^w Morbor. ^ 
épis t. 89 art. 3o.) , qu'il présume ètrç la suite de la rup* 
ture de quelque Qçllule broncbique^irpendant une res- 
piration convulsive, et qu'il a observé sur la mQÎtié des 
cadavres disséqués par lui. En rapportant le^ ré^ul^ 
tats de la disseptioa de plusieurs jpçgrsopnes mortes 
enragées , le professeur Rossx , dd X^uia » dit avoir 
trouvé les poumons exoessi vemyetii .dilatés. par l'atn 
{y.oy^ Mémoires de VAçdd, 'dfi4: Se. de Turin , 
an. 1792 à idfoo^p. .058 ec sniv.) A-t-il voulu 
^ire qu'ils fussent emphysémateitiriC ?! Quoi qu'il en 
soit, M. T. a toujours , pa^ laggiin^ière dont il l'a 
présenté, appelé. l'aUention det^édïecins sur ce 
phénomène. i .<VrT! 

. Qu^t au second, si nous consolions les auteurs ^ 
' BOUS trouvçms que beaucoup d'ej^JT^jeux ont aussi 
vu le tissu des poumons , lui^mdfipe , gprgé , infiltré 
de sang, cDmme.<Hi Y6bsefvp..[i'ins la pneumonie. 
Je ne parlerai point 4|^4i^ces d'altération vues 
par M. T. dans les orgaliiiés de la circula tioii, pi. de 
celles qu'il a , observées dans les voies digestives; 
mais je dois dire que le cerveau ou ses membranes se 
sont'loujours offerts à lui avec des traces d'inflam- 
mation y quelque rapide qu'ait été la nuirche de la 



\ 



( 38S ) 

maladie. Il décrit ces lésions avec beaucoup de 
aoin : les plus grandes existaient autour de la nais- ^ 1* ^^i 
«ance des nerfs optiques et des nerfs pneumo-gas* 
trigues. Cette dernière circonstance que notre au* 
teur indique, le premier, d'une manière particulière, 
,n*explique*t-elle pas lès principaux phénomènes de 
la rage ? Elle est confirmée par des résultats inté- 
ressans, inédits «de Tobseryation de M. Duput , 
et qui m'ont été communiqués par ce professeur de 
l'Epole vétérinaire d'AlCrart. Les altérations aperçues 
par M* T.. sur l'encéphale et sur le prolongement 
racbidien, loin de justifier cette opinion répétée 
dans tant d'ouvrages, que,, dàn^la rage , te cerveau 
estdesséché.sÎGiïTi&a^ébXkc au contraire corroborer 
ice qu'avaient dé>à dit quelques auteurs , et entre 
autres ceux qui méiitent le plus de confiance , Mon* 
GÀ6NI ( épUc. Sf ari. sê3 et 2S), André Marshax 
(^The morbid Anatomf of the brain , etc, , p, 989 
xoo; loi loa eu i^u ). MM. Gzllman ( Ou ûie 
BUeof a Rahid animal ^ p. i3 etZl.), Hoteland 
( Voy, Bibliothèque Médicale tome 55 ^p. SqS. ^ 
L'anatomia pathologique offre donc 9 dans le livre 
de notre, auteur, un rapport bien marqué entre 
l'état des organes^et les sympt6mes d'une violente 
«XçitalicBi qu*ils présentent pendant lamaladie. 
1 . J'ai.déjà fait entendre que M. T. rejette de This*- 
toire de la rage, tous les faits incomplets ou invrai<« 
semblables. Pans son opinion, qu^l serait difficile 
de ne pas partager , quand on examine les choses 
attenti ventent, la rage n'est point une maladie qui 
. ae développe dix ans après la morsure d'un animal; 
elle «'apparaît pas davantage dans les premiers 
jours qui suivent la. morsure. Elle ne naît sppnta- 
. Béaient , che« nous, que cbe^ les aqioMUS des gei^res 



( 



(2a4) 

eaniseif0Us^Xf&\9i transmetleiit âux autm mdij^ 
PoU r»4e. vîdus de leurs espèces , aux auires quadrupèdes- y- â 
l'homme , et biôme, il parut , aux- okeaux ; mais 
•il n'est point prouvé qu'elle se développé quelques- 
fois, dans ,nos climats t sans morsure anjiécédeiite, 
chez d'autres fspèces que ;celles ^^cbieuf^u )oup^ 
du chat et du reuar^ f ni que les animaux^ de oes 
autres espèces la propagent jamais^ J-ajouterai à 
bêla que la rage n'çsl pas même également trfins^ 
•mt^sible pourtoiis les aiikoaux* Ainsi j'ai la dans 
une4rès*"bonpedissertatian dç M. Jean AstiBVJLHiyi 
(Je^i3inD/i£o^//i)yetdanauaQuvFage de.M« Robert 
RsiD, de Dublin (Oft ihë naiar» and trâatmeni 
of Tetauûs and . Hfdrophobià* ) ^ que quatre 
hommes et douae diie^ fif rem t mordus par le oifênie 
efaien enragéi et que tpos les éhiens périrent de la 
rage, tandis qAe Ijss hommes,. qui ne firçnl rien 
pour, s'en préserver ^ ue l'eurent point.- . \r 

Jean ' H usu h r ^ râp^iorté q\Ke de ^agt-rune, per- 
fioanes qui firent mordiies , et qiu' n'en firent pas 
davantage pour éviter la uiaiadié, une seule en fî|t 
atteinte. (fCoy^ M. Qusmak , Ouvintge précité , 
p. Ii3*) Vauohàn dil.encoie avoir \a vingt à 
trente personnes mordues par un chieB enragé, et^ 
que la rage se déclara cheii «ne seule ; et 4tffitfle 
docteur HotrisToif, quedc neuf pbrsonnes^alemenr 
mordues par un mèaie chien t une seake devint euh- 
ragée. {ISidJ) D'un autre c^lé , on voit , dans les mé*- 
moires de la Société rî^ie. de'^médecîne , que de 
quinae personnes mardues par un chieB enragé et 
traitées à'Senlis , au moins trois saocombèrent à ht 
ragei (mn. 1763» seconde panU , Hht. p. i5o éê 
jiiiV» ); que de dix-sept autres mordues par un loup» 
dix eurent cette maladie ( tbid. p. aoç ); enfin , 



C W(5 ) 

M.' T. ,1tii-mèlÂd| donne lès histoIrÎBS de vingMroîs 
f»erâoniies mbitlues par une seule louve, et dont ^ '^^^' 
fr^ze thouriirent. On parle encore de dix personnes 
mordues, pàrtâi lesquelle» neuf périrent enragéeê 
{Mémoires de la Société t^y* de méd. c. ciié\ 
p, ifyj*'jyàGviï\g\'-(\vidXre autres âiiàsi mordnea par ua 
Ibiip, et doùt dix-huU périrent ( M« ANbaT^/ros* 
sîème édition p. 196. ), etc.; maïs ces dernières 
assertions ilifftiquent des détails nécessaires pour les 
co Infirmer pleinement. Tels sont les çxtî*êmes 4^ 
ta {if^opèrtion dès personnes mbrduesqufcontractettf 
la rage. * > . 

Si à ces faits on ajouté, que àoui^ent il est doHtéu;£ 
qûéf animal qui a mordu était réellement enragé % 
et qliê tiL cïàinte de la maladie suffit pour faire 
naître quelquefois une hydrophobie symptomatique 
( qtil u*est poiiîjt la rage ) , On concevra combien est 
grande l'erreur de ceux qui croient toujours avoir 
empêché la rage, parce, qu'elle ne s^est pas déve** 
loppée, éf ëonibien est pieu méritée la réputation de 
telle' ou telle méthode préservativé^ 

On a voulu déterminer les causes de là rage pro^ 
préJBieht dite chez les chiens , les loups , les chats $ 
tes renards » où les circonstances qui en favorisent 
le*déveIoppement spontané. On répète même dhaquâ 
jourv et partout , que la rdge s observeplus souvent 
qui toute autre époque de l'année, pendant le froid 
rigoureux de l'hiver, et durant les grandes chaleura 
de l'été. Le même principe a fait admettre qu'elle . 
est àlissi plus commune dans les contrées où règne 
une extrême chaleur, et dans les régions où le froid 
est excessifs Sans vouloir combattre ici ces opinions^ 
qui ne sont éullement fondées, je dirai que M. T. n 

T.jickUt Col. II» de Un* Sér, SeptCmb, 2^ 



(386) 

en ffei patiente de. parcoarir toutes les observatipii4 
Ih là h^* qui .^ffai consignées dans le volume des Mémoires 
de la SociéM royale de médecine, tout entier conr 
• eacTé à la nige^ et dans les recbérohes de, M. A» 
LeTésttltkt^ ninsi qpe le prouve un tableau, a été 
ceUii-<ci : lé auns de janvier, le plus froid de Tannéet 
«t le mois d*aofit, le plus cbaud, sont ceux qui 
offrest le moins d'exemples de la maladie ; c'est, âii 
contraire^ pendant les mois de mars et d'avril 
w^'d 7 a le pins de loups enragés , et pendant ceux 
de mai et dé septembre » qu'il y a le plus de cbiens 
atteints de la rage spontanée* 

C'est ensuivant cette marcbe que If. T. renverse 
beaucoup d'erreurs, répétées dans presque tous les 
é«arits sur la rage 9 et qu'il jes remplace quelquefois 
{lar 4es vérités nouvelles: Je pourrais beaucoup, 
m'étendre sur son livrej mais je veux moins dire ce 
<fu'il contient, que donner une idée de l'esprit dans 
lequel il a été rédigé. 

' Je crois devoir ajouter cependant que l^* T. a 
employé , sans avantage , dans le traitement de la 
xage f soit pour la prévenir , soit pour la guérir, lors- 
qu'elle était une fois déclarée , trois moyens beau* 
coup vantés depuis peu de temps : la racine dejlt^ 
teau ou plantain {^Alisma plantago Z. ); l'acide 
inuciatique oxigéné ou hydro • cblorique, et la 
saignée à défaillance. Je ne vais parler que du trai* 
tement par l'acide hydro-cklorique. Sept personnes 
jT furent soumises. Cet acide fut employé en appli- 
cation et en limonade; la dissolution aqueuse était 
"étendue jusqu'à agréable acidité pour être donnée en 
boisson. Des lingeé , trempés dans une dissolution 
concentrée , étaient appliqués deux fois par jour sur 
les plaies |) dont plusieurs furent cautérisées , et les 



âialà^âs ptebiiëiir, thaqiie foui*;' une pinte cte linlo>^ 
Bàdê t C6ûietia'nt un gtos de ceue substance. Tous lé& Dé là rH]^. 
Sé)M neipépi^nt pas inoinA de la rage « quoique lé 
traitement fèt' commencé dès le lendemain deH 
Meesures et ciiHitinué' jusqu'à la mort. 

