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Full text of "Kaccâyana et la littérature grammaticale du pâli. Ire partie. Grammaire pâlie de Kaccâyana: sûtras et commentaire, publiés avec une traduction et des notes par M.E. Senart"

KACCAYANA 

ET 

LA LITTÉRATURE GRAMMATICALE 
DU PÂLI. 



EXTRAIT N' 1 DE L'ANNEE 1871 
DU JOCRNAL ASIATIQUE. 



ERNEST LEROUX, 

LIBRAIRE DU JOURNAL ASIATIQUE, 
Rue Bonaparte 28. 



KACCAYANA 



ET 



LA LITTERATURE GRAMMATICALE 

DU pAll 



I" PARTIE. 

GRAMMAIRK PALIE DE KACCAYANA, 

SÛTRAS ET COMMENTAIRE, 
PUBLIÉS AVEC UNE TRADUCTION ET DES NOTES 

PAR M. E. SENART. 




PARIS. 

IMPRIMÉ PAR AUTORISATION UK M. I,E GARDE DES SCEAUX 

À L'IMPRIMERIE NATIONALE. 



M DCCC LXXI. 



V 

AUG 1 7 W<L « 



4^/ 



y OF TOW-^\.y 



pK 
\o\l 

\n 



KACCAYANA 



ET 

LA LITTÉRATURE GRAMMATICALE 

DU pAli. 



AVERTISSEMEIST. 



Les premières données sur la grammaire pâlie de Kaccâ- 
yana parvenues en Europe étaient assez décourageanles : 
Turnour^'dans sa pf?ràcc du Mahâvamsa , ne parlait de cet 
ouvrage et n'en signalait l'importance que pour en constater 
(lu même coup la perte'. Longtemps on put-croire cette dis- 
parition définitive. Cependant, en i85/i, M. F. Masbn* rec- 
tifia celte erreur et aiTirma l'existence des sùtras, confirmée 
depuis par iM. P. Grimblot', qui en faisait en même temps 
espérer la publication par ses soins. Peu de tcnips après, un 
premier fragment de Kaccâyana nous était donné par M. James 
d'Alwis, qui, dans son livre bien connu, An Introduction to 
Kachchâyanu's Grammar, Colombo, i863, ajouta à un grand 
nombre de fragments divers relatifs à la grammaire et aux 
grammairiens pâlis, reciieillis et discutés par lui, une édition 

' Mahâv. p. XXV. 

' Journal oj the Amer. Or. Society, IV, 107. 

^ Indische Stud.Y, libo. 

J. As. Kxtrait n" 1. (1871 ) 



en caractères singlialais du sixième livre du Sandhikappa, 
accompagnée d'une traduction et de notes. Plus récem- 
ment, M. E. Kuhn a publié , sous le litre Kaccâyanappakamnœ 
spécimen (Halis Saxonum, 1869), le troisième chapitre du 
même ouvrage, en le faisant précéder de remarques sur les 
sources de cette grammaire, où il eut le mérite d'insister 
notamment sur les relations existant entre la grammaire Kâ- 
tantra et les sùtras de Kaccâyana. Cependant il manquait 
toujours une édition complète, qui seule pourtant, outre la 
lumière qu'elle ne manquerait pas de répandre au moins sur 
certains détails de la langue elle-même , pouvait préparer 
l'examen des questions d'histoire littéraire et de chronologie 
qui se groupent naturellement autour de l'œuvre capitale de 
la littérature grammaticale du pâli. C'est cette lacune que j'ai 
voulu essayer de combler, en profilant des ressources nou- 
velles dont s'est enrichie dans les dernières années notre 
Bibliothèque nationale. 

Les manuscrits qui ont servi de base à cettef^ "riibrication 
sont les suivants : 

Cd. — Manuscrit n" 80 du fonds Grimblot : /j4 feuilles; 
9 lignes par page, quelquefois 10; caractères singhalais. Cet 
exemplaire présente une lacune dans la deuxième section 
(11, 3, 20 à II, à, 11), où une détérioration du manuscrit 
rend illisibles environ deux feuilles recto et verso. Il porte à 
la fin ces mots : « Sakâbdam thulisatyam; » mais j'ignore 
quelle date ces mots figurent. 

C. — Manuscrit n" 78 du fonds Grimblot, relié avec le 
précédent, et contenant seulement les sûtras sans commen- 
taire. 7 feuilles, 9 lignes par page; caractères singhalais. 

Une série de manuscrits en caractères pâlis de Siara. Ces 
manuscrits ne sont point encore catalogués; j'en indiquerai 
es numéros dès que le catalogue qui se préparc sera achevé. 
La collection dont ils font partie contient tout l'ouvrage avec 



le cominentaire , mais chaque kappa à part en un manuscrit 
particulier; chacun du reste existe, parait-il, en plu- 
sieurs exemplaires. Le numérotage des feuilles de chacun 
ne recommençant point avec l'unité, il sera sans doute pos- 
sible, au moyen de ces chill'res, de reconstituer une ou plu- 
sieurs copies complètes dont la division n est probablement 
qu'un efTet du hasard. Dans cette suite de manuscrits, j'ai pris 
une copie de chaque kappa que j'ai entièrement collationnéc. 
Toutefois, ayant pu aisément constater, par l'expérience des 
autres kappas, qu'il ne saurait être question, entre la copie 
singhaîaise et les exemplaires siamois, de différences capitales 
ni même importantes, j'ai jugé inutile de collationner des 
manuscrits siamois pour les deux kappas déjù pubhés, et je 
me suis contenté de comparer avec les éditions mon manus- 
crit singhalais. En résumé, les manuscrits siamois dont je 
me suis servi sont les suivants : 

S' contenant le SandLikappa. 

s"" contenant les deux premiers kandas i C'est un manuscrit 
du Nâmakappa. / unique divisé acciden- 

S° contenant les kandas 3-5 du Nània- l tellement en deux par- 
kappa. ; lies. 

S" contenant le Samâsakappj. 

S*^ contenant le Taddhilakappa. 

S^ contenant le Kitakappa. 

S"" contenant i'Unâdikappa. 

Tous sont écrits sur trois lignes par page, et contiennent 
entre les lignes pâlies une traduction ou des gloses Thai. 

J'ai parlé déjà* des éditions du sixième et du troisième cha- 
pitre données par MM. d'Alwis et E. Kuhn ; j'en ai naturel- 
lement tenu grand compte; j'espère les avoir corrigées en 
quelques passages; mais nulle part je ne me suis écarté un 
peu sérieusement de leur texte sans indiquer scrupuleusement 



— k — 

leur leçon, en les désignant par les lettres A cl K ; clans les 
quelques cas où j'ai jugé utile de rappeler une variante du 
manuscrit de M. Kuhu, abandonnée et changée par lui, j'en 
ai marqué la provenance par Cd. d. R. 

La façon dont il devait être fait usage des ressources ma- 
nuscrites ci-dessus énoncées était tout indiquée d'avance. 
J'eusse été entraîné trop loin par la reproduction intégrale 
de toutes les différences orthographiques, ou des mille diver- 
gences légères sans importance pour la pensée; j'ai dû faire 
un choix. Prenant Cd pour base du texte, j'ai toujours indiqué 
avec un soin particulier les variantes de ce manuscrit; je 
n'ai jamais admis une conjecture dans le texte, sans donner 
les leçons des diverses sources dont je disposais; et quand 
je me suis éloigné de la leçon de Cd sans indiquer la leçon 
du manuscrit siamois correspondant, c'est que cette leçon 
est précisément celle que j'ai adoptée. 

En ce qui louche les questions d'orthographe, on sait assez 
combien il est encore difticile d'établir pour les textes pâlis des 
règles absolument fixes; je me suis pourtant, autant que pos- 
sible, dégagé des inconséquences et des fréquentes variations 
des manuscrits. Les principes que j'ai suivis se rapprochent, 
naturellement, beaucoup de ceux qui ont été adoptés dans 
des publications antérieures, notamment par M. FaushoU. 
J'en noterai seulement quelques-uns ici. 

M. Fausbôll' a signalé l'inconséquence avec laquelle les 
manuscrits singhalais écrivent la brève ou la longue, en dehors 
de toute espèce de règle; c'est le plus souvent une longue 
régulière , une longue prescrite par la grammaire et l'analogie, 
qui se trouve sacrifiée; rlans tous les cas de ce genre, je l'ai 
rétablie; j'ai, par exemple, toujours écrit la longue aux cas 
obliques du pluriel des thèmes en i, u, comme aggîsu , bhik- 

' Dhammap. p. vu. 



khùiiam, elc. Dans les cas particuliers j'ai adoplé une ortho- 
graphe conséquente, fondée sur l'autorité comparative des 
manuscrits ou sur l'étymologie; c'est ainsi que, malgré les 
manuscrits siamois, j'ai toujours écrit niggahîta, dîyha. Sur 
d'autres points, j'ai préféré me rapprocher de ces manuscrits, 
qui paraissent plus complètement libres de toute influence 
savante du sanscrit : partout j'ai écrit by et non vy, contrai- 
rement à l'orthographe habituelle des copies singhalaises ; 
partoulj'ai réiabli âkhyâta, au lieu de la forme âkkhyâta, gé- 
nérale dans les exemplaires de Ceylan (de même dans le ma 
nuscrit de la Hûpasiddhi, l'édition du Bâlâvatâra). J'ai ob- 
servé, même à l'encontre des manuscrits, la règle qui ne 
souffre point de voyelle longue devant un groupe de con- 
sonnes (excepté pourtant certains cas où l'une des deux con- 
sonnes est une liquide ou une semi- voyelle); je n'ai fait 
d'exception que pour certaines fictions grammaticales, telles 
que le génitif /j«55a (I, 5, a). 

On sait quelle est la fluctuation et l'incertitude dans l'emploi 
de l'n cérébral; ne pouvant découvrir la règle de ces inconsé- 
quences, je me suis contenté en générai de n'employer l'/i 
cérébralisé sous l'influence de l'r qu'autant que, faisant partie 
du corps même du mot, il avait pu prendre en sanscrit une 
position plus fixe et plus solide. Quant à un emploi plus étendu 
de l'n cérébral qui se montre en quehjues endroits, par 
exemple dans des mots comme hyanjana (c'est l'orthographe 
habituelle du manuscrit de la Rûpasiddhi), les grâces en sont 
trop rares et trop indécises pour qu'il soit possible de l'ad- 
mettre sans autres preuves. J'ai suivi la règle qu'on trouvera 
1 , 2 , 6 n. et qui prescrit l'allongement de la voyelle brève qui 
suit un e ou un changés en y onv , et dont la singularité re- 
lève en quelque façon l'autorité. Dans d'autres cas je n'ai pu 
que m'associer aux variations des manuscrits, comme pour 
l'orthographe du participe passif en îya que j'ai écrit tour à 



— — 

tour îya, iyyu , îyyu, formes d'ailleurs équivalentes, et qui se 
retrouvent dans iya , iyya, iya et même îyya de la formation du 
passif. Pour l'anusvàra [nicjgahîlo) j'ai élé plus radical : aussi 
bien devant les voyelles initiales que devant les consonnes, et 
sans user de la faculté laissée par 1,4,2. 5, j'ai conservé l'anu- 
svàra , la nasale vague et indéterminée , au lieu de le changer en 
m ou d'y substituer la nasale de même ordre que la consonne 
suivante. Ce procédé m'a paru préférable , conmie plus con- 
forme au vrai caractère de l'anusvàra pâli. Si, en effet, l'on 
songe qu'il représente non-seulement l'm final, mais aussi l'n, 
dans les participes comme gaccham (à côté de gacchanlo) , par 
exemple; que, dans certains cas, il s'ajoute à la fin de dési- 
nences verbales comme imsum, à côté de imsu, où il ne cor- 
respond à aucune nasale sanscrite, sans compter d'autres 
fonctions analogues dans le détail desquelles ce n'est pas le 
lieu d'entrer, on est porté à penser qu'en pâli l'anusvàra 
doit être loin de cette élasticité d'articulation qui lui permet 
en sanscrit de subir des modifications si variées, et qu'il est 
par conséquent préférable de lui laisser dans l'orthographe 
même une stabilité plus grande, sinon absolue. Les cas où j'ai 
fait usage de la faculté accordée par les sùtras précités, sont 
les suivants : i° Le cas où anusvâra final se trouve devant 
un enclitique, comme ca , intimement relié par sa nature 
même au mot sur lequel il s'appuie; 2° le cas où l'anusvàra 
termine un préfixe, tel que sam, fondu avec le thème qui 
le suit; j'ai même étendu ce cas au delà des habitudes des 
manuscrits qui négligent le changement devant les gutturales, 
sans doute par des raisons graphiques; 3° le cas enfin où m 
finit un mot qui se trouve presque en état de composition 
avec le suivant, comme : iccevam âcli, kim attkam? 

La traduction que j'ai ajoutée au texte ne s'étend qu'aux 
sùtras qui forment le corps de l'ouvrage, la parlie essentielle 
attribuée à Kaccâyana. Tout ce qui y dépasse ou explique la 



significalion littérale et précise des lermes mêmes du sùlra , 
a été enfermé entre crochets. Dans les circonstances où j'ai 
cru devoir m'éloigner de l'interprétation du commentaire, 
j'en ai donné les raisons dans des notes que j'ai faites aussi 
peu nombreuses et aussi courtes qu'il m'a paru possible ; il 
n'en est presque pas qui ait d'autre but que l'éclaircissement 
(lu texte; dans quelques-unes seulement j'ai relevé certaines 
particularités caractéristiques pour la nature et la composi- 
tion de l'ouvrage. 

Les faits de cet ordre, ainsi que des extraits d'autres gram- 
maires, se trouveront groupés et discutés dans un examen 
(IVnsembie, qui formera la seconde partie de ce travail, 
et qui seul, en replaçant la grammaire de Raccâyana dans 
son milieu naturel, entre les sources sanscrites et les déve- 
loppements postérieurs de la littérature grammaticale du 
|)àli , pourra en faire ressortir l'intérêt historique et le vrai 
caraclère '. 



'^^En paraissant d'abord, il ya quelques semaines, dans le Journal 
Asiatique, cette édition était accompagnée de l'observation suivante, 
qu'il est nécessaire de reproduire ici : «Ce travail, acbevé il y a près 
d'un an, avait été, dès le mois d'août 1870, remisa la Commission 
du Journal [Asiatique, et accueilli par elle; l'impression n'en fut re- 
tardée que par les événements qui se précipitèrent à cette époque. 
On n'a pointjugé que l'édition donée par M. F. Mason (Toongoo, 
1870) fût de nature à rendre la présente publication tout à fait inu- 
tile. )) Ceci explique pourquoi cette édition n'a pu être mise à profit, 
pas plus que celle du Nâmakappa donnée plus récemment par 
M. E. Kuhn : Kaccâjanappakaraiiae spécimen a/fcrum, Halis. 1871, 
dont je n'ai eu connaissance qu'à un moment où une bonne partie 
de mon travail était déjà imprimée. 



NAMO TASSA BHAGAVATO ARAHATO 
SAMMÂSAMBUDDHASSA, 



Seltham tilokamahitam abhivandiyaggani 
Bj||ddlianca dhammam amalaiîi ganaiîi uttamanca 
Satlhussa tassa vacanatlhavaram suboddhum 
Vakkhâmi sultahitam eltlia susandhikappam. 
Seyyaiïi jineritanayena budliâ ' labhanti 
Tancàpi tassa vacanatthasubodhanena^ 
Auhaiica akkharapadesu amohabhâvà: 
Seyatlhiko padam ato vividham suneyya. 

^m *^=t^M<H^irn mil 

Sabbavacanânaiïi attho akkbarebcva sannàyate. Ak^bara- 
vipattiyarâ hi altbassa dunnayatâ boli; lasmà akkharakosal- 
lam bahûpakàram suUantesu. 

La pensée s'exprime au moyen des sons [ou 
lettres]. 

^r^çw^nrw u^h^riiHln ii "^^ ii 

Te ca kho akkharâpi akârâdayo ekacaltâlîsam suttanlesu 
sopakârâ bonti. 

Tarn yathâ :a,à,i,î,u,ù,e, o,ka, kha , ga , gha , iia , 
ca, cba, ja, jba, na, la, tha, da, dha, na, la, tha, (la, dba, 
na, pa, pba, ba, bba, ma, ya, ra, la, va, sa, ba, la, ain ti 
akkbarâ honli, 

' C et Cd lisent : budhâ; S° Ht seul : buddhâ, la forme ordinaire, 
que le mètre n'admet pas. 
^ Cd vacanassa subo ". 



— 9 — 
Akkhara iccaricna ' kvallho ? Altho akkliarasannâlo. ( 1 , 1,1.) 

Or les lettres a, etc. sont au nombre de qua- 
rante et une. 

Taltha akkharesu akàrâdîsu odantâ attha sarânâma honti. 
Taiïi yathâ : a, â, i , î, u, û, e, o, iti sarâ nâma. 
Sara iccanena kvattho? Sarâ sare lopam. (1,2, 1.) 

Les huit [premières lettres], jusqu'à 0, sont ap- 
pelées voyelles. 

ïattha atlliasu saresu lahumaltà tayo rassâ nàma honli. 

Taiïi yalhâ : a, i, u iti rassâ nâma. 

Rassa iccanena kvattho? Rassam. (I, 3, 4.) 

Les trois [voyelles] de mesure légère s'appellent 
les brèves. 

Tattha althasu saresu rassehi anne panca sarâ dîglià nâma 
honli. 

Dîgha iccanena kvattho? Dîgham. (1,2, 4-) 

Les autres s'appellent les longues. 
HHTSzr^RT II in 

Thapetvà attha sare sesâ akkharâ kakârâdayo niggahitantà 
byafijanâ nâma honli. 

■ Cd remplace, dans ce sùtra et les suivants jusqu'à 9, la répé- 
tition du terme en question suivi de «iccanena » par un simple tenu. 
S' offre les leçons adoptées. 



— 10 — 

Taiïi yathâ : ka , kha, ga, gha, iia, ca , cha, ja, jlia, na, 
la, tha, da, dha, na, pa, pha , ba, bha, ma, ya, ra, la, va, 
sa, ha, la, aiîi ili byanjanâ nàmahonti. 

Byanjana iccanena kvatlho ?Sarà pakali byanjane. (1, 3, i.) 

Les autres [lettres] s'appellent consonnes. 
^JïTT TT-^M-^HT ^PrTT II 3 II 

Tcsam kbo byaiïjanânaih kakàràdayo makàranlà panca- 
paiîcaso akkharavanio vaggâ nàuia bonli. 

Taiïi yathâ : ka, kba, ga, gha, na; — ca, cha, ja, jha, 
fia ; — la , tha , da , dha , na ; — ta , !ba , da , dha , na ; — pa, 
pha, ba, bha, ma — ili vaggâ nâma bonli. 

Vagga iccanena kvallbo ? Vagganlaiîi va vagge. (I, A, 2.) 

Divisées cinq par cinq, les consonnes jusqu'à m 
[donnent cinq séries qu'on appelle] les classes [de 
consonnes]. 

^ ^ (Hiil«^ri II t II 

Atîi ili niggahîtam nâma. 

Niggabîla iccanena kvatlho? Aiîi byaiïjane niggahitaiîi. 

[La lettre] m s'appelle niggaliîta. 
MiHH^I ^^Ùt H tf II 

Yà ca pana sakkalagandhesu ' samafiriâ ghdsâti va aghosàti 
va ta payoge sali ellhâpi payuiïjante '. 

Tattha ghosavanto nâma : ga, gha , lia , ja, jha, na, da, 

' S* sakatagaiitViesii. 

^ Cfl ° pi yuûjate. S" " pi iiayu^janlc. 



dha , na, da , dha, na, ba , Llia , ma, ya, ra, la, va, lia iti 
gliosà nâma. Aghosâ nâma ' : ka, kha, ca, cha, ta, tha, ta, 
tha , pa , plia , sa iti aghosâ nâma. 

Ghosâghosa iccanena kvatlho ? Vagge ghosàghosânam ta- 
liyapathamà. (1,3,7.) 

Des termes techniques [usités par] d'autres [gram- 
mairiens] sont à l'occasion [employés dans cette 
grammaire]. 

M. Weber [Ind. Streifen , II, 325) explique samannâ 
par : termes techniques (^erm/«î), ajoutant entre parenthèses 
cetle rapide explication de la lorme : « samannâ (samâjiïâs :== 
samjnàs) » ; mais l'hypothèse de ce mot samâjnâ =: sanjnâ 
n'est, que je sache, soutenue par aucun fait, et, en tous cas, 
samannâ, an lieu du très-usité sannâ, serait un dcTra^ As- 
yà^svov chez les grammairiens pâlis. Cetle difficulté pourrait 
portera considérer samannâ commet Skr.sâmânya avec une 
abréviation de l'a initial pour laquelle il existe en pâli quel- 
ques analogies (par exemple : thapetvâ , etc. de la rac. sthà); 
alors on traduirait, en sous-entendant saiinâ comme res- 
sortant naturellement de l'énuméralion des sûtras précé- 
dents : «[des termes] habituels chez d'autres [grammai- 
riens], etc.» Toutefois, devant l'autorité du scholiaste, qui 
évidemment comprend comme M. Weber, et devant l'irré- 
gularité de cette construction qui fait rapporter un adjectif à 
un substantif non exprimé même antérieurement, je n'ose 
donner cette explication que comme une simple hypothèse. 

5^ ^^dfet' "^mi H^ f^^ftïT^ Il \o II 

Tattha sandhim kattukâmo pubbabyafijanam adhothilam ' 

' On attendrait plutôt : aghosavanto nâma , qui ferait symétrie avec 
ghosavanto nâma, et éviterait cette répétition inntile de : aghosâ 
nâma. 

^, ' S' adhotthltarii. 



— 12 — 

assaram katvà sarailca upari katvà sarena viyojave. Tatrâyam 
âdi'. 

On sépare de la voyelle [initiale du mot suivant] 
la consonne finale, non accompagnée de voyelle, 
qui la précède. 

L'explication donnée de cette règle par M. d'Aiwis {Inlr. 
to Kachch. p. XVII. Cf. Correct, p. ii8) m'est aussi inintelli- 
gible qu'à M. Weber [Ind. Str. II, 826). Quant à l'interpré- 
tation indiquée par M. Mason [Gr. introd. p. iv), et qui ne 
parait point étrangère à la Vulti, il ne me semble pas possible 
de la tirer sans violence de notre texte, et elle ne conduit 
d'ailleurs à aucun enseignement utile. On peut, je crois, s'é- 
clairer sur le sens véritable par la comparaison de la gram- 
maire Kàtantra, qui a deux sùtras correspondant à celui-ci et 
au suivant, bien qu'en ordre inverse. Ils sont ainsi conçus : 
«Vyanjanam asvaram paraiîi varnnam navet», et: «Anati- 
kramayan viçlesliayet ». Ce dernier est commenté par Durga- 
siiîiba ainsi qu'il suit : Varnnun sumjhalitân suihniilitân anuii- 
kramayan viçleshajed vighatayed ityarthah. Vaiyâkaranaih 
uccakaiçca asammohârlho 'yaih yogali. (Mscr. lvi Beng. du 
catal. Ham. fol. 3"). Notre règle, formulée en des ternies un 
peu différents, a le même but, qui est de mettre en garde 
contre une prononciation indistincte et confuse à laquelle 
pourrait conduire une application trop absolue de la règle 
suivante; et, pour parler le langage des Prâtiçâkhyas , elle 
réserve en quelque sorte la nécessité de Y Abhmidhâna , vis-à- 
vis des droits du sandhi (Cf. Whitney, Atliv. Prâl. p. Sg nv). 
— Le sens dejinal pour adhothila est confirmé par la Rùpa- 
siddhi, qui l'explique par antika , et c'est d'ailleurs le seul 
dont s'accommode le sûtra suivant. 



S" tairâyani ili. 



— 13 



7r2Ttn;5Tnnin 

Assaram kho byanjanam adhothitam ' parakkharam naye 
yutle. Talràbhiralim iccheyya. 

Yulle ti kasmâ ? Akkocchi mam avadhi mam ajini mam 
ahâsi me. Etllia pana yuttam na hoti. 

On relie, quand cela est possible, une [consonne 
finale] à la lettre [initiale] suivante. 

Ex. Tatra abhiratim, tatr âbhiratim, tatrâbhi- 
raliiîi. 

La Rûpasiddhi est plus nette que notre scholiaste relati- 
vement à la porlée de la restriction yu/<e. ï Yutte ihàne 

etiha yuttaggahanarîi niggahîtanisedhanattliajîï. — Yutte, 

c'est-à-dire quand il y a lieu On a ajouté ce mot pour 

exclure le niggahîta. » C'est-à-dire, je pense, que les voyelles 
nasales ne s'unissanl pas à la voyelle suivante, il n'y a pas 
lieu de leur appliquer la présente règle : on dit: akkocchi 
mam avadhi maiîi , et non : akkocchi màvadhi maiîi. 

ITI SANDHIKAPPE PATHAMO KANDO. 



H^ Ht ^Wt II 1 1l 

Sarà kho sabbepi sare pare lopam papponli. Yassindriyâni 
samathaih gatâni; nohetam bhanle; sametàvasmâ sanghena. 

Les voyelless'élidentdevant une voyelle. Exemple: 
Yassa indriyâni samatliaiîi gatâni devient :yassindri° 
s. g. : celui dont les sens sont réduits au calme. 

' S* adhotthitam. 



— l-'l — 
^ TT^ ^H^?TT II "î^ Il 

Saramhà asarûpâ paro ' saro lopam pappoti va. Cattâro 
me bhikkhave dhammà; kinnumâ vasamaniyo ^. 

Vàti kasmâ? Pancindriyâni ; tayassu^ dhammâ jahità bha- 
vanli. 

Après une voyelle qui ne lui est pas homogène, 
une voyelle suivante peut aussi s'élider. Ex. Kinnu 
imà devient: kinnumâ . . . illine? 

Ce sûtra offre le premier de ces cas où il est impos- 
sible d'attribuer à va le sens exact qu'il a dans Pànini où il 
marque que, dans un même cas donné, la règle qu'il accom- 
pagne peut à volonté être ou n'être pas appliquée. Ainsi je 
ne me rappelle pas d'exemple de l'élision pure et simple d'un 
u final devant un «initial, et je ne crois pas quettkinnimà », 
par exemple, à côté de «kinnumâ», soit permis, ainsi qu'on 
pourrait le vouloir conclure. « Va « équivaut ici , comme dans 
beaucoup d'autres règles, à : quelquefois, dans certains cas. 
Sur l'emploi analogue de va dans Vopadeva , cf. la préface de 
M. Bôhtlingk, p. iv. 

Wr^irmiï cT^ Il ^ Il 

Saro kho paro pubbasare lutte kvaci asavannam pappoli. 
Sankhyam nopeli vedagû; bandbusseva samâgamo. 

Kvacîli kasmâ? Yassindriyâni; tathùpamam dhammaiîi 
adesayi. 

Quelquefois, quand une voyelle est élidée [devant 
une autre, cette voyelle suivante se change en] une 

' Cd asarûpaparo. S" °rûpà saro paro. 

^ Cd vasamanîyo. S' vasamaiiiyo. 

^ S' pancindriyâni samatham gatâni tu yassa dha". 



— 15 — 

voyelle non homogène [à sa forme primitive]. Ex. 
Bandhussa iva^rbandhusseva samâgamo : comme 
la rencontre d'un parent. 

Saro kho paro pubbasare lutte kvaci dîgham pappoli. Sad- 
dhîdha vitlam purisassa setthaih; anâgârehi cnbhayaiîi. 

Kvacîli kasmâ ? Pancahupâli aiigehi samannàgalo; nat- 
thannam kinci neltha. 

[Quelquefois, la voyelle qui suit une voyelle 
élidée devient] longue. Ex. Saddhâ idha = saddh' 
îdlia vittam purisassa setthàm : la foi est ici-bas le 
plus grand bien de l'homme. 

T^ '^ Il mi 

Pubbo ca saro paralope kate kvaci dîgham pappoti. K.im 
sùdba vittam purisassa settham? sâdhùti palisunitva. 
Kvacîli kasmâ? Ilissa muhuttampi. 

[Quelquefois] aussi [la seconde voyelle étant éli- 
dée], la voyelle qui [la] précédait [devient longue]. 
Ex. Kiiîi su idha = kim sûdha vittam purisassa 
settham? Quel est vraiment ici-bas le plus grand 
bien de l'homme? 

2fïï<!,Ti^Hr^Hi II ill 

Ekàrassa antabhùtassa sare pare kvaci yakârâdeso boti. 
Adhigato kbo myâyaiîi dhammo; tyâbaih evam vadeyyam; 
tyassa pahînâ honti. 



— 16 — 
Kvacîti kasniâ ? Te nâgatàili nettha. 

[Devant une voyeile] e final se change [quelque- 
fois] enj. Ex. Adhigato kho me ayam = myâyaiîi 
dhammo : je comprends cette loi. 

Au témoignage de la Rûpasiddhi et aussi du Bâlâvalâra 
(p. 3 de J'édilion de Colombo, 1869), confirmé du reste par 
f orthographe unanime ici de nos manuscrits, celte règle 
doit être complétée par le rapprochement du sûtra I, 3, 3; 
la règle extrêmement vague qu'il contient s'appliquerait tout 
particulièrement à la voyelle qui suit un e final transformé 
en y. Seulement, tandis que le Bâlâvatârane fait application 
de la règle : «D<r,ham » qu'à la voyelle qui suit e transformé 
en y (de même IVlason, Pâli gr. p. 27), la Rûpasiddhi, dans 
son explication du sûtra 1,3,3 (fol. 7° du ms. f^'Grimblot, 
n° 87), l'étend à la voyelle qui suit transformé en v, par 
des exemples comme : svâham = so aham. 

# W|7;=rîT^' Il S II 

Okârukârànam antabhûtânam sare pare kvaci vakàrâdeso 
hoti. Alha khvassa; svassa; hoti bavhâbâdho ' ; vatthveltha 
vihitam; niccam cakkhvâpâtham àgacchanti. 

Kvacîti kasmâ? Cattâro me bhikkhave dhammâ; kinnumâ 
vasamaniyo^. 

[Devant une voyelle] 0, a final se change [quel- 
quefois] en V. Ex. Kho assa : khvassa ; so assa : 
svassa. 

Cf. la remarque ajoutée au sûtra précédent. 

' S" lit : bahvâbâcllio. 

^ Ccl kinnumâ vasamanayo. 



— 17 — 

Sabbo ti icceso ' saddo^ sare pare kvaci cakàraiîi pappoli. 
Iccetam kusalam; iccassa vacaniyyam; paccuitaritvà ; pac- 
câharati. 

Kvacîti kasmâ? Ilissa muhutlampi. 

[Devant une voyelle,] la syllabe <?' tout entière se 
transforme en c. Ex. Iti etam donne : iccetam. 

N'était l'onaniinilé de toutes les autorités, on serait tenté 
de lire le sùtra : sabbo ccaiîi li; car lorsqu'une forme à mo- 
difier est accompagnée du déterminatif jaèèa, la forme mo- 
difiée est d'ordinaire donnée toute faite, par le sùtra. Mais 
le Bâlâvatâra (p. ^ de l'édition publiée à Colombo) et la 
Rùpasiddhi (fol. 8") lisent également cam et en appellent 
pour le redoublement de c au sùtra 1,3,6. 

^ ^^ra =^ IHf II 

Dha iccetassa sare pare kvaci dakâràdeso hoti. Ekam idâbam 
bhikkhave samayaiïi. 

Kvacîli kasmâ? Idheva maranain^ bhavissati. 

Casaddaggahanena dhakârassa liakâràdeso hoti: sâhu das- 
sanam ariyânam. — Suttavibbàgena bahudhàpi siyâ. To dassa 
yalhâ : sugato; — to tassa yalhà : dukkataiîi; — dbo tassa 
yatbâ: gandhabbo; — tro tassa yalhâ : atrajo; — ko gassa 
yathâ : kulupako; — lo rassa yathâ : mahàsâlo; — jo yassa 
yathâ : gavajo; — bo vassa yathâ: kubbato; — ko yassa 
yalhâ : sako; — yo jassa yathâ : niyaiîi pultam; — ko tassa 

• Cd et S* °soti sa". 

* Cd et S" ajoutent après saddo : bjanjano, qui rompt la construc- 
tion et n'est sans doute qu'une glose fort inutile, introduite dans le 
texte. 

^ Cd maranaiî). S'°nam. 

J. As. Extrait n° I .( 1871 .) 2 



— 18 — 

yathâ : niko ; — co lassa yalhâ : bhacco ; — pho passa yalhâ : 
nipphalti — iccevamâdayo. 

[Quelquefois] aussi dh se change en d [devant 
une voyelle]. Ex. Ekam idàham (pour: idha ahaiîi) 
samayam: une fois, sur la terre, je. . . 

Le scholiaste nous offre ici le premier exemple de cet 
abus , que nous rencontrerons fréquemment par la suite , d'un 
mot ou d'une particule du sûtra qu'il étend et dénature au 
point de faire dire à l'auteur une foule de choses , souvent 
fautives, qui n'étaient nullement dans sa pensée. Du reste, il 
faut reconnaître que le ca du sûtra, sans justifier les fantaisies 
du commentateur, arrive ici d'une façon assez étrange et que 
les liens qui le rattachent aux précédentes règles n'expli- 
quent que d'une façon insuffisante. — Relativement à l'exem- 
ple : idâham, etc. cf. les obss. jointes au s. II, 5, i3. 

Pubbo ivanno sare pare yakâraiîi pappoti na va. Palisanthâ- 
ravutyassa; sabbâ vityanuhhûyale '. 

Navâti kasmà ? Pancahangehi samannâgato * ; multacâgî 
anuddhato. 

/, i peut à volonté se changer ou ne pas se chan- 
ger en y [devant une voyelle]. Ex. Vutty assa 
(pour : vutti assa) : sa vie; mais : pancahangehi 
{pour : pancahi a°) : avec les cinq membres. 

L'expression « ivanna » comprend l'i long aussi bien que le 
bref, ainsi que le prouve le dernier exemple du scholiaste, et 

' S" patisanthâra" vityânu". Cd °tyânu°. 
* Cd samannâ". S' sumannâ". 



— 19 — 

surtout l'indication formelle du Bàlâvalàra qui dit (p. 4) : 
Vannaggahanam sabbattlia riissadîghasangahanattham : l'ex- 
pression « vanna » marque toujours qu'il faut entendre à la 
fois la brève et la longue. — On trouvera II, 2,7, un exemple 
de «avannà», au pluriel, pour désigner à la fois a, a et am. 

TT^^ ^ ïïft =^ ^ Il 11 H 

Saramhâ parassa evassa ekârassa âdissa rikâro lioti pubbo 
ca saro rasso lioti na va. Yathariva vasudhâ talanca sabbani ; 
tathariva gunavâ supûjânîyo. 

Navàti kasmâ? Yathâ eva, talhâ eva. 

[Quand ii vient après une voyelle,] eva change 
[ou ne change pas, à volonté,] sa voyelle initiale en 
ri, et [dans le cas où cette substitution a lieu] la 
voyelle qui précède devient brève. Ex. Yathariva 
ou yathâ eva : tout comme 

Cette règle aurait évidemment besoin d'être spécialisée 
davantage, et devrait être sans doute restreinte au cas où 
eva suit l'une des conjonctions yathâ et tathâ. 

ITI SANDHIKAPPE DUTIYO KANDO. 



^ TT^T^ • ScT^pt H \ Il 

Sarâ kho byanjane pare pakatirùpà honti. Manopubban- 
gamâ dhammâ; pamàdo maccuno padam; tinno pâragato 
ahu. 

Les voyelles ne subissent aucun changement de- 

' Cd sarâppakati ". 



— 20 — 
vant une consonne. Ex. Pamâdo maccuno padaiîi : 
la légèreté est la voie de la mort. 

Ht Wf^ H "î^ U 

Sarâ kho sare pare kvaci pakatirûpâ ' honti. Ko imam pa- 
thavim vijessati. 

Rvacîti kasmà ? Appassutàyam puriso. 

[Ni,] quelquefois, devant une voyelle. Ex. Ko 
imam pathavim vijessati ? Qui triomphera de cette 
terre ? 

Saro kho byanjane pare kvaci dîgham pappoti. Saramà 
dhammam vipassato ; evam gâme muni care ; khantî paramam 
tapo titikkhà. 

Kvacîti kasmâ ? Idha modati, pecca modati; palilîyati pa- 
lihannati. 

[Quelquefois] une voyelle devient longue [devant 
une consonne]. Ex. Sammâ (et non : sammâ) dham- 
mam vipassato : de celui qui connaît à fond la loi. 

Bien qu'il ne puisse être douteux qu'il faille avec le scho- 
liàste suppléer « byaiïjane » , il faut remarquer l'irrégularité de 
ce procédé, l'intercalation du sûtra 2 amenant régulière- 
ment la nivritti de byanjane du s. 1 . 

^ lU II 

Sarâ kho byanjane pare kvaci rassam papponti. Bhovâdi- 
nàma soholi; yathâbhâvigunena so. 

' Cd "rûpâni honti". 



— 21 — 

Rvacîli kasmâ? Sammâsamâdhi ; sa vitti chandaso mu- 
kham; upanîyati jîvilam appamâyum. 

[Quelquefois] une voyelle devient brève [devant 
une consonne]. Exemple : Bhovâdi (pour °vâdî ) 
nâma so hoti : on l'appelle Bhovâdin (Dhammap. 
V. 396). 

<TnT^5^ H^[chi([ H M II 

Sarâ kho byanjane pare kvaci lopam papponti tatra ca 
lope kate akàrâg;amo hoti. Sasîlavâ, sa pannavà; esa dhammo 
sanantano ; sa ve kâsàvam arahati ; sa mânakâmopi bhaveyya ; 
sa ve muni jâtibhayam adassî. 

Rvaciti kasmâ ? So muni; tena so muni; eso dhammo pa- 
dissali; na so kâsâvam arahati. 

[Quelquefois] aussi une voyelle s'élide [devant 
une consonne] et à sa place [on substitue] a. Ex. 
Sa pannavâ (pour : so pa°) : cet homme est 
sage. 

ng:vrT^ ^ Il i II 

Saramhâ parassa byanjanassa dvebhâvo holi thàne. Idha 
ppamodo purisassa; jantuno pabbajjam kittayissâmi ; catud- 
dasî ^ ; abhikkanlataro panîtataro ca. 

Thâneti kasmâ ? Idha modati, pecca moclati. 

[Une consonne] qui suit [une voyelle] se redouble 

' Après « catuddasî » Cd ajoute « pancadasî » que S' écrit « pancad- 
dasi » ; mais ou l'exemple ne prouve rien pour la règle dont il s'agit, 
ou il faudrait adopter l'orthographe par deux d de S" que ni le 
sanskrit ni l'usage pâli ne confirment. Je regarde pa/ïcadaji comme 
une addition machinale de quelque copiste , après catuddasî. 



— 22 — 

quand il y a lieu. Ex. Idha ppamodo purisassa : 
ici l'homme se réjouit (pour : idha pa"). 

Pour une application particulière de cette règle, cf. I, 2 , 8. 

^ ylHNl^M Hrd«MM<iHI il S II 

Vagge kho byaiïjanànani gliosâghosabhùtânam saramhâ 
paresaiîi ' yalhâsankhyaiîi tatiyapalhaniakkharâ dvebhâvam 
gacchanti thâne. Esova ca jjhànaphalo ; yatra Lthilam na 
ppasaheyya; maccusele yalhâ pabbatauiuddhani ttbito; cal- 
târi Itbânâni naro pamatto. 

Thâne ti kasmâ ? Idha cetaso dalham ganhâti thâmasâ. 

C'est par la non aspirée sonore et sourde de leur 
classe que se redoublent les sonores et les sourdes 
[aspirées aussi bien que non aspirées]. Ex. Eso 
va ca jjhànaphalo (pour ca jhâna") : celui-là 
seul recueille les fruits de la contemplation; yatra 
tthitam (pour yatra thi°) : ubi stantem. . . 

ITI SANDHIKAPPE TATIYO KANDO. 

^ 52r^|% fHiili^H II 1 H 

Niggahîtaiîi kho byaiïjane pare am ili hoti. Evam viilte: 
tam sâdhùti patisunitvâ. 

' Cd et S° lisent : vagge kho pubbesam bya" saramhâ yathâ". 
Malgré l'accord des deux manuscrits, je n'ai pu conserver cette leçon 
où pubbesam me paraît inintelligible; en revanche on attend, pour 
plus de netteté , un « paresam » après saramhâ , comme nous avions 
«parassa» dans le commentaire du sûtra précédent. Je l'ai rétabli, 
estimant que c'était le mot qui, par une confusion dont assurément 
je ne prétends pas rendre compte, avait donne naissance au fuibbesaih 
éliminé. 



— 23 — 

Devant une consonne , le niggahîta garde ia forme 
m. Ex. Evam vutte : après ces paroles. 

^îTPft ^ ^ mil 

Vaggabhùte byanjane pare niggahîlaiîi kho vaggantam va 
p;ippoli. Tan nibbutam, dhamman care sucaritam ; cirappa- 
vâsim purisaiïi '; sanlan lassa manam holi; tan kârunikam^; 
evan kho bhikkhave sikkhitabbam. 

Vâgahanena ^ niggahîtassa kholakârâdeso hoti. Pullingam*. 

Vâli kasmà ? Na lam kammam katam sâdhu. 

Devant [une consonne appartenant à] l'une des 
[cinq] classes, le niggahîta peut à volonté se chan- 
ger en la nasale de cette classe. Ex. Dhannman 
care (ou : dhammam care) sucaritaiîi : qu'il suive 
la loi du devoir. 

ïï% ^ Il 3 II 

Ekâre hakàre ca ^ pâte niggahîlaiïi kho iïakârain pappoti va. 
Paccaltannevaparinibbâyissâmi;tannevetlhapalipucchissâmi; 
evanhi vo bhikkhave sikkhitabbam ; tanhi tassa musà hoti. 

Vâli kasmà ? Evaiîi etam abhinnàya; evam hoti subhâsi- 
taih. 

Devant e , h \e niggahîta [dans certains cas] se 
change [à volonté] en Un. Ex. Tannevettha (pour : 

' Cd sa cirampavâsim. S* de même, en omettant sa. 

* Cd karûni" S* ka°. 
•^ Cd vâggahanena. 

* Cd et S" ont « puggalam » au iieu de « pullingam » qui ne se rap- 
porte pas à la règle que le scholiaste veut établir. J'ai suivi la Rûpasid- 
dhi et le Bâlâvatàra qui , l'un et l'autre , ont l'exemple « pullingath » . 

^ Cd ekârahakàre ca pa°. S° ekâre hakâre pa°. 



— 24 — 

taiîi e**) patipuccbissâmi : j'interrogerai cet homme 
que voiià ; evanhi vo sikkhitabbam : c'est ainsi qu'ii 
vous faut apprendre. 

Ce sûlra n'est point d'une parfaite exactitude. A le prendre 
strictement il faudrait écrire: evannhoti, comme tanneva; 
néanmoins l'accord complet et dans la règle et dans les 
exemples, non- seulement de Cd et de S*, mais aussi de l'édi- 
tion du Bàlàvatàra et du manuscrit de la Rùpasiddhi, ne 
permet pas de croire que l'auteur ait entendu faire écrire 
evannhoti. Il s'est simplement laissé aller à une inexactitude 
dont nos sûtras offrent bien d'autres exemples. — Va signifie 
seulement, ici encore : à volonté dans certains cas (cf. la n. 
du s. 5). En effet la forme nn du niggaliîta ne s'explique que 
devant eva dont la forme parallèle pâlie « yeva «est bien connue 
et a, par son y initial, déterminé ce changement. — Quant 
au changement en n devant h, il paraît reposer sur un pen- 
chant réel de la prononciation comme sembleraient le prou- 
ver les formes comme panha = skr. praçna; mais il est, 
dans la pratique des textes, d'un rare emploi, et il est 
difficile de juger à quel point l'auteur a prétendu en étendre 
la faculté. 

Niggahîtam kho yakâre pare saha yakârena nnakâram ' 
pappoti va. Sannogo; sannuttam. 
Vâli kasmâ ? Saiîiyogo; samyuttam. 

Suivi de j [le niggahîta se change] aussi [à vo- 
ionté en iin\ avec [la semi-voyelle]. Ex. Sannogo 
(samyogo) : réunion. 

' Cd saha yakâre parena nakâram. S" comme nous. 



— 25 — 

Niggahîtassa ' kho sare pare makâradakârâdesâ honti va. 
Tarn ahani brûmi bràhmanam; etad avoca salthà. 

Vâti kasmâ ? Akkocchi maiîi, avadhi mam, ajini mam, 
ahâsi me. 

Devant une voyelle [le niggahîta se change à 
volonté en m [et quelquefois en] d. Ex. tam aham 
brûmi bràhmanam : j'appelle celui-là un brahmane 
(pour: taiïi a°); etad avoca satthâ : le maître 
a dit cela (pour : etam a°). 

Nous avons ici un exemple des deux sens que la particule 
« va » prend tour à tour dans cette grammaire , réunis cette fois 
et confondus dans un va unique; car on ne peut douter que 
le scholiaste ait raison d'étendre jusqu'à cette règle la va- 
leur du va du sûtra 2. Or, s'il est vrai de dire que le nigga- 
hîta peut toujours êlre à volonté changé en m devant une 
voyelle , l'auteur n'a évidemment pas voulu accorder la même 
extension à la transformation en d, naturellement restreinte 
à quelques cas où un d primitif a pu persister comme dans 
etad. Toutefois le changement même de niggahîla en m ne 
doit peut-être pas être autorisé sans restriction, et il me pa- 
raît fort douteux que le niggahîta final de formes comme 
gaccham^gacchanlo puisse jamais subir celte modification , 
malgré certains exemples qu'en présentent les manuscrits , 
comme Dhammap. v. 3o5, al. 

ZT^q^^^Tcf^ ^lilHI II lu 

Sare pare yakâro vakâro makâro dakâro nakâro takâro ra- 
kâro lakàro imâ âgamâ honti va. Nayimassa vijjâ; yathayidam 

' Cd "hîtam kho. 



— 26 — 

cittaiîi; migî bliantà vudikkhati; sittâ te lalium essali; gurum 
essali; asso bhadro kasâmiva; sammadannâvimutlânam ; raa- 
nasâd annâvimuttànaiîi ; attadatlhaiîi abhinnâya ' ; cirannâ- 
yati; itonâyati; yasmâliha bliikkhave^; tasmàtiha bbikkhave ; 
ajjatagge pânupeto; sabbhireva samâsetha; âraggeriva sà- 
sapo; sàsaporiva àragg'e; chalabblnnà; cbalàyatanaiîi. 

Vâti kasmâ ? Evaiîi mahiddhiyà esà ; akocchi mam avadhi 
raam ajini mam abâsi me; ajeyyo anugàmiyo^. 

Casaddaggahanena iheva makàrassa pakâro holi; yalhà : 
ciiappavâsim * purisaiîi ; — kakârassa ca dakâro boti : sadal- 
ibapasulo siyà; — dakârassa ca takâro boti : sugato. 

[Dans certains cas] aussi [devant une voyelle] 
on insère les lettres additionnelles y, v, m, d, n, t, 
r, I. Ex. Na yimassa (pour : na ima°) vijjâ : il n'a 
pas la science-, migî bhanlâ vudikkhati (pour : 
udi°) ; on voit la gazelle qui fuit efTrayée; lalium 
essati (pour : labu e°) : il ira vite; sammadannâvi- 
multânam (pour: sammâ) : délivrés par la science 
parfaite; yasmât iha (pour : yasmâ i°) : parce que 
ici . . . etc. 

On remarquera que le dernier exemple donné par le scbo- 
baste, de l'extension qu'il prête à ce sûtra : la substitution 
prétendue de t k d dans « sugala » , (îgure déjà dans la liste 
analogue du sùtra I, 2, 9. 

Byanjane pare kvaci okârâgamo boti. Atippago kbo lava 
Sàvattbiyam pindâya caritum parosahassam bbikkbusalam. 

' Cd attadamhinnâya. 

* Cd °ve va; ta". 
' S" anuggâmiyo. 

* S" cirampavâsiiîi pu°. 



— 27 — 

Kvacîti kasmâ ? Etlm passalhimaiîi lokaiîi ; andliabhûlo 
ayani loko. 

Quelquefois, devant une consonne, on insère un 
additionnel. Ex. Atippago kho : de très-grand 
matin. 

(HWI^H^ Il C II 

Niggahîtanca âgamo hoti sare va byanjane va pare kvaci. 
Cakkhum udapâdi; avamsiro; yâvancidha bhikkhave; puri- 
mamjâlini ' ; anumthûlâni sabbaso ; nianopubbangamà 
dhammâ. 

Rvacîli kasmâ ? Idheva nam pasamsariti ; pecca sagge ca 
uttodali; nabi etebi yânebi * gaccheyya agatam disam'. 

Casaddaggahanena vissaddassa ca pakâro boti : pacessati 
vicessati va *. 

[Quelquelois] aussi [on insère, soit devant une 
voyelle, soit devant une consonne,] un niggahîta 
[additionnel]. Ex. Cakkhum (pour: cakkhu) : l'œil; 
yâvancidha (pour yâva ci°) : et tant qu'ici-bas 

Si le commentateur a raison d'étendre à ce sùtra le « sare » 
des sùtras antérieurs à s. 7, ainsi que paraît le prouver le sûlra 
suivant, il faut remarquer cependant que dans le texte même 
de la règle rien ne commande cette infraction à l'usage ordi- 

' Cdjâti. 

* Cd tbânehi. 

^ S' amatam parJam. Cf. Dhammap. v. 323. 

* Cd S* pacce" vicce". Pour justifier ma correction et expliquer 
cette énigmatique remarque , il me suffira de renvoyer au commen- 
taire du Dhammapada, vv. 44-45. Ed. Fausbôli, p. 209. — Cf. aussi 
la var. vicessati du ms. C pour le v. 45 (p. 463), et la note de 
M. M. Mûller in loc. [Bmldhacjhosha s P arables , etc. p. lxxi). 



— 28 — 

naire, suivant lequel la valeur de sare sérail périmée par la 
présence de « byanjane » dans le sûtra précédent. Mais cf. I, 
3,3, etc. 

wf^ffnrmf II 

Niggahîtam kho sare pare kvaci lopam pappoti. Tâsàhaiîi 
santike; vidûnaggam iti. 

Rvacîti kasmâ ? Aham evanûnabalo; eladatlham viditvà. 

Quelquefois le niggahîta s'élide [ devant une 
voyelle]. Ex. Tâsâham (pour : tâsam aham) san- 
tike : en leur présence, je. . . 

ssr^^ ^ Il \o II 

Niggahîtaih kho byarijane pare kvaci lopam pappoti. Ari- 
yasaccàna dassanam ; etam buddhâna sâsanam. 

Rvacîti kasmà ? Etarîi mangalam uttamam ; vo vadâmi 
bhaddam vo. 

[Quelquefois] aussi devant une consonne. Ex. 
Ariyasaccâna (pour : "saccânam) dassanam : la 
vue des quatre grandes vérités. 

ntr ^ ^ ini i{ 

Niggahîtamhâ paro saro lopaiîi pappoti va. Abbinandanli' 
subhâsitam uttattaiîi va; yathàbîjamva dbaniïaiîi. 
Vâti kasmà ? Aham eva nûnabâlo; etad ahosi. 

Dans certains cas une voyelle qui suit [le nigga- 
hîta] s elide. Ex. Yathâbîjam va dhannam (pour : 
°jam iva) : comme du blé en germe. 

' Cd abhinandnnti. 



— 29 — 
Le sens de « va » ne saurait être douteux ici , où il est ques- 
tion seulement de quelques mots : va à côté de iva , eva ; ti à 
côté de iti; pi à côté d'api. 

Niggahîtamhâ parasmim sare lutte yadi byanjano ' samyogo 
visafînogo hoti. Evam sa te âsavâ; puppham sa uppajji^. 

Lutteti kasmâ ? Evam assa vacaniyo ; vidùnaggam iti. 

Casaddaggahanena tinnam pi byanjanânam antare sarûpâ- 
nam ^ kvaci lopo hoti. Yathâ : agyâgâram , vutyassa. 

Et [si la voyelle ainsi élidée était suivie d'un 
groupe de consonnes], le groupe est simplifié. 
Exemple : Evaiîi sa (pour : evam assa) te âsavâ : 
tels sont ses désirs sensuels. 

ITI SANDHIKAPPE GATOTTHO KANDO. 

ïTt H?^ ^ST^BFTîff WN" Il 1 II 

Putha iccetassa sare pare kvaci gakâràgamo hoti. Putha- 
geva. 

Rvacîli kasmâ ? Putha eva. 

Devant une voyelle , putha prend quelquefois un 
g additionnel. Exemple : Puthag eva (ou : putha e°) : 
séparément. 

CTT^ =^=Tn ^ Il ^ Il 

Pâ iccetassa sare pare kvaci gakâràgamo hoti , anto ca saro 
rasso hoti. Pageva vutyassa. 

Kvacîti kasmâ ? Pâ eva vutyassa. 

* S" byanjano ca. 

^ S'uppajati. 

^ Cd byanjanânam sarûpânam. 



— 30 — 
Il en est de même de pâ, llont dans ce cas l'd 
final devient bref. Ex. Pag eva (ou : pâ eva) : tout 
d'abord. 

Abhi iccelassa sare pare abbho âdeso lioti. Abbhudîrilam ' ; 
abbhuggaccbati. 

[Devant une voyelle] ablii se change en ahbh. 
Ex. Abbbuggacchati (c'est-à-dire abhi + u °) : il 
s'élève. 

151^ ^f^ lU II 

Adhi iccetassa sare pare ajjho àdeso hoti. Ajjhokâso; ajjha 
gamâ. 

[Devant une voyelle] adhi se change en ajjh. 
Ex. Ajjbagamâ : il comprit (c'est-à-dire adhi a°). 

^^m -^ Il M II 

Te ca kho abhi adhi iccete ivanne pare abbho ajjho ili 
vuttarûpâ na honti va. Abhicchitam^; adhîrilam^ 
Vâti kasmâ ? Abbhîritam; ajjhinamulto \ 

Devant i, i, le changement n'a pas toujours lieu. 
Ex. Abhicchitam : désiré (c'est-à-dire abhi + i"). 

' Cdabbhûritam. S° abbhudiritarh. 
' Cd abhijjhitath. 
^ Cd et S" adhirilaiTj. 
* Cd S° ajjhina". 



31 



^^frT^ "^^rm II i II 

Ati iccetassa antabhûtassa lisaddassa ivanne pare sabbo 
cam tîti (I, 2, 8) vultarûpà na honti. Atlsigano; alîritam. 
Ivanne kasmâ ? Accantam. 

[Devant i, i] la [syllabe] finale de ati ne subit 
non plus aucun changement. Ex. Alisigano (c'est- 
à-dire ati + isi°) : une troupe de grands rishis(?). 

Wf^ TTfe TTirT^ Il S II 

Pali iccetassa sare va byanjane va pare kvaci pâli àdeso 
boti. Pataggi dhâlabbo ' ; patihannati. 

Rvacîti kasmâ P Paccantimesu janapadesu ; palilîyati*; pa- 
lirùpadesavàso ca. 

Quelquefois pati se change en pati. Ex. Pataggi 
dhâtabbo : qui doit être exposé au feu. 

T^m, "^^H II t II 

Putha iccetassa anto saro byanjane pare ukâro hoti. Pu- 
thujjano ; pulbubhùlam. 

Antaggabanena apulbassàpi sare pare antassa ukâro hoti. 
Manunnam. 

[La voyelle finale] de putha se change en u de- 
vant une consonne. Ex. Puthujjano (c'est-à-dire 
putha jana) ; un homme ordinaire. 

' Cd et S" dâtabbo. 
^ Cd et S" patibyati. 



32 — 



^^^^^11 (fil 

Ava iccetassa okârâdeso hoti kvaci hyanjane pare. Andha- 
kârena onaddhâ. 

Kvacîli kasmâ ? Avasussatu me sarîre mamsalohitam. 

Ava se change [quelquefois] en o [devant une 
consonne]. Ex. Andhakârena onaddhâ (pour : 
avana") : enveloppés dans la nuit. 

Régulièrement, kvaci du sûtra 7 ne devrait pas s'étendre 
à celui-ci ; mais nous avons eu et nous aurons assez d'exemples 
de ce genre d'inexactitude, pour croire que le scholiasle est 
entré dans l'intention de l'auteur en rétablissant ici cette 
restriction indispensable. 

?t 5Tr%Trft II 10 II 

Anupadilthânam upasagganipàtânam sarasandbîhi byan- 
janasandhîhi vuttasandhîhi yatliàyogam yojetabbam. Pâpa- 
naiïi; paràyanaih; upâyanam; upâbanam; nyâyogo; nirupa- 
dhi'; duvupasantam; suvupasantam^;dvâlayo; svâlayo^; du- 
ràkhâto*; svâkhâlo*; udîrilam; samuddittham ; viyaggam"*; 
vijjhaggam; byaggam'; avayâgamanam; aiiveti; anùpaghâto: 
anacchariyà ; parisesanà; parâmâso ; — evaiïi sare ca honti. 
Byanjane ca : Pariggaho; paggaho ; pakkamo; parakkamo; 
nikkamo ; nikkasâvo ; nillayanani ; duUayanaih ; dubbbikkhaiîi ; 

^ Cd et S" ajoutent : anubodho, qui n'est point ici à sa place. 

* Gd sûvusantam. S" n'a pas cet exemple. 
^ Cd omet svâlayo. 

* Cd dûrâkkhâtaiîi. S" duràkhyâto. 
^ Cd svâkkhâto. 

'', ' Cd vyaggam — vyaggaiîi. 



— 33 — 

dubbhutlam'; sandilthani; duggalio: vicrgalio"; suggaho \ 
niggalain; — evam byanjane ca honti. Sesâ ca sabbe yoje- 
tabbâ. 

[Les particules, etc.] qui n'ont point été l'objet 
de règles spéciales [se modifient] suivant les règles 
données. Ex. Pâpanam (=pa + âpa°) : obtention; ni- 
rupadhi (=nis + upa°) : sans individualité; suvupa- 
santam (=su + upa°) : bien calmé; viyaggam (=vi4- 
a°) : occupé; anveti (=anu + e*') : il suit; — parig- 
gabo (= pari + ga) : propriété; dubbhikkbam (= dub 
+ bbi°) : disette; niggatarîî (=nib + ga°) : sorti. 

ITI SANDHIKAPPE PANCAMO KANDO. 



f^FR^^^rrf^ ' Il 1 II 

Jinavacanayultamhi ^ iccelaiîi adhikâraltbam vedilabbam. 

[Les règles qui vont suivre sont fondées] sur 
l'usage des discours du Buddba. 

IH^-^ fHM-s^lH li "^ Il 

Yathâyatbâ jinavacanayuttamhi * tathâtatbà idha iinganca 
nipaccale. 

Tarn yathâ : Eso no satlhâ, brahmà, altà, sakbâ, râjà. 

[C'est] aussi [par cet usage que sont connus et] 
déterminés les thèmes. 

' S* dubbhûlam. Cd dubbnttarh. 

- Cd niggaho. 

' Cd viggaho. 

*, *, ^ Cd et S" yuttamhi. 

J. As. Extrait n° I. (1871.) 3 



— 34 — 

M. E. Kuhn (p. 1 2) a parfaitemenl reconnu le sens spécial 
de « linga » dans notre grammairien , où il signifie : thème no- 
minal. En voici du reste l'explication donnée par le Bâlâva- 
târa (p. 8, 1. 20) : « Dhâluppaccayavibliattivajjitam atthayuttam 
saddarùpam lingam nâma,» qui n'est qu'une transposition 
en pâli du sùtra Kâtanira : « Dhâtuvibhaktivarjam arthaval 
lingam, » avec 1 addition de pratyaya, qui a toute l'apparence 
d'un emprunt maladroit fait à Pânini, I, a, 45- 



fîïït ^ "^vTFnft H ^ Il 

Tato jinavacanayuttehi lingehi vibhattiyo honli. 
Et après le thème viennent les désinences, 

m2ft^2n=TT%H3T^Tf^H^fFR"q,IUII 

Kâ ca pana là' vibhattiyo? Si yo iti pathamâ; am yo ili 
dutiyâ; nâ hi ili tatiyâ; sa nam iti catutthî; smâ hi iti pan- 
camî; sa nam iti chatihî; smim su iti saltamî. 

Vibhatti iccanena kvattho ? Amhassa mam savibhattissa se. 

(11,2.1.) 

[Ces désinences sont :] si [nominatif singulier], 
yo [nominatif pluriel], am [accusatif singulier], yo 
[accusatif pluriel], nâ [instrumental singulier], hi 
[instrumental pluriel], sa [datif singulier], nam 
[datif pluriel], smâ [ablatif singulier], hi [ablatif 
pluriel], sa [génitif singulier], nam [génitif phiriel], 
smim [locatif singulier], su [locatif pluriel]. 

^ s*" tâyo vi •. 



— 35 — 

Yat4iâyatlià lesam jinavacanànam anuparodhena talhàlatlià 
dha linganca nipaccale. 

[Dans leur emploi] on se conforme à l'usage des 
discours du Buddha. 

En réduisant, comme le fait noire scholiasle, l'application 
de ce sûtra aux thèmes nominaux , je ne puis voir quelle 
nuance le distinguerait du sûtra 2. La Rùpasiddhi en étend 
un peu la portée; voici son explication (fol. 1 1*") : « Yatliâ- 
yathâ tesam jinavacanànam uparodhena (1. uparodho na) 
holi lalliâtalhà idha lingaiïca saddenâkliyàtanca nipaccale 
nipphâdiyalîli atlho. Teneva idha ca âkhyâle ca (add. na?) 
dvivacanaggahanaiîi sakkalavicadisato (° visâdissa" ?) vibhalti- 

paccayâdividhànanca katanti dallhabbam » D'après cela 

t;ette règle aurait pour but de marquer que non-seulement la 
forme du thème, mais aussi l'emploi des cas, l'exclusion du 
duel , etc. sont fondés sur les discours du Buddha ; mais , après 
l'adhikâra du sûtra 1 , une pareille explication ne montre pas 
davantage l'utilité qu'a pu avoir cette remarque dans l'inten- 
tion de son auteur. J'ai traduit, en faisant porler cette règle 
principalement sur la précédente, ainsi que sa place semble 
en tous cas l'exiger. 

Alapanatthe si gasanno hoti. Bhoti ayye; bholi kanne, 
bhoti gharàdiye \ 

Alapaneti kimalthaih ? Sa ayyâ, 

Sîti kimatiham ? Bholiyo ayyàyo. 

Ga iccanena kvaltho ? Gbale ca. (II, 1, 63.) 

' S*" kharâdiye. 

3. 



— 36 - 

Quand il sert à appeler [quand il fait fonction de 
vocatif], le nominatif singulier a pour signe tech- 
nique : ga. Ex, Ainsi on dit « ayye » au vocatif singu- 
lier de «ayyâ» en vertu de la règle II, i, 63, qui 
s'applique au aga» des féminins en a. 

^^^ ^cTT II 3 II 

Ivannuvannâ iccete jhalasannâ honli yathâsankhyam. Isino ; 
(landino; aggino; gahapatino; setuno; bhikkhuno; sayam- 
bhuno. 

Jhala iccanena kvattho ? Jhalato sassa no va. (II, i, 66.) 

Les lettres i, î, a, â [ont pour signes techniques] 
jha et la. Ex. On dit : «isino», de «isi», rishi, 
d'après la règle II, i, 66, qui enseigne que les 
thèmes en jha font leur génitif singulier en no. 

^^'^PH' m II d II 

Te ivannuvannâ yadâ ilthikhyâ tadâ pasannâ honli. Raltiyà ; 
itthiyâ; vadhuyà; dhenuyà; deviyâ. 

Itthikhyàti^ kimallham? Isinâ; bhikkhunâ. 
Pa iccanena kvattho ? Pato yà. (II, i, 6i.) 

Ces lettres [i, î, a, û, finales] de noms féminins 
[ont pour signe technique] pa. Ex. On forme de 
(( rattî» finstrumental singulier « rattiyâ » en vertu de 
la règle qui enseigne que les noms terminés en pa 
font en jales cas obliques du singulier. 

' Cd itthikkbyâ. 

■' Cà itthikkliyà. S** ittlnkkhiyâ. 



37 



^ wr II if II 

Akâro yadâ itthikhyâ * ladâ ghasanno holi. Sabbàya ; kan 
nâya; vînâya; gangâya; disâya; sâlâya; mâlâya; tulâya; do- 
lâya*; pabhâya; sotàya; pannâya; karunâya; nâvâya; kapâ- 
làya. 

A ili kimatlham? Ralliyâ; itlhiyâ; deviyà; dhenuyà. 

Ittbikhyâti kimaltham ? Sallbàrâ desito ayam dhammo. 

Gha iccanena kvattho ? Gbalo nâdînaiîi. (I, i, 60.) 

A [final] de noms féminins [a pour signe tech- 
nique] gha. Ex. De «kannâ», jeune fille, on forme 
l'instrumental singulier « kannâya » , en vertu d'une 
règle qui enseigne que les noms terminés en gha 
font les cas obliques du singulier en âya. 

m^ H u \o II 

Sakârâgamo hotl se vibbattimbi. Puri8ass3: aggissa; dan- 
dissa; isissa; bhikkbussa ; sayambhussa ; abbibbussa. 
Se ti kimaltham? Purisasmiiîi. 

Un 5 additionnel s'insère devant [la désinence] 
sa [du génitif et datif singulier]. Ex. Purisa , homme; 
génitif et datif singulier : purisassa. 

HHIH=h=i^Hg=^ll 11 II 

Samsâsu ekavacanesu vibhaltàdesesu sakârâgamo lioti. 
Elissam; etissâ; imissam; Imissà; tissaiîi ; lissa; tassam; lassa; 
yassam; yassâ; amussaiîi; atnussà. 

Samsàsviti kimattbaiîi ? Agginà; pâninâ. 

' Cd itthikkhyà. 
* Cd donâya. 



— 38 — 

Ekavacanesvili kimattham ? Tâsaiîi; sabbâsaiîi. 
Vibhatlâdesesvili kimaltham ? Manasà; vacasâ; lliâmasà. 

[La même addition se fait] aussi devant les dési- 
nences sam, sa, du singulier. Ex. Etissam : dans 
celle-là; etissâ : de celle-là. 

L'addition du glossateur vibhatlâdesesvili est com- 
plètement superflue. La règle qui enseigne les formes comme 
manasâ, etc. est II, 3, 21 ; or elle ne prescrit pas une dési- 
nence sa à ajouter au thème mana, mais une désinence « à 
alfixer à ce thème; et l'insertion de i's dit additionnel est 
ensuite spécialement enseignée par II, 3, 2^- 

Elâ iraâ iccelesam anto saro ikâro hoti samsâsu ekavaca- 
nesu vibhattâdesesu. Elissam; etissâ; imissam; imissâ. 
Samsâsviti kimattham? Etâya; imâya. 
Ekavacanesviti kimaltham? Elâsam; imàsam. 

Devant les désinences sam, sa du singulier [les 
pronoms féminins] etâ, imâ prennent i [au lieu de 
leur d final], Ex. Etissâ: de celle-là. 

rT^er ^ Il t^ Il 

Tassa ilthiyam vallamânâya akârassa ikâro hoti va samsâsu 
ekavacanesu vibhattâdesesu. Tissam; tissa; tassaih; tassa. 

Pour [le pronom féminin] ta, ce changement est 
facultatff. Ex. Tassa ou tissa : de celle-ci. 

» 

• Cdetimâsvi 



— "39 — 

rïïît H^ mi^ Il 1^ Il 

Tato tâetâimâto sassa vibhattissa* ssâyâdeso hoti va anto 
ca saro ikâro hoti. Tissâya; lissa; etissâya; etissâ; imissâya; 
imissâ. 

[Les pronoms féminins] ta, etâ, imâ [changés en 
ti, eti, imi,] peuvent à volonté prendre la dési- 
nence ssâya au génitif singulier. Ex. Etissâ ou etis- 
sâya : de celle-là. 

^ pr iMM II 

Gho rassam âpajjate samsâsu ekavacanesu vibhattâdesesu. 
Tassam; tassa; yassam; yassâ; sabbassam; sabbassà. 
Samsàsviti kimatlham ? Tâya; sabbâya. 
Ekavacanesviti kimattham ? Tàsam; sabbâsam. 

[Devant ces désinences sarh, sa, du singulier,] 
a [final de ces pronoms féminins] devient bref. 
Ex. Tassa : de celle-ci; sabbassà : dans toute. 

ïfT^^ljf^rft Rfî^ll lin 

Dvi iccevam âdilo sankhyâto nakârâgamo hoti namhi vi- 
bhattimhi*. Dvinnam; liiinairi; catunnaiîi; pancannam; chan- 
nam; sattannam; allhannam; navannam; dasannam. 

Dvâditoti kimaltham ? Sahassànam. 

Namhîti kimaltham? Dvîsu; lîsu. 

Casaddaggahanena ssaih câgamo holi. Catassannain illhî- 
nam; lissannam vedanânam. 

' Cd vibhaktissa. 

* Cd namhi bhaktinihi. 



— liO — 
[Les noms de nombre] dvi, etc. prennent un n 
additionnel devant [la désinence] uam [du génitif 
pluriel]. Ex. Dvinnam : de deux; dasannaiîi : de 
dix. 

De ce sûlra je n'ai pas traduit le mot « ca » dont la valeur 
m'échappe complètement; car nous ne saurions nous arrêter 
à l'explication du scholiasle. 

^îTT TTrff fHHIH ^T II \3 II 

Pa iccetasmâ smim smâ iccelesam aih â àdesâ honli va 
yathâsankhyam. Matyam; matiyam; matyâ; matiyà; ratyam; 
ratiyaiîi; ratyà; ratiyâ; nikatyaiîi; nikatiyam; nikatyâ; nika- 
tiyâ; vikatyam; vikatiyam; vikatyâ; vikaliyâ; viratyafh; vira- 
tiyam; viralyâ; viraliyâ; puthabyam; pulhaviyain; puthabyâ; 
puthaviyâ; pavalyam; pavatliyam; pavatyâ; pavattiyâ'. 

Les noms [féminins] en i,i, u, û prennent d'ordi- 
naire les désinences aût, â an lieu de smim et smâ 
[du locatif et de l'ablatif singulier]. Ex, Matyam 
ou matiyam : dans la pensée; dhenuyâ : de la vache. 

Les désinences smim et smâ étant tout à fait inusitées dans 
la déclinaison des féminins en i, î, u, û, ils n'ont pas d'autre 
forme d'ablatif que le « va «puisse entendre autoriser au même 
titre que la désinence d,et d'autre part l'autre formation du 
locatif de ces noms , la formation en o , n'est usitée qu'en un si 
pelit nombre de cas déterminés, que ce serait complètement 
retourner la vérité que de traduire dans notre règle « va » par : 
«quelquefois» ; pour pouvoir le rendre ainsi, il faudrait ad- 
mettre que ce sûtra s'appliquerait à une période de dévelop- 
pement du pâli antérieure à celle qui nous est connue, et 

' Cd S*" "vatiyam "vatiyà. 



— 41 — 

plus voisine du sanskrit : rien n'est moins vraisemblable. 
Quant à une troisième forme possible du locatif, enja, que 
paraît en effet autoriser le sûtra II, i, 61, et qui, d'ailleurs, 
n'aurait l'ien de plus surprenant que la forme àya au même 
cas des féminins en « (pour les exx. cf. Storck, Cas. in Ling. 
Pal. etc. p. 20; Five Jât.ed. Fausbôll, p. 1 2,1. 28, p. 17,1.^. 
— Cf. s. II, 1, 60), il faut reconnaître pour le moins qu'elle 
est d'un usage très-rare. (Storck, n'en citant aucun exemple, 
paraît n'en pas avoir rencontré. — Cf. pourtant p. 26.) — On 
remarquera, du reste, l'absence dans le commentaire de tout 
essai d'explication du « va » et aussi d'exemples de noms en u , 
û. La Rûpasiddhi qui, de même, ne donne pas d'exemple de 
la seconde catégorie, fonde précisément cette omission sur 
son interprétation de «va». La voici (fol. 20°): « Vavatthita- 
vibhàsattho yam vâsaddo; lena uvannantato na honti ; ivan- 
nantalopi yalliâpayogam : la valeur de va ne s'étend qu'à une 
partie de la règle (Cf. Pân. éd. Bôht. Ind. s. v. vihhâshâ) : les 
désinences «ni, « ne s'appliquent pas aux noms en u, ù, 
et même dans les noms en i, î, elles ne s'emploient que dans 
certains cas. » Je ne m'explique pas comment le commenta- 
teur peut dire que les formes de locatif et d'ablatif en am et 
a n'appartiennent pas aux féminins en u, û, tandis que les 
fornjes comme « dhenuyam , dhenuyà « sont les seules en 
usage. Quant à la portée véritable de « va» relativement aux 
noms en i, î, ce commentaire ne nous éclaire sur ce sujet en 
aucune façon. Ajoutons enfin que, pour ce qui touche à l'a- 
blatif, la présente règle fait double emploi avec le sûtra 6 1 
de la même section, et, pour le locatif, avec II, Zi, 6. 

iHQ^di ^ =^ u 1C II 

Àdiiccetasmâ smimvacanassa am' o àdesâ honti va. Adim; 
âdo. 

Vâli kimatlham? Adismini, âdimhi nàtham namassitvà. 

' Cd. °ssa â o â". 



— 42 — 
Casaddaggahanena annasmàpi sniimvacanassa â o aih 
âdesâ honti va *. Divâ ca ratto ca liaranti ye balim; Bàrânasim 
ahu râjà. 

Adi peut à volonté faire [en m et] aussi en o [son 
locatif singulier]. Ex. Adim, âdo ou âdismim : au 
commencement. 

^FTT^ ï^ H?^ ^ inif II 

Jhala iccelesam iya uva iccete âdesâ honti va sare parc. 
Tiyantam ; pacchiyâgâre ; aggiyâgâre ; bhikkhiivâsane nisîdali ; 
pulhuvâsane. 

Sareli kimallham ? Timalam; tiphalam; tikacalukkam ; li- 
dandam; tilokam; tinayanam; tipâsam; lihamsani;libharaih; 
tibandhanam ; tipitakam ; livedam ; catuddisam ; puthubbûtam. 