Voilà done à quoi ^-réduit la découverte tant 
prénée de BAuGiTÀTfeLLi , et pour laquelle il a reçu 
en Italie 1e^ honneurs* d^âire inscription sur le mar^ 
bre !... ( frayez tome 69 9 p. 3o4. ) 

On peut, je ûrois ; affirmer qtie \% remède du doc- 
leur- LYBtAir-^i^ALDnrG, de Kew-York , en Amé-' 
riquèy qui vient d*a jouter A la longue liste dés spé-» 
eîfiques contire '1^ rage^ la plante nommée par ieè 
botanistes scutéèleria "lateriflora ^ est tout ttUissî 
illusoire. - « • 

La condusion à tirer dn livre de M. T.^ est celle* 
él \ il nVèt possible tJe prévenir d'une manière cer- 
taine là tage « qu*en détfuisaot mi en enlevant soxi 
germe ou virus déposé dans la plaie, au moyen de 
la cattië^isàiièta ou de 4'ablatioa pratiquée dans les 
premiers instans après la morsure, ou lorsqu^il en ' 
est encore temps ; et il n'existe pas un exemple de 
guérison de la rage déclarée. Cette conclusion est 
désespérante , mais si elle est conforme à la vérité , 
il faut bien l'admettre. M. T. connaît néanmoins les 
histoires d'un grand nombre de guérisons de la ma- 
ladie confirmée ; mais il a lu les faits racontés avec 
détails , consulté les sources , et il n'en voit aucune 
qui porte ce cachet d'authenticité capable de faire 
cesser toute espèce de doute. 

Je terminerai en citant une note qui se lit à la 
page 81 : «la crainte de nouveaux malheurs (vingts» 
» trois personnes avaient déjà été blessées par une 
»> louve enragée ) c'était le A2 mai 18x7 ) inspire le 



\ 



(388 ) 

» projet d'me battue générale^ on ea trace le plan ^ 
De la rage. » Le Rhône forme , de la contrée ravivée par la 
» louve ^ une presqu'île triangulaire. Les pajrsana 
» . armés ^ dirigés par les autorités locales , doivent 
j» se disposer en ligne à la base du triangle , et 
}) battre jusqu'au sommet. Le jour est indiqué ; les 
D habitans du Bugey se préparent à border la rive 
M opposée du Rhône ; la terre couverte de neige , 
go les esprits favorablement disposés , tout est prêt.... 
>> Préparatifs inutiles ! les paisibles habitans de cette 
» contrée apprennent « de Grenoble , qu'il n'est 
» bruit que d'une seconde conspiration. Un ordre 
» du général empêche tout , et la campagne reste 
» exposée à de nouveaux ravages ! » 

Je crois en avoir assez dit pour faire sentir l'imr 
portance de l'ouvrage de M. T. , et que ce médecin 
est du très*petit nombre de ceux qui font mieuaç 
connaître la maladie dont il traite. Son nom sera 
désormais attaché à l'histoire de la rage. 

L. R. YlIXJBRMJ^ 



I 



OBSERVATIONS 


MÉTÉOROLOGIQUES 




THERMOMÈTRE ' 


BAAO.MÈTBE | 


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30 


+ 30, 10 


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+ .9.50 




761,06 


760,78 




+ .7;5o 


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769,44 


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33 


+ 19,40 

4- iSiSo 


+ :«.5o , 
+ «.So 


+ 17.00 
+ 17,00 




769,73 
76S.55 


761,6. 

764.44 


34 


+ i8,5o 


+ 6.35 


+ ■6.75 




764.67 


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35 


+ .7,35 


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+ ,6.00 




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760,76 


36 


+ 17.35 


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769,99 


27 


+ 13,85 


+ 5,75 


+ .",9i 




747.55 


74,,5. 


38 


+ 9.5o 


+ 5,00 


+ ».»5 




767,74 


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X 5.5« 


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760.87 


759.96 


3o 1 + .5,75 


+ 13.75 


'^i,J, 


76. .16 


761..4 


Moy. + .6,25 


+ 6,89 


+ 14.861 757,o5 


755.9.1 755.4, 



RÉCAPITULATION. 



PIdb grande éMialion 

Moiniire élévation du mercurM 

Elévation moyenne.. 

Pliis grand degré de clmleiir 

Moindre degré de cbaleiir 

F-an depluic tombéadantUcODr i5,<ii. - 



. 4- -3i'',75 le i5 
. + 3 i5 )• S 

r» rob», 3o.3o. ~ 



» 



FAITES A L'OBSERVATOIRE ROYAJL PE PAR». 

MOIS d'avril iSaob 



o 
ES 



1 

3 

3 
5 

9 

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11. 

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33 
34 
35 
36 

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38 

39 
3o 



s o 

S iC 
• H" 



VENT». 



VARIATIONS DE L'ATMOSPHERE. 



70 
70 
59 
33 
46 
56 
53 
65 

70 
63 

63 

65 

53 

64 

69 

44 

45 
48 

44 

53 

58 
46 

33 

67 

47 
4i 

7S 
53 

46 
47 



55 



O. 
O. 
N. 

E**o*-E« 
S. 

s.-o. 

O.-N.-O. 

S. O. 

O. 

S. 
S.-O. 

8. 

S. 

S.-0. 

N.-O. 

N..E. 

E.-N..B. 

N. 
N.-0. 
N.-O. 
N.-B. 
£ fort. 
N.-E. 
N.-B. 
N.-E. f. 
N.-O. 
N.-0. 

N. 

N. 

N.-a 



«Wato 



«MMé* 



Couv. y brouîl. , Irès-naageux, nuageux. 

Couvert , id. , îd. 

Id. , id. , beau ciel. 

Lég. Duag. , beau cfel , lég* nnag. 

Nuageux , brouillard , ciel troubleet nnag. , id. 

Couv. , id y pi. par intcrv. 

Très^nnagenx, id. , pi. » grésil i 4 h. 

Id. et lég. brouil. , id. pi. et gréfv à 10 h. ^ pl« «ib. 

PI. , id. par iot. , beau ciel à 10 li. 

Nuageux , cou y. , couv. 

PL, brouîl. , très-nuag. , pi, par ioL 

Couv. , id. nuageux. 

Id. , lëg. nuages, id. 

Id. , id. , pluie depuis 8 lu 

Couy. , id. , nuageux. 

Id. , id. , beau ciel* 

Id. , id. , id. 

Nuageux , id. , ciel trouble. 

Id. et lég. brouil. j beau eiol t id. 

Nuageux , id. , id. 

Id. , id. , beau ciel. 

Id. y ià,^ id. 

Id. • id. , id. 



y 



Nuageux ^ îd. , lég. nuages. 

-Beau ciel , id. , id. 

Id. , lég. Tapeurs , id* 

Couv. , pluie , id. par ilitervalle. 

Id. , couvert , id. 

Quelques éclaircis , nuageux , beau ciel. 

Id. , id. y id. 



RÉCAPITULATION. 

Kombii de )ours beaux. .. 21 Jours dont le vent a soufflé 

de couver ts.... 9 du Nord^.. 4 

<de pluie.. ^•.•. 6 N.-E... ô 

de yent.. ... . . • 3o ' £ 5 

débrouillard... 5 S.-E... o 

de gelée ....... 00 S 4 

de neige o S.-O. . • 4 

de grêle ou grésil i O. ..... 4 

de tonnerre* ... o N.-O... o 



fois. 



( 391 ) 

* ^ 

'Annuaire midica-chirurgical des h/Sfi- 
taux et hospices oiçils de Paris ^ ou re-s 
cueil d^ bhserçations et de mémoires j 
par les médecins et chirurgiens de ces 
étahlissemçns^ Çn vqU ifi-^"^» A Paris ^ 
chez Crochard j UbrqJire , ri/^f (/f Sor- 
bonne. 

( Analyse de la partie médicale. ) 

L'Annuaire des hôpitaux est un ouwagé dicté ^— ^-^ 
par la phikntropie, et dont le but est trop louable ^çihjpjjjfj^ 
pour laisser prise à la critique. Mais en est-il de * 

même pour l'exécution ? Cest surtout quand il doit 
examiner collectivement les travaux dés praticiens 
les plus recommandables de la capitale , que le 
jeune médecin qui s'honore d'avofr été' leur disciple 
doit se rappeler ce précepte , 

La critique tst aiiée » et Fart e4t 4i%ilf * 

S'il en agissait fiutrement, on ne planquerait pas 
de le comparer à ce jeune avocat qui débuta dans 
la carrière en plaidant contre son maître. Cepen- 
dant sera-t-il obligé de courber la tète, et de jurer 
tou]ouTS m veria magisiri? TJne telle opinion se- 
rait une injure au caractère de ces hommes distin- 
gués. Au contraire , ils verront dans ces remarques . 
le désir d'acquérir une instruction plus solide ; et 
semblables à ces vieux athlètes qui enseignaient la 
gymnastique à leurs jeunes compagnons » ils ap« ' 
plaudiront à ses effort^. 



( 590 

ha, plupart des médecins attachés aux bôpitauic 
Annuaîiv ont répondu à l'appel de l'admimstraiion, et ont 
^* désiré concourir plus ou moins efficacement à la 
composition de ce recueil. Les uns se sont bornés 
à de simples observations , les autres ont présenté 
des mémoires plus ou moins volumineux, et sur 
des sujets variés. On ne doit pas cependant s'at- 
tendre à y trouver réuni tout ce cpie les hôpitaux 
de Paris ont offert de curieux , ni croire que les 
praticiens qui ont présenté seulement quelques faits 
isolés 9 n'en aient pas recueilli de plus intéressant 
et de plus nombreux ; il est probable qu'ils les ré- 
servent , afin de les* publier d'une manière plu» 
utile pour la science , soit dans des mémoires'^ soit 
dans des ouvrages plus étendus (i). 

La nature de cet ouvrage permet dVn rendre 
compte, d'après un ordre tout-à-fait arbitraire : en 
conséqdence, je vais présenter d'abord une analyse 
rapide des observations détachées ; un prochain 
article sera consacré tout entier à l'examen du mé- 
moire de M. Sbbres sur l'apoplexie; enfin, dan» 
un troisième, il sera question des mémoires de 
M. Alibert sur le pnirigo-formicans ; de M. Es- 
QuiROL, sur l'aliénation menràfe des nouvelles ac* 
couchées et des nourrices ; et de feu Hébréard , sur 
les diverses maladies du cerveau, du cervelet et 
des ménjnges. 

M. Lerbiinixr a dqnné quelques observations 
d'apoplexie , avec les résultats de l'inspeclion ana- 
tomique. Ces observations toul-à-fait conformes i 



(i) Cea motifs , fort bons dans l'intérêt de» auteujci» o* 
sont paa à ravantoge de TAnnuaire, (R.) 



(393): 

celles de M. RiOBi , doivent servir de matériaux 
pour un mémoire sur l'apoplexie : elles présentent A-nniiair» 
cela de remarquable f quant au traitement, que/desliôplua: 
dans presque tous les cas , lea^ excitans internes et 
externes ont été mis en œuvre, tandis que la sai^ 
griée, ce moyen si avantageux , n'a été employée 
qu'avec une extrême réserve, M. Lerminier fait 
espérer pour le prochain Annuaire , un mémoire' 
sur l'apoplexie, dans lequel on trouvera sans doute 
les fruits 'de ses recherches et de ses médita- 
tions (i). 