Vàli kimattham ? Pancahangehi * ; lîhâkârebi; cakkhâyata- 
nam. 

Vàli vikappanattbam. Ikârassa ayâdeso hoti : valthultayam. 

Devant une voyelle i, î, u, û peuvent se changer 
en iy, uv. Ex. Aggiyâgâre (= aggi + a") : dans le lieu 
où se conserve le feu sacré; bhikkhuvâsane (=bhik- 
khu + â") : sur le siège du bhikshu. 

«M=l=hl<l =^ Il "^o II 

Jbalânam yakâravakârâdesâ honli va' sare pare. Agyâgâre; 
cakkhvâyatanam ; svâgalam te mahâvîra. 
Casaddaggahanaiïi sampindanaltbam. 

[Ils peuvent] aussi [se changer] en y, v. Ex. 

, ' S*" omet va. 
" Cd ajoute : samannàgato. 
' Ctl omet va. 



— hS — 
Agyâgâi'e = aggiyâgâre; cakkhvàptanam : le sens de 
la vue. 

MH^^ =^' mt II 

Pasannassa ca vibhattâdese sare pare yakârâdeso hoti. Pa- 
thabyà; ratyâ; malyâ. 

Sareli kiinaflham? Pallia viyam. 
Casaddaggahanam anukaddhanaltham *. 

1,1, u,û des noms féminins [peuvent se changer] 
aussi [en j, v devant une voyelle]. Ex. Matyâ : par la 
pensée (du féminin mati + â). 

Le schoiiaste a tort de ne pas répéter ici le « va » du sùtra 
19 qui est encore en vigueur; au Jieu de «sareli», il aurait 
dû écrire «vàli». La Rûpasiddhi (fol. 20') relève en elTet le 
«va»; mais elle en abuse, pour lui prêter en même temps 
la fonction d'éliminer de cette règle la lettre u, â comprise 
aussi bien que i, î dans le terme «pa». Si l'inlerprélalion est 
arbitraire, elle a du moins ceci de fondé, qu'en fait cette 
règle paraît ne s'appliquer qu'aux féminins en i; mais, pour 
sauvegarder l'exactitude de fauteur, elle a recours à une in- 
terprélalion tout artificielle; et elle ne saurait en tous cas le 
justifier de n'avoir prévu par aucune règle finsertiou de y 
dans les féminins en u [dhenuyâ). 

, TTT^ H II "î^"^ Il 
Go iccetassa akârassa âvâdeso hoti se vibhatlimhi. Gâvassa. 

\^Go fait] ^fdra devant [la désinence] sa [du géni- 
tif singulier]. Ex. Gâvassa : de la vache. 

' Cd pasaiina ca. 
S*" omet cette ligne. 



— lltl — 

Go iccetassa okârassa âvâdeso holi yo iccelesu paresu \ 
Gàvo gacchanti; gâvo passant!; gâvî gacchanti; gâvî passant!. 

Casaddaggahanam kimattham ? Nâsmâsmimsu vacanesu 
àvàdeso holi. Gâvena; gàvà; gave; gâvesu. 

Et aussi devant les désinences du nominatif et de 
Taccusatif pluriel. Ex. Gâvo gacchanti : les vaches 
marchent; gâvo passant! : ils voient les vaches. 

^Rfï^ =^ Il '^^ Il 

Go iccelassa okârassa àva avàdesâ honti amh! vibhattimhi. 
Gâvam; gavam. 

Casaddaggahanena sâdisesesu pubbuttaravacanesu ca âvâ- 
deso^ hot!. Gavassa; gavo; gavena; gava; gave; gavesu. 

[Go change son o en âva et] aussi [en] ava de- 
vant [la désinence] am [de l'accusatif singulier], 
Ex. Gavam ou gâvam : la vache. 

■m^w ^ Il ^M II 

Àva iccetassa gavâdesassa antasarassa ukârâdeso hot! va 
amhl vibhattimhi. Gâvum; gâvam. 
Avasseti kimattham? Gavam. 
Amhîli kimattham ? Gâvo titthanti. 

Âva [remplaçant Vo final de go] peut [à l'accu- 

* Cd parassa ava âvâdeso honti rcsu, les mois, de "rassa à honti, 
rntre parenthèses, de seconde main. 
' Cd âvâdeso. 



— ^5 — 

satif singulier] prendre u [au lieu de son a final]. 
Ex. Gâvuin ou gâvam : vaccam. 

rTrfr ?f ^ Mfdi^l^H^ =^ H^ Il "^1 II 

Tato gosaddato namvacanassa am âdeso hoti go iccetassa 
okàrassa avâdeso ' hoti patimhi pare alulte ca samâse. Gavam' 
palissa therassa. 

Aluf te ti kimattham ? Gopati. 

Gasaddaggahanena asamâsepi namvacanassa am âdeso hoti 
go iccetassa okàrassa avâdeso ca hoti. Gavam, 

Après ce mot go [changé en gava, la désinence] 
nam [du génitif pluriel se change en] am, en com- 
position, devant paft, à moins qu'on n'élimine toute 
désinence. Ex. Gavampatissa therassa : du sthavira 
Gavampati (maître des vaches j; mais aussi gopati : 
le maître des vaches. 



^Ht^ m3 II 

Go iccetassa okàrassa avâdeso ca hoti samâse sare pare. 
Gavassakam; gavelakam; gavâjinam. 

Gasaddaggahanena uvanna iccevamantânam lingânam uva- 
avaurâdesâ honti smim yo iccetesu paresu kvaci. Bhuvi; pa- 
savo ; guravo ; caturo. 

Sareti kimaltham? Godhano; govindo. 

Et [de go] devant une voyelle [en composition 
se change en ava]. Ex. Gavassakam (=go + assa°]: 
vaches et chevaux. 

' (J(I iivâdcso. 



— 46 — 
df^MÎIHMM^ ssf^^ ^ Il ■;^t II 

Tassa avasaddassa yadà upapade titthaniânassa lassa okà- 
rassa viparîto ^ hoti byanjane pare. Uggate suriye ; uggacchali ; 
uggahetvâ. 

Casaddaggahanena avadliâranallham. Avasâne; avakirane; 
avakiralim. 

Et, comme mot secondaire [en composition], 
devant une consonne [o, représentant de ava,] se 
modifie [en iij. Ex. Uggacchati : il comprend. 

La Rûpasiddhi qui place avec assez de raison ce sûtra 
après I, 5, 9, en donne du reste la même explication , mais 
un peu plus complète, que notre scholiaste (fol. 9^), spé- 
cifient que: «okâraviparîtoti (cod. °rilo°) ukârassetam adhi- 
vacanam, c'est-à-dire : modification de o est une manière de 
dire : u, » puis notant la nécessité, après ce changement, de 
redoubler la consonne initiale du second terme de la com- 
position. Quant aux exemples donnés par l'un et l'autre com- 
mentaire, il est permis de douter s'ils sont heureusement 
choisis , et il n'y a guère d'apparence que « Uggate suriye » , 
par exemple, puisse être autre chose que : Udgate (et non : 
avagate) sûrye. 

îfttlT=7fî^^lRlf II 

Sabbassa gosaddassa gonâdeso hoti va namhi vibhatlimlii. 
Gonânam sattaonam. 

Vàti kimattham? Gonan ce taramânânam ^ ujum gacchati 
pungavo, sabhâ gâvî ujum yanti nette ujum gale gonam'. 

' C(l et S*" viparito. 

' Cd gonance". S*" gonam. Yoggavi". 

' Cd gâte sati go. Yâga°, et go paraît effacé. 



— 47 — 

Yogavibhâgena annatlhâpi gonâdeso holi. Gonabhûlà- 
nam. 

[Go peut] à volonté [se changer en] gona devant 
[la désinence] nam [du génilif pluriel]. Ex. Gonâ- 
nam satlannam : de sept vaches. 

yi^Hiy, ' =^ Il Bo U 

Suhinâ* iccetesii ca sabbassa gosaddassa gonâdeso ' hoti 
va. Gonesu; gonehi*; gonena. 

Vâti kiinaltham? Gosu; gohi; gobhi; gavena. 

Casaddaggalianena syàdisesesu pubbutlaravacanesûpi ' go- 
nagugavayâdesâ honli. Gono; gonà; gonam; gone; gonassa; 
gonamhâ; gonasmâ; gunnaiîi*; gavayehi. 

Et aussi devant [les désinences] su [du locatif 
pluriel], hi [de l'instrumental pluriel], et nâ [de 
l'instrumental singulier]. Ex. Gonesu: parmi les va- 
ches; gonena : au moyen d'une vache. 

"w^t Pm^ yHMH^ Il ^1 II 

Amvacanassa ca makàrassa ca jhalapa iccetehi niggahîtam 
lioti. Aggim ; dandim ; isim ; mahesim ; gahapatim ; bhikkhum ; 
sayambhum ; abhibhum ; itthim ; ratlim ; vadhum ; puUingam' ; 
pumbhâvo; pumkokilo. 

' Cd suhinâsu ca. 

* Cd suhinâ". 

' Cd S*" gonâdeso °. 

* S*" ajoute : gonebhi. 

* Cd et S*" vacanesu pi. 

* Cd gainnam. 

' S*" pumliùgam. 



— /i8 — 

Ammoli kimaltham? Agginâ; raHiyà; bhikkhurià; itihiyà; 
vadhuYâ. 

Jhalapehîti kimaltham ? Sukham; dukkhaiîi. 

Punarârambhaggahanam vibhâsânivattanaltham'. Aggim; 
vadhum; patum; bandhum; buddhim. 

[La désinence] am [de l'accusatif singulier] et 
un m [final se changenten] niggahîta après i, i, a, â 
de noms de genre quelconque. Ex. Aggim : le feu; 
dandim : celui qui porte un bâton; vadhum : la 
femme; pullingam : le genre masculin. 

Saralopo hoti amâdesappaccayâdimhi saralope tu pakali 
hoti. Purisam; purise; pâpana; pape; pâpiyo ; pâpittho. 

Amâdesappaccayâdimhîli kimaltham ? Appamâdo amata- 
padam. 

Saralopeti kimaltham ? Purisassa; dandinam. 

Tusaddaggahanam avadhâranatiham. Bhikkhunî; gahapa- 
lânî. — Pakaliggahanasâmatthena puna sandhibhâvo ca hoti. 
Seyyo; seltho; jeyyo; jetlho. 

La voyelle [finale] selide devant [la désinence] 
aiîï [de l'accusatif singulier] , les formes substituées 
[par une règle à la forme ordinaire ou typique], 
les suffixes, etc.; mais, l'élision opérée, [ces dési- 
nences, suffixes, elc. conservent la ] forme pri- 
mitive [sous laquelle ils sont prescrits]. Ex. 
Purisa + am : puris'aih : l'homme; papa + (la dési- 

' Cd" nivaltha". 
* Cd "lo|)o niâde". 



— 49 — 
nence substituée) e : pâp'e : dans le méchant. Au 
contraire, purisa + la désinence sa du génitif singu- 
lier donne, non parisasa, mais purisa-s-sa, avec un 
s additionnel spécialement prescrit. 

1^ j^ lichci^HHiMfM =^ Il ^^ Il 

Agho rassam âpajjale ekavacana yo iccelesu ca. Ilthim; 
iltlnyo"; ilthivâ; vadhum; vadhuvo; vadhuyâ; dandinam; 
ilandinâ; sayambhiuh; sayambhuvo; sayambhunà. 

Agholi kimatthaiîi? Kannam^; kannàyo; kannâya. 

Ekavacanayosvili kimatlham ? Itthîhi; sayambhûhi. 

Casaddaggahanam avadhàranattham. Nadim ; nadiyo; na- 
diyâ'. — A piggabanenana rassam âpajjate*. Itthî;bllikkhunî^ 

Les voyelles [longues, finales de thèmes nomi- 
naux , ] autres que Yâ des féminins , deviennent brèves 
aux cas du singulier et au nominatif et à l'accusatif 
pluriel. Ex. Itthim : ia femme; itthiyo : les femmes 
(de itthî);*dandinani : fhomme qui port^ un bâton; 
dandino : les hommes, etc.. . . (de dandî). 

' Cd omet itthiyo. 

^ Bien que l'a de ia désinence de kannaiî) ne soit pas plus long que 
l'i de itthim, cet exemple ne doit pas être éliminé, si le scholiaste, 
pour justifier dans toute son étendue l'exclusion absolue contenue dans 
a(jho du sùtra, fait application à l'accusatif des féminins en â, non 
de cette règle , mais de la pi'écédente. 

' S^ omet: nadim. Faudrait-il lire simplement : "ttham. Najjo; 
najjâ. — ? (Cf. II, 1, 47, sch.). 

* Il manque évidemment quelque chose dans cette dernière 
phrase; il faut ajouter avant na raisaih : « si » ou « simhi » qui rétabHt 
dans les mots ce qui visiblement était dans la pensée du scholiaste. 

^ Cd lUhi; bhikkhuni. 

J. As. Extrait n° 1. ( 1871.) ' 4 



— 50 — 
^ ftrfiî^t i|HMH=hl(H II 1% Il 

Sismim anapumsakâni lingâni na rassam âpajjante. Itlhî; 
dandî ; sayambhù ; vadhû, bhikkhunî'. 

Sisminti kimattham? Bholi ilthi; bho sayambhù; bholi 
vadhu; bhoti dandini. 

Anapnmsakânîli kimattham ? Sukhakàri dânam ; sukha- 
kâri sîlam^; sîghagâyi cittam. 

Excepté au nominatif singulier des masculins et 
des féminins. Ex. Bhikkhunî : la religieuse; dandî: 
l'homme qui porte un bâton. 

^^VTTfÇrfr ?t ^ Il ^M II 

Ubha iccevamâdito namvacanassa innam hoti. Ubhinnam 
duvinnam. 

Ubhâdito ti kimaltham ? Ubhayesam. 

[Les mots] ubha, etc. prennent [au génitif plu- 
riel] innam au lieu de [la désinence] nam. Ex. 
Ubhinnam : amborum. 

^ ^ rft^' nifPÏTf^ Il \i. Il 

Namvacanassa innam innannam iccete àdesâ honlitîhi* 
stinkhyâhi. Tinnam; tinnannam. 
Tîhîti kimattham? Dvinnafh. 

• 

' Cd°tthi,°bhu, Mhu, °ni. '' 

* Cd deux fois : sukhakârî. S*" °kârî, la seconde fois. 
^ Cd innaminnantihi°. S* °tihi°. 

* Cd tihi. 



— 51 — 

Le nom de nombre ti prend [au génitif pluriel] 
innam, innannam [au lieu de la désinence nam]. 

sng chH(Hchl<HIMÇ ^ Il ^^ Il 

Sabbe sarà yosu kalanikâralopesu dîgham âpajjante. Aggî; 
hhikkhû; rattî; yàgû; atlhî; atthîni; âyû; âyùni ' ; sabbàni; 
yâni; làni; kâni; etàni; amûni; imâni. 

Yosvili kimatlham ? Aggi; bhikkhu ; ratti; sabbo; yo; so; 
ko ; amuko. 

Katanikâralopesvili kimaltham ? Itthiyo; vadhuyo; sayam- 
bhuvo. 

Punaràrambhaggahanani kimattham ? Niccadîpanattham. 
Aggî; bhikkhû; rallî *; yàni; lâni; kalamâni. 

Les voyelles [finales des thèmes nominaux] de- 
viennent longues au nominatif et h l'accusatif pluriel 
tant devant la désinence ni, que lorsque toute dési- 
nence est supprimée. Ex. Aggî : les feux; atthîni 
ou atthî : les os. 

HH(^^=^ Il ^C II 

Sunamhi iccetesu ca sabbe sarâ dîgham âpajjante. Aggîsu; 
aggînam; aggîhi; bhikkhûsu; bhikkhûnam; bhikkhûhi'; pu- 
risâsu ; purisânam ; purisâhi. 

Etesvili kimattham ^ Agginâ ; pâninà *. 

Casaddaggahanam avadhâranatthaiîi. Sukhettesu brahma- 
cârîsu dhammam akkhâsi bhagavâ; bhikkhûnam datvâ sakehi 
pânehi^. 

' Ici encore , dans la plupart des exemples Cd et S' écrivent la 
voyelle brève. 

* Cd et S'^aggi; bhikkhu; ratti. 

•'' Cd ajoute ici : rattisu, rattînam; rattîhi. 

'^ Cd etS''paninâ 

' Cd pânehi. 

h. 



— 52 — 

[Il en est] de même devant [les désinences] su, 
nain, hi [du locatif, génitif et instrumental pluriel]. 
Ex. Aggîsu : dans les feux; bhikkhûivim : des reli- 
gieux. 

M^l^flH ^tT' Il ^if II 

Pancâdînam sankliyânam anlo attam âpajjate siinamhi 
iccetesu. Pancasu; pancannam; pancahi; chasu; channam; 
chahi ; satlasu ; saltahi ; saltannam; atlhannam ; althasu; al- 
ihalii ; navasii ; navannam ; navahi ; dasasu ; dasannam ; dasalii. 

Pancâdînam ili kimaltham ? Dvisu; dvlnnam; dvîhi. 

Attam ili bhâvaniddeso : ubhayasàgamattatlliam , anto 
ukàro atfam âpajjatte ^. Catassannam itthînam; tissannam 
vedanânam. 

[Devant les désinences du locatif, génitif et ins- 
trumental pluriel, les noms de nombre] panca, etc. 
ont a. Ex. Pancasu : dans cinq ... ; channam : 
de six . . . ; dasahi : par dix . . . 

^^rfef^rf^ Il %o II 

Palissanto attam âpajjate inimhi paccaye pare. Gahapatânî ^. 
inimhîti kimattham ? Gahapali. 

[De même] pati [change son i final en a] devant 
[le suffixe] ini. Ex. Gahapatânî : maîtresse de 
maison. 



' Cd atthàm. 

'^ S*" omet : anto° jjate. 

' Cd "patâni. 



— 53 — 

Nluppaccayassanto atlam âpajjate sunamhiyo iccetesu. Gu- 
navantesu; gunavantânam; gnnavantehi ; gunavantâ; guna- 
vante. 

Ntiisseti kimattham? Isînam. 

Etesviti kimattham ? Gunavâ. 

Gasaddaggahanena annesu ca vacanesu atlam' hoti. Guna- 
vantasmini; gunavanteiia. — Antaggahanena ^ attanca hoti 
yonam ikâro ca. Gunavanti. 

La finale du suffixe ntu [se change de même en 
a devant les désinences du locatif, génitif et instru- 
mental pluriel , et] aussi devant les désinences du 
nominatif et de l'accusatif pluriel. Ex. Gunavantesu : 
chez les gens vertueux; gunavantânam ; gunavantâ ; 
gnnavante. 

H^^ ^ ^HH II ^^ Il 

Sabbasseva nluppaccayassa attam Iioli va aiîisa iccetesu. 
Salimani bhikkhum satimantain bhikkhum va; bandhumam 
râjânam bandhumanlam ràjânam va; satimassa bhikkbuno 
satimato bhikkhuno va; bandhumassa ranrïo bandbumato 
raiïno va ■\ 

Etesviti kimattham? Satimâ bliikkhu; bandhumâ râjâ. 

[Le suffixe ntu] tout entier [peut] à volonté [se 
changer en a] devant [les désinences] am et sa [de 
l'accusatif et du génitif singulier]. Ex. Satimam ou 

' Gd attanca hoti. S** omet les deux ca après annesu et après attaiîi. 
^ Cd ajoute, ici : ntuppaccayassanto. 
' Cd ajoute : sukham dcti. 



a. '4 



satimantam bliikklium : un bbikshu qui n'est point 
oublieux. 

%f^ ^ Il %l II 

Ntuppaccayassantassa" atlam hoti va simhi vibhattimhi*. 
Himavanlo pabbato^. 

Vâti kimattham ? Himavâ pabbalo. 

[La voyelle finale du suffixe ntu peut se cbanger] 
à volonté [en a] au nominatif singulier. Ex. Hima- 
vanto pabbato : le mont Himavat (Himalaya). 

3^^iTfer#r II %% Il 

Aggissanlo ini hoti va simhi vibhattimhi. Purato aggini; 
pacchimato aggini ; dakkhinato aggini ; vâmalo aggini *. 
Vâti kimattham ? Aggi. 

[La voyelle finale] de aggi [peut à volonté se 
cbanger en] ini [au nominatif singulier]. Ex. Purato 
aggini : le feu h l'orient. 

4lH^d<l^ tITt II ^M II 

Yosu akalarasso jho attani âpajjate. Aggayo; raunayo: 
isayo \ 

Yosvili kimattham ? Aggîsii. 

1 Cd S" °nto a°. 

* Cd vibhaktimhi. 

' Cd ajoutp : himo yassa attbi tasmim va vijjatiti himavanto : une 
glose introduite par erreur dans le texte, 

* S^ pour tout exemple donne une seule fois : aggini. Cd dakkhina*. 
' Cd ajoute : gavayo. 



— 55 — 

Akalarassoti kimaltham ? Dandino. 
Jhoti kimaltham ? Rattiyo. 

Devant [les désinences] jo [du nominatif et de 
l'accusatif pluriel], les noms masculins en i, i [le 
changent en a], excepté les noms en i, qui [dans 
ce cas] remplacent la longue par la brève. Ex. 
Aggayo : les feux (de : aggi); mais dandino : les por- 
teurs de bâtons (de : dandî). 

Vevo iccetesu akatarasso lo attam âpajjate. Bhikkhave ; 
bhikkhavo; hetave; hetavo. 

Akatarassoti kimaltham ? Sayambhuvo^; vessabhuvo; pa- 
ràbhibhuvo^. 

Vevosviti kimaltham ? Hetunâ ; ketunâ ; setunâ. 

Casaddaggahanam attam anukaddlianattham *. 

De même les noms masculins en u, « [le chan- 
gent en a] devant [les désinences] ve, vo [excepté 
les noms qui ayant un û final le changent en a]. 
Ex. Bhikkhavo : les religieux; hetavo : les motifs; 
mais : parâbhibhuvo : les maîtres (de: parâbhibhû). 



' Cdvevesû". 

^ Avant sayambhuvo Cd a : Dandino, qui n'a rien à voir dans cette 
règle. 

' Cd parâbhuvo. 

* S*" omet cette ligne. 



56 



57ldHI^H *IHt^ ^^ ' Il ^S II 

Mâlula iccevamâdinam anlo ânaltaiîi àpajjaleîkaiappaccaye 
pare. Mâtulânî; ayyakânî; varunânî^ 

Ikâreti kimattham ? Bhikkhunî, jâlinî; galiapalâni\ 
Anattagg-ahanenanadî iccetassadîsaddassa jjo jjâ jjà âdesâ * 
honti saha vibhaltiyâ ^ yonàsa iccelesu. Taiîi yathà : najjo 
sandanti; najjâ kalam larangam; najjâ neranjarâva lire. 

[Les noms] mâtala, etc. prennent an [;iu lieu de 
leur voyelle finale] devant le suffixe î. Ex. Mâtu- 
lânî : la femme d'un oncle maternel. 

hiP^Rhm ï^nrf^ wï ii %t ii 

Sabbato smàhismim iccelesam mhàbbimhi iccete âdesâ 
honli va yathâsankhyani. Purisamhâ, purisasmâ; purisebhi, 
purisehi; purisamhi, purisasmim. 

Smâhisminnam iti kimattham ? Vannavantam agandha- 
kaih; mahantafh chattam. 

On peut à volonté remplacer par [les désinences] 
mhâ, bhi, mhi [les désinences] smâ, hi, sniim [de 
l'ablatif singulier, de l'instrumental pluriel et du lo- 
catif singulier]. Ex. Purisamhâ ou purisasmâ : de 
l'homme; purisebhi ou purisehi. 

' Cd mâtulâthâdinam ânattam ikâro. — S*" "ikâre. 
', ' Cd écrit ces trois exemples avec ï final. 

* Cdjojâjjâ â°. S'-jjojjâjjâdesâ". 

* Cd vibhaktiyâ. 



— 57 — 

^ #Frf^ =hri|chl\(^' Il ^(f (I 

Ta ima iccetehi katâkârehi smâsminnam mhàmhi iccete 
àdesâ na honti. Asmâ; asmim; asmâ; asmim. 

Katâkârehîti * kimattham ? Tamhâ ; tamhi ; imamhâ ; 
imamhi. 

Excepté après ies pronoms ta, ima, quand ils 
sont réduits à la forme a. Ex. Asmâ : de celui-ci; 
mais : tasmâ ou tamhâ. 



H,"^H=hl<î ^ ^ lIMo II 



Suhi iccetesu*akâro ettam ' àpajjate. Sabbesu ; yesu ; lesu ; 
kesu; purisesu; imesu; kusalesu; tumhesu; amhesu; sab- 
behi ; yehi; tehi; kelii; purisehi; imehi; kusalehi, tumhehi; 
amhelii. 

Devant [les désinences] su, hi [du locatif et de 
l'instrumental pluriel, les thèmes en] a [changent 
cette voyelle en] e. Ex. Sabbesu : dans tous; sab- 
behi : par tous. 

H^HIHiH ^f^ '^ Il Ml II 

Sabbesam sabbanâmânam akâro etlam àpajjate namhi vi- 
bhattimhi. Sabbesam; sabbesânani; yesaiîi; yesânam; tesam; 
tesânam; kesam ; kesânam ; imesam; imesànam; itaresam; ita- 
resânam; katamesam; katamesànam. 

', ^ Cd k tare". 
' S*" suhisvâkâ"^. 
* Cd etattham. 



— 58 — 

Sabbanâmânam iti kimatthaiïi ? Buddhànaiïi ; bbagavan- 
tânam. 

Akâroti kimattham ? Amùsam , arnùsànani '. 
Casaddaggahanam eggahanam anukaddbanatlham*. 

Les pronoms [subissent ce changement] aussi, 
au génitif pluriel. Ex. Sabbesam ou sabbesânam : do 
tous; yesam ou yesânam : de qui. 

^fft ^ Il M^ Il 

Tasmà akàrato nàvacanassa enâdeso boti. Yena ; tena ; kena ; 
anena ; purisena ; rûpena. 

Atoti kimattbam? Muninâ; amunâ; bbikkhunà. 
Nâti kimattham ? Tasmâ. ^ 

Après [les thèmes en] a, [à la désinence] nâ [de 
l'instrumental singulier on substitue la forme] ena. 
Ex. Purisena : par l'homme. 

Ht II M^ Il 

Tasmâ akârato sivacanassa okàrâdeso boli. Sabbo; yo; so, 
ko; puriso. 

Sîti kimattbam ? Purisânam. 
Atoti kimattham ? Sayambbû '. 

[Après les thèmes en a, à la désinence] si [du 
nominatif singulier on substitue la forme] o. Ex. Pu- 
riso : l'homme. 

^ Cd et S'' amusam ; amusânam. 
' Cette ligne manque clans S''. 
' Cd sayambhu. 



— 59 — 

Ht ^ M M^ Il 

Tasmâ akârato nâvacanassa so âdeso hoti va. Althaso ; 
byanjanaso; suttaso; padaso; yasaso; upâyaso; sabbaso; thâ- 
naso; thâmaso. 

Vâti kimaltham ? Pâdena va pâdarahena va atirekapâdena 
va atthena '. 

[Après les thèmes en a, à la désinence nâ de l'ins- 
trumental singulier on peut] à volonté [substituer 
la forme] so. Ex. Atthaso : par le sens. 



^^\f^ Il MM II 



Dîgha ora iccetehi smâvacanassa so âdeso hoti va *. Dîghaso, 
dîghamhâ ; oraso , oramhâ. 

Dîghorehîti kimatthani ? Amunâ; saramhâ; vacanamhâ. 



Après dîgha, ora [on peut à volonté, à la dési- 
nence smâ de l'ablatif singulier substituer la forme 
so]. Ex. Dîghaso ou dîghamhâ : de loin. 

Ce sûlra, si le scholiaste en exprime bien le sens, est sin- 
gulièrement placé ici, où rien dans les règles précédentes 
• n'autorise régulièrement à sous-entendre le « smâvacanassa » 
du commentaire. C'est « nâvacanassa » , comme dans le pré- 
cédent sùtra , qu'on s'attendrait naturellement à suppléer : 
néanmoins, comme dans celte hypothèse le sùtra 55 ne 
serait qu'une application tout à fait régulière de la règle 
générale précédente, et se trouverait d'une inutilité injus- 
tifiable , il est vraisemblable que le scholiaste est bien entré 

' Cd pâdarahena va theyyacittena. 
* Cd n'a pas «va». 



— 60 — 

dans l'intention de l'auteur. La Rûpasiddhi (fol. 36") , il est 
vrai, renvoit expressément pour le smâ au sûtra 48 ; c'est là 
un artifice fort peu régulier, mais fréquemment nécessaire. 



H^iHHlH ^ ^ Il Min 



Tasmâ akârato sabbesam yoninam à e âdesâ honti va ya- 
thâsankhyam. Purisâ ; purise ; rûpâ ; rùpe. 

Vâti kimatthaih ? Aggayo ; munayo; isayo. 

Yonînanli kimattham? Purisassa; rûpassa. 

Akârato ti kimattham? Dandino; atlhîni; aggi jalanti; 
muni Garanti '. 

[Les thèmes en a, masculins ou neutres, peuvent 
à volonté prendre] d, e pour toute désinence au 
nominatif et à l'accusatif pluriel. Ex. Purisâ, purise : 
les hommes; rûpâ, rûpe : les formes. 

Ici « va » ne peut porter que sur la substitution des formes 
a , e à la désinence ni, et peut-être aussi sur la formée pour l'ac- 
cusatif des masculins. Car pour la forme du nominatif pluriel 
masculin en a, elle n'est point facultative, elle est la forme 
régulière et unique. Quant à l'accusatif, on pourrait, à la ri- 
gueur, penser que l'auteur songe à une seconde forme en â 
(Cf. Storck , Casuum in L. Pâlicâ, etc. p. g), que, du reste, 
il n'autorise nulle part expressément. D'un autre côté, la ré- 
pétition de a va » dans le sûtra suivant donnerait à penser que 
l'auteur ne l'a pas voulu sous-entendre dans cette règle-ci; 
mais il n'a pu pourtant entendre proscrire des formes comme 
a rûpâni », beaucoup plus habituelles que les formes en a, e, 
et que le S. II , A , 8 , en contradiction avec la présente règle , 
autorise même exclusivement. 

' Cd agp;i muni". S*" aggi titthati; mnnî carati. 



— 61 — 

Tasmâ akârato sabbesam smâ smim iccetesam â e âdesâ 
honti va yathâsankhyam. Purisâ; purisasrnâ; purise; purisas- 
mim. 

Atoti kimattham ? Dandina; dandismim; bhikkhuriâ; bhik- 
khusmim. 

Vâli kimattham? Piirisamhâ; purisamhi'. 

[Les thèmes en a peuvent] à volonté [prendre 
â, e] au lieu [des désinences] smâ, smifh [de l'a- 
blatif et du locatif singulier]. Ex. Purisâ ou puri- 
sasrnâ : de l'homme; purise ou purisasmim : dans 
l'homme. 

w^ =^^ôfî^r^?r^ 5 II Mc H 

Tasmâ akâralocatutthekavacanassa âyâdeso holivâ. Atthâya 
hitâya sukhâya^ devamanussânani buddho loke^ uppajjati. 

Atoti kimattham? Isissa. 

Calutthîti kimattham ? Purisassa sukham. 

Ekavacanasseti kimattham ? Purisànam dadâti. 

Vâli kimatlham ? Dàlâ hoti samanassa va brâhmanassa va. 

Tusaddaggahanena atthan ca hoti. Attatthaih; hiladham ; 
sukhattham. 

[Et dans ces thèmes en a] le quatrième cas (datif) 
du singulier [peut à volonté prendre la désinence] 

' Cd purisasmim. S*" ajoute : Punavâggahanena smâsmimnam amo 
âdesâ honti. Samsâram târeti; assamo titthati; vessantaro râjâ, et 
passe la ligne Viàti". 

* Cd omet sukhâya. 

■^ Cd loka u°. 



— 62 — 
âya. Ex. Atthâya hitâya sukhaya devamanussânam 
buddho ioke uppajjati : c'est dans l'intérêt, poui- 
l'avantage et le bonheur des dieux et des hommes, 
qu'un Buddha naît dans le monde. 

Tehi sabbanâmehi akârantehi smâ smim sa iccetesam eka- 
vacanânam' layo à e âya âdesâ neva honti. Sabbasmâ; sab- 
basmim ; sabbassa ; yasmâ ; yasmim ; yassa ; tasmâ ; tasmim ; 
tassa; kasmâ; kasmim; kassa; imasmâ; imasmim; imassa, 

Sabbanâmehîti kimattham ? Pâpâ ; pape; pâpâya. 

Casaddaggahanam atoggahanam anukaddhanaltham *. 

Et au contraire les pronoms [en a] n'admettent 
pas ces trois [désinences â, e, âya]. Ex. On dit seu- 
lement de sabba, tout : sabbasmâ, sabbasmim, sab- 
bassa. 

'STrTt 37T^ Il i? Il 

Tasmâ ghato nâdînam ekavacanânam vibhaltiganânam âyâ- 
deso hoti. Kannâya katam kammam ; kannâya nissatam vat- 
tham; kannâya pariggaho; kannâya patitthitam sîlaiîi. 

Gbatoti kimattham ? Rattiyâ ; vadhuyâ. 

Nâdînam iti kimattham? Rannani; vijjam; vînam; gan- 
gam. 

Ekavacanânam iti kimattham ? Sabbâsu ; yâsu; tâsu ; kâsu ; 
imâsu; pabhâsu. 

[Les féminins enj â [prennent âya], au lieu des 
désinences nâ, etc. [de l'instrumental, etc. (des das 

' Cd °sa ekavacana iccptcsam tayo*. 
* S*" omet cette ligne. 



— 63 — 
obliques) du singulier]. Ex. Kannâya katam kam- 
mam : cet acte a été fait par une jeune fille; dîyate 
kaMâya : on donne à une jeune fille. 

TTrft 2TT ' Il il 

Tasmâ pato nâdînam ekavacanânani vibhaltiganânam yâ- 
deso hoti. Rattiyâ; itthiyâ; vadhuyâ; dhenuyâ; deviyâ. 
Nâdinam ili kimatlham ? Rattî ; rattim; itlhi ^ ; itlhim. 
Patoli kimatthaiïi ? Kannâya ; vînâya ; gangâya ; pabhâya. 
Ekavacanânam iti kimaltham ? hattînam ; itthînam. 

[Les féminins] en i, a prennent yâ [au lieu des 
désinences nâ, etc. des cas obliques du singulier]. 
Ex. Rattiyâ : par la nuit; dhenuyâ : par la vache. 

Malgré l'absence de toute restriction expresse, cette règle 
ne doit pas être prise dans un sens absolu, puisque, pour le 
locatif tout au moins, le sûtra II, i, 17, indique la forme 
en arh. 

HJPrïïft îTO ^ Il 1^ Il 

Tasmâ sakbâto gassa akâraâkâraikâraikâra ekârâdesâ bont 
va. Bho sakha ; bho sakhâ ; bho sakhi ; bho sakhî ; bbo 
sakhe. 

Sak^â peut à volonté faire le vocatif singulier 
en a, a, i, i ou e. Ex. Bho sakha ou sakhâ, etc. : 
ô ami! 

On hésitera peut-être à voir dans Ye du sûtra, outre l'a 
final élidé de « gassa » , toutes les voyelles 'qu'y trouve le scho- 

' Cd pato ya. 
* Cd ratti "itlhi*. 



— 64 — 

liante; mais comme, à la rigueur, elles y peuvent entrer, et 
que , d'ailleurs, toutes les formes ainsi autorisées s'exoliquent 
aisément, nous n'avions pas de raison suffisante de nous éloi- 
gner de cette interprétation, que confirme du reste la répé- 
tition de e dans le sùlra suivant. 

'SIW =^ Il i^ Il 

Tasmâ ghato gassa ekâro hoti. Bhoti ayye ; bhotl kaiïne; 
bhoti gharâdiye. 

Et les féminins en â font leur vocatif singulier en 
e. Ex. Bhoti ayye : madame! bhoti kafine : ô jeune 
fille! 

^ ^î^TT^Hl II i% Il 

Tato amulâdito gassa na ekârattam hoti. Bhoti amniâ, 
bhoti ânnâ ; bhoti anibâ ; bhoti tàtâ. 

Ammâdito ti kimattham ? Bhoti kanne. 

Excepté les mots ammâ, etc. Ex. Bhoti >ammâ : 
ma mère ! 

Ces vocatifs avec l'a long sont directement contraires à 
l'usage sanscrit constaté par Pânini (VU, 3, 107) : « Ambâr- 
thanadyor hrasvah,» ou, comme s'exprime la grammaire 
Kâtantra : «Hrasvo 'mbàrthânàm. » (Fol. i4*.) Ceflendant 
les formes données par le scholiaste peuvent être les vraies 
pour le pâli ; c'est ce que semble prouver le choix même fait 
pour la présente règle d'une forme nouvelle, s'éloignant des 
modèles sanscrits. Car il n'existe point d'ailleurs dans notre 
grammaire de règle complétant celle-ci, et enseignant la 
substitution d'un â bref à l'a long des mets amlâ, etc. dont 
le changement en e, au moins, est ici nettement exclu. Tou- 



— 65 — 

tefois on trouve la brève, p. ex. dans amma (Dhammap. 
p. 1 13 , 1. i4, etc.). 

Tasmâ akatarassâ lato yvâlapanassa ve vo âdesâ honti. 
Bhikkhave; bhikkhavo; helave; hetavo. 
Akatarassâli kimattham ? Sayambhuvo. 
Latoti kimattham ? Nâgiyo; aggayo; dhenuyo; yâguyo. 
Alapanasseti ^ kimattham? Te hetavo; te bhikkhavo. 

Les noms masculins en a, a font le vocatif pluriel 
en ve, vo, excepté ceux en lî, qui rendent cette 
voyelle brève. Ex. Bhikkhave ou bhikkhavo : ô 
bhikshus ! mais : Sayambhuvo : ô êtres existants par 
vous-mêmes ! 

îRcTrft eW îTt ^ Il ié II 

Tasmâ jhalato sassa no hoti va. Aggino; aggissa; sakhino; 
sakhissa ; dandino ; dandissa ; bhikkhuno ; bhikkhussa ; sayam- 
bhuno ; sayambhussa. 

Sasseti kimattham ? Isinâ; bhikkhunâ. 

Jhalatoti kimattham? Purisassa. 

Les noms masculins en i, î, a, û peuvent à vo- 
lonté prendre no au lieu de ia désinence sa [du 
génitif singulier]. Ex. Aggino ou aggissa : du feu; 
sayagcjbhuno ou sayambhussa : de l'être existant par 
lui-même. 

'snTrTt ^ ^r^ rTttff II is II 

Tehi ghapajhala iccetehi yonam lopo hoti va. Kaiïnâ ; kan- 
nâyo; rattî; rattiyo; itthi; itthiyo; vadhû; vadhuyo; yâgû ; 

' C. yuvâ". 

^ Cd âlapaneti. S*" âlapanassa vevoti. 

J. As. Extrait n° 1 , (1871. j 5 



— 66 — 

yâguyo; aggî; aggayo; bhikkhû; bhikkhavo; sayambhû ; sa- 
yambhuvo; atthî; attbîni; âyù; âyûni '. 

Les féminins en d, aussi [bien que les noms mas- 
culins et féminins en i, i, a, ii], peuvent à volonté 
supprimer toute désinence des nominatif et accu- 
satif du pluriel. Ex. Kannâ ou kannâyo : les jeunes 
filles; raltî ou rattiyo : les nuits; bhikkhû ou bhik- 
khavo : les religieux. 

Cette règle se complète par II, i, 37. 

PTfft ^t^T^ ^ Il it II 

Tasmâ lato yonam vokâro hoti va. Bhikkhavo; bhikkhû 
sayambbuvo ; sayambhû ^. 

Kâraggahanam kimattham ? Yonam no ca hoti. Jantuno. 

Casaddaggahanam avadhâranattham. Amû purisâ litthanti; 
amû purise passalha. 

Les masculins en u, û [peuvent] aussi [à volonté 
faire leur nominatif et leur accusatif pluriel en] vo. 
Ex. Bhikkhavo ou bhikkhû : les bhikshus. 

ITl NÂMAKAPPE PATHAMO KANDO. 

^i^^J H^ H^HfrïW H in II 

Sabbassa amhasaddassa savibhattissa mamam âdeso holi se 
vibhattimhi. Mamam dîyate purisena ; mamam pariggaho *. 

' Cd omet l'exemple : kannâ, kannâyo, et écrit brève la voyelle 
finale de chaque exemple syncopé. — S*" omet : rattî ; rattiyo , il lit : 
aggiyo, au lieu de : aggayo. 

* Cd °kkhu "mbliu. 

* S'' ajoute ici : amhasseti kimattham ? Purisassa dîyate. Seti kim- 
attham? Aham gacchâmi. 



— 67 — 
[Le thème pronominal] amha, dans son entier 
et y compris la désinence, devient mamafh au gé- 
nitif singulier. Ex. Mamam dîyate : on me donne. 

^ m^ tTïï^ Il ^ li 

Sabbasseva amhasaddassa savibhattissa mayam âdeso hoti 
yomhi palhame. Mayam gacchâma ; mayam dema. 
Amhasseti kimatlham ? Piirisâ titthanti. 
Yomhîti kimattham ? Ahani gacchâmi. 
Pathameti kimattham ? Amhâkam passasi tvam. 

[Amha , dans son entier, et y compris la désinence , 
devient] mayam au premier [des deux cas en] yo, 
[au nominatif pluriel]. Exemple : Mayam gacchâma: 
nous allons. 

Sabbasseva ntuppaccayassa savibhattissa nto âdeso holi 
yomhi pathame. Gtinavanto titthanti. 

Ntusseti kimattham ? Sabbe sallâ gacchanti. 
Pathameti kimattham ? Gunavante passatha. 

[Le suffixe] nia [dans son entier, et y compris 
la désinence,] devient nto [au nominatif pluriel]. 
Ex. Gunavanto titthanti : les gens vertueux se tien- 
nent fermes 

^rf^' ^^ lU II 

Sabbasseva ntuppaccayassa savibhattissa ntassâdeso hoti va 
se vibhattimhi. Silavantassa jhâyino, sîlavato jhâyino. 

' Cd S"" ntussa. Malgré l'accord des deux manuscrits et aussi de 

5. 



— 68 — 
Seli kimattham ? Sîlavâ titlhati. 

[Il peut] à volonté [se changer en] ntassa au gé- 
nitif singulier. Ex. Sîlavantassa jhâyino : d'un con- 
templatif persévérant. 

^f|#^ll M II 

Sabbasseva ntuppaccayassa savibhattissa â âdeso hoti simhi 
vibhattimhi. Gnnavâ; pannavâ; silavâ; satimâ; matimâ. 
Ntusseti kimattham ? Purisâ titlhanti. 
Simbîti kimattham ? Silavanto tittbanti. 

[Il se change en] d au nominatif singulier. Ex. Gu- 
navâ : vertueux; satimâ : qui se souvient. 

^ Hi^H^ Il i II 

Sabbasseva ntuppaccayassa savibhattissa am hoti simhi 
vibhattimhi napumsake vattamânassa lingassa '. Gunavam 
cittam titthati; rucimam puppham rocati. 

Simbîti kimattham? Vannavantam agandhakam* puppham 
passasi. 

[En] am au neutre. Ex. Gunavam cittam titthati : 
une âme vertueuse demeure ferme. 



la Rûpasiddhi, qui lit de même et dans le sûtra et dans le commen- 
taire , ii est évident que c'est « ntassa » qu'il faut lire ; la leçon « ntussa » 
n'est sans doute que le résultat du voisinage de : ntussa nto. 
' S'' °ke gamyamâne. Guna°. 
Cd vannavantam agandba agakam pu°. 



— 69 — 

^RKTT =^ Tt M 3 II 

Sabbasseva ntuppaccayassa savibhaltissa aih a â âdesâ honti 
ge pare. Bbo gunavam ; bho gunava ; bbo gunavâ. 
Casaddaggahanena amgabanânukaddhanattham '. 

Et au vocatif singulier en a, â ou am. Ex. 
Bho gunava, gunavâ ou gunavam : ô homme ver- 
tueux ! 

rTtf^iïn i^fWHIH II C II 

Sabbasseva ntuppaccayassa savibhaltissa totitâ âdesâ honti 
va sasmimnâ iccetesu yathâsankhyam. Gunavato, gunavan- 
tassa; gunavati, gunavantasmim ; gunavalâ, gunavantena; 
satimato, satimantassa ; satimati, satimantasmim ; satimatâ, 
satimantena. 

Etesviti kimatlham ? Gunavâ ; satimâ. 

[Il peut se changer à volonté en] to, ti, ta, aux 
génitif, locatif et instrumental du singulier. Ex. 
Gunavato ou gunavantassa , gunavati ou gunavan- 
tasmim, gunavatâ ou gunavantena. 

L'absence de « va » dans cette règle est surprenante ; la ré- 
pétition y en est d'autant plus nécessaire, qu'il est plus ir- 
régulier de le suppléer en l'empruntant au sûtra à-, après 
trois sûtras intermédiaires où il ne continue point de garder 
cours. D'ailleurs, s'il était dans la pensée de l'auteur de sous- 
entendre dans cette règle un va précédemment exprimé, 
pourquoi le répéter expressément dans le sûtra suivant ? Et 
pourtant le sûtra 4 enseigne, par exemple, d'une façon po- 
sitive, des formes comme : gunavantassa. 

* S** n'a pas cette ligne. 



— 70 — 
îTfî^ ?t ^ Il if II 

Sabbasseva ntuppaccayassa savibhattissa tam âdeso hoti va 
nambi vibhattimbi. Gunavatam; gunavantânam; satimalam; 
satimantânam. 

Namhîti kimaltham ? Gunavanto tittbanti ; tittbanti sati- 
manto. 

[11 peut] à volonté [se changer en] tam au gé- 
nitif pluriel. Ex. Gunavatam ou gunavantânam : des 
hommes vertueux.. 

i^Hfa^ ^^ftrg HMH^ Il \o II 

Sabbasseva imasaddassa savibhattissa idaiïi holi va amsisu 
napumsake vattamânassa iingassa. Idam ciltamtiltbati; idaih 
cittam passa si. 

Vâti kimattbam ? Imam cittam titthati '. 

Napumsakeli kimattbam? Imam purisam passasi; ayam 
puriso titthati. 

Ima peut à volonté faire idam à l'accusatif et au 
nominatif singulier du neutre. Ex. Idam ou imam 
cittam : ce tableau, 

mmi'i ' Il 11 II 

Sabbasseva amusaddassa savibbattissa adum hoti amsisu 
napumsake vattamânassa Iingassa. Adum puppham passasi ; 
adum puppham virocati. 

Napumsaketi kimattham ? Amum râjânam passasi ; amu 
râjâ titthati. 

' Cd "ssasi imam cittam tittbatiti va. Na*. 
» Cd "ssâdû. 



— 71 — 

Amu [fait] adum [au nominatif et à l'accusatif 
singulier du neutre]. Ex. Adum puppham : cette 
fleur. 

Itthipumanapumsakasankhyam iccelam adhikârattham ve- 
ditabbam. 

[Les sûtras qui vont suivre concernent les] noms 
de nombre et [s'appliquent également aux trois 
genres], féminin, masculin et neutre. 



2fr5fi;^1:=^ni^u 



Dvinnam sankhyânam itthipumanapumsake vattamànânam 
savibhaltînam dve holi yo iccelesu. Dve itlhiyo ; dve dhammâ ; 
dve rûpâni. 

Yosvili kimallham ? Dvîsu. 

Casaddaggahanena dvisaddassa duve ' dvaya ^ ubha ubhaya 
duvi ca honti yo nâ am naiîi iccetesu. Duve samanâ; duve 
brahmanâ ; duve janâ ; dvayena ; dvayam ; ubhinnam ; ubliave- 
sam; duvinnam^. 

Le nom de nombre dvi fait aussi dve [au no- 
minatif et à l'accusatif pluriel des trois genres]. 
Ex. Dve itthiyo : deux femmes; dve rûpâni : deux 
formes. 

Le pluriel « dvinnam » au lieu du singulier • dvissa » ne 

' Cd duvo. 
* Cd dvayam. 

^ S"" "manâ ; dvayena samanena ; dvayam samanam ; ubhinnam 
samanânam; ubhayesam samanânam; duvinnam samanânam. 



— 72 — 

peut guère avoir d'aulre but que de marquer qu'il s'agit des 
trois genres. (Cf. IV, i5.) Quant au ca, dans celte règle, qui 
n'est point en coordination avec une autre règle précédente, 
il faut, pour lui trouver un sens, admettre qu'il a une signi- 
fication /acH/toi/ue, et qu'il rappelle, par exemple, la forme 
«duve», comme le veut un des e:los«ateurs. 

^T^^f(^^^ll 

Ticatunnaih sankhyânam itthipumanapumsake valtamânâ- 
naih savibhatlînain tisso catasso tayo cattâro tîni catlâri iccete 
àdesâ honti yalhâsankhyam yo iccetesu. Tisso vedanâ ; catasso 
disâ ; tayo janâ ; cattâro purisâ ; tini * àsanâni ; cattâri ariya- 
saccâni. 

Yosvili kimatiham ? Tîsu ; catùsu. 

[Les noms de nombre] ti, cata font tisso, catasso 
[pour le féminin], tayo, cattâro [pour le masculin], 
tîni, cattâri [pour le neutre, au nominatif et à l'ac- 
cusatif pluriel]. Ex. Tisso vedanâ : les trois dou- 
leurs; cattâro purisâ : les quatre hommes; cattâri 
ariyasaccâni : les quatre grandes vérités. 

M-^l(ÇlH ^ï^ Il IM II 

Pancâdînam sankhyânam itthipumanapumsake* vattamâ- 
nânam savibhattissa antasarassa akârohoti yo iccetesu. Panca 
itthî ; panca janâ ; panca rûpâ ; cha , cha ; salta , satta ; attha , 
attha; nava, nava; dasa, dasa^. 

Pancâdînain iti kimattham ? Dve ; tayo ; cattâri. 

' Cdtîni. 

* Cd itthîpiima''. 

' S*" "rûpâ ; cha rûpâ , cha . cha rûpâ ; satta (3 lois ) ; attha (3 fois ); 



— 73 — 
[Les noms de nombre] panca, etc. [font le no- 
minatif et l'accusatif pluriels des trois genres en] a. 
Ex. Panca itthî : cinq femmes; panca janâ : cinq 
hommes. 

^nro ^ ^ifHîTt H ini II 

Sabbasseva ' râjasaddassa savibhattissa ranno râjino iccete 
âdesâ honti se vibhatlimhi. Ranno; râjino. 
Seti kimattham ? Rannam. 

Raja fait au génitif singulier ranno ou râjino. 
Ex. Uanno ou râjino : du roi. 

?^î=rf^^ll \3 II 

Sabbasseva râjasaddassa savibhattissa raniiaih âdeso holi 
va namhi vibhattimhi. Raiïnam ; râjûnam. 

[Il peut] à volonté [faire] rannam au génitif plu- 
riel. Ex. Rannam ou râjûnam : des rois. 

7TTfî=^ ^;^T ^ IIID II 

Sabbasseva râjasaddassa savibhattissa rannâ âdeso hoti va 
nâmhi vibhattimhi. Tena raniïâ katam kammaiîi; râjena^. 
Nâmhîti kimatthani ? Raniio santikam. 

[Il peut] à volonté faire raiihâ à l'instrumental 
singulier. Ex. Tena rannâ (ou râjena) katam kam- 
mam : cette action a été faite par le roi. 

nava (3 fois); dasa ( 3 fois). — Cd Panca, panra; etc., répétant deux 
fois chaque nombre. 

^ Cd Sabbassa. 

^ Cd n a pas «râjena». 



— 74 — 

ftRfï^ ?:# ^rflrf^ inif II 

Sabbasseva râjasaddassa savibhattissa ranne râjini iccete 
âdeaâ honti smimhi vibhattimhi, Ranne; râjini. 

[Il fait] au locatif singulier ranne ou râjini. 
Ex. Ranne ou râjini : dans , chez un roi. 

r^^JT^J^ rrfîT 5T^ Il "^^o II 

Sabbesaiîi tumhaamha'saddânam savibhattînam tayi mayi 
iccete âdesâ honli yathâsankhyam smimhi vibhattimhi. Tayi ; 
mayi. 

Smimhîti kimattham ? Tvaiîi bhavasi ; ahaih bhavàmi. 

Tamha, amha font tayi, mayi [au locatif singulier]. 
Ex. Tayi : en toi. 

^^fHf^=^mtii 

Sabbesaih tumhaamhasaddânam savibhatlînam Ivam ahcuîî 
iccete âdesâ honti yathâsankhyam simhi vibhattimhi. Tvani, 
aham. 

Gasaddaggahanena tuvam ca hoti. Tuvam satthâ. 

Et tvam, aham au nominatif singulier. Ex. Tvam : 
toi. 

rT^ ^nr & m^ Il 

Sabbesam tumhaamhasaddânam savibhattinam ta va marna 
iccete âdesâ honti yathâsankhyam se vibhattimhi. Tava ; mama. 
Seti kimattham ? Tayi ; mayi. 

' Cd tumhâmlia , et de même dans les sûtras suivants. 



— 75 — 
[Ils font] tava, marna au génitif singulier. Ex. 
Ta va : de toi. 

r^T^'^ 11^^ Il 

Sabbesam tumhaamhasaddânani savibhattînam tuyham 
mayham iccete âdesâ honti yathâsankhyam se vibhattimhi. 
Tuyham; mayham. 

Seti kimattham ? Tayâ ; maya. 

Casaddagahanam seggahanam anukaddhanattham'. 

Et aussi tayhafh, mayham. Ex. Tuyham : à toi. 

rt q ^ff^ Il n II 

Sabbesam tumhaamhasaddânam savibhattînam tam mam 
iccete àdesâ honti yathâsankhyam amhi vibhattimhi. Tam; 
mam. 

Amhîti kimatlham ? Tayâ ; maya. 

[Ils font] tam, mam à l'accusatif singulier. Ex. 
Tam : toi. 

rT^ ÇR ^ ^ ^ IRM II 

Sabbesam tumhaamhasaddânam savibhattînam tavam ma- 
mam iccete âdesâ honti na va yathâsankhyam amhi vibhat- 
timhi. Tavam ; mamam. 

Navâti kimatthani ? Tam mam passasi. 

Casaddaggahanam amgahanânukaddhanattham '. 

[Ils peuvent] aussi [faire] ou non tavam, mamam 
[à l'accusatif singulier]. Ex. Tavam : toi. 

' S'' n'a pas cette ligne. 

^ S*" n'a pas cette dernière glose. 



— 76 — 

Sabbesarà tumhaamhasaddânam savibhattinam tayâ maya 
iccete âdesâ honti yathàsankhyam nâmhi vibhallimhi. Tayâ; 
maya. 

Nàinbîli kimattham? Tamhehi; amhehi. 

[Ils font] tayâ, maya à rinstriimental singulier. 
Ex. Tayâ : par toi. 

dV^^:! ^ ^ ^fï^ il ^3 II 

Sabbassa tumhasaddassa savibbattissa tuvaiîi tvaiîi iccele 
âdesâ bonti amhi vibhattimbi. Kalingarassa tuveim manne ; 
kattbassa tvaiîi manne. 

Tumha fait tuvam et tvam à l'accusatif singulier. 
Ex. Tuvam (ou tvam) kalingarassa manrie : je ne 
fais aucun fond sur toi. 

On s'attendrait à trouver ce sûtra plus sensiblement rat- 
taché aux règles 2^ el 26, qui enseignent d'autres formes 
équivalentes dont rien ici ne ferait soupçonner l'existence. 

TTz^ imRg^sît^ftg • ^ 5ft me ii 

Sabbesam tumbaambasaddânam savibhattînam yadâ pa- 
dasmâ paresaiîi vo no âdesâ honti yathàsankhyam dutiyâca- 
lutlhîchatthî iccetesu navâ. Pahâyavo bhikkhave gamissâmi ; 
ma no ajja vikantisu*; dhammain vo bhikkhave desissâmi; 
samvibhajetha no rajjena; tuilhosmi vo pakatiyâ; satthâ no 
bhagavâ anuppatto. 

Navâti kimattham ? Eso amhâkam satthâ. 

Tumhâmhâkam iti kimattham ? Eté isayo passasi. 

' Cd °catutlhicha{tbisu. 
* Cd vikantimaudha". 



— 11 — 

Padatoti kimaltham ? Tumhâkani satthâ. 
Elesvili kimattham ? Gacchatha tumhe. 

Après un mot, (quand ils ne sont pas en tête de 
la phrase ou du membre de phrase,) \tumh.a et 
am/ia font] vo et no aux deuxième, quatrième et 
sixième cas (accusatif, datif et génitif) [du pluriel]. 
Ex. Pahâya vo, bhikkhave, gamissâmi : je vous 
quitterai , ô religieux , et j'irai 

Le scholiaste reprend ici « na va » du sûtra 25 , ce qui est 
irrégulier; mais ii y a d'ailleurs une raison de croire que 
l'auteur n'a pas voulu donner à cette règle une valeur sim- 
plement facultative : ce sont les sûtras 3 1 et Sa qu'il aurait 
tout naturellement incorporés aux sûtras 28 et 29 , si l'emploi 
des formes vo, no, te, me était, dans tous les cas, facultatif, 
au lieu de l'être seulement quand ces formes ont le sens de 
l'instrumental, — D'autre part, l'on ne s'explique guère pour- 
quoi ni le texte du sûtra ni le scholiaste ne spécifient qu'il ne 
s'agit que du pluriel. 

^ Hd^d(^^ Il ;^tf II 

Sabbesam tumhaamhasaddânam savibhattînam yadà pa- 
dasmâ paresam te me âdesâ honti yathâsankhyani catutthî- 
chatthî iccetesu ekavacanesu. Dadàmi te gâraavarâni panca, 
dadâhi me gâmavaram; idani te rattheim; ayam me putto. 

Padatoti kimattham ? Tava nâti; mama nâti. 

Au singulier ils font [aux mêmes cas] te, me. 
Ex. Dadâmi te gâmavarâni panca : je te fais présent 
de cinq villages. 

=7Tf^ il \o II 

Sabbesam tumhaamhasaddânam savibhattînam yadâ pa- 



— 78 — 

dasmâ paresam te me àdesâ na honti amhi vibhattimhi. Pas- 
seya' tam vassasatam arogam; so mam abruvi *. 

Pas [cependant] à l'accusatif. Ex. Passeyam tam 
vassasatam arogam : puissé-je te voir cent ans en 
pleine santé ! 



^ rf^ ^ Il ^t II 

Sabbesam tumhaambasaddânam savibhaltînam yadâ pa- 
dasmâ paresam te me âdesàbonti va yatbâsankhyam tatiyeka- 
vacane pare. Ratam te pâpam , katam tayâ pâpam ; katam me 
pâpam ; katam maya pâpam. 

Padatoti kimattham ? Tayà katam; maya katam. 

Casaddaggahanani temeggahanam anukaddhanattham *. 

[Tamha, amha, après un mot, peuvent] à volonté 
[faire] aussi [te, me] au troisième cas (instrumental) 
[du singulier]. Ex. Ratam te (ou tayâ) pâpam : tu 
as fait une mauvaise action. 



c(^=|x|HH,^ï=ft 11^^ Il 

Sabbesam tumhaambasaddânam savibhatlînam yadâ pa- 
dasmâ paresam vo no âdesâ honti yatbâsankhyam taliye ba- 
huvacane* pare. Kataiïi vo kammam; kataiîi no kammam. 

Padatoti kimattham ? Tumbehi katam; amhehi katam. 

Babuvacanaggahanena yombi pathame vo no âdesâ honti. 
Gâmam vo gaccheyatha ; gâmam no gaccheyâma. 

' Cd S"" passeya tam". Cd ârogyaiîi. 

* Cd so mabbruvi. 

^ S** n'a pas cette glose. 

'' Cd S*" tatiyâ bahu°. 



— 79 — 
[Et] vo, no au [troisième cas du] pluriel. Ex. Ra- 
taiîi vo kammam : vous avez fait cette action. 

Je ne m'explique pas le pluriel « bahuvacanesu » , un seul cas 
étant ici en question , car personne ne voudra s'associer à la 
glose du scholiaste : bahuvacanaggahanena , etc., malgré l'au- 
torité de la Rûpasiddhl qui s'exprime dans des termes pres- 
que identiques (ms.n° 87, fol. 27^). S'il est vraisemblable qu'il 
faille lire ici : « bahuvacane » , la correclion « "vacanesu » 
n'est guère moins nécessaire au s. 29. Y aurait-il là une 
vieille faute d'un copiste qui aurait transposé d'une règle à 
l'autre la syllabe sa? 



t^H-H^ I fefî^ ' Il ^^ Il 



Puma iccevamantassa savibhattissa à àdeso hoti simhi vi- 
bhattimhi. Puma titthati. 

Simhîti kimattbam ^ Pumâno titthanti. 

Antaggabanena magbavayuva iccevamâdinam liiigânam 
antassa savibhattissa â âdeso hoti simhi vibhattimhi. Maghavâ; 
yuvâ. 

Pâma change au nominatif singulier sa [voyelle] 
finale en d. Ex. Puma titthati: l'homme est debout. 

^ *HHMHch=<^^ Il 1% Il 

Puma iccevamantassa savibhattissa aiîi hoti âlapanekava- 
cane pare. He pumam ^. 

Âlapaneti kimattbam ? Puma titthati. 
Ekavacaneti kimattbam ? He pumâno '. 

- S"" Pumassâ simhi. 

^ Cd he puma. 

^ Cd âlapaneti kim attham ? He pumâno. 



— 80 — 
Il la change en am au vocatif singulier. Ex. He 
pumam : ô homme! 

Hm& =^ ^VTTHT II ^M II 

Puma iccevamantassa saraâse ca am âdeso hoti vibhâsâ. 
Itthî ca puma ca napumsakan ca, itthîpunnapumsakânam 
samûho, ittlùpumannapumsakasamûho \ 

Viblîâsâti kimattham ? Itthî pumanapumsakâni. 

Casaddaggahanam amgahanânukaddhanattham *. 

[Il change] aussi [son a final en am], à volonté, 
en composition. Ex. Itthîpumannapumsakasamûho 
(ou itthîpumana °) : les trois genres, féminin, mas- 
culin et neutre. 

4\HH\ 11^1 II 

Puma iccevamantassa savibhattissa âno âdeso hoti yosu vi- 
bhattîsu. Pumâno ; he pumâno. 
Yosviti kimattham ? Puma '. 

[Il change son a final en] âno au nominatif et à 
l'accusatif du pluriel. Ex. Pumâno : les hommes. 

^^ fM^ ^T II ^3 II 

Puma iccevamantassa savibhattissa âne âdeso hoti va 
smimhi vibhattimhi. Pumâne pume va. 

[Il peut] à volonté [changer son a final en] âne 

^ Pour tout l'exemple S' a : Itthîpumanapumsakasamuho. Cd 
•pumanapumsakasa". 
- S"* a'a pas cette glose. 
^ Cd pumâno. 



— 81 — 
au locatif singulier. Ex. Pumâne ou pume : dans 
l'homme. 

■^f%vrf?rf^ =^ il ^c II 

Puma iccevamantassa hivibhattimhi ca âne âdeso boli. 
Pumânehi; purnânebhi. 

Punavibhattiggahanam kimattham ? Savibhattiggahanani- 
vattanattham \ 

Casaddapgahanena magbavayuva iccevamàdînam antassa 
âna âdeso hoti siyoamyo iccetâsu ^ vibbattîsu pumakamma- 
thâœantassa ca ukâro hoti sasmâsu vibhattisu. Yuvâno'; 
yuvânam; yuvâne; aiaghavâno; maghavânam; maghavâne; 
pumuno; pumunâ; kammuno; kammunâ; thâmuno; thâ- 
munâ. 

[Il change] aussi [son a final en âne] devant la 
désinence hi (ou bhi) [de l'instrumental pluriel]. 
Ex. Pumânehi : par les hommes. 

Remarquez que la glose relative à « ca » donne comme pré- 
vues par l'emploi de cette particule plusieurs formes dont 
s'occupent explicitement les règles suivantes : pumunâ (4o), 
kammunâ (Ai). 



gf^t w ^ imf II 



Puma iccevamantassa suvibhattimhi â âdeso hoti va. Pu- 
mâsu pumesu va. 

[Il peut] à volonté [changer son a final en] à 

' Cd ° ggahanam nivattanattham. Pumânehi. 
' Cd iccetesu. S** "antassa sarassa âno âdeso hoti sabbappaccayesu 
pu". 

•^ Cd ajoute : yuvânâ. 

J. As. Extrait n" i. (1871.) 6 



\ 



— 82 — 
(levant [la désinence] su [du locatif pluriel]. Ex. 
Pumâsu ou pumesu : dans les hommes. 

3 =TTf^ ^ Il ^o II 

Puma iccevamantassa â u ' âdesâ honti va nàmhi vibhat- 
tirahi. Pumânâ; pumunâ; pumena va. 

[Il peut à volonté changer son a final en d] et 
aussi [en] u devant [la désinence] nâ [de l'instru- 
mental singulier]. Ex. Pumânâ , pumunâ ou pu- 
mena : par l'homme. 

Ramma iccevamantassa ca a u âdesà honti va nâmhi vi- 
bhattimhi. Kammanâ; kammunâ, kammena va. 

Casaddaggahanena maghavayuva iccevamâdînam antassa 
â âdeso hoti kvaci nâsu iccetesu. Maghavânâ; maghavâsu; 
maghavena va; yuvànâ; yuvâsu; yuvena va. 

Kamma prend [à volonté u et] aussi a [devant 
la désinence nâ de l'instrumental singulier], Ex. 
Kammanâ, kammunâ ou kammena : par l'action. 

Il n'y a évidemment pas lieu de s'arrêter aux subtilités 
d'explication au moyen desquelles le commentaire prétend 
tirer de plusieurs des sûtras précédents des règles touchant 
la déclinaison de yuva, maghava. Toutefois, il est si bizarre 
de rapporter l'a de : maghavânâ , etc. à une règle où il n'est 
même pas question d'un â long, qu'on pourrait croire à une 
interpolation purement accidentelle, à une transposition 



Cd û. 



— 83 — 

d'un fragment du commentaire du sûtra 89; mais la Rùpa- 
siddhi présente absolument la même singularité. 

ITI NÀMAKAPPE DDTIYO K.ANDO. 



Hi-<^|V^[^?r ^TT^ \\\ Il 



Tehi tumhâmhehi namvacanassa âkam ^ hoti. Tumhâkam, 
amhâkam. 

Nam iti kimattham ? Tnmhehi ; amhehi. 

Après [les thèmes] tumha, amha, le génitif pluriel 
se fait en âkam. Ex. Tumhâkam : de vous. 

^ Wm^ MRII 

Tehi tumhâmhehi yo appathamo âkam hoti va. Tumhâkam 
passasi; tumhepassasi va ; amhâkaiîi passasi; amhe passasi va. 

Yoti kimattham ? Tumhehi; amhehi. 

Appathamoti kimattham? Gacchatha tumhe; gacchâma 
mayam. 

Vâti vikappanattham. Yonaiîi aiîi ânam âdesâ honti. Tum- 
haih; tumhànam; amham; amhânam. 

[Après les thèmes tumha, amha] l'accusatif pluriel 
[peut aussi] à volonté [se faire en âkain\. Ex. Amhâ- 
kam passasi : tu nous vois. 

H^ Il B II 

Tehi tumhâmhehi sassa vibhattissa am âdeso hoti va. Tum- 
ham dîyate; tava dîyate; turaham pariggaho; tava parig- 

' Cd âka âkam. 
* S" va yvapa". 

6, 



— 8^ — 

gaho; amham dîyate; mamadiyate; amham pariggaho; mama 
pariggaho ' ; inayham dîyate ; mama dîyate ; mayham parig- 
gaho; mama pariggaho*. 

Sasseli kimattham ? Tumhesu; amhesu. 

[Après les thèmes tumha, amha] le génitif sin- 
gulier [peut à volonté se faire] en afh. Ex. Tum- 
ham dîyate : on te donne; amham pariggaho : mon 
bien. 

Sabbesam sabbanâmânam akârato yo palhamo ettam âpaj- 
jate. Sabbe; ye; te; ke; tumhe; amhe; ime. 

Sabbanâmânam iti kimattham? Devâ; asurâ; nâgâ; gan- 
dhabbâ. 

Akàratoti kimattham? Amû purisâ. 

Yoti kimattham ? Sabbo ; yo ; ko ; ayam. 

Pathamaggahanam nttarasuttattham. Kataro ca katamo ca 
katarakatame katarakatamâ va. 

Après les thèmes pronominaux en a le nominatif 
pluriel se fait en e. Ex. Sabbe : tous. 

^^^ ^ Il M II 

Tasmà sabbanâmânam akârato dvandallhâ yo pathamo 
ettam âpajjatevâ. Katarakatame; katarakatamâ. 

Sabbanâmânam iti kimattham ? Devâsuranâgagandhabba- 
manussâ. 

Dvandalthâti kimattham ? Te sabbe. 

^ Cd n'a pas les contre-exemples par mama. 
* S° n'a pas les exemples mayham dîyate, etc. 
^ Cd sabbanâma akârato. 



— 85 — 
Après un thème pronominal, dernier membre 
d'un composé dvandva, cette règle est facultative. 
Ex. Katarakatame ou katarakatamâ : lesquels? 

5T^ ' h=ihi(h4 II i II 

Sabbanâmikavidhânam dvandatthe nannam ^ kâriyam hoti. 
Pubbo caaparo ca^: pubbâparânam; pubbocauttaroca*: pub- 
bottarânam ; adharo ca uttaro ca ; adbarottarânam *. 

[Les thèmes pronominaux en a, quand ils foni 
partie d'un composé dvandva, ne participent à] au- 
cune autre des particularités de la déclinaison pro- 
nominale. Ex. Pubbâparânam (et non °paresam) : 
des précédents et des suivants. 

Babubbîhimhi ca samâse sabbanâmikavidbânam nannam * 
kâriyaiîi holi. Piyo pubbo yassa : piyapubbâya , piyapubbânam, 
piyapubbe, piyapubbassa. 

Ceti kimattham ? Sabbanâmikavidhânan ca hoti. Dakkhi- 
napubbassam; dakkhinapubbassâ; uttarapubbassam; ultara- 
pubbassâ. 

De même pour [les thèmes pronominaux qui t'ont 
partie d'un] composé bahuvrîhi. Ex. Piyapubbânam 
(et non °pubbesam], de piyapubbo : qui aime le 
passé. 

' Cd S° nannam. 

^ Cd dvanvatthe nannam. 

•' Cd pubbâca aparâ ca. 

* Cd pubbâ ca uttarâ ca. 

^ S° n'a pas la décomposition des trois exemples. 

* Cd S*^ nâiinam. 



— 86 — 

Ce passage est assez instructif relativement à la composi- 
tion tant des sûtras que des gloses. Il est modelé sur un pas- 
sage correspondant de la grammaire Kâtantra qui donne 
(fol. i3) successivement les règles : Jas sarvva i, correspon- 
dant à noti'e s. k\ — Alpâder va (Pân. I, i, 33), qui n'est 
point représentée ici; — Dvandvasthâcca , à laquelle corres- 
pond le s. 5 avec le seul changement de ca en va nécessité 
par l'omission du sûtra précédent; — Nânyat sârvvanâmikam 
(s. 6); — Tritîyâsamâse ca (Pân. I, i, 3o) que n'a point re- 
prise notre grammairien , qui s'est contenté de transporter au 
sûtra suivant : Bahuvrîhau la particule ca : «bahubbîhimhi 
ca;» et c'est à celte particule que le glossateur veut main- 
tenant attribuer le rôle de suppléer la règle Kâtantra qui 
vient immédiatement à la suite : Diçâih va (Pân. 1, i, 28) 
que l'auteur ne peut cependant avoir omise qu'à bon escient. 

H^ ^ HHT^ Il t II 

Sabbato sabbanâmato namvacanassa sam sânaiîi iccete 
âdesâhonti. Sabbesam ; sabbesânaiîi ; sabbâsam ; sabbâsânam ; 
yesam ; yesânam ; yâsam ; yàsânam ; tesam ; tesânam ; tâsam ; 
tâsânaiîi; kesam; kesânam; kâsam; kâsânam; imesam; ime- 
sânam ; imâsam ; imâsânam ; amûsam ; amûsânam. 

Nanti kimaltham ? Sabbassa ; yassa ; tassa. Evam sabbattha. 

Après les thèmes pronominaux, le génitif plu- 
riel se fait en sam, sânam. Ex. Sabbesam ou sab- 
besânam : de tous; sabbâsam ou sabbâsânam : de 
toutes. 

ïï^^ ïïl H,H%H, ^ Il ^ Il 

Sabbassa râjasaddassa ràju âdeso hoti su nam hi iccetesu. 
Rajûsu; râjûnam; râjûbi: râjûbbi. 
Sunamhisûti kimattham? Râjâ. 



— 87 — 

Casaddaggahanam avadhâranattham ? Râjesu ; râjànam ; 
ràjelli ; râjebhi. 

Raja se change aussi en râju devant [les dési- 
nences] sa, nain, hi [du locatif, du génitif et de 
l'instrumentai pluriel]. Ex. Râjûsu : chez les rois. 

11 est difficile de croire que celte règle soit bien ici à sa 
vraie place, séparée des aulres règles relatives au thème raja 
et interrompant une série de règles relatives au pronom. 
C'est aussi ce qui explique l'absence d'un mot marquant que 
l'application en est facultative; le «ca» servait sans doute à 
relier celte règle à une autre précédente où « va » devait être 
exprimé. 



H-^felH^ ^ Mil© Il 



Sabbassa imasaddassa ekâro hoti va sunamhi iccetesu. Esu ; 
imesu ; esam; imesam; ehi; imebi. 

Imasseti kimaltham? Etesu; etesam; etehi. 

Le thème ima peut à volonté se changer tout 
entier en e [devant les mêmes désinences], Ex. PjSU 
ou imesu : dans ceux-ci. 

^rfïTf^ ?nfi^ =^ Il 11 II 

Imasaddassa sabbasseva ana imi àdesâ honti nâmhi vibhat- 
limhi. Anena dbammadânena sukhitâ honti sa pajâ; iminà 
buddhapùjena patvâna amatam padaiîi. 

Nàmhîli kimaltham ? Imesu ; imesam ; imehi. 

Caggahanam vàgahananivattanaltham ^. 

Devant la désinence de l'instrumental singulier, 

' Cd sabassimase va. 
' S" n'a pas cette ligne. 



le thème ima se change en ana ou en imi. Ex. 
Anena [ou iminâ] dhammadânena sukhitâ honti sa 
pajâ : ces créatures sont comblées de joie par cet en- 
seignement de la loi. 

=MHUHchHJl4 THfï^ Il t*^ Il 

Imasaddassa sabbasseva anapumsakassa avam âdeso holi 
simhi vibhaltimhi. Ayaiîi puriso ; ayam itthî. 
Anapumsakasseti kimaUham? Idam cillam. 
Simhîti kimatlham? Imam purisam passasi. 

[Ima fait] ayam au nominatif singulier du mascu- 
lin et du féminin. Ex. Ayam puriso : cet homme. 

^rg^ ^ H in^ n 

Amusaddassa anapumsakassa makâro sakàram âpajjate va 
simhi vibhattimhi. Asu râjâ; amuko râjâ; asu illhî; amukà 
illhî. 

Anapumsakasseti kimattham? Adum puppham virocali. 

Amusseti kimattham ? Ayam puriso. 

Simhîti kimattham? Amum purisam passasi. 

Amu change son m en 5 au nominatif singulier 
du masculin et du féminin. Ex. Amuko râjâ : ce 
roi. 

Le scholiaste est obligé de corriger le texte en ajoutant 
une limitation qui n'est nulle part exprimée. 

• "^mB rfr II n ii 

Etata iccelesam anapumsakânam lakâro sakâram âpajjate 
simhi vibhattimhi. Eso puriso; esâ ittbî; so puriso; sa itthî, 
Elesviti kimattham? Ifaro puriso; itarâ illhî. 



— 89 — 

Anapunisakasseti kimallham? Elam cittam; tam ciltam : 
etam rùpam; taiïi rûpam. 

Eta, ta [changent] leur ^ [en 5 au nominatif sin- 
gulier du masculin et du féminin]. Ex. Eso puriso : 
cet homme ; sa itthî : cette femme. 

rTÇ^ ^ =7tT ^f^ Il 1M li 

Tassa sabbanâmassa takârassa naltam hoti va ^ sabbattha 
lingesu. Nâya; tâya; nam; tam; ne; te; nesu; tesu; namhi; 
tambi; nâhi; làbi. 

Ta peut toujours se changer à volonté en na. 
Ex.. Nâya ou tâya, etc. 

^HiWH^IHri II \i II 

Tassa sabbanâmassa takârassa sabbasseva atlam hoti va 
sa smâ smim sain sa iccetesu sabbatlha lingesu. Assa; tassa; 
asmâ; tasaaâ; asmirîi; tasmim; assam; tassam; assâ, tassa. 

Takârasseli kimattham? Amiissam; amussâ. 

Etesviti kimattbam ? Tesu; nesu. 

[Tl peut se changer] en a devant les désinences 
sa, smâ, smim, sain, sa [du génitif, ablatif, locatif 
masculin et neutre, locatif et génitif féminin du 
singulier]. Ex. Assa ou tassa: de celuiTci. 

i^^^m "^ Il \^ Il 

Imasaddassa sabbasseva attam hoti va sasmàsmimsamsâ 
iccetesu sabbattha lingesu. Assa; imassa; asmâ; imasmâ; 
asmim; imasmim; assam; imissam ^; assâ; iniissâ. 

^ Cd n'a pas : va. 

' Cd S° imassarîi, mais cf. Il, 1,12. 



— 90 — 

Imasaddasseli kimaltham? Etissaiîi; elissà. 
Casaddaggahanam attaiîi anukaddhaiiallhaiu ' ? 

[Aux mêmes cas], ima [se peut] aussi [à volonté 
changer en a]. Ex. Assa ou imassa, etc. 



Hfrft ^ Il \t II 



Sabbato sabbanâmato kakârâgamo hoti va. Sabbako; yako; 
sako; amuko; asiiko. 

Vâti kimatlham? Sabbo; yo; so; ko. 

Sabbanâmatoti kimattham? Puriso. 

Punasabbaloggahanena annasmâpi kakârâgamo holi. Hi- 
nako; potako. 

Aux thèmes pronominaux [on peut à volonté 
affixer la syllabe additionnelle] ha. Ex. Sabbako : 
tout; yako : qui. 

^«Trft f^mr^ HHT intf II 

Sabbato sabbanâmato gbapasannàto hmim sa^ iccelesaiîi 
sam sa âdesâ honti va yathâsankhyam, Sabbassam; sabbâ- 
yam; sabbassâ; sabbâya; imissam; imâyam; imissâ; imâya; 
amussam; amuyam; amussâ, amuyâ. 

Sabbanâmatoti kimattham? Itthiyam; ittbiyâ. 

Smimsânam iti kimattham? Amuyo. 

Les féminins en d, ï, û [des thèmes pronomi- 
naux] peuvent à volonté prendre les désinences 
sain , sa au locatif et au génitif du singulier. Ex. 
Sabbassam ou sabbâyam : dans toute; imissâ ou 
imâya : de celle-ci. 

' S" n'a pas cette ligne. 
* Sa manque dans Cd. 



— 91 — 

^TrFT^f?^ M\Mi\\ IRo II 

Etâhi sabbanàmâhi ghapasannâto smiihvacanassa neva âya 
yâ âdesâ honti. Etissam; etàyam; imissam; imâyam; amus- 
sam; amuyam. 

Sminti kimatlhain? Tâya itthiyâ mukham. 

Etâhiti kimatlham ? Kaiinâya ; gangâya; vînâya; saddhâya. 

Ils ne prennent pas au locatif singulier les dési- 
nences âya ni yâ. Ex. Etissam ou etâyam : dans 
celle-ci, mais non : elâya. 

Ce aùtra est destiné à restreindre l'application des règles II, 
1 , 60 et 6 1 qui autorisent à tous les cas obliques du singu- 
lier des féminins les désinences âya pour les thèmes en a 
et ja pour* les thèmes en î, û. 

nHliiu^ul^di fFRTït ^ î^rr IR1 ir 

Tasmà manoganâdito ^ smimnâ iccelesam ikâraâkârâdesà 
honti va yatliâsankhyam. Manasi; manasmim; sirasi; siras- 
miiîi; manasâ; manena^; vacasà; vacena; sirasà; sirena; ta- 
pasâ; tapena; vayasà; vayena; yasasâ; yasena; tejasâ; tejena; 
urasà ; urena ; tamasâ ; tamena. 

Smimnànam ili kimattham? Mano; siro; tapo; tamo; 

Adiggahanena aiïiïehîpi smimnànam ikâraâkârâdesà honti. 
Biiasi; bilasâ; padasi; padasâ. 

Après les thèmes du gana mano-âdi, etc. on 

^ Depuis ce sûtra jusqu'à H, 4, 1 1, il n'a pu être fait usage de 
Cd dont trois feuilles sont endommagées et illisibles; c'est donc sur 
S° seul qu'a été constitué le texte. 

^ S° manodiganâdito. 

* S° vanena. 



— 92 — 
substitue i, â aux désinences smim, nâ [du locatif 
et de l'instrumental singulier]. Ex. Manasi : dans 
l'esprit; manasâ : par l'esprit. 

Ici, comme souvent, la règle n'est que facultative, malgré 
son apparence et sa forme absolue. Cf. p. ex. s. i3, s. 26. 

H^ '^ Il ^"^ Il 

Tasmâ manoganâdilo sassa ca okâro hoti. Manaso; ta- 
paso. 

Et à la désinence sa [ du génitif singulier ]. 
Ex. Manaso : de l'esprit. 

T!TO Wï Htq- Il "R^ Il 

Etesam manoganâdînam anlo ottam âpajjate vibhattilope 
kate. Manomayam; ayomayam; tejosamena; tapogunena; si- 
roruho, 

Adiggahanena annesam anlo ottam âpajjate. Aposamena; 
vâyosamena. 

Lopeti kimaltham ? Padasà ; tapasâ ; yasasâ ; vaca&à ; ma- 
nasâ. Evam annepi yojetabbâ \ 

Les thèmes [du gana manoâdi, etc.] prennent 
[final] quand ils sont dépourvus de toute désinence. 
Ex. Ayomayam : fait de fer. 

H ^ ^rrmt II '^.% Il 

Eteheva manoganâdîhi vibhatlâdese sare pare sakârâgamo 
hoti va. Manasâ ; vacasâ ; manasi ; vacasi. 

' S'yojjetabbâ. 



— 93 — 

Vâti kimalllicun? Madena; tejena; yasena. 
Sareti kimattham? Mano; tejo; yaso. 
Punâdiggahanena annasmim pi sare paccaye sakârâgamo 
hoti. Mânasikam; vâcasikam. 

Ils prennent dans certains cas un s additionnel 
devant la voyelle [initiale d'un suffixe]. Ex. Ma- 
na-s-â; mana-s-i. 

Le schoiiaste s'exprime mal en ajoutant « vibhattâdese » 
et en maintenant cependant le va. En effet, il n'est pas exact 
de dire que l'insertion prescrite soit facultative devant les 
voyelles â, i substituées aux désinences ordinaires. Employant 
« va 1) une (ois de plus dans le sens de « dans certains cas 
précis (où alors la règle n'a rien de facultatif) », le sùtra dit 
simplement que , devant une voyelle initiale de certains suf- 
fixes casuels et autres (parmi lesquels â, i substitués à nâ, 
smuh), les thèmes en question insèrent régulièrement un s. 
Le schoiiaste eût donc dû supprimer dans sa paraphrase ou 
«vân ou «vibhattâdese)), ou plutôt il eût dû supprimer vi- 
bhattâdese, qui a le tort d'exclure certains suffixes qu'à la 
fin le commentaire est bien obligé de faire rentrer dans celte 
règle. 

R=rïH^^ Ht ÎT ^ =^ IRM II 

Sabbasseva santasaddassa sakâràdeso hoti bhakâre pare 
ante ca bakârâgamo hoti. Sabbhir eva samâsetha; sabbhi 
kubbetha' nâsabbhi; sabbhi pavedayanti; sabbhato; sab- 
bhâvo. 

Bheti kimattham? Santehi pûjito bhagavâ. 

Casaddaggahanam kvaci sakârassara pasiddhattham. Sak- 
kâro; sakkato. 

Le mot santa devant bh devient sa, et [s'aug- 

' S' kabbelha. 



— 94 — 

mente] à ia fin [d'un] b [additionnel]. Ex. Sab- 
bhir eva samâsetha : ne fréquentez que les gens ver- 
tueux. 

Simhi gacchantâdînam antasaddo^ am âpajjate va. Gac- 
cham ; gacchanto ; mahani ; mahanlo ; caram ; caranio ; tiltham; 
titlhanto; khâdani; khâdanto. 

Gacchantâdinam iti kimattliam? Anto; danto ; vanto; 
santo. 

Au nominatif singulier, les thèmes gacchanta , etc. 
changent anto en am. Ex. Gaccham : marchant ; 
maham : grand. 

Cette règle encore n'est que facultative, bien que l'auteur 
ne l'indique pas expressément. (Cf. s. 21, etc.) Nous avons 
visiblement affaire à une colleclion d'observations gramma- 
ticales bien plus qu'à une grammaire méthodique, où 
chaque mot serait pesé et les limites naturelles de chaque 
règle seraient nettement définies. 

HHg^^MR^ Il 

Gacchantâdinam antasaddo* ntuppaccayova datthabbo se- 
sesu vibhattipaccayesu. Gacchato; mahato; gacchati; mahati; 
gacchatà; mahatâ. 

Sesesviti kimattliam ? Gaccham ; maham ; khâdam. 

A tous les autres cas [ces thèmes sont traités] 
comme [les mots terminés par] le suffixe nta. 
Ex. Gacchato, gén. sing. comme gunavato, etc. 

^ et ' S" gacchantâdinantasaddo. 

' S°ntava. 

* S' gacchantâdinantasaddo. 



— 95 — 



^t^*lTiHM<lîllf2^rn- ^ ^^TFf II "^C II 

Brahma atta sakha râja iccevamâdito amvacanassa ânam 
âdeso hoti va. Brahmânam; brahmam; attânam; atlaih; sa- 
khânam; sakham; ràjânam; râjam. 

Ani iti kimatlham? Râjâ. 



Après les thèmes brahma, atta, sakha, râja, etc. 
l'accusatif singulier se fait en ânam. Ex. Brahmâ- 
nam : un brahmane. 

La remarque du s. 26 s'applique également à celte règle. 

^îTT ^ mif II 

Brahma atta sakha râja iccevamâdîhi |sivacanassa â hoti. 
Brahma; attâ; sakhâ; râjâ; âtumâ. 

Et le nominatif singulier en d. Ex. Brahma : un 
brahmane. 

sfN" ^TTt II lo II 

Brahma atta sakha râja iccevamâdihi yonain âno âdeso 
hoti. Brahmâno; attâno; sakhâno; râjâno ; âtumâno. 

Le nominatif et l'accusatif pluriel en âno. Ex. 
Brahmâno : les brahmanes. 

HMIdl "^l^t ^ Il ^^ Il 

Tasmà sakhâto ca yonam âyono âdesâ honti. Sakhâyo; 
sakhino. 

Yonam iti kimattham? Sakhâ. 



— 96 — 
Après sakha le nominatif et l'accusatif pluriel se 
font aussi en âyo et no. Ex. Sakhâyo ou sakhino : 
les amis. 

fer TT II ^^ Il 
Tasmâ sakhâto smimvacanassa ekâro hoti. Sakhe. 

Après sakha , le locatif singulier se fait en e. Ex. Sa- 
klie : dans un ami. 

^^nRTt ' TTO ^ Il ^^ Il 

Tasmâ brahmâto^ gassa ca ekâro hoti. He bcahme. 

Après brahma, on fait aussi le vocatif singulier 
en e. Ex. He brahme! ô brahmane! 

Hï^PrTfer ' HHIH^^ Il ^^ Il 

Tassa sakhântassa ikârâdeso hoii nonânamsa iccetesu. Sa- 
khino; sakhinâ; sakhînam; sakhissa. 
Elesvili kimaltham? Sakhârehi; sakhehi. 

Sakha change sa voyelle finale en i devant les 
désinences no, nâ, nam, sa. Ex. Sakhino : de l'ami. 

^^fï^^ll^M II 

Tassa sakhântassa âro hoti va himhi vibhattimhi. Sakhâ- 
rehi; sakhehi. 

[Il peut] à volonté [la changer] en âra devant la 

^ S" brahmato. C. brahmâto. 
' S° brahmato. 
' S° samkhâ". 



— 97 — 

désinence hi [de l'instrumental pluriel]. Ex. Sa- 
khârchi ou sakhehi : par les amis. 

Tassa sakhântassa âro hoti va sunamam iccetesu. Sakhâ- 
resu; sakhesu; sakhârânam; sakhînam; sakhâram; sakham. 

[Et aussi] à volonté devant les désinences su, 
nam, afh [du locatif et du génitif pluriel et de l'ac- 
cusatif singulier]. Ex. Sakhâresu ou sakhesu : dans 
les amis. 

g(^ I Hl » 5 f^t ^ Il ^3 II 

Tasmâ biahmâto^ smimvacanassa ni âdeso hoti. Brahmani. 
ïusaddaggahanena abrahmâto' pi smimvacanassa ni hoti. 
Rammani; cammani; muddhani*. 

Après brahma le locatif singulier se fait en ni. 
Ex. Brahmani : dans un brahmane. 

^tT H^TTg II ^t II 

Tassa brahmasaddassa anto uttam âpajjate sanâ iccetesu. 
Brahmuno ; brahmunâ. 

Sanâsviti kimatthani? Brahmâ. 

Utiam iti bhâvaniddesena katlliaci abhâvam dasseli'. Brah- 
massa. 

Brahma change sa voyelle finale en a devant les 

' S" brahmato. C. brahmâto. 
^ et ^ S° brahmato. 
^ S° muddani. 
'■" S" dassesi. 

J. As. Extrait u° i. (1871.) n 



— 98 — 

désinences du génitif et de l'instrumental du singu- 
lier. Ex. Brahmuno : du brahmane. 

Hc^ImHI^H ^ f^rfi^T fHHïïft ^ ' Il 3tf II 

Satthupitu iccevamâdînam anto âttam âpajjate sismim 
silopo ca*. Satthâ; pitâ; mâtâ; bhâlâ; kaltâ. 

Sismim ti kimattham ? Satthussa ; pitussa ; bhâtussa ; kat- 
H tussa ^ 

Les thèmes satthu, pitu, etc. prennent d au no- 
minatif singulier et perdent toute désinence. Ex. 
Satthâ : le maître. 

*I^HI<Ti II %o II 

Satlhupitâdînam anto sivacanato annesu vacanesu ârattam 
âpajjate. Sallhâram; pitaram; mâtaram ; bhâtaram; satthâ- 
rehi; pitarehi; mâtarehi; bhâtarehi. 

Annesviti kimattham? Satthâ; pità; mâtâ; bhâlâ. 

Arattaggahanena kalthaci niyamam'' dasseti. Satthussa; 
pitussa; mâtussa; bhâtussa. 

Aux autres cas ils changent leur finale en âra. 
Ex. Satthâram : le maître; pitarehi : par les pères. 

^ï^f^lUIII 

Salthupitâdînam anto ârattam âpajjate namhi vibhattimhi 
va. Salthârânam; pilarânam; mâtarânam; bhâtarânam. 

Vâli kimattham? Satlhûnam^ pitûnam ; mâtûnam; bhâ- 
tûnam. 

' S* satthapitâdinam âsismi lopo ca. C. comme le texte. 

* S" sulopo ca. 
' S" katussa. 

* S* ° ci aniyamam. 

* S° sattbânam. Mais le voisinage des formes suivantes rend la 
correction évidemment nécessaire. 



— 99 — 
Ce changement est facultatif au génitif pluriel. 
Ex. Satthârânam ou sattiiûnam : des maîtres. 

II me parait plus que douteux que ce sûtra ait été ajouté 
par l'auteur en vue de ces formes « satthùnam, » etc. que le 
commentateur rapproche ici des formes facultatives « satthâ- 
rânam,» etc.; car s'il avait eu celte intention, ce n'est pas 
pour le génitif pluriel seulement qu'il eût enseigné la non- 
obligation d'un second thème en ara (ara) , mais aussi pour 
le géuitif singulier (en no ou 55a) et les autres cas qui se 
peuvent encore dériver du thème en u : satlhussa, etc. L'au- 
teur ne le faisant pas, il est clair que l'autre forme de génitif 
pluriel à laquelle il fait allusion est la forme en ânani auto- 
risée par le sûtra suivant. La suite des règles 4o, Ai, ^2 est 
donc : aux cas autres que le nominatif singulier, satthu, etc. 
forment un nouveau thème en âra [ara), excepté pourtant 
au génitif pluriel , qui peut aussi faire a satthânam», etc. 

H^TTtî^^ ' Il ^^ Il 

Tassa satthusaddassa âttaiîi hoti va namhi vibhattimhi. 
Satthânam; pitânam; mâtânam ; bhâtânain ; dhitânam; kat- 
tânam. 

Vâti kimattham? Satthârânam; pitûnam; mâtûnam; dhi- 
tûnam. 

Sattha peut aussi, au génitif pluriel, prendre 
a devant la désinence nam. Ex. Satthânam : des 
maîtres. 

Le scholiaste prend « satthu » comme représentant tous les 
thèmes du gana satthupitâdi ; mais alors on ne voit pas dans 
quel but l'auteur du sûtra a répété satthu, répétition qui pa- 

' S* Satthunâtanca. 



— 100 — 

raîlrait plutôt destinée à restreindre à ce seul mot l'applica- 
tion du sûtra. D'autre part la règle suivante semble bien s'ap- 
pliquer à tous les tbèmes du gana, sans qu'elle contienne une 
spécification nouvelle du gana tout entier, ce qui régulière- 
ment serait nécessaire , si satthuno avait ici un sens restrictif. 

3 efF^ ^HIM1 =^ Il ^3 II 

Satthupitu iccevamâdînam antassa utlam hoti va sasraiih 
salopo ca. Sattbu, satthussa, satthuno dîyate pariggaho va; 
pitu , pitussa ; pituno dîyate pariggaho va ; bbâtu , bhâtussa ; 
bhâtuno dîyate parriggaho va. 

[Les thèmes sattha, etc. peuvent à volonté pren- 
dre] « au génitif singulier, en éliminant toute dési- 
nence. Ex. Satthu dîyate : on donne au maître. 

H^H-MIdli^H-^MI n II 

Sakkamandhâtu * iccevamâdînam uttam hoti ^ sasmim sa- 
lopo ca. Sakkamandhâtu* iva assa ràjino vibhavo; evam : 
kattu-, gantu; dhâtu iccevamâdi. 

Les thèmes sakkamandhâtu, etc. [forment le gé- 
nitif] de même. Ex. Sakkamandhâtu iva assa 
râjino vibhavo : la puissance de ce roi est égale à 
celle de Sakkamandhâtri. 

rTcft ^TFT ^ 5 lUM II 

Tato ârâdesato sabbesam yonam okârâdeso hoti. Satthâro ; 
pilaro ; mâtaro ; bhâtaro ; kattâro ^ ; vattâro. 

' , *, * S" "manda". 

^ S" uttam âpajjatc, qui ne se peut construire avec le génitil 
° âdînam. 
» S° Kattaro. 



— 101 — 

Tusaddaggahanena annasniâpi yonam okârâdeso hoti. Ca- 
turo janitâro'; ubho purisâ. 

Mais après cette addition [de âra aux thèmes 
satthu, pitu, etc.] o [sert de désinence] pour le no- 
minatif et l'accusatif du pluriel. Ex. Satthâro : les 
maîtres; pilaro : les pères. 

rTrît fiït 5; lUé II 

Tato ârâdesato smimvacanassa ikârâdeso holi. Satthari; 
pilari; mâtari; bhâtari ; kattari; dhitari; vattari*. 

Punatatogahanena annasmâpi smimvacanassa ikârâdeso 
hoti. Bhuvi. 

Après celte addition [de âra aux thèmes sattha, 
pita, etc.] i [sert de désinence] pour le locatif sin- 
gulier. Ex. Satthari : dans le maît;re; pitari : dans 
le père. 

Je ne vois rien qui explique ni justifie la répétition de 
« tato » dans cette règle (étant donnés la suite et l'état actuel 
dessûtras) ; peut-être n'est-elle que le résultat d'une faute de 
copiste, ancienne assurément, puisque le scholiaste essaye 
une explication telle quelle, et qu'on la retrouve dans la 
Rûpasiddhi. 

^ ^ lU^ Il 

Tato ârâdesato nâvacanassa âkârâdeso hoti. Satthârâ; pi- 
tarâ; mâtarâ; bhâtarâ; dhitarâ, kattarâ; vattarâ. 

[Et] d pour l'instrumental singulier. Ex. Sat- 
thârâ : par le maître; pitarâ : par le père. 

* S° janâtâro. 

"^ S' ajoute une seconde fois kattari. 



-- 102 — 

Arâdeso rassam âpajjate ikâre pare. Sallhari; pitari; nià- 
lari ; bhâtari ; dhitari. 

[L'additionnel] âra est bref devant i [du locatif 
singulier]. Ex. Satthari; pitari. 

fqrrTT^ ^M^ ' Il ^^ Il 

Pilâdînam ârâdeso rassam âpajjate asiirihi ça. Pitarâ: mâ- 
tarâ, bbâiarà; dhitarâ; pitaro; mâtaro; bhàtaro; dhitaro. 

Asimhiggabanam lomhi ikâràdesasannâpanallham. Mâtito; 
pililo; bhâtilo; duhili»o 

[L'additionnel] âra des thèmes pitu, etc. [est bref 
à tous les cas] excepté au nominatif singulier. 
Ex. Pitarâ, etc. 

Asimhi est, pour ie moins, inutile, étant donnée la forme 
sous laquelle est enseigné ïâ long du nominatif singulier 
(S.39).- 

Tayâ tayi, iccelesam takâro tvaltaiïi âpajjate va. Tvayâ; tayâ 
tvayi; tayi. 

Etesanti kimattham? Tuvaiïi; tvam. 

Le t de tayâ , tayi peut à volonté se changer en tv. 
Ex. Tvayâ ou tayâ : par toi. 

ITI NÂMAKAPPE'TATIYO KANDG. 

1 8° âsimhi. 



— 103 — 
Mri'di fl^fFT^^^' in II 

Tassa altano anto* anattaiîi âpajjate hismim vibhaltimhi. 
Altanehi; altanebhi. 

Attantoti kimattham ? Gajjehi ; gajjebhi. 

Hismintî'kimattham? Attanâ. 

Anattam iti bhàvaniddesena attasaddassa sakârâdeso holi 
sabbâsu vibhattîsu. Sako; sakâ; sake. 

L'a final du thème atta se change en ana devant 
la désinence de l'instrumental pluriel. Ex. At- 
tanehi. 

rîrfr fFT f37 mil 

Talo atlato smimvacanassa ni hoti. AUani. 
Tatoggahanam avadhâranalthaiîi. Sake petavisaye. 

Après ce thème atta, la désinence pour le locatif 
singulier est ni. Ex. Atlani : en soi-même. 

H^îfr imi 

, Tato attato ^ sassa vibhatlissa no hoti. Attano. 

[Et] pour le génitif singulier, no. Ex. Attano : de 
soi-même. 

FH ^11 ^ Il 

Tato altasaddato smâvacanassa nâ hoti. Attanâ. 
Punatatogahanena * tassa attano takârassa rakâro hoti sab- 
besu vacanesu. Atrajo; atrajam. 

' S* "hismim mànattam. 

* S" attano iliârassa anto. 
^ S" attano. 

* S° Punaggahanena. 



— 104 — 

Pour l'ablatif singulier, nâ. Ex. Attanâ : par soi- 
même. 

<ïï?nTr^llM II 

Jhala iccetehi smâvacanassa nâ hoti. Agginâ ; pâninâ ; dan- 
dina; bhikkhunâ; sayambhunâ. 

Smâti kimatthani ? Aggayo ; munayo ; isayo. 

[Nâ sert] de même [de désinence à l'ablatif sin- 
gulier,] après les thèmes masculins en i, i, u, û. 
Ex. Pâninâ : de la main. 

'snTrfrfFt^T^iiiii 

Tasnià ghapalo smimvacanassa yam hoti va. Kannâyain : 
kannâya ; gangâyam ; gangâya ; rattiyam ; rattiyâ ; itthiyam ; 
itthiyâ; vadhuyam; vadhuyâ; yâguyam; yâguyà. 

Yam peut à volonté s'employer comme désinence 
du locatif singulier, après les thèmes féminins en d , 
i, u. 

Ce sûtra est complètement superflu , au moins en ce qui 
concerne les thèmes en i, i pour lesquels la forme de locatif" 
en jam (à côté de yâ) est expressément enseignée par le sûtra 
II, 1, 17 combiné avec les sûtras II, i, 19 et 20. 

sft^ ^ ?î^e^ Il 9 II 

Sabbesam yonam ni hoti va napumsakehi lingehi. Atthîni; 
atthî; âyûni, âyû. Evam dutiyâyam. 
Napuihsakehîti kimattham ? Itthiyo. 

Les [thèmes] neutres forment [à volonté] en ni 



— 105 — 

leur nominatif el leur accusatif pluriel. Ex. Atthîni 
ou atthî : les os. 

wft f^rm II d II 

Akârantehi napumsakalingehi yonam nicceim ni holi. Yâni ; 
yâni; lâni; lâni; kâni; kâni; bhayâni; bhayâui; rùpâni; rû- 
pâni. 

Les thèmes [neutres] en a [les forment] toujours 
[ainsi]. Ex. Yâni (el non : yâ): quae; rùpâni (et 
non : rûpâ) : les formes. 

Nous avons ici une conlradiclion directe avec la règle II, 
1,56. 

fHiirf II 

Akâranlelii napumsakalingehi sivacanassa am holi niccaih. 
Sabbam ; yam ; kaiîi ; tain ; cittaih ; rûpam. 

[Les thèmes neutres en a forment] le nominatif 
singulier en [a]fh. Ex. Sabbam: tout; cittam : l'es- 
prit. 

èïïrft cïftTt TT^tT II \o H 

Talc nidditthehi sesalo gasi iccete lopaniâpajjanle'. Bholi 
itthi; sa itthî; bho dandi; so dandi; bho saltha; so satthâ; 
bho râja; so râjâ. 

Sesaloti kimattham? Puriso gacchati. 

Gasipîti kimatthaiîi ? Itthiyâ; satthussa. 

Après tous les autres thèmes (autres que ceux 
pour qui il a été donné des règles précédemment], 

' S" âpajjate. 



— 106 — 
le nominatif et le vocatif singulier éliminent toute 
désinence. Ex. Sa itthî : cette femme; bhoti itlhi : 
ô femme! 

Je n'ai pas rendu «pi» dont la portée m'échappe. L'ex- 
plication qu'en donne la Rùpasiddhi (fol. 12') ne me le rend 
pas plus clair : « Apiggahanam dutiyatthasampindanatlhain. » 

HfTH ^H I^^MH^ilfHMIH lgrf^ =^ Il \\ Il 

Sabbâsam vibhattînam ekavacanâuam bahuvacanânaiîi 
pathamâdutiyâtatiyâcatutthîpancamîchatthîsatlamînam lopo 
hoti âvusoupasagganipâta iccevamâdîhi. Tvaiîi panâvuso; 
tumhe panâvuso; padaso dhammam vâceyya; vihâram sve 
upagacchissati*. Pa para ni nî u du saiîi vi ava anu pari adhi 
abhi pati su â ati api apa upa : pahâro; parâbhavo; nihâro; 
nîhâro; uhâro; duhâro; samhâro; vihâro; avahâro, anuhâro; 
parihâro; adhihâro; abhihâro; patihâro; suhâro; âhâro; ali- 
hâro ; apihâro ; apahâro ; upahâro — evam vîsali upasaggehi 
ca ; — yathâ lalhâ khalu kho yatra tatra atho atha hi tu ca 
va ve * ham aham evam ho aho he ahe re are — evamâdîhi 
nipâtehi ca yojetabbam *. 

Le mot âvmo, les prépositions, les conjonc- 
tions, etc. éliminent aussi toute désinence casuelle. 
Ex. Tvam panâvuso : mais toi, ô ami; pahâro (de 
pa-hâra) : coup; yathâ : comme. 

' S° upagacchisati. 

* S'vo. 

' S'^ yojettabbâ. Ici s'arrête la lacune de Cd. 



— 107 — 

Puma iccelassa ' anto lopaiîi âpajjate lingâdîsu parapadesu 
samâsesu. Pullingam; pumbhâvo; punkokilo*. 

Pumasseti kimatthani? Itlhîlingam ; napumsakalingam. 
Lingâdîsûti kimattham ? Pumitthî. 
Samâsesùti kimattham? Pumassa lingam. 

Pâma [perd sa voyelle finale], en composition 
devant les mots linga, etc. Ex. Pullingam : le genre 
masculin. 

W 2t t5Tt MH^MI ' Il 1^ Il 

Amvacanassa yam hoti va îto pasannâto. Ilthiyam; illhiiu. 
Pasannâlo li kimatthani? Dandinam; bhoginam *. 
Am iti kimattham? Itthîhi. 

Les thèmes féminins en i font l'accusatif singulier 
en yam. Ex. Itthiyam : la femme. 

^ mi =hd<Mji ^ in^ii 

Tasmâ jhato katarassâ amvacanassa nam hoti. Dandinain ; 
bhoginam. 

Jhatoli kimatthaiîi ? Vessabhum. 
Katarassâli kimattham ? Kucchim. 

Les masculins en i le font en nam en prenant i 
bref [devant cette désinence]. Ex. Dandinam (accus. 

* Cd iccevatassa. 

^ Cd'padesu. Pullingam ; pubbhâvo. 
' Cd ° yam îtâ pa°. 

* Cd dandinam ; bhoginam. 
> Cd S" na jhato ". 



— 108 — 

de dandî) : qui porte un bâton ; mais : kucchim ( accus, 
de kucchi) : ventre. 

^TFTRt IHM II 

Sabbesam yonam jhato katarassâ no holi. Dandino, bho- 
gino; he dandino; he bhogino. 

Katarassâti kimattham ? Aggayo ; munayo ; isayo. 
Jhatotikimattham ? Sayambbuvo. 
Yonanti kimattham ? Dandina ; bhoginâ. 

[Ils font] le nominatif et l'accusatif pluriel en no, 
[en prenant i bref devant cette désinence]. Ex. Dan- 
dino : qui portent un bâton; mais : aggayo (de aggi) : 
les feux. 

ftït^ni lin 

Tasmâ jhato katarassâ smimvacanassa ni hoti. Dandini; 
bhogini. 

Katarassâti kimattham ? Byâdhimhi. 

[lis font] le locatif singulier en ni [en prenant 
i bref devant cette désinence]. Ex. Bhogini : dans 
le serpent. 

t^^ ^ % ^ 1113 II 

Rim iccelassa ko holi vappaccaye pare. Kva gatosi devâ- 
nampiyatissa ? 

Casaddaggahanena avappaccaye pare pi ko hoti. Rathaiîi 
bodhesi tvam dhammam ? 

Veti kimattham? Kuto âgatosi tvïuh. 

Kim se change en k devant le suffixe va. Ex. Kva 
gatosi devânampiyatissa : où es-tu ailé, Devânam- 
piyatissa? 



— 109 — 

Kim iccetassa ku hoti himham iccelesu. Kuhim gacchasi; 
kuham gacchasi. 

Casaddaggahanena hincanam dâcanam paccayesu ku hoti. 
Ruhincanam; kudâcanam *. 

Et aussi en ka devant les suffixes him, ham. Ex. 
Kuhim gacchasi : où vas-tu? 

Malgré le silence du scholiaste, cette règle entend évi- 
demment autoriser les formes comme kaham (cf. par exemple 
Dhammap. 212, 1 5 et passim.). 

^m '^ H tif II 

-5 

Kim iccetassa ko hoti sesesu vibhaltippaccayesu paresu. 
Ko pakâro, kathaiîi; kaiîi pakâram , katham, 
Casaddaggahanam kakârânukaddhanattham *. 

Et [en ka] devant tous les autres [suffixes]. 
Ex. Kafham : comment. 

Régulièrement c'est ku et non ka que nous devrions sup- 
pléer dans le sùtra; malgré les libertés et les irrégularités fré- 
quentes que nous avons eu déjà l'occasion de constater dans 
la construction et la succession des sûlras, il est difficile de 
ne pas croire, surtout en comparant la règle suivante, qu'il 
y ait ici une transposition accidentelle des sûtras 18 et 19 
dont la simple interversion évite tonte difficulté. 

Wrnwg =^ Il "î^o II 

Kim iccetasaa ku hoti trathotha iccetesu. Kutra;kuto; 
kuttha. 

' S" " hanenâti kimatthum ? Annatopi ku hoti. Kiihincanam. 
- Glose omise par S". 



— 110 — 
Casaddaggahanam kimsaddânukaddhanalthani '. 

Et [en ku] devant les suffixes ira, to, tha. Ex. Ku- 
tra ; où; kuto : d'où. 

Hf^^rHE^RÎT^ ^ Il "^l II 

Sabbassa etasaddassa akâro hoti va totba iccetesu. Ato, 
altha; elto; ettha. 

Eta peut à volonté se substituer a devant les suf- 
fixes io , tha. Ex. Ato : de là; ettha : là. 

^ ^f^ Il T^-;^ Il 

Sabbassa etasaddassa akâro holi niccam trappaccaye pare. 
A Ira. 

Devant tra [celte substitution a] toujours [lieu]. 
Ex. Atra : ici. 

TT rflà^ ^ Il ^^ Il 

Sabbasseva etasaddassa ekâro boti va tolba iccetesu. Ello; 
ato*; etlba ; attba. 

[Eta peut] à volonté [se réduire à] e devant les 
suffixes to, tha. Exemple: Etto (ou: ato) : de là; ettha 
{ou : attha) : là. 

^ïTfer ^<{^[fH^di^ =^ Il n II 

Sabbasseva imasaddassa ikâro boti tthamdânibatodba ic- 
cetesu. htbam; idàni; iha; ito; idha. 

' Glose omise par S'. 
' Cd aklio. 



— m — 

Casaddaggahanam avadliâranatlham. 

Et ima se change en «devant les suffixes ttham, 
dâni, ha, to, dha. Ex. Ittham : ainsi; idâni : main- 
tenant. 



^ f^TTfï^'^mM II 

Sabbasseva imasaddassa akâro hoti dhiinâ iccetamhi. A- 
dhunâ. 

Casaddaggahanam avadhâranattham '. 

Et en a devant dhunâ. Ex. Adhunâ : maintenant. 

Sabbasseva imasaddassa elâdeso hoti rahimhi paccaye 
pare. Etarahi. 

En eta devant rahi. Ex. Etarahi : maintenant. 

^t|^ wr wwm^ Il ^3 II 

Ilthiyam vattaraânâya akâralo àpaccayo hoti. Sabbâ; sa; 
yâ ; kâ ; kafinâ. 

Au féminin, les thèmes en a prennent d long. 
Ex. Sabbâ : toute; sa : celle-ci. 

H^if^di ^ ^ me m 

Nadâdito va anadâdito va itthiyam vattamânàya akârato 

' Glose omise par S°. 
* Cd ramlii. 



— 112 — 

îpaccayo hoti. Nadi; mahi; kumâri; karunî; vârunî; sakhi; 
hatlhî ' ; itthî. 

Les thèmes [en a] du gana nadâdi et autres pren- 
nent i long. Ex. Nadî : le fleuve; mahî : la terre; 
kumârî : la jeune fille. 

Tout en traduisant comme le scholiaste, je ne suis pas 
sans avoir des doutes sur l'exactitude de cette interprétation 
qui suppose, chez l'auteur du sûtra, une façon de s'exprimer 
bien énigmatique. Le sens littéral serait que : les thèmes du 
gana nadâdi peuvent à volonté former leur féminin en i; 
mais dans les thèmes nadî, etc. la forme en î n'est pas seu- 
lement facultative , elle est régulière et obligatoire. On pour- 
rait toutefois penser qu'en ajoutant va l'auteur du sûtra a 
entendu faire allusion à certains cas où cet î deviendrait bref. 
En effet, sans partager complètement l'opinion de M. Storck 
(I, 11; II, 27), que les thèmes féminins en i nominativum 
« sgl. in i brevem longamve formant et promiscue his termi- 
« nationibus utuntur, » on doit reconnaître qu'il règne sur ce 
point dans les manuscrits une grande incertitude; et cette 
circonstance , jointe au caractère douteux et mobile de plu- 
sieurs voyelles finales en pâli, autorise à penser que les 
thèmes féminins mêmes dont l'î paraît le plus stable ont 
bien pu être considérés comme l'abrégeant quelquefois en i. 
Cette explication serait assurément plus simple, plus con- 
forme à la lettre du texte. D'autre part, il faut avouer que 
le gana nadâdi néyinise pas la catégorie des thèmes qui font 
leur féminin en i (cf. Vopadeva, IV, 9), et qu'en fait, au 
moins , le commentateur a raison. Là où il a tort, c'est quand 
ii donne des exemples comme « itthî , hatthî » , le premier 
n'étant point dérivé d'un thème en d, le second étant nomi- 
natif masculin (cf. pourtant Clough, p. Ao) en î. Ii a oublié, 

' Le Bâlâvatâra ayant la même forme, on ne peut songer à lire 
(t hatthinî » . Cf. du reste s. ."^o. 



— 113 — 

en les donnant, que cette rt-gle enseigne la formation de 
thèmes féminins, et non des nominatifs singuliers en i, qui 
sont réglés déjà par le s. i o. 

U^I=<rîH=t>ÏISTU^lTJ^f^ Il "^(f II 

Navanikaneyyanantu iccetehi ilthiyam vattamânehi îpac- 
cayo lîoti. Mânavî; pandavi^; nâvikî; venateyyî; kunteyyî; 
gotamî; gunavatî ; sâmavatî. 

Les suffixes nava, iiika, neyya, nanta [prennent 
de même i au féminin]. Ex. Mânavî : une des- 
cendante de Manu; kunteyyî : une descendante de 
Kuntâ. 

tT^rfvRMj^Ulchl^^fl^ 5^MI \o II 

Patibhikkhurâjîkârantehi * itthiyam vattamânehi * inîpac- 
cayo^'hoti. Gahapatànî; bhikkhunî; râjinî; hatthinî; dan- 
dinî; medhàvini ; tapassinî'. 

Les thèmes pati, bhikkJiu, râja et ceux qui se ter- 
minent [au masculin] en î prennent [au féminin le 
suffixe] ini. Ex. Gahapatânî : la maîtresse de mai- 
son; hatthinî: la femelle de l'éléphant. 

^TjE^rî^^llBA II 

Sabbasseva nluppaccayassa to hoti va îkâre pare. Gunavatî 

^ Cd mânavî pàndavî. 

^ Cd S° "râjikâra". 

••' Cd "ini. 

4 Cd S'= Vâjikâ". 

^ Itthiyam vattamânehi manque dans Cd. 

* Cd inippacayo. 

' L'i final de tous les exemples est bref dans Cd. 

J. As. Extrait n° i. (1871.) 8 



— 114 — 

gunavanlî; kulavatî; kulavanlî; satiuialî; salimanlî; mahati; 
mahanti; gomalî; gomanti ^ 

Le suffixe ntu se change en t devant l'î du fémi- 
nin. Ex.Gunavatî : vertueuse; kulavatî : une femme 
noble. 

Le va du scholiaste n'étant nulle part dans le texte, je n'ai 
pas dû lé traduire. 

VR^ rn^ît II ^^ Il 

Sabbasseva bhavantasaddassa bbolâdeso holi îkâre itthî- 
kate ^ pare. Bhoti ayye; bhoti kanne; bhoti gbarâdiye '. 

Bhavatita se change en bhot devant l'i du fémi- 
nin. Ex. Bhoti kanne : ô jeune fille! 

vfrTT^n^Bii 

Sabbasseva bbavanlasaddassa bho hoti ge pare. Bho pu- 
risa; bho aggi; bho râja; bho sattha; bho dandi ; bho sayam- 
bhu. 

Geli kimatlham? Bhavalâ; bhavaiîi. 

Tusaddaggahanena annasmimpi vacane sabbassa bhavan- 
tasaddassa bhonta bhonte bhonto bholâ bhoto iccete âdesâ 
honli. Bhonla; bhonte; bhonto; bhadde; bhotâ; bhoto go- 
tamassa. 

Et en bho au vocatif [masculin] singulier. Ex. Bho 
purisa : ô homme! bho aggi : ô agni! 

' L'i final de tous les exemples est bref dans Cd. 
"- Cd S' itthikate. 
"* S*^ kliarâdiye. 



— 115 — 

wn^ w^ 2Ttg ^^iï?:^ Il l^ ii 

Bhavanta iccelassa vnkârassa obhâvo holi kvaci yo iccc- 
tcsu. Imam bhonlo nisâmetha bhavanlo va. 

Quelquefois il change son va en o devant tes 
désinences du nominatif et de raccusatif pluriel. 
Ex. Imam bhonto (ou : bhavanto) nisâmetha : ô Vé- 
nérables! voyez cet homme. 

M^-d^ *TWH^' Il ^M II 

Sabbasseva bhadantasaddassa bhaddanla* bhante iccele 
âdesâ honti kvaci ge pare yosu ca. He bhaddanta; bhan<e, 
bhadantâ vâ\ 

Bhndanta [fait quelquefois] bhaddanta, bhante 
[au vocatif singulier et au nominatif et à l'accusatif 
du pluriel]. Ex. He bhaddanta ou bhante : véné- 
rables ! 

I^RïnfcrrîT^rTTïT W II ^1 II ~ 

Akâro ca pitâdînam anto ca àkâraltam àpajjate ge pare. 
Bho purisà; bho pitâ; bho mâlâ; bho sallhâ. 

[Les thèmes en] a [et ceux du gana] pitâdi [font 
leur vocatif singulier] en d. Ex. Bho purisâ : ô 
homme! bho pitâ : ô père! 

L'autre forme de vocatif, en a, pour les noms pitâ. etc. 

Cd "bhadantâ". S" bbaddantas.sa bhada". C "bhadda". 
^ Cd bhavantasaddassa bhadantâ". S" bhaddantasa — bhadda". 
' Cd he bhadantâ. S° he bha lanta — bliaddantà va. 

8. 



— 116 — 

est autorisée , je pense , par le sûtra 38 ; quant aux thèmes en 
a, ils possèdent certainement la même forme , bien que le seul 
sûtra dont elle se puisse autoriser (II , 4 > lo) soit très-vague. 

WrUn l^ Il ^3 il 

Jhala iccete rassam âpaj jante ge pare. Bho dandi; bho 
sayambhu; bhoti itthi ; bhoti vadhu. 

[Les thèmes en] i, î, u, a ont la brève [au vocatif 
singulier]. Ex. Bho sayambhu : ô être qui existes 
par toi-même! bhoti itthi : ô femme ! 

^TT^iïfr ^ Il ^t II 

Akâro rassam âpajjate va ge pare. Bho râja; bho râjâ; bho 
atta; bho alla;' bho sakha: bho sakhâ; bho sattha; bho 
satlhà. 

[Les noms mascuHns en] d [peuvent] à volonté 
[faire de même]. Ex. Bho râja ou râjâ : ô roi ! 

ITl NÂMAKAPPE GATUTTHO KANDO. 



^J^ f^MH^NT U t II 

To âdi yesam paccayânaiîi te honli tvàdayo. Te paccayà 
Ivâdayo vibhattisaniîâ va datthabbâ. Sabbato; yato; tato; 
kulo; ato; ito; sabbadâ; yadâ; tadâ; idha; idâni. 

Les suffixes to, etc. participent au nom tech- 
nique de vibhatti (c'est-à-dire : sont considérés 
comme des désinences casuelies). 



— 117 — 

Wf^ fft TT^T^^ Il •;^ Il 

Kvaci to paccayo holi pancamyalthe. Sabbalo ; yato; talo; 
tuto ; ato ; ito. 

Kvacîti kimatlham ? Sabbasmâ. 

Le suffixe to s'emploie quelquefois avec le sens 
de l'ablatif. Ex. Sabbato : de tous côtés; tato : de là. 

W ST HrTffRT H^HI^f^ Il B II 

Tratha iccete paccayâ honti satlamyatlhe sabbanâmehi. 
Sabbatra ; sabbaltha : yalra ; yattha ; latra ; tattha. 

Les suffixes tra, tha s'emploient après les thèmes 
pronominaux , avec le sens du locatif. Ex. Sabbatra 
ou sabbattha : partout; tatra ou tattha : là. 

H^f^lUII 

Sabba iccetasuiâ dhippaccayo hoti kvaci satlamyallhe.Sab- 
badhi; sabbasmim. 

Après sahba on emploie dhi [dans le même sens]. 
Ex. Sabbadhi : partout. 

f^îFTT^' im II 

Rim iccetasmâ vappaccayo holi sattamyalthe. Kva gatosi 
Ivam devânampiyatissa. 

Après kim on emploie va [dans le même sens]. 
Ex. Kva gatosi : où es-tu allé? 

* S° °vo ca. 



— 118 — 
^^f^-^H II i W 

Kiin iccetasmâ him hain hincanaiîi iccete paccayâ honti 
sattamyatthe. Kuhim; kuham; kuhincanaïh. 

[Et aussi] him, ham , hincanam. Ex. Kuhim, ku- 
h?im : oh? 

rP^^^ni^H 

Tamhâ ca liiiîi ham iccete paccayâ lionli sattamyatthe. 
Tahim ; taham. 

Casaddaggahanam hincanaiTigahananivattanattham '. 

Après ta aussi [on emploie les mêmes suffixes], 
Ex. Tahim : là. 

Le schoHaste a sans doute raison d'éliminer « hincanaiîx » de 
ce sûtra; mais rien dans le texte n'indique cette restriction. 

^RFn ^ =^ Il d II 

Imasmâ hadhâ iccete paccayâ honli sallamyatlhe. Iha; 
idha. 

Casaddaggahanam avadhâranatiham*. 

Et après ima, les suffixes ha et dha. Ex. Iha, idha : 
ici. 

îTrftf^ll if II 

Tasmâ yato himpaccayo hoii sattamyatthe. Yahim, 

Après ya [on emploie le suffixe] him [dans le 
sens du locatif]. Ex. Yahiin : où. 

',/* S° n'a pas cette glose. 



— 119 — 
^iï^ Il V> U 

Kâle iccetam adhikârattham vedilabbam. 

[Les formations indiquées par les sûtras suivants 
ont un] sens temporel. 

Kini sabba anna eka ya ku iccetehi dâ dâcanam iccete 
paccayâ bonli kâle' sallamyallhe. Radâ; sabbadâ; annadâ; 
ekadâ; yadâ; kudâcanam. 

Après kim, sabba, anna, eka, ya, ka, [on em- 
ploie les suffixes] dâ , dâcanam [dans le sens tempo- 
rel du locatif]. Ex. Kadâ : quand? sabbadâ : tou- 
jours. 

rïT^ 2^ =^ in^ Il 

Ta iccelasmâ dâni dâ iccete paccayâ bonli kâle sat- 
tamyallhe. Tadâni; ladâ. 

Gasaddaggahanam dâpaccayânukaddbanaltham *. 

Après ta on emploie de plus le suffixe dâni. 
Ex. Tadâni, tadâ : alors. 

^ïTFTT ^ ^ Zlf^ =^ Il 1B II 

Imasmâ rahidhunâdâni iccete paccayâ bonti kâle"^ satta- 
myattbe. Elarabi; adbunâ; idâni. 

* S° kâle kvaci sa". 
^ S" n'a pas cette glose. 
^ S*^ kâle kvaci. 



-^ 120 — 
Casaddaggahanam dâpacoayânukaddhanallham '. 

Et après ima les suffixes rahi, dhunâ, dâni. 
Ex. Etarahi, adhunâ : maintenant. 

Relativement à la dérivation , de «ma, des formes « etaralii , 
adhunâ, idânip, cf.le chapitre précédent ss. 2^, 25 et 26. — 
Le scholiaste a tort de ne pas ajouter l'exemple « idâ » , forme 
autorisée par le ca du sûtra et qui d'ailleurs s'est conservée 
au moins dans la locution » idâham » que le commentaire cite à 
l'appui de 1, 2, 9; si c'est en effet à cette forme que fait ici 
allusion l'auteur du sûtra, il faut avouer qu'il s'est mis plus 
haut en contradiction avec la règle présente. Quoi qu'il en 
puisse être, il est presque superflu de remarquer que la 
seule analyse permise de idâham est : idâ-i-aham. 

Sabba iccelassa sakârâdeso hoti va dâmhippaccaye pare. 
Sadâ; sabbadâ. 

Sabba peut à volonté se changer (in 5a devant le 
suffixe dâ. Ex. Sadâ ou sabbadâ : toujours. 

^Rmt ^ <Trcr^^ Il \^ Il 

Avanno ye paccaye pare lopam âpajjate. Bâhusaccam; 
pandiccam; vepullam; kâruniiam; kosallaih; sâmaniïam; 
sohajjam. 

Casaddaggahanam vâgahananivatlanattham ^ 

Et a [final] s'élimine devant -le suffixe ja. Ex. Ve- 

' S" n'a pas cette glose, Cd "nam rahidhunâdânippaccayam anu°. 
Il y a là une méprise évidente du copiste. 
^ S" n'a pas cette glose. 



— 121 — 

pullam : la grandeur (vipuia + ya); pancliccam : la 
science (pandita+ya). 

f|^ ^ tf^ ' Il \i II 

Sabbassa vuddhasaddassa^ jo âdeso holiiya ittba iccetesu 
paccayesu. Sabbe ime vuddhâ, ayam imesam visesena vud- 
dholi jeyyo; sabbe ime vuddhâ, ayam elesaiîi visesena vud- 
dhoti jellbo. 

Vaddha se change en ja devant les suffixes iya, 
ittha [du comparatif et du superlatif]. Ex. Jeyyo : 
plus vieux; jettho : le plus vieux. 

MH^^J ^ Ht ^ 1113 II 

Sabbassa pasatthasaddassa so âdeso hoti jâdeso ca iya 
itlha iccetesu paccayesu paresu. Sabbe ime pasatthâ, ayaih 
imesam visesena pasatlholi seyyo; sabbe ime pasatthâ, ayaiîi 
imesam visesena pasatthoti settho; jeyyo, jettho. 

Casaddaggahanam duliyâdesasampindanaltham *. 

Pasatthâ [devant ces suffixes, se change en Ja et] 
aussi en sa. Ex. Seyyo : meilleur; settho : le meil- 
leur. 

^•H«hH:» R# Il 1t II 

Sabbassa antikasaddassa nedâdeso hoti iya ittha iccetesu 
paresu. Nediyo ; nedittho. 

' Cd vuddhassa jo iyiyetthasu. S"^ vii4ha°tthesu ca. 
^ Cd buddhassa", et dans le reste du sûtra toujours vuddhâ. 
S° vudha. 

' C Cd pasatthâ" (dans tout le sûtra). 
* S" n'a pas cette glose. 



_ 122 — 

Antika se change en neda [devant ces mêmes 
suffixes]. Ex. Nediyo : plus proche; nedittho : le plus 
proche. 

4\oê^^ HTWinif II 

Sabbassa bâlhasaddassa sâdhâdeso hoti iya ittba iccetesu 
pacoayesu paresu. Sâdliiyo; sâdbittbo. 

Bâlha en sâdha. Ex. Sâdhiyo : meilleur; sâdhittho : 
le meilleur. 

^^^ ^m ' Il ^o II 

Sabbassa appasaddassa kanâdeso holi iya ittlia iccetesu 
paccayesu paresu. Raniyo; kaniltbo. 

Appa en kana. Ex. Kaniyo : plus petit; kanittho : 
le plus petit. 

^=(M--J II "^1 II 

Sabbassa yuvasaddassa kanâdeso hoti iya iltha iccetesu 
paccayesu paresu. Kaniyo; kaniltbo. 

Casaddaggahanam kanaggabanânukaddhanattbam *. 

Yava de même. Ex. Raniyo : plus jeune; kanit- 
tho : le plus jeune. 

LaRûpasiddbi n'essaye pas plus que notre commentateur 
d'expliquer le pluriel «yuvânam», dont le sens et la rause 
nn'échappent complètement. 

' Cd apassa kanam. 
^ S*^ n'a pas cette glose. 



123 



=l'^H-r|4iH--=l rfmt II 'î^'î^ Il 

Vantumanluvîtiam iccelesam paccayânam lopo hoti iya 
ittha iccetesu paccayesu paresu. Guniyo; gunittho ' ; satiyo; 
satittho ; medhiyo ; medhittho. 

Les suffixes vanta, mantu, vi, s'éliminent devant 
les suffixes iya, iiiha. Ex. Guniyo : plus vertueux; 
gunittho : le plus vertueux (de: gunavanta). 

2Rrt HHH<i^chl<M ' ^^'{{^ ^Ho^^chl^rf ' 

Il "^^ Il 

Yavatam talanadakârânam byanjanâni calanajakârallam^ 
âppajjante * yathâsankhyam. Bâhusaccaiîi; pandiccam; vepul- 
laiîi; nepunnam; sâraannam; sohajjaiîi. 

Yavatam ili kimallhani? Tinadalani. 

Talanadakârânam ili kiruallham? Alasyani; ârogyaih. 

Byanjanânîli kimatthaiîi? Maccunâ. 

Kâraggahananli kimallham ? Yakârassa sakârabhakârama- 
kârâdesam sannâpanallham *. Purisassa bhâvo, porissam; 
usabhassa bhâvo, osabbham; upamassa bbâvo, opammam. 

T, l, n, d, suivis de y, se changent avec lui en 
c, l, n,j. Ex. Pandit+yam, pandiccam : science; 
vipul+yam, vepullam : grandeur; suhad + yam, 
sohajjam : amilié. 

' Cd ajoute : ganiyo ; ganittho. 

^ Cd "kârânani vya°. 

^ Cd caianakâ". S" calannakâ°. 

'' Cd S" âpajjate. 

^ Cd "desam nâpanattham. S" "kârasannâ". 



— 124 — 

J'ai cherché à rendre l'intenlion de « byanjanâni » du sûtra , 
en écrivant sans a les consonnes auxquelles cette règle s'ap- 
plique. I.e grammairien pâli , ayant l'habitude d'énoncer les 
consonnes en les faisant suivre de la voyelle a, tient à mar- 
quer expressément que cet a est là simplement pour la pronon- 
ciation (akâro uccâranattho , dit quelquefois la Rûpasiddhi), 
et que la règle s'applique uniquement aux éléments conso- 
nantiques; qu'ainsi, dans «maccunâ», le groupe ce résultant 
de <jest suivi d'un a. — Quant à la place qu'occupe ici cetle 
règle, elle est assurément surprenante, et c'est ou dans la 
section relative au sandhi ou dans le chapitre des taddhitas 
qu'on s'attendrait à la rencontrer. En tout cas, elle ne de- 
vrait pas être séparée du sûlra i5, avec lequel elle a une si 
intime relation. 

Il \% Il 

Amhatumhanlurâjabrahmattasakhasatthupitu iccevamâ - 
dihi smâ nâva datlhabbà. Maya; tayâ; gunavalâ; raiîiïâ; brah- 
munâ; altanâ ; sakhinâ; salthàrâ; pitarâ; mâtarà; bhâlarâ; 
dhitarâ'. 

Elehîti kimallham ? Purisâ. 

Après amha, tamha, le suffixe nta, les thèmes 
raja, brahma , atta, sakha, sattha, pitu, etc., l'a- 
blatif sin^^ulier se fait comme l'instrumental. Ex. 
Maya : par moi ou de moi; gunavatâ : par un 
homme vertueux ou d'un homme vertueux; rannâ : 
par le roi ou du roi. 

ITI NÀMAKAPPE PANCAMO KANDO. 



Cd dhîtarâ. 



— 125 — 
<MWI^Mfd VR ^T^ ^ H<i^Ml6lH II \ Il 

Yasmà va apeti yasmâ va bhayam jâyafe yasmâ va âdatte 
tam kârakam apâdânasannam hoti. Gâmâ apenti munayo; 
nagarâ niggalo râjâ ; pâpâ cittam nivâraye ' ; corâ bhayam 
jâyale; âcariyupajjhâyehi sikkham^ ganhâti sisso. 

Apâdânam iccanena kvallho? Apâdâne pancamî. (III, 2 5.) 

On appelle apâdâna (ablatio) [la relation syntac- 
tique où se trouve] l'objet dont on s'éloigne ou 
dont on s'effraye. Ex. Gâmâ apenti munayo : les 
anachorètes s'éloignent du village; corâ bhayam 
jâyate : on a peur du voleur. 

Malgré le scholiaste, suivi par M. Kuhn.jene crois pas 
possible de dédoubler l'expression « bhayam âdalte » ; il fau- 
drait dans ce cas un premier va après bhayam. Aussi bien 
Pânini, dans les règles correspondantes (1,4, 24-25), ne 
signale que les deux catégories marquées par : apeti et bhayam 
âdatte. Dans le sùlra Kâlantra correspondant (fol. 29") : 
«Yato apaiti bhayam âdatte tad apâdânam» (le premier du 
Samiisapâda, contrairement à l'indication de M. Aufrecht, 
Catal. Cdd. Sanscr. bibl. Bodl. p. 1 69°; au moins mon manuscrit 
porte-t-il , avant ce sûtra , le signe habituel des divisions de cha- 
pitre, et d'ailleurs les ss. qui précèdent, depuis «avyayîbhà- 
vâd , etc. » , de quelque façon qu'on les considère , ne sauraient 
rentrer dans le chap. des Rârakas), il n'y a point de va. Il ne 
faudrait pourtant pas en vouloir conclure qu'il soit dans notre 
règle le résultat d'une interpolation ou d'une erreur. Voici 
en efl'et l'explication de Durgasimha : « Yasmâd apaiti yasmâd 
bhayain bhavali yasrriâd âdatte va tat kârakam apâdânasam- 
jnath bhavali. » D'où il semblerait ressortir que l'auteur de 

' K. n'a pas cet exemple pâ "raye. 
■■' K. sippam. 



— 126 — 

notre sûtra a eu devant les yeux non-seulement le texte de 
Ja règle Kâtantra, mais même le commentaire précité. 

Dbâtunâœànam payoge ca ^ upasaggayogàdîsvapi' ca tam 
kâratam apâdànasannam holi. Dbâlùnam payoge lava; ji 
iccelassa dhâlossa parânubbassa payoge yo asaybo so apàdâ- 
nasanno boli; tam yalbâ : boddbasmà parâjenti aniïaliltbiyâ; 
— bhû iccetassa dbâlussapapubbassa payoge yatoaccbiimap- 
pabbavo so apâdânasanno holi; tam yalbâ : b'mavantâ pabha- 
vanli panca mabânadiyo; anavalallambâ pabbavanli ^ mahà- 
sarâ; aciravatiyâ pabliavanli kunadiyo*. — Nàmappayoge pi 
tam kârakam apâdànasannaiïi holi; lam yathâ : urasmà jâto 
putto; bhûmito niggato raso; ubhato sujâlo pullo. 

Upasaggayogâdîsvapi ca tam kârakam apâdànasannaiîi 
boti; tam yalbâ : apa sâlàya âyanli vânijâ; â brahmalokâ 
saddo abbhuggacchati; upari pabbalâ devo vassati; bud- 
dbasmâ pati sâriputlo dhammadesanâya âlapali; lemâsam 
gbataiîi assa telasmâ pati dadàli ; uppalam assa padumasmà 
pati dadâti ; kanakam assa biraiïnasmâ pati dadâti. 

Adîggabanena kàrakamajjbepi pancami vibbatti boti; tam 
yalbâ : pakkhasmâ vijjbati migam; kosà vijjbali kunjaraiîi; 
mâsasmâ bbunjatibbojaoarâ. — Apiggabanena nipâlappayoge 
pi pancami vibbatti boti duliyâ ca taliyâ ca : rabilâ mâlujâ 
puniiaiïî katvâ pbalaiîi ^deti, rabilâ màtujaih rabitâ mâlujena 
va; riie saddbanimâ kuto sukbam labhati, rite saddbammam 
rite saddbammena va; te hbikkbù nânâ kulâ pabbajilâ, nânà 
kulam nânà kulena va * ; vinà saddhammâ iialtbaniïo koci 
nàlholoke vijjati , vinâ saddbammam vinâ saddbammena va; 

' Cd. de K. "saggappayogâdîsva". 

* K. n'a pas : ca. 

■■ K. ajoute : satla. 

'' Cd kunnadiyo. Cd. de K. kunnanadiyo. 

^ Cd n'a pas : phaiam. 

** Cd n'a pas : iiànâ kidaiîi-lena va. 



— 127 — 

vinâ buddhasmà , viuà buddham vinâ buddhena va. — Casad- 
daggahanena annatlhâpi pancami vibbatti boli. Yato hani 
bhagini ariyàya jâtiyâ jâto'; yato saràmi atlânaiîi yato palto 
smi vinnulam; yatvâdhikaranam enam ^ abhijjhâdomanassâ 
pâpakâakusalâ dbammâ anvassaveyyum ^. 

[L'abliilif, qui sert h exprimer i'apâdâna, est régi] 
par des verbes ou des noms [seuls] , et aussi accom- 
pagnés de prépositions, etc. Ex. Buddhasmà parâ- 
jenti aiïnatilthiyâ : les hérétiques succombent devant 
le Buddba; bhûmito niggato raso : un suc sorti de 
terre; apa sâlâya âyanti vânijâ : les marchands sor- 
tent de la salle. 

La construction de ce sûtra est assez embarrassée, et la 
variante du manuscrit de M. Kubn pourrait faire penser qu'il y 
a lieu de corriger en ajoutant, par exemple, «payoge» après 
"nàmânam. Cependant, si nous comparons Pàn. I, ^4, 2^ 
svv. nous trouvons dans ces sûtras , dont quelques-uns se re- 
trouvent plus bas dans ceux de Kaccâyana, un emploi du 
génitif tout semblable à celui que nous constatons ici, sans 
qu'il soit possible de supposer que prayoge ou tout autre 
mot se soit perdu. Dans ces règles, nous voyons au génitif 
les n)ols indiqués comme régissant l'ablatif; l'emploi et la 
valeur du génitif dhâlunâmânaih sont ici les mêmes. Quant 
au locatif qui forme la seconde partie du sûtra, il doit, 
comme le marque d'ailleurs la particule api, exprimer une 
condition particulière qui affecte la règle générale. En tra- 
duisant littéralement, nous aurions donc : [Il y a apâdâna] 
après des verbes et des noms , aussi quand il y a union avec 
des pré|)o.'.itions, etc. Il semble donc que l'intention de l'au- 

' K. ajoute : iiàbhijànâmi sancicca pànam jîvitâ voropetum. 
^ K. ajoute : cakkhundriyani asaiîivutaiîi viharantani. 
'' Cd. de K. auvàssaveyyum. K. anvâsa". Cd abhijjhâdayo dliammù 
anvâssa". 



— 128 — 

leur est de marquer que, à vrai dire, c'est toujours l'idée de 
séparation contenue dans le verbe ou dans le nom qui régit 
l'ablatif, idée que la présence d'une préposition sert seule- 
ment à préciser ou à renforcer. 

^i^Tr^TTît ïf^ Il ^ Il 

Rakkhanattbânam dhâlûnaiîi payoge yam iccbitam lam kâ- 
rakaiïi apâdânasaiiiTiam hoti. Kâke rakkhanti tandulâ; yavâ 
palisedhenti gâvo. 

Après les verbes qui signifient protéger, l'objet 
que l'on désire [sauvegarder est dans la relation d'a- 
pâdâna (se met à l'ablatif)]. Ex. Kâke rakkhanti 
tandulâ : ils protègent le riz contre les corbeaux 
(littér. ils éloignent les corbeaux du riz). 

%^ ^^ÇR II % Il 

Yena va adassanaiîi icchilam tam kârakam apâdànasan- 
naiîi hoti. Upajjbâyâ antaradhàyali sisso; mâtarâ ca pitarâ ca 
antaradhâyati putto. 

Vâti kimallham? Satlamîvibhattyatlham. Jetavane antara- 
dhâyati bhagavâ'; jetavane antarahito bhagavâ. 

Ou la personne dont on désire ne pas être vu. 
Ex. Upajjbâyâ sisso antaradhâyati : l'élève se cache 
de son maître. 

p fTl^4^ lêT IH^Mr=< TH IMn>^HNTil(N^ Tlli'^4t- 

=TTTIT^=h8^ H sTl =h I =hTl^ ^ Il M II 

Dûratthe antikatlhe addhakàlanimmâne tvâlope disâyoge 
' K. a un seul exemple : Jetavane antarahito bhagavâ. 



— 129 — 

vibhatle àrappaj'oge suddliallhe pamocanatihe hetvatthe ' vi- 
vittatthe pamàne pubbayoge bandhane gunavacane panbe ka- 
thane thoke akattari^ iccelesvatthesu payogesu ca' tam kàra- 
kaiîi apâdânasannam boli. 

Dùratdiappayoge lava : kîvadùro iio nalakàragâmo; dû- 
ralo vâgamma; àrakâ te moghapurisà imasmàdbammavinayà. 
Dutiyâ ca talivcâ ca : dûram gàmam àgato dûrena gâmena 
va*; ârakàimamvinayamanena dbaminavinayena vâ;iccevam- 
âdi. — Antikatthe : anlikaiîi gàmâ; àsannaiîi gâmà; samî- 
pain gâmà; samîpam saddhamtTlâ^ Dutiyà ca taliyà ca : an- 
likam gàmam gâmena va; àsannam gàmam gâmena va; 
samîpaiîi gâmaiîi gâmena va; samîpam saddbammam sad- 
dbammena va®; iccevamâdi. — Addbakâlanimmàne : ito ma- 
dburâya catûsu yojanesu sankassanagaram atthi, tatlha babû 
janâ vasanti; ito bhikkhave ekanavutikappe vipassî nâma 
sammâsambuddbo loke uppajji'; ilo tinnam mâsânam acca- 
yena parinibbâyissâmi; iccevamâdi. — Tvâlope kammàdbi- 
karanesu : pàsâdâ sankameyya pâsâdam abbiruybilvà va , 
pabbatâ sankameyya pabbalaiîi abbiruybilvà va ; hatlbik- 
khandà sankameyya battbikkbandaiîi abbiruybilvà va; àsanà 
vuUbaheyya àsane nisîdilvâ va; iccevamâdi. — Disàyoge : 
avîcito upari bbavaggaiîi* antare; yato kbemaiîi talo bbaxain; 
purallbimato, dakkbinato, paccliimato, uttaralo; yalo asso- 
siini bhagavalo* killisaddam; uddbaiu pâdatalâ; adbo kesa- 

' K. suddhe pamocane he°. Cd au lieu de Letvattlie : gatyatthe. 

'^ Cd vivittalthapamânapubbayogabandhanagunavacanapan haka- 
thanathokakattusuca. -Puis il répète depuis dûratthejusqu'àakattari. 

^ K. n'a pas : ca. 

'' K." âgato dûrena gâmena âgato âra°. 

■' K. antikâ" âsannâ" samîpâ" saniîpà. 

'' K. a devant chaque instrumental : aniikena , âsannena, puis sa- 
mîpena. 

' K. udapàdi. 

* K. bhavatam. Cd. de K. bhavallain(? les ligatures gg et fi sont 
presque identiques). CI". BurnonC, L'it. à. I. B. L. pp. /i,3o9. 

'^ Cd bhagavantani. 

J. As. Extrait 11" I. ( I 8- 1 .) 9 



— 130 — 

mallhakâ'-, iccevamàdi. — Vibhatle : yalo panîlalaro'' va 
visilthataro va natlhi. Chaltbî ca : cbannavutînam pâsan- 
dânam dhanimânam pavaraiîi yad idam sugatavirayam; 
iccevamàdi. — Arappayoge : gàmadhammâ vasaladhammâ 
asaddhammâ ârati viratî palivirati; pânàtipâiâ veramanî; 
iccevamàdi. — Suddhatthe : lobhanîyehi dbamtnebi suddbo; 
mâlito ca pilito ca suddbo, asamsatlbo, anupakutlbo, agara- 
bilo; iccevamàdi. — Pamocanatlbe : parimutto dukkba- 
smâli vadâmi ; muttosmi màrabandbanà; lato muccanti mac- 
cunâ'; iccevamàdi. — Hetvallbe : kasmâ belunâ*; kasmà 
tumbe dabarâ na miyyalba ; kasmâ idbeva maranam bbavis- 
sati; iccevamàdi. — Vivitlallhe : vivillo pâpakâ dbaramâ; 
vivicceva kâmebi; vivicca akusalebi dbammebi; iccevamàdi. 
— Pamânattbe : dîgbaso navavidatibiyo sugalavidatlbiyâ 
pamânikâ kâretabbâ sugatasangbâti ; majjbimassa purisassa 
addbatelasabatlbâ^; iccevamàdi. — Pubbayoge : pubbeva 
me bbikkbave sambodbâ; iccevamàdi. — Bandbanatibe : 
satasmâ bandbo naro. Taliyâ ca : salena va bandbo^; icce- 
vamàdi. — Gunavacane : paiïnâya sugatim yanti, câgâya 
vipulaiîi dbanaiîi ; pannàya vimullamano issariyâ' janaiîi 
rakkbali râjâ; iccevamàdi. — Panbe tvâlope kammàdbika- 
ranesu : abbidbammâ* puccbanli. Duliyà ca taliyâ ca : abbi- 
dbaramam abbidbammena va. Vinayà puccbanti, vinayam 
vitiayena va; evam : sullâ gàlbâ udânâ iùvutlakâ jàlakâ ab- 
bbutadbammà vedallà; iccevamàdi. — Kalliane tvâlope 
kammàdbikaranesu : abbidbammà* katbayanti. Duliyà ca 

' K. a de plus ici : tattha pariyantam puran nânappakârassa asu- 
cino imam pûtikâyam paccavekkhati i". 

* K. panitataro. 

•"' K. na te muccanti paccanâ. 
" K. tietu. Cd. de K. hetunâ. 

* Cd n'a pas : sugatasanghàtî, et il écrit ; atthatelasa". 

* Cd "baudho ranno inathenatthenatthena i°. 
' Cd.de K. issiriyâ janam. K. issariyajanam. 

* K. abhidhamniam sutvâ abhidhamm<â°. 

" K. abhidhammaTn âkaddhitvâ abliidhammà". 



— 131 — 

laliyâ ca : ablildliammam abliidhammena va; vinayâ katlia- 
yanti, vinavam vinayena va'; evaiîi : sutlâ gâthâ udânâ iti- 
vullakâ jâtakâ abbhuladhamœâ vedallâ; iccevamâdi. — 
Thokallhe : thokâ muccati; appamaltakâ muccali; kicchâ 
muccali. Dutiyà ca taliyâ ca : thokam thokenavâ; appamal- 
takam appamattakena va; kicchani kicchena va*; iccevam- 
âdi. — Akaltari : kalaltâ upacilaltâ ussannallâ vipulatlâ 
uppannam cakkhuviilnânam ^ 

Casaddaggabanena sesesvapi ye maya nopadittbâ apâdâ- 
nappayogikâ le payogavicakkbanebi yojetabbâ. 

[L'ablatif, qui marque l'apâdâna, s'emploie] en- 
core [dans les cas suivants] : i° Après im mot qui 
signifie l'éloignement. Ex. Kîvadûro ito nalakâra- 
gâmo : de combien le village du faiseur de nattes est- 
il éloigné d'ici? — 2° Après un mot qui signifie la 
proximité. Ex. Antikam, âsannam, samîpam gâmâ : 
près du village. — 3" Pour marquer le point de dé- 
part d'une mesure de temps ou de chemin. Ex. Ito 
Madhurâya catûsu yojanesu Sankassanagaram atthi : 
la ville de Sankassa est à quatre yojanas de Ma- 
dhurâ oi^i nous sommes ; ito ekanavutikappe Vipassî 
nâma sammâsambuddho loke uppajji : il y a quatre- 
vingt-onze kalpas à compter de celui où nous 
vivons que vint au monde le buddha Vipassin. 
— k" Pour marquer le lieu de l'action, l'absolutif 
n'étant pas exprimé. Ex. Pàsâdà safikameyya : il irait 
du palais... (comme : Pàsâdam abhiruyhitvâ sa": 

' K. et Cd vinayam âkad4hitvà vinayâ". 