Parmi les diverses méthodes usitées dans le trai- 
tement de la fièvre bilieuse, il en est une qui con- 
siste dans l'emploi de l'opium, et qui parait avoir 
été couronnée souvent par le succès. M. Hussoîr 
vient apporter quelques observations en faveur de 
ce procédé , mais avec toute la réserve qu'on avait 
droit d'attendre de son excellent esprit. Ce fut 
en 1804 > lors de son séjour à Toulon, que l'auteur 
prit la première idée de cette méthode. De retour à 
Paris 9 et d'après les renseigneraens du docteur Her- 
ITANDEZ, il essaja de traiter quelques fièvres bi- 
lieuses par le moyen de l'opium. Deux sujets affec« 
tés de cette maladie, guérirent très-promptement 
après avoir pris deux gros de laudanum liquide 
pur ; une femme qui n'en prit qu'z/» gros , suc^ 
com&a au narcotîsme qu'il produisit. Cet événe- 
ment funeste empêcha M. Husson de continuer ses 
recherches ; mais , quoique j'applaudisse à sa prui* 



(1) II fera bien, car les fragmens qa'il a insérés dans ce 
premier volume « ne âont pas propres k en donner une 
grande idée. (R.) 



dence , je ne puis m'empêcher 4e iéûrer la soil^ 
êJhM^r ^ ^^ expériences. Va revers (i) oe doit point 
^^ ^ abattre le médecin , a*t-il dit lui-mèmt i pourquoi 
donc ne ferait-il p9s de nouveaux essais ? i moin^ 
qu'il n*eo soit détourné par la doctrine qu'il professe 
maintenant (2). J^e même praticien c^pnçigne de 
plus quelques observations détachées. fUe^ non^ 
de reman/ui^ble que Tej^aqtitude avec laquelle elles 
sont rédigées ; elles sont dues au docteur Brichk- 
TEAU , alors interne de l'HôteUDieu. 

li'bôpital de la Charité n'a pas fourni un contin-* 
gent bien considérable , et cependant il est un de 
ceux dans lesquels on trouvç le plus de faits inté^ 
ressans. M. Fouquiee fait part de deux observa- 
tions seulement ; Tune a pour litrç : Dyspnée ner^ 
s; eute fébrile avec dégénéraUon vésipulo^cartila-^ 
gineu^e du poumçn ; l'autre Paralysie aerve^se. 
On attend aveo impati^ncç. qu'un médecii) ^uss^ 
distingué puisse consacrer quelques ipstans 8u>e tra- 
vaux du cabiueft j et piettre en œuvre les nooibreu^ç 
. matériaux qu'il a recueillis. On remarque auprès do 
Sf , I^OVQuixa , M. CuojnE^i, « l'un 4e ^es élèves le§ 
plus . recommandables , qui fait connaître une ob-» 
servatioq intéressante pi^r la coexistence de six ina- 
ladies , dont on a retrouvé les traces «pfès la morfe 



(1) On ne peut emplo|rer une épithète piv\^ douce pouf 
ex|fi?imer uif àusai déplorable résaltat d'e>périfli?ntation« 

(R.) 

(a) C'est probable j mais alors pourquoi encombrer l'An- 
«uaire d'ebsét^atiene surannées) Ct,e«t-09 ep ^&^at ^p'oa 
•it pavler'<de radministration de 4ftuf grn df hudtm^» 
pur ÙMxisxin9 fièvre bilieuse ? {K) 



(395) 

du Sujet. Ce malheureux avait présenté pendant 
la vie de» symptâtmes propres à faire reconnaître j^e^J^JJJlIÎJ 
les lésions suivantes , i^ une uioération de la mem- 
brane muqueuse du larynx (elle avait détruit le» 
cordes vocales , et corrodé la surface correspond 
daii^te de Tëpiglotte); %^ une dégénération tnbercu^ 
leuse des deux poumons ; 3' une fausse membrane 
mince , mais solide « unissant* le diaphragme au 
foie ; 4^ une inflammation ohrcmique de ce viscère*, 
dont le volume était considérablement augmenté, , 

et le tissu semblable à de la cire jaune ; S"" des ul* 
cérations nombreoses dans les intestins ; 6° une fis^- 
lule à Tanus ; j"" enfin un ulcère cancéreux à la iia«- 
fine. Ainsi , chez cet individu > même en considé'v 
rant les ulcérations intestinales j et celle du laiynx 
comme la conséquence de la phthisie pulmonaire , 
on trouve encore une réunion fort rare de maladies 
mortelles chez la même personne (i). 

On voit , avec plaisir , des méthodes rationnellef 
succéder à celles qu'avait consacrées un aveugle 
empirisme : aussi doit-on beaucoup aux hommes 
qui s'appliquent à fixer rigoureusement la valeur des 
moyens thérapeutiques. A ce titre, M. ELAPS^Ea 
peut prétendre à une part honorable dans la re^ 
connaissance publique. Ce médecin , d'après leâ 
conseils de son collègue M. Faat » a substitué dans 
la colique de plomb , au traitement dit de la Cha^ 
HU , une méthode ourative qui paraît bien préfé- 



(i) <)• fait , bon k consigner dans un Journal de m«de«^ 
cÎBC , méntait-il l'faooaeiir de figurer au ^viiliea des trav 
vanx iiDfoirUins quir doivent fiiire de V Annuaire an moau- 
ment médical are pcrenniw ? ( B^ ) 



. . ■ (SgÔ) 

■ rable. Elle se compose de Tomitifs, de t>urffa(ifîf^ 

flefthA^'t*''^* d'émolliens et de nardotiques ; mais eTIepeut, elle 
doit même subir des mpdifications relatives à Is 
constitution du malade et aux formes de la mala-» 
die. Il est reconnu, par tous les médecins observa- 
teurs, que le seul moyen de guérir la colique de 
plomb est de surmonter la constipation , et qu'un 
traitement est bon toutes les fois qu'il atteint ce but.' 
Il est donc inconvenant d'en employer un dans le- 
quel se trouveraient les contradictions les plus bi<^ 
zarces , sans le proportionner aux circonstances qur 
le réclament. On sait que , dans Ip traitement des 
pères de la Charité , la nature , les doses , l'ordre 
des médicamens sont les mêmes, qu'on ait affaire à 
' un sujet débile ou robuste s ^ une maladie légèîre 

ou intense : seulement , dans le dernier cas , on fai-' 
sait précéder une ou deux saignées pour prévenir 
l'inflammation. Sans doute , cette réforme utile sera 
promptement imitée par les médecins des hôpi- 
taux, et les malades ne courrgnt plus les risques 
d'un traitement dangereux, quand il n'est pas sa-* 
gement administré. Aux idées de M. Kapeler , je 
pourrais en ajouter quelques unes recueillies de 
M. FouQUiER, qui, depuis plusieurs années, pro* 
fesse avec succès la même doctrine ; i® les vomitifs^' 
, ne sont point indispensables quand il n'eiriste ppint . 
de nausée. Lorsqu'ils sont indiqués, on doit pré- 
férer les éméto-catbartiques; 2"* il emploie, au lieu 
de boissons émollientes , des tisanes laxatives qui 
rentrent mieux que les premières dans Tindicalten 
générale; 3° les narcotiques ne me paraissent pas 
d'une utilité bien constatée. En effet , l'opium res- 
serre le ventre^ et l'extrait de jusquiame que' 
M. FouQuiER lui substituait d'ordinaire » à cause de 



( % ) 

tcet inconvéoiefit « semblci d'après de nombreuses ex« 
péri^BopeSt dépourvu de la prospérité stupéfiante Annuaii'e 
qu'on lui avait attribuée. D*ailieurSy les faits attes- ^*»""F»**'*^ 
4ent que la cessation des 4ou leurs a lieu .dès qu'on 
a obtenu d'abondantes évacuations , et qu'elles re- 
paraissent dès qu'on néglige d'entretenir la liberté 
du ventre. 

M. Kapeler ajoute à son intéressant travail sur 
la colique de plomb , deux observations : la pre- 
mière a trait à une {paralysie des extrémités infé*^ 
rieures, sans vice vertébral, guérie par l'applica- 
tion de deux fontanelles aux lombes : il est ques- 
tion, dans la seconde « d'une paralysie des extrémi- 
tés supérieures et inférieures , également sans vice 
vertébral , traitée avec succès par l'application d'un 
séton à la nuque , et de deux cautères aux lombes. 
Ces deux faits méritent la plus grande attention , et 
viennent appuyer ceux que rapportent des prati- 
ciens distingués,. en faveur des exutoires. 

On verra sans doute, avec intérêt, le ^^rnier 
travail du docteur Mongenot', enlevé prématuré- 
ment à un art qu'il honorait. Une ophtalmie épi- * 
démique s'étant manifesté^ en 18149 il en trace le 
tableau général , d'après un grand nombre d'obser* 
vations; ce m<M>ceau m'a pàm digne d'être trans- 
crit en entier. ^ 

Symptômes et marche de la maladie. 

» • « 

<c Première période. Les enfans éprouvaient, au 
début, de la céphalalgie, et du prurit aux yeux, qui 
les déterminait à se frotter;, le larmoiement était 
considérable. BicQtôt on voyait se maniiester la rou- 
geur , rinjectioo de ^^ coi^jonoûye Qt dti bord de» 



paupières qri se funuéfiaiôBt ; i'impresstdfi de ia 
Annaftire lumière était dott{mireuse : dès Idrs il y araît isaue 
^ttb^taak ^.^^ mucus transparent. 

Deuxième période. Deux jours après , la con- 
jonctive était très- rouge et tuméfiée dans toute son 
étendue, exceptée sur ta cornée transparente qui 
paraissait enfoncée de la profondeur d'une à deux: 
lignes. Les paupières , la supérieure surtout, étaient 
*d'uB rôujge foncé et gonflées. Une'^ matière blanche', 
puriforme « sortait en abondance , et ordinairement 
le bord libre de la paupière inférieure était caché 
sous la supérieure. Lorsqu'on cherchait a les ou- 
vrir , on donnait issue à une grande quantité de cette 
matière purulente qui baignait le globe de I^œil 9 et 
ëi on les écartait davantage , la conjonctive pa^ 
baissait comme déôoUée ; elle était boursoufQée ^ 
et elle odrait des granulations comme la surface in- 
terne *dis restotnac. Quelques jours après , la pau- 
pière supérieure était d'un rouge violet; les matières 
qui en découlaient étaient jaunâtres et sanguino- 
lentes, la conjoncitive était d'an rouge moins vif; 
tflle paraissait tnorlle /flasque et tuméfiée. 

Troisième, période. Tous ces pbâriomèii«s per- 
AÎstaieni pendant douze ou quiuaiB jours : au «biOf^t 
de ce temps, et quelquefois plus tôt.j la tuméfâcv» 
tion , la rougeur diminuaient ; la matière de la sup- 
puratlQU^.«oi&À abondante^ perdait .d« kiMi opa- 
cité ; les malades ouvraient les paupières , et les 
^ynSiptômes disparaissaient insensiblenient. Chez 
quelques uns, taais plus rarement i la maladie se 
montrait rebelle à tous les moyens employés. Un de 
ces malades a perdu les deux yeux ; chez un seu- 
lement ^ Où a Observé k fonte d*un œil: et troi^. 



parmi les daquanfe-six , ont petdu diacuû uti obil ; 

un d'eux , qui était borgne , a perdu celui qui lui ^"^^^'^ 

restait. 

Cette ophtalmie ^ pour la succession des malades j^ 
à duré plus de deux mois. Cinquante de ces ma- 
lades ont été complètement guéris. 