* Cd n'a pas les mots suivants : dntiyâ , thokam , appamattakam , 
kiccham. 

^ K. n'a pas : uppa''-nnânam. 

9- 



— 132 — 

étant monté au palais, ii irait...). — 5" Dans une 
détermination de lieux, pour marquer le point de 
départ. Ex. Avîcito upari : de l'enfer Avîci. . . — 
6° Après un mot exprimant la comparaison. 
Ex. Yato panîtataro va visitthataro va natthi : le plus 
éminenl et le plus excellent des hommes (littéral. 
Quo nemo excellentior. . .). — ■7° Dans le mot ârâ, 
loin de. . . Ex. Arâ imasmâ dhammavinayâ : loin 
des prescriptions de la religion. — 8° Après les 
mots qui signifient : pur de... Ex. Lobhanîyehi 
dbammehi suddho : pur de toute convoitise. — 
9° Après les mots qui signifient : délivrer de. . . 
Ex. Parimutto dukkhasmâ : délivré du malheur. — 
1 0° Pour marquer la cause. Ex. Kasmâ hetunâ : 
pour quelle raison.^^ — 11° Après les mots qui si- 
gnifient : séparé de. . . Ex. Vivitto pâpakâ dhammâ : 
séparé du mal. - — 1 2° Pour exprimer une mesure. 
Ex. Dîghaso navavidatthiyo : neuf palmes de lon- 
gueur. — 1 3° Après le mot pubba. Ex. Pubbeva 
me sambodhâ : avant que j'eusse atteint la connais- 
sance parfaite. — 1 à" Après les mots qui signifient 
lier, etc. Ex. Satasmâ bandho naro : un homme 
emprisonné pour une dette de cent pièces d'argent. 
— 1 5° Pour marquer les qualités à l'aide desquelles 
on fait une chose. Ex. Pannâya sugalim yanti : c'est 
par la sagesse qu'on arrive au bonheur. — 1 6° Après 
le mot interroger, pour marquer le lieu (la matière) 
de l'action , l'absolutif n'étant pas exprimé. Ex. Abhi- 
dhammâ pucchanti : ils sont interroges sur l'Abhi- 
dharma (comme : Abhidhammam sutvâ abhi" : après 



— 133 — 
qu'on leur a enseigné l'Ablndharma, iîs. . . ). — 
I 7° Après le mot raconter, pour marquer l'objet 
(le lieu, etc.) de l'action, l'absolutif n'étant pas 
exprimé. Ex. Abbidhammâ kalbayanti : ils racontent 
(des récils tirés) de l'Abbidbarma. — 18° Dans le 
mot thoka et autres de sens analogue. Ex. Thokâ, 
kiccbâ muccati : il est délivré à grand'peine. — 
19° Pour marquer b cause, l'agent n'étant point 
exprimé (la cause exprimée par un mot abstrait 
dans une pbrase construite passivement). Ex. Vipu- 
lattâ uppannaiîi cakkhuvinnânam : c'est en vertu 
de leur étendue que l'œil perçoit les objets. 

11 est un (les cas d'emploi de rablalif prévus parcesûlra, 
de la tiaduclion duquel je dois dire un mot; c'est celui qui, 
dans la traduction, porte le numéro 7 et est exprimé dans 
le texte par les mots "àrappayoga"; le scholiaste, bien qu'il ne 
s'explique pas , montre par ses exemples qu'il n'a pas compris 
ces mois comme je fais, mais bien comme leBâlâvatâra, qui 
les interprète par « âratyatlliayoge « (p. 73). Clough (p. i4i) 
explique de même, et M. Kulm ne s'éloigne pas essentielle- 
ment de cette interprétation quand il dit (p. 8) : n In cons- 
Iruclione cum verbo ârà aliisque ejusdem signiticationis. » Il 
est clair tout d'abord que nous ne saurions voir avec les 
scholiastes, dans àrappayoge : ârati-payoge , mais seulement 
(ira, ainsi que fait M. Kubri; mais si l'auteur entendait parler 
du cas régi par âra, il se rend coupable d'une répétition 
absolument superflue, le cas étant prévu par « dûralllie » , 
ainsi que le reconnaît le scboliaste lui-même par l'exemple 
âraka, qu'il associe aux exemples de dura. Il semble d'aiL 
leurs que l'auteur du sûlra ait eu l'intention, en ajoutant 
« payoge », d'indiquer qu'ara ne doit pas être pris comme sim- 
plement coordonné aux cas précédents : dûrantika. Je crois 
donc qu'il a voulu prescrire pour âra ce qu'il indique plus 



— 13a — 

loin pour thoku, que ce mot lui-même s'emploie toujours à 
l'ablatif (skr. àràl); quant à l'ablatif qu'il régit, il n'avait 
plus à s'en occuper, le cas étant prévu par le premier mol 
de la règle. De là ma traduction; notre grammairien ne se 
modèle point d'ailleurs ici assez exaclement sur Pânini , pour 
que l'analogie qu'on pourrait invoquer de Pânini, II, 3, 29 
décide rien contre elle, surtout en présence d'une diflFérence 
d'expression qui ne peut guère être déterminée que par l'in- 
tention indiquée ci-dessus. 

^^m <, I H^IHI ^=5r^ ^ ' ^^iï^ ^ cî ^^6H II ill 

Yassa va dâtukàmo yassa va rocale yassa va dbârayale* 
tam kârakaiîi sanipadànasaniïam holi. Samanassa cîvaranida- 
dâti; samanassa rocate saccam; devadatlassa suvannachat- 
tam dhârayate ^ yannadalto. 

Sampadânam iccanena kvattho ? Sampadâne catutthî. (III , 

23.) 

Vâti vikappanattham. Dhâtunâmânam payoge va upasag- 
gappayoge va nipâlappayoge va sali* attbavikappanattham 
vâsaddam payujjati'. 

On appelle sampadâna [la relation syntactique 011 
se trouve le mot qui désigne] celui à qui Ton veut 
donner, à qui une chose plaît, pour qui l'on fait une 
chose. Ex. Samanassa cîvaram dadâti : il donne 
un manteau au religieux; samanassa rocate saccam : 
la vérité plaît au religieux. 

* K. y. va dâtukàmo r. dh. tam sa°. 

* Cd dhâriyate. 
•' Cd dhârite. 

* K. nipâtappayoge va na (Cod. na va) payoge va sali. — Cd na va 
payoge va iti attha". 

' K. payunjati. — Cd. de K. paynjjati. 



— 135 — 

M ^ H ^ H TS?t37TT'îïï^ îTr?T^^357fTIir ^fttH^TFÎ'g- 
"^fHSTHrn^^ ^ Il 3 II 

Silâgha lianu lliâ sapa dhâra pilia kudha duha issa iccete- 
saiîi dhâtùnani payoge usuyyalthânan ca payoge râdhikkhap- 
payoge^ paccâsunâanupatiginânam pubbakattari ca âroca- 
nalllie tadalthe tiimalthe alamatthe mannatippayoge anâdare 
appânini galyallliànam kammani âsimsalthe .sannnuti^ ^^^y- 
yasallamyalthesu ca taiîi kârakain sarupadânasannam hoti. 

Silâgliappayoge iâva : buddhassa silà^bale; dhainmassa 
silâghate; sanghassa silâghale; sakaupajjhâyassa^ silàghale; 
lava silâghale; marna silâghate; iccevainâdi. — Hanup- 
payoge : hanute inayhaih eva; hanute tuyhaiîi eva; iccevam- 
âdi. — Thâpayoge : upatiUheyya sakyaputlânam* vaddhaki; 
bhikkhussa bhunjamânassa pàniyena va vidhûpena va upa- 
tiUheyya; iccfvamâdi. — Sapappayoge : mayhani sapate; 
luyhaiîî sapate; iccevamâdi. — Dliârappayoge : siivannam 
le dhârayale; suvannam nie dhârayale; iccevamâdi. — Pi- 
happayoge : buddhassa aiinatitlhiyâ pihayanli; devâ dassaiia- 
kâmâ le; yato icchâmi bhaddam tassa; samiddhânam piha- 
yanlidaliddâ; iccevamâdi. — Kudhaduhaissausuyyappayoge: 
kodhayali devadattassa ; tassa kujjha mahâvira; duliayali di- 
sânani megho; tillhiyâ samanànam issayanti; lillhiyâ sama- 
nânam iisuyyanli ; lâbhagiddhena dujjanâ guuavanlânam 
iisuyyanli; gunavaddhena kâ usuyyâ vijânalaiîi. — Râdha ik- 

' Cd paccàsunâanupatiginâ. 

^ K. sammati". — Cd °ni sainsatthasaminuti°. 

^ K. "ppayoge va pa". 

'' Cd sammuti. — K. sammali. 

•'* Cd sanikain upa". 

'* K. sàkyapii". 



— 136 — 

kha iccelesam dhà'ùnam payoge yassa akalhilassa punavi- 
piicclianaiîi ' kammavikhyâpanallhaiu^ lani kârakam sampa- 
dànasannain hoti dutiyâ ca^ : âràdho uie raniïo; ârâdho me 
râjânaiîi*; kyâham ayyânaiîi aparajjhàmi ^; cakkhum janassa 
dassanâya lam viya manne; âyasmalo upâlilherassa upasam- 
padâpekkho upalisso âyasmantam va. — Paccâsunaanupali- 
ginânam pubbakattari ca;sunolissa dhâtussa paccâyage yassa 
kammano pubbassa yo kattâ so sampadâiiasailno holi; lam 
yathâ : bhagavâ bhikkhù elad avoca. Bhikkhûli akatliilakam- 
mam, elam li katbitakammam. yassa kammano pubbassa yo 
katlâ so bhagavâ, yokaroli sa kattdli (III, 1 1 ) suttavacanena; 
evam yassa kammano pubbassa yo kattâ so sampadânasanno 
hoti ; tam yathâ : bhagavato paccassosum te bhikkhù ; âsunanti 
buddhassa bhikkhù. Ginassa dhâtussa anupatiyoge"* yassa 
kammano pubbassa yo kattâ so sampadânasanno hoti; tam 
yathâ : bhikkhù janaiTi dhammaih sâveli; tassa bhikkhuno 
jano anuginâti; tassa bhikkhuno patiginâli. Yo vâdeli' sa 
kattâ, yam vutlam kaiumanti vuccati; yo patiggâhako tassa 
sampadânam vijâniyam". — Arocanatthe : ârocayâmi vo 
bhikkhave ; âmantayâmi vo bhikkhave ; pativedayâmi vo 
bhikkhave; ârocayâmi te maharaja; pativedayâmi te ma- 
haraja. — Tadallhe : ùnassa ' paripuriyâ '"; buddhassa 
atthâya, dhammassa atthâya, sanghassa althâya jîvitaiîi pa- 
riccajâmi. — Tumatthe : lokânukampâya atthâya hitâya 
sukhâya; bhikkhùnam phâsuvihârâya; iccevamâdi. — Ala- 

' Cd °na pi pu°. 

^ Cd et K. "tthan ca tani°. 

•' K. supprime : dutiyâca, qui se trouve aussi dans son manuscrit. 

* K. àrâdho me râjà , ârâdho mam râjâ ; ârâdlio te ham tam aham 
ârâdho. 

* Cd ajoute : kyâham ayye aparajjhâmi. 

•* Cd anupatipubbassa ginadhâtussa payoge yassa". 
' Cd vadeti. 

* K. vijâniyâ. 

* 'K. ouassa. 

'" K. paripuriyâya. — Cd et Cd. de K. paripuriyâ. 



— 137 — 

malthe' i.alaiîi iti arahali ca patikkhitle ca. Alain me buddho; 
alaiîi me rajjam; alaiîi bhikkhupaltassa; alaiîi me mallo mal- 
lassa, evaih arahali'; alam te rûpam karanîyani; alam me lii- 
rannasuvaimehi, evam patikkhilte. — Mannanâdarappânini ' : 
mannalippayoge anâdare appânini : kallhaîisa luvaiîi manne ; 
kalingarassa luvam manne. Anâdareli kimatlhaiîi? Suvan- 
naiîî lam manne. Appâninîti kimattliam? Gadrabham tuvam 
manne. — Gatyattliakammani : gâmassa pàdena galo; na- 
garassa pâdena gato; appo saggâya * gacchati saggassa ga- 
manenavâ; mûlâya palikasseyya sahgho. Dulivà ca : gâmani 
pàdena galo; nagaram pàdena galo; appo saggaiîi ^ gaccbali 
saggaiîi gamanena va; mûlain patikasseyya sangho. — Asim- 
salthe* : âyasmalo dîgbàyu boli; bhaddam bbavalo hotu; 
kiisalani bbavalo bolu; anâmayam bbavalo bolu; sukbaiîi 
bbavalo bolu; svàgalam bbavato bolu'; iccevaniàdi. — Sam- 
mutippayoge : aniïatra sangbasammuliyâ bbikkbussa vip- 
pavallbuin* na vallali; sâdbu sammuti me tassa bbagavalo 
dassanâya. — Bbiyyappayoge : bbiyyo somattâya'; iccevam- 
âdi. — Sallamyaltbe : tuybancassa âvikaromi; tassa me sakko 
pâlur abosi ; iccevamàdi. 

Attbaggabanena babùsn akkbarappayogesu dissati; taiii 
yatbâ : upamani te karissâmi; dbammam vo bbikkbave de- 
sissàmi; iccevamàdi. Sâratthe ca : desetu bbante bhagavà 
dbammam bbikkbûnam; tassa pbâsu ; tassa pahineyya '"; yatbâ 

' K. alamatthappayoge. 

^ Cd "llassa arahali alaiîi me niallo mallassa patikkliitte alam". 

•' Cd n'a pas : Ma-ni. 

"* Cd appossaggâja. 

' Cd appossago ga°. 

" Cd âsimsanattbc. 

' Cd au lieu de : svâgatam bhavato hotu : atlhaiîi bh. h., hitaiîi 
bh. h,, parittam bh. h. 

" Cd bhikkhuvippavatthum. — K. bl)ikkhussa vippavutlham. 

^ K. "yyo so nia°. Clough (p. 137) et Fausbôil [Uhammap. p. «88, 
1.7): "yyoso ma°. 

"• Cd pahîne". 



— 138 — 

no bhagavà byàkareyya tatliâpi tesaiîi byâkarissâma; kappatî 
samanânam âyogo; amhàkam maninâ attlio; kimattlio me 
buddhena : seyyo me ' attho ; bakùpakârâ bhanle mahàpajâ- 
palîgotami bbagavalo ; bahùpakârà bhikkhave màtàpitaro put- 
tân<Tm; iccevaraâdi. Akkharappayogesu annepi payogà payo- 
gavicakklianehi yojetabbâ. 

Casaddaggahanam vikappanatlham vâgahanânukaddbanal- 
iham. Ye keci* sampadânappayogikâ maya nopadilthâ tesam 
gaKanattbam ifi vikappayati; lam yathâ : bhikkhusanghassa 
pabhû ayaiîi bbagavà; desassa pabliù ayam râjà; khettassa 
pabhù ayaiïi gahapali; arannassa pabhû ayam luddhako; 
iccevamâdi. Kvacl dutiyàtatiyâchattlùsaltarayattbesu ca*. 

[Le datif qui marque le sampadâna s'emploie 
dans ies cas suivants :] i" Après le verbe silâgh, 
louer. Ex. Buddhassa silâghate : il loue le Buddha. 
— 2° Après le verbe hami, se cacher. Ex. Hanute 
mayhaiîi eva : il se cache à mes yeux. — 3° Après le 
verbe //id [précédé delà préposition upa]. Ex. Upa- 
tittheya sakyaputtânam vaddhaki : que le charpen- 
tier serve les fils de Sâkya. — 4° Après le verbe sap. 
Ex. Mayham sapate : il nie blâme. — 5° Après le 
verbe dhâra. Ex. Suvannain te dhâiayate : il te doit 
un suvarna. — 6° Après le verbe piha. Ex. Bud- 
dhâya annatitthiyâ pihayanti : les hérétiques portent 
envie au Buddha. — 7° Après le verbe kluida. Ex. 
kodhayati devadattassa : il est en colère contre De- 
vadatta. — 8° Après le verbe duha. Ex. Duhayati 
disânam megho : le nuage obscurcit les (littérale- 

' K. n'a pas : me. 

^ K. a de plus : saddâ. 

^ Cd diitiyâ ca tatiyâ ca chatlhîca sa" su ca. 



— 139 — 

ment : nuit aux) régions célestes. — 9° Après le 
verbe issa. Ex. Titthiyâ samanânaiîi issayanti : les 
Brahmanes portent envie aux Çramanas. — 1 0° Après 
le verbe usuyya. Ex. Dujjanâ gunavantânam usuy- 
yanti : les méchants portent envie aux bons. — 
1 1° Après le verbe râdha et les mots qui signifient 
désirer, [pour marquer l'objet de l'action exprimée 
par ces verbes]. Ex. Arâdho me ranno : je fais ma 
cour au roi; âyasmato upâlitherassa upasampadâ- 
pekkho upatisso : Upatissa demande l'ordination 
au slhavira Upâli. — 1 2° Après les verbes sana 
précédé des préfixes praii, â, et gina précédé des 
préfixes anu, pati, i^our marquer l'agent d'une action 
antérieure, [cause déterminante de celle qui est 
exprimée par ces verbes]. Ex. Bhagavato paccasso- 
suiîi te bhikkhû : (Bhagavat dit telle chose aux re- 
ligieux, et) les religieux répondirent à Bhagavat; 
tassa bhikkhunojano anuginâti: (le religieux récite la 
loi au peuple, et) le peuple répond au religieux (la 
récite après lui). — 1 3' Après les mots qui signifient 
dire, annoncer. Ex. Arocayâmi vo bhikkhave : je 
vous déclare, ô religieux. — 1 /i° Pour exprimer le 
sens de : à cause de. Ex. ûnassa paripuriyâ : pour 
suppléer ce qui manque. — 1 5° Pour exprimer le 
sens de l'infinitif. Ex. Lokânukampâya : pour témoi- 
gner au monde sa compassion. — 1 6° Après un mot 
du sens de : assez, suffisant. Ex. Alam bhikkhu- 
pattassa : c'est assez de l'écuelle de religieux. — 
17° Après le verbe manna, quand on exprime le 
mépris par la comparaison de certains objets ina- 



— 140 — 

nimés. Ex. Katthassa tuvam manne : flocci te facio. 

— 18° Pour marquer le but vers lequel on se di- 
rige, après les verbes qui ont le sens d'aller. Ex. 
Gâmassa pâdena gato : étant allé à pied au village. 

— 1 9" Après des mots qui expriment un soubait. Ex. 
Ayasmato dîghâyu hotu : une longue vie au véné- 
rable! — 20° Pour exprimer le consentement, la 
permission. Ex. Annalrasanghasammutiyàbhikkhussa 
vippavatthmh na vattati : il n'est pas permis au re- 
ligieux de s'absenter autrement que du consente- 
ment de la communauté. — 2 1° Après le mot hhiyyo. 
Ex. Bhiyyo somaltâya : extrêmement (plus que dans 
une raisonnable mesure). — 22° Dans le sens du 
locatif. Ex. TuyhaËi cassa âvikaromi : je vous mon- 
trerai à toi et à lui 

Les quatre premiers cas prévus par cette règle semblent 
empruntés à Pànini, I, -4, 34 : «Çlâghahnunstliâçapâm jnîp- 
syamâiiah». Mais comme, ni dans le texte de notre règle, ni 
même dans le commentaire, le mot « jnîpsyaroânah 1 ne se 
trouve reproduit, il est naturel de penser que le sens particu- 
lier que son addition force à attribuer aux quatre racines 
dans le grammairien sanscrit ne doit pas être transporté aux 
quatre verbes pâlis. C'est ainsi que j'ai traduit a silâgbate » 
non : il se vante à quelqu'un , mais : il loue quelqu'un , et « sa- 
pate maybam » , non : il me fait le serment de . . . mais : il me 
blâme, conformément à Vârt. 8 in Pân. 1,3, 21 (çapate upâ- 
lambbane : devadattâya çapate), — Relativement au cas 
d'emploi du datif consigné sous le n° 16 de la traduction, 
je ferai remarquer qu'on ne rendrait qu'imparfaitement la 
pensée de l'auteur en y voyant seulement la prescription du 
datif en construction avec alarh ; l'auteur a voulu dire à la 
fois plus et moins; plus, en embrassant dans sa règle d'autres 



— l'4\ — 

mots encore que ulaih; moins, en restreignant, l'emploi du 
datif au cas où aluih a le premier des deux sens relevés par 
le scholiaste. C'est ce qui ressort du rapprochement de notre 
règle avec le deuxième vârtika sur Pan. II, 3, 16 (ubi corr. 
MiJlicd ° et cf. III, /i, 66) , dont l'auteur a évidemment voulu 
mettre à profit la rectification. La grammaire Kâtantra se 
contente de copier la règle de Pânini; « Naraahsvaslisvâ- 
hâsvadhâlamvashaclyoge calurlhî» (fol. Sa). Quant aux pre- 
miers cas dont il est question ci-c!essus, je ne les v trouve 
mentionnés qu'occasionnellement, dans le commentaire. 

2fT ^ ^ iTichiH 'Util 

Yo âdliâro tam okâsasaiïiïam hoti. Svàdhâro catubbidho; 
byâpiko opasilesiko* vesayiko sâmîpiko ti. Tattha byâpiko 
tâva: jalesu khiram; tilesu telam; ucchûsu raso. Opasilesiko^ : 
pariyanke ràjà seti; âsane upavittho sangho. Vesayiko : bbù- 
mîsu manussâ; antarikkhe vâyù; âkâse sakunâ. Sâniipiko : 
vane hatthino; gangâyaiïi ghoso; vaje gàvim dulianti; sàvat- 
tbiyam viharati jctavane, 

Okâsa iccaneiia kvattho? Okâse sattamî, (III, 32.) 

On appelle okâsa (espace, lieu) [la relation syn- 
tactique 011 se trouve] le naot qui exprinie la sphère 
(le domaine, le lieu) de l'action. Ex. Tilesu telam: 
l'huile se trouve dans les graines de sésame; pa- 
riyanke râjâ seti : le roi est assis dans le palan- 
quin. 

^^gRFT^^rt^ï^ll if II 

Yena va kayirate* yena va prissati yena va sunâti lam kâ- 

' Cd âkàsam. 

-, ^ K. upasilesiko. 

'' K.. kariyate. 

' K. kariyate. Cd kayirati. 



— 142 — 

rakaiîi karanasaiïnaiîi holi. Dattena ' viliini lunâti; vàsiyâ 
rukkham tacchati; pharasunâ rukkham chindati; kiiddâlena 
rukkhaiîi khanati ; hattliena kammam karoti ; cakkhunâ rùpam 
passali; sotena saddaiîi sunâti. 

Karana iccanena kvattho? Karane tatiyâ. (III, 16.) 

On appelle karana (inslrument) [la relation syn- 
tactique où se trouve le mot qui exprime] au moyen 
de quoi l'action est exécutée. Ex. Dattena vîhim 
lunâti : il coupe le riz avec un couteau; cakkhunâ 
rùpam passali : il voit la forme avec l'œil. 

Il est difficile de croire que le va du sûtra ait réellement 
le sens que semble lui attribuer le scholiaste, surtout placé 
comme il l'est. Il serait plus satisfaisant de le prendre dans le 
sens de eva ; cet emploi de va n'est pas absolument étranger 
au sanskrit, et, pour le pâli, la confusion qui s'y est faite 
entrera, iva, eva (cf. par exemple Abhidhânapp. n° 1 189) le 
rendrait bien plus admissible encore; cette interprélation 
serait singulièrement appuyée par le sûira de Pàuini, I, 
A, 42, qui déliiiit ainsi le karanakàraka : « Sàdhakatamam 
karanam ». Le grammairien pâli aurait cherché à rendre par 
la particule va l'intention contenue dans le superlatif du 
grammairien sanskrit. On peut objecter, il est vrai, que va 
étant un terme technique de sens et d'emploi déterminés, il 
est difficile de lui accorder ainsi une signification exception- 
nelle. Faut-il alors y voir une interpolation ? Ce qui est cer- 
tain, c'est que ni la règle Râtantra correspondante: « yena 
kriyate tat karanam» (fol. 3o), ni la glose de Durgasimha 
ne contiennent rien de pareil. 

^ ^Tf?r rî ^Îï37 II 10 II 

Yaiîi va karoti yam va passati yarîï va sunâti tani kârakam 
' K. clâtena. 



— 143 — 

kammasannaiîi lioli. Uathani karoli; chattam karoli ; dhajam 
karoli ; rûpaiîi [)assati; saddaiîi sunâli; kantakam niaddati; 
visaiîi gilati. 

Kamma iccanena kvattho? Kammalthe dutiyâ. (III, 27.) 

On appelle kamma (action) [la relation syntac- 
tique où se trouve le mot qui exprime] ce que fait 
[l'agent]. Ex. Ratham karoti : il fait un char; Sad- 
dam sunâti : il entend un bruit. 

îfr ^(t^ h ^^tt II \\ Il 

Yo karoti so kaltusanno hoti. Aliinâ dallho naro ; garulena ' 
hato nàgo; buddiiena jilo niâro; upagultena bandho mâro. 
Kaltii iccanena kvattho? Katlari ca. (III, 18.) 

On appelle kattu (agent) celui qui fait l'action. 
Ex. Ahinâ dattho naro : un homme a été mordu 
par un serpent (ahinâ est le kattâ). 

zfr^iïtfïï^H^iii'^n 

Yo kaltâram kâreli so hetusanno holi kaltusanno ca. So 
puriso tam purisam kaminam kâreti; sopuriso tenapurisena 
katiimam kâreli; so puriso lassa purisassa kaminam kâreli'; 
evaiîi vihâreti, pâleli, pâthell, dhâreli; pâceti, nâyeti. 

Hetu iccanena kvattho? Dhâlùhi nenayanàpenâpayâ kâ- 
rilâni helvatthe. (VI, 2, 7.) 

On appelle hetu (cause) celui qui fait faire une 
action. Ex. So puriso tam purisam kammam kâ- 

' Cd j^arulcna. 

- Cd karoli. 

■^ Cd ° piirisena cassa purisassa kammam kâreli; evam °. 



— \till — 

reti : cet homme fait faire telle action à cet autre 
homme. 

Il est curieux de voir ici le scholiaste commenter un mot 
qui ne se trouve pas dans le texte, mais bien dans le sûlra 
Kâtantra correspondant : « Kârayali yah sa hetuç ca » (fol, 3o) ; 
c'est à ce ca que s'applique (kaltnsanno ca » de la vrilti. 

^m ^ Tf^wT^ rî m^ Il ^ Il 

Yassa va parij>gaho taiîi sâniisannam hoti. Attanomukham; 
tassa bhikkhuno pativisam ' ; tassa bhikkhuuo paltaiîi; tassa 
bhikkhuno cîvaram. 

Sàmi iccanena kvattho? Sâmismim chatthî. (III, 3i.) 

On appelle samî( maître) celui qui a la pi^opriélë 
d'une chose. Ex. Tassa bhikkhuno patlam : l'écuelle 
de ce religieux. 

Quelle est ici encore la signification de va? Le scholiaste 
n'essaye même pasdefexpliquer. L'explication proposée pour 
le sûtra g paraît ici encore la seule possible, encore que 
nous n'ayons pas cette fois de texte de Pànini qui témoigne 
positivement de la nécessité de restreindre et de limiter 
quelque peu fexpression très-générale du texte. 

Après ce sûtra , M. Kubn en a un autre que je ne retrouve 
ni dans C ni dans Cd ; il est ainsi conçu : ^ ^i 3iraxgf^fi^ n 
Tesam apâdânàdînam channam kârakânam ubhayamhi sam- 
patle yam paraiîi tan iîeva lioti : gâvim dohati; dhanunà 
vijjhati; kamsapâtiyâ bbunjati. — Celte lègle ne se retrou- 
vant ni dans mes manuscrits, ni dans le Bâlâvalàra, ni dans 
la Rûpasiddhi , et de plus , M. d'Alwis [Introd. p. i o4) donnant 
pour les règles de celte section le chiffre de quarante-cinq 
que nous obtenons en ne comptant point celle-ci, il faut sans 

' Cd l'aliviinsain. 



— U5 — 

doule la considérer comme une addition postérieure. Il n'y 
aurait pourtant aucune raison interne de l'éliminer de la sorte ; 
car elle donne un sens sufiTisant, el d'ailleurs elle figure à la 
même place, parmi les .«ûtras Kàtanlra , sous celte forme 
(loi. 3o-3i) • « Teshâm param ubhayapràptau », que Durga- 
siiîîha explique comme il suit : «Tesliâm kârakânàm ubhaya- 
pràptau satyâm yat paraiîi tad bhavaii. Grâmâya datlvâ tir- 
tliam gatah sampradânam eva » et autres exemples. — Celte 
observation parait avoir sa première origine dan» Pânini, II, 
3, 66, que M. Ruhn (p. 12) rappelle avec raison. Quoi qu'il 
en soit, le grammairien a, par là, entendu spécifier que, 
dans le cas où deux des relations synfactiques précédemment 
énumérées paraîtraient pouvoir convenir également au rôle 
d'un même mot dans une phrase, c'est celui des deux 
kàrakas qui apparaît le dernier dans les sûtras précédents 
qui est le vrai et qu'il faut appliquer. Ainsi dans la phrase : 
il trait une vache, on pourrait se demander si le mot vache 
ne tombe pas sous l'apâdânakàraka (en vertu de «yasmàd 
apeti » du s. 1) au lieu du kammakàraka; eh bien ! le kamma 
venant après l'apàdàna dans l'ordre des explications données, 
c'est à l'accusatif et non à l'ablatif qu'il faut mettre le mot 
go; et l'on dit : « Gàvim dohati ». 

mj^ TTïïm ' Il rè ii 

Lingatthâbhidhànamatle pathamâ ^ vibhatti holi. Puriso; 
purisâ; eko; dve; ca; va; lii; ahaih; liare; are. 

Le nominatif s'emploie pour exprimer [purement 
et simplement] l'idée contenue dans le thème. 
Ex. Puriso : l'homme ; purisâ : les hommes. 

^IHMH ^ Il 1M II 

Àlapanatlhâdhike lingatlhâbhidhânamatte ca * pathamâ* 

', -, * K. pathamâ. 
^ Cd n'a pas ca. 

J. As. Extrait n° 1 . ( 1 87 1 .) 10 



— U6 — 

vibhalli holi. Bho purisa; bhavanto purisâ; blio ràja; bha- 
vanto râjàno; be sakha; be sakhino. 

Casaddaggabanam patbamaggabanânukaddbanaltham \ 

Et aussi pour exprimer le vocatif. Ex. Bho purisa : 
o homme ! 

Karanakârake tativà vibbatli boli. Agglnà kutim jbâpeti; 
manasà ce padullbena; nianasâ ce pasannena; kâyena kam- 
mam karoli. 

Pour [exprimer la relation syn tactique appelée] 
karanakâraka, [on se sert de] l'instrumentai. Ex. 
Agginâ kutim jhâpeti : il détruit la cabane par le 
feu. 

H^Tf^^ =^ Il \S II 

Sabâdiyogaltbe ca^ laliyâ vibballi boti. Sabâpi gaggena ^ 
sangbo uposatham kareyya; mabalâ bbikkhusangbena sad- 
dbiiîi ; sahassena sarnam mita *. 

Et aussi en construction avec saha, etc. Ex. Ma- 
hatâ sanghena saddhim : avec une nombreuse as- 
semblée de religieux. 

' K. n'a pas cette glose. 

* Cd n'a pas : ca. 

* K. Sahâgatena sa °. 

* K. samappitiV. 



— 147 — 

Kaltari ca kàrake ' latiyà vibhatti b.oti. Raiînâ halo poso; 
yakkhena dinno varo; ahinà dallho naro. 

Et aussi pour [exprimer] le kattukâraka. Ex. 
Raiiûâ hato poso : cet hommea été tué par le roi. 

Hetvatthe ca * tatiyà vibhatti holi. Annena vasalî ; dham- 
mena vasati; vijjâya vasali; sakkârena vasati. 

Et aussi pour exprimer la cause. Ex. Annena 
vasati : il liabite ici à cause de la nourriture; vijjâya 
vasati : il liabite ici pour son instruction. 

Sattamyatihe * ca laliyâ vibhalti hoti. Tena kàleiia; lena 
samayena; tena khopana samayena. 

Et aussi dans le sens du locatif. Ex. Tena kâlena : 
en ce temps. 

Yena byâdhimatâ* angena angino vikâro lakkhale tattha 
tatiyà vibhatti holi. Akkhinâ kàno; hatthena kuni; kânarîi 
passatu nellena; pâdena khanjo; piuhiyâ khujjo. 

[On se sert de l'instrumental] pour marquer quel 

' Cd n'a pas : kârake. 

^ K. lletuppayoge ca hetvaltlie ca. 

', ' Cd Sattammyatttie. 

^ K, t)yâdtiiinattâ. 



— 148 — 

membre affecte une infirmité. Ex. Akkhinâ kâno : 
privé d'un œil [littéral, aveugle d'un œil). 

N^HH ^ H ^^ Il 

Visesanalthe ca latiyâ vibhatti holi. Gollena golamo nâlho 
suvannena abhirûpo tapasâ uttamo. 

Et par quelle qualité un objet se distingue. 
Ex. Gottena gotamo nàtho suvannena abhirûpo ta- 
pasâ uttamo : Gotania, roi par sa naissance, beau 
par sa couleur dorée, invincible par la pénitence. 

H^^M =^5^ Il ^^ Il 

Sampadànakârake calulthî vibhatli holi. Buddhassa va 
dhammassa va sanghassa va dânam deti; data holi samanassa 
va brâhmanassa va. 

Pour [exprimer] le sampadânakâraka [on em- 
ploie] le datif. Ex. Buddhassa dânam deti : il fait 
un présent au Buddha. 

^T%TT^rgfÏT =^ Il ^'è li 

Namoyogâdisvapi ca calulthî vibhatti hoti. Namo te bud- 
dhaviratthu; solthi pajânam; namo karohi nâgassa; svàgatam 
te maharaja. 

Casaddaggahanam catullhigahanânukaddhanaltham \ 

Et aussi en construction avec namo, etc. Ex. 
Namo te buddhavîratthu : honneur à toi , ô Bud- 
dhavîra. 



' K. n'a pas cette glose. 



— 149 — 
W^T^ M-^H1 II ^M II 

Apâdânakârake pancami vibliatti hoti. Pàpâ citlam nivâ- 
raye ; abbhâ mutlo va candimà; bhayâ muccati so naro. 

Pour [exprimer] l'apâdânakâraka [on emploie] 
l'ablatif. Ex. Papa cittam nivâraye : qu'il éloigne 
son esprit du mal. 

^iï^w^ '^ Il ^i II 

Kâranalthe ca pancami vibhatti hoti. Ananubocihà appa- 
livedbâ calunnaiîi ariyasaccânam yathâbhùtamadassaiiâ '. 
Casaddaggahanaiîi pancamîgahanânukaddhanatlham*. 

Et aussi pour marquer le motif. Ex. Ananubo- 
dhâ : par indocilité. 

^ï^^ ^m\ Il ^3 II 

Kammatthe duliyâ vibhatti holi. Kataiîi karoti; ralham ka- 
roti; chaltam karoli, dbammam sunâti; buddbaiîi pûjeti^; 
vâcaiîî bhâsati *; tandulam pacati; coram ghàleti; gavam ha- 
nati^; vihayo * lunâti. 

Pour [exprimer] le kammakâraka [on emploie] 
l'accusatif. Ex. Katam karoti : il fait une natte; 
buddham pûjeti : il honore le Buddha. 

' Cd "ssanâya. 

^ K. n"a pas cette glose. 

^ Cd pûjayati. 

'' Cd bbâsayati, 

•' Cd hanti. K. gâvirîi hanati. 

« K. vîliiyo. 



150 



^FT^TH W^'dk\mi\ Il "^t II 

Kàladdhânam accanlasamyoge duliyâ viblialli lioli. Màsain 
adhîte; yojanam kalahaiîi karonlo gaccliati. 

Accantasamyogeti kimattham? Samvacchare bhunjati. 

Pour exprimer Je temps et la dislance avec l'idée 
de continuité. Ex. Mâsam adhîte : il étudie un mois; 
yojanam kalahaiîi karonto gaccliati : il marche un 
yojana en se querellant. 

chU|LH=|^Hl«M<iiT( ' Il "î^tf II 

Rammappavacanîyayulte * dutiyâ vibhatti hoti. Taiîi klio 
pana bhagavantaiïi gotamam êvam kalyâno kittisaddo ab- 
bhuggato; pabbajilani anu pabbajiiîisu. 

[L'accusatif s'emploie aussi] en construction avec 
des prépositions. Ex. Taiîi kho pana bhagavantarîi 
gotamam evam kalyâno kittisaddo abbhuggato : et 
alors un pur concert de louanges s'est élevé vers 
Gotama le Bienheureux. 

TT^fl:^^ g «i'^ichiHii I i\^ ^iïf^ ^ Il Bo II 

Gatibuddhibhujapatliaharakarasayâdinaiîidhâtûnani'payo- 
ge kârite sati dutiyâ vibhalti hoti va*. Piiriso purisam gâmam 
gâmayati, puriso purisena va, puriso purisassa va*; evaiîi : 

^, * Cd "varanîye yutte. 
^ Cd n'a pas : dhâtùnam. 

* Cd n'a pas : va . 

* Cd n'a pas : pmiso purisassa va. 



— 151 — 

bodliayali, bhojayati, pàlhayati, liârayati ; kàrayati, sàyayati ' 

— evaiïi sabbatlha kàrile. 

Il peut à volonté s'employer après le causatif des 
racines qui signifient aller, connaître, et des verbes 
bhuj , path, har, kar, say, etc. Ex. Puriso piirisam 
gâmani gâmayati: cet homme fait aller cet homme 
au village. 

Celte règle représente ici deux sùlras de Pânini , I, ^, Sa 
et 53. Us sont ainsi conçus : « Galibuddbipratyavasânârtbaçab- 
dakarmâkarmakânâm anikarlâ sa nau [karmasamjnah syât). 

— Hrikror anyatarasyàm». Il faut convenir que l'imitation 
n'a pas été faite avec tout le soin désirable. Et d'abord le 
grammairien pâli, en omettant de spécifier le mot qui se met 
à l'accusatif après les causatifs en question, a enlevé loule 
précision et toute portée sérieuse à sa règle; il a ainsi auto- 
risé le scholiaste à dire : evaih sabbatlha kârite; en effet, 
après tous les causatifs , il y a place pour un accusatif; mais 
alors à quoi bon spécifier dans la règle certaines racines, si 
elle doit s'étendre également à toutes, et quelle est l'utilité 
d'une règle assez vague pour embrasser à la fois les cas les 
plus divers et les plus opposés? — En second lieu, en pre- 
nant modèle sur le sùtra sanskrit, le grammairien pâli a pure- 
ment et simplement transporté dans le sien les deux premiers 
mots, ^a(i el huddhi, sans laire attention que les changements 
qu'il opérait dans le reste du texte et notamment la suppres- 
sion du mot artha, arrachaient ces mots à leur construction 
logique, et rendaient tout à fait irrégulière et obscure la 
forme du siitra. Devant de pareils procédés, il est permis 
de se demander si l'auteur n'a pas trop légèrement étendu 
à toutes les racines qu'il cite (sans parler de l'extension illi- 
milée du scholiasle) le caractère facultatif que le grammairien 

' Cd n'a pas : sâyayali. 



— 152 — 

sanskrit n'altribue à la règle que pour les deux racines liaret 
kar. Le commentateur sanctionne, il est vrai, par ses exem- 
ples, celte extension du va à toutes les racines énumérées 
(cf. aussi le commenl. du sùtra 12); mais comme ce ne 
sont là que des exemples d'école qui peuvent parfaitement 
ne reposer que sur la présente règle, celte autorité ne suffit 
pas pour lever tous les doutes. 

HifnfH ?5ft II ^1 II 

Sâmismiin clialllii vibhatti hoti. Tassa bhikkliuno pativi- 
sam'; tassa bhikkhuno mukbam; tassa bhikkbuno pattaci- 
varaiîi. 

Pour [marquer] le sâmî (possesseur) [on emploie] 
le génitif. Ex. Tassa bhikkhuno pattacîvaram : j'é- 
cuelle et le manteau appartiennent à ce religieux. 

^t^iïïï Hrnft II 3^ Il 

Okâsakârakesattamî^vibbattilîoti. Gambbireodakannave'; 
pâpasmim ramati mano; bhagavati brabmacariyam vasati 
kulaputto. 

Pour [exprimer] i'okâsakâraka [on emploie] le 
locatif. Kx. Gambhîre odakannave : dans l'Océan 
profond. 

Hl(H^<lfl|Mfd({^NI5Hf^LHU4frnî;^Tr^-5 «j»Hrir^ 

=^ Il ^? Il 

Sâmi issara adhipati dâyâda .«akkhi patibbù pasùta*kusala 

' Cdpativimsam. 

^ Cd saptamî. 

•'' K. odakantike. Cd. do K. ndal<antike. 

* Cd K. "sakkhipatibhû". 

', * K. pasutta. Cd pasuta. 



— 153 — 

iccetehi yoge sati ' chatthî vibhatti hoti sattami ca, Gonànaiîi 
sâmî; gonesu issaro; gonânam adliipati ; gonesu adhipati; 
gonànani dâyàdo; gonesu dâyâdo; gonànain sakkhi; gonesu 
sakkhi ; gonânam patibhû ; gonesu patibhù ; gonânam pasùto ; 
gonesu pasûto; gonânam kusalo; gonesu kusalo, 

Après les mots sâmî, issara adhipati, dâyâda, 
sakJihi, patibhû, pasâta, kusala [on emploie le gé- 
nitif et] aussi [le locatif]. Ex. Gonânam ou gonesu 
sâmî : propriétaire des bœufs; gonfmam ou gonesu 
adhipati : maître des bœufs, etc. 

#r^j^ ^ Il 1% Il 

Nidciliârane ca chalthi vibhatti hoti sattami ca. Kanhà gà- 
vinam sampannakbiratamà; kanhà gàvîsu sampannakhîra- 
tamâ; sâmâ nârinam dassanîyatamâ; sàmâ nàrisu dassaniya- 
tamâ ; manussânam khattiyo sùratamo ^ ; manussesu khattiyo 
sûratamo^; pathikânam dhavanto sîghatamo; pathikesu dha- 
vanto sîghatamo. 

Et [on emploie] aussi [le génitif et le locatif] pour 
marquer la distinction [qu'on fait d'une partie com- 
parée à l'ensemble]. Ex. Kanhâ gavînam ou gâvîsu 
sampannakhîratamâ : la vache noire est de toutes 
la plus riche en lait. 

^RT^=5ril ^M II 

Anâdare chatthi vibhatti hoti sattami ca. Rudato dârakassa 
pabbaji; rudantasmim dârake pabbaji. 



' K. "telii payogc sati. Cd °tehi payogehi. 
*, ' Cd suratanio. 



— 154 — 
Casaddaggalianaincliallliisattamîgalianànukaddljanattham'. 

Et ;iussi pour marquer qu'on ne lient pas compte 
d'une chose. Ex. Rudato dàrakassa oa rudanfas- 
mim dàrake pabbaji : il se fit religieux sans tenir 
compte de son fils en larmes. 

mf^ |f?TsrT ^ft^ ^^ Il Bi II 

Chatlhinaiu attlie kvaci dutiyà vibliaiti Iioti. Aj)i,isu tuain 
aggivessàna tisso^ upamâyo patibhaiîisu. 

L'accusatif s'emploie dans certaines fonctions du 
génitif. Ex. Apissu mam aggivessàna tisso upamâyo 
patibhamsu : Aggivessàna , ai-je bien compris les 
trois paraboles ? 

M.Kubn (p. i4) traduit ; « Interdum accusativus casus po- 
nitur notione fungens sextorum casuum , i. e. sexti atque 
septimi. genitivi atque locativi, » et plus bas il ajoute : « Ce- 
terum plane supervacaneum fuit locativi mentionem plurali 
chatlhînam posito bac régula comprebendi , cum accusativus 
locativi notione fungens in sequente régula iterum tractelur. » 
Je ne vois pas sur quoi M. Kubn appuie cette interprétation 
singulière du pluriel chalthfnam, que n'indique point le scbo- 
liaste, pas plus par exemple que le Bâlàvatâra dont le com- 
mentaire m'a suggéré au contraire l'explication que j'ai intro- 
duite dans la traduction. Il est ainsi conçu (p. 66): « Evam 
antarâ anto tiro abhito parito patibbâ iccàdinain yoge; » sui- 
vent des exemples. D'après cela je crois qu'il a compris, et avec 
raison, que le pluriel 'i cbatlbînam » a pour but d'indiquer 
qu'il ne s'agit pas seulement d'un cas précis, mais de plu- 

' K. n'a pas cetle glose. 
- K. Afïgivessânatisso. 



— 155 — 

sieurs cas de nature diverse où le génitif peut également 
être remplacé par raccusatif; kvaci pourrait alors paraître 
faire double emploi ; mais rien n'est plus simple que de le 
prendre comme équivalant à peu près à va. A la rigueur le 
pluriel chalthînaih pourrait peut-être avoir encore un autre 
sens et désigner, avec le génitif, le datif, forme ordinaire- 
ment identique: mais je ne vois pas de fait, je ne vois rien 
dans les exemples donnés qui autorise à penser que l'auteur 
ail eu en vue le datif que ne gouvernent ni en sanskrit ni en 
pâli les prépositions ni le verbe cités. 

dfd<mHT<HlH^ Il B3 II 

Taliyàsaltamînam atlhe kvaci duliyâ vibhatti hoti. Sace 
main samano gotamo nàlapissati tvaiica mam nàbhibliâsasi, 
evaiîî laliyatfhe'; — pubbanliasamayam nivâsetvâ ; ekam sa- 
mayam bhagavâ , evam sattamyatthe. 

Et aussi dans le sens de l'instrumental et du lo- 
catif. Ex. Sace maiîi Samano Gotamo nàlapissati : 
si Gotama le Çramana ne me parle pas; pubbanlia- 
samayam nivâsetvâ : l'ayant fait demeurer pendant 
la matinée. 

Wt ^ Il ^C II 

Taliyàsatlaminaiîi atthe kvaci clialllù vibballi hoti. Ratam 
me kalyânam; kataiîi me pàpam, evam laliyalthe; — kusalâ 
naccagilassa susikkhilâ caluritlhiyo; kusalo tvaiîi ralhassa 
angapaccaùgânam, evaiîi saltamyalthe. 

Rvacîti kimatthaiîi? Desito ânandamayâ dliammo; ânando 
allhesu vicakkhano. 

Le génitif [s'emploie] do môme [quelquefois dans 
le sens de l'inslriimental et du locatif]. Ex, Katarîi 

' Cfl latiyâtthe. 



— 150 — 
me kalyânam : j'ai fait une bonne action; kusalâ 
naccagîtassa susikkhitâ caturitthiyo : des femmes 
gracieuses et habiles, instruites dans la danse et le 
chant. 

On remarquera que, si l'auteur du sûtra a eu vraiment 
en vue, comme l'indique le scholiaste, les formes me, te des 
pronoms aham, Ivam.Ia règle, en ce qui les concerne, élâit 
complètement superflue après II, 2 , 3i, d'après laquelle me, 
te sont aussi des (ormes enclitiques de rinstrumental. 

^ld^lM-^HlH-=t| Il ^(f II 

Duliyâpancamînam atthe kvaci ' chatlhî vibhatti holi. 
Tassa bhavanti vatlâro; tassa kammassa kaltâro, evam du- 
tiyallhe; — assa vanalâdhammassa^ parihâyanti; kim nu kho 
aham tassa bhàsayâmi; sabbe tasanli dandassa; sabbe bliâ- 
yanti maccuno; bhîto catunnam âsîvisânam nâgânam; bhâ- 
yârai ghoravisassa nâgassa ; evam pancamyatthe. 

[Il s'emploie] aussi dans le sens de l'accusatif et 
de l'ablatif. Ex. Tassa bhavanti vattàro : ils disent 
cela; assa vanatàdhammassa parihâyanti : ils sont 
délivrés de l'empire de la concupiscence. 

ch^cf,(iilfHfHT(^H, HrFft II ^o II 

Karamakarananimittatlhesu sallamî vibhatti hoti. Sun- 
darâvuso ime âjîvikâ ^bhikkhùsu abhivâdenti, evam kammat- 
ihe;. — halthesu pindâya caranti; pattesu pindâya caranti; 

' Cd n'a pas : kvaci. 

'^ Cd. de K. vanatâdha" K. vanitâdlia". 

^ K. âjîvakâ. 



— 157 — 

palhesu caranti, evam karanaltlie; — dipicammesu liannate; 
knnjaro danlesu haiïnate, evaih nimittatthe. 

Le locatif s'empJoie dans le sens du kamma (ac- 
cusatif), du karana (instrumental) et pour expri- 
mer la cause. Ex. Sundarà ime âjîvikâ bhikkhûsu 
abhivâdenti : ces artisans sont polis, ils saluent les 
religieux; hatthesu pindàya caranti : ils recueillent 
avec les mains la nourriture qu'ils mendient; dîpî 
caiiimesu hannate : c'est pour sa peau qu'on tue le 
léopard. 

^^^(^ =^ Il ^\ Il 

Sampadàne ca sattamî vibhatti lioti, Sanglie diiinam ma- 
happhalam; sanglie golami dehi; sanghe dinne ahanceva pii- 
jito bhavissâmi. 

Et aussi pour [exprimer] le sampadânakâraka. 
Ex. Sanglie dinnam mahapphalam : les dons faits 
à la communauté religieuse assurent de grands mé- 
rites. 

^3^î^r^ ^ il ^^ Il 

Pancamyatthe ca satlamî vibhatli hoti. Kadalîsu gaje rak- 
khanti'. 

[Il s'emploie] aussi dans le sens de l'ablatif. 
Ex. Kadalîsu gaje rakkhanti : ils éloignent les élé- 
phants des bananiers. 

' K. ajoute : uccliûsu uivârayanti gâvo. 



— 158 — 
^iïrTvnt^^^ Il %l^ Il 

Râlabhâvesu ca katfari payujjainâne saltamî vibhatti holi. 
Pubbanhasamaye gato, sâyanhasamaye âgato; bbikkhusan- 
ghesu bhojiyamânesu gato, bhuttesu àgato; gosu duyhamâ- 
nâsu' gato, duddhâsu^ âgato. 

Et pour exprimer le temps et l'état. Ex. Pub- 
banhasamaye gato, sâyanhasamaye âgato : il est parti 
le matin et revenu le soir-, bhikkbusanghesu bho- 
jiyamânesu gato, bbuttesu âgato : il est parti au 
moment où les religieux étaient à leur repas, et re- 
venu qu'ils l'avaient terminé. 

3tTT'?2rf5rfchH^<=(^H^ Il U II 

Upa adhi iccetesaiîi payoge adhikissaravacane satlami vi- 
bhatli holi. Upa khâriyani* dono; upa nikkhe kaliâpanam ^ 
adhi nacce golami; adhi brahmadalte pancâià^ adhi devesu 
buddho. 

[Le locatif s'emploie encore] après upa, adhi, 
pour marquer l'objet indiqué comme inférieur ou 
supérieur. Ex. Upa khâriyam dono : le drona est 
inférieur à la khârî; adhi brahmadatte pancâlâ : les 
Pancâlas sont sous la domination de Brahmadatta ; 
adhi devesu buddho : le Buddha est au-dessus dès 
dieux. 

Cd et K. "yhamânesii. 
^ Cd duddhesu. 

' Cd upâddhyâdhi" K. upàdhyâdhi" canesu ca. 
* Cd khâriyâ. 
^ Cd "iiâpanarîi. 
'' Cd "dattesu paficalo. 



— 159 — 

rrmr =^ • ium ii 

Mandilussuka ^ iccetesvattliesu ca tatiyà vibhalli holi sat- 
tami ca. Nànena pasidilo; nâimsmiiu pasidito; nânena us- 
suko^: nânasœim ussuko * tatliâgagalo va tathàgatagollo va. 

[Le locatif] et aussi l'instrumental [s'emploient] 
après [les mots qui signifient] content de, avide 
de. Ex. Nânena ou nânasmim pasidito : qui trouve 
le bonheur dans la sagesse; iïânasmim ou nânena 
ussuko : avide de la sagcvsse. 

ITI KÀRAKAKAPPE CHATTHO KANDO. 



HiHM H^mrr ^rl^ l II 1 II 

Tesaiîi nâmânam payujjamànapadatthànam yo yuttattho 
«0 samâsasanno hoti. Kalhinassa* dussam, kalhinadussam; 
àgantukassa bhattaiîi, âgantukabhattam ; jîvitan ca tani in- 
driyan câti , jîvitindriyaiîi ; samano ca brâhmano ca samana- 
brâhmanâ; sâriputto ca moggallâno ca,sàriputtaaioggallânà, 
brâhmano ca gabapatiko ca, brâhmanagaliapatikâ. 

Nâmânam ili kimattliam? Devadatto pacati. 

Yuttatthoti kimatthaiîi? Bhalo ranno; putlo devadat- 
tassa. 

Samâsaiccanena kvatlho*?Rvaci samâsagatânam akâranto. 

(IV, 22.) 

' Cd "tussukesu taliyà. « Ca » manque aussi dans K. ; mais le Bâlâ- 
vatâra et la Rûpasiddhi lisent comme nous. 

^ Cd ussukka". 

', * Cd ussukko". 

^ Cd katliinassa. 

•* S" "ttho. Ityâdisu padcscsu imesam samâsasaddena yaiîi saùga- 
hanaiîi tad eva imâya samàsasaniïàya payojanain attlii. Kvaci". 



— 160 — 

On appelle samâsa (composé) [le mot résultant 
de] la réunion de [plusieurs noms réunissant en un 
corps leurs] significations [respectives]. Ex. Agantu- 
kabhattam : le repas de l'étranger (= àganlukassa 
bhaltam). 

m Rvrffnft rfmr =^ imi 

Tesam yuttatthânam samàsâham vibhattiyo lopâ ca honti. 
Kathinadussaiîi ; âgantukabliattam. 

Tesamgahanena samâsataddhitâkhyâta'kitakappânaiîi pac- 
cayapadakkliarâgamânan ca lopo lioti. Vasiltliassa apaccam, 
putto: vâsitiho; vinatàya apaccam, putto : venateyyo. 

Casaddaggahanam avadhàranailham. Pablicim karotîti pa- 
bhaiîikaro; amatam dadâtiti amalamdado; medham karotîti 
medlianikaro. 

Et les mois ainsi rapprochés perdent leurs dési- 
nences casuelles. Ex. Agantukabhattam, au lieu 
de : âgantukassa bliattam. 

TT^frT =^^ H^^rT^MI ? Il 

Lullâsu vibhatlîsu assa' sarantassa liiigassa pakalirûpàni 
bonti. Cakkbun ca sotan ca : cakkbusotam ; mukhan ca nàsi- 
kan ca : mukhanâsikam ; ranno putto : râjaputto ; ranno pu- 
riso : râjapuriso. 

Et [cette suppression opérée,] les thèmes voca- 

• Cd "tàkkhyâta". 

- H faudrait sans doute lire : «"ca ssarantassa» , et «assa» ne doit 
probableineut son origine qu'au double ij initial; mais la faute est 
ancienne. — Le s. Kâtantra (fol. Sy) : «Prakritiçca svarântasya». 

^ Cd n'a pas : assa. 



— 161 — 
liques reprennent leur forme primitive. Ex. cak- 
khuiîi H- sotarîi : cakkhusotam : ia vue et l'ouïe 
ramio puriso : ràjapuriso : l'homme du roi (garde 
de police). 

Upasagganipâtapubbako samâso abyayîbliâvasanno lioti. 
Nagarassa saniîpe katbâ vattate^ iti, upanagaram; darathassa 
abhàvo, niddaralham; masakassa abhàvo, iiimmasakam; viid- 
dhânam palipâtiyâ, yatbâvnddham; ye ye' bràbinanà vuddhâ 
te te nisîdantî yathâvuddham ; jivassa yaltako paricchodo, yâ- 
vajîvain; cittam adfaikiccadhammà vattantîti adbicittam; pab- 
batassa tiro , tiropabbataiîi ; sotassa pati valtatili * patisotam ; 
pâsâdassa anto, antopâsàdaih. 

Abyayîbhâva iccanena kvattbo'? Aiîi vibhattînani akâran- 
tâbyayîbbàvâ. (IV, 26.) 

[On désigne sous le nom d']abyayîbhâva le com- 
posé dont le premier membre est une préposition 
ou une conjonction. Ex. Upanagaram : près de la 
ville; yathâvuddham : suivant 1 âge. 

^ HMH^hfrîjt II M II 

So abyayibhâvasamâso napuinsakalingo vadallhabbo. Ku- 
mârim adliikicca kathà vattatiti adhikumâri*; vadhuyà sa- 

' Cd abbyayibhâvo. S" abyayibhâvo , et de même toujours avec i 
bref; le Bâlâvalàra, au moins dans l'édition dont je fais usage, a ré- 
gulièrement \'î long. 

* Cd vatlata iti°. 

•'' S* patipâtiyâ yc ye°. Cd "patipâti ya". 
'' Cd S' "ttatîti nâmà pa°. 

^ 8'°ttho? Ityàdisu padcsii imesaiïi abyayibhâvasaddena yam sai'i- 
gahanam lad eva imâya abyayibhàvasanfiâya payojanamatthi. — So°. 

* Cd "mârî. 

J. As. Extrait n" 1 . ( 1 87 1 .) 11 



— 162 — 

mîpe vattatiti upavadhu'; gangâya sainipe vattate iti ^ upa- 
gangain; manikâya samîpe vattate ili' upamanikam. 

Ce composé est [considéré comme] neutre (il 
prend la désinence du neutre). Ex. Adliikumâri : 
relativement à une jeune fille; upavadhu : près d'une 
femme. 

ft^îT^^ÏTt II lu 

Digussa samâsassa ekattaih hoti napumsakalingatlanca. 
Tayo lokâ, tilokam; tayo dandâ, tidandam; tîni * nayanâni, 
tiiiayanam; tayo singà, tisingam; catasso disâ, caluddisam; 
dasa disâ, dasadisam; panca indriyâni, pancindriyam. 

Le compose digu ne s'emploie qu'au singulier 
[et au neutre]. Ex.' Tilokam : les trois mondes; 
catuddisam : les quatre points cardinaux. 

Il est irès-vraisemblable que le scholiasle entre biea dans 
l'intention de l'auteur quand il étend à ce sùtra et aux sui- 
vants la prescription du neutre; pour le sanskrit, Pànini 
(II, 4, 1, 2 suiv. 17) enseigne de même; et nos sûtras pâlis 
sont ici calqués en partie sur ces règles sanskrites. 11 faut 
avouer toutefois que , si telle a été vraiment l'intention de 
l'auteur, il s'est exprimé d'une façon malheureuse, alors 
qu'il lui était si facile de se conformer plus exactement 
au modèle qui lui était offert. En effet , à ne prendre que 
le texte des sûtras et à en peser rigoureusement la construc- 
tion, il serait impossible de penser que le sûtra 5 ait quelque 

' Cd "vadljuiîi. 
■^ 3 Cd valtata ili. 
" Cd tîni. 



— 163 — 
lien avec les^suivants, l'auteur changeant complètement la 
construction au s. 6 et négligeant de le rattacher au précé- 
dent par la commode particule ca. On serait tenté de croire 
qu'il y a là une intention formelle de se sépivei: de la règle 
sanskrits et de repousser nettement la presicrption exclusive 
du neutre (relativement aux dvigus et pour le sanskrit même 
cf. Vârt. in Pân. Il, 4, 17, et Pàn. IV, 1, 21 et suiv.). Il 
était si simple de dire, s. 5 : Tassa napumsakattam ? — s. 6 : 
Digussekattanca. Toutefois, si nous nous reportons auxsùtras 
Kâtantra, nous y trouvons une inexactitude toute semblable. 
Le.s règles en question sont les suivantes (fol. /ii) : «Sa 
[V avyayïbhâva) napumsakaiingam syàt. — Dvandvaikatvam 
(que Durgasimha explique : Dvandvasyaikatvam napumsaka- 
lingatvarn. syât). — Talhà dvigoh ». En comparant Pânini, 
II, 4, 1 suiv. il semble que notre grammairien, tout en se 
modelant sur ces règles, les ait à dessein modifiées, en se 
rapprochant de Pânini, de façon à incorporer dans son ou- 
vrage les deux règles suivantes empruntées à ce dernier, 
sans augmenter pourtant le nombre de ses sùtras au delà 
du strict nécessaire. 

pm^Hlil^ifpH-^ Il 3 II 

Tathâ dvande pâniHuiiyayoggasenangakhuddajantukavi- 
vidhaviruddhavisabhâgattha iccevamâdinam ekatlam hoti * 
napumsakalingatlaiï ca. Taiîi yathâ : cakkhusolaiîi; mukha- 
nàsikani; chavimanisalohitam, evam pànya*ngatthe ; — san- 

' Cd °pàni°. 

- Cd "vividhavisa". 

' S'Oyoga". 

* Cd pàni°. 

' Cd°ttam gahoti. 

" Cd pânya" 



— 164 — 

kho ca panavo' ca, sankhapanavam^; gitaiï ca vâditan ca, gî- 
tavâditam; claddari ca^ dendiman ca, daddaridendimam; 
evaiîi turiyangatthe; — phâlan ca pâcanan ca, phâlapâcanam; 
yugafica nangalan ca , yiiganangalaiïi, evaiîi yogangatthe; — 
asin ca camman ca , asicammam ; dhanu ca ^ kalâpaû co , dha- 
nukalâpam; hatthi ca asso ca ratho ca pattiko ca, hatlhiassa- 
rathapattikam, evam senangatthe ; — çlamsan ca masakan ca, 
damsamasakam , kunthan ca kipilikan ca, kunthakipilikam^ 
kîtan ca sirin ca sapan ca, kitasirisapam, evaiîi khuddajan- 
tukatthe; — ahi ca nakulo ca, ahinakulam; vilâro ca mûsiko 
ca, vilàramûsikani ; kâko ca ulûko ca, kâkolùkaiîï; evam 
vividhaviruddhalthe ; — sîlaiî ca pannâ ca silapannam"; sa- 
matho ca vipassano ca , samalhavipassanam; vijjâ ca cara- 
nan ca, vijjâcaranam'; evam vividliavisabhâgatlhe. 

Âdiggahanam kimattham? Dâsidâsaiîi; ittliipumam; pat- 
lacîvaram; tikacatukkam ; venarathakàram ^ sâkunikamâga- 
vikaiîi; dîghamajjhimam iccevamâdi®. 

Il en est de même des composés dvanda, quand 
on met on composition : i° des membres d'êtres 
vivants. Ex. Mukhanâsikain : la bouche et le nez; 
— 2° des instruments ou des parties d'art musical. 
Ex. Sankhapanavam : la conque marine et le tam- 
bourin; — 3° des objets d'attelage. Ex. Yuganan- 
galam : le joug et la charrue; — li° des parties 

' Cd panavo. 
- Cd "panavam. 
•* Cd daddarin ca. 

* Cd dhanuîï ca. 

'•" Cd kipilalikan ca kutthapiialikam. S' kunthâ ca kipilaliko ca 
kunthakipilikam. 

* Cd sîlapannânani. 

' S' ajoute l'analyse de chacun de ces trois exemples : sîlan ca 
pannâ ca, etc. 

" Cd venarathakâram ; sâkuni". S* venakâro, etc. 
' S' ajoute l'analyse des exemples. 



— 165 — 

d'armée [ou d'armement]. Ex. Halthiassarathapat- 
tikam : éléphants, cavaliers, chariots et fantassins; 
— 5° de petits animaux. Ex. Damsamasakam : 
mouches et moustiques; — 6° des êtres qui sont 
naturellement en lui le. Ex. Ahinakulam : serpents 
et ichneumons; — 7° des contraires. Ex. Vijjâcara- 
nam : la science et la vie pratique. 

février i)^«ifdiimH,^^"y^^HM<{^i^H--4 ii t ii 

Rukklialinapasudhanaclhannajanapada iccevamâdînani vi- 
bhàsâ ckattaiu hoti napuiîisakaiingattan ca dvande samâse. 
As.sattho cakapittlîo ca, assatthakapiltham assaltliakapilthà * 
va; nsîran ca viranan ca, usiravîranaiîi usiravîraniV va; ajo ca 
elako ca, ajelakam ajelakà va; hirannan ca suvannan ca, hi- 
rannasuvannaiîi liirannasuvannâ va; sali ca yavo ca, sàli_ya- 
vaiîi sâliyavâ* va; kâsi ca kosalo ca, kâsikosalam kâsikosalâ ^ 
va. 

Adiggahanaiîi kimalthaih ? Sâvajjaii ca anavajjan ca, sâvaj- 
jânavajjaiîi sâvajjânavajjâ va; liînan ca panitaû ca, hinappa- 
nîtam hînappanîtâ* va; kanho ca siikko ca, kanhasukkam 
kanhasukkà va. 

Et à volonté, quand on met en composition : 
1° des arbres. Ex. Assatthakapiltham ou °tthâ : le 
figuier sacré et le kapittha; — 2° des plantes. Ex. 
Usîravîranam ou "nâ : les herbes appelées uçîra et 
vîrana; — 3" des animaux. Ex. Ajelakam ou "kâ : 

' Cd "tinapasudhanudlia". 

^ Cd kapitthâno "kapitthânaiîi "kapitthânâ. 

•^ Cd bîranan ca" bîra" bî". S° vï". 

' Cd sâlî ca° ]î° lî°. 

-■'' Cd kâsî° sî° sî°. 

" Cd paiiî" nî" ni". S" ni". 



/ . 



— 166 — 
la chèvre et le bélier; — Ix" des métaux précieux. 
Ëx. Hiramiasuvannam ou "nnâ : l'or el l'argent; — 
5° des céréales. Ex. Sâiiyavaiîi ou "va ■ le riz et 
l'orge; — 6° des noms de pays. Ex. Kâsikosalam 
ou iâ : Kâçi et Roçala. 

f|;Tf^ driMli^chCu^i =h^yi<4l II if II 

Dve ' padâni tulyàdhikaranâni yad«î samassante tadâ so sa- 
màso kammadhârayasanno lioti. Malianlo ca so |miiso càti ma- 
hâpuriso; khattiyâ ca sa kannà câti khattiyakaniîà. 

Rammadliâraya iccanena kvattho? Kammadhàrayasanno 

ca\ (IV, 17.) 

Ou appelle kammadhâraya la composition de 
deux mots de même relation grammaticale (dont 
l'un se rapporte à l'autre et qui seraient par consé- 
quent du môme genre ou du même nombre, etc.). 
Ex. Mabâpuriso : un grand homme. 

e^iaHTMft ftlT ^ Il \o II 

Sankhyâpubbo kammadhârayasamâso digusanrîo lioli. 
Tayolokà, tilokaiîi; tini* malàni, timalaiîi; tîni^ plialâiii, li- 
phalam; tayo dandà, tidandaiîi ; calasso disà , catuddisam; 
paiïca indriyâni, pancindriyain *; satia godliâvarâni, saltago- 
dhàvarain. 

Digu iccelena kvaltlio? Digussekaltam'. (IV, 6.) 

' Cd dvi pa°. 

^ S° ajoute ici : Ityâdisu padesesu kammadhârayasaddena yairi 
saugahanam lad eva imâya kammadhàrayasannâya payojanam attlii. 

^ « Digu I) manque dans Gd. 

4, 5 Cd tîni. 

" L'analyse de ces deux exemples manque dans Cd. 

' Même addition dans S* qu'au sûtra 9 en changeant «kamma- 
dhàrava» en «digu ». 



— 167 — 
On iippelle digu le composé kammadliâraya dont 
la première partie est un nom de nombre. Ex. Ti- 
lokaiîî : les trois mondes. 

3î^ rng%r II \\ Il 

Ubhe digukammadhârayasamâsâ tappurisasannâ lionti. Na 
brâbmano, abrâiimano; avasalo; apancagavam; asattago- 
tibâvaraih; adasagavam; apancapûli ' ; apancagâvi. 

Tappurisa iccanena kvalllio ? Allam nassa lappurise *. 
(IV, 18.) 

L'un et l'autre (le digu et le kammadhâraya) 
sont des tappurisa. Ex. Abrâhmano : un homme 
qui n'est pas brahmane; apancagavam : moins de 
cinq vaches. 

wm^ ^j^ft^ Il V( Il 

Ta amâdayo vibhatliyo ^ nâmebi parapadebi yadà samas- 
sante* tadà so samâso tappurisasanno boli. Bbûmim gato , 
bbùmigato; sabbaralliaisobbano, sabbaraltisobiiano; apàyam 
gato, apâyagato; issarena kalaiîi, issarakatam; sallcna vid- 
dham, sallaviddbam; kathinassa dussani, kathinadussam; 
âgantiikassa bballani, àgaiitukabbattam; metbunasmâ apeto, 
inetbunàpeto; ràjato bbayaùi, ràjalibayaiîi; corâ bbayain, co- 
rabbayam; raiïno pulto, râjaputto; dhannânani râsi, dhafina- 
ràsi; rùpe sannà, riipasannà; saiîisâre dukkbani, .samsara - 
dukkbam. 

[Sont aussi tappurisa] les composés dont le pre- 

' Cd et S" apancapulî. 

'^ S' a la même addition qu'au sûtra précédent, en cliangeaut 
«digu» en «tappurisa». 
' Cd n'a pas : vibhattiyo. 
' Cd samnsyantc. 



— 168 — 

mier membre serait régi par le second à l'acciisa- 
lif, etc. (à un cas autre que le nominatif et le voca- 
tiC). Ex. Bhûmigato : venu sur la terre (=bhûmim 
gato); issarakalam : fait par le prince (=issarena 
katam). 

Annesaiîi nâmànam atthesu nâmàniyadà samassante' tadâ 
so .samâso bahubbîhisanno hoti. Agatâ samanà imaiîi saii- 
ghârâmam, so yam âgatasamano sanghârâmo; jitâni indriyâni 
anena samanena, soyam jitindriyo samano; dinno sunko ya- 
ssa ranno, so yam dinnasunko râjâ; niggatâ janâ yasmâ * 
gâmâ , so yam niggatajano gâmo; chinnâ hatthâ yassa, so yaiîi 
chinnahattlio puriso; sampannâni sassâni yasmim janapade , 
so yam sampannasasso janapado ; nigrodhassa ' parimandalo 
nigrodliaparimandalo, nigrodhaparimandalo iva parimandalo 
yassa râjakumârassa \ so yam nigrodhaparimandalo râjaku- 
mâro; — cakkhussa bhûto cakkhûbhûto, cakkhûbhûto * iva 
bhûto yassa bhagavato , so yam cakkhûbhùlo * bhagavâ ; — su- 
vannassa vanno , suvannavanno , suvannavanno iva vanno yassa 
bhagavato , so yam suvannavanno bhagavâ ; — brahmassa saro , 
brahmassaro, brahmassaro iva saro yassa bhagavato, so yaiîi 
brahmassaro bhagavâ; — sayampatitapannapupphaphalavâyu- 
doyâ'hârâti : pannan ca pupphan ca phalaiï ca, pannapuppha- 
phalâni, sayaiîi eva patitâni sayampaiilàni, sayampatitâni ca 
pannapupphaphalâni ceti sayampalitapannapupphaphalâni , 
vâyun ra doyaii ca vâyudoyâni , sayampatitapannapupphapha- 

' CcI sarnâsyante. 

^ Cd S' asmâ. 

•' Cd "dhassa pariddhassa parlma". 

* Cd yo râjakumâro. 

^ Cd cakkhû iva°. 

" Cd cakkhûbhûto "cakkhûbhûto. 

' S' "toyâ' et parloul de mcme avec /■. 



— !f)9 — 

lâni ca vàyucloyàni ca sayaiîipatitapannapupphaphalavàyu- 
doyâni, sayainpatllapannapupphaphalavàyudoyâni ' eva âhâ- 
râni^ yesam te sayampatitapannapiipphaphalavâyudoyâhàrâ; 
ayaiîi pana clvandakammadhârayagabblio tulyàdhikaranaba- 
hubbîhi, alba va: sayaiîipalitapannapupphaphalavâyudoyehi 
âhârâni yesaiîi te sayampatitapannapuppbaphalavâyudoyâ- 
hârâ : ayam pana bhinnâdhikaranabahubbihi ^; — nânâdu- 
mapalitapupphavâsitasânûti ; nânâpakârâ dumâ, nânâduinâ; 
nânâdtmiehi palitâni, nànâdumapatitâni , nànâdumapatitâni 
ca tâni pupphâni ceti nânâdumapatitapupphâni, nânàduma- 
patilapupphehi vâsitâ, nânâdumapatitapuppbavâsilâ, nânà- 
dumapatilapupphavàsitâ sânû yassa pabbatarâjassa, so yam 
nànàdumapatilapuppbavâsitasânu pabbatarâjà : ayaiîi pana 
kammadhârayaHappurisagabbho tulyâdhikaranababubbîbi , 
atba va : vâsitâ sânû vâsitasâiiû^ sâpekkbatte satipi gama- 
kattâ samâso nânâdumapatilapupphehi vâsilasânù * yassa, 
so yaiîi nânàdumapatitapupphavàsitasànu : ayaiîi pana bhin- 
nâdbikaranababubbibi ' ; — byâlambambu^dbarabindncuin- 
bitakûloti : ambu dhâretiti ambudbaro, [ko so? pajjunno] vi- 
vidho âlambo yassa so byâlambo'; byàlanibo ca so ambudbaro, 
byâlanibambudbaro '"; byàlambambudbarassa bindu byâlam- 
bambudbarabindu, byâlambambudharabindûhi cumbito 
byâlambanibudharabinducumbito, byâlambambudbarabindu- 
cuinbito kûlo yassa so byâlambambudbarabinduciimbitakûto; 
ayani pana kammadhâraya"lappurisagabbbo lulyàdbikara- 

' Cd "doyâ e ". 