TraiâeiHêmf. Il a consisté, lors de Plnvasion., 
dans les saignées locales par les sangsues ; cbea 
un grand nookbre par les sangsues aux jambes , et 
ches quelques uns par la saignée du pied. Chez 
tous on a varié les colljres émoUiens et résolutifs ^ 
les pédiluves îrritans et rubéfians. Les.vésicatoires, 
le séton à la nuque d'après la gravité de l'ophtal"*- 
mie t les vomitifs ont été mis en usage -, le petit- 
lait émétisé « constamment produit plus de bien 
que les émétîquejs donnés comme vomitifs. Ce qui 
produisit le plus de soulagement , a été l'application 
d'un cataplasme de pulpe de pomme opiacé , au- 
^el on ajoutait de l'acétate de plomb. » 

Sur quatre enfans affectés de croup^ M. Mon* 

6SNOT à obtenu deux guérisons ; les deux autres 

arrivèrent à l'h^îtal à une époque où la maladie 

•était trop avancée ponr présenter quelque chance 

de succès. Quatre sujets affectés de péritonite péri-» 

rent pi^ la même raison ; trois autres furent rendus 

à la santé. Il trace ensuite un tableau abrégé de 

.vingt<-qnatre fièvres muqueuses, et indique les 

•mogfens curatifs par lesquels il en a triomphé. Enfin 

-il rapporte une observation de chorée , et fait con« 

fiafcre le traitement toujours heureux qu'il op- 

•f)oee à cette affection, k Dans beaucoup de ças,^ 

dit-ilf et lorsque le sujet est fortement constitué^ 

fa fais faire ime saignée d« bras , j'éyacue les prar* 



(400) 

mières voies ptiv un émétiquey et je mets .de. suite 
. A.^nuaire le malade à l'usage des bains t des antispasmodi- 
^ ques , des amers et des toniques. » » r 

M. Jadelot qui se livra avec tant de zèle^àTëtude 
des maladies des enfans , et qui a , dans leur dia^ 
gnosticy une sagacité toute particulière* offre ua 
recueil d'observations sur Tinâammation du globe 
de Tœil , qui à régné en i8r8 à l'hôpilal des enràns. 
Ce recueil est précédé d'une description générale 
de cette épidémie , qui est exécutée avec une grande 
perfection , et digne de servir de modèle. Le stjle 
est d'une simplicité , et surtout d'une concision re- 
marquables/ qualités d'autant plus estimables, 
qu'elles ne sont point à l'ordre du jour, et que la 
modestie n'est pas la vertu dominante des auteurs, 
même en médecine. Il serait à désirer que les mé- 
decins attachés à l'hôpital des Enfans fissent coa*- 
naître les résultats de leurs travaux , d'autant plu» 
que cet établissement est unique à Paris, "et ^ue 
^son extrême éloignement empêche bèaiicoup d'é- 
lèves de profiter des ressources qu'il offre à l'ins- 
truction. ' ',' 

Un phénomène regardé tour à tour comme iiH 
dispensable et comme nuisible au succès du traite» 
mentmercurieUla salivation, a paru à MM. DtfBOZS 
et GuEBBOis très-utile pour kiguérison:de hi syphi- 
lis. . Ils rapportent à l'appui de leur opinion plu- 
sieurs faits pratiques. Il s'agit , dans le premier ca»^ 
de pustules vénériennes quî résistèrent au traite- 
ment jusqu'à ce que celui-ci eût déterminé la sali* 
vation , et dans le second , d'un ulcère rpngeant du 
prépuce et du gland , qui céda promptemeat à une 
salivation provoquée par les frictions mercurieUes» 
Ces^ observations sont accompagnées des remaiK 



V 



que» suivantes , dont la^ prttîcîenâ seuls pourront n ' -i 
apprécier la valeur. » Le v\vvls vénérien résiste plus Annuaire, 
ou moins au traitement 'm^tbçdique chez les difTé^^ ^ pitaax 
rens sujets. Les causes de oette résistance ne sont 
pas toujours daiis Tancienneté de la maladie, elle 
nous a paru quelquefois due à l'idiosyncrasie du 
sujet. Ce virus est surtout plus rebelle et pour ainsi 
dire plus réfractaire chez les jeunes gens bilieux. *..• 
Les observatipns précédentes prouvent le change** 
ment subit qui se manifeste quand la salivation s'an** 
nonce et s'établit. ^ . . » Il serait facile d'en consi- 
gner ici plusieurs ^ qui sont à l'appui jde ce fait, 
qu*il suffit d'indiquer comme une vérité incontes-*- 
table. » Ne pourrait-on pas cependant contester la 
nécessité de la salivation , et donner une explica-» 
tion satisfaisante des succès qu'elle a procurés , en 
faisant remarquer que ce phénomène indique l'ab-» 
sorplion du mercure? Tout le monde sait que. ce 
médicament porte son action spéciale sur l'appareil 
salivaîre : en conséquence t on ne peut être certain 
qu'il a passé dans le torrent de la circulation > tant 
qu'il nft se montre pas quelque symptôme d'irri-^ 
tation locale. Il me semble que c'est dans cette 
vue qu'on peut regarder la salivation comme utile, 
mais seulement la salivation commençante ; car je 
ne crois pas qu'il soit utile de l'entretenir. Dira- 
t-on que dans le cas dont il s'agit, la disparition 
des symptômes locaux a dépendu d'une contre- 
irritation unie à l'action spécifique du mercure? 
S'il en était ainsi ^ pourquoi ne pas porter cette 
irritation partout ailleurs que sur l'appareil sali** 
vaire ? Telles sont les réflexions que m'a fait naître 



( 4oa ) 

la leciare attentive de ces observations intéressant 

â 1i6°*i"^^ ^*^ • ^ ^"® ^® présente sans les soutenir. 

Les mêmes praticiens ayant vu un sujet chez le- 
cfuel s'étaient di^veloppées des végétations sur les 
valvules auricolo^-ventricnlaires du cœur , regardent 
ce» excroissances comme syphilitiques , à raison dis 
là coexistence d'autres symptômes vénériens. Cette 
question est une de celles sur lesquelles l'observa- 
tkm n'a pas edcore prononcé. Plusieurs auteurs fè- 
cOmmaadables one regardé ces végétations comme 
vénérienne» ; maïs on en a observé chez des indivi- 
du» qui n'avaient jamais été atteints de la syphilis. 

Je terminerai cet article en indiquant au lecteur 

\e& Remarques générales sur la constitution mé- 

dicale du déclin de l'été et de l'automne de i8i5 , 

]iar M. le profess^i^r Pii^st. Il est impossible de 

donner une analyse satisfaisante de ce morceau , 

qui , pour être bien compris , a besoin d'être lu en 

entier et avec soin. 

Ratier. 

^ ( ha suite au /** prochain:) 



Des effets de la compression et de la 
percussion dans le traitement du rhu- 
matisme ; extrait d'un ouvrage ayant 
pour titre : Illustration of the power of 
compression and percussion in the cure 
of rhumatism y goût and debility of thè 
extremities ; and in promoting health 
and longeçtty ^ by fVilliam BALjQun y 



( 4o3 ) 

M. D. ^ etc. — Seconde édition. Edin-* 
burgh 1819, z/î-8**, 2rj^ pages. 

La fréquence de la maladie dont nous allons 
nous occuper , Tétat de souffrance et d'infirmité Effets d« U 
dans ^lequel elle plonge tant de personnes 1 ont ''^"P»^®*"^"* 
porté les médecins et les guérisseurs à lui opposer 
un grand nombre de moyens auxquels cette cruelle 
affection se montre souvent réfractalre. Et cependant 
combien de belles espérances n'offre-t-on pas au 
pauvre impotent^ dont elle tourmente la vie! Le 
charlatanisme* toujours prêt i spéculer sur les misères 
humaines , infecte le public dé ces remèdes infaiU 
lihles , en dépit desquels les victimes du rhuma- 
tisme et dé la goutte restent , le plus souvent^ per- 
dues. Maints charlatans exaltent le merveilleux pou- 
voir de leur liqueur : elle est agréable au goût , elltf 
préserve ceux qui craignent la maladie , guérit ceux 
qui en sont tourmentés ; d'autres promettent des 
membres vigoureux à . tout impotent qui fera usage 
de leur sachet , de leur ceinture , de leur topique, ou 
de leur peau divine. Le malheureux patient se sou- 
met à tout t se fait attraper par les uns 9 attraper et 
torturer par les autres , et garde son infirmité. Une 
méthode rationnelle et efficace de guérir ces ma^* 
ladies , serait donc un présent inappréciable pour 
Tespèce humaine. Lé docteur Balfour pense le lui 
avoir fait. 

Le docteur B» est pourvu fies connaissances qui 
caractérisent le fnédecin , il s'annonce avec fran* 
chise , discute la maladie qui fait Tobjet de son livre, 
prouve qu'il la'connaît, non-seulement pour avoir mé- 
dité les écrits des bons auteurs qui en traitent , mais 



^ 



( 4o4 ) 

encore pour l'avoir observée avec soin. Son livre est 
Effeu de la doâc digne de toute notre attention , et nous allons 
^'^ nous efforcer de mettre sous les yeux de nos lecteur» 
les principes qull renferme. 

Le docteur B. , ainsi que les auteurs qui l'ont prë« 
cédé, divise le rhumatisme en aigu et en chronique. 
Il voie, dans le premier « « une maladie essentielle- 
ment inflammatoire , dans laquelle il existe un écai 
pTilogisiique du sysième\ joint à une affection des 
fibres musculaires , ou du tissu cellulaire qui entre 
dans la co^iposition des^muscles ; » et dans le second, 
«f une atonie des mêmes fibres musculaires ou du 
même tissu cellulaire. »/Ces propositions lui parais- 
sent évidemment démontrées par les faits ; mais il 
^ n'est point aussi facile de déterminer si , dans l'une \ 

et l'autre espèce , les fibres musculaires sont primi- 
tivement affectées ; ou si, au contraire, c'est le tissu 
cellulaire. Il pense qu'il est utile de lever ce doute , 
et voici , en somme ^ les raisonnemens qu'il émet ' 

pour le faire. 

Le tissu cellulaire entre dans la composition de 
tous les organes ; il fournit une enveloppe à tous les 
vaisseaux., à tous les nerfs , de même qu'aux fibres 
musculaires les plus déliées, qu'il réunit entre elles. 
D'après les expériences de Mascagni et de Ruysgh, 
notre auteur pose en principe que le tissu cellulaire 
est un réseau de vaisseaux lymphatiques et artériels, 
lequel n'est point seulement destiné à recouvrir, 
réunir, séparer et fixer les organes , mais encore à 
transmettre de toutes parts le principe de la vie. De 
plus ce tissu agit, par rapport aux muscles et à leurs 
fibres , à la manière des ligamens et des follicules 
niuqueux. En effet, le tissu cellulaire forme une 
gaine à chaque muscle , et le maintient dans une 



( 4o5 ) 

situation favorable à l'exercice de ises fonctions. 

D'après cette disposition , si une cause cnielconque ^^^^* ^^ ^^ 

compression 

{)roduit un relâchement dans cette gaine celluleùse, 
le muscle n'est plus maintenu; il flotte, pour ainsi 
dire, et ne se contracte plust, ni aveq force*, ni avec 
précisioh. D'une autre part , si la gatne celhileuse 
ou aponëvrotique d'un muscle diminue de capacité 
par une cause quelconcpie^ par exemple t p^r Hntâir 
mesoence de ses parties constituantes > 1^ nausdese 
trouve comprimé, gêné ; de là des coniracsiions dourr 
loureuses « faibles et irrégulières. 