^ Cd àhârâni. 

"' S° "pana kammadiiârayatapurisagabbho bbi°. 

" Cd "dhâriya". 

■' Cd vâsitasânu vâsitasânu. 

" Cd vâsitâ sâ° 

' S° "pana kammadhârayatapurisagabbo bbi°. 

"* Cd ici et dans tous les antres cas "bàmbu". 

■' Cd "dho âlambo byâlambo. S" ptij^junlio viâlandio. 

'" Cd byâlambo audjndliaro byâ°. 

" Cd "kammadhâriya". 



— 170 — 

nabalmbbihi , atlia va : cumbito kûlo cuinbitakùlo sâpek- 
khatte sati pi gamakattâ .«amàso byàlanibambiidliarabindùhi 
cumbitakûto' yassa so byàlambambudbarabinducumbitakûto : 
ayaiîi pana bhiiinâdbikaranabahubbihi "; — amilabalaparak- 
kamajjuliti : na mita amitâ , balaiî ca parakkamo ca juli ca 
balaparakkamajjuliyo, amilà balaparakkatnajjuliyo yassa 
so yam amitabalaparakkamajjuli : ayam pana lappurisadvan- 
dagabbho ^ lulyâdhikaranabahubbîbi ; — pînorakkhamsabâhû 
li : uraiîca akkban ca anisaii ca bâbû ca* urakkbamsabâhuvo, 
pinâ urakkhaiîîsabàbuvo yassa so yam pînorakkhaiîisabâbu : 
ayam pana lappurisadvandagabbbo ^ lulyàdbikaranababub- 
bîbi; — pînagandavadanatlhanûrujaghanâti : gandan ca va- 
danaiï ca thanaii ca iirun ca jaghanâ ca gandavaclanaltbanù- 
rujaghanà, pînâ gançlavadanalthanûrujaghanâ yassâ nâriyà 
sâyam pînagandavadanStthanûrujaghanâ : ayam pana tappu- 
risadvandagabbho lulyâdhikaranabahubbihi ; — pavarasuràsu- 
ragarudamaniijabbujangagandliabbamakutakùtacumbitasela- 
sangbaltitacaranâti : snrâ ca asurà ca garudâ ca manujâ ca 
bliujangà ca gandhabbà ca surâsuragarudamannjabhujanga- 
ganclbabbà, pavarâ ca le surâsnragarudamani)jabhujanga- 
gandbabbâ ceti pavarasurâ^uragarudamanujabbujangagan- 
dhabbâ ° ; pavarasur<àsuragarudamanujabbujangagandbabbâ- 
nam niakutâni ' pavarasurâsuragarudamanujabhujangagan- 
dbabbamakutâni, pavarasurâsuragarudainanujabbujangagan- 
dbabbamakulânam kùtâni pavarasurâsuragarudamanujabhii- 
jangagandliabbamakutakùlâni, pavarasurâsuragarudamanu- 
jablmjangagandbabbamakutakûlesu cumbità * pavarasurâsu- 
ragarudamanujabbujangagandbabbamakutakùtacumbilâ , pa- 

' Cd et S' "mbito kûto. 

^ S' °na kammadhârayatapurisagabbho bbinnà". 

■' Cd pana dvandaga". S' "natappuri^sadvandvaga". 

* Cd bàhun ca. 

* Cd °na dvandaga". S" °na dvandvaga". 

" Cette première partie de l'exemple est omise dans Cd. 
' S' ici et en plusiems antres endroits : mamkn", 
" Cd S' rnmbitâni. 



— 171 — 
varasuràsuragarudamanujabliujangagandhabbamakulakùla — 
cumbitâ selâ pavarasurâsuragarudamanujabhujangagandbab- 
bamakutakiilacunibitaselà, pavarasurâsuragarijclamanujabhu- 
jangagandhabbamakiitakùtacumbitaselesusanghattitâ'pavara- 
surâsnragarudamanujabhujangagandbabbamakutakûtacum — 
bitaselasanghattitâ , pavarasurâsuragaruçlamanujabhujanga- 
gandhabbamakutakûtacumbitaselasanghattità caranà yassa 
tathâgalassa so yaiîi pavarasurâsuragarudamanujabhujanga- 
gandliabbamakutakûtacumbitaselasanghattitacarano tatbàga- 
to : ayaiîi pana dvandakammadbàrayalappurisagabbbo tu- 
lyâdhikaranababubbihi, athavâ : sangbattitâ caranà san- 
ghattitacaranâ sàpekkbatte satipi ganiakattà samâso", pa- 
varasurâsuragarudamaniijabhujangagandbabbamakutakùta — 
cumbitaselebi sangbattitacaranà ^ yassa tatliâgatassa so yaiii 
pavarasnrâsuragarodamannjabbujangagandhabbamakulakû — 
tacnmbilasclasanghattitacarano bhagavà : ayaih pana bbinnâ- 
dhikaranabaliubbihi ''; — catasso disâ yassa, so yani catud- 
diso; — paiica cakkbùni yassa, so yam paiïcacakkbu ; — da- 
sa balâni yassa, soyam dasabalo bhagavà; — anantanânoti : 
tassa na anto , anantaiîi , anantaiîî nânam ' yassa so yam anan- 
tanàno tathâgato; — amitaghana^sariroli : na niitain ami- 
tam, ghanam' evaiîi sariram ghanasarîram , ann'aghana^sa- 
rîram yassa so yaiîi amitaghana'sariro bhagavà; — anii- 
tabalaparakkamappattoti : na mita amità balaiï ca parak- 
kamo ca balaparakkamà amilabalaparakkamâ paltà yassa 
so yaiîi amitalalaparakkamappatto; — maltabhamaraga— 
naciimbilavika>itapuppbavalinâgarukkhopasobbitakan(iaroti : 
maltâ cva bhamarà maltabhamarà, mattabhamarânam 



' S° sainghati" et ainsi dans ia suite. 

^ Cd n'a pas sâpekkhattc satipi f:;amakaltà samâso". S' "samâso 
holi pa". 

^ Cd "ttitâ ca". 

'' S" pana dvandvakammadliâraya'apnrisagabblio b!ii°. 

•'' Cd tassa auto anantaiîi aiiantanà". 

«, ', », '' Cd Kliana". 



— 172 — 

gano mattabhamaragano, mattabhamaraganehi cumbitâni 
inattabhamaraganacumbitâni, vikasitâni eva puppbàni vika- 
sitapupphâni, mattabhamaraganacumbitâni ca vikasitapup- 
phâni ca roaltabbamaraganacumbitavikasitapupphâni, vallî ' 
ca nâgarukkho ca valiinâgarukkhâ^, mattabhamaraganacum- 
bilavikasitapuppbâ te vallinâgarukkhâ ^ ceti mattabhamara- 
ganacumbitavikasilapiipphavallinâgarukkliâ; mattahhamara- 
ganacumbitavikasitapupphavalllnâgarukkliehi upasobhitâni 
lualtabhamaraganacumbitavika^itapupphavallinâgarukkhopa- 
sobhitâni, matlabbamaraganacumbitavikasitapupphavallinâ- 
garukkhopasobhitâni kandaràni yassa pabbatarâjassa so yaiïi 
mattabbaraaraganacumbitavikasitapupphavallinâgarukkbopa- 
sobhltakandaro pabbatarâjâ : ayam pana kammadhâraya*- 
dvandatappurisagabbho lulyâdhikaranabahubbibi , atba va : 
upasobhitâni kandaràni upasobhitakandaràni sâpekkbatte sali 
pi gamakattâ samâso, mattabhamafaganacumbitavikasitapup- 
pbavallinâgarukkliehi upasobhitakandaràni yassa pabbatarâ- 
jassa soyammattabhamaraganacumbitavikasitapupphavallinâ- 
garukkhopasobhitakandaro pabbatarâjâ, ayam bhinnâdhika- 
ranababubbîhi ^; — nânàriikkhatinapa(itapupphopa*sobhi- 
takandaro selarâjâti : rukkbo ca tinan ca rukkatinâni, nânâpa- 
kârâni eva rukkhatinâni nânârukkhatinâni; nânârukkhatine- 
hi palitâni, nânârukkhatinapatitâni , nânârukkhatinapatitàni 
ca tâni pupphâni ceti nânârukkhatinapatitapuppbâni, nànâ- 
ru kkhatinapatitapupphehi upasobhitâni nânârukkhatinapati- 
tapupphopa'sobhitâni , nânârukkhatinapatitapupphopa^sobhi- 
tâni kandaràni® yassa selarâjassa, so yaiîi nânàrukkhatinapa- 
titapupphopa^'sobhitakandaro selaràjâ, ayam pana dvanda- 
kammadhâraya^'tappurisagabbho tulyàdhikaranabahubbihi , 

' Cd ici et dans la suite : valalî. S' vali. 

2 Cd S* "rukkho. 

■■* Cd S' "kkho". 

\ i> Cd Mhâriya". 

^ S" yarh pana kammadhârayatapunsadvandvagaJjbho bhi". 

*, ',*,'" Cd "ppha upa°. 

■' S* ici et dans la plupart des antres cas : kaiida". 



— 173 — 

atlia va : upasobhitàni kandaràni upasobhitakandaiàiii' sà- 
pekkbatte sati pi gamakatlâ samâso, nânârukkhatinapalita- 
pupphehi upasobhilakandaràni^ yassa selarâjassa, so yam nâ- 
nârukkbatinapatitapuppbopa'sobbilakandaro selarâjâ : ayam 
pana bhinnàdbikaranabahubbihi; — nânâmusalahalapabba- 
tataru*kalingarasaradhanugadâsilomarahatthâti : miisalo ca 
halo ca pabbato ca taru ca kaliiigaro ca saro ca° dhanu ca 
gadà ca asi ca tomaro ca musalahalapabbatatarukalingarasara- 
dhanugadàsitomarâ, nânàpakàrâ eva musalahalapabbatataru- 
kalingarasaradhanugadâsitomarâ nânâmusalahalapabbatata- 
rukab'ngarasaradbanugadàsitomarâ, nânâniusalabalapabbata- 
tarukalingarasaradbanugadàsitomarâ ^ hatthesu yesam te nâ- 
ncâinusalahalapabbatalarukalingarasaradhanugadàsitoraarahat- 
thâ : ayaiîî pana dvandakammadbâraya'gabbbo bbinnâdhika- 
ranabahubbihi. 
.Babubbîhi iccanena kvattho? Babubbibimhi ca. (II, 3,7.) 

On appelle bahubbîhî le composé qui sert à déter- 
miner le sens d'un autre mot [avec lequel il s'accorde 
en genre, en nombre, etc.]. Ex. Niggatajano gâmo : 
le village est abandonné par les habitants; pavarasu- 
râsuragarudamanujabhujangagandhabbamakutakû— 
tacumbitaselasangbattitacarano : (leBuddha)dontles 
pieds reposent sur des rochers que vient effleurer 
le sommet des diadèmes des êtres excellents, les 
dieux, les asuras, les garudas, les hommes, les ser- 

' Cd "bhitâ kandn", 

* Cd S° "pupphaupasobhitâni ka°. 
•' S" "pupphaupa". 

"* Cd "tarunaka". 
^ Cd omet : saro ca. 

* Cd tomara ha". 
' Cd "dhâriya". 



— 17^ — 

pents et les gandharvas (qui se prosternent pour lui 
rendre hommage). 

TTFTFr HïJ^Rt ^ Il n II 

Nâmànam ekavibhattikànam yo saimiccayo sa dvandasan- 
no hoti. CandimasuriYâ; samanabrâhmanà ; sàriputtamoggal- 
lânâ; bràlimanagahapatikà; y'^inavarunà ; kuveravâsavâ" 

Dvanda iccauena kvattho ? Dvandatthà va. (11,3, 5.) 

On appelle dvanda le composé qui réunit plu- 
sieurs noms [simplement coordonnés]. Ex. Gandi- 
masuriyâ : la lune et le soleil. 

^^' ^^ gFznf^^^î^ ^\ Il 'iM II 

Tesaiîi iiiahantasaildànam mahâ hoti tulyàdhikarane pade. 
Mahâpuriso; niahàdevî; mahâbalam; mahâphalam; niahà- 
nâgo; mahâyaso; mahâpadumavanaih; mahànadî; mahàma- 
ni; mahàgahapali; niabâdhanaih; mahàpunno. 

Bahuvacanaggahanena kvaci mahantasaddassa nialia âdeso' 
hoti. Mahapphalaiîi ; maliabbalam; mahaddhano; mahab- 
bliayam. 

Mahant fait mahâ [en composition] devant un 

^ A partir de ce sûtra notamment, S" diffère très-fréquemment 
de Cd dans le détail des exemples que le plus souvent il décompose 
et analyse. Je ne pouvais songer à reproduire toutes ces variantes, 
d'ailleurs sans importance, et je rappelle ici, une lois pour toutes, 
que, tant dans cette section que dans les sections suivantes, je n'ai 
noté ces divergences que lorsqu'elles me paraissaient avoir quelque 
intérêt, soil en elles-mêmes, soit pour la correction du texte. 

* S' mahantam". 

■* Cd mahâ â°. 



— 175 — 
mot de même relation syntactique (avec lequel il 
s'accorderait, hors de composition). Ex. Mahâpu- 
riso : un grand homme; mahâdevî : la grande déesse; 
mahâbalam : une grande force. 

Le pluriel mahataih est assez étrange [cï. juvânfiih , II, 
5, 21); et, comme nous ne saurions nous contenter de l'ex- 
plication du sclioliaste, il en faut clierclier une plus nette. 
L'intention de ce pluriel est, si je ne me trompe, de mar- 
quer que la forme mahâ est également valable pour les trois 
genres. Et peut-être nous rapprochons-nous ainsi, par un 
détour, de l'interprétation du commentateur : en effet , si la 
forme mahâ est la seule qui s'applique également aux trois 
genres (caria forme muhad, ou, avec le sclioliaste, maha, ne 
s'emploie pas, que je sache, devant des féminins), l'auteur, 
en spécifiant cette particularité, a dû avoir en vue de rap- 
peler qu'il y a bien une autre forme encore que mahâ, 
usitée en composition, mais que celle-là ne s'emploie pas 
indifféremment pour tous les muhant. Toujours est-il que ce 
pluriel ne se retrouve point dans le s. Kâtantra corres- 
pondant : « Akàro maliatah kâryyas tulyâdhikarane pade. » 

5m2TvrTmrrgfïr^' 5^ ^ % iniii 

Itthiyaiîi tulyâdhikarane pade bliâsitapumitthi^ ce^ puma 
va datthabbâ. Dîghâ janghà*yassa sa dighajangho; kalyânâ * 
bliariyâ yassa so yam kalyânabhariyo ; pahûtâ paiînâ yassa 
so yam pahûtapanno. 

Bhâsitapumeli kimattham? Brahmabandliu ca sa bliariyâ 
câii brahmabandhubharivâ. 



',* CdS^'itthi. 

' S° "pade sace pubbe bliâsitapumâ ittbivâcako pu". 

' Cd dîgho jarhgho ya°. 

■■ Cd kalyànabhariyâ ya". 



— 176 — 
[En composition] devant un [mot de même rela- 
tion syntactique, au] féminin, un [premier membre 
de composition] féminin prend la forme du mascu- 
lin , s'il en a un qui lui corresponde exactement par 
le sens. Ex. Dîghajafiglio : qui a de longues jambes 
(composé de ; dîghâ janghâ); kalyânabhariyo : dont 
la femme est belle (composé de : kalyânâ bhariyâ). 



Il est clair que les contre-exemples donnés par le scho- 
liaste dans le but de montrer en quoi la restriction « bhâsita^ 
puma» était nécessaire dans le sùtra, portent tout à fait à 
faux. Voici les exemples que contient le manuscrit siamois, 
assez fautif ici : « Brâhmanassa bandhu brahmabandhu , brah- 
manabandha ca sa dârikâ ceti bralimabandbiidârikâ; brâli- 
manabandha ca sa kirivâ ceti brâhmanabanbbakiriyâ; it- 
tiyâya bandha itîiyabandha, ittiyabandha ca sa kiriyâ ceti, 
illiyabandhakiriyà; saddhâ ca sa chanan ceti saddhâchanam; 
paiïnâ ca sa dhanan celi paniïâdhanam. » On voit que si les 
premiers de ces exemples ne sont pas plus beureux, les 
deux derniers ont en effet pour premier membre un féminin 
sans masculin correspondant; mais encore ne tombent-ils pas 
sous noire règle, le second membre n'étant pas un féminin. 
Nous attendrions quelques exemples comme celui que citent 
les pandits , commentateurs de Pânirii , au sûlra correspon- 
dant, VI , 3, 34i de ce grammairien : Gangâbhârjah. qui a la 
Gangâ pour femme. Il y a eu quelque erreur peut-être dans 
la pensée, mais sans doute aussi quelque confusion dans le 
texte du scholiaste. On remarquera que les exemples dont il 
s'agit sont'essentiellemenl les mêmes que ceux par lesquels 
il répond dans le sûlra «.uivant à la même question, et 
même que les exemples du manuscrit singbalais au sûtra 
suivant correspondent plus exactement que ceux du présent 
sûtra avec les exemples cités plus liaut que fournit le manus- 
crit siamois; mais à admettre quelque vieille confusion d'un 



— 177 — 

copiste sautant par inadvertance d'une règle à une autre, 
nous ne gagnerions pas grand'chose, les exemples en ques- 
tion n'étant pas beaucoup mieux appropriés au second sûlra 
qu'au premier; si, en effet, en tant que karmadbàrayas , ils 
sont mieux à leur place dans la seconde règle, l'exemple 
paîinâratanam a toujours contre lui le motif indiqué plus 
haut, et quant aux deux premiers, ils n'offrent qu'une ap- 
plication même de la règle dont le scholiaste veut indiquer 
qu'ils ne subissent pas les prescriptions. J'ajouterai que la 
Rûpasiddhi ne partage point ces erreurs et que, au con- 
traire, au sûtra suivant, elle cite fort bien comme contre- 
exemple : gaiïgânadî, etc. (fol. 43). 

^F^mr^^H^ ^ Il \3 II 

Rammadhârayasaiiiïe samâse ittbiyam tulyâdhikarane pade 
bhàsitapumittbi' ce puma* va daltbabbâ. Brâhmanadârikâ; 
kbattiyakannâ ; kbattiyakumârikâ. 

Bliâsitapumeti kimattbam? Kbattiyabandhudârikà; bràh- 
manabandhudârikâ; paniïâratanam '. 

[Cette règle s'applique] aussi dans les composés 
kammadhâraya. Ex. Brâhmanadârikâ (au lieu de : 
brâhmanî dârikâ); une jeune fille de ca.ste brah- 
manique. 

^tT =7^ rîT^ Il U II 

Nassa padassa tappurise uttarapade attaiîi boti. Abrâb- 
mano; avasalo; abbikkbu; apancavasso. 

Dans un composé tappurisa, le mot na se change 

' CcPifthi". 

^ S' "pade sace pubbe bhâsitapumà itllii idâni itlhivâcako so pu". 

•' S* donne les mêmes exemples, mais en les analysant. 

J. As. Extrait n° 1, ( 1871.) 12 



— 178 — 
en a. Ex. Abrâhmano : qui n'est pas brahmane; 
apancavasso : qui n'a point cinq ans. 

Nassa padassa lappurise ultarapade ' sabbasseva anâdeso* 
hoti sare pare. Anasso; anariyo; anittho. 

Et en an devant une voyelle. Ex. Anasso : qui n'a 
pas de cheval. 

^^ 5^ Il "=^0 II 

Ku iccelassa lappurise' kadaiîi holi sare pare. Jiguccham 
annam, kadannaiîi; jiguccham asanam, kadasanani. 

Saretikimatdiam? Kudârâ yesam apufinakânam te bonti* 
kudârà; kuputlà; kugehà; kuvatdiâ; kudâsà. 

[Dans un composé tappurisa,] ka se change en 
kada [devant une voyelle]. Ex. Kadannam : une 
mauvaise nourriture. 

=hHA|^H^ =^ Il -î^t II 

Ru iccetassa kà holi appatthesu ca. Râlavanam^; kâpup- 
pham. 

Bahuvacanodhàranam kimaltham ? Ru ® iccetassa anappal- 
ihesupi kvaci kâ holi. Rucchito puriso : kàpuriso, kupuriso. 

^ Cd n'a pas : ultarapade. 
^ Cd an hoti. 
^ Cd n*a pas : lappurise. 
^ Cd "yesam te a. h. 
'^ Cd kâlavanaiîi. 



— 179 — 
Et en kâ quand il a l'un des sens d'appa (petit, 
méprisable). Ex. Kâlavanam : un petit grain de sel-, 
kâpuriso : un lâche. 

L'auteur paraît avoir voulu réunir en un sûlra ce qui dans 
Pânini en occupe (rois (VI, 3, io-4-io6), et c'est dans ce but 
qu'il a d'abord substitué appa à îshad de Pànini, et puis 
employé le pluriel, qui reste comme un signe matériel de 
la fusion. Il est de plus vraisemblable, si insuffisant que 
puisse être un pareil procédé, que ca, dans son intention, 
réservait la faculté de la forme « kupuriso n. L'auteur des sû- 
tras Kâtanlra est entré, lui aussi, dans cette voie de simpli- 
fication; il a deux règles (fol. /43) : « Kâ tvishadarthe 'kshe». 
— « Puruslie tu vibbâsha^â ». 

Wff% HHIHTt'îïïTT^ W^T^T II ^^ Il 

San)âsantagatànaih nâmânam anto kvaci akâro boli. Devâ- 
nam râjâ^, devarâjo; devânain sakbâ, devasakbo'; panca 
abâni, pancâham; panca gâvo, pancagavaiîi; chattaiï ca upâ- 
lianâ ca, chattupâliaiiaih; saradassa* samipe valtatîli, upasa- 
radam; visâlâni* akkliini yassa so visâlakkho; vikalaih mu- 
kbam yassa" so vikalamukbo. 

Kâraggabanam kimatlliam? Âkârikâranto' ca lioti. Pac- 
cakkho dhammo yassa so paccakkhadbammâ*; surabhi gan- 



' Cd "sannata". 

^ Cd °nam râjo de". 

•' Cd "nam sakho devasakho devasakhà. 

* Cd saradnssa. 
"" Cd visâiini. 

"' Cd vimukilo muklio yassa so vimukho. 

' Cd akârikà". — S* akâraya âkàrikârâdesâ honfi. 

* Cd "dhammo. 



— 180 — 

dlio yassa so sugandhi '; asundaro gandho yassa so duggan- 
dliP; pûtiyo gandho yassa so piiligandhi'. 

(Nadianlâ ca kattuanlâ kappaccayo hoti samâsanle. Bahû * 
nadiyo yassa so bahunadiko; bahuvo kallâro yassa so bahu- 
kalluko.) 

Quelquefois des noms employés comme derniers 
membres de composition forment un thème nou- 
veau en a. Ex. Devarâjo : le roi des dieux (pour: 
devânam râjâ). 

Le paragraphe final du commentaire a été renfermé entre 
parenthèses; car évidemment, et de quelque façon qu'on 
s'en expHque l'origine, il ne saurait appartenir à l'explication 
du sûtra 22. Je remarque tout d'abord que S° l'a essentielle- 
ment semblable : « Teneva kâragahanena nadya" »; de même 
aussi la Rûpasiddhi (fol. ^5°) : « Kârassa gahanena bahubbî- 
hâdimhi samâsanle kvaci kappaccayo ca», mais sans donner 
d'exemple; le Bàlâvatâra (p. 82) : « Kâraggahanena â ica — 
itlhiyam ivannanlâ tvantehi ca kappaccayo pi. . . bahukan- 
tiko, bahunadiko samuddo ; ettha yadâdinâ rasso — bahukat- 
tuko. . . » Cette unanimité prouve seulement qu'il y a là une 
faute déjà ancienne. L'addition de ka aux féminins en i en 
composition étant traitée dans la règle suivante, à quel titre 
le scholiaste l'aurait-il fait rentrer dans celle-ci ? On pourrait 
croire que nous avons affaire ici à une transposition de co- 
piste, et qu'il suffirait de lire, en transportant ce paragraphe 
à la fin du sûtra suivant : Caggahanaih kimattham ? Kattuanlâ, 
etc. Sans être rigoureusement juste, en tant qu'explication 
du « ca » cette observation rappellerait un fait exact et réfa- 

' Cd surabhi yo gandho sugandhî. 

*, ' Cd "gandhî. — S° s'éloigne un peu de Cd dans ces ex\. et 
dans la façon de les présenter. 
* Cd bahû. — S' bahavo. 



— 181 — 

blirail l'ensemble du hùtra de Pànini correspondant à noire 
sûtra 23 (Pan. V, 4, i53) : « Nadyritaçca », dont le sûlra 23 
ne reproduit qu'une moitié. Mais la difficulté porte aussi sur 
ce sûtra lui-même; en effet, nulle part jusqu'ici il n'a été 
question du suffixe ka; comment donc l'auteur peut-il s'ex- 
primer de cette façon elliptique : Nadimhâ ca? Dans Pànini , 
au contraire, le sûtra i53 est précédé de deux autres trai- 
tant d'autres cas d'addition du suffixe ka : Uraliprahhriti- 
bhyak kap , etc. Il a dû en être de même dans celle gram- 
maire; et l'on pourrait adraeltre entre nos sûtras 22 et 23 
une lacune d'un ou deux sûlras correspondant aux sûtras i5i 
et 102 de Pànini; la remarque du sclioliaste modifiée par 
la suppression de « nadîanlà ca» serait un reste du commen- 
taire de cette ou de ces règles. A moins pourtant qu'on ne 
préfère admettre que le sûtra 2 3 ne faisant point primilive- 
mentpartie de cet ouvrage, le scholiasle aurait voulu suppléer 
tant bien que mal à son absence par le paragraphe : « Na- 
dyantâ. . . » (cf. II, 3, 7 n.), et que, plus lard seulement, 
cette règle Nadimhâ ca , introduite d'abord à la marge du 
commentaire, aurait passé dans le texte (cf. III, i3 n.). 

:Tf^ =^ Il "^^ Il 

Nadimhâ ' ca kappaccayo holi samâsanle. Bahavo kantiyo 
yassa so bahukantiko; bahavo nadiyo yassa so bahunadiko; 
bahavo nâriyo yassa so bahunâriko. 

Et [quelquefois] les féminins en î, [employés 
comme derniers membres de composition , prennent 
le suffixe ka]. Ex. Bahunadiko : qui a beaucoup de 
fleuves. 

Cf. la note précédente. 
' S' Nacliaiità ca. 



— 182 — 

mm^ ^ xrr#r ^M^^ ii n ii 

Jâyâya iccelâyam tiidam jâni iccete âdesâ lionli palimhl 
pare. Jâyâya pati : tudampati ; jâyâya pâli : jânipali. 

A jâyâ en composition devant pati on substitue 
tadam et jâni. Ex. Tudampati ou jânipati : le mari. 

Dhattumhâ ca âpaccayo ' holi samàsanle. Gandîvo dhanu 
yassa so gandivadhanvâ^. 

Dhanu [comme second membre de composition] 
prend aussi d [ou garde sa forme primitive]. Ex. 
Gandîvadhanvâ : qui porte l'arc gândîva. 

t ^VTrCtît ilchK-HI :Moi|4)HNP II "^i II 

Tasmâ akârantâ abyayîbhâvasaniàsâ parâsaiïi vibhallinam 
kvaci am hoti. Adhicittam; yathâvuddhaiïi; upakumbham; 
yâvajivam; tiropabbatam; firopâkâram; tirokuddam ; antopâ- 
sâdam. 

Rvacîli kimaltbam? Adhicillassa bhikkbuno. 

Dans un composé abyayîbhâva [le dernier mot, 
s'il est] en a, remplace toute désinence par am. Ex. 
Adhicittam : relativement à l'esprit. 

Celte règle correspond à Pân. II, 4, 83. 84, où sa pré- 
sence se jiislifie par les restrictions dont elle y est accompa- 
gnée ; mais ici . où ces restrictions ont disparu , on peut se de- 

' Cd appaccayo. — S* âppa". 

- Cd gândivo" gandî" S'. — gandi". 

' Cd "rajitabyayibhâvâ. 



— 183 — 

mander quelle est l'ulilité d'une observation qui , au fond , est 
déjà contenue tout entière dans le sûtra IV, 5. Le seul but pos- 
sible de cette règle et des deux règles suivantes est de coiubler 
une lacune laissée par l'auteur, qui , nulle part, ne donne d'une 
façon générale la manière de former les neutres (comme fait 
p. ex. Pân. VII, 1, ^3, 2/1) et qui, par conséquent, est forcé 
d'enseigner à former le neutre de ses avyayîbhâvas tout mé- 
caniquement. Les règles Kàlantra correspondantes se rap- 
prochent davantage de Pânini; ce sont (fol. 28) : « Avyayi- 
bliâvâd akârântàd vibbaklinâm am apaiïcamyàh. — Va trilî- 
yâsaptamyoh ». Notre règle 28 s'y retrouve aussi sous la 
forme : « Anyasmâlluk », tandis qu'elle est, dans Pânini, ren- 
due inutile par VII, 1, 23. La règle 27, enfin: « Svaro brasvo 
napumsake» se trouve rejelée (fol. 36) à la fin du Kâraka- 
pàda avec quelques autres traitant de la formation des fémi- 
nins. — Quant à la remarque kvacîli, etc. du sclioliaste, 
même en admettant, ce qui n'est guère régulier, que kmci 
puisse être sous-enlendu dans le sûtra , il faut avouer que son 
contre-exemple est mal choisi; dans une expression comme 
a adhicitlassa bhikkhuno», ce n'est plus à un avyayîbhâva, 
mais à un bahuvrîhi que nous avons affaire; c'est quelque 
contre -exemple comme les contre -exemples que citent les 
commentateurs de Pânini : « Upakumbbàd ânaya», etc. que 
le scholiaste eût dû produire. 

H^T ?5OT HMH^ Il "^3 II 

Napumsakaliùge vattamâne abyayibhâvasanià»assa saro 
rasso holi. llthim ' adhikicca kathâ pavattatiti adhilthi ^ ku- 
mârim^ adhikicca kathâ pavattalîli adhikumâri*; upavadhu ^ 
upagangam ; upamanikam. 

Au neutre, la voyelle finale [de l'abyayîbhâva] 

' , - Cd "ttlii. 

\ '' , ■■* Cfl kumârî — dhuni. 



— 184 — 

est brève. Ex. Adhitthi : relativement à la femme; 
upavadhu : près de la femme. 

Les exemples upagangam , upamanikaik pourraienl sembler 
superflus après la règle précédente; mais pour s'en expliquer 
la présence, il suflît de penser que le scholiasle a regardé 
«am» du sûlra précédent comme signifiant non pas aih, 
mais m, en se rappelant que, nulle part, notre grammairien 
n'enseigne positivement que la voyelle qui précède un nig- 
gahîta final soit brève, que, par conséquent, faute d'appli- 
quer le présent sûlra aux thèmes en â, nous devrions stric- 
tement former : « upagangam ». 

^r^FTT <wr =^ Il -^t II 

Annasmâ abyayibhâvasamâsâ anakârantâ parâsam vibliat- 
tinam lopo hoti. Adhitthi ; adhikumâri ' ; upavadhu. 

Et [le dernier membre] , s'il se termine autrement 
[qu'en a], supprime [purement et simplement] toute 
désinence. Ex. Adhitthi; upavadhu. 

ITI SÀMÂSAKAPPE SATTAMO KANDO. 



^tpT^^ in II 

Nappaccayo' hoti va tassapaccam iccetasmini atlhe. Vasit- 
ihassa apaccam, putto : vâsittho vasitlhassapaccani putto va. 
vâsitthî, vàsiltham; evam bharadvâjassa * apaccam, putto: 
bhâradvâjo bharadvâjassa apaccam pulto va , bhâradvâjî , 

1 Cd S' "Itbî— rî. 
^ Cd vânapa". 
^ Cd napa°. 
^ Cd bhàradvâ". 



— 185 — 

bhâradvâjam ; gotaœassa apaccam, putto : golamo golainassa 
apaccam putlo va, gotamî, goiamam; vasudevassa apaccam, 
putlo : vâsudevo vasudevassa apaccam pulto va , vâsudevî , 
vâsudevam; evam bâiadevo; vesamitlo; svâlapako; cettako; 
pandavo; vàsavo \ 

Dans certains cas [on emploie le suffixe] na pour 
[exprimer la filiation], la descendance. Ex. Vâ- 
sittho : le fils ou le descendant de Vasittha; bhâra- 
dvâjo : le fils ou le descendant de Bharadvâja. 

TÏÏFR tîirFr ct^lfirft^ Il "^ Il 

Tasmâ vacchâdilo gottaganato nâyana nâya ' paCcayâ honti 
va* lassâpaccam iccetasmimalthe. Vacchassa apaccam , putto : 
vacchâyano ; vacchassa apaccam, putto : vacchàno; evaiîi : 
sâkatâyano ^•, sâkatâno®; kanhâyano, kanhâno; agglvessàyano , 
agivessâno;kaccâyano, kaccâno; moggallâyano , moggallâno; 
munjàyano , munjâno. 

Après les thèmes vaccha, etc. [on emploie les suf- 
fixes] nâyana, nâna. Ex. Vacchâyano ou vacchàno: 
le fils ouïe descendant de Vaccha (vatsa); sâkatâyano 
ou sâkatâno : le fils ou ie descendant de Sakata. 

• Cd pânduvâsavà. Pour ces deux derniers exemples, cf. la note 
du sûtra 5. 

^ Cd nâyann.iva°. 
' Cd °na naya pa°' 

* Ni Cd ni S*^ n'ont : va ; mais les deux manuscrits l'ayant au sûtra 
suivant, et le scholiaste paraissant le comprendre comme autorisant 
la forme analytique par le génitif aussi bien que la forme par le 
suffixe (cf. Pân. iv, i, 82 soh.), il n'y a aucune raison pour qu'il 
manque ici. 

•' , ^ Cd sakatâ". 



180 



Tehi kallikàdihi neyyappaccayo hoti va tassâpaccaiîi icce- 
tasniim althe : kattikâya apaccam, putto : kattikeyyo kalti- 
kâya apaccaiîi putlo va; evam : venaleyyo; rohineyyo; gan- 
geyyo; kaddameyyo; nàdeyyo; atleyyo; âlieyyo; kâpeyyo; 
seveyyo; gàveyyo'; bàleyyo; moleyyo; koleyyo. 

Après les thèmes kattikâ, etc. le suffixe neyya. 
Ex. Kattikeyya : le fils ou le descendant de Kat- 
tikâ-, rohineyyo : le fils ou le descendant de Rohinî. 

WTfT!!^ lU II 

Tasmâ akâraatalo nippaccayo holi va tassâpaccam icceta- 
smim atllie, Dakkhassa apaccam, puUo : dakkhi dakkhassa 
apaccam putto va; evam : doni; vâsavi; sâkyapulti^; nâtha- 
pulli; dâsaputli ^; vâruni *; kanhi^; bâladevi*; pâvaki'; jena- 
dalli *; buddhi; dhammi; sanghi; kappi ; ânuruddhi'. 

Vâti vikappanatlhena tassâpaccam iccetasmim atlhe nikap- 
paccayo holi. Sakyapullassa apaccaiîi, putlo : sàkyaputliko '"; 
sakyapultassa apaccam pulto va; evaiîi : nâthapulliko; jena- 
dattiko ". 

Après [les thèmes en] a, [on peut] à volonté 
[employer le suffixe] ni. Ex. Dakkhi : un fils ou 

' Cd goveyyo, 
^ Cd sakyaputti. 
^ Cd dâsapultî. 

* Cd vàrunânî. 

*, *, ' Ces trois mots avec i final long dans Cd. 

* Cd chedanadatti. 
' Cd anuruddhî. 

*" Cd sakyapnltiko. 
'' Cd cliedanapnttiko. 



— 187 — 

descendant de Dakkha; hâladevi : un fils ou des- 
cendant de Baladeva. 

U,NlMyi(Çlf^' Il M II 

Upagu iccevamâdîhi navappaccayo holi va tassâpaccaiîi 
iccetasmim atlhe. Upagussa apaccam puUo va : opagavo , 
upagussa apaccam pullo va; evani : mânavo; gaggavo; pan- 
davo; bhaggaVo; opakaccâyavo^; opavindavo^. 

Après les thèmes upagu, etc. on emploie le suf- 
fixe nava. Ex. Opagavo : un fds ou descendant 
d'Upagu; mânavO : un fils ou descendant de Manu. 

On remarquera que, parmi les exemples cités par le scho- 
liaste au sûlra i , les deux derniers devaient strictement èlre 
rapporlés à cette règle; en réalité, ce ne sont, tout nalurel- 
len)cnt , pas ces deux exemples seuls , mais tous les cas relevant 
de la présente règle qui devraient être rattachés à la pre- 
mière. Je n'avais pas à effacer celle marque de perspicacité et 
de connaissances du commentateur. Quant à l'auteur du sû- 
tra lui-même, on a eu et l'on aura encore plus d'une occa- 
sion de constater que, malgré sa connaissance de l'organisme 
véritable du sanskrit et par conséquent du pâli, il ne dé- 
daigne pas certaines formules d'un caractère en quelque sorte 
tout extérieur el mécanique. 

^^^^^TtOT" Il ill 

Tasmà vidhavàdilo nerappaccayo hoti va lassâpaccam ic- 
cetasmim althe. Vidliavàya apaccam, pullo : vedhavero * vi- 

' C(l s' navopakvâ". 
^ S' opakaccayavo. 

' Cd opavinâgo , que n'a pas S', qui , en revanche , a : opavindavo , 
avant : mânavo. 
* Cd vedharo. 



— 188 — 

dhavâya apaccain pulto va; evam bandhakero; sâmanero ', 
nâlikero. 



Après vidhavâ, etc. [on empioie ie suffixe] liera. 
Ex. Vedhavero : un fils de veuve; sâmanero : un 
novice. 

^ ^ HHt.rf# =^frr ^f^ ftiï^ Il 9 II 

Yena va samsattham yeiia va tarati yena va carati yena va 
vahall iccetesvalthesu nikappaccayo hoti va. Tilena samsattham 
bhojanam, telikam tilena samsattham va; golikam ^; ghâti- 
kam ^; nâvâya taratîti, nàviko nâvâya taratîti va: evaiîi : olum- 
piko*; — sakatena caratîti sâkaliko sakatena caralîli va; evaiîi: 
pâdiko; dandiko; dhammiko; — sîsena vahalîli sîsiko sîsena 
vahatîli va; evam : amsiko; khandhiko; halthiko; anguUko. 

Vâli vikappanatthena annatthesupi nikappaccayo hoti. Râ- 
jagahe vasatiti râjagahiko; râjagahe jâto râjagahiko; evam 
mâgadhiko; sâvatthiko; kâpilavalthiko ; pâtaliputliko. 

[On emploie le suffixe] iiika après le mot qui ex- 
prime : 1° la matière qui entre dans une composi- 
tion. Ex. Telikam bhojanam : un plat à l'huile; — 
2° l'embarcation sur laquelle on navigue. Ex. Nà- 
viko : un matelot (l'homme qui navigue sur un vais- 
seau); — 3" le moyen de locomotion à l'aide duquel 
on s'avance [sur la terre ferme]. Ex. Sâkatiko : qui 
est monté sur un chariot; — à°\e membre au moyen 



' Cd soma". 

^ Cd goHkani. 

•^ Cd ghâtikain. — S' ghatikani. 

'' s' oluppiko. 



— 189 — 

duquel on porte un objet. Ex. Sîsiko : qui porte sur 
la tête. 

^lï^f^ Il t II 

Tarn adhîle lena katâdîsvatthesu tatnhi santiidhâno tattha 
niyutto tam assa sippam tam assa bhandam tam assa jîvikam 
iccetesvatthesu nikappaccayo holi va. Vinayaiîi adhîteli ve- 
nayiko vinayam adhîle va; evam : sottanliko '; âbhidham- 
miko^; veyyâkaraniko ; — kâyena kalaih katnmam, kâyikaiîi 
kàyena kalaiîi kammamvâ; evaih : vâcasikam; mânasikatn; — 
sarîre sannidhânâ vedanâ , sarîrikâ sarîre sannidhânâ vedanâ 
va ; evam : mânasikâ ; — d vâre niyutto , dovàriko dvàre niyutto 
va; evaiîj : bhandâgâriko ; nâgariko; nàvakammiko^; — vînâ 
assa hippanli veniko vînâ assa sippam va; evam : pânaviko ; 
modangiko; vaiîisiko; — gandho assa bhandam, gandhiko 
gandho assa bhandam va; evam lehko; goliko; — urabbham 
hantvâ jîvatîli, orabbhiko urabbham hantvâjîvatîti va; evam : 
mâgoviko ; sokariko *; sâkuniko. 

Adiggahanena aiinallhesupi yojetabbo. Jâlena hato, jâhko 
jàlena hato va; suttena baddho, sultiko sutlena badclho va; 
— câpo assa âvudhoti, câpiko câpo assa âvudhovâ; evam : 
tomariko; moggariko ^; mosahko; — vâto lassa âbâdhoti, 
vâtiko ; evam : sandhiko ; pittiko ; — buddhe pasanto , bud- 
dhiko buddhe pasanto va; evam : dhammiko; sanghiko; — 
buddhassa santikam, buddhîkaiîi; evaiîi : dhammikam; san- 
ghikaiîi; — vatlhena kîtam bhandam; vatthikam; evam : 
kumbhikam; phâhkaiîi; kinkinikam*; sovannikam; — kum- 

' Cd sutta". 

2 Cd abhidlia". 

"* Cd navaka". 

^ Cd sûkariko. 

^ Cd muggariko. 

'^ Cd kiiîikinikam. 



— 190 — 

bho assa parimânaiu , kuinbhiko; — akkhena dibbatîli, ak 
khiko; evaiîi : sâliko; tindtikiko '; ambapbab'ko; kapitthapha- 
liko^; nâlikeriko iccevamâdi. 

[On emploie le suffixe nika] pour exprimer : 
1** qu'on étudie telle ou telle science. Ex. Venayiko : 
qui étudie le Vinaya; — 2° que l'on s'est servi de 
tel ou tel instrument, etc. Kx. Kâyikam : corporel, 
exécuté par le corps; — 3° qu'une chose a son siège 
en tel lieu. Ex, Sarîrikâ vedanâ : la sensation a son 
siège dans le corps; — 4° qu'un homme est préposé 
à telle fonction. Ex. Dovâriko : portier; — 5" qu'un 
homme est habile dans tel art. Ex. Veniko : un 
joueur de vmâ; — 6° qu'un homme vend telle mar- 
chandise. Ex. Gandhiko ; qui vend des parfums ; 
— y" qu'un homme exerce tel métier. Ex. Orab- 
bhiko : qui gagne sa vie à tuer les moutons. 

T|T ^FTT ^^ ?jT rT^ ^T^^ ^ Il tf II 

Nappaccayo holi va râganiliâ tena rattam iccetasraim atthe 
lasfedaih annatrtie?u ca. Kasàvena rallam vallbam, kâsâvam 
kasâvena ratlam valtham va; evam : kosumbham ^; hàliddam; 
paltangam; manjetlham; kunkuinam; — sûkarassa idam 
mamsam sokaram sûkarassa idam mamsam va; mahisassaidam 
mamsam, mâhisam inabisassa idam mamsam va. — Udum- 
barassa avidûre vimânam, odiunbaram; vidisâya avidnre 
bhavo ,vediso; madhurâyajâlo, mâdhuro;kattikâdîlii niyulto 
maso, kalliko; evam mâgasiro; pbusso; mâgho; pbagguno; 

' Cd tindutiko. — S' tinclakiLo. 
5 Cd kavitt!la^ — S^ kapiutia". 
' Cd kusimbliaiî). 



— 191 — 

citto;na vudclhi nîlapilâdopaccaye sanakârake '; [pakâro phiissa 
saddassa; siroli sirasam vade^] ; sikkhânaiîi samùlio, sikkho '; 
bhikkliûnain samûho, bhikkho; evatn : kâpolo; màyûro; ko- 
kilo; buddho assa devalâ, buddho; evaiîi : bhaddo; mâro *; 
mâbindo''; vessavano; vâmo; sonio ; nârâyano ; sarîivaccbaram 
avecca adhîle , saxîivaccbaro ; evaiîi : mohutto ; nimiltam avecca 
adbîle, nemitto* ; evam angavijjo; veyyàkarano; cbandaso; 
carido; bhàso; vasâtînam visayo, desovâsâto; evam kunto; 
âlîsâro '; udumbarâ asmiiîi padese santi, odunibaro; sagarehi 
nibballo, sâgaro; sakahun assa nivâ'^o, sâkalo; niadburâ assa 
nivâsp, rnâdburo; madburâya issaro, mâdhuro; iccevam- 
àdayo yojelabbâ. 

On emploie le suffixe na : i° après des noms de 
couleur pour marquer qu'un objet est teint de telle 
ou telle couleur. Ex. Kâsâvam vattham : un vêtement 
de couleur jaune (de : kasâva, jaune) ; — 2° pour 

' Cette remarque, qui s'applique à des noms de couleur, qui font 
précisément l'objet spécial de la règle, est singulièrement placée 
ici. au milieu des additions du scholiaste; c'est après kuùkumam 
qu'elle aurait sa place naturelle. 

^ Si je ne me trompe, les mots « pakâro "vade » devraient être 
éliminés du texte; je n'y puis trouver qu'une double glose margi- 
nale, l'une remarquant que phiisso devrait (en comparant leskrt.) 
s'écrire avec un p initial, — l'autre se référant à la forme mârga- 
çîrsha à côté de mârgaçirah (pour « sirasam = çîrsham » ; cf. makasa=: 
maksha, etc. Fausbôll, Five Jât. p. 29). — La remarque précé- 
dente e\ie-mème na vuddlii , etc. qui du reste se retrouve, sous une 
fornje différente, dans le commentaire de Durgasimha (d'après 
Vârt. 3 in Pan. IV, 2,2), trahit peut-être aussi , par la place qu'elle 
occupe, son origine postérieure. 

^ Cd sirakkho. 

* Cd vâsaro. 

' Cd S' mahi". 

•* Cd S' nemittako. 

■ Cd atîsâro. 



— 192 — 

exprimer le sens de : appartenant à Ex. Mâ- 

hisam mamsam : de la viande de buffle ; — 3° et dans 
d'autres sens encore. Ex. Mâdhuro : né à Madhurâ; 
kattiko maso : le mois du nakshatra Kattikâ , etc. 

Jâta iccevamâdînam atthe ima iya paccayâ honti. Pacchâ 
jâto : pacchimo; evam : antimo; majjhimo; purimo; upa- 
rimo ; heltbimo ; gopimo ^ ; bodhisattassa jâtiyâ jàto : bodhi- 
sattajâtiyo^; evam : assajàtiyo; haithijàliyo ; ruanussajâtiyo. 

Adiggabanena niyultatthàditopi tadassatthâditopi ima iya 
ika paccayà honti. Ante niyutto : antimo; evani: antiyo; an- 
liko ; putto yassa attbi tasmim va vijjatîti puttimo ; evaiîi : put- 
tiyo; puttiko; kappimo; kappiyo ; kappiko*. 

Casaddaggabanena kiyappaccayo boti. Jâtippabbutiyâ ni- 
yutto : jâtikiyo ; andbe niyutto : andbakiyo; jâtiyâandhojac- 
candbo ; jaccandbe niyutto ; jaccandbakiyo. 

[On emploie] aussi [les suffixes] ima, iya pour 
exprimer le sens de né, etc. Ex. Pacchimo : puîné; 
manussajâtiyo : qui appartient à la race humaine. 

e^^ ^ÎW II \\ Il 

Samùbatthe kan na iccete paccayà bonti. Râjaputtânam 
samûbo : râjaputtako ràjaputto va; manussânam samùbo: mâ- 
nussako mânusso va; mayûrànam samùbo : mâyûrako niâ- 
yûro va; mahisànam samûbo : mâhisako mâbiso va. 

[On emploie les suffixes] kan, na pour exprimer 

' S'jâtyâ". 

^ Cd S^ goppimo. 

^ Cd "satttijâtiko. 

' Cd n'a pas : kappimo; kappiyo. 



— J93 — 

la foule, la réunion. Ex. Râjaputtako ou °putto : une 
troupe de Râjaputtas; mâniissako ou °sso : une foule 
d'hommes. 

TTm3FR='?5H^2rT§tf^ ïïT II i'î( Il 

Gâraa jana bandhu sahâya iccevamàdîlii ta paccayo hoti 
samûhatthe. Gâinànarîi samûho : gàmatâ; jaiiânam samûlio : 
janatâ; bandhûnam samûlio : bandhutâ; sahâyânain saniùho : 
sahâyatâ; nâgarânam ' samûho: nâgaratâ^. 

Après les thèmes cfâma, jana , bandlni, sahâya, etc. 
[on emploie dans le même sens le suffixe] ta. Ex. 
Bandhutâ : la parenté; nâgaratâ : la population de 
la ville. 

rT2;^^ïTFrf2ft=^Mn^ii 

Tadassatthànam iccetasmini atthe jyappaccayo hoti. Mada- 
nassa thânam : madaniyam * ; bandhanassa thânam : bandha- 
nîyam ; mocanassa * thânam : mocaniyaiîi " ; evam : rajanîyam ; 
kamanîyam; dassanassa thânam : dassanîyam; upâdânassa 
thânam : upâdânîyaiîi. 

Casaddaggahanena iyailappaccayâ honti. Ranno idaih thâ- 
nam; râjiyani; evam; râjilam. 

[On emploie le suffixe] îya pour marquer que 
l'idée exprimée par le thème est à sa place (c'est-à- 
dire convenable ou nécessaire). Ex. Madanîyam : 

*, * S' naga". 
•' Cd S' °iyo ca. 

' S inadaniyam. et de même "y'^'^î fiais les exemples suivants, 
% ^ Gd S' mucca". 

J. As. Extrait n° i . ( i 87 1 . ) 1 3 



— 194 — 

enivrant (où l'on ne peut résister à l'enivrement); 
dassanîyam : qui mérite d'être vu. 

Upamattlie àyitattappaccayo hoti. Dlmmo * viya dissati, tad 
idam dhûmâyitattam ^ ; timiram viya dissati adum ihtànam tad 
idam timirâyitattam, 

[On emploie le suffixe] âyitatta pour exprimer 
la comparaison. Ex. Idam dhûmâyitattam : cela 
ressemble à de la fumée. 

HT II 'IM II 

Tamnissilallhe ladassalthânam^ iccelasmirh atthe ca lap- 
paccayo hoti. Dullliumnissitam : duttliullam ; vedam nissilam : 
vedallam. 

[On emploie le suffixe] la pour signifier : appliqué 
à. . . Ex. Duttliullam : appliqué à nuire; vedallam : 
appliqué h l'étude des védas. 

Relalivemenl à «nissita» cf. Dhammap. w. gS, SSg, 34i. 

Aluppaccayo' hoti labbahulatthe. Abhijjhà assa pakati : 
abhijjhâlii abhijjhâbahulo va ^ ; evam : sîtâlu ; dhajâlu ; dayâlu. 

[On emploie le suffixe] âlu pour exprimer la 

', « CdSfdhu". 

^ Cd tadassaltliam". 

4, 5 Cd â|u°. 

* Cd °lù abhijjhà assa bahulo va abhijjhâlu ; — e°. S' "lu ; sitâlu ; 
sitam assa bahulo va sitâlu; abhijjho assa bahulo va abhijjhâlu: 
dhajâ assa pakati dhajâhi , etc. 



— 195 — 

[possession en] grande abondance [de ce qu'in- 
dique le thème]. Ex. Abhijjhâiu : plein de con- 
voitise. 

TFTrrrrT mt 5 1113 II 

N}'a lia là iccete paccayà honti bhàvaUhe. Alasassa bliâvo : 
âlasyam; arogassa' bhâvo : âropyaiîi; pamsukûlikassa bliâvo : 
pamsukûlikallam; anodarikassa bhâvo: anodarikattam; san- 
ghanikârâmassa^ bhâvo : sanghanikârâmatà ^ ; niddârâmassa 
bhâvo : niddâràmatà. 

Tusaddaggahanena ttanappaccayo hoti. Puthajjanassa bhâ- 
vo : puthujjanattanain ; vedanassa bhâvo : vedanatlanam. 

Et [les suffixes] nya, tta, ta pour exprimer l'état 
(former des noms abstraits). Ex. Alasyam : pa- 
resse; pamsukùlikattam : état de celui qui porte 
des vêtements faits de lambeaux. 

Il U II 

Nappaccayo hoti visamâdîhi lassa bhâvo iccetasmiiîi atthe. 
Visamassa bhâvo : vcsamani; sucissa bhâvo : socaiîi. 

[On emploie le suffixe] m [dans le même sens] 
après les thèmes visama, etc. Ex. Vesarnam : inéga- 
lité. 

<HHliiiQ,di ^inif II 

Ramaniya iccevamâdilo kanpacçayo hoti lassa bhâvo iccc- 

' Cd ârogassa. 
^, ' Cd sarriga". 
' Cd nanavisa". 



— 1% — 

tasmim althe. Ramaniyassa bhâvo : rânaanîvakani ; manun- 
nassa bhâvo : mânunnakam; aggisomassa bhâvo : aggisoma- 
kaiîî. 

[On emploie le suffixe] kan [dans le même sens] 
après Jes thèmes ramaiiija, etc. Ex. Râmanîyakam : 
charme. 

f^TO rncTfMfolf^fii^l II "î^o II 

Visesatthe tara tama issika iya illha iccele paccavâ lionti. 
Sabbe ime pâpâ, ayam imesam visesena pâpoli pàpataro; 
evam : pâpatamo; pâpissiko; pâpittho. 

[On emploie les suffixes] tara, tama, issika, iya, 
ittha pour [marquer] la diflerence [entre des objets 
comparés]. Ex. Pàpataro : plus méchant; pâpa- 
tamo : le plus méchant, etc. 

Le grammairien n'établit pas la distinction, qui nous est 
familière, entre le comparatif et le superlatif. Mais je crois 
que Clough va trop .loin lorsqu'il en conclut que : « It does 
notappear that they (ail thèse affixes) can be distinguished 
into the two classes of comparative and superlative» (p. (|3- 
94). (Cf. aussi Mason, P. Gr. p. 71 sv.). Je crois en effet qu'il 
ne faut pas supposer ici des intentions trop profondes. Si nous 
comparons les règles correspondantes de Pânini (V, 3, 55. 
56. 57), nous trouvons qu'en s'exprimant ainsi qu'il fait : 
Atiçâyane tamabishlhanau (55); dvivacanavibbajyopapadeta- 
rabîyasunau (57), il a, sinon épuisé sans doute les différences 
qui existent à nos yeux entre le comparatif et le superlatif, 
distingué du moins nettement les deux degrés de comparai- 
son ; mais le trait que Pânini donne comme caractérisant le 
comparatif, cette présence d'un duel qui en dépend, est perdu 



— 197 — 

pour le pâli, au moins comme individualité grammaticale; et 
il semble que le grammairien pâli ait supprimé purement et 
simplement une façon de parler qui ne pouvait convem'r au 
système grammatical de la langue dont il expose les règles; 
dès lors les deux sùtras de Pânini se confondaient dans une 
identité parfaite, et il s'est contenté de les condenser en un 
seul, sans s'inquiéter autrement de l'inexactitude théorique 
résultant de cette confusion; une inexactitude de ce genre 
n'est certes pas incompatible avec le caractère général de l'ou- 
vrage; et cela d'autant moins que, en sanskrit même, la dis- 
tinction entre le comparatif et le superlatif n'est pas très- 
rigoureuse, si bien que, dans plus d'un cas, nous trouvons 
le premier, alors que nous attendrions le second (cf. par ex. 
l'emploi fréquent de drulaLaram = au plus vite, etc.). 

d({^^Jc^1fd ^ ^ IR^l II 

Tadassatthîti iccetasmim atlhe vî paccayo hoti. Medhâyas- 
mim attbi tasmim va vijjatîti medhâvî; evaih : mâyâvî. 

Casaddaggahanena sopaccayo hoti : sumedhâ yassa hoti 
tasmim va vijiatîti sumedhaso. 

Et [le suffixe] vi pour marquer la possession. 
Ex. Medhâvî : doué de sagesse. 

rTXnf^rTt ^ Il ^^^ Il 

Tapâdito sî paccayo hoti tadassatthi' iccetasmiiîi atthe. 
Tapo yassa althi tasmim va vijjatîti tapassî; evam : tejassî; 
yasassî; raanassî. 

Après les thèmes tapa, etc. [on emploie dans le 
même sens le suffixe] sî. Ex. Tapassî : qui a fait 
pénitence (qui possède des trésors de pénitence); te- 
jassî : doué d'éclat. 

' Cfl ici et dans les ss. suiv.ints : "ssâUhi. 



— 198 



Dandâdito ika î iccete paccayâ lionti tadassatthi iccelas- 
mim atthe. Dando yassa althi lasmim va vijjatîli dandiko; 
dandî^; evam : inâliko; mâlî. 

Après les thèmes danda, etc. [on emploie dans 
le même sens les suffixes] iha , î. Ex. Dandiko ou 
daridî : muni d'un bâton. 

Madhu iccevamâdito rappaccayo lioti ladassalthi iccelas- 
niifii atthe. Madiiii yassatthi tasmim va vijjatîti madhuro; 
evam : kunjaro; mukharo; susiro; subharo; suciro. 

Après [les thèmes] madha, etc. [le suffixe] ra. 
Ex. Madhuro : doux; mukharo : bavard. 

mUlQ^Ht ^ Il ^M II 

Guna iccevamâdito vantuppaccayo hoti tadassatthi icce- 
tasmim althe. Guno yassa atthi lasmim va vijjatîti gunavâ; 
evam : yasavâ; dhanavâ; balavâ; panûavâ. 

Après [les thèmes] gana, etc. [le suffixe] vanta. 
Ex. Gunavâ: vertueux; yasavâ : glorieux. 

H^^ii^ ^=i| Il -^i II 

Sati iccevamâdihi maiituppaccayo hoti tadassalthi icce- 
tasmim atthe. Sati yassa atthi tasmim va vijjatîli satimâ; 
evam rjutimâ; sucimâ; ihutimâ; matimâ; kittimâ; mutimâ^ 
bhânumâ. 

' Gd °lîli (landîko ; e". 

^ S*^ diffère nu peu dans les exemples. 



— 199 — 
Après [les thèmes] sati, etc. [le suffixe] manta 
Ex. Satimâ : qui a bonne mémoire; jutimâ : bril- 
lant. 

H^lfidj W W^S II 

Saddhâ iccevamâdito nappaccayo" lioli tadassallhi icce- 
tasmini atlhe. Saddhâ yassa atthi tasmim va vijjatîti saddlio; 
evam : panno ; maccharo ^ 

Après [les thèmes] saddhâ, etc. [le suffixe] na. 
Ex. Sadclho : qui est croyant; panno : qui pos- 
sède la sagesse. 



:MI<M^ch|(HTif^^ Il ^t II 

Ayusaddassa ukârassa asâdeso lioti mantuppaccaye pare. 
Ayu yassa althi tasmim va vijjatîli âyasmâ. 

[Le thème] âja change devant [le suffixe] mantu 
son u [final] en as. Ex. Ayasmâ : qui a une longue 

vie. 

.1 

dLMohfHcl^H W mif II 

Tappakativacanatthe mayappaccayo hoti. Suvannena paka- 
tam : suvannaraayani, evaiîi : rùpiyamayam; jatumayam; ra- 
ja lamayam ; ayoruayam; mattikâmayam ; ittliakamayam *; 
kalthamayam ; gomayam. 

'. » Cd na. 

•'' Cd amaccharo. — Exemple fort singulier ici; cf. VIII, 7, 8. 
^ Cd s' et la Rûpasiddhi (fol. 58') "ssukârassa ma°. Le Bàlâva- 
târa (p. 38) , comme nous. 
■^ Cd itthaka". 



- 200 — 

[On emploie le suffixe] maya pour exprimer 
qu'un objet est fait de telle ou telle matière. Ex. 
Suvannamayam : fait d'or; itthakamayam : fait de 
briques. 

H^^ïïirt ^ Il lo II 

Sankhyàpûranalthe mappaccayo hoti. Pancannan^pùrano; 
pancamo; evaiîi chalthamo; sattamo; ajlhamo; navamo; da- 
samo. 

Pour [former] les nombres ordinaux [on emploie 
îe suffixe] ma. Ex. Pancamo : le cinquième; da- 
samo : ie dixième. 

Sankhyâpùrane vattamânassa chassa so hoti va. Channam 
pûrano : sattho chaltho va, 

[Le nom de nombre] cha , [pour former son ordi- 
nal, peut] à volonté [se changer en] sa. Ex. Chattho 
ou sattbo : le sixième. 

Uchlf^dl Ti^mt II ^"^ Il 

Ekâdito dasassa anld îpaccayo hoti illhiyam ' sankhyâpû- 
ranatthe. Ekâdasannam pûranî : ekâdasî; pancadasannam 
pûranî : pancadasî ; caluddasannam pùranî : catuddasî. 

Pûraneli kimatlham ? Ekâdasa; pancadasa. 

Après Jasa précédé de eka, etc. [on emploie, pour 
former le féminin du nombre ordinal, le suffixe] î. 
Ex. Ekâdasî : la onzième ; pancadasî : la quinzième. 

Cd s' n'ont pas : itttiiyarh. 



.? 



— 201 — 

Il est surprenant que mes deux manuscrits soient d'accord 
pour omettre «itthiyam», que je n'ai pas hésité à rétablir 
d'après le Bâlâvatâra (p. Sg, 1. 28); mais il demeure tou- 
jours inexplicable qu'un mot si important manque absolu- 
ment dans le texte sans qu'il puisse d'ailleurs être emprunté 
à aucune règle environnante. D'autre part, la position qu'oc- 
cupe ici ce sûtra est elle-même singulière, étant donnée l'u- 
nion étroite qui exisle entre les ss. 3i et 38 dont elle rompt 
l'enchaînement sans aucun motif appréciable. 

^ Ht ft-sÈl-^ Il ^B II 

Dase niccaiîi chassa so holi. Solasa. 

Et devant dasa [cha se change] toujours [en] 50. 
Ex. Solasa : seize. 



^RT (H^JI^H-^ Il 1% Il 

Tâsam sankhyânam anle niggahitâgâmo hoti. Ekâdasiih'; 
pancadasim ; catuddasim. 

A la fin [de certains noms de nombre , on ajoute 
un] niggahîta. Ex. Timsam : trente. 

Lé commenlaleur paraît mettre, et, en prenant la leçon 
de S , met clairement ce sûtra en corrélation avec le sùlra 
32; dans cette hypothèse, je ne vois'pas qu'il soit possible 
d'en tirer un sens satisfaisant. De plus la disposition même 
des règles s'y oppose. C'est au contraire avec le sûtra 35 qu'il 
convient de relier la présente règle où en conséquence ni 
ekâdito dasassa, ni î, ni itlhiyam , ni pârane ne con.servent 
de rôle, et le sens de 34 et 35 me paraît être que certains 

' S ckâdasannam puranî ekadasiifi , pancadasan'nam , etc. 



— 202 — 

noms de nombre se terminent en am, d'autres en ti; par 
exemple : vimsam, vimsati; timsam, timsati. Je ne trouve 
pas clans mon ms. de la Rûpasiddhi d'explication régulière et 
ex professa de ce sûtra, mais seulement l'application suivante 
(fol. 59") : « ante niggahîlanccàli sankliyâthâne sambhùtassa ti- 
saddassa ante niggahitâgamo ca . . . . . tiiîisati timsam limsa 
vassâni. » C'est donc sur i'anusvâra de tim et non sur celui 
de sam que le commentateur paraît faire porter noire règle; 
l'union qu'on ne peut méconnaître entre cette règle et la sui- 
vante est en faveur de l'explication que j'ai proposée. Il est 
vrai pourtant que l'am iinal est prévu d'ailleurs par le s. 46. 
Quoi qu'il en puisse être , il est certain que cette règle et la 
suivante ne sont pas ici à leur rang naturel ; elles interrompent 
une série de règles sur les nombres entre dix et vingt , tandis 
qu'elles ne pouvaient utilement venir qu'après le s. Zi6; en 
revanche le s. ^'j serait bien mieux à sa place ici même. 

•^ =^ Il ^M II 

Tâsam sankhyânam ante tikârâgamo hoti. Visati; timsati. 
El aussi ti. Ex. Vîsati : vingt; timsati : trente. 

HÇ^TTOMI ^lll 

Dakârarakârânam sankhyânam lakârâdeso hoti. Solasam; 
cattalîsam. 

[Dans certains noms de nombre,] ti et r se chan- 
gent en /. Ex, Solasam : seize; cattalîsam : quarante. 

41h(h^hh, ^t %m îî II ^^ Il 

Vîsati dasa iccetesu dvissa bâ hoti. Bàvîsatindriyâni ; bâ- 
rasa manussâ. 

' S' "dakârânam. 



— 203 — 

Tusaddaggalianena dvissa du di do àdesà lionli. Durat- 
laih ' ; dirattaiîi; digunam; dohalini^. 

Devant vîsati et dasa, dvi se change en hâ. Ex. Bâ- 
vîsatindriyâni : vingt-deux sens; bârasa manussâ : 
douze hommes. 

Ekâdito dasassa dakârassa rakâro holi va sankhyâne. Ekâ- 
rasa ; bârasa ; ekâdasa ; bàdasa ; dvâJasa, 
Sankhyâneti kimalthaiîi ? Dvâdasâyalanaiîi. 

En numération, dasa, préce^dé de eka, efc. 
change [à volonté] d en r. Ex. Ekârasa : onze; bâ- 
rasa : douze. 

Atthâdilo dasasaddassa dakârassa rakârâdeso hoti va san- 
khyâne. Atthârasa; allliâdasa. 

Auhâdiloli kiraatlhaiîi ? Paiîcadasa. 

Sankhyâneti kiniallham ? AtUiâdasiko. 

Caggahanaih kimatlham ? Dasaraggahanânukaddhanat- 
Iham \ 

Et aussi, précédé de atlha, etc. Ex. Atthârasa : 
dix-huit. 

' Cd dûrattam. 

* s' °ltam tisso sa raltiyo lirattam , dve gunani dvigunam , sa doha*. 

•'' S' n'a pas celte glose. 



— 204 — 
1=h<^M W^ ^ ' Il ^o II 

Dvieka attha etesarh anto âkârâdeso^ hoti vâ^ sankbyâne. 
Dvâdasa; ekâdasa; aUhâdasa. 

Sankhyâneti kimallham ? Dvidanto; ekadanto; ekachatio; 
allhattliambho. 

Dvi, eka, attha prennent à volonté â [final de- 
vant dasa]. Ex. Dvâdasa : douze; attbâdasa : dix-huit. 

Ce sûtra est ici singulièrement intercalé : sa place natu- 
relle serait après la règle 33, par exemple, où dasa conser- 
verait tout naturellement sa valeur, tandis qu'il ne peut 
être suppléé ici que par une liberté très-irrégulière , mais 
aussi indispensable , malgré le silence du scboliaste. 

=^3^^ SJTT II %\ Il 

Catu cha^iccetehi tba tha iccele paccayâ honti^ sankhyâ- 
pùranattbe. Catunnam pûrano : catuttho ; channam pûrano : 
cbattho. 

A catu, cha on ajoute [pour former le nombre 
ordinal] </ia, tha. Ex. Catuttho : le quatrième; chat- 
tho : ie sixième. 

fidir^ frrqt II 'è"^ Il 

Dvi ti iccetehi tiyappaccayo hoti sankhyâpûranatlbe. Dvin- 
nam pûrano : dutiyo ; tinnam pûrano : tatiyo. 

',2 Cd akâ". 

■^ Cd S' n'ont pas : va. 

'' Cd " cchehi. 

' Cd°cliâi°. 

' s' honti va sa°. 



— 205 — 

A dvi, ti, on ajoute tiya. Ex. Dutiyo : le deuxième; 
tatiyo : le troisième. 

Dvi liiccetesam du la iccete âdesâ lionli liyappaccaye pare. 
Dutiyo, taliyo. 

Apiggahanena annesvapi du 11 âdesâ honli. Durattani'; 
tirai lam. 

Casaddaggahanena dvi iccetassa dikâro hoti. Digunam san- 
ghâtikain parûpilvâ. 

Et [en même temps on change dvi, ti en] da, ta 
devant [le suffixe] tiya. Ex. Dutiyo; tatiyo. 

M *i^MiT<,H4^Q,ci^f^<M^^fHi(i ^ H %% Il 

Tesam catutthadutiyataliyânam addhùpapadânam addbud- 
dha divaddha diyaddha addbatiyâdesâ ' addhûpapadena saha 
nipaccante. Addhena catuUlio : addliuddho; addhena dutivo : 
divaddho; addhena dutiyo:. diyaçldho; addhena tatiyo: ad- 
dhatiyo. 

Ces noms de nombre [catattha, datiya, tatiya], 
accompagnés de addha (demi), forment avec lui les 
mots : addhuddha ; divaddha ; diyaddha ; addhatiya. 
Ex. Addhuddho : le troisième et demi; divaddho, 
diyaddho : le premier et demi; addhatiyo : le 
deuxième et demi. 



' CcI S' dûrattam. 
* Cd "diyatthatiyâ. 
•* Cd "sa honti a°. 



— 206 — 
H^^T^ U^hfiyiHf^' Il ^M II 

Sarûpânam padabyanjanânam ekaseso licli asakim. Piiriso 
ca puriso ca : purisâ. 

Sarûpânam ili kimattham ? Halthi ca asso ca ralho ca pat- 
tiko ca : hatihiassarathapaltikâ. 

Asakinti kimatlham ? Puriso. 

Au lieu de [répéter] plusieurs fois une forme 
identique, on ne laisse qu'un mot, variable [sui- 
vant les nombres à exprimer]. 

« Padabyanjanâmam « du scholiaste n'est peut-être point 
parfaitement clair; son intention est, je pense, de réserver 
les changements, principalement vocaliques, que subit le 
thème en passant de la forme primitive à la fornae du pluriel , 
comme quand purisa deux fois répété devient /)«ma. Le but 
primitif de cette règle est, en effet, d'enseigner l'emploi et 
la nature du pluriel (et du duel) comme représentant le sin- 
gulier répété plusieurs fois. Pour s'expliquer de quelle façon 
cette observation se trouve rejetée ici , il faut considérer 
comment le sûtra suivant s'y rattache, et lenir compte de 
l'habitude des grammairiens indiens d'englober dans une 
définition, dans une observation théorique extrêmement 
vague et compréhensive, des faits très-divers qu'ils précisent 
ensuite. Notre grammairien entend ici rattacher comme 
étant de même ordre des choses assurément fort dissem- 
blables : d'une part le rôle du pluriel , d'autre part, ce prin- 
cipe de numération qui consiste à réunir dix unités en une 
unité nouvelle de dizaines, etc., puis à exprimer en un mot 
unique le nombre, quel qu'il soit, de ces unités, en sorte 
qu'au lieu de dire : un et un et un , etc., on dit: dix, et au 
lieu de: dix et dix, etc., on dit : vingt, elc. — Il semble 

' Cd S*^ "spsvasakim. . 



— 207 — 

que le chaiiL;ement apporlé à la règle de Pânini sur laquelle 
celle-ci rst modelée ; « Sarùpànâm ekaçesha ekavibhaklau » 
(I, 2, 64), ail eu pour intention de l'approprier mieux à ce 
rôle nouveau. Asakim qui a remplacé ekavibhaklau marque, 
si je le comprends bien , que chacun de ces pluriels d'un genre 
particulier a sa forme spéciale, non identique avec le thème 
des singuliers (ou unités) qu'il exprime, et variable'suivant 
les nombres qu'il représente. Mais c'est, en revanche, à cause 
de la destination première du sûtra que l'auteur a dû placer 
ganane en tête du sûtra suivant, addition inutile si a sarû- 
pânam» ne s'appliquait qu'à des nombres; c'est pour cela 
aussi qu'il a artificiellement assimilé à des désinences ca- 
suelles [jonaih , yosu) les formations en îsam , etc. 

Il %i II 

Ganane dasassa dvikatikacatukkapancakachakkasattakaltha- 
kanavakânam sarûpânam katekasesânam yathâsankhyam vî ti 
catlâra pannâ sa' satl'asa nava iccete âdesà honti asakim yosu 
yonan ca îsam âsam ihî ri li iti uti iccete âdesâ pacchâ puna 
nipaccante. Visam; timsam; caltâlîsam; pannâsam; sallhî *; 
saltari; saltati; asîti; navuti. 

Asakinti kimattham ? Dasa. 

Gananeti kimattham "^ Dasadasako puriso. 

En numération , pour exprimer que la dizaine est 
répétée deux, trois, quatre, cinq, six, sept, huit, 
neuf fois, on se sert de vi, ti, cattâra, pannâ, cha, 

> , - Cd S*^ sa , satthî , la seule forme qu'ait aussi M. Mason [Pal. Gr. 
p. 73-74 ); et pourtant l'un et l'autre ont cha clans le sûtra, et la 
forme « chatthî u est d'ailleurs bien connue. 



— 208 — 
salta, asa, nava auxquels on affixe les désinences 
îsam, âsafh, thi, ri, ti, îti, ati. Ex. Vîsam : vingt; 
paiïnâsam : cinquante; chatthî : soixante; sattari, 
sattati : soixante et dix; asîti: quatre-vingts; navuti : 
quatre-vingt-dix. 

^^MM^^ ^^^T' Wr^^rZjf^^^m =f =^ fq- ^ 
^ Il %S II 

Catûpapadassa gananapariyâpannassa tulopo hoti ullarapa- 
dâdicassa cakârassa eu co pi honti na va. Catûhi adliikâ dasa : 
cuddasa, coddasa, catuddasa. 

Apiggahanena anupapadassâpi uttarapadàdissa cassa lopo 
hoti na va cassa eu copi honti ca^. TâUsam; caltâlisaih; cullâ- 
lîsam; collâUsam'\ 

Cata en composition [devant un autre nombre] 
peut à volonté perdre la syllabe tu, et ca, qui de- 
meure devant le second membre, se change alors 
en eu ou co. Ex. Catuddasa ou cuddasa ou coddasa : 
quatorze. 

^T^gcnTïïT fHMlHHI IH^Pd II %t II 

Ye saddà aniddiltlialakkhanâ akkharapadabyanjanalo itthi- 
pumanapunisakalingato nânoùpasagganipâtato ahyayibliàva- 
samâsaladdliilâkhyato * gananasankhvâkâiakârakappayogasan- 

' Cd S^ "dassa lopo", de même dans la Rûpasiddhi (fol. 27'') et le 
Bâiâvatâra, p. Sg. 
^ Cd "honti. Ta". 
^ S' partout : "jîsam. 
* Cd "taddhitato ga°. 



— 209 — 
nâto sandhipakalivuddhi'lopaâgamavikâraviparitâdesato ^ ca 
vibhallivibhajanato ^ ca te nipâtanâ sijjhanti. 

Quand des mots ne sont pas formés [conformé- 
ment aux règles énoncées], leurs formes sont cons- 
tatées [par la grammaire] en les enregistrant toutes 
faites. 

Cette règle sert en quelque sorte d'introduction aux sûtras 
5o, 52 et de contre-partie au sûlra 45. 

UfÇïït^t ^^î#^* Il %^\\ 

Dvi iccevamâdito kappaccayo hoti anekatlhe ca * 



Après dvi, etc. on emploie le suffixe ka dans un 
sens de pluralité. Ex. Dvikam : le double; tikarîi : 
le triple. 

^H<{,M4 Hïï <i,H=hM m ^t^-^ 2Ttf^ Il MO II 

Gananapariyâpannassa dasadasakassa satamholi, satadasa- 
kassa ca sahassaiîi hoti yonihi. Satam; sahassaiîi. 

' Cd "vuddhi". 

* Cd "viparîtato ca. 
^ Cd "vijanato". 

" Cd °ko ne°. 

* Cd et s' "tthe ca nipâtanâ sijjhanti. Satassa dvikam : dvisatam; 
satassa tikam : tisatam ; satassa catukkaiîi : catusatam ; satassa panca- 
kam : pancasatam ; satassa chakkaiîi : chasataiîi ; satassa sattakam : 
sattasatam ; satassa atthakam : atthasatam ; satassa navakam : navasa- 
tam, satassa dasakcm, dasasatam : sahassam hoti. — Malgré i'accord 
des deux manuscrits , ces lignes me paraissent avoir été transportées 
ici du sûtra suivant par quelque vieille erreur de copiste. 

J. As. Extrait n" i. (1871.) * 1.4 



— 210 — 

Dvikâdînani taclutlarapadânan ca nipaccante yathâsambha- 
vani '. Satassa dvikam tad idam hoti dvisataiîi; satassa tikam 
lad idarh holi tisatam; evaûi : catusalam ; pancasalam; chasa- 
tam ; sattasalam ; allbasatam ; navasatam ; dasasatam sahassam 
hoti. 

Le nombre de dix fois dix s'exprime par satam et 
cent fois dix par sahassam, pour le nominatif. Ex. 
Satam : cent; sahassam : mille. 

«Yomhi», en restreignant les formes «satam» et « sahas- 
sam » an nominatif (et à l'accusatif qui lui est semblable), 
marque que ces noms de nombre ne sont pas indéclinables, 
à la différence des autres nombres depuis vîsati. 

<M[=IH^Tir( 2;H3TrtOrP^ Il M\ Il 

Yâva lâsam sankhyânam uttarim dasagunitancakâtabbam. 
Yalhâ : dasassa^ dasagunitam katvâ satam hoti; satassa dasa- 
gunitam katvâ sabassam holi; sabassassa dasagunitam kalvà 
dasasabassam holi; dasasabassassa dasagunitam katvâ satasa- 
bassaiîi holi; satasabassassa dasagunitam katvâ dasasatasa- 
bassam hoti; dasasatasabassassa dasagunitam katvâ koti hoti; 
kolisatabassânam salam pakoli hoti; evaiïi sesâni kâtabbâni^. 

De même, au-dessus de ces nombres [cent et 
mille] jusqu'au multiple par dix [de ces nombres 
multipliés l'un par l'autre] (jusqu'à dix fois cent 

' S^ 'yathâsaûkhyam. 

* Cd "sassa gaiiassa da°. 

' Malgré l'accord de Cd et S' le texte du commentateur ne saurait 
ici encore être correct; et il est évident que la première partie des 
exemples , de « dasassa » à « sahassam hoti », ne porte pas plus sur la règle 
résente que la dernière, de «dasasatasabassassa» à « kâtahbâni ». 



— 211 — 

mille). Ex. Dasasahassam : dix mille; satasahassam : 
cent mille; dasasatasahassam : dix fois cent raille. 

H^RT^ Il M"^ Il 

YàsaiîipanasankhyânanianiddilthanâmadheyyàDamsakehi 
sakehi nâmehrnipaccante. Salasahassânam satam : koti; koti- 
salasahassânam sataiîi : pakoti; pakotisatasahassànam satam : 
kotippakoli; kotippakotisalasahassânam sataiîi : nahutani; na- 
hutasatasaliassânam satam : ninnahulam; ninnahutasatasa- 
hassânam salain : akkhobhini ; tathâ : bindu ; abbudam ; 
nirabbudaiîi; ahaham; ababaiîi; atalam; sogandhikam; uppa- 
lam ; kumudaiîi; punçlarîkam ; padumath; kathànam ; mahâ- 
kalhânam; asankheyyam \ 

[De même] après les nombres supérieurs qui ont 
chacun lem^ nom particulier. Ex. Koti : cent fois 
cent mille; pakoti: cent fois cent mille kotis, etc. 

On voit par la traduction comment je crois que doit 
s'expliquer l'ablatif « sakanâmehi ». Comme d'ordinaire 
dans la langue des sùtras grammaticaux, il faut le traduire 

par : après , expression qui se justifie ici en ce que 

l'auteur a en vue la position des divers nombres en com- 
position. Quant au sens général de ce sùtra et du précédent , il 
est assez clair : l'auteur enseigne d'abord que , jusqu'à dix fois 
cent mille inclusivement, on s'exprime rien qu'au moyen des 
nombres dasa, sata et sahassa; mais à partir de là et de cent 
fois cent mille en cent fois cent mille, chaque nombre a un 
nom particulier et les multiples intermédiaires s'expriment 
au moyen de dasa, sata et sahassa précédés de celte dénomi- 
nation spéciale. 

' Cd asanikhyaiîi. 

i4. 



— 212 — 
M ^ ^fïït II M^ Il 

Tesam paccayânam no lopaiïi âpajjate. Golamassa apaccam, 
piitto : golamo ; evaiîi : vâsillho ; venateyyo ; âlasyam ; aroojyaiîi. 

Les suffixes qui ont un [anubandlia] ii l'élimi- 
nent. Ex. Vâsittho : fils de Vasittha (= vasittha + le 
suffixe na). 

f^ïm ^ '^ Il M^ Il 

Vibhâgatthe dhâpaccayo hoti. Ekena vibhâgena : ekadhâ; 
evam ; flvidhà; tidhâ; catudhâ; pancadhâ. 

Celi kimaltham? So ca hoti. Sultaso; byanjanaso; pa- 
daso'. 

Dans un sens distributif [on emploie] aussi le 
suffixe dhâ. Ex. Ekadhâ : en un; dvidhâ : en deux. 

J'ai traduit ca littéralement; mais je n'en saurais dire le 
sens véritable, l'explication qu'en donne le scholiaste n'é- 
tant pas, dans l'étal présent du texte, plus acceptable que 
tant d'autres du même genre. Cf. du reste les nn. des ss. 
56 et 57. 

H^HIMf^ MchKM^H g Srril MM II 

Sabbanâmehi pakâravacanatthe tu thâpaccayo hoti. So pa- 
kâro : tathâ; taiîi pakâraiîi : tathâ; tena pakârena : tathâ; 
tassa pakârassa : tatliâ ; tasmim pakâre : tathâ ; evaiîi : sabbathâ ; 
annathâ, itaralhâ ^. 

' S'casaddaggahanena mosopaccayo hoti vibhâgatthe. Sutena vi- 
bhâgena : sutaso; evam bya°. 
^ Cd itarâ. 



— 213 — 

Tusaddaggahanaiîi kimaUhaiîi ? Thattâpaccayo holi. So 
viyapakàro : fathaltâ' ; yalhattâ; annalhallâ; itaralhatfâ; asab- 
bathatlâ. 

Et pour exprimer la manière [on emploie] après 
les pronoms [le suffixe] thâ. Ex. Tathâ : de cette 
manière; sabbathà : de toute manière. 

Kixîi ima iccetelii thampaccayo hoti pakâravacanatihe. Ko 
pakàro : kalham; kaiîi pakâram : katham; kena pakârena : 
kalhaiîi; kassa pakârassa : kathani; kasmâ pakârà : katliam; 
kasniini pakâre : kalham; ayaiîi pakâro : itlham; imam pakâ- 
ram : ilthani; iminà pakârena : itthaiîi; anena pakârena : 
iltham; assa pakârassa : itlham; asmâ pakârâ : itlham; asmim 
pakâre : ittliam. 

Après kim et ima [on emploie, dans le même 
sens, le suffixe] tham. Ex. Katham : de quelle ma- 
nière? ittham : de cette manière. 

L'observalion jointe à la règle suivanle m'oblige à noter 
ici un point qui, d'ailleurs, n'est peut-être pas sans impor- 
tance pour l'histoire de cette grammaire. On remarquera, en 
efifet, qu'il y a une forle raison, tirée de ces règles elles- 
mêmes, de considérer comme interpolés ou déplacés, au 
moins ce sùtra et le précédent : les suffixes ihâ (thâl) et tham 
(thamu) sont de ceux qui devaient venir au ch. 5 du Nâma- 
kappa; ilssont, euxaussi, vihhattisannâyo (Pàn. V, 3, 33. a/J. 
2 5). Mais, d'autre part, cette façon de considérer ces suf- 
lixes et plusieurs autres, empruntée par notre grammairien 
(II, 5, i) à Pànini (V, 3, i svv.),ne se retrouve pas dans la 

' Cd °in : thattà". 



— 2\ti — 

grammaire Kâtantra , qui rejette au contraire tous ces suffixes , 
y compris les deux qui nous occupent, vers la fin du chapitre 
des taddhitas; et c'est évidemment sons son inlluence qu'a 
eu lieu l'addition ou le déplacement qu'il nous suffit, pour 
le moment, de conslaler. 

ffTfÇHTi^ ^TH^nrPfî^ ^ H% ^ Il M3 II 

Adisarassa va asamyogantassàdibyanjanassa ^ va sarassa 
vuddhi^ lioli sanakârappaccaye pare. Abhidhanmiam*adhile: 
âbbidhamuiiko; vinalâya apaccam : venateyyo; evam : vâsit- 
tho ; âlasyam. 

Asamyogantasseli^ kimaltham ? Bhaggavo. 

Et devant les suffixes qui ont un [anubandha] ii 
la première voyelle [du thème], qu'elle soit initiale 
ou [précédée d'une consonne], reçoit la vuddhi, 
pourvu qu'elle ne soit pas suivie de plusieurs con- 
sonnes. Ex. Abhidhammiko : qui étudie l'Abhi- 
dhamma (= abhidhamma + niko); vâsittho : descen- 
dant de Vasittha (= vasittha + no). 

Ici encore le « ca » du sûtra ne paraît d'abord présenter au- 
cun sens satisfaisant; mais il est facile de lui restituer avec 
une grande vraisemblance sa signification primitive. En effet, 
en rapprochant cette règle de la règle 53, et en observant 
comme les règles qui l'en séparent sont ici hors de place , per- 
sonne ne doutera guère que le présent sûtra n'ait dû primiti- 
vement faire immédiatement suite au sûtra 55 ; et dès lors la 

' Cd vuddhâdi" ganta". 

^ Cd °yogâ°. 

^ Cd vuddhi. 

' Cd "dliatDiTiâ a". 

•' Cd "yogânta". 



— 215 — 
particule qui les devait relier s'explique de la façon la plus 
naturelle. (Cf. VII, 5, i5, une répélition de ce sûlra sous 
une aulre forme.) 

TU 20 ^TTJfr 3T^ Il MC II 

I u iccetesam âdibhûlânam avuddhi ^ holi tesu ca vuddhi '' 
âgamo hoti lliâne. Byâkaranani adliîte : veyyâkarano; nyâye^ 
niyutto : neyyâyiko*; byâvaccassa * apaccam, putto : veyyâ- 
vacco *; dvàre niyutto : dovâriko'. 

Dans certains cas, i, u [transformés en y , v de- 
vant la voyelle initiale d'un mot auquel ils sont pré- 
fixés] ne subissent pas la vuddhi; mais on ajoute 
[devant eux, et aussi devant j, v de certains mots, 
la vuddhi de i, u]. Ex. Veyyâkarano : un grammai- 
rien (de : byâkarana); dovâriko : un portier (de : 
dvâra). 

Si imparfaite que soit la forme de ce sûtra , il ne peut y 
avoir de doute sur le sens ; ce qui a fait l'embarras de l'au- 
teur, c'est qu'il a voulu condenser en une seule deux règles 
de Pânini (VII, 3,3. A) où la même idée est représentée d'une 
façon beaucoup plus nette par : « Yvâbhyâm padânlâbbyâm. 

— Dvârâdînâm ca». Le s. Kâtantra correspondan 

(fol. bà) : « Na {vriddhir asti) yvoh padàdyor (C. "dyo) vriddhir 
âgamah » , n'est pas du reste beaucoup plus heureux. 

'.^ Cd "vuddhi. 

' Cd nyâ°. 

* Cd neyyâ". 

■' Cd byâvassa. S' "vacchassa. 

" Cd veyyâvacco. S' "vaccho. 

' Cd dvâriko. — S' ajoute ici : Yinam iti kimattham ? Tolamo ve- 
dalassatthâna vedallaiîi. Thâneti kimattham? Visaye nayutto : vesa- 
yiko; sumanassa bhâvo : somanassarh. 



— 2i6 — 
^TTfr^ft' Il Mlf II 

I u iccelesam âtlan ca holi rikârâgamo ca ihâne. Ârissani; 
ânyam; âsabham; âjavam^; iccevainâdi. 

Yûnam ili kimattham ? Apâyikotyâdi. 

Thâneli kimatlham ? Vemâniko^; opanayiko; opamâyiko; 
opâyiko *. 

Et [dans certains cas, i, « se changent en] â suivi 
[quelquefois] de [la syllabe] ri Ex. Arissam : la con- 
dition d'un isi (rislii); ânyam : l'état de ce qui 
est dû (ina : la dette). 

WRTf^FngTrTTTFt ^"^^^ T^Rg ^ Il io || 

Kvaci âdimajjliaultara iccetesani dighatassâ lioiiti paccayesii 
ca appaccayesii ca. Adidîgho lava : pàkâro; nîvâro; pâsâdo; 
pâkalo; pâtimokklio; pâtikankho iccevamâdi; — majjhadî- 
gho tâva : angamâgadhiko; orabbhamâgaviko ; iccevamâdi; 
— uttaradîgho tâva : khantî paramam tapo titikkhâ; anjanâ- 
giri; kotarâvanam * ; iccevamâdi. — Adirasso tâva: pageva; 
iccevamâdi; — majjliarasso tâva : sumedhaso; snvannadha- 
rehi; iccevamâdi; — uttararasso tâva : yalhâbhâvigunena 
so; bhovâdinâma so boti, iccevamâdi. Evam yathâjinavaca- 
nânuparodhena yojetabbâ ^ 

Quelquefois aussi, devant des suffixes, une voyelle 
devient longue ou devient brève au commencement, 
au milieu ou à la fin des mots. Ex. Pàkâro : mur 

' Cd n'a pas : ri. 

* Cd âvajjavam. 

' Cd vemaniko. 

' Cd S' opayiko. 

'■' Cd ajoute : anguiiyâ i". 

'' Cd yathâiuipa". 



— 217 — 

d'enceinte (de : pa + kar.) ; suvannadharo : qui doit 
un suvarna (de : suvanna + dhârayati); khantî (au 
lieu de : khanti) paraniam tapo titikkhâ : la patience, 
la résignation , est la première des austérités. 

L'addition « appaccayesu ca » du scholiaste ne rend pas 
bien, je pense, l'intention de l'auteur. Après avoir énuméré 
les suffixes , il enseigne les modificalions qu'ils exigent dans 
les thèmes après lesquels on les emploie; il a parlé d'abord 
de la vriddhi; il passe maintenant à d'autres modificalions, 
et s'il répète ici « paccayesu », c'est que , tant qu'il n'a été ques- 
tion que de la vriddhi, « sane » du sùtra 67 demeurait en vi- 
gueur, tandis que c'est à présent de tous les suffixes en gé- 
néral qu'il est question. 

^Ç ^fl'ôfÎMUlHf^^hl^RMÎIdr^HI =^ Il il II 

Tesu âdimajjhuttaresu ^ jinavacanânuparodhena kvaci vud- 
dhi ^ hoti, kvaci lopo holi, kvaci àgamo holi, kvaci vikâro 
holi, kvaci viparito hoti, kvaci âdeso hoti. Adivuddhi tàva : 
âbhidhammiko ; venalevyo, iccevamâdi; majjhavucldhi* ta va : 
sukhasseyam; sukhakâri dânam, iccevamâdi; ultaravuddhi 
tâva : kâlingo ; mâgadho ; paccakkhadhammo , iccevamâdi. 
— Adilopo tâva : lâlisam, iccevamâdi; majjhalopo tâva : 
kattukâmo; gantukâmo; dhaniyo; kumbhakâraputto; vedal- 
lam, iccevamâdi; ultaralopo tâva : bhikkhù^; bbikkhuni; 
iccevamâdi. — Adiâgamo tâva : vutlo bhagavatâ, iccevam- 
âdi; majjhâgamo tâva : sa silavâ sa paiïnavâ, iccevamâdi; 
ultarâgamo tâva : vedallam , iccevamâdi. — Àdivikâro tâva : 

', ' Cd ici et partout dans la suite : vuddhi". S' vudhi. 

^ Peut-être faut-il lire : âdimajjhuttarânani. — Evidemment tesu 
du sûtra signifie : tesu paccayesu. 

* Cd et S*^ ici et dans la suite : majjhe , puis le terme teciiniqiic : 
vuddlii, etc. 

^ Cd SMiliikkhu. 



— 218 — 

ârissam ' ; âsabham ; ânyam , iccevamâdi ; majjhavikâro tâva : 
varârissam ^ ; parârissam ^; iccevamâdi; uttaravikâro tâva : 
tâni; sukhâni, iccevamâdi. — Adiviparito tâva: uggate su- 
riye; uggacchati, iccevamâdi; majjhaviparîto lava : samug- 
gacchati; samuggate suriye, iccevamâdi ; ullaraviparito tâva : 
digu; digunnam, iccevamâdi. — Adiâdeso tâva : yûnam 
iccevamâdi*; majjhâdeso tâva : nyâyogo, iccevamâdi; utta- 
râdeso tâva : sabbaseyyo; sabbasettho, iccevamâdi. — Evam 
yalhânuparodhena yojetabbâ. 

Quelquefois aussi, devant des suffixes [quelcon- 
ques] , les thèmes sont sujets au commencement, au 
milieu ou à la fin : i" à la vuddhi. Ex. Sukhakâri 
dânam : l'aumône assure la félicité (kâri de la ra- 
cine kar); — 2° à des apocopes. Ex. Tâlîsam : qua- 
rante (pour: cattâlîsam); — 3° à des additions de 
lettres. Ex. Vutto : dit (= skrt. uktah); — 4° à des 
modifications phoniques. Ex. Arissam : la condition 
d'un Rishi (de : isi); — 5° à des atténuations [vo- 
cal iques]. Ex. Uggacchati : il descend (pour : o — 
gacchati, cf. II, 1, 28) ;-t 6° à des substitutions. Ex. 
Sabbasettho : le meilleur de tous (settho, superla- 
tif de pasattha, pour la formation duquel le radi- 
cal se remplace le radical passatth. (Cf. 11, 5, ly.) 

Parmi les exemples donnés parle scholiaste, plusieurs, 
comme on le verra , sont assez mal choisis. C'est ainsi que les 
cas d'âdivuddhi ne sont pas du ressort de la présente règle, 
puisqu'une règle spéciale leur est consacrée ci-dessus; quant 
aux exemples d'utlaravuddhi, j'avoue ne pas voir comment 

', ^, ^ Cd "risyaiîi. 

'' S*^ i ca u ca yû yûnam i°. 



— 219 — 

ils rentrent dans les cas dont il est question (l'o final est un 
âdesa — II, i, 53) ; je ne vois même pas de correction au moyen 
de laquelle on les y pourrai l faire rentrer. — Il n'est peut-être 
pas très-facile de déterminer exactement la nuance qui dis- 
tingue deux des termes dont se sert le sùtra : vikâra et vipa- 
rîta. A en juger par les exemples du commentaire, il semble- 
rait que le premier désigne particulièrement les changements 
par et avec addition, i devant âri, a devenant âni, les chan- 
gements augmentatifs, si je puis ainsi parler; le second au 
contraire marquerait les changements opposés, lorsque, par 
exemple, une voyelle longue telle que o s'atténue et devient 
u, comme dans : digu. Mais il est bien difficile de fonder 
une distinction solide sur de si faibles données, et cela d'au- 
tant plus que la valeur étymologique des termes « vikâra » et 
u viparîta » est trop vague pour nous guider sûrement. 

tiiiNWM-^Ffr ^ Il é^ Il 

Aili' akâro i i ili ivanno u ûiti uvanno; tesam akâraivan- 
nuvannânam à e o vuddhiyo honli yathâsankhyam a i u 
avuddhi ca holi*. Abhidhammiko ; venateyyo; olumpiko*; 
abhidhammiko; vinateyyo; ulumpiko*. 

Punavuçldhiggahanam kiraatthani ? Lttarapadavuddhi- 
hhâvattham ^ Angamagadhehi ^ àgato : angamâgadhiko ; ni- 
gamo ca janapado ca : nigamajanapadâ, nigamajanapadesu 
jàtà : negamajânapadâ ' ; puri ca janapado ca; purijanapadâ, 
purijanapadesu jàtà : porajànapadà^; satta ahàni : sattaham'; 
satlahe '" niyullo : sattàhiko; catasso vijjà : catuvijjaiîi, calu- 
vijje niyutlo : càtuvejjiko " ; iccevamâdi. 

' s' a â iti". — ^ Cd a î u vviddhim. A°. — % ^ Cd "lainpi". 

■" S' n'a pas : uttara" vattham. 

" Cd "mâga". S' "magga*". 

" Cd nigamajana". S' ueganiajana". 

* Cd purijana". S"^ porijana". 

', '« Cd S' "salfâ". 

" Cd s' catuvijjiko. 



— 220 — 

Vuddhi iccanena kvaltho ? Vuddhâdisarassa vâsamyogan- 
lassa sane ca. (V, b'j.) 

La vuddhi de a, i, i, u, û es\ â, e, o. Ex. Abhi- 
dhammiko : qui étudie 1 abhidhamma ; venateyvo : 
descendant de Vinatâ; olupiko : qui traverse sur un 
radeau. 

Les cas que le scholiaste rattache à ce sûlra par son arbi- 
traire inlerprétalion du mot vuddhi sont ceux où le second 
terme d'un composé prend lavriddhi devant tel ou tel suffixe, 
ou seul ou concurremment avec le premier membre, cas 
traités par Pânini, VII, 3, lo svv. Il faut remarquer du 
reste qu'aucun des exemples du scholiaste ne rentre dans les 
règles du grammairien sanskrit ; pour le dernier « câtuvejjiko » 
on peut comparer la Siddhântakaumudi in Pan. VII, 3, 3i 
(éd. Cale. 1870, 1, p. 655). Il en est du reste deux autres 
encore : negamajânapadâ et porajânapadâ, qui , si j'ai eu rai- 
son de les lire ainsi, tomberaient à faux, puisque ces deux 
mots ne sont que des composés dvandva formés chacun de 
deux membres qui ont reçu la vriddhi antérieurement à la com- 
position ; mais ce n'est pas la première ni l'unique méprise 
du commentateur, et est -il possible d'admettre, pour l'en 
absoudre, des formes : nigamajânapadâ, parijânapadâ? 

iTi nAmakappe taddihtakappo atthamo kando. 



Àkhyâta'sâgaram alhajjatanîtarangam 
Dhâlujjalam vikaranâgamakàlamînam 

' Ici comme dans la suite, A. Ht avec Cd et toutes mes autres au- 
torités singhalaiscs (Bâlàvalâra, éd. Colombo, Rûpasiddhi, etc.) : 
«âkkliyâta»; malgré l'autorité de tant de témoignages j'ai cru devoir 
rétablir l'orlhographe étymologique, nécessaire d'ailleurs en raison 
de In Ions;. 



— 221 — 
Lopànubandharayam althavibhàgatirain 
Dhîrâ taranti kavino puthubuddhinâvâ; 
Vicillasankhâraparikkhitam imam 
Akhyâtasaddaiîi vipulam asesato 
Panamya' sambuddham ananlagocaram 
Sugocaraiîi yaiïi vadato sunâtha me^. 

^^ ^ TT^Tf^ f^VTrftTT ^ M^J^M^^IPH II \ Il 

Alha sabbàsam vibhatlînam yàniyàni pubbâni cba padâni 
tânitàni parassapadasannâni honti. Tarn yathâ : tl* anti si* 
tha mi * ma. 

Parassapadaiîi iccanena ' kvatlho ? Ratlari parassapadam. 
(VI, 2, 25.) 

Dans les [énumérations des] désinences [ver- 
bales], les six premières formes sont [toujom's celles 
du] parassapada. Ex. Les désinences ti, anti, si, 
tha, mi, ma dans l'énuméralion du sûtra i8. 

M( I U^TiHÎM<^|[H II ^ Il 

Sabbàsam vibhatHnam yâniyâni* paràni cba tânilâni atta- 
nopadâni honti. Tarn yathâ; te ante se vhe e mhe. 

Attanopadam iccanena kvatlho? Atlanopadàni bhâve ca 
kammani. (VI, 4, 37.) 

Les [six] autres sont [celles de 1'] attanopada. 

^ \. panamya. 
^ A. sunâtha. 

^ Avant atha, Cd a un distique que A. a avec raison rejeté au bas 
de la page, comme interpolé : 

Adhikàre maûgale ceva nipphanne avadhâraue 

Anantare câpadâne athasaddo pavattati. 
*, *, ^ Dans Cd avec î long. 
' Ici et dans les sûtras suivants A. iccanena. 
* Cd yâni yâni. 



— 222 — 

Ex. Les désinences te, ante, etc. de ienumération 
du sûtra 18. 

"lil TT^^J^fsthyrlHMRHI II ^ Il 

Tâsam sabbâsam vibhatlînaxîi parassapadànam atlanopadâ- 
nan ca dvedve padâni pathamamajjhimauttamapurisasannâni 
honti. Tarn yathâ : ti anti iti palhamapurisà; si tha ili maj- 
jliimapurisâ; mi ma iti uttaaiapurisâ ; attanopadânipi le ante 
ili palhamapurisà; se vhe iti majjhimapurisâ; e mhe iti ulta- 
mapurisâ; evaiîi sabbattha. 

Pathamamajjhimuttarapurisa iccanena kvattho ? Nâmamhi 
payujjamânepi tulyâdhikarane palhamo; tumhe majjhimo; 
amhe uttamo. (VI, 1, 5, 6, 7.) 

[Ces désinences appartiennent successivement 
et] par groupes de deux [à] la troisième, [à] la se- 
conde et [à] la première personne. Ex. ti, anti sont 
les désinences de la troisième personne; si, tha, de 
la seconde, etc. 

J'ai, dans la traduction, substilué les dénominations des 
personnes qui nous sont familières à celles, précisément op- 
posées, dont se servent les sûtras. 

^^ ïï^iïfvRT^ TT^ gf^Ht II ^ n 

Sabbesam tinnam patliamamajjhimuttarapurisânam ekâbhi- 
dhâne paro puriso gahetabbo. So ca palhali le ca pathanti tvan 
ca pathasi tumhe ca pathatha ahan ^ca palhâmi : mayam pa- 
tbâma;so pacali le ca pacanti tvan ca pacasi lumhe ca pa- 
catha ahan ca pacâmi : mayam pacâma; evam sesâsu vibhat- 
tîsu paro puriso yojetabbo. 

Pour [les embrasser] toutes [trois] dans une ex- 



— 223 — 

pression unique, [on se sert de] la dernière [dans 
rénumération ci-dessus] (c'est-à-dire de la première 
personne). Ex. So ca patliati, te ca pathanti, tvan ca 
pathasi, tumhe ca pathalha, ahan ca pathâmi (il lit, 
ils lisent, tu lis, vous lisez, je lis) donnent en- 
semble : mayam patbâma : nous lisons. 

?rFrfï=^ M«M^HMfM Hr^llV^^ TT^ Il M || 

Nâmarahi payujjamânepi appayujjamânepi tulyâdhikarane 
palhamo puriso hoti. So gacchati; te gacchanti. Appayujja- 
mânepi : gacchati ; gacchanti. 

Tulyàdhikaraneti kitnattham ? Tena hannase tvam deva- 
dattena. 

Avec un nom exprimé [ou sous-entendu], de 
même relation syntactique (qui lui sert de sujet), [le 
verbe se met à] la troisième personne. Ex. So gac- 
cbati : il marcbc; gacchanti : ils marcbent. 

gî^HrrthHl II in 

Tumhe payujjamânepi apayujjamânepitulyâdhikarane maj- 
jhimo puriso hoti. Tvam yâsi; tumhe yâtha. Appayujjamâ- 
nepi : yâsi ; yâtha. 

Tulyàdhikaraneti kimattham ? Tayâ paccate odano. 

Avec [le pronom] tamha [exprimé ou sous-en- 
tendu au nominatif, le verbe se met à] la deuxième 
personne. Ex. Tvarîi yâsi : tu vas; yâtha : vous 
allez. 



224 



^^ 3fnfr II s II 

Amhe payujjamânepi appayujjamânepi tulyâdhikarane ut- 
tamo puriso hoti. Aham yajâmi; mayam yajâma. Appayujja- 
mânepi : yajâmi ; yajâma. 

Tulyâdhikaraneti kimattham ? Maya ijjate buddho. 

Avec [le pronom ] amha [exprimé ou sous-entendu, 
au nominatif, le verbe se met à] la première per- 
sonne. Ex. Ayam yajâmi : j'offre un sacrifice; ya- 
jâma : nous offrons un sacrifice. 

Kâle iccetam adhikârattham veditabbam. 

[Les sûtras suivants traitent de l'emploi] des 
temps. 

qrRTî^T W^m II if II 

Paccuppanne kâle vattamânâvibhalti ' boti. Pâlaiiputtaiîj 
gacchati; sàvatthixïi pavisati; viharati jetavane. 

Le [temps dit] vattamànâ marque le présent. 
Ex. Pâtaiipultam gacchati : il va à Pâtaliputta. 

*IMT^lfH4HTl=hlrt trsï^ Il \o (I 

Anattyatthe ca âsitthatthe ca anuttakâle pancamîvibhatti 
hoti. Karotu kusaiam; subhaiîi te botii. 



' Cd vattamânavibhattiyo honli. 
* Cd ânatvâ". 



— 225 — 

La [forme dite] pancamî marque l'ordre, le sou- 
hait, sans détermination de temps. Ex, Karotu kusa- 
iaiîi : qu'il fasse le bien ! subham te hotu : puisses- 
tu être heureux ! 

^M^j^HfdMf^chtM^H, Hrnft II \\ Il 

Anumatyatthe ca parikappatthe ca anuttakâle sattamîvi- 
bliatti hoti. Tvam gaccheyyâsi; kim ahaiîi kareyyâmi ? 

La [forme dite] sattamî marque l'adhésion , l'hési- 
tation, [sans indication de temps.] Ex. Tvam gac- 
cheyyâsi : tu peux aller; kim aham kareyyâmi : que 
pourrais-je faire ? 

WX^^ ïïijcfMIHl^ Il 1^ Il 

Apaccakkhe atîte kâle parokkhâvibhatfi hoti. Supine kila 
evam ^ âha; evam kila porânâ âhu- 

Le [temps dit] parokkhâ marque un passé indé- 
terminé. Ex. Supine kila evam âha : il parla ainsi 
en songe; evaiîi kila porânâ âhu : ainsi parlèrent les 
anciens. 

Hîyoppabhuti atite kâle paccakkhe va apaccakkhe va hîyat- 
tanîvibhatti hoti. So maggam agaraâ; te agamu* maggam. 

Le [temps dit] hîyattanî marque un passé déter- 

' Cd "kilam âha. 
^ A. agamû ma". 

J. As. Extrait n° i. (187J.) i5 



— 226 — 

ininé, ne remontant pas au delà de la veille. Ex. So 
maggam agamâ : il est allé sur la route. 

Ajjappabhuti atîte kâle paccakkhe va apaccakkhe va samîpe 
ajjatanîvibhatti hoti. So maggam agami; te maggam agamum. 

Le [temps dit] ajjatanî marque un passé tout 
voisin. Ex. So maggam agamî : il est allé (aujour- 
d'hui) sur la route. 

Le commentaire du scholiaste paraît s'inspirer du s. Kâ- 
lantra correspondant : « Adyatane'lîte kâle'dyatanî» (fol. 57). 

^J^t7t M«i^iH '^ Il iM II 

Ilîyattanî ajjatanî iccetâ vibhattiyo yadâ mâyoge ' tadâ 
sabbakâle ca honti. Ma gamâ; ma vacâ; ma gamî; ma vacî. 
Casaddaggahanena pancamîvibhattl hoti. Ma gacchâhi. 

Et en construction avec ma il s'emploie sans ac- 
ception de temps. Ex. Ma gamî : qu'il n'aille pas. 

Je ne sais si, en réintroduisant ici la hîyattard , le scho- 
liaste répond bien à l'intention de l'auteur; mais cela serait 
d'autant moins surprenant que des formes d'aoristes, telles 
que agamâ, sont ici considérées comme des imparfaits, (cf. 
s. i3); toutefois il est douteux qu'il faille faire remonter jus- 
qu'à l'auteur des sûtras la responsabilité d'une pareille con- 
fusion. On sait d'ailleurs que, en sanskrit, ma ne s'emploie 
avec l'imparfait dans le sens en question qu'accompagné de 
sma (Pân. IH, 3, 176; Râtantravr. fol. 69). 

^Frrn^ Hf^^J-Hl II \i II 

Anâgate kâle bhavissantivibhatti hoti. So gacchissati; so 
karissati; te gacchissanti ; te karissanti. 

' A. "mâyogo tadâ". 



~ 227 



Le [temps dit] bhavissantî marque le futur. Ex. So 



gacchissati : il ira. 

fohf^ilirdM^'rffïï ^rrFrTidMfrl II \S II 

Kiriyâtipannamatte atîte kâl'e kâlàtipaltivibhatti hoti. So ce 
tam yânam alabhissâ agacchissâ; te ce taiîi yânam alabhissamsu 
agacchissamsu. 

Le [temps dit] kâlâtipatti marque le passé où 
l'action [aurait pu être, mais] n'a pas été exécutée. 
Ex. So ce tam yânam alabhissâ agacchissâ : s'il 
avait pris cette voiture, il serait venu. 

ïï^intii 

Vattarnânâ ^ iccesâ saiïnâ hoti ti anti si tlia nii ma te ante 
se vhe e mhe iccetesani dvâdasannam padânam. 

Vattarnânâ^ iccanena kvattho? Vattarnânâ paccuppanne. 

(VI, 1,9.) 

Les désinences du présent (vattarnânâ) sont : ti, 
anti; si, tha; mi, ma; te, ante; se, vhe; e, mhe. 

^rmn intf n 

Pancami iccesâ sannâ hoti tu antu lii tha mi ma tam an- 
tam ssu vho e àmase iccetesam dvâdasannam padânam. 

' A. "tipanne". 
^ Cd "mâna icct". 
^ Cd A. "màna i°. 



— 228 — 

Pancamî iccanena kvattho ? Anattyâsitlhenuttakàle pan- 
camî. (VI, 1, lo.) 

Les désinences de l'impératif (pancamî) sont : tu, 
antu; hi, tha; mi, mha; — tam, anlam; ssu, vho; 
e, âmase. 

ÇTrTîft Tim ïï^ UAMifH TPZTTST ÏÏ^STîft- Timm 
TTST Tr( ïïsft UAM=«£l ipïf TI^STF^ Il "^o II 

Sattamî iccesâ sannâ hoti eyya eyyum eyyâsi eyyâtha eyyâmi 
eyyâma etha eraiîi etho eyyavho eyyam eyyâmhe iccetesam 
dvâdasannam padânam. 

Sattamî iccanena kvattho. Anumatiparikappatthesu sattamî. 

(VI, 1, 11.) 

Les désinences du potentiel (sattamî) sont : eyya , 
eyyum; eyyâsi, eyyâtha; eyyâmi, eyyâma; etha, 
eram; etho, evho; eyyam, eyyâmhe. 

MCl<=H?il ^3Tî^^^^'l^%^^ll^'lll 

Parokkhâ iccesâ sannâ hoti a u e ttha a mha ttha re ttho 
vho i nihe iccetesam dvâdasannam padânam. 

Parokkhâ iccanena kvattho? Apaccakkhe parokkhâtîte. 

(VI, 1, 12.) 

Les désinences du parfait (parokkhâ) sont : a, u; 
e, ttha; a, mha; ttha, re; ttho, vho; i, mhe. 



— 229 — 
^ Il "^^ Il 

Hîyattanî iccesâ sannâ hoti à û o ttha a mhâ* ttha ttlium 
se vham iiîi mhase iccelesam dvâdasannam padânam. 

Hîyattanî iccanena kvattho? Hîyoppabhuti paccakkhe 
hîyattanî. (VI, i, i3.) 

Les désinences de l'imparfait (hîyattanî) sont : â, 
û; o, Itha; a, mhâ; ttha, tthiim; se, vhaiîi; im, 
mhase. 

^ Il ^3 II 

Ajjatanî iccesâ sannâ hoti î luîi o tlha im mhâ â û se vham 
a mhe iccelesam dvâdasannam padânam. 

Ajjatanî iccanena kvattho? Samîpejjatanî. (VI, i, lA-) 

Les désinences de l'aoriste (ajjatanî) sont : î, um; 

0, ttha; irn, mhâ; â, û; se, vhaiîi; a, mhe. 

vri^^^Rft ^m ^^rf^ ^^ m^ m\f^ ^^rm 

^ ^^ ^ ^^ ^ ^F^ Il "^^ Il 

Bhavissantî iccesâ saniîâ hoti ssati ssanti ssasi ssatha ssâmi 
ssâma ssate ssante ssase ssavhe ssaiîi ssâmhe iccetesam dvâda- 
sannam padânam. 

Bhavissantî iccanena kvattho? Anâgate bhavissantî. (VI, 

1, i6.) 

', ^3 Cdmha. 



— 230 — 
Les désinences du futur (bhavissantî) sont : ssati, 
ssanti; ssasi, ssatha; ssâmi, ssâma; ssate, ssante; 
ssase, ssavhe; ssarîi, ssâmhe. 

%f5 ^H ^^ ^ ^^Tî^ Il -ï^M II 

Kâlâtipatti iccesâ saniità hoti ssâ ssamsu sse ssatha ssarîi 
ssamhâ ssatha ssinisu ssase ssavhe ssaih ssâmhase iccetesam 
dvâdasannam padânam. 

Râlâtipalli iccanena kvattho? Kiriyâtipannetite kâlâtipatti. 

(VI,, .17.) 

Les désinences du conditionnel (kâlâtipatti) sont : 
ssâ, ssamsu; sse, ssatha; ssam, ssamhâ; ssatha, 
ssimsu; ssase, ssavhe; ssam, ssâmhase. 

«^i(TlHlHTfHlM-^Hl=lTiHMI H^^^nrT^ Il '^i || 

Hîyattanâdayo catasso sabbadhâtukasannâ honti'. Agamâ; 
gaccheyya; gacchalu; gacchati. 

Sabbadhâluka iccanena kvattho? Ikârâgamo asabbadhâlu- 
kamhi. (VI, /j,35.) 

Les désinences de l'imparfait, du potentiel, de 
l'impératif et du présent, sont ce qu'on appelle sab- 
badhâtuka. Ex. Agamâ : il allait; gacchatu : qu'il 
aille; — tous deux sans i de liaison d'après le sû- 
tra VI, /,, 35. 

ITl ÀKHYÀTAKAPPE PATHAMO KANDO. 

' A. Cd "kasafino hoti. 



— 231 — 

w^fc^f^ tnr wmm ii i ii 

Dhâtu linga iccetelii para paccayà honti. K.aroli; ^accbati, 
yo koci karoti taiîi ktihbantam anno karolu iccevain bravîli ' : 
kâreti; athavâ karontam payojayati : kâreti; sangho pabbataiîi 
iva atlânam âcarati : pabbatâyati; samuddam iva attânaih 
âcarati : samuddâyati^; evam samuddo ciccitam iva altânam 
âcarati : ciccitâyati ; vasitthassa apaccaih : vâsittho; evaiîi 
aiïnepi yojetabbà. 

Les suffixes [s'attachent] à la fin des racines et 
(les thèmes nominaux. Ex. Karoti : il fait (kar -f- 
o + ti); pabbatâyati : il ressemble à (il est inébran- 
lable comme) une montagne (pabbata + âya + ti). 

fdTJilMfaHHMf^ ï^^HT ^ m II 

Tija gupa kita màna iccetebi dhâtûhi kha cha sa iccete 
paccayâ bonti va. Titikkhati ; jigucchati ; tikicchati; vîmam- 
sati. 

Vâti kimatthaiîi ? Tejati ; gopati ; màneti. 

Les racines tij , gup , kit, mân, prennent dans 
certains cas [les suffixes] kha, cha, sa. Ex. Titik- 
khati : il endure; jigucchati : il a en horreur; tikic- 
chati : il guérit; vîmarnsati : il considère. 

Nous avons ici un nouvel exemple d'une inexactitude de 
langage déjà relevée précédemment et dont nous trouverons 
plus d'un cas dans cette section ; l'auteur du sûtra n'a sans 

' A. bruvîti. 

* A. Cfl sanuidclayali. 



— 232 — 

doute pas méconnti les différences de signification au poini 
de présenter tejati et titikkhati comme s'employanl indiffé- 
remment l'un pour l'autre , mais seulement comme des formes 
diverses et de significations différentes, issues d'une racine 
commune. La Rûpasiddhi le constate explicitement pour le 
cas présent, comme on le peut voir par la remarque S de 
M. d'Alwis. p. i3. Il est curieux pourtant que Durgasiiîiha 
(fol. 61) donne le suffixe san comme employé svârthe dans 
ces cas. — On voit que notre auteur comprend vîinams comme 
==skr. mîmâms [v pour m par di?simiiation) (cf. VI, 3, 6); 
M. Fausbôll [Fine Jât. p. 37) avait pensé à vi-mriç; mais l'i 
long parail décisif contre cette explication. — Pour un chan- 
gement phonique tout analogue cf. le prâkrit vammaho == 
manmathah [Vararaci, éd. Cowell, H, 9). 

gïTsra^^T^f^ gfïT^^ =^11^11 

Bhuja ghasa hara su pâ ' iccetehi dhatûhi tumicchatlbesu 
khachasaiccetepaccayâhonti. Bliottumicchati : bubhukkhati; 
ghasituih icchati : jighacchati; harilum icchati : jigiiîisati, 
sotum icchati ^ : sussûsati^; pâtuiîi icchati : pivâsati. 

Vâti kimattham ? Bhottum icchali. 

Tumicchatthesviti kimattham ? Bhunjati. 

Et les racines bhaj , ghas, har, sa, pâ, etc. dans le 
sens désidëratif [prennent les suffixes kha, cha, sa]. 
Ex. Bubhukkhati : il désire manger; jighacchati : 
il désire avaler; jigiiîisati : il désire prendre; sussû- 
sati : il désire entendre ; pivâsati : il désire boire. 

WR îTFTrTt =hTJMHIHI(i^l=^ Il ^ Il 

ISâmato kattupâmânâ iccetasmâ àcâratthe âyappaccayo 
hoti. Pabbatâyati ; ciccitâyati; evam annepi yojetabbâ. 

' A. Cd^supa". 

' A. supitom icchati. 

•'' Cd sussûyali. 



— 233 — 

[On emploie le suffixe] âya après un thème no- 
minal pour [en former un verbe destiné à] expri- 
mer la manière d'être du sujet en le comparant [à 
l'objet exprimé par le thème]. Ex. Pabbatâyati : il 
est comme une montagne. 

^<MMHIHI ^ Il M II 

Nâmato upamânâ âcâratthe ca îyappaccayo holi. Achaltaiîi 
chatlaih iva âcarati : chatlîyati ; aputtaiîi pultam iva âcarati : 
puttîyali. 

Upamânâti kimattham? Dhammam âcarali. 

Àcârattheti kimattham ? Chattam iva rakkhati. Evaiîi anîïe 
pi yojelabbâ. 

Le suffixe îya s'emploie de même, la comparaison 
ne portant pas sur le sujet. Ex. Puttîyati : il traite 
comme un fds. 

Naturellement, si l'auteur répète upamânâ dans le sûtra, 
c'est pour éliminer la partie du composé « kaltuparaânâd » qu'il 
ne répète pas. De là la traduction. 

HiH^irrl-^^ llill 

Nâmamhâ attano iccliatthe ' Iyappaccayo hoti. Attaiio 
patlam icchatîti : pattîyali; evam : valthiyati; parikkhàrîyati ; 
cîvarîyati; dlianiyati; patîyati. 

Alticchatlhe li kimattham? Aniiassa pattaiïi icchati. Evam 
aiïnepi yojetabbâ. 

[Tl s'emploie aussi] après un nom pour marquer 

' Cd "ttbe ca î". 



— 234 — 
que le sujet désire pour soi [l'objet que le nom 
désigne]. Ex. Pattîyati : il désire (pour lui) une 
écuelle. 

Pourquoi cette répétition de « nàmainhâ » après « nâtiiato » 
du sûtra 4 ? Il en faut sans doute chercher simplement l'ori- 
gine dans le lexte correspondant de Pânini (III, i , 8) : « Supa 
âtmanah kyac » , ou plutôt du sûtra Râlantra (f. 6 1) : « Nâmna al- 
mecchâyâmyi », où supah ou nâmnali s'explique naturellement, 
le sûtra précédent traitant également dans les deux ouvrages 
de la formation des désidératifs et commençant par le mot 
dhâtoh; le grammairien pâli a purement et simplement trans- 
porté la régie dans son ouvrage, sans tenir compte du chan- 
gement rendu ne'cessaire par la différence de l'ordre adopté. 

Wgf^ TlmNU.HMH(IM2n ^iïf^Tf^ '^(^ Il v9 II 

Sabbehi dhâtûhine naya nâpe nâpaya iccete paccayâ lionti 
kâritasannâ ca hetvatthe. Yo koci karoti tam kubbantam anno 
karohi iccevam bravîti^ athavâ karontam payojayati : kâreti, 
kârayati , kârâpeti , kârâpayati ; ye keci karonti le kubbante 
anne karotha karolha iccevam bruvanli * : kârenti , kârayanti , 
kârâpenti , kârâpayanti ; yo koci pacati taiïi anno pacâhi pacâhi 
iccevam bravîti^ athavâ pacantam payojeti : pâceti, pâcayati, 
pâcâpeli , pâcâpayati; ye keci pacanti te pacante anne pacalha 
pacatha iccevam bruvanti* : pâcenti, pàcayanti, pâcâpenti, 
pâcâpayanti; evam : haneti, hanayati, hanâpeti, hanâpayati; 
bhaneti , bhanayati, bhanâpeti , bhanâpayati. Tatiiariva annepi 
yojetabbâ. 

Hetvatthe ti kiraaltham? Karoti; pacati. 

Atthaggahanena lappaccayo hoti. Jolalati. 

Pour exprimer la cause on ajoute aux racines 

', •' A. bnivîli. 
*, '' Cd bravante. 



— 235 — 
verbales [les suffixes] ne, noya, iiâpe, nâpaya [qu'on 
appelle suffixes] causatifs. Ex. Pâceti, pâcayati, pâ- 
câpeti, pâcâpayati : il fait cuire (par un autre). 

WW^ HIHWI ^m\ ^ Il t II 

Tasmâ nâmasmâ nayappaccayo hoti kârilasannâ ca dhâlu- 
rûpe. Hatthinâ atikkamati niaggam : alihatthayali; vînâva 
upagâyati : upavînayali ^; dalham karoti vinayaih: dalhayali; 
visnddhâ holi rattî : visuddhayali. 

Casaddaggahanena âra âla iccete paccayâ honli. Anlarâ- 
rali * ; u[)akkamâlali. 

[Le suffixe] iiaya [s'emploie] aussi après un 
thème nominal pour en former un thème verbal. 
Ex. Atihatthayati : il traverse sur un éléphant; upa- 
vînayati : il accompagne sur la vînâ. 

Il n'y a pas lieu de transporter ici « kâritasannâ » , avec 
le scholiaste; il interprèle mal le ca destiné seulement à mar- 
quer que le sufTixe naya qui sert à former des causalifs a 
encore un autre emploi, à savoir, etc. En effet, les dénomi- 
natifs formés de la sorte ne subissent pas l'application de la 
règle VI, li, 2. Il est vrai qu'ils ne font pas moins exception 

à V, 57. 

vn=|oh^Hqtll if II 

Sabbehidhâtùhi bhàvakammesu yappaccayo hoti. Thivale; 
bnjjhiyale; paccate; labbhale; kariyale; ijjate; uccate. 
Bhàvakammesu kiraattham? Karoti; pacali; pathali ■\ 

' Cd upavînâyati. 
* Cd Santarâ °.l 

^ A. ajoute : Yoggahaneiia abhâvakammesupi yappaccayo hoti •. 
daddallali. 



— 236 — 
Dans le sens neutre-impersonnel et dans le sens 
passif on emploie le suffixe ya. Ex. Thîyate : on est 
debout-, labbhate : il est pris. 

rT^ ■6|c|ii|«Mchl(cicj^|^ff çryM-H^J II \o II 

Tassa yappaccayassa cavaggayakâravakâraltam holi dhâ- 
tvantena saha yalhâsambhavam. Vuccate ; vuccanle; uccate 
uccante; majjate; niajjante; paccate; paccante; bujjhale 
bujjhante; yujjliale; yujjhante; kujjhate; kujjhante; ujjhale 
ujjhante; hannate; hannante; kayyate; kayyante; dibbale 
dibbanie. 

[La consonne initiale de] ce suffixe et la finale 
de la racine deviennent l'une et l'autre palatales ou 
[se changent en] y ou î; (6). Ex. Vuccate : il est dit 
(pour : *vucyate); majjate : il est enivré (pour : ma- 
dyate)-, kayyate : il est fait (pour: karyale); dibbate : 
il joue (pour : dîvyate). 

ifUMhiHI ^J II 11 II 

Sabbehi dbâtûbi yamhi paccaye pare ivannâgamo holi va. 
Kariyyale; kariyyanti ' ; gacchiyyale *; gaccbiyyanti. 
Vâti kimattham ? Kayyate. 

Ou bien [le suffixe ya peut recevoir un] t addi- 
tionnel. Ex. Kariyate : il est fait (au lieu de : 
kayyate). 

' Cd kariyyanti. A. kariyanti. 
' * Cd gacchîyyate. A. gacchîyate. 



— 237 — 

^^^^ Il 1"^ Il 

Sabbehi dhâtûhi yappaccayo pubbarûpam âpajjate va. 
Vuddhate; phallate ; dammate; labbhate; sakkate; dissate. 
Vâli kimatlham? Damyale'. 

[Le y du suffixe peut] aussi s'assimiler à la con- 
sonne précédente [, finale de la racine]. Ex. Dam- 
mate: il est dompté; dissate : il est vu. 

qm^rrT^^^in^ll 

Yaihâ bhâvakammesu yappaccayassâdeso hoti talhâ kattari 
yappaccayassâdeso kallabbo. Bujjhali; vijjbati; mannati; sib- 
bati. 

[Employé] au sens actif, [le suffixe ya subit] les 
mêmes modifications. Ex. Bujjhati : il sait; maiï- 
nati : il pense. 

M=(lf^Hl ^ Il \% Il 

Bhû iccevamâdito dhàtuganato appaccayo botl kattari. 
Bhavati; pacati; pathati; yajati. 

Les verbes de la classe bhû prennent [à l'actif le 
suffixe] a. Ex. Bhav-a-ti : il est; pac-a-ti : il cuit. 

^^jrfifTt f^TîTT^Tïï^f^^ Il "IM II 

Rudha iccevamâdito dhàtuganato appaccayo hoti kattari 
pubbe niggahitâgamo hoti. Rundhati; bhindati; chindati. 

' Cd dammvate. 



— 238 — 

Casaddaggahanena i i e o iccete paccayâ honti niggahità- 
gamapubban ca. Rundhiti ; rundhîti; rundheti; sumbhoti. 

Les racines de la classe rudli prennent en outre 
une nasale avant [leur consonne finale]. Ex. Run- 
dhati ; il arrête; cbindati : il coupe. 

ft^Tt7?rfr 2fr II \i II 

Divâdito dhâtuganato yappaccayo hoti kattari. Dibbati; 
sibbati; yujjbati; vijjbati; bujjhati. 

Les racines de la classe div prennent le suffixe 
ya. Ex. Dibbati : il joue; vijjbati : il perce. 

Hlf^dt TÇ' T!TT ^ÏÏTT ^ Il \S II 

Su iccevatnâdito dhâtuganato nu^ nâ unâ iccete paccayâ 
honti kattari. Abhisunoti ; abhisunâti ; samvunoti ; samvunâti; 
âvunoti; âvunâti ; pâpunoti ; pâpunâti. 

Les racines de la classe su prennent les suffixes 
nu, nâ, unâ. Ex. Abbisunoti : il écoute; samvu- 
nâti : il entoure; pâpunâti : il obtient. 

t^iJlQ^rll ïîT^ IIU II 

Kî iccevamàdito dhâtuganato nâpaccayo* hoti kattari. 
Kinâti ^ ; jinâti ® ; dhunâti ; lunâti ' ; punâti ^ 

',2 Cd"nir. 

\* A. nâ. 

^ Cd kinâti. 

" Cd jinâti. 

' A. Innàti. 

* Cd et A. puiiàti. 



— 239 — 
Les racines de la classe kî prennent le suffixe nâ. 
Ex. Kinâti : il achète; dhunâti : il secoue. 

Ji^if^Ti 'inT^^n tif II 

Gaha iccevaraâdito dhâtuganato ppa nliâ iccete paccayâ 
honti kattari. Gheppati; ganhâti. 

Et les racines tjah, etc. prennent ppa, nhâ. 
Ex. Gheppati ou ganhâti : il prend. 

Ca marque le passage du général au particulier; le sens 
est: en générai les racines de la classe kî prennent nâ, et 
gah prend, etc. — en effet gah est tout naturellement consi- 
déré comme faisant partie de la classe kyâdi ( cf. Dhâtuman- 
jusa, p. 19, ap. Clough , Pal. Verbs, où il y a des confusions 
dans les en-lête), et non, malgré âdilo, comme tête d'une 
classe spéciale, qui, comme le remarque M. d'AIwis (p. 20), 
n'existe pas. « Adito » du sûtra n'est peut-être qu'une vieille 
erreur de texte pour «gahalo», déterminée par la présence 
de ce mot dans les règles voisines. 

HH iQ^HI ^tfsnj II ^o II 

Tanu iccevamâdito dhâtuganato o yira ' iccete paccayâ 
honti kattari. Tanoti , tanohi ; karoti ; karohi ; kayirati ; kayi- 
râhi. 

Les racines de la classe tan prennent les suffixes 
0, yira. Ex. Tanoti : il étend; kayirati : il fait. 

^(if^dl TÎhlFTT II ^1 II 

Cura iccevamâdito dhâtuganato ne naya iccete paccayâ 
' Cd A. °yirâ 1°. 



— 240 — 

honti kattari. Goreti; corayati; cinteti; cintayati; mantéti; 
mantayati. 

Les racines de la classe cur prennent les suffixes 
ne, naya. Ex. Coreti : il voie; inantayali : il con- 
seille. 

Bhâve ca kammani ca attanopadâni honti. Uccate , uccante ; 
labbhate; labbhante; majjate; majjante; sujjhate ; sujjhante; 
kayyale; kayyante. 

Au neutre-impersonnel et au passif [on se sert des 
désinences de] l'attanopada. Ex. Uccate : on dit; 
labbhante : ils sont pris. 

^TfTft^m^ Il 

Kattari ca attanopadâni honti. Mannate, rocate; socate; 
sobhate; bujjhate ; jâyate. 

Et aussi à l'actif. Ex. Mannate : il pense ; rocate -. 
il plaît. 

f%vr^2ft II n II 

Dhâtuniddilthehi paccayehi khâdikâritantehi vibhattiyo 
lionti. Titikkhati ; jigucchati ; vîmamsati ; tatâkaiïi samuddaiîi 
iva attânam âcarati : samuddâyati; puttiyati ; pâcayati. 

Les désinences s'ajoutent après les suffixes [pres- 
crits ci-dessus] pour les racines. Ex, Titikkhati : 



Cd" 



mmani ca. 



— 241 — 

il supporte (=titik-kha-ti); samuddâyati : il res- 
semble à l'océan (samudda-âya-ti), 

^tTT^ T^P^^ Il "^M II 

Kattari parassapadaiîi hoti. Raroti ; paoati; pathati ; gac- 
chati. 

A l'actif on se sert [des désinences] du parassapada . 
Ex. Karoti : il fait; pathafi : il récite. 

T^u^ "^jmt II ^1 II 

Bhû iccevarnâdayo ye saddaganâ le dhâtusannâ honti. 
Bliavati ; bhavanti; pacati ; pacanli; carati; cintayati; gac- 
chati. 

On appelle racines (thèmes verbaux) la série de 
mots dont la liste commence par bhû. 

ITI ÀKHYÀTAKAPPE DUTIYO KANDO. 



rFT ïï^iTOrïï V^l^ Il \ Il 

Adibhùtânam vannânam ekassarânaûi kvaci dvebhâvo hoti. 
Titikkhati ; jigucchati ; tikicchati ; vîmamsati ; bubhukkhati ; 
pivâsati; daddallati; jahâti; cankamati. 

Kvacîti kimatthani ? Kamati ; caiati. 

Les racines sont, dans certains cas, soumises [à 
la réduplication, c'est-à-dire] au redoublement des 
premières lettres jusques et y compris la première 
voyelle. Ex. Titikkhati (de ti-j + kha); jigucchati 
(de gu-p + cha). 

J. As. Extrait n" 1. ( 1871.) 16 



— 242 — 

M. (l'Alwis traduit : sometiraes tlie primary letler ol" a mo- 
iiosyllabic radical is duplicated, — prenant à tort ekassarâ- 
nani comme dépendant d âdivannànam, au lieu d'y voir un 
composé bahnvrihi déterminant ce substantif.- 

n^T^TTHT II "^ Il 

Dvebhùtassa dhâtussa yo pubbo so abbhâsasaniïo hoti. 
Dadhâti; dadâti; babhùva. 

On appelle ahbhàsa (syllabe de réduplication] la 
première [des deux syllabes semblables ainsi ob- 
tenues]. Ex. Dadbati : il place [da est l'abbhâsa). 

Wï II 3 II 

Abbhâse vattamànassa sara-^sa rasso hoti. Datiâti; dadhâti; 
jahâti. 

[La voyelle de la syllabe de réduplication doit 
être] brève. Ex. Dadâti : il donne (au lieu de : 
dâdâti). 

2frR^5^STFT TT^îTrrfrTSrT lU II 

Abbhâsagatânam dutiyacatutthânani pathamatatiyà honti. 
Cicclieda; bubhukkhati; babhùva; dadhâti. 

[Si la consonne initiale de la racine est] la se- 
conde ou la quatrième d'une classe, [elle] est rem- 
placée par la première ou la troisième [de sa classe]. 
Ex. Giccheda : il a coupé; babhùva : il a été. 



— 243 — 

c^ciJim^ ^qjïfr II M (I 

Abblîâse vattamânassa kavaggassa cavaggo hoti. Gikicchati ; 
jigucchati; jighacchati ; cankamati; jigimsati; jangamati. 

[Si c'est] une gutturale, [elle] est remplacée 
[dans la rëduplication] par la palatale [correspon- 
dante]. Ex. Gikicchati : il guérit (de : kit); jiguc- 
chati : il a horreur (de : gup). 

HHf^HiH ^^^ ni II 

Mâna kita iccetesam dhâtûnam abbhâsagatâaam vakâra- 
takârattam hoti va yathâsankhvani. Vimamsati; tikicchati. 
Vâti kimattham ? Cikicchati. 

Dans les racines mân, kit, [im et le k initial peu- 
vent] à volonté [être remplacés dans la réduplication 
par un] v [et un] f.Ex. Vîmamsati: il médite; tikic- 
chati : il guérit. 

^ :ht II 3 II 

Hakârassa abbhâse vattamânassa jo hoti. Jahâti; juvhati; 
juhoti; jahâra. 

H [initial de la racine] est représenté par J [dans 
la réduplication]. Ex. Jahâti : il rejette (de la rac. 
hâ). 



16. 



244 — 

^ lU II 

Abblîâsassa antassa ivanno lioti akâro ca va. Jigucchali ; 
pivâsati; vîmamsati; jighacchali; babhûva'. 
Vâti kiraattham ? Bubhiikkhati. 

Dans certains cas la voyelle finale de la rédupli- 
cation est i, i ou a [bien que la voyelle de la ra- 
cine ne soit nii, î ni a, â]. Ex. Jigucchati, pour : 
jugucchati; vîmamsati, pour: vamamsati. 

f^iil^ri^ Il If II 

Abbhâsassa ante niggahîtâgamo hoti va. Cankamati; can- 
calati ; jangamati. 

Vâti kiraattham? Pivâsati; (Jaddallati. 

[Dans certains cas] aussi [la syllabe de rédupli- 
catîon prend] une nasale. Ex. Cankamati : il se 
promène. 

rTrTt TTTÏÏT^ ^^t HH II \o II 

Tato abbhâsato pâmânam dhâlùnam va mam iccele âdesâ 
honti va yathâsankhyam sappaccaye pare. Pivâsati ; vimam- 
sati. 

Devant le suffixe sa les racines pâ, mân, précé- 
dées de la réduplication, se cbangent en va, mam. 
Ex. Pivâsati : il désire boire; vîmamsati : il médite. 

' A. et Cd ajoutent : tladhâti. Mais cet exemple porte évidemment 
à faux, et il ne me semble pas possible d'y voir aulre chose qu'une 
erreur accidentelle. 



— 245 — 

11 faut, pour comprendre le pluriel sesu (de même que 
chappaccayesu au s. i5), se reporter aux ss. VI, 2, 2 el 3; 
l'auteur y distingtie deux, affixes sa (et aussi deux affixes cha) , 
i'un employé «svârlhe» en quelque sorte (cf. la n.), comme 
dans vîmamsati , l'autre avec la fonction spéciale de former 
des désidératifs , comme dans pivâsati. Il est seulement sin- 
gulier que la règle 16 ne continue point de même et n'ait 
pas akhesu ». 

^ mfr ini II 

Tliâ iccetassa dhàtussa titthâdesohoti va. Titthali; titthatu, 
tiltheyya; tittheyum. 
Vâli kimattham ? Thâti. 

La racine thâ fait tittha. Ex. Titthali : ii est de- 
bout. 

TTT mt II i"^ Il 

Pâ iccetassa dhàtussa pibâdeso hoti va. Pibati, pibatu; pi- 
beyya. 

Vâti kimattham? Pâti. 

Pâ fait piba. Ex. Pibati : il boit. 
3TT^ irnFRT II 1^ Il 

Nâ iccetassa dhàtussa jâjananàdesà honti va. Jànâti; jà- 
neyya;jâniyâ; janiïâ; nâyati. 
Vàli kimattham? Vinnàyati. 

Nâ fait jâ,jan, nâ. Ex. Jânâti : il sait; jaiïiiâ : 
qu'il sache; nâyati : il sait. 



— 246 — 



%m^ MH:{Q^^J<^cHc<l ^ Il rè II 

Disa iccetassa dhâtussa passa dissa dakkha iccete âdesâ 
lionti va. Passati; dissati; dakkhali. 
Vâti kimattham? Addasa. 

Dis peut à volonté faire pass, diss, dakhli. Ex. 
Passati, dissati, dakkhati : il voit. 

^^H-H^ ' =tT ^ccm^ "^ Il HM II 

Byaiïjariantassa ^ dhâtussa co hoti chappaccaye pare. Jiguc- 
chati; tikicchati; jighacchati. 

Les racines qui se terminent par une consonne 
la changent en c devant le suffixe cha. Ex. Jiguc- 
chati (de : gup + cha). 

^ # =^ Il il II 

Byanjanantassa^ dhàtiissa ko hoti khappaecaye pare. Titlk- 
khati; bubhukkhati. 

Et en k devant le suffixe kha. Ex. Titikkhati 
(de : tij + kha); bubhukkhati (de : bhuj + kha). 

On remarquera que ces deux dernières règles, et sans 
doute aussi la suivante, sont ici hors de place, tandis qu'elles 
viendraient Irès-naturellement après le s. 3 du deuxième 
kanda; c'est du reste ce que confirme la présence de la par- 
ticule CCI, si inexplicable ici, qu'elle n'a point tenté l'imagi- 
nation même du glossateur. — Cf. aussi ci-dessus s. lo n. 

', *, ^ A. (,'cl vyanjaiiantassa". 



— Ihl — 

^prPTHii \3 II 

Hara iccelassa dhâlussa !-abbasseva giiïi âdeso holi sappac- 
caye pare. Jigimsati. 

La racine har fait (jim devant le suffixe sa. Ex. 
Jigimsati : il désire prendre. 

1^ ^TT^^Î^r TT^^Ï^Ft II U II 

Brû bhù iccetesaiîi dhâlûnam àha bhùva iccelo âdesà bonli 
parokkbâyam vibbatliyaiîi. Aba; àbii ; babbûva; babbûvu. 
Parokkhâyam ili kiraatlbam ? Abruvnm '. 

Les racines brû, bhâ se changent au parfait en 
âha, bhûva. Ex. Alia : il dit; babhùvu : ils furent. 

TTf^T^Frfr^ ^"t ^ HfTg II \€ Il 

Gamu iccetassa dbâlussa anto makâro ccbo boti va sab- 
bâsu paccayavibbattisu. Gaccbamâno; gaccbanto; gaccbati; 
gameti; gaccbatu ; gametu; gaccheyya; gameyya ; agaccba^; 
agamâ; agaccbi ; agami; gacclrissali; gamissati; agaccbissà; 
agamissâ; agaccbiyati; agamiyati. 

Gamisseti kimaltham? Iccbali. 



La racine gam peut à volonté changer son 



m 



' C(I "abravùm. 

* A. Cd "missânto". 

' A. et Cd lisent ainsi; cependant, d'après VI, i, 22, l'a final 
devrait être long, loul comme dans «agamâ». Mais on remarquera 
que, bien qu'c'i nu autre temps, ^e^enlple «avoca» du sûlra suivant 
est précisément dans le même cas. 



— 2/i8 — 
final en cch h toutes les formes, Ex. Agacclia ou 
agamâ : il allait; gaccliissati ou gamissati : il ira. 

« Sabbâsu », les exemples du scholiaste en font foi, ne doit 
pas être pris trop à la lettre. C'est ainsi qu'il n'existe pas de 
forme « gamanto » ; quant au présent , à l'impératif « gametu » 
et «gameti», ils sont empruntés au causatifet non au thème 
simple. Pour les deux derniers exemples, j'avoue, s'ils sont 
corrects, ne pas en reconnaître la forme. M. d'Alwis les tra- 
duit par : lie is gone, ce qui n'explique rien. 

Vaca iccetassa dhâlussa akâro ottaiîi âpajjate ajjalanimhi. 
Avoca; avocum. 

Ajjatanimhiti kimattham ? Avacà; avacuiîi '. 

La racine vac , à l'aoriste, change son a en o. 
Ex. Avoca : il dit; avocum : ils dirent. 

Akâro dighain âpajjate hi mi ma iccetâsu vibhattisu. Gac- 
châlii; gacchàmi; gacchâma ; gaccllâmhe^ 

Mikâraggalianeng liiviblialtimhi' akâro kvaci digham nâ- 
pajjatc. Gacchabi. 

A devient long devant les désinences hi, mi, ma. 
Ex. Gacchâini : je vais ; gacchâhi : va. 

' A. avacu. 

^ Ce dernier exemple est, à vrai dire, une correction du sûtra; 
le voisinage de mine permet {)as de prendre «mcsu» comme signi- 
fiant toutes les désinences avec un m initial. 

' Cd n'a pas : hi. 



— 2/i9 — 

1% <^Tt ^ Il ^-^ Il 

Hivibhatti lopaih âpajjate va. Gaccha, gacchâhi; gama; 
ganiehi ; gamaya , gamayâhi. 

Hîti kimaltham? Gacchali, gamiyati. 

La désinence fii peut à volonté être supprimée. 
Ex. Gaccha ou gacchâhi : marche. 

fr^TO^Tl HP^rlfrlfi^ ^^^ ^ Il "î^B II 

Hû iccetassa dhàtussa saro eliaohaettam âpajjale bhavis- 
santimhi vibhattiiiilii sassa ca lopo hoti va. Hehiti ' ; hehinti; 
holiiti\ hohinti;heti, henti; hehissali, hehissariti; hohissati, 
hohissanli; hessati, hessaiiti. 

Hû iti kimattliam.»^ Bhavissati, bhavissanti. 

Bhavissantimhîti kimattham? Hoti, honti. 

On forme le futur de la racine bhâ en changeant 
sa voyelle en eha, oha, e, et en supprimant à volonté 
55a de la désinence. Ex. Hehiti, hohiti, hoti, liehis- 
sati, hohissati, hessati : il sera. 

Dans cette règle encore, la construclion est irrégulière, 
et le génitif ssassa assez étrange après le nominatif hi du 
sûtra précédent. Nous devrions avoir : « ssassa lopo ca ». Mal- 
gré cette irrégularité, l'explication du scholiasle me paraît 
seule admissible, et je ne saurais m'associer aux doutes ex- 
primés par M. Weber {Iml. Str. Il, 335-336). Étant don- 
née l'interprétation qu'il suggère, on ne voit pas pour<juoi 

' Cd tiehîti. * 

2 Cd liohîti. 



— 250 — 

"ssaro ol ssussu seraient à des cas diirérenls; on comprendrait 
moins encore pourquoi l'auteur se serait servi d'une construc- 
tion si embrouillée et si équivoque pour prescrire ce que, 
dans la règle suivante, il a su exprimer sous une forme par- 
faitement simple. 

^^ H^xm^r^ ^îT^ Il n ii 

Rara iccetassa dhâtnssa sappaccayassa kàlia âdeso Iioli va 
bliavissantivibhattimlii ssassa niccaiîi lopo lioti. Râliali, kâ- 
hili ; kâhasi , kâhisi ; kâbâmi ; kâhàma. 

Vâti kimatlliam? Karissati, karissanli. 

Sappaccayaggabanena aniïebipi ' bliavissanliyâ vibhattiyà 
khâmi kbâma cliâmi cbâma iccâdesâ bonti. Vakkbâmi, vak- 
kbàma : vacadbâlu ; vaccbâmi, vaccbâma : vasadbàtu. 

[La racine] kar [peut à volonté faire au futur] 
kâha, y compris le suffixe [ssa]. Ex. Kâhali ou ka- 
hiti : il fera. 

ITI ÀKHYÀTAKAPPE TATIYO KANDO. 



T^prm fj^mg II % Il 

Dà iccetassa dbâtu.'sa anlassa aiîi boli mi ma iccetesu. 
Dammi; damma. 

Lh racine dâ change son â final en am devant les 
désinences mi, ma. Ex. Dammi : je donne; damma : 
nous donnons. 

i 
' A. annesupi °. 



— 251 — 

Asamyoganlassa dhâtussa kârite vudçlhi hoti. Kâreli, kâ- 
renti; kârayati, kârayanli; kârâpeli, kârâpenli ; kârâpayati, 
kârâpayanli, 

Asaniyogantasseti kimaltham? Cinlayali; niantayali. 

Une racine qui ne se termine pas par plusieurs 
consonnes prend la vuddhi devant le suffixe du 
causatif. Ex. Râreti, kâràpeti : il fait faire. 

Cf. la note du sûtra k'>- ft aussi VU, 5, i5. 

"46X6^^ ^T II 3 II 

Ghatâdinam dhâtûnaiu asamyogantânam vuçldhi hoti va 
kârile. Ghâteti, ghateli, ghâtayati, ghâtâpeti, ghâtâpayati; gâ- 
meti, gameti, gâmayati, gamayali. 

Ghatâdinam iti kimattham? Râreti. 

Pour les racines ^hat, etc. cette règle est facul- 
tative. Ex. Ghâtayati ou gliàtayati : il réunit; gâ- 
mayati ou gâmayati : il fait marcher. 

^^=^IUII 

Aiïnesu ca paccayesu sabbesain dhâlûnani asamyoganJà- 
nam vuddhi hoti. Jayati; bhavati; holi. 

Casaddaggahanena nuppaccayassâpi vuddhi hcli. Abhisu- 
noli; sanivunoli. 

' A. et Cd "yogânta", et de même dans la suite. 
^ A. et Cd vuddhi , et de même dans la suite. 



— 252 — 

[Les racines qui ne se terminent pas par plusieurs 
consonnes prennent la vuddhi] devant d'autres [suf- 
fixes] encore. Ex. Jayati : il remporte la victoire 
(de : ji); bhavati : il est (de : bhû). 

T^ieFf ^ Il M II 

Guha dusa iccetesam dhâtùnam saro dîghaih âpajjate kâ- 
rite. Gùhayati ; dùsayati. 

Devant le suffixe du causatif, les racines gah et 
dus allongent leur voyelle. Ex. Gùhayati : il fait 
cacher; dùsayati : il souille. 