En second lieu, le tissu cellulaire étant le si^ 
de l'exhalation d'un liquide onctneux , qui lubrifia 
la surface des musclas , et en favorise kl mcmyem^pt, 
quand une cause quelconque diminue la quantité 
de ce liquide lubrifiant, les nauiKiles glissent avQc 
peine les uns sur les autres , et leurs contractions 
deviennent difficiles et douloureusesé Notre auteur 
conclut de Ut ainsi que d'autres raisonnemens thép-* 
riques moins péremptoii^s , et que les bornead'Une 
analyse ne nous permettent pas de rapporter ^ que 
toute lésion des enveloppes, celkiletise»: 'ou fibreuses 
d'un muscle doit nuire à l'action de ce mf^Vof^ Il 
pense, en outre, que le tissu cellulaire des muspl^ ft 
non leurs fibres, est le siège de l'afEsction rhuauuft^ 
maie* Nous fournirons bientôt une preuve impor- 
tante & l'appui de cette assertion.. ;<.\ ^ . 

Le docteur B. examine ensuite le mpde d'actjko» 
des divers remèdes employés dans la cure d^;!rJ}tt- 
matisme; ce qui le conduit à une conclusi^^^^fort 
importante) poisqu'^elle sert de base à 8ioa'>r#te- 
ment. 

Le modie d'action de œs divers remèdes melbor» 
de doutey pour nptre auteur^ que « la cause ptQQhain» 



i^ 



(4o8) 

lé lacteor ks eot apfiréciées avec plus de facilité 
: Effet» de U qu'il ne peut le faire , en les troovant dispersée çà 

^^^'^ et la, sans ordre et sans méibode. Nous allons réunir 

les phis importantes. 

Notre auteur fut atteint d'une donlenr rhumatis- 
^ maie très*aigttë dans la région du muscle deltoïde 
du bras gauche ; il lui était impossible de se servir 
de ce membre « et ses douleurs alimentaient dans 
la matinée , pendant qu'il était encore au lit , à tel 
point qu'elles lui arrachaient des cris. Voulant alors 
faire quelque mouvement , il saisit machinalement 
et avec forée la partie douloureuse avec sa main 
droite, et , à sa grande surprise, il put élever le 
bras malade et lui faite exercer, avec facilité et sans 
douleur, tous les mouvemens auxquels iji est des- 
tiné. 

II pensa alors que les Jîhrts musculaires ne sont 
point le siège des douleurs rhumatismales ; car 
s'il en était ainsi y une sim^ple compression ne 
leur rendrait pas V intégrité de leurs fonctions ^ 
« J'observai encore , ajoute-t-il, quç quand, durant 
Texacerbation de la douleur^ j'essayais de mouvoir 
mon bras', j'étais obligé de m'arrêter au moment oii 
le corps du muscle commençait à presser contre 
l'aponévrose ; mais aussitôt que je lui opposais une 
résistance artificielle, le muscle pouvait accomplir 
> ses fonctions avec la plus grande facilité. ( with the 
utmost ease. ) On ne peut , je pense, trouver une 
circonstance qui pirouve , d'une manière plus con- 
cluante, que la douleur et la gêne qirî accompagnent 
les mouvemens d'un muscle affecté de rhumatisme 
chronique , ne dépendent point d'une lésion des 
fibres musculaires.... Je demeurai toujours exempt 



1 



t 4o9 ) 

de doulaârs.peadant un assez long espace de tcnipa i 

aprèi3 avoir cessé la compression. (^. 3o. ) » Effets de tm 

Voici comme il expUcpié. ces faits : les partie* «o"P"«»><>» 
apanévrotiquesi ainsi que tout le tissu cellulaire 
de la région affectée de rhumatisme , sont dans un 
état de sensibilité, morbide, provenant à^Veoc^éme 
distension de leurs vaisseaux. La compression leur 
sert Ab support, dissipe la tension , facilite le mou- 
vement, lequel., i sonrtour , favorise la circulation. * 
De cette manière ,. les 'vaisseaux se dégorgent, la 
sensibilité morbide diminue , et , si la compression 
est appliquée, a^ez souvent et d*une manière ^ssez 
permanente , les vaisseaux et les parties blanches 
recouvrent . l^ur ton , et rentrent dans leur état na- 
turel. 

' Notre auteur pense donc qu'il est essentiellement 
indiqué de soumettre à une compression méthodique 
toute partie affectée de rhumatisme. En consé- 
quence > il applique un bandage roulé sur les mem- 
bres .qui en sont affectés,- et des bandages corn- 
pressifs appropriés pour les autres parties ; il donne , 
pour lès bandages , la préférence [à la fianelle > pro* 
hablabient en raison vde son élasticité. 

Telle fut d'abord sa manière de traiter le rhu- 
matisme^ en y joignant, toutefois , les frictions y 
mais pratiquées ayec plus de force qu'on ne le fait 
ordinairement, et en pressant les muscles et leurs 
inteostices avec les doigts. Ce traitemesit fut toujours 
couronné de succès, (c quand la maladie était ré-^ 
cente, qu'elle avait son principal siège dans les 
muscles , ou que 1^ articulationsn^étaient que super- 
ficielleniittit affectées (i34)« » Mais quand elle exis- 
tait dépuis long-temps i et qu'elle occupait prinoi-^ 
paiement les articulations ; il échoua complètement. 



( 4»ô ) 

OU à §iu pvès. Il De larda pasà en Aéoonvrbr la rai-» 
Effets delà son. La for^se icrégnlière des surfaces articulaires > 
compreMion ^^ |^^ sûualîoo empêchent qn'elles M soient sou* 
mises à la cooiyreisioA; cemofoi cuvalîC m'agit donc 
point sur oes sMiJEaces; paiitant il ne peut avoir 
aucun effet smt les affections làumatismaies q^ii y 
quA leur siège. , 

£n réâédbissaxiit aux bons résultats qu'on obtient 
de rempkii^des.doucbeft stir les aiticiilations tu- 
méfiées par suite d'une entorse «rootre auteur pense 
que la die^rition du gonflement est alors due & la 
commotion f au frémissement qae faicfaute de feau 
imprime à lous les vaisseaua de la partie affectée^ en 
aorte que l'action de ces ^aibseaus est augmentée, 
et le gonflement dissipé par le seul effet mécanique 
'de la douofae; et.cohime.l'étatidfeQe.articalatioa ^ à 
la suite â^uoetalorse » a iKancoup. d'analogie a^ee 
celui deceite même partie affecstée de diuinfitisiney 
il en coiioliilq4ie)n €Otmmotioii>doht;il vient ofé^re 
question f pourrait avioâr des ^ïésultnts aussini^anta*' 
geux dane le dernier que dans h premier pas* Jl >Sc9 
encore conficmé dans cette qpmion, en réSéehissanft 
au soulagement que les peradnnes.aCfeotées*id6rlu»- 
matisme obtiennent de l'èneiraice :âu cheval ; soula- 
gement qui dépend bien ipoins , sélom lui,. de l'auge- 
mentatîon de transpiraiîon.^i comme oa le penser 
que des secousses. riéitik^Besîicnrprknéiis à'^toules les 
parties , etnoUiimfitfàxîeUes que la maladie aKoote^ 
Il se proposa donc riifdication de rétafaiir Ja liberté 
de la drciriaiion dans les pasrtses latteintes de rfamsa'- 
lisme, est les somnettant 1 une commiçfticn rfRttriogue 
à celle que les douches produisent localement ^ool 
celle que le mouvement du cheinai impiime^à tout 4è 
«y^lème^ ^ • 



ComprçBeÎQii 



La peveussion 4ui- parut très^^ropre à remplir .sssssssr 
celte Indication. «J'en fis l'essai , dit-il ,,et le.résul- ^^5!î.*?_!j^ 
tat surpassa toutes mes eapérances. Par ce moj^ , 
î'ai souvent redonné ^ presque instantanément, plus 
. de mpui^ement à une articulation^ que je n'-aurais pu 
le faire > :en plusieurs jours-, avec des frictions et 
la compression. J'ai inaintes fois» ànaajpiTaaûàr^ 
visite, etdansnn très-cDiirt espace dtf temps, Teodv 
le OKMivement à une^omopIiUe «'quil'atva^ perdu de* 
puis plusieurs mois. Les ûscetovéniens, résullant de 
la difficulté d'appliquei: des band^^s aux épaules , 
sur feoute l'étendue du- racbis> à la partie supé- 
rieure de la cuisse t^. , disparurent. J'ai&équemf- 
ment« en quelques minutes , faitipesericB m^ins sur 
le sol, à des individus affectés de lumbs^gaV et qui 
nepQUvaient se baisser «issez-pour lesfdosei^surlenr^ 
cuisse$. La commotion, produite par la percussion i, 
se communique à toutes las parties, stimulje Cous les 
vaisseaux , et ses effets salutaJLres démontrent encore 
la justesse de notre opinbn; savoir , que »la cause 
prochaine .du riiumatisme est due à une gêne de 
la circulation des vaisseaux capillaires, (i^) » 

Notre auteur soumet donc a la perscussion les 
parjties affeotéesde rlnmatisme, et particulièrement 
les articulations. Si la sensibilité est grande , il 
fr^l^pe dpucement , dans les premiers instans ; bienr 
tôt la douleur diminue , et telle partie , qui, au con^ 
meucement de Topéraliou , ne pouvait supporter 
un petit cfaoc sans ^uleur , en supporte un assez 
fort > après quelques fontes. Il continue cette opéi- 
i-ftlian ^p^idimt w quart d'heure «t plus. Il nedît 
point avec quel instrument il la pratique (i). 

*^ '■ - ■ ' t ' ' - Il I . ' . r - r - / \ - 

(i) U est peu honorable pour vu homm« qui as^iïrè sti 



(4îO 

Les gaériaons obtenues par le doctenr B., à Paide 
Effieu de k de la compression et de la percnssîon , sont réelle- 
c^mpreMion ^j^m surprenantes : des personnes affectées de rhu- 
matisme aigu\en ont été délivrées en deux, trois - 
et quatre jours, et souvent en quelques heures; 
d'autres, alTectées de rhumatisme chronique, pri-> 
▼ées du mouvement de leurs membres depuis nom- 
bre d'années, ont recouvré de la force et de l'agilité, 
après un traitement de quelques semaines (i). Le 
cas suivant nous parait le plus propre à faire con- 
naître'toiile la puissance de ce traitement. 

Madame Rey de La Ruaz , dame française, habi- 
tant depuis long-temps Edimbourg, implora l'assis- 
tance du docteur B. ; mais l'état de cette dame lui 
parut tellement grave et désespéré , qa*il crut devoir 
lui refuser «es soins , n'osant en espérer aucun ré« 
eultat satisfaisant. « En conséquence , dit-il , quand 
elle eut terminé son récit, je pris mon chapeau et 
lui présentai le bonjour. » Mais notre compatriote 
plaida sa caUse avec tant de logique, et en termes si 
touchans^ qu'elle finit par surmonter la répugnance 
du docteur B. ; et il consentit à lui appliquer son 
mode de traitement.^ 

Les parens de madame Rey étaient sujets à là 
goutte , et, dès l'âge de six ans, elle en fut elle- 
même affectée. Lorsque notre auteur la vit pour la 
première fois , ses doigts étaient très-douloureux et 



titre ^orieux de bienfaiteur de «e« aemblables , de publier 
l'efficacité d'au moyen eu ratif quelconque, et de garder na 
aîlence absolu aur ce en quoi il consiste. (R.) 

(i) On ne peut appliquer plus heureusement 1« pré- 
cepte de CaiiiB } cUb, (R*) 



( 4i3 ) 

tuméfies ; elle ne pouvait s'en servir ; il lui était im« 
possible de 'porter un verre à sa bouche avec une c^preiAon 
main, mais elle le pouvait avec les deux, en le com- 
primant entre leurs faces dorsales. Les articulations 
de la main avec l'avant-bras , étaient toides et dou- 
loureuses , et le moindre mouvement de celles du 
côlé gauche causait de vives douleurs. Les articula- 
tions de Tavant-bras avec le bras i celles de ce der- 
nier avec Tomoplate , et celles des clavicules étaient 
également arfectées. Il existait , de l'un et de l'autre 
côté, une tumeur considérable^au-dessous du condyle 
interne de l'humérus , et une autre à la partie infé- 
rieure et postérieure de chaque omoplate; ces tu- 
meurs étaient très-douloureuses, surtout au toucher, 
et mettaient un grand obstacle aux mouvemens. Les 
muscles qui recouvrent l'humérus étaient rigides , 
tuméfiés , noueux et douloureux* Ceux du cou 
étaient également très-douloureux et leur action très- 
bornée. 

Il existait deux tumeurs , très-sensibles, à la partie 
supérieure et postérieure des os des îles. Plusieurs 
points du sacrum , et notamment celui où il se réunit 
au coccîx étaient le siège de douleurs viyes. L'articu- 
lation sacro-fémorale , la région des trocbanters , et 
toutes les attaches supérieures des muscles delà 
cuisse étaient affectées de la même manière. Les 
muscles eux - mêmes étaient , dans toute leur éten- 
due , douloureux à la pression. La f^artie supérieure 
de la face externe du genou présentait , de chaque 
CQté, une tumeur d'un volume considérable et d'une 
extrême sensibilité. Les muscles fléchisseurs de la 
cuisse étaient dans un tel état de rigidité que leurs 
tendons étaient teudus comme des cordes d'arc. « Le 



( 4'4 ) 

;?=? mouvement de tontes les articoiations , dont il vient 



;fiffeu de U a^étre parlé , érah très-bornéi 

« Je ne fns pas peu surpris , ajoute le docteur B.f 
lorsque madame Rey me montra ses jambes , de les 
voir entourées d\m^e bande de fianelie. Je 'lai de- 
mandai depuis quand elle faisait usage de ce ban* 
dage? qui lui avait conseillé ? et pourquoi elle le por- 
tait? E!le me répondit qu'elle s'en servait'; depuis 
cinq ans; qa^un médecin le lut avait conseillé pour 
dissiper un engorgement cedémateux des jambes ; 
qu'elle en avait d'abord continué Pusage , parce qu'il 
prévenait le retour de cet engorgement; mais 
qu'ayant observé ensmte que, quand ses douleurs 
rhumatismales s*exaspéraient , elle pouvait les faire 
cesser en serrant davantage le bandage , elle l'avait 
conservé par ce motif (1x2). » Néanmoins ce ban- 
dage, mat appliqué, serré inégalement* et outre 
mesure , avait eu des effets fâcheux^ « Le peu de 
substance musculaire, qui recouvrait les os des 
jateibes de madame Rejr, était endurcie et noueuse; 
elles m^embres avaient moins l'aspect de ceux d'un 
être vivftnt que d'one momie, n- 

Tel était l'état de cette malheureuse dame, 
quand notre auteur la vit pour la première fois 
( i5 mai i8i5 ). Tout son corps , à l'exception de 
la tète et d'une petite portion de la partie antérieure 
du tronc, était affecté de rhumatisme, et elle n avait 
pas fait ^m pas depms huit ans. Tous les dé- 
sordres que nous venons de décrire, ne furent point 
reconnu» le même jour , nrr traités à la fois : la per- 
cussion , les frictions et les compressions furent 
d'abord appliquées sur les extrémités supérieures. 
En peu de jours , les douleurs dont^ les doigts 



(415) 

ëuîeoifc affeotëa, se dissipèrent } la makde put saisir s 



les objets, s*babîller et se âesfaabiller. Cependant Mets de la 
les douleurs des poignets, des ooudes et des épaules se- ^ 
faisaient toiqours frentir; les tumeurs aroisinant les 
condjiea inteimes de Thumérus n'avaient ^oint di- 
minué, et les muscles étaient encore dans un étatde 
rigidité. Mais tous ces s^iaptômes ne tardèrent pas à 
se dissiper , et le mouvwxMmt des articulations s'ac- 
crut sensiblement. Enfin > après un mots de traite- 
ment, la malade pouv^ joindre ses'maân» derrière 
son cou , s'envelopper .d!un schall avec facilité et 
coudre durant des heures entières. 

. L'affection des extrémités inférieures résista da- 
vantage. Cependant j à la &n de juin , lea jambes 
avaient ac<{uis un volume proportionné au reste du 
corps ; et le docteur B. crut ie monsent favorable 
pour remettre sa malade sur ses pieds ; mais elle ne 
put s'j tenir. Il s'aperçut alors que les pieds étaient 
encore douloureux et (incapables de mouvement. En 
conséquence il les soumit à la percussion , qi|i^en 
peu de jours, fit disparaître la seiuibitité morbide 
dont ils étaient atteints. Il essaya de nouveau de faire 
miurcher la malade ; elle ne le put. Alors, seulement, 
il reconnut les désordres qui existaient à la partie 
supérieure des cuisses et au bassin , désordres qui 
étaient le seul obstacle à la marche ; car la malade 
faisait bien agir ses pieds et ses jambes , et pouvait , 
^ans aide , -se lever de dessus sa chaise. A cette 
époque {i5 juillet), la. malade fut affectée d'un 
catarrhe pulmonaire aigu trè3-intense^ qui empâcha 
de poursuivre le traitement de.raiTection rhumatis- 
nsale. Le traitement fot repris au commencement > 
de septembre, et ^ vers le milieu de ce mois ; la . 



( 4t6 ) 

malade oomiaeiiç^ à marcher avec des béquUlês. 
i^^)i^ecll & Bientôt elle put en supprimer une qu'elle remplaça 
par une canne. A la fin du mois, elle put faire cpieU 
^ues pas sans «béquille ni canne. Le .14 octobre > 
elle se promenait dans sa chambre sans aucun 
aide; 

Certes voilà un bien beau résultat) et qu*on ne pou- '• 
vait espérer d'aucun des moyens ordinairement 
employés dans le traitement du rhumatisme ! Le 
docteur B. a droit de s'enorgueillir et de chanter 
victoire; aussi le fait-il à la manière des médecins 
anglais y m a very humbastic style. 

ce Je congratule I dit-il, cette femme excellente 
et méritante de son retour à Tindépendance ; je 
congratule ceux qui sont encore martyrisés par le 
rhumatisme; je congratule tout le genre humain , 
de ce qu'on a enfin découvert un moyen de guérison, 
pour une maladie des plus accablantes et des plus 
douloureuses ; maladie si obstinée dans sa nature 
qu'elle avait, jusqu'à ce moment, bravé les plus 
grands efforts de Part de guérir (ià4). (1} »• 

Le docteur B. applique encore > avec succès , la 
compression et la percussion au traitement des 



(i)M. DucAMF a grandement raison de toarner en ridicnle 
Temphatique déclamation du médecin d' Edimbourg. Est-ce 
ainsi qu'un homme , digne d'exercer unô profession telle qu« 
la nôtre, annonce quelques heureux résultats obtenus 
d'essais encore peu nonibreux? ( d'ailleurs sont-ils authen- 
tiques, ou du moins persévéreront-ils? ) Et ne croirait-on pat 
entendre, quriqn'un de nos confrères ambulans^ qnelqn* 
Esculape à tréteaux , s'extasier e& aanonçant lei vertus de 
son bAume ? 



— — 1 



V 



(îtitordôs y de la goutte et du panaris (i). Il suit , pour 

ces maladies , la même marche que pour le rbuma- Effets de lu. 

compression 
tisme* Nous ne nous étendrons donc pas davantage 

sur ce point. 

Il fait observer {p. 33) que la compression ne 
pQut suppléer, à certains remèdes généf auX; que des 
indications particulières rendent nécessaires.- Par ^ 

exemple, quand le pouls est dur et iré^uenlf notre 
auteur saigne V assez largement même. . 

Il fait encore remarquer {p. 67 ) qu'il est une 
espèce de lumbago, pour laquelle la compr^ession 
n*est d'aucune utilité : c'est dans le cas où la maladie* 
a son siège dans les membres qui 3ont situés k là 



(j) Du panaris ImRÏs y pensez-vous > M. fiALfouA? Ëiii-^ 
ployer la compression circulaire et la percussioin ^ u'im- 
porte avec quel iastrument on ia pratiq^ue , dans le traite-» 
ment da panaris} d'une maladie horriblement doaloureuse:^ 
par la compression qu^éprouvent les nerfs des doigls entre 
les phalanges et les tégumens ! Un seul moyen de faire ces- 
ser cette dangereuse compression des nerfs ^ cause unique de 
tous les accidens les plus formidables , est d'inciser pramp- 
teiuent et à u^e' grande pro^ndeu^', lé. doigt tuméfié , poui" 
procurer, pat l'effusion du sang iqai i'engorge ,'.ta diminu- 
tion de la flaiùon inflammatoir<e ; et yous . irez'coipi^imer, 
percuter un doigl qui te trouve dans un pareil état.patho-* 
logique ! Eu vérité , tous Us insensés dçs trois royaumes ne 
sont pas renfermés à B<^dlam« 

Pour pe pas ouJ;repasser l'étendue d'une potç , je .ne di-* 
rai. rien de la proposition de comprimer les acticulatious 
des goutteux pendant l'exacerbation , et d'appliquer le même 
mode de traitement et la percussion au rhumatisme aigu« 

' • ■ *' ' (R.) 

T. 72 dt la Col. II* de la 2« Sér. Scptemhr 37 , 



(4i8) 

partie antérieure de la colonne vertébrale. Il est aisé 
Effets de la de comprendre que la compression ne peut les at- 

«omprepaion - • » 

Le docteur B. donne son mode de traitement 
comme entièrement neuf^ et nous pensons que 
c'est en effet à lui seul que nous sommes redevables 
de cette découverte. Toutefois * si , à l'exemple de 
certains hommes , que la gloire de leurs contempo- 
rains semble importuner, et qui prétendent re- 
trouver» dans les écrits de nos devanciers 9 toutes les 
belles découvertes faites de nos' jours j nous voulions 
fouiller dans les livres des anciens médecins , et 
faire des rapprochemens forcés , nous pourrions re- 
porter à des temps reculés l'origiue de la pratique 
en question. En effet, Galient {Meih. méd. lib 14 ) 
pense que la flagellation peut redonner de l'emi- 
bonpoint aux personnes maigres. Antonius-Musa, 
médecin d'Octave Auguste , fit flageller cet empe- 
reur , avec une poignée de roseaux , pour le guérir 
d'une sciatique. On sait que les Russes se font fla- 
geller avec des verges de bouleau , en sortant des 
bains de vapeurs. Ces moyens ont bien quelques 
rapports avec la percussion du docteur B.^ de même 
que sa manière d'appliquer les frictions en a beau- 
coup avec le. massage des Orientaux , et surtout avec 
celui des Otaïtiens. On voit, dans la relation des 
voyages des capitaines Waillis et Cook, que ces in- 
sulaires emploient cette pratique contre les mala- 
dies. Le dernier voyageur , étant très-fatigué , fut 
massé par une jeune Otaitiénne, et s'en trouva 
très-bien. Voici comment il s'exprime, après avoir 
décrit l'opération à laquelle on le soumit , ainsi que 
ceux qui l'accompagnaient : « je ne puis pas dire si 
cette opération facilite la circulation du sang , on 