^^RH^r^T^ :3^(T ^^ ^ Il ill 

Vaca vasa vaha iccevamâdinaih dhâlùnaiïi vakârassa ukâro 
holi ye paccaye pare. Uccate, vuccate; vussati; vuyhati. 

Les racines vac, vas, vah changent va en a de- 
vant le suffixe ya. Ex. Uccate ou vuccate : il est 
dit; vussati : il est habité; vuyhati : il est trans- 
porté. 

^f^TTfr^R Ht ^ Il v9 II 

Hakàrassa vipariyayo hoti yappaccaye pare yappaccayassa 
ca lo ' holi va. Vuyhati; vulhali. 

[Devant ce>même suffixe ja un] h [final de la ra- 
cine] se transpose [après j du suffixe, qui peut alors] 

' A. jo. Cd lopo ho". 



— 253 - 

à volonté [se changer en] /. Ex, Vuyhati, vulhali : 
il est transporté. 

ïï^^Tir II t II 

Gaha iccetassa dhâlussa sabbasseva gbekâro boti ppappac- 
caye pare. Gbeppati. 

La racine gah fait ghe devant le suffixe ppa. 
Ex. Gheppati : il prend. 

^pfmr tr^Tfr^ Il if ii 

Gaha iccetassa dhâlussa hakârassa lopo boti nbâinbi pac- 
caye pare. Ganhâti. 

Devant n/id la racine </a/iperd son h. Ex. Ganhâti : 
il prend. 

^^^ ^iïHrT ^^ïïf^Tfï^ n "lo II 

Rara iccetassa dbâtussa sabbassa kâsallaiîi bôli va ajja- 
tanîvibbatlimlii. Akâsi \ akâsum^; akari^, akaruiîi. 

Altaiîi iti bhâvaniddesena annaltbâpi sâgamo boti. Abosi; 
adâsi. 

La racine /car fait kâsa devant [les désinences de] 
l'aoriste. Ex. Akâsi : il fit; akâsurn : ils firent. 

^HFTT fHHFf R^i^'HHIMl '"^WW II 

Asa iccetâya dbâtuyâ mi ma iccelâsam vibbattînaiîi mbi- 

', ^ Rem. que d'après VI, I, aS, 1'/ final devrait être long. 

^ Cd akâsu. 

* A. "mhânlalo". 



— 254 — 

mhàdesâ honli va dhâtussanlo lopo ca. Amhi; aiiiha; asmi ; 
asma. 

La racine as prend les désinences mlii, mha au 
lieu de mi, ma, et perd son s final. Ex. Amhi : je 
suis; amha : nous sommes. 

m^ W^ Il 1"^ Il 

Asa iccelassa dhâtussa thassa vibhaltissa tlhaltam holi 
dhâlvantassa lopo ca. Allha. 

[Elle prend la désinence] ttha au lieu de iha [et 
perd son s final]. Ex, Attha : vous êtes. 

m^ felrt II 'i^ Il 

Asa iccetâya dliâtuvà lissa vibhallissa tlhillam holi dhâ- 
Ivanlassa lopo ca. Altlii. 

[Elle prend la désinence] ttJii. au lieu de ti [et 
perd son 5 final]. Ex, Atthi : il est. 

rpr ^ Il \% Il 

Asa iccelâya dhâtuyâ tussa vibhaltissa tthuttam hoti dhâ- 
tvantassa lopo ca. Atlhu. 

[Elle prend la désinence] tthu au lieu de ta [et 
peid son s final]. Ex. Atthu : qu'il soit. 

fHfs^=5rinM II 

Asasseva dhâtussa simhi vibhallimhi antassa lopo ca holi. 
Ko nu Ivani asi. 



— 255 — 

[f.a racine as perd] aussi [son s final] devant 
[la désinence] si. Ex. Ko nu tvarîi asi? Qui es- tu 
donc ? 

FT^T^TT f^ ^ ^ inC II 

Labha iccetâya dhâluyâ iinnam vibhallînani ttlia tlliaih 
âdefâ honti dhâlvantassa lopo ca. Alatlha; alatthaiîi. 

[La racine] labh prend les désinences ttha, ttham 
au lieu de i, im (S'^pers, sing. de l'ajjatanî et i™ pers. 
sing. attanop. de l'inyattanî), et perd sa consonne 
finale. Ex. Alattha : il reçut; alattham : je reçus. 

Ç'JïFTT^f^' 1113 II 

Kiidhaiccetâya dhâluyâ îvibhattissa cchi holi dliâlvania^sa 
lopo ca. Akkocchi. 

[La racine] kadh prend [la désinence] cchi au 
lieu de i [et perd sa consonne finale]. Ex. Akkocchi : 
il s'irrita. 

Il est permis de doulei- de l'exactitude de ce sûtra. En ef- 
fet la forme akkocchi, dont il a pour but de rendre compte, 
est certainement dans plusieurs cas =^ skrt. *akraukshit, de 
la racine kruç (cf. p. ex. Dhammap. v. 3). Si l'on tient 
compte du voisinage des significations de krudh et kruç, on 
sera, peut-être, plus tenté d'admettre une erreur du gram- 
mairien que de voir avec M. d'Alwis, p. 38 n., dans akkocchi 
un doublet représentant à la f )is l'aoriste de deux racines 

' \. Cd "sinâdi cchi. 



— 256 — 

différentes, et cela d'autant plus que nulle part nos sûtras 
ne parlent de la dérivation de kruç, ce qui autorise à pen- 
ser qu'ils considéraient à tort, dans tous les cas, akkocchi 
comme dérivé de kudh. La forme a akrautsît » est du reste 
aussi inusitée en sanskrit que la forme « akrauksbît». 

Dâ iccetassa dhâlussa sabbassa dajjâdeso boti va. Dajjâmi; 
dajjeya; dadâmi; dadeyya. 

La racine dâ peut à volonté se changer en dajj. 
Ex. Dajjâmi ou dadâmi : je donne. 

^^^ Il Itf II 

Vada iccetassa dbâtussa sabbassa vajjâdeso boti va. Vaj- 
jàmi ; vajjeyya; vadâmi; vadeyya. 

[La racine] vad [peut à volonté se changer] en 
vajj. Ex. Vajjâmi ou vadâmi : je dis. 

Tm^ W^ Il •^o II 

Garau iccetassa dliâtussa sabbassa gbammâdeso boti va. 
Gbammatu; gbannnâbi; gbammâmi. 

Vâti kimaltbaiîi ? Gaccbatu ; gaccbâbi ; gaccbâmi. 

[La racine] gam [peut à volonté se changer] en 
cjhamm. Ex. Gliammatu : qu'il aille; gharDmârni : 
que j'aille. 

' Cd n'a pas : va. 



— 257 — 

Yarahi paccaye pare dâ clhâ ma thâ hâ pâ mahu uiatha 
iccevamâdînam dliatûnani anto îkâram âpajjate. Dîyali; dbî- 
yati; mîyali; thîyati ; hiyali; pîyati ; mahiyati; malhîyali. 

Devant ja, les racines dâ, dfiâ, ma, thâ, hâ, pâ, 
maha, matha prennent i. Ex. Dîyâti : il est donné; 
pîyati : il est bu; mahîyati : il est glorifié. 

L'addilion d'âdi ne nous permet pas de décider si l'au- 
teur a entendu parler ici de cette foule de cas où les manus- 
crits nous montrent le suffixe « ya » du passif ou précédé 
d'un i long ou ayant sa consonne initiale doublée après un i 
bref. Mais cela est invraisemblable, car il eût dû dans ce cas 
s'exprimer d'une façon tout à fait générale et étendre sa 
remarque à tous les verbes. Sa règle au contraire repose sur 
deux sûtras de Pânini, VI, 4, 66 et III, i, 27; le premier 
est relatif au cbangement en î de l'a long des racines citées 
ci- dessus et de quelques autres devant un àrdliadbâtuka 
commençant par une consonne; le second à l'emploi du suf- 
fixe jaA- (ya) après les thèmes du gana kandvâdi parmi les- 
quels figure « malîîn (pûjàyâm) ». Seule la racine «math» 
n'est pas de la part de Pânini l'objet d'une règle particulière 
et forme son passif en sanskrit régulièrement : «mathyate». 

^TTT^Errf^ Il "^"^ Il 

Yaja iccelassa dhàtussa âdissa ikârâdeso hoti ye paccaye 
pare. Ijjate inayà buddho. 

La racine ja/ change sa syllabe initiale en i [de- 

' CI "mahâma". 

J. As. Extrait 11° 1. (1871.^ 17 



— 258 — 
vant le suflixeja]. Ex. Ijjate maya buddho : je fais 
des offrandes au Buddha. 

Hf rfî 3 tg II ^? Il 

Sabbehi dhâtûhi umvibhattissa imsvâdeso hoti. Upasaii- 
kamimsu; nisîdimsu. 

Après toutes les racines la désinence wh (3' pers. 
pi. parassap. de Tajjatanî) se remplace [à volonté] 
par îmsa. 

in^m ^i(Qi^fH^i ' ^ m^ Il 

Jara mara iccetesam dhâtûnamjîra jiyyamiyya iccete âdesâ 
honti va. Jirati ; jîranli ; jiyyali ; jiyyanti ; rniyyali ; miyyanti ; 
niarati ; maranti. 

[Les racines] jar, mar, peuvent à volonté se chan- 
ger en jira, jiyya, miyya. Ex. Jirati ou jiyyati : il 
vieillit; miyyati : il meurt, 

M^IH^ I H^hImI =^ Il "ï^M II 

Sabbatlha vibhallippaccayesu asa iccelassa dhâtussa âdissa 
lopo boli va. Siyâ; sanli; santo; samâno. 
Vâti kimaltham ? Asi. 

[La racine] as peut toujours t4iminer sa voyelle 
initiale. Ex. Siyâ : qu'il soit; santi : ils sont. 

' A. C(l "jîyyamîyyâ", el de même dans la suite. 



— 259 



^^ref^^^jini II 



Asasseva dhâtussa bliû hoti va asabbadlmtuke pare. Blia- 
vissati; bhavissanli. 

Vâli kimatibam ? Asuùi. 

Aux temps dont les désinences ne sont pas sab- 
badhâtuka (c'est-à-dire au parfait, à l'aoriste, au fn- 
tur, et au conditionnel), [la racine] «5 se remplace 
par [les temps correspondants de] bhû. Ex. Bhavis- 
sati : il sera. 

Le commentateur introduit ici une limitation qu'il em- 
prunte aux ss. précédents, limitation nécessaire pour lui, qui 
considère âsum, non comme un imparfait, mais comme un 
aoriste (cf. VI, i, i5 n.); mais l'auteur paraît avoir eu sur 
cette forme des notions plus justes ; et la répétition de « va » 
au s. suivant prouve qu'il n'entendait pas le sous-entendre 
dans celui-ci, pas plus qu'il ne se retrouve dans le s. Kâ- 
tandra : a Aster bhûr asârvvadbàtuke » (fol. 86). 

WOm 3TïïfT ^ ^^T ^ IR3 II 

Eyyavibhattissa fià iccelâya dliàtuyà parassa iyânnâdesà 
bonti va. Jâniyâ; jannâ. 
Vàti kimallbam ? Jàney ya. 

[La racine] hâ peut à volonté prendre les dési- 
nences iyâ, niiâ au lieu de eyja. Ex. Jâniyâ, jaMâ 
ou jâneyya : qu'il sache. 

?rr^ rftiTt SRiï^ Il ^t II 

Nà iccelâya dbâtuyâ nâpaccayassa lo'po boti va yakâratlan 
ca. Nâyati '. 

* A. Cd "Itanca. Jannâ; nâ°. — J'ai supprimé cet exemple, qiio 

'7' 



— 260 — 
Vâli kipaatlham? Jânâti. 

[La racine nâ peut à volonté] supprimer le [suf- 
fixe] nâ et [elle le remplace alors par] ya. Ex. Jânâti 
ou nâyati : ii connaît. 

rftïT^TT ^^iïtr II ^if II 

Akârappaccayo lopam àpajjate etlan ca hoti va. Vajjemi; 
vademi; vajjâmi, vaclâmi. 

Le suffixe a [peut à volonté être] éliminé et [rem- 
placé par] e. Ex. Vademi ou vadâmi : je parle. 

HtT W^^ Il 30 II 

Okârappaccayo uttam àpajjate va. Rurute; karoti. 
Okâroli kimattham? Hoti. 

Le suffixe [se change quelquefois en] u. Ex. 
Kurute ou karoti : il fait. 

M. d'Alwis trouve que la remarque du scholiasle « Okâ- 
roli, etc. » n'est pas « très-intelligible». Je ferai remarquera 
ce propos que c'est sur dkâro» que porte surtout l'accent; 
c'est en effet en raison de ce mot que, suivant le scholiaste , 
la règle ne présente pas d'ambiguïté et ne peut, par exem- 
ple, en aucun cas s'appliquer à t hoti » ; s'il en est ainsi , dans 
notre règle, comme quelquefois ailleurs (cf. Bôhthlingk, 
Pan. II, Ind. des termes grammat. s. v. kâru) , le mot « kâra » 
n'aurait pas seulement celte fonction qu'il remplit souvent 
après des lettres auxquelles on l'adjoint pour les énoncer, 
mais le sens spécial iXaJfixe, qui se peut appliquer à fo de 

je ne m'explique que par une erreur résultant du voisinage du sûtra 
précédent. 



— '261 — 

karoii, et ne saurait convenir à Vo radical de lioti. Voilà du 
moins ce que paraît vouloir suggérer le scholiaste (cf. son 
expression : kiccakârassa, VII, 3. 2); mais il est bien dif- 
ficile, quand on compare l'emploi de kâra dans le sûlra sui- 
vant, d'attribuer vraiment cette intention à l'auteur lui- 
même. 

chi^rlchiij =^ Il ^1 II 

Kara iccetassa dhâtussa akâro allam âpajjale va. Rm-ute, 
karoii; kubbate, kubbati ; kayirati. 
Karasseti kimattham? Sarati; marati. 

L'a [radical] de [la racine] kar [se change aussi 
quelquefois en u]. Ex. Kurute ou karoti : il fait. 

^?r^ Ht II B^ll 

Okârassa dbâlvantassa sare pare ava 4ioti va. Cavati ; blia- 
vali. 

Sareli kimattham? Hoti. 
Oti kimattham? Jayali. 

[L']o [final d'une racine se change en] ava de- 
vant une voyelle. Ex. Cavati : il tombe; bhavali : 
il est. 

ïï ^^ Il ^^ Il 

Ekârassa dhâtvantassa sare pare ayâdeso hoti va. Nayati ; 
jayati. 

Sareli kimattham ? Neti. 

E en aya. — Ex. Nayati : il conduit; jayati : il 
vainc. 



— 2G2 — 

Quant au changement en e , o de la voyelle radicale que 
cette règle et la précédente supposent préalablement exé- 
cuté, il n'est prescrit que par lesûtra, extrêmement vague, 
qui porte le n° 4- 

^ ^^FTT ^iïf^ Il ^^ Il 

Te o e iccete àva âya âdese pâpunanli kârile. Lâveti; nâ- 
yeli. 

Yogavibhàgena aniïesupi âya holi. Gàyati. 

0, e se changent en âia, âya devant les suffixes 
causatifs. Ex. Lâveti : il fait couper; nâyeti : il fait 
conduire. 

Sabbamlii asabbadhàlukamhi ikârâgamo lioti. Gamissati; 
karissati; labhissati; pacissati. 

Asabbaddhâtukamhîti kimattham? Gacchati; karoti ; la- 
bhali; pacati. 

Devant les désinences qui ne sont pas sabiiadhâ- 
tuka, on insère un i additionnel. Ex. Gamissati : il 
ira; labhissati : il recevra. 

^ =^11^1 II 

Idha âkhvàte anippannesu sàdhanesu kvaci dhâtuviblial- 
tippaccayânaiîi diglia viparîta„àdesa lopa âgama iccetâni kâri- 

' A. "rogamo". 
^ A. C/fl "viparilâ". 



— 203 — 

yâni jinavacanâniirûpâni* kàtabbâni. Jâyati; kareyya; jâniyâ; 
siyâ; kare; gacclie; jannà; vakkhetha: dakkhetha ; diccliati ; 
âgacchum; aliosi; ahesum; iccevamâdîni annânipi sàdlianâni 
yojelabbâni. 

Quelquefois les racines, suffixes et désinences 
subissent encore [d'autres] allongements, change- 
ments, substitutions, additions. Ex. Jâyati : il naît 
(de : jan); kare : qu'il fasse (au lieu de : kareyya); 
dicchati : il voit, etc. 

^T(HiM<>^ l fH M<H:m.i^Tt II ^3 II 

Attaoopadâni kvaci parassapadattam âpajjante. Vuccati; 
labbbati; paccati; karîyati; sijjbali. 

Rvaciti kimatlbam? Vuccate; labbbale; paccatc; karîyale ; 
sijjhate. 

[Quelquefois] les désinences de l'attanopada se 
remplacent par celles du parassapada. Ex. Vuccati : 
il est dit; sijjhati : il est accompli. 

^chl<|ilHt ' ^«MrlH^HHlchlHlfrmTftg II BC II 

Kvaci akâràgaino boti bîyaltanajjatanîkâlâtipaUi iccelàsu 
vibbaltîsii. Agamâ; againî ; agamissâ^. 

Kvacîli kimatlbam? Gamâ; garni; gamissâ. 

[Quelquefois] un a additionnel (l'augment) [se 
place devant la racine] à l'imparfait, à l'aoriste et 

' A. "nïpâiii. 

^ A. "kàrogamo. 

^ (]d a l'a initial des trois exemples hm^. 



— 26/1 — 

au conditionnel. Ex. Agamâ : il allait; agami : il 
alla; agamissà : il serait allé. 

frft ^ frrfï^ Il BCf II 

Brù iccelâya dhâtuyâ îkârâgamo holi timhi viblialtimlii. 
Bravîti^ 

[La racine] brâ prend un i [additionnel] devant 
[la désinence] d. Ex. Bravîti : il dit. 

^Ç^Prfr H|iIm^H<H:I II %o II 

Dhàtus.sa anio kvaci lopo lioti yadànekasarassa. Gacchali; 
pacati; sarali ; marali; carali. 

Anekasarasseli kimallham ? Pâli ; yâli; dâti; bhâti; vâti. 
Kvacîli kimatlham? Mahîyali; mathîyati. 

On élide la [voyelle] finale des racines [qui, sans 
ce retranchement, seraient] polysyllabiques. Ex. 
Gacchati : il va (de gaccha -+- a h- ti]; mais : pâti : 
il protège. 

^zmr^ w^ ^ ^ lU^ Il 

Isu yania iccelesam dhâtùnam auto cclio holi va. Icchati; 
niyacchali. 

Vâti kimallhaiîi? Esali; niyamali. 

La [consonne] finale des racines is, yam se peut 
à volonté changer en cc/m. Ex. Icchati : il désire ; 
niyacchati : il retient. 

' A. bruvîli. 



— 265 — 

Bien que le sens ne puisse être douteux , on remarquera 
la double application du même mot anta dans deux sûtras 
voisins, alors que isa et yama s'énoncent tout aussi bien 
avec une voyelle finale que toutes les autres racines (jamu, 
cara, etc. 

sm%T^ w HTcr II ^^ Il 

Rârila iccetesam paccayânam no lopaiîi àpajjale. Kâreti; 
kârayati; kârâpeti ; kârâpayati. 

On élimine Yn [initial] des suffixes causa tifs. 
Ex. Kâreti, kârâpeti : il Tait faire. 

Rigoureusement celte règle est superflue aussi bien que 
le deuxième sûtra de ce môme chapitre, le cas étant prévu 
parV, 57 et 58, règles que rien n'indique s'appliquer exclu- 
sivement aux suffixes taddhita. 



Sâsanattham samuddiltham mayâkhyâlam samâsato. 
Sakabuddhivisesena cintayantu vicakkhanâ. 

ITI ÀKHYÀTAKAPPE CATUTTHO KANDO. 



Buddham fiânasamuddain sabbafininn lokahelukhinnamatim 
Vanditvâ pubbani aham vakkhâmi susâdhanam kilakam ' ; 
Sâdhanamûlam hi payogam âhù^ payogamûlam atlhan ca 
Atlhesu visâradamatyo^ sâsanadharâva* jinassa mata. 

' Cd "susâdlianamhi kitakappani. S^ "susâdhanam kitakappani. 

' Cd S» âhu. 

' Cd "damanaso. S^ "maniyo. 

'' Cd S* sâsanadbarâ ji". 



— 266 — 

Andho desakavikalo ghatamadhutelâni bliâjanena vinà 
Nattho natthàni ' yalliâ payogavikalo tatliâ allho ; 
Tasraâ sainrakkhanatlliam mnnivacanalthassa dtiliabhassâham 
Vakkhâmi sissakahitam kitakappaiîi sâdhanena yuttani. 

^2TT ch^if^lî^ Wr II 1 II 

Dhâluyà kammâdimhi nappaccayo hoti. Rammam karoli 
akârisi karissalîti : kammakàro; evam kumbhakâro; kattha- 
kâro; mâlàkâro^ : ralhakâro; rajatakâro; suvannakâro; patta- 
gâlîo; tanlavâyo '; dhannamâyo; dhammakâmo; dhamma- 
câro ; punnakâro. 

On emploie le suffixe tia après une racine quand 
elle est précédée de son régime direct [comme pre- 
mier membre de la composition]. Ex. Kumbha- 
kâro : un potier (un faiseur de pois); tantavayo : 
un tisserand. 

« Kammâdimhi » est un locatif absolu auquel il faut sup- 
pléer sati, ce qui se traduirait littéralement : « étant donné un 
commencement (du composé) consistant dans le karman.» 
Cet emploi du locatif pour désigner Vupapada, le premier 
membre du mot composé, est constant, surtout dans les 
règles relatives aux alHxes krit; aussi l'addition de « âdi • 
n'était-elle point indispensable (cf. VIII, 3i), et le sûtra Kâ- 
tantra correspondant (fol. 1 3 1 ) se contente-l-il de dire : « Kar- 
many an», de même que Pan. III, 2, i . L'emploi de âdi que 
nous trouvons ici n'est d'ailleurs pas ordinaire dans nos sû- 
Iras (cf. pourtant VII, 12); en somme, Ton attendait bien 
plutôt une construction « âdikammani » , comme par exemple 
Pân. VII, 2,17. 

' Cd nattho nattliâni". 
■^ C(l S^ mâlakaro. 
•' Cd "tantavâvo". 



— 267 — 
H^FT^^m II 

Sannâyam abhidheyyâyam ' dhâtuyâ kammâdimhi akârap- 
paccayohoti nâmamlii ca nukàràgamo hoti. Arim dametiti * : 
arindamo râjâ: vessam laratîli' : vessantaro râjâ; lanham ka- 
rotiti : tanhaiikaro * bhagavâ ; medham karolîti : medhan- 
karo * bhagavâ; saranam karotîti : saranankaro * bhagavâ; 
dîpain karolili : dîpankaro ' bhagavâ. 

Pour [former] un nom propre [on empioie après 
une racine précédée de son régime direct le suffixe] 
a et [on ajoute] na [à la fin du nom qui forme le 
premier membre]. Ex. Arindamo : Arindama (c'est- 
à-dire qui dompte l'ennemi; ari -+- dam). 

T^^^^MI^II 

Piirasadde âdiuihi dadà iccetàya dhâtuyâ akârappaccayo 
hoti purasaddassa akârassa i ca holi. Pure dânam dadâtiti 
purindado devarâjâ. 

[On emploie] de même [le suffixe a ! après dadâ, 
précédé de para, et [para prend devant la nasale 
additionnelle] i [au lieu de a]. Ex. Purindado : 
(Indra) le destructeur de forteresses. 

Je n'ai pas besoin de justifier ma traduction de «purin- 
dada» (skr. puramdara) contre celle du scholiaste; mais on 

' Cd abhideyyaiîi". 
"^ Cd S^ arin du". 
' Cd S* vessaii ta". 
", ^, '', " Cd "mkaro". 
* Cd °ci\ ini. 



— 268 — 

s'étonne d'une analyse et d'une interprélalion si fautives chez 
un grammairien qui paraît donner ailleurs des preuves d'une 
certaine connaissance du sanskrit. 

H^rTlU^HI^ ' ^ lU II 

Sabbato dhâtuto kammâdimhi va akammâdimhi va akâra 
nvu tu âvî* iccete paccayâ honti va. Taiîi karotîti : takkaro; 
hitam karotiti : hitakaro ; vineli etena tasmiih va : vinayo ; 
nissâya tam vasatiti : nissayo; bhavatiti : bhavo'; — nvurahi : 
ratham karotîti: rathakârako; annam dadâtîti :annadâyako; 
vineti satteti : vinâyako; karotîti : kârako; dadâliti : dâyako; 
netîli : nâyako; — tumhi : karotiti kattâ; tassa kattâ : tak- 
kattâ; dadâtîti : data; bhojanassa dâlâ : bhojanadâlâ; sara- 
tîti : saritâ; — âvimhi : bhayam passalîti : bhayadassâvî*; 
iccevamâdi. 

Toutes les racines peuvent prendre les suffixes 
a. Ex. hitakaro : qui fait le bien; — nvu. Ex. dâyako : 
qui donne; — ta. Ex. kattâ : celui qui fait; — ou âvî. 
Ex. dassâvî : qui voit. 

f^pT^rfÇïïT W II M II 

Visa ruja pada iccevamâclîbi dhatûhi nappaccayo hoti. Pa- 
visatîti : paveso; rujatîti : rogo; uppajjatiti^ : uppâdo; phussa- 
tîti : phasso* ; uccatîti : oko; ayatîti : âyo; sammâ bujjhatiti : 
sambodho; viliâratiti : viliàro. 

' Cd S^ "tvâvi va. 

^ Cd "avi°. S^ âvî. 

^ Cd bhavissatîti bhagavâ ; nvu'. 

^ Cd S^ "ssâvi". 

* Cd S* uppajjati : uppâ°. 

'' Cd S^ °do; pusalîti : passo; u". La présence de spriç dans les 
sûtras correspondants cités en note ne laisse pas de doute sur la 
correction à introduire. 



— 269 — 
Les racines vis, ruj , pad, etc. prennent le suf- 
fixe lia. Ex. Paveso : entrée; rogo : maladie ;uppâdo : 
origine. 

Pân. III, 3, i6 : « Padarujaviçaspriço ghail»; Kât. (fol. 
162 ) : « Padarujaviçaspriçocâm ghan. » L'addition de « âdito » 
s'explique assez, ne fût-ce que par la simplification radicale 
apportée chez notre auteur au système des anubandhas, 
comme on le pourra constater par la suite; mais la présence 
de l'exemple oko, dans le commentaire, est intéressante par 
sa concordance avec la règle Kâtantra, tandis que le sùtra 
ne contient pas plus que la règle de Pânini la mention ex- 
presse de cette racine. 

vn^'sr ' Il lu 

Bhâvatthâbhidheyyasabbadhàtûhi * nappaccayo lioti\ Pac- 
cale pacanaiîi va : pàko; cajjate cajanam va : câgo; bhùyate 
bhavanaiîi va : bhâvo; evam yâgo; yogo; bhâgo; paridâho; 
râgo. 

[Le même suffixe na s emploie] aussi après toutes 
les racines] pour exprimer l'état. Ex. Pâko : cuisson , 
état de ce qui est cuit; câgo : état de ce qui est 
repoussé, rejeté. 

fwr=^Mi 3 II 

Sabbehi dhâtûhi' kvippaccayo hoti. Sambhavatili : sam- 
bhù; visesena bhavatîti : vibhù; evam abhibhù; bhujena 

' Cd " ve \â. 

^ Cd S^ bhava". 

'' Cd nappayoso ho". 

^ Cd kvaci. 

^ Cd Sabbadbâtuhi. 



— 270 — 

gacclialiti : bhujango ' ; mena gaccliafili : urago ^ ; saiîisullhu 
samuddapai iyaiitato bhùmiin klianalîti : sankho. 

[Toutes les racines prennent] aussi [le suffixe] 
kvi. Ex. Sambhû : le maître (de : sam + bhû); bhu- 
jango : serpent (de : gara). 

'JiïTir^^ii cil 

Dhara iccevarnâdîlii dhcàiûhi rammappaccayo hoti. Dha- 
rati tenâti : dhammo; karîyate tam ti : kammam. 

[Les racines] dhar, etc. prennent le suffixe ramma. 
Ex. Dhammo : la loi; kammam : l'action. 

TXft^^T^ =^ Ml if II 

Sabbehi dhâtùhi tassîlâdisvatihesu nî tu àvi' iccete pac- 
cayâ honli. Piyaiîi pasamsitum silam yassa raiïno so hoti râjâ 
piyapasamsî ^ ; brahmacaritiim silam yassa puggalassa so hoti 
puggalo brahmacàrî; pasayliam pavattitum silam yassa ranno 
so boti râjâ pasaybapavaltâ ; bhayam passilum silam yassa sa- 
manassa so hoti samano bliayadassâvî; iccevamâdi. 

Pour exprimer le caractère ou la tendance natu- 
relle, etc. on emploie les suffixes iiî, ta, âvi. 
Ex. Piyapasamsî : porté à louer ses amis; pasayba- 
pavaltâ : dont le caractère est d'agir avec violence. 

' Cd bhujaijgamo. S^ blmjago. 

^ Cd iiramgo. 

■' Cd "nitvâvicam. S^ nitvàvica. 

* CdS8°âvi". 

' Cd piyapasîsi. S** piyapasaiîisi. 



— 271 — 

H^^^HHLU^^^ l^r^ 5 II V^ Il 

Saddakudhacalamandaltlielii ca rucâdihi ca dhâliihi yup- 
paccayo hoti tassilàdisvalthesu. Ghosanasilo : ghosano; bhâ- 
sanasîlo : bhàsano; evam viggaho kâtabbo : kodhano; ro- 
sano; calano; kampano; phandano; manclano; vibhùsano; 
rocano; jotano; vassano. 

[On emploie dans le même sens le suffixe] yu 
(=ana) après les racines qui signifient faire du 
bruit, s'irriter, se mouvoir, orner, et les racines 
rac, etc. Ex. Ghosano : retentissant; kampano : 
tremblant-, kodhano : irrité; rocano : brillant. 

TTT^yr^F^T ^ Il 11 II 

Gamu iccetasmà dhâliimhâ pârasaddâdinihâ ruppaccayo 
holi lassilâdîsvatthesu. Bhavassa pâraiîi : bhavapâram, bhava- 
pâram gaiitum sîlam yassa purisassa so bhavapàragù. 

Tassilâdimliiti kimattham? Pârangalo. 

Pâràdigamimhâti kimallhain? Anugâuii. 

[Dans le même sens,] la racine gam, précédée 
de para, prend le suffixe ru. Ex. Bhavapâragû : 
qui s'efforce de parvenir à l'autre rive de fexis- 
tence. 

fH^HHlfidl =^ Il 1"^ Il 

Bhikkha iccevamàdihi dhâtùhi ruppaccayo holi lassilâdi- 
svallhesu. Bhikklianasîlo : bhikkhu'; vijânanasilo : vinnû ^ 

' Cd S^ °sîlo, yàcanasîlo : bhi°. 
'^ C(l S'' viîïnu. 



' — 272 — 

Et [aussi les racines] bhikkh , etc. Ex. Bhikkliii : 
mendiant. 

'^'^T^^H Tp^ Il 1^ Il 

Hanlyàdinam dliàlùnam nukappaccayo holi tassilàdîsvat- 
thesu. Ahananasilo : âghâluko; karanasîlo; kâruko. 

[Dans le même sens les racines] han , etc. 
prennent le suffixe iiaka. Ex. Kâruko : un artisan. 

L'exemple « âghâtuka » et non le simple « ghâtuka » (SchoU. 
in Pân. III, 2, i54) est aussi donné par Durgasiiîiha 

(fol. lis). 

^ (HiJI^d TT^ Il U II 

Padante nukâràgamo niggahîtain âpajjale. Arindamo râjâ; 
vessanlaro; pabhankaro. 

[Le] nu [additionnel prescrit dans certains cas] 
à la fin des mots (s. 2) [se réduit à] la nasale. 
Ex. Arindamo : Arindama. 

H't^H^ i ^ ^ ^ '^ inmi 

Sampubbabana iccelâya dhâluyâ anfiâya va dhâluyâ rap- 
paccayo lioti hanassa gho ca boti. Samaggam kammam sa- 
in upagaccbalîti : sangho; tiamanlalo nagarassa bâliire kbana- 
titi : parikbâ; antam karotîti; antako. 

Sam iti kimaltbam? Upahananaiîi : upaghâto. 

Vâti kimallbaiîi? Aniakaro. 

Après [la racine] han, précédée de sam, ou en- 
core après d'autres racines, [on emploie le suffixe] 



— 273 — 
ra, et [han se change en] gha. Ex. Sahgho : l'as- 
semblée du clergé; parikbâ : fossé de défense. 

J'ai traduit en suivant le scholiasle, mais pour celte seule 
raison que je n'ai rien de certain à mettre à la place de son 
interprétation; en elle-même, je ne la puis trouver satisfai- 
sante. L'accord, non-seulement de nos deux manuscrits, 
mais aussi du manuscrit de la Rûpasiddlii écarte fhypothèse 
d'une corruption du texte. D'autre part, en le prenant tel 
qu'il est, ce prétendu composé dvandva « sanihananiiâya » est 
bien étrange ; et ce serait d'ailleurs le seul cas où , dans cette 
grammaire, anna serait ainsi employé au lieu de l'ordinaire 
âdi; comment ensuite expliquer le singulier? car, sans vou- 
loir faire remonter jusqu'à l'auteur la responsabilité de l'ana- 
lyse bizarre de <* antako », il y a, en dehors de la racine han, 
plusieurs racines encore qui olfrent des formations sembla- 
bles. Peut-être pourrait-on, en s'inspirant de l'analogie, loin- 
taine, il est vrai, de Pânini III, 2 , 101 , traduire : la racine 
han, précédée de sam, ou aussi d'un autre préfixe, prend le 
suffixe ra et devient gha. C'est ce que semblerait confirmer 
dans une certaine mesure la forme même du s. Kâtantra : 
«Samudor ganapraçamsayoh [hanter do ghanir âdeçaçca) « 
(fol. 167) comparé à Pân. III, 3, 86, où les deux mots sarTi- 
gha et udgha sont donnés comme nipâtanas. 

Ramhi paccaye pare sabbo dhâtvanto rakârâdi ca no lopo 
hoti. Antako; pâragû; sa devake loke sâsatiti : satthâ; dit- 
iho; iccevamâdi. 

Devant [un suffixe commençant par] r, la con- 
sonne finale de la racine tombe ainsi que Yr initiai 
[du suffixe]. Ex. Pâragû (de la racine gam avec le 
suffixe ra — s. 1 1 ). 

.1. As. extrait n° 1 . f iSti.I 18 



— 274 — 
VTT^^ÎJ^ rRFftqr ' Il \S II 

Bhâva kamma icccte>»vatthesu tabba anîya iccete paccayâ 
honti sabbadhâtnhi. Bbùyate, abhavittba, bhavissate : bhavi- 
tabbaiïi, bbavanîyam; âsiyate : âsitabbam, àsanîyam^; paj- 
jilabbaiïi, pajjanîyaiîi; kâtabbam, karanîyam; gantabbam, 
gamanîyam; ramitabbam, ramaniyam. 

Dans le sens neutre-impersonnel et passif, on 
emploie les suffixes tabla, anîya. Ex. Bhavitabbam 
ou bhavanîyam : qui doit être; âsitabbam ou âsa- 
nîyam : il faut s'asseoir. 

W=^IIUII 

Bhâvakammesu sabbadhâtùhi nyappaccayo hoti. Rattab- 
baiîi, kâriyam; cetabl)ani, ceyyaiîi; netabbam, neyyaiîi; icce- 
vamâdi. 

Casaddaggahanena teyyappaccayo boti. Soteyyaiîi; dil- 
theyyam; pateyyam. 

Et aussi le suffixe nya. Ex. Kâriyam : qui doit être 
fait; neyyam : qui doit être conduit. 

^f\^ f^ Il Itf II 

Kara iccetamhâ dhâtumbâ riccappaccayo boti bbâvakam- 
mesu. Kattabbam, kicca^l. 

[Et aussi le suffixe] ricca, après [la racine] kar. 
Ex. Riccam ou kattabbam : qui doit être fait. 

1 Cd "sabbânlyâ. S^ "tabbâniyâ. 

2 Cd asanîyam. 



— 275 — 

Hrft Ç II "^o II 

Bhù îccetâya dhâtuyâ nyappaccayassa ûkârena saha abbà- 
deso hoti. Bhavitabbo, bhabbo ' ; bhavitabbam , bhabbam. 

[ElJ abba après [la racine] bhû [y compris l'a fi- 
nal]. Ex. Bhabbo ou bhavitabbo : qui doit être. 

=l<^^HV'H«Mdil<^l=hl<[(Çir^^^ii|<M^AMI mïï 
^T II ^1 II 

Vada mada gama yuja garaha* âkâranta iccevamâdihi dhâ- 
tûhi nyappaccayassa yathâsankhyam jja mma gga yba eyya âde- 
sà bonti va dhâtvantena salia garahassa ca gâro hoti bbâvakam- 
mesu. Vattabbam , vajjam ; madaniyam , majjam ; gamanîyam , 
gammam; yujjaniyaiîi^, yoggam; garahitabbam, gârayham*; 
dâtabbam , deyyam ; pâtabbam, peyyain ; hâtabbam, heyyaiîi; 
mâtabbam, meyyaiîi; nâtabbam, neyyam; iccevamâdi. 

Les racines vad, inad, gam , yaj , garah, les ra- 
cines terminées en a, etc. peuvent à volonté 
prendre, dans le même sens, les suffixes jya, mma, 
gga, yha, eyya, et [alors garah , en prenant le suf- 
fixe yha, se change en] gara. Ex. Vajjam : instrument 
de musique; gammam : où l'on doit aller; yoggam : 
qui doit être réuni; gârayham : qui doit être blâmé; 
deyyam : qui doit être donné. 

' Cdbhavo. 

^ Cd garahâ. 

'■ Dans les trois exemples en « "iiîyam » VA et JS^ ont \'i bref. 

* Cd gâreyyaiîi, 

18. 



276 



^ f^ï^TT II "î^"^ Il 

Ye paccayâ tabbâdayo riccantâ ' te kiccasannâti veditabbâ. 
Kiccasaniïâya kimpayojanaiîi ? Bhâvakammesu kiccakta- 
khatthâ^ (VIII,2.) 

Ces suffixes [depuis tahba, portent le nom tech- 
nique de] kicca. 

Si le scboliaste ne fait pas rentrer [riccantâ) expressément 
dans cette classe de suffixes ceux énoncés dans les deux 
derniers sùtras, ce n'est pas qu'il entende les en exclure; 
mais il les considère comme inclus dans le suffixe nya, dont 
ils sont simplement les âdeças (substituts). 

^r^f^^iR^ii 

Anne paccayâ kita iccevaiîisannâ honti. 
Kitasannâya kiiîipayojanam ? Rattari kit. (VIII, i.) 

Les autres [portent le nom de] kit. 

'i'i\i\{^ g II n II 

Nandâdihi dbâlûbi yuppaccayo boti bbâvakammesu. Nan- 
diyate, nanditabbam : nandanaiîi^; gahanîyam : gahanam; 
varitabbam : varanam; evam sabbattha. 

[Les racines] nand, etc. prennent [le suffixe] ja 
[dans le sens neutre-impersonnel et passif]. Ex. Nan- 
' danam : le jardin d'Indra (où l'on goûte toutes sortes 
de plaisirs). 

' Cd tabbâdîccantâ. 

^ Cd "ccattakkhallâ va. S^°kkhatthâ va. 

^ Cd nandatc nanditabbâ nanditabbam va na". 



— 277 — 

chTj^i^imîi^ =5r II -^^M II 

Kattukaranappadesa iccetesvatthesii ca yuppaccayo hoti. 
Kaltari tâva : rajain haraliti : rajoharanam toyam; — karane 
tâva : karoli etenâli : karanam; — padese tâva : tilthanti tas- 
mim iti; thânam; evaiîi sabbattha. 

[Le suffixe yu s'emploie] aussi pour exprimer l'a- 
gent, l'instrument, le lieu. Ex. Rajoharanam: l'eau 
(qui enlève la poussière); karanam : l'instrument; 
thânam : la place. 

Il est plus que douteux que le scboliaste ait raison de ré- 
introduire dans le s. précédent hhâvakammesu (du s. i -y); mais 
ici, ca paraît en effet supposer ces mots et s'y rattacher; 
c'est ce que montrent Pàn. III, 3, iib-iiy, et, bien que 
dans une mesure j)lus restreinte, les ss. Kàlantra ; « [hhâve] 
Yut ca. — Karanàdhikaranoçca » (fol. 160). 

Rakârahakârâdyantehi dhâtûhi anâdesassa nassa no hoti. 
Karoti tenâli : karanam; pùrati tenâli : pûranam; gayhali te- 
nâli : gahanam; gahaniyam ' tenâ li : gahanam; evam anne 
pi yojelabbâ. 

Après r, h, etc. [de la racine], l'/i [de ce suffixe 
se change en] 11. Ex. Karanam : l'instrument; gaha- 
nam : l'action de saisii*. 

La seule règle de cette grammaire consacrée au change- 
ment de n en n; on voit combien elle est insuffisante. 

ITI KIBBIDHÂNAKAPPE PATIIAMO KANDO. 
' Cd S" gahaniyaiîi. 



— 278 



m^J dchlH^I II 1 II 

Nâdayo paccayâ yu vanta tekâlikâti veditabbâ. Yalliâ : kuin- 
bhani karoti, akàsi, karissatiti : kuinbhakâro; karoli, akâsi, 
karissati tenâli : karanafh; evaiîi annepi yojetabbâ. 

Ces suffixes iia, etc. sont dits tekâlika (ccst-i^-dire 
qu'ils s'emploient également dans le sens du pré- 
sent, du passé et du futur). Ex. Rumbhakâro : un 
potier (un homme qui fait, a fait et fera de la po- 
terie). 

H^^Ff TU'^mj l II -5 II 

Sannâyam abhidheyyâyam dâdbâdhâtuto ippaccayo hoti. 
Âdîyalîti ' : âdi; udakam dadhâtiti : udadbi; mahodakâni 
dadhâti : mahodadhi; vàlâni dadhâti tasmim iti : vâladhi; 
saiiimà dadhâlîli : sandhi *. 

Pour former des appellatifs on emploie, après 
les racines Jd, dhâ, le suffixe i. Ex. Adi : commen- 
cement; udadhi : océan. 

J'ai traduit ici « sannâyam » par appellatifs. Sannâ désigne 
tout mot qui ne porte pas son explication complète dans son 
analyse étymologique. C'est ainsi qu'il désigne tour à tour des 
termes techniques conventionnels, des noms propres, et en- 
fin, comme ici, des mots dont la signification propre ne se 
peut deviner par l'analyse, mais s'apprend seulement par la 

' Cf! S^' âdiyatîti". 

- Cd sammâdhiyati dadhâlîli sa". S^ "vâladhi; sandhi : dve pada- 
kotiyo aiilarani adaspivà sammà fladhàtîli sandhi. 



— 279 — 

convention et l'usage. Nous n'avons pas de terme qui, à lui 
seul, puisse rendre toutes ces nuances, et la traduction est 
forcée de se régler suivant les cas. (Cf. p. ex. VII, i, 2.) 



f?rt%^rrfR| ii ^ ii 



Sannâyam abhidlieyyâyam dliâlùln tippaccayo hoti kiccâ- 
sitlbe. Jino etani bujjhatûti : jinabuddhi; dhanam assa bba- 
valûti : dhanabbùti; bhavatûti : bliûto; bbavatùti : bhâvo'; 
dhamnio etam dadâlùli : dliammadinno; àyunâ vaddliatûti : 
âyuvaddharnànô* ; evam aiïnepi yojetabbà. 

[Pour former des appellatif's on eniploie] le suf- 
fixe ti et les suffixes kit, avec la signification d'un 
souhait. Ex. Jinabuddhi (c'est-à-dire : que Jina lui 
donne la sagesse!). 

Naturellement « kicca » du sûtra doit être décomposé en « kit 
ca»; sans vouloir accuser le scholiaste d'une méprise sur ce 
point, j'estime qu'il eût, pour plus de clarté, mieux fait de 
s'exprimer comme fait la Rùpasiddhi : «tippaccayo hoti kit- 
paccayo ca. » Du reste l'emploi de ce kit , dans la présente 
règle, n'est pas bien net. En effet, d'après VII, 1, 22, tous 
les suffixes dont il est traité dans cette section , en dehors des 
kicca, sont des kit; s'il en est ainsi, le suffixe ti mentionné 
lout d'abord, et à part, dans le sùlra est un kit au même titre 
que tous les autres suffixes qui apparaissent dans les exem- 
ples, car il est expressément enseigné dans la règle sui- 
vante. Dans la règle correspondante de Pànini (III, 3 , 17/1) , 
nous trouvons également le suffixe ti (klic); mais au lieu de 
krit, c'est le suffixe kta qui y fait suite : « klicktau ca sam- 

' Il faut sans doute lire : "iûli : bliavo : hliav.ibluili. 
■ Cd "tnti vaddhamàno. S^ àyuvadlianiano. 



— 280 — 

jnâyâni, » Le sùlra Kâtantra (fol. i63) se rapproche forl de 
notre règle : «Tikkritau samjnàyâm âçishi»; le duel "kritau 
semble prouver que nous n'avons à penser qu'à deux suffixes 
déterminés; faut-il voir dan^'« krita » un équivalent de kta, 
désignant le participe passé» du passif, comme hritya en dé- 
signe le participe futur ? Je ne vois pas d'autre moyen de 
donner à la règle un sens satisfaisant; mais je manque d'exem- 
ples à l'appui d'un pareil emploi de krita. Du reste, si 
cette explication était la vraie, «kicca», dans notre sûtra, 
au lieu de « kitaca », rendrait, en tout cas, fort mal la pensée 
de son modèle, et ne pourrait reposer que sur une confu- 



sion. 



Itthiyaiîi abhidheyyàyaih sabbadhâtûhi akâro ti yu iccete 
paccavâ honti va. .laraliti : jarâ; saraliti : sarâ; mannatîli : 
mati; coratîti : corâ; cetayatîti : cetanâ; vedayatîti : vedanâ; 
evam afine pi yojetabbâ. 

Pour [former des appeliatifsj féminins, on em- 
ploie , suivant les cas, les suffixes a, ti, yu. Ex. Jarâ : 
la vieillesse; mati : la pensée; vedanâ : la sensa- 
tion. 

^i^ f^j^ im II 

Karato itthiyam anitlhiyam va abhidheyyâyain ririyap- 
paccayo hoti '. Katlabbâ kiriyà ; karanîyâ kiriyâ^. 

Après [la racine kar] on emploie le suffixe ririya. 
Ex. Kattabbâ kiriyâ : une action qui doit être faite. 

' Cd hoti va. Ka". 

* Cd "riyâ , karaniyam kiiiyyam kiriyâ. S^ de même, mais: ki- 
riyam.. 



— 281 — 

Alite kâle sabbadliâlùhi ta lavantu tâvi iccete paccayâ 
honti. Huto *, hulavâ, hutâvî; vasiti : vusilo, vusitavà, vusi- 
tâvî; bhujilthâti : bhutto, bhultavâ, bhuttâvî. 

Pour marquer le passé, [on emploie les suffixes] 
ta, tavantu, tâvî. Ex. Huto, hutavâ ou hutâvî : qui 
a sacrifié; bhutto, bhuttavâ , bhuttâvî : qui a 
mangé. 

HNoh^y ^ Il .9 il 

Bhâvakammesu alîte kâle tappaccayo holi sabbadhâtûhi. 
Bhâve lava : gâyate : gîtam ; naccam : natlitam ' ; hasanam : 
hasitaiîi. Kammani tâva : bhâsayitlhâli : bhâsitam; desayit- 
thâti ; desitaiîî ; karayitthâti : kataiîi. 

Dans le sens neutre-impersonnel et dans le sens 
passif, on emploie le suffixe la. Ex. Gîtam : chant; 
bhâsitam : dit. 

^ilHI«y^ ' ^TrTft II t II 

Budha gama iccevamâdiriam atthe tappaccayo hoti kal- 
tari sabbakàle. Yathâ : sabbe saùkhalâsankbale dhaiume buj- 
jhati, abujjhi, bujjhissatiti : biiddho; saranam galo; sama- 
thamgato; iccevamàdi. 



' Cd "ntutânâvî. 

^ S^ "honti va. Gato gâmam anugato ; gatavâ; galâvî; Ihi". 

' Cd S^ "ccani , iiatlanam ; lia". 

* Cd "ditte". 



— 282 — 
[Le sufïixe ta s'emploie] dans le sens actif" après 
les verbes rjui signifient savoir, aller, etc. Ex. Bud- 
dho : le Buddha (c'est-à-dire celui qui connaît la 
nature de toutes choses); saranam gato : qui a 
trouvé un refuge. 

fHrfT^^r^f^ Il (f II 

Ji iccelâya dhâluyâ inappaccayo boti sabbakâle kattari. 
Pâpake akusale dhamme jinâli , ajini, jinissatîli : jino. 

[La racine] ji prend le sufTixe iiia, sans acception 
de temps. Ex. Jino : le Jina (c'est-à-dire celui qui 
vainc, a vaincu et vaincra le mal). 

OT^ =^ Il \o II 

Supa iccetâya dbâiuyâ inappaccayo boti kallari bbâve ca. 
Supatîti : supino; supiyate ' ti : supino; ko altbo supinena 
te? 

Et aussi [la racine] sap. Ex. Supino : sommeil, 
songe. 



^R|^^ ^ Il \\ Il 



isadususaddupapadebi^ dbâlùbi khappaccayo boti bbâva- 
kanimesu. Isaiîi sayanaiîi, îsassayo*; duttbu sayanaih : dus- 



' Cd suppiyate". 

•' Cd Mussu». 

•' Cd "dussu saddàhi dhâtû". 

^ Cd issayanaiT) , issayo; du°. 



— 283 — 



sayo; sutthu sayanam; susayo'; bhavatâ îsam kammain ka- 
rîyatîti : îsakkaraih ; dukkaraiîi ; sukaraiîî ^ 



[Les racines,] après [les déterminatifs] îsa, du, 
sa, [prennent le suffixe] kha. Ex. Isassayo : facile- 
ment couché; dukkaram : difficile à faire. 

Le sûira ne contenant rien de la restriction exprimée 
dans la règle correspondante de Pânini (III, 3, 126) et de 
la grammaire Kâtanlra (fol. 162) par les mots: «kricchrâ- 
kricchrârlheshu», il est difficile de savoir si cette suppres- 
sion est intentioimelle et, par conséquent, de déterminer la 
vraie traduction de îsussayo , soit qu'on le doive traduire: 
qui a trouvé aisément où se coucher, ou bien : qui n'a été 
couché que peu d'instants. 

Icchatthesii samânakattukesu sabbadhàtûhi tave tum ic- 
cele paccayâ honti va sabbakàle kaltari. Puniïâni kâtum^ ic- 
chali, kâtave ^; saddhammam sotum icchali, sotave *. 

Suivies (c'est-à-dire ici : dépendantes) de verbes 
signifiant désirer, toutes les racines peuvent à vo- 
lonté prendre les suffixes tam ou iave , quand [l'in- 
finitif ainsi formé a le] môme sujet [que le verbe 
dont il dépend]. Ex. Punnâni kâtuiîi, kâtave icchati: 
il désire faire de bonnes actions. 



' Cd S^ sussayo. 

^ Cd S^ sukkaram". 

^ Cd katum. 

* Cd S^ "cchalîti kâ". 

■' Cd S^ "icchatîti so", 



— 28a — 

^çR«^Hwr% ^ Il 1^ Il 

Arahasakkâdîsvatthesu ca sabbadhâtûhi tumpaccayo hoti. 
Ko tam ninditum arahali ; sakkâ jetuin dhanena va; evain 
annepi yoje.labbâ. 

De même après des verbes qui signifient être digne 
de (ou juger bon de), pouvoir. Ex, Ko tam nindi- 
tum arahati? Qui oserait le blâmer? Sakkâ jelum 
dhanena va : on peut vaincre aussi par i'or. 

MtI=<^h ^5Fmw§ "^ Il %% Il 

Pattavacane sali alamalthesu ca sabbadhâlùhi tumpaccayo 
hoti. Alaiîi eva dânâni dâtum; alam pimnâni kâtum. 

Et aussi après des mots du sens de alam, pour 

dire : suffisant Ex. Alam dânâni dâtum : assez 

pour faire des présents; alam punîiâni kâtum : c'est 
assez de faire des bonnes œuvres. 

TTs|ohlH^chTlchM ^'r=IHr=(l ^T II IM II 

Pubbakâle ekakatfukânam dhâtûnam tûna Ivâna tvâ iccete 
paccayâ honli va. Kâtùna kammaiïi gacchati; akâtûna - pun- 
naiîi kilamissanti; sattâ sutvâna dhammam modanli; jitvâna 
vasali; sutvânassa etad abbâsi; ilo sutvâna amutra kalhayanti; 
sulvâ mayam jâhissâma; evam sabbattha yojetabbâ. 

Pour marquer une action antérieure [à celle 
qu'exprime le verbe fini], une racine peut prendre 

' Cd S^ "tuna". 
* CA kâtûna". 



— 285 — 
i'un des suffixes tûna, tvâna ou tvâ, si elle a le 
même sujet [que le verbe fini]. Ex. Kâtûna kam- 
mam gacchali : après avoir exécuté telle action, il 
s'en va; sattâ sutvâna dhammam modanti : les créa- 
tures, après avoir entendu la loi, en éprouvent de 
la joie; sutvâ mayam jânissâma : après avoir en- 
tendu, nous saurons. 

cj^HM MM-rl l inill 

Vatlamânakâle sabbadhàlûhi màna anta iccete paccayâ 
honti. Saratîti : saramâno; rudatîti : rodamâno; gacchatîti : 
gacchanto ; ganhâtîti ' : ganhanto. 

Dans le sens du présent on emploie les suffixes 
mâna, anta. Ex. Rodamâno : pleurant; ganhanto : 
prenant. 

eTHT^%T5^in^ Il 

Sàsâdîhi dhàtûhi ratthuppaccayo hoti. Sâsatîti : salthà , ki- 
lesâdayo sâsati hiiîisaliti va ^. 

Les racines sâs, etc. prennent le suffixe ratthu. 
Ex. Satthâ : le maître (c'est-à-dire, suivant la fausse 
explication du scholiaste : celui qui détruit le mal). 

mfÇrît%ll U II 

Pâ iccevainàdito dhâtuganato riluppaccayo hoti. Gutlaiîi 
pâlayatiti : pitâ. 

^ Cd n'a pas : ganhâtîti. 

* Cd "tthâ sâsati liiinsatîti va satthâ. S^ "ti satthâ : kilesâdayo sâ- 
seti himsatiti : satthâ. 



— 280 — 

Les racines pâ, etc. prennent le suffixe ritu. 
Ex. Pitâ : père (c'est-à-dire celui qui protège la 
famille). 

Màna iccevamâdîlu dhâtùhi ràtuppaccayo holi riluppac- 
cayo ca '. Dhammena pultam mânetîli : mâtâ; pubbe bhàsa- 
titi : bhâlâ; mâlupilùbi dhâriyalîti dhitâ. 

Les racines mân, etc. prennent le suffixe rata. 
Ex. Mâtâ : mère (c'est-à-dire celle qui honore le 
fils). 

Si les fausses étymologies du scboliasle ne doivent nous 
surprendre que médiocrement, l'erreur que commet l'au- 
teur lui même, en rapportant au causatif maRajaft de la ra- 
cine man l'origine du mot «mâtar», pourrait paraître plus 
étonnante chez un homme qui donne d'ailleurs des preuves 
de sa connaissance du sanskrit. Mais cette explication se re- 
trouve ailleurs, p. ex. dans les Unâdisâtras (éd. Bôhtlingk, 
II, ni). — D'autre part, je ne comprends rien à l'addition 
par le commentateur de « riluppaccayo ca» et de l'exemple 
dhitâ à l'appui; ce mot, à ses yeux, doit rentrer tout naturel- 
lement dans les cas prévus par le sùtra précédent. 

iÀU\H\ 5^ Il "^o II 

A iccâdimhâ gamito tukappaccayohoti. Agacchatili : âgan- 
tuko bhikkhu. 

La racine gnm, précédée de â, prend le suffixe 
iaka. Ex. Âgantuko : l'arrivant, l'hôte. 

' S^ "ccayo hoti va. 



— 287 — 

Gamu iccetamhâ ikappaccayo holi bhabbe. Gamissali'.i : 
gamiko gantuiîi bhabboli va, ganiiko bhikkhu. 

[La racine gam prend le suffixe] ika dans le 
sens du futur. Ex. Gamiko : qui veut ou doit par- 
tir. 

ITI KIBBIDHÀNAKAPPE DUTIYO KANDO. 



(hm i hhi Ph^Ph in II 

Sankbyânâmasamàsataddhitàkbyâtakitakappambi sappac- 
cayâ ve saddâ aniddillbâ gatâ te sâdbanena parikkbitvâ sa- 
kehi sakehi nâmehi nipàlanâ sijjhanti yathâsankhyaiîi. San- 
khyâyam lava : ekassa eko holi; dasassa ca dakârassa ro 
âdeso holi; eko ca dasa ca : ekâdasa ekârasa va; dvissa bà 
hoti, dasassa ca dakârassa ro hoti; dve ca dasa ca; bârasaiîi 
dvâdasa va; dvissa bâ hoti; dve ca visati ca ; bàvisam; kathaiîi 
solasasaddo ? chassa so hoti , dasassa ca dakârassa lo hoti; cha 
ca dasa ca ; solasam; âyalaaamhi chassa salo hofi ' ; cha àya- 
tanâni : salâyatanaiïi ^; evaiïi sesâ sankhyâ kattabbà^. — Nâ- 
mike tâva : ima samâna apara iccelebi jjajjuppaccayà honti 
va imasamânasaddânan ca akârasakârâdesà honti : imasmiih 
kàle ajja asmimkâle va; samàne kâle, sajju; aparasmiin kàle, 
aparajju aparasmiiîi kàle va. — Samàse lava : bhùmigato; 
apâyagato; issarakatam; sallaviddlio; kathinadussam; cora- 
bhayam; dhannarâsi; saiîisâradukkham; pubbâca aparâ ca : 

' Cd "aam; cha à — ssa ca salopo hoti". 

^ Cd salâyatanâni". 

•^ Cd "akhyâtabbâ. S^ "nkhyâ katabbà. 



— 288 — 

pubbâparain '. — Taddhite tâva : Vâsittho; bhâradvâjo; 
bhaggavo ; panclavo ; koleyyo. — Akhyâte tâva : yathâ : asa 
bhàveti ^ dhâtuto vattamânesu ekavacanabahuvacanesu eka- 
vacanassa tissa sso hoti antena saha, bahuvacanassa antissa 
ssu hoti antena saha : evam assa vacaniyo, evam assu vaca- 
niyâ'; ânattiyaiïi hissa ssu hoti va : gacchassu, gacchâhi. — 
Kitake lava : yathâ ; vada hana iccevamâdihi dhâtûhi kap- 
paccayo hoti vadassa ca vàdo hanassa ca ghâlo : vadatîli : vâ- 
dako * ; hanatîti : ghâtako ^ ; natidhâtuto tappaccayassa cca- 
Itâdesâ honti antena saha: naccam, nattam; — iccevamàdavo 
nipâtanâ sijjhanti. 



Les suffixes dont il n'est point question [dans les 
règles générales] sont expressément éniimérés [avec 
les mots tout formés]. Exemple : Vâdako : celui qui 
parle (de : vad) ; ghâtako : qui frappe (de : han). 

L'utilité de cette règle , qui n'est pas très-apparente par elle- 
même, ne ressort pas mieux du commentaire du scholiasle. 
Nous avons rencontré déjà (V, U']) une règle analogue, et 
j'ai indiqué le rôle qu'elle me paraissait remplir à cet en- 
droit; la portée de celle-ci m'apparaît moins encore. Le sû- 
tra . qui en lui-même n'enseigne rien du tout, n'inaugure 
pas davantage une série de règles contenant des nipâtanas; 
faut-il croire qu'il fasse allusion à des listes de formes qui au- 
raient existé pour l'enseignement parallèlement à cette gram- 
maire et en dehors d'elle? (Cf. VIII, i5.) — Le scholiaste, qui 
a le tort de violenter le texte pour l'étendre arbitrairement à 
toutes les parties de la grammaire, ne nous éclaire point [lar 

' Cd "kkhaiîi ; pubbâcaparâmapnrani. Ta". S^ "bbà ca para ca". 
' Cd asabbbâveti. S^ asambbâveti. 
' Cd S^ "assa vacaniyo. 
* Cd "ko , vàdatîti vâdo ; ha". 

^ Cd hanatîti ghâlo satte hanetîti ghâtako na". S" ghâtolîti ghâ- 
tako na°. 



— 289 — 

ses exemples ; les juns, comme ceux qui portent sur les noms 
de nombre, sont l'application de règles données ci-dessus; 
d'autres, relatifs au verbe, ne sont pas, en elFet, fondés sur 
la même aulorité; d'autres, enfin , comme ceux qui perlent 
sur les composés et les taddhîtas, ne rentrent d'aucune fa- 
çon dans la catégorie des nipâtanas, et semblent ici lout à 
fait hors de propos. — Peut-être faut-il ne pas prendre trop 
strictement le raoi nipâtana , et ne voir dans l'expression « ni- 
pâtanâ sijjhanti » que le sens : sont déterminés par l'usage. 
Alors cette règle ne serait qu'un exemple nouveau de ce pro- 
cédé sommaire auquel notre grammairien a plusieurs fois 
recours (cf. p. ex. VI, ^, 36), et que M. Weber ( //i(Z. Sfr. II, 
p. 327) qualifie justement de déclaration de faillite. 

eTHfeTrît rî^ fft\ =^ m II 

^ o 

Sâsa disa iccetehi dhâtûhi tappaccayassa ritthâdeso hoti 
Ihâne. Anusittho so maya; desayitthâti ditthaih, dittham me 
rûpam. 

Casaddaggahanena kiccakârassa ' lumpaccayassa ^ ca raltha 
ratthum âdesâ bonli. Dassaniyam : datihabbam; datthum vi- 
hâram gaccbanli samanânam. 

Après les racines sâs, dis, le sudixe ta se change 
en rittha. Ex. Anusittho so maya : il a été instruit 
par moi; dittham : vu. 

L'explication du commentaire étant évidemment inaccep- 
table, il faut avouer q^ie ca n'offre guère de sens dans la 
position qu'occupe ici la règle. 

' Cd kiccatakâ". 
- Cd S^ tuppacca °. 



J. As. Extrait n" 1. (1871.) iq 



— 290 — 
HTfS'Hrnr^^^H'^T^HT^^ Il B II 

Sakâranta pucclia bhanja hainsa iccevamâdîhi dhâtùhi tap- 
paccayassa sahâdibyanjanena tthâdeso holi thâne. Tusiyale^ 
tutlho , tusitlliâli ^ tuf iho va ; damsiyate dattho , aliinâ damsiyil- 
ihâli* datlho va ; puccliiyale [)uttho , pucchiyitthâd^ puttho va ; 
bhanjiyale bhattho , bbanjiyittbâli bhattho va; bamsiyilthâti 
hattho, pakârena haiîisiyillhâli pahattho. 

Adiggabanena ailnebi dhâtûhi ta|)paccayassa ca sahâdi- 
byanjanena llhâdeso hoti. \ajiyilthâli yittho; sa ekato sama- 
vâyilthâti * samsattho ; visesena sanniyalîti visiUho ' ; pave- 
.sayitlbâti pavittho; evam sabbattha yojelabbâ. 

Après les racines qui se terminent par un 5, après 
pucch , bhanj , hams, etc. [le suffixe la se change] en 
ttha, y connpris le t initial [du suffixe]. Ex. Tuttho : 
content; puttho : interrogé; bhattho : tombé; hattho: 
joyeux. 

La racine harhs (skr. hrit.h) élant comprise dans la caté- 
gorie des « santa » , on ne voit pas pourquoi l'auteur la nomme 
expressément. Quant au prétendu participe de Jfta/y ; « bhal- 
tho»,iIy alà quelque confusion. Bhanj (oubhaj) fait en sans- 
krit >ibhagna)>et en pâli « bhagga » (cf. sûtra 7), et il est 
difficile de croire qu'il y ait jamais pu faire « bhattha » ; bha- 
tlha est au contraire l'équivalent pâli du sanscrit bhrashta : 
tombé, de la racine bhrurhç. 

" Cd sâsadi °. 

2 Cd S» tussiyate. 

^ Cd tusilthâti , el de même toujours itli dans les aoristes suivants. 

' Cd dassiyate (de même S^) — dassayittljâti, 

* S^ piicchayitthâti. 

'' Cd sam ek:irato sama". 

' Cd ° samsattho , visaiîisattho , pa ". 



— 291 — 
^Hrft"3f ' lUU 

Vasa iccetamhâ dliâlumhâ Iakârappaccayassa sahâdibyan- 
janena ulthâdeso ^ hoti thâne. Vasatili vuttlio ^. 

Après vas [il se change en] uttha. Ex. Vuttho : 
qui habite. 

^^^MIM II 

Vasasseva dhâtussa tappaccaye vakârassa ukârâdeso hoti 
va. Vasitthâti vusitam brahmacariyaiîi ; vasiyitthâti iittho 
vutlho va. 

[Et la racine] vas peut à volonté changer va en 
u. Ex. Vuttho ou uttho : ayant demeuré. 

'^^rsH^f^^îir^'^iiiii 

Dhadhabhaha iccevamantehi dhàtùhi parassa takârappac- 
cayassa yathâsankhyam dhadhâ(le«â honti. Yathâ : sabbe san- 
khatâsankhate dbamme bujjliatiti : buddho; vaddhatiti : 
vuddho bhikkhu ; labhiyitthàti laddhaiîi pattacîvaraiîi ; agginâ 
daddhain vanain. 

Après [des racines se terminant en] clh, dh, bh, 
/i, [le suffixe ta se change en] dh, dh. Ex. Buddho : 
celui qui sait; vuddho : vieux; laddham: pris; 
daddham : brûlé. 

', ^ 3 cd ° ttii '. 

' Cd vassa va vu. S^ vassa va va. 



292 — 



HîmT3TTT=^ Il ^ Il 

Bhajato dhâtumhâ takârappaccayassa ggo âdeso holi sahâ- 
dibyaiïjanena. Bhanjiyitthàti bhaggo ' ; pakârena bhanjiyit- 
thâti : pabhaggo rukkho. 

Après ]a racine bhaj , [il se change] en gga. Kx. 
Bhaggo : brisé. 

vj^i^H wm ^ f^ =^ Il c II 

Bhuja iccevamàdînam dhâtùnam anto no boti tappac- 
cayassa ca dvibhâvo boti. Abbunjîti^ bbutto, bhuttavâ, 
bbuttâvî ; cajjatîti catto ^ ; rûpâdîsu ârammanesu sajjatiti satto ; 
patati etthâti* patto; ranjatiti ratto; yujjatîti^ yutto; vivic- 
catîti * vivitto. 

[Devant le suffixe ta les racines] bhaj, etc. per- 
dent leur consonne finale et [le t du suffixe] se re- 
double. Ex. Bhutto : qui a mangé; catto : rejeté. 

^^^T^MIlfll 

Vaca iccetassa dbâtussa vakârassa ukâràdeso boti anto ca 
cakâro no boti tappaccayassa ca dvibbâvo boti va. Vuccitthâti 
vuttam bhagavatâ; uccittbâti uttam va. 

' Cd "na. Bhajiti abbanji bhanjissatîti bhaggo. 

" Cd bhujiti bhu °. 

' Cd °vî; cliacati acchijjissatîti catto ca cha rû". 

* Cd patanti e ". 

^ Cd yunjatîti. S^ ayunjiti. 

« Cd vivetîti °. 

' Cd °vii. S^ omet ce sùtra et le suivant. 



— 293 — 
[Et alors] vaca peut à volonté changer va en u. 
Ex. Vultam ou uttam : il a été dit. 

iJMlilH^ Il \o II 

Gupa iccevamâdînam anto ca byaiijano no hoti tappac- 
cayassa ca rlvibhâvo hoti va. Sutlhii gopayitlhâti sugutto 
dhammo àrakkhatam; cintetiti citto; lippatiti litto; santap- 
patîti santatio ayo'; âbhuso dippatiti âditto*; visesena vivic- 
catîti ' : vivitto; sincatîti silto; — evam anne pi yojetabbâ. 

De même les racines gup, etc. [perdent leur 
consonne finale devant le suffixe ta, qui redouble 
son t initial]. Ex. Gutto : gardé; âditto : allumé. 

Le va qu'ajoute le scholiaste contient une erreur évidente; 
peut-être même ne faut-il y voir qu'une fliute de copiste. 
Les exemples ne sont pas non plus irréprochables .-l'exemple 
« vivitto » se trouve déjà donné à la règle 8. Du reste ce sûtra 8 
rendait à la rigueur la présente règle inutile; mais il est 
vraisemblable que l'auteur a voulu diviser les racines sui- 
vant la classe de leur dernière consonne, et qu'alors le sùlra 
8 s'applique spécialement aux racines ayant une palatale fi- 
nale, tandis que celle règle concerne les racines qui se tei> 
minentparune labiale. S'il en est ainsi, il faudrait supprimer 
deux autres encore des exemples du scholiaste. 

rnj^^iniii 

Tara iccevamâdihi dhâtùhi tassa tappaccayassa innâdeso 
hoti anto ca no hoti. Tinno ham târevyam ; uttinno; sani- 
punno; paripunno; tudatiti : tunno; parijinno; àkinno. 

' Ccl âyo. 

- C(l "ditto uUo vi ". 

^ Cd S^ vivecalîti. 



— 294 — 

Après les racines tar, etc. [le suffixe ta se change 
.en] iniia, [et la consonne finale de la racine dis- 
paraît]. Ex. Tinno : quia traversé; punno : rempli. 

Bhida iccevamâdihi dliâtûhi parassa takârappaccayassa in- 
naannaînâdesâ hontl va anto ca no boti. Bliinno ; sambhinno ; 
chinno; ucchinno; diiino; nisinno; channo; suchanno; ac- 
channo; khinno; runno; khînâjàti. 

Vâti kimatdiam.'' Bhijjatiti bliitti. 

Après les racines bhid, etc. il se change en 
inna, anna, îna, suivant les cas, [et la consonne fi- 
nale de la racine disparaît]. Ex. Bhinno : séparé; 
channo : couvert; khîno : détruit. 

^^M-^^ch ëfr^ ^-Mi =^ Il 1^ Il 

Susa paca saka iccetebi dbâtùhi tappaccayassa kkbakkàdesâ 
honti anto ca byanjano iio boti. Sussatiti : sukkbo ka|tbo; pac- 
catiti * : pakkam pbalam ; sakkomiti : sakkobam. 

Et en kka, kkha [suivant les cas], après les ra- 
cines sas, pac et sak, [la consonne finale de la ra- 
cine étant supprimée]. Ex. Sukkho : sec; sakko : 
qui peut. 

' Cd "innânnaina". S* "iiinaannainâ. 
' Cd "sakâto". S^ "sakâdito". 
* Cd susatî" pacatîti. S^ paca". 



— 295 — 

=rn ^ in^ Il 

Pakkama iccevaniâdilii dhâlùhi lappaccayassa nta àdeso 
hoti dhâtvanto ca no hoti. Pakkanto ; vibbhanto, sankanto; 
khanto; santo; danto; vanto. 

Casaddaggahanena kimattham ? Teheva dhâtùhi tippac- 
cayassa' nli âdeso hoti anto ca no hoti : kamanam, kanti ; 
kharaanam, khanti; evam sabbattha. 

Et en nta après la racine kam, précédée de pa, 
et autres, [la consonne finale de la racine étant sup- 
primée]. Ex. Pakkanto : qui s'est avancé ; santo : 
calmé. 

On peut se demander pourquoi l'auteur parie de « pakkara » 
(pra-kram) et non du simple «kam». Le participe de kram , 
sans préfixe, n'est, il est vrai, que peu ou point employé en 
pâli, et le grammairien n'aura pris « pa-kam » que comme type 
de kam précédé d'un quelconque des préfixes avec lesquels il 
s'emploie, â, anu.prati , etc. (Cf. les ex. de pra-kram, scliol. 
Pan. VII, 2, 36). Ou bien l'on pourrait penser encore qu'il 
a préfixé pa pour obtenir un redoublement du A- et empêcher 
ainsi toute confusion avec la racine kam; cependant celte 
racine rentre nécessairement dans le gana dont il est ici 
question. 

iRT^ ^ ^rfî^ =^ Il 1M II 

Jana iccevamâdinam dhâtùnain antassa byanjanassa àtlaiîi 
hoti tappaccaye limhi ca. Ajanîti : jâto; jananam : jâti. 

ïimhiti kitnatthani? Aiïnasmim paccaye àkâranivattanat- 
thaiîi. Janitûnâti, janitvâ; janatiti : janitâ^; janitum; jani- 
tabbaiîj; iccevamàdi. 

' Cd S^ tapparca. 

- Cd jànâlîli jâni". S" jaiictîti ja°. 



— 296 — 
Les racines jan, etc. prennent un d long [devant 
le sulfixe ta et] aussi devant le suffixe ii [en per- 
dant leur consonne finale]. Ex. Jâto : né; jâti : 
race. 

JIHMH«^H<HI^H W^ Il \i II 

Gama khana hana rama iccevamâdînam dhâtûnam anio 
byanjano no hoti va lappaccaye timhi ca. Gacchatîli : gato; 
sundaraiîi nibbànam gacchatiti : sugato; sundarena pakârena 
gantabbàti sugati'; khaniyaleti : khatam; kliananani, khat^^ 
upagantvâ haniyate lanti : upahatam; upahananam, upahati'; 
satnagge kamme ramatiti : saraaggarali; abhirato; abhirati; 
mannalîti : mato ; mali. 

Vâtl kimattham? Rammalili : rammalo^ rammanaiîi, ram- 
mati ; iccevamâcli *. 

Les racines <jam, khan, han, ram perdent leur 
consonne finale [devant le suffixe ta et le suffixe ti]. 
Ex. Gato : qui est allé-, khato : creusé; liato : frappé; 
rato : plein de volupté. 