(¥9) 

rend leur ëlaàticitë naturelle aux musclçs fatigués; 
mais son effet fut extrêmement salutaire, notre Bflfet»del« 
force entièrement rétablie , et la fatigue du vpjage 
n'eut pas de longues suites. » Quoi^qu'il en soit, il 
faudrait avoir, à Un haut deg'ré, l'esprit tourné vers; 
les analogies, pour en trouver une parfaite entre ces 
diverses manœuvres et le procédé curatif du doc- 
teur B. Au surplus, que les moj^ens dont il se sert 
aient été emplo^^és ou non, il en a, le premier, ra- 
lacbé l'emploi à des principes et à des règles, qui 
seules peuvent en propager l''usage et le rendre 
utile* 

" I^dus avons traité divers malades par la mé- 
thode du docteur 6.; l'espace nous manque pour rap^ 
porter avec détail les résultat que nous avons 
obtenus. Mais nous pouvons assurer que les^mQjens 
qu'il propose sout réellement efficaces. Pivers mé- 
decins atiglàis en font l'éloge dans leurs écrits (i). 
Nous appelons donc l'attention de nos compatriotes 
sur l'ensemble de cette méthode^ et notamment sur 
la compi'ession , très^émployée par les médecins 
anglais, dans le traitement des maladies externes^ 
On connaît les avantages qu'ils en rçtirent dans le 
ttaiteinent des ulcères des extrémités i le docteui^ 
Bâynton a écrit sur ce sujet un livré^ estimé ^ 
qu'on réimprime en ce moment et dont nous donne- 
rons une analyse, dès qu'il aura paru. Le docteur Sa- ' 
muel YouNG a encore fait Usage de la compressioUf 



(i) Voyez London médical andphysicaljoutnal f, n^ 199^ 
J. JoNHSOH practical treatise ou derïtngèment of the sinerp 
digestive organs , and nervous system , etc, — Deuxième, 
éàit, , p« i5d. ( La troisième édit. vient de paraître. ) 



( 420 ) 
dans le traitement du cancer du sein; il rapporte 
Effets de }a l'hîsfoire d*un assez grand nonibr& de cure3 obte- 
'^ nues par ce moyen. XI assure avoir guéri des cancers 

qae les plus habiles chirurgiens de Londres avaient 
refusé d'amputer à cause de leur étendue. Malgré le 
ton d'assurance du docteur Youkg, et le caractère 
d'authenticité dont sont revêtues quelques unes des 
observations qu'il rapporte « nous n'osons embrasser 
avec confiance toutes les espérances qu'il nous donne, 
avec d'autant plus de raison que divers médecins 
anglais n'ont point obtenu les mêmes résultats que 
lui. Quoi qu'il en soit , nous donnerons un extrait 
détaillé de ses ouvrages sur le cancer , dans un pro- 
chain numéro de ce journal. 

Tu. DUCAMP. 



asKs 



OBSERVATIONS EXTRAITES DES JOUR- 
NAUX DE MÉDECINE. 



Déconcerte d'un nouveau refnède contre 
le goitre ; par M. le docteur Coindet , 
de Genève. 

V 

Ce titre promet beaucoup ; reste à savoir s'il ré- 
uoitre. pondra aux espérances qu'en a conçues le docteur 
CoiNDEï. Voici, du reste, en quoi il consiste. 

L'auteur ayant pensé que le principe qui^ dans 
l'éponge calcinée, agit d'une manière spécifique 
cotitre le goitre , était Viode^ résolut d'employer les 
diverses prépara^ons de cette substance dans le 
traitement de cette désagréable et trop commune 



( 4" ) 

maladie. Il s'est servi , i" de Vhydriodatè de pu* 
tasse ou de soude ^ sel déliquescent dont (garante- Goîire. 
huit grains , ou deux de nos scrupules , dans une once 
d'eau disrillée^ représentent approximativement 
trois grains d'iode ; c'est à cette dose qu'il emploie 
le plus fréqueminent cette préparation. [2* Dans le' 
cas d'un goitre plus dur, plus Volumineux ou plus an- 
cien^paraissant résister à l'action de la solution saline . 
simple , M. C. , pour augmenter la force du re- 
mède, recourt à V hydriodate de potasse iodurè , et , 
pargce moyen ^ il a souvent obtenu les cures les plus 
remarquables. 3** Enfin « il a fait usage d'une /««- 
ture d'iode , ou solution de quarante-huit grains 
d'iode pour une once d'alcohpl à 35*». 

« Je prescris , dit-il , aux adultes dix gouttes de 
l'une de ces trois préparations, dans une demi- 
verrée de sirop de capillaire et d'eau , prise de grand 
matin , à jeun ; une deuxième dose à dix heures , et 
une troisième dans la soirée ou en se couchant. — - 
Sur la fin de la première semaine, j'en prescris 
qumze gouttes au lieu de dix, trois fois par jour; 
quelques jours plus tard, lorsque l'iode a un effet 
très'-sensible sur les tumeurs, j'augmente encore 
cette dose que je porte à vingt gouttes , trois fois par 
jour, pour en soutenir l'action : vingt gouttes contien- 
nent environ un grain d'iode. — J'ai rarement dé- , 
passé cette dose *: elle m'a suffi pour dissiper les 
goitres les plus volum.ineux^ lorsqu'ils n'étaient 
qu'un développement excessif du corps thyroïde, 
sans autre lésion organique. * , 

«Après une huitaine de jours de traitement, la peau 
devient moins tendue , elle est comme plus épaisse; 
la tumeur se ramollit d'abord , avant que de dimi- 
nuer, ce qu'on réconnaît sûrement au toucbel*^ quel- 



( 42» ) 

— — ^ quQ3 purs plus tard ^ ce ramollissement est encore 
boitre, plus évident : les goitres* ou les tumeurs goitreuses >» 
s'il en existe plusieurs , deviennent plus distinctes , 
plus séparées les unes de autres, elles se ramol- 
lissent et se fondent graduellement. Dans plusieurs 
cas, le noyau qui les forme, ou, plus exactement, 
la partie qui est organiquement mialade, devient 
plus dure, elle diminue, elle s'isole -, quelques-unes 
deviennent mobiles à mesure que ce qui les entoure 
se dissout par l'iode ; avantage précieux, puisque par 
là , dans les cas graves, où une opération est indis- 
pensable, ce remède, diminuant le volume du goitre, 
et permettant , par conséquent , au bout d'un certain 
laps de temps , aux artères et aux veines dilatées' d« 
revenir sur elles-mêmes , l'opération en sera d'au- ' 
tant moins 4ifficile et moins dangereuse. Quelques 
unes de ces tumeurs , en apparence goitreuses , ont 
résisté à l'action de ce remède , sous quelque forvAià 
que je l'aie donné 9 et quelque soit le temps que je 
l'aie fait continuer; j'ai lieu de croire que ces 
cas-ci étaient tout autres que le goitre , ou que sa 
presque totalité avait subi une altération orga»^ 
nique. 

» Daps quelques cas , le tissu cellulaire qui en- 
tourait la tumeur reste gonSé et donne au touchei^ 
la sensation d'un kjste vide* — Souvent le goitre 
se dissipe incomplètement , mais assez, pour n'êtro 
plus ni incommode , ni difforme. — Dans un grand 
nombre de cas il se dissout , se détruit , se dissipe* 
dans l'espace de six à dix semaines , de manière à ne 
laisser aucune trace de son existence. 

>i Afin d'obtenir Teffet isolé de ce remède , et 
qu'il fût dégagé de toute combinaison étrangère , j'ai 
évité de me servir d'aucune application localç» 






( 425 ) 

comme sachets, colliers , etc. ; moyens qui , par la 
compression qu'ils opèrent, ainsi que par les ^ub- Goitre, 
stances salines ou résolutives qui entrent dans leur 
composition f ne sont pas sans ^une sorte d'effica- 
cité. 

» L'iode est uq stimulant; il donne du ton à l'esto- 
mac, excite l'appétit : il n'agit ni sur les selles, ni sur 
les urines; il ne provoque pas les sueurs, mais il porte 
son action directement sur le système reproducteur» 
et surtout sur l'utérus. Si on le donne à une certaine 
dose, continuée pendant quelque temps^ c'est un 
des emménagogues les plus actifs que je connaisse : 
c'est peut-être par cette action sympathique qull 
guérit le goitre dans un grand nombre de cas. ( Biil\ 
UfW.fi. li^^ juillet 1820, Genève. ) » 



Obserçation sur Une plaie pénétrante de 
la poitrine j açec quelques réflexions 
sur les causes de r emphysème $ par 
M. le baron L ARRET. 

L'auteur établit que toutes les plaies pénétrantes piaie péaé« 
delà poitrine, faites par arme blanche, sont gêné- tranie. 
ralement suivies d'un emphysème plus ou moins 
étendu. Mais il pense qu'il peut cependant en exister 
de pénétrantes, avec déchirure du parenchyme 
pulmonaire et crachement de sang, sans qu'il y ait 
emphysème à l'extérieur , ni épanchement de fluide 
dans la cavité thoracique ; c'est lors que la pointe 
de l'arme qui a produit la plaie, n'est pas assez 
acérée^ comme celle du fleuret démoucbeté, par 
exemple. 



( 424 ) 

(( La tunique séreuse pulmonaire peut/ en effet» dlU 
• ^^^'^ P^*^^' il, n'être point divisée, en cédant, par s6n élasticité 
et aa densité, au choc de cette pointe mousse, tandis 
que les vaisseaux puIaK)naires subjacens se rompent 
et se déchirent profondément : de là émission san-* 
guine 9 dont l'effusion se fait par. les bronches , le 
larynx et la bouche , et nullement par la plaie in- 
tercostale y qui ne laisse pas non plus sortir d'air ; 
et l'épancheraent n'arrive qu'autant que les vais- 
seaux intercostaux sont lésés. On n'aura point à 
craindre que les accidens dépendans de l'irritation 
et de riuflammatioii des parties extérieures se déve- 
loppent ; on les préviendra , d'ailleurs , par le dé- 
bridéaient de la plaie extérieure, sou pansement 
méthodique, etc. )» 

En preuve de la solidité de sa théorie , l'auteur 
cite le fait suivant. — Un jeune soldat reçoit , à la 
poitrine , en faisant des armes , un coup d'un Qeuret 
démoucheté. L'instrument , après avoir perforé le 
muscle pectoral au-dessus du mamelon droit , pé-t 
nètre, d'environ un pouce et demi, dans la poitrine, 
entre la troisième et la quatrième côte* Peu de sang 
s'écoule de la blessure extérieure , mais le malade en 
rejette par la bouche immédiatement une grande 
\ quantité. • ^ •*•,... . Le lendemain , à la visite de 

M. Larrey, il n'y avait pas le moindre signe d'em- 
physème à l'extérieur, p^s même autour de la plaie; 
cependant l'hémoptysie , quoique moins forte, exis- 
tait toujours. 

n Nous débridâmes largement la plaie extérieure jt 
et nous mîmes à découvert celle des muscles inter- 
costaux , après avoir appliqué , sur l'incision , une 
ventouse sèche , qui fit dégorger complètement tout 
le tissu cellulaire ambiant , et sortir de la poitrine 



(4»5) . 

une Mssez grande quantité de sang noirâtre épais. 

Nous rapprochâmes immédiatement les bords de Pl«*pcn«- 

cette nouvelle plaie ; nous les fixâmes en contact > 

au moyen de deux petites bandelettea agglutînatives> . 

et d'un linge fenêtre, enduit d'onguent de stirax, etc. 

Le uialade'est sorti de l'hôpital, pour reprendre 

son service « trente-cinq jours après y être entré* 

( Journal complémentaire , numéro de juillet , 

p. 39. ) » 

Il faut l'autorité de M. L. ppur faire croire qu'un 
fleuret démoucheté , pénétrant à un pouce et demi 
dans la poitrine > par une plaie étroite qu'il remplit 
entièrement % de sorte que l'air extérieur ne peut 
s'introduire dans celte cavité , et affaisse le pou- 
mon; que» dis- je» cet instrument, respectant l'inté* 
grité de la membrane séreuse, qui revêt le paren- 
chyme pulmonaire, rompra, déchirera assez lies 
vaisseau?; sanguins de ce dernier, pour donner lieu, 
immédiatement et jusqu'au lendemain même, à 
\ expectoration d^une grande quantité de sang. Je 
le répète , sans l'autorité de l'illustre auteur ,on se- 
rait tenté de prendre son assertion pour une de ces 
hypothèses conçues dans le silence du oabinet, et> de 
croire f ou que la plaie n'était pas pénétrante , ou du 
moins que l'instrument n'avait pas atteint le pou- 
mon , si le crachement de sang n'avait pas eu lieu ; 
ou bien , si ce dernier symptôme s'était manifesté 
immédiatement et en grande quantité, que Yèlasti^ 
cité et la densité de la tunique séreuse du poumon 
n'avaient pas seulement été mises en {eu; mais que 
cette membrane avait été traversée, et le paren- . 
chyme pulmonaire déchiré plus ou moins profon- 
dément par l'instrument tranchant, — Dans l'hy- 
pothèse de M. L. y il est d'ailleurs fort difficile d*ex^ 



(4^6) 

pliquer d'où provenait , le lendemain de Taccideat , 
Flaie péné- |^ grande quantité de sang noirâtre épais ^ que la 
ventouse sèche « appliquée sur la plaie presque im- 
perceptible des muscles intercostaux > fit sortir de la 
poitrine. 
(. . E. 6. C. 



SUITE DES MÉMOIRES MANUSCRITS PÂRYENUS 

A lA SOCIETE. 

1868. Mémoire sur Thumidité; par M. Fiborel, 
docteur médecin ^ chirurgien major du quatrième 
régiment de dragons. 

1869. MÉMOIRE sur la sortie du cordon ombilicat, 
pendant l'enfantement ; par Dieneux, membre rési- 
dant. 

1870. Des Effets de la saignée et de son appli- 
cation thérapeutique; pat M- Caffin , associé natio- 
nal à Saumur. 

1871. Considérations sur quelques phénomènes 
de la nutrition, etc. ; par le même. 

187a. Opinion motivée sur la non-contagion 
de la nialadie dite fièvre faune ; par M. Lefort^ 
associé natianal à la Martinique. (Fort Royal.) 

1873. Péritonite chronique ; par M. Dela- 
porle, médecin à Vimoutiers. (Orne.) 

1874. Présentation et Description d'un appa- 
reil , pour administrer des bains de vapeurs ; par 
M. Lemaîre ( d'Angerville ) chirurgien dentiste à 
Paris. 

1875. Physiologie comparée , ou physiologie 
de tous les animaux ; par M. Destrée 9 docteur-mé- 
decin , à Vailly. (Aisne). 






( 4^7 ) 

1876. GoNSXsiRATiONS 8ur la contagion des 
fièvres en génëral et sur celle de la fièvre jaune en 
particulier; par M. Audouard, membre résidant. 
( La suite à un prochain numéro. ) 



bib'liographie. 

Abrégé praHijue des Maladies de la Peau^ 
classées d'après le système nosologique du docteur 
WiLtAN; par Thomas Batkhian , traduit de l'an- 
glais, sur la 5**. et dernière édit.,par Guillaume Ber- 
trand « etc. Paris , chez Plancher , libraire-éditeur, 
rue Poupée, n"* 7^ J.-B. Baillère, libraire, près 
l'Ecole de Médecine , n° i6* Un volume in-S'' , prix, 
figures en noir , 6 fr. et 7 fr. en couleur. 

La Société de Médecine de Paris vient de faire 
paraître son Annuaire pour jQ^o* Ce petit ouvrage , 
format in-i8. , outre la liste des membres compo- 
sant la Société , contient encore les réglemens nou- 
vellement revus et amendés , d'après lesquels sont 
dirigés les travaux de la Compagpiç , pe qui le rend 
d'une utilité réelle ; pour les médeôins de Paris et 
des provinces, qui correspondent avec la Société. 
»— A Paris chez ÏM. Venier , employé au secréta- 
riat , rue Saint-Roch'Poissonnière, n® 12. 

Ces ouvrages se trouvent aussi chez Croullebois , 
libraire, de la Société de Médecine de Paris, rue 
des Mathurins-Saint* Jacques , n^ 17; chez lequel 
on trouvera également tous les livres et ouvrages de 
médecine analysés, ou même simplement annoncés 
dans le Journal général. 



(4^8) 



■* 



TABLE 



DES ARTICLES CONTENUS DANS 

LE TOME LXXU» (XP de la IV série) 

DU JOURNAL GÉNÉRAL DE MÉDECINE , ete. 



■f 



Anatomie ^ physiologie j Anatomie pa-- 

thologique. 

pag- 

Réfiexioiks sur les usages attribues aux kystes apo- 
plectiques ; par M. Raisin pag. i8 

Rapport de M. Rouzet , sur ce mémoire. . . • • ^7 

Observation d'une transposition générale des 
viscères ; par MM. Nacquart et Piôrry. . • 4^ 

Mémoire sur les ruptures du cœur; par M. Ros- 
TAN p' » 99 

Mémoire sur le déchirement sénile du cœur ; par 
M.Blaud. • • i3i 

Observation sur une tumeur située dans le mé- 
sentère, et au milieu de laquelle on trouva les - 
restesd'un fœtus ; par M. Oli vry i84 

Rapport de M. Kergaradeg , sur cette obser- 
vation. • • 190 

Recherches sur le mécanisme de la respiration 
et sur la circulation du sang; par M. Bour- 
bon ..••••... •• 269 

Notice sur un cas de mérycirme , observé chez 
l'homme; par M. Tarbès 3iS 

Rapport de M. Yxllerm^ , sur cette observa- 
tion • •..•• •.•....< 3i8 



N 



(4^9) 
Chirurgie , accouchemens , opérations. 

Remarques sur la fracture du col du fémur; 
par M. Hervez de Ch^goin ^ pag. 3 

Rapport de MM. Roux et Lagneau sur ce mé- 
moire • ^^ 

Addition du rédacteur sur le même sujet. . 68 , 281 

Note sur la grenoulUette; parM. Larrey.,.. 110 

Polype* fibreux utérine opérés par M. Dupuy- 

TREN * • •• 1*5 

Calculs prostatiques , extraits par l'incision de 
la prostate ; par le même * . . • . I16 

Lithotemie au haut appareil. — Calculs énor- 
mes • •• •• ï^'^» 

/ Calculs urinaires ayant pour noyaux des frag- 

meiis de sonde^ introduits dans I9 vessiç ; par 
le mênae .....•.,..• a4o 

Observation sur la rupture d'une sonde de 
gomme élastique , dont les fragmens pjat été 
heureusement retirés de la vessie, sans le.se-» 
cours d'aucune opération instruqientale; par 
M. Haime , . . . * 241 

Observation sur un abcès du foie , par M.De- 

, PONS .....; ,....,.. ^..,.,. . ,.^. . .... .. 234 

Observation sur une opération de laryngo-tra- 
chéotomie,, pratiquée avec succès j par M. Du- 

CHATEAU 236 

Ligature de Tarière tibiale postér:ieurç ;.. par 
M. OuvRARD. ......,-.. ^ ... . a38 

Cas d'accouchement , rendu difficile par la pré- 
sence d'une tumeur dans l'excavation du bas- 
sin ; par M. Moreau ..•...••.•••«... 242 

'Mémoire sur les fistules de la glande paxotide 



/ 



V 






( 43o ) 

et de son conduit excréteur; par M. Qkv^ 

0RON • i ....... i ... 4...i.. irjfj 

Observation d'un paraphymosis, guéri par l'ap- 
pUcation d'un grand nombre de sangsues ^ par 
M. Bourgeois é • • . . • . 299 

Observation sur une plaie pénétrante de la poi- 
trine > avec quelques réflexions sur lear causes 
de l'emphysème; p^r M» Lareeit* •••.....• 4^^ 

Médecine , philosophie médicale , hy- 
giène , médecine légale* 

Faits constatant les bons effets du moxa, dans 
le tfàilement des. pblegitiasîes chroniques, 
des organes ào la poitrine; par M. Vaidt 55 

Rapporteur le concours relatif à l'existence des 
fièvres 74 

Réilexîons critiques sur un écrit de M. Chomel, 
ayant pour titre, de l'existence des fièvres ; par 
M. DucAMP. • 356 

Mémoire sur le traitement des maladies aiguës , 
chez les gens adonnés à l'usage du vin et des 
liqueurs fortes ; par M. Chomel. •...<•.., i<>3 

Mémoire sur quelques points dé doctrine > ré- 
latifs aux sympathies pathologiques , des 
membranes muquëtiseâ de i'àbâbmèn; par . 
M. LAsâERK. J' m 

Traité de médecine pratique de Pi Frank ', trà* 
duction française .•....••««..•..•<«....•• 118 

Traité des maladies des enfans ; par J. Capu- 
ron;, seconde édition .•.'...•.....'...••.••. i2q 

Rapport siir le Traité de la fièvre jaune ; par 
M. DsvizE , suivi d'observations générales 
sur la contagion des fièvres typhbdes ; par 
M. BvRi>iN;ainé. 4^ «•.......' x49 









« 



(450 

Ophtalmie vënërienne qui parait avoir été coH'* 
tractée pjir contagion ; par M. Auoouard. 204 

Médecine légale : Considérations sur l'infanti^ 
cide^; par M. Lecieuz »••••* %l^ 

-—■■■■ ■ Sur la manière de procéder à Touver- 
ture des cadavres , spécialement dans les cas 

d^ visite judiciaire^ par M. Renakd 249 

■ — - Sur les érosions et perforations spon- 
tanées de l^eHomac; par M* Laisné. « a5o 

-'— «— Sur recchjrmose» la suggillalion , la 
contusion, la meurtrissure; par M. Rieux. 254 

Observatbns relatives à des anomalies delà vac- 
cine » 282 

Mémoire concernant - les- effets *de la pression 
atmosphérique sur le corps humain , et l'ap- 
plication de la ventouse dans divers ordres de 
maladies; par M. Gondret 266 

Troubles dans resicrétion alvine, à la suite 
d'une diarrhée ; par Al. Fiorry ' 289 

Observation d'une fièvre larvée céphalâlgique ; 
par M. Delaporte. . . .. * 297 

Rapport de M. SÉorrEOT , au nom d'une Com- 
mission, sur'J'appareil de M. Lemaire^^, re- ,. 
latif aux bains de vapeurs humides ...•••. 3o5 

Extrait de deux observations d'hépatite; par 
M. DcLBOSC, et raf^ort à ce sujet; par 

« M. AUDOUAHD. ..»«..... 32Z 

De la léthargie et des affections soporeuses con* 
sidérées comme symptômes ; par M. Chan- 

TOURELLB , 335 

Du mariage considéré comme moyen préserva- 
tif et curatif des maladies ; par M. J. Bors- 
QUBT , , • 366