^^ =^ Il \S II 

Rakâro ca dbâtùnarîi antabhùto no boti tappaccaye timbi 
ca. Pakârena' kariyate li : pakalo padattho; pakârena * kara- 
nam ' : pakali ; visesena saratîti : visato ; visesena saranam : 
visati *. 

^ Cd °to; sundaram nibbànam gacchantîti sugati bhagavâ; kha°. 
' Cd khanjatîti khati. 
^ Cd upahasatîti : upaha", 

* Cd^mato; matî; maratîli mato ramatîti rato rati iccevamâdi, 
Rakâ°. S^ "ttharh ? Rammato : rammatîti rammato, rammati ra°. 
*, * Cd pakârena. 
' Cd °na kariyateti pa°. 
' Cd °ti va. S* " nam; ciuteti, ciiitanaiîi. 



— 297 — 
Un ;• [final d'une racine s'élimine] aussi [devant 
les suffixes ta, ti]. Ex. Pakato : fait, exécuté; pakati : 
origine. 

^Tm^5;^'^iiu II 

Thâ pâ iccetesam dhâtûnam anlassâkârassa ikâraîkârâdesâ 
honti tappaccaye timhi ca. Yatra thito; atra thito ; thânam, 
thiti ^ ; yâgum pîlassa bhikkhuno; pito ; pîti. 

Les racines thâ, pâ changent leur d final en i et i 
[devant les suffixes ta, ti]. Ex. Thito : qui se tient; 
pîto : qui a bu; pîti : l'action de boire. 

^^^ ^ ^ Ht ^ m^^^^ Il \€ Il 

Hakâra iccevamantehi dhâtûhi tappaccayassa ^ hakârâdeso 
hoti hassa dhâtvantassa lo hoti va adahanahânam. Aruhaliti : 
ârùlho; agahîti : gâlho va; avudhîli : bâllio'; muyhatiti : 
mûlho. 

Adahanahânam iti kimatthani ?Dahiyillhâti* : daddho vana- 
sando ; samsulthu nahiyitlhâti : sannaddho. 

Après les racines qui finissent en h, [le suffixe ta 
se change en] ha [et Y]h [final de la racine] se change 
à volonté en /; sont exceptées les racines dah, nah. 
Ex. Àrûlho : monté ; vâlho : ferme. Mais : daddho : 
brûlé; naddho : cousu. 

Qu'entend l'auteur par a va » '^ Il ne peut pas vouloir rendre 
toute la règle facultative; car ruh, par exemple, n'a pas 

' Cd thâne titthali. 

^ Cd "yassa ca La°. 

' Cd °li gajho va, bahatîli ballio muliatî". 

4 Cddahitthàti. 



— 298 ~ 

d'autre participe passé passif que râlhu. D'autre pari, com- 
ment entfndrait-il indiquer d'une façon si vague que la règle 
ne s'applique pas également à toutes les racines en h, alors 
que, contrairement à son habilude, il prend la peine d'en 
marquer les exceptions avec une précision si grande? Quant 
à une troisième hypothèse qui ferait porter va seulement 
sur le changement en l de Yh final (pour nous exprimer 
comme notre auteur), elle n'est pas plus vraisemblable, 
àrûlha, mûlha, etc. ne possédant pas de formes parallèles 
sans l. La seconde explication serait en définitive la plus plau- 
sible, car en dehors de dah et de nah il y a encore plus d'une 
racine en h qui ne fait pas son participe en Iha, par exemple 
les racines « duh » et «muh» dont les participes dugdha, 
mugdha deviennent en pâli daddha, muddha; mais pour que 
cette explication fût vraiment satisfaisante, il faudrait pouvoir 
supprimer « adahanahânam » ; et nous n'avons aucun droit de 
considérer, sans autre preuve, cette addition comme posté- 
rieure et étrangère à la règle primitive. Mais alors il faut sans 
doute prendre ici « naha » comme représentant toute cette 
classe de racines en h qui font leur participe en ddh. En sans- 
krit , nah est seul dans ce cas ( Pan. VIII , 2, 34 ) ; mais , en pâli , 
l'assimilation de gdh en ddh a accru celte classe de plusieurs 
verbes; on s'expliquerait assez que, nonobstant celle diffé- 
rence d'origine , l'auteur eût , par une imitation un peu étroite 
de ses modèles, attribué à la seule racine nah cette fonction 
de désigner à la fois les autres racines dont les formations, 
au participe passif, se sont, par des voies détournées, rap- 
prochées de la sienne. 

ITl KIimiDHÂNAKAI'PE TATIYO KANDO. 



ïïT^ ^^R^ŒT ifr vTR^trg II \ Il 

jNarahi pnccaye pare railja iccetassa dhâtussa antabhûtassa 



— 299 — 

njakârassa' jo àdeso hoti^ bhàvakaranesu. Ranjanaiîi, ràgo; 
ranjitabbaiîi tenàli : ràgo ^. 

Bhâvakaranesviti kimattliaiîi? Ranjati ellhàli : raiigo*. 

La racine ranj change fij enj devant [les suffixes 
commençant par] n, pour exprimer l'état et l'instru- 
ment. Ex. Râgo : couleur que l'on voit à un objet 
qui est peint, et couleur, matière qui sert à peindre. 

Cette règle a besoin crètie complétée par la règle VII, 5, 
17, qui enseigne le changement du J final en ry, et qui elle- 
même se trouve répétée, VIII, 17. — Quant à la traduction 
donnée pour «namhi», elle est rendue nécessaire el par 
les règles suivantes, comme le prouvent les exemples du 
commentaire « ghâtako » formé par le suffixe nvu (Vil, 1, ^) , 
« dâyî » par le suffixe ni (VII, 1,9), et par les faits relatifs à 
ranj dont l'on forme : rajaha, râgî. La simpiificalion des anu- 
bandbas a ici servi notre auteur, qui a pu condenser en une 
règle ce que la grammaire Kàtanira exprime en deux 
(fol. 122) : « Ranjer bhâvakaranayoh [ghani [na] paiicamo 
lopyah). — Vushagbininoçca [nvu, ni]. » 

^R^ ^fît II ^ Il 

Hana iccelassa dluàtussa sabbasseva ghàtâdeso lioli namhi 
paccaye pare. Upahanatiti : npaghàto; gavo hanatiti : goghâ- 
tako. 

[Devant un suffixe ayant un n initial] la racine 
lian se change en ghât. Ex. Goghâtako : qui tue les 
vaches. 

' Cd S^ °ssa jakâ". 

^ Cd °ti va bliâva". 

^ Cd°su. Ranjilabbo, ràgo; ranjati tenàli". 

" Cdrâgo. 



— 300 — 
^^ m H^^ Il 3 II 

Hana iccetassa dhâtussa sabbasseva vadhâdeso hoti va sab- 
batthânesu. Hanalîti vadho, vadhako; ahamsi avadhi abani 
va. 

[La racine liaii peut,] dans tous les cas, [se rem- 
placer] à volonté [par] vadh. Ex. Vadhako : celui 
qui frappe; avadhi : il a frappé. 

W^iï^rTFT ^TFfr II % Il 

Akârantànam dhâlûnaih antasarassa âya âdeso lioti nambi 
paccayepare. Dânam dadâtiti dâyako; dânam dadâti sîlenâti : 
dànadâyî; majjadàyî; nagarayâyî. 

Les racines qui se terminent en d le changent 
en âya [devant les suffixes commençant par n]. 
Ex. Dànadâyî : libéral. 

=^11 M II 

Pura sam upa pari iccetehi upasagganipâlebi parassa karo- 
tissa dbâtussa kbakbarâdesà bonti va tappaccayesu ca nambi 
ca '. Puralo kariyitlbasoli : purakkbato; paccayebi sangamma 
kariyittba soti : sankliato * ; upagantvâ kariyittbâti : upakkbalo ; 
parikkhâro; sankbàro; upaganlvà karotîli : upakâro va. 

La racine kar, [)récédée de pura, sam, upa, pari, 

' Cd "ccetehi parassa — namhica upasagganipâtehi karolissa dhâ- 
tussa. Purato karayittha soti ". 

' Cd'kkhato, samaiTj kalanti samkhâlo, pacca — rayitthâ soli sani- 
khâto °. 



— 301 — 
fait, non sans exception, kha et khara, suivant les 
cas (c'est-à-dire : khara) [devant les suffixes commen- 
çant par n] et {kha) devant les suffixes commen- 
çant par t. Ex. Purakkhato : placé en tête; parik- 
khâro : ornement. 

Tave tûna iccevaniâdisu paccayesu karotissa dhâttissa kâ- 
deso hoti va. Kâtave; kàtum, karanaiîi katlum va; karanam 
kâtûna, karanam kattûiia va. 

[La racine kar fait à volonté] kâ devant les suffixes 
tave, tâna, etc. Ex. Kâlave : faire: kâtûna : après 
avoir fait. 



IHMHI^H Hd^l^H, =T II 3 



Gama khana hana iccevamâdinam dhàlùnain antassa na- 
kàro hoti va lumtabbâdîsu paccayesu. Gamanain, gantum; 
gamanam, gamilum; gamaniyyanli : gantabbam; khanluin, 
khaniliuh; khantabbam, klianitabbam ; hantiini, hanitum; 
hantabbam, hanitabbam; mantum, manitum; mantabbaiîi , 
manitabbam. 

Adiggahanani tûnaggahanatthaiïi. Gantûna; khantûna ; 
hantùna; manlûna. 

Les racines gam, khan, elc. [peuvent à volonté 
avoir] n devant les suffixes tum, tahha, etc. Ex. 
Gantum : aller; khantabbam : qui doit être creusé. 



Hf^HHI^H sf! Il C II 



Sabbehi dhâlûhi tûnâdinam paccayânam yakàrâcleso hoti 
va. Abbivandiya, abhivandilvà ; ohàya; oliitvâ; upaiiiya, 



— 302 — 

upanetvâ; passiya, passitvâ; uddissa, uddisitvà; âdàya, âdi- 
yitvà. 

Toutes les racines peuvent [à volonté] prendre 
ya au lieu des suffixes tûna, etc. Ex. Abhivandiya : 
après avoir salué; passiya : après avoir vu. 

Cakâranakârantehi dhâlûhi tûnâdinam paccayânam rac- 
câdeso lioti va. Vivicca ; âliacca; upahacca; hantvà. 

Les racines qui se terminent par c et n [peuvent 
à volonté prendre] racca [au lieu des suffixes 
tAna, etc.]. Ex. Vivicca : après avoir séparé; âhacca : 
après avoir frappé. 

f^HT ' ^MHMHIMI =^ Il 1o || 

Disa iccetâya dliàtuyâ tùnâdînani paccayânam svâna svâ 
àdesâhonti antalopo ca. Disvâua; disvâ. 

La racine au prend svâna, svâ [au lieu des suf- 
fixes tûna, etc.], et perd sa consonne finale. Ex. Di- 
svâna, disvâ : après avoir vu. 

ïT^^IHt^^ ^H^^=«K^ ^ Il \\ Il 

Mahadabha ^ iccevaraantehi dhâtûhi tûn^dînafh paccayâ- 
nam nima yha jja bbha ddhâdesâ honti va antalopo ca. 
Agamma, âgantvâ; okkamma, okkamitvâ; paggayha, pag- 

' Cd S* disa svâ°. 

*, * Il faut lire, malgré les mss. "dabhadhehi" et Mabbadba i°, 
la forme en ddha correspondant à un dh final , ou bien entendre 
ddhâ et non ddha, ce qui s'appliquerait à des formes (de racines en 
bli) comme : âraddhâ = Skr. "ârabdhvâ. 



— 303 — 

ganhilvà; uppajja, uppajjitvà; àrabbha , ;irabhitvà; àraddha, 
àràdhitvà '. 

Et les racines qui finissent en m, h, d, bh, pren- 
nent mma,ylia,jja, bbha, ddha [au lieu de tûna, etc.], 
Ex. Âgamma : après être arrivé; paggayha : après 
avoir saisi, etc. 

rrferHMiHf^hdchl :7m =lkH^HI^^ ^ Il l'î^. Il 

ïaddhitasamâsakitaka iccevamantà saddà nâmam va dal- 
lliabbâ tavetûnatvâiiatvâdippaccayc vajjitvà, Vàsittho; patto 
dhammo yena so pattadhamino ; kumbhakâro. 

Les mots composés, ceux qui se terminent par 
un suffixe taddhita ou kit, sont des noms, à l'excep- 
tion de ceux qui se terminent par les suffixes tave, 
tûna, etc. Ex. Vasittbo; pattadhammo : qui est en 
possession de la loi; kumbhakâro. 

Iff^ tt;ç II "t^ Il 

Dumhi akkharc yo pubbo so garuko va datthabbo. Bbitvâ, 
jitvâ; datvâ. 

[Toute voyelle qui se trouve] devant un groupe 
de consonnes (longue par position) est dite gara 
(lourde). Ex. I^iitvâ : ayant craint (de : bliî); datvâ : 
ayant donné (de : dâ). 

t^ "^ Il 1^ Il 

Digho ca saro garuko va datthabbo. Àhàio; nadi; vadhû; 
le; dhammo; opanayiko. 

' C(l S» âraddhilvâ. 



— 304 — 

Et aussi [toute voyelle] longue [par nature est 
dite garu]..Ex. â dans âhâro; i dans nadî, etc. 

^^T^^^IHM II 

Akkharehi akkharatthehi akkharâbhidheyyehi kârappac- 
cayo hoti yoge sati. Akâro; âkâro; yakâro; sakâro; tlhakâro; 
niakâro; bhakâro; lakâro. 

Après les lettres [et pour les exprimer, on em- 
ploie] kâra. Ex. Akâro : la lettre a; yakâro : la 
lettre y. 

Akkhara est employé ici dans le sens de lettre, contraire- 
ment à l'usage de Pânini , mais conformément à I, 1,2. 

Yathâgamam sabbadhàtûhi sabbappaccayesu ikârâgamo 
hoti. Tena kammam kâriyam; bhavitabbam ; janitabbam ; vi- 
ditam; karilvâ; icchitam; icchitabbam; gamitabbaiîi; vedi- 
tabbam; bhanitvâ; pacitvâ; iccevamâdi. 

En tant que [une] voyelle additionnelle (voyelle 
de liaison) [est nécessaire, on emploie] i [devant les 
suffixes]. Ex. Râriyam : qu'on doit faire; viditam : 
connu. 

?;^inrTrft' 2ft Wf^ Il \3 II 

Dakàradhakàrantâya dhàtiiyâ yathâgamam yakâro* hoti 

' Cd datlhâtvantato". 
' Cd S^ yakârâgamo". 



— 305 — 

kvaci tùnâdisu paccayesu. Buddho loke uppajjitvà'; dhamrae' 
biijjhitvâ. 

Dadhantato ti kimattham? Labhitvâ. 

Kvacîti kiraatthaiîi ? Uppâdetvâ. 

[Certaines] racines en d, lïh prennent quelque- 
fois [comme syllabe additionnelle] ya [devant des 
suffixes kit]. Ex. Uppajjitvâ : après être venu au 
monde; dhamme bujjhitvâ : nprès avoir acquis la 
connaissance des lois. 

Cette règle s'explique et se complète naturellement par 
le sûtra VI, 2, 10. Elle est remarquable en ce que, contrai- 
rement aux habitudes de notre auteur, elle contient non pas 
l'indication d'un procédé mécanique, mais seulement son 
explication organique. 

ITl KII5BIDHÀNAKAPPK CATUTTHO KANDO. 



Samyogâdibhûto nakàro niggahitain âpajjate, Raiigo; 
bhango ; saiigo. 

Toute nasale est niggahîta devant une autre con- 
sonne. Ex. Rango : attachement. 

En d'autres termes, une nasale de n'importe quelle classe 
change de classe et se règle d'api es la consonne qui la suit 
immédiatement, d'après le sùtra I, 4, 2. De «ranj», \qj se 
changeant en g , Vn se change en n. 

' Cd uppajjati. 

* Cfl dhammo bu". S^ n'a pas cet exemple. 

J. As. Extrait 11" 1.(1871.) 20 



— 306 — 

Ge iccetassa dhâtussa gi àdeso lioti sabbatthâne. Gîtam ; 
gâyati. 

[La Racine] cje [se comporte] dans tous les cas 
[comme si elle était] gî. Exemple : Gîtam : chant; 
gâyati : il chante. 

Ceci n esl qu'un à peu près; en s'en tenant strictement à 
la règle , il faudrait former « gâyati » et non « gâyati ». 

Sada iccetassa dhâtussa sîdâdeso hoti sabbatthâne. Nisinno ; 
nisîdati. 

[Et la racine] sud [comme si elle était] sida. 
Ex. Nisinno : assis; nisîdati : il s'assied. 

Yaja iccetassa dhâtussa sarassa ikârâdeso hoti Ithe pare. 
Yittho'. 

Tthe ti kimattham ? Yajanam. 

La voyelle de yaj se change en i devant le suf- 
fixe tiha. Ex. Yittho : sacrifié. 



' Cd "Uho yittha. 



307 



^^ïï^TFt ^FTR ^ '^ ' Il M II 

Hacatutthânam dhâtvantànam dâdeso hoti dhe pare. San- 
naddho , kuddho ; yuddho ; siddho ; vidclho ; laddho ; âraddho 

Uh ou la sonore aspirée qui termine une racine 
se change en d devant le suffixe dha. Ex. Sannad- 
dho : réuni; viddho : transpercé; âraddho : entre- 
pris. 

fr ^^n i II 

Hacattutthânaiîi dhâtvantànam do âdeso hoti dhakâre pare. 
Daddho; vuddho. 

Dhakâreti kimattham ? Dâho. 

[Et en] d devant dha. Ex. Daddho : brûlé; vud- 
dho : vieux. 

TT^ 'Sn; % ^T II 3 II 

Gaha iccetassa gharâdeso hoti va nappaccaye pare. Gha- 
ram; gharâni. 

Vâti kimattham ? Gâho. 

Dans certains cas, la racine ^ah fait ghar devant 
le suffixe m. Ex. Gharam : la maison; mais gàho : 
qui saisit. 

' Cd °dhe ca. 



—7308 — 



?^^ ^H II C II 

Daha iccetassa dhâtussa dakâro îattam âpajjate va nappac- 
caye pare. Parilâho \ 

Vâli kimattham ? Paridâho. 

Le d de la racine dah se change à volonté en / 
[devant le suffixe /m]. Ex. Parilâho ou paridâho : 
action de brûler. 

^M-HW ^rm fwFfï^ Il if II 

Dhâtvantassa byanjanassa lopo hoti kvimhi paccaye pare. 
Bhujango; urago; turago; sankho. * 

Une [consonne] finale [de la racine] s'élimine 
devant le suffixe kvi. Ex. Bhujango : serj3ent (de : 

f^Ti^ 3 II \o II 

Vida iccetassa dhâtussa ante ûkâràgamo hoti kvimhi pac- 
caye pare. Lokavidû. «- 

[On ajoute] fî à la fin de la racine vid [devant le 
suffixe kvi]. Ex. Lokavidû : qui connaît le monde. 

Nakâramakârakakârarakârânam dhàtvantânani na lopo 
hoti ikârayutte tappaccaye pare. Hanitum; gamito; ankito; 
sankito; ramito; sarito; karitvâ. 

lyutlamhîti kimattham PGato; sato; kato; hato. 

' Cd S° parilâho. 



— 309 — 
N , m , k , r, à la fin d'une racine [ne s'éliminenl] 
pas devant [un suffixe commençant par] t, s'il est 
précédé de [Y] i [de liaison]. Ex: Gamito : allé; 
ankito : marqué. 

Les règles dont ce sûtra est destiné à restreindre l'appli- 
cation sont VII, 3, i6 et 17; comme elles ne s'appliquent 
qu'aux suffixes ta, ti, des exemples comme hanitam, karilvâ, 
tombent à faux. Relativement aux racines en ^, il n'y a pas 
de règle antérieure à limiter, el l'intention de l'auteur peut 
être seulement de marquer que toutes les racines de cette 
sorte (peu nombreuses d'ailleurs) forment (à l'exception de 
la racine sak sur laquelle cf. VII , o , 1 3 ) leur participe passif 
au moyen de l'âgama i. 

Cakârajakârâ kakâragakàrattaiîi ^ nâpajjanlc nviippaccaye 
pare. Pâcako; yâjako'. 

Devant le suffixe mu, c ,j, à la fin d'une racine , ne 
se changent pas en k, g. Ex. Pâcako : qui fait 
cuire (de : pac). 

La règle générale à laquelle celle-ci fait une exception se 
trouve ci-dessous, sûtra 17. 



^J^ ^ rlrT ïTfFT II 1^ Il 

Kara iccetassa dhâtussa ca anlassa rakârassa takàrattam 
hoti tuppaccaye pai'e. Kaltâ; kattâro. 

'■ Cd nuvusmim. S^ nusmiiî». 

' S^ Cakâraih ja "raltaiiam âpa". Cd "jakàraga". 

' Cd yâcako. 



— 310 — 
Et [l'r final de la racine] kar se change en t de- 
vant le suffixe tu. Ex. Rattâ : celui qui fait. 

Kara iccetassa dhâtussa antassa rakârassa takârattafh hotl 
va tumtûiialabbesu paresu. Kattum, kâtuiîi; kaltûna, kâ- 
tûna; kattabbam, kàtabbaiii. 

Devant les suffixes tum, tûna, tabba, ce change- 
ment est facultatif. Ex, Kattum ou kâtuiîi : pour 
faire; kattabbam ou kâtabbam : qui doit être fait. 

Cf. VII, 3, 6 pour les formes avec kâ. 

^iïf^rî i%27 TïirpgspfeTt II 1M II 

Nakârânubandho paccayo kâritam viya dattbabbo va. Dâho; 
deho ; nâdo ; vâho ' ; bodho ; vâro ; dhàro ; parikkhâro ; dâyako , 
nâyako; iâvako; bhâvako; kârî; ghâtî; dàyî. 

Vâti kimattham? Upakkhâro. 

[Les suffixes munis de] l'anubandiia n [se com- 
portent] comme les suffixes causatifs. Ex. Dâho : in- 
cendie (de : dah); kârî : celui qui fait (de : kar). 

Cette règle ne peut vouloir dire qu'une cbose, à savoir : 
que les suffixes qui ont fanubandha n exigent, de môme 
que les suffixes causatifs , la vriddhi de la première voyelle 
de la racine. Mais si c'est là toute la signification de ce sûtra, 
il fait clairement double emploi avec V, 67, qui s'applique 
d'une façon générale et sans restriction à tous les suffixes de 

'^ Cd ajoute bâho. 



— vSll — 

ce genre, et qui a sur celui-ci Tavanlage de mieux indiquer 
les conditions de cette modification. Du reste, ce reproclie 
d'inutilité pouvait déjà , à la rigueur, êlre fait aux deux règles 
VI, 4i 2. /»2 relatives aux causatifs eux-mêmes, q. cf. — 
Quant au «va» du scholiaste, j'eslime qu'il l'introduit ici à 
tort. En effet, les seules règles spécialement données pour 
les causatifs sont les deux citées ci-dessus, qui s'appliquent 
complètement et non à titre facultatif à tous les autres suf- 
fixes précédés de n. Et d'ailleurs l'exemple que donne le 
glossateur à l'appui de cette restriction n'est nullement to- 
pique. La seule règle à laquelle il se puisse rapporter est 
Vll,4i T); il signifierait donc que l'on peut former « upak- 
khâro», non : « upakkhâreti » ; mais la règle VII, 4, 5 s'ap- 
pliquant aux affixes munis de l'anubandha n, en général, et 
par conséquent aux affixes du causatif , c'est pour ces der- 
niers qu'il eût convenu d'établir l'exception, s'il est vrai 
qu'elle les atteigne. Peut-être le scholiaste a-t-il entendu 
marquer par va et l'exemple qui l'accompagne que les res- 
trictions du sùtra VU, A, 5 sont ici encore applicables, 
c'est-à-dire applicables également aux suffixes du causatif et 
aux autres suffixes ayant l'anubandha n. Mais cela serait évi- 
demment parler pour ne rien dire. 

Yu nvu iccetesam paccayànam ana aka iccele àdesàhonli. 
Nanditabbanti nandanam vanam; bhùyale, bhavanam; 
gayhale, gahanam; nalamkarotîli : nalakârako. 

Les suffixes jM, nva se font en ana, aka. Ex. Nan- 
danam vanaiîi : le jardin Nandana; nalakârako : qui 
prépare des joncs. 

' Cd " ka yûnavÛDam. 



— 312 — 

^îîTT ^m^ Il \3 II 

Caja iccelesaih]dhâtvantânam kakàragakârâdesà honti nâ- 
nubandlie paccaye pare. Pâko; yogo. 

C, j, à la fin d'une racine, se changent en k, g 
[devant un suffixe ayant l'anublianda n]. Pâko : 
cuisson; yogo : union. 

La règle i 2 excepte le suffixe nvu. — ■■ Celle règle fait en- 
core double emploi avec VIII, 17, qui enseigne exactement 
et exclusivement la même chose. Ce n'est pas le lieu de tirer 
des conséquences de ce fait ni d'autres analogues. Je remar- 
querai seulement que le présent sùlra se rattache assez mal 
aux précédents, sous-entendant « nânubandhe » , alors que 
ce mot ne hgure, à ce cas, dans aucune des règles ci-dessus. 

ITl KIBBIDHÀNAKAPPE PANGAMO KANDO. 



Kattari atthe kitappaccayo hoti. Râru ; kâruko ; kàrako ; pà- 
cako; kattâ; janità; pacità, netà. 

Les suffixes kit s'emploient dans le sens actif. Ex. 
Kâru : celui qui fait; pâcako : celui qui lait cuire, 
netâ : celui qui conduit. 

HI=l=h^H, fch-s£l^Mt«4l ' m II 

Bhàvakammesu iccetesvatthesu kiccattha ktattha khattha 
' Ccfcrallakkha". S'' Vcata". Cf. VII, i, 22. 



— 313 — 

iccete paccayâ honti. Upasampàdetabbam; sayitabl)am ; bha- 
vatâ kattabbaiîi kammam; bhavatà bbottabbo odano; bba- 
vatâ asitabbam bbojanam; — bbavatâ asitam; bbavatâ sayi- 
tam ' ; bbavatâ pacitaiîi; bbavatâ asitam bbojanam; bbavatâ 
sayitaiïi sayanaiïi ; bbavatâ pacitaiîi odanam ; — bbavatâ kin- 
cissayo ; îsassayo ; dussayo; susayo ^ bbavatâ. 

Dans le sens neutre-impersonnel et passif, on 
emploie les suffixes kicca, kta, kha et ceux de même 
sens. Ex, Sayitabbam : il faut se coucher; bbavatâ 
asitam bbojanam : la nourriture a été mangée par 
vous; bbavatâ kincissayo : vous avez â peine re- 
posé. 

chW^Plï ^rî^TFt Wr II B II 

Kammani attbe dutiyâyaih vibhattiyaih kattari ktappac- 
cayo boti. Dànaiîi dinno devadatto ; silam rakkbito devadat- 
to; bbattam bbutto devadatto ; garum upâsito devadatto. 

Accompagné de l'accusatif marquant le kamma 
(le régime direct), le suffixe kta [s'emploie dans le 
sens actif]. Ex, Dânaiîi dinno devadatto: Devadatta 
a donné un présent. 

On sait que la grammaire Râlantra, pas plus que Pànini, 
n'a de traité spécial sur les Unâdis; il est curieux que, dans 
cet ouvrage où nous en avons un, quelle que soit d'ailleurs 
son origine et sa date relative, il ne commence pas du tout 
par le sutFixe un (cf. du reste VIll, 27) doï)t le scboliaste 
a seulement soin de donner un cas en tête de ses exemples , 
mais par une série de règles qui n'ont aucun titre à figurer 

' Cd bliavasayilaiîi. 

' Cfl s'' sussavo. 



— 3ia — 

dans cette section spéciale, el se relrouvenl en autre place el 
dans Pânini (III, k, 67. 70. 71) el parnni les ss. Kàlanlra 
(fol. 170) « Rartari kritah — Bhâvakarmanoli kriiyaktakhal- 
arihàçca — Adikarmani ktali kartari ca » ; ce dernier y est 
suivi du sûlra correspondant à notre règle VII ,2,8. — On 
remarquera d'ailleurs dans les sûtras 2 et 3 l'emploi de kla 
pour ta du chapitre précédent (de même ci-dessous), tan- 
dis que klia a été substitué à khal d'après VII, 2,11. Quant 
à la forme de la présente règle , elle s'éloigne assez malheu- 
reusement du modèle sanskrit; dans son état actuel, nous 
sommes forcés d'y suppléer « katlari » du s. 1 ; mais il peut 
paraître fort douteux que le texte soit irréprochable, et « du- 
tiyâyam » a bien l'apparence d'une glose explicative de « kam- 
mani ». 

I^n^ ÏFT yr =^ rfr ^T lU II 

Khî bhî su ru hu va dhû hi lu pi ada iccevamâdîhi dhà- 
tûhi manpaccayo hoti massa ca to hoti va. Khemo; bhîmo '; 
somo; romo; homo ; vâmo; dhûmo; hemo; lomo; pemo; 
attâ, âtumâ. 

Après les racines khi, etc. on emploie le suffixe 
man, et [dans certains cas] l'm de ce suffixe peut 
se changer en t. Ex. Khemo : joie-, somo : le soma; 
attâ , âtumâ : l'âme. 

ïïm^snTTiimi 

Sama dama dara'"* raha du hi si bhi dà sa yà' thà bhasa 
iccevamâdîhi dhâtùhi thamâ paccayâ honti. Samatlio; dama- 

' Cd himo. S*" bliemo. 

' Cd °rajaha°. 

^ Yâ manque dans Cd. 



— 315 — 

tbo; daratho; ratho; dumo; himo ' ; sinio; bhimo ; dàmo, 
sâmo ; yâmo * ; thâmo ; bhasmâ. 

Après les racines sam , etc. on emploie les 
suffixes tha, ma. Ex. Samatho : calme (des sens); 
bhasmâ : cendres. 

Tl^^V!^ ^T II in 

Gaha iccetassa dbâtussa upadbassa ettam boti va. Gebam, 
gabaiîi. 

L'a de gah se change à volonté en e. Ex. Geham 
ou gaham : maison. 

ÏT^ ^ -*<^i[ Il S II 

Masu iccetassa pàtipadikassa 8ussa ccbaraGcberâdesâ honti. 
Maccharo; macchero. 

[Le thème] masa change la syllabe sa en ccliara, 
cchera. Ex. Maccharo ou macchero : envieux. 

Le terme pâtipadika, b'équent dans la vritti de ce cbapitre, 
ne se retrouve point dans les autres parties de cette gram- 
maire. 

^^^^^=^11 Cil 

Apubbassa cara iccetassa dbâtussa ccbariyaccharaccberâ *- 
desâ bonti apubbassa ca rasso boti. Acchariyam , accbaram "; 
acchariyam, accheram va". 

' Cd "daratho ; dâmo ; bhîmo ; sî°. 

^ Yâmo manque dans Cd. 

' Cd^rlyacclieraccberâdesâ". 

* Cd accheram". 

' Cd "riyaiTi acchariyain va. — S*", aprës les exemples où il diffère 



— 316 — 
11 en est de même do cara, précédé du préfixe 
a. Ex. Accharaiîi, acclieram : merveille. 

Ccharija ne se trouvant pas dans le sùtra précédent, il 
est évidemment arbitraire de l'introduire dans celui-ci; on 
peut voir par les variantes qu'une glose additionnelle, con- 
tenue dans S'\ va plus loin encore. Cette remarque n'em- 
pêche pas que l'absence de cchariya ne soit élrange, la forme 
« acchariya » étant certainement la plus commune. Si notre au- 
teur avait entendu prendre cette forme comme nipàtana, 
ainsi que fait Pàn. VI, i, 1^7 pour le sanscrit âçcarya, 
il aurait dû forcément s'exprimer ainsi : acchariyassa ccha- 
riyassa ca, ou : àpubbassa cchariyassa. — Ou bien faudrail- 
il Jire au sûtra 7 : ccharaccharivaccherâ ? 

^Ff^FTHHf^ rRT II ifll 

Ala kala sala iccetehi dhâtùhi layappaccayâ honti. /Vilain; 
kallam; sallam; alyam; kalyaiîi; salyam. 

Après les racines al, kal, sal, on emploie les 
suffixes la,ya. Ex. Kallam : le matin; salyam : flèche. 

2TT'ÎFrTÏÏ!iï ino II 

Kala sala iccetehi dhâtûhi yânalânappaccayâ honti. Kalyâ- 
naiîi; patisalyânam; kallâno; patisallâno. 

Après kal, sal, on emploie les suffixes yâna, lâna. 
Ex. Kalyâno ou kallâno : pur. 

La non-apphcation à al de cette règle est sans doute fon- 
de Cd par des périphrases explicatives , comme en plusieurs autres 
endroits, ajoute: Casaddaggahaneua masussa sussâpi cchariyâdeso 
lioti. Maccbanyam. 



— 317 — 
dée en fi\il; mais il est clair qu'elle ne repose sur rien dans 
le texte. 

Mathi iccetassa dhâlussa thassa iàdeso hoti. Mallo; mal- 
lam. 

Casaddaggahanena lako câgamo' hoti. Mallako; niallakaiîi. 

La racine math prend le suffixe la et le th [final] 
se change en /. Ex. Mallo : un lutteur. 

Ce sûtra paraît supposer des règles précédentes prescrivant 
le suffixe la pour d'autres thèmes, en sorte que « lappaccayo » , 
par exemple, doive ou puisse être sous-entendu; alors ca 
s'explique comme séparant de cette première partie la se- 
conde, relative au changement du th final en /. Si, au con- 
traire, on fait porter ca sur l'ensemble du sûtra, outre 
qu'il devient absolument superflu, comme l'a senti le com- 
mentateur qui ne le reproduit pas, la règle prend un sens 
faux , puisque la seule forme qu'on en pût faire sortir se- 
rait « malo » , au lieu de « mallo ». 

MHlfdH^i|»JMTl=h[H^ f^î^TT II t"^ Il 

Pesâtisaggappattakâla iccelesvatthesu kiccappaccayâhonti. 
Kattabbam kammam bhavatâ; karaniyam kiccaiîi bhavatâ; 
bhottabbam bhojjam bhavatâ, bhojanîyam^ bhojjam bhavatâ; 
ajjhayitabbam ajjheyyaiîi bhavatâ; ajjhayanîyaiîi^ ajjheyyam 
bhavatâ. 

Les suffixes kicca marquent l'ordre, la permis- 
sion, l'opportunité. Ex. Kattabbam kammam bha- 

' S** lakârâgamo'. 

\i C(l S'-°myani, 



— 318 — 

vatâ : faites cela, ou : vous pouvez faire cela, ou : 
c'est le moment de faire cela. 

^RW^îF^rfsT^ Tïït ^ in^ Il 

Avassakaadliaminaiccetesvatthesu nîpaccayo hoti kiccâ ca. 
Rârî si' me kammam avassam; hârî si* me bhâram avassam ; 
— adhamino ; dây î si * me satam inam ; dliàrî si * me sahassam 
inam; — kiccâ ca : kattabbam me bhavatâ geham; dâta- 
bbam me bhavatâ satam inam; dbârayitabbam me bhavatâ 
sahassam inaiîi ; karanîyam bhavatâ kiccam ; kâriyam , kayyam 
bhavatâ vattham. 

[Ces suffixes] et aussi le suffixe ni [s'emploient] 
pour exprimer la nécessité, la dette. Ex, Kârî si 
me kammam avassam : il faut bon gré mal gré 
que lu me fasses cet ouvrage-, dâyî si me satam 
inam : tu me dois cent pièces d'argent; karanîyam 
bliavatâ kiccam : il faut que vous fassiez votre de- 
voir. 

Malgré l'analogie grammaticale et malgré Pân. III, 3, 170, 
reproduit par la grammaire Kâtanira (fol. i63), je n'ai pas 
osé changer en â l'a initial de « avassaka » que je retrouve de 
même dans mon manuscrit de la Rûpasiddhi (fol. 96""); cf. 
du reste I, 1, 9 n. 

:M<^H^I<i^^=^^ll n II 

Araha sakka bhabba iccevamâdihi yoge sabbadhâtiihi tum 

i, 2 Cd S^Vi si, 

3 Cd S*" °yi si. 

* Cd S*- "ri me. 

» Cd S"" "dihi lum. Cf. la note. 



— 319 — 

paccayo hoti. Aralià bhavani vatluiîi ; arahà bhavaiîi kattuih; 
sakko bhavaiu liantum ; sakko bhavaûi jetum; sakko bhavani 
jinituiîi; sakko bhavam jineluiîi; sakko bhavani bharilum; 
sakko bhavam dâtuni; sakko bhavam ganlum; bhabbo bha- 
vam jinitum; iccevamâdi. 

[Les suffixes kicca et] aussi ta [s'emploient dans 
ie sens de] digne de. . . , capable de. . . 

Je me sépare ici complélement et des mss. et du schohaste 
quant au texte et à l'interprétation de la règle; en la lisant et 
en la comprenant comme le commentaire , elle ne serait qu'une 
répétition pure et simple de VIII, 2,12; ce motif à lui seul 
serait sans doute insuffisant; mais, en me reportant à la 
grammaire Kâtantra, j'y trouve, avant la règle correspondant 
à notre s. i3, les deux règles: « Arhato trie — Çakicakrilyâh», 
réglant l'emploi des suffixes trie (dans Kaccâyana tu) et des 
krityas dans le sens de : digne de. . ., capable de. .., avec ces 
exemples de Durgasimha : Ranyâyâh khalu bhavàn vodhâ..., 
bhavaltàkhalukaiiyà vodhavyà... (Cf. Pan. 111,3, 169. 172). 
Notre sûtra, tel que je d'ai restitué, donne précisément l'en- 
seignement contenu dans ces deux règles, sauf que, pris 
strictement, il étend l'emploi du suff. tu au sens de capable 
de..., ce qui n'est certes pas une grosse inexactitude. Au 
point de vue paléographique , la corruption du texte s'ex- 
plique d'ailleurs bien aisément, si l'on songe à la ressem- 
blance extrême des lettres c et m dans l'alphabet singhalais ; 
et personne ne s'étonnera que de tuca on ait pu faire tuma , 
puis tum,ei enfin tum. Il est remarquable que le ms. siamois 
partage cette erreur, mais ce n'est point le seul indice de 
nature à faire penser qu'il découle plus ou moins directement 
d'une source singhalaise. 

^ïTTÇrf^ Mcj^i^iiT f^nr^^ ihm ii 

Vaja ija aja sada vida saja pada hana isu sada si dhà cara 



— 320 — 

kara ruja pada rica kita kuca mada lablia rada tira aja tija gama 
ghasa rusa puccha niuha vasa kaca katha luda visa pisa muda ' 
mu!*a sata dhu nata tatha* iccevamâdihi dhâtûhi upasaggap- 
paccayâdihicapabbajjàdayo saddà'nipaccante. Pabbajjà; ijiâ; 
samajjâ; nisajjà; vijjà; visajjâ; pajjâ; vajjhâ; iccbâ; aticchâ; 
sajjhâ; abhijjbâ; seyyâ; saddhâ; cariyâ; kiriyà; rucchâ; paj- 
jhà*; ricchâ^; cikiccbâ; kucchâ *; macchâ ; lacchà ; raccbâ; 
liracchâ; ajjhâ'; tilikkhâ; sàgaccbâ; doghacchâ*; dorucchâ; 
pucchâ; mucchâ; vaccbà; kacchâ; .'«âkacchâ; tuccbâ; vicchâ *, 
picchillà'", macco "; maccu; saccam ; uddhaccaiîi; naccam; 
niccam; taccam; iccevamàdi '*. 

Les dérivés pabbajjà, etc. de vaj , etc. sont don- 
nés tout formés, [comme étant irréguliers]. Ex. 
Pabbajjà : profession religieuse; ijjâ : sacrifice; sa- 
majjâ : assemblée; nisajjâ : marché; vijjâ : science; 
pajjâ : chemin; icchâ : désir, etc. 

Bhû dhù bhà gamu khanu yamu mana lanu iccevamâdihi 

' Cd "visajimsavudamusa". 

^ Cd "dliùnanititatha". S"" "dliunanitatatha". 

■'' Cd "yo ca saddâ. 

' S*" pajjâ. 

* Cd pajjhiriccâ". 

" Cd tikicchâ; tucchâ; ma". 

' Cd n'a pas : ajjhâ. 

** Cd dogacchâ. 

* Cd kuccliâ piccliâ. 

'" Cd picchilyâ. S*" picchiilâ. 

" S** macchâ. 

'* S** ajoute : Adiggahanena anne saddâ nipaccantc. Kukkaca- 
nam; kukkucchâ; vidhikicchanam; vidhikicchâ; vibhajjanaiîi ; vi- 
bhacchâ. 



— 321 — 

dhàtùbi kvilopo ca hoti , puna nipaccante. Vibhû; sambliù; 
ablilblui; sandbù; uddhii ; vibhà; nilibâ; pabhâ; âbhâ; bhu- 
jago; urago, lurango; sankbo; viyo; sumo; parîto; iccevam- 
âdi. 

Kvi disparaît (c'est-à-dire le suffixe kvi est = à zéro). 
Ex. Vibhû : maître; uddhû : qui ébranle; pabhâ : 
éclat; viyo : le ciel, etc. 

L'explication du scholiaste {"aisant des formes vibhû, 
sambbû, pabhâ, etc. des dérivations irréguh'ères me paraît 
inadmissible, et amenée seulement par la nécessité d'expli- 
quer la présence ici de cette règle et le ca qtii semble la 
relier intimement à la précédente. Nous avons eu déjà 
une règle concernaiil le suffixe kvi (VII, 5, 9); cette règle, 
avec celle-ci, prise simplement dans le sens littéral que 
donne la traduction, suffit à l'explication et à la justification 
de toutes les formes ci-dessus ; l'explicalion c!u scholiaste ne 
peut donc soutenir l'examen. Ce qui l'a trompé, c'est la 
place qu'occupe ici le présent sîitra, et qui, en effet, ne pa- 
raît guère justifiable dans le chapitre sur les unàdis, et hors 
du voisinage que a ca » suppose et indique. Qu'on transporte 
ce sùtra après VII, 5,0, et il s'explique tout naturellement, 
sans qu'il soit possible de songer seulement aux détours que 
prend le coumientaleur; sans pouvoir, nalurellemenl, affirmer 
que ce soit là sa place véritable, celle que lui destinait ou 
lui avait donnée l'auteur, il ne me parait pas qu'il puisse y 
avoir de difficulté sur sa signification. Il est l'équivalent, 
dans cette grammaire, de la règle de Pànini, VI, 1, 67, re- 
produite par la grammaire Kâtantra (fol. 1 18). 

H^iTR Wn tïïT^^ Il \3 II 

Sacajânam dhâlùnam antànaih cajànam kagàdesà honli 
yathàsaiikhyam nânubandhe paccaye pare. Oko; pàko; seko ; 
J. As. Extrait n° 1 . ( 1 87 1 .) 31 



— 322 — 

soko; vivuko; càgo; yàgo; bliâgo; rogo ; ràgo; bliaiigo; 
sango. 

C ,j, à la fin d'une racine, se changent en k, g 
devant un suffixe muni de l'anubandha n. Ex. Oko : 
maison; câgo : renoncement. 

Cf. sûtraVII, 5, 17. 

=^ Il \t II 

Nuda^ sûtla jana su lu hu pu ^ bhu nâ asa samu iccevam- 
âdîhi dhâlùlîi phanda cita âna* iccevaniâdîhi sakâritehi ca 
yiinvùnaiîi paccayânam ana ânana aka ânakâdesâ ^ lionti yalhâ- 
sankbyaiïi kattari bhâvakaranesu ca". Panudatîti : panudano^; 
evaiîi : sûdano; janano; savano; lavano'; bavano*; pavano 
bbavano; nàno"; asano; samano; — bbâve ca : panujjate : 
panudanam*; sujjate : sùdanam; jâyate : jananam; sûyate : 
savanam^"; lûyale . lavanam; bûyaîe : bavanam; pûyate : pa- 
vanam; bbùyate : bbavanaiîi; nâyate; nànam "; assate : asa- 
naiïi, sammate : sainanain; sanjànîyate : sanjânanam; kùya- 
te; kânanaih; — sakàritebi ca '^ : pbandâpayate ; pbandâ- 
panam; cetâpayale : cetàpanaiîi; ânâpayate : ànâpanam; — 

' Cd yûnavû" — nâkânanakâ". S'' "nâkânanakâ". 

- Cd nû°. 

' Cd "nasusupu". 

'' Cd phanda cî âna. 

'" s'' "nani anaànanakâde". 

•* Cd bliâve ca. 

' Cd sàvano; lavano. S"" lavano. 

* Havano manque dans Ccl. 

» S"" nâno. 

'" Cd s"" suyatp : savanaiîi. 

" Cd s'' nànam. 

'^ C(l°nam; kârite ca. 



— 323 — 

evaiîi karane ca : midali anenâti tiudanam; evam : panuda- 
naiîi ' ; pasùdanaiïi ; jananani ; savanaiîi; lavanaiîi; liavanam; 
pavanam; bhavanam; jànanam; asanam; samanam^ — Puna 
kattari : nudalîti nudako; sûdalîti sûdako; janetîti janako; 
sunotiti sâvako; lûiiâtiti làvako ; duhotiti hàvako; punàtili 
pâvako; bhavaliti bhàvako; jànàlili jànako; asatîti âsako; 
upâsatîli upâsako; samalili sâmako; — kàrite lu : ânàpaya- 
tîti ànàpako; evam phandàpako; cetàpako; sanjànako; icce- 
vamàdi. 

Après les verbes nud, etc. les suiïixes yu, iiva 
font ana, ânana, aka, ânaka , et aussi après les caii- 
satifs [de certains verbes]. Ex. Panudano : qui pousse 
dehors; kânanaiîi : forêt; janako : qui engendre; 
phandàpako : qui fait trembler. 



H^ï^=^' Il llfll 

I ya ta ma ki esa iccetesam sabbaiiàmànam auto saro dîgliaih 
àpajjate kvaci dusa iccetassa dliàlussa ukàro gunaiîi àpajjate 
do raiîi dbâtvantassa ca sa kkba i ca * âdesà honti yalhâsam- 
bbavaiîi; ete saddâ sakenasakena nàmena yatbâiiuparodhena 
buddbasâsanena puna nipaccante. Idiso; yàdiso; tàdiso; 
màdiso; kâdiso; ediso; sàdi^o, iriso; tàriso; mâriso; kiriso; 
eriso; sâriso; îdikkbo; yàdikkho; làdikkho; màdikkho; ki- 
dikkho; edikkho; sàdikkho; îdî; vàdi; lâdi;mâdî; kidî;edî; 
tàdî*. 



' Cd iiû°. 

' Cd savanam — samanam. S"" savanaiîi — samanani. 

' Cd S*- "saklihi va. 

* Cd a la syllai)e «di» brève dans tons ces derniers exemples. 



— 324 — 

Casaddaggahaiiena tesaiîi eva sacUlànaiu i ya iccevamàdî- 
nain anto ca saro kvaci clîgliallain âliu. Idikklio; sàrikko; 
làrikkho; niàrikkho; kîrikkho, erikkho: sâdiso; sàriso; sa- 
dikkho; sarikkho. 

Les pronoms I, ya, ta, ma, ki, e, sa, accompa- 
gnant comme déterminatifs secondaires la racine 
dis, allongent quelquefois leur voyelle finale-, d de 
dis se change en r, et sa en khlia, î. Ex. Idiso : tel; 
mâriso : tel que moi; kîdî : ressemblant à qui? 

On voit que je n'ai pas réglé la traduction sur l'interpré- 
tation du scholiaste, dont la pensée, je l'avoue, est pour 
moi inintelligible. La difficulté du sûtra réside dans les mots 
'I dusassa gunam ». Voici une partie du commentaire de la 
Rûpasiddhi (fol. 85') : « Ima ya ta amha kiiîi eta samàna ic- 
cetesamsabbanâmânam upamânupapadabhâvena disassa dhâ- 
Uissa gunabhûtânam anto sa;ro digbam âpajjate disa icce- 
tassa dbâtussa aniassa sa kkha î iccete àdesâ ca honti disassa 

dakâro rakâram âpajjate ti » .l'ai suivi cette explication , 

mais sans en méconnaître les difficultés; et d'abord , pourquoi 
« dusassa » et non « disassa » comme d'ordinaire ? L'unanimité 
des autorités interdit toute correction; mais cette vocalisa- 
tion de das == driç n'est point du reste sans analogies [tu = 
tri, elku, su= kri , 5/7 (VllI,5o), etc.). C'est, par exemple, 
une construction surprenante que de faire rapporter le neutre 
singulier «gunam» au génitif pluriel « iyatamakiesânam. » 
D'autre [)arl , l'emploi du mol cjana, dans ce sens de upa- 
pada, n'est rien moins que familier à notre grammairien. 
Néanmoins la comparaison de la grammaire Kâtantra me 
parait décisive en faveur de"cette explication ; le sûtra dit : 
« Karmmanyupamàne tyadàilau driçasb taksakau»; et Dur- 
gasimna : Tyadôdûv upuinânp. upapade driçah, etc. (fol. lAo). 
— Les deux commentaires paraissent comprendre également 
la dernière partie « sakkhî ca » comme signifiant que 5 final de 



— 325 — 

«dis» se chanpe en sa, en kldm ou en i; la construction est 
bien plus nette si l'on [irend 5a, non comme une modi- 
ficaiion, mais comme la forme naturelle de «dis»; et le pa- 
rallélisme de la construction « do ram » me semble décider 
en faveur de celte interprétation. 

^2TTÇt(^ 5Tfrry^iH^% "^ m II "î^o II 

Bill supa mida iccevamâdibi dbâlûbi matyâdito ca bud- 
dbyâdito ca pûjâdito ca ktappaccayo boti. Bliito; sutto; 
mitto; sammalo ; sankappito; sampàdito; avadbàrito; bud- 
dbo; ito; vidito; takkito; pùjito; apacàyito; mànito; apacito; 
vandilo; sakkàrito; nâto. 

Les racines blu, elc. et celles qui signifient hono- 
rer, révérer, prennent le suffixe kia [dans le sens du 
présent]. Ex. Bhîto : effrayé; sainmato : honoré; 
pùjito : qui reçoit un culte. 

A vrai dire, ce sùtra tel qu'il est ici n'offre aucun sens, 
puisqu'il ne saurait y être question de l'usage, d'une façon 
générale, du suffixe /ita , commun à tous les verbes ou du 
moins à presque tous, mais seulement d'un emploi ou d'un 
sens particulier de ce suffixe. Pànini nous éclaire sur ce point. 
Les deux sûtrasqui correspondent à la présente règle, 111 , 2, 
187. 188 : « iîitab ktab >. et « matibuddbipûjàrtbebbyaçca » 
se complètent par l'adbikâra « vartamràne » de III, 2, i23, 
qui a le tort de manquer complètement ici ; il en est de même 
du sùtra Kâtantra: « nyanubaiidliamalibuddbipùjàrlbebbyali 
klab » (fil. i5o), fjui, comme le nôtre, condense en une 
seule les deux règles de Pânini. On peut s'étonner de ce que 
le commentateur n'ait pas comblé cette lacune, et cela d'au 
tant plus que, en introduisant « buddbyâdito » entre «malin 
et «pûjà», il montre assez qu'il avait sous les yeux quelque 
source autre que son texte, et, en tous cas, très- voisine des 
textes cité s. 



— 326 — 

Vepu sî dava vaniu ku dà bhù hù ' iccevamâdihi dhâlùhi 
thu ttima nimappaccayâ honti nibbattalthe. Vepanam , vepo ; 
lena nibbatto : vepathu;sayanam, sayo; tena nibbatto : saya- 
thu; davanam, davo; tena nibbatto: davalhu; vamanam, 
vamo; tena nibbalto : vamathu; kuli^ karanam; tena nib- 
batto : kuttimaiîi ; dâti , dânam ; lena nibbattaih : dattimam ; 
bhûli, bbavanaiîi; lena nibbaltam : bhottimam ^ ; avahûti, 
avahavanam*; tena nibbatlaiîi : obâvimain. 

Après les racines vep, sî, dav, vam, ku, dâ, bhû, 
hâ, etc. on emploie les suffixes thu , ttima, iiima pour 
marquer un effet [de la cause exprimée par le thème 
primaire]. Ex. Vepathu : tremblement (de : vepo, 
ébranlement, au sens abstrait); kuttimam : artifi- 
ciel, fictif (de : kuli, action de faire). 

"mm H^^ifH II "î^^ Il 

Akkosa iccetasinim atthe namhi palisedhayutte ànippac- 
cayo holi sabbadhàlûhi. Agamâni te jamniadesaiîi; akaràni 
te jammakammam. 

Namhili kimattham ? Vipatli te; vikalti le. 

Akkoseti kimattbaiîi ? Agati le. 

Pour exprimer la malédiction, on e:nploie le 

' Cd "bhûhu i°. 

^ Cdkûti". 

' Cd bhotimam". 

* C'I ahavanani. S*" avalianaiû. 



— 327 — 

suiïixe âni après [une racine précédée du préfixe 
de] négation. Ex. Agamâni te janimndesam : 
piiisses-tu ne pas revoir ta patrie! 

En sanskrit le suffixe en question est ani et non âni, cf. Pàn. 
III, 3, 112; cependant, devant l'accord de nos manuscrits, 
il n'y a sans doute pas lieu de penser à une faute de co- 
piste, mais bien à une différence réelle, voulue par l'auteur 
du sûtra. 

TT^nf^rft Hf^h^J ^^tT II "^^ Il 

Ekadvilicatupancachasatlaatlhanavadasâdito ganato sakissu 
kkhaltum àdeso ' holi. Yalhà : ekakkha I tuiîi ; dvikkhaltum, 
likkhatlum; satlakkhatluiîi; aUhakkhaltuiïi ; navakkliatluiîi; 
dasakkhaltum — evamâdayo annepi saddà yojelabbâ. 

Après [les noms de nombre] eka, etc. au lieu de 
saki [= une fois , et dans le même sens] , on emploie 
kkhattum. K\. Ekakkhattuiîi : une fois; dasakkhat- 
Uuîi : dix fois. 

^H^HHJ^[UNH=<l-JHls4U,IM[ ' Il "k^ Il 

Suna iccelassa pàtipadikassa unassaona vâna uvàna unaklia 
una à âna'^ âdesâ lionli. Sono; svàno; suvâno * ; suuakho 
suno; .'•à; sâno. 

Le thème .suna change una en ona, vdita, avâna , 
unakha , una , â ou ana. Ex. Sono, svâno, etc. : chien. 

' C(l °ttum paccayo ho°. 

^ Cd "navânavà — khunanâ. S*" sunassanassonvâna". 
' Cd "nassa ona vâna ùna ukklia unà âdesâ". S*" "vâna ona una klia 
l<liuna â °. 

* Cd ajoute suno. S"" suno. 



— 328 — 

Tarunassa iccetassa pâtipadikassa susu âdeso hoti. Susu 
kâlakeso. 

Pour tarana on emploie susu. Ex. Susu ou taruno : 
jeune. 

Ce sûtra ne signifie rien ici, autant que je puis voir; c'est 
une indication lexicographique, et rien de plus : a-t-ii été 
amené par le voisinage du sûtra suivant, ou enlevé à un con- 
texte où il eût pris une signification grammaticale ? Je ne le 
saurais dire. En Ions cas, ce n'est pas à la Rûpasiddhi qu'il 
faut demander des éclaircissements : tout ce qu'elle contient 
de plus que notre commentaire est cette remarque (fol. g'j^j : 
« casaddo aniyamallho. » 

Yuva iccetassa pâtipadikassa uvassa uva uvàna una ûna 
âdesâ honli. Yuvcà; yuvâno; yuno ' : yûno. 

Yuva change itva en uva, uvâna, avâ, on ûna. 
Ex, Yuvâ, yuvàno, etc. : jeune. 

^HH =lTlHMId1d TT^TÎ^sfr II "^3 II 

Râle valtamânatthe ca alîtalthe ca nuyuttappaccayà honti. 
Kâru ; vâyu ; bhûlam. 

Les suffixes nu, etc. s'emploient clans le sens du 

' Yuno manque dans Cd. 



— 329 — 
présent et du passé. Ex. Vâyu : le vent (c'est-à-dire 
celui qui souffle, et a soufflé). 

On voit, par la comparaison de Pânini, III, .3, i, 2 et du 
sûlra Kâtantra: «Unàdayo bliûte' pi» (fol. i5i), que na dé- 
signe ici le suffixe un dont l'emploi n'est d'ailleurs que bien 
insuffisamment enseigné par VIII, ^48. — Les ss. 28-82 se 
retrouvent aussi, et dans le même ordre, parmi les ss. Kâ- 
tantra, avec des différences dans le détail desquelles ce n'est 
point le lieu d'enlrer. 

vrf^Wf^ ' TTîTT^^ X!Ît 1W ' Il ^t II 

Bhavissati'kâlatlhe gama bhaja su ibâ iccevamâdihl dhâtûlii 
nî ghin paccayâ bonti. Gamitum sîlaiîî yassa so boti gâmî*; 
bbajiluiîi silam yassa so boli bbàjî; passitnin sllaiîi yassa so 
boti passâvî ; pattbayilum silam yassa so boti patlhàyî. 

Dans le sens du futur on emploie après les ra- 
cines gani, etc. les suffixes iiî, ghin. Ex. Gàmî : qui 
ira; bhâjî : qui aura sa part de. . . 

^frf^TFT ÏÏÇîCt ' Il "î^lf II 

Ririyâyaiîi attbe nvu tu iccetc paccayâ boiili bbavissati 
kâle. Rarissam vajalîli, kàrako vajati; bbunjissam vajatili, 
bboltâ vajati. 

Les suffixes «vu, tu s'emploient accompagnés 
d'un verbe, [pour marquer le futur]. Ex. Kârako 
vajati : il va faire; bhottâ vajati : il va manger. 

', », •* S"" bhavissaiiti". 

'' Ccl°ghin. 

'' En skrt. « garni». Pân.lll, 3, 5. 

•' S"" "nviituvo. 



— 330 — 

Pànini et la grammaire Kâtanira : « Vnnlumau (P. liimun- 
vulau) krivâyâm kriyârlhâyâm ; » ils ont donc pour second 
suUixe tum et non trie. En était-il primitivement de même 
dans notre règle? On bien ferait-elle allusion à certains restes 
du futur premier (Zrjf) dontil n'est d'ailleurs nulle partques- 
lion dans cet ouvrage? 




MdJ^ Il 30 II 

Bhâvavâcinihi catuilhi vibhatti hoti bhavissali kâle'. Pa- 
cissate pacanam, pàko: pâkâya vajati; ])liujissate bbojanam, 
bhogo: bhogàya vajati ; natlissate naltanam, nacco: naccàya 
vajati. 

[On exprime aussi le futur en mettant] au datif 
un nom exprimant l'état (un nom abstrait). Ex. 
Pâkâya vajati: il va cuire; bhogâya vajati: il va 
manger. 

=h^R! tiït II ^1 II 

Rammani upapade nappaccayo hoti bbavissali kâle. Naga- 
raiîi karissatili nagarakâro vajati; sàliiu lavissatiti sâlilâvo 
vajati; dhanfiam vapissatiti dhannavâpo vajati; bbogam da- 
dissatîti bhogadâyo vajati; sindhum pivissatiti sindhupâyo 
vajali. 

Précédé du régime direct [comme premier 
membre de composition, le suffixe] na [exprime 
aussi le futur]. Exemple : Dhaniiavâpo vajati : il va 
semer des graines. 

D'après VII, 2 , i le sufllxe na exprime également, et en 
dehors de toute condition spéciale, le passe, le présent et le 
futur. 

' S*" ici et dans les deux ss. suivants : "ssantikàle. 



— 331 — 

B*^ Il 

Sesa iccetasmim atthe ssanlu màna âna iccete paccayà 
lionti bhavissati kâle kammûpapade. Kammam karissatiti: 
kammaih karissam, kammam karonto, kammam kurmnâno, 
kammam karâno vajati; bhojanam bhunjissaliti: bhojanam 
bhuiïjissam, bhojanam bbunjanto, bhojanam bhunjamâno, 
bhojanam bhuiijàno ' vajali; khàdanani khàdissafiti khâdanam 
khâdissam, khâdanam khâdanto, khâdanam khâdamâno. 
khâdanam khâdâno vajati; maggam carissaliti : maggam caris- 
sam, maggam caranto, maggam caramâno, maggam carâno 
vajati; bhikkhambliikkhissalitiibhikkhambhikkhissam, bhik- 
kham bhikkhanto , bhikkhaiîi bhikkhamàno , bliikkham bhik- 
khâno vajati. 

En dehors de ce cas [les suffixes] ssantii, mâna, 
âna [servent à exprimer le futur]. Ex. Karissam, 
karonto, kurumâno, karâno vajati : il va faire. 

On pourrait douter si l'auteur n'a pas voulu désigner le 
suffixe mâna précédé des lettres ssa format! ves du futur; tou- 
tefois, l'addilion de âna semble donner raison k l'explication 
du scholiaste, malgré la règle sanskrite (Pàn. III, 3, lA- — 
Râl. fol. i5i). En revanche, l'extension à ce sûtra de « kam- 
mani » du précédent est évidemment interdite par la déter- 
mination nouvelle contenue dans* sese »; ce dernier mot parait 
du reste expliqué par le commentateur autrement que je n'ai 
lait; mais je ne puis voir nettement le sens qu'il y attache. 

w^r^ fî^ Il ^^ Il 

Cliada cita su ni vida^ pada lanu yati adamada yuja vatu 

' C(l n'a pas : Hliojaiiani hiitinjàno. 
^ Cd "cilisiiiiivida". 



— 332 — 

mida ma pu kala vara vepu gupa dâ iccevamâdihi dliâtûhi ta 
tran iccete paccayà honti yathâsambhavam. Chattani , chattram, 
vicittaiîî, vicitraiî! ; suttam , sotraiîi ; netlam , netram ; pavittam, 
pavitraiîi; pattaiïi, patram; tantam, tantraiîi; yantam, yan- 
tram ' ; attam , atrani ; maltam , iiiatrani ; yottam , yotram ; vat- 
taiîi, vatram; mittain, mitram; mettà, mâtrâ; putto, putro; 
kalattaiîi, kalatram; varattam, varatraiîi; vetlam, vetram; gat- 
tam, gâtram; guttam, gutram; gottam, gotram; dattam, dâ- 
iraiîi; iccevamâdi. 

Les racines chacl, etc. reçoivent les suffixes ta, 
tran. Ex. Ghattarn ou chatrain : parasol ; vicittam , 
vicitram : varié, brillant, etc. 

^^U^ mTTT TT% Ml 3^ Il 

Vada cara vara iccevamâdihi dhâtûhi nitlappaccayo ^ hoti 
ganatthe. Vadittânam gano : vâdiltam; evam cârittam; vàrit. 
taiîi; iccevamâdi. 

Les racines vad, etc. prennent le suffixe nitta , 
pour marquer un grand nombre. Ex. Vâdittam : un 
orchestre (un assemblage, une fouie d'instruments). 

fq^^r^f^f^qT MI^M II 

Mida pada raja tanu dhà iccevaœâdihi dhàlûhi tti ti ^ iccete 
paccayâ honti. Metti; patti; rattî^; tanti; dhàti; iccevamâdi. 

Les racines mid, etc. prennent les suffixes tti, 
ti. Ex. Metti : amitié; tanti: corde. 

' Cd yattam yatram. 

^ Cd °nîtto°. 

•■' Cd "nitta". 

\ ■' Cd "tthiti". . 

'• Cd S*" metti — ralti. 



— 333 — ; 

^ç^teFT ^çe^ 5|t ^ ' =^ Il bIii 

Usii ranja damsa iccetesam dhàtùnam damsassa daçldhâde- 
so lioti dhalthâ * paccayà ca honti. Uclçlhâ; rattham; dadçlho. 

Les racines «5, raâj , dams prennent les suffixes 
dha, Uha, et darns fait daddha. Ex. Uddhâ : vache 
(skr. Lisrâ); rattham : royaume; dacjdho = skr. 
dasra. 

g^HFt ^Î^HFf Wïï Sfr =^ Il ^3 II 

Su vu asa iccetesaih dhàtùnam ùuasânam adàdeso hoti 
thappaccayo ca. Sattham; vattham; altho. 

Les racines su, va, as , changent û,u, as en nt et 
prennent le suffixe tha. Ex. Sattham: couteau; 
valtham : vêtement; attho : cause. 

<^^i<?f^ ^R^'^^i^ii wrf^ ^^HiiTi =^ Il 3t II 

Ranja udi idl cada madi khudi chidi ^ rudi dala susa 
vaca vaja iccevamâdilil dhâtùhi dha da idda ka ira iccete 
paccayâ honti kvaci jadalopo ca [punanipaccante]. Randhaiïi ; 
samuddo; indo; cando; inando; khuddo; chiddo; ruddo; 
daliddo; sukkaiîi; vakkam: vajiram; iccevamâdi. 

Les racines raâj , ad, etc. prennent les suffixes 
fif/i«, da , idda, ka, ira, et le j ou le d final est sup- 

', '- Cd °dhadhâ°. 

■'' Cd °m,idimndichi°. S'' "idicamiuliiinichidi". 



— 33a — 

primé. Ex. Bandhain : fissure; samuddo : ocran; 
daliddo : pauvre; sukkam : brillant; vajiraiîi : la 
foudre. 

ïTfemr f^"^^ ^T^ Il ^tf II 

Pali iccetasmà hissa dhâtussa heran liîran âdesâ honli. 
Pâtihiram; pâliherani. 

Précédée de pati, la racine hi fait heran, hîraii. 
Ex. Pâtiheram ou pâtihîraiî) : prodige. 

^îtPTT^ SRt II ^o II 

Randi gliali vadi karandi mandi sandi kullii bhandi pandi 
dandi randi tadi siçli candi gancii andi landi mendi erandi 
kaçli ' iccevamâdihi dhàtûhi kappaccayo hoti saha paccayena 
ca puna nipaccante yathàsambhavani. Kando; ghanto; vanlo; 
karando; mando; sando; kullho; bhandam; bhandako; 
pando * ; rando ; dando ; vitando ; isindo ; cando ; gando ; ando ^•, 
lançlo; mendo ; erando ''; kando; iccevamàdayo annepi saddâ 
bhavanti. 

Kand, etc. prennent le suffixe ka. Ex. Kando : 
tige; ghanto : cloche; vanto : partie; karando : boîte; 
mendo: gardien d'éléphants; sando : grand; bhan- 
dam : marchandise, etc. 

MI^JHilHH J^T^P^TIT^T II n II 

Klîàrla ama gama iccelesam dhàtùi-.am khandhaandhagan- 
dhâdesâ hontl kappaccayo ca. Rliandho; andho; gandlio; 
evani ; khandliako; andhako; gandhako. 

',*, ^, ^ manquant dans Ctl. 



— 335 — 
Khâd, (ini, (jam font khanda , andha, ijandha. Ex. 
Kliandho : le corps; andho : aveugle; gandho : 
odeur. 

TT^T^t^FT II %'^ Il 

Pala kala kusa kada bliaganda mekha ' vakka takka palla 
sadda mula bila vida candi panca va vasa paca maca musa 
gotthii piithu bahu magi bahu kabi sabi agga^ iccevamâdihi 
dhâtûbi pàlipadikebi ca uttarapadesii alaiîi paccayo boti, 
pacchâ puna nipaccante. Pâte alamiti: patalam; evam : kala- 
laiîi; kusalam; kadalam; bhagandalam ; mekhalam; vakkalam; 
takkalaiîi; pallalam; saddaiam; rauîâlam; bilâlaiîi; vidcàlani; 
candàlo; pancàlo; vâlaiîi; vasalo; pacalo; macalo; musalo; 
gottbulo; puthuio; babulo; inangalaiîi ; babalam; kambuiam; 
sambalaiîi; aggalam; iccevamâdayo aiînepi saddà bbavanti. 

Pat, etc. prennent le suffixe ala. Ex. Patalam: 
voile; kalalaiîi : embryon; kusalarîi : prospérité; 
kadalam : bananier; mekhalam : ceinture, e(c. 

m:m KS^MSIIHI ' ^T II %\ Il 

Puthu iccetassapâtipadikassa putbupatbâdesà* lionti kvaci 
amappaccayo lioti. Puthavî ; pathamo; putbujjano ; palbavi va. 

Patha devient quelquefois piithu, paiha et prend 
le suffixe ama. Ex. Putiiavî : la terre; pathamo: 
premier; puthujjano : un homme ordinaire. 

' Cd "kadaganclame". 

^ S*" °liu maiiga balm kamtiu sambii a°. 

■' Cd °ssa puthamo va. 

" Cd "piilhuppâde". 



— :i3G — 

Sâsa dada ada mada iccevamâdihl dhâtûhi tu du iccete 
paccayâ honti. Sattu; daddu; addu; maddu. 

Les racines sâs , etc. prennent les suffixes tu, du. 
Ex. Sattu : ennemi; daddu : dartre. 



-Ml^f^ t?t H ^^ >l 



Ci pâ dhâ iccevamâdihi dhâtûhi îvarappaccayo hoti. Civa- 
ram; pîvaram; dhivaraiîi. 

Les racines cî, etc. prennent le suffixe îvara. 
Ex, Cîvarain : vêtement de moine. 



^H[<î^(^f%ll ^ill 



Muna yati agga pada kava^ suça ruca mahàla bhaddâia^ 
mana iccevamâdihi dhâtûhi pâtipadikehi ca ippaccayo hoti. 
Muni; yati; aggi; pati; kavi; suci ; ruci; mahàU; bhaddâli; 
mani. 

[Et les racines] man, etc. prennent le suffixe i. 
Ex. Muni : ascète; yati : un sage; aggi : feu; pati : 
maître, etc. 

mçr^t^ Il 'ès II 

Vida vala masa sinda du ku kapu^ maya unda khajja kura 

' Cd "padakadakava". 

'' Cd "ddâlâ ma". 

^ S*" °duda kuka ka°. » 



— 337 — 

iccevamàdihi dhàlùhi pàtipadikehicauiappaccayo holi. Vidù- 
ratlhâne jâto : vedûro; vallùro '; masûro; sindùro; dùro; 
kûro; kappûro ; mayûro; unduro; khajjùro; kururo. 

Vid, etc. prennent le suffixe ura. Ex. Vedùro : 
lapis-lazuli-, vallûro : viande séchée; masûro : len- 
tille; sindûro : nom d'arbre, etc. 

<^H I J^f^Uj«j,H4l II 9>t[\ 

Hana jana bhâ ri khanuamaSidhedhâsi ki hi iccevamàdihi 
dhâtùhi nu nu tu iccete paccayâ honti. Hanu; jânu; bhànu; 
renu; khânu ; anu; venu; dhenu^; dhâtu; setu; ketu; hetu. 

Han, etc. prennent les suffixes nu, na, tu. Ex. 
Hanu : joue; dhenu : vache; dhâtu : lacine. 

^i?r^ tt II ^tfll 

Kula kusa kata icccvaniàdîhi dhâtùhi pàtipadikehi ca ihap- 
paccayo hoti. Kutlho; kottham ; katthani. 

Kui, etc. prennent le suffixe tha. Ex. Kuttho : le 
costus; kotthaiîi : grenier; kattham : pièce de bois. 

HHtl(^<H[,^[^ <^^UjfaH I ' Il MO II 

Manu pûra suna ku su iia ala mahi iccevamàdihi dhâtùhi 
pàlipadikehi ca ussa nusa ^ isa iccete paccayà honti. Yalhà : 

' Cd mani vallûro". 

^ Cd °ri khânu a°. S'' °ri kliana a°. 

' Cd vedhanu". 

4, 5 Cd S*" "ussanu". 

J. /\s. Extrait 11" ). (i 87 I .) 22 



— 338 — 

manusso; mânuso; puriso: poso; sunisâ; karisani; sirîso; 
iliso ; aliso * ; mahiso ; sîsam ; kîsam ; — iccevamâdayo saddâ 
sesâ bahukâ bhavanti. 

Man, pur, san, etc. prennent les suffixes ussa, 
nasa, isa. Ex. Manusso ou mânuso : homme; 
puriso ou poso : homme; sunisâ : belle-fille; karî- 
sam : fumier, etc. 

Malgré l'accord des deux mss. auxquels vient s'adjoindre 
mon ms. de la Rûpasiddhi, qui lit de même (fol. loo^) , je 
ne crois pas qu'il puisse y avoir de doute sur la correction 
de « nusa » en « nusa » ; ce suffixe n'est là que pour la forme 
mânuso j et n marque qu'il exige la vriddlii de la première 
voyelle. 

ITl KIBBIDHÀNE UNÀDIKAPPO CHATTHO KANDO. 

Yâni sippâni lokasmim anumthûlâni vijjare 
Tâni sabbâni sippâni sayamsijjbâ bhavantu me. 

SANDHIKAPPO NITTHITO^ 

' Cd sunisâ; karîsam ; suriyo ; siriso; ilisso; alaso. S*" "karisam — 
siriso". 

^ Cd avant le vers « Yâni sippâni , etc. » a les mots « Siddhir 
astu », et après « nitthito » , il porte la date « Sakâbdam thutisatyam ». 



TABLE DES MATIÈRES. 



Pages. 

Avertissement i 

1. — Sandhikappa. i" kanda 8 

2' kanda 1 3 

3* kanda 19 

y kanda 22 

5* kanda 29 

II. — Nâmakappa. 1" kanda 33 

2' kanda 66 

3« kancia 83 

4* kanda 1 o3 

5° kanda 116 

III. — Kârakakappa i25 

IV. — Samàsakappa 169 

V. — Taddhitakappa 1 84 

VI. — Âkhyâtakappa. i '' kanda 220 

2' kanda 23i 

3' kanda 2^1 

4° kan4a 280 

VII. — Kitakappa. 1" kanda 265 

2* kanda 278 

3' kanda 287 

4' kanda 29 

5° kanda 3o5 

VIII. — Unâdikappa 3 1 2 



535 



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PK Kaccayana 

1017 Kaccayana et la littérature 

K334 graimnaticale du pâli 

1